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Full text of "Régale de Carcassonne, pour Me François de Roux,... archidiacre en l'église cathedralle de Carcassonne, demandeur en régale, contre Me François de Simeron, pouveu par l'ordinaire, et Me François de Baud, indultaire"

Regale de CarcatTonnc, 

PourM François de Roux, Licencie enDroid Canon &Ciuîl, 
Archidiacre en rEglifc Cathedralle deCarcaiîonne, demandeur 



f. 



i Regale. 



Contre M'. François de Simeon,pourt(ett par F ordinaire , &M\ Françok 
de Baud, îndukaire, 

■A r c h i d t a c o n e' contentieux ayant vacqué au mois d'Auril 
ifto. par le decea.de M .Raymond de Roux.U a cfte dmerfement 
im'p«ré:Pai!edemaod«ur, comme vaecantenregalr-PMSimeoii, 
comme vaceâr par deoed* M^FraoçoisdeB.ud.I.dulta.rey apa. 
reillement porté fapretcnr.cn. Decestrois concurrents il çlehtt, 
k p emieremenr exclure M* François de Baud pour deux raifons.U 
pleTC^ dignité de ^ 

judieederandro^ 

m^la première fi Régale -^^JSïïffiufct^ 

ptouinccdeLanguedoc finpheremem - Eue cl ££. , 

IndeurUy auoit ouuetmie. De ec s deux qucftions defpend ablolument I». 




dudeman 



decifion du différend d'entre les parties. 

Pour leiugemenr de la première Roy & nos Seigneurs de fonConfed font rres- 
humblement fupplié, de confidererde queltempla pfeu.nce de ^ n B««loc »to 

queeek fert grandement à la decifion de ccftequeftion. * «»*— „iv*, 

L'Hiftoirenousapprend^uapreskmortdel'Emperenr Theodofe enmronUB 

4M.VbaIia Roy deaVifigoihaV nant part de la défi: ourede 1-Em«m •■«£££ 
prouinec de Unguedoc; & qu'aptes (on dcccdz.Alaric fon accefliut « ftablft ^ c ~ 
gelloyaldefes rlrte. à ToLlf. Masque^e temps après, Ah^ 
Lit par le Roy Ciouis en la bataille de l'oiâien, tout le Languedoc fut *uny a la 

cWonnedeFranceduconfentem^ 
mentacquifefurvnvaitableennemy^Uptus-par.doEuefq.esdehd.teptomn^ 

ce q,i Joien t efte chatTez par Alarie A «ien,rappeHez dan : k ur , P^^ 1 ^^ 
Dcpuilet fils de Ciouis ayâr marié leur faurClotilde au.c AmalaruVifigoi h.lamef. 
me^uinceluyfutdonnLendouaire: Mais parce q» Amalaru «™™™^ 
mentCIouldeiesfrcres furent contraints de pafil-i en Elpagocou ils desfn en A ma- 
laric, ramenèrent leur faur en France,* réunirent tour le pays du Languedoc a la, 
Couronne. Sibien qu'il cftconftanr que tous les Roy» de h première & Ic ""de ra- 
ces en o in depuis eftlesSeigneurs a bfolus<Chi] péri aexo^^^ 
deric trobiefedemiersRoys delà première, race, y commandoicnïlouuer«ne r 



*\ 



•t 
rotnt. Pep'm . Charlemagne, Louys le Débonnaire , Charles le Chauue , & en fuitre 
les autres Roys de la deuxiefme race en faifoient de melmes, &c y eftabliflbientdes 
Gouuerneurs qu'ils appelloient Comtes. Corfonyfut des premiers eftably ; & en 
ayant cdé bien-toft après dfipoféy Guillaume y fut mis en L place.auquel Beranguier 
fucceda: àBeranguier, Raymond: àRaymond , Pons 1 , & en fuitte touslcs autres 
d'à près y furent eftablis par la feule authorité de nos Roy s, iufqucs au déclin de la fé- 
conde race que ladite prouince fut fouftraite de l'obenTance Fiançoife pendant les 
troubles & diuifions ciuilcs : Ce qui dura iufques au règne du dernier Comte Ray- 
mond, qui maria Ieannc fa fille vniqueauec AIphonfeDucdePoiftiers.par ledecedz 
delquels fans enfans , ledit païs a efté reiini àl'Eftat. 

Voilà ce qui ftgarde la prouince du Languedoc , Se les dinerfes mutations qu'elle 
areceuë. 

Desoutescesremarqnesilfe tire vneconfequence, que fi en quelques Eglifes de 
France laregale doit auoir lieu: C'eftfansdoubte es Euefchez de Languedoc, puis 
que ies Eucfques ne tiennent ce qu'ils poiTedent que par la feule grâce & bien faicï de 
nos Rois: 

Premièrement le droid de régale eft vn des plus anciens & plus auguftes,d5t iouïf- 
fent nos Rois, nayauec I'Eftat, par le moyen duquel ils fe font refci uçj.a collation 
des bénéfices /impies & perception du temporel desEuefchez vacants:prerogatiue 
digne delà pieté de nos Rois , fondateurs, protecteurs , & conferuate-urs des Eglifes 
au dedans de Ieur£ftat,auec choix & nomination portant neceiTîcc de prouifion. 

Secondemenr, il eft confiant par les Ordonnances delà plus-parc des Rois de la 
troifiefme race,tîr>gulieremét par leslettres patentes de Charles IX. de l'année \$66. 
bien & deuement vérifiées , & confirmées par les Rois fucceflems , & par vne infini- 
té d'Arrefts,que le droift de regale eft acquis à nos Rois par tout le Royaume,N o v s 
auonsdtt 1 declaré, r veuluJîatHéc ordonne } difons } déclarons, 'Voulsns.Jiatuons, & ordonnons, 
que dorefnauAnt & * t omencer dui.iaur de fanuier,tous &• chacunslcsfrui&s, profits t reuenus, 
& efmoliimensyfroiienus , & quiprewendront des régales a nous appartenons en toutes les par- 
ties du t\pyaume,pais, terres,[agnettries& ailleurs quad le: as rf cherra, fansatfcun excepter ne 
referuer, fero'n cmertïs& empUye\auxreparations & entretenaient du dimn feruice de U 
famcîe Chapelle & maifons qm en ciepcndent.V\\i\\\?ç>c Prubus, qui a traitté des regales, ex 
frofelfo, dit, que Charles 9. déclara lorslaregalevniuerfellepartoutlc Royaume.fur 
Je doute que quelques-vns faifoient (comme l'on fait àprefent) fi ce droiéîeftoit gé- 
néralement acquis à nos Rois. Le mefmesutheurditenla queft.i qucius rega'taad 
Xjgem Tramia ratione fiuCor tn<* pertinet nonfolùm'n <vna Ec(leJia.Cathedrali, r velpluribtis, 
fed etiamin omn bus regni, & qmd 'vnanomUbctejfe plus excepta abeoiure quamalia, & ex 
confequenti omnes *Ar< hieptfco\i & EpifcopiGallia p) out n:c alufunt reciptendi adallegadwn 
contra tus ipfttm exemp ïonew ,prefcriptionem i <vfi<tn,ai'.tpo]fcfiionemincoHtr*rtum- 

En tro^iiefme lieu , il femble qu'après l'Arreft de la Cour de Parlement de Paris.do. 
44- Aurili6o8.rendupour l'Euefché de Bellay, il n'y a plus de lieu de diiputerau 
Roy fondioift de regale: car 00 foulUnoit que Bellay eftant de la BreiTe.den'aguercs 
vnici la Couronne par le traicté du mois de Ianuier 1601. n'cftoic&n'auoitiamais 
efté/ubjedtcàla regale : Neantmoinsce célèbre Parlement de Paris , qui maintient 
fi puifTamment tous les droifts de la Couronne , iugea fuiuant les conclurions de M 1 . 
l'Aduocat Seruin , que Bellay eftoit fubieét à la regalle comme rous les autres Euef- 
chez du Royaume, auec inhibitions & deffences aux Aduocats & Procureurs défaire 
aucune pourfuitte, au contraire. Et quoi que quelqucsignorans du fiecleayent trou- 
ue mauuais cefteforme de prononciation.qui ennemis de fauthoritéRoiale ont plus 
de lom de diminuer la puiOànce des Rois pour la transférer à des pûiflanccs citran- 



geres,quîn'cnttcpténent que trop fur les Libertez de rEglifeGallicanciNcantraoins 
i! cft vrai que cefte prononciation reiTent de la dignité & de la majefté d vn célèbre 
Sénat. Ainfi il fevoid dans le lotnncs <3*tf»,en la queft. 88. tout à la fin vneptononciatiô 
parcillc./»*n , > - oiJ>;t»rtfwncde attero aliquis praijeeret ntfi partes principales , & quod aduo- 
ctti'ioruonfttlmttntdccaterocowarium. Lemefmefe trouuecnlaqueftion 46. Sccrc la 
queftion i68.^€ufrer. en la decifion 74. 

Detouscestefmoignagesonconclud, que le droiû de régale, qui eft nay auec/«~ 
Roiaume,eft:ant vn des plus anciens & plus releuezdont iouïflent nosRois,fc< la pro- 
uince de Langucdoc.vne des plus anciennes pièces qui compofent le corps de la Mo- 
narchie Françoifc,elle a efté fans doute des premières fubiettes à ce droiâ royal, donc 
elle ne fe fçauroit affranchir fans defeharge précité: fi bien que les Euefques de ladite 
prouirtee ne tenant ce qu'ils pofledent que par la feule munificence de nos Rois, ils 
ne fe peuuent dire exempts du droiét de regalle , s'ils ne luftifient de l'exemption par 
efcritj&cncorc que cefoit à tiltre onéreux ; &qneleRoien accordant cefte exem- 
ption ayeeftérecampenfé en autre chofe. Ainfidoir cftre entendue laiefponcedu 
Roi au cahier des Eftaf; de Languedoc cy après o';V<e£té. Ainfi l'Euefquc de Carcaf- 
fonne peut demander d'eftre conferué en fespnu leges, en cas qu'il fetiouuera bien, 
fondé: C'eftce qu'il faidfc examiner. 

Palïbns • vn autre moyen. L'Hiftoire nous enfeigne que les Corn tes de Thoîoufc 
nommoient aux Euefchez , conferoient les Benefices,& en prenoient les rruicts pen- 
dant la vaccance : ce qui ne peut eftre appelle qu vn pur droict de regale Aufli ladite 
prouince nefut pas pluftoft fubraiïe aux Rois de Ptacice»qae par patenres duRoi Phi- 
lippes le Bel de l'année 1305. elle fut déclarée fubiecte à ce droict ( -voLonns quod gentes 
Ttojlye occupent regdi* Ecclefiarum vaccanctumprouïnciç &ArbormenJi>). cette chart e eft ra- 
portee dans les Edidb de Fomunon imprimez es années 15S0. 1585. 1607. pai Gjenois 
dans la Conférence des Ordonnances, imprimées es années 1561 . \6o}. \<So7- 16 i?.pat 
^/Cufrerus dans fon Stiîns Parlamenti, imprimé es années 1511. 1550. 154.1. dons autre 
SJi/aaîWrfweMficommentépar Du Moulin, & imprimé es années 1550. 1J5». & 1561. 
Lamefmeeft rapportée par beaucoup d'autres autheurs: Mais parce que la citation 
enpourroireftreredieufe,ilfufrirad'auoirraonftré par les précédentes, que l» r up- 
pofition que le défendeur a fai&efurcefte ordonnance en changeant V en N & met- 
tant tïolumuf au lieu de Volunws , eft tout àfaidt malicieufe, & contraire à l'intention 
du Roy j& qu'il eft faux de dire, comme il dit dans vne longue requefte qu'iîapre- 
fentée, que Probus, Pafquier, & MonfieurleMaiftre ,ayent Jamais rapporté ladite 
chatte , & qu'ils parlent d'aucune exemption pour Natbonne & fes fufftagauts. 

Ce defTusfe peut encore mieux recogneiftie par les patentes du Roy Charles V. de 
râni37^addreiréesauxSencfchauxdeBeauoaire,Carcau r bnne,&Tholouzc J parlef- ' 
quellesle Roy leur mandoit de contraindre tous les Prélats des Senefchaulîees de 
Beaucaire , Carcaffônne ôcTholouze àluy faire hommage Se jrrefter le ferment de fi- 
délité, auanr lefquels nosRoysom accoullumé de iouyr du temporel des Euefchez & 
conférer les bénéfices fimples qui endependenr. ^înbiepifcûpis , Eptfcopts , ^ibbatibur^ 
cite>jff,'Pr<tlaris& alijsperfonis Ecclefîajhcisin dtcitsfcnefi-JUis conjittuti<(<ji<ir*tionefiu 
ttmyralitdtis nobis recrgnit'cnem'VelboMagiumfaceretenen'ur.fcufidelitiitisprçfl.irefacra- 
tnentu) prttcip'atis quod dtîla retognitioneinft'Hfeftti 'imntïiSmiïorîi nobisfacûi prient que 
§dehtArisiur« *:n-u. Le mefiu Roy Charl»s par ajrtes patentes du 4. Sept. ^75. où eft 
attachée vne buile cômençant Gc^«rj«j,dt "ihnft" iGe-dftPape i '. Nogiierefts 
ArcheuefquedeNarbonnelaiouyflance t . du tr t ofcel que de la collation des 
bénéfices, nonobftant qu'il n'euftfrtit fenii itcî [ité. Onadio " ; cela diurrs 

contrailsdecompofHionpoutledioiâd :gail. »i».$c pafli sGhaaoiaçs 



4 
âc la fain&e Chappelie,& lesEuefquesdeMande,du Puy,deViuiers,de Lombés,& de 

Loudeue.tousEuefqucs de ladite prouince.Pour la regalle d«s Euefchez d'Agdc,& do 
Beziers < lcsarrefts& autres preiugez font en nombre. Grégoire de Tours, liure fixic- 
me,dit que le Roy a droiét de rcgalle en l'Euefché d'Vfés.Du Haillan 1. j.de l'Eftar des 
affaires de France, Se plufieurs autres autheurs mettent entre les Euefchez fubiets à h 
regalle,ceux de Cadres & du Puy.Pour celuy du Puy .patentes font en la chambre des 
comptes de l'am;95. pofterieuresàvnarteftdel'an 1158. fur femblable fubjet. Pour 
celuy d'Àlby,arreft du Parlement deTholouze de l'an 1196. rapporté par Maynard & 
Chopin. Pour celuy de Nifmes , arreft du mefmc Parlement du vingt-cinquiefme 
Decêbre 15SZ. rapporté par Charondas. Ce font tous Euefchez de Languedoc. Tel- 
lement que de toutes ces authoritez on tire vneconfequence, que douter du droicl: 
de regale en la prouince de Languedoc , c'eft eftre ignorant dans l'Hiftoire,reuoquct 
en doute le nom & la puiffance du Roy > 6c Ce déclarer ennemy de la Couronne & de 
l'Eftar. 

Des grandes prouinces dontleRoyaHmeeftcompofé , le Languedoc eft vnedes 
premières fubmifes. Le Dauphiné l'a fuiuy , la Guyenne , la Champaigne ,1a Bretai- 
gne, laBreffcfous quels tiltres ces dernières font-elles obligées à la regale, le Lan- 
guedoc demeurant affranchi ? toutes eftans efgalement fubicttes à vn mefme Prince, 
Iln'yaricndeplusiuftequerefgalité du traidtemenr. • 

Commtmtm btmc ergo populiim paribu/yrte regAtnttt , 

uitfjpi(i)'s. 
Le droicl gênerai cftant certain, il fautvoirfous quelles raifons l'Euefque de Car- 
caffone defire fe fouftenir: elles font diuerfes,& les refponces promptes. 

L'on dit en premier lieu que par les termes de l'ordonnance Dur» Epifcapus , toutes 
Eglifcs nereçoiuentpaslaicgallc,vfBntdetcj.moc5,r-' ti toominus B^x habttregttliAtn: à 
quoy font conformes les termes du traicté fait auec lcsEcclefiaftiques en l'an 1606. 
lequel en outre porte que le Roy n'entend iouïr du droidr de regalle , finon en la mef- 
me forme que fespredeceffeurs , fans l'eftendreplusauant , au preiudicedesEglifes 
qui en font exemptes, répété en l'article 16. des dernières ordonnances, & que fur rc- 
quefte prefentée par les Euefqucs.de Languedoc l'an 1617. il eft dit que les Eglifes de 
Languedoc iouyront de leurs priuileges. 

A quoy refponces diucrfcscV certaines: premièrement le droicl de regale eftvni- 
uerfel,n'a autres bornes que celles duRoyaume,fondé fur des eonfiderarions généra- 
les qui ne font point peculicres à quelques prouinces plus qu'aux autres. La négli- 
gence des Officiers en J'exadtion ou exécution n'y peut auoir apporté d'altération. 
L'on ncprefcrit( comme difoit cet ancien )cowrelcs Dieux ny contre le public, la 
bonté de nos Roys ayant fouuent ployéfous I'importunité auoit autrefois accordé 
quelques difpcnces de la regale, les Euefchez de delà la Loire s'en pretcndoiét exépts, 
ceux de Bordeaux reprefentoient vn affranchuTèment (je Louis le Ieunc: mais comme 
Us fleuues s'enflent & grofllffen t plus ils s'efloignent de leur fource , les prerogatiues 
de leftatfe confirment & fortifient par le cours des années, l'expérience maiûreitc 
commune par diuerfitc d'ineoflueniens portant les cfprits à des intelligéces nouuel- 
les , la loy i.C.debon. pet.fubt. vfoit de termes elegans , In nonoullis tra inuerecund* qui- 
runJaminhiatione conJlringimur 1 i vtetJai»noaconcedeitd<itribu4mMs.LestToables,\esdim. 
iîons, les neceffîtez publiques donnent fouuent ouuerture auximportunitez& aux 
en treprifes:7tf «/r* reges in belU prçfatim opertis octtlis don.wt,nonfufficit homo Ittjlus tôt tr- 
mMis (upiduntibus. Le calme ôclabonnace donnent des ouucrtures & refolutions 
forment contraires, les yeux filiez font ouuerts, la vérité la liberté reclame contre l'er- 
reur .-c'cltpourquoy ces conceflions preiudiciablcs àl'cftat immortel par fubroga- 



ï 

don, dont les Roys n'ont que la difpenfation comme tuteurs ont efté rTùoquees,& 

tnfin toutes les Eglifcs de delà le Loire, mefme celle de Bordeaux & tous fesfuffia- 
gans par arreft du \f. Iuillet 1596. y ont efté fubmifes. 

La prouince de Bretaigne ayant long-temps refpiré fous fes franchifes, enfin a efte 
liée à la condition cômune.La Brcfle à peine fubmile au feeptre en a receu la furchar- 
ge comme infeparable. L'EuefcIiédeLangres nonobftant (es diuers priuileges con- 
firmez de temps en temps a !ubi la mefme loy dés l'année 1615. & par règlement gêne- 
rai du Parlement de Paris, deffences faites aux Aduocatsde doubler que ce droit ne 
foitabfolument acquis au Roy par tout fon Royaume. 

La regalle ellvn bien domanial plus attaché à la Couronne que la lumière au fo- 
leil. Nos Rois n'en font qu'vfufruiâiers , obligez de le rendre en la mefme intégrité 
qu'il leur aeftéconfié.Le fonds en appartient al Eftat. Quand le Roilean fepotta aa 
delaiflement de la fouueraineté de Guienne.dans Froiflart: quand le Roy Charles VI. 
fechoifift vnfucceffeuren l'Eftar, laNoblefledu Royaume feroidit ,fouftint que les 
droiclseminents delà Couronne ne pouuoient eftre cédez ny delaiffez. C'eft ce qui 
peut eftte dit en cas femblable. Partant qu'il n'y a point d'exemptiô valable du moins 
qui puifle tirer confcquenceplus auant que le règne de celui quil'a décernée. 

Il eft véritable que deuxEuefchez fe font auec couleur voulu affermir côrrc la règle. 
Ccluy d'Atfxerre obtint du Roy Philippes Augufte exemption de la regale en recom- 
péfe du delaiflement de partie du Côté de Gien. Celui d'Amiens receut pareille pre- 
rogatiue, pour recompenfe du Comté d'Amiens, que le Roy n'a voulu recognoiftre 
ny releuer de l'Euefché: Mais ce ne font pas gratifications; ce font efchanges qui 
ne peuucnt eftrc anéantis que par le delaiflement du contr'efchangc. Et néant- 
moins ces Euefchez ont efté continuellement battus & agitez fous la confideration 
du priuilege en régale. Et en fin ont compofé d'ieelle auec la chambre des Comptes 
& la fain&e Chapelle, fçauoir Auxerre le itj.Oûob. 616. & Amiens le 3. Ianuier 628. 
Et de quel prétexte peut s'affranchit le pais du Languedoc , qui faidt de tout temps 
partieduRoyaumeîCefte partie fera- elle reucftu'é de côditions diuerfes de fon corps? 
Le Languedoc eftdespremieresconqueftes de nos Roys, longuement ppfledée par 
eux pendant quelques fiecles par les Comtes de Thouloufe, par patentes de l'année 
Jj(5i vni au domaine public , & partant fous les conditions communes dont il ne fc 
fçauroit affranchir en façon quelconque. 

En fécond lieu , on dit qu'en l'année 608. le Parlement de Paris ayant déclaré la 
regale vniuerfelle;en l'année 609. par patentes, les cauies de cefte matieie fuient te- 
nues en furceance pout vn an. Ces patentes ne font pas vn eftabliffcmenc ou refolutio; 
ce n'eftqu'vnefufpenfion momentanée : Auflidepuis par diuers arrefts des années, 
6iy. 618. 615.24. 25. lesregaliftes de Languedoc ont efté maintenus es Euefchez de 
Bezicrs , d'Agde,dc Lodeue , & auttes. 

En troifiefme lieu, on dit que par v n regiftre de la Chambre des Comptes.il eft dit 
qucintotalinguâoccitani ^fX»»^»//^cf.V"«regiftrenoncompofe des refolutions con- 
certées pour tenir litu de règles : mais contenant des opinions particulières fortuite- 
ment & inconfiderément efetites , ne tiennent pas lieu de neceflité. Monfieur le Mai- 
ftre a remarqué que ce regiftre n'eft pas en tout véritable. Car par exemple il dit, que 
le Roy n'a pas droidtdcregale à Limoges, & neantmoinspar arreft de l'an 1172. en- 
regiftré dantle regiftre Oltm , fol. 76. il y fut déclaré fubic6t,& les E uefques l'ont tou- 
fiours payé depuis. Ilditauflique le Roy n'a pas droiét de regale en Breragnc, Se 
neâtmoins par arrefts célèbres elle a efté iugée pour Nantes, Vannes, Léon , & autres 
Euefchez de cette prouince. Auffi eft il certain qu'on n'a iamais adioufté foy audit 
regiftre : outre qu'il n'eft là parlé que de la regale temporelle, terram & <villas ) & lot ara 

A îij 



6 m 

tttnpoYdliï4tm,tv\ vn endroit. Et ailleurs , Dcpl&àuieYifi'çimpHUtttm >fttit, marquent: 
fort bien cette vérité. Or ici il cil queftion de laregallefpirituelle , dont on ne com- 
pte point aux Officiers du Roj: Carenlaregalefpirituelk,aulieudeprendre,faMa- 
jefté donne & confère. 

Mais dit-on par patentes du Roy Philippesde Valois de l'an iu9.mainlcuée fut dô- 
nëe d'vnc faifie faicte en l'Euefché de CarcaiTonne,^»M non confiât gentibtts no/iris ejuod 
p redercjfores n firi régis ibidem regtlitt v> hubuerint temponbus i etrea&ts. D ■ u e r fes t e fp o n les. 

PWwo.queccfutau mcfme temps que Philippesde Valois fut fait Roi par délibé- 
ration des Eftats de France, contre les prétentions d'Edouard Roi d'Angleterre fon 
ennemi iuré , pour lors Duc de Guienne , & Seigneur de beaucoup de places du haut 
Languedoc, partant quecefte conceflîon , aulfi bien que plusieurs autres, pouuoic 
auoireu/es confiderationsparticuliercs. JVr«»<£', qu'il n eft là parlé que delà regale 
tem'porelle (le mot de leiiare fruBits le porte) &iciilcft queftion de la recale fpiri- 
ruelle. Tertio, que le doubtecft remis , non fur le droiit , mais fur l'ignorance de la 
Chambredes Comptes.non encores inftruite de l'vfage receu en la prouirîce, laquel- 
le pendantquelquesfieclesauûiteftépoiTedéepardes Seigneurs particuliers, Se ne 
fut reunie que trentc-deuxansaprcsladire mainleuéc, ainfi qu'il appert de l'ac"te de 
réunion de l'an 1361. C'eft pourquoi ilnefautpastrouuereftrangfcilfous Philippe de 
Valois.Ie règne duquel fut long temps auant ladite réunion, la Chambre n'eftoit pas 
iurfifamment efclaircie. Outre que la patente ne porre pas exemption: mais vne fiir- 
ceancemal à propos neantmoins ordonnee,veu celle du Roy Philippe le Bel de l'an 
1303. Aufll le mefme Philippe de Valoir par vne ordonnancc,qui eft de cinq ans après 
ladite main-leuée, & qu'on trouuc dans la Conférence des Ordonnances fur le faict 
des regales, §. z°. déclara que le droict de regalle fpirituelle (dont il eft ici queftion) 
lui appartenoit,fans exception & limitation quelconque.Et le Roy Charles V. douze 
ans après la reunion de Languedoc à la Couronne , déclara par patentes des années 
1373. ^ '3 7 5- C1 deiTiis rapportées, que le droit de regale lui appartenoit es Senefchauf- 
{ées de Beaucaire,CarcalTonne. & Tholoufe. 

Apres que le défendeur a veu les principaux fondements de fa caufe renuerfes , il 
a curccourS à d'autres moiens, & par vne longue requefte, il s'eft efforcé de remon- 
trer qu'il y a quelque deffaut es capacitezdu demandeur. Prime, il dit, que lors qne 
JeditleRouxa efté pourueu en regale il n'eftoit pas Bachelier en DroicT: Canon, 
&nel'eft pas encore, n'eftant quefîmple Licentié( ce font les mefmes termes de fa 
requefte.) Secundo, que lors que ledit de Roux a efté pourueu, il n'eftoit pas en 
aage,&que pourpolîederledit bénéfice il faut auoir quelque Ordre facré. Tertio, 
Je défendeur rapporte vn dénombrement des bénéfices que l'Euefque de Carcafton- 
ne aconferez depuis qu'il eft en pofTefiîon dudit Euefché, fans qu'aucun regalifte fe 
foit misàla trauerfe,dont il conclut qu'il eft à prefumerque ceftoitàl'Euelquefeul 
à conférer les bénéfices, &nonpas à fa Maieflé. 

Mais ce premier moven eft fi impertinent, qu'il ne mérite point de refponce , n'e- 
ftant pas moins ridicule que fi l'on fouftenoit que le defandeur rtèeft pas tonfuré, par- 
ce qu'il n'eft que fimplc PreftretLes plus gtoftîers fçauenr que les licences prcfiipoient , 
le Baccalauréat: Etle demandeur fouftient, comme depuis long-tmps, il eft Badie- 
liercn Droit Canon, & Ciuil,ôc que plus d'vn mois auant qu'il fuften poflciîîon du- 
dit Archidiaconé.ilauoit pris feslicences, partant que decccoftélà il n'y a point en 
tout dedeftauc. 

Quand au fécond moyen, les refponces en font bien promptes, prim^rme ledit de. 
Roux à plus de vingt ans, partant capabie d'eftre promeu aux Ordres Sacrez »que 
parla di'pofuion du Otoiç^ceiix là.mçfmequi font poiuueus dis bénéfices Curez ^ 



ont l'an & iour pour fe faire promouuoir aux Ordres Sacrez, à "commencer du ioiu 
de la pairiblcpoiïèfllon^querArchidiaconéeftantvn bénéfice fimplc, la melme grâce 

ne fçaurok elke refufée en Iuftice au demandeur./>r undo, que par Aneft de 1 an 1599. 
le Grand Confeil iugea qu'vn ieune enfant de dix à douze ans feulement , eftoir capa- 
ble devenir vne Prébende en l'Eglife Métropolitaine de Rouen, que depuis on II 
toufioùrs pratiqué de laforte: qu'àprefent vn ieune garçon de 13. à 14.. ansie trouuc 
pourueu d'vn Archidiaconé en l'Eglife Métropolitaine de Tholoufe. Outre que les 
Docteurs qui ont traiâé des Regales, tiennent que pour le regard des -bénéfices va- 
cants en Rega!e,moindre aage^ Voire celuy de fept ans fuffit , amfi qu'expriîément l'a 
décidé Rjifœitstra&dt. de ittrt rtgtl.friuil. 14. Et puis qu'il eft véritable que le Pape 
peut difpenfer vn enfant de cet aage-là, pour tenir quel bénéfice fimple que ce foit. Il 
n'y apointdedoubteque faMaieftén'enpuifle fairedemefnie, puisque, •vicem gait 
P/tpg pendant l'ouuerture de la Regale. 

Quand aux collations des bénéfices que le défendeur allègue auoirefté faites par 
l'Euefque de Carcaflbnne,il n'en peut tirer aucune forte dauantage, parce que la plus- 
part d'iceux font des bénéfices Curez qui ne tombent iamais en Regale, 8c le peu des 
fimples que ledit Euefquc a donnez eftoient défi petit reuenu, que perfonne nes'eft 
mis en peine de les demander au Roy : Outre que c'eft vne maxime reccuë en matière 
de Regalle, & confirmée par les Ordonnances & Arrefts , que la fouffrance ne donne 
point de droit aux Euefques,& il faut eftre ennemy de Roy , & de la Couronne , pour 
ibuftcnirqueleRoy perde vn droit ûauguîte à faute d'auoirïfté requis. 

GE n'eft pas allez d'auoir fait voir que l'Euefque de CarcaiTonne n'eft point exempt 
de Regale, il faut monftrer que lors du deceds daM? Raymond de Roux,& pro- 
uifion en Regale dudit Archidiaconé,en faueur de M e François de Roux fon nepueu, 
elleeftoit ouuerte audit Euefché, & qu'au Roy feul appartenoit la collation desdi- 
gnitez & prébendes. 

Premièrement, il eft tres-afTeuré que la Regale eftant vn droit des plus relcuez ,8c 
des plus auguftes de la Couronne ; Elle à des prerogatiues qui lui font peculiercs, 
comme d'eftre inalienable,inceiTible,imprefcriptible, de ne receuoir fi&ion quelcon- 
que d'eftre ouuerte par le moindre deffaut de formalité qui fe peut trouuer es tiltres 8c 
capacitezd'vn nouueauEuefque , en l'ordre qui doit eftre obierué comme elTentiel, 
tant en la mife de potTeflîon ,8c preftation du ferment de fidélité, qu'en l'enregiftremét 
d'iceluy en la Chambre des Comptes de Paris, & obtention d'arreft de main-leuéedc 
ladite Chambre, 8c vn nombre infini d'autres preeminances, rapportées par les Au- 
theurs qui ont traiétc de la Regale. 

Il eft a u ffi véritable que par le concordat , au titre de regià ad pr^Uturam nominAtiorte 
facienda , par l'Ordonnance de Blois, Déclaration & Ordonnances du Rôy,de l'année 
)6zp. confirmées par vne infinité d' Arrefts, les nômez par fa Maiefté aux Archeuefchcz 
&Euefchez font obligez de retirer leurs Bullesde Rome neuf mois après leur nomi- 
nation, à peine de defehoir dudit droict de nomination, & collation des bénéfices, 
quandmefmcsily auroitvnbreuet àcux accorde pour ce fuiet.NeantmoinsMr Vital 
de l'Eftang à prefent Euefquc de Carcaffbnne ayant efté nomé coadiuteur audit Euef- 
ché, parbreuetdu 18. Mars 161 1. demeura dans vne négligence de trois ans entiers 
fans faire expédier lefdites bulles; ainfi qu'il appert de l'acte de fa mifedepoiTeiïîon, 
ce qui eft vn derfaSt d'autant plus confidcrable,que le droit de regalle eft priuilegic,&: 
Sacro fain6t,aupreiudice duquel il n'y a point d'obmifiîon qui ne porte nullité 

,, • • A 1 * l...f '.h.„..„l„fJ;. aB n.,ll»e fi,r#-nr ^ 




8 

aduenuélesBullesinteruenuësfur ce fondement, nuleftanc relatiues & accefloircs 
à vue procuration innalide,fuiucnt fans double la nature de leur principal, &ainfi les 
( hofes réduites au cas de la maxime, <p£ nb initia non 'valuerant traFitt temporis non conua- 
lefaint, non plus que tout ce qui a efté fait en fuite dcfdites Bulles , principalement 
quand à la collation des bénéfices. 

Secondement on void par la mife de poiTeflîon dudit Euefque.que s'eftant prefen- 
té en l'année 1611. au chappitredel'Eglifc cathédrale de Carcaflbnne, pour eftrere- 
ceu Si inftallé audit Eucfché .attendu le decedsdefondeuancier.il afleura que bul- 
les luy en auoient efté expédiées le 9. Feburieri6ij. Et cependant on void parvnc 
coppic d'vne lettre dudit Euefque due. Auril en la mcfme année ( qui eft de d eux 
moisaprés) commepour lorsfeulement , Il donna charge au S r . Efchinard ban- 
quier de Rome , de luy faire expédier lefdites bulles : ce qui eft vne contradiction 
manifefte,& vne pure fuppofition .pour fepouuoir introduire auec plus de facilité 
que de iuftice enta prétendue poiTeflîon dudit Eucfché. 

En troiziefmelieuleConfeileft tres-humblement fupplié de confiderer qu'il eft 
dans l'ordre Si dans l'vfagc les bulles expédiées fe retirer pardeuers les Commiflaires 
députez par fa Saindteté, Si qui font toufiours dénommez en icelles bulles, pour 
procéder à 1 afulmination d'icelles reçeuoir le ferment du futur Euefque,8c iceluy in- 
flicuerenlapofleflionlegi[ime del'Euefché.en vertu dcfdites bulles, qui vérifient ces 
mors, légitime iitrans , couchez dans la conftitution DamEpifcopus. Et tant s'en faut 
que ces formalicez eflentielles y ayent efté fuiuies Si obferuées , qu'au contraire fans 
auoir ledit Sieur Euefque lefdites bulles en main , & fans nulle forte de formalité de 
Iuftice, croyant par vnevoye illicite & condamnée par les faintts décrets fruftrer fa 
Maiefté tant du droict de la regalle temporelle que de la collation des bénéfices , il le 
feroitintrusdefonfculmouuementSi propre authoritéen la prerenduc pofleflîon. 
Et en confequenec del'intrufion deuenu à iamais incapable de pouuoir conférer 
les bénéfices qui dépendent dudit Euefché. Lapreuuede tout cecyfe tire tant de fa 
mife depofTeftion quieft du vnziefme Aonft 1611. oùiln'eftpointcn tout parlé dcf- 
dites bulles , quoy qu'elles aillent l'acte principal , en vertu duquel feulement il pou- 
uoiteftrclegitimementreceu ; qu'auflî des lettres eferites pat ledit Efchinard plus- 
d'vn an après ladite mife de poiTeflîon, par lefquelles il afleuroit auoir encore lef- 
dites bulles en main,enfembled vne procuration faite en fuite par le mefmeEfchinard 
à Maiftrc Pierre le Conte Banquier de Paris , pour contraindre ledit Euefque à luy 
payer les fommes qu'il auoitexpofécs pour Texpeditiô defdi tes bulles, auquel leCon 
te ledit Euefque efctiuit le 18. Juin 1613. Si s'obligea de fatisfaire au pluftoft leditSieur 
Efchinard, & retirer les bulles de fes mains. 

Cefte façon de procéder fembleroit en quelque façon receuable , fi pour quelque 
caufe légitime la mife de pofleflîon euft efté faidfce d'authorité de Iuftice, ainfi que fit 
autrefois l'Eucfque de Confiance, auquel neantmoins par arrcftdel'an 1611. donné 
au Parlement de Paris, il fut enioin6tde prendre vne nouuelle poiTeflîon en vertu de 
tes bulles. Il y auroit auflî lieu de s'exeufer en quelque forte,fi lors il y euft eu deffenfes 
de retiter des bulles de Rome , ainfi qu'autresfois il arriua aux Archeuefques de 
Rouen & de Reims, à l'Euefque de Beauuais & autres, lefquels pendant les defen- 
ce^s'eftans mis en pofleflîon de leurs bénéfices foubs le bon plaifir du Roy en vertu 
d'vn arreft du grand Confeil , en reprirent néanmoins vne nouuelle , & firent 
nouueau ferment de fidélité après auoir retiré lefdites bulles,& iufquesà l'énregiftre- 
ment de ce detnier ferment Si mainleuee delà chambre des Comptes de Paris lare- 
gaie fut cenfee toufiours ouuertc en leurs Euefchez. Oraufaitdel'suefque dcCar- 
vaiTune on void clairement qu'il n'y auoit point ciuout d'empefehement de retirer 

les 



-les Bulles, kpotcc de Romceftant pour lorsouucrtc à tout le monc!cv&neantroo;n' 
la mife de pofleflion fctrouuefaifte fans icellcs, & fans nulle authoritéde luftice: I 
s'enfuit donc quelle ne peut eftrefouftenue légitiment par conlequent qu'il n'a peu 
■pouruoir légitimement aux bénéfices. 

Mais dit-on, les Bulleseftoient expédiées lorsdela mife de pofleflion, & quand 
l'Eucfque de Garcaflbnne a pourueu au'beneficc contentieux, il les auoit retirées de 
Rome : Deux refponces. 

Primo, qu'il eft vray que les Bulles expédiées, l'Eucfque fc pomioft dire en quelque 
façon bien pourueu, & c'eft ce qu'on ne luy difpute point : On dit feulement qu'il 
n'eft pas cncorescntrc légitimement en la pofléilion du dit Euefché, puisque te n'a 
pas efté en vettu de fes Bulles, ce qucneaumoinseftoitabfolumeru neceflaire : veu l.i 
nullité de la première , faite fans tiltre canonique, Se fans nulle authorité de hj- 
ftice. 

Secundo, que filon fouftient que depuis les Bulles onc efté retirées , cela ne coude 
en façon quelconque, Outre qu'il faudroit en rapportant les pieuues certaines de ce- 
lle propofition, faire voir pareillement comme en vertu defdites Bulles, vne nouuel- 
lc mife de pofleflion a efté faitc,& c'eft ce qu'on ne fçau roit monftrer.Que s'il eft vray 

3u'vn Euefque refignant peut toufiours conférer légitimement les bénéfices dcfpen- 
ansdefon Euefché,iufqucsà cequelerefignatairc en ait pris pofleflion en vertu de 
fes Bulles,& qu'il les ait lignifiées à fon refignan t,Tf rejignanti debevt tnim nota ejfe refi- 
gnanti (comme on dit endroit) notumludici'vt Iudici. in l. hxc autem.%. non ieffend.ff. 
qmbus ex caufis in fof. cat.Bart.m l. multum decondit. G" demenji. Cardinal. in Clanent (juafi. 
14.1. C.fi duob.de appelL détins Confi}. 195. Ainfi qu'il fut iugé au Parlement de Toloufe, 
& qu'il eft rapporté dans les Atrefts de Maynard; A plus forte raifon le Roy qui rele- 
uc beaucoup par deflus les Euefqucs,& qui en ctfte occafion eft cenfé l'ordinaire des 
ordinaires, a peu conférer ledit Archidiaconé, puis qu'on fait voir clairement qu'il 
n'y a point de'mifc de pofleflion canonique audit Euefché, que les bulles n'ont iamais 
eftéprefentcesàfaMaifté, & qu'il eft véritable qu immédiatement après le deceds 
A'vnEuc(s{\iG,fttcceditrexUcoboni , & legitimiadtutniftratoris in omni temporalttate cott- 
fertq,benefi(iamnturata, iufqu'àcequelenouueau linéique ait fatisfai&à toutes les 
conditions neceflaircs pour clorre la Rcgalle. 

Paflons à vn autre moyen d'ouuctturc de Regale, on demeure d'accord qu'vn fer- 
ment de fidélité fut fait par ledit Euefque le 14.. Iuin 1615. Mais on fouftient auflî 
que ce ferment eft nul pour trois raifons for.t pertinentes. La première, quele- 
dit ferment ne pouuoit eft te prefté que premièrement les. Bulles nefuflent retirées de 
Rome, év que la mife de pofleflion n'euft efté fai&c en vertu d'icclles, cet ordre gra- 
duelfaifant partie de l'efiencc de la Regalle, laquelle feroit quafi momentanée, Se 
n'auroic iamais fon errccl fans l'obferuation de ces formes. La féconde, que ledit fer- 
ment fut prefté pour vn Eucfchc.dont M« Vital de l'Eftang n'eftoit pas encore poflef- 
feur, puis que le refignant vefeut Gx ans après , Tellement qu'ayant efté prefté ta nt feu- 
lement pour pouuoir exercer licitement l'Office de Coadiuteur audit Euefché (atnfi 
qu'onvoid par l'ade delà prédation defon ferment) ledit Vital de l'Eftang en quali- 
té de vray titulaire, & légitime poflefleur , eftoit obligé à nouucau ferment de fidéli- 
té, tmrutUnefeudi quàmratiot>emultitudinisperfonarum,àc(q\it\\ei\\ commença d'eftre 
cenfé le vray Père Spirituel, & Paftcur dès leiour du deceds defon refignant. La 
troifiefme, que s'il eft vray que ledit Euefque ait tetiré fes bulles dcRomedepnis 
l'année i6zj. (car on a deflamonftrc qu'aduant ce temps-là il ne les auoit poitu eu 
main.) Il cftaufli certain quelles ne lui auoientefté expédiées qu'à cefte condition, 
qu i.1 prefteroit le ferment de fidélité au Pape pour raifon dudit Euefché, entre les 



10 

mains des Comrâiflaires dep jtez pour ce iuiect, & feroit par ce moyen deuenu vray 
homme.&fubiecT; du Pape,& par côfequcnt le ferment allégué n'ayant efté fait qu'en 
i'cnnéet6iç. il fafloitneceiTairement réitérer la ptomeiTe de fidélité au Roy aptes la 
réception dcfdites Bulles, vt perhomxg'um principi de natto prdfldndum, qudfi de nom borna 
regireftitueretnr. 

Et c'eft la raifon pour laquelle le Parlement de Paris par Arreft du 15. Aouft 
1598. rapporté par Seruin, adiugea l'Archidiaconé du grand Caux à Iean Buillon re- 
galifte, pour auoir vacquéauant quel'Archeuefque de Rouen euft réitéré fon fer- 
mentdefidelitéqu'ilauoitpreftéauantrenuoy ôcrcceptiondc (es bulles, quoy que 
ledit Archeuefque fuft fort excufable,veu les deffsneesquieftoient pour lors d'alerà 
Rome, Se que d'ailleurs il euft auparauant fatisfaiâà tout le refte, ayant fait enregi- 
strer fon premier ferment,eompofé auec la Chambre desComptes,& la faincte Cha- 
pelle, & obtenu Arreft de main-leuée , mefmepris vne nouuelle poiTeiTïon en vertu 

. de fes bulles, auant que le regalifte fuft pourueu par le Roy dudir Archidiaconé. 
De tous ces manquements ont conclud auec raifon, fondée fur l'Ordonnance & 
l'vfaçe, & confirmée par vne infinité d'Arrefts, & par la maxime priuilegée en ma- 
tière de regale, quelle eft fans doute encores o-uuerte en l'Euefché de Carcaflonne. 

Mais quand tous ces moyens cy-deflus alléguez neferoient pas reccus, pour faire 
voir plus clairement cefte vérité, ôc fermer la bouche à la partie aduerfe; Le deffaut 
d"enregiftrement du fermentde fidélité en la Chambre desComptesdePatis, & de 
l'Arreft de main-leuée du temporel, faifi.de l'authorité de ladite Chambre, & de celle 
de Montpclier, font des moyens plus que fuffi r ants pour monftrer l'ouuerture de la 

• regalle audit Euefchéi carileftbien véritable que le défendeur rapporte vn ferment 
de fidélité fait par ledit EuefquedeCarcaflbnne; Mats quand on n'auroit pas mon- 
ftré la nullité dudit ferment,il falloir de necefficé pour faire voir la clofture de la re- 
galle , que le défendeur rappprtaft l'enregiftrement d'ioeluy ferment en la Chambre 
des Comptes de Patis, auec l'Arreft de main-leuée du temporel faifr. énfemble l'acte 
de prefentation faid au Receueur Commis à la perception des fruicts de la régale de 
J'expeditiSndeladiteChambte : Et ncantmoins contre l'ordonnance Ôcl'vfage, ces 
trois dernières conditions ceflent tout à fait, iaçoit que le ptincipal effort de la que- 
stion dont il s'agit ne tombe que fur ces points. Orque ce foit contre l'Ordonnance 
on le void clai rcment en celles de Charles le Bel, & de Philippe de Valois; Et la con» 
ïlitmion dur» Epifcopus, qui eft cefte Ordonnance célèbre, qui règle le fait des réga- 
les, dit qae,î\fg4lia dtbet •vgere & babere lociim in diclo Epifcopdtu donec & quoufiquefutu- 
rasfoccejj'o' Epipopu; îegitimftntrdns debitnmfidelitdtis iurdmentumdi&o Domino nojiro re- 
gi,proi/t tenctu> feceri^quodqite littçr* re^id dtteftdates di&um iurdmentum fie fuiffefxBum 
pr*fentdtd,regiftrdt<t & expedttçfucrint in Cdineri compttterum, & quodrteeptorfeu cgwmif- 
fartiutd retcptdnipjius regdlif teceprrit m mdaïut» à d:B2 cdmotrS. emdtidtum per quod ei 
inanditttr'Vt leuetmtmm régis ï? permutât diflum Epifeopum -vti & gdudereponendo,ipfdm 
te'Vporalitdtem dd pleodtn libe/dtionem nec dnterc-eptionem buiufmodimdnàdti reputetur re' 
galid cUufdfed vfqui nddiem ippus receptionistenetur redd ' reco*)»pntt<i»& rdtionon defrit- 
iHbusbuiifmoditempordlitdlis ,& etnfert rex beneficid non cwdt-t tdnqudm inregdlit itdcxn- 
tid,& hoc de >uïe& (onfuetudineregù & fuçcorong F'dncie. On dit auffique c'eft contre 
iVfage,pource que le Parlement de Paris a roufiours iuge ledit enregiftrement ÔC 
main-leuée absolument neceflaires pat arreft du 15. Aouft 1598. conformera enr à qua- 
tre autres arrefts des années 1550. 1430.1571. &1581. rapportez par la plus-part de ceux 
quionttraiftédesregales. Le mefme fut-il iugé au Parlement de Normandie le 5). 
Mats 1625. 
Il eft vray que depuis il y a eu designoransquiont voulu prétendre que le fculfer- 



ment de fidélité faift entre les mains du Roy fuffifoit, pour fermer la regale.commc eu 
matière féodale lafoy & hônuge preftés au Seigneur empefchentquc le Seigneur ne 
puilTe faire les fruits (îens depuis la foy 6c hommage: mais le mefeonte qu'il y a. eft, 
que le ferment de fidélité n'eft point parfaift pour valoir foy & hommage qu'il ne foie 
venu enlaconnoifTance des Officiers du Roy , & qu'il nefoit enregiftré:& cela, afin 
que le nouuelEuefque fournis en poiTcffion defon Euefché par les officiers du Roy, 
ainfiilfevoid au Canon Adrunut fc\agcfimd terria difi nclitne , où parlant desinue- 
ftituresdes Enefques il dit , Iuftjnes k ce quel'Etffquefoi:inuefty defon EuefcbepAf le P\oy, 
il eft défendu} fes confrères de les cenfuerer , &c cefte poffefllon n'eft point accordée par 
le Roy, mais par fes officiers. Dcquay hsnnes >And> *as , aux Additions far le Speculx- 
f»r,au tiltreDr legatis.Ç. nuuctraBemtu,'vcrficulafednunquid leg<tris,dit quc y I{ex Fr<tnet4 
in boc bAbctpriuilegium quod Prahtiftnatcifiunt tctr.poYaltit per wattut/t/as , ce qui eft rap- 
porté au chapitregfw*/*' deelecJioneinfcxto: Se demeure confirmé par vne patente 
du Roy Philippe le Long, du premier Oc~tobre,cnregiftcéc aux Comptes le 19. Octo- 
bre 13*11. dont l'intitulation eft telle : Pktlij-puf Dtigratt*FAncoruw Cr KauMrfï\jx,diU- 
flif & fîdelibus neflris. gentibus compatir tm rarifienfium, cuflodibus, eg.tliArhtn nojirarstm, 
ftlutcm& diletlionem. Là où il leur mande de bailler main-leuée à l'Euefquede Paris 
defon temporel, parce qu'il auoit efté receu par luy à foy & hommage. Il faut donc 
auparauant qu'vn Euefque fe puifte dire tel , qu'il en puifTe faire les fondtios,reccuoir 
les fruicts , & entre iceux la collation des bénéfices , qu'il foie mis en polTc/fion de 
fon Euefché pat les Officiers Royaux. 

Cefte maxime eft fi veritable,quclaqueftions'en eftant prcfetitée au Parlement de 
Paris pour l'Euefché de Léon, dont l'Eucfque dés l'année 161$. auoit faict ferment de 
fidélité au Roy , l'auoit fai6t enregiftrer en la chambre des Comptes de Nantes, en cô- 
fequenec des lettres patentes du Roy ; toutefois la caufe ayant efté trai&éc au Con- 
feil, &renuoyéeauPar!cment; par arreft duiS. Auri! 1614. faute d'auoir par ledit 
Euefque faiâ enregiftrer fon ferment de fidélité en la Chambre desComptes de Paris, 
& obtenu mainleuéc de ladite Chambre, la tegalle fut déclarée ouuertc, & parvn 
règlement gênerai, afin que l'on ne doutât plus de la queftion , il eft dit , quela regale 
nepouuoit eftreclaufc, quelesEuefqucsne rapportent le ferment de fidélité au Roy, 
enregiftré en la Chambre des Compte s de Paris, auec la main-leuée de ladite Cham- 
bre des faifies des fruiâs: Apres lequel arreft, qui n'eft que l'explication de l'Ordon- 
nance, ceferoitabufer delà patiencedu Conleildes'arrefter dauanrage en la preuue 
de cefte maxime.C'efti'opinion de Monfieur Ruzé ,priuil. 58. art. 1. de Probus,quaeft. 
53.de Monfieur le Maiftre en {on.Traiûé des Regales, c. 5. de Monfieur Seruin en 
fes Arrefts, de Monfieur le Bret en fes Decifions,& enfonliurcdelaSouuerainetéda 
Roy , & généralement de tous ceux qui ont clcrit de la regalle. 

Contre laquelle maxime générale l'on oppofe vn Arreft que l'on dit auoir efté ren d a 
lexi.d'Auril 1618. fur les conclufions de Monfieur l'Aduocat gênerai Talon, par le- 
quel pour l'Eucfque d'Angers l'on dit anoir efté iugé que le fcul ferment de fidélité fuf- 
fifoitfans l'enregiftrcmcnt en la Chambre des Comptes , & fans la main-leuée des 
fruiûs, & fops prétexte que ceft arreft eft mal drefie, où l'cma faict parler Monfienc 
Talon, l'Aduocat gênerai, vn langage conttaire à fes fentimens , $c aux propofitions 
qui auoient efté tenues en l'année 1614. lors de la conteftation pour les Eucfchezde 
Léon, de Beziers, d'Agdc, & autres. L'on voudroit auiourd'hui fe feruir de ceft arrclt 
pour renuerfer les maximes les plus certaines de la regale. 



du feu Roy Henry IIL il en a faitt le ferment de fidélité le 17. Septembre delamefme- 
a m. te .obtenu lettres patentes le i, d'Aouft audit an , enfemble arreft de la Chambre 
. des Comptesportaiu enrcgiftrementScmain-leuee endatte du 18. Septembre audit an 
J58S. l'on fuppofe donc que Mon fieur l'Aduocat gênerai ait plaidé ce qui n'eftoit pas, 
puis que Ion dit qu'il n'a point fait enregiftrer Ton fefment de fidélité , Se neantmoins 
1 Arreft de la Chambre des Comptes por*tcfon enregifttcmcnt&famain-leuee. Quad 
donc l'arreftde i6i8.cftintcruenu.ee n'a pas efté fur laqueftion dcfçauoirfile défaut 
d'enregiftrement du ferment de fidélité faifoit ouuerture de la régale ou non,ceft vne 
maxime trop triuiale 8: trog certaine dans le Parlement, & puis que le ferment de fi- 
délité de Monfieur Miron a elle enregiftre il y a plus de quarante ans pour l'Euefché 
d'Angers eftant mort le Doyen des Euefques de France , il ne peut pas tomber foubî. 
Je fens commun que l'on aye contefté ce poin6t dont la preuue eft fi certaine & fi con- 
cluante, veu mcfmes que dans l'arreft iln'eft point parlé de ce qui auoit elle iugé pour 
Léon en la mefme queftion, quatre ans auparauant, ce queï'on n'euftpas obmJs fi 
ç'euft efté le poin£lim ponant de 1 affaire: car Monfieur Miron en l'année 1616. ayant 
faict diuorfc auecfon Eglifc d'Angers & s'en eftant demis en faneur de Monfieur de 
Ja Varenne, -depuis Monfieur de la Varcpne eftant decedé,lcRoy ayant trouué bon 
que Monfieur Miron fc remilt & fe reftablift-aucc fon Eglife.il fut vne autrefois pour- 
ueu de l'Euefché en l'année 1611. 8c lors l'on difputa fi par le moyen de ce reftabliflc- 
merit il eftoit obligé faire nouueau ferment de fidélité, & obtenir nouuclle roain-le- 
ucc; c'eftoir là la queftion qui eftoit a iuger, en laquelle toute la defenfe de ceux qui;, 
empefch'oient la régale fut de direque l'Epifcopat eftoic vn mariage fpirituel entre ce- 
luy quieftoit confacréEuefque & l'Eglife qui luy eftoit ordonnée de deferuir, que 
quand il l'abandonnoit c'cltoit vne diuorfe qu'il faifoit auec fon efpoufe légitime, 
que u par fortune il eftoit rappelle en la mefme Eglife rcdinregrdtum er4tw4t>imonium,Se 
ainfitout ce qui s'eftoit faict pendant le temps du diuorce s'efuanoiïifïbit & n'eftoit 
pas confidcrablc , & les chofes eftoient prefumçes eftf e au poinét qu'elles eftoient au- 
parauant qu'il en euft diuerty jfuiuantccftc belle loy j. de pa&is dot*libns, ptiïa con~ 
ficntdtjtti incH'.iortijttmpttscollAufnnt redintegrxta mutrimonïo lectim non babent , qu'ainfi 
quand Monfieur Miron auwit eftércdonnéàfonEglife, il eftoit prefumé n'en auoir; 
jamais diuerty, & pour cette raifon n'eftoit obligé à nouuéaucnregiftrement& main- 
Jeuée de la Chambre des Comptes. Ce furent là les véritables motifs fur lefquels fut. 
donné l'arreft d'Angers de l'an 1618. Outre, qu'il y a vne différence en cefte affaire grâ- 
dement confiderable en ce que le temporel de l'Euefché d'Angers n'auoit pas efté (aifî, 
partant la main-leuée euft efté inutile. Ce qui ne fç rencontre pas en l'E uefché de Car- 
cafTonne.lc temporel duquel eft faifiàprefent dcl'authorité de la Chambre des Co- 
ptes de Paris , & de celle de Montpellier : de forte que de vouloir fc feruir de l'arreft: 
d'Angers pourinduirc qu'vn Eucfque n'eft point obligé en quelque temps que ce foit 
de faire enregiftrer fon ferment de fidélité ; c'eft contre i'amhorité de l'arreft mefme.&: 
contre la maxime certaine & arreftéedans le Parlement de Paris, quieftlcfeullicu 
où les regales feiugent. £ 

Le défendeur neveutpasencoredonner les mains, & employé pour vn dernier 
moyen la pofTeftîon plus que triennalle del'Eucfque de CarcafTonne.dont il conclud 
que ledit Euefque à peu ioiiir du bénéfice de l'Ediâ de l'an 1606. & par côfequent con- 
férer légitimement la dignitécontentieufe: Mais comme peut-il fouftenir que ledit 
Euefque eft triennal poflefleur, puis qu'il eft vray qu'il n'a iamais pris aucune pofTcf- 
lion légitime :ôi quand bien il l'auroitprife, le défendeur fe trompe grandement, di- 
fàntqueleditEuefquepouuoitiouyrdelagracedcl'Ediâ: car il eft bien afîèuréque 
l Editt de l'an 1606. & l'ordonnance de l'année 161p. portent, que fi quelqu'vn fe 



t'rouuc pontueu canon iquement d' vn bénéfice par l'ordinaire , & qu'il en ait iouy le* 
fpace de trois ans entiers , ne pourra eftre troublé par aucun regalifte: mais on le défie 
de monftrcraueun Editt, Ordonnancc,ou Arrcftqui dife qu'vn Euefque fut-il poiTef- 
feur de vingt ans , s'il n'afatisfaitt à tous les poin&s requispour la clofture delà réga- 
le ruiifle donner les bénéfices fimples au prciudice du droi6k que le Roy a de les confé- 
rer ,fufftrentiaenmnontollu rcgjlta quoad coïïationem beneficwum dit l'ocdonuance de 
Philippes de Valois, enregiftt ce depuis plus de trois cents ans en la Chabre des Com- 

fttsac Paris: & pourfanevoir plus clairement celle vérité, voicy l'article 17.de 
£di«5t, fur Ieqflel le de^frandeur fonde fon droict , sjlantdeuiment informe^ drplujteurs 
de f ordres aduenus ataufequ'ésiiacstionsenregalele droicl d'y powuotr , qui nout appartient, 
a ejfépra&iquipar nospredeceffeur 1 , &par Nous , iufques à trente ans. Et par ce meyen lespof- 
fejfeursqtiicn auoient iouy à autre tiltreparplufieurs années en efieient eutnee^par celuy qui 
eftoitpourtieudemuueauen'vertudclaregale. F oulans faire cejferlef quels abus.a la diminution 
mefme de nos droiSls, Ordonnons que les titulaires qui auront efté pou wus c anoniquement , & 
puy paifîblementmis ansentiers& confecutifs defdtts bénéfices ne psurrot 'après eftre inqutet cs{. 
foubs prétexte de s prouifîonsen rcgale^quedeclai os en ce cas de nul cffeEl & -valeur. Le mefmc 
eftrapportédans l'Ordonnance de l'année 1619. art. 16. en ces termes, Voulons que 
celuy quiaura eftépourutu d'vn beneficeparle Collateur ordinaire, & iouy d'tceluy paijtblemenv 
lefpaccdetroisans, du ieur de laprifedepoJfefsion,nepuijfe eftre troublé ou inqmcté en vertu 
de noftre collations/muant l'Edit fur ce fait par noftrttres-honore Seigneur Gr Vert en Tannée 
1606. au mois de Décembre. Par lefquels articles on void clairement que là il n'eft 
point en tout parlé des Collateurs ordinaires; mais feulement des pourucus par eu*, 
ou en Cour de Rome pendant l'ouuerrure de la regale, en faueur defquels cet article 
fut inféré dans 1 Edit,fur les plaintes qu'on fit à fa Maiefté des vexations que les rega- 
Jiftes faifoient à des bcncficicrspcurucus depuis plus de quinze ou vingt ans,àcauio 
quel'Ordonnance de Louys XII. eftendoit là régale à trente ans. La preuue de tout 
cecy.fe tire tanr des propres termesdci'Edit & Ordonnances, que de quantité d'Ar- 
reftsdu Parlement de Paris, finguherement de celuy qui fut donné contre l'Euefque 
de Léon, lequel ayant fait enregiftrer fon ferment de fidélité en la Chambre desCom- 
ptes de Nantes en l'année 1613. par Arreftdel'an 1614. la regale fut déclarée ouuerte> 
en fon Euefché, & vnc prébende de l'Eghfc Cathedralle dudit Euefché adiugee à vn 
regalifte,pour n'auoir efté ledit fermenr enregiftré en la Chambre des Comptes de 
Paris. Ce quin'auoir pas elle iugé de la forte, fi ce que le defandeur met en auant 
auoit lieu, puis que leditEuefqueeftoit en poflelTion depuis vnze ans entiers, cela dôc 
eftant ainfi, le défendeur ne peut tirer aucun aduanrage des fufdits Edict & Ordon- 
nances, puis qu'il n'eft pas triennal poiTefieurjfa prouifion eftant de la mefme année 
que celle du demandeur, & qu'il eftvray que i ufques à la preftation du ferment de fi- 
délité, Enregiftrementd'iccluy en la Chambre des Comptes à Paris, & obtention 
de main-leuec,aucur. Euefque ne peut conférer les bénéfices fimples au prciudice de 
fa Maiefté. ™ 

DOnc ayant fait voir quel'Euefché de Carcaflonne eftfubiect àlaregalc, & que 
la mife depoflefllonfanstiltre canonique, les defïauts de nouuellepreftarioa 
de ferment de fidelité.d'enregiftremét d'iceluy en la Chambre des Comptes de Paris, 
& de l'obtention de mainleuecdu temporel faifi font l'ouuerture en régale i il n'efl: 
point difficile de rnonftrerque le bénéfice contentieux a vacquésn regale. 

Ueft confiant que lcii. du moisd'Aouft i6ii.Mefllre Vital de l'Eftang fut intrus 
parfapropreauthoritédanslapoireffiondcrEuefchédeCarcafibnnCj&qu'anparn- 
uant en l'année 1615. auant l'enuoy & réception des bulles, il prefta vn ferment de fi- 
délité au Roy en qualité de coadiureur,& non pas comme vray titulaire dudit Euei- 



i ç-tié: Il eft pareillement certain que iamais M' de Carcaflonne n'a fait enregiftrer au- 
cun ferment en la Chambre desComptes de Paris n'a point obtenu d'Arreft de maiiir 
Jeuee i en vu mot na point efté mis en pofleflîon de fon Eucfchépar les Officiers 
Royaux -, Et par confequent a I'efgard du Roy , auflî bien qu'à lcfgard du Papc.il ri 'eft 
point en pofleflîon, &la regale eft toufiours ouuertc.Cc font les maximes les plus cer- 
taines que l'on ait au barreau. 

L'Archidiaconc contentieux ayant vacqué au mois d'Aurih6$o. au lieu que le dé- 
fendeur fedeuoit adrelTer au Roy , il s'en firpouruoirpar l'ordinaire le 15. du mefme 
mois, & au mois de Septembre enfuiuanr il obtint vnc autre prouiu'on'du mefme bé- 
néfice en Cour de Rome (perobitttm. ) Or il eft certain que les prouifions du défen- 
deur font nulles, pour ce que quand la régale eft ouuettc, il n'y a que le Roy feul qui 
puifle conférer, lus eniture^alutofibus régis feu coron f , ii<t coheret i)t feparari vel alteri 
competere numejuampofin non magis qukni opéra officiâtes qwtpdtrom debitg i perfona patroni 
àijiuttginonpofîunt Baldinl. libcrt.ij.ccll.de operislib. EtMrRuzé en fon traifté des ré- 
gales, ptiuilege 44. ColUtio Tt]><t{dil-\\) nibil operatur Cfemperv acabit bénéficiât» donte 
rcxprvttiderit. 
Donc la regale eftant ouucrte à Carcaflonne le défendeur fe fit pou ruoir. dudit be- 

'befitfe par l'ordinaire Se par le Pape, & le demandeur au contraire eftimant que le 
bénéfice auoit vacqué en regale, en obtint laprouifion du Roy en la mefme an- 

, née, &mc(me mois que le défendeur en fut pourueuenCour de Rome, fçauoirle 
ij. Oéraîse 1630. en vertu de laquelle prouifion ayant pris pofleflîon le 12. O&obrc 
enfuiuanr , il a fait aflîgner Me François de Simeon au Parlement de Paris , feul iuge 
de la regale. Mais M« François de Baud eftant venu à la trauerfe, qui a requis le mef- 
me bénéfice par induit .ayant fait aflîgner ledit Simeon défendeur au. grand Con- 
jeil, à donné lieu au règlement des Iuges,& par Arrcft l'affaire a efté retenue au Con- 
feilPnué, ou le demandeur efpere que le Roy ne perdra pas vn droit fi augufte&fi 
important, qui doit faire loy pour toute la France , laquelle ne reconnoiflant qu'vn 
Roy, doit vmre fous vnc mefme loy-, puis que ce droit de régale fait partie delà Cou- 
ronne, & faut eftre mauuais feruiteur du Roy pour reuoquer en doute cette vé- 
rité.