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Full text of "Factum contenant l'histoire tragique ; pour le sieur Martin Marcara Avachinz, natif de la ville d'Hispahan, capitale de Perse, conseiller au conseil souverain de l'Isle-Dauphine, & directeur des comptoirs de la Compagnie Françoise des Indes Orientales dans les Indes & dans la Perse, demandeur en requeste présentée au conseil de sa majesté du 5 mars 1676. Et Michel Marcara son fils. Contre les sieurs directeurs generaux desdites Indes Orientales, deffendeurs."

IflUHHIIIIIIIimillllllllllISS 



' •aS' -s^ -s^f iswï' 



\ 



F A CTV M , 

Contenant l'HiJloire tragique"^ 

POUR le Sieur Martin Marcara Avachinz de la ville 

d'Hifpahan , Capitale de Per(c, Confciller au Con(èil s^^rf^-^. 
Souverain de llfle-Dauphine , & Diredeur des 
Comptoirs de la Compagnie Françoife des Indes 
Orientales dans les Indes & dans la Perfe , Demandeur 
en Re<^uelle prefentée au Confeil de Sa Majeflé , du 
é. Mars 1676. Et Michel Marcara, fon fils. 

CONTRE les Sieurs Dire Eieurs généraux défaites Indes 
Orientales , Deffèndenrs. 

A conteftation prefente des parties procède de plu- 

fieyrs chefs de Demandes quefontieîditsfieursMar- i. 

cara, père & fils, aux fieurs Direclcurs , donc les '^W"^'^'"'^'^'- 

premiers & priiîcipaLix font, 
1°. A ce qu'iceuK fieurs Directeurs foienc condam- 
nez payer audit fieur Marcara père, en fadice qualité de Dirc- 
(^eurdefdits Comptoirs ,fes appointemens àraifon defept mille 
deux cens livres par chacun an, à compter du 23. Décembre 1666. 
jour de fon embarquement de France, jufques àprefent, fuivant 
fon Traicéfait avec ladite Compagnie. 

z°. Luy payer Ôc rembourfer la fomme de fix mille livres , à 
laquelle il s'eft réduit, pour la julte valeur des meubles, mar- 
chandifes , argent , &c autres effets à iuy appartenans , qui luy ont 
efté pris fie enlevez en la maifon où il failoit fà demeure à MaJl 
lulipatam , & en laquelle cftoic établi le Comptoir de la Compa- 
gnie, lors qu'il fut arrcfté pnfonnier par ordre du fieur Caron 
Diredeur General de la melme Compagnie, leur Collègue, qui 
pour-lorsefloit fur les lieux, des faits duquels ils font tenus. 

5". Condamnez encore luy paver quinze cens livres à luy 
dcus parle nommé Bcber, fon créancier de cette fomme, con- 

A 




cfamné envers lu y au payement d'icelle par Arreft du Conieil 
Souverain de l'IOe-Dauphine, en vertu duquel le fieur Marcara 
père a voit , pour feurcté de ion deû , fait fai/ir à Su rat encre 
les mamsdudit fieurCaron Directeur General. 

4". En tous les dépens, dommages &c interefts de lu y ficur 
Marcara père, Se de Michel Marcara (on fils , tant pour avoir 
elté lous deux injultcmcnt emprifonncz , maltraitez. Se détenus 
dans les cachots affreux de divers vaifieaux fur mer, l'efpace de 
trente-deux mois au bilcuit Se à l'eau, tout nuds, toujours les fers 
aux pieds , Se attaches père Se fils cnfemblc à de grolTes barres 
de fer , de l'authorité dudit ficur Caron leur ennemi juré ; 
que pour avoir eflc détenus vingt-un mois prifonniers en la 
Citadelle du Port - Louys , à 1 mftance Se recommandation 
deldits fieurs Dii\e£tcurs de Paris. 
3 Lajullicedeces demandes dépend de l'établiffement du fait. 

A-.>ip>;tf d't sifHf Le fieur Marcara Avachinz efi: de la ville d'Hilpahan, 
Capitale de Perlé?, Se ifTu d'une des plus confidcrables Se des plus 
anciennes M ai Ions , que Chabas lurnommé le Grand , Roy 
de Pcrfe , transféra fur la fin du fiecle précèdent de l'Arménie 
majeure en ladite ville d'Hifpahan , Se fuivant l'ancien ufage 
de ce païs. Se la pratique de ceux de fa Nation , il s'eft occupé 
au plus confiderable négoce des Inde:) Orientales : Et cette oc- 
cupation luy cil d'autant plus a vantageufe , que fans exception 
toute la NobleflTe de Perlé , d'Arménie , Se meline de toute l'Aile, 
fait comnierce,{àns que cela luy loit imputé a aucune dérogcance, 
_y_ Aufïi elt-ce fuivant cette mefme pratique que le fî^ur Mar- 

Véja^ du situr caraj s'achemina aux Indes dés fa jeunelFe , où il fejourna long 
ftilTei^ /j iZnfJê temps, Se y apprit parfaitement l'eilat du Commerce, Se la Lan- 

^. gue du païs. 

soa m»Hi- ea tm- Enfuitc il viut cn Europe chargé de plufieurs diamans , pier- 
i:tj(,„fiiind-T.ej.i. reries, Se autres marchandifesdeprix, qu'il avoir achetées aux 
£t .1».^. iiidci. Indes Se en Pcrfe, qu'il vendit avec profit notable à Rome, à 
Naples, à Venifc , Se autres iieux ; Se s'en retourna derechef aux 
Indes ; où il négocia encore pendant un long-temps , Se s'en re- 
vint encore en Europe , chargé de mefmes diamans , pierreries, 
Se autres marchandiiés. 
f' , 11 s'arreib enfin à Li^ourne, où il demeura plufieurs années, 
yi«....Y./i,/<i:i/.>7- pendant Jclquclles il continua de négocier en Italie^ cn Tur- 
Vfi ç£ i^'--rftt:.t quie , en Pcrfe, Se aufdites Indes, par le moyen Se corrcfpon- 
i>?,t.Hrnt nu li «f- J3^-^^;(; q^,>j[ -voit avec les frères , qui font de très -riches Nesio- 
/./.■ de m,,nh.ind-^ cLius , Se avcc auttcs Ics Commis. Mais pour Ion malheur u eut 
fet de prix a s,n ^ff^^ jg bonnc foy pour confiera un particulier Banquier de Ei- 



3 

goume, nommé Jofeph Armand , en rannëe 1657. trente-un ba- 

îots de ioye, dite Charbaffi , du poids d'environ quatorze mille 
livres afin qu'il les fift vendre pour le Compte de luy S' Marcara. 

Ce Banquier eut la coiifcience affés mauvaife pour refufer au '* 

fieur Marcara de luy tenir compte de la fufdice Marchandife , Sc fj ^"u"'Z^r<ZA 
d eluy en faire le payement. Ce qui obligea ledit Marcara d'm- df /«j tenir (nmfte 
tenrcr Ton adion pardevant les Officiers du Grand Duc de j#"' muréof!- 
Plorence , dont ledit Banquier eftoit julUciablc , &: de l'y faire 
convenir pour avoir payement de là marchandife. Il s'y fit de 
longues procédures, après lefquclles enfin ledit Banquier voyant 
qu'il ne pouvoir éviter une jufte condamnation, tomba d'accord 
d'avoir reccu dudit fieur Marcara Icfdites marchandifes , qu'il 
promit de lui payer. 

Mais à la veille que ledit Marcara eftoit preft de recevoir fon ^ 

.argent , ledit Banquier vint à mourir, charge de debtcs, tant a^^ dit Banquier^ 
envers lui ficur Marcara qu'autres fcs créanciers , qui firent mct- 
:tre fes biens en difcuffion. 

Comme le de ffunt n'a voit pas laifTc fufïîfammcnt de biens pour /. 

acquiter toutes fcs debtes , il fe forma entre eux tous de grands ^'*. ""''' ''*' ^-^ 
différents ,, que ledit ficur Marcara prcvoyanc ne devoir élire J"j^„ conceft^tmi 
de long- temps terminés , il prir refolucion de s'acheminer en («m fis créanciers 
France, pour implorer la protection de Sa Majelté auprès du l'^J^Z'^'^'"^'^'^^ 
Grand Duc de Florence , afin qu'il fuft payé de ce qui lui clloit 
deû par ledit defFunt Banquier, fur fa lucceiTion ; & pour luy 
offrir fes fervices pour la Compagnie des Indes Orientales, que 
Sa Majellé avoir nouvellement. établie. 

Le ficur Alarcara parhc donc dcLigourne le 14. Septembre g. 

lééî. & arriva à Paris le 14. Oclobrecnfuivant. 11 s'adrefia à'^~ ^'f^' ^«^;«^^> 
ibord a Moniteur 1 Evelque de Babylone, lors Evefque de Néo- », ç^/in *-«tm 
cefarée ,& Coadjuteur dudit Babylone, fon Prélat, llfedécou- ■* ^•^'^' 
'Vrit entièrement à luy,luy conta fesaffaires,luy ditlefyjet defa 
venue à Paris , Scie pria de l'aider 6c l'afTifter en tout ce qui luy 
feroit poiîibledans fon delFein. 

' Ce charitable Prélat ne s'épargna en rien dans cette afïiure, •^. 

■principalement après que le ficur Marcara luy eut propofé que 'blTfiJ nreU ^L 
pour rcconnoifTançc de la grâce qu'il obticndroit de Sa A'Iajellé, fioj' ^a^rtuy «.-,- 
il ofFroïc d'employer tous fes foins pour le fervice de ladite f '^ f" ^"-^^ ^°'"' 
Compagnie des Indes Orientales , du commerce detqucllcs ce ufiion ^ retem^ 
de la langue il avoir ( comme dit a cfté ) une parfaite connoif^ m.md.ttioa nupru 
fance^ fie mefme de mettre dan dcclîe Compagnie la meilleure ^l^^^^^'^^l ^"^ ' 
partie de Ion bien , après qu'il l'auroit retiré avec la protccbion 
du Roy, 

A ij 



4 

, "•, MonficurdeBabvloneenparlacliverfesfoisà S, M. qui luv fir 

/( finÇteHri his ^» ^ honneiirdel ecoiiterti*esfavorabIement&: qui en lera tres-me- 
Rojenfu-veurdifdif morative. Il ]uy prefentamcfmc ledit: lieiir Marcara père, £c S. M, 
^'*^'''' J"^"'^j donna ordre audit Seigneur Evelquc d'en parler à Moniieur Col- 
hf^LisJMMiefti bertPrefidcnt de ladite Compagnie, &: de conduire versJuy ledit 
ç^àLt comf^ime. fîcur Marcara. Ce que Moniieur de Babylone ayant fait, Mon- 
L,R.j donne, rdre ç Colbcrt témoiena tant dc fatisfadion de l 'in tel lieen ce du- 

imdit Seigneur E- a i r i 

■ve/^ui de conduire dit Matcara p9ur ledit Commerce j de laquelle il fut fi-bicn per- 
le S' Murc»ra à fu^Jc , qu'il l'cnvoya avcc un Billet exprés à Meffieurs deThou , 
M' coU^tfimfMt ^ Berryer , pour lors Diredeurs de la même Compagnie, pour en 
de /a» inteiUgence eflre eux^mefiTies enticrement informez : Lefquels avec les autres 
ie»-^oje i M, de j[^^^^ Dircétcurs tinrent à ce fui et plufieurs AflembJëes , dans [q£- 
fiitn tAffimUide qucIlcs ils examinèrent à fond ledit Marcara perc; fie après cet 
AUffK^urs de u examcn , ils le trouvèrent fi-bien vcrfé audit Commerce Açs Indes , 
fff'f.>£iiie. ^ cftimcrent que fon minirterefcroit d'un fi grand avantage pour 

Tavancementdu Négoce de ladite Compagnie, qu'après en avoir 
fait leur rapport à Monfieur Colbert j ils furent tous d'avis com- 
mun , qu'il clloit à propos & niefmc neceflaire de l'y engager ; &; 
pour cet effet ils employèrent leurs interccflions auprès du Roy , 
pour obtenir la proteclion qu'il demandoit de Sa Majefté. 
M. Ils firent plus: car ils exigèrent dudit fieur Marcara qu'il leur 

Mfffie,érsies Di- JaifTaft ( ainîî qu'il fit ) le foin entier des affaires qu'ilavoicen Ita- 

re^euri exttent du ... ^ i ■ i . n i - , i 

S'M^ctru ^Hilfe lie ( dont il Vient d eltre parle ) avec les papiers concernans 
remette fur eux dt iccllcs , & fa Procuratiou , avecptomefle Se alïcurance qu'ils luy 
fi' ^<ff*"-" * ^f'^^. ^çy^^Q^Q^^ j»y envoyer un Exprès intelligent ôe fidellcpour la 
pourfuite d'icelles. 
Le sie'uî\unAra i-'cxperience que Me/Tieurs les Diredeurs firent pendant un an 
dnv/>/f kttre de quc ledit ficut Matcafa ttaitta avcc eux , de fa probité & grande 
J^'^lpe»'-^ i" D"^- ixitcWivcncc Acs avant entièrement convaincus qu'Us n'a voient 

rieurs fener.iux de , f. . ^ . ' '. \ r r- \ \- ■ r irr-n- ni 

fe refaftnt fur e: X bcioin d auttc caution dc la fidelitc , que la grande afreclion hc le 
enuutti [es «fut- zçle finguHer qu'ilsrcconnoillbienten luy pour le lervice du Roy 
m js^>e. g, àQ\2L Compagnie j outre qu'ils av oient clairement reconnu 

par l'affaire de Florence, dont ils s'eftoient , mefme particulière- 
ment informés , ayant écrit à diverfes perfonnes des Pays , la pro- 
bité, bonne foy dudit fieur Marcara fie Tinjiifte pcrfecution qu'on 
luyavoit fait en Italie , de forte que ledit fieur Marcara père Çc 
repofànt entièrement du foin de les affaires fur lefdits fieurs Di- 
redeurs de ladite Compagnie ^ il s'cng.igea à fbn fervice , pour 
lequel il a toujours depuis travaillé avec un loin infatigable ôc 
/^. une fidélité inviolable, comme il fera dit en fon lieu. 

i.t ,T, Mjrcar^ Ledit ficur Marcota mit mcfmeen plein Bureau defdirs fieurs 
'^'flfur/cn^^7e'l DircAciiTi aifemblez j toutes fes pièces fie papiers touchant ies 



affaires en ïcalLe, dont' il aefté traitté tout au Ions; cv-devant, ^"""J* <'#''' s« 
avec une amplillime Procuration quu donna au lieur Hordan-ya„^^„,,/„j,^;„, 
court Secrétaire de la Compagnie ,pour les gérer & pourfuivre (S t€^ fo^'*'''»""' 



à ieurs Secrefatmi 



jufques à l'entier payement de ce qui luy eftoïc deûpar Ja fuccef- "ij^^ll^ ^'^^^' 
iion dudit Banquier, Cette Procuration fut paflcc pardevant 
Fûiiyn Se fon Compagnon Notaires au Chaitelet de Pans le 4 
Novembre 1666. 

Lefdits fieurs Directeurs voulans de leur part correfpondrc aux ^^j siell's nirft: 
bonnes intentions dudit fieur Marcara , après l'avoir fait natiira- tùursfint n^tur^^ 
lifer^ firent un Refultat ou Délibération en leur Aflcmbléc, V^^ ^^ c/^lZe^77» 
lequel ils ordonnèrent que ledit fieur Marcara partiroit inceflam- ]tis.,jlL7iZ 
mcntpour Madagafcar, autrement l'Ifle Dauphine^ où cftant î«"''y«v. m-uayc ^ 
arrivé, il s'adrelTeroit au Confeilfouverain de ladite lile-DauphL ^^'^.^^IZJ'i/' 
ne , & aux fieurs de Paye Se Caron Direfteurs généraux leurs Col- pro,e..tp(ui ««. 
Jeguesqui eftoient fur les lieux , lefquels regleroienc plus ample- /''««''«i'^-c 
ment fa qualité ; fa charge 6c fcs appointemensj & arrcfterenc 
cependant quefes appointcmens feroient comptez du jour de ion 
embarquement de France. 

Ils pafFerent encore pardevant ledit Foiiyn hc fon Collègue çmtiitéd^ Fr^»^ 
Notaires audit Chaftelet le 13. Novembre audit an i66é, avec ^m n^t^r^iU^é , iS 
ledit fieur Marcara, en la qualité de François naturalifé &: '^•'^'"'j^^,^""' 

' T T f<igtiit donne au 

d'Agent de leur Compagnie qu'ils luy donnèrent un Ade ou steur M.*rcar.t f*y 
Traitté , par lequel entre autres claufcs hc conventions ils Juv ^''fi'" ^'"""^ ^'~ 
avancent une fomme de quinze cens livres. 

En outre, lefdits fieurs Directeurs firent prefènt audit freur ., '7- 
Marcara père d*une pièce d'étofFe de brocard d'or Se d'argent Jl^l suiri^i^cuj. 
à la Perfienne,pour le faire faire une vefte, 6c d'une autre pièce "■tf'u-kjdtts Dm- 
d'étoffe de la plus belle écarlatte qu'Us pûtenc trouver, pour**'*"^' 
fefaiFeunmanteau ou robe. Se s'en vêtir Se orner, fi toft qu'il 
feroit arrivé dans les Indes, Se qu'il commenceroir à vacquer à 
l'exercice des charges Se emplois qui luy feroient donnez pour 
le fervice de la Compagnie, fans en tout ce comprendre les frais 
defon voyage, que lefdits fieurs Directeurs payèrent depuis Pa- 
ris jufques àSaint-Malo. 

Lefieur Marcara donc fondé fur le Refultat defdits fieurs Di- mJn'd^ p^r.i 



ttrj. 



re£teurs, dont a efté parlé cy.deflÀ.is, fans faire avec eux autre </- s,e«r AUf. 
Traitté plus précis, partit de Paris Je it. Novembre j666. Se ^ f^" :"'^'y'''^'' 
arnvaaSamc-Malo, lieu ou le devoit taire 1 embarquement, le „»f,.:hdtu com- 
i5.dumefmemois,Sey fejourna aux frais de ladite Compagnie ^"jw. 
jufques au jour dudit embarquement , qui fut le 13. Décembre 
en fui van t. 

Ledit jour vingt-troificme Décembre Je Sieur Marcara s'em- ^'^;^.„^ ^ 

A ii} ^ " 



1 

$f M^frAi-4 yïr^ -Il barqnn fur IcVaiffcau ou laFlûre la Couronne, que la Compa- 
t^u/e u cenronne gnic avoïc fcilt éqiiipcr audit Saine Malo pour rille-Dauphme, 
%h.7.Jbkme! "^'' ^^ ^i"riva \Qi-y, Aouft 166-J, iTiais ce ne fut pas fans des hazards 
Se des périls extraordinaires j Se le Sieur Marcara peut dire har- 
diment que la Compagnie luy eil entièrement redevable de l'ar- 
rivée de ce VailTeau à bon port , d'autant que le Commandanc 
n'avoit pas toutes les expériences requifc; pour la conduite d*i- 
celuy ; Ce par (on peu d'intelligence le VaiÛeau fe vie en un péril \ 
évident de périr avec tous ceux qui cftoient dedans , fi le Sieur 
Marcara n avoit entremis dans les occafions preiïànces qiu arri- 
vèrent , fcs (oins bc fa capacité pour y donner ordre , com- 
me il fie. Ce n'crt point un difcours en l'air que fait icy ledit 
' fieur Marcara : Ceux'qui eftoieot dedans,rcndircnt un témoigna- 

ge public de cette venté â leur arrivée à Madagafcar,au Confeil 
,.U ,, Souverain dcriflcDauphine& aux Sieurs de Faye& Caron, Di- 

recteurs Généraux qui l'en remercièrent en plein Confèil : Voili. 
,dcja un lèrvice notable qu'a rendu d'abord ledit fieur Marcara à 
la Compagnie. 
^ V'i/^,., Meilleurs du Confcilfoavcrainde riflc-dauphinc &c les Sieurs 
tam df c ijii:-J.t«- dc Fayc Se Caron Directeurs généraux', ayansreçu les depel- 
fhmt ç£ ki^i>'t!i>i ^j^j,s qyj ij,yj. cltoient adrelTces par les Sieurs Directeurs de 
utrcdlun ge»"- Ftancc Icufs Collègues , qui leur donn oient des aiïeurances de 
rjstx reçaruent (si |à c.îpacité Sc indultrie du fieur Marcara , dans le commerce &; 
d,fej(he..te!ix en. j^^^^ j^ languc dcs Indesxomme ils l'avoient reconnu eux-mefmes 

fùji^s par t€S o ' 

Sieurs O'reiieun dans plulicurs aflèmblccs , où ils l'avoient examiné Se interrogé, 
ieneraux de i>Mn. yoyans cc témoignage fortifie par ceux qui eftoient venus avec j 
Içiiit Sicur Marcara , lefquels unanimement publioient qu'ils 
ëtoient entièrement redevables de leurs vies audit fieur Marcara; 
&: après Tavoir eux mefmes interrogé, examinée; reconnu fa ca- 
pacité non commune entout cequieftoieneceiFaire pourl'avan. 
cément du bien hc utilité de ladite Compagnie, Se fur ce que leur 
mandoient Icfdits Sieurs Directeurs généraux de France , qu'ils 



X.ei Steurs 



tr. fe rapportoient entièrement à eux, de donner les Offices, em- 

'lLàon«€«t plûys & Gages audit fieur Marcara qu'ils jugeroient à propos j 



itnin Sieur H'^rci. l!s IcnomiTterent ConfeiiJer au Confeil fouverain de i'Ille Dau- 



r4 
Direclem- 



u Chérit ^ di phinej&: luy donnèrent la Charge de Directeur de tous les Comp- 
tTcomltoJ/efi. ptoirsdes Indes, dclaPerfc,6c du Pais du Sud, que la Compagnie 
t!,i(^.ie,'tMirdi- pourroitdelà en avant eflablir, avec les, honneurs prérogatives 
/f^ITcoSe^S & droits ordinaires êe annexés aufdites Charges i avec attribution 
confed feu-^enun dc fix ceus livrcs dc gagcs par chacun mois , payables en la for- 
defip.dAuphme. ^^ç g^ maujcre contenues au Traité , doni la teneur enfuit. 



7 

articles ^ conàhïms frr lefquelkt le Sieur Marca" 
ra iefi engagé. 

1 . Qi^ la Compagnie donnera audit Sieur Marcara nne CommiJJion de t», 

ConfeiUerau Confeil fouverain du commerce cfiaolt en l'jfle.dauphmc. Tr^téfau entre Ht- 
&£ntoîu autres Ueux da Indes que la Compayuc pourra cy.apreieta- car«» f^ u Sicur^' 
hlirlçdit Cenfeil foteverain ^poury avoir fceance ^ •voixdeliberative , Marùir,^, 
lorfqailfcra au lieu où fera ledit ConfcUfouveratn , fuivant le ran^ qui 
fera re^épar ladite Compagnie , ^ pourra prendre ladite qualité dans 
toutes les negotiations ^ affaires quil trMttera pour ladite Compag- 
nie , dans tous les lieux oà il fera employé pour le fcrvice d'i celle j laquelle 
Commiffion portera expreffhnem ordre à tom ceux qui feront établis 
dans les lieux de i'employ dudit Stcur Marcara , de k reconnoi(he ^ 
iuy porter honneur en ladite qualité. 

X. Ledit Sieur J^arcara promet à la Compagnie de s'emfloyer de tout 
fon pouvoir dans les lieux qui luy feront indique\far les Dirclieurs gé- 
néraux 3 ^ travailler pendant cinq années confccutives dans les Indes 
du jour que l'on arrivera à Surat y pour y procurer fon utilité ^ avan- 
tage a faire le négoce dont il a connoiffance , ^ donnera toits les lumiè- 
res requifes pour cela en homme i honneur é^ de confctcnce. 

3 . Z edit Sieur Marcara aura la qualité de DireHeur dejoiié les Com- 
ftoirs des Indes Orientales i^ de Pcrfc ^ (^ par tout où la Comp^ignic 
aura des établijfemem dans les Pais du Sud. 

4 pour les gages (^ appointcmens dudit' Sieur Marcara , la Com- 
pagnie luy a accordé la fomme de fix cens livres tournois par mois j^ 
qui commenceront à courir du premier du prcfent mois ., (^finiront au 
pur de fon débarquement en France i faifant fon retour ^ lefquels ap- 
pointcmens feront paye-z^de fx mois en fx mois ^ ^ en cas que le de-i- 
Kds dudit Sieur Marcara arrive , ce qui luy fera dcub de refte de fes 
appointemens au jour d'iceluy , fera payé à fes héritiers fans aucune 
difficulté. 

j. Que ledit Sieur Marcara. fera nourry avec fes Domcjliques aux 
dépens de la Compagnie y honneftement ^ décemment ., ainji que ledit 
Sieur Marcara (^ fon CoBcgue le trouverout a propos , remettant à 
leur honneur ^ œcommie de régler ladite dépenfe , tant pour eux que ' 
pour les autres qui feront employez^avec eux aux lieu ou ils feront ., 
pour le fervice de la Compagnie ^ & fera ladite dépenfe- pape en 
leurscomptcsfurlesEflats d'iccHc ^arrefiéspar ledit Sieur Marcara i^' 
fon Collègue ^ &" ft^és des Inférieurs qui l'auront faite. 

G Que pour faire ledit commerce , il fera étably avec ledit Sieuy 



8 
M^ircard un Marchand Fran^sii , avec lequel il agira de concert. 

-j Que ledit Sieur Marcara ^ fon Collègue , agirent ^ feront eTl 
leur honneur &L confcicncc le commerce j a chapts ., ventes ^ ^ troques des 
marchandifes ; pourront vendre à crédit^ ^ avancer de l argent four 
acheter ^ainji qu'il fe pratique dans les Indes , le plus avantageufc- 
ment qu'il fe pourra pour la Compagnie , fans que ledit Sieur Marcara 
puijfe ejîre garand des èvenemens ny deS7nauvaifes dettes qui pourraient 
avoir ejlè par luy ^ fon Collègue , ou par leurs ordres contrariées par 
la Compagnie y ^ ne feront aufji tenuf des nfques de la mer^ ny dei 
m^iuvaifci rencontres , vols , in cendies , ^ autres cas fortuits i Promet- 
tant ledit Sieur Marcara d'apporter toute la diligence , précaution 3 (^^ 
vigiLtnce qui luy fera pofjible pour éviter totts mauvais accidens. 

8 Zaditc Compagnie promet audit Sieur Marcara .^ en cas qu'il fait 
pris , ^ arrcfiépar les Corfaires de toutes Nations , pendant qu'il fera 
au fervice actuel d'icelle., de te racheter le plus diligemment que faire 
fe pourra , (^ que pendant fa détention les appointemens cy de£us ne 
laiffcront de courir., (^ luy cfire payés comme s'il fervoit acluellement. 

FAIT double au Fort Dauphin ce quatorzième Octobre 16 6 j. 
Signé j De Paye, Caron,et Marcaka Avachinz. 

ColLitionnéà^ l'Original en papier, ce fait rendu au Sieur Georges 
Koqucs Marchand , & Teneur de livres de ladite Compagnie ., far le 
Notaire (^ Tabellion Royal de ladite I (le yfuus-fgné , le douzième jour 
à'Octohrc 1668. Signé, RocQ^E et P il avoine, avec pa- 
raphe. 
Mtitrmlan à:t Si Dc cc Traité l'on peut bien conjedurer , combien le Sieur Ma- 
M^n^a en iWcf- cârà cftoit peu intereiïc , fii qu'il n'avoit en veuë que l'honneur de 
C'"/T'^'^''^«ndrererviceàSaMaiefté,6cà ladite Compagnie, puis qu'il fe 
contentoitd unelommeli modique, eu égard a la grande capaci- 
té, 6i longue expérience du Commerce des Indes, Se de fa langue j 
Ôcprincipalelementfi l'on fait réflexion, que cette mefme fomme 
&plus, eftoit donnée au nommé Delin Holandois, homme peu 
verfé & expérimenté dans les chofes neceffàires pour ledit Com- 
merce, lequel eftoit auparavant Commis des Holandois, Seau- 
quel la Compagnie n'avoit accordé que la diredion du feul Com- 
ptoir de Bengale, qui eftoit decedé enl'Ifle Dauphine, Se par la. 
mort duquel la Charge de Confeiller de l'ifie Dauphine, & de 
Diredeur du Comptoir de Bengale eftoit libre Se vaquante. Se à 
plus forte raifon le Sieur Marcara , homme confommé dans le 
Commerce, Se qui eftoit Direcleur de tous les Comptoirs fufdirs, 
après lamortdudit Delin enpouvoit-il prétendre davantage. Ce- 
it pendant il voulut bien s'en contenter, 

^jjiHr^,uan S* de Outre le Traité fuidit du 14. Odobre lU-j. ledit Sieur de paye 

Dircdeur 



i 

Diret^eur "General , donna un écrit fîgnc de fa main audit Sieur Faje fô»r up^ye: 
Marcara. par lequel il reconnut que ce mcfnKÎ Traité ne pour- '^^"'àusieurÀur. 

