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HISTOIRE NATURELLE 






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DES 






ILES 



CANARIES 













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PARIS. — IMPRIMERIE DE B&THUNE ET PLON , 

Rue de vaugirard, 36. 










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HISTOIRE NATURELLE 




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DES 







CANARIES 



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* 




PAR 



MM. P. BARKER-WEBB ET SABIN BERTHELOT, 

Mtmbxt* be pluateur* Zcabemu* tt Bocxitie sawmtes ; 












OUVRAGE PUBLlfi SOUS LES AUSPICES 








trtazrf 



cy/famtJtiv ae I \jitd&*uc&on 








» 












TOME TROISIEME. 



Premiere partie 
















CONTENANT LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE. 













, 


















PARIS 



5 



BtiTHUNE, tiDITEUfi, RUE DE VAUGIRARD, 36 










MDCCCXL. 









































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GfiOGRAPHIE BOTANIOUE. 



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HISTOIRE NATURE 




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ASPECT GENERAL DE LA VEGETATION DANS LES ILES CANARIES. 


















« J'ai trouve sous la zone torride des sites ou la nature est plus 
» majestueuse, plus riche dans le developpement des formes 
» organiques; mais apres avoir pareouru les rives de POrenoque. 
» les Cordilleres du Perou et les belles valiees du Mexique 
» j'avoue n'avoir vu nulle part un tableau plus vane, plus 
» attrayant, plus harmonieux par la distribution des masses de 



» verdure et de roclier, » 






Humboldt 






Les iles Cana 



clin 



ries, par leur proximite des tropiques, se trouvent si- 
des latitudes les plus favorables a la vegetation ; leur 

t a la fois de 1 energie de la zone torride et de la frai- 

cheur de la zone temperee. La chaleur du soleil s'est combinee avec 

s principes les plus actifs pour feconder cette terre que les volcans 
semblaient avoir frappee de sterilite : placees dans d'autres conditions 

■ 

existence, de nouveaux germes se sont developpe's; ce sol vierge s est 





* 

coo vert des produits dune flore spe'ciale, et plus tard les influences 
cliniateriques sont venues se preter a la naturalisation des plantes des 
deux hemispheres (1). Les especes aborigenes qui apparurent spon- 


















(1) Voir dans les chapitres suivans les plantes naturalisees et celles cultivees dans le iardin d 7 ac~ 



climatation. 



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HISTOIRE NATURE 




LE 



DES 



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I 















CHAPJTRE PREMIER. 



ASPECT GfiNMAL DE LA VfiGfiTATION DANS LES ILES CANARIES. 



m 





















« J'ai trouve sous la zone torride des sites ou la nature est plus 
» majestueuse, plus riche dans le developpement des formes 
» organiques; mais apres avoir parcouru les rives de l'Orenoque. 
» les Cordilleres du Perou et les belles vallees du Mexique 
» j'avoue n'avoir vu nulle part un tableau plus vane, plus 
» attrayant, plus harmonieux par la distribution des masses de 
» verdure et de rocher. » 



Humboldt 







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tuees 



dim 



es iles Canaries, par leur proximite des tropiques, se tronvent si 

* 

une des latitudes les plus favorables a la vegetation ; leur 

ie de la zone torride e t de la f rat - 



la fois de 1 





cheur de la zone temperee. La chaleur du soleil s'est combinee avec 
s principes les plus actifs pour feconder cette terre que les volcans 

■ 

semblaient avoir frappee de sterilite : place'es dans d'autres conditions 

existence , de nouveaux germes se sont developpe's ; ce sol vierge s'est 




coo vert des produits dune flore speciale, et plus tard les influences 

- 

cliniateriques sont venues se preter a la naturalisation des plantes des 
deux hemispheres (1). Les especes aborigenes qui apparurent spon- 















\ 







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V 















(1) voir daas les chapitres suiyans les plautes naturalisees et celles cultivees dans le iardin d'ac- 



dimatation. 



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tanement dans ces iles atlantiques, appartiennent la plupart 
genres d'Europe, mais elles sont plus vivaces, 



des 



ent arborescentes. II en est 



plus ligneuses et 



d aut res 



et un autr 



spect; pi 



qui ont d'autres formes 






n'ont pas encore d'analog 



sont des monotyp 



de 



gem 



qui 



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Parmi _. 
africain 
deja entr 
la flo 



groupes d'especes endemiq 



tandis que d'autres constituent 




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(3) 



getaux di 
et ceux- 



emarquable (2) 






ceux 



sont empreints dun 



ter 




quoiq 




petit nombre, laissent 



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temp 



qnelques traits de la vegetation d'Amerique (i). Aim 

parait etablir le passage des plantes de nos pay 



celles des 



contr 



tertropicales. Si Ion a egard 



la 



quantite des especes locales, a la nouveaute de leurs formes, a 1 etran- 
gete de leur port, caracteres d'autant plus frappans qu'ils appartien- 

a a masse des plan tes dominantes, l'archipel des Canaries merite 
Hen le titre de Region botanique. 

l^es differentes stations qu'occupent tous ces xegetaux, cette sorte 
de sociabilite qui semble i 



autr 

des 
tail . 



eunir les uns, lisolenient quaffecte 



les 



, sont aut ant de considerations qui augmentent rimportanc 
ecnercnes , lorsqu'apres avoir examine les divers groupes en de 



■eut saisir l'ordre de leu 



» 



dit nilnst 



repartition. « Les (lores des iles, a 



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teret reel 



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professeur de Geneve (5) , offrent en particulier un in- 
soit par la bizarrerie qu'elles pre'sentent , soit parce que le 

» Nous 



travail, etant plus circonscrit, peut etre fait avec exactitude 



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meme de reconnaitre 1 



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ite de cette observation 



parcourant les Cana 



et les 



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pports que nous avons pu saisir d 



plorations partielles nous eussent sans doute 



echapp 



un 



2 WV f T > PhjUiS ' B ° Sea ' D ™ a . Pbcama , Canarina , etc. 

3 l!" " rbGS ^<™>«)> ^s Bystropogon, les Echium', etc 

(3) Les grandes Euphorbes , les Palmier 

des plantes des bases. 

(4) Les Lauriers lp« A A' • 1 r> 

(5) De Candoll C ers > les Boehmeria, les Drusa, et plusieurs especes de Fougeres. 

e ? eog. hot. Diction, des sciences nat. , torn, xvm , p. 421. 



s , les Zygophyllees , les Aizoon , les Kleinies , et la plupart 













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(5) 

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continent* il nous eut ete impossible du moins darriver aux memes 
resul tats sur un plus vas te espace . 

> 

Les differences qui existent dans lorographie de chaque ile , en 
variant les accidens du sol , les expositions et les temperatures , ont 
multiplie les contrastes et produit de notables changemens dans la 
distribution phy tostatique . II est resulte de ces differences presque 
autant de flores distinctes qui offrent toutes quelques especes propres 
a chaque localite ; en outre , la masse des plantes de chaque ile , quoi- 
que compose'e des especes communes a toutes les parties de larchipel , 

* 

ne se presente jamais dans les memes proportions. Ainsi, par exemple, 

■ 

Alegranza , Montana-Clara , Graciosa , et les autres ilots deserts situe's 
au nord de Lancerotte , abondent en Chenopodees et en Polyc arpees , 

* 

avec lesquelles viennent se meler plusieurs autres plantes de la region 

• * * 

maritime. En abordant sur ces rochers isole's, rien ne signale encore 
la vegetation des autres iles : l'Euphorbe des Canaries et ses autres 









- 



generes, les Plocames, les Kle 



les Prenanthes , y son 



places par de grands buissons d'Atriplex, de Salicornia, de Suoeda et 
de Salsola, a lombre desquels croissent dautres plantes alcalines (1). 



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(1) Les plantes que nous recueillimes surTllot de Graciosa, le 5 juin 1829, sont rangees dans la liste 
a la fin de ce chapitre (a) d'apres leur degre de frequence, vu leur petit nombre. 
Cette florule , composee de vingt-neuf especes , oflFre les particularites suivantes : 
1° 7 Chenopodees, 5 Legumineuses , 3 Plumbaginees , 2 Polycarpees, 2 Plantaginees , 1 Liliacee 
t Graminee, 1 Euphorbiacee , 1 Borraginee, 1 Caryophyllee , 1 Composee, 1 Geraniacee, 1 Cistinee, 



1 Frankeniacee. 






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glaucci) le Salsola 



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lot que dans le reste de Farchipel, 



forment la plus grande masse de vegetation de ce rocher. 

3° Le Statice pruinosa , que M. Delile rapporta le premier d'Egypte, se trouve egalement a Ale- 
granza. Le Statice pudenda, N., le Reseda crystallina, N. r V Ononis ocreata, N. et V Ononis pendula, sont 
quatre especes fort rares que nous n'avons trouvees que dans un seul endroit de File de Lancerotte; 

- 

quant a X Ononis hebecarpa, N. ? nous ne Tavons vu qu'a Graciosa. 

4° Enfin, une seule espece d'Euphorbe {V Euphorbia piscatoria) r tres-commune dans les autre iles , 
se trouve confondue sur ce rocher au milieu des Chenopodees. 

Ainsi sur vingt-six especes ? dix a douze ne s'ecartent guere de cette loealite ? et les autres , quoique 
communes aux autres iles du groupe, s'y montrent dans une autre proportion. Ce sont la plupart des 



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i flore, quon retrouve en partie sur le littoral voisin, a un cachet 



particulier. 

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A Lancerotte et a Fortaventure la 






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getation commence a s etend 



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ande echelle : des plages de sabl 



de 



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appeler les Zaharas de I'Afrique occidentale et 



astes pi 



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quelq 



de tei 

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de la 



des plantes qui croissent sur la lisiere du desert ; les mouvemens 
ain y sont plus prononces, et les especes communes au restant 

qui les 



chipel se sont repandues dans les vallees et les 




trayersent. Les Euphorbes se montrent deja en grand nomb 
ayec elles les composees et les convolvulacees frutescentes (1). Quel 
qnes bruyeres rabongries (2) et des Fayas (3) , caches dans les anirac 
tuosites des montames on battns par les vents sur leurs ci 



et 




etes de 



aste'es 



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sont les annonces de cette region touj 



principale beaute des lies les plus elevees d 




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urs yerte qui fait 1 

pe. Cependant, mal 



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s rapports generaux, Lancerotte et Fortaventure possedent 
plantes speciales (4) : trois arbres , les Palmiers 



et les Tamar 






les Pistach 



A Lancerotte , les Palmie 



abondent bien plus dans ces iles que dans les autr 





ilaria ; a Fortaventure , cette 



(Phoenix dactylifera) peuplent le district 




melee avec les Pistachie 



\ 



especes herbacees et rampantes , cachees parmi les plantes ligneuses. Or , si on a eVard a 1 



abondance 



s especes sedentaires et a la difference qui existe dans les rapports numeriques de celles des autre* 

^dlT 6 ! " T ^ n^ tad0n ^ Grad0Sa d0lt PV " enter Un aUtre aS P 6Ct ' P uist l ue les P^es qui 
aBondent le plus dans celles-ci manquent entierement dans celle-la. 

(1) Conjza sericea, Prenanthes pinnata et P. arborea , Convolvulus floridus et C. scopanus. 

(2) hrica arbor ea. ' 

(3) Myrica Faya. 

(4) Panni ces especes sedentaires, le s suivan.es ne se tronvent qua Lancerotte et a Fortaventure • 

^tatracteosa Arenanaprocunte^VM, Linaria kccropfyUa, Schousb, Sonchus di.aricauu , Reseda 
If ' «™ d « C L r""7> N - mUC " *<"> *V« orisanotes, N., Borrera k.lanUca 



Fend 



Stat 



ice pruinosa, Delile, Lotus trigonelloides , N. 
' Helianthemum Nilotlcum n'a AtS rp™ ;u; :„ 



Hi 






peine ^tZ^vll'v 'v^T V?? ™ " "** «"< de l0i " *» loi "' -ns ponvons a 
chapitre W la n te X itf "T^* 8 **»"" "°" r CM deUX P tote ' Py» a la fin d„ 

V I J ta nste des plantes recnetlhes a Lancerotte et a Fortaventure.) 













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( .7 ) 

(Pistacia Atlantic a), garnit l'etroite vallee de Rio-Palma, un des sites 

» 

les plus remarquables et qui conserve encore toute son originalite (1). 



Les Tamarix (T. Canariensis) 



ent les plag 



mar 



de 







Grand-Taraj al et reparaissent ensuite sur la cote de la grande Canarie 
aux alentours de Maspaloma ; ces arbustes ont trouve la le rrieme sol 
avec une exposition et une temperature analogue; abrites par des 

> 

dunes, ils se sont propage's au bord des lagunes. 

A mesure que Ion s'avance dans le centre de l'archipel , la flore de- 
vient plus riche en especes canariennes. Cette vegetation regnicole a 
ses lois et sa distribution; en s'elevant sur les pentes des montagnes, 
on passe successivement par des climats divers; dans chaque region 
ce sont d'autres plantes qui deviennent plus nombreuses suivant lal- 
titude des lieux et l'avantage des sites. Les especes nemorales , les Pins , 
les Cy tises , les Adenocarpes et les vegetaux des cretes et des plateaux 

■ 

culminans que Lancerotte et Fortaventure ne possedent pas, vien- 
nent accroitre ces groupes de plantes sociables qu'on rencontre a 
differentes hauteurs. Le long des cotes la temperature est celle de la 

■ 

Mauritanie; une fraicheur qu'entretiennent les brouillards.se fait 

ravins ad- 



ressentir sous les ombrages des forets lauriferes et dans les 
jacens, tandis quau-dessus de ces stations lair est de 

rarefie, et la terre, presque depourvue d humus, nourrit des vermes 




pi 



qui se reproduisent sous d'autres formes. La presence ou l'absence du 
soleil occasionnent dans cette zone des variations atmospheriques 
tres-tranche'es ; le jour la secheresse de fair est des plus sensibles et la 


























* 













\ 


















(1) Les chapelains de Bethencourt visiterent Fortaventure en 1402 ; void le passage de leur relation 
qui a rapport a Rio-Palma. 



« 



Quand 



« avoir huit cens Palmiers qui ombroient la vallee, et les ruisseaux des fontaines qui courent parmy, 

par ti oupeaux cent et six vingts ensemble , aussi longs comme mats de nef , de plus de vingt 
» brasses de hault, si verds et si feuillus, et taut chargez de dattes que c'est une moult belle ch 

■ 



» et sont 



ose a 



» ^regarder. » {Hist, de la prem 
rier. Paris , mdcxxx , pag. 70.) 





























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chaleur etouffante, la nuit, ati contraire, est humide et froide. Enfm, 
sur les plus hautes cimes , des neiges amoncelees pendant la saison 

* * * 

orageuse retracent les frimats du nord et le spectacle de nos regions 
alpines. Ainsi, le paysage change d'aspect a chaque instant, quelques 

9 

heures suffisent pour parcourir tons les climats, et, sans franchir de 



;randes latitudes, les pas deviennent des degres. 








Cependant, meme dans ce groupe occidental des Canaries que 

- 

savant Broussonet distinguait de celui d'Orient a cause de la diffe- 
rence de vegetation (1), la structure orographique et la nature du 
terrain semblent s etre combinees pour isoler certaines plantes. Une 





Ter 



elle espece d'un genre du cap, le Manulea Canariensis, N., s'est 
dans l'ancien cratere de Bandama ; le Commelina Canariensis 

plait qu'au bord des cours d'eau des environs de la Ciudad et de 

>r. A Palma, 1 'Umbilicus Hey iandii, R, habite exclusivement les 



bois piniferes de Barlovento 




Sempervivum Goochice., .N 



ne se 



raontre que dans les ravins de la cote orientale ; tandis que le Be 



i 

thencourtia Palme 



este cache dans l'immense profondeur de 1 



^aldera. Ces singularity se font encore plus remarquer a Teneriffe : 
le Statice arbor ea , dont on ne connaissait l'existence que par quel 
ques pieds cultives dans les jardins d'Orotava, s'est isole sur les ro- 
chers du Burgado. {J^oy. Atlas, Yues phytost, pi. 8.) Un autre statice 
(S. imbricata, K), s'est confine sur un ilot desert, situe en face de 

* 

Garachico , le Gymnocarpum decandrum (2) , cette Paronychiee si cu- 

* 

- 

rieuse, que Forskal observa le premier en Egypte, reparait sur les 






(1) « M 



* • X j-w^*^ ^-* ' *<^vi x %A.l \-XlipCl VJ-CD KJGLlltXl l\sv via v*.wt^*» 0*^^.^^^ ^» -~ *^ 

» premier renferme Lancerotte et Fortaventure ; le second Teneriffe , Canarie , la Gomere , Fer et 
» Palma. L'aspect de la vegetation differe essentiellement dans ces deux groupes. » (Humboldt, "" 



aux regions equinoxiales , torn. I, pag. 417.) 



J^oyagi 



(2) L'existence de cette plante aux Canaries n'etait point connue avant nous ; nous avons ete aussi 

les premiers a recueillir dans ces iles le Statice pruinosa, le Traganum nudatum , etc. , etc. ; et 

c'est sans doute sur un faux renseignement que M. Decaisne a avance dans sa florule du mont Sinai 

que M. de Buch avait mentionne ces especes dans son catalogue. ( Voyez Annul, des Scien. nat., 
part, bot., 1834, p. 7.) 





















































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scories du promontoire de l'Aguja. II en est ainsi de plusieurs autres 
especes quon ne retrouve que dans des stations tres - eloignees les 
unes des autres , ou qui ne se fixen t que dans un seul endroit ( 1 ) . La 

* 

presence de ces plantes sedentaires dans ces diverses localites est aussi 

i 

inexplicable que les autres cas d 'isolement dont nous aurons a parler 
an sujet des arbres forestiers ; ces faits d epirreologie vegetale tien- 
nent sans doute a l'influence que les agens exterieurs et les milieux 
ambians exercent sur l'organisation. L'illustre Ramond medita sou- 

■ 

vent sur ce mystere de la dissemination originaire des vegetaux; plus 
dune fois, en gravissant les cimes escarpees des Pyrenees, il fut sur- 
pris de la rencontre impreVue de certaines plantes ou de labsence de 

* 
i 

celles qu'il s'attendait a trouyer sur ces montagnes. « La natur 
» il, semble indifferente tour-a-tour a la similitude des lieux et aux 
» distances qui les separent ; tantot rappelant dans les climats pareils 
» les plantes des contrees les plus eloignees , 



dit 



des 



et tantot refusant cette 



gions qui reunissent toutes les 






■ 

» conformite de productions a 
» conformi tes du sol et de la temperature (2). » Les lois de la reparti- 
tion des germes sur la surface du globe peuvent seules donner l'expli- 
cation de ces bizarres anomalies; mais ces lois se lient aux causes 

< 

f 

premieres par lesquelles la nature agit secretement ; ce sont des prin- 
cipes quelle ne nous a pas reVeles , et de long-temps , peut etre , nous 

* • 

ne pourrons pas plus penetrer le mystere de ces creations spontanees 
que celui de leur stabilite ou de leur migration. C'est en vain que Ion 
chercherait a resoudre ces grands problemes; l'apparition des plantes 



















* 













• 









(1) A TenerifFe, Y Euphorbia aphrlla, qui est Ires-commune a Canarie, ne croit qu'aux environs de 
Buenavista ; YEchium simplex , le Lcwatera phoenicea et le Pterocephalus virens > N., ne sont connus que 
des bergers de Baxamar ; le Reseda scoparia ne se trouve qu a la pointe de Teno et sur la isleta de la 
grande Canarie ; le Pistacia Lentiscus, si abondant dans cette lie , n'a jamais ete vu a Tenerifle, et le 
Cneorum puberulentum , si commun dans celle-ci, n'existe pas dans celle de Palma. II nous serait facile 
de multiplier ces exemples , on en jugera par le tableau general et comparatif que nous donnerons de 
la flore de chaque ile. 

(2) Ramond, De la vegetation des montagnes. Annates du museum, torn, iv, pag. 397. 



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2 



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Pi 






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I 




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10 






sur la surface du globe est anterieure a celle de l'homme ; youloir 
porter nos regards au-dela de cette preexistence serait nous lancer 
dans le yague des hypotheses et interroger des temps qui n ont point 
annales. Amis du positif, ces questions de botanique transcendante 
ne sauraient nous interesser par cela meme qu'elles seraient denuees 

de preuyes; et sans plus y attacher d importance, 

presenter l'ensemble de cette distribution phytostatique 
quelle nous ayons plus particulierement fixe notre attention 



nous continuer 



a 



sur la 



La masse des plantes 



est 



pas 



* 

galement repartie dans chaq 



ne : nous ayons deja obserye que la reunion ou lisolement des groupe 
dans les differentes stations que Ion trayerse 



qu aux sommets culmi 



dej 



littoral jus 



am et de la hauteur des montagnes. Pour 



dependaient de la configuration du ter 



donnerons d'abord une idee 



pliquer ces changemens 



^ 






ge'nerale de la yegetation dans la 



pandue 



le sol 



part.e occidentale de larchipel, nous dirons de quelle maniere elle est 

gnalant les transitions de forme par les- 

melles elle passe , les diyers caracteres quelle affecte et le ton quelle 
'mpnme an paysage. Prenant Teneriffe, file la plus centrale et en 



meme temps la plus eleyee du 



graphie botanique qui se reproduit 



groupe, comme type de cette top 



nous 



ppellerons lattention 



en partie dans les iles 



sur les analogies et les differences qui 



nous ont paru les plus dignes de remarque 

Le littoral de Teneriffe , de meme que celui de Canar 

de Gomere et de file de Fei , _„, 

f alaises ; ces escarpemens se dressent du sein des eaux et laissent 



de Palma, 
presente comme un bouleyard de 



de 



plantes de cette 



part leurs murs de basalte hordes dune greve etroite. Les 

re S lon maritime ont pris racine dans les falaises, 
elles en tapissent lespentes et garnissent les assises qui les surplombent. 

^ sont pour la plupart des especes a feuilles charnues , qui s'imbibent 

des yapeurs de l'atmosphere et des emanations des yents de mer. Un 

pai ei terrain , en effet , ne saurait nourrir que des plantes grasses ou 












■ 






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11 



■ 



salines qui se de'veloppent sous Tinfluence de lair marin. Ces especes 
du littoral varient suivant les sites qu'elles occupent, les unes crois- 

appartiennent aux Ficoides, aux 
s Crassulacees , etc.; mais il en est 




sent 



les massifs de la cote 



t 



Chenopode'es 



i 



Euphorbes 



d'autres aussi qu on trouve sur les greves et qui sont souvent baig 
par les flots (1). 



Ces 



_ . * 

getaux des plages se propagent parfois sur les talus des vallees 



et dans l'interieur des ravins. L'exposition explique 



encore ces ano- 



malies 



charge d emanations sal 



peut, selon les acciden 




passag 



yent mar 



fa^ 



?\ 



jusqua une 



beso 



tin 



ne cote qui offre 

taine distance du rivage le deVeloppement des plantes qui ont 

in du carbonate de soude (2). Mais ces memes plantes ne pour- 

it vivre t res loin de la mer, parce qu'elles n'aspirent l'eau que 

la forme gazeuse et que leur organisation reclame une tempera- 

cbaude ou l'e'vaporation soit active; aussi est 



touj 



dans 



* 

les stations inferieures qu'elles croissent. Dans les regions plus elevees 



des pi 



abondantes 



purgeant le sol de tout principe salin, de 



loppent des gaz qui apportent une autre economic dans le systeme 

yegetaux. On trouye pourtant la encore des plantes 



de nutrition des 




grasses, mais ce sont pour la plupart des Joubarbes, et si Ion sen 

■ 

tient aux analyses chimiques, au lieu de carbonate de soude, ces t 

carbonate de potasse qu'elles donnent en dernier resultat. Doue 

■ 

- 

aussi dune absorption puissante, les especes du genre Sempervivum , 
si nombreux aux Canaries, croissent sur les vieux murs, dans les 



es 












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i 




















♦ 



(1) Zygophyllum Fontanesiij N.., Picridiiun Tingitanum, Astrdamia Canariensis , Crithmum maritirnam 
Conyza sericea, Statice irnbricata, N. ? Statice pectinata, Frankenia puherulenta , etc., etc. 



M 



ecrits : « L'air charge des emanations salines de la mer nuit a certains vegetaux , et favorise au cont a* • 
» le developpement de ceux qui ont besoin du carbonate de soude , comme on le voit dans les vail ' 
» du midi de FEurope, ou Ton trouve des plantes marines, et ou Ton peut cultiver la soude 
» assez grande distance de la mer, pourvu qu'elles soient oiivertes de son cote et exposees au vent 

» rin. » (Geog. bot. ? Diction, des Scien. nat. ? torn, xvin, pag. 379.) 



a une 
ma- 























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12 



interstices des rocs, contre les falaises les plus escarpees, et en general 



sur 



• • 



toutes les surfaces hygroscopiques ou lhumidite penetre 



sans 



sejourner. 



Au-dessus des falaises, le terrain s'elargit pour former une premiere 
assise et se relever ensuite vers le centre de file en talus dechires par 



et separes par les vallees cotiei 



_ 

La vegetation disseminee 



■\ 



T. 



sans prend des formes afr 



nues 



et se distingue par des troncs nus et tortueux, des feuilles char 
et un vert bleuatre. (Fo r . Atlas. Yues phytostat, pi. 1 et 2. 



L Euphorbe des Cana 



•) 



tiges droites et anguleuses, domine dans 



cette region. Ces grands buissons abritent souyent d'autres vegetaux 
qu'on retrouve epars sur ce sol volcanique ; les rameaux fleuris des Klei- 



nies, des Plocames, des Echium arboresc< 
des massifs d'Euphorbes , tandis que les 



etc. (1) , flottent au-dessus 

Periploca et les Rubia 



trelacent dans ces halliers impenetrables. La yerdure glauque de ces 
differentes plantes ne produit de l'effet que par sa masse ; les especes 
dont les parties foliacees ont une couleur 



pi 



tranchent alor 



sur 



la teinte cendree du paysage ; c'est ce contraste qui lui donne le 
ton ; mais considerees en detail , les plantes isolees sont presque perdues 
au milieu de ces nappes de tuf et de ces rocs calcines. 
Dans les vallees cdtieres , au contraire , la vegetation indigene vient 

5 animer dune autre vie en presence des cultures , 



ges semblent perdre de lei 



et les plantes 



nature au milieu des progres de 1 



austne agricole. La main de l'homme se montre la de toute part, et la 
physionomie de pays a change pour prendre divers caracteres ; elle re- 
trace a la fois l'agreste campagne d'Europe avec ses vergers darbres 

fruitiers , ses vignobles et ses labours ; les beaux sites des tropiques et la 

verdure qui en releye 1 eclat , les oasis du desert avec leurs Palmiers et 




fruticosa , Cnecrum puherulen.un, , Echium gigm ,eu m , R Htmx ' Lm J a %*\ ~ ' *?*"*"«■ 
aristala, etc. "wane, Euphorha puculona, PhysalU 









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V • 



13 



leur 



5 sources, puis cette vegetation re'gnicole qu'on voudrait proscrire , 

mais qui se reproduit toujours ayec ses Euphorbes et ses autres plantes. 

V 

Ainsi , les especes etrangeres se sont naturalise'es a cote de celles qu'une 



force spontane'e fit croitre dans ces climats ; les Datt 



i 



les Papayiers 






.' 



les Orangers, les Pechers, les Bananiers, et une foule de vegetaux exo 
tiques , introduits a differentes epoques , croissent maintenant a cote 
des Dragoniers, des Bosea et des Ardisiers. Deux arbres des forets pri- 
mitives , les Arbousiers et les Lauriers, viennent aussi confondre leur 
feuillage dans ces groupes varies ; les Agaves et les Nopals , apporte's 
d'Amerique, forment des haies de cloture oh s'entrelacent le Drusa 

aux feuilles opposees , la Canarine a clochettes , et d autres plantes du 
pays qui finissent par envahir les champs comme pour reconquerir 
leur ancien domaine. 

■ 
- 

On trouve toutefois dans les vallees et sur quelques parties du litto- 



ral des terrains qui par leur nature ont pu garantir la ve'ge'tation pri- 






mitive des envahissemens agricoles. Tels sont, vers la cote, ces espaces 



steriles conipris entre les greves et les cultu 



champs de la> 



qui entourent les cones d eruption. La premiere espece de terrain prend 
le nom de Toscales , lorsque les tufs volcaniques en forment la base • les 
seconds sont appeles Malpais. A Teneriffe on peut voir des exemples 

- 

des uns et des autres dans l'enceinte de Teno, aux alentours de Sainte- 
Croix, au bas des vallees de Guimar et d'Oratava, ou mieux encore 
vers le nord de file , a la pointe del Hidalgo ? ou les coteaux maritimes 
sont couverts d'Artemises, de Lavandes, de Thyms, et d'autres especes 
aromatiques , la plupart ligneuses et a feuilles cendrees (1). 



# 



(1) Artemisia argentea, Lavandula pinnata ? Sideritis Canaricnsis , Thymus Calamintha, Thymus Tene- 

I M 1 / _ • ~m _ •* — a ■ 






La partie inculte de la vallee de Guimar, que nous avons eitee plus haut, offre un des meilleurs types 
de cette vegetation des Toscales : on y trouve le Noloceras Canariensis , le Gnaphalium cauliflorum le 
Buphthahnum sericcum, le Fagonia Crrtica, Y Aizoon Canariense> le Saccharum Teneriffce le L ' 
paria et le Linaria Elatine, le Teucrhcm pseudo-im, lePlantago Coronopus , le Micropus pygmoeus etc. 

C'est aussi dans la meme localite qu'on commence a rencontrer le Prenanthcs spinosa et le Cneorum 



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A la grande Cana 



la presqu'ile de la Isleta offre aussi des plantes 



analogues parmi lesquelles dominent toujours les Euphorbes et leur 
affiliees. La Isleta, que les feux souterrains vomirent dans des jours de 
tourmente , porte partout Tempreinte de la fureur des yolcans. Cette 
presqu'ile s'unit a la Canarie par Tisthme de Guanarteme • nl 



d eruption dont la base est encombree de matieres lithoid 



? / 



leyent au-dessus de ce sol en de'sord 

calme, la Isleta devint un lien . venp'i 



es, se 



. Lorsque la nature eut repris soi 
que la terreur religieuse des abo 



genes transforma en Morai. Des scories entassees en forme de tumu 



lus 1 enferment les corps de ces insulair 



et occupent le centre d 



nappe de laye en partie decomposee ; la vegetation sen est emparee, 
Faction incessante des forces organiques a fait pousser des plantes d 



et 



de ces tombeaux. Ce site , par son aspect biza 



ne saurait etr 






compare a aucun autre. Ces morts enseyelis dans des crateres eteints , 
les cendres d'un peuple extermine melees a la cendre des yolcans , puis 
sur les i estes de ces deux catastrophes , la nature accomplissant ses lois 
et fecondant de nouyeaux germes au milieu de ces debris ; tel est Ten- 

» 

semble du tableau que presente la Isleta. Les grands buissons d'Eu- 
phorbes sans feuilles setalent autour des sepultures comme des cande 



labres (1) , les Plocames 



inclinant leurs branches vers le sol 



ap 



1ST V ^Zjt:S^l!Z k , We ?**«* * ^ * — le Zy gop fyU ltm Fon- 



Dans les Malp 
venons de citer 



balsamifera, V Aloe vulgaris et le Justicia hyssop if 

is plantes suivantes viennent se joindre a quelques-unes de celles m 

Potycarpoea gnaphalodes , Achyranthes argentea , Paronychia Canariensis 

m -. • a - . «.«. /.— 77 — a- ^ T7T 7 7 •» _ • -*— - . 



Salvia 



a 



ces 



Mgyptiaca, Asparagus umbellatus, Forskaka fruticosa, Echium aculeatum , Frankenia ericceft 
spinosus, Buphthalmum maritimum, Lycium A/rum, Datura Stramonium et Datura metel, H 
nariensis, Mesembryanthemum nodiflorum et le Mesembryanth. crystallimtm qui s'est natu 

climats ; puis les Eupliorbes et la plupart des especes ligneuses qui les accompagnent. 

(1) Euphorbia Canariensis* et Euphorbia aphjrlla*. 

Viera , en parlant de l'aspect de l'Euphorbe de Canaries , compare toujours cette r>W ■ ,• 
un grand candelabre et a ses fleurs des charbons ardens. «... Forma* nl „, 7, Sin S uIiere * 

„ una curhatura . nn« In, i^ „„•_*. ...... „ . .™" n "' armncar <** & comun rah 



Mad 



tation de Viera , a donne une description pittoresque de cette E.ml.m^o a 

v rDL • r l r i •/ j s, . , re Jiuphorbe dans son ouvrage s 

Canaries. (Phjrsicaluche Beschreibung der Cananschen Inseln • Be-lin 1825 ) 



[Noticias dc 
, a 1 lmi- 
sur les lies 










- 













> 









15 



pellent nos saules-pl 






tandis que YOrixama (1), cette terebin 



thace'e qu'on employait dans les embaumemens , vient meler ses ra- 

- 

meaux argentes aux teintes chaudes de cette terre ou reposent les an- 
ciens de 1 ile. Parmi les autres plantes (2), il faut distinguer les Phjsa- 
lis et les Conyza (3) qui abondent dans cette localite, et le Convolvulus 
scoparius dont le bois est si recherche pour son parfum de rose. 

Si Ion en excepte quelques especes (4) , la plupart des plantes de la 
Isleta se retrouvent a Palma dans des endroits moms celebres, il est 



vrai , mais bouleve 



r 



par les eruptions. La encor 



milieu des 



Lapilli de Fuente-blanca , du Malpais de Tazacorte , et sur les rochers 
escarpes de la cote orientale , la vegetation est venue exercer son action 
puissante sur un sol envahi par les volcans. 



Ma 



eter maintenant a ces observations de detail „ nous 



continuerons a prendre Teneriffe pour type de cette distribution phy 

tostatique qui se fait remarquer a chaque pas. 

Les villes et les bourgades du littoral , et celles situees sur 




pi 



nuere assise 



flor 



i au-dessus des talus qui bordent la cote, ont aussi leur 

- 

laquelle s'unissent toutefois plusieurs des especes deja citees. 
Ces plantes croissent entre les paves et dans les rues solitaires (5) , con- 
tre les murs et sur les toits des vieux e'difices (6). En general les villes 



(1) Cneorum pulverulentum* 



Heli 



difli 



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um 



Beta maritima, ZygophyllumFontanesii*, N., Prenantkes spinosa *. 



no- 



? 



(3) Physalis aristata *, Conyza sericea et Conyza dichotoma * I 

■ 

(4) Ces especes sont celles marquees par une asterisque dans les notes precedentes ; elles sont rem- 
placees a Palma par le Frankenia corymbosa, le Messerschmidia fruticosa , le Phjsalis somnifera, 
YEchium aculeatum et le Glauciumflavum. 

(5) Achyranthes nwea, Euphorbia Peplus , Senebiera didyma, Lappago racemosa , Aristida ccerulescens 



uatura Stramonium, hrigeron Canadense, Erigeronviscosum, Urtica urens. For skalea fruticosa, Hyoscy amies 
Canariensis y Parietaria judaica, Oxalis corniculata. 

A la ville de FOrotava , le Solanum pseudo-capsicum , le Chelidonium majus et le Viala odorata crois- 
sent le long des chaussees. 

(6) G est surtout a la Laguna que cette flore urbaine est plus remarquable. Parmi les plantes des 














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16 



maritimes offrent toutes quelques especes sporadiques , soit qu'elles 
aient ete introduites accidentellement par la yoie des importations , ou 
que les circonstances locales les aient produites la comme ailleurs. Ainsi 
1 Argemone du Mexique ne croit que sur le sol yolcanise' de la yille de 
Garachico , et a Lancerotte aux enyirons du port d' Arecife ; le Scrophu- 
laria arguta est a peu pres dans le meme cas; mais le nombre des es- 
peces repandues dans les villes eloigners de la cote est bien plus consi- 
derable. La Laguna, cette ancienne capitale de Teneriffe, qu'Alonzo 

de Lugo , le conque'rant , fit Mtir sur la lisiere des bois , a 1 722 pieds 
au-dessus du niveau de la mer, jouit dune temperature tres favorable 

aux plantes urbaines. Plusieurs maisons gothiques , construites vers la 

s • 

plus singulier coup-d'ceil. Ces vieux ma- 




fin du xv e siecle, offrent 

m 

noirs se sont converts de Joubarbes et de Fougeres ; le blason de leur 

porte a disparu sous la mousse : cette vegetation s'attache meme aux 
e'difices modernes , et leur imprime en peu de temps un air de vetuste 

qui plait aux amateurs du romantique (1). 

Le long des cbemins communaux , on trouve encore d'autres plan- 
tes qui croissent de preference dans les haies et sur les bords des sen- 
tiers (2). 



rues nous citerons le Ranunculus parviflorus et le Ranunculus muricatus , le Solarium nigrum, le La- 
marckia aurea ? le Malm parviflora, le Thlaspi Bursa pas toris , Polygonum aviculare, Trifolium sub- 
terraneum. 

■ 

Especes qui croissent con t re les murs et sur les toits : Sonchus congestus , Sempeivlvum urbieum, 

S. Canariense et S. dichotomum. Geranium Robertianum, Thelygonum Cynocrambe , Hedera Cana- 

■ 

riensis , Campanula lobelioides, Asplenium palmatum, Cyathcea fragilis et Dawllia Canadensis. 

A ces plantes , il faut aj outer encore le Kleinia neriifolia et le Prenanthes pinnata qui se montrent 
parfois sur les murs des jardins dans les endroits exposes au midi , et quelques autres especes plus 
communes dans les villes maritimes. 

(1) « Cette vegetation , a dit M. Bory de St-Vincent, donne une triste idee de la ville a ceux qui 
» la visitent pour la premiere fois et qui n'etant pas hotanistes , ne la regardent pas comme un em- 
» bellissement. » (Essais sur les Fortunees, pag. 344.) 

- 

(2) Urtica morifolia , Galium A purine, Daphne Gnidium , Hypericum Canariense et H. grandifolium, 
Cineraria Tussilaginis , Cardials clamlatus , Rubiis fruticosus , Rubia fruticosa, Canarina Campanula, 
Bryonia verrucosa, Arum dracunculus , Arum Arisarum, Delphinium Staphysagria. 


















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17 



La natur 



dans ses creations, les a repandues partout 



sur 



les rochers battus par les vagues , le long des chaussees , parmi les de- 
combres et jusque sur le faite de nos monumens; les germes quelle a 
repartis se propagent constamment dans les memes sites. Ainsi, les murs 
humides de la cite de Lugo se sont converts dune vegetation speciale 
toujours renaissante; le Colisee a aussi ses plantes i 



depuis des siecles 



omames , qui 



eproduisent dans la poussiere des mines (1) 



Si Ion compare les plantes urbaines dont nous Tenons de faire men 



tion, avec celles de la flore du Colisee 



qu'il sen trouve envi 



ron la moitie qui croissent egalement dans les principals villes de Te 

neriffe et dans les mines de l'ancienne Rome. Quant aux autres especes 

que nous ayons observers a FOrotava et a la Laguna, la plupart se 



trouvent representees au Colisee par des especes congener 



Cepen 



dant, malgre ces rapprochemens, la vegetation de Rome n'a pas le meme 
aspect que celle de la Laguna ; les plantes qui couvrent les vieux 



ma 



mames 



noirs de l'ancienne capitale de Teneriffe, et qu'on yoit mke se deVe- 
lopper sur les edifices modernes, ne croissent pas sur les maisons ro 

car le climat de lltalie centrale est bien moins humide que 
celui de la Laguna. Celles qui se sont emparees du Colisee sont presque 
toutes des especes herbacees qu'on rencontre 01 dinairement sur les de- 
combres et qui poussent au milieu de ces grandes mines comme sur une 
colline calcaire. Les sonchus et les joubarbes de la cite de Lugo sont au 
contraire des especes frutescentes qui dominent sur les autres plantes 
urbaines; on ne yoit en Europe rien de semblable pour le port et 1 eclat 
des fleurs. 

Dans ]es ray ins de Teneriffe, 



la 



yegetation se multiplie sous 
des formes plus fraiches et plus variees ; ces defile's prennent nais- 

yersans des montagnes centrales et cou- 



sance sur les 



pi 



pent les talus qui descendent vers la 



On les disting 



dans 



(1) Voyez Sebastiani, Enumer. plant, spon. nascent, in ruder, arnphith. F/am; R ma>, mdcccxv 



j. 



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18 



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le pays sous le nora de /^a//^ ou de Barrancos , selon que leurs bei 
sont plus ou moins rapprochees. TantAt a sec, tantot parcourus par des 

offrent a chaque pas les accidents les plus pitto- 

esques; ici les assises de la montagne barrent le fond du Thalweg et 



ruisseaux 



i 



mterrompent tout-a-coup le plan de pente ; alors le 



en franchissant ce ressaut 



ent supe 



/ • 



1 



precipite en cascade et creuse des mar 



desquelles se developpent les plantes qui veulent l'humidite (1) 



Plus loin , des quar tiers de roche 



detaches des hauteurs 



for 



ment un nouvel obstacle et divisent le cours dean. A mesure que 1 
s'interne plus ayant dans les detours de ces gorges, leurs bei 



ent de plus en plus et presentent dans 



pements d 



i*ges 
tains endroits des 



elevation extraordinaire. Une ve'ge'tation 



g 



est emparee de ces murs de basalte, les racines ont penetre dans tou 



tes les fentes 



i 



alentou 



foule d'especes di verses, suspendues 



ochers des 



les decorent de leurs fleurs. Tous 






ces 



les moindres rebords 



ge'taux garnissent 



reunissent en masse sur les assises des berg 



et le long des rives des torrens; on trouve la les plantes qui se plaisent 
dans les endroits abrites, le Salix Canariensis avec ses beaux chatons 



roses , le Solarium Nam ' N 



tiges volubiles , le Boehmeria rubra , le 



Poterium caudatum aux rameaux panaches et plusieurs autr 



(2) 



especes 











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oifrmC gl °^ mSf Caladi "™ W™phceifolium, Scrophularia betonicafolia, Equisetum elongatum, etc. 
Trnha JT Tfr 7? "" m ' meS 1<>Calit ' S plusieurs es P* ces de Europe meridionale , telles que le 

DraZILs^c iTr^ ' k Mentka **"**• lG #«*>*» officinale, XApium grains, YArum 
Dracunculus, etc. , et le Potamogeton Camriensis flottant sur les 



(2) Principales plantes des 
Adianthum reniforme. 
Anthemis re voluta . 
Asparagus scoparius. 
Athamantha cerviariajfolia . 
Bosea Yervamora. 
Bupleurum salicifolium. 
Campylanthus salsoloides. 
Carlowizia salicif olia . 



ravins : 



eaux stagnantes 



Cheiranthus mutabilis. 
Crambe strigosa . 
Dactylis Smithii. 

Digitalis Canariensis. 
Ferula glauca. 

Galium Neesianum. 
Gymnogramme aurea. - 
Justicia hyssopifolia. 



> 

Lavandula abrotanoides 
Lavandula pinnata. 
Orchis tridactylites , N. 

■ 

Peucedanum aureum. 
Phyllis Nobla. 

Ranunculus cortusatfolius. 
Rhamnus crenulatus. 
Ruta pinnata. 















A 























19 



Diverses causes concourent ensemble pour re'unir dans ces lieux 



dans ces gorge 
rs du soleil 



grande variete de plantes : a l'abri des vents d'Afrique, 

profondes, l'ombre des berges les garantit des ardeu 
1 infiltration des sources et les eauxdes torrens y entretiennent 1'hum 
dite; aussi les ve'getaux des ravins s'annoncent de suite avec un 
fraicheur qui les distingue de ceux de la cote. 



de 



emarquables de Teneriffe sont ceux de Badaj 



otava ., ceux de 



Les ravins les plus i 
dans la vallee de Guimar et de Llarena dans celle d'O 
Tamadaya et del Infierno sur la bande meridionale defile, le Barranco 
hondo et celui SAcentejo sur la cote opposee. Le ravin de Badajos est 
borne a f Occident par les montagnes de la Ladera de 
f autre par les mouvemens de terrain de la 



Guim 



et de 




dr 



■ 

dans cette gor 
a plus de huit 



berges 



* 

alle'e. Lorsqu 



• 



est 



de plantes 



se 



remonter les bords (1). 

Dans la grande Canarie, 
graphique ; ce ne sont pk 
qui ray onnent du centre de 1 



ts pieds au-dessus du torrent dont il faut 



les ravins sont modifies par la structur 
s , comme a Teneriffe , de longues ere 



i 




le littoral; les tor 



oulent 



au fond de larges valle'es, leur lit est moins encaisse et leur plan de 
pente afire" peu d'irregularite. II resulte de launsol plus uniforme, 
plus accessible a la culture, et partant une reduction sensible dans le 
nombre des plantes indigenes. 



Dans file de Palma 



contraire , les ravins reprennent le caracter 



ginal de ceux de Teneriffe ; ce sont 



des berges coupe'es a pic 



et tellement rapprochees que souvent les arbustes se balancent d 



Sisymbrium millefolium. 
StacLys Canadensis. 



Tanacetum Canariense. 

■ ■ 

Teucrium heterophyllum. 



et diverses especes des genres Bystropogon, Cineraria, Convolvulus, 
Pyrethram, Sideritis, Sempervivum, Sonchus, etc. 



#1 



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.ginal de notre ami J. -J. Williams 
















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20 



bord a l'autre en formant une voute de feuillage au-dessus du torrent. 

- 

Nous citerons principalement le grand ravin de las Augustias, qui 
donne entree dans la Caldera et les barrancos de la cote orientale qui 
nous ont fourni plusieurs especes nouvelles (1). 
La vegetation des ravins s'assimile vers leur debouche a celle du lit- 



toral ( Voyez, Atlas 



phy tost., pi. 2.) 




?\ 



leur issue super 



elle se confond avec celle des forets. Ainsi 



emontant les pentes de 



1 'ile par ces longs defiles, on parvient dans la region des bois. Alors la 

* 

masse des vegetaux devient plus compacte , les arbres , presses les uns 
contre les autres , laissent a peine pene'trer le soleil a travers leurs ra- 

* 

meaux, et sous l'ombrage qui les protege, les plantes nemorales crois- 
sent au milieu dune atmosphere humide et dune terre riche d humus. 

■ 

Envisagees sous leurs rapports pittoresques , les forets Canariennes ont 
fait l'admiration de tous ceux qui les ont parcourues; mais notre in- 
tention nest pas de les considerer sous ce point de vue , car elles occu- 
pent une place trop importante dans la flore de ces climats ; aussi nous 
reservons nous de donner dans un autre chapitre nos observations sur 
1 agroupement des especes forestieres et les divers changemens surve- 
nus dans ces bois primitifs; pour le moment, il nous suffira d enume- 

rer les principaux arbres et les plantes les plus remarquables. 

Les Lauriers y dominent sur toutes les autres especes (2) et sont reunis 
par groupes entremeles de Bruyeres arborescentes , d'llex, de Visnea et 



d Arbousiers. HArdisia excelsa, le Cerasus Hixa, le Viburnum rugosum 
et le Myrica Fay a, sont , apres les Lauriers , les Bruyeres et les Ilex , 

- 

leslespeces lesl 




abondantes 




Boehmeria rubra et le Pittos 









I 


















(1) Sempervimm Goochice, N., Cytisus splendens, N., Cftisus filipes N. et Cylisus stenopetalus N. 
Lotus eriophthalmus y N. ? et Phagnalon umbelliforme^ N. 

(2) Les Lauriers sont au nombre de quatre especes, savoir : Laurus Canariensis, N. ? Z. Indica 
L. Barbusano et Per sea foe tens. Les autres arbres appartiennent aux especes suivantes : Erica arbor ea 
Ilex Peradoy Ilex Canariensis y Visnea Mocanera, Arbutus Canariensis f Rhamnus glandulosus Celastrus 
cassinoidesy Myrsine Canariensis et Olea excelsa. 





















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21 



porum coriaceumy sontfort rares. Parmi les plantes nemorales , le Con 



volvulus des Canaries s e'lance comme une liane jusqu'au sommet des 
plus grands arbres , le beau Geranium a feuilles d'anemone vit dans le 
voisinage des sources , le Ruscus androgynus entoure les vieux troncs , 
et une multitude de Fougeres etalent de toute part leurs elegantes 
frondes (1). 

Lorsqu'on a traverse ces bois vierges , on trouve des terrains devastes 

* 

ou la vegetation , abandonnee a elle-meme , peut reprendre a la longue 
son premier aspect. Ce sont d'abord des groupes de jeunes Lauriers et 
de Fayas qui repoussent parmi les Bruyeres; bientot celles-ci , plus nom- 
breuses, ne souffrent autour d'elles aucune autre plante; mais en sa- 
vancant vers la region superieure , elles ne se montrent plus que par 
buissons epars au milieu des Pteris et des Cistes. A l'altitude de 3,600 

pieds , ces bois nains , deja bien eclaircis , finissent par disparaitre ; aloi s 

le Cistus vaginatus regne seul et se multiplie en masse jusque sur la li- 
siere des bois de Pins. 

Par son port et ses formes , le Pin des Canaries (Pinus Canariensis) 
ressemble assez a nos especes d Europe; aussi au premier abord, la 



region pinifere rappelle dans ces iles nos forets alpines. Sous 



ces 






arbres gigantesques , le terrain est sec et peu substantiel , le nombre 



des plantes nemorales est en meme temps tres limite' (2). Les Pins 

+ 

croissent sur les pentes les plus abruptes et garnissent les premiers 



























I 













% 






(1) Les plantes suivantes, dont le nom seul indique Torigine, appartiennent aussi a la region 
des bois : 

Digitalis Canariensis. 

Hedera Can. 

Smilax Can. 

Bystropogon Can. 
Genista Can. 

Dracocephalum Canariense. 

(2) On ne rencontre que tres-peu de plantes sous les bois de Pins , les principales sont les suivantes 

Hclianthemum guttatiim, Asphodelus ramosus. Thymus Calarnintha, Lotus angustifolius ? Pteris Aqu 
Una. Erigeron viscosum et Y Hypericum grandifolium rabougri. 



Asplenium Canariense 
Davallia Can. 
Trichomanes Can. 
Astrodontium Can. 

■ 

Bryum Can. 







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1 






22 

versans des montagnes. On les voit rarement C( 
qui accidentent les crates; l'arete de la chame 
de Teneriffe apparait ari 



les moi 



qui entour 




pic 




et nue, du moins tel est de loin 1 



pect de ces cimes culminante 



dont les 




9000 pieds de hauteur absolue; mais, lorsquon parvient 



eleyees ont environ 



he 



cilleux 



ces ro 



e tonne d'y voir des 



encore rencontr 



ulle part 




faut 



ge'taux qu'on n'avait 



du Sombrerito pour cueillir 



g 



les assises 




thus scoparius 



Carlina xeranihemoides 




escarpees 

■ 

Cheiran- 




Pimpinella Cumb 



Le Tolpis lagopoda, l e Bethencourtia 



ou le Plantago Teydi 



Palme, 



et 




thami, N., ne 






N 



Thymus Ben 



- 

connu des bergei 



■ 

trouvent qu'au pic dAlmendro ; un arbuste unique 



Rham 



■ 

coriaceus 



sous 
vit 




nom de Pimientero de la cumbre 




ques Ge'ne'vriei 

cime du Cedro 



eleg 



sur 




mor 



de Guaxar 



abo 



g 



(Juniperus Cedrus^ NJ 



quel 



onnent 





Rosie 



d'Armide (R 



belle variete du Pyrus Aria 



Armidce, N.J et une 



droits tres-eloigne's lun de 1 



ne croissent guere que dans deux en- 



la monta 



pa 



S 



du Bo sal et la 



de la chaine des Canadas appelee Tiro del Guqnche. Toutes 



plantes 



solees sur ces aretes volcaniq 



siecles sans se propager sur les pics adj 



etent la dep 



des 



(1) 



* 




En traversant 

l Teyde, 






vue 



and 



etend de toute 



de torrens de lave vitrifiee. Le Teyd 



que des Canadas pour se rapprocher 

part sur des nappes de tuf et 



les hauteurs yoisines 



dont la cime commande toutes 



ele^v 



comme un dome immense du milieu 



de ce sol tourmente, et cependant, cette region, dun aspect si de 

























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Pl^btuf o! el a e " T i0n d '° bSerra ' PlUSiem ' S dC CeS CaS d ' is0le '" ent et les a ^ ** ™ ^ ses 

XeTiXr, " . pays montueux> dM1 • offrent bK;ucou p ie ces ^ •*«**■ HI 

• Pyrlr ll m2:\ T mS ' " " e deSCendent P ° int danS leS " kines - Aussi ™*~" q- 1 

i eel g r d ; s ;l?^~ e ; f ■' ° nt deS , fl ° reS **"**» ' * *» " luSie - — «»es de 
. les pics environnans .XT ^pTT *" " S< "" ^^ ' * qU '° n Chercherait e » vain sur 

1 ronnans. » £fe mCT « de Physiol, vigil., torn. I, pag. 423. 

