CENTRE for REFORMATION and RENAISSANCE STUDIES i I UUItb VICTORIA UNIVERSITY R N TRA1TE DES INSTRUMENTS DE MARTYRE TORTURES ETTOURMENTS DES MARTYRS CHRETIENS TRAITE DES Instruments de martyrs ET des divers Modes de supplice EMPLOYES PAR LES PA1ENS CONTRE LES CHRETIENS PAR Antonio GALLONIO Prctre de I Oratoire TraJuil aur les originaux ilalien el lalin Ouvrage orne de quarante-six planches d apres les gravures sur cuivre d Ant. TEMPESTA CHARLES CARR1NGTON, LIBRAIRE-EDITEUR i3, FAUBOURG MONTMARTRE, i3 1904 KEF. & REN. NOTE DE L EDITEUR Le TRAITE DES INSTRUMENTS DE MARTYRE et des divers modes de supplice employes par les pa iens centre les chretiens est du a I erudition pieuse d un religieux oratorien, le R. P. Antonio Gallonio. L edition originale, en langue italienne, parut a Rome, en 1591, sous le titre : Trattalo dcyli instrument! di martirio e delte varie maniere di martirizare. Ce volume in-quarto qu ornait une serie de quarante-six gravures, executes sur cuivre, d apres les dessins de Giovani de Guerra, de Modene, peintre de Sixte-Quint, par Antonio Tempesta, de Florence, connut des son apparition une vogue immense. Une edition de la version latine due a 1 auteur et qui suivit de pres 1 originale, celle de Paris de 1659 et d autres tres nom- breuses, d un format reduit, illustrees de mauvaises copies des gravures de Tempesta, rendirent populaire ce livre savant et simple. 11 repondait a un besoin. Les martyrs chretiens avaient, aux premiers siecles de 1 Eglise, subi le sort commun qu inflige 1 humanite aveugle (Tlofe be f (Bbifeur a ceux qui voient luire une auhe nouvelle a travers ses tenebres. C etait la chose sue et souvent repetee, tradition sacree, mais les details affreux des supplices endures, les noms et la forme des multiples engins, des pressoirs feroces qui avaient servi a cette vendange celeste, des cruelles et terribles meules qui avaient ecrase le bon grain des mois- sons du Christ, n etaient connus que des savants. Lc- peuple chretien apprit ainsi a venerer davantage ceux qui lui avaient permis, par leurs tortures, de prier dans la paix. Nous avons cru devoir ressusciter de 1 ombre ce curieux ouvrage. 11 sera une revelation pour plusieurs et nous sommes certains que si le bibliophile accueille ce curieux Traite du P(-rc Gallonio pour le soin que nous avons pris de le resti- tuer presque en sa torme premiere, avec les memes gra- vurcs, les Chretiens modernes le tiendront pour le supple ment indispensable aux Vies des Martyrs et le livre de noblesse de leurs ancetres spirituels. VI TORTURES ET TOURMENTS DES MARTYRS CHRETIENS CHAPITRE PREMIER De la Croix, des Poteaux, et autres Engins de supplice, auxquels etaient suspendus les corps des Chretiens qui demeuraient fermes dans la Confession du Christ. CONSIDERAXT que nous nous proposons, dans ce livre, dc trailer des divers instruments de supplice, et des modes de torture sans nombrc, par lesquels les plus glorieux el les plus invincibles soldats de Noire Seigneur Jesus-Christ, affron- terent, d un coeur ferme, la mort pour son honneur, nous avons juge convenable de commencer noire labeur par la Croix sainle et sacree. - Et cela par la raison que cc i ut sur clle que le Sauveur du Monde, brisant les liens dc la Mort, fut viclorieux de ce ruse serpent, le Diable, el obtint, par ses souflrances, une lelle force d ame pour ses serviteurs, qu ils elaient prets, le coeur en joie, a endurer les plus cruelles rigueurs, jusqu a 1 effusion de leur sang et 1 ablalion de leurs membres. Et c est aussi a cause de cette force que les Confesseurs et les Precheurs de la Loi orfure6 ef Courmenfe bee (tttarfgrB dfrefiene divine puiserent dans la Croix et deployerent dans les tortures, qu il nousaparu convcnable de placer la Croix en lete du present livre. Mais, comme les poteaux plantes en lerre etaient tous inclus par les Anciens sous le nom general de Croix, nous en clevons trailer dans le meme chapitre, aussi bien que des autres engins auxquels les corps des Sainls Martyrs etaient suspendus, en punition de leur persistance dans la foi du Christ. Car, en verite, soil qu ils aienl etc clones a la Croix, ou bien lies a des poteaux, on peut toujours dire qu ils etaient suspendus. Mais, pour en revenir a la Croix, nous devons dire que non seulement les Juifs, mais aussi les Gentils, avaient 1 habitude de clouer sur une Croix les criminels condamnes. Et cela est expres- semenl constate par divers de leurs propres auteurs, en premier lieu par Ciceron, en differents passages (specialement dans les Philippiques et De Finibus ) ainsi que par Valerius Maximus, par Tite Live, Curtius, Suetonius ((ialba) et Seneque (De Conso- latione). Ce dernier passage montre qu il y avait des Croix de plus d une sorte, comme cela est clairement etabli dans ce qui suit : De ceci, je conclus que les Croix n etaient pas que d une sorte, mais faites differemment par les differents peuples. II y en a qui pendent le criminel la lete en bas, d autres lui traversenl les entrailles par un pieu, d autres encore lui etendent les bras sur un gibet en forme de fourche. Maintenanl, pour expliquer de quelle sorte etaient ces croix qui traversent les entrailles avec un pieu , Seneque 1 explique d autre part, car il appelle cette sorte de croix, dans son accusation contre le luxurieux Mecenes une croix en pointe aigue.D apres cela, il est aise de comprendre que, si certaines de ces Croix ressemblaient a ce que nous appe- lons aujourd hui Croix, d autres etaient semblables a ces pieux aiguises que lesTurcs, de nosjours, emploient pour executer les con damnes et avec lesqucls ils traversent les viclimes depuis le fonde- - 2 - fa Croir ef bee ment jusqu a la tele. Lisez aussi Procopius (Guerre des Vandalesj. Sur la premiere espece de Croix, quelques-uns des supplicies etaient crucifies avec la tete tournee vers la terre, landis que d autres avaient la tete levee vers le Ciel (ainsi que Seneque le declare dans le passage ci-dessus cite, et ainsi qu en rendent temoignage de nombreux Actes des Sainls). Les martyrs Chretiens etaient crucifies de chacune de ces deux manieres par les adora- teurs des idoles. Parmi ceux qui conquirent la Couronne du Martyr en etant crucifies la tete en has, fut le chef des apotres lui-meme, saint Pierre, sur lequel Origene ecrit ceci : Lorsque Pierre fut arrive" aux faubourgs de Rome, il fut clone a la croix, la tete en has (car il desira lui-meme que cela fut ainsi). Saint Augustin ecrit egalement : Ainsi tons deux (Pierre et Paul) se hatent d atteindre la palme du Martyre, et de conquerir, par ce moyen, la couronne. Et, un pen plus loin : Pierre, pour 1 amour du Christ, est suspendu sur 1 arbre, la tete en bas. Paul est tue par le sabre. L apotre, avec ses propres pieds, marcha a la rencontre du Christ, et, levant ses yeux en haut, laissa monter aux cieux son esprit beni. Dans le meme esprit (pour passer a d autres peres) saint Chrysostome ; (Homelie sur le chef des Apotres) : Rejouis-toi, Pierre, a qui il a ete donne de jouir du Christ sur 1 arbre et qui cut le bonheur d etre crucifie comme le fut ton maitre, cependant, non pas le corps droit comme le Seigneur Christ, mais la tete tournee vers la terre ainsi que quel- qif un voyageant de la terre au ciel. Benis soient les clous qui pcrcerent ces membres sacres! Ainsi parlc Chrysostome. Au tres saint apotre du Christ, on peut adjoindrc Saint Calliopus, qui mourut de la meme mort pour avoir garde sa foi en Christ et qui, bravement, triompha d une facon signalee du monde et du Demon. Tout cela done a ete dit sur les Martyrs qui furent crucifies, les pieds leves vers le ciel. : .-C5 et curr - :z Tllartpts cfircttcns Mais beaucoup de champions, dont la voix etait comme un clairon pour proclamer la Loi chretienne, moarurent surla CroLs. les pieds tournes vers la terre (pour coatinner a trailer notre sujeti, par exemple : saint Philippe et saint Andre, apotr mon, diacre, et d antres encore. D aillenrs, outre ceux-la, le Martgrologt Remain nous parle de dis mille martyrs ainsi cr ;n particulier, d un certain Simeon, . e, qni. a la date de son martyre. etait dan.s sa cent vingtieme apr ement aux premiers designes. c"est-a-dire les dis. mille qni furent dr ;r la croix (2 juin), nous Usons : c Sur le mont Ararat, passion de drs. mille martyrs qni furent crucifies. Relativemen: i (2 -. --nsalem, anniver- saire de saint Sl:v. : . - et m ^u on dit avoir ete fils de Cleophas, et parent du n la chair. Ordonne eveqne c m. immt-diat ement ap . frere de a IT, apres avoir souffert, pendant la persecution de Trajan, maintes tortures, il mournt martyr ; tons ceux qni se trouvaien . et le juge lui- furent emerveifles de voir comment un vieillard de cent-vingt ans avait pu endurer le snp- plice de la Croix bravement et sans flechir . Le meme eveqne .aeon est rememore de la meme facon par Eusebe i Histoire Ecclesiastiqu- MODE EMPLOYE P.\E LES P.UEXS POUB CRUCnTER LES CHEET:: En premier lieu, les Ministres de Cruaute preparaient ( comme 1 attestent divers pa- Actes des Saints, cites plus haut. et en particulier ceux de saint Pioniu . maille clous de fer, et une crois faite en bois, qn ils posaient a terre ; qnelqnefois, -hant des cordes pour lier les mains et les pieds de ceux oi^x!^2>BSG^fts^ . A FIG. I A. Marlyres suspenclues par un pied. B. Suspendue par les deux pieds. C. Elevee sur la croix, la tele en haul. D. Clouee a la croix, la tele en has. E. Pemlue p.ir les deux brns.avec de lourds poids altachi S au\ pieds. F Femmcs chretienncs pendues par les cheveux. G. Martyres pendues par un bras, avec d enormes poids attaches aux pieds. Ctotj et bee (f?ofeau;r qui devaient etre crucifies. Alors, couchant les saints martyrs, on quclque criminel de leur propre religion, si meprisable, sur le bois, apres leur avoir arrache leurs vetements, ils les attachaient au moyen de quatre clous (nombrc qui semble le plus probablc- ment avoir ete employe). Cela fait, ils elevaient la croix, avec les victimes, et, 1 enfonc.ant dans un trou creuse a cet effet, les aban- donnaient a 1 amere agonie d une mort lente, les laissant pendus jusqu a ce que leurs chairs fussent entierement pourries, comme Valerius Maxim us 1 explique clairement dans divers passages. De cela, nous pouvons cleduire que les Juifs, relativement aux corps des crvicifiOsqui etaient sur les croix, differaient des Gentils. Ces derniers, ainsi que nous venons de le remarquer, les laissaient pendre au gibet jusqu a cc qu ils fussent potirris; mais les Juifs agissaient autrement et, conformement a la loi, comme il est declare dans le Deuteronome, ch. XV L , ils avaientcoutume de les descendre le meme jour et de les enterrer dans un endroit convenable. Nous dirons pen de chose, dans ce present ouvrage, de 1 autre sorte de croix,, dont nous avons parle au commencement du chapitre, sous 1 autorite dc Seneque, comme etant munie d un baton pointu. Car, jusqu a present, nous avons ete incapables de trouver, dans les histoires des anciens martyrs, aucune mention d une semblable punition ayant etc infligee. A vrai dire, cepen- dant, nous prefe rions inclurc sous ce litre la torture infligee a quel- ques-uns des plus glorieux athletes du Christ, sous forme de batons pointus leur traversant I interieur du corps. Mais de cela, si Dieu nous le permet, nous traiterons dans le dernier chapitre de notre livre. Une autre punition, en partie semblable, est decrite par Theodoret (Hisloire Ecclesiastique) de la facon suivantc : Mais quand il le tient (saint Benjamin) se moquant de cette torture, il commande encore qu un autre roseau soit introduit cette fois, dans son membre genital, lequel rosean etant retire, et enfonce o Corfuree ef Courmenfe bee (tttarf gre Chretiens de nouveau, lui causait des tourments inexprimables. Ensuite, le sauvage tyran ordonne de lui introduire dans le fondement un gros baton epais, et extremement rugueux en raison des branches qui en sortaient de toutes parts. Aussi loin va Theodoret. D ailleurs c est un fait reconnu, que les Turcs empalerent sur des pieux, Aclrien, de 1 ordre de saint Dominique, et vingt-six autres, ses compagnons; et Procopius (Guerre des Validates) parle du meme supplice. Mais assez sur cela. LES POTEAUX Les poteaux etaient grandement employes, et de maintes manieres differenles, par les Pai ens, adorateurs du Demon, pour tourmenter les Chretiens. Us y attachaient les saints martyrs, - apres leur avoir arrache leurs vetements afin de les rendre aussi nus que possible, -- soit au moyen de clous de fer, ou bien de cordes. Us leur dechiraient alors la chair sans merci avec des griffes de fer, des pinces ou des etrilles. Us les transpercaient de fleches, les batlaient de verges, de batons, ou meme les expo- saient aux morsures des betes feroces. Us leur arrachaient les dents, leur coupaient la langue, et les seins, lorsque c etaient des femmes. En un mot, ils les torturaient de toutes les manieres les plus horribles, apres les avoir d abord attaches a des pieux ou poteaux fixes en terre. Cela est confirme par de nombreux Actes des Saints Martyrs, tels que ceux de Gregoire Thaumaturge ; Polycarpe Gaiana et Febronia vierge, et une legion presque innombrable d autres des deux sexes. La meme chose est demontree par des auteurs classiques tels que Ciceron (Philippi- qucs), Valerius Maximus, Suetone (Claudius), etc. II devrait etre remarque ici que les Martyrs qui etaient attaches a des poteaux par des clous de fer et tortures ainsi, etaient aussi quelquefois 6 - (tttobes be suspension d fa Crotr lies avec des cordes, probablement pour quc leur tourmenl soil plus grand. DES PILIERS ET ARBRES EMPLOYES POUR LE Ml Ml. OBJET ET DANS LE MEME HIT Bien que les adoraleurs du Demon, pour torturer les con- dam ties a mort, les aient souvent attaches a des potcaux on a des croix, il est pourtant frequemment rapporte comment nos Martyrs etaient attaches ou cloues a des arbres on a des piliers, sur le commandement de leurs bourreaux, et, ainsi, etaient tortures. Les Actes de divers Martyrs, aussi bien qu Eusebe, rendent temoignage de piliers employes ainsi. Pour terminer, enfin, il y a le fameux pilier religieusement conserve a la basilique de Saint- Sebastien, en dehors des murs, et quc Ton suppose, d accord avec 1 ancienne Tradition chretienne, etre le meme auquel le dit saint Martyr, confessant sa foi an Christ, fut attache et perce de fleches jusqu a la mort. Les Actes de divers Martyrs, tels que ceux de sainte Zoe et de saint Paphnutius, font mention d arbres semblables ainsi employes. DES DIFFERENTS MODES D ETRE SUSPEXDU A LA CROIX, ETC. Ayant suffisamment traite de la croix elle-meme, et des pieux employes pour le cruciliement, il reste, dans la derniere partie de ce chapitre, a donner des informations sur les diverses manieres d y etre suspendu ; c est-a-dirc de quelles fa^ons les Martyrs benis,, et les champions du saint Evangile y etaient - 7 - orfure6 cf $ou,rmenf0 be0 (tttarfgre Chretiens suspendus par les Paiens. Car les moyens de suspension etaient a la fois varies et horriblement cruels, et nous trouvons que les Chretiens devaient les subir, au caprice de leurs bourreaux. Nous apprenons comment quelques-uns d entre eux etaient suspendus par un seul pied, ou mieux (comme 1 explique Nicephore dans son Hisloire), par un pied eleve au niveau de la tete, un feu lent clant allume au-dessous, de facon a les suffoquer par la fumee. D autres etaient suspendus par les bras, par les deux ou par un seul, ou encore par les extremites des ponces, et, a leurs pieds, etaient attaches des poids d une extraordinaire pesanteur. D autres encore, selon ce que nous trouvons rapporte, etaient suspendus a de hauls murs. Des pierres elaicnt attachees a leur eon ou a leurs pieds; ils etaient lies de cordes; on chargeait leurs epaules de lourds sacs de sel, et, afin qu ils souffrissent davan- tage, des baillons de bois etaient enfonces dans leur bouche. Plus loin, il cst dit comment certains etaient enduits de miel et attaches, dans cet etat, a des poteaux exposes a un soleil brulant, de sortc qu ils etaient tortures par les piqures des mouches et des abeilles. II cst dil aussi que d autres etaient pendus a d<_-s crampons de ferou a des nceuds coulants (ainsi que sent pendus, de nos jours, les voleurs et les meurtriers condamnes a mort). Enfin, ils elaient attaches a des piliers, etant face a face, et les pieds ne touchant pas le sol, ou encore, pendus par les cheveux, ce qui etait employe souvent pour torturer les femmes qui demeuraient constantes dans la foi du Christ. De toutes ces diverses manieres, les Actes des saints Martyrs font frequemment mention. Particulierement, pour la premiere maniere, les Actes de saint Gregoire, eveque d Armenie. Les femmes chretiennes, aussi, etaient souvent suspendues par un pied pendant tout le jour (comme rend temoignage Eusebe, dans son Hisloire ccclesiastique), et cela d une telle facon que meme leurs parties intimes etaient devoilees, afin que soit - 8 - FIG. II A. Martyr suspendu par les deux pieds, avec une grosse pierrc attach p e au cou B. Quelquefois les Saints Martyrs, apres avoir i-li- cnduits de miel.etaient ]!