.-'.i.- r 1- 1/- <■'"■'* defai$ k- four 

roit luy prcjudicier pour avoir les appointcmcns du jour de ion j. /e/emktr^w- 
embarquement en France, fuivant le Refultat de Mefficurs les mtnten tr^mr. 
Directeurs de France, 

En exécution de ce mefme Traite du 14. Oâobre 1667. ledit 
Sieur Marcara fut folemnellcment mis en poiïliTion dés le mefme 
jour deldites Charges de Con{eillerau Confcil Souvcrain,& Dire- 
fleur de tous leld. Comptoirs ,& prefta le ferment requis en pareil 
cas, 6c obleiva les autres cérémonies ordinaires Si. accoutumées, it- 

Le I j. du mois d'Odobrc 1667. le Sieur Marcara partit de l'Ifle ^,J;^'' ^f ^^^ 
Dauphin e avec le Sieur Caron Directeur General , &; autres Mar- D-»«/fow «t.« is 
chands, fous-Marchands & Officiers de la Compagnie fur le Na- /';,"'' ^f,^"', P""^ 
vire leSamt-Jean , pour aller établir le premier Comptoir de la mierComf/MrdeU 
Compagnie aux Indes Orientales en la viUedcSurat, liiivant ce cemf>'£«ie ^ux in- 
qui en avoit eftc arrcftc au Confeil de l'IUe-Dauphine entre ^'^^l" '"' ' 
Jefdits Sieurs de paye & Caron, 

La navigation fut afîez heurcufe jufques à la hauteur des Ifles 
Maldives : le fieur Marcara vécut dans une union &: parfaite m- SB«»f/W/%»f* 
telligence avec ledit fieur Carcm Se les autres Officiers du Vai(- '^" Z'^'"' 'W.'warj 
feau ; mais cela ne dura pas long-temps. Carie fieur Caron ayant "^^ amliroffia^i 
envoyé quérir le ficur Marcara en la Chambre , pour conférer JiUUctmfagnic, 
avec iuy des aflfaires de la Compagnie, ■& ne pouvant fe pafîer 
un moment de luy pour s'inftruire & lé former dans le fait du 
commerce des Indes, dont il eftoit rout-à fait ignorant, ià 
connoiflancc s'étaidant feulement au commerce du Japon ; le 
fieur Marcara vint auffi-toft le trouvera cet effet. Mais le fieur 
Marcara fut bien fur pris des difcours que hiy tint ledit fieur 
Caron , qui ne tendoient en fubftance qu'à rcprefcnter audit ir • 

fieur Marcara , que l'on pouvoir ménager les intcrells de la ^^''^///l™^'^ 
Compagnie, &: faire fon profit particulier , fans qu'elle pull s'en feurcmot , ««f« 
appercevoir : Que les Hollandois ne faifoient pas de fcrupule ''f/""''**^'''''"''** 
d'en ufer de cette manière , de s'enrichir , 6c d'amafTer jufques à 
des trois à quatre cens mille livres en quatre à cinq ans : Et au- 
tres femblables propolitions que luy fit ledit fiCur Caron , dont 
le fieur Marcara qui lifoit dans la penfée du Sieur Caron , fut 
tellement étonne, qu'il ne put s'empefchcr d'interrompre le 
Sieur Caron dans fon difcours, 6c de luy dire nettement que 
luy ficur Marcara n'eftoitpas homme à faire telle lafcheté: qu'il off:f,i,s'. dufcm- 
ne trahiroit jamais fon honneur &, fa confcience , ny les interdis «-"■"«rrf aux -^e, 
de SaMajefté 6c de la Compagnie qu'il avoir cmbrailcz. Et Ic- tù'^flfl"''''^' 
dit Sieur Marcara , fcaadahlc du procédé du Sieur Caron , en 

15 



10 

vint jufcj vies- là, que dcluy faire connoiftreavec vigueur, quoy que 
avec h inoderanon 6:: retenue convenable, que fi quelqu'un en 
ufoit de la force , û en donncroit non. iculemcnt avis à la Compa- 
gnie j mais encore qu'il feroit fon poinbic pour l'empefclier. 
,^. Cctcc rcponfe vigouroufe que fie ledit iieur Marcara au fieur 

Rupture ^ haine Caron , cliangca bien-toft l'union qui eftoïc entre eux en une 
cltlTfJtr/T^^^'"'^^ immortelle &: fecrctcc , que c on cent dcs-iors ledit fieur 
siexr MMxara. Carou coutrc ledit fieur Marcara. Il en fut fi i"fcrdit, qu'il de- 
meura un quart d'heure fans parler ^ on ne vit plus paroiftre 
déformais cette grande familiarité ^ tous les témoignages d'ami- 
tié & d'crtimc qu'il portoitau fieur Marcara , celTcrent bien-toft; 
la froideur £c le dédain prirent la place .• & depuis ce temps- là 
en toutes les occafionsoù le fieur Caron put faire pièce au fieur 
Marcara, il le fit. Dcquoy quelques Officiers mferieurs s'eftant 
apperceus , ils .s'en prévalurent pour infulter Je Sieur Marcara, 
foit qu'ils voulufTent en cela complaite au fieur Caron , foit 
qu'ils fil fient envieux de i'employ qu'avoit ledit fieur Marcara 
au dcfilis d'eux. 
j^. Arrivez qu'ils furent au Cap de Commorin , le fieur Caron 

Tfn-éur f^que 4it Ç:^\Çl d'une terreur panique de 1-^bord imaginaire des Corfaires 
fi^„rc.u'aa. j^ |^ ^^^^ ^^ Malabar, comme fi IcSaint-Iean ( duportdefix 
cens tonneaux , monté de trente- fix pièces de canon , & de deux 
cens hommes ) eufl eu quelque choie à craindre de quelque 
barque de Corfàire de peu de confideration , fit un Règlement 
pour ia difbnbution deceuxquieftoient dans le Vai fléau, afin de 
combattre les Corfaires , s'ils venoientà l'attaquer, & plaça le 
fieur Marcara , lequel eftoit la féconde perfonne du Vailleau , ôc 
immédiatement après luy fieur Caron, en la dernière place èc 
îS. au chaftcau d'avant , & mit avec foy au chalVeau de pouppe en 

f.e fiur c*y<)n j^ première place le fieur Ramboz fimple Marchand , U. de 

place le nomme , ' ^ r ■' 

jtambo, ftmpie beaucoup uifcrieur au fieur Marcara : Dont ledit fieur Macara 

M.uhaid.f!i dejfm Çq plaignit SU ficur Caron , duquel il ne put obtenir qu'à grand' , 

Cù/fuiL' ^^'^oi peine, & par l'entrcmife K inftance de tout l'cquipage , & no. \ 

utéhm- frjét, tammcnt de Monfieur de Bourges , 6c autres Miffionnaires qui 

cftoient dans le Vaifleau, qu'il changeait fes ordres, êc qu'il le 

miil au chaftcau de pouppe avec luy. Voilà un premier effet vi- 

fible du refTentiment qu'avoit ledit fieur Caron , pour fe vangcr 

dudit fieur Marcara , qui ne fera pas le dernier , comme il iera 

ir''- y r ^o"^""^ cy-apres. 
ImîZ'nw .en- Lc 14. Dcccmbre 1667. le vaifTeau eftant arrivé à Cochin, 
art -vtfite ml filut 0^1 j'on s'eftoit achemine pour prendre des rafraifchifTemem, 
^^. "' " ks premiers Officiers delà garnifon Hollandoife de Cochin 



T 



vinrent complimenter le fieur Caron furfon bord de la part du 
Gouverneur de la place j lefquels le fieur Caron retinft à difner 
avec foy. Ils y refterent en effet jScaprcss'eftre entretenus quel- i^gsUurclra» atz 
ques heures après le repas, ils prirent congé dudic fieur Caron , -uaje lestoir m^. 
qui les conduifir jufques à la porte de fa Chambre, ôc députa le ('"■^r^"^ >;«:'"' j^<: 
fieur Marcara pour les reconduire plus loin , Se faire le furplus ZnLit." 
des cérémonies en fon abfence. Et comme ledit fieur Marcara 
accompagnoit lefdits Officiers , les fieurs Ramboz Marchand 
s'avança infolemmenc , fie interrompit brufquement le propos ^i^ 

defdits Officiers ôc du fieur Marcara, au defius duquel il fe vint JéR^L^^^t 
effrontément placer. Dequoy lefdits Officiers furent tout fcan- UsieMrMM-<;^a, 
dalifez : 8c le fieur Marcara ayant fait entendre audit Ramboz, 
iju'il n'avoir pasraifonSc qu'il ne devoir pas en uferde la forte j Se 
qu'il euft à prendre fa place, Se non pas celle du fieur Marcara fon 
Supérieur, qui eftoit envoyé par le fieur Caron pour reconduire 
lefaits fieurs Officiers; ledit Ramboz n'en voulut jamais rien faire, S3- 

quelques remontrances que luy en fift alors ledit fieur Marcara. Et „^TJn ^h s^t, 
bien loin de cela , il déchargea avec la dernière infolence un fouf- Aurcsr^i 
flet de toute (à force, fans refpeci defdits Officiers fie en leurs 
prefences , audit fieur Marcara, 

Un attentat fi extraordinaire avoit efté, fans doute, concerté j^. 

£r>treleditRamboz fie ledit fieur Caron , fié fefai/oir par fon ordre ^'^ ™r^j-^ -«vw 
iecrec jn'eftant pas à prefumer qu'un inférieur , comme eltoit le- 
^it Ramboz, euft eu la hardiefie de commettre une telle action 
.dans un Vaiflèau, contre le fieur Marcara qui luy eftoittùperieur, 
&en prefence de gens étrangers, pourlefquels au moins il devoir 
avoir quelque déférence, s'il n'avoit efiéfoûteau Se approuve fe- 
crettementpar ledit fieur Caron. 

Ledit fieur Marcara, fans perdre temps, prefenta fa Requefte „, ^l' , 
audit lieur Caron, comme au premier Officier de la Compagnie 5/f«r M^wm au 
danscevaifl^èau, quicontenoit fa légitime plainte de i'infulte Se ^'^^--cti-sn^imtrc 
outrage qui venoient de luy eftre faits par ledit Ramboz , fie luy en *'" "^ 
demandajuibce. Sur laquelle Requefte le fieur Caron, pour ob- 
ferver quelque formalité apparente dans cette affaire, ouic fie in- 
terrogea fur les faits contenus en ladite Requefte, ceux qui eftoient 
dans le vaifieau , qui tousunanimementdcpoferent que ledit Ram- 
boz avoit fait infulte ÔC donné un foufflet audit iieur Marcara 
plaintif Nonob fiant laquelle dépofition ^ qui de voit eftre la con- s^- 
damnation abfoiuc duditRaniboz, le fieur Caron ne laiflapasde^^'^.'^;;™;;^^^!^^ 
rendre la Sentence, fie de condamner l'accufàteur Se l'accufé tout «r/* sieur M^c»r^ 
enfemble,rçavoirle fieur Marcara fie Ramboz, également fie fans tf'"''^"^ Rumin,:, 
diiierence,a trois cens 11 vr Ci d amende chaciii]^ ^ 

Bij 



li 

' sent Jlé dit Sieur ^"*^ Seiuence fi ti.jnfte Si fi mal digérée ebligea le fieur Marca. 
citron tnfrn.ie ^arfad'en interjettcr iippel au Confeil de l'IIIe-Daiiphine, lequel 
u confeti fou-vertim l'infirma cti tous fes chefs , condamna Ramboz feul à fix cens livres 
d,iip.Daufh,m. ^j-aniciide , & à demander pardon au fieur Marcara. 

Le Vailîeau le Saine Jjan, qui portoit le fieur Caron avec le 
'Arrn/és dM -voir- fi^^r Marcar.i , &autrei Officicrs de la Compagnie, arriva enfin 
fia» Saint H4n bu àSuvaly , port de Surat , le ij. Février i6(î8. li n*y fut pas plû- 
efleifntiej siems ^ - ^ amvé . Quc Iç fieur Caron , qui ne tendoic qu'à ks fins , & 
às/ivaij. ne cherchoïc que les mterelts parricuhers, envoya quérir dans 

fon Bord le Banîam Samfijn , fort renomme pour Tes fourbes , & 
le plusinfignefriponde toutes les Indes, lequel ledit fieur Ca- 
ron chargea défaire achat d'Indigo j èc autres marchandifes, 
pour des fommes tres-confiderables, fans en communiquer au 
préalable à perfonne, & avant mefme que de defcendre du vaif- 
îêau , &c qu'il y euft encore de Comptoir de la Compagnie établi 
à Surat. 
^jr. Le fieur Caron ayant par Pintermife dudit Sanifon faic une 

nemmmèsamfoa CTfande emplette d'Indigo OUI OC valoit rien, & qu'il avoit ache- 
c^ronachmeqH.tn- tc bcaucoup au dcHus de la valeur , audi bien que d autres 
tnédcmau-vaiiin. marcfiandifès de pareille tr^'mpe , ordonna au fieur Marcara 
chlnTfifdt'tlrêiHe '^''^" ^^^""^^ ^^ rc^cepte. Pourquoy iceluy fieur Marcara fe cranf- 
eww^i porta dans lesmagafins où eftoien: ledit Indigo gc inarchandi- 

fèsjOÙ après les avoir veucs & vifitées^ il reconnut qu'elles ne 
valoienc rien^ & qu'elles avoient efté achetées au-de-là de leur 
prixôi valeur : c'efi: pourquoy il rcfufa dL' les recevoir pour le 
compte de la Compagnie r dont ayant fait fon rapport audis 
fieur Caron ^il s'emporta jufqu'à dire que Se fieur Marcara trou- 
voit à redire à tout ce qu'il faifoit : 6c voyant qu'iceluy fieus 
Marcara perfiftoit à ne les pas recevoir ^ pour le grand domma- 
ge que ta Compagnie en foufFriroit , il obligea le fieur Marcar<i 
dereroiirnerencoreunefois aufdirs magafins, pour mieux ( ainfi 
^. que di/bit ledit fieur Caron ) les rcconnoiftre. Mais ledit fieur 

£(■ .î/Mi- Mm.tr.i Marcara ne les ayant pas trouvé mieux qualifiées, ny d'un prix 
liYçIdl'^rec/'l^r' P'"-'^ raifonnable, cette féconde fois que la première, il perlîfta 
hitmefiharaia. cu fa relolutiou de ue Ics pas Teccvoir , à moins d'en avoir un Or- 
^,^j ^ .w.trfArf»(i«- tire par écrit & figné de la propre main dudit fieur Caron , pour 
^"' fa. décharge envers Meffieurs de la Compagnie : ce que le fieur 

Caron ne voulut faire, & aima mieux foufFrir que le méchant In- 
digo, dontavoictraitté ledit Samlon par fon ordre , fufl: rendu j 
en la place duquel le fieur Marcara en acheta d'autre très bon ,. 
très-bien conditionne, & en mefme quantité J pour le mefme ptix 
«ju'auroit coure ce méchant Indigo.. 



Ce qui iveftipefcha pas que le fieur Caron n'achetâfl encore -f'- 
pour une iomme rort conliderable d autre Indigo mal.condi. laigcf^sd^^A^f. 
tionnc, qu'il fit recevoir par ledit Ramboz, & autres fes Offi- tcrâ'tHirzmith<mt, 
ciers H. Adherans , & de les faire charger fur le faint Jean au plus 
fiile , avant que le Sieur Marcarayeuft fait conduire le fien bien 
"conditioné. 

Les Sieurs Direcleurs Généraux de Paris, avant receu le mau- „+*•, . 
vais Indigo que leur avoir envoyé le Sieur Caron , Juy en nrent c-^onfourdJcr^crh 
des plaintes fie reproches j mais raftuce& la malice du Sieur Ca- skhi^ Mtr.ant. 
ronluyfirentfaireréponfe aufdirs Sieurs Diredeurs , que le bon 
Indigo eftoit le fien , 6c que le mauvais eftoit celuy qu'avoit ache- 
té le Sieur Marcara , quoy que ce fuft tout le contraire, ad jou- 
tant encore hardiment à fadite rcponfe , que le Sieur Marcara 
avoitchangélesmarquesdes BalotsduCourtierdeluy Sieur Ca- 
ron j& mis celle du fien en (à place, comme fi ce changement 
imaginaire n'euft pas efté reconnu par Me/îieurs les Directeurs 
fieneraux s'il eufl: efté efïèdivemenc fait ; d'où il eft facile de con- 
clure que le Sieur Caron n'avoir autre motif que de donner dés 
lors une mauvaifeimpreffion auldits Sieurs Directeurs de la con- 
duite du Sieur Marcara , & le tout pour parvenir aux fins qu'il 
s'eftoit propofé de le perdre. 

Le Comptoir de la Compasme à Surac ayant efté eftablv, le , ^*^- 

_. ^ -r rtp ,^1 1-r^. ,-, 'i ^^ Comptait e/t: 

Sieur Marcara avança al exercice de la charge de Directeur, dans eftai>u a surm^ 

laquelle il ne s'épargnoit point , fie fe fatiguoit extraordinaire- 

ment, tant il avoit de zele pour le progrez, & avancement du 

Commerce de ladite Compagnie , à à bannir toutes les petites 

intrigues fecretes qui fe commettoient j. ce qui n'empefcha pas 

que quelque precaotion que pût apporter le Sieur Marcara pour 

y veiller , ledit Sieur Caron ne fift encore fon compte particulier 

& bien amplement ; Ses veilles , fes (oins , & (es fatigues luy c au- 

ferent enfin une griéve maladie qui le contraignit de garder le lit, 

dont ledit Sieur Caron adverty , (bus couleur de luy venir rendre 44- 

vifite,Jllefitarrefter prifonnier le 13. Avril lééS. fans obferver yi/;;^y^;^^_^ 

aucune formahté , & feulement de fon propre mouvement, fans »'f^ le s^eur m^t^ 

aucun prétexte , raifon , ny fondement. ""''*' 

11 extorqua par violence dudit Sieur Marcara les clefs de fes 
coffres où il fouilla, Sien prit toutes les bardes &c papiers. Il luy 7/ extor^ut fês 
eftoit à la vérité bien facile d'execucer tout ce qu'il vouloir, le Sieur ^^j^ SS/^ /-"fit de 
Marcara n'eftoit pas en eftac de 1 uy refifter, l^l^icr". '"*' ^' 

Cette violence , £c ce pillage n'eftoient pas où le Sieur Caron 
en vouloir demeurer, ce n'eftojt que le prélude de fa Tragédie j 
carenfuiteil.Iefic enlever ia nuit du 15. Avril iddS.. tout infirme.- 



roa , contre 



14 
-^f qu'il eftoit, luy fît mettre les fers aujc pieds , le charger fur une 

té sseùr C4rsn cliarrctce , & dc là conduifc fur Ic bord de la rivière, puis mettre 
f^itA^rgrrh s*(Hr dans une Barque & conduire fur le vaifleau S. Jean fur lequel ils 

Murcura de fers ($ „ . '„ . ht/i-^t. 

ùeiuj conduire far eitoicnt vcnus , ôc qui S en retournoit en France par 1 Kie Dau^ 

USamt leim, O h i n P . 

Les Miniftres êc Exécuteurs de la vengeance Se cruauté, plus que 

barbare dudit Sieur Caron , furent les Sieurs Beber 8c R.amboz , 

ennemisjurez du Sieur Marcara, qui ne clierchoient que l'occa- 

lion de luy nuire. 

Le Sieur Marcara après avoir féjourné pendant treize Jours k 

Qndennl'uK. settr la radcdc Surat , ledit Vaiflcau S. Jean fit voile le vingt-neuf du 

de Mundevtrgne mefme mois d'Avril pouf rifle Daupliine, ôc dans le mefme în- 

C4f,t^nej» -^4- ftant qu'il quittoic le Port, ledit Beber Marchand fie de la Tour 

fciH cafte de l.t Sen- ^ nr7ii r^- iirr .^-. 

tente d» Sieur Ga. ious-Marchand , donnèrent au Sicut dc Mondevergue Capitaine 
ie Sieur du Vaiilèau,unpapierpliéfansluy dire ce qu'il contenoit, 6c le- 
dit Sieur de Mondevergue s'eftancenquis d'eux ce quec'eftoit, ils 
luy répondirent en ces termes. Vous verrez^j Mûnfieur,à laifir es 
que c'e} , adieu. Le Vaifleau continua fa route ÔC fit voile. 

Ledit Sieur de Mondevergne ayant pris lecture de ce papier 
clos, vit quec'eftoit une efpece de Sentence confufe, par laquelle 
entre autres chofes, le Sieur Caron privoit ledit Marcara, com- 
me les autres nommez en la Sentence cy-apres^ de toutes leurs 
Charges , Gages, Se Appointemens depuis leur départ de l'Ifle 
Dauphine,jufqu'àce que le Confeil de ladite Ifle Dauphine en, 
eufl ordonne. 

injhit U Teneur de ladite Sentence. 

^. 'Nous , François Caron , Dircticur General de l'illujîre Càtnpaptte 

Sentence â-t Sfear ig Francc , accompaqnc de MeMcun de Bebber é" Ramhsz^ perfon- 

C-troTt j contre fe_i-^/-/ ^ r } • i • • /"■ 

i>e>tr Mm-Mr^t. ^^sdu ConjeU ^ayausionjtdere la crimes cr fnanqucmens qu ont fan 

les Sieurs M'^treara Arménien de nation du lieu de lulfa : VirÇel^ Re- 

chette , pocquct^ la Rerie , dit Colinet ^ du Clos .^autrement dit Supli- 

ceau François déflation y lefqucls avons condamnez^^ condamnons k 

tintcrduiion de leurs Charges (^ Emplois ^ comme aufftde leurs Gages ou 

Appointemen^deptiis le départ de l'Jjle Dauphinejufqu à ce que le 

Confcil Souverain de ladite Jjlc en ait ordonné. Fait au Comptoir ds 

Surat le quatorze Avril i$G^, Signé ^ Caron j /. De Bebher (^ 

^^, Ramhô^ 

Les» samii^, ,«; H fera icy remarqué en pafTant , que Ramboz lequel eft da 

^^.md,n,.êtinfiuf. Confeil dudit Sieur Caron, commeilfevoid par la Teneur de b- 

(ter ait heur AUrci- ni • • i ■ r n\ ^. -, , 

r.ifi renifc^ iic^,. dite Scntcncç , eft celuy qi< a voit donne un louftlet au Sieur Mar- 
cara. 



If 

Ledit vâîffeau appelle le Saint Jean, où k fieur Marcara eftotc ^»- 

prifonnier,eftanc arrivé en l'iae-Dauphine le ii. Juin enfuivancy,,f;;;7,j;^l^: 
1668, iceluyfieur Marcara ne perdit point de temps : Il fe pour- f^mionk s»- mm-- 
veut au Confeil louverain eftabli en cette Ifle contre les deux 2^'' /^' "*^^' ^' 
Sentencesdudit fieur Caron : L'une pour raifon du foufflec qu'il tre/uj «»X« }>^ 
avoit receu dudit R.amboz : & l'autre à caufe de Ton emprilon- i^su-mcaro»j'»r^ 
nement d'autorité abfoluë & de l'ordonnance privée dudit fieur ^^7^,/p(°^;^^,^ 
Caron, fait de fa perfonnejau/fi-bien que du pillage de fes meu- dtuonde [es char. 
bles , papiers , & autres effets, & deftitution prétendue de Ç^^i"(S''î''""'^""- 
charges & gages. 

A l'égard de la première, elle fut infirmée en tous fes cbefs^ 
comme il a eftéditcy.devant en la page u. 
Etpour]areconde,ellen'apaseuun fort plus favorable. 
Le Confeil fouverain de l'Ifle-Dauphine, par ion Arreft du 
7. Juilleti668.iur Veu de pièces rapportées mefme par le fieur xi. 

Caron, &: fans que ledit fieur Marcara ait apporté aucune def- ^**''^ f^' »■/'<"■«- 
renie que fon innocence qui par loi t delle-melme, a cafle & ste»rMM-(«r,if^k 
annullé cette /èconde Sentence, comme tortionnaire, injurieu- A'^^*''''"/''»^'''/ 
fe & déraifonnable : ce faifant , a rétabli le fieur Marcara en rou- njiî'ljluphm!. 
tes {es charges , honneurs , privilèges 6c appointemens j a con- 
damné lefdits Beber & Ramboz folidairement en lei^propre ôc 
privé nom à payeraudit fieur Marcara dix-huit cens livres pour 
la ju fie valeur des ha rd es qu'ils luy avoient maLprifes êc enle- 
vées. 

Envertudecét Arreftfi juridique ledit fieur Marcara reprit fa /i. 

féance audit Confeil , £c fit les fonclions de fa charge , comme il Lt fieur AUrcaj 

fl , O ' reprend puffkmen de 

avoitaccoutume. feUhJgel 

Lei^.Oiftobreenfuivant il fie voile pour Surat avec les fieurs f/. 

deFaye& Goujon, tous en divers vaifleaux, & arrivèrent le ij. j^'f^Z iv tifle" 
Mars 1669. à Su vali, port de Su rar, dont le fieur Caron ayant ç.MD^itfhmc. ^ fm 
nouvelle , il vint rendre vifite au fieur de Paye Directeur gênerai •^'■"■^'^^ ^^**' 
dans le vaifTeau appelle Marie , fur lequel il efloit monté. 

La fuite fit bien voir que le motif prmcipal de la venue du fieur /♦• 

Caron n'eftoit pas pour rendre vifite audit fieur de Paye : car le dJfiZl'c^rm^J^^ 
langage lepluslongôc leplus fort qu'il luy tint, fut qu'il fifl tous f" /^ A^»"- i^rê»- 
feseflorts auprès dudit fieur de Fayeà Ce que ledit fieur Marcara ''■' ""''"^''• 
nefiftpointfonentréeavec luy fieur de Fayeà Surat, ains feule- 
ment le lendemain , pour rafchcr d'afFoiblir le rang qui eftoit deu 
auditfieurMarcara,àcaufede fes Charges: ce qu'il ne put obte- 
nir; &£ cela continue de montrer que le fieur Caron ne laifibic 
échaper aucune occafion, pour légère qu'elle fuff, défaire prejii- 
«lices'iipouvoit audit fieur Marcara. 



^^ Ledit fieur de Faye fît donc Ton entrée à Surat avec ledit Revit 

ixPeurCArtinfimt Marcafs , Sc tous Ics autres Officiers de fa fuite. Ce fut Jà où le 

^^((■w«,^«fr4«w^gjjfC^ron trouva ledit Sieur Marcara & Tabordant en la mai- 

tut Sicur MurcM-a J/-j|--, .tiJ i ii 

ftaretcurÀ sar^t. ioQ de la Cjompagnic , u iuy donna en apparence de nouvelles 

marques d'amitié, luy fit des offres de fervices & mille civilités; 

Iuy témoignant qu'jinefalloif plas fongcr au pa/Té, que ce qa*ii 

enavoitfait ,n'avoit elle qu'à la perfuafion & faux raports que 

Juyen a voient fait quelques particuliers , mais que depuis il en 

avoitefVé détrompé, qu'au refte Iuy mefme tiendroit fortement 

h main à l'entière exécution de l'Arreft du Confeil fouverain de 

rifle Dauphine que Iuy Sieur Marcara avoitobtenu , pour lefdits ^ 

ordres duquel Confeil Iuy Sieur Caron avoit une entière foumif- 

fion. 

, f^" , Ouelques i ours après il fut arreflé au Confeil de la Compagnie 

ftitfiufe U f..rf.«- que les vaifleaux nommes Marie , L aigle- d or & la Flûte 1 croient 

fivds s.'^^feaux, frettcs pour cflre euvoyés CD divers endroits.- la charge 2c expe- 

îfertwwfrrf. '^"^ dition enfutcommifeaux Sieurs Marcara ,2>c Gougondont il s'a- 

quitcerent à la latisfadion d'un chacun. 

j^ Le mefme Confeil refolutenfuitetjue le Sieur Marcara s'ache- 

LeCsnfeilde Su- mincroità la Cour du Roy de Golconde, pour obtenir de Iuy les 

"^sr mÎ^^."1 iZJl facultés &: privilèges neceflaires à la Compagnie pour négocier 

mtnerotttnU csttr dans fcs Eftats , y achepter & faire fabriquer des Marchandifes j 

duR<ndec^k^nd( & pour eftablir un Comptoir de ladite Compaenie à Mafliilipa- 

futtr i etMtUiment *■ *■ i o i - 

'j fi m 

^K^ Suivanccette féconde délibération, ledit Sieur Marcara partit 

Defitn dit sieur dudit Surat pour Golcondc Ic ij. May 1669. ne l'ayant peu faire 
^«'TcolrJTjî^ plufoft, à caufe du decés aufïï inopiné, que dommageable à la 
dcGokcttde, Compagnie, du Sieur de FayeDireAeur gênerai arrivé à Surac, 
le deuxième May 1669. 
Ilfiitaccompagnéencevoyageparle Sieur Rouflel , qui avoit 
^rrméedu sieur qualité dc Marchand , blctt qu'il fût peu entendu dans le fait dii^ 
MArcATA k GnUon- commctce & dc ouatte autres Commis, Ilsarriverenttous heureu- 
f^ries.eur A^Aijtr fcment à GoIcondc lezi.jumentuivant,oule Sieur Marcara avec 
itfjv t^.«(, toute fa Compagnie fut receû &; régalé fptendidement par Ana- 
zarbec fon parent, l'un des principaux de la Cour du Roy de 
Golconde , qui leur procura par fon entremife un logement hono- 
rable dans ladite Ville de Golconde. 
g^^ Peu de jours après le Sieur Marcara fit fçavoir au Roy de Gol- 

LeSteuyAUu^r^conàt par ledit Anazarbcc . fon arrivéj en ladite ville , 8c le 
^"';îrSJ/i!^"J«defavenuëiQu:il fouhaittoit avoir l'honneur de le faluer 
rr^éc /..!/■ An.ti.ii-- dc la part d'une Compagnie que le Roy de France avoit efta- 
bùfoHf^.nt. jjfig pQ^^ riegocier dans fes Elhts , dans la Perfe & autres parties , 

des Indes- 



T7 

des Indes. Il employa aufli pour ce mermefujet le Gendre du Roy, 
■ avec lequel il avoit lié une eftroi ce amitié en fes premiers voyages 
des Indes, lorfquileftoit encore jeune 3 6c lorfque ce Prince efloic 
' dans la difgrace du Roy fon oncle , de forte que le fieur Marcara 
' vid alors avec une agréable furprife , qu'il eftoit non feulement 
rentré en faveur au prés du Roy , mais mefme qu'il avoit époufé fa 
fille, &c'eft pourquoy il fongea à employer fon crédit pour le fer- 
vice delà Compagnie, 

Pendant que fes amis ôc ceux qu'il avoit employés travailloienc <^'- 
à luy procurer l'audience du Roy de Golconde , il envoya le tnL^lZ p!»/7^^ 
fieur Marcara fon filsôc fes autres Commis en divers endroits du ii^dM.m^r.tjiu e? 
Royaume deGolconde,pourtravailIer à la fabrique 5c achat de 2'™ 2^^/ 2 
diverfes marchandifes , afin de les charger fi toft qu'il auroit ob- Rsymm^de coi- 
tenu dudit Roy de Golconde l'asrémentqu'il pourfuivoit auprès '*»à^,î'">- '"^'^^'■ 
de luy, 

Sefdtcs amis parlèrent au Roy de Golconded'une manière tout- ^f- 

à fait obligeante de l'arrivée du ficur Marcara, Se du delTein qu'il nefrJe L'^pllT- 
avoit, 8c firent en forte que ce Roy donna ordreàjabarbec Gou- '"^ iionre us fm-- 
verneur de Mafliilipatam d'écouter les propofitions dudit fieur ^'/'""''"'''' ■^'■*'; 

r r r Manafa , p,ir ardre 

Marcara , pour luy en faire rapport. du rsj de coUonde 

Lefieur Marcara en ayant euavis^ rendit plufieurs vifites audit ^''•^'■'"J ^" fin-' 
Jabarbec, dans lefquelles ils eurent plu fieurs conférences 6c entre- '^"^''"'^^^ 
tiens, particulièrement fur la grandeur du Roy de France , la gloi- ^' «"f dnerfis 
re de la Nation Françoife , Se le mérite de la Compagnie qui ^d^Cu ^fflTr^/fri^t', 
roit négocier dans les Eftats du Roy de Golconde avec fa licence, ffy^e/Us u fitur 
Scluy ficconnoiftrequec'efloirle fiijet qui l'a voit conduit en {^ ''•^'^^^'-^ f"*^'^'^^ 
Cour , & qu'il recherchoit pour cela d'avoir l'honneur de faire la ^'^ ilt^iee, ^'"^" 
révérence audit Roy de Golconde. 

Jabarbec écouta avec plaifir & applaudilFement tous Tes en- 
tretienf dudit fieur Marcara , aufquels il répondit fort favorable- 
fa lement. 

Il ne témoigna pas moins de fa tisfâcflion du portrait du Roy de c^. 
France que le fieur Marcara luy montra; en forte que ledit Tabar- ^''^''-i^^/ff £>■'»- 
beccraitta magninquementle licur Marcara £c tous ceux de la d»Raydf Fr.m-e^ 
compagnie, Scies régala de tres-richesprefcns, entre autres d'un ^rt^-'ie u ftur 
chevalde Perfe qu'il fit donner audit fieur Marcara, de valeur^';™ ^' ^'""^ 
d'environ dix-huit cens livres ,avec promefTe qu'il feroit un ample 
rapport de tout ce que luy avoitdit&propofé ledit fieur Marcara 
au Roy de Golconde. ^. 

Pendant que le toutfe paflbit ainfi , les Hollandnis qui en avoient £« He/L^.-fois fi»t 
avis ,n'épargnoient fous-main ny preicns ny argent , pour em. ■"""''"'" ^/w^ 
pefcher que ledit fieur Marcara n'euft audience du Roy de Gol- ^^.'^J^Zfdl *' 



i8 

fturM.ire4M. coîide, Sc qu*iî n'obtinft ce qu'il defiroit deluy. 

u(;tur'MM-c4i:t L<^ fi^ur iMarcara pour détourner cet orage, fe refolut luy- 
êtntuuRoydtod- ïwtiïwç. d'écrircau Roy de Golconde. Ce qu'il fit. Il luy écrivit 
condeuneLcitrc tn unc Lcttre CD Perfieii , 'oar laquelle il luv reprefenta tres-refpe- 
«uiemtdc iitj, aueulemeni le long- temps quil y avoïc quil lejournoit en la 
Cour , fans avoir pu obtenir l'audience defadite Majefté , qu'il de- 
firoit avec âfFecl:ion,&: quil le fupplioit rres. humblement deluy 
faire la grâce de la luy donner le pluftofl que /a commodité luy 
permettroit. 
cj. Cette Letrreduditfieur Marcara fit tant d'efFet, que nonob- 

a^imle^Z' tllr ^^"^ ^^^ cfForts & Ics inttigucs des Hollandois , ledit Jabarbec 
bic, ^^ Gouverneur de Maflblipatam vint peu. après prendre ledit fieur 

Marcara , 5c le conduiiît avec pompe hc magnificence à l'audien- 
ce du Roy de Golconde, 
«^. Le fieur Marcara fit à ce Roy, un petit difcours en langue Per- 

LeRojdeGdcndc fienne , dc la gloite , de U grandeur &: de la puiflànce du Roy de 
fiur M^n-ara, Fraucc & du mcritc de la Nation Françoile, Se le fuppha tres- 
huinblementde le vouloir favorifer de ce qu'il fouhaitoic obtenir 
de luy.lUuyreprefenta quefaMajeftéavoitformé une Compag- 
nie pareille à celle d'Angleterre &. de Hollande , non pas pourra c- 
querir des rîcheffes dan les Indes , en ayant en abondance dans 
fon Royaume, mais bien pour faire connoiftreaudit Roy de Gol- 
conde & à tous les Prince d'Orient.le defir d'avoir correspondance 
avec eux , comme aufli la grandeur, & la bonne foy de fon peu- 
ple dans le négoce Se autres chofes femblables avantageufes à la 
Nation Franqoife. 
Le Roy de Golconde fit un accueil tout particulier audit fieur 
, *^ Marcara , écouta attentivement fon difcours , ô: témoigna une 

On lui fut untns. 1 r> J r- fy- j. 

ia««f«f//,^iM/*- eitimenon commune pour le Roy de France , avec promelle d âc- 
ceuf d'efime four cordcren (a confidcration à la Compagnie qu'il avoii eftabliepour 
clrrf/f^e ^'"^ ^^ commerce des Indes , uneample liberté pour negotier dans tous 
fes Eftats. 

Le fieur Marcara fit alors prefent au Roy de Golconde du por- 
T.e ftcur M.,rcar,i trait duRoy de France, qu'il accepta : & pour montrer l'eftime 
fMtd.1 frejèm -«« qu'il cn failoit j il ordonna fur le champ qu'on euft à l'enchafler 
R^j d. aUo.de. j^^^ ^^^ bordure d'or maffif. 

Ledit fieur Marcara luy fit encore prefent de cinq pièces de très- 
beau brocardd'ordeFrance, de treize pièces de drap deHoUan- 
de , d'onze miroirs, de quatre doubles- Louys d'or, de mille pa- 
godes d'or de la valeur d'environ 3800 roupis,& de troisCailTons 
devin de Perfe du plus excellent, lefquelsprcfens le Roy de Gol- 
conde receut agréablement dudit Marcara , l'en remercia , ^ 



^9" 
après luy avoir donné 8c à tous ceux de fa fuite de riches veftes à la 

mode du Païs cilles congédia fortcourcoilement- 

Comme ledit Jabarbecavoit genereufement employé fes foins teûtuï''Marc4>,$. 
pourmoyennerau fieurMarcara l'audience qu'il defiroit, 6c avoit/r ^r^/fw ««/ewr 
parléavecavantaeeau Rovde Golcondeen faveur de la Com- ^"'"'^^f *^''"y''" 
pagnie ,ilcrutquueltoit d unenecelhte mdilpenlable de luy en t.im,c^t« iJy a-^M 
témoigner en fon particulier une reconnoillance ; êi pour cçt cf- r»""-^ Caudteme 
fet, il luy fit prefenc de trois pièces de drap dé Hollande, 6c de qua- "^H'iJ^"^ ^'^ ''* 
tre pièces de brocard d'or ^ d'argent de Perfe. 72. 

Le fieur Marcara ne manqua pas de donner advis foieneufé- , ^'Z""" ^i«>-Mr*- 

_ „ , \\ ■ r ■ \- c ?^ donne iiTjis tui ficnf 

ment & exactement de tout ce qa il avoit tait audit iieur Caron , c^ronD.reHeJrgti. 
Direâieur General ,& au Conleil de Surat par diverfes Lettres «"""A ^-îwcojî/è*/ 
qu'il leur écrivit, par lefquellcs il leur mandoic qu'ils euiTcnt à luy f^ j^^/^j!^'',^/-^ 
faire {çavoii leurs fentiraens touchant ce qui eftoit à propos de wgumMn. 
faire pour l'heureux fuccez du Commerce de ta Compagnie dans 
Jes Eftats dudit Roy de Golconde. 

Leditfieur Marcara ayant eu uneaudiance fi favorabledu Roy Ltfuitr M^roira 
de Golconde, & parole précite qu'il luy accorderoit ce qu'il luy '«^ »j'^'-/f «'-/;"'/- 
avoir demandé, envoya les fieurs Rouilel Marchand Se Pocquet {^„^^/ ^f^*J^"^^ 
Commis de la Compagnie à MaiTulipatam , afin de s'aflurer d'une »?...yan f>ti«>- réra- 
maifon poury eftablir un comptoir célèbre de la Compagnie , ^i'P'"^"^f'* <:'"»- 
avec argent lufhlant pou racheter des marchandiJes. _^CTf, 

Environ le quinze Octobre les Officiers du Roy de Golconde 7-/. 

apportèrent au ficur Marcara un Firmanj autrement Lettres Pa. ^utlllT un ï,r- 
rentes de leur Roy , duquel le fieur Marcara ayant pris lecture Se mMiouPrn^,ug<rdu 
reconnu qu'il n 'eftoit pas dans la forme qu'il fou hait toit j il les re- ^"J f ^fl^T^^ ' 
merciâ de leur peme,& leur rendit ledit Firman fans le vouloir ^^^r/H'er'/rXTI 
acceprer. csmf.i^nie , j^;/ 

Ce qui oblicea ledit fieur Marcara de folliciter tout de nouveau "/'f' ^"-<<■ î«''/ 
pour en obtenir un autre en meilleures: plus ample forme. Ce qui ^mpu. 
ne fe pouvoir faire qu'avec le ttmps 6c la patience ,& encore bien , 7-^-,, . 

11-/- -XI 1.1 / 1 j. Il en fa/liatr un 

que ledit lieur Marcara ne perdilt pas un leul moment encecteaf- ,t,,,,.^_ 
faire, 6c qu'il ne s'y épargnall en rien, cela n'empefcha pas que le 7* 

nommé du Portail l'un de fes Commis , impatient d'en attendre t' '''''""■**^'"" '''*' 
riflue, n'écrivîtà Surat & à Mafiulipatam, que ledit fiL^ir Marca- u,j;o-iMjic»r p^r- 
ra eftoit mal intentionné pour la Compagnie, 6c qu'il n'y avoir ^1"'''^ (.nom mer u 
aucune apparence qu u vint a bout d obtenir le tirman qu il pour- ^^^ ideupeihm^i-. 
iui voit au près du Roy de Golconde. i?,tinm>:né fohr u 

Lafuiteen fit voir le contraire, 6c fît cclatter la prudence & e:(>mf.ign,e. 
Tceconomie du fieur Marcara dans les affaires ; car le 5. Decem- Le fieur Àurc-tr.t 
bre de la raelnie année 1669. ledit fieur Marcara obtint enfin du o^m»>i<: r-^ineu 
Roy de Golconde un Eirman dans la plus ample manière 6v le '^72^'c7o>^J'' 

C ij -^ 



MujpAmfic ?«''■;/,; pjujf^yorable qui iurques alors euft efté accordé par ce Roy, 

demandât pour /f- ■f, „, ■! "^ ^ ■ > i ^ - ■ /- . *^ ', 

tahbfmtm rf« Parce tirnian il permettoïc a la Compagnie de faire tous & tels 
tommera de u ncgoccs qu'jl 11])' plaîroit dans tous fes Eftats , fans payer aucune 
c^mf*gntt. chofe généralement quelconque à perpétuité, foit pour l'entrée 

{oit pour kfortiedes Vaifleaux tant du Roy de France , que de 
ceux de ladite Compagnie. Ce qu'on ne peut appeller autre- 
ment qu'un afFianchiflemenc & une exemption générale & per- 
pétuelle pour la Compagnie; &: il ne fera pas icy hors de pro- 
pos de remarquer que les Hollandoisontfaicde tous temps audit 
Roy des pre/éns de fommes immenfes , & des foUicitations ex- 
tffont tnJuks des traordînaircs pour avoir un femblable Privilège, ce qu'ils n'ont 
mil^dùi I"»"- jamais pu faire, tout ce qu'ils ont pu obtenir dudit Roy depuis 
fïrm^aQuPrnjiUie So. aos OU coviron , elt qu us ne luy payeront pour tous droits d en- 
fouriew mmmtnt, tréc Si dc (ortic de leurs Vaiffeaux que 46000, livres par an , & fi 
les Anglois depuis 14. ans ont obtenu exemption de ne rien payer 
du tout , c'a efté en confideration de plufieurs prefens Se fervices 
.dcî,o. ans qu'ils ont rendu fur mer audit Roy, ôc par l'entreniiire 
d'un deleurs Ambaflhdeurs. 
7^; Il y avoir déjà un temps confiderable que le fieur Marcara veil- 

Lefeariui<gcîd,f- loit Continuellement à l'obtention de ce Firman , qui eftoit de la 
€lml»îml tn d^- dcmiere importance à la Compagnie pour l'eftablilTemenc Se fuc- 
t^çhJt,en eBri- cés de fon Commcrcc j & une affaire qu'il avoit le plus à cœur,' 
^mJcZJ^ Hiknre Cependant le fieur RoulTel marchand, defon cpfténe tendoitqu'à 
du d-m^ef deitrs la oiflipatiou des biens de la Compagnie j il faifoit des débauches 
apftnetnfinjvro. continuelles, eftoit tous les jours plein de vin^ & confumoit des 
^'"'^' fommes confiderables aux dépens de la Compagnie. Le fieur Mar- 

cara qui ne pouvoir à fon fceu fouffrir tels excès , luy en faifoit de 
continuels & charitables advertilTemensificdans le fort de fes y vro- 
gneries , le fieur Marcara peut dire avec vérité que ledit Rouffel 
luy eft redevable entièrement de fa vie i car un Anglois Chirur- 
gien du Roy de Golconde l'alloit afialliner y vre qu'il elloit , Çi le 
îieur Marcara ne l'en euft cmpefché. 
■C'. Mais au lieu de recevoir en bonne-part les remontrances cha*' 

r. ^'f-*':"'^'^'* ritables que luv faifoit ledit iieur Marcara , & de le remercier de 

ftsur Rsujjd entiers , ' ' '.,,._ 

le fieur uarc.ir.t , kvicqu'dluy avoit {auvée} touc^au.contraire il écrivit au fieuc 
^meirit ctt^mnieu- Caron unc Lcttrc , pat laqucllc il luy mandoit que le fieur Mar- 
rm"'«ZkZfiiur cara l'avoic voulu afljffiner. Cette penfée efloit également fauflè 
.Mtrcar^ i\, voulu &c chimericjue, & du crû delà cervelle de ce pauvre malheureux 
ij«pner. RoufTcI , quc Ics gfaodes débauches avoient tout à fait troublée. 

Le feur Roafti A uffi/c feconouc il ingenumcnt Sc publiquement j lors qu'il fe vit 
xit^nmtfi '4<"f'' attaqué d'une griéve maladie, de laquelle il croyoit mourir. La 
Th">-^''Td'(fit:J' preuvedefareconnoifla,ncereiulcede fa propre Lettre çcrite au 



iîeur Caron Directeur gênerai ,6c à fon Confdl , inférée cy-aprés n^etrdde u m- 

en la page lA. Umme^u-U .v»r 

\ r /-i r ■ r r t itvtmcte contre Mj, 

LeiieurCaron le vit au comble de les fouhaits quand il eut j-i. 

receu cette Lettre : car U ne cherchoit que des prétextes pour fe i-fp'i^Ç'»-»» fi 

M f -m. m n'i 1 r • prei/Mit de lit M- 

vanger du fieur Marcara, Se il crut que celuy-cy en feroit un %^„i, 4^^^^^ g,,^^ 
a£èzfuffifant. Il prend l'occafion aux cheveux 5 6c comme fon /?' po"r ftrftmttr 
unique deffein eftoit de faire deferter le fieur Marcara , de luy '" ^'"*^ ^>*'-t<*'-<'. 
faire abandonner Tes Charges Scie fervice de la Compagnie : il 
luy importoic peu de quelle manière cela fe fift. Apres avoir 
ruminécequ'ilavoitàfaire. Il commit les fieurs Malfofle Se Del- 
torpourinfbrmer contre le Sieur Marcara du prétendu dellèin 
d'aflàffinat du Sieur RouHel, & écrivit trois Lettres : L'une au Le fien^ ctr»» 
Sieur Rouffel ,6c les deux autres aux nommez. Poquet & Portail, """J" ^' ^""' 
qui pourlorseftoientà Maffulipatan, par lefqueiles il leur don. 'ZlrcoI^Tiefilûr 
noit avis de la Commiflion qu'il avoit donnée , & les exhortoit M^nar^ d» fre- 
fortement d'adminifter toutes les preuves qu'il leur feroit pofli- 'f^tr£[H,''è% 
bledudit prétendu deflein d'affaffinat. Il donna ces trois Lettres m*»*Mre*« Wi/^rf 
cachetées , & puis décachetées Se envelopées dans un paquet 
qu'il ne cacheta point, à un Pion, autrement Courrier, lequel 
il dépefcha tout exprés pour les leur porter, avec un ordre fe- 
cret de les donner au fieur Marcara en palTant par Golconde, où 
ilfqavoit qu'il eftoit , qui les feroit tenir à leur adreffe à Maffulipa- 
tam. 
Tout cela ne fefaifoit pas fans myftere,& il n'eft ffuere d'efprit /*• , . 

rr .ir- ■ i' ni i ir *-> Li defftm dujieitr 

pour groliier qu il loit, quine découvre d abord que le heur Caron carsne/hndc don. 
écrivant des Lettres cachetées , Ôc pufs décachetées à des particu - ""' i'^fu-vAme at* 
liers contre le fieur Marcara, 8c à fon dcfavantaee, U donnant-^'*; M.,r»r^ . ^ 

j j , , ' 1 1 uptire quitter le 

ordre quelles tombent ienrre les mains de celuy contre qui il les firT„c<; de u ctm^ 
écrivoit, ne foit entièrement auffi perfuadé que le fieur Caron le f^^""- 
faifoit tout exprés & à deflein , car il ne doutoit pas que le fieur 
Marcaran'en pnflla lecture, & que voyant ce qui eftoit contenu 
dans icelles il n'en fût intimidé. 

Ce Courrier eflant arrivé à Golconde le 17. de Novembre £^yjr,^^ cJra» fiii 
1669. fit ce que luy avoit enjoint le fieur Caron , 6c remit ledit fmier entre les 
pacquetouvertSc les fuldites trois Lettres cachetées , puis déca- '"•«"'^^«/""■'W'"-' 

•,', , -If -i t •» ■ -r r -^ t '■'"■•' ifl«'t^' Lettres. 

chetees entre les mains du lieur Marcara qui les prit. Le neur Mar- defefche! e? /« 
cara en ayant leu ledefilisvit bien qu'elles ne s'adrcfl^bienc pas à eum'mjjiens q„-u 
luv ; mais comme il les vitainfi décachetées, il ne fit pas de diffi- t.i7^' ^IZ"^^"'' 
culte d'en prendre la lecture toute entière ; cela le fit entrer d'a- 
bord dans la défiance ^ & fe douta bien de la tragédie i il interro- 
gea ledit Courier , £c le prefla fi fort parfes difcours , qu'il luy fit 
avotier enfin qu'il eftoit vray que ledit fieur Caron luy avoit die de 

G iij 



22 

rcmetcrc lefdites Lettres entre les mains duJic fieiir Marcara,, 
fans toutes fois luy faire connoiftre qu'il en avoir ordre exprès de 
luy ficur Caron. 
. '^- ^ „ Par où l'on voit clairement que le butdudit fieiir Caron n'é- 
iitfieurc^rmcin- toitautrcquc dc jcttcrl épouvante dans I cipntduditlicur Mar- 
rie te f(e'Ar!,ur:*- cata , ÔC luv faire tout abandonner. Ce coup d'cffay n'cbranla en 
'** nen le courage du Sieur Marcara , 6c ne Icrvit qu'à le rendre plus 

ferme 5c pkisconilant au fervicede la Compagnie. 
, r *'^\. Il écrivit hardiment au Sieur Caron , &; ne feignit pas de luy 

l'eamocqM ,(^ns mandcr qu il avoit rait lecture des Lettres qu il avoit envoyées 
/éirjttk pomt puaj- ^ny^ ficurs Rouilcl , Pocquct Sc portail: Qu'il ne craisnoitricn, 
m du fiettr Caron. ^^"^ ^'^ eltoitinnocent, U. qu au lieu d abandonner les intcrelts dc la. 
Compagnie , il les pourluivroit encore plus vivement que jamais,. 
f^- Ledit Jicur Marcara ayant achevé routes les affaires qui Ta- 

Le fieurM^rcar^ voicut amcné à Golcondc , muni de fon Firman, alla prendre 
î,rma>i,s'«chemi„e cougc du Roy. Cc Princc s'iuforma particulièrement des forces 
" o^r^f(iM'""i' ^ ^^ ^^ puiflance de tous les Princes & Eftats de l'Europe , ÔC 
Cûoiftir de u dans cet entretien qui fut fort long, Se où le Sieur Marcara l'info 
Camp^inie. truifit à foud de tous ces Eftats. Il luy expliqua l'ancienneté &C 

la durée de la Monarchie Fran^oifc , l'humeur guerrière & \x 
fidélité dc fcs peuples: la prééminence 6c la fuperiorité de ics 
Roys fur tous les autres Potentats de l'Europe , 5c fpecialement 
les glorieux avantages Se les qtialitez extraordinaires de Lollis 
le Grand : Enfuitte ledit Sieur Marcara s'achemina à MalTu- 
lipatan le 8, Décembre audit an 1669. où il arriva le 26. du 
melme mois pour y cltabtir leComptoir de la Compagnie. 
^^; ManioutbcK , lequel avoir fucccdé au Gouvernement dc 1\Î2lÙ 

Mantautiee nm- fulipatani , par le changement delà perlbnne de Jabarbcc , du- 
îtfj« Cff*T,w«e«r J ^[ ^ cv- devant efté parlé , ayant apris la venue du ficur Mar- 
de-v^at d:* cara, lequel apportoitavcc loy ledit Firman pour 1 eltabhllemenc 



'VA fiif 



fitur Marcara, (S du commercc de ladite Compagnie dans les Indes, avec une lettre 
t rt^oita-jecgiM ^^^^^ particulière adreiTée audit Mamoutbck , par laquelle entre 



f>nneitr. 



mil autres tennes obligeans ledit Roy luy mandoit de faire audit 
ficur Marcara plus d'honneur qu'on n'avoitaccouftumé de faire 
àtelîe autre Nation que ccfult : Ilfèfitelcorterdetoutcla No- 
«J,, blefledu Païs,& en cet équipage luy vint audevantjufquesà 

Qn,fA<t /"■'■/'■?■"■- deux lieux dcMafllilipatam , le rcceut fort favorablement, & 

»).«» dans U fthe de , i • /- r t\ ^ i 

fo.-i pMii denut- le c on d unit en ion Palais en grande cérémonie. 

j,4,f.,tM,^uf..u Ce fut 'dans ce lieu qu'efians arrivez , le fieur A-îarcara luy 

e.treg,iirir^ij,;t Vix^^^'^t^ fon FiriTian du Rov deGolconde, que ce Gouverneur 

from^JJe de tenir u i '• t r . r t r 

«»*» a fia execu- nouvçau rcceut avec un profond refpecl , le fît hreêc publier fo- 
tm, Icmncllemcnt , ô-: cnrcgiitrer en la ChanceUcric du Roy de Gol- 



»5 
conde à MaffuUpatam ^ avec promefle de tenir la main à ce que ^i. 
ponftueUement fit inviolablement il fuft garde ôc obfervc : Et £f Mccomf^im te 
puis conduific le S'^Marcara en laLogeouMaifon qui avoit elle ilZ ff'l^'^^^.p^^ 
retenue pour faire l'établi ffement du Comptoir de la Compagnie. £««. 

Le fieur Marcara dés- lors commenta d'appliquer les foins- 
pour eftablir ledit Comptoir à Maffulipatan , fie prépara les mar- te fieur Marmara 
<handifes qui eftoient dans leur Loec pour en char2;cr le Vaiflcau '>;''?«"? "« >''^'- 

, _, ^ O J. 13 me/!t au comment 

la Couronne. dcù comfagms. 

Il ne s'épargna pas non-plus au règlement de tout ce qui eftoit 
du fait de la Compagnie: il apprit parlavoye publique, 8c le ji reprÂe ks exatL 
reconnue bienUiy-merme par expérience, que le ficurRoulTel, (^ddauches^utu^ 
lequel il avoit envoyé devant audit Mafllilipatam pour y prepa- JyV/"-^*'"'^^"-^'* 
rer toutes choies , confumoit le bien de la Compagnie en des a^nde u ow/i,»^ 
débauches extraordinaires , avec les autres Officiers François. £""- 
Pour arrefter le cours de cette diffipation,lc fieur Marcara com- 
mença par régler la dépcnfe exceffivc dudit RoufiTel , Se celle de 
tous les autres Officiers de la Compagnie , ici on fon occonomie 
ordinaire. 