I 





























4 


















V 










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23 



■ 



vaste, a aussi ses plantes particulie 



carpemens des montagnes du 



Des qu on a f ranchi les 



es 



que, on admire au sein dune 



ture sauvage cette vegetation qui perdrait toute 1 originalite de 
caracteres si on 



tentait de la reproduce ailleu 



Les Le'gumineuses 



frutescentes dominent dans cette enceinte que les eruptions ont en 



vahie a pi 
buste 



qui 



das 



leurs reprises. Le Cytise prolifere est 
presente avant de penetrer dans les 




premier ar 



une fois parvenu sur 




7,000 pieds 



plateau central 




des Cana- 
a laltitude de 



ce ne sont 




que des Adenocarpes et des Cytises 



CAdeno carpus frank enioides et Cytisus nubigenus), les premiers d 



bord seuls , puis dissem 



parmi les seconds qui finissent 



par 



ter maitres du terrain. Ces Cytises, que les habitans appellent Re- 

croissent de preference sur les tufs volcaniques. Les autres 
matieres lithoides ne sont pas pourtant sans vegetation. Les anciens 



tamas 



tor 



de lave nourrissent pi 



especes solita 






cum Canariense, DC. MSS, se trouve 
Chrysanthemum Broussonetii , dans 
YEchium Auberianum^ N. le Polycarpoea aristata 



le Rhap 





le petit plateau de Masca 
defile' de Canada 



blanc 



a: 




glabrata 




Nepeta Teydi 



Scrophularia 




etc 



sur les scories amoncelees 



a 



gravir les pente 



deux 



la base du Teyde. Aussitot qu'on commence a 

de ce pic que les recits des voyageurs ont rendu si celeb 

■ 

peces diverses de genre et identiques par la forme des feuilles 
le parfum de leurs fleurs, une Yiolette et un Silene (1) 

tout-a-coup au milieu des ponces. Les Retamas deviennent 
plus rares, a 



et 



appa 



alor 
de'passe leur de 
groupe; mais la Yiolette brave toujours l'aridite du sol et la 



8,673 pieds de hauteur absolue (2) 



%<~l 



i 



secher 



de lair; les changemens de temperature qui se manifes 



tent instantanement dans cette 




de 



eaction dont le pic 



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(1) V iola cheiranthifolia et Silene nocteolens , I 

(2) C'est la station appelee Estancia de arriba 

















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24 



cupe le centr 



■ 

ne paraissent pas retarder son developpement ; on 



la retrouve jusqu'au dessus SAltavist 



et 



d elevation 



la petite assise de la Ramblet 



n'est qua 9,850 pieds 



quelle 



de 



tre. A partir de cette station, les Phanerogames ne se montrent plus 

semble repousser toute vegetation ; seulement quelques li 




vole a 



cliens colore 



sa cime, et sur les bords du cratere 



mousses (1) tapissent les crevasses d 

peurs. 



de chetrv 



exhalent de chaudes 



va 



Apres cet apercu de la distribution des plantes dans la haute 



gion de Tene'riffe 



re 



correspondantes dans les iles 
changer d 'aspect et s'y modifie 



si nous jetons un coup d'oeil sur les stations 




gnes et la nature des lieux. En effet, les 

grande Canarie n'arrivent qua 5,842 pieds, c'est-a-d 

moyenne des montagnes centrales de Teneriffe 



nous verrons la vegetation y 
selon 1 elevation des monta- 

hautes cimes de la 

re, a la hauteur 



aussi n 



nous 



encontre a cette altitude ni 1' Adenocarpe ni le Cy tise du pic. Toutefois 



les cimes de Cana 



ont 



quoique depourvues de ve'getaux arbor 



aussi leurs plantes alpines qui repre'sentent dans ces stations 
quelques-unes de celles que nous avons deja indiquees danslautre ile, 
au-dessus des bois de pins. Deux labiees et une legumineuse frutescente (2) 
se sont propagees sur les assises du Saucillo (3) ; vers la vallee de Tira- 



xana 



•> 




col de Manzanilla 



a encore fou 



trois 






especes 




Prenanthes pendula, K, le Satureja helianthemifolia :, 1S T 



elles 

• et 



une autre plante volubile qu'il faud 
mille des Apocynees (I). 



ra 



apporter peut 



a la fa 



Palma nous 



a offert aussi des obse 






■ 



rvations analogues. D'apres les 



4 



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(1) fi^e 



(2) 
(3) 

0) 



Satureja tenuis et Satureja lanata, Genista microphylla. 

La hauteur absolue du morne du Saucillo est de 5,306 pieds. 

Nous n'avons trouve cette plante ni en fleur ni en fruit. 



la ni 



er 


























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25 






aluations de M. de Buch (1), le point culminant de cette ile at 



teint 7,234 pieds de hauteur absolue : a cette altitude 



on a 



depasse a Teneriffe les limites des Adenocarpes et commence 



dej 



i 



a 



du 



pic 




Pal 



ne 



penetrer dans la region des Cytises 
possede que les premiers; la configuration et la nature du sol, en di 
mmuant 1 influence des hauteurs, ont empeche les autres de s'y de 

ieurs des montagnesde Palma forment. 



elopp 



Les 



sans inter 



centre de rile, les 



par 



dun 



les bords de cet 



atere primitif. Lorsqu 



dans 



pouvantable gouffre, l'ceil plonge avec 



vient 
effroi 

■ 

forets 

montagne, tandis qu'on ne voit pas un seul arbuste 



pa 



une profondeur de 4,500 pieds; on apercoit dantiq 



surgir des enormes crevasses qui sillonnent les fla 



ides des alentou 



Cette 



g 



culminante a 



ginal 



nest plus, comme a Teneriffe 



Lies de la 
les cretes 

tere tout 

que immense dont 



un 



les Cytises se sont empares et ou la decomposition des tufs volcani- 

vegetation ; mais au lieu dun plateau central 



ques 



est pre tee 



la 



horde de montagrnes en mine 







autr 




re (2) 



t un systeme orographique d 



i 



des masses de basalte se sont 



separ 



en grand 



sem 



blocs, des pics menacants (3) herissent la crete des monts et 
blent suspendus sur labime. En atteignant ces sommite's ou la com 



pacite du terrain est venue 



Cyt 



eter les Adenocarpes et exclur 



les 



on trouve , le long de corniches dane ereuses 



peces quon 
sont YArab 



chercherait en vain 
s alhida du Caucase 




, pli 
les stations infer 



ce 



une 



variete frutescente du Ce 

* 

rastium striatum de De Candolle, et notre Viola P almensis , qui rem 



■ 



place la le Viola cheir anthifolia du pic de Teyde. Ainsi , les lieux 



, 



(1) Physic. Besckr. der Can. 7rc.y.,pag. 103. 

(2) Les montagnes demantelees, qui entourent a Teneriffe le grand cirque des Canadas, sont tracliy 
tiques , tandis que ce sont des basaltes qui dominent dans l'ile de Palma. 

(3) Le Pic des Enfans [Pico de los Muchachos). 7,234 pieds de hauteur absolue\ 

Le Pic de la Croix [Pico de la Cruz). . . . 7,082 Id. (d'apres les evaluations 

Le Pic du Genevrier {Pico del Ccdro). . . . 6,803 

h 



Id. 

Id. 



de M. de Buch. 



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26 



apparence les plus arides offrent 



* 



quetes 



botaniste de nouvelles 






■ 

Les observations que Ion 



peut ded 



de la repartition des ve 



ge*u* dans i;archipel des c^ ^ reposent sur ^ masge ^ 




dupl 

les differentes stations 



grand interet Lorsquen parconrant ces iles 



on sarrete dans 



choix de localites 



qu occupent les plantes , on dirait 



qu 



te 



voir ce 









Pomts les plus favorables 




donne 



a 



r 



d instinct a porte les germes sur les 
leur developpement. Nous venons de 



ensemble 



premier apercu de cette vegetation consider 



allons maintenant 1 examiner 






Precier quelques-unes des causes 
tnbution. 



en de'tail 



dans 



afin 



son 



qui ont 





dap 

influe' sur sa dis 

























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~5* 
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27 










SUPPLEMENT AU CHAPITRE PREMIER, 









*MMHM 






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2. 




6. 



12. 



(a) FLORULE DE L'lLE DE GRAGIOSA 



• Atriplex Halimus. 



glauca. 



3. Salsola vermiculata 
. Salicornia fruticosa 
5. Suoeda maritima. 



frulicosa. 



7. Chenopodium album. 

■ 

8. Polycarpoea Teneriffa3. 

■ 

9. — gnaphalodes 



10. Euphorbia piscatoria. 

11. Heliotropium erosum. Lehm. 

* * 

Frankenia eriaefolia. Ch. Sm. 



1 3. Reseda cr'ystallina. Nob. 
i4- Plantago argentea. Desf. 
1 5. — Coronopus, 



16. Statice pruinosa. Delile 



1 



7 



puberula. Nob. 



1 8. Ononis pendula ? 



*9 



20. 



21. 



serrata. 
ocreata. Nob. 

* 

hebecarpa. Nob. 
22. Lotus trigonelloides. Nob 
2.3. Senecio crassifolia? 

2 4- Arenaria maritima. 

25. Echium (violaceo affine.) 

26. Poa (valde pusilla)? 

Merendera? 



7- 

28. Erodium malachoides, 

29. Helianthemum Ganariense 






I 























; 



« 

Observation. Cette liste conticnt toutes les plantes que nous recueillimes a Graciosa le 5 juin 1829 : 
nous les avons rangees d'apres leur degre de frequence ; mais aux observations que nous avons ex- 
posees dans la note (1), pag. 5 , nous devons ajouter que notre herborisation eut lieu a une epoque 
trop tardive pour cette vegetation ephemere qui perit ordinairement au commencement de l'ete. II 

■ 

est aussi une autre circonstance qui doit contribuer a faire disparaltre certaines especes vivaces qui 



pourr. 



d 



habitans des districts de Lancerotte , voisins de Graciosa , font hiverner leurs troupeaux dans cette 
petite ile , et bien des plantes herbacees et sous-ligneuses doivent alors servir de pature aux chevres 
et aux brebis. 













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LISTE 



DES PLANTES RECUEILLIES DANS L'lLE DE LANCEROTTE, 



5 MM JUSQU'AU 1 5 JUILLET 1 8 









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GRAMINEES. 



Poa trivialis. 
Stipa tortilis. 
Bromus Matritensis. 
Pennisetum cenchroides. 
Phalaris brachystachys. Linl 

coerulescens. 
Melica ciliata. 

r 

Lamarckia aurea. 



urticees 



Urtica urens. 
Forskalea fruticosa. 



PLOMBAGINEES. 



PALMIERS. 



Phoenix dactylifera. 



Heliotropium Europa3um. 

erosum. Lehm 
Statice puberula. Nob, 

pruinosa. Delile. 



' 



JONCEES 



Juncus maritimus. 

acutus. 



RUBIACEES. 



Rubia fruticosa. 

Galium Aparine. 



LILIACEES. 



Asphodelus ramosus. 

fistulosus. 






Pancratium Canariense. Ker 



SMILACEES. 



Asparagus horridus. 

retrofactus ? 



SYNANTHEREES. 

Lactucees. Scolymus Hispanicus. 

Sonchus oleraceus. 

divaricatus. Desf. 
Picridium Tingitanum. 
Prenanthes spinosa. 
Cichorium Intybus. 
Crepis sp. pusilla. 
Tolpis umbellata. 

Hedypnois rhagadioloides. 
Barkhausia sp. n. 
Thrincia hirta. 

Andryala cheiranthifolia . 



MYRICEES 



Myrica Faya. 



Centauries. Centaurea Melitensis. 










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(29) 



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Carduinees. Carduus clavulatus. Link. 

Cnicus sp. n. 



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Cynara horrida. 
Silybum marianum 



Anthemidees. Anacyclus clavatus. 

- 

Maruta foetida. Cass. 

Chrysanthemum canalicula 
turn. 



Inulees. Gnaphalium cauliflorum. Desf. 

luteo-album. 
sp. n. 

Buphthalmum maritimum. 

sericeum. 



Senecionees. Scnecio crassi folia 

Kleinia neriifolia. 



GUGURBITACEES 



Gucumis Colocynthis. 



CAMPANULACEES 



Wahlenbergia lobelioides. 



s 



LABIEES. 



Thymus origanoides. Nob 
Satureja varia. Nob. 

— * 

sp. n. 

Salvia Verbenaca. 
Teucrium pseudo-Iva. 
Lavandula pinnata. 
Marrubium vulgare. 



BORRAGINEES 



Echium violaceo aff. 






CONVOLVULACEES. 







Convolvulus arvensis 

Siculus. 
Guscuta Europaea. 










OROBANCIIES 




Orobanche coerulea. 



SCROPHUL ARINE ES . 

Antirrhinum Orontium. 
Linaria heterophylla. Schousb 
Scrophularia arguta. 





















\ 



SOLANACEES 



Solanum miniatum. 

nigrum. 
Datura Stramonium 

Hyoscyamus albus. 
Lycium Afrum. 















PRIMULACEES 



l\ 



Anagallis coerulea. 
Samolus Valerandi. 






PLiNTAGINEES 



Plantago lanceolata. 

sericea. 
Goronopus. 




VERBEN4GEES. 



■ 

Verbena procumbens. Forsk 



ERICINEES 



Erica arbor ea. 
















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30 






OMBELLIFERES. 

Bupleurum glaucum? 
Apium graveolens. 
Anethum Foeniculum. 
Ferula communis? 
Caucalis arvensis. Huds. 



Genista 



LEGUMLYEUSES. 

monosperma. 



Ononis pendula ? 

hebecarpa. Nob. 
ocreata. Nob. 

■ 

— -serrata. 

Psoralea bituminosa. 
Lotus glaucus. 

sp. n. 

trigonelloides. Nob 
Astragalus hamosus. 

Ornithopus perpusillus. 
Melilotus sulcata. 

parviflora. 
Medicago echinata. 
Trifolium arvense. 



agranum. 




lappaceum . 
Ervum tetraspermum 



ficoides. 



Aizoon Ganariense. 

Mesembryanthemum cry stall inum 

~~ nodiflorum . 



CRASSULACEES. 

Sempervivum ciliatum ? 

dichotomum 
Cotyledon Umbelicus. 




TAMAR1SCLXEES. 






Tamarix Canarien 



sis. 









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- 









PAR0NYCHIEES 



Herniaria incana. 



POLYCARPEES. 



Polycarpon tetraphyllum. 
Polycarpaea Teneriffae. 

gnaphalodes. 



POLYGONEES. 



Emex spinosus. 
Rumex Acetosella. 

bucephalophor u s . 
Polygonum aviculare. 



" 



CHENOPODEES. 



Chenopodium viride. 
Suoeda fruticosa. 
Atriplex glaucum. 



PAPAVERACEES, 



Papaver hybridum. 
— dubium. 



somniferum. var. setigera 



Glaucium corniculatum. 
Argemone Mexicana 



FUMARIACEES 



Fumaria officinalis. 



CRUCIFERES, 

Matthiola parviflora. 
Eruca sativa. 

Erucaria Ganariensis. Nob 
Hirschfeldia incana. Nob. 

Raphanistrum segetum. 
Rapistrum rugosum. 

























i 













31 ) 






Lobularia Libyca (Koniga Libyca. R. 
Br.).. 



intermedia. Nob. 



Notoceras Canariense. 

* 

Gapsella bursa pasloris 



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RESEDACEES. 



Reseda luteola. 






* 

crystallina. Nob. 
subulata. 



CISTINEES. 



Helianthemum Canariense. 



\ 



FRANKENIACEES 



Frankenia pulverulenta. 
— corvmbosa? 



RENONCULACEES. 



Adonis aestivalis. 



EUPHORBIACEES 



Euphorbia Paralias. 



heterophylla. 
Mauritanica. 
balsamifera. 
pi sea tor ia. 
Canadensis. 



■ 



Ricinus communis. 



RUTACEES 



Ruta bracteosa. 






ZYGOPIIYLLEES. 



Zygophyllum Fontanesii. Nob 
Fagonia Cretica. 






MALVACEES 



Malva parviflora. 



OXALIDEES. 



Oxalis corniculata. 






GERANIEES 



Erodium cicutarium. 

— botryoides. 

— malachoides. 

— rotundifolium 



CARYOPHYLLEES 



Silene inflata. 
Arenaria maritima. 

procumbens. 



HYPERICINEES. 



Hypericum grandifolium. 



LINEES. 



Linum strictum. 




























Observation. Durant notre sejour a Lancerotte 



en 1 829 , nous poursui vimes sans relaciie nos 



nernonsations depuis le 25 mai jusqu ? au 15 juillet : la saison etait deja avancee pour les plantes an- 
nuelles, on venait de faire la moisson , beaucoup de graminees, et les autres especes qui croissent 
ordinairement dans les bles , avaient disparu ; nous n'avons done mentionne , dans la liste nr ' '- 
dente , que les plantes assez robustes pour braver la chaleur du climat , ou bien celles qui n 1 - ' 

leur faiblesse, se trouvent placees dans des conditions d'existence plus favorahlPQ T. \ , 

, A . ,, 1T r * v * «*"«;&. ne nomDre des 

especes omises ne peut cependant etre considerable,' et nous avons tout Iiph a* 
r ■ r ' tuul lleu de crone que notre 








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32 



• 















catalogue donne une idee assez juste de Fensemble de Ja vegetation de Tile et des rapports numenques 
des especes de chaque famille. 

Lancerotte, par son aspect comme par sa forme, semble un lambeau detache de 1'Afrique occi- 
dentale; constamment balayee par les vents generaux (E.-N.-E.), FHarmatan dti desert (le vent 
de S.-E.) y fait sentir aussi sa funeste influence; ses plaines arides et sablonneuses sont rarement 
arrosees par les pluies ; le pays en general manque de sources et les arbres n'y prosperent pas. La 

* 

vegetation eparse sur cette ile, la plus volcanisee des Canaries, ne se presente ni en masse, ni par 

* 

groupe ; les plantes sont cachees dans des crevasses ou disseminees ga et la dans des espaces incultes. 
La flore si caracteristique des autres lies de l'Ouest n'y joue qu'un role secondaire : relegues sur les 
cimes de Chaclie, a l'altitude de 1,773 pieds , le Myrica Faya, Y Erica arborea et V Hypericum grandifo- 
lium s'annoncent comme les dernieres limites de la region des bois vers l'orient de l'archipel; trois 
plantes de l'Europe temperee, qu'on ne retrouve pas dans les autres iles , accompagnent ces vegetaux 
des montagnes ; ce sont le Melica ciliata , le Thrincia hirta et une espece de Barkhausia , peut-etre la 
meme que celle de Madere. Les Lauriers durent ombrager autrefois ces cretes devastees ; quelques 
vieux troncs subsistent encore , mais bientot ces points de repere de la vegetation nemorale disparai- 
tront a leur tour, et les insulaires de Lancerotte perdront jusqu'au souvenir de leur existence. Le 
Cynara horrida croit en abondance dans les alentours de l'ermitage de Notre-Dame-des-Neiges 

* 

(Nueslra-Seiiora~cle-las-Nieves), le point le plus eleve de lacliaine deFamara(l). C'est uniquement dans 
cette localite, et contre les murs de la Sainte-Chapelie , qvie nous avons recueilli une belle variete du 
Borrera Atlantica, si commun sur les buissons des environs de Tanger et dans les iles boisees du 
Guadalquivir. . 

On dirait que Telite de la flore de Lancerotte s'est refugiee le long de la chaine de Famara et sur les 
rochers escarpes de Guatifay ; toutes les especes qu'on y rencontre sont rares ou nouvelles. Nous cite- 
rons surtoutparmi les plantes dont Taspect nous a leplus frappe, le Statice puberula, Nob., le Linaria 
heterophylla que Schousboe trouva le premier dans la Mauritanie , X Arenaria procumbens d'Egypte , une 






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belle 



ariete du Picridium Tingitanum a feuilles dentelees comme celles du lioux , le Thymus origa- 



l 



noidesy Nob., une nouvelle espece de Satureja et un Gnaphalium qui prend la forme d'un petit buisson. 

La vegetation cotiere des Canaries occidentales est moins prononcee a Lancerotte , V Euphorbia Ca- 
nariensis et le Kleinia neriifolia y sont plus clair-semes; le long des plages, les Salsola etles Chenopodces 
ligneuses se melent ayecVEnp horbia Mailritanica etY Euphorbia piscatoria. Deux autres plantes abond^nt 
dans toute File , la triste Alhulaga (Prenanthes spinosa), qu'on retrouve en masse sur la bande meri- 
dionale de Teneriffe, et le Sonchus dwarkatus , autre espece des deserts d'Afrique, que l'infatigable 
Wallicli a ramasse aussi dans l'lnde, aux environs de Saharunpore. 

La plaine de Mala nous a fourni egalement quelques vegetaux curieux : d'abord le Lobularia Lybica y 

-apporte par Oudney et Delia Cella des grands Syrtes de la Cyrenaique , puis une nouvelle espece 
d' Ononis , YO. ocreata, Nob., qui a beaucoup d'affinite avec le vaginalis, Y Ononis serrata, deux Mes- 
embryanthemum et YAizoon Canariense, qui croit aussi dans les sables de FArabie. 

Autour du port d'Arecife , diverses plantes de la region maritime couvrent par intervalle la nudite 
du sol f ce sont, le Lotus trigonelloides , Nob., le Reseda subulata de FEgypte, et plusieurs Chenopo- 
dees rabougries. On voit parmi ces especes un petit Bupleurum annuel (B. glaucum?) qui atteint a 
peine deux ou trois pouces de hauteur et garnit les creux ou la tcrre vegetale a conserve quelque 

humidite. 

II est encore dautres especes de Fancien continent qu'on retrouve confinees dans cette ile et qui 
ne se sont jamais reproduces dans les autres parties de Farchipel : le Rata bracleosa , par exemple , 

; les pentes meridionales de ce cone volcanique ; 



s'est fixe a la base de la montagne de la Corona, sui 



(1) Environ 1,773 pieds, d'apres les evaluations de M. de Bucl 



1 

























1 












\ 












■ 



























■ 



















• 



■ 









. 






^ 









33 




■ 

YJnacyclus claoatus ne se montre que dans l'interieur, pres du bourg de Saint-Bar tolom<T Ces cas 
d 1S olement sont nombreux aux Canaries , et il nous a semble" curieux de reunir a la fin de cette note 
les di verses especes exclusives a Lancerotte et a Forta venture. 



I. 

2. 







- 



ii. 

12. 



X \ I 

J 

Melica ciliata. 

■ 

Asparagus horridus. 






3. Statice puberula, 

pruinosa. 

5. Sonchus divaricatus. 

6. Barkhausia sp. n. 

7. Thrincia hirta, ' 

8. Andryala cheiranthifolia. 

9. Anacyclus clavatus. 

10. Gnaphalium gossypinum. Nob. 



1 



Thymus origanoides. 
Satureja sp. n. 






/ 



1 3. Linaria heterophylla 

1 4- Bupleurum glaucum 

1 5. Ferula communis? 

* 

16. Ononis pendula? 



"7- 

18. 



20. 



21. 



22. 













hebecarpa . 
ocreata. 



I 



19. Lotus sp. n. 



trigonelloides. 
Reseda crystallina. 

subulata. 






23. Euphorbia Mauritanica 

24. Arenaria procumbens. 






"V 















• 



• 



yr 










% 



. 






LIS T E 



1 






DES PLANTES RECUEILLIES A FORTAVENTURE 

/ 

DANS LE COMMENCEMENT DU MOIS D 5 AOUT 1820. 



? 







* 






Asphodelus fistulosus. 



ramosus. 



Juncus acutus. 
Avena sterilis. 

Milium lendigerum. 

Asparagus retrofractus ? 

Beta maritima. 

Suosda fruticosa. 

Salsola vermiculata. . + 

Plantago Goronopus. 

argentea. Desf. 
Samolus Valerandi. 
Salvia vEgyptiaca. 
Antirrhinum heterophyllum. Schousb* 






1. 






Lycium Afrum. 
Garduus clavulatus. Link. 
Gynara horrida. 
Silybum marianum. 
Garthamus lanatus. 

Kleinia neriifolia. 
Scolymus Hispanicus. 
Prenanthes spinosa. 
Sonchus divaricatus. Desf. 
Crithmum maritimum. 
Scandix Pecten. 
Bupleurum glaucum. 

Glaucium phoeniceum. Sm. 
Papaver hybridum. 









; 










5 



* 



I 












I 



Tjw 



^ ^B 




L k 






n 



Reseda subulata. Delile. 

- 

- 

Helianthemum Niloticum. 

Canariense. 
Fagonia Cretica. 

Arenaria maritima . 
Silene inflata. 
Tamarix Ganariensis. DC. 
Cactus Tuna. 



Aizoon Canariense. 
Mesembryanthemum nodiflorum. 

crystallinum. 

Lotus trigonelloides. Nob. 

sp. Creticse aff. 
Pistacia Atlantica. Desf. 
Euphorbia piscatoria. 



Observation. Cette liste offre une preuve de la ressemblatice de la flore de Fortaventure avec celle 



Lancerotte ; si on excepte V Helianthemum N t 



cum , le Tamarix Canariensis , le Pistacia Atlantica 



et quelques autres especes , les restantes sont communes aux deux iles. La region nemorale qui decore 
si bien la partie occidentale de 1'archipel , et dont nous avons retrouve des traces sur les sommets de 



L 



ancerotte , manque entierement dans les divers districts de Fortaventure que nous avons parcourus. 
ette absence provient de ce que let points culminans de cette He atteignent a peine 1 ,500 pieds de hau- 
teur absolue , et qu'a cette station la temperature est trop elevee pour les Lauriers , les Bruyeres et les 

. M 1 A 



'ylife 




la 



autres arbres forestiers. Le Pistacia Atlantica , Desf. , et lc Ph 

tiennent bien plus a la flore de l'Afrique continentale qu a celle des Canaries , sont les seuls grands ve- 
getaux que nous avons vus dans l'interieur du pays. Cependant il est probable que plusieurs especes de 
region des bois existent dans la presqu'ile de Handia, ou les montagnes sont plus elevees. Nous 
regrettons encore aujourd'hui que les chaleurs excessivcs de l'ete do 1829 nous aient contraints de 
partir de Fortaventure sans explorer la partie meridionale de File , contrecs tout-a-fait inconnues aux 
botanistes et peu frequentees par les habitans. En 1815, M. de Bach et son infortune compagnon 
t«n. Smith ne furent pas plus heureux que nous : leurs excursions leur fournirent peu de plantes ; 
comme nous, ils visiterent l'ile dans cette saison brulante ou la vegetation est amortie par la se- 
cheresse et qu'on pourrait comparer en quelque sorte a nos hivers , car dans les mois de juillet et 
claout les berborisations sont aussi inf i uctueuses a Fortaventure qu'en d.-cenibre et Janvier dans les 
environs de Paris. 



















































35 



CHAPITRE SECOND 



DISTRIBUTION PHYTOSTATIQUE 










•■ 





* 













Les terrains ont leurs exigences; les disseminations, les 
migrations des vegetaux, ont leurs caprices; et les diverses 
regions du globe, diversement dotees dans les distributions 
primitives, livrent a Tinfluence des climats analogues des 
series d'especes souvent tres-differentes. 

Ramond. 



■ 

La repartition des plantes, conside're'e sous le rapport des espe- 
ces qui dominent en plus grande masse depuis les bords du rivage 

■ 

jusqu'aux sommets culminans , et les relations de la vegetation 
avec les climats, ont servi de base a notre distribution phytosta- 

un mot 
des notions que Ion avait deja sur la geographie botanique des 

Canaries. 



tique; mais avant den presenter le tableau, nous dirons 



Broussonet 
concut l'heur 



qui 



r 



esida pi 






annees dans cet 



chipel 



y 



*use idee d'une distribution geographique des etres 
organises, dans laquelle on aurait pu repartir toutes les especes 



du globe. II appliqua d'abord cette grande pense'e a la botanique 
et communiqua ses essais a un des savans les plus illustres de 



notre epoque , M. de Humboldt, qui, appele sur un plus vaste 



champ 



deyait doter la science dune serie d 'observations quon 



prendra toujours pour modele. M. de Humboldt ne s'arreta pas 
assez a Te'neriffe pour se liyrer a une etude approfondie de la 



ce 



vegetation de cette ile; mais plus tard, les beaux travaux de 
naturaliste vinrent jeter de nouvelles lumieres sur une des bran 



I 



m 






| 









f 



m 



i*v 



■*■ 



■ 



V 




tm i 



^m 






















I 







I 







36 



ches les plus importantes de la phytolo 



quil proclama furent 



les grandes gene'ralites 




prelude de recherches 




speciale 



et 



n 



de Ramond, de Mirbcl el de Sch 



bient6t apres , les noms de Wahlenberg, de De Candolle, de Ro 

ouw pnrent rang 

parmi nos maitres. 

Adoptant les idees de 
taniq 







oussoneL alo 



commencait a sortir de loubl 



que 



geograp] 



bo 



que Linnee en 

diyisa 



on l'avai t lai 



ait i 



ndiq 



les 



dei 



tres et 



ia le sol de Teneriffe 
perposees les unes aux 
sur les pentes rapides de lite 
pieds. En indiquant cette altitude 




(1), M. de Humboldt 



en cinq zones on regions de 




su- 



pan I 



a pa 



one hauteur absol 



du littoral, 

5 de 10,500 



tion su 
teur fit 



* les montagnes 

remarquer la diffe 
qui, situe'e a quinze degres plu 



comme la limite de la xeget 



yoisines des tropiques, cet habile observa 

des Py 



tante 



I ( )T1 




ne peut nourrir de plant 



qu'r 



13 on U00 



que les Canaric 

d elevation pe 



oi a 1 p.-np-nfFo i-» e,x,^^ ~„ • i , . ' 



expans 



des vegetaux 



environ 900 pieds en dessous du sommet du 



tnble s'arreler a 



» 



n est pas , dit M. de Humboldt 
froid de Fatmosphere 



pic de Teyde 



peut franchir; ce sont les laves 



que les glaces etemelles et 
ambiant lui oppose des limites quelle 




ne 



ifie'es du 



» 



ponces broyees et arides 



/ 



pais 




t les 



piton qui empechent la migration 



» des plantes vers les bords du cratere. » (2) Nous 
sieurs fois occasion de constater l'exactitude de 
mais nous aj outer 

cessive secheresse 



axons eu 




cette 



aussi que la rarefaction de lair et 



que 



nous ont semble deux autr 



son ex- 



influentes de l'aridite du sol 



causes non nioins 










(1) Lin, Station* plantarum in A nix nit. 

(2) Voy. for 



academ. Edit. Schreb , torn, iv 



I%e aux regions cquinoxiaks, torn, i, pag. 403 et 



P 



[V 6- 



64 et suiv 



suiv. 
























37 

Les divisions phytostatiqu.es signalces pat le savant auteur du 

foyage aux regions equinoxiales , sont les suivantes : 

DESIGNATION: ETENDUE : 

i. La zone des Vjgnes, • . clcpuis o jusqu'a 1,200 ou i ,800 pieds au-dessus. 

2. La zone des JLauriers, .... i,8oo a 5,4oo Id. 

.'). La /one des Pins, . . . # . . . 5,/foo a 7,800 Id. 

La zone des Retamas, ) • , TJ 

r r , . , > . . . 7,000 a io.5oo Id. 

5. La /one des Graminees ? ) y 

ous nous abstiendrons pour le moment d'expliquer les motifs 
qui nous ant determines a adopter d'autres divisions; il nous suf- 
ra d observer : 

1° One la designation dc zone des vignes ne saurait caracteriser 

dune maniere precise l'cspace compris entre le rirage et les hois 
de tauriers, attendu que les vignobles n'en occupent qu'une tres- 
petite partie, qu'ils ne s'etendent jamais jusqu'a la mer et s'arre- 
lent bien avant d'arriver a la region des forets. 

2" Le Quercus Canariensis de Brouss., ( Wild., plant, hort. Berol., 
Enum. 1809, p. 975) que M. de Humboldt indique dans la seconde 
zone celle des Lauriers, nest probablement que le Quercus pubescens 
on pen modifie par le climat et introduit, avec les cMtaigniers , 
par les premiers colons, quelques annees apres la conquete de 
Teneriffe. En outre, letendue qu'il donne a la region ne'morale 

depasse de bcaucoup ses limites naturelles, surtout vers 

est de I ile. 

3" Quant au Juniperus Cedro de Brouss., qu'il a place dans la 
troisieme zone, cclle des Pins, nos recherches sur cette espece, au- 
jourdliui si rare, nous ont presque donne la certitude quelle dut 
occuper autrefois des stations plus elevees. 

r Enfin, la quatricme et la cinquieme zone, la region des 
Retamas et celle des Graminees, comprennent, suivant M. de 

Humboldt, des hauteurs qui egalent a Teneriffe les cimes les 































i 






I 





















I 

























■^^i 













38 



plus inaccessibles des 




vrenees. 

mi 





C'est 



en 



effet 



ce qui a lieu pour 



les Retamas (Cytisus nubigenus); mais non pas pour les Grami 




ne'es dont 



Festuca My 




existe que deux especes dans la haute region, 

s et le Festuca laxa. La culture des ce're'ales ne 



- 

setend pas audessus de 4,800 pieds, et M. de Humboldt 

- 

doute ete trompe par de faux renseigneme^ns : Broussonet 



a sans 



qui 



les 



ce com 




la 



lui fournit , herborisa peu lui-meme ; son fidele Joseph , 
pagnon de ses emigrations, fut son collecteur dhabitude 
mort de l'illustre professeur de Montpellier, il fallut souvent avoir 

s'assurer des habitats de certai- 



recours a son zele 



viteur pour 



w 

nes plantes que les herbiers du maitre avaient fait connaitre de- 
puis long-temps sans aucune indication. (1) QueJques especes des 
genres 'Aristida^ Polypogon, Bromus, Lamar ckia, Air a, Panicum, 



Setaria, etc., ramasse'es dans* les environs de Chas 



na 




village 




plus eleve'de file (a 4,008 pieds), auront fait croire a Broussonet, 

que les Gramine'es setendaient encore plus haut, et que, sembla- 



bles 



plateaux superieurs de 



montag 



alp 



les 



som 



mets de Teneriffe possedaient 



renouvellent et se 



ces herbages naturels qui se 



ent de fleur 



ap 



la fonte des 



nei 




pouvons assurer que parmi les plantes sociables qui font 



par tie de 




Flo 



re 



Cana r 



les Gramine'es sont celles dont les 



oupemens sont moins notables. Le nombr 



* 

des especes de cette 



famille arrive a peine a quatre-vingt , leur spontaneite est due pom 



la purpart a des causes 



dentelles, et ces apparitions fortuites 



quoique devenues constantes par des reproductions successives , 
restent pourtant assujetties aux mouvemens des populations agri- 






e et 



(1) Dans les dernieres annees de sa vie , Broussonet avait presque entierement perdu la memoir 
ne pouvait plus fournir de renseignemens sur les stations et les habitats de certaines plantes eDarses 
dans son herbier sans la moindre indication. « Demandez a Joseph, » disait-il , lorsqu'on lui faisait une 
question relative a une des localites dont il avait oublie de prendre note. Joseph souvent repondait 
juste, et, grdce a ses souvenirs, quelques especes quon croyait originates des Canaries furent re- 
connues pour avoir ete recueillies a Mogador. 




















. \ 










39 



coles; elles cessent avec les cultures et se manifestent de rechef 
dans les endroits ou de nouyelles exploitations viennent e'tendre 




domaine du cultivateur. II est yrai que quelq 



especes 




viyaces fmissent par s'accommoder aux conditions d'existence qui 
ne contrarient pas trop leur deVeloppement , mais ces sortes 
climatation sont rares, et Ion yoit ordinairement ces plantes na 




turalisees se 



eproduire dans des localites qui ti ahissent 




ur ori- 



gme ; rarement on les rencontre melees dans ces brandes couvertes 



d especes canariennes , ni dans les ray ins ou la 



semble 



gelation primith 



etre re'fug 



On 



pte a Teneriffe tres-peu de G 



ne'es endemiques (1) et presque toutes restent confmees dans le 



YOl- 



se ti 



smage des cotes. Parmi les especes introduces, la plupart 

vent confondues avec les cereales et croissent sur la lisiere des champ, 



le long des chem 



aux alentours des habitations 



Nous ne saurions done admettre aux Cana 



/ • 



Graminees 



une region de 



en 



ayancant yers les climats des tropiques 



les 



es 



peces de cette famille cessent de se pre'senter en masse et ne 



se 



montrent 




que 



dissem 



et pour ainsi dire perdues au mi 



lieu des autres yegetaux; le Tristegis glutinosa 



qui envahit les 



espece qui 



montagnes deboisees du Bresil, est peut-etre la seule 

fasse exception a cette loi (2). 

II serait inutile de nous arreter plus long-temps a cette premiere 
ebauche de la geographie botanique de Teneriffe , et nous passe- 
rons de suite a un trayail plus recent , celui que M. Leopold de 



\ 



M 



telles, a ete encore plus loin que nous et n'a reconnu aucune Graminee indigene aux Canaries. 
(Voy. Arckw. de bot. Coup-d' ceil sur la flore des ties Canaries; traduct. de 1'allem.) Nos opinions sur ce 
sujet ne s'accordent pas tout-a-fait avec celles de ce naturaliste , et sans qu'il soit necessaire de les 
discuter ici, nous ferons remarquer seulement que Festuca laxa , YAristida gigantea et le Dactyl 
Smithii n'ont ete encore recueillis qu'a Teneriffe. Deux autres especes , le Phalaris Canadensis et 1 



Teneriffce , qu 



retrouve aussi ailleurs , furent d'abord decouvertes dans ces iles 



(2) Voy. Aug. de Saint-Hilaire, Tableau de la vegetat. primit. dans la province des 



nunes. 








































































•im 



I 



1 









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■ 



r 
■ 



« 



■ 

I 



\ 






, 






Is 














^^ 





■ 



























. 





















Buch 



a 



publie 



40) 

* 

en 1825., dans un ouvrage en allemand, sous le 



titre de Description physique des lies Canaries (1). Les renseigne 



sont 




re'sultat 



mens qu il a donne's , dans le quatrieme chapitre , 

de ses observations et de celles de son zele compagnon Chr. Smith , 

dont tous les phytologues ont deplore la perte. 

L'ile la plus eleye'e du groupe a aussi seryi de eadre a la dis- 
tribution phytostatique de M. de Buch : il a divise Teneriffe en 
cmq regions designees de la maniere suiyante. 



i 



Etendue : depuis les rivages jusqu 



i 



Temperature mo\ 



7° a 18 



o 



( 



ou des formes aft 
pieds au-dessus. 



G.) 



Climat : analogue a celui de l'Egypte ou de la Barbar 



* 



opeennes 



Etendue : depuis 1,200 pieds jusqu'a 2,5 
Temperature moyenne : 1 4° 
Climat : analogue a celui du 



7 



5G.) 



midi de la France et de 



3. La region toujours verte (Sempervirente) , ou celle des Forets. 

Etendue : depuis 2 ? 5oo pieds jusqu'a 4,ioo. 

Temperature moyenne : n° R. (i3°,7 G.) 

Climat : analogue a celui de Lyon et de la Lombardie. 

* 

. La rlgion du Ptwr ou des Pins de 




Etendue : depuis 4,ioo pieds jusqu'a 5,900. 
Temperature moyenne : 8° R. (10 



Climat : analogue a celui du nord de la France, de l'^cosse et du nord de 1'Allemagne 

5. La region de la Gumbre ou celle des Retamas blancas. 

Etendue : depuis 5,900 pieds jusqu'a io,38o. 

Temperature moyenne : a la hauteur de 7 a 8,000 pieds, 4° R. (5° C. 

Climat : analogue a celui du nord de l'Ecosse et du Dronthein. 

Quoiqu'au premier coup-d'oeil cette distribution semble pre 
senter la marche et les differens chanffemens de la yegetation 



(1) Physical. Beschr. der Can. Insel Berlin , 1825. 




































































































I 









4-1 




en passant par des climats divers , sur une ligne de pente 
10,380 pieds detendue, une longue serie dobservations nous a de 
termines a la modifier dans son ensemble et a la reformer entiere 
ment dans ses details. 



Nous fer 



d'abord quelques remarques prealables 






1°. Les limites que M. de Bucb a 



g 



a la PREMIERE ZONE 



sont trop restreints : il eut fallu les porter au moins a 400 pieds 



plus haut, car il doit 



u 



tes de 

Kleinies 



comme nous, les principales plan 




region subtropicale , telles que les Euphorbes et les 
roitre a laltitude de 1,600 pieds, en montant vers la 



La 




una, et ces memes especes vegeter encore 




haut 



sur 



la 



bande 



idionale de file 



2°. La deuxieme zone, qu'il indique sous le nom de region me 



DITERRANEENNE OU DES CULTURES EUROPEENNES 



occupe pas 



nous 



un espace assez determine pour qu'on puisse en fixe 



seloi 
les li 



mites. Dans un pays aussi 



dente 



que les Canar 




cultiva 



teur a du soumettre peu-a-peu a ses travaux les endroits qui lui 
offraient le plus d'avantages, sans chercher a lutter inutilement 



contre les obstacles que lui opposait la nature du sol. II a defri- 



che d'abord le fond des vallees cotieres, et les greves ou les falai- 

ses du rivage ont ete les premieres barrieres de ses plantations ; 
puis, evitant les escarpemens inaccessibles , les masses de rochers 

- 

et tous ces espaces que les volcans ont frappes dune longue ste'ri- 
lite, il a e'te setablir sur les plateaux superieurs. Ces sortes d'ex- 
ploitations sont reste'es assujeties a la structure orograpbique de cha- 

que ile , leurs progres ont ete plus ou moins lents , et le systeme de 



labo 



ur a varie suivant les localite's. Des que les populations agri 



coles ont commence' a se reunir dans les vallees principal 




s 



cultures, en setendant 



se sont regularisees ; les vignobles ont 



garni les bases, et les cereales, s'emparant des terrains qu'avaient 

* 

occupes les bois vierges, ont souvent franchi cette zone pour 



sa- 



i. 



6 









1 



































































♦^ 






i 






I 







^^^w 


















I 






































. 12 

vancer vers la haute region. Le bourg 



/ \ 



de Chasna, situe a 4,008 



piecls 



dess 



du 



de la mer 



■ 

t cnt 



de 



gei 



ou 



prosperent 




r 



fruit, et la charrue a convert! en champs 



de hie les plateaux de Trebejo et dEscalona. Stir les pentes 



des au contraire, les ve'ge'taux indigenes sont 
ces en^ 



estcs en dehor 



pi- 
de 



ahissemens, tandis que le long des cotes moins abruptes 



l'industrie des colons 



a encore su sc cre'er de 



lenus pa 



elles ressources : 



des 



mur 



se son I 



des petits espaces ensemences, et sol 

echelones jusques sur la crete des collines ; les 

ete' mis a profit toutes les fois que les rives rehaussees du torrent 



meme out 



ont donne quelq 



bois 



des cla 



espe 
tou j c 



de 



r 



('colle 



et 




la 



egion des 




lar 



6 



ont offert pendant les 



premieres annees une terre des plus productiTCS. Si on fait excep- 



tion de lenceinte infertile et deyaslx 




centre de file, on pcut 



dii 



?e 



qu^ 



feneriffe les champs sont tin pen pari out 




est des 



sites priyile 



qui presentent 




table 



le 




pittoresquc p 



labondance et la 






que des 



iete' des productions; mais ailleurs c(^ ne son! 




au milieu de nappes d 



tuf et de 1 



des 




• /- / 



propnetes que des sources cachees fertilisent, des fermes sans toi- 



sinage, des clos 



impi 



• / 



le penchant des 



mor 



et qu'on 



oit 



souvent disparaitre dans la saison hivernale sous des avalan- 
ches de pluie. Comment fixer les limites de la region des cultures 

■ 

dans 



un pareil pays? 



3°. Les regions des Forets, du Pinar et de la Cumbre, qui for- 
ment les trois dernieres divisions de M. de Bach, se trouvent 
comprises dans des espaces trop resserres : les bois lauriferes 



de 



oisieme zone depassent rarement 



i 



1 est vrai, laltitudc de 4,100 



pieds 



dans bien des endroits on commence 



les rencontr 



la 



avant darriver a 2,000. Dans file de Canaria, par exemple , 
partie la plus ombragee de la foret de Doramas (las madres de 
MoyaJ nest elevee que de 1,387 pieds au-dessus du niveau de la mer. 






















-**-Ss*iS3*r, - 




^^ 



■*-. 












I 















I 



43 

» 

en est de meme des Pins qui affectent des stations differen- 

■ 

tes sur les deux Tersans de Teneriffe : du cote du nord, on les 




trouve jusqu'a environ 9,000 pieds le long du talus d'Icod et sur 
les premieres pentes du Teyde; mais ils ne descendent rarement 
sur cette bande en dessous de 4,000. L'exposition du sud parait 



leur etr 




favorable, leur for 



expansrv 



est 




prononcee 



et ils setendent 




e 



ce cote en plus grande masse; dans le district 



de Chasna 



nous ne les avons vus qua 8,000 pieds d elevation 



absolue 



sur les de 



• \ 



nicr 



assises du Sombrerito (voy. "V 



pi. 6 



phyt 



et quoique main tenant ils ne descendent guere pi 



bas 



que 



niere zone, la region 



sur la bande du nord, des renseignemens authentiques prouvent 

que ces forets primitives couvrirent autrefois des terrains dont 
laltitude n'excede pas 1,200 pieds. 

Le terme que M. de Buch a assigne a la vegetation de sa der- 

de la Cumbre^ est a peu pres celui que nous 
avons deja indique ; mais il serai t difficile de determiner dune 

« 

maniere precise les limites inferieures de cette region, car la pre- 
sence des plantes qui en font par tie depend aussi bien de laltitude 
que de la nature du sol. 

Les indications de M. de Buch sur les temperatures 



de ses drv 



zones 



de 



getation 



et 



l'analogie qu'il 



moyennes 
en de'duit 



avec les climats de plusieurs contrees d Europe, ne peu vent donner 
une idee exacte de letat de l'atmospbere de chaque region, attendu 

qu'il n'y a pas proportion de temps entre les mois de chaleur et ceux 
du froid. La temperature moyenne, quelle que soit la hauteur a 
laquelle on rapporte ces observations, ne saurait servir de point 
de comparaison entre latmosphere locale dune des regions phy- 
tostatiques indiquees et celle dun pays ou les changemens cli- 

■ 

materiques sont ti es-tranches et presque proportionnels entre 
les saisons. Ces considerations ne doivent pas etre negligees, 

tiouye appuyee par celles de 



et notre opinion 



a cet egard se 



c 




f 






















■I 







btt 











\ 



I 



^ 



m 






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•i- . 








f* '■ 





































f 



























i k 



Ramond (1) et de son digne e'mule M. Mirbel (2) 
seur De Candolle, qui a traite aussi ce suj( 



Le profes 



t (3) 



est 



xpr 



ime 



en ces termes 



(( 



temp 



La temper at ur 



moy 



qui , pendant 



long 



y> 




ete l'objet presque unique des phy 



t en 




donnee la moins importante pour la geographic des plantes 



)) 



a ne la conside 



que comme une indication vague, elle est 



» 



» 



)> 



dunemploi assez commode; mais la meme temperature mo} 
peut etre determinee par des circonstances tellement 
que les consequences et les analo 



diffe rentes 



» 



sur la 



qu 



TOO 



drait 



(led 



getation 



t ti 



)) 



marque la porte a conclure 

exacts des points extremes de 



Cette jud 



qu 



doit tir 



des 



i 



L tats 





Aux Canaries l'hivi 
dans les stations super 



temp 



est presque nul sur la 



te 



t dm 



peu 




ur le littor 





hermometre monte 



de 26°.6 



3T,6 centigrade (4^) d 





us chaud, et se soutient encor 



mois d'octobre qui 



t 




entr 



16.6 



mois de 
que 10 



t 19.4 





jan^ 



qui est le 




froid. Ainsi 



il 



v 

a 



12° de difference entr 



n y a guere 



de la chaleur de lannee 



le maximum et le minimum 



et 



dep 



le 



mois de mar 



mois d'octobre, cette difference 



Su 



r 



les hauteu 



est gue 




de 6 



J u squ 
a 8 



(5) 



moyennes, et dans la haute 



/ • 






ion, ces varia 





























(1) «Des temperatures qui semblent pareilles , a ne considerer que leur terme moyen , sent loin 
.. d avenr la meme marche et d'etre pareillement graduees. On ne trouve au nombre de leurs elcmens 
» ni le meme ordre de saisons , ni une succession semblable des jours et des nuits. » Ramond , Etat 



{Mem. die M 



(2) « Les botanistes qui seraient tentes de croire que la temperature moyenne de l'annee donne la 
» mesure de la force vegetative , ne tarderont pas a reconnakre que e'est une erreur. „ Mir BEL , Essai 
sur la distrib. geog. des conif. {Mem. du Museum, torn, xm, p. 35.) Voy. ce que M. Mirbel dit en 
sur le meme sujet dans ses Recherches sur la dist. geog. des veget., etc. {Mem. du Museum tmT^ 
pag. 362.) ' a< XIV ' 

(3) Diet, des Scienc. nat. (Geog. bot. , torn, xvni, pag. 366.) 

(4) Toutes les temperatures dont nous faisons mention ont ete ramenees par le calcul »«, i • , 
thermometre centigrade. degres du 

(5) Voy. les notes a la En de ce chapitre. 










A 



( 45 



tions sont plus sensibles; le froid que Ion ressent au milieu de 
l'atmospbere des bois provient moins pourtant du grand abaisse- 



ment de temperature que du passage trop rapide dun climat 
subtropical a une region toujours humectee par 



les nuages. La 



sensation du froid sur les sommets culminans est produite par 

: cest la brusque transition de la temperature 



une autre cause 



du 



jour a celle de la nuit ou des instants de la journee ou 




soleil cesse d'echauffer la terre 



car , dans cette zone , Tin tensile des 



ayons solaires a une action d'autant plus forte que 1 



tr 




us rarefie, et Ion doit plus avoir e'gard aux influences de la chaleur 
du jour et au refroidissement qui s'opere pendant la nuit qua celle 



des 



maxima et des minima de temp 



de 



Su 



r le Pic de Te'ne'riffe 



laltitude de la Est 



s saisons oppose'es 

mcia (7,756 pieds) 



d 



le 



mer 



nous avons yu, le 4 juillet 1825, a 3 h. apres m 

monter a 18°,8 et baisser rapidement jusqua 10° dans la nuit 



i 
Des observations faites a la meme station 



i 




23 fe\ 



1828 



pa 



M. Alison, phy 



glais , ont d 



les 



e'sultats sui 



vants. 



io°a i h. 1 5' apres midi. 

i° ? i vers Je soir. 

3° ? 3 a minuit. 

2° ? 2 le lendemain matin un peu avant le lever du soleil 



En comparant les obseryations des deux epoques que nous ve 



m 



nons de citer, nous trouyons que le 5 juillet le tbermometre 

- 

diquait une temperature de 9 a 5 b. 5' du matin a la pointe du 

24 fevrier a 



pic (11,424 pieds), tandis qua la meme station 




8 




45' du matin 




montait dej 



7 







4 



M. Alison, qui youlut bien nous communiquer ces notes, ayait 

percbe, a 10 
pieds d elevation au-dessus du sol et de maniere que le bois lui 



eu soin de placer le thermometre au bout dune 



fit ombre; linstrument ayant ete pose sur un chapeau noir 



une 




























- i 




•V 



■ 



P 










*J 











I 



i^>M 









































t 







-46 



heur 



environ apres cette premiere experience , le 



mer 



monta 



en peu d'instant 



37°,7 (1) 



D'api 



ces indications 



peu redoute 



on conceyra que les plan tes . doiyent 




fort 



g 



rares et ou lhrs 



du froid dans un pays ou les gelees 



sont 



Aussi la 



nempiete jamais sur les autres saisons. 






nuels 



getation passe-t-elle par tous ses deVeloppemens an 



sans epr 



de perturbat 



dans sa marche, et eel 



engourdissement hiyernal dans lequel les plant 



et dont M. Mirbel 



bie 



lieu 



aux Cana 



demontre limport 



estent pi 
(2), n'a 



que 



1 



epoque des pluies. Alors cette tei 



A 



ol 



eanique revolt son engrais 




de leur 




tige, penetrant dans son 



pr 



/ • 



les graincs 



de tachc 



aussitot 



ant les 



sem pou 



y 



*-> 



mer presqu 



pi 



soleils de mars, la natui 



recouyre 



toute son energie, les especes des 



eelles de 




haute 



mages 



t dej; 



e 11 



lie 



el 



Quelques exempt 

ques dans les principales 
1 etat de l'atmosph 



region recommencent a pousser des feuilles 
es de temperatures, obscryees a diffe rentes < 



epo- 
tations, complete ront ces notions sur 




es di\ 



climats de ees ile 




Teneriffe 



%M*> pieds, la temperatui 
acquis deja 



dans la foret d\Agua-G 



t a l'altitude de 




meme for 




thermometr 



st de 24 a 26", au mois d'aout et a 
mois de mars. A cette epoque (mars) 



brag 



et 





se soutient a 16°, 6 
humide de la foret 




l'endroit 




plus 



om 



Au milieu des bo 



d\Agua-Mansa . et a une ele 



excede pas moins de 3,821 piecls, le thermome 



qn 



se 



tiei 1 t 



18 au mois doctobr 



Dans la journee, l'atmosphere reste char 



nua 



gee de brouillards qui se dissohent en pluie, les 
constamment les pentes de la montagne ; mais , a la nuit , cette m 



nl 




(1) Toy. dans les notes a la fin de ce chapitre les observations de M. Alison «t* 1. * 

ic et celled m, „* * _•„ a „ io. 1K sul la temperature du 



pic, et eelles que nous fimes nous-inemes en 1825. 