<- a <1es poteaux fixes en terre, et ainsi exposes aux rayons du soleil pour etre tortures par les piqures d ali -illi s rl di.- mouches. C. Martyr suspcndu par un pied; 1 une des jambes est pliee au genou et est .naintenue aumoyen d un certle en fer, 1 autrc etant chargee d urie lourd masse de 1 er. QUobee be Buepeneion d fa Croir montre, pour la sainte religion du Christ, le plus grand mepris possible. Ainsi, pour ce qui concerne les moyens par lesquels les Martyrs ctaicnt tortures par la suspension, Ton pent dire qu ils etaient nombreux et divers. Quclquefois, les Martyrs etaient simplement suspendus par un pied, tandis que, pour d autres, Ton ajoutait la fumee d un combustible humide avec des mau- vaises odeurs, comme celles des excrements d animaux, pour accroitre leurs souffrances, et, en couronnement du tout, une douzaine de bourreaux Irappaient en meme temps la victime a 1 aide de cordcs. En d autres occasions, ils etaient suspendus par un pied, la jambe etant repliee an genou, et une bande de fer fixee autour de cette jointure. Alors un poids de fer etait attache a 1 autre pied, de telle sorte que les malheureuses victimes se trouvaient ecartelees miserablemcnt. C est ainsi que dans les Actes de saint Samona, nous trouvons ecrit ceci : < Mais le magistral ordonne immediatement que Samona ait une jambe repliee au genou, et une bande de fer fixee autour de la jointure. Cela fait, il le pend la tete en has, par le pied de la jambe repliee, tiraut en meme temps 1 a litre jambe vers le has, au moyen d un poids de fer . Parmi les Martyrs qui souifrircnt par le premier dc ces modes de tourments, nous lisons les noms des plus nobles soldats du Christ, mentionnes un peu plus haut : saint Gregoire d Armenic et saint Samona. Quant a la seconde maniere, par laquelle les victimes etaient pendues par les deux pieds, divers Actes des Saints en parlent, par exemple, ceux de saint Venantius, des vicrges saintes! Euphemieetses soeurs, de 1 eveque Acepsima et ses compagnons. Aussi les Martyrs cappadocicns, dont toute une legion est solcn- nellement celebree dans le Martyrologe Romain, 23 mai, oil il est ecrit : A Cappadocc, commemoration des saints Martyrs, et <ourment5 bee qui, dans la persecution tie Maximin, eurent leurs membres brises et furent mis a morl ; - - de me me pour ceux qui, a la meme date, en Mesopotamie, furent pendus, les pieds en haul et la tete en bas, etouffes par la fumee et consumes au-dessus d un feu lent, - - et ainsi accomplirent leur martyre. Et, veritablement, ce n etait pas d une seule maniere, mais de facons nombreuses et variees que les serviteurs du Demon (comme on pent le voir dans les Actes designes ci-dessus) pen- daient et tourmentaient les Martyrs. Ceux-ci, quelquefois, etaient asphyxies par la fumee, quelquefois leur tete etait broyee a coups de marleau, ou bien de grosses pierres etaient pendues a leur cou, ou bien encore ils etaient cruellement brules par des torches enilammees. On sait que nombre de Chretiens, par la premiere de ces manieres, ont souffert dans la Mesopotamie. Par la seconde furenl torturees Euphemie, Thecla, Erasme et Dorothee, les plus nobles vierges et martyres du Christ. Par la troisieme les saints Theopompe, Mercurius et le deja mentionne Venantius. DU TROISIEME MODE DE SUSPENSION, C EST-A-DIRE LES MARTYRS PENDUS I AH UN BRAS Ce troisieme mode de suspension, a savoir, comme nous le disons, d etre pendu par un bras, est mentionne dans un grand nombre d Actes des saints Martyrs, parmi lesquels nous pouvons designer celui de saint Samona, deja cite, ainsi que ceux de saint Antoine, ce martyr au noble coeur, relativement auquel nous trouvons rapporte dans le Martyroloye Romain, le 4 mai : A Xicodemie, anniversaire de saint Antoine, martyr, qui, apres avoir ete sauvagement mis a la roue et torture de diverses tortures, fut suspendu pendant trois jours par un bras, et garde - 10 - (tttarf gr0 penbue par un 6rae prisonnicr pendant deux ans dans une tour ; puis finalement, par le gouverneur Priscillianus, brule au poteau, en confessant le seigneur Jesus. Ainsi dil le Marty rologe Romain. En premier lieu, nous devrions noter que, quelquefois, les executeurs des martyrs pendus avaicnt I liabitiide, afm d ecar- teler les diverses jointures de leur corps, d attacher a leurs pieds des pierres d un grand poids. De cela, un noble ct indu bitable temoignage nous est donnv- par les histoires de divers saints, specialement celle de saint Samona, deja mentionne dans une autre partie du present chapitre. POIDS PAR LESQUELS FURENT TORTURES LES ATHLETES DE NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST Nous lisons et relisons, dans les Histoires des Marh/rs, com ment, apres avoir ete pendus, ils elaient, au milieu d autres tourments, charges dc poids, dont quelques-uns etaient, comme nous le decrivons plus haut, de fer ou de bronze, et d autres de pierre. Pour ces derniers, nous avons cette preuve qu il y en a qui ont ete conserves jusqu a nos jours, ici, a Rome, dans les Eglises des Saints Apotres, et aussi dans celles de saint Apollinaire et d Anastase, non loin de la cite. 11 y avait des pierres d un grand poids, de couleur noire, de forme ronde ou ovale, avec un anneau de fer incruste dans la pierre, oil Ton passait une corde pour lier et pendre aux pieds ou aux mains des martyrs suspendus. Une autre chose que nous ne voudrions pas voir ignorer par le lecteur, est que certaines autorites ont propage 1 opinion que ces dites masses de pierres, appelees par Joseph / Macc/ia&ivs orbiculaires, ou Pierres Rondes, n etaient pas designees speciale ment comme employees pour torturer, mais bien pour servir de 11 orfuree cf Courmenfe bee (tttartgr0 c#reften0 poids. Cela, pourtant, ne peut possiblement pas etre, ainsi qu il est prouve dans les notes ajoutees au Marty rologe Remain, car les pierres pour peser avaicnt totijours (comme le remarquent Isidore et Alciatus en parlant des poids) le chiffre de leur pesan- teur inscrit dessus. Chose que n ont pas celles qui sont ici. Ces charges de pierres etaient entierement differentes (comme on le trouve mentionne dans les notes deja citees du Martyro- loge Romain), dc celles auxquelles etaient condamncs les detenus pour dettes dans la loi XII des Tables. Ces dernieres n etant rien autrc que des entraves. Aulu-Gelle en parle, disant : Liez- le, soil avec des courroies, soit avec des entraves ne pesant pas moins de quinze livres, on, si un plus grand poids est necessaire, prenez des entraves plus pesantes encore. 1)U QUATRIEME MOYEN DE SUSPENSION, c EST-A-DIRE D ETRE PENDU PAR LES DEUX BRAS Cette quatrieme methode de suspension est mentionnee dans les Aclcs des saints Procopius, Andochius, Thyrsus, Felix et d autres, leurs compagnons. Ici, vous devez savoir que la coutume des paiens, selon 1 occa- sion, etait celle-ci : soit d altacher de lourds poids aux pieds de ceux qui supportaient ce genre de suspension, on bien, apres leur avoir croise les bras derriere le dos, de les clever en 1 air en les tirant, et ensuite de les laisser retomber. Ainsi, dans le Martyrologe Romain, le 24 septembre, nous lisons sur les saints confesscurs du Christ, saint Andochius et ses compagnons : A Augusto-dunim (Autun) 1 anniversaire des saints martyrs Ando chius, pretre, Thyrsus, diacre, et Felix, qui etant envoyesd Orient par le saint Polycarpe, eveque de Smyrne, pour enseigner le christianisme a la Gaule, furent en ce pays cruellement flagelles - 12 - *XtiG*S6^^ / I i II . sir , of I n f =? ea^@fc!X!iKSpjs^^ A. - FIG. Ill Marlyr suspendu par les ponces, de lourdes 13. Chretiens pendus. un fon lent i-tnnl olliinn- pie ires i t;>ul alUichees i\ ses pieds. au-dcssnus (IV-u\, alin <lr le?. suiroquer ; les \irlinies claicnt en nirinu temps frappees penbue par fee ponces et suspendus tout le jour les mains liees dcrriere le dos, ensuite jetes dans le feu, mais non completement brulcs. Finalement, leurs cous sont frappes avec de lourdes barres el ils gagnent ainsi la couronne du martyre . DU CINQUIEME MODE DE SUSPENSION, SAVOIR : PENDUS PAR LES POUCES On trouve la description de cette cinquieme maniere dans les Actes des saints Jacob et Marianus, oil se trouve consignee la narration suivante, concernanl Marianus, serviteur du Christ : <( Mais il condamna Marianus a la torture, parce que celui-ci se dit un simple religieux, ce qu il etait en effet. Et quels tourments furent lessiens ! Combien nouveaux et etranges, et inspires par le genie empoisonne du demon! Combien astucieusement com bines pour briser la force de Tame ! Marianus fut pendu pour etre torture, et de quelle grace ce martyr ne se montra-t-il pas soutenu, meme au milieu de ses souffrances, et des tourments de son supplice qui exaltaient son courage ! Or, la corde qui le tenait suspendu fut attachee, non pas a ses mains, mais a 1 extremite de ses pouces, de sorte que se multipliat, par la faiblesse de ces parties de son corps, supportant le poids de tout le reste, 1 agonie qu il endurait. De plus, des poids extraordi- nairement pesants furent attaches a ses pieds, de sorte que toute la charpente du corps suspendu fut dechirec de part en part d atroces douleurs, avec des convulsions d agonisant qui faisaient tressaillir 1 interieur . Aussi loin s expliquent les Actes, et ainsi se trouve clairement demontree 1 evidence de ce que nous avons expose, concernant le cinquieme mode de ce supplice. - 13 - orfurc6 ef Courmcnfe bee (tttartpre cf)rcfiene DU SIXIEME MODE, SAVOIR : ETRE SUSPENDU, AVEC DES PO1DS ATTACHES AUTOL R DU COU ET Al X PIEDS De ce mode, YHistoire du tres saint martyr saint Sevarianus rend temoignage, car il est ecrit : En consequence le prefet, prenant le silence de Severianus pour du mepris, ce qu il etait en effet, lui infligea un chatiment plus terrible encore; et, apres 1 avoir fait retirer de la roue, le fit conduire a un mur. Alors, apres lui avoir fait attacher deux enormes et tres lourdes pierres, Tune an cou et 1 autre aux pieds, et 1 avoir attache par le milieu du corps avec line corde, il le laisse suspendu an mur, dans les airs, aiin que ses membres soient tires separement et qu il perisse de cette maniere violente. Ainsi disent les Actes, mais e en est assez, et plus qu assez sur cette derniere forme de cruaute. DL SEPTIEME MODE, SAVOIU : Ql AXD LES CORPS DES SUPPLICIES SONT SUSPEXDUS PAR DES CORDES, LEURS EPAL LES SONT CHARGEES EN MEMK TEMPS DE LOURDS FARDEAUX DE SEL, OU D ? AUTRES CHOSES SEMBLABLES . Ce septieme mode est mentionne dans les Actes de saint Gregoire d Armenie, oil nous lisons : Lorsque saint Gregoire cut fini de parler sur ces matieres, Tyridates fut rempli de colere au dela de toute mesure, et s elanca contre lui avec fureur. En consequence, le tres noble heros fut inslantanement lie. Alors, apres lui avoir introduit dans la bouche un baillon en bois, distendant autant qu il est possible les machoires, ils cbargerent ses epaules de fardeaux du sel que 1 on extrait en Armenie. Ensuite, liant son corps sacre avec des cordes, ils eleverent le 14 tortures par fee mouses saint et le suspendirent, prolongeant cet amcr tourment pen dant sept jours entiers. Aussi loin vont les Actes de saint Gregoire, qui (si la verite doit etre dite) montrcnt d une maniere claire et manifesto la nature et 1 horreur de ce mode de suspen sion. DU HUITIEME MODE, SAVOIR : CELUI DE Sl SPENDRE LES VICTIMES A DBS POTEAUX FIXES EN TERRE APRES LES AVOIR ENDLITES DE MIEL, AFIN QU ELLES SOIENT TORTTREES PAR LES PIQUMES DES MOUCHES ET DES ABEILLES. II est parle de cette forme de torture dans les Histoires de saint Maurice et de ses compagnons, et de saint Marc d Arelhusa. On pent trouver memoire de six methodes, dans les Histoires de Martyrs, ou il est dit que les Chretiens etaient exposes aux rayons du soleil, en vue d etre supplicies ainsi. Quelquefois, ils etaient simplement lies a des poteaux, comme il fut fait pour saint Maurice et ses compagnons. Quelquefois, ils etaient exposes dans des paniers eleves, faits de joncs, comme on pent le voir rapporte de saint Marc d Arethusa, nomme un peu plus haut. Enfin, (comme saint Jerome en rend temoignage dans son Histoire de Paul, le premier ermite), ils etaient quelquefois cou ches sur le sol les mains liees derriere le dos. Coelius Rhodiginus declare qu il existait parmi les anciens une forme de supplice connue sous le nom de Cyphonismus ainsi nommee du mot Cyphon (-/.jswv) lequel mot Cyphon est nomme aussi dans la piece Plutus d Aristophane , ecrit Rhodiginus, parce quc c etait une sorte d entrave en hois ou, comme denos jours, en fer, comrrmnement nommee pilori. A laquelle entrave le prisonnier etait attache en maniere d ignominie, et tenu captif, enduit de miel et expose aux piqures des mouches. De la, il - 15 Corfuree ef ourmcnf6 bee QUarfjtB Chretiens arriva , ajoute le meme auteur que ce nom de Cyphon fut donne aux chenapans, et le supplice fut appele Cyphonismus. > Et ensuite, un pen plus loin : Je remarque que certains peuples se font une regie d employer le precede suivant : tout homme qui aura insolemment meprise les ordres de la loi, sera retenu aux fers sur la place publique d execution pendant vingt jours, nu et enduit de miel et de lait, pour servir de pature aux mouches et auxabeilles. Et, quand celles-ci auront accompli leur oeuvre, il sera revetu d habits de femme et precipite du haut en bas des rochers. Les Perses infligeaient un chatiment a peu pres semblable pour les criminels condamnes a mort, qu ils appelaient eux-memes Scaphismus. Plutarque (Arlaxerces) en parle en ces termes : En consequence, il ordonna que Mithridate fut mis a morl par le chatiment des bateaux . La nature de cetle sorte de supplice est la suivante : deux bateaux etant construits, avec la meme gran deur et la meme forme, on couche dans I lm 1 homme condamne a la torture, et on renverse 1 autre bateau par-dessus lui, les joignant tous deux de facon a ce que les mains et les pieds du condamne restent en dehors, tandis que tout le reste du corps, sauf la tete,est emprisonne. On donne de la nourriture a rhomme en le laisant manger de force par des pointes aigues qu on lui place devant les yeux. Et, tandis qu il mange, on lui verse dans la bouche comme boisson, un melange de miel et de lait, et on lui enduit le visage avec le meme melange. Ensuite, orientant le bateau comme il est necessaire, on a soin que rhomme ait cons- tamment les yeux en face du soleil, et sa tete et son visage sont chaque jour converts d une legion de mouches qui viennent s y etablir. De plus, comme il fait a 1 interieur des bateaux fermes, ces sortes de choses que les hommes sont obliges de faire par la necessite, apres avoir mange et bu, la corruption etla pourriture qui en resultent donnent naissance a une multitude de vers, qui 16 - !