Mais ce qui luy donna le plus de peine, & qui luy attira la ^t rJut M.>rc4r* 
haine dudit RoufTel Se autres Officiers, fes compagnons de dé- th^feU femmes 
bauche , fut qu'il caffa un nombre des plus malvivantes ÔC plus <^^bamkces j»« k 
infâmes créatures de toute la contrée , que ledit RouiTcl avoit H^^ offiL^ "te- 
introduites dans la Maifon où eftoit eftably ledit Comptoir, de *«/(■«/ f* /■<« mM- 
laquelle il avoit fait un lieu public d'infamie. Ce ne fur pas une ^'"' ^ i'\ ^"'"f"- 
petite entreprile pour le Sieur Marcara : il elluya les injures Se les „ retranchement 
calomnies que vomirent contre luy ces infâmes, Sc encourut ^"«^f*'^*"'»''^-'^'^- 
la haine dudir IVoulTel Se des autres Officiers : ce qu'il aima mieux '^^^' 
foufFrir, que de voir ainfi ditîîper mal-à^propos tout le bien d'une 
Compagnie , dont il avoit relolu de defFendre les intercils au 
péril de fa vie. 

Cependant ledit fieur Rouflcl n'évita pas long temps la peine ■'f- 
de fes débauches , qui avoient mine fon corps &: ruiné ta fanté^ tomL mliade"''^ 
elles luy cauferent une griéve maladie, qui le penfa mettre au déèauchet. 
tombeau. Et ce fut alors que fa confcience luy reprochant fâ 
lafcheté , Se craignant de mourir fans reftituer l'honneur & la . 
vie mefme qu'il avoit voulu ravir, s'il euft pu, au fieur Marcara, 
fans aucun fujet , par fa Lettre remphedefuppofitions, dont a 
efté cy-devanc fait mention , écrite au fieur Caron ; il fit une re- ^s. 

connoilTance publique Si un defavcu formel de tout ce qui efloit '^fi repent d'^unir 
contenu en cette Lettre, & en prefence dadit Sieur hlcLïca- ''J"^''-^'!"^""'"'i' 
ra , qu'il fit appelier en fâ chambre , Se auquel il demamla i\,-x.s$r-^ou!aag.f.. 
pardon , reconnoifiant qu'il elloit innocent du prétendu afraifi-/"^';' 



:^iéemtm. 






*4- 
natdont il î'^voit fauflcmCnt accufé : qu'au contraire c'efloitluy- 

meflne fieur RoufTcI qui hiy eftoit entièrement redevable de la. 
vie; Se en prcfbnce auffi de tous les Officiers de la Compagnie, 
qu'il fit aufli venir exprès dans fa chambre, 
j^, J] ne fc contenta pas de ce témoignage verbal : il en voulut 

Héa-it au fieitr encorc donner un plus authctique. Pour cet effet il écrivit fur 
c*r»^À(tfm. Je champ une Lettre au fieur Caron & à fon Confeil , de la- 
quelle il donna un double figné de ià main audit fieur Marcara. 
Comme cette Lettre elt de la dernière importance au fieur 
Marcara pour la j unification de fon innocence, ôc pour montrer 
le mauvais procédé du Sieur Caron envers leiïeur Marcara, qui 
a fuivi depuis } elle feraicy tout au long inféré e. 

De Mdffuîipatan ce zj. Janvier i6yc. 

jff^ le vous ay mandé cy -devant que je croyoii que Monftur Marcaim 

Teacr de Lt lettre avoit voulu attenter à ma vie , ^ ce fur de fortes prefemptims ^ con- 
uiueUe dftdeZt /^^^*''^-f ?*f /''/ ^ «''^ ' & parce que je me fuis plusieurs fois vu en dan- 
de taccufimn du gÉT de ma Vie. Mais depuis peu ayant bien examiné toutes chofes , /'« 
f retend» afftffinAt connois bien que Moniteur Marcara na pas eu ce mauvais deffein con~ 

dont U avait cdom- , ^ I i i ■ /- ■ r , i i ■ 

nié le fieur Mtr- ^^* ^^ •> & ?*^ '■^ /fï"// OU )c mc juis rencontre de perdre La vie , ne 
'*''*• procède point de l'inimitié que le fieur Marcara avoit de la contcfia- 

tion y ^ des differens que fay eus avec luy 5 mais que le danger efi ar- 
rivé malheureufcment d! autre part , dans le temps denojîre defunion ^ 
de nos querelles, lie plus les interefts de la Compaqnie m'obligent à 
efisuffer tout ce qui pourroity apporter préjudice , ^ ayant mis mes in- 
térêts entre les mains de Monfteur Dandron , lequel a jugé que je dé- 
vots couper chemin aux diffentions , S* vous écrire celle- cy comme de 
l'advis de tous nos Meffieurs ^ je vous fupplte de riy fonqer plus , ^ 
qu'il nerefle plus de mauvaifes imprcIUons dans vos efprits allencontre 
de Monfetir Marcara pource fujet , ^ vous fuis fans referve y 

MESSIEFRSy 

T^oflre tres-humole ^ irts-oheijffant 
ferviteur , B. R o u s S ^L . 

Et au dos de ladite Lettre eft écrit , à Monfîeur Monfeur le Dire^ 
fleur General Carm , é' Mefpeun de fan ConfciL 

^ Quelques 



■ Quelques iours âpres fçâvoir le g. Février itf-jo. les Sieurs Del- 9*- 

tor ScMalroIleCommillaires députez par le Sieur Caron j pour ^,^^ /^ fiem-c^rm 
informer du prétendu aflàffinac, arrivèrent à Maiïlilipatam , & """f" '«i-bk^. f =*' 
aprirent d'abord que leur voyage eftoic inutile, 5c leur Corn- '^{Z^'p^'^n- 
miffion anéantie par la déclaration 6c defaveu diidit Rouflel ac- -vent a M^ffiifat 
cufateur; qui d'abondBnt Ôc de nouveau la reïtera devant eux. Ils '""". & trçwne»» 

n ■ r ir a t ji' leur ciimr>iimonM*t' 

ne purent ainli palier outre, 6c le contentèrent den écrire au tik.t^ru decUr^- 

SieurCarOn. Mn dnfieur Reupl. 

Outre la Commiffion que le Sieur Caron leur avoit dortnée r "*'■ 

11-1- t r- ï # 1 >T rf Lefte;.r Carm ejle 

d inrormer contre le Sieur Marcara du prétendu aUaiiinat, ou u din^hun ducom- 
pour mieux direj de la prétendue volonté d'affafliner ledit fleur .*""' ^' M^jj'utiftt- 
RoufTel. Ils eftoient encore porteurs de deux Lettres miffives du- *^Z,%'^i'TorïZ^ 
dit fieur Caron , lefquelles ils mirent es mains dudit lieur Marcara de u remettre entre 
ficeftoient dattées du i. Novembre 1669. qui s'impiiquoient 6c ^'^'>"'^»'^>' /*»* 
fe contredifuient en toutes chofes , la première confirme audit 
fieur Marcara Ibn adminiftration abfolue audit lieu de Maflulipa- 
tam ,6c la féconde luy ordonne de s'en retourner à Surate, 6c de 
lailler en fa place pour Chef ledit Rouflel 6c de luy laillèr mé- 
moire Se inftrudion. 

QLioy que le fieur Marcara euft déjà fait beaucoup de diffîcuU r»i. 

téd'obeïràcet ordre, donc on ne iuy avoit encore parlé qu'en efiJmTde^fZTx 
termes obfcurs, 6c couverts, 6c qu'il euft remonlhé auldics lïeurs 5«c/f/<r«rc«fo« 
DeltorôcMalfoflequiluvavoient fait cette propofition les con- ;""''»''> «enohfl^r,: 

t 1 13' lin.-' / tl ti»"'f''"refuitre- 

lequences de cette arraire, qui! elloit a propos ^ ( au moins s il cs»m,ffoit ^ufaur 
abandonnoit le Comptoir de MalPulipatam 6c le négoce ) pour Rff'pi p^"'' i'» '^'- 
le bien delà Compagnie , d'y commettre en fon abfence une per- j/'^l/iw™'"'^ 
fonne capable, que luy fieur Marcara eftoit très perfuadé que, non 
feulement le fieur Rouflel qu'ils vouloient fubftituer en la place 
de la part du fieur Caron en eftoient incapable; mais encore tout 
à fait indigne. Cependant ledit fieur Marcara fut obligé d'obeïr 
aux ordres du fieur Caron Directeur General ,non[ fans un reeret ^•'•/^'"' -v.j'-«fj 
leniible de;Voiramfi le bien delà Compagniea la mercy 6c du. y?f„r r^™», ^Mtte 
cretion d'un diflipateur public, tel qu'eftoir le fieur Rouflel, '''^'^'^"/'"■"■''f'^^-'/- 
comme il a elle cy-devantdit ; par l'authoriré d'un mauvais Ad- ■'"'''''"''^^'^^ 
miniflraceur d'icelle, comme eitoit en ce rencontre ledit fieur ze cc^iver/t^u. de 
Caron , qui ne fe foucioit de rien , pourveu que fa paffion fût fa- ^''^"f. ^-"'""'A"' 
tistaite contre ledit fieur Marcara. t, conter de l» 

Dans ce temps le fieur Marcara receut de fâcheufes nouvelles. c<,mf.,gme, au,ju(t 
11 apprit par Lettres que le Gouverneur de laine Thomé à i'inlli- %f^'"'„f'^"'"'\„ 
gat ion des H o 1 la nd ois a vo i t f,i i t a fla ffi n e r N a (Fo n fe t ti Marchand ta mnim 3 cooero». 
Courtier Baignan de la Compagnie, duquel le fieur Marcara fils t'^^ F-f ordre de fin 
s'cfloitfervypourl'achapt de quantité de Marchandiles fuivant £';-5i;^Jf ' 

D 



i6 

ptitr u ccmfMitiie. tordre qu'i\ enavoitreceu du fieur fon père, qui à cet effet Ivy 
avoit mis es mains !a fomme d'environ j6ooo. roupis, lefquels 
36000 roupis ou environ, le fieurMarcara filsavoit remis audit dé- 
funt N a (Ton fctti Courtier baignandela Compagnie, qui en avoit 
déjà employé enmarcbandifeslors defonafIaiîinar,pourla valeur 
dezyooo roupis. 
Ce Gouverneur de faintThomé ne fe contenta pas d'avoir fait 
LtOou'lemtHrit afTâdîner ledit NafTonfctti, il s'emparaauflî de toureslefdites mar- 
smnt Thcm: jVra- chandifesdc valeur de 17000 roupis j & auroit encore fait aflafli- 
^Zr's d" u'cfmpZ "erledir fieur Marcara fils, fi un Efclave de cet inhumain Gou- 
gme . ^ vtur fifrc vernçur ( auqucl ledit Marcara fils avoit depuis peu fait prefent 
••/•'#""-{« fit»r d'un Turban ) ne Ten avoit fecret renient adverti y ce qui l'obligea 
' '^'""^J/ de le retirer en diligence à Madrafpatam forterelFe des Anglois , 

a^^i i'nr/M,t fi(ref- chez les RR. PP. Capucins François, dont ledit Gouverneur 
'fM^'' '^''"'"■^' eftantinformé )il fie invertir Madrafparam par des gens de guerre, 

pour le prendre : mais les Anglois le firent fortir pendant l'obf- j 
eu rite de la nuir, blêmirent dans unefquif où il fe fauva à Maf- ' 
fuliparam. 
^ "'^•,. Le fieur Marcara père pleinement informé par fon fils du 

f^rt àf MifJtp-i- trifte fpec1:acle qui s'eftoit pafie audit Sainr Thomé , ôc du pil- 
f^mpmrsm-M.(^ l^ge Sc cnlcvement des marchandifes de la Compagnie , &c 
f,»rd.'mjr,d(,- j«- prcfied ailleurs d exécuter les ordres du fieur Caron , partit le ^. 
jine att Roj d( t^f- Avril 1670. pour SuratjÊcs'arrefta néanmoins en chemin à GoU 
/âr/^te^rltZ *^°"'-^'-' P""'' demander juftice au Roy de l'alTaffinat dudic Naf. 
jfr/r^«j*i^i.c«OT- fon fetti ,& de l'enlèvement violent des marchandifes de la Com. 
f-'£"'f. pagnie. 

Lf BBy/là rendre ï-^ R")' écouta la plainte du fieur Marcara , 'Se luy faîfant droit 
M /j-.i'ar àufiiur fijr iccilc ,envoya ordre fur le champ aiidic Gouverneur de ren- 
M^rcira tcui ce j^.^ incefianinicnt , &: fans prendre aucune chofe. tout ce qu^il 

aue kdt Gcuver- r-i ^ \ j j-y ■ r • 

neurdt s^nt Thù- avoit tait cnlcver appartenant a U Compagnie :ce quimt exécute 
me ar^-.it fMt enu- pat ptovifion , & Icfdites marchandifcs tranfoortées au Bureau de 
f,r...r centre U la Compagnie a MaiTulipacam, 

Gimemeur (^ fis Lc Roy deputa en outte des Commiflaires ^ avec femblable 
^ibtrMi. ordre de fe tranfporter fur les lieux, pour y informer conrre le- 

le GittJrneur de dit Gouvemeut , lesminiftrcSj fauteurs & adhcrans , tant dudit 
M^phpjum je aflàffinat fait de la perfonne dudit Naiïbnfetti , attentat fur la 
d^KolhnfiuT'^le perfonnc & vie dudit Ccur -Marcara filsj fiege fait de la forte- 
ter.L-^en.ent ïei FelTc de Madrafpatam , que des voyes de fait & enlèvement def- 
^r.h^iid.jts de u jjpgj marchandifes de la Compagnie, circonftances Se dépen- 

'efl 'aivJiatu f.ir ttanCCS. 

femti«}. La terreur faifit cet homicide Gouverneur j il fit ce qu'il pue J 

£tf^^iè déterre, pouf cachcr foD crimc y dont il prevoyoit une prompte èc jufte 



i 



*7 

Îmmtion, 11 fe retrancha dans la négative, foûtenant que bien ^f„t du c»y^> de 
oin que ledit Naffbnfetu cuft efté aflaffiné , il efloic encore N^gn^'/etu ,^mfHt 
vivant. Mais la dépofition des témoins en nombre confidera- fi°"^l/'"l//TJu 
ble ^ que lefdits Commiflaires entendirent , fit voir tout le con- Mvoit ejié mu m 
traire. '^'• 

Ce ne fut pas tout: La Providence qui ne laiffe rien impuni, 
fit voir publiquement ôc aux yeux des hommes , la vérité toute 
nue Elle permit qu'on découvrift le lieuoùledefFuntNaflonfetti 
avoit efté enterré. On ouvrit fa fofle, dans laquelle on trouva fon 
corps tout entier, & encore tres-reconnoiffable, quoy qu'ily euft 
déjà fis mois qu'on l'avoir mis en terre. 

Lefdits fleurs Commiffaires drcflerenc leur rapport de tout ce 
que deilus , qu'ils envoyèrent au Roy de Golconde. Le Roy rop. 

l'avant receu & examiné, v faifant iuftice, priva le Gouvencur ^" c^j^ijjoires 
de Saint-Thome , & le Commandant de la Province , qui avoit ^i,jerentieHrr.,fart 
envoyé des troupes invertir Madrafpatam , à delîèm de prendre ■"' ^"J ^ goI^o"- 
le fieur Marcara fils , & tous les autres Ofiiciers qui les efcor- oou-^lZelr'^^de " 
toient , de leurs charges &: emplois, Se les fie tous conftituer pri- M^jj^upatum , ^ 
fonniers. ^'"^ "'"" ^"'"-^"^'^ 

Lefdits fieurs ComifiifTaires travailîoient encore à l'inflance du 7e itZ-i^^Lr^eîT ' 
fieur Marcara père , pour découvrir ce qu'eiloient devenus les ^'o. 

8Sii. roupisreftantsdeidics 30000. roupisque le fieur Marcarafon j'i"„J^lZ'd'ffiZl 
fils avoit remis entre les mains dudic Nafibiiferti , ôcen informer, Marc^rj rr^-uMi/ent 
pour les faire rendre Si reftituer à la Compagnie par ceux qui s'en " f* ^'■^""■^"■f^ ^'' 

h- ■ f ■ f loi I refte de larf émette 

ieroient faifis. ys^ pu Jvon lu 

Dans ce temps le fieur Goujon arriva à Golconde le i6.Juin <'«^™ ^" ""n»' ^ 
id-jo. de l'arrivée duquel le fieur Marcara ayant eu avis, il alla ^^SfH^*^^' 
au devant pour le recevoir 5c le faire entrer avec pompe 6c magni- Lefic^r '.\urc^rx 

ficence à Golconde , comme il fit. rendcompteanfism- 

Après eftre arrivé , le fieur Marcara luy fie voir fa conduite ;,J/'/,l 'fJt7 7% 
dans la diftribution des prefens qu'il avoit fait au Roy de Gol- cs»r du Ray de 
con de & à ceux de fa Cour, pour l'obtention du Firman. oo/coWf. 

Ledit fieur Goujon approuva la dépenfe de/iiits prefens , &: 
l'eftima tres-modique , eu égard au bien 6c avantage qui rtve- m. 

noit à la Compagnie d'une exemption générale de ne rien payer ■'■'' 'ï'^''^^*"» 
d orelnavant a toujours: 11 vouloit encore , par un ettct d une d» sieur- M^c^r* 
plus particulière reconnoiilànce, faire pour la valeur de loooo. ?"*>■ i^s p>-efias , (^ 
roupisde prefens au Roy de Golconde Ôc à fesM^niftres : dont rf"^X'^^w71« 
il fut détourné par le fieur Mjrcara ,quiluy reprefentaque cela hoj de cdande ^ 
feroit inutile i ôc que la Compagnie ne recevroit pas , à caufe "/' Ç^^»- = /""^ "f 
deldits preiens plus d avantages Ôc de privilèges que 1^; Firman luy ^Vf///- auf^m-I», 
en âccordoic. 

D ij 



28 

zir/Mr Gw)"» QLicIqne temps après , & environ le îo. Tuilier 1^70. iceliiy 
vràmnt au siear fiçur Goujoii cltant vctiu troiivcr le fieur Marcara , il luy dît 
Murç.»-., âemour- ^^.j[ ^^(^ ^ ^^ trantoortcr avec luy à MâfTiiliparam , pour v ren- 
four luj rendre fis atç les compccs a luy lieur Goujon. Le lieur Marc, ra iuy de- 
cemftei, f.ir ord^r manda 6 H vcrtu dequoy il luy faiibiE un tel commandement , de 
t"Jjk s^7i7nJ^ ^°" authoriré privée. Le fieur Goujon luy répondit , que fa 
êkit, qualité de Directeur gênerai le mettoit en droit de Juy faire ce 

commandement. Et le fieur Marcara luy ayant répliqué qu'il 
n'en ferojr rien jufqu'à ce qu'il luy euft fait apparoir de fa qua- 
lité de Diredteur gênerai delà Compagnie j ou d'un Ordre du 
fieur Caron Directeur gênerai , qu'il reconnoifibit pour tel j 
après diverfes conteflations Se refiftances de part 6c d'autre, le 
fieur Goujoatira l'Ordre dud^t fieur Caron , qu'il montra audis 
fieur Marcara, lequel avoit déjà reccu une Lettre dudit fieur 
Caron , relative audit Ordre, 
Le [,<;»>■ Marcara l^çà\i fiour Marc3ra - dont la conduiteeftoit innocente , tant 

rend fi, compiei au , ' , , , ■ j i /- „ 

srGaf<{on au mt»i SU maniment qu en la diitnbution du bien de la Compagnie, 
i\40Hfl icja. g«< déclara alors au fieur Goujon qu'il eftoit tout preft de rendre 

V J trù^iiit rien A r r\- ^ -n r ■ 1 j 1 • ^ j ' 

fëdire. leidits comptes, Pour ce taire us s achemmerent tous deux a 

JVÎ-i/îuJiparam , où eftanc arrivez le feptîcme du mois d'Aouft 
1670. ledit fieur Marcara rendit audit fieur Goujon un compte 
net , fidflle bc exad , tant de la recepte , que de l'employ de l'ar- 
gent qu'il avoit receu de la Compagnie. Ce compte ain fi pre- 
l'enté par le Sieur Marcara père audit fieur Goujon fut p-r luy 
diligemment examiné, clos , arreIVé , Se figné par ledit fieur 
Goujon &: ledit Sieur Marcara, audit mois d'Aouft, Et dans ce 
même temps J qui eftoit un peu avant fa détention , ledit Sieur 
Marcara qui ne fongeoit qu'à donner des marques de fon zèle 
& de fon attachement pour le fervice de Sa Majefté rres-Chré- • 
tienne Si de la Compagnie , communiqua audit Sieur Goujon 
une Négociation qu'il avoit faite avec le Prince Chirkahan de- 
meurant à Porto. Nova, au moyen de laquelle il eftoit permis 
aux François de bâtir une ForrerefTe audit lieu , firuée au delTus 
de Saint Tliomé ; de forte que fuivant la délibération qu'ii 
avoit prife avec ledit Sieur Goujon, il y envoya un Arménien 
nommé Chanazaré pour prendre polîêffion dudit lieu , fuivant 
L'inftruclionque luy en donna ledit Sieur Marcara ^ Se cela pour 
éviter de donner de l'ombrage & de la jaloufie aux Ennemis 
delà Compagnie , fi on y avoit envoyé des François. C'eft 
ce qui paroift dans la Lettre écrite par le Sieur Martin au Sieur 
Caron Diredeur General à Surate le ii. Odobre 1670. de la» 
quelle voicy les termes. Vnfeu devant Carrée du Jîcur Marcam 



on avoit envoyé un Arménien nommé Jean Naz^rè à Porto . JV(7- 
va , jîtucc hcaucoup au dejjus de Saint Thomc , four neiocier 
avec un Raja , qui en eji le maiflre , ic la liberté de s établir audit 
lieu. On fatfoti affeurcr à Monfeur Goujon , quon y pourrait avoir 
la fcrmi,^on d'y bâtir une Fortereffe : le ne croy pas que l'^rfne- 
nien retourne , quand il faura Pcmprifonnemcnt de I/larcara. La 
Compagnie prit en effet pofleffion dLidit lieu , & y fît un éca- 
bJiflèment ; Et dans le temps que Monfieur de la Haye fuit 
affiegé dans Saint Tliomé , citant tout d'un coup réduit à l'ex- 
trémité , il n'auroit pu ioûtenir le iîé^e , s*il n'avoic eité plu- 
lîeurs fois fecouru de vivres 6c autres munitions par les établif- 
fements faits audit lieu de Porto -Nova , fc mcime à preient 
ledit fieur Martin etl Chef dudit établiiTemenc £c y fait ia demeure. 
Et voila encore une preuve autentique de la fidélité dudit Sieur 
Marcara , 6c des fervices qu'il a rendus au Roy & à la Com- 
pagnie. 

Le Sieur Goujon donna avis au Sieur Carondetout ce qu'il nj. 

avoir fait , 6c comme il a voit trouvé les comptes du Sieur Marcara ^f '^"'^ cemen 
père en tres-bon ordre , qu il le comportoit avec zèle pour le ier- cm-ù« de ùxachtu, 
vice de la Compagnie , & qu'il ne trouvoit rien à blâmer façon- ^^ dt, «imftes da 

d- s leur Mai-car.1^ F^ 

"l"e. ^ d.t',„r.^r.-,édefi 

Cette nouvelle ne pIûc guère au Sieur Caron. Le voilà exclus ™/i««ff, 
du prétexte de l'allaffinat prétendu du Sieur Rouflel , &c de "•*'■ ^ . 

1-1 1 ■ j / 1 j ■ j /- m Le SifurCmion 

plus J 11 ne peut prendre pied tur la conduite du iicur Marcara rf^Munncu-^Hir. 
pour le maniment 6c employ du bien de la Compa£;nie , rien juf- dnditsteur c«r™, 

_ _ \ r T '^ ' .^ dT* T 1 *"' r ï d'nyrgf}tr prCtonnu^r 

quesa prêtent ne iuy a pu reuilir. Les voyes de raiion luyman- ^^ siur iur€.ii,t 
quent, cependant il faut que fapafîîon ioit iatisfaite à quclque/<«j/Dr/we<^ /»■*-:- 
prix que ce foi t. L'authonté prend la place ,. la raifon ce fie. Il ''''** 
envoyé un fécond ordre audit fieur Goujon d'arrefter prilbnnier 
ledit fleur Marcara fans autre forme de procez. 

Le II. Septembre 1670. Fefle de faint Matthieuj le fieur Gou- „f. 
jon exécuteur des ordres du fieur Caron, fit donc faifir les Sieurs Emfr,fr,u.f»ie>}t 
Marcara pere& fïls , & (t^ neveux , par les nommez Martin ^^JJ^^'d^^r liStZ 
Malfoiîej Marcaudier, Thibaudeau Se autres, armez de piftolets r.,,dt fo>! fh ^ de 
bc d'un poignard , efcortez .de pluiîeurs autres gens ramafïèz^"""^**- 
de leur mefme trempe dans la Maifon de la Compagnie, lors 
que le fieur Marcara traitoit les Officiers de ladite Com- 
pagnie en réjoiiifîance du baptefme de fon petit neveu, 
nommé Mathieu , âgé pour lors de quatre ans > & dont les 
folemnitez du Baptefme n'avoient pas encore efté ÇsLitQS , 8c 
conllituer prifonniers les perfonnes defdits ficurs Marcara pere^, 

D jij. 



1 



50 
dudic fieur Marcara fils , lors âgé de 17. ans fevlement, Ton pe: 
tic neveu Matthieu Marcara , & d'un autre neveu âgé dei5.ans 
appelle Nazaretz ^ fans que ledit Sieur Marcara père , fon fils 
i,î, 6c neveux fllFenc la moindre refiftance. 

o* forcf le sieur Lg lendemain 11. dudit mois de Septembre les nommez Deltor 
a^Ui"ge.Jfg//r ^ Ma Ifo tTc , & autres Officiers, vinrent en la prifôn où eftoitlc 
un fMx tMrmties dit ficur Marcara , luy prefenterent d'un coftc un papier infor. 
cemftes, mc , OU Extrait de Compte , &: de l'autre le piftolec bandé fous 

Qm les fignt a-vec la gorgc , ôc renians & blafphemans le faint Nom de Dieu, luy 
cette claufe , fauf dirent : il faîit quc tu fi<rnesce papier, où mus t' allons donner dupi- 
ftolct dans U tefic. Le S»- Marcara bien lijrpris de cette voye défait, 
avant que de ligner, leur dit: Meiïîeurs j'ay rendu mon Copmte 
à Monfieur Goujon, qui la devers foy en bonne forme. Il n'eft 
pas necellàired'en figner d'autre, queUvousperfiftéîà le vouloir 
par la force, il y faut céder j mais tout au moins permettez que je 
mette iuh3.s fauf erreur-, ce ne fut pas fans une longue refiftance 
ëcconteftation qu'ils luy permirent : cequieft lafeuretëdufieur 
117. Marcara. 

^' seMtlfdT ^^ '^ trentième Septembre , lefdits Officiers firent encore par 
^Mp»Jve! Umef li mefînc violcnce & voyes de fait, figner audit fieur Marcara 
mcMttknM, enjfa prifon un autre papier pat lequel ilfe rendoit reliquatai- 

rede lafomme de quatre mil cinq cent vingt- deux livres , com- 
me pour foulte de Compte. 
/.'"'' ^ Le fieur Goujon eut un fi çrand remord de confcience d'avoif 

le fteur Goujon .,,,.■> ,, .O ■ i /• r^ -ji 

nmie en fimo'fi'n pour amil dire ttempc daHS la cruauté du lieur Caron , & davoir 
meurt de frMjeur çfté fon Miniftredans l'aifront Se infulte qui venoient d'eftre faits 
^kme'""''' ^" '^"'' 3udit fieur Marcara, fon fils Se fes neveux pnfonniers , qu'il en 

tomba en pamoifon fur la place , & mourut huit jours après agité 

d'étranges & horribles convul fions. Voila le premier acle de la 

tragédie du fieur Caron. 
Le bruit de cetemprîfonnementfe répandit dés le moment dans 
Le Gm^èr»ntrds I* Ville de Mafiulipatam , & dans la Cour du Roy de Golconde, 
M^ffitUfaum, U Iln'y eutpcrfonnequin'enfiit fiipris , eftans tous informez de la 
chMmUr^H con. fjo^ne conduitc, fidélité Se affcclion du fieur Marcara pour la 
de M.tffuitpMam Compagnie , chacun s interefla pour luy , le Gouverneur meime de 
/emfiojent uiif MaflùHpatam par un motif de fon devoir & mefine motif de chi- 
^Ja'^ fJ""m-mT"é rite, à l'infceu du fieur Marcara, députa un de fes principaux Of- 
j,.,)f:r jiour i»j , s'il ficietsaudit fieur Goujon pour luy témoigner combien cette adioii 
(-/ re.k-^Me a U le furprenoit , avec offte de payer de fa propre bourfe tout ce dont 

leditficur Marcara fe trooveroit redevable à la Compagnie , fi 

tant eftoit qu'il duft quelque chofe. 
Le Chabi;ndar ou Surintendant du Commerce de MafTulipatam 



3ï 
vmtâuffi trouver le fieur Goujon , 6: s'ofFric pour caution du fîeur 

Marcara. 

Lesplusriches&pnncipaux Marchands de Maffuliparam pro- 
mirent de payerargent comptant pour ledit fieur Marcara auflî, 
tout ce dontilferoit redevable à la Compagnie. 

Lefdits Gouverneur ôc Surintendant du Commerce s'engagè- 
rent mefme au fieur Goujon, que fi le fieur Marcara eftoit cou- 
pable d'aucun crime , ils enlaiJTeroient la punition libre à ceux qui j^ Vf^^ cauien 
enavoientl'authorité,&.'de plus qu'ils feroienc les premiers à le kur decUre ^«c u 
procurer. ' f'"*'' -'^^'"''■•"■'' ^^ 

*_„ ,__,._, ■ n ■ • 1 tnnûttfit, ?t ne dut 

L honneur du fieur Goujon Commiilaire en cette partie du „f„ ^ ucempa, 
fieur Caron, l'obligea de publier malgré luy l'innocence du fieur /«'fj £^ ?""'"* /'- 
Marcara. Il déclara formellement pour réponfe à toutes les Iiv /-'"''-W"'»'/?"" 
ftancesuiidites que ledit 11 eur Marcara n'elloic ny redevable a \:^ fti,,rc^rùr.,i£<^,.'d 
Compagnie d'aucunefommed'argent, ny coupable d'aucun cri- t'-Hoitmmn euU-, 
meiquei'iil'avoitfaitemprifonner, ce n'avoir efté qu'en exe eu- ^"*" 
tion des ordres dudic fieur Caron ; mais qu'il l'alloit faire mettre 
auffi-toftcn liberté. 

Deux jours neanrmoins s'écoulèrent fans qu'il en fift rien. Le 'jii. 
Gon vern eu r de M a fiù 1 i p a rn m homme d 'hon ne u r &c de mérite, iine»fu,t psur. 

• 1 1 1 1 ,' «^ ■ r titntittn : te sut 

prit le manquement de parole du lieur Goujon comme une eipe- „y,^j /^ asl-uer, 
ce de mépris qu'il faiioit de luy : Et comme ce Gouverneur eftoit »<■«»■ d-fanojtr fi» 
tres-judicieux & modéré, il envoya prudamment le Corteval ou ^''"e/? ''f '«'""'"■ 
Grand Prevofl(èul,îôc accompagné feulement de fes Domefti-y^^^^^j,,,^ u^^ei ,/ 
ques vers ledit fieur Goujon en la Maifonde la Compagnie, pour n\txMf^f,utiUr- 
aprendre de luy le fujct pour lequel il detenoitencore le fieur M ar- fé'Lt:fT/j'^''I^I« 
cara prifonnier , après la promcÂt qu'il iuy avoic faite de le mettre frtp»K 
en liberté, & la reconnoiffànce publique qu'il avoir rendue que 
ledit fieur Marcara n'.;fioir( comme il vientd'eftredit) ny coupa- 
ble, ny redevable à la Compagnie. 

LeditSieur Cotreval s'acheminaà cet effet en la maifon de la 
Compagniepour parler audit Sieur Goujon, & s'acquitter de la le cemv^lm 
Commiflîon que luy avoir donnée ledit Sieur Gouverneur , efcor- ^"'.""'^ ^revaji la- 

\ r T>. !\- I • • chemine jiui T,ers (r 

te feulement de les Domeitiqucsordmaires. yr^^,. asmen de u 

Comme il approchoit delà maifon de la Compagnie où le Sieur fMduCau-^erntar^ 
Marcara eftoit détenu prifonnier , Se qu'il n'en efloit qu'à cent pas, ^j,.,-'J/l' j„ c*u 
ou environ ^parun malheur imprevcu , vint à pafier dans cet in- te-^dd^u m.ù- 
ftantunPionou Serviteur de la Compagnie qui conduifoit une^""'''' ^'^,^'™^''', 
charge d'eau douce dans un Vaifieaude cuirpour l'ufage des Of- defir'dre aul ^Mufr 
ficiersfesMaiflrcs , laquelle il venoit de quérir hors de la Ville, les i'éfancyment d'un. 
eaux de Maffuliparam eftant Coures amercs, il eût à la rencontre '^"'^^•"* "/«"i»- 
un autre Pion,quiavoit efté congédié du feivice défaits Officiers 



3î 
„^, de Id Compagnie, Hms qu'il cuft efté fatisfliit de Tes gAgcS'& qu'on 

r* />/»« fivfr^fc luy refuibit encore tic payer) Ce Pion congédie fans argent, fai- 
TLu VnkZ7d-ce f^if t^r^i'^ <-^<-' ^^ qu'on ne le vouloic pomt payer, & rencontranc 
^!4dnAi.'sitf.t, ef par cas fortuit, & tout à propos ledit Sieur Cotteva],luy en fit fes 
fé fa é p^fies cffi- plaintes , luy remontrant que tous les autres Officiers avoientcfté 
gn,e, payez, excepte Juy. Et clans ce moment lans ncn direj tout irrite 

du refus du payement qu'on luv faifoit , voulant en quelque ma- 
nière fe vangcr , il creva précipitamment d'un couteau qu'il avoïC 
à la main ledit vaifîeau de cuir , où eftoit l'eau douce , qui fut tou- 
te répandue. 
,j^: Le conducTieur de cette eau ë accourut au plus vifte enlamaîfon 

Le !}<>mrfié Miirtin (Jq i^ Compagnie pour en faire fa plainte. Il s'y rencontra par 
I Z7L' tlhu'"^ hi'^ malheur le Sieur Martin Marchand de la Compagnie, qui n'avoit 

' laxthorr deUtfiM- ceflc de boirc, 6t qui cfVoit encore à table depuis le matin jufques 

jondeLtCutfif.ig^.'s ^\^J^^ qui cfloit quatre heures après midy. Au fcul récit de cette 

trvsc dtffx flftskti 'I.1I1 1 1 

ttt main . JcçomfA. eaurcpanduc, la chaleur luy commença de monter au cerveau, 
^itè d'^ntm ojfî- ^ la fumée du Vin l'échaufi fi fort, qu'inconfidérément lans. 
aer^de u c^mf., pj.^^ jj-^ ^x\zm\ ordrc dudit Sicur Goujon ConfeiUer, & brutale- 
remontre daJit Cet- iTicnt , i! s'atiTia dc plftolct, &. fitatmcr les autres Officiers de la 
rtvv./ û« prevufi. Compaa;nic, fortit hors la porte, fit fadéchars;e fur le Cotte- 
ùty Mè tr,u dffis ^^1 ^ l^s Serviteurs , dont i« tua quatre deldititervitcurs,& s en- 
■^-lett. fuit au plus vilte dans la maifon dc la Compagnie, fermant la por- 

„ . *,-*• . . te tur luv : ce qu'il fit neantmoinsavec fi peu de précaution , qu'il 

\ mMfin dt U cam. laiila Ic Sicur Fourmentin hors la porte cxpoie a la fureur du 

f^gnie .i^iiijje U Cuttcval & dc fcs Gcus , itritcz du meurtre tout récent de leurs 

1: ^f"ftÀ Z'&^'l'dèi Compagnons : en effet un des Pions dudit Cotteval déchargea un 

dumefi.cjuei du Car- coup de cimetcrrcaudit Fourmentin, Oc ledit Fourmentin luy tira 
uvM ,de^tiuf) le ^^^^ coup de piftolct.defquels coups ils s'entretuérent, 6c tombe- 

tue, aniltuerea- n r i> 

i froquemittt. TCutniorts 1 Un lut 1 autrc. 

I Voilà les fruits ordinaires des débauches: Et à la vérité il euft 

cflé plus à fouhaiter que partie dc cctt.' eau , dont le renverlé- 
mcntpar terre a caufé le meurtre de cinq perfonnes cy-devant, 
&dehuitautres dontilva cftrc parlé , euil efté mêlée parmy la 
quantité du Vin furibond qu'avoit bû toute la journée ledit Mar- 
tin : tout ce carnage ne feroit point arrivé , &c ledit Sieur Martin 
en auroit efté de beaucoup plus advifé , plus retenu , 6c plus 
modéré. 
its. Ledit Cotteval voulant tirer raifon de cette action , envoya fur 

LeÇetn-^Me^-^Dje |g champ Qucrir des Gens àfon fecours , &; femit en devoir d'in- 

auerir du jecoitri n- \ ^ ■ r \ \ f^ ■ i- r t^ \ \ -^ t 

fourmi.tfltrU,m«- veitir U maiion de la Compagnie pour le fiuir dudit Martin & 
/o» de u cemf*- compUccs : cc quc voyant Icdit fieur Martin , il fit mettre fous les 
%d>tALirtm, lifM iii'Jïïes tous les rranç OIS qu il put ramalier, qui firent une lecon^ 

de 



3î 
de fortie & décharge fur ledit Cotteval , en laquelle ils tuèrent e»m( «w y?«»A 
encore fept ou huit perfonnes de la fuite dudit Cotteval. /trMavecfUfie»!-t 

En fuitte de cette belle adion, le Sieur Martin toutdefefperé ^"l',";°'^(^^"««- 
qu'il eftoit,fe mit en de voir par deux fois après eflre rentré dans rtm enar fift eu 
ladite niaifonjdc tuer ledit Sieur Marcara prilbnnier, comme s'il kmt ftrfmnts de u 
eull cflé la caufc de tous ces defordrcs , 8c il auroic exécuté (on ^^J" 
dcffein , fi le Sieur d'Andron Gentilhomme Provençal ne lu y ' n^. 
euft retenu la main «.filSi* 

Le Gouverneur de Maflulipatam ayant eu avis de la part du- rtltlTdTmU mM~ 
dit Cotteval de cette entrepnfe dudit Martin , envoya quantité fon.^att^uffitutr 
de Gens defa foldatefq ue . avec commandement de forcer la mai- ['^""^^"^"f^*- 

r-iij-i • r 1 n ■ jonnter. 

fon de Ja Compagnie pour tirer railon de cette action. (?., 

Le Sieur Marcara prifonnicr, averty de l'arrivée du Corn m an- ^^ ceuvtr/teureir. 
dantavec fes Troupes , prévoyant un orage qui«lloit fondre fur JiîJ/^"rrlve/, 
toute la maifon, &C l'abymer de fonds en comble auffi bien que fx^-fontr um^, 
tous ceux quieftoient dedans, ferefolut de pourvoir au plus vif--'^'' "^ ^<^^t*&'^. 
te à leur feuretc & confervacion. 13t. 

Il employa à cQt effet tout Ton crédit , Se la faveur qu'il s'eftoit /' ^T '^"T'* 
acquile auprès dudit Gouverneur ôc du Cotteval , afin de détour- nut « j«v fp^r^ 
ner ce grand orage. Il obtint à cet effet defdits fieurs Goujon , & '-'"'f""' ^'^f^ff"- 
Martin , a force de prières , qu il pult envoyer vers leidits Cotte- amfa^ic ne fiit 
val j & Commandant des troupes, qui tcnoicnt la maifon de la/"''^<''- 
Compagnie invertie, un de fes Neveux , qui eftoit prilbnnier avec ^^ ^^^J'; -^^ ^^ 
luy pour les prier de luy faire la grâce de luy venir parler , ce qu'ils ctmmandanrjeces 
curent affez de bonté défaire ^ & le fieur Marcara leur fit de fi /^««'^/S^tr 
fortes prières qu'enfin il obtint d'eux defurfeoir jufquesau len- „„. p,,rUr i.,mf* 
demain que le Sieur Marcara envoyeroit parler au Sieur Gou- f-fi"- 
.vcrneur , comme il fit : enquoy il rendit un très- confiderable fer- ^^ sieli'\urc^* 
vice à la Compagnie, au préjudice de fa propre liberté. êbuent dudit cem~ 

Il n'y a perionne qui ne juee que le Sieur Marcara ne rendît en f'""^-';' i"' ''"*" 
cette occalion a la Compagnie un des plus lignalcz leruices qui dejMrfeeir,:itttmic~ 
fepuilTej II conferva la maifon delà Compagnie ?c fon Comptoir """". 
& fauvalavie généralement à tous ceux qui effoient dans ladite En aml^îti-endk mi 
maifon , &C qui avoîent confpiré contre la liberté 6c fa vie j qu*en tra - lnr.faeftthk 
ce rencontre , comme en bien d'autres , il a cxpofé fes interefts & f^''^*" "* uc^mf^i 
la libertç pour la Compagnie; car Icldics Cotteval & Comman-y^ nopre Mené, 
dantn'avoient point d'autre execufe à donner audit Sicur Marca- 
ra pour s'exempter de luy accorder la gracequ'il leur dcmandoir, 
que de luy dire. J^ouf ncf^autionsfouff'nr^ue vous y:mi.(Jiez^ fous le 
ioug de l'eppre.ffîon dans la Eflats du Roy de Golcondc nofire Maiftre^ 
•vous de qui nous connoiffom l'innocence, ^l'inteq^ritè de -uoprc conduite 
four le bien de voflre Compayne^four les intcrcfif de laquelle vous avez^ 

E 



54 

tonhun a^y avec z^îe ér courage: Aquoy lefîenrMarcaralcurre- 
pondit gcnereufement ces paroles .- le vomfuppiie ^MiiSit^xM^^dene 
vous mettre point en peine , te fcauray bien far leivoyes de luftkc , oh- 
temrma liberté, ^ tirer rat fondes mauvais trait emens que l'en me fait ^ 
en iufiijlantmon innocence en temps ^ lieu. 
tîT. Le lendemain eftant arrivé, &; la furfeance qu'avoient accordée 

, 'E*^'"'-^^"-^'*'-'* 3y 5jj,„^ Marcara lefdits Cotccval & Commandant, expiranr.ice- 
ptrfutft retirer les luy fîcLirMarcara cruc qu'il ne falloir point négliger cette airai- 
genUudn cme-uai j-j,_ j[ écrivit uoc Lettre audic Sieur Gouverneur en la plus prcf- 
qutte»o,tt,ti.im.tt- i'iiice manière qu il pult,quil kiy envoya tout exprès, ccen dili- 
fin deUc<,mf.tgntc gcncc par fon Neveu , lequel il fit accompagner par Je Sieur Mal- 
tnxtfiie^ fofre,&: un François delà Compagnie, dans laquelle Lettre il le 

fupplioit de tout {on coeur , de vouloir donner Tes ordres neceflài- 
res aufdits CottevaiSc Commandant, de retirer leurs troupes de 
devant iamaifon delà Compagnie , qu'ils tenoicnt commeaffie- 
géc j QLi'au refte il luy dcmandoit excufe de la brutalité de ce 
Martin Se complices, dont le vin a voit troublé la cervelle, en for- 
te qu'il neiçavoit ce qu'il fàifoit j Qu'il ne feroit pasjiifte quela 
Maifon 6c tout un grand corps de Compagnie foufFriitdela te- 
s^Geu^e'neuren- nieritc d'un iimplc particulier qu'elle n'aiichorifoit pas dans une 
-vc;,* fur ic ch*mf tcllc acliou : 6c avec d'autres iemb labiés termes , qui firent un 
7rZTi^^ilL t'^l <^ffcc fur Tclprit de ce Gouverneur, qu'il fe laiflli fléchir à- 
mand.mt de fure J'iiumblepricrequc luy fïiiloit Ic fiCur Marcara , Se inclinantàfa 
teitrer Uurs G£»s demande, députa fur le champ un Exprès qu'il envoya aufdits 
ftndcUc^^gnie' Cottcval & Commandant, avec ordre de lé retirer avec leurs 
troupes : ce qu'ils firent après l'avoir receu, 
'17' , Cependant le ficur Gouverneur ne pouvoit loufFrirqueceluy 

%?crdr2Z!rIrl en faveur Se à la prière duquel il avojt accorde une grâce iî paj> 
steur M^rua-^ fM- ticulicrc à ccux de fa Compagnie, qu'il avoir délivrez du dan- 
mié- autre -yoje. g^^ émincnt dc pcnr tous , fultluy-mefme Captif, &: n'eu fl; pas la 
Idierté qu'il avoit procurée aux autres. Cette penlée ne pouvoir 
i?^. entrer dans fon efprit, particulièrement lors qu'il fé reprefentoit 

ledit Uo^tiemCMr , , ■ i /- » » /• ji i *- 

m/ht le mmme Kl bontc du licur Marcaia : ce qui ht qu i! retint auprès de loy 

M.,i-fij]e ($ un comme pour oitage ledit MaLfolTe Ôcledit François, qui avoient 

irafoii <!'<!. tyient accompa^pé Ic neveu du Heur Marcara , porteur delà lettre qu'il 

■ven du fii-ur M^ luy avoit ;fcdrcnee, &; envoya un de les domeltiqucs dire audic 

t.<ra , fmeur Ae fi, jjç^^j. Martin 2c flutrcs Officicrs François de la Compagnie, qu'il 

f"ùtlr7i. " '"^""^.ne laiffl-roit point aller ledit Mal-folfc 6c ledit François , qu'ils 

n'eulfcnt remis le fieur Marcara entre fcs mains. 

Si le mandem^t du fieur Gouverneur, bc la détention qu'il 

'?f; ^ faiîoïc de deux de leurs Coofficiers , donna une nouvellcalar. 

^aeisTuclL^'a. '^'^^ *» ^ciir Martiu , &: aux autres OiEciers de la Compagnie 



55 
elle n'amollit pas pour celaladuretéde fon cœur: 11 aima mieux i''>t^^tptntH!^ 

£iico' CLxpoler les deux Compagnons a eu re puni> de la bute de c^„^ 

luy fîjur Martin dont ils eftoient complices, que démettre le 

iieur Marcara en liberté. 

Tout cela n'empefcha pas encore que le ficur Marcara prifon- Ledttj.tJtr M.,rc4ré 
ïiier, ne renvoyât (on neveu vers ledit lîeur Gouverneur, iuv or- "i""' ^'«''"'*'^' 
donnant de le prier de la part de luy accorder la grâce toute cn^ ,«•,/ Ut^i^fl ^.ter 
■tiere , en mettant en liberté ledit Mal-foffe ôc ledit François. Son '"^'' M-ii-(<>fe (S 
neveu, quoy que jeune, fit fi bien fa Cour auprès de ceGouver- >'^(o»'> 
neur , tout à fait indulg.nr , & luy expliqua fi naïvement la fup- 
plication que luy en faifoit Ion oncle, qu'il I^ifTi aller les deux 
prifonniers d'ofiige. 

Et c'cft icy où l'on peut dire avec raifon que le S Marcara père ,^t. 

eft un fidelleimiciteur, & qu'il liirpafTe metmc ce généreux Ro t-" f" /-'»« d» 
main fi renomme dans l'Hiiloirc , lequel cftant captif, obtint à la Ç"£ 'H'u^'^Zi ^m~ 
yerité fa liberté à la feule caution de fa foy, mais à condition (k„i Rùmat-.t en 
que fi rechange des captifs que tcnoient auffi de leur codé les-^'^''''''V*'""^'^''^î 
ennemis n ^Itoïc pas par eux jugee a propos. Se qu on ne put 
s'accorder , il reviendroit le rendre captif entre leurs mains. 

Ce généreux Captif, tout de cœur pour fa patrie, vint à Ro- 
me , & parut en plein Sénat où fe devoir faire ta délibération, 
fçavoir fi l'on rendroic captifpour captif : où ellant écouté; fans 
fefoucier de fes intereftsny de fa vie mefme, li fit un difcours 
cloquent, par lequel il perliiada le Sénat querécha.nge propo- 
féc (croit plus préjudiciable qu'avantageufe à la Republique. 
Son fentimcnt ayant elle fuivi j pour ne pas violer fa foy , il s'en 
retourna à Carthagc , fe rendit dans fa première captivité , où il 
perdirgenercufemcnt la vie pour le bien ôc l'intereft de (à patrie. 

Le ficur Marcara père a procure la liberté de r ou s les autres, 
& a mieux aimé luy mefine demeurer captif, fie fon fils &, fes 
neveux avec luy, ôc foufFrir de fes ennemis les injures, & les inful- 
tes , les infamies , les prifons , les cachots & les fers , la faim , la 
foif, le froid, la nudité, que de trahir jamais les intcrcfts de la 
Compagnie qu'il avoît embrafiez avec afFedion. Le détail de 
toutescescruautcz fera fait cy-apres rout au long, 

'Q^oyqiie le Gouverneur de Maflulipatan eull parunegrace ''*'■• 
(jicciale accordé au fieur Marcara perc tout ce qu'il luy avoit de- neJ-îeZ /r'Zuf 
mandé j il eibma qu'il luy devoit encore rendre fervice malgré i^om.er av„ e» u 
luy &:àfc)nin'ceu: 6c pour cet cftet il t^onna avis en la Cour du ^^"J.^^^r' f'j 
Roy de Goicondc de la détention injultc que les Officiers de la te;.,,»» du fcMr ' 
Compagnie Françoife faifoient de la pcrionne de luy fieur Mar- Af.,jv.wj. 
cara dans fes Eftats, 

Eij 



3^ 
,^j LeRoydeGolconde & toute /a Cour avoient peine de Cfor- 

ordre du Rt) d^ fequeceU fuitvray ; après les témoignages publics & les récits 
oaicDHiit n!* Go»- jjy^fjtagcux que le fieur Marcara avoir faits de la gloire delà Fran- 

■vtritcur de Mn^it- ÇiT i-iiy-. ° 

nf.ttam four mutK cc , fic dc là condiiitc moderec dc 13 Compagnie en toutes occur- 
faur Mércm e>f leiices , auffi- bicH que de tous fes Membres 6c Officiers ( fur lel- 
quels récits il avoitaccordé le Firman dont il a efté parlé cy-de- 
vant. ) Et pour en eflreplus amplement informé ^ fi députa tout 
au ffi-tofhm Exprès au Gouverneur de Maffullpatam ,avec ordre 
de ne laifler emmener le fieur Marcara prifonnier en France. 
i(? ctifvernfuf ta Ledit {ieut Gouvcmcur ayant teccu ledit ordre, en donna in-' 
rf»B»frtv« ,<«/;■?«/• continent avis au fieur Marcara par un de fes Officiers , luf 
^''^■"'•'' mandant qu'il l'executeroit à main forte, & le mettroit en li- 

berté, 
'■i'r-' Cette nouvelle donna beaucoup à fongerau fieur Marcara ; 

r^fiTfi'^rt^dSr 9"» prévoyoit de grandes & perilleufes imces , fi ledit Gouven 
dei crdi-es du Rnj de ncur en venoit à l'extrémité par la force. Pour parer encore ce 
(^Uendef!>»rj^ !.. coiip , ils'avifa de mander les principaux de la ville de Maflulipa- 
ram ,1 qui en effet luy firent l'honneur de le venir trouver, les 
Ratfan'fiHrhfytei Ofiicicrs dc la Compagnie permirent au fieur Marcara de fort»' 
teste fsear AUr^aM clu lieu dcfa prilôo , & Venir dans une falle , le tout dans le mefme 
^^Ù'tjî^iSd"' Logis, y recevoir ces MelTieurs qu'il avoit mandez, où cftant ils 
M,tfHi,p^um de eurent en femb le un aflèz long entre rien , dans lequel le fieur Mar- 
lomdre leun fneres cara aorcs Icur avoir fait civilité leur paria en ces rermes : le m 
tmfefçher ^œ le àoutc par , McJ/iiun , quc Monficur le Geuverneur m vertu a» 
Coit-^ei-neHr k ffl pofwoir qul iuy cu cjî donnè fuT fil Mit]cflé de Golconde ns me de- 
jonifde/^ frtjoTt jj^^^ ^^ i^^ pnfùn où je fuis ,. il a la force- en main pour le faire, é- 

miec U jurce en , t r r I i t t. i r r 

m.un^ (^funant nitjmc qu cïï ic fdifint ti ne croye m obliger. Cela ne fe peut fatre 
f ordre espre, que J'aus fcanddlc pouT Njonncur dc lit CoMpagrae é^fans de fâcheux tnci- 
iieïde ol'Jnd^ " ^^'^^^ ^f'^^y ^^^P ^ ^^M four fou intetefl ^ pour que ceLi s'exécute fans 
que je rien aye un fenfihlc regret. Mais le plus effcntiel cft que je fuis 
innocent , ^ que ma fortie de cette manière fèrviroit flàtoft à me fou- 
fconncr £ eflre conpable. r ay trop expérimente la Clémence du Roy de 
France ^ la conduite juridique de Mcfjicurs de la Compagnie y dans 
les intercfis de laquelle ie fuis. Et pourv.ous affurer ., Mefsieurs , quils 
me rendront une entière iujiicc , cf q^e t'aime mieux fort tr de ma frifon. 
abfous (S- purq^éy que d'en for tir en qualité d'accufe i cette manière 
d'en forîir comme le prétends me fera plus avantagea fe ^ pour mon 
honneur ^ pomma gloire qui en êclattera d'autant plus ; fourquoy [^ 
Mcffcurs , ie vous fupplic d'approuver mes intentions ^ ma penfce y 
& d'en faire rapport a Mon (leur le Gouverneur & de l'appuyer de 
vofire coflé , à. ce qu'il luy fiaife ne point exécuter l'ordre du Roy dé- 
GoUonde , t> luy témoigner par vofire bonté qu'il ni obligera plxs qin 
jamais. 



^ 



57 
Ces MefTieursavoienctant de confidcration pour le Sieur Mar- '*'■ 

cara, que notîobftantledéplaifir extrême qu'ils avoienc de|le voir f/cJ^^riLTe'- 
fi indignement traité , ils furent pour luy complaire faire leur rap- iiffe^ du xie»r 
port audit Sieur Gouverneur de tout ce que le Sieur Marcara leur ^^'"■"'■'>jj''«ji«'^ 

^ ■ r ■ ^ j^ ■ m A ■ 1 regret , ^ fsnt (eur 

avoicreprelente.Cetjouverneurnepouvoicallezaamtrerle cou- r.,pfcr.»^ ceft^jer- 
rage inébranlable 8c le zèle du Sieur Marcara pour le bien delà »'■'"■ j'/" W^"' 
Compagnie au préjudice du fien, 5c voyant que te Sieur Marcara ^J^'^^,/'"'""'' '"" 
eftoicfixéàce point de fe purger authentiquement de toutes les /+-<■. 

accufations que l'on pourroit forger, quov qu'iniuftement , con- t-ff-o"-^'^'-'"'"-^''"- 
tre luy , 'd'avoir raifon de ,ja détention injufte fie de fe juftifier d»sieur .w.ir«>-.< 
aupr.es du Roy de France Se de la Compagnie, fe déporta entie- f-^>"t'"'»nn^t,o» 
rement de cetteaffaire,&: n'exécuta point les ordres du Roy de '^'/'/"''-A"^ 
Tîolconde. 
DonctouceftantcalmeàMaffulipatara par le moyen du Sieur '«• , 

« , y j~^rr • r r • i n • i ^ ittgr.ltitude extrême 

Marcara, les Omciers le voyans en leurete du coite du Gouver. de, ogiaer^ de u 
neur de Maflulipatam , longèrent à recompenfer le Sieur Marcara cna^f-ig^ie eavirt. 
detousles bons offices qu'il leur avoit rend us, mais' d'une maniese ^'^^""' ^^*'^^- 
bien étrange. 

Environlesio. heures du foirdu lé. Octobre 1670. tous lefdits j.^^ 

Officiers de laditMaifon de laCompagnievinrent dans le lieu où H'^'^i^^enj crut^u^ 
eftoit détenu ledite Sieur Marcara prifonnier-armez des piftoletsSc ^'"'/» l'T ft^'"' 
l'épée nue à la main, pendant qu'il prenoit Ton repos, le tirèrent Um/»mr,^ismme 
d'un petit lit où il eftoit couché , luy difant milles inj ures Se profc- "I ^^ tr.ufnent pd» 
rans des juremens Se blafphemes les plus horribles , luy dirent : Il "„'fl'/7"C^j /« 
fautquetumarches. Allons, fi tu branles tu es mort, tenans toû- mams derrtert u iet- 
iours le piftolet bandé fur fa tefte, ils fe faifirencde luy , le lièrent -^'■^'' '^-"i^"* ^ 
Scgaroterent de longues £c groiles ccw-desqu ilsavoientapportees 
avec eux , les mains par derrière , Se en cet eftat nud en chemile le 
menèrent fcandaleufemen tau port ^ où une liarque efloit préparée 
exprés pour le recevoir , 6c fur laquelle eftoit le fieur Lambetty 
Maiftre du Vaifleau la Couronne qui l'y attendoic ,fuivantle mot 
qu'ils s'eftoient donnez recipropreraent. 

Arrivez qu'ils y furent ils empoignèrent le Sieur Marcara leur" /jn. 
prifonmer à fois de corps & tout lié & earotré de cordes qu'il eftoit !^" "*"'". t ^'^f 

\ . 1-1 1 9 1 ■ r M-troir.i itjou de 

les mams par derrière, nud en chemiie, le jetterent impetueule- eor^s^gHrotedech^,. 
ment comme une maflèpefante dans cette Barque, de laquelle "">»Wf»f^w,yî 
violence ilfutbleflétres-griévement au genouil, Ôc en fut long- i^retndmt"d!mh 
temps incommod é. csrffdKdu vuifem*. 

Pendant qu'on le conduifoit dans cette Barque, bdit fieur Lam- j^. 

bettyquieftoitairisScélfevéaudefrusdu fieur Marcara luy tenoit Le sieur Lamèenj 
toujours le piftolet bandé fur le derrière de la tefte, ce qui donnant cifi^'m^ d^é r.uf. 
(dfil'apprelienfion au fieur îylarcara , il demanda au iîeur Lambetty n'/^ikmlmk- 'l^n'a- 



Mk 



ht Unie untreis quelleefVoit foo intiMition , & le preiïant fort là deffus, il lu y Ec 

*^^'- rcponfe : Qu^cela ne vous mette pomt tn pcme j cVft que )'iy 

ordre de la parc du Sieur Martin , qu'ju cas qu'il vii^nne qudijue 

Barque à voflrefecoursde vous lâvlieruncoup de piltoletdansli 

tefte. Il en fallutpalTerparlà. 

onfMt ^defimire u JEitansentrez dans le Vai(Ie.i u la C(iuronne,on l'enferma dans ui 

xie^r Marcjr.1 en petit lieu du Chaitcau dudît V Jill auj'ifqucs au lendemainp Et le 

//«./■ pte defM lendemain on le fit décendre encore nud en chemife avec quel- 

ra^fcMU cturm- ques haillons dans un cachot tresetroit qu ils piepareit:nc à cet 

'*'■ eff. c, avec du pain & de l'eau. 

oncanflalte k Un- ^^ '^djt jour Icndf main feizedu mefme mois ^ auiïl à 'a nuit,Ie/- 
dcMMn frijonmtr dJTs Officicrs furcnt pareillement qucHr le Sieur M arc ara fils & fes 
*iiHhd lullJl^îL ^^^^ petits Neveux, qu'ils amenèrent auffî tous trois priionniers 
fis {^jes i,m-vem. dans le mcfinc VailTeau , & mirent le Sieur Marcara fils,& le plus 

âgé defdits deux Neveux , danslemcime cachot où eftoit le Sieut 

Aiarcarapere. 
-, - ^^f' , Ils quittèrent la rade de Mafluliparam en ce trifteeftat le dit-fept 

SHr.it. d Octobre 1670. Scfirentvoilepour Surat, ouiis arrivèrent /e lo. 

Jjnvier enfuivanti67i. 
i/d, Y.^ réception que leur fît le Sieur Caron leur ennemy juré, leur 

ih «rrrvent à Su- ju^e 6c Icur partie j fut que pour itur bieH-venuc il les fit attacher 
fiManJllThlïe^ chacun d'eux à une grofll barre de fer & leur mettre de rudes 
AUrcjr.* fere z^ fcrs aux pîeds j & cominc la chemife qu'ils a voient au dos pour tous 
fjs aanigrejpbarre fia[>iijenticns dcpuis le jour de leur départ de Maflulipatam , qui 
f/J^ir'^f/fnJL ^ftfJJi^ environ depuis tr< 'is m ois, e doit toute ufée & en pièces, il 
^"ds. leur fit donner pour eux trois, deux petits draps de toile à dem|' 

uÇéç pour couvrir leur nuLHité , & qui a efté , comme il fera dit cy. 

après j tout leur habillement] ufques à leur arrivée au Port Loiiïî, 

quia efté environ 31. m>is après. 

j Lesamis& compatriotes du Sieur Marcara père, qui negodoient 

L« ^m i^ fleur lorsà Surat& y fcjournoient pour cet effet , furent diverfes fois 

M.irç.ir*.',„fUyent prjer inftammeni le Sieur Caron Directeur gênerai de vouloir met- 

fieitr carsa fmrfa ftc le Sieur M.ircara p re , fon fils Se fes neveux en liberté , luy cf. 

dth-vrance, frjrent précifemcntd'cftrela caution dudit Sieur Marcara père s'il 

eftoit redevable de quelque chofe à la Com.^agnie j mais en vainj 

iîeftoic plus dur qu'un rocher à leurs prières, fie lourd à kurspro- 

poficions. 

jj^_ Ce n'eftoit pas l'argent qu'il t hcrchoit alors , ce n'eftoic que l'af- 

/,e/f«r c/i-i.»!»? fouviflementdelaraffecontrele Sieur Marcara. En un mot, ce 

^mr InJfLèkmlZ n'cftoit quc fa vie qu'il demandoir , qui Inv portoirirop d'ombra- 

iefieur Marc^r.i. ge. Les amïs du Sicut Marcata voyans qu'lls ne pouvoicnt fien ob- 

tenir de ce collé -là du Sieur Caron , ils le fupplierenc au moins de 



/ 



39 
laiflèrallerleSieur Ma rcara fils, & {on neveu Nazareth, qui n'a- ïf^-. 

voient aucune part en l'affaire du Sieur Marcara père , Ôc qui ^^^/'■fc^""-'f»- 

fl • t ^ r f Ti) je tut fme dt remet- 

citoient détenus tans aucune cauie ny prétexte. Us n en eurent »««« hkertiufu 

J)as meilleure iffuc. Il refiifa pareillement d'un courage fier de (S /" '"'^"** ^ 
eur accorder cette féconde demande j &: tout ce qu'ils purent^*"'*^''^^" 
obtenir, futqu'il relafchaft ledit Neveu du Sieur Marcara, nom- 
mé Nazareth, &, retint le Sieur Marcara père &fils,Ôcron petit 
Neveu â^éde 4.anslangui{ransdansle fond dudit cachot téné- 
breux , dans lequel tout garottez & chargez de chaifnes qu'ils 
eftoientj ils ne pouvoient le remuer, & leur reftoit ieulement une 
bien petite ouverture pour refpirer l'air infedé qu'ils reffentoient 
dans ce piiant cachot , avec fort peu d'aliment , qui confiftoit en 
bifcuit de mer & de l'eau. 

Pour ofter au fieur Marcara toute efperance de fecours qu'il 
pouvoir attendre de fes amis dans fon oppreiïîon , & pour le dé- ^f- 

pailer entièrement d eux, u ncraire un autre cachot a (on gre oC^^„, ^^^^^ ,j„,„ 
comme il voulut dans le Vailîeau Saint François, qui alloit bien- u fieur Mir(*r* i§ 
toft partir pour Bantan , où il fit tranfporter lefieur Marcara ^Sf^""-^^- 
re& fils, Ôcjetterdans le nouveau cachot, encore plus effroyable 
que l'autre. Son petit neveu appelle Mathieu,, qui eftoit demeuré 
prifonnieravee iuv feulementâfféde quatre ans.eftoit le feul qui ,, , ]*'; ^ ,. 
levenoitvilttera travers un petit trou du cachot, £c ceiuy ieul Nt^eu ,q>*":ji<x* 
qui faifoit tout fon contentement, ce qui ayant elle rapporté au fo'/f /« «>nfiuu^ 
fieur Caron , & iceluy fçachant que le fieur Mircara careLsoit cet 
enfant, fie qu'il y prenojt tout fon plaiiîr, il y donna bien-toft fes 
ordrespourrempeficher jcaril fit mettre cet enfant à terre fie me- 
ner chez luy , où il le retint deux mois entiers , afin de priver le 
fieur Ma rca rade route con fol a rion , & le faire périr de miferes , 
dechagrin,&dedefefpoir,fila Providence qui eftoit toute fon 
e/perance n'y euft pourveû. 
; C'eft dans le creux de cet effroyable cachot que les tenans à fon 
;, entière difcretion, il leur faifoit fouffrir tout ce qu'il vouloir, & "^r. 

■ parunebarbarie toute extraordinaire les laifsa dans le cachot ^6. ^-/'^'"^ ""^'z T 
I heures entières fans boire ny manger. II n'elt point d'exemple d'une Ure nj msn^cr. 
femblable inhumanité. 

ToutelaVillede Surat efleit abreuvée de cette tyrannie. Un i<;^_ 

Marchand Prançois qui eftoit pour lors audit Surat, par un pur ■^«" Ji»"'^ 'tu fie» f 
; motif de charité Scmeû decompaffiondela mifere du fieur Mar- "uI'XI/XJ^Im 
. eara pere& fils , trouva moyen de venir dans le Saint François, & du dfgtm ^m /» 
aborder fecrcrrement le cachoroù ils eftoicnt. Il leur dit, MeL ■f^''"'^^^^^'"'" z'^'''*'^' 
fieuTS , le feul delsein du fî>;ur Caron eft vous faire pcrir de miferes , ^J,i cherXJi fin-- 
s Je le fçay de fa bouche i il vous fatiguera tant ^ Ôc vous fera telle- >^^««/»j'«««,-. 



7 

fïientfouffrif , qu'il viendra à bouc de ce qu'il s'eft propofé. Voftre 
unique falut ell dans la fortie de voftre priibn , il n'y a point d'à». 
ers remède , il le faut faire ou fere foudre à mourir. Le fieur Caron 
enafaitunfermenc tropfolemne]. 
Le fieur Marcara ayant écouté l'avis de ce charitable Marchand 
164. François, il luy repondit. Quel apparence y a-t-il ^ Monfîeur, 

^, i»y fournit teut quc dcs gcns garroEtcz & chargcz de chaînes & de fers ayent feu. 
a^u,cfiMnu4^t- lement cette penfëeJe n'y voy pas de jour Scde lumière , fi vods 
Un^gt, en fçavez quelque moyen vous m obligerez bien de m en uire 

part. Le moyen qu'il luy donnafl: fut qu'il apporta audit fieur Mar- 
cara père des outils & autres in^lrumens propres pour Jimer les fen 
de leurs pieds , & ouvrir un cadenat qui les tenoit fermez , & outre 
luyapporra un autreinftrument pour nager en mer: le fieur Mar- 
cara trouva cette invention faifable. 

En effet ledit fieur Marcara père prit fon temps , & par Je 

moyen de cette lime il fe délivra de fes fers, en forte qu'environ 

T,t fieur M*rc4rA la Hiinuit à U favcur de la nuit , ôc pendant que les Matelots pleins 

lime fis fin f£ fi ^g yiu cftoit accablez de fommeil , après avoir fait un trou dans 

^Tfl^-uer. '"*^'^**"^ le cachot à paflèr bien petitement fon corps nud , il fejetta en metj 

mais foit qu'à caufe delà pelânteur de fon corps , & qu'il ne fça- 

voit pas nager ou autrement, nonobftant l'inftrument que luy 

avoit donne ce Marchand François, il ne laifloit pas d'enfoncer 

dans l'eau ^ en forte que fe voyant ainfi enfoncer & preft à fc noyer, 

lââ. [\ fut obligé d'appeler de toute fa force les Matelots , qui aux 

fi-JtjUmén dlnger gtauds CHS qu'il faifoit s'éveillèrent enfin, vinrent le reprendre 

de fe nojtrfi f^t daus unc barquB lors que le fieur Marcara n'en pouvant plus _, alloit 

Sir^"' ^" eftre englouti dans les ondes. 

La Providence n'en avoit pas encore ordonné ; l'heure n'en 

tc?, eftoitpas venue j elle vouloir qu'il fouffrift bien d'autres opp réf. 

wfrir"^'^^"" '' ^°"^ avant que de recouvrer fa liberté j Que fi la divine Provi, 

dpfis, denceeufl: permis que fon deflèin euft reûm , il fe feroit réfugie 

dans un heu à couvert de la fureur de fon ennemy le fieur Caron, 

&auroit dés lors fait voir en fureté à Meffieurs de la Compagnie 

& à toute la terre fon innocence. 

Les Matelots ayant donc ain fi repris le fieur Marcara , ils le ren; 

j^y fermèrent plus étroitement dans fon miferable cachot, où il aima 

Le sieur M<trtdrA encotc micux attendre iâ mort à loifit quc de l'avoit trouvée pro. 

tn renfermé fiui chaîne dans Ic fciu de la Mer ; Car en efFet , il n'y a perfonne aa 

etrcrement <}fie }4^ .ir' P L J I vri 

mms d^ns fin c^- monde pour intrépide qu h loit, qui ne 1 aprehende, lors qu il U 
•^''^- void prochaines; inévitable comme la voyoit le fieur Marcara: 

Omnium tenibilium , terrièili^mum cfimors y Us le chargèrent en- 
core 



I 



41 
core de fers plus pefans , & accrurent h mefure ordinaire de 
Jcurs premières cruautez. 

Une perfonne de mérite pour lors àSurat, qiiieftoic en repu- 
ration de conjecturer allez heureufcment des chofes à venir, tou- 
chée d'une compaffion naturelle pour fonfemblable, fçachant 
la mifereoii cftoit ledit ficur Marcara Se Ton fils , eucla bonté de 
vemr Icsvifiter à travers leur cachot : il les conlola de fa prefen- 
ce , êc après que ledit fieur Marcara luy eult dit qu'il eftoit dans 
une grande inquiétude de fçavoîr quand finiroient leurs miferes. 
Voicy les propres termes de la réponfc qu'il luy fit: Ne vous met- PrcdJiZ'fritt far 
tcx^^fus en peine davantage de chercher icy les moyens de vous tirer de «"»^ perjonne ^»tji 
tofpre.fjion fous laquelle vous qemifle\\ vousriy trouvcre^aucun re- T/J°'j t nT^^"» 
TKcde dans les Indes , vofire captivité fera longue. Vn Grand Roy u fiiur MarcM-^de- 
femblable à Salomon prendra connoifflince de vcflre affaire , ^ luy '""' '■em^vrtr f^ 
Jeul vous donnera confolatton , ^'' vous rendra la liberté après laquelle gZ^rTij. 
vous foàpirc;^. 

Le fieur Marcara n'afpiroit qu'après l'heureux jour de fa déli- ,7,. 

vra nce , 5c 1 c fi eu r Ca ron de fo n c oîlé ne fongeoi t qu'à o pp rimer f « ■*'^«^ M^rcM^^ 
fans celle le fieur Marcara , 5c le faire promener Se fon fils dans -^^^C^X fJTr^^c^, 
ion cachot par toutes les Mers des Indes , de peur qu'il n'abor- 
daft en France. 

A cet cfFct le fieur Caron monta avec grande pompe fur ledit i^j. • 

Vai/TeauSamt-Francoisoùcftoient fes cap tifs, Se partit de Surat o^y^/? efrf>yaiie 
le premier Avril lôyr. pour allerà Bantam y ellabUr un Com. 'l^J^Zm^Z- 
ptoir de la Compagnie, quoy que le moindre Commis dcladite tamfrnsai4c»nzn«^ 



ut dit i 



Compagnie auroit pu fans difficulté établir ce Comptoir à très- f^^' "J 
peu dé frais. Cependant le fieur Caron y voulut aller luv-mcfnic ^'"*^ - « f^ • 
en perfonne. A cet effet, il fit un grand appareil , bc fc Htcfcor- 
ter du Saint- Paul Se du Vautour, avec un équipage de cinq ou fix 
cens hommes, & une dépcnfc à la Compagnie de plus de deux 
cens mil livres , quoy qu'il nignorât pas que i'x prefence n'y ef- 
toit point neccfiaire. Un des Vaifieaux fuidits pouvoic feul por- 
ter facilement la charge de trois enfembic, le refte cftoit chargé 
de Marchaiîdifcs pour le compte particulier dudit fieur Caron, 
& fous des noms empruntez , entre-autres du nomme Sidot fa 
créature Si à fa dévotion. 

Ils n'eurent pas pluroft quitté la rade du Surat pour Bantam, 
comme nous avons dit , au premier d'Avril 1671. qu'il s'avifa d'u- 17». 

neinvention diabolique. Il crût qucccn'eftoit pas afîez à là fan- t'J'iTf'"''"'./'' 
<anie que de détenir les priionniers les ficurs Macara perc Se (tf^ fere ^ fi, 
fils dans un mefme cachot. Se de les traiter comme il lestraitoit ['*"'ir^i'-"'tref„»r 




I,l, 



très- inhumainement î il fc refoluc de les feparer l'un d'avec l'au- 
tre^ afin de leur oder tout fujet de confolation réciproque qu'ih 
pouvoient fe donner dans leurs miferes , autant que la conjon- 
cture dercilatoùils eftoient , le pouvoit permettre, 
j^j,. A la bonne heure encore fi ledit fieur Caron s'en eftoittenu- 

/«■vMf/oT/ dùtéoii. là . mais ayant rire le fleur Marcara iils d'avec fan père , il le fit 
Vln^d^lTJrc^- i^icfti^c wi^it nud lur le pont, expofé à toutes les injures du temps, 
rtn À teudroit du foit dc ttuit foït dc jour ^ du thaud j du froid & du ferain , qui 
sieuT AUnar^fii, fp^j^ extrcmemcnt fâcheux fur ces mers , &; le for<^a de travail- 
ler l'ans ceffe ny plus ny moins qu'un fimplcMattelot, tout nud 
comme il eltoit , &, feulement lors âgé d'environ iS. ans, avec 
ordre par ccric qu'il donna aux Officiers du Vaifleau dc luy fai- 
re faire toutes les manœuvres d'iceluy Vaifleau, &de l'excéder 
de coups de cordes au cas qu'il rcfufaft de les faire. 
ï7^_ Le dcffein du Sieur Caron n'clloit autre que défaire cnfbrte 

it dtjjem du Sieur qug Je fjcur Marcara fils , n'eftant pas de fa profeflion de faire 
c^rm df ftire j^ Mattclot , 8c dc montcr comme eux jour Se nuit lurlesmats^ 
tara du depùijîr pjr Se autrcs cndroits les plus périlleux du Navire , tombait par 
il mat^.ui tiMte, quelquc ficheux accident dans la Mer Se periftainfi malheu- 

m^ni di San jiU. J '„ , ii- ji ii/'rp- J 

■' •' Icment , fie que la nouvelle tant de ki peine qu n louHrroit que de- 
là mort fi clic s'en cnfuiWMt , en ertant portée au fieur Marcara 
pcrc , il en pnft un tel chagrin èc s'en laiiilt 11 fort , qu'il en mou- 
ruft auflî , & que par ce moyen luy fieur Caron vift Ion delTeini 
accompli par la mort du père & du fils. 
*7f- La Providence ne l'a pas voulu ainfi ; elle adonne & à l'un Se 

La^r.tndc farce (S , „ . i i c o J i ■ 1 

to^ragi' du s:<.-:i>-s a 1 autre du courage ,,de la force Se delà panence également pour 
M.,rcara .t p-'ffr.r yrfffilter, HOU toutesfois faus que le percfoit caffc cnticremenc 
s m,mj:Ms ti-Me- ^^ ^^^^,^ ^^^ mauvais traitcmens. Se que le fils ne relTcn te encore 
j-ow. ' aiijourd'huy une flcheufe défluxion froide qui luy furvmtpen- 

^7^' danc cette fàchculê manoeuvre, & lorsqu'il travailla audit Na- 

fh tn cji np no- virc cu cc pcniblc travail pendant 1 efpace de trois mois contu 

'"'"'■ Enfïn les VaifTcaiix de l'équipage abordèrent à Bantam le 7. 

Ar<-née i/jï/.r«j' Juillct cnfuivaut , où le fieur Caron apprit des nouvelles qui ne 
Caron ^ deh fri- ^^jy citoicnt Domt fort aïïreables. 

•' j^.j. Une Lettre venue de Batavia luy apprit a ion arrivée que les 

lesieurctrsna;,- ficurs Gucton èc Blot Dlrcûcurs iGcncraux delà Compagnie,, 
frfnd u mu-vtUe gf^-gi^nt partis de France pour venir à Surar , prcfi'dcrau Confeil 

deLi-vem/idénliu- l , , r-, t. r r- iitt 

■ve^iix D'ri{fei*rs &; Commcrce de la Compagnie, Se que Monlieur dc la Haye- 
ccasraux dMts As Viccroy dc Madagafcar, venoit pareillement à Su rat, avec une 
^ ' Armée confîd érable. 

Il ne douta pas que cette venue ne luy fultpréjudiciable dans. 



45 
h condnite qu'il âvoic tenue contre lefdits fieurs Marcara père & r^,, 
fiis : c'eftpourquoy il luy falut encore chercher un cfquif pour LeSu^^rcaron^ 
empefcher que le fieurMarcara ne paruftà la face de mondicSieur ^^'"'''' &«f «-w. 
de la Haye&c de ces nouveaux Dircdeurs Généraux , Se non fans 
caufe : ç'auroit eltc pour luy fieur Caron une Chambre dejufti- 
ce, ou des Confeillers envoyez pour tenir les Grands jouri à ion 
égard. 

Ce que prévoyant, il fe dépefcha d'eftablir ledit Comptoir à ,g,. 
Bantam, qui eftoit lefeui fujet qui i'y avoit amené , pour l'éta- Df>M/f en^erH- 
bliflement duquel il fit de grands prelensà un petit Pnnce, quiy^^"^^cV«»'MIfv- 
montoient à plus de trente miUeroupis, qui font bien quarante- /^w fur u fem 
cinq mille Hvres, fans aucun avantage pour la Compagnie. Ce ^"'"''' ''' ^•"^■">*- 
qu'eftant fait , il ne perdit pas un moment après, & tout troublé Lesitufc'^onf^ 
d\x bruit de l'arrivée de ces nouveaux Diredcurs Généraux , il "^ i^-^t^m pour 
remonta fur le Saint-Paul , accompagné du Vautour , partit de J^^ ' ■'' ^'"'^■ 
Bantam Jetroifiémed'Aouft 1 671. Se reprit la route de Su rat. 

Il JaifTa tout exprès & à deiTein le Saint-François^dans le cachot '■'-»• 
duquel eftoient lefdits fieurs Marcara père &c HiSj fous un prétexte ^/'"^^^^^ "f' 
groffier de le faire charger de poivre , encore bien qu'iH'eufl pu sa^t^m/urUs^mt 
faire en fa prefence s'il l'euit voulu en deux foisz4. heures, & /•'■j»p«,;5-/«Bt-* 
l'emmener avec luy , tous les Magafins cftans p-eins i mais il n'a . 
voit garde de Je faire i carilf<^avoit bien que leVailll'au portoic 
desinnocens , qui parleur juftifîcation le rendroient le plus cou- 
pable &c le plus inhumain de tous les hommes, aufli nViloit-ce 
pas-là fon deflein. 

Ledit S' Caron aima bien mieux laiiTer ledit Vaiffl-au & lefdits ^^l\ 

S'^Marcara pcre Se fils dans le cachot d'iceluy expoléz à la corru- dT^JjXl'^'J''^ 
priondel'uiirdecePortj qui cil la plus grande qui foicau monde Ba>it,tm. 
pour les y faire mourir en peu de tcmps; pindant qu'il iroit pré- 
venir Se prépare; Teipiit djces nouveaux Directeurs à Surat con- 
tre ledit fieur Marcara père , ôe faire en forte en tout cas qu'il ne 
fufl par eux écouté en fes d. fFcnfes & juftifications. 

Le Saint-François ayant chargé tout à loifir fon poivre, -Le simtr Mi^ao'» 
pendant trois niois où il ne falojt que deux jours, partit de Ç$ fi»fii"oàmri 
Bantam avec le fieur Marcara Se Ion Hls toujours dans leur ca- ^^Zt'Zu'M 
choc , le premier Novembre 1^71 , Se arriva à la rade de Suvaly n^m^i , fj am- 
port de Surat le treizième Fcvncr 1671. duquel le Sieur Caron y^^ ^sv»ii' c<»-e 
eftoit dcja parti avec Monficur delà Hayepourailer à Ceylan luy ^rteTiLl. ^'* '' 
eniéigner les Pais imaginaires dont il avoit propofé la conqucltc. Uf. 

Al'arivéeduVaiflcauSaint Françoiuls trouvèrent le fieur Be- ^ J««^ /*<* /^o- 
lot Diredeur General , qui ne leur montra pas d'abord un vilà- neu^ oire^tLr 
ge trop favoiable: ce qui fie bien préjuger audit iîeur Marcara C'ner^u» fieur 

r ,; Minora. 



i: 



44 
perc qu'il auroit peu de fatisfadion de luy , & que le fieiir Caron 

î'avoit déjà gagne. II nelaiiTa pas de luy faire Tes plaintes contre 
la tyrannie du Sr Caron , & de luy en faire éclater (es reflentimens 
d'une voix moribonde eftant à l'txtremitc, tant par la longueur 
des voyages de mer que par les fers , les cachots , la faim , la loif 
& la nu dite qu'il fou fîroit depuis long-tempsavecfon fils. Ce ta- 
bleau de miîères n'attira guère la compafîion du Sr Belot, le- 
quel pour routes réponfesuiy diti Je ne me môle pas, Monfieur, 
des affaires de Monlïeur Caron. Lors que je luy ay voulu deman. 
der vos Comptes pour en voir l'eftat , éc vos papiers pour les exa- 
miner , il m'a dit ne les avoir pas , &c qu'il les avoit envoyés en 
France j c'ert pourquoy , Monfieur, Je ne puis que vous faire : 
voicy un Vaiflèau qui va partir pour France , où vous pourrez 
vous mettre delFus avec Monfieur voftre fils , & vous juftifier 
lors que vous ferez arrivez, comme bon vous femblera auprès de 
Meffieurs de la Compagnie, 
,f6, A cet efFet ledit Sr Belot Diredeur gênerai fit tranfporterles 

LtsrBfktfuttrâ^ ficurs Marcflra père Se fils , avec leurs chaifnes & leurs fers , du 
cllTd^'-ia<â,ms. VaiiTeau Saint- Franijois fur le Vautour, fans les leur faire ofter, 
rrm^tisfurk Frf«- Lequcl Vaiffcâu du Vautour reprit la route de Ban ta m , ovi il arri- 
nur^faur Tr^nce. ^^ ^^ Commencement de May enfuîvant 1^71. 

'f?. Il y fejourna environ fix mois, Se toujours les fieurs Marcara 

F^ rfnfiVlZ'Zti P^""^ ^ ^^ dans le cachot, dans les fers , Se dans leurs miferes or- 
dans ke fers ç£ le dinaîrcs. Ce VaiiTeau partit enfin le 20. Octobre audit an, & fit 
cxàatnui tsKAtnt voile vcrs le Brefil ,oùil aborda lei. Février 1673. 
*" ih. Après s'y eftre ravitaillé pendant tout ledit mois, il prie 

^>r,'ui:edu-vaijft.m la Toutc de France le i.jour de Mars enfi]ivant,& arriva au Port- 
oyflc.e„ttesfie,.rs L^^ ^ j^ ^^ jyf^ ^udit an iG-]%. 

fh^Purt-Lmiji. H eltoic tcmps de donner un peu de trêve a la tyrannie. 
Le.'' fieurs Marcara père & fils n'en pouvoient plus _, ils alloient 
miferablement Succomber fous le joug de l'opprefîion , & il n'efï 
._. pas neceilairede faire un long difcours pour perfuader cette ve- 

î.^ lire à toute la Terre. Il n'y a perfonne qui à la lecT:ure de cette 

-■''•:\ hifloire tragique , pour barbare qu'il Toit, n'en foit touché de 

compaflionpour les fieurs Marcara père & fils, quoy-qu'ils luy 
foienc inconnus, &qui ne dife que leurs corps eftoient de vérita- 
bles rochers , pour avoir pu fupporter toutes ces miferes &c ces 
mauvais traitemens, 
!/<,, Aufii la Providence Divine, qui nelai/Te rien impuni , montra. 

D-fft F'""^J''' f!'' t-elle , à l'égard du fieur Caron £c de tous les autres perfècuceurs 
j^«M. '"^ èc ennemis dudic Sieur Marcara , les efFets vifiblcs de fa vati- 
geance. 



, 45 
Le fieur Caron eftant abordé prés les coftes de France ,svec tous ig»'. 

iês trefors qu'il avoit amaflez aux dépens de la Compagnie , faifi de B^'/'^^ih^Zl'f* 

terreur qu'on ne luy filt fon procès en France ^rebrouiTa chemin, mon ^uectsui {L 

& pour mettre enfèureté tout fon bien, prit route en Portugal, *'^^/'"'' '^^•^^ ^ 

oùeftant furIanviereduTage,dansleport mefinede laVilli-' de ^'*^'' 

Lifbonne Capitale de Portugal , les cables de fon Vaiffeau cftans 

venus àmanquertGutd'un coup, ledit Vaifleaufe fendit en deux, 

& le miferable Caron , qui n'avoit cherché qu'à faire périr le ficur 

Marcaradans les ondes, y trouva luy-mefme fon tombeau avec 

toutes Tes rie heflès, pierreries £c trefors qui y furent pareillement 

abifmées. 

Le fieur Rouffel , qui avoit injuftement accufé le fieur Aîarca- ^^ sl'ù,' soiffii 

ra, de laquelle accufation il fe retrada néanmoins enfuice, mou^ n.e>,rtj'ni,teme»t à 

rut' fubitement dans une étrange pofture , proférant ces demie- ^f #^j<^^'" "/"•" 

1 _ I ^)/;j>/r'->^^'* extrêmes rtmtt^ 

res paroles ; 2^0»/ te regret que ) ay , c ejt d avoir offense Msnjicur ,^i_ 

J^arCara. Lefuur. Geu\m 

Le fieur Goujon, preffe d'un cuifanc reeret d'avoir efté ig ""«'•"^^'''^'■«•'•, 
miniftre de l'injurtice du fieur Caron, mourut huit jours ^^tés /omemc^t d» peiér 
qu'il eut fait emprifonncr ledit fieur Marcara, Ion fils & fesne- ^■*''f""''> 
veux. 

Le fieur Malfoiïe, qui eut tué le fieur Marcara d'un coup de Le fillf' Mjfijff 
poignard s'il n'en avoit eftécmpekhé^ a luy-mermeeftc poignar- fftt,,cd-»n cD^p tU 
dé dans les Indes. '"■f"""^- 

Le fieur Portail , qui avoit efté le principal correfpondant du \pf. 

fieur Caron pourperlecuter le fieur Marcara , s'en retournant en ^' fieur portait fi 
France fur le Vaifleau la Couronne , fe donna de la tefte contre une ^TuTreunt iZ'e de 
barre de fer , dont il demeura mort fur la place. fir is" meurt fur u 

Le fieur Martin, qui eftoit le Fierabras du fieur Caron pour mal- f^"*"' ^ 
traitter le fieur Marcara , gémir encore à prefenten la cofte de Co- £f/îf..r .\urtm eji 
romandel pour la perte qu'il a faite de fa veuc. de^.enua^,elt^ie, 

Tantileft vray que nous ierons mefurez àlamefme mefure que 
nous aurons mefuré les autres. 

Ce fut alors ,aprésavoir demeuré douze jours à l'anclire, qiîe isè. 
le fieur Roulloc Agent de la Compagnie, & par fon ordre, i'^ '/JZ^Tclt-'-. 
tranfporta fur ledit VaiiTèau , pour tirer les fieurs Marcara père & g^ie,(£fA>'km-Qf- 
fils. Et c'efticv où tout cœur tendre peut faire un ère flexion atten. 'i" , ■^'•■^'ffi'- 1' 
tive. Voila donc qu on arrache ces deux pnlonniers , plus morts yf^^^^ M.,re^>:tferr 
que vifs , qui ne pou voient fe fou tenir , pour avoir nuit & jour efté i^fiit. tesmetto^t 
toujours a (fis pendant trente- deux mois, attachez à une barre de "Jffjll/''^^''p"^^, 
fer par les pieds , chargez de chaifnes , dont le fieur Marcara por- l^uji, 
te encore les cruelles marques , "tous noircis de la puanteur & pe- 
ftiientielkexhalaifon de tant de divers cachots , accablez de U 

F jij 



/J7' 



46 

faim idelafoifjdu chaud, du froid, 5c de mille 6c mille autres 
tourmensmcoricevables qu'Us avoient foufFerts pendant tout le- 
ditcemps.Etc'eftjuftementàchacun d'eux qu'on peut appliquer 
ces paroles de VirgilefurEnée: 

Tdntum ille ^ terrii jailutus ^ ait». 



Le si<urRB»i!otyr, & au Sicur Caron , 8c aux exécuteurs de fes cruautez , ^ 

ff '"'f' ^ /'/- ramène efi antmis tcrrefiriùus me i ^ 

heurt lei DtrMturs ,, Tf-nii -i ' n • \ 

Généraux de par,^. En cçt equipagc Ic lieuf Roullot , aprcs Jeur avoir oite leurs 

de temr ifyoïtement fgfs ^ conduifit Icfdits fieufs Marcara père Se fils , & fon petic 

i/L.^" ^'^'^''"' neveu, en la Citadelle du Port Louys, où il les conftitua prifon- 

niers entre les mains de Monficurde Beauregard Lieutenant de 

Roy commandant dans la Ville Ôc Citadelle du Port- Louys, 

Hennebours & Qiiinperlay, 

i;>a.' Le fieur RouUot s'elUnt acquitte de fa charge, ÔC ordonné 

Le ftettr B.9HUnt de £ ^gj j^qj^ prifonniers à chacun {êulement treize fols 4. deniers 

gotc n-ordonne ^uo P^f jour pour Icur noumture , comme (1 c eullent elte les plus 

i^/sis ^.deajcU. viles perfonnes du monde , M on fieur de Beau regard peu de jours 

ITJLZ'mmZ'-^P^^^^^'^^^^^^'^^^^^^^ Diredcurs généraux de 

ee, ^aifintrednm la Compagnie , par laquelle ils luy faifoientde nouvelles jnftances 
^j'^fi^! f^'- erdre de tenir lefdici fieurN Marcara père & fils prifonniers, & étroite- 
' ment gardez, & ne leur donner qu'à chacun Çva fols huit deniers 
pour leur nourriture , comme fi c'euflent effcé L-s plus infâmes for- 
çats des Galères, 
, r^^' ., Lefdits fieur Marcara père & fils fe voyant un peu foula eez 

Us peurs Marcs. r ; .,■■.■ 

fifere ^ fb fe par la dechargc de leurs chaunes , s attendoient de le voir bien- 
dtfabufent d.e u toft dclivrez dc Icur Captivité , & que les fieors Diredeurs gene- 
■Mment en i, \»iïice ^^^^ 'eur rendroicnt jultice en-tout 6c par tout : maiv ils rurenc 
di Mtffieurs u$ Di' bien toft obligez de changer de penfëe pir la fufdite Lettre & 
ri/unn geneir^x. Qj-dre donné audît fieur de Beauregard, ôc virent bien que lef- 
ih itutorifilitU tj, dits fieurs Directeurs généraux authorifoient ledit fieur Caron, 
r.mmed,i siettr & que tout ce qu'il avoït fait Se exircé à l'endroit defdits fi, urs 
'^'"*' Marcara père Se fils avoïc efté fait de concert ÔC d'intelligence 

io£. entre eux. 
^tgl'T'ueftenlnt Suivant cettc Lettre & ordre on continua de les détenir tout 
de Roj MU Port- nuds , commc lls eftoient fortis du Viifleau le 7. Juin, jufqu'au 
Loftjs foit 'np^"^' [jiois de Novembre enfuivant ,que Monfieur de Beauregard Gou- 
iesfitursMirctr^^ vemeut de laoïtc Citadelle ne pouvant devantles yeux (oufrrirun 
&f'"""^'ordredu fe] (pe<5lacle , écrivit à Mcffieurs de la Compagnie pour les faire 

Jii>\ les -veiti mettre i i 1 1 i j il ■ j ■ r ■ - 

eaMirte. habiller , JEumundant qu une pouvoit pas tenir des pnfonniersen 

cet eflat. Et quelque temps après vint l'ordre de les faire habiller t 

Lesfteurs Dire, cc qui fu t fait audit mois de Novembre. 
/!cMrsge>:er.u,^fro- Lg^it ficur dc Bcaurcgard leur manda pareillement qu'ils avi- 

metteift cet ardre. " * * 



47 
fiflêntàce qu'ils vouloient qu'il fift de leurs prifonniers; qu'il ne 

les pouvoic plus garder fans un ordre exprés de Sa Majeflé; 8c que 
s'ils ne taiioient leurs diligences, illeurdonneroit la liberté. 

A quoy lefdits fieurs Directeurs de la Compagnie firent ré- toi." 

ponfe audit fleurie Beauregard, qu'ils en avoient parlé à Mon- r^l^à'ofLcrmm 
lîeur ColbertjBc qu'il leur avoit promis bien-toft un ordre de Sa de udue at^^m- 

Alaiefté icif't m, Calbert, 

Monfieur de Beauregard ayant receu cette réponfe , qui ne ten- L^tllmn mre- 
doit qu'à tirer de long, afin de faire toujours languir ces prifon- ^crs centraux ob 
niers dans les prifons du Port-Louys , écrivit direcHremenr tout fur "du^RZ p^ur^fj^e 
le champ à Monfieur Colbert.'&: quelqnesjours après il receut une desemy ks sieurs 
Lettre de cachet du Roy, par laquelle^fur la remontrance defdics ^^■"■f^'--^f"'^&//^ 
fieurs Di ri. deurs à luy faite, il ordonnoit de détenir encore les lZ'"T//r»xljT«/ 

■ prifonniersjufquesà nouvel ordre. Cette Lettre de cachet eft du "Mo^ifieutdt " 
mois d'Aouft 1674. ^-«rj^,^. 

Depuis lequel temps lefdits fieurs Marcara père Si fils , & neveu^ La fieurs Ài^trcar^- 
furent encore prifonniersjufques au quatrième Février enfuivant /"V'"*'"'" )«/?«';"* 
léyj. qu'ils furent élargis parauthorite& en vertu de l'Arreft du J^J.J'Jf^^"^"'^ 
Confeil de Sa Majefté , en datte du dou2iéme Janvier précèdent ^irreSUuCo^Jed 
auditan 1675. donc la teneur enfuit. duRej, 

ExtTAtt des Kegifires du Confeû dEfiat. 

LE R OY ayant eftè informé que lei DireBeurs ^ A^em des af. ^^rendu ctnfeil^ 
f aires du Commorcc de la Compacte des Jndes Orientales , ant '^'■f/"',?»' ("-(^o»»» 
fait toutes les diligences (^procédures poffblcs tant k Golconde qu'à. d,tTs,l'r/''luni'.. 
^ajfuUpatam ^ four convaincre le nommé Martin Marcara ô* fes '■"^ff ^ fih 
Complices .de la diÛÎPation ô" divcnifTcment qu'Us ont comînis des ef. ^'''/^'""fj- 

r 1 I ! ^ I Tr 3 r 1 /• n ^/"^f? îles Sieur r 

fets de ladite Compagmeas Comptoir de MajjuUpatam ^ jur lefqnelles Us otreffeurs gens- 
le procès n'ayant pu ejhc fait é^ parfait à Maffulipatam à caufc des ''■'■**' """* """*■ 

■ entreprifes du Gouverneur de ladite VtUe : ledit Marcara ^ fes corn- 
: flices auraient efiérenvoycs^à Surat pour y ejîre juzez^^ auquel lieu les 

Hirefleurs de la Compagnie nauroicnt pas e^imé a propos de procéder 
I dadit jugement par la confideration des Arméniens , qui font en grand 
I nombre en ladite faille, ^ qui fe trouvaient difpofcz^à protéger les 
] gens de leur J^ation , ce qui aurait obliqé lefdits DireBeurs de Surat 
( de renvoyer en France ledit Marcara \& fon fis fur le Kaijfeau nom- 
., mè le Vautour , où elîans arriz'csjls auraient efiè mis dans la Citadelle 
j di^Vort'Louys -.Et efhint necejfaire de connoiftre la conduite dcfdits ac~ 
, cufet^ OVT leRapon du Sieur Colbert Confciïïer ordinaire ^ Con- 
troUeur General des Finances . LE ROT ESTANT EN SON 
j CONSEIL a ordonné 0- ordonne que lefdits Marcara pcrc é-fih 



fJtrite, 



il 
I 



feront mis hors la CîiadeSe du Port^Lovys , ^ ht charge de fe rendre en 
cette Vt il es de Pjrîs dans trois femai nés ^ du jour qutls feront mk en 
liberté , ck" '^'' comparoir paedevant le Sieur Turq^ot , Saint Clair Con- 
fci/lcrdu RoyenfesConfeils^ Maifrcdes Reqne/lcs ordinaires de fon 
Moficl ^que ft- Majcfié a Commis à cet effet, four efîre far luy ouyi 
^interrogezjîir les faits rcfukans des pièces , qui feront mifes es maini 
de ࣠Corfonnoii Commis , le tout a peine de con- 

vîHion'i (^à cet effet ils auront les Gninds chemins du Port-Louys i 
paris pour prifoHy four te tout fait ^ raporté efire far fa Majcfiés 
fourvcucequ il appartiendra: Et fera le frefent Arrcfi ^ ce qui fera 
ordonné par ledit Commiffaire exécuté nonob fiant offofîtions , afpeÏÏa^ 
tions ^ autre i empcfchemens ^ four le fquels ne fera différé î ^ dont fi 
aucunes interviennent , Sa Majefié s'en referve à foy S- à fon Confeil 
la connoiffanee , icellc interdit à toutes fes Cours ^ autres luges. FAIT, 
au Confcild' Eftat du Roy , fa Majeflé y eftant , tenu à Saint Germain 
en Zayc le deuxième jour de Janvier lôy y Signé, ARNAP^ZD^ 
avec paraphe. 
^"^. Pendant rout le temps de fa détention an Port-Louys, le fieur 

Lf peur MitrcAr.t \ i n \ n 

akr» fm: ctffc Marcara à pcinc uilla-t-il palîèr un ordinaire qu'il n'écrivilc aux 
^HjittiSteurs Dire, gigurs DircifleuFS, pour les prier de kiy faire faire fon procès , 
reavmrU memdrc 3"" qu SU moins il hiit coudamnc S il eltoit trouve coupable ,ab- 
fèfonjiie teurf^rt. lous fi oo le jugeoit innoccnt j mais en vain. Jamais il ne pût tirer 
d'euxaucuneréponfe. Encemefnnetemps les affaires de la Com- 
pagnie ellant en mauvais ordre au Port Louys, Mefîieurs les Di- 
recteurs jetrerent les yeux fur Monfieurde Cauville, perfonne donc 
le mérite Se l'expérience auffi. bien que le zèle pour la Compagnie 
eftoient également connus. Il fut député pour aller audit lieu da 
Port-Louys, armer Se efquipper les Vaiflèaux le Blanpignon 5c 
l'Heureufe , y reftablir l'ordre, corriger les abus, & les friponne- 
ries qui s'y fai foie nt,ca {Ter les Officiers mutiles^ ce qu'il exécuta 
avec beaucoup deprudence^eftablicde bonnes règles pour toiî. 
jours & tic un profit de plus de cent mil écus à la Compagnie dans 
les deux Voyages qu'il y fit pendant la détention du fieur Marca. 
ra , lequel fieur Marcara l'informa de tout ce qui s'eftoit pafie 
aux Indes , des injuftes perfecutions &: tyrannies que les Officiers 
de Meilleurs les Directeurs luy a voient fait foufFrir , Sc le convain- 
quit fi fortement de fon innocence , que Mon fieur de Cau ville 
iè crue conll'iencieufement obligé d'en donner avis à Meffieursies 
Directeurs , il leur écrivit pour cerefFetplufieurs fois , maisjamais 
ils ne luy voulurent faire de réponle fur cet article. 
LfiS-t/uliôire/ttufs Tout âu Contraire lefdits Sienrs DirecTreurs s'eftans bien aper^ 
wKff»*,K dt tmnf ceûs qu'il n'yavoit rien de blâmable en toute la çopduite du fieur 

Marcar» 



affl(8tt». 



ii«urMarcârâ , que les accufations que l'on avoit fait faites contre ;*«""««'*'?/«/'«'» 
luyeftoient faufiles Se frivoles, qu'ils a voient mal-fait d'avoir au-j^^'^/'^'^^ 
thorifé la paffion & la vengeance cruelle du fieur Caron , Dire- remi^^jutr fur u 
fteur General leur Colleeue ,8c qu'ils n'cnpourroient éviter la ju- f"'"'"' ^^'Jff-^ 

n. j \° ji \ c ■ • n^- r r i. i^iét finit -x^eiie ,ftui 

jte condamna Cl on , au heu deluy rairejulticecux-melmes (ijns l at- prétexte de /« re- 
tendre d'une puiflance Souveraine, arrefterententre-eux de lefai- ■^<i,e'-mx Indeu 
re rembarquer derechefavec Ton fils & Ton petit neveu fur le pre- 
mier Vâiffèâuqui s'en retourneroitaux Indes , fous prétexte de le 
renvoyer en fon païs^afin d'étouffer cette affaire, & empefcher 
qu'elle ne vinft aux oreilles de fa Majefté , qui fans acceptation de 
perfonnesôc de qualitez rend également juftice à tout Je monde ^ 
& ainfi s'exempter entièrement de rien payer audit fieur Mar- 
cara de fes légitimes demandes. 

Mais Dieu en avoit autrement ordonné , Se fa providence qui fe xsy, 

plaift à confondre la malice 5c à faire éclatter l'innocence , voulut y'»fi à»siem- k^» 
que dans ce temps oà l'on avoit Guerre avec les Hollandois, leur fn^Z^rd^lZerT, 
Armée Navale eftantfur les Côtes de Bretagne devant Belle Ifle, deSeng^UÀ p^rk', 
Monfieur le Marquis de La vardin Lieutenant General de Breta- f^}'!''-""- "*{<>» 
gne,s enalIaencetteProvmceparordredeSa Majelt^ pour de 
fendre ces Coftes, Il arriva au Port-Louys le 
vifita la Citadelle dudit lieu, & y trouvantlefditsS^Marcarapere, 
fils, & neveu dans un eftat fî déplorable, il s'informa d'eux quels 
ils eftoient.LeS' Marcarapereluy fiten deux mots un récit de rou- 
tes leurs mi feres ÔC des injuftes perfecutions qu'on leuravoit fait 
fouffrirjà quoyil ajouta que les S's DireAeurs delà Compagnies 
desIndes par un motif d'intereft particulier avoient donné par leurs 
calomnies de mauvaifes impreflions à Monfieur Colbert de la per- 
sonne dudit fieur Marcara , de forte que toute audiance leur eftoit 
déniée. Cela toucha fi feniiblement le coeur de ce généreux Mar- 
quis que fur lesinftantes prières que luy en fit ledit fieur Marcara, 
il iuy promit d'employer pour luy tout fon pouvoir & fon crédit} 
'& d'écrire en fa faveur j comme il fie plufieurs fois à Monfieur Col- 
bert , pour le détromper Se luy faire voir l'mnocence dudit fieur 
Marcara. 

La generofité de Monfieur le Marquis de Lavardin ne fe borna 
paslà. Commeileftoitbien inftruit de l'affaire dudit ileur Mar- 
cara, il nefut pas plûtoft arrive à Paris qu'il en' informa particu- 
lièrement Monfieur Colhert, 6c pour comble de bon-heur Dieu 
lufcita encore (fans cet inftant , Jean Marcara coufin-germain 6c 
frère à la mode du Levant dudit fieur Marcara père , lequel ayanB 
apprisà Bengale dans le fond des Indes où il cfioit le malheur du 
iîeur Marcara fon Coufin , abandonnant iâ famille & Ces propres 

G 



affaires , s'achemina en France pour le fervir dans fon affliction . 
Il fut deux années entières en {on voyage ^ où il endura des pei- 
nés , des fatigues &c des travaux inconcevables qui luv cauferent 
le fifur u^n M^- Dicn tolt apfcs la mort. 

ara frefinte un Enfin il atove à Paris, Scfuivant l'inftruiîbion queluyen avoit 
KT^jiÎL^mJZI tlonné ledit fieur Marcara fon frère , il a recours à Monfieur le 
ftre (^.fih fftfon- Marquis de Lavardin, le conjure de ne pas iaîffèriinparfait j ce 
""",' "^ **^"'*' qu'il avoit fî lieureufement & il ffeners'ufement commencé. 
Monfieur le Marquis de Lavardin admirant en cela les reffbrts 
de la Providence Divine reçoit favorablement ledit fieur Jean 
Marcara , luy promet toute forte de protection ; Et en effet il a 
la bonté de luy ouvrir un accez auprès du Roy, & de luy pro- 
curer un moyen de s'aller jetter aux pieds de Sa Majefté & de 
luy prefenrer un Placer pour réiargiflèment defdits fieurs Mar- 
cara père, fils & neveu. Sa Majefté l'écoute , prend fon Placée 
par fa bonré ordinaire, & le renvoyé à Monfieur Coibert, le- 
quel en ayant fait fon rapport en plein Conièil , Sa Majeftc y 
eftant, le 2, Janvier 1671, mtervint l'Arreft cy-deflus tranfcrit. 

Ileft tout clair & manifefteque l'arrivée de ce bon frère fut un 

coup du Ciel pour ces pauvres languifTans prifonniers. Et c^elt 

icy qu'efV accomplie la prédiction de cette perfonne de qualité 

xs}, dont il a cy-devantefté parié en la pag;e39. Q^ilriy aurvit quun 

'McomfUff.mfnt de ^^^^^ j^ femhlahk à Sabmon qui dèttvreroit le faits Sieurs Mar- 

U ireiiHioH dont a à> J /-i r i ■ ■ t , i r >. rf ^ r -i i 

ejfèfin msntisK cj- caTo, fsre Q- pls de la captivité de leurs fers. Au In en leront-iis rede- 
^v.im. vables toure leur vie à Sa Majefté , Si. publieront par tout fa bon- 

té Se fa juftice extraordinairen 
iiî. Après que ce bon parent le fîeur Jean Marcara eut obtenu 

M^H dt ita^M^r- jg g^ Majefté ledit Arreft d'élargi/Tement pour ledit fieur Mar- 
'""*' cara fon frère, fon fils ^ & Matthieu fon petit neveu , il tomba 

grièvement malade ,- de laquelle maladie , accablé de fatigues 
& de chagrin , il mourut, après avoir ptocuré la liberté à fes 
parens aux dépens de fa propre vie. 
1". Le fi;ur Marcara ayant receu Tordre de fon élargi {Tèm en r, de 

r>éfjr[ d^ /mi- ç^^ fils 6c de fon petit-neveu , fe vitencore bien embarraflé pour 
i.i;iy, g-vec /en jits le conduire a Pans j d autant qu il n avoit pas un denier, & que 
^(£ fin nna: (^ [q^ fîeurs Dircftcurs luy refufbient jufques au necefTaire pour ce 
i. ygyggp^ iifyf obligé demandier le fecoursde fesamis. Si. fit tant 
que par leur moyen il partit du Port Louys le 4. Février de ladite 
année 167J. & arriva à Paris le 17. du mefmemois, où il ap. 
pnf ia mon de fon généreux parent , qui luy câufa un fenfîble 
regret. 
jusfKAn Ai*v,wj Deux jours après fon arrivée qui fut le ijj. il s'alla prefenrer 



SI 
avec fon fils à MonfieurTurgoc-Saint. Clair CommitTairc fufditj ff,.» (^ fhfi è,v^ 
nommé par Sa Maiefté, lequel en exécution dudir Arrefi du A"'^»' " aï»»/?»»' 
Conleil d'Eftat dudit jour i Janvier i6yj. les interrogea le Mar- Jl^j^'„%^J°^' ^'' 
dy u. Mars enfuivanc 1675. fur les faits concernans les prétendues 
accufations contre eux avancées par lefdirs Sieurs Directeurs gé- 
néraux , Mémoires, & autres pièces qu'iceux Directeurs remirent 
vers ledit fieur Commiflaire. 

^^ Voilà le récit fidelle & au vray du fait , & de tout le mauvais ,,j^ 
traitement que lefdits Sieurs Marcarapere& fils ont receus, fans ^' frïfrntF^num 
aucune exagfferation : & de ce fait refulce la JLifticedes 4. chefs de 'fi"""'"fif'f"^^, 
demandes expliquées au commencement du prelentF.i£tum. ««/■« /« fuurs 

En elïèc, les fieurs Marcara père 6c fils , ayant ainfi {uby tnter- ^'"-""-^ ',/■*■ "><" 
rogatoire pardevanf MonfieurTurgot-Saint Clair , répondu lur îl^_ ;«/jp« '««/"■»- 
faits 8c articles pertinens , à eux préalablement communiquez, Les fn»r, Dire:. 
comme dit eft , & iuftifié leur innocence , les fieurs Direaeurs f «".?-— A'-- 
commencèrent a le relâcher tout a coup de Iturs pourluittes, &/««/. 
auroient été bien aifes d'en eftre quites,par l'abandonnement qu'ils 
faifôienc de leurfdites pourfuittes , après avoir fait tout ce qu'ils au- 
roient pu pour perdre le Sieur Marcara & fon fils en leur honneur, 
en leurs biens, Se en leurs perlonnes j on ne parloir déjà plus de 
lever l'Interrogatoire j on laiflbit tout-là,comme fil'Inftanceeuft 
efté tout-à-fait finie. 

Le Sieur Marcara père ne s'endormir pas pour cela j car en- i^nlfr mo^m^» 
viron douze jours après, il prefenta fa Requefte au Roy& à fon fi fCHr^ait tùnm 
Confeil , contenant les quatre Chefs de demandes dont il s'aeit. '"" ^*"' ^"^- '^'Û 

Les Sieurs Directeurs ayant eu vent de cette Kequeite , tirent mca^emem d» ta- 
tant qu'elle ne fut répondue que le 15 Mars 167e, qui eft un an ou '''"'«. 
peu s'en faut, après qu'elle avoir efté preléntee , pendant kfqufls ^^^ i^^^^ ^;^^_ 
ils amufoient le Sieur Marcara de belles propoficions 6c pro- te^n g^no^^ux em~ 
mefTes qu'ils luy faifoient faire , fans qu'elles a vent eu aucune t*fA'nt fen^^ntun 

exécution. dufiei^rHMrcur* ne 

Enfin le ficur Marcara fe voyant pouffé à bout , 6c qu'il ne A' rif^a^e. 
pouvoit avoir raifon de fa<jon ny d'autre defdits fieurs Dirt dteurs, ^^^^IZ^l^fil'^rL 
il pourfuivit auprès de MiTurgot Commiffaire fufdit , fon Or- />i»w«e u f, jf^^j 
donnance fur ladite Requefte, laquelle ledit fîjur Commiflaire y ^^^7^* 
appola ledit jour 6. Mars 1676. ^^^ 

Cette Requefte ayant elle communiquée le lendemain 7. aux z« fsenn Dire.: 
fivUrs Dirtdeurs : I/s v répondirent enfin . par autre Requefte ^ij»" gemraux j 

, Aii'^' répondent U i ±, 

du 14. Avrl enluiv^nt. ^-^rtifrrv^t. 

Le payement qu'ils luy ont voulu faire d'abord , ce font des in- y'"lent f^jer u 
iuresj des outrages 5c des invectives, Quoy que le ficur Marcara f'^"-- m-^"^'-'* ^'o'- 
père , ait fait divers voyages lointains au- cU -la ce au de-^a les Lef^ur Mar^r^ 



G i 



'J 



m ,'Mtend,it fM i "^^rs -^ Il n'a vu aucune contrée ou telle monnoye full de mife 
uttt frrtt âe f.tjt. pour acquiter des debtes , & lors que le fîeur Marcara eftant 
ntMtjon ^utttTM- ^p3r[s comparut & fut examiné en tant d'aflemblées que tin- 
lesDinneitr, girtf. fcnt MclIieurs les Directeurs a ion occaiion , par la dernière de(. 
^'"*''- quelles ils arrefterent ( comme il a efté dit ) qu'il feroit envoyé â 

Madagafcar, pour le /èrvicede la Compagnie, où Tes Offices Se 
appointemens feroient réglez par le ConTeil fbuverain de Tlfle 
Dauphine , & par les Sieurs de Faye & Caron , Directeurs Géné- 
raux leurs Collègues, ils i'auroient bien oblige de luy dire pour 
lors , qu'ils n'avoient pas d'autre monnoye à luy donner en paye- 
ment, H. recompenfe des fervîces qu'il rendroit à leur Compa- 
gnie, ledit Sieur Marcara fe feroit bien donné de garde d'entre- 
prendre aucuns voyages pour eux. 
Quoy qu'il en foit le Sieur Marcara ne s'arrefte pas à repouf- 
LtmJms que le ^^^ l*^Lirs injurcs & Icufs invediives j II eft trop perfuadé qu'elles 
feur KUrMra. fMt font toûjoufs , la raifon de ceux qui en manquent , & ce qui le 
dc! m\Hrci de mtf. ^onfole encote plus forcement, c'eft qu'elles font en abomination 

heurs les Dtrseteun ,_,., ',. „ \^-%,-r\-\ii'\ i i 

>•«/■<.«*■. dans leTribunal Augoite de Sa Majelle,a la leule approche du- 

quel elles s'évanouiffent. Voilà le General payement. 
tïs. Quant au particulier du premier Chef de demande du Sieur 

EKttfTKim fih'ç. Marcara père, pour fefdits appointemens depuis le 13. Decem- 
Us de McffstunUs brei666. lufoucs à prefent. Les Sieurs Diretfteurs excipent , I!j 
..i//;*, ^(.«r «ff^dif dilent que le heur Marcara na aucun titre , quils n ont 
f^j(i- lefKurM.ti'- contradé avec luy aucune obligation ; tout au contraire, que 
deiltarl"^" ' "^Jcfieur Marcara leuf eft redevable d'une fom me de ijoo, liv. pour 
obligation paUse à Paris le 13, Novembre 1666. 
^^^ A quoy il eft aifé de fatisfeire les fieursDire^eurs : Le fleur' 

Leuri e'xTi-ftiù»! Marcara les croit encore d'à liez bonne foy pour avouer qu'ils 
rqttiê.s ?•"■''«'■ fçavent bien que le fie ur Marcara s'eft prefenté à Sa Majefté,. 

propre coftHCffl^tnce * ,* iin-vT^- n j^ii rr* - r r ■ i 

tJu-xirritiiUtni,- 'Ofs qu il eltoit a Pans , & qu il luy ofrrit les lervices pour leui: 
re d kan Mfff- Compagnie, que Sa Majefté le renvoya à Mr Colbert, Mr Col* 
bert à Meflîeurs de Thou & Berrier ; Qu'il fut admis en plufieurs 
afîêmblées que lefdits £eurs Directeurs tinrent à fon occafion \ 
Qu'il y fut jugé capable pour eftre employé au Commerce des j 
Indes pour leur fervice ; Qu'ils ont fait un rcfultat entre eux , 
portant que luy fieur Marcara feroit envoyé à M.idagafcar , oà 
lors qu'il feroit arrivé , le Confeil Souverain de l'Ifle-Dauphine, 
& les fieurs de Faye £c Caron Directeurs généraux, leurs Collè- 
gues rcgieroient plus amplement (es Offices & appoinremensf 
Que fefdifs appointemens , a in fi à régler fur les lieux ne lailferoient 
pas de luy élire payés du jour de Ion embarquement de France 
pour- les Indes, Cette délibération, eft dans ks Jlegiftres de kujr 



M7iS 






53' ^ ■ 

Compagnie, Ils n'en peuvent pas difconvenir. 

Enveuë de cet Arrcfté ou relultat,ilsluy obtiennent des Lettres ^«. 

de naturalité, luy promettent de folliciter pour luy l'affaire qu'il C'»/'''"'*'"'»' 
avoiten Italie, contre la fucceflion de ce Banquier qui luy eftoit 
redevable d'une fomme tres-confiderable, luy difent qu'il n'a qu'à 
s'en repofer fur eux , Se qu'il parte inceffamment pour leur fer- 
vice , luy font laiffer une Procuration tres-ample avec fes autres 
papiers 'entre les mains ^du fieur Hardancourc leur Secrétaire, 
ee qu'il fait. 

Ils luy avancent la fomme de 1500. livres à titre de preft dont ils n;, 

lay font paffer un A£te pardevant les mefmes Notaires , que le '^""f >'"'*"»>'' 
fieur Marcara figna jà l'aveugle fie fur leur feul rapport, & (ans qu'il 
entendit ce qu'il contenoir. 

Ledit iTeur Marcara les convainc encore parle même acte ( fans j,,^ 

toute-fois l'approuver cschefs qui luyfont contraires} par iceluy , centmtt^utrtt 
Us luy donnent qualité de naturalKéFrançois, Se d'Agent de leur 
Compagnie. 

Voilà des preuves fortes & convaincantes , que lefdits fieurs 
Diredeurs ont reconnu ledit fieur Marcara pour leur Officier & s»ite.. 
Agent, ce qui ne laifle plus aucune matiered'endourer, preuve 
de fa qualité requife. 

En faut-il davantage? Qui feroit fi fimple de croire que lefdits 
fieurs DireAeurs avifez comme ils font , euffent voulu jwefter à- 
un eftranger du fonds de la Perle , comme eft le fieur Marcara , 
une fomme de 1500. livres , comme ils ont fait ,ainfl qu'ils le difent, »r"^' 

s'ils ne l'euflent déjà pour lors reconnu pour leur Officier j Qu'ils **"^' 
luy euffent fait prefentà Paris de riches Eftofes de Brocard d'Or 
& d'Argent, & du plus beau Drap de Hollande pour fe veftir,, 
lors qu'il feroit arrivé aux Indes ; QiAls euHent payé les frais 
de fon voyage depuis Parisjufquesà Saint Malo , lieu de l'embar- 
quement, êc ce«x de fon fejouraudit Saint Malo, pendant un mois- 
jufques au. jour de fon embarquement , ôc fes frais jufques aux. 
Iodes, 

Cette adion auroit efté bien loiiable en eux de faire des. 
dons ôcdes prefts de cette confequence à un Eftranger à eux in- 
connu -, Les Communautez d'ordinaire ne font pas défi grandes.- 

largeflcS. ttdefj^ex md. 

Il eft encore eftrange que les fieurs Directcuts veulent dire,^°^_^*'^^/*«''^ "'- 
que le Traité du 14. Octobre fait entre les Sieurs de Faye & dl7Zté%T^"^c' 
Caron , & le fieur Marcara ait cfté conclud fans leur aveu &c ^' f^tr M.,rc.!r.,. 
reconnoiflance. caflî*^»*].;. rr ' 

Ce traité ne fait que fuivrc leur délibération , ôc l'ordre particu- r/ r^/i^^k ^ 

.G ii]. 



54 

„«/,rw<^/w./î/lief qu'ils leur en donnoicnt pat leurs Lettres & Defpefches 
dii ftturs D,re(. adrellees audit Conieil Souverain de l'Ifle-Dauphine , & aufdits 
'""'■'• fieiirs Directeurs de Paye &, Caron qui leur furent rendiies à l'ar- 

rivée du Vtilleau à Madagafcar. La délibération porte, Q^ ledit 
Confeil, & lefdits fieurs Caron &.de Fayereg'cronc Tes Offices & 
appointemens. Ils les regîent , dequoy fe plaignent les fieurs 
Diredaurs ; Ils ne font pas exce[Tîfs j Ils n'en adjugent pas da- 
vantage aufieur Marcara, homme expérimenté dans le négoce, 
qu'au nommé de Line HoUandois, qui ne pofTedoic qu'une petite 
partie de ces mefmes charges & employs , quoy que peu verfé au 
négoce , S: qui n'avoir que la direcbion d'un feul Comptoir ; Et fi 
les fieurs Directeurs vouloient reprefenter les Regiftres de leur 
délibération, dequoy ayansefté fommés, ils n'ont rien voulu fai- 
rejon y trouveroit ledit Ordre ôcTEmploy defdics appointemens 
inferez. 

Et quand il n'y auroit point de délibération ny de depefches 

particulières defdits fieurs Dircdeurs Généraux ^ point de Lettres 

de naturalité ; point de qualité d'Agent, ny Prcfèns donnez, ny 

Lis/JulldeTajt. frais payez pour le voyage dudit fieur Marcara 5 II fuffiroit qu'jl a 

^Cvonotr^iiemi traité dc bonne foy avec les fieurs de paye & Caron Directeurs 

^llî^kf^ur 'mIZ Généraux envoyez par Sa Majefté,6£ députez par eux Sieurs Dire-' 

MM , fondez ^ cteurs Généraux de Paris pour l'établiflement du commerce de Ja. 

t<i»te ra.t<,rtti (£ jjij.g Compagnie dans les Indes, avec l'authorité U. pouvoir necef- 

fsuveir rtqmt pour i- . ~ i i- - i irT ti r 

ceU, iaire, & requis pour ledit etabliliement. Ils lont reconnus pouf 

tels dans les Indes , & autres lieux où ils fe rranfporrent Les autres 
Officiers par eux établis ont traité de mefme, ôc ç'auroitefteune 
chofe bien inutile auldits fi urs D ire «fleurs de Paris de Jes députer 
iàns pouvoir , qui confifte particulièrement en l'inftitution des 
Officiers &Miniftresneceflaires j d'où il refultepar une fiiite in- 
faillibleque les fieurs Diredt-ursde Paris {ont tenus d'obferver, & 
entretenir tout ce qui par lefdits Sieurs de paye Se Caron Direc- 
teurs Généraux , leurs Collègues a efté fait , géré & negotié. Quoi 
qms fer ahumfacit ^ fer fetpfum facere videtur ; £t en efFt.t , ils 
ont tenu &obfervé toutce quia efté faiten toutes manières, tant 
à Madagafcar qu'aux Indts, par lefdits Sieurs de paye & Ctrorï, 
fors & excepté en ce qui a touché ledit ficur Marcara, lequel à 
tres-jufte titre demande fefdits appointemens du jour de fon cm- 
il n'd /f/'««« ta barquement de France jufqu'à fin de Procez. 
Sieur M.rcirA ^a-it Que fi le fifur Matcara n'a pas fervy routle tems qu'il s'eftoit 
»w i-s»tj»ité /' oblieé , à qui en doit eftre imputée la faute qu'à eux-mefmes 

fervtcei a U C««- r-^-r^V-L •/•"ij ■ \ r 

f':»ie. Sieurs Directeurs , ou quov que c en loit a leur députe le lieur 

^s'- Caron leur Collègue, qui l'a tenu toûiours avec fon fils dans des 



cachots des Faits duquel ils font tenus , Sceux-mermes les ont te- f,pbi f^ /„ vy« 
nus dans des prifons du Fort- Louys pendant vingt-un mois par ja -^tek^te, dt Mtf 
force maieure. fi"*" '" D,r.iuur, 

Et puis que la Compagnie s eft obligée par le Traite des u^. 
Sieurs deFaye ScCaron Diredeurs Généraux, de payer au fîeur <2!^> fi"r ebh^i. de 
Marcara fes appointemens au cas qu'il fuft arrefté prifbnnier ^^^"^ j;^,Janr iJ' frZl 
l^s Corfaires de toutes les Nations , comme s'il avoit Ççim^^ p^P'rvfciHy.ftn^ 
actuellement i il eft bien jufte qu'Us les luy payent pendant tout '^-«^ "«'/;'"'- ^^ 
le temps de fa détention , & a la vente le iieur Marcara auroit 
bien voulueftreàla peine de ne point demander d'appointemens, 
& n'avoir pas efté traité, fouffert j & gémy, comme il a fait. 
Tant qu'il vivra il fentira les marques des cruautés qu'on luy a 
fait endurer. 

Pour le fécond chef des demandes du fieur Marcara touchant 
les fix mille livres aufqucls il s'eft réduit pour l'enlèvement de fes Les feun Dire- 
hardes, & autres efFets fufdits, il n'y a rien de plus iuridicque: ^i"'^ ê^"f'*>^^ fi"^ 
On le traifhe fcandaleufement dans unePrifon, & pendant que/™^ M.,rcX /« 
les uns font occupez à cette étrange exécution Jes autres en mefme ""^' '™'^^ /"""■ 
temps , pillent enlèvent , 8c emportent tout ce qui eft dans fa 'Z^'ieZ' offjli 
maifon oii eftoit le Comptoir de la Compagnie à MaiTulipatam, i»j ont md.fàs, 
tout eftenproye. On ne s'amufe point à faire d'Inventaire, nyde 
deicription de ce que l'on ravit; Point d*^ Ordonnance d'enleverj 
Pointdeformalitésde Juftice, il ne faut point de preuve à une 
action publique j comme eftoit celle-là ^ l'on n'en peut difcon- 
venir. Si les meubles,hardes,6£ efFets enlevez eftoient en nature^ 
Ton verroit bien par l'eftimation qui en feroit faite ^ qu'ils valoient 
le double de ce à quoy fe réduit ledit fieur Marcara j mais il 
veut bien fe contenter defdits fix mil livres pour obvier à toutes 
conteftations contraires. Et s'ils s'attaquent aufdits fieurs Direc- 
teurs , c'eft qu'ils doivent eftre garends des Officiers qu'ils 
commettent eux mefmes , ou qu'ils donnent pouvoir de com- 
mettre. 

La fomme de mil-cinq cens livres efl légitimement deucparle ^ 
Sieur Beber audit SieurMarcara ^ il n'y a plus lieu d'en douter,puis pauriifens eis^^ 
qu'il y eft condamné par un Arreft,en vertu duquel fai fie a efte fait ^' '*/ i'V^'' i-f"*- 
teentrelesmains du Sieur Caron , fur plus grande fomme qu'il '^'^"' 
avoit du Sieur Beber entre fes mains, & fi le Sieur Marcara s'a- 
drefTe aufdits Sieurs Directeurs pour que cette lomme de mil cinq 
cens livres luy foit délivrée, c'eft qu'ils ont environ quinze mil 
Roupisappartenansaudit Ik-ber qui font environ 12000 liv. mon- 
noyede France quele Sieur Caron avoit re«euc pour la Ccmpa- 
gnïe j & qu'il leur a mis entre les mains. 



ij r. 



Le quatjiéme chef de demande du Sieur Marcarâ toucliant fej 
i%it!jdl f!!'r> dépens , dommages , & interefts eft de la dernière importance , & 
Dtr<:.'!cuftgt»e>-^ax tout plciti dc judicc, il conccme 6c le père Se Je fîts, 
f.>j,^t^«fi>nfi^ur, ji faudroit abolir toutes les maximes de Droit , & renverfer tou^ 
dêf^m , iomm.tges tes Icï Loix ^ Ordonnances & Coutumes , fi on leurdenioit des de. 
y intertpt. pens, dommages & interefts -pouravoireftéempriibnnez pendant 

Parce aue kl Lmx *_ oj ^- • r r • o m- 

rde>it, quatre ans oc demy entiers,ou environ (ans aucun lujet , 5c pour I e- 

treencoreàprefeiit depuis plus de 53. mois à la poursuite de leur 
dette ,avec des peines 6c des dépenies aufquelles ils ne peuvent ea- 
fin plus iubvenir,ôc fouffertdes cruautez inouïes amplement enon. 
cées dans le Fait cy-devant contenu. 
*\à. Peut-on s'imaginer qu'on en foit quitte de cette manière j qu'il 

f.B'ce^u-iUffr- ^f j^jj .^ ravirla liberté à des cens d'honneur 5c les réduire en 
r/»« dm emfUi clclavage , qu a ternir la réputation d un homme , luy faire perdre 
ms.^'j.tntAgei^x , mille bcâux emplois avantageux qui Ce prefentoient aux Indes ,j6c 
TiùiiL """"' ^ ^"''' a toujours refufé pour s'appliquer tout entier , comme il a fait, 
au fervice d'une Compagnie qui le voudroit à prefent , fi elle pou.^ 
voit payer d'ingratitude, Se qui bien loin de le recompenfer, luy 
refufe mefmejulquesà fes légitimes appointemens. 
*J7« Sera- t-il dit, Que le Sieur Marcara foit à prefent hors d'eftat; 

OT«tô" 'rfLfaf""? comme il elt , d^emb rafler aucuns emplois , par toutes les cruautet 
fiuvsirf tuerie» exercécscn fon endroit 1 dont le Tableau funefte eft dépeint cy- 
^Z7I7(k'£fnê deffustoutau long. 

il^!''"""' Que fon fils dans la plus fermevigueurde fon âge ait efté em: 

r^nc <i<t-d! ont pefchc pat des Tyrans , de faire fa fortune avec les avantage! 

'Pf/èttil^i'tt dont la nature l'avoit doué. Se l'appuy de fon père qui auroic 

' /<■! a~janugis f«v achcvé dc le perfeâ:ionner dans les afFaires, que tout innocent 

^^ottf^ur acj»enr qu'Heftoîtil ait foufFert, comme fon père fans fuiet, fans prétexte 

àu». nycaufe. 

isf- Que le corps du Père & du Fils fbient ufez & caffez par les Pri- 

ffJîZéUflniIda ^°"* • ^^^ Cachots , les Fers , le Froid , le Chaud ^la Faim , la Soif, 

fere (^ d^tfiu ,fAt U Nudité , Sc mille autres cruautez , qu'on a exercées en leur en- 

ki -videM-s p droit, 5c ceux qui ont fait ces beaux projets font le Sieur Caron 

Zl"dîlLr o,n fut Directeur General , l'un des Collègues defdits Sieurs Direâeun 

{oum-tr , ou Uitrs Gcneraux par Icuravcu , cc fo.it les Officiers propres de leur 

'^n'ktZi'Zs'"^ ' Compagnie J & en un mot, ce font eux raefmes qui ont tout 

f^Tte:trAHt'>r^. fait, le Sieur Caron n'ayant agy que par le pouvoir qu'il luy eft 

ont donné , ils ont efté les premiers mobiles ; D'ailleurs ilî 

l'ont aurhorifé entout,ayans fait détenir eux-mefmes &par leur 

ordre 6c mandement exprès lefdits Sieurs Marcara père ôc fils , 

prifonniers pendant 11. mois au Port Louis, S'ils en vouloient 

difconvenir leur propre Lettre du 6. Avril 1669. écrite aux Sieurs 

de 



de Paye & Caron produite au Procez les condamneroit, par la- 
quelle ilslaiflentexpreflèment à la prudence dudit Sieur Caron de 
licencier ou renvoyer le Sieur Marcara en France de la manière 
qu'il jugera la plus avantageufe, au bien 6c à la réputation de 
leurs affaires. Ce font les propres termes de leur Lettre, le Sieur 
Caron eft fans contredit Dire fteur General dans les Indes ^ lia 
comme leur Collègue, rang, fceance , voix deiiberative comme 
un d'eux dans leurs aflemblées à Paris, lorlqu'il s'y rencontre ^ & il 
eft fi vray qu'il n'a rien fait que par authorité de la Compagnie, que 
quand il décerne fon Décret pour ar re lier 'i;;/'o« mon]s Sieur Mar- 
cara } Ilufe de ces termes ; De ce faire , Donnons au nom de la Com- 
famie ^ aumflre ^flein ^ entier pouvoir d'agir, ainfi qu' il avifera 
ifon effre , four le bien ^ feruice de ladite Compagnie. 

En faut-il davantage pour convaincre iefdits Sieurs Directeurs ^ 
qu'ilsfontindifpenfablement tenus de tout ce qu'a fait 5c exercé 
ledit Sieur Caron leur Collègue, & par leur aveu en la perfonns 
des Sieurs Marcara Pere&: Fils, & des légitimes dépens, domma- 
ges & interefts qu'ils demandent. 

Voilà les quatre Chefs de demande defdits Sieurs Marcara Père us<^uutte'âfman~ 
ScFils, fuffifammentcftabliSjnonde paroles, mais par bonnes 6c des du fie»r .u.ir- 
authentiques Pièces produites au Procez liln'enrefte plus que la ^-'"/""J *"»"•*- 
condamnation contre leidits Sieurs Directeurs Généraux , que lef- ^upue, 
dits Sieurs Marcara Père £c Fils attendent delà] uftice de Sa Ma- 
jefté ôc de fon Royal Confeil , qui par toutes les Pièces produites 
de part 6c d'autre verront bien l'équité defdites demandes ^ & la 
foitîlefledes defFenfes defdits Sieurs Directeurs, 

Carlefdits Sieurs Directeurs (e voyant ainfi prefl^ez par îefdits '^r- . 

Marcara Père & Fils, pour le payement de ce qui leur efl; dû, ^^^^ÇZ^^r}. 
Se nefçachansplus à quel moyen recourir jfe leroient avifez d'à- lonnedi/eHien u 
vancer dans leurpremiereRequefte que ledit Marcara devoir eftre d^y^dt ^uihfint 
tenu ( bien loin de leur faire telle demande ) de leur rendre compte TdTifi,7smpa * 
delà fomme de loocoo livres , qu'ils difoient qu'il avoir touchée -^^ looooo //^j-i/, 
de leurs deniers, ôc par après reconnoiflâns leur erreur, ils font de, û^™»'""/^^"''»- 
meurez d accord qu il les avoir rendus , ôc le (ont reltraints leule- rend«s, çf^»ii„e 
mentà223oo. tantdelivres,dontilsontdit qu'il leur eftoit rcde-^'-"''jf"'"^'''"^'^. 
vab le par la clofluredefes Comptes, ce quieftdéjaune contraire- ^"^ '^ ^*' ""'' 
té Se une implication bien grande, bien que pendant vingt-un mois 
qu'ils ont détenu Iefdits Sieurs Marcara Père 6c Fils en la Citadel- 
le du Port Louys ; Ils ne fe foienc jamais avifez de leur demander 
aucune reddition de Compte. 

A cela le fieur Marcara leur a répondu pofitivement qu'il efloit 
vray qu'il avoit rendu fes Comptes en forme authentique à MafTu,- 



Î7 
liparamâu mois d'Aouft de l'année 1^70. pardevant le fiear Gou." 

^*^j joii, comme ayant l'ordre par écrit dudic fieur Caron Diredeuï 
fte^flllyjf"^' General, au quel ordre le fieur Marcara défera d'autant plus vo- 
f.iux , pi-oduiu f,o- lontiers qu'il portoit deVzvreiïçrvifeumort pour les luy faire ren- 
Usfmtn Direatun jj.g . ^^isnon pas de la manière que le prétendent iefdits fieurs Di- 
jfflfrjw^.^ redeurs, qui rapportent aujourd'huy deux fragmens de Com- 

Leftutr MMmT.t p^g fabriqucz parles fleurs Goujon hc Martin comme il aura vou; 
%ttl"^"{rg!r£e , lii . & dans lefquels il a tronqué , changé , & altéré ce que bon leui 
de ftgnerhjitts a fem blé, lefquels leurs ont eflé envoyez par lefieur Caron Dire- 
^em'tlT ^ ^'""' ^^^^ General leur Collègue ; c'eft juftement ces deux fragmem 
itftl'up à l'en- ou extraits volans dont ila eftc cy-devant amplement parlé , que le 
antre àeU-vnUmf: figut Marcara fut forcédefigner,le piftoletfous la gorge leii. Se- 
'1^/ f£f'mTur1 prembreiôyo. pendant qu'il eftoit détenu en prifon à Maflulipa-' 
ifl fa-^jjité de/d.ri cam , avec menace de le tuer , Se au bas defquels neantmoins mal- 
comfi^scjt évidente ■ [outc la violcHce , il ne laifTa pas de mettre après fà fienature la 
fermer., cia.ms y/auf erreur , Se nt amli fa proieiiation a 1 encontre , autant 

que fa captivité luy pouvoir permettre. 

C'eft pourquoy ces extraits ou fragmens eftans faux 5c fabri-' 
qiiezjiln'y a pluslieudes'yarrefter,^faMajefté & Ton Confei! 
àlafeule veucSc infpecT:iond'iceux,verront bien qu'ils font ma- 
nifeftement faux d'autant plus qu'ils ne font pas conformes l'uni 
rautre,Sc que les Sieurs Diredeurs ne les rapportent que pour tiret 
en longueur ^ Se lafler le Sieur Marcara , pourl'obliget àfe dépor- 
ter de lès demandes. 
^^^ Finalement l'Arrefl du premier Avril 1669. furpris au Confèil 

L^^rrtB dit con~ d'Eftat dc Sa Majefté par les Sieurs DirecTieurs Généraux, outre 

{i//J^f^Jr/^/''^'"''^^d"C°"'^''<^^''ï^*^ Dauphine, donné en faveur du Sieur 
ptitrsD-refieursit. Matcata , fur un faux expofé leur eft d'une ^i foible confequence 
nir^»x cititre le ç^y^'l\^ nc l'ont jamais voulu faire ngnifier. Cependant ils voudroient 
^«rp^wInX^L. prétendre qu'il caflei'Arreft du Confeil Souverain de Tlfle Dau^ 
/■«w.j-Kj/i/'j^ïiM/re phine du premier Avril 1^69. obtenu parle Sieur Marcara Père, 
^FtnUlTdl'ftlr'' qui levé l'interdit contre luy prononcé, &: le reftablit en fes droits, 
c,(fo«. honneurs & appointemens. 

Cette prétention des Sieurs Directeurs eft fi vague Se fi dénuée 
de raifôn , qu'elle ne mérite pas qu'on y falTe la moindre attention. 
Le Sieur Caron par fa pretendul- Sentence du quatorzième d'A- 
vril 1668. interdit le Suppliant de fefdites charges Se appointemens, 
jufques à ce que plus amplement le Confeil Souverain de l'ifle 
Dauphine en ait ordonné. 
£j settsnce du Ledit Sicut Caron par ainfi s'en rapporte donc audit Confeil, 
/*«rc-«r.»e/7««rt auqucl il cnvoyc luv mcfme les Pièces fur lefquelles U a rendu ii 

rcUtt-ve tut Cinfiil c ra a 

de fip Delphine, ^sentettce. 



?8 

Ledit fîeurMafcara ne peut donc s'adrefTerailleuïs, Il s'y tranf- „ . ,*^^' ,. , 
porte OU plutolt le Sieur Caronl y taie tranlporter charge de rers met»u,^^tjur te 
pourcefujet. Ce Confeil fur veû de pièces cafTe la Sentence du i"« /^^ p"" "»- 
fieur Caron , levé Tlncerdit par luy prononce contre le fieur Mar- "^^a^"*^ " 
cara^fic le rétablit en fes Charges Se Appointemens. Qu^y a-t-ilde 
plus Juridique ? 

Outrequecetteprocedureneregardeen façon quelconque au- , a^^/ [> a ■ 
cun des motifs êc raifons pour lesquelles Sa Majefté a fupprimé le- D^î^flLent Jflu 
dit Confeil de l'Ifle-Dauphine. ««f«»f atumefor 

Partant la Sentence du Sieur Caron demeure cafTée & annullée, 'cÙ!.l^°" ''*"*' 
&rArreft du Confeil de rifle Dauphine demeure en ion entier, i^. 

ainficommeSa Majefté fic/on Confeil en feront perfuadez par Ja Ef 'if'"'»" en/on 
lecture , qu'ils auront la bonté de prendre des Pièces produites. '"""^\^g. 

Les Sieurs Marcara père & fils croyent avoir fuffifamment éclair- confiance des jkm-t 
cy leur bon droit. Ils ont une confiance entière en la Clémence & il^*^^"^"^"'^^^^ 
JufticedeSa Majefté, qui les a déjà tiré de leur captivité, qu'el- roj(^ dtfmcoZ, 
le leur rendra uneentierejuftice,& qu'elle fera éclater encore da- A'- 
vanrage la gloire de fon Nom par tous les Royaumes du Levant qu, llràfient t» 
qui font informez de cette affaire, Se qui en attendent une refolu- Uurs dtniAni(s ç^ 
tion digne de la haute Sagefle qu'ils révèrent avec toutes les autres **'"^'*A'"'^* 
grandes vertus Royales en fa perfonne Sacrée. 

Partant leldits Sieurs Marcara père & fils, perfiftent en toutes 
leurs demandes , fins fie conclufions prifes en l'Inftance qui leur fe- 
ront, s'il plaift à Sa Majeftê, & à fon Royal Confeil, adjugées 
avec dépens , fans avoir égard à la prétendue demande incidente 
defdits Sieurs Directeurs, dont ils feront déboutez. 



e?lfo»/"i?ar TuRGOT Saint Clair, Kupporteur. 

A prejèm m Grand Confiil Monjtêur , M a r i d a t , 

KApponeur. 



n 



L