(2) Recherches sur la distribut. geog. des vegct. {Mem. da Museum, torn 



»▼* pag. 353 et suiv.) 
































1 



A7 



de 



vapeu 




insensiblement les ter 



supe 



/ • 



que 



lab 



sence du soleil a refroid 



aloi 



la purete de lair et la douce 



de la temperature font de cette station un lieu de delices. Plu- 
sieurs vegetans des tropiques se sont assez bien acclimates sur la 
charmante habitation du marquis de la Candia, ou nous avions 

quartier general de nos herborisations , durant notre se- 



etabli 




jour dans cette partie la plus elevee de la vallee d'Orotava. 




La Laguna, dans le voisinage dune des forets les plus im 




ther 



mo 



portantes de Teneriffe et a laltitude de 1,722 pieds, 

metre ne baisse jamais en Janvier au-dessous de 10°, 5 et s'elevi 

souvent jusqua \i\ II est ordinairement entre 16 et 17° en de 



cembre 



et monte jusqua 24 et 25° en juillet. Le cliniat de cette 



Yille passe pour tan t pour un des plus pluYieux et des plus froids 
de lile; 1 'atmosphere est rafraichie pendant Pete' par les brises de 

> 

nord-est souYent accompagnees de pluie; les brouillards rasentcon- 
stamment la plaine ; 1'hiver les averses sont frequentes et durent par 
fois plusieurs semaines. Cependant, quoique les Grangers, les Citron- 
niers et les Bananiers s'y developpent moins Yite que sur la cote, ces Ye- 
getaux ne paraissent pas souffrir des variations du climat; les Dragon- 
niers y parviennent a de grandes dimensions, et plusieurs autres especes 
de la flore indigene, qu'on a transplantees dans le jardin du marquis de 
Villa Nueva del Prado , y ont parfaitement prosperees. On s'etonne 
de voir re'unies dans ce beau site les plantes des differentes zones , le 

■ . 

Pancratium Canariense avec les Euphorbes des coteaux mari times; 
les Bystropogons avec les Lavandes et les Hypericons des ravins ; 
Ruscus androgynus^ les Cineraires et les autres especes nemora- 
les y croissent, comme dans les bois, a l'ombre des grands Lau- 




i ler s . 



Dans la vallee de Guimar, a 3,178 pieds d elevation absolue 



on 



encontre encore le My 



Fay a, et la temperature nest 



moindre de 22° a la mi-septembr 



Le 



me me 



br 



pas 



se 



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via 

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f.^ 




( 48 ) 

aussi dans Tile de Palma, a l'altitude de 3,916 pieds, et a cette 
station la chaleur est encore de 18° an mois d'octobre. 





grande Canarie, M. de Buch observa la tempe'ratur 



en 



millet, dans la valle'e de Tie 



a l'altitude de 2,961 pieds 



et 



son thermome.tr 



marquait 26 



i 



a 6 




p. m. Dans 




mois 



doc 



tobr 



j 



e nous l'avons vu se soutenir. a la meme station, a 23 



pa 



un 



temps br 



et ayec 




brise au nord-est 



Dans 




meme lie et d'apres les indications de M. de Buch 









a 



1.387 pieds delevation perpendiculaire , le thermometre ne baissait 



pas au-dessous de 19° au 



mois de juillet 



dans l'interieur de la 



foret du Doramas et aux alentours des sources de Moya. L'obser 



ation se fit 



10 





matin (1) 



Ces donnees demon! rent suffisamment que le climat des forets 




• • \ 



troisieme region deM.de Buch, ne ressemble en rien a eel 
de Lyon et de la Lombardie , ou le froid est meme plus rigoureux ( 
hirer que sur les cimes les plus elevees de Tenei iffe. L'Qliyier (Oh 
Europea), indigene aux 



Ca 



dans 



et que 



1 ' on 



encontre encor 



ces iles 



2,109 pieds au-dessus du niveau de la mer (2) 



jamais pu s'acclimater dans le bassin du P6. Plusieur 



b 



res 



n 
d( 



ets canariennes, introduits dans 



/ • 



esister a nos hiye 



que 




jardins d'Europe, n'ont pu 

u littoral 




mediterraneen et des alentour 



les sites les plus abrite's 

de Lisbonne (3); mais, sous ces 



la 



titudes, ces yegetaux ne paraissent pas destine's a acque'r 



le be 



■ 

developpement qui les rend si remarquables da 



leu 



La quatrieme region de M. de Buch, celle des P 



pa trie . 

ne saurail 






non 




etr 



comparee pour son climat a^ec la France ou l'Al 



(l)Voy. Leopold de Buch., Physical. Beschr. der Can. fnsel. ? pag. 102. 
(2) Dans la vallee de Tiraxana de la grande Canarie. 



( 

X 



F, 



paiviennent jamais en maturite. Le Laurus indica semble mieux s'accommoder au climat de Nice 
Lisbonne cette espece orne les promenades publiques. 



ne 



: a 






















































































• 



19 ) 



lemag 



:ne du norcL et encore nioins a\ec 




midi de l'Ecosse 



on 




- 

froid est si intense pendant la saison hiyernale et les pi 



si 



abond antes. Aux Canar 




soleil continue d'e'chauffer la 



g 



pinifere jusquau commencement de decembi 



(1) 



les nuits sont 



alor 
cela 




froides 



sans 



que 




sol 



ni 



l'atmospl 



soient pour 




humides. En Angleter 



dans 





climat est 




doux 



qu'£ 





P 



comte de 

is Canarit 




ey 



ou 



n 



J a 



mais pu passer l'hiver hors de l'orang 



Quant a la cinquieme region que M. de Buch a designed sous 




nom de Cumbre 



•i 




cime 



et dont le climat a paru a ce sa- 



celui du 




de IE 



et du 



vant avoir des analogies ayec 

Drontheim, nous ne saurions admettre non plus one pareille 

comparaison. Dans cette zone, la secheresse de lair est encore 

plus forte que dans celle des Pins, et l'aridite' du sol est en rapport 
ayec le'tat de ratmosphere; M. de Buch lui-meme 



en 



fait lob 



seryation, et pourtant ce quil dit du climat des deux regions les 

plus eleyees de Te'neriffe est tout -a -fait contraire ayec lanaloaie 
quil en deduit (2). La partie supe'rieure des Canaries Occidentals 
constitue un pays inonde de laves yitrifiees et de tufs yolcaniques 
que le soleil echauffe facilement, et ou l'humidite n'exerce qu'une 



■ 

(1) Le bourg de Chasna, situe au milieu des bois de Pins de la bande meridionale de Teneriffe , et 
l'altitude de 4,008 pieds, jouit encore d'une chaleur de 26°,6 dans les belles journees de decembre, 

et de 13°,3 a 15°,5 dans les temps de bruine. A 2 ou 300 pieds plus haut, autour des sources adduces 
d'Ucanca, le tliermometre se soutenait entre 22%2 et 23°, 3 de dix lieures du matin a midi, le 29 de- 
cembre 1828. Voy. les observations de temperature rapportees dans le supplement a ce chapitre. 

(2) « Les deux dernieres regions sont tres-elevees au-dessus de la limite habituelle des images. Elks 

» restent done, a P exception de peu de mois dans Vannee , dans un etat de secheresse constant et parttculier 

» aces ties; e'est pourquoi il n'y a qu'un petit nombre de vegetaux qui puissent s'y maintenir Les 

» conditions extraordinaires dans lesquelles ces stations se trouvent placees sont cause que des 23 

» especes 9 19 sont entierement propres a ces iles, et jusqu'a present n'ont ete trovivees nulle autre 

» part. On ne pent en aucune maniere comparer cctle Jlore a celle des A I pes, plan gee dans line perpetiullc 

» humidite. » (Coup-d'oeil sur la Jlore des ties Canaries , trad, de 1'allem. de M. Leopold de Buch ■ cxt 



du l er vol. des Arch, de bot.) 



i. 



7 








I 














> 










\ 
































■■- 








^^^r^^^^^^^^H^I 



if 










50 



action passagere. Si 



i 



en tient aux 



iations de temperatur 



observers a divei ses epoques de lannee sur les pins hautes cimes de 
Teneriffe, on voit que les differences sont pen marquantes. Le 



climat, la nature du sol et 



les productions vegetales de lenceinte 



des Canadas^ des cretes qui lentourent et du pic qui la do 

nous ont para plutot off 
Le Teyde, 



de 




andes ressemblances 



I Etna 



de 



meme 



que 




olca 



1 

de la Sicile, ne se couvre de 



neiges que pendant de 



trois mois de lannee, encore y fond 



elle sc 

de ses 
et les 



uvent au bout de quelques j 
pentes, les eaux pluviales se 



aucune source ne jaillit 



per 



dent 



tot sous les laves 



nuag 



^s s'arretent rarement sur cette montagne isolee ( 1 ). 
Deux legumineuses , assez identiques par leur port, se trouvent 



egalement sur les cimes de Teneriffe et sur l'Etna, ce sont le Cytisus 



nubigenus et le Genista AEtnensis. L'une couvre tout le plateau qui 



entoure le pic de Teyde depuis 6,000 pieds environ jusqu'a 8,673 
au-dessus de la Estancia; l'autre s'est repandue sur les pentes de 

l'Etna depuis 4,000 pieds jusqu'a 6,000 (2); ainsi la premiere com- 



mence a se montrer a l'altitude oii la seconde cesse de croitre. Le 



haute region est a 



peu pres aussi res 



\lpes. Ces analogies ne se rencontrent 



nombre des especes de la 

treint dans ces deux localites; le sommet des montagnes y est 
depourvu de ces gazons emailles de fleurs qui tapissent les hautes 

pas seulement dans la re- 

gion la plus elevee, les stations adjacentes en offrent aussi quel- 
ques autres. Le Pinus Canariensis remplace, sur les montagnes de 
Teneriffe et des iles voisines, le Pinus Laricio qui croit en Sicile 
jusqu'a 6,200 pieds; YErica arborea forme, dans les deux contrees, 
une zone de vegetation distincte au-dessus des grandes forets et 



dispute 




terrain au Pteris Aquilina^ fougere vagabonde, dont 



(1) Philippi uber die vegetation an JEtna. 



(2) 



Id. 



Id. 






' 
















i 



"■^fcl 









I 



1 
I 









( 51 
la force expansive brave toutes les temperatur 



deB 



uy 



nous passons dans la region des Lam 



Mais si, des bo 



puis de la 



r 



dans celle des plantes des bases , nous ne trouverons plus les memes 
apports, et il faudra aller chercher ailleurs des ressemblance s . 
Certaines contrees de l'Oceanie paraissent avoir plus d'analogie 
avec les parties boisees de 1'Archipel Canarien. M. d'Urville et les 
deux savants naturalistes qui l'accompagnaient lors de son excur- 
sion a Teneriffe ( 1 ) , furent frappes de laspect de la vegetation en 
penetrant dans la region 



des bois : ces belles masses de 



dure 



le port de certains 
leur ] 



bres et la fraicheur dont ils etaient empreints 



appelerent un instant les forets vierges 




V Ocean Pacifi 



et a une 



la 



que. Mais il est surtout dans ces mers polynesiennes 

titude equivalente , un archipel qui , sous les rapports du climat et 



de 



lorganisation du sol, pr 



une 




des Ca 



litude encor 



c est celui de Sandwich 






frappante avec le groupe 

dont M. Gaudichaud nous a donne une description si interessante 

Plus dune ibis, en lisant les observations de ce botaniste 



su r 



la 



%i 



des forets de ces terres lointaines, nous nous sommes 



eras 
effet 



de nouveau dans les iles Fortunees; meme conformite 



en 



dans la natur 



des ter 



dans la constitution de 1 at 



mosphere et dans les pher 



meteorologiques qui 



y 



mam 



festent. 



Les nuages 



» 



» 



dit-il, sont permanens aux iles de Sandwich de 

300 toises et setendent jusqu'a 600 au moins A 50 ou 

100 toises au-dessus des habitations situees pres delalisiere des forets 



250 a 



» 



ges 



on entr 



tout-a-fait dans les brouillards dont les vapeurs 



)) 



)) 



acquierent une densite de 
par se resoudre en pluie ( 2 ) 




pi 



nsiderable et finissent 



)) 



(1) Voy. Voyage de V Astrolabe, partie hist. , pag. 46 et 47. 

(2) Voyage autour du monde de VUranic, part, bot., par M. Gaudichaud, pag. 89 



. 















/ 






I 























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s 



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t 






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) 






1 







1 







*-- -^ 


























I 






52 



Dans un autre passage de sa relation, M. Gaudichaud depeint 
ainsi letat de latmosphere a mesure que Ion passe de la region 



i 



des cotes dans celle des bois. 
« Le soleil, d'abord obscurci par des yapeurs le'geres 



se 



yoile 



)> 



de plus 



en plus., perd successivement de sa chaleur et cesse de 



)> 



)> 



» 



tourmenter une yegetation qui se montre alors dans toute sa 
magnificence , et offre presque tout-a-coup la yerdure et 1'image 
dun printemps e'ternel. On est transports effectiyement dans 
une autre region, et Ion croit passer de la zone torride dans la 
zone temperee (1). » 

Le phenomene de la condensation des nuages et de leur eva- 
poration instantanee, que ce 



n 



)) 



yoyag 



nfatigable decrit ensuite 



ayec tant de 



/ • 



ite, nous 1 



vu se 



prod 



sous nos yeux 



a Teneriffe, sur le plateau des Rodeos situe entre les forets de las 
Mercedes et celles d'Agua Guillen et de VEsperanza. Cette plaine, 
par son heureuse position, reunit toutes les conditions necessaires 
a la yegetation ; lorsque le calme regne dans latmosphere , les nuages 



estent stationnair 



les collines qui entourent les Rodeos et 



(1) On retrouvera sans doute avec plaisir , dans cette note , la suite de la description de M. Gaudi- 
chaud : elle retrace a la fois la nature des phenomenes dont I'atmosphere des bois est ordinaii ement le 
theatre dans les iles de Sandwich et sur les montagnes boisees de 1'archipel Canarien. 

« L'air rarefie, brulant , qu'on respirait avec peine a quelques toises au-dessous , rafraichi par des 

■ 

» petites brises echappees des nuages qui dominent et ombragent ces lieux , est ici agreable et salubre. 
» Ces nuages permanens ? qui sans cesse enfantent des orages , chasses par les vents iinpetueux 7 s'elan- 
» cent quelquefois de leur sejour habituel , viennent inonder et vivifier de leurs vapeurs legeres les 
» parties inferieures qui commencent a se boiser ; mais rareinent ils depassent cette liinite , qui parait 
» etre pour eux une barriere insurmontable : saisis en meme temps par la chaleur directe et reflechie 
» du soleil , ils s'evanouissent et disparaissent instantanement sur ce point , pour se condenser encore 
» au haut de la montagne et revenir bientot apres apporter de nouveaux tresors a la vegetation. Pousses 
» par les brises violentes qui se forment continuellement dans leur sein , on les voit souvent se deta- 
» cher en colonne et fondre ainsi sur la plaine en rasant la terre ; mais rareinent ils arrivent jusqu'au 
» rivage. 

» Ce phenomene , que vingt fois j'ai vu se reproduire , m'a toujours etonne par la rapidite avec la- 
» quelle il s'opere. On croirait qu'une force elastique a lance dansl'espace ce cone de vapeurs qui 
» bientot apres , semble revenir sur lui-meme : mais ce n'est qu'une illusion ; en s'approchant da- 
» vantage , on voit le nuage s'evaporer avec promptitude. » Voyage autour du monde de l Uremic 
part. bot. , par Gaudichaud , pag. 95. 



/ 















1 



53 



fixent le long de la lisic 
mais aussitot que les b 



conder 



commence a 



3 des bois, comme un rideau d 
ses deviennent plus fraiches 
ouler sur elle-meme, se 



apeur 




ar masse 



dilate en suivant 



l'impulsion du vent, deborde au-dessus les collines environnantes et 
inonde la plaine par les gorges qui y aboutissent ( 1 ). Alors la 
brume s'etend de toute part et sepaissit de plus en plus, le soleil 



reste voile' et une forte bruine, en penetrant la terre dhumidite, 
vient fertiliser des champs qu'on a justement appeles les greniers 



de Vile. Ces nuages , amonceles dans cette enceinte , sont 



mcessam 



ment chasses par les brises de mer ; on les yoit deboucber par les cols 
ouverts au nord, ils semblent descendrc des montagnes boisees pour 
sabattre sur le plateau, et disparaissent ensuite vers lest, a la des- 



cente de Sain te - Croix , ou une temperature brulante produit leur 
evaporation. (Test sans doute pour cette raison que ces temps bru- 
meux ont recu dans le pays la denomination de Tiempo de arriba , 
temps d en haut, tandis qu'on de'signe par l'expression analogue de 
Tiempo de abajo , temps den bas , le vent du sud , qui souffle dans une 
direction contraire et dont linfluence se fait d'abord sentir sur la cote. 
Ainsi, dans chacune des zones ou la vegetation se trouve distribuee 
aux Canaries, elle est assujetie a des influences di verses. Pour bien faire 
apprecierces differentes conditions d'existence, nous presenterons le 
tableau des temperatures observers simultane'ment a Teneriffe aux 

stations les plus importantes, depuis le niveau de la mer jusqu'au som- 
met du Pic (2). Nous reunirons en meme temps dans ce cadre les 
observations relatives a l'exposition, a la nature des terrains et aux 
autres circonstances locales. 



(1) Ce phenomene, si interessant a observer, a lieu aussi en hiver dans les stations les plus elevees 
de la bande meiidionale de Teneriffe. A Chasna (4,008 pieds) , lorsque Faction puissante qu'exerce le 
Pic sur toute Fatmosphere environnante, attire sur lui ks vapeurs cliassees par la bnse du nord-ouest, 
le temps devicnt alors pluvieux ; les nuages amonceles autour de la base du volcan , s'augmentent et 
debordent les montagnes des Canadas , pour venir se grouper sur le revers oppose et fertiliser des 
terrains trop souvent devores par la secheresse. 



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portees dans ce tableau. 



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■ 

TABLEAU COMPARATIF des differences dans la temperature des principals stations 



1815. Oct. 






. 



STATIONS INFERIEURES. 



STATIONS SUPfcRIEURES 



Garachico. I » 



Puerto de la Orotava. . .1 » 
» Juin. iPuerto de los Christianos. I » 



» Juin. 

» Sept. 1 Candelaria. 



• • 



• • 



Pino Santo 

Victoria. . 
Guimar. . 
Adexe. . , 



Pieds. 

740 



» Sept. 



Candelaria 



»> Aout. 



» 



Juin. 



» Aout. 

» Sept. 

» Juin. 

» Sept. 

» Sept. 



» 



Oct. 



Santa-Cruz 

Puerto de los Christianos. 
Santa -Cruz 

Puerto de la Orotava. . . 
Puerto de los Christianos. 
Puerto de la Orotava. . . 
Candelaria. . « 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



OBSERVATIONS 

Relatives aux circonstanccs locales qui 

peuvent produire des egalites, ou determiner 

des differences anomales de temperature, 

dans les stations superieures. 



26o Egalite 



1° en 
lo,l id 




Barranco hondo de Can 
delaria 



* « 



Icod el alto 
Guia. . . . 



Laguna 

Limitesdes vignobles dans 
la vailee d'Orotava. . . 



1,232 20<>,5 



0,5 en+ 



20°,2 Chinamada 



Victoria 



Vailee de Guimar 



» Aout. 



Garachico » 24<>,5 Paso de Masca 



Santa -Cruz 



» Aout. Santa -Cruz 



» 



1,597 
1,715 
1,722 
1,725 
1,812 
2,147 



Egalite. 
2o en 
4° id. 
3o id. 



17o,8 2°,4 id. 



2,174 25o 



h id. 
Egalite. 



2,302 22 



O 



» 



Juin. Puerto de la Orotava. . . » 



Agua Garcia 



27°, 8 Esperanza 

San Iaso. 



2,445 
2,503 



2*,5en— 

Co id. 



24^,5 3o,3 id 



2,775 lGo,| 30^ id 



» Sept. 

» Sept. 

» Mai. 

» Aout. 

» Aout. 



Candelaria 

Puerto de-la Orotava. . . 

Puerto de la Orotava. . . 

Santa- Cruz. ....... 

Santa -Cruz 



» 



» 



» Sept. 



» 



1 



Fuente de los Berros (au- 
26o,6 dessus de TEsperanza). 
24°, 5 Agua mansa 

Chasna 

28o ; 9 Los cuchillos 

28o,9 Montagne de Pedro Gil. . 



4,008 



Puerto de la Orotava. . , 



Puerto de la Orotava. . . 



Mai. Santa-Cruz 
Mai. I. . . Id. . 



» 



» 



22o,2 



Cruz del Paso , au-dessus 
de Guimar 



19<y; 
14o ; 4 



5,974 11°,4 



7o id. 
6o,l id. 



Angostura 

EstanciadelaRetama. . . 
Estancia de obaxa 

Id. de arriba 

Chaorra 

Alta-Vista 

Pic 



6,19 



5 13o 



llo id 



9o id. 
\ 3o id. 



Terrain decouvert et aridc. Nappe d'obsi- 
dienne. 

Voisinage des forets, brumes frequentes. 

Id. Id. 

Embouchure du grand ravin de l'Enfcr, voi- 
sinage des montagnes, irrigations, cultures. 
La petite vailee d'Adexe est une oasis au mi- 
lieu des terres arides et incultes de la bande 
meridionale de Tile. 

. Exposition du sud. V Euphorbia Canadensis 
s avarice jusque sur eette station; la monta- 
gne n'offre que des pentes arides et depcuplees 
d arbres jusqu'a une grande hauteur. 

Pays decouvert, forets detruites, tufs vol- 
caniques. La vigne y est cultivee avee succes. 

Exposition meridionale, nappe de lave, se- 
cheresse. 

Exposition du nord. Voisinage des forets 
brises fraiches, brouillards et bruines. 

Exposition du nord-ouest. Voisinage des 
forets. 

Tufs volcaniqucs, terrains arides et deboi- 
ses; exposition meridionale. 

Cotcaux depeuples d'arbres forestiers. Cul- 
tures des Nopals, de la Vigne et des Patenters, 

Exposition meridionale. Pays volcanise. On 
rencontre encore a « tte station lc Lavandula 
abrotanoides et V Artemisia arcjenlca. 

Exposition au S.-O. Forets detruites, gorges 
arides et profondes. 

Exposition du nord. Grande foret, bruines 
frequentes. 

Exposition orientale. Pays sec, situe sur la 
lisiere des bois de Pins, 

Exposition meridionale. Pays see, anciens 
torrens de lave. Dans les endroits les plus vol- 
caniqucs, la difference de temperature de 
cette station avee celle de la c6te adjacentc, 
est a peine de 2<>. Le Cytise prolifere se ren- 
contre deja dans cette vailee, et pourtant les 
Euphorbes et les Kleinies y croissent aussi 
parmi les Nopals, les Muricrs et les Amandiers. 

Exposition au N.-E. Forets, nuages, bruines. 

Exposition au N. Grande foret,' nuages per- 
manens. 

Exposition au sud. Forets de Pins, vergers, 
irrigations. 

Crete deboisee. 

Cette difference de 15«,6, qui vicnt tout-a- 
coup se manifester ici, provient de cc que la 
temperature a ete prise a 5 h. p. m. a la sta- 
tion superieurc, tandis que robscrvation cor- 
respondante a ete faite a midi. Or, nous avons 
dej& fait remarquer que la diminution de la 
chaleitr etait tres-sensiblc dans la haute region 
vers le declin du jour. 

Ici la diminution de temperature se trouvc 
plus en rapport avee Faltitude de la station, 
attendu que les deux observations ont ete fai- 
tes a peu pros a la meme heure, ou dans les 
memes circonstanccs. 

Ces deux stations font partie du grand eirque 
des Cafiadas, ou la chaleur est beaucoup plus 
forte que sur les cretes environnantes. 

Pentes du Pic, cendrcs et scories volcani- 
qucs. 



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On peut deduire du tableau anterieur trois resultats importans : 
> La chaleur se fait ressentir depuis le niveau de la mer jusqu a 



1 



1,500 pieds au-dessus, sans variation ties-sensible, puisque la tempe- 
rature est parfois egale a celle de la cote ou quelle ne diminue guere 



dans cette zone que de 1 a 2 degres , selon les cbangemens que deter 



■ 



minent l'ouverture des vallees, la nature du sol, l'exposition, le voi- 
sinage des montagnes boisees, etc. 

2° En ayant egard aux circonstances locales deja enoncees , la tern- 
perature continue a diminuer de 2 a 8 degres, depuis laltitude de 
1,500 pieds jusqu'a 4,000, c'est-a-dire dans cette region presque tou- 



jours rafraichie par la presence des nuages et 

" i masse. 



ou les ve'getaux se 



trouvent reunis en grand e 

3° A partir de 4,000 pieds jusqu au sommet du Pic, 1 atmosphere, 

degage'e des vapeurs de la region inferieure , nest plus influencee par 
les memes causes. Des lors, la temperature diminue proportionnel- 



lement a laltitude, et cet abaissement progressif 




long dune 



ligne de pente d'environ 8,000 pieds, donne une difYerence de 9 a 1 
et 18° avec la temperature de la cote. 

Mais il faut observer que ces trois series de diminution de temp 



7 



* 

rature ne sont pas toujours restreintes aux limites que nous avons 
fixees ; elles varient suivant que les montagnes sont abritees des vents 
generaux ou rafraichies par les brises. Ainsi, lorsqu'il s'agit d'indi- 
quer les cbangemens atmospheriques qui se font ressentir a mesure 

qu'on remonte les pentes de Teneriffe , depuis les rivages jusqu'aux 
plus hauts sommets , on peut etablir en fait que file est partage'e en 

trois grands climats caracterises d'apres les modifications suivantes. 



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1 








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1 
























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56 



PREMIER CLIMAT 



(INFERIEUR.) 



EXPOSITION DU NORD. 

Limites. Depuis le niveau cle la mer jusqu'a 1,500 
pieds au-dessus. 



TEMPERATURE CHAUDE. 

Maximum de la chaleur sur la cote , au niveau 
de la mer. , 30° 

Minimum. . . . Id. . . Id. . . 16,1 

Difference de temperature avec celle du niveau 

de la mer, suivant l'altitude des stations 

• • • H2° 

Etat de I 'atmosphere. Brises regulieres variant du 

N.-N.-O. a l'E.-N.-E. 

Ciel presque tou jours sans nuages. 

Quelques averses de novembre en Janvier. 

Terrains. Tufs volcaniques , basaltes , scories et 
nappes de lave en decomposition. 

l re classe. Greves bordees de falaises; coteaux 
maritimes coupes par des ravins. 

2™ classe. Ravins profonds souvent parcourus 
par des torrens; berges escarpees. 



VEGETATION. 

REGION DES EUPHORBES DANS LES TERRAINS DE LA 

PREMIERE CLASSE. 

Plantes dominantes : Euphorbia Canadensis , E. 
piscatoria, Kleinia ncriifolia, Plocama pendula. 

Especes eparses qui appartiennent aux genres Co- 

nyza, Aizoon, Staticc , Artemisia , Prenanthes ; 
Achyranthes , Chrysanthemum , Aslydamia , 
Kochia , Periploca , Frankenia , Crithmum , 



Forskalea , etc. 



Vegetaux naturalises. Palmiers, Nopals, 

guiers , Agaves , Bananiers , Muriers , Oran- 
gers, etc. 



REGION DES PLANTES RUPESTRES DANS LES TERRAINS 

DE LA DEUXIEME CLASSE. 

Especes eparses appartenant aux genres Hyperi- 
cum, Bystropogon, Echium, Lavandula , Digi- 
talis, Sonchus, Messerschmidia , Thymus Ta- 

%j 7 

nacetum , Teucrium , Scmpervivum , Stachys 



num, Pyrethrum, 



Salix , Sisymbrium , Sola 
Datura, Cineraria, Anthemis , Asparagus, 
Athamantha,Canarina, Globular ia, Rumex , 
Bosea , PsMcedanum , Phyllis , Crambe , Cam- 
py lanthus , Carlowizia, Bryonia, Cyperus , 
Daetyhs, Brusa, Lavatera , Adianthum, etc. 



EXPOSITION DU SUD-EST 



ET DU SUD-OUEST. 



Limites. Depuis le niveau de la mer jusqu'a 2,500 

pieds au-dessus, et meme plus haut dans 

certaines localites. (Exemp. vallee de San- 





Iago.) 



TEMPERATURE TRES-CHAUDE. 



Maximum 



* 

de la mer. . 



Minimu 



r sur la cote , au niveau 

• • • • • uu ^O 

. . 18,8 

Difference de temperature avec celle du niveau 

la mer, suivant l'altitude des stations 
la 2°,5 

Etat de V atmosphere. Calme , parfois interrompu 
par des vents d'Ouest ou de Sud-Est. 
Ciel presque toujours sans nuage. 
Pluies fort rares , meme en hiver. 

Terrains. Nappes de lave, tufs volcaniques , ba- 
saltes, scories et ponces en decomposition. 

Ire classe. Greves, plages sablonneuses , falaises 
et coteaux maritimes coupes par des ravins. 

2 me classe. Ravins nombreux et ties - profonds , 
rareinent parcourus par les torrens , berges 



escarpees 



VEGETATION. 



REGION DES EUPHORBES DANS LES TERRAINS DE LA 



PREMIERE CLASSE. 



ife 



nariensis, E. aphylla, Cncorum pulverulentum, 

Zygophyllum Fontancsii, Prenanthes spinosa. 

Especes eparses appartenant aux genres Cero- 



<> cr 



ia 



Gnaphalium , Hi 



Salvia , 



Linaria, Lotus, Lycium, Mesembryanthcmum, 
Reseda, Aloe, Artemisia, Notoceras, Parony- 
chia, Physalis, Jasminuin , Saccharum , Scm- 
pervivum, Sida , Gymnocarpus, etc. 
Vegetaux naturalises. Nopals , Agave , Figuiers , 

Amandiers , etc. 

REGION DES PLANTES RUPESTRES DANS LES TERRAINS 

DE LA DEUXIEME CLASSE. 

Especes eparses appartenant aux genres Cheiran- 

thus , Euphorbia , Salvia , Lotus, Dracaena 



Ht 



Hyp 



Bystropogon , 



Echium, Juniperus , Lavatera , Lavandula, 
Convolvulus, Asparagus , Pyrethrum , Rha'm- 

nus, Rubia, Sidcritis, Sonchus, Cineraria, Co- 
ny. za , Salix, Bosea, Forskalea, Justicia, Bu- 
pleurum, Cyathea , Roccella. 



























* s^H 















I 



:■■* 






57 




























SECOND CLIMAT. 



(intermediate). 



jusqu'a 



EXPOSITION DU NORD. 

Limiies. Depuis 1,500 pieds d'altitude 
plus de 5,000 pieds. 

Temperature humide. 

Difference de la temperature avec celle de 

cote, suivant l'altitude des stations, de 2 a 8°. 
Etat de I 'atmosphere. Brises fraiches variant du 

JN.-JN.-O. a PE.-N -E. Ciel presque toujours 

convert de images, sui tout pendant le jour. 

Brumes et brumes frequentes en ete. Orages 

ct fortes pluies en liiver. 
Observation. La neige , qui, dans la saison hiver- 

e arrive parfois jusqu a la limite supe- 

rieure de ce climat, s'y fond presque aussitot. 
Terrains. Vallees et montagnes ; sol argilo-volca- 

nique charge d'humus. Laves decomposees. 

VEGETATION. 

REGION DES LAURIERS ET DES PLANTES N&VIORALES. 

dominantes. Laurus Canariensis , L. In- 

7 

clica, L. Barbusano y Per sea fastens , Myrica 

Faya , et autres especes eparses appartenant 
aux genres Arbutus , Ardisia, Bcehmeria, Ce- 
rasusy Celastrus % Erica, Ilex, Mrrsine , Olea, 



Espe 



Viburnum , Vi 
vesca , Quereu 



bescens. 



Plantes jnemorales des genres Adenoearpus , Cine- 
raria, Convolvulus, Dracocephalum, Exacum, 

_ 

Fragaria , Genista , Festuca , Geranium , He- 
dera, Luzula , Myosotis , Origanum, Ranun- 
culus , Rubus , Ruscus , Scrophularia , Sem- 
pervivum, Smilax, Solarium, Viola, etc. 
Fougeres. Di verses especes des genres Adiantum, 

Asplenium > Blcchnum , Cyathcea , Davallia , 



ymnogramme 
etc. 



? 



Trie ft 



w manes 



oodwar- 



Mousses et Lichens. 

region des bruyeres et des cistes. 

Erica arborea , E. scoparia , Cistus vaginatus , 



candidissimus 



? 



Monspe liens is , Heliant he- 



mum guttatum. 



Fougeres. Pteris Aquilina, Nothochlcrna Marantce 



et N. vellca. 






EXPOSITION DU SUD-EST 



ET DU SUD-OUEST. 



Limites. Depuis 2,500 pieds jusqu'a environ 

4,000 et quelquefois moins , suivant les lo- 
calites. 

Temperature. Chaude et seche. 

Difference de temperature avec celle de la 

* 

cote, suivant P altitude des stations de 3 
a6«. 

Etat de C atmosphere. Calme, parfois inteirompu 
par des vents de S.-E. tres-chauds. Ciel 
presque toujours sans nuage ; seulement 

quelques brouillards dans les vallees boi- 



sees. 



Pluies rares, orages instantanes en hiver. 
Observation. La neige descend rarement jusqu'a 

la limite superieure de cc climat et s'v fond 

aussitot. 
Terrains. Vallees et montagnes presque genera- 

lement depourvues de forets laui iferess > I 

moins substantiel, pentes plus rapides. 



VEGETATION. 

Seulement quelques petits groupes de Lauriers, 
d'Arbousiers et de Bruyeres dans les gorges les 
plus anfractueuses du Sud-Est et du Sud-Ouest. 

Les Cistes en plus grande masse. 
Observation. De ce cote les Cistes sont rarement 
accompagnes par les bruyeres ; ils occupent , 
le long de la bande meridionale de Tile , un 
espace beaucoup plus large que sur Pautre 
versant et s'etendent depuis Paltitude 
1,800 pieds jusque sur la lisiere des bois de 
Pins (4,000 pieds). Les principales especes de 
la region des Cistes sont le C. vaginatus, le C. 
candidissimus, le C. Monspelicnsis et P Helian- 
themum guttatum. Le Cistus vaginatus est 
toujours i'espece dominante , le C. candidis- 
simus est fort rare ; on rencontre ordinaire- 
ment le C. Monspeliensis dans les stations 
plus rapprochees de la cote. Quant a Y Hc- 
lianthemum guttatum , il croit un peu par- 
tout, meme dans la region des Pins. 




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I 



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■ la 






58 



TROISIEME CLIMAT. 

i 

(superieur). 

^tnt P ^it^ La d ^f , "^« Phytostatique a'est plus modiftee ici par Imposition ; les nuages 

rouve It enP, ? atl0 T lieS au " desso ^ de la zone dans laquelle le troisieme climat se 
tiouve compris , et les crises de iner pypirpnt r» Q ., v n > ** i 

1 ' c JUCl e *eicent peu u influence a cette hauteur. 

Limiies Depuis( 4 ' 00 ° piedsducot ^ duSud ) 

1 1 5,000 pieds du cote du Nord ) J US( I ua la cime du Pic C 1 1 > 424 P icd »> 

7eW Serno P A Hrt Ch ^ de et S ' che P endant le i° ul '> fl ' oid * et P aifois hu '» idc Pe»d«nt la nuit 
Jhfieience de temperature avec celle de la cote , suivant 1'altitude des stations , de a 18<>. 

t(lt dlsn'ZtutZ' Ve i nt faible , 6t Cliaud P endant le H>« sul " tous lcs P lateaux supeiieurs et les cretes 
ment du 1 ^ Caln / e 1 P endant la nu i< > maia cet etat de quietude est souvent trouble, au nio- 
du Pic fl) eVei ' Pai ^ S ^ourrasques subites et passageres qui se manifestent au soiumct 

h^amanes U en e hiver tr * MW ^ ' soleil b »ulant , nuits froides , pluies tres-rares en ete , orages 

O bservm Horn •.La neige s'amoncelle sur les hautes ciines de File de Palma , dans le cirque des Cafiadas , 

rait bala ' V CIeteS deS alentours > mais le P lus souvent elle s'y fond de suite ou dispa- 

pnvirn l ^ £ . vents - Elle n'est penuanente que sur le pic de Teyde pendant deux niois 
eavnon; piusieurshivers se passent meme sans qu'elle y rcstc plus de deux ou trois semaines. 
ja giace se maintient toute l'annee dans la grotte de la tfUve a 9,312 pieds d'elevation au-dessus 

ianSw* 11 -l me ]' U ^ ( I u ^ lc I, uefois dans la nuit vers la (m de "eceinbie et dans le mois de 
L-o,i!V - SU1 • roc V ers ls oles eta i'ombie, mais cessortesdc cas sont rares et ne se manifestent 
piesque jamais au-dessous de 7,000 pieds. 

OT SnUrA !! tres "Vf P ides ' Plateaux et sommets culniinans , monies escarpes et pics volcaniques. 

f s P ^ qU A e enieiei " en t envahi par les eruptions, roches tiachytiques par grander males, 
is , scones et torrens de lave de differente nature. ^ 



EsPECE UNIQUE. Pinus C 



VEGETATION. 



REGION" DES PINS. 



anariensis. 



LANTES 



**f *f M ^ giMatum, Lotus angustissimus >, Festuca Myurus, Erigeron viscosum, 

inymus Oalamintha, Asphodelus ramosus, Pteris A r/uilina, etc. (A Palma, Umbilicus Heylandii, N.). 



REGION DES LEGUMINEUSES FRUTESCENTES 



DES PLANTES ALPINES. 



ESPECES DOMINANTES. 



stations inferieures). 



/' 



Ufi 



Plan 



TES 



<es. Eparses a TenerifFe parmi les legumineuses du grand plateau ou cirque des Caiiadas. 



Cenlaurea aynaroides, Chrysanthemum Broussonetii, 



Nepeta Teydea, N., 



Poly car pas aristala, Scrophularia glabrata, Pteris Aquillna , etc. 

sur la crete des inontagnes centrales a TenerifFe. ^r«Aw alb id a , Car Una xeranthemoides , Cheiran- 
thus scoparius, Jumperus Cedrus, Ephedra monostachya, Festuca laxa, Pimpinella Cumbrce, P. Den- 
droselinum, N., Pjtmj /^r«V? f o;or, Rhamnus coriaceus y Rosa Armidcz, N., Satureja tenuis , Bcthen- 
courtia Palmensis, Tolpis lagopoda. Thymus Ben thami y ~N., etc. 

a Canaria, Satureja lanata ? S. tenuis y Genista microphylla, etc. 



7,500 pieds jusqua 9,850. 
cime du Pic , sur les bon 

myocrhus. 



\nctum , var y f^ioi 
Kiola cheiranthifc 



W 



ema 



(1) Ce vent, qui oblige souvent les voyageurs d'abandonner cette station , souffle hfmi** 



dans une direction contraire au vent de iner. 



tou jours 





























1 
















59 



Ce que nous venons cTexposer dans les trois tableaux precedens sur les differens climats de ces lies 
et sur les groupes de vegetaux subordonnes a leur influence, peut se resumer en un seul cadre, ainsi 
qu'il suit : 



DISTRIBUTION PHYTOST ATIQUE. 



OBSERVATIONS SUR LES LIMITES. 



l er CLIMAT. 

1" region. Plantes des bases.) Cultures dans tous les lieux 
2me region, Plantes des ravins. ) accessibles. 



CLIMAT. 

■ 

3me region. Lauriers et plantes nemorales. i Cultures dans les 
4me region. Bruyercs et Cistcs f espaces deboises. 



3-e CLIMAT. 



5 me region. 



Pins et autres plantes forestieres 
(jme region. Legumineuscs frutescentes et au 

tres plantes alpines. . . 



f Terrains in 
i cultcs. 



Les limites superieures des deux premieres regions ar- 
rivent a peine h l'altitude de 2,000 pieds du cdte du Nord 
et ne depassent cette hauteur que dans les endroits de- 
boises; elles s'etendent au contraire jusqu'a 3,000 pieds 
du c6te du Sud. 

Les Bruyeres qui bordent les forets de la bande septen- 
trionale, etlesCisles, qui viennent apres les Bruyeres, s'a- 
vancenl jusqu'a plus de 5,000 pieds sur les versans du 
Nord; sur le revcrs oppose le Cistus Monspeliensis et le 
C. vaginalus occupent a cux seuls tout l'espace qu'embrasse 
le second climat (l) y mais leur force expansive ne s'etend 
pas au-dela de 4,000 pieds. 

La region des Pins ne descend guere au-dessous de 4,000 
pieds du c6te du Nord, et monte jusqu'a pres de 9,000 (2) 
Cette region occupa autrefois un tres-grand espace sur le 
revcrs meridional de Teneriffe et s'etend encore aujour- 
d'hui depuis 3,000 pieds jusqu'a 8,000. 

Les limites de la (J me region varient suivant les localites; 
les plantes alpines sont disseminees a Teneriffe parmi les 
Legumineuscs arboresc. du plateau central ; partout ail- 
leurs elles s'isolent sur les rocs les plus escarpes et cha- 
que ile possede, sur ses liautes cimes, des especes particu- 
lieres. 














I 



I 










Nous n'avons Tonlu presenter dans ce tableau que la repartition des 
plantes sous le rapport des especes qu'on rencontre par grandes masses 
en suivant. une meme ligne de pente ; les regions que nous indi- 
quons ne sont point des zones de vegetaux toujours regulierement 

i 

superposees les unes aux autres, mais seulement des groupes 



pa 



els 



I isoles 



i 



la 



te phytostatique que nous publions (voy 



Atlas, pi. in) donnera une idee assez juste de 



dh 



oupe 



mens 



m 



ces 



tablea 



se'd 



qu 



l 



ont paru a diffe'rentes 



epoques avec leurs zones de plantes echelonnees sur les gradins 



(1) Cette observation n'est applicable qu'a la partie de Tile de Teneriffe comprise depuis Guimar jus- 
qu'au port de Santiago : de ce cote , des conditions particulieres d'existence determinent la presence 
des plantes de la bande septentrionale dans la vallee de Guimar, dans les gorges de 1'Ouest et le long 
de la chaine du Nord-Est on d'Anaga. La distribution de la vegetation se trouve par consequent 
changee dans ces diverses localites. [Voy. Atlas, carte et profits phytost., pi. in et iv). 

(2) II faut excepter les talus volcaniques d'Icod ou les Pins descendent jusqu'a 3,000 pieds. Sur 
tout cet espace, la nature du sol, son excessive secheresse et Feloignement des forets lauriferes occa- 
sionnent un changement notable dans la temperature locale. Les Pins seuls peuvent braver Taridite 
de cette station et se reproduire au milieu de ces nappes de scorie et de lave vitrifiee. 






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i 

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1 



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^^■PMi 







r 



"% 



60 






des montagnes pyramidales , perdent beaucoup de leurs prestiges 
lorsqu'on descend dans les details; on sapercoit que la nature ne 
s'assujetit pas toujours a nos systemes, car ses lois reposent sur 

d'autres bases et souvent s'accordent peu avec nos theories. II sem- 
blait 



etabli, en regie 



generale, que chaque centaine de metres de 
hauteur abaissait la temperature d environ un demi- degre du ther- 
mometre de Reaumur, et on en avait conclu que chaque centaine de 
metres d elevation verticale correspondait a un degre de la distance 
de la montagne au pole (1). Mais dans Implication que Ion peut faire 
de cette observation, on doit avoir egard aux modifications que les 
circonstances locales produisent dans la temperature des diverses 
stations, aux conditions d existence dans lesquelles les plantes se 



trouvent placees, et a cette loi de 




r 



^partition des germes qui, en 



determinant la spontaneite des especes, semble avoir choisi de pre- 
ence certaines contrees pour leur berceau. Ces considerations, 



fe'r 



que l'illustre Ramond n'avait pas negligees (2), sont de la plus haute 



importance; si Ion cessait d' 



de fausses generalites, 



en tenir compte 



on tomberait dans 



car des lors il ne pour rait y avoir de re- 






gions botaniques, et la vegetation des climats les plus opposes se 
trouverait reproduite et distribuee comme par etages sur toutes les 
hautes montagnes du globe. Mais il n'en est pas ainsi , deja dans 

les Pyrenees 



de nomb 



pt 



viennent romp 



les 



ap 



et les latitudes , et la theorie , deduite des 



ports entre les hauteurs 

hauteurs et des climats, trouve bien moins son application a me- 
sure qu'on se rapproche de la zone intertropicale 



Le 



t ex 



• - 



Museum 



Q 



» qu'elles ne pussent habiter indistinctement les memes lieuX, si la nature avait obei seulenient a la 
» loi des climats, et si ses distributions n'eussent ete primitivement soumises a des necessites dont il 



Museum 



Memo 





















61 




orateur du Mont -Perdu avait lui-meme reconnu cette verite en 
appreciant les causes capables de modifier les lois phytostatiques 

revers meridional des 




dont son genie avait saisi lensemble; 

Pyrenees lui avait offert bien des fois des especes qu'il n'avait pas 



revues sur 




^ 



T 



sant oppose, et pi 



de celles qui vegetaient 



encor 



a une grande elevation, sur les pentes septentrionales 



etaient presentees 




des stations 



ucoup 




ba 



i ^ 



sur 



les 



positions du sud. De ce cote les plant 



trouvent a lab 



i 



de 



s 



vents du nord. et Taction 




u 



soleil 



enant temp 



le 




t 



1 influence de la hauteur est reduite a peu de chose; 

je mattendre^ dit-il, a ne trouver au midi que la vegetal 



a us si 



de 



commum 



des elev 



moyennes (1) 



La difference des expositions, augmentant ou diminuant l'in- 
fluence des hauteurs, doit entrer en premiere ligne parmi les 
causes qui determinent la presence ou l'absence de plusieurs grou- 

pes de plantes, ou simplement de certaines especes a des altitudes 
egales. La position geographique des Canaries, la structure de leurs 



montagnes et le gisement de leurs cotes contribuent plus que 



partout ailleurs a modifier le climat et a changer le caractere de 



la vegetation (2). 



Lorsqu'apres avoir parcouru les vertes forets qui couvrent une 

* 

partie des versans du nord de Teneriffe, on tourne l'ile par la 
pointe la plus occidentale , les bois de Lauriers ne se retrouvent 



plus que 



dans 




fond des etroites valle'es comprises entre le cap de 



Teno et le port de San-Iago. Quelques groupes darbres fores- 
tiers gamissent encore, de ce cote', les anfracluosite's les plus humides 



V* 



M 



tagnes du Bresil. « Ce qui sous la meme latitude et a des hauteurs semblables , a-t-il dit, modifie 
» veritablement la nature des productions vegetates, ce sont lVxposition du sol , le plus ou moins 
» d'humidite qu'il renferme , la division plus ou moins grande d'humus oui compose sa surface. » 
{Tableau de la vegetation de la province des mines). 









































■a 



II 



















i 




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I 






* 

A 



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! 



" 















5 

























62 



tandis que partout ailleurs 



ce ne sont que pentes arides et nues 



a mesure qu on s ayance sur le reyers meridional , le pays est encore 




deVaste' : la 




de br 



afraichissantes 



mais 




climat de la Mauritanie meridionale 




de 



nuages 



desesperante et son atmosph 



ayec sa secher 




u cieL le 



de feu. La nature du sol 



l'aspect 



de 1 



actere de la vegetation, tout a change sous rinfluence 






cette 



position. La structur 



transition 



de 



'A 
1 






est au sud 



t 



nne barriere aux yents alizes , et 



est la principale cause de 

chaine de montagnes qui s etend du 

en divisant le pays en deux bandes ; oppose 





trouble sur les 



calme de l'atmosph 



n'esl 




meridionaux que par lharmatan du dese 



cote 



ent du S.-E.), qui augmente alors la chaleur brulante de 



tt< 



Les temperatui 



Janne'e et 



et 



as obse 
des altitudes 



rvees a Teneriffc 



aux niemes mois d< 




pe 




pi 



u sud, sont les suiyantes 



b 



les, sur les versanti 




u 












cyj 



Juin. 



Juin. 



Jain. 



VERSANS DU NORD. 



VERSANS DU SUD 



STATIONS. 



CIRCONSTAMCES LOCALES 



Puerto de 
la 

Orotava. 
Laguna. 



STATIONS. 



Pi oris. 

20o 







Brises fraichcs au N.-E. J Puerto de 



Piedfli 



1,722 



Taganana. 2,690 



Sept. Agua-Mansa. 3,821 



presque eonstantcs. 

Voisinage des forets, cul- 
tures, brouillards et brui- 
nes. 

Voisinage des forets, cul- 
tures , irrigations, brises 
traiches, bruines. 



Forets, faibles bribes du 
Norcl, bruin -s. 



los 

Ghristianos 
Gum. 



Vallee de 
San-Iago. 




ClRCOiNSTANCES LOCALES. 



• I 



1,715 



25 a 27o Calme ou vent du Sud. 



2,6PK) 



Vilma 



18 a 20 



O 



3,800 18 a 20 



Atmosphere presque tou- 
jours sans nuages, pays vol- 
canise. Euphorbes, Nopals. 

Atmosphere ordinairemcnt 
sans nuages, terrains volca- 
niscs. Jonction de la vegeta- 
tion des bases avec celle de 
la haute region. 

Atmosphere sans nuages 
secheressc absolue. Vegeta- 
tion clair-semee, plantes de 
la haute region. 



5 a 7° 



4 a Go 



4a 6 



O 



Ces exemples suffisent pour donner un ape.rju des differences climateriques et d 
<* es qui le S accompagnent dans toutes les stations correspondantes sur les deux bandes deVile. 



es circonstances lo- 




montant du cote du sud , on ne trouye que des 




andes 




































/ 
















63 



cultes et des champs appauvris : les Euphorbes, 1 
Klei 



Plo 



mes et les 



nies 



ecommencent 



montrer en grand nombre et sont 



tremelees de Cneorum et de Zygophyllum (1); plus haut dominent les 
Cistes , et sur les pentes superieures s etend cette zone des Pins que les 



plantes ne'morales semblent fair 



sol qu'ombragent ces bois est 



sans substance , et la couche de feuilles qui le couvre ne forme aucui 
terreau. Cependant, dans les grands ravins de Xerque et de Tama 
daya, la vegetation reprend de la vigueur et parait se ranimer i 



1 omb 



des beiges. En continuant a s'ayancer 



1 orient de 1 



les brises commencent a se faire sentir, et le climat dexient plus tern 
pere; on trouxe des Saules (2) au bord des torrens; les Bosea, les Hy 



/ • 



pericons , les Joubarbes et la plupart des plantes des ravins garnissent 

les rochers; mais, hormis quelques Bruyeres rabougries, les arbres 



des forets ne 



eparaissent pas encore. Des qu'on est par 



d 



■ O 




district de Guimar , le paysage prend un autre ton ; les montagne 
abaissent pour se prolonger dans le nord-est , leui s vei sans descen 



dent rapidement vers la mer du cote de lest et d 



leurs pentes septentrionales viennent 



u sud, tandis que 



teau des Rodeos 



perdre sur les bords du pi 



laltitude denviron 2,000 pieds. L'exposition de 



trouve ainsi changee par cette direction de la ch 



trale, et les nuages amonceles sur le plateau 



d 'obstacle, sont chasse's 



ne rencontrant pa 



pa 



iental de 1 ile 



1 on retr 



les brises et de'bordent 

ive des bois de Lauriers 



sin 



le 



re vers 



Ce phenomene de lagroupement des nuages, dont nous ayons eu 
deja occasion de parler , a souvent fixe' notre attention. Dans l'enceinte 
de Guimar. 



la masse de vapeur, que refoule le vent du nord-est 



sengouffre dans les gorges de la montagne partout 



ou une 



plus 



grande reunion de 



vegetaux entretient un echange d'humidite et de 



(1) Cneorum puluerulentum et Zygophyllum Fontanesii , N 

(2) Satix Canariensis, Willd. 






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calorique avec l'atmosph 



onnante. En arrivant dans cette 



allee, les nuages s'amassent dans le grand r 



de Badajos et 



tent presque touj 



fixes 




meme elevation {voy. Atlas, vue 



phytost, pi. hi); le contrefort de la Ladera, qui borne la xallee 



an 



sud - ouest 



mble an premier abord etre le seul obstacle qui les ar 
mais il est une autre cause qui les empeche de s etendre en de 
hors de cette gorge : lorsque les brises plus fraichcs augmentent leui 



ete 



masse, on les voit alors depasser un instant la crete des montspour 
seVaporer aussitot qu'ils se trouvent en contact avec lair chaud de la 
bande meridionale. 