<2*a^ ^ ^(^^^^f^^^S^3^^^^^ i. A Mirn- FIG. IV Martyr suspendu par les pieds, sa tele elant en meme temps broyee a coups de mar- teau. B. Martyr suspendu par les mains qui sont liees derriere le dos, de lourds noids elant atta ches a ses pieds et autour de son cou Bafeaur penetrant au-dessous des vetements lui devorent la chair. Des lors, quand 1 homme est mort, le bateau du dessus etant retire, Ton peut voir que son corps est entierement ronge, et que dans ses entrailles se trouvent des foules de vers et insectes du meme genre qui augmentent chaquejour en nombre. Soumis a ce genre de supplice, Mithridate endura cette existence d agonisant pen dant dix-sept jours - - an bout de quoi il rendit enfin 1 esprit. Ainsi s exprime Plutarque dont le rccit differe pen de celui fait par Zonaras jAnntdes) dans les termes suivants: Les Persessur- passent tons les autres barbares par 1 horrible cruaute de leurs chatiments, employant des tortures qui sont particulierement ter- ribleset trainees en longueur; notamment les bateaux et leur coutume de coudre les hommes dans des sacs de cuir humides. Mais, pour le benefice de lecteurs mal informes, je dois main- tenant expliquer ce que signifie ce mot : bateaux . Deux bateaux sont joints ensemble, Fun rcnverse sur 1 autre, avec des trous menages de telle tacon que la tete, les mains et les pieds de la victime soient laisses au dehors. A 1 interieur des bateaux, 1 homme qui subit le supplice est place, couche sur le dos, et les bateaux sont alors reunis ensemble a 1 aide de boulons. Ensuite, 1 on verse un melange de miel et de lait dans la bouche du mise rable jusqu a ce qu il en soit rempli a en avoir des nausees, lui enduisant aussi le visage, les pieds et les mains de la meme mixture, et le laissant expose au soleil. Cela est renouvele chaque jour, ayant pour resultal d attircr les mouches et les abeilles, amenees la par 1 appat de la mixture, et s etablissant sur le visage et les parties du corps situees hors du bateau, pour piquer et tourmenter miserablement 1 infortune. De plus, son ventre, distendu qu il est par le miel et le lait, laisse echapper des excrements liquides, et cette putrefaction engendre des legions de vers, intestinaux et autres. Ainsi, la victime etant couchee dans le bateau, la chair devoree par les - 17 B orfu;ree ef Courmenfe bee QttarfgrB Chretiens vers et se pourrissant dans ses propres dejections, meurt d une mort lente et horrible. Par ce supplice, Parysatis, mere d Ar- taxerces et de Cyrus, fit executer I liomme qui s etait vante d avoir tue Cyrus, lequel luttait avec son frere pour la royaute. II endura le tourment quatorze jours avant de mourir. Telle est la torture du Scaphismus ou torture du bateau. Un pcu different etait le sort de ceux qui etaient cousus dans une peau de bocuf. Dans ce cas, la tete seulement restait en debors, tout le reste du corps ayant ete mis a nu et cousu a 1 interieur de la peau. Ainsi nous lisons dans les Actes de saint Chrysanthus : L emmenant de cette place, ils procederent a 1 abattage d un veau et cousirent le saint dans la peau fraiche, le plagant face au soleil. Xeanmoins, bien qu expose tout le long du jour a 1 ardeur d un brulant soleil, il ne ressentit aucune chaleur speciale. Mais, continuant a conserver la meme fraicheur qu au debut, la peau ne put en aucune facon blesser le serviteur de Dieu. En suite, ils lui im rcnt des fers et autres entraves. D apres cela, la difference qui existait entre le supplice de la peau fraicbement ecorchee. et le supplice decrit plus haut sous le nom de Scaphismus , se montre d une facon claireetevidente. On pen I trouver la description complete de methodes de tor tures semblables dans le Dialogue de Lucien, intitule Lucius ou I Ane, dans lequel se Irouve rapporle le recit suivant: cc Nous devons decouvrir, dit-il alors, quelque genre de mort par lequel cette jeune fille puisse endurer un tourment cruel et long Done, Uions cet ane, ouvrons-lui le ventre, et apres en avoir retire les entrailles, renfermons la fille a 1 interieur de facon a ne laisser au dehors que la tete, cela afin de 1 empecher d etoufler entierement, tandis que le reste du corps sera entierement cache dans la carcasse de 1 ane. Alors, quand celle-ci sera bien recousue, laissons le tout expose aux vautours, -- im etrangerepas prepare d une facon nouvelle et singuliere. Maintenant, je vous prie de 18 - v <a*fcf^^<fcS?tf&&lt;fc^<t^^ * *- FIG. V A. Martyr suspendu par les mains (qui sont liees derriiTt> son dos) ct ayant les epaules cliargees de paquets de sel, un baillon de bois etant aussi mis dans sa bouche. B. Martyr suspendu par une cheville. coueus bane une considerer la nature de cette torture. Pour commencer, une femme vivante est enfermee a 1 interieur d un ane mort; ensuite, en raison de la chaleur du soleil, elle sera rotie dans le venire de 1 animal, de plus elle sera tourmentee par une faim mortelle, et pourtant absolument incapable de se detruire elle-meme. Pour- tant, je ne dirai rien de certaines autres particularites de son agonie, telles que 1 infection du corps mort a mesure qu il pourrit et les legions de vers grouillants. Enfm, les vautours qui se nour- riront de la carcasse vont mettre en pieces du meme coup la femme vivante. Tous encouragerent avec des cris cette mons- trueuse proposition et approuverent a I unanimile sa raise a execution. Dans le meme ordre d idees, Apulee dans son Ane d Or ecrit ceci : Decidons de couper la gorge a cet ane, demain, et, lorsqu on 1 aura depouille de toutes ses entrailles, eousons la vierge nue dans rinterieur de son venire, de facon a ce que seul le visage de la fille reste au dehors, tandis que tout son corps resle empri- sonne a 1 interieur de 1 animal, et, cela fait, exposons 1 ane et son contenu, aux rayons du soleil briilant, sur quelque hau teur escarpee. DES NEUVIEME ET DIXIEME MODES DE SUSPENSION, SAVOIR : ETRE SUSPENDU A UN CROCHET ET MIS A MORT A I/AIDE D UN NCEUD COULANT. Ces deux modes de martyre sont amplement attest^s dans divers Actes des Saints Martyrs, - - en premier lieu, dans ceux de saint Nicetus, ainsi que des saints Gorgonius et sainte Dorolhee, - leur mort est rapportee par Eusebe dans son Histoire ecclesias- tique. - 19 - tortures ef ourmenfe bee (tttarfgre DU ONZIEME MODE, SAVOIR : LIER LES VICTIMES COXTRE DES PILIERS, DE SORTE QUE LEURS PIEDS NE TOUCHENT PAS LE SOL L eveque Phileas parle de cette methode de supplice, rapportee egalemcnt par Eusebe, dans son Hisloire ecclesiastique, commc il suit : D autres encore furent lies, se faisant face 1 un a 1 autre, suspendus a des piliers, leurs pieds ne touchant pas le sol, de fac.on que plus les cordes se tendaient, plus elles se resserraient, et plus cruellement souffraient les victimes, du poids meme de leur propre corps. Et cela ne durait pas sculcment le temps oil le magistral les mettait a 1 examen dc la croix et les question- nait, mais bien pendant des jours tout entiers. De plus, lorsque le magistral les quittait pour aller en interroger d autres, il laissait des officiers subordonnes a ses ordres pour surveiller soigneusement les premiers condamnes. S il arrivait que Tune de ces victimes parut a bout de forces et prete a ceder a la torture, des ordres etaicnt donnes pour qu on la torturat au moyen des cordes sans un instant de repit, et, fmalement, lorsqu elle etait sur le point de rendre 1 ame, on la remettait a terre et 1 ecarle- lait sans pitie. Le meme ecrivain, un pen plus loin, parle dans le meme sens : D autres etaient suspendus au portique ou arche, attaches par un bras, et enduraient le tiraillemenl et le dechirement de tous leurs membres et de toutes leurs jointures, tourment amer, qui surpassait presque tous les autres en durete. D autres encore etaient lies a des piliers, leurs figures tournees 1 une centre 1 autre, et suspendus sans avoir rien pour s appuyer. Maintenant, relativement a la maniere dont les martyrs etaient attaches aux piliers, nous devons comprendre qu ils etaient lies a la partie superieure de ces piliers, soit par des anneaux de fer, - 20 - penfcuee par fc0 ou, plus vraisemblablement encore, a 1 aide de divcrses poulies, sur lesquelles etaient etablies des cordes. Au moyen de ces cordes, les saints martyrs, dont les bras etaient lies au dos ct le visage tourne contre le pilier, pendant toute une journ.ee etaient tourmentes par les bourreaux, qui tantot les hissaient dans les airs, et tantot les laissaient brusque- ment retomber vers la terre, sans cependant qu ils aillent jamais jusqu a toucher le sol - - cela etant imagine pour leur faire subir la plus agonisante douleur. Enfin, lorsqu ils etaient sur le point de rendre 1 esprit, les bourreaux, sur 1 ordre du juge, les faisaient redescendre a terre, et les tiraillaient cruellement de cote et d autre. DU DERNIER MODE, SAVOIRI LES FEMMES CHRETIENNES PENDUES I Al\ LES CHEVEl X On trouve temoignage de ce genre de torture dans un grand nombre d Histoires des saints martyrs. En premier lieu, dans le recit de la passion de sainte Eulampia, sainte Juliana, vierge et martyre, et aussi de sainte Theonilla, Euphemia, et enfm sainte Symphorosa. Nous avons juge qu il etait bon de dire tout ce que nous avons dit concernant les divers modes de suspension employes par les paiens contre les Chretiens, hommes et femmes. Si le lecteur desire en apprendre davantage sur ce sujet, qu il consulte, pour lui-meme, les diverses autorites et les Actes des saints martyrs deja cites. Pourtant, avant d abandonner tout a fait le sujet, nous rapporterons un autre passage de saint Gregoire de Naziance, oil il est ecrit, parlant de saint Marc d Arethusa : II fut lance ca et la, d un groupe de garcons a 1 autre, balance en 1 air, les garcons recevant alternativement ce corps sacre sur les - 21 - Corfures ef Courmenfe bee (UiarfgrB c^retieno pointes de leurs stylets, et de cette facon tragique mettant a mort le saint homme, comme si c eiit etc ime nouvelle sorte de jeu !! ! Ce qui veut dire que le martyr en question fut balance en avant et en arriere entre deux rangees d ecoliers. Beaucoup d autres exemples du meme mode de martyre, ou d autres a peu pres semblables, pourraient etre donnes; lesquels pourtant nous sommes forces d omettre, afin d etre bref. - 22 - CHAPITRE II De la Roue, de la Poulie et de la Presse comme instruments de torture AYANT expose les diverses sortes dc pcndaison, a la croix et a des poteaux, il ne nous reste plus maintenant a discourir que sur les autres instruments de torture. Mais comme les instruments nommes ci-dessus, ensemble avec le cheval de bois, sont sans aiicun doute les plus terribles et les plus epouvantables de tons, nous devons en trailer ici, et du cheval dans le chapitre suivant. Done, venant au supplice de la roue qui est repute comme le plus terrible chatiment parmi ceux mentionnes, nous notons en premier lieu la maniere dont ce tourment etait pratique par les Grecs. Nous apprenons ces choses par les nombreuses attestations de leurs propres ecrivains, qui furent conservees jusqu a nous, attestations positives et non deguisees. Ainsi parle Aristophane dans Plutus : De droit, vous devriez etre lie a la roue, et ainsi force de reveler vos actes mauvais. Commentant ce meme passage, le Scoliaste ajoute : La roue etait un instrument auquel on attachait les esclaves pour les punir. Encore le meme poete (Aristophane) dans Lysistrata : Helas ! quelle con vulsion et quelle tension je ressens dans tous mes membres, - 23 - ti ourmcnf5 bee comme si j etais torture sur la roue. Anacreon, ainsi qu il est rapporte par Athenaeus, parle de la meme chose lorsqu il dit : J endurai bien des tourments et bien des tortures sur lecheval de bois, el beaucoup aussi sur la roue. De meme Demosthenes (Harangue contre Aphobml : Voyons Milias sur la roue pour etre torture , et Plutarque dans son Nicias : Alors, il proceda a Her le barbier sur la roue, etensuite a le torturer. De meme Lucien, clans VEpitre d Stesichorus, ecrit : Apres letir avoir coupe les extremites, on les tortura et on les etendit sur des roues . La roue etait un instrument de supplice pour torturer le corps des hommes. Puis Aristophane dit : Qu il soit dechire sur la roue et fouettc. Ainsi, les esclaves etaient lies a la roue et tortures. Et, dans un autre passage : Vous serez force de parler sur la roue et de confesser vos crimes. Ainsi nous voyons quc les gens etaient tortures sur la roue afm qu ils avonassent leurs crimes et aussi les noms de leurs complices. - II semble que la roue etait un instrument en bois, sur lequel les esclaves etaient lies en chatiment. Ainsi parle Suidas. Phalaris semble donner un temoignage conforme dans ses epitres, oil il ecrit : On les torturait et on les dechirait sur les roues. Enfin, pour confirmer ces ecrivains, on pent ajouter ce qui a ete rapporte par plusieurs des auteurs nommes ci-dessus, et par d autres, concernant Ixion, qui fut lie a une roue virante et tourmente pour Teternite en chatiment de ses crimes et deses offenses. Pindare, Homere (Iliade et Odyssee], Lucien, Ovide, Properce, Seneque, et Claudien parlent de cette chose. De meme, il y a d autres auteurs qui font mention de la torture de la roue, en particulier Joseph, Mwchnbees : Quelques-uns refuserent de manger des viandesimpures, il ordonna done qu ils fussent tortures sur la roue et mis a mort , et encore : Pour ceci, preparez les roues, et attiscz le feu, afm de produire une chaleur plus ardente. Et encore : Mais lorsque les executeurs - 24 - n V#VS*&5*&^^ araafcfgttaPJtfaasg^^ Ai*rr-* FIG. VI A. Quelquefois les Marlyrs elaient lies n la circonference lie grandes roues et ainsi precipites d une hauteur sur des endroits pierreux. fa roue, be fa pottfie ef be fa eurent prepare les roues et les eordes, le tyran ajoute , etc. Et : Alors on ordonna aux executeurs de faire entrer le plus age des prisonniers, et, lui arrachant sa tunique, ils lui lierent les mains et les pieds avec des courroies. Et, quand ceux qui appliquaient les coups de fouet furent a bout de forces, sans reprendre haleine, ils I attacherentsur unc grande roue, surla circonference de laquelle le jeune homme an noble coeur eut toutes ses join tures disloquees et lous ses membres brises. Un peu plus loin : Gruels mercenaires, cria le jeune hommc, votre roue n est pas plus capable que vous d etouffer ma raison! Coupez mes membres, brulez ma chair et disloquez mes jointures avec les machines a desarticuler ! (1) En 1 entendant parler ainsi, ils mirent le feu en dessous de lui et separerent Tun apres 1 autre ses membres de son corps etendu sur la roue. Et la roue entiere etait couverte de son sang, et la grille contenant le charbon enflamme fut retiree a cause des gouttes de sang qui coulaientdessus tandis que sur les essieuxdes roues les lambeaux de chair continuaient a tourner; les parties adjacentes aux jointures des os etant partout raises en pieces. Ni-an- moins le jeune Abraham, a Tame haute, nc prof era pas une plainte, mais, comme si par le feu, il etait devenu incorruptible, il supporta noblement le supplice des machines a desarticuler. Et encore : . Ils procederent a desarticuler les jointures des mains et des pieds d Arthremboles et, les separant des ligaments, ils perforerent ses doigts, ses bras, ses jambes et ses coudes. Mais, lorsqu ils ne purent, en aucune maniere, vaincre sa resolution, ils lui arracherent la peau ainsi que les ongles et le mirent alors sur la roue, et la, chacune de ses jointures fut broyee et il vit sa (1) Les machines a desarticuler (S/reb/e)etaient des instruments inventes pour tordre et disloquer les jointures comme dans le cas de Arthremboles, icimentionne. - 25 - Cotfuree ef ourmenf0 bee (tttarfgre Chretiens propre chair coupee en morceaux et les gouttes de son sang tomber de lui-meme. Et encore : Les appariteurs le trainerent aux instruments de torture. Apres lui avoir attache lesgenouxen Icsserrantfortement avec une hande dc fer, ils lui plierent les reins sur une roue, de sorte que tout son corps, etant etendu aulour de la circonference de la roue, fut brise en morceaux. Et, un pen plus loin : Ils 1 attacherent a la roue, sur laquelle il fut etendu et brule par le feu, de plus, ils lui appliquerent dans le dos des broches rougies et epointees, ils lui percerent les cotes et lui brulerent I interieur du corps. Ainsi parle Joseph, en dehors duquel d autrcs ecrivains traitent aussi de la roue, comme Apulee (Anc d Or) : Sans un instant de repit, conformement a la coutume grecque, les fers, la roue, et tous les genres de tortures furent exhibes ; et encore : ni la roue, ni le cheval, d apres la coutume des Grecs, ne manquerent a 1 appareil de son supplice. Ciceron (Tusculanes) dit : Ainsi nous sonimes bien justifies, lorsque nous disons que nulle vie n est heureuse qui finit sur la roue. Virgile (Eneide) dit : Et la ils pendent, etendussurles rayons des roues. Julius Capitolinus: Le tribun des soldats qui laissa son poste a 1 abandon, fut attache sous un char a roues et ainsi traine, vivant et mort, sur toute la scene. De nouveau, saint Basile (Homelie sur quaranle martyrs) ecrit : De plus, le feu fut prepare, les epees tirees des fourreaux, la croix dressee, le sac, la roue, les verges, prepares. Et, dans son Homelie sur saint Gordins le Centurion : . Que son corps soil dechire sur la roue. Saint Gregoire de Naziance et Nicephorus ont beaucoup a dire sur ces roues. Diverses Vies de Saints en parlent aussi, comme dans le cas de sainte Catherine, sainte Euphemie, vierge et martyre, saint Felix et ses compa- gnons. Maintenant, ces roues, ainsi que nous avons pu le recueillir - 26 - FIG. VII A. Martyr dont les membres sont entrelaces dans les rayons d une roue, sur laquelle il res\e expose pendant plusieurs jours jusqu a ce qu il meure. B, Martyr lie a une roue etroite que Ton fait tourner, tie sorlc que son corps est horri- blement dechire par les piques de fer pla- cees au-dessous. fa roue, be fa poufie ef be fa pteeee clairement dans les Histoires de divers martyrs, n etaient pas d une seule sorte, mais de plusieurs. Quelques-unes, que nous trouvons depeintes sous le nom de Machines dans les Actes des Saints, etaient grandes et larges, tandis que d a litres elaient etroites. C est notre devoir de trailer ici des deux especes. Done, pour ce qui concerne la roue de premiere sorte, dont Nicephorus parle, ainsi que les Acles de saint Pantaleemon, que Ton sache qu elle etail combinee de telle sorte que, elant amenee au sommet d une colline elevee, et la victime liee a sa circon- ference, la roue, avec le condamne, etait violemment precipitee clu haul de la montagne, sur les pentes escarpees, de sorte que chacun des membres du martyr etait brise. C est ce que nous lisons de ce tres glorieux serviteur du Christ, Pantaleemon, dans VHistoire de son glorieux martyre : Et ils dirent : - - Commandez que la grande roue soil apportee jusqu en haul de la montagne, et qu il soil lie a cette roue et precipite an bas de la montagne, de telle facon que sa chair soil miserablement dispersee, et qu il rende 1 esprit. Ainsi le Ires saint Pantaleemon fut garde dans la prison pendant que Ton preparait la roue. Aussitot qu elle fut prete, le juge ordonna aux crieurs publics de proclamer partoute la ville Tordre a tous les hommes de venir voir le supplice du saint Pantaleemon, et il commanda que celui-ci lui fut amene. Et quand fut introduit le saint martyr du Christ, void : II chantait des psaumes au Seigneur Jesus-Christ. Alors les aides le prirent, le lierent autour de la roue. Mais aussitot qu ils commencerent a faire mouvoir la roue, les liens se relacherent et le saint martyr se tint debout, sans aucun mal. Mais la roue, allant en avant, massacra plusieurs des paiens. Ainsi s expriment les Acles des Saints, d oii nous apprenons la verite de ce que nous avons declare ci-dessus, touchant la premiere sorte de roues. II y avail en outre, pour le massacre des Chretiens, certaines autres larges roues en usage chez les paiens. De ces roues, la cir- - 27 - tortures ef ourmenfe bee QttarfjrB cffrcfiene conference, a laquelle etaient lies les martyrs, se trouvait garnie de lames tranchantes et de clous aigus. A cvs roues, qui clemeuraient immobiles, les ministresd iniquite liaient avec des cordes les corps entierement nus des Martyrs. Alors ils les faisaient tourner et retourner de toutes leurs forces, sur des pointes de fer fixees dans le sol a 1 usage de perforer et arracher la chair des patients, laquelle, par cette torture, etaitbroyee et dechiree d une facon affreuse. L on suppose que la vierge benie de Jesus-Christ, sainte Catherine, remporta la couronne dumartyre sur une roue de cette sorle, comme les Actes le rendent en partie manifeste. DES ROUES DE LA SECOXDE ESPECE D autres roues, d une grandeur moindre que celles que nous venons de decrire, etaient de meme employees par ces adorateurs du Demon pour torturer les fideles Chretiens. Autour de la circonference de celles-ci, on fixait souvent des clous aigus et autres objets semblables, de telle facon que leurs pointes, etant tournees de has en haul, fussent projetees en dehors des jantes. Puis, sur ces roues ainsi arrangees, on liait les martyrs dont les corps etaient dechires d une maniere pitoyable par les pointes acerees des clous des roues, aussi bien que par d autres qui avaient ete plantes dansle sol au-dessous. Dans les Actes de saint Georges, nous trouvons relate ce qui suit : Done 1 Empereur ordonna qu une roue fut apportee, toute garnie autour de pointes aigues, et que le saint y hit attache nu et ainsi mis en pieces par les engins destructeurs qui y adheraient. La roue fut suspendue dans 1 air, tandis qu au-dessous on etendait des plan ches, oil etaient fixees, Tune contre 1 autre, un certain nombre de piques ressemblant a des epees acerees, quelques-unes les yt&*8sa^^ mm* . FIG. VIII A. Martyr lie a line roue que Ton fait tourner sur des piques de fer. B. Lie a la circonference d une roue que Ton fait tourner au-dessus dun feu allume . rouee be fa eeconbe eepece pointes droites en 1 air, d autres recourbees en forme de crochets, d autres semblablcs a des couteaux a ecorcher. En consequence, lorsque la roue, dans sa revolution, arrival! vers les planches, le saint homme, lie comme un agneau par des cordes si fines et si serrees qu elles lui entraient dans la chair et s y trouvaient cachees, etait force, tandis quc la roue tournait, de passer sur les epees, et son corps, saisi par les pointes aigues, fut horrible- mcntlacere, et mis en pieces, commes il cut ete dechire par 1 ins- trument nomme scorpion. Tout cela dit sur la mort du saint. On doitmaintenant remarquer que les paiens avaientcoutume, apres avoir lie aux roues les martyrs, de les torturer crucllemcnt, tandis qu ils etaient emportes dans le mouvement de rotation des dites roues, en les frappant avec des verges et des gourdins. Les Actes de saint Clement d Ancyra rendent temoignage de ce fait dans les termes suivants : Le magistral ordonne que le martyr (saint Clement) soit lie a la roue et que celle-ci soil unie a un mouve ment rapide, et que, pendant ce temps, le martyr soit frappe dc verges d une facon barbare. Et immediatement le martyr fut lie a la roue et celle-ci unie a un mouvement rapide. Alors quand, dans la revolution de la roue, le martyr se trouvait en haut, son corps devenait la proie des individus qui se tenaient prets avec leurs verges, puis, lorsque la roue remmenait en has, son corps etait horriblement ecrase et ses os broyes. Ainsi disent les Actes de saint Clement, ce qui confirmc d une facon manifeste ce que nous avons dit plus haut. Ensuite on devrait savoir qne les paiens, non contents d assou- vir la haine qu ils avaient congue contre nos f re res Chretiens, par toutes ces especes de tortures, telles que de her les martyrs a des roues et de les supplicier ainsi, ne cessaient d en inventer de nouvelles. II arrivait quelquefois aussi que, liant les martyrs a des roues garnies tout autour de pointes aigues, ils leur faisaient accompli r - 29 - orturee ef ^ourmenfe bes (UlArtjr0 c^refiene des revolutions successives a une grande vitesse tandis qu un feu ardent etait place au-dessous. Ainsi, de merae qu on met a la broche devant le feu un morceau de viande de boucherie pour le faire rotir, de inline les martyrs etaient retournes et rotis, afm de devenir un aliment agreable a Jesus-Christ. Voyez les Acles de sainte Christine, vierge el martyre, et de saint Calliopius,ou vous trouvex L-crit : Preparez la roue, dit-il (le prefet) a ses execu- teurs, etallumez au-dessous un grand feu. A la dite roue le jeune homme fut lie si fortement qu il fut completement mis en pieces. Alors, a 1 instant meme, un ange du Seigneur s approcha et etei- gnit la flamme des charbons, et, lorsque les aides essayerent de faire tourner la roue, ils ne purent y parvenir ; mais celle-ci etait tout inondee du sang qui coulait des membres delicats du martyr, car elle etait garnie tout autour de lames acerees. Ainsi parle 1 auteur de YHistoire de saint Calliopus. C est ainsi que les saints martyrs, attaches a la roue et emportes avec elle au-dessus d un feu ardent, conqueraient d une maniere heureuse, prospere et favorable, les plus nobles couronnes du martyre. De plus, c etait une coutume, chez ces hommes impies, de se servir des interstices des roues pour y introduire et y entrelacer les membres des fideles serviteurs du Christ, apres les avoir, an prealable, brises a coups de barre de fer, de sorte qu ils sem- blaient, ainsi entrelaces, avoir ete tisses avec les rayons des roues. Ensuite, attachant les roues a des poteaux fixes dans le sol, ils laissaient les martyrs vivre plusieurs jours dans cette position. Ce supplice, comme en fait mention Gregoire de Tours (His- toire des Francs j fut inflige a Valence, en Gaule, a saint Felix, pretre, et a Fortunatus et Achille, diacres,qui avaient ete envoyes par saint Irenee, eveque de Lyon, pour precher la parole de Dieu. II a ete abondamment prouve anterieurement comment les roues qui (ainsi qu il est rapporte dans divers Actes des martyrs), etaient employees pour torturer et dechirer les corps des martyrs, etaient 30 - es poufiee tanlot des poulies, tantot le cheval de bois, car, au moyen de ces instruments qui contenaient diverses petites roues et ainsi pou- vaient etre consideres eux-memes comme roues, les corps des fideles serviteurs du Christ etaient plus particulieremenl dechires. Elles differaient peu ou point des roues que nous venons de decrire, ainsi que semble clairement 1 indiquer YHistoire de saint Calliopus, cilee plus haut. Car il y est dit comment il etait si fortement lie avec des cordes minces que, meme avant que ses bourreaux eussent commence a la faire tourner, le saint jeune homme etait deja dechire et mis en pieces. Mais assez sur cette forme tres horrible de torture. DES POL LIES Les poulies, comme instruments de torture, sont mentionnees par Eusebe, dans son Histoire Ecclesiastique; plusieurs Acles des Saints en font foi, en particulier ceux des saints Crispinus et Crispianus et de saint Quintinus, ciloyen romain. Plus loin, Gregoire de Tours en parle (Histoire des Francs) ; il dit : Atta che aux poulies, il fut frappe de verges avec des triples lanieres et des gourdins. Et encore, a un autre endroit : II est etendu a terre, attache aux poulies et frappe avec des triples lanieres. Et plus loin : Le roi fut horriblement en colere et ordonna qu il fut attache aux poulies ct violemment frappe, etc. Ainsi Gregoire de Tours, dont nous a\ 7 ons fait une etude approfondie dans les chapitres que nous avons rapportes, demontre d une facon evi- dente que cette sorte de chatiment etait specialement employee pour tourmenter et torturer les malfaiteurs, les scelerats et les meurtriers. Done nous ne devons eprouver aucune surprise d ap- prendre que les vrais adorateurs de Dieu, combattant pour son honneur, etaienl tortures et dechires an moyen de ces memes - 31 - ef ourmenfs bes (Utarfgre c^refitna poulies par les paiens qui les consideraient comme les plus cruels et les plus grands criminels de toute rhumanite. LES POULIES. QU ETAIENT-ELLES ? La poulie (comme il est prouve par Vitruve) etait une inven tion destinee a baler, elant pourvue d une petite roue se mouvant sur un axe sur laquelle on iixait une corde. On 1 employait, dans les constructions, soit pour clever des charges et les maintenir dans la position requise, soit pour les descendre, ou encore pour decharger les bateaux de leurs marchandises ou pour tirer 1 eau des puits. Miiintenant les poulies (voyez Isidore, Etymologic) sont faites comme la leltre H,la huitieme dc 1 alphabet grec, et elles sont nommees Irochlea, du mot Irochla, qui signifie petite roue. D oii s ensuit que certains ecrivains modernes sont dans 1 erreur quand ils liennent la Irochlea (poulie) pour avoir ete un treuil ou cabestan. II est reconnu qu iine poulie est incapable de dechirer les corps des condamnes criminels sans 1 addition de quelque instrument special pour lui venir en aide, soit un poteau pour IV fixer, soit quelque engin d autre sorte ; pourtant on ne doit pas en conclure que c etait un cabestan, mais seulement qu elle necessitait un treuil ou cabestan. Tel est notre point de vuc sur la matiere. Car, considerant combien, dans cette forme de torture, les corps des victimes etaient horriblement de-tires et disloques, il nous parait prouve, surtout lorsque nous envisageons combien il est difficile de dechirer le corps d un homme, et que nous voyons Taisance avec laquelle le faisaient les bourreaux, que quelque petit engin devait etre employe conjointement a la poulie, voire un treuil ou quelque chose de semblable. Lisez,si cela vous plait, les passages de Vitruve sur ce sujet, et vous verrez claire- ment que la poulie n etail pas un treuil ni le treuil une poulie. 32 - arasMs^fx^ A. Poulie. B. Martyrs etires par la poulie. FIG. IX C. Ecrase dans la presse, juste comme on ecrase le raisin et les olivet pour faire le vin et 1 huile. D. Cabestan ou treuil. pouftee Enfin, nous voudrions vous faire remarquer line chose, savoir que dans la fig. ix, qui accompagne ce livre, le treuil est repre- sente accompagne d une poulie, ce qui ne veut done pas dire que I un et 1 autre ne faisaient qu une seule et meme chose, mais qui demontre la probabilite que les victimes, pour les raisons que nous venons de donner, etaient torturees et detirees par ccs deux instruments a la fois. Nous clirons probabilite, car il y a d autres manieres par lesquelles on put faire la meme chose et que Ton devait vraisemblablement employer quelquefois. Main- tenant, void la facon dont les chretiens elaient tortures par la poulie : En premier lieu, on fixait en terre autant de poteaux qu il y avait de viclimes a chatier. Cela fait, les aides preposes a cet office, comrnencaient par lier les martyrs, quelquefois paries mains, d autres fois par les pieds, aux cordes des poulies d une part et aux poteaux de 1 aulre, puis on tirait fortement sur les cordes, selon les ordres du juge, de sorle que les corps etaient miserablement detires et dechires. Tout cela est demontre dans les Actes des fils de sainte Symphorose, la martyre, comme aussi par Gregoire de Tours, Histoire des Francs. II faut, de plus, savoir que ceux qui etaient condamnes a ce supplice (comme il est clair d apres I Histoire des Martyrs, saint Quintinus, saint Ferutius et d autres passages dans Gregoire de Tours deja nomme), en meme temps qu ils etaient tortures par les poulies, elaient battus de verges ou briiles avec des torches, ou arroses de sulfure on de resine, d huiles bouillantes ou autres choses semblables. Ainsi, dans les Actes de saint Quintinus, on trouve ces mots : Alors le Prefet, rageant d une fureur despo- tique, ordonne que le saint Quintinus soit si cruellement detire avec les poulies que ses membres soient forces de se separer aux jointures par la violence extreme de la torture. De plus, il commande qu on le frappe avec de petites cordes et que Ton repande sur son dos de 1 huile bouillante, de la poix et de la - 33 - orfuree ef Courmenfe bee Qttarf gre Chretiens graisse fondue, afin qu aucune souffrance ne manque pour ajouter a son angoisse corporelle. Mais comme tout cela n arrive pas a satisfaire le sauvage Rictiovarus (lei etail le nom du Prefel), ni a etancher sa monslrucuse soif de cruaute, il ordonne, en outre, que Ton applique sur lui des tisons enflammes, de facon que les llammes..., etc. Ainsi dil YHistoire du saint Quintinus. MARTYRS HISSES EN L AIR A L AIDE DES POULIES Knfin, nous pouvons noler comment les Martyrs Chretiens etaient non seulement tortures et dechires par les poulies mais aussi hisses en 1 air par les memes moyens et de la meme maniere que les criminels de ce temps, les mains liees der- riere le dos, etaient eleves dans 1 air par line corde pour leur faire avouer la verite. Ce genre de supplice a, dit-on, etc employe pour le Martyr du Christ saint Servus, dont nous lisons dans le Martyrologe Romcdn, le 7 decembre : A Tuburbo, en Afrique, anniversaire du MarU r saint Servus, qui, pendant la persecution vandale, sous le roi Hunneric, heretique arien, fut pendant longtemps frappe a coups de massue, puis alternative- men t eleve par les poulies et laisse retomber de tout le poids de son corps sur des pierres dures. Ainsi torture, il conquit la palme du martyre. Ainsi parle le Marlyrologe Romain ; on trouve de plus amples details concernant le meme Martyr dans Victor, Persecution vandale. DE LA PRESSE COMME 1NSTRUMKNT DE TORTURE Les Martyrs Chretiens etaient comprimes dans des presses, juste de la meme fa^on que les raisins et les olives y sont presses pour 34 - n>&nS^GJS&m$g%e^ esraGXSU^^^ -4 FIG. X A. Martyr, les mains Hees derriere le dos, hisse B. dans 1 air par une poulie. Poulie. C. Piques ou cones pointus sur lesquels on lais- sait tomber les Martyrs. fa preeee comme instrument be torture en extraire le vin et 1 huile. C est par ce mode de torture que fut martyrise ce tres noble soldat du Christ saint Jonas, dont nous lisons ce qui suit dans les Acles du dit Martyr : Us (les Mages Persans) ordonnerent d apporter la presse et d y placer saint Jonas, de le presser violemment et de le couper en uiorceaux. Les aides firent ce qui leuretait commande et le presserent douloureuse- ment dans la presse et lui rompirent les os et finalement le couperent en deux par le milieu. - 35 - CHAPITRE III Du cheval de bois comme instrument de torture, de meme de nombreuses et diverses sortes d entraves. LE cheval de bois, comme instrument de torture, a ete cite par Ciceron et par beaucoup d uutres anciens ecrivains - par Ciceron dans le Pro Deiotaro ct le Pro Milone et les Philippiques. D autres auteurs, qui en iont aussi mention, sont Yalere Maxime, Quintilien, Seneque, Ammianus Marcellinus, ainsi que d innombrables Ilistoires et Actes des Martyrs, principale- ment ceux de saint Crescentianus, des saintes Dorothee,Agathe et Eulalie, vierges etmartyres, des saints Felix et Fortune, Alexandre et Bassus, eveques et martyrs - pour ne pas nommer une incalculable legion d autres des deux sexes. A part les ecrivains et les Vies des Saints cites ci-dessus, le cbeval de bois est egalcment mentionne par saint Cyprien, dans son Epitre a Donatus et ailleurs par saint Gerome, saint Augustin, Eusebc, Isidore et d autres - - comme aussi par Prudentius qui en parle maintes fois dans ses Hymnes. Tous ceux-ci s accordent a reconnaitre que le cheval de bois etait un instrument de torture employe dans les anciens temps pour arracher la verite a des personnages suspects on coupables. Ainsi Ciceron, dans son Pro Deiotaro, ecrit : D apres la coutume de nos ancetres, un esclave ne pent produire aucune charge centre sonmaitre ; meme soumis a la torture, lorsque la douleur peut arracher la verite - 36 - be Bots an temoin le plus involontaire. Pourtant, telle etait 1 influence exercee sur cet esclave, que Vhomme, dont il n avait pas meme pu prononcer le nom 6tant sur le cheval, fut par lui accuse ouvertement lorsqu il fut mis en liberte ; et encore : Pour eclaircir les fails, le cheval est 1 endroit voulu ; pour discuter les points de la loi, c est la Cour. La meme chose se trouve dans ce que dit Ammianus Marcellinus : Quoiqu il soil courbe en deux sous le cheval de bois, il n en persiste pas moins dans sa denegation opiniatre ct desesperee. De plus, le cheval de bois etait employe pour torturer les hommes et les dechirer cruellement en manic-re de chatiment - ainsi qu on peut le constater clairement dans les cas des Martyrs Chretiens. Xous trouvons aussi frequemment mention dc cet instrument dans les Histoires ou nous pouvons lire continuelle- ment des phrases telles que celles-ci : 11 fut torture sur le cheval, suspendu au cheval, hisse sur le cheval, place sur le cheval... et ainsi de suite. Maintenant, au sujet de ce que nous avons avance, savoir que le cheval de bois etait unc espece de torture employee par les Anciens pour arracher la verite aux personnes accusees, les divers ecrivains s accordent tous sur ce point, mais ils ne s entendent pas aussi bien sur ce qui concerne sa description precise et sa forme exacte. Car quelques-uns ont declare a maintes reprises que c etait une plaque de metal rougie au feu ; d autres, une sorte d instrument au moyen duqucl un homme etait suspendu, les mains liees au-dessus de sa tete, de lourcls poids attaches a chacun de ses pieds et ainsi cruellement torture. D autres encore, parmi lesquels Sigonius, ainsi que plusieurs auteurs religieux qui 1 ont suivi, le tiennent pour avoir ete une espece de charpente en bois pourvue de poulies et agencee pour tendre et relacher, dans le but de torturer les hommes et les forcer a avouer la verite sur quelque evenement. - 37 - orfure0 ef Courmenfe bee (ttXarfgre Chretiens Maintenant, dit-il, voiciquelle etait la nature de cette torture : Apres avoir lie a cette charpente les bras et les jambes de la per- sonne qui devait etre torturee, au moyen de menues cordes, ils etendaient la dite charpente et la mettaient debout, de sorte que la victimc se trouvait suspendue,comme sur tine croix. Ceci fait, ils commengaient par proceder a la dislocation de toutes les jointures et articulations de ses membres; ensuite, ils lui met taient contre le corps des plaques rougies au feu ; enfin ils lui dechiraient les flancs a 1 aide de crampons a doubles fourches, augmentant ainsi davantage encore ramertume de son supplice. Ainsi parle le tres savant Sigonius. Au contraire, d autres maintiennent que c etait simplement une machine en bois, fabri- quee de facon a avoir quelque ressemblance avec un cheval (ainsi que nous 1 expliquerons plus loin), ayant deux roues creuses on poulies, fixees a chaque extremite dans des trous faits pour les recevoir, et pouvant operer leur revolution au moyen de leurs aiguilles ou axes. Sur celles-ci on fixait des cordes de telle fa^on que les personnes accusees pussent y etre attachees et ainsi torturees de diverses fagons, disloquees et ecartelees. Telles sont les differentes opinions soutenues par les divers ecrivains, concernant le cheval de bois, dont la verite ou la faussete sera bientotprouvee si Ton examine la chose avec 1 atten- tion voulue . Maintenant, si nous considerons la premiere de ces manieres de voir, nous verrons indubitablement qu elle s accorde, moins que toute autre, avec la verite. Car, comment pouvons-nous admettre que le cheval lui-meme etait une plaque rougie au feu, lorsque nous lisons dans presque toutes les histoires des martyrs, aussi bien que dans diverses oeuvresdesanciensauteurs, que certains hommes etaient hisses sur le cheval et la brules avec des plaques rougies au feu? Arrivant a la seconde et a la troisieme opinion, il nous sera - 38 <>u c?ex>af be 8oie facile de prouver d une facon concluante letir invraisemblance et leur incompatibility avec la verite. Car, en quoi les fails etablis par nos predecesseurs peuvent-ils s accorder avec ces recits? C est impossible, et, en verite, nous serons a meme de demontrer, par des raisons suffisantes, que 1 opinion, la derniere donnee que nous tenons pour etre la vraie, est reellemenl laseule veritable. Cette opinion peut etre enoncee de nouveau ainsi: Le cheval parmi les Anciens, etait une machine de bois, faite a la ressemblance d un vrai cheval, et ayant deux petites roues creuses ou poulies aux deux extremites oil se trouvaient des trous pour les recevoir. Sur leurs axes, lorsque quelqu un devait etre torture sur 1 instrument on placait des cordes, et ces roues tournaient, et par ce moyen la personne qui y elait atta- chee etait distendue et disloquee de diverses fagons. Mais pour rendre plus clair et plus simple ce que nous avons dit ci-dessus et les explications supplementaires que nous venons d ajouter, il faut indiquer le cours des operations suivi par les Anciens dans la fabrication du cheval . Pour commencer, ils preparaient une poutre en bois d une largeur et d une longueur convenables. Dans les deux extremites de celle-ci, oil Ton avait auparavant creuse des trous, on adaptait de petites roues creuses tournant sur des axes ; puis, afin de pouvoir clever 1 appareil entier au-dessus de terre, on choisissait quatre autres pieces de bois plus courtes et plus minces que la premiere qu ils fixaient par des clous de fer pres des quatre angles, completant ainsi une machine se tenant sur quatre pieds et ressemblant a un vrai cheval. Lorsque tout etait pret, s il y avait quelqu un a torturer sur le cheval, on lui ecartait de force les deux jambes et on le pous- sait sur le dos de la machine. Alors les bourreaux prenaient des cor des; avec 1 une ils attachaient les pieds del homme, et avec 1 autre, ses mains, que Ton avait croisees derriere son dos. Ensuite, pla- ces cordes sur les petites roues ou poulies, ils les conduisaient - 39 - et ourmenf0 be0 (Jttart # a une petite manivelle, genre grue on treuil (comme on peut le supposer),fixec an pied du cheval, et lesy adaptaient.PuisJaisant tourner la manivelle, ils resserraient les liens de telle fagon que 1 homme, ayant le dos attache a celui du cheval, et son visage tourne vers le ciel, etait detire en meme temps. Ils continuaient ainsi a tirer sans se lasser, resserrant de plus en plus les cordes jusqu a ce que tons les membres fussent ecarteles et toutes les jointures disloquees. Apres un assez long temps, ou bien on le laissait ainsi, ou bien, surnn signe du juge, on rclachait les cordes et on le laissait tomber pendant sous le ventre du cheval, a sa grande augoisse. Alors le juge supposant que c etait maintenant une bonne occasion de condamncr ou d acquitter le prisonnier, procedait a un interrogatoire en forme sur ses fails et gestcs. Mais si, grace a la Constance de la viclime, le magistral etait deeu clans ses esperances, il ordonnait que Ton allat chercher des plaques rougies an feu ou bien des pinces ou des crampons de fer, afm que cette nouvelle augmentation de souffrances put arracher la verite . Voila pour la forme et le mode d emploi du cheval de bois ; maintenant, il ne nous reste plus qu a confirmer 1 explication que nous avons donnee dans chacun de ces details par d autres consi derations et la certitude tiree d anciens auteurs. En premier lieu, le fait que cette machine de bois etait faite a la ressemblancc d un vrai cheval est manifeste par le nom meme qui lui est donne : cheval (equuleus). De plus, dc nos jours, diverses sortes de banes ou articles d ameublements, qui sont quclque pen eleves de terre sur quatre pieds, sont appeles ( chevaux . De plus, le langage employe par divers anciens ecrivains montrc clairement qu en parlant de prisonniers places sur 1 instrument de bois, ils avaient, presente a leur esprit, 1 idee d un vrai cheval vivant sur lequel on les aurait fait monter. Ainsi Ciceron, dans les Tusculanes : Ils montent le - 40 - vttt&aseaiQ&Kisi^^ A. Martyr sur le cheval de bois. B. Martyr suspendu au cheval. C. Le cheval de bois. FIG. XI D. Faisceaux consulaires. E. Plale-forme ou vchafaud sur lequel le cheval dc bois etait lixc. be cheval de bois , Essayant d atteiadre au dos du chcval. Le poete Pomponius ecrit aussi : Et lorsque je me fus elance (mot employe pour monter a cheval) sur le dos du cheval a poti- lies, je fus torture an grand trot, apres etre monle sur le cheval a roues creuses, je fus torture a une vive allure, c est-a-dire au moyen des cordes et des poulies amenagees dans ce but. Nous lisons aussi constamment dans des descriptions des souffrances des saints mart) T rs et particulierement dans celles des saints Abundius et Abundantius, comment Ics Chretiens etaient hisses surle cheval pour etre tortures. II est done parfaitement clair que le cheval, comme il a deja ete dit, etait une machine de bois faite a la ressem- blance d un cheval, et rien autre. En dernier lieu, celte facon de voir semblc etre grandement corroboree par saint Jerome, Epitre aux Innocents, et Senequc, dont le premier ecrit que les personnes torturees sur le chcval de bois avaient lesyeux leves au ciel, etle dernier, qifelles etaient etendues dessus tout de leur long. Ainsi, saint Jerome dit : Quoique son corps fut etendu sur le cheval, ses yeux - - la seule partie de lui que les bourreaux ne pussent Her -- regardaient vers le ciel. Et Seneque : Actuellement, vous essayez de nous persuader que cela importe pen si un homme est sous 1 influence d une emotion joyeuse, oti s il est couche sur le cheval. Si done, comme il est dit ici, les prisonniers regardaient le ciel, etant couches sur le cheval, il est plus que probable que cet instrument etait fabrique plutot comme un cheval que comme toute autre chose. De plus, le fait que le cheval etait pourvu de petites roues creuses on poulies, pent etre confirme par les vers de 1 ancien poete Pomponius, deja cite, comme il apparait d une fagon manifeste par les fails et les experiences que nous avons donnes ci-dessus. En outre, que les victimes aient ete hissees sur le cheval, les - 41 - ef ^ourmenfe bee (UtarfjrB bras croises derriere le dos el les jambes liees a la machine a des cordes qui etaient placees sur ccrtaines pelites manivelles de la nature des poulies, et ainsi detires ct ecartelees, ceci, je le repete, pent etre prouve par de nombreux et divers passages, et specialement par YHisloire d Eusebe, ou Ton trotive ces mots : Car, en premier lieu, quelques-uns etaient suspendus, les mains liees an bois derriere eux, et, an moyen de certaines machines, tous leurs membres etaient delires et ecarteles, etc... De plus, le passage qui suit montre assez clairement qu il s agit ici du cheval de bois. < Deuxiemement, sur 1 ordre dos magis- o trats, ils etaient horriblement tortures dans (out le corps par les bourreaux, et non settlement leurs flancs, comme on le fait ordi- nairement pour les mettrtriers, mais leur venire aussi, et leur menlon et leurs genoux, etaient frappes avec des batons de fer ou des griffes. De plus, residence pent en etre encore accrue par tin autre passage tire de YEpilre au.r Innocents de saint Jerome, ou il est ecrit : Mais vraiment, la femme fut plus forte que son sexe, et quoique le cheval torturat son corps, tandis que ses mains, souillees par les ordures de la prison, elaienl liees par des cordes, derriere elle, pourtant, avec ses yeux, etc... On petit aussi trottver la meme chose dans YHymne sur le Martyre dc saint Vincent de Prudentius, dans lequel le Tyran s adresse ainsi atix bourreaux : Vinclum relort/s brachiis Snrsum ct dcorsum extenditc, Compago donee ossium Diimlsa mcmbratim crepe t... Va, lie 1 homme, les bras croises derriere le dos. Et disloque-le du haut en has, Jusqu a ce que la charpente de ses os craque. 42 u cet>af be 6ot6 Et que ses membres soient dechires les uns apres les autres. Et encore dans 1 Hymne pour 1 anniversairc de saint Remain, oil I indomptable martyr parle ainsi du haut du cheval : Miserum putatis, quod retortis pendeo Extcnsus ulnis, quod reuellunlnr pedes, Compago neruis quod sonat crepantibus <( Vous me jugez malheureux, parce que je suis suspendu, etendu, Les coudes lies derriere moi, et que mes jambes sonl ecar- telees, Et que toute ma charpente craque, tandis que mes nerfs sont brises... De tons ces passages, il s ensuit clairement, dansnotre opinion, que les prisonniers avaient les mains et les pieds lies par des cordes, les mains etant croisees derriere le dos, et que, par la revolution de certaines petites manivelles auxquelles les cordes etaient fixees, ils etaient tortures et leurs membres dechires Tun apres 1 autre. Le fait que le cheval etait pourvu d engins de la nature des poulies, pour ne pas faire de nouveaux appels a 1 evidence fournie par Eusebe, est un fait qui pent etre confirme par ce que dit Vitruve, 1 architecte, dans son Ouvrage, oil il traite des poulies ainsi que des autres instruments employes pour soulever, tels que les treuils ou cabestans. II declare qu une corde qui court, apres avoir ete place e stir unc poulie, doit, si Ton veut soulever des marchandises ou les embarquer, etre menee a quelqu engin de la nature d un treuil . Le fait que les victimes etaienl etendues tout de leur long sur le cheval, le visage tourne vers le ciel, tandis que Ton resserrait - 43 - tortures et ourmente bea (tttarf gre les cordes, est demontre d une facon suffisante par les passages tires de saint Jerome et de Seneque ; mais il y a un autre point a noter (comme nous en sommes avises par cette menie Epitre de saint Jerome), savoir : que les boitrreaux avaient quelquefois 1 habitude, en vuc d augmenter encore la souffrance, d attacher au hois les cheveux des femmes qui encouraient le chatiment da cheval. Et rien d etonnant a ce que ce fut un accroissement de souffrances, car, lorsque les cordes etaient relachees par les bourreaux et que les victimes tombaient sous le venire du cheval (comme on le verra bientot d apres Ammianus Marcellinus), le corps pendant courbe en deux, la chevelure etait forcement tiree et arrachee de la tete, a 1 excessive douleur du corps et de 1 esprit. Mais, quant mix victimes tombant sous 1 instrument, le corps pendant, lorsque les cordes serrees etaient relachees, ce fait est atteste, parmi d autres auteurs, par Ammianus Marcellinus, qui ecrit : II livra aux bourreaux plusieurs personnes innocentes, et les fit placer le corps pendant sous le cheval, et plus loin (comme il a deja etc cite) : Quoiqu il demeurat le corps pendant sous le cheval, il n en persista pas moins dans sa denegationopi- niatre et desesperee. Maintenant, dans ces passages, et specia- lement dans le dernier, 1 auteur vent impliquer que les cordes etaient relachees afm d augmenter la douleur, et non pas dans le but de la diminuer. La premiere de ces opinions est la notre, tandis que la seconde est maintenue par Sigonius et ses disciples. II assure que les Anciens avaient 1 habitude de relacher les cordes, par lesquelles les prisonniers etaient attaches au cheval, dans le but d attenuer la soufTrance. En consequence, il ecrit : De me- me que le cheval, ou plutot les cordes, etaient resserrees en vue d augmenter la souffrance, de memc ellcs etaient relachees dans le but de 1 attenuer ; - - citant, pour confirmer son opinion par 1 autorite des Anciens, ce qui suit, tire" de Valerius Maximus : - 44 - u cffcvdf be 6ote Pendant que Zeno etait torture par Ne arque, le Tyran, il de- clara qu il y avail quelque chose quel autre clevait entendre secre- tcmenl ; alors, lorsqne le cheval fut relache, il saisit 1 oreille du Tyran entre ses dents et la coupa , et encore, a un autre endroit : <( Hieronymus, le Tyran, excita en vain le xele de ses bourreaux, car il rompit les verges, detacha les cordes, relacha le cheval, et mit de cote les plaques rougies an leu, avant que d avoir pu forcer 1 autre a reveler ses complices dans le tyrannicide. 11 y a un autre point que nous voudrions faire remarquer an lecteur : Ce relachement des cordes (commc il est demontre dans le pas sage cite de Valerius Maximus) implique clairemenl le fait, que nous avons etabli au commencement de ce chapilre, que le che val de hois etait quelque pen eleve au-dessus de la terre danstou- tes ses parties. Nous ne devons done pas etre surpris si Pruden- tius, dans son Hymne sur le marly re de saint Homain, repre senle ce soldat du Christ, criant du haut du cheval, comme du haul d un edifice eleve. Aadilc cuncti, clamo longe, ac pnieilico, Emitto vocem de catasla celsior. Ecoutez tons : Je crie et je proclame mes nouvelles ; Je fais entendre ma voix, eleve sur cet echafaud. Mais assez sur cette partie de notre sujet. Fidiculac : CE QUE LES ANCIENS SIGXIFIAIENT PAR CE MOT. Sigonius,, dans le passage cite ci-dessus, emet 1 opinion que c etaient des lanieres ou bandes au moyen desquelles les mem- bres des prisonniers etaient attaches au cheval, etque, parlerdes criminels etant tortures par les fidiculae, c est la meme chose que de dire qu ils etaient attaches au cheval par ces lanieres, et que - 45 ef ^ourmenfe bee (ttXarf gre Chretiens les jointures de leurs os etaient disloquees et arrachees a leur douleur extreme. Mais il y a plusieurs considerations qui nous convainquent, sans laisser de doute, que les savants qui ont cette opinion sont completement dans 1 erreur, et, pour satisfaire plei- nement sur ce point 1 indulgent lecteur, nous allons les exposer ici tout an long. Saint Isidore declare, avec la plus grande exactitude, qu il n y avait pas du tout de lanieres, mais phi tot des pinces ou griffes de fer avec lesquelles on lacerait les condamnes. Cela s accorde avec ce que dit Prudentius dans son Hymne a saint Romain le Martyr, ou il parle des fidiculae comme d une sorte de pinces on griffes. Voici les mots qu il met dans la bouche d Asclepias, le Juge : Vertat ictum carnifcx In os loquentis, inque maxillas mainnim Sulcosque acutos, et fidiculas transferal Verbositatis ut rumpatur locus. Que 1 executeur applique un soufflet Sur leslevres de 1 orateur Et laboure ses machoires de coupures aigues avec les griffes de [fer; Afin que 1 endroit d ou sont venus les mots puisse etre detruit. Que par le mot fidiculae Asclepias ici ait voulu nommer des griffes est prouve par les vers qiiel auteur ajoute immediatement : Implet jubentis dicta Victor improbus, Charaxat ambas ungnlis scribentibns Genas cruentis el secat faciem rotis : Hirsula barbis solvitnr carptim cutis Et menlum adusque vultus omnis scinditur. Le cruel licteur obeit aux ordres du Juge, II marque ses deux joues de 1 ecriture des griffes de fer, - 46 - Et laboure son visage de sillons sanglants. La peau et la barbe qui la rendait dure sont arrachees par [lambeanx, Le menton et les traits sont tous laceres. > Ainsi parle Prudentius. D autre part, Suetone ( Tibere) semble s opposer a cette opinion dans un passage oil on parle des fidicu- lae comme d une forme de supplice apparemment toute differente : II avait encore invente un autre mode de torture ; apres avoir traitreusement induit scs victimes a boire longtemps et beau coup, il leur faisait soudain Her les parlies privees, de sorte qu ils sonf- fraient a raourir par la contraction des liens (fidiculae) et par la dilatation de leur vessie sous 1 accumulation de 1 urine. Voila ce que dit Suetone, mais, sans vouloir discuter son autorite, on peut admettre de suite qu ici nous avons affaire a une chose tout a fait differente de ce que Ton cite comme fidicalae dans les His- toires des saints Martyrs et autres autorites mentionnees. Mais, assez sur ce sujet. Pourtant, relativement a ce que nous avons dit ci-dessus con- cernant certains autres genres de supplices qui consistaient a etendre les prisonniers sur un cheval de bois et a les torturer, il faut remarquer que nos ancetres avaient 1 habitude d etendre la personne sur cet instrument et que, au moyen des fidiculae ou griffes de fer, ils lui dechiraient les membres ou bien les lui bru- laient avec des plaques rougies au feu ou autres choses sembla- bles. Cela est rapporte dans diverses collections d Actes des Saints Martyrs et specialement dans YEpitre a Donatus de saint Cyprien, oil il ecrit : La lance etait la, et 1 epee, et 1 executeur se tenait pret, et il y avait la griffe de fer qui arrache et dechire les ilancs, le cheval qui ecartele les membres et le feu qui brule, bien des sortes de supplices pour un pauvre corps humain. Et encore, a un autre endroit : Mais la cruaute du Juge au cceur de pierre - 47 - orfutC6 ef ourmenfe bee (QXatfgre cflrefiene fut de nouveau excitee, et la victime, deja epuisee par la souf- france, fut de nouveau dcchiree par lefouet, frappee par le baton, disloquee sur le cheval, laceree par les grifTes de fer et briilee par lesflammes. Saint Augustin aussi ecrit dans sonEpiireaMarcel- linus : Quand, je vous le demande, avex-vousavoue vos crimes si pleins de haine? Ce n est ni par le cheval qui disloque les membres, ni par les griffes de fer qui dechirent, ni par les flani- mes qui briilent, mais par de simples coups de fouet? De meme Ciceron dans In Vi rrcm : Mais quoi, lorsque les plaques rougies au feu, ainsi que le reste des instruments du bourreau, furent apportees... Et dans les Philippines : Appelez sous vos yeux les entraves et les fouets, le cheval, Texecuteur et 1 horrible Samarius, le bourreau. Seneque aussi : Et tout un appareil de cruaute doit lui etrc pave de retour : scs chevaux et ses griffes dc- fer, ses entraves et ses croix, ses plateaux et son feu et le crampon qui traine hors de 1 arene le corps torture. j Et Ammia- nus Marcellinus : Les chevaux furent etendus et 1 executeur preparait ses crampons et ses instruments de supplice. 11 ne nous reste plus maintcnant qu a citer quelques vers tires des Hymnes de Prudenlius, traitant du meme sujet : De IHymne de saint Vincent, Martyr : E.i-torqiie, si poles, fidem. Tormenla, career, unyultc, Slridensque flammis lamina Atqne ipsa pocnarum ultima Mors Christianis Indus cst. Et un pen plus loin dans la meme hymne : Ridcbat haec miles Dei, Manus cruentas increpans Quod fixa non profundius Intraret arfus ungula. - 48 - be 0ot0 Arrachez-moi ma foi, si vous pouvez. Les tortures, la prison, les griffes de fer, La plaque rougie au feu crepitant sous les flammes, Et la mort elle-meme, le dernier des chatiments, Ne sont que des jeux pour le Chretien. De toutes ces choses, le champion de Dieu se moque, Frappant 1 une centre 1 autre ses mains sanglanles, Riant parce que le crampon qui percait sa chair N entrait pas plus profondement. De meme dans 1 hymne de saint Remain, le Martyr : Amor coronae pcenae prcevenit trucem Lictoris artem, sponte nudas offerens Costas bisalcis execandas ungulis. Et encore dans la meme : i\ T on ungulcirum tanta vis lalus fodit Mucronc, quanta dira pulsat pleuresis : Nee sic inusta laminis ardet cutis, Ut febris atro fele venas exedit. L amour de la couronne du martyre Triomphe du pouvoir sauvage du bourreau, Faisant offrir volontairement les flancs nus a la laceration des crampons a double fourche. La griffe de fer ne dechire pas le cote aussi cruellement de ses dents aigues, Que ne le fait la pleuresie dans son attaque mortelle. Les plaques ardentes ne brulent et ne rotissent pas la peau d une fac.on aussi terrible Que la fievre et la noire bile quand elles consument le sang des veines. - 49 - Corfures ef Coutmenfe bee QUartgre cflrefiene De tons ces passages, clone, il apparait, d une maniere mani festo, que 1 opinion que nous avons nous-meme adoptee et decla- ree concernant le cheval, est la vraie, savoir que c etait une machine de bois fabriquee a la ressemblance d un vrai cheval; et non, comme le vent Sigonius, simplement une sorte d echa- faud ou de plale-forme. Car, si c etait cette derniere chose, comment le poete Pomponius, cite plus haut, pourrait-il parler de prisonniers enfourchant le cheval et comment Ciceron eut-il pu se servir de termesayant la meme signification? Et comment Ammianus Marcellinus eut-il pu parler d hommes etant tortures sur le cheval, puis, lorsque les cordes avec lesquelles ils etaient lies etaient rclachees, tombant immediatement sous le ventre du cheval, le corps pendant, courbe en deux, et non pas etendu droit? Mais arrivons aux raisons allegues par Sigonius et a leur refutation. Son premier point esi. qu Eusebe, Histoire ecc/e siastajfue, faisant mention du cheval, implique que c etait une sorte d echafaud ou de plate-forme que 1 on avail I habitude d elever toute droite. Voici ses paroles : <c Mais lorsque ces cruelles et tyranniques formes de torture, en raison de la sainte patience des martyrs, qui etait confirmee par les merites du Christ, semblaient avoir toutes ete appliquees et infligt-es en vain, le demon imaginait centre eux d autres nou- velles inventions. C est pourquoi ils etaient jetes dans des donjons oil ils restaient miserablement, dans des endroits sombres et insupportablement pleins d horreur, tandis que, quelquefois, leurs pieds etaient fixes dans de lourds blocs de bois, 1 un de 1 autre etant jusqu a la distance du cinquieme trou. Cela, ajoute Sigonius, montre que le cheval etait une plate-forme en bois sur laquelle on etendait les prison niers. II s en rapporte aussi a d autres passages tir6s de Sozomen - 50 - <>u cfjetxxf (Histoire) oil, parlant de Busiris, chretien de la ville galate d Ancyra, qui fut crucifie pour sa foi a Myros, ville dc Phrygie, sous 1 empereur Julien 1 Apostat, il ecrit : De sorte que, lors- qu on 1 eut conduit vers 1 instrument du supplice, il ordonna que celui-ci futeleve. Et encore : Parmi les Chretiens qui avaient et6 jetes en prison, il choisit premierement un jeune homme nomme Theodore et le lie au poteau ou Ton avail 1 habitude d infliger des supplices et oil il fut dechire pendant longtemps avec des griffes de fer. De me me Prudentius pourne pas citer une seconde fois les vers tires de son hymne sur le martyre de saint Remain et ou il faitce saint parler d elever la voix du haut de 1 echafaud -- dit d un martyr: Scindant atramque mililes teterrimi Mucrone bisulco pensilis lalus uiri. > Les sauvages soldats couperent et ouvrirent ses flancs Avec une epee a double tranchant tandis qu il pendait la. Tels sont les principaux arguments sur lesquels se reposent Sigonius et ceux qui suivent son opinion, laquelle nous aliens refuler. Et pour rendre plus facile la refutation, nous devons declarer, pour commencer. que ce savant a surement fait une confusion entre le cheval de hois, d une part, et de 1 autre, entre premierement : la plate-forme en bois ou echafaud ou Ton avait coutume de placer les prisonniers pour les torturer, et, dcuxieme- ment : les lourdes entraves ou blocs dans lesquels les prisonniers etant en prison avaient les jambes fixees et ecartelees jusqu au qualriemc ou cinquiemetrou,et etaient ainsi tenusdans une souf- france constante. De plus, il faut remarquer, en passant, que ce mot plate-forme avait encore une autre signification, voulant indiquer quelque- fois, quoique a moins proprement parler, une combinaison faite - 51 ef tourmente beg (ttlartgre cflretieng de longs et larges morceaux de bois oil 1 on tenait enfermes les esclaves exposes pour la vcntc ; quelquefois on 1 emploie a 1 occa- sion pour indiquer la charpente du gril sur lequel mourut saint Laurent, ainsi quc d autres martyrs. Prudenlius aussi, dans son hymnc sur saint Laurent, chai Postfjimm vapor diutius DecoJcit exustum lotus, Vitro ex catasla Judicem Compellat a/Jain brcvi : Converle parlem corporis, Satis ere mains jugiter. Lorsque la chaleur cut longuement Briile et roti un cote, Interpellantlc juge de dessus 1 echafaud (c est-a-dire le gril), Le martyr ditd une voix courte et breve : .. Tournez maintenant mon corps de 1 autre cote ; Celui-ci est assez briile et doit etre epargne. Mais il est certain quc la signification veritable et generate de ce mot plate-forme ou echafaud etait un endroit eleve oil 1 on placait les gens pour les torturer afin d etre mieux vus parlesper- sonnes presentes et que, dans son expose du mot cheval, le savant a fait confusion entre les deux objets. Unmot de plus sur cette sorte d entraves ou de blocs dans les- quels on placait les prisonniersdans leur cellule, ecartelant leurs jambes jusqu au quatrieme et cinquieme trou et les y maintenant pendant longtemps pour prolonger leur souffrance : Get instrument ne peut, en aucune maniere, etre le meme que le cheval de bois, ainsi que je 1 ai demontre, pour plusieurs raisons. Premierement, parce que, par 1 operationdu premier, les hommes etaient ecarteles en largeur, tandis que par le dernier, comme nous le voyons declare par Seneque, ils etaient detires en lon- - 52 - i0fen0ton bee memBree gueur. Secondement, il est clair que la premiere forme de chati- ment ne s employait que dans les cellules (comme on le verra bientot d une facon plus evidente lorsque nous en viendrons a trailer des entraves el des i ers), mais la derniere, an contraire, comme le prouvent de nombreux Actes des saints Martyrs, s em ployait en dehors des murs de la prison et plus generalement dans les places publiques ou les villes. Troisiemement, sur le cheval, non seulement les jambes de la victime etaient torturees et ecartelees pour etre dechirees par les griffes de fer, mais le corps entier aussi, tandis que, dans les entraves, les jambes seule ment etaient ecartelees. Tout cela montre que ces dernieres etaient completement differentes dti cheval de bois. PLUSIEURS FAgONS DIVERSES DOXT LES CORPS DES PRISONMERS ETAIENT DISTENDUS ET TORTURES Nous devons de plus comprendre que c etait la coutume des Anciens de torturer et de distendre les corps des personnes accusees de diverses facons, savoir : au moyen du cheval, par des poulies, ou en les suspendant avec de lourds poids attaches a leurs pieds - et aussi de les torturer par d autres supplices varies, tels que de les dechirer avec des griffes de fer, des etrilles ou autres ins truments semblables, ou les bruler avec des plaques rougies an feu, etc. Et ces memes tortures etaient infligees de manieres differentes, soit en laissant les victimes sur le cheval de bois, soil en les suspendant de Tune ou 1 autre des facons decrites ci-dessus dans le chapitre I 1 ; en les atlachant a des pieux, a des arbres ou a des poteaux. - 53 - orfuree ef ourmenfe bee (ttlarfgre cflrcfiene FACONS DONT LES GENS ETAIENT LIES AU CHEVAL DE BOIS, ET COMMENT ILS Y ETAIENT SUSPENDUS COMME A UNE POUTRE ; DE MEME DE LA VRAIE SIGNIFICATION D ETRE PENDU AU CHEVAL. Nous lisons encore et encore, dans les recits de la passsion des saints Martyrs, des phrases de ce genre : Le martyr fut pendu au cheval, --fac,on de s expliquer qui a fait supposer (comme il a ete dit plus haut) que le cheval n etait pas fait de maniere a ressembler a un vrai cheval, mais etait quelque chose de different. Surement ceux-ci n ont pas considere un fait pleine- ment confirme par les oeuvres des anciens auteurs, savoir que ce mot pendu signifie simplement aussi etre eleve sur un endroit quelconque, chose qu ils n auraient pu faire autrement que de remarquer s ils avaient hi leurs auteurs avec quelque attention. Done, dire d un martyr qu il etait suspendu au cheval est la meme chose que de dire qu il etait eleve dessus. C est pourquoi, en lisant les histoires des saints qui ont conquis la couronne du martyre, nous trouvons dans la bouche du juge ou de 1 empe- reur qui ordonne que quelqu un soit torture sur le cheval, des parolejs comme celles-ci : Que I ll om me soit hisse sur le cheval et torture. De meme dans les Actes des saints Abundius, pretre, et Abundantius, diacre, on raconte : Alors Diocletien ordonna qu ils fussent hisses sur le cheval et tortures pendant longtemps, et lorsqu ils furentainsi tortures, etc... Etre suspendu au cheval, done, ne signifie ni plus ni moins qu etre place dessus. Cela est aussi confirme par les istoires des saintes Regina et Marguerite, vierges et martyres. Au commencement il est ecrit : Marguerite fut suspendue au cheval, tandis qu un pen plus loin on ajoute : Apres plusieurs jours, le peuple - 54 - (Extension ef biefenston bu c$et?af be 6oi0 revient et elle est amenee devant le juge et, comme elle refuse de sacrifier aux idoles, elle est de nouveau hissee sur le cheval, etc... Enfm, nous pouvons ajouter qu a 1 occasion les martyrs etaient reellement suspendus au cheval auquel ils etaient lies. Car, lorsque les cordes, au moyen desquelles ils etaienl attaches, etaient relachees, ils tombaient sous le ventre du cheval, le corps plie en deux. Ainsi ils ne pendaient pas droit de 1 instru- ment, comme le font habituellement les gens pendus, mais (oomme il est dit plus haut), le corps plie au-dessous, fait abon- damment prouve par Ammianus Marcellinus dans divers passages deja cites. EXTENSION ET DISTENSION DU CHEVAL DE BO1S Ammianus et plusieurs autres ecrivains font souvent mention du cheval de bois comme etant etendu et dislendu. On ne doit pas naturellement comprendre qu il s agit ici de la machine elle- meme, mais des cordes par lesquelles on attachait les victimes qui devaient etre torturees, car, tandis que celles-ci etaient tirees, puis relachees, le cheval lui-meme semblait en meme temps etre etendu et relache. POURQUOI LE CHEVAL ETA1T QUELQUEFO1S APPELE UN POTEAU, ET QUELQUEFOIS UNE CROIX. Le cheval de bois (comme il a deja ete etabli) se composait d un poteau oblong ou poutre en bois, supporte par quatre autres morceaux-de bois ou pieds. Cela est mentionne par saint Jerome, Epitre aux Innocents, en ces mots : Sa chevelure est - 55 Corfuree ef ourmenfs bee (JUartgrg cftrefiene attachee au poteau et son corps entier lie au cheval; alors on approche de ses pieds un feu, tandis qu au meme moment, 1 executeur lui dechire les flancs, etc... Dans les memes termes Prudentius parle de la fabrication entiere du cheval comme du poteau maudit dans son Hymme a saint Romain le Martyr, oil il dit : Incensus his Asclepiades jusserat Eviscerandum corpus equuleo eminus Pendere. et uncis ungulisquc crescere Et, quelques lignes plus has : Jubet amoveri noxialem stipitem Plebeia clara poena ne damnet virum Courrouce par ces paroles, Asclepiades avait ordonnt- Que son corps fut eleve pour etre torture sur le cheval, Et pour subir le supplice des crampons et des griffes de fer. II ordonna que le poteau maudit soil deplace, Pour sauver la noble victime d un sort aussi plebeien. Ce nom n est pas non plus le seul donne au cheval de bois, car on 1 appelle aussi mala mansio, ou mauvais quartier . Quel- quefois aussi on en parle comme d une croix ; ainsi dans les Actes de sainte Dorothee, vierge et martyre, dans les saints jours du mois de fevrier, on trouve aussi ces mots concernant un certain Theophile qui fut torture sur le cheval de bois : Mainte- nant, regarde ! je suis chretien, car, n ai-je pas etc pendu a la croix, c est-a-dire au cheval de bois ? Car ce meme cheval a une ressemblance avec une croix. Et, vraiment, il n y a rien d etonnant a ce qu il flit appele ainsi, car, en premier lieu, nous lisons que d autres instruments de torture etaient de meme appeles croix ; deuxiemement parce - 56 - que les corps de ccux qui y etaient supplicies y etaienl ordinai- rement etendus comme ceux des personnes crucifiees ; troisieme- ment et finalement parce que les pilicrs de bois qui represen- taient les jambes du cheval, outre qu ils etaient lies a la poutre principale, etaient aussi unis ensemble et joints par des pieces de bois en croix quoiqu ils fussent separes tout pres de la terre, ce qui faisait que chaque paire de piliers formait ainsi les deux bras d une croix. Une citation de plus et nous en aurons dit assez sur cette partie de notre sujet. Sozomen parlant d un certain chretien nomme Busiris, ecrit : Alors, 1 emmenant a la place publique oil se trouvait le cheval de bois, il ordonne qu il y soil suspendu. Une fois la, Busiris, levant ses mains vers sa tete, decouvrit lui-meme ses flancs et les mit a nu et, s adressant an gouverneur, dit qu il n y avait aucune necessite pour les licteurs a prendre des peines inutiles pour lesuspendre avi cheval etensuite le laisser retomber a terre, etc... passage qui confirme de plus nos premieres asser tions sur ce que le cheval etait reellement, savoir une machine faite a la ressemblance d un cheval vivant, sur laquelle on elevait les martyrs pour les torturer, et non simplement une plate-forme ou echafaud. DES BLOCS ET DIVERSES AUTRES METHODES POUR LIER ETROITEMENT LES PRISONMERS Un peu plus haut, nous avons etabli la distinction existant entre le cheval de bois et les entraves dans lesquelles on enfer- mait les jambes des martyrs pour leur faire subir le supplice qui consistait a les ecarteler jusqu au quatrieme ou au cinquieme trou. Maintenant, il convient de remarquer que, parmi les Anciens, il y avait plusieurs sortes d entraves en usage, savoir : - 57 - o;rfu;re0 et ourmenfe bee (UXarfgre les blocs, les courroies, les chaines, les lanieres, les fers, les menottes, les colliers et la cellule. Plaute les enumere dans sa piece, Asinaria : Adversum slimulos, laminas, crucesque, compedesque, Nervos, catenas, carceres, numellas, pedicas, boias. << Contre les fouets et les plaques rougies an feu, centre la croix et les blocs, Contre les courroies, les chaines, les prisons, les lanieres, les fers et les colliers. DBS BLOCS Les blocs etaient une espece de machine en bois dans laquelle on avail 1 habitude d emprisonner les jambes des prisonniers et des criminals et oil elles etaient serrees et comprimees. Plaute et Terence, parmi d anciens ecrivains, en font mention, le premier auteur dans les Captivi, oil il dit : Vbi ponderosas crassas capiat compedes. Lorsqu on le place dans les lourds et pesants blocs ; le der nier dans le Phormio : Molendum usque in pistrino, vapulandum, habendx, compedes. Nous devons pour toujours broyer le grain dans le moulin, et etre frappes, et endurer les blocs. Horace aussi a quelque chose a dire sur le sujet dans ses Epodes : - 58 6foc0 Ibericis peruste funibus latus FA crura dura compede. Vous dont le ilanc est irrite par les liens Iberiens, Et les jambes blessees par le bois dur des blocs. Et encore dans ses Epitres : Argenlum tollas licet, in manicis el Compedibus salvo te sub custode tenebo. Oui, vous pouvez prendre 1 argent; mais je vous tiendrai Enchaine dans les blocs sous une dure oppression. C est dans cette sorte de blocs que les Saints Martyrs furent cruellement tortures; car (comme nous en sommes informe par des passages cites un pen plus haut) apres les avoir flagelles et dechires avec les griffes de fer, leurs jambes etaient etendues et ecartees de force jusqu au quatrieme ou cinquieme trou de Tins- trument. Prudentius en parle dans Time de ses Hymnes : In hoc barathrum conjicit Truculentus hoslis martyrem, Lignoque plantas inseril Divaricatis cruribus. Dans ce donjon le feroce tyran Jette le martyr, Et, lui ecartant les jambes de force, Emprisonne ses pieds dans les blocs. II semble probable, d apres ce que dit Eusebe, que, lorsqu ils etaient ainsi mis dans les blocs, ils etaient necessairement forces d etre couches a plat, le dos sur une planche de bois. II ecrit : De plus quelques-uns, apres avoir etc flagelles, etaient places dans les blocs et leurs jambes ecartees de force a la distance de quatre trous 1 une de 1 autre, de telle facon qu ils etaient force- 59 - Corfuree et ourmenf6 bes QJtarfgtB Chretiens ment obliges de rester couches surle dossur le bois, quoiqu ilsne pussent le faire sans de grande difficultes,attendu queleurs corps entiers etaient couverts de blessures fraiches faites par le fouet. Tout cela dit sur les blocs. DES ENTRAVES Celles-ci aussi sont mentionnees dans les lignes que nous venons de citer de YAsinaria de Plaute ; et ainsi decrites par Nonius : L entrave est une sorte de machine en bois autrefois employee par les Anciens pour torturer les criminels, le cou et les pieds de la victime y etant tous deux emprisonnes , c est-a- dire que c etait un instrument en bois avec des trous ronds dans lesquels les pieds et le cou des prisonniers etaient enfermes et fixes de telle facon qu ils ne pouvaient pas les retirer. Notre opinion personnelle est que, pourtant, ce mot entraves etait employe par les Anciens pour designer plusieurssortes diffe- rentes d entraves, conclusion a laquelle nous sommes amene par les paroles de Sextus Pompee, qui en parle en ces termes : * L entrave est une sorte de liens dans lesquels on enferme les betes a quatre pattes, elle est generalement faite avec des lanieres faites de peau de breuf brute. Ceci differe du compte rendu de Nonius, de sorte que, a moins que nous ne soyons resolu a dire ouvertement que 1 un des deux est dans 1 erreur, nous ne pou- vons que conclure que le mot s appliquait dans deux sens diffe rents. DES COURROIES Celles-ci sont mentionnees par Plaute dans ses Captiui : Nam noctu nervo vinctus cuslodibitur - 60 fete ef bee menoftee <r Car a la nuit il sera garde a vue et lie par une courroie ; dans le Ciirculio : Atque ita te nervo torquebo, ibidem nl catapullae solent . Et je tordrai tes membres avec une courroie, comme le ferait une catapulte et dans d autres passages encore a choisir. Cyprien aussi, Epiires cm Clerye et au Peuple, dit, parlant de Celerinus : Pendant dix-neuf jours, il fut enferme dans une prison, lie par dcs courroies el des handes de fer... Mais Sextus Pompee ajoute quelque chose de plus dans la des cription qu il en fait, disant : Nous donnons aussi ce nom a des fers pour les pieds, quoique Plaute en parle comme si on les employait aussi pour le cou. Nous pouvons nous resumer par cette definition : Une courroie est une sorte de lien employe pour emprisonner les pieds ou le cou. De la ce que dit Caton, rapporte par Aulu Gelle : Les voleurs coupables de vols prives passent la journee emprisonnes dans les fers et les courroies, les voleurs publics dans la pourpre et Tor. DES FERS Les fers etaient une sorte d entrave dans laquelle on enfermait les pieds des criminels, juste de la meme facon que lesmenottes emprisonnent les mains. DES MENOTTES Les menottes etaient des bandes pour les mains ; comme dit le Psaume : Pour avoir mis les pieds de leurs rois dans les fers - 61 - orfurce ef ourmenfe bee (ttlarfjrs dfrefiene et leurs princes dans des handes de fer. Plaute ecrit encore dans sa Mostellaria : Ut cum exlemplo vocem, Continue exiliatis, manicas cek riter connectite De sorte que, au moment ou j appelle, vous puissiez a 1 ins- tant vous elancer en avant et promptement attacher ensemble les menottes ; et dans les Captivi : Injicite huic ucliitiim manicas mastigice Va, mets immediatement ici les menottes a ce miserable! Virgile aussi dans sa deuxieme Eneide : Ipse viro primus manicas, atque arcta leuari Vincla jubet Priamus. Le roi Priam lui-meme est le premier a interceder pour que Ton delivre 1 homine de ses menottes et de ses liens. Pour ne pas mentionner un certain nombre d autres auteurs, que, pour plus de brievete, nous devons nous dispenser de citer. Lesheretiquesanglais,autempsactuel(1591)s occupentsanscesse plus activement a infliger a ceux qui professenl la foi ortbodoxe, d une fa?on maligne et cruelle, le supplice des bandes de fer on menottes, comme ils les appellent. C est une sorte d instrument au moyen duquel un homme cstpendu et torture, ses deux mains ctant placees dans un anneau de fer dentele a I interieur et violemment serre. En verite, si intense et si terrible cst la douleur que, a moins que le doigt n ait la possibility de s appuyer contre un murou la pointe des pieds de toucher laterre, 1 homme torn- bera immediatement dans une defaillance mortelle. Si vous voulez en apprendre davantage sur ces atrocites, lisez 1 ouvrage - 62 - du Pere Sanders sur le Schisme Anglican, oil 1 auteur appelle ce genre desupplice lesyanteletsde fer. Maisassez sur ceci, procedons maintenant a d autres objets. DES COLLIERS Ceux-ci peuvent etre decrits dc la maniere suivante : Les colliers etaient une sorte de boucle pour le con a 1 usage des condam- nescriminels,faiteenfer ou enbois, et emprisonnant fortement le cou comme le fait le joug pour les bceufs. Nous pouvons de plus dire que nous supposons qu il existait aussi d autres sortes de colliers, differenls de ceux-ci, quoique de la meme nature, et generalement appeles colliers, que Nonius definit ainsi : Le collier est une sorte de lien dans lequel le cou est comprime. Dans Lucilius aussi nous trouvons : Afin qu avec les menottes, la laisse et le collier, je puisse ramener a la maison le fugitif. En verite ces colliers, ainsi qu il est clairement demontre par les Actes de sainte Balbine et du pape Alexandre, etaient gran- dement en usage parmi les hommes des premiers temps pour Her et emprisonner les cons des prisonniers et des criminels. Ainsi nous lisons : <v Aussitot, baisant le collier du plus glorienx martyr, le pape Alexandre, cette vierge benie du Christ, sainte Balbine, entendit prononcer ces mots : Cesse, ma fille, de saluer ces colliers, et va plutot chercher les liens de mon maitre saint Pierre... II semblerait, d apres cela, que ces der- niers etaient de la meme nature, et vraiment lorsque Ton examine les liens, conserves jusqu a ce jour dans 1 Eglise de Saint-Pierre aux Liens a Rome, avec lesquels le saint apotre du Christ etait attache, on voit qu ils se composent d un collier de fer dans lequel le cou du martyr etait serre. - 63 - otfuree ef ourtnenf0 bee (Ittarfgre djrefiene DES CHAINES line chaine est un lien en fer au moyen duquel on attachait les esclaves et les prisonniers pour les empecher de s echapper. Ainsi Tile-Live, 1 historien, ecrivantsur les premieres annees de la fondation de Rome, dit : Turnus, se reveillant de son sommeil, se trouve environne de gardes. On s etait saisi de ses esclaves qui, par amour pour leur maitre, s etaient prepares a la rsis- tance, les glaives se montrant a tous les coins du refuge. II ne pouvait plusy avoir aucun doute et Turnus fut charge de chaines; Ciceron aussi (Contre Verres.) Le mecreant ordonne que Ton lie pardeschaines des hommes infortuncs et innocents ; en outre plusieurs autres ecrivains qui en font mention de la meme maniere. De plus nous lisons et relisons, dans les Actes des Saints, com ment, pendant les temps de persecution, les Chretiens etaient lies avec des chaines de fer, ainsi qu il est demontre, parmi d autres, par 1 histoire de sainte Anastasie, martyre romaine, sainte Febronia, vierge et martyre, saint Chrysantus et une legion d autres saints et martyrs des deux sexes. En outre, si quelqu un desire apprendre de quelle facon les Chretiens etaient lies avec des chaines dans 1 anliquite, qu il aille voir les figures que Ton pent encore examiner de nos jours creusees et gravees sur 1 Arc de 1 empereur Constantin. II verra la un certain nombre de captifs ainsi enchaines. - 64 - ou PRISONS OU GEOLES Une prison ou geole est un endroit oil 1 on garde a vue les criminels et d oii aucun homme ne pent sortir de sa propre volonte. La premiere prison a Rome fat construite par le roi Ancus Martins, dont Tile-Live nous dit : Vraiscmblablement le donjon des Quirites, qui n est pas un monument banal lorsqif on le regarde du haul d un lieu eleve, est 1 oeuvre du roi Ancus. La prosperite de 1 Etat s etant grandement accrue, et, comme on potivait s y attendre dans une population aussi nombreuse, les distinctions entre le bien et le mal etant devenues confuses et les crimes de fraudes et de vol etant devenus frequents, on construit une prison pour mettre un frein a ces licences au centre meme de la ville, regardant le Forum . Maintenant il faut remarquer qu il y avail, chez les Anciens, deux manieres differentes de garcler les prisonniers, savoir : la prison publique et la maison privee. Dans la derniere on avail 1 habitude de garder les personnes accusees avant leur aveu ou avant que leur culpabilite eiit ete etablie. On 1 appelait prison Ubre ; les personnes alors etaient confiees a la garde de magis trals dans leur propre maison ou dans celle de quelque person- nage noble prive.Ainsi Tite-Live,parlantdu juge des Bacchanales, ecrit : c Le consul prie son beau-pere de rendre une partie de sa maison libre, afin de pouvoir y loger Hispala, etc. Puis, quclques lignes plus loin : . Les consuls ordonnerent aux Ediles Curules de rechercher tous les pretres, de les arreter et de les garder en prison libre jusqu a ce qu ils soient examines. La meme chose se trouve dans ce que dit Salluste, ecrivant sur la conspiration Catilinienne : Le Senal declara que la magistra- ture serait abolie, et que Lentulus et le reste des confederes - 65 - orfurC6 ef ourmenf0 bee (tttatfgre Chretiens scraient gardes en prison libre. En consequence, Lentulus fut confie a Publius Lentulus Spinther, qui etait Edile en ce temps- la, Cethegus a Quintus Cornificius, et ainsi de suite pour les autres. Ces passages confirment pleinement ce que nous disons, savoir que les personnes accusees, avant 1 aveu de leurs crimes, etaient habituellement confiees par les Anciens, a ce que Ton appelait la prison libre ou surveillance, tandis qu apres qu elles avaient avoue ou que leur culpabilite etait reconnue, on les jetait dans la prison commune. Ceci est corrobore par les ecri- vains de la loi romaine, tels que Venuleus, qui dit : Une per- sonne accusee qui a avoue doit, en attendant que sa sentence soit prononcee, etre jetee dans la prison commune publique ; et Scaevola : Une personne qui avait avoue etait, simplement sur la foi de son aveu, jetee en prison. Nous voudrions ici rappeler au lecteur comment les fideles disciples du Cbrist, dans les temps de persecution, n etaient pas seulement enfermes dans les prisons Tulliane el Mammertine ; mais elaient souvent de meme detenus sous la surveillance militaire dans les maisons d individus prives. Ceci est atteste par d innombrables histoires des saints Martyrs, et en particulier par celles dcs saints Etienne et Ak xandre, pontifes remains. DE CERTAINES AUTRES SORTES DE LIENS Parmi ceux-ci on pent comprendre les lanieres avec lesquelles on liait les prisonniers, d oii le nom de lictcnrs, souvent employe par Plaute, applique a ceux dont le devoir etait de Her on de frapper avec des lanieres ceux de leurs compagnons d esclavage que leur maitre leur indiquait. Le meme titre etait egalement donne aux officiers des magistrats qui les aidaient dans leurs fonctions et portaient devant eux les faisceaux . - 66 - cmpfogeee par fee Mais assez sur les differentes especes de liens ainsi que sur le cheval de bois en usage chez les Ancicns. DU CHEVAL DE BOIS OU TORTURE EMPLOYEE PAR LES HERETIQUES SUR CEUX DE LA KOI ORTHODOXE : DE LEUR EMPRISONNEMENT ET DES DIVERSES SOHTES DE SUPPLICES QU lLS INFLIGEA1ENT AUX PRISON- NIERS. Les heretiques du temps present (1591) en Angleterre (ainsi qu en temoignent rOrigine et le prog res du schisme anglican, ainsi qu un ouvrage intitule Sur la Persecution Anglicane et Le Theatre des Cruautes Heretiques de Sanders) ont torture un certain nombre de pretres y compris les Peres Campion, reli- gieux de la Societe de Jesus, Sherwing, Briant, Janson, Bosgrave et d autres encore, par 1 ecartelement ck- tous leurs membres, presque jusqu a la mort, au moyen d un instrument appele par eux-memes le cheval de bois on torture. C est une sorte de supplice qui consiste, apres avoir etendu un homme sur le dos et lui avoir lie les mains et les pieds jointure par jointure, a resserrer petit a petit les cordes par lesquelles il est attache a certaines roues amenagees a cet effet jusqu a ce que tous ses membres soient disloques. Ce supplice horrible et monstrueux est employe par ces nouveaux heretiques de nos jours (ainsi qu il est decrit dans le livre appele Un trophee de VEglise Anglaise) pour torturer les catholiques qu ils onl jetes en prison. En outre, ils emploient encore d autres moyens pour faire souffrir les memes prisonnicrs, quelquefois introduisant des piques de fer ou de longues aiguilles sous les ongles de leurs doigts, quelquefois (comme il est raconte d un pretre dans 1 ouvrage cite ci-dessus) les liant, les pieds en 1 air, a des poteaux de bois jusqu a ce qu ils soient sufloques par 1 infection de leurs propres - 67 - et excrements. D autresfois ils les enferment dans un instrument de fer qui recroqueville 1 homme et le rend rond comme une balle, et les laissent ainsi emprisonnes pendant des heures entieres, ou bien, ils les retirent de force de la prison et les poussent violem- ment devant 1 assemblee des ministres heretiques, ou les liant deux a deux avec des chaines (voyez de nouveau Sanders, Schisme Anglican et Theatre des Cruaute s) les emmenent ainsi d un cachot sale et puant a un autre plus infect et plus horrible encore. Au sujet de ces emprisonnements de catholiques en Angleterre, consullez 1 ouvrage nomine ci-dessus Sur la Persecu tion Anglicane, que j aurais voulu pouvoir transcrire ici en entier , si j avais eu la place. - 68 CHAPITRE IV Des divers Instruments employes pour flageller les Saints Martyrs. AYANT expose les diverses sortes d entraves et de grifTes ainsi que la nature du Chcval de Bois , nous devons maintenant nous occuper de nommer les differentes especes de verges et de fouets. Car c etait une habitude frequente chez les paiens (comme il est demontre a plusieurs reprises par diverses citations tirees de YHistoire des Saints, en particulier celle de saint Crcscentianus, de sainte Regina, vierge et martyre, et de Teveque Bass us), apres avoir lie les chetiens au cheval , de les frapper impitoyable- ment avec des cordes, des verges, desfouelset autres instruments semblables; ensuite de les dechirer avec des grifTes de fer ou de pareillcs inventions; et enfin de les bruler a 1 aide de torches, de tisons enflammes ou de plaques de metal rougies au feu. En consequence, nous nous proposons, en premier lieu, de parler des instruments pour fouetter ; en second lieu des pinces, grifTes et etrilles de fer ; et enfin des torches, tisons et plaques brulantes. Maintenant, quant aux premiers, vous dcvez savoir quc ceux-ci etaient en usage chez les anciens sous diverses formes, telles que fouets, verges, courroies, cordes, et gourdins. - 69 - orture6 et ourmenfB bes (UXdrf jrs Chretiens DBS FOUETS Plaute, Epidicus, parle des fouets, dans les termes suivants : //a non omncs ex crucialu poterunt eximere Epidicum. Periphanem cmere lora vidi. Terence aussi, Adelphi : Nam si molestus pergis esse jam intro abripiere, atque ibi, Usque ad necem operiere loris. Ciceron egalement, Phllippiques : Cum cum jussu Antonii in convivii scrvi publici loris caeciderunt. Ainsi tons ses amis ne sauveront pas Epidicus ; j ai vn Periphanes acheter des fouets. Car, si vous continues a etre ennuyenx, vous serez jete hors des portes, et la fouette a mort. Alors les esclaves publics les flagellerent a coups de fouet, un jour de fete, sur les ordres d Antonin. On Irouve des passages semblables cites a di verses reprises dans les Actes des Martyrs, ainsi que dans le compte rendu sur saint Asteriuset sescompagnons de martyre, de sainte Euphemie, vierge et martyre, et de beaucoup d autres confesseurs du Christ des deux sexes. Ces fouets en usage chez les anciens etaient des lanieres de cuir employees habituellement (comme il est evident d apres les passages cites de Plaute et de Terence) pour les cor rections infligees aux esclaves. Aussi cela ne nous doit surprendre en aucune fac.on si nous trouvons de frequents exemples, dans les Histoires des Martyrs, de fideles adeptes du Christ ayant ete - 70 - 2S*3GT2Sa2JSfc^^ S$a92?S(2S5S^^ FIG. XII Un Martyr, fortement lie par des courroies ou lanieres, violemment tire dans loutcs les directions, et ainsi dechire membre par niembre. 3nefrumenfs be frappes de coups de fouet, car ils etaient toujours regardes parmi Ics Anciens comme des plebeiens et des miserables de la plus basse condition. Ces memes fouets ne servaicnt pas seulement (comme il est ecrit ci-dessus) a lier les Martyrs et a les frapper ; mais meme a les mcttre en pieces, comme le temoignent les Actes des Saints Martyrs, concernant la passion de Tyrsus, oil nous lisons : Immediatement son esprit (celui du gouverneur) ftit rempli d une grande cole-re el 11 ordonna a certains robustes jeunes hommes au caractere sauvage et feroce de faire leur office. Alors, apres 1 avoir lie avec des courroies, attachees fortement a ses mains et a ses pieds, ils parlirent chacun de leur cote, tirant de toutes leurs forces dans des directions opposees, de sortequetoutes ses jointures et articulations furent brisees et qu il fut dechire membre par membre. LAMERES EMPLOYEES AUSSI POUR FLAGELLER LES MARTYRS Le mot laniere on nerf (comme il a ete explique dans le chapitre precedent) comprend diverses significations. Quelque- fois il signifie un lien pour attacher les criminels, sens dans lequel nous en avons deja traite dans ce livre ; mais d autres fois il signifie nn genre de verges avec lesquelles les chretiens, enflammesde 1 amour du seul vrai Dieu, etaient frappes paries paiens. C est de ce dernier genre qu il nous reste maintenant a parler. On employait generalement le ncrf d un animal, plus souvent celui d un bceuf. C est avec ce nerf qu ont ete frappes les plus glorieux soldats du Christ, les saints Ananias, Isidore, Bene- dicta, vierge et martyre et bien d autres dont les noms sont ecrits dans le Livre de Vie. - 71 orfure0 ti ourmenf0 bes (tttartgre Chretiens LANIERES ET VERGES Les lanieres et les verges etaient souvent employees pour flageller les fideles adeptes du Christ. Juvenal parle des verges dans ses Satires, de meme saint Cyprien, Suetone (Otho), Eusebe et d autres anciens ecrivains. Elles etaient plus minces et plus fines que les courroies, plus epaisses que des baguettes, A ce propos, nous trouvons dans les lois de Theodore (Circula tion en voituresur les voiespubliques, conducteurs de diligences, courriers) les articles suivants : Decrete que personne ne se serve d un baton pour conduire, mais plutot d une baguette, ou tout au moins d un fouet a 1 extremite duquel est place un court aiguillon. Cela est suffisant pour montrer que les fouets etaient en usage parmi les Anciens comme il a ete declare ci-dessus. A part les Chretiens, les personnes de la plus humble condition etaient condamnees a etre frappees avec ces instruments, ainsi que le declare Plaute, Amphylrion; et meme les vierges Vestales, si par negligence elles laissaient eteindre le feu consacre d une maniere impie a Vesta, fausse deesse des Romains, etaient sou- mises a ce chaliment. Voyez Valerius Maximus et 1 historien Tite-Live. Pourtant, pour en revenir aux saints Martyrs de Notre Seigneur Jesus-Christ, nous trouvons qu un grand nombre de ceux-ci etaient frappes avec des fouets et des batons - - avec des batons, les saints Felix et Alexandre, Privatuset Bassus, eveques, Julius, senateur, et bien d autres ; avec des fouets, les saints Martyrs Neophytus, Julianus, Tryphon, Sabbatius, et un nombre considerable d autres dont les noms sont oublies. Au sujet de ceux-ci, nous trouvons dans le Marty rologe Romain du 20 fevrier, le rapport suivant : Commemoration des saints Martyrs a Tyr en Phenicie, dont le nombre est connu de Dieu seul. Sous 72 - Q0a0tonnabe d ectmafton Tempereur Diocletien, et par ordre de Yeturius, maitre des soldats, ceux-ci furent mis a mort par differentes sortes de tor tures se succedant 1 une 1 autre. En premier lieu, leurs corps furent declares par les fouets, ensuite ils furent livres a plusieurs sortes de betes sauvages ; mais, grace a la bonte divine, ils ne furent blesses en aucune