(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Mémoire pour le sieur Cadet, membre du College de pharmacie de Paris, ancien apothicaire-major des camps & armées, chimiste du Roi pour la manufacture de procelaine de Sêves, de l'Académie Royale des Sciences de Paris & de plusieurs académies, défendeur ; contre le sieur Dacher, distributeur sans brevet ni privilege, & se disant auteur d'une liqueur qualifiée, eau stomachique, fondante & antidartreuse, rejettée par la Société Royale de médecine, demandeur"







MÉMOIRE 



POUR Je Sieur Cadet, Membre du Collège de 

Pharmacie de Paris , ancien Apothicaire-Major des 
Camps Se Armées , Chimifte du Roi pour la Manu- 
facture de Porcelaine de Sèves , de l'Académie Royale 
des Sciences de Paris & de plufieurs Académies , 
Défendeur > 



CON TR E le Sieur Dacher , Diftributeur fans brevet 
ni privilège y & fe difant Auteur d'une Liqueur qua- 
lifiée , Eau ftomachique , fondante Sl anridartreufe , 
rejettée par la Société Royale de Médecine, Demandeur. 

I^Jne eau, un élixir , une liqueur, une mixtion enfin 
dont on cherche en vain le nom propre , combinée dans 
les ténèbres, colportée fans autorifation légale, prof- 
ente par les Commîflaires du Roi en cette partie , 
eft-ellc une chofe fi facrée , qu'un homme de l'an ne 
puiffe l'examiner , & dire publiquement le réfultat de 

A 




Çon examen , fur-tout lorfqu'il eft obligé de le dire 
publiquement pour veiller fur fa réputation compromife. 

FAITS. 



Par la nature des connoiflances à l'étude def^uelles 
il a confacré toute fa vie , le fieur Cadet eit jour- 
nellement occupé à décompofer les remèdes inconnus 
dont VtmpuHTancc des remèdes ordinaires femble au- 
torifer l'ufagc , mais fur lefquels le malade le plus 
foible &; le plus aveugle exige la certitude qu'au moins 
ils ne font pas pernicieux. 

La manière donc le fieur Cadet s'eft comporté à cet 
égard vis-à-vis du fieur Dacher lui - même , prouve fa 
fincéricé. 

Au mois de Mars 1771 > des perfonnes diftirtguées 
envoyèrent au fieur Cadet quelques bouteilles de l'eau 
Vacher, en le priant d'en faire l'analyfe. Le fieur Cadet 
trouva dans les unes un peu de nitre à bafe alcaline 
dêguifé & enveloppé dans une petite quantité de Muci- 
lage , & dans les autres une petite quantité d'Alcali marin 3 
uni aiiffi à un peu de Mucilage fans aucun atome de 
Nitre. 

Il donna car écrit le réfultat de fon analyfe. Cet 
écrit romba dans les mains au. fieur Dacher qui le fit 
imprimer , le colporta , le fit' diftribuer avec l'annonce 
de fon remede. 

Quelque tems après , le fieur de Veimcranges , Inten- 
dant des Armées , defira une nouvelle analyfe de la 
même liqueur. Le fieur Cadet y trouva du Vitriol de 



Zinc, fubitance aufli peu daiagereufe que l'Alcali m .aria, 
Jorfqu'elle cft employée en très-petite quantité, Cette 
variation in différente en elle - même poux lei mala- 
des , ne l'obligea point à révoquer le réfultat de fa pre- 
mière analyfe , dont le fieur Dacher ornoit encore fes 
affiches. 

Enfin , le ap Juin de l'année dernière , un Médecin 
confédéré , Se par fes fervices dans les Armées , & par 
la place qu'il occupe aujourd'hui , lui envoya une bour 
teillc fous le nom d'E/ixir dujleur Dacher. Le ficur Cadet 
répondit qu'il avoir déjà faic deux analyfes de cetta 
compofîrion , que l 'Auteur varioit fes procédés ; mais 
qu'ils é toi eut toujours îr es- innoce ns. Le Médecin infifta ; 
un de fes malades a voit des fymp tomes effrayans qui ne 
pou voient être attribués qu'à VElixir. Le ficur Cadet 
analyfa» & lut très-furpris lui-même de ne trouver dans ' 
l'Elixir du Heur Dacher , ni Nitre , ni Alcali marin , ni 
Vitriol de Zinc , & d'y trouver du Sublimé corrofii i 
grande dofe. 

Dès lors fon premier réfultat de ve noie un menfonge 
funefte , qu'il falloit rétracter. Il ne convenoir pas au 
ficur Cadet d'être le compère du fieur Dacher. La ré- 
tractation devoir être auffi publique que le menfonge. 
Or comme il ne falloit pas efpérer de mettre la ré~ 
traftation à côté du menfonge dans le recueil des guéri- 
fons merveilleufes dont le fieur Dacher fatigue toutes les 
mains , le fieur Cadet employa le feul moyen qui put 
atteindre à la même publicité. Il ht inférer dans le 
Journal de Paris du 7 Août 1785. N°. si^. l'Annonc* 
fuivante : 

A ij 






^m 



« Précédemment on a diftribué Se beaueoip vanté 

» une Eau du fieur Dacher , propre à la guéri fon de 

» nombre de maladies. J'en fis I'analyfe : elle ne con- 

» tenoit alors que du Vitriol de Zinc , -fubftance métal- 

» H que que plufieurs Médecins ont fou vent employée. 

r> On m'a envoyé , il y a quelques jours , une bouteille 

v du même Auteur à examiner > on prétendoit que 

» c'étoit la même Eau ; mais qui avoit été convertie 

» en Elixir pour la commodité des malades ; I'analyfe 

» que j'en ai faite , m'a prouvé que ce n'étoit plus le 

» Vitriol de Zinc , mais le Sublimé corrofif qu'on y 

■n avoit fubititué a grande dofe. La Société Royale de 

» Médecine a déclaré il y a quelque tems , par la voie 

» du Journal , que fon approbation ne s'étendait pas 

» jufqu'à cautionner la fidélité des remèdes qu'elle au- 

» torifoit j il en eft de même de I'analyfe : elle ne peut 

» porter que fur le remède qui v eft fournis , & ne 

» garantit point ceux que l'on prend chez les difkri- 

» buteurs m. 

A cette lecture , le fieur Dacher fit deux raifonue- 
mens très-Ginplcs. Le Sublimé corrofif eft un poifon j 
celui qui vend du poifon eft un empoifonneur : donc 
le fieur Cadet a écrit que j'étois un empoifonneur. La 
qualification d'empoifonneur eft une injure; toute injure 
doit être réparée : donc le fieur Cadet me doit des répa- 
rations Se des dommages Si intérêts. 

Et qui rendoit le fieur Dacher fi bon logicien ? ta 
crainte d'une diminution dans le débit de l' Elixir, & 
le défit d'alimenter la crédulité par une difputc folcm- 
nelle. 



*^ 



En conféquenee, il court chez le Commiflaire Boin, 
6c dans une Plainte du p Août i 7 8 5 , il dépofe que Ton 
Elixir èfr. un remède fou ver ai n , honoré au fuffrage de 
la Société Royale de Médecine (1), & que le fieur 
Cadet a voulu attenter à fon état Se à fort honneur, en 
le faifant paffer pour un empoifonneur. 

Le 1 4 du même mois , le fieur Cadet a été afîigné 
pardevant le fieur Lieutenant-Criminel au Chatelct pour 
voir dire : « qu'il lui feroie fait défenfes de plus à 
» l'avenir, écrire de pareilles lettres à celle qu'il avoit 
» inférée dans le Journal de Paris, du 7 préfent mois, 
a> contre l'honneur & la réputation dudit lieur Dacher, 
» 6c tendant à le décrier 6c diffamer , 6c pour l'avoir fait 
» publiquement par la voye dudit Journal , que ledit 
» fieur Cadet feroit condamne à rétracter fil lettre par 
» la même voye , à reconnoître ledit Dacher pour homme 
» d'honneur êc de probité , 6c incapable de diltribuer 
■» ou faire di (tribu cr des Eaux où il y au roi: du Sublimé 
y> corrofif , ôc en pafler acte au Greffe en préfenec de 
» telles perfonnes que ledit fieur Dacher voudra choi- 
» fir , finon que la Sentence à intervenir vaudroit ledit 
3» acte , que ledit fieur Cadet feroit condamné aux 
» dommages 6c intérêts envers ledit fieur Dacher, que 



Ci) Ceci eft une première faufleté prouvée par l'Extrait des 
Regiflres de la Société Royale de Médecine. Il faudra dans ecte 
Caufe s'accourcmer à ce mot : Le fieur Dacher , intrépide con- 
tour de miracles, n'a pas avanfcë on fait qui ne /bit exprciJjr- 
' «aient démenti par tous ceux dont il a invoqué le témoignage. 



< 



» la Sentence feroit imprimée Se affichée atrx ùâh dudit 
» fieur Cadet ». 

Le véritable objet de cette demande a'éroic pas celui 
quelle annonçoit. Le fieur Dacher ne voulait que 
rajeunir fa marchai) dife par une affiche d'un genre nou- 
veau. C'étoit pour la première fois qu'un Mémoire judi- 
ciaire devoir être la trompette de diftribucion d'une Eau 
fondante , fiomachïque & antidartreufe. Le ficur Dacher 
rit donc un Mémoire bien lonc , tout bourfourlé de 
l'éloge de l'Elixir , dont chaque ligne e(e une erreur 
volontaire (i), Se qui fe termine par le protocole ordi- 
naire : l'adrejfe de l'Auteur 3 Rue Jacob , N°, 39. 

Cet objet rempli , le fieur Dacher n'avoit plus rien 
à demander , puifqu'il ne de ma nd oit rien. Le fieur Cadet 
a été forcé de pourfuivre l'Audience , Se d'obtenir une 
Sentence par défaut. 

Obligé de faire un mouvement, le fieur Dacher a 
interjette appel , & il effc retombe dans fa léthargie. Il 
faut le réveiller encore. 

Cette affaire peut être eonfidérée fous différens a£- 
pefts. 

D'abord on eft tenté de n'y voir qu'une feene bur- 
lefque. Monté fur deux tonneaux , un Efculape ambu- 
lant harangue la populace aflèmblée , raconte fes voya- 



(1) Nous ferons dans un Chapitre féparé, la Lille de fes 
erreurs volontaires , c*eft-à-dire , de celles qui font relatives 
3 la caufe; car les effets miraculeux de l'Elixir, les guérifons 
inefpérées , les réTurreâions, n'intéreflem pas le fieur Cadeu 



ges t .fes études profondes fur la. eonnoifiânce des fimpics, 
déployé fes pancartes, 6c finit par faîte avaller ^quelques 
pilules a droite & à gauche. Arrive un homme connu , 
dont TE feu lape invoque le témoignage > cet homme fur- 
pris de s entendre nommer , broyé une pilule fous fes 
doigts Se dit : Peuple : j'ai déclaré , il y a douze ans*, 
que ces pilules étoient faites avec des Jïmples très-fimplcs 
fans doute» c'étoit du cerfeuil 2c de la laitue. Je .viens 
d'entrevoir une feuille de ciguë ; prenez garde , je 
ne réponds plus des pilules. L'homme aux tonneaux 
s'irrite, cric à l'injufticc, à la trahifon , à la licence , à 
la violation des loix , à la profanation de fon honneur, 
à la perte de fon état , & faute au collet du donneur 
d'avis, pour lui faire payer le prix des pilules qu'il ne 
pourra plus vendre. 

Il faut en convenir , tout cela n'eft que plaîfant. 
Mais fi l'on fonge qu'un citoyen eftimabie , qui a 
travaillé toute fa vie pour être eftimé, & qui après avoir 
occupé âa places honorables , fe repofe tous les jours 
au milieu d'une compagnie favante Se refp'eclée i eïi 
traîné dans la lice par un homme environné de bouteilles 
& d'à Miches , déterre fon laboratoire pour courir de tri- 
bunal en tribunal , pour s'égarer dans les détours d'un 
procès difpendieux 5c défagréablc j qu'il eft enfin obligé 
de défendre- fa fortune, parce qu'il a voulu conferver 
fon honneur 8c la confiance publique ; la feene devient 
un peu moins rifible. 

Et fi l'on va jufqu'à p en fer que le mmiftere public 
qui veille fans cefie fur l'exécution des loix 6c fur la 
fcûreté des citoyens , apprendra du iicur Jjacher lui-même 



■■ 



s 

que /on Eau Jlomachiaue , fondante ù anùdartreufe a été 
rejettée deux fois comme dangereufe par la Société 
Royale de Médecine j cju'il n'a pour la diftribuer ni 
lettres , ni brevet , ni permilîîon » que car conféquent 
la diftribution de cette Eau cft d'un côté une contra- 
vention formelle aux Ordonnances , & de l'autre un 
attentat journalier fur la vie des citoyens % alors l'affaire 
devient tout- à- fa ic férieufe pout le fieur Dacher. 

La défenfc du fieur Cadet s'établit par quatre propo- 
rtions, aulïî fimples l'une que l'autre. 

i°. Le fieur Cadet avoit intérêt & droit d'écrire daus 
le Journal de Paris , fa lettre du 7 Août 1783. 

2 . Cette lettre contient vérité , & ne fait aucune 
injure perfonnelle au fieur Dacher. 

3 . Le fieur Dacher ne peut pas être écouté, parce 
qu'il n'a ni droit, ni qualité, pour demander des répa- 
rations. 

4°. Il ne mérite pas d'être écouté , parce qu'il en 
impofe à la Jufticc. « 

On fuppofe dans les deux premières proportions , ce 
qui cft absolument faux, que l'Elixir du fielir Dacher 
elt un remède légalement approuvé & vendu fous les 
aufpices de l'autorité publique. 

Première Proposition. 

Le fieur Cadet avoit intérêt & droit d'écrire dans le Journal 
de Paris la lettre du y Août t y8$. 



On a vu que le fieur Cadet avoit analyfé en 1 7 7 a > 

l'Eau 






TEau du fieur Dacher. Le réfultat de Ton annlyie avoic 
été remis au fieur Dacher qui en avoir fait Fufage le 
plus utile pour la propagation de fou remède. Dans tous 
les imprimés qu'il a distribues ou fait diilribuer pour 
publier iEau (iomachique , fonde nu & antidartre ufc s on 
lit cette phrafe : « II n'en peut refaite** aucun inconvé- 
» nient d'après l'analyfe qu'en ont fait M. Cadet, Apo- 
» thicaire , Membre de l'Académie des Sciences de 
» Paris; Se M. Parmenticr, Apothicaire des Invalides, 
» Ces A r tilles célèbres l'ont honoré de leur fuffrage ». 
Le nom du fieur Cadet fc trouvoit ainfi accolé à 
celui du fieur Daclier. Ce que l'un promettoit, l'autre 
le garantiflbir. Les mauvais effets Je VExa /Iomachique 
pou voient être reprochés plutôt au fieur Cadet qu'au 
iieur Dacher, parce qu'il eft plus raifonnable d'ajouter 
foi amr paroles d'un homme public , connu , attacha a 
des Corps refpeetablcs , & qui peut flétrir ou perdre fa 
réputation j qu'aux paroles d'un homme inconnu, îfolé, 
tj'ji appelle fon état, le droit qu'il s'arroge de vendre 
au mépris des loix , une panacée obfcure , & qui n; 
rifque rien , quelque chofe qu'il dife ou qu'il fafïé. 

II n'y a point de vanité à croire que fur trente perfon- 
nes qui ont employé l'Eau ftomachique, fondante & anti- 
dartreufe, vingt ont été déterminées par i'afiurance que 
le fieur Cader donnoit , que cette Eau étoic compofic 
de matières indifférentes, fit qu'il n'en pouvoir réfulrer 
aucun inconvénient. 

Le fieur Cadet n'a pas révoqué fon certificat, malgré 
les variations qu'il, a connues dans la compofition de 
l'Eau d'Acher, tant que ces variations ont été innocentes, 

B 






\ 



■ 



10 

KÎnt que les matières fubfli tuées ont été auflî peu dan- 
ger eu fes que celles confignées dans la première analyfe. 
IL l'auroit pu cependant , parce que tout homme a le 
droit de révoquer {on témoignage, toutes les fois qu'il 
devient certain que fon témoignage n'eu: plus conforme 
à la vérité. 

Mais lorfque le fieur Dachcr , pour obtenir fans doute 
un Brevet , qu'il n'a pas obtenu , pour rendre fon pré- 
tendu remède digne de l'attention de la Société Royale de 
Médecine j a voulu fubftituer à la préparation commune 
Se très-commune dont il s'étoit contenté jufqu'alors , une 
préparation plus combinée , plus favante > lorfqu'à l'aide 
d'un fyftcme mendié, il s'eft livré à des procédés chimi- 
ques dont le réfultat étoit dangereux j lorfque le fieur 
CadetVeit aiïuré par des analyfes répétées que ÏEauJioma~ 
chique* fondante & antidartreufe } contenoit un fel mer- 
curicl corrofif j alors il a cefle d'attefter au public que 
cette Eau ne renfermok aucun principe nuifible & qu'il 
n'en pouvo ; t réfultcr aucun inconvénient. Il a rompu 
la chaîne dont il s'étoit lié- lui-même ; il s'eft dégagé 
de la garantie qu'il avoit donnée , 8c dans l'impoffîbilité 
de rayer fon nom de toutes les affiches du fieur Dacher, 
il a dépofé fa rétractation dans le Journal de Paris. S'il 
exiftoit un moyen de la manifeiler davantage, il l'auroit 
employé. 

Le fieui Cadet a ufe du droit donné à tout citoyen 
de veiller fur fon honneur , de conferver fon état & 
fa propriété. Pour une certain* cJaffe d'hommes , & le 
fieur Cadet eft àzns cette cUfîc , l'honneur, Vétât Se h 
propriété fout une feule & même choie. 



1 I 



Si le fieur Dacher demande de qui le fieur Cadet 
tient ce droit inconteftable , on lui répondra que ce il 
ide lui-même , du ficur Dacher. En publiant fans mefure 
& fans aveu , la première anatyfe du fieur Cadet , il 
a mis dans fes mains le pouvoir de la rétracter publi- 
quement , auffi-tot que la vérité l'exigeroit. 

Qu'un Avocat donne fon avis fur une affaire i que 
la Partie fane imprimer cet avis » qu'elle le répande 
chez les Magistrats, au Barreau, à la Cour , à la Ville i 
fi l'Avocat a été trompé fur les faits , (I l'affaire change 
de face j n'aura-t-il pas le droit , ou pour mieux dire , 
ne fera-t-il pas obligé pour l'honneur de fon état & de 
fon opinion , de rétracter fon premier avis , Se de rendre 
fa rétractation publique ï 

Le fieur Cadet avoît un devoir de plus à remplir. 
Si l'on admet que fon opinion fur L'Eau du fieur DacheC 
pouvoit avoir quelque influence publique , il faut ad- 
mettre auffi que l'intérêt public , plus encore que fon 
intérêt particulier , lui impofoit la loi de révéler la 
variation dangereufe qu'il avoit remarquée dans cettç 
Compofition. Peut-être même na-t-il pas fait tout es 
qu'il étoit obligé de faire. 

Par l'Art, i 2 de l'Arrêt du Confeil du c Mai 1 7 8 1 , 
« S. M. enjoint à toutes les Facultés , Collèges ù -dggré' 
» gâtions de Médecine du Royaume s ainft qu'à tous les 
» Lieutenans de fon premier Chirurgien & autres j de 
» dénoncer à la Société Royale de Médecine tous dif- 
» tributeurs de Remèdes, Colporteurs, ou foi-difant 
» Apothicaires , qui distribueront des Remèdes feercts , 
» ou les adaainiftrerom dans les maladies , fans avtiir 

B ij 



? 



s 



I f 



« une Permiffion telle qu'elle a été prefente pat le même 
» Arrêt ». 

On verra que le fieur Dacher n'a pas cette Permiffion. 
Le fieur Cadet pouvoir le dénoncer , il le pourrait en- 
core. IL s'eft contenté de la. précaution qu'exigeoit fa ré- 
putation compromife , 6c l'éclat que le fieur Dacher avoit 
donné lui-même à fa première analyfe. Et parce qu'il 
n'a pas voulu alimenter , aux dépens de fon honneur &. 
de la vérité , la crédulité publique fur une liqueur dan- 
pereufe Se proferite par les cens de l'art , le fieur 
Cacher demande des réparations &. des dommages-inté- 
rêts. Cette demande n'eft qu'une dérifion méprifabie. 

Seconde Proposition. 

La Lettre écrite par le fieur Cadet dans le Journal de 
Paris , contient vérité ^ ù ne fait aucune injure per- 
fonnelle au fieur Dacher. 

Dans cette Lettre , le fieur Cadet déclare qu'il a voie 
précédemment analyfé l'Eau du fieur Dacher, & qu'elle 
ne contenoit alors que du Vitriol de Zincfi): Qu'on 
lui a envoyé , il y a quelques jours „ une bouteille du 
même Auteur à examiner, & que l'anaiyfe lui a prouvé 
que ce n'étoit plus le Vitriol de Zinc; mais le Sublimé 
corrofif qu'on y avoit fubftitué à grande dofe. 



(l) Ici le Genr Cadet a beaucoup ménagé le fieur Dacher, &. L'on, ne fait pour- 
quoi. Il aurait pu dire qu'il avoit fait de l'Eau Dacher pitHîcuii ana'yfcs, & t[u« 
chaque fuialyfe aïoit pioduît une combinaifon. JjjfcreDte. 



Une première vérité qu'il efl: impofllble de concerter, 
c'eft que le fieur Cadet ne parle que de la bouteille 
qu'on lui a envoyée & qu'il a analyfée. Il n'a pas en- 
tendu envelopper dans les conféquences de fon analyfe 
toute la verrerie du fleur Daeher. IL s'exprime dans fa 
. lettre d'une manière à ne laiîfer aucun doute à cet 
égard, h' analyfe > dît-il expreflTémcntj ne peut porter que 
fur le remède qui y efl fournis } & ne garantit point ceux 
que l'on prend cke^ le Difiributeur. 

On voit clairement dans cette phrafe le fenl motif du 
fieur Cadet : l'intention de détruire par la fceonde ana- 
lyfe le réfultat de la première , de contredire publique- 
ment le menfonge dont le fieur Daeher l'avoit rendu 
complice. Et dans ce fens de quoi le fieur Daeher ofe- 
t-il fe plaindre ? 

Mais puifqu'il veut abfotument donner à la Lettre du 
fieur Cadet un fens plus général ; puifqu'il vent y 
trouver une dénonciation relative à toutes les bouteil- 
les qu'il débite , examinons la Lettre dans le fens qu'il 
lui fuppofe. 

Le fieur Cadet a-t-il dit que le remède du fieur Da- 
eher contenoit du Sublimé corrofif ? Eh bien il a die 
la vérité. Il eft très- vrai que depuis quelque terns , 
depuis le moment ou le fieur Daeher a voulu obtenir 
un Privilège qu'il na poiut obtenu * depuis le moment 
où il a dépofé fon Procédé au Secrétariat de la Société 
Royale de Médecine , fon Eau , fon Elixïr , fon Remède 
enfin contient en diflblurion & à forte dofe, relativement 
à ceux qui peuvent l'employer , un fel mercuriel , cors 
rofif. 









■ 



14 

Le fieur Cadet ne l'afTureroît pgl s'il ne pouvoir 
préfenter que fon témoignage j d'abord ," par ce qu'il n'a. 
jamais prétendu que fon témoignage fût adopté exclusi- 
vement i enfuite / parce que n'ayant opéré que fur une 
bouteille , il n'auroit pas lui-même la certitude que 
toutes les phioles du fieur Dacher fuffent le produit de 
la même combinaifon. 

Mais il exifte fur ce point des preuves qu'il feroit 
inutile de fufpecler. 

Le fieur Carrere , Profeffeur Royal , émérite en Aie- 
decine , écrit au fieur Cadet, le 6 Mars i 784.. » P. S. 
» Il ne vous fera pas difficile de prouver l'exi/tence 
» d'un fel inercuriet corrofîr dans l'Eau Dacher : outre 
» les différentes preuves que vous en avez * vous favez 
» que M. Parmentier Se moi j nous avons été témoins 
» hier que ta dijfolution d'argent par t 'acide nîtreux , a 
m produit à l'inflant fur une liqueur quon a portée. 
» comme Eau Dacher ê un précipité abondant , qui é toit 
» une vrai lune cornée (1). 

Le fieur Triofon > Médecin ordinaire de Monsieur, 
écrit au fieur Cadet, le 1$ Août 4783. * Je me fuis 
s» affuré , Monfieur, après vous, que cette Eau vendue 
» par le fieur Dacher, contenait une portion affez ebn- 
9 fidérable de Sel mercuriel , en ayant en fort peu de 
» tems , précipité par le cuivre , revivifiée la partie 
» métallique qui s'eft remontrée avec tout fon bril- 
9 lant », 



(1) Ceft le ligne t&n&iùftique de la pifsotit du Sublimé cqcwûL 



* 



Le Heur Joue , Membre du Collège de Pharmacie 
de Paris , a analyfé la poudre qui fait la bâfe de YEaa. 
Dacker , & qui lui avoit été remife par le fieur Àndrî , 
de la Société Royale de Médecine , Se l'un des Com-» 
mi flaires nommés pour l'examen de l'Eau Dachcr. Voici 
le réfultat de fou analyfe (i). 

« La poudre que j'ai reçue de M. Andryj eCc d'une 
aa couleur gris noifette : mife fur la langue, on recon- 
» noît bientôt un goût métallique , donc la ftipricité 
» augmente infenfiblcment , £c finit par occafionner une 
» fputation fréquente ». [Ici font les différais procédés 
employés pour dêcampofer cette poudre.) « Telles font 
» les expériences que j'ai cru devoir tenter pour recon- 
» naître la nature de cette poudre , qui tiefi que du 
» Mercure précipité d'une diffolution nitreufe par l'Alcali 
» minéral -a. 

Le fieur Dacher ne peut pas contefter ces preuves , 
&L l'on fent bien que ce feroit le comble du ridicule 
d'offrir en ce moment la preuve contraire. Il cft le 
maître de fes procédés , 6c tout fyflxmc lui eït égal 3 
pourvu qu'il débite. On a vu qu'avant d'employer le 
Sublimé corrofif , il faifoît fort bien fou Eau Jîomackique, 
fondante & antidartreufe 3 tantôt avec du Nitre } tantôt 
avec du Vitriol blanc, tantôt avec de l'Alcali marin. 

Ce qui feroic très-plaifant , Se ce qui manifefteroit 
en même tems l'ignorance Se la bonne foi du fieur Da- 



î 



(i) Elle fera communiquée i M. l'Avocat- General , ainfi que les o:igin.Mxdcs 
deux Lmtes citecs. 



cher, ce feroit de démontrer qu'il fait du Sublimé Cor- 

ïotif fans le favoir. La chofe eft au moins vraifeuiblable. 

Il préteni qu'il n'employé, point le Sublimé corrofif 

dans la compofition de fon Eau : le Sublimé corrofif en 

nature ? cela peut être. Mais il fait une diflbkuion de 

Mercure dans l'acide nkreux > Se la précipite enfuite 

avec le Sel de Soude du commerce (i). Il ignore que 

i un participe de l'Efprk de fel , & que l'autre coniient 

du Sel marin i Si que la précipitation opérée par l'un 

de ces deux agens , produit toujours un Sel mercuriel 

corrofif. Il ne fait , fui vaut lui , qu'une di Ablution de 

Mercure, S: tous les Chimiftes lui apprendront qu'il fait 

d+i Sublimé corrofiif. 

C'eil avec des eonnoi fiances fi profondes Se fi fûres 
qu on trafique en détail de la faute Se de la maladie , 
de la vie S: de la mort ! 

Quoi qu'il en foit , le fleur Cadet vient d'aller plus 
loin que fa Lettre: il vient de prouver que leau 
Dacher étoit chargée de fublimé corrofif. Ce n eit pas 
s'effrayer beaucoup des réparations que le fieur Dacher 
demande. 

En effet, la réparation ne peut fuivre qu'une injure 
véritable. Ce n'eft pas injurier le fieur Dacher que de 
dire qu'il combine fon remède avec le Sublimé corrofif. 
C'eft lui faire un honneur qu'il ne croit pas fans 
doute avoir mérité. 



{i) Cttie piéfoïupûon deviendum une cenïiude, fi la Cour eftïmoi: devoit 
otiio^iiicr à L Siciéië Royale ne Médecine de s'eipliqtiei fur le Procédé du Heur 
PiCuer, dot» h Recette a été dépotée d.'.r.s (et Régtfhes. 



Il 



*7 
Il raifonne fore mal , lorf qu'admettant en général 

que le fublimé corrofif eft un poifon , il conclut que Le 

taxer de vendre du Sublimé corrofif: , c'eit le faire pafler 

pour un empoifonneur. 

Il faut diilinguer Dans un remède , le Sublimé corrofif 
eft un poifon ou un ageut falutairc, fuivant les mains 
qui l'admini firent , fuivant la manière dont il eft admi- 
niitrë. 

Depuis plus d'un fïeclc , 8c dans toutes les Villes de 
l'Europe y les plus grands Médecins Vont adopté & 
c on J cillé ( i ). 

Dans les mains d'un homme habile , prudent & expé- 
menté , qui a médité £c obfervé toute la vie , que l'hon- 
neur Se la bienfaifance attachent à l'état qu'il a acheté 
par des travaux continuels , qui calcule la confri ration 
du malade , la nature Se les progrès de la maladie > le 
Sublime corrofif n'eft pas un poifon ( z). 

Dans les mains d'un ignorant qui n'a penfé à la 
famé des autres, que dans l'embarras de fubfifler , qui 
a établi les moyens de fon exiflence fur i'exiftence de 



f i) A Amfterdsm , Blancard; à Halle , Uofmann ; à Ulm ; Frtâus ; à Lryde, 
Pa"! tîtrmmn. & Bi)crh,ivc ; i Londres, Turner Se BramftiJ ; à ïtra'lxiurg , 
Botcîet Si Hermann : i St. Petesbourg & enfuite à Paris, SantAe^'i i Vienne, 
ff^n SififKra de Hâta , Storck fi Lochcr ; à Vérone , B<fa ■ à HLJtlft , Çrtn ; 
i Fnoourg, Gj#; à Montpellier , Vend ; à Paris, de Hornt , le Ecgut de Prtslt 
fc Gardait:, Sic. Sic. Sec. 

( i ) En 1708 , Mondshrmmt , Médecin Allemand , avoit fait prendre du Sublimé 
Corrofif à un de fes malades. Il fut aceufé de l'avoir empoifonvé , & déchargé de 
J'acçiifadon , fur les Rapport! des Facultés de Wirrembcig &. de héipûck, qui 
décidèrent que cette pre'p a ration donnée à la dofe de deux graius au plus , pouvoit 
avoi; de très- bons effets & n'étoirpas nuilible. 



El 



i2 
Ces feir.bb.bl es , qui n'a qu'un remède pour tous les âges, 
pour tous les lieux , pour tous les corps, pour toutes les 
maladies, pour tous les accïderis de chaque maladie , Je 
Sublimé corrofif eft un poifon. 

On voit la conféquence de cette di/tinction. Si le 
fieur Dacher perfifte dans fon raifonnemenr ; s'il veut 
abfolument que le fieur Cadet l'ait traité d 'empoifonneur* 
en publiant qu'il employoit le Sublime corrofif dans la 
composition de fon élixir i il avoue que le SuBîime cor- 
rofîf eft un poifon dans {es mains ; ii avoue qu'il eft cet 
ignorant méprifable, cet empvriqne dangereux dont 
nous venons de parler. L'alternative eft prefiante. II eût 
été plus adroit de juftifier fa méthode que de la nier. 

TROISIEME PROPOSITION. 

hc fieur Dacher ne peut pas être écouté , parce qu'il n'a 
ni droit ni qualité pour demander des réparations. 



Le fieur Dacher prétend que le fieur Cadet a attenté 
à fon état. Il appelle fon état la licence Se l'infraction 
des loix à la faveur de laquelle il fubfifte. Bientôt on 
entendra réclamer aulii le droit de fon état , celui dont 
on faifira la main dans les poches de fon voifin. 

L'état d'un ciroyen n'eu: que la faculté de jouir fou: 
l'empire des loix & fous leurs aufpices , du rang dans 
lequel les loix L'ont placé. 

On ne peut pas attenter à Y état d'un homme qui n'a 
point d'état, & qui au contraire ne fubfifte que par Je 
mépris des loix & l'infraclion des réglemens. 



Avant l'établi lîe ment de la Société Kovatc de 
Médecine, plufieurs loix ( t ) preferi voient les formalités 
fans le (quelles les remèdes fecrets ne pou voient pas être 
diilribués. 

Depuis cette époque > de nouvelles loix ont établi un 
nouveau régime. 

L'art. I o des Lettres-patentes du mois d'Août 1778, 
enregistrées en la Cour le i er Septembre fuivant, a attri 
bué à la Société Royaiq de Médecine, établie par ces 
Lettres-patentes, l'examen de tous les remèdes nouveaux 
de quelque nature qu'ils puiflent être. 

« Lefdits remèdes, porte cet article, ne pourront 
» être vendus ôc distribués fans une délibération de la- 
» dite Société qui les aura admis, Se fur laquelle il fera 
» expédié par le Secrétaire-d'Etat, ayant le Département 
» de notre Maifon, un Brevet dans la forme ordinaire. 
m Ne pourront , le Lieutenant-Général de Police de 
» notre Ville de Paris , 5: tous autres Juges & Officiers 
» quelconques j donner des permilîîons de vendre & dé- 
» hiter aucun remède , fans s'être fait représenter ledit 
* brevet dont il fera fait mention dans les PermilTions 
» qu'ils accorderont. 



Li même difpofîtion fe trouve exprimée par l'art. 1 



cr 



fi 1 Le! Arrêts du Confeil , du %% Oftobre 1748 , da 1 1 & du 17 Mars Î73 r, 
du 13 CMtobre 1 7 j i , du 10 Septembre 1754, & fur- tout la Déclaration du *f 
Avril 1771 , qui atcibu oit l'examen de? remèdes fecrets ,î une Co m m illion Royale 
da \k-dcciiie, Se défendoit très-exprelléirveut U diitrib uion de ceux qu'elle u 'au roi: 
pal approuvii, 

C ij 



..A. 



2.0 



de la Déclaration du Roi du 2 6 Mai 1 7 S o , & par 
rare. 1 1 de l' Arrêt du Confeil du 5" Mai 1 78 1. 

Le fieur Dacher a t-il un Brevet dans la forme 
ordonnée par ces trois Régie mens ? On le croiroit à voir 
la fermeté avec laquelle il l'annonce dans fa Plainte 
6c dans fon Mémoire , la confiance qu'il affeele à s'inti* 
tuler par-tout, Breveté du Roi. 

Mais nous avons prévenu les Magiftrats &: le Public 
qu'il falloic, dans cette Caufe , s "accoutumer à des dé- 
mentis clairs & rapides. 

Le fieur Dacher n'a ni Brevet , ni Lettres , ni Per- 

million pour la distribution des Eaux Jiomachiques , fon- 
dantes 6* anti-dartreufes. 

Il avoit obtenu un Brevet le 1 j Février 1772, avant 
l'établi Mement de la Commiilïon Rovale de Médecine. 
M .lis depuis , ce Brevet a été révoqué quatre fois , Se 
c'étoit aflez d'une , pour l'anéantir. 

Il a été révoqué deux mois après fon expédition , 
par l'article 1" de la Déclaration du Roi du 1 j Avril 
1771 ( 1 }. 



(1) ■ Toutes pei Tonnes qui auroienr ci-devant obtenu des brevets pour là difti-ibutîon 
» des remèdes prétendus fpécific|ue5 , feront tenus de les repréfenter dans trois mois 
fe pour tout délai , au Bureau qui fêta par nous établi, pour, après l'examen JeC 
» dits brevets, erjfemble des remèdes dont ils aotorifent La diftribution, être pat 
• ledit Bureau ftatué ce qu'il appaniendia, foie pour la confirmation, Toit pour la 

d révocation Faiions très-eipreflcs defenfes Si inhibitions à tous ceui qui n'en 

» amuient pas obtenu la confirmation , de diftribcer kurfdits letiwdes, eh vertu de'. 
» dits Brevets. 



«U. 



ai 

Il a été révoqué huit ans après par l'art, X des 
Lettres - patentes du mois d'Août 1778, enrègrftîées 
en la Cour le premier Septembre fartant! (r). 

Il a été révoqué , deux ans après , par l'article I 
de la Déclaration du Roi du 26 Mai 17S0 (2). 

Il a été révoqué , un an après , par Tare. XI de 
l'Arrêt du Confeil du j Mai -1 7 ? 1 {3). 

Le fieur Daeher n'a pas obtenu un nouveau brevet : 
la vente de fes Eaux , elt donc une contravention jour- 
nalière aux Réglcmens que nous venons de citer ; & 
c'eft cette vente furtive d'un remède méconnu , que 
le fieur Daeher vent mettre fous la protection de la 
Jufticc j 8f pour laquelle il invoque les Loix confer- 
vatrices de l'honneur , de l'état , de la propriété tics 
citoyens. 

Mais pourquoi le fieur Daeher n'a-t-il point obtenu 
un nouveau Brevet ; Cependant il paraît avoir rempli 
l.i condition preferite pour l'obtenir. Avec quelle af- 
furance il annonce encore v dans fa Plainte , fie A chaque 
ligne de fon Mémoire , que fes eaux ftomachiques ont 
été approuvées par la Société Royale de Médecine ! 






( ; ) » Comme auffi (opprimons & révoquons [eus les Brevet? & Pernlîffionï 

v précéder» ;ufn: accordés, fanf à ecui qui 1§S auront obteatis , à k pourvoir par- 
is devant ladite Société. 

(t)o Supprimons Se révoquons toutes Lettres, Brevets Si PermiJlion piéeéc/ern- 
» ment accordés, fauf à ctui qui If ^ auront obtenus, â Ce pourvoir par- devant 
» ladite Société, en la forme preferite pat le préftnt article. 

(î) » L'intention de Si Majefté. étant qai toutes Lettres- patentes , Privilèges ou 
• Brevets quelconques concernant la Jiftribimôn tics remèdes, Cok.t aooi'is, coi.* 
u foimément i l'art, X des Letti parentes du mois d'Aeilt i 773 , rcgillrces au 

P*.:e,;iciu lé jpïcknieE Septembie autlk .in «. 



\ 






2 2 

Fis bien ceci eft encore une cauiTeté-, plus hardie mcrae 
que celle du Brevet. 

C'eft le 9 Août 1785, que le ficur Didier a rendu 
Plainte, Se qu'il a dépoté dans cette Plainte , qu'il avoit 
confié la compofition de fon reniede à la Société Royale 
de Médecine , qui en avoit reconnu, t efficacité. 

Le 6 du même mqis , c'eil-àrdire trois jours au- 
paravant , yoici ce que la Société Rova'c de Médecine 
avoit lait inférer dans le Journil de Paris : 

MEDECINE. 

Extrait des Regifires de la Société Royale de Médecine. 



a La Société Royale de Médecine , après avoir fait 
» examiner , par fes Commiflaircs , 1 °. L'Eau Jloma- 
» chique , fondante & anti-d' arthreufe du ficur Dacher ; 
» 2 . les préparations appellées Nectar de Cypris & eau 
» d'Hypocrcne, par le fieur Lancier , a arrêté que ces 
» remèdes ne méritaient pas fon approbation t & qu'il 
» ne devoit point leur être accordé de privilège ». 

Le fieur C.idet ne s'eft pas contenté de cette preuve. 
Il s'eft adiciTé à la Société Royale de Médecine , ôc 
il a obtenu d'elle un Extraie en forme de fes Regif- 
tres j certifié par fon Secrétaire , le fieur Vicq-d'Azir , 
& dont voici le réfultat : 

« La Société Royale de Médecine , ayant entendu 
» danv fa Séance, tenue au Louvre, le 27 Mars 1782, 
» le rapport des Commiflaires qu'elle avoit nommés pour 
» examiner l'Eau ftomachique , fondante & antï - d'ar- 
» ueufe du fieur Dacher , a refufé fuivant leurs con- 



«, 



*3 

» clu/ions , fon approbation à ce remède déjà examiné , 
» & rejette fous le nom d'une autre fa forme », 

La conduire du fieur Dacher cft vraiment inconce- 
vable. Profcrit , rejette , condamné , il s'avance avec le 
maintien d'un homme couvert de titres refpeétablcs. II 
fc livre à la Juîcicc dont il devrait fuir les regard* , 
il invoque U Loi qu'il viole publiquement. Il demande 
des réparations, des dommages-intérêts ; &. ce qu'il ap- 
pelle une injure, un attentat à fon honneur, à fa pro- 
priété , n'efl que le fïgna.1 des con dam nations qu'il pro- 
voque contre lui. 






t 



Quatrième Proposition. 

Le fieur Dacher ne mente pas d'être écouté , parce qu'il 
en impûfe à ta Jujlice. 



Voici le chapitre des erreurs volontaires que nous 
avons annoncé. 

On eft déjà certain de deux faune tés , dont la har- 
'liefie révolte , celle du brevet , & celle de l'appro 
batïon de la Société Royale de Médecine. 

Le iîeur Dacher fe dit d.ins fa Plainte Se dans tous 
fes Ecrits, Breveté du Roi, II eft prouvé que depuis 
douze anSj // n'a point de Brevet. 

Le fieur Dacher dit dans fa Plainte , & dans tous 
fes Ecrits , que la Société Royale de Médecine a re- 
connu l'efficacité de fon Eau : il eit prouvé par l'Ex- 
trait des Registres de la Société Royale de Médecine , 
-que l'Eau du fieur Dacher a été examinée & rejettée. 



24 

Ces deux menfongcs (on confondus dans U foute 
des menfongcs débités par te heur Dacher. Le mot 
cil dur i mais enfin , fi cVft un mot frauçois , s'il cft 
coufacré à cuaelqu'ufage , jamais il ne fera mieux ap- 
pliqué. 

Dans un Mémoire dont nous avons déjà parlé p le 
fieur Dacher avec l'audace intrépide d'un Charlatan 
qui préconife la vertu de fon Baume , cite des faits , 
nomme fes rémoins , de manière que le plus opiniâtre 
feep tique n'of croit pas douter un LaftanL 

Nous allons extraire de ce Mémoire les faits rela- 
tifs à la Caufe , & pour toute répoife , nous placerons 
à coté de chaque fait , le démenti porté au fieur Dacher 
par ceux-même , dont il a invoqué ou compromis le 
témoignage. 



ASSE RTIONS 
DU Sieur Dacher. 

Page S j Vgzi dernière. 

Le fieur Dacher com- 
mença de diftribuer gratis 
de fon Eau dans les Hôpi- 
taux de Perpignan ÔC de 
Montpellier. 



REPONSES. ( i ) 

Avant mon arrivée à Paris , je 
n'avois jamais entendu parler de 
ce remède ; & je puis vous affurer 
très-politivemeot qu'il n'en a été 
fait aucun ufage dans les Hôpitaux 
de Perpignan avant le mois de Mai 
1773 , époque où /'ai quitté cette 
Ville. 

Lettre écrite au Jteur Cadet le eî 
Mars 1784 t par leSr. Carre re, Pro* 
fejfeur Royal Emérite en Médecine % 
Cenfeur Royal, Membre de U Société 
Royale de Médecine , ancien Médecin 
des Hôpitaux de Perpignan. 



[ 1 ) Toutes les Pièces don, les extraits «Mit paioitrc feront «miles en;rc les maint 
de M. l'Avocat- Géoétal, 



Page 



^ 



«^ 



M 



, 



Page S , ligne tff~ 

Le fieur Dacher ne 
craignit point de confier 
la compofition de fon Eau 
à M. Poiflbnnicr , Infpec- 
teur-général des Hôpitaux 
de la Marine.... M. Poif- 
fonnier approuva cette dé- 
couverte. 



Nous certifions que depuis 17 
ans que nous fotnmcs Officiers de 
fantéenchefdecet Hàpiui'jonn'y 
a jamais adminifîré le remède dé- 
fignéfous le nom tf£aufn>machique, 
fondant!, & anti-dartra/fe du fieur 
Dacher r que nous ne l'avons ja- 
mais ordonnée , ne la connoiffant 
pas même de nom. 

Certificat des Jîeurs Fouqutt eV 
fîgarcux , Médecin & Chirurgien- 
major de, V Hôpital militaire de Mont- 
pellier. 



Je réponds que le fieur Dacher 
m'a fouvent propofé pour le fer- 
vice de la Marine , une liqueur 
prétendue fpécifique contre les 
dartres , qu'il m'a beaucoup entre- 
tenu de fes effets merveilleux, & 
qu'il a fini par me confier un ap- 
perçu de fa compofition; mais que 
je n'ai fuivi le traitement d'aucun 
malade, & qu'au Heu de lui donner 
aucune approbation , je l'ai conf- 
ranimer, r renvoyé au jugement de 
la Société Royale de Médecine. 

Lettre écrite au fieur Cadet le S 
Mars 1784, par le Jitur Poififonnier , 
ConfieiUtr d Etat , RireStur général 
de ta Médecine dans les Ports & 
Colonies , Préfident de la Société 
Royale de Médecine, 

n 






"-■1 



- 



Page S t Ugne première. 

M, Thouret, L'un des 

Commiflaires , après la 
connoi fiance qu'il eut de 
la composition de ces Eaux, 
obferva au fieur Dacher 
que la Société avoir pro- 
pofé un prix de tfoo iiv. 
fur un fembtable problè- 
me , & qu'il feroit bien d'y 
concourir : Mais le fieur 
Dacher lui répondit qu'il 
préféroic la facisfa&ion 
d'employer fa découverte 
a faire le bien de l'hu- 
manité. 



Je ne puis que défavouçr ce fait, 
ïe n'ai jamais engage le fieur 
Dacher a concourir à un prix de 
6co livres, propofé par la Société 
Royale de Médecine, fur un iujet 
femblable à celui de fon remède. 
Jj pouvois d'autant moins le faire , 
que cette Compagnie n'a jamais 
propofé de prix fur tin objet pareil. 

Lettre et rit t au jîtur Cadet ,/eio 
Mars »7<?4 , par le fieur Thouret, 
D.cleur- Régent de la Faculté de 
Médecine de Paris , Membre de la 
Société Royale de Médecine , CV tun 
des Commijjaires nommés par cette 
Compagnie pour V examen du remède 
dujîeur Dacher. 



Page 7 , ligne €, 

Lors de l'arrivée du 
fieur Dacher à Breft, les 
Médecins lui offrirent 3 o 
malades , du nombre de 
ceux qui ne laiflbient plus 
aucun efpoir , en ajoutant 
q ue tous ceux qui en échap- 
peroienc lui devroient la 
vie. 



Je fuis certain que jamais les 
Médecins ne lui ont offert 50 
malades, moins encore du nombre 
de ceux qui ne îailfoient plus d'ef- 
poir ; & que fi M. Tin tendant Se 
M. Poiffonnier Ce font réfufés à'fes 
vues , c'efl fans doute parce qu'ils 
connoiiToient le zèle &c l'expé- 
rience des Médecins attachés au 
département de Breft , & qu'ils 
regardoient comme dangereux de 
loumettre à une expérience cou* 



■» 



^^ 



*m 



■■ 



a? 



Page 7 , fy^ze i 8. 

M. Bruflé > un des 
Médecins de l'Efcadre , 
offrit au fieur Dacher de 
voir un Officier, attaqué 
d'une fièvre putride , qui 
étoit à fon dixième jour, 
& qu'il avoit abandonné. 
(Ici efb la defeription de la 
maladie avec les fymptô- 
mes les plus graves , & la 
guérifon du malade par la 
vertu de l'Eau Dacher. J 

Page 8 j ligne 5. 

D'après cette épreuve , 
dont M. Brmlé rendit 
compte avec étonnement 
à M. Poifîbnnier, il fuc 
décidé qu'on donner oit ces 
Eaux aux malades des 
Hôpitaux , bi le fieur Da- 
cher fut invité d'en pré- 
parer unegrande quantité j 



velle & non approuvée la Vie 
d'une infinité d'individus. 

Lettre écrite au fieur Cadet le ta 
Mars tj8^ y par le fieur Brttslê f 
Médecin du Roi & dt la Marine 
au Département de Breft. 



Cette affertion eft de la plus 
grande faufleté. ( Ici h fieur Bruslé 
raconte h fait d'une manière toute 
différente , & il ajoute.} Vous voyez , 
Monfieur , par ce détail , que le 
fieur Dacher a le plus grand tort de 
tirer vanité de cette Cure , & que 
s'il en eft airafi de toutes celles 
dont il lait mention dans fon Mé- 
moire , il ne mérite aucune 
croyance. 

Lettre du fieur Bruslé f citée ci" 
dejfus. 



M. Poiflonnier , qui eft aduelle- 
ment à Paris , vous dira que je ne 
lui ai jamais rendu compte de cette 
anecdote ; mais feulement de ce 
qu'il {le fieur Dacher ) vint me pro- 
pofer de faire chez moi un Burean 
de fon remède , & de partager le 
bénéfice qui de voit en réiulter : 
c'eft alors , Monfieur, que rougif- 
fant de la baiTeffe de ce procédé, 



1 



Dij 



i ^M 



■V 



ce qu'ayant fait , il fut ap- je crus devoir lui interdire ma 

.. . ■. «■£ i 1 > . m i ' f,, ~ 



* ~i — j * i » 

pelles à une affemblée de maifon, 

Médecins de l'Efcadre , Et plus faut : 

pour s'expliquer fur la Je fuis certain qu'il n'y a point 

r . ,; . . , ,, c eu d'Affemblce à cet effet. 

manière a admimltcer les . , , . 

_ Latrt du Jitur Brusk » cita «- 

JLjI HUAI y ? • 

dejfus. 

Je réponds qu'il eft poffible , ce 
que je ne me rappelle pas , qu'on 
l'ait admis dans une de ces Affem- 
blée s, pour fa voir précifément ce 
qu'il vouloit ; mais que certaine- 
ment ce n'étoit pas pour y con- 
certer aucun traitement hafardeux 
&contraire à leurs principes. 

Lettre du jitur Polffonnitr t mie 
ci-<Ljjus. 

Page 8 , ligne i g. 

Il fut voir le lendemain 
M. Poiffonnier, qui lui té- 
moigna la peine de ce qui 
s'écoit pané , en ajoutant 
qu'on ne pouvoir pas faire 
toujours le bien qu'on dé- 
fit oit j il le pria d'en en- 
voyer plufieurs Bouteilles 
à l'Apothicaire ne. 



Je réponds que rout ceci eft fup» 
pofé & très-ridicule. Tous les Mé- 
decins de la Marine font convainc us 
que ma manière de faire le bien 
n'eft pas celle de les troubler par 
des proposions de cette efpece, 
dan;, l'exercice de leur profellîon. 

S'ctant tons élevés contre la préten- 
tion du fie ii r Dacher de guérir plus 
fûrement qu'tux les malades con- 
fiés à leurs foins, fans autr t garant 
que la promtffe qu'il riîquou d'en 
faire, M. de la Porte , Intendant 
de ce Port,convintavecmoiqu'on 



Page £ k lig. 2 3 . 

M. Vieq-d'Azyr, Stère- 
Caire de la Société Rovale, 
eut l'honnêteté de lui ré- 
pondre que les Commif- 
faires u'avoient pu que ren- 
dre n h témoignage avanta- 
geux de fes Eaux , d'après 
les cures qu'il leur a fait 
voir , que fes Eaux étoienr. 
très-bonnes , que la Société 
les reconnoït pour telles j 
maîs que ce qui l'avoir em- 
pêché d'accorder une ap- 
probation exprefle , c'eil 
qu'un Médecin avoit com- 
muniqué le même fecret à 
la Société,£c l'avoit affinée 
avoir fait les mêmes cu- 
res ; qu'elle ne pouvoir par 
conféqueiK approuver , ni 



*9 

ne feroïî à cer égnrd, aucune con- 
trainte aux Médecins, & qu'il in- 
formerait le Minitire des raifons 
qui l'a voient déterminé à renvoyer 
!c fieur Dacher de Brcft , où je ne 
l'ai certainement jamais prié de 
laiffe-r pUtfieurs bouteilles de fes 
Eaux à la Pharmacie dn Roi. 

Lettre du fieur Poijfonnier , citée 
ci- de ff ta. 

Panrîi tontes ces aliénions , il 
n'y en a qu'une qui toit vraie. J'ai 
dit au fieur Dacher qu'un Médecin 
avoit envoyé à la Société Royale 
de Médecine, la Formule d'un re- 
mède de même nature que le fien. 
Mais l°. ce Médecin a remis fon 
procédé , avant que le fieur Da- 
cher etit préfen té fa recette, comme 
les dates des Lettres le prouvent; 
i°. Le Médecin dont il s'agit, fixé 
alors dans une des Ville les plus 
éloignées de Paris , n'étoïr pas un 
des Afîbciés de la Société Royale 
de Médecine, & parconféquentn'a 
pu influer fur le jugement de la 
Compagnie, comme le S Dacher le 
donne à entendre. 3 . le remède 
que ce Médecin a préiènté , &c qui 
efl de même nature que celui du 
fieur Dacher , a été rejette deux 
fois par la Compagnie , avant 
qu'elle eut délibéré fur celui de ce 
dernier , comme il rendre de l'Ex- 
trait des Regiftres que je vous ai 
ré:nis. 



wm 



faire acnetter par le Gou- 
vernement, un remède déjà 
approuve. 

Page 10 y ligne 2. 

M. Vicq - d'Azyr lui 
ajouta , qu'il reconnoiflbit 
tellement la bonté de fes 
Eaux , qu'il les avoir con- 
feillées à madame Gau- 
thier. 



30 



Page 12 > ligne 33. 

Le fieur Parmentier s'eft 
plaint de ce qu'on avoît 
abufé de fon nom dans le 
Journal de Paris, puifqu'il 
a écrie au fieur Dacher , 
qu'il n'avolt aucune part 
à cette (ortie indécente , 
qu'il étoit perfuadé de l'ef- 
ficacité de fes Eaux fto- 
machiques , & qu'il les 



Lettre écrite au fieur Cadet U x6 
Mars 17S4, par le S' Vicq-J ' A^yr , 
Secrétaire Perpétuel dt la Société 
Royale de Médecine. 

Le fieur Dacher a la m au val fe 
foi de me compter parmi les par- 
tiians de fon'remede , quoiqu'il n'i* 
gnore ni ma façon de penfer , ni 
les efforts que j'ai fûts pour dé- 
fabufer le public à ce fujet , par dï- 
verfes annonces que j'ai publiées 
dans les Journaux (1) 11 ofe affurer 
que j'ai confeillé fes Eaux fondan- 
tes à une Dame qui m'a confuké 
il y a, à peu près , un an. Cette 
Dame qui habite ordinairement la 
Province, eft actuellement à Paris , 
elle fe ibuvient pofitivement que 
je ne lut ai jamais confeillé l'uiage 
de ces Eaux. 

Le tue du fieur Vicq-d 'A\yr ^ citée 
ci-dtjfus. 

L'Auteur ( le fieur Dacher ) en 
avançant que j'ai approuvé l'Eau 
qu'il débite , que j'en ai tn^nie 
confeillé l'ufage , en impofe dou- 
blement au public 

Il n'a eu garde de publier cette 
lettre qu'il cite. Rien n'eft moins 

favorable à fes vues 

Ainfi il n'exifte pas un mot de 
ma part pour ou contre l'Eau Da- 



(1) Pourquoi donc le fieur DacKet n*a- 
x ■il pas demande auflides répatïtions , ron- 
ue le ûeui Vicij-d' Aiyi ! 



L. 



5i 

avoit confcillees à M, le che r. Je n'ai figné ni lettres, ni 
Baron d'Efpagnac, analyfes, ni certificats, qui y foient 

relatifs. Il eft également faux que 
j'en aie confeillé l'tifage à qui quç 
ce foi t. 

Lettre écrite au peur Cadet le pre- 
mier Mars 1 784 , par le fitur Par- 
mentkr , apothicaire Major des ar- 
mées. 
Page t 8 j ligne 1 #* 



Le fîeur D.icher a dé- 
voilé fon fecret à la So- 
ciété Royale de Médeci- 
ne , le fieur Cadet qui en 
ell Membre , connok sû- 
rement cette compofition... 
Il en connoît les vertu* 
& les propriétés. Ne pour- 
roit-on pas croire qu'il au* 
rok intention de ne décrier 
que le nom de Dacher , 
qu'elles portent , pour y 
fubltituer le lien , & qu'a- 
lors elles ferorent entre les 
mains le remède univerfel. 



Tout le monde fait ou peut fa* 
voir que le fieur Cadet n'eft ni 
Médecin , ni Membre de la Société 
Royale de Médecine. Ce menfonge 
& fa conféqtience font deux atr». 
cités bien bêtes. 



Page 2.5* 

Il a dit , comme il eft „ \ nVtl ai TO auamç " , U fîeH f 

-•,„ , Ddcher nous a bien préfenré, a 

vrai , que MM. Andrv m* * «, a -,„■ 1 

* l 7 M. And ry « a moi T quelques ma- 

& Thouret,Commiuaires, i a j es , n 0LiS avoriS été témoins 



■ 



mm* 



w 






avaient été témoins des 

cures admirables opérées 
par Tufage de fes Eaux j 
qu'ils étoient trop amis du 
vrai pour les nier , & pour 
ne pas convenir qu'ils 
avoient vu la cure des en 
fans d'un Médecin , cou- 
verts d'une teigne rongean- 
te , & la famille de M, le 
Blanc guérie. 



3* 

de leurs mala dles ; . mais il ne nu* 
les a pas fait voir après la guéri- 
fort. Il nous a préfente encore dei 
perfonnes qu'il difoit avoir gué- 
ries ; mais ne les ayant vues ni 
avant, ni pendant !eur traitement, 
nous n'avons pu conftater ni la 
maladie , ni les effets de fon re- 
mède. 

Le tire du fieur Thourtt i citée ci- 
dcjfus. 



Page 2 5 , ligne z5. 

L'aveu de MM. Tourct 
6c Vieq -d'Agir , qui ont 
affûté le fieur Dacher, que 
la Société ne lui aceordok 
pis d'approbation , parce 
que fon remède lui étoit 
déjà connu. 



Page 32 , ligne iq. 

La Faculté a approuvé 
les Eaux du fieur Dacher , 
en approuvant fon Livre. 



On a vu le dèfavtu du finir Fief 
d'Aiyr. Voici celui du Jieur Thourct, 

Le fieur Dacher dit que je lui 
aï donné l'affurance , que la Société 
Royale de Médecine lui refufoit 
fon Apprqbation , parce que fon 
remède étoit déjà connu. Le fait 
eft vrai ; mais le fieur Dacher l'a 
altéré. J'ajourai que le remède 
auquel celui du fieur Dacher eft 
femblable, avoit ÉTÉ REJETTE 

COMME DANGEREUX. 

Lettre du Jieur Thourct , citée ci- 
dtjfus. 

J'ai lu avec ctonnement clans ce 
Mémoire, page 31, que la Faculté 
a approuvé les Eaux du fieur Da- 
cher, en approuvant fon Livre. 



fi 

C'eft un mensonge. Je vous le 
certifie par cette Lettre. 
. Ce Livre de 141 pages io 8°, 
imprime (à Amfterdam) en 178) , 
n'auroit pu être préfenté à la Fa- 
culté que par moi , & jufqu'au 
moment oii vous m'avez envoyé 
le Livre &C le Mémoire. 

Ni l'un ni l'autre, 
Ini la perf'onne du 
Ifieur Hacher, 
Ni Ion Eau floma- 
Je ne coauoidoîi ^chique & atiti-dar- 
itreufe, qu il appelle 
[dans (on ÀvAm-P to- 
pos, pag. 5, untré- 
•for. 

Fous pouvt%_ , MonJîeur t faire Je 
cette Lettre fufage qu'il vous plaira. 

Lettre écrite au Jleur Çndet le ij 
Mars iy8 4 , par te Jleur Paurfour du 
Petit , Doyen de la Faculté de Mé* 
decïne. 



(1) Il eft tems d'abandonner le lîeur Dacher à l'incfi- 



(1) La Jufiicea déjà fil t raifon au fieur Cadet d'une pareille atiaque. En T7É1, 
un nommé Cbartty , dtbiroir une Poudre Pjrgarive. Les fïeurï Pia 3t C.i.^ei 
l'analyferenc, y trouvèrent du cuivre, & publièrent leur ait<ily(e. Chitrey Je- 
mandA contre fui des rérarations & 10000 liv. de rlomtnigct & ïniérêts; Il a voit 
Un B'evet du premitr Médecin; c'eft-i-dtre , i] a. oit un titre (ji:c le lîeiir Ddchct 
n'a point. Cep:ndant il fut déds é nnn-recevabte , & cun lamné aux Je'prm , pat 
Scr:ence de la Pievô'é de l'H4::l lu i i Macs 1761 , coufitmée par Jugement du 
ce and Confeil du 14 JjiUwt i;ûi. 



>' 



Ï4 

gnation des honnêtes gens , & i la juftîee des Magîf- 



tracs. 



* 



Monfiçur JOL £ t "^ V 4 'Avocat-Général. 



M e PU VtYRIER, Avocat. 

GvitLOT DE BfcANCHEVIXLE, PlOC. 



■ 



V> / 



Pe l'Imprimerie de Quili.au , Imprimeur de S, À, S. Monfcigmyr le Prince 

DE CONTI, (ut du Fouwe, H», j. 






r ^ .