Dans les iles xoisines des causes semblables influent egalement sur 
la distribution des xe'getaux par grandes masses et sur leur isolemenl 
par groupes partiels. A Canarie et a Palma, de meme qua Teneriffe. 
les forets lauriferes occupent les xersans du nord et du nord est : si 
1 on retrouxe quelques arbres des regions intermediaires sur le rexcrs 



b 



oppose, lis sont toujours situes dans les gorges 011 une humidite per- 
manente xient changer la constitution de lalinosphere et faxoriser 
leur dexeloppement. Les Pins, au contraire, fuient le ciel nuageux 
cles expositions septentrionales et vont chercher, dans des stations 
plus elexees, 



un 



leu 



__. r 

climat analogue a celui du rexcrs meridional ou 



r 




rce expansive s etend sur un plus large espa.ce. 



L'exploration de File de Palma 



nous a fourni un autre fail qui 



prouxe jusqua quel point la structure orographiquc pent, ei 

binant axec lexposition et d'autres circonstances de localite 

des changemens dans la distribution ™i„™ 



com 



amener 



lie des plantes. La cha 



de montagne qui parcourt file du nord an sud forme une tres forte 



depression a 

de la Cumb/ 



le milieu de son pi 



^ 



^ 



col, appele P 



plus de 4,255 pieds d elevation xerLicale (1) 



f l'mt,! L lt e BUCh apPeUe CC C ° l 1S Pas ° de hLavanda : 1'altitude dc cette station, a, 
d autre* heux que nous aurons a ipdiquer, scat dues aux observations de ce g^ologue: 



station , ainsi que c 



clles 

















*\ -^> I ■"* *|G 










65 



Lorsqii'oii veut se rendre du district de Tedote dans celni dArid 



{voy. Atlas 



phytos. de Palma. PL v) , situe sur l'autre bande de 



I ile 



1 



1 faut traverser d'abord les forets de Lauriers qui ombragent le 



revers 



ental 



mesur 



gj que Ion se rapproche de la crete des mon- 
tagnes, les grands arbres disparaissent et sont remplaces par les 
Bruyeres, qui continuent jusqu'au col que nous venons d'indiquer. Ces 
bois garnissent les sommets de la Cumbre et se repandent de l'autre 
cote, ou ils se melent avec les Pins qui peoplent la bande occidentale. 

■ 

En descendant dans la vallee del Paso, on est surpris de l'association 



de ces deux especes , dont les limites sont si ti ancbees partout ailleu 
A 1,000 pieds au-dessous du col, les Bruyeres sont encore en 



g 



Lid 



nombre, mais a 2,725 pieds 



la station du Pino santo , les P 



seul 



nissent les pentes de la montagne, et s'etendent en masse jusque 



les bords du vallon. A 



d 



cette distribution geogr aphique , 1 



i 



- 

region des Bruyeres, qui se trouve placee dun cote dans l'ordre babi- 
tuel , offre sur l'autre versant une anomalie dont on ne peut bien se 



r 



end 



re compte qu'en arrivant sur 



la 



te. La, tout 



plique : les 



ges amasses sur le revers oriental de lile, depuis 2,000 pieds 



qua 4,500 environ, restent stationnaires , sur les forets , le long de la 

r les sommets; mais au col de la 
>sant au-dessous du maximum 



cbaine dont ils ne peuvent francbi 

Cumbre, les montagnes, en s 



aba 



dele 



a ces 



peur 



passe 



r 



leur ouvre une 



ition de la region des nuages, permettent 
sur l'autre bande; la depression de la ere 

le vent les chasse dans le defile , et , en se repandant sur le r 

bumide des bois a^ 
et cbaud, des ter 



de 



dental, ils y reproduisent latmosphe 



1 



poussent 



vegetation de cette zone. Plus bas un air sec 

volcanises , sur lesquels le soleil exerce toute son energ 

les nuages et les Bruyeres qui les ont suivis. Les Pins sont alors les seuls 

arbres indigenes qui resistent a ce climat, et tandis qu'ils ne montent 

pas de ce cote au-dessus de 3,000 pieds, le Laurus Indica et le Myrica 

Faya croissent sur les versans opposes, le premier jusqu'a 3,556 pieds 



I. 



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1 



















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66 



et le second jusqu'a 3,916. (Voy. Atlas, profils phytost. de Pal ma 
PI. v.) 

La C alder a de Palma , 
Tiraxana dans la grande Canarie , 
sont trois localites oii ces sortes d 
dune maniere encore plus pronom 



la vallee de Sandago a Tene rifle et celle de 

que nous avons v is i lees en detail, 
anomalies phy tost a tiquea sV rffrent 



La C alder a de Pal 



qui formait anciennemenl ledistj ie! d'E 









est une vallee profonde, situee au centre de ltl 



et 




touree de tout* 
vin de las An - 









part de montagnes inaccessibles; on y arrive par 

gustias apres huit hemes de marche (1 ). M. de Bach a evalue lallilude 
du sol de ce cratere piimitif a 2,257 pieds, el les plus hauls sommels de 
la cordillere qui en cerne lenceinte a T„234„ ce qui produit one coupe 

eorges G las et ^ iera ( 2) 



ticale de ^,977 pieds. Abreu Galindo, C 



jiiesure 



A 






donnent a ce gouffre environ six lieues de circuit, mais cette 

nous a paruun peu exageree si elle a ete prise de la base. La vegetation 

repandue dans cet immense cirque, naffecte aucuu ordre de distribu- 






les arbres de la haute region y croissent contond 



ec ceux 




zones infer ieures. Deux rocher 
TEcero, des Pins gigantesques 



? /-% v 



elevent en pyramide a l'entree de 
des Dragonniers et des Palmiers 



en 



onnent la cime , les Genevriers ( 3 ) ont pi 



les 



les plus escarpees et melent leur feuillage a celui des Lauriers des 









(1) Ce ravin, que les Aborigenes appelaient Exerjo, grand torrent, n'est pas le seul passage qui 
conduit dans la Caldera ; toutefois , nialgre les precipices et les obstacles qu'on rencontre a chaque pas , 
on est force de suivre cette route afin d'arriver avant la nuit et de trouver un endroit pour etablir son 
bivouac. On sort ordinairement de la Caldera par le defile X Adamancansis ; ce cheinin, quoique 
beaucoup plus long , est bien plus agreable et surtout moins dangereux ; le retour a lieu alors par la 
rive gauche du ravin , a travers d'antiques forets cachees dans les anfractuosites de la montagne. Les 
nuages qui s'amassent pendant le jour dans ces gorges boisees , penetrent dans la profondeur du val- 
lon , dont les berges , elevees et depourvues de vegetation , restent toujours a decouvert. Ces vapeurs 
disparaissent ensuite a la nuit , a mesure que le soleil cesse d'echauffer la terre . 

(2; Abreu Galindo, Mss., lib. 3, cap. 8. 

Georges Glas , History of the Canary Islands. 

Yiera , Noticias de la hist, gener. de las isl. Can., torn, n, p. 153. 

(3) Juniper us Cedrus, N. 




























67 



\ 



Bruyei es et des Fayas. Un Figuier enorme couvre une partie du pla- 
teau de Tabouventa et s'est propage dans les environs : cet arbre, qu'on 
dit contemporain de la conquete , est connu des habitans sous le nom 
de la Br ever a. Des Amandiers sauvages et des Pistachiers (1) ont pous- 

- 

se au milieu de ces rocbers parmi les Ilypericons, les Lavandes et les 
autres especes des ravins. Les bords du torrent qui traverse cette vallee 
solitaire , sont garnis d Ignames ( 2 ) ; le Poterium caudatum , le Bethen- 



courtia Palmensis* les Klein 



les C 



les Bystropog 



les 



Joubarbes et les Pteris tapissent les talus , tandis que les berges de la 



montagne sont entierement depouillees de vegetation. 



Au milieu de ce pele-mele de plantes , le botaniste reste etonne : il 
voit autour de lui un nouvel ordre de phenomenes ; les monts envabis 



par la vegetation des pla 



les arbres du littoral groupes 



des sommets, 1 echange reciproque des regions les plus opposees et 
eontact des especes les plus disparates , tout le confond ; et si le pouvo 

b ne se revelait a cbaque pas dans cette bizarre distributio 




de la nature ne se 

si dans ce melange de zones diverses cbaque plante ne conservait le 

caractere de sa spontaneite , il serait tente de croire que quelque arti- 

fice a preside a cet arrangement. 

A Teneriffe , la vallee de San-Iago , situee au sud-ouest du Pic , off re 
quelque chose d analogue ( 3) : elevee de 2,690 pieds au-dessus du niveau 
de la mer, cette enceinte est borne'e a l'occident par les hauteurs de 



(1) Pistacia Atlantica. 

(2) Caladium nymphoecefolium. 

(3) On trouve aussi aux alentours de San-Iago des vegetaux de toutes les regions de File , voici les 



pnncipaux : 

* 

Cytisus proliferus. 
Adenocarpus frankenio'ides. 
Phoenix dactylifera. 
Bystropogon origan if olium. 
Euphorbia Canariensis. 

piscatoria. 

balsam if era. 



Euphorbia atro-purpurea 
Pinus Canariensis. 
Erica arborea. 
Cistus Monspeliensis. 
Polycarpaea aristata. 

Kleinia neriifolia. 
Prenanlhes pinnata. 



Plocama pendula. 
Agave Americana. 
Cheiranthus cinereus, N 
Morus nigra. 

Amygdalus communis. 















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68 



i ( 1 ) et a l'orient par les pentes escarpe'es de Chio. La chaine des 

» 

montagnes centrales se trouvant demantelee sur ce point (voy. Atlas, 



Erj 



t. topogr. et phytost. PI. 11 et 



le terrain s'est incline en amph 



i 






theatre depuis la base du Pic jusqu'a la cote. De larges torrens de lave 
ont deborde par cette breche, les plantes des stations superieures, 

■ 

concentrees ailleurs dans le cirque des Canadas , ont franchi le passage 
qui leur etait ouyert, se sont repandues sur le talus de Yilma et 
ont envahi la Yallee. Les yege'taux dela region maritime , en penetrant 
dans cette enceinte par les ravins qui y aboutissent , sont venus se 
grouper a cote de quelques restes de forets. 

Dans la grande Canarie , l'acclimatation des plantes des diverses re- 
gions de lile sur un meme point, a acquis plus de developpement , et 



c'est dans une yallee semblablealaCalderadePalmaquecetteanomalie 
a eu lieu. Enclavee au milieu des montagnes centrales , la yallee de 

Tiraxana est plus large et moins profonde que VEcero (2) : elle forme 
a elle seule un district important qui reunit dans son sein les popula- 
tions agricoles de deux bourgs(3); les plus hautes cimes qui la domi- 
nent depassent 4^,000 pieds delevation Terticale, tandis que le fond 

presente un terrain inegal dont l'altitude yarie depuis 2,109 pieds jus- 

- 

qua 2,591. D'autres influences ont efface dans cette enceinte les rap- 
ports phy tostatiques ; on dirait que les plantes ont franchi tous les 






degres de 1 echelle yege'tale pour 



r 



un meme plan : les P 



qui couvrent les montages enyii onnantes , sont descendus dans la y al- 

lee par le col de Manzanilla , les Oliviers conservent encore toute leur 
vigueur aux alentours du village de Tunte (2,600 pieds) oucroissent les 

i 

Palmiers, les Muriers et les Yignes ; le Pterocep halus dumetorum^ qu'on 



(l)Erje ou Erxos, point culminant des montagnes occidentales. 

(2) Escolar evalua le diametre de cette vallee a deux lieues et demie. 

* 

(3) L'un est situe dans la partie superieure de la vallee a 2,591 pieds au-dessus du niveau de la 
mer, c'est le bourg de Tunte; l'autre , appele Santa-Lucia, occupe le teiroir le plus fertile. La popu- 
lation entiere du district est d' environ 2 ,200 habitans. , 















. 



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69 



ne trouye a Teneriffe que sur la cime des Caiiadas (1), s est propage a 
quelques pas dun corns d'eau borde dlgnames et de Bananiers. A cet 
apercu de la vegetation de Tiraxana, il faut ajouter les plantes de la 
cote et la variete des cultures produite par la fertilite du sol et la dou- 

du climat. Bien que les Cannes a sucre, introduites par les pre- 
miers colons, aient ete remplacees par les vignobles, on en voit encore 
quelques pieds dans les jardins; les Nopals et les Agaves d'Amerique 
entourent les champs de Mais et de Patates (Cowolvolus Batatas) , 
les Orangers et les Citronniers prosperent de toute part a cote de nos 



ceur 






bres d' Europe. 

L'abri des expositions dans les 



\ 



allees de Tiraxana , de 1'Ecero et de 



San-Iago, le peu de variation de la temperature locale, la nature vol 

canique du sol et la fiaicheur des ruisseaux 



qui le baignent 



nous 



donnent la porte'e des influences sous lesquelles la vegetation se de\ 



trois districts. Les plantes y vivent 



loppe dans ces 

cest une temperature d'orangerie : lair y est 
chaud ; aucune perturbation ne vient changer 






la fois humide et 






b 



et 






dans cet etat de quietude , les espe 



de toutes les zones trouvent 1 



al 



des conditions dexistence favorables a leur accroissement. Au reste 

ces sites privilegies ne sont pas exclusifs aux Canaries, quelques 
lees des Andes en offrent des exemples, et notre Europe a aussi les 

_ 

siens (2). 

Tout ce que nous 



venons de dire sur les differentes stations des 






plantes et leurs anomalies peut done se reduire a ceci. 

1° Lorsque les versans des montagnes presentent des talus uni- 

* 

formes et soutenus par des plateaux superposes les uns aux autres, 






(1) A l'altitude de 9,000 pieds. 

(2) M. Durieu, recemment de retour des Asturies, qu'il vient de parcouiir en botamste, a vu , 
dans la cote de Biscay , des orangers cultives dans les jardins de la petite ville de Santofia, tandis que 
les murs de cloture etaient couverts de plantes alpines. La position de Santona , au fond d'un golfe , 
et l'abri que lui pretent les dernieres ramifications des Pyrenees , peuvent expliquer cette -*—-- J- 
la vegetation alpine avec les plantes intertropicales. 



reunion de 






^ 













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^P"^^^^^^^" 











• ' 



70 



» 

la difference des hauteurs, en produisant un changement de climat, 



fait 



passer la vegetation par des transitions successives. Les plantes 
se'chelonnent alors sur la ligne de pente, suivant l'abaissement pro- 
gressif de la temperature. 

2 J Les regions vegetales qui resultent de ces transitions de forme 
se presentent par agroupemens distincts , subordonnes aux localites 



• • 



et aux expositions. 



3° Divers* 
lieres de ter 



Constances climateriques et des qualites particu 
s opposent a la force expansive des especes reunk 



masse ou disseminees dans chaque station. Les vegetaux 



sonl 



pas toui 



ranges sur les pentes des montagnes pa 



r zones regu 



lieres et graduelles ; les limites dune region sont assujeties a la st 



graphique et 



autr 



Constances de localite; elles tie 



sont done pas exactement circonscrites autour dune lie, et il est 



ent difficile de fixer leur demarcation 



car partout ou deux regions 



sont 



contact , il y a melange des especes qui en font partie 



4° Les dh 



groupemens de plantes 



lent a des altitudes 



isothermes sur cnacun des 



dune chaine 



chaiiffemens 



& 



phytostatiques sont dus a la difference d exposition ; alors, les limites 

gions ne sont plus les memes , et telle plante qui s'ecartait pen 

sur les versans du nord, peut croitre sur le re vers oppose 



des 



du littoral 



jusqu'a une elevation assez considerable, et vice versa. II nest pas 

■ 

aussi de rencontrer dun cote' des especes qu'on n'avait jamais 
sur lautre bande (1). 



vues 



(1) La vegetation qui couvre a Teneriffe les deux versans des montagnes de la Goleta , offre un des 
jneilleurs exemples de ce contraste des expositions; nous citerons dans cette note les differentrs 
especes que nous recueilliines de chaque cote. 



Versans du Midi. 

» 

Andropogon distachyum 
Convolvukis floridus. 
Cvnara liovrida. 



Especes communes aux deux versans. 

Pteris Aquilina. 
Sideritis Canariensis. 
Sempervivum viscosum ? N. 



Versans du Nord 

Asplenium renifonne. 
Carlowizia salicifolia. 
Cheiranthus mutabilis 

























** a* 






^ 









(71) 

5° Enfm, il est des plantes que la nature semble avoir confinees 
dans des lieux determines. Lorsque ces cii conscriptions topographiques 
ont leur origine dans des vallees profondes et entourees de montagnes 



pees 



, telles que celles de la Caldera , de Palma et Tiraxana ; alors 
la distribution des plantes nest plus soumise aux memes lois; letat 
de 1 'air, ses principes, la temperature de ces enceintes abritees vien- 
nent rompre les rapports entre les climats et les altitudes pour se 






preter a la reunion des vegetaux de toutes les zones. 

Nous faisons connaitre, dans la liste du supplement a ce cha 



pitre 



toutes les plantes de la flore des Canaries occidentales , d'apres 



les differentes stations qu'elles occupent; notre carte phytostatique 

de 1 ile de Teneriffe presente lensemble de cette repartition, les di- 
vers °roupes qui en resultent, leurs limites respectives et les localites 
dans lesquelles chaque espece a coutume de croitre. La planche iv 
de notre Atlas complete cette topographie botanique : les associations 

* 

vegetales comprises dans chaque circonscription , n'y sont plus re- 
presentees sur le plan horizontal ; nous ayons youlu indiquer les dif- 



lerentes masses de vegetation d'apres lechelle des altitudes, pour 
qu'on put saisir dun coup-d oeil les modifications que les accidens du 



1 



J^er sans du Midi, 

Echium giganteum. 

strictum. 
Euphorbia piscatoria. 

Canariensis. 
Jasminum odoratissimum 
Kleinia neriifolia. 
Lavandula abrotano'ides. 
Olea Europea. 
Opuntia Ficus Indica, 
Pcriploca laevigata. 
Plantago arborea. 
Palycarpaea Teneriffae. 
Rhamnus crenulatus. 
Rub us fruticosus. 
Silybum marianum. 



Espcces communes aux deux versans 
Sempervivum C 



P^ersans du Nord. 
Dracaena Dr^co. 

Dracocephalum Canariense 
Echium simplex. 
Erica arborea. 
Erigeron viscosum. 
Ilex Canariensis. 
Lavandula pinna ta. 
Lavatera phoenicea. 
Laurus Canariensis. 

Barbusano. 

Persea foetens. 
Pterocephalus virens, N. 

Semper v. tabulaeformi aff. 
Stachys arvensis. 



s 






' 














■ 

1 


























. 






^m 



■ I 






. -I 


















■'■-. 



1 



k 



s : 






























I 













































72 



lei 



et linfl 



lence des expositions apportent dans l'ordre ge'neral 
de la distribution. Enfm, notre vue de la Caldera de Palma reproduit 
une des grandes anomalies que nous venons de de'crire et la nature 
spe'ciale dun des sites les 




curieux de l'archipel Canarien ( Voy 



Atlas 



phytost., Carte 



PI 



Nous terminerons ce chapitre par quelques autres observations 
detachees, mais qui s'associent a la masse des faits que nous nous 
sommes propose de reunir dans un seul cadre. 

II est des plantes vagabondes qui n'affectent aucune station de- 
terminee et semblent appartenir a tous les climats : le Pteris Aqui- 
lina, Y Hypericum grandifolium et YErigeron viscosum sont plus sou- 
vent dans ee cas; ces deux 



premieres especes, qu 



commence a 



i 



encontrer a Teneriffe, entre 1,000 et 1,500 pieds d elevation, s( 
etrouvent encore a plus de 7,000 dans le cirque des Canadas du Pic 



D auti 



pand 



les hauteurs intermed 



i 



fixent 



a des altitudes tres-eloignees ; nous en avons deja fait connaitre quel- 
ques-unes (1), mais nous citerons aussi le Pancratium Canariense qui 
croit sur la plage du Vol de Guerra et j 
plateau de Trebejo, a plus de 3,800 pieds. 



eparait tout-a-coup 



le 



Par mi celles d 



meme region, les unes sont disseminees ca 
i, tandis que d autres for men t des groupes a part et couvrent s( 
ent une grande etendue de terrain , en se propageant de proche 



et 



proche. Outre les especes dominantes qui out impose leu 



nom a 



chacune de nos grandes d 



phytostat 



telles q 




s 



Euphorbes, les I 



les Bruy 



les Cistes, les P 



les I 



^umineuses frutescentes . nous nommerons encore Y Aloe vul 
la 



5 



i bande meridionale de Teneriffe, le Pancratium Canariense, les 
Asmiodeles (2) , les Scilla et la plupart des especes vivaces qui se mnl- 









(1) Yoy. chap. l c % pag. 8. > 

{1)l!Asphodelus'ramosus abonde, dans la grande Canarie, sur un plateau auquel cette espece a 

impose son nom, el llano de las Gamonas , la plaine des Asphodeles. 



































r 






































73 



tiplient 
prendre 




pa 



leur 



racines que pa 



leur 



graines. II faut com 



dans ces sortes dissociations deux plantes de la famille 



des Synanther 




Matr 



suave olens 



i 



,0 



(1) 



prairies naturelles au milieu des bois de Bruyer 



qui 

et 



fo 



me 



des 




C 



\/ 



lactea, si commun dans les clairieres de la foret de las Mercedes. 

Plusieurs Yegetaux, nombreux autrefois et reduits aujourdhui a 
quelques individus , se sont isoles sur des rochers inaccessibles : nous 



voulons parler dabord des Geneyriers 



dont 




n'existe que 



deux 



especes aux Canaries. Celle que les habitans appellent Sabina n est pas 
l'espece de ce nom; M. le professeur Link la rapportee au Juniperus 
thurifera , et la denomination de Sabinal affectee a plusieurs yallees 
de la cote, ou l'on retrouve encore quelques - 



uns 



de 



ces 



b 



prouve que les bois de Genevriers formaient auparavant la premier 
ligne de la region nemorale. Dans 1 ile de Fer, ou 



la deVa station a ete 



moins r 



apide, le Juniperus thurifera peuple le district de Sabinosa. 
Quant au Juniperus Cedrus, N., on sait que cette belle espece, qu'on 



a presque entierement detruite 
region des Pins. Ainsi, ces 



pait la partie super 



de la 



deux Conifer 



douees . comme les autr 



• 

vegetans de cette famille, dune organisation robuste, peuvent bi 



a la fois la cbaleur de la zone maritime et l'excessive secheresse de la 

haute region. 



Le Dracaena Draco , qu'on avait cru orig 



des Indes orien- 



tals (2), est une espece particuliere 



cet 



cbipel 



bien qu 



Made 

dent 



re 



et a Porto-Santo. Dans file de Palmares Dragoniers abon 



les coteaux volcaniq 



de la Brena 



Teneriffe, on en 



trou^ 

los P 



de tr 



dans les vallees d'Orotam et cYIcod de 



la cote de Tacoronte et 



aux alentours de la Lag una. 
Dans le ravin de l'Enfer (district $Adexe)\ nous les avons vus sur les 









I 










^^H 
I 






■ 



\ 












(2) 



Au-dessus des forets Lauriferes , sur les berges septentrionales de la vallee d'Orotava. 
Nous avons nous-memes partage cette opinion que d'autres botanistes avaient accreditee 

. 10 







m 

m 



1 



\\ 



L 



■ 



m 



■ i 



















r 
















^H 







• 






nk 



saillies dun rocher que le guide le plus intrepide n'aurait ose gr 



(Voy. A 



vues phytost., pi. 8). A Tag 



ils ont pns racme 



sur deux rocs eleves (Los dos riscos, voy. Atlas, pi. 8), et garnis 



sent les pente 



entales de ces pyramides de basalte; les assises 



opposees sont couYertes d'Ard 
d'Euphorbe entourent ces 



der 



siers , et a la base de grands buissons 
liers repaires de la vegetation primi- 
tiYe. En presence de ces faits nous n'avons plus doute que le Dracaena 
Draco ne fut evidemment une espece indigene : nous 1'aYons com- 
pris parmi celles du premier climat. 



Le Pistacia Lent 



YOlea Europ 



et 




Salvia Canariensis 



sont tr 



pandus dans la grande Canarie. Les Lentisques 



qui 



n'existent pas dans les iles Yoisines , et les Oliviers , dont on ne rencon- 
tre plus que quelques pieds a Teneriffe et a Palma, formaient, il y a 
peu d'annees , des bois assez importans : les Yignobles sont Yenus les 

remplacer , et les noms de monte del Lentiscal et de barranco de los 
Acebuches ( bois des Lentisques et raYin des Oliviers sauvages) , ser- 

encore a designer leur ancienne station. Aujourd'hui les Len- 
tisques sont epars aux alentours des champs , et ne se montrent plus 
en masse que dans les terrains incultes. Les Oliviers , plus utiles , ont 
ete un peu mieux conserves ; ils abondent dans les vallees de Temisa 
et de Tiraxana ou Ton en voit de tres-grands. Rare a Teneriffe et in- 
connue dans les autres iles , la Sauge des Canaries est au contraire la 



vent 



x 



plante la pi 



commune de Cana 



d'abo 



r 




tres -r epand 



la 



cote septentrionale et dans les ravins qui y aboutissent , cette espece 
couvre les talus des vallees et parvient jusque sur les plateaux culmi- 

a cette altitude , qu'on peut evaluer a 5,000 pieds envi 



nans; mais 



ron 



elle 



t 



aboug 



ses feuilles , moins dilatees , sont de venues 






rugueuses 



pani 



cules laches et greles 



bractees moins bril 









lantes. Dans cet etat de deg 



on a peine 



tre la 






plante des bases, et ces alterations de forme, dues la phi part 



changemens clim a te riques 



perpetuant dans les localites les plu 






























m 







• 









75 



eloigners du point d'origine, prennent presque 




actei 



de 1 



pece 



Nous avons eu souvent occasion de faire des observations analogue; 
sur d'autres plantes ; 1 Hypericum qui , des ravins humides de Tene 
riffe, parvient jusque sur le plateau des Canadas, ne merite plus I 
cette station le nom de grandifolium qui sert a le distinguer de ses con 



! 












generes. Cette polymorphic 



f requente dans les iles volcaniques (1 ) 



se fait 



emarquer 



en sens 



parmi les especes de la 












/ • 



superieure que 



des 



- 

accidentelles ont amenees dans des lieux 



plus bas. On trouve parfois 



fond des vallees de Teneriffe , des pe 






tits buiss 



d'Adenocarpe et de Cyt 



du 




provenant sans 



doute des graines que les torrens auront entrainees dans leur chute. II 
est facile de s'apercevoir que ees plantes ne sont pas a leur place 






developpant dans une auti 



atmosphere, elles ont acquis un 



nouyeau fades ; mieux nourries et surtout plus humectees que dans 
la station ou la nature deposa leurs premiers germes , leurs pai 



ties fo 



liacees se sont accrues au detriment des autres organes et leurs tig 






long 



ont 



di sans fleurir. II leur faut 1 



tagnes et sa temperature locale , pour que la seve puisse 



vivifiant des mon 

reprendr 









marche accoutumee; la-haut, le Cytise perd 



feuilles, et 



con 



fleurs nombreuses i-epandront au loin leur parfum ; la-bas , au 
traire, toujours chetif, il s'epuisera par exces de nutrition et mourra 

- • 

sans se reproduire. 

Lorsque, durant nos longues explorations, nous avons rencontre 












dans des lieux isoles quelq 



des plantes qui ont ailleur 



centre de reunion determine, nous avons cherche leur station habi- 
tuelle, afin de les etudier dans leur etat normal. Les herborisations 
de passage sont sujettes a erreur, des especes echappees de leur region 

sont recueillies sans examen et decrites d'apres des formes anomales 



? 



V 






- 

(1) Voy. Voyage autour du monde de I'Uranie, part, bot.; Gaudichaud, pag. 92 et suiv 




















I 






















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■ 



-Aj 



JR 




■ 

I 






^1 



M 



I 






I 



■ 









' 














fc. 
































(76) . 

plus tard ces memes especes , retrou vees dans de meilleures conditions 

existence, ont pre'sente' dautres carac teres; de la cette sy nonymie em- 

brouillee au milieu dune nomenclature toujours croissante. Les cir- 

Constances locales , en se pretant a la force expansive des vegetaux , 

i 

les portent en dehors des lieuxou leur degrede frequence est plus mar- 

■ 

que; il importe done de determiner les limites de ces circonscriptions , 
en exceptant les cas particuliers qui seloignent trop de lensemble des 
generalites. Mais les progres des cultures ont efface sur plusieurs points 
ces associations partielles ; alors les individus dune meme espece sont 
devenus moins nombreux , et , reduits souvent a quelques pieds , 
n ont du leur stabilite qua leur isolement. 



ils 



Neanmo 



malg 



la 



che rapide des defrichemens, M. de 

ies, a peut-etre 



Buch, qui nous devanca dans l'explouation des Canaries , a 

trop exagere' la decadence de cette vegetation qu'on detruit tous les 



et qui renait sans cesse. \J Arb 



Canariensis et le Statice arbo 



r 



qu'il ne vit que dans les jardins, lors de sa tournee dans 



iles 



lui firent 



que ces deux especes etaient presque perdues ou du 



moins qu'elles ne croissaient plus spontanement hors des enceintes ou 

elles etaient cultivees (1). Nous avons fait connaitre le veritable habi- 
tat du Statice arborea (2) ; quant a lautre espece , nous l'avions deja 

trouvee dans les bois de Lauriers de la vallee d'Orotava avant que nos 

* 

courses nous conduisissent dans la belle foret d'Arbousiers du district 

■ 

deGuimar. Un long sej our dans cet archipel, et des recherches plus 

spe'ciales, nous ont permis de rectifier plusieurs autres observations 
de M. de Buch. L'Exacum viscosum. qu il assure ne vivre que dans les 









(1) « Deja le magnifique Statice arborea ne crolt plus que dans quelques jardins d'Orotava ? nulle 
• part peut-etre sauvage ; et cependant 9 on ne l'a jamais vu hors de Teneriffe 



* 

» Le bel Arbutus callicarpa {A. Canariensis) , dont on mangeait les fruits , et qui faisait autrefois 
» Fun des principaux ornemens des bois ? est maintenant si rarement dissemine , que les proprietaires 
» connaissent exacteraent le nombre de leurs pieds d'arbres.... » {Coup-d'ocil sur la /lore des Can., 
trad, de l'allem. de M. L. de Buch, arch, de hot.). 

(2) Voy. chap, i^ pag. 8, et Atlas, vues phyt., pL 8. 















^M 














77 

bois de Bruyeres (1), croit dans toutesles forets de Teneriffe et abonde 
dans celles de Palma , ou il acquiert le port dun sous-arbrisseau. Le 
Drusa opositifolia , qu'il presume avoir ete transports d'Amei ique et 

- 

* • 

qu'il ria pas vu a Teneriffe avec les plantes sauwges, metis settlement avec 

celles des clecombres (2), est assez frequent dans les ravins bumides et 
sous les buissons isoles. Le Solatium Vespertilio, que ce zele voyageur 

ne recueillit que sur quelques rochers oil il ne lui paraissait pas sauvage 

isieurs vallees de Teneriffe et 



plus (3) , est une espece propre a pi 



de la grande Canarie. II en est de meme du Boseayerw 



(4-) , qui 









se fixe contre les berges des ravins et dont les longs rameaux forment 
en retombant , des masses de verdure du plus bel effet. Dans un pays 

coupe par tant de precipices, ou les obstacles se multiplient a chaque 
pas, il faut long-temps pour tout examiner en detail; une premiere 
exploration ne suffit pas, il faut revoir plusieurs fois les memes sites , 
ne negliger aucune gorge, gravir tous les monies, en un mot visiter 
toutes les locali tes , car maintenant les plantes sauvages se sont refu- 
giees sur des rochers ou il est souvent difficile de les atteindi e , et les- 
pece que Ton recueille au sommet du pic le moiiis accessible , ne se re- 
trouve plus en suite que par hasard. Nous nous rejouissons de pouvoir 
assurer les botanistes sur la perte de plusieurs types de la flore Cana 



r 



ienne: cette for 



pontanee, que not re savant de^ 



moment de s'eteindre , nest pas encore arrivee a sa fin ; dans la lutte 



des plantes regnicoles contre celles qui les remplaceront 
sort de la vegetation originaire peut bien inspirer quelq 
mais son aneantissement est encore lointain: 



les germes 



un jour, le 

es craintes, 

pnsevelis 






i 



i 


















I 







I 






^* <i 



(l)aLe Texo (Erica scoparia) est le seul arbre qui vienne sur les hauteurs de Santa-Cruz et 
» Saint Andre. Sous son abri, et la seulement, s'eleve et setendY Exacum viscosnm. » (Coup-d'oeil sitr 
la flore des Can., arch, de bot.). 

(2) Ut supra. 

(3) Ut supra. 

(4) « Le Bosea yerva mora ne se rencontre plus que dans les haies qui entourent les vigncs et les 
» champs. » {Coup-d 'oeil sur la flore des Can., arch, de bot.). 




,1 









i 




a 



•.* 



.* 




















1 



i 






















■ 









■ 












y 






! 






les deb 



r 



78 

volcaniques n attendent que des circonstances favora- 
bles pour se de'velopper, et durant une residence de dix annees nous 
ayons vu les especes indigenes renaitre et se reproduire dans les lieux 
d ou elles avaient deja ete expulsees. 



consi 



II est dans les phases de la vegetation dun pays trois e'tats a 

' - 

derer : d'abord, le developpement des premiers germes et leur ac- 
croissement successif; ensuite, les especes parvenues au dernier terme 
de leur multiplication par rapport a l'espace qu'elles occupent; puis 
enfin, le decroissement des masses a mesure que l'industrie agricole 
etend ses progres . 



Les iles coralliferes de la mer 




u Slid sont dans le premier 



sur 



montagnes qui se forment , on pent observer la marche ascendant 



de la vegetation ; les plantes 



r 



pandent de leur point d 



■5 



vers 



les lieux ou les appellent la temperature et la nature du sol ; elles en 



vahissent le pays aussitot que la couche de terre qui le couvre peut 
nourrir un plus grand nombre d'individus (1). 



Dans 



taines parties des 



tinens et sur les iles de primi- 



tive formation, que les clefrichemens n'ont pas 



atteintes, la 



getation est 



son 



apog 



elle 



tout envahi; les plantes les pi 



fortes ont fmi par etouffer les plus faibles, et celles-ci, de venues a 



tour les plus robustcs, ont prevalu sur dautr 



tenaces 



Le melange des especes dans les regions equinoxiales a ete la conse 

quence de la fecondite du climat et de cette energie qui caracterise U 
vegetation parvenue a sa plus brillante phase 
La floi e du vieil archipel des Fortunees a 



dej 



passe pa 



les deux 



premieres epoques , son troisieme age a commence avec loccupation 
europeenne; elle suit maintenant une marche retrograde; mais dans 
cette periode decroissante , qui marque son declin, les especes dont 






(1) M. Gaudichaud pense que la vegetation des iles montueuses de l'Ocean Paciiique s'est d'aboid 
developpee dans la zone des nuages , pour s'etendre ensuite en (Jessus et en dessous. {Voyage autour du 
monde de VUranie , part, hot., pag. 102). 






























1 


























79 



elle se compose se replient sur leurs divers points de depart , et pous- 



sent encore ca et la. 

Onconceyra, dapresnotre raisonnement , que nous sommes loin 

dadopter les idees de M. de Buch sur l'origine et les migrations des 






plantes qu'il fait arriyer dans 



iles des regions les plus opposees 



tantot franchissant les deserts brulants de la Lybie et de V Afrique 



centrale., tantot char 



par 



les vents 



tr 



limmensite des 



mers (1). Nous ne saurions admettre d'autres lois pour la repartition des 



8 



» 



» 



» 



propagee en partant d'un point central , rayonnant lorsque le climat ne s'est pas oppose a sa dis- 
persion en tons sens , suivant une bande ou zone , lorsque cette dispersion s'est trouvee arretee par 
la temperature au sud et au nord.... , etc. Des plantes de Grece firent route , avec les vignes , aux lies 



» 



fi 



» Panicum crus-galli, et vi 



clus 



» 



» 



vement propres 



» 



» 



y r „ r „_ aux Canaries, la plupart ont aussi leur point de depart dans 1' Atlas, peut-etre 

meme "dam l'Egypte et la Syrie , mais plusieurs autres paraissent etre venues la de tout autre c6t e . 
Le Draccena et le Ceropegia des Indes orientales par le milieu de l'Afrique , le Plocama pendula et 



les Euphorbes arborescentes 



brulans de la Lybie. Quelq 



sur 



» doute i on les voit encore maintenant vis-a-vis des lieux qui, les presentant en plus grand nombre , 
» peuvent par consequent etre regardes comme leur habitation plus naturelle. Le Lavandula pinnata , 



» 



une 



» 



Madere. . . . Que les Palmiers se soient trouves aux Canaries (a l'epo 



»» que de l'expedition des en\oyes de Juba) et meme en grand nombre, c'est ce qui est fort remar- 
» quable et rend vraisemblable que ces arbres , Pornement du desert , trouverent d'eux-memes leur 
chemin jusqu'a ces iles , sans y etre transported par les homines ; peut-etre est-ce la mer qui en 
charria les fruits.... La flore des Canaries a done de l'iinportance par la consideration de ces rayons 

de vegetation qui viennent s'y rencontrer ; quelques-uns s'y perdent, tandis que d'autres poursui- 



» 



» 



,, verit leur course avec energie , et peut-etre au loin a travers la mer jusqu'aux Acores , etc. »» (Coup- 
d'ceil sur la flore des ties Canaries, trad, de l'allem. de M 



Sans nous 



M 



nous ferons observer seulement que les Palmiers sont fort raxes sur la cote de Fortaventure qui fait 
face a l'Afrique tandis qu'ils abondent dans la vallee de Rio Palma, situee du c6te oppose. A Tenenffe, 
ces arbres sont'peu repandus sur la bande orientale de I'ile ; les vallees du nord et de l'ouest , au con- 
traire, les possedent en grand nombre ; enfin , en les retrouvant a Palma dans le site le plus sauvage 
et sur des rochers inaccessibles , on ne peut douter qu'ils ne soient aussi bien ongmaxres des Canaries 
que du pays des dattes. II en est de meme de beaucoup d'especes propres a ces des et ad autres con- 

.. An. a*— no f.,^, a it-il nas admettre pour rechercher le veritable point de depart , la 



Q 



■J, 






patrie originaire de ces plantes cosmopolites qu'on rencontre a loutes les latitudes? A-t-on quelque 
raison de croire que les continens aient ete plutot converts de vegetation que les lies adjacentes , 
surtout lorsque les traditions accordent a ces terres isolees une antiquite qui se perd dans la nuit des 



surtout lorsque les traaitions accoiuau « s*~ ^..v.^ ~~ , ^ r 

temps? Une Fougere se trouve a la fois a Teneriffe et a Bourbon : demandera-t-on dans laquelle de 










J 






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• 











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, 



■ A 



I 

















80 



mes 



vege'taux a la surface du globe que celles de la preexistence des gei 
chaque contree fut dotee selon son climat , et la vegetation apparut 



f 
v aussitot que le sol repondit 



gences. Dir 



comment se sont 



operees ces citations distinct es, de quelle maniere les plantes se sont 
montre'es tout-a-coup sous dautres formes , ou pourquoi celles-ci 



ont 



reproduit des types deja connus, serait aussi difficile que de pred 
lepoque de lepuisement des forces qui leur ont donne naissance. 



questi 



•) 



presque metaphy siques 



t 



Ces 



dessus de notre intelli 





Avant d'etre refoulee dans ses derniers retranchemens par les 



ahissemens dune 



lafl( 



gelation etrangere , la nore locale passera par 



di verses alternances; mais quoiqu 
points , elle reprendrait son premie 




d hui sur pi 



t 



elle 



meme 



si elle etait abandonnee a 
et se ressaisirait encore de cette terre-mere que les autres 
especes ont usurpee. 

Les ilots deserts et les cretes escarpees des montagnes sont les loca- 
lity's qui conserveront le plus long-temps leurs plantes primitives. Par 



leur peu dimportance et les difficul):es de leurs abords, les ilots sont 
restes incultes et n'ont rien perdu par consequent dans la revolution qui 
s'est operee sur le sol des Canaries. Ceux que nous avons parcourus nous 
ont fourni des observations curieuses; les plantes qui les peuplent 
peuvent servir a faire connaitre celles qui croissaient autrefois sur la 
cote adjacente; aussi les avons-nous toujours notees a^ec le plus grand 

soin (1). Ces florules sont des fragmens intactsdelancienne vegetation , 



ces deux iles elle a commence a croitre , pour passer ensuite dans l'autre? A une pareille question , nous 
doutons que 1'on put repondre d'une maniere satisfaisante. 

(1) L'ilot appele Roque de Garachico et situe en face du port du meme noin , sur la cote N.O. 
de Teneriffe , renferme les especes suivantes : 

Statice imbricata N., sur les rochers de la partie orientale. Stat ice pectinata. . . . eparse. 

Euphorbia Canariensis , tres-repandue. 



piscatoria, sur les rochers exposes au nord. 



if' 



exposes 



Lycium aft 

Beta hastata 

A triplex glaucum. 



'& 



• • 



ft 



ift 



difi, 



Id 



Aizoon Canariense. . . 

* 

Raccella tine tor ia. . . . 



Id. 
Id. 
Id. 

Id. 

Id. 
Id. 



















































' 















81 

et les botanistes qui , apres nous , visiteront ces roches solitaires , y 
retrouveront les especes les plus rares : les Statice arbor ea et S. imbri- 

* 

cata. N. sont aujourd'hui dans le meme cas que T Origanum Tournefortii 
du petit ilot d'Amorgos (1); confines dans ces recoins, la nature les 
a conserves comme les echantillons vivants de deux especes que les 
autres iles ont per dues. Les accidens du sol ont ete la sauve-garde 
de la vegetation primitive; la Flore Canarienne a sans doute couru 
bien des chances depuis la conquete du pays , mais rien n'est change 
encore dans cette par tie de la haute region ou les colons n'ont pu 
porter leur industrie. Plusieurs faits viennent a l'appui de notre as- 
sertion : en 1825 nous retrouvames , au pic de Teneriffe, cette Yiolette 
si rare (Viola Cheir anihifolia) que le P. Feuillee avait recueillie cent 

'es memes scories qui encombrent la 



ans avant 



(en 1724) 



* 

base du Teyde (2). Les recherches que nous avons faites a Londres 
dans l'herbier de Banks nous ont offert d'autres remarques inte'res- 
santes sur les vegetaux sedentaires; parmi les plantes que Masson hit 
chercher a Teneriffe en 1778, nous avons reconnu notre Echium 

■ 

Auberianum qu'il ramassa aussi au pied du Pic dans l'endroit ou nous 



1 



cueilli 



memes. Nous ne fumes pas moins surpr 



en 




Carlina oceranthemoides 



revoyant, dans cette riche collection, 

echappe aux herborisations de nos devanciers; cette espece 
Linnee fils donna la premiere description, hit aussi rapportee en 



dont 



Angleterre par le zele collecteur du jardin de Kew, et cest pre- 

cisement dans la station indique'e sur letiquette de ses echantillons 
(Prope pagum Chasna, 1778J, que nous avons decouvert la meme 



plante 




dun demi-siecle api 



lui 



La stabilite des especes ne depend done pas toujours de leur for 



(1) On sait que cette espece decouverte par Tournefort, et qui n'a jamais 



ete observee ailleurs , fut 



Sibthorp, plus de 80 ans apres. 

figuree par le P. Feuillee , sous le nom de Viola Tenerife 



Vorase aux ties Canaries , Mss 



I. 



11 






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V*. 











I 

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X. 



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■ 




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■ 

* 



■. 






82 



expansive , puisque celles qui sont reunies en masse n ont gu ere pi 
de chance de conservation que d'autres qu'on voit disseminees sur 



de 



grands 



espaces ou isolees dans des sites peu frequente's. PI 
plantes ligneuses, qu'on ne rencontre que sur les cimes 



rs 



les 




elevees de Teneriffe (1) 



ont pris racine dans les fentes 




roc qui 



leur sert d'appui : les moyens de reproduction de ces especes seden 
taires sont tres-bornes , les semences trou vent rarement , sur ce ter 
rain sans substance, les conditions 



necessaires 



a leu 



germination 



i 



mais la nature a 

chaque nouveau i 

a ce point d'origine , oil se developpa son premier germe , la meme 

plante peut croitre pendant des siecles , en se renouvelant sans 



pourvu a tout , la propagation a lieu par drageons , 
ejet repare les pertes accidentelies ;■ et toujours fixe'e 



• 



multiplier l'espece. C'est 



que les 



getaux les plus rares de la 




Flore des Canaries ne sont representes a Teneriffe que par quelques 
individus. Dans les deux stations ou Ion trouve le Rhamnus coria- 
ceus , il n'existe qu'un seul pied de cette espece , l'un aux environs 
de Chasna , pres de la source du Traste , et 1' autre , sur la crete des 



ou nous 1 



revu 



Canadas, au-dessus du defile de VAng* 

■ 

douze aiis apres Cbr. Smith. La montague du Rosal, elevee de 6,300 

pieds au-dessus du niveau de la mer, a recu sa denomination du Ro- 
sier qui cour onne sa cime . Nous 



ne 



pousser 



pas 




loin 



ces 



exemples et resumerons en peu de mots la serie des faits que nous 
venons d'exposer. 

La connaissance des stations des plantes offre un cours d'observations 
du plus grand interet , et les recherches de topographie botanique 
auxquelles cette etude donne lieu, peuvent conduire a des resultats 
mportans. Si par des observations consciencieuses , entreprises a des 



i 



epoques fixes, on ayait determine les diverse 
dans lesquelles les plantes se trouvent pi 



conditions dexistence 
ees; si Ion eut tenu 



- 

* 

(1) Pyrus aria. var 7 Pterocephalus dumetorum, Rosa Armidce N., Ephedra monostachya etc 



• 



-*? 





83 ) 



- 

compte des rapports des especes entre elles, des modifications que les 
deboisemens ont amenees dans la constitution du climat , et des con- 



quetes successives des populat 



gricoles, les compar 



de 



duites de pi 



de faits , nous auraient indique la marche 



progressive ou decroissante de la vegetation sur un espace donne. Ces 
tableaux dune statistique nouvelle, en nous montrant la flore dun 

« 

pays dans toutes ses phases , nous auraient eclaires alors sur l'histoire 

phytologique des con trees moins connues. 

Nous avons examine dans ce chapitre la distribution des plantes 

sur le sol , les rapports entre la vegetation et les climats , les anomalies 

phy tostatiques dependantes de la nature des lieux , de leur exposition 
et de leur temperature , nous avons hasarde quelques considerations 

i 

generales sur les causes de la degenerescence des especes , sur celle de 
ur isolement et de leur destruction. Enfin, nous pouvons dire 

aussi : sans sortir du cercle etroit oil nos observations se sont re\ 
mees^ nous avons rencontre sous nos pas tout ce que la repartition des 

■ 

vege'taux a la surface du globe offrait de faits varies et de combinai- 
sons inattendues. 





•©^QHgH©- 



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I 



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I 












-.* 



1 









I 



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I 



































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84 



SUPPLEMENT AU CHAPITRE SECOND. 



\ 



OBSERVATIONS CLIMAT&RIQUES 









I 












I 



Temperature du Pic de Teneriffe a deux saisons differentes 



OBSERVATEURS 






DATES. 



1825 



Juillet, 4. 
» » 



182a. Fevrier, 23. 

» » » 



HEURES 




3 p. m. 

4 p. m. 

5 p. ra. 

6 p. m. 
p. m. 
a. m. 
h., 5' 

I h., 15' p. m 

3 p. m. . • 
5 p. m. . . 

7 p.m.. . 
9 p. m. . . 

II p. m.. . 
1 a. m. . . 

3 h., 15* a. m. 
5 h., 30' a.m. 
6h., 45' a. m. 

7 h., 15' a. m. 

8' a.m. . . 

8 h.,45' a. m. 



LIEUX. 



Estancia 

Id 

Id 

Id. , . . . . 

Id 

Id 

Sommet du Pic. . . 

Estancia 

Id. ..... 

Id 

Id 

Id 

Id 

Id 

Id 

Id 

Alta vista 

Grotte de la Neige. 

Rambleta 

Sommet du Pic. . . 



ALTITUDES 



TEMPERATURES 



indiqu 



et celles que nous exposons dans le suivant , donnent la portee des changements climateriques qui 
s'operent sur le sommet des montagnes de Teneriffe. Pendant le jour, la chaleur penetre ces terrains 



action 



ment. A la nuit , les images condenses sur les forets de la zone intermediate , moment insensible 



va- 



peurs latentes qui disparaissent au lever du soleil pour se former de nouveau au-dessus de la region 






des bois. 



plantes 



expliquent la cause du petit nombre d'especes qui peuvent y croltre et de leurs differences carac- 



teristiques 


























■&>] 



■ -vr- 


















85 




I 



OBSERVATIONS 

m 

■ 

SUR LA TEMPERATURE DE LA HAUTE REGION (la Cumbre.) 

(Ile de Teneriffe.) 



\ 




4 



OBSERVATEURS. 



DATES 



LIEUX. 









1 

1828. Novembre, 30. 
Id. DScembre , 29. 

Id.. .id id. 

Id. ..id id. 

Id., .id id. 

Id., .id id. 

Id... id 30. 

Id.. .id 27. 

Id. ..id id. 

Id.. .id id. 

Id.. .id id. 

Id.. .id 28. 

Id. ..id id. 

Id., .id id: 

Id. ..id id. 

Id... id id. 

Id... id id. 

Id., .id id. 

Id. ..id id. 

Id., .id 8 . id. 

Id. ..id 29. 

Id... id id. 

Id.. .id 16etl7. 

Id...id..dul8au21. 

Id...id..du22au26. 
Id...id..du27au31. 

Id..Janv. dul er auG. 



• • • 



• • • 



Cruz de Guimar 

Roques de las Canadas 

Id 

Fuente Salada 

Azulejos ■ 

Degollada de Ucanca. 
Agua Agria 




RVATION 



Pieds. 

6,974 
8,600 environ 

Id 

Id 

8,400 

Id. 

9,300 

8,000 environ 



• • 



* • 



« • • 



• • 



• • 



m.. 



Go ? G 

20 

17, 7..,. 

16. 6 . . . . 

20 

17.7 .... 

11, 1 

22,7 .... 
15, 5 

10 

8,8 

•wO; O • • • • 
iOy O • • # ♦ 

22, 2 
(2,2 

7,2 
14,4 

10,5 

9,4, 

M 

[23, 3 . . . . 

13, 3 

S, 8 T. M. 

5, 5 

II T. M.. 

3, T.M... 

■ 

G h 8° . . . 



Brume epaisse. 
Au soleil et h Fair libre. 

• • • 1 CI • * • « 

• • • 1C1. a • • 

• • • 1 (J. • • • • 

• • • 1G • • • • 

Brouillard. 

Au soletl et a Fair libre. 

A F ombre. 



• • • • 



• • • 







• • • 



Au soleil et a Fair libre. 
A Fombre. 

Au soleil et a Fair libre. 
A Fombre. 

Temperature de Feau de la 
source ocidulee. 

* 
* 

Brume, petite pluie. 

Au soleil et a Fair libre. 

Temps clair, vent au N.-E. 

Brouillard , pluie. 

Pluie. 

Brume epaisse , gros images. 

Brouillard , pluie , temps va- 
riable. 

Temps variable , mele de 
pluie et de brouillard, faible 
gclee pendant la nuit, neige 
presque aussitot fondue dans 
la journee du G. 



Remarques. Dans une region ou le sol par sa nature est aussi promptement echauffe que refroidi, la presence du 
soleil , son absence accidentelle ou absolue , le cliangement de Fair au moment que le brouillard se developpe , 
occasionent de tres-fortes variations dans la temperature. Les plantes qui appartiennent a un pareil climat doivent 
presenter des caracteres non moins tranches : subordonnees alternativement aux influences d'une atmosphere 
extremement seche et d'une humidite penetrante , elies passent dans les vingt-quatre heures par les transitions les 
plus opposees. Si on a egard a ces circonstances , on concevra que la mutabilite des saisons n'est rien aupres de 
ces perturbations journalieres. 

C'estadon Joseph Naudo , qui nous accompagna pendant nos explorations d'hiver sur les montagnes de Tene- 
rifte , que nous sommes redevables des donnees les plus importantes sur la temperature A' Agua agria et de ses 
sources acidulees. Durant trois jours consecutifs , et malgre la rigueur de la saison , ce zele naturaliste poursuivit ses 

u milieu d'une gorge sans abri, ou , a une chaleur presque insupportable, succede subitement un froid 



observations au 



des plus vifs. Ainsi, le thermometre qui marquait 23°,33 le 28 decembre a midi, etait deja descendu a 7° ,32 a 6 heures 
du soir; le lendemain 29, il marquait 2°,22 a 6 heures du matin, et 23°,89 au miiieu de la journee. 

Nous regrettons qu'un trop court sejour a Chasna n'ait pu nous pei mettre d'apprecier tous les changemens at- 
mospheriques qui se manifestent sur ce point, mais les observations comparatives de plusieurs annees, dont on 
nous communiqua les series, fixent la temperature moyenne de cette localite a 13°,5, qui est la meme que celle de 
Londres. Neanmoins, on se tromperait fort ? si Ton regardait ces deux climats comme parfaitement analogues; les 




... 

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86 



To^lLf I! TJ^^T SW k tende du Sud de T& '' iffe . P™ duis »« «»™»< , a latitude de Ckasna 



guere 



le coucher du 
ience a prouve 



nnp Ipq v£<r£t*mr a~ J r~~— *- «- &v ^ ^an* ia juuruee , et 1 experience a p 

que les vegetau* de ces monies „e pouvaient resists en plai„e «ene aux hivers de 1'Angle.erre meridionale 

t 



SERIES d' observations 



SUV 



temperature de 



verses localites de Vile 



OBSERVATEUR 



Tenet -ifje 



DATES. 



F.-B. Webb. . 



LIEUX. 



1828. Aout, du 25 au 51 . 



Sept.,duler a u22. 
Id. . . 

Id. . . 

Id. . . 

Id. . . 



Midi. 



5 p. m. 



Port d'Orolava. . 



Id. Id. 
Id. Id. 



. 25. | Midi. 
. 26. X Id. 



Id 



• . . 27. 
Id. du 28 au 50. 

* 

Id. Octob., duler au 7. 

Septemb. 

Id. . . 

Id. . . 

Id. . . 

i 

Id. Octob.,du8au 13. 



W 

Id. . 

M 

Villedel'Orotava. 

Port d'Orolava. 
Id. . . 



ALTITUDES 



Pied s. 



Id. 


Id. . . . 13. 


Id. 


Id. du 14 au 17. 


Id. 


Id. du 18 au 20. 


Id. 


Id. du 21 au 27. 



Matanza. . , 

id. . . . ; : 

Foret d'Agua Garcia. 

Id. . 



Id. . 
Id. . 



Id, . 



25 a 26 , 1 



25,5 a 26,6 

27,7 . . . 

25.5 . . 
28,3 . . . 
32,2 . . . 

26.6 . . . 
26,6 . . . 



25 



23,8 a 24 
24 a 25. 



aguna 



8 a. m. 

Midi. 

Id. 

Id. 






i 



Id. Id. . . . 28. 
Id. Id. du29 auol. 

NOV., du ler au 7 

Id 4. 

Id. du 8 au 12. 
Id. ... . 21. 

Id. . du 22 au 29. 
Decembre. . . 9. 



OBSERVATIONS 



CLIMATfcRlOUES. 



1,722. . 



24,4 T. M 



Id. ITegina (Mesa). 
Id. ILaguna. . . , 



Esperanza. . 
Laguna. . . 
Guimar. . 



2,000 environ. 
1,722 . . . 



20 

22,2 T. M 
•21,1 T. M 
20,5 T. M 

18,8. . . 
20 T. M. 



500 environ. 



Temps clair, vent au N.-E. 

le mercure montant a 42°, 2 
au soleil. 
Temps clair, vent auN.-E. 

Id. . . S.-E., faible. 

Id. . . Id. . . Id. 
Nuages blancs. Id. . . Id. 
Air trouble, vent au S.-E., 

plus fort que sur la cole. 
Temps clair, vent au N.-E. 
Temps clair pendant le jour, 

vent au N.-E, pluie dans 
la nuit. 

Temps clair, forte brise au 
N.-E. 

Ciel couvert, petite pluie par 

intervalle. 

Beau temps, quelques nuages, 
vent au N.-E. 

SBeau temps. 
Id. . , . 
Id. . . . 
Temperature de l'eau de la 
source. 
Beau temps, vent au N.-E. , 

le. mercure montait a 40°,5 
au soleil. 

•_ 

Vent variable. 

Brise au N.-E., ciel brumeux. 
Brise, temps couvert, bruine, 

pluie. 
Brise au N.-E., brume. 

Brise, brume , pluie pendant 
la nuit. 

Vent variable. 
Vent au S.-E., faible. 
Brume 6pai&«e, vent au N.-E. 
Vent au Sud, faible. 
Brouillard par intervalle. 
Beau temps. 



Remarques. On voit d'apres ce tableau que la temnerat,,™ • i • i • 7\ T, 

des forets • 1p mm , a v • i empeiature vane peu depuis le niveau de la iner jusqu'a la region 

aeo ioiets.ie passage desbnsesau vent du sud est nresmiPl.o 1 • < i * i. • \ ,, & lon 

1'atmosphere. Cenendant pp« rh* u Presque la seule cause qut amene des perturbations dans l'etat de 

deja, es" -fcS^^^ZT 7 m ° inS ^^ "" k **' et «* **' ^ — '*"**** 

thlniometre ne Z«Z ^ ITo " ^^T' ** > k U "J*"*" ™* • U ^ ^ant au S.-E. , le 

"laiijudu auport ci Urotava mip 9Ro qq + n i- -» ■ A . , ., ' 

ville situfe a 1,027 pieds plus haut ' ^ ^^ JOUinee ll ****** * 32«,22 a la 



(1) Cette observation a ete faite dans nne des clairi 



etait de 4 a 6 degres. 



teres de la foret, a l'endroit le plus ombrage , la difference 























'■ • 









87 










Dans la vallee de Guimar, ou le climat est ordinairement tres-tempere , le thermometre se soutient 
encore dans le mois de novembre a 17°78 ; les Orangers et les Citronniers, qu'on a multiplies dans ce 
canton , y ont mieux prospere que dans les autres districts de Teneriffe ; le systeme derogation, qu'on 
est parvenu a etablir, a rendu la fecondite a des terrains autrefois steriles, mais, malgre ces avantages, 



rap- 



porterons ici les observations dont nous primes note sur les lieux, pendant trois jours que regna FHar 



matan (le S.-E.). 






GUIMAR 

(914 pieds d! altitude ) . 






11 juiUet 1827 

Ventau S.-E. 



a 10 h. a. m. 






12 juillet. . 
Id. 
Id. 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



2 

6 
10 
2 
6 
2 



p. m. 

p. m. 
a. m. 
p. m. 



28°,89 
30 



,22 j 



Temperature moyenne. 



28°, 70. 



P 



m. 



27 
27', 22 

30 
29,44 



Temperature moyenne 



28°,88. 



13 juillet. 
Id. 
Id. 



» 10 



» 



» 



2 

6 



p. m. le mercure monta a 32° ,78 a l'air libre. 

a. m. . 28°,33 

p. m. . 29, 44 \ Temperature moyenne. 

p. m. . 28, 33 



28°,70. 



Le terme moyen des temperatures observees dans ces trois jours ne peut donner une idee bien 
exacte de la sensation de chaleur qu'on eprouve avec le vent du S.-E. : la secheresse de Fair, son 
opacite et sa pesanteur sont des circonstances meteorologiques que nous n'avons pu apprecier que par 
leurs effets naturels. Deja , dans le premier recit d'une de ses ascensions au pic de Teyde,un de 
nous (1) a parle de FHarmatan et de ses influences : le 8 juillet 1827 , a Faltitude de 8,400 pieds , dans 
le cirque des Canadas , ou la chaleur se concentre comme dans une fournaise, le thermometre place a 
Fombre monta a 34°, 44 et depassa 46°, 11 au soleil. Cette temperature extraordinaire fondit la cire des 
ruches de cette station et fit enfuir les abeilles. Ce vent dura plusieurs jours ; ce fut celui qu'on res- 
sentit dans la vallee de Guimar (11, 12 et 13 juillet) ou ses effets ne furent pas moins desastreux. Les 
Nopals, dont les rameaux articules paraissaient devoir resister da vantage a Fintemperie de Fat- 
mosphere , a cause de leur nature charnue, ne furent pas epargnes ; un grand nombre secha sur place ; 
le souffle brulant du vent du desert passa sur les champs comme un incendie. Dans la region des 
Pins , la chaleur fit eclater Fecorce des plus grands arbres et la tempete en deracina plusieurs. Les 
annales Canariennes citent d'autres epoques remarquables par les ravages du vent du sud, le 26 juillet 
1704, le 9avril et 13 mai 1763, le 28 avril 1768 (2) et le 24 aoiit 1821. Heureusement ces desastres 
ne se renouvellent que de loin en loin ; les brises du nord arrivent bientot apres avec leurs vapeurs 
bienfaisantes pour rafraichir la terre et rendre a la vegetation toute son energie. 




* 

(1) S. Berthelot, Excursion au Pic de Teneriffe; Biblioth. univ. de Geneve, aout 1831 

Id Memoire de la societe de geographic 

(2) Viera, Noticias de la hist. gen. de las Isl. Canar. , torn. 1, liv. i, chap. v. 



. 



.*- 






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88 



OBSERVATIONS 

* 

Sur la temperature de la grande Canarie durant nos excursions dans cette lie 



OBSERVATEURS 



DATES 



LIEUX. 






Heures. 



Webb et Berthelot. 11829. Aout. . . 22.12 p. m. Telde 



Id.. 



Midi. 



Id. Septembre. . 



Pieds, 



Id. Octobre.. 



id. . , 5. 
id. 6, 7 et 8. 
id. . . 25. 
id. . . id. 






Vega dc los Mocanes 
Telde. .... 
Id 

Vega de los Mocanes 

Id. . 
Texeda. . . . 
Id. - . . 

Id 

Vega de San Matheo 

Id. . . . 

Saucillo. 

Tunt6 (valine de Ti 

raxana). . . . 
Santa Lucia. Id. 



259 






Id. Novembre 
Id. id. . 
Id. id. . 



7 p. m.lLa Gaeta. 
Midi. Aldea San Nicolas 
Id. IGaldar 



5,306 



23<>,5 



OBSERVATIONS 

CWMATERIQUES. 



250 environ 



164 

20,5 
16,6 






Beau temps, vent 

N.-E. 
Vent au S.-E. 

Id 

Id 

Id 

Vent au N.-E. 
Brume , vent au N.-E. 

Id 

Vent au S-E. 

Petite pluie, vent auN. 

Brouillard , vent au 

N.-E. 
Brume, vent au N.-E. 
Ciel couvert, vent au 

N.-E. 
Vent a Test, faible. 

Beau temps. 
Temperature 

source acidul6e. 
Beau temps. 

Id 

Id 




































I 













-■ 











89 



































SLR 



TEM 



OBSERVATIONS COMPARATIVES 

>ERATURE DE L'AT MO SPHERE AU MYEAU DE LA MER 

DANS DEUX DIFFEJRENTES LOCALITES. 






Aux remarques particulieres que nous venous d'exposer sur les influences climateriques auxquelles 
la vegetation est subordonnee a des altitudes diverses , nous ajouterons quelques renseignemens sur la 

* 

temperature du littoral. # _ " i*_* 

Le professeur Don Juan Bandini a consigne , dans un traite elemental d agriculture (1) , les resultats 
de dix annees d'observations sur la temperature de la grande Canarie (to Ciudad de las Palmas) : nous 
reproduirons ici ses propres annotations. 



Variations du th 



En Janvier de 16° ,67 a 18°,89 C 

» Fevrier. ....... 1?°,22 »» 19°,14 

„ Mars • • • •' 18°>33 » ™°M 

„ Avril . . » 18°,33 » 20 V >» 

» Mai » 18o,89 >» 21°,11 

„ Juin » 20%56 >» 22°,78 



dans le courant de Vannee. 

En Juillet de 22° ,22 a 25°,56 C 

,, Aout » 24",44 >» 27°,22 

29°,44 

31°,67 

26°, 67 

19°,44 



« Septembre » 24° ,44 

,, Octobre » 26°,67 

» Novembre. . . . • . » 18°, 33 

»» Decembre » 16°,U 



» 



)) 



» 



Les travaux de Don Francisco Escolar (2), qui resida plusieurs annees aux Canaries , nous ont fourni 
4es donnees suivantes sur les temperatures moyennes , deduites , mois par mois , depu.s le commence- 
ment de mai 1808 jusqu'en aout 1810. 



En 



» 



» 



» 



» 



:> 



t • 17° 70 C 

Janvier A/ ? /uu 

Fevrier l/°,9o 

Mars 19 °> 53 

Aviil 19°,62 

Mai 22»,28 

Juin : 23°,27 



En Juillet , 25°,15 G 

26°,05 



Aout 



Septembre 



.... 25°,21 

» Octobre 23°,70 

» Novembre : • 21°,35 

.... 18°,78 



Decembre. 



• » 



En comparant lea donnees de ces deux series d'observations , on s'aperf oi« d'une difference notable 

dans la temperature des deux loealites ; a la Ciudad de las Palmas, la plus grande ehaleur n a pas lieu an 
mois dWt . eomme a Sainte-Croix , mais au mois d'oetobre. M. de Buch , qui a eu so.u de erter ee.te 
anomalie (3), fait remarquer- qu'eUe est d'autant plus surprenante que .jusqu'en ****»£**£ 
est plus faible a la Canarie que dans les autres lies ; qu'elle augmente ensutte rap.dement, et ««'°~t 
celle des contrees les plus chaudes des tropiques. Ce savant geologue at.nbue la - use ^e c tte d,ffe- 
rence a Finfluence des vents regnans , mais la strue.ure orographique et la cons.,tut,on phy que du ^ 

doiven, aussi contribuer puissamment dans ce phenomene. La Ciudad se trouve adossee *•»»"»*' 
hau.es falaises , et eernee de 1'autre par les dunes de sable Wane de la presqu de qu. 1 un t a la Isleta. 
Dans les mois de l'annee oi, les calmes regnent le plus frequemment, c'est-a-drre depms aout jusqu en oc- 



■ 

(1) Lecciones elcm. de Agriculture Laguna de Tenerife, 1816, tome i, pag 

(2) Diario meleorog., Mss. 

(3) Voy. L. de Bucli , Physical Beschr. der Can. Ins., p. 65. 



24 



12 



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90 

tobre , la chaleur, n* se trouvant plus temperee par le mouvement de l'air, augmente progressivement. 
Le rayonnement du soleil est alors tres-fort sur toute cette cote , et cette radiation , en se concentrant 
sur un petit espace, y produit une haute temperature. L'etat de quietude de l'atmosphere ne P°u van 



occasioner 



une difference peu sensible entre les maxima et les minima de temperature dans les vingt-quatre heures ; 
cette difference est peut-etre moindre encore qu'a Sainte-Croix de Teneriffe , ou , selon les donnees 
d'Escolar, la temperature de midi ne surpasse celle du lever du Soleil que de 1°,16 R. 



sep- 



tentrionale de la grande Canarie , qu'il faut sans doute attribuer la presence de Certain*, plantes qu'on 
ne rencontre a Teneriffe que dans la partie meridionale de Vile. Ainsi , on y voit abondamment le Plo- 



fi 



espece 



, qui ne s'ecarte pas ordinairement du littoral dans Pile voisine, se propage , dans celle-ci , sur les 
montagnes cotieres jusqu'a l'altitude de huit cents pieds , et y atteint a de grandes dimensions. Le 
Tamarix Canariensis , qui ne crolt spontanement que sur les bords de la mer, dans les parties les plus 
chaudes et les plus abritees de Lancerotte et de Foi taventure , pousse avec vigueur a l'entree de la vallee 
de la Vega , dont la hauteur est d'enyiron mille pieds , et s'y developpe comme un arbre de moyenne 

grandeur. , 

Les observations thermomettiques de Bandini, dont nous avons fait connaitre les resultats, lurent 
ex&utees a l'aide de bons instrumens. M. de Buch les a groupees par dizaines dans un de ses tableaux 
de temperature (1), et en a calcule les moyennes pour trois annees ; mais comme le professeur de Canarie 
observait seulement a midi , la vraie moyenne n'a pu etre appreciee que d'une maniere approximative, 
en corrigeant les temperatures observers de la difference que presentment dans les experiences d Lsco- 

lar la temperature moyenne et la temperature de midi. 

T.ps rlniWps ohtenues nar M. de Buch, d'apres ses corrections , sont les suivantes : 



Moyennes calculees pour la Ciudad de las P almas. 



Janvier 16° ,63 C. j 

Fevrier 17°,58 



S 






Mars 

Avril 
Mai. 
J uin . 



19°,44 
19° ,06 

20°, 13 

21°,28 



Juillet • • • 23%12C. 

Aout 24°,56 

Septembre. 27°,05 

Octobre • • • 28°,95 

Novembre 22° ,20 

Decembre l?°,4l 



^ 

« Si , d'apres ces resultats , dit M. de Buch , on trace une courbe de temperature pour cette localite , 
>, on concoit aisement que les temperatures de l'annee , a partir du mois d'aout jusqu'a la fin de no- 
>, vembre , se trouvent en dehors de cette courbe et derivent d'une autre source de chaleur . Les obser- 
„ vations sont en cela tout-a-fait d'accord avec les rapports des gens du pays, et prouvent que la tempe- 



du milieu de I'ete differe entierement de celle du milieu et de la fin du mois d'octobre. » 



* 



» rature t 

Les moyennes de temperature de Sainte-Croix , dont nous avons presente plus haut la sene pour 

chaque mois de l'annee , ont ete aussi deduites , par M. de Buch , des resultats des observations qui lui 

Lent communiquees par Escolar. Les soins qu'apporta le naturaliste espagnol dans ses experiences 

doivent en garantir l'exactitude : les instrumens dont il se servit etaient d'excellente construction et 

lac^ a l'abri du soleil , sous un balcon aere ; les observations se firent regulierement le matin et a 

1T11Q1 

M* de Buch en rendant compte des resultats de ces experiences, est entre dans des considerations 
d'une haute importance sur la temperature de Sainte-Croix de Teneriffe, et sur les circonstances phy- 



(1) Voy. Physical. Besckr. der Can. 7/w.,pag. 74 




























I 
































1 












91 ) 

*ral determinent ses variations aux iles Canaries. C'est pour completer nos propres 



siques qui, en genei 

remarques sur les influences climateriques, considerees par rapport a la vegetation, que nous citerons 

ici ce que notre savant devancier a ecrit de plus important sur ce sujet. 

« La courbe des temperatures, pour Sainte-Croix , n'offre pas les memes irregularity que pour la 

- 

» Ciudad de las Palmas, et ne semble pas soumise aux perturbations des influences locales ; ainsi , je 
» crois qu'on peut tres-bien s'en servir dans les recherches sur les variations de temperature, suivant 
» les differentes latitudes comprises dans une meme zone me teor ologique de longitude. ...... . 

,> Les resultats des observations d'Escolar, dit-il ailleurs, presentent, en general, des temperatures 
» fort elevees ; la temperature moyenne du mois de Janvier, le plus froid de Fannee , surpasse meme 
» la temperature moyenne, pour toute Fannee, des parties meridionales de FItalie ; mais, a la maniere 
» dont la temperature varie d'un mois a Fautre , on s'apergoit que, dans cette region , le soleil ne passe 
» plus au zenith. En effet, on ne reconnatt pas dans la serie des temperatures les deux maxima et les 
» deux minima qu'offrent les temperatures inter - tropicales ; au contraire , le minimum de chaleur, 
» de meme que dans les regions temperees, a lieu en Janvier, et le maximum un mois apres le solstice 
» d'ete. » 

- 

» Les lies Canaries ne sont pas arrosees par ces grandes pluies des tropiques, qui, selon F expression 
» des marins, suwent le soleil, parce qu'elles tombent avec plus d'abondance a mesure que cet astre at- 
» teint sa plus grande ascension. Les pluies commencent, aux Canaries, lorsque la temperature a deja 
» beaucoup diminue en hiver , et lorsque la difference de cette temperature avec celle des regions 
» equatoriales s'est considerablement augmentee. Ces pluies semblent, par consequent, provenir des 
» memes causes que celles qui agissent dans les pays septentrionaux, c'est-a-dire, le refroidissement de 
» Fair chaud, produit par le vent de sud-est, lorsqu'il arrive des regions tropicales et des latitudes in- 
» ferieures ; puis, par suite de cet abaissement de temperature, la condensation des vapeurs aqueuses 

» de Fair ambiant. 

» Cependant la temperature de Fautomne, aux iles Canaries, n'est pas encore assez basse pour con- 

» denser les vapeurs atmospheriques ; il resulte de la, que dans ce climat les pluies commencent beau- 
» coup plus tard qu'en Espagne et en Italie, et surtout qu'en France et en Allemagne : elles n'ont pas 
» lieu avant les premiers jours de novembre pour les parties des iles Canaries situees sur le littoral , et 
» finissent, au plus tard, au mois de mars. On sait qu'en Italie les pluies durent depuis la mi-octobre 

» jusqu'au milieu du mois d'avril. 

» L ? ete des Canaries commence done a rapprocher le climat de ces iles de celui des contrees inter- 
» tropicales, et les zones torrides et les zones temperees semblent se confondre dans ces latitudes. » 

(L. de Buck, Physical. Beschr. der. Can. Ins. 11 . Bemerkuhg ) 

Nous n'ajouterons qu'une seule observation aux importantes remarques de M. de Buch. Le long se- 
jour que nous avons fait aux iles Canaries nous a convaincu que la saison pluvieuse est bien plus courte 
sur le littoral que dans la region superieure. Sur la cote, les pluies commencent rarement avant la 
fin de novembre, et ne durent guereplus de deux mois ; encore ne sont-elles, la plupart du temps, que 
de fortes averses bientot intei rompues par des vents d'ouest assez violents. Dans la partie meridionale 

- 

des iles, principalement dans la contree maritime, les pluies sont fort rares ; la secheresse qu'eprouvent, 
pendant plusieurs annees, les districts de cette bande, oblige sou vent une partie de la population a emi- 
grer vers des contrees plus fertiles. Les iles de Lancerotte et de Forta venture, plus basses que celles de 
la partie occidentale de FArchipel, sont principalement dans ce dernier cas ; leur climat, aussi bien que 
leurs productions naturelles, se ressent du voisinage de FAfrique. 


















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^«^0# & 


















































IV 






92 









Avertissemenx . A mesure que nous avancons dans la redaction de la phytographie cananenne, une 
etude plus approfondie de chaque espece nous entraine dans d'autres considerations et determine de 
nouveaux changemens. Vouloir nommer maintenant toutes les especes nouvelles que nous avons re- 
cueillies, et que nous sommes appeles a decrire, serait hasarder d'avance des denominations que nous 
serions peut-etre tentes de changer plus tard. G'est pour eviter une synonymie, qu'on serait en droit de 
nous reprocher, que nous ne donnerons qu'a la fin de ce volume la liste des plantes de la Flore des Ca- 
naries-Occidentales, que nous avions annoncee pour ce supplement. 

- 







































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( 93 












CHAPITRE TllOISIEME. 









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I 



DES FOR&TS CANARIENNES, 

DE LEURS CHANGEMENS ET DE LEURS ALTERNATES 



La terre, que les arbres embellissaient au temps de leur 
vegetation, s'enrichit de leurs depouilles; des germes 
vigoureux , deposes dans son sein, font succeder d'autres 
generations a celles qui viennent de s'6teindre, et la 
mort des individus est eomme un garant de la jeunesse 

_ 



6ternelle des races. 



MlRBEL. 









) 













■ 










- 

- 

La reunion des memes arbres sur un espace donne, et la succession 
alternative dun certain nombre despeces dominantes , sont des faits 



associations et 



alter 



mais 



observes depuis long-temps : ces 

fixe l'attention de plusieurs naturalistes distingues 

qu'en comparant entre elles les series d observations entrep 



ont 



ne sera 



diverses latitudes qu'on pour 



obtenir des donnees pr 




s 



re- 



dont 



lois generates de la distribution des Yegetaux vivans en societe, et 

soudre peut-etre le probleme de ces reproductions spontai ' 

nous ne saurions encore trouver Implication. Bornons-nous mainte- 

nant a decrire les forte que nous avons parcourues , fixons-en la topo- 
graphic et faisons connaitre les changemens auxquels donnent lieu 
l'apparition successive des differentes especes qui les peuplent. 

Nob bocages d'Europe, enclaves au milieu de champs et parques 
comme des troupeaux , ont pour caractere distinctif la symetrie des 
taillis et l'uniformite des futaies. Sou mis aux 
tations et modifies selon les vaes des agronomes 



ssitudes des explo 
bois, souvent 



nouTeles , ne sont plus que des plantations dont tons les arbres ont le 













{%-*) 



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meme port. Ce nest guere que sur nos montagnes Alpines et dans les 
contrees isolees de l'Orient et du Nord , ou la civilisation et ses exigen- 
ces n ont point encore pe'netre' , que les forets conservent leur primi- 
tive independance. Par tout ailleurs, l'homme a etendu arbitral rement 
sa puissance, et la nature est venue se preter a son vouloir. L'accroisse- 
ment progressif des societes a exige d'autres ressources, et les produits 

apport avec les besoins et les gouts des 



i 



du sol ont du se mettr 



populat 



Alors , dans les cercles d'activite 



sont exercees les 



industries agricoles, le pays boise a perdu sa pbysionomie originaire 



pour prendr 
alen tours. 



un air moins sauvage et plus en harmonie avec ses 






Les iles Canaries n'en sont pas encore a cette phase ; on y retrouve 
des forets vierges, et, dans ces regions ne'morales, la nature, par sa 
seule puissance , maintient et regenere ce quelle a cree. La , de vieux 



Lauriers, mines par le temps, finissent par saffaiss 



leur 



poids 



propre 



gmentent la masse de I'humiis , et de nouvelles races naissent 



de leur decomposition. Le terreau de la foret, incessamment engraisse 
par tant de depouilles vegetales , nourrit les especes qui couvrent le 



N. 



sol, et conserve dans son sein les germes de celles qui doivent les rem- 
placer. La nature preside a ces associations, et regie la marchelente de 






leurs alternances. Des arbres, aussi anciens que la terre qu'ils ombra- 
gent, dominent tous les autres , comme ces baliveaux qu'on laisse croitre 

' *• 

au milieu des taillis; leur tronc et leurs branches sont couverts de 

■ 

mousses et de lichens; au dessusde ces domes de feuillage , les Fougeres 
et les autres plantes desbois entretiennent une humidite fecondante. 

- 

Tantot des masses de la meme espece entourent ces veterans de la fo- 
ret, et tantot des groupes d'especes diverses cement lespace qu'ils 

— 

semblent avoir conquis depuis des siecles. Ces arbres seculaires sont 
les points de depart de la vegetation environnante , et leur existence 
vient jeter quelques clarte's sur le mystere des alternances. En effet 
bien que le plus grand nombre de semences germent sous l'arbre qui 















i 














95 



• 



les produit , les plantules qui en proviennent s etiolent bient6t , et peris- 
sent par exces d ombre et d'humidite, tandis que toutes celles qui 
prennent racine sur le terrain decouvert poursuivent leur develop- 
pement. II pent arriver cependant que les germes dautres especes, en 






s ecartant aussi de leur point d'origine , se trouvent portes a cote des 
premiers par cette sorte d'envahissement progressif. II s etablira des- 
lors une lutte entre les deux especes , et celle qui predominera pourra 
se limiter numeriquement. Dans un memoire dune haute portee, 
M. de Humboldt s'est r avant nous , exprime en ces termes : « Nous 



)> 



» 



concevons comment, sur un e space de terrain donne, les indivi- 
dus appartenant a differentes tribus de plantes ou d'animaux 



» 



lutte 



opi 



>» 



)> 



peuYent se limiter numeriquement,, comment apres une 

niatre et apres de longues oscillations, il s'etablit un etat d'equi- 

libre qui resulte des besoins de la nourriture et des habitudes de 
» la Tie (1). » C'est ainsi sans doute, que se forment ces agroupemens 
et ces circonscriptions partielles ; un Mocan peut se trouver isole au 

■ 

milieu de Lauriers, ou, dans dautres cas, sen tourer dune nouvelle 






generation. 

Les differentes causes de destruction qui abattent les yieux arbres 

laissent a decouvert des parties de terrain que le soleil penetre de ses 






rayons: la chaleur, en se combinant avec l'humidite, vient changer la 
nature chimique du sol et peut-etre aussi celle de l'atniosphere par le 






degagement de nouveaux gaz; alors commencent plusieurs periodes 
d'alternance , dautres plantes apparaissent a 




surface, d'abord des 



Pteris, puis des Bruyeres et des arbustes, jusqua ce qu'enfm la ter 
rendue a sa constitution premiere , apres plusieurs regenerations s 



cessives , se r 



encore des memes especes qu'auparavant 



II y a dans notre raisonnement plus que de simples conjectures ; la 























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1 



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(1) Addition aux Nouvelles recherches sur les lois que Von observe dans la distrib. des formes veget. Voy 
Ann de chim. et dephys., torn, xvi, p. 267. 






• 










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• 




































96 

I 

methode des assolemens , si bien developpee par M. de Candolle , dans 
sa Physiologie vegetale , est fondee en grande partie sur cette loi de la 
reproduction alternative des vegetaux sociables , entrevue depuis long- 
temps paries agronomes, et appuyee de tous les faits que M. Dureau de 
la Malle a consigned dans son memoire sur X alternance \\) . Ceux que 
nous allons decrire sont fondes sur dix anne'es d'observations : ce laps de 
temps suffit aux lies Canaries pour juger de la duree dune revolution 
dans la renaissance des bois qui ont ete detruits par Taction des 
hommes, et pour pouvoir apprecier les phe'nomenes qui se manifes- 
tent pendant les different es periodesde reproduction. Dansces climats, 

ou tout concourt a exciter Telaboration de la seve, une autre econo- 
mie regie la marche de la vegetation; des arbres toujours verts, une 

■ 

croissance continue , un developpement rapide , sont les consequences 
de cette energie vitale qui se deploie dans toute sa plenitude. Les va- 
riations des saisons etant moins brusques , et les intermittences de la 



A 



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■ 

etation presque in appreciates , les arbres passent sans interruption 



par les differentes phases de la 



et leurs rameaux se charg 



fois de fruits , de fleurs et de nouveaux bourgeons. Les nuages , que les 

vents alizes chassent incessamment devant eux , s'amoncellent au-des- 

- 

sus des forets , et les imbibent de leurs vapeurs. Cette rosee salutaire , 
en s'infiltrant dans les couches crevassees du sol , alimente les sources 

■ * 

qui percent de toute part ; elle se repand en perles brillantes sur les 
f euilles , on la voit filtrer goutte a goutte des rochers couverts de Ca- 
pillaires ; de la cet echange continuel des emanations de la terre et de 
latmosphere, ces eaux limpidesqui s echappent en petits ruisseaux des 
ottes tapissees de mousses. Et , si a ces bienfaits de la nature , a cette 
chaleur du jour temperee par les brises de l'Ocean , on joint encore la 
serenite des nuits, la tranquiUite dont on jouit sous ces beaux ombra- 

■ 

ges , et cet air vivifiant qui penetre les vege'taux et qu'on respire avec 



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(1) Voy. Ann. des scienc, nat., vol. v, p. 353. 1825 


















































t 


































97 



tant de delice ; on pour r a alors se faire une idee de la physionomie de 

eette region. 

Par leur caractere atlantique , les forets Canariennes n'ont presque 

■ 

plus rien de coramun avec celles de nos climats ; elles off rent en gene - 
ral des points de vue tres-varie's , se groupent de la maniere la plus pit- 
toresque sur les pentes des montagnes , garnissent le fond des ravins et 
les anfractuosites de leurs berges. Quand on arrive dans cette region 
nemorale, on eprouve un sentiment d' admiration mele de bien-etre; 
lepaisseur de la fourree ne saurait opposer un obstacle au desir de tout 
voir, de se procurer a chaque instant d'autres surprises et de nouvelles 
emotions. On erre ainsi long-temps sous ces massifs de verdure et parmi 

ces tribus d'arbres et de plantes qui se pressent et se confondent; 
mais lorsque, parvenu sur la lisiere des bois, on de'couvre tout-a-eoup , 
sous un soleil radieux , les vallees de la cote , la mer et son immense 

■ 

r 

horizon, il nest pas de description qui puisse rendre un pareil tableau. 

Si pourtant ces forets offrent, dans leur ensemble , des beautes que 

tout observateur pent saisir dun coup-d'oeil, elles presentent aussi 

I 

dans leurs details des particularity pleines dinteret pour le botaniste. 
Placees sur les confins de la zone temperee , elles ont deja de grandes 

* 

analogies avec celles des contrees les plus chaudes des deux hemis- 
pheres. Les Lauriers y croissent en masse comme aux Antilles et dans 



quelques lies de l'Archipel d'Asie ; plusieurs arbi 



clus des regions 



- 

septentrionales (1) , sannoncent comme des especes dont les nom- 
breuses congeneres se retrouvei ont plus loin ; les Mocans sy montrent 
pour la premiere fois, tandis que par leurs belles dimensions d'on- 



doyantes foug 



rapprochent de certaines especes d Ameriq 



et de File Bourbon : il en est meme deux qui paraissent tout a-fait iden 
tiques. 

Les Lauriers abondent partout et forment quatre especes bien dis 

JL 



(l)Cesarbres appartiennent aux genres Ardisia, Oka, Mjrsine, Piltosporum, Boehmeria, etc. 



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98 



tmctes , auxquelles viennent s'unir d'autres arbres de haute futaie et 
plusieurs beaux arbustes ; ce sont les Arbousiers , les My rsines et les 

Ilex des Canaries (1); YArdisia excelsa, le Rhamnus glandulosus, 

Vis 




nea Mocanera , le Myrica Fay a , le Viburnum rugosum , X Erica 
arbor ea , le Cerasus Hixa , le Boehmeria rubra et XOlea excelsa si dif- 
ferent de notre Olivier d'Europe. Toutefois , au milieu de ce melange 
d'especes, les Lauriers dominent toujours et forment le type caracte- 
ristique de cette region que nous avons appelee Laurifere. Repai tis le 
plus sou vent en divers groupes, ils semblent s etre reunis par especes ; 
le Laurus Canariensis Nob. s'est place en premiere ligne sur la lisiere 
des forets, les gorges des montagnes sont peuplees de Laurus Indica , 

robuste Barbusano (L. Barbusano) se plait sur les pentes escarpees 




des ravins, et le Til, au bois infect {L. Fcetens), ombrage les alentours 
des sources. Ces singula rites dans le mode de repartition des Lauriers 
se font aussi remarquer chez les autres especes. A Teneriffe , les Bruye- 
res en arbres sont toutes reunies dans les bocages de San Diego del 
monfe et a lentree de la foret RAgua Garcia ; Xllex Per ado , qui ne se 
trouve que dans cette derniere localite , y croit le long des cours d'eau 
et dans les endroits les plus ombrages ; les Cerisiers {Cerasus Hixd) se 



montrent , en grand nombre , sur di 



points de la chaine d A 



naga (2) et 



rencontrent pas ailleurs. Dans la valiee de Guimar, 



les Arbousiers garnissent les berges du ravin de las Aguas et sont tres- 
rares dans les autres quartiers de file ; les Ardisiers et les Fayas sont 
a peu pres dans le meme cas : les premiers croissent, en masse, dans 

* 

s environs de Buenavisla , tandis que les seconds bordent toujours les 
forets vers leur partie superieure , et forment le passage de la region 

* 

Laurifere a celle des petites Bruyeres. La vegetation forestiere off re 




(1) Arbutus Canariensis. - 

■ 

Myrsine Canariensis. 
Ilex Canariensis. 
Ilex Peraclo. 

(2) Dans les bois de las Mercedes et au-dessus de Tasanana. 





















/ 

































les 



99 ) 

en general , la meme distribution dans les autres iles : a Canaria , les 
Tils dont nous n'avions vu d'abord que quelques pieds dans la foret 
de Boramas, depuis Terror jusqu'a Arucas, devinrent cnsuite l'espece 

■ 

dominante dans les environs de Moya ; les Mocans , toujours epars 
au milieu des autres arbres , se sont multiplies a Tile de Fer sur 

« • 

montagnes du Golfo , et y ont acquis les plus grandes dimensions. 

Ges sortes dissociations des memes arbres, et ces cas disolement in- 
dividuels, au milieu d 'autres groupes , donnent lieu a une remarque 
qui nest pas sans interet lorsqu'on examine les caracteres de la vege- 
tation dans differens climats. En Europe, par exemple, ou les an- 
ciennes forets ont ete remplacecs par de nouvelles plantations , on se 
ferait une bien fausse id ee de la vegetation primitive , par celle qui lui 



a 



succede. C'est dans les pays restes en dehor 



des envahissemens 




r 

agricoles qu'il faut aller etudier cette vegetation ; par tout ailleurs 

remaniement du terrain a cree des bois artificiels , et s'est prete au 

- 

melange des especes introduces a differentes epoques. II n'est done pas 
question ici des taillis ni des futaies, que lagronomie 



speculations ; ces bois , coupes 
l'ouvrage des hommes; si ces 



des intervalles regies , sont devenus 
domaines forestiers etaient abandon- 



nes a eux - memes , les Chenes , les Bruyeres , les Hetres , les Pins et 



quelq 
fmira: 



autres especes a 



par 



econquei 



bo 
le 



dur 



am 



pre'domineraient bien tot , et 

sans partage. L'observation 



est en cela d'accord avec les faits; Ion voit rarement les arbres intro 
duits, meme les especes europeennes transplantees hors de leurs li 



miles naturelles 



soit en France, en Anglet 



ou autre part, se 

la nature a 



eproduire spontanement. Les plantes regnicoles, que 

estreintes dans cei taines limites, sont aussi dans le meme cas; de ma 



niere qu'il existe celte difference entre les 



Ti 



getaux du sol et ceux qui 



lui sont eti angers, que les premiers se multiplient des que des cir- 
constances favorables facilitent la germination, et que les causes qui 






pposaient a leur force expansive cessent de les gener , tandis que les 



















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* 

seconds, tout en s accommodant au terrain et a la temperature, c'est-a- 

dire en £ acclimatant , ne se naturalisent pas (1). II est rare, du moins, 
qu une plante exotique acquiere cette spontaneite, caractere distinc- 
tif des especes re'gnicoles ; c'est ce qui a fait dire , ayec raison , que les 

- 

ve'ge'taux introduits empruntaient le sol sans le possc'der. Ainsi, le Ma- 

* 
* 

ronnier, le plus bel ornement de nos pares, ne peut se propager de lui- 
meme , ses fruits pourrissent sur place ; la faculte germinati ice nest 
pas pourtant eteinte eneux, mais cette vertu innee abesoin dautres 
stimulans pour les faire croitre, le sol d'emprunt qui les recoit nest 
pas a leur temperature, et ne peut couver, dans son sein, les graines 
etrangeres ; elles reclament im ten eau prepare par une combinaison chi- 
mique que nous ne savons encore apprecier que par tatonnement, mais 
qui seule est capable de de velopper le principe fecondateur, en rendant 
au germe son energie yitale. Beaucoup d'arbres forestiers s'assimilent, 
en cela, avec le Maronnier, et les exemples ne nous manqueraient pas 
pour appuyer notre raisonnement. Dans la plupart de nos provinces 
de France, un bois de Chataigniers , de Platanes ou de Peupliers dlta- 
lie , qu'on ne renouvelle pas , ne 



/ 



nos 



, ne prend aucune extension. C'est que 
arbres sont originates de l'Europe australe; transplantes dans 

contrees, leurs graines ne levent plus que par semis; deyenus yieux et 

- 

■ 

decrepis, ils perissent sans le'guer a la terre une nouyelle generation; 



Natural 



m — — — — — — — — — — v -_ ^^ ~^r 

appliquees. D'apres notre maniere de voir , nous ne pouvons admettre la definition du venerable 

Thouin : « Naturaliser un vegetal, c'est le transporter du lieu oic ileroit naturellement dans un autre lieu, oil, 
» a Vaide de la culture, on parvient a Cacclimater de maniere quil s'y multiplie comme les plantes indigenes. » 
Voy. Cows de cult, et de natural, desveget., publie par Oscar Leclerc. 1827. Selon nous, un vegetal ac- 
climate donne des graines , mais elles ne se multiplient spontanement , comme celles des plantes indi- 
genes, que lorsque l'arbre ou la plante se sont entierement naturalises , ce qui n'arrive que bien rare- 
ment. L'acclimatation n'est reellement maintenue que par le moyen des semis, qui seulement, et dans 

* 

tres-peu de cas , peut amener la naturalisation ? e'est-a-dire la reproduction spontanee. Nous n'enten- 
dons parler ici que des vegetaux ligneux : quant aux plantes herbacees , qui durent peu et dont la 
fructification est beaucoup plus rapide , celies-la ont moins a redouter les inteniperies de Fatino- 
sphere. La quantite et la tenuite de leurs graines, qui s'enterrent presque aussitot, et dont la faculte 
germinatrice se developpe plus promptement , leur dissemination sur un plus large espacc sont autant 
de chances favorables a la reproduction spontanee. 














^ 




















\ 



/ 



( 101 



* 

Alors a la place qu'avait occupee la futaie, naissent spontanement 



des plantes et des 



brisseaux que l'ombrage avait auparavant 



pulses des alentours , ensuite succedent des Bouleaux , des Trembles 
ou d'autres especes a bois blanc, puis enfrn des Chenes, des Bruyeres ou 
des Pins indigenes, selon la nature du climat et du sol. Quelque chose 



d analogue a lieu aux Canaries, dans les iles ou les Chataigmers ont 
ete introduits, c'est - a - dire , a Teneriffe, a Palma et a la grande 
Canarie. Peu d'annees apres la conquete de cet archipel, les Chatai- 

- 

gniers vinrent remplacer dans certaines vallees les forets de Lauriers 

qui boisaient auparavant tous les versans des montagnes; mais, 

- 

bien que ces arbres aient pris de suite un bel accroissement et qu'ils 

soient devenus tres-productifs , leurs fruits ont rarement germe sur 

* 
* 

place; 1'exces d'ombre et 



d'humidite les 



presque touj 



detruits 



Aussi a-t-on obs 



?xve que , sur plusieurs points, les bois de Chataigniers 

i 
■ 

s eclaircissaient de plus en plus etfmissaient par seperdre. Lorsque Ion 
cesse de les replanter, les espaces decouverts sont bientot enyahis par 
les Ronces et les Pteris , auxquels yiennent se meler des Hypericons et 



quelques C 



puis apparaissent les Bruyer 



et apr 



elle 



les Lauriers et les Fay as , premiere annonce de la renaissance des an- 
ciens bois. On ne saurait aujourd'hui douter de ces phenomenes , que 

determine la ioi des alternances si bien de'montree par lesjudicieuses 
observations de M. Bureau de la Malle. C'est a ces reproductions 
successives et spontanees q u'est due , a la longue, la regeneration du 

* 

sol. II est aussi bien des terrains en France susceptibles de redevenir 
ce qu'ils furent autrefois : partout ou lindustrie agricole cesserait 
d'exercer son empire, la vegetation primitive, apres un certain laps 
de temps, reprendrait le dessus, les arbres regnicoles repousseraient 
de nouveau pour se ranger par groupes distincts , en faisant dispa- 
raitre ces taillis melanges despeces exotiques et toutes ces plantations 

■ 

artificielles. Qu'on paicoure les contrees encore incultes des grandes 
Alpes et des Pyrenees , les antiques forets des monts Scandinaves et des 


































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102 



autrespays de I'Europe boreale, la chaine des Crapack, les grands es- 

-. 

paces boise's de l'Allemagne et de la Russie, et dans ces regions encore 

H 

vierges on retrouvera la vegetation des premiers temps. La , les fo- 
rets ont conserve ces caracteres original res qui decelent leur nature 
sauvage et leur spontaneite ; leur mode de distribution n'a pas change, 
et, sauf les modifications dependantes des latitudes et des localites, 



\ 



cette meme repartition phytostatique dut embrasser jadis la majeure 

partie de la Germanie, des Gaules et des contrees adjacentes, avant 
que la terre, mille fois retournee, n'eut eprouve tant de vicissitudes. 

Lhistoire des changemens de la vegetation europeenne est peut-etre 
un des sujets les plus interessans a traiter , mais i'enchainement des 
causes qui a entraine la destruction des bois primitifs, nest pas facile a 
saisir. Pour appi ecier, par exemple, les differentes phases de la vegeta- 
tion sur le sol de la France , peut-etre faudrai t-il remonter au temps 
de ces antiques forets des Druides qu'une theogonie protectrice avait 
rendues sacrees. A partir de cette epoque , il est dans nos fastes des e've- 
nemens notables qui ont puissamment contribue a modifier la vege- 



tation du pays; M. Auguste d 



Saint-Hilaire , dans 



note de ses 



4 * 

its, nous a indique ceux qui 



\ 



T 



aient eu le plus de part 



grandes revolut 




(1). II serait superllu maintenant de nou 



occuper de ces recherches, et nous resumerons, en peu de mots, les 
considerations que nous venons d'exposer. 

Nous n'admettons comme forets primitives que celles ou les 
qui les peuplent sont dus a leur seule spontaneite. En Europe, ces 

de plusieurs especes domi 



b 



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forets 



composent, le plus souvent, d 



ou 



(1) « II est clair , dit-il, que les evenemens qui ont du occasioner les modifications les plus notables 



» dans la vegetation de la France, sont : 1° la fondation de Marseille, par les PLoeeens ; 2° la conquete 
» de Jules Cesar ; 3° les grands encouragemens donnes a la culture de la vigne sous I'empereur Probus ; 
» 4° la creation de certains ordres religieux, et les immense* defricbemens qui en ont ete la suite ; 5° les 
» croisades ; 6° la decouverte de l'Amerique ; 7° les encouragemens donnes a l'agriculture par Henri IV 
» et Sully ; 8° enEn la revolution , qui a conduit une foule cVbommos cclaires a s'occuper de la culture 
>» des terres , et qui , par le partage des biens communaux et la division des grandes proprietes , a amene 
n de nouveaux defricbemens. » Tableau de la vegetation primitive dans la province des Mines. 






























- 









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nantes, et toujours 



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103 ) 

eunies par groupes. D'apres les donnees dun de 
nos plus celebres horticulteurs , le nombre des especes d'arbres indi- 
genes de premiere grandeur qui peuplent les forets de la France ne 
s'eleve qua dix-neuf , encore faut-il retraucher de cette quantite' cinq 
especes propres aux terrains humides, savoir : le Peuplier noir, 
Tremble , l'Hypre'au , le Frene et l'Aune. Parmi les quatorze especes 

■ 

restantes , le Pin d' Alep , V Yeuse et le Liege ne croissent que dans les 
pays meridionaux , de sorte que le nombre des arbres fores tiers des 

■ 
■ 

autres provinces se trouve reduit a onze especes , qui rarement se ren- 

■ 

contrent reunies dans la meme contree; quatre, sui 




tout, semblent 



appartenir plus particulierement aux regions alpines : ce sont le Me- 
leze, l'Epicea, le Sapin et le Bouleau (1). En general, ces diverses es- 
peces d'arbres sont rarement melees ensemble, elles forment chacune 
de petits bois a part , quelquefois des forets entieres. 

■ 
- 

Aux Canaries, ce sont bien encore des groupes dune meme espece , 
mais parmi lesquels on rencontre , dissemines ca et la , des arbres dif- 
ferens. Ce melange est souvent tres-yarie. Le nombre total des es- 
peces forestieres s eleye a vingt-deux , sur cette quantite on en compte 
dix-sept qui , sur de petites etendues de terrain , peuplent ensemble 

les memes forets. Ainsi le premier chiffre depasse deja celui de la to- 
talite des arbres de premiere grandeur propres au sol de la France, 
et le second presente une difference de plus de la moitie sur celui des 
especes qu'on rencontre , disseminees sur un immense espace , dans 

i 

l'interieur de ce royaume et vers ses frontieres septentrionales. 

^ 

Si nous passonsde la dans lescontrees situecs entre les tropiques, 

* ■ 

nous n'y verrons plus la meme repartition ; un pele-mele d'arbres , 
d'arbustes et de plantes diverses, dont lenumeration serait trop Ion- 
gue , viendi a i emplacer, dans les forets , la sociabilite' de la vegetation 
europeenne et sa fatigante monotonie. 



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(1) Voy. Cours de cult, et de natural, des vegetaux, par Andre Thouin, pub. par Oscar Leclerc. Paris, 

1827, pag. 360. 




















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Le melange des especes forestieres , qui commence a se manifester 



Canaries, semblerait done etabl 



cette latitude 



sorte de 






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transition entre la region nemorale de la zone temperee et celle de la 
zone torride. Ce caractere intermediaire , que nous avons eu deja occa- 
sion de signaler, repose aussi sur certaines ressemblances de formes 
avec quelques especes des deux autres grands climats. Nous nous re- 
servons , dans un autre chapitre , de faire apprecier ces analogies. 

mesure que le nombre des especes diminue , lag roupement des 
getaux dune meme espece, par grandes masses, se fait done remar- 




quer de plus en pi 



en 



avancant 



les poles, et 



la 



leu 



quantite nume'rique des especes et le melange individual du a 
dissemination sur un espace donne , augmentent progressivement en 
se rapprochant des re'gions e'quinoxiales. 
Tachons de determiner les causes de ces differences. 

i 

« La quantite comme la qualite de la vegetation repond essentiellement 
» a la quantite et aux modifications de la temperature. » Les observa- 
tions de Walhenberg, sur les montagnes de la Suisse et de la Scandi- 
navie (1), ont fait connaitre l'importance de cette loi; mais e'est sur- 
tout dans les contrees qui avoisinent l'equateur, ce centre de vie et de 
fe'eondite , qu'on peut en apprecier toute linfluence. Dans nos regions 



temperees, la germination, l'accroissement , lapparition des bour- 
geons, l'epanouissement des fleurs, lamaturite des fruits, enunmot 

tous les phenomenes pby tologiques , suivent une marche reguliere, 
toujours conforme a celle de la temperature , et parfaitement en rap- 
port avec les periodes de chaleur et de froid, d'humidite et de seche- 
resse. II est des epoques fixes pour la floraison et la fructification de 
chaque espece ; la dissemination a aussi les siennes. A ces phases de la 
vie ve^etale succede l'engourdissement hivernal , puis le cercle annuel 

sa revolution. Ces intermittences dans la vegetation font 



recommence 



■ 

(1) Voy. Wahlenberg, De Vegetatione el climate in Helvetia septentrionali , etc 










1 





















105 




chacune des fonctions organiques , qui concourt a la repro 



duction de l'espece 



git 



la fois chez tous les individus. La pro 



». 



pagati 



successive des memes arbres, et leur agroupement sur 



espace donne, sont done les consequences de cette simultane'ite 






d'action 



Dans les forets de la zone torride, 1 etat de la temperature maintient 
la seve sans cesse en activite ; la vegetation n'a pas d inter mi ttence , et 
chaque plante exerce pour ainsi dire son action individuelle suivant 
ses moyens d'agir et les circonstances qui les favorisent. La reproduc- 



tion n 



done pas lieu simultanement ; si les 



gans et les orag 



viennent rompre lequilibre de latmosphere aux epoques ou le soleil 



est parvenu a sa plus haute elevation 



perturbations , loin de ralen 



tir la Tegetation, redoublent au contraire son energie. Dans les temps 
d'hivernage , apres ces ouragans desastreux qui ravagent en quelques 

heures la vegetation des Antilles , nous avons vu les arbres des grands 



bois repousser avec plus de vigueur qu'auparavant. Ces fortes 
semblaient accelerer la reproduction , et, apres ces intemper 
veloppement des bourgeons se manifestait avec une energie exti 



lede 



w 

dinaire. Dans les vergers, les 



bres dont la tempete avait hache les 



branches reparaient leurs pertes en fort peu de temps, et recommen 

eaient bientot a se couvrir de fleurs et de fruits. Les clairieres qui s< 
forment dans les forets par la chute des grands arbres, en laissant pe 



netr 



>r dans ces massifs de feuillage une plus grande quantite de lu- 
miere et de calorique, favorisent la floraison; et lelagage accidentel 
qu eprouvent les arbres isoles , en excitant le mou vement de la seve et 
en la precipitant vers les parties lesees, doit necessairement determiner 
la formation de nouvelles branches. Telles sont sans doute les princi- 
pales causes de ces phenomenes, mais la masse delectricite dont lat- 
mosphere est charge dans ces temps orageux y contribue aussi puis- 
samment. Laccroissement de temperature pendant Ihivernage , les 



averses instant 



qui ont lieu a cette epoque 



la 




equence des 



hi. 



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vents du midi , le 



106 
pport des mois (1) , font de cette saison lete bru 



lant de rAme'rique equinoxiale. Depuis novembre jusquen fevrier , 
au contraire , la diminution de la chaleur, la permanence des nuages, 

l'humidite occasionnee par la frequence des grains, la fixite des Tents 
du nord , sont autant de circonstances qui etablissent dans ces lati- 
tudes une sorte d'analogie avec les hivers de nos climats ; mais avec 
cette difference que, dans la majeure partie de I'Europe, la tempera 



ture descendant au-dessous du point de la congelation, l'exces du 



vie passive , espece d'engourdissement assez sem 



froid arrete la marche de la vegetation, et les plantes res tent alors 
plongees dans une 

blable a l'hivernation chez certains animaux ; tandis que dans la zone 

torride, le thermometre ne s'abaissant pas, sur la cote, au-dessous de 1 2° 
centigrades et se soutenant ordinairement entre 20 et 25°, une pareille 
temperature ne ralentit pas Tactivite de la seve, et la vegetation, tou- 



jours livree a ses impulsions, se montre a la fois sous toutes ses phases. 

amon de la Sagra, directeur du jardin botanique de la Ha- 



M. 




vane, vient de nous fournir sur ce sujet plusieurs faits interessans. 
api es les observations de ce naturaliste , il parait demontre que les 




vegetaux dans l'ile de Cuba n'ont , en general , aucune epoque de fleu- 
raison et de fructification determiriee ; ces periodes de reproduction 

^arienl meme de deux a trois mois chez les plantes dont les fonctions 

- 

organiques offrent le plus de regularite , c'est-a-dire , parmi celles qui 
ne fleurissent et ne fructifient qu'au temps des pluies ou de la seche- 

resse , deux grandes saisons qui se partagent lannee dans les regions 
intei tropicales. Pour donner une idee des differentes epoques d'inflo- 
rescence parmi les vegetaux que M. la Sagra appellt*. a reproduction 

m 

reguliere , il nous suffira de citer : 

■ 

Le C alycophyllum candidissimum , qui fleurit en octobre , novembre 
decembre et Janvier. 



(1) Dans les grandes Antilles l'hivernage dure depuis le mois de juin jusqu'au mois de septembre 
























- 
















* 










































107 

Le Case aria hirsuta et le Cordia gerascanthoides , en j aimer, fevrier 

■ - 

et mars. 

Le Laurus Martinicensis et le Bier omnia pentandra^ en avril, mai et 



jmn 



'* 



Mais il en est un bien plus grand nombre dont les organes reproduce 
teurs parviennent a leur dernier etat de developpement a des epoques 
tres-differentes. Les indications extraites de l'berbier de M. La Sagra , 
et que nous rapportons en note (1), serviront a faire apprecier ces irre- 
gularite's. Ainsi , Ion s'apercevra que les periodes de reproduction n'ont 
pas lieu en meme temps pour toutes les especes j qu'elles different pour 
chacune d 'elles , et qu'elles varient par fois d'une annee a l'autre. Le 

r 

Bauhinia scandens , par exemple , dont les fruits furent d'abord re- 
cueillis en mars, a ete ensuite, dans d'autres herborisations , retrouve 

* 

en fleur en Janvier , puis en octobre ; XAmyris jloridana , ramasse en 

fruit en juin et avril , a ete ensuite revu en fleur en octobre et novem- 
bre , et le Schmidelia viticifolia , qui deja fructifiait en mars, refleuris- 
sait encore en mai. Or, ces phenomenes ne presentant aucune com- 
cidence, soit parmi les individus de meme espece, soit entre ceux 
d'espece differente, on pent etablir en fait qu'il y a continuite d'ac- 






tion , mais non simultaneite. M. Ramon de La Sagra nous assure , en 
effet ; que la faculte reproductive par voie de fecondation est perma- 

■ 

nente dans les vegetaux des tropiques, et que la plupart fleurissent et 



























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(1) Bauhinia scandens recueilli en fleur en juin et octobre, 

» fruit » mars et octobre. 

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Amaryllis atamasco 



Catesbcea longiflora 



Croton lucidum 
Ehretia aspera 
Amy r is Jloridana 



Calophyltum calaba 

■ 

Schmidelia viticifolia 



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fleur » juin et septembre dans la meme annee. 
fruit » juillet et septembre dans une autre annee 

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fleur » juillet et octobre. 
fruit » juillet et octobre. 



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annee 



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fruit » novembre, avril et septembre. 



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fleur 



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» 



janvier, mars, octobre et novembre. 



fruit » juin, avril et novembre. 

fleur » Janvier et juin. 

fleur » avril, mai et octobre. 

fruit » mars, octobre, novembre et deceinbre. 









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108 

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fructifient pendant tout le cours de l'anne'e (1). « C'est a Imfluence fe- 
» condatrice de ce climat, nous ecrit -il, quest due cette energie proli- 
» fique qui force les vegetans a repandre au dehors une surabondance 
» de vie • c'est elle qui provoque , chez les plantes comme chez les ani- 
» maux ce besoin incessant de reproduction. La, nul repos dans les 

■ 

diverses phases de la vegetation, toutes les fonc lions organiques s'o- 
perent a la fois, et la fleuraison successive n'est que la consequence 

d'une nutrition continue. » 

M. Ramon de la Sagra, en s empressant d'extraire les faits que nous 

- 

venons de citer du journal de ses herborisations dans Tile de Cuba , 
et.de ses annotations sur les phenomenes de physiologie vegetale qu'il 

a observes dans 1 etablissement confie a sa direction (2), nous a donne 

- 

une nouvelle preuve de son de'sinteressement , lorsqu'il s'agit d'accroi- 
tre le domaine de la science, en ajoutant de nouveaux faits a ceux qu'il 

r 

a deja fait connaitre dans plusieurs do ses ecrits (3). Nous ne saurions 

trop louer un si beau zele, et nous sommes heureux de pouvoir lui en 
temoigner ici toute notre gratitude. 



M 



getation des Antilles : aux Canaries meme, il est un bon nombre d'arbres et de plantes qui se trouvent 
dans le meme cas, et, dans plusieurs localites, nous avons recueilli, en fleupet en fruit, presqu'a toutes 



fattens , le Viburnum rugosum, le My 



- 

Visnea Mocanera 



M 



\ — / — — ' x ^-^ 

quel point la temperature peut influer sur le developpement des fleurs, et retarder, accelerer ou meme 

prolonger leur epanouissement. 

Parmi les plantes cultivees au jardin botanique de la Havane se trouve Y Hibiscus mutabilis, cette belle 
espece dont les corolles s'epanouissent au lever du soleil, et passent, depuis le blanc le plus pur, par 
toutes les teintes de rouge, jusqu au brun, dernier terme d'une existence qui finit au declin du jour. 



Le 19 octobre 1827, la vie des fleurs de cette malvacee fut prolongee de dix-huit hemes ; les corolles 
resterent blanches pendant tout le jour, jusqu'au lendemain matin qu'elles recommencerent leurs va- 
riations accoutumees jusqu'a midi, instant ou elles se fletrirent. M. La Sagra observa, le 19, un abais- 
sement de temperature de plus de 3° centigrades ; le thermometre se soutint tout ce jour un peu au- 
dessous de 27° et remonta le lendemain a 30° centigrades, temperature necessaire a raccomplissement 

■ 

de ce singulier phenomene. 

(3) Parmi le grand nombre de publications que M. Ramon de la Sagra a fait paraitre successivement 

dans ces dernieres annees, ses Memoires pour servir d'introduction a l'horticulture de Cuba (Memorias 
para sercir de introd. a la horiicul. Cubana. 1827) meritent d'etre cites comme les plus importans pour 



■/ 





















109 



« . - 






Toutefois, malgre Importance des observations de cet habile na- 
turaliste, on aurait tort de penser que tous les arbres des forets des 
tropiques fleurissent abondamment. Dans les grandes masses de ve- 
ee'taux, cette exuberance florifere nest guere determinee que par les 



causes 



dentelles que nous 



pliquees plus haut ; mais 1 



■ 



peut assurer que le phe'nomene de Tinflorescence n'est pas plus simul- 
tane parmi les especes nemorales que parmi celles qu'on rencontre hors 
des forets, et qu'on ne trouve la rien de comparable a cette regularite 



- 

9 

d'action si frappante dans nos climats 




premier abord, dans les 



Catingas du Bre'sil , la vegetation semblerait, par ses phases, s assimi- 
ler en quelque sorte a celle d'Europe ; les arbres qui peuplent ces bois 
perdent leurs feuilles au temps de la secheresse, mais a cote de ce pay- 

i d'automne some limage du prin temps (1), car les Catingas qui 
ssent au bord des rivieres ont conserve leur parure. L'apparition 

des feuilles et des fleurs est souvent meme instantanee dans les bois les 






§ 



plus depouilles 



« 



Quune pluie soudaine vienne tout-a-coup humecter 



la terre , dit le savant Martius (2) , un monde nouveau se montre 



» 



» 



comme par enchantement , les branches degarnies se couvrent 
sitot de verdure , et des fleu 



r 






» 



olles : exhalent au loin 



nombreuses, en etalant leurs brillantes 
parfum. » 

II resulte de tout ce que nous venous d'exposer que, pendant tout le 
cours de l'annee, les plantes croissent et se reproduisent sans discon- 
tinuite, en se disputant le terrain queues ont envahi. De cette lutte 



de vi 



- 

talite , de cette liberte d'action 



esulte le melange des especes 



qui peuplent les forets vierges des regions equinoxiales 



> 



Phis.oire meteorologique du pays qui a e«e long-temps Fobjet de ses etudes. On trouve dans le premier 
eahier de cette revue, ou il traite du climat de rile, une masse d'observattons du plus grand mte. e, sur 
les influences de la temperature considerees par rapport a la vegetation. ,,,.,. , , . 

(!) „ Exci.ee sans cesse par ses deux agens principal, Fhumidite et la chaleur, la vegetauon des bors 

» vierges est dans une activi.i con.inuelle j l'hiver ne s'y distingue de Fete que par une nuance de temte 
„ dans la verdure du feuillage, et, si quelques arbres y perdent leurs feuilles, c est pour reprendre aus- 



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110 



C'est entre les deux systemes daction que nous venons d'envisager 
qu'il faut chereher les causes de la repartition des vegetaux dans les 



for&s canariennes. Pa 



r 



voisinage du tropique, cette region ne' 



morale se trouve sous lmfluence de deux grands climats; a cette lati- 
tude 4 les chaudes emanations de la zone torride sont amorties par la 

fraicheur des brises du nord , et les saisons , quoique moins tranche'es 
que dans notre Europe meridionale, exercent encore beaucoup d'in- 
iluence sur les plantes. Une vegetation intermediate doit done etre le 



effet 



que nous 



resultat de cette temperature mixte, et c'est en 
prouve l'observation. Des lors, on peut concevoir comment les memes 
especes peuvent former des groupes distincts ou se trouver enclavees , 
chacune individuellement , au milieu d'especes differentes ; comment 
encore 1 influence continue des milieux maintient ces associations ou 
ces isolemens , et de quelle maniere enfm les arbres , ainsi reunis en 



• / . / 



societe , peuvent se limite 



numeriquement et, jusqu 



JV 



un 



tain 



point , pendant de longues periodes. 

* 

Mais tous les ve'getaux forestiers se sont-ils developpes simultane- 
ment ? Existait-il dans le principe d'autres rapports numeriques ? et 
quel etait alors le degre de frequence de chaque espece ? Une fois lan- 



dans le vague des 



LJectures , Imagination va plus loin que les 



faits : les questions que nous venons de poser sont hors de notre por 
tee , et nous tenterions en vain de les 1 esoudre. L etat de la vegetation 
avant l'envahissement du pays nous est entierement inconnu; cepen- 
dant , malgre tous les cbangemens survenus , nous pensons que les es- 
paces encore boise's representent 



forets primitives. La natur 



jetant 




petite echelle , les grandes 
5 germes des vegetaux sur 



cette terre volcanique , les a abandonnes aux circonstances qui devaient 




ou moins fa 



r 

leur developpement et 



propagation 



ont eu pour 



lexposi tion et la temperature , ceux-la les 

avoir agi en- 



accidens et la qualite du sol. Toutes ces causes peuvent avoir 

* 

semble ou separeraent , et leur influence sbulenue doit avoir contribue 














































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111 



- 

a la stabilite de certaines especes dans les memes sites , il y 
auparavant des arbres isoles , e t d autres reunis par groupe; la vege 
talion d'aujourd'hui nest done que 




continuation de celle d'au- 

- 

trefois : elle a conserve avec ses caracteres originaires son mode de 
distribution. Ainsi, soit qu'on considere cette repartition topographi- 
que dans son ensemble ou dans ses details , il est probable quelle sub- 
sistera tant que les plantes se trouveront placees dans les memes con- 
ditions d'existence , et qu'aucune perturbation ne viendra troubler cet 

etat normal. 

Avant la conquete des Canaries , la region laurifere devait s etendre 
jusque dans le voisinage du littoral, partout ou lexposition et les autres 

causes influentes etaient venues favoriser le developpement des arbres. 
Les premiers navigateurs qui visiterent ces iles en ont parle comme 
dun pays boise jusqua la mer ; mais aujourdhui les forets sont loin du 
rivage. Lorsque Pedro de Vera et Alonzo de Lugo resterent maitres de 
la partie occidentale de 1' Archipel , ils youlurent exploiter a leur pro- 
fit ce sol encore vierge , et les repartitions de terre entre les chefs et les 
soldats furent les premiers resultats de la victoire. Alors, a la guerre 
de spoliation succeda la devastation des forets : presses de jouir de leur 
conquete , les nouveaux maitres eurent recours a l'incendie comme au 

moyen le plus prompt pour accelerer les de'frichemens , et poursuivi- 
rent ce systeme d'exploitation avec un acharnement inoui. 

Bientot tout changea d'aspect , les arbres indigenes cederent leur an 
cien poste aux plantes exotiques , la vegetation primitive fut refoule'e 
par les cultures dans les sites les plus anfractueux, et les forets, enta- 
mees de toute part , s'ouvrirent en vastes clairieres. Ces deboisemens 
prirent une telle extension que les chefs alarmes se virent contramts 
den arreter les progres. Lugo , plus clairvoyant que ses compagnons , 
rendit quelques ordonnances et voulut regulariser les plantations ; 
mais les mesures conservatrices auxquelles il eut recours ne firent que 
retarder les funestes consequences qu'il avait su prevoir. « Teneriffe ne 





















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Surer a pas deux cents arts 



disait-il, en dictant ses dernieres volon 



tes. Bien que cette prediction soit devenue populaire aux lies Canaries 
les habitans n'ont rien fait pour la dementir , et si 1 epoque fatale , de'si 

gnee pa r le conquerant , a 
administrations munieipale 



ete depassee, ellene peut etre lointaine. Les 

vigilantes que le premier chef, 



moms 



ont tolere la violation des reglemens forestiers ; avec l'accroissement 
de population , les exigences des communes ont autorise de nouvelles 
concessions , et les defrichemens , en s'etendant plus haut , ont encore 



empiete 



les bois. Toutefo 



ces 



randissemens agricoles n'ont 
momentanes ; les lavanges ont balaye 




guere produit que des avantages 

les pentes des montagnes , un sol nu a du ceder a leur action , et, dans 



la saison orageuse, les tor 



debordes de la region supeneure ont 



entraine a la mer cette terre meuble que les grands arbres ne garan 



tissaient plus. Le domaine du pauvi 



touiours beaucoup souffert de 



pertes : la population de cet Archipel se trouve divisee en deux 



teg 



les majorats et les petits pro priet aires; les premier 



qui choi 



ent 



lepoque des grandes repartitions, surent faire leur lot 



avec 



mau\ 



antage , tandis que les derniers venus n'ont plus eu pour eux que les 

nis terrains lorsqu'ils ont reclame dautres concessions ; mais le 

sol ingrat qui leur a ete adjuge ne pouvant suffire a leurs besoms , il 
leur a fallu chercher dautres moyens d'existence, et les bois ont ete en- 



leur uniqu 



C'est la l'histoire de tous les pays for 



fo- 



r 



tiers : aux Canaries comme ailleurs les montagnards vivent de la 
et ; le monopole du bois a bruler et du charbon vegetal leur est echu 
par droit de necessite. De la ces incendies medites que nous avons vus 
se renouveler si souvent , et ces devastations joui nalieres que les lois 
ne repriment qua peine , et dont les progres vont toujours croissans. 

amenant de grands changemens 

plusieurs points de grandes 



Tant de 



destructh 






dans les forets, ont fait disparaiti 



sur 



masses de vegetation. "Neanmoins, les localites qui ont conserve des 
nonis de plantes , peuvent servir a reconnaitre encore les ancrennes 



































w 




















































113 

limites de la region des bois, Ainsi , a Canaria , les agrestes coteaux 
situes au midi de Valsequillo sont designes sous le nom de Vega de 
los Mocanes (Yallon des Mocans), et pourtant ees arbres, jadis si 
abondans sur ces collines, ont cesse' de s'y reproduire; il n'en existe pas 

un seul pied dans les environs. Dans la meme ile , a loccident de la 

| 

Ciudad de las Palmas, le hameau du Madronal(des Arbousiers) vient 

i 

etrouve plus dans cet endroit. Nous 






rappeler une espece qu on 

avons deja observe ailleurs que les denominations de Monte del Len 



■ 



tiscal et de Barranco de los Acebuches etaient 



grande Cana 



ppliquees, dans la 



; 



des terrains garnis autrefois de Lentisques et d'Ol 



l 






viers sauvages (1). A Teneriffe, le pic du Laurier (el Pico del Lauro), 
qui domine la valle'e du Palmar, nest plus couvert que de Bruyeres. 



Dans le district d'Orotava , YErica arborea est venu aussi remplacer 
les autres arbres qui peuplaient jadis les hauteurs d'Agua manza, et le 
nom de Monte Verde (bois vert), affecte a ces montagnes, subsistera 

encore apres la disparition des Bruyeres. Dans Tile de Fer, les cretes de 
Tygulahe ont perdu, avec leur vieux Til , les derniers restes des forets 

- 

qui boisaient cette cbaine , et les habitans montrent encore avec re- 
gret la roche sterile de XArbol santo (2). 

Dans d'autres lieux, des groupes d arbres isole's sont les seuls indices 

des forets primitives : a Teneriffe, le joli bocage de san Diego del Monte, 
enclave dans l'enceinte dun couvent de dominicains, 

* 

servation qua cette circonstance. En longeant les collines qui 



ne doit 



nent ce monaster 



rencont re ca et la quelques pied s de Bruy 



arborescentes ; des repousses de la meme espece se montrent encore 
sur les cretes pele'es de san Rogue aux environs de la Laguna ; mais les 


























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(1) Voy. precedemment, pag. 74. 

(2) Cet arbre merveilleux , auquel on a attache sans doute une trop grande celebrite, et qui fournis- 
sait, dit-on , de l'eau a toute Tile , parce que les vapeurs atmospheriques qu'il attirait sur lui alimen- 
taient probablement les eaux d'une source qu'ombrageait son feuillage, etait appele Garoe par les 



parle 



Laurusfe 



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sombres forets qui entouraient la capitate de file, a lepoque de 







conquete, sont concentrees maintenant dans les niontagnes du nord- 

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est. Ce n'est done pas sans raison que M. de Buch a dit qu'Alonzo de 
Lugo, le fondateur de la Laguna , eiit pu vivre assez pour ne plus aper- 



que de loin les bois qui touchaient a sa nouvelle ville (1) 



On peut suivre 



les traces de l'ancienne vegetat 



le pla 



teau de Tegina ( la mesa de Tegina ) 



Ion retrouve des Bruy 



des Myricas et des Lauriers; le Rhamnus glandulosus se reproduit en- 
core dans le vallon de Tegueste. L'existence de ces arbres sur ces di- 
vers points prouve evidemment que les forets , qui bordent les som- 
mets des montagnes d Anaga , s etendirent autrefois sur tous les 
versans de cette chain e, et meme dans les valle'es les plus rapprochee s 
du littoral. Nos recherches dans la par tie occidentale de Teneriffe 
nous ontfourni des indications analogues ; le Pittosporum coriaceum, 
aujourd'hui si rare, les Mocans, les Lauriers, et les Myrsines, isole's 
maintenant dans des endroits inaccessibles , devaient couvrir aupara- 
vant tout l'espace compris entre la pointe de Teno et le val de San 



Iago. Lorsquon 



dans le district de Buenavista , on est 



pns 



de voir YArdisia excelsa au milieu des vignobles dans une station qui 

n'excede pas cinq cents pieds au-dessus du niveau de la mer. Cette 
espece croit aussi dans la vallee de Taganana sur un rocher basaltique 
qui nest pas tres-eloigne du rivage. A Madere, ou la region des bois 

* 

se compose a peu pres des memes especes quaux Canaries, du cote de 

Ribeiro frio, et dans les autres]grands ravins du Nord, les forets descen- 
dent presque jusqu'au littoral. Vis-a-vis de San la-Cruz , il existe un ro- 
cher connu sous le nom de Vile de Tarbre : un superbe Ardisier s eleve 

au milieu de cet oasis (2), et sa presence dans cette localite semble- 
rait indiquer que XArdisia excelsa abondait au trefois sur la c6te ad- 



jacente. Ce 



eau 



fait, non moins concluant que ceux dej 



cites 



(1) Yoy. Coup-eT ceil sur la /lore des lies Canaries; Arch, de Bot. y t. i. 

(2) On y voit aussi un Olivier sauvage, Olea Europea. 






























:, 



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1 
















115 

pour les iles Canaries , vient a l'appui de nos probabilites sur les deli 
mitations des Ardisiers avant les deTrichemens. Ces arbi 



saient 



doute la base des montag 



:es garnis 




long des versans septen 



getation 



trionaux , et formaient ainsi la premiere zone de la v< 
forestiere. 

Dans les iles les plus de'pouillees de vegetation , l'existence des bois 
primitifs nous a e te signalee par la presence d'arbres que les circonstan- 

■ 

ces de localite a vaient garantis des devastations. Nous avons fait remar- 

quer precedemment (1) qu a Lancerot te quelques pieds de Myrica Fay a 
et $ Erica arbor ea setaient conserves sur les cimes de Chache a 1773 
pieds d elevation , et que dans 1 'lie de Fortaventure , les Pistacbiers et 
les Bruyeres arborescentes repoussaient de loin en loin sur les monta- 



gnes arides de la Pena. Ces especes pourraient repeupler les endroits 
ou elles vegetent encore , si la nature du terrain ne s'opposait a leur 
propagation; mais, une fois que le massif de file a ete mis a nu, 

- 

la force germinatrice ne s'es t plus trouvee en rapport avec les ele r - 
mens exterieurs , Taction atmospherique a pris le dessus et a mine 
la montagne; les vents, le soleil, les orages, toutes les intemperies 
sont venus changer la constitution du sol, et frapper peut-etre 
dune sterilite eternelle ces cretes decbarnees et leurs immenses blocs 
de lave. Cependant , dans les iles qui ne sont pas encore arrivees a ce 

dernier terme de decadence, comme a Canaria, a Teneriffe, a Palma 7 
et surtout a Gomere, les forets tendent a se reproduire partout ou 
la terre reste en friche ,. bien que cette renaissance s'opere lentement , 

quelle ait besoin du concours de plusieurs circonstances favorables , 

i 

et que le renou vellement des especes nemorales soit t ouj ours precede 
de l'apparition alternative d'autres plantes. Nous allons rendre 
compte de nos observations sur ces differentes periodes d'alternance. 

Parmi les arbres forestiers, le Myrica Fay a se reproduit de prefe / - 



(1) Voy. chap. ier ? pag. 6 et 7, et supp., pag. 32 et 34 


























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rence apres les deboisemens. Les Lauriers et les autres especes ne se 






montrent plus des qu'on commence a defricher; mais si la terre 
reste abandonnee a elle-meme , on les voit pousser derechef . 

Lorsque de nouveaux defrichemens out detruit les Fayas, les 
Bruyeres ne tardent pas a se montrer en grand nombre , et en va - 
hissent tous les environs . Ce ne sont plus alors que des sous-ar- 

3 dimensions diminuent progressivement en rai- 



brisseaux dont 




ces 



son de laltitude des lieux ou ils croissent. Dans cet e'tat, 
sortes de bois nains ressemblent a ces brandes incultes du midi 




de l'Europe, ou cette meme espece se trouve melee avec 
sieurs de ses congeneres. Les variations de la temperature , en 
modifiant la nature du sol, occasionnent le rabougrissement que 
Ton observe dans les Bruyeres a mesure qu'elles se re'pandent sur 
des espaces de'eouverts pour s'avancer vers la haute region. Au milieu 

■ 

de l'atmosphere humide des bois, et sur un terrain charge' d'hu- 
mus , Y Erica arbor ea me'rite bien le nom quelle porte ; ses dimen- 
sions e'galent alors celles des autres arbres forestiers , mais 
rapprochant des stations 
plus rarefie , un sol 



en se 



super 



elle tr 



la fo 



un air 



maigre et desseche'; les grands vege'taux ne 1 



pretent plus leur ombrage , 

pieds de hauteur a cote des Lau 



et, tandis quelle atteignait cinquante 



che'tif 

is des 



:iers, elle n'est plus qu'un 
buisson a laltitude de six cents toises. Les envahissemei 
Bruyeres setendent maintenant sur un espace considerable, et se 

- 

sont tellement accrns depuis la destruction des forets, qu'on 

a envahi aujourd'hui une etendue 



peut assurer que 



espece 



de terrain trois fois plus grande que celle quelle occupait avant 

■ 

letablissement des Europeens. Si la nature du climat et da sol ne 
s'opposait dans ces lies a la force expansive des Bruyeres, elles 
setendraient encore bien davantage vers la haute region; mais, a 

cette latitude , la masse des nuages qui se fixe sur les versans des 
montagnes de la bande du nord ne depasse 



guere quatr 



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pieds; au-dessus, 

Ainsi, tandis que, sur le 



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terre est seche et 



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com me sur la cote 



ptentrional de la chaine canta- 



briq 



YErica arborea arrive jusqu a environ cinq mille pieds dans 



les valle'es du Narcea et du Naviego, selon les observations re'centes 
de M. Durieu (1), la meme espece, qui prend un de vel oppemen t si 

_ 

extraordinaire d ans les forets canariennes , atteint a peine cette alti- 

- 

tude sur les montagnes de cet archipeh Mais, en coniparant les deux 
localite's, ilfaut tenircompte des circonstances climate'riques qui les 
distinguent et de la difference de leur sol. Dans la chaine des As- 
turies, 1'hiver est de bien plus longue duree qu'aux Canaries ; de 

grands amas de neige couvrent , pendant toute cette saison , les som- 
mites culminantes, les brouillards y regnent presque toujours, et les 

pluies y sont tres-abondantes. Cette humidite permanente alimente les 

■ 

sources qui arrosent le pays , et contribue au developpement des bois 

qui le couvrent. Aux Canaries , au contraire , la neige ne reste que tres- 
peu de temps sur le pic et sur les cimes qui lavoisinent. La nature 
volcanique et l'excessive secheresse de la partie centrale des iles re- 



poussent 




getation 




peu 




especes qui 



accommodent 



de ces conditions d'existence sont presque toutes propres a cette 

* 

region, et la plupart ne peuvent que difficilement s'acclimater ail- 




, X 



de 



Lorsqu'apres un defrichement opiniatre, on est parvenu a 
truire les Bruyeres, une autre plante vient les remplacer : c'est le 



Pteris aquilina 




desespoir des botanistes, car cette fougere est 



toujours lindice d'une contree appauvrie, et l'annonce dune herbo- 

- 

■ 

risation infructueuse. On retrouve ce Pteris dans presque tous les 






climats du globe ; il est connu aux Canaries sous le nom Allele- 

r 

cho , et croit a toutes les hauteurs , depuis les coteaux maritimes jus- 

- 

que sur les sommets des montages. L'interieur des forets est le seui 



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(1) Ex Gay, In Duriei ifin. Aslarico r ined. 



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endroit qui semble ne pas lui convenir; il fuit l'ombre des grands 
arbres ; mais , apres les de'boisements , il apparait aussitot parmi les 



Bruyeres , et subsiste 



long-temps apres elles. La presence de 



cette malencontreuse Fougere n'est pas meme compense'e par 



les 



ressources alimentaires quelle fournit 



habitans dans les temp 



de disette (1). Par 



apparitions spontane'es on peut la comparer 



Pteris caudata , qui pousse au milieu des cendres apres l'incendie des 
forets dans l'Amerique meridionale (2). Le Capim gordura des Bresi- 
liens {Tristegis glutirwsa), autre plante qui envahit les nouvelles friches, 
et sur laquelle M. Auguste de Saint-Hilaire nous a donne des details 

si curieux (3), et le Carreigt des Majorquais , dont les envahissemens 
ont ete observes par M. Cambessedes (I) , offrent aussi beaucoup d'a- 
nalogie avec notre Pteris. Plus vivace pourtant que la graminee du 
Bresil et celle des iles Baleares , YHelecho des Canaries , dont rien 
narrete les progres, pousse de nouveau au milieu des cultures, et 
sy multiplie avec une etonnante rapidite. Ce nest qu'apres bien des 
tentatives qu'on parvient a l'extii per , il reparait meme encore des 
que le terrain reste vacant , et finit par lasser la perseverance du 



labou 



reur. 



UErig 



eron viscosum, connu aux Canaries sous le nom SAltabaca 



(1) Dans les districts du nord-est de Tile de Palma , les habitans ne font usage que de la farine d' he/e- 
cho pour leur nourriture journaliere; mais cet aliment est loin de satisfaire leurs besoins. Les boispi- 



ifia et de Tiraxafe 



n «~ ~»^ F cu uc icssuurces , et cnaque annee des iamilles nomrn-e 
aller chercher sur un sol moins ingrat d'autres moyens d' existence. 

(2) Voy. Auguste de Saint-Hilaire, Tableau de la vegetation prim 

(3) Voy. 



pou 



Mi 



Idem. 



Idem. 

Maioraue , dit M 



» sur les montagnes depourvues d'arbres ; et les paysans , afin de se procurer plus abondamment cette 
» plante , qui sert de nourriture a leurs mulets mettent le feu aux forets de Chenes et de Pins qui les 
» entourent. Des l'annee suivante, le sol est couvert de Carreigts qui envahissent tout le terrain, laissant 
» a peine quelques places aux Cistes, aux Pistachiers lentisques et a quelques autres arbustes qui vege- 
» tent au milieu d'eux. Dans les forets anciennement detruites on voit quelques Pins, et plus rarement 
» quelques Chenes, qui cherchent a reconquerir le sol de leur patrie ; mais ils sont de longues annees 
» avant d'avoir subjugue les Carreigts qui poussent partout avec vigueur. » Voy. (Enum. plant, quas in 

ins. Balear. collesrit. J. CamhesseAps. Tntmd.) Mem. da Museum, pas. 189, torn. xiv. 































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es t , apres le Pteris aquilind, la plante qui abonde le plus aux Canaries : 
elle croit de preference dans les clairieres qui se forment dans la re- 
gion des Pins. Assez semblable a YHelecho par ses habitudes , XAlta- 
baca s empare des terres en friche aussi bien que des champs cultives , 
apparait spontanement dans des localites differentes, n'a point de sta- 
tion bien determinee, et ne semble pas faire plus de cas des expositions 
que du climat et de la nature du sol. A Canaria, on rencontre cette 
plante vers la cote, dans le fond des ravins, puis dans les valle'es de 
linterieur, sur les collines qui les entour ent , et j usque sur les cretes 

les plus elevees. A Teneriffe, elle abonde dans la plaine de la Laguna, 

couvre les coteaux du nord , et reparait encore sur les plages arides 
de la bande du sud . 

Avec YErigeron viscosum, lorsque le Pteris aquilina ne vient pas 

exclure les autres especes, les Cistes , les Asphodeles et les Helianthe- 



mes (1) se montrent 

feres. A Canaria. 



en grand norabre dans les terrains pini 



el llano de las Gamonas , la pi 



des Asphodeles 



occupe un petit plateau qui fut jadis couvert de Pins; a Teneriffe et 

* 

a Palma , les diverses plantes que nous venons de citer abondent dans 
les memes stations. Toutefois, on rencontre plus particulierement le 



Cistus monspeliei 
seulement de ce 



sur 




qu'il 



meridional des montagnes : c'est 

la region des coniferes ; 
versans un espace bien 



jusqu's 



mais le Cistus vaginatus occupe sur les deux versans 

plus considerable , et envahit souvent les plateaux mis a nu apres la 

destruction des Pins. 

Les diverses mutations auxquelles les foretssont assujetties, depuis 
qu'elles perdent leur aspect primitif jusqu a ce que la terre epuisee 
ou livree a d'autres plantations ne puisse plus les reproduire , offrent 



(1) Cistus vaginatus. 

motis peliensis . 
Asphodelus Jistulosus. 

— ramosus. 

* 

Helianthemum guttatum, etc. 



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• § 


















































|120| 

une serie de remarques curieuses pour l'histoire de la vegetation, et 
Ion doit regretter que jusqu'a ce jour ces sortes d 'observations aient 
e'te trop souvent negligees. M, Auguste de Saint-Hilaire , dans plu- 
sieurs e'crits remarquables (1), a recherche les causes qui ont amene 
de grands changemens dans les forets du Bresil , et a indique les dif- 
ferentes phases par lesquelles a passe la vegetation de cette belle 

* 

contre'e , depuis qu'une population plus active a deborde ses ancien- 
nes limites. Les savantes observations qui fixerent l'attention de ce 



botanist 



durant ses longues courses dans 1 Ameriq 



ptentrio 



nale, doivent differer de celles que nous fimes nous-memes sous 
une latitude en dehors des Tropiques; mais les considerations 



gene 



rales qu'on pourra deduire de l'ensemble des faits presenteront des 
analogies qui seront appreciees par les agronomes. En comparant ce 
que dit M. Auguste de Saint-Hilaire de la vegetation nemorale dans 

des 



l'interieur du Bre'sil avec nos propres remarques sur la region 
Bois dans larchipel canarien, Ion verra que les Catingas de 1 Ame- 
rique centrale, si ressemblans a nos taillis d'Europe (2), oupeut-etre 
mieux encore les Carrascos^ sortes de bois nains tres-epais et compo 
ses en grande partie dune synantheree a feuilles de Bruyere (3), sont 
representes aux Canaries , tantot par les Bruyeres a balais , Y Erica 
scoparia, tantot par Y Erica arborea rabougrie, ou par les Cistes, sui- 
vant les expositions. Quant naPteris aquilina, on a du deja remar- 
quer les rapprochemens qui existent entre les envahissemens de 
cette fougere et ceux du Pteris caudata et du Tristegis glutinosa. 
La vegetation , quoique moins variee qu'au Bresil , presente done 
sur le sol des Canaries des transitions et des cir conscriptions 
analogues : dans cet archipel se montre d'abord la verte region des 



Mem 



Mem 



Hi 



Sciences nat., septembre 1831, pag. 25. 
(3) Idem, idem, pag. 27. 



Minas 

















































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suite les C 
teaux coi 



puis viennent les Fayas et les masses de petites Bruy 



apres eux les Pins , et en dernier lieu les grands pla 

ts de legumineuses frutescentes. Ainsi, en partant des 

bords de la mer, danscette immense province des Mines, qu'il e'tait 



du 



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a 



l'illustre auteur que nous 






pi 



citer de nous fair 



connaitre, on 



passe successivement des grandes forets 



Catingas, de celles-ci aux Carrasco 
posiX). 



g 



aux 



et des Carrascos aux Cam 



Les forets du Bre'sil, nous dit encore M. Auguste de Saint-Hilaire 



etournent 



leur vigueur premiere en repassant, en sens urv 



par les phases qui les avaient reduites a ne plus offrir que d'humbles 



des 



grammees. » Selon les observations de ce botaniste, lorsque la couche 

lies tiges du Capim gordura finil par etouffer les nouvelles 

rir; alors apparaissent de 
)eiras, et forme's presque 






» 

pousses, cette graminee commence a depe 

jeunes taillis designes sous le nom de Cap 



entierement de Baccharis ; bientot des arbres plus eleves les font dis- 
paraitre, et les grands bois reprennent peu a pen leur ancien poste (2). 

■ 

urant notre sejour aux Canaries, nous avons ete temoins de cet 




heur 




3ux retour de la vegetation a son etat primitif , bien que 

* • • 

sieurs points , cette renaissance se trouve arretee par des circonstances 

de localite. Nous voulons parler de l'excessive inclinaison du sol, dont 
les pentes, apres la destruction des forets, en cedant a Taction des eaux 
pluviales, se degarnissent facilement de la couche d'humus qui les re- 
couvrait, et restent ainsi pi ivees pour touj ours des elemens qui pou- 
vaient faciliter la r 



\ 



■ 

eproduction des vege'taux. Cependant , malgre ces 
obstacles , il est plusieurs faits concluans que nous avons eu le temps 
d observer , et que nous rapporterons ici. 

En 1815, un incendie avait presque entierement consume' les forets 






(1) Voy. Tableau de la vegetation primitive dans la province de Minas-Geraes ; extrait des Ann d 



Sciences nat., septembre 1831, pag. 8. 
(2) Idem, idem, pag. 12. 



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de Lauriers qui couvraient les montagnes de la Resbala , dans la valle'e 
d'Orotava : depuis cet evenement, radministration locale empecha 



de 



voir 



enaitre ces bois dont la 



toute devastation dans l'espe'rance 
perte etait generalement sentie. Deja , en 1 820 , a notre arrivee a Tene 
riffe, les Bruyeres se montraient en grand nombre parmi les Pteris 
Nous avons suivi pendant dix ans les progres de cette vegetation aban 
donnee a elle-meme, et, en 1830, les Laur 



(L 



Ca 



sis, Nob.), les Fayas et quelques Yiburnes recommencaient a couvrir 

la montagne. 

Dans la partie meridionale de la merae ile, des coupes trop multi- 
plies avaient depeuple les terrains piniferes qui dominent le bourg 
SArico; il ne restait plus que quelques arbres : les Cistes, les Pteris, 
les Erigerons et les Asphodeles etaient venus remplacer successive- 

ment l'ancienne vegetation. Mais , apres quelques annees, ce sol de- 
laisse reprenait son premier aspect, et une generation nouvelle, en 
se pressant en masse, chassait peu a peu devant elle les plantes qui 
avaient envahi son territoire. Toutefois, apres la lutte qui s'etablit 
entre les especes qui repoussent en meme temps ou se succedent 
a tour avant la renaissance des forets , les plantes usurpa trices ne dis- 
paraissent pas entierement , plusieurs continuent a se montrer isolees 
ou reunies par petits groupes au milieu des clairieres et sur la lisiere 
des bois. M. Dureau de la Malle a eu occasion de faire la meme remar- 
que en France, dans les forets du departement de l'Orne : « Dans les 



tour 



clairieres des futaies du Perche 5 ] 



depuis trente 



les plantes 






> 



» 



sociales, telles que les Airelles et les Bruyeres, alterner plusieurs fois, 
et se succeder tour a tour. Je n'ai jamais vu pom tant s'operer la des- 
truction totale dune de ces especes; Tune ou l'autre seulement pre- 
domine avec une superiorite excessive. Le parti vaincu et non detruil 
repare peu a peu ses forces , se ] 

vir son vainqueur, sans l'exterminer. Puis le cercle alternatif d'infe' 
riorite et de superiorite, de predominance et de subjection 



el eve de ses pertes , et fmit pa 



recom 


















































' 































































































123 



/ 






mence 



La 



r 



■ 

{Mem. sur VAltern. ; Ann. des Sc. not., vol. v, p. 360, 1825.) 

issance des bois se trouvant subordonnee aux circonstances 

l sa dn- 



climateriques qui peuvent accelerer ou retarder la vegetation 



r 



r 



doit necessairement varier selon les pays; mais la qualite des ter- 
ts et la nature des arbres sont aussi des considerations qu'il ne faut 
pas negliger lorsqu'on veut appi ecier numeriquement les periodes de 
ce phenomene. Dapres nos propres observations, nous sommes portes 
a evaluer de quinze a vingt ans le terme de la renaissance des forets 

dans les endroils propices. Si on a egard aux remarques 

■ 

des deux natui alistes , dont les observations nous ont fourni deja tant 
de points de comparison (1), on peut fixer approximativement ces 
termes a dix et a quinze ans , suivant les localites, dans la zone tornde; 

a trente ans pour les bois blancs , tels que Saules , Peupliers , etc., dans 
les con trees de l'Europe temperee, et a cinquante ans pour les bois 

comme Chenes , Hetres et certaines especes de Sapins. La diffe- 



/ 



dui 



que 



- 

etablissons entre les termes de 



pour les 



deux dernieres categories d'arbr 



peut-etre de cinquante ans 



pour les premiers et de quatre-vingt ou quatre-vingt-dix ans pour les 
seconds , dans les pays du Nord. En reunissant a nos considerations , 
sur lalternance des vegetaux, les observations deja consignees dans 
plusieurs ouvrages sur les apparitions spontanees des plantes sociales 

dans les lieux qui ne les possedaient pas auparavant (2), et la rapide mul- 
tiplication de celles qui, d'abord isolees sur de petits espaces, finissent 
par s'emparer dune grande etendue de terrain (3) , on ne peut douter 
que ces pbenomenes ne soient subordonnes a une loi generale ; mais 



i 



Mem 
Minus- Q 



Aug. de Saint-Hilaire, Tableau de la vegetation 



(2) Un fait des plus curieux en ce genre est celui cite par Ray (Hist, plant.) : le S.symbnum Inon avait 
jamais ete vu dans les alentours de Londres avant le terrible incendie de 1666; ma.s, apres ce desastre, 
il appamt spontanement au milieu des cendres et sur les decombres des quartiers incendies. Depuis 
lors cette espece est devenue une des plus abondantes des environs. 

(3) « Un de nos Myagrum, dont le premier pied parut, il y a dix ans, sur les murs de Monte-Video, 






■ 

































I 



1 



1 

I 



1 


















V 



























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r 

































124 




il importe d'etudier les modifications qui re'sultent de cette loi dans 
des climats diffe'rens, afin d'acquerir de nouvelles donnc'es sur 
marche et les progres de ces reproductions alternatives , qui semblent 
avoir pour but la conservation des especes et le retour de la vegetation 
a son etat normal. Toujours constante dans ses creations , quelle varie 
suivant les pays , la nature tend , par ses reproductions successives , a 

■ 

rajeunir cette 1erre pour elle inepuisable. Ainsi , sur le sol de la Russie, 
les Framboisiers , les Bouleaux et les Sorbiers viennent tour a 
remplacer les bois piniferes (1); dans le nord de la France le Vacci- 
num myrtillus , les Genets et diffe'rentes especes de Bruyeres succedent 



tour 



Cbenes et aux Hetres, (2), tandis que, dans les pr 



du lit 



toral de la Medite 



sont les Len I isaues . les Cistes et les Cbenes 



nains qui commencent a se montr 



lo 



sque 



les grand 



bres ont 



des 



ete abattus. Aux lies Baleares, le Bonax tenax occupe la place 

forets apres leur incendie; dans rAmerique septentrionale, plu- 
sieurs especes de Peupliers naissent au milieu des cendres des Sapins 

Spruce (3) , et a l'ile de France , le Bubus rosoefolius pousse de toute 
part, apres la destruction des bois-vierges (A). Ces especes sociales vien- 
nent preparer la terre a de nouveaux produits; cependant, malgre les 
prevoyances de la nature et son immense pouvoir , il est des lieux ou 

elle tenterait en vain cette regeneration, etnous devons convenir que, 
dans l'archipel qui a ete plus particulierement le but de nos observa- 
tions , le sol a eprouve sur plusieurs points de trop fortes revolutions 









u couvre, presqu'alui seul, tout l'espace entre cette ville et son faubourg. »> (Auguste de Saint-Hilaire, 
Voyage au Bresil, pag. 371. Voy. Mem. du Mus., 5 e annee.) 

M. D'Orbigny nous apprend encore que, dans les pays qu'il vient de parcourir, plusieurs Synanthe- 
ries voisines de nos especes europeennes, se multiplient en masse, aussitot que des circonstances favo- 
rables viennent accelerer leur propagation, et qu'elles envahissent alors les pampas du Rio de la Plata 

et de TUrugay. 

(1) Observation de Georgi et Pallas. (Yoy. Dureau de la Malle, Mem. sur r Altera.) 

(2) Voy. precedemment. 

(3) Abies alba et nigra. (Yoy. Mackensie, Voyage dans lenordde VAmer. sept., t. i, pag. 360.) 

(4) Observation de M. du Petit-Thouars. 























V 










N 



125 



poor redevenir ce qu'il firt autrefois. Nous ne saurions trop le redire, 
l'occupation des Canaries par les Europeens a eu une influence imme- 
diate sur la marche et les changemens de la vegetation : la destruction 

complete des forets en sera la derniere consequence. Peu soucieux de 
lavenir . les nouveaux occupans ont poursuivi le systeme de devasta- 
tion qui commenca apres la conquete ; cette imprevoyance doit amener 
tot ou tard les resultats les plus funestes , si tons les proprietaires ru 
raux , comprenant mieux leur propre interet , ne veillent davantage 
a la conservation de ces bois protectees qui fertilisent les vallees agri- 
coles , et les preserved des debacles de la haute region. Un jour s'eton 



■t-on, peut-eti 



de ne plus rien reti 



dans cet archipel qui 

quel- 



ciers : « 



rappelle la vegetation primitive; tous les arbres auront disparu, 
ques Bruyeres et des Cistes perdus au milieu des Pteris signaleront a 

ppine les lieux quombragerent les Lauriers et les autres grands vege- 

taux. Deja cette triste destinee a excite les regrets dun de nos devan- 

Ces lies Fortunees , a-t-il dit , ou la nature avait repandu tant 

de charmes, deviendront des rochers arides au milieu de l'Ocean.... 

» Nos Flores rediront les arbres et les plantes qui les couvrirent , et la 

» posterite n'osera y ajouter foi (1). » 
En 1526 , lorsque T Anglais Thomas ISicols yisita Teneriffe, Tile etait 

presqoe entierement couverte de bois. Galien de Bethencourt , qui a 



traduit en vieux langag 



termes 



la relat 



de Nicols 



expr 



en ces 



: Beuoc mille plus has ( que le pic de Teyde ) sy rencontrent 
quantite de grands et puis sans arbres quils appellent Vinaticos, et dont 



le bois est grandement pesant 



et solide. lis ont aussi une autre 



pec 
Vec 



o 

-/ 



de bois quils nomment Barbuzano 



qui ne pourrit point dans 



y 



demeurast'il mesmes des milliers d 



et outre iceux 



plusieurs Pins et Sap 



A 



u 



dessous desdits arbres vous trouvez 



grande quantite de Lauriers, qui contiennent 



dice 



douze milles de 



(l) Physical. Besch. der Can. Ins., p. 128. 

























































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I 

















































— « 



■ I 

























r 














126 ) 



pays 



? 



chose tres - delectable au voyageur : 



car, outre leur perpetuelle 



nourrissent injinis oysillons qui chantent tres- 



et gaye verdeur, s'y 
doucement (1). 
Dans 1 etat actuel , si Ion fait exception de quelques districts privi 

legie's , 



les forets 



iennes, qui se pressaient en grande masse 



depuis la base des montagnes jusqu'a une grande elevation, se trou 



ent isolees maintenant comme des 



sont cachees dans les 




les 




anfractueuses ; bientot de nouveaux defrichemens 



secondes par des incendies, les traqueront dans les endroits les plus 
inaccessibles . Avant quelle ne disparaisse tout-a-fait du sol qui la 
produite , tachons de decrire ce qui rcste de cette vegetation qui decroit 
chaque jour., et montrons-la encore telle que nous lavons souvent ad- 

mire'e , avec ce quelle a conserve de ses beautes-vierges et de sa frai- 
cheur premiere. 



(1) Hist, de la prcrn. descouv. et conquest des Can., par Bontier et le Verrier ; Pans, mdcxxx. \oy. se 
conde partie. Trade de la navig. et des voj. de descom: , par Galien de Betliencourt, p. 227. 







































r 













127 









CHAPITRE QUATllIEME. 



DESCRIPTION DES FORETS. 






Siempre desea florecer la Oliva , 
Destilar de las penas miel sabrosa, 

Y con murmurio blando la agua viva 
Baxar del alto monte presurosa : 
Templar el ayre la calor estiva, 

De suerte que a ningunosea enojosa ; 

Y enfin, por su templanza, lauros, palmas, 

Ser los Campos Elyseos de las Almas. 

Cayrasco. 



FORETS DU NORD-EST DE TENERIFFE 



■ 

Teneriffe, la-grande Canarie, Palma, Gomere et File de Ferpos- 

* 

sedent encore des beaux restes de ces forets primitives qui les cou- 
vrirent presque en entier; Gomere, surtout, a toujours ete cite'e 
comme la plus peuple'e d'arbres, et, si Tile de Fer, par son peu 

d'etendue et la secheresse de son sol , ne renferme pas de grands bois , 
elle a pour elle ses Genevriers, ses Pins et ses Mocans. C'est principa- 



lement dans les trois premieres iles que Ion trouve les forets les plus 

* 

etendues ; celles de Teneriffe n'ont ete bien appreciees que par les bo- 

> 

tanistes qui ont visite File en detail : la plupart des voyageurs, qui 
n'ont fait que stationner a Sainte-Croix , n'ont pu croire aux beaux 
sites de linterieur et a la fraicbeur de leurs ombrages. Et quelle 

- 

idee pouvaien t-ils se faire du pays, a la vue des monts decharnes 
qui entourent la rade , surtout lorsque, dans leurs herborisa lions im- 
provisees, apres avoir franchi les escarpemens de la cote, et seta en-> 
fonces dans les anfractuosites des rayins, ils ne rapportaient de leurs 
courses ayentureuses que quelques especes ramassees a grand'peine 




























I 









1 





































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* 



128 



sur ce sol tourmente. Cependant, c'est de cette rade, dont les abords 
sont si nus , qu'on decouvre la magnifique foret de La Laguna : elle 
apparait dans le lointain , au-dessus des collines cotieres , et se dessine 



^n masses d 



t obsc 



sur 



les premier 



du 



d-est de l'ile. En 1801 , lors de son sej 



ans des montagnes 
Teneriffe, M. Bory 



de Saint- Vincent visita une partie de ces bois alors bien plus etendus 
qu'aujourd'hui ; trente cinq ans d'intervalle n'ont pas diminue sa juste 
admiration , et tous les entretiens que nous ayons eus ayec le spirituel 

auteur des Essais sur les Fortunees , nous ont prouye 



que 



bea 



lie 



etaient encore pr 



(C 





Au nord se trouve cette 



)> 



» 



» 



majeste, ni l'impression 



)) 



foret sombre et immense qu on distingue de la rade , entre les mon- 
tagnes et au fond dun yallon. Je n'entreprendrai point, disait-il 

dans son interessante relation , de deer 
que me causerent ses productions et son ombrage (1). » 
Ces bois prennent differens noms selon les districts auxquels ils ap- 

partiennent : celui de Foret de La Laguna ou Monte de las Mercedes 

est seulement applicable a la partie sitnee au nord de l'ancienne capi- 

tale. Ces masses de verdure s'c 

et couvrent toutcs les bauteurs yoisines. Parmi les Lauriers, le Lauro 



tendent jusque sur les bords de la yallee 



et le Vi 



(2) 



t 



les deux especes les plus nombreuses, les B 



busanos (3) y sont rares ; mais, a mesure qu'on se rapproche de la crete 
des monts, les Tils U) deyiennent Ires 



abondans et 



trouvent tous 



reunis sur les memes pentes. Les Fay as et les Hixas (5), deux autres 
especes tres-repandues , forment des groupes isoles sur la lisiere orien- 
tale. Pendant la belle saison on accourt de toute part a la Mesa pour 



jouir 



de la 



fraicbeur de ce bocage : les Yiburnes y croissent a 



l'abri 





















(1) Essais sur les lies Fortunees , pag, 250 

(2) Laurus Canariensis et Laurus Indica. 

(3) Laurus Barbusano. 

(4) Laurus f ceteris . 

(5) Myrica Faya et Cerasus Hixa. 




















J 


















































129 



des Lauriers , le Convolvulus des Canaries se roule autour des arbres 
et grimpe comrae une Liane jusque sur les branches les pi 



vees; 



is ele 
la Cine'raire a feuilles blanches (1) et la Renoncule de Tene 



ffe (2) , confondues avec les Fougeres , couvrent le sol , et se pressent 

sur les bords des cours d'eau. Du beau site de la Mesa , on 

* m 

m 

jouit dun coup-d'oeil ravissant : l'agreste vallon de La Laguna, les 



ri 



en masse 



x 



montagnes de l'Esper 



et, au-dessus, le pic de Teyde qui attir 



tour de lui toutes les vapeurs de latmosphere, tel est le paysage que 
nous avons tache de reproduire dans la planche 19. (Voy. part. hist. ) 



Avant 1826, El Llano de los Viejos e'tait 



nn des sites qu 



allait visiter de preference ; mais un ouragan la presque entierement 



L 



ge; les plus beaux arbres ont ete deracines, des eboulemens 



derables ont change l'aspect des lieux , et il est a craindre que cette 
partie de la foret ne puisse de long-temps reparer ses pertes. 

Les Bruyeres*arboi escentes {Erica arborea) couvrent tous les terrains 



qui 



etendent au nord-ouest ; mais vers Bajamar, et 



dessus 




u 



petit vallon de La Golela, les arbres de haute futaie reparaissent en 
grand nombre. Ce sont les memes especes que nous ayons deja citees, 
entremele'es d'Ardisiers, de Sanguinos (3) et de Marmilans (4). Sur les 

yersans meridionaux , principalement dans les environs de Las Mer- 
cedes, les Bruyeres a balais {Erica scop aria ) forment a leur tour 



une 



ge'tation distinct e, et qu 



pas autre part. Les bois sont 



disposes de ce cote par petits groupes dans chaque repli de la mon- 
tagne , tandis que sur les versans opposes ils garnissent toutes les pen- 

r 

tes, et descendent jusque dans le fond des vallees. Vers Taganana la 
foret prend le nom du bourg (5) et recommence a se peupler d'especes 



jusqu'au-dessus du cap d'Anaga, on de petites Bruyer 



et 



(1) Cineraria lac tea. 

(2) Ranunculus Teneriffce 



( 



3) Rhamnus glandulosus 

(4) Myrsine Canariensis. 

(5) Monte de Taganana. 



in. 



17 





















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130 



quelques repousses de Genevriers et de Pistacbiers (1) rappellent en 
core les arbres qui ornbrageaient autrefois les di 
dAlmacigo. Cette region forestiere occupe ainsi 



icts du Sabinal et 



une 



tend 




lieues de pays sur trois quarts de lieue environ de largeur 






1) Juniperus tkurifera et Pistacia Allanlica. Les Islerios out donne le nom de Sabina a la premiere de 






ces ae 



d 



espcces, l'autre est appelee Ahnacigo. 







U <4 <4 S* 'if 

















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131 






FORET D'AGUA-GARCIA. 



. ■ 



- 

La foret dAgua- Garcia est, apres celle que nous Tenons de decrire , 
la plus importante de Teneriffe : la vegetation s y montre dans tout 
son luxe; elle est situee sur les pentes septentrionales de 1'ile, et com- 
mence a environ 1,200 pieds au-dessus du niveau de la mer, mais 
elle ne remonte pas, dans l'inte'rieur, a plus de 3,000 ; passe ce terme, 

res rabougries 

l'altitude de 



jusqu's 



les grands arbres cessent de se reproduire , et les Bruy 
couvrent seules tous les terrains superieurs 

4,200 pieds. 

Quoique bien moins etendue que celle de la Laguna , la foret d' Agua 

is grande variete d'especes : XAdenocarpus folio- 
lisiere , et y remplace le Genista Canariensis des 

Cerasus Hixa n'y croit pas ; mais avec la 



Garcia offre une 
losus abonde sur 







bois de las Mercedes 




masse des Lauriers, des Fayas et des autres arbres, on y trouve X Erica 

randeur peu commune, Yllex Per ado a la tige elan- 




arborea dune 

cee, le Mocan, le Boehmeria rubra, YOlea excelsa,\e Marmilan (1) et 
XAcenno (2). Parmi les plantes ne'morales , on y remarque principale- 
ment l'Hippion visqueux , le Bystropogon et la Digitale des Canaries ; 
le Bicacaro (3) aux brillantes cloches , les Salsepareilles (&) et la Ga- 

ranee frutescente (5) s'entrelacent dans les halliers. Cette verdure sans 
cesse renaissante garnit les moindres vides , les clairieres sont envahies 
a 1 'instant, et dautres arbres viennent bient6t augmenter le pele-mele 
general. Au milieu de cette atmosphere de roseequi penetre les plantes , 
la seve coule a pleins bords ; Ion dirait que la nature a voulu reunir 



■—-*■ 



(1) Myrsine Canariensis. 

(2) Ilex Canariensis. 

(c3) Canarina Campanula 



(4) Smilax Mauritanica 
Smilax Canariensis. 



? 



a 



(5) Rubiafruticosa 










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132 



dans ces lieux tous les elemens de production et de vie ; ce ne sont par- 
tout quedes tapis de Polytriches, d'Hypnees et de Trichomanes , de 
yieux troncs recouverts delierre (1), de Davallia (2) et d'Asplenium (3) ; 
favorises par la rapide decomposition des substances vege tales et par les 




principes fecondans qui en emanent, les Bolets, les Ag 



les Cla 



vaires 



les Byssus, meies aux Lichens, aux Mousses, aux Jongermannes 

i e imbibec d'hu- 



et aux Lycopodes, naissent a l'envi du sein de cette ter 

mus. Mais c'est surtout dans les ravins qui traversent la foret que la 

vegetation se montre plus forte et plus luxuriante , car les grands ar- 

bres semblent pre fere r ces 

died) y atteignent une hauteur extraord 



gorges abritees; les Vinaticos (Laurus In 

naire , et , quoique la plupar 



pi oyiennen t de rejets , leurs branches radicates prennent 
croissement que leurs cimes arrive 



tel 



nt souvent jusqu'a quatre-vmgts 



pieds delevation. Quelquefois ces diverses tiges se soudent par appi 
mation, et nen forment plus qu'une seule; alors la partie de 1 
tronc, qui subsiste toujours, 



se tr 



cernee au 



mil 



dc 



fais 



ceau de branches , et donne a Varbre un aspect bizarre. (Voy. Atlas 

pi. 4) (4). 

La foret d' Agua - Garcia est peu visitee a cause 

quoiqu'elle ne soit pas tres-eloignee de la route la plus battue de Vile 



de son isolement 



beaucoup de voyageurs ont ignore son existence 
rain la cachent en entier, et Ion 



les replis du ter 



Ion peut passer outre sans se douter de 

son voisinage. C'est ce qui serait arrive probablement a M. DTJrville 
et a ses deux compagnons (5) lors de la relache de Y Astrolabe, si 1'un 






(1) Hedera Canariensis. 

(2) Davallia Canariensis. 

(3) Asplenium palmatum. 



M 



de 
grapl 



g e 



Will 
xped 



des travaux que nous avons confies a ses soins, qu'il pouvait reussir dans tous les genres de paysage. 






MM. Q 



a la science 















































I 






133 



de nous ne leur avait servi de guide. Peut-etre ne relira-t-on pas 

_ 

inleret ce que ce celebre voyage ur a eci 



» 



» 



d'un aqueduc 

nous fit detourner 
plus, 



iar a ecrit sur ce sujet 
mi - chemin de Matanza a la Lagun 




rrives pres 
M. Berthelot 



la droite; a deux cents toises de distance 



not re' surprise fut extreme quand nous nous trouvames a Ten 



» 



tree d 



belle et majestu 



foret. On la connait 



le nom 



» 



$A% 



» 



Garcia ; elle est travel see par un ruisseau limpide qui coule 

2 . au tr avers des Basaltes, et de jolis sentier 



* 

un doux murmur 









» 



» 



quante pieds de hauteur, en 



)) 



;> 



» 



bien perces en font une promenade delicieuse. De superbes Launers 
des Indes, des Ilex et des \iburnes en forment la base, tandis que 

* 

denormes Bruyeres , de quai ante a cii 

peuplentla lisiere. Par le ton general, laspect et la forme des vege- 

taux, et surtout des Fougeres, cette foret rappelle parfaitement celles 
des ties de 1'ocean Pacifique , de la Nouvelle-Guinee et surtout d'Ua- 

lan. Apres avoir erre une heme sous ces delieieux ombrages, je sortis 
de ce lieu , non sans eprouver le regret de n'y pouvoir i ester plus 



» 



long-temps ; et je me promis bien 



)) 



)) 



mais a Teneriffe, de re tour 



Garcia (1) 

L'opinion d 



la fortune me ramenait j 



visiter les bois charmans d'Ag 



observateur aussi judicieux que M. D'Urville doit 



faire autorite ; en envisageant ainsi cette foret sous ses rapports d 

logie avec celles des regions polygnesiennes, ce sa^ 

confirme, par sa comparison, le caractere oceanique et le ton de ft 



ant navigateur a 



cheur que nous avons deja assignes a ces bois vierg 






La couche que recouvr 



la terre vegetale, dans la foret d'Ag 













































m 






■ 



•. 





















■ 














1 






Qu 



rase deV Astrolabe, part, hist., torn, i, pag.wen/. 

y a aussi consigne ses souvenirs d'Agua-Garcia dans les notes du meme ouvrage. . Nous dt- 
,, names a Matanza , dit-U : arrive en cet endroit , M. Berthelot nous dit que nous n ettons qu a ctnq 
■ Z pas 71 foret, et cependant nous ne voy.ons point d'arbres ; ma 1S en nous elevant un pen sur 
. la dJte, nous aperies celle qu'on nomme d'Agua- Garcia; eUe est magmfique et ressemble aux fo- 
. rets vierges d'Amerique. H y a des arbres tres-gros ; ceux de 1 entree son des Bruyeres d une gran- 
„ deur et d'une elevation telles que je n'en avais jamais vu de semblables. . (Ut supra, pag. 181.) 

























/ 










•&m 







i 



i 



























* 










i 









134- 



Garcia, est presque entieremeut composee dun tuf volcanique ties- 
tend re et que l'humidite penetre facilement. L'hygroscopicite de cette 

■ 

roche doit beaucoup contribuer au developpement de la vegeta- 
tion. Plusieurs sources prennent naissance dans la partie la plus om- 
bragee de la foret et se reunissent en deux ruisseaux qui vont fertiliser 
les riches campagnes de Tacoronte, si justement'vantees par M. de 
Humbold (1). 






(i) (( En descendant dans la vallee de Tacoronte on entre dans ce pays delicieux dont les voyageurs dc 
» toutes les nations ont parle ayec enthousiasnie , etc. {Voyag. mix regions equinox., t. i, p. .236.) 




































( 135 



GROUPES D'ARBRES ISOLES 



A lest d' Agua-Garcia , on apercoit 




bocag 



d'Agu 



Guillen 



groupe d'arbres, tout-a-fait isole aujourdhui, dut setendre aupar 



Ion retrouve encore 



vant jusque dans les environs de VEsperanza , ou 

des Lauriers et des Bruyeres. En s'avancant vers louest, on rencontre 

aussi des forets dans des expositions semblables, et les hauteurs de 

Matanza , de Victoria et de Santa- Ursula offrent pi 



sites bien 



ombrage's. Au-dessus de ces bourgades commencent les bois de Cha- 
taigniers plantes du temps de Lugo, et que les successeurs du conque- 
rant ont eu la prudence de conserver. Dans la vallee d'Orotaya , ces 
nouvelles forets s etendent en avant de la region laurifere qu'elles ont 

- 

envahie en partie. « La quantite de plantes europe'ennes qui croissent 



a dit M. de Buch , trahit leur 



on 






* 

» a l'abri de ces arbres exotiques , 

» gine (1). » Cette assertion nous semble un pen hasardee : les plantes 

que notre savant devancier suppose avoir ete introduces y sont bien 

moins abondantes que les indigenes, c'est a-dire que celles particu- 
lieres au pays. On trouve la, quoique clair-seme'es , un grand nombre 



d'especes 



iennes des genres (2) Phyllis, Bystropogon, Chry 



themum, Canarina, Myosotis , Solanum , Cineraria , Hypericum, Rubia 

et Poterium ; les especes europeennes qui croissent dans ces bois sont 



aussi r 



pandues dans beaucoup d'autr 



localite 



La 



getation a 



la 



1 



bien qu'ailleurs , son caractere regnicole ; les Cha 



(1) Physic. Beschr. der Can. Ins., pag 

(2) Phyllis Nobla. 
Bystropogon Canariensis. 
Chrysanthemum fceniculaceum. 

Canarina Campanula. 
Myosotis latifolia. 



123. 

Solanum Nam. Nob. 
Cineraria multiflora. 
Hypericum floribundum . 
Rubia fruticosa. 
Poterium caudalum. 





















































I 






























. 















-'- 






















































136 




taigniers seuls, par la forme de leurs feuilles comme par leur port, y 

decelent l'etrangete de leur origine, et viennent produire un contraste 

frappant a cote de cette region des Lauriers , si diftcrente par son as- 

pect , son ton de fraichem 



belles masses de Fou 



et surtout 



par la reproduction successive et spontanee des grands vegetaux dont 
elle se 



compose. A l'orient et a loecident de la Villa , les forets primi- 
tives garnissent encore les montagnes de cette enceinte. Les pentes de 

SAgua-Mansa et les bases 

du contre-fort de Treated possedent des arbres p«W«nx: XOlea excelsa 



Resbala et de la Florida, les hauteur 



et le Laurus Barbusano sont de ce nombre ; le Salix Canariensis om- 
brage les ruisscaux des Realexos. Le Poterium caudatum, joli arbuste 



dont les 



l 



panaches flottent sur les bords des 



doit aussi 



entrer dans la liste des plan tes nemorales ; car, avant les derrichemens 
les bois occupaient les divers points oil il s'est maintenu 

Apres avoir depasse la vallee d'Orota^ 
sont ceux qu 



bois les plus notables 
tre au-dessus de la petite ville d'Icod, les seals 



Ion 



mite 



trouve YUlex Europeus. Enfin , en se rapprochant de 1 extre- 

h la foret de Los Silos appelee 



dentale de file, on arrive 



Monte del Agua. Les A 



j 



d 



^ 

et les My 



abondent encore dan 



Pit 



, AnrnrpT1 t Masson et Broussonet; mais 
montagnes que parcom ui ent iud»u j. 

• .n.olPiiremicrdecesdeuxbotanistesytrouva, i 

tosporum eonaceum que le piennci uc ^ 

y a plus dun demi-siecle , est nontenant devenu fort rare. 

En tournant Vile par la vallee du Palmar, le pays change d aspect 
les Cistes et les Pins remplacent de ce cote 
renaraissent plus que dans la vallee de Guimar 

, Cerasus cassinoides). Ce fut la aussi que nous retrouvames ces beaux 
Arbousiers que M. de Buch a cm reduits a quelques mdrvjdus; lis sont 



les for 



lauriferes qu 

le Peradillo 



( 






tous 



aupres du ravin de Badaj 



et forment un des plus jol 



sejour dans la vallee (novembi 



bois de Teneriffe. Pendant notre 

1 828 ), ces arbres offi aient alors la plus brillante vegetation : des grap- 

pes de fruits oranges se melaient a des bouquets de fleurs colorees de 



v 
























t 



: r J5^ 




W 

















137 
rose, et tranchaient dune maniere admirable sur le yert brillant des 

* 

feuilles (1). Cette union de teintes opposees produisait un ensemble des 
plus harmonieux, et rappelait a nos souTenirs les superbes forets des 
tropiques ayec tout le luxe de leur parure. 






i 

(1) \J Arbutus Canariensis est une des plus grandes especes connues. Christian Smith lui avait donne 
le nom specifique de callicarpa, a cause de ses jolis fruits. Cet arbre, si remarquable par l'elegance de 
son port et le lustre de ses longues feuilles, est tres-rare a la grande Canarie et a Palma; M. de Buch a 
cru reconnaitre dans les fruits de cet Arbousier les pommes dont il est question dans la relation des en- 
voy es du roi Juba (Cum autem omnes copid pomorum, et avium omnis generis abundent, etc., Plin., lib. vi, 
cap. 32), « parce que, dit-il, on les mange partout comme ceux du Pommier. » (Welche wie die Aepfel 
zu alien Zeiten gegessen wurde. Physical. Beschr. der Can. Ins. ,pag. 119.) Mais il est aussi bien d'autres 
Iruits qu on mange de meme , et qui cependant ne ressemblent pas plus a des pommes que ceux de 
1 Arbousier. Le genre auquel notre espece appartient devait etre bien connu des anciens, qaxY Arbutus 
Unedo est tres-commun dans tous les alentours du bassin de la Mediterranee, et meme dans la chaine 
de F Atlas, V Arbutus Andrachne croit en Orient et sur le mont Ida. Les envoyes du savant Juba ne pou- 
vaient done confondre avec le Pommier 1'arbre dont tant d'auteurs avaient deja parle et que Virgile a 
indique dans ses Georgiques, liv. n. Ainsi, sans avoir recours a des ressemblances forcees, nous retrou- 
vons plus naturellement les pommes de Pline dans les fruits du Pyrus Aria , qui croit spontanement 
aux Canaries. 









■ 



in. 



18 






























l 





























































, 









I 









I 



138 




I 



I 

I 










FORET DE DORAMAS, 



DANS L ILE DE CANARIA. 



L ile de Canar 



la 



canarien 



u 



mieux cultivee de toutes celles de l'archipel 



bois diminuer et disparaiti 



peu a peu sur de 



grands espaces ; bientot de nouyeaux defrichemens fmiront 

yabir en entier la region forestiere. Dans beaucoup dendroits , aupa 



par 



ravant tres-bo 



on ne voit plus que quelques Bruyer 



r 



montueux qui s etendent du cote d 



Teror jusqu'a l'ouest du bourg de Moya, sont les seuls 
primitives subsistent encore , quoique bien eclairc 



^s , et les ter- 
nord , depuis la yallee de 

ou les forets 



La montagne de Doramas, celebr 
fut un des sites les plus vantes pour 
Doramas « un 



1 • v ■ 



des anciens guanartemes de l'ile 



dans l'histoire des Canaries, 

beaux ombrages. Le prince 

, en fixant sa residence 



dans une grotte spacieuse, situee dans la partie la plus pittoi esque des 
enwons de Moya , imposa son nom a la foret qui couyrait jadis tout 



district. IS 



tu cet autre rustique qu'habita le 



guer 



canarien ; les paysans de la vallee le montrent encore avec orgueil 



car 



la tradition des hauts faits de Doramas, de son he'r 



de sa force 



plus qu'humaine s'est conserve'e parmi eux. La Hibalbera aux feuilles 
fleuries (1) et le Bicacaro des Guancbes (2) serpentent en guirlande et 
decorent lentree de la grotte ; aujourd'hai cet antre est solitaire la 

me, n'a plus pour elle que son renom, mais les souvp- 



foret, elle-m 

nirs qui s'y rattachent en font touj 



)urs un endroit de predilection 
pour les Islenos. Nous donnerons une idee de l'aspect que ces lieux 
offraient encore il y a peu d'annees, en empruntant quelques phrases 
des descriptions de Figueroa et de Yiera. Ce dernier, surtout. en a fait 



(1) Ruscus androgynus. 

(2) Canarina Campanula 












•if 















. 



139 



vine peinture charmante dans un des chapitres de son 




«La nature, dit- 
aucun lieu on ne la voit 



y montre 







ouvrage (1), 
toute sa simplicite, et en 




* 

si riante et si feconde : la foret de Doramas 

- 

» peut passer pour une de ses plus belles creations par la variete de 
» ses arbres robustes, eleves, toujours verts, etalant de toute part 
» luxe de leur feuillage. Le soleil n'a jamais penetre leurs rameaux 
» touffus, le Lierre ne s'est jamais detacne de leurs vieux troncs; cent 
» ruisseaux dune eau cristalline se reunissent en torrens pour bai- 



gner ce sol touj 



plus ricbe et 





oductif 




est surtout 



dans la profondeur de ces bois vierges , un site delicieux qu 
pelle Madres de Moya ; le chant des oiseaux y est ra^ 



ap- 



issant , des sen 



tiers faciles le parcourent dans toutes les directions ; on les croirait 

- 

un ouyrage de l'art, ajoute naivement lauteur des Noticias, 



mais 



ils plaisent bien plus parce quits ne le sont pas (2). C'est en suiyant 

■ 

ces sentiers qu'on paryient dans l'enceinte que les Canariens ont ap- 
pelee la Catbedrale , immense dome de verdure forme par la reunion 
des plus beaux arbres. Des Lauriers seculaires eleyent leurs troncs en 
colonnades , et leurs branches entrelacees , et recourbees en gigan- 
tesques arcades, produisent des effets meryeilleux. En s'ayancant sous 



ces majestu 



ombrages, on decouyre a chaq 



detour de nou 



points de 



et 1 'imagination exalte'e par les souvenir 



de 



- 

l'antiquite se laisse aller aux impressions les plus poetiques. Ces lieux 
enchanteurs sont bien dignes alors des fictions de la fable : a l'en- 



» 



thousiasme quils font naitr 



les parcourant , les Canaries sem 



» 



» 



blent n'avoir rien perdu de leur celebrite, ce sont encore les ties 
Fortunees, et leurs verts bocages, l'Elysee des Grecs, sejour des ames 



» heureuses 



» Locos laetos et amoena vireta 
» Fortunatorum nemorum , sedesque beatas ! x> 



- 
* 

(1) Noticias de la hist. gen. de las isL de Can. t. 1. p. 207 et suiv. 

(2) a Parecen un esmero del arte , y agradan mas porque no lo son. » 














































A 








fc ' 









I 



I 







I 













uo 



Les descriptions que les auteurs nous ont laissees de la foret de Do- 
ramas n'ont rien d'exagere : en 1581, Figueroa la yit dans toute sa 
splendeur; en 1634, le venerable don Christobal de la Camara, eveque 
de la grande Canarie , la trayersa dans toute son etendue , et ce qu'il 

* 

en dit dans ses Sinodales prouye qu a cette epoque elle etait encore 
digne des beaux yers de Cayrasco (1). Nous citerons ici un passage de 

* 

la relation du prelat, mais nous ne pretendons pas imiter la noble 
simplicity de son style; ceux qui liront le texte original, que nous 
rapportons en note , comprendront toute la difficulte dune traduc- 

* 

tion litterale. 

« La montagne d'Oramas, dit-il, est une des meryeilles d'Espagne : 

* 

» les diffe'rens arbres qui la peuplent atteignent une si j grande hau- 
» teur qu'on peut a peine apercevoir leur cime ; la main de Dieu , 



- 

(!) Don Bartholome Cayrasco de Figueroa, prieur et chanoine de la grande Canarie, ou il naquit en 
1540, fut Finventeur du nouveau rhythme que les Espagnols ont appele Esdrujulos. II se rendit ce- 

ft 

lebre par ses brillantes compositions, fut estime de tous les litterateurs de son temps, et merita le nom 
de dwin Poete. Michel de Cervantes , dans le sixieme livre de sa Galatee, lui a consacre un eloge qui 



termme amsi : 



Tu que con nueva musa extraordinaria 
Cayrasco, cantas del amor el animo, 
Si, a ese sitio, de la gran Canada 
Yinieres con ardor, y magnanimo, 
Mis pastores ofrecen a tus meritos 
Mil laures, mil loores benemeritos. 



■ 



La plupart des ceuvres de Cayrasco sont restees inedites ; les plus connues sont le Temple militant ( el 
Templo militante), dont ila ete tire plusieurs editions, et ses belles strophes sur l'invasion de Fran- 
gois Drake dans Tile de Canaria, en 1595. L'Academie royale d'histoire de Madrid possede, dans sa bi- 
bliotheque , sa traduction de la Jerusalem delwree : c'est au cinquieme chant, ou il est question des iles 
Fortunees et des enchantemens d'Armide, que le poete canarien, transports d'un amour patriotique , 
•a sa belle description de la foret de Doramas, et en appela au jugement de ses contemporains sur 



insei 



ces deux vers du Tasse : 



« Ben son elle feconde, e vaghe, e liete ; 

* 

« Ma purmolto di falso al ver s'aggiunge. » 



II est aussi fait mention de la montagne de Doramas dans une comedie de circonstance, ecrite en 



a 



■ 



7 1 X 

Le theologal Cayrasco, a la fois poete et excellent musicien, mourut a Canaria vers la finde l'an 1610. 
On voit son tombeau dans une des chapelles laterales de la cathedrale de Las Palmas, avec cette in- 

script ion latine : 

Lyricen et vales toto celebratus in orbe 

Hie jacet inclusus, nomine ad astra volans. 




?t 







»*' 



it-. - "» . ' 








141 



seule, a pu 



» aii 



milieu de ces 



les planter ainsi, et les isoler dans des precipices et 

masses de rocher. On trouve la beaucoup de 



et de sources d eau. fraiche , et 1 epaisseur de 



» 



telle que les rayons 

- 

chaleur, ne peuvent 



du soleil, dans les instans de la 




bois est 
is forte 



jusqu'a 



terre. Tout ce qu'on m'avait 



» 



dit 



paravant m'avait paru un prodige, mais, apres 



avoir exa- 



» 



mine par moi-meme les parties de la foret ou je pus penetrer, je fus 
force de convenir qu'on ne m'avait pas assez dit (1). » 
En 1780, 




mais 



iera , qui visita la foret de Doramas , put encore en 
admirer de beaux restes, quoiqu'elle fut deja bien dechue. Lorsqu en 
1820 nous parcourumes file pour la premiere fois, les environs de 

Moya avaient conserve une partie de leurs superbes ombrages , 
dans ces dernieres annees tout a change' d'aspect. Deja, en 1830, ces 

- 

bois, que nous revimes en detail, n'etaient plus reconnaissables; les 
vieux Tils de Las Madres etaient bien encore debout, mais ils avaient 

* 

perdu leurs plus beaux rameaux; la devastation etendait ses pr ogres 
sur toutes ces montagnes , et la foret de Doramas , la pomme de dis- 
corde des districts circonvoisins , avait donne lieu a de graves conflits. 



Quelques proprietaires influen 



voulant profile 



des innovations 



les 



constitutionnelles , demanderent le partage des terrains forest 

communes limitrophes se leverent en masse pour s'opposer a ces con 

cessions arbitrages ; des interets politiques vim ent se meler a ces de 

- 

bats, laffaire prit peu a peu toute la tournure dune revolte, et l'au 
toriu3 ayant repousse par la force ces reclamations a main armee , le 



sang coula dans 



rencontre qu'on eut pu eviter. La chute de la 



constitution semblait avoir mis fin a ces malheureuses querelle 



lor 



(1) . Es pues aquel.a „<>«,*. de Camas de Us graudiosas -"jW** -»**£ 



. dades, y unas peuas, que fue siugular ob,a de Dios criaudolos alii Ay machos arroyos, y uac.m.entos 
„ de frescas aguas, , es.au los arboles ,a„ aeopados, que el mayor sol no tax. a la de™. Am, me es- 
„ pantava lo que me dezian, y visto de ell. lo que pude, dixe me a T ,a„ dicho poeo .» Voy. Ccstuucw- 



noddles 






























\ 



































m^ 















I 













■ 








■ 



142 



que le general Morales (1) 



Canaries, investi du comman 



dement superieur. Ferdinand VII, pour le payer de ses longs services, 
lui conceda une grande partie des terrains boises situe's entre Arucas 
et Moya : les habitans des communes voisines s'opposerent long-temps 




lexecution du 



yal decret ; mais enfin il fallut ceder : les 



coupes 



commencerent et les defrichemens s etendirent partout. Aujourd'hui 
la belle foret de Doramas, jadis l'orgueil de la grande Canarie, est 



eduite a 
dit 



quelq 



groupes d'arbres que le nouveau maitre n 



conserves que par condescendance , mais qui disparaitront 



leur tour 






t 



Moral 



s est ne a Canaria, dans le petit bourg d'Aguimez. Cet homme extraordi- 
naue, dont nous nous reservons de publier la biographie dans la partie historique de cet ouvrage, s'est 
eleve par son seul merite, du rang de simple berger a celui de marecbal-de-camp et de gouverneur-ge- 
nera des lies Canaries. Parti de son village au commencement de l'insurrection des colonies de l'Amc- 
nque espagnole, il fut chercher fortune a la Havane, ou il s'enrola comme volontaire dans un regiment 



royale de Venezuela. Apres avoir passe par tous les grades, il parvint, en peu d'annees , au 
commandement superieur du corps d'operation. Par son audace, sa rare activite et cet instinct de ge- 
nie qui remplacechez lui les etudes theoriques, le general Morales tint long-temps en echec les bandes 
guerneres^de Bolivar, soutint des combats acharnes, remporta plusieurs victoires, et ne quittala partis 
qu apres l'honorable capitulation de Maracaybo. De retour en Espagne, le roi, malgre ses revers, lui 
mt compte de ses services en lui donnant le gouvernement civil et militaire des lies ou il avait recu le 
jour. Son administration a ete juste et sage ; patriote avant tout , il a su concilier , dans le poste dil- 

4 ccupait, le bien-etre de son pays avec les exigences interessees de la metropole. 
















&QrQi 












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te» 




■*, 









143 ) 



FORETS DE L'lLE DE PALMA 









1 

La vegetation primitive s'est mieux conservee dans Tile de Palma 
qua Teneriffe et dans la grande Canarie; les arbres et les plantes s'y 

i 
■ 

developpent avec plus de vigueur; les forets, en general, s'y pre- 
sentent en plus grandes masses , et occupent , au-dessus des champs 

- 

cultives , un espace considerable. La region laurifere affecte , sur les 
pentes rapides du nord-est et du nord-ouest, une distribution et des 

- 

expositions analogues a celles des iles voisines : depuis la valle'e de 

■ 

Buenavista jusqu'a la pointe de Juan Aly, elle eouvre les versans des 

montagnes et les berges des ravins qui rayonnent autour de File. 

■ 

Dans les endroits les mieux fournis, cette zone de vegetation corn- 

— 

mence a l'altitude de 1 800 pieds , et continue jusqu'a environ 4000 ; 
mais alors les Fayaset les Bruyeres (1) dominent excl usi vement au- 
dessus des autres especes. Dans quelques vallees de la cote orientale , les 



Chataigniers , qu'on introduisit apres la conquete, ont aussi rem- 
place les bois vierges. A loccident de Buenavista les premiers gradins 

des montagnes offrent un exemple de ces changemens ; ces grandes 
plantations garnissent maintenant les bords de ce plateau , se melent 

aux cultures , et les separent sur plusieurs points des bois indigenes ; 
mais partout ailleurs la vegetation primitive regne encore sans par- 
tage, et a conserve tous ses caracteres. Le Til (2) est un des arbres les 

s 

plus abondans, les autres Lauriers sont aussi fort nombreux, et apres 

) * 

eux les Mocans et les Acevinos (3) tiennent le premier rang. Parmi 
les plantes nemorales , outre celles que nous avons deja fait connaitre 






(1) Myrica Faya et Erica arborea. 

(2) Laurus foe tens. 

(3) Visnea Mocanera et Ilex Canariensis. 





















































■ 



I 





j 



m 



- 

pour les autres iles et qui vivent ordinairement dans les forets , il sen 

■ 

trouve plusieurs que nous n'avons jamais rencontrees autre part (1). 

I 

Les bois de Barlovento possedent aussi une nouyelle espece d'Echium 
que nous avons appelee Pininana , du nom que lui ont donne les habi- 
tans du pays. Cette belle espece produit un tyrse charge de fleurs qui 






eleve iusqua quinze pieds au-dessus du sol. h'Hypion viscosum 






rare a Tene'riffe, est egalement tres-repandu dans les forets de la 

* 

bande orientale ou.il acquiert le port dun sous-arbrisseau. 



croissance 



Les ve'getaux , dans l'ile de Palma , ont en general une 

- 

apide , et leurs parties ligneuses y prennent de tres-grands develop 



ons tu 



des V 



pemens. Aux environs de La Galga nous a^ 

( Laurus Indica) dont la cime etait tellement eleye'e que les ramier: 

qui s y refugiaient y restaient hors des atteintes des meilleurs chas 



seurs, malg 



la 




forte portee de leur 



mes. Dans le district 



d'Adcaimen, au-dessus du bourg de Saint -Andre, nous 



me 



sure un Til dont le tronc avait plus de quatorze pieds de circon- 

* L 

ference. 

■ 

Mais c'est principalement dans la fameuse Caldera que nous trou- 

■ 

vames les plus beaux arbres : en pre'sence de ces vegetaux seculaires 

caches dans la profondeur de cet abime, nous fumes amplement 
dedommage's |des fatigues et des dangers qu'il nous fallut surmonter 
pour y parvehir. Tout dans ce yaste cratere yint accroitre linteret de 
nos recherches : surpris d'abord du pele-mele de la yegetation , nous 
ne le fumes pas moins a la yue dun Pistachier (2) • dont le tronc avait 



et dun Genevrier (3) 



etonnant 



plus de sept pieds de diametre, 
par les dimensions de sa base que par lelevation extraordinaire de sa 
tige. Parmi les Pins , qui croissent confondus a vec les Lauriei s , les 
Fayas ■ les Bruyeres et les autres arbres , il y en eut un surtout qui fit 



(1) Genista splendent. Nob. Genista stenopetala , Nob. et Lotus eriophthalmus, Nob 

* L 

(2) Pistacia Atlantica. 

(3) Juni perus Cedro. 


























* \ 



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■ 



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;< 

























145 ) 

j 
■ 

plus particulierement notre admiration : il avait pris racine sur les 
bords du torrent qui traverse la Caldera , ses branches robustes s eta- 
laient en larges rameaux et ombrageaient un immense espace , les plus 

■ 

basses etaient recourbees jusqu'a terre et formaient une voute de ver- 

■ 

dure qui eut pu abriter tout un troupeau. Get arbre si imposant etait 
peut-etre contemporain des dernieres revolutions qui avaient bou- 
le verse ses alentours ; ce fut au pied de son tronc colossal que nous 

- 

nous etablimes pour passer la nuit. De la nous decouvrions la plus 
grande partie de l'enceinte; en face selevaient des pics menacans, des 

" - 

rochers entasses , des montagnes sur d'autres montagnes ; des groupes 
de vegetans , composes d'especes disparates , garnissaient toutes les 

■ 

berges et couronnaient les masses de basalte dont nous etions entou- 
res , tandis qu'au-dessus regnait l'aridite' la plus affreuse. Nous voyions 

la , pour la premiere fois , les Da ttiers a cote des Pins , et les plantes du 
littoral melees avec celles de la haute region. Nous devons en conve- 
nir, malgre ce que nous avons deja dit de ces lieux et de leur aspect 
sauvage (1) , on n'aura encore qu'une bien faible idee de l'impression 

j 

qu'ils nous causerent. Par son caractere grandiose , la vegetation de la 
Caldera porte avec elle le cachet dune nature independante et forte de 

sa liberte ; ses principales beaute's consistent dans le gigantesque de 

ses formes , dans la bizarre dissemination de ses produits , et plus en- 
core dans les contras tes qui resultent de ce desordre de creation, 

* 
_ > . . . 

(Yoyez Atlas, vues phytos., pi. 9.) 



(i) 



■ 

Voy. precedemment Geog. descript., p. 12 et 13; et Geog. botan., p. 25, 66, et suiv 








































III. 



19 






! 










■ 



• 











146 












;- ; 












\ 



REGION DES BRUYERES. 



Ce que nous avons deja dit de cette region dans les deux chapitres 
precedens nous dispense d entrer dans de plus grands details 



sur sa 



distribution. Toutefo 



nous ajouterons qu'on ne saurait comparer les 



Bruyeres des iles Canaries a ces brandes monotones d 



nord de IE 



rope , ou V Erica tetralioc , ciliaris et 



cinerca semblent se disputer le 



terrain. Si Ton excepte laBruyere a balais (E. scoparia) 



est 




a. Teneriffe que sur le 
Bruyere ai 



■ qu onlne 

oriental des montagnes du nord- 

borescente est l'espece dominante de cette region 



dont les yerts bocages sont entremeles d Hypericinees et de Cistes 
Ces masses de vegetation rappellent au voyageur qui a parcouru l'lta 






lie 



ces Macchie solitaires 



qu 



encontre a chaque pas dans la 



campagne de Rome , tels que la Macchia dei Mattel , le Pignetto di Sa 
chetti, etc., ou Y Erica arbor ea joue aussi le principal role. 



dee 



Nos planches 51 et 52 de la partie historique donnent 

juste de l'aspect de la region des Bruyeres dans deux differentes loca 

lites de Tile de Teneriffe , sa voir : sur 

vallee du Palmar, et au-dessus de la ville de lOrota^s 

tion dont l'altitude peut etre evaluee a 3000 pieds env 



les hauteurs qui entourent la 

iva , dans une sta- 


























■ 



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■ 



■ 



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REGION DES PINS 



■ f 



On ne trouye dans cette region ni la diversite de formes , ni cette 
variete de teintes qui caracterisent les forets de Lauriers , et dont fe 
melange produit un ensemble si harmonieux. Les Pins des Canaries 
( Pims Canariensis ) sont les seuls arbres qui peuplent ces bois sikn- 



cieux oil regne la plus imposante 



niformite; cette espece robuste 



y fait tous les frais de la vegetation j elle seule peut 



/ • 



esister sur 









ces montagnes a la seche 



et aux intemperies. Les vapeur 



i 



qui 



pendant la nuit penetrant ces terrains hygroscopiques 



etent 



sous la 



premiere couche, et les racmes 



des Pins, en s'enfoncant 



a 



travel s les laves, vont chercher au-dessous l'humidite necessaire 

au premier coup-d'oeil 



qui 



a leur nutrition. Ainsi un sol volcanise, 
semblerait devoir repousser les grands vegetans 
traire , tous les principes de fecondite et de vie 
Teneriffe, des Pins de dimension colossale 



con 



, renferme , ai 
. ISous avons 
dessus de la vallee 



vu, a 



- 

d'Icod, dans la nappe d'obsidienne soi 

■ 

une epoque ou le volcan eta it dans sa 



tie 




des flancs du Teyde 

■ 

is grande effervescen 



On en trouve aussi de pareils dans la gorge d'Ucanca 



que 



d 



ciennes 



ptio 



ont si estrangement bouleve 



tes offrent de toute part limage de la desolation 
sont de larges crevasses , d'effrayans precipices , 



. Ces deux locali- 
; a chaque pas ce 

d'immenses amas 



et pourtant 




Pin des Canai 



de scories 

» 

rochers , 

anfractuosites , et bravant la destruction 



est enracme sur ces 




croit au milieu de ses fondrieres, «e plait dans leurs 



d 



contr 



en 



ruine, il 
des escai 



ete souvent 



dans leur chute les blocs qui se detachent 



pemens voisins. Habitans privilegies de la haute region 



beaux arbres dominent en 



souverains dans les montag 



i 



cou 






\ 







































WW 




































148 



vrent les plateaux culminans , s eparpillent le long de leur pente, 
et descendant en troupe de ces stations e'leve'es pour envahir les 
valle'es infe'rieures. 






■ 

Lorsqu au milieu de ce sol en desordre nous admirions cette puis- 
tice de vegetation , la monotonie de la region des Pins disparaissait 



a nos yeux : la robusticite de ces arbres. la rudesse de 




s identifiaient si bien 

■ 

encore la de 1'harmo 



1 aspect sauvage des 



port 



qu'il y avait 



lie. Tout autre vegetal eut ete depl 

- 

■ 

ce paysage ; il fallait a ces masses imposantes un etre o 



dans 



lorgamque 

qui put nvaliser de majeste, a cote de ces colonnes de basalte un 
arbre de forme pyramidale et dont la sombre verdure vint s'unir aux 



g 



comme la na- 



■ 

teintes rembrunies des alen tours. La tout est 

ture , tout est tranquille comme son repos ; mais si le vent d' Afrique 

le terrible sud-est parvient jusqu'a cette zone , le calme cesse aussitot 




entend d'abord un murmur 



gue et plaintif , qu'on ecoute 



pouvoir definir ; les sifflemens du feuillage deviennent tout- a coup pi 
distincts et plus sonores ; prolonged 



pa 



les echos . ils 



melent 



craquemens des branches qui s'agitent et se froissent. Ces bruits con- 
fus , a vant- coureurs de la tempete , redoublent d'intensite : l'Harmatan 
a franchi le desert pour souffler sur cette haute region sa funeste in- 
fluence; brulant, furieux, indomptable, il desseche tout sur son 
passage , ebranle les grands arbres et couvre le sol de leurs debris. 

- 

Mais apres quelques jours de perturbation (1) l'atmosphere a eprouve 



changement, et le vent s'est fi 



ouest; on 



les 



qui obscurcissaient l'horizon s'amonceler sur les montag 



vapeur 
, un de 



luge de pluie inonde la for 



vient ranimer la vegetation. A lor 



1 equilibre est retabli , le ciel reprend 



le soleil son eclat 



lair sa transparence, et la region des Pins son silence et sa tran 



quillite. 



. * 



«* 



(1) lie vent de sud-est dure ordinairement trois jours. 






















j 








U9 ) 



Dans les expositions abri tees des vents arises les forets piniferes sont 
plus particulierement exposees aux bourrasques de l'Harmatan ; aussi 
sur cette bande, plus que par tout ailleurs, le terrain est dune aridite' 



e'tonnante , la couche de feuilles qui 




desseche 



for 



mer d humus ; les oiseaux et les insectes s eloignent dune region qui 
na ni ruisseaux, ni prairies, et manque en general des plantes ne- 
cessaires a la vie animale. Seulement quelques Cistinees, des Pteris et 

- 

des Erigerons croissent sur la lisiere des bois ,' prets a s etendre sur un 

r 

plus large espace des que les Pins sont abattus. Quoique les exploita- 
tions aient suivi une marche moins rapide dans cette region que dans 
celle des Lauriers , les arbres y sont pourtant bicn moins nombreux 

qu'autrefois , et, sur plusieurs points, on ne les trouve plus que clair- 

- 

semes. Lorsqu'en 1724, le pere Feuillee fut mesurer la hauteur du 
pic de Teneriffe, la region des Pins setendait au-dessus de l'Orotava , 
depuis leDornajito (3198 pieds) jusqu'au Portillo de la villa (environ 






6000 pieds) , ou Ion voyait alors le beau Pin de la Caravela (1). La dif 
ference d'altitude entre ces deux stations peut donner une idee asses 

■ 

approximative de l'espace qu'occupait a cette epoque la region 
Pins sur ce versant de l'ile. Presque tous ces arbres 



des 



ont ete detruits 



le Pin de la Caravela nexiste plus, et a legue son nom au rocher qui 

lui servit de base (2). Le Pin du Dornajito a eu le meme sort, loura- 

fois avant cet eve'nement nous 

tronc et les 



gan de 1826 le deracina. Plu 



nous etions reposes sous son ombrage; cet arbre, dont le tronc 
rameaux couverts d'Usnea avaient acquis un developpement prodi- 

, se faisait apercevoir de tous les points de la vallee ; sa perte fut 



gieux, se 

comme une calamite publiq 



chaque desast 



de 



gem 
































L 























F'oy 



(2) En 1715, J. Edens avait vu aussi le Pin de la Caravela, qu'on appelait ainsi parce que ses 
branches, par leur extension, lui donnaient de loin l'apparence d'un navire. Ce voyageur cite aussi le 
Pino de la Mcrienda (le Pin du Diner), le seul qui existe encore de tous ceux qui couvraient alors les 
berges escarpees du deHle du Portillo. (Voy. Phil. Trans. Soc. Roy. Lond., 1714-1716.) 


























m^. 



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I 













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1 





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1 



150 



la fatale prediction de Lugo (1) yient effrayer les Islenos sur l'avenir 
qui leur est reserve. 



Viera . dans ses Not 



fait mention d'un autre Pin enorme qu'on 






vene'rait a Canaria dans le district de Teror. Cet arbre avait environ 
trente pieds de circonfei ence a la base ; il etait adosse comme une tou- 
relle a la chapelle de la Vierge del Pino (2) , une de ses branches avait 
servi d'arc-boutant pour y suspendre le beffroi ; niais des ebranlemens 
trop reiteres accelererent la ruine de ce clocber de singuliere nature , 
et le 3 avril 1684 le Pino santo (l'arbre saint), en s'abimant sous son 
propre poids, faillit ecraser dans sa chute ledifice qu'il dominait. Viera 

no hit ainsi nommee, parce 



dit que limag 
qu'on la trouv 



de Notre-Dame del P 



m 

l'arbre dont il est ici question. Cette de'couverte 



eut lieu a 1 epoque de la soumission de la grande Canai 



U83. Les 



Aborigenes avaient souvent obse 



une 



sorte de lueur autour d 



Pin dont ils craignaient de sapprocher. Don Juan de F 



* 



la foi 



eque et 



nquerant (3) , et qui prit une part ties-active dans les 



de 



combats 
statue de la Vierg 



monter le premier 



l'arbre et en descendit 



^ qu 'il rencontra , dit on , au milieu des grosses 
brancheset entre deux jeunes Dragoniers de trois vares (neuf pieds) 

haut, qui croissaient au-dessus du premier embranchement. 

l'autorite du P. Sosa (4) , que des tonnes de Capillaires s 



de 




j oute , 



taient enracinees autour de cette ramification et formarcnt une masse 
de verdure dune agreable iraicheur. 

Nous n'arans pas l'intention de discuter le miracle, et voulons seu- 
lement rapporter a des causes pnrement physiques ce que le vulgaire 



(1) Voy. precedemment, pag. Ill et 112. 



•, 



Nues 



(3) 



El gran Pastor don Juan de Fnas 

Obispo de estas islas venturosas. 

Y gran conquistador de gran Canaria 






Cayrasco, Tempi. milit. y pag. 283. 



(4) Topog.de Can., manuscrit, lib. 2, Cap. 31. 



/ 











c -.-.*^. 



?*■" 










151 



done 



attribue trop souvent au merveilleux. Nos explications seront 
inutiles a ceux qui ne voient qu'avec les yeux de la foi ; mais , parmi 

lecteurs, il en est aussi beaucoup sans doute qui cherchent, comme 
a concilier les phenomenes de la nature avec les volontes qui 



nos 



nous 



emanent dun pouvoir superieur. Que les deux Dragoniers eussent ete 
apportes la avec intention ou qu'ils s y fussent implantes par hasard , 
leur position dansce lieun'a rien pour nous de miraculeux. Ces arbres 
recoivent presque toute leur nutrition de latmosphere ; des experiences 
nous ont demontre que de jeunes Dragoniers, arraches depuis plusieurs 
mois, pouvaient continuer de vegeter et qu'ils reprenaient racine des 



qu'on les plantait de 



Les graines du fameux Bra 



du 



jardin Franq 



1'Orotava , germent dans les aisselles des grosses 



branches ou elles sarretent en tombant, et s'y developp 



comme 



sur 




* 

terrain (1). La presence des Capillaires sur le Pin de Teror n 



rien non pi 



d'extraordinaire : nous avons 



Canar 



fFe 



rentes especes de Fougeres, telles que des Adiantum , des Davallia , etc 



? 



et meme des Joubarbes et des Sonchus 
aussi bien que sur les rocbers. Quant 



vivre en parasites sur les arbres 
aux lueurs que les Aborigenes 
apercevaient sur les rameaux du Pin de Teror , elles rappellent celles 

dont parle J. Edens 



dans la relat 



de 



son ascension au 




et 



qu'il vit briller pendant deux nuits consecu ti ves , comme de petites 
fusees chargees de matieres suljureuses^ sur les arbres des enriroi 

la Caravela (2). Nous avons observe nous-meme un semblable 



de 




nomene 



Teneriffe 



dans 




Pinal de la Grenaditta, le lendema 



dune forte bourrasque de sud-est : des lueurs pbosphorescentes sem- 

- 

blaient s ecbapper du milieu du feuillage et produisaient un effet ana- 

sans detonation. On sait que 



mais 



logue aux etincelles electriques , 

lelectricite joue un grand role dans les phenomenes de la vie vegetale 









(1) Yoy. Nova acta phys.-med. acacL nat. curios., torn, xm, 2 e part., pag. 273. Bonn. 1827. Obs. sur 
le Dracoena-Draco, par S. Berthelot. 

(2) Yoy. PhiL Trans. Soc. Roy. Lond. , 1714-1716. 






















- 


























































■■■■' 



-»«i 












' 



I 







J- 



I 




152 



et qu'il est bien reconnu aujourd hui que plusieurs plantes se chargent 
abondamment de ce fluide. 

r 
- 

Ainsi , laissant de cote' la partie vraiment miraculeuse de 1 histoire 
du Pino santo , nous nous abstiendrons de tout autre commentaire , 
et citerons textuellement en note ce que le chanoine Yiera ajoute sur 

- 

ce sujet, d'apres le manuscrit de don Pedro August, del Castillo (lib. in, 
cap. 1) (1). Quoi qu'il en soit, on peut deduire de la relation de l'au- 

» 

teur des Noticias un fait important. L'existence du Pino santo dans 
le district de Teror, a 1 600 pieds environ au-dessus du niveau de la 
mer, nous prouve que la region des Pins e'tait autrefois beaucoup plus 
rapprochee du rivage , et que , vers la fin du dix-septieme siecle , il y 

avait reunion sur ce point de la ve'ge'tation des bases avec celle du haut 



pays. Cette alliance dut pre'valoir dans pi 
le terr 



autres endroits 



ram , quoique favorable a la force expansive des arbres et des 



plantes de 



r 

deux regions opposees, sest refuse neanmoins au de 



veloppement des vegetaux des zones intermediaires. Cest ce qu'on 



obse 



rve encore, dans toutes les lies, sur les 



du sud , ou les fo 



et 



* 

- 

rets de Lauriers et les petits bois qui les accompagnent (Bruyeres 
Cistes) n'existerent jamais. La vallee de San-Iago, a Teneriffe, nous 
a fourni un des meilleurs exemples de ce melange de la vegetation 










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I 
I 



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» 



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» 



» 



» 



(Viera. Noticias de la hist, gcner. de las Isl Can. , 

torn- in, p. 113 et suiv.) 



(1) Texte. « Nuestro autor asegura haver cono- 
cido y examinado esta maravilla de la natura- 
leza, este arbol, que siendo mas santo que el de 

t 

la isla del Hierro por elfruto que contenia, no lo 
era menos por el agua medicinal que daba de si. 
El misiTiO refiere, que del pie de aquel Pino cor- 
ria una fuente, hasta que baviendola cercado de 
piedras un cura avido, y puestola Have para que 
contribuyesen con limosnas los que acudian en 
sus necesidades a buscar el remedio ; no tardo 
su codicia en secar aquella piscina saludable. » 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



Traduction. « Notre auteur assure avoir vu et 

* 

examine cette merveille de la nature, cet arbre 
qui, bien plus saint que celui de Tile de Fer (a), 
a cause de son fruit , ne Fetait pas moins aussi 
sous le rapport de 1'eau medicinale qu'il produi- 



» 



» 



» 



sait [b). Cai il dit en outre quune source s'echap 
pait du pied du Pin , mais qu'un cure avide 
Fayant muiee et fermee a cle, afin de faire con- 
tribuer par des aumones ceux qui venaient y 
chercher un remede a leurs maux , Favarice de 
cet homme mit bien tot a sec cette piscine salu- 



» taire. » 






(a) Voy. pr£c6demment, p. 1 13. 

(b) Des sources d'eau acidul£e existent encore aujour- 
d'hui, a Teror, non loin de Fendroit ou croissait le Pino 

■ 

santo. 

















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■ 




















153 

alpine avec celle du littoral (1). Ainsi , l'altitude de 1600 pieds ne 

* 

represente pas , du cote du rivage , la ligne de demarcation de la re- 
gion des Pins, puisqu'aujourd'hui , a Teneriffe , on retrouve ces arbres 
dans des stations encore plus basses. En general , sur la bande me'ri- 

r 

dionale des iles , les Pins devaient descendre dans les premiers temps 
jusque sur la cote , tandis que sur les versans du nord une difference 
marquante dans le climat , en determinant dautres conditions 
d'existence, a produit des masses de vegetation qui, par leur inter- 

■ 

position, sont yenues eloigner les bois piniferes des stations mari- 

■ 

times. Les chaleurs et 1'excessiye secheresse, les alternatives din- 
temperie et de calme complet, que ces arbres ont a supporter et qu'ils 

peuyent braver si impunement , leur permettent , dans les exposi- 
tions du sud de saccommoder du climat de la cote , qui a de grandes 

■ ■ ■ • ' 

analogies ayec celui de la haute region. Car, la aussi , comme dans les 

* 
- 

stations superieures, la rosee des nuits humecte a peine une terre 
bmlante que les pluies ne penetrent que bien rarement ; la tempera- 






ture diurne est tres-eleyee, les perturbations atmospheriques sont 
rares ; seulement, dans la saison orageuse , la stagnation habituelle de 

m 

lair est tout a coup troublee par des coups de vents impetueux, pres- 

que toujours suivis de fortes a verses. 



LeP 



■ 

de Teror, qui a donne lieu a notre digi 



est 



■«- 



pas le seul arbre de cette espece que la piete des Islenos a consacre a la 
polyonymie des vierges miraculeuses. Celui qu'on voit 

l'entree de la vallee d'Icod , se trouve 



Teneriffe 



dans une station qui n'excede 



pas 740 pi 



ed 



s 



dessus du ni\ 



de la mer. Ain 



point 



la 



egion 



des 




■ 

ins arrivait autrefois tres-pres du littoral; la coulee 
de lave yitrifiee qui a deborde sur tout ce versant n'a jamais ete 



recouverte par les forets laurife 



car 



les 



bres qui les peuplent 



ont besoin dun sol 




meuble et de plus facile decomposition 






















































i 

(1) Voyez precedemment, pag. 54, 62, 67 et 68. 



m. 



20 






















I 






a 








t 






















* 



L ile de 



domine 





bou 




154 

* I 

l aussi son Pin sacre : il est situe dans la foret qui 

v. 

del Paso (distinct d'Aridane). Laltitude de cette 



station est de 2727 pieds. Ce bel arbre, qu'on dit contemporain de la 






conquete, semble ne pas avoir de vieillesse; une petite statue de 



la "Vierge a ete 




sous son premier embranchement ; chaq 



- 

soir les bucherons du voisinage s'avancent , humbles et silencieux 



■ 



vers cette chapelle vivante pour allumer un fanal suspendu au- 

■ 

sainte image. Lorsqu'a l'entree de la nuit on passe 

j cette lampe qui veille seule au milieu de 



dessus de 




a cdte' du Pino santo, 

lobscurite de la foret, les reflets de cette lumiere 



sur 




voute de 



feuillage qui protege la niche myste'r 

pensee et inspire le recueillement. 



•> 



tout dans ce lieu domine 





nous 




[presence de cet 

arbre devenu inviolable, et auquel on avait voue une sorte de culte, 
nous causa une profonde veneration. (Yoy. Part, hist., pi. 43.) 

Ces Pins seculaires, que la devotion des Canariens a places sous la 



sauvegarde de la religion , propagent le respect qu'ils inspirent jus 
que dans leurs environs, et sont en cela un veritable bienfait : durant 
nos courses dans les montagnes de cet archipel , nous n'a vons cesse de 

■ 

recommander leur conservation. Nagueres encore, lorsque parta- 

geant les voeux et repondant a lappel de l'illustre professeur de 



Gene 



a) 



nous parcourions les Alpes pennines, d'autres arbres 



vinrent reveiller notre sollicitude , et les reflexions que nous f imes a la 



vue des antiques Sapins de la foret du Ferre ne seront pas deplacees 

ici (2). Si les monumens dun autre age, disions-nous alors, fixent 
notre attention , les vieux arbres ne la reclaraent pas moins , car ils 



(i) 



voudrais 



» qu'il fdt preserve de tout outrage et conserve, soit comme monument historique, soit pour plaire a 
» Timagination de ceux qui aiment a se reporter vers Tantiquite. J'adresse ces considerations aux fores- 
» tiers, aux naturalistes , aux voyageurs, aux paysagistes, aux autorites locales de toutes les nations. » 



Not 



M 



(2) Voyez le second memoire Sur la longwite et Vaccroissement des arbres , par S. B. • Bibliot. unw de 

\ ir -% . ~ _ _ 



Geneve, decemb. 1832. 










■ * 






I 



I 








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*-. 














155 
interessent auta nt que ces temples en ruine , et tons ces debris histo 



riques qui di sparaissent pour ne rien 




apr 



Mais j apres 






plusieurs siecles, les vete'rans de la vegetation sont encore debout, lim- 

pulsion organique ne s'est pas affaiblie, chaque annee de nouveaux pro- 
duits, en augmentant leur masse, semblent accroitre leur force; ils 
se regenerent par les semences, re vi vent par des rejets et donnent a la 
terre bien plus qu'ils n'en recoivent. Cependant, en depit desraisonne- 
mens les plus logiques , l'homme detruit en un instant ces geants des 



forets que la nature est si 



lente 



former. Un sentiment religieux 



etait seul capable de prolonger l'existence des vieux arbres, comme 

* 

celle des anciens monumens , au-dela de toutes les previsions. Ainsi , 
a force de depredation , le Colysee de Rome eut bientot disparu de la 

■ 

ville eternelle , si un pape philosophe , en en consacrant les beaux 

- 

restes , ne l'eut preserve dun nouveau vandalisme. Les sombres fo- 
rets de la Germanie, celles de l'ancienne Gaule, les bois sacres des 

■ • ■ 

Grecs et des Romains n'ont du long-temps leur conservation quau 

■ 

respect inspire par une theogonie protectrice. Ce sont sans doute ces 

1 

traditions venerees qui ont laisse croitre dans la citadelle d'Atbenes 






les rejetons de lOlivier dont la soucbe immortelle remonte a l'origine 
de la Tille (1). Les Turcs meme , malgre toute l'intolerance de leur is- 

lamisme, n'ont ose porter une main sacrilege sur les Oliviers de la 
montagne de Jerusalem (2). 

Si nous interrogeons des temps plus modernes, d'autres exemples de 

■.■'- . . - 

cette veneration traditionnelle nous montreront les memes re'sultats. 



Lenorme Ce'iba {Eriodendrum anfractuosum 



DC 



- 



sous lequel 



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» souche. On conservait dans la citadelle d'Athenes un Olivier dont l'origine remontait a la fondation 



» JE 



• • 



Musulm 



temp 



j_ * — — — x . ' N — 

» I'Asie , ne paie qu'un inedin au fisc ; tandis que l'Olivier plante depuis la conquete doit au Grand- 
» Seigneur la moitie de ses fruits : or, les huit Oliviers dont nous parlons ne sont taxes qu'a huit 
» dins. •> (Voy. Ida. a Jerus., vol. n ? pag. 260.) 



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156 

Diego Velasquez fit dire la premiere messe a 1 epoque de la fondation de 
la Havane, en 1519 , ne mourut de vieillesse quen 1753. Les souvenirs 
historiques qui se rattachaient a cet arbre ceiebre en faisaient un ob- 
jet de veneration pour les habitans de la capitate de Cuba . En 1 75 k , 

don Francisco Cagigal, capitaine -general de file, fit elever une pyra- 
mide a la place ou le Ceiba avait existe'; l'arbre populaire y etait re- 
presente en relief, et sur une des faces on lisait cette inscription : 






















SISTE GRADUM VIATOR ORNARAT HUNG LOCUM ARBOS CEIBA FRONDOSA POTIUS 
DIXERIM PRIMvEVvE CIVITATIS PRUDENTLY RELIGIONIS PRIM^EViE MEMO- 

■ 

RABILE SIGNUM, etc. 

Trois jeunes Ceibas furent apportes de 1'interieur de file et plantes 
autour du monument. En 1828, on construisit un petit temple pres 
de l'ancienne pyramide qu'on restaura. Ce nouvel edifice , decore de 
tableaux historiques, fut inaugure par trois jours de fetes et consacre 
par leveque de Cuba. Don Ramon de la Sagra , dans une relation 
imprimee , a expose en ces termes l'enthousiasme que lui inspira cette 
touchante ceremonie : « II y a trois cent neuf ans que nos ancetres 

- 

» eleverent dans ce meme endroit un autel rustique dedie a un dieu 
» de paix : un arbre majestueux le protegeait de son ombre. Sur un 

» rivage inhabite et couvert d'une ve'ge'tation vigoureuse , ils jeterent 

■ 

» les premiers fondemens dune ville aujourdhui riche et florissante. 

■ 

» Aux actions de grace du pretre ne repondirent alors que les accla- 
» mations dune poignee de guerriers et les cris des hordes sauvages. 
» On n'apercevait de toute part que des bois epais remplis d'arbres et 
» de plantes inconnues ; mais apres trois siecles , les nombreux descen- 
» dans de ces heros Chretiens se reunissent autour de l'arbre regenere 
> pour se prosterner devant le meme autel et y celebrer le meme sa- 

» crifice (1). » 



— < 

brados en 1519 ; Havana, 1828. 



fi, 



de la primer a misa y del primer cabildo ce/e- 






t 










\ 






157 



La plupart des arbres affectes a l'ornement des tombeaux parvien 



nent 



• V 



ge tres-avance' ; un respect religieux les proteg 




nous 



suffira de citer ilf du cimetiere de Braburn, dans le comte' de 



Kent , dont le tr 



mesure par le dendrophile Evelyn , a vait dej 



en 1 6 6 1 , soixante pieds de circonference et deux mille huit cent qua- 
tre-vingts ans dexistence ; et les Cypres chauves (Taxodium distichum 



Rich.) conser 



dans 




cimetiei 



de Santa-Maria de Tesla 



pres 



d'Oaxaca. Un' de ces arbres, mentionne par Cortez, qui fit halte sous 
son ombrage avec sa petite armee , a cent dix-sept pieds dix pouces de 
tour ; il est anterieur au regne de Mutezuma et en grande veneration 






par mi les Mexicains (1) 



« 



» 



» 



Les changemens des opinions religieuses, a dit M. de Candolle, et 
le i efroidissement de quelques idees respectables , quoique souvent 
superstitieuses , tendent a diminuer la veneration que les grands ar- 

» bres avaient inspiree a certains peuples (2). » En effet, depuis que 
des hommes, domines de lesprit dune pieuse mission, ont porte 
le protestantisme chez les habitans de la Polynesie , cette devote pi 



pagande 



tout change dans les archipels de TOcean pacifiq 



les 



arbres a pain ne sont plus sacres, un 



tabou ne les garantit 






r 

plus, et deja leur nombre a diminue'. Bient6t, peut-etre, en adoptant 



cultures, ces peuples 



d'aut 

la ci^ 

dence avait fait croitre pour les 



qui aujourd'hui parodient 



ilisation , deploreront la perte de l'arbre precieux que la Prov 



ii 



(1) JNous emprunxons ces ucua uciuiwd «u» « *- * . v — - 

pag 1005 Plusieurs arbres celebres, conserves depuis des siecles dans differens cimetieres d'Angleterre, 
sont cites dans cet ouvrage. II y est question aussi de l'Oranger et du Citronnier qu'on suppose avoir ete 
plantes par saint Dominique (en 1200) et par saint Thomas-d ' Aquin (en 1278). Ces deux arbres existent 
encore aujourd'hui, le premier dans le convent de Sainte-Sabine, a Rome, et le second au monastere de 

Fondi. (Voy. ut supra, pag. 995.) > . , , , i r- -u j i u 

Le vieil Erable du village de Trons, dans les Grisons, n'est pas moms venere que le Ceiba de la Ha- 
vane. Ce fut sous cet arbre que les premiers confederes jurerent, en 1424, dedonner la liberie a la 
Suisse ; une inscription, placee sur la porte d'une chapelle qu'on a construite a c6te, en rappelant l'eve- 

^ 1^1^ ,^^^^^^ f\ff\xr 7tt ciinrn. naff. 997.1 



nement, recommande le respect. (Voy. ut supra, pag. 997.) 






Noti 







































































» 



V 



: 











p 



I 





\ 
















158 



forets canariennes 



de 



arbres 



Mais bornons la des reflexions qui nous jetteraient trop en dehors de 
notre sujet , et terminons nos remarques sur ces 
ou le voyageur retrouve de loin en loin quelques 
antiques qui parlent tant a limagination. 

Nous avons deja fait connaitre plusieurs localites que la devastation 
avait frappees plus particulierement : il nous reste a en signaler d'au- 
tres ; mais dans cette revue topographique nous parlerons en meme 
temps des sites ou la vegetation s'est maintenue dans son premier 
etat. 



Fortaventure 



■ 

Les Pins nexisterent jamais a Lancerotte et 
dans les ilots situes a lorient ; le climat de ces iles , toutes aft 
pouvait leur convenir. Cette contree, presque toujours balayee par les 
brises, est en general trop peu elevee au-dessus de la mer ; les points 
culminans des montagnes n'y atteignent pas 300 toises. Ce 
dans la partie occidentale de l'archipel qu'on rencontr 
Canaries , cette espece qui surpasse en beaute toutes ses cong 





que 
des 



bien caracte'i isee par son port gigantesq 



la longueur de ses feuille 



reunies en 



grettes et la disposition ombelliforme de 



Cet 



bre precieux e t encore tres abondant a la grande Cana 



les bois au-dessus de Gaidar ; le Pinal de Tamadaw , eel 



a meaux . 
rie , dans 
de Pajo- 



nales , et ensuite ceux qui 



i 



partir du col de Manzanilla , s etendent 



\ 



T 



l'ouest jusquau-dela de Mog 



sont bien pour 



\ Tene 



riffe , les hauteurs d'Ico d et les pentes septentrionales des montagnes 
adjacentes conservent aussi 



de beaux arbi 



:es; 



V autre bande de 



citer 



l'ile , ou les Pins forment presque une zone continue 
principalement les forets qui dominent les districts de Chio 
Chasna et de la Grenadilla. 



de 



L'ile de Fer, jadis si boisee 



disparaitre ses forets- vierges : au 



jourd'huile petit nombre d ' arbres sauves de la devastation ne suffit 

plus aux besoms des habitans. Un passage de XHistoire de la premiere 
decouverte et conquete des Canaries,^. 77, nous donne une idee < 




























. 










( 159 



letat de la vegetation en 1402. « Lepays, ecrivaient les chapelains de 
Bethencourt, est tres-mawais une I 



tout entour par devers la mer 



mats sur le milieu , qui est moult haul , est beau pays et delectable 



y 



sont les bocag 




et verts en toutes 




i mille , de quoy la plus grande partie sont 
les sauroient embrasser. » 



et y a des Pins plus de 

* 

gros que deux hommes 



Les bois piniferes ont ete plus respectes a la Gomere , mais ceux que 
nous avons visites a Palma n'ont presque rien perdu de leur premiere 
vigueur. lis s etendent sur les deux bandes de 1'ile, et occupent encore 
un grand espace. La montagne de Tamanca , et les sommites quon 
apercoit au-dessus des bourgs de Tiraxafe , del Paso et de Guarqfia 

sont les endroits les mieux garnis (1). Pendant le printemps de "" 



1830 



nous parcourumes toute cette contree : la vege tation, rafraichie par les 
pluies de 1'hiyer, semblait alors reprendre une nouvelle vie; nous Te- 

nions de franchir le col de la Cumbre et descendions vers le district 
XAridane ; nos herborisations sur la crete des monts s etaient prolon- 
gees jusquau soir, et il etait deja nuit close lorsque nous penetrames 
dans la foret de Pins qui avoisine le village ou nous devions nous arre- 
ter. Favorises par un beau clair de lune , nous pumes continuer notre 



oute et jouir dune 



dont nous avons conserve tous les 



nirs (2). Le calme qui regnait alors dans ces lieux deserts, les parfums 



de 1 



purete, augraentaient le charme 



de cette belle nuit. Les 



lueurs vaporeuses qui percaient a travers le feuillag 



les masses d 



bre qui se proj etaient au loin 



melange d'obscurite et de lumiere 



pretaient au paysage quelque chose de magique 



Dans ces hautes so- 






(1) Yoyez, pour ces diverses localites et celles des autres iles atees plus haut, les cartes phytostatiques 



M 



et topographiques de notre Atlas. 

(2) La lithographie de cette for «- ■ , ■ » Ui . ttt 

zele pour 1'execution d'un dessin qu'il fallait ombrer sur des souvemrs , d apres un croqms fait a la hate 
et dans des circonstances peu favorables. Ce jeune et habile artiste nous a parfaitement compris, et a 
supplee par son talent a tout ce qui manquait dans notre esquisse. 















































































* 



> 












■ 















I 


















160 
litudes, la nature se manifeste sous des formes si fortes et si grand 



que 
Mai 



ses creations 



semblaient immortelles comme son pouvon 



en arriyant sur la frontiere de la foret , des troncs abattus 




tres que le feu ayait a demi consume's , de'truisirent nos illusions et 
porterent nos pensees 



encontrames 



sur des faits plus positifs. Des bucherons, que 
enaient dacheyer leurs trayaux : contens de la 






jou 



r 



Is chantaient en retournant 



llage. « Ces arbi 



nous 



dit 



)) 



)) 



celui d'entre eux que nous interrogeames , sont les soutiens de nos fa 

9 

milles ; jeunes , ils nous fournissent leur resine ; deyenus 
faisons profit de leur bois. — Mais apres eux, 



qui yous noun 



nous 



Les petits se font grands, repondit-il ayec insouciance , et nos enfans 
en trouyeront d'autres. » Ces bonnes gens avaient raison : peut-etre 
est-on trop alarme aux Ginaries de l'exploitation des bois ; il est cer- 



tains districts de file de Palma ou les P 



ge'nerent 



treme promptitude ; dans le jeune age , les pousses de lannee ont une 
croissance qui etonne, et comme les deboisemens dans cette region 
montueuse influenl peu sur le sol (1), on doit esperer que les forets 



_ 

(1) Apres la destruction des forets, le sol eprouve moins de changemens dans la region des Pins que 
dans celles des Lauriers et des Bruyeres , car les pluies ont en general peu de prise sur des montagnes 
volcaniques ou la couche de terre vegetale est presque nulle. Les eaux, en tombant sur ce sol crevasse, 
sont absorbees aussit6t, et, dans les endroits ou la compacite des laves ne donne lieu a aucune fon- 
driere , elles courent sur la surface, vont se perdre dans les ravins, ou s'infiltrer plus bas dans des terres 
plus meubles. La region des Pins, quelle que soit son exposition sur la bande septentrionale des lies 
ou sur les versans opposes, se trouve placee hors de l'influence de la masse de vapeurs qui entretient 
une frakheur continuelle dans les regions centrales , puisque, d'une part, les nuages agglomeres sur 
les forets de Lauriers restent stationnaires le long de cette bande et ne depassent guere la region des 
Bruyeres , tandis que de l'autre c6te , les vents alises et les vapeurs qu'ils amenent se trouvant arretes 
par l'interposition des montagnes , la constitution de l'atmosphere est tout-a-fait changee. Amsi, bien 
que, dans la distribution des contrees pluvieuses, on puisse comprendre les lies Canaries dans le climat 
des pluies d'automne, la loi pluviale y est modifiee sur divers points par la structure orographique et 
la repartition des vents. II ne pleut ordinairement que par orages ou par averses dans la region des Pins, 
et ces intemperies y sont toujours occasionnees par des perturbations subites. La secheresse habituelle 
de cette zone depend done de plusieurs causes , parmi lesquelles doit prevaloir le nombre de jours de 
pluie , une des quantites les plus essentielles d'un climat , selon les judicieuses observations d'un de nos 
plus savans agronomes. En effet, « il n'est pas indifferent, a dit M. de Gasparin, qu'une quantite don- 
» nee d'eau tombe en un seul ou en plusieurs jours ; supposons un pays ou il tomberait par mois un 





















I 









■ 






% 




m 















161 



feront encore 

dupays. 



■ 

pendant long -temps une des principals richesses 



» decimetre d'eau , il pourrait sans coutredit passer pom- tres-humide a. ce decunetre eu.t reparu «, 

»» grand nombre de jours ; mab il serai, tres-sec s'il tombait en u„ sen ,o„r et q« ,1 rut sum de 

. vinLneuf jours de secheresse. II arrive alors que la plus grande partie de la plure nepeu. rmb.be la 

, lerre, mais court a sa surface e« va se rendre aux rivieres ou elle es, perdue pour le sol. . (Voj. Jta»- 



de 








































■ 


























III 






21 










































■ 









• 




• 



' . 



r'V« 



.*> I I 
























162 



*■ 



CONCLUSIONS 



































Dans le chapitre precedent, des considerations, fondees sur la na- 
ture du climat et du sol, nous ont fait envisager la vegetation de la 
region forestiere sons le rapport de sa distribution et de ses phases sue- 
cessi ves depuis son principe , pendant ses alternances et j usqu a son 
retour a 1 etat normal. Le tableau statistique et descriptif des forets 
encore existantes vient de completer maintenant ce premier apergu. 
Notre recit a ete extrait en grande par tie de notes prises sur place , car 
on ne doit pas toujours se fier a des souyenirs de voyage; le temps les 
efface ou les altere , une nouvelle disposition desprit enfante une autre 
maniere de voir, et quand il s'agit de se replacer en presence des objets 
qu'on est appele a decrire , on se laisse aller parfois a des reminiscences 
trompeuses. Ces reflexions viennent a propos a la fin de ce chapitre : 






on a parle des iles Canaries dans plusieurs ouvrages, quelques-uns 
meme leur ont ete specialement consacres ; mais, disons le sans crainte, 

des opinions disparates, 



deduites d'observations faites 



\ 

a 



la 



cou rse 



ont montre cet archipel sous un faux jour. Nagueres encore, un natu- 

- 

raliste, du reste fort recommandable par les services qu'il a rendus a la 

■ 

science, s'exprimait ainsi : « Laplupart des botanistes qui sont venus a 
Teneriffe riont pas vu un seulpied de Pin.... Toutes les hauteurs sont des- 
sechees et depouillees d'arbres.... Les nuages ne se reposent plus sur 

i 
■ 

Vile , etc. » Tandis que quelques annees auparavant un autre voyageur 
non moins celebre avait ecrit : « Lite entiere peut etre consider ee comme 
une foret de Lauriers , d' Arbousiers et de Pins , dont les homines ont a 

peine defriche la lisiere.» Nous nous dispenserons d'annoter ces cita- 

- 

tions : apres des assej 



tions aussi contradictoires , nous dev 



faire 






connaitre la verite. On a pu se convaincre , par notre relation , que les 



9 



/ 





































2-1 










' 















163 












montag nes 

d'arbres, ni 
compte fidele de 

faire partag 



I 

de Tene'riffe et celles des iles voisines ne sont ni depeupl 



tierement couvertes de bois. Nous avons rendu un 
ce que nous avons vu : peindre et de'crire le pays , 



autres nos propres impressions 



les 



pour 



sommes 



dire a nos rechercbes , telle a ete a la fois la tache que nous nous 

* 

mposee. Des dessins originaux, exactement reproduits, ont 



servi de corollaire a notre texte. C'est en nous inspirant de ces dessins 
sans outrepasser tear motif, que nous avons evite ces ecarts d'imagi- 
nation qui font admettre trop souvent comme faits des idees concues 

m 

dans le travail de la composition. 




























V 















/ 









































\ 






\ 









* 













1 





















/ 










■■ 
















































































I 








I 












CHAPITRE CINQUlfcME 















- 



DES GRANDS CARACTERES DE LA VfiGfiTATION. 



II y a une physionomie generate pour ehaque zone devSg&ation, 
et une physionomie particuliere pour ehaque plante. 

De Cawdolle. 






Les vegetaux dune region botanique ont un aspect particulier qui 
frappe au premier coup d'oeil, Ce caractere indigene se fait remarquer, 

soit qu'on fixe son attention sur la masse des especes , soit qu on les 

* 

examine isolement. 11 consiste bien plus dans le rapport nume'rique 



de certaines families de plantes et dans le degre de frequence de 
telle ou telle espece que dans l'absence ou la presence de certains 
genres, car les masses de vegetation qui couvrent le sol sur un espace 

caractere dis tine tif du pay sage. Ce caractere , qui 



donne forment 




se presente sous clifferens aspects, lorsqu'on observe la distribution 
phytostatique des especes sous le point de vue de leur sociabilite, ne 

saurait etre deduit de l'etude des catalogues ni de linspection des 



herb 



c'est 



ement sur le 



am 



q 



peut en saisir la 



physionomie. Dans l'examen comparatif de deux flores, si les especes 



congeneres 
sentees par 



different entre elles, si les memes families sont 



epr 



des 



g 



dive 



rs, et surtout si ces g 



sont ti 



varies, la vegetation prend aussitot un aspect d'etrangete d'autant 
plus frappant quelle se presente sous des formes qui s ecartent da- 




- 

e de celles que nous commissions deja. L elevation du chiffre 
moyen des especes de ehaque genre ou de ehaque famille produit la 

■ 

■ 

monotonie; lorsquau contraire ce chiffre se trouve tres-restreint, 
l'aspect de la vegetation acquiert plus de variete. Aux iles Canaries . 
un grand nornbre de genres ne sont representes que par une ou deux 



in. 



2 










A 



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r 













V 

















■^ 

























































s 






166 

especes, dont le degre de frequence mnltiplie sur d'assez vastes espaces 
cette diversite de formes que ne saurait produire l'abondance des 
especes congeneres. Le rapport des especes avec les genres correspon- 
lans est done une des conditions essentielles du caractere de la vege- 
tation dune contree, et Ion peut sur-le-champ se faire une idee de ce 
caractere pour les differentes (lores, par la comparaison des quantite's 
numeriques dans les relations que nous Tenons dindiquer. Ainsi, tan 



u 




qu 



France la moyenne des especes par genre est de 7 \ et 



Allemagne de 6 



Can a 



eile ne der 



g 



1 



Les 



uti 



■ 

donnees qu'on voudrail deduire des rapports numeriques de 



s 



families ne sauraient etre prises en 



consideration , car ces rapports 



se trouvent rompus dans les climats de transition. Par exemple, le 
chiffre des cruciferes, des legumineuses on des compose'es cananennes, 
ne pourrait servir a revaluation de celui des graminees ou des gluma- 
cees, etvice versa. Ces deux families (les graminees et les glumacees), 
qui, dans les zones temperees, font ensemble plus dun quart des pna- 
nerogames , n'en composent pas la dixieme partie dans la flore de 
notre archipel. L'isolement de ce groupe de montagnes , 1 influence 
qu elles recpivent du continent voisin et de la proximite du tropique 
les nuages qu'elles attirent,les bruines qui les baignent,les vents 
d'Afrique qui les echauffent, soumettent la vegetation a des condi- 
tions climateriques tout a fait particuliereset qui ne peuvent conye- 
nir qua certaines plantes. La quantite de chaleur que reeoit ce point 
du globe differe essentiellement de celle qui est repartie dans les 
autres con trees de la zone temperee et meme 



i 



d 



u 



bassin medi ter- 



ra nee n. 

Mais 




st d'autr 



considerations auxquelles il faut 



ga 




dans la recherche des causes qui moti vent , dans chaque climat, ces 



pects varies , ces caracter 



difterens de paysage , que les botanistes 



devraient s'attacher au moins a reproduire par le d 



voyageurs 

lorsque toutes les ressources 



de la langue , sa soupl 














































. 









F»^ 





f 







■**• 









167 

joints aux renseignemens de la science, ne peuvent suffire aux des- 
criptions. Cesont les formes individuelles, c'est-a dire le port {fades, 

■ 

habitus), la sociabilite des vegetaux, 1'harmonieuse combinaison de 
leur feuillage , soil que les memes especes se trouyent retimes dans un 
seul groupe , soit que des especes differentes se rencontrent confon- 
does, et, dans ce second cas, ces combinaisons sans disparates, ces 
contrastes qui plaisent aux yeux, donnent a la contree une physio- 
nomie qui n'appartient qua elle. D autre part, des especes identiques 
peuvent se produire dans deux pays differens sans s'y montrer sous 

spect , a cause des dimensions que les unes auront acquises 



le meme 



sous des influences di verses. Ainsi la bruyere (Erica arborea) qui croit 
aux iles Canaries est la meme que celle de lltalie et de quelques autres 
parties de I 'Europe australe , mais cette espece arborescente acquiert 
dans ce climat des proportions tellement gigantesques que le bota- 
niste, transports tout a coup a Teneriffeau milieu de la foret d'Agua- 

- 

Garcia, est tente de douter de l'identite de l'espece a la vue de ces beaux 
arbres de quarante a cinquante pieds d elevation-, qui , par leur reu- 
nion, forment un massif de verdure du plus singulier coup d'oeil. 
En decrivant dans not re premier chapitre laspect general de 




getat 



dique les changemens quelle affecte d 



differentes stations , depuis la region maritime jusque sur les plateaux 

* 

et les cretes les plus elevees. C'est cecaractere phytostatique , depen- 
dant des influences dun climat modifie par une autre temperature , 
d autres circonstances locales et une autre nature de terrain, que nous 
avons tache de reproduire dans les grandes planches dont nous allons 
donner Implication. 



r 



• 



■ 























* 


























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. 







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^m 

















168 ) 




























I 



re 



VUE PHYTOSTATIQUE. (Atlas, pi. 1.) 



Region des Euphorbes 



Cette 



vue 



emb 



rasse 




getatio 



de la 



region maritime sur les montagnes cotieres de la baie de Sainte- 
Croix de TeneViffe. Les plantes dominantes dans cette pai tie orientale 

de File sont YEuphorbia canariensis et 1' E '. piscatoria , le Kleinia nerii- 
folia , le Plocama pendula et le Prenanthes pinnata. Sur le littoral , on 



ti 




us communement le Crithmum maritimum, le Conyzaseri 
cea, le Chrysanthemumfrutescens, le Lycium qfrum, le Beta maritima 
et quelques especes alcalines de la famille des Ficoides et des Cheno 



mer. 



podees. Sur les coteaux pierreux qui avoisinent les bords de la 

on remarque bien des Labiees comme sur les cotes des iles Baleares 

et dans quelques autres localites du littoral de la Mediterranee ; 



maisces vegetaux, presque tous d'especes differentes, sont domines 
par les grandes plantes ligneuses signalees plus haut, et qui, par 
leur frequence aussi bien que par leur port, impriment au paysage 
un aspect tout a fait original. Dans toute cette region maritime, on 
ne rencontre ni Pins, ni Chenes verts, ni Palmiers nains, ni Capriers 
epineux. Le ton general de la vegetation est dun vert glauque, par- 
fois a reflets argentes, et dont la teinte pale et cendree tranche sur le 

vert fonce des autres especes. Toutefbis, il esl, suivant les expositions , 
des sites qui possedent des plantes particulieres, et ou celles qui 
couvrent les coteaux de la partie orientale et septentrionale sont 
beaucoup moins abondantes et meme totalement ignorees. Ainsi, 
vers la bande occidentale de Vile, sur les premieres assises du littoral, 

on trouve plus frequemment le Physalis aristata, YEuphorbia aphylla 
le Pancratium canariense, le Rumex Lunaria et le Messerschmidiafru 



•/ . 



Le lonqr de la cote du Sud 



contraire , on voit d 



de grands espaces le Zygophyllum Fontanesii, YEuphorbia balsamifert 
et le Cneorum puherulentum , espece canarienne qui differe essentielle 



ment, par le port et la couleur du feuillage, du C. tricoccon du iittoi 






■* 









'. 




























•- 1 









169 



de 




Mediterrane'e. Dans d 



endroits, le sol est 



t de 



Franke'nies, de Gnaphales, d'Heliotropes et de Prenanthes (F.puke- 

, P. spmosa), entremeles avec 



rulenta 




luteo 



Ibum, H. erosum 



YAizoon canariense, le Chenopodium ambrosioides et YErigeron vis- 

* 

cosum, qu on rencontre un peu partout. 



II" ET IIP VUES PHYTOSTATIQUfiS. (PL 2 et 3.) 



■ 

Region des ravins. — Nous avons dit que la vegetation des ravins 



s'assimilait vers leur debouche a celle du littoral et de la region 

■ 

maritime , tandis qu a leur issue superieure elle se confondait avec 

r 

celle des forets. C'est ce que montrent les deux planches que nous 

■ ■ 

citons : la premiere (pi. 2) repre'sente l'entree dun des grands barran 



de la cote orientale de Teneriffe, Les pla 



dominantes sont 



pour la plupart, celles qui couvrent les coteaux maritimes de cette 



partie de File. C'est toujours la region des Euphorbes, entreme- 
lee plus frequemment d'autres especes ligneuses et dun plus grand 
nombre d'herbacees qui recherchent l'ombre des berges et 1'humi- 
dite des infiltrations. 

L'autre vue (pi. 3) est celle du grand ravin de Badajos, prise vers le 

point ou il commence a atteindre la region des forets et des brumes 

» ■ • 

permanentes. Ici , le changement de temperature et la fraicheur du 
sol ne conviennent plus aux Euphorbes ni aux autres plantes qui les 



accompagnent. Un feuillage pins luxuriant, une verdure plus fraiche 

■ 

et plus apparente viennent decorer les escarpemens de ces gorges 
sinueuses. La variete des especes accuse des conditions d'existence 
mieux appropriees au plus grand nombre de vegetaux ( voy. precedem. 
pag. 18-19 et notes); mais labondance des Bruyeres et quelques taillis 
de Lauriers signalent deja le voisinage de la region forestiere. 























































H 









V 










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I 



v& 



r 

















































I 






















i 



170 



IV* ET V VUES PHYTOSTATIQUES. (Pi. 4 et 5.) 

■ 
- 

Region des Lauriers et des plaistes forestieres. — Nous avons fait 

reproduire, dans la pi. 4, un des beaux sites de la foret d'Agua-Garcia, 



roi 



a Teneriffe. La , seulement , quelques plantes ne'morales peuvent c 
tre sous lombrage des grands arbres , dont les branches touffues for- 
ment un massif impenetrable aux rayons du soleil. Un des caracteres 
des forets canariennes. et 



qui de prime abord les distingue d 



eelles de 1' Eu rope , c 'est la nature de leurs arb 



res ton jours verts et 




melange des especes appai tenant a des genres divers. Dansce climat de 
transition, on peut deja observer le passage de la vegetation de la zone 
tempe'ree a la zone tropicale. La multiplicity des genres et le pele mele 
des especes etonnent le botaniste qui parcourt pour la premiere fois 
cette region verdoyante et rafraichie par les bruines qui se forment 
dans son atmosphere; mais , en meme temps , la similitude des formes 
organiques vient lui rappeler encore l'uniformite des forets euro- 

peennes. En effet, si Ion excepte deux ou trois especes, toutes les autres 
presentent a peu pi es 




structur 



da 



le 



po 



comme 



d 



leurs bords. P 



leurs parties foliacees. Ce sont en general des feuilles dun vert fonce 
et luisant, lisses, fortes, entieres , lanceolees ou fort peu decoupees sur 

'esque tons ces arbres portent des fruits a drupe ; leurs 

fleurs sont peu apparentes , mais quelques-unes repandent une odeur 
penetrante qui se rapproche deja du parfum musque des forets du 

Monde (le Laurus foetens (1) et XArdisia excelsa). Cette bar- 
monieuse uniformite dans l'aspect du feuillage et dans la symetrie des 
grands arbres forestiers est tellement frappante quau premier coup 
d ceil on pourrait confondre facilement des especes tout a fait diffe- 
rentes par leurs caracteres generiques; car rien ne ressemble plus 
pour le port a un Ardisier qu'un Myrsine ; le Rhamnus glandulosus , le 




(1) Le nom specifique du L. /ceteris, est derive de la mauvaise odeur de son bois^mais ses fleurs 
comme eelles de TArdisier, repandent un parfum de violette qui rappelle un peu a l'odorat celui du muse. 













■ 













( 171 



Pittosporum coriaceum, le Myrica Faya, meme Xllex Perado et YOlea 

excelsa se rapprochent aussi de ce type de forme, et les quatre especes 
de Lauriers qui peuplent cette region offrent encore le meme facies. 

lecteur a 







Quant aux observations de details, nous renvoyons 
notre description de la foret d'Agua-Garcia, pag. 131 et suivantes. 

Dans la pi. 5 nous avons fait figurer l'aspect des bois taillis apres 
la destruction des grands arbres , et Ion peut voir, a ce sujet , les ren- 
seignemens que nous avons consigned dans le chapitre troisieine , sur 

* 

les forets canariennes, leurs changemens et leurs alternances. 























VI e VUE PHYTOSTATIQUE. (PI. 6.) 



Region des Pins. — On a represents , dans la planche cite'e, la foret 

de Pins des environs de Chasna,a treize cent cinquante-six metres 









d'elevation au-dessus du niveau de la mer. A cette hauteur le Pin des 
Canaries (P. Canariensis) est la seule espece qui garnit les montagnes 

* 

de Tencriffe et des iles voisines. Get arbre , par son port , ses grandes 
proportions et la beaute de son feuillage , imprime a la region qu'il 

i 

occupe un caractere different de celui des forets piniferes de l'Europe. 
« Des especes semblables de pi antes , telles que les Pins et les Chenes, 

observe M. de Humboldt , couronnent egalement les montagnes de la 

Suede et celles de la partie meridionale du Mexique ; cependant , mal- 
gre cette correspondance de forme et cette similitude de contours, 

1'ensemble de leur groupe presente un tout autre aspect (1). » 



Gest 



■ 

aussi le cas du Pin des Canaries par rapport aux especes de nos cli- 
mats. La croissance de ce bel arbre est tres-rapide ; il atteint l'eleva- 



tion des plus hauts Sapins du Nord ; son tronc est droit et fort gros 
dans sa partie inferieure. Nous en avons mesure un qui avait pres de 
dix metres de circonference et dont les branches conservaient encore 
d'enormes dimensions a quelques pieds du sol. Ces branches , espacees 



(1) Tableaux de la nature, torn, n, p. 22. 


























\ 












--- p — . I — — . 



V 



tmmmmmm 




















































172 



le long de la tige et disposers en verticilles , comme dans les Sapins et 

* 

les Melezes , vont en diminuant graduellement jusqu'au sommet. Ce 
systeme de ramification ombelliforme est surtout tres-prononce chez 
les vieux arbres ; leurs longues feuilles forment des iouffes de verdure 
du plus bel effet et les cones ne sont pas moins remarquables par leur 



grosseur. Ces cones,apres avoir 



d 



leur 



des amandes 



membraneuses, entr'ou vrent leurs ecailles a la seconde anne'e et livrent 
a la nature les germes reproducteurs qui attestent sa puissance et son 
inepuisable fecondite. Le bois du Pin des Canaries est presque incor- 
1 uptible , car il se conserve encore intact apres plus de trois cents ans 
de service. La charpente de plusieurs edifices de Teneriffe et de Cana- 
ria, qui datent du quinzieme siecle, n'a pas souffert la moindre altera- 
tion. Les Pins de ces iles sont employes a des usages aussi importans 




le 



bo 



nest pas 



ulement au 



de la 



marine et des constructions civiles ; 1 economie rurale en retire aussi 
de grands avantages pour la grosse charpente et la fabrication dune 



foule d'instrumens et d'ustensiles , tels que pressoirs 



echalas 



ruchers, etc. II nest pas une famille, parmi les gens de la campagne 
qui ne mette les Pins a contribution pour ses besoms journaliers 



outi 



1 



/ • 



resme qu 



sait extr 



de leur tronc , le cceui 




u 



et 
bois 



(duramen), coupe en petites buches reunies en faisceaux, sert de flam 



bea 



pour s'eclairer pendant la nuit, comme au temps de Yirgile 



. . . Tsedas sylva alta ministrat , 
Pascunturque ignes nocturni , et lumina fundunt. 



En decrivant la region des Pins , dans notre cbapitre sur les forets 
>us avons cite les arbres les plus remarquables. La pi. 6 de nos vue 



phytostatiques ne 



ait donne 



r 



dee assez exacte de Vaspect 



imposant des bois piniferes , car les plus beaux sujets avaient ete abat- 
tus lorsque noos times prendre le dessin des lieux; mais les pi. 4^2 et i3 
de la partie historique reproduiront ces arbres aux yeux du lectenr, 
avec le srrandiose des formes et toute la majeste du port. 
































^ 







































;~"I 













173 










1 









































VIP VUE PHYTOSTATIQUE. (PL 7.) 






Region des Legumineuses 

cette planche est prise 




plat 



La vue representee dans 
des Canadas de Teneriffe , a trois 



mille sept cents metres d elevation au-dessus du niveau de la mer. Le 



Cyt 



nubigenus et XAdenocarp 



Frankenioides croissent presque 



nt sur ce plateau (voy. precedent, pag. 23) 







J 




es aeux 




rapportent, aux pa 



VUES PHTTOSTATIQUES. (PL 8 et 9 ) 

nches se trouvent citees , avec les observations qui s'y 

- 

es 74 et 145 dece volume. 




DU 



PORT DE QUELQUES ESPECES CANAR1ENNES 



7i 






II 



■ 

este a citer les planches 




e 



notre Atlas qui donnent 




fi 



des veeetaux , ce caractere dominant qu 




la nature a trace 



grands traits , qu on pent observer a distance et que nous ne 



* 

bien defi 



sans le secours du dess 



(( 



Pour determiner les formes 



d 



1 



beaute indh iduelle , lisolement on le r 



mblement en 



on ne con 



groupe constituent la pbysionomie de la vegetation dune contree , a 
dit l'illustre auteur des Tableaux de la Nature, il ne faut pas suivre la 
marche des systemes de botanique on , par d'autres motifs 

sidere que les petites partie 

traire envisager uniquement ce qui , dans les masses, frappe 



des fleurs et des fruits , il faut 




particulierement les 



ds. » M. de Humboldt a voulu parler des 



contours, du feuillage, de Vaspect des troncs, de la symetrie des bran 
ches. et c'est ce que nous nous sommes attaches a reprod 



mon 



trant les especes canariennes qui, par tears formes organiques et Ten 



sern 



ble de tear structure, nous ont offert un port caractenstiq 






23 



IIC. 








































































































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1 












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174 



Fades. — JPZ. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. (Atlas.) 









} 





















IV 


















des 



Nous avons compris dans cette se'rie de planches quelques-unes 
espeees des coteaux maritimes et de la region des ravins. L'Euphorbe 
des Canaries (E. canadensis), si remarquable par son port, et quon 
prendrait,a ses tiges en colonnes, pour un grand candelabre ou un 

r 

Cactus du Perou, figure sur les pi. 1 et 2. Dans la premiere , cette 
espece est representee avec celles qui croissent a l'abri de ses tiges epi- 
neuses et qui bra vent la dent vorace des chevies au milieu de ces 
buissons impene'trables. Ces espeees sont le Kleinia neriifolia, le Plo- 
cama pendula et le Perivloca lawigata, dont les rameaux volubiles se 



oulent 



memes , et que 1 



appe 



dans 



P a 3 




nom 




€ 



* 



Comical, a cause de 



de 



fol lieu les en forme de 



II en est 



encore beaucoup d'autres qui se plaisent dans ces halliers; tels sont 

le Jasminum odoratissimum, le Canarina Campanula, le Cneorum pul- 
verulentum , le Brusa oppositifolia , les Messerschmidia et Rubia fruti- 
cosa, etc., etc. 

Dans la pi. 2 , e'est encore l'Euphorbe des Canaries que nous avons 

pposition avec V Euphorbia piscatorial YE. aphylla; la pre- 

. a 1'Eu- 



mier 



assez semblable , par son port et ses autres caracteres 



phorbe de Mauritanie : la 



de non moins r 



quable, pa 



un 



feuillage plus developpe et des bractees florales du plus vif incarnat. 

le et grele au milieu du 



Q 



l 



buisson protecteur 



plante qui s'eleve longue et 
i e'est le Messerschmidia fruticosa, que les insulaires 

des Canaries appellent Burasnillo (petit pecher), a cause de la ressem 
blance de ses feuilles avec celles de cet arbuste. 

Pour reunir les espeees congeneres dans cette courte indication , 
nous citerons a la suite X Euphorbia aphylla et YE. balsamifera de la 
pi. 5 ; 1'une , bien caracterisee par ses tiges herbacees, cylindriques , lis- 
ses et depouillees de feuilles , comme lindique son nom ; l'autre au 









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V 

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• 










( 175 



tronc court et hgneux , aux branches etalees et aux petites feuilles dis 
posees en rosettes aa sommet des rameanx 



Le Solarium Vespertilio fig 



aussi sur la meme planche. Cette 



espece 
depines 



fait 



emarquer par ses 



branches tortueuses et he 



ses larges feuilles 



cordees et ses belles fleur 



Le Physalis aristata est une autre espece de la famine 

presentee dans la pi. 4. Ses feuilles 



des Sola 



que nous avons 



ppellent 



un 



pen celles des Nicotiana , lorsque l'arbuste croil dans de bons terram 
et que les repousses de ses branches radicales ne sont pas dewnues 1 
pature des bestiaux abides de ce feuillage malgre son odeur nausea 



bonde 



Nous donnons , dans la pi. 3 , le fades d 

Plocama pendula et du Kleinia neriifoli 



Convolvulus floridus 



5 




Le C onvohulus floridus 



port elance , au feuillage leger, est 



brisseau de moyenne grandeur, dont les feuilles oblongues , lanceo 



lees, soyeuses 



et dun vert cendre , ont quelq 



chose des brilla 



r 



eflets du Protea argentea. Ses 



de 



perbes panicules de fleurs dun blanc mele d 



ameaux portent a leur extremite 

une legere teinte 



et que 



Linnee fils a tres-bien 



acterisees par cette ph 



Copiaflorum omnium pulcherrimus 






I 



Plocama pendula est une espece monotyp 



de la famille des 



Rubiacees 



eniarquable par ses longues feuilles filiformes et flexueu- 

ranieaux penches vers la terre, ses petites baies blanches, trans- 

et brillantes comme des perles d'Orient. Toutes les parties 



pa rentes 

de cet arbuste repandent 



odeur nauseabonde et presque cad 



La disposition 



de ses branches et de ses feuilles pendantes lu 



donne laspect dun Saule Pleureur 



Le Kleinia neriifolia est 



de 



composees a tig 



li 



*-T 



que 



taines lies Yoicaniques (1) , situees a de grandes distances les 



(1) Les Canaries, Sainte-Helene, Vile Bom 



:bon et celle de Juan Fernandez. 










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1 


























176 



des autres, dans les deax hemispheres, semblent produire de pre tie 



rence. Son port est celai dun Dragonier nain; son tronc grisatre 





porte les empreintes des insertions des anciennes feuilles, les noirvel- 
les tendent toutes a se reunir a lextremite des rameaux. Orne de ses 
bouquets de fleurs terminales , ce singulier petit arbuste apparait cou- 
ronne dune aureole d aigrettes du plus gracieux effet. 

Ce sont encore des composers arborescentes que nous avons reunies 
dans les pi. 6 et 7. D'abord une Chicoracee ligneuse dun fades 
e'trange, raais dont laspect ne laisse pas d'etre agreable a l'oeil. C'est le 
Sonchus fruticosus , aux belles feuilles decoupees en rondache, aux 
fleurs superbes et dun si brillant eclat. A cote de ce Sonchus arbores- 
cent se montre le Prenanthes arborea , aux feuilles plus deliees , aux 
panicules plus fournies, mais dont les fleurs sont bien nioins apparen- 
tes. Ensuite vient le Prenanthes pinnata , chez lequel la nature s'est 
plu a multiplier les variantes dun feuillage pinnatifide et filiforme. 
Rien n'egale la finesse et la legerete de ces feuilles soyeuses qu agite le 
moindre vent et la delicatesse de ces panicules aux petits fleurons 

■ 

dun jaune dore. 

Enfm, la plante aux longues feuilles epineuses, qu'on voit suspendue 

sue le bord des rochers ou elle a pris naissance, est le Cariowizia 
salicifolia , dont les rameaux flexueux tombent en courbe bizarre 
pour se relever ensuite et etaler leurs grosses fleurs. 




Fades. — PL 8. (Dracaena Draco. Linn.) 



Le Dragonier a ses differens ages. — Telle est la planche dont nous 



sommes redevables a l'habile crayon de M. J. J. Williams, peintre 
paysagiste , qui resida plusieurs annees aux iles Canaries. L'arbre se'cu- 
laire y est represente avant la catastrophe qui le priva dune partie 
de son branchage. On le voit ensuite rautile par l'ouragan, mais pour- 



survant tou jours le cours de sa longevite. Ce vegetal gigantesque a 





















t 










M 









I 






( 177 ) 

- 

deia ete decrit : son aspect imposant, ses dimensions colossales out 
fait Fadmiration des voyageurs naturalistes (1) ; et Ion peut lire dans 

- 

nos Miscellanees (2) limpression que produisit sur nous-memes ce 
veteran du regne organique, lorsque nous habitions dans son 
voisinage. Son tronc monstrueux mesure plus de dix-huit metres de 
circonfe'rence. A cette enorme masse , qui s'est accrue dans la sue- 
cession des siecles, s'unit lexpression dune force qui se renouvelle 

i 

■ 

sans cesse. 

Cenest qu'au cap de Bonne-Esperance , a Vile Bourbon et dans 

llnde qu'on peut voir des formes analogues a celles du 



Dragonier. 



Dans sa premiere jeunesse , son facies trouve un representant dans 

1'Yueca d'Amerique. Quand on ne compare que leurs tiges et le fais- 
ceau de longues feuilles aigues qui les couronne, la ressemblance de 
ces deux especes de families si opposees est alors vraiment frappante. 
L'aspect bizarre de 1'arbre que nous avons figure a cote du grand 
Dragonier, en face de celui qui est orne de ses panicules florales , est 

i 

du a des circonstances particulieres dans le developpement progressif 
dela tige. Cejeune arbre n'a fleuri qu'apres un grand nombre d'an- 
nees, et, par consequent, toute sa croissance s'est bornee a 1 elongation 



de la tige par la chule successive des anciennes feuilles et la reprod 
tion des nouvelles. S'il eut commence a fourcher a quatre ou ( 



mq 



■ 

metres au dessus du sol, chaque nouveau bourgeon floral aurait donne 



lieu 



nouvelle bifurcation , par la naissance de bo 



late 



raux et les vaisseaux radiculaires de ces memes bourgeons , en se pro 
longeant de leur point de depart, vers les racines, auraient grossi le dia 
metre des branches et du tronc. Mais dans le cas que nous presentons 



la nature n'a pas etabli, des le principe 



•) 



proportion d 



(1) Voy. Humboldt : Tableaux de la Nature (traduct. d'Eyries), t. n, p. 26 ; et note, p. 100. Relation 
hist. t. i p. 118, 639; et nos observations sur le Draccena Draco. (Nova Acta Acad. Nalur. 



curios. 



vol. xiu , p. 773. 



1827.) 



(2) Tom. i, 2 e part., p. 98. 







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178 



longueur et en largeur. Le premier developpement 



sance en 

temps domine le second; le bourg 



a long 



foliace originaire a fait seul 



tous les 
bourgeo 




de Taccroissement , jusqu 



>\ 



ce que fapparition 



d' 



de fleur, au sommet de la tige , en determinant celle des 



• \ 



bou 



'g 



late 




Cet exemple 

prolongement des fibres lig 



:, ait donne naissance aux premier 
developpement continu en longueu 



branches 



par 



le 



provenant du r 



ellement 



cessif du premier bourgeon foliace, nous semble la confirmation la 
plus patente de la theorie de La Hire , theorie naturelle qu'Aubert du 
Petit-Thouars a demontree dans ses Memoires , que nous avons soute- 



nue pa 

res (1), 



observations sur le developpement des Conife 
et que naguere M. Gaudichaud a prouvee a fond , dans un tra 



propres 



ail complet, digne du prix qu'il a obtenu 



Fades. 



PL 9 et\\. 






Quatr 

* 

planche: 



la region forestiere sont representes sur ces deux 
d'abord, Xllex canariensis et Xllex Perado (pi. 9). Le pre- 




de 



1'aspectdunLaurier; le second se fait distinguer par 



' 



droite , elancee , et 



ameaux etales horizontalement. Le po 



sa tig 
t de c 



bel arbre et le lustre de son feuillage lui ont valu dans le pays le nom 
d'Oranger sauvage (Naranjero 



salvage) , mais celui d 



Citr 



lui 



conviendrait peut-etre mieux 



branch 



JJOlea excelsa (pi. 11) conserve, dans la symetrie de ses 
i des caracteres de 1'Olivier d'Europe. Ses feuilles dures, lanceolees, 

celles de ses congeneres , mais leur 



sont 



peu curvatives , comme 



dimension, leur ver 



d 



lustree lui donnent 



tout autr 



rence. La masse 



luxuriante de son feuillag 



tient b 




appa- 
de la 



getation tropicale que de celle de 



climats 






(1) Sur la longevile et 1'accioissement des arbres. 2- mem., Bibliot. turners, de 



Geneve y l re serie 



vol. 51, p. 355. 



Decembre 1832. 






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179 
Le Boehmeria rubra (pi. 11) est un arbuste de la famille des Urti- 



ce'es , qui , par 



porl 



? * 



e'carte tout a fait de nos especes d 'Europe. 

■ 

Cest dans les iles de 1'Ocean-Pacifique , et surtout dans celle d'Ualan. 

■ 

qu'il faut aller chercher ses analogues. Le vert- tend re de ses feuilles 



s'harmonise bien avec la teinte legere des grappes de fleurs rosees 



• 

dont se panachent les rameaux. Par la gracieuse flexibilite du feuil- 
lage et l'agreable aspect des fleurs, cejoli arbuste fait l'ornement des 

• 

sites ou nous lavons rencontre pendant nos herborisations (1). 






Fades. — PL 10. 



L Adenocarpus Frankenioides (2) et le Cytisus nubigenus (3) sont les 

deux plantes dominantes qui garnissent la 
neuses arborescentes. 



haute region des legumi 



\1A 



Frankenioides est un 



br 



au tr 



t et 



noueux, de la tribu des Genets, mais dont les petites feuilles ternees, 
pubescentes et roulees en dehors sont ramasse'es le long de rameaux 
diver gens et lui donnent un peu laspect de certaines Frankenies. II 
se decore, au mois de mai, de fleurs odorantes, dun jaune-citron, dont 

les thyrses, qui naissent a lextremite des rameaux , se marient agrea- 
blement avec le vert-gai du feuillage. 

A Te'neriffe on commence a rencontrer cet Adenocarpe a deux 
mille quatre cents metres au-dessus du niveau de la mer, en montant 

Pic par la vallee de l'Orotava. II se mele d'abord avec le 
Cytise prolifere, mais plus haut et a mesure que l'onsavance sur le 
plateau des Canadas (1800 m.) , il couvre a lui seul un espace 
assez grande etendue et finit par se perdre dans une autre zone de 



vers 





une 












I 







I 





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Kir 









- 

(1) Voy. nos observations sur cette espece (Nova Acta Acad. Natur. curios ., vol. xi 

(2) Adenocarpus wscosus. Nob. Voy. m e vol., 2 e sect. \Phy to graph, canar.) , p. 32. 



p. 943 



1829). 



/ 



(3) S par tocy tints nubigenus. 



Id., 



ibid. , 



p. 50, 







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180 






getation formee par lespece que 



allons decrire et qui reste 



maitresse de ces ter 



Le Cyt 



bigenus 



que Linne avait place d 



les Spartes 



est une autre espece de la triba des Genets, dont le tronc court et tor 
tueux se ramifie tres-pres du sol. Son 
detache par lanieres 5 les pi 



nunce 



fendille et se 




anches 



tendent horizontale 



ment et se courbent jusqu'a tene ; elles donnent naissance a des ti 

to, qui poussent par paquets diverge 



d 



grisatr 



1 



comme on le voit dans le Genet d'Espagne. De petites feuilles ternees 
oblongaes, soyeuses et don vert pale naissent le long des tiges ; toule 

ces oreanes n'a lieu que sur les jeunes rameaux 



fois , l'appai 



de 



les Tieux Cytises en sont pi 
tristes avant la floraison : : 



? 



ssi l'aspect de la plante est des plus 
commencement du printemps elle 



se couvi 



dune innombrabie quantitc de lie 



fS 



blancbes, tellement 



pi essