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JOURNAL ASIATIQUE 



DIXIÈME SÉRIE 

TOME XI 



JOURNAL ASIATIQUE 

ou 

RECUEIL DE MÉMOIRES 

D'EXTRAITS ET DE NOTICES 

RELATIFS À L'HISTOIRE, À LA PHILOSOPHIE, AUX LANGUES 
ET À LA LITTÉRATURE DES PEUPLES ORIENTAUX 



PAR MM. BARBIER DE MEYNARD, A. BARTH , R. BASSET 

CHAVANNES, CLERMONT - GANNEAU, HALÉVT, HOUDAS, MASPERO 

RDBENS DDVAL, É. SENART, ETC. 

ET PUBLIÉ PAR LA SOCIÉTÉ ASL^TIQUE 



DIXIEME SERIE 
TOME XI 




PARIS 
IMPRIMERIE NATIONALE 



ERNEST LEROUX, EDITEUR 

RUE BONAPARTE, 28 



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JOURNAL ASIATIQUE. 

JANVIER-FÉVRIER 1908. 

NOTE 

SUR LE DIALECTE FOUL 

PARLÉ PAR LES FOULBÉ DU BAGUIRMI, 

PAR 

M. HENRI GADEN, 

CHEF DE BATAILLON D'INFANTERIE COLONIALE. 



L'établissement des Fouibé dans la région qu'oc- 
cupe aujourd'hui le Baguirmi remonte à la fin du 
xv" ou au commencement du x\f siècle. 

Les chasseurs Kengas, qui allaient fonder le 
royaume de Baguirmi, trouvèrent en effet des 
Foulbé déjà installés dans cette région. Un marabout 
poul , le cheikh Mohammed Oual Dédé , venait de 
fonder le village de Bidderi et les familles de sa tribu 
nomadisaient avec leurs troupeaux sur les bords du 
Bambassa et des mares, alors permanentes, dont un 
chapelet se trouvait à quelques kilomètres au nord 
de ce bras du Chari. 

Ces Foulbé venaient du Diammaré; leur tribu se 
nomme encore les Fukkarbe ou Darkan. 

Le cheikh Oual Dédé avait quitté le Diammaré 
dans f intention de faire le pèlerinage de La Mecque 



6 JANVIER-FEVRIER 1908. 

à la suite de son père , le cheikh Dédé , parti depuis 
quelques années. Il se trouva que ce cheikh, ren- 
trant de La Mecque, tomba malade et mourut à 
nGar Dogo, village voisin de Tchekna, capitale ac- 
tuelle du Baguirmi. 11 fut enterré à nGar Dogo où 
son tombeau est , encore aujourd'hui , vénéré. Son fils , 
le cheikh Mohammed, ne dépassa pas le pays où 
son père venait de mourir, et c'est ainsi qu'il fonda, 
comme nous l'avons dit, le village de Bidderi. Ce 
village devint immédiatement un centre religieux 
important; Barth a fait ressortir son rôle et, par 
suite, celui de ses fondateurs foulbé, dans fislanù- 
sation du Ouaday. C'est en effet à Bidderi que fut 
élevé, d'après les traditions, le fondateur de la dy- 
nastie qui règne encore au Ouaday ^ 

Le cheikh Oual Dédé et sa tribu furent rejoints 
plus tard par d'autres familles foulbé; elles venaient 
aussi du Diammare et du Marroua , provinces orien- 
tales de l'Adamawa. C'est également vers ces pro- 
vinces que retournaient les familles foulbé que des 
nécessités politiques contraignaient de quitter le 
Baguirmi. C'est de là qu'en 1906 nous en avons vu 
revenir quelques-unes qui avaient quitté le Baguirmi 
vers 1840, sous le règne du mBang Bourkomanda. 
C'est donc avec les Foulbé de l'Adamawa que ceux du 
Baguirmi ont le plus d'affinités de famille et de langue. 

* C'est par erreur que Nachligal attribue à Abd el Kerim ben 
Yame la fondation de lîidderi. Il y étudia au])rès des lettrés foullx-, 
avant d'aller soulever les populations du Ouaday contre les Toun- 
djers qui y régnaient alors. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 7 

n est intéressant de constater l'existence en pleine 
Afrique centrale païenne , à une époque aussi re- 
culée, d'un centre religieux foui. 11 est peut-être plus 
remarquable encore de noter que c'est un mouve- 
ment de fOuest à l'Est qui conduit les Foulbé au 
Baguirmi. 

Nous favons constaté pendant de précédents sé- 
jours, du Macina au Tchad, la plus ancienne migra- 
tion dont se souviennent les Foulbé est celle qui les 
fait venir de l'Ouest, « de Malle », c'est-à-dire de l'an- 
cien royaume de Melle. Sans entrer ici dans une 
discussion historique qui nous entraînerait loin de 
notre sujet, nous remarquerons que si les Foulbé 
ont accompli autrefois , comme le veulent les auteurs 
qui les font venir de la vallée du Nil , une première 
migration de l'Est à fOuest, s'ils ne font actuelle- 
ment qu'une contre-migration , leur premier exode 
n'a laissé du moins aucune trace, ni dans les pays 
au sud du Sahara, ni dans les traditions des Foulbé 
actuels. 

Ainsi que Barth l'avait déjà noté, nous retrouvons 
au Baguirmi les mots Imfunere « bonnet » , hotoUo 
« coton », marori « riz », qui existent sous une forme 
presque identique dans la langue des Soninkés, ces 
populations qui eurent autrefois la prééminence 
dans l'empire de Ghanata , et ceci est une preuve de 
plus de l'origine occidentale des Foulbé du Centre 
africain. 

Nous n'avons pas l'intention de rédiger ici une 
grammaire de la langue foule du Baguirmi; le très 



8 JANVIER-FEVRIER 1908. 

remarquable travail de Guiraudon sur le foui de la 
Sénégambie nous en dispense. Nous nous proposons 
simplement, à l'aide de nombreux mots et phrases 
recueillis pendant un séjour de près de trois ans 
au Baguirmi, de faire ressortir les différences qui 
existent entre les deux dialectes. Le Manuel de Gui- 
raudon nous a servi de base et nous avons conservé 
sa notation qui est excellente et que nous rappelons 
ici. 

MATÉRIEL PHONÉTIQUE. 

Voyelles, a, e (notre 6^), i, o, a (notre ou). 

Consonnes, g (dur), b, cl, k, p, t; 

d', t' (mouillés); 

/ (dur), r (doux), m, n, n (mouillé); 

5 (dur),/, h (fortement aspirée); 
aspirée très douce , qui sert quelquefois à mar- 
quer que la voyelle qui précède est longue; 

w,y; 

§, by 4) 4' nasalisés; 

b, k,r,t, etc., consonnes emphatiques, paraissant 
redoublées. C'est également" ainsi que nous marque- 
rons que le w doit se prononcer dur, à peu près 
comme notre v français. 

Au Baguirmi ce matériel , qui est celui du dialecte 
de l'Ouest, s'augmente de : 

1° Une consonne que nous avons représentée par 
le signe ^ . Ce son, qui tient de Xn, du (j et du w, est 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 9 

à peu près impossible à prononcer pour un Euro- 
péen; il ne se trouve que comme consonne initiale 
de trois racines. L'une d'elles a donné le verbe ^atgo 
« mordre», en Sénégambie gatu.de (de G.) et ngadde 
(Faidherbe); 

2" Une sorte de k mouillé : h', qui ne se trouve 
que dans les mots k'eso « nouveau » , k'esuni « nou- 
veauté, chose nouvelle », pour keso, kesum, rac. lies; 
kak'e « choses, bagages ». 

DES RACINES. 

On sait que les racines de la langue foule se com- 
posent soit de deux consonnes et d'une voyelle in- 
tercalée, soit de trois consonnes et d'une voyelle 
intercalée entre les deux premières consonnes. 

Un grand nombre de racines sont communes aux 
deux dialectes et sont restées identiques ; le vocabu- 
laire indique celles que nous avons notées. 

n indique également celles qui sont particulières 
au dialecte du Baguirmi et ne se retrouvent pas dans 
celui de Sénégambie; ces racines ne sont pas très 
nombreuses. 

D'autres racines sont communes, mais présentenl 
des différences qu'il importe de relever. 

La voyelle radicale s'est , à peu d'exceptions près , 
bien conservée; les différences portent sur les con- 
sonnes. 

1 " Au Baguirmi , une radicale ' correspond quel- 
quefois à une radicale y ou d' en Sénégambie. 



10 JANVIER-FEVRIER 1908. 

Ex. : Bag. 'ilufjo « se promener » , 'inugo « nager » , 'iyal 
« os » , gial « épine ». — Sé\. yilude , yinade , d'iyal, giycd. 

A la deuxième radicale w en Sénégambie peut 
également correspondre une deuxième radicale ' au 
Baguirmi : 

Ex. : SÉN. d'iwode , d'iwole; Bag. 'lede, 'lele a tornade». 
— SÉN. nowtade; Bag. n'o'tugo «coudre». 

2° Inversement, l'initiale ' de la Sénégambie de- 
vient souvent w au Baguirmi : 

Ex. : SÉN. 'addade; Bag. waddugo «apporter». — Sén. 
'amde; Bag. wumgo «danser». — Sé\. 'arde; Bag. wargu 
«venir», etc. 

La permutante du pluriel g se maintient d'ailleurs 
dans les deux dialectes. 

3" Dans quelques cas , plus rares , l'initiale ' en 
Sénégambie devient h au Baguirmi. 

Ex. : SÉN. '«/fwde; Bag. hakude «entre». — Sén. 'abude; 
Bag. habugo «attacher». 

4° La deuxième radicale est parfois durcie au Ba- 
guirmi : 

Ex. : SÉN. babil ao; Bag. bapirao «père». — Sén. d'ugere; 
Bag. d'ukere «bosse». — Sén. hewinde; Bag. hchingo «rem- 
plir » , etc. 

5" Le dialecte baguirmien a une tendance mar- 
quée à redoubler, notamment au singulier, la 
deuxième radicale : 

Ex. : Sén. '«?a^o; Bag. 'uladu «cri». — Sén. hi/m; Bag. 
hik(i, « cette année ». — Sk\. dogde; Bag. dogugo « courir », etc. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 11 

6° Quelques verbes du dialecte baguirmien pré- 
sentent au radical une troisième consonne qu'ils 
n'ont pas en Sénégambie. Ce sont : 

Bag. halwugo « être oh devenir noir » ; ranwugo « être ou 
devenir blanc » ; ivod'ugo , pour wodwugo « être ou devenir 
vouge n ; wohvugo «parler»; naywngo «être vieux, vieillir». 
— Sé\. balde, rande , wodile. wolde, nayde. 

Les dérivés du genre commun sont les mêmes 
dans les deux dialectes : haled'o, daned'o, hoded'o, 
holid'o. Sén. nayd'o et uaived'o; Bag. nayed'o. Notons 
que ces dérivés ont tous la particularité , assez rare , 
d'être en d'o. 

Il est possible que le dialecte baguirmien ait ici 
conservé une troisième radicale w, disparue dans 
le dialecte de Sénégambie. Il est plus probable que le 
dialecte baguirmien a suffixe un élément dérivatifs, 
indiquant peut-être une idée de devenir. Cet élément 
ne se présente d'ailleurs dans aucun autre mot. 

Quelques autres racines communes aux deux dia- 
lectes présentent des différences , mais irrégulières et 
accidentelles. Ainsi : SÉ^. fende , lè\G.fewgo « mentir »; 
SÉN. lana, Bag, nala « pirogue »; etc. H y a quelques 
cas isolés de changements de voyelle radicale; ils 
sont sans importance. 

Le dialecte du Baguirmi présente , de même que 
celui de Sénégambie, quelques cas de redoublement 
de la racine : 

Ex. : 'eJeîdu « iguane » , marimarlod'e « grêlons » , timotimo- 
gal « arc-en-ciel » , etc. 



12 JANVIER-FKVIUER 1008. 



DES THEMES. 

Les éléments dérivatifs t, n, r, dont de Guiraudon 
a si bien mis le rôle en évidence, sont employés au 
Baguirnii dans les mêmes conditions qu'en Séné- 
gambie. Cependant, l'élément ;• donne parfois à la 
racine un sens transitif. 

Ex. : Bag. u'urgo «venir», tvur-t-ugo «revenir», irar-t-i- 
r-(jo « ramener » ; y(îgo « aller » , yd-r-u-go « emporter ». 

Il existe au Baguirmi un quatrième élément déri- 
vatif d'un usage fréquent. C'est l'élément cl, qui est 
souvent suflixé directement à la racine. Il indique 
f association à l'idée exprimée par la racine de plu- 
sieurs êtres ou objets. 

Ex. : wargo « venir » , wardugo « venir avec » ; halgo « par- 
ler » , haldiigo « parler avec » ; d'ddado « frère , parent très rap- 
proché (= qui marche avec) ». 

Cet élément d est rarement oublié dans le langage 
courant. Dans le même ordre d'idées, nous avons : 
dimdinado « allranchi », rac. rim, dérivatifs d, n; — 
d'ilindirgn «mélanger», rac. d'il, dérivatifs n,d, r^. 

Nous parlerons à propos du verbe du rôle de 
l'affixe oy, qui permet de former des thèmes verbaux 
paraissant indiquer l'accomplissement imminent de 
l'action. 

' Cet élément dérivatif d se retrouve dans quelques mots du 
dialecte de Sénégambie. Ex. : ^ardade «conduire», dulidude «se 
disputer». 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 13 

Enfin nous avons signalé déjà l'existence possible 
d'un élément dérivatif w , cjui ne se retrouverait ac- 
tuellement que dans les verbes que nous avons cités. 

Observation ^ Avant d'aller plus loin, nous de- 
vons faire quelques réserves sur la classification en 
genre commun et genre neutre adoptée par de Gui- 
raudon, après Faidherbe. 

D'après ces auteurs, les Foulbé diviseraient la 
nature en deux grandes classes : l'homme en consti- 
tuerait une par opposition à tout ce qui n'est pas 
l'homme. Les Foulbé ne paraissent pas avoir eu cette 
conception. 

Dans la réalité , il n'y a pas de genre en foui , et 
cela est tellement vrai qu'un Poul parlant à son chien , 
à sa vache, emploiera le même pronom de la 
deuxième personne que s'il parlait à un autre homme. 

De même , il est fort probable que si f on recueille 
des textes de fables, par exemple, dans lesquels des 
animaux sont censés parler, on constatera que ces 
animaux, en parlant, emploient les mêmes pronoms 
que l'homme aux premières personnes. 

Les pronoms des l'^et 2* pers. sont communs à 
tous les noms. Seuls, les pronoms des 3** pers. 
diffèrent. Nous reviendrons plus loin sur ce fait que 
chaque pronom de la 3^ pers. sing. désigne une caté- 
gorie d'êtres, d'objets ou d'abstractions présentant 

^ Ce paragraphe a été ajouté à la suite d'une remarque de 
M. Monteil sur la classification en deux genres adoptée par de Gui- 
raudon. 



14 JANVIER-FEVRIER 1908. 

entre eux un lien commun qu'il n'est plus toujours 
possible de reconnaître aujourd'hui et dont la déter- 
mination nous fournirait des données fort intéres- 
santes sur la mentalité des Foulbé et leur conception 
de la nature. Parmi ces pronoms, l'un d'eux, mo ou 
'o, ne désigne que l'homme, de même que dam ne 
désigne que les liquides. Etant donné la règle de for- 
mation des noms, que nous verrons plus loin, il est 
naturel que le suffixe de formation comporte au sin- 
gulier la voyelle o , caractéristique de l'homme. Au 
pluriel , le pronom be ne peut servir que pour l'homme, 
sauf incorrection. C'est là le seul argument en faveur 
de la classification adoptée par de Guiraudon. 

Quant au fait que les mots du « genre commun d 
présentent comme radicale initiale la permutante, il 
n'est pas caractéristique, puisque le même fait se 
produit pour toute une classe de mots du « genre 
neutre », ceux en dam. 

Ainsi, il ne paraît pas nécessaire de supposer ce 
partage en genre neutre et genre commun : il n'y a 
pas de genre. 

Ces réserves faites et le présent travail n'étant 
qu'une comparaison avec le dialecte noté par de Gui- 
raudon, nous conservons les divisions de sa gram- 
maire. 

DES PRONOMS. 

Ils présentent dans le dialecte baguirmien des 
différences assez sensibles , des formes moins nom- 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 15 

breuses et plus simples, ainsi que les tableaux sui- 
vants le mettront en évidence. 

Genre COMMUN. — \° Pronoms personnels : 

Emphatiques. — Sing. : i" pers. , min; 2' pers., 'an; 
3° pers. , hanko , 'oino. — Plur. : 2° pers,, 'onon ; 3° pers , 
qambe. 'ebe. 

Simples. — Sing. : 1" pers., mi; 2' pers., 'a; 3' pers. , 
mo. — Plur. : 1" pers., minen « moi et eux», men «mol, 
vous et eux»; 2° pars., 'on; 3° pers., be. 

Les autres formes de pronoms sujets du verbe don- 
nées par de Guiraudon n'ont pas leur équivalent au 
Baguirmi. 

2° Pronoms régimes des verbes : 

Sing. : 1" pers, 'am; 2' pers., ma; 3° pers., mo. — Plur. : 
1" pers., 'amin «moi et eux», men «moi, vous et eux»; 
2' pers., mon, 'on; 3" pers., be. 

3° Pronoms régimes des noms, pronoms et préposi- 
tions : 

Sing. : i" pers., 'am; 2° pars., mada (emphatique), ma 
(simple); 3° pers. , mako. — Plur. : 1" pers., 'amin «moi 
et eux», men «moi, vous et aux»; 2° pars., modon (empha- 
tique), mon (simple); 3° pers. , mahe. 

Les pronoms que de Guiraudon appelle « posses- 
sifs indépendants » n'existent pas , en réalité , au Ba- 
guirmi. 

On suffixe un des pronoms précédents au pronom 
personnel ou relatif représentant le substantif. 

Ainsi, s'il s'agit de femmes, on dira ko'^am ou 
moam « la mienne », è/am « les miennes ». Mais, s'il 



16 JANVIER-FEVRIER 1908. 

s'agit de petits enfants, on dira getam «le mien», 
kon"^am « les miens » , etc. 

li° Pronoms démonstratifs : 

Celui-ci, celle-ci; sing. : kanhn; plur. : kamhe. 
Ce, cette; sing. : 'on; plur. : be , qui se placent après le 
nom. 

Forme emphatique : kanko 'on, kamhe be. 

5° Pronoms relatifs : 

Sing. : ko, ma; plur. . be. 

6" Pronom interrogatif : 

moye, cpii se prononce quelquefois nioey et est invariable. 

Genre neutre, — i" Pronoms personnels : 

SINGULIER. 
de di du 

y a ye y a yn dam 

y al yel yol dtim 

ka ki ko ku 

PLURIEL COMMUN : de, di. 

On remarquera que plusieurs des formes relevées 
par de Guiraudon en Sénégambie n'existent pas au 
Baguirmi. 

2° Pronoms possessifs : 

SINGULIKK. 
mare mdii marii 

maya maye mayo muqu mad'ani 

mayal mayel mayol inad'nm 

maka maki mako inakii 

PLURIEL COMMUN : mud'c , mad'i. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 17 

On remarque la plus grande simplicité du dia- 
lecte baçrnirmien. I^à où. le dialecte de Sénéçambie 
conserve deux formes, made, mayre, il n'en admet 
qu'une, simplement formée à l'aide du pronom à 
initiale permutée : mare. Toute nasalisation dispa 
raît également. 

Dans le langage courant et très familier, on em- 
ploie quekjuefois un pronom possessif mum , \in\ , 
applicable aux deux genres , dans tous les cas. 

gorko be hiddo miiin ou be biiini « un homme et son en- 
fant » ; nagge be bigel mum ou be biiim « une vache et son 
petit». 

3" Pronoms démonstratifs : 







SINGULIER. 








kande 


kandi 


kandu 




kanga 


kunge 


kango 


kanga 


kand'am 


kangal 


kangel 


kangol 




kand'am 


kanka 




kanki kanko 


kanka 





PLURIEL COMMUN : kand'e , kand'i. 

Ces formes, omises par de Guiraudon, doivent 
avoir leur équivalent en Sénégambie. 

Quand le démonstratif est employé adjectivement 
«ce, cette», on se sert du pronom personnel lui- 
même , habituellement placé après le nom : nagge ge 
« cette vache ». <■ 

i" Pronoms relatifs : sing. , lio , no ou le pronom 
personnel lui-même; plur. , de ou di. 



18 JANVIER-FEVRIER 1908. 

5° Pwnoms indéfinis : ko, no, diiin d'un emploi 
très fréquent. 

Un pronon) indéfini inteirogatif ^/uoi; est très em- 
ployé : diiin diimi? « qu'est-ce cpie c'est que cela? »; 
dumi? « quoi? '>.■ 

LOIS PHONÉTIQUES. 

Loi de permutation (jénérnle. — On sait que d'après 
cette loi, particulière h la langue foule, un certain 
nombre de consonnes radicales initiales permutenl 
en d'autres consonnes lorsque le mot passe du singu- 
lier au pluriel ou dans la formation de certains dé- 
rivés. 

En Sénégambio , les permutantes sont : 

PERMUTANTE. J'KRMUÏANTE. 



.7 

/• P 

h /.• 

/• d 



Au Baguirmi, cette loi offre plus d'exceptions 
qu'elle n'en présente en Sénégambie. 

L'initiale ' donne rarement lieu à permutation; 
mais lorsqu'elle permute, sa permutante est bien (j. 
La non-permutation se remarque surtout lorsque 
' provient d'un y ou d'un d' antérieurs comme nous 
l'avons déjà noté. 

L'initiale iv permute soit en g soit en b, sans 
qu'aucune différence de prononciation en prévienne. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. V.) 

La permutation en (j paraît être une anomalie qui 
provient de ce que le w a souvent remplacé un 
plus ancien. Cette anomalie est si fréquente au Ba- 
guirmi qu'elle est arrivée, comme nous ie verrons, 
à faire disparaître un pronom personnel neutre. 

La loi est très régulièrement suivie pour les 
racines à initiales/, h, r, s ou y. Les exceptions 
sont rares. 

Plus rigoureusement qu'en Sénégambie, l'initiale 
des noms neutres à sens abstrait est la permutante. 
iVinsi : 

kat'gol «mauvaise odeur», rac. hat' ; t'oggii «achat», rac. 
sod; Verrai « divorce » , rac. ser, etc. 

L'initiale du pluriel des verbes est souvent nasa- 
lisée : hali gari « les moutons sont arrivés »; askarcn 
gari « les tirailleurs sont arrivés ». Mais après le pro- 
nom personnel ée il y a , lorsque l'initiale du verbe 
ne comporte pas de nasalisation, un n de liaison 
qu'exige l'euphonie : he ^ari « ils sont arrivés » ; he-n- 
kabi «ils se sont battus»; be-n-namat «ils man- 
geront »; be-n-'^awat « ils sèmeront ». Ce n'est pas une 
nasalisation , impossible , de n ou de \ C'est , soit un 
71 de liaison, soit un n final du pronom qui, dans 
certains cas, se présenterait sous la forme ben, 
analogue par sa finale aux formes men, ^ on des i^" 
et 2* pers. Nous préférons la notation considérant 
cet n comme de liaison , car elle nous paraît satisfaire 
mieux l'oreille. 

On sait que les substantifs et qualificatifs sont 



20 JANVIER-FKVRIKH 1908. 

formés par la suffixation au radical ou au thème 
dérivé, d'une particule d'individualisation. La ten- 
dance à l'assimilation d(» la consonne finale du ra- 
dical ou thème avec la consonne du suffixe paraît 
plus grande au Baguirmi qu'en Sénégambie. 

Xous trouvons, il est vrai : Bag. '^iilcju; Skn. ^Vyfyu 
«brouillard»; mais nous avons : Bag. ho(j(jo; Sén. 
howgo « zériba ». — ■ Bag. liorre ; Sén. hodere « étoile ». 
— Bag. lekki makki; Sén. Ickki maivki « grand 
arbre » , etc. 

DU VERBE. 

Infinitif. Le dialecte baguirmien construit l'infi- 
nitif par la suffixation de go, comme le dialecte de 
la Sénégambie le construit en suffixant de : 

danago u dormir », rac. dan; wargn « venir », rac. ivav, v[c. 

Le choix de la voyelle de liaison qui peut être 
intercalée dépend entièrement de raisons d'euphonie 
et la diflerence entre les deux suffixes Bag. (jo et 
Sén. de, fait précisément qu'il n'y a pas de corré- 
lation entre les voyelles de liaison employées par 
l'un ou l'autre dialecte. 

Ex.: Sén. 'ubude; Bac. 'ubgo «enterrer». — Sén. diin'ede ; 
Bag. dungo «pousser». — Sén. n'an'ide; Bag. n'an'go «grat- 
ter». — Sén. 'uinde; Bag. nmago «se lever». — Sén. dogde ; 
Bag. dogugo «courir». — Sén. hadade; Bag. badigo «être 
près». — Sén. d'ogede; Bag. d'ogugo » posséder », etc. 

Aoriste. Ge temps se construit avec le suffixe i 
comme l'aoriste T', ou immédiat, en Sénégambie : 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 21 

mi wari «je suis venu»; mi yidi «j'aime»; mi hali «j'ai 
peur». 

L'action est accomplie depuis plus ou moins de 
temps, ou l'état est acquis. 

L'aoriste 2 , ou éloigné , de Sénégambie [mi "^ari-no) , 
n'existe pas au Baguirmi. Si l'on veut exprimer plus 
sûrement que l'action est entièrement accomplie ou 
létat passé, on emploie un participe en cZo, be qui 
est un véritable qualificatif verbal. 

Ex. : mi gardo « je suis venu » ; plur. be warbe « ils sont 
venus». — mi kokiido mo «je lui ai donné»; plur. be liokiibe 
1110 tils lui ont donné». — mi Jindindo mo «je l'ai réveillé»; 
plur. be findinbe mo « ils l'ont réveillé». 

On peut former des participes analogues du genre 
neutre, mais leur emploi n'est pas fréquent. 

Ex. : d'amdi di tad'di 'ebe 'ite « ce fer (a) fondu par le feu ». 

Préseim absolu. Ce temps se rend à l'aide de la 
particule adverbiale don «ici», que l'on intercale 
entre le sujet et le verbe au futur : 

mi don warat «je suis en ti^ain de venir»; nagge don yaral 
« la vache est en train de boire ». 

Le t caractéristique du futur est habituel mais 
n'est pas nécessaire. 

Ex. : mi don bofla rafa «je suis en train de balayer en tas 
et de verser (de jeter les ordures) ». — On pourrait d'ailleurs 
dire tout aussi bien : mi don bojtat rufat. 

Cette forme du présent absolu, obtenue artificiel- 
lement à l'aide de la particule adverbiale don, est 



22 JANVIKH-FKVr.IKR 1908. 

archaïque par rapport à celle de Sénégambie et 
explique comment se sont formés ces pronoms 
niido, ada, etc. dont le dialecte du Bnguirmi n'a pas 
l'équi\ aient. 

Futur, i" Il s'obtient à l'aide du sulTixe ut : 
mi nmval «je viendrai»; mi Indat «j'aurai peur». 
11 exprime notre futur et notre présent d'habitude. 

i" Quand on veut exprimer sa pensée avec plus 
d'intensité, insister sur le caractère habituel de l'ac- 
tion ou affirmer la certitude de son accomplisse- 
ment, ou marquer sa durée, on emploie le suffixe 
oto qui donne une sorte de futur intensif: 

gorico 'on dod'oto « cet homme va certainement tomber « ; 
puCu mu sikdolo «ton cheval boitera certainement»; d'emma 
fa ('jahii iviivlolo « toutes les nuits l'hippopotame sort ». 

L'accent tonique porte sur la racine et est très 
marqué. Dans le langage courant on se borne 
quelquefois à suffixer o : ml yahat^ mi loto, ou : mi 
yaliat mi btolo «je vais me laver ». 

Cette forme en olo n'est pas obligatoire; on peut 
toujours employer la forme habituelle en at. Elle 
exprime une nuance; son emploi est frécpient, mais 
elle ne paraît pas applicable à tous les verbes indis- 
tinctement. 

On retrouve des traces de cette forme en olo dans 
certains adjectifs du dialecte de Sénégambie, tels 

' yaJiat. rac. yn', mais l'aspiration est souvent si marquée qu'il 
faut la rendre par un h. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 23 

que : penotodo « faux », rac. fen; mid'otodo « penseur », 
rac. mid', etc. 

De même, il est probable que la forme plus 
simple en o se retrouve dans les nombreux noms 
communs de la forme demo^o «cultivateur», t'odo^o 
«acheteur», qui sont fréquents dans les deux dia- 
lectes, et dans lesquels l'o suffixe directement au 
radical paraît être plus qu'une simple voyelle de 
liaison et indiquer le caractère de fréquence , d'ha- 
bitude, de l'action que représente le radical. 

Le futur 2 , éloigné , de Sénégambie , n'existe pas 
au Baguirmi. 

Impératif. Il se forme comme en* Sénégambie : 
ya « va »; d'alien « allons »; d'ahe « allez ». La loi de 
permutation est observée. 

Quand il y a une voyelle de liaison , la finale est 
en ou u ; waddii «apporte», de wadducjo; d'ocjo 
« tiens » , de d'ogago. 

GÉRONDIF. Le gérondif en ma de Sénégambie n'est 
pas employé au Baguirmi. 11 ne se manifeste que 
dans quelques mots comme n'aloma ou, n'alima 
« de jour » ; d'emma « de nuit », etc. 

Participe. Nous avons vu, à propos de l'aoriste, 
la formation et l'emploi d'un participe en do, qui 
tient lieu du parfait. Certains verbes présentent des 
formes participales qui ont un sens passif : tat'ido 
« coupé M , de tat'ugo « couper ». 

Il faut les considérer comme de véritables noms 



24 JANVIER-FÉVRIER 190H. 

que consacre l'usage, mais qu'aucune règle fixe ne 
permet actuellement de construire comme se con- 
struit le participe en do de ia forme gardo, tat'udo, 
daldo, etc. 

DE QUELQUES FORMES PARTICULIERES 
À LA 2^ PERS. SING. 

Futur. Une forme d'obligation , employée en par- 
ticulier pour donner des ordres, s'obtient h l'aide du 
suffixe a. L'initiale du radical subit, si possible, la 
permutation et la permutante est nasalisée si elle 
peut l'être : 

mo wi'i'o, ta wuwi, bofta dufa (rac. bofl.ruf] «il a dit 
que, si tu as balayé, tu ramasseras en tas et jetteras 
(les ordures)». — fad'iri, yara kuta hewa ya (rac. war, hnl) 
«demain, tu viendras (et) écorcheras ce mouton». 

Présent. Dans la forme interrogative, on suffixe 
le pronom personnel '« et l'on fait subir à l'initiale 
de la racine la permutation, si possible, puis à la 
permutante obtenue, la nasalisation, si elle la com- 
porte : 

1(0 n'anuttn? «que manges-tu?»; ko gadata? «que fais- 
tu ?» ; ko yaddala ? « qu'apportes-tu ? ». 

Aoriste. Dans la forme interrogative, on emploie 
à la 2^ pers. sing. le participe avec suffixation du 
pronom personnel qiii se substitue à l'o final. La 
consonne initiale ost nasalisée si c'est une permu- 
tanto et qu'elle admette la nasalisation : 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 25 

toe 'iifriila ? « d'où sors-tu ?» ; to (jonda ? « oii es-tu ?» ; ioe 
'iimida? «d'où es-tu parti?»; to gursare kokudamo? «où est 
le thaler que tu lui as donné ? ». 



DE QUELQUES CONTRACTIONS. 

Le pronom personnel régime de la s*" pers. sinf^, 
donne lieu, au présent et au futur, c'est-à-dire à la 
forme en at, a une contraction toujours observée. 

On dit : mi wadete, pour mi wadaL ma «je te 
ferai»; mi liokete pour mi hokat ma «je te don- 
nerai M , etc. 

La suffixation du pronom régime de la T^ pers. 
sing. donne souvent lieu à des phénomènes sem- 
blables : hude Tiohidayam , pour liiide hokudo 'a/î yo \im 
«la chose (que) tu m'as donnée»; a hokatayam de? 
« tu me la donneras? ». [En accentuant spécialement 
la voyelle radicale on donnerait le sens négatif : « tu 
ne me la donneras pas? ».] 

On trouve des contractions analogues à l'impéra- 
tif : d'abon, pour d'abe ''on «acceptez, vous»; d'elieii 
«allons», d'ehemma «allons, moi et toi», d'ehemme 
« allons, moi et vous », de jft'(/o « aller ». Ces contrac- 
tions, fréquentes dans le langage courant, le rendent 
parfois obscur pour une oreille peu exercée. 

DE L'USAGE DE LA RACINE ISOLÉE. 

Dans le langage courant il arrive parfois que, 
pour exprimer sa pensée plus rapidement, on utilise 
simplement la racine. Ainsi Ton peut dire : ivel! ou : 



26 JANVIER-FEVRIER 1908. 

dam wel! ipouT exprimer rapidement une impression 
agréable; mi lar! pour exprimer qu'on veut re- 
garder immédiatement quelque chose. 

Observation. On entend quelquefois construire 
dos verbes en intercalant un alïixe oy entre le radical 
ou le thème et le suffixe indiquant le temps. Ainsi : 

n'amovgo «manger»; ini n'anioyal; mi n'amoyi ou mi 
n'amo'i; mi yuhat mi huhhoyo «je vais me faire coiffer ». 

Ces formes sont fort peu employées et paraissent 
n'avoir qu'une petite influence sur le sens. 11 semble 
cependant qu'on puisse indiquer ainsi un accomplis- 
sement immédiat de l'action, ainsi : nu siina nainoy- 
(jo « je désire manger immédiatement ». 

DE LA VOIX NÉGATIVE. 

Aoriste. La négation s'exprime par la suffixation 
de ai; ainsi : mi warai « je ne suis pas venu » ; mo 
tat'ai « il n'a pas coupé ». 

La suffixation de aki permet de former un aoriste 
négatif qui exprime la négation non d'une action , 
mais d'une qualité , ou d'un état. 

mo tat'aki gam mi tatdi mo « il n'est pas coupé parce que je 
ne l'ai pas coupé » ; mo badaki « il n'est pas près » ; mo d'ogaki 
« il n'est pas possédant; il ne possède pas ». 

Dans les deux cas d'aoriste négatif en ai et aki 
l'accent porte sur Va du suffixe. 

Présent et futur. La voix négative du futur se 
forme par la suffixation de ata : 



NOTE SVVy LE DIALECTE FOUL. 27 

mi wnrata «je ne viendrai pas»; mi dannta «je ne dormi- 
rai pas ». 

En ajoutant à cette forme le suffixe ho, on obtient 
simplement une forme intensive : mi walatako « je ne 
nie coucherai pas », avec intensité. 

Quelques verl)es f"orm(uit un présent négatif en 
suffixant simplement a : 

yidgo « aimer » ; mi yidi « j'aime » ; miyida « je n'aime pas » ; 
//Il jiWaf «j'aimerai » ; mi yidata «je n'aimerai pas ». 

Dans tous ces cas, à la voix négative, la voyelle 
radicale est nettement accentuée. 

Impératif. La voix négative se forme en faisant 
précéder la forme verbale de la particule to et du 
pronom personnel; celui-ci s'agglutine s'il y a lieu 
avec la particule io. On a ainsi : 

ta hohii « ne donne pas » ; to men koken « ne donnons pas » ; 
ton koke « ne donnez pas ». 

DES SUBSTANTIFS. 

Genre commun. Ces substantifs se forment au Ba- 
guirmi comme en Sénégambie. 

Le singulier s'obtient en suffixant 'o ou do au ra- 
dical ou au thème dérivé, la radicale initiale subis- 
sant sa permutation; le pluriel, en sufBxant he et 
dans certains cas en au même radical ou thème, mais 
à radicale initiale non permutée. 

Nous avons fait remarquer, à propos du futur, 
que Va qui précède parfois le suffixe du genre paraît 



28 JANVIER-FEVRIER 1908. 

être, non pas une simple voyelle de liaison, mais un 
élément dérivatif indiquant répétition . liabitude. 

Ex. : démo, renobe « gardien»; rac. ren. — hardo, umvohe 
«assassin »; rac. war. 

Nous avons fait une remarque semblable à propos 
des mots de la forme ^ilotodo «vagabond», rac. '//. 

Le dialecte baguirmicn offre cette particularité 
que le pluriel des noms de tribu se fait, en général, 
en en et non enbe^ : kakiid'o , laïkaen « baguirmien » ; 
siiad'o, siiaeii « arabe ». 

De même nous aurons : askaren « les tirailleurs »; 
handaen « les parents, la famille », etc. 

On dira indifféremment ianahe, tanirabe «les 
pe lits-fils » ou tanaen, taniraen; sukahe ou sukaen 
« les jeunes gens ». 

Genre neutre. On sait qu'un substantif se forme 
en suffixant à la racine, ou thème dérivé, une par- 
ticule qui est en relation étroite avec le pronom 
personnel qui désigne ce substantif. 

Considérons pour l'instant les mots du dialecte 
de Sénégambie. 

Si on laisse de côté les noms dérivés à faide des 
pronoms en k et ceux désignés par le pronom cla, 

' Un exemple montrera la variation des difTérents dialectes : 
« Les habitants du Foiita» se dit : SÊjt. futa-nkobe , Sof:.. futa-nhoen. 
ïikG. futa-en. Ainsi la désinence en, due, peut-être, à des influences 
berhères, est emplovéo depuis le Sokkoto, que l'élément nko ne 
dépasse pas. Le malinké donnant yata-Avio , il est probable que c'est 
à des influences malinkées qu'est dû cet élément nlio que ne pré- 
sente pas le dialecte du Baguirmi. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 29 

on reconnatt que le suffixe d'individualisation de 
tous les autres mots est, soit le pronom lui-même, 
avec ou sans nasalisation , soit une particule obtenue 
en faisant subir la permutation à la consonne du 
pronom, 

PRONOMS. SUFFIXES DE FORMATION. 

ba ba, ba, wa. 

de ' de, de, re. 

§0 §J>' 9<^' 0- 

^al gai, gai, 'al. 

H est inutile de dresser un tableau complet. 

L'esprit rade "^ des formes 'o, ^al, etc., disparait 
dans l'agglutination. 

Ainsi, nous aurons pour les mots désignés par le 
pronom go les trois formes suivantes : dirago « ton- 
nerre w; hoiv-go « zériba » et \ro, pour ''uro « village ». 

Pour les mots désignés par le pronom de : dabiide 
« saison sèche » ; rulde « nuage » ; hinere « nez » ^ 

En vertu de cette loi , les mots fado « chaussure » , 
rac. fad; Jiiido « paille », rac. Jiad; d'awo « bracelet », 
rac. d'aiv, qui, d'après de Guiraudon, ont au Sé- 
négal le pronom do, doivent avoir été construits 
avec 'o et avoii' pour pronom go. C'est ce qui a lieu 
au Baguirmi, où ces trois mots ont précisément go 
pour pronom personnel. 

De même, en Sénégambie, où la différence entre 

et H) s'est très nettement maintenue, les mots 

' Cette loi conduirait à faire des mots une classitication diffé- 
rente de celle qu'en a faite de Guiraudon. 



30 JANVIER-FEVRIER 190X. 

formés à l'aide du sulïixe wa doivent avoir pour pro- 
nom ba, et c'est ce que nous voyons en effet. Il n'y a 
qu'une seule exception, celle des mots walaivo [go) et 
walmvii [gu) «épaule», donnés par de Cuiraudon, 
et qui paraissent a priori correspondre à des pro- 
noms bo et [m. Mais la forme walbo (plur. ivaJhe), 
notée en dialecte du Sokkoto, fait penser que le w 
dewalawo, qui paraît faire partie du suffixe, est un h 
permuté et fait partie du thème. 

Au Baguirmi où, comme nous l'avons vu, ir s'est 
souvent substitué à un ' initial , tout en continuant 
à faire la permutation en cj , il arrive que les noms 
désignés par un pronom en g ont souvent, au suffixe 
d'individualisation, un w. Les mots empruntés aux 
langues voisines sont fréquemment dans ce cas. 

Ex. : liind'awal {yal) «poulet», du l)aj,^uirmien kind'a. — 
salwol [yol] «chaîne», du baguirmien zulii, etc. 

C'est ainsi que s'explitpie ce fait que, partout où 
le dialecte de Sénégambie utilise le pronom ha, le 
dialecte du Baguirmi lui a substitué ga. Là où le nom 
avait le suffixe iva, la substitution du pronom a pu 
se faire sans modifier ce nom. Mais là où le dialecte 
sénégambien dit geloba [ha) « chameau », le dialecte 
baguirmien supprime simplement le suffixe et dit 
(jclo [§a). C'est ce même procédé qu'emploie ce dia- 
lecte pour désigner par le pronom lia le mot : Sén. 
n'awa [§ii); il supprime le suffixe et l'on a Bag. 
naw [ka) « maladie ». 

A ces exceptions près, la loi de formation des 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 31 

substantifs est parfaitement observée par le dialecte 
du Baguirmi. 

On sait que tous ies mots désignés par un même 
pronom forment une classe présentant une idée 
générale commune qui a déterminé précisément le 
choix de ce pronom. 

Dans certaines classes très nombreuses , il n'a pas 
été possible encore de reconnaître l'idée générale 
commune à tous les mots qui en font partie. Un 
caractère commun à quelques groupes se reconnaît 
cependant. 

Au Baguirmi ga désigne les grands herbivores qui 
sont, an Sénégal, désignés par ba; dam, désigne les 
liquides, et non çja comme en Sénégambie; de sert 
à former les noms verbaux de préférence à ^ol, 
usité en Sénégambie; ki, comme en Sénégambie, 
désigne les arbres; di, les grains; gol, entre autres 
choses, les fils, cordes, objets en cordes, etc. C'est 
pour cela que le dialecte baguirmien empruntant 
bura « filet », en fait buramvol {§ol). 

Noms en diim : la particule diim, très employée 
dans les deux dialectes comme pronom indéfini, 
sert ici, en outre, de pronom personnel à de très 
nombreux substantifs qu'elle sert à former. Ce sont 
des mots abstraits et des noms d'instruments. 

Les mots abstraits s'obtiennent en sufTixant dam 
à la racine ou au thème, en opérant la permutation. 

Ex. : beldiini «plaisir», rac. tcel. — giildum «chaleur», 
rac. 'ni. — pewdiim «fraîcheur», rac. few. — d'awdum « vite, 
vitesse », rac. yaw. 



32 JANVIER-FÉVRIKK l'.)08. 

Pour former les noms d'instruments on suffixe 
dum à un tlième dérivé k l'aide de l'élément r; la 
radicale initiale subit la permutation. 

Ex. : d'odorduin «chaise», rac d'od; mabilirduni «cief». 

On peut ainsi forger des mots nouveaux toujours 
compris; ainsi : lotordum, ce qui sert à se laver, pour 
H éponge » ; pindinordam , ce qui sert à se réveiller, 
pour « réveil-matin » , etc. 

Le pronom ^al peut d'ailleurs également former 
des noms d'instruments. 

Le nom de la langue d'une peuplade s'obtient 
en suflixant re au pluriel en he du nom de la peu- 
plade. 

Ex. : fulbere [de) «la langue des FoiJbé»; ha'bere [de] «la 
langue des Ha'be » , etc. 

Si le nom ainsi formé devait avoir plus de trois 
syllabes, on supprimerait la désinence du pluriel. 

Ex. : sirlad'o, sirtaen ou sirtabe « Bornouan », donne sirlare 
[de) « la langue bornouane». 

Il y a, dans cette recherche de trois syllabes pour 
ce mot, un phénomène d'euphonie, le même, sans 
doute, qui, au Macina, a formé le mot fuifidde [de] 
qui a la même signification que fulbere. Le radical 
est redoublé probablement pour former la 3' syllabe 
que l'euphonie paraît exiger. 

Le dialecte du Baguirmi ne prête à aucune re- 
marque particulière en ce qui concerne les pluriels; 
nous les avons donnés dans le vocabulaire toutes les 
fois que cela a été possible. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 33 



DES ADJECTIFS. 

Ils se construisent , au Baguirmi , comme en Séné- 
gambie. Ce ne sont pas, à proprement parler, des 
adjectifs. Ce sont des noms qualificatifs formés 
d'après les mêmes règles que les substantifs. 

Le génie de la langue exige naturellement qu'ils 
soient désignés par le même pronom que le nom 
qu'ils qualifient; il s'ensuit qu'ils comportent un des 
suffixes correspondants à ce pronom et il en résulte 
entre les finales du nom et de son qualificatif une 
identité ou une similitude de consonance qui ont 
fait penser, à tort, à une rime, ainsi : hurre wodere 
mawde « un grand pagne rouge ». 

Le fait que les suffixes du nom et du qualificatif 
ne sont pas forcément identiques, mais doivent sim- 
plement correspondre tous deux au même pronom 
personnel, permet de conclure que, dans la forma- 
tion des noms, ce sont de simples raisons d'eupbonie 
qui dictent le choix du suffixe parmi ceux qui cor- 
respondent à un même pronom. 

Au Baguirmi où, comme nous l'avons noté, les 
consonnes du suffixe et finale du radical ont tendance 
à s'assimiler, on trouve parfois des formes moins 
bien conservées qu'en Sénégambie. Ainsi nous 
notons : 

Séx. 'uro mawg; Bag. 'tiro mago «grand village». — Sén. 
lekid niawlii; Bag. lehki inakki «grand arbre». 



34 JANVIKR-FKVKIKR 1908. 

NOMS DE NOMBRE. 

La numération se fait comme en Sénégambie, 
avec cette différence que 20 se dit t'epandidi; nogas 
a disparu. 

Quand « un » accompagne un nom, il se comporte 
comme un adjectif. 

Ex. : gorko (jolo «un homme»; Iiude wore «une chose»; 
naçjge wore «une vache»; pnt'ii woru «un cheval». 

Il y a dans ces deux derniers exemples une incor- 
rection manifeste, re, ra, ne pouvant être des suf- 
fixes de noms désignés par les pronoms ge, gii. Mais 
cette incorrection est nécessitée par le sens que 
prendrait la formation régulière. On a en effet : 

nagge woge « une autre vache » ; put'ii (joiju « un autre 
cheval » ; hurle ivode * une autre chose » , etc. 

Les nombres ordinaux se comportent également 
comme des adjectifs : 

n'ade didabre « le 2' jour » ; leivru latabru « le S*" mois » , etc. 

La répétition s'indique de la façon suivante : 

ile wore « une fois » ; de didi « deux lois » ; de tali « trois 
lois », etc. 

DES PVRTICULES AUXILI VIRES. 

Celles qui présentent des différences avec le dia- 
lecte de Sénégambie sont les suivantes : 

don «ici»; ton « là-his » ; 'oyc, l'^'<' «d'où»; taon «pas en- 
core»; non «alors»; Ininhi «à l'avenir»; be , 'ebc «avec, et»; 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 35 

là « ainsi » ; no? « comment ? » ; gam « à cause de » ; bain « sans » ; 
ba (I comme » ; "gai « à côté » , mais bange est plus employé ; 
(fer «à l'intérieur de»; t'aka «au milieu de, parmi»; hero 
«dans l'intelligence, le cœur, etc.»; bawa„ bawo «der- 
rière» ; etc. 

Do, placé après un mot, sert d'intensif, appelle 
l'attention sur ce mot. 

«Si» se rend par to, auquel s'agglutine le pro- 
nom, aux 2" personnes singulier et pluriel. 

Ex. : to mi ivadi «si j'ai fait»; ta wari «si tu es venu; 
quand tu seras arrivé » ; etc. 

On trouvera de nombreux exemples de l'emploi 
de ces différentes particules dans les phrases que 
nous donnons ci-dessous. 



EXEMPLES DE PHRASES. 

Kosam bewa defata biiim . « Le lait d'une chèvre ne cuira pas 
son petit*. » 

Hal balndol gogol (de walnugo). «Dis un proverbe autre.» 

To bahatii karpo , resa ma do debino, loron tokarpomum. 
« Si une sauterelle d'asclépias tu mets sur un dattier, elle 
retourne à son asclépias. » 

Piit'u 'am ^ to ga somai, mi yahat yeso. «Mon cheval, s'il 
n'était pas fatigué, j'irais en avant. » 

Fad'irij 'on garât, walla 'on garata? «Demain, vous vien- 
drez ou vous ne viendrez pas ? » 

' En effet, disent les Foulbé, il n'y en a pas assez pour baigner 
la viande du chevreau qui , ainsi , ne peut pas cuire. Ce proverbe 
s'applique à ceux qui acceptent des fonctions supérieures à leur 
condition sociale. Rapprocher ce curieux proverbe de la loi du 
Deatcronome , xiv ,21. 



36 JANVIER-FEVRIER 1908. 

Seken suaen, be çjaddi çfiirsad'e tirii. « Les cheiks arabes, ils 
ont apporté les thalers de 1 impôt. » 

Ton d'di ha lamido, ko ino Iwifi 'on fa, d'abon. « Si vous êtes 
arrivés jusqu'au sultan, ce qu'il vous aura donné, tout, 
acceptez. » 

Beldum kahide modon, dam bura habre. «L'accord (le plai- 
sir) entre vous, cela surpasse (vaut mieux que) la dis- 
corde. » 

Nani be-n-kabi, d'oni be-n-kaivriti [be-n-bo'tidi). «Avant ils se 
battaient, maintenant, ils se sont mis d'accord.» 

Fad'iri, mi yahat bange landdo, mi hawritat mon 'e nutko. 
«Demain, j'irai auprès du sultan, je vous mettrai d'accord 
avec lui.» 

Ton sodi 'on wiirtutu ' kadi. « Si vous avez fait un marché , 
vous n'en sorliroz plus (vous ne le romprez pas).» 

Min maîa, mi d'ndu 'e niako. «Moi-même, j'ai été avec 
lui. » 

Lewrii waredu, la mi liebi yursad'e, siikar a liebi fii , soda- 
nam. « La lune prochaine, si (quand) j'aurai reçu des thalers, 
le sucre que tu trouveras tout, achète-le moi. » 

Mi d'oldi di'nm kosde (ou be kosde). «J'ai traversé l'eau 
(avec) pieds. » 

Ta memait) be dabbe tepere. « Ne me touche pas avec les 
talons. » 

To tipiide wadi, wato 'akilo hude fa lutata. «Quand le 
crépuscule (fera) arrivera, fais attention que rien ne man- 
que. » 

Miin'u ta'on, mi safti halu ma. «Tais-toi d'abord, je suis 
obsédé de ta parole.» 

Hendu yibini lekki ki. « Le vent a renversé cet arbre. » 

Hod' mnn'al, d'oni mi hod'at ha'bere. «Prends patience, 
maintenant j'apprends la langue des Habe.» 

Takaye hende ko hadi. «La sauce, aujourd'hui est amère 
(qui est amère). » 

' Il faudrait dire : 'on Imrtata. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 37 

Ta tdti do bae d'orde, dade ma butât. «Si tu craches sur 
des excréments secs, ton cou enflera.» 

Mi woda garsad'e; to mi wodi , mi sodat nagge. «Je n'ai pas 
de thaleis; si j'en avais, j'achèterais une vache. » 

Fadui, mi yuat liimo, mi sodat 'id'ere. «Demain, j irai au 
marché, j'achèterai un pagne (vêtement). » 

Askdien d'a'i hiigal , mat'ube lumdo he-n-d'ahat be-ii-balu 
bc 'e kugal. «Les tirailleurs ont été au travail; les captifs du 
sultan, ils iront, ils les aideront au travail.» 

Dtbbo'on, mo d'oijukibarka, miyida mo kadi. «Cette femme, 
elle n'a pas la bénédiction (elle est très mauvaise), je ne 
Taime plus. » 

To mo ivadi bo'diim, mi yidi mo. «Si elle faisait bien, je 
Ta i nierais. » 

Hude de, to melti , mo yidat. «Cette chose, s'il la goûte, il 
l'aimera. » 

'Onon, fiilbe lesdi ha'be , mi yida 'on, gam 'on ivii'ibe ney, tan. 
» Vous, Foulbé du pays des Habe, je ne vous aime pas, parce 
que vous n'êtes que des voleurs de bœufs. » 

Ta hiiivi bo'diim, mi hesdete t'ogga mu. «Si tu as bien tra- 
vaillé, je t'augmenterai ton payement (salaire).» 

'Omo yidi mi besdat mo, mi besda'i mo. «Lui voulait que je 
l'augmentasse , je ne l'ai pas augmenté. » 

Y a' ha lamido, mo besdete d'awdi. « Va jusqu'au sultan, il 
t'augmentera (en) richesses.» 

Mi don d'ogi le'de , mi yidi hubugo 'ite. «Je suis ici avec (je 
possède) du bois, je veux allumer du feu. » 

Himbe be, to d'einma ivadi, 'ebe don kiibu 'ite der t'iidi mahe. 
« Ces gens-là , la nuit faite, ils allument du feu dans leurs 
cases. 1) 

Ta ivadi ba dnm kadi, mi wadete n'amre. « Si tu fais comme 
ceci encore , je te mettrai une amende. » 

A yaliat bange sudu mako , a noddat mo ha mo nanat. «Tu 
iras auprès de sa case , tu l'appelleras jusqu'à ce qu'il entende. » 

i\,o 'inde mabe ? Mi 'ed'iti 'inde mabe. « Comment leur nom ? 
J'ai oublié leur nom. » 



38 JANVIER-FEVRIER 1908. 

Debboam, modan'i biddo rjorko, yonlade be 'indaiiat biain. 
«Ma femme, elle a enfanté un fils, (dans) une semaine on 
nommera mon fils. « 

Waddu biddoma, bibbe men pid'at. « Apporte ton enfant, 
nos enfants joueront. » 

Fid'irde wadayeii iveli. No dubipoti? «La danse dos Oua- 
dayens est agréable. Combien d'années )» 

K'iroina, nio wodi 'akilo, mo'iiiidat boUc lutzaracn d'dtrdiiin. 
« Kjiroma , il a de Tintelligence, il saura la langue des chré- 
tiens vite. » 

Ko tvoni baivo piit'i tali di Ion ? « Qu'est-ce qu'il y a derrière 
ces trois chevaux là-bas ? » 

Lar diim hude de ivarata bawo pnt'i ton? «Regarde ça, 
celte chose qui vient derrière les chevaux là-bas ? » 

Wasre tvoni bawo Iode de. « Une petite mare est derrière ces 
arbres. » 

Kebdo lamu bawo luniido, dam. Pal' a. « Qui a reçu un com- 
mandement après le sultan, cela (est) le Pal'a. » 

Mi ivadat hude de, non mi yahat. « Je ferai cette chose, alors 
je m'en irai (ou j'irai). » 

D'odordum \im yewi, mi noddat milmad'o mod'inal dam. « Ma 
chaise est cassée, j'appellerai le forgeron, il raccommodera 
elle . » 

D'dc ha 'ur§o, ton darodo {^^our dare'odon). « Allezjusqu'au 
lleuve, là arrêtez-vous debout.» 

Fad'iri be-n-kawritat galle lamido. « Demain ils se rassem- 
bleront dans la case du sultan. » 

To mo yehi lumo, mo d'odo do'di lekki makki. « Quand il va 
au marché , il s'asseoit à l'ombre du grand arbre. » 

Lekki ki, modki naye diso'i ni [diso'i pour disoyi). « Ce remède, 
avale-le dès que le soleil sera descendu ainsi. « 

Ta yahi konu, a hebat dawdi hewi. « Si tu vas en colonne, 
tu acquerras beaucoup de richesses. » 

Fad'iri be-n-kabat , fabete d'aivyo be-n-kawritat. «Demain, 
ils se battront, après-demain, ils se réconcilieront.» 

Bibbe worbe, dubi mabe d'oni yottago, behudehe. «Les jeunes 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 30 

gens, (quand) leurs années ont atteint (l'âge) d'être nubiles, 
ils (sont) stupides. » 

Piit'u pamaru^ ^u, lebbi tati yn hecl'at rondafjo tacjo. «Ce 
petit cheval, (dans) trois mois il suffira à porter quelqu'un. » 

Rende, a d'amdo? Hli d'amo. «Aujourd'hui, tu te portes 
bien? Je suis bien portant. » 

Ta hoki mo kosam lan, halde didi mo yanidat. «Si tu ne lui 
donnes que du lait, (en) deux jours il sera guéri. i> 

Mo hebi 'njre 'e labo. « Il a eu une blessure avec une lance. » 

Togo, to mo donjld'a 'ebe labi, n'andere go, ma hebat 'ufre. 
« Quelqu'un , s'il s'amuse avec un couteau , un jour, il aura 
une blessure. » 

To mi tvari bange biidii, mi yarat di'am ko heiri. «Quand 
j'arriverai auprès du puits, je boirai de l'eau, beaucoup. » 

Lar gorko 'on; mo d'iiko. «Regarde cet homme, il est 
bossu. )) 

Ta 'ami A., a wadat 'akilo ma do ïawol. « Si tu pars d'A. , tu 
feras (ton) attention sur la route. » 

To tago marii), yonki mako tirni — walla napsa mako. «Si 
quelqii'un est mort, sa conscience est fmie — (ou sa — sy- 
nonyme de yonki). » 

To tago dani, d'ogaki yonki. «Si quelqu'un dort, il n'a pas 
de conscience. » 

Ta d'ikiri kohcu'i,fowrii ivarata bange ma kadi. «Si tu fais 
beaucoup de bruit , le lion ne viendra plus de ton côté. » 

Ta n'ifa'i 'ite, sndii 'niai. «Si tu n'éteins pas le feu, la case 
brûlera. » 

To d'a'gol wari, be gulat Indde. «Quand le froid est venu, 
ils brûlent la brousse. » 

Mi hokele hade tetiim. Mi sudi de bddiim. «Je te donnerai 
quelque chose pour rien (un cadeau). Je l'ai bien cachée.» 

Fellere de lamido hodifii, min do mi hodat bange mako. «Par- 
tout où le sultan aura campé, moi aussi je camperai auprès 
de lui. » 

' Pamara = pamar-'u. L'incorrection n'est qu'apparente. 



/iO JANVIER-FEVRIER 1908. 

Fellere de, lamido hodi, wadibalde supo. «Cet endroit-ci, le 
sultan a campé, a fait dix jours. » 

Dàte\ de Iwdi ton kewi, to hiisel ivati ton, to ivata'i, tago 
'anda. «Les vautours, ils se sont posés là-bas, beaucoup, si 
du gibier est mort là-bas, s'il n'est pas mort, personne n'en 
sait rien. » 

Bimhi, ta wad ha ni. «A l'avenir, ne fais pas ainsi. » 

Lewru woru tan, duîjn ivarat — bulde de d'ordnin Jiali. « Une 
lune seulement, la saison des pluies viendra - — ces jours-ci 
la sécheresse est entrée.» 

Ta wawi a numata mesk'uien, mi hokcle Uunn. «Si tu peux 
tu ne mangeras pas les mescpiines, je te donnerai un com- 
mandement [pour : si tu peux ne pas commettre d'exac- 
tions).» 

Gorko'on, berde mako sati bafowvu. « Cet homme, son cœur 
est courageux comme un lion. » 

Ta tvadani hude de, mi tikat hadda 'c muda. « Si tu n'as pas 
fait cette chose , je me fâcherai beaucoup avec toi. » 

N'ade d'aide sumaye, he d'ulnat k'iroma. « Le jour de la 
fête du jeûne (Ramadan), on circoncira le k'iroma.» 

Put'u yu damiiyu t'anto'a (ou dogohi). «Ce cheval est petit 
et court bien. » 

Mi nani uladu der maya — ya yeso, holnni lawol. «J'ai en- 
lendu un cri dans le bahr — va devant, montre-moi la 
route. » 

Mi d'okiti n'elde be tepe'am, lUani dam fa dam luçja. «J'ai 
passé les hauts fonds avec mes pieds, cette eau-là toute n'est 
pas profonde. » 

To mo ydi yeso bellere mako fa boiwai. « S'il va plus loin , sa 
graisse fondra toute. » 

Mi wadat lekki'e'ufre kordo, Jia 'nfre mako yamdi. «Je ferai 
un remède à la blessure de la captive, jusqu'à ce que sa bles- 
.sure soit guérie. » 

' Datai {§cd) . date «vautour». C'est le seul exemple d'un û pro- 
nonce romme notre u français. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 41 

Dum à'oyre Inikiicn daga mania mahe. « Ceci est la manière 
(la coutume) des Bagulrmiens, depuis leur grand ancêtre.» 

Hude de, min do mi wadma de. « Cette chose, moi aussi, je 
te la ferai. » 

'Abadan, hattan^ a yn'ta' bange fellere de. «.lamais, à l'ave- 
nii^, tu n'iras à côté de cet endroit. » 

Rufdi'am der tasa; — d'oui hadi welqo. «Verse de l'eau 
dans ia cuvette; — maintenant il est près du petit jour.» 

Mi knhido habi sirUien. » Je suis coiffée (de la) coiiFure des 
Bornouanes (à la mode bornouane).» 

Mo ii'ibi siidn mako 'e sare de. « Il a fait sa case dans ce 
village. » 

T'irgii donliirbat; — mi d'abi hala ka gonga. «La (ou une) 
panthère est en train de rugir; — j'ai accepté cette parole 
(pour) vérité. » 

To kusel woni? — gel don bendai; — gel benda'i taon. 
« Où est la viande ? — elle est à cuire ; — elle n'est pas cuite 
encore. » 

To mi wadi defo'o 'am n'amre, mo defat ko mod'i kadi. « Si je 
mets mon cuisinier à l'amende, il fera la cuisine bien de 
nouveau. » 

Toe 'umida? — Mekka 'iimi min. «D'on es-tu parti 
(viens-tu) ? — De La Mecque, je suis parti, » 

Wurto yasi, gitle 'am bowi danago. « Sors dehors , ines yeux 
désirent beaucoup dormir. » 

Birid'i di, gai mad'e di mada, gai mad'e di mako. « Ces ara- 
chides, moitié d'elles, elles à toi, moitié d'elles, elles à 
lui . » 

Forey forey pabi don bange lo'de dïam. « Toujours des cra- 
pauds (sont) là à côté du pot d'eau. » 

Bala d'emma, mi ibalatako; — hnla mada mi y a ta. « Sans la 
nuit je ne me coucherai certes pas; — sans toi, je n'irai 
pas. « 

' Mot arabe : «encore, à l'avenir». 
- Pour aja'ata. 



42 JANVIER-FEVRIER 190S. 

N'ade go, t'irgu tat'at bogrjol yoL « Un jour, la panthère 
coupera cette corde. » 

Captel, kanko dey Innui askarenfii. «Le capitaine, lui pos- 
sède le commandement de tous les tirailleurs. » 

Gorko 'on inoddi, kurjnl mnko teddii. <i CotMiomme n'est pas 
l)()n , son travail ( service) est dur (à faire). » 

Min don memat lehol; — 'endi nagge 'am di d'iori. «Je suis 
;"i pétrir du beurre; — les mamelles de ma vache sont 
sèches. » 

Ta hehi n'aio ka, lekki ko a yarijn, a hebat nawduin. a Si 
tu as pris cette maladie, tout remède que tu auras bu, tu 
auras de la douleur. » 

Ta noddi doctor gam geinure , mo liifat de, bawa don nio 
biddat de, bordi ruf'al fa. « Si tu as appelé le docteur à cause 
d'un furoncle , il le percera , après ça il le pressera , le pus 
coulera tout. » 

Biyel gel, d'oni gel yamdi , seda gel fnyat , gel teddat. «Ce 
bébé, maintenant il est guéri, un peu, il engraissera, il sera 
lourd. » 

Sare de woddi hadda. « Ce village est très loin. » 

Tago 'on oye? — an moey? — moye a yidi? — « Cet indi- 
vidu, d'où? — toi qui (es-tu)? — qui veux-tu?» 

Boyo'am k'eso, to mo wadani^ ko mod'i, mi riwat mo. « Mon 
nouveau boy, s'il ne fait pas bien, je le chasserai. » 

Nagge ge, to ge hot'a'i lebbi didi, men battat (je. «Cette 
vache, si elle n'est pas pleine (de) deux mois, nous la chan- 
gerons. » 

Ton koke kusel batara du kadi, dal du nangat dombi, to du 
yidi kusel. « Ne donnez plus de viande à ce chat ; laisse-le 
prendre des rats s'il veut de la viande. » 

Hude de, t'oggu mare sadi. «Cette chose, son prix est 
cher. » 

To dugu ivari, gawri sadat. « Quand l'hivernage sera venu, 
le mil sera cher. » 

' fVadani pour ivada'i. Celte forme s'emploie quelquefois. 



NOTE SUR LK DIALECTE FOUI,. h?, 

Gnrsare 'ani dod'i , irid de bo'dnm. « Mon thaler est tombé, 
cherche-le bien. » 

Waddu gude didi tati , mi siibtat hurre wore der don. 
« Apporte deux , trois pagnes , je choisirai un pagne là-dedans. 

Hendefii (juldum haii. « Aujourd'hui tout (entier) la chaleur 
a été forte. » 

N'hva, no y a wadat yn y aval? — Dal îja yarat fere maya. 
«L'éléphant, comment lait-il, il boira (pour boire)? — 
Laisse, il boira à part lui (seul). » 

Hude de mo waddi, lim defn. « La chose qu'il aura apportée, 
compte-la toute. » 

To bail yari, A. limata di fu. « Si les moutons sont arrivés, 
A. les comptei'a tous. » 

To tno lari mo ko mod'i , mo 'andaljoii'e mako. « S'ill'a bien 
regarde, il saura autant que lui. » 

Nebbam dam, ivaylit dam der gasasd'e. « Ce beurre, décante- 
le dans des bouteilles. » 

Mayo yo , tere mayo hetri. Ce fleuve, son courant est 
beaucoup. » 

Mi yahaf, mi nanyat d'uyo lamido , dekiko ' may[i). 
«J'irai, je prendrai la main du sultan, sa femme est morte.» 

Milmad'o, mo don tapât het'ewo. «Le forgeron, il est à for- 
ger une houe. » 

Mi don tad'at kmel. « Je suis à couper de la viande. » 

Bi mi yo, n'amde wari , ya sendn. «Je dis que, le manger 
est arrivé , va partager. » 

Mo sendirat 'am be debbo'am. « Il me séparera d'avec ma 
femme. » 

T'endirol moddi, kawrite be. «La séparation est mau- 
vaise , mettez-les d'accord. » 

Mo don dani be koi^de mako. « Il est en train de dormir avec 
ses pieds (de dormir debout).» 

^ Dekiko , abr. pour debbo maLo. On a ainsi (joram pour yorko'am, 
fjora pour yovgo ma, goriko pour cjorkc maho. De même : bi'iko 
pour biddo mako; ce sont des abréviations employées en langage 
familier et négligé. 



44 JANVIER-FEVKIER 1908. 

PciTe le de darnude, ton ped'e le de lelod'e. « Coupez des bois 
droits , ne coupez pas des bois tordus. » 

Dehboon besni keri'e. «Cette femme a accouché hier 
(journée). » 

Laivolyol, (jol darniujol ha yol yaha ,1. «Cette route, elle 
(est) droite jusqu'à ce qu'elle aille à A. » 

Gollelnki ha (jol yehi A. «Elle n'est pas sinueuse jusqu'à 
ce (ju'elle soit arrivée à A. » 

Naye nuiti, mi yahat gada'uryo. «Le soleil est couché, 
j'irai derrière le fleure (de l'autre côté). » 

Sirlaen, he remobe 'otollo, daya A. ha B.fu gese. « Les Bor- 
nouans, ils sont des cultivateurs de coton , depuis A. jusqu'à 
B. tout des champs. » 

Dagu gu, mi remata kadi. «Cette saison des pluies, je ne 
cultiverai pas de nouveau.» 

Mi hod'i n'amade gursad'e didi. « J'ai emprunté deux 
ihalers. » 

D'oui minen^ mala, minen kadata t'ogqu di'abe. «Mainte- 
nant nous-mêmes, nous défendons le commerce des captifs. » 

Dehboon y idi redgo. «Cette femme est sur le point d'être 
enceinte. » 

Lewru du yeso meu , debbo 'on ma bei^naf. « l^a lune devant 
nous, cette femme accouchera.» 

Men d'ehi konu, men dirai 'adiieii. «Nous avons été en 
colonne , nous avons chassé les ennemis. » 

Konu hdbe , mi yi'ibe, ^eda be-n-n'anial Wadayen. «La 
colonne des noirs, je les ai vus, bientôt ils mangeront les 
Ouadayens. » 

Be don 'awa gese mahe. « Ils sont en train d'ensemencer 
leurs champs. » 

'Omo may[i) hende , be-n-'uwat' mojad'iri. «H est mort au- 
jourd'hui, on l'enterrera demain.» 

' Minen «nous = moi et eux», les Europfens si c'est un Euro- 
j)é(în qui parle. 

- 'Uwat pour 'abat, de 'ubqo, la 2' radicale paraît ici suivre la 
loi de permutation, 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 45 

Mdol yol tekai ^ yoî delmi. « Ce mur n'est pas épais, il est 
mince. » 

D'ae 'nryo, lote giide, dile de be naye. «Allez au fleuve, 
lavez les pagnes , étendez-les au soleil. » 

Mijini dagafad'iri, mi nani dolo. «Je suis réveillé depuis 
ce matin, je sens la faim. » 

T'a d'o(fi dolo , 'a d'ogataho semhe. « Si tu as faim, tu n'auras 
pas de force. )> 

To donka wadi'am, bura tçelo. «Si la soif me fait souffrir, 
( cela ) vaut mieux que la faim . » 

To lamdo hali 'e mnt'ube mako, to iveli be to welai be, fii, 
be yadat. «Quand le Sultan a parlé à ses captifs, si cela leur 
plaît , si cela ne leur plait pas , tout , ils feront. » 

Lawol gol, mi somi 'e magoJ. «Cette route, j'ai fatigué par 
elle. » 

Kanko do, ino lamdo 'ebe galle mako. «Celui-ci aussi, il est 
sultan dans sa case. » 

HiiiTe de het'ere, hadda de [liadda, pour haddo). «Ce pagne 
(est) sec, mets-le. » 

Watu gawri der diirware; res bedu do lo'de di'am. «\erse le 
mil dans l'amphore ; pose le couvercle sur le canari à eau. » 

To d'agol wari, he giilat ladde. «Le froid venu, ils brûle- 
ront la brousse. » 

Min , hude kokndayam fu mi d' abat. «Moi, une chose que 
tu m'auras donnée, tout, j'accepterai [pour : quoi que tu nie 
donnes je l'accepterai).» 

Ko gadata? — Mi don besdat gawri. «Que fais-tu.»* — Je 
suis à ajouter du mil. » 

Ko wadma bweyata^? — Ali iveyat ha himbe nanat. «Quoi 
fait toi (que) tu cries? — Je crie jusqu'à ce qu'on m'en- 
tende. » 

Defte, ta hebi de, waddanam de mi waylilat. «Des livres, si 
tu en obtiens, apporte-les moi, je les copierai.» 

' Tekai pour tekaki, qui serait plus correct. C'est probablement 
une raison d'euphonie qui fait dire tekai. 

^ Bweyata pour heyata, de n'eygo o pleurer, crier». 



46 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

To mi wayliti de, mi hokete defte mada. « Quand je les aurai 
copiés, je te donnerai tes livres. » 

Fabe d'awyo mi loloto der 'iirfio. « Après demain je me bai- 
gnerai dans le fleuve. » 

Tago'on, 'omo d'ocji tendi; jorey Jorcy mo nan'olo, mn 
n'anoto. a Cet individu-là, il a des poux, loujours il se gratte, 
il se gratte. » 

To iipel wadi , fovey mi Inlolo. «Quand il fera crépuscule, 
toujours je me laverai. » 

Tofad'iri to fabe d'ainjo Icivrti darolo. «Demain ou après- 
demain la lune paraîtra. » 

Mi'umoto fabe d'auuja, mi bedoto A. «Je partirai après- 
demain, je traverserai A. sans m'arrèter. » 

Gorko'on dod'oto. «Cet homme va certainement tomber.» 

Gabii , n'alima (ja n'allât der dHam, d'emma (ju irurtoto, fjii 
n'amat fado. « L'hippopotame, le jour, il passe la journée dans 
l'eau; la nuil, il sort toujours, il mange de la paille (pour 
manger de la paille). » 

Put'u mako , to n'aide didi yii heba'i yu siivti, ya sikdolo. 
« Son cheval, si deux jours il n'a pas eu il s'est reposé, il boi 
tera sûrement. » 

To defrude d'odi do 'ite, dHam mare doloto. « Si la marmilt> 
repose sur le feu, son eau bouillira. » 

Debbo fil, to (jorko mako may[i) , mo siiddoto lehhi lait. 
«Toute femme, si son mari est mort, elle prendra le deuil 
trois mois. » 

Lar mo ton, to mo ivari la: lekki , mo daro. «Regarde-le 
là-bas, quand il s-era arrivé sous l'arbre il s'arrêtera. » 

To 'i^ede mawde tobi, 'aivoye gese mon. «Si une grande tor- 
nade est tombée , ensemencez tout de suite vos champs. » 

To mo ya'i lumo, mo d'odo do'di lekki makki. «S'il est 
allé (arrivé) au marché, il s'assoiera à l'ombre du grand 
arbre. » 

Mi yahat mi Inihoyo. «Je vais me faire coilï'er immédia- 
tement. » 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 



47 



RECUEIL DE MOTS 
CLASSÉS PAR RACINES. 

Les mots d'origine étrangère sont marqués d'un °. 

Pour les substantifs, le pronom personnel est placé entre 
parenthèses, immédiatement après le singulier; le pluriel, 
quand il a été recueilli , suit immédiatement. 

Lorsqu'un mot de même racine est employé en d'autres 
régions , nous le faisons suivre de la mention : 

F. (Fouta, Sénégambie), M. (Macina),H. (pays haoussas). 

Abréviations : abr. = abrégé; cp. = comparez; pi. = plu- 
riel. 

"^albago, grimper. 
^uncjo. rugir (hyène). 
^atqo, mordre; cp. (jatuth. F. 

'e , F. M. H. , à , de , en , avec , etc. 
°'iadiko, 'iadikoen, autre femme 

du père. 
'i'ede (de), 'i'ele, tornade, pluie; 

cp. d'iwode , d'iwole F. 
°ahha, père. 

'ehe ; voir 'e. même signification, 
'uh(jo enterrer ; c^.'ahade F. M. H. 
'iihacjo, rugir (lion). 
'adan ou 'adan, 'adan, autrefois-, 

cp. gila 'ada F. 
'ed'itgo, oublier; cp. yec?'i(u(Ze F. 
'idgii [§ii). brouillard; cp. 'igguF. 
''adud'o, aduen , ennemi. 
'id'ere [de], 'id'c, vêtement (en 

général). 
'afawre[de) , sueur ; cp.'asaivre H. 
'Ifrmio, sortir de; voir iiigo. 



°'afiinud'o, 'afunuen. haoussa. 

'ecjugo , changer, avec les trou- 
peaux, de campement ou de 
pâturage. 

'igugo, se laver. 

°alangaware [de], chapeau. 

° aidant, mors. 

°'a1gafaioal [gai], grand van en 
paille tressée. 

°alliamare, blé. 

'eleldu [du) wasre, iguane; cp. 
'ele , 'eled'i F. 

'ilago, se promener; mo 'iloto Ao 
hewi. il a l'habitude de se 
promener beaucoup ; cp. yilde , 
jilotodc F. 

'ilogcd [gai), aigle pêcheur. 

'iilqo F. M. H., être ou avoii' 
chaud , brûler (transitif et in- 
transitifj; guldum, chaleur; 
gidegule, très vite; 'ulnago . 
chauffer. 



48 



JANVIER-FÉVRIER lOOS. 



'almjo, crier; 'aladu. [du], (jula- 
li, cri; cp. iilago. (julali K. 

'embulosire [de) , lièvre. 

-'amma bod'e, rO£;nons; cp. lioyc 
F. 

'ainre, tortue d'eau. 

'omduqo. couvrir un ncipicnl 
muni d'un couvercle. 

'omtiigo, découvrir un pareil ré- 
cipient; 'omrare [de], pelile 
corbeille à couvercle; cp. '<>w- 
dude H., fermer; 'omtiide H., 
ouvrir; 'ointiicial H., clef. 

'amaçjo, se lever, se mettre en 
roule, ])arlir de; <"p. 'iiindc 
F. M. II. 

'andmjo F. ^I. H. , savoir, con- 
naître; 'anditcjo , reconnaître. 

'endii [du] , 'endi F. M. H. , sein , 
mamelle; 'cnduçio F. M. II.; 
allaiter. 

'inde [de), F. M. H., nom; 'in- 
dango, donner un nom à. 

'inago, nager; cp. jinade F. 

'iinûgo (ù=u sourd et bref), 
mugir. 
'ipid'i, crins de la queue d'un 
animal. 

'arande [de] M. H., autrefois; 
'ai aride Ju, tout à fait au 
commencement; voir 'adan 
(probablement même racine, 
2' radicale permutée). 

'arnadn , chef; (p. 'ardo M. II. B. ; 
voir war. 



Hrlode [de], île; cp. firlude F, 
entourer. 

'nra(jo, faire paître, 'oro'o, ber- 
ger; 'orgnl {§ol], troupeau; 
cp, 'orde F. M. H., trou- 
peau. 

'uro {§0), (jwe F. M. II., \illage 
en paille, de pasteurs; gurcd 
[()al), grand village; (jurel 
{(jei) , petit village. 

'uigo (f]o), fleuve. 

'urcjol [ijol), bonne odeur; cp. 
hurijol F. 

'esirao, abr. 'csa F. M. H. , belle- 
mère. 

'c.iliKjo, éternuer; 'e.slerc [de], 
éternuement. 

'e*(ii(/o, s'occuper de qui'l(piiiii , 
le distraire; 'estirgo , séduire, 
tromper. 

'ctgo, mesurer; cp, betde F, 

'ile {(jcl), feu; cp, jiterc , d'ilc 
F.' 

'itère ( f/(!) , gitte , œil ; cp. riterc , 
d'i'te^ F. 

'af'u(/o, laisser, abandonner; i|>. 
'at'ude F. 

'awgo F,M. H., semer ; gawri [di), 
grains. 

'aivd'ugo F. M. H., pagayer; 'an- 
d'0'0, pagayeur. 

^iirid'ain [dam], bière de mil. 

iiiiijn F. M. H., venir de; ifrugn . 
sortir de. 

'ay qolo F. M. H., aucun. 



' La forme du K. suppose la racine yi', yi'de « voir» , tandis que 
la forme 'itère suppose la racine 'it. 'itc «feu». Il est possible que 
Yitere soit devenu yitcre , puis 'itère. Le pluriel gittc , qui correspond 
bien à une racine 'it, est usité au M. et 11. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOLIL. 



49 



'iyal {§al), 'iy(^, OS; cp, d'iyal , 

d'iye F. 
«'iijarii {du), 'wyad'e chien. 

ba, comme; wad ba dam, fais 
comme ceci. 

be, et, avec, etc. 

ba'iri [di), gros mil blanc. 

bo'ima [da(ja) M. H., depuis long- 
temps; cp. ko boji F. 

°bo'tidgo, se mettre d'accord 
avec [bo'tidcjo'e tago). 

bu'fjo, faire ses besoins; cp. bii- 
wade¥.\ hue H., excrémenls. 

babatu [§u), bahad M. H., sau- 
terelle. 

biddo, bibhe F. M. H., enfant; 
abr. bi; b'iîjrl , hiknn'. petit 
enfant. 

bubu {§u], bubi F. \L H., 
mouche. 

badigo F.M.H., être près, s'ap- 
procher de ; cp. badade F. ; 
badidum, près, endroit rap- 
proché; badingo, approcher 
quelque chose. 

bcdigo , passer quelque part; cp. 
betlude F. 

bedu {§u) , bedi, couvercle de 
calebasse en paille. 

biddugo. presser (avec les 
mains). 

bodi [di) , bod'e, serpent. 

bojtugo , balayer; cp. boptude F. 

bagu igu), tambour, tam-tam. 

boggol {§ol), boggi F. M. H., 
corde. 



bnld , sans; bala mako, sans lui. 

biuju [du], balli F. M. IL, corps. 

balawal [gai) F., épaule; rac. 
ival (v. waUujo , se coucher). 

balol {gol), bail, hyphène (pal- 
mier dum). 

balku {§u), balki F. M. H., 
sangsue. 

halu [ga) , bail F. M. H. , mouton. 

balwugo, être ou devenir noir; 
cp. balde F. M. H.; haled'o , 
balehe F. M. IL, noir; Indu ba- 
ie' u, mouton noir; baled'um. 
couleur noire, chose noire; 
b(dwingo , rendre noir. 

beldii [ki) , rasoir; rac. wel, v. 
ivclcjo. 

belere [de), gras de la viande; 
cp. belere F. 

belu igu), ombre (d'un être vi- 
vant) '. 

bohvugo, fondre; bolingo, faire 
fondre (graisse, etc.). 

budu [du) , bulli F. M. H. , puits. 

bulku [gu), ou bulku di'am, gar- 
goulette; cp. bulku F. 

baingo F. M. IL , prendre , tenir 
droit. 

bamhad'c, grandes fourmis à 
sucre; rac. wam. 

bambugo, porter un enfant (dans 
son dos). 

bimbi, à l'avenir; cp. bimhi F. 
matin. 

hana{ga), antilope cheval. 

bnnge [ge) F. M. H., côté, à 
côté de; bandirao , ahr. banda , 



' belu signifie également !'« ombre » qui , selon la croyance popi 
laire, va en paradis ou en enfer. 



juraiH&aiE 



50 



JANVIER-FKVRIER 1908. 



bandaen, parents (ceux qui 
sont à côté (le); cp. baiidi- 
rao F. , i'rère. 
bendugo F. M. II., être cuit. 

mûr. 
°binakovna (lya), petite anti- 
lope niodoqua. 

bongo F. M. H. , être mauvais ; 
bondo . mauvais, méchant, 
wonnugo , rendre mauvais, 
abîmer; cp. bonnugo F. 

^bunduru [du), bundud'e. Fusil. 

bajnrao, abr. bujia, père; cp. ba- 
birao F.; ba'pa niawdo , onde, 
frère aîné du père; ba'pa su- 
ka. oncle, frère cadet du 
père. 

/^o/ta^o , éventer ; cp., bohordc V. 
queue; bohordum [diini] , éven- 
tail. 

èo/î/fi (/ci), baobab; cp. boivhi. F. 

°barka. bénédiction, pris dans 
le sens de «qualités». 

berde [de) F. M. H., cœur. 

° bero M. H. , qui connaît les pro- 
priétés médicinales des plantes. 

birgo F. M. H. , traire; kosam bi- 
radnm, lait frais. 

birid'i H., arachides; rac. rvir. 

hovdi I di), pus. 

bitrorod'o, bororoen, nom des 
Foulbé nomades et essentiel- 
lement pasteurs. 

bornugo , mettre un vêlement, 
des chaussures ; cp. bornade F. 

"baranwol ('/"'), buramd'e, filet- 

hurcjo F. M. H. , surpasser, valoir 
mieux, 

buruUi [ga] , huruti M. H., ver 
de Guinée, 



bcsdugo F. M. H. , ajouter, aug- 
menter. 

bcsnugo, enfanter, accoucher. 

^ hisiru [da) , bisid'i, chien. 

bosiri [di] F. M. H., farine dé- 
layée dans de l'eau avec miel , 
piment, etc. 

bataro {§o), sac; cp. bnto F. 

°batunL [du), batud'c, cbal. 

hntagn , engraisser; boio , gras. 

baUfn . enfler; liore maho buti, sa 
tète a enllé [c'est-à-dire : il est 
or;j;ueilleux , se croit plus qu'il 
n'est); cp. butide F. 
huliid'o. qui est sans aucune 
famille. 

bawa et bawo F. M. I L , derrière. 

hcwa (ga), bey [ou be'i] F. M. H., 
chèvre (F., pronom ba). 

bowgu [ga) , bowdi F. M. IL, 
moustique. 
howore [de), boivod'e, courge. 

do , sur ; dessus , au-dessus ; s'em- 
ploie aussi comme intensif. 

de, fois; de didi, 2 fois. 

°di'ado, di'abe F. M. II., captif 
pris à la guerre. 

di'am [dam), eau; cp. diyam [da) F. 

du'de, du de, berge très domi- 
nante d'un fleuve (donné par 
de G. dans le sens d'oile»). 

dabore [de), mare. 

dabude [de), saison sèche , époque 
de la récolte ; cp. dabude F. , 
être l'époque de la récolte. 

f/a(yii [§"■)> dubi, saison des 
pluies; cp. dugu F. M. H. 

dobat [gai), dobbeF.M.H., ou- 
tarde. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 



51 



dadol [gol), dadi F. M. H., ra- 
cine. 

°dadare [de], dadad'e . bât. 

dade [de], dadde F. M. H., cou; 
rac. dar (?). 

dcdo (go), peau, cuir; dedo wo- 
de'o. cuir rouge; dedo rnnc'n, 
cuir non teint. 

dudadu. trompette, cornet. 

dudgo H., être nombreux; dud- 
dnm [dam), beaucoup, en 
grand nombre. 

dod'a(jo, tomber. 

defgo F. M. H., faire la cuisine; 
defo'o, cuisinier; defyol {§ol), 
cuisine; dejrude [de], poterie 
à faire la cuisine; dejinirdum 
[duin] , cuisine (local ou us- 
tensiles). 

doftiigo F. M. H., accompagner. 

daga H., depuis; daga na'ni, il 
y a un moment. 

darjo [fjo), daged'e F. M. H., 
natte. 

dogago, courir; cp. dogde F.; 
piit'ii dogo'u, cheval qui ga- 
lope bien. 

dalgo F. M. H. , abandonner, 
laisser. 

dadi [di], dalli F. M. H., bœuf 
porteur; (de G. a noté dadi, 
dalli, probablement par er- 
reur, car Faidherbe donne 
dadi). 

delmugo, être mince, faible; del- 
mudo, mince, faible. 

dilugo F. M. H. , partir. 

dolo [go) , faim. 

° dolomka [ka) , n'uino'o dolomlm, 
escroc, filou. 



dniacjo , bouillir. 

diilura [du) , tourbillon de sal)lc; 

cp. duliiru F. 
dambi (Ai), rhume. 
dambagnl [gai), dambade F. M. 

IL , porte ; voir ramugo. 
danidi[di), chevreau; cp. dnw- 

gel F. 
demgal [gai) F. M. H., langue. 
domra [du), dnmhi F. M. IL, 

rat. 
dam , ceci , cela ; dami ? quoi ? 

dam dumi? ceci, qu'est-ce que 

c'est? 
damsa [ga) , antilope waterbock. 
danago F. M. H., dormir; danki 

[ki) , abri, vérandah; dengol 

[gol), sommeil. 
dangalal [gai), hanche. 
don, ici. 

dondi [di) F. M. H. , cendres. 
dongol [gol) , tresse sur le haut 

de la tète; voir rondago. 
donka[ka) F. M. H., soif. 
dan go, enfanter; cp. dan'edeF., 

posséder. 
dan go, pousser; cp. dan'ede F. 
° daragowal [gai), bouclier. 
darago, darigo , s'arrêter debout , 

se tenir droit; cp. darde F.; 

darnago , être droit ; le'de dar- 

nade, liois droits; darorgal et 

dartorgal [gnl), miroir. 
(/erF. M.H., dedans, dans, 

l'intérieur de. 
° derera [da), dered'i, pigeon. 
° derewol [gol), dered'i M. H., 

papier, lettre. 
dirago, tonner; dirago [go), di- 

rali F. M. H., tonnerre; di- 



52 



JANVIER-FEVRIKP. 1908. 



rango, foudroyer; dirnuçjo . 
chasser un ennemi vaincu. 

dororoivol (yo'), moustache. 

durgo. tarder. 

° danvare [de), grand vase à 
mil. 

° disgo , descendre, en parlant 
du soleil. 

datai {§al), diite F. M. II., vau- 
tour (exemple unique de ù). 

daw {§al) F. M. H., autruche. 

dago [§o), daw de , cuisse. 

° daw ara [du,], encre. 

diwgo F. M. H., sauter, voler 
(oiseau). 

dowdi et do'di [di] ^ onil)re d'un 
arbre, d'un objet. 

d'a'gol [gol) F. M. H., froid. 

d'abgo F. M. H., accepter, prendre. 

d'aburu [du), nombril. 

d'adawa [gn], chevrette. 

°d'ederid'e (pi), petite vérole. 

d'odago F. M. H., être assis, res- 
ter; d'odingn , faire asseoir 
de force; d'odordum [dam), 
chaise. 

d'ugo [go), d'adde F. M. H. , 
bras, main. 

d'id'am [dam) F. M. H., sang. F. 
pronom [da). 

d'od'go, être fin, rusé; op. yn- 
d'ude F.; dod'do, fin, rusé; 
doyre[de) , manière , procéflé, 
ruse. 

° d'iggel [gel), maladie véné- 
rienne. 

d'ogago , d'ogugo . tenir, posséder, 
avoir; cp. d'ogede F. 

d'nlgo F. M. H. , rire. 

i'alad'o, bâtard. 



d'iUndirgo, mélanger ensemble 
plusieurs choses; cp. cZ'i7'/e F. 

d'olde [de], terrain sablonneux; 
d'oldugo , traverser à gué. 

d'ulgo F. M. H., prier; d'uldo, 
musulman; d'aide (f/e),fête; 
d'nlivde [de], mosquée; d'aï 
nago , cii'concire; cp. dalnwle 
F. 

d'amdi [di] F. M. H., métal (la 
forme d'andi donnée par de 
G. est probal)lement une 
errtnir); d'amdi baleri, fer, 
par opposition à : d'amdi bo- 
deri , cuivre; d'ain bere [de] , 
d'nmhe, hache. 

d'nmgo et d'amdago , demander, 
interroger. 

d'ombe (pi.), tiges de mil. 

d'umri [di] F. M. IL, miel. 

d'an(]U(jo F. M. H. , lire ; d'angi- 
nugn , aj)pren(Ire à lire à 
quchju'un. 

° d'ind'invol [§ol], chaîne pour 
prisonniers. 

d'ipago F.M. H. , descendre; 
descends de cheval : d'ipo do 
put' a. 

d'ekirao, abr. d'eho , beau frère. 

d'ikirgo, faire du bruit; cp. F. 
M. H. , dakde. 

d'okitgo , traverser. 

d'okollo F. M.U., beau garçon, 
amant. 

d'ukere [de], bosse; cp. d'ugere 
F.; d'uko. bossu. 

°d'artori [di], gros mil rouge. 

d'aivdiri [di] , d'awdi, bélier; 
d'awdi F. M. H., biens, ri- 
chesses. 



NOTE SIR LE 

d'aw^al {§al) . d'atvle F. M. H., 
pintade. 

d'awo [go), d'aiveF.yi.H., bra- 
celet. 

d'aiygo [fabe), après-demain; 
cp. d'ancjo F., àema.ir\\jahete 
d'aiigo , après après-demain. 

d'eycjo F. M. H. , posséder, être 
propriétaire de. 

Jade ( de ) , poterie ( en général ] ; 

cp. fayade F. 
In^go F. M. H., être sourd; pa'o , 

sourd. 
fa'tagn, être fou; mi fa takl . je 

ne suis pas fou ; pa'tado . fa' 

tabe, fou. 
fi' go, frapper; cp. fi'de, fidde F.; 

fi^re [de), pi'e , coudée. 
fabni [du), pabi F. M. H., cra- 
paud. 
fibgo , attacher autour du cou; 

cp. pibol F. , amulette. 
fadaijo , mettre des chaussures; 

fado [go), padde F. M. H., 

chaussures. 
Jedego [go), pedeli, ongle; cp. 

Jededii ¥., doigt. 
fiddiujo , secouer; cp. fidde F., 

frapper. 
Jodgo F. M. M., tirer à toi. 
J'iulo [go), paille, herbe; cp. 

hudo [do) F. 
°Jad'iri [di), demain, matin. 
Jed'ago et fet'ago F. M. H. , 

fendre, partager ; /éf ère [dr] , 

pet'e, part, moitié. 
fid'go F. M. II. , jouer, s'amuser; 

fid'ol [gol) , jeu ; fid'irijo [ tran- 
sitif), jouer avec, peloter; 



DIALECTE FOUL. 5.1 

fid'irde [de), danse, tam- 
tam. 

Jod'go F. M. H., maigrir; pod'o, 
maigre; /bc/'c?e [de), maigre 
de la viande. 

fofango, respirer; cp. fnfaduF., 
haleine; fojtugo F. M. H., se 
reposer quand on est essoufllé. 

fufgo. souffler (le verbe précé- 
dent est probablement un 
simple dérivé). 

felere [de), peled'e. endroit. 

"Jamago F. M. H. , comprendre, 

jamdarjo, être étroit; cp. fadde 
F., être étroit; painaro M. H., 
petit; pamare/ (yeZ), toutpetit; 
lekki painari , petit arbre; put'u 
pamaru, petit cheval. 

feiidnigo F. M. H. , se raser, raser. 

funiigo , se tromper. 
jamba , Sud; cp. ° fuinbina H. 

pan'o, fan'be F. M. H., cadet. 

/ingo F. M. H., se réveiller; fin- 
dingo, réveiller. 

fere , à ipart; J'erc Jere , chacun 
de son coté. 

fislago . défaire les tresses de la 
coilFure. 

fastngo , péter; cp. Jiitade H., 
faslere [de) , pet ; cp. fiitere H. 

fotgo F. M. H., être autant ;yot- 
tago , se rencontrer avec; cp. 
fotadeF., rencontrer; mijot- 
ti 'e inalio , je l'ai rencontré. 

fil'ago. jeter (pour se débarras- 
ser). 

ferrgo , être frais; di'aw pewdam, 
eau froide; peivri [di), fraî 
cheur. 

J'etvgo , mentir; cp. fende F., fe 



54 



JANVIER-FKVRIER 1908. 



iiade M.W.; fewo'o, menteur; 

feivre {de), mensonge. 
Jowru [du), pobi, lion'; cp. 

foîvru. F. M. H. , hyène. 
Jayijo F. M. H., engraisser; pay- 

do, gras. 

(jo , \\n\ (jorko goto, un homme; 
d'oyre wore , une façon ; put'u 
wora, un chevai; (jnlaui , la 
même chose; /u cjoiiim, c'est 
tout pareil; cjorho yodo , un 
autre homme; d'oyre wode, 
une autre façon; putii §f>(ju, 
put'i godi, un autre cheval; 
(jododum, ailleurs. 

cji'al [§al), gi'e, épine; cp. (jiyed . 
giye F. 

ga'i, gale; cp. d'a'e F. 

° gare [de], panier à mil. 

gahu (gii), gahiF.M.H., hippo- 
potame. 

(indu , de l'autre côlé de. 

° (jadanivol (go/), pagaye. 

° gadurii [du), sanglier. 

ged'clle (pi.), fers ;i captifs. 

gid'(ui:al [gai), gld'ad'e, petit 
vautour (charognard). 

° gafalere [de), gafale , l)oui)OU 
(vêtement). 



gafgal {gai), pilon à mil; cp. 

(jahgal V. , mâchoire. 
gngirao, ai)r. gogo F. M. H. , tante 

paternelle. 
° g(d, côté, du côtr de; gcd n'ci- 

mo , côlé droit ; ly"/ nnnn , coté 

gauche. 
qalle (pi.), cour intérieure de 

la case; case. 
ijidiupi gid'a, champignon hlanc. 
Cjrin {(jn), gelodi . chameau; cp. 

gelnba {ha) F. M. H. 
(jelle'i {lii), palmier rônier (bo- 

rassus). 
gildu {du), gildi F. M. IL, ver, 

insecte. 
gain, à cause de. 
('jemure {de) , furoncle. 
° g uni ad' ire {de), gainad'id'c, 

chemise. 
gongol {gol) , gondi F. M. H., 

larme. 
° galncal {gnl) , gahd'c, corbeau. 
gararc {de), foret. 
° gnririi (</«), sanglier, 
° geriol {gol), mur d'enceinte 

de case; case entourée d'un 

mur. 
° gars arc {de), gnrsad'e , thaler, 

argent (métal). 



' Dans les dialectes de l'Ouest, «lion» se dit barodi «la grosse 
bête»; do même, en hamhara, «lion» se dit waraha «le grand 
lauve». Il send)le (pie le l'ait de, ne pas désigner autrement le lion 
provienne, non d'un tabou, mais d'un simple sentiment de crainte. 
Les Bambaras du Niger, quand ils sont sur le fleuve, ne nomment 
jamais l'hippopotame autrement que soho «la viande, le gros gi- 
bi(!r)), disant qu'il fonce sur les embarcations où l'on prononce 
son nom, iikiH; mais ils le nomment inoli dès qu'ils sont à terre et 
hors d'atteinte. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 



55 



^ari [di), </a'i F. M. H. , bœuf 
(mâle). 

(jaridn , beau de figure; cp. mod'o 
gari F. 

° (jarwmval [gai), caravane. 

ijosa [ha) H., cheveux, poils. 

° gasasru [du], qosnsd'e , bou- 
teille. 

ijaska (/.a) F. M. IL, Irou (creu- 
sé). 

fjcsa, gese F. M. H., cbanip, 
culture. 

ha. jusqu'à; cp. fa F. M. H. 

ha' do, ha'be M. H., indigène de 
race nègre (par opposition 
aux Foulbé , Arabes , Touareg , 
etc.). 

ho're [de], ko'e F. M. H., tête. 

Iiabgo , se battre avec; cp. ha- 
bude. F.; mi habi 'e mako, je 
me suis battu avec lui; kabo'o, 
querelleur; habre [de], dis- 
pute, bataille. 

hnbiign , attacher; cp. 'ahude F^; 
men kubi put'u, nous avons 
attaché le cheval; men kabi 'e 
inagu , nous nous sommes 
battus avec lui. 

" liabrire [de), cimetière. 

Iiebgo F. M. H. , recevoir, gagner ; 
hebtugo, retrouver. 

hubugo , allumer ; cf. hubande F. 

hubago , coiffer, se coifler; hii- 
bo'o, coiffeuse; hubori [di] , 
kabi, coiffure. 

hadgo F. M. H. , empêcher, dé- 
fendre, être amer; kosam J,ad- 
dam, lait aigre. 

hadda, énormément, tout à fait. 



hadago . mettre (un pagne); cp. 
hadare F. , tablier. 

bedo {§o) , tesson de poterie. 

kcdida'o , liedidabe , voisin. 

kiddo , hidbe , ancien. 

hodgo , camper; kodo , bndbc , 
étranger; cp. koddo, hobbeF.; 
Iiorre [de), kode , étoile; cp. 
hoderc , kode F. 

Itndcjn F. M. IL, insulter; kadi 
(pi.), insultes; kiidcd'o, hii- 
debe, imbécile. 

had'iigo, être jaloux; kad'udo, 
Aac/'uèe, jaloux; fcaci'e , jalou- 
sie ( le sing. had'ere est in- 
usité). 

hed'go, être assez, suffire à; 
diim hed'i 'am, ceci me suffit. 

hod'go, prendre, tenir; bod' m.a- 
n'al, prends patience; hod'ii- 
da [du), nuque. 

° kiifanere [de) , kiifuned'i, bon- 
net; cp. F. kufane. . 

boggo [go), zeriba; cp. F. boiv- 
go. ^ 

balgo F.M.H., parler; liala [ka), 
kalad'e, parole; diidahalad'n , 
bavard , raisonneur. 

baUugoiî., être laid; kalludo , 
laid; /îa/Zu(Zum(c/um), laideur; 
hallere [de) M. H., membre 
viril. 

halkiujo , être perdu , manquer. 

hedii [du), kelli F. M. H., vent. 

hillifawa [ïjci) , hillijod'e, rhino- 
céros. 

hillugo, intéresser, s'intéresser, 
s'occuper ou se préoccuper 
de ; ko hilli 'am ? qu'est-ce que 
cela me fait? mi hillaka, je 



r)G 



JANVIER-FEVRIER 1908. 



ne m en soucie pas , je m en 
f . . . . ! cp. hilnide F., être 
soigneux. 

holugo F. M. H., montrer, indi- 
quer; hoda [du], koU et hole, 
koli. doigt; cp. hohedu F. 

hude [de), kud'e. chose; cp. 
hude . kalle F. 

hulyo F. M. H. , craindre , avoir 
peur; kuldo , peureux; liulde 
{(Je), crainte; Inilinijo , ef- 
frayer; kultorijo, avoir très 
peur. 

Iiamd'uqo , masser. 

hnnki. la nuit dernière; hcti 
liunki, l'avant-dernière nuil. 

kende, aujourd'hui ; cp. hande F. 

kinere [de), hine F. M. H. , narine, 
nez. 

konduko ( ko) , kundule F. M. H. , 
bouche, rive d'un fleuve; rac. 
A tin. 

kuntjo F. M. H., piler, broyer; 
kanordu [du), mortier. 

ken'vre [de) , foie. 

koii'oldu [du)', kon'oli, limaçon; 
cp. haba kon'odii F. 

kun'are {de), tortue de terre; cp. 
kende. kene F. 

ku.no, kun'be, qui cherche que- 
relle. 

knko {ko) F. M. 11., feuillage 
vert. 

kukude {de., entre, milieu; cp. 
'nhade F. 

kilid, cette année; cp. kika F. 

kokucjo F. M. H. , donner. 

kartjo F. M. H., être rassasié, 
ronfler; karo'o, ronfleur; 
kardo, rassasié. 



kero , dans, à l'intérieur de (la 
personne morale). 

kirgo F. M. H., être soir; kir- 
nage, abr. kirna F. M. H., 
Ouest. 

kirbatjo, rugir (panthère). 

korde {de), kore F. M. H., cale- 
basse. 

knrdo, liorbe F. M. II., captive. 

knrndolde {de), korndoJi, fourmi 
à grains; cp. korendode F. 

korle (pi.), bottes. 

knrre {de), çjude , pagne; cp. 
'iidere, giide F. 

k'eso, kesbe , nouveau; cp. keso , 
kesbe F.; k'esum. dernière- 
ment, chose neuve. 

kosere {de), kolle F. M. H., mon- 
tagne caillouteuse. 

kitade {de), kitate F. M. H. , an- 
née. 

kotollo (go) M. H., coton. 

kutago, écorcher (enlever la 
peau). 

kat'ucjo H., sentir mauvais, 
puer; kat'uin {dum), chose 
puante; kat'gol, mauvaise 
odeur. 

ket'ijo, être mouillé, humide; 
kurre de ket'ere, ce pagne est 
mouillé; ket'uni {dum), humi- 
dité, chose mouillée. 

kct'ewo {§o), kel'cd'e, houe. 

knl'ijo, concevoir, être pleine. 

kut'uçjo, s'en aller; cp. bolide F. 

kaivrityo, se mettre d'accord 
avec; cp. kawde F., rencon- 
trer. 

kewcjo F. M. II. , être beaucoup 
(en quantité), èlre plein; ke- 



NOTE SUK LE DIALECTE FOUL. 



57 



bingo , remplir; cp. hewimjo 
F. 

linwgo et Im'jjo, travailler; kugal 
[gai), travail. 

hajre [de), kad'e F. M. H., mon- 
tagne, caillou, pierre. 

liiiYivere [de], haywed'e, bât. 

lioydo . Iinylie F. M. H. , léger, 
faible; hojdaijo , rêver. 

li§(>l {§ol) , li'di , ])oisson ; cp. 
liga [§a) F. 

lekki [ ki) , le de F. M. H. , arbre ; 
leggal {§al), le'de F. M. H., 
bois ; ladde F. M. H. , brousse. 

labcjo F. M. H., être propre; /a- 
hintjo , nettoyer. 

lahi ( hi) F. M. H. , couteau ' ; laho 
[ko) , lance. 

°labagal [gai] F. M. H., bride. 

lebol [gol), beurre frais. 

lafudo , pauvre. 

lugugo , être profond (eau); /li- 
bère [de), endroit profond. 

lelal [gnl), clair de lune. 

lelago , être tordu; le'de lelod'e , 
bois tordus. 

lelwa [ga) , lelli, gazelle; cf. 
lella, lelli F. 

lamgo F. ]\I.H. , régner, gouver- 
ner; laindo , lamido , cbef, 
sultan; lama [gu), comman- 
dement, pouvoir. 

iamgo , être salé; lamdam [darri] , 
sel (de G. a noté lande et 
landam, probablement par er- 
reur). 

° lemura [du] F. M. H., citron. 



limgo F. M. H., compter; limie 

[de], compte. 
lumo [go) H., marché. 
lengere [de), clitoris. 
lenol [gol) F. M. H., famille, 

tribu. 
lepol [gol) F., cuir; cp. lebol F., 

poil. 
IojmI [gai), lope F. M. H., boue, 

argile. 
lupsiiijo, flairer; cp. luhde F., 

sentir mauvais. 
° loijugol [gol), rêne de bride. 
largo, regarder; cp. djarde F. M. , 

rar^ie H. 
laru, [gu), maladie du bétail; 

laruad'e (pi-), petite vérole. 
lorcjo , être volumineux; ho're 

larde, grosse tête. 
les F. M. H. , sous , en bas ; lesdi 

[di), terre, pays; leso [go), 

lit indigène; lesdingo et les- 

nago , abaisser. 
Usai [gai), lise, branche. 
liitugo , manquer, rester; cp. lii- 

tede F. 
lat'iri [di) F. M. H., cousscouss. 
lawol [gol) et la'ol, pi. labbi 

F. M. H. , sentier, chemin. 
lowago et lo'ago , laver ; lo'de [de) , 

grand pot à eau; lo'tago, se 

laver; cf. lotade F.; lo'nago, 

laver; cf. lonade F. 
luwal [gai), hiwe , corne. 
lajgo, tracer, pousser des rejets 

comme une courge; lajra 

[du) F. M. H., gourde; lajru 

dawarii , encrier. 



On trouve en Soninké : labo « couteau ». 



58 



JANVIER-Fl-:VRrER 1908. 



°/avoru (çf")> layad'e, amu- 
lette. 
° levmaru [du-), tente. 
liyere [de], liyed'e. cotonnier. 

mri'o/ [§ol), madi F. M. 11., mur 
en terre. 

mubyo et mabduyo, fermer; wa- 
biluo . otivrir; mahltirdnm 
[dum) , clef; cp. maburcjel F., 
serrure. 

modgo F. M. H., avaler; kosnm 
modudam. lait aigre. 

wnd'cjo. faire des éclairs; nia- 
d'ere [de) F. M. IL, éclair. 

mad'ingo, perdre; cp. mac/'(ie F. , 
être perdu. 

mnd'ucjo F. M. H. , être bon; 
mod'o, bon; mod'ere {de), 
bonté; mod'ingo, arranger, 
réparer. 

mod'u (gu), moji, termite; cp. 
mojo, moji F. 

°inala, min mala. moi-même; 
kanlio mala, lui-même; etc. 

maladn, malbeureux; cp. ma- 
lado F., beureux. 

° milmad'o, milmaen , forgeron. 

mamirno . abr. marna, ancêtre; 
itiama désigne aussi l'animal 
qui est tabou pour chaque 
tribu; cp. F., grand-père. 

mciiKjo F. M. H., manier, pé- 
trir. 

mancjliiijo , chanter les louanges 
de quelqu'un; mi don mangtat 
nio. je suis à chanter ses 
louanges. 

niun'at [gai), patience; cp. mii- 
n'ade F. , se taire. 



'miikad'o. muet. 

°mared'and'e (pi.), corail. 

marimarlod'e ( pi. ) , grêlons. 

°marori [di) F. M. H., riz. 

mered'o, parasite, pique-assietle; 
cp. mr'rc M. H., sans rien. 

morgo , amarrer, mettre aux 
fers; cp. morde H., coilfer. 

mnri [di), mil (variétés des Ko- 
tokos et des Baguirmiens). 

°masard'e (pi.)» maïs (le grain 
d'Kgypte). 

°masasd'o, masasen, sorcier. 

mastam [dam), petit-lait. 

masijo F. M. H. , souffrir, faire 
mal; musincjo , faire souffrir. 

miLungo . sucer. 

musurd'e (pi.), tiges de mil su- 
crées. 

melella [(ju), metelli F. M. H., 
petite fourmi rouge. 

metliujo . goûter. 

matgo F. M. H., se coucher (en 
parlant du soleil). 

mat'udo , mnt'ube F. M. H., captif 
homme. 

mat'ahard'o , mat'akarbe (ou -ka- 
ren ) , nom , l'un par rapport 
à l'autre, des maris successifs 
d'une même femme. 

mawcjo F. M.II. , être grand, im- 
portant; lekki makki, grand 
arbre; nala makka, grande 
pirogue; mawdo , notable; 
maude[de), grandeur; maw- 
nu(jo, grandir ( devenir grand ) ; 
niaivninfjo , rendre grand; 
mawnirao , abr. mawna, frère 
ou sœur aîné. 

maygo F. M.H. , mourir; maydo . 



NOTE SLR LE DIALECTE FOUL. 



50 



cadavre humain; mayde [de], 
la mort. 
majo {§o), mad'e F. M. H. , 
lleuve, cours d'eau. 

ni . ainsi. 

° nie; nie 'am 'iimido , je suis prêt 
(à partir); fahe d'nwyo nie 
'am 'amoto, après-demain je 
serai prêt (à partir). 

nm'ie [ge] F. M. H. , soleil. 

niigge {§e), nai ou ne'i F. M. H., 
vache. 

nabacjo. être la bouche ouverte; 
ta nab kondiiko ma, ne reste 
pas la bouche ouverte. 

nehbam [dam) F. M. H. , beurre 
fondu, graisse (d'après de G. 
pr. da). 

nibgo , être obscur; nibre [de), 
obscurité (de G. note n'ibde F. , 
mais Faidherbe donne nibere) 
[l'n' de de G. est probable- 
ment une erreur]. 

nuda(jo . s'étirer. 

uodduyo F. M. H. , apj)eler. 

nojurii [du), nopi F. M. II., 
oreille. 

niifri [di] , marécage. 

nocjoiwgo , pélican. 

nala [ha), pirogue; cp. laua F. 

nalgo F. M. H., envoyer; nulado, 
envoyé; niilal [§al) , message. 

namingo , être dur ; leggal nami- 
nigal, bois dur. 



nango F. M. H. , entendre , com- 
prendre, éprouver; nantingo , 
traduire; nantiuo'o , inter- 
prète. 

nangugo F. M. H. , saisir. 

nano (^a/) F.M.H. , côté gauche. 

non. ainsi, alors, à ce moment. 

° napsu [kii) , vie, conscience. 

"^ ncrsiiru [du), hyène. 

nurea [^a) , nured'i, caïman; cp. 
F. norwa (/>«). 

natgo F. M. H., entrer dans. 

notago , répondre; cp. nototodo 
F., obligeant. 

nawgo F. M. H. , faire mal , faire 
souffrir; nawdum [dum), dou- 
leur. 

nciwlirao^, abr. naivla, nom, l'une 
par rapport à l'autre, des 
femmes simultanées ou suc- 
cessives d'un même mari; 
naulira [du), état de naivla, 
nawlirgo , être en état de 
nawla, c'est-à-dire n'être pas 
la seule femme de son mari. 

naywugo , vieillir, être vieux; cp. 
najde F. ; nayed'o , vieillard ; 
na'ni ou daga na'ni, il y a un 
moment (pas longtemps). 

no' go , se moquer de quelcpi'un 
par derrière. 

n'o'tugo. coudre; cp. n'owde, 
n'oivtade F. 

n'un'u [gu) F. M. IL, petite 
fourmi noire. 



' L'idée de douleur qu'implique le radical naiv indique combien 
la femme doit souffrir de la polygamie. De même , en baguirmien , 
ni, qui a la même signification que nawlirao, est également pris 
dans le sens de «jalousie». 



60 



JANVIKR-FÉVRIER 1908. 



n'ebre [de], n'ehbe F. M. IL, ha- 
ricot. 

n'ibgo. construire (une. case], 
habiter; cp. nibde F. 

n'ifgo , éteindre; cp. d'ifde F. 

n'algo F. M. H., être jour; ii'u- 
loina, n'aJima, de jour; n'ade 
t't nandere [de), n'aWe, jour; 
n'alluqo , passer la journée; 
aji'alli d'am? as-tu bien passé 
la journée? (salulalion). 

n'eldc (pi.), hauLs-fonds près de 
la rive d'un fleuve. 

n'amgo F. M. H., manger; n'am- 
dii ( da) et n'amde [de], repas , 
nourriture; n'nmre [de], 
amende; n'aman(/o, emprunter; 
n amande [de] , dette , emprunt. 

n'ilbe (pL), sécrétions des mu- 
queuses nasales. 

n'olqo, pourrir, se décomposer 
(viande), ou «mûrir», en 
parlant d'un rhume. 

n'an'go, se gratter, démanger; 
cp. n'an'ide F.; n'an'ere [de) , 
démangeaison; n'aynigo, se 
gratter. 

n'ardircjal {(jdl), éj)ei-on. 

niri [di) , bouillie de mil (nour- 
riture habituelle). 

n'orgo [§o], petit van en paille 
tressée. 

n'itago, se moucher. 

n'awgo F. M. H., être malade; 
n'aivdo, malade; n'aw (/><(), 
maladie; cf. n'arvu (§u) F. 

/l'iica (ga), n'ibbi, éléphant; cp. 
ii'hva [ba] F. 

n'i're [de] , n'ije, dent; cp. ri'iyre , 
n'ije F. 



pidi {dî)F.M.U., fleur. 
pettam [dam) , gué. 
pud'e (pi-), boulons de chaleur, 
boiirbouille (rad. /ud). 

ko, pronom relatif, que. 

ha'irao , abr. ka'o , oncle mater- 
nel; cp. kau'urao, kawo F. 

koba [ga), kobi F. M. H., anti- 
lope bubale (F., pronom 
Ija). 

kobul [gai], kobod'e , menton; 
cp. liobal F., pommettes. 

kadabambaleri [di), araignée; 
cp. d'ambal, d'ambaled'i F. 

kadari [di), lézard. 

kadi, encore. 

kalkaldi [di), kalkald'i, taureau; 
cp. knlhaldi, kalhali F. (rac. 
hal). 

" kilari [di) , coq. 

kann'eri [di), or; cp. kange F. 

° kind'aival [gai), kind'ad'e et 
° kind'al [gai), poulet. 

° kindere [de), petite corbeille. 

° kakirao , abr. kaka , grand-père. 

° kirke , kirked'i, selle; cp. 
bivke F. 

° koriore (de), corbeille. 

knral [gâl) , kare F. M. H. , 
flèche, projectile. 

° kurore [de) , àne. 

° kisendele, puce. 

° kisere [de), crêpes de farine de 
mil. 

knsam [dam) F. M. H., lait. 

kosgal [gai] , kosde , pied, jambe; 
cp. kosgal F. 

knsel [gel), viande. 

° katarpore [de), bleu clair. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 



61 



hetutjid (gfo/), crême; cp. kclo- 
'§ul F. 

I libère (ofe), duhbe, fesse, parties 
sexuelles (s'emploie habituel- 
lement au pluriel); cp. duba- 
di F., excréments, et rotere M., 
parties sexuelles fem. 

redgo, être enceinte, pleine; cp. 
redudeF.; redad'o, enceinte; 
redu [du], ventre. 

riiffjo IL, couler, verser. 

rilcjo , étendre; cp. rilade F. 

rnlde [de] , diile F. M. H., nuage. 

vamuijo , être étroit; cp. rabdeF.; 
yeso ramufjo, figure étroite; 
put'u damu^u, petit cheval; 
dambiido, petit, courtaud. 

remyo F.M.H., cultiver; deino'o . 
cultivateur. 

riingo F. M. H., mettre bas, être 
libre; dimo, riinbe , libre, 
noble ; dimad'o , rimaybe , cap- 
tif de case, serf (ne peut être 
vendu ) ; dimdinado , rimdi- 
nabe , affranchi. 

rumcjo , passer la saison des 
pluies; cp. rumde M. H., vil- 
lage de culture. 

ranwiKjo , être ou devenir blanc; 
cp. rande F.; daned'o, ranebe, 
blanc; gu balu dane'u, voilà 
un mouton blanc; daned'um 
[dum) , couleur blanche, ob- 
jet blanc; ranwincjo , rendre 
blanc. 

rencjo F. M. H. , garder, veiller 



sur; ren ho're ma, veille à la 
tête! (= gare à toi!); deno'o 
pat' a, palefrenier. 

rongo F. M. H., hériter; dongal 
{§(il), charge; doncjol [§ol), 
tresse des musulmans; ron- 
dago , porter une charge; ron- 
dnto'o, rondotobe , porteur. 

rekngo , passer sans s'arrêter; 
mo relii geger, il a traversé le 
poste. 

rohiigo M. H. , faire ses prières. 

resgo F. M. H. , poser, laisser ; 
posséder une femme (obscène). 

rawaiii ou hitacje rawani M. H., 
l'année dernière (rac. raw). 

debbo^, rewbe F. M. H. , femme; 
put'u reiva, jvLvaent; debbel to- 
kosel, petite femme nu petite 
femelle. 

riivgo F. M. H., chasser, ren- 
voyer; diwo , riwbe , femme 
répudiée. 

sese M. H. , doucement. 

sa're {de), t'ae F. M. H. , village 
de cases permanentes; sa're 
bobire, village abandonné 
(rac. wop; wopude F., aban- 
donner); sa're [t'udi) °dilam- 
d'i, village en ruines. 

° suad'o , siiaen, arabe du Tchad. 

sabarare [tombiide], grande ca- 
lebasse. 

sawru [du), t'abbi F. M. H., bâ- 
ton. 

sabitago, faire avec la langue un 



' Abr. de : de Abdallah, la femme d'Abdallah; dekiko , sa 
femme. 



62 



JANVIKR-FKVRIER 1908. 



claquement de mécontente- 
ment. 

sebgo F. M. H. , être pointu. 

"sobad'o, sobaen, ami, amant. 

sobncjii , t'obnJi. coude; rp. /lo/- 
buk . holbuli F. 

subtucjo. choisir; cp. sablide II. 

sadgo , être cher; cp. satude E. 

sadawre ivodere , lèpre. 

seda F. M. H. , est peu , un peu ; 
dum seda , c'est peu. 

sodçjo F. M. H. , vendre , aciieler ; 
t'odo'o. sodohe , acheteur, ven- 
deur; t'otjijiL [fjn) , t'oduli, 
achat, prix, valeur; cp. H. 
sodde , acheter et sorde, vendre. 

sndcjo , cacher, se cacher; sada 
[du], t'udi, case; cp. 5Uf/iiF. ; 
siidn ° dilainrii, case en ruines; 
suddiKjo F. M. H., couvrir, se 
couvrir; snddare [de), couver- 
ture. 

safliKjo, être rassasié, ohsédé (1(> 
quelqu'un ou de quelque 
chose; mi safti f/ia, j'ai assez, 
de toi, j'en suis ohsédé; cp. 
F. l'afîrn'o. médecin , et safordc, 
se guérir, et H. sajare , re- 
mède. 

aijïorfjo F. M. H., se rappeler. 

•^ siifu {§u) , laine; sufu sodu . 
plumes. 

saliujo F. M. H., refuser. 

silde [de), (de, épervier. 

t'olawal [§at) et solare [de], 
poussière; rp. s<dare F. 

soda (du), t'olli F.M.H. , oiseau. 

salmago, se laver la figure. 

°sulwol [gol) , chaîne. 

sembe H. , force. 



semtiigo , avoir honte; semtede 
[de), honte, pudeur; sein- 
tiiKjo , rendre honteux; cp. 
seintinde F. , gagner au jeu. 

sonujo , être fatigué; somere [de), 
fatigue; t'oniere (Adamawa). 

■^.çumaf/o, jeûner; leivru suinajru, 
mois de Ramadan. 

sankitgo, démolir. 

sangalde, t'aïKjalle F. M. II., iié- 
risson. 

sant'ago. défaire sa coiffure. 

scndago , partager; sendinjo , sé- 
parer, se séparer; t'cndlrol 
{§ol), séparation. 

sondacjo , tousser. 

snnaao , désirer. 

saii'tjo, tisser; cp. san'ude F.; 
t'ano'o, tisserand; t'anirdiun , 
navette. 

sapinijo , montrer. 

sipiKju , vendre tous les jours au 
marché par petites quantités; 
sipo'o, sipobe, femmes qui 
vont chaque jour vendre le 
lait et le heurre des vaches 
de la famille. 

sihdiigo , hoiter. 

.v((/.7( , sukabc (ou sulidcn ) F.M.H. , 
jeune homme ou jeune fille; 
t'nhalel {§cl), t'nhalon', en- 
fant. 

sergo F. M. II., divorcer; t'crgal 
{<]nl), divorce; cp. sergal F. 

° sériera [du), flûte. 

"^serugo [go), petit van en paille. 

°s'irla [ha), sirlad'e, pantalon. 

°sirtud'o, sirlaen, Bornouan. 

sorkitago , s'engouer. 

sosnago , flairer. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 



63 



susqo F. M. H., être brave, oser. 

satigo , F. M. H. , (Hre brave. 

t'awmve (j/e), rosée; cp. sawere F. 

°saware [(Je), mesure pour le 
grain. 

sau'lecio. uriner; cp. salbade F. 
et sillade H. 

sew(jo F. M. H. , être fin , mince ; 
cp. sehqo, êti'e pointu; t'civdo , 
fin, mince; t'ewdum [dum), 
finesse. 

°jiTtia,pas encore; ivakatii n'ain- 
da ma siwa, il n'est pas encore 
l'heure de ton repas. 

shvdiiqo, parfumer ses vêlements 
à la fumée (de parfums); siw- 
tago , se reposer; siwrago, at- 
tendre, patienter. 

seyseydo , araignée. 

°seYdo'o , sejdotobe, témoin. 

t'oydo , malheureux ; t'oydum. 
[divn), malheur. 

taon, d'abord, pas encore, avant 
tout. 

to, si; se contracte avec les pro- 
noms personnels et donne 
2* pers. sing. la, 2" pers. 
plur. ton; sert à former ia 
forme négative de l'impératif. 

to'de [de], to'de, dune; cp. 
todi F. 

ti'de [de], ti'de F, M. H. , front. 

°tabakadi [di), galette de mil 
frite au beurre. 

tobcjo F. M. H. , pleuvoir, tomber 
goutte à goutte; tobere [de], 
goutte; cp. tobo F., pluie. 

tubcjo F. M. H. , demander par- 
don , faire sa soumission. 



teddago F. M. H. , être lourd , 

pesant. 
lidgo F. M. H., être dur (physi- 
quement et moralement) , être 

difficile. 
tufago , percer; tujulo , percé. 
tago , quelqu'un, un individu; 

ne s'emploie pas au pluriel , 

on dit liiinbe des gens. 
timalo {(jo) , sourcil; cp. tiinelo 

F. , cil. 
tiniotiinogal {§al), arc-en-cicl; cf. 

tintimul F. 
timugo, être fini, achevé, cf. F. 

t un ade : timingo , finir, achever. 
toinbade [de), tombale F. M. H. , 

calebasse. 
tan, seulement. 
tanirao, abr. fana, petit-fils; cp. 

F. , ancêtre. 
tengu (jfu), tendi F. M. H., pou 

(de tête ou de corps). 
ton, to, là-bas, vers. 
tondu [du) , toni F. M. H. , lèvre. 
tondi (pi.), saletés, menstrues; 

cp. tanude F. , être sale. 
tapugo, forger; cp. tafde F. 
tepere [de), tepe, talon, plante 

du pied; cp. tepere, tepe F. 
tipade [de) et tipel [gel), soir, 

crépuscule. 
° tttkaye , sauce. 
tekugo F. M. H. , être épais. 
titnigo F. M. H. , se fâcher, être 

en colère ; tikere [de) , colère , 

cp. tekere F. 
toke F. M. H. , venin. 
tokoso, tokosbe, au neutre to- 

kose, tokosu, tokosel, petit, 

jeune. 



64 



JANVIER-FEVRIER 1908. 



tohucjo F. Al. II. , suivre, être le 
clieiil de quelqu'un. 

te'ijo, épouser; terde [de), dot. 

tere, courant d'un fleuve. 

tiracjo, lever ou paver i'ini|iùt; 
tira [îju) , impôt. 

lirewa {<jn), tired'i, girafe. 

tnrruin, mendier, demander un 
cadeau ; op. Innidc F. , im- 
plorer. 

°tasa [kn], cuvette, assictle, 
verre, tasse, etc. 

'^tasbirgoi [fjol], chapelet. 

tetehi F. M. H. , entrailles. 

tetVLCjO H., pilier, prendre arl)i- 
trairemeiit; tefam, sans motil', 
sans rien. 

tnt'go el lat'iujn , couper, se cou- 
per, fondre (intransitif). 

t'edii {(ja), saison chaude, avant 
les pluies. 

tille [de) (pi.), rhaudepisse; cp. 
sillnde H. , uriner. 

t'(dliiru.[du) , calebasse à faire le 
beurre. 

l'aincjo. courir; piit'ii t'dmn'a. 
cheval qui court bien. 

t'on'al {§0.1), t'on'e F. M. II. , sé- 
cheresse qui tue les récoltes. 

Cnndi [di, F. M. H. , poudre, 
farine. 

t'aha, au milieu de. 

t'irgu [gu) , panthère; cp. t'oiv- 
guF. 

t'arki {ki) F. M. II., fumée. 

t'iwa {§a), antilope scripta. 

t'aygal, t'ayd'e, canard sauvage; 
cp. t'eygal F. 

wn're [de), fagot ; cp. iva'ere F. 



^vi'go, F. M. II. , dire; hi'mi yn , 
je dis que. 

hiddn , hibbe, enfants; bigel [gel), 
bikon', petits-enfants; abr. bi , 
bi'am, mon enfant; bi'iko, son 
enfant. 

iri'gol '(]ol), ni'go , génisse; n-igel 
[gel] , génisse de deux ans. 

udbgo , roter. 

iriibago (perm. g), lancer un 
caillou, un projectile à; mi 
wubi bisiru du. j'ai lancé un 
caillou à ce chien. 

wadgo F. M. H. , faire, agir sur 
(perm. g et F. perm. b). 

loaddiigo (perm. ij), apporter; 
cp. 'adu.de F. 

nndgo (perm. />), chercher. 

wodgo (perm. g), avoir (sans 
indiquer forcément propriété); 
ini uodi put'u, j'ai un cheval; 
di'ani woda , il n'y a pas 
d'eau. 

wudde [de), biide , trou; cp. wa- 
dere , biide F. 

irnd'ugn . être, ou devenir rouge; 
cp. ivodde F. ; bodedo , wo- 
debe , rouge; bodcd'am , cou- 
leur rouge ou objet rouge; 
dedo wnde'o, cuir rouge. 

wxid'cjo M. H. , graisser, se grais- 
ser. 

ivud'go M. H. (perm. g), voler; 
cp. 'ad'ude ¥. ; gud'o . wu'ibe , 
voleur; giîyha [ka), vol. 

wuflago (perm. g), utiliser quel-, 
que chose comme oreiller; wa- 
flare [de), oreiller. 

wohijo (perm. b) , aboyer; cf. 
iiiofde F.; woliii, aboiement. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 



65 



vala (pei'm. </) , il n"y a pas; 
cp. 'ala F. 

walago (perm. h), se coucher, 
coucher, passer la nuit; no 
halda? comment as -tu passé 
la nuit; balde (pi.) F. M. H. , 
jours (le marche ; ivnlde'nm 
ou -ma . etc. , ami très intime, 
amant; halordam [dum), cou- 
verture ouatée sur laquelle on 
couche; balmval[(jal) , épaule; 
waldarjo 'e tago , coucher avec 
quelqu'un. 

walnufjo (perm. h), dire des pro- 
verbes et aphorisnies; halndol 
{§ol), halndi , proverbe. 

walucjo (perm. I>) , aider; cp. 
walude F. 

ii^elcjo F. M. IL, être agréable, 
doux; diim. ban welçjn 'ain, 
ceci m'est plus agréable. 

iielo [(jo), faim, famine. 

ivilewo [qo], biled'e , aile; cp. 
wibd'o, bibd'e F. 

wilUirii [du) petit canard sif- 
fleur. 

niolo {f)o), (jo/e, joue. 

wohvutjn (perm. è), parler; cp. 
wolde F. ; boUd'o , griot qui 
s'accompagne d'une calebasse 
avec des cailloux; bolle (pL), 
langage, paroles. 

wnmde [de], bamdi, âne; cp. 
haba, bamdi F.; bamput'u F. 
M. H. , mulet. 

wnmcjo , bamd'e, dune de sable; 
cp. wamde F. 

wanujo M. H. (perm. ^), dan- 
ser; cp. 'nmde F.; qamo'n, 
danseur; wambado, wambabe. 



griot chanteur; hawbad'e [i^i.)^ 
grandes fourmis à sucre. 

biutido , wwnbe , aveugle; cp. 
(jiimdo , (jumbe F. 

11'inde [de], campement. 

u'induijo (perm. b), écrire; cp. 
bindade F. 

ivongo M. IL , être; cp. 'onde F.; 
to (jonda ? où es-tu ? (joncja ( ha), 
vérité; yonki [hi) , vie, con- 
science ; xvana , n'est pas. 

woJaide [de), menlon. 

ivanjo M. FI. (perm. g), venir; 
cp. 'arde F.; lewru waredu, 
la lune prochaine (qui vient); 
irardago 'e taqo , venir avec 
quelqu'un; wartacjo , revenir; 
wartirgn . ramener. 

ivargo F. M. H. (perm. b), tuer; 
barn'o , qui tue habituellement. 

gorko . worbe M. H., homme; cp. 
pi. , 'orbe F. ; gor avec suffixes 
neutres : mâle ; abr. goram , 
mon mari; gora, ton mari; 
(jorihn , son mari. 

wurtago (perm. />), sortir; wiir- 
tinijo , faire sortir. 

'^wasalde [de), b as aie , oignon, 

'^ivasre [de), étendue, mare; bas- 
do, grand, large. 

wosgo (perm. b), masser. 

wnsdvL (du), busdi , hyène. 

watgo M. H. (perm. è), mourir. 

v)algo (perm. b), posséder une 
femme (obscène). 

natufjo (perm. b), verser dans un 
récipient; cp. rvatude F., troc. 

wattugo (perm. h), changer une 
chose contre une autre de 
même nature. 



XI. 



66 



JANVIER-FKVRIEU 1908. 



ivelgo , être de très bonne liture; 
cp. wetude F. 

wet'o iîjo), bet'e F. M. H., cote, 
poitrine (dans ce Sfns le pi.). 

u'it'o {§o) , bil'e, queue. 

bot'ode, F. M. H. , œufs; le sin- 
gulier habiluellemenl employé 
est bot'ofjel. 

wmvcjo F. M. H. (perm. b) , pou- 
voir, égaler en force. 

utowçjo (perm. b), aimer, dési- 
rer très fortement; bowdo , 
aimé, aimable; bowdwn. bien, 
[)arfaitement. 

uiiwgo et wu'go (perm. /»j, ba- 
layer, essuyer. 

iiaylagn (perm. cj], faire paître; 
(jaylo'o, berger. 

Iia-ylo. ivajlube F. M. H. , forgeron. 

■u'aylitijo (perm. ijf), cbanger de 
récipient, copier. 

wejcjo (perm. èw et b) , pleurer; 
cp. ivoyde F. ; ho wadma bweya- 
ta? qu'est-ce qui te fait que tu 
pleures? bejbejdi (pL), cils. 

weyla H. , nord. 

yago F. M. H. , aller ; d'a'o'o "t'f- 
nald, colporteur; d'adado, 
d'a'dabe ou d'a'daen. frères; 
ya'ruijo, emporter. 

ynre [de) F. M. H., scorpion, 
constellation du Scorpion. 

yi'rjo F. M. H. , voir. 

yihinijo , renverser ; cp. yurde F. , 
chavirer. 

yob(jo F. M. H., payer. 

yidgo F. M. H. , aimer, vouloir. 

yeftugo , soulever. 

ynf(jo , relaxer un prisonnier. 



yocjode [de), goitre. 

yeleinre [de) , (jeleme . mollet 
(devrait se dire 'elemre). 

d'oido , ynlbe , paresseux. 

yulbe (pi.), chail)on de bois. 

yanujo , se bien porter; d'amo, 
qui se porte bien; dam F. M. 
H., bien ; jamdu^o , se guérir, 
guérir (neutre). 

yimqo F. M. H. , chanter; d'imo'o. 
chanteur; (jimol [§ol) , chant. 

yanijo F. M. H. , tomber. 

yonaijo. atteindre; cp. yonde F.; 
d'oui F. M. H. , tout de suite. 

yontade [de), semaine; cp. jon- 
tere F. 

Yakuijo . mâcher, manger en 
mâchant; cp. dahudi F., mâ- 
cboire. 

yartjo F. ]\I. II. , boire; yaredi , 
sable; yarniujo , abreuver. 

yarade [de), tatouage, 

yorgo F. M. H., être sec; d'ordo, 
sec. A quelqu'un qui fait la 
sourde oreille, on dit : 'a 
d'ordo?; d'ordum, sécheresse; 
le'de darde, bois sec; yniiiago , 
faire sécher. 

yasi H. , dehors. 

yeso (30), d'ese, F. M. 11., vi- 
sage, devant. 

yesre [de), bas-ventre. 

yeUiçjo , honorer, respecter; cp. 
yetede F. 

yotugo, être nubile. 

yauxjo F. M. H. , aller vite, mé- 
priser; d'awdiim, vite, vitesse. 

yeuHjo , casser, être cassé. 

yewtncjo F. M. H. , causer, ba- 
varder. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 67 

APPENDICE. 

Nous donnons ici deux textes en dialecte foui 
de Say, notés à Sorbo-Haoussa en 1901 (notation 
de Guiraudon). 

Les Fouibé sont naturellement incapables de for- 
muler une seule des règles grammaticales de leur 
langue. L'oreille est leur seul guide; mais elle leur 
suffît à reconnaître parfaitement ceux d'entre eux qui 
parlent correctement de ceux qui parlent moins 
bien, ou mal. Il y a donc lieu, quand on veut noter 
des textes , de faire choix d'un indigène connu pour 
parler correctement. Nous n'avons pu faire ce choix 
en 1901 et ces textes ont été recueillis de la bouche 
de l'interprète indigène de Sorbo-Haoussa. Il n'est 
pas étonnant qu'ils présentent quelques incorrec- 
tions. Nous avons cependant tenu à reproduire fidè- 
lement les paroles de cet indigène, et nous nous 
sommes borné à relever en note les expressions qui 
nous ont paru incorrectes. Tels qu'ils sont, ces 
textes peuvent être une contribution utile à une 
synthèse de la langue foule, qui n'a pu encore être 
faite, faute de documents en nombre suffisant. 

PREMIER TEXTE EN DIALECTE DE SAY. 

Himhe D'ermabe, kambe woni^ tanirabe Mali. 

'Arande fu, to Gao be yonno^, kambe 'e min'irabe 'inde mabe 

^ La permutation n'est pas faite, elle devrait l'être, comme 
plus bas. 

' Sorte d'imparfait qui rappelle l'aoriste éloigné de Guiraudon. 

5. 



68 JANVIER-FEVRIER 1908. 

woni Farakuey. Kamhe toonno^ hange fjoto to Songhay*, kanko 
d'eylamn. Kamhe 'e Surgii, be-n-kaba. D'ermahe non he dogi, 
be-n-tokP bange D'erma Ganda, be gat'i^ bihbe mahe to D'ernia- 
Ganda 'e mawdo^ mabe, he d'ehi* fa be d'où Dunga, be-n-badi' 
ton 'uro. Ton Inmido mabe wati. Be d'odi gila Gornbanda fn 
Kollo 'e bange KoUo. 

'Arandefu lamido mabe wonno^ ton Hure, d'oni non to Kollo 
woni. Hamdallay 'e Kayan. 'arandefu kambe^-n-toki Dunga. 
Duhi laso woni hika, ko Dnngn d'ey D'ermahe fu, gila 'arande^'^. 
Lamido mabe, gila wati, duhi laso hika, ko be tlaki, non 
be-n-fet'i^^, gotofu 'e gare niu^^. Gila-denfa d'oni len'ol lamido 
'ehe " ton Dunga. 

^ Le même sans permutation , ce n'est sans cloute pas une incor- 
rection choquante que de ne pas la faire. 

* on. nasalisé. 

•• Il semble bien qu'ici comme dans les autres liaisons ana- 
logues, il y ait un n d'euphonie. Il parait plus satisfaisant de le 
représenter ainsi que de supposer la forme hen. Nous trouvons 
plus loin kainbe-n-toki ; la forme kamben ne paraît cependant pas 
exister. 

* De 'at'ade «laisser». 

* Le singulier pour la collectivité. 

* De ya'de, il est probable que tous les dialectes présentent 
pour ce verbe le même phénomène-, a et e sont souvent des sons 
très voisins, ainsi que ' et /i , pour qui c'est une affaire de plus ou 
moins d'aspiration. 

' De wadde «faire». Au Baguirmi, le pluriel se fait en 7 ; 
he gadi «ils ont fait». 

* Voir notes 2 et 3. 

* Voir note 5. 

'" J'ai orthographié 'arande et non 'arade parce que l'on trouve 
aussi la forme 'adan. 'adan qui est probablement de même racine : 
'ad ou 'ar. 

" Il faudrait, régulièrement, he-n pel'i. Il n'est pas toujours très 
incorrect de ne pas faire la permutation. 

" ma pour mako. langage familier, c'est une sorte d'abréviation 
assez souvent employée à Say. 

'•^ 'ebe emphatique. 



NOTE SUR LE DIALECTE FOUL. 09 

Les gens Djermas, ceux-ci sont petits-fiîs de Mali. Au 
commencement, à Gao ils étaient, eux et (leurs) petits 
frères dont le nom est Farakuey. Us étaient du même côté , 
au Songhay, celui-ci (le Songhay) possédait le commande- 
ment. Eux et les Touareg, ils se battent. Les Djermas, alors, 
se sauvèrent, ils prirent du côté du Djerma Ganda; ils lais- 
sèrent leurs enfants au Djerma Ganda avec leurs anciens, 
ils allèrent jusqu'à ce qu'ils atteignirent Dunga , ils firent là 
un village. Là leur chef mourut. Ils s'installèrent depuis 
Gorubanda jusqu'à Kollo et à côté de Kollo. Au commence- 
ment leur chef était à Kure; mais maintenant il est à Kollo. 
Hamdallahi et Kayan, autrefois, ils suivaient Dunga. H y a 
9.0 ans cette année, que Dunga possédait tous les Djermas, 
depuis autrefois. Leur chef, depuis qu'il mourut, 20 ans 
cette année, (qu')ils se disputèrent, alors ils se partagèrent, 
chacun avec ses villages. Depuis lors jusqu'à maintenant, la 
famille du chef, ils (sont) à Dunga. 

SECOND TEXTE EN DIALECTE DE SAY. 

Bellabe Finzo 'ebe ton Saga. 'Ehe yonni^ ton giirel tusekel. 
Bellad'o fu, gorko 'e dehbo fa, hudere; 'ebe gitta dam 'alkasi. 
So tawi bella^ gorko so howi debbo so ivana bellad'o, 'on hokata, 
kanko tan 'itta. So bellad'o 'onio d'ogi put u , so 'omo d'ogi nagge 
'ana ivo'di, so d'om mu^ 'ana yii, so 'oino'^ weli mo , '0 ba- 

' Il serait peut-être plus correct d'écrire §nin. 

^ Par abréviation. 

' mu., abréviation pour mum. Cette forme est applicable à toutes 
les catégories, homme, animal, etc. 

* Ceci est bien une incorrection, 'omo peut être pris ici pour 
ncela» ou représenter le cheval ou la vaclie; dam. serait plus cor- 
rect. Je crois qu'il serait téméraire de conclure de cet exemple que 
le pronom de la catégorie homme peut être employé quand on 
veut un pronom qui puisse s'appliquer sans préciser à un nom de 
telle ou telle autre catégorie. C'est précisément diun ou mum qui 
sert dans ce cas. 



70 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

inan^ 'o îiawa^. So habira' maie so wati, so mina'' tvotdton, 
kanko d'ey bellahe, fet'ataki. So wala minu, biddo mu, mo na^ 
et'i, kanko d'ey bellabe. Diabe ko 'o hebi konu, ebe-n-fel'a. 
Di'ado ko hebi konu, kanko 'on 'e biuni wardi^, biddo 'on viini, 
'o)i ivoni bellad'o. 

Les bellas de Flnzo, ils (sont) à Saga. Ils sont là un petit 
village. Chaque bella, homme et femme, <lia(jue, un pagne; 
ils sortent cela (comme) impôt. S'il se trouve un bella 
homme, s"il a épousé une femme, si (celle-ci) n'est pas 
bella, celle-ci ne donne pas, lui seulement sort (donne). 
Si un bella possède un cheval, s'il possède une vache voilà 
(qu'ils) sont bons (s'il possède un beau cheval et une belle 
vache) , si son maître voilà (qu'il les) a vus, si cela lui plalt, 
il prend, il emporte. Si leur père, s'il meurt, si un frère 
cadet est là , lui possède les bellas (a des droits de propriété), 
il n'est pas partagé. S'il n'y a pas de frère cadet, son fils, 
celui qu'il a engendré, lui possède les bellas. Les captifs 
qu'il a eus (en) colonne, ils partagent. Le captif qu'( il) a eu 
(en) colonne, lui celui-ci (qui) avec son enfant est venu, 
(si) cet enfant a enfanté (a eu un enfant à son tour) , celui- 
ci est bella. (Le bellad'o est donc un dimad'o ou wonloussou 
de Touareg. ) 

' L'n finale paraît être simplement euphonique, puisque nmva 
ne la comporte pas. 

' De nawde «emporter», a bref. Avec a long, on a nmvde «faire 
mal, faire souffrir n. 

^ Abréviation. 

*" Abréviation. On a aussi les abréviations mmimam «mon frère 
aîné», mawniko «son frère aîné», tnin'nm «mon frère cadet», min'iko 
oson frère cadet» : frère ou sœur, le sexe n'étant [)as spécifié. 

' na pour 'ana, sorte d'interjection remplaçant quelquefois ho. 

" Exemple de l'emploi de l'élément dérivatif d. 



LA VERSIFICATION NATIONALE TURQUE. 71 

LA VERSIFICATION NATIONALE 
TURQUE, 

PAR 

BALHASSAN OGLOLl NËDJIB AÇEM. 

INTRODUCTION. 

Il y a quelques années déjà , les poètes turcs ont manifeste 
l'intention d'adopter les procédés de la versification popu- 
laire, à la place des mètres arabes-persans employés jus- 
qu'alors par les lettrés. Ils avaient pleinement raison. Pour 
satisfaire aux exigences de la prosodie arabe-persane qui est, 
comme on le sait, basée sur la quantité des voyelles, les 
auteurs classiques étaient obligés d'allonger outre mesure 
certaines syllabes et d'enfreindre l'harmonie vocalique. Aussi 
a-t-on peine à trouver, dans les diwàns les plus célèbres, un 
cjhazel conforme au génie de la langue, ou même un vers 
qui n'enfreigne pas l'harmonie vocalique. De plus, les exi- 
gences du mètre les obligeaient à recourir au dictionnaire et 
même à la grammaire de l'arabe et du persan , en éliminant 
d'une manière presque totale les mots turcs. Il serait facile 
de citer des milliers de vers formés presque uniquement 
de mots persans, disposés d'après les règles de la syntaxe 
persane. 

Le peuple, qui n'a jamais goûte les poètes classiques, 
pouvait bien regarder leurs œuvres comme des jeux d'esprit 
accessibles aux seuls lettrés; il n'avait pas tout à fait tort en 
disant que seul le désir de montrer leur talent de versifi- 
cateurs et leur connaissance des langues arabe et persane 
inspirait ces auteurs. 



72 JANVIER-FEVRIER 1908. 

Sur l'initiative de l'auteur de cette étude et de quelques- 
uns de ses aniis, Emîn Bey entre autres, la prosodie natio- 
nale a repris, dans ces dernières années, la place à laqvielle 
elle avait droli. 

On verra plus loin que cette prosodie repose entièrement 
sur le nombre des pieds, comme dans la plupart des iani^ucs 
occidentales. En d'autres termes, il faut que la irame de 
nos vers, comme celle de nos tapis, soit due aux lins tissus 
de notre pays et revêtue des couleurs nationales. Ce nouveau 
système n'admet ni les mots ni les tournures exotiques; les 
quelques expressions étrangères qui ont pu y trouver accès 
n'y sont admises qu'après avoir subi un changement essen- 
tiel et reçu leurs lettres de naturalisation. 

Cette versification n'avait été cultivée jusqu'à ce jour que 
par le peuple qui est resté étranger aux procédés artificiels 
de l'école classique. Tout au plus la trouve-t-on dans quelques 
ghazel et poésies didactiques d'inspiration soulie. Et cepen- 
dant c'est la vraie poésie de notre race et la première en 
date. Son thème ordinaire est puisé dans les proverbes et 
les axiomes de morale populaire, ou dans les élucubrations 
mystiques. 

Parmi les proverbes turcs, dont le fond d'ailleurs est 
conunun à toutes les langues de l'Occident comme de 
l'Orient, on en peut citer plus de cinq cents qui sont des 
vers; preuve incontestable de l'aptitude de la race turque à 
la poésie. C'est au sultan 'Otsmàn 1" que nous devons la pre- 
mière poésie de ce genre. Après lui viennent : Yoùnous 
Emré, le cadi 'Imâd, le derviche Himinet, Niyâzî, 'Izzet 
Mollâ , 'Àkif Pacha , Edhem Pertev Pacha. Dans ces derniers 
temps, quelques revues turcpies ont publié sur ce sujet des 
articles tie MM. Sa'di, do Saloni(|ue, Emin Bey, Veled Tche- 
lebi, Fàïk Bey, de Monastir, et d'autres lettrés. 



LA VERSIFICATION NATIONALE TURQUE. 73 

VERS DE 3 PIEDS. 

Les exemples ies plus courts , composés de 3 , 4 , 
5 ou 6 pieds, ne se trouvent que dans les proverbes. 

I 

Poire, culs (mûris) [et] tombe dans ma bouche. 

Ce proverbe, s'applique à ceux qui attendent, 
comme le dit l<* dicton français, que «les cailles 
leur tombent toutes rôties dans la bouche ». 

II 

Qu'est-ce que le chat , qu'est-ce que sa cuisse ? 

Employé pour exprimer la faiblesse d'un homme 
ou l'exiguïté d'une chose. 

III 

Celui cpii a atteint ses soixante-dix ans est un homme fini. 

IV 

Que ce soit peu, [mais] bon. 
V 

n parle peu, [mais] il parle sagement. 



74 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

VERS DE 4 PIEDS. 
1 

>1 ii—j ^iJi^j-J * l' — *' — ^ *; — ? 

li baisse les yeux, [mais] son cœur brûle. 

(Sous des dehors polis, il cache un cœui- mé- 
chant.) 

II 

L'honnête homme observe la droiture, Dieu oidonne la 
justice. 

VERS DE 5 PIEDS. 
1 

/<>:wL— j j — AwLsij — t i prti) (j^ ^-y 

Ma pitance est petite, [mais] je n'ai point de querelles. 
(Pour vivre heureux, vivons modestement.) 

II 

L'habit fait les neuf dixièmes de la beauté. 

III 

DEVINETTE (<ît^Xo). 

-l «I ^1 X > / |*i> — 1) (^j->-A_5^ 



LA VERSIFICATION NATIONALE TURQUE. 75 

Bain à écho [et] toiture parfaite. Je me suis marié avec 
une lille dont le père est imam. 

Mot de i'énigme : la montre. 

VERS DE 6 PIEDS. 
1 

La poire a sa tige , le raisin a la sienne 
(Chaque chose a son mauvais côté.) 

II 

Ne fais pas ouvrir la boîte; ne fais pas parler le méchant. 
(Garde-toi detre l'objet de mauvais propos.) 

III 

L'arbre courbé est mon arc , quiconque je rencontre est 
mon oncle maternel. 

Se dit de ceux qui s'accordent avec tous les ca- 
ractères. 

IV 

y^yjio (^JS ljjX& ( rLjit (Sr^ U^^-fr^ 

Il glisse comme le serpent [et] pique comme le scor- 
pion. 

Se dit d'un homme habile à faire le mal. 



76 JANVIER-FEVRIER 1908. 

VERS DE 7 PIEDS. 

Dans le domaine littéraire nous n'avons rencontré 
d'exemples pour les vers les plus courts que pour 
ceux de 7 pieds. La raison de leur emploi consiste 
en ce qu'ils sont plus harmonieux que les autres. 

l" PROVERBES. 

I 

Si tu travailles, ton bien s'augmentera. C'est ainsi qu'on 
devient riche et heureux. 

II 

Le cheval meurt, le champ de course reste; le brave 
meurt , la gloire reste. 

III 

;:iÀ — éTyiil — i j^Jl — » 

C'est ma mère seule qui me pleure, les autres (sui-vi- 
vants ) font semblant de pleurer. 



LA VERSIFICATION NATIONALE TURQUE. 77 

2° OEUVRES POÉTIQUES. 
I 

Il n'y a pas de montagne plus grande que le cœur; il ne 
se rassasie jamais de l'amour de Dieu. J'ai vu les dix-huil 
mille mondes (l'univers tout entier) dans une seule mon- 
tagne (le cœur). . 

Selon les mystiques, le cœur est regardé comme 
le séjour de Dieu. 

II 

«■X — )> ». ' |«<3v — \_S I y M 

_j — ^^ ijj — *«' — ^)j — 9 (S'-^^ 

Je me suis enveloppé de chair et de peau [et] suis venu 
me présenter à toi; pour que tu ne t'effrayes pas, je me suis 
fait connaître sous le nom de Yoûnous. 

Allusion à la doctrine panthéistique qui regarde 
chaque être de la création comme un reflet de la 
divinité. 



78 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

III 

L'âme est rodevenue rossignol; l'épine est éclose et de- 
venue rose. Tout est devenu yeux et oreilles, tout ce qui est, 
a été. (Niyàzî Misri.) 

Allusion mystique à la création. 

VERS DE 8 PIEDS. 

1° PROVERBES. 

I 

Jl ^^y—^j — 5 ;jLj A — i^.>«-Lj! 

J » Q y. ; \y^ ^ '^.y—^^ 

Regarde la mère, prends la iille; examine la bordure, 
achète la toile. 

II 

L'aveugle souhaite avoir un œil, s'il en a deux il n'aura 
rien à dire. 



LA VERSIFICATION NATIONALE TURQUE. 70 

III 

>^— JC — i ^ X^ £■ (Mi^^'i^i 

Le jasmin croit sur la colline , son parfiun se répand 
partout. ' 

2" ŒUVRE POETIQUE. 
Poésie du Sultan 'Otsmân 1". 

c_>l J ^ïjl J 5ijl Mi (jT ..; 

»^ )v î rsr^ A— .1^— ji jfc^— là 

(Sy — ^ li:^' '■" ^ — ?. <^ — »»'' 



80 



JANVIER-FEVRIER 1908. 



^ — i^(^ ^^ O, 



L_iL_^ 





Avec la trame du cœur construis un bazar dans ) eni- 
Chehir. Ne maltraite pas les ouvriers (les sujets, les habitants 
des champs) , fais ce qu'il te plaît. 

Depuis Eski-Ckehir et Ycni-Chehir jusc[u'à 'Aïn-GuenI , 
nous avons passé au fil de l'épée les infidèles, toi aussi (à Inn 
tour) démolis donc Brousse et rebâtis-la de nouveau. 

Deviens loup, élance-toi sur le troupeau; deviens lion ol 
ne regarde pas en arrière; commande l'armée pour la faire 
marcher en avant; fais un château sur le passage du cœur. 

Ne dédaigne pas Nicée; ne coule pas (follement) comme 
le fleuve Sakaria; hâte-toi de t'emparer de la ville d^Iziiik- 
mid, et construis sur chaque tour un château. 

'Otsmàn , tu es le fils d'Er-Toghroul , descendant d'Oghouz , 
fils de Rara-Khân; tu es une humble créature de Dieu; 
prends la ville de Constantinople et change-la en un jardin 
de roses. 



LA VERSIFICATION NATIONALE TURQUE. 81 

VERS DE 9 PIEDS. 

Nous n'avons trouvé cjne deux exemples seule- 
ment parmi les proverbes écrits dans ce mètre; les 
poètes ne l'ont pas employé. 

1 

Ne te couche pas dans un lieu bas, [car] le torrent t'em- 
portera ; ne te couche pas dans un lieu élevé , le vent 
t'emportera. 

II 

La méchanceté est l'œuvre de tout le monde; la bonté 
est celle d'un homme de cœur. 

VERS DE 10 PIEDS, 
l" PROVERBE. 

Ne remets pas l'affaire du pauvre au lendemain, [car] 
sais-tu ce qui arrivera demain ? 

2° VERS. 

^£^ — ci^i I — 'k — i) LC_i A-è^ i>^^ 



82 JANVIKi^-FEVtilKH 190S. 

Depuis que mon cœur s'est épris de toi, ia douleur et 
la tristesse ne me quittent plus. J'étais habitué jadis à la 
dévotion et à la vie pieuse; c'est l'amour (de Dieu) qui m'a 
éloigné de toutes ces habitudes. 

VERS DE 11 PIEDS. 

Ce mètre a beaucoup servi aux poètes pour écrire 
des œuvres de longue haleine ; il alterne souvent avec 

le mètre persan cij^LcU cy^XxU *o>^^li qui est aussi 
employé dans le mesnevi. 

1° PROVERBES. 

1 



Il te suffit de sentir une rose , si tu es un homme délicat ; 
[mais] si tu es grossier, entre dans le parterre et dévaste-le. 



II 

*^-^S-rî (0-^ {jy-^^ Hi~'^ )*^^' (^^^ 



Le sot est celui qui se désole pour (les biens de) ce 
monde ; sais-tu qui gagnera et qui en profitera ? 



L\ \ KKSIFICÂTION NATIONALE TCRQUE. 83 

III 



Si une chose t'est destinée, elle t'arrivera même du Yé- 
men; mais si elle ne t'est pas destinée, elle tombera même 
de ta bouche. 

2" POÉSIE. 

^^ — ^— 5j "S ^\. «<x_x_> A_>>^L_>I xj 

Mon tourment était un, je l'ai quintuplé moi-même. — 
J'ai demandé au Créateur de venir à mon secours. — J'ai 
quitte ma terre natale, ma patrie. — Que faire? je ne puis 
dompter mon cœur '. 

VERS DE 12 PIEDS. 

O mon Dieu, je t'implore, donne-moi ton amour, ton 
amour suprême; je l'espère de ta grâce, donne-moi ton amour 
suprême. 

* Ces vers sont cités par Théodore Spandouyn Cantacusène et 
corrigés par Ch. Schefer. Cette seconde revision ne nous ayant pas 
paru tout à fait correcte, nous les avons rectifiés à notre tour. 
[\o\r Bibliothèque orientale elzévirienne , t. LXX, p. 261.) 

6. 



84 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

VERS DE 14 PIEDS. 

Dis ce que tu sais, ou bien écoute la parole de celui (pii 
sait. Résigne-toi et n'allonge pas le discours. 

VERS DE 15 PIEDS. 

<^*X i) ^Jij < lO^^ ''^-^ iJ^Y-r^S? f*^'**'^^ vï'Tiî..^^ (*^ ^ 

di i— w (jY— J vii ..M* ^. ■> (^v-»^ /»--«j-_)^ ^5^_5 SjAjjXfi 

Hier soir, dans la maison de ma bien-aimée, une pierre 
me servait d'oreiller; j'étais couché sur le sol, je m'abritais 
sous le feuillage et j'étais satisfait. 

On me croyait seul, pourtant je ne l'étais pas; mon amie 
m'accompagnait. Je ne me lierai pas aux autres, ô ma bien- 
aimée, je suis à toi, tu es à moi. 

VERS DE 16 PIEDS. 

Un seul mot rehausse le prestige de celui qui sait parler 
(parler à propos). Un seul mot raffermit les actes de celui 
qui est éloquent. 



LA VERSIFICATION NATIONALE TURQUE. 85 

CONCLUSION. 

Nous n'avons donné Ici que les formes les plus anciennes 
de cette versification populaire abandonnée depuis des 
siècles. Mais les tentatives récentes de quelques-uns de nos 
littérateurs, et peut-èlre aussi l'étude qu'on vient de lire, 
suffiront-elles à démontrer la possibilité d'une grande évo- 
lution dans la littérature turque. E^e se réalisera le jour où 
un poète de génie saura édifier avec ces matériaux de notre 
vieille poésie nationale des œuvres d'art dignes de rivaliser 
avec les chefs-d'œuvre littéraires de l'Europe. 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBI. 87 

DISCOURS 

DE 

JACQUES (DENYS) BAR SALIBI 

À L'INTROiMSATION 

DU PATRIARCHE MICHEL LE SYRIEN, 

PUBLIÉ ET TRADUIT 

PAR M. J.-B. CHABOT. 



Au moment d'écrire l'introduction à la Chronùjuc 
de Michel le Syrien, j'ai naturellement recherché tous 
les documents qui pouvaient apporter quelque lu- 
mière sur l'histoire de l'auteur. L'élection du pa- 
triarche ne se fit pas sans quelque difficulté, et 
l'évêque d'Amid, le célèbre écrivain connu sous le 
nom de Jacques (Deny s) Bar Salibî semble avoir joué 
un rôle prépondérant dans l'assemblée des évêques 
qui choisirent l'archimandrite Michel pour le mettre 
à leur tête. Barhébréus rapporte^ quelques phrases 
du discours énergique qu'il prononça en cette cir- 
constance et qui entraîna l'adhésion des évêques 
hésitants. D'autre part, Assemani avait signalé^ un 

' Chron. eccL, I, 54o. 
^ Bibl. or.. II, lb^. 



88 JANVIER-FÉVRIER 190S. 

discours prononcé par Denys à l'occasion de l'intro- 
nisation du patriarche Michel. Le premier discours 
n'est connu que par la citation de Barhébréus, qui 
a sans doute emprunté le passage à la Chronique de 
Michel, dont le texte original présente une lacune 
en cette partie. 

Le discours d'intronisation est conservé dans le 
ms. syr. LI de la Bibliothèque vaticane (fol. io3 r"- 
107 v")'. Ce manuscrit renferme un Pontifical, ou 
rite des fonctions épiscopales , copié par un certain 
Abou'l-Faradj , en i5y2 de notre ère 2, sur l'auto- 
graphe du patriarche Michel qui avait revisé et corrigé 
ce livre liturgique à l'usage des Jacobites. Bien que 
le manuscrit ne soit pas fort ancien , il est dans un 
mauvais état de conservation, et une photographie 
du texte , quelque soignée qu'elle fût , ne permettait 
pas de le lire complètement. M. Guidi, avec sa haute 
compétence en la matière et son obligeance bien con- 
nue, a pris la peine de déchiffrer le texte sur le manu- 
scrit et m'en a envoyé une copie complète. C'est celle 
que je publie ci-après. Il m'a semblé qu'il ne conve- 
nait ni de laisser inutile le patient labeur du docte 
professeur de Rome, ni de laisser périr ce discours 
dont l'unique copie ^ devient chaque jour moins lisible. 

' Voir la description du ms. dans le Calai. BIbhntItecae Vaii- 
canae, t. II, p. Zi^-Za']. C'est l'ancien cod. EcltcUcnsis /i , qui a 
reçu une nouvelle pagination. Cf. Bibl. Or., I, 673. 

- Dans le Cat. Bibl. Val. , t. II, p. 827, on propose à tort de cor- 
riger cette date. 

^ H paraît cependant qu'une copie du manuscrit aurait été faite 
pour la Propagande, en 1686. 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 80 

A la vérité, on ne trouve dans ce document au- 
cune donnée historique sur le patriarche Michel. 
Mais c'est un curieux morceau de rhétoricjue qui 
donne une très bonne idée du genre littéraire fami- 
lier aux orateurs sacrés des Syriens. 11 renferme aussi 
([uelques expressions qui méritent dêtie recueillies 
par les lexicographes. Pour nous conformer aux tra- 
ditions du Journal asiatique, nous ajoutons une 
traduction au texte. L'auteur, après avoir invité ses 
auditeurs à se réjouir de l'élection du nouveau pa- 
triarche, parle de la dignité et de l'origine divine du 
sacerdoce; le nouvel élu, dit-il, est orné de toutes 
les qualités et vertus que requiert cette dignité. Puis, 
s'adressant directement aux fidèles, il les exhorte à 
lui témoigner leur attachement et à lui faciliter l'ac- 
complissement de son ministère par leur obéissance 
et leur conduite exemplaire; et il termine par une 
prière pour les princes, les pasteurs et les fidèles. 

Ce discours tout à fait impersonnel a pris place , 
comme nous l'avons dit, dans le Pontifical des Jaco- 
bites, pour être lu à l'intronisation d'un patriarche 
quelconque. La rubrique ajoutée à la suite fait ob- 
server qu'on pourra même le lire à l'intronisation 
d'un évêque ou d'un métropolitain, moyennant le 
changement de quelcpies expressions indiquées dans 
les notes marginales. Ces notes sont encore moins 
lisibles que le texte : nous les avons reproduites aussi 
fidèlement que possible. 

Jacques Bar Salibî , auteur de ce discours , origi- 
naire de Mélitène , prit le nom de Denys lorsqu'il fut 



90 JANVIER-FEVRIER 1908. 

promu à Tévéché de Mara's (Germanicia), en i i54. 
Le patriarche Michel le transféra à la métropole 
d'Amid (Diarbekir ) , en 1166. Il mourut en 1 1 y 1 . 
Cf. AssEMANi, Bibl. or., II, 1 56-2 1 1 ; Wright, A short 
history of Syriac Literatare , p. 2 46-2 5 o; R. Duval, La 
Littérature syriacjue, 3" éd., p. 3 99; H. Laboukt, 
Dioiiysii Bar Salibi Expositio litarcjine, praef. 

Le discours fut prononcé dans le célèbre couvent 
de Mar Hanania ou Deir ez-Za'pharan, près de 
Mardin (aujourd'hui encore résidence du patriarche 
des Jacobites), peu de temps après la consécration 
du patriarche Michel , qui eut lieu le mardi 1 8 oc- 
tobre 1 1 6 6 ; et non pas à l'anniversaire de son 
intronisation, comme le donnerait à entendre le 
texte établi par Assemani^ A cette époque, les 

^ Assemani écrit, B. 0., 1. 11, p. i54 : «Denique in Codice Echel- 
lensi 5 [sic], fol. 186, extat ejusdem Bar Salibi oratio habita in 
die consecrationis prœdicti Michaelis Magni ; sub hoc titulo : Iw^iao 
««■^ * ^} i— ^ hda_jQ^« oot; fOo]} i,|^««vai°> •»!§«. V) > g> a«i g> a-io-.^ '«-ooj; 

I» v>o "w I .11.. ...^OJ» jLSUk,N-3 ^<|^i<âof o&M? lffn.»o>j^.>ag> L«a~. 
♦ )}Wio fcSJ^^^i^j lo»:^*» Scrmo liabitus a D'ionjsio Metropolita 

Amidœ , qui el Jacohus Bar-Snlibi, de Michaele Mngno Patriarcha, in 
moruisterio Zapharnneiisi, cum soleninis dies entlironisnii eiusdein 
Michaelis Patriarchœ celebraretur in celeberrimo monasterio sancti 
Ananiœ , (jaod jiixta Marden urhem situm est. Mais les deux mots 
|ix>AjofZ^aA> L»aM signifient « l'anniversaire de l'intronisation » , 
comme Assemani lui-même l'indique dans la description du ms. : 
Diniiysii seu Jacobi Barsalibœi Episcopi Amidœ Oratio habita in 
templn sancti Ananiœ prope arbeni Mardin, in anniversaria consecra- 
tionis Michaelis Patriarclue die [B. O. . I, p. 573). On remarquera 
d'aillt iirs que le titre reproduit par Assemani ne répond pas exac- 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) HAR SALIBI. 91 

patriarches jacobites ne résidaient plus efiectivemenl 
à \ntioclie. Atlianase VIII, prédécesseur de Michel, 
dirigeait le diocèse d'Amid; vers la fin de sa vie, il 
voulut transporter le siège réel du patriarcat à 
Mardin, et transférer Bar Salibî de Marias à Amid. 
Ce projet fut exécuté par Michel, qui se rendit 
au monastère de Mar Hanania et y tint un synode 
aussitôt après sa consécration'. C'est dans cette 
circonstance qu'eut lieu la cérémonie de l'introni- 
sation ou prise de possession du siège patriarcal, 
cérémonie qui se faisait autrefois à Antioche, et qui 
consistîdt à conduire solennellement et à faire asseoir 
ie nouveau patriarche sur le trône qui passait pour 
avoir été celui de l'apôtre saint Pierre. 

<mn » en . to ,} «««.VÂSi. v^^h l^^i^ i^ol (io3 r°) 

tetnent au texte du ms. Il Ta composé à l'aide du titre et de la 
première note marginale légèrement modifiée. Or, le mot qu'il a 
lu loj-» était probablement d'une lecture difficile déjà de son temps. 
Aujourd'hui, la première lettre seule est bien visible; elle porte 
distinctement le signe du pluriel : ce qui exclut la lecture donnée 
par Assemani. 

' Bar Hebr. , Chron. eccL, 1, 543. 

- Note marginale : i->m,L ooet ^^ ..Vk .a L.J -^ \v>oUo JLio» 



92 JANVIER-FEVRIER 1908. 

jL^ij ^^o^lo JLaïoa, yO«^^Ji v^) *JS «.^01 v^ojLj ^^<3^ 



1 00» 



U)*. ir>N^ )w-*,o jLdt^âo oK c>ol jLâ.«|o .llojo^â? 
)a.jL; aJu)o .mJ^..x^ ^ vk^H^o Ji "^ * -v v»o Jl««.«i "> Jii) 



^£& 



. |«vao F- ■> ■ I Xa"^^ ; jcx.'iajkao | w i n o *k Uli^ iio^: Ju.o-»â 
' Note marginale : Jl^-s; ^j -bio) • ■ . jbo»â <**.?? ]jk>i yo^^-» 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIRL 03 

m2^«.^1| moC^&i^O .o^lo-oj y9«^ t^u*^^? »JL*lf OXàoO 
JLiiSiavo h^w^àoi )l(^M«.i ^jU*l) ^:»o . 11jo« l^^r^ 
."«JD jL*o;>^o Iw-i^o jLdJD AJoof )oot ya^«.d . ot^«^ 

j Vt N\ ^ y-i^i\ «-A • I .«.*->) l^x^P Ui»:^ O VV£0 

<jL*^ Jijet ;">^â| . )IV>^^^ ^wskxoo I^Mo^ ^^^J^oo9 
s^ > j> )o ov-.^-^? JL^ili ;io3 v°j'^.» "^^wio . jijoO 
ex o ) •» ft o o>^ ^)A•;^_M . ot ifc 9t j ^-->la-a.l:^ 

)Lâ-Jot-â lo • ..w:» 3|o . jL.AA>d^ ^**-^ Ir^ûi^^ 

lia m, fJ^vJ:^]. ^ a — -^^^ '■ — ^ . <^ i » °i ^l^^>ao 

1» ■> vo y-:sIq noN. to::^ JbLJO>^^^o . ,^ i .lfn..J^.^o 
1 I v> i'cH-aof j . •axD jl*;^ - jj^) .^L*.^;^ JL;.âo 

* Note marginale : lolo» " jo.'Z]} fwlsoA»» ^jf JUch^v jL».» 

^ Les lettres entre crochets ne sont plus visibles clans le nis. 



94 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

^_:o oUl^si-^ w<_â9o : )lo ■ .. ffi ^ o%JkZj J^o>|0 

: jL.o^ ji.<^ ot-^ IwA. '^o : JLax«jo9 hc^ JLj»9aâ 
Jlvar> : jLow:»9 ^^1^7^ ^Lljfo 11;:^.^ j;^ )^^>«^^ ^ 

.)>^sJ^»^o )i&s:^j^w.*o IJ^^^»^^ jLa^âoo )Jj^>^? jb>oov- 
JL^o «.m ^)i U— loot>^^^o JLJS^ao l^o^ Id^ «.A Ul 

.)JlL_i )J^«.Sl » .f JLâoo9 Lo^ ]i:^^l? jli;^*.^ Jljoov^o 
lo y jû CQ — I )J^Ov ^ m '>i M^l |«-^L3 )^JLr>o 

» .Sic ms.; lire : ,j<h (?) — ^ Ms. Uàa*.. 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 05 
Ilot 1 .chO JLoAâ^ûo IlojotJ^ \f^r^ .' Ijot-So l(XO« 

. flox^oo ^aX^IJo v3ch-*? jLuo»-^ jLiLSoaA. ^^bc ^90.*. 
""^i^) Jbo« — 09 |lo; * VI "> JLojnSl^ào ^9 )Lo;.^cxjd 
)Lâ — tOi — 2 ôt — >i^) it — Sot <~j9o . JLbaV9 %»otoov^»^ 
^ 1^>.^^1| ^.â^lo i^^l ^9 t'^av »9 ol .)lo;.:^a^o 

)S otlo-J—kOv-So «laJ^Soo otlo>^.JLd C^&bo? w^^foC^ 

J^...wâ jL=>o:;-â2^ 'V^^ JLoaaL=>9 IL*:^::^ Jll^r)..g>^&o 

> *. rto . )laN> 1 »o . |lo;;-^o ^ jLiL^^aA. : ojool) 
WV -> .1) jLoU^o JLoil^ usa^Vo IloXa^V lc2^ ^-!^ch 

' Le ms. semble porter : Jbo«âo. 



96 JANVIER-FEVRIER 1908. 

jLijLajo . JL:^laio?o JLs-^Lro?o JLso^-O? JLioo? .' rr> .»a)o 

jjOtO *. yOC>^<^.| UOOOA^O |1a<^^ u^tOA. JIJ!^&w yOJO^f 

J^w^oj JLo'.;js J^^Li •^cAO . aXi^U^aâlo ) i mvi a v^ o 

^ )oo^ ^.^^^1 jL^JS^^ jlfiOUll^O UOOOA. ilO^ %»OCM 

^o "(xà^ ' ojL ^ ».JS."iiS> jb^&iâoo ^^>0O l'jlf^^f 
Jil) •. JLll)? u-)o ^jL^-w^A. <i:i* ^ )?«o . )J.. N 11*— 

^ ds»»? )Li« .JLî^oj )o>..,J— j> âloJ^A.1 Uo : )a--»l. 



' Note marginale : w^b; *j) o>l. k~»? oo» '.nn» s ) 
- iSic ms. 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAK SALIBÎ. 97 
. )Lu*j> iâo/;.âo ji^lz> .^ficu ilâfo . «ÇÎ^^J^sA^ U.:^t 
\ ^-^JLN> '\ ^ >*«(3La) ^ a jOoV yxeo Uw^d^ «^ JU) 

«■■^- 3 Jl ^ I >^^^ jVLo^o jLj:>aaLO floJLJoto l^»^^ 

Jlio^ ."«JD jL*o^3 ]i\ . Jl^j^u^â JLm.a'^qo â^o '. w,A^L) 
U-.^^-CE>JLo JU| : J^_;:>--âo Ji^o^f? Jl^fo JL^o(o;2L3 0^9 
.* )J^^*J^09 ..fiau»9)w.jaa . JLmaa^ JL£a^^2L3 )>^^âji^ 
Jl jlo •^v'%0 : ^o^â vA«;.39 li^oeof )t)? ^ A•J^»A^o 
. jJ^. o I «>09 jLa-M^-âo )Lo«.^9 JLaa^a.^ uju'!>>^ jVa^ 
Ua.o^9 |;.^a«»9 ivfooA. J^^i^^^o |J^w.^^9 |>^^J9a^a3 
t "^ s. A ao ot-j^o k^J^pnio .«otâ^^; jlaJOfO ta«.*99 

'^-^^^ .jl^^a:^9 Jlj;^«.ao "^^^lo^ajiv jl^9 •^•^? ho^ 

Jbi°No»'>o ^^nrt..l) )ld^-^o jUoo.^o . w^?!) (io5 r') 

j -* PO so\\ }0*'~A UkJâjk. ^^fQââA.9 JbUl«)o.99Ji^l) 

^ Note marginale ; " .ea,&ï] o»! «o)t*o o>»i^ Fni o] «^..vryd^J 
M, 7 



98 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

JbLJi-*fo . )>^ a .; f> |;^«.:^ uiJsaA, JL^j» }o*^ i'^-^)^ 

Jbu_a_-)o .-«ol)?? )>JL^5^^&^ ov^-iL)? JL»-^ JL.OJÎ 

. . 1 "^^^^ jL^olo ^ jLfiO^o^ yQ.'^À:k>jk, ;.âo) oï:^ «.ax 

^^,> A.v>v»o |';^o*3 ^-^>3»? ^^-1 "^>^ ^ -<*-• t:*~=^? 

. IlofJ^^^'^:^ In Aiir» wi* ^^w^o ^ w >*«, ^ » ^d:^^|'^&k. 

^ Note marginale : )L^ of4so««t oo)i(s»o " .«a«d) " o\)o )ooo .ao 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 00 

000«0 OU'^û-^l|9 yCX-JO(^ '.1^0491 |i^.O.A.L ^-«^ «.a^O 

ha — ^1 ; «I ^? i .^ *, iiaoi o^«9 otlo^o.^ . jx^vW 
"^ftw Moto-dji wOk^i : cH-A-^t U-:d)L-3 «â^^t^lji (io5v°) 
"^«^ vâ_J:^ — ^ jl^âo. — ^i ^ sSx «iM o^o-^ . jl-^o.^^ 

«oj— ^^ ^ JL^*;-coo JLa— ,v : )j^».o^ )ÈC>a — ^» 

JLaJ^î jijot <^;. ?i y iiA^b^^^ JLs.foa*, yoot:^^ ^J^^^ot^ 
Jl a »; ^ ^jl-io \<»} yoJ^^-j| ^_^jL«*9 :^3 ^i^o \l*^ 

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100 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

jQ.«j^,^o .* av>.rr>l) jltxeoVaâ l^^o&i ))l!»9 u^ff w»ov3 
♦-a."ij? )*.*^»V? JLl-? ^V )?ot3 JDj^o .o►>^.-. )J6>^ioa- 
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fo^jU yO»^nlo jLâoco (io6 r°] ^ yolJLi «la«^.^0Ld9 
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jL^9| ^ Mi*a-A.o Jl.v->9 h».iO V a-f«o .JLuâo o^;.d9 
ttnna,v> om«.^;oo .)J^Jk«*J^ jlw^ ^ J^Mâo) .|J^i_«o)« 
«âJ^s-« c>t-d9 JLâoa« JLio^ ^A^o»^ .^»A<iPn ^ "^N» 
»^^»ao «^ I ..«av> ^ )L^9 *. otl*^ «ju»W3 JLjot^â ji^9 

''^bi. yO-dU : )J^sAX«9t iJ^N^lJboo .y^«J»aâ yolw^^o 
sd) .l^o:;;^ | ; ms, 9^s>> .(&jq91q . yOxoVao ;. nr> S i 9I 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 101 
^ ypo j .. oavN. »S?>ri.iM .•)» iQ <i v> JLa«9 JLjot JLA,eio 
^:xD JLâfo« ^ >â| )o« .• .*c»aj»iPa<a'v «•t^'-'o !o«la.<^ 

iJ^wo^ llofo;..:^ ,^«N-^/f>v> Di ^ ^. >v .)J Jfo ^:^J^w 
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oN oJ^^-cojo . Jl -Il » -^ .. jLld . yftSSN ^;.^)o Va>^ 
jL^i); ]io9t ^ )Or-^ f-'^ ^° JL^cA? li? . J^MjL*.o;.d 
y * i x> (h^^xd; ^ot lla^wLO .* JUnav J^^MJ^^o JL;99 
JL<x;.^ ya-r>wibl? yO '^N. ^«^jcâ : JLscuiumO JUm^ 
U) « y 0N.CT M.^)f yO '^ ,1, an |, '^fn>? oo« lio . JIa«*jD 
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102 . JANVIER-FÉVRIER 190S. 

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' Les mois entre crochets sont écrits à la marge. 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) RAR SALIBÎ. 103 

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104 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

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DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 105 
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DISCOURS DE BAR SALIBI SUR MAR MICHEL LE GRAND, 
DANS LE MONASTÈRE DE Za'pHARAN. 

Homélie prononcée par Mar Dionysias , métropolitain 
d'Amid, qui est feu Jacques Bar Salibi^. 

Mes bien-almés : aujourd'hui est un Jour d'allégresse, 
un jour d'exultation, un jour de joie, dans l'installation du 
souverain pontife sur le siège d'honneur. En vérité , David 
chantera avec nous en disant : Que les deux se réjouissent 
et que la terre tressaille d'allégresse', c'est-à-dire les êtres 
célestes et terrestres. Cette fête du prince des pontifes dans 
l'installation de ce souverain pasteur ' nous est figurée par 
les paroles sacrées : Celui qui siège au-dessus des Chérubins 
s'est manifesté', et : Le Seigneur-roi siège pour l'éternité \ 
En vérité. Dieu a résidé sur la terre^, et : Tu as fait , Seigneur, 
ta demeure inébranlable de ton Eglise\ Celui, en efifet, qui siège 

' Note marginale : «Il a prononcé ce discours lorsque les 
é[vêques] faisaient l'intronisation de notre Père et [Docteur] Mar 
Michel, le patriarche, éclairé par l'Esprit (saint), à Mar Hanania^ 
couvent célèbre, à côté de Mardin.» 

* Ps. xcv, 11 (selon la Vulgate). 

' Note marginale : «Or, du prince des pontifes . etc., quand on 

veut le réciter pour un évêque, (on dira) : du pontife de ce 

pasteur, » 

* Ps. LXXIX, 2. 

. * Ps. XXVIII, lO. 

* III Reg., vni, 27. 

' Exod. , XV, 17 (texte primitif: Je ton sanctuaire). 



106 JANVTER-FEVRIIiR 190S. 

au-dessus des Chérubins, à cause de leur splendeur et de 
leur pureté , est le même qui siège et réside en ceux qui 
gardent ses voies et marchent dans ses commandements : 
L'un d'eux, ou plutôt celui qui est au premier rang parmi 
eux, est ce sage pasteur qui est aujourd'hui élevé sur le 
trône ou siège d'honneur du sacerdoce. Et où le roi réside- 
t-il et siège-t il à jainais sinon en ceux qui font d'eux-mêmes 
son temple? Tu es notre refucfc, Seiçjneur, de génération en 
(jénération \ Qui regnrderai-je et en qui hahilerai-je , sinon en 
relui qui est pacifique et humble, et qui craint ma parole^? 
Et qui est digne de devenir le temple du Seigneur autant 
que ce souverain pontife ^ ? Qui dans notre génération 
a paru aussi humble que lui ? Et pour cela il a été élevé à 
ce degré. En qui s'est autant manifestée la mansuétude de 
la vertu et la victoire sur soi-même ? Aussi est-il devenu la 
demeure du Père , du Fils et de l'Esprit saint. 

En vérité. Dieu a habité sur la terre. Il a fait cela matériel- 
lement, quand il a revêtu un corps humain lorsqu'il accom- 
plit son œuvre providentielle dans le monde ; mais Dieu 
habite aussi spirituellement sur la terre , c'est-à-dire dans les 
hommes, formés de la terre, chaque fois qu'ils méditent 
les choses divines et pratiquent les vertus. Aussi, comme 
ce suprême pasteur a purifié la terre de son cœur et a lavé 
la tunique de son àme, assurément Dieu habite et réside en 
lui, dans l'honneur du suprême sacerdoce. Vous tous qui 
avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ'^. 
Dans le baptême nous revêtons le Christ; mais aussi dans le 
suprême sacerdoce et dans le sacerdoce nous sommes enve- 
loppés par le même Christ, par son Père et son Esprit saint, 
et fortifiés comme à l'intérieur d'un triple mur. Ta as fait, 

' Ps, LXXXIX, 1. 
^ ISAÏE, LXVI, 2. 

^ Note marginale: «Il convient, si! s'agit d'un évéque, de dire : 

ce chcj des pr/}lres. » 
' Gai. , in, 17. 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBl. 107 

Seigneur, ta demeure inchvanlahlc de ton Eglise. Or, si 
l'Eglise est la congrégation des lldèles, et si le Seigneur 
réside et habite en elle quand elle a été préparée par les 
œuvres vertueuses, puisque ce pasteur, qui a pris place au- 
joiud hui sur ce siège solide, s'est préparé depuis sa jeunesse 
par l'humilité, a orné son âme de la sainteté, a purHié sa 
conscience des lâches, s'est l'ortille dans la vertu, comhien 
plus doit-il être apte à devenir le temple du Seigneur:' De 
même qu'il est assis et siège sur ce ti'ône de bois, ainsi 
réside, habile et repose en lui la vertu divine. Si l'être rai- 
sonnable , fonné à l'image du Créateur réside sur un siège 
privé de sensibilité, combien mieux Dieu, auteur de la raison 
et source de la parole , de la sagesse et de la science , doil-il 
résider et habiter dans l'être raisonnable orné de pureté ? 
Mais quand le discours s'élève, ou mieux, cherche à parvenir 
àlainontagne élevée et spirituelle delà dignité', c'est-à-dire 
de l'honneur de ce pontife, et quand il veut parler de lui, 
non seulement il n'approche pas du pied, mais il en parait 
éloigné, à cause de son excellence. 11 convient à celui qui 
veut se mettre à parler de purifier ses dix sens et d'élever 
rintelllgence conductrice des neuf autres au sommet de la 
science , et de monter ainsi successivement , comme par une 
échelle, au sommet des concepts divins de l'auteur du sacer- 
doce et du Seigneur de la prêtrise. 

En effet, mes bien-aimés, l'appellation de «sainteté» 
dérive du sacerdoce. De même que celui qui abonde dans la 
richesse est appelé riche, ainsi le prêtre'. C'est pourquoi, 
« sacerdoce » s'interprète « abondance des dons célestes » , qui 
sont concédés par Dieu. 11 est évident que le sacerdoce a été 
conununiqué par Dieu, d'après ceci : Tu m'as façonné, et tu 
as posé ta main sur moi \ En disant : Tu m'as façonné, il 

- Il y a ici un rapprochement entre kahna «prêtre» et kahîna 
«riche», qu'on ne peut rendre en français. 

. ^ Ps, CXXXVHI, 5. 



108 JANVIER-FEVRIER 1908. 

désigne la formation de l'homme par les mains de Dieu ; en 
disant : tu as posé ta main sur moi, il marque le don abon- 
dant qu'il a communiqué, et indique l'abondance. « Prêtrise » 
signifie «tristesse^ du prêtre» à cause des péchésdu peuple. 
Et puisque tels sont le sacerdoce et la prêtrise, venez, que 
nous recherchions comment, successivement, le sacerdoce a 
été transmis jusqu'à nous. 

Dieu, sublime dans son essence, dont la plénitude et 
l'abondance sont infinies, dans son amour immense et 
dans ses miséricordes incomparables a communiqué, dans 
rtiglise qui est dans les oieux , le sacerdoce aux Chérubins , 
aux Séraphins et aux Thrônes. Ces premiers (ordres angé- 
liques) l'ont communiqué aux seconds : les Puissances, les 
Dominations, et les Vertus. Par ceux-ci, le sacerdoce a été 
transmis aux Principautés, aux Archanges et aux Anges, qui 
forment la troisième Eglise ; et de celle-ci la bonté divine 
nous Ta transmis, à nous hommes. Et voilà pourquoi il y a 
en lui des degrés et des ordres pareils ; les patriarches , les 
métropolitains et les évêques sont l'imitation des Chérubins 
des Séraphins et des Thrônes : de même que ces (esprits) 
supérieurs sont égaux par la puissance et les dons, et que 
l'un illumine l'autre : de même dans l'Iiglise d'en bas , ces 
trois degrés sont égaux par la puissance et la grâce , et l'un 
éclaire l'autre. Dans la seconde église, chez nous, sont les 
prêtres, les diacres et les sous-diacres ; la troisième est formée 
des lecteurs ou docteurs , des chantres et des psalmistes ou 
récitateurs. Les pierres rangées sur le pectoral du prince des 
prêtres " figuraient ces ordres d'en haut et d'en bas. Le grand 
prêtre possédait ce don et ce degré sublime ^. 

' Rapprochement entre les mots syriaques koumroata «prêtrise» 
et kamirojila «tristesse». 

* Cf. Exod. . XXVIII , 9 et suiv. 

' Ces éiucubrations théologiques, inspirées par les œuvres du 
Pseudo-Aréopagite, paraissent tirées du traité encore inédit de 
Jean de Dara Sur le sacerdoce. (Cf. Assemani, B. O. , II, p. 121.) 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 100 

Et de même que les ordres supérieurs éclairent ceux qui 

sont au-dessous d'eux , ainsi ce pasteur, M^' N , vous 

illumine, vous, les ordres qui sont dans l'Eglise ^ ; il vous fait 
monter par degrés et vous élève d'un don à un autre e1 d'une 
puissance à une autre; et cela, pas simplement selon les cir- 
constances, mais par un long examen, par une enquête mi- 
nutieuse ; car il a pour lui Paul qui lui dit : N'impose pas 
trop vite les mains à quelqu'un, et ne participe pas aux péchés 
d'autrui^. Celui-ci ne change point avec le temps, il ne lait 
point acception de personnes dans le jugement; mais, 
plaçant toujours le Seigneur devant ses yeux, il est à sa 
droite, inébranlablement ; celui-ci n'est point effrayé ni terrifié 
par les afflictions de ce monde, tant il craint le jugement 
réservé à ceux qui font le mal ; celui-ci n'est point attiré par 
les désirs, les délices, les honneurs, les richesses mondaines, 
parce qu'il désire et attend le bonheur qui ne passe pas, la 
gloire impérissable et la richesse véritable. Celui-ci a été oint 
mieux qu'Aharon , et non pas avec l'huile matérielle mais 
dans l'Esprit saint; celui-ci est paré , non pas d'une ceinture et 
de sonnettes d'or ^, mais du vêtement angélique , de l'étole du 
Christ, de la mitre spirituelle, qui nous rappelle le symbole 
du suaire placé sur la tète du Sauveur , de vêtements blancs 
qui sont la figure de la joie et de l'allégresse spirituelle , de 
la houlette pastorale, indice du bâton solide du suprême 
pontificat sur lequel il s'appuie et avec lequel il gouverne les 
bergeries et les troupeaux*. 

Celui-ci ressemble fort au juge des Hébreux, Samuel, car 
il a aussi été obtenu par un vœu , il a fait profession par les 



' Note marginale : «S'il s'agit d'un évêque, il faut dire : dans 
son Eglise. » 

' I Tim., y, 2 2. 

^ Allusion aux vêtements du grand prêtre juif; cf. Ex., xxvm, 
33; xxxix, 23. 

* Note marginale : « On dira : sa hevijerie et son troupeau , s'il s'agit 
d'un évêque. u 



110 JANVIER-FEVRIER 1908. 

vœux, il agrandi dans le temple, 11 s'est fortifié dans les 
jeûnes et les prières, il s'est enveloppé dans la doctrine; de 
même que Samuel a servi devant le vieillard Héli, jusqu'à 
ce qu'il fût appelé par Dieu à son service , de même notre 
père élu a servi devant un vieillard, dans un saint monastère; 
et de même que Samuel a été établi juge sur tout Israël, 
ainsi Dieu a constitué celui-ci patriarche, c'est-à-dire «père 
des princes » , et lui a confié tout son peuple et toute son 
Eglise dans tout l'Univers'. De même que Samuel a été appe- 
lé «voyant», ainsi celui-ci est le contemplateur de l'Esprit 
saint qui l'a établi sur le trésor de ses mystères. De même 
que Samuel a fait descendre la pluie par ses prières, de 
même ce saint pasteur fera pleuvoir les doctrines évangé- 
liques. 11 est, en effet, la fontaine scellée et le jardin fenné, 
comme il est écrit ^, qui , quand on les ouvre en leur temps 
donnent la vie véritable. 

Le sage Salomon symbolisait cette installation sacerdotale 
sur le siège apostolique, par le trône qu'il se fit fabriquer. 
Salomon se Jit faire , d\s-^e , un trône des bois du Liban ; ses 
colonnes étaient d'argent, sa surface d'or très pur, son baldaquin 
de pourpre et l'intérieur tapissé d'amour^. Les bois du Liban 
nous représentent ceux qui sont élevés dans les bonnes 
œuvres et sont parvenus à la maturité spirituelle; les co- 
lonnes d'argent marquent ceux qui sont éprouvés et pro- 
duisent au septuple dans la vertu; la surface d'or désigne 
ceux qui sont arrivés à la perfection et sont devenus le trône 
du vrai Salomon, du Christ-Dieu, et le baldaquin de 
pourpre, ceux qui ont réconcilié le monde dans leur 
sang , à l'exemple du Christ qui , ayant été revêtu de pourpre 
pendant sa passion , a réconcilié son père avec le monde ; 
l'intérieur tapissé d'amour proclame la miséricorde divine, 

- ' Noie marginale : «S'il s'agit d'un évèque , on dira : f Eglise et 
le diocèse (jiii lui ont étr confiés. » 

' Cant., IV, 12. 

■■' Cant,, III, g, lo (sens de la vers. svr.). 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 111 

condensée et tissée de toute part, qui garde ceux qui 
craignent son nom, comme.il l'a dit : Le monde recon- 
naîtra que vous êtes mes disciples si vous persévérez dans mon 
amour '. 

Ce nouveau pasteur, M^"^ IN , que vous voyez mainte- 
nant établi à la tète de l'Eglise , brille par tous ces signes 
sublimes; et il a été digne de l'appel de Dieu, comme le 
glorieux Isaïe. L'année où mourut Ozias , pendant le règne 
duquel le don de prophétie lui avait été enlevé, parce qu'il 
n'avait pas réprimandé le roi diligemment, j'ai vu, dit-il, le 
Seigneur siégeant sur un trône , et la partie inférieure remplissait 
le temple; et les Séraphins se tenaient au-dessus de lui ^ Ce 
Père béni siège aussi sur le trône d'honneur et de pureté , et 
il est environné de la gloire du sacerdoce ; il remplit et il 
orne ce temple. A l'exemple des Séraphins, les pontifes, les 
prêtres, les diacres l'entourent, en glorifiant Dieu qui l'a 
choisi pour son ministère. 

Daniel, l'homme de désir, a marqué cela d'avance en di- 
sant : J'ai vu des trônes placés, et l'Ancien des jours qui sié- 
geait \ Il prophétisait par là le jugement que le Seigneur 
doit faire à la fm du monde. Ce suprême pasteur, auquel a 
été préparé le siège d'honneur et qui est acclamé par l'as- 
semblée , fait aussi savoir que son désir sera satisfait en ceux 
qui accomplissent les préceptes évangéliques; il jugera avec 
équité et réprimandera ceux qui courent au pèche. 

Ce que dit l'ange à Joseph à propos du Christ : Le Sei- 
gneur lui donnera le trône de David son père , et il régnera sur 
son royaume'^, fait allusion à sa puissance spirituelle; et c'est 
le même qui a donné le trône et l'autorité à ce chef, pour 
que nous venions de toute part , sous sa conduite, adorer le 
Dieu vivant, et nous dirons, dans la joie du cœur : «En vé- 

^ Jean, xni, 35. 
* Is. , VI, X. 

' Dan., vn, g. 
' Lcc, I, 32. 



112 JANVIER-FEVRIER 1908. 

rite, celui-ci est la semence que le Seigneur a bénie, celui- 
ci est la racine qui a poussé et germé d'une terre aride \ 
c'est-à-dire de la sainte Eglise, et qui délecte par son parfum 
tous ceux qui le respirent. » Le Christ nous a désigné ce jour 
dans lequel le souverain pasteur a pris place à la tête de son 
Eglise, lorsqu'il a promis des trônes à ses Apôtres : Vous 
qui vous êtes attachés à moi et avez gardé mes commandements , 
au second avènement, vous siégerez sur douze trônes et vous 
jugerez les douze tribus^. Voici que maintenant aussi ce 
chef honorable , qui s'est attaché au Christ Notre-Seigneur 
depuis sa jeunesse et a gardé ses commandements , a reçu 
ici les arrhes de cette promesse , et là , avec les saints Apôtres , 
il siégera pour juger ceux qui n'accepteront pas l'enseigne- 
ment divin qu'il tient et qu'il prêche. 

Mais, mes bien-aimés, puisque vous avez compris ces 
choses, à l'arrivée du pasteur spirituel chez vous, quels pré- 
sents convient-il que vous lui offriez , ou plutôt que vous of- 
friez au Christ par son intermédiaire ? Je pense que vous 
attendez de nous, les préparateurs et les auteurs des 
mystères, que nous vous disions quoi et quels dons vovis 
devez offrir en reconnaissance d'un tel bienfait incompa- 
rable de Dieu à votre égard. Aussi vous dirons-nous : « Fils 
bien-aimés, comprenez bien : ce n'est point de l'or, de l'ar- 
gent ou quelque matière terrestre qui passe et reste en bas, 
cette richesse que les méchants et les astucieux^ possèdent 
pour la plupart, que nous ordonnons d'offrir au saint pasteur; 
il n'attend de vous rien de semblable ; mais vous devez lui 
offrir comme excellentes récompenses la soumission et l'ob- 
servation des commandements. Que les prêtres et les diacres 
lui offrent la parfaite régularité, la pureté, la sainteté, un 
sacerdoce angélique, la vigilance dans le ministère, la solli- 
citude dans les prières , le zèle pour les saintes doctrines , la 

' Cf. ISAÏE, LUI, 2. 
' MaTTH., XIX, 28. 
* Littér. : «ténébreux». 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 113 

lecture des saintes Ecritures, l'assiduité aux olFices des 
églises, la mutuelle charité, le soin assidu pour les agneaux 
et les brebis. L'ordre monastique doit offrir Thumilité et la 
perfection , la pénitence intérieure , le détachement des choses 
matérielles et la mort au monde, l'éloignement des désirs 
grossiers, les veilles prolongées dans la lecture ou l'audition 
des livres saints, jour et nuit; l'abstinence de nourriture, des 
lèvres se gardant de toute calomnie et de tout ce qui est ré- 
préhensible. L'ordre des chefs doit offrir la bonne conduite 
à l'égard des préceptes évangéliques , la pitié pour les pauvres , 
la charité pour les méchants, et, dans ce vase de boue, la tem- 
pérance, la sérénité, l'aménité, la douceur, la miséricorde, 
ainsi que le grand Paul l'a ordonné d'avance ; maintenant et 
continuellement , par ce saint pasteur, il vous dit : Ne vous 
enorcjneillissez point dans voire esprit et ne vous fiez pas à la ri- 
chesse qui n'est d'aucun appui, mais au Dieu vivant qui nous 
a donné toute chose en abondance pour notre satisfaction \ 
Acquérez par de bonnes œuvres la richesse impérissable '. » 
Que tout le peuple, hommes et femmes, vieux et jeunes, 
prêtres et séculiers, instruit des divines doctrines par le vrai 
pasteur, fasse en sorte de n'avoir pas besoin d'être amené 
au saint bercail par la houlette mais feulement par la flûte''; 
vous éloignant de l'injustice, et de l'iniquité, de l'usure 
et du lucre déshonnête , de toute avarice , du mépris et des 
injures, de la haine et de la jalousie, de la fraude et des per- 
sonnalités, de la colère, de l'irritation et de la fureur, des 
désirs honteux et pervers: l'adultère, la fornication, l'impu- 
dicité, et des autres sortes de péchés. 

Mais quoi, vous promettez maintenant d'accomplir ces 

' I Tim., VI, 17. 

» Cî.lbid..v. 18. 

' Ces locutions sont passées dans le langage courant pour dési- 
gner : le bâton , une mesure répressive et spécialement la destitu- 
tion d'un évêque; la flûte, un avis ou une réprimande. Comp. 
Chron.de Michel le Syrien, trad., t. Ill, p. 2 36, 269. 

W, 8 



114 JANVIER-FEVRIER 1908. 

choses, comme des enfants bénis? Je suis persuadé et je 
comprends que vous y èlcs disposés. Donc, réjouissez-voin; et 
Iressaillez d'allégresse dans le Seigneur^, et toi aussi Père saint, 
en voyant que tu as de tels enfants. Réjouissez- vous et 
soyez satisfaits vous aussi, ô saints évêques ici présents, de 
ce que votre labeur porte des fruits pour le Seigneur. Que 
le Bienheureux et que tous les Pères qui sont réunis avec lui 
dans cette sainte assemblée fassent entendre les prières et les 
bénédictions pour tout le monde : pour son Excellence le 
gouverneur de la ville et pour le pays béni : que le Seifjneur 
fasse croître son honneur et triompher sa puissance, qu'il 
étende son empire et lui donne la force de vaincre tous les 
ennemis, qu'il prolonge sa vie, qu'il inspire à son cœur la 
miséricorde pour tout le peuple ! pour ses ministres honorés : 
qu'il les rende dignes de jouir avec lui et sous ses ordres de 
tout bien ! pour les honorables chefs chrétiens qui sont les 
soutiens des églises et des couvents : que le Christ-Dieu les 
fortifie de sa puissance et les confirme dans son espérance , 
qu'il les rende dignes d'hériter du royaume céleste ! pour les 
prêtres , les diacres , les moines , les vierges , les hommes et 
les femmes , les enfants et les jeunes gens : que le Seigneur leur 
donne de se préserver et de se libérer de tout dommage ! 
pour vous tous en même temps : que le Seigneur bénisse 
votre travail et votre commerce, qu'il multiplie vos revenus, 
qu'il vous distribue abondamment des trésors de bénédic- 
tions, qu'il vous sauve, vous délivre et vous libèi'e de tout 
mal, qu'il vous pardonne vos fautes et efface vos péchés, et 
qu'il donne le repos à vos défunts dans le sein d'Abraham ! 
Recevez de nous, fds bénis, ces dons et ces prières, en la 
personne de ce pasteur qui vous est accordé par Dieu. Nous 
supplions le Seigneur, qui l'a choisi et constitué dans son 
ministère , de lui donner une longue vie ; que de son temps 
l'Eglise soit exaltée et triomphante ; et nous , faibles et pé- 
cheurs, qui avons amené le saint fiancé à la fiancée spiri- 

' Cf. Joël, ii, 23. 



DISCOURS DE JACQUES (DENYS) BAR SALIBÎ. 115 

tuelle et nous sommes réjouis dans ces noces spirituelles, 
puissions-nous être dignes des miséricordes et de la grâce, par 
la bonté et la philanthropie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 
de son Père et de son Esprit saint , pour les siècles des siècles ! 
Amen. 



Nous avons écrit cette homélie qu'a écrite et prononcée le saint 
évcque le jour où notre pcre et seigneur le patriarche Mar Mi- 
chel est entré dans le couvent de Mar Hanania, afin que son 
pieux souvenir soit conservé dans l'Eglise, en raison de son la- 
beur. Si quelqu'unveut adapter ce qu'il a dit au temps opportun , 
il le pourra. Mais pour ceux qui sont capables et qui ont reçu ce 
don de la grâce, il est plus convenable qu'un tel discours soit 
adapté aux circonstances , à la personne, au lieu et au temps! 
Cela sujjît aux sages. 



8. 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 117 

NOTES 

POUR SERVIR À LA CHRONOLOGIE 

DE LA DYNASTIE KASSITE, 

PAR 

M. FR. THUREA^U-DANGIN. 



Voici , telle qu'on peut la reconstituer, d'après le 
Canon royal et d'après d'autres sources , la liste des 
rois kassites. Pour le nombre des années de chaque 
règne, j'ai suivi l'édition Knudtzon du Canon royal, 
sauf en ce qui concerne le 22* et le 25*règne, pour 
lesquels j'ai adopté les résultats de la récente colla- 
tion de Hilprecht^ Les dates sont celles que j'ai récem- 
ment proposées, ZA, XXI, p. 186. Dans le cas où 
la succession de père en fds est attestée, les noms 
sont réunis par une accolade. 

1. 1761-1746. { Gandas. 

2. 174.5-1724.. ( Agum. 

3. 1720-1702.1 Rastilias I". 

4. 1701-1694. ( Du(?)-si. 

5 ...../ Abi-rattas. 

6 I Tassi-gurumas. 

7 ( Agum-kakrime. 

' BE j XX, 1, p. 52 , note 1. 



118 JANVIER-FEVRIER 1908. 

8' ( Kadasman-harbe I". 

9' Kurl-galzu 1". 

10' ( Meli-sipak I". 

ir Rara-indas I". 

17 ( Kadasinan-enlil 1". 

18 ( [ ]-[bu]rias. 

19 \ Ruri-gaJzu II. 

20 ( Burna-burias. 

21 Kara-indas II, petit-fils (?) de Burna-bu- 
rias, 
(Nazi-bugas, usurpateur.) 

22. I 363-1 338. / Kuri-galzu III, second (?) fils de Burna- 

\ burias. 

23. 1337— i3i2.< Nazi-niaruttas. 

24. 1311-1295./ Kadasnian-turgu. 

25. i2g4.-i 28/1. \ Radasman-enlil IL 

26. 1283-1278. [ Kudur-enlil. 

27. 1277-1265.1 oagarakti-surias. 

28. 126/1-1257.' Kastiliasll. 

29. 12 56-1255. Enlil-nâdin-sumi. 

30. 1255-1254. Kadasman-harbe II. 

31. 1253-124.8. Adad-sum-iddln. 

32 . 1 2 47— 1 2 1 8 . f Adad-sum-usur. 

33. 1217-1203.] Meli-sipak. 

3'l . 1202-1190.' Marduk-abil-iddin. 

35 . 1 189 Zamama-sum-iddin. 

36. 1188-1186. Bél-MU-[ ]. 

1-7. J'ai traité ailleurs de Tordre de succession 
des sept premiers rois (voir OLZ, 1908, p. 3 i et 
suiv.). La lecture Kastilias (au lieu de Bitilias) est 
fondée sur une variante Ka-as-ti-li-ia-su que j'ai 
signalée, ihid., p. qS. 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 110 

8'-9'. Kadasman-harlio et son fils Kuri-gal/ii sont 
mentionnés dans l'inscription pubiiée par Winckler, 
ZA, II, p. 3o9, et dans un jugement publié par 
Clay, BE, XIV, n° 09. Ce dernier document prête 
à l'une des parties en cause l'assertion suivante : 
« Depuis Kuri-galzu, fils de Kadasman-harbe, jusqu'à 
Nazi-maruttas , fils de Kuri-galzu, mes pères ont cul- 
tivé (tel champ). » Le contexte ne donne aucune indi- 
cation sur l'espace séparant ces deux rois^ D'autre 
part, il n'existe, nous le verrons, aucune raison sulïi- 
sante pour identifier Kadasman-harbe à Kadasman- 
enlil, le contemporain d'Aménophis III. Kadasman- 
harbe et son fils Kuri-galzu se placent entre le q"' et 
le 1 "7^ roi ; impossible de préciser davantage. 

10'. Weissbach , Bah. Mise, p. 2 , a fait connaître 
un fragment d'inscription d'un [Me]li-sipak , fils de 
Kuri-galzu : ce Kuri-galzu ne peut être ni le 19°, ni 
le 22^ roi; il a donc quelque chance d'être Kuri- 
galzu, fils de Kadasman-harbe. 

Le kudurru, B M, n" 99 (IV R, 38), et la tablette 
VAT 4 1 3 1 [VS, n" 34) mentionnent un Marduk- 
abil-iddin, fils de Meli-sipak et « sà-15al-bal de Kuri- 
galzu ». Weissbach [hc. cit., p. 3) traduit «petit-fils 
de Kuri-galzu » et identifie ce Kuri-galzu au père de 
]Meli-sipak I". L'interprétation proposée par Weiss- 
bach est possible, et, si on ne considérait que le 
texte même, elle paraîtrait la plus probable. Néan- 

' Contre l'hypothèse suivant laquelte ces rois se suivraient sans 
intervalle, voirUNGNAD, OLZ, 1908, p. 1 1 et suiv. 



120 JANVIER-FEVRIER 1908. 

moins elle ne s'impose pas. SX-bal-bal signifie pro- 
prement « descendant » et, pour que « X sà-bal-bal 
de Y» signifie «X (lointain) descendant de Y», il 
n'est pas nécessaire (contrairement à la thèse de 
Weissbach) que ie vrai rapport entre X et Y soit 
indiqué par le contexte; voir l'inscription ^ oii 
Ammi-ditana s'intitule sà-bal-bal de Sumu-la-el et 
fils d'Abi-esu' : rien dans le contexte ne laisse suppo- 
ser qu'entre Sumu-la-el et Ammi-ditana il y ait six 
générations. Marduk-abil-iddin , fils do Meli-sipak et 
SÀ-BAL-BAL de Kuri-galzu, a donc quelque chance de 
ne pas être distinct du S/i'^-roi de la dynastie. 

11'. Une lettre de Burna-burias à Aménophis IV 
débute ainsi : « Depuis le temps de Kara-indas , depuis 
que tes pères et les miens correspondent, ils ont tou- 
jours été bons amis-. y> L'Histoire synchionicjuc fait de 
Kara-indas un contemporain d'Asur-EN-nisësu^ et le 

' AO F, 2. Heft, et King, LIH, n° loo. (De nicme Hani.Code. 
IV, 67-70.) Comparer En-te-rae-na, Tabl. d'albâtre, II, 2, où on 
passe du père à l'arrière-grand-père. 

^ WiNCKLER, n" 8, Knudtzon, n° lo. Kara-indas, dont une 
inscription est publiée IV R, 36, n" 3, est probablement le même 
roi. 

■^ WiNCKLER, Aus:ug, p. 3i, propose de lire Asur-rîm-nisësu = 
Asir-ri-im-nisêsu [MDOG. n''25, p. 66-67). Cette identification 
serait assez probable si on pouvait justifier l'emploi de en pour 
ri-im. Voir MDOG, n° 28, p. 10, Asir-EN-nisêsu, fils d'Asir- 
nirari, peut-être identique à Asir-ri-imnisësu, fils d'Asir-nirari. 
Noter que finscription d'Asir-EN-nisésu aurait été trouvée près de 
l'enceinte méridionale, qui, d'à; rès MDOG, n° 27, p. 6-7, serait 
identique au «grand mur de la nouvelle ville» dont Asur-EN-nisêsu 
aurait été fun des constructeurs (tablette d'Adad-nirari I" . 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 121 

mentionne avant Puzur-asur (II) et Burna-burias. 
Asur-EN-nisêsu est probablement identique au roi de 
ce nom, mentionné par Adad-nirari 1""^ parmi les 
constructeurs de l'un des murs d'Asur, entre Puzur- 
asur (P')'-^ et Erba-adad. En supposant cfue cet Erba- 
adad soit bien identique à Erba-adad , père d'Asur- 
uballit^, et qu Asur-uballit, fils d'Erba-adad, soit bien 
le contemporain d'Aménophis IV '^, nous ne pourrions 
encore situer avec précision Kara-indas , puisque nous 
ignorons l'espace séparant Asur-EN-nisêsu d'Erba- 
adad. Il n'est pas impossible que kara-indas soit anté- 
rieur à Kadasman-harbe I", bien que l'ordre inverse 
soit plus vraisemblable. 

17. Harbe étant l'équivalent kassite d'Enlil, on 
admet aujourd'hui que Kadasman-harbe, père de 
Kurigalzu, est identique au correspondant d'Améno- 
phis III, dont le nom est écrit Kadasman-enliP. Peut- 
être y a-t-il lieu de faire observer que cette opinion ne 
repose sur aucune preuve réelle : carie fait que dans 
un vocabulaire*^ le dieu Harbe est assimilé au dieu 

' Tablette trouvée à Asur, n° 868, cf. MDOG, n° 27, p. 6. 

* Puzur-asir, cf. MDOG, n" 22, p. 76; n° 27, p, 6. 
' MDOG. n° 25, p. 4o. 

* Ce qui d'ailleurs est douteux. Il semble J)ien que, dans la 
lettre d'Asur-uballit à Aménophis IV, le passage « Asur-nâdin-ahhë, 
mon pèrei) soit à prendre à la lettre (pour une tbéorie différente 
voir WiNCRLEU, 4 F. III , p. 333 , n. 2 , et Lngnad , L Z, 1 908, 
p. i4, n. 2). 

' Weissbach, Babjl. Mise, p. 5 (avec réserve); Delitzscu, 
Herrscherlisien ; KmjDTZOy , El-Amarna , p. 36, note; Ungnad, OLZ, 
1908, p. 12. 

« VR, 44, col. IV, 1. 



122 JANVIER-FKVRIER 1908. 

Enlil, ne démontre aucunement que dans les noms 
kassites, En-lil se lisait Harbe. Pareil emploi d'un 
idéogramme babylonien pour désigner un dieu étran- 
ger n'est assurément pas sans exemple, mais dans 
le cas présent est peu vraisemblable. Tout porte 
à croire que pour les kassites babylonisés et adora- 
teurs d'Enlil, le groupe de signes ►-►-T ►JJ ^TU ^^ 
représentait pas d'autre dieu que celui de Nippur ^ 

18. Hilprecbt a autrefois publié ^ une inscription 
d'un fils de Kadasman-enlii dont le nom se termine 
en [ jrias. La restitution de ce nom a été l'objet de 
nombreuses discussions, mais, comme l'inscription 
n'a pas encore été traduite, je crois utile d'en donner 
ici transcription et traduction. 

TRANSCRIPTION. 

Col. I [r]a . [lugal kur-kur-]ra . [lugal-a-]ni . [ ]- 

[bu]-ri-ia-as. [arad] ni-tug\ [(dingir) ijn-Hz-na*. [s]ib bÛr- 

' Au sujet des noms kassites «liybrides», voir Wisckler, A F, 
I, p. ii3-ii4. Burra-istar-akkadi (Clay, BE, XIV, n° i, 1. 22) est 
un exemj)lo certain de nom kassite formé avec le nom d'une divi- 
nité l)al)ylonienne. 

^ OBI, n"68. 

^ ni-tiuj est expliqué par na'idii «qui inspire de la crainte». Mais 
ce sens paraît tardif. Le sens primitif semble être «qui éprouve de 
la crainte». Voir Gu-de-a, statue E, II, 1; F, II, 10. 11 faut sans 
doute traduire de même Arad-sin Clou, I, 10 (comparer Rîm-sin 
Clou A, 1/1, Tablette A, ii), Rîm-sin Canépb. A,I,io;B,I, 10 
(comp. Arad-sin Clou, I, 22], Hammurabi, LIH, n" 66, I, 9 
(« . . .qui à son époux adresse de craintives prières. . ») , Ammi- 
ditana, année 2, et enfin Kadasman-turgu, OBI. n° 63, 1. 8. 

* Restitution fort incertaine. L'avant-dernier si^ne est écrit kak. 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 123 

na * . nam-x ' a-ra-zu-a . é-kur-ta . ninni nu-tiim-mu-a' . ud-da du " 
e-kur-ra . en me-te é-ki-ûr-a ■' . dumu-sag kad-as-ma-an-(dinglr) 
en-lil . lugal kà-dinglr-ra-(kl)-a . (zâ)-lagab *-za-gin-a za-kal-la . 
kur-bi-ta ti'im-a . kl-Ial-bi 7 i/3 ma-na.mâs-da-ri' el-la.sag 
nig-s£i(g)-ga-[ ] . nam-li(l)-a-ni-sù . a-mu-na-ru . har-sù-âm' ( dln- 
gir) en-lil . lugal-bi . igi-liul sag-ki ug-ga-na\zi(d)-dé-es hu- 
mu-si-bar , sa(g)-gi-k;ir '" mu-pa(d)-da . dugud-da [ ]. 

Col. II [ ] ki-bi. [ JDU-DU.nam-iugal.mu-bi 

gil-sa . bal-bl . hul-hul-a . as-ti an-ki-dfm.ùr gi-na-ni.sibir mu- 
sù" . kur-kur-ra-ge . mu-a za-gin . kalam-e . sl-sâ-sâ-dé . sibir nig- 
si-[sâ] , ub-da-an'" gi-gi-a . ha-ba-ni-ln-gar . gû-un dugud-da . kur- 
kur-ra-ge . sar-nun '^ an-ub-da tab-tab-ba . nu-til-li-da . é-kur 
za-gln-si'i , ha-ba-nl-tù(r)-tù(r) , galu mu-sar-ra-[if] . su-ne-[ib- 
ûr-a] 

1 =asru. Comparer Lipit-istar, I, 2; Arad-sin, Brique, II, 1; 
Ammi-sacluga, années 2 et 3. 

2 REC. n° 3i6, cf. SAKI, p. i54 g. 

3 Cf. SAKI,^. 204 h. 

* Cf. Isme-dagan, Brique, I. 5. 

* Pour ki-âr, cf. Rev. d'Ass., VI, p. 20, n. 3. Pour é-ki-ûr, 
cf. IV R, 27, 25 a. 

« Cf. ZA. XVI, p. 362, note 2. [SBH. n" 18 rev. i5 est à 
lire : si-bir-ti iik-ni-i a-ba-an [cicjartu].] 

' Comparer màs-mu-iin-da-ri=irbii,ï\T^, 20, n° 1, obv. 2 1/22. 
Dans les tablettes de comptabilité, mas-da-ri a un sens voisin 
de «redevance»; cf. RTC, n° Sg, 4o, 43, 44, 69, 238, 429 
(écrit ici màs-da-ri). 

* ΠS A Kl, p. 220 n, et Johns, Deeds , III, 299. 
9 Cf. SAKI. p. 216 a. 

'" REC, supplément n° 127. Pour la valeur kdr, voir C T. XV, 
pi. 28, 1. 5, et Clay, BE, XIV, n"' i34,7 ^^ i35,i9. Pour 5a(^)-^i- 
kàr, voir Br. n° 8009; BA. V, p. 319, 1. 16 var. ; VS, I, n° 36, 
II, 10. 

*' Participe? (comparer ba-dim, OBI, n° 1, i, 7; n° 2, i, 9). 

" iib-da-an pour an-ub-da[?). 

» Cf. ZA. XVIII, p. 129, n. 1. 



124 JANVIER-FEVRIER 1908. 



TRADUCTION, 



Col. I. [A Enlll. . .], au roi des contrées, à son roi, [ ]- 
[bu] lias, le serviteur plein de (religieuse) crainte pour [In]- 
nina, le pasteur pieux, qui n'interromjit jamais les prières et 

les supplications dans l'E-kur, le de l'Ekur, le seigneur 

honneur de 1 E-ki-ur, le fils, premier en rang, de Kadasman- 
enlil, roi de Babylone, a voué pour la conservation de sa vie 
un morceau de lapis , pierre précieuse apportée des montagnes , 
dont le poids est de 7 mines i/3, tribut brillant, beau pré- 
sent. Vers lui puisse Enlil tourner constamment un regard 
joyeux, un visage souriant, et dans l'inclination de son cœur 
l'élire 

Col. 11 une royauté dont le nom soit durable, dont le 

règne soit heureux, un trône dont la base comme le ciel et la 
terre soit stable, un bâton pastoral soumettant les contrées, 
(la faveur) de diriger le pays pendant des années brillantes, 
une houlette d'équité qui tienne en respect les contrées, 
puisse-t-il lui accorder! Les lourds tributs des contrées, les 
richesses des quatre régions sans cesse vers l'E-kur brillant 
puisse-t-il les faire affluer! Quiconque effacera cette inscrip- 
tion 

Ce Kadasman-enlil , père d'un roi dont le nom se 
termine en [ ]-ri-ia-as, ne peut être le prédécesseur 
de Kudur-enlil : il a donc toutes chances d'être le 
contemporain d'Aménophis III. 

La restitution [bu]-ri-ia-as est fondée sur OBI, 
n°' 66 et 67 (voir Milprfxht, ibid., p. 3'i-33) : elle 
est seulement probable. Pour le premier élément, 
toutes les restitutions proposées ont un caractère 
purement conjectural. [Burna]-[bu]rias est possible, 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 125 

mais ne s'impose aucunement, si, comme nous le 
verrons, l'hypothèse des deux Burna-burias n'a rien 
de nécessaire. 

On a contesté que [ ]-[bu]rias ait régné, parce 
que son nom n'est pas suivi du titre de roi. Mais, 
outre que cette omission du titre royal est fréquente 
dans les inscriptions kassites, la teneur même de 
l'inscription ne laisse aucun doute sur ce point. 

19. Kuri-galzu, père de Burna-burias, n'est 
connu que par les lettres d'El-Amarna. Il n'est pas 
démontré qu'il ait été le successeur immédiat de 
[ ]-[bu]rias, fils de Kadasman-enlil. Cependant, 
Kadasman-enliP et Burna-burias^ ayant l'un et 
l'autre correspondu avec Aménophis III , il ne paraît 
guère probable, malgré la longueur exceptionnelle 
du règne d' Aménophis III (36 ans), qu'ils aient été 
séparés par plus de deux règnes. 

21. Au sujet du successeur de Burna-burias, 
nous possédons deux versions différentes, celle de 
V Histoire synchronique et celle de la Chronique babylo- 
nienne, 82-7-^1, 38 (dite Chronique P). Voici ces 
deux récits. 

1* Histoire synchroniqne : Au temps d'Asur-uballit , roi du 
pays d'Asur, les Kassites se révoltèrent contre Kara-hardas , 

' Aménophis III dut même commencer à régner avant Kadas- 
man-enlil, puisque le père de ce dernier lui donna sa fille en ma- 
riage (cf. WiNCKLER, A OF, I, p. 1 19 ). 

' Voir Kniidizon, El-Amarna,Y>- 38, note. 



126 JANVIER-FEVRIER 1908. 

roi du pays de Kar-dunias, fds de Muballilat-serûa, fille 
d'Asur-uIjaliil, le tuèrent et placèrent à leur tète comme roi 
Nazi-bugas, le [Rasjsite, homme de rien. [. • .] Asur-[uballil] , 
pour venger [Ka]ra-indas, le fils [de sa fille] , envahit le pays 
de Kar-dunias, tua [Na]zi-bugas , roi de Kar-dunias, installa 
comme roi [K]ur-galzu le Jeune, fils de Burna-buiias , et le 
fit [asseoir] sur le trône de son père. 

2" Chronique P : [Kadasman-]harbe, fils de Kar-indas', fils 
de Muballifat-serùa, [fille] d'Asur-uballil , roi du pays d'Asur, 
soumit les nombreux ^ Sutécns du levant au couchant jusqu'à 
l'anéantissement de leur puissance; il fortifia des places dans 
le pays de Sar-sar', creusa des puits, et pour en assurer la 
garde il y installa de paisibles colons. Après cela les Kassites 
se révoltèrent contre lui, le tuèrent et placèrent à leur tête 
comme roi Suzigas le Kassite, homme de rien. Asur-uballit , 
[roi] du pays d'Asur, pour venger Kadasman-harbe, le fils 
de sa fille, envahit le pays de Kar-dunias, [tua] Suzigas le 
Kassite [et 'fit asseoir Kuri-galzu, fils de Ka]dasman-harbe , 
sur le trône [de son père]. 

De ces deux récits le premier fut longtemps le 
seul connu.' Lorsque la Chronùjiie P fut publiée, on 
n'hésita pas à donner tort à YHistoire synchroniquc. 
Kuri-galzu le Jeune cessa d'être le fils de Burna-burias 
pour devenir celui de Kadasman-harbe : par suite 
Burna-burias, père de Kuri-galzu, dut être distingué 
de Burna-burias , fils de Kuri-galzu et contemporain 

' Ainsi lisait Pinches, le premier éditeur du texte (cf. JRAS. 
1894 1 p. 807 et suiv.). De même Delitzsch, Babyl. Chronik.yi. /jS. 
WiNCKF.ER, AOF, I, p. 116 et 298, lit Kar-har-da-as. D'après 
Knudtzon, £/-/l'rtarna, p^ 35 , note, la lecture Kar-in-da-as serait tout 
à fait certaine. 

* Rabb('itu (sous-cmtcndu ;((iê[?]). 

^ Pour ce pays, voir Jensen, KB. VI, p. 383. 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 127 

d'Aménophis IV ^ Weissbach, dans ses Bah. Mise, 
p. 5, maintient avec raison que Kuri-galzu le Jeune 
est bien le fds de Burna-burias , mais cherche à con- 
cilier les deux textes par une hypothèse assez fragile : 
au lieu de [Kuri-galzu, iils de Ka]dasman-harbe, il 
propose de restituer [Kuri-galzu, oncle de Ka]das- 
man-harbe; la première restitution a pour elle toutes 
les vraisemblances. Le préjugé contre YHistoire syn- 
chroni(]ue était si tenace que c'est tout récemment 
seulement qu'on s'est avisé que cette « compilation 
assyrienne » pourrait avoir entièrement raison contre 
la Chronique babylonienne (voir Knudtzon, El-Amar- 
na, p. 3/i, note 2)-. 

Il paraît certain que Kara-hardas et Kara-indas 
mentionnés par ÏHistoire synchronique représentent 
le même personnage. On a supposé que Kara-indas 
pourrait être le père de Kara-hardas. Mais le rédac- 
teur n'a pu vouloir dire qu'Asur-uballit était venu 
pour venger le père du roi assassiné. Entre ces deux 
noms, il faut donc faire un choix. La forme exacte 
est sans doute Kara-indas, puisqu'elle se retrouve 
dans la Chronique P. 

Si on analyse le récit de la Chronique P, on y relève 
une contradiction qui ne peut , semble-t-il , s'expli- 
quer que par le mélange de deux récits différents. 
Kadasman-harbe est d'abord présenté qomme « fils 

1 Voir WixcKLER, AOF, I, p. ii5 et suiv. et Rost, Vntersuch., 
p. 53 et suiv. 

^ L'explication qu'on trouvera développée ci-dessous a des points 
communs avec celle que Knudtzon propose à cette place, 



128 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

de Kar(a)-indas , fils de Muballitat-serûa , fdle d'ASur- 
uballit ». Si on interprète littéralement, cela signifie 
que Kadasman-harbe était fils de Kara-indas, petit- 
fils de Miibailitat-serûa et arrière-petit-fils d'Asur- 
uballit^ Or, qxielqxies lignes plus loin, il est spécifié 
que le roi assassiné était fils de la fille d'Asur-uballit. 
Il semble donc que le rédacteur connaissait une 
source où le petit-fils d'Asur-uballit , tué au cours d'une 
révolte , se nommait Kara-indas. Cette source qui était 
sans doute identique à celle qu'a utilisée le rédacteur 
de ÏHistoire syjichroni(jue ignorait Kadasman-harbe. 
L'introduction de ce personnage a peut-être son ex- 
plication dans le fait que le rédacteur de la Chronique P 
aura confondu Kuri-galzu le Jeune, fils de Burna- 
burias, avec Kuri-galzu P^ fils de Kadasman-harbe. 
Il faut sans doute restituer à l'histoire de Kadasman- 
harbe, père de Kuri-galzu 1*', le récit de la guerre 
contre les Sutéens. Le petit -fils d'Asur-uballit, mort 
du vivant de son grand- père, devait être encore fort 
jeune lorsqu'il fut tué; son règne fut sans doute très 
court, puisque de tous les règnes compris entre 
Burna-burias et Kastilias II, il est le seul qui ne soit 
pas représenté dans les documents de Nilfer^ (peut- 
être dura-t-il les neuf mois mentionnés dans le total 
des années de la dynastie^). Il est donc peu vraisem- 



* Cf. Weissbach, Bab. Mise. p. h. «Fils de Kara-indas, fils de 
Mubaliitat-serûa » ne peut, semble-t-il, avoir le même sens que «fils 
de Kara-indas et de Maballitat-serûa». 

« Voir Clay, BE. XIV, p. 3. 

' En effet l'usage était de ne compter les mois que pour les 



CHRONOLOGIE DE TA DYNASTIE KASSITE. 129 

blable que ce roi ait pu laisser le souvenir d'un 
conc[uérant. 

Aucune source ne mentionne le père de Kara- 
indas : c'était probablement un fils de Burna-burias, 
un frère aîné de Kuri-galzu « le jeune » (c.-à-d. « le 
cadet»?); il est en effet peu vraisemblable que 
Burna-burias, qui commença à régner assez long- 
temps avant Asur-uballit \ ait été le gendre de ce roi, 
et Kuri-galzu, fils de Burna-burias, n'est pas désigné 
comme petit-fils d'Asur-uballit. Le père de Kara- 
indas mourut sans doute avant de régner. Nous avons 
vu en effet que l'espace séparant Burna-burias de 
Kuri-galzu dut être fort court : il paraît peu pro- 
bable qu'il corresponde à plus d'un règne. 

Quant au nom de l'usurpateur, la forme Su-zi- 
ga-as pourrait n'être qu'une corruption de Na-zi- 
bu-ga-as ^. 

Peut-être Nazi-bugas était-il mentionné comme 
le 21' roi sur le Canon royal, mais cela paraît fort 
douteux. 



règnes très courts. Comparer, par exemple, les 226 années 6 mois 
de la dynastie d'Isin (Hilprecht, B E , XX, i, p. 46) : ces six mois 
représentent la durée du dix-septième règne. 

* En effet Puzur-asur, qui traita avec Burna-burias, est anté- 
rieur à Asur-uballit et en est séparé tout au moins par la durée 
du règne d'Asur-nâdin-ahhë (voir ci-dessus p. i 2 1 , n. 4). On a, 
il est vrai, supposé que Puzur-asur était contemporain de l'hypo- 
thétique Burna-burias I". En tout cas, Asur-uballit ne paraît pas 
avoir, comme Burna-burias, correspondu avec Aménophis IH. 

^ Voir Peiser [OLZ, 1908, p. 8) qui, à la vérité, admet que 
c'est la forme Suzigas qui est correcte. Noter que Nazi-bugas est 
un nom tassite régulièrement formé : voir, pour k nom divin 



130 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

25. Le Canon royal porte Ka-das. . . Clay [BE, 
XIV, p. h) donne d'excellentes raisons pour la resti- 
tution Ka(las[man-enlil]. Une restitution Radas[man- 
burias] n'est fondée que sur YObéliscjae brisé, col. III, 
y : il n'est pas prouvé que le personnage de ce nom , 
mentionné à celte place, ait été, comme on l'a 
supposé, un roi de Babylone el un contemporain de 
Salmanasar 1"^ 

Une lettre de Hatlu-sil (citée par Winckler, 
MDOG , n° 35 , p. 2 1 et suiv.) démontre que Kadas- 
man-turgu eut pour successeur son fds. 

28. Kastilias fut emmené en captivité par Tu- 
kulti-NiN-iB, qui peu après s'empara de Babylone et 
régna pendant y ans sur Kar-dunias, c'est-à-dire sur 
la Babylonie , d'où il fut expulsé par Adad-sum-usur 
(voir pour Tordre des événements Winckler, AO F, 
III, p. 32 1 et suiv.). Il n'y a aucun motif pour insé- 
rer, comme on a essayé de le faire, Tukulti-NiN-iB 
dans la liste des rois de Babylone : il est à noter 
qu'il ne prend jamais le titre de « roi de Babylone » 
mais seulement celui de « roi de Sumer et Akkad^ ». 
Ce dernier titre était antérieur à la fondation du 
royaume babylonien et resta toujours nettement 
distinct de celui de « roi de Babylone ». Téglath- 



Bugas, Claï, BE , XIV, p. Sg; XV, p. 5/i ; ZA , XX, 417, et le nom 
de c»nal Ha-bur-i-ba-al-bu-ga-âs (Johns, PiS'jBid, 1907, p. 177). 

' Voir sur celte question Bodge et King, The Annals oj the kin^s 
of Assjria, p. i3i, n. à, et Stueck , ZA. XVIII, p. 187. 

^ Et celui équivalent de « roi de Kar-dunias». 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 131 

phalasar III put, semble-t-il , s'intituler roi de Sumer 
et d'Akkad avant de « saisir les mains de Bel » et de 
prendre le titre de roi de Babylone^ L'expression 
« Sumer et Akkad » désignait certainement la région 
que nous appelons Babvlonie, c'est-à-dire la partie 
de la vallée du Tigre et de l'Euphrate s'étendant 
entre la Mésopotamie (Subartu) au Nord, et le « Pays 
de la Mer » au Sud-. L'unification politique eut pour 

^ Cf. WiNCKLER, Untersucimnçjen , p. ']O;A0F.l, p- 2o3; RosT, 
Tiglat-Pileser III, p. xrv. 

- Une question qui n'a pas encore été résolue d'une façon satis- 
faisante est celle de savoir où était la limite entre le pays de 
Sumer et celui d'Akkad. Dans un ouvrage, aujourd'hui encore 
fondamental pour la géographie babylonienne ( JFo lag das Pa- 
rodies?, p. 200) , Delitzsch a fait observer que la ville d'Uruk devait 
appartenir aa pays d'Akkad, parce que, dans le récit qu'Asur-bân-ablu 
fait de la capture de Nanâ, la déesse d'Uruk, par les Eiamites, 
ce roi met l'E-an-na, le temple de Nanâ, au nombre des temples 
du pays d'Akkad. Cette remarque de Delitzsch semble avoir constam- 
ment influé sur la conception qu'on s'est faite de la situation 
respective des pavs de Sumer et d'Akkad (cf. par exemple, Hommel, 
Semiten, p. 262; Grundriss , p. 2^3; Winckler, Ah.-Or. Ver., 1887, 
p. i3; Gesch., p. 27; Aus:ug , p. 5). Or il paraît certain que dans 
le texte précité d'Asur-bân-ablu, Akkad désigne la Babylonie entière. 
On ne peut donc conclure de ce passage qu'Uruk était situé dans 
le pays d'Akkad proprement dit : on serait tout aussi autorisé, sur 
la foi, par exemple, de 8 1-2-4, 67 (Harper, Letters , n" ^74), à 
faire d'Eridu, la ville la plus méridionale de Babylonie, une ville 
akkadienne. Pour avoir des données plus précises, il faut consulter 
les textes antérieurs à l'époque où la distinction entre Sumer et 
Akkad tendit à disparaître. Il résulte clairement de Gu-de-a 
Cyl. A, XI, 16; XXI, 25;Cyl. B, XXII. 20, que la ville de Lagas 
était située en Sumer. Un synonyme de Sumer est kalani « le Pays p 
(cf. Z A . XVI, p. 354 , n. 3, et S A Kl, p. 162 f). Lugal-zag gi-si, 
qui s'intitule roi du «Pays», mentionne parmi les villes soumises 
à.sQR giut.orité, Uruk, Ur, Larsa, Umma [Gis-htj) : c'étaient donc 



132 JANVIER-FEVRIER 1908. 

effet (reffacer progressivement ia distinction entre 
Sumer et Akkad : la langue akkadienne^ devint la 
seule en usage, et on s'habitua à désigner l'ensemble 
du pays composé de Sumer et d' Akkad par la simple 
expression de « pavs d'Akkad m^. Mais jusqu'à la fin 
le souvenir de la dualité primitive subsista dans le 
protocole royal. 

36. Winckler a autrefois démontré que III R, 
38, n° 2 est le fragment d'une inscription de Nabu- 
chodonosor P^ Ce roi rnentionne entre [Zamama]- 
sum-iddin et lui-même un roi nommé ►>-T>~<-mu-ses, 
que Winckler a proposé d'identifier à Rêl-MU-[ ] , 
36^ roi kassite d'après le Cnnon royal : hypothèse qui 
paraissait très vraisemblable et qui a été générale- 
ment adoptée. Mais aujourd'hui qu'il est démontré 
que ►►T ►-< ne se lisait pas Bël^, cette identification 

là des villes sumériennes. Enlil de Nippur, INin-har-sag de Kes, 
En-ki d'Eridu, Kn-zu d'Ur, Babbar de Larsa sont mentionnés sur 
ia Slèle des Vautours comme garants du traité conclu entre les 
deux villes sumériennes de Lagas et Umma : Nippur, Kes et Eridu 
étaient probablement, comme Ur et Larsa, des villes sumé- 
riennes. Par contre Sippar, Kis, Opis, Kutba, Babylone, etc., sont 
certainement situées en dehors des limites de Sumer et appar- 
tiennent au pays d'Akkad. 

' Voir sur cette désignation mes remarques, Z A , XXI, p. 266, 
et celles d'UNGNAD , O L Z , 1908, p. 62. 

' Ou plus exactement «pays de l'Akkadien» (mât akkadlm , cf. 
HOMMEL, Grundriss, p. 2^1). 

' Cf. Clay, AJSL, XXUI, p. 269 et suiv. r>.J ►* correspondait 
chez les Assyriens à Enlil (cf. Clay, loc. cit., p. 274) et chez les 
Babyloniens à Ea (cf. Tallqvist, Z A, Vil, p. 276, et Namenbiick . 
p. 2/12; HiLPRECHT, BE . IX, p. 10 et 23. Voir encore C T. XVII, 



CHRONOLOGIE DE LA DYNASTIE KASSITE. 133 

ne peut être niainlenue. ►►! ►a-muses (Ea-sum-usur) 
est probablement le second ou le troisième roi de la 
quatrième dynastie. 

La dynastie kassite se composait de trente -six 
rois. Notre liste comprend trente et un noms (trente- 
deux, si on fait entrer en compte l'usurpateur Nazi- 
bugas). Le nombre des noms manquants serait donc 
de cinq (ou tout au moins de quatre). 

Post-scriptam. J'apprends de Hommel que l'ori- 
ginal de l'inscription d'Agum-kakrime porte, col. I, 
1. ly, mâr has-til-ia-sa : d'où il résulte qu'Abi-rattas 
était le (second) fds de Kastilias, et Kastilias Yablu 
rêstû d'Agum l'Ancien. Quel sens donner ici à ablu ? 
IJngnad a démontré que ce terme signifie propre- 
ment «héritier» (voir OLZ, 1906, p. 462). Il est 
à noter cpie, dans le reste de sa généalogie, Agiim- 
kakrime use du terme mâru; on peut donc croire 
qn il n'emploie pas le terme ablu sans intention. Peut- 
être désigne-t-il Kastilias comme l'« héritier d'Agum » , 
parce qu'il ne pouvait le désigner comme le « fils 



pi. 33, obv. 11; SB H. n" 28, rev. 6/9; le nom du dernier roi 
de la 2' dynastie dans les deux listes royales; le nom du second 
roi de la 5* dynastie dans le Canon royal et la Chronique S], Le 
texte m R, 38 . n° 2 est une copie assyrienne d'un original baby- 
lonien : c'est probablement Tortbograpbe baby onienne qui y est 
employée (comme, par exemple, dans King, Macjic , n° 1 2 , 1. 89 
var. , et dans le récit du déluge, 1. 198 : il est en effet invraisem- 
blable que ce soit Enlil, l'auteur du déluge, qui conduise Ut na- 
pistim hors de l'arche et lui accorde l'immorlalité). 



134 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

d'Agum ». La découverte de Hommel laisserait donc 
entière la question de savoir si Kastilias, successeur 
d'Agum, est identique à Kastilias, frère d'Ula(m)- 
bu(ra)rias, roi du Pays de la Mer, et fds de Bur- 
na-bu(ra)rias (voir OLZ, 1908, p. 3i et iSy). 



NOUVELLES ET MELANGES. L35 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

La séance est ouverte à 4 heures ^o, sous la présidence 
de M. Senart. 

Etaient présents : 

MM. Allotte de laFuye, Général de Beylié, Bourdais, 
BouvAT, Paul BoYER, Cabaton, Goedès, Gombe, Degourde- 

MANCHE, DUSSAUD, R. DuVAL, FaRJEXEL, FeRRAND , FeVRET, 

Foucher, Gaudefrgy-Demoaibynes, de Genouillac, Guimet, 
Halévy, Ismaël Hamet, Huart, Mayer-Lambert, E. Leroux, 
Sjivain Lévi, Israël Lévy, Magler, Meillet, Thureau- 
Dangin, membres ;Fi^ot, secrétaire par intérim. 

M. LE Président transmet à la Société le souvenir affectueux 
de M. Barbier de Meynard à qui son état de santé ne permet 
pas encore de reprendre sa place parmi nous. Il lait connaître 
que le Bureau et la Commission des fonds, ayant examiné 
les demandes de subvention adressées à la Société, proposent 
deux allocations de 5oo francs, l'une à M. Henrj- de Castries 
pour la continuation de ses Sources im dites de l'histoire du 
Maroc, l'autre à M. Guimet pour la publication de l'ouvrage 
du capitaine Weil sur les premières dynasties égyptiennes. 
En ce qui concerne la demande de M. Basmadjian, le Bu- 
reau et la Commission des fonds, ne possédant pas les élé- 
ments d'appréciation nécessaires, proposent qu'une commis- 
sion de spécialistes soit nommée pour exammer l'ouvrage; 
ils sont, en outre, unanimes à penser que, sauf en des cas 
exceptionnels, cette procédure devrait dorénavant être sui- 
vie pour toutes les demandes de subvention. 



136; JANVIER-FEVRIER 1908. 

Ces propositions sont approuvées. En conséquence, 
MM. Meillet, Macler et Iluart sont désignés pour faire un 
rapport sur le travail de M. Basmadjian. 

M. Sylvain LÉvi annonce une demande analogue de 
M. F. Lacôte pour la publication d'un recueil de contes en 
sanskrit intitulé ByhatkathùçlokasamgraJia et demande la no- 
mination d'une commission d'examen. Sont désignés pour 
en faire partie MM. Sylvain Lévi, Foucher et Finot. 

M. LE Président donne quelques renseignements au su- 
jet du Journal asiatique; il exprime le vœu que les membres 
de la Société y collaborent avec une plus grande activité. 
Des observations sont faites par MM. Decourdemanche , 
Bourdais et Farjenel. 

Sont offert à la Société : par M. l'abbé Graffin, le tome IV, 
fasc. 3 , de la « Patrologia Orientalis » : Histoire nestorienne 
[Chronique de Séert) , i'" partie, par M^' Addaï Scber; par 
M. le (iénéral de Beylié, un livre intitulé Prome et Samara 
contenant le récit de son dernier voyage archéologique en 
Birmanie et en Mésopotamie. 

Le colonel Allotte de la Fuye donne un aperçu de la 
chronologie des patésisde Lagach; il insiste particulièrement 
sur l'époque d'Uru-ka-gl-na et de ses prédécesseurs immédiats, 
et , au moyen de documents de sa collection , il arrive aux 
conclusions suivantes : 

1° En-li-tar-zi est le père de Lugal-an-da, et par consé- 
quent il le précéda dans la série des patésis ; 

2" La suite des successeurs d'ËN-AN-NA-TLM II est la sui- 
vante : En-li-tar-zi ; Lugal-an-da ; Uru-ka-gi-na; on doit y 
intercaler, probablement après En-li-tar-zi, un patési En-e- 
TAR-zi, qui n'est connu que par une seule tablette. 

M. A. Foucher informe la Société qu'en quittant Hanoï 
il a remis l'Ecole française d'Extrême-Orient à la direction 



NOUVELLES ET MELANGES. 137 

déjà éprouvée de M. Cl. E. Maître et qu'il a eu la satisfaction 
de la laisser définitivement installée dans des immeubles 
appartenant à l'administration. La part que ses membres 
ont dû prendre, sur le désir exprimé par M. le Gouverneur 
général, à la préparation de la réforme de l'enseignement 
indigène en Indo-Chine ne leur a pas fait oublier le but scien- 
tifique de l'institution. Le retard persistant qu'a subi l'appa- 
rition du Bulletin est avant tout attribuable, sans parler Âe 
l'inévitable dispersion de ses rédacteurs, aux difiicullés ren- 
contrées pour son impression dans la colonie : nous avons 
lieu de croire que ces dilTicultés sont enfin résolues. 

M. A. Foucher informe également la Société qu'il a pu 
faire en route une rapide visite à Java et notamment au fa- 
meux stiîpa de Boro-Boudour. Grâce à la précaution qu'il 
avait prise d'emporter un exemplaire du Divyâvadàna , il a 
été assez heureux pour identifier aussitôt, dans l'importante 
série inférieure des bas-reliefs du mur principal de la pre- 
mière galerie (paroi postérieure de la seconde galerie, selon 
Leemans) , outre les avadâna de Sudhanakumâra (xxx) et de 
Maitrakanyaka (xxxviii) déjà reconnus par M. S. d'Olden- 
burg, ceux de Mândhâta (xvii) et de Rudrâyana (xxxvii). 
Sur les 120 panneaux de cette série — on sait que ceux de la 
série supérieure sont des illustrations du Lalitavùtara — 
plus de soixante se trouvent ainsi interprétés de façon sûre : 
ii y a tout lieu de croire que les autres représentent égale- 
ment des avadâna et sont inspirés de textes empruntés, 
comme le Divyâvaddna, au canon des Mûlasarvâstivâdins. 
C'est à quoi l'on pouvait d'ailleurs s'attendre en raison du 
témoignage de Yi-tsing sur la prédominance presque exclu- 
sive de ce canon dans les îles des mers du Sud. 

Les amis de l'archéologie extrême-orientale apprendront 
avec plaisir que le Gouvernement des Indes néerlandaises a 
décidé de faire exécuter des photographies de tous les bas- 
reliefs du Boro-Boudour afin de suppléer à la notoire insuffi- 
sance des dessins de Wilsen et surtout de Schônberg-Mulder. 
lis né se réjouiront pas moins de savoir qu'il a également 



138 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

consacré une première somme de 60,000 florins (environ 
126,000 francs) aux réparations les plus urgentes du stupa, 
dont les pluies tropicales n'auraient pas tardé à provoquer 
le total effondrement. Les deux opérations sont confiées à 
M. le capitaine du génie Van Erp, qui a déjà collaboré avec 
feu le D' Brandes et qui tend à se spécialiser dans ce genre 
de travaux d'ordre archéologique , pour le plus grand bien 
des monuments de Java. Il est à souhaiter que l'exemple 
donné par le Gouvernement des Indes néerlandaises excite 
Témulation de rindo-Chine. 

M. LE Président s'associe au vœu de M, Foucher et rap- 
pelle crue , dès la conclusion du traité franco-siamois , l'Acadé- 
mie s'est empressée d'attirer l'attention du Gouvernement 
général sur la nécessité d'organiser d'une manière effective 
la surveillance et la conservation des monuments d'Angkor. 
Il est à regretter que cette question urgente n'ait pas encore 
reçu de solution. M. le Président, en terminant, invite ses 
confrères à assister à une conférence sur ces monuments , qui 
sera donnée par M. Foucher le 22 courant, sous les auspices 
du Comité de l'Asie française et de la Société d'Angkor. 

La séance est levée à 6 heures et demie. 

OUVRAGES OFFERTS À LA SOCIÉTÉ. 
Par les Auteurs : 

Comte DE Castries. Les Sources inédites de l'histoire du 
Maroc, II. — Paris, 1907; in-/i°. 

J. Baillet. Les noms de l'esclave en égyptien. — Paris, 1907 ; 
in-8'. 

— Les Tapisseries d'Antinoé au musée d'Orléans. — Orléans, 
1907; in-8°. 

R. Graffin, F. Nau. Patrologia orientalis , IV, 3 : Histoire 
nestorienne , 1" partie. — Paris, s. d, ; grand in-8°. 

Général de Beylié. Prome et Samara. — Paris, 1907 ; in-S". 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 139 

Par les éditeurs : 

A. AsHLEY Bevax. The Nakaid ofJarlr and Al-Farazdah . 
I, 3. — Leiden, 1907; in-4°. 

M. J. DE GcffiJE. Sélections from Arabie geographical lilera- 
tiive. —Leiden, 1907; in-16. 

Revue critique , ào° année, n°'5o-52. — Paris, 1907; in-S". 

Revue indo-chinoise, n" 69-70. — Hanoï, 1907; in-8°. 

Zeilschrift fur hebrœische Bibliographie , XI, 5. — Frank- 
furt a. M. , 1907 ; in-8°. 

Polybiblion , parties littéraire et technique , décembre 1907. 
-Paris, 1907; in-8°. 

Revue du monde musulman, 11-12 —Paris, 1907; in-8°. 

Sphina: , XI, 3. — Upsal, 1907; in-8°. 

Rivisla degli Studi Orientali, I, 1-2. — Roma, 1907; in-S". 

The Metaphysical Magazine, XXII, 1. — New York, 1907; 
in-8°. 

Par la Société : 

Bulletin de la Société de Linguistique , n° 55. — Paris, 1 907 ; 
in-8°. 

Tijdschrift voor Indische Taal-, Land- en Volkenkunde , L, 1. 
— Batavia, 1907; in-8''. 

Ateneo, noviembre 1907. — Madrid, 1907; in-8''. 

Journal of the Gipsy Lore Society, I, 2. — Edinburgh, 
1907; in-8°. 

Bulletin de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Péters- 
bourg , n" 18. — Saint-Pétersbourg, 1907; in-8°. 

The Impérial and Asiatic Qaarterly Review , XXV, 4^9. — 
London, 1908; in-8°. 

Bulletin de littérature ecclésiastique, décembre 1907. — 
Paris, 1 907 ; in-8°. 

Par le Ministère de l'Instruction publique 
ET DES Beaux-Arts : 

Journal des Savants, décembre 1907. — Paris, 1907; 
in-/i°. 



140 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

Archives marocaines, \o\. IX, X, XI, 1-2. — Paris, 1907; 
in-8°. 

Comité des travaux historiques et scientifiques. Liste des 
membres. — Paris, 1907; in-S". 

Par le Godvernement indien : 

Gazetteer ofthe Chenah Colony, 1904, XXXI-A. — Lahore, 
1907; in-8°. 

Benfjal Districts Gazetteer, vol. VIII, IX, X. — Calcutta, 
1907; 3 vol. in-8°. 

Seoni Districts Gazetteer, vol. A. — AUahabad, 1907^11-8°. 

Baluchistan Districts Gazetteer, vol. IV, IV-A et V. — 
Ajmer, 1 907 ; 2 vol. in-8°. 

iV. W.F. Province Districts Gazetteer, vol. I-B. — Peshawar, 
1 907 ; in-8°. 

Madras Government Muséum, Buliotin , V, 3. — Madras, 
1907; in-8°. 

Par la « Biblioteca nazionale centrale » de Florence : 

Bollettino délie puhblicazioni italiane ricevute per diritto di 
stam'pa, nnm. 84- — Firenze, 1907; in-8°. 

Par l'Université Saint-Joseph, à Beyrouth : 
Àl-Machriq, X" année, n" iA- — Beyrouth, 1907; In-8°. 



SEANCE DU 14 FEVRIER 1908. 

La séance est ouverte à 4 heures et demie sous la pré- 
sidence de M. Senart. 

Etaient présents : 

MM. Allotte de la Fuye , Amar, Général de Beylié, 

BOURDAIS, BOUVAT, Paul BoYER , CaBATON , CaRRA DE VaUX, 

.I.-B. Chabot, de Charencey, Coedés, Combes, Decodr- 



NOUVELLES ET MELANGES. 141 

DEMANCHE, Demivu, Dussaud , Rubens DuvAL , Farjenel, 

FiXOT , FoUCHER , DE Ge\OUILLAC , IIalÉVY, Clément IIUART , 

Israaël Hamet, Lauourt , Sylvain Lévi , Magler, Mayer Lam- 
bert, Meillet, Revillout, Schwab, Thureau-Dangin , Vix- 
SOJ^ y membres ; Chavannes, secrétaire. 

Lecture est donnée du procès-verbal de la séance du 
10 janvier; la rédaction en est adoptée. 

M. le Président communique une lettre du Ministère de 
l'Instruction publique annonçant l'ordonnancement d'une 
somme de 5oo francs sur là subvention accordée par le Gou- 
vernement à la Société. 

Sont reçus membres de la Société : 

MM. René Ristelhueber, consul suppléant de France, 
avenue d'Eylau, 25, à P,»ris (xvi"') , présenté par 
MM. Le Châtelier et Bouvat; 
Michel Bittar, répétiteur d'arabe à l'Ecole des 
Langues orientales vivantes, rue des Ecoles, 35 , à 
Paris (v°), présenté par MM. Cl. Huart et Bouvat. 

La direction de la revue italienne // Rinnovamenlo a pro- 
posé l'échange de ce périodique contre le Journal asiatique; 
la Société ne croit pas pouvoir y consentir parce qu'elle se 
voit forcée de restreindre ses échanges aux revues tech- 
niques d'orientalisme. 

M. FiNOT signale l'entrée dans nos collections de 22 
monnaies d'argent de l'Inde qui ont été adressées à la So- 
ciété, le 17 mai 1907, par la Bombay Branch of the Royal 
Asiatic Society. 

M. Decourdemanche indique l'intérêt que peut présenter 
la comparaison des monnaies d'argent de l'Inde avec le 
talent des Lagides. 

M. Senart propose qu'on fasse un rëcolement général 
des monnaies appartenant à la société. M. Finot demande 



142 JANVIER-FEVRIER 19()8. 

qu'on dresse en même temps le catalogue de nos manu- 
scrits. 

M. J.-B. Chabot fait une communication à propos d'une 
inscription syriaque gravée sur une pierre tumulaire prove- 
nant d'un cimetière nestorien du Sémirietschie. Cette pierre 
a été rapportée à Paris, en 1904, par un explorateur français, 
M. G.-Ch. Toussaint. L'inscription consiste en deux mots 
gravés verticalement de chaque côté d'une croix ornementée. 
Ellle doit se lire : 

T^Vxr73L*c7x=n T3rdi3>^», 'Aqâq ,JideUs. 

Ce nom de Tsrdrx^., ordinairement écrit lajar^, et habi- 
tuellement masculin (Acacius), ne s'était pas encore rencon- 
tré dans les inscriptions du Sémirietschie publiées jusqu'ici. 

Le même explorateur a copié à Tankie , dans une région 
située beaucoup plus au Sud, une autre inscription qu'il sup- 
posait être écrite en syriaque. Mais elle est en écriture 
mongole. La copie est à la disposition des personnes qui 
voudraient en tenter le déchiffrement. 

M. Chabot lit ensuite une note philologique sur l'étymo- 
logie du mot syriaque r^vila^ signifiant « déluge ». Tous 
les lexicographes le rattachaient jusqu'ici à la racine a\^ dont 
le sens premier est «surnager». M. Chabot croit qu'il faut y 
voir un emprunt du grec rv^côr; ainsi s'expliquerait mieux, 
selon lui, que le mot puisse être employé pour désigner un 
cataclysme en général, qu'il soit causé par l'eau, par le 
feu, ou par le vent. 

MM. Cl. HuART, Rubens Duval , Halévy et Revillout 
présentent des observations au sujet de cette dernière expli- 
cation. 

M. DE Charexcey signale deux mots basques auxquels il 
attribue une origine sémitique. 

M. Halévy appelle l'attention de la Société sur un phéno- 
mène bien singulier dans la prétendue langue sumérienne. 



NOUVELLES ET iMÉLANGES. 143 

Ellle est absolument incapable d'exprimer les mots de pre- 
mière nécessité qui ne manquent dans aucune langue du 
monde. Pour rendre l'assyrien samd u irsiti «le ciel et la 
terre » , elle ne peut dire que « le haut et le bas » ( .vn ki) ; « le 
pays» s'exprime soit par le phonème kvr, qui signifie à la 
fois « montagne u et « vallée » , soit par les mots assyriens 
kalamu et mata sous la forme de kalama et niada. L'or, l'ar- 
gent , le cuivre sont rendus par les paraphrases « précieux-vrai » 
(kv-gi), «précieux-brillant» (kv-par), «pur-face-brillant (vd- 
ka-bar). Le cheval se dit «àne de montagne», le chameau 
« àne de vallée » , etc. M. Halévy constate la même absence 
d'expressions directes dans la façon de désigner les princi- 
pales parties du corps humain. La seule syllabe ka désigne 
en même temps le visage, la bouche, le nez et les dents. 
L'organe matériel de la langue est nommé ka-me «paroles 
beaucoup » , etc. De ces faits entre cent autres faits impossibles 
dans un idiome réel, M. Halévy tire de nouveau la conclu- 
sion que le sumérien , loin d'avoir été la langue d'un peuple 
non sémitique résidant en Babylonie avant ou avec les 
Sémites, ne constitue qu'un système idéographique ayant 
pour base l'assyrien sémitique. 

Après une discussion à laquelle prennent part MM. de 
Charexcey, Vinsox et de Genguillac, la séance est levée à 
6 heures. 

OUVRAGES OFFERTS X LA SOCIÉTÉ. 

Par les Auteurs : 

A. LoiSY. Les Evangiles synoptiques , I-II. — Ceffonds, chez 
l'auteur, igoS-; 2 v.ol. in-8°. 

K. J. Basmadjian. Jacques II, roi d'Aragon et Oschin,roi 
de la Petite Arménie ( i3i9-i32o) [extrait].— Le Puy, s. d.; 
in-8°. 

A. Batix. La Mo'allaka de 'Antara, suivie de lu onzième 
séance de Harîrî. P.aris,. 1907; in-8°. . . _ 



144 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

Comte DE Charencey. Choix d'étymologies françaises et 
argotiques. — Alençon, 1907; in-8*. 

J. MouRiER, L'Art an Caucase, 2' édition. — Bruxelles, 
1907; in-S". 

F. Calf.éja. Rectificatiou de l'ancien alphabet arabe dit 
«phénicien ». — Alger, s. d.; in-S". 

Par les Éditeurs : 

Revue critique, ^2' année, n°' 2-6. — Paris, 1908; in-8°. 

E. LiTMANN. Arabische Beduinenerzàhhingen. — Strasbourg, 
1908; 2 vol. in-^". 

Corpus Scriptoram Christianorum Oricntalium. — Scriptores 
Syri, t. XXVIl : A. Vaschalde, Philoxeni Mabbugensis trac- 
tatus très. — Parisiis, 1907; 2 vol. in-8°. 

Revue indo-chinoise, i5 décembre 1907. — Hanoi, 1907; 
i_n-8°. 

Po/y6i6//oM, janvier 1908. —Paris, 1908; in-8°. 

Archives marocaines , vol. XIV, n" 1, extrait (sur les événe- 
ments du Maroc). — Paris, 1908; in-8°. 

Revue archéologique, novembre-décembre 1907. — Paris, 
1907 ; in-8°. 

Mechithar's des Meisterartztes aus Her « Trost bei Fiebern »... 
iibersetzt und erlautert von Dr. med. Ernst Seidel. — Leipzig, 
1908; in-8°. 

AçvAGHOSA. SAtrâlamkâra , traduit . . . par E. Huber. — 
Paris, 1908; in-8"'. 

A. d'Orazio. Demonio meridiano nel paese di Buddha. — 
Roma, 1907 ; in-8''. 

HiNKE. A new Boundary Stone of Nebuchadnezzar (Baby- 
lonian Expédition, vol. IV). — Philadelphia , 1907; in-S". 

Barhebraus. Bach der Strahlen. Die grôssere Grammatik. . . 
Ubersetzung von Dr. AxelMoRBERO. — Leipzig, 1907; in-8°. 

L. Caetani, Annali deW Islam, vol. IL — Milano, 1907; 
in-folio. 

D. A. ToFFTEEN. Researches in Assyrian and Babylonian 
Geography, part I. — Chicago, 1908; in-8°. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 145 

Revue sémitique , janvier igo8. —Paris, igo8; in-S". 

AntIin)pos,\U, 1. — Salzburg, igo8; in-S". 

The American Journal of Semitic Languages and Litera- 
Uires, XXIV, 2. — Chicago and New York, 1908; in-8°. 

The American Journal of Philology, n° 112. — Baltimore, 
1907; in-8°. 

The Indiun Antiquary, September, October, December 
(part I) 1907. — Bombay, 1907; in-4°. 

Revue des études ethnographiques et sociologiques , n" 1. — 
Paris, 1907; in-S". 

Par la Société : 

Journal asiatique, novembre-décembre 1907. — Paris, 
1907* in-8°. 

Rataviaasch Genootschap van Konsten en Wetenschappen. — 
Tijdschrift, L, 2. — Notvdén, XLV, 2-3. — Batavia, 1907; 
m-8°. 

Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Comptes rendus 
des séances, octobre 1907. — Paris, 1907; in-S". 

The Geographical Journal , XXXI, 1 . — London , 1 907 ; in-8°. 

Ateneo , diciembre 1907. — Madrid, 1907; in-8°. 

The Journal of the Royal Asiatic Society, January, 1908. - 
London, 1908; in-S". 

Revue des Etudes juives, n° 108. — Paris, 1908; in-8°. 

Bulletin de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Péters- 
bourg , 1908, n° 1. —Saint-Pétersbourg, 1908; in-8°. 

Bulletin de l'Institut égyptien, 5° série, I, 1. — Le Caire, 
1907; in-8°. 

Journal of the Gipsy Lare Society, January 1908. — Edin- 
burgh, 1907; in-8''. 

Actes de la Société philologique , t. XXXI. — Paris, 1907, 
in-8°. 

The Impérial and Asiatic Quarterly Review, XXIV, n° ^18. 
- London, 1908; in-8''. 

Bulletin de littérature ecclésiastique, janvier 1908. — Paris, 
1908; in-8°. 



146 JANVIER-FEVRIER l'.)08. 

La Géographie j XVII, i. — Paris, 1908; in-S". 

Reale Accademia dei Lincei. — Notlzie, IV, 7-8. — Rendi- 
conti, XVI, 6-8. — Roma, 1907; in-d" et in-8°. 

American Journal of Archœology, vol. XI, n° d- Annual 
Reports, 1906-1907. — Norwood, Mass. ; in-8°. 

Par le Ministère de l'Instrdction publique 

ET DES BeAUX-Aî-.TS : 

Archives Marocaines, XI, 3. — Paris, 1907; in-S". 

Bibliothèque des Ecoles française d'Athènes et de Rome, 
98° fasc : Ch. Dubois, Pouzzoles antique. — 99° fasc. : 
V. Chapot, La Frontière de l'Euphrate. — Paris, 1907; 2 vol. 
in-8°. 

Journal des Savants , jan\iev 1908. — Paris, 1908; in-4°. 

Nouvelles Archives des Missions, XI, d; XIV, 3. — Paris, 
1907; in-8°. 

Ecole pratique des Hautes Etudes, Annuaire, 1908. — 
Paris, 1907; in-8°. 

Par la ï Biblioteca nazionale centrale » de Florence : 

Bollettino délie puhblicazioni italiane ricevute per diritto di 
stampa, n° 85. — Firenze, 1908; in- 8°. 

Par le Gouvernement de l'Indo-Chine : 

Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient , VII, 1-2. 
- Hanoï-Haiphong , 1907; in-8°. 

Par le Gouvernement indien : 

Baluchistan District Gazetteer Séries. — Vol. III, Sibi 
District. — Vol. VII and VII. A. , Makràn and Khàràn. — 
Vol. XV, Budaun. — Vol. L, Zhob (Texl and Statistics). — 
Bombay, 1907; in-8°. 

Central Provinces District Qazetleers. — Balaghat District. 
— Allahabad, 1907; in-8% 



NOUVELLES ET MELANGES. \M 

Madras District Gazetteers. — Tricliinôpoly. — Madras, 
1907; in-S". 

Epigraphia Indica, VIII, 8; IX, 3. — Calcutta, 1907; m-l\.". 

Par l'Université Saint-Joseph , À Beyrouth : 

Al-Machriq , XP année, n° 1. — Beyrouth, 1908; in-S". 
M^"^ Georges Chilhout. Al-Kaoïm iva'l-Ma'had. — Bey- 
routh , 1 907 ; in-8*. 



DEUX MOTS BASQUES D'ORIGINE SEMITIQUE. 

Nous avons eu l'occasion, à plusieurs reprises, de faire 
ressortir la rareté des éléments directement pris par le 
basque aux dialectes sémitiques. Il contraste d'une manière 
frappante avec le nombre de ces mêmes éléments introduits 
par l'intermédiaire de l'espagnol. Ce fait prouve que si les 
rapports ont été constants entre Castillans et montagnards 
pyrénéens, ces derniers n'ont eu de relations bien suivies, 
bien intimes, ni avec les Phéniciens ou les Carthaginois, ni 
avec les Arabes musulmans. L'on citera toutefois ici l'exemple 
de deux termes , suivant toute apparence , empruntés d'une 
façon directe par l'euskara aux parlers des enfants de Sem. 
Ce sont les suivants : 

1° Albo,a « rapprochement , proximité , voisinage )) , d'où, 
avec la désinence inessive , alboan « à l'entour, auprès » , 
et avec la finale prolative ko , souvent employée pour former 
des adjectifs , aïboko,a « proche , voisin , situé aux environs , 
qui est aux environs de». 

Visiblement, on n'essaiera pas d'assigner à ce substantif 
albojU une provenance soit romane, soit celtique. Nous 
aurions peine d'autre part à le regarder comme d'origine 
indigène : serait-il donc si téméraire d'y voir un composé 
des deux vocables hébréo- phéniciens 7N al, que Buxtorf 
rend par « apud , ad , prope », et NS ho « introitus , ingressus » ? 



148 JANVIER-FEVRIER 1908. 

Le tout voudrait donc dire littéralement « à l'entrée », et, par 
suite , « auprès , proche ». Suivant toute apparence , ce seraient 
soit les navigateurs phéniciens soit les conquérants cartha- 
ginois qui l'auraient porté jusque dans l'extrême nord de 
ribérie. 

Ajoutons que albo.a possède en basque un synonyme que 
Larramendi traduit , lui aussi , par l'espagnol cercania, à savoir 
alile,a, d'où le dérivé aldelasiin,a (même sens), le locatif al- 
dean «auprès, proche», et l'adjectif aldeku.a «qui est auprès 
de». Nous reconnaissons sans conteste, dans ce substantif 
euskarien, le castillan aide «village, groupe d'habitations» 
et aussi, à l'occasion, « demeure contiguë, banlieue » ; c'est le 
même terme qu'on rencontre en portugais sous la forme 
aldeia, aldea. Il conviendra donc de rendre aldean par « dans 
l'habitation contiguë, la banlieue», et, par suite, «auprès, à 
la proximité de ». 

Pas de doute d'ailleurs que l'espagnol et portugais ne 
soient un emprunt à l'arabe Jùt_viàJI , aldaya , addaya « ferme, 
bourgade ». Nous avons donc ici encore un exemple de ces 
nombreux termes d'origine première sémitique , mais trans- 
mis aux habitants des Pyrénées par le moyen de l'espagnol. 

2° Elzabor, ra constituerait, d'après Salaberry, le nom 
d'un grand instrument de musique , produisant un son dés- 
agréable et dont on se sert notamment dans les Charivaris. 
Nous ne saurions nous refuser à y voir, avec l'article arabe 
Jl al ou el, le même mot que dans le vieux français tahoor, 
tabour, tabur «tambour», qui apparaît déjà dans le Chant de 
Roland et doit, à son tour, être rapproché du persan ^^b 
tabir (même sens), employé par Firdouci. 11 convient de 
remarquer que le z basque représente volontiers un t plus 
ancien; cf. bizi.a «vif, remuant» et béarnais bite «vite, 
prompt » ; azi.a « semence , graine » , déformation du latin 
satio «ensemencement», et sans doute même aize.a ffvent», 
lequel pourrait bien, somme toute, n'être autre chose 
qu'une corruption d'un vieux gaulois vetos, ventos «vent, 
souffle», d'où, d'après M. Whitley - Stokes , l'irlandais /e(A 



NOUVELLES ET MELANGES. 149 

«souffle du vent, air»; cf. latin ventiis , sanskrit vàla 
«vent», d'une racune vê «souffler». Rappelons, en tout 
cas, que l'article arabe se conserve souvent dans les mots 
empruntés à cette langue par nos dialectes occidentaux. Nous 
avons déjà cité l'exemple du basque alkandor,a « chemise 
d'homme » visiblement formé dudit article et du terme d'ori- 
gine berbère gandoura. Que l'on n'oublie pas enfin toute 
cette série de mots espagnols et français commençant par la 
syllabe al, tels que alcalde ou alcade, alcali, alambic, alco- 
ran, etc. 

Le basque elzahor,ra supposera donc nécessairement l'exis- 
tence d'un vieux terme arabe-espagnol ;j->iJI , allahor, altahar, 
comme nom du tambour ou, tout au moins, d'un instrument 
de musique. 

Quant à la forme dialectale basque elzagor, ra, elle s'ex- 
plique par cette mutation de la labiale en g qui n'est pas 
extrêmement rare; cf. fagore, a « faveur », ^-o^a^ tn « prou- 
ver,-é», de l'espagnol probar. 

Laissons de côté, comme étranger à la question qui nous 
occupe en ce moment, l'étude des origines premières de ce 
mot tabur, tabir, et celle des modifications qu'il a subies pour 
donner le français tambour, l'espagnol atambor, etc. 

De Charencey. 



BIBLIOGRAPHIE. 



NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. 

M. Carus consacre ses loisirs à populariser dans une série 
de petits tracts la connaissance et le goût de la philosophie 
buddhique. L'opuscule intitulé Tlie Dharma or the Religion 
of Enlightenment [Chicago , 1907) est une courte exposition 
des principales thèses du buddhisme , rehaussée d'un choix 
des plus belles sentences du Dhammapada et du Suttanipâta. 



150 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

Amilâbha, a Stoiy of Bnddliisl Tlieology [ihid. , 1907) est une 
histoire édifiante, dont les héi'os sont un moine du Gan- 
dhâra , Kaniska et Açvaghosa. Ces pâles ombres échangent 
des propos languissants, et Açvaghosa en particulier tient 
des discours peu dignes de sa renommée. Du même genre 
est The Philosopher s Martyrdom, a Satire : cette satire sans 
fiel est dirigée contre l'agnosticisme, que personnifie un 
gentleman singulièrement nommé Agnosco. Ce n'est pas cet 
innocent pamphlet qui lui fera beaucoup de mal. Enfin 
M. Carus a donné, en collaboration avec M. Teitaro Suzuki, 
le T'ai chang kan yiiig picn (Chicago, 1906). Ce petit livre, 
déjà traduit par Stanislas Julien [Le Livre dea récompenses et 
des peines ) , par Douglas et par Legge , est publié ici en chi- 
nois, avec une version littérale, une traduction libre du 
texte et des histoires morales du commentaire, des notes 
explicatives et des illustrations tirées des livres chinois. C'est 
un travail méritoire qui a l'avantage de mettre à la portée 
de tous un des livres les plus populaires du taoïsme. 

V Ecole Orientale annexée à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Rome vient de commencer la publication d'une 
revue trimestrielle intitulée Rivista degli stadi orientali, dont 
nous sommes heureux de saluer les débuts. Dans le premier 
fascicule, M. I. Guidi donne quelques légendes historiques 
abyssiniennes d'après des manuscrits de Londres et de 
Paris; M. A. Ballim analyse un ouvrage jaina dont il a 
préparé l'édition pour le Jainajiïânaprasârakamanclala d'Ah- 
medabad : le Vàsupûjyacaritra de Vardhamânasnri (i243 
A. D.) ; M. PuiNi étudie la plus ancienne version chinoise 
du Parinirvânasûtra ; enfin M. L. Nocentini commence la 
publication d'une petite anthologie morale intitulée Ming 
sin pao kien (Miroir précieux du cœur pur), qu'il a, dit-il, 
rapportée de Cochinchine , en revenant du Congrès de Hanoï. 

Dans une étude intitulée A'^â.^ij Art, Càrvâka e Lokàyatika , 
contribato alla storia del malerialismo nell' Inàia antica (Pisa, 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 151 

ig07), M. A. M, Pizz,VGALLi s'est appliqué avec succès à 
préciser le caractère et l'histoire de ce positivisme hindou, 
assez mal déterminé , qui apparaît dans les textes sous les 
noms de Nâstika, Gârvâka, Lokâyatika. Ce travail, inspiré 
par l'enseignement de M. C. Formiclii à l'Université de 
Pise, est un début plein de promesses. 

M. A. M. T. Jackson a fait imprimer, sous le titre de 
Method in the stiidy of Indian andqiiitiex (Bombay, 1907), 
une conférence faite au Wilson Collège de Bombay, où il a 
donné à ses auditeurs les meilleurs conseils sur la méthode 
à suivre dans les différentes branches des études historiques. 

Enfin M. James Burgess a fait tirer à part l'article Indian 
Architecture qu'il a donné à la nouvelle édition du Gazetleer 
of India (Oxford, 1907). C'est un excellent résumé de la 
question par l'homme le mieux informé des recherches sur 
l'archéologie indienne, auxquelles il a longtemps présidé 
lui même avec tant de science et d'habileté. 

L. F. 



PERSIAN HISTÙRICAL TEXTS. 

La série si remarquable des Persian Historical Texts, dont 
M. Edward G. Browne, professeur à l'Université de Cam- 
bridge, avait entrepris la publication, vient de se clore avec 
le tome IV \ comprenant la première partie (la seconde avait 
paru, dans la même collection, il y a trois ans déjà) du 
Louhâb-oul-Elbâh de Mohammed 'Ooufi. Estimant que cette 

1 Parti oj the Labàbu'l-Alhàb of Mohanimad'Awfi, editeJ in the 
Original Persian, wilh Indices, Persian and English Préfaces, and 
Notes, Critical and Historical, in Persian, by Edwabd G. Brownk 
and MiRZÂ Muhammad ib\ 'ABDu'L-WAHUÂB-i-QAzvisi. London, 
Luzac and Co.; Leide, Librairie et Imprimerie ci-devant E. J. Brill . 
1906, in-8°; 1 i-\-2b-{-!\iZ pages. 



152 JANVIER-FEVRIER 1908. 

collection aurait fait double emploi avec le Gibh Mcinoria. 
dont il est l'un des principaux collaborateurs et qui dispose 
de ressources considérables, M. Browne a décidé de donner 
à celui-ci les textes qu'il avait l'intention de publier. Le 
monde savant ne perdra donc rien à ce changement; mais 
il faut rendre ici un hommage mérité au travail qui termine 
la série des textes historiques persans. 

Nos lecteurs savent déjà en quoi consiste le Loubâb-onl- 
Elbâb , et qui était Mohammed 'Ooufi ; nous ne reviendrons 
donc pas là-dessus. Bornons-nous à rendre compte de cette 
première partie , puijhée avec tant de soin par M. Browne 
et notre savant ami, le cheikh Mîrzâ Mohammed ibn 'Abd 
al-Wahhàb Kazvinî. 

Cette partie comprend une introduction et sept chapitres, 
consacrés : i° aux mérites de la poésie et du poète; 2° au 
sens étymologique du mot « poésie» qui , comme on le sait, 
signifie « science » en arabe ; 3° à la question de savoir qui , 
le premier, composa des vers arabes ; A" au premier des 
poètes persans, le roi Behràm Goùr, d'après la légende; ces 
chapitres préliminaires sont très courts ; 5° aux anecdotes 
plaisantes concernant les poésies relatives aux souverains ; 
6° à celles concernant les vizirs et les grands personnages ; 
7° aux grands personnages, ulémas et imams, qui firent des 
vers : ce chapitre qui est, comme le précédent, très étendu, 
se divise en quatre sections dans lesquelles sont répartis , 
d'après leur origine, ces poètes, à savoir : Transoxiane, 
Khorassan et Nîmroùz , 'Irak , Djibâl. 

Une préface en persan, et d'abondantes notes, également 
en persan, qui ne tiennent pas moins de soixante-quinze 
pages, accompagnent cette partie; elles sont l'œuvre du 
cheikh Mîrzâ Mohammed, dont elles attestent l'érudition 
et l'esprit critique. Il y a, en outre, deux index. 

Dans une préface en anglais, M. Browne a résumé celle 
qu'avait écrite, en persan, le cheikh Mîrzà Mohammed. En 
voici les traits essentiels : 

Un manuscrit du British Muséum (OR 3389 ) constitue- 



NOUVELLES ET MELANGES. 153 

ralt un troisième exemplaire de cet ouvrage, celui que 
Rizà Koull Khàn aurait utilisé pour son Medjma ouch- 
Chonavd. Ce manuscrit porte le titre de Bèzm Ara; il a été, 
sans doute , écrit par quelque seyyid peu scrupuleux qui , en 
changeant le titre de l'ouvrage, auquel il a fait un certain 
nombre de suppressions, celles des références entre autres, 
aura voulu donner ce texte, médiocre d'ailleurs, pour son 
œuvre propre. 

U ne semble pas, malgré de nouvelles recherches , qu'une 
histoire littéraire de la Perse antérieure à celle de 'Ooufi 
existe ou ait existé en Perse. Malgré des défauts incontes- 
tables , le manque de dates et de détails biographiques im- 
portants, par exemple, ce livre conserve donc, pour nous, 
toute sa valeur. La date de sa composition doit être reportée 
à l'année 617 (1218). 

La biographie de Mohammed 'Ooufî était à faire ; le cheikh 
Mîrzà Mohammed la donne dans sa préface. A force de 
recherches, il a reconstitué sa vie presque année par année, 
et donné l'énumération de ses nombreux voyages. 

Lucien Bouvat. 



« E. J. W. GIBB MEMORIAL SERIES. » 

En moins de deux ans , le Gibb Mémorial Fund a publié 
cinq volumes de textes ou de traductions d'auteurs arabes , 
persans ou turcs. Grâce au concours d'éminents orientalistes 
anglais ou étrangers , et aux ressources considérables dont il 
dispose, il est à même de publier, en peu d'années, un 
nombre considérable d'autres ouvrages, tous importants et 
bien choisis, qui, pour la plupart, sont déjà en préparation. 
Nous donnerons ici quelques détails sur les derniers parus. 

C'est, on s'en souvient, par une reproduction, éditée par 
M"" Beveridge, du manuscrit d'Haïderabad du Bâber-Nâmè 
qu'a été inaugurée la série, en igoS. Peu de temps après 
paraissait une traduction abrégée , par M. Edward G. Browne, 



154 JANVIER-FKVRIER 1908. 

de l'Histoire du Tabaristan d'ibn Isfendiyâr; nous avons pré- 
cédemment rendu conipie de ces remarquables publications. 

Le savant turcologue qu'était J. VV. Redliouse avait laissé, 
à 6a mort, une édition, prête à être publiée, de l'Histoire 
de la dynastie des Rasoulides du Yémen composée par 'Alî 
ibn Al-Hasan Al-Kbazradjî. Tout se trouvait achevé : texte, 
copié sur le manuscrit de l'India Office, traduction anglaise, 
notes, index et cartes, et l'ensemble se trouvait à la Biblio- 
thèque de l'Université de Cambridge depuis de longues 
années, attendant un éditeur. Le Gibb Mémorial Fund a 
décidé de faire les frais de cette publication , et le premier 
volume de la traduction anglaise, précédé d'un avertisse- 
ment de M. Browne, a paru en 1906. Dans une longue in 
troduction , Redhouse a résumé l'histoire du Yémen. L'ou- 
vrage d'Al-Khazradjî, qui commence par un aperçu des 
origines légendaires des Arabes, s'arrête à la mort du 
sultan Malik Achraf II, survenue en 8o3 (i4oo); ce premier 
volume mène jusqu'à l'année 721 ( 1 32 1-1 322). Cette publi- 
cation, une fois achevée, rendra accessible aux travailleurs 
une source précieuse d'informations sur l'histoire du Yémen . 

Avec son Histoire de la civilisation masnlmane , faite à la 
fois d'après les sources arabes et les travaux des savants eu- 
ropéens, M. Georges Zaïdân , le directeur du Hilâl, du 
Caire, a obtenu une juste notoriété en Orient et en Occi- 
dent. Les arabisants tiennent son travail en grande estime , 
et M. Margoliouth en donne la preuve avec sa traduction 
anglaise de la quatrième partie de cet ouvrage, qui forme 
le quatrième volume du E. J. W. Gibb Mémorial. Précédée 
d'une entrée en matière dans laquelle M. Margolioyth fait 

^ The Perl-Strincjs ; A Historj of the Resnlijy Dynasty oj Yemen, 
hy 'Aliyya 'hnii'l-Hasan 'El-Khazrejiyy, with Translation, Intro- 
duction, Annotations, Index, Tables, and Maps, by tbe late Sir 
J. W. Redhoose. . . edited by E. J. Browne, R. A. Nicholson, 
and A. Rogers. Vol. I, Leyden et London, 1906, in-8°, xxsvn- 
320 p. 



NOUVELLES ET MELANGES. l^f) 

une esquisse du mouvement inlellecluel en Egypte à l'heure 
actuelle, cette partie, consacrée aux khalifes orthodoxes, 
aux Omeyyades et aux Abassides , en d'autres termes , à l'âge 
d'or de la civilisation arabe, est d'un vif intérêt. Citons, un 
peu au hasard, car il y aurait trop de titres à relever, les para- 
graphes relatifs au patriotisme, aux rapports des Arabes et 
des Persans, à l'esclavage, au matriarcat, à la vie des tribus, 
à la clientèle, au sort des idées religieuses '. 

C'est enfin au E. J. W. Gibb Mémorial que M. de Goeje, 
le grand savant hollandais, a réservé une deuxième édition, 
revue , des Voyages d'Ibn Djobaïr, publiés sur le manuscrit 
de la Bibliothèque de l'Université de Leyde par M. William 
Wright, il y a déjà plus de cinquante ans. Cette première 
édition d'un texte curieux et utile pour l'histoire du moyen 
âge, qu'il s'agisse ou non des Musulmans, était devenue 
rare. En mettant à la portée des travailleurs un texte 
correct et élégamment imprimé de ce livre, les administra- 
teurs du Gibb Mémorial Fand, qui ont pris l'initiative de 
cette publication, et M. de Goeje, qui, sur leur demande, a 
bien voulu s'en charger, ont rendu un service important aux 
études orientales '. 

Lucien Bouvat. 



lyDiAN Thovght, a Quarterly devoted to Sanskrit literature, edited 
by G. Thibaut and Gancanatha Jha. — Aliahabad, 1907. 

Ce journal doit être spécialement consacré à l'étude de la 
littérature philosophique et scientifique. Les deux premiers 

' Vmayyads and 'Abbàsids, being thejoiirth Part of Jurji Zaydàn's 
Historj of Islamic Civilization , translated by D. S. Margoliouth. 
Leyden etLondon, 1907, in-8°, xiv-325 p. 

^ Tlie Travels of Ibn Jiibayr, edited from a Ms. in the University 
Library of Leyden by William Wright. Second édition revised by 
M. J. DE Goeje. Leyden et London, 1907, in-8°, 45-363 p. 



156 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

numéros, que nous avons sous ies yeux, contiennent les tra- 
ductions de deux, poèmes de philosophie védànta, une 
notice sur l'astronomie hindoue depuis les temps védiques 
et des comptes rendus d'ouvrages récemment publiés. Parmi 
ces derniers, je remarque une conférence, faite au Travan- 
core, sur Aryabhala , le grand mathématicien , qu'on appelle 
le Newton de l'Inde. 

L'entreprise est intéressante et mérite d'être encouragée. 

J.V. 



A DESCRIPTIVE Catai.ogi'e of theSa^skrit Manvscripts in tue 
Government Oriental Manvscripts library .. . by M. Ranga- 
CHARYA, M. A., Rao Balladur, t. III. — Madras, 1906, in-8°, 
vni p. , p. 907 à 1 2 66 , et XI p. 

On sait que le Gouvernement de Madras a formé une 
belle collection de manuscrits dans les principales langues 
du pays, recueillis, grâce à des agents zélés et instruits, dans 
toutes les parties de la Présidence. Le présent volume est le 
catalogue de la section grammaticale de la partie sanskrite. 
On y trouve une description sommaire de 669 manuscrits, 
dont le commencement et la fin sont transcrits en dévanâgari. 
Les manuscrits sont en caractères grantha , télinga ou canara, 
pour la plupart sur ôles (feuilles de palmier généralement). 
Beaucoup sont anciens. 

J. V. 



The Naka'id OF Jarîr and Al-Faràzdak , edited by Anthony 
Ashley Bevan M. A. Vol. I, part 3; laie E.-J. Brill, Leyde, 
1907. 

Par ce fascicule, qui est le troisième, M. Bevan achève sa 
publication du texte des Naqâïd dont nous avons déjà entre- 
tenu les lecteurs du Journal. Très soignée et agrémentée de 
notes utiles , cette belle publication fait le plus grand honneur 



NOUVELLES ET MELANGES. 157 

au savant professeur d'arabe de Trlnity Collège , à Cambridge. 
Les deux cents et quelques pages que contient cette dernière 
livraison renferment , en dehors des diatribes habituelles 
échangées entre les deux poètes et de leur commentaire 
grammatical ordinaire , des renseignements sur l'aventure de 
Qoléïba ibn Muslim et d'Ibn-el-Ahtem (p. S-ig), l'histoire de 
la rançon de Hàdjib ibn Zoràra (p. 079), celle du tombeau 
de Ghàlib , père de Férazdaq (p. 080), celle du pèlerinage de 
Soléïmàn ibn 'Abd-el-Mélik en compagnie des poètes et 
de l'exécution des prisonniers grecs à Médine (p. 383). On 
trouve encore, plus loin, le récit de l'expulsion de Férazdaq 
de Médine pendant qu'Omar ibn 'AJjd-el-'Azîz gouvernait 
cette ville pour el-Wélîd ibn 'Abd-el-Mélik (p. 396), l'énu- 
mération des 'Awâtik , c'est-à-dire des femmes qui portaient, 
avant l'islamisme, le nom de 'Atika (p. /loo), puis des récits 
de batailles : le combat d'er-Haghâm (p. 4 10), appelé aussi 
ia journée des deux Djaun ('Amr et Mo'âwiya, tous deux fils 
de Charàhil ibn 'Amr ibn el-Djaun), la bataille de Déïr-el- 
Djamàdjim qui mit fin à la révolte d'Ibn el-Ach'ath (p. 4 1 2 ) , 
celle des deux Faroùq (p. à'io) , le premier combat d'el- 
Kolàb (p. 452), celui de Féïf-er-Rîh (p. 469), la guerre entre 
les Banou Abi-Bekr ibn Kilâb et les Banou-Dja'far (p. 532). 

Des notes nombreuses expliquent bien des points de 
détail; mais comme le lecteur est insatiable, il en voudrait 
encore davantage. P. 342, dans la note du n° 5i , pourquoi 
M. Bevan a-t-il reproduit textuellement un passage du manu- 
scrit L sans restituer les points diacritiques absents de quelques 
mots ? Il ne s'agit pas ici de former un étudiant à la lecture 
d'un texte difficile, mais d'en fournir un facile à un lecteur 
informé ou non : ainsi *j!.>jj doit être lu *jbo, k*3^ = t^>^' 

= dJ Jo'. 

p. 346, 1. 2. D'après le commentateur, djordjomânî, pi. 
djarâdjim, désigne les Nabatéens de Syrie, c'est-à-dire ceux 
de Pétra , par opposition à ceux de la Mésopotamie. Sur cette 



158 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

expression, il faut voir le R. P. Lammens dans les Mélangea 
de la Faculté orientale de Beyrouth, I, 1906, p. 17; ce 
seraient les Mardaïtes de l'Amanus , bien certainement d'ori- 
gine persane [Aghânî, XVI, 76, 6); comparer les remarques 
de M. VoUers, Deutsche Literaturzcitung , 29 juin 1907, 
col. 1607, et Nallino, dans le Bollettino de la Rivista degli 
studi orientali, I, p. 872. 

P. 348,1. 16. ^^^Jo n'est pas donné dans les dictionnaires; 
on n'y trouve que le dérivé ô-;^^^ glosé « celui qui se met en 
colère par orgueil » , p. 8/19 , 1. 1 . Je soupçonne que ce mot est 
le pluriel d'un singulier * *^y:' formé par méthathèse de 
^^Jo =grec médiéval Toupfxâp;^at (de turma) qui, dans l'or- 
ganisation militaire byzantine , désigne le général de brigade 
(De Goeje, Bibl. geogr. ar., IV, 290, et YI, 2i3; Cl. Huart, 
Livre de la Création. IV, 64, note 1). Par une aimable com- 
munication , M. B. veut bien me faire savoir qu'il ne serait 
pas éloigné d'admettre cette explication. 

P. 45i , 1. 3-4. 'ts-j! Aryohâ est la forme que les poètes 
ont fournie au Lisân el-'Arab, XIII, 279, et à Yàqoùt, Lex. 
geogr., I, 228; mais comment dérive-t-elle de in"'"!'! 'Ispjp^eû 
pCsv!? Une explication nous aurait fait plaisir. 

Cl. Huart. 



Sélections from geograpuical literàtvre, edited with notes 
by M. J. DE Goeje [Semiiic study séries, n° VIII), 1 vol. petit 
in-4°, x-ii/i pages. Leyde, ci-devant E. J. BriH, 1907. 

L'éminent éditeur de la Bibliothcca geographorum arabico- 
rum était naturellement désigné pour fournir à la série de 
chrestomathies publiée par MM. Gottheil et Jastrow un choix 
de fragments des géographes écrivant en langue arabe. Nul 
mieux que lui ne pouvait mettre entre les mains de l'étu- 
diant les meilleurs morceaux de prose destinés à le familia- 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 159 

riser avec le stj'le un peu spécial et les expressions particu- 
lières de ce genre de littérature, dont la partie mathématique 
a été justement exclue de ce petit recueil. Dans ces soixante- 
quinze pages de texte ( les autres étant réservées à des notes 
en anglais et en allemand sur quelques locutions difficiles) , 
nous retrouvons avec plaisir de bien vieilles connaissances, 
jadis à nous présentées en grande partie par le maître tou- 
jours jeune qui leur donne un regain de nouveauté. C'est 
ainsi que nous voyons défder el-Içtakhrî avec sa description 
du golfe Persique, Ibn-Rostè avec celle de la ville de Çan'à; 
Ibn-Khordàdhbèh (pourquoi, dans la préface, n'avoir pas 
fait mention de M. Barbier de Meynard, le pionnier de la 
première heure , qui avait fait connaître aux lecteurs du 
Journal cet auteur et l'avait étudié à une époque où l'on 
manquait des ressources fournies par des publications ulté- 
rieures? c'est injuste) nous présente le Bosphore de Thrace 
et l'organisation de l'empire byzantin ; cl-Hamdâni donne un 
fragment de la description de l'Arabie et celle des lies avoi- 
sinantes; Ibn-el-Faqîh est en bonne place avec son tableau 
delà ville d'El-Hadr (Hatra) et des merveilles d'Edesse et 
d'Amide (Diarbékir), ses chapitres sur l"Irâq et Koùfa; le 
voyageur d'Occident Ibn-Djobaïr (dont la nouvelle édition, 
annoncée dans la préface, vient justement de pai-aitre) dit 
ce qu'il a vu à Harràn , à Manbidj , à Bozâ'a , à Alep , à Hama ; 
la description du désert de Perse est empruntée à Moqaddésî , 
et le négrier Isma'îloùyah (ainsi vocalisé, pour la forme 
grammaticale Isma'ilawéïhi) nous raconte son voyage au pays 
des nègres anthropophages , tel que le capitaine Bozorg ibn 
Chahriyâr l'a inséré dans V'Adjâïb el-Hind^. 

Les géographes arabes, les plus anciens surtout, ont un 
charme très spécial : ils nous transportent dans le haut 
moyen âge de l'Orient, celui qui touche de près l'antiquité 

' Le début de ce récit a été reproduit par M. G. Ferrand, Les 
îles Hâmrvy, etc. dans le Journ. asiat., X° série, t. X, p. /176 et 
suivantes. 



160 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

et a conservé nombre de souvenirs, que l'on souhaiterait 
encore plus abondants, de ces anciennes époques voisines 
des origines; ce qu'on appelle l'Orient musulman n'est pas 
encore constitué, il est en train de se faire; et ce que nous 
apprennent les géographes, joint à ce que l'on sait depuis 
la publication des Annales de Tabarî, nous donne un tableau 
des états musulmans qui n'est plus du tout ce que l'on 
s'imaginait il y a seulement cinquante ans. Le mérite du 
petit recueil de M. de Goeje sera d'exciter la curiosité de 
l'apprenti arabisant et d'éveiller en lui le désir de mieux 
connaître les khalifats de Damas et de Baghdad. 

Quelques fautes d'impression ont résisté aux efiorts du 
correcteur. 

P. V : « a native of Istakhri » , lire Istakhr. — P. vi : Samarrâ , 
lire Sâmarrâ. — P. 3i , 1. 16 : Lu^U, lire L^U. —P. 43, 
1. 10 : j^., lire ^^. — P. 77 , 1. 17 : j^^ S^, lire y^j a.. 
[LA., V, 2o3). — P. 78, 1. 17 : ûbersticgen, lii'e iiberstiegen. 
— P. 85, 1. 6 : itsclf, lire itself; - 1. i/i : ^^Xk, 1. j^lé; source. 
lire source. 

Quelques-unes des notes auraient gagné à être moins 
concises. Par exemple, l'étudiant ne devrait-il pas être in- 
formé que certains mots sont de purs emprunts au persan , 
renseignements cpe les dictionnaires donnent quelquefois, 
mais pas toujours ? Ainsi , p. 79 , >>j-*3 et -^-a.. sont des emprunts 
à l'iranien ùy^ et ^S] de même "^ (grecmédiéva^|3(XvSol'), 
p. 88; >>Ï^Li, ihid.; ,::^si^, p. 96; yU*«jL*, p. 102; ^j-o, 
p. 109; slo^^U , p. 112 : ne faudrait-il pas plutôt jjIj^^Lj 
à cause du pluriel s\xi..lp p. 7^ , 1. 1 9 ? C'est la forme adoptée 
par Freytag et Dozy, Suppl. ; comme exemple de terminaison 
féminine adaptée à des mots iraniens, comparer l'arabe de 
Syrie iyl-w = pers. ^^l-u.. 

P. 63 , 1. 12 : on a conservé la vocalisation Ay^j ^.'..l de 
Moqaddési, 3oo, note /, mais c'est khusraudjird «[ville] 
bâtie par Chosroès ». 



NOUVELLES ET MELANGES. 161 

P. 81 : v'r^ n'est pas « the niche of the moscpie where 
the imam stands » , c'est la niche qui indique la direction de 
la gibln; il aurait mieux valu dire « devant laquelle ». 

P. 82 : JL«_^-JU «gratis» est al)régé pour *Ij| Ju.^^. 

P. 87, 1. 2 : Ibn-Khordàdhbèh expliqvae le nom du thème 
des Optimates (S-sua t(ôv ùimpiiTaiv) ^'^U i^yiaji)! parle grec 
moderne «ùt/ « oreille » et fxârt ffœiln; c'est une étymologie 
populaire. Cf. Masoùdi, Livre de l'Avertissement, trad. Carra 
de Vaux, p. 24o, note 1. 

P. 89 : Dans l'expression ^yi y^i. du texte, p. 22 , 1. 12, 
non Sy» > comme le portent par erreur les notes , le second 
mot ne peut être l'épithète du premier, qui est masculin ; il 
est pris substantivement; cette expression ne désigne pas du 
pain cuit au four, par opposition à la galette de farine des 
Bédouins, non levée et cuite sur une plaque de tôle [sâdj) 
ou sur les cendres (ilU, LA., VII, 210) , mais une sorte de 
gâteau de Savoie ou pane di Spagna (Mobarrad, Kâmil, 17/1., 
5, et DozY, SuppL). 

P. 93, 1. 12 : J-i^ «J'Ja-« «les divers points de l'horizon où 
a lieu le lever de Canopus » désignent , dans le texte , la lati- 
tude Nord où les navigateurs commencent à apercevoir la 
brillante a du navire Argo, On sait d'ailleurs que l'épithète 
habituelle de cette étoile est JUJl , parce qu'on commence à 
la voir, au-dessus de l'horizon , dans la région du Yémen. 

P. 99 , 1, 2 : yUJLC^ « la Syrie » est une lorme savante 
arabe pour le persan Souristân (avec i) , composé du nom de 
la Syrie plus le suffixe stdn, non ^U*! (l'i est épenthétique , 
comme le montrent lezend çtâna dans açpô-çtâna, le persan 
hô-stân, Hindoâstân). On trouve néanmoins Khoiîzisldn[awec i) 
p. 62, i. 7. 

Cl. HOART, 



3LI. 



162 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

Nouvelle Grammaire arabe (arabe littéral), par Robert Armez 
(Méthode Gaspey-Otto-Sauer). — Heidelberg, Jules Gross , 
1907, in-8° de \-/i/i5 pages. 

La méthode Gaspey-Otto-Sauer a pour principe et pour 
but « de mettre l'élève aussitôt que possible à même de com- 
prendre des morceaux d'un sens suivi en langue étrangère, 
et surtout de l'amener à s'exprimer couramment dans cette 
langue ». Il est permis dès lors de se demander si cette 
méthode est la meilleure pour l'étude d'une langue morte, 
d'une langue qui existe seulement dans les monuments litté- 
raires. Serait-il opportun par exemple de l'employer pour 
l'enseignement du latin ou du grec ancien? La question 
méritait d'être posée au sujet de la Nouvelle Grammaire arabe 
de M. R. Armez, composée d'après la méthode Gaspey-Otto- 
Sauer; car l'arabe littéral est en réalité une langue morte : 
on l'écrit , on ne le parle plus. 

Quelle que soit au reste la méthode dont elle se réclame, 
une grammaire sera d'autant meilleure qu'elle possédera 
davantage les qualités qui doivent se rencontrer surtout 
dans un livre classique : la clarté , la précision , l'exactitude. 

Sur ces divers points, l'ouvrage de M. Armez nous paraît 
mériter quelques réserves. Sans parler des termes bizarres ou 
impropres, comme «réflectivité)), p. i34, « Aamza orthogra- 
phié par wesla », p. 1 09 , « la conjugaison du pronom affixe )) , 
p. 34.5, etc., la rédaction du texte, et la disposition des ma- 
tières donnent l'impression d'un travail fait à la hâte. II 
eût été mieux, par exemple, de reporter les longues notions 
sur le hamza , placées à la page 1 6 , oîi elles ne peuvent être 
comprises, à l'étude des verbes hamzés, et la conjugaison de 
la ix° forme', p. i43, à l'étude des verbes sourds. Les règles 
sur les verbes irréguliers pourraient être plus claires, plus 

^ Cette forme se vocalise : y^ji-sr", (^^^ ^ ■«... jg ', et non y^j-^-a?, 

w;r^' 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 163 

concises. L'élève peut avoir quelque peine à se reconnaître 
dans plusieurs tableaux des verbes où les personnes ne sont 
pas indiquées. 

Puisque certaines parties de la morphologie , qu'il importe 
de voir groupées pour en avoir des notions exactes — telles 
la formation du féminin et du nombre , les déclinaisons — 
ont été disséminées progressivement dans plusiem'S leçons 
successives , il serait nécessaire que l'ouvrage se terminât par 
une table analyfique un peu détaillée. Cette table n'existe 
pas dans le livre qui nous occupe, et, faute de ce complé- 
ment indispensable, l'étudiant se verra plus d'une fois obligé 
de feuilleter, avec perte de temps, des dizaines de pages 
pour trouver le renseignement dont il aura besoin. 

Ce qui est plus regrettable ce sont les trop nombreuses 
inexactitudes. Les formes non contractées des verbes sourds 
^i>I, X.'>>l, IJJ>>!, p. i5i, n existent pas. On écrit Lké de 
yoA , mais non /.i<^ , p. 1 4 ; i^t=>. beaucoup mieux que iiL , 
p. 18, etc. L'énoncé de certaines règles ne peut manquer de 
faire commettre des fautes dans un thème : « L'adjectif s'ac- 
corde en genre avec le substantif auquel il se rapporte » , 
p. 37. C'est faux pour la moitié des cas; les restrictions à ce 
que cette règle présente de trop al^solu viennent, il est vrai, 
plus loin , p. 43 , mais encore avec une inexactitude , car il 
y est dit en substance qu'on peut employer le féminin plu- 
riel de l'adjectif avec un pluriel brisé, seulement lorsqu'il 
s'agit des personnes; or on l'emploie très bien avec un plu- 
riel de choses; les grammairiens arabes ajoutent même que 
cette construction est plus élégante , s'il s'agit d'un pluriel de 
petit nombre : s3;j>jL« ou calSjoJLî ilol «des jours comptés» 
(Coran). — «Le verbe placé après le sujet s'accorde avec 
lui en genre et en nombre», p. 86. C'est à peine vrai une 
fois sur cinq, car le verbe placé après le sujet suit exacte- 
ment les règles d'accord de l'adjectif avec le substantif. — ^ 
« Pour exprimer une date on se sert généralement du nombre 



164 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

ordinaln, p, 261. C'est le nombre cardinal que l'on emploie 
toujours pour désigner une date dans une ère; et on peut 
encore l'employer pour désigner une date dans la vie d'un 
homme. — La particule « jj est suivie du parfait (arabe) 
aussi bien dans le sens de l'imparfait du subjonctif que du 
plus-que-parfait » , p. 386. Le parfait arabe précédé de ^ a le 
sens de notre plus-que-parfait : 4-*^ P " s'il avait écrit»; pour 
traduire notre imparfait on emploie l'imparfait arabe , seul ou 
précédé de yO : « s'il écrivait», ZJSJJ, f} ou d-sSJj yl5^jJ, etc. 

Les Exercices pourraient être la meilleure partie de l'ou- 
vrage : ils sont clairs, méthodiques, allant progressivement 
de la construction des mots aux textes suivis; le vocabulaire 
en est varié; mais ils demanderaient un errata, car il s'y est 
glissé un certain nombre de fautes et d'incorrections : on 
peut en relever quatre ou cinq dans la seule version sur les 
nombres cardinaux, p. 266 : 1. 5, lire ^j-^ et non f-^^^i etc. 

Une appréciation juste du Corrigé des Versions et Thèmes, 
qui forme un fascicule à part , ne peut être que sévère. En 
beaucoup d'endroits le texte est infidèlement rendu, la tra- 
duction des Versions est à peine ou n'est pas du tout fran- 
çaise; les contresens n'y sont pas rares : '^i4y^ J^r'' u^ 
(Exercice 23) est traduit «les hommes s'étaient frappés», 
au lieu de « les hommes les avaient frappés » , sans significa- 
tion réfléchie. — fJ-^l »^ <^ y^^ fM^ ^ u^(Ex. 65) 
«l'événement du supplice de Dja'far par le calife eut lieu 
cette année-là » ! Pourquoi ne pas traduire tout simplement : 
H le calife fit mourir Dja'far cette année-là » ? Il faut d'ailleurs 
écrire Itiik, sinon la phrase signifie : «le calife Dja'far fut 
mis a mort cette annee-ia». — z^* 7^.? 'js^ *iP Çf 



* Et non 



(5*^' 



NOUVELLES ET MELANGES. 165 

(Kx. 83) «qui était pauvre, mais non malhonnête». Il fal- 
lait traduire : « bien qu'il lût pauvre et qu'il ne put être soup- 
çonné ». — *^ -xi-l ^, *a:Hj yl i^^jSJj ^ (^Ibid.) traduction de 
M. Armez : «que cela pouvait lui suffire, qu'il lui faisait 
cadeau de ce qu'il avait pris » ; sens : « qu'il devait lui suffire 
de recevoir donation de ce qu'il avait soustrait» , etc. 

Les thèmes ne sont pas plus heureux. On trouve y' et les 
particules analogues non suivies d'un accusatif (Ex. -44 )• Le 
mot <^4^' et les autres relatifs doivent être unis à leur attri- 
but par le pronom ^i» : ce qui n'est pas (Ex. i8). La phrase : 
« Ces nouvelles lui sont-elles parvenues?» ne peut être tra- 

duite par ;^^i'! »>>h* fSllxJL\ (Ex. 26), tournure qui signifie : 
H Ces nouvelles lui parviendront-elles? » Après les verbes qui 
ont le sens de «voir, demander, s'informer de», etc., la 
conjonction « si » se traduit par ! ou J.^ « est-ce que », et non 
par y] (Ex. 82 ). 

Bref, pour devenir excellent, l'ouvrage de M. Araiez 
demande des retouches assez considérables. 

Jean Perier. 



T'ant'âouy Djachary, professeur au Collège Khédiviai du Caire, 

NiDBÂM EL 'alAM OLL OMAM ÂOV ÂLUIKMAT EL ISLÀMYAT EL 

'OLIÂ ( L'orqanisation des mondes et des nations ou la haute philo- 
sophie de l'Islam). — Volume 1, ;'i3i pages. Le Caire, igoô. 

Nidhdm el'alam, dont le premier volume seul a paru, fait 
partie d'un ensemble de publications destinées aux jeunes 
générations musulmanes. Ces publications sont fondées sur 
deux idées maîtresses : 1° la vérité islamique est la religion 
naturelle par excellence; 2° cette mérité synthétise, dans son 
esprit , toutes les lois scientifiques qui régissent l'univers. 

En tête du volume figure , sous le titre Ezzah'rut « la fleur » 



166 JANVIER-FEVRIER 1908. 

un résumé en neuf chapitres, destiné aux personnes qui 
n'auraient pas le loisir de lire le livre en entier. 

Les matières étudiées par l'auteur peuvent se résumer 
ainsi : i" Du penchant inné de l'homme pour la science. 
Comment ce penchant lui a révélé la connaissance des 
nombres et l'a conduit à tirer de l'unité un système de numé- 
ration illimité. Il a appliqué ce système au calcul des sur- 
faces et des volumes, puis à celle des corps célestes, pour 
aboutir au créateur de toutes choses. 

2° L'étude étendue de la cosmographie propre. 

3° L'étude de la physique avec explication des lois de 
Newton et de Kepler. 

l\° L'étude du règne végétal et des particularités les plus 
curieuses de la vie des végétaux. 

5° L'étude du règne animal et de l'échelle des organismes 
avec parallèle entre les théories des anciens : Grecs et Arabes, 
et la doctrine de Darwin (transformisme , sélection naturelle). 
Les savants araJDes, dit l'auteur, avaient conçu «le cercle de 
la création » dans cet ordre : minéraux, végétaux, animaux, 
humanité, et au sommet, le Créateur. Le tout formait un 
cercle dans lerpiel l'homme était rattaché au règne animal par 
le singe, l'éléphant, le rossignol et le cheval, mais comme 
les anneaux d'une même chaîne, et non par voie de descen- 
dance directe, comme le voudrait Darwin. Le savant anglais, 
d'ailleurs , n'envisage qu'un arc du grand cercle , celui où la 
chaîne est reliée par deux anneaux voisins , dont l'un est le 
singe et l'autre l'homme. 

6° L'histoire naturelle de l'homme. 

7° De l'âme humaine et des problèmes qu'elle a suscités 
dans tous les temps. 

8° De l'unité universelle; l'unité de la race humaine 
attestée par le Qoran et connue des anciens : Pythagore et 
Alfaraby. 

9° De la civilisation de l'Islam. Le bonheur, la liberté , etc. 



NOUVELLES ET MELANGES. 167 

Tableau des sciences et des arts qu'il convient d'étudier et 
de répandre, présentement, parmi les musulmans; devoirs 
des maîtres de cetenseig^nement; le premier et le plus impor- 
tant de ces devoirs est de prendre constamment son appui 
sur le Qoran et la tradition. 

11 termine par l'intérêt supérieur des voyages d'étude à 
l'étranger, tant en Orient qu'en Occident. 

L'auteur établit une théorie du Tauliid très serrée , qui est 
en accord à la fois avec les principes du Qoran, avec le 
« cercle de la création » des auteurs arabes et les théories 
européennes de l'évolution , par l'enchaînement des trois 
règnes de la nature. C'est la théorie du simple au composé, 
de l'unité au tout , sur laquelle il édifie le système de l'unité 
universelle. De même que l'unité a donné naissance à l'infi- 
nité des nombres, de même l'infinie variété des choses créées 
est issue de l'unité créatrice (p. go et suiv. ). 

Sa préoccupation constante est de prévenir les objections , 
surtout celles de certains docteurs. « Nombre de savants musul- 
mans, dit-il (p. 18), ont méconnu le vrai sens des prescriptions 
du Qoran , en affirmant que la connaissance du droit divin ou 
Jîqh' suffisait à elle seule et pour cette vie et pour l'autre; 
aussi les chrétiens, en se développant dans la culture des 
lettres et des arts, selon le vœu de notre propre loi, nous 
ont-ils considérablement devancés. » On pourra, cependant, 
trouver étrange le rapprochement fait par l'auteur entre le 
miracle des oiseaux d'Abraham , rapporté dans le verset 262 , 
chap. II du Qoran , et les opérations chimicpies d'analyse et 
de synthèse de l'eau (p. 12-4 et suiv. ). En effet, le patriarche , 
« pour mettre son cœur en repos » , demandait des preuves 
de la résurrection ; et il semble , si tant est que l'orthodoxie 
des opérations d'analyse et de synthèse soit à démontrer, 
que l'auteur aurait pu ne pas limiter ses appuis au seul 
miracle de la reconstitution et de la résurrection des oiseaux 
précédemment déchiquetés. 

Quoi qu'il en soit, il justifie abondamment, par son 
commentaire subtil du Qoran, l'accord entre l'exploration 



168 JANVIER-FEVRIER 1908. 

du domaine entier de la science moderne et les enseignements 
de la loi musulmane , et il légitime toutes les découvertes de 
notre époque par des passages du texte sacré. Il déclare 
(p. 61) «qu'on ne peut pardonner à qui connaît les commen- 
taires du Qoran et les sciences modernes, de ne pas enseigner 
leur concordance», et affirme (p. 12I1) «que les musulmans 
qui pensent que les sciences exactes sont en contradiction 
avec la religion , sont ceux à qui ces deux choses sont égale- 
ment étrangères». 

Il souhaite enfin que les vertus enseignées par le Qoran 
soient cultivées avec soin, afin que leur pratique évite au 
monde musulman les troubles que le régime individuel a 
engendres en Europe et les conflits nés de l'excès du progrès. 
S'il marque par là une sage prévoyance, il révèle qu'il est 
renseigné sur le revers de toute médaille. Il n'ignore pas 
qu'un organisme social , comme un appareil mécanique , 
encourt d'autant plus de vicissitudes qu'il est plus compliqué 
et plus raffiné; qu'enfin, s'il est nécessaire, pour la sauve- 
garde des personnes et des biens, qu'il y ait plus de vertus 
privées dans une société primitive , il y en a fatalement moins 
dans celle où l'Etat assure cette sauvegarde, au moyen d'une 
organisation complexe et savante. 

On ne peut refuser à M. T'ant'âouy Djauhary une vaste 
érudition alliée à un esprit sagace. Non seulement il a exploré 
la vaste littérature arabe, dans les branches théologique, 
scientifique et philosophique, mais encore il a traduit et 
analysé des auteurs anglais comme John Lubbock , Ofberry, 
Spencer et Darwin , et étudié les philosophes grecs et latins. 
Enfin il a fondu celte masse de matériaux de tous les âges 
dans un récit sans longueurs , où l'intérêt se soutient jusqu'au 
bout, grâce à un style moderne, coulant et plein de vie. 

Philosophe autant que théologien , il donne des enseigne- 
ments du Qoran — considéré comme l'expression de la 
véritable religion naturelle — un commentaire plus humain, 
plus conforme aux réalités , que celui des vieux docteurs dont 
le stérile et paralysant attachement à la lettre a pesé si lour- 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 100 

dément, pendaut dos siècles, sur les consciences musnimanes. 
Et c'est toutes les consciences qu'il veut libérer, car il s'adresse 
non à des musulmans de tel ou tel rite, de telle ou telle 
contrée, mais à chaque individu, à quelque secte qu'il se 
rattache, à quelque groupe qu'il appartienne, et, par dessus 
tout, aux classes éclairées qui suivent et poursuivent avec 
intérêt l'initiation de l'Extrême-Orient aux progrès scienti- 
fiques de l'Extrême-Occident. 

Ismaël Hamkt. 



T'ant'Aooï Djauhary, Ettâdj el Moressa' bil QonÂNE oul 
OLOVM ( Le diadème incrusté des joyaux du Qoran et des 
sciences). — Le Caire, Imprimerie du Progrès, igoS, igi pp. 

Cet ouvrage a été offert au Mikado pour être présenté au 
Congrès qui s'est ouvert au Japon en 1906. 

L'auteur, dans « l'organisation des mondes et des nations » 
y fait mainte allusion et y renvoie souvent le lecteur; c'est 
dire que ces deux ouvrages traitent des sujets de même 
nature , et de fait , Ettâdj el moressa' peut servir de complé- 
ment à Nidhâin el 'alam. 

Dans sa préface , l'auteur dit que Ettâdj-el moressa était 
conçu lorsque les événements militaires que l'on connaît ont 
révélé le développement intellectuel des Nippons. 11 résolut 
alors de le publier, et M. Mahmoud bey Salem s'offrit à le 
traduire dans les langues européennes, en même temps qu'un 
jeune homme de Kazan le traduisait en turc , pour le répandre 
en Perse et en Russie. Il termine sa préface par la lettre à 
l'Empereur du Japon; il y définit l'objet même de son livre , 
— qui résume ses travaux de prédilection , — « l'étude , en 
toute indépendance d'esprit, des vérités scientifiques et de 
leur accord avec les religions». Il termine, en souhaitant que 
son livre, dans le cas où il ne parviendrait {[u'après la clô- 
ture du Congrès , soit traduit par ordre du Mikado et soumis 
aux membres de son gouvernement ; « peut-être se rencon- 



170 JANVIER-FÉVRIER 1908. 

trera-t-il au Japon des hommes qui trouveront l'enchaîne- 
ment des idées exposées conforme à leurs propres aspira- 
tions» (p. \). 

Cet ouvraj^e est une des manifestations enthousiastes des 
musulmans au lendemain des victoires japonaises, manifes- 
tations qui ont fait quelque sensation en Europe , où elles 
ont été interprétées comme une tentative illusoire d'islamisa- 
tion du monde jaune. 

Ismaël Hamet. 



PeRSIA, PaST A.\D PnESEKT, A BOOK OF TRAVEL AfiD RESEARCH, 

with more tban two hundred iHustrations and a map, by 
A. V. WiLLUMS Jackson, professor of Indo-Iranian languages in 
Columbia University. New York, the Macmiiian Company, 1906 
in-8° p. xxxi-^yi. 

Au mois de janvier 1 908 , le professeur Jackson obtenait 
un congé de six mois pour visiter la Perse. Son voyage dans 
rinde, effectué en 1901, l'avait mis en rapport avec les 
communautés zoroastriennes du Guzerate. Il était arrivé à 
Bombay, précédé de la réputation que lui avait si justement 
valu son livre sur Zoroastre, et il avait été accueilli avec la 
plus grande faveur par les moheds et les beh-dins ; car même 
ceux qui ne lisaient pas l'anglais connnaissaient son œuvre , 
grâce à une excellente traduction guzeratie. En Perse, son 
plan était de voir les derniers disciples de Zoroastre et les 
lieux associés par la tradition et l'histoire au souvenir du 
Prophète de l'Iran. Son itinéraire, tracé sur la carte, part 
du Caucase au Nord, traverse les districts montagneux de 
r.\zerbeidjan , gagne Ispahan , puis se dirige vers le Sud 
jusqu'à Chiraz et Persépolis pour remonter à Yezd et aboutir 
à la mer Caspienne en passant par Téhéran. 

Ce vaste programme a été fidèlement suivi; quant à la 
manière dont les résultats sont présentés, elle est aussi 
attrayante que savante. L'auteur prévient dans sa préface 



NOUVELLKS ET MÉLANGES. 171 

que certains chapilfos auraient eu besoin peut-être d'être 
précédés de l'avis qu'ils sont réservés au lettré, tandis que 
d'autres s'adressent à tout lecteur d'un tour d'esprit curieux ; 
mais cette division aurait été difficile à établir, et par le fait 
oUe est superilue. Le cbarnie du style permet d'accompagner 
le touriste et de comprendre l'archéologue et le savant. 

Avant d'entrer en Perse , nous ne pouvons passer sous 
silence les pages intéressantes consacrées aux Yézidis, épaves 
des tribus des Adorateurs du Diable dont on rencontre le 
principal groupement dans la province de Mossoul (p. io-i4). 
Leur histoire est une suite de persécutions cruelles. Nous 
devons à Layard les détails les plus circonstanciés sur ces 
populations paisibles et laborieuses [Nineveh and its retnains , 
vol. I, p. 2 70-3o5-3 10-32 2.) Il nous a égEilement narré 
les épouvantables massacres qu'en firent les Kourdes. 
Les Yézidis de Tiflis ne semblent pas avoir été aussi mal- 
traités. Une photographie montre un groupe charmant de 
deux jeunes garçons: l'un joue de la flûte et l'autre s'appuie 
sur l'épaule du musicien; leurs traits sont doux et sympa- 
thiques. En général, ils sont employés aux travaux domes- 
tiques les plus humbles; mais leurs mœurs sont pures, et ils 
paraissent satisfaits de leur sort. Quoique les Musulmans 
leur refusent la qualité de «gens du livre», ils possèdent des 
débris de traditions écrites (cf. ME\A^'T, les Yézidis, dans 
les Annales du Musée Gnimet , Bibliothèque de vulgarisation, 
p. io5-iio). 

A Erivan, le froid commença à se faire sentir d'une ma- 
nière pénible : le pays était sous la neige. Le voyageur 
arrivait deux mois trop tôt , et les débuts de son explora- 
tion allaient s'en ressentir. Les frontières de la Perse 
franchies, la première étape fut Tauris; c'est dans le voisi- 
nage de cette ville , autour du lac d'Ouroumyah , qu'il allait 
trouver les premiers souvenirs de Zoroastre. Il est utile de 
rappeler que, dans son livre, M. Jackson avait suivi la tradi- 
tion parsie; près d'un siècle et demi s'était écoulé depuis 
qu'Anquetil Duperron avait rapporté en Europe les données 



172 JANVIER-FEVRIER 1908. 

de cette tradition, et pendant ce temps les savants avaient 
épuisé toutes les hypothèses, les uns reléguant Zoroastre 
parmi les légendes, d'autres le transformant même en 
mythe solaire. M. Jackson, revenu au point de départ, 
avait accepté Zoroastre comme un personnage historique, 
et ce fut son livre à la main qu'il aborda avec respect cette 
terre sanctifiée à ses yeux par le souvenir de certains évé- 
nements de la vie du Prophète de l'Iran. «Les détails de 
celte vie peuvent être d'une certaine manière légendaires; 
mais derrière eux on aperçoit la grande ligure d'un person- 
nage historique dont nous n'avons pas le droit de mettre en 
doute l'existence (p. ôg).» Les chapitres vu et viii sont 
consacrés précisément à éclairer le lecteur et à le préparer 
à suivre le récit d'un voyage , qui est une sorte de pèlerinage. 
Il fallut six longs jours pour faire la lugubre tournée de Tau- 
ris à Ouroumyah; le grand bas-relief de Surat-Daghi , qui re- 
présente , croit-on, Ardeshir à cheval recevant la soumission 
des Arméniens (m' siècle après J.-G.) , était sous la neige 
(p. 80), et ce n'étaient pas les éléments seuls qu'il y avait à 
combattre : le pays n'était pas sur. Un Américain, M. Laba- 
ree, y fut assassiné l'année suivante. 

A Ouroumyah, halte chez les missionnaires américains, La 
ville, d'après certains auteurs musulmans, tels que Ibn 
Khordâdbeh, al Belàtlhori, Yàqout, passe pour être la pa- 
trie de Zoroastre; toutefois le nom d'Ouroumyah ne se ren- 
contre ni dans VAvesta ni dans la littérature pehlvie. Anque- 
til Duperron , par parenthèse , s'est trompé en essayant de le 
retrouver dans la prière -Ai/'ycina hhyo, quoi qu'il soit pos- 
sible que le nom moderne à'Ur-mi, Uni-viiali, dont le der- 
nier élément est souvent associé par les indigènes avec ma, 
«eau» , rappelle la qualité («rfiy-apa, urv-apa «qui contient 
du sel») que lui donnent les anciens textes (p. 87-88). 

Après quelques jours de repos, M. Jackson reforma sa ca- 
ravane pour Hamadan , à 1 2 jours de marche d'Ouroumyah. 
Le temps ne s'était pas encore amélioré ; le pays montagneux 
ruisselait d'eau, à cause d'un commencement de dégel. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 173 

Les ruines de Takht-i Suleiman étaient ensevelies sous la 
neige; elles avaient été jadis assimilées par Rawlinson à 
l'Ecbatane de TAtropatène et aux restes de la capitale de la 
Médie septentrionale (voir J. R. G. S., xo, i-i58. London, 
i84i); M. Jackson y voit au contraire l'emplacement de la 
ville de Chiz des auteurs arabes (p. i3i) et les débris du 
fameux temple d'Adhargushnap, brûlé par les soldats chré- 
tiens de l'empereur Héraclius (p. 1/12), 

Quatre journées de marche l'amenèrent enfin à Hamadan 
où il put se convaincre , rien qu'au premier aspect de la for- 
teresse [musallah), que cette fois il était en présence de la fa- 
meuse Ecbatane (p. i5o et suiv.). C'est aussi aux environs 
d'Hamadan que se trouvent les monuments rupestres des 
princes achéménides sur lesquels M. Jackson allait porter spé- 
cialement son attention. Au fond des gorges de l'Elvend se 
cache un premier groupe d'inscriptions , celles de Darius et de 
Xerxès , qui furent relevées pour la première fois par Steward 
et Vidal, drogman du consulat de France à Alep. Burnouf 
en trouva des copies dans les papiers de Schulz, Pour par- 
venir jusqu'à ces inscriptions, le voyageur avait de la neige 
jusqu'aux genoux ! 

Le chapitre xiii nous amène près de Kermanchah en pré- 
sence du rocher de Bisitoun, sur le flanc duquel est gravée 
la plus belle page de l'histoire des Achéménides au-dessous 
d'un grand bas-relief qui représente Darius ayant devant lui 
une file de rois vaincus. Les inscriptions sont écrites en trois 
langues, suivant la coutume des Achéménides. De tout 
temps elles avaient attiré l'attention; mais il semble qu'on 
avait perdu de bonne heure le souvenir des événements 
qu'elles commémoraient , car déjà Diodore de Sicile les attri- 
buait à Sémiramis, et Yàqout, douze siècles plus tard , ne 
décrivit que la statue équestre taillée au pied du rocher. Le 
voyageur français Otter, le premier, les remit en lumière. 
Jaubert, Gardanne, Rinneir les visitèrent; en 1818, Ker 
Portes réussit à monter à mi-chemin et à esquisser quelques 
sculptures , sans pouvoir relever les inscriptions , et il a soin 



174 JANVIER-FEVRIER 1908. 

de prévenir qu'on ne saurait essayer de le faire sans courir 
de très grands risques. Ce fut Sir fleni-y Rawlinson qui ac- 
complit ce prodigieux exploit. Il était âgé de 26 ans et était 
alors capitaine-instructeur des troupes du Chah à Hamadan 
et à Keruianchah. Il profila du voisinage de Bisitoun pour 
en étudier les monuments rupestres, et il réussit à diverses 
reprises, de i833 à iSSg, à escalader la roche et à copier les 
inscriptions, travail qu'il compléta en i8/i4. H avait à la fois 
risqué sa vie et dépensé près de mille livres (26,000 francs) 
de sa fortune pei'sonnelle dans cette périlleuse entreprise. 
M. Jackson a narré avec beaucoup de simplicité les détails de 
son ascension et les difficultés qu'il éprouva dans la revision 
des textes à cette hauteur vertigineuse de 5oo pieds, hau- 
teur à laquelle il était arrivé à se maintenir à la manière des 
chasseurs d'oiseaux des Hébrides en se faisant glisser le long 
du rocher par des cordes assujetties sur le rebord. L'inscrip- 
tion médique (?) et l'inscription babylonienne sont presque 
inaccessibles. M. Jackson s'est occupé de l'inscription perse , 
qui avait beaucoup souffert par l'eau depuis l'époque de 
Rawlinson. Le 17 avril, après quatre jours d'un labeur in- 
cessant, le travail de revision était enfin terminé, travail 
qui, à lui seul, valait le voyage d'Amérique (p. 192-212). 

Après une visite aux bas-reliefs sassanides de Tak-i Bos- 
tan, qui permit au professeur d'étudier la grande figure 
ninabée, souvent prise à tort (?) pour une représentation du 
prophète Zoroastre, nous arrivons aux intéressants passages 
consacrés aux temples du Feu de Kongaver et d'Ispahan. Celui 
de Kongaver, sanctuaire présumé d'Anahita (?) , situé à 82 
milles de Bisitoun, avait été déjà décrit (p. 237-2/42); mais 
celui d'Ispahan avait été fort négligé. Bâti sur une colline 
à trois ou quatre milles de la ville , il n'a pas tout à fait dis- 
paru. Ses ruines sont même assez bien conservées pour 
qu'on reconnaisse la disposition d'un atasii-kadah. La date 
reste encore incertaine (p. 253-26 1). 

Quant à la description des monuments de Mourghab et 
de Persépolis , elle a été souvent faite ; toutefois celle de 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 175 

M. Jackson se recommande par sa richesse d'infonuatlon. 
Nous appelons surtout l'attention sur son étude des plates- 
formes taillées dans le roc (p. 3o/i) près de Persépolis, 
plates- formes dans lesquelles on peut retrouver les couches 
funèbres où étaient exposés les cadavres, avant que les 
ossements ne fussent renfermés dans les tombes rupestres 
du voisinage. 

C'est à Yezd que M. Jackson entra enfin en conlact pro- 
longé avec les derniers disciples de son prophète. Longtemps 
persécutés , les Zoroaslriens avalent été flétris de l'appellation 
de Guêtres ou Infidèles. Depuis le firman de 1882 qui les 
avait exemptés de l'impôt de la djéziya et les avait remis sur 
un pied d'égalité avec les autres sujets persans, ils avaient 
prospéré et leur nombre avait augmenté; ainsi de 6 à 7,000 
qu'ils étaient avant i854 dans toute la Perse, ils avaient 
passé à plus de 11,000. Yezd, pour sa part, avait une po- 
pulation guèbre de près de 8,000 âmes, en comptant les 
villages des environs. Les détails sur leurs coutumes reli- 
gieuses et civiles , sur les temples et les dakhmalis sont infini- 
ment précieux à cause des rapprochements et des compa- 
raisons que le séjour de M. Jackson parmi les Zoroaslriens du 
Guzerate lui permit de faire (p. 078-/400). Quant aux manu- 
scrits, la récolte fut nulle (p. 358-59). ^^^ P^"^ précieux, 
ceux qui avaient été communiqués à Geldner, avaient 
pris le chemin de l'Inde (p. 358, note 1). Ici se place 
naturellement la réflexion que les Guèbres n'étaient proba- 
blement pas si dépourvus qu'ils le paraissaient à l'époque 
de la visite de Westergaard. Ils n'avaient pas voulu livrer 
leurs manuscrits à l'étranger, voilà tout ! 

A Téhéran, nouveaux détails sur la colonie zoroastrienne 
(p. 425-427) , dont le chef, le banquier Arbab Jamshed Bah- 
man, a été élu membre de l'Assemblée nationale, preuve que 
le firman de 1882 n'a pas été lettre morte et a bien procuré 
aux Guèbres l'égalité politique à laquelle ils aspiraient. Les 
ruines de Rei, la Ragha de VAvestaj ont fourni de très im- 
portantes observations au voyageur (p. 429-440). On les 



176 JANVIER-FEVRIER 1908. 

trouvera plus longuement développées dans le Mémorial de 
Spiegel, publié à Bombay par M. J. J. Modi. 

Le voyage se termine sur les bords de la Caspienne d'où , 
fidèle à son programme, M. Jackson s'embarqua pour l'Asie 
Centrale. Nous lirons bientôt le volume qui rendra compte 
de cette fructueuse exploration dans une région pleine d'in- 
connu et de promesses pour les Iranistes. 

D.M. 



Le gérant : 
RUBENS DdVAL. 



JOURNAL ASIATIQUE. 

MARS-AVRIL 1908. 
ÉTUDES SUMÉRIENNES, 

PAR 

M. C. FOSSEY. 

f SUITE ^) 



111 

:z< V^:z j DE. 

Le signe ^< Er^^^ j est fort mal représenté dans 
les fragments de syllabaires que nous possédons, et, 
en dehors delà valeur ak.v fournie par le syllabaire A, 
nous connaissons seulement, pourfusage sumérien, 
les valeurs ag , am et im, déduites des nécessités de 
la lecture. Je crois qu'à ces valeurs il convient d'a- 
jouter une valeur nouvelle de. Le signe joue en effet 
dans les textes sumériens un rôle que cette valeur 
seule me paraît susceptible d'expliquer et de justi- 
fier. 

1° t^i^^Â^ signifie «mi « lieu » : tz<^^ïr| xu si-e 
== asar la amâri « lieu où l'on ne voit pas » (IV R, 

' Voir Journal asialhjiie, janvier igoS. 

\I. 1 2 



178 MARS-AVRIL 1908. 

'2^ h y). H est donc équivalent de <TET, qui en eflet 
se trouve deux lignes plus haut avec le même sens. 
En dialecte eme-ku, ce signe <T^y, signifiant « lieu », 
devrait se lire ki ou gi. Mais dans ce morceau, qui 
est écrit en dialecte EME-sAL,il doit, suivant toute 
vraisemblance, se lire di, I'eme-svl transformant très 
souvent le g en d. Nous savons d'ailleurs que le signe 
<TEy possède la valeur du (Br. 9(^18) et c'est évi- 
demment dans des textes comme le notre qu'il con- 
vient de l'appliquer. Il est tout naturel de supposer 
que t=<*^^^j est une simple variante graphique de 
<T^y et a comme lui la valeur du, pi ou de. 

2" £=<^ Er^^ [ signifie .sa/anjH (Br. A 7/1 8 = D\\ , 
p. 1 1 , 5, R 48y/i), qui a encore pour équivalents 
sumériens B-]]A <h (Br. 6328), ^ÎHMMM 
su-Gi-Gi [hûmu.)\ il est donc naturel de penser que 
t:<^^^| a aussi une valeur gi, ou, si le texte est 
•écrit en eme-sal, de. 

[\" ti<^4^| signifie sarâhu. ( F^osscv, 2 333) 
« crier ». Cf. H^ sarâhu et (du) zamâni (Br. 1 1 'ido-i ), 
t:^^"^] (i>E?) sarâhu sa lihhi. 

3" tr<^^4^j signifie ûru «envoyer» (Br. /i-yTii), 
qui se dit en sumérien ^ ^ ] ^^rT] ga-ga (Br. ÔVio); 

Mï ^H^îr fi' ('A-> (l^'-- 10766). Donc :r<g^| 

= GI OU D|(e). 

/)" t^<|^^| remplace le préfixe de l'optatif ordi- 



ETUDES SUMERIENNES. 179 

naiicinent écrit iz^ gk. Ou trouve dans un psaume : 

t:<'^^| -NE-TN-GUL gr^ V^rz j -NE-IN-SIG = /« ulillllU lû 

adaiiimik « qu'ii fasse mal ou qu'il fasse bien » (IV 1\, 
lo b 33). Le morceau est écrit en emk-sal, et ici 
encore il est naturel de penser que nous avons une 
forme dialectale dk, pour gk. On trouve en ell'et 
dans d'autres textes eme-sal : tr^iit^l :=<^^^| '^^] 
T ET tiîy DE-iM~MA-TUG -E = Uiiiiham ( J V R , 2 1* /; 2 ()) ; 
t^^^ «-Il "-^l »-r]^ TV::|][de-en-na-Ax\-I)UG-a= Ijhhabisnm 

(IV R, 2 1* 6 29); ^^t.1 -îî-^n H s ^\ -T!^ 

DE-EN-EN-NA-AN-LAG-LAG-Gl [ibid. , 36); j^^^T ►^^^^j 

r^l '^VTf<ît3f=I [-^t=^I] de-im-ma-sed-[de] = li[psah 
(JVR, 2à, n"3, 26). 

5" On trouve ^r^ ^^^ pour tr^;::! DE=mfadans 

^I- - <I-It.! 1t -<^^1 !" Il r;^ NARA-AS GUL-A-DE 

LAL-A-NI « fortement à la ruine je suis attaché » 
[ma (lis salpati saiiidaliii, ASKT, 116, 1 y). 

A toutes ces raisons s'ajoute une dernière con- 
sidération tirée de la forme du signe. Comme il 
est facile de s'en rendre compte à première vue, 
ti<^^^^| est composé par l'insertion de t^^trj dans 
^<^. C'est ce qu'exprime le nom même du signe : 
SA-MNDAKU-ZA-IGUB (FossEv, 2 33o) « dans lequel ZA 
(^^^1) est inséré dans nindu (^^^) ». Or nous sa- 
vons que très souvent un signe composé a pour va- 
leur phonétique la valeur de l'élément inséré : ainsi 
X^ ^ITTE:»- , composé avec t:|||t: •- u-RU , a la valeur ukl : 
^^ yTf^-f- , composé avec ^ff*^]^ se-am, a la valeur 



180 MARS-AVRIL 1908. 

sam; etc. Nous pourrions donc, de la seule forme du 
signe £:^ V.rf}£: | , déduire la valeur de que nous lui 
avons attribuée en raison de ses fonctions. 



IV 

►^M, KED, KID UU GID. 

Le signe ►xj'^i reçoit fréquemment un complé- 
ment phonétique da que n'explique aucune des va- 
leurs attribuées jusqu'à présent à ce signe, aucune 
de ces valeurs n'étant terminée par un d. Ainsi on 
lit E kA- j^W -DA, bit hisri (Il R, i 5 a li\ cf. ibicL, 
2o); ►^rn ►■^T'^i -DA = napihtuni « étincelant » [AS 
KT, 129, 11 ); j^rj_ -da, raksat » est liée » [ASK T, 
86, G 1 ); E jH!"^! -DA , ina rikis ljîli[l\ Pi , 21 a 2 o) , etc. 
La valeur kesda , fournie par le syllabaire B, pour 
f acception de rakâsu. «lier», ne convient pas dans 
les exemples cités , puisqu'elle contient déjà la finale 
DA, mais elle nous indique dans quelle direction 
nous devons chercher, kesda doit être une forme al- 
térée de KEDDA, et KEDDA a dû, suivant l'usage su- 
mérien, s'abréger en ked. D'autre part si l'on com- 
pare les deux graphies sumériennes sac; gi- ^HW 
-DA et SAG-Gi X*~-DA, qui toutes deux signillent ni- 
kilmû «voir» (Br., 3()''i() et 3602), et dont la der- 
nière ne peut se prononcer que s\g-gi-gid-da, on 
n'hésitera pas à reconnaître que le signe ►HI'^i a lui 
aussi la valeur gid ou kid (ked). 



ETUDES SUMERIENNES. ISl 

\ 

<!^*] Marad-dag, Mardiik. 

La locturc du groupe <^!;^*y est restée jus(|u ;i ce 
jour incertaine. La valeur marad est assurée pour le 
premier élément <^"^ par la comparaison du sumé- 
rien <^ \ ►^T| MAP.AD-DA avec l'assyrien maradù « ins- 
trument en cuivre » et marad, nom de ville, quelque 
opinion que l'on ait d'ailleurs sur l'origine sémitique 
ou sumérienne de ces deux mots. Cette valeur marad 
est évidemment apparentée à la valeur amar attri- 
buée par le syllabaire B au même signe avec le sens 
de haru « fils, petit d'animal »; comparer ^^| ara et 
ra; <^| enim et nim; f»- isib et sir; — <I'^sIIL l'^n 
et PA , etc. Brïmnow enregistre déjà cette valeur mauad 
(n" 9066); mais aucune des valeurs, pourtant nom- 
breuses, du signe <| ne lui a paru applicable dans 
le groupe <^*î- Les documents lexicograpbiques 
publiés depuis par le British Muséum fournissent la 
solution du problème. Parmi les 1 1 valeurs nou- 
velles que ces textes m'ont permis d'établir' se 
trouve en effet une valeur dag , correspondant à l'as- 
syrien ellu, ihha, nanini «pur, brillant, clair», que 
la comparaison avec la forme Mardiik impose, en 
debors de tout préjugé sur l'étymologie du mot. Le 
groupe lu en assyrien Mardak se lisait donc en su- 
mérien marad-dag; le dieu portait le même nom 
dans les deux langues. 

' Cnntr'ilnition au Dictionnaire sumérien-assyrien , n° 38/|^i-38(î/|. 



182 MARS-AVRIL 1908. . 

Quelle est maintenant l'origine de ce nom? Jas- 
trow, dans la seconde édition de son ouvrage sur la 
religion de la Babylonie et de l'Assyrie ^ tient encore 
pour l'origine sémitique et dérive Marduk d'une ra- 
cine "jm d'ailleurs inconnue, non seulement en assy- 
rien mais en hébreu biblique et talmudique, en 
araméen et même en arabe. Je crois qu'à cette alFir- 
mation purement gratuite on préférera l'étymologie 
sumérienne : marad-dag « fils brillant », si conforme 
à ce que nous savons de Marduk, divinité solaire, 
fds aîné d'^rt. 

' Die Religion Babyloniens und Assyriens, I, iio, n. i ^igoô). 



ETUDES ASSYRIENNES. 183 



ÉTUDES ASSYRIENNES, 

PAR 

M. C. FOSSE Y. 



I 

lapâpu « envelopper »; lippu « enveloppe ». 

CT XXIII, 3, i- on lit : [Vil- ta-a-an lip-pi ta- 
lap-pap; 5,6 : [sipat suti pii\hadi elami tal-pap ; 8, 4i: 

smnmiL , vn-HU '""""" SI-SI ^ammii si-MAN tal-pap VII 

riJise tarakkas; lo, ik-'i5 : ina sipati santi VU lip-pi 
tdl-pap VII rikse tarakkas. Le seul sens qui convienne 
au verbe lapdpu et au substantif lippu est celui de 
« envelopper, enveloppe; bander, bandage ». Il faut 
donc traduire : 3 , i y « de sept enveloppes tu enve- 
lopperas m; 5,6 : « avec de la laine sata d'un agneau 
d'Elam, tu envelopperas »; 8, 4 i : « la plante tarhi , 
la plante sisi, la plante siman tu envelopperas, sept 
nœuds tu noueras »; lo, 2li-'io : « dans de la laine 
noire sept fois tu euA elopperas , sept nœuds tu noue- 
ras )). Comparer le talmudique ^^^. « envelopper » et 
l'arabe v^-. même sens. 

Dans un seul de ces passages on trouve la forme 
régulière du présent-futur talappap; partout ailleurs 
on lit la forme abrégée talpap. Kùchler [BKA BM, 
p. 87) a déjà relevé les formes analogues tar-bak, 



184 MAKS-AVRIL 19 08. 

tar-sa-au, tar-muk et tal-mi. Tarbak se retrouve un 
très grand nombre de fois, dans CT xxiii, 89, 3. 
6,8, 1 /i , 1 6 , etc. ; dans le texte médical de Con- 
stantinople 583, publié par Scheil [RT win, p. i3/i, 
1. 1 2 v"; 1. 3 , 1 1 , 1 4, 20, 23 et 26), où il faut lire 
Uiv-hali et non TAR-6a/.". A ces exemples il convier»! 
d'ajouter iar-has pour tarahkas (CV'wiii, 3y, 11). 
Comme les verbes réunis par kucbler, hipàpii et ni- 
l,âsn commencent par / ou /•. 

Il 

•v^ valeur plionéti(|ue : la. 

On sait depuis longtemps que la négation v^ se 
lit la en assyrien. Mais, à ma connaissance, on n'a 
pas encore rencontré >-^ employé comme simple 
pbonème, avec la valeui' /a, dans le corps d'un mot 
assyrien. J'ai relevé récemment plusieurs exemples de 
cet emploi : CTxwu, 29, lili; 3o, 58; 39, 18; 
1x1, 9; ''|5, 2 A, 20, on lit : ta-*:/- -as, c'est-à-dire 
i a-la-as « tu pétriras ». 

Ml 
saliàka « enlilci' ». 

L'idéogramme i| t^] , qni a conuDunément la va- 
leur asû « sortir » , a aussi , dans les recettes nîagi([ues 
et médicales, la \aleur sakâka, comme le prouve 
le complément phonétique ak , dont il est suivi en 
plusieurs endroits. Zimmern , qui le premier a re- 



ETUDES ASSYRIENNES. 185 

connu le fait [BKB R, 112, 8), a proposé pour ce 
verbe le sens de « aiifreihen ». 11 me semble qu'il se- 
rait possible de préciser encore plus le sens de ce 
mot. L'opération doit se faire au moyen d'un lien 
{riksu, IV R, 55 a 17, 19, 2 1 ) ou d'une corde [M, 
ibid. , 1 3). D'autre part elle s'applique toujours à des 
pierres (voir encore 6'7'xxiii, 9, 11). Le sens de 
« enfder )) me paraît donc des plus vraisemblables. 
A l'appui de cette proposition on pourrait pcut-êlre 
comparer l'arabe di-i " percer ». 

IV 

trTj >^TyJ :r^ tamgiibii « cliaudron ». 

L'instrument appelé t:|<| ^j^Jy^y t=Ef= ™^"°^ Tin- 
ter et mentionné dans CTxxui, 9, en un passage 
malbeureusement mutilé : [?/j]a vrvdv sin-tur 
tar-bak, s'appelle en assyrien x^gii-ha ( Fosse v, 
n" 1911)- C'est évidemment le même que l'on re- 
trouve dans le texte mutilé de Kûchler [BKABM , 
pi. VI, 1.6), où on lit : z/jaURuou, , . [tJ^t^ tar-baJi , 
et dans le texte de Constantinople 583 déjà cité 
[RT XXIII, p. 1 35), verso 11, id et 20, oîi il faut 
lire très certainement ^t^fiff six , au lieu de t^J^yl luh- 
Si le sens de rabâka est bien «brasser, mélanger», 
comme l'a proposé Kûchler, le t]-(jiiba, qui sert à 
cette opération dans tous les passages où nous l'avons 
rencontré, ne peut guère être que le chaudron dans 
lequel on fait le mélange, ou la spatule avec laquelle 



186 MARS-AVHIL 1908. 

on l'agite. J'inclinerais plutôt pour le sens de « chau- 
dron ». [je signe îj étant susceptible de beaucoup de 
valeiirs, la lecture iamgubii reste incertaine. Au sin- 
TUR «petit siN » s'oppose le sin-gal-la « grand sin », 
également en bronze (déterminatif urudu), assyrien 
massiitii , ou parsittam (Br. sog). 

V 

j^J^I halâpii « lîander ». 

Le groupe j^r^] i'^] qui se rencontre dans (^T 
xxiir , id), h et suiv. , ne s'éclaire complètement qu'à la 
planche 3(), et j'en ai découvert le sens avant d'en 
établir la vraie lecture. De locutions comme ina 
hu-sar-[ii] jHr^l ttrj (33, i G ) il résultait clairement 
que ►^J'^l signifie « bander » , puisque hihirni signifie 
Il bandage ». Mais Briinnow ne fournit aucun équi- 
valent assyrien de ^r^j ayant ce sens et possédant 
comme troisième radicale le h ou le p exigé par le 
complément phonétique X-i^^ ah,ap. Les seuls qui sa- 
tisfassent à cette dernière condition sont kardbii « être 
favorable » et zarâlm « être accablé » , tous deux exclus 
parles nécessités du contexte. Heureusement le texte 
(le la planche 3(j, quoique mutilé, nous permet de 
résoudre le problème par la comparaison de deux pas- 
sages parallèles. Lignes 3-/| on lit : ana puni t(i-\mp\- 
p(ik \ina kus-siir-ri hil,lj(uls]a la-hil-lnp Uisumid-uia 
ibaliil, et ligne i '2 : a-na pàiii l'a-^np-pah [ina km- 
sur-rl lialikad-s](i >.^I'^| [tt^j] lasainid-nui ilxilul. Il 



ETUDES ASSYRIENNES. 187 

est évident, pour cjiii connaît la monotonie de ces 
formulaires, {[ue jHî^j tt=j doit se lire tnhdUa-ap et 
(|ue les deux passages, identiques sauf en deu\ points 
qui présentent des graphies différentes, signifient : 
« sur sa fiice tu saupoudreras (des matières énumé- 
rées précédemment) , avec une bande tu envelopperas 
sa tète, tu la banderas, et il guérira». J'ai adopté 
la racine halâpa; halâpa « peler » et galâba « taillader » , 
qui seraient matériellement possibles, sont exclus 
par le contexte. 

VI 

mahâsu « masser ». 

Le sens de « frapper, battre , briser » est depuis 
longtemps établi pour le ' verbe mahâsu. Dans les 
textes médicaux il me paraît marquer une action 
moins violente. Ainsi dans (^T xxiii, /i3, 2 3, à la 
fm d'une prescription, nous lisons : ina ûmi IV-kam 
huâni zimi-sa ta-ma-has-ma ibalii-at. Appliqué aux 
joues du patient , mahâsu ne peut guère signifier que 
le massage ou une opération du même genre. Jf 
traduirai donc ce passage : « Au quatrième jour, lo 
muscle de sa joue tu masseras, et il guérira. » 

VII 

sarâtu « bander ». 

C'est encore un terme signifiant « bander, panser 
une partie malade», qui apparaît à la fm d'une 



188 MARS-AVRIL 1908. 

prescription, (,T\\m, ^6 , 8 : tn-sar-ia-'su-ma ibala- 
ut : « tu le banderas, et il guérira ». Le fait que sa- 
râiii apparaît ici à la place de samââii nous inviterait 
déjà à le considérer comme un synonyme de ce verbe. 
Ce sens paraîtra tout à fait sûr, si l'on rapproche 
sivla «bandage » (Muss-Arnolt i i i5 «) et le talmu- 
(lique 1311^ « obligare vulnus, in cataplasmate vulneri 
imponere » (Buxtorf-Fisher 1254 h). L'exemple cité 
pour ce dernier mot est d'autant plus intéressant qu'il 
constitue une traduction littérale de- toute la formule 
assyrienne : ""oriXI Nirr^'J tj îiî^iîI?"'! : « et in cataplas- 
mate ulceri imponent et sanabitur ». 

\ 111 

hilpa sa jnsurri « la peau du jabot ». 

CT XXIII, Aq, ^-y nous offre une prescription in- 
téressante et des détails nouveaux. On y lit notam- 
ment : karkâ '?:'•■"''" bu-ii-ra ta-ta-ba-ah dâini-sa 

libi-sa II ki-il-pa sa pi-siir-ri-sii taleh-ki ma isâti tiisahha- 
ar. Kilpu et pisarrii sont des mots nouveaux pour nous. 
Le premier me paraît devoir être rapproché de l'as- 
syrien kalâpii « peler (un légume, un fruit) », du tal- 
mudique ^)\>. «peau», de l'arabe ,^iXi « écorce » et 

iJcVÎ « prépuce ». Pisarra me paraît identique au tal- 
dique Nnu^D « jabot ». Je traduirai donc le texte cité : 

« Un jeune coq tu égorgeras ; son sang , sa 

graisse et la peau de son jabot tu prendras, au fou 
tu réduiras. » 



ETUDES ASSYRIENNES. 189 

IX 

ta-mahas « tu broieras » , et non ta-pa « tu cuiras ». 

Dans le texte de Constantinople cité plus haut 
(n"' I et IV), on a lu le groupe ^]]] t\z{\. 3,17, 
20 ; rev. 17, 1 9 , .25) ta-pa et traduit « tu cuiras ». 
Le présent-futur de epâ « cuire » étant tepâ, cette in- 
terprétation est évidemment fautive. l\i est un idéo- 
gramme qui doit se lire mahâsa, comme le prouve 
le complément jjhonétique as dans le groupe ►^!|| 
t^ iz\^ ta-maha-as, 6'7'xxiu, A3, 20. 



NOTE SUR LES POIDS ASSYKO BABYLONIENS. 191 

NOTE 

SUR 

Li:S POIDS ASSYRO-BABYLONIENS, 

PAR M. J.-\. DECOURDEMANCHE. 



Dans la livraison de juin 1907 de la Zcitschrifl 
dcr Deiiischen Morgenidndischeîi Gesellschafl, sous le 
titre de : Ueher die hahylonischen , assyrischen and alt- 
pcrsischen Gcivichle , AI. F. H. Weissbach paraît avoir 
réuni tout ce que l'on sait actuellement sur les poids 
babyloniens , assyriens et perses. 

11 nous a semblé utile de rapprocber les données 
ainsi fournies des indications rencontrées, au sujet 
des mêmes poids, cbez les métrologues grecs de 
l'école d'x\lexandrie, en vue de dégager, si possible, 
de la combinaison de ces éléments, les bases du sys- 
tème pondéral babylonien , assyrien et perse. Tel est 
le but de la présente note. 

Les indications tirées des métrologues grecs nous 
permettent d'établir comme suit le talent monétaire 
perse de l'époque acbéménide : 

Obole I ()" 90(3 2/3 

Sigle fort [1/8 d'once) 1 6 i/4 5 2/3 

Sigle faible 1 2/1/a.î G 5/(4 

Once 1 8 8 1 3 ôo 4ô i/3 

Petite mine.. 112 100 96 600 3/id 

G''' mine. 1 2 2/1 200 192 1,200 1 088 
Talent. 1 3o 60 720 0,ooo 5,760 30, 000 32 G/|0 



192 MARS-AVRIL 1908. 

D'après les mêmes écrivains, il existait un autre 
talent (qui était plutôt un canthar, dont le talent ne 
représentait qxie les 60/1 00^'), celui-là de mille onces , 
l'once n'ayant pas changé de poids. 

Sur cette double donnée, il est facile de rétablir, 
comme suit, ce canthar de mille onces : 

Once I 45° 1/3 

Mine commune 1 i o i53 i/3 

Mine royale 1 1 20 906 a/3 

Talent 1 3o Go 600 27'' 200 

Canthar 1 1 2/3 5o 100 1,000 '|5 333 i/3 

l^e canthar dont nous venons de donner le détail 
est un canthar de l'eau; autrement dit son poids est 
établi d'après sa contenance en eau : /i5 litres i/3 
pour les 100 mines, 12 y lit. 20 centilitres pour le 
talent de 60 mines. 

Sur la base de la densité conventionnelle de 90 
p. 100, le volume de l'huile excède de 1/10* la con- 
tenance en èau. 

Par suite, la contenance^ en eau , du poids de Go mines 

communes, soit 27' 720 

doit être augmentck- de 1/10", soit de 2 720 



cl la contenance en lAiile ressort ainsi à 29' 920 



(|ui est celle nécessaire pour équivaloir, en poids, aux 27 kilogr. 200 
du talent rpii vient d'être mentionné. 

La contenance de 29 lit. 92 centilitres, ainsi éta- 
blie, s'est trouvée correspondre à un poids, en eau, 
de 29 kilogr. 920. Tel est le poids des 60 mines 
communes du talent dit de l'Imile. 



NOTE SUR LES POIDS ASSYRO-BABYLONIENS. 193 

Au point de vue chronologique, on peut conce- 
voir comme suit la succession des modifications du 
système pondéral assyro-babylonien : 

i" Constitution d'un talent de l'eau, de 2 ■y ki- 
logr, 200, dont le canlliar (100 mines de 10 onces) 
ressort à /i5 kilogr. i/3; 

2° Constitution d'un talent de l'huile, de 29 lit. 
92 centilitres (soit d'un poids en eau de 29 kilogr. 
920) par adjonction de 1/10" à la contenance du 
cuhe constitutif du talent de 2 y kilogr. 2 00 ; 

3° Constitution du talent monétaire de 02 ki- 
logr. 6/io par élévation, de 1 o à 12, du nombre des 
onces comprises dans la mine du talent de 2 y ki- 
logr. 200. Le système constitutif de ce dernier talent 
était à la fois décimal , en ce sens que 1 o onces de 
45 gr. 1/3 constituaient la mine de 453 gr. i/3 , et 
duodécimal, puisque le talent était composé de 
5 fois 12 mines ou 60 mines. En faisant la mine, 
non plus de 10, mais de 12 onces (sans changer ni 
le poids de l'once, ni le nombre de mines contenues 
dans le talent), le système du talent monétaire est de- 
venu complètement duodécimal, tout en continuant 
à se relier aucanthar de 45 kilogr. i/3 par le main- 
tien de la parité de l'once. Le talent de l'eau s'est 
trouvé contenir 600 onces, le talent monétaire 
y20 onces, et le canthar 1,000 onces, chacune de 
45 gr. 2/3. 

Pour en revenir au talent de l'huile de 29 ki- 
logr. 920, notons que, suivant un usage constant 
dans la métrologie antique, il existe, à côté du poids 

-M. 1 3 



19'i MARS-AVRIL 1908. 

iV'gulier, un poids faible, des 96/100" du premier. 
Nous avons un exemple de ce fait dans le parallé- 
lisme entre le sigle fort et le sigle faible (ay^o' du 
sigle fort) dans la composition du talent monétaire 
perse. 

Sous le bénéfice de cette observation, le talent de 
l'huile se détaille comme suit : 

POIDS RÉGULIERS. 

Che 1 o" o'i6 1 '1/^ ' 

Siclc I 1 80 8 o I 1 i/f) 

Mine commune 60 ^98 3/0 

Mine rovale 1 î? 120 997 i/3 

Talent 1 3o Go 3,t")Oo 29"" 920 

Nota. — Les 100 mines communes donnent 
lig kilogr. 866 gr. 2/3, soit les 1 1/10"' du cantbar 
de 1 ,000 onces. 

POIDS lAIBI.ES. 

Che I o» Oij^3 7/27 

Siclc 1 80 7 978 2/3 

Petite mine commune 1 (io ^78 72 

Petite mine rovale.... i 2 120 9^7 44 

Talent léger 1 .io Co 3, 600 28^723 20 

M. Weissbach donne un rele\é des divers poids 
conservés dans les musées. 

Nous extrayons de ce n^lcvé, complété par l'addi- 
tion ultérieurement apportée à sa liste par M. W eiss- 
bach, ceux de ces poids dont il indique l'équivalence 
en mines ou parties de mine. 

Ceux dont l'équivalence n'est pas mentionnée n'ont 



NOTE SUR LES POIDS ASSYRO BABYLONIENS. 105 

point été utilisés, car co ne serait que par une hypo- 
thèse contestable qu'il pourrait être attribué, à cha- 
cun, une partie aliquote de la mine. Toutefois nous 
avons fait entrer en ligno de compte les n"' 58, 89 
et 6(3 , dont la valeur en mines était évidente, quoi<[ue 
non indiquée. 

Par contre nous aNons laissé de côté les n"' 9 et 
5 y, dont les poids, en valeur française, étaient indi- 
qués par simple approximation , sans pesée régu- 
lière. 

Dans le relevé ci-après, les numéros indiqués 
sont ceux de M. Weissbach, 



POIDS BABYLONIENS. 

3. 1/2 mine, 2/18 grammes. 

4. 5 mines, 2 kilogr. 5 10 gr. 975. 

6. 00 mines, i/t kilogr. 790. 

7. 00 mines, i5 kilogr. 060 gr. 91. 

8. 1/3 de mine, 16/1 gr. 3. 

10. 1 mine, 978 gr. 3. 
lOrt. 5 mines, 2 kilogr. 4i. 

11. 1/2 mine, 2^5 gr. 6g. 

12. 1/2 mine, ilxk gr. 8. 

13. 1/6 de mine, 173 gr. 7. 

14. 1/6 de mine, 189 gr. go. 

15. 1/6 démine, 177 gr. <48. 
15a. i5 slcles, 123 gr. 33. 

16. 10 sicles, 101 gr. /i8. 

17. 1/8 de mine, 127 gr. 72. 

18. 10 sicles (et non 10 sicles 1/2), 85 gr. 5o. 
[9. 10 sicles, 82 gr. 5 17. 

20. 5 sicles, k\ gr, 539. 



190 MARS-AVRIL 1908. 

21. 5 sicles, /jo grammes. 
21rt. 1 sicle, 8 gr. i . 

22. 22 1/2 che, soit 1/8 de sicle, 1 pitka, o gr. {)5. 
33. 1/4 de sicle, A gr. 6656. 



l'OIDS ASSViUENS. 

58. 120 mines, 1 J 1 kilograniines. 

59. 60 mines, 60 kilogr. 4oo. 

60. i5 mines, 1/4 kilogr. f).'>3 gr. -j. 

61. 5 mines, 5 kilogr. 0/12 gr. 7. 

62. 3 mines, 2 kilogr. 985. 

63. 2 mines, 1 kilogr. 992 gr. 1. 

64. 2 mines, 1 kilogr. ()3] gr. 2 3. 

65. 2 mines, 946 gr. 462. 

66. 2 mines, 1 kilogr. o36 gr. 49. 

67. 1 mine, gô/i gr. 566. 

68. 2/3 démine, 665 gr. ■79."). 

69. 1 mine, 480 gr. 'i/i5. 

70. 1 mine, /i68 gr. 388. 

71. 1/2 mine, 2/40 gr. 07. 

72. 1/4. de mine, 206 gr. 678. 

73. ]/5 de mine, 198 gr. 4 16. 

74. 3 sicles, 5o gr. 236. 

75. 2 sicles, 33 gr. 63. 

7(). 1/3 de mine, 166 gr. 72/1. 

Essayons de classer les poids ainsi énoncés par 
M. Weissbach. 

Nous tirons immédiatement , de chacpie valeur 
multiple ou fractionnaire, le poids qui en ressort 
pour la mine. 



NOTE SUR LES POIDS ASSYRO-BABYLONIKNS. 107 

POIDS HKGUî.IERS. 
VAI.El R IXniOL'KE. POiDS IKDIODÉS. MINE ROYALE. MINE COMMUNE. 



3. 

'l. 
(>. 

7. 
10. 
10. 
11. 
12. 
\bn. 
19. 
20. 
58. 
59. 
CO. 
61. 
62. 
63. 
68.. 
73. 
74. 
65. 
76. 



1/2 mine.. . . 2/18*^ 

5 mines •>/ 5 10 {]-jb 

3o mines. ... 1 '1 •y()o 

3o mines. ... 1 ô oOo 9 1 

1/3 de mine. tfl'i o3 

1 mine 978 o3 

1/2 mine.. . . 2'i5 G9 

1/2 mine. ... 2/j4 8 

i5 sicles. ... 123^3 

10 sicles. ... 82 617 

5 sicies /| 1 539 

120 mines.. . 121 

60 mines.. . . 60 4oo 

i5 mines. . . 1 4 933 7 

5 mines 80/127 

3 mines 2 980 

2 mines 1 992 1 

2/3 de mine. 605 790 

1/5 de mine. 198 4 16 

3 sicles 5o 2 36 

2 sicles 33 63 

1/3 démine. 166 72'» 



978^03 



i''oo8 90 



1 008 333 

1 006 666 

995 558 

1 008 54 

995 558 

996 

998 692 

992 08 

1 oo4 72 

1 008 9 



496^ 

5o2 
493 
5o2 

492 

491 

489 6 

4 9 . » l O 2 

498 '168 



196 

o3 
"9 

38 



ADDITIONS 12'' 001' 975 4*" 960" 039 

MOYENNE PARTIELLE... 1 OOO l65 496 Oo3 

MOYENNE GÉNÉRALE.... 996 446 'I98 223 



Si l'on rapproche cette moyenne des poids théo- 
riques indiqués plus haut : 997 gr. 1/2 pour la 
mine royale et [\g8 gr. 2/3 pour la mine commune, 
il semble é\ident que ces poids théoriques sont pré- 
cisément ceux qui, sauf tolérance, ont servi d'éla- 



198 MAKS-AVRIL 1 90S. 

Ions aux poids d'usage relevés ci-dessus d'après 
M. ^^'eissbach. 

POIUS l'AlBI.ES. 

VALEUU INDIQUÉE. POIDS INDIQUES. MINE ROYALE. MI\E (.OMMINE. 

10a. 5 mines.... 9} 'no^ '182^ 

21. 5 sicles ho \P.o 

2 In. iside 81 'i8(i 

22. 1/8 de sicle. . o 93 'loG 

05. aminés g/iG 4<)2 '17^ ?.?m 

64. aminés 1 901 a3 ()65"(iri 

67. 1 mine 95/1 SlJd q5/| ofifi 

69. 1 mine 48o i/i5 48o i/i5 

70. 1 mine 468 388 468 388 

71. 1/2 mine..,. 24o 07 'i8o l 'i 

72. 1/4 tle mine. g36 678 g'iG 712 



ADDITIONS 2'' 866° 908 2^ 8o5° 90/1 

MOYENNE PARTIELLE.... goS 646 h'jb 788 



MOYENNE GÉNÉRAL [)h?> fO'l '17G 632 

Quand nous avons indiqué la composition des 
talents, nous avons donné 967 gr. hli comme le 
poids théorique de la mine royale faible ; or la 
moyenne d'usage ci-dessus ressort à 983 gr. 26^1, 
De même, le poids théorique de la mine commune 
faible est indiqué à 478 gr, 72 et le poids moyen 
d'usage ressort à ^76 gr. 682, Ici encore, la moyenne 
d'usage diffère assez peu du poids théorique pour 
qu'il soit possible et vraisemblable d'expliquer, par 
la tolérance, les écarts, pour ainsi dire insignifiants, 
constatés entre le poids théorique et la moyenne 
d'usage. 



NOTE SUR LES POIDS ASSYRO-BABYLONIENS. 109 

roiDS RENFORCÉS. 

H semble que les Assyro -Babyloniens, non 
contents d'avoir constitué le poids faible, en pre- 
nant les 96/100^ du poids régulier, ont, de plus, 
formé un poids renforcé, des 100/96''* du poids 
régulier. 

Citons, à ce propos, les poids suivants : 

VALEIR nOIOOÉE. i'OlDS INUIOI ÉS. AUNE ROYALE. MINE COMMUNE. 



13. 


1/3 de mine. . , 


173-7 




02 1^100 


15. 


1/6 de mine. . . 


177 'iS 


1'' 061»^ 88 




17. 


1/8 de mine. . . 


127 72 


1 021 76 




18. 


10 sicles 


85 5 




5i3 


33. 


1/4 de sicle. . . . 


k 656 


1 029 764 




60. 


2 mines 

\DDITIONS. 


i''o36 49 




5x8 295 




3*^ 1168^404 


1'' 542^395 




MOYENNE GÉNÉRALE. , . . 




1 o33 532 


5i6 766 



Sur la base de 997 gr, i/3 pour la mine régu- 
lière royale , la mine renforcée ressort (pour 1 00/96"') 
à 1 kilogr. 008 gr. 8/9 et celle commune à 5 1 9gr. ^9. 
La moyenne d'usage ci -dessus constatée, 1 kilogr. 
o33 gr. 532 et 5i6 gr. 766, ne présente, avec le 
poids théorique, qu'un écart insignifiant, absolu- 
ment explicable par la tolérance. Ici encore , les poids 
constatés à f usage sont donc en accord aussi parfait 
que possible avec les poids théoriques. 

Nous n'avons pas fait figurer, dans les relevés cpii 
précèdent, les n"' 1 4 et 16. 



200 MARS-AVRIL 1908. 

Le n" ik est indiqué comme valant 1/6 de mine 
pour 189 gr. 36, ce qui aboutirait à constituer, 
jDOur une mine, une valeur de 1 kilogr. 1 36 gr. 1 6. 
Un tel poids ne s'expliquerait que par l'adjonction, 
à la mine renforcée de 1 kilogr. o38 gr. 8/9, d'un 
dixième de son poids, par nouveau renforcement, ce 
qui eût constitué une mine du poids théorique de 
1 kilogr. ik'2 gr. 7/9. 

Ce poids diffère assez peu de celui de 1 kilogr. 
i36 gr. 16, calculé ci -dessus d'après le n" lA, 
pour rendre admissible l'hypothèse du second ren- 
forcement, énoncée ci-dessus. Nous n'y insistons pas, 
toutefois, car il nous parait dangereux d'établir une 
théorie sur la base d'un élément unique. 

Le n" 16, de 101 gr. 48, est indiqué connue 
valant 10 sicles, ce qui donnerait, pour la mine, un 
poids absolument extraordinaire de 608 gr. 88. 

Il y a peut-être, dans le cas présent, à tenir compte 
du fait que, dans la notation sexagésimale, l'expres- 
sion 10 signifie à la fois 10 parties du tout (soit 
10/60"' ou 10 sicles), et 1/10" du tout. Si l'on ap- 
plique cette seconde valeur au n" 1 6 , les 101 gr. ^S 
représenteraient le dixième d'une mine dont le poids 
ressortirait à la \aleur do 1 kilogr. o 1 /i gr. 8 pour la 
mine royale. Une telle valeur n'aurait rien d'extra- 
ordinaire. Ce serait une mine renforcée, un peu 
f^iible. 

A titre d'observation générale sur les écarts, en 
plus ou en moins, constatés entre les poids d'usage 
et c(^ {|u'ils devraient être d'après la théoiie, notons 



NOTE SUR LES POIDS ASSYRO-BABYEOMENS. 201 

qu'on ne saurait s'attendre, dans les poids assvro- 
babyloniens , à une exactitude plus grande que dans 
tous les autres poids antiques. Les anciens ne procé- 
daient point , en matière de mesures ou de poids , 
avec la rigidité des modernes. L'imperfection rela- 
tive de leurs instruments de pesage exerçait une 
influence notable dans le sens de la production 
d'écarts, surtout quand il s'agissait de très petits 
poids. De plus, deux tendances contraires se combat- 
taient : l'instinct commercial poussait à l'allégement; 
il dominait quand la surveillance gouvernementale 
diminuait de vigilance. Dans le cas contraire, la 
terreur inspirée par les rudes pénalités antiques, 
édictées à l'encontre des vendeurs à taux poids, 
excitait au renforcement. En ce qui concerne les 
poids assyro-babyloniens en particulier, il ne parait 
pas cpi'on ait rencontré deux exemplaires d'un 
même poids susceptibles de s'écjuilibrer dans une 
balance. 

Si l'on tient compte de ces divers faits, force sera 
de reconnaître qu'ils expliquent comment les divers 
poids assyro-babyloniens , conservés dans les musées , 
diffèrent peut être encore davantage entre eux qu'ils 
ne s'écartent du poids théorique. De plus, leurs 
écarts avec ce poids se produit tantôt par excès, 
tantôt par insuffisance. (î'est une raison de plus pour 
considérer le poids théorique comme le type dont 
sont dérivés les poids d'usage. 

Sous le bénéfice de ces considérations, il nous 
semble possible de tirer, des rapprochements et 



202 MARS-AVRIL 1908. 

calculs qui précèdent, la conclusion que les poids 
babyloniens et assyriens existant dans les musée? 
s'expliquent par les données théoriques fournies, à 
propos de leur formation , par les métrologues 
grecs. 

Il semble également permis de dire que ces mêmes 
poids appartiennent à trois variétés , toutes issues 
du même talent de Go mines communes : ceux 
faibles, qui sont des 96/100" des réguliers; les régu- 
liers de 100/100"'; enfin ceux renforcés des 100/96" 
des réguliers. 



LA STELE DE TEP PRANAM (CAMBODGE). 203 

LA STÈLK J)K TÉV PUANAM 
(CAMBODGE), 

PAR 

M. TtEORGE coedès. 



La stèle découverte par la mission Aymonier, 
dans le temple de Tép Pranani, situé h Afikor 
Thoni « à une centaine de mètres droit au nord de 
la face septentrionale du Palais Royal ^ », est iden- 
tique pour la forme, les dimensions, les caractères 
et le nombre des stances sanskrites, aux stèles du 
Thnàl Bàrày : elle émane du même roi et sort sans 
nul doute du même atelier. Bergaigne, qui la con- 
naissait, avait cru devoir, en raison de son caractère 
buddhique, l'exclure du second fascicule des Inscrip- 
tions sanshritcs du Cambodge, où ne devaient figurer 
que des textes brahmaniques'-. Le moment est venu 
de tirer de l'oubli cette inscription qui fournit une 
contribution int(''ressante à l'histoire du buddhisme 
cambodgien , à une époque oii les documents bud- 
dhiques sont rares. 

Chacune des quatres faces de la stèle compte 
ô/i lignes sanskrites^. La première face a, de plus, 

' Cf. AïMOMER, Lfj Cawbodcje, III, ii i-ii3. 

'- Cf. I.S.C.C.,^. 412. 

' Voir I.S.C.C. p. 3l'i6 et sniv., les remarques de M. Bartli 



204 MARS-AVRIL 190.S. 

lin post-srriptum de deux lignes, gravé à la même 
t''poqiie que les précédentes et, comme elles, en 
caractères du nord de l'Inde. Enfin, tout au bas 
du pilier, sont burinées deux petites inscriptions 
khmères de date postérieure, complètement indé- 
pendantes de l'inscription sanskrite'. Au point de 
vue métrique, cette dernière présente la structure 
suivante : 

Face A : stances i-iv : vasnntalilakd ; v : iipdjâli; 
VI : vasaniaiilakâ ; vn : upajâti; viii : npcndrdvajrâ ; 
ix-x : vasantatilahâ ; xi-xiv : npitjâti; xv : indnivajvâ; 
xvi-xvii : upajâti; wiu : manddkidnla; xix-xxvii et 
cix : cloha. 

Face B : stances xxviii-liv : çloka. 

Face C : stances lv-lxxxi : doka. 

Face D : stances lxxxm-ci : doka; cn-civ : upajâti; 
cv-cvi : indravajrâ; cvii : upa,jâti: cviii : v((santati- 
lakd. 

Sauf quelques lacunes à la fin de la troisième face, 
la stèle de Tép Pranain est en parfait état de con- 

sur l'écriture et l'orthographe de ces inscriptions île Yaçovarman 
en caractères étrangers. A part le doiihlement ordinaire des con- 
sonnes après r, et la substitution fréquente des dentales aux lin- 
guales (st. \vi : làvdiiynm ; wxiv : viilaiiilmyitiim ; lxiii et iiiis.tiw : 
tdiidula : L.wix : "Laddvâs), noter le douhlement de illi d(>vantj 
(st. XLTV : vidaddityât ; LViii : «ddhyâjxiliniii) qui se retrouve dans 
quelques autres inscriptions du Cainhodge [l. S.(L C. . [). ?>). 

' On en trouvera la transcription plus loin. Pour la traduction, 
nous renvoyons à l'analyse de M. Aï.momeu [Cawhodije . 111, 112- 
1.3). 



LA STELE DE TEP PRANAM (CAMBODGE). 205 

servation et le déchinreiiieiit des estampages di'posrs 
à la Bihliotlièque nationale (n" /1/4) n'offre aucune 
difficulté. 

L'inscription , avons-nous dit , est contemporaine 
de C(>li('s (lu Thnrd Bàrày; elle a même avec la pre- 
mière de ces inscriptions, celle qui a été trouvée 
sous bois en dehors de l'angle sud-est [1. S. (L C, 
n" LVI), des parties comnjunes : les deux stèles ont 
le même plan et le même formulaire. Mais tandis 
que la stèle du Thnal Bàrày consacre la fondation 
par Yaçovarman d'un monastère brahmanique, le 
Brrdimanâcrama , celle de Tép Pranani relate la 
fondation par !<> même roi et sans doute à la n)ême 
date, d'un monastère buddhiqne, le Sugatâçrama 
(ou Saugatâçrama). 

A])rès les deux stances d'adoration à Çiva par 
lesquelles débutent les stèles du ThnTd Bàrày et celle 
de Lolei [I.S.C.C, n" LV), notre inscription 
insère une invocation au Buddha (st. ni), conçue 
dans un style parfaitement orthodoxe. Les quinze 
strophes qui viennent ensuite reproduisent la généa- 
logie de Yaçovarman en termes identiques à ceux 
que nous trouvons sur toutes les stèles digraphiques 
et sur celles du ïhnàl Bàrày. Par contre, la praçasti 
qui fait l'objet des vingt-huit strophes suivantes est 
originale : c'était un genre où les pandits étaient 
inépuisables. La stance xi.vn relate la fondation du 
Saugatâçrama, et avec la stance xiaui commence 
le décret réglant fadministration intérieure du mo- 



206 MARS-AVRIL 190S. 

nastère, et qui est la seuli' partie \raijiienl intéres- 
sante de rinsciiption. 

(]o règlement reproduit lui aussi eu termes i(l(Mi- 
liques le règlement du Bràhmanâçrama tel qu'il 
figure sur la stèle du Thnal Bàrày; il n'en diffère 
que sur les points où la règle çivaite s'écarte de la 
discipline buddhique, et une collation attentive des 
deux textes est particulièrement suggestive. On est 
frappé du petit nombre de prescriptions qui diffè- 
rent d'un texte à l'autre; et encore, la plupart de ces 
différences sont-elles purement formelles : Yâcâija 
des Çaivas et celui des Pâçupatas dans l'inscription 
çivaïte (Cj, st. 6), sont remplacés dans l'inscrip- 
tion buddbique par le Brahmane possédant la Vi- 
dyâ, et ïûcâiya versé dans la doctrine buddhique 
(st. LVii), mais ils ont exactement les mêmes attribu- 
tions et occupent chacun la même place dans leurs 
hiérarchies respectives. T^e yajvaii du Bràhmanâ- 
çrama (6'i, st. 12) est supprimé dans l'inscription 
de Tép Pranam (st. LXin), sans qu'on sache d'ailleurs 
au juste qui le remplace. Les stances lxvu-lxxu de 
Tép Pranain qui se rapportent à des prescriptions 
exclusivement buddhiques, correspondent malheu- 
reusement à une lacune dans la stèle du Thn;il 
Bàrày, mais par contre, les strophes lxxxui-lxxxiv 
(=Thnàl Bàrày, 1), 4-5) fournissent un détail ty- 
pique : tandis que, dans le monastère çivaïte, il doit 
y avoir tous les quatre mois une distribution « de 
cendre, et de cendre caustique pour nel loyer le chujnon, 
avec le vase (pii le contient, un \ase à encens, un 



LA STÈLE DE TÉP PRA\A\I (CAMBODGE). 207 

vaso ])our le feu et une aiguière, aux hiâliiuanos, 
au\ (IcdrYns et aux lapasvins les plus méritants», 
le règlement buddliique prévoit tous les quatre mois 
la (lislributiou « d'un vase à encens, d'une aiguière et 
d'un vase pour le feu, aux âcâiyas et aux hhihsiis 
âgés ». Enfin , les vases à cendres du monastère 
çivaïte (D, st. x\ ) deviennent au Saugatàçrama des 
vases à aumônes (st. xciv). 

Ce sont là, on le voit, des différences assez mi- 
nimes. Dans ses grands traits, l'organisation du 
Saugatàçrama est calquée sur celle des grands mona- 
stères çivaïtes existant alors au Cambodge. 

Les termes brâbmaniques y abondent. On a déy.i 
vu au début l'invocation buddbiqne céder le pas îi 
l'adoration à Çiva. Nous voyons à la fin le roi Yaço- 
varman promettre le ciel de Çiva aux fidèles qui 
feront prospérer le couvent du Sugata. 

Cet éciectisme religieux n'a rien qui doive sur- 
prendre, ni dans l'Inde, ni surtout au Cambodge. 
Le buddbisme y avait des adeptes dès le vii" siècle; 
on (^n a la preuve grâce à des inscriptions spora- 
diques ^ ^açovarman, arrivant au pouvoir en 81 1 
çaka, trouvait donc à côté des sectes brâbmaniques, 
dont il était de par ses croyances le protecteur 
naturel, une petite communauté buddbiqne cpi'il 



* Cf. par exemple, les inscriptions de \ al Prei \ âr de 587 çaka 
(/. .S' G. C, n" X, p. 61); Hin Khon dn vi° siècle çaka (Aymomer, 
Cunibodcje, 1] , p. ii5); Ainpïl Rolo'm, même épocpie (A^AiONiEr. , 
Qacl(jues notions sur les inscr. en vicnx-hlnnêr , J. A., i883 (1), 
p. /i57-458]. 



208 MARS-AVRIL 190.S. 

n'avait aucun intérêt à inquiéter; il fonda poui' elle 
un âçrama sur le modèle des monastères brahma- 
niques qu'il éleva ou consacra aux quatre coins de 
son royaume : cliercbait-il par là à l'absorber peu 
à peu dans le sein du bràbmanisme, ou bien ne 
laisait-il que se conformer aux traditions du bud- 
dhisme cambodgien déjà fortement indouisé, c'est 
ce qu'on ne saurait dire. Toujours est-il que les con- 
cessions faites par le buddliisme au brahmanisme, 
concessions que M. Senart a déjà relevées dans une 
inscription de la fin du x' siècle', ('taient déjà con- 
senties — ou imposées — à la fin du ix*". C'est du 
moins ce qui ressort de l'étude de la présente in- 
scription. 

TEXTE. 



Face A. 

I et n = 1. S. C. C. , n° LV, st. i et ii. 

m (5) sansârapanjaravinissaraiiâbhyupâyain 

yo bodhayat tribhuvanaiii svayam eva buddlna 
(6) nirvvâiiasaukhyaphaladaya krpalmakaya 

buddhaya vandyacaranaya namo stu tas-iiai [| 
IV à xviH^/. 5. C. C, n° LV, st. m ;\ xvii. 
xix (.'îy) ksattravainçanabhaçcandro yo pi kïrtfikaran ki[ra]ii 

(38) kciiapi gambhîrataran dviddlirdabdliim acosayat || 

XX (Sç)) maninïmânase yasya kântiplynsapiirite 

(/jo) nvamajjan manmatho sû>o haradrdiabliayàd iva || 

' Inscription de Siéi Santlior ou Vat Sithor. Cf. Uniir nrchénl. 
i883 (i), p. 189 et suiv. 



LA STELE DE TEP 

xxi (^ii) kirUiilugdhâbdhinisyandair 

(/la) aslhânam Iva lâvanyam 
wii (/|3) catussaslikalâvalyâ 

(44) aksayo vo kalanko pi 
xxiii (^5) yena râjye bhislktena 

(/l6) bhïtvâ harsanayaçasâ 
xxiv (47) garjjadgaiendraniegliânâm 

(48) tatâna castravidvudbhili 

XXV (49) yasyâpi vâbuyugalam 
(5o) savyâpasavyagamitais 

XXVI (5i) rane raiie khilârâlla 
(5a) dagdbvâdahad atrptyeva 

XXVII (53) sâdgunvaprathito yo pi 
(54) prakarsenâpadânânâm 



PRANAM (CAMBODGE). 209 

bhuvane madhurikrle 
vaktre yasyâvasat sadâ || 
vâlvât prabhi'li puskalah 
khyâto nirdukaro bhuvi || 
vidvldbhi'tyainanodirab 
samam âpaditâ bhrcarn |] 
yâne dânâmvuvrslibhili 
prâvrsam yaç carady api || 
vahuvidvidvadhe yudhi 
sahasram iva paltribhih || 
yatpratâpavibhàvasul.i 
tesân cetâmsi yositâiu || 
di'ptadviddbvansane yoidhi 
anantasTina iritab II 



Face B. 



\x\ni (1) udgarjjaly adhikam sinho 

(2) na jâtu vismito yas tu 
XXIX (o) jitâh sad arayo vena 
(4) aneneti hriyevântar 
x\x (5) raksâmvusiktavrddhasya 

(6) yena dattan dvijâdibhyac 
XXXI (7) mania kirttlç caranty ekâ 

(8) skhaled iti bhiyevâçâ 
xxxii (g) saundan^amanditam vasva 

(10) kenâpy' anandavan nityan 
XXXIII (11) yadguiuidhistliitâvâni 

(12) adhvarâgner havirggandha- 
xxxiv ( 1 3) atiçuklagunani visnur 

(i4) dugdhâbdhimadhyam adhy- 

[âste 
XXXV ( 1 5) brahmândamandale yena 

(16) vaço vad varddhitan nityam 



nirjjavann api kunjaram 
nirjjayan râjakufijarâu || 
vayam sarvvajito jitâb 
nnilînâ hrtsu durhrdâm || 
râslramandalabhûruhah 
çrïphalam svâdukàmalah || 
durgge bhuvanagahvare 
yena niskantakâli krtal.i | 
mukhâkhandendumandalam 
nârïnavananîrajam || 
bhavinâm alipâvani 
garbheva marutâii galil.i || 
yyam vidambayitum dhru- 
[ vain 
kâr.snyam lumpann ivâtma- 
[nal. Il 
yaçobhir bliarite punali 
anyatpûryyan nu tad bha- 
[vet 11 

i4 



210 



MARS-AVRIL l'JOS. 



XXXVI (17) 

XXXVII (19J 

xxxviii (21 

(22J 

\xxix (28) 

(2/0 

XI- (25) 

(26) 



XLI 



(28) 
(29] 



(3o) 

XLllI (3 il 
(32] 

xi.iv (33) 

(34) 
xi.v (35) 

(3()) 
XI. VI (3' 

(38) 
XI. VII (3g) 

(4o) 

XI.VIll (4i 

XI. i\ (/|3) 
[Mv] 

L (45) 

(46) 



yasya tejo ravas smiivâ 
prâvj ikâle tisantâpâ 
anârataiu ralo vasva 
hrdf^'uhâyâiii \ r.sânkasya 
dhane dhanâyayâ yasya 
yâvat pûniiio rthinâm aithali 

anantavidyo lokeço 
yaç rankaro pi salatan 
api hemâcalalanuli 
kathaiii apv avidan;nii yo 

aho saiïsarggamâhâtmyam 
yasmin niccakTyâ lagna 
kalikalorijilaii jitva 

talsarK-rayâd ivâmarso 
niraslakantakain smilain 
ekacchalrâm avi.samâin 
yo pi kliadgasahâyo pi 
akrûraparivâro yam 
yasyâjnâsvantasaiTivâsa- 
sâmâdibliir yyathâbhavyam 
ko liarer aniruddhâres 
yasya tv abhrântacakreiiâ- 
sa çrivacovaniimanjpo 
saugatâbhyudayâyailam 
çâsanaiii rrïvaçovarmma- 
kulâdhyakseiia karltavyan 
vidaddbyâd âçrainasyâsya 
uttarollarasainvrddluins 
atithîn mânayed yalnâd 
atilher iiiinananât krtyani 



vane vrslijadâ api 
yugântâgnihatâ iva )| 
|)uskalângo vr.so bhavat 
sannidhane vidbor iva il 
lavad eva vijiTnbhitam 
kaulais tirnnasva kiiii J)ha- 
[vcl II 
visasthali kâmadîpanali 
dattadaksodayu bhavat || 
prajvalann api tejasa 
hrtsu ti.slhan sukham vva- 
[dhal II 
laksinïr api calâcalâ 
bhâratyâ yad acâpalâ ij 
yo dhannnu'iiaiva duslsi- 
[tam 
nirjjigây^âkhilân ripûn \\ 
>o vidhvastamahîbhilam ' 
pilhvîin prlhiir ivâkarot. || 
râjasiùhani.sevitah 
iti kenïipy udiritali |j 
dharmmasN evanucâsanât 
upâyair nyana>al prajali || 
svacakrabhrântibl)ir jjayali 
niruddhâncalâj ja^ali !' 
iirpiMichali kainbul)luipatili 
krtavân saugatiiçrainam || 
râjasycdam ihâçranio 
ki'lsnaili karmmakarair ili || 
parivarddhanasaiiipadam 
tajjanân api pala^ct |i 
âtithyâni ca varddhayet 
adhikani sth<âninan na lil || 



' C.orr. "hliilâin. 



LA STÈLE DE TKl» PU.WAM (CAMBODGE) 



211 



[/v]) athâvanïndra evâtra savarodho pi va gatah 

(A8) tani yathâçramasainpaiti yatnais suravad arccayet 

Ml à i,u -/. S.'C. C, n" LVI, C,, sL 1 à 3. 



Face C. 



I.\U 


(•'' 




(^] 


I.VIII 


(7) 




(8) 


I.XIII 


(17) 




(18) 


LXVII 


(25) 




(.6) 


LXVIII 


(^7) 




(.8) 


I.XIX 


(''•9) 




(3o) 


lAX 


(01) 




(32) 


l.XXI 


(33) 




(34) 


i.xxn 


(35) 




(36^ 


i.xxui (07) 



i.v cl i.vi-/. s. C. C, n' LY[, C,, st. i cl 5. 
vidyâbliujo dvijâl kin cid iinani âcâryyam arccayet 

buddhajàânavldam çâbdani dvividan tu vicesatah |) 
buddhajnâna vidhânajnâç chabdaçâstravidas tatliâ 

addhyâpakam vlcesena tâbhyâm âcâryyam arccayet •' | 

Lix à i.xii = /. 5. C. C. , n° LVI , C^ , st. 8 et 1 1 . 
çràddhoparâgakàlesu pindavisuvayor api 

tandulasyaikayâ khàryyâ prakurvvïta yathâvidhi ^ || 

Lxiv à Lxvi=/. S. C. C, n° LYI, Cj, st. i3 à i5. 
nabhasyasya caturddaçvâni çuklâyâm utsavan tathâ 

kuryyàd dânam pradadyâc ca buddhacàstre yathodita[m] || 
yaçodliaratatàkàkhya- tîrthasnânavidhâyakân 

tasyân tapasyamâsasya paurnnamâsyân ca bhojayet 

trisandhyavidhisamsaktâç çïlâdhyayanatatparâli 

grhasthakarmmanirmmuktâ jatayo vijilendriyâli || 



varsâsv ananyaçayitâ 
svadharmmakarmmasaktâs te 
yatayaç çilarahilâ 
svadharmmakarmmavibbras- 

a- 

bhiksavo yatayo ye pi 
etesâin iyatî vrttir 
catvâri dantakâsthâni 



ekabhaktena jîvinali 
vâstavyâs saugatâcrame !| 
dustâç çrutavivarjjitâli 
nirvvâsyâs saugatâçramat 

sadâdhyayanatatparâli 
ddâtavyâ prativâsaram i| 
tathâsta kramukâni ca * 



' Les stances XLvni à li correspondent aux stances \ à 7 (rui- 
nées) du Thnâl Bàrày : /. S. C. C. . n° LVI, B^. 

^ Ces deux strophes correspondent aux stances fi et 7 dn Ihnal 
Bàrày :/. S. C. Cn" LVI , C,. 

^ Cloka identique, sauf le li" pâda, à I. S. C. C. , n" LVI, C,, 
st. 12. 

^ Ces six rlokas et demi (lxvii-lxxiii l>) correspondent à une 

a. 





(38) 


LXXIV 


(39) 




(4o) 


l.\XV 


(4i) 




m 


I.XXVI 


(■^.3) 




(A4) 


LXWIl 


m 




m 


Lxxvn 


(47) 




(48) 


I.XXIX 


(49) 




(oo) 


LXXX 


(5i) 




(5.) 


LXXXI 


(h3) 




(^>4) 



212 MARS-AVRIL 1908. 

tanclulârddhâdhakânnan ca ' sasiis iaiiihûlakâni ca || 

dîj)ikâiiiu[s]tir ekâ ca tallialdhasv>Ika|)tdakah 

âcâryyâyalva sarvvâiii [liini] dadyat prayalnatali || 

dantakâsl liât ra vaiii sàrd- tandidaiu |)ra[slhabhaklakain 

[dhajn^ 

taiiihidavincalî dve ca [kjratnukâiii sad cva ca H 

ekâ ca dipikâmuslir indlianasyalka[)rilakah 

yatibhyaç ca pradeyâni [vjrddhebhyastânisarvvaçal.il 

danfakâslhadvayan caiva iandulaiij prasthabhaktakam 

Irlnçat tanibûlapattrâiii catvari kiainuka[iil ca j] 

tathalva dïpikâmusiir okaidhasyai[kapûlakah] 

yauvanaslhriya yataye piadeyain sarvva [— ^— ||] 

tadannan d[v]it[ri]kudavâs landulâh kra[mukadvayam] 

tambû[lavinçatiç calkâ] dïpi[kâiim.slir —^— î|] 

vi-ltir [dd]e[yâ ^-^- ||] 

111 

tan(hi[la] 

d dadyâd evaudanikrta[m P] 



Face D. 

iAxxii = i. S. C. C, n" LVl, D, st. 3. 
i.wMii (3) dliripal)hâjanabhrngârau vahnibhâjanani l'va ca 

([A ekaikaçaç catuniimâsa- lihogyâny otâni yatnalali | 

i.xxxiv ib) âcâryyebliyrdi pradeyâni vrddhabliiksiibhva eva ca 

(Oj riktapattrani iiiasïiii mrtsnaiu adliyetisu diccd api || 



lacune de cinq çlokas et demi de rinscri])lion du Tlinal liàrày 
(intervalle entre (1, et (î.,). 

' Lwm t-i,x\iv (/correspond à /. S. C. C, n° L\ I , ('..,, si. i u- 
2 h. 

* Lxxv-Lxxvm = /. .S'. C. C, n°LVI, C, , st. a r-G /) (ruinées en 
partie). 

•' i,xxi\-LXX\i paraissent correspondre à /. .S'. C. C, n° L\ I , C^, 
st. 6 c-D, st. 2. 



r.A STKLK 1)K TÉV l'UANAM (CAMB(3D(;E) 



2i;i 



I.WW 


(7 




(«) 


1,\\\1\ 


(.:>) 




(.G) 


\(.IV 


(.5) 




(.G) 


xcv 


(^^7) 




(.8) 


xr.vi 


(^^9) 




(So) 


xr.vii 


(3.) 




(32) 


XC.VIII 


(33) 




(«'^4) 


\C.I\ 


(35) 




(36) 


c, 


(•''7) 




(38) 


CI 


(•^9) 




M 



doce kâle ca saniprâpto bhojanam parivanldliayel 

hliojayet lu viçesena paficolsavasamâj^'^amo ' || 

Lxxxvi à i,xxxviii = /. 5. C. C, n" LVI, I), st. 7 à (). 
ahiùsrân sakalân saUvân âçramasyàsya sannidhau 

yacodharatalâkasya lasyânte ca na hiiisayel ■ || 

xc à xcin = /. 5. C. C. . n" LVI, D, st. 1 1 à i/i. 



yad àçramopakat anaiii 
bhiksâbhâjanacakrâdi 
paryyâya paiicaiyyârhani 
dâsïdâsan tad ubhayoh 
dvau lekhakau râjakulî- 
tâmbûlikau ca pânïya- 
ulkaidhabârâc catvâras 



bemanipyadi ^ kalpitam 
bhlksârthan nânyato harot 
etâvat parikalpitam 
paksayoh çuklakrsiiayol.i ' || 
pâlau pvistakaraksiiiau 
hrirau sal pattrakârakab || 
tathâ câkâdlhârakâh 



dasaç ca dvau tadadhyaksav asiau bhaktakara janali 



dâsyas tandulakârliiyo 
tac ca piiidikrlain sarvvani 
adbyâpakavidagdhasya 
janân adhyâpakasya trîn 
paricaryyakarâ dasâ 
panca câtyab kulapates 
yady evam çâsanam idan 
nlrddayan dandyatâni râjnâ 



dvâdaçaiva prakalpllali 
pancâçat parhnânakani | 
çilasamvaranasya ca 
kalpayet paricârakât || 
navaikâ dâsikâ ksurau 
sûcyau daça krsïvalab [| 
nânukuryyât kulâdhipal 
sa câyaltas tapasvisu || 



41 



42 



(43) 



f/./.' 



bbavlsyalali kambujarâjarâjân 
sa ciiyaçovarmmamahâdhirâjah 
punali punar yyâcata eva dharmmam 
irnan nrpendrâli parlraksateti || 
sanâtano bhfimlbhujâni bi dharmmo 
dbarmniasthitinâni pariraksanam yat 
varnnâçramânâm surapûjanânân 



' Lxxxiir-Lxwv correspondent à /. S. C. C, n" LVI , D, st. 'i-G. 

- Çloka identique, sauf le premier pâda , à /. .S'. C. C. . n" LVI, 
D, st. lo. 

^ Lire : "rûpya". 

* xc(V-\cv correspondent à /. S. C. C, n" LVI, D, st. i5-iG. 
Toute la fin de l'inscription du Tlinrd Ràrày manque. 



214 MARS-AVRIL lOOS. 

daiidyesii daiulac ra \alh;~iparâdhaiii ! 
civ (/|3) dharmmâtibhârân bliavalo pi janan 

punal.i punar (Idharniniadhaiiali piayace 
(/l6) svadharmmasaniraksanalubdliabhâvo 

dharmmï na trplo sli bi dharmmamârgiifaili || 
cv (/|y) samraksyaniâiie inania câsane smln 
sambhâvinali kambujalibfimipâlrdi 
(48) sainvarddhayisyantl ca çâsanani vah 
prâf^bbûpakarmmânukaroti bhùpali || 
GVi (/19) ye mantriiias sarvvavaladhipaç ca 

duslam yadi syât sugatâçrame smin 
(5o) lai kambujendrâya nivedayantu 

niantryâdisaristhali khalii sarwalihârah || 
nvii (5i) YO çrlyaçovarmmanarâdhipcna 

çrîkambujendreua naiâdidaltam 
(52) ikâçrame lubdhatayâ haranti 

sabândhavas le narakani pataiitu | 
GYiu (53) yc çraddhayâ paramayâ parlvarddha\anli 
tat sarvvam eva suranâtbapadani prayânlu 
(54) nirvvâdhaiii agryam anagham saha bandhuljhis to 
yâvan nirgânkalapanau bhuvane vibhatali || 

Conclusion au bas de la face A. 

cix amvujefndrapralâpena kajmvujendrona nirmmitaiii 
amvujâkse[na tenedain] kani\iijâksaram akli[y]aya î| 

l'" INSCRII'TIOiN KHMÈRE. 

[Aj] 927 çaka vyar ket vaiçâkha sanaiçvaravâra sankrâula nu 
kaniinralen kanitva[Bj]n an çrïsûryyavarmmadeva pro ibvo 
vrab virâçrama duk slarâ kâçikâ jinendra [C,] . . . dana 
kbi'uiin 20 la paripfda nu sro jeu. . . [DJ saugalacraina li 
Yioli ihlvan 5 sre bliavapalli vrob 20 src ugravâsa vroli 20 
AJ neh vrab virâçrama nu camnâm ta (?)liba ncbba la viali 
pâda kanimraten karntvan an crî [BJ sûryvavarmmadeva kal- 



LA STELE DE ÏEP PRAXAM (CAMBODGE). 215 

pana ta vial.i sani^alaçrama «^'hokampit gho thkan gho kanluk 
gho[C„] . . . gho phsaiu (?) lai paron kvan || tai vrahma kvan || 
tal jvik kvan ià , . . [DJ . . . [GJ . . . lai kaijivit tai pa. . . 



2 INSCRIPTION KHMERE. 

[B J . . . yatta ta kulapati adhyàpaka . , . [B J \ rali vïrâçra- 
ma ta ti a . . . khnum . , . [B J . . . yatta ta kulapati adliyâ- 
paka 

[C] illisible. 

[D|] . . . [kajvindrârimâthana panka thpvraii nivedana ta 
vrah 

[DJ . . . nu sruk kutiçvara . . . vrali kalpinâ . . . [1)J . . . 
nâ ivan sruk . . . isia mratàn. 



TRADUCTION. 

I et II. /. iS. C. C. , n° LV, st. i et ii. 

m. A Celui qui a éveillé les trois mondes à la connaissance 
du moyen propre à délivrer du filet de la transmigration , 
après qu'il se fut éveillé lui-même (à cette connaissance), à 
Celui qui procure le bonheur du Nirvana, au Buddha com- 
patissant dont les pieds sont vénérables, hommage soit 
rendu ! 

IV à xviii = /. iS. C C. , n" LY, st. m à xMi (= n° XLIV, 
st. Il à XVI ). 

XIX. Lune de ce ciel qu'est la race des Ksatriyas, il a , en 
projetant le ra> on de sa gloire, desséché en quelque sorte 
l'océan insondable du cœur de ses ennemis. 

XX. FurieuK, et comme par crainte du feu de Hara 
(Giva), l'Amour se plongea dans le cœur de ses femmes, que 
remplissait le nectar de sa beauté. 

XXI. Sur la terre rendue délicieuse [o« ; douce comme 
le miel] par l'épanchement de l'océan de lait de sa gloire, la 



216 MARS-AVRIL 190S. 

grâce [on : la qualité d'être salée], n'ayant pour ainsi dire 
plus do place, alla demeurer pour toujours sur son visage. 

xxir. Charmant, depuis son enfance, par (ce qu'il possé 
dait) la série des soixante-quatre arts [on : des soixante- 
quatre kalâs], il était une lune sur cette terre, bien qu'il 
fût impérissable [ou : sans diminution] et sans tache. 

xxiii. Lors de son sacre, il gagna sur-le-champ les pays, 
l'esprit et les ministres de ses ennemis, à la fois par la crainte 
qu'il inspirait et par l'éclat de sa renommée. 

XXTV. Il prolongeait jusqu'à l'automne la saison pluvieuse, 
par la j)luie de mada que, dans ses expéditions, l'éclair de 
son épée faisait tomber de ces nuages qu'étaient ses élé- 
phants barrissants. 

XXV. Dans la bataille où les llèches qu'il lançait de droite 
et de gauche anéantissaient ses nombreux ennemis, ses 
deux bras en valaient mille. 

XXVI. Le feu de sa sjilendeur, comme s'il n'était pas satis- 
fait d'avoir brûlé dans chaque combat tous ses ennemis, 
brûla les cœurs de leurs femmes. 

XXVII. Bien qu'il fût renommé pour les six f/iinas (relatifs 
à la politique d'un roi), la grandeur de ses exploits dans lo 
combat destructeur des ennemis arrogants faisait dire de lui 
qu'il possédait des gunas (vertus) sans nombre. 

wviii. Le lion rugit terriblement, même quand il vainc 
l'éléphant; lui au contraire ne faisait preuve d'aucune arro- 
gance quand il vainquait ces éléphants que sont les rois. 

XXIX Les six ennemis (intérieurs) ' vaincus par lui, se di- 
sant : «Nous à qui rien ne résiste avons (pourtant) été 
vaincus par lui», se cachèrent honteux dans les cœurs de 
ses ennemis. 

XXX. 11 donna aux Brahmanes [on : aux oiseaux] et aulros 



' 1.0 (It'sir [Lâinn), la colère. [l,-rntlli(t) , la cupidilè (/o/i/ja ) . rèL;a- 
rcmi'iil (//io/m(), l'oi-giuMl {iniuln),\\'u\\c [inâl.iarjny 



LA STELE DE TEP PRANAVI (CAMBODGE). 217 

le IVuit Fortune de cet arbre qu'était lensemble de ses 
?jtats, et qu'il avait fait croître en l'arrosant de l'eau de sa 
protection, par désir de (produire) quelque chose de savou- 
reux. 

XXXI. « Ma gloire marchant seule dans le gouffre im|)rali- 
cable de la terre pourrait trébucher » , c'est dans celte crainio 
qu'il débarrassa les quatre points cardinaux de ses ennemis 
[ou : des ronces]. 

XXXII. Le disque de la pleine lune de son visage, doué de 
beauté, réjouissait en quelque sorte éternellement ce lotus 
qu'est l'œil des femmes. 

XXXIII. La terre imprégnée de ses vertus était souveraine- 
ment purifiante pour les hommes, et l'atmosphère était en 
quelque sorte engrossée du parfum des oblations provenant 
du feu de ses sacrifices. 

XXXIV. Assurément, c'est pour pouvoir rivaliser avec ce 
roi aux vertus éclatantes que Visiiu se plaça au milieu de 
l'océan de lait, comme effaçant (par là) sa propre obscu- 
rité. 

XXXV. Puisqu'il a rempli l'univers entier de sa gloire, 
cette gloire qui est sans cesse à son apogée pourrait-elle 
être égalée par une autre (gloire) ) 

XXXVI. Rien qu'à se souvenir de son éclat, ses ennemis, 
bien que glacés par la pluie au fond des bois, furent, en 
pleine saison pluvieuse, en proie à une chaleur extrême, 
qui les anéantissait comme le feu de la fin du monde. 

XXXVII. La Vertu [on : le Taureau] aux membres superbes 
se plaisait sans cesse dans la caverne du cœur de ce (roi) ver- 
tueux [ou : de Vrsânka = Çiva] comme dans la demeure de 
la Règle [ou : de Brahman]. 

XXXVIII. Sa convoitise des richesses s'étendait seulement 
jusqu'au point où les besoins des malheureux étaient satis- 
faits : pour celui qui est déjà arrivé au salut qu'importent 
les héritages ? 



218 MAIiSAVRIL 1908. 

\xxix. Ce maître du monde [ou : ce Lolveça--Çlva] ayant 
une science infmie [ou : la science de Çiva], attaché à la 
vertu [ou : monté sur le Taureau], excitant les désirs [ou : 
ayant brûlé Kàma], donnait des récompenses aux habiles 
[ou : à Daksa '], bien qu'il fût bienveillant [ou : Çiva]. 

XL. Bien que son corps [doré] comme le Meru llamboyât 
en quelque sorte d'éclat, il devenait une source de plaisir 
on demeurant dans le cœur de ses femmes. 

XLi. Ah! la merveilleuse union (que celle de ces deux 
déesses! puisque) la volage Laksmî réunie en lui avec la 
constante BhâratI a renoncé à sa mobilité. 

Xi.il. Après avoir vaincu par sa loi le mal paissant pen- 
dant le Kaliyuga, et comme furieux que ce (mal) ait trouvé 
un reluge (en eux), il a vaincu tous ses ennemis. 

XLiii. Tout comme Prthu, il a débarrassé la terre des 
ennemis [ou : des ronces], Ta rendue souriante, en a chassé 
les rois [on : les montagnes], l'a soumise à son hégémonie 
et en a supprimé les dangers [ou : les inégalités]. 

XLiv. Bien qu'il eût pour compagnon son glaive et qu'il 
fût servi par des lions — les rois — on disait de lui qu'il 
avait en quelque sorte une cour polie. 

XLV. Lui dont la puissance avait le même domaine que la 
vertu, ses instructions dirigeaient ses sujets par les moyens 
convenables , la douceur et les autres. 

XLVi. Qu'est la victoire de Hari, ennemi d'Aniruddlia , 
remportée à force de brandir son cakra? Lui, c'est avec im 
caltra immuable [aniruddlia) et sur des centaines (rcnnemis 
incoercibles qu'il a triomphé. 

XLvri. Le roi Çrïyaçovarman , roi des rois, souverain de 
la terre de Kambu, a fait ce Saugatâçrama pour le bonheur 
des Buddhistes. 

xi.viii. Que ce décret du roi (Çrïyaçovarman soit exécuté 

' Tandis que Çiva, hii, a [nini Daksa. 



LA STELK DE TKP l'RANAM (CAMBODGE). 219 

dans cet âçrama par le kaladhyalisa ainsi que par tous les 
serviteurs. Tel est (Tordre du roi). 

\i.ix. Qu'il veille à ce que cet âçrama s'enrichisse ahon- 
tlainment et qu'il en protège le personnel à mesure que ce 
dernier augmentera. 

L. Qu'il honore avec soin les hôtes et développe les actes 
d'hospitalité; car pour les gens haut placés, il n'est pas d'ac- 
tion supérieure au respect envers l'hôte. 

i.i. Et si le roi vient ici avec ses femmes, qu'on prenne 
soin de l'honorer comme un dieu, selon la (brtune de 
W'içrama. 

LU. Car, maître suprême de la terre, il a été déclaré le 
(jnrn du monde entier. Ce qu'il désire, que chacun le fasse, 
selon ce verset du Vyâsa : 

LUI. Qui manque de respect au roi, le cjiira du monde 
entier, ne voit fructifier ni ses dons, ni ses sacrifices, ni ses 
offrandes aux mânes. 

Liv. Ensuite, le brahmane doit être honoré par-dessus les 
autres; s'ils sont plusieurs, qu'on tienne compte d'abord de 
leur conduite, ensuite de leurs belles qualités, enfin de leur 
science. 

T.v. Le râjapiitra, le mandarin, le chef d'armée, l'homme 
de condition, doivent tous être honorés dans l'ordi'e où ils 
viennent d'être nommés, sans aucune négligence. 

LVi. Particulièrement , le brave doit être estimé qui a 
prouvé sa vaillance dans le combat; l'homme qui aime le 
combat doit l'être au-dessus de ceux, qui le refusent; car 
c'est sur lui que repose la défense du droit. 

i-vii. Qu'on honore, un peu moins que le liràhniane qui 
possède la ] idyd, Yâcâiya versé dans la doctrine buddhique 
ou la grammaire, et, de préférence, celui qui est versé dans 
l'une et dans l'autre. 

Lvm. Qu'on honore de préférence à celui qui sait les pré- 



220 MARS-AVRIL 190S. 

ceptes (lo la doclrine Imddhique ot à celui qui connaît le 
Çalxlaçâstra , ïdcârya (jui enseigne (ces connaissances). 

T. IX. A l'égal (le VâcârYa doit être honoré le maître de 
maison qui a reçu une bonne instruction. Car, des qualités 
ac([uiscs, la meilleure est la science, a-t-il été déclaré par 
Manu. 

LX. La richesse, la parenté, l'âge, les œuvres pies et, en 
cinfjuième lieu, la science, tels sont les titres au respect, et 
L> suivant l'emporte chaque fois (sur le précédent). 

LXi. Les gens du commun sans exception , les jouven- 
ceaux, les vieillards, les soufireleux, les misérables, les dé- 
laissés, qu'on les entretienne avec soin de nourriture, de 
médicaments et des autres choses nécessaires, 

r.xii. Que toujours on fasse PolTrande de l'or selon les 
prescriptions , et qu'on honore aussi une vache brune en lui 
présentant de l'herbe et en lui rendant le service d'iiom- 
mage. 

LXiii. En temps de çrâddhn et d'éclipsé, et aux équi- 
noxes, quand il y a présentation de gâteaux funèbres, qu'on 
fasse selon la règle une offrande d'une khârî^ de grains de 
riz. 

i.xiv. Ceux qui par dévouement sont tombés sur le champ 
de bataille, les dévoués qui ont rendu l'âme, ceux qui sont 
morts sans pain, malheureux, délaissés, dans l'enfance ou 
dans la vieillesse, 

i.xv. pour tous ceux-là, qu'on lasse chaque fois à la lin du 
mois une offrande funèbre de gâteaux pour lesquels on em- 
ploiera quatre ddlinkas de grains de riz. 

lAVi. Les gâteaux se feront dans Wicrdiiuf; puis on les 

' 1 hliân^=f\ âdliaLa; i âdlialia —- [\ praslha; i prnsthn= fi lai- 
ilaïa. (Mesures de capacité ditricilcs à identifier ici, dans l'igno- 
rance où nous sommes de l'éclielle employée.) 



LA STÈLE DE TEP PUANAVI (CAMBODGE). 221 

a{)|)orlera tous ensemble et on en fera l'olTrande ici, sur le 
bord de cet étang de Yaçodhara '. 

LXVii. Le quatorzième jour clair de Nabliasyu (aoàl-s('[)- 
lembre), qu'on célèbre une Tète et qu'on fasse une distri- 
bution d'aumônes, ainsi qu'il est dit dans le Biiddhaçdslia. 

Lxviti. Que co jour-là ainsi qu'à la pleine lune du mois 
de Tnpasyd (révrier-mars) on olîre un repas à ceux qui ont 
fait leurs ablutions dans le tîrlha nommé \açodliaratalâka. 

Lxix. Les yalis qui ont vaincu leur sens, observent les 
rites des trois sandhyâs ^, s'attachent uniqviement à la vertu 
et à l'étude, sont libères des devoirs du grhastha, 

Lxx. n'ont pas d autre asile pendant la saison pluvieuse, 
se contentent d'un repas par jour et remplissent les devoirs 
de leur propre condition , doivent être hébergés dans le 
Saugatâçrama. 

Lxxi. Les y (dix sans vertu, de mauvaises mœurs, ignorant 
la Çriili, négligeant les devoirs de leur propre condition , 
doivent être chassés du Saugatâçrama. 

Lxxii. Aux hkilisas et aux jalis qui se sont voués à 
l'étude doivent être distribués chaque jour les moyens de 
subsistance nécessaires. 

i.xxiii. Il cure-dents et 8 noix d'arec , une portion de ri/ 
de un demi-âdhaka , et 60 feuilles de bétel , 

Lxxiv. une poignée de d'ijàkà ^, un fagot de bois : qu'on ait 
soin de donner tout cela à VCtcâiyu; 

Lxxv. cure-dents, une portion de riz de 1 pvaslha , 
4o feuilles de bétel et 6 noix d'arec, 

Lxxvi. une poignée de dlpikà, un fagot de bols : qu'on 
donne toutes ces choses sans en omettre aucune aux yalis 
âgés; 

* Le Tlinâl Bàrày actuel. 

^ Le lever du soleil, midi , le coucher du soleil. 

' Graine stomachique. 



222 MARS-AVRIL 19 08. 

i.xxvn. 2 cure-dents, une portion de riz de i prasllia, 
3o feuilles de bétel, 4 noix d'arec, 

i^xxviii. une poignée de dîjnkâ, un fagot de bois : qu'on 
donne tout cela à unyali encore jeune. 

i-xxix. Sa nourriture, deux ou trois kndavds de riz. . ., 
noix d'arec . . . , feuille de bétel. . . , d'ipikà. . . 

Lxxx. ... la sulDsistance . . . 

Lxxxi. . . .riz. . ., qu'on le donne après cpi'il aura été 
bouilli. 

i-xxxii. Trois bols (de grains) feront dix bols de bouillie. 
Les participants (à la distribution) seront servis dans l'ordre 
où ils se présenteront (o« : selon leur rang?). 

Lxxxiii Un vase à encens, une aiguière et un vase pour 
le feu, par personne, pour être employés avec soin ponrlant 
quatre mois , 

Lxxxiv. doivent être donnés aux àcàryas et aux hhiksus 
âgés. Qu'on fournisse aux étudiants un Icuillet Aide, du noir 
animal et de la craie. 

Lxxxv. Qu'on augmente la nourriture en tejups et lieu, 
et quOn offre de gros repas surtout à l'occasion des Cinq 
Fêtes [pancotsava). 

l-xxxvi. On dormira chat|ue année (à lour de rôle) dans 
toutes les cellules; une fols dans leurs cellules, les jalis ne 
seront plus aux ordres de Vadliyaksd. 

Lxxxvii. Si des innocents viennent en Ircmblant cbcrcber 
ici un refuge, on ne les livi'era pas à leur perséculeur, et 
celui-ci ne se saisira pas d'eux. 

Lxxxviii. Mi par acte, ni par pensée, ni par parole on ne 
fera périr (ici personne); on ne promettra pas non plus en 
aucun cas une récompense (pour cela) à un autre {ou : on 
n'indiquera pas non plus à un autre celui qu'il poursuit ) , soit 
en dedans , soit en dehors de Vâçvama. 

i.xxxix. Que, dans le voisinage de cet dçraina et sur le 



LA STÈLE DE ÏEP PRANAM (CAMBODr.E). i>23 

bord de l'étang de Yaçodhara, on ne fasse pas de mal au\ 
êtres Inoffensifs. 

xc. Une lUie du roi, une pelite-fdle du roi, les vieilles 
épouses du roi seront honorées ici comme les autres hùles; 
mais elles ne monteront pas dans les cellules. 

xci. Quant aux autres, femmes du commun ou dont l'iu- 
conduite est notoire, elles n'obtiendront pas d'entrer ici, 
même si elles se présentent (pour chercher refuge). 

xcii. Que les chefs des quatre ordres s'unissent tous pour 
protéger avec zèle cet étang de Yaçodhara. 

xciii. Le bien que, grâce à des (bienfaiteurs) opulents, 
auront amassé les serviteurs de cet âçrama, ne devra pas 
être détourné ailleurs, ni consommé sans profit pour 
Vâçrama. 

xciv. Tout le matériel de Vâçrama, objets d'or, d'argent 
ou d'une autre suljstance, ainsi que les vases à aumônes, 
les cakra ' et autres , ne doivent être pris que pour faire la 
quête, et non pour un autre but. 

xcv. La troupe des esclaves mâles et femelles, chargés du 
service à tour de rôle dans la quinzaine claire et dans la quin- 
zaine obscure , est l'épartie ainsi : 

xcvi. deux scribes, deux gardiens de la /li/fr royale, deux 
gardes des manuscrits, deux fournisseurs de bétel, deux 
porteurs d'eau; six pattrakdras ' ; 

XGVii. cjuatre porteurs de torches, des esclaves chargés de 
cueillir les légumes etc., deux surveillants pour ces esclaves, 
huit cuisiniers , 

xcviii. douze esclaves femmes préposées à la préparation 
du riz; ce qui fait un total de cinquante esclaves. 

' Peut-être des plateaux. 

^ Peut-être les gens chargés de préparer les feuillets destinés aux 
étudiants (cf. st. lx\xiv). 



224 MARS-AVRIL 1908. 

xcix. Qu'on mette dix liommes à la disposition de iudliyu- 
juka, remarquable entre fous, et trésor de vertus, 

<:. et neuf esclaves cliar<;és du service, une ddsilm , deux 
rasoirs, cinq pièces détollV, deux aiguilles, dix agriculteurs 
à la disposition du kalapaii. 

CI. Si le kulâdliipa n'exécute pas ce décret, il sera puni 
sans merci par le roi et livré aux tapasvins. 

(.II. Le grand roi Çrïyaçovarnian implore sans relâche 
les rois futurs des Kamhujas : «Que les rois protègent 
cette loi , 

cm. «car la l'onction éternelle des rois est de niaintcMiir 
les rèirles de la Loi, les castes et les âcranKu, les cultes des 
divinités, de punir les coupables en proportion de leurs 
fautes, 

c.iv. «Vous êtes, je le sais, surchargés de devoirs : pour- 
lant je vous implore avec insistance, vous qui êtes fidèles au 
dcxoir; car J'honnne vertueux, dont le cœur est avide de 
maintenir son propre devoir n'est jamais las de la route 
du devoir. 

cv. « Si vous obsei'vez cet édit promulgué par moi , les 
rois de la terre de Kambu (qui vous succéderont) exécute- 
ront (à leur tour) vos ordres fidèlement : car un roi imite 
les actions de ses prédécesseurs. 

cvi. « Si quelque délit venait à être commis dans ce Suga- 
tâcrama, les mandarins et les chefs d'armée en informeront 
le roi des Kambujas : car toutes ces charges incombent aux 
mandarins et autres dignitaires. 

cvii. «Que ceux qui par convoitise prendraient dans cet 
âçrania les esclaves ou autres présents donnés par Çriyaço- 
varman, roi des Kambujas, tombent dans le Naraka avec 
leurs parents. 

r.viii. «Que c(jux qui, pleins d'une foi extrême, enri- 
chiront cette fondation aillent avec leurs parents au si'jour 



LA STKLE DE TEP PRANAM (CAMBODGE). 225 

eici'lli'rit, sans trouble, el sans défaut de Çiva, aussi long- 
temps ([ue la lune et le soleil brilleront sur la terre. » 

Cix. Majestueux comme l'Indra des anihujas (le lotus ou 
le soleil), le roi des Kambujas aux yeux çVamhitjas (de 
lotus), a tracé ces caractères nommés caractères des Kam- 
bujas. 



LES SCHISMES DE L'EGLISE NESTORIENNE. 227 

NOTE 

SIR LES SCHISMES 

DE L'ÉGLISE NESTORIENNE, 

DU \\r AL \LV SIÈCLE, 

PAR 

M. J. LVBOLRT. 



Du v" au xiii^ siècle, l'Église neslorienne a été 
divisée par une fouie de schismes. Si div erses qu'elles 
aient été, les causes de ces dissensions se ramènent 
à deux principales : les conflits de juridiction et 
les dissidences doctrinales. Ces dernières n'agitaient 
guère les esprits vers la fin de l'empire Abbaside. 
La culture intellectuelle était devenue le privilège 
du petit nombre. Les fléaux de tout genre qui ac- 
cablèrent les nestoriens à cette époque, guerres, 
pestes et pillages, ne laissaient point de répit pour les 
controverses théologiques. Au reste, l'Eglise syrienne 
orientale , bien déchue de son antique splendeur, ne 
comptait plus qu'un nombre restreint d'adeptes , 
éparpillés le long des routes commerciales de l'Inde 
et de la Chine, groupés seulement à Bagdad, Mos- 
soul, Amid, Djeziret ibn-Omar, Nisibe, Arbel , ker- 
kouk, Salamas, dans les anciennes provinces d'Adia- 



228 MARS-AVRIF. lOOS. ' 

bt'iie el d'Aderba'Kljan et surtout dans les montagnes 
que se disputent actuellement la Turquie et la Perse. 
Ou plutôt les controverses théologiques change- 
ront de nature. Il ne s'agira plus seulement de discu- 
ter tel ou tel point du dogme nestorien. Ce dogme 
même est en cause, dans sa totahté. Les dissidents 
se rallieront à l'Eglise romaine représentée en Orient 
depuis les croisades par d'actifs missionnaires domi- 
nicains ou franciscains, ambassadeurs peipétuoHe- 
ment députés par les Papes pour nouer des relations 
avec les Mongols non encore islamisés, et écraser 
ainsi entre les principautés latines et les nomades 
jaunes les musulmans maîtres du tombeau du (Christ 
et toujours menaçants pour Conslantinople et la 
chrétienté occidentale. A certaines époques on es 
péra même réconcilier avec Rome tous les nesto- 
riens, notamment lorsque les patriarches Sabriso' 
ibn-al-Masih en l'ilx'] et Yahbalaha III en 1287 
cm'ent expédié en Europe des négociateurs officiels 
qui traitèrent avec les papes Innocent IV et Nico- 
las IV. Mais cet espoir fut déçu. La conversion des 
Mongols à l'islamisme ruina définitivement les chré- 
tiens nestoriens. Ils tombèrent si bas, qu'au milieu 
du xv" siècle la charge de catholicos devint, au mé- 
j)ris de toutes Iqs règles ecclésiastiques, héréditaire 
dans une famille où elle se transmettait d'oncle à 
neveu. Cependant cette dignité si précaire ne laissa 
pas d'être ambitionnée. Les conq^étitions furent tout 
aussi âpres que dans l'antiquité. Le zèle religieux 
n'en fut guère la raison déterminante, mais plutôt 



LI£S SClllSMKS DK L'ÉCLISH NESTORIENNE. 229 

les rivalités de familles oii.de villes, rinterventioii 
des notables laïcs ou des autorités turques, enfin la 
cupidité des évêques et des clercs. 

r^e souci de l'orthodoxie n'appartenait qu'aux mis- 
sionnaires latins, établis à poste fixe ou itinérants. 
Quant aux nestoriens convertis ou rebelles, ils ne 
paraissent pas, sauf d'honorables exceptions, avoir 
bien compris la question théologique fondamentale 
qui les rapprochait de Home ou qui les en éloignait. 
Ils semblent s'être préoccupés davantage des béné- 
fices matériels que pouvaient leur procurer les sub- 
sides des missionnaires latins ou du Pape, ou l'inter- 
vention diplomaticpie de la France par exemple. Ils 
(juittent la communion catholique aussi facilement 
cjii'ils y entrent. Tel patriarche rallié à Rome a un 
successeur schismatique et inversement. C'est pour- 
quoi la suite de ces divisions est assez difficile à éta- 
blira Elle n'est cependant pas sans importance pour 

' Les notices publiées sur le sujet sont assez souvent inexactes 
et particulitn-enient ta plus récente que nous connaissions, celle de 
Kessler clans l'article Ni'stnriancr de la Rrcd-Encyclnjuidie de Her- 
/,og-Hauck, 3° éd., vol. XIII, p. 732 et suiv. On doit consulter 
avant tout Giamil, Gcnaincw relntionc.i intcr sedem Apostolicaiii cl 
A.i.iyriorain Orlentalium sea Chaldacoriun ccclesiam , qui a complété 
d'après les Archives vaticanes les publications antérieures de Josepii 
Simon Assemam [Bibliothecn Oricntalis , III, 11, passiin) et surtout 
de Aloysius Assemani [De CothoUcis seii patnarcins Clialdaeonun cl 
!\cslnriannnim cnmmcntariiis , Rome, 1776). L'auteur, dans les notes 
dont il accompagne son intéressante édition, a tendance à multi- 
plier les relations des nestoriens avec Rome et à exagérer l'ortho- 
doxie de-^ divers patriarches qu'il mentionne. Il regrette avec raison 
de n'avoir pas pu explorer les archives de la Propagande où l'on 
rencontrerait certainement des documents précieux. Mais les lignes 



230 MARS-AVRIL 1908. 

l'histoire de l'Asie antéri^'ure. Aussi ne croyons-nous 
pas inutile d'en indiquer très brièvement les données 
principales. Nous nous arrêterons à l'année i83o. 
A cette date, en effet, l'ancienne Eglise nestorienne 
apparaît définitivement séparée en deux tronçons, 
l'un, les Chaldéens unis lattachés au catholicisnie; 
l'autre , les Nestoriens , demeurés fidèles à leur 
hérésie. 

I. En i55i, Simon Bar-Màmà, patriarche nes- 
torien, mourut, et son entourage, suivant la cou- 
tume déjà ancienne, lui choisit pour successeur son 
neveu Simon Denha qui fut consacré par l'unique 
métropolitain sulisistant, llenaniso'. Xous ne savons 
pour quel motif les autres évêques n'approuvèrent 
pas l'élection ; peut-être désirait-on revenir à l'obser- 
vation des anciennes règles canoniques. En tout cas 
une grande partie des notables deMossoul, de Bag 
dad, d'Arbel, de kerkouk, de Dje/irel ihn-Omar, 
de Tauris, de Nisibe, de Mardin, de Diarbékir 
(Amid), de Hassan-Kêpâ et autres lieux se réunirent 
à Mossoul sous la présidence des évêques d'Arbel , de 
Salamas et d'Aderbaïdjan, et élurent un moine du 
couvent de Rabban-Hormizd aux environs de Ninive : 
Se'ùd dont If nom nionaslique était Jean Sulaqa'. 

générales de i'Iiisloire des scliismes nestoriens n'en sauraient être 
modifiées (\oir le compte rendu de \1. l'abbé Chabot, llenir cri- 
tujiie , 1902, p. A'ji). Pour la sécession de Joseph de Diarbikir, 
voir Chabot, Vie de Mai- Jnsepli l"\ Revue de l'Orient chrétien , l. I 
(1896). 

1 ^£^00= ascension. 



LES SCHISMES DE L'EGLISE NESTORIENNE. 231 

Probablement sur les suggestions des franciscains 
d'Amid, ils envoyèrent le nouvel élu avec une es- 
corte de notables, de moines et d'ecclésiastiques à 
Jérusalem auprès du gardien du Saint-Sépulcre. Ce 
personnage les accueillit favorablement , remit à 
SeVid des lettres de recommandation pour le pape 
Jules III, qui le consacra à Rome patriarche des 
Chaldéens, le g avril i553. Sulaqa prit le nom de 
Simon, traditionnel chez les nestoriens à cause du 
catholicos Simon Barsabba'ê, et se mit en devoir 
de rentrer dans son pays. Il n'y exerça pas long- 
temps son ministère car il périt en i555, victime 
des intrigues de son rival nestorien auprès du pacha 
de Diarbékir, Il fut remplacé par 'Abdiso\ que Su- 
laqa avait créé métropolitain de Djeziret ibn-Omar. 
Ce patriarche vint k Rome recevoir le pallium des 
mains du pape Pie IV (i 062) et mourut à Seert en 
1667. ^^'^ successeur Aitalaha semble avoir été 
catholique; cependant ses rapports personnels avec 
la cour romaine sont assez problématiques. Durant 
son règne, le métropolitain Hormizd-Elie-Asmar 
Habib, archevêque dAmid et de Jérusalem, se tint 
en relation constante avec le centre de la catholicité. 
Il déploya une activité considérable , tantôt s'em- 
ployant à maintenir sous la juridiction du pa- 
triarche chaldéen les anciens nestoriens du Malabar 
que revendiquaient le clergé goanais et la Compa- 
gnie de Jésus pour des raisons politiques tout autant 
que liturgiques , tantôt réconciliant des hérétiques 
des montagnes du Kurdistan qui, sous la conduite 



232 MARS-AVRIL 1908. 

de Simon Dcnha, archevêque de Gêlù, Saiamas el 
Seert, abandonnèrent l'obédience du successeur de 
Simon Bar-Mâmà, 

Mais l'œuvre de Hormizd-Klie disparut avec lui. 
Denha Simon succéda à Ailalaha. 01)ligé par les 
guerres et sans doute aussi par les intrigues du catho- 
licos rival d'abandonner la vallée du Tigre pour les 
montagnes limitrophes de la Perse, il n'exerça plus 
efFectivement sa juridiction que sur ces cantons reti- 
rés. C'est de lui que descend le catholicos des nes- 
toriens actuels. Ne recevant plus que de loin en loin 
la visite des missionnaires latins, isolés delà Méso- 
potamie par les luttes continuelles qui, au wii' et au 
xvni' siècles, divisèrent les Persans et les Turcs,. les 
ouailles de Simon Denha (iiôgS) retournèrent 
tout naturellement à leurs anciennes croyances, si 
tant est qu'elles les aient jamais abandonnées. Les 
patriarches persans de cette lignée qui portèrent 
tous le nom de Simon n'entretinrent qu'une cor- 
respondance assez espacée avec les Papes. On ne 
trouve trace dans le recueil du P. Giamil que de 
cinq épîtres échelonnées entre l'année 1619 et l'an- 
née 1770. Les chrétiens persans n'envisageaient pas 
avec laveur ces relations avec Rome, qui, cepen- 
dant, leur valurent au moins une fois un pou plus 
de tolérance de la part des autorités nuisuhnanes. 
Le patriarche Siméon IV faillit être déposé pour 
avoir correspondu avec la Congrégation de Ja Pro- 
pagande. 

Depuis la lin du xviif siècle les patriarches rési- 



LES SCHISMES DE L'ÉGLISE NESTORIENNE. 233 

dant à Kotchanès se sont fermement maintenus en 
dehors de l'unité catholique. 

II. On pourrait penser que l'investiture donnée 
par Rome à Jean Sulaqa et à son successeur aurait 
éloigné pour jamais les nestoriens restés fidèles à 
la famille de Bar-Màmà de toute idée de réunion. 
Il n'en est rien. Les patriarches de cette lignée , qui 
à partir du successeur de Simon Bar-Màmà, Simon 
Denha (qu'il ne faut pas confondre avec Denha 
Simon) adjoignirent à leurs noms traditionnels celui 
d'Elie, accueillirent à diverses reprises les ouver- 
tures des missionnaires latins et prirent eux-mêmes 
plusieurs fois l'initiative des négociations. Sous 
Sixte V un moine de Rabban-Hormizd , 'Abd-al- 
Masih, vint à Rome porteur d'une profession de foi 
qui fut jugée hérétique (i586). Mais le gardien des 
franciscains d'Alep, Thomas Obiccini de Novare, 
provoqua l'envoi d'une nouvelle lettie d'Elie II 
(1610), d'une ambassade à Rome (1612) dirigée 
par l'archimandrite Adaï, enfin la réunion d'un sy- 
node générai <^ Diarbékir (1616). La lettre synodale 
adressée à Paul V porte les signatures des arche- 
vêques de Hassan -Kêpâ, Seert, Djeziret, Amid et 
Jérusalem , Van et de l'évêque des « frontières per- 
sanes ». L'union qui ne semble avoir été désirée 
sincèrement que par le patriarche, le métropolitain 
\daï d'Amid et Jérusalem et l'archevêcpie Gabriel 
de Hassan-Kêpà ne dura pas plus longtemps que le 
catholicat d'Khe II (i 1617). Son successeur Klie JJI 



23/1 MARS-AVRIL 1908. 

Simon (1617-1660) fit demander le pailium; mais 
sa profession de foi était hérétique et on la lui ren- 
voya à correction. 11 s'en tint là; et sauf Klie VI 
(Denha) qui, dit-on, écrivit à Rome^ tous les pa- 
triarches successeurs de Bar-Mà ma , jusqu'à Klie Vil 
Isoyahb (1 7 98-1 800 P) demeurèrent dans leur isole- 
ment. En i83o, à la suite de négociations restées 
en partie obscures, le dernier membre de la famille 
patriarcale (où le cathoMcat avait continué de se 
transmettre d'oncle à neveuj adhéra sans retour à 
l'Eglise romaine et reçut le titre d'archevêque de 
Babylone, fi;ràce à l'intervention de l'évêque fran- 
çais de Babylone, Pierre Coupperie. Il se nommait 
Jean Hormizd. 

III. Les missionnaires capucins de Diarbékir 
avaient réussi dès lo milieu du xviif siècle à déta- 
cher de l'obédience des successeurs de Bar-Màmà un 
groupe important de fidèles et même rarclievéqiK». 
Joseph, qui se sépara de la communion d'Elie IV 
(1662). Le patriarche fit tout son possible pour pré- 
venir le succès du nouveau schisme et chercha à taire 
assassiner Joseph. Celui-ci s'enfuil à Rome (i6y3), 
y reçut de Clément X la mission d'organiser les Chal- 
déens cathohques, revint dans son pays et réunit 
un assez grand nombre d'adhérents à Diarbékir et à 
Mossoul. En 1681, Innocent XI lui décerna le titre 
de patriarche de Babylone, que Clément XI conti- 

' Al. AssEMAM, Op. cit., p, aSg. 



LES SCHISMES DE [;E(.[.1SE NESTORIENNE. 235 

iiiia li Joseph 11 (i GyS-i yo3). La série de ces pa- 
triarches, tous catlioiiques, tous portant le nom de 
Joseph se continue réguHèrement jusqu'à Joseph V 
Augustin Hindi (1779-1826), qui toutefois ne 
semble avoir été qu'administrateur du patriarcat. 
C'est à la fin de sa carrière (jue les négociations en- 
treprises sans doute dès le début du xix" siècle avec 
les héritiers de Simon Bar-Màmà finirent par abou- 
tir. A partir de i83o, il n'y a plus que deux o])é- 
diences nettement tranchées , celle des nestoriens 
qui procèdent cependant en ligne directe du premier 
converti au catholicisme, Jean Sulaqa, et celle des 
catholiques qui se rattachent à la lignée do Bar- 
Màmà et à la sécession de Joseph de Diarbékir. 



IDENTIFICATION DE DEUK MANUSCRITS ARABES. 237 

S[ K INE IDENTIFICAÏION 
\)E DEUX MANUSCRITS VK VUES 

DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, 

PAR 

M. KMILE AMAR. 



Au cours de recherclies sur ronoiiiastique arabe, 
nous avons été amené à étudier pliisienrs des manu- 
scrits arabes de la Bibbotbcque nationale, et notam- 
ment la série de manuscrits portant les n"' 2128 à 
2 1 3 1 du catalogue ^ Ces quatre volumes font partie 
d'un ou\rai>e considérable, qui devrait être complet 
en 1/1 volumes, et qui traite de l'histoire de la ville 
de Bagbdàdh. 

L'ouvrage commence par une introduction sur la 
topographie de Bagbdàdh, qui a fait l'objet d'une 
thèse de l'Ecole pratique des hautes études (section 
des sciences historiques et philologiques)-. Cette 
partie n'occupe d'ailleurs que les 4 1 premiers folios 
tlu manuscrit coté n" 2128. Le reste de l'ouvrage 

' De Sl\ne, Catalofjiic drs manuscrits arabes de la Bibliolhhjiie 
nationale. 

^ L'introduction topotjraplùijue à l'histoire de Baahdàdh, par 
Georges Svlmon, Pai-is, Bouillon, 1904 (fascicule 1/18 rie la Bihlio- 
ihhjuc de l'Ecole des liantes études]. 



238 MARS-AVRIL 1«J08. 

est un dictionnaire biographique de tous les hommes 
célèbres qui, a un moment quelconque de leur vie, 
se sont trouvés à Baghdàdh'. 

L'auteur de cette histoire est un écrivain fort cé- 
lèbre, un savant Iraditionniste schàfi'ite, nommé 
Aboû Bakr Ahmad ibn 'Alî ibn Thàbit ibn Ahmad 
ibn Mahdî ibn Thàbit, plus connu sous le nom 
iVAl-Khalih Al-Bacjhlàdhi « le Prédicateur de Bagh- 
dàdh ». 11 naquit à Daridjàn'^ le 2 3 ou le l'i Djou- 
màdà seconde de Tannée Sgi ou 392 de l'Hégire 
(20 ou 21 mai 1000 ou 1001 de J.-C.) et mourut 
à Baghdàdh le y DhoLi-l-IIidjdja 463 (5 août 1071 
de J.-C.) '. C'est la date de sa mort, /|63 de l'Hégire, 
qu'il convient de retenir, parce que tous les bio- 
graphes d'Al-K.hatîb Al-Baghdàdhi sont d'accord sur 
ce point, et parce que, en acceptant cette date — 
et nous y sommes forcés — nous ne jdouv ons plus 
attribuer à cet auteur la paternité des deux manu- 
scrits portant les n°' 2 1 3o et 2 1 3 1 du catalogue de 
la IMbhothèque nationale. 

En efl'et, dans les deux manuscrits cotés 2128 
et 21 29, Al-khatîb nous donne des notices biogra- 
phiques sur des personnages qui sont morts avant 
l'année 463 (1071), date de son propre décès. Aussi 

' Pour plus de détails sur le plan de cette histoire, voir la thèse 
précitée, p. i5 à 2 5. 

- Village de la banlieue de Baghdàdh, en aval de celte ville. 

•'' Pour plus de détails sur cet auteur, voir la thèse précitée, 
p. ;^ à 7; IihN Khallikân, Jf nfùyât al-Ayan . édit. Wûstnfeld, 
notice 33; YÀQOÛT , 11, 667; \\ ÛSTENFELO , GesdiidiL, 208; Ja- 
biujàt ul-hnajf'àdh , .\1\ , l'i; Taixu/ât ach-chàji'iyya , 423, etc. 



IDENTIFICATION DE DEUX MANUSCRITS ARABES. 230 

n'y a-t-il aucune témérité, avec le Catalogue des ma- 
nuscrits arabes de la Bibliothèque nationale, à lui 
attribuer la paternité de ces deux volumes. 

Au contraire, pour les manuscrits n"' 2i3o et 
2 I 3 1 , cette attribution est plus dilîicile à admettre, 
ou plutôt impossible. En effet, les personnages qui 
ibnt l'objet des notices biographiques contenues 
dans ces deux volumes ont pour la plupart vécu 
après k6ô de l'Hégire (loyi), c'est-à-dire à une 
époque où Al-khatib Al-Baghdàdhi était déjà mort. 
La différence n'est pas de quelques années, ni même 
de quelques dizaines d'années, mais souvent de 
deux siècles environ. Nous avons relevé dans maint 
passage les dates de 620 de l'Hégire (1 2 23 de J.-C.) 
et même de 632 (i23/i de J.-C). D'une façon gé- 
nérale, les décès indicjiiés sont, pour la plupart, 
postérieurs à l'année A 63 (loyi), date de la mort 
d'Al-Khatîb Al-Baghdàdhî. 

De sorte que l'on se trouve en présence d'un vé- 
ritable dilemme : ou bien les manuscrits cotés 2 1 3o 
et 2 1 3 1 ne sont pas l'œuvre d'Al-khatib Al-Bagh- 
dàdhî, contrairement à ce que nous avons cru jus- 
qu'ici; ou bien cet auteur n'est pas mort en /i63 
(loyi), ainsi que l'affirment ses nombreux bio- 
graphes. Or, de ces deux hypothèses, il yen a une 
qui est inadmissible. La date du décès d'Al-Khatib 
Al-Baghdàdhi est certaine, incontestable, non seu- 
lement à cause de l'unanimité des auteurs sur ce 
point, mais aussi parce que les événements aux- 
quels Al-Khatib a été mêlé, de même que l'époque 



240 MARS-AVRIL 1908. 

où ont vécu SOS maîtres, ses disciples, ses contem- 
porains, ne permettent pas de reculer la date de sa 
mort au delà de l'année A63 (loyi)^ 

On peut donc sans scrupules enlever au Prédi- 
cateur de Baghdàdh la paternité de ces deux manu- 
scrits, qu'il n'a pu écrire deux siècles après sa mort. 

Mais c'est résoudre seulement la première partie 
(lu problènie : les manuscrits 2 i 3o et 2 i 3 i n'étant 
pas l'œuvre d'Al-khatîb, quel en est l'auteur? Xous 
n'avons pas trouvé d'autre moyen de répondre à 
cette question, que de nous astreindre au travail 
fastidieux de lire, d'un bout à l'autre, ces deux vo- 
lumes ^. 

La lecture du premier (n" -i 1 3()) îi'a donné aucHin 
r(>sultat : l'auteur a continu»'' de rester, pour nous, 
anonyme. Mais, au folio 36 r" du deuxième volume 
(n° 2 1 3 1 ) , nous avons trouvé le mot de l'énigme. En 
ellet, on y lit une notice nécrologique sur un certain 

•^\J^\ ^J^ y I jL^I ^! « 'Ali ibn Mahmoud ibn Al-Ha- 
san ibn Hibat Allah ibn Mabàsin ibn Hibat Allah 
An-Nadjdjâr Aboû-1-Hasan , le marchand d'étoffes ». 
Et l'auteur ajoute : « . . . Hélait mon frère consaïujuiii » 
t^jSiJI ^^\ y£>. C'est donc que notre historien est le 
fils de Mahmoud ibn An-Nadjdjàr. Or, nous con- 

' (".f. Salmon, Tlièse précitée, p. 3 à 7, et tes auteurs men- 
tionnés à ta note précédente. 

- Le ms. 2i3o est un volume de 177 folios; le n° 2k3i eonipte 
1 '|5 folios. 



IDENTIFICATION 1)K DMUX MANUSCRITS ARABES. 2il 

naissons précisément un célèbre historien de liagh- 
(làdh dont tel est le nom. Le bibliographe Hàdji- 
Khalfa ', au chapitre traitant de l'histoire de Baghdàdh 

(il^jb g';lj), dit : « Le hàfidh ^louhîbb ad-Din Mou- 
HAMMAD FILS DE Mahmoùd, connu SOUS le riom d'InN 
An-NadjdjÀu al-BaghdàdhP, mort en l'année 6/i3 
(12^5) , est l'auteur d'un supplément considérable 
à l'histoire d'/Vi-Khatib lui-même . . . , qui est, dit-on, 
complet en 3o volumes. J'ai vu le volume XVI'" de cet 
ouvrage , contenant les noms commençant par la lettre 
'aiTi (^). 11 mentionne les biographies des personnages 
comme dans les ouvrages appelés tahaqât ou classes. » 

,j*.iLA«._J! J^X^Î! o\^î^ *Xî^ I jJ.s2 (jAiÀi" ^Ji /AJ «jî JUj 

(eji-A A UJo jLa^î Aii^lo vSjy (j^y^^i '"b"^ cs* *^ v«i^* 

Les manuscrits -i 1 So et 2 1 3 1 sont donc l'œuvre 
d'Ibn xAn-Nadjdjàr. C'est à tort qu'ils ont été attri- 
bués jusqu'ici au Prédicateur de Baghdàdh 3, 

' T. II, p. 12 0, éd. Fliigel. 

- On peut voir sur cet auteur Ibn SciiÀkir al-KoutoubI , Fawât.. . , 
il, 2 64; WÛSTENKELD, Die Gcscllichtschreiber der Araber, etc., 
027; As-SouYOÎ'Ti Taba^ât al-hoaff'âdh , XVIII, 20. Il mourut 
exactement le 5 Scha'bàn 6/i8 (27 décembre i245]. Cf Brockel- 
MANN, Geschichte, I, 36o; Clément Hoakt, Histoire de la littcralurc 
arabe, p. 229; voir Hammer-Purgstall, Literaturgesrhichtc der 
Araber etc. , VII, 357. 

^ Les auteurs qui ont suivi les indications du Catalogue de Pa- 
ris ont été forcément induits en erreur. Voir notamment BROCkEL- 



242 MARS-AVRIL 1908. 

En enlevant ainsi la paternité de ces deux volumes 
au Prédicateur de Baghdàdb, nous ne nous consti- 
tuons pas en perle, car, grâce à cette petite trouvaille , 
nous possédons désormais une partie d'un ouvrage 
d'Jbn An-Nadjdjàri, que Ton croyait n'avoir ])as 
échappé à l'œuvre destructive du temps-. 

AIA^^, Op. cit.. I, 329. H est curieux que l'allontion des auteurs 
du Catalogue de Paris n'ait pas été attirée par la mention qui ter- 
mine le volume coté 2 i3i. Il y est dit, en effet, au folio i45 r" 
(dernier) : «Ceci est la fin du tome XXlll de l'original de la Nou- 
velle Histoire (^jk^) g;'-^' ) de Uaglidàdli.» Or : 1° l'ouvrage du 
Prédicateur de Baghdâdli n'avait que ijualorzc tomes dans l'origi- 
nal; 2° il ne s'appelait pas Nouvelle Histoire. Il était donc impos- 
sible de regarder ce volume comme faisant partie de l'ouvrage du 
Prédicateur de Baghdàdh. 

' Aucun catalogue de ceux qui ont été publiés jusqu'à ce jour 
ne fait mention, à notre connaissance, de l'ouvrage historique 
d'Ibn An-Nadjdjâr, connu sous le nom de Dltail tarikh Baijhdâdli 
(Supplément à l'histoire de Baglidàdh). Seule, la liibliothèque 
khédiviale du Caire possède un abrégé de cet ouvrage en un vo- 
lume, par Ahmad ibn Aibak Ad-Dira\àtî (mort en 7/19/1348). Voir 
Catalogue de la Bibliothèque khéfMvialc du Caire (Fi/imt a^A'oii- 
tnnh al-' [rahiyya , etc.), t. V, p. i5o-, cf. Brockelm VNN , Op. cit., 
1 , p. 36o. 

- Le manuscrit n° 2i3i est paginé d'une façon continue, et rien 
dans le Catalogue, ni sur le volume lui-même, n'appelle l'attention 
du lecteur sur les lacunes qu'il contient. Comme il est proliable 
que ce manuscrit ne fera pas de longtemps encore l'objet d'une 
élude spéciale, nous signalons ici les lacunes et les transpositions 
de feuillets que nous y avons relevées après un examen attentif : 
1° lacunes entre les folios 89 et 90, 117 et 118,127 et 128, 
i33 et i3'i; 2° le cahier composé des folios 129 à i3o doit être 
placé entre les folios in.'j et 128. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 243 

LE 
1>APYRIS MORAL DE LKLDE, 

PAU 

M. E. REVILLOUT. 

(fin^) 

chapitre xxi. 

COLONNE 2 5 [suite). 
CHAPITRE XXI. 

COLONNE 2 5 [suite). 

(iZj.) Enseignement vhuft et unième-. [(Conseils 
variés pour ne pas s'amoindrir soi-même.) 

(l) (jhemin^ pour ne point'^ te rapetisser'' [toi- 
même) afin qu'on ne te rapetisse pas. 

' Voir le numéro de mai-juin 1907, p. /i 2 9-608. — - CBCD. — • 
^ MCUIT. — '' TM. — •• XOX2. 

16. 



244 MARS-AVRIL 1908. 

(i5, II.) T**'-!^yrr^iic:'^^'--tPJ' 

(iG,iii.) vM®'!^iir7^^^T^yci^^ + 
T'-^ + ^-^^^^T^iU^icnc^ + f 



(i5,ii.) Le ventre' sans Noracité-, poinl son 
maître^ est déshonoré*. 

(16, m.) Au bourg ^ clans lequel tu n'as pas de 
parenté'', ton cœur fait ta parenté. 

(ly, IV.) Une nature'' lionne dans son inclina- 
tion ^, qu'elle fasse l'acte" la suivre '°. 



b .\. 



«5, on V '^ , voir 28, 2 à- — " .= — ' ■s.iw , voir 

, 7- — ^ tiiiK ~ N^. — ' cyoJCM, voir à \, 18. 

Ml-i».^!©- - " -%Sj en "V ^ "4^ J ' Rhiiul, cf. vill, '); 
XV, 1 '1 ; \vi, 8, 18; wvi, 1/4, i3; xwiii, i(); xwiv, 7. — 
' iwiW' ^^'' xviii, 2?. — * piKe. — ' '^**', voir XIV, 17. — 
'" i"^^ A, Kcore, voirxvr, 7. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 245 

(18, V.) =5==-^=— -^2iT!^*^T"^Tn 

(20, VII.) =5= -*- ji ^ rn 3i' ^ "^ ' r^i !r 

(2i,vni.) ^V'âlS^*^'^^*''^'^^ 

(18, V.) Ne point aimer ton ventre'; connaître 
la honte 2 en ton cœur; ne point mépriser^ la parole 
qui est en ton cœur : 

(19, M.) Celui qui méprise une de ces (trois) 
choses, celui-là fera le fumier^ dans la rue. 

(20, VIT. ) Ne point havarder ^ sur les actes ; ne 
point élever ta race*^ sur beaucoup. 

(21, VIII.) Ne point apporter'' ta langue*^ et ton 
cœur sur ce que tu connais^ quand on t'interroge'". 

1 **~«i,, J)HT. — ^ ujine. — ' ccuo). ^ ' ajNOti) 

© c=i /^ ■^^, — ' KXCKeC. — '■ -30.^ I «5,. — " "^""^^ 

— '^^= f. — ■* XXC * \<5,. — '•' CCDOYNi voir Iir, lO; 

M, 6; xii, 16; XIV, 18; XVIII, 2; XXI, 8; XXII, 3,5; xxv, 2,3; 

\xxi, 12; XXXII, 23, xxxiv, i3. — '" oycu, voir xi, 1, 3, 17; 

XII, 12; XXII, 20; XXVI, 23. 



240 MARS-AVRIL 1908. 

(2 2,IX.! J I ^g> ^^ A~^ .>— I I I -^^ ^'^ — ^ *^ **- 

(24, XI.) nM-^iriv^-!r-> 

COLONNE 26. 

(i,xn.) J.^n^v-.^^-A^y.-É-^^^V-p'^ 

( 2 '2 , IX. ) L'homme de mensonge et d'iniquité ' ne 
dit pas ce qui est en son cœur avec (sic) autrui. 

(23, X. ) Celui qu'il aime n'est pas dans ses secrets. 

(2/1, XI.) Qu'il n'y ait pour toi ni orage- ni 
calme ^ plat; ne point faire la pesée* des soucis'^. 

COLONNE 26. 

(1, XII.) L'occupation (le travail'') do l'Iionnno 

' 0X1 ..— I I V-. ' "$" 1k. 1 ! "^^ "~ ' XXMH, 

ci: Kouii, M, 17. ' \ J^Tl^' ~ ' pooy^)- — " "V 

X KGK6 . Le deuxième sens relui de inerccs est celui nui a amené 
ici le délerminalif de l'argent. 



Li: PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 247 

(3. x,v.) !r^-i:è^!«Â-^-T 



sans vergogne ^ , homme de rien , est de rire ^ de ce 
qui tombe ^ en son cœur. 

(2, XIII.) Ne point demander par prière* une 
chose ^ qui est dans la main d'un autre pour le mé- 
priser ° (ensuite). 

( 3 , XIV. ) Ne point mépriser un homme petit parce 
qu'il tend la main [à cause de la venue de sa main) 
alors que ce n'est pas le temps'' opportun (quand 
point le temps devant lui). 

(4, XV.) Que fasse le méchant^ son expérience^ 
funeste^'' de son action de ne point entendre (le 
pauvre). 

• \SG. — - CCDKG. — ' aei. — ' TCUB2. — ■• (J)\X.(J.. 
'• CCUCy. — ' TH. — ^ BCUCDNe. — ' .XONT. — '" .XAX.I 

1 1 jK- A' 



248 MARS-AVRIL 1908. 

(5, XVI.) '^f^m-^^'^i'='^9<='^ 

(7, XVIII.) li3i-Tîr~X:él*-l 



(5, XVI.) Ne j3oint disputer 1 , ne point être dur- 
de face en tout lieu à cause de l'amour de ton ventre 
(par égoïsme). 

(6, XVII.) Celui qui vient sans qu'on l'ait appelé, 
celui-]à, la maison est à l'étroit^ pour lui. 

(y, XVIII.) La meilleure parole de l'homme sen- 
.suel* est celle par laquelle la mort"' est demandée*'. 

( 8 , XIX. ) L'homme sage , petit de regard ( simple et 
non ambitieux), que la mort lui paraît (que fasse à 
lui la mort) chose admirable'' ! 

' cyepu)!. — - xojcope , voii XI, 20 et xir, 9. — •'' Q |L 
û ^ 6a)OY <>H0Y. cf- Petil)a.st, iv, 9 et 10. — '' Xii.v.VY 
XX m 1 .xiiti. - ^ nMO>'. " TcoKa. — ' cymipc. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 2\0 

(10, xxr.) J'->XT — -^âlTûûI^' 

^ ■¥■ O f"^ I 



(9, XX.) Ne point juger la folie' du méchant et 
ce dont son cœur ne s'est pas éloigné - ; 

(10, XXI.) [Car] celui qui n'aime pas les soucis^ 
n'écoute^ point les reproches^ sur ce qu'il fait. 

(11, XXII.) Ne point faire de métier*' méprisable 
alors que tu peux vivre d'un autre. 

(1 '2 , XXIII.) Ne point aller avec autrui alors qu'il 
y a une haine'' dans son cœur; 

' cize n II 1 ^^- — - oyei. — ^ pooycy. — ' ca)TM 

* V ^K.. — 5 coze, cf. nr, 1 ; l\, 4 ; XI, 8, etc. — '' MMIG, 
voir vv, A, 10. Le mot suivant répond à CCCHCy. — ' moctg 



250 MARS-AVRIL 1908. 

(i3, XXIV.) J.^J[^^(?A^j)^nAy^^ 

(i4, xxv.) '^m-^-^rr.^'k'^T^^^ 

(i5,xxvi.) yr7;irI>fr:]'^m(ï+-7'7 

(l6,XXVn.) ^^r^^^nab-^ç;^--^ 

1 ¥ jK-IIi' 'Ï^X."*^' 'tl 



(i3, XXIV.) [Car] le méchant n'écarte pas de lui 
la haine ni sa nature sensuelle. 

(i4, XXV.) Ne point prier ^ pour ohtenir [mot à 
mot: derrière-) un don^ pour un Irère appauvri' 
dans la parenté ; 

(i5, xxvi.) [Car] il n'y a point de frère dans la 
parenté qui soit envers son frère miséricordieux'' en 
son cœur. 

(iG, XXVII.) Ne point prêter*"' (apporter) d<' l'ar- 

' TCUBa. — - tiCA V ^1- — ^ U).vn,voirà wiir, i(i. — 
n" (i, Z 1877, 75 2f^i| f-l. — « cme J^. 



^ 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 251 

(17, xvMii.) XTI3)T^ l^À-^X!^ 



(i8,x\iv.) ^Y'3)l'3)"^^'=^cn^^'^ 



^_^wi-.XPp07^^ç— 4^ 



gent^ à usure- pour avoir par îk davantage de nour- 
riture ^. 

(ly, xxvni.) Celui qui en réunit* pour la vie 
seulement, on ne lui fait pas affront^ à cause de son 
ventre^. 

(18, XXIX.) Ne point apporter ^ ta parole ^ dans les 
alFaires de dépenses et de profit^; ne point faire de 
mensonge ^^ au moment où on réclame l'argent. 

' 2A.T. — - MHC6. — 3 2PC, VOIP WI , 21. — '' BOyCOT, 

iri, 5; V, i3, 17; VI, 4, 8, i6; xix, 18. — ^ ca}a;<) 
ajCDCijM, voir vi. 22; vit, 10, 11; viii, 10; ix, 5; x, 18; \i, 
7; XVII t i3, 16; XYiit, 22; Poème, vers 36, /I7, dg , 6g, 87, 
p« 2âg-2 3o. — •' J)HT ti_, xwii, 17; xxviir, 2,9; xxv, i5. 

— ' ^ eiNe, voir IV, 10; VI, 10; VIII, 3; xvi, 20; xxv, 21; 
note à propos de xii, '1. — ^ J)poOY l'^^jl' i"< >i; ^' 7' 
17; XI, 6. — ^ 2HY, voir xvi, 5; Rosette, Clircst. , 11, 22, 2G. 
_ 1» Q JL'V- GO\. 



252 MARS-AVRIL 1908, 

(19, XXX.) "^Tl^i^n^T^îH<2^ 
(20, XXXI.) yt2i-*-l'3î^>yi^'-'>* 
(21, XXXII.) ^t:^iU^T'^r5!^é 






(29, xxxiii.) X ^ '--^'^7^:0 X ^ \ 

(19 , XXX.) L'homme sage sur lequel ils ont pris 
puissance^, son gage^ est en leurs mains. 

(■20, xxxi.) Que soit sa parole dans les affaires 
de produits^ un gage sans serment''. 

(21, XXXII.) Ne point fixer de terme'' à autrui 
alors qu'autre chose est "^ en ton cœur. 

( 22 , xxxiii.) Ce qui est dans le cœur de l'homnic 
sage est ce qu'on connaît" sur sa langue^. 

' .XI2TOP I V, — I , pap\ rus moral de Leide, \i, ■?■>; \rr, '1 , 

6,8, 1 1, 12 , 1 '1 , ^5. — - AOycD. — ^ ^ /ta~.wv 4î, irr, •> '1 ; iv, 
7; \ri, i5; \rri, 16; \i\ , 23; \\\r, 6. — '' xtiAci; ^'^°\- 
— •' 'j-Ne. — '= eoYN. — ' cooYN.xir, i3, i4, i5, i*i, 
17, 18, ig, 20, 21, 22,23,2/1; xitr, 3; wii, 18; xxvr, 22 ; xxx, 
2 ; xxxiir, 21, — ** XXC \ <S„, iir, fi; xxt, 1 '1 ; x\ii, 10; x\v, 

2 1 ; XXI\ ,16; X\\ , 19, 20 ; \\\r ,11; WXTV, 1 /|. 



LE IWPYHIS MOU AL DE LEIDE. 253 

(23, \\\iv.) ^TT"^^]^'-!)"^'^** 

COLONNE l'J. 

(1, XXXVI.) !rnj«w")(|s— i/^t^-^s 



(23, XXXIV.) Ne j)oint t'écarter ' de ce que lu as 
dit (même) après malhem -. Ne point faire procès^. 

['ik, XXXV.) Est supérieur à un écrit, la vérité de 
l'homme sage (juste) dans ses dires. 



( 1 , XXXVI. ) Ne point mentir * quand on t'interroge ^ 
alors qu'est un témoignage*^ derrière toi (Dieu). 

' "^ T X C e O , \i\ , 1 9 ; \x , 8 , 9 1 ; \\[ , 1 7 ; xwiii , 1 4 ; \x ' \ . 
'1. — 2 KCUCU1I6 J p"!^— . ' ZA^n ^ ■ i^M., VII, 9; \iv, 
12; xv, 9; \x, 11; XXVIII, 11; XXXI, i5; xxxiv, 19. — * Q i 
O'cox, xxYi, 18. — ^ o\fx> , XI, i3, 17; xxii, 12 , 20; XXV, 2 1 ; 
xwi. 23; XXI, 5. Ce mot est traduit IITN0ANOMENOS dans 
Rosette, Chr., 37. — •* Meepe ^II^ié-, voir Poème, 
vers 90 et toutes les listes de témoins des rontrats. 



254 MARS-AVRIL 1008. 

(3, XXXVII.) riM<-l>^'=^MX— Î^ 

(3, XXXVIII.) '\:i;'^§t'^'--k!U^ 
(4, XXXIX.) r^Mî)'T«^:— ^^^x 



('i, \xxvii.) Ne point voler' même dans la faim- 
en sorte qu'on sache cela derrière toi. 

(3, xxxviii.) Il est meilleur de mourir' dans 1<^ 
dénuement que de vivre ^ dans la non-pureté^. 

(/i, xxxix.) Ne point élever** ta main"' (pour ju- 
rer) alors qu'existe celui qui entend \ 

' .Xioye 3c, ^W ^"' \*5ir la noie de xv, 9. — - 2KO 20- 

K6p 8 -^ ^ ^3*1' ^'"' 7' ^'*^^"' ^! \XMV, 20; Koiifi, XVIll, 

i5; Mil, I, Sa; [)our la forme démolique /lo/ivr, voir pap. moral 
de Leide, ir, 17; Pamont, pf/.v.vf'm; Konfi , tir, 32;Poènie, vers 55, 
62, etc. — ^ MOy, \vr, 17, note et pas.slm. — '' cutia, wir, /i , 

note. — '' 61 A 1 1 .:.^ i/w~«\. — " <u Vu)' ^*^"' ^^^^ ^'^ •^'^' 

12. — ' TOO'r, \oir noie de wiii, 11. — *• CCUTM, voir 
note de \x , 9. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 255 

(6, XL,.) )<T9:^ti>'"-l^«^i 



(5 , XL.) Ne point rire ' ou plaisanter avec le petit- 
de cœur sur le prix^ — même au sujet d'un bâton*. 

(6, XLi.) Celui qui sait attendre^ (supporter) dans 
Tinjustice*' (qui lui est faite) celui-là échappera à la 
honte''. 

' CCUBe, voir xwr, i; wviri, 21; Koufi , iv, 2; xi, 5; xirr, 
23; xiv, 10; \v, 28; wrrr, 17; Rcv. écj. , II, 11, pL i3; iv, 76; 
Poème, vers 21 p. 4 1 et 207; Setna , p. 16 et 173. — ■ - Pour 
CBOK = "^-^, voir note do xvii, 19; Koiifi , xviii, i3; Rosette, 
Clirest., 28; Rev., ir, i, pi. 2 ; pour le compose "î^— /w>««a ***-»' 
voir aussi xix, 19; xwri, 5; xxxiii, 23; xxxrv, 3; xxxv, 7. — 
^ epcyxj^p, œstimare. Ce mot démotique est traduit par TIMH 
dans le décret de Canope, ChresL., p. i35. Il se trouve aussi plus 
loin, pap. moral de Leide, xxxr, i3. On l'a avec le sens d'« es- 
timer » dans l'inscription démotique n" lo, 1. 8. — '' ci^BCUT 

mnvari, mnram Jacere , cessare «cesser, faire attendre, empêcher, 
faire obstacle » , voir la note de xxiir, 5. Cf. iir, 7; xxxiir, lA; 
xwii, 6, i3. — " ^Ijk i V^'^oxi, x\ii, 21; x\iv, 17; XXV, 
22; XWK, t), 12. — ' BCDTe I C ^t, voir note de XI , 10. 



256 MARS-AVRIL I90.S. 

(7, xLu.j !r~3!l^i.ifc^JM^1 

(9, XLiv.) s^"^^<5-«-l^|ev-.-^|s^ 



(7, XLii.) Ne point aimer' renouvellement- d'en- 
nui^ à ton /lir* (ton maître, ton chef, ton supé- 
rieur) même à cause d'un désir ^ juste '^. 

(8, XLiii.) Ne point faire obstacle' à Thomnie 
violent** dont la force ° est derrière toi, 

(9 , XLiv.) L'homme sage qu'on violente^'' donnera 
(jusqu'à) ses vêtements en bénissant ". 

ï M 6 '"'^ ^Js, voir la note de xv, i5. — - / voir xx, 18; 
\M, )6; papyrus gn. de Leide, 11, l\. Pour ht forme paléogra- 
pliiquc, voir la note de xxiv, 8. — ^ KCDCDBe, voir la note de 
MX, 22. — '' I— I ^^ » voir note à x, 12. — ^ •* j JT\ 
note à X, i3; xvir, i3, i4. — '* MG, voir note à xn , 16. — 
' ^ I (^ ((empêcher». — ^ XCUCDpe, voir note à xr, 20, — 
» NXcnxG T^'^^^, voir note à xii, 2. — '« KCDU)M6, Pa- 
mont, ]). 21 et 25 de mon édition. — " CMOY- voir note à xvi. 



LE PAl'YRUS MOUAl, DK LElDi;. 257 



(lo, XLV.) Ne point faire aller ^ ta main dans 
toutes les choses '^ qui sont à toi ; ne point t'en ras- 
sasier ^''. 

(il, XLVi.) Ne point faire jugement^ d'un acte 
sans que le bâton t' obéisse. 

(i2, XLVii.) L'homme sans vergogne ^ cpii se jus- 
tifie'' met en périP celui qui le fait mentir. 



' Voir note à xs , 19. — - Mine, voir note à xmi, 23, et \x , 
'1. Ici le sens est identique à celui de HK\ NIM, cf. xwii, 16. 
— ^ Cei :^ j^, vu, 7, 8; xvr, 3; xv, iG, xwn, 10; wvni, 1; 
\xix, 18; xxxirr, 11 et 22; xwiv, 20. — ' V' x "js cun, 
xxir, 20, 23; XXXI, i3; \oir note de xvi, 21. — •> WG , voir note 
de \, '1. — '' MXi TM.MO, \oir \, 8. — ' SCDCij, \oir note 
de \, q. 



258 MARS-AVRIL 190S. 

(,5, L.) x-\-ir:iJM'-i-rv 



(i3, xi.viii.) Ne point vexer' celui qui est laissé - 
(abandonné), de peur que son cœur n'engendre^ la 
douleur*. 

(i 4, XLix.) Le serpent^ qu'on tourmente'' est ce- 
lui qui jette ^ son venin ^ ie plus fort". 

( 1 5 , L. ) L'honinie sans vergogne qui vexe autrui , 
celui-là on le méprise ^° à cause de sa vexation. 

1 Ka)a)Ke, voir noie de xi\, 22. — - G(X) Q jk^i voir 
xwii, G, et noie de wiif, S. — ' (11 P /r) '""CC , voir note de \ii, 8, 
et de \^ If , 9. — '' 1 Q^ "V^ . voir note de xiii, 8. — ■' 20M | . 
Vw, voir note wiv, 10. - ^v^ , mi, s ; \, 5 ; \ii , ? 1 ; \iii , i •! ; 

XX, G. — ' 20Y1 I W*^ V-J , voir noie à wirr, i4. " MAioy, 
voir note à x\iv, lo. ^ qch.\U)T, voir note à \it, 2. — 

1" ccucy, voir noie à wiu, G. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 259 

('7' ''"•' ^KT\M»-~-'^-=-^Vr^ 



(16, i.i.) Il y a celui qu'on méprise à cause de sa 
douceur ^ et ({ui grandit le cœur d'autrui par elle. 

(ly, LU.) 11 y a celui cpii élève- sa face et qui fait 
pourriture"' dans la rue '. 

(i8, LUI.) Ce n'est pas l'homme qu'on choisira -^ 
dans son acte'\ 

' 6"NOH, \oir note à wrr, 8. — ' cycDl, iv, 22; xwiii, i3; 
xwiv, 1 3 ; Pamont, p. 66, qui le traduit ^ jk T à plusieurs re- 
prises. — ' cytlOU^ O "^"îil— . voir note à w, 7. — * J)ip, 
voir noie à sxv, 19, passage parallèle à celui-ci pour ces deux ex- 
pressions liées. Pour le mot 1 I I , voir note à xvir, 16. — 

5 CCDTn n '*' r'^ , XV, T) ; RoSETTE. CItresl. , p. 3; CaXOPE, 

Chrest., p. 172, à propos du roi que Ptah HAOKIMASEN et à 
propos des chanteuses EDLVErOMENÛN. — « ^=^, xiv, 17; xv 
1 ; wrri , 8 ; \xv, 17, iç) , 20; \x\ i[, 18; \xxr, 2 ; \\\nr , '\. 



260 MARS-AVRIL 1908. 



=» fin n I I 1 
I nniii I 

CHAPITRE XXII. 



22 



•) iP^i^Sfc-^^nl 



(i 9 , Liv.) Ce n'est pas riiumnie grand, non plus, 
(pion ri'spectera ^ 

(20, Lv.) C'est Dieu ([ui donne la louange- el la 
nature-' sans contradicteur '. 

(21, LVi.) La destinée et la fortune qui viennent, 
c'est Dieu qui les fait venir. 

Vers S'y. 

CHAPITRE X.\II. 

(22.) Enseignement vimjt-dcuxième . ( L amour de sa 
maison.) 

' CMxr, voir la noie à \\i, i. — ' acoc t|l J^< ^''i'' "ole. 
à IX, 9.'.]. — - ■* l\^ll, voir noie à wiir, 9.9.. - ' o'COi'M, 11, 
20 ; V, 5 ; wvii , I (). 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 261 

n ^ 1^.^ o * ir ® ' — ' T * — 

COLONNE 28. 

.= I n , I i • '**~^ ±±± """^ ^ 



('33, I.) (Chemin pour iir pas déserter^ la inuison'- 
(htiis l<i(iuellc tu pru.r vivre. 

COLONNE 28. 

(1 , II.) Manière^ d'être petite' , nourriture^ petite, 
cela vaut mieux*' que le rassasiement' des choses' 
réprouvées^. 

' Bcucy, wiii, 10. — 2 [7^ Hl, voir note à w, i3. — 

" ^nNe, voir o-j, 10; voir aussi notes à xvii, 23, et \x, 'i. — 
' CKOK, noto à \\i[, ig. — "• ^pe , voir note à W, 21. — 
'' 6MXMOY'<, voir notes à \iir, 10, et wrt, 19. — ' C6l, voir 
noteàxxvii, 10. — •* *2 <2 ^^^ (oyei) «éloigner» , voir note wt, 
G (les choses qu'on éloigne, qu'on réprouve). Le signe de l'eau 
/""^ =^ et le (léterminatif ^ font penser aussi à des eaux cor- 
ronijiues et ré|)rouvées. Cf. JS^ ^ '"--^ «eau pourrie» et Jfck ç 
■^t-^- (I réprouvé», qu'on a aussi comparé à oyci. 



202 MARS-AVRIL 1908. 



(2, III.) La manière d'être de l'homme sans ver- 
gogne ;i cause de son ventre ' tourne - derrière la 
mort^ violente '. 

(3, IV.) La faiblesse ou l'infirmité^ de l'homme 
sage et de l'honuïîe de Dieu va ''' vers la mort de ma- 
nière à ce que leur maître'' (de l'homme sage et de 
l'honniie de Dieu) la fortifie^ en elle. 

(4, V.) Dieu qui est dans le eicl'', celui-là, la 
morl et la vie de sa créature est à sa parole^'-. 

' ** «5, ^ll'i-, voir note à wii , 17 cl wvi , 11. - KU>T(-. , 
voir note à \\i, 7. — ■• ilMO\\ \oir à \vi, 17. - ' N6-OMC, 
cf. WMir, '1 , 8, 19; \\v, i;S('tna, 1 2 '1 , i28;Lpide, cc\iv, 1. 7. 
— '" IXRI himjiinr, inlirmilas. VS. Bev., 11, [il. 2, 1. 10, et Tirr. . 
\ii, |). 1 1 '1 et 182. '■ J y\ , voir noto à \vi, 6. — " riiiK 
•^ N^, voir note à wrii, i,j. - ^ ^^ V, — 1 riXC^TG, voir note 
à MI. 2. — " TIIG "*, voir note à \\, 9. — '» i)f(X)0\% 
voir note à \ii , 1 o. 



LK PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 263 

^ I P *^-^ ^ ^ ^«~w^ <5^ JET <=> Vw 



(5, vi.) L'impie^ qui fait grand brij^andage- se 
place en la main du dial)l(''^. 

(6, VII.) Le dieu qui est éloigné* de son pays ■'^ on 
ne connaît pas sa grandeur dans un autre. 

(■y, VIII.) Celui qui meurt éloigné de son pays on 
Ty transporte*^ par pitié'. 

(8, i\.) L'homme sage, on ne le connaît pas — 
relui que les hommes sans vergogne méprisent. 

' M /i' ^'^'' "'^''' ^ '^^' *9' — ' ^^^^^^^ voir note à 
\VI. iG. — ■ lir, l5; IV, 12; r\, ll; \U,7 Ol 9;\\IV, lO-ii. 

— ' OY6I, voir note à \\r, 6. — ■' -[-Me _». Q I ©, voir 
àxi\, i6. — " CDX, Setna, 82, 134; Poème, 191. — ' MA, 
voir à xvi, 12. 



26/| MARS-AVRIL 1908. 

(m, xu.) xr~â^!i-i"iXT 

(12, XIII.) ^ç-^^-îi^^ra^^^-'-^^^^V I •*.- j ^y 



(9, \.) F^l le bourg connaît' l'homme sans ver- 
gogne — l'impie qui est en lui — à cause de son 
ventre. 

(10, XI.) Jj'impic qui a éta])li la route- à sou 
bourg — ce sont ses dieux qui l'ont enfanté. 

(11, \ii.) Celui qui aime à rechercher l'impurclr , 
celui-là connaît la honte ^ du jugement'. 

(12, xiii.) La part'' des crocodiles'^ est parmi les 

' COOY'l, voir note à wii, 18. — '^ Mcon', voir noto à \r, 
29. - ■' KCOTC, voir iiolc à \i, i?.. — ' •^.\^\ ^ ■ '=^ , voir 
à \iv, 15. — •' To l^-fV^, \oir nolo à \iii, 5. — " MC.\'<? 



LE PAPYRUS MORAL DE f.EIDE. 205 

(,3, x,v.) |«->:^iT1!<-'f°tiv 

(i(i,xvii.) Ji-»-iy[ne + S>-=^»»r3-. 

hommes sans vergogne à cause de ce qu'ils ont re- 
cherché. 

(i3, .\(V.) Ce sont les gens qui cherchent la vie 
sur le chemin nommé. 

(i/l, XV.) Celui qui dira : «J'y vais», celui-là 
s'écarte^ de Dieu en l'éloignant de- lui. 

(i 5, XVI.) Celui qui éloigne (o» écarte) sa prière'' 
écarte ses dieux. 

(16, XVII.) Ni Irère, ni parent' n'arrive près de 
lui dans^ l'adversité. 

V n| -a.^ , voir noie à \ii[, i."). — ' ^ , voir note à xrx, vc). — 
- Aro e.st pour — - 1 très employé encore à 1 époque des con- 
trats démotiques archaïques. - ^ ci^XHX, voir note à \it, 1 (i , et 
à wr, 17. — ' TSf en \ ^ ""^ U ' ^*^"' "*^l'^ ^* '*^^^' '''■ — 

• rCUO>,'II 2CDO\*, ci'. \U, 18; \X, 91, 2.'5; \\\r, (). 



266 MARS-AVRIL 1908. 

(■7. «'->•) XTi^iâ-ii'MIK* 
X»2! w >f - T'^'— t — 

(l'y, wiii.) Celui qui épargne' pour chose de 
sensualité -, le grand brigand étranger-' est celui qui 
viendra'' dans cela (qui s'en emparera). 

( 1 8 , XIX.) Le grand brigand étranger est celui qui 
fait servir^ riiomme d'Egypte^' en tout lieu; 

(19, XX.) En sorte qu'il fait le niaP par son acte 
sans déshonneur^ pour sa main; 

' V ^^ pL ' ^"''' '^"''^ ^ \"' 1 2 ; cf. noies à i\, 2 , et à 
wii, 1. — ^ XXNH, voir note à \, 18. — ^ eoOMC, voir noie 
à XVI, 16. Cf. plus haul, wvtEi, 5, el plus bas, \xviii, 18 et 22. 

— '' Gl ou tIA, voir noies à \i, 21, el à \\ , i3. — •' KCUK 
7^ V— ', IV, 2; \iv, 1 1 ; cf. XIV, /(, 8; xxvi, 1 ; Rev. éq. , V, i8ô. 

— '■ MOyzG p— » a4 est le nom du sycomore; Poème, i3(), 
212; Koufi , V, 02. Ije « pavs du svcomoi-e » esl un des noms l)ien 

connus de l'Kgypte, ^ . " ^ -1 1 "^-^ OXl , voir noie à \iii, G. 

— * i ^lk.i^ <y^eio x.xiCDOY, voir note à v, 2.'); \iii, iX. 
Le déterminatif abusif de l'argent intervient à cause du mol pa- 
rallèle j \ — — — 6-0-.X0 «dépense». 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 267 

(2o,\\i.) VTâî^-rvi^e^iM*^!-^^ 

(22, XXIII.) \^,^W\^^^ '-^A^^ 



( 20 , XXI. ) En sorte qu'un autre ait honte ^ devant 
lui sans qu'il ait honte lui-même ; 

(21, XXII.) En sorte qu'il entende la malédiction - 
pour la peine ■* qu'il a causée et qu'il se moque' de 
cela par divertissement^ ; 

(•22, x\iii.) En sorte qu'il ouhlie'"' la honte qui 
est la rétribution' due à cause de son^ action de fain- 
grand brigandage'^. 

o 0.0 

' BCDTe, voir note à \r, 10. ^ - OY-^ \ ' " \k ^fS. \ii, 
8; Poème, vers iq; Setna, i2(j; Pamont, passiui. — ■* 2UJCi), 
2<x>oy<Ji), voir noie à \, 9. — '' CCDBe, xwi, 1; wvir, 5, — 
"' I i ^, \r, 20; \\ , 21; Poème, |). lo'i, 200 ; Koufi , \i, .T ; 
wiii, 20, 2G. — " a)Bcy-, voir note à \i\ , 10. — " I l^^if 
XCOY, vr, 1 1 ; Canope, Chrest., l'i-j, 176; Rosette, Clirest., '\h , 
184. — " Corpus, t. 11, pi. 7, I. i5, etc. — ■' riTAM «de lui» 
génitif du pronom personnel voir ma gr. dém.). 



268 MARS- AVRIL 1908. 

(./i, XXV.) ^^\^^^\\'f-f^:^\, 

COLONNE 29. 



(20, x\iv.) L'homme grancP (riclie) étjjiit sur 
une fortuiif^- celui-là, on le (ou 011 la) prendra^ avec 
rapidité^. 

(24, XXV.) L'iiouniie sage en écarte son cœur (de 
la fortune) dans l'action de servir son pays. 

COLONNE 29. 

(i,xxvl) Celui qui adore' son dieu au ninlin'' 
dans son bourg, ])endant sa vie. 

' l'MMAC). Pour la ])ronii('Tu partie de ce mol ('oiii|)osé, voir' 
iiolo à \iv, 17. — - KOXXG, sapclU-x doiiirstira. Le (lélerniinalil 
(le la slalue on de la momie dehoiil est jxMil-êlre attiré par le 
mol voisin Q I I ?• ' XI 5f V, — •, voir noie à wri, 93. — 

*' ^ P ~^~ ** "'^' ^"' ^' — ^''~''' «V'tutyi". dans la deu- 



Lli l'M'ÏRLS MORAL l)K. LEIDE. 20'J 

(3, xxvm.l X^TT^-i^!^— 11 

(/,,xx,x.) xrT-iiH^-tixi^- 



^Mi->^:â 






(2, XXVII.) Celui qui établit son nom (le nom de 
Dieu) dans sa bouche dans riiumiliation afin qu'il le 
sauve ^ d'elle. 

(3, wviii.) L'homme sage cpii viendra- [sic) éta- 
blit le grandissement de Dieu en son cœur. 

( ^ , XXIV. ) Celui cpii viendra étant sur son chemin ' 
(le chemin de Dieu) afin de s'en retourner' à lui (à 
Dieu) encore. 

xième version de Canope ce mot léponcl à IIPOSKTNKIN; 
cf. Poème, p. l'ig; Sctna, p. 18 et 121; pap. gn. de Londres, 
\, 2; Rev. é(j. , I\, IV, pi. 17, et vi, ]). 53; deuxième mémoire 
sur les Biemmyes, pi. 1, pi. 5, pi. 10, pi. iG, etc. - — '' coo^'i 
ic jk^Ç ©, Poème, p. 206; pap. gn. de Leide, ir, 24. — ' 0\'- 

X.x\ TO"«^'XO, voir note à xvii, 1. — ^ Nxei, voir notes à \[, 
2 1, et à \\, i3. Le futur — visant les chrétiens — est ici remar- 
quable. — ' MCDIT, voir note à \i, 22. — ' T.vceo "^, voir 
note à \i\ , ig. 



270 MARS-AVRIL 190S. 

(3, XXX.) x^T'-^'::'t^Tâ)\!rr;3) 

^ - '^ ^ 3i "^ ! *^ C] 

((), xxxr.) X--\-1il^- ^i.!K 

(7, XXXII.) JH<2'^^:)iî;M©i.XT7 

^ + © A~~^ T * 



( 5 , XXX. ) L'homme sage , en tout lieu ' la louange - 
de son nom-' est avec lui. 

(6, xxxi.) Ij'lionnne sans vergogne, sa nature^ 
est sensuelle', en sorte qu'il va dans la honte avec 
elle. 

(•y, x\xn.) 11 n'y a pas heaucoup'' de gens du J^ays 
qui sachent y vivre. 

' Hl, voir noie à xv, i3. A l'époque archaïque, Hl est sans 

cesse (!ni|)loyé dans le sens de MA 011 de l . — ' f ^îll 

2COC, \oir note à i\, 20. — ^ l'AN ^jj- ^*"'" ""*'" ^ \m\i 

l'i. — ' ) V M< ^"i'" "ol'' î» wiii, 9.-2. — ^ XHti, x.n\\y, 
X.MJH, \oir note à \, i«. — '' .\a;\l tl.\ci^G>o\-, voir noie 
à \M, 5. 



LK l'AtYRUS MORAL DE I.KIDE. 271 

(8, xxMii.) J,!?-— :^^w3jVJ^'^X 
(9, xxxn.i X1JXT^>i:V!M")w 

. n n 1 1 
— Inl!" 

(8 , xxxiJi.) il n'y a pas non plus de grand hrigand 
étranger dont la vie soit lorte ^ 

( 9 , XXXIV. ) C'est Dieu qui donne la voie ^ dans la 
routr^ d ■ la vie. 

(10, XXXV.) C'est lui qui établit l'impie qui s'en 
ira sans lieu de fuite (de refuge^). 

(11, XXXVI.) La destinée et la fortune qui viennent 
c'est Dieu qui la fait venir. 

Vers 38 (36). 

' rjxcyr, \oir nol(> à \ii, s. — - ^ oir note à \r, ?.i. Les 
deux mois V M j A M(i)IT et V V ^^ j. • sont deux 
formes de la même racine -J^ ^~~a *+*. — ^ e y\ . 



272 MAUS-AVRIL l UOS. 

CHAPITRE XXIU. 

(i3,ri.) |V-^!^-M!^1^'J^!^ll^- 

CHAPITRE XXIII. 

(l'i.) Enseùjiiemcjit vimjL-iroisièmc. [La coiulnilc 
des passions.) 

(i.) l\c point C enflammer^ de colère de peur (pie 
Dieu ne s'enjlammc de colère contre toi. 

(lo, II.) Ije serpent- souffle^* son venin ' pai- la 
bouche; l'homme de rien son venin est en son 
cœur. 

' M 02 ^J^ 'I , M , iG ; X\l\ , 20, 21, 22 ; \\\, 10, I '1 ; \\\l , 
'1, 22 ; \x\v, 2. On a aussi la i'ormr adoucie \k <xx. l[ , \[ii, 17. 
' 20<i , voir note à wiv, 10. — ' lllMG ^p voir iiole à 

\vt, 22. — ' .— •» M.v'roy, voir note à \\i\, 10. 



LE PAPYRUS MORAL DL LEIDE. 273 

(i5,iv.) ji--iT!!rr;2iV<2k^i--- 

(16, V.) Ji-^l-— ^=>,*,^~-p\«5^'5\5^'*' 

/ — \ J 1 1 (2 A ni ]() 



[i!i, III.) Il blesse', il tue-; il ne fait pas miséri- 
corde^ comme le crocodile '. 

( 1 5 , iv. ) On n'enlève •* point le venin du crocodile 
ou du serpent t'ani^. 

(16, V. ) On ne connaît pas le remède " de la bles- 
sure'^ de la langue '■* du mécbant. 

• M6Cip, IV, 7. n. — - J)a)Te8 "**" I ^ , voir note à XIX , 
5. — ^ riA >*>^, voir note à \v, 10. — * MCA2, voir noie à 

XIII , 1 5. — '" _\ <J)\T. Le même mot démotique dans Ros. , 

Clirest., 32 , signifie «exiger un impôt» et est traduit \ dans 

Ros. , Naucratis ; Chrest. , 68, il est traduit "nrs Aoyetas; i6., 72 , Asit- 
oijpyiuiv Kit KOLptieiuv; ihid. . ~3 , 7/1, KipTisiuv. cyxT signifie «en- 
lever, exiger, redemander». — ^ Nom de serpent jusqu'ici inconnu. 
Cf. X.H\ perciitere. — ? , voir note à xviii, 9. — ■ CAcy 

^ ^v^ , voir note à xi , 18. — *" \\C v «5^ , voir note .1 \\t , 1 '). 

© —H— 



21'i MARS- AVRIL 100.^. 

('7' ''■) J'-— X-^\-^1TTT^ — 
(,8, VII.) j,^p^x«L-^^^2)-x. 

(19, VIII.) J|^-*>-.-^«5,7wpîrl|^,;,--P 



( 1 7 , VI. ) L'homme sans Yero;ogne ([u'elle a atteint * 
n'aime pas à faire paix - avec celui qui a fliit être cela. 

(18, VII.) L'impie n'aime pas à pardonner à celui 
qui a manqué^ du tout'' à son égard. 

(19, VIII.) Son œil ne se rassasie pas de sang-' 
dans les hontes de chaque jour. 

(20, IX.) Celui qui s'enflamme après une parole 
légère celui-là ira dans la hont(^ par là. 

' ^^, c(. wii, 10. — - 2CD'rn , voir notes à \i, 11, et 

\i\, 19. — ^ \ CJTV^' '^0''" "^'*f ^ ''^'' '"■ — ' ^' J^v^ 
pour In svHabiqup, voir <^a~~~a; wiir \.\iv, 22. - ^ cn()<t, 
Poème, vers 67, )>. 2'i2; lin.. Il, 11, pi. 21; i\,p. 8'i; Koiili , 
xil, 7. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDK. 275 



(•2 1, X.) Le feu qui s'enflamme est tué^ (éteint) 
par l'eau; l'eau l'emporte- sur elle; 

(22, XI.) Tandis que le nitre^"* et le sel' sont per- 
dus ^ dans l'inondation ^ et subsistent " à cause de la 
chaleur^; 

(20, XII.) Et que le vin^ est perdu dans les 
cruches ^° non inondéf's'' (sans inondation). 

^ "^"^ >v^. — - OYtU'l"K, voir noie à wii, 18. — "' 20CM , 

voir note à wiii, 9. — ' 2MOYj voir note à xviii, 9. — ■" xkcd 

^ "^— , voir note à x, 10 et 22. — '' (^a*^— v_ — " MHri, 

\\[v, 19 ; XXV, 9. — ' M02 , voir à xxiv, 12. — ' Hpn , voir note 

à wir, 10. — i*' a»xcL)OY- — " CCDj)eM. 



18. 



276 MAKS-AVHIL iy08. 

COLONNE OO. 

(i,xiii.) (<2->-\;f z!*^^^-='llfc!^Â-" 

i .^- I I I t \ JttJ 

(3, XV.) xri-i-ia-TîTxr 

COLONNE 00. 

(i, xiii.) Jl est J)on ' de .s'oJ)st'rver- avec tliligeiice 
au sujet d'une nourriture^ trop abondante*. 

( 2 , XIV.) L'homme sensuel dont le cœur aime les 
choses de sensualité connaît cela. 

(3, XV.) (]e]ui qui pense ^ au bien, celui-là do- 
mine •" cela. 

' iixtioy, voir note à wir, 19. —"^ copx. Ce mot a les sens 

(le : fuiniuii reddrrc, arraralas esse , firmitns , rhligeiilia. Veritas, voir 

CJirrst. déin. , lire. , Jl , H , pi. 1 , etc. — ' ^P6 , voir note à \vi ,21. 

— '' ^ ,^ ricvilOOV» arnvaliin. ^ ' \/ x 'jS a)n,\oir 
/»»»A ^1 — I ■ «Ml! 

note à \vi, 18. — " -«>- [1 © I I V — 1 ou .^«>- H V 1 I V — ' Svva- 
alect) iCanope), voir note à \i, 18. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 277 

(6, xvm.) xrsT-i^i-xk- 



( 4 , XVI. ) La ])onno nature ^ du parfum ant -, voilà 
sa part^. 

( 5 , XVII. ) De sorte que la gloire ^ du petit ^ est 
dans l'épreuve'' de celui qui a voulu' le troubler "^ 
par là. 

(6, xvm.) Celui qui sort^ de la terre ^*^, qu'il y 
retourne^' encore''^. 

^ Mitie, voir notes à xvii, 20; xx, fi. — - ^''~~' ^ -f- . — ^1 

^ ■{Va TO, voir note à xiir, 5. — ' \. Le mot peh t'crit par la 
tête de lion en hiéroglyphes et par l'arrière de lion en dénioliqne 
signifie «gloire, honneur»; Rosette, Chrcst., 3i, 35, 87, 3S; 
r.vNOPE, Chrest., 129, Poème, 219; voir plus haut à x\iv, 1 '1. Pour 
le syllabique /)(>/( , voir aussi note à xvir, lA. — '^ cyHM , iv, 6; wiv, 
7, 8,9, 10, 11, 12, i3, l'i, i5, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 23, 
2^1, 25; XKV, 1, 2,3, '1, 5,6; pour une autre forme du même 
mot, iir, 21; xxrrr, 22; xxtv, 2, '1, (3; etc. — * 2lTe, voir note 
h \iv, i3. ^ ' Voir note à i\, 22 (^ J^)- ~ ^^'^^^ ^ TCU2, 



278 MARS-AVRIL 1908. 

(7. ^'^■) \:3)sxijxi^vn.- 

/f* ■ * '^^ ""^^ /^ ■*• e 

(8, XX.) |a^^— X|e — 3)^|t!« 

(9, XX..) Ji — PX^V«— ^:')wn5^\ 



(y, XIX.) Et que Dieu prenne^ ia lann^e- et la 
conduite du voyage (de la panégyrie-^) pour le cœur. 

(8, XX.) 11 connaît l'amour de son bien aimé'; il 
donne des biens ^ à celui qui se donne à lui. 

(9, XXI.) L'impie ne sort jîas de l'état d'àme qu'il 
aime. 

voir noie à .\v, l'i. — " C3 A neipe, voir note à \.\f, 20. — 
'" ^^ , voir note à xvi, 50. — " tacoo ? , \oir note à 
\f\, ig. — '- A. oti, voir notes à .\iii, ô , et à \[\, 17. — 

' .XI ^V — I, voir note à xvu, 23. — - ^HBC© I |1 , voir 
Koufi , XII , 2 8 ; liev. , iv, 87 ; Poème , j). 2 2 3, 220, 2 '1 2 , 2 '1 3 ; pap. 
içn. (le Londres , vi , i , 2 , 3 , 8 , 9 , 1 1 . 11 est traduit par ATXNIA , 
|)ap. <j,n. de Londres, deuxième édition ; |)ap. grec de Leide, roi. x, 
1. 2 1 , et antigraplic des luminnria . Bcr. , 11, 11. — ^ -^^ , voir 

note à xvr, ic). - ' MepiT. Pour cette forme dérivée do =mmz 
>d«(_ '^Y\ (voir à w. iJl, cf. \v, 20. — ^ IIK.V -^w^ 1 , \oir noie 
à xvr, .''1. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 279 

(10, XXII.) Ji — ^1J^^n-^m\lJ 

(il, XXIII.) J,^^4i-.^>yr:]^P\^| 

(^2, XXIV.) i^TS^1J>^'^i'^-Â^ 

(i3, XXV.) jL!^XTz:i.-j.xr- 



(lo, XXII.) L'horniiie de Dieu ne s'enHamme pas 
potu^ un trouble; on ne s'enflammera pas contre lui. 

(il, xxni.) L'homme sensuel n'est pas dans la 
puissance^ de faire grandir la honte devant lui; 

(i2, XXIV.) Et rhomme de Dieu est dans la de- 
meure de rétribution (ou d'épreuves) jusqu'à ce que 
Dieu lui donne le repos. 

(i3,xxv.) Celui qui ne connaît pas la pitié ne 
sait pas gouverner- son cœur. 

' Voir .w, 3, et \i, i8. — - ^e^U, voir note à xx, 6. 



280 MARS-AVRIL J 908. 

(iT). XXVII.) |« — isl-7X™M«ilXlJ 
(.6, xxviir.) XnmlWh-XPZ!^- 



n iiii 

n un 



[ili, XXVI.) Celui qui s'enflamme, aussi celui-là 
ne connaît pas la réprobation ^ de sa conduite-. 

( 1 ô , xxvii.) On leur fera recevoir en mains la des- 
tinée du (donnée par le) Dieu de tous. 

(i6, xxvin.) La destinée et la fortune qui viennent, 
c'est Dieu qui les fait venir. 

Vers 28. 

' C.\2()Y, II, 1."); vin, 12; r\ , i5; pap. moral de Paris, dans 
c|iK'lcjues Icxtos traduits à mon cours. — ^ «De sa façon do niar- 

cher.., "n "n ç, "q q^kT C-.C.JL''"- "■'-^ •^■' ^' 

pap. gn. , III , '.'>'.]. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 281 

CHAPITRE XXIV. 

('7-)kP^-a-n;; 

(19,11.) leT*-«-5=>-«-l~-'îéT'li!X 

(20, m.) h}*'^m^^ii\^\r.^r 

CHAPITRE XXIV. 

(ly.) L'enseignement vingt-qaairième [la connais- 
sance de Dieu). 

(18, I. ) La voie pour connaître la grandeur de Dieu , 
pour la faire être dans son cœur. 

(19, II.) La bonne direction du cœur^ et delà 
langue de l'homme sage grandit sa demeure en 
Dieu. 

(20, III.) La bonne direction du cœur et de la 
langue, en sorte qu'arrive son bon gouvernement-. 

' Pour le mot composé i Çt ■#■ '5^. voir ce que j'ai dit dans 
ma Heine écjyj)tn]otjujiie , t. XII, p. 171-172. — - 2eMl, voir plus 
haut , T, 10. 



282 MARS-AVRIL 1908. 

(23, VI.) ^:3)T'^T®' — XPX^ 

(^'/i. V,..) \:^:x:..-K^i*m 

(21, IV.) Que soient les choses de Dieu en plai- 
santerie^ pour le cœur de l'homme sans vergogne. 

(22, V.) Que soit la vie de Thomme sans ver- 
gogne un fardeau- pour le cœur de Dieu lui- 
même •^. 

(28, VI.) Que ion donne un moment' à l'impie 
pour le faire se tenir debout avec la rétribution (la 
punition). 

(24, vi[.) Que l'on donne les biens ^ à l'homme 
sensuel, parce qu'il a reçu son souffle'' pour cela. 

' P i tK. ^ '■ ^"''" "°''' " 'î'^viir, 21. - tOTn. voir nolo à 
.wiii, 3. ~ '■ 2CDCDM. '' -^^ XII, \oir note à \\,io. — 
— '' IIKH, riK.\, note à \vi, 4. — '■ I41<1G, iioteà.\\f, 22. 



LE PAPYRUS MORA[. DH LE IDE. 283 

COLON NK 3 I . 

(i,vtii.) l^l-^-^o-'Xli^^'^' 

(3. X.) i^--T~xpi.^\^ir 

COLONNE 3 1 . 

(i, Vin.) On ne connaît pas le cœur de Dieu, 
jusqu'à ce qu'il fasse venir la résurrection '. 

(2 , IX.) Est-ce que la créature- lèvera'^ la main!' 
Dieu la [sic) connaît. 

(3,\.) 11 connaît l'impie qui se glorifie' de ses 
sensualités. 



' TCOIIM rfsnni'ctin : ci', note ;i \(, 21. ' , soil dans le 

sens il «ciTaluro» (cf. wxiri, '1), soil dans le simis (ruarlo», voir 
note à xiv, 17. — ^ Ml, voir note à .\i\, \. ' cyoycyo^'; 
cf. wirr, 10, la Tormo TiTrT \ TtTlT \ "J^ . 



284 MARS-AVRIL IdOS. 

(/,, XI.) ^«'--.-^'-X^li^' — X 

(5, X,..) K5-<^!«J'S:r_:-j:f 

(6, xm.) )|:P\«.k^,,<;^„'7jHa|s<_ 



(/i, XI.) 11 connaît l'homme de Dieu et le gran- 
dissement de Dieu en son cœur. 

(5, XII.) La langue dont on n'a pas donné la ré- 
ponse ^ ses paroles, Dieu les connaît. 

(6, XIII.) Le coup^ d'épée^ qui vient, alors qu'il 
est loin , sa retraite * est révélée pour lui ; 

(y, XIV.) en sorte que l'impie la destine ^ (l'épée) 
pour faire à quelqu'un violence'' (meurtre), 

' OY^^. 'i i> 3, 17; wif, 12. 20; XXV, 21; wvi, 2."); Ro- 
sette, Cliresl., y Poème, 287, 238, aSt), 248; Sclna, p. 83; Pap. 
mag. , r, 9, 18, 21, 22, 23; 11, 22; etc. — - cxcy, Porinc, 
vers 39; Rosette, Chrcsi., 28 ol 3. — ^ ^^ ^"^ = mil/ 

= _^ ï e ''^ • ' ^ , voir \\i\ , 1 0. — (5-0)5 , y^^ 



LE l'APYlUlS MORAL DE LE IDE. 285 

(9."--) ^kTâ-^iî-M-»^— X1J 

(8, XV.) et que Dieu le fait échapper au coup' 
après qu'il y eut été (pour ainsi dire) attaché'-. 

(9, XVI.) Qu'on dise les miracles^ de Dieu dans 
la levée du malheur ' sans faute ^. 

(1 , XVII.) Il veille*'' la nuit'' à ce^a et à donner la 
nourriture^ aux Egyptiens. 

OY-'^^T «mettre à part». — '' -=— 'iQlk t\ ^oy^, \ ^ 
>^ , J^ ^v^ . La forme J^ I ç v — 1 njjjn ** se rapporte à 
l'autre sens de AOy^'t), celai dn hypolhtque » ; voir note à wii, 

12. Pour le mot composé ^ ^^ \ 1 fAl ^ ^* XOY^JI^ « violen- 

ter»,cf.x, i4;xxxii, x/i- - ' 1i^w||^, 1i^!!vi' 
Clirest. déni. , Bev. , 11 , pi. 7 ; Corpus , t. 11 , pi. 1 , 1. 1 5. — - CCU 1 1 2 , 
voir note à xxiv, i5. — ' cynHpe, \x\i, 8; xxxii, /i; xxxiv, 5; 
Bel'., II, II, pi. 72. — * TCDoyii acuoy, \ii, 18; x\, 21, 
23; XXVIII, 16. — ^ k.^ S ■^— , voir à \vi, lo. — ° poeiC,voir 
note à XV, 16. ^ — ' G'CUpxz Q | ^, Poème, i^g, 164, i65; 
Koufi, xvni, 26. — ^ ' — ', voir note à xv, 10. 



286 MARS- AVRIL 190.S. 

5fci 

(i3, XX.) 5KTSfcT^5(i?iiiiiw«=-'^<çw 



(il, XVIII.) Il fait se manifester en l'homme ]e 
cœur et la langue par son action providentielle, 

(12, MX.) tle sorte qu'il lui fait faire une bonne 
venue dans la science de ce (ju il ne connaissait • 
pas. 

(10, XX.) Et qu'il y fait être un prix^ abondant 
sans pastophore^ qui soit derrière (pour recevoir la 
taxe). 

' COC^i'H, voir noie à \t, G. — - ci^XAp, voir noie à 
wwii, à. ^ 2| V— ' [n . Cl' mol l'sl continuel dans les conlrals 
(ie l'époque arcliaK|ue et de l'épocjne classique. Il esl traduit en i;rcc 
})ar (I [>aslo|il)(ire ». C"(>st, sous Amasis, par evempic, les pasto- 
])liores qui recevaient les laves des ventes, etc. 



LE PAPYRUS MO UAL DE LE IDE. 287 

('4.'xxi.)^:wXTt'i'X\Ml" 
(■:),xxn.: i,:-XTt'ma^lfcilfc 

('7. XX.V.) ^:âD:r-xv^!!*-ir 



(i/i,xxi.) C'est lui qui protège le chemin sans 
gardien ^ 

(i3, XXII.) (î'est lui qui fait le jugement- en vé- 
rité sans juge-^, 

(i6, XXIII.) en sorte cpiil a placé le grand' dans 
sa grandeur de vie pour la miséricorde 

(i y, x\iv.) et qu'il fait le pauvre ^^ qui prie'' le kir 
(ou seigneur) pour connaître son cœur. 

' 2A.P62, vu, 12; \\v, il; Poème, i(36; pap. gn. de Leido, 
V. i3; Rosette, Cluest., 27, le traduisant par <I>TAAKH; Sotna, 
08, 3o8, 209; Koufi , xvnr, 3. — - 2 au, \()ir note à xiv, 12. 
— 3 \^ ^ ^J^ cun, voir note à wii, 20. — ^ "V- rf), voir 
note à wiii, 8. — ■• 6BiHri, cf. Pamont, l'i-i-î. - " Tcr)B2, 
voir note à xvi, 4. 



288 MARS-AVRIL 1908. 

(.8, XXV.) J.-^XPV^^-^I^^IJ 
(kj.xxvi.) Xr^M^---:!] — P5(Éi^M 
(2o,xxvn.) |5.^)|:®J|e-^_ j»f /. jjl 
(21, xxviii.) |e-^)^ = _:|e--5^P-.m 

( I 8 , \xv.) L'impie ne dit pas : « Est Dieu clans ia 
destinée qui se lève. » 

(19, XXVI.) Quant à ce qxi'il dit :« Cela n'est 
pas » — qu'il regarde les choses cachées ^ (les mys- 
tères). 

(20 , XXVII.) Le soleil et la lune viendront dans le 
ciel. — Pourquoi^? 

(21, wviii.) L'eau et le feu^ et le vent (l'air) vien- 
dront. — D'où " ? 

' 2CDn, 2Mn, voir noie à wi, i6 . - -v<^9 !_?' l'aïuont, 
passim; Poème, vers 50, p. loi); Ii''r. , iv, 71); Koiili , \i, Ta. — 
■ V J| CXT(J, CÀ2TC, voir note à x\i, 1 5. - ' TCUN 



LE P.\PM\11S MORAL l)L LEIDE. 2.S0 

(23,xxx.) v-T">«:iiri"t!:- 

(a, XXX..) :^SÉ>H"«'!«-X^ 



(22, XXIX.) Une protection \ une domination^ 
sont sur ces êtres ^. — De qui '? 

(23 , xx\.) La nature de Dieu qui est cachée, il la 
fait connaître par le monde. 

(24, XXXI.) Il a fait être la lumière^ et les té- 
nèbres*^ — toute la création" — en lui. 

' Y *"' voii' "ote à XMV, 4; cf. à ix, 4. — ' f ^' ^^ir xv, 
19; P. Londres, ix, 19. — ^ NKA, variante remarquable de 
, •^^. On la trouve aussi dans les papyrus archaïques. — 
^ NNIM, cf. Poème, vers 32; Pamont, passim ; Koufi , Rev. t'a.. 
Il, II, pi. 17. — 5 oyoeiN, Poème, 243; Rcv., II, II, pi. 25 
et 62 , p. 271; Setna, 108 , 110. — '^ KXKe, voir noie à xx, 18. 
— ' CCUNT, Rev. éçj.. I, IV, pi. 2; II, pi. 2. 

XI. 19 



290 MARS-AVRIL 1908. 

COLONNE 0-2. 

(2, xxxiii.) t"— Scn**' T?{® >» 1^ 

(3, XXXIV.) t-^SÉTl^so-lcs — 2"? — 

COLONNE 32. 

(i, XXXII.) H a fait être le sol' (la terre) produi- 
sant végétation^, puis inondée^, puis enfantant en- 
core. 

(2, XXXIII.) 11 a fait être les jours, les mois, les 
années, par les ordres* du maître de Tordre. 

(3 , xxxiv.) 11 a fait fété-^ et l'hiver'^ par les levers' 
et les couchers de Sothis*^. 

' T^- ^aa, Paniont, voir note à \vr, 23. — - | "^^ ^. — 
' .:»__i V7 ^^ , voir LÉvr, Dict. , t. I, p. 188. Lévi indique à ce 
propos nn papyrus représentant un lioninie, rejetant J'inonrlation 
d'un chanij) a\eo deux instruments spéciaux. ' T°V, voir note 

à xvr, y. — ' cl)OM cjb=> C^. '• '-"^ q. ' (.l)\ ^ ©. 
* Voir (anope, CJirisi., p. i53. 



LK PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 2<.»l 

(4, XXXV.) :^5,^i^w\,;.^>].^X 

(5, xxxvr.) :^%fZ\^^\^^"\ 
^6, XXXVII.) t^SS=-^'*^\3î'^ tP + 

(7, XXXVIII.) :^%x*>^^\M^\\ 



(4, XXXV.) Il a fait être la nourriture pour' ceux 
(|ui vivent et le miracle ^ des grains^. 

(5, xxxvi.) 11 a fait être la destinée des êtres qui 
sont dans le ciel et que connaissent ceux qui sont 
sur la terre. 

(6, XXXVII.) 11 a fait être en lui (dans le ciel) de 
l'eau douce'', désir de toutes les terres. 

(y, xxxviii.) lia fait être iesouffle (l'esprit, l'ànie, 
la vie) dans les œufs-* sans chemin pour cela. 

' oyKG, voir V, 7; vrr, A; Setna, 8o; Canope, Clircst.., i3i; 
Pome, 219, 221, 225. — ^ TGcynHpe, voir wxt, 9. On |)(iit 
aussi traduire «la transformation ycpert des grains». — •' -iii , 
M)irnoteà wiv, 25,ct.\\v, 3. — (^-•'') '' iiotm |V _^i_, Rhind. 
178; Poème , vei's 17. et |). 1^17; Panionl , (pii le rend aussi j^jk- 

'9- 



292 MARS-AVRIL 1908. 

(8, XXXIX.) '^'^^ ^ n^^,^\^\ti^^ 

(9'^L.) tw^l;;;::;^^ — ^ç^_^^^>yc^ 

(lO, XLI.) -^%^^j^\^^X-'^Z\ 



(8, XXXIX.) 11 a fait être des enfantements' dans 
tous les flancs' par les corps-' qu'il leur donne. 

(9, XL.) 11 a fait être la pierre^ et les os-" dans 
les corps susdits. 

(10, XLI.) 11 a fait être la venue du monde entier 
par les êtres animés" du sol. 

— • ■' cooYîie, Ber., II, II, pi. 20; Kouti, XVIII, i3. — ' Ici rnn 
j) « en l'anter » a pris la l'ornic de M H ce u.siira. — ^ ^jk ^Sc,<ï, si- 
Linifie d'ahord «dos». — ^ ^^ %, voir noie à xxiii, 3. Ici le mot 
a |)ris l(Ml(''lorniinalir approprié à x ■^ , désignant un tombeau 
ou une sépulture. — ^ CONG | —, viit, 22; xxxii, 9, 20. 

— ■• Kà,C , XVI, 2 ; WIII ,12; lier. , 1! , 11, 1. 2 l; etc. — " Cf. ^^ 



LE PAPYRUS MORAL 1)L LE IDE. 293 

( 1 -î , xLiii. ) ^^^^(î?^^',*,^-^-**^^ r_ 



(il, XLii.) H a fait être les allées et les venues*, 
les déplacements-, les peines^, ies veilles^ el les 
soucis^ pour la nourriture. 

(12, XLiii.) 11 a lait être les drogues'' pour écarter 
la fin '', le vin pour écarter le trouble de cœur. 

(i3, XLiv.) Il a fait être les veilles de celui qui 
ouvre la voie^ à son maître en qualité de père nour- 
ricier ^. 

' KCDTG 1 ^ , ^ j A, voir note à \vi, 7. — - fine, 
voir à wiv. 3. — ^ ^'Ci, irr, 8; viir, 21. — * poeic, voir 
XXXI, 10. — ^ POOV^JP, voir note à x, iq. — ^ , voir 

^ <:=. I I 1 

note à xviir, 9. — ' Voir Canope, Ckrest., i63; cf. papyrus 
moral de Leide, vt, 1, 11, 12, 1/1, i6;xi\, ■7;x\ri, 11; wrv, 2, 
3, — « XiMOeiT. — « © tî^^"^- 



294 MARS-AVRIL 190.S. 

(i5,xr.v..) :-^5É^<Q> l2!y\J-I^ 

(,c,, xLvn.) :-SS-r-:itP«n-11 

(17, xLvm.) -wJd^cnH*-'!'"?!^!!* 



(i/i, XLV.) Il a fait être la vie et la mort devant 
lui (le problème de la vie et de la mort) pour le tour- 
ment^ de l'impie. 

(i5, XLVi.) Il a fait être des approvisionnements 
pour la vérité et la justice, le manque^ de cela pour 
le mensonge et f injustice. 

(r6,XLVii.) Il a fait otn> la substance de l'homme 
insensé^ comme nourriture à beaucoup de gens. 

(ly, XLViii.) il a fait être des pains'* à quelques- 

' (fWOyfX), voir plus haut. — - cycD'iT, voir noie à wir, 

18. — 3 COff, voir note à x, 5. — '' « ' , '^O , Canoit., 

III <^^ 

Clirrst.. 17(1, (|iii lo traduit [)ar APTO^l; Pimiont , p. 20, 5i ff 
ntissim. 



LE PAPYRUS MORAL DE LE IDE. 295 

(.8, xLix.) n^-X:^1î— tx- 

('9. •-) i^'5?-\i'=k,;.— +T 



uns^ d'entre eux dans cette génération- pour les 
nourrir. 

.(i8, \Lix.) H a ('«tahli son commandement dans 
le monde caché pour eux afin qu'ils ne le connaissent 
pas. 

(19, L.) Il a établi la nourriture en leurs mains, 
en la main de ceux auxquels il l'a apportée et bien 
autre ^ que celle qu'ils lui ont apportée à lui-même 
(par la charité). 

(20, Li.) Il a établi la fenmie du palais royal en 
pierre alors que se trouve devant elle son mari'* [on 
un mâle). 

* âOlNe. — * XtUM , xxxir, 16. — •■' OY^OT, voii' notp à \x, 
i/i. — * r-^ià= aooY'r et 2X1. 



296 MARS-AVRIL 1908. 

(21, LU.) l^^-^*5K^2îT<«li!-'-' 

(22, Lin.) yrr.iii>y'=^ri^T-^xp 
(3/,, Lv.) i^xTri«xj,»«-ifw 



(21, LiL ) H a établi le grand brigand ^ étranger 
qui vient du dehors vivant comme ^ l'homme du 
pays. 

(22, LUI.) 11 n'y a pas de frère qui pour une rréa- 
ture connaisse la destinée qui est devant lui. 

(23, Liv.) 11 y a celui qui en fait connaissance 
pour le tuer ^. 

{2 II, LV.) Il y a aussi l'acte que fait le méchant 
])our lui faire du bien. 

1 CfOOMC; dans ce snns spécial, voir wvni, 5, 17, 18, '.«a; 
x\i\, 8. — - V ^' 1. voir noie à \i, 9. ' J)CDTeK. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 297 

COLONNE ?>^. 

COLONNE 33, 

(i, LVi.) Ce n'est pas celui qui est brisée qui en 
a été l'origine par son acte. 

(2, LVii.) Ce n'est pas non plus celui qui tue qui 
tombe ^ dans le chemin. 

(3, Lvrn.) La destinée et la rétribution tardent 
[mot à mot: font un tour) pour faire son apparition 
providentielle (du châtiment). 

(4, LLK.) La destinée n'est pas vue ^ d'avance; la 
rétribution ne viendra pas violemment^. 

' XHX, Setna, i63. — - 261, iir, 23; \iir, 17. — ^ NXy 
C^~^ SS^, \\x, 10; \s\r, 6; WMV, 9. - ' MCONC, voii" noie à 

XXVIU, 2. 



298 MARS-AVRIL 1908. 

(6,LM.) xifl^ni^-^-xp^i^-Ti 

CHAPITRE XXV. 

(7- ■•) \\m~-i-{i)^-xA- 



(5, L\.) Grand est le conseil' de Dieu établissant 
une chose après une autre. 

(6, LXi.) La destinée et la fortune qui viennent, 
c'est Dieu qui les fait venir. 

CHAPITRE XXV. 

(y, T.] Vingt-cinquième enseicjncincui [les fins dev- 
nièrcs). 

(jhemin [moyen] pour éviter- la rétrilnition /unestr 
[la punition), de peur qu'une part d'elle n'arrive à loi. 

' COO'lll, voir n()tt> à \ir, i8. — - Mot à mol «te i^anlrrii; 
2AP62, voir noie à xxxi, l 'i. Ici un /i manque. 



F.K PAPYRUS MORAT. DE LE IDE. 290 

(". V.) j.-kpv^^^ip:3;vI«i 



(8, II.) Le châtiment de Dieu est violent, celui 
qui vient après la mort de force. 

(9, III.) Et des vexations nombreuses en puis- 
sance viennent après la rétribution encore. 

(10, IV.) Dieu n'oublie^ jDas; la rétribution ne 
manque- pas. 

(1 1, V.) L'impie ne la crainl ])oint; la r(''lribuli(iii 
ne le rassasie donc point? 

' CDKCy, \oir note à xi\, 10. — - cpMG. 



300 MARS-AVRIL 1908. 

(12, VI.) \<,^ U^^^^^^uW^^^')^)^ 



(i2, vi.) Etre doux^ avec le misérable- est dans 
la voie de l'homme de Dieu. 

(i 3 , VII.) Celui qui élève ^ sa face dans son bourg, 
celui-là est misérable en son sol (en son monde sou- 
terrain). 

(i/i, VIII.) Celui qui grandit sa langue dans le 
temple à cause de (son orgueil), celui-lî», on le fera 
attendre'* [nu on le laissera) à cause de sa misère. 

(i5, IX.) Celui qui laisse le misérable dans son 

' (ynotl, voir note à xxii, 8. — - CKKG Q ^W I -wT^, voir 
note à \vr, ?i. — ^ <l>CDi, iv, a'?;x\vrt, 17; \\\[V, 3. — ' 6"CD , 
voir note à wiir, 5 = Q \k C* 



LK l'APMUJS MORAL DE LEIDE. 301 

(17. "'•) XT^=-^=--^"forr;â> 



angoisse ^ celui-là on lui annonce aussi la non-pro- 
spérité''-. 

(16, X.) Celui qui fait venir la nourriture en sa 
main (l'accapareur), celui-là suppliera -* à cause de 
la faim ^ qu'il en aura. 

(17, XI.) Celui qui s'approche^ pour faire la vie 
est celui dont la mort approche. 

' 2BX, voir noie à xi, 17. — ' ^^ ^ J\- — ' tcubz, 
voir note à xvi , i. — * 2KO, vu, 8; wiv, 20. Pour 20Kep, 
cf. \i, 17. La forme 2KO se trouve clans Koufi , iv, 5; viii, 03; 
XI, i5; xu[, 1; XVIII, 21; la forme 20KGP, Poème, vers 55, O2, 
i5'i; Pamont, li, i5 el passim; Koufi, m, 33, et pap. moral de 
Leide, 11, 17. Pour un autre dérivé ZHKê «pauvre», voir pap. 
moral de Leide, xvii, 2; Bev. , II, 11, pi. 1 3. — ^ Voir note à 
xxii, 9. 



302 MARS-A\RII. I<I0S. 

(18, XII.) xTS."âi'ïr!V''.T,'-rv 

(20. x,v.) XT-m\'îi'Emiv1!«i 



(18, XII.) Celui qxii révèle^ les fail)lesses'- d'aii- 
trui, celui-là on lui révélera son tombeau-'. 

(19, \ui.) Celui qui commet de force le vice 
contre nature^, celui-là sa génération ne durera pas. 

( 20 , \iv. ) Celui qui lait le trouble pour le trouble, 
celui-là sa (in sera le trouble. 

(21, XV.) Celui qui fixe le lendemain-' à son cctur 

' cvoxn, vin, ^i ; xxi, i5; wii, i?>, iH- win, •?. ^ - I \k 
'^— . — ' KCUC, noie à .wiii, 17. — * n'(7. Iiiiut, UOGIK 
200Y'''; pour le premier mot, v, ?.■?.; vi , ■>!; vu, i'\; 
Pamont, [). 66-67, ''^ li'aduit ^^ — ^; J'^p. Ji». Lr-ide, vi, 1; etc. 
Pour le .s(;('()ikI , Poème, î'îi, ■>/|7,etr. ■" p.VCTC , m ir note à 
w, l(). 



LE PAPYRUS MORAL 1)K [.KIDK. 303 

(22, XV..) -p:,^!,; „^v-]-^^»f \ 

(23, «„.) r;'fo.-^p\Mv^i,Mv- 



en ce qui touche la rétribution ne connaîtra pas le 
lendemain . 

(2'i, XVI.) Si tu es rassasié de connaître la force 
[ou le pouvoir], établis le petit en elle comme com- 
pagnon *. 

('23, XVII.) Si tu vis dans l'exercice de la puis- 
sance, que petite (humble) soit ton tàme^ en toi (en 
ton cœur). 

(24, XVIII.) Si tu vas passer^ dans la rue*, cède 
le chemin à qui est grand. 



^ "13n. - - "^ -i- ' ^'l'i* Poi'-mc, l'iy, 206; Corpus, I. Il, 
pi. 7; Pamont, jxissini. — '' Clin, soir luile à \iii, 20. ' J)ip, 
voir noU' à x\v, ly. 



304 MARS-AVRIL 1908. 

COLONNE '6 à- 

(,, XIX.) z,'-^r.^<^:^'^uw\>^^ 

(2, XX.) c;'^*«^®T^»^XÂ--fcP 

(3, xx..)XÂ-1T\M»'-1«Â-^ 
[h, XXII.) î^ 2. i^ ^~' X l'^'~ J"5'*~'j\"~' 



COLONNE 34. 

(i, XIX.) Tu es vu après la misère, craignant ' la 
destinée à cause de cette misère. 

( 2 , x\.) Tu es vu après la récompense, craignant 
la punition à cause de la honte. 

(3, XXI.) La punition (oa la rétribution funeste) 
est chose grande pour l'àme^ : elle est petite pour le 
petit de cœur. 

(4, XXII.) Le poids ^^ de sa honte — de la honte 
de ses faiblesses'' — le frappe. 

' CUXT, voir note à .\xi, i. — - -^q- , voir mile à \, lo. — - 
•■' 20pC9, voir note à m\, i4. — ' Cf. CCUcyM viribas deficcrc. 
Ledpnxièmesignedémotiqiieoulesigneclouble vicnt(k''TV = 4AV'j^^/n. 



lAi PAPYRUS MORAL DF. LIÎIDE. :il)5 

(7, XXV.) |«r «>-=»\me + ri'S'-1l 

(8, XXV,.) f<=^iï>=.vn»l«'-1!'5? 



(5, XXIII.) En sorte que l'artisan' (de ces ini- 
quités) reste stupéfait- devant la mort qui est un 
prodige pour lui. 

(6, XXIV.) Il est parvenu à la demeure où la des- 
tinée veut qu'il arrive. 

(7, XXV.) H était venu à une famille en établissant 
les frères en inimitié^. 

(8 , XS.VI.) Il était venu aune ville en y établissant 
la douleur* par ses actes. 

' Ce syllahique am (artisan) se relruuvc dans le titre du grand 
prêtre de Memphis, Bev., II, ir, pi. \']-'[8; Rhind, 35 1. Cf. Nouv. 
Clireit.. 1/12 , pour l'artisan en bois. Dans le pap. gn. de Londres, 
col. 9, le titre uram se rencontre aussi avec la transcription .\M 
pour le dernier mot. — - coilcy __\f!^ ^ cupcy^CDHO). — 
^ X.\X.l , voir .xxr, i/î. — ^ Voir note à \ni, 8. 



300 MARS-AVRII. 1908. 

(9, XXVII.) |s:!:3fc=-JLo^e'-^^'5f i 
(10, xxvm.) ^e^5£i=.'ï;;;'^7-||nj|<s 



(9, XXVII.) Il était venu à un nome en y établis- 
sant les gens sensuels au pouvoir. 

(10, xxviii.) Il était parvenu aux temples en éta- 
blissant les gens sans vergogne en puissance '. 

(11, xxix.) Il était parvenu vers l'impie en don- 
nant la crainte à un autre qu'à lui. 

(12, XXX.) Tl était parvenu vers l'bomme sage en 
lui préférant- le méchant ou l'homme sans ver- 
gogne. 

' X.tocDrc , voir nolo à \i, 20. — - Il2()YO , iv. i •> , 1 '1 ; V, 
'>.?■>; M, 8; wvi, 16; Poème, vers 6, 67, 70, p. 208, 282; 1\cr.. 
tl, II, pi. 27; Cnrpus . l. II, pi. 3, pi. /| ; Pamont , 12; Rosette, 

Clircsl., 181; Srtiia, p. iTjo. 



LE PAPVHLS MORAL DE LE IDE. 307 

/ / \ i ^~~ ~ A ^-^^^ murni w .^ A ^ '«i^ 

(i5, xxxiir.) ^rr^d*Yivc^'-j^M 
(i6, xxxiY.) i^rr^iTi^^mivi'^ 

(i3, XXXI.) 11 n'y a plus (dans cette demeure de 
rétribution- là) de connaissance du jugement (ou 
des juges) en ce qui concerne i'homiiie sage. 

(i/i,xxxii.) Il n'y a plus de repoussement * de 
l'expulsé sans fortune. 

(i 5 , xxxin.) 11 n'y a plus d'établissement - d'hypo- 
tbècpie^ et son maître (le maître de l'hypothèque, 
l'usurier) est en réprobation *. 

(i6, xvxiv.) 11 n'y a plus de soucis-' (pour le 
juste) ou de trouble'' au lenqis du repos de Dieu, 

' TCDSM , cf. m, i8, lu fautivement tin. — - .XACMG, x, 21; 
\v, 8; bii. d'Aljvcios, Bev., VI, n, pL '4. — ^ AOycu , voir note à 
vvn, 12. — ' CX20Y- C02I, V, 9; VIII, 12; ix, i5; \\\, l'i. 
— 5 pocyci; , voir notn à \ , 19. — « TCO? , note à \v, 1 1 . 



308 M. MIS -AVRIL 10 O.S. 

(17, xvxv.) J'-~XA— 1--('?'')^-m 

(.0, xxxvni.) ^tat'-sf^k-i^» 

(ly, xxw.) Ija rétribution n'aura cependant pas 
]ieu sans trouble et écrasement de la sensualité'. 

(i8, XXXVI.) La destinée, la bénédiction^ cl la 
puissance sont à sa parole (de Dieu). 

(1 () , xxxvu.) Qu'il fasse le jugement -* pour le p(''- 
rhé {^mot à mot : la boue^) en donnant la récom- 
pense^ pour le bien. 

(20, XXXVIII.) Qu'il lasse être la taim après le 
rassasiement, et le rassasiement après la faim aussi. 

' (Je mol est compost' tic 1er \ — J et clc XH u , voir note à x , 18. 

— - CMOy, voli- iiolc à \vi , 21. - ^ 2.\n, voir note à \iv, 1:!. 

— * XOiae, \[\, ■m; \x\iv, 19, 20; \\\v, '1; Si'lna, iv, (3; 
Koilll , \II , I ; Xlll , 17 ; Met'., IV, 81. — ' Cy.\ri, \, lo; xr,l3; 
Mil, /| ; XVIII , 1 1); XXVI , 1/1. 



LE IWPYIUIS MOHAI. OK LKIDE. 309 



('2 1, XXXIX.) On ne connaît pas la manière de 
faire de Dieu en ce qui touche la rétribution qu'il 
fera surgir pour eux. 

{'i2, XL.) Celui qui s'enilamme pour toutes les 
transgressions, Dieu s'enflammera contre ses trans- 
gressions. 

(2."^, xLi.) Celui qui a laissé passer une petite^ 
turpitude, celui-là répand'^ les excès ^ avec tranquil- 
lité '. 

' CBOK. — - CCOp, Rliind, 2 :>,-■, Mnsrli ion Tlrr. . |[,TI, j>l. G8. 
"V^, voir note a \\( , 10. - ■' acUTU. 



310 MARS-AVRIL 1908. 

COLONNE 35. 

^ — I -.^ J II III 

COLONNE 3ô. 

(i, XLii.) A la violence \ au préjudice^ lait aux 
autres, à la fraude-^, point de miséricorde, de peur 
(pi'ils lie s'y reposent (encore). 

(2, XLUi.) (Quant à moi) je ne me suis pas en- 
flammé pour faire des actes de sensualité; toutes les 
paroles de mon cœur, Dieu les (connaît). 

(3, XLIV.) Je n'ai pas fait tort à autrui [on ve\é 
autrui) et autrui n'a pas troublé mon âme. 

' 6"OMC, voir lloll" Ù WMII, 2. - - ^|l ^^ ^, — I, cf. C,\NOPE, 

papyrus inoi-al ili' Leido, wvii, 3; Paiiioiit, cl'. ])apyriis moi'al do 
Leide.ix, 21; .\ii, 19, 21; vu, 2, \\ , 2. -- ■• k(jd|'ci;. 



LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 311 

(6,XLVii.^ ^ç- »*nA'^IlIlIv--i/ — ^5v^^ 

(7, xLviii.) \^^^'--^^ ®'\^\7r,^ 

^T:^^A\H 

(/i, XLV.) Le péché que j'ai fait, je ne le connais 
plus. J ai prié^ pour qu'il soit enlevé. 

(5, XLVi.) J'ai invoqué Dieu : il m'a fait paix; il 
m'a donné de venir sans (crainte) vers lui. 

(6, XLVii.) Il a écarté pour moi le souci du salul 
sans peser les péchés. 

(y, XLvni.) Il m'a donné durée de vie sans peti 
tesse d'œil, un tombeau (tranquille). 

' n J I V^-^^'P J I ^ jî)' CeCOB2, CeCK02; cf. .^^ I 
X V ^J^ - ^"^ I ^— ^i^- Les signes \ ou v^_ se lisaient hcli . 

I X ''^fffi ^^ BAZCe juvenca. La forme démotique, du signe est 

fort curieuse. 



312 MARS-AVRIL 1908. 

(8, xux.) ^çw^l^f -f :--tHc2^ 

(9.L.) ^^jx«.^^®J — ItXniiiiilii 



(8, xux.) Il a établi par (moi) ton cœur en sa 
voie, en ses temps de vie. 

(9 , L.) Aaurmerra ^ ! Reste sur le balcon - du roi 
à jamais ! 

(10, Li. ) (Jn fera le bien à celui qui écoutera ces 
cboses, les dira et les gardera en son cœur. 

(1 1, LU.) Le cœur de riiomme sage, sa rélribu- 

' AaiiriniTi'a. Ce nom sii^iiifio : «'J'iiol ^1(^ dieu fie la satjossoj 
est lo n;ran(l amour âe Ra.» Aa est en clTel en démotiqne un dos 
noms do Tliol (pap. bil. do Londres, 11, 2 1 , 2G; vi, 1 1 ; Hess, GIns.mr, 
p. 1 à \). - - ujoytyr, Sotna, p. 157 de mon édition. 



LE PAPYRUS MO UAL DE LE IDE. 313 

(i2,uiT.;i 'i^'^-tXPiv^lk^lf^^^^ 

PARAGRAPHE FINAL. 

-VM®J-5-i®i£J 



tion (sa punition pour ses fautes), le cœur de Dieu 
l'efFacera^ 

(12, LUI.) Le cœur de l'impie, s'il ne conijn'cnd 
pas ces choses , le cœur de Dieu le repousse ^. 

(i3, I.) Terminaison^ du dévot* savant-'' dont 
l'ame florit à jamais. 

(i4, II.) Phébfhor, fils de Tios, surnomm»'' le 
cynocéphale^ : son àme sert Osiris Sokaris, 

1 "^^ ^ — , «clélruire». - - OY61. — ^ iSta^ A iimo\,-|IK, 
PiOSETTE, Clirest. dém., 30 et i85; Setna, p. i56, 2i5; ('. \\()1>E, 
Chrcst.. l'jG. — ^ "^^ ^^^ décomposé en ani et ;^. Le signe nm est 
(loiihle avec épaisseur, comme en hi(''ratic(iie, et ne peut être pris 
poin- Js siiten. — ' _^ ' I ç ^J\ = " ' V^ \k ^sl eiM<;. Le 
second terme, séparé par n. désigne les livres. — " /~— ^ '7' 

Gri . 



314 MARS-AVRIL 190«. 



(i 5 , III.) le Dieu grand, seigneur d'Abydos. Florit 
(llorisse) son âme dans son corps ^ à jamais 1 

' Généralement, dans notreclocuine.nl (v, i 3 , i3 , i8; vi , i, 5 , 

6, l8, If), 2 1, 22; VII, lO, 12; XVII, 17; WVI, 17; WVII, S; 

xxvtri , 2 , 9) , le mot I <2 <i.. ainsi écrit signifie ^HT «ventre» , 

% . Pour exprimer le mot « corps » ou « cadavre » , -^^ % , on 

se sert de x j ^ iK. 3l '*' (-^^"l' '3) '^^ ^^ ^^ | <2 • '^ 
(xxiii, 3; xwii, 8, 9). Mais, dans les textes religieux, dans 
Rhind par exemple, I Ç *î^ *^ — correspond à la fois en hiéro- 

glyphes à fi_ «ventre» et à ^^ «corps». Dans celle dernière 

équivalence et cette dernière valeur, \oii' Rhind, wii, 3. Même 
(|uand il a j)our équivalence fi_, il signifie « corps» : dans 

Rhind, iv, 3; viii, i o; \, h; wiii , 8. Dans la phrase vui, 10, le 

I (3 <5, ^ «Fleurit Ion âme dans ton ci)rj)s» est tout à fait parallèle 
à noire passage. C'est ce sens rcliifieiix que j'ai donc choisi ici. 



NOl VELLES ET MELANGES. 315 



NOUVELLES ET MELANGES. 



SEANCE DU 13 MARS 190X. 

La séance est ouverte à 4 heures et demie , sous la pré- 
sidence de M. Senaut. 

Etaient présents : 

MM. Al.LOTTE DE LA FUYE , AmAR , BARTHELEMY, BaSMA- 

DJL\N , Général de Bkylié , Bittar , Bourdais , Bouvat, Gaba- 
TO.N, J.B. Chabot, de Charexcey, Coedès, Decourde- 
manche, Dussaud, Bubens Duval, Far.iexel, Finot , 
FossEY, Foi CHER, Gaudefroy-Demombyxes , de Gexouillac , 
Grexaud, Cl. Huart, Labourt, Lafuma, Sylvain Lévi, 
Magler, Mayer Lambert, Meillet, Moret, Bevillout, 
Schwab, Thureau-Daxoix, membres; Chavaxnes, secrétaire. 

M. Cl. Hi ART présente à la Société l'ouvrage intitulé : 
Les leçons de Samt-Jean-(V Acre , d"Abd-oul-béha , recueillies 
jiar Laure Clifford Barney et traduites du persan par Hippo- 
lyte Dreyfus. 

M. Amar présente un livre de M. L. Bertholon intitulé : 
Les premiers colons de souche européenne dans V Afrique du 
Nord. 

Une subvention de o,ooo francs est accordée à M. Lacôte, 
pour publier le texte et la traduction du Brhalkalhâçlohri- 
sainrjraJtd , et une subvention de i,ooo francs à M. Cordier 
pour la seconde édition de sa Bibliofheca sinica. 

M. Degourdemanghe expose ses recherches pour déter- 
miner la valeur de certaines mesures de poids anciennes. 



316 MAKS-AVIUL 19 08. 

M. Farjenel lit (juelqiies pages de la traduction qu'il a 
faite d'un roman chinois moderne. 

M. DE Gexouillac cherche à prouver que les offrandes 
dont les tablettes sumériennes parlent comme étant laites à 
des statues, ne sont pas nécessairement des offrandes funé- 
raires. 

M. Allotie de lv Fuye présente quelques observations. 

M. LE PiiÉsiDENT, informé par M. Basmadjian de la mort 
de M. Tamamchef, exprime les regrets qu'éprouve la So- 
ciété de cette disparition d'un de ses membres. 

Jja séance est levée à 6 heures et quart. 

01 \r.AGKS OFI'^ERTS À LA SOCIÉTÉ. 

Par r,E.<i Auteurs : 

Dr. F. Weisgkrbeh Le Malaia viilcjaire. — Paris, 1908; 
in-S". 

Dr. TsAKYROfiLOrs. Divan-i-Baki (traduction grecque). 
— Venise, 1907; in-S". 

II. Dreyfus. Les Leçons de Saiiil-Jean-d'Acre. — Paris, 
1 908; pet. in-8". 

L. Bertholon. Les premiers colons de soache européenne 
dans l'Afrique du l\'ord (seconde partie); Origine et for mal ion 
de 1(1 hintjnc hcrhcrc. — Paris, 1907; in-S". 

Par les I^diteurs : 

F. HiRTU. The fincient Ifistory nf China. — New York, 
1908; pet. in-8". 

lievue critique, /|2° année, n"' 7-10. — I*aris. 1908; in-8". 

Polyhiblion, février 1908. - Paris, 1908; in-8". 

Zeilschrifl fiir hehro'iscJie Bihtiograplde, XI, G. — Frank- 
furt a. M., i()o8; in-8". 

heh'li Szenile , 1907, "i-'ô. — Budapest, 1907; in-8". 



NOUVELLES ET MELANGES. oIT 

Ail japonais. CoUeclioii P. Barboutan. — Paris, i()()<S; 
in-/i". 

Empire OUoinun. Rvtjicincid sur les aiiliquilés. - (îunslanli- 
nuple, i3'!''i (11)07); in-8". 

(i. I[(i\\ \Hi)V. Clavis Cnncoriiin, sca Lexicon si(jiH)rum assy- 
riorniii , 11. - Lipsia^ et Haiinia-, 1907; in-S". 

V. A. Smiïh. Early Hislory uf India, inchu/iiKj Alcxaii- 
dcr's Cainpui(jns. — Oxford, 1908; in-8°. 

Corpus Scriptoruin christiaiiorum orieataliuin , Scriplores 
SM'i, louius XXX\ : E.-W. BuoOKS, Vitœ viroriim apad Mono- 
physifas celeherrinioruin. - Parisiis, 1907; 5 fasc. in-8". 

Le P. A. Jaxssen. Etudes bibliques. Coutumes des Arabes 
au pays de Moab. — Paris, 1908; in-8". 

Anthropos, III, 2. — Salzburg, igo8; in-8''. 

Revue du Monde musulman, janvier 1908. — Paris, 1908; 
in-8". 

The Indian Antiquary, Novomber 1907.— Bombay, 1907; 
in-4°. 

Par la Société : 

Revue africaine, n"' 266-267. ~ Alger, 1908; in-8". 

Analccta Bollandiana, XXXYlf, ].— Bruxelles, 1907; 
in-8°. 

R. Accadcmia délie Scienre dcW htilnto di Botoqna. Me- 
morie, Sezione di scienze giiiridicbe, 1, 1; Sezione di scienze 
storico-tllologiche , 1, i. — Statuto, in-8". — Rendiconti 
délie sessioni , I, 1, in-8". — Bologna, 1908. 

Académie des Inscriptions cl Belles-Lettres. Comptes rendus 
des séances , novembre 1907. — Paris, 1908, in-8°. 

Zeitschrifl der Dentschen Morgenlàndischen Gesellschafl , 
LXI,/i. — Leipzig, 1907; in-8°. 

Bulletin de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pé- 
tersbourg, i" et if) février 1908. — Saint-Pétersbourg, 
1908; in-8°. 

Mémoires de la Société de liiKjuislique de Paris, XV, 1. — 
Paris, 1908; in-8°. 



318 MARS-AVRIL 19 08. 

Alenco, enero 1908. — Madrid, 1908; in-8". 

Journal of tlie American Oriental Society, XXVllI. — New 
Haven, 1907; in-S". 

Tlie GeocjrajÂical Journal, XXI, 3. — London , 1908; 
in-8°. 

Giornale dellu Socielà Asiaiicn italiana , XX. — Firenze, 
] 908 ; in-8°. 

Tijdsrhrift voor Indisclie Taal-, Land-en \nl/,rnftunde,h,d. 

— Batavia, 1908; in-8'. 

Bnllelin de littérature ecclésiastique , i^éyrier 1908. — Paris, 
1908; in-8°. 

Classljied JJst of Smithsonian Puhlicalions , avallable for 
distiihution , April 1 907. — Washington, 1907; in-8°. 

Atti délia B. Accademia dei Lincei. — Notizie degli iScavi , 
Série quinta, IV, 9-10. — Ronia, 1907; in-4°. 

Par le Ministère de l'Instruction publique 
ET DES Beaux-Arts : 

Nouvelles Archives des Missions scicnlif(jiics , XV, 3. — Paris, 
1908; in-8°. 

Bihliolhècjne de l'Ecole des hautes éludes, Scirurcs hislo- 
ri^cjncs et philolnfjiqucs , lG^^' fasr. : P. f.Kr.ENDHE, Etudes tim- 
nicnne;. — 167" lasc. : G. BouRGiN, La Commune de Soissons 
(1" livr.). — 1^8° fasc. : Mazon, Aspects du verhe russe 
(i"livr.). —Paris, 1907-1908; in-8°. 

Journal des Savants, février 1908. - Paris, i9o8;in-4°. 

Par i.k Gouvernement de i.'Indo-Chine : 
Bcvue indo-chinoise , n" 7^-74. — Hanoï, 1907; in-8". 

Par le Gouvernement Indien : 

Baluchistan ])istrict Gnzellccr Séries. — Bolan andQuetla. 

- Pishin Distiirls. — Karachi, 190G; /| vol. in-8". 

(j. A. Grier.son. Linçjuistic Survey of Imlin , l\, 3 : l'Iic 
lUiïl Lanfjnayes. — Calculla, 1907; in-Zi". 



NOUVELLES ET MELANGES. 319 

Pitnjah District Gazcticcrs , vol. X, A. and XXVll, A. — 
Lahore, 1907; 2 vol. in-8°. 

Annual Adminixtvalion Report of the Forest Department of 
the Madras Presidcncy ïov ihc twelve months ending 3o''' 
June 1907 (i()o6-i907). — Madras, 1908; in-fol. 

Par l'Université Saint-Joseph, à Beyrouth: 
Àl-Machriq , \1. 2. — Reyroulh . 1908; in-8". 

Par la « Biklioteca Na/.to\ale Centrale « de Florence : 

BoUettino délie pnhMicaziom italiane rerivute pcr diritlo di 
siainpa , num. 86. — Firenze. 1908; in 8°. 



NOTES DE GRAMMAIRE SABEENNE. 

Les observations réunies ci -après se trouvent pour la 
plupart disséminées dans le quatrième fascicule du Corpus 
inscription II m seniiticarani , ly" partie, que j'ai eu à préparer 
comme auxiliaire de M. II. Derenbourg. Il m'a paru utile 
de les rassembler pour les soumettre au jugement des sa- 
béistes. Les notes suivent l'ordre de la tjrammaire minéo- 
sabéenne exposée par M. Hommel dans sa Ckrestoniathie 
und-arabiqne , à laquelle elles doivent servir de contribution. 

Au paragraphe 7 (p. 8), M. Hommel indique l'emploi 
du wâw et du yâ pour marquer les voyelles 011 et /' à la fin 
des mots '. Il est à noter que l'on rencontre, mais rarement, 
le suffixe U~ pour iDil dans DmapD, CI. S., 20, 1. 2; 
102, 1. 8; nn"'21, ihid., 77, 1. 11; Dm^C, S. D., 10-= 
C. I. S., 34^1 , 1. 10. D'autre part, le iràw disparaît naturelle- 
ment devant les suffixes; on ne rencontre donc jamais *nuD, 
IDnijS, mais triJS, TDHjD. Si l'on trouve par contre irT^JS, 

' Il aurait fallu ajouter le nominatif du pliu'iel sain : mD (voir 
S 68, p. 44) et fies pluriels en à'a (S 69, p. /|5). 



;520 MARS-AVRIL 1908. 

VrrT'jD au génitif, cela indiquerait, comme l'admet .M. Honi- 
mel, § ()5 (j). /r». ), que l'état conslruil au yénitif n'a pas la 
terminaison î , mais ay. Le sabéen aurait donc pour le génitif 
construit la même forme que l'iiéhreu "'jS (= hariay). 

Le wdw de la troisième personne masculin pluriel tombe 
aussi nécessairement devant les sulTixes, par exemj)le : 

(Dn3[mj umhabâhiimû [C. 1. S., 07, 1. 6-7); "i[n]'?::'nc 

staiikalûlui{S. D. , 6 = C. /. .S. , IMS, 1. 7) ; inVniH hanliahiliù 
{S.D., 9 — C. /. lS. , 35o, 1. 11); 'l'ûroin hamcjàhiimii (Mar- 
seille, 1,1. 23). Le dernier exemple est d'autant plus signi- 
ficatif que le verbe y suit le sujet. Pour les autres, on aurait 
pu supposer que le verbe, précédant le sujet, peut être au 
singulier, comme en arabe. En effet, en sabéen, le verbe 
devant un substantif féminin ou pluriel, reste parfois au 
masculin singulier, tandis qu'ailleurs il s'accorde avec son 
sujet. Mais il nous semble que , dans cette langue , le verbe , 
est impersonnel quand le sujet est indéterminé, et s'accorde 
quand le sujet est indéterminé. C'est ainsi qu'en français on 
peut dire : « il innt des hommes » , mais non : « il vint les 
hommes». Comme exemple du premier cas, nous citerons : 
Q~CN I |nNT I mpn «deux cents guerriers s'avancèrent» 
{S. I)., 9 = C. /. .S., o5o, 1. 2); D1DN I nXDl I •'DDii I Dipn 
«cent cinquante guerriers s'avancèrent» [ihid. ,\. ti)\ | Dlpri 
□ nniU «une bande s'avança» [ihid. , 1. 8); comme exemples 
(lu second : ]DDn | "îDTpn ((l'armée' s'avança « [ibid. , 1. G), 
où DCli collectif est traité comme im pluriel; | innDX | "i^m 
iriDDyN'l [CI. S., 07, 1. 6). Contre cette distinction on 
|)ourrait invoquer pvS'SC | "lilNn [CI. S., 84, 1. 3), où les 
auteurs du Corpus ont vu un verbe singulier précédant un 
sujet pluriel; mais il est très possii)le que l'N'DD soit lui-même 
un singulier, comme le pense M. Hominel, Op. cil., S^ 0<S 

(p. 44). 

Dans la série des pronoms démonstratifs avec D : mn, 
' Voir |). ^^2 'i. 



NOUVELLES ET MELANGES. 321 

DTl, Pt2n , donnée au paragraphe; i5 ([). i3) lo pronom duel 
nKin(|ae. (le [)rononi se rencontre en mlnéen , sous la l'oruie 
P^Du dans Gi., 1606, 1. 10 [G\.:\SEi\ , AUjeincnischc Nacliricli- 
len . I , p. 1 62 ) et correspond exactement au pronom personnel 
■•De. n suppose une forme sabéenne n^Dn, que nous croyons 
avoir ellectlvement retrouvée dansGL, 826 (Berlin, 'i(j(j8 — 
C. I. s., 326), 1. 1. Devant ie duel pj''3i**ir* on lit une fin 
de mot n^îD précédée de vestiges de lettres, qui font penser 
bien plutôt à ÎT'rri'i qu'à n^DnD admis par M. Mordtmann. 
La série des pronoms en D est donc ainsi complétée. 

Au paragraphe 02 (p. 22 ), Il est dit que la troisième per- 
sonne féminin pluriel du passé était probablement kahalà, 
qui ne pouvait se distinguer dans l'écriture de la troisième 
personne masculin singulier. L'inscription du Louvre i5o8 
(11. Derenboirg , Premier supplément, n° 20) — C. /. S. , o3o , 
nous fournit un exemple qui ne confirme pas cette supposi- 
tion, mais nous donne la forme réelle, à savoir : "'IDT vatlta- 
duy. Ce mot ne peut être au duel masculm , puisque le verbe 
a pour sujet des féminins, et le sulFise de ]rin"l[n] nous 
montre que nous avons bien un féminin pluriel. La termi- 
naison av répond à la terminaison â de l'éthiopien et de 
l'araméen , comme le duel ay répond à l'arabe à. Le suOixe 
uy servait donc à plusieurs fins. 

Dans le paragraphe 35 (p. 2/1-25), M. f-Jomiuel maintient 
contre M. Priitorius [Zeitschrift d. d. morgeiil. Gesellschajt , II, 
1888, p. 56-6 1) la théorie du parfait énergique, soit après 
un autre parfait, soit même à la suite de la particule ^7 ou 
d'un verbe auxiliaire. Aux raisons très fortes invoquées par 
M. Priitorius contre l'existence du parfait en n, nous croyons 
pouvoir ajouter un argument qui nous parait décisif, c'est 
que dansGl., 875 = Berlin, 2686 = C /. 5., 35i, 1. 8, on 
trouve inj"'l[n]7* . Or. le suffixe de ce mot ne peut être que 
subjectif et se rapporte à la divinité, car le complément 
direct "iiTiSi* vient immédiatement après, et il n'y a pas 
trace en sabéen de suffixe redondant. Il en résulte nécessaire- 
ment que *''Tn ne peut être qu'un infinitif. 



322 MARS-AVRIL 190S. 

M. Piiilorius a hi's bien inonlré (|iie l'iiillniiir en iioil.-t exis- 
lail surloiil dans c 'rlalnes lornics veiljales et dans certains 
M-rbes. Il ne sera [)as sans intérêt de donner un nombre plus 
yiand d'exenijdes : l'inlinitil en noùn est presque toujours 
(Mnjjlo)é dans la quatrième, la liuitième et la dixième formes, 
qui ont, en arabe, un â long : ikkil , ihlitàl, isliktàl. On ren- 
contre : p22n (Hal. , 5i,l. i), pDin(C;. I.S., 19,1. 9), psin 
(;7)i(/., 3, 1. 10, elc.), Î^Cnn [ibid., 29, 1. à), prnn {ibid., 
17,1. 2), jnp^- (i7;zV/., 155,1.4), p'^'^ri (Gl., 1076-C./.5., 
008, 1. 20) , îïp^~ (^s- <^^' '• ' î^'^^'^ (Gl., 1 359-1360 = 
C./.5.,3j5,1. 5), ]Sîyn (Fr., 53,1. i),]:vn {CI. S., 282, 
5), ]^Di-n (Gl., 1379- C.I.S., 3i8, 1. 2), pp:!^ (Lid/.- 
barski,l. 3), \bbzr] [CI. S., 11,1. 2), ]3'ù'pn (Gl., 1076 - 
CI. S., 3o8, 1. /i), px-^n [CI. S.. 291, V. 9), jpann 
{n.N.,2,\.6), ]i-ptn [C I. S. , 6 , 1. 3), pTùS-i (Gl., 859 = 
C I. s. , 1. 3). Comme exceplion à la quatrième forme on ne 
renconti e guère que deux passages nlprî"! | TPmI dans C. I. S. , 
!\o, 1. 2, et n2im I h'^'\^ \ Ui^'D dans Z.D. M. G., XXXIX, 
[). 227, 1. 4, et en outre V^rijiTi'?! dans S. D., 9 ^ C I. S., 
350, 1. i5, et Mars., 11 = CI. S., 352 ,1. 17. Dans ce dernier 
\erbe le iiudii radical a pu faire tomber le noiin sudixe. 

A la huitième forme on trouve : p^nj [CI. S., ']à,i- i3), 
pVnD (Miles, 2,1. 1), ]piDli {li.N.. 2, 1. ii),p2np 

((^d., 509, 1. 3). 

ji la dixième lorme : p^HD [S. /).. i2 = C. /. .S., 3'|3, 

I. iG), p^ano (Mars., u^CI.S., 352, 1. 8), pDino 

{CI. S., 99, 1. 5), pfnno (ibid., 291,1. 2), pNÎDD 

{ibid., 1. 7), ^bcDnc (Gl., 1076 - c. 7. .V., 3o8, 1. /i), 
piyno (Gl. 826 = C. /. S., 326, 1. 2), p-i'no (Gl., 873, 
I. à=^CI.S., 3o8 èi.s 1. 18), pinno {CI. S., 291, 1. 7). 
M. Priitorius a pensé que les infinitifs simples sans noùn 
ap[)artenaient à la première forme, tandis que les inlinltifs 
avec Hodii seraient de la seconde. Nous ne croyons pas que 
cette distinction soit fondée. Tout d'abord, on rencontre, 
rarement il est vrai, le même verbe avec et sans nom, sans 
disliiiclion apparente de sens. Ainsi, au beu de ^12 {C I. S., 



NOl'VKLLKS ET MELANGES. 321? 

■jS, 1. 7; 7(), I. (S, etc.), on trouve une lois p~)2((ll., i>^r>()- 
i.'îlio — ('. I.S., .n."), 1. 20), el inversenienl au lieu de yJD^ 
('. I. S., <Sr>, , I. 8-9, etc.) on rencontre une fois "PtD (Mars-, 
Il C. [.S., .'>5:>. , 1. 17). Knsuite, rien n'indique l'intensif 
dans les iiiliniiirs a\ec noùn, et enfin on tiou\e [)oui' eu\ 
des é(juivalents arabes à la première forme, comme ]^jV — 
/jU-Ài. Par là même nous voyons que la terminaison noiiii 
correspond à l'arabe -iK et n'a rien de commun avec l'article 
})ostp('.silir jiianpiant la détermination. 

Nous croyons qu'il faut plutôt chercher les infinitifs de 
la deuxième forme dans les verbes avec prèlixe P , qui ne 
prennent pas de uoiin , et qui répondraient donc à l'arabe 

J-otio, tandis que les verbes avec préfixe n et sulllxe iioiin, 
correspondraient à l'arabe J*ij augmenté en sabéen de la 
ierminaison dn. L'acception probable des verbes cités plus 
loin nous paraît confirmer cette distinction : par exemple, 
Î'^NT signifie «déclarer sa confiance», mais plINn « Irater- 
niser ». Le premier est une forme active, le.second une forme 
rélk'chie. 

Les exem[)les de la première forme sont ; jlflN ' (Gl., 1076 
-C.7.6'.,3u8,l. i5),|'?:3(GL 825 -C'./. S., 334, L 24), 
p^3 (G!., 1076 = 6'./.^'., 3o8, L 10), p3 (GL, 1359- 
1060^ CI. S., 3i5,L2o), p:i (GL, 825= C. 7.5., 334, 
1. 24), pï^'l (Gl., i359-i3Go = r. /. 5. , 3i5, L 11; GL, 
i2 3o=--r./. .S., 339, i. 4), p3î [CI. s.. 287, 1. 1), pin 
{B.N., 2, L i), ri:n [O: M., 5i, L 4), r^n {C.I.S., 
102, L 9, etc.), ^rnc (îtù/., 82, 1.8-9, etc.), î"^ [B.M.., 
chez Hai.kvv, Revue Sémitique, 1906, iv, L 1), pi" (GL , 
(;i8. 1. 60; Hal., 0/;.r., IV, 1. 4), ,12:1? {S.D., -] = ('.!. S., 

' ]l va sans dire que ces inrinilifs peuvent être pris siihstanli- 
vemont, ainsi pilN qui se trouve avec 1a nonnation pinN; 
ri'. HoMMEL, Sud- Av. Cliresl., $ fii fp. ,"^g]. 



324 MAUS-AVRIL 1908. 

349 = I. 6) , î^ni* (C. /. S. .'2,1 18), îs^p ( iln,l. , 1 /kj , 1. 1 ) , 

]'S^t [ibid.. 2,1. 11, etc.). 

Si la supposition laite plus haut est juste, les inlînitils 

D:t:Nn {CI. S.. 81, 1. 9, etc.), innn (i/;»/., /u , 1. 4), 
yisn (5. D.. '6i=^C.I.S., 325, 1. 3), Dinyp (Gl., A-ià, 
1. i5), seraie.nt de la deuxième forme, de même (jne la l'orme 
tafilat , comme Drtb2:n [ibid. , i- 1 4- 1 5). Mais pnNn ((il., 
1 076 = C. /. 5. , 3o8 , 1. 1 1 ) , pcbn ( .S. D. , 8 - C. I. S. , 333 , 
1. i5), pi:n (Kal., 681, 1. 2), p'î2n = ;:?:ojn(Gl., 1076- 
C. /. S. , 3o8 , 1. 1 9 ) , l^ni'n ( Gl. , 424 - C. /. S. ,31/1,1.19), 

appartiendraient à la cinquième forme'. 

De ce qui précède, il résulte que le iionii ne s'ajoute pas 
à un ou plusieurs verbes terminant une ?érie, mais que, 
lorsqu'il y a des verbes sans noiîn et des verbes avec noun, 
ceux-ci se placent en dernier lieu. 

Au chapitre du duel ou du pluriel, on doit noter que le 
pluriel remplace parfois le duel, par exemple : *NTD pour 
Wnn (r. /. 5., 106, 1. 2-3), "l^rn^D pour ^D-:3 [ihid., 286, 
1. 1), "PirN (Gl., i359-i36o-C./.5., 3i5, 1. 2) désignant 
deux personnes, etc. Le pluriel se combine avec le sudixe 
du duel, par exemple : dans "•I^rijiNN* | iDnCDjN (Gl., 
86/i=.C./.5., 355, 1. 4-5). 

Au paragraphe 72 (p. 48), Hommei admet nn nombre 
îDtrn, mais il est probable que dans le passage cité [S. I). , 
9 ■■= C. 1. S., 35o, 1. 6), ]'D12f\ est le substantif DCfl u armée » 
avec l'article. Il serait, en effet, peu vraisemblable que l'on 
ait mis un nombre sans le faire suivre d'un nom commun , 
et, en outre, il n'y a pas d'autre exemple de nombre ter- 
miné par flH. Plus haut, nous avons supposé que, ]DDn étant 
déterminé, on a mis le verbe au pluriel, quoique précédant 
le sujet. 

P. S. Ce travail était entre les mains de M. H. Deren- 

' pTnn (C. /. s.. 290, 1. 6) est douteux. 



NOUVELLES ET MELANGES. 325 

bourg, quand mon regretté inaitre a été snuclninement 
enlevé. Il n'a pas eu le temps de me détailler les observa- 
tions que ces notes avaient pu lui suggérer; je n'ai donc pu, 
malheureusement, mettre à profit, une Ibis de plus, sa 
science et son expérience. 

MaYKR [iAMr.EHT. 



BIBLIOGRAPHIK. 



Oito \\ F.BKr, , Dli' Litrralar ilcr BaliYlonicr iind A.s.iYrcr , Ein Urhcr- 
hlicli. — Leipzig, J. C. Hinrichs'sche Bucliliandlung, igo-j. 

11 existe en Allemagne une Société de l'Asie aiiUrienrc. 
Sous le titre général de l'Ancien Orient, cette société a pu- 
blié une série d'exposés s'adressant au grand public. L'ou- 
vrage annoncé ci dessus en forme le second supplément. Le 
caractère populaire ainsi attribué à ce nouveau volume at- 
teste combien est élevé, outre Rhin, le niveau général de 
l'érudition. 

C'est d'ordinaire à une langue que l'histoire d'une litté- 
rature emprunte son unité. Les rapports étroits ayant consti- 
tué des Chaldéens, des Babyloniens et des Assyriens un 
groupe historique compact, la littérature de ces peuples 
forme elle-même un ensemble présentant un seul sujet 
d'étude. D'autre part , trois langues , dont l'une est d'un carac- 
tère entièrement distinct, ont été employées par les auteurs 
des monuments écrits appartenant à la littérature chaldéo- 
assyrienne. Otto Weber explique parfaitement , dans fintro- 
(Kiction, comment le sujet ne saurait se prêter à deux études 
séparées, l'une des monuments en langue sémitique, l'autre 
de ceux en sumérien. 

L'opinion générale en Allemagne sur ce dernier idiome 
et sur le peuple l'ayant parlé, se trouve ainsi reflétée dans 
cette histoire d'une littérature. L'oiientaliste, auteur du 



326 MARS-AVRIL l'JO.S. 

livre, ne passe pas sous silence la théorie de M. Halévy, 
mais il se borne à la rappeler, et il ne semble plus concevoir 
lui même aucun doute sur la réalité du sumérien et sur l'exis- 
tence d'un peuple du même nom. Toutefois , cette existence 
n'a été nationale qu'à une époque préhistorique relativement 
à nous. La fusion des Sumériens et des Sémites remonte à 
une date perdue dans la nuit des temps, et pas un texte on 
sumérien ne peut êlre recoimu comme émanant d'un auteur 
non sémite d'origine. Dès la lin du quatrième millénaire 
avant J.-C, la race sémitique était seule à compter en Chal- 
dée et en Inibylonie. 

Un alinéa de la même introduction résume avec précision 
les collections réparties dans les divers dépôts de monuments 
en Europe et aux Etats-Lïnis. 

Le corps de l'ouvrage est divisé en vingt cliapitres où les 
textes sont groupés par catégories, et non d'après l'ordre chro- 
nologique. La littérature poétique vient en premier lieu, et en 
tète de celle-ci, l'auteur traite des poèmes épiques. Cette 
étude particulière implique celle des mythes exposés dans le 
poème. Les textes grecs de Bérose et de Damascius prennent 
eux-mêmes place dans un sujet ainsi élargi. Les hymnes, prières 
et psaumes, les textes divinatoires, les oracles, les textes 
liturgicjues el les oinina remplissent cin(j cliapitres. L'un des 
plus longs est consacré aux inscriptions hI-.ioriqucs. Ensnilc 
sont étudiés les monuments juridiques, It's lettres et les 
textes scientifiques. (7esl par le folk-lore (pie se termine la 
série de ces sujets particuliers. 

P. r)ori\DAis. 



W. M. .1. MhNMC, .1 nnr hniindaiy sinnr nj N'-biirlunlni': uir I jrniii 
\if)pur. l'liila(lrl|»hia, UnivfM'sily oC IViinsylvania, i ((07, iii-.S". 

(]et onvra}>(' l'oiiiie le volume l\ di' la séiic /) : Itescdiilies 
and Trealises , delà colIcH-tioii : Tlic Babyloniuii Expvililion oj 
tlie Vnivevifhy of Pennsylvuina , éditée par M. M.V. Ililprechl. 



NOUYEI.LKS V/y M ELAN CES. 321 

Il atteslo une cnulition lorl (''((muIik", est le résuhat (l'un lia- 
vail 1res (•oiisicl«3ral)le, et présente une grande valeur. En 
lèle, une (iiialiiènie section de la bibliographie constitue 
une liste chronologique des bornes-limites babyloniennes in- 
diquant , pour chaque monument, la provenance, le dépôt, 
la publication et la traduction du texte, la publication et 
l'interprétation des symboles, enfin un mode de citation. 

Les pages i à 1 15 contiennent une étude complète et ju- 
diclçuse du genre même de petits monuments l'ornié par 
les bornes-limites. Parmi les nombreuses questions traitées 
dans cette étude, celles qui le sont avec plus d'étendue 
[lortent sur les transactions légales dans les inscriptions cou- 
vrant ces blocs, le contenu entier des mêmes inscriptions et 
les symboles sculptés en bas-reliefs. Ceux-ci se partagent en 
représentations très réduites de sanctuau-es, en armes des 
dieux et en figures d'animaux, eux aussi signes des dieux. 
L'auteur parle (p. 87) des figurines humaines représentant 
d'autre part les dieux, et les classe encore parmi les syn)- 
boles, au lieu d'y voir des images, si réduites soient-elles. 
Sur cpiarante symboles environ que nous présentent les 
bornes-limites, M. W. M. J. Minke parvient à en interpréter 
une vingtaine. A raison du caractère astral des divinités ba- 
byloniennes , cet auteur est amené à constater l'antériorité 
de l'équateur par rapport à l'écliptique, c'est-à-dire celle du 
dodccaoros par rapport au zodiaque. 

Suivent l'une après l'autre deux études particulières sur 
une nouvelle borne limite de iNabuchodonosor 1" provenant 
de Nippur, et sur une autre de Mardouk-ahô-erba. Chacune 
de ces deux études comprend uni; introduction, une tran- 
scription et une traduction, un commentaire. L'introduclion 
de la première étude entre dans des détails historiques sur 
l'identité de pa-che et de la dynastie d'Isin, sur la succession 
des rois de celle-ci, et de la place occupée dans la seconde 
dynastie d'îsin par Nabuchodonosor I". L'intérêt supérieur 
de l'inscription de la borne-limite du règne de ce prince est 
qu'elle commence par une trentaine de lignes reproduisant 



328 MARS- AVRIL 10 08. 

un texte liturgique (Tune magnificence dVxpressions telle que 
rien de supérieur, peut-être même d'égal, n'a été jusqu'ici 
découvert dans les documents cunéiformes. 

Vient ensuite une concordance portant sur l'ensemble des 
bornes-limites exhumées. Elle donne les noms de personnes, 
de lieux, de cours d'eau et de divinités, et renferme encore 
une double liste des sj-mboles. Les petites descriptions de 
chacun des monuments étudiés sous ce rapport, auraient élé 
plus avantageusement jointes à sa liste chronologique figu- 
rant dans la bibliographie. Mieux eût valu donner une seule 
liste des bornes-limites, placée en bon endroit, et établie 
plutôt d'après les dépôts et dans Tordre des numéros des 
catalogues de ceux ci. 

Un vocabulaire babylonien clôt l'ouvrage. 

Ce dernier perd peut-être une partie de son grand mérite 
par une complication telle du système des citations ou réfé- 
rences, que la confrontation du document cité avec la pièce 
classée sous tel ou tel numéro , dans les dépôts publics ou 
les collections privées, est chose souvent presque im])rali- 
cable. 

P. BoiBDAIS. 



L. W. KiNG , Chromcles rnncnnina earlj Baliyliininn linujs iiirludiiui 
records oj the early liixlorj nf tlie Kassitrs (iml ihc counlry oj tlir 
sea. — London, Luzac and (?, 1907. Vol. 1, Inlrodiutorv cliap- 
ters; vol. II, 1, Texts and translations; 2, CuneiForm 1c\ls. 

Ces deux volumes forment le deuxième cl le troisième de 
la série : Studies in eastcrii liiKtory, dont d'autres volumes 
faisant suite sont en préparation. Leur contenu, réparti dans 
les trois divisions ci-dessus énoncées, est fort compli({ué. Il 
constitue la publicalion de neuf documents en écrilun cu- 
néilorme. Voici les principales conclusions auxcpielles arrive 
\L L. W. King : 

1° Les nouveaux documcnis larililenl la comparaison des 
sources tie l'histoire babylonienne entre elles. Dans la grande 



NOUVELLES ET MKLANGES. 320 

Liste des rois babyloniens, lablelle du Musée l)n(aniiiquo 
n° 33332, disposée en dynasties, la première dynastie 
nian(|uo, mais le fait esl pour nous sans importance, parce 
que la petite Liste des rois , tablette n" 38i'.i2 du Musée bri- 
tannique, nous permet de restituer cette dynastie. Les listes 
de date de celte même première dynastie babylonienne nous 
donnent le moyen de contrôler, et en grande partie con- 
firment, les chilTres de la petite Lislc des rois. La seconde 
dynastie a dominé sur la contrée de la mer : elle doit être en- 
tièrement éliminée de la suite de celles qui ont régné à Ba- 
bylone. La version arménienne des Chroniques d'Eusèbe de 
(>ésarée nous a conservé les dynasties historicjues de Rérose 
faisant suite à la première dymastie de 86 rois postérieure au 
déluge. Ces dynasties couvrent, antérieurement à Alexandre, 
1 gio ans. Or, igio 4- 322 = 2232 av. J.-C, date où , d'après 
Bérose, la période historique s'ouvre avec la seconde dynas- 
tie, laquelle correspond à la première de Babylone. Cette 
date de 2232 concorde probablement avec le commencement 
de quelque dynastie antérieure même à celle fondée par 
Su-aba, et ayant pu ne pas régner à Babylone même. Bref, 
il y a lieu d'envisager de nouveau la possibilité de faire 
concorder la Liste des rois avec Bérose. La légende dont 
Agathias s'est fait l'écho ne se rapporte pas, comme on le 
pensait , à l'enfance de Sargon , roi d'Agadé. On établit dés- 
ormais les deux équations : Ura-imitti = Beleous, et Bèl-ibni 
= Beletaras. Dans la seconde de ces équations, le premier 
élément du nom esl reproduit tlans la forme grecque. (]ela 
n'a pas Heu dans la première équation. 

2° l n jour nouveau est répandu sur les antiquités les plus 
reculées des premières capitales séniiliques de la Chaldée- 
Babylonie, telles qu'Agadé, où régnèrent Sargon et Narâm- 
Sin. Mais c'est surtout ce qui concerne l'histoire de Babylone 
sous la première et la troisième dynasties de la Liste des rois, 
que. dans nos connaissances, précisent les apports récents, 

3" L'Angleterre n'a jamais mis en question lexistence 



;>30 MAi;S-A\RII. 19 O.S. 

d'une race et d'une; langue sumériennes. Mais, au senlinienl 
de M. L, AV. Kiiig, la ligne de déniarcalion entre rélénienl 
sumérien et l'élément arcadien, c'esl-à-dlre sémitique, en 
Chaldée-Baliylonie, est i'ortemenl précisée par les nouveaux 
documents. Ur et Eridu furent des centres svmiérlens. La s.'- 
conde dynastie de la Liste des rois, laquelle régna sur la con- 
trée de la mer, et non à Bahylone, lut sumérienne. L'aulcMu- 
en arrive à déterminer quelques-unes des qualités morales de 
la race de Sumer. A elle remonte, en outre de l'écriture, Je 
système peu pratique des listes de date. M. King expose la 
mise en œuvre de ce procédé employé pour le compui du 
temps. 

4-° Les nouveaux documents éclairent encore l'invasion hil- 
lile, suivie de la conquête kassile de Bahylone, et l'invasion 
de l'Elam, suivie de la conquête de la coniréo de la mer. 

5° Le Guide to ihc Babyloniaii and Assyiiaii uniujuilies du 
Musée britannique, édité en igoo, ne compte, en tête de la 
liste des rois d'Assyrie, avant Jshme-Dagan , qu'un seul prince , 
hishum. La table, donnée par M. King (vol. 1, p. i'^6), en 
porl(! beaucoup d'autres. Un nouveau synchronisme l'ail d'IIu- 
shûma, roi d'Assyrie , le contemporain de Su-Ahou, fonda- 
teur de la première dynastie de Bahylone. 

6° 11 faut reconnaître que, parmi les rois de la dynastie 
kassile qui régnèrent à Bahylone, deux portèrent le nom de 
]')urna-Buriash. C'est le second dont les tablettes de Tell el- 
Amarna font le contemporain d'Amenhetep 1\^ Ce pharaon 
ne monta pas sur le trône antérieurement à i38o av. J.-C. 

■y" Indirectement ainsi serait fourni par les documents cu- 
né'iformes un élémenl chronologique permellant de déler- 
inincf le pharaon de ri']xode. Un autre synchronisme enlr(> 
l'Iiisloire (les Hébreux et celle de la Babyloiiii" iw-sullc d(> 
l'éepialion confirmée : Flanimurahi y- Auu-aphel , loi de S;'n- 
nnar. Les nouvelles chronicpies prouvent que Hammuralji ne 
régna pas antérieurement au xxi° siècle av. .T.-C. Voilà une 
donnée pour fixer la date de la vie d'Abraham. 



\()( vi;lli;s i;t mki.ances. ^?>\ 

8" Kapprochée du lail récent de la décoiiverU; do la 
blellos à Boi^liaz kol, on Cappadoce, site de l'ancienne ca])i- 
lale il»>s lilllites, l'aclivil»'' (le leurs tribus en Bal)yloni(', ;i 
répoijiio priinitivi', prend un infcrèl particulier. 

P. PioinoAis. 



F. C. EiSEi.EN. SioO\. A sliidy in OriinUil Hisloiy fColiiin!)ia l'iii- 
versitv Oriental sliidies, vol. IV). — New ^ork, 1907. 

Ce livre est une excellente monographie de Sidon. M. l'^i- 
selen rappelle Ihistoire de la cité depuis les temps les plus 
reculés jusqu'à Tépoque actuelle; et il faut entendre le mf»l 
histoire dans la plus large acception : politique, économitjue, 
archéologlcfuc et religieuse. Toutes les données relatives à 
Sidon ont été utilisées, depuis les documents égyptiens, as- 
syro-babyloniens et bibliques jusqu'aux ouvrages d'érudition 
moderne, sans oublier les renseignempnts tournis par les 
écrivains de l'antiquilé classique et les auteurs musuhnans. 
H est superllu d'ajouter que la principale source d'informa- 
tion consiste dans l'épigraphie. 

M. Eiselen a mis en œuvre ces matériaux d'une facc^n 
consciencieuse, sobre et claire à la fois, et qui témoigne 
d'une critique avertie. Son livre est divisé en cinq seclions. 
La première partie e^t consacrée à des questions que l'auteur 
qualifie de préliminaires. Il y traite de la lopograpliie et i\i^ 
nom de Sidon, ainsi que de Tàge de la ville par rapport à 

.Sur l'emplacement de l'antique Sidon a été bàlie l'actuelle 
Saïda; mais celle-ci est im peu moins étendue. Diverses éty- 
mologies du nom de Sidon ont été proposées. Celle (pi'adople 
M. Kiselen, et qui semble en elfcl la plus légitime, est due 
à Al. W inckler : pîJ serait un dérivé régulier de "^ , ce der- 
nier mot désignant une divinité que nous retrouverons bien- 
tôt Enfm on ne saurait rien alFirmer quant à l'antiquité 



332 MARS-AVUIL 1908. 

relative de Tyr et de Sidon. Toutefois Tyr fut en général 
considérée comme antérieure à Sidon. 

La seconde section constitue la j)arlie principale de l'ou- 
vrage. L'histoire politique de Sidon y est retracée en sept 
chapitres. Sidon fut-elle dés l'origine une ville sémitique ? 
M. Kiselen est d'avis que les Phéniciens, venant de Mésopo- 
tamie, s'étahlirent sur la côte de la Méditerranée 2,800 ans 
environ avant l'ère chrétienne. Ils trouvèrent la ville de Sidon 
déjà hâtie et en firent un centre de leur nouvelle organisa- 
tion. Tyr cl les autres villes environnantes auraient eu la 
même destinée: fondées par des populations antérieures aux 
Phéniciens, elles seraient devenues phéniciennes par la suite. 

Cette hyjiothèse peut trouver quelque fondement dans les 
relations des écrivains classiques. Mais, pour le prohlt'me qui 
nous occupe , ces données sont douteuses et il faut les utiliser 
avec beaucoup de réserve. Qu'étaient ces pré-Phéniciens (|ui 
auraient fondé Tyr, Sidon , etc. ? M. Kisekn l'ignore et hien 
(Vautres avec lui. En outre, ces villes de la côte phénicienne, 
Tyr, Sidon , Beyrouth , portent des noms parfaitement sémi- 
tiques. On peut prétendre avec M. Eiselen (p. 3o, n. 1) que 
ces noms sont dûs aux Phéniciens eux-mêmes et qu'ils rem- 
placèrent d'anciennes appellations. Mais dans ces conditions 
il V aurait eu au moins une exception pour Sidon , car déjà 
cette ville, comme l'admet M. Eiselen, s'appelait ainsi avant 
la migration sémitique. Enfin les documents bibliques s'ac- 
cordent avec les fragments qui nous sont parvenus par Eusèbe 
(le l'histoire de Sanchoniathon , pour considérer les Phéni- 
ciens connue autochthones sur la cè)te orientale de la Médi- 
terranée. L'origine de Sidon reste donc obscure. Il en est de 
même pour l'histoire primitive de la cité. Les renseigne- 
ments les plus anciens sont contenus dans les lettres de Tell 
el-Amarna; ils nous reportent à l'époque où la Phémcie fut 
conquise par les Egyptiens. 

Dans les trois dernières parties de son livre, M. Eiselen 
traite du commerce, de la vie religieuse et des antiquités 
de Sillon. Les divinités principales de la cité étaient Esmua 



NOUVELLES ET MELANGES. ;533 

et Astart (Astarté). Mais les Sidunii-ns, en fait de religion, 
n'étaient pas exclusifs. Leur panthéon couiptait un grand 
noinl)re de dieu\ secondaires. L'un tic cei derniers était 
désigné par le mot 12J , d'où dérive précisément le nom de 
la \ille. Or 8idon, en phénicien pï , s'écrit pT^ï ou p"'ï 
en hébreu; les inscilplions assyriennes li.sent Sidunu (il y a 
des variantes, mais la première syllabe est toujours Si- ou 
Zi-); enlin les écrivains grecs transcrivent 2<S&)v, et les La- 
tins Sidonia ou Sidon. Il v a donc toute apparence que le 
mot "2 avait un i pour voyelle et se prononçait Sid. Que 
ce mot désignât une divinité, le fait semble aussi hors de 
doute. Il sert à former plusieurs noms propres qui sont des 
noms ihéophores, comme par exemple "lïlSi»' «serviteur de 
Sid», fréquent dans les inscriptions de Carlhage. Enlln lH 
entre à titre de premier élément dans des noms de dyades 
divines, comme Sid-Melqart (cf. C. I. S., t. I, n" 2 56) et 
surtout Sid-Tanit [Ihid. , n"' 2 '17-2/19). 

Ce dieu Sid était-il un dieu sémitique ? M. Eiselen ne 
le pense pas (cf. p. i3i). A son avis, ~2J était la divinité lu- 
télaire de la primitive et non sémitique Sidon ; les Phéni- 
ciens l'auraient adoptée en s'établissant dans la ville. Pour- 
tant il n'y a pas de dilTiculté grave à considérer le mot ~2J 
connue un dérive de la racine "Ili. Or cette racine, si elle 
n'est pan-sémitique , est toutefois commune aux dialectes 
sémitiques septentrionaux : hébreu "lî* (cf. "1)%) , aramécn 
"'j», syriaque ^^ , assyrien sàdu , arabe oLo (cf. J^) Le sens 
en est «chasser», puis «pécher» (la seconde acception est 
peut-être tardive). Dans ces conditions le dieu Sid apparaît 
comme un dieu sémitique, et il est permis d'inférer que 
c'était le dieu protecteur d'une tribu de chasseurs et sans 
doute de pécheurs : tels les Sidoniens primitifs. 

M. Eiselen a joint à son ouvrage trois appendices. Dans 
l'un il énuinrre, d'apirs les inscriptions et les textes, les 
rois de Sidon selon leur ordre chronologique; le second est 
consacré aux monnaies sidoniennes , et le dernier décrit 



in'i MAHS-AVRII. lOOS. 

(|ucl(nu's aiiti(|iiil(''s. \U\ index termine le volume, lue 
((Pin le lisle bibrKti^r;i|)lii(|iie el une carie de la région de Si- 
don, sans èlr<' indispensaliles, n eussent oas été suiierllues. 

A. GllOlU.NOl. 



Ski>iii:i; in/o/i \i: (le liixrc, de la splcndRur) , ihirtrinr vsnlrritjac 
(li:< Iskk'Uics , Li'ailiiil pcjiii' la premii-re l'ois sur le lc\le ciial- 
(laï |ii(î et accompagné de notes, par ]v.\\ Dii l^vi i.v, t. Il, — 
Paris, Ernest Leroux, 11)07, a fit et y'i» pages, in-8°. 

Les amateurs de littérature orientale apprendront avec 
p'aisir la continuation de celle œu\ re posthume, onlièrement 
revue depuis le décès de l'auteur, corrigée et complétée par 
un jeune liébraïsant (anonyme), publiée par M. Emile La- 
iuma-Giiaud, noire collègue delà Société asiatique. Le pré- 
sent tome II, qui va jusqu'à la fin du commentaire sur la 
Genèse , ou sections i\ à xii de la première partie du Zuliar, 
ne le cède en rien au tome I" tant pour la forme que pour 
le fond. 

Ici même', lors de l'apparition du tome I", nous nous 
étions demandé si un aussi grand travail pourrait être continué 
avec succès. INos doutes sont dissipés : la réponse par le 
lait acquis est la meilleure preuve que, non seulement il v 
aura une suite, mais que l'œuvre sera menée à bonne fin 
(en six ou sept volumes), sans défaillance, sans crainte d'ar- 
rêt jjar des difficultés de dispositions graphiques. C'est ainsi , 
par exeuqile, que les textes secondaires intitulés : Mùhasrh 
li(i-}\crlam et Silhrc Ton) , publiés en marge de l'édition ori- 
ginale du ZnJini\ ont été traduits ici en Ap[)endice fp. (J75- 
706], à la suite d'autres additions. Nos meilleurs souhaits 
au vaillant publiealeur I 

Moïse Scuw \\'>. 

' Joarnid (isiulujiu . 11)07, *• '' P- j"> i-''^o. 



NOUVELLES ET MELA NT, ES. 335 

A. M{\r,\\\, SuvnCKs syiuaques , vol. 1 : Msilia-:l,lin (Icxlr <■! lia 
(Itiction); Ihir PcnlifiYc (icxlc), -- Leipzig, llarrassow il/ , kjo.S. 

M. Mingana, professeur de syriaque au séminaire syn»- 
clialdéen de Mossoul, continue ses publicatious qu'il va 
désormais grouper en série. Le premier l'ascicule de la nou- 
\ elle collection , f.cs Sonrccs syriaquen , contient trois opuscules 
nesloriens : une chronique de Msiha-/kha, une histoire en 
vers du couvent de Sabriso' de Beth Qoqa, enfin la seconde 
partie de la chronique de «Tean bar Penkayé. Ces trois 
textes sont entièrements inédits. 

M.Mingana établit dans sa préface que l'auteur de la pre- 
mière chronique , Msiha-zkha , ne peut pas être identifié avec 
ses quasi-homonymes Iso'-zkha et Zkha-lso'. Il dut être l'élève 
du docteur de Nisibe Abraham de Beth-Rabban. L'examen 
criti([ue de son ouvrage prouve qu'il fut très probablement 
composé entre 55o et 56g, en tout cas avant la fin du 
vi" siècle. La chronique de Msilia-zkha est la série biographicpie 
des vingt évèques qui ont gouverné l'Eglise d'Adiabène de- 
puis la fondation jusqu'au vi" siècle. En voici la suite, a\ec 
les dates telles que M. Mingana les a conjecturées d'après les 
données de sa chronique : Peqidha, successeur d'Addaï 
( lO^i-i i/l) , Samson ( i 20-1 23 ?) , Isaac (i35- i/i8) , Abraham 
(i/i8-i63), Noë (163-179), Abel (183-190), Abdhmesiha 
190-226), Ijiran (225-238), Salilufa (258-273), Ahada- 
buhl (278-291) , Sri'a (291-817), .lean (3x7-346), Abraham 
(3/16-3/17), Maranzkha (3/17-376), J^ubhaliso' (376-407), 
Daniel (407-43 1) , Rliima (43i-45o), 'Abbuslà (45o-499) , 
Joseph (499-61 1 ) , Hnana (5ii-?). 

Le butin que l'iiistorien peut extraire de ces pages est 
malheureusement assez maigre. A peine deux ou trois com- 
pléments ou rectifications au Synodicon orientale ou aux actes 
des martyrs d'Adiabène, publiés par le P. Bedjan (préface 
p. i42 , n. 2 ; 1 45, n. 2 ; i48, n. 2 et 149, n. 1 et 1 56, n. 2). 
Je crois notamment ruineuse l'identification que j'avais 
proposée entre Paul de Nisibe et Paul le Perse sur qui Mer- 



336 MARS-AVRIL 1908. 

cati a publié une intéressante notice (L.VBOiivr, Le Cliristia- 
nisme dans l'empire perse, p. 166). A moins toutefois qu'il y 
ait eu plusieurs Paul de Nisibe, ce qui esl bien possible, 
car le maître de Junilius a certainement étudié ou professé 
à l'école de INisibe. 

M. Mingana trouvera probablement que j'ai tort de ne 
pas attacber un aussi grand prix que lui-même aux données 
nouvelles qu'il croit trouver dans son auteur au sujet des 
origines chrétiennes en Perse. Pourquoi n'applique t-il pas 
aux allégations de Msilia-zkba le même esprit de saine cri- 
tique qui lui dicte cette phrase (p. 78, n. 2) : «L'existence du 
disciple [d'Addaï] Mari doit être considérée, jusqu'à nouvel 
ordre, de plus en plus problématique et même fabuleuse», 
et cette autre (p. 11 1, n. 1) : «Il ne peut donc plus v avoir 
de doute, la liste patriarcale [de Seleucie] dressée par les 
écrivains du moyen âge n'a aucune valeur historique » ? En 
réalité l'historicité des notices de Msiha-zkha antérieures au 
iv" siècle n'est pas mieux attestée que celle de VHistoire de 
karkha de Beth Slokh, qui est au Belth Garmaï ce que la 
chroni(|ue de M. Mingana est à l'Adiabene, ou les Acia Maris 
au Beith Aramayè. Toutes ces chroniques ont pour but de 
rattacher les principaux centres de la chrétienté neslorienne 
au personnage liistorique Addaï qu'on croyait disciple des 
Apôtres, alors qu'il exerça son activité missionnaire à la fm 
du II' siècle et au début du m'. 

Il est possil)le du reste que les listes épiscopalcs, al)strac- 
tion faite des actions attribuées aux premiers évèques, soient 
utilisables par l'historien, même pour la période qui s'écoula 
entre les débuts de l'évangélisation (vers 210?) et le pre- 
mier tiers du iv° siècle. On serait tenté d'admettre ferme- 
ment le nom de ori'a et avec quelques doutes celui de Jliran 
qui ne se retrouvent pas dans les listes épiscopales des autres 
provinces. M. Mingana rappelle (p. i23, n. 2) que l'évêché 
de Nisil^e, plus proche d'Kdesse et alors en pays romain, n'a 
été fondé qu'en 3oo. Pourquoi réclame-t-il contre toute vrai- 
semblance une plus haute antiquité pour le siège d'Arbel ? 



NOUVELLES ET MELANGES. ^ .537 

El ceci n'exclut j)as l'existence de chrétiens en Adiabène 
l)ien avant cette époque, il s'agit seulement de fixer les dé- 
buts de l'ortjanisation épiscopale. Après cela, point n'est 
besoin d'ajouter que les renseionements qu'on pourrait dé- 
duire de Msilia-zkha pour déterminer la suite des satrapes 
d'Adiabène et surtout pour illustrer riiisloirc intérieure de 
l'empire des Partlies ne sont pas plus assures que les données 
analogues qu'on pourrait éventuellement extraire des Actes 
des martyrs d'Assemani ou de l'Histoire de Qardagli et des 
récits cycliques analogues. 

Iwe couvent de Beith Qoqa en Adiabène a été fondé par le 
moine Sabriso' dans la première moitié du vu" .siècle, cesl- 
à dire à l'apogée de la vie monastique chez les nestoriens. 
Après avoir brillé dun certain éclat jusqu'à l'avènement des 
Abbasides, il fmit par tondjer en décadence, et ses moines 
se dispersèrent après la destruction du monastère. La chro- 
nique publiée par M. Mingana retrace en vers les gestes des 
onze supérieurs du monastère, leurs vertus et leurs miracles. 
C'est un chapitre intéressant de l'histoire du raonachismc 
oriental qui complète heureusement l'ouvrage de Thomas 
de Marga et le Livre de la Chasleté. Je ne sais si l'on peut 
admettre pour sa composition la date de 820 proposée con- 
jecluralement par M. Mingana. Supposons en effet que Sa- 
briso' bar-Israël, le dernier supérieur, mourut vers 800, 
comme l'accorde M. Mingana, et que le monastère fut ruiné 
vers 8o5. Il faut ajouter à ce chiffre environ soixante ans 
de la vie de Gabriel de Salakh, restaurateur du couvent, 
puisqu'on dit d'une part qu'il était l'élève de Sabriso' et 
d'autre part qu'il vécut «à peu près 120 ans dont plus de 
QO dans le monachismen. Notons encore que ce Gabriel 
était mort depuis un nombre d'années indéterminé mais 
notable quand l'auteur anonyme composa son poème. En- 
fin on parle, comme de personnages illustres, morts depuis 
assez longtemps , de certains élèves de Sabriso' comme Rab- 
ban Hormizd et Rodawi. Tout cela, à mon avis, nous amène 
à la fin du ix*" siècle. Ainsi la date tardive que j'ai cru pou- 



338 . MARS-AVRIL 1908. 

voir assigner pour la formation de la Légende d'Eugène , 
prétendu fondateur du monachisme persan, n'est point 
infirmée par le fait de sa mention dans le texte de M. Min- 
gana (p. 173, î. 18). 

La publication de la chronique de Bar Penkayê est pré- 
cédée d'une courte introduction dans laquelle M. Mingana 
établit contre M^' Rainnani que son auteur ne saurait être 
identifié ni avec Jean de Dalyalba ni avec Jean Saba , frère 
de celui-ci, qui vivaient tous deux dans la seconde moitié du 
viif siècle. Jean bar Penkayê arrête sa chronique à la lin 
du vu' siècle et se donne comme contemporain de la peste de 
686 687 qu'il décrit copieusement. Ce point d'histoire litlé 
raire , déjà fixé par M*-'' Addaï Scher ( Reviw de l' Orient chrèùen , 
1906, p. 23), est mentionné dans la 3" édition de la Lilté- 
ratnre syriaque de M. Rubens Duval (p. aSo. 11. 3). M. Min- 
gana a sagement agi en ne publiant que cette partie de la 
chronique de Bar Penkayê qui narre les événements posté- 
rieurs à la naissance de Jésus-Christ, et en ne traduisant que 
le chapitre xv qui traite de l'invasion des Arabes, de leurs 
dissensions, des malheurs de l'Eglise, et des ravages de la 
peste. Rien de bien nouveau, ni dans le tlième ni dans les 
développements. Au reste Bar Penkayê n'a voulu composer 
qu'un épitome : tel est le sens des mots U'ao^j que M. Duval 
proposait de traduire par archéologie (texte, p. 168, 1. 7; 
170, 1. i5; cf. Litt. syr., p. 23o). 

La traduction est fidèle et exacte, un peu libre dans les 
dernières pages de Bar Penkayê et dans quelques autres 
passages, à cause des diflicultés que présente le texte : 
M. Mingana a toujours soin d'en avertir loyalement ses lec- 
teurs. En résumé nous ne pouvons que louer l'auteur de son 
zèle à rechercher les vieuv traités nesloriens dont il y a sans 
doute encore quelques exemplaires à reirouver dans les 
coins ignorés des montagnes du Kurdistan, et souhaiter la 
prompte apparition des prochams fascicules des Sources 
syriaques. 

J. \j\wn HT. 



NOUVKLLES ET MELANGES. 330 

Addai Sciieu, arclio\èqu(i clialdécMi (le Séort (Kurdistan). Ilisroini-: 
^'KSToniKNyB [Cliroitiijiir de Sccrt). — Première parlie. 'It^xtc 
arabe avec traduction Iraneaisc, gr. in-8° (format de Mij;ne), 
io/i pages; prix : 6 IV. 20; pour les souscripteurs : 3 fr. ijo, 
franco ; 4 fr. ^o. 

Cet ouvrage fonne le troisième fascicule du tome l\ 
( |>. 2 1 5-0 1 6 ) de la Patrologia OruntuUs , publiée par M^' Cîral • 
lin et M. l'abbé Nau'. 

Le texte donné par M"' Addaï Sclier est celui d'un manu- 
scrit conservé à la bibliothèque du patriarcat chaldéen de 
Mossoul. il a utilisé également des feuilles du même docu- 
ment qui se trouvent à la bibliolhe(pe épiscopale de Séert. 

Le manuscrit de Mossoul comprend deux parties. La pre- 
mière, rangée après la seconde par suite d'une inadvertance 
du relieur, va de l'an 25o à 363 et comprend trente-cpiatre 
chapitres. Le fascicule actuel donne les trente premiers 
chapitres. 

Le commencement et la lia du manuscrit font défaut et 
l'auteur est inconnu. M*' Scher suppose qu'il vécut au 
Mu° siècle, car il parle du caliphe Ath-ïhahir qui mourut 
en 1226. Ce serait, selon toute probabilité, l'un des trois 
écrivains nestoriens les plus féconds de cette époque : Iso- 
yahb Bar Malkouni , Sabriso' Bar Paulos ou Saiomon de Bas- 
sorah. En admettant que la mention du caliphe Ath-Thabir 
soit une faute de copiste, l'auteur serait encore postérieur 
au ix° siècle, puisqu'il cite le patriarche Iso' Barnoun 
(T828). 

L'histoire nestorienne commence à l'empereur Valorien . 
et le présent fascicide nous mène jusqu'aux fds de Constantin. 
^otre auteur accueille avec la même faveur les faits histo- 
riques et les légendes; il se répète fréquemment : ainsi il 
raconte deux fois la vie de saint Ephrem. Il donne parfois, 
sans marquer de préférence, deux récits contradictoires. Il se 
fait l'echo de légendes controuvées, comme les Actes de 

' Ont paru jusqu'ici le tome I (cinq fascicules); le tome II 
{ciiK| fascicules); deux fascicules du tome III et cinq du tome I\ . 



340 MARS-AVRIL 1908. 

saint Sylvestre et la lèpre de Constantin, Thistoiro du pape 
saint Kusèbe, etc. Néanmoins, il donne, même dans les récits 
les plus connus, certains détails intéressants. C'est le cas, 
en particulier, de sa relation sur la vraie Croix. 

Mais ce qui fait le principal intérêt de cet ouvrage, ce 
sont les renseignements qu'il donne sur l'iiistoire peu connue 
du christianisme en Perse. 11 semble très au courant des 
choses de ce pays. H y mêle moins de légendes et en parle 
avec plus de précision que lorsqu'il s'agit de l'enqiire romain. 
On peut déjà le constater dans le chapitre qu'il consacre à 
Manès et à sa doctrine. Mais c'est principalement lorsqu'il 
arrive à la persécution de Saper qu'il commence à se montrer 
historien. 

Le présent fascicule s'occupe des rois de Perse : Barham II , 
qui persécuta un moment les chrétiens parce qu'il les confon- 
dait avec les Manichéens; Barham II], Schânhanschah, 
Narsès et Horniizd qui furent bienveillants pour eux; puis 
de Sapor II qui les persécuta cruellement pendant son long 
règne de 70 ans. L'auteur s'arrête longuement aux patri- 
arches Simeon Bar Sabbae, successeur de Papas, et Shah- 
dost, mis à mort tous les deux sous le règne de Sapor. Il 
raconte en détail leur martyre et celui de leurs compagnons , 
et donne de précieux renseignements sur l'état de l'Eglise de 
Perse à cette époque et sur la persécution qu'elle eut à 
subir. 

Dans un autre fascicule, M*^' Addaï Scher donnera la iin 
de la première partie (la deuxième selon le manuscrit) qui 
va jusqu'à l'an 363, et la seconde qui s'étend de 36d à k'^i. 
Il nous promet des renseignements plus abondants et plus 
intéressants encore sur les rois Sassanides et sur l'histoire du 
christianisme dans leur empire et particulièrement sur 
l'Eglise nestorienne. 

La traduction a été ébauchée par deux prêtres maronites : 
M^' Younès et M. Basile. M. l'abbé J. Périer l'a revue et a 
dirigé l'impression du fascicule. 

L. Leroy, 



NOUVEFJ.ES ET iMÉLANGES. 341 

Nofl GluON, Lcçjcndcs coptes, fraginenls inédits |)ul)lii's, Iriuliiils, 
annotés. — Paris, 1907. 

T/ufilité de la puhlicalion de M. Giron est multiple el 
considérable. Elle accioit le domaine de la littérature copie. 
Elle élargit nos connaissances sur les conceptions religieuses 
et les pratiques ascétiques de l'Egypte chrétienne. On relève 
dans deux de ces fragments (p. 5i , 57 et 77) les titres pro- 
tocolaires décernés au bafilcii.'!, même du fond de la vallée 
du Nil. On constate la place prédominante donnée, dans la 
culture égyplo-chrétienne, à la connaissance des «Ecritures 
saintes» (p. 45 et 77). Pour la critique textuelle de la ver- 
sion copte de la Bilîle, le cinquième fragment serait con- 
sulté avec profit. Ces fragments sont précédés d'une intro- 
duction fort instructive. Les deux premiers textes y sont 
qualifiés d'apocryphes. Ils ne sont en réalité que des dévelop- 
pements de celui de la Genèse. Le second possède un mérite 
littéraire digne d'attention. Seuls le troisième et le quatrième 
fragments rentrent proprement dans le genre littéraire des 
légendes des saints. Le dernier morceau est d'une forme 
toute homilétique. Que se cache-t-il sous ce dehors ? Versé 
dans la connaissance des Ecritures , l'auteur pourrait avoir eu 
au cœur quelque haine contre le clergé du patriarcat de By- 
zance. Il semble que Héliodore soit plus que « courtisan » , 
comme M. Giron le nomme, et cpi'il ait un intérêt très per- 
sonnel à laisser ignorer le séducteur. De l'assimilation de la 
princesse à la Vierge-Mère, Zenon n'est pas du tout respon- 
sable, malgré l'insinuation de M. Giron (p. 20), mais exclu- 
sivement Tevêcpie de Byzance (voir p. 75). M. Giron re- 
proche à l'écrivain copte d'appeler Aphné et Phinées « enfants 
d'Aaron» (p. 67, n. /\.). Cette expression signifie «prêtres» 
et ils Tétaient. 

P. BOURDAIS. 



342 MAUS-AVIUL lUOS. 

ZARATnvsinnA and Z \r,iTnvsnTRiASiSM i\ thk Ivesta, hy 
Rast*mji KDDLjr Dastoor Peshotan Sanj\n\ 15. A. — Leipzig, 
Otto Harrassowitz, igoCt (57- pages). 

Ce livre est dû à la plume d'un meniljre du clergé zoroas- 
trien de Bombay. Le but de l'auteur esl de soumettre à un 
examen minutieux les doctrines de VAvcsla et de démontrer 
à ses coreligionnaires qu'elles peuvent servir à élever l'espril 
de l'homme en lui inspirant des sentiments généreux et en 
apportant la paix et la concorde , en un mot qu'elles unissent 
l'homme à Dieu et chaque homme à son semblable [Pri'face). 

Les principales sources d'information sont tirées de ÏAves- 
In; les livres pehlvis ne sont que i-arement cités. Comme on 
le sait, les doctrines de VAvesla se rapportent à la théologie 
et à la morale; jusqu'ici, il y a peu d'ouvrages exclusivement 
consacrés à la philosophie religieuse de ÏAvesla, et ceux qui 
l'ont été ne semblent pas avoir contenté les Parsis. C'est au 
moins le sentiment d'un de leurs meilleurs critiques'; aussi 
ce travail, fait par un prêtre, a-t-il été accueilli avec faveur. 
«C'est, selon ce même critique, un essai honnête qui est 
appelé à combler une lacune, jusqu'à ce qu'un autre travail 
plus complet vierme le remplacer. » 

Pour les Européens, il est toujours intéressant de consulter 
une œuvre de cette sorte, parce qu'on peut ainsi se rendre 
compte du profit que les Orientaux font des études de nos 
savants. 

Un des premiers chapitres est consacré à Zoroastre, l'au- 
tour du système religieux des Perses. Or les Zoroastriens 
repoussent les théories qui font de Zoroastre un person- 
nage liclif ou légendaire ou qui attribuent le nom du pro- 
phète à des réformateurs de l'Asie Centrale. Ils ne sont pas 
niouis blessés de la téméraire assertion de certains esprits 
ingénieux qui voient en Zoroastre une réincarnation de 
Moïie. Zoroastre est pour eux, au contraire, un personnage 

' Cf. Zarllwxli, article de M. P. A. Wuxv, dans le nniiiéro de 
Tir 19.-: 6 de Yezd. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. .Vj3 

historique (p. 32), dont M. R. Sanjana place l'existence au 
X* (?) siècle avant J.-C. (p. Sa) , opinion partagée par le 
D' Mills, le D' Geiger, le D' Bartliolomae , selon une noie 
(le la page 02. >jous regrettons de ne pas y voir mention- 
nées et discutées les recherches chronologiques du profess(nir 
Jackson (cf. Zoroaster, appendix II, p. ir)i-i78). 

La manière dont est envisagée la mission du prophète de 
l'Iran, est assez curieuse. L'auteur insiste sur cette vie d'acii vile 
et de prédication, qui contraste avec l'idéal d'isolement et 
de contemplation particulier à l'Orient, ce qui expliquerait 
d'une certaine manière l'attrait des Parsis pour notre civili- 
sation occidentale. 

Dans la seconde partie de l'ouvrage , se trouve l'exposé de 
la philosophie de VAveala (p. iiB-iyS). Il convient de si- 
gnaler les louables elïorts de M. H. Sanjana pour faire accor- 
der le monothéisme du système religieux avec le dualisme, 
qui est la base du système philosophique, bien que, comme 
toujours , celte subtile distinction , née dans le cerveau d'un 
grand savant allemand, reste cîifTicile à faire accepter 
(p. i4o et suiv. ). 

Nous recommandons beaucoup la lecture du chapitre 
consacré à l'homme et à ses devoirs, ainsi que celui qui 
est relatif aux doctrines de la vie future et de la résur- 
rection, doctrines qu'il ne faut pas confondre avec la trans 
migration et la réincarnation. Les saints de VAvesta n'en on! 
jamais eu la conception, bien qu'ils crussent certainement 
à la résurrection spirituelle et corporelle [Yf., xiii, 129; 
Yt., XIX, 11-19, 9 ^"9^' Vend., wiii, Ji, etc.). Ce n'est ([u'ù 
une époque très postérieure qu'on a interprété Frasho-kcvcli 
(la résurrection, le renouveau du monde) comme l'àme 
humaine reprenant possession de son corps (p. 260). 

La conclusion est certainement, selon nous, la partie la 
plus intéressante de l'ouvrage , car elle a une originalité et un 
tour qui se trouvent rarement dans les livres de cette sorte. 
C'est un appel de l'auteur à ses coreligionnaires, auxquels 
il montre la relitrion zoroastrienne victorieuse de l'action du 



344 M Ai', S -AVRIL 19 08. 

temps, triomphant (I.tiis les i\^es anciens des luUes des 
Kavis, des Karapaiis et des Usigs, plus tard survivant 
aux hérésies de Manès et de Mazdak, ainsi qu'aux efiForts 
des Grecs et des Musulmans, Il leur demande en conséquence 
d'aimer VAvestn, « leur Bible » , qui contient les préceptes 
de la morale la plus pure et qui commande à l'homme 
l'amour de Dieu, de son pays et de sa famille ( Ys., lxii, 5). 
Cet appel est touchant à une époque où Vaqnoslicism 
semble délacher les jeunes Zoroastriens d'une religion (jui 
possède pourtant des éléments assez solides pour qu'elle soit 
parvenue juscp'au xx" siècle et qu'elle fournisse encore à ses 
disciples des forces suirisantes pour la grande lutte de la vie 
moderne ! 

D. M. 



Général L. de Bkylik. Prome et Sauhi \. Vornije nrchrnlnqiiiue en 
Birmanie et rn Mésopotamie. — Paris, 1907. 

Prome est en Birmanie et de civilisation indoue; Samara 
est en Mésopotamie et de civilisation musulmane. Mais les 
ruines de ces deux villes ont été l'objet, de la part de M. le 
Général de Beylié , d'un imique voyage archéologique. C'est 
pourquoi leurs noms sont associés dans le présent livre. 

Le voyage en question fut accompli dans les premiers 
mois de 1907. L'auteur en donne une relation étendue, q»ii 
forme plus de la moitié du volume. Presque tous les détails 
en sont intéressants à divers points de vue; il en est même 
de piquants et de curieux. Je regrette seulement que quelques 
fautes d'écriture (péchés véniels à vrai dire) se soient glissées 
ou soient restées dans ce récit : page 9, par exemple, Lukini 
pour Lak.smî et Himayana pour Uînayâna. 

Les ruines de l'ancienne Pronie sont situées enire la ville 
actuelle du même nom et Rangoon. Abstraction faite des an- 
tiques murailles de la cité, les monuments étudiés ou dé- 
couverts consisleni en stupas, petits tenipl(>s et pierres sculp- 



NOLIVKIJ.KS ET MELANGES. 345 

tées. Sauf un très potit nombre d'exceptions, ce sont des 
anti(|uités boutldliicpies. Beaucoup de bas-reliefs et de tablettes 
votives portent une figure du Buddha assis. L'attitude est en 
général celle de la méditation , c'est-à-dire la plus accoutumée. 
Dans quelfpies cas cependant les mains ont des attitudes plus 
spéciales : tantôt elles esquissent le geste de l'enseignenicnl 
(pi. V, fig. 3; VI, i), tantôt le geste qui rassure (VI, 3). 
Ailleurs il s'agit du geste qui consiste à toucher la terre pour 
la prendre à témoin (VII, i), mais, fait digne de remarcpie, 
c'est la main gauche (et non la droite, comme d'habitude) 
qui l'accomplit. Enfin les deux bas-reliefs provenant de l'édi- 
cule appelé Lémietna doivent être analogues. L'un est re- 
présenté , pi. VII , fig. 3 ; l'autre est seulement décrit, p. i oi ; 
mais la description du second correspond à la représentation 
du premier. Le bras droit du Buddha est étendu et s'écarte 
un peu du corps; la main est ouverte et semble en légère 
abduction. Je ne crois donc pas, avec M. leGénéi'al de Beylié, 
que le geste ici figuré soit celui de toucher la terre; c'est 
plutôt, à ce qu'il semble, le geste de la charité, dit v(ira- 
miidrà. 

Aucun des monuments mis au jour n'est daté. Quelques 
inscriptions ont été trouvées, mais l'une (p. 89) est tout ;i 
fait rudimentaire, et deux autres (p. 83 et 98) sont effacées 
et mutilées au point que toute lectvire est rendue impossible. 
Ce mancpie de données chronologiques est d'autant plus sen- 
sible que la sculpture présente des types fort différents dont 
il serait utile de connaître l'âge. Certaines pierres et certains 
bas-reliefs trahissent des influences variées; la facture septen- 
trionale paraît prépondérante. 

La troisième et dernière partie de l'ouvrage appelle l'at- 
tention pkis encore que la précédente. Il y est question de 
l'architecture des Abbassides. Le sujet est neuf, presque iné- 
dit. On sait que les Abbassides fondèrent Bagdad au viii" siècle 
sur la rive droite du Tigre. Mais la ville subit tant de modi- 
fications qu'il ne reste plus aucun monument contemporain 
des premiers khalifes. Les autres cités qu'ils avaient bâties 



346 MARS- A V Kl I. lyO-S, 

sont egaleuii'iit détruilcs. On n'avait donc aucun tcnioi^naf,^e 
(le l'art architectural de cette époque. L'exploration archéo- 
logique de Saniara a comhlé cette lacune. 

Les ruines de Saniara s'étendent sur la rive gauche du 
Tigre, comme la ville actuelle de Bagdad. Elles sont impo- 
santes : elles couvrent un espace d'environ 35 kilomètres de 
longueur sur .'i de largeur. Plusieurs agglomérations , d'ailleurs 
voisines entre elles, reçurent en effet le nom de Saniara. 
Suivant les historiens arabes, cette ville fut construite vers 
le milieu du ix° siècle. Elle est donc un peu postérieure à la 
[triuiitive Bagdad. L'arcliileciure ahbasside devait être alors 
à son apogée. M. le Général de Beylié a rencontré là-has 
des monuments, |)alais et mos(|uées, ([ui permettent enroie, 
malgré leur état de délabrement, une étude approfondie. Il 
en décrit cpiafre ; la vieille mosquée de Samara, la mosquée 
dAboudolaf au sujet de laquelle nulle relation n'avait été 
donnée jus(|u'ici, un palais en briques appelé Dar el-Rhalif, 
cnlln le château d'El-Aschik, p(ul-ètre un peu moins ancien 
(|ue les précédents monuments. Toutes ces ruines sont à 
l'heure actuelle l'objet de recherches plus systématiques et 
plus complètes tpie n'en pouvait entreprendre M. le Général 
de Beyhé durant son rapide von âge. Elles fourniront la ma- 
tière d'un nouveau chapitre sur l'art musulman, h savoir le 
cliapitre des origines de Tari arabe propremeiil dil , dont 
l'architecture abbassiile est comme l'aurore. 

L'excursion archéologique de M. le Général de Beylié fut 
de courte durée. Elle lui permit néanmoins de réunir les ma- 
tériaux d'un livre plein d'intérêt. (ïet ouvrage est en outre 
illustré de la façon la plus copieuse cl la plus riche : on \ 
compte loo ligures dans le texte et i .") planches hors texte; 
les unes et les autres sont parfaitement réussies et de toute 
licanlc. 

A. Gl|-Rl\nT. 



NOLIVKLLKS ET M KL ANC ES. :{7 



NOrKS ni-, BIIU.IOCUAPHIK AlUSULM-VNF,. 

liEV\(M.n A. Niciioi.soN, .1 lilcinry History oj' tlic Aralis. - Loiidoii, 
T. l'islici' l mvin, 1907, in-H", xx\i-5oo pages. 

Il eût élé facile à M. Nicholson d'écrire une savante liis- 
toire fie la littérature arabe; mais, soucieux de faciliter leurs 
éludes préliminaires aux jeunes arabisants, il a préféré faire 
pour eux un manuel classique, un ouvrage leur donnant un 
tal)leau d'ensemble des lettres arabes. Sacrifiant, à celle 
idée, tout ce qui présentait un caractère critique, il s'est 
borné à retracer, d'une manière claire et intéressante, les 
grandes lignes de l'histoire d'une des littératures les plus 
vastes qui soient. S'adressant à des débutants, il. a donné, 
avec raison, l'explication d'une quantité de termes qui, fami- 
liers à des arabisants un peu exercés, auraient pu les embar- 
rasser. Pour la même raison, il a fourni de nombreux détails 
sur l'histoire, les croyances et les mœurs des Arabes, avant 
et après l'Islam. 

C'est ainsi que, sur les dix chapitres dont se compose l'ou- 
vrage, les trois premiers, consacrés à l'Arabie anté-isla- 
mique, aux Himyariies et aux Sabéens, font une large part 
à l'histoire, aux légendes et à la vie des nomades d'alors : 
sans ces renseignements, il serait difficile d'aborder l'étude 
des rares monuments qui subsistent de la littérature de celte 
époque. Un chapitre ender est consacré au prophète Moham- 
med et au Coran; l'exposé, très complet et heureusement 
présenté, de la plus brillante période de la littérature arabe, 
c'est-à-thre des khalifats omeyyade et abbaside, est suivi de 
deux chapitres sur le rôle des idées religieuses et sur les 
Arabes en Europe; ce ne sont pas les moins intéressants du 
livre. 

A propos du dixième et dernier chapitre, nous nous pei- 
miïttons une objection, la seule que l'on puisse (aire à cet 
onvrnge excellent. Ce chapitre , consacré à la littérature aral)e 



:Vi8 MARS -AVUIL 10 OS. 

de 1 invasion mongole à nos jours, parle trop brièvement (II- 
]a période contemporaine. On aurnit aimé trouver plus 
de détails sur la renaissance qui s'est opérée, à la lin du 
xix° siècle, dans les lettres arabes, notamment en Egypte, 
sous l'influence des immigrés syriens; la presse arabe, qui a 
pris une telle extension et compte des organes dans la plu- 
part des états de l'ancien et du nouveau monde, méril;iil 
aussi d être étudiée. 

Quoi qu'il en soit, nous ne saurions trop recommander le 
livre de M. INicholson qui est, pour les débutants, un pré- 
cieux manuel, clair et concis; pour les arabisants de pro- 
fession, un niernenfo des plus utiles. Pour les uns et les 
autres, les recherches y sont faciles, l'ouvrage étant écrit 
avec méthode et lui copieux index permettant d'y trouver 
aussitôt le renseignement désiré. 



E. J. W. Gibb Mémorial Séries, vol. III, 2 : El-Kliazreji's Uislory nf 
tke Resiill Dynasly of Ycmen (Translation II), cditeci and trans- 
lated by J. W. Redhoise, xxiv-3/ii pagos. ■ — Yolimie M, a : 
YiKjàt's Irshâd al-Arih ilà Ma'rifat al-Adib (Text), edited 1)\ 
D. S. Maugomouth, xvr-43i pages. — Leyden, E. J. Brill; L"ii- 
don, I.u/;>c and C", iqoy, in-8°. 

La E. J. W. Gibb Mémorial Séries compte déjà sept volumes 
et d'autres suivront sous peu. Le second Aolume de la traduc- 
tion, par .1. VV. Redhouse, do l'IIisloire de la dynastie rasou- 
lide du \émen (voir le Journal asiatique de janvier lévrier 
1908, t. XI, p. i5^) vient de paraître; il contient les règnes 
des sultans Malik Moudjàhid, jMalik Afdal et Malik Acbraf, 
deuxième du nom; il comprend, par conséqtient. la période 
i[ui va de i.S^ii à i/|00-i/ioi de noire ère, et la tiaduclion 
complète de l'ouvrage d'Al-Rhazradji, accompagnée d'un 
index occupant les quarante-cin(j dernières pages du présent 
volume, est maintenant à la disposition des travailleurs. 
M. ^Edward G. Browne, d'accord avec ses coéditeurs. a tenu, 
déclare-t-il dans la préface, à publier telle quelle l'o-uvre d(> 



NOUVELLES ET MELANGES. 3'i0 

Redlioiise, qui formera (jualre volumes, le Irolsième ron- 
lermaut les notes, et le quatrième le texte arabe d'Al-Kha/.- 

Yàkoùt est Tauteur d'un dictionnaire biof^iapliique des 
littérateurs arabes, Irchad nl-Arih ild Mdrifal al-Adib , dont 
le seul manuscrit connu, très défectueux et de date récente 
(il ne remonterait pas au delà du xvii° siècle), est conservé 
à Oxford. M. Margoliouth, qui en avait déjà lire, il y a 
(pielques années, plusieurs lettres d'Aboù'l-'Alà Al-Ma'arri , 
n'a pas reculé devant la tâche lourde et parfois ingrate de 
publier, d'après un manuscrit plein d'erreurs et mal ponctué, 
ce texte foit étendu et de la plus haute importance pour la 
connaissance de la littérature arabe. Grâce à ses nombreuses 
lectures et à son esprit critique, M. Margoliouth a pu resti- 
tuer bien des passages fautifs. On aura une idée de la masse 
de renseignements contenus dans l'ouvrage de Yàkoùt, quand 
on saura que ce premier volume contient i 20 notices bio- 
graphiques et ne va pas jusqu'à la lin de la lettre alif. 

A History of Ottoman Poctij, h) llie Jale E. J. W. Gii5i5 , M. R. A. S. , 
volume V, edited by Edward G. Browne, M. A., M. B. — Lon- 
doii, Luzac and C, 1907, in-8°, ix-55i pages. 

Reprise, après la mort de E. J. W. Gibb, parle savant 
professeur de Cambridge , M. Browne, l'Histoire de la poésie 
ottomane doit être considérée comme terminée. Le cin- 
quième volume a paru; le sixième qui contient les textes des 
poèmes traduits par Gibb, et forme une anthologie turque, 
est sous presse : il paraîtra probablement en igo8, et le 
septième sera un supplément dû à un Turc, auteur de 
mérite, qui possède à fond les langues française et anglaise et 
a tenu à compléter l'œuvre du regretté auteur de A History 
of Olfoman Poetry. Le présent volume contient trois chapitres 
consacrés aux débuts de l'èic nouvelle qui s'ouvrit, pour la 
littérature ottomane, il y a une cinquantaine d'années, sous 
l'inlluence de l'Occident , et aux plus illustres représentants 



350 MARS-WRH. 1008. 

fie la nouvelle («coie, Cliiiiàsi l'Jendi cl Ziyà Pacha. L'index, 
liés minulieux, ([ui le termine, esl dû au savant oricnla- 
liste, M. Reynold A. Nicholson. 



l>EJisi.[.\ insTOiiiCAL TJEArs, volume V: Part II nf th ■ Tadhlilmln'l- 
licUja [dMcnioirs of llia Sainls«] oï Muhamm.xd iit\ IbiÛiiiv 
Faiudi'd-Din 'AttâR-, cditcd in llir Original Persian, witli Pri- 
laces, Indices and Variants, and a r()ni|>aralive Tal)li' sliowiiiu 
Ihe parallel Passaj^os uliicii uccin in Un His)il(itn'l-()nsh<iinyYii 
of Aiu'i.-Q\siM Ai.Qi siivYiii, hy lÎEYNoi.r) A. iViciioison , iM. A. 
I.ondon, l.iizac and i? \ Leide, Librairie et imprimerie 
fi-devanl E. .1. Brill, 1^)07, in-8°, i\+i i()-f-36 1 pa«jes. 

A cette même place, nous signalions, il y a doux ans 
(voir le Journal asiatique de janvier-févier 1906, t. VII, 
p. lôo-iS-î), l'apparition du lonie l'du Mémorial des Sainis 
de Ferid ed-Din 'Altàr, dont M. Nicholson donnait, le pre- 
mier, une édition critique, un texte débarrassé des retouches 
maladroites qu'on lui avait faites pour le moderniser et, de 
plus, absolnmeni complet. Nous ne reviendrons pas sur ce 
qui a été dit de ce livre, fort célèbre et doublement intéres- 
sant, au point de vue philologique comme au point de vue 
religieux. La deuxième et dernière partie, qui vient de 
paraître, comprend trente-deux biographies, de Ahmed ibn 
' Vsini Al-Anlaki à l'imam Mohammed Bâkir; elle est, comme 
la première, accompagnée d'amples index et de nombreuses 
variantes. 

Ce volume, (jui clôt dérmilivenient la série des Persian 
Historical Teœb , est précédé d'une préface de M. Browne, 
contenant des remarques fort attristantes pour tous ceux qui 
ont cà cœur les progrès des ékuh's orientales. Sans tie géné- 
reux et intelligents concours, la série à laquelle appartient ce 
volume, et dont tous les textes ont été choisis judicieusement 
et publiés avec critique, n'aurait jamais pu paraître. Les rin(| 
volumes qui la cf)m|K)senl ont (oùté ^So livres; c'est à [)eine 



NOUVELLES ET MELANGES. 351 

si lo dixièmo do cette somme a été récupéré. Voilà qui fera 
apprécier, comme elle le mérite, la louable initiative qui 
fonda le E. J. TT^ Gihb Mémorial Fiind, dont nous venons 
de parler et dont les publications sont si justement appré- 
ciées. Nos lecteurs savent que c'est dans la collection publiée 
par cette fondation que paraîtront les ouvrages destinés, tout 
d'abord, aux Persidii Ifistorical Texls. 

Dans cette préface, M. Browne se plaint, avec raison, 
d'un autre obstacle que rencontrent les études orientales : 
c'est la difbculté que mettent de nombreuses bibliotliéques 
de l'étranger à tenir leurs trésors à la disposition des 
chercheurs. Aussi M. Browne, qui veut léguer à la Biblio- 
thèque de l'Université de Cambridge sa collection de manu- 
scrits, lui imposera-t-il , dans son testament, l'obligation de 
les mettre, de la façon la plus libérale, à la disposition des 
travailleurs présentant certaines garanties. Si ces conditions 
ne sont pas acceptées, les manuscrits du savant orientaliste 
feront retour à l'Université de Leyde. 



\ iclor C[lAr\lX, Bihlinfiraphie des oavracjcs arabes na relatifs tiiuv 
Arabes publiés dans l' Europe chrétienne de 1810 à 1885 ; vol. \ : 
Le Coran et la Tradition. — Liège et Leipzig, 1907. Pri\ : 
4 fr. 5o. 

Le grand travail entrepris par M. Victor Chauvin, le 
savant professeur d'arabe de l'Université de Liège, est main- 
tenant fort avancé; une fois achevé, il rendra les plus grands 
services. Ce dixième fascicide, consacré au Coran et à la 
Tradition, est particidièrement itpportant. Couronnée deux 
fois par l'Institut, subventionnée par la Société orientale 
allemande, la Bibliographie des ouvrages arabes a reçu, du 
reste, partout l'accueil qu'elle méritait. 

La Mo'allalia de 'Anlara, suivie de la onzième séance de Harirî , dile 
de San un , i'|-|-'i2 pages. La Mn'aUaka d'Immul-Kaïs , san-ir 

de la onzième séance de Uariri, dite de Damas et de la kasida cz- 



352 MARS-AVUIL 1008. 

ZuïiKfbiYJu- l>'^t'">c (Uliihui'à Ali, 2 6-(-tJy pages. Textes publiés 
avec les voyelles, un commentaire arabe et une tradurlion litté- 
rale en français, par A. R\iix, professeur au lycée de Conslaii 
line. — Paris, Ernest Leroux, 1907, in-8°. 

M. A. Haux poursuit la publication de ses textes arabes. 
Tous ceux qui composent cette série, empruntée à des 
auteurs classiques de bonne époque, ont été maintes fois 
publiés déjà; mais il était bon d'en mettre à la disposition 
dos arabisants des éditions correctes, maniables et d'un prix 
peu élevé. Les commentaires et les versions littérales qui 
accompagnent ces poésies anté-islamiques et ces séances de 
Ilarîrî seront, à juste titre , appréciés des étudiants. 

Lucien BouvAT. 



Le gérant : 
Rubens Duval. 



JOURNAL ASIATIQUE. 

MAI-JUIN 1908. 



L'ORIGINE AFRICAINE 



DES 



MALGACHES, 

PAR 

M. GABRIEL FERRAND. 



«Si, dit M. A. Grandidier, tout le inonde est à 
peu près d'accord pour rattacher à la i-ace malaise 
les habitants de la province de l'iMerina auxquels 
on a donné et on donne encore, à tort, le nom de 
Huva et dont , sinon tous , au moins une classe , celle 
des nobles et conquérants, présente des caractères 
physiques qui ne laissent aucun doute sur leur ori- 
gine niongolique, les uns, et c'est le plus grand 
nombre, considèrent, à cause de la proximité de 
l'Alrique, la masse de ]a population (de Madagascar) 
comme compos(''e de nègres africains; d'autres, se 
fondant sur leur croyance et certaines particularités 
de leurs mœurs, sans tenir compte de leur aspect 
physique, les font descendre d'une colonie soit juive, 
soil arabe, ou d'immigrants mongols; enfin j'ai émis, 
en \8~-2, r()])inion, acceptée aujourd'hui par beau- 



354 MAI-JUIN 1908. 

coup d'anthropologisles, que l'île de Madagascar a 
été peuplée par d<'s immigrations successives, remon- 
tant il des temps l'orl éloignés, de nègres indo-océa- 
niens ou orientaux, que je désignerai sous le nom 
d'Indo-Mélanésiens pour rappeler que la branche 
orientale du tronc nègre existe non seulement dans 
les Iles de l'Asie et de l'Océanie, mais aussi sur le 
continent. Comment ai-je été amené à relier les Mal- 
gaches, hormis les Andriana (nobles) de l'iMerina et 
des familles des chefs des principales tribus, aux 
nègres de l'Extrême-Orient plutôt qu'à ceux du con- 
tinent africain, comme le faisaient tous les auteurs 
et même les anthropologistes ? C'est que, pendant 
mes voyages à travers les différentes peuplades, j'ai 
été non moins irappé de l'unité de la langue parlée 
dans l'ile entière que de la grande uniformité des 
mœurs et des traits physiques de la masse de sa po- 
pulation. Il y a longtemps que les marins et les voya- 
geurs ont constaté que les hal)itants de Madagascar 
parlent une seule et même langue, d'origine malayo- 
polynésienne , mais ils n'ont pas attaché à ce fait, 
cependant si jemanpiable, rim])ortance (ju'il a, et 
ils ontcrufexpliquerenen attribuant Initroduclion à 
la poignée de Malais venus il y a quelques siècles'. 

' M. Graiulidicr donne romnie ancêtres aux Andriana {\c l'iMe- 
rina tantôt des Malais (p. 9, 77), tantôt des Javanais (p. 71 note 
i" colonne, j). 70 noie, 2, p. 77), tantôt des Malais et Javanais 
(p. 67 notule r/). tantôt «des Javanais ou en tout cas des Malais" 
(p. 66), tantôt enfin « des Javanais ou plutôt des Sondanais » (p. 18). 
H fait arriver ces Malais-Ja\anais sur le j)laleau central, entre 
i555 et i56() (p. 79). A peine est-il besoin de dire (pie cette date 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 355 

L'existence dans cette grande île d'une seule et même 
langue, purement malayo-polynésienne ou plutôt 
indo mélanésienne, par conséquent de provenance 
orientale, aurait dû cependant fixer davantage leur 
attention. N'est-il pas en effet extraordinaire que des 
peuplades ou plutôt des familles, qui n'ont eu jusque 
tout récemment aucun lien politique ni commercial, 
qui ne se connaissaient même pas de nom au com- 
mencement du xix*" siècle ^ qui vivaient dans f isole- 
ment le plus complet et n'avaient entre elles d'autres 
relations que les razzias et les pillages auxquels elles 
se livraient sans cesse entre voisins immédiats , parlent 
toutes la même langue et que les invasions nom- 
breuses et successives des Arabes et des nègres afri- 
cains ne l'aient que peu ou même point altérée? Je 
ne sais vraiment pas comment on a pendant si long- 
temps accepté , sans discussion , fassertion , qui eût 
dû paraître à tous inacceptable, comme elle l'est en 
réalité , qu'en quatre ou cinq siècles quelques milliers 
ou plutôt quelques centaines d'étrangers aient imposé 
leur langue à tous les anciens habitants du pays, 
d'autant plus qu'emprisonnés dans un petit canton 
au milieu des montagnes et honnis de tous leurs voi- 

esl inexacte. Pour ta migration indonésienne qui a pénétré jus- 
qu'à Tananarive, voir à la fin de celte note. 

' Cette assertion est inexacte. Les Huva étaient connus depuis 
longtemps des Malgaches du sud-est. Le ms. 5 du fonds arabico- 
malgache de la Bibliothèque nationale en fait mention au folio 22 
verso. Cf. également les renseignements fournis par Drury (ex- 
trait LXXXMI) sur leurs relations avec les indigènes de Matalana 
et les Antanosi. 

33. 



35G MAI-JUIN 1908. 

sins jusqu'à la fin du xvin' siècle, ils n'avaiont et ne 
pouvaient avoir aucune autorité ni aucune inlhKMice 
sur les autres tribus, aNec la plupart (lesciucHcs du 
reste ils n'ont point eu jusqu'à ce jour de idations. 
La langue malgache existait certainement, telle quelle 
est aujourd'hui, longtemps avant la venue des Malais 
qui sont les ancêtres directs des Xndviana ou nobles 
de l'iMerina, et il n'est pas douteux (|u elle a clé ap- 
portée par les nègres indo-mélanésiens, dont les im- 
migrations successives ont peuplé Madagascai". 

" Si le caractère malayo-polynésien, ou plulot in- 
do-mélanésien, de la langue malgache a été recomiu 
dès la découverte de l'île, la parenté de la masse de 
ses habitants avec les nègres orientaux, qui iTssort 
aussi pleinement de l'étude de leur aspect physi(|ue 
et de leurs mœurs que de celle de la linguistique, 
n'avait jamais été affirmée, ni même soupçonnée jus- 
qu'à mes voyages. 11 n'est pas lacile en effet de dé- 
brouiller le chaos des races qui se sont accunïu!(''es 
et croisées à Madagascar : nègres indo-mélanésiens, 
Malais et surtout Javanais, Makoas [sic), Arabes, 
Soahilis [sic). Indiens, peut-être niènie (ihinois et, 
plus récennnent Kuropcens; les individus de race 
pure y soni ti'ès l'ares et on jjeut dire (ju'à ([uclques 
exceptions ])rès tous les Malgaches sont , à des degrés 
divers, des métis. Néanmoins, à lrav(Ms ce métissage 
très complexe, les caractères fondamentaux de la 
race quia originellement formé et cpii fbiiiie encore 
aujourd'hui le fond de la population, et sur la(|U(>ll(' 
se sont successivenjent grelïées les autres races ci- 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 357 

dessus nommées, nous révèlent, comme l'étude de 
la langue, l'origine indo-océanienne (51e) des pre- 
miers immigrants. 

«En efl'et, si, dans la population de Madagascar, 
nous laissons de coté, d'une part, les Andriana de 
l'iMerina, dont Torigine malaise est incontestable, et 
leurs nombreux métis qui habitent cette même pro- 
vince, et, d'autre part, les chefs des principales tri- 
bus tant des côtes que de l'intérieur et leurs familles, 
qui tous sont d'une race différente de celle de leurs 
sujets, il n'est pas douteux que les Malgaches sont 
noirs et méritent fappellation de Nègres, sous la- 
quelle les anciens navigateurs les ont désignés. Mais 
la couleur noire de leur peau n'implique pas néces- 
sairement une origine africaine, comme l'ont admis 
tous les auteurs qui, jusqu'à mes voyages et morne 
depuis, ont parlé des habitants de Madagascar. Il 
existe, en effet, comme nous l'avons dit plus haut, 
des nègres en Asie et en Océanie tout comme en 
Afrique, mais très différents les uns des autres. Or 
les traits physiques et les mœurs et coutumes des di- 
verses peuplades malgaches, toujours abstraction 
faite des familles de leurs chefs ainsi que des Andriana 
de l'iMerina et de leurs métis, ont une grande uni- 
formité, que cachent à la première vue les modes de 
coiffures si variées d'une province à l'autre, leur dif- 
férence de vie et les mélanges très fréquents qu'elles 
ont eus avec les immigrants des différentes races, 
venus postérieurement, mais qui n'en existe pas 
moins et qui démontre leur origine orientale.' 



358 MAI-JUIN 190ft. 

«Une des raisons principales, outre la couleur, 
qui ont amené tous les auteurs à adnieltre {[ue ce 
sont les nègres africains qui ont peuple Madagascar, 
c'est, dune part, la proximité du continent noir, qui 
n'en est distant que d'une centaine de lieues et, 
d'autre part, le grand éioignement des terres orien- 
tales , qui en sont séparées par une étendue de mer 
de plus de mille lieues. Mais les nègres de la côte 
sud-est d'Afrique sont et ont toujours été peu adon- 
nés à la navigation, et les courants, qui sont con- 
traires pour venir du continent à la grande île, 
rendent difficile la traversée du canal de Mozambique 
de l'Ouest vers l'Est, tandis que les nègres indo-mé- 
lanésiens sont d'excellents marins et que le grand 
courant équatorial leur est favorable. Du reste, si 
l'opinion du baron d'Eckstein sur le pays d'origine 
des nègres océaniens (Mélanésiens et Négritos) est 
exacte, si l'Inde primitive et la presqu'île malaise 
ont été le point de départ d'où ils se sont répandus 
en Océanie , comme semblent l'attester les îlots 
ethniques qu'on trouve encore dans les montagnes 
de l'Himalaya et de Vindhya , dans les Nilgbiri et 
le Dékhan, ainsi que dans l'Indo-Chine, il est tout 
naturel qu'une branche se soit portée vers l'Ouest, 
pendant que d'autres sont allées dans l'Est, fuyant 
les invasions mongolique et caucasique qui eurent 
lieu dans le sud de 1' \sie plus de 2,5()0 ans avant 
Jésus -Christ. 11 est en tout cas certain que l'im- 
migration des nègres indo- mélanésiens a précédé 
l'ère chrétienne, car le malgache, contrairement aux 



LORK.INE AFRICAINE DES MALGACHES. 359 

langues de rarchipel asiatique, ne contient pas de 
mots d'origine sanscrite; il est à remarquer qu'il n'y 
en a pas non plus dans les langues de la Polynésie. 
« Les premiers nègres indo-rnélanésiens que les 
courants ont amenés sur les côtes de Madagascar, et 
dont les descendants forment le fond de la popula- 
tion de toute l'île , ont-ils trouvé cette île occupée 
par des habitants d'une autre race, issue d'immi- 
grants africains.? C'est ce que l'on ne saurait dire 
dans l'état actuel de nos connaissances. S'il y avait 
des aborigènes, ils devaient être en bien petit 
nombre et dans un état de civilisation très inférieur, 
puisque ni dans les mœurs, ni dans la langue des 
Malgaches actuels , on ne trouve de traces de leur 
influence. 11 n'est pas malaisé de voir que les mots 
d'origine étrangère, africaine, arabe ou autre, qui 
surnagent au milieu des mots mélano-polynésiens 
[sic), ont été grefles sur la langue au fur et à mesure 
des besoins et de l'introduction d'objets inconnus, 
de connaissances nouvelles ou de coutumes étran- 
gères. En plusieurs régions de l'île, on a trouvé, 
mêlés à des ossements d'animaux aujourd'hui dispa- 
lus, des fragments de poteries qui ne sont pas 
l'œuvre des habitants actuels, mais probablement 
celle d'anciennes colonies, de race inconnue, qui 
ne devaient plus, du reste, exister à Madagascar lors 
des premières immigrations indo-mélanésiennes, 
car ces poteries dénotent un état de civilisation assez 
avancé, et les peuplades capables de les fabriquer 
n'eussent certainement pas été absorbées j^ar les 



360 MAI-JUIN 1908. 

nouveaux venus que leurs praos ou joncruos ame- 
naient en petit nombre, à moins que, d'abord can- 
tonnés dans une région, ceux-ci ne s'y soient multi- 
pliés et aient ensuitt^ fait la guerre aux premiers 
occupants et les aient détruits. Toutefois il est dilTl- 
cile de concevoir la disparition totale d'une popula- 
tion déjà civilisée et. si cette population a été ré- 
duite à l'esclavage ou au servage, elle aurait, dans 
une certaine mesure au moins, marqué de son em- 
preinte les mœurs et le langage des conquérants ; il 
n'est pas douleuv qu'il eût survécu {[uelques tribus 
que la différence de leurs mœurs et de leur langage 
eût signalé dès longtemps à l'attention des voyageurs. 
Telles sont , en résumé , les notions que nous possé- 
dons aujourd'hui sur l'origine des Malgaches'. » 

La théorie de M. A. (îrandidier se résume donc 
en ceci : les Malgaches modernes descendent de 
nègres indo-mélanésiens, plus exactement des Méla- 
nésiens proprement dits [loc. cit., p. l 'j note), dont 
les migrations succes.sives ont peuplé Madagascar, 
et il est certain [sic] que ces migrations sont anté- 
lieures à notre ère, car le malgache contrairement 
aux langues de l'archipel asiatique, mais comme les 
langues polynésiennes, ne contient pas d(> mots d'ori- 
gine sanskrite. 

' L'nr'ujine des Malijaches , Paris, in-/|°, 1901, p. 2-1 5. 11 y a de 
iiomhreusos inexacliludes à relever dans celle citatii)n ; ji' revien- 
diai Niif celles ciiii oui Irail à l'ohjel du ])réseiil article. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 361 

t;élémi:>t svxskrit. 

En ce qui concerne l'absence de mois sanskrits 
dans le vocabulaire malgache, ralïirmation de M. A. 
Grandidier est absolument contraire à la réalité. 
Tous les dialectes de Madagascai', sans exception au- 
cune, contiennent un élément sanskrit qui nous est 
attesté par les mots suivants ' : 

I, Noms théophores : 

Malg. ancien, Yaiiallâri ; malg. moderne, Zaiia- 
Hdri; merina, Zana-Hdri, litt. « le dieu Soleil ». Cl. 
malais, *Yaii-Hûri; cam, Yan-Harëi. Hdri répond 
au sanskrit Han « soleil ». 

Mali», ancien, aiia-Hdri: malg. moderne, aiia- 
Hdri. in Andrian-ana-Hdri [ïormG contractée Andria- 
nahdri), litt. «le Soleil (divinisé)», «le Seigneur 
Soleil (divinisé) ». L'article malgache ana, ana, ré- 
pond h cam on, préfixe lIc respect; annamite ông , 
siamois oi'i, préfixe des noms divins et royaux, du 
sanskrit ai'ika'-. 

Malg. ancien, Tayvadéy «dieu du mal»; cam, 
Dehatd « divinité », du skr. devaUi « divinité ». Pour 
le changement de sens, cf. skr. , deva « dieu » >zend , 
diii'va; pehlvi, dêv ; persan moderne, div «génie du 
mal ». 

' Indianiste improvisé, j'ai demandé conseil à MM. Sylvain Lévi 
cl j\ntoine Meillel. Je prie nos deux éminents coUègaes de croire à 
ma gratiliule pour leurs aimables directions. 

- Cf. également malais /uni, jiréfixe des noms propres ; javanais 
sai'i, préfixe de nom divin, 



302 MAI-Jl][N 190H. 

Alalg. ancien, Rau , monstre mythique qui cause 
les éclipses en essayant de dévorer le soleil ou la 
lune, répond au skr. Rdliu par chute régulière de i'/i 
intervocalique. 

II. Noms d'une série de mois : 

Aktra, asnru, in (isani-inasdl , le petit ^<srtm; amra- 
he, le grand asara, noms de deux mois , <:skr. àsâdha. 

Vatravatra <:skr. bhâdrapada. 

Asatri, asatri<: skr. caitra. 

HatsiluKZ skr, kârtlika. 

Sira, sira, in i'ii/rt-5'tm <; skr. nrsa, in mânjci-çlrsa 
ou ciras in mr(ja-çiras. 

Fusa, fokKZ skr. pansa. 

Maka < skr. mâgha. 

Tsihia, hiahia <: skr. jyesiha. 

Fisaka, fisaka in fisaka-masai , le petit fisaka; 
fisaka-ve, le grand //safea, <:skr. vairâkha. 

Varaisa, varatra ïn faha-varatsa, litt. «au temps 
des orages , saison des pluies » ■< skr. varsâ « saison 
des pluies ». 

Asara-mania, mois d'hiver austral, <:skr. heinaii- 
ta « hiver »^ 

JII. Protocole royal : 

lhfilo=l>urt~il(>, ancien titre royal, vraisemblable 

' Pour ros noms de mois, cf. (lahriel Fv.nn\yn, Lfi Calendrier 

innUidclw et le Fiindriiana . in Henic îles éludes etliiKxjrdplutfues et snent- 
loçj'tcjms, njob, l'asc. 2, p. yS el suiv. , (asc, 3, l^-b. 



L'ORir.INE AFRICAINE DES MALGACHES. 363 

météithèse de *hiitûro. Malais, batak-toba : haldra, 
titre royal et divin. Skr. hhatjàra. 

Dria, salut au souverain. Kavi : çfiya «bonheur, 
prospérité, salut ». Skr. en. 

Roha, roa in roh-andrian , ro-andrian « Sa Majesté , 
Son Altesse ». Malais : padiika « Sa Majesté, Son Al- 
tesse ». Skr. pâdahi « chaussure » ^ 

IV. Vocabulaire. 

Afatse « action de jeûner ». Malais : pmvclsa 
«jeûne». Skr. upavdsa «jeûne». 

Akândru « banane ». Batak-toba : gaol. Skr, kadala 
« bananier ». 

Andrakâle, mandrakâli «longtemps». Mal.: sada- 
kâla M toujours ». Skr. sadâ-kâla. 

Avày, avéy, avCyna, avê-h-a'^ « épaule ». Ma\.:hâhu; 
dayak : baha. Skr. bàhu. 

Dura, espèce de palmier nain. Mal.: lontar, es- 
pèce de palmier, Borassas jlahelliformis ; batak : 
hotal; makassar : tala. Skr. tàla. 

Dâriini «jeune, frais, tendre comme les jeunes 
pousses». Mal.: tarûiia «juvénile, jeune homme». 
Skr. tariina «jeune, tendre, frais ». 

D'ika , l'ika « action de franchir, de passer par- 

' Eu javanais, chaussure est employé comme pronom de la 
2' pers. du j^lur. , d'inférieur à supérieur. Cf. Favke, Dictionnaire 
malai.'i -français; Vienne, 1875, in-8°, s. \° pûduha. 

^ Li'-h- intervocalique est purement orthographique. Sa seule 
fond ion est d'empêcher la diphtongaison des voyelles antécédente 
et suhséquente. 



304 MAI-JLIN 190S. 

dessus». Makassar : lii'ihi «aller»; batak : lanha 
«voyage»; mal.: lâfilidh « j)as , enjambée, IVaiichi ». 
Skr. luiicjh. 

Hâri, liere-li-i «soleil», éam : harei ; mal. : hâri 
«jour, soleil ». Skr. hciri « soleil ». 

Ilâlsa « du xerrc ». Mal. : hâcd. Skr. kâca. 

Hclsi « cent mille ». Mal. : keti. Skr. Iwii « di\ mil- 
lions ». 

kâlni, ('sj)t'co de jeu de dames de forme rectan- 
gulaire. Atchinais : Isalâ. Skr. catiir « quatre ». 

Kcruna «bon». Mal. Itdnunya «l'a\em', don, 
bonté ». Skr. htriiiiâ « compassion ». 

Lapa «résidence royale, cour, palais, tribunal, 
toit qui se trouve au milieu du village et sous lequel 
on traite les affaires; lan(lapa=^la^n-\-lapa , les gens 
du ou dans le palais, anciens officiers et employés 
de la cour en service au palais royal ». Mal. : memUlpti 
«pavillon, bâtiment où Ton reçoit les convives». 
Skr. maiidapa « bangar élevé à l'occasion de fêtes, 
pavillon «. 

Mâwla, mâula, ma li-ôla « fou ». Mal., mûdit « slu- 
pide, idiot». Skr., mûdlui. 

Mhay, mhey «s'il vous plaît, avec voire permis- 
sion». Batak, sanlahi ; tagal, iahi; javanais, Labc; 
mal., lnhcJi ; skr., lisunUivyii « à siq)porter ». 

Mika «nuage». Mal., mi'(ja; tagal, bùjhti; skr., 
mccjlia. 

Hùmbu, rdiiibnii , riimbiiiia «frange, queue des 
animaux». Mal., rûiithn u frange»; batak, niiitlni 
« fdament des fruits »; skr., lainb « être pendant ». 



L'ORK.INK AFRICAINK DES MAUiACIIES. .iôr) 

Rdra, m snmun-drdra, litt. «sein de femme 
(désigne la jeune fille nubile dont les seins se 
forment, qni eonunence à avoir des seins de 
femme) ». Mal. et batak, dura; makassar, rara « jpune 
fille, vierge «; skr. , dâvâh « épouse ». 

Sakâyza, sakîyza, sakêza «ami, amant, maî- 
tresse ». Mal., sâkey, «associé, compagnon»; skr., 
sahhi. 

Sakaiivii, sakav'iru «gingembre»; skr., çriKjdvcra. 

Sândri «jointure, articulation ». Mal., sendi; sun- 
danais , sandi; skr., saiidhi. 

S'isa « reste, restant ». Mal., slsa; skr,, çesa « res- 
tant, résidu ». 

Sôi'm, siuïn in satï-i'imhi , soiï-ômbi « lion-bœuf« , 
animal fabuleux à forme de bœuf. Mal. et batak, 
slna « lion »; skr. , simha « lion ». 

Tamâ , tamàn, taniàna «familier, apprivoisé». 
Mal., tdniah «familier»; skr., daîii « aj^privoiser, 
dompter ». 

Tamhûni, tamhàh «bétel». Javanais, tëmhula; 
skr. , tûmhiila. 

Tantdra «histoire, légende, conte». Balinais, 
tanfri « conte, fable dont les animaux sont les prin- 
cipaux personnages; skr., iantra «manuel, livre, 
traité magique ». 

Tâvii « calebasse, courge, citrouille ». Batak, ùibu; 
mal., lâbii; skr., aldbu. 

TrCisa « dette » (se dit aussi bien de l'argent prêté 
que de la somme emprimtée). Mal. et batak, dosa 
« péclié, oflensc »; skr., dosa; cf., pour la différence 



366 MAI-JUIN 1908. 

(le sens, mal., hûtan; batak , ntnii « dotte » > malg. , 
ôta, ùta « faute, pérbé ». 

Tsindzaka, t'mdzaka « danse ». Mal., iandak; java- 
nais, tdiKJak » danseur »; tagal, indak « danser »; skr. , 
laijdaka « charlatan ». 

Vald «entourage, enclos, clôture». Mal., bdley 
« salle d'audience , édifice public et ouvert où Ton se 
rassemble pour tenir conseil »; dayak, balai « maison 
ouverte»; skr., valaya «bracelet, entourage». 

Varâhi, varàhin, varâhina «cuivre». Mal., tcm- 
bâga; balinais, barak « cuivre rouge »; skr,, tâmraka 
« cuivre ». 

V'ihi, lîhin, vihini « graine ». Tagal , biki; mal., 
bldji; batak, bidja; skr., vlja. 

Zâotra, zotra « beau-frère, belle-sœur ». Javanais, 
saiidara; mal., sâddra «frère, sœur, parent»; skr., 
sodara « frère , sœur utérins » '. 

CLVSSIFICATION 
DES DIALECTES MALGACHES. 

Les dialectes malgaches font indiscutableniciil 
partie du groupe occidental des langues malayo- 
polynésiennes, c'est-à-dire du groupe malais. Ils 
sonl plus sppcialoniorit apparentes à cei'taines 
langues de Sumatra. Les travaux de Brandes-, 

' Dans mon Essai dr plmncliqne rninpnrcc du innlais rt des din- 
Irclcf innhjarhrs , acluellemcnl à l'improssioii , on trouvera la loca- 
lisalion des formes dialectales malgaches d\)nj>;ine sanskrite. 

- Bijdratjp toi de verçjclijlieiidr Klanheer dcr nesterscliv ajdeeling 
van de Malrisili-Pnlvnrsisrlir Tnalfamiliv , lUrcclit, i88'i, in-S". 



LORU'.INE AFRICAINE DES MALGACHES. 307 

Brandstetter', Kern-, Schmidt^, Van der Tuuk*, 
ne laissent aucun doute à cet égard. 11 ne peut donc 
être question de rattacher le malgache au groupe 
mélanésien. La même erreur transportée dans le 
domaine indo-européen aurait pour résultat de faire 
inscrire le français dans le groupe hellénique, par 
exemple. Le malgache et les langues mélané- 
siennes, de même que le français et le grec, appar- 
tiennent les uns et les autres au même domaine; 
leur parenté n'est ni contestée ni contestable, mais 
1rs groupes malais et roman sont cependant nette- 
ment différenciés des groupes voisins, le mélané- 
sien et l'hellénique. Les quelques exemples donnés 
par M. E.-F. Gautier en vue de rattacher le malgache 
aux langues mélanésiennes^ vont à fencontre de 
sa théorie. Le merina Janitra « ciel » ne répond pas au 
malais lafiit en ajoutant -tni au thème malais, mais 
en ajoutant r -j- voyelle; d'autre part, au malais 

' Die Bcziehiviijen des Mala(ja.'<y ziini Mulaiiselien , Lucerne, iSgtî , 
in-/(°; Ein Prodomiis zii emetn verqleirhenden TVorterbiich des malain- 
poljnesischen Spracheii , Lucerne, 1906 , in-S"; Mata-Hciri oder TJ'an- 
deriinfjen eines tiidonesisrlten Sprachfnrsrliers dnieh die drci Reiclie 
der Natur, Lucerne, 1908, in-S". 

- De Fidjitaal vergelelcen met liarc veriianten in Indonésie en 
Polynésie, in Verh. der k. Ahad. d. Wet. Lellerl,., deel XVI, Amster- 
dam, 1886. 

^ Die Mon-Rluner VôlLer. Braunsrliweig, 1906, in-16. 

* Oatlines of a grammar oj the MalagasY langnaqc , in Journcd 
RnY(d Asiatic Soc, Londres, i86'i, réimprimé in Misccllancons 
papers relating ta Indo-China, 2' série, voL I, p. 263-286, 
Londres, 1887, in-8'*. 

* Les Hova sont-ils des Malais? in Journal asiat., mars-avril 
1900, p. 278-297. 



368 - MAI-JUTN 1 90.S. 

samhar le merina r/'pond par sniubiitra , cest-à-dirc 
par llii-me malais ' occlusive iiifixt'G -f voyelle II- 
iiale. Le malgache jaha-tvla [faha, préfixe ordinal; 
tchi « trois ))) « troisième », est étroitement apparenté 
au karo-hatak paha-fêlii et non au mélani'sien : mota, 
va<j(i-tolii; lîdji, vtika-iolu ; i^xii sont plus éloignés du 
malgache que le karo-batak. Môme observation pour 
le préfixe Ycrl)al malgache idfa qui est plus pi'ès du 
malais tepev que dn mélanésien lava. \u v méla- 
nésien le malgache répond par un phonème iden- 
tique. Si le malgache était directement apparenté au 
mélanésien, nous deMions avoir on malgacli(^ * vnha, 
* tava au lieu de faha, tafaK 

IJ-: TVPK SOMVTOI.OdiOli-: 

Les renseignements sur le type somatologique des 
Malgaches, qu'on trouvera ci-dessous, sont extraits 
des relations de voyages du commencement du 
xvi" siècle à la fin du win" siècle et des publications 
des fonctionnaires, officiers, missionnaires et voya- 
geurs qui ont résidé à Madagascar j^endant ces der- 
nières années. Il s'agit donc exclusivement d'infor- 
mations recueillies dans le pays, d'observations faites 
il Madagascar même. 

I. 1 5o(). «Les habitants (de aMadagascar) sont, 

' (le sont à |icii pri-s les seuls ra|ijinHliriii(iils iii(li(|iiés |i;ir 
(îaiilicr (l;\iis l";irlicl(' prccilé. 



LOUir.INE AFUICAmE DES MALCACIIES. 369 

les uns noirs, les autres blancs ou basanés; ces 
derniers babilent le bord de la nier et paraissent être 
des colons arabes. Les nègres, qui sont venus dans 
le pays plus anciennement, sont probablement des 
descendants des Cafres du continent africain, aux- 
quels ils ressemblent par leurs mœurs et par leur 



religion 



IL i5i5. « Les liabitants (de Madagascar) sont 
grossiers; il parlent une autre langue que les gens de 
Mozambique; ils ne sont pas très noirs, mais leurs 
cbeveux sont crépus comme ceux des nègres afri- 
cains ^. » 

IlL 1528. «Une fois les navires de Nuno da 
Cunlia à l'ancre (sur la côte sud-ouest), beaucoup 
de nègres ayant les cbeveux crépus comme ceux de 
Mozambique vinrent de l'intérieur à la côte, ame- 
nant des moutons , des poules , des grains ^ . . . » 

IV'. iSSy. «Les indigènes (de Madagascar) sont 
moins foncés que les Cafres, mais moins clairs que 



' Ilieronymi OsoRii, Dr Uelm.s- EininimiwHt rcijis Liisitania- , 157/1 ' 
(iolonia- Agripincc; liber quinLus,p. 162 v°, in Collection des nu- 
rrojje.s (uicicn.s rnncernant Madacjascar, publiée par Alfred et Guil- 
laume Grandidikr, t. I, p. /|i, Paris, i c)o3 , in-8". — Cette publica- 
tion siîra indiquée désormais par l'aljrcviation Collcctinn. 

- ÎA'llre d! Andréa Corsidi, Florentin, an duc Jntirn de Médiiis, 
datée du 6 janvier i3i5. Collection , t. I, p. ."12. 

"' liAKKos, Dec. IV, liv. 111, cLap. 11, p. 2 00. Colleillon , l. 1, 
p. G6. 



370 MAI-JUIN 1908. 

les Maures qui li;il)ileiit la rote. Hommes et femmes 
ont les cheveux longs et sont bien hàtis. On présume 
que cette île a été jadis conquise par les Javanais et 
que la population de l'Est est composée de métis de 
ces Javanais et des indigènes. (Fr. d'Andrada ajoute 
que ces indigènes devaient être des Cafres venus de 
la côte sud-est d'Afrique.). . . Le vrai nom de file 
de Saint-Laurent (Madagascar) est lJbuque\ comme 
l'appellent les indigènes et les Maures qui naviguent 
dans ces parages-. » 

V. i583. «Les indigènes (de Madagascar) sont 
noirs comme ceux de Mozambique, mais ils n'ont 
pas les cheveux aussi crépus, ni aussi foncés que les 
nègres d'Afrique^. » 

VL 1596. « Ils (les Malgaches de la pointe sud- 
est de file) étaient fort bien proportionnés de corps 
et plus hauts que les habitants d'Aguada San-l^ras 
(baie de Mossel, sur la côte sud du cap de Bonne- 
Espérance). . . Ils avaient de longs cheveux noirs, 
séparés en trois pour en faire trois tresses''. . . IjCS 
gens qui habitent le long de celle rivièie (l'Onilahi 

' IjCS Swahilis désigncnl Madagascar sous le nom do liilLi oti 
Bulâiil = Bnlii -)- locatif ni. 

- DiOGO DE CoiTO, Da Asia . Dec. vu, liv. IV, clia|). v, in (jol- 
leclion, t. I, p. 99. 

^ Itincrarium nf dr SliepvfiiTl van Jan Jliiyijcii van Liiuclinlcnnarr, 
Amsterdam, lôgS, in Collcciion, I. I, p. i^T). 

'' Premier ntterrissaije des Hnllandais à Madaijasrnr, lors du lojaije 
del'amirnl Cornelis de Ilontman an.r Indes orieninlex . in Cnllerlinn. . 
I.l,p. ,('.7. 



i;ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 371 

dont l'embouchure est à la côte sud-ouest) et dans 
les lieux voisins sont noirs, xigourcux, bien pro- 
portionnés de corps, tant les hommes que les 
femmes ^ » 

VIL « Les habitants de cette île (l'île Sainte- 
Marie de Madagascar) sont fort noirs, mais ils n'ont 
pas les cheveux si crépus que les vrais Mores [sic), 
ni le nez et les lèvres de la même forme, lis sont 
forts et vigoureux 2. )) 

VIII. iSgS. «Ce sont (les Malgaches du sud- 
ouest) des gens forts, bien bâtis, noirs comme le 
charbon ; ils parlent une langue douce et agréable "*. » 

IX. 1599-1601. «Ils (les Malgaches delà côte 
orientale) sont noirs, avec les cheveux longs et 
tressés, gras comme s'ils eussent été oints d'huile; 
ils ont la bouche grande , le nez plat, le visage large, 
les lèvres grosses, les dents belles; ils sont muscu- 
leux et ont les membres bien proportionnés ^. » 

X. 1601. «L'île de Sainte-Marie (de Madagas- 
car) est accidentée et boisée. Les habitants sont de 

' Op. cit. , p. 193. 

2 Ibicl, p. 2 33. 

' Pdrchas, His Pihjrimes , t. I, 1626, p. 118, in Collection, 
t. I, p. 255. 

* Belàche sur la côte Est de Madagascar et à Antoncjil [quatrième 
rojacje des Hollandais aux Indes, avec trois vaisseau-v, de 1599 à 
1601 , sous le commandement de l'amiral Et. van der Haqen), in Col- 
ledion, t. I, p. 257-258. 

2/1. 



372 MAI-JUIN 1908. 

l)eaux hommes, noirs, à cheveux crépus, qu'ils dis- 
posent sur le front en forme de diadème haut de 
Irois pouces, connue les femmes en Angleterre '. » 

XI. 1602. «Les insulaires (de la baie de Saint- 
Augustin, côte sud-onest) sont noirs, forts et ro- 
bustes; il y a beaucoup de mulâtres-. » 

XTI. 1602. «Les habitants (de la baie de Saint- 
Augustin) sont de couleur olivâtre et basanée, tirant 
sur le roux; ils sont hauts, droits et dispos, gens 
d'esprit et bien avisés ^. » 

XIIL 1608. «Les honnnes (de la baie de Saint- 
Augus'.in) ont une bonne apparence . . . Leur barbe 
est noire et assez longue, et leurs cheveux sont éga- 
ienient noirs et longs, tressés et crépelés d'une cu- 
jieuse façon; leur corps n'a pas de mauvaise odeur '. » 

XIV. 161 1-1 G 12. «Les habitants de Abidagas- 
car sont de belle taille et de couleur foncée^. » 

' l'icli'uhr à l'ilr Saintr-Marir cl à .l/i/oni/;/ ilc .hunes Lu mdshr 
h)ri'iiiicr vnyane île ht Coin jhicj nie an(j}(iisc des Indes ^ m 1601 . in 
CoUcctinn , t. I, p. 277. 

- Jlelàrhe de François Marlin dr \ ilrr à la haie de Sninl- Amjns- 
lin, in Collrclion , I. I, p. 28/j in fmr. 

' Discours du voyaije des Français nui: Indes ttncnhilcs . par 
i'Vançois PiRARD, de, Laval, in Colhctinn , I. I , l>- yç^Ç)- 

'' Relâche de TVillinni Kcclinij à In Iniic de .Vu")// li/'/ii.v/i'i [Iroi- 
sicnn: vny(i(ic de la CompiKjuic nnijlnisc des Indes orieninles ] . in (jol- 
leeliiin ,1.1, p. /| l/|-/l 1 5, 

■' lielùehe de l'aniind lii>llandais \ erliiijf dnns la Acuc de Sainlc- 
Luce (cùlc sud-est), in (InHcelion . l. I, p. \^'\. 



i;ORlGÎNE AFRICAINE DES MALGACHES. S?.") 

XV. 1 6 1 3- 1 6 1 4. « Les indigènes (de Madagas- 
car) présentent des difl'érences très notables dans leur 
aspect physique et dans la couleur de leur peau : les 
uns sont noirs et ont les cheveux crépus, comme 
les Cafres de Mozambique et d'Angola; d'autres sont 
également noirs, mais ont les cheveux lisses; d'autres 
sont basanés comme les mulâtres, et il en est qui 
ont presque le teint des blancs et peuvent soutenir 
la comparaison avec les métis les plus clairs , ce sont 
ceux qu'on amène du royaume des Uva (Huva), 
royaume qui est tout à fait au centre de l'île, et 
qu'on vend à Mazalagem (dans la baie de Majunga) 
aux Maures de Mlindi; parmi ces blancs, quelques- 
uns ont les cheveux crépus comme les Cafres, ce qui 
est étrange; d'autres les ont lisses comme nous; 
mais , en réalité , la plupart sont basanés , avec les 
cheveux soit crépus ', soit lisses. Ils sont d'ordinaire 
bien faits, de belle taille et de forte corpulence, bons 
pour le travail, bien que, sous le rapport de la force, 
ils soient inférieurs aux Cafres; mais ils leur sont 
très supérieurs au point de vue de l'intelligence, de 
la capacité et du bon caractère'^. » 



XVI. « Sur toute la côte entre Mazalagem et 
Sadia (côte ouest), qui a environ une longueur de 



^ MM. GrandicHer ont inexactement traduit par crêpés. Le texte 
porte crespo. 

■^ Relarùn de jornada e descobrimento da Ulia de S. Loiirenço do 
padrc Ln'iz Mariatmo , Boletim Soc. Geoij. de Lishoa, 7" série, n° 5 , 
1887, '" Collection, t. II, Paris, igo'i, in-8°, p. i2-i3. 



374 MAI-JUTN 190«. 

1 3o lieues, on parle, sur le boid morne de la mer, 
une langue analogue à celle des Cafres, cesl-à-dire 
de Mozambique et de Mlindi, et les habitants res- 
semblent, sous le rapport de la couleur et des usages, 
aux nègres d'Afrique dont, paraît-il, ils descendent. 
Mais à une petite dislance de cette côte, de même 
cpie dans tout Tintérieur de l'île et sur le reste des 
côtes, on ne parle que la langue buque', qui est 
particulière aux. indigènes et diffère totalement de 
la langue cafrc , mais qui est très semblable au ma- 
lais, ce qui prouve d'une manière presque sure que 
les premiers habitants sont venus des ports de 
Malacca^. » 

XVII. «' . . .On sait seulement au sujet (du peu- 
plement de Madagascar) que les premiers habitants 
de l'île de Saint-Laurent sont venus les uns de Ma- 
lacca , les autres de la Cafrerie, et qu'il est arrivé 
ullérieurenient dans la région du nord-ouest des 
Maures de l'Inde ou de l'Arabie et, longtemps après, 
quelques Portugais. On retrouve dans la langue et 
dans les usages des indigènes trace de ces diverses 
nations ^. » 

XVIII. i6i3-i6i4' «... Sur les rives de ce 
petit fleuve (de la côte occidentale), les bananiers 
sont en quantité extraordinaire et, tout auprès, s'é- 

' Bulii ou malgache. C'ost le nom do IMadagasiar en swaliili. 

- Oj). cil. , [). 2 1-2Q. 

' Ihid.. p. C. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 375 

lève une ville où réside un roi qui est, comme la 
plupart (le ses sujets, Cafre par la langue et par les 
mœurs. . . A son embouchure (d'un lleuvc situé à 
l'ouest du village précédent), devant laquelle sont 
semés quelques bancs de sable, il y a un village ha- 
bité par des Cafres . . . Dans ces parages, les indi- 
gènes sont d'un bon caractère; ils ressendîlent aux 
Cafres ^ » 

XIX. 1616-1617. « Les adultes (de la côte sud- 
est) se divisent en deux castes; nous appelons Blancs 
les individus de la première, parce qu'ils ont le teint 
beaucoup plus clair que les autres et qu'ils ont une 
plus grande intelligence , assez grande pour apprendre 
tout ce cpi'ils veulent; cpiant aux membres de la 
seconde, ils ont la peau plus foncée et sont cepen- 
dant bien jdIus intelligents que les Cafres -. » 

XX. « Les habitants de la ville de Sadia (côte 
ouest) sont pauvi"es ; ils sont noirs et ont les cheveux 
crépus^. » 

XXL lôi'y. « L'obstacle principal (à la conver- 
sion des Malgaches de Sadia) est l'excessive et déplo- 
rable corruption des mœurs de ces gens, qui sont 
les descendants, comme leur langue le montre, des 

' Routier de Vile de Saint-Laurent. . . rédiqé par le père Lui; 
Marianno, in Collection, t. III, Paris, igoS , in-8°, p. 656-657. 

^ Lettres des pères jésuites portugais envoyés en mission à 
Madagascar, in Collection, t. II, p. iSg. 

^ Ibid. . p. 212. 



376 MAI-JUIN 190S. 

Cafres de la côte de Miindi ' . . L'exposé que je 
viens de vous faire s'applique aussi bien aux habi- 
tants de la région de Sadia, nommés Ajungones-, 
que nous avons observés avec la plus grande at- 
tention, qu'à ceux de toute la côte jusqu'à Maza- 
lagem (baie de Majunga), (|ui jiarlent la morne 
langue. . . •'. » 

XXII. 1620. « Les sauvages (de la baie de Saint- 
Augustin) sont nègres, les plus beaux que j'aie 
jamais vus, grands, bien formés, bien nourris, nul- 
lement camus ni lippus, ne sentant pas cette mau- 
vaise odeur qu'ont C(>ux de Guinée, fort curieux de 
leur chevelure, cjui est longue et frisée, relevée en 
haut et tressée au sommet de la tête en divers cor- 
dons''. « 

XXÏII. 1625. « Les sauvages de ce pays-là (Ma- 
iiafiafi ou Sainte-Luce) sont, pour la plupart, noirs; 
quelques-uns ont les cheveux longs, d'autres les ont 
frisés comme la laine des moutons; les femmes les 
portent attachés sur leur tête par petites tresses et 
elles les graissent avec de l'huile, ce qui fail qu'ils 
reluisent au soleil. La plupart des hommes en usent 
de la même façon ^. » 

' Op. cit. , p. 2 32. 

^ Pour ce nom, voir infni, p. 'iXy. 

^ Op. cit. , p. 2 35. 

'' lielâche du aciu'rni de Bcanlicii dans lu hnir dr Smiil- liii/uWni , 
il) CAdlrrtion , t. II, p. 337. 

•'' Jiclàclif dr Ciiillniunc Ishninlsz lii)nlfli(tc dmis la Ixiic de Saiiile 
Lace, in (lollvrhon , l. Il, p. 37'i. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 377 

XXIV. i(Î26. « Ils (les habitants de Madagascar) 
sont tout noirs, parce qu'ils ne se soucient point de 
protéger leur corps contre l'ardeur du soleil; ils se 
plaisent à se frotter de graisse et de suif, alin de faire 
reluire leur peau, laquelle pue tant par ce moyen 
que l'on ne se peut pas tenir auprès d'eux. Ils ont 
les cheveux noirs, longs et frisés; ceux qui les ont 
les plus longs sont considérés les plus beaux parmi 
eux. . . Ils ont les oreilles percées et fort larges. 
C'est, à leurs yeux, une beauté de se déchiqueter la 
peau et d'y figurer divers dessins ^ » 

XXV. 1639. «L'île de Madagascar est fort peu- 
plée. Ses habitants sont pour la plupart noirs, de 
belle taille et fort bien faits. Hommes et femmes ont 
les oreilles percées de trous où ils mettent de grands 
anneaux de cuivre, presque semblables à ceux qu'ils 
portent aux poignets et aux chevilles. Les cheveux 
sont fort noirs, mais tous ne sont pas également 
frisés; ils ne poussent presque point, quoiqu'ils les 
graissent constamment et qu'ils fassent tout ce qu'ils 
peuvent pour les avoir longs. Ils les divisent en plu- 
sieurs tresses qui pendent derrière leur tête-. » 

XXVL i65o. « Il y a (dans le sud-est de Mada- 
gascar) deux sortes d'habitants; les uns sont tout 

' Madagascar et les îles Comores, par Th. Herbert, in Collectinn , 
t. II, p. 385-386. 

- Belâclie de J. A. Mandehlo dans ht baie de Sainl-Anijasl'in , in 
Collection, t. II, p. 488. 



378 MAI-JUIN 1908. 

noirs, les chovoiix frisi'-s, comme celui qui fui baptisa 
à Paris, (|ui demeure au service des Français et con- 
tinue dans le christianisme, et ceux-ci sont les origi- 
naires du pays. Il y en a d'autres qui sont blancs, 
les cheveux longs comme les Français; ceux-là sont 
venu (.sic) en cette terre des cotes de Perse depuis 
environ 5oo ans (au xn'' siècle). En des contrées 
(dans certaines parties de Madagascar), ils se sont 
rendu maître [sic) des noirs, comme ici (dans le 
sud-est) où nous sommes; en d'autres, ils sont au- 
dessous des noirs, comme aux Masatannes' et 
ailleurs. Ils (les indigènes blancs) disent que leur 
généalogie vient d'un nommé Ramiris^, qui avait été 
engendré de l'écume de la mer, et que ce grand per- 
sonnage était amis [sic] de Mahomet. Ces blancs sont 
proprement Cafres (infidèles) qui sont venus séduire 
ces pauvres nègres (Malgaches) fort simples. . .^, » 

' Erreur de graphie ])Oiir Mnintnnues , forme francisée du mal- 
gache Malntaùa. que les JMerina ont transformé en Mntitanaiio, 
Voir infra à ce sujet, p. /tog-^'io. 

2 Erreur de graphie pour Ramini. Pour l'étyniologie de ce nom , 
cf. G, Ferrakd, Les îles lUmny, Lâmery, Wùhuâl/ , Knwor des gvn- 
(jraphes arabes et M(tda<jasvar, in Joiirii. asial., nov.-déc, 1907, 
p. A4i et suiv. 

' Lettre de M. Nnc<iu(irl , prestrr de la Mission (en date (hi 5 fé- 
vrier lëîïo), envoyée à M. Vincent, supérieur (jénérnl de la Conijré- 
(jation de la Mission, de l'isle de Madagascar ou de Saint- [Murent . 
aux Indes orientales, in Une ancienne relation sur Madacjascar (1 65o) , 
publiée d'après le manuscrit oriqinal par Jules Chavano.x, in Corres- 
pondance historique et archéoloifitjue , t. IV, 1897, p. 1 1-12 du tirage 
à part. D'importants fragments de celle lettre ont été publiés dans 
les Mémoires de la Confjréijution de la Mission, t. IX, Paris, 181I7, 
in-8°. p. Ô9 et suiv. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 379 

XX\ JI. 1648-1655. Flacourt, Histoire de la 
(jrande islc Madacjascar, 1'" édit. , i658; 2* édit., 
1 661 .« Dans cette province (d'Anosi, dans le sud- 
est), il y a deux sortes de genres d'hommes, savoir : 
les Blancs et les Noirs. Les Blancs sont divisés en 
trois sortes, savoir en Rhoandrian [sic, pour Roban- 
drian), Anacadrian [sic, Anak-andrian) etOndzatsi. 
Les Noirs sont di>isés en quatre sortes, savoir : en 
Voadziri (\uadziri), Lohavohits (Luha- vuhitse), 
Ontsoa (Ontsua) et Ondeves (Ondevu). Les Roan- 
drian [sic) sont ceux qui sont comme les Princes et 
de la race des Princes. Les Anacandrian sont des- 
cendus des Grands, mais ont dégénéré, et sont 
comme descendus des bâtards des Grands; ils s'ap 
pellent aussi Ontampassemaca (On-tam-pasi-Maka, 
les gens du sable de laMekke), c'est-à-dire hommes 
de sables de la Mecque, d'oi^i ils se disent venus avec 
les Roandrian. Les Ondzatsi ont la peau rouge aussi 
[sic) et les cheveux longs comme les Roandrian et 
Anacandrian, mais plus vils et plus bas, étant des- 
cendus des matelots qui ont amené en cette terre 
Dian-Racoube (Andrian-dRakuba) ou Racouvatsi 
(Rakuvatsi), leur ancêtre. Ceux-ci (les Ondzatsi) 
sont pêcheurs pour la plupart et gardiens des cime- 
tières des Grands. » 

« Les Voadziry [sic] sont les plus grands et les plus 
riches d'entre les Noirs et sont maîtres d'un ou plu- 
sieurs villages, ayant le privilège dans iceux de couper 
la gorge aux bêtes qui leur appartiennent, (et qui 
appartiennent) à leurs sujets et à leurs esclaves. 



380 MAT-JUIN 190S. 

Ceux-ci sont de la race des Maîtres de cette Terre, 
avant que les Zafferamini (Zafin-dRamini) y vinssent , 
et (lopuis leurs ancêtres se sont soumis sous eux. Les 
Lohavohits sont grands aussi entre les Noirs. Mais 
ils ne peuvent pas couper la gorge à un bœuf ou 
une vache qui leur appartienne; il faut qu'ils aillent 
quérir un Roandrian ou Vnacandrian pour lui cou])er 
la gorge, quoiqu'il y en ait qui possèdent j)lus de 
huit cents bêtes. Les Ontsoa sont au-dessous des Lo- 
havohits et leurs parents. Les Ondeves sont les esclaves 
de père et de mère, achetés ou pris en guerre, tant 
les Anacandrian, Ondzatsi que Voadziri, Lohavohits 
et Ontsaa [sic, Ontsua). Quand ils meurent, ne 
peuvent rien laisser à leurs enfants; d'autant que les 
Grands, sous qui ils sont, ravissent tous les bœufs et 
tout ce qu'ils possèdent, ne laissant à leurs enfants 
simplement qu(> les terres pour planter des vivres et 
les horacs (horaka) pour planter du ri/.'. » 

XXVin. « G est en cette province (d'Anosi) qu'ha- 
bitent les blancs qui y sont venus depuis cent cin 
quante ans, qui se nomment Zalferamini (Zalin- 
dRamini) ou Rahimina, c'est-à-dire de la lignée de 
Imina, mère de Mahomet'-. Geux-ci sont divisés en 
trois conditions ou états , savoii- en Rohandrian , 
Anacandrian et Ondzatsi. Les Rohandrian sont ceux 
dont ils tirent leur Roi ou Grand qu'ils nomment 

' l'aris, in-4", i(JGi,|). /17-/18. 

- Les Zatin-dUainini n'ont natnrdtemont rion de rommnn avec 
la mère du Propliiti', Amina et non Iniina. Pour lV'lymoloj;ii; île 
llaniini, \oir i((/);(/ , |). i^7<S , noie 2. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 381 

Ompiandrian ou Dian Bahouache (Andriam-bah- 
waki), et tiennent rang de princes. Les Anacandrian 
sont ceux qui sont sortis d'un Rohandrian et d'une 
femme qui est ou d'entre les noirs, ou d'entre les 
Anacandrian ou Ondzatsi. Ces Anacandrian, aussi 
bien que les Rohandrian , ont cet avantage que de 
couper la gorge aux bêtes. Les Ondzatsi sont des 
gens qui ont la peau rouge et les cheveux faits 
comme les Rohandrian et Anacadrian, mais qui ne 
peuvent pas couper la gorge seulement à un poulet ; 
ils s'adonnent à pêcher, et sont descendus des bâ- 
tards des Anacadrian et de la lignée des matelots qui 
ont amené en cette île les Zafferamini ^ . . . Dans 
cette province habitent les noirs qu'ils nomment 
Oulon Mainthi (ulu-mainti) et Marinh (marin), qui 
sont divisés en quatre, savoir : Voadziri, Lohavo- 
hits, Ontsoa et Ondeves. Les Voadziri sont les plus 
grands d'entre les noirs et sont les chefs des contrées , 
descendus des maîtres du pays avant qu'ils se fussent 
soumis sous les blancs; ils ont le pouvoir de couper 
la gorge aux bêtes lorsqu'ils sont éloignés des blancs, 
ou qu'il n'y a ni Rohandrian ni Anacandrian en 
lem^s villages. Les Lohavohits sont ceux qui sont des- 
cendus des \ oadziri et qui sont grands aussi entre 
les noirs; mais la différence qu'il y a entre fun et 
l'autre, c'est que fun commande en une contrée 
et fautre a seulement connnandement sur ses 
gens et en son Wllage, et y peut couper la gorge à la 

' Op. cit.j p. 5-0. 



382 MAI-JUIN 1908. 

]h'[v qu'il vpul inangor, olanl éloigné des blancs. Les 
Ontsoa sont au-dessous des Lohavohits; lesOiideNos 
sont les pires de tous, ce mot d'Ondeve ' signifie 
homme perdu -. » 

XXIX. iG63. M. D1-: De V.... (Garpeau du 
Saussay). Voyage de Madagascar (en i 663, jîublié seu- 
lement en) i'72 2. P. 2/16 : «Les habitants sont de 
deux sortes, les noirs et les blancs; les premiers sont 
originaires du pays; les autres sont venus autrefois 
de Mazambique [sic] située dans file de Prase, d'oii 
ils furent chassés par le tyran de Quiloa , qui , s'étant 
rendu maître de leurs biens et de leur pays, les obli- 
gea par ses persécutions d'en sortir »... P. 2/19: 
«Les blancs portent les cheveux fort longs, et les 
femmes surtout les tressent si délicatement ([uà 
peine s'aperçoit-on qu'ils le soient. . . » P. 280 : 
« Pour ce qui est des noirs, qui ont les cheveux co- 
tonnés, ils ne veulent pas se donner la peine de se 
peigner, aussi sont-ils dévorés, comme ils le mé- 
ritent, par les poux, les puces et les punaises. Les 
blancs ne sont distingués des noirs que ])ar leur 
teint et leur chevelure; car pour ce qui est du reste, 
il n'y a point de différence; ils sont les uns et les 
autres grands , bien faits , marchant bien , fort alertes 
et tous braves-''. » 

' Ondcvn , en malgache niocl orne undcva ; lill. on. celui qui; 
levii (Merina lemna) , est anéanti, réduit à rien (par la perle de 
sa liberté). 

- Oj). cit. , p. (i-'j. 

^ Paris, in-i 8. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. :i83 

XXX. 1664. « Los habitants de la baie d'Anlon- 
gil ont en général à peu près la même ligure que les 
Cafres, mais leur chevelure est un peu plus épaisse 
et un peu plus longue ^ » 

XXXI. i665. SoucHu DE Renefort [sic). Rela- 
tion (la premier voyaije de la Compagnie des Indes 
orientales en l'isle de Madagascar, 1668, p. 261 : 
(' L'homme madagascarois est noir presque par toute 
1 lie , et basané en une seule province ; il est plus haut 
que le Français , nu , excepté une écharpe ceinte ^. . . » 

XXXIL i665. SoiiCHU de Renneeort, Mémoires 
pour servir à l'histoire des Indes orientales, 1688, 
p. 1 2 y : « L'île de Madagascar de huit cent lieues de 
tour n'est pas peuplée à proportion de son étendue : 
il n'y a pas plus de seize cent mille personnes tous 
noirs, excepté les habitants d'une petite province 
au-dessus des Matatanes^, et la plupart des Grands 
qui descendent des Arabes conservent encore quelque 
chose de leur teint, qui se noircit plus ils ont d'ha- 
bitude avec les véritables originaires. La couleur est 
dans la source de la génération ... Le Madagasca- 
rois est grand , agile et d'une démarche fière ''. » 

XXXIIL 1672. «Ces indigènes (de la baie de 

* Nouveau voyage de la flàic le Waterhoen, in Collection^ t. III, 
Paris, igoS, in-8°, p. 33o. 
^ Paris, in- 18. 
^ Du mal<;ache Matatai'ia. 
'' Paris, in-Zi". 



384 MAI-JUIN 1908. 

Saint-Augustin) étaient de gi'ande taille et bien 
pi'opoitionnés, leur teint était d'un noii' hiii- 
nàtre . . . On dit aussi que, en outre des nègres, il 
y a des indigènes de race blanche, mais, n'ayant 
pas pénétré très loin dans les teiTOs, je n(> m'en 
porte pas garant ^ » 

XXXI\ . 169/1-1695. «Les habitants de Mada- 
gnscar appartiennent à deux races différentes; les 
uns sont blancs et les autres noirs. A en juger par 
leurs noms et par leuis md-urs, les premiers semblent 
être des descendants de Juifs- ... Il y a lieu de faire 
remarquer que les Malgaches sont des espèces de 
nègres qui diffèrent de ceux de (ïuinée par leur che- 
velure, qui est longue, et par leur teint, qui n'est 
pas aussi noir-*. » 

XXXV. 1 y o 2 - 1 y '2 G . MadcKjascar or Robert f)Ri - 
Ry'5 Journal darimj jifteen years captivity on tliat island , 
édit. Pasfield Oliver, Londres, 1890, in-S". 

P. 34 : « That thèse Madagascar people came 
first from Africa is certain, by their colour; and, 
perhaps, from the Abyssines, or even from Egypt. 
The Virzimbers (Vazimba), indeed, by their wooUy 
heads, must come from the more Southern Part of 



' l'irlùclic du jxislriir liollandais J . C. I InlfiiKiiiii , in Collnlion , 

I. m, p. 309-370. 

- Le pirain Avcrj à M(iil(i(jnscai\ iu (lollcction , l. 111, p. ô'iO, 
noie. V.c rapprocliemcnt est nalnrcllomcnl iiicxacl. 
^ Ihld.. p. .137. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 385 

Africa; Capt. Macket says, Deaan Toak-Ofïu told 
hiin ihey h ad a tradition of their coming on the 
Island many âges in large canoës ...» 

XXXVI. 1719. «Les Souklaves (Sakalava) ont 
en général une bonne constitution et sont d'un tem- 
pérament fort et robuste. Les habitants de la région 
côtière ont tous le nez aplati, tandis que dans Tinté- 
rieur de l'île ils l'ont proéminent. En ce qui concerne 
la chevelure, on constate des différences d'individu 
à individu , aussi bien parmi les hommes que parmi 
les femmes; il y en a qui ont les cheveux courts et 
laineux, d'autres les ont longs; ces derniers ont le 
teint au moins d'un tiers plus clair que les premiers 
et ressemblent beaucoup aux habitants des mon- 
tagnes du centre de l'île ; nous avons vu à la cour du 
roi Romeny trois de ces habitants du centre venus en 
ambassade ^ » 

XXXVn. lyss. «Les habitants de Madagascar 
sont, les uns à moitié blancs, les autres tout à fait 
noirs; la plupart sont de race nègre. Il me semble 
du reste qu'ils sont d'origine africaine , car le roi que 
j'ai vu était cafre. Ceux qui ont le teint clair paraissent 
être métis établis depuis longtemps dans l'île et qui 
se sont mariés avec des femmes indigènes; avec le 
temps, leur type a disparu, mais ils ont laissé en 

^ Relâche du navire /e Barncveld , delà ('jiMiijxiqnie des Indx's orien- 
tales, sur la côte ouest de jMadujjascur, in Collection , t. V, Paris, 
igoy, in-S", p. Si-.'ia. 



386 MAI-JUIN 1908. 

héritage à leurs enfants leur langue , leur culte et leur 
écriture , qui est encore en usage ^ » 

XXXVill. lyài. «L'île de Madagascar est ha- 
bitée par des nègres cafres, les uns à poil laineux, 
les autres à poil long. La taille des hommes et des 
femmes n'est pas inférieure à 5 pieds [\ pouces ^ . . . 
Ces nègres (delà cote nord-ouest) ont le nez aquilin 
et la jambe bien faite , les négresses ont les mamelles 
plus développées que ne semblerait le comporter 
leur âge , et elles n'ont pas de mauvaise odeur comme 
celles de la côte de Guinée, n'ayant pas, comme 
celles-ci, l'habitude de s'oindre le corps avec de 
l'huile de palme ^. v 

XXXIX. ï7>'>7- En général, (les Malgaches de 
Foulpointe, côte orientale, au nord de Tamatave), 
sont d'un assez beau noir, les lèvres grosses, les che- 
veux longs, épais et crépus. . , Les femmes sont 
parfaitement bien faites et généralement très jolies ; 
elles laissent croître leurs cheveux, les oignent abon- 
damment d'huile de coco ; ce qui les rend noirs et 
lustrés, mais d'une odeur désagiéable. Elles les 
tressent sur la tête avec beaucoup d'art et de plusieurs 
façons différentes; elles ont des coiffeuses de pro- 



' Dèpari de Bacfjnoy avec les pirates pour le Rio de la Goa (ttaîe 
DclaL^oa), in CoUcclioii , l. V, p. iSa. 

^ liridllon (l'un voyiKje [ail à Mada(jascar en 175 1 par Louis Fort , 
de Carlliaijine , in Cotlecdoii, l. V, p. s/iy. 

■"' Iliid., |). 200. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. :^87 

fession pour cela et sont assez coquettes pour em- 
ployer quelquefois trois heures à cette espèce de 
toilette^ » 

XL. lyGi-iyGS. Le Gentil, Voyage dans les 
mers de l'Inde, Paris, in-Zi", 1781, t. Il, p. Zigg : 
« Article dix-neuvième. Des différentes espèces 
d'hommes que l'on trouve à Madagascar. — Il ne 
m'a paru , à proprement parler, que deux espèces 
d'hommes à Madagascar, toutes les deux noires, qui 
diffèrent seulement en ce que l'une , pareille à celle 
d'Afrique ou de Mozambique , est très noire , a de la 
laine à la tête , comme on dit , c'est-à-dire des che- 
veux courts et très crépus ; cette espèce est en géné- 
ral forte et vigoureuse. Les Noirs de la côte d'Afrique 
opposée à Madagascar sont cependant encore plus 
corpulents, tant les hommes que les femmes, beau- 
coup plus forts et plus vigoureux : il en est de l'es- 
pèce humaine dans ces deux endroits, cependant si 
voisins l'un de l'autre, à peu près comme des co- 
quilles , et peut-être comme de tous les autres ani- 
maux en général ; la même espèce de coquille est 
beaucoup plus grosse à Mozambique et le long de 
la côte , et plus vive en couleur, qu'elle ne l'est au 
Fort-Dauphin et le long de la côte de l'Est de 
Madagascar, 

« L'autre espèce humaine habite le centre ou le 

' Deux mois à Foidpoinlc en 1757. K.cindi du joiuaal de bord du 
clicv(dier du Puj de SaiiU-Ainand , capitaine au réqiineut de Lurraine, 
in Revue de Madacjascar, 1906, p. 970. 



388 MAI-JUIN 1908. 

milieu de iile ; elle n'est pas si noire que ]a pre- 
mière ; sa couleur est plus bronzée , mais elle est 
surtout remarquable par de grands cheveux longs 
et plats, qui paraissent incapables de recevoir le 
moindre pli; ils en font de longues tresses, qu'ils 
laissent descendre bien au-dessous des épaules : cotte 
espèce n'a point le nez écrasé ; un visage et une phy- 
sionomie à l'Européenne ornent souvent un corps 
très bien fait. Les femmes y sont très belles ; mais 
cette espèce est un peu élancée, sans corpulence, 
et par conséquent sans forces : ces Noirs ont le tem- 
pérament très délicat, aussi on ne les esthne point 
il i'Ile-de-Prancc, parce qu'ils ne sont pas capables 
(le supporter de rudes travaux, comme feraient les 
autres nègres ou les CafTres ; cependant ils sont 
beaucoup plus spirituels et plus adroits que les 
Caifres surtout; ceux-ci forment des masses de chair 
fort lourdes , dont la force de l'organisation est par 
conséquent infmiment moindre. Ces noirs du mi- 
lieu de Madagascar se nomment Oves (Hova), dans 
le pays; ce qu'il y a de remarquable est que les 
Oves ont une espèce de ressemblance avec les Egyp- 
tiens et les Chinois, dans l'air et les traits du 
visage. » 

XLI. 1^68. «Becquet, dit M. Max Leclerc, qui 
avait obtenu en i yGy l'autorisation de faire la traite 
à Madagascar, dit dans un rapport au chevalier des 
Hoches en 1*768 : « Ce pays (de ïamalave) fournil 
« quantité de btrufs ainsi que la plus belle caste de 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 389 

« noirs en fait d'esclaves , par ia raison que les trois 
« plus belles nations de la dite île sont à la proximité 
« de ce lieu : ces trois nations sont les Beythalimen 
« (Betanimena) , Anthalsimes (Antatsimu) et les 
« Hauvres (Hova)^ » 

XLII. 1779- «Chez les populations de la côte 
occidentale , dit le chevalier de la Serre , on retrouve 
les grosses lèvres, le nez épaté du nègre-. « 

XLIIl. 1 780. « Les hommes (à Madagascar) sont 
d'une taille moyenne , propres , agiles , actifs ; . . . 
leurs cheveux laineux, leurs traits et leur caractère 
montrent qu'ils descendent pour la plupart des 
Gafres qui habitent le sud-est de fAfrique^. » 

XLIV. Rochon , Voyage à Madagascar et au.r 
Indes orientales, i''" édit. 1787; édit. de 1791, 
p. 1 5 : «Les insulaires de Madagascar. . . sont en 
général d'une taille avantageuse et d'une stature au- 
dessus de la moyenne. La couleur de leur peau est 
variée, telle peuplade est d'un noir foncé, telle autre 
n'est que bazanée ; les uns ont le teint cuivré ; la cou- 
leur du plus grand nombre est olivâtre. Tous ceux 
qui sont noirs ont des cheveux cotonnés comme les 



' Archives coloniales, in Max Leclerc, Les peuplades de Mada- 
gascar, Revue d'ethnographie., 1887, p. 28 du tirage à part. 

- Ibid., p. 16 du tirage à part. 

' Observations sur l'île Madacjascar et ses Jtabiiants . par Maldn 
tosh , in Collection , t. V, p. 333 in fine et 334. 



390 MAI-JUIN 1908. 

nègres de la cote d'Africjue. Ceux qui ont le teint des 
Indiens et des niuiàtres n'ont pas les cheveux plus 
Irisés que les l'^uropéens. Leur nez n'est point épaté ; 
leurtVont est large et ouvert; leurs lèvres ne sont pas 
épaisses, enfin tous les traits de leur visage sont régu- 
liers et agréables *. » 

XLV. « L'île de Madagascar est si voisine de la 
côte d'Afrique, qu'il est naturel d'attribuer sa popu- 
lation à ce vaste continent ; mais toutes les races 
sont tellement croisées aujourd'hui, qu'on tenterait 
en vain d'en écrire les variétés. On reconnaît facile- 
ment dans cette île la race des véritables nègres ; 
celle qui descend des blancs n'est pas aussi facile h 
distinguer^. » 

XLVi. 1792. « Les habitants (lu Keraignher (Fi- 
herena), hommes et femmes, ont une jolie tour- 
nure. . . Tous vont jambes et pieds nus et tous 
portent leurs cheAeux, qui ne sont pas laineux 
comme ceux des nègres , très élégamment tressés en 
de nombreuses petites boucles qui llotlent autour de 
leur cou. Leur coiffure n'a pas du tout mauvais air, 
mais, comme leurs cheveux sont abondamment en- 
duits de graisse et qu'une fois coiffés ils n'y touchent 
(|ue rarement, il en résulte des inconvénients. Les 
traits des habitants de la partie de l'île où ncnis 



' Paris, in-8", ]). 1 5. 



L'ORIGLNE AFRICAINE DES MALGACHES. 391 

avons résidé diirèrent totalement de ceux des nègres 
d'Afrique : ils sont plus lins, et leur teint est beau- 
coup plus clair; sous ce rapport, ils ressemblent bien 
davantage aux Indiens ^ » 

Les renseignements ci-dessous, extraits des publi- 
cations récentes, sont groupés par tribus et repro- 
duits dans l'ordre géographique suivant : côte orien- 
tale, du sud au nord; tribus de l'intérieur, <lu nord 
au sud; côte occidentale, du nord au sud. 

LES ANTANDRUL 

XLAIL « L'Antandrui, dit M. Berthier, a la peau 
cuivrée , paraît bien constitué et a une physionomie 
empreinte d'une certaine brutalité. Il est belliqueux 
et pillard par-dessus tout. On ne cultive pas le riz 
dans l'Andrui; le mais, le manioc, la patate et la 
figue de Barbarie servent exclusivement à la nourri- 
ture des indigènes. Les Alahafali et les Anlandinii 
que nous avons vus paraissent avoir des points de 
ressemblance frappante, au point de \ue physique 
surtout-. M 



' Le naufrage du W inlerlon sur la côte de Madagascar, in Collec- 
tion , t. V, p. 068-069. 

- Berthier , Bapport eihnn(jraplnqnp sur les races de Madaaascar, 
in Notes, reconnaissances et e.vplnia{inus , Tananarive, i8()b, in-8°, 
t. II, p. 1127. — Celle publication sera tlésormais indiquée sous le 
litre abrésé de Notes. 



392 MAI-JUIN 1908. 

LES ANTANOSI. 

Xl.Vin. «L'Antanosi, dit M. Berthicr, est do 
taille moyenne; il est noir; ses yeux dénotent une 
certaine intelligence; le nez est épaté, les lèvres 
fortes; il paraît bien constitué; celui de l'intérieur 
tresse ses cheveux, quil porte longs, en un giaiid 
nombre de petites nattes'. » 

LES BEZANUZVNU. 

XLIX, « Le docteur ijasnet , dit M. Noël , a mesuré 
les diamètres céphaliqiies chez trente miliciens Beza- 
nuzanu de la Compagnie de Muramanga; mais les 
cliiiFres obtenus ne peuvent être qu'approximatifs, 
faute d'instruments anthropométriques exacts. 11 ré- 
sulte de cette mensuration que les indices céphaliques 
varient entre qi et y 5; chez deux individus, fin- 
dice 78 a été obtenu; mais ici l'influence du métis- 
sage Huva était très manifeste. A ces indices, les 
Bezanuzanu sont donc dolichocéphales. Chez eux, la 
région occipitale est assez développée; le front est 
étroit, haut de 5 centimètres en moyenne, jieu in- 
cliné et, chez beaucoup, presque droit. Ja^s yeux sont 
horizontaux, nullement bridés, noirs à sclérotique 
un peu jaunâtre, remarquables par la longueur et la 
beauté des cils qui les couvrent. Chez ce peuple, 
le prognatisme, qui existe seulement parfois dans la 

' Op. cit. , p. 1129. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 393 

région sous-nasale, est très peu accentu<', et la com- 
paraison des deux types Bezanuzanu et Haoussa a 
été frappante de dissemblance. Le nez est moyenne- 
ment épaté et n'est pas écrasé comme chez le nègre 
africain. Il est souvent droit, mais les narines sont 
toujours assez larges; les lèvres sont généralement 
épaisses, irrégulièrement développées, rarement 
fines , peu renversées. » 

« Les Bezanuzanu ont les pommettes saillantes, les 
oreilles petites avec lobe très court et adhérent, 
les mâchoires puissantes, aux dents peu écartées, 
blanches et saines, le menton droit et carré, ordi- 
nairement massif et accentué. Ils ont les cheveux lai- 
neux, noirs et courts, beaucoup moins crépus que 
les nègres et disposés sur la tête à la manière d'une 
toison et non en touffes, comme par exemple les Pa- 
pous. Les hommes les portent coupés très ras , sauf 
dans la région de Didi; les femmes les séparent sur 
le milieu de la tête et les tressent en nattes fines qui 
se terminent par une boucle pleine et arrondie, 
retombant de chaque côté du visage , qu'ils encadrent 
d'une façon assez originale et presque gracieuse. 
Elles enduisent ces boucles d'une graisse blanchâtre, 
ce qui donne l'illusion, à une certaine distance, d'un 
ornement de plaques d'argent tout autour du visage. 
Les nattes sont généralement assez courtes, ne dé- 
passant pas le front, mais couvrant les oreilles 
presque entièrement. La peau n'est pas noire comme 
chez le nègre de la côte occidentale d'Afrique. Ve- 
loutée au toucher, elle est d'une coloration brun- 



394 MAI-JUIN 1908. 

jaune, dont les nuances se foncfnt parfois, mais qui 
conservent toujours un fond clair, principalement 
chez les fenmies. Les muqueuses de la bouche sont 
souvent pigmentéss j^ar ilôts isolés. Les Bezanuzanu 
ne se font pas de tatouages. Mais on trouve chez 
quelques-uns , au creux de l'estomac , une de ces sca- 
riilcations pratiquées à la suite de la coutume assez 
répandue de s'allier par « le sang ». De l'ensemble de 
ces caractères anthropologiques, il ressort que le 
peuple Bezanuzanu est de race noire. Mais les croise- 
ments avec d'autres immigrants, malais, arabes, 
juifs ou indiens, ont modifié la pureté du type pri- 
mitif, au moins dans certaines régions de la vallée. 
Cep<'ndant, tels qu'ils sont aujourd'hui, ils présen- 
tent encore des signes caractéristiques, qui ne per- 
mettent pas de les confondre avec les autres groupes 
ethniques de l'ile. Ils offrent un beau type, peut-être 
moins robuste que le nègre africain, mais plus agile, 
plus dégagé et ])lus élégant dans ses allures. D'une 
taille assez élevée, i m. yS en moyenne, ils sont bien 
constitués et bien proportionnés; ils ont un système 
urnsculairo très développé et un squelette puissant. 
Les membres inférieurs ne présentent pas le déve- 
loppement exagéré que l'on observe chez le nègre 
])ur du pays des Achantis et de la Côte-d'Ivoire. Ils 
ont le cou bien dégagé , au-dessus d'épaules larges 
et puissantes, et lafmesse de leurs attaches témoigne 
d'une certaine délicatesse de race. » 

«En résumé, les Bezanuzanu différent complète- 
ment des Papous, auxquels on a essayé de rattacher 



LORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 395 

la plupart des populations malgaches. Au caractère 
physique des Papous, taille moyenne, peau noire, 
système pileux développé s implantant par toufles 
distinctes, à la barhe assez fournie, au nez presque 
trilobé, menton fuyant et, d'autre part, à un carac- 
tère farouche, on trouve en opposition, chez les Be- 
zanuzanu, un caractère doux, presque timide, et les 
signes distinctifs que nous avons énumérés plus haut 
et qui semblent établir, dans l'ethnographie incer- 
taine et compliquée de toutes les races noires, un 
type spécial et distinct se rapprochant de celui des 
Bantous, qui régnent dans toute l'Afrique méridio- 
nale , sauf dans les territoires occupés par les Hotten- 
tots. Comme les Bantous, ils sont très dolichocé- 
phales, et les traits communs qu'ils ont avec le type 
nègre sont très atténués. Il est donc peu probable 
que les Bezanuzanu soient le résultat d'une immigra- 
tion océanienne; ils proviennent plutôt d'une immi- 
gration sud-équatoriale, venue de la côte orientale 
d'Afrique par le canal de Mozambique. C'est vrai- 
semblablement des Bantous que descendent les Be- 
zanuzanu, que des conditions de milieu, des inter- 
valles de temps considérables et des influences diverses 
ont différenciés légèrement de leurs congénères. La 
population Bezanuzanu est bien supérieure en beauté 
à colle de l'iMerina et à celle des pavs Betsimisaraka; 
le charme des femmes d'Ambiluna, particulière- 
ment, au type qui les rapproche des Indo-Euro- 
péens , à l'allure gracieuse , aux formes bien propor- 
tionnées, a une réputation presque universelle dans 



396 MAI-JUIN 1908. 

le pays. Quant aux hommes, ils sont un modèle de 
force , de souplesse et d'élégance ' . » 

L. « f.e Bezanuzanu, dit M. Berthier, a le teint 
brun-jaune, quelquefois foncé, mais dont le fond 
clair domine toujours, surtout chez les femmes; il 
est assez grand et bien constitué; le front est étroit, 
les yeux horizontaux , les cils très longs; le nez osl 
épaté et les lèATes épaisses ; les cheveux sont crépus ; 
les hommes et les femmes les portaient autrefois 
longs et tressés en nattes fines terminées en une 
boucle pleine et arrondie, et maintenue par du suif; 
aujourd'hui , sauf dans la région de Didi , les hommes 
portent les cheveux courts, fjes Bezanuzanu actuels 
paraissent appartenir à une race aborigène plus ou 
moins mêlée à des éléments divers et aux indigènes 
des tribus voisines^. » 

LI. «Les Bezanuzanu, dit M. Vallier, ne se rat- 
tachent pas à un type unique nettement accusé. Us 
n'ont aucun des caractères particuliers aux racc^s 
homogènes, qui tiennent de leurs traditions et de 
leur origine le souci de leur pureté. Ils sont de taille 
moyenne, bien proportionnés et solidement musclés. 
Leur visage plein, dont l'ovale est un ])cu court, 
donne à leur physionomie une expression particu- 
lière. Ils se distinguent des autres peuplades de race 
noire de Madagascar par leurs cheveux lisses, fins, 

' Noël, Le pajs Bczauozann , in idoles, 181)7, l. II, \). 12-1 '|. 
- Lnc. cit. , j). 1 l'i'j. 



L'OmCINE AFRICAINE DES MALGACHES. .'597 

quelquefois bouclés, rarement crépus et ne poussant 
jamais par touffes, à la façon de la chevelure des 
nègres . . . Quelle est l'origine de cette tribu insérée 
comme un coin dans le sillon du Manguru entre 
deux groupements de population de race différente , 
avec lesquels on ne saurait la confondre? Quelques 
auteurs lui ont donné une origine africaine ; d'autres, 
parmi lesquels le père Piolet, la font dériver d'une 
tribu de Betsimisaraka émigrés vers l'ouest. Les re- 
cherches faites pendant l'année écoulée confirment 
en partie cette dernière opinion. Les Bezanuzanu 
paraissent être la résuUante du contact prolongé de 
deux peuplades principales habitant. Tune la zone 
côtière de l'île et l'autre le plateau central , les Bet- 
simisaraka et les Huva ^ » 



LES BETSIMISARAKA. 

LU. « Le teint (des Betsimisaraka) , dit M. Vallet , 
est noir; mais, depuis le noir du Cafre jusqu'à la 
teinte du mulâtre clair, on trouve toutes les nuances. 
Les cheveux sont noirs toujours , mais il y en a de 
crépus et de lisses. La barbe est en général très 
clairsemée. Les yeux sont d'un noir jaunâtre. Le nez 
est épaté, le front fuyant et les lèvres lippues, ou 
bien le nez droit, le front haut, les lèvres minces et 
la bouche larije. En général, ils sont bien musclés 
et ont la poitrine dé^eloppée. La taille est très va- 

' Oiiijinr l'tluiKjne des Bezanozanos , in ^otes^ i'^9^> t. Il, 
p. lôgo. 



398 MAI-JUIN 1908. 

riahie, mais ils sont plutôt grands; les femmes sont 
très notablement plus petites que les hommes'. » 

LUI. « Le Betsimisaraka , dit M. Thévenin, a une 
certaine ressemblance avec le lima, mais il a le teint 
plus foncé et les lèvres plus grosses. Les femmes ont 
quelque tendance à l'embonpoint; elles sont moins 
élancées et moins gracieuses que les Huva. . . l^eur 
coiffure consiste en une infinité de petites nattes 
qui, repliées ou roulées snr elles-mêmes, forment de 
chaque côté du front des tampons (]ui n'ont rien 
de gracieux'-. » 

LIV. « Les Betsimisaraka (de la province de \ o- 
hémar), dit M. Faucon, sont moins grands et d'ap- 
parence plus grêle que les Sakalava; leur visage est 
plus rond, leur nez moins droit et plus épaté; leur 
teint est également plus foncé, sauf de rares excep- 
tions , dues évidemment à des croisements antérieurs 
avec l'élément créole ou européen; leur extérieur 
est assez agréable, mais donne moins l'impression de 
la force que celui de leurs voisins du Nord^ » 

LV. « Les caractères physiques des Betsimisaraka , 
dit M \ujas, sont ceux des nègres [sic) en général : 
teint noir, grosses lèvres très ouvertes et relevées , les 

' De Tamulavc à AiiilnUoiidrazaha, in Notes, 1897, I. H. p. 3 12. 

- Truis itintrdirr.s diuis l'Est, in .'Wifcs- , i8()8, t. T, |). 'i.i;). 

' Jomital (iljicul (le Maduijuscar ri ilr^irniluiucs . 7 a\iil i''^<J7. 

p. :'.35. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 399 

youx grands, la pupille très bombée, le front bas, le 
menton très arrondi , le nez aplati et un peu retroussé , 
les narines dilatées, les cheveux crépus ^ » 

LVI. «De la côte (orientale) à la lisière des 
grandes forêts, dit M. Gilbert Pierre, les habitants 
sont tous, pour ainsi dire, des Betsimisaraka. Le 
type général est celui des indigènes de la côte nord- 
est. Plus près de la côte, ils sont d'une taille moyenne, 
tandis que vers Ambahuabe et Ambudirafia ils sont 
de taille assez haute. Le teint est noir, le visage rond , 
les cheveux crépus. . . Le caractère est généralement 
doux^. M 

LES ANTANKARA. 

LVIL « Les Tankara ( ou Antankara ) , dit M. Bou- 
cabeille , . . . ont avec les Sakalava de très grandes 
afFmités. Comme eux, ils appartiennent au grand 
rameau africain qui a donné aux races de l'île leurs 
plus beaux échantillons physiques. Ils sont grands 
en général, mieux proportionnés et plus vigoureux 
que les nègres proprement dits, dont ils ont souvent 
le teint et les traits o;rossiers ... La femme Tankara 
aussi est grande et bien faite. Sa chevelure ... est 
disposée en petits carrés de quatre à cinq centi- 
mètres de côté , nettement séparés les uns des autres 
par une raie qui laisse un sillon blanchâtre très appa- 

^ Essai sur l'Iiisloirc et les contâmes des Bvlsliiasaïaha, in Revue 
de MadiKjascar, lyo-, p. 5oi-5o2. 

- De Soanievana à Aiiteniiui, in ISlotes, 1^97. t. il, j>. i3ô. 



400 MAI-JUIN 1908. 

icnl; puis, avec les cheveux de chacun, trois ou 
quatre tresses sont formées et tordues en boule ou 
en cylindre appliqué sur la tête même '. » 

LVIIl. « Les Antankara, hommes et femmes, dit 
M. Berthier, sont en général grands et bien propor- 
tionnés, mais leur physionomie est souvent dure et 



ingrate^. » 



LES TSIMIHETI. 



LIX. « Le Tsimiheti , dit M. Boucabeilie , est petit ; 
SCS traits sont plus réguliers que ceux des autres 
peuplades de file, sa physionomie intelligente; cer- 
taines femmes sont réellement jolies; presque toutes 
ont des yeux très expressifs , le nez régulier, le visage 
d'un ovale harmonieux . . . Au cou , aux bras , aux 
pieds, elles portent des colliers en verroterie nmlti- 
colore, quelquefois en corail. Hommes et femmes 
jqiportent à l'entretien de leur chevelure un soin 
minutieux. T^es premiers portent les cheveux tressés 
en une multitude de petites nattes, dont le bout va en 
s'elhlochant; les secondes forment à l'extrémité de 
ces nattes de petites boules qu'elles enduisent de graisse 
le plus souvent ^. » 

LX. « Les Tsimiheti , dit M. Duruy, qui s'intitulent 
SakahiNa, ne sont pas reconnus tels par ceux-ci . . . 

' De ToiuiiKirire à D'iéijo-Siiave: , \n Aok'.v, iSt)7, t. II. p. aot). 

- Loc. ( il. , [I. I 1 iH. 

■• Dr 'runaïuirii (■■ Il Difijo-Sunii: . iii \(W«.v. 1897. I. II. |>. 'M^2. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 401 

lis ont le leint généralement noir; la plupart sont 
grands et vigoureux ', » 

LXI. « Les Simiètes [sic], dit M. Faucon , occupent 
les vallées les plus occidentales (de la province de 
Vohémar. C'est) une race très douce et très craintive, 
encore peu apprivoisée, beaucoup plus claire de teint 
(que les Sakalava et les Betsimisaraka), et qui paraît 
être la population la plus ancienne de la côte, d'où 
elle aurait été refoulée vers l'intérieur par l'élément 
envahisseur : Sakalava d'abord, Huva ensuite 2. » 



LES SIHANAKA. 

LXll. « Le Sihanaka pur, dit le D' Merleau-Ponty, 
celui de Maliakari , par exemple , est noir, ses cheveux 
sont crépus , son front bas , son nez épaté , ses lèvres 
grosses , sa barbe irrégulière. Bien bâtis , en général , 
ils offrent cependant peu d'exemples de gens très 
grands, peu de types de a colosses». Rarement intel- 
ligents, ils forment la partie la moins intéressante 
de la population. La femme, de taille moyenne, est 
noire également, les cheveux peignés en une série 
de petites tresses qui pendent autour de la tête^. » 

LXIIL « Le type du Sihanaka , dit M. Boucabeille, 
se rapproche beaucoup plus de celui du Sakalava 

' De Tsdratanana à Aossi-Bv, in Noies ^ ^^97' '• II' P- ''|36. 
- Journal ofjicicl de Madagascar cl dépendances, 2- août 1898, 
p. 2347. 

^ Le pays Silianaka , in Notes, 1897, t. I, p. 348. 

XI. 26 



402 MAI-JUIN 1908. 

et, partant, du type africain, que de celui du ïluva : 
lèvres épaisses, cheveux crépus ou du moins iVisés, 
nez épate, grands yeux. Le type à teint olivàlre, aux 
pommelles saillantes, aux yeux en amande, est une 
rare exception ^ . » 

LXl\ . «Le Sihanaka, dit \L de Fraysseix, est 
généralement bien bâti , de teint Ibncé , aux cheveux 
crépus-. » 

LES MERINA. 

LXV. « Les indigènes de l'ouest de la province 
d'And:)n(]iranu, les Manalalundu, dit M. Mahéas, 
sont o-énéralement bien conformés. Leur chevelure 
est noire, assez fine, plate et luisante. La barbe est 
assez rare et peu fournie, sauf chez quelques indi- 
vidus qui possèdent de longs favoris ou de fortes 
moustaches. La bouche est large, les lèvres épaisses , 
le nez droit, court et un peu aplati, le menton peu 
accentué. Les yeux sont Inidés et les pommettes 
saillantes. La face interne de la main et du pied est 
souvent moins foncée que le reste de la peau. Les 
muscles ne sont pas proéminenls^. « 

LXVL « Les habitants de l'Ankaratra sont de 
haute stature, surtout dans les parties montagneuses. 

' Loc. cit., p. 193. 

- Ijc pays Sihanaha nu cercle (l'lml>alon<li tcaLu , ii\ .\otcs , i8y(S, 
l. II, ]). 1037. 

■' Joanial ojjic. de Madiujusair cl dépend,, 7 a\ril 1^97, p- 333 
in fine. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 403 

Us sont bien chaipentés et remarqnabloment mus- 
clés. Ils n'ont pas sur les épaules l'excroissance 
charnue que l'on rencontie chez les bourjanes (por- 
teurs de fardeaux). Ils sont très vigoureux^ ...» 

LXVIl. «Les iiuva (du Cercle de Tsiafahi), dil 
M. Thévenin , ont le teint bistré et les cheveux plats , 
la figure intelligente, le nez aplati et les lèvres un 
peu grosses, mais leur aspect général n'est pas dés- 
agréable. La taille moyenne de l'homme adulte est 
d'en\iron i m. 68"-. » 



LES BETSILEO. 

LXVIII. « Les cheveux des Betsileo , dit le D"^ Bes- 
son, sont drus, plantés droits et généralement frisés 
sans être laineux. Ils sont noirs ou châtain foncé; 
la barbe, peu fournie, est également frisée et noire. 
Le front est arrondi, modérément découvert et assez 
étroit. Les sourcils sont droits, assez bien fournis et 
de même teinte que la barbe et les cheveux. Les 
yeux, brun foncé, sont généralement grands, bien 
fendus, avec présence de Id caroncule lacrymale, 
qui parfois est à demi bridée par l'implantation de 
la paupière supérieure, comme chez les Huva. Les 
cils sont longs et retroussés. Le nez est droit, large 
sans être épaté, les narines sont largement ouvertes. 

' Journal ojfic. de Madatjascar et dépend., 3 mai i()07, p. '|2g 
i" col. 

- Ihid. , i.'î mai i8g6, p. 4(3 2 in fine. 

26. 



404 MAI-JUIN 1908. 

Les extrémités sont fortes. La face interne des mains 
el des pieds est d'une coulem- claire. Les mains sont 
plutôt larges que longues et effilées. Les pieds , très 
forts, sont rarement cambrés et s'étalent largement 
au niveau de farticulation des orteils, qui sont sou- 
vent courts. Ils semblent réaliser toutes les qualités 
requises pour la marche en chemin dilîicile et glis- 
sant. Les muscles sont généralement proéminents, 
surtout les niuscles du cou, des reins, de la cuisse 
et de la jambe. Les nmscles des bras sont moins 
développés ^ » 

LXL\. « Le Belsileo, dit M. Berthier, est de taille 
moyenne , il est noir rougeatre , solidement constitué , 
il n'a cependant pas la finesse des attaches qui carac- 
térise la majeure partie des indigènes de l'ile : il est 
taillé « à coups de hache », ses cheveux sont crépus, 
le nez est étroit, et les narines sont largement ou- 
vertes ■'^. » 

LES BARA. 

LXX. « La race (bara de la vallée du Manguki), 
dit M. G. de Thuy, fournit de beaux hommes, plus 
forts que les Betsileo. T^eur teint est moins foncé, 
ils ont le nez aplati, les lèvres épaisses, le Iront haut 
et carré, le regard droit, les membres robustes et 

' Etude cthiwlui^iijnc sur les Bclsilcus , in Notes, i<^97, l- H , 
p. 55 1. 

^ Loc. cit. , p. 1 1 i 1 . 



L'ORIGINK AFRICAINE DES MALGACHES. 405 

bien découplés. Us laissent pousser leur barbe, assez 
pou fournie, et de préférence la barbiclie ou le fer 
à cbeval. Les femmes sont plus petites et manquent 
d'élégance. Le type est inférieur à celui de la femme 
Huva ou Betsileo. Hommes et femmes se noircissent 
les dents avec une écorce d'arbre ' . » 

LXXL «Si dans leur physionomie, dans leur 
regard, dit M. Lefort, les Bara ont une grande res- 
semblance avec les Betsileo , ils diffèrent essentielle- 
ment d'eux par une charpente plus grossière et une 
plus grainde stature. Mais une particularité qui leur 
est propre est la disposition de leur chevelure en 
grosses boules enduites de graisse, de cire et souvent 
de terre blanche ; c'est même la seule chose qui les 
distingue des autres tribus du Sud, qui leur sont 
identicpies par la couleur, la stature et la confor- 
mation physique. D'une manière générale, à mesure 
que l'on ajjproche de la côte, les boucles se dénouent 
peu à peu, la graisse disparaît, les tresses minuscules 
et en nombre infini pendent de toutes parts, agré- 
mentées à leur extrémité ])ar une grande variété 
d'amulettes. Sur la côte, on retrouve généralement 
les cheveux crépus et un type se rapprochant davan- 
tage du nègre de l'Afrique occidentale ^. » 

LXXII. «Les Bara Imaniunu, dit M. Du Bois 
de la Villerabel, sont vigoureux, bien constitués el 

' Six semaines dans le Siul-Oacst , iii Notes, 1898, t. I, p. ''48. 
^ Une mission dans le Sud, in ]\lotes, 1898, t. I, p. 374. 



406 MAI-JUIN 1908. 

dune taille au-dessus de la moyenne. . . Ils ont une 
façon toute spéciale de se coifi'er; ils forment une 
sorte de couronne sur leur tête, en roulant leurs 
cheveux en boules de même grosseur et également 
espacées; à cet effet, il les tressent d'abord et les 
enduisent d'un mélange de graisse de bœuf et de 
terre blanche, dont l'odeur est repoussante ^ » 

LXXIII. « Les Manambia (de la région du Haut- 
Mandrare et de Tsivuri-Tamutamu), dit M. Lacar- 
rière, sont en général grands et forts; l'expression 
de leur physionomie est énergique. Les Manambia, 
hommes et femmes, portent les cheveux en boule 
ou ])ar ])etites tresses enduites de graisso de bœuf^. » 

liXXlV. «Le Manambia, dit M. Trousselle, 
d'apparence fluette, a des muscles peu saillants, 
mais à brusqué détente, qui dénotent un tempéra- 
ment énergique et endurant aux fatigues; de plus, 
ses articulations fines, son nez droit, son énorme 
front bombé trahissent une orio;ine arabe ^. » 



o 



LXXV. « Le Bara de la région de iliusi est 
généralement de belle stature : grand et bien pro- 
portionné. Ce qui frappe en lui, au premier aspect, 
c'est fair de sauvagerie que reflète toute sa per- 

' Etude sur h; secteur des Burn Iitntnionn . 'u\ Notes. iSrjg,!). 52 5. 
- D Ihosy à Tnnwtamo , in Noirs, 1897, 1. II, p. fi'-'t. 
^ Rcnsci(incinents (jénéraux sur le secteur de Malialy, in ^otcs , 
iSyy , p. 509. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACIŒS. hOl 

sonne . . . Les Bara portent leurs clieveux en 
boules et enduits de suit ou d'un mélange de suif 
et de terre glaise. Leurs dents ne sont ni belles ni 
blanches , ce qui semble dû à la grande quantité 
de mauvais tabac qu'ils fument; ils chiquent rare- 
ment ^ M 

LES SAKALAVA. 

LXXVL « Les Sakalava de la région de Ma- 
karainga et de Ampiakarandrafitu (i\ l'ouest de 
l'iMerina), dit le D"" EscotïVe, sont de races fort 
mélangées; il est facile, cependant, de reconnaître 
parmi eux le pur Sakalava, celui qui peuplait ancien- 
ment Fouest et semble provenir des pays de l'Afrique 
du Sud, Cafres et côte de Mozambique. Il y a tout 
lieu de croire qu'il formait une race sélectionnée 
et qui se sélectionnait elle-même de jour en jour, 
suivant le droit du plus fort dans les lois naturelles 
de la lutte pour l'existence. Il est rare, en effet, de 
voir un pur Sakalava qui ne soit bien musclé et n'ait 
une taille supérieure à i m. 65. Tout ce qu'on ren- 
contre chez eux de débile ou d'impotent, sauf les vieil- 
lards , fait partie du groupe dos esclaves et appartient 
généralement à une autre race. La peau de ces indi- 
gènes a une coloration bronzée, elle est fine et douce 
et presque toujours exempte d'excoriations, d'ulcères 
ou de gale. Ils ont les cheveux noirs et courts, laineux 



^ Mœurs et coutumes des Baras-hc, in Journal ojfic. de Mddnciasrni 
et dépend., 9 août 189S, p. 2269, i"^" col. 



408 MAI-JUIN 1908. 

et crépus, la barbe clairsemée. Leurs yeux sont 
droits, fixes et réguliers avec des orbites fortes ot 
cpielque peu proéminentes. Leur visage est presque 
ortbognathe, d'une configuration ovale; le nez osî 
épaté, les oreilles un peu grandes et j)eu écartées de 
la tête. La taille moyenne est cbez eux de i m. 68. 
Leur pied est large, le talon bien développi', la voûte 
plantaire très effacée, ainsi que le cou-de-pied; les 
orteils sont longs et bien distincts. Le Sakalava est 
bien découplé et robuste; il a la poitrine développée, 
mais moins cependant que les Européens, quoiqu'il 
soit, sous ce rapport, mieux partagé que les Mal- 
gaches de l'iMerina ' . » 

LXXVIL « (La race des Sakalava de la frontière 
occidentale de l'iMerina), dit M. de Cointet, est, au 
point de vue physique , plus belle que la race Huva ; 
ce sont généralement des hommes de haute stature 
et fortement musclés. Leur teint est très foncé, mais 
ils n'ont pas le type nègre des populations du con 
linent africain ; au point de vue intellectuel , ils sont 
inférieurs aux Huva . . . Moins industrieux que les 
I luva, ils se bornent à élever des bœufs, ne cultivent 
guère, surtout le riz, qui exige des soins répétés. 
Ils se contentent, comme nourriture, de maïs, de 
bananes et de manioc, produits qui, dans le fond 
des vallées de leuj' pays, viennent presque sans cul- 
ture^. » 

' Lo ri'(jioi) de Mnhoyahuja , in ISotes , 189c), p. 2'|3. 
De TaiKUKirirc à Anharaiulni . in Notes, 1897, t. I, |). 8. 



L'ORIGINE AFRICAlNh DES MALGACHES. 't09 

LXXVIH. Sakalava de la vallée du Manguki. « La 
forme de la coiffure, dit M. G. de Thuy, crépue, 
bouclée , mais exempte de graisse et une grande si- 
militude dans les mœurs et la structure corporelle 
rapprochent les Sakalava des Bara. Cependant les 
premiers semblent plus élancés et taillés pour la 
course. Ils ont le front fuyant, le regard mobile, et, à 
première vue , n'inspirent pas confiance. Les femmes 
sont grandes, quelques-unes de la taille des hommes; 
elles ont l'aspect viril; il se rencontre parmi elles 
quelques beaux types ^ » 

LXXIX. «J'ai constaté, dit M. Prince, c[ue les 
Sakalava de l'Ambungu étaient beaucoup mieux 
constitués et plus beaux que ceux de Milandza , cjui 
ressemblent à de vrais sauvages. . . Ils ont l'oreille 
percée d'un trou où est suspendue une amulette 
quelconque. Quant aux femmes, elles portent dans 
le lobe de l'oreille une rondelle de bois plus ou moins 
large, atteignant jusqu'à lo millimètres de diamètre, 
quelquefois enrichie de clous de cuivre^. » 

LXXX. « Le Sakalava , rapporte M. Berthier, est 
noir, quelquefois légèrement cuivré. En général, il 
est grand et bien constitué; il a les cheveux crépus 
ou ondulés; il les tresse en un grand nombre de 
petites nattes collées avec du suif; les islamisés se 

' Six semaines dans le Sud-Oiust. in Notes, 1898 , t. I, p. 5i-52. 
^ Une viission dans l'Ambongu, le Milanja et le Boaéni, in Notes, 
1898, t. I, p. 349. 



410 MAI-JUIN 1908. 

rasent la tête ot portent le turban. Le nez est sou- 
vent épaté , quelquefois assez régulier; les lèvres sont 
fortes; les yeux sont moyens, non bridés, souvent 
sans expression; l'ensemble du visage dénoie une 
certaine fierté sauvage ^ » 

LXXXI. Les Sakalava du Bungulava (à l'ouest 
de l'iMerina ) , dit M. Aymard, sont en général 
plus grands et plus vigoureux que les Huv;i. Leurs 
traits sont réguliers. Ils portent à la joue deux 
talouages rectilignes parallèles. Leurs cbeveux sont 
crépus; les femmes les portent divisés en courtes 
mèches, nouées à leur extrémité et retombant de 
chaque côté du crâne. Elles ont les bras et le cou 
surchargés de verroteries et portent aux oreilles des 
morceaux de bois ornés de clous en cuivre , qu'elles 
placent dans un trou percé dans le lobe. La ])lup;u t 
des femmes adultes arrivent , par un entraînement 
progressif, à allonger suffisamment le lobe pour lui 
permettre de porter facilement un billot du dia- 
mètre d'une pièce de cinq francs; les plus volumi- 
neux sont considérés comme les ])lus élégants. L(>s 
])eautés sakalava ont l'aile gauche du nez percée d'un 
trou auquel elles adaptent un petit disque en métal 
blanc ^ ». 

LXXXIl. « Les danses des femmes sakalava du 

• Loc. cit. , p. 1 1 25. 

^ Les pays sakalaves da Boncjo-Lava , in Jniinial ojjlc. de Mada- 
(jascar ej dépend. , i g avril , 1 8(j8 , j). i 7 'i 1 , •>." col. m Jiiir. 



i;ORir,lNE AFRICAINE DES MALGACHES. 411 

INIenavava, encore à demi sauvages, ont été particu- 
lièrement remarquées. Plus fortes et plus robustes 
que les femmes de l'iMerina, elles ont les traits 
accentués, le teint bronzé et, comme toutes les 
Sakalava, les cheveux tressés en une quantité de 
petites nattes de la grosseur de mèches de fouet leur 
retombant sur le visage, les oreilles, la nuque. Les 
joues et la poitrine sont souvent marquées de 
tatouages. Le nez et les oreilles sont ornés de bi- 
joux ^ .... M 

LXXXIIL «Le SakalaA'a (pur), dit M. Bénévent 
dans son Etude sur le Bouéui, est noir, mais sa peau 
est moins luisante que celle des nègres d'Afrique. 
Il est de forte taille et n'a pas encore souffert de la 
loi de dégénérescence des races. Ils portent les che- 
veux longs, tressés en une infinité de petites nattes 
collées avec la graisse de bœuf; le front est ceint 
d'une étoffe bleue ou d'un fil supportant un coquillage 
blanc qui vient se coller au dessus du sourcil droit ; 
l'œil très grand, ni bon, ni méchant, est plutôt 
bestial; le nez est épaté, les lèvres semi-épaisses. Le 
torse nu laisse voir une poitrine bien développée 
sur laquelle pendent les gris-gris les plus divers ; les 
jarrets sont musclés à faire rougir nos plus forts 
marcheurs et les attaches des poignets sont d'une 
finesse quasi féminine ^. » 

' Journal ojpc. de Madagascar et dépend., 21 juin 1898, 
p. 20i3 , 2° col, 

- Notes, 1897, t. I, p. 356. 



/jl2 MAI-JUIN 1908. 

LES MVHAFALI. 

LXXXIV. « Les Maliafali, dit M. Toquenne, sont 
de couleur jaune , ont les cheveux lisses , sont robustes 
et de tempérament guerrier*. » 

LXXXV. «Le Mahafali, dit M. Berthier, est de 
taille moyenne, il paraît bien constitué; il csl 
noir, mais plus clair que les indigènes des régions 
voisines; ses yeux sont moyens, quelquefois vifs; 
il porte les cheveux longs et tressés; le nez est épaté 
sans exagération, les lèvres semi-épaisses^. » 

Toute l'histoire du peuplement de Madagascar est 
contenue dans les extraits XV, XVI et XVIL L'auteur 
de la relation à laquelle ils sont empruntés, le jésuite 
portugais Luiz Marianne , avait résidé sur les deux 
côtes de Madagascar et à Mozambique. 11 connaissait 
les Malgaches et les Bantous africains , leur type soma- 
tologique et leur langue; son opinion a donc un 
très grand poids. Elle est très nettement indiquée : 
la population de Madagascar se compose : i° de 
nigritiens à cheveux crépus; 2" de nigritiens à 
cheveux lisses , et 3" de mulâtres à teint clair. Parmi 
ces derniers, quelques-uns ont les cheveux crépus 
comme les Cafres. Les Malgaches de la première 
catégorie qui habitent la côte occidentale de l'île 
parlent «une langue analogue à celle des Cafres», 

' Noies sur les Mahnfaljs, in Notes, 1898, t. Il, p. 991'). 
^ Loc. cit. , p. 1126. 



LORIGIN'E AFRICAINE DES MALGACHES. 413 

c'est-à-dire un dialecte bantou. Les indigènes des 
deux autres catégories parient , au contraire « la 
langue buque = buki», c'est-à-dire le malgache. 
L'origine de cette dénomination reste obscure. Ce 
phonème ne semble pas être bantou; les Swahilis 
l'emploient comme nom étranger pour désigner Ma- 
dagascar, qu'ils appellent BâM ou Buk'ini = Bùlii^ 
locatif ni. Le sens que lui donne le P. Luiz Marianno 
n'est pas douteux : il s'agit des Malgaches parlant 
une langue nialayo-polynésienne par opposition aux 
Malgaches parlant bantou qu'il qualifie généralement 
de Cafres. L'auteur portugais montre, du reste, qu'il 
se prononce en connaissance de cause : les indigènes 
de la cote ouest, dit-il, dims l'extrait XVI, ressemblent 
aux Cafres et parlent une langue identique à celle « des 
nègres d'Afrique dont, paraît-il, ils descendent ». Les 
autres indigènes « ne parlent que la langue buki qui est 
très semblable au malais , ce qui prouve d'une manière 
presque sûre que les premiers habitants (immigrés) 
sont venus îles ports de Malacca (lire de l'Indonésie 
occidentale) ». Les nigritiens à cheveux lisses et les 
mulâtres à teint clair sont des métis d'Indonésiens 
occidentaux et de nio-ritiens malgaches d'origine 
africaine. Dans le premier cas , l'apport de sang indo- 
nésien a peu modifié le type somatologique des 
nigritiens malgaches. Dans le second cas — il s'agit 
alors des Merina, — la pratique de i'endogamie a 
conservé ce teint clair à tous les indigènes de caste 
noble qui cons*^ituent à peu près la moitié de la po- 
pulation de l'iMerina. 



414 MAI-JUIN 1908. 

La théorie du P. Luiz Vlarianno est également 
celle de Bucquoy (XXXVll) et de Le Genlil (XL), 
qui fait ol^server en outre que « les noirs de Mada- 
gascar sont moins corpulents, moins forts et moins 
vigoureux que ceux de la côte d'Afrique voisine ». 
Le phénomène de dégénérescence des nigritiens 
amenés de gré ou de force hors de leur pays d'origine 
a été depuis longtemps établi par des observations 
probantes'. 

A propos des Bezanuzanu, le D'' Lasnet (XLIX) 
prend nettement parti contre le rattachement des 
Malgaches au\ Papous et se prononce en faveur de 
leur origine africaine. Cf. également LXIII pour les 
Sihanaka , LXX[ pour les Bara et LXXV I pour les Sa- 
kalava de Makaraiiii^a. 

Dans leur ensemble, les extraits ci-dessus sont 
insuffisants pour attester l'existence à Madagascar 
d'une ancienne population de nigritiens africains. 
Quelques auteurs sont très afhriuatifs ; mais leurs 
observations ne concernent qu'un nombre relative- 
ment restreint d'indigènes, elles ne peuvent donc 
constituer un argument décisif. Si l'origine africaine 
des Malgaches ne me paraît pas démontrée par leurs 
témoignages, il ne s'ensuit pas qu'elle soit infirmée 
par les autres citations qu'on vient de lire. En somme, 
toutes ces indications ne constituent qu'un seul élé- 

' M. l'j.-l''. Gaulicr me signale le fait sui\anl i|iii a cli- c>l)srr\é 
par des fonctionnaires roloniaux dont il le lient : lorsque les nègres 
nés et élevés aux Ktals-lJnis vont à Lilieria, ils y sont sujets à 
l'impaludalion comme les Européens. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 415 

ment de l'enqiiote othnoi>;raphique. Pour les inter- 
préter avec quelque certitude dans un sens ou dans 
l'autre, des recherches sont nécessaires dans le do- 
maine de la linguistique. Les résultats obtenus per- 
mettront alors de prendre position dans la ques- 
tion qui se pose : les caractères somatologiques des 
nigritiens de Madagascar doivent-ils faire rattacher 
les Malgaches aux nègres de l'Afrique voisine ou aux 
négritos orientaux, ainsi que le propose M. A. Gran- 
didier;* 

L'ÉLÉMENT BANTOU. 

«S'il y avait (à Madagascar) des aborigènes ( afri- 
cains), dit M. A. Grandidier, ils devaient être en 
bien petit nombre et dans un état de civilisation très 
inférieur, puisque ni dans les mœurs, ni dans la 
langue des Malgaches actuels, on ne trouve de traces 
de leur influence ^ » Cette affirmation est absoiament 
contraire à la réalité des faits. Il existe en malgache 
ancien et moderne des survivances très nettes d'un 
élément bantou dans le vocabulau^e, dans la topono- 
mastique, dans les noms tribaux; on en trouve égale- 
ment, trace dans le culte des ancêtres. 

VOCABULAIRE BA>TOU-MALGACHE. 

Les survivances bantous constatées dans le voca- 
bulaire se divisent en trois catégories bien distinctes : 

a. Les mots empruntés au swahili que cette 

' Voir supia, p. SSg. 



416 MAI-JUIN 1908. 

(lernit re langue a empruntés à l'arabe, ils sont d'in- 
troduction relativement récente et usités seulement 
sur la côte nord-ouest, dans la région fréquentée par 
les marins nmsulmans de la côte d'Afrique et des 
Comores. Les mots de cette catégorie, dont la liste 
suivante est loin d'être complète, sont cités à litre 
purement documentaire; ils ne constituent en aucune 
façon un argument en faveur de ma thèse, en raison 
même de leur inscription récente dans le \ocabulaire 
des dialectes malgaches du .Nord-Ouest. 

Malg. , a/jr/2«mari «flûte»; svvaliili, ziunari « fla- 
geolet » ; de l'arabe yo^ zamr. 

Malg. , baliari « mer » ; swh. , hahari; ar. , -^ Ixiljr. 

Malg. , (juliali «bol»; swb., bakidi; ar. , Jli^ ba- 
lai l. 

Malg., bandari «port»; swh., bandari: ar, ,^.v 
bandar, qui a été emprunté au persan. 

Malg., bilaari «verre à boire»; swb., bUauii; 
ar. ,^\i billaur « cristal ». 

Malg., dzasimini «jasmin»; swh., yasmini; ar. , 
(j^^vwo yasmin. 

Malg., kamba «corde en fibres de cocotier»; 
swh., kamba; ar. ,^lx.>;^ kinbâr ou kanbâr, ou ^Làï 
hdnbâr. 

Malg. , lakiiii « mais »; swh. , lakini; ar. , ^^ Iakin. 

Malg., merikcbu «navire»; swh., nurikcbu ; ar. , 
s-*5^ markab, plur. s-*5iw« maràkib. 

Malg. , nuiMini « vent du nord »; swb. . inn.^imi , inu- 



LORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 417 

simu « vent de la mousson du nord » ; ar. , ^j^ maw- 
sim « mousson ». 

Malg. , sdfari «voyage, chemin»; swli., safari 
« voyage » ; ar. , >ju« safar. 

Malg., sahani «assiette»; swh., sahani; ar. . ^j2i= 
sahan. 

Malg., siilcani «gouvernail»; swh., iisuLani; av. , 

^jLC*» sukhàn. 

Malg.. suria «concubine»; swh., saria; ar. , ii^^ 
siiriyya. 

b. Les mots de la seconde catégorie sont des pho- 
nèmes swahilis, mais ils ne sont usités que sur la 
côte nord ouest. On peut donc supposer qu'ils sont, 
comme les précédents, d'introduction récente. Rien 
ne témoigne, en tout cas, qu'ils ont été inscrits de 
longue date dans le vocabulaire des dialectes occi- 
dentaux. Je ne les cite également qu'à titre docu- 
mentaire. 

Malg. , hiiza « baobab »; swahili, mbiiya. 

Malg., hwana «maître, monsieur»; swh., hiraua. 

Malg. , (hia « sentier » ; swh. , ndjia. 

Malg., fiindri « ouvrier habile »; swh., fandi « ou- 
vrier, artisan ». 

Malg., hcndza « natte»; swh., hrnza « ouvrage en 
jonc ». 

Malg. , hodi « appel pour demander à entrer dans 
une maison » ; sw h. , hodi. 

Malg., kaniha « espèce d'écrevisse »; swh., kamba. 
XI. 27 



418 MAI-JUIN 1908. 

Malg. , lilbaba « mesure pour le riz »; swli. , hihdha 
« mesure d'environ un litre ». 

Malg. , kifiilia «poche»; swli., kifiiko «poche, pe- 
tit sac ». 

Malg., liipincjii, pihcjii «espèce d'ébène»; swh. , 
mpiiKjo. 

Malg. , himpnudni « perche pour faire avancer les 
pirogues»; swh., iipondo. 

Malg., mahilxi, inahihii «arbre à cachou»; swh., 
bibo, plur. mabibo « pomme d'acajou ». 

Malg., iiKirasi «eau de senteur»; swh., mamsi 
« parfum ». 

Malg., mahia « petit bateau, canot»; s\vh. mti'siia. 

Malg. , mazi, madzi « eau »; swh. , madyi. 

Malg., uùimnu «coude»; swh., mliono «bras, 
avant-bras ». 

Malg. , miindza « seul »; sw^h. , modya « un ». 

Malg., maziiiga « canon »; swh., mz'uuja. 

Malg, , /j»/<^(t « marmite en terre»; swh. nvniKjn. 

Malg., tiingi «jarre à eau »; swh., mtiuuji. 

Malg., Ismi, tsuha «orange»; swii., siuhjicj. 

La liste des emprunts de cette catégorie pourra il 
être facilement augmentée, des termes de marine, 
par exemple : beteld « espèce de barque » ; (josi « ac- 
tion de virer de bord»; kileti « tolletières »; naiicja 
« ancre »; tai'ifid « voile de navii'e »; etc. 

c. Les mots de la troisième catégorie sont, au 
c )ntraire, usités soit dans tous les dialectes mari- 
limes anciens et modernes, soit dans les dialectes du 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 419 

centre et de ïost , par conséquent hors de la zone fré- 
quentée par les marins de la cote orientale d'Afrique 
et des Comores. 

Malg. , ambiia « chien »; bantou, inbwa. 

Malg., ft^rt/ï</rt «pintade» [nuinida mitrata)\ ban- 
tou, kanga. 

Malg., ainjmndra « àne »; bantou, panda. 

Malg., ai'iombi, aumhi , iimhi «bœuf»; bantou, 
iiomhc. 

Malg., aïKiami « conte, fable»; bantou, iKjano. 

Malg., aiwndri, anndri, uiidii «mouton»; ban- 
tou, ïwndi. 

Malg., (lidin « espèce de lémur »; bantou, ngedere 
« petit singe noir ». 

Malg., /.a Jf « madame », in kazi-niamlm; bantou, 
mkazi « femme , épouse ». 

Malg. , Jiiandza , kandza « cour » ; bantou , ki- 
ivandza. 

Malg., kiboko, kivoko, ktvohi « hutte, cabane »; 
bantou, kibagurn « hutte ». 

Malg., kidiira « matelas »; bantou, godoro. 

Malg. , kisii « couteau »; bantou, kisii. 

Malg., /ifVapu «sachet, bourse»; bantou, kitapo. 

Malg., kiifigana «punaise»; bantou, kun(iiini. 

Malg. , kiinkii , konko « palétuvier » ; bantou, inkoko. 

Malg. , kwcra « perroquet »; bantou, kwarii. 

Malg., luamba «crocodile»; bantou, mamba. 

Malg., ma'sa, masii « œil »; bantou, maiso « yeux ». 

Malg., ninfujo, inohuiigo, nuihogo «manioc»; ban- 
tou, iniihnfjo. 



420 MAI-JUIN 1908. 

\I;i|o. , //j»/'// « pain »; baiilou, niofii " ])f'tit gàloau 
de Airinc de sorgho ». 

Malg., miimvi, musavl « sorcellerie »; haiitou, insd- 
wi (i sorcier ». 

Ma\g., niuhiiKja «poison»; bantoii, ^svc/r/u » poi- 
son végétal dont on enduit les llèclics ». 

Malg., nendra «variole»; bantoii, ndni «boutons 
de variole ». 

Malg., luifii , nnfatra «viande, chair»; bantou, 
iimofo « viande sans os ». 

Malg., iisi « chèvre »; bantou, inbazi. 

Malg., papai'ujii « inilvns (pcjypiuis »: bantou, jhukjj , 
kipangd « faucon ». 

Malg., pili « espèce de serpent »; bantou, pili. 

Malg., samba, siuiihii «navire»; bantou, i'^omho. 

Malg., sikafdni , tsikdfdrd , Imhtj'ard «vœu, of- 
frande propitiatoire; bantou, hnfdvd. 

Malg., stikdi , snkdi « chaux »; bantou, tsokaa. 

Malg., idiiijii in ciidn-ldiujn «melon malgache»; 
bantou, Idiuji) « concombre ». 

Malg., vdkini «étranger»; bantou, wiKjeni «les 
étrangers ». 

Malg., vazdlid; malg. ancien, vd:dkd (cf. I)i\ii;v, 
p. i55) «étranger» (désigne plus spécialement les 
étrangers de race blanche); bantou, w(t:un(jn « les 
'étrangers blancs, les Kuropéens ». 

Malg., znmbd «palais royal, mausolée des re- 
liques royales»; bantou, dyiiDibn «palais, grande 
maison ». 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. A21 

Ma\fi. . ziivn "Soleil, iour»; bantou, ziiha , :nnHi, 
dyaa. 

Kazi nous est attesté par un nom tribal de la côte 
sud-est' ; hiusiiikih nous a été conserve par les mss 8, 
fol. y r\ et 5, fol. 8o v°, du fonds arabico-malo^ache 
de la Bil)liothèque nationale de Paris; mamha est 
plutôt spécial aux dialectes du centre. Ziimhacl zava 
appartiennent, il est vrai, aux dialectes malgacbes de 
rOuest, mais ils sont aussi près de certaines autres 
formes bantous que de la forme swahili. La plupart 
des exemples ci-dessus répondent à un thème ban- 
tou que j'appellerai « bantou commun » parce qu'il 
est représenté dans un certain nombre de dialectes 
orientaux de ce domaine. Pour amhiui, aûomln , hazi , 
inahi, nsi, taiicjn, zava, par exemple, cf. la (ÙODipara- 
tivc Graminar njthc South- African Bantou langacujcs, 
sub verbis : a simili dog , p. i i y ; a hcad ofcdttle, 
p. 82; a u'oinan , u'ijc, p. 68; an eyc , p. 88; agoat, 
p. 83; a pumpliin, p. 8g; thc snn , a day, p. 88'-. 

Des mots tels que afiomhi « bœuf», afiondri « mou- 
ton», nsi «chèvre» sont particulièrement significa- 
tifs, car les animaux en question sont également 

' Cf. égaiement les noms suivants de femmes noliles : Andiova- 
casn = Andrtan-dra-h.a:i, in Uelntinn de vnyacjc ijiie François Catirhc 
de Bnucn a put à Madatjascar , i.ilcs adjacentes et cnste d'Afrujiie 
rcciicillY par le sieur Mnrisnt , Paris, i6ôi, in-'i", p. 8'i-88 ; Dian- 
r>aca:e = Andrian-dia-Kazi , m I'^lvcoirt, Histoire, p. 53; Ha-ka- 
:i-manwii roi'i , p. ii, et Ba-Kazi-maltasua , p. i5, dans le ms. ara- 
hico-malgaclie d'Alger dont M. E.-F. Gautier a publié déjà deux 
evti'aits. Ces deux derniers noms s^nt em|)rnntés à des listes généa- 
logiques de chefs du Sud-Est. 

■^ Par le P. Torrend, Londres, iBoi, ia-8°. 



422 MAI-JUIN 1908. 

(1 origine africaine. Enfin la plus grande partie des 
mots ci-dessus sont mentionnés dans les manuscrits 
de la Bibliolhècpie nationale et dans les relations de 
voyage du xvii" siècle; ils nous sont ainsi attestés à 
date relativement ancienne. 



TOPONOMASTIQUE B\NTO[T. 

La toponomastique malgache moderne présente 
un certain nombre de noms de villages maritimes et 
de rivières débouchant à la mer, qui sont très nette- 
ment bantous, les uns swaliilis, les autres bantous 
communs. 

Côte Ouest, du sud au nord : 

Kivindza «le fdao (arbre)», -< swahili, niviiulja. 

Mihani ^^ où il y a des arbustes épineux », < swh. ^ 
mviha « épine » -j- locatif ni. 

^[ak(unhi -<s\vh., ma-hunhi «les campements». 

Daind, phonétiquement bivhia, forme moderne 
de l'ancien nom hivêni<: swh., mbiiyii-ni «où il y a 
des baobabs ». 

Malnimlm ^swh., ma-kiimlxi «où il y a des pois- 
sons appelés himilxi ». 

kaiKlnnii , nom d'une pointe de terre; s\vh., Lan 
(1(1 (la pointe en forme de) long sac étroit plus large 
au fond qu'au sommet -[- locatif »/. 

Miirahari, nom de rivière, <makua, mura « arc, 
courbe»; hari «au milieu, en forme d'arc vers le 
milieu ». 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MAUIACHES. 423 

liwdna-Onuirl «(la pointe du) Sei<ïneur Omar», 
-<bantou, biraïui. 

Knmani,non\ d'un cap, < swh., Iiiuiki «herbes 
marines «-[-locatif ni. 

jMi'Hjani, nom d'un village appelé anciennemenl 
LuliuKjani, <bantou com., inii-rangani , nom d'un 
arbre. 

Kiimatsana , nom d'un rap, <bantou com., hii 
nia-tsana « au dos, à la côte, à l'épine dorsale ». 

Bemadzanga , forme moderne de l'ancien Borna- 
zonga, <:swh., borna « retranchement, rempart, en- 
ceinte »; zoiuja « entourer ». Il s'agit évidemment d'un 
ancien village aujourd'hui disparu. 

Kalakadzura, Karakadzani, nom d'une île; bantou 
com., litt. : tèala , tsara «doigt»; k-ara «comme»; 
Ji-a « de »; (hum « haut, comme un doigt relevé ». 

Sada, nom d'un fort au sommet d'une colline, 
<swh., t'sada, sada «houppe, aigrette». 

Saùcjadzira, nom d'une pointe, <:s\vh., siuKja 
« sable »; dzira « chemin, chemin sablonneux ». 

Siinini <bantou com., suru « daman »-|- locatif 
ni, là où il y a des damans. 

Kakaniha =^ hantou com., ka-kamba «petite tor- 
tue ». 

Kiifujani «punaise». C'est également un nom de 
lieu en swahili, 

Kisimani , nom d'un îlot, <s\vh., kisima «puits» 
-j- locatif m. 

Bandani <<s\vh., banda « toit supporté par des 
pieux »-f locatif ni « à l'abri, sous l'abri ». 



424 MAI-JUIN 1908. 

Dzafigiia , nom de riNière, < swli. . tanijun « pc;ir- 
ter, séparer (?) ». 

DzHf/za, nom de rivière, < sw h., tsimzd «couler, 
s'échapper par jet ». 

Côte Nord-Est : 

Nosi homba « Tilc aux makis»; swIj., homlxi » ma- 
ki » >. 

iS osi kankii , honko «l'île aux palétuviers»; swli., 
nikoho « palétuvier »-. 

Dans la toponomastique ancienne de la côte oc- 
cidentale figurent également des noms de villages et 
de rivières actuellement tombés en désuétude, mais 
qui nous ont été conservés par une relation portu- 
gaise du commencement du xvii'" siècle. 

Biicni. Voir snprd. 

Mac(unhe^=ni(ikainhi. Voir supra. 

Fomboni, nom de village, <bantoucom. , li-poniba 
« vallée étroite «-j- locatif/». 

Muto-mociib =-h'dntou com., miito « ri\ière »; nin- 
kiilu « grande ». 

i\Iuto-in(Kjuuto = nuUo « rivière », niiKjiinlo (P). 

Mdto-ambûzi (sic)=s\vli., mnto a nibjt:i «rivière 
de la on des chèvres ». 

' Des îles (le la côte ouest portent le même nom. 

- Kanliii se retrouve dans plusieurs noms géographiques de la 
cote occidentale de Madagascar. 

^ D'ajiiîs le Boul'wr de Vile de Sainl-Lnurcnl rvd'ujé ixir le Pire 
ji'suile Luis Mnrinito . in Cnlleclion, t. 111, p. G/11-G87. L'ortlio- 
grapiie ilu docunient portugais a été conservée. 



LORICINK AFRICAINE DES MALGACHES. 'i25 

Quârecle , nom de rivière. Cf. swli., kivfirc «la 
caille ». 

Sdtengoa , nom de rivière. Cf. swii., z-d-leiKjwn 
« ils sont (oa elles sont) écartés» (en parlant d'êtres 
inanimés) (?). 

Miito-a:iôna = miito « rivière »; a zi-oiui (?). 

Camalila, nom de rivière. Cf. swli., liir-n-indlild 
(i à la limite ». 

Tondolôue « rivière » = swli., mtondolo-ui « là o;i il 
y a l'arbre takamaka [calophylinm inopliyUmn) ». 

Xaônc, nom de rivière^ swb., tsao-ni «dans le 
coude, au coude, à la courbure ». 

Miito açambe = iniUo ;< rivière »; asainhc(?). 

M«/u= bantou com., mani «herbes, la rivière 
des herbes ». 

IsaïKjo, nom de rivière. Le thème sancjo peut cire 
rapproché de plusieurs noms bantous signifiant: es- 
pèce de serpent, lombric, paquet d'épis de maïs, 
espèce d'arbre, etc. 

Manapata , nom de rivière. Peut être rapproché 
de plusieurs noms bantous également satisfaisants, 
mais dont aucun no s'impose. L'interprétation la plus 
vraisemblable est celle de mw-ana « le petit », de pii- 
ta [?). Le Manapûta est un des bras du fleuve deMu- 
rundava; peut-être le fleuve s'appelait-il autrefois 
Puta, d'où proviendrait alors le nom de petit de 
Piita donné à un de ses bras. 

Cacâne , nom de rivière = A"rt5rt7Ji<:;s\vh., kns:i 
« tourterelle »-P locatif ni. 

Le nom d'une «irande rivière de la côte sud- 



426 MAI-JUIN I90S. 

orienlale, l;i MataUîi'id , l'st à rapprocher du nom 
africain Mâlùlùn cité par Koclie dans sa Putycjlotla 
af ricana : « Mâtâtân, dit-il, is West of the sea (sur la 
terre ferme), opposite the island of Omhihit called 
Mas;'im!)ik by the Portuj^ueso, who possess it ^ » 

Dans la toponomastiquc moderne, Karanamhi, 
Kibundni, Padziini , Mazambn, Mtiramha, Kiima- 
nieri et d'autres encore sont certainement des noms 
bantous, mais je ne suis pas parvenu à les identi- 
fier ^. 

NOMS TRIBAUX. 

Les noms Irihaux d'origine bantou relevés en 
malgache ancien et moderne sont : Bara, Antam- 
baliwaka, Sakalava, Valambu, Vai!:ind)a, Kimose. 

BAR A. 

Les tribus cl clans Bara de Madagascar habitent 
la région à peu prés comprise entre 2 i " 3o' et 2 3° So' 
de latilude et /12" et 4/1° 3o' de longitude. Ce nom 
liihal qui n'est ni malgache ni indonésien, me 
semble pouvoir êtic rapproché du nom tribal ban- 
tou Mbara ou Mbala , à l'ouest du Nyassa, cité par 
Torrend-'. La nasale initiale du banlou Mbara nous 

' Londres, in-fol., i85/j, p. i6. 

- Le P. Cil. Saclcux , dont on connaît les beaux travaux sur 
les langues bantous, m'a aimal)lement fourni de très utiles indica- 
tions. Je le prie de recevoir ici tous mes remerciements. 

^ A compaiatire uramiiiai- of titr Snntli-Ajr'icdn Banla laïujuaijcs , 
\>. 9, note. 



l/OUKilNE Al-'lllCAlNK DES MAF/IACHES. 'j27 

explique la l'orme malgaclio Bani au lieu de * Vara 
(|u'on aurait pu attendre. Mais au groupe bantou 
initial wh le malgache répond généralement par b. 
Cf. swahili mbuyii « baobab » > malg. huzu. 

ANTAMHAHWAKA. 

Les Antambahwaka habitent actuellement le bassin 
oriental de la rivière Manandzara et le territoire voi- 
sina L'embouchure de la rivière, sur l'océan Indien , 
est d'après M. A. Grandidier par environ 21" 1 4' 3o " 
de latitude. Antainhahwcika , en malgache ancien 
Ontambahicila , est un composé de : on>-an, article 
nominal; ta-m, les hommes, les gens; valuvcika , en 
composition -baliwaka, nom tribal. De même que 
mai^.vazaha'- ^zswh. iva-ziingii, malg. vahini -< s\\\\. 
wa-cjéni, malg. Vaz'imha < bantou wa-Zimba, Vah- 
«'«Ay/ , variantes dialectales Vahwâhi, Vahwdke, repré- 
sente un ancien 'iva-Kivdka à consonance bantou. 
Phonétiquement, la dérivation est absolument cor- 
recte. Le préfixe plural bantou wa- aboutit régulière- 
ment à malg. vrt-, le -k- intervocaliqueà -/(-; la finale 
bantou -ka s'est maintenue par assimilation avec la 
finale malgache -ka. Enfin la concordance de l'ac- 
cent tonique dans les deux langues est extrêmement 
satisfaisante. 

^ Sur cette tribu, cf. mes Musulmans à Maclaçjascar et aux iirs 
Comnres, t.II, Paris, iSgS, in-8°, chap. m. 

- En malgache, toute voyelle longue est en mémo temps 
tonique. 



428 MAI-JUIN lOOS. 



SAKALAVA. 



Le P. Lui/. \Lirianno, qui so trouv;iil en i (i i (i 
sur la côte occidentale de Madagascar, à l'euihou- 
chure do la rivière Manani])ulu, rapporte que "la 
langue du pays est la langue cafre » et que deux 
partis indigènes sont en lutte : les Siiculambcs (on 
appelait ainsi « les hommes les plus vaillants ..) et les 
habitants de la ville de Sadia , les Ajungones'. La carie 
de Drury, de 1729, mentionne sur la côte occiden- 
tale des iSacort Lmivor'-; dans sa relation de voyage, 
le même auteur écrit Saccalaiivors ^. Certains voya- 
geurs et cartographes français désignent les mêmes 
indigènes sous le nom de Seclavcs ou Séclavcs. Su- 
cnlambes , Saccalaiivors et Séclaves sont sans aucun 
doute des notations dilTérentes du même nom tribal 
malgache : les Sahilava dont l'habitat s'étend aux 
deux tiers au moins de la partie occidentale de 
Madagascar. 

On a donui'' du nom Sahdara les explication^ les 
plus fantaisistes. «Ce mot, dit M. A. (Irandidier, 
que les Rév. \\ alen et iiindo traduisent les gens de 
loiujnes plaines (de sakani « largeur » et Icivani « lon- 
gueur »), signifie en réalité les rjeiis de Sakd (jin se soiil 
étendus sur une longue surface de pays, f^'abbé Dalmond 
dit que ce nom leur a ('té donné à caus(; de lem's 
chevejix (pii t()nd)ent rw longues tresses sur leurs 

' (jollfrliiin . t. Il . p. ti-j-'iir, 
^ Ed. Oi.lVKii, I'. 1 -. 
' IhiiL. j). o3/|. 



LOKIGI.NE AFRICAINE DES MALCACUES. 429 

épaules (1); quol([ii('s personnes le font venir de Sa- 
harai, mot qui signifie les (jcns méfiants. L'ctymologic 
de chdts [saka) longs [lava) que donne Mullens est 
encore plus extraordinaire^». L'interprétation de 
M. Grandidier n'est pas plus vraisemblable que les 
autres. Avec Sahi pris comme nom propre et lava 
qui signifie, en elVet , « long » , il l'aut une bonne dose 
d'imagination pour arriver à : « (les gens de) Saka 
(qui se sont étendus sur une) loncjuc (surface de 
pays) )). 

« I shouldnol be nt ail surprised, dit le Rév. Jor- 
gensen, to fmd that both tbe Mahafali and Sakalava 
obtained tbeir tribal nnmes froni somo native corrup- 
tion of foreign words, tbe tendancy of sucb corrup- 
tion is, at any rate, quite strong enougb to producc 
very ludicrous results.Both thèse names arecertainly 
puzzling-. » La remarque est très juste. A mon avis, 
Sakalava est une oblitération d'un nom bantou. Je le 
rapprocherais volontiers du nom tribal africain 
Machoukoulonihé = Makikuhiinhe ^ ou Shukahunhac 
= Siiknlunibwe ^ du hautZambcze, devenu &/Aï//rti;a, 
prononcé aussi Sakalava, par étymologie pojDulaire. 
Le P, Marianno nous a conservé la forme intermé- 
diaire Saknlambc , entre le bantou Sukaliimhwc et le 

' llisloirc de la <jà>iji aphir de Madajjascar, Paris, 1892, in-/|" 
2° édition , p. 191, note 1 . 

- Tlic Antanannrivo anniial (nul Mada<jascur Mamzinc , Tanana- 
rive, in-8°, i885, p. 33. 

-' Cf. B. A\hER\iANN, L'KUinO(jvaph'w actuelle de i Afriijne mrri- 
dionalc , in AnthrojMs , 1906, p. 565. 

* Cf. ToRREXD, loe. cit., p, 993, note /. 



/i30 MAI-JIIN 10 OS. 

malsachc nioflenic S(ili(il<ir<(. La forme du \\ m" siècle 
montre encore la finale ïambe -< bantou -laiithwe, 
que Tétymologie populaire a transformé en -lava par 
assimilation avec le mol malgache lava «long». 

VA]>\MBL. 

Le nom Balamho désignant une peuplade de 
l'intérieur de ALidagascar est cité pour la premirrc 
fois par Parai, gouverneur de l'île Bourbon , dans un 
mémoire sur Madagascar adressé en i y i '\ à \L de 
Pontcbartrain : 

LXXXVI. « Jly a dans l'intérieur des terres, dit-il , 
des peuples qui s'appellent Balambo et Dambouet , 
lesquels sont gouvernés par des rois qui payent tribut 
à ceux de la cote ^ord-Ouest'. » 

LXXX\ JL Drury les mentionne également : « A 
feu days after we were at home, dit-il, tbe two 
ambassadors wbo were at Moberbo (Mababu) re- 
turning to their own country, and passing througb 
our town, Wcv Vove (Ra-Buba> Vuva) persuaded 
lliem to stay a nigbt witb bim, and allottcd tbem 
a bouse, to wbicb tbey sent for me, seating me on 
tbeir own mat between tbem. Tbey said tbey bad a 
curiosity to inquire after my country and manners, 
and also mv own advenlures. I gratified ibem as 

' ('.oiiC. L'orlijlnr des Miihjdrlics |)ur A. ("iR\M)ii)ii:i'., ji. Sy, 
noie 1 . 



LORIGl.NE AFRIC.AINE DES MALGACHES. /i31 

well as 1 was able, or rather as \hoy were capable of 
understanding; for lliey would give but iittle crédit 
to the largeness and grandeur of our court, city, 
fleets, and arinies (of England), etc. I, in my re- 
turn, asked tbem where iboir country iay. They 
said : « It was a niountainous inland place divided 
« into tvvo kingdoms, called Amboerlambo (Ambua- 
« lambu), and governed by tvvo brothers. ïbey bad 
« vast large ears, witb brigbt silver plates in tbem, 
u glittering like commets. « I was curious to know 
how tbey came so, and tbey told me : « Wben tbey 
«are young a small bole is made , and a pièce of 
« lead put in it at first; after tbe vvound is bealed 
«tbey bave a small springing put into it, wbicb 
« dilates it by degrees, and after tbis anotber till tbe 
« bole is large enougb; tben tbey place in it tbese sil- 
« ver plates, wbicb are neady made, and exactly ad- 
« justed to tbe bole witb great care for fear of break- 
« ing it. Some of thèse boles in tbeir ears are large 
« enougb for a woman's band to go tbrougb. Tbey 
« bave artificers among tbemselves wbo make tbese 
" ornaments. Tbe poorer sort, tbey said, wbo could 
« not afford silver, bad tbem of tutaneg', wbicb 
« tbey call Ferotcbfutey '-. Tbey come into tbis 
«country (on tbe ^^ est coast) to trade witb iron , 
« cbielly of wbicb tbey make agréât deal. Tbey bring 
« silk also. Tbeir air is not bealtby, tbe valleys being 
« foggy and marsbv, and not vcry wbolesome for 

^ De l'étain. 

- Fira-jmtsi , liit. «du plomb liiaiic». 



432 MAI-JUIN 1908. 

« caille, nor propor to bo inhabitée! so ihal ihcy l)uy 
« caille. The mounlains are so stony thaï they bave 
" scarce earth deep enough for foiindatioiis lo lln'ir 
" bouses. » 

« Tbey also told me : « Thaï Ker Trinimoiionga- 
« revo ^ will not sell ibem any guns, nor sulïer bis 
« people. Before guns w ère brougbt by tbe Kuropeans 
« on tbe island tbey were too strong for tbe Sacca- 
« lauvors (Sakalava) in Deaan Lobefutov's tiuie -. 
« luit tbis king is too powcrful. l'bey bave, tbey say, 
« a trade some limes to Mattatanna (Malatana) and 
« Antenosa (Antanosi) ■', but not sullicient to furnisb 
« tbem witb arms and ani munition. I found tbey 
" deal very much in mêlais oi'all kinds'' ». « . . ,\Ve, 
dit un chef indigène dans un autre passage du 
même ouvrage, wbo used to ])e insulled heretofore 
by tbe Amboerlambo ])eople and other neighbouring 
nations, are by thcse Knglisbmen's guns made 
loo strong for tbem, and by die beads, looking-glas- 
ses, etc., wliicli tbey bring in abundance, our laie 
ennemies are l)e("ome jyelilioners to us lo trade 
wilb them ^ ». 

LXXXVlll. « Madagascar, écrit le Rév. Ih'rst en 
iyr)9, is divided inio a number of pctty kingdoms 

' l'eiil cire pour Ii(ilsunaiiui'i(jariru. 

- Aiulrinn-dalii-lnl.si , lilt. : «le prince blanc, à peau blanche». 
Ce souverain aurait régne au \vii° siècle. 
' Voir supra, p. 35o, noie i. 
'' Éd. Omvki\, Inr. cil., p. 277-278. 
^ Ibid., p. 2 85. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 433 

or States, the largest oi' wliirh is that ot" Bu(jiics', 
wliich, as the natives iiifonnecl nie, abounds willi 
gold mines, as does the kingdom of \olandju 
with those of silver'-. » 

IjXXXIX. «Ces noirs de Madagascar, dit (Jrant, 
n'ont pas le nez aussi épaté, ni le teint aussi foncé 
que ceux de la Guinée; quelques-uns sont simple- 
ment bruns. 11 y en a, comme les Balambous, qui 
ont les cheveux longs; d'autres les ont blonds et 
même roux •^. » 

X(';. «Le 20 (octobre 1787), rapporte Jacques 
de Ijasalle, j'arrivai dans le pays de Ambolal)es [sic), 
où on me parla d'une mine de fer dans le haut de la 
rivière de Manongonrou (Manguru). Je m'y rendis 
le 22 et m'en assurai; elle est considérable et d'un 
fer vierge dont les naturels, les Oowas (Huva), font 
des outils. Ce peuple est le plus ingénieux, le plus 
laborieux et le plus voleur de Madagascar. Il est le 
seul qui cultive bien et qui sache saigner [sic) son 
pays, qui n'a point de bois, mais des plaines superbes 
et remplies de troupeaux de bœufs et de moutons 
de la même espèce que ceux du Cap, dont la queue 
pèse 2 5 à 3o livres '. Ce pays est au centre de l'ile; 
il est très sain, car on y voit beaucoup de vieillards; 

' liulii = Malgaclies. 

- kpiid Rohrrl Drurj, éd. OuvEK, ]r. i3. 

' Collection, t. V, p. 3i3. 

^ Il s'agit du mouton blanc à tète noire et large queue. 

XI. 28 



434 MAI-JUIN 190 8. 

il est trrs forlilc, mais fertilisé par le travail. Il v a 
des plantations de coton, des vignes dont les Oouas 
mangent le raisin tout vert. Us sont les seuls des 
Madécasses qui aient la couleur blafarde. Ils font de 
la soie, des étoffes avec les (ilanicnts et les ctrurs des 
bananiers. Ils ont des ouvriers fort adroits, surtout 
des bijoutiers. Ils font de fausses piastres qu'on a 
besoin d'examiner, ([uoiqu'rlles soient presque entiè- 
rement d'étain, pour ny être pas trompé. Le 5 no- 
vembre, je me rendis chez le roi des Oowas, Boasi- 
maroufi (Buatsimarufi), de la famille Amboinmbe; 
le pays était autrefois liabité par les Quimosses 
(kimose), noirs très robustes. C'est une vallée en- 
tourée de montagnes qui lui servent de défende. Le 
peuple a les cheveux plats '. » 

XCl. «La province d'Ancove (An-Kova), Ovas 
(Hova) ou Ambolams (.sic), est bornée à l'est par le 
Manjïourou, et dans fouest par le pays de la reine 
de Bonbétoc (cote nord-ouest), et par la province de 
la baie de Saint-Augustin. Cette province, continue 
J.-B. Fressange, se subdivise en Ovas du Nord et 
Ovas du Sud -. » 

XCJl. « En diiigeant sa route de Mouzangaye (le 

' Maniixcrit de Jacques de Lasalle, 1797 , extrait tics Arcliives de 
l'île Saintp-Maiie de Madagascar et amiolc par A. .Ii m, y, in AofM, 
1898, t. I, j). 5-5-576. Les renseignements fournis par Jacques 
de Lasaile sont d'une remarquable exactitude. 

- Voyaije à Madagascar en 1802-1803 . \n Annales des voyaijcs cl 
de la fjéorjraphte, t. II , in-8", 1808, p. 55. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 435 

Majunga moderne) vers l'est, dit Du Maine, on ren- 
contre le pays d'Androna ... ; en allant ensuite au 
sud, on trouve une portion de la province d'An- 
tsianac (Antsihanaka), et plus loin , le canton d'An- 
/alVé (Andzafi), le pays des Amboilanibes et une 
partie du quartier d'Atidrantsaye (Andrantsai)' ...» 
...«Le peuple séclave (Sakalava) de l'intérieur, 
ainsi cpie celui d'Ancaye (Ankay) font un commerce 
de bétail très lucratif avec les Hovas ou Amboi- 
lambes'-.). . . «Les Séclaves font le commerce du 
raffia^ avec les Amboilambes; et ceux-ci le mêlent 
avec du coton pour fabriquer des étoffes qu'ils 
envoient ensuite vendre chez d'autres nations' »... 
« Quelques fugitifs de divers endroits se sont placés 
depuis peu (sur la frontière des Antsihanaka), et 
forment une république. Ils commettent souvent 
des friponneries sur le pays de la reine (des Sakalava) 
et sur les voyageurs qui ont affaire aux Séclaves ou 
chez eux ; mais , au surplus , leur petit nombre ne les 
fait redouter de personne. Le commerce des bœufs 
est le seul qui les occupe ; ils en mènent beaucoup à 
Antsianac et chez les Amboilambes, d'oii ils tirent 
des esclaves et des étoffes de soie et de coton néces- 
saires à leur usage ^ ». . . « Il y a des émigrés Amboi- 
lambes parmi les Antantsianacs (Antantsihanaka). 

' Idée de la côte occidentale de MaJa(jascar, in Annales des 
vnjaijrs , t. XI, p. 21. 
- Ibid. , p. 3i. 

■' liajia ou rafia, Saij us vaf)kia. 
* Op. cit.. p. 42. 
^ Thid. , p. 45. 

28. 



436 MAI-JUIN 1908, 

Les uns V sont venus pour «:\iler les vexations des 
rois Dian- Vnil)Ouatsimaroufo (Andrian-Aml)ualsinia- 
riifl) et Dian- Vmpoinne (Andrian-Anipuina) qui les 
gouvernaient; ]es autres y ont formé des alliances, 
ou sont les commettants des gens riches de leur pays. 
('/est un peuple extrêmement fin dans le commerce, 
et aussi laborieux quand il est libre, qu'il est pares- 
seux et nonchalant lorsqu'il a perdu sa liberté'. » 

Dans sa magistrale étude sui* les Phéniciens et 
l'Odyssée, M. Victor Bérard a excellemment indiqué 
de quelle façon se transmettent les noms géogra- 
phiques de peuple à peuple de race et de langue 
différentes. Le peuple emprunteur transcrit le nom 
étranger tel qu'il le perçoit en lui faisant subir les 
modifications phonétiques exigées par sa propre loi 
de Lautverschiebung, il traduit le nom étranger dans 
sa langue; ou bien «il s'en empare et le pétrit, le 
raccourcit, l'allonge ou le façonne, au gré de son 
imagination et de ses raisonnements; il arrive, par 
quelque calembour, à faire sortir un sens apparent 
de ce ^ocable incompris. Les Francs prennent le 
Mc(jara des Grecs et en font le port de la Maigre. 
Les Anglais prennent le Livorno des Italiens et en font 
leur Le(//iom (corne de la jambe). Les Uomains, dans 
l'antiquité, avaient tiré de YOgiios des Hellènes leui' 
ALgilia. Nous verrons les Hellènes, par le même 
procédé, tirer des Roches phéniciennes [Solo] leurs 
villes de Solon, Sohn, ou des (Àips phéniciens [Ros] 

' Oj). cit.. \). dg. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 437 

leurs promontoires des Rhodiens, Rlwdos, ou des 
Haltes phéniciennes [Minoha] leurs colonies de Mi- 
nos, Minoa. Parfois de tels calembours sont à nou- 
veau Iraduils par quelque successeur : les Ifali(»ns 
ayant pris Yllymcltos des Hellènes en firent par 
calembour leur Mont-du-Fou, il Mailo, ([ue les 
Turcs traduisirent en Dcli Dagh : les Grecs modernes , 
ayant traduit le mot turc, disent aujourd'hui Trèlo 
Voano ' . » 

Du provençal au français , entre plusieurs exemples 
de calembours géographiques, on cite fréquemment 
le suivant qui est particulièrement démonstratif. A 
une quinzaine de kilomètres de Marseille se trouve 
un village ou bourg appelé en provençal bu Pas de 
l'Ancié, litt. « le passage de l'anxiété ». La région était 
autrefois infestée de malandrins et de coupeurs de 
routes, les voyageurs y étaient dévalisés; on ne la 
traversait qu'avec la plus vive appréhension. Lors de 
l'établissement du chemin de fer, les ingénieurs de la 
compagnie Paris- Lyon -Méditerranée mirent une 
gare à cet endroit même. On s'enquit du nom du 
pays : loa Pas de l'Ancié fut francisé en le Pas-des- 
Lanciers. Quelques années plus tard, une légende 
étiologique expliquait celte dénomination inatten- 
due : Le Pas-des-Lanciers rappelait, disait-on, l'ancien 
séjour d'un régiment de lanciers. A peine est -il be- 
soin d'ajouter qu'il n'y eut jamais de régiment de 
lanciers dans cette région. 

' Paris, gr. in-S", t. 1, 1902, p. /19. 



438 MAI-JUIN 1908. 

A Madagascar, rononiastique modonip des villagos 
maritimes et des rivières déboucliant à la mer pré- 
sente quelques exemples de calembours identiques : 
calembours bilingues, du bantou au malgache; ca- 
lembours bi-dialectaux, du betsimisaraka et de l'an- 
taimuni au merina. Au sud de Tamatave, sur la 
côte orientale de Madagascar, se trouve le village 
de An-duvii-ian(it. En betsimisaraka, le sens est très 
clair : an-, locatif; luvu, en composition -(^ui-u « baie »; 
ranlii « commerce » , c'est-à-dire là où se trouve une 
baie où ion fait du commerce , où il y a un marché. 
Les Instructions nautùfurs sur Madacjuscar disent en 
effet : « Anduvurantu, à 5o milles dans le sud de 
Tamatave, est un grand village bâti sur la rive 
gauche et près de l'embouchure de la rivière de 
l'Iharuka ..... Anduvurantu fait un grand com- 
merce de riz et a des rapports fréquents avec 1 ile 
Maurice et l'ile de la Réunion' ». Le nom est ancien; 
on dirait en malgache moderne, conformément à la 
loi de sandhi, An-duvu-n-drantu. Lorsque les Merina 
ont imposé leur suprématie aux Betsimisaraka et ont 
occupé la côte orientale, ])lusieurs noms de villages 
maritimes leur étaient incompréhensibles parce que 
les éléments du composé toponomastique n'exis- 
taient pas dans leur dialecte. JjUvu «baie», par 
exem])le, est inconnu au Merina: mais an-duvn a une 
consonance très voisine du mot andcvu «esclave», 
(jui est usité dans tous les dialect(>s. Les Merina ont 

' Paris, i885 , n" 682 , p. 1 I 8. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 439 

donc transformé An-duru-ianin on Andcvu-ranin , 
litt. : esclave -j- commerce, et on a traduit : comineirc 
(les rscl(ivr$, marché au.v esclaves. Calembour à part, 
cette traduction est un pur contre-sons. Le malgache 
ne connaît pas et n'a jamais connu l(;s composés 
du type : allemand, Ilaiis-lhur « porte de la maison »; 
anglais, birih-day «jour de naissance». Interpréter 
Andevu-rantu par le marché aaoc esclaves reviendrait 
tout simplement à traduire Haiis-thûr par la maison 
de ht porte , et hirth-day par la naissance dajour. Pour 
me servir des mots précédents, marché d'esclaves de- 
vrait être rendu littéralement par rantn-n-andevu ; si 
Andevu-rantu signifiait quelque chose, ce serait stric- 
tement esclave du marché, en malgache moderne 
andevu-n-drantn. a Anduvnrantu , dit AI. Grandidier, 
(est une) corruption d'Andevurantu, litt. le marché aux 
esclaves^. » Autant dire que lou pas de l'ancié est la 
forme corrompue de le pas des lanciers. 

Sur la côte sud-est, par 22" 2^' 43", débouche à 
la mer la rivière Matatâiia'-. L'orthographe exacte de 
ce nom de rivière nous est attestée par de nombreux 
manuscrits arabico-malgaches anciens et modernes. 
Matatâha n'a aucun sens en malgache; c'est très 
nettement un nom étranger. Je l'ai rapproché du 
bantou Matatau cité par Koelle (voir supra, p. I126). 
Les voyageurs anciens, Flacourt, par exemple, ap- 
pellent les indigènes de cette région et le pays lui- 

' Hist. de la (jéogr. de Madaqascar, p, 100, note 9, 
- Les longitudes et latitudes sont empruntées à VUislnire de la 
(jéo(jr. de Madagascar cîe M. A. Grandidier. 



440 MAI-JUIN 1908. 

mémo Matutnnne ; c'est la forme francisée du nom 
jiialgache. Vu xi\* siècle , sous l'influence des Merina , 
la forme Malitânana apparaît. Maû-lànana , issu par 
calembour de Matatâiin, signifie litt. mort iinani à la 
main, c'est-à-dire [celai dont) la main est morte, f/iu' a 
perdu une main. Une légende étiologique ne tarde 
pas à se créer : deux géants, Darafifi et Fatrapaitaii 
(dont on a également transformé le nom en batra- 
pailanana), se prirent de querelle sur la rivière et 
celui-là eut une main arrachée par son adversaire'. 

Darajifi n'est pas un nom malgache, mais je n'ai 
pas encore réussi à l'identifier. M. A. Grandidier le 
décompose en deux mots : dura « espèce de palmier 
nain», et Jiji «joue», et l'interprète ainsi — je re- 
produis textuellement — : « litt. : (l'homme) aux joues 
(jaunes comme les fruits) du dara ». il ajoute dans 
la même note : « Darafifi est, en réalité, la personni- 
fication des premiers colons arabes venus de la 
côte Est d'Afrique à Madagascar au x" siècle, et les 
combats légendaires de ce géant se l'apportent à la 
lutte de ces nouveaux venus avec les indigènes per- 
sonnifiés par Fatrapaitanana'-. » Avec une pareille 
méthode, on pourrait interpréter rrançois 1" par : 
(le) premier (roi qui vendit la) soie (un) franc (le 
mètre) , et tirer de cette étymologie les éléments 
d'une étude sur le commerce des soies au xvi*^ siècle. 

Les exemples qui précèdent montrent qu'à Mada- 

' (;r. A. riu\\nii)ii:R, llisl. (le ht <irocjr, de Madacioscar, p. loo, 
note 5. 

^ IhiJ., [). )o5, notule a. 



L'ORir.lNE AFRICAINE DES MALGACHES. 441 

gascar, comme ailleurs, le calembour ioue un rôle 
important dans la transformation des noms de lieu 
d'origine étrangère. La toponomastique n'est cepen- 
dant pas le seul domaine où il ait sévi : nous allons 
le retrouver dans des modifications populaires de 
noms tribaux. 

En malgache moderne, la forme AmboUamhc 
(XCII) est devenue Amhualamhu , qui a été interprété 
par a«jiua «chien», lambu «porc», chien-porc. Je 
passe sur les fantaisistes explications qui ont été 
données pour justifier l'étymologie précédente'. 
Le chien-porc n'existe ni dans la faune réelle ou lé- 
gendaire de Madagascar, ni dans la liste des injures 
habituelles. La réalité est tout autre : Amhualamhu est 
le résultat d'un simple calembour dont il est facile 
de retrouver l'origine. 

Il existait dans l'iMerina, au xviii* siècle, une 
famille royale appelée Valâmhu, d'après Jacques de 
Lasalle. Ce nom augmenté du préfixe nominal mal- 
eache «/Kmalg. ancien on : an^valdmbu, devient, 
conformément à la loi de sandhi, àm-hàlâmhû. Les 
deux premières syllabes sont très voisines du thème 
bantou malgachisé amhua «chien,); les deux der- 
nières, du malgache lamhu «porc»; l'étymologie 
populaire a donc pu facilement transformer amba- 
lâmha en amhua-lâmha « chien-porc ». Ce composé a 
pris un sens injurieux chez les tribus du Nord-Ouest 
qui étaient en lutte avec celle de l'iMerina; il a été 

' Cf. notamment A. Grandidier, L'origine des Malgaches , p. 80, 
note 2, et 87, note 1 in fine. 



'ri2 MAI-JUIN 1908. 

employé ensuite avec le même sens dél'avorable par 
toutes les tribus que les Merina ont successivement 
battues et soumises, après avoir été eux-mêmes tri- 
butaires des Sakalava de l'Ouest. J^a courbe plioné- 
ti(|ue est très nette : nmhun-h'mihn'^am-BalânihiK. 
()iit'J)(il(lmba'<on-\-Val(lml)u. Vdlàiiihu , par sa syllabe 
initiale atone et son accent paroxytonique, me pa- 
raît être la forme malgacbisée d'un pluriel bantou 
du type Vfclmbd-^::. iva-Z~iinb(t , Vahwâh(i-z tva-Kivâka , 
vahlni-^wa-cjcni, Vazûh(K:wa-:ân(jii : V<il(~nnl)ii<:w(i- 
lAtmha, ce dernier signifiant les Lâmbn , (la iamille 
ou la caste) des Ldmbii. Le roi des Huva auquel 
Jacques de Lasalle fit visite le 5 novem])re 1787 
(XC) est appelé par ce voyageur « Boalsimaroufi de 
la famille Ambolambe = Ambalambu ». Boasima- 
roufi, plus exactement Andrian-7\mbuatsimarufi , 
était un descendant et successeur du roi Ra-L:inibu 
(pii aurait régné vers la fin du xvi" siècle ou dans la 
première moitié du \\n\ Ce Ra-Lambu (en mal- 
gacbe moderne : le Seigneur Porc) aurait (''té le bien- 
faiteur de ses sujets. La légende lui attribue félevage 
des bœufs, les premiers travaux d'irrigation et de 
drainage des rizières, finstitution de la fête annuelle 
du F'andruana^ f introduction du culte de certaines 
idoles'-. Les traditions qui rappellent ces faits étaient 



' (;('. à co sujet Galjriel FKunwi), Le Culciulrlri' }iuiUi<irhc el le 
lùitidruana (fêle annuelle capactérisi'c, par le bain (lue prenait le son- 
\erain), in Bevnc des études elhno(ji<(plù(jnes ri sociolocjujncs , Paris, 
i()o8, fasc. /i-5,p. 2 2(5 el suiv. 

- es. A. Tiii VNDiiHF.R , L'orùfinc des Malgaches , p. 80. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 443 

conservées oralement et n'ont été recueillies par 
le Père Callet que clans la seconde moitié du 
XIX* siècle^ Les auteurs qui les ont utilisées leur 
attribuent généralement une valeur historique qu'il 
est impossible de leur accorder; il est facile d'en 
montrer l'évidente inexactitude-. Le simple rensei- 

' Tantara nj Andriana etn Madagascar. Histoire des rois d'iMe- 
rine (sic) d'après les mss malgaches. L'unique volume de la pre- 
mière édition, le seul que je possède, a été publié à Tananarive 
en 1873. 

- L'extrait suivant en est un exemple caractéristique. Je traduis 
littéralement: «Ralambu se mit en route pour Ambuhibatu. Arrivé 
au nord d'Ambatufutsi , il vit un bœuf (dzamûka) qui allait mourir 
de sa graisse (tant il était gras). «Goûtons de ce bœuf, dit-il, pour 
Kvoir si (sa chair) est bonne. — Va là-bas, lui dit un Ancjara- 
«lahi (homme de confiance des anciens rois); tiens-toi loin au vent 
«de peur que l'odeur ne t'empoisonne.» Ralamlju se mit au vent. 
UAi'Kjaralalii découpa le bœuf, il en ])rit la Ijosse et la lit rôtir. 
Elle (exhalait) un fumet suave. «Ehn'homme, ça sent bon cela», 
dit Ralambu. UAi'igarulahi en mangea, (le trouva) bon; et il dit 
à Ralambu : «O mon Maître, c'est bon», dit-il. Ralambu en mangea 
(aussi) et dit : «Eh! l'homme, c'est excellent, cela. Qu'est-ce que 
«c'est que vous avez fait cuire? — C'est la bosse, ô mon maître, 
«répondit Wingaralaln. — C'est très gras cela», répliqua Ralambu. 
11 dit (ensuite) au peuple: «Rassemblez tous les dzamuha . ils 
«m'appartiennent; rassemblons-les dans un parc à bœufs que nous 
«ferons lors de la pleine lune du mois de Adidzadi, à Ambuhidra- 
«bibi, là-bas à Ambuatani et ici à Ambuhibatu.» On rassembla les 
dzamuha et on les parqua lors de la pleine lune du mois de Ala- 
karabu. Lorsque le parc fut plein : «Ca suffît, ça suffit. Ils sont 
«arrivés, ils sont arrivés [umbi, unibi].» Le [n^ot umbi, signifiant] 
nrrivéi' dans le parc des bœufs réunis, leur fut ainsi donné au lieu 
de celui de dzamuha (qu'ils portaient auparavant). [ Tantara, p. 35.1 

Rien n'est moins exact. Le merina ûmbi «bœuf», qui n'a rien de 
commun avec son homonyme homographe le verbe ûmbi, est la 
forme aphérésée du bantou ;(omèe> malg. ainimhi, aûmbi, ûmhi. 
Dzamuha, au contraire, qui, d'après la légende, aurait été l'ancien 



444 MAI-JUIN lOOcS, 

gneiuent rappoit»' par Jacques de Lasalle est, dans 
sa précision, infiniment plus précieux. L'une des 
familles régnant en iMerina vers la fin du xvni*" siècle 
portait donc le nom de Vahuuhu , litt. les Jjunhu, 
peut-être en souvenir de l'anrelre I\a-Land)u. On 
interprète naturellement Ra-Lambu par Ra, préfixe 
nobiliaire, lamhii «porc»; c'est, en elVet, le sens de 
lambii en malgache. Naturellement aussi , une légende 
explique pourquoi le souverain merina fut appelé 
ainsi'. Le préfixe pluriel bantou jr«->-malg. va- in- 
dique , au contraire , que nous avons affaire à un nom 
d'origine étrangère. Comme il est peu vraisemblable 
que le thème Idiubn ait été emprunté à un autre 
domaine linguistique que celui du préfixe, le sens de 

nom merina du bœuf, est la l'orme malgaciiisée de l'arahe ^-.^'..j» 
djainûs « bullleixC persan ji^^^O. CcUf tradition ne peut avoir de 
signification qu'en l'interprétant en sons inverse : le bœuf était 
appelé umhi dans l'iMerina et des musulmans immigrés introdui- 
sirent, sous le rèi2;ne de Ralambu, le nom perso-arabe dzaniûha 
(|ui lui fut donne- à la place du nom indigène d'orii^ine itantou. 
Ici encore , le mot umùi « b(puf » , d'origine étrangère , est mal^acbisd , 
pour ainsi dire, |)ar un calembour. 

' D'après la Tantnra ny Andriaiid eto Mddacfnscar (t. 1, iS'jS, 
p. i4), «lorsque Randapavula (femme du vo\ Andriamanelu), fut 
à Ambuhibauladina, à l'est de Belalu, ï.li'icjornhdù du roi' con- 
struisit une maison en forme de petit navire, et Randapavula 
accoucba. Ln porc (ou des porcs) venant de l'Est, traversa la mai- 
son dans lafjuelle un prince venait de naître. On poursui\ il le porc 
qui fut arrêté par le petit fossé (situé) de l'autre coté à l'ouest des 
rizières de Betafu; on prit le porc lorsqu'il arriva dans le fossé. 
C'est pour cela que le \illage fut appelé AiiLndin-damhu (où est le 
fossé du porc). Le prince (nouveau-né) fut (également) appelé Rii- 
lambu (le porc) parce que (le village) avait été traversé par un 
porc [Ininint) lors(ju'il naquit à Ambuliibauladina». 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 445 

V(tl(unl)ii doit èlro recherché en hantou. Un Icxlc, 
(hcté par des Tonga au Père Torrend et piil)lié pai- 
ce missionnaire, connnence ainsi : « On tlic Rolsc 
[liotsi, appcl('s également ma-Rolsi ou Ixi-liolsi). 
The Rolsr dic thc pcoplc who live on the Zanihczi, 
abovc the Subia [Snbiya). They are fivc-worshippers. 
Baame baao m-Balumbu, llieir chiefs arc LiinibuK » 
« Whenever I meet in Tonga, ajoute en note le 
Père Torrend , that Bantou sound which is interme- 
diary between / and r, I adopt the /. Otherwisc the 
Word Lumhii might as well he spelt Rumba. The 
wortl Ba-hunba or l)a-ranibu seems to mean irliile 

pcoplc, or more exacûy ycUnw pcoplc- The Ba- 

lumbu of my Tonga informants are probablv the 
same as the white A Ba-laniba repeatedly alluded to 
by the traveller Anderson in his Tiventy-Jive ycars iu 
a ivarjgon (vol. 1, p. -2/17; vol. 11, p. 200, etc.)^, » 
Phonétiquement, ba-Liimbu ou ba-Rumbu sont 
identiques au malgache Va-lanibu , issu peut-être par 
étymologie populaire d'un ancien *Frt-/?jm/>»< han- 
tou wa-Lunibu. La seule concordance phonétique est 
déjà très intéressante, mais serait insuffisante pour 
justifier un rapprochement. Le sens de ba-Luniba qui 
signifie white people ou plus exactement yellow pcoplc, 
s'applique admirablement aux chefs merina dont il 



' Loc. cit., p. 283. Cf. également p. 28 '1 et 280. 
• - Cf. dans d'autres langues et dialectes l)anlous : liercro : -nmi- 
bii. nyaneka : ndumbu «jaune, blanc»; lolo (Haut-Congo) : himhu 
«blanc»; tsuna : m-vumbi «un blanc». 

' fioc, cit., p. 2g3, note c. 



446 MAI-JUIN 1008. 

s'agit. Les familles souveraines de l'iMerina, ainsi que 
les castes nobles modernes qui en descendent, ont 
toujours été caractérisées par un teint plus clair que 
celui des autres habitants du plateau centrai, teint 
clair qui s'est maintenu à travers les siècles par la 
pratic|ue de Tendogamie entre famillos nobles'. Nous 
savons, en effet, ([ue les familles princières de f iMe- 
rina descendent de Malais, plus exactement de 
Sumatranais immigrés à Madagascar- et dont une 
partie imposèrent leur suprématie aux nigritiens 
bantous du plateau central. C.omme les Barotsi du 
Zambèze, les Bantous de fiMeiina ont appelé ira- 
Lumbu les chefs étrangers à teint clair qui conquirent 
le pays et devinrent leurs maîtres. Par les stades 
intermédiaires suivants, le nom bantou wa-Jjimlm 
aboutit très con-eclement au malgache Ambua-ldmbu : 

Bantou : M'â-L»nj6«>malg. * wà-lûmbù>vâ-ldiiil)U 
~^^ojn-l)a-l(lmbu^^^dm-Ba-l(lnihù par étymologie ])0- 
pulairc (imbûàldinbà. 

.l'attire à nouveau l'attention sur ce (ait très im- 
portant que, tant au point de vue phonétique qu'au 
point de vue de l'accent tonique et du sens, ces rap- 
prochements sont tout à fait satisfaisants. 

' iya|)rès E.-F. Gaitier, l'iMerina com|)lerail 780,000 habi- 
lanls environ dont 3oo,ooo à loinl clair qni composent «les castes 
supérieures», c'est-à-dire les castes nobles [Les Uoias soiil-ils des 
Malais? ioc. cit., p. 282-283). 

- Gabriel FERRA^D, Les des Bàiny, Làincry, IVàhivàh , Komor, 
des (jéoyraplies arabes et MadiKjascaw in Journal asiat. . nov.-déc. 
1907, p. 43/|-/|/|5. Voir iiifra . p. /igy. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 447 

NAZI MBA. 

Les renseignoments que nous possédons sur les 
Vazimba de Madagascar sont malheureusement pou 
nombreux. Drury, au x\if siècle, et quelques au- 
teurs modernes en font seuls mention. 

XClIl. « Rer Vove (Ra-Buha), rapporte Drury, 
ordered one of the houses of thèse Virzimbers (Va- 
zimba), which is the name thev are distinguished by, 
to be made verv clean for hini, and ail their furni- 
ture to be taken away ; and, as for us ofthis retinue, 
\ve might shift as \\e would. There are very few Sac- 
calauvors (Sakalava) will lie in the Virzimbers' houses 
for fear of an insect like a cou -tick , such a kind of 
a créature being often found on cattle; this thcy 
call Porropongee^ It is found only in the houses of 
thèse people, who take care to breed them on pur- 
pose to make their houses shunned by the Sacca- 
lauvors. For the Virzimbers were, till very lately, 
under no government, and often moving their habi- 
tations; so that when they came first to settle hère 
the natives used to come into their houses and take 
away they thought proper, imposing very grossly 
upon ihem till the king, under whose protection 
they now are, did, on their complaint, redress thèse 
grievances. This Porropongee niakes people who 
are bit by it sick for six weeks or two months to- 

' Peiit-étrc \)Our pdvapnndi, qui signifie puce en belsimisaraka 
moderne et désignait une espèce de tique en sakalava. 



448 MAI-JUIN 1908. 

u;('t]ier, sticking close on tlie skin or in it l'or a long 
tinic. But when a man lias been once thus bit and 
sick, ho is never hurt any more afterwards il" lie Is 
among ever so many of them; or at least they do 
not fear them. Thèse Virzimbers are also very sub- 
joct to the distemper called colah (kola), or vaws', 
wliiclî lias been elsewlieie descrihcd. Ikit it is so 
fréquent hère that you may see a tliird part of the 
people of a town spotted like lepers with dry scabs-. >> 

XCIV. « a fancy came into the liead (of 

iny niaster) to send his wife one way while he pre- 

tended business another, advising lier to go 

ihrougb some towns of the Virzimbers, wbo always 
présent those of the family with one thing or an- 
other, according to their abilily-*. » 

X(îV. « Our business was fowling and 

fishing, in which the \ irzimbers are very dexterous, 
making nets of différent sorts, and also fish-hooks 
for angling '. » 

XCVi. «... The whole time was six months which 

' i'Ia', jaws, (lisfiil MM. A. et G. GRANniuitH yCalleilinn . I. V. 
|). 317 note), est une maladie dAfrifjtie et de Madagascar, ana- 
logue au pian d'Amérique, que l'on croit d'origine M-nérienne et 
dont les principaux sym])tômes sont des tumeurs cutanées qui 
n'ssemhient à des fraises, à des framboises ou à des <lianipignons. » 

- Loc. cit., éd. Oliver, ]t. tGG. 

■^ Ibid.. p. 268. 

" /iif/.,p. 9M. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 4^3 

I lived witlî thèse Virzimbers (Vazimba). Thèse arc 
ahiîost a différent species ot people fVoiii tlie otliers, 
Their heads areof a veiy singular shape, the hiiider 
part asfiat as a trencher, and the forehead very ncar 
so, which I do not thirik to be natural, but franied 
thus by pressing and squeezing the children froni 
their birth. Their hair is n'ot long as the other na- 
tives, nor perfectly woolly, though near so. Their re- 
ligion is also differing, they having no Ovvleys (Uli) 
in their bouses , paying a vénération to the new moon, 
and to several animais, as a cock, a lizard, and 
some others. \\ hether or no they think thèse créa- 
tures hâve spirits or démons attending them I can- 
not say, for they speaking among themselves when 
they pleased a peculiar language, of which \ could 
learn but a feu words, I vvas not able to penetrate 
far into their reasons for thèse particularities. When 
they sit down to meals, they take a bit of méat and 
throw it over their heads , saying : « There's a bit for 
the spirit » '. Then they eut four morelittle bits, and 
throw to the lords of the four quarters of the earth "-. 
This is the gênerai practice of those who bave a re- 
gard to religion, but there are many who neglect it, 
as some in Europe do saying grâce to their meals. 
They dress their victuals in much better order ihan 
the other people, alwaysboiling plantains or potatoes 
with their méat, and making good soup thickened 
well as in Europe. They make very good earthenware, 

' Cette pratique est commune à tous les Malgaches. 
^ J'étudierai prochainement la religion des Malgaches. 

M. 29 



450 M AI- JUIN 1908. 

as pots, dishes, and jugs, glazing them within and 
without, and are very ingénions artificers in niany 
other things. Xolwilhstanding llieir superior inge- 
nuity, I could nol lind that ever they forined tlieni- 
selves into regular kingdoms or large commonvvealtlis, 
Jiording togethcrin towns, each town beinga distinct 
and independent commonweaitli , wliich fie(|uent)y 
produced quarrels and wars, one litllc town a^ain^t 
another, there beiiig no gênerai law or governincnt 
whicli could adjust their claims and deterniint' dil- 
Jerences between one town and another, till they in 
tbis part came to iive under Rer Trimmonongarevo ^ 
and olbcr under Deann ToakolFu^. Tbere are mosl 
oi'tbern, as I bavebeard, in other parts ofthe island 
dispersed about, andsliilting their habitations , which 
thèse used to do formerly. I am aptlo think it would 
not bc easy to détermine whether thèse are not the 
original natives or first inhabitanls ofthe island. 1 re- 
niarked hère tiiat différence in religion is no crime 
nor offence to each other; also that they bave no 
priests any more ihan the otbers ^. » 

XCVII. « . . .The Virzimbers, uhom some think 
to be the first inbabitants of tins island, I bave said 
do differ in religion , but is to be understood in forms 
and manner of worship and cérémonies, for they 
bave Owleys (Uli) as the otbers bave, and the same 

' Jla-Tsimannnf^arivu. 
^ Anclrlan-Tnakofu (?). 
* Ililil. , p. 279-280. 



LORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. ^151 

notions ot" a suprême god, the lords of the iour cor- 
ners of tlie world, spirits , etc. ^ » 

XCVIll. « It would appear, dit le Rév. James Ca- 
meron, from traditionary notions floating about iu 
iMerina, even atthe présent time, that the anceslors 
ot" the Huva came from some other place than vvhat 
is at présent called iMerina; that an ancient race of 
people called Vazimba then , or soon afterwards , oc- 
cupied part of the comitry ; that in com^se of time 
hostilities arose between them , which continued for 
a long period; that the Huva at length discovered 
the use ofiron, of which they made assegais, while 
tlie Vazimba only used the old instrmTients or spears 
made of burnt clay (and of the tough fibre of ani- 
viiiia palm); that the latter were then defeated in 
battle and soon afterwards fled from the country, 
going westward"^. » 

XCIX. <( There (chez les Betsileo), dit le Rév. 
George A, Shaw, were also other sacred spots. For 
instance, where thegrass, probably being of a kind 
disliked by the cattle, has grown long in a circular 
patch, the people call it fasam-Bazimba (grave of the 
Vazimba, the supposed aborigines of the island), in 
the same way as we hâve places called fairy circles 
in England. The patches were resorted to in illness , 

' IbicL, p. 3i3. VoîrXCVI. 

■^ On tke early inhabitants of Madagascar, in Antananarivo Annual, 
1875-1878, 2° éd., p. 208. 



452 MAI-JUIN 1908. 

vvith tlie promiso, of a Ibwl, or even an ox, if the 
sickness were reiiioved. It was also tliought tlial aiiy 
onc wIh) stoppod on afasaniBazimba would assuicdlN 
become ill, which illness could nevcr be curcd un- 
less the particular fascina (grave) on Avhich tbc per- 
son liad iiiadvertently trodden couid be lound, and 
an ofTcring made as above. Sbould, however, sucli a 
patch appear near a man's vala (enclosure), he could 
ask anything he wanted, with the belief thaï hc 
would 2Gt it. So that a nian was considered l)olli 
kicky and unforlunate w lio had mfasani-Bazimba near 
bis bouse; iucky, because it was believed he could 
get whathe wanted by properly asking; unfortunale, 
because liis children might at any time unwittingly 
tiansgress by running across the pièce ot enclianled 
ground ^ » 

C. « Among the tribes, dit le Rév. James Sibree, 
wliicli were iirst conquered and then absorbed by 
llie iiorlhern Sakalava kingdom, alterwards known 
as thaï oCiBuina, were the Vaziniba, doubtiess ihe 
reninanl of those aboriginal inhabitants ol" iMerina 
who were driven out by the Huva in the days oi An- 
driamanelu (vers le xvi' siècle). They are sald by 
M. Guillain to be still lound inhabiting the région 
between the rivers Mania and Mananibulu-. » 

' Tlic Bctsilco , in Anldiianarlvo Anniial , 1875-1S78, 2" ctl., 
p, 'lOÔ. 

* Thr SalidluLU, ill AiiUiiidiiiinio innaal, 1870 1878, 2' éd., 
|). ^Go-/|G 1. 



r;0Rir.iNK africaine des malgaches. 453 

Cl. « I lut'iitioiincd above, dit le Rév. \j. Dahle, 
ihat the Vazimba scem to liave beeii of African o ri- 
gin, and that ihe tradition in iMerina is tliat ibey 
vvere the original inhabitants of this province, and 
that they retirod lowards tlio West before theHuva, 
as they were unable to resist theni. 1 sliali non givo 
some particulars with regard to this tradition, and 
also with regard to the présent condition and where- 
abouts of theso Vazimba. » 

« It niust beadniitted thattheHuva tradition aboiit 
the Vazimba is very vague and fabulons, busying ît- 
self much more with the dead than with the living. 
The graves and sarred stones and places of the Va- 
zimba in iMerina are numberless, and were, until 
the introduction of Christianity hère, looked upon 
with great awe and l'everence ; and there is no end of 
stories of people being taken ill because they had 
trodden on thèse sacred objects, or being visited by 
the spirit of a Vazimba in the night, etc. But of the 
Vazimba as a tribe the Huva can only give us very 
imperfect and fragmentary information. Disregarding 
ali that is evidently fabulous, we bave about the fol- 
lovving left : The Vazimba were the original inhabi- 
tants of iMerina, occupying the country when the 
Huva came hère. They cultivated rice , and had great 
herds of oxen without humps K Of tlieir figure tiiey 
do not know much; but there is, however, a vague 
tradition to the effect that their faces were rather 

' Quelques l)œufs sauvages n'ont pas do hosse romnie le /t''l)u ou 
hœuf nialLraclie d'orii/ino africaine. 



454 MAI-JUIN 1908. 

more oblong than ihose of the lluva, and lliat they 
were of a darker colour. Jf ihis could be depciidcd 
upon , it would tend to prove that they were of" East 
African origin. Tho coast tribes also (wbo, according 
to my view, hâve more African blood in them than 
tlie lluva) hâve more oblong faces and a darkor co- 
lour ihan the people in the interior, especially than 
the Huva. The tuo iast chiefs of the Vazimba were 
Rapetu and Rasuaiau. Wlien tho Huva began to in- 
crease in power, especially undertheir tamous ancient 
chief Andriamanelu, the Vazimba, who had only 
spears of burnt clay stuck on reeds, could not stand 
against the flying iron (iron spears) of Andriama- 
nelu and bis people, and were therefore compelled 
to retreat to the West, or, as it is also called, to go 
home, a phrase suggesting that they had come from 
the West, where they still live. Thus far the Huva tra- 
dition about the Vazimba. » 

CIL « I bave long been curious to know somet'iing 
more defmite about thèse Vazimba, who are said to 
live in the Wost to the présent day, but nobody bas 
been able to give me any reliable information. That 
they were to be found in Menabe , somewhere to the 
north of Murundava , seemed to be the gênerai opi- 
nion both amongst natives and those few FAiropcans 
who bave written on the Sakalava and thoir country 
(as, for instance, Captain Guillain); but for parti 
culars about them 1 looked in vain, 1 therefore ad- 
dressed a lettcr lo my friend ibr Kcv. 1). Jakobsen 



T/ORir.lNK AFRICAINE DES MALGACHES. 'i55 

formedv a inissionary for so\eral years at Munin- 
(lava, asking bini tor information on this question, 
and shall hère give the substance of his reply. He 
writes : « As far as I hâve been able to understand 
« the ethnographical character of the peoplc on the 
« West coast, there bave originally been many diiïe- 
« rent tribes [firasanga ') hère, who in the course of 
« time bave amalgamated more and more; and at 
« présent ail who are considered true Malagasi call 
« themselves by the gênerai namc Sakalava. Still the 
« original différence between the différent tribes is 
« not yet entirely eradicated. The Sakalava themselves 
« admit that they consist of différent tribes [firasan(ja) 
«and familles (fuJîii). The \ azimba consider them- 
« selves such a Jirasanga , and not merely a fiika. but 
« they cîaim the name Sakalava. The Sakalava say 
« that they easily tell, merely bv a man's appearance, 
i( to what Jirasanga ov fiika he belongs; and I bave 
« the impression that it is especially very easy to them 
« to distinguish a \ azimba from any other Sakalava. 
« I bave met with several who bave called themselves 
« Vazimba, and on my questioning them about their 
« origin, they bave almost unanimously replied : « We 
«came from the East, for we were beaten by the 
« Ambualambu (the tluva) , and so fled hère to the 
« W est. » They also call themselves Malagasi , but deny 
« that the Huva are entitled to that name , saying : 
« For they are thieves , who bave stolen other people's 
« land. » 

1 Lire firazâna = merina jirazânana. 



450 MAI-JUIN 190R. 

« Mr. Jakobson adds that he bas not noticod anv 
important dilFerenco between tbe \ aziniba and tlic 
other Sakalava, eitberincustoms, religious worsbip, 
or social condition. Politically tbey are not now ( 1 883) 
indopendent, but joined lo tbe otber Sakalava , by 
wliom tbey seem to be niucb respected. Tiiere is 
even said to be an establisbed custom to tbe cflect 
tbat a Vazimba is at liberty to take what he wanis of 
the fruits in tbe fields when travelling. Only a few 
of'tbe \azimba live on the coast as Vezu (tbe nanie 
of the robbing and fishing coast tribes of the Saka- 
lava), the majority of them staying further inland. 
supporling themselves mainlv by tlieir cattle. Tbey 
areconsidered excellent herdsnien , and fornierly the 
kings of Marusaranga ' used to get Vazimba to take 
c/c\re of their cattle, as they were ronsidered more 
Irustworthy and less thievish than the other Sakalava. 
As to the stature and appearance, Ah\ Jakobsen re- 
marks that they resemble the Mozambiques more 
than the other Sakalava do. They are not very tall , 
their colour is very dark, and tbeir nose rather Hat. 
It seems from the report of Kev. I). Jakobsen at anv 
rate to be quite clear that the Vazimba are a tribe 
with areal , and not merely amythological, existence, 
nnd tbat their ovvn tradition about their original 
settlement in iMerina entirely agrées with that of 
the Huva who expelled them. Their preponderantly 
African habits (excellent herdsnien, preferring to 

' Iavo. Maiii.sarni'ta, appi'lôs aussi l/'(/'(i.v/;((((r/ ; nom d'uin' lamillo 
royale (\o TOiiest. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. /|57 

live as nomads, etc.) and physiognomy alsd agrée 
well wilh my hypothesis as lo their ethiiological 
position '. » 

CIll. «Les Sihanaka, dit M. le D"- Merleau- 
Ponty, croient à l'existence de demi - dieux , qu'ils 
nomment Vazimba, Zazavaviranu -, Kalanuru^, etc. 
Suivant la tradition, les Vazimba sont des otres à 
visage humain, dont les pieds sont retournés. Mal- 
heur à qui foule leurs tombeaux* ! » 

CIV. « A côté du culte des rois morts , dit M. Bé- 
névent dans son Etude sur le Bouéni (ouest de Ma- 
dagascar), se place celai des Vazimba. On n'a jamais 
su exactement ce qu'étaient les Vazimba. Il semble, 
d'après les légendes , qu'ils furent les premiers pro- 
priétaires du sol et qu'ils faisaient partie d'une race 
disparue aujourd'hui sans avoir laissé de traces. 
Jjours tombeaux, toujours très anciens, offrent tous 
le même caractère. Ils sont généralement isolés, par 
un ou par deux, et situés sur les points les plus 
élevés; ils affectent la forme d'un rectangle régulier, 
construit avec des pierres plates dressées et placées 
les unes à côté des autres. Les Sakalava professent 

^ Tlie race éléments oj tlie Malacjasy, in Antannnarivo innudl . 
i883, p. 27-28. 

- Lltt. «les Filles de l'eau, les oiulines». Cf. me^ Contes jmpn- 
lalres malijnclws , Pari-;, 1898, in-16, p. 91. 

■'' Cf., sur le nain Kaiannrii, mes Contes pnpiilaiies indhjachcs . 
p. 82. 

* Le noys Slhanaha , in Notes. 1897, t. I, p. .'^5.'^. 



458 MAI-JLIN 190S. 

une grande vénération pour ces toml)es et ils inter- 
disent de les profaner. L'esprit du Vazimba plane en 
permanence sur la région où il repose; rien ne s'y fait 
sans son autorisation , aucune entreprise ne réussit 
s'il ne lui est favorable ^ » 

CV. «Les Vazimba, dit M. Vallier dans son 
Etude eti\n()]o(j'ujiie sur les Hezauuzanu (est de Mada- 
gascar), ne sont sans doute pas les ancêtres des Be- 
zanuzanu, mais fort proJ)ablement leurs prédéces- 
seurs sur cette terre où ils n'ont laissé d'autre trace 
que leurs tombeaux. C'étaient, d'après la tradition, 
des hommes excessivement petits, à peau noire de 
jais, avec de grands cheveux tombant jusqu'à mi- 
corps. « Ils étaient de la taille d'un enfant de dou/.e 
« ans, disent aujourd'hui les vieillards, et ils avaient 
« la peau aussi noire que les Sénégalais'-. » Il y aurait 
environ deux ou trois siècles, peut-être plus, que les 
derniers représentants de cette race primitive au- 
raient disparu à jamais; quel a été leur sort? Il est 
difficile de le savoir à travers les épaisses ténèbres 
(|ui couvraient alors Madagascar, mais il est fort 
possible qu'ils aient eu la triste destinée des peuples 
trop faibles pour se défendre eux-mêmes et non j)ro- 
tégés ])ar la sauvegarde de la civilisation, souvent 



' Noies , 1897, t. 11, p. 55. 

^ Les comparaisons avec les Africains occidonlaiix sont faites 
par (les adminislraleurs el des officiers qui ont vécu au Sénégal on 
qui commandaient les troupes sénégalaises stationnées à Mada- 
irascar. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALf.ACFIES. 'l59 

illusoire moine en pays civilisé , et qu'ils aient misé- 
rablement succombé sous la pression d'un ennemi 
impitoyable, en dépit de son apparence calme et 
flegmatique. La meilleure preuve de cette hypothèse 
est cette crainte jamais éteinte, véritable remords 
d'un grand crime national, que les Vazimba, jadis 
victimes et aujourd'hui assis au banc des dieux , ne 
se vengent des injustices et des meurtres qu'ils ont 
subis autrefois. Leurs tombeaux de vaincus, c[ui de- 
vraient être oubliés depuis longtemps , sont au con- 
traire entretenus prescpie avec soin, et on s'y rend 
encore fréquemment, comme à un pèlerinage « pour 
« demander pardon » et pour conjurer les périls dont 
on se croit menacé. A cette occasion, on sacrifie des 
bœufs et des poulets ainsi que le veut la coutume , 
afin d'apaiser les Vazimba; cette pratique a notam- 
ment lieu à Ratsiumbi, à deux heures à l'est d'Am- 
buhidrai. ... Comme on l'a vu à propos des Va- 
zimba , les ancêtres , surtout les plus illustres , sont 
devenus de véritables divinités, tout au moins des 
puissances occultes très influentes et très écoutées 
des dieux ^ » 

CVL « La tradition la plus répandue dans la 
masse de la population (des Mandiavatu , au nord- 
nord -est de Tananarive), dit M. Lefèvre, nous 
montre les Vazimba vaincus disparaissant tout à 
coup du pays. De là, sans doule, l'origine des lé- 

' Noips, 1898, t. I, p. 78. 



460 MAI-JUIN 190S. 

gendes superstitieuses qui sont restées attachées au 
nom (les premiers liabitants de l'iMerina. C'est ainsi 
que pendant longtemps les gens du peuj)le ont cru 
aux sortilèges des esprits Vazimha , cacliés çà et là 
dans tous les coins du pays. Aussi, superstitieux ;i 
l'excès, ont-ils toujours manifesté une grande véné- 
ration pour les pierres vazimba [vatam-Baziniba'j 
qu'ils supposent être les tombeaux des Vazimba et 
avoir été placées dans le but de rappeler leur sou- 
venir ^ » 

GVIII. « Les Malgaches , dit M. Bénévent , ont con- 
servé une pieuse vénération pour les \ azimba (ju'ils 
considèrent presque partout comme les anciens pro 

priétaires et habitants de l'ile Les Malgaches 

connaissent tous les Vazimba, au moins de nom. 
Us ont pour eux une grande vénération et les consi- 
dèrent comme propriétaires du sol et du sous-sol. 
Ils leur olhent des sacrifices partout où un indice 
quelconcpie révèle leur présence; ils respectent leurs 
tombes et considèrent leur profanation comme un 
grand crime. Comment, du reste, pourrait -il en 
être autrement, pour des populations dont la seule 
religion est celle des ancêtres? Le culte réservé aux 
morts, aux représentants des razana (ancêtres). . . 
n'exclut pas les Vazimba des droits qui leur sont 
acquis. A titre d'ancêtres disparus, leur corps n'est 
pas anéanti; ils restent vivants dans le monde des 

' Lr cercle (l'An in: ornlir on iinys lies Minuliin aln , \n ^olrs , i rS()S , 

1. II, p. i'i35. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 461 

trépassés, et veillonl auv destinées de leurs descen- 
dants. Us exigent ie respect des femmes; ils veulent 
leur part de sacrifices. Malheur à la race qui les 
renierait'!,., i.es Va/.imha ont droit aux plus 
grands honneurs, étant considérés comme les aines 
des ancêtres'-. » 

CVlll. « Selon la traditioii (des Tsimiheti de 
Mandrilsara, centre nord de Madagascar), dit 
M. A. Tralboux , le pays fut occupé antérieurement 
par les Vazimba. La crainte superstitieuse qui s'est 
attachée à ces premiers habitants de la grande île 
a contribué à effacer, comme ailleurs, les souvenirs 
qui s'y rapportaient. 11 ne reste même plus aucun 
vestige de leurs tombeaux, ou du moins semblent- 
ils aujourd'hui complètement ignorés. Dans le Me- 
nabe, on trouve encore un certain nombre d'indi- 
gènes de descendance Vazimba. Cantonnés sur les 
bords de la Tsiribihina ou autour des lacs , ils sont 
surtout piroguiers et pêcheurs. Ils prétendent que 
leurs ancêtres sont venus de l'Ouest sur des boutres 
et se sont fixés dans le pays avant farrivée des Masi- 
kura [sic), venus plus tard du sud de l'Onilahi. 
Cette affirmation parait d'autant plus digne de foi 
qu'il existe toujours sur la côte de Mozambique, 
d'après certaines cartes, une tribu dite de Oua- 
Zimba. Les Vazimba du pays Tsimiheti sont-ils venus 

' Conccplinn de la uiort f/it'i les Mnlqaclies , in Ilevue de Mada- 
ijascar, i90J,p. 646-647. 
^ Ibid., p. 6^8. 



402 MAI-JUIN 1908. 

également par mer sur la côte nord -ouest; sont- 
ils montés vers le Nord en partant de la cote ouest 
et en passant par i'iMerina et le plateau central? 
C'est une question qui ne pourra sans doute être 
éclaircie, et que recouvrira le voile du passé •. » 

CIX. «Je ne m'étendrai pas ici, dit M. Alfred 
Grandidier à la fin de sa Note sur les Vazimba de 
Madagascar, sur la vénération et la crainte supersti- 
tieuse que les Huva ont de tout temps témoignées 
aux Vatam - Baziniba , prétendus tombeaux de Va- 
zimba ou simples pierres consacrées à leur mémoire. 
Jusqu'à ces derniers temps, dans tout I'iMerina et 
même chez les Betsiléo, on attribuait aux Vazimba 
la plupart des maladies et des événements malheu- 
reux. Pour calmer leur courroux, on leur adressait 
des prières , ainsi qu'aux mânes des ancêtres au rang 
desquels on les mettait. Un habitant des provinces 
centrales venait-il à tomber malade, c'est qu'il était 
possédé par l'un d'eux pour avoir irrespectueusement 
foulé aux pieds son tombeau, et, sui\ant la gravité 
du mal , il devait tuer un bœuf, un mouton ou 
une volaille, suspendre à une perche la tête et les 
pattes de la victime et oindre la pierie ou vatiim-Ba- 
z'unha de graisse; quant à la viande, on la mangeait 
en famille. On leur oflVe aussi des sacrifices ana- 
logues pour obtenir leur prijtection et avoir beau- 
coup d'enfants , gagner de grandes richesses , faire un 

' Elude sur les Tsiinihcty, in lu tac de Miiddtjtisatr, i()o3, i" sc- 
meslrc, p. 2 21-2 22. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MAUJACHES. 463 

heureux voyage, revenir sain et sauf de la guerre, elc. 
Mais cette vénération, cette crainte superstitieus(> ne 
uie paraissent pas , comme l'ont pensé quelques au- 
teurs, devoir être attribuées aux remords de conqué- 
rants ayant exterminé les vaincus; car il n'est pas 
douteux, d'après les traditions même des Huva, que 
les envahisseurs malais , qui étaient intelligents , disci- 
plinés et relativement bien armés, ont facilement et, 
sinon immédiatement, au moins à la longue et pour 
ainsi dire sans coup férir, imposé leur joug aux ha- 
bitants de l'iMerina; attribuer, du reste, à des bar- 
bares, et principalement à des Malais, des remords 
dus à une semblable cause, c'est ignorer complète- 
ment leur nature. Le respect voué aux tombeaux 
des Vazimba est précisément dû à ce que la masse 
(le la population du centre de Madagascar est for- 
mée de leurs descendants, plus ou moins mêlés avec 
les conquérants'. » 

Parmi les nombreuses légendes ayant trait aux 
Vazimba, je traduis la suivante : 

ex. «Il y avait autrefois, dit-on, des Vazimba 
ici (en iMerina). D'après ce qu'on dit, ils étaient de 
très petite taille et avaient une toute petite tête. On 
dit également qu'il en existe encore dans fouest, sur le 
bord de la mer. (Ln jour) qu'ils étaient venus jouer 
sur le bord de feau, ils prirent un animal appelé 

' Revue de Madaçjascar , 1900, 2' semestre, p. xo4. 



404 MAI-JUIN 1908. 

jaiianim-pila-hiha (le serpent à sept tètes). (Lne auti'e 
lois,) comme l'animal appelé Tnmpiin-âranii (maître 
(les eaux) passait, les Vazimba le chargèrent de la 
mission suivante : « Va dire ceci à notre père et à 
« notre mère : \ os enfants, les Vazimba, sont parlis 
.< au fond des eaux et vous envoient leurs meilleurs 
« souhaits. Appporte-nous (au retour) du sang d'ani- 
« maux(/i7/. de choses qui aient vie), leurs pieds, leur> 
« poils et leur graisse. Si tu fais cela, nous te proté- 
» gérons ». Le Tanipan-clranii partit. C'est à cause de 
cela qu'un certain nombre danimaux sont appe- 
lés Tanipiin-dranti. On dit que les \ azimba les ont 
doués de force; presque personne ne (peut) les tuer. 
Si quelqu'un est assez courageux pour les tuer, il 
doit en\elopper (leur cadavre) dans de la soie. » 

« On raconte que les Vazimba envoyèrent ensuile 
le martin-pècheur à leur père et à leur mère en le 
chargeant de dire ceci : « Vivez bien, ô père et mère. 
« Le Vazimba nous fait demander de lui envoyer des 
«poules et des moutons». Lorsque le marlin-pc- 
cheur eut dit cela, il revint auprès du Vazimba qui 
lui dit : « Parce que tu as été zélé et sage, je vais te 
« récompenser. Je te mettrai une auréole sur la liMc 
« et tu seras habillé de bleu le jour et la nuit. Si tu 
« as des enfants , c'est moi qui te soignerai lorsque 
M tu auras enfanté. Celui qui voudrait te faire mou- 
« rir, je le tuerai avant qu'il n'ait mis son projet à 
« exécution ». C'est pour cela , dit-on , que le martin- 
pècheur est devenu si joli et qu'il fait son nid au bord 
de l'eau. » 



L'ORIGINE AFRICMNE DES MALGACHES. 'i65 

« En iMerina', beaucoup de gens prient ainsi le 
V^iziniba : «Si lu viens à mon aide, si tu nie guiMis 
« de cette maladie , si ma Hlle ou ma femme enfan- 
« tent, etc., etc., je t'apporterai de la graisse [litt. : 
«je remplacerai, je renouvellerai la graisse apportée 
« autrefois), je t'honorerai, je t'immolerai (un) mou- 
« ton et (un) coq en signe d'allégeance ^ » 

Les citations précédentes contiennent deux sortes 
d'informations bien distinctes : les .unes ont trait au 
type somatologique , culturel et linguistique des Va- 
zimba modernes qui résident ou résidaient dans 
fouestde Madagascar; les autres, au culte dont sont 
l'objet les tombes de Vazimba, particulièrement dans 
le centre de file. 

Le nom est autbentiquement africain : Vâzimbâ, 
qui n'a aucun sens en malgache , répond au bantou 
wâ-Zîmhà. C'est le nom d'une tribu de l'Afrique orien- 
tale. L'origine africaine du nom malgache n'est donc 
ni douteuse ni contestable. La langue des Vazimba , 
modernes n'est pas , il est vrai , un dialecte bantou , 
mais un dialecte malgache. Ce fait n'a rien de surpre- 
nant si on songe que depuis une quinzaine de siècles 
les Vazimba vivent au milieu de tribus parlant mal- 
gache, tribus avec lesquelles ils se sont inélangés, 
car déjà du temps de Drury, leur type somatologique 
n'était plus nettement négritien africain. Mais le 

' L. Daiile, Si)cciiiwns of Maluijasy folL-lorc (en malgache), 
Tananarive, 1877, iii-16, p. 2i)'t : ny Vazimba. 

XI. 3o 



466 MAI-JUIN 1908. 

nom bantou qu'ils ont conservé nous est un sùi' 
garant de leur oiigine africaine. 

La plupart des tribus de Madagascar, sinon toutes, 
rendt'ut un culte à des pierres-Vaziniba et à de pré- 
tendues tombes de Vazimba. 11 s'agit en réalité d'un 
culte rendu aux mânes des ancêtres. Dans ce cas 
spécial, le nom Vazimba recouvre un thème bantou 
très voisin du nom de la tribu d'origine africaine. 
Dans les langues bantous , mânes , esprits des ancéircs 
se dit : 

SING. . PLUR. 

Swahili m-ziinu ini-zîinii 

Tonga , makua , elc ... . tmi-ziuui ma-dzimo 

Zulu u-mu-zimu 

Rundi u-7nu-dzimu 

Suna ma-dzimo 

Duala Jiw-dimo 

Tsuana mo-dimo ba-dimo 

Le tsuana ba-dimo a le sens spécial de esprits 
malfaisants. 

La forme *wa-zima ne nous est pas attestée en- 
core, «mais elle est possible», m'écrit le Père Sa- 
cleux. Nous avons, en effet, en swahili les thèmes 
a-zima « vie », -zima « vivant », qui on sont extrême- 
ment proches. D'après les exemples précédents, on 
peut restituer une forme moyenne *-zimu qui, avec 
le préfixe plural usité en bantou de Madagascar pour 
les noms de cette classe, donnerait *wa-zn»u>malg. 
vàzlmu, dexenu vàzimbà par assimilation avec ce nom 
tribal. Il est bien évident qu'à l'époque où les Va- 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 'i07 

zimba parlaient un dialecte bantou, leur nom tribal 
et celui des mânes des ancêtres n'étaient ni ne pou- 
vaient être confondus. Mais lorsque les dialectes ban- 
tous de Madagascar ont été remplacés par la langue 
malayo -polynésienne des immigrés Indonésiens, 
lorsque, par le métissage avec ces indonésiens, le 
souvenir même de leur origine africaine s'est perdu , 
les descendants des anciens Vazimba réunirent dans 
un même culte les ancêtres proprement dits, c est-à- 
dire les ancêtres spéciaux dont on vénérait les esprits , 
et la race tout entière. * Va-zima et Va-zimha sont ainsi 
devenus synonymes , et le nom tribal , perpétué par 
quelques rares Vazimba ayant seuls survécu, a pris 
le double sens de triha de Madagascar et de esprit des 
ancêtres. 

Quelques tribus malgaches ont inscrit les Vazimba 
dans leur théogonie et les ont transformés en dieux 
infériems. Si l'existence des Vazimba ne nous était 
pas attestée, nous pourrions considérer ce culte 
comme une survivance exclusivement religieuse de 
la période bantou de Madagascar; mais les faits ex- 
posés ci-dessus ne permettent pas de prendre cette 
hypothèse en considération. Le processus du culte 
moderne me semble pouvoir être ainsi reconstitué : 

Culte rendu aux mânes des anciens chefs > culte 
étendu aux mânes de tous les ancêtres familiaux > 
culte rendu aux mânes de tous les Vazimba sans dis- 
tinction de caste ni de sexe au fur et à mesure que 
diminuaient en nombre , jusqu'à bientôt disparaître , 
les représentants de cette ancienne tribu africaine 

3o. 



468 MAI-JUIN 1908 

>- divinisation des Vazimba qui sont devenus des 
êtres supérieurs, n'ayant jamais \écu de Ja vie lui- 
niaine , pour certaines tribus du centre et de l'Est. 



ONTAISATRLHA, OMl'lLAMPE, OMPIZE 
ET KIMLSl. 

CXI. « J'auiais l)ien parlé, dit Flacourl, d'une 
nation que l'on m'a dit avoir été autrefois dans l'île, 
laquelle se nommait Ontaysairoiiha (Ontaisatruha), 
et habitait lt;s montagnes qui sont entre le pays des 
Anacbimoussi (Ana-Kinmsi) et la rivière de Ranou- 
mene (Ranumena). Cette nation n'avait aucune 
communication avec ses voisins; mais leur faisait la 
guerre, se servait de l'arc et de la llèche, mangeait 
ses ennemis et les voyageurs qui passaient par son 
pays. Ces barbares mangeaient les malades lorsqu'ils 
se voyaient hors d'espérance de guérison, ils leur 
coupaient la gorge et en portaient les mains à leur 
roi pour les manger. Les pères et mères n'avaient 
point d'autres sépulcres que leurs enfants. Ils nour- 
rissaient des troupeaux de vaches, ne châtraient ni 
taureaux, ni béliers, ni boucs, ni coqs, et se conten- 
taient seulement du lait des vaches, et quand elles 
mouraient ils les enterraient, comme aussi les tau- 
reaux, moutons et cabris, et ils les faisaient coucher 
sur des nattes , lorsqu'ils voulaient dormir. Ils man- 
geaient leurs chiens quand ils ne pouvaient plus 
chasser le sangli(M\ dont ils étaient friands. Ils culti- 
vaient la terre à la façon des autres nations de l'île. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 'i69 

Us étaient très mal faits, et très mal formés, ils 
avaient les veux petits, la face large, les dents aiguës, 
le nez très camus, les lèvres très grosses et les che- 
veux frisés et courts, la peau rougeâtre , sans barbe, 
le ventre grand et les jambes grêles : ce qui faisait 
qu'ils étaient agiles à courir. Ils se sont si bien man- 
gés les uns et les autres, qu'étant réduits à un très 
petit nombre, ils ont été tous exterminés depuis vingt 
ans par leurs voisins, et leurs ennemis, sans qu'il en 
soit resté un seul de l'un et l'autre sexe. J'ai appris 
ceci d'un maître de village du pays des Machicores 
(Masikoro) de leur voisinage, et m'a été confirmé 
par plusieurs autres ^ » 

CXII. « Il y a en plusieurs endroits des hommes 
vraiment sauvages que l'on nomme Ompizécs , qui 
ont femmes et enfants , qui laissent croître leur poil , 
barbe et leurs cheveux, et vont tout nus, et se con- 
tentent d'une feuille de balisier pour couvrir leur 
nudité. Ils vivent dans les bois les plus épais et les 
moins fréquentés , fuient la conversation des autres 
nègres, vivent de pêche, de chasse, de fruits et de 
racines qu'ils trouvent dans les bois, de miel sau- 
vage, comme aussi de sauterelles ou locustes-. » 

CXIII. « Quelques-uns ont voulu faire accroire 
qu'il y avait (à Madagascar) des géants et des pyg- 

' Histoire de la grande isle Madaqnscar, Paris, 16O1, in 4" 
p. VII tle l'avant-propos. 

- Iliiil. . p. VII (le ravant-propa*. 



470 MAI-JUIN 1908. 

mées : je m'en suis informé exprès , ce sont des fables 
(jue racontent les joueurs d' Hcrravoa [Heravu, espèce 
de violon). J'ai mi un endroit proche d'Itapere^ où 
il y a grande quantité de pierres plantées debout , 
où Ton m'a dit que c'était des pygmées qui y étaient 
enterrés. Ces pygmées étaient venus en grand nombre 
faire une course dans le pays d'Anossi (Anosi ) dont ils 
furent repoussés jusqu'à la rivière d'Itapere, laquelle 
n'ayant pu passer faute de bateaux, ils furent tous 
mis à mort, et pour marque de \ictoire, les victo- 
rieux les enterrèrent tous, et dressèrent ces pierres-. » 

CXIV. « , . . , et les autres (Hollandais naufragés 
ont été) tués en trahison parles Ompilampes , cjui sont 
voleurs demeurant dans les bois '. » 

CXV. « L'autre (le septième fds du diable) était si 
paresseux , qu'il aimait mieux laisser ses terres en 
friche que de les cidtiver, et incitait tous les hommes 
à faire de même que lui; en sorte que les Ompilampes 
ou voleurs dans les bois, (les) Ompizéea ou sauvages 
et fainéants l'ont imité ''...» 

CXVI. uFamlre^ est une rampe (liane) dont la 
racine est bonne à manger, comme aussi celle du 

' Village marilimo do la cnlo siul-osl, an nord de t'ori Daii- 
pliin. 

- Lnc. cit. 
^ Ihid.p. 3i. 
" Ihlfl.. p. f)i. 
•'' ]<'mi(Jn. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 471 

hninhoiic^, de ces racines vivent les Oinpilampes (el 
les) Ompezécs {sic) qui sont gens qui ne cultivent 
ni ne plantent point, ce sont proprement sauvages 
qui vivent dans les bois, et fuient la conversation 
des autres hommes, ce sont pauvres gens qui ont 
été ruinés par les guerres, qui aiment mieux vivre 
comme cela que de planter et faire des maisons 
et villages. Il y a beaucoup de ces gens-ci en cette 
terre; mais ils se cachent et fuient la compagnii' 
des autres hommes. Les Nègres les tuent quand ils 
les attrapent; car ils disent qu'ils dérobent leurs 
bestiaux et mangent leurs vivres^. » 

CXVII. « Il y a (à Madagascar) quelques hommes 
errants, dit le Père Nacquart, qu'on appelle Opi- 
lampes [sic), qui sont un peu sauvages et habitent 
dans les bois pour dérober ce qu'ils peuvent; ils 
fuient dès qu'ils voient une personne inconnue ''. 
. . .Voilà des nouvelles qui viennent d'arriver d'un 
jeune Français qui était malade dans le voyage des 
Imaphales (Mafali ou Mahafali), lequel a été tué 
par les Ompilampes, c'est-à-dire, voleurs des bois. 
11 y en a dans les pays ruinés par la guerre; ils ne 
vous donnent guère quartier, s'ils peuvent vous sur- 
prendre*. » 



' Homhuha, Hombuka. 
^ hoc. cit. , ji. 1 l'y. 

■^ Mémoires de la comircqation de la Mission (dilc dos Lazaristes] , 
Paris, iSCy, in-8°, t. IX, p. 6o. 

'' Ihid.', p. 226-32'7. 



472 MAI-JUIN" 1908. 

« La iSeulc note de quelque intérêt (trouvée dans 
les papiers du naturaliste Commerson), dit l'abbé 
liocbon , concerne les Quimosses. Je vais la tran- 
scrire, et y joindre un petit mémoire de M. de Mo- 
dave sur le même sujet : 

GXVIII. « Les amateurs du merveilleux, qui nous 
« auraient sans doute su mauvais gré d'avoir réduit 
« à six pieds de haut, la taille prétendue gigantesque 
« des Patagons, accepteront peut-être en dédomma- 
« gement une race de Pygmées qui donne dans l'ex- 
« ces opposé. Je veux parler de ces demi-hommes 
« de l'intérieur de la grande île de Madagascar, et 
«qui y forment un corps de nation considérable, 
«appelé Quimos ou Kimos, en langue madécasse. 
« Le caractère naturel et distinctif de ces petits 
« hommes est d'être blancs , ou du moins plus 
« pâles en couleur que tous les noirs connus; d'avoir 
Il les bras très allongés, de façon que la main atteint 
«au-dessous du genou sans plier le corps; et pour 
« les femmes, de marquer à peine leur sexe par les 
«mamelles, excepté dans le temps qu'elles nour- 
« rissent; encore veut-on assurer que la plupart sont 
« forcées de recourir au lait de vache pour nourrir 
«leurs nouveau -nés. Quant aux facultés inlellec- 
« tuelles, ces Quimos le disputent aux autres Madé- 
« casses, que l'on sait être fort spirituels et fort 
«adroits, quoique livrés à la plus grande paresse; 
«mais on assure que les Quimos, beaucoup plus 
«actifs, sont aussi plus belliqueux; de façon (|ue 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGÂCHES. 'i73 

«leur courage étant, si je puis m'exprimer ainsi, 
«en raison double de leur taille, ils n'ont jamais 
«pu être opprimés par leurs voisins, qui ont sou- 
« vent maille à partir avec eux. Quoique attaqués 
« avec des forces et des armes inégales ( car ils n'ont 
« pas l'usage de la poudre et des fusils comme leurs 
«ennemis), ils se sont toujours battus courageu- 
« sèment, et maintenus libres dans leurs rochers, 
« leur diflicile accès contribuant sans doute beau- 
« coup à leur conservation. Ils y vivent de riz , de 
«différents fruits, légumes et racines, et y élèvent 
« un grand nombre de bestiaux (bœufs à bosse et 
« moutons à grosse queue) dont ils empruntent aussi 
« en partie leur subsistance. Ils ne communiquent 
« pas avec les différentes castes madécasses dont ils 
« sont environnés , ni par commerce ni de quelque 
« autre manière que ce soit , tirant tous leurs besoins 
« du sol qu'ils possèdent. Comme l'objet de toutes 
« les petites guerres qui se font entre eux et les 
« autres habitants de cette île est de s'enlever réci- 
« procfuement quelque bétail ou quelques esclaves , 
« la petitesse de nos Quimos les mettent (51c) à l'abri 
« de cette dernière injure; ils savent, par amour de 
«la paix, se résoudre à souffrir la première jusqu'à 
«un certain point, c'est-à-dire, quand ils voient, 
« du haut de leurs montagnes , quelque formidable 
«appareil de guerre qui s'avance dans la plaine, ils 
« prennent d'eux-mêmes le parti d'attacher à fentrée 
« des défdés par où il faudrait passer pour aller à 
«eux, cpielque superflu de leurs troupeaux, dont 



/i74 MAI-JUIN 1908. 

«ils font, disent-ils, volontairement \q sacrifice à 
« l'indifjence de leurs frères aînés; mais avec protes- 
« tation en même temps de se battre à outrance, si 
« l'on passe à main armée plus avant sur leur ter- 
« rain ; preuve que ce n'est pas par sentiment de 
« faiblesse, encore moins par làcbeté qu'ils font pré- 
:< céder leurs présents. Leurs armes sont la sagaye 
« et le trait, qu'ils lancent on ne peut pas plus juste : 
«on prétend que s'ils pouvaient, comme ils en ont 
«grande envie, s'abôucber avec les Européens, et 
« en tirer des fusils et des munitions de guerre, ils 
<( passeraient volontiers de la défensive à l'offensive 
«contre leurs voisins, qui seraient peut-être alors 
« trop heureux de pouvoir entretenir la paix. A trois 
«ou quatre journées du fort Dauphin, les gens du 
« pays montrent avec beaucoup de complaisance une 
« suite de petits mondrins , ou tertres de terre en 
«forme de tombeaux, qu'ils assurent devoir leur 
«origine h un grand massacre de Quimos, défaits 
« en pleins champs par leurs ancêtres. Quoi qu'il en 
«soit, cette tradition constante dans ces cantons, 
« ainsi qu'une notion généralement répandue par 
« tout Madagascar, de l'existence actuelle des Qui- 
« mos , ne permettent de douter qu'une partie au 
«moins de ce qu'on raconte ne soit véritable. . ,. 
«Pour revenir à nos Quimos, j'attesterai, comme 
« témoin oculaire, ([ue dans le voyage que je viens 
«de faire au fort Dauphin (sur la fui de 1770), 
« M. le Comte de Modave, dernier Gouverneur, fpii 
« m'avait déjà communiqué une partie de ces obser- 



LORKÎINE AFRICAINE DES MALGACHES. 'i75 

«valions, mo procura enfin la satisfaction de me 
« faire voir parmi ses esclaves une femme Quimose, 
"âgée d'environ, trente ans, haute de trois pieds 
«sept pouces, dont la couleur était en effet de la 
« nuance la plus éclaircie que j'aie va parmi les ba- 
« bitants de cette île : je remarquai qu'elle était bien 
« membrue dans sa petite stature, ne ressemblant 
» point aux petites personnes fluettes, mais plutôt à 
« une femme de proportion ordinaire dans le détail , 
« mais seulement raccourcie dans sa hauteur ; que 
« les bras en étaient effectivement très longs , et 
«atteignant, sans qu'elle se courbât, à la rotule du 
«genou; que ses cheveux étaient courts et laineux; 
«la physionomie assez bonne, se rapprochant plus 
« de f Européenne que de la Madécasse, qu'elle avait 
« habituellement l'air riant, l'humeur douce et com- 
« plaisante et du bon sens , à en juger par sa con- 
« duite. Quant aux mamelles , il ne s'en trouva que 
« le bouton ; mais cette observation seule est bien 
« loin de suffire pour établir une exception à la loi 
« commune de la nature. Enfin peu avant notre 
'< départ de Madagascar, l'envie de recouvrer sa 
« liberté, autant que la crainte d'un embarquement 
«prochain, portèrent la petite à s'enfuir dans les 

« bois Les montagnes de Madagascar oii ha- 

« bitent les Quimos ont seize à dix-huit cents toises 
« de hauteur au-dessus du niveau de la mer. » 

GXIX. « Je vais donner, continue Rochon , à la 
suite de cet extrait du mémoire de M. Commerson 



476 MAI-JUIN 190S. 

sur les Quimos, un petit écrit de M. de Modave, sur 
lo momo sujet : « Lorsque j'arrivai au fort Daupliiii. 
«en septembre 1768, on me remit un mémoiic 
« assez mai rédigé , qui contenait quelques parlicu- 
H iarités sur un peuple singulier, nommé, en langue 
« Madécasse, Quimos, qui habite le milieu de l'île de 
H Madagascar, par la latitude de vingt-deux degrés, . . 
« li s'agit d'un peuple de Nains, vivant en société, 
« gouverné par un chef, protégé par des lois civiles. . . 
« Ce peuple se nomme Quimos ou Kimos : la taille 
« moyenne des hommes est de trois pieds cinq pouces; 
«ils portent une barbe longue et arrondie; la taille 
« des femmes est de quelques pouces plus petite que 
« celle des hommes. Les Quimos sont gros et trapus; 
" la couleur de leur peau est moins basanée que celli> 
«des autres insulaires, et leurs cheveux sont courts 
« et cotonnés. Ils forgent le fer et l'acier, dont ils font 
« des lances et des sagayes. Ce sont les seules armes 
« dont ils se servent pour se défendre contre leurs 
«ennemis, qui tentent quelquefois de leur enlever 
« des bestiaux. Dès qu'ils aperçoivent des troupes de 
« voyageurs qui se disposent à traverser leur pays , 
« ils attachent des bœufs à des arbres, et y joignent 
« d'autres provisions, afin que ces étrangers trouvent 
« sur leurs frontières des moyens de subsistance. Mais 
« lorsque ces étrangers n'ont pas la prudence de les 
« laisser en paix, et de se contenter du présent usité 
« en pareilles circonstances, les petits Quimos savent 
«se défendre vigoureusement, et repousser par la 
« force ceux qui ont la témérité de vouloir, malgré 



L'OUK'.INE Al-IUCAINE DES MALGACHES. 477 

« eux, pénétrer clans la vallée qu'ils habitent et dont 
«l'accès est difllcile, Remouzai', (jui avait suivi , en 
« qualité de capitaine , le père du Chef Maimbou 
« (Maimbu), dans les deux malheureuses expéditions 
«qu'il entreprit contre ses {sic) peuples, pour leur 
« enlever une partie de leurs troupeaux, et les vendre 
« ensuite au fort Dauphin , m'a dit qu'il ne dut son 
« salut qu'à la connaissance particulière qu'il avait 
« des montagnes élevées et escarpées qui cernent leur 
« vallée, Remouzai avait été plusieurs fois chez les 
« Quimos : le père de Maimbou l'avait pris pour 
«guide, lorsqu'il se hasarda à les attaquer, La pre- 
« mière incursion n'eut aucun succès; sa petite ar- 
« mée fut mise en déroute , et le nombre de ceux qui 
« échappèrent à la poursuite de ces Pygmées fut peu 
« considérable. . . Maimbou, avec lequel j'ai eu de 
« grandes relations pour l'approvisionnement du fort 
« Dauphin , n'était pas en âge d'accomjîagner son père 
« à cette expédition , mais il avait conservé contre les 
« Quimos une aversion telle , qu'il devenait furieux 
« lorsque je lui en parlais. Il voulait m'engager à 
« exterminer cette race de singes (car il ne leur don- 
« naît jamais que cette injurieuse dénomination). Un 
« Chef des Mahafalles (Mahafah), pays voisin de la 
«baie de Saint-Augustin, qui venait chez un Chef 
«voisin du fort (Dauphin), pour y échanger de la 
« soie et d'autres marchandises contre des bœufs, dit 
« devant un de mes officiers qu'il avait été plusieurs 

' Probablement pour lia-Musa. 



478 MAI-JUIN 1908. 

" fois dans le pa\s dos Quimos, et que même il leur 
«a\ait fait la guerre. Ce Chef ajouta que, depuis 
«quelques années, cette nation était fort tourmentée 
« par les peuples voisins , et qu'on leur avait binilé 
« plusieurs villages. Ce Chef se vantait d'avoir chez 
« lui un Quimos et une Quimose à peu près de même 
« âge ; il leur donnait de 20 à 2 5 ans . . . D'après 
«les relations de ce Chef et celle de Remouzai, je 
« dois croire la vallée des Quimos très riche en trou- 
« peaux et en toutes sortes de subsistances. Ces petits 
« hommes sont laborieux et bons cultivateurs. Le 
« Chef des Quimos jouit d'une autorité plus absolue 
« et plus respectée que celle des autres Chefs des 
M différentes contrées de Madagascar. Je n'ai pas pu 
« connaître l'étendue de la vallée qu'ils habitent; je 
« sais seulement qu'elle est entourée de très hautes 
« montagnes , et que sa situation , par rapport au 
« fort Dauphin, est au Nord-Ouest, à soixante lieues 
« de distance. Le pays des Matatanes (Matatana) la 
« borne dans la partie de l'Ouest. Leurs villages 
« sont assis sur de petits mondrains dont l'escarpe- 
« ment est d'autant moins facile à gravir, qu'ils ont 
« encore multiplié les obstacles qui en défendent les 
« approches ... Je me suis procuré une femme Qui- 
« mose , qui a été prise à la guerre , îl y quelques 
«années, par un Chef de la province de Mandra- 
« rei : cette femme est de haute stature, comparali- 
« vement à celle que l'on suppose aux autres femmes 
"de sa nation; cependant elle n'a ([ue trois pieds 
" sept pouces : son âge est de 3o à 3-2 ans; ses bras 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 479 

« sont fort longs, et ses mains ressemblent l\ la patte 
« d'ini singe; le mamelon de son sein est aussi adhé- 
« rent à sa poitrine que celui des hommes les plus 
« maigres, sans vestige de mamelles. Ma petite Qui- 
« mose était dune maigreur effrayante à son arrivée 
« au fort Dauphin; mais depuis quelle peut se livrer 
i< à son appétit dévorant, elle prend de l'embonpoint, 
« et je crois que lorsqu'elle sera dans son état natu- 
« rel , les traits de son visage mériteront d'être soi- 
K gneusement observés. Le Chef qui m'a vendu cette 
« Quimose m'a dit qu'un de ses amis avait chez lui 
«un Quimos, et qu'il ferait son possible pour me 
« l'envoyer ^ » 

CXX. «Le pays (des Ambolambes, liMerina), 
dit Jacques de Lasalle , était autrefois habité par les 
Quiinosses, noirs très robustes. C'est une vallée en- 
tourée de montagnes qui lui servent de défense. Le 
peuple a les cheveux plats ^. » 

CXXI. «La légende, dit M. Bénévent, raconte 
que, de temps immémorial, les Quimosses ont ha- 
bité le sud du district d'Ambalavau ^ au pays des 
Eringdranes (Arindranu) d'où ils sont descendus 
pour occuper la vallée de la Menaharaka où ils sont 

' Voyaae à Madaqascar et aux Indes orientales, Paris, 1791, 
în-S", p. 127-141. 

- Mémoire sar Madaqascar, loc. cil., dans Notes, 1898, t. I, 
p. 576. 

' Arabalavau est au sud de Fianarantsua, la capitale du pays 
Betsileo. 



480 MAI-JUIN 1908. 

encore roprésentés par plusieurs petits clans appelés 
Kiniusu qui a])parliennent au tlislrict d'iX uhibe. Je 
vous adresse ci-inclus, écrit M. Bénévent à l'Aca- 
démie malgache, un petit croquis ethnique précisant 
les points où se trouvent ces clans. L'n de leurs chefs, 
Andriantahi, raconte ce qui suit: Les Kimusu ont 
habité les hauts plateaux du Betsileo avant de venir 
dans la région d'i\'uhibe et ont occupé le territoire 
qui se trouve au sud d'Ambala\ au et la région d'Ani- 
balavau elle-même. Us sont de même race que les 
Betsileo, mais ils ont contracté de nombreux ma- 
riages avec des indigènes de race hara depuis leur 
arrivée dans le pays hara, et le type betsileo primi- 
tif s'est de ce fait rapidement modifié. Andriantahi 
n'a pas pu spécifier fépoque à laquelle les Kimusu 
ont émigré ; mais il a assuré que leur arrivée dans le 
district d'iVuhibe est très ancienne. Il affirme qu'ils 
ont de beaucoup précédé les Zafi-Maneli qui four- 
nissent aujourd'hui les lignées des rois hara. Le 
grand chef des Bara , iAntsantsa, confirme du reste 
ces renseignements'. « 

Dans les extraits qui précèdent , quatre nouveaux 
noms tribaux sont mentionnés : les Ontaisatruha 
(CXI), lesOmpilampe (CXIV, CXV, CXVI, CX\ II), 
les Ompize (CXII, CXV, CXVI) et les Kimusi ou Ki- 
musu (CXVIII, CXIX, CXX, CXXI). Le premier, 
Ontaisatruha, est un composé de on-\-ta-{-i-\-Satraha , 

^ BuUrtin de l'Acdilnnic nudauihc . vol. IV, i'" partie, iyo5- 
190G , p. 8'i. 



L'ORIGINK AFRICAINE DES MALGACHES. 'i8l 

lin. : « les gens, les hommes Satruha, ou les gens de 
LSatruha ». D'après Flacourt qui nous a conservé ce 
nom tribal, les Ontaisatriiha auraient disparu vers 
i63o; c'est le seul renseignement historicpie qu'il 
nous ait transmis à leur sujet. J'ignore si Satruha est 
un nom de lieu ou de personne. L'/t intervocalique 
des notations européennes est toujours difficile à in- 
terpréter lorsqu'il s'agit de noms propres. Dans le 
cas présent, représente-til un ancien k ou (j : satruha 
■<.*saduk ou *sadu(i, *saruJia, 'sariuja? Est-il seule- 
ment en fonction orthographique pour éviter l'hia- 
tus ou la diphtongaison des voyelles antécédente et 
subséquente : sa-tni-li-a-<:'sa(hiwa, *sadmi, *sariwa, 
'sariia? C'est ce que je ne saurais dire. 

Ompdainpc ou Ompilamjni ligure dans le Diclioii- 
ludve de la langue de MadiKjascar de Flacourt, sub 
verbis sauvage et voleur des bois^. Cf. également le 
vocabulaire de Drury sub verbo ndld '-. Ce nom peut 
se décomposer en on-{-Jdainpe -^z milampe = pvr]\xe 
verbal TJ/i-j-thème radical lampe. Lawpe ou lampu 
est la graphie incorrecte d'un mot que je n'ai pas 
encore pu retrouver ou une expression désuète qui 
m'est inconnue. 

L'étymologie de Ompize n'est pas moins obscure. 
Morphologiquement, ce pourrait être un composé 



^ Éd. Ferrand, Paris, 1900. 

^ Ed. Oliver, p. 334. MM. A. et G. Grandidier, qui ont traduit 
en français l'ouvraire de Drury [Cnllcctinn , t. IV, 1906), inter- 
prètent le mclamjw de l'auteur anglais (qu'il faut lire milampo) par 
melnlia-\-fo = tnela-po , litt. «au cœur méchant» ! 



KATlOnALE. 



482 MAI-JUIN 1908. 

de l'article on et de 'Jize ou 'pize. La recherche du 
thème radical est malaisée, jjarce que nous ignorons 
si ion prononçait Ompize ou Ompizé^. 

Flacourt place au sud des Eringdranes le Bet- 
sileo méridional actuel , le pays des Kimusi. « Le 
pays des Anachimoussi (au lieu de des Anachimoiissi, 
lire (les Zana-kimiisi) , dit-il, est un pays au travers 
duquel passe la rivière d'Iongli-aivou (Oni-aivu), 
bordé à l'Est par cette rivière, au Sud du pays de 
Manamboule (Manambulu), et à l'Ouest de grandes 
montagnes. C'est un pays riche en bestial , m , 
ignames et autres vivres et fort peuplé. Le grand (le 
chef) s'appelle Ratsilia , au Nord il y a la rivière de 
Mangharac (Manaraka^) et les Eringdranes (Arin- 
dranu), au tra\ers desquels la rivière prend son 
origine. C'est une province qui n'est pas beaucoup 
grande, contenant seulement quati'e petites journées 
(de marche) de long ■*. » Ce sont les mêmes indigènes 
dont M. Bénévenla retrouxé les descendants (CXXl) 
et dont le nom s'est légèrement modifié en Kiniusa'^. 
En swahili, les nains sont appelés par antiphrase : 
mbili-kimo, litt. « deux tailles » , ceux qui ont une double 



^ JVaprès la notation de Flacourt (CXII et CXV), c'est Oinpizê 
qu'il faudrait lire. Dans cette hypothèse, ce pourrait être la forme 
oxytoniquc monophlongue d'un ancien *Ompizùya > owpizây > 
ompizr, sur le modèle de malais : baivâya , crocodile > malg. vii- 
wàj > vudj > vuéj > vue. 

^ Appelée aussi Mai'uiliaralia et M<i'inltaial,a. 

^ Loc. cit.. p. i4. 

* Cf. un doublet du uiémc genre, l<isûsi et liisûsu, éruption 
cutanée occasionnée par la variole. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 483 

taille. 11 est très tentant de rapprocher le swahili 
hiDio du malgache kiiiiu-se ; mais la finale -se reste 
alors inexpliquée. Faut-il lire maig. kima, taille -j .se 
<5ai, petite .►^ Cette explication est plus correcte, 
mais on doit alors supposer, ce qui n'a rien d'invrai- 
semblable, que /fn/jjKswh. Idino était usité en mal- 
gache ancien. D'autre part, en malgache moderne, 
un phonème à peu près identique, kcmu, signifie 
contraction, rétrécissement. L'interprétation kim li- 
se , petite taille , concorde avec ce que nous ont rap- 
porté Commerson et Modave ; mais je ne la consi- 
dère cependant pas comme décisive. 

LES PYGMÉES. 

Plusieurs légendes malgaches anciennes et mo- 
dernes mentionnent l'existence d'indigènes de petite 
taille. D'après ces traditions , ce sont tantôt des 
Vazimba (CV, CX), tantôt des Kimusi (CXVIII, 
CXIX), ou des indigènes non dénommés (CXlll). 
D'après M''' Le Roy, les caractères soniatologiques 
des négrilles ou pygmées africains sont les suivants : 

« La taille du négrille « doit être placée entre 
« 1 m. 3o et 1 m. 45 ^ ». 

« Généralement, (par rapport à l'homme normal), 
la tête est trop grosse , le cou trop petit , les épaules 
trop étroites, les bras trop longs, la poitrine trop 



^ Les Pjtjmécs , nvyrillcs d'AJ'rujue et iic(jritos de Lisiej Tours, 
;r. in-8°, s. d., p. 70. 

3i. 



484 MAI-JUIN 1908. 

plate, le ventre trop développé, le tronc trop fort 
sur des jambes trop courtes ^ » 

« Plus on se rapproche du négrilie primitif, plus 
la peau paraît devenir claire, et c'est un des prin- 
cipaux caractères donnés par les indigènes eux- 
mêmes-. . . En résumé, on peut répéter que la cou- 
leur du pur négrilie, libre de tout mélange, est celle 
que l'on rencontre dans ces divers groupes (précé- 
demment décrits), la couleur jaune rouge, mais plus 
ou moins bien conservée, selon que le groupe lui- 
même s'est maintenu plus ou moins pur de toute 
alliance ou bien s'est allié avec des populations plus 
jaunes comme les Hottentots, ou plus noires comme 
les Bantous. De plus, nos négrilles étant essentielle- 
ment nomades, un nouvel élément, tantôt plus noir, 
et tantôt plus rouge, peut s'ajouter à l'un ou l'autre 
groupe, et déterminer ainsi ces \arialions entre les 
deux couleurs constatées chez eux ^. » 

« L'avant-bras (des négrilles) Irappe souvent par 
sa longueur. Chez l'Européen, il arrive à mi-cuisse 
environ; il descend plus bas chez le négrilie, mais 
sanspourtant jamais atteindre le genou. Les doigts 
sont longs, très fins et fort bien détachés. Par contre, 
les jambes sont ])resfju(> toujours trop courtes par 
rapport au reste du corps'. » 

Les indications somatologiques contenues dans 

' Op. cil., p. 71. 
- II)i<L , p. 78-79. 
' //)((/. , p. 82. 
^ Ilnd. , p. 86. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 485 

les extraits CXI , CXVIII et CXIX concordent dans 
leur ensemble avec les renseignements fournis par 
1\J"- Le Roy. 

« En prenant le radical -twa qui désigne un ra- 
meau considérable de négrilles de l'Est , dit le même 
auteur, on aura dans les divers idiomes bantous , au 
singulier: ni-twa, ma-lwa, peut-être o-twa ; et au 
pluriel : wa-twa , ha-lwa, peut-être a-twa, c'est-à-dire 
un twa, des twa. Il en sera de même pour le radical 
-hua ou plutôt -Ad-, qui distingue le rameau de 
l'Ouest (africain) : o-kôa et mo-kôa, au singulier : 
a-lioa et ba-kôa, au pluriel' ». J'ai montré précédem- 
ment (voir supra , p. 427) que le nom tribal moderne 
Antamhahwaka se décompose en an-^-tan^vahwalai , 
litl. : les hommes Valiwaka, qui sont des \ ahwaka. 
Valiwaka est très nettement un ancien thème ban- 
tou malgachisé ainsi qu'en témoigne la syllabe ini- 
tiale atone va-. Phonétiquement, il est sans doute 
issu d'un ancien * wdkivaka. * PVakwaka a tout l'as- 
pect d'une forme redoublée 'ivaka-wiika. La voyelle 
finale atone du premier terme est contractée avec 
la syllabe initiale tonique du second, d'où waka 
-{- waka:> wak-wâkâ. Cette forme redoublée n'a rien 
d'inattendu comme nom tribal. « Sur une carte datée 
de janvier 1708, dit M"" Le Roy, Guillaume de 
l'Isle figure au nord de l'Equateur, juste où Stanley 
l'a traversée pour la première fois, une grande fo- 
rêt avec cette mention : « Forêts habitées par les 

' 0\^. ril, , p. 2 S. 



486 MAI-JUIN 1908. 

« peuples bakké-bakké qui sont vassaux du li^rand 
«Macoco, et que Ton prétend être une nation de 
« nains. » Ainsi ces grandes forêts du Haut-Congo et 
ces Pygmées qui les habitent auraient été connus 
des anciens Portugais, avant d'avoir été signalés 
par le grand explorateur Stanley et mis en rela- 
tions avec les postes belges de TAruwimi et de 
rituri '. » Bdkhé-bakké est une notation inexacte à 
rectifier en haka-baka , forme redoublée du nom de 
négrilles haka, c'est-à-dire hn-ka , litt. les Ka. A ha-ka , 
k bantou de Madagascar répond par wa-ka, forme 
redoublée wâk-wâkâ conformément à la loi de sandlii 
malgache 2. Les modifications phonétiques du thème 
bantou initial à la forme malgache redoublée sont 
donc les suivantes : 

Thème bantou -ka 

Forme plurale wa-kn 

Forme redoublée waka-tvakn 

. ( 'trakwâka 

Malgaclie ancien . , . „ 

° / vdkivtika 

Malgache moderne viilnvdkd 

Le maintien en malgache de la syllabe médiale 
bantou -wa- s'explique aisément. La chute de Va an- 
técédent l'a transformée en diphtongue ; elle ne pou- 
vait donc pas aboutir à -va- comme le wa- bantou 
initial. Le pnunier -k- aboutit normalement à -/i-; la 

' Op. rit. , p. 52. 

^ Cf. par exemple nhn-\-nhn = ahahn , nhaha^ûhaha^uhah'i- 
haha. 



T;0RTGINE africaine des malgaches. '»,S7 

finale bantou -ka s'est maintenue par analogie avec 
la finale malgache -lia. 

En malgache, la forme redoublée a un sens dimi- 
nutif Vahvaka issu de ivak-waka peut ainsi signifier 
les petits fVaka. Or, le thème iva-ka aphérèse du 
préfixe plural, se réduit à -ka cjni est le nom des 
négrilles bantous de l'Ouest Africain. 

Wakwaka signifie « royaume, peuple, sujets ». Le 
roi était autrefois et est encore aujourd'hui, dans 
quelques tribus, désigné sous le nom de Andriam- 
bahwaka , litt. « le prince , le souverain des Vahvvaka ». 
Cette survivance montre que Vahvaka qui, comme 
nom tribal, est limité actuellement à une seule tribu 
orientale, a eu autrefois une très grande extension 
géographique et s'appliquait peut-être à tous les 
habitants de Madagascar. Dans le cas contraire, ce 
mot n'aurait pas pu acquérir postérieurement le 
sens de «peuple, sujets» dans tous les dialectes de 
la grande île africaine. 

Le P. Luiz Marianno cite parmi les indigènes 
de la côte occidentale les Ajimgnnes de f embouchure 
du Manambulu^ Ce nom n'a aucun sens en mal- 
o^ache, ni, que je sache, en bantou oriental. On 
pourrait le rapprocher de celui de certains négrilles 
de Fernan-Vaz , les A-jongo-. Une rivière malgache 
qui débouche à la mer dans la baie de Majunga, par 
environ iS^/iS'So" de latitude et kli"^' de lono;i- 



•&' 



^ Collection , t. 11, p. 218-222, 235-236. 25ô. 
^ Les Pycjmécs , loc. cil., p. '19. 



488 AI AI -JUIN 190 8. 

tude porte lo nom très voisin de \it(l:(tii<fn ou An- 
(hai'Kjini '. 

«Los liadilions des Négriilos, dil .Mgr l^c Koy, 
sont, au fond, partout les mêmes : sans se douter de 
l'étendue qu'ils occupent sur le continent africain, 
ils savent qu'ils ont des frères «loin, loin, loin », et 
leur lieu d'origine première intliqué par eux se re- 
trouve toujours au nord ou au nord-est. Tous aussi 
se jugent « maîtres de la terre » ; ils en nomment 
toutes les plantes, ils prétendent en connaître les se- 
crets, et les tribus qui les entourent, les entretien- 
nent ou les exploitent leur reconnaissent ce titre et 
leur rendent hommage-. »... « Quelle est ta terre.^ 
demande le même auteur à un chef négrille oriental 
de la région de Mlindi. — C'est toute la terre, ré- 
pond le négrille^. »... « Ceux qui labourent, dit un 
autre chef négrille , prennent un coin de la terre, 
coupent un bout de la forêt, tarissent un étang, 
écartent les bêtes. . . Or, à qui sont les terres, les 
forêts, les eaux et les bêtes .►^ C'est à nous. Et toi, 
quand tu passes, dit le négrille au missionnaire, lu 
suis un sentier : ce sentier, c'est nous qui l'avons fait 
dans nos bois. Il est à nous''. »... » A l'est, dit en- 
core M*^' Le Roy, les W'a-Boni ou W'a-Twa disent 
nettement, et en mêlant à leur déclaration une pointe 



' A. Gh^ndidikr, Jlist. (Ir 1(1 (jrrKir. de !\lnd(t(ins<ar, !oc. cit., 

^ Li's Py(jint''cs , j). .')i ()-!') 11. 

' Ib'nl. , j). r)9. 

^ Ih'nL. p. lo'i. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. /i89 

d'insolenco , que cesl à eux la terre et tout ce quelle 
porte, que les sentiers leur appartiennent, et (|ue les 
« autres » gâtent leurs forets avee tous ces champs de 
maïs, de manioc et de sorgho. Aussi leur en faut il 
une part : et on la leur donne. A rouest, quand les 
Noh's s'en vont k la chasse, cheicher du miel ou 
cueillir des fruits sauvages, ils ne doivent pas pro- 
noncer le mot d'A-Koa, s'ils ne veulent rentrer bre- 
douille; et, au cas où ils auraient besoin d'en parler, 
il faut dire « les hommes courts » ou « la grande 
nation », Inongo ivolo^. » 

Ces informations sont très précises : les autres ni- 
gritiens africains reconnaissent aux négrilles un droit 
de propriété sur la terre, droit purement platonique 
sans doute , mais cp^ii est implicitement reconnu par 
des dons spontanés de produits agricoles. A Mada- 
gascar, toutes les légendes rapportent que les Vazimba 
étaient autrefois tnmpnn'tani, litt. «maîtres de la 
terre », c'est-à-dire propriétaires du sol dont les ont 
dépossédés les immigrés étrangers-. Ce trait, que 
nous ont conservé les traditions des Malgaches mo- 
dernes , est tout à fait significatif. N'est-il pas à rap- 
procher du droit de propriété que revendiquent les 
néjirilles africains? Enfin les nigritiens africains con- 
sidèrent les négrilles comme doués d'un pouvoir ma- 
gique que la légende malgache attribue également 
aux anciens \ azimba (XCIX). 

^ Op. cit. , p. 2 35-2.30. 

^ Voir supra. Cil, S 2 , le droit des Vaziinha à la rueillelle des 
fruits, lorsqu'ils sont en voyage. 



/i90 MAI-JUIN 1908. 

L'IMPORTATION A î\lAl)V(;A8C\n 
D'ESCLAVES AFRICAINS. 

Les caractères somatologiques nigritiens africains 
de certains Malgaches et, particulièrement des tri- 
bus de l'Ouest, sont généralement attribués au croise- 
ment de ces indigènes avec les esclaves importés de 
la cote orientale d'Afrique. On a sans doute introduit 
à Madagascar des Makua du Mozaml)i([ue en nombre 
appréciable, mais nous ne possédons aucune donnée 
statistique sur cette immigration forcée. Elle est, en 
tout cas, de date récente. Les relations ancieimes 
rapportent, en effet, qu'au xvif siècle on exportail 
des esclaves de Madagascar; il n'y est pas fait men- 
tion d'importation. 

CXXII. 1 6 1 3. « 11 en est (des indigènes de Mada- 
gascar), dit le P. Luiz Marianno, qui ont prescpie le 
teint des blancs et peuvent soutenir la comparaison 
avec les métis les plus clairs; ce sont ceux qu'on 
amène du royaume des Uva (lluva), royaume 
qui est tout à fait au centre de l'de , et qu'on vend 
à JMazalagem (baie de Majunga) aux Arabes de 
Malindi '. » 

CXIM. iGGy. « J'ai entendu dire maintes fois, dit 
le P. Manuel Barreto, à Barlbolomé Lopes, bonnne 
de grand jugement et de plus grand esprit (encore), 

' Collectimi, t. H, p. i?>. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 491 

très pxpérimenté dans les voyages de Saint-Laurent 
(Madagascar), que si le roi (de Portugal) lui donnait 
six navires du royaume, armés et équipés avec des 
troupes portugaises, en y comprenant sa patache et 
quelques bateaux qu'il armerait avec des Cafres de 
l'autre côte (de la côte d'Afrique), il se faisait fort 
de mettre en fuite tous les bâtiments des Maures qui 
de la Mekke , de Brava , de Mogadiso ^ venaient dans 
celte île (de Madagascar) acheter des Buques (Buki = 
Malgaches). Les Maures en achetaient plus de trois 
mille chaque année. Ils ont à cet effet, dans plusieurs 
ports, des prêtres musulmans^ qui, dans le cours 
de l'année, vont les acheter et les catéchiser (dans 
l'Lslâm ) , à la grande honte du renom chrétien . . . ^. » 

Auxxvif et xviif siècles, les navires européens qui 
font escale à Madagascar y achètent et en exportent 

^ Le texte portugais d'il : cfiie de mecca brava e Maçjadnxô . . . 
Peut-être y a-t-il une erreur de lecture , car on ne voit pas l)ien ce 
que vient faire la Mekke en cette affaire. Je lirais plutôt : riup de 
Marca Brava e Magadoxô ...« qui de Marka, Brava et Mogadiso.. .». 
Le sens est alors très clair ; il s'agit des trois ports de la côle 
orientale d'Afrique, au nord de l'équateur. 

^ Le texte portugais porte cacizes. C'est évidemment l'araiie 
j.*,y«*5 kasîs , qui signifie strictement «prêtre chrétien». 

^ Moçambique e Madacjascar. Inlormaçâo do estado e mn- 

(jxiista dos rios de Cuaina valgar e verdadeiramente chamades rios dr 
Oaro . ao Conde Viso-Rei Joâo Niines da Cunha pelo padre Jesaita 
Manuel Barreto, 11 de dezemhro de 1667, d'après le ms. 33 du 
fonds portugais de la Bibl. Nat. de Paris, in Boletim Soc. Geogr. 
delJshoa, /("série, n" i, i883, p. 55. La traduction de ce pas- 
sage publiée par MM. Grvndidier {Collection, t. 111, p. 339) ^*' 
incomplète et inexacte. 



492 MAI-JUIN 1908. 

des esclaves; aux xvin'' et xix*^ siècles, les colonies 
voisines de l'île Maurice et l'île Bourbon en tireni 
éf^alement de nondjreux esclaves pour leuis travaux 
af^iicoles '. A cette même époque , des traitants arabes 
introduisent, il est vrai, des nègres africains sur la 
côte occidentale de Madagascar et juscpi'à Tanana- 
rive-; mais, d'une façon générale, Madagascar ex- 
porta beaucoup plus d'esclaves indigènes qu'on n'y 
importa de nègres africains. Dans ses pourparlers 
avec fagent britannique Hastie pour la conclusion 
du traité anglo-malgacbe abolissant la traite des es- 
claves, le roi Radania 1" base ses demandes de com- 
pensation sur ce fait qu'il tire ses principales ressources 
de la vente et l'exportation des esclaves malgaches, 
esclaves de naissance ou prisonniers de guerre-'. 

En somme, l'importation de nigritiens africains ;i 
Madagascar a été relativement peu importante et n'a 
eu lieu qu'à date récente. Au témoignage des Pères 
Marianno et Barreto (CXIl, CXIIJ), les Arabes 

' Cl. J.-H. Kressangk, loya^f à Madaçjascar en 1802- ISO-I . in 
Annales des voja(jes , t. II, 1808, p. 22 : «Le chef du nord el coliii 
du sud (de la province d'Ankovaj sont ('terncUtîment en i^uei-rc, et 
de ces guerres résultent le grand nombre d'esclaves qui relluenl 
vers les bords de la mer; tous les deux despotes, ils font massacrer 
leurs sujets pour satisfaire leur ambition, et les prisonniers (pi'ils 
se font servent à entretenir leur luxe en les vendant au\ Euro- 
péens. » 

^ Cf. Le voYiKje de Tananancc en '1S17, niannscrit dr James 
Ifdstir . in lialletin trunrslriel.de l' Aeadémie nialijacke , p. 181, i8ti 
du vol. II, n" 3, i()o3 ; p. 2/j5 et 262, vol. II, n" /j , i(jo3. 

■' Cf. le texte du traité du 2 3 octolne 1817 in II. d'Ivscvmps , 
Histoire et ycoijraplne de Madagascar, Paris, i88-'i , in-8°, p. pj) et 
suiv., et le ms. de .lames Mastie (voir la note précédente). 



L'ORIGTNE AFRICAINE DES MALGACHES. 'i93 

de la côte orientale d'Afrique viennent acheter 
des esclaves mal<;aches dans la haie de Majuni^a au 
xvii" siècle ; c'est une preuve manifeste qu'on n'en im- 
portait pas à cette époque. On ne peut donc attri- 
l)uer aux esclaves africains amenés ultérieurement les 
caractères somatologiques nigri tiens constatés chez 
les Malgaches du xvi" siècle. Quant aux survivances 
bantous relevées dans le vocabulaire et la topono- 
mastique malgaches, il est bien évident qu'elles ne 
peuvent pas être ducs à des esclaves africains. 

CONCLUSIONS. 

I^a ihéorie de M. A. Grandidier est nettement 
infirmée par les deux faits linguistiques suivants : 
contrairement à son affinTiation, le vocabulaire de 
tous les dialectes malgaches , sans exception aucune , 
contient un certain nombre de mots sanskrits; le 
malgache est étroitement apparenté non pas aux 
langues mélanésiennes qui ne présentent pas de trace 
d'hindouisme, mais au groupe occidental des langues 
indonésiennes et particulièrement aux langues de 
Sumatra. Ces deux faits excluent toute possibilité 
de rattachement des Malgaches aux Papous ou aux 
« Mélanésiens proprement dits ». Si M. A. (irandidier 
avait eu une notion plus exacte du degré culturel des 
Mélanésiens modernes, il n'aurait sans doute jamais 
songé à leur attribuer le peuplement de Madagascar 
antérieurement à notre ère et « par immigrations 
successives ». En faveur de la thèse opposée , c'est-à- 



494 MAI-JUIN 1908. 

dire de l'origine iiigritienne bantou des Malgaches, 
je crois avoir apporté quelques arguments ])rol)anls. 
Les survivances constatées dans le vocabulaire de 
toutes les tribus et dans la toponomastique des tribus 
maritimes me paraissent tout à fait décisives. Au 
témoignage de Flacourt, par exemple, le nom lril)al 
Zali-kazimambu date de la fin du xv" siècle. Le chef 
des Arabes immigrés à cette époque , dit la légende 
indigène 1, «se maria à la fille d'un grand seigneur, 
prince du pays de Matatane (Matalana), et Nègre 
(c'est-à-dire , dans la langue de Flacourt, un Malgache 
non métissé d'étranger à teint clair), à la charge que 
la lignée qui en proviendrait se nommerait du nom 
de cette fille, qui se nominait Casimambou (Kazi- 
mambu). Car c'est la coutume que, dans toute cette 
lie du côté du Sud, le nom de la lignée se prend de 
la femme ^ ». L'exactitude de la notation du vieil his- 
torien français, Cdsiniamboii, nous est confirmée pai 
plusieurs textes indigènes. Kazi-mamba est un titre 
bantou féminin qui est usité, au masculin, sur la 
côte d'Afrique \oisine. « Apresentâmos aos nossos 
leitores, dit M. Augusto de Castilho, o maanamamho 
Domingos, mas nào Ihes explicâmos a signiliçào 
d'esté titulo. Façamol-o .... nosso Domingos era 
o muanamambu ou grande da divisao do Sul do praso 
Luabo, e era reconhecido por um lenco de ramagem 

' Histoire de la yrandeisle Madacfoscar , p. iq. 

^ C'est une preuve incontestable de l'exislence du malriarcal au 
XV1° siècle. Je reviendrai sur cette question en l'ournissanl d'autres 
témoignages également probants. 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. ^i95 

vistosa amaiTado em volta de cabeça e que ora quasi 
todo o seu uniforme ' ». Maaiianiambo , ou piulôt 
mivana-mambo, est l'exact équivalent masculin du 
titre féminin bantou-malgache kazi-mambu. Si, à la 
(in du xv" siècle , une indigène de la côte sud-orien- 
tale de Madagascar porte un titre bantou qui de- 
viendra le nom éponyme de sa descendance, il est 
bien évident que ce titre africain, conservé dans 
un pays où la langue est depuis longtemps malayo- 
polynésienne , est une survivance d'une période 
bantou antérieme. Aucune immigration partielle 
de nigritiens africains n'a pu l'importer et le faire 
adopter dans le sud-est de Madagascar. Les noms 
du chien , de la pintade , du bœuf, du mouton , de la 
chèvre-, usités dans les dialectes des côtes et de l'in- 
térieur, ne sont pas moins caractéristiques : noms et 
animaux sont également africains. Parmi les noms 
tribaux que j'ai étudiés , Vaziinba, Vahvaka, VaUini- 
ba, pour ne citer que ceux dont l'identification n'est 
pas douteuse, sont incontestablement les formes 
malgachisées du bantou wa-Zimba , wa-Kwaka , *wa- 
Liunba. L'interprétation de Bara, Sakalava, Kinmsi 
par des noms bantous me parait très vraisemblable , 
mais je ne veux faire état que des étymologies cer- 
taines. Enfin la concordance de toutes les légendes 
au sujet d'une ancienne population malgache de 

^ O Zambeze, in Soc, de ^eogr, de Lishoa, 1880, p. 42-43. 

- Je n'ai pas cité le nom de la poule, aJalIni, qui est évidemment 
à rapprocher du bantou hahu. en raison de sa forme onomato- 
péique. 



406 MAI-JUIN 190.S. 

petite taille, les témoignages de Commerson et 
Modave, les caractères somatologiques et les traits 
communs aux anciens habitants de Madagascar et 
aux négrilles africains me semblent constituer une 
presque certitude en faveur de l'existence de pygmées 
dans la grande île africaine. 

Les caractères nier! liens constatés dans différentes 
tribus, du xvif siècle à nos jours, sont donc des té- 
moignages somatologiques de l'origine africaine des 
Malgaches. A dire vrai , l'argument somatologique 
n'a pas, à mes yeux, grande valeur, a])rès les nom- 
breux métissages qu'a subis le type primitif dans l'Ile 
entière, les castes nobles de l'iMerina exceptées. Du 
reste, les formules qu'on tient pour des lois soma- 
tologiques n'inspiienl (piuiic coiilliUKM' médiocrt'. 
M*'"^ Le Uoy, dans son étude sur les pygmées, rappelle 
(|ue, de l'aveu de Quatrefages, le fameux indice 
C(''[)h;i1i(|ue réunit dans un même groupe « les \lle- 
niiinds, les [japons, les Péruviens, les Auvergnats 
et les Indo-Chinois. Les nègres du Gabon égalent 
sur le tableau les Français de l'époque de la pierre 
polie, et les Parisiens y coudoient les Javanais^». 
Mais il y a mieux encore. « MM. de Quatrefages et 
Jlamy [Crania ethnica, 1882, p. 383 et 9), dit 
M. A. drandidier, regardent les Sakalava et les Siha- 
naka comme très proches parents des Bantous (Cafres 
de Mozambique) et les Betsimisaraka et les Anta- 
karana comme d'un type encore plus franchement 

' Lrs l'yijmrcs, loc. cil., p. 7.'i-75. 



L'OUKÎINE AFRICAINE DES MALGACHES. 497 

nègre. — Les Sakalava sont des Africains (Hamy, 
Science et Nature , 1 1 janvier 1 884) ^ >•• « Quatrefages, 
ajoute le même auteur, qui, en 1882, regardait 
les Sakalava connue apjjartenant à la race bantou , les 
met, d'après mes indications, dans le rameau papou 
[Inlrodaction à l'étude des races hamaines , p. 3/i3, 
359, SgB à 398)^. . . Le D"^ Hamy [Les races hu- 
maines, in Revue scientifique, 1 896) dit, en s'appuyant 
sur mes travaux et sur les collections du Muséum 
d'histoire naturelle , que ^Lidagascar tout entier pos- 
sède un fond commun ethnographique et linguistique 
(jiii n'a rien d'africain et tpii reproduit les langues, 
les mœurs et les usages des Indonésiens (c'est-à-dire 
de ces peuples qui forment dans le vaste ensemble 
malayo-polynésien un groupe aux contours nette- 
mont arrêtés et dont les limites s'étendent du pied de 
l'Himalaya oriental aux dernières îles de la Sonde), 
toutefois, ajoute-t-il, les croisements opérés pen- 
dant des siècles avec des peuples d'origines diverses 
masquent en partie les caractères asiatiques, qu'on 
ne retrouve que péniblement, en particulier, chez 
les Sakalava^. » Ainsi, en 1882-188/1, les Sakalava 
et les Sihanaka sont très proches des Bantous; les 
Betsimisaraka et les Antankarana, encore plus fran- 
chement nègres. Dix ans après, les Sakalava sont des 
Papous et les Malgaches n'ont plus rien d'africain. 
Les critères de l'anthropologie manquent décidément 

' L'origine des Mal gac lies , loc. cil., p. 4 , note /. 
- IbicL, p. 8, notey^ 
^ Ibid. , p. 8, note /(. 

XI. 32 



498 MAI-JUIN 1908. 

de précision scientifique. Le iait de pouvoir rattacher 
les Malgaches tantôt aux nigritiens bantous, tantôt 
aux négritos orientaux, en est une preuve évidente. 
Quatrefages et Hamy ont adopté dans leurs plus 
récents travaux l'opinion de M. A. Grandidier : on 
vient de voir qxi'il n'y a rien à en retenir; c'est, au 
contraire, la théorie exposée dans les (^rania etluiica 
qui est exacte. 

En dernière analyse et pour préciser ma pensée , 
voici comment peut être reconstitué soit a\ec certi- 
titude, soit avec une vraisemblance voisine de la 
certitude, le peuplement de la grande île malgach*; : 

1. Période pré-bantou. — L'île est habitée par 
une population dont le type somatologique, culturel 
et linguistique nous est inconnu. En jéalité, rien ne 
nous atteste l'existence de cette population initiale; 
mais les migrations des Bantous paraissent être de 
date relativement récente, il n'est donc pas impos- 
sible que ces nigritiens africains aient trouvé Mada- 
gascar déjà habité. 

IL Période bantou. — Importante inmiigration 
de Bantous antérieurement à notre ère. Ces nigritiens 
africains étaient des négrilles en totalité ou en partie. 

IIL Période indonésienne pré-merina ( = pré- 
huva). — hnportanle immigration d'hidonésiens 
hindouisés venant de Sumatra, vers le ii'-iv" siècle. 
Ils se répandent dans l'île et, de gré ou de force, 
imposent leur suprématie aux nigritiens bantous qui 



L'ORIGINE AFRICAINE DES MALGACHES. 'lOO 

sont progressivement absorbés par ces immigrés de 
civilisation supérieure. 

IV. Arrivée des Arabes, de la fin du vu" au 
ix^ siècle. — Islamisation des Malgaches. 

V. Seconde immigration de Sumatranais vers 
le x" siècle. — C'est la migration dont Ramini, le 
Sumatranais, est le chef. Son fils aîné, Ra-lladzi, 
donne naissance aux Zafin dramini, les descendants 
de Ramini, de la côte orientale; le fils cadet, Ra- 
Kuba, s'enfonce dans l'intérieur, atteint le plateau 
de l'iMerina où il épouse une femme vazimba'. Ra- 
Kuba est l'ancêtre des Huva qui portent son nom : 
Kûba >■ Hin^a. 

VI. Migration persane. 

VII. Flacourt mentionne une migration arabe qui 
serait arrivée vers i5oo et aurait donné naissance 
aux Zafi-Kazimambu de la côte sud-est. 

A propos de l'étymologie de Vahwaka < wa-Kwaka, 
je n'ai pas rappelé les Wâkwâk des géographes arabes. 
L'article où il en a été question ^ et celui-ci seront 
utilisés dans un prochain travail d'ensemble sur les 
migrations indonésiennes, arabes et persane. On y 

1 Ces faits nous sont attestés par un texte (Gabriel Ferrand, La 
lécjende de Raminia d'après un ms. arahico-malgache de la Bibl. Nat. , 
in Journal asiat. , 1902 , p. i85 et suiv.) dont j'ai recneiHi plusieurs 
versions. 

- Journal asiat., nov.-déc. 1907, p. 433-566. 



500 MAI-JUIN 1908. 

trouvera l'historique de la migration de Kamini et 
de son expansion dans le Sud-Est et l'Ouest qui est 
indiquée ici (V) à titre de postulat. Enfin je n'ai 
pas mentionné les opinions antérieurement émises 
sur le peuplement de Madagascar; on les trouvera 
rappelées au complet dans ÏOrigine des Malgaches 
(p. 3-9). Quelques auteurs modernes ont déjà rat- 
taché les Malgaches ou certaines tribus malgaches 
aux nigritiens de la côte orientale d'Africpie, mais 
leur opinion insufïisamment justifiée ne fut pas rete- 
nue; je n'ai pas jugé utile de la reproduire. Les ar- 
guments apportés dans cette note sont entièrement 
nouveaux. 



UN KAUX ARCHÉOLOCIQUl'^ CHINOIS. 501 

UN FAUX ARCHÉOLOGIQUE 
CHINOIS, 

PAn 
M. ÉDOUIRD CHVVANNES. 



Au moment où les recherches des savants euro- 
péens commencent enfin à se porter sur l'archéologie 
chinoise, il n'est pas inutile d'attirer leur attention 
sur les faux qui peuvent les induire en erreur. Je 
me propose d'en étudier ici un spécimen. Pendant 
mon récent voyage en Chine , des marchands m'ont 
présenté, à T'ai-n^an fou [Chan-tong) , à Si-ngan fou 
[Chàn-si) et à T ai-yuan fou [Chan-si], l'estampage 
d'un monument daté de l'année 5 2 4 p. C. : cet estam- 
page (pi. I) mesure 1 m. 35 de long sur o m. /io de 
haut ; le centre est occupé par un bas-relief représen- 
tant le Buddha assis sur un trône rectangulaire; 
un dais l'abrite ; une auréole ayant la forme de la 
feuille du figuier sacré fencadre. A sa droite et à sa 
gauche, quatre personnages nimbés debout sur des 
piédestaux en forme de lotus sont apparemment 
quatre Bodhisattvas ; en outre, de chaque côté, à 
l'arrière-plan , on voit six çranianas reconnaissables 
à leur tête rasée. A droite du bas-relief est l'inscrip- 
tion dédicntoire; à gauche est la liste des donateurs. 



502 MAI-JUIN 190«. 

Dès l'abord , ce monument me parut suspect ; 
lorsque je demandais où se trouvait l'original , les 
réponses des marchands étaient vagues et contradic- 
toires, et cependant, puisqu'on m'en présentait l'es- 
tampage dans trois villes aussi distantes l'une de 
l'autre que T'ai-ngan fou, Si-iujau [on et T' ai-yuan 
fou, on aurait dû coimaître l'emplacement exact de 
la stèle dont les reproductions étaient ainsi répan- 
dues à profusion dans la Chine entière. 

Le sceau imprimé en rouge à l'extrémité gauche 
de l'estampage porte, à vrai dire, les mots : ^ ^ 5i 
ïîl in ^ Ik ^ ^ ' ce qui signifie : « sceau de la col- 
lection épigraphique de Tchang Ts'in(j-jon , originaire 
de Foa-p'incj » ; mais je n'ai pu avoir aucun rensei- 
gnement précis sur ce Tchancj Ts'ing-joa, et, jusqu'à 
preuve du contraire, je le tiens pour un personnage 
fictif. 

D'autre part, l'état de conservation du texte était 
fait pour inspirer des doutes, car il est rare qu'une 
inscription du vi' siècle de notre ère ait conservé la 
fraîcheur et la netteté que nous remarquons ici dans 
le tracé des caractères. Enfin im examen un peu 
attentif du bas- relief révèle des imperfections de 
facture qui sont choquantes : le nœud de ruban qui 
orne la tête des quatre personnages nimbés n'est 
qu'une copie inintelligente du diadème des Bodhi- 
sattvas; les figures des douze çramaiias sont esquissées 
avec une maladresse insigne. 11 suffit d'avoir étudié 
quel([ues-uns des monuments des f'Vei du Nord, soit 
à Ta-t'ong fou, soit à Lung-nien , pour sentir immé- 



UN FAUX ARCHÉOLOr.lOUK CIITNOIS. 503 

diateinent que notre estampage ne peut cire de la 
même époque. 

Quelque fortes et nombreuses que fussent ces 
causes de suspicion, elles ne pouvaient cependant 
constituer une preuve péremptoire d'inauthenticité ; 
mais, en déchiffrant les très nombreuses inscriptions 
dont j'ai pris sur place l'estampage dans les grottes 
de Long-nien [Ho-naii), il m'est arrivé de découvrir 
le texte original (pi. II) qui avait servi de modèle au 
faussaire. L'inscription qui est à droite du prétendu 
bas-relief des J^f ei n'est, en effet, que la reproduction 
d'une des inscriptions de Long-men dont la date est 
changée et dont quelques passages sont modifiés. 
Voici la traduction du texte original; j'indique en 
note les variantes du texte apocryphe : 

TRADUCTION. 

Lorsque l'eau est épuisée, le reflet disparaît^; 
lorsque le ravin est obstrué , fécho est anéanti. Les 
arbres çâlas mirent en évidence l'époque où (le Bud- 
dha se plaça) la tête vers le Nord^; (Confucius,) 
s'appuyant sur son bâton , proféra le regret au sujet 

' Allusion aux baquets pleins d'eau qui , dans la haute antiquité , 
tenaient lieu de miroirs. Cf. Hirth , Chinese metallic mirrors (dans 
Boas anniversary volume, p. 2i5). 

^ Près de mourir, le Buddha arrive près d'un bosquet d'arbres 
çâlas, sur le bord de la rivière Hiranyavatî. «Va, ô Ananda, dit 
alors le Buddba, et prépare-moi, entre deux arbres jumeaux, un 
lit, la tète tournée vers le Nord. Je suis malade, Ananda, je désire 
mt' roueber. » (0(.T)K\r,KHG , Lp lioiuhllia , Irad. Fonrber, p. 2o'|.) 



504 MAI-JUIN 1<J0S. 

de la montagne qui s'écroule ' ; c'est là ce qui est 
naturel pour tout être vivant et distinct; c'est là co 
qui ne peut- manquer d'arriver pour tout ce qui csl 
soumis aux catégories et aux voies (gati)^. 

C'est pourquoi Yeoa-lien (le roi Udayana), son- 
geant avec afiection à la sagesse, fit fondre de l'or 
pur pour représenter le merveilleux visage^; Mou- 
lien (Maudgalyâyana), par admiration pour la vertu, 
sculpta le bois de santal pour figurer la sainte image. 
A cause de ce qu'elles étaient éloignées de la figure 
(du Buddha) , voilà comment certaines personnes agi- 
rent soudain autrefois ^. A combien plus forte raison '^ 



1 Au moment de mourir, Confucius prononça ce cliant : «Lp. 
Tai clian va s'écrouler; ' — la mallri'sse poutre \a s'afTaisser; — 
l'homme sage va se flélrir. » Cf. Sscn-ina Ts'icti , trad. iV. , t. V, 
p. Il2!i. 

^ Le caractère que présente ici l'inscription paraît être une gra- 
phie particulière du caractère ^ «faire défaut». 

* L'idée est ici que la mort est inévitable pour tous les êtres sou- 
mis aux conditions du monde sensible. 

'' D'après la tradition rapportée par lliaan-tsaiij (ti'ad. Jidicn , 
Mémoires, t. II, p. 38/1), lorsque le Buddha monta au palais des 
dieux pour expliquer la Loi eu laveur de sa mère, le roi Ldayana 
pria Maudgalyâyana d'envoyer au ciel un artiste qui pût contem- 
pler la ligui-e du Buddha et exécuter, d'après ce modèle, une 
statue en bois de santal. Cependant une note de Julien à ce pas- 
sage prouve que, d'après luic autre tradition , la statue faite sur 
l'ordre du roi Udayana était en or; notre inscription paraît prouver 
que certains textes distinguaient entre la statue fondue en or par 
le roi tidayaua et la statue sculj)t('c en bois de santal })ar Maudga- 
Ivâvana. 

* Ou fit autrefois des images du Buddlia dés qu'on se trouva 
séparé de lui. A combien plus forte raison, devront aussi faire des 



UN FAll\ AHCIIKOLOCIQIIK CHINOIS. 505 

agiront de même Yuan ' o o et d'autres (|ui se 
trouvent privés- du très véritable (visage) et sont 
nés après plus de mille années, qui, en avant, rie 
IrouNcnt plus le premier char sur le Pic du \ aiil(jur 
l'I, en arrière, ne rencontrent point encore le pré- 
cieux attelage sous l'arbre aux Fleurs de Dragon^; 
s'ils ne plantent pas par avance quelques faibles 
causes (de bonheur) et si leur cœur ne persiste pas à 
adresser des prières (auBuddha), comment pour- 
ront-ils se retirer de ce monde impur et aller au loin 
chercher les trois réunions'? 

Celui qui plante des causes (de bonheur) en vue 
d'obtenir la Bodhi doit nécessairement s'associer avec 
d'excellents amis; celui qui va sur la mer en quête 
de denrées précieuses prend pour guide un pilote; 
ainsi la faute de Che wang ( Ajâtaçatru), grâce à 

images semblables, les boQimes qui vivent plus de mille années 
après le Biuldha. 

' Le nom du donateur commence par le mot ~j]Q , mais les trois 
caractères qui suivent sont entièrement elFacés. Le faussaire a écrit 
Lieou Ken ^|| tà le nom de ce personnage. 

- L'inscription originale étant endommagée, nous ne pouvons 
savoir quel était ici le texte véi'itable; mais la leçon g£ que nous 
donne le faussaire doit être rejetée; l'idée en elîel est que le donateur 
est privé de la présence réelle du BuddLa, et que c'est pour cette 
raison qu'il fait une statue en guise de substitut. 

* Le donateur est venu en ce monde trop tard pour connaître 
le Baddha Çâkvamuni qui prêcha pour la première t'ois la Prajnâ- 
pâramità sur le Pic du Vautour ou Grdhrakùla; il est venu trop 
tôt pour rencontrer le Baddha Maitreva qui expliquera la Loi sons 
l'arbre aux Fleurs de Dragon (nâgapuspa). 

* Il s'agit des trois réunions qui se tiendront sous rarl)re aux 
Fleurs de Dragon «1 ^ ^ "^ lorsque le Bnddha futin*, Maitreya, 
viendra expliquer la Loi. 



506 MAI-JUIN 

K'i-p'o (Jivaka), fut connuo^; le recul de Siii-ta (Su- 
(latta), grâce au dieu de la porte, fut l'occasion d'un 
avertissement". Si on raisonne sur ces exemples, 

• Le roi Ajâlaçatru [A-chô-che wançj |5^ ^ Ift i ) > Meur- 
trier de son jjère, était tourmenté par ses remords; il s'adressa an 
médecin Jîvaka; celui-ci lui révéla que la cause de ses souffrances 
était morale et l'amena an Bnddlia. 

- Sudatta, qui n'est autre qu'Anâlha Pindika, se trouvant à 
Râjagrlia, logea chez un maître de maison qui s'aj>])rétait à recevoir 
le Buddha; il fut informé par lui de ce qu'était le lUuldha et conrut 
aussitôt un vif désir de le voir; pendant la nuit, il se leva et voulut 
se rendre auprès du Buddha qui s'était arrêté dans le cimetière 
situé en dehors de la ville; mais, comme l'ohsciu'ité était profonde, 
au moment où Anâtha Pindika allait franchir la porte de la ville, 
il fut pris de peur et voulut revenir sur ses pas ; alors le dieu de 
cette porte de la ville jl^ |^ P^ 0r ,^ 3'C fl^ '^™'*^ ^"^ clarté 
qui illumina toute la route depuis la ville jusqu'au cimetière, 
puis il engagea Anâtha Pindika à s'avancer sans crainte [Ken peu 
ckouo yi ts'ie yeou pou pi nai je; Trip. de Tôkyô, XVII, 3, 34 r"). 

M. Sylvain Lévi, à qui je dois l'indication de ce texte, a hien 
voulu me donner la traduction de cet épisode tel qu'il est rapporté 
dans le Samvulta Xikâya; j(! repi'oduis ici l'intéressante note qu'il 
în'a remise : 

«SVMYUTTA NlKÂïA, Vol. I, p. 2 10. 
(Yakkha saniyutta, X, 8.) 

1. Ln jour Bhagavat est à Rajagaha, dans le Sîtavana. 

2. En ce temps-là Anàthapiii(lika le maître de maison est ari'ivé- 
à Râjagalia pour quelque affaire. 

3. Or Anâthapindika le maître de maison entendit : « Lu Bouddha 
est né dans le monde!» et tout de suite il eut envie d'aller voir 
Bhagavat. 

/(. Et alors cet Anâthapindika eut cette idée : «Ce n'est pas 
aujourd'hui le moment d'aller voir Bhagavat. C'est demain main- 
tenant (pie j'irai \oir Biiagavat. » Et il se coucha, la pensée toute 
au Bouddha. IVIais trois fois dans la niiil il se hna , pcMsiinl (|iir 
c'était l'auhe. 

r>. Va alors Anàlliapiiujika le maître de maison alla à la porto 



UN F\U\ VRCHEOLOGIOIIE CHINOTS. 507 
on voit quo depuis Kin-kami (Vajrapâni) en remon- 

Sivalliika ^du cimelière, ou lar. du Sita\ana). Des êtres surnaturels 
ouvrirent la porte. 

6. Et comme AnâlliapiiuUka h maître de maison sortait de la 
ville, la clarté disparut, l'obscurité se manifesta. La peur le prit, 
la stupeur, le hérissement du poil. Et il eut envie de s'en rctonrner. 

7. Et alors le \akkha Shaka in\isible lit entendre une voix : 

ndent éléphants, cent chevaux, — cent chars à mules, — 
cent milliers de vierges — avec des pendelo<Jues de joyaux — 
ne valent pas la seizième partie — de l'espace d'un seul pas. 

« Avance , maître de maison ! — Avance , maître de maison ! 
— Avancer vaut pour toi — mieux que de reculer ! » 

8. Et alors pour Anâthapiiidika le maître de maison, l'obscu- 
rité disparut, la lumière se manifesta. La peur qu'il avait eue, la 
stupeur, le hérissement du poil se calmèrent. 

9. Une seconde fois. . . etc.. . . (comme ci-dessus). 

10. Une troisième fois. . . etc.. . . (comme ci-dessus). 

12. Et alors Anàthapindika le maître de maison s'en alla vers le 
Sîtavana. 

i3. Et à ce moment-là Bhagavat, levé aux premières heures de 
l'aube, fait les cent pas au plein air. 

i4. Et Bhagavat vit de loin Anàthapindika qui arrivait; et l'ayant 
vn, il descendit de son trottoir, et s'assit sur le siège qui était placé 
là pour lui. Bhagavat, sétant assis, dit ceci à Anàthapindika le 
maître de maison : «Viens, Sudatta ! » 

i5. Et alors Anàthapindika le maître de maison se dit : «Bha- 
gavat m'interpelle par mon nom ! » et il tomba aux pieds de Biiaga- 
vat, et lui dit : «Est-ce que Bhagavat a bien reposé?» 

» — Toujours il repose bien , — le brahmane en état de 
parinirvàna, — qui ne poisse pas aux désirs — rafraîchi, 
inconditionné. 

«Ayant tranché toutes les attaches, — ayant discipliné la 
peine dans son cœur, — apaisé, il repose tranquillement — 
arrivé au calme en son âme. » 

Le Samyuktàgama, dans ses deux versions chinoises, ne [)résenle 
pas de récit correspondant à l'intérieur du Vaksa-samvukta. 

Le même épisode se trouve incorporé dans le \ inava pâli, Culla- 
vagga, VI, 4; la rédaction est différente; les stances seules sont 



508 MAI-JUIN I90S. 

tant plus haut', on n'a jamais réussi qu'en ayant 
recours à des amis. C'est pourquoi [Yuan... r[ 
d'autres ) se sont encouragés mutuellement à mettre 
en mouvement leurs sentiments autrefois divergents 
(de manière à les rendre unanimes) et ils ont résolu - 
de s'unir de manière à former une assemblée con- 
forme k l'esprit de la religion ; ils sont ainsi arrivés 
à être plus de vingt personnes^. Ils ont épuisé toutes 
leurs richesses personnelles et ont aussi encouragé 
(à la générosité) tous les autres hommes, et, pour 
le bénéfice de l'empereur o o et de tous les êtres qui 
ont forme sensible dans le domaine de la Loi, ils ont 
fait avec respect une image de pierre \ Que, grâce à 
cette faible cause, ils obtiennent^ que tous les êtres 

identiques. On en trouvera la hadiirtion dans le volume \\ des 
Sficred Bonhs of the East , p. 179 et suiv. 

Le même épisode est aussi rapporté, avee les mênn's délails et 
les mêmes stances, et considérablement développé selon l'usai^e, 
dans le Vinaya des Mùla-Sarvàstivàdins, section du Sanu;lial)lu'daka- 
vastu (vers, chin., éd. Tokyo, xvii, 3, 3'i° et suiv.; vers, libét., 
Dulva, IV, 12 3-1 39). » 

' Je ne sais pas à cpu)i il est fait ici allusion. 

- La leron -^ donnée par le faussaire est inintelligible. Peul- 
être faut-il lire ]^ «ils ont voulu». 

5 ^ -p g^ ^ est la leçon de l'original. Le faussaire a écrit 
d'abord [5| H" A^ W f^ «plus de quarante bonimesi); mais 
ensuite on a rajouté le caractère — • «un», ce qui donne la formule 
absurde «plus de quarante et un hommes». 

' Le faussaire écrit : «pour le bénéfice de Sa Majesté l'Emj)ereur, 
de rimpéralric>; douairière, de toute la parenté de l'Empereur, des 
olliciers militaires et civils et de la fouie des i'onclioiinaires et poin- 
tons les êtres qui ont forme sensible dans le domaine de la Loi, ils 
ont fait avec respect un slûpa en I)riqne8 à trois élai^es». 

■ Le faussaire a ajouté ici quelques mots : «que, j^ràce à celte 



UN FAUX ARCHÉOLOGIQUE CHINOIS. 50<.) 

(loués dame entrent dans la mer de sagesse, que leur 
intelligence pénètre entièrement le (]hcoii-lcn(j (Çû- 
raiigama sûlra) et qu'ils comprennent parfaitement 
le fruit éternel. Ce grand serment (d'association) 
étant solennel, il convient qu'il ait un effet réel; les 
dk régions étant pures et éclairées, qu'elles se mani- 
festent pour nous servir de témoins. 

La deuxième année o o ', le vingtième jour du 
huitième mois, cela a été terminé. 



faible cause, ils remplissent tous les sentiments des hommes, que le 
nuage de l'intelligence s étende de plus en plus, que les flots de 
l'intelligence répandent au loin leurs bienfaits , qu'ils fassent que 
tous les êtres doués d'àme. . . ». 

' Le nom de la période d'années est malheureusement effacé sur 
l'original. Il me sem])le cependant qu'on peut encore discerner le 
caractère E35 ; la date véritable de l'inscription serait donc la deu- 
xième année jo/if/'/it =^ 533 p. C. — Le faussaire écrit : «sous la 
grande dynastie Wci. la cinquième année Ichcnçj-kouaiuj (62/1), 
le rang de l'année étant hia-tch'en , le cinquième mois dont le premier 
jour était le jour keng-siu, le trentième jour qui était le jour ki-mao , 
cette ouvre a été achevée. Quarante et une personnes, disciples du 
Buddlia , parmi lesquelles se trouvait Lieoa Rcn , ont fait avec respect 
(cette image) et ont gravé cette notice». 

De l'autre côté du bas-relief est la liste des prétendus donateurs : 
elle s'ouvre par les noms de quatre personnages avant des titres 
militaires plus ou moins ronflants; ce sont : Hcou Kang j|| ^\\ , 
Ki-foii Pao "^ f^ 1^ . Yuan Yen ~j^ ^^ et Mong Yong ^ ^^ . 
Puis viennent une série de neuf personnages avant le titre de feoii- 
t'ou tchoii '^^ ^ "^ maître de slûpa, un personnage ayant le titre 
de tchai tchou ^$ "i maître de purification , trois personnages 
ayant le titre de wei-na ^karmadâna) ou de ivei-na tchou ]l^ BK jt : 
c'est parmi eux que se trouve rangé le Lieon Ken dont il a été 
question dans l'inscription principale. Enlin vient une série de 
trente noms précédés de la dénomination commune ^ -^ «ci- 
toyens de la ville». En tout, il v a donc 4 7 personnes énumérées. — 



510 MAI-JUIN 1908, 

Dans la grotte de Loncj-men , aurune liste de donateurs ne suit l'in- 
scriplion. 

En terminant , je considère comme un devoir d'exprimer des 
remerciements au faussaire qui , dans une intention , il est vrai , peu 
louable, nous a fourni une lecture en général assez correcte d'un 
texte fort endommagé et très difficile à déchiffrer; il est même sur- 
prenant qu'un texte aussi mutilé ait pu être restitué avec autant de 
sûreté; trois explications sont possibles; les voici par ordre de pro- 
babilité décroissante : ou bien le faux a été exécuté au moyen d'un 
ancien estampage qui aurait été pris à une époque oii linscription 
de Lnnfi-tncn était mieux conservée qu'elle ne l'est aujourd'hui; ou 
bien le faussaire a trouvé ce texte reproduit dans quelque ou\ragc 
épigrapbique ou dans quelque monographie de Lonij-mcn dont 
j'ignore l'existence; ou bien enfin (mais je considère celte hypothèse 
comme peu vraiseml)lable) le texte de Loncf-men ne serait pas le seul 
de son espèce; il aurait été em])Ioyé comme une sorte de [)asse- 
parlout dès l'époque des JVri el aurait été gravé ailleurs qu'à fjotiij- 
men avec des variantes portant sur la date, la nature de la donation 
et les noms des donateurs : ce serait quelqu'une de ces répliques 
du texte de Long-mcn qui aurait servi de modèle au faussaire. — 
Le but qu'on s'est propose en fabriquant ce monument était sans 
doute de gagner de l'argent par la \ente des estampages. 




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NOUVELLES ET MELANGES. 511 



NOUVELLES ET MELANGES. 



SEANCE DU 8 MAI 190S. 

La séance est ouverte à 4 heures et demie sous la prési- 
dence de M. Se\art. 

Etaient présents : 

MM. Amar, Barth, Basmadjian, (iénéral de Be\lié, 
Bii/i'AR, Bourdais,Bouvat,Cabaton, J.-B. Chabot, Coedès, 

CORDIER, DeCOVRDEMANCHE, DlSSAUD, Rubens Du VAL, Fl- 
NOT, FOUCIIER, GaIUEFROY- DemOMRViNES, DE GeNOUILLAC, 

Graffix, Guimet, Halévy, Houdas, Huart, Labolrt. 
Sylvain Lévi , Isidore Lévy, Macler , Maver - Lambert, 

MoNDON-ViDAILHET, ScHWAB, ThUREAU -DaNGIN , ViNSON , 

Zeitlin, membres; Chavannes, secrétaire. M. Pinches assis- 
tait à la séance. 

M. Senart prononce l'éloge de M. Barbier de Meynard, 
puis celui de M. Derenbourg. 

11 est procédé à diverses élections : M. Senart est nommé 
président en remplacement de M. Barbier de Meynard; 
M. Rubens DijVal est nommé vice- président en rempla- 
cement de M. Senart; M. Cordier est nommé censeur en 
remplacement de M. Rubens Duval; MM. Hamy et Mondon- 
Vidailhet sont nommés membres du Conseil en remplace- 
ment de MM. Derenbourg et Rubens Duval; M. Thureau- 
Dangin est nommé membre de la Commission du Journal 
en remplacement de M. Rubens Duval. 

M. Guimet présente la traduction par M. Moret de l'ouvrage 
de Ed. Mahdler, intitulé Etudes sur le calendrier égyptien; il 
présente aussi les trois derniers numéros de la Revue de 



512 MAI-JUIN lOOS. 

l'Histoire (Ica Religions et fait Téloge du direcleur de cette 
revue, M.Jean Révillc, qu'une mort prénialurée vient d'en- 
lever à la science. 

M. Basmadjian présente son ouvrag^e en arinénieii sur 
Léon V Lusignan, dernier roi d'Arménie, et une étude sur 
Jacques II, roi d'Aragon, et Orcliin, roi de la Petite Arménie. 

M. BoL'VAT présente les volumes de la seconde édition 
de la Bibliolheca sinica de M. Cordier. 

M. ScHWAT. présente ie second volume do la traduction du 
Zohar par M. Lafuma. 

Le procés-vorbal de la séance du iS mars est lu; la ré- 
daciion en est adoptée. 

Leclure est donnée d'une circulaire par laquelle le Syn- 
dicat de la Presse à Constantine annonce louverture d'une 
souscription pour ériger un monument à Constantine à la 
mémoire de M. de Calassanli-Molylinski. ('elle circulaire est 
renvoyée à la Commission des llnances pour avis. 

La Société estime (ju'ii n y a pas lieu de donner suile 
aux propositions d'échanges de publications qui lui ont été 
adressées , d'une part, par les direcleurs de VArchivnm fran- 
ciscanum historicum, d'autre part par VInstitnl des Etudes ca- 
talanes à Barcelone. 

Sur la proposition de M. SiiXAur, les fonctions de rédac- 
teur du Journal, cumulées autrefois avec celles de président 
de la Société, en seront dorénavant distinctes; le rédacteur 
fera partie du bureau; la Société élit AI. Finot pour remplir 
cette charge. 

La (Commission du Journal se voit confier la lâche d'exa- 
miner quelles modifications pourraient être introduites dans 
les règlements de la Société; elle fera à ce sujet un rapport 
qui sera soumis à la Société. 

La séance est levée à 6 heures. 



NOUVELLES ET MELANGES. 513 

OUVRAGES OFFERTS X LA SOCIÉTÉ. 

Pau les Auteurs : 

M. C.ORniER. Bihliolheca Siinca , deuxième ôdilion, fasc. i- 
7. — Paris, 190,1-1907; in-8". 

P. Ga\(;.v Datt Upreti. Dexcriptive List of iho Martial 
Castes- of the Almorn District. — Lucknow, 1907; in-iG. 

A. VissiKRE. Le Scyyid Eiljell Chanis cd-Din. Omar [1^210- 
J'279) et ses deux sépidlnrcs en Chine (Extrait). — Paris, 
1908; in-8°. 

J. S. Spicyer. Slvdics ohonl thc Kalhfisarilsfujara (Extrait). 
— Amsterdam, 1908; in-8". 

E. Vassel. Satire jiidéo-tanisienuc contre les Juifs de Djcrba 
(Extrait). — Tunis, 1908; in-8". 

K. J. Basmadjiax. Jacques II, roi d'Aragon, et Oschin , roi 
de la Petite Arménie [1319-1320) [Extrait]. - S. 1. n. d.; 
in-8°. 

— Léon ] de Lusignan, dernier roi d'Arménie. — Paris, 
1908; in-/4°, avec figures. 

Par les éditeurs : 

The Babylonian Expédition of the Unircrsity of PcuiisyI- 
vania, Séries A, Cuneiform Texts , vol. VIII, pari 1 : Légal 
and Commercial Transactions , by Albert T. Clay. - Phila- 
deipbia, igc8; in-4.". 

The Indian Antiquary , January 1908. Bombay, 1908; 
in-4°. 

Revue sémitique , avril 1908. — Paris, 1908; 111-8". 

Le Muscon , IX, 1. — Louvain , 1908; in-8". 

Sepher ha-Zohar, traduil par Jean de Pauly, publié par 
Emile LAFUMA-GiRArn, t. II. — Paris, 1907; in-8". 

Revue du Monde nuisulman , lévrier-mars 1908. - Paris, 
1908; in-S". 

Oncnlalisclic Ihldiuqrajdiie , \\, 2. ~ Berlin, i()o8;in-8". 



514 MAI-JUIN 1908. 

'Aliyyu 'bnu 'l-Hasan 'El-Khazrejiyy. Tlie Pearl-Kiiup , 
a histoiY ofthe Resuliyy dynasty ofYemen, translation. . . by 
Sir J. VV. Rkdhoi'se, vol. 11. — Leyden and London, 1908; 
in-8". 

Reinic critique, ^a" année, n"" 8-18. — Paris, iQoS; in-8". 

Polyhiblioii , mars-avril 1908. — Paris, 1908; in^". 

C. BoUGLÉ, Esxais sur le régime des castes. — Paris, 1908; 
in-8°. 

Revue archéologique , pnyiev-iéwler 1908. — Paris, 1908; 
in-8°. 

D' H. Kklleiî. Seclister Band des kitàh Bcujdtid von 
AiiMAD IBN ABÎ Tàhik Taifîh, herausgegeben und iibcr- 
setzt. 11. Teil : Deutsche Uebersetzung. — Leipzig, 1908; 
gr. in-S". 

The Indian Antiquary, December 1907, part I. — Bom- 
bay, 1907; in l\". 

Revue biblique, avril 1908. — Paris, 1908; in-8". 

E. J. W. Gibb Mémorial, VI, 1. - Yaqdt's Irsluid al-Arib 
ila Mdrifut ul-Adib. — Leiden , 1908; in-8". 

Zeitschrift fiir hebrœische Bibliographie , XII, 1. — Frank- 
iurt a. M., 1908; in-8°. 

Rivisla degli studi orientali , 1,2. — Roma, 1908; in-8". 

Par la Société : 

Bijdragen toi de Taal- , Land- en Volken-latmle van Neder- 
landsch-Indië, LX, .^-4.. — 's-Gra\enhage , 1908; in-8". 

Bulletin de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Péters- 
bourg , 1908, n"' .")-7. —Saint-Pétersbourg, 1908; in-8". 

The Impérial and Asia!ic Quarterly Review , XXV, 5o. — 
London, 1908; in-8". 

The Journal of the Bombay Braneh of the Royal Asiatic 
Society, N" LXÏl, 4-5. - London, 1908; in-8". 

The Geographical Journal, XXI, 4-5. — London, 1908; 
in-8°. 

The Journal ofthe Aiithropological Society oj llvmbay, VIII , 
1. — Bombay, 1908; in-8°. 



NOUVELLES ET MELANGES. 515 

Revue des éludes juives , n" 109. — Paris, 1 908; in-8°. 

Bulletin de lilléralure ecclésiastique, mars -avril 1908. — 
Paris, 1908; in-8°. 

lialaviausrlie Genootscliap van Kunsten en Wetensckappen. 
— Tijdschrift, L, A- — Notulen, XLV, A. — Batavia, 1908, 
in-8". 

Revue Africaine , n° u68. — Alger, 1908; in-8''. 

Académie des lusciiplions cl Belles-Letlres. Comptes rendus 
des séances, janvier-ievrier 1908. — Paris, 1908; in-8°. 

The Journal of llie Royal Asiatic Society of Great Britain 
and Ircland , April 1908. — London, igo8; in-8°. 

Journal asiatique, janvier- février 1908. — Paris, 1908; 
in-8°. 

La Géographie , XVII, 3. — Paris, 1908; in-8°. 

Le Globe, XLVII, 1. — Genève, 1908; in-8°. 

American Journal of Archœology, XII, 1. — Norwood, 
Mass., 1908; in-8". 

Milteilungen der deutschen Gesellschaft fiir Natur- und Vol- 
kcrhunde Ostasiens , XI, 1. — Tokyo, igoy; in-8". 

Journal of ihe Gipsy Lore Society, I, 4. — Liverpool, 
1908; in-8°. 

Par le Ministère de l'Instrdctioin publique 
ET DES Beaux-Arts : 

Bulletin archéologique, 1907, 2. — Paris, 1907; in-8°. 

Nouvelles Archives des Missions, XV, 3-/i. -- Paris, 1907; 
in-S". 

Journal des Savants, février -avril 1908. — Paris, 1908; 
in-8". 

Bulletin de correspondance hellénique, XXVI, 7-12. — Paris, 
1900; in-S°. 

Archives marocaines , V, 3 , XII. — Paris, 1905-1908; in-8°. 

Revue de l'Histoire des religions, LVI, 2-3; LVII, 1 . — Paris, 
1907-1908; in-8°. 

Ed. Mahler. Etudes sur le calendrier égyptien, traduit par 
Alexandre iMouEï, — Paris, 1907; in-8". 

33. 



516 MAI-JUIN 1908. 

Par le Gouvernement indien : 

iV. IV. F. Province Gazellcer. — Ihtnncr District.'! , Pari AI). 
— Peshawar, 1907; 2 vol. in-8". 

Madras District Gazetleers. — Godavaii , h\ F. I\. lli;\ii\(.- 
\\A\. — Madras, 1907; ln-8°. 

Bnhicliislan District Gazeltcer Séries. - Saraivaii , Kacltlii 
(tiuLHialawan. Text and Appendices. - Bombay, 1907; in-S". 

IIiîisniKEsv Svsnu and Sivv Ciundha Gi i. -4 Descriptive 
Catulo(jue of Sanskrit Manaskripts in the Lihrary ofthe Calcul ta 
Sanskrit Collège, N° 2/1. — Calcutta, 1907; in-8". 

Par le Gouvernement (;km;r\l de L'AwiÉuiE: 

A. DE MoTYLiNSKi. Grammaire, Dialogues cl Diclionnairc 
lonuregs, publiés. . . par René Basset, t. I. — Algor, 1908; 
in-iO. 

Par le Gouvernement de lIndo Chine : 

Bévue ludo-chinoisc, n"' 70-78. ~ Hanoï, 1908, in-8". 

Par la « Biblioteca nazionale centrale » de Florence : 

lîoUeltino délie pubblicazioni ilaliane ricevute per dirilto di 
slampa, num. 87-88. — Ronia, 1908; in-8°. 

Par l'Université Saint-Joseph, à Iîevroutii : 
Al-Machriq , XI, 3. — Beyrouth, 1908; in-8°. 

ANNEXE AL PROCÈS-VERBAL. 

(Séance du 8 mai if)o8.) 



Discours dk M. Si;N\rr, ruiusiDKx i. 

Mkssikirs, 
1,0 premier mot prononcé dans celle séance doit être pour 
la pensée qui nous domine tous en ce moment, pom- le deuil 
qui, depuis notre dernière réunion , a Irappé notre Société et 



NOUVELLES ET MÉLANGES. ril7 

lui a enlevé un chef qui avait tant de titres à notre affection 
et à nos respects. 

.lai, en votre nom, essayé de porter aux funérailles de 
M. Barbier de Meynard le témoignage de noire liante estime 
et de notre gratitude, et vous trouverez bon, sans doute, que 
les paroles qui ont été prononcées en cette circonstance 
soient, conformément aux précédents, reproduites dans 
notre Journal ; mais il est nécessaire que cet hommage soit, 
au moins en quelques mots, renouvelé aujourd'hui dans 
l'intimité de notre petit cercle où chacun l'a connu et l'a 
pu apprécier de si près, en ces lieux témoins si longtemps 
du vif intérêt qu'il donnait à notre œuvre et tout pleins 
encore de sa présence. 

Ce n'est pas l'heure d'une biographie digne de cette vie 
peu mouvementée, mais riche de travail varié et utile; et il 
serait sans objet de répéter ici ce qui hier a été dit et bien 
dit par les représentants de l'Institut, du Collège de France, 
de l'Ecole des Langues, d'énumérer encore une fois les tra- 
vaux vastes, solides et brillants qui vous sont familiers, de 
décrire la grâce aisée de cet esprit ingénieux, d'analyser un 
talent d'écrivain délicat et élégant. Ce vieux cadre de notre 
Société à laquelle les habitudes lidéles d'un long passé et 
l'amertume même de plusieurs deuils cruels avaient attaché 
M. Barbier de Meynard par des liens si étroits et si forts, 
évoque par-dessus tout chez ceux qui, comme moi, y furent 
de vieille date ses confrères et ses témoins, l'émotion des 
regrets intimes et des mélancoliques souvenirs. 

Notre famille asiatique est bien restreinte; M. Barbier 
de Meynard y tint longtemps une large place. Bien avant 
qu'il en reçût de vos suffrages la direction officielle, on peut 
dire qu'il en avait été la cheville ouvrière. Notre Société 
était devenue le centre même de sa vie; il s'était comme 
identifié avec elle; le vide qu'il y laisse en est d'autant plus 
sensible. 

Il avait, des mains de Jules Mohl, hérité les traditions 
d'une direction très agissante , très pénétrée de ses respon- 



518 MAI-JUIN 1908. 

sabilltés personnelles; il les appliqua avec la souplesse habile 
de sa nature fine et nuancée mais persévérante, surtout avec 
un dévouement si sincère , si attentif aux intérêts généraux 
dont il avait la garde, que personne ne saurait lui marchan- 
der une juste reconnaissance. 

Au soir de la vie , la puissance envahissante des habitudes 
et, si j'ose dire, le découragement des forces alanguies 
tendent naturellement à atténuer le goût des initiatives el 
la foi aux renouvellements. A coup sûr, la vieillesse avait 
remarquablement épargné chez M. Barbier de Meynard le 
mouvement d'esprit, la curiosité scientifique et Taclivité 
ordonnée. Jusqu'au dernier jour 11 a réservé à notre Jour- 
nal une collaboration précieuse. Formé à l'orientalisme par 
la pratique de l'Orient, il ne s'était jamais désintéressé de 
l'Orient vivant, contemporain; lors de la création du Comité 
de l'Asie française, il y avait accepté avec un empressement 
aimable une place à laquelle il avait tous les droits. 

Ce rapprochement nouveau dans une entreprise com- 
mune m'avait permis de constater une fois de plus à quel 
point la Société asiatique demeurait le pôle de ses préoccu- 
pations et de son effort. Il n'y négligea aucune des parties 
de sa charge; et nous devons, par exemple, savoir gré à sa 
prudence financière d'avoir, en ménageant quelques réserves, 
laissé entre nos mains certaines ressources pour subvenir aux 
plus pressantes des nécessités que peuvent créer des circon- 
stances défavorables. 11 a songé assidûment h assurer l'ave- 
nir de notre Société; à nous. Messieurs, de reprendre sans 
défaillance l'iruvre au point où il l'a laissée, de la conti- 
nuer en la développant, en l'élargissant. Ce ne sera sûre- 
ment pas le moindre hommage que nous puissions rendre 
à l'ami de tant d'années, au savant de grand labeur, au 
président si occupé de sa tâche, qui s'est marcpié une place 
brillante et durable dans les fastes de l'orientalisme l'ran( ais. 

La tombe de Barbier de Meynard était à peine fermée, 
que nos études épiouvaient une perle nouvelle, aussi eon- 



NOUVELLES ET MELANGES. 510 

sidérable qu'imprévue, dans la personne do M. Harlwig 
Doronbourg. 

Il était un dos membres les plus anciens de la Société où 
il était entré en 18G8, et il faisait depuis 1880 partie de votre 
Conseil. Il nous avait à plus d'une reprise apporté une colla- 
boration dont s'honorait votre Journal. 11 nous appartenait, 
ainsi à tous les titres; et personne n'est plus fondé que nous 
à mener le deuil de ce savant laborieux et distingué. 

Né à Paris en i84^/i, il avait recuilli de son père M. Jo- 
seph Derenbom-g la tradition d'une forte culture orientale. 
Successivement attaché au département des manuscrits de 
la Bibliothèque nationale, professeur au séminaire israélite 
de Paris, professeur d'arabe à l'Ecole des langues orien- 
tales, membre de l'Académie des inscriptions depuis 1900, 
il avait abordé des champs très divers de la philologie arabe 
et de l'histoire. 

Après avoir édité le diwan de Nâbigâ Dhobhyânî, il avait 
publié une édition et une traduction complète du fameux 
grammairien Sibawaihi. Chargé d'une mission en Espagne , il 
en avait rapporté, outre le Catalogue des manuscrits arabes 
de l'Escurial, les mémoires de l'émir Ousâma ibn-Mounkidh 
dont la publication et la traduction constituèrent une addi- 
tion si curieuse à la littérature des Croisades. Epigraphiste , 
il assuma, au Corpus des Inscriptions sémitiques, la charge 
de la partie himyarite et sabéenne; il s'apprêtait à en publier 
cette année même le iv" fascicule. 

La mort impitoyable l'a arrêté en pleine activité. Nulle 
part on ne saurait mieux qu'ici ressentir et déplorer le vide 
douloureux qu'elle a creusé dans les études sémitiques si 
éprouvées parmi nous. 



520 MAI-JUIN 1908. 



UNE FAUSSE LECTIT,!'; DK L' IVF.ST A. 

La forme aarné- dans la formule sjuliiasca irisia iiaracca 
irùla du \ endidad (III, 8, 12 el 06; Vill, 1/1) n'a aucun 
sens. Le thème nar- garde sa flexion de thème eu -r- et lait 
alors au nominatif pluriel luirô [iiaras-ca) , ou bien il passe 
à la flexion thématique et fait nnra au nominatil pluriel. 
Mais naraî'- serait inexplicable; l'hypolbèse d'une influence 
de la flexion des démonstratifs sur celle de nar- est entière- 
ment arbitraire, et on n'a pu la proposer que sous toutes ré- 
serves et en désespoir de cause. Oès lors on ne saurait voir 
dans naraî'- qu'une faute; le texte original portait sûrement 
narasca , de même qu'on lit spânasca narasca , Vd \ 1 , 1 . 

La faute ne s'expliquerait pas dans la graphie vocalisée de 
l'Avesta , la seule attestée en fait. 

Mais si , comme on doit toujours le faire, on se représente 
ce qu'a dû être l'aspect antérieur du texte, on voit que la 

forme ^ du \od et la forme ^ ou «^ de s dans le pehlvi des 

manuscrits et surtout la forme '^ du yod et la forme '^ de .« 
dans le pehlvi épigraphique se ressemblent beaucouj) : il 
suffît qu'un petit crochet de la lettre soit efl'acé, et l'on est 
amené à lire y au lieu de s, d'où nnraé- au lieu de /utivjs-, au 
moment où l'on a lixé la vocalisalion. Du reste, dansVd, 
III, 8, on aperçoit sans doute la trace d'une hésitation de 
ceux qui ont vocalisé le texte , car les manuscrits qui repré- 
sentent le Vendidad accompagné de la traduction en pehlvi 
ont nairica, et non naraéca; le ^ du texte en ancien alphabet 
autorisait cette lecture aussi bien que la lecture naraéca; et 
si, dans l'ensemble, le iranscripteur s'est décidé pour na- 
raéca, c'est que cela rappelait un nominatif pluriel connu, 
celui des démonstratifs. 

Il peut paraître singulier (ju'une formule qui se rencontre 
quatre fois ait éle l'objet d'une corruption aussi grossière. 
Mais il faut se souvenir que les l'ormules sont toujours 



NOUVELLES ET MELANGES. 521 

répétées identiqueiiicnt dans VArcfla, (>l (jii'nnc laulo l'aile 
on un point peiil ainsi être transportée parlonl ailleurs; 
car il ne senihle pas avoir jamais existé cliez les mn/df-ens 
ancnne doctrine grammaticale relative à la langue de iV4 ('('.«/a , 
et par suite rien ne protégeait le texte conire les altérations 
grammaticales les plus étranges. Quand on se trouve en 
présence de formes (jui peuvent être dues à des innovations 
analogiques intelligibles, on ne saurait détern)iner si les 
incorreclions qu'on rencontre sont dues à l'ignorance de 
l'auteur du passage ou à l'incurie des copistes. Il faut cpi'une 
l'orme soit franchement absurde, comme l'est nnracra au 
lieu de narasca, pour qu'on ait le droit de se prononcer cl 
d'alTirmer l'existence d'une faute. 

A. Meillet. 



KlSORI MOHAN GA^'GUr.I. 

On nous annonce de Calcutta le décès de Risori Mohan 
Gang uli, l'auteur de la traduction du Mahûbhhata publiée aux 
aux frais et sous le nom de Pratfqja Candra Roy, ainsi que de la 
traduction de la Cavafiasainhilfi éditée sous le nom de feu Ahi- 
nasli Candra Kaviratna et continuée sous celui de son llls Pa- 
reshnath Sarma. Le défunt était dans toute la force du terme 
un self inade man. Né en 1848 à Janai , district de Hougli , dans 
une famille de bralimanes où la connaissance du sanscrit et 
de l'anglais était héréditaire, mais orphelin de bonne heure, 
il fut obligé d'interrompre ses études académiques pour ga- 
gner sa vie. Tour à tour maître d'école, professeur, employé 
d'administration, avocat, journaliste, il ht preuve, à toutes 
les étapes de celle carrière accidentée, de cette activité d'es- 
prit et de cette souplesse à s'assimiler toutes choses si remar- 
quables chez les Bengalis , mais aussi d'une solidité de carac- 
tère et de jugement qui passe pour leur être moins commune. 
Parmi les nombreux journaux et revues auxquels il collabora 
ou qu'il dirigea, nous ne mentionnerons que le Rcis and 



522 MAI-JUIN 190<S. 

Ruyjet de feu Shaïubliu Candra Mukeiji, dont il fui pendant 
plusieurs années le bras droit et ensuite le successeur. La 
traduction du Mahâbhara la , 1883-1896, avait achevé de le 
mettre en évidence et, quand son nom fut publiquement 
attaché à l'œuvre, lui avait obtenu une pension du (iou- 
vernement anglo- indien. La traduction de la Samhitâ ou 
Somme médicale de Caraka est également une œuvre esti- 
mable et utile, qu'il laisse malheureusement interrompue 
aux deux tiers. A ces occupations si variées 11 avait joint, dans 
ses dernières années, la rédaction de pétitions et de memo- 
randa; sa grande connaissance du droit et des affaires pu- 
bliques et son renom d'intégrité lui avaient valu une nom- 
breuse clientèle, depuis le Béloutchistan jusqu'en Birmanie, 
et une véritable influence auprès des autorités anglaises , 
dont plus d'une mesure juridique et même législative garde 
la trace. Des douleurs domestiques et l'excès du travail 
finirent enlin par épuiser une constitution qui n'avait jamais 
été bien robuste, et il succomba à une attaque de dysenterie 
le i5 janvier, dans sa soixantième année. Il laisse un fils 
unique, Ilari Caran Ganguli qui, comme juriste et sanscri- 
liste, marche sur les traces de son père. 

A. Bu\TH. {^Ihviie critique , 7 mai 190S.) 



BIBLIOGRVPHIE. 



.liiles Baili.et, Les noms de l'esclave en éijjptien, tirage à part du 
liecaeil des travaiiv relatifs à la jïiiilolcxjie et à l'arclicolouie éqvn- 
tiennes et assyriennes , Paris, (liiampiou, i()o6. — - Id., L,es ta- 
pisseries d'Antinor aa Musée d'Orléans, Orléans, P. Pigelef , 
1907. 

La première de ces études, portant sur plus d'une tren- 
taine de noms communs égyptiens, est à la fois une coniri- 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 523 

bution au droit privé et à la linguistique. EUo est menée 
avec méthode et atteste beaucoup d'érudition. On manque 
souvent de précision en prenant un terme dont le sens est 
déterminé par une léj^islation , une culture particulière, 
comme correspondant d'autres termes désignant chez un 
peuple étrauger des personnes de condition plus ou moins 
semblable, des choses plus ou moins analogues. La concep- 
tion de lu servitude, telle cpie la précise la législation de 
l'antiquité classique, demeura différente de l'état des per- 
sonnes placées au dernier échelon de la société égyptienne. 
Les noms désignant ces personnes nous rap|ielleat la sub- 
ordination, un habitat ou un genre de travail. Us peuvent 
aussi bien convenir à des travailleurs libres, à des corvéables, 
à des serfs qu'à des esclaves (p. 71). C'est faire preuve d'une 
vraie science ou d'une sage critique , de savoir où s'arrêtent 
les connaissances telles qu'elles peuvent résulter des re- 
cherches déjà effectuées. Au sentiment de M. J. Baillet, la 
nature de l'esclavage dans la législation égyptienne demeure 
encore une question non élucidée. 

La seconde étude du même égyptologue n'a pas une éten- 
due égale à celle de la précédente. Elle est toutefois fort es- 
timable, elle aussi. Les brodeurs des étoffes d'Antinoé « sou- 
vent s'efforcèrent d'unir à la beauté des formes le sens des 
symboles et l'expression de leur foi et de leurs espérances». 
La connaissance des conceptions égyptiennes devient ainsi 
nécessaire pour interpréter judicieusement nombre de motifs 
dont ces ouvriers firent usage. Peut-être pourrait-on sou- 
mettre à l'auteur cette observation qu'il ne paraît pas distin- 
guer assez nettement, dans ses expressions : la broderie de la 
tapisserie. Celle-ci appartient au tissu lui-même, celle-là lui 
est simplement superposée. Aussi M. Baillet y va un peu à 
la légère quand il s'aventure sur le terrain de la dogmatique. 
Le mystère de la Trinité des personnes dans l'unité de l'es- 
sence est chose tout autre que la conception gnostlque de 
Icnnéade, conception toute égyptienne malgré les désigna- 



524 MAI-JUIN 1908. 

lions des éons (voir p. 36). Le dogme de la transnbstantia- 
tioii n'a rien de c(»minun avec le fclichisnie (jui diviniserait 
nn raisin (vf)ir p. 35 ). 11 n'y a pas lieu de traduire : «le 
(ihrisl esl à la racine de la vie et de la résurrection» (voir 
p. 3()], quand le Christ a dit lui-même : «Moi, je suis la 
résurrection et la vie.» Enfin «le chef de la milice céleste» 
(voir p. 43) est, comme tous ceux composant cette armée, 
un pur esprit et non un homme, saint. Michel et non saint 
Georges. De même, au Musée d'Evreux, on montre avec 
l'étiquette «saint (Jeorges» tme histoire d'un manuscrit du 
\if siècle, qui en réalite est une figure de l'archange. L'on 
peut confondre les deux représentations, mais les persf)nncs 
sont distinctes, et en elles-mêmes et par leui" nature. 

P. BOURDAIS. 



Patiioiogia oniEXTALis , loiiic IV, fascicule 5 : ]listoiie de sainl 
Parante. Une rédaction (jrec(jne inédite des « Ascctica » , puliliée avec 
la tracluclion de la version syriaque. -- Analyse des mss (jrecs 
palimpsestes . Paris (snppl. /i8o) et Cltartrcs (i'y53, 1754) [dcuv 
])lat)rlies]. — Histoire de saint Jean-Baptiste attrihuce à saint 
Marc l'EranijéJistr , texte ^rpc pul)lié avec tratluction franraise, 
— Miracle de saint Michel à Colosses. Texte grec |.ui)ii('' avec 
rancienne version latine par F. Nau , avec le concours de 
.1. liousquet. 

Le présent fascicule va de la page AoG à la page 568 du 
tome ÏV. La plus grande partie (4o6-r)i'0 esl consacrée à la 
vie de saint Pacôme. 

Dans rintrnduclion (p. /^o^)-f^^2^\), M. JNau donne une hl- 
bliograpliie complète de la littérature j)acôinienne. Il (miu- 
mère, en y ajoutant tous les détails intéressants, les rédactions 
déjà publiées de la vie de saint Pacôme : 1" La traduction 
latine d'une ancienne biographie de saint Pacôme, faite au 
vi" siècle par Denys le Petit (Miom-:, t. LXXIII, col. -.rH)- 
'iyîi). — 2° Une traduction Inliiic faite par Hervel sui' un 



NOUVELLES ET ME LA NT. ES. 525 

texte grec attribué à tort à Siinéon IMétapliiasIe (SuRius, 
De probatis sancloniin vilix; Cologne, 1617, t. III). — 3" Une 
Vie de sainl Pacôme , texte grec édité par les Bollandisles 
dans les Acla Sanclorani; Paris, i866. — 4" l-^es Pardlipoiiirmi 
de SS. Pnconiio et Tlicoduro, traduclion latine publiée par les 
Bollandistes avec le texte grec dans les Acla Saurlonun ; Pa- 
ris, 1866 — 5° Une version syriaque très ancienne qui se 
trouve dans le Paradism; l*(iiruin dKnanjésu. (vu° sièclt;). 
Celte version a été éditée par le l\év. P. Bedjan et par 
M. W . Budge. C'est celle dont M. Naii donne une traduction 
française dans le présent fascicule. — 6° Plusieurs versions 
coptes, éditées et traduites par M. Amélineau dans les An- 
nales du Musée Guiinet, t. XVII, Paris, 1889 et dans les 
Mémoires de la Mission archéologique française au Caire, t. IV. 

— 7° Une version arabe publiée et traduite par M. Amélineau 
dans les Annales du Musée Guiniel. Ihid. 

M. Nau indique ensuite les Rédactions inédites de la vie 
de saint Pacôme : 1° Une biographie en grec conservée à la 
Bibliothèque nationale de Paris (ms. n° 881, fol. 222 à 2 2 5). 
C'est celle qui est éditée dans le fascicule. — 2° Une rédaction 
grecque provenant du mont Athos et conservée partie à 
Chai'tres (ms. n° 1754) et partie à Paris (ms. suppl. grec 48o). 

— 3° Une Rédaction utilisée par Nicon, moine du Sinai 
(xi" siècle) [ms. 07, fonds Coislin]. — 4" La rédaction méta- 
phrastique, qui a été traduite par Hervet. M. Nau en prépare 
une édition qui paraîtra prorhaineinent. 

Vient ensuite un Essai de comparaison des sources grecques: 
1° h'Hisloire Luusiaque et les Ascelica. — 2" Les Ascelica et 
les Paralipomena. — 3° La Vie traduite par Denys et îa Vie 
dite métaphrasliqnc. — 4° La Vie éditée ici (Paris, ms. 881) et 
la seconde partie de la l ie niéiaphrastique. — 5° La Vie des 
Acla et la Vie niclaphrasliquc. D'après M. Nau , la diversité 
des rédactions est telle, qu'il est dinicile de remonter à une 
source unique. Les éditeurs successifs auraient pnjcédé par 
compilations de sources diverses et non par exlrails d'une 



526 MAI-JUIN 190S. 

source unique. La présente publication facilitera la critique 
des sources. 

Au-dessous du texte grec, M. Nau donne la traduction d'une 
ancienne version syriaque qui se trouve dans le Parodifus 
Palriini, compilation de la Un du vu" siècle, due à Enanjésu. 
Il suit le texte qui a été édité en 189 5 par le R. P. Bedjan. 
11 mel entre deux petits traits les mots qui n'ont jias leur 
équivalent dans le texte grec publié en même temps, et in- 
dique en note les passages communs avec la Vie dite méta- 
phraalujue. 

Le texte grec donné en haut des pages est celui du 
ms. 881 de la Bibliothèque nationale de Paris (fol. 39.5-255). 
M. .1. Bousquet, agrégé de l'Université, vice-recteur et pro- 
fesseur de grec à l'Institut catholique de Paris, a donné ses 
soins à l'édition de ce texte. Cette entreprise ne manquait 
pas de difficultés, le manuscrit étant souvent incorrect avec 
une accentuation défectueuse et une mauvaise orthographe 
viciée par les conséquences de Vitacisme. Les différents équi- 
valents de z y sont perpétuellement confondus. La langue, 
qui est la KOivri du iv" siècle, contient un bon nonil)re de 
mots étrangers; la phrase est longue, embrouillée, parfois 
sans verbe principal; les règles de la syntaxe sont souvent 
violées. A parlées incorrections, le style est assez clair, sans 
trop d'alTeclation ni do mauvais goût. M. Nau a collalionné 
ce texte avec le ms. 1754 de Chartres, complété parle nis. 
suppl. /|8o de Paris et divers autres manuscrits. 

M. Nau donne ensuite en appendice une analyse de la \ic 
de Pacôme (Chartres 175/1, Paris .480). Il en cite in extenso 
un long extiait (p. 5o4-5o9) qui se rapproche successivement 
de divers autres textes déjà édités , cl il se borne à signaler 
les omissions et les additions dans les passages où ce manu- 
scrit devient conforme aux Acia. 

Dans la seconde partie, M. Nau commence par analyser 
les mss grecs palimpsestes Paris suppl. /|8o et Chartres 1 753 , 
175/1. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 527 

Les mss Paris suppl. d8o et Chartres 176^1, fol. i-34, 
portent, outre la Vie de saint Pacôme transcrite au xiv" siècle, 
des textes sous-jacents en onciales du vin" siècle. M. Nau a 
identifié ces palimpsestes et y a trouvé des fragments de 
neuf pièces différentes. Ce sont des homélies de saint Jean 
Chrysostome , des fragments d une histoire de saint Jean-Bap- 
tiste, le miracle de saint Michel, et une histoire de saint 
Basile. 

Les mss de Chartres lySo et 176/1 (2 5-6(j) contiennent 
des fragments d'Octocchus avec notation musicale et dlffé- 
rents morceaux liturgiques, cpielques chapitres du de Fide or- 
thodoxa de saint Jean Damascène, des homélies do saint Jean 
Chrysostome, des fragments de l'évangile de saint Mattliit-u. 
Une des homélies attribuées à saint Jean Chrysostome a pour 
sujet «le nouveau dimanche et le manque de foi de l'apôtre 
saint Tlionias». Un a cru à tort que c'était une Vie de saint 
Thomas. 

Deux planches hors texte reprodviisenl l'une le feuillet U2() 
du ms. 881, de Paris, l'autre le feuillet (3 du ms. de Chartres 
1754. Ce dernier porte un texte palimpseste. 

Vient ensuite l'Histoire de saint Jean-Baptiste attribuée à 
saint Marc TEvangeliste. Elle est contenue dans le ms. pa- 
limpseste suppl. 480, de Paris, et dans différents autres ma- 
nuscrits. La rédaction aurait été faite en Syrie vers la lin du 
v' siècle et aurait eu pour but de donner un témoignage 
d'authenticité à la découverte du chef de saint Jean-Baptiste 
à Emèse en 453. 

Dans l'introduction, M. Nau donne l'analyse de trois 
autres rédactions de la vie de saint Jean-Baptiste. Elles se 
trouvent dans les mss 683, 778 et 1 190 de Paris. Ces rédac- 
tions, chargées de prodiges et d'explications, sont, d'après 
M. Nau, postérieures à celle qu'il édite. 

L'histoire de saint Jean-Baptiste , texte et traduction , va 
de la page 626 à la page 54 1. C'est le texte en onciales sous- 
jacent du ms. suppl. grec 48o de Paris qui est suivi par 
M. Nau. Il le coUationne avec différents autres mss : Gènes 



528 MAI-JUIN 19 OS. 

n° 35, Paris 1021 et 1608 et le Codex liistoricns graecus XIV, 
(le Vienne, dont il reproduit les nombreuses variantes. 

I.a vie de sainl Jcari-Baplistc est racontée, à part (juehjuos 
amplifications, telle qu'elle nous otconnucpar les Évangiles. 
Les détails ajoutés sont ceux-ci : l'auteur le fait appeler du 
désert par rarchan<j^e Gabriel pour prêcher, dans lei lieux 
habités, la venue du Fils de Dieu; il donne, à l'occasion de la 
lète d'ilérode, les noms de ses principaux courtisans; ai)n s 
sa décollation, arrivée le 29 distros, la tète de Jean aurait 
été déposée par six de ses disciples dans une caverne près 
d'Emèse. 

Le récit du Miracle de saint Michel à Colosses est fondé 
sur la légende suivante : les apckres saint Philippe et saint 
Jean l'Evangélisle auraient fait jaillir une source près de Co- 
losses, à iCndioil ou ils voulaient que sainl Michel fût ho- 
noré. Un oratoire y fut dédié à l'archange. Pour faire dispa- 
raître la source et détruire l'oratoire, les païens détournèrent 
le cours des deux fleuves qui coulaient près de Colosses, Le 
gardieu Archippe implora sainl Michel qui lui apparut, ou- 
vrit un abîme souterrain où il préciplla les deux fleuves et 
changea en statues de pierres les païens sacrilèges. 

Les pétrifications du Lycus et de son alTluent l'Ak-su ont 
pu donner lieu à cette légende. D'après le témoignage d'Hé- 
rodote, de Slrabon et de Pline, le Lycus disparaissait dans 
un gouffre , près de Colosses, pour reparaître cinq stades plus 
loin avant de se jeter dans le Méandre. Aujourd'hui le ponl 
naturel et le gouffre ont disparu, mais cette disparition s'ex- 
plique facilement par les modifications incessantes que font 
subir au sol les deux rivières dont les eaux incrustantes sont 
d'une activité extraordinaire. M^' Le Camus et M, Vigoureux 
ont d'ailleurs reconnu, sur les deux rives du Tchoruk-Tchai 
(ancien I^ycus), les amorces du pont naturel disj)aru. 

Il existe liois relations du Miracle de sain! Michel : une 
relation grecque anonyme conservée en parliculier dans le 
n)S. snppl. i,r(>c 'i<So, texte palimpseste; une autre ait ibuée 
àSisinius, archevécpie de (Jonslaiilinople , et une troisiune 



NOUVELLES ET MELANGES. 529 

rédaction due au Mélaphraste, la pnMnirre et la troisième 
ont été publiées par M. Max Bonnet dans les AïKilectd Bol- 
landioïKi. Celle de Sisinius a été hush éditée par les Bollan- 
distes. M. INau donne le texte du ms. suppl. grec /i8o du 
vin* siècle avec les variantes de l'édition Max Bonnet faite 
sur des mss postérieurs de trois siècles au moins. Il j)ublie 
en même temps l'ancienne version latine conservée à Paris 
dans un manuscrit unique. Elle est due à un moine nommé 
Léon, appartenant à la congrégation latine établie au Mont 
Athos vers le milieu du xi* siècle. C'est le seul document 
écrit que nous ait laissé cette communauté. 

Le lascicule se termine par une table des noms propres 
et une autre table pour les mots remarquables employés dans 
les textes grecs qui y sont publiés. 

On retrouve dans cette publication les qualités de clarté, 
de sagacité et de précision auxquelles M. Nau a habitué ses 
lecteurs. T^a traduction se recommande par son exactitude 
scrupuleuse, son naturel et son élégance. 

Angers. 

L. Lekoy. 



L'Art au Caucase , par J. Mocrier. Deuxième édition. Bruxelles. 
Imprimerie scientifique-, Charles Bulens, éditeur, 1907, i^rand 
in-8", 201 pages; prix : 10 franrs. 

Le distingué auteur de la Mingrclie , de ï Histoire de 
Géorgie et d'autres ouvrages intéressants, M. J. Mourier, 
nous donne aujourd'hui une nouvelle édition de son travail 
surlM/-/ au Caucase. Ce livre, orné d'dlustrations, est divisé 
«n deux parties : l'Art religieuv (architecture, sculpture, 
orfèvrerie, émaux, peintures, manuscrits, broderies) et les 
Arts industriels (poterie et verrerie, orfèvrerie et nielles, 
«maillerie, bijouterie et glyptique, costumes, armes, habita- 
tion et mobilier, tapis, tissus, étoffes et bronzes). On voit 
bien que l'auteur n'a pas écrit renfermé dans son cabinet 

st. 34 



530 MAI-JUIN 1908. 

de travail; il a visité le pays, Ta habité pendant plusieurs- 
années et a étudié les langues, les mœurs et coutumes, l'eth- 
nographie, l'histoire et l'archéologie du Caucase, qui fournit 
tant de surprises aux explorateurs scientifiques. Ainsi M. .1. 
Mourier, possédant une profonde connaissance du Caucase, 
nous donne un travail sérieux qui mérite d'être signalé. — 
Quelques observations seulement. A mon avis, l'architec- 
ture romane doit son origine à l'Arménie ; car nous y trou- 
vons des monuments — comme l'église de Sainte-Riphsimé, 
bâtie au iv° siècle et reconstruite en 6i8 — qui sont anté- 
rieurs à l'apparition de ce style en Europe. On pourrait 
peut-être en dire autant du style gotliiqae : ainsi la cathé- 
drale d'Ani, bâtie en 980-1001, a des arcs en tiers-point. 
L'inscription principale qui donne cette date ne provient 
pas d'un autre monument, comme le suppose M. J. Mourier; 
c'est bien original, je l'ai constaté moi-même pendant mon 
second voyage scientifique à Ani; mais cette question est 
trop importante pour pouvoir être traitée ici. Je ne m'arrête 
pas sur les réflexions que fait M. ,T. Mourier sur les Armé- 
niens du Caucase. 

K. J. Basmadjian. 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS LE TOME XI, X"^ SÉRIE. 



MEMOIRES KT TRVDUCTIONS. 

P«gefc 

Note sur le dialecte Foui parié par les Foulbé du Baguirmi 

(M. Henri Gaden ) 5 

La versification nationale turque (M. Baluassan Oglod 

Nedjib Açem ) 71 

Discours de Jacques (Denys) Bar Salibî à l'intronisation du 
patriarche Michel le Syrien, publié et traduit par J.-B. 

Chabot 87 

Notes pour servir à la chronologie de la dynastie kassite 

(M. Fr. Thdread-Dangin) 117 

Etudes sumériennes (suite) [M. C. Fossey] 177 

Etudes assyriennes (M. C. Fossey) i83 

Note sur les poids assyro-babyloniens (M. J.-A. Decodh- 

drmanche) 191 

La stèle de Tép Pranani (Cambodge) [M. George CoedÈs]. . 2o3 
Note sur les schismes de l'église nestorienne du xvi' au 

XIX* siècle (M. J. Labodrt) 227 

Sur une identification de deux manuscrits arabes de la Bi- 
bliothèque nationale (M. Emile Amar) 287 

Le papyrus moral de Leide (fin) [M. E. Revillodt] 243 

L'origine africaine des Ma'gaches (M. Gabriel Ferrand) . . . 353 
Un faux archéologique chinois (M. Edouard Chavannes) . . . 5oi 

NOUVELLES ET MÉLANGES. 

Procès-verbal de la séance du 10 janvier 1 908 i35 

Ouvrages offerts à la Société 1 38 

Procès-verbal de la séance du l 'i février 1908 iiio 

Ouvrages offerts à la Société 1 43 

Deux mots basques d'origine sémitique (M. de Charencey). 147 

Bibliographie (janvier-février) 1 49 

Notes bibliographiques ( M. L. F. ). — Persian historical 
texts. - Gibb incmorial séries (M. L. Bouvat). — Indian 
Ihought. - Catalogue Sk. Mss. Madras (M. J. V.). — The Na- 



532 MAI-JUIN 190<S. 

ka'id of Jiirir and Ai-Farazdak. - Seleclions froni geograpl)i(-al 
lileralure (M. Cl. Hoart). — Nouvelle grammairi! arabe (M. J. 
Périeb). — T'antâouy Djadharv, Midhàin e! 'alam el Ktlàdj cl 
naorcssa' (M. I. Hamf.t). — Pcrsia, Past and Proscnl ' I). M.). 

Procès-verbal de la séance du i3 mars 1908 3i5 

Ouvrages offerts à la Société 3 1 6 

Notes de grammaire sabéenne (M. Mayer Lambert) 3 19 

Bibliographie mars-avril) 3a5 

Die Litoratur der Babvionicr und Ass\rcr. - A new houii- 
dary stone of N'obuchadnezzar 1 from Nippur. - Clironicles 
concerning early Babylonian kings (M. P. Bodrdais). — Sidon 
(M. A. Gdkrinot). — Sepher lia-Zohar (M. Moïse Scuwab). — 
Sources syriaques (M. J. Labodrt). — Histoire ncsloriciinc 
(M. L. Lekoy). — Légendes coptes (M. P. Bourdais). — 
Zaralhuslitra and Zaralhushtrianism in llic Avesla (D. M.). — 
Prome et Saniara (M. A. Guérinot). — Notes de bibliographie 
musulmane (M. L. Bouvat). 

Procès-verbal de la séance du 8 mai 1 ()o8 5 j 1 

Ouvrages olFerts à la Société 5 1 3 

Annexe au procès-verbal do la si'ancc du 8 mai iq<)8 : Dis 

cours de M. Senart, président 5i6 

Une fausse lecture de VAvrsla (M. A. Meii.let) 820 

Kisori Mohan Ganguli (A. Barth, Rei'tirrritiiiiic , 7 mai ij)o8). 821 

Bibliograpliie (mai-juin) 522 

Les noms de l'eselavc eu égyptien. - Les tapisseries d'A.n- 
tinoc au Musée d'Orléans (M. P Bodrdais). — Palrologia 
Orientalis, tome IV, fasc. 5 (M. L. I.F.nov). — L'Arl au Cau- 
case (M. K. J. Basmadjian). 



Le lier ail t : 
li. KlNOl. 



J 



PJ 

K 
J$ 

ser.lO 
1. 11 



Journal asiatique 



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Liri(V,»;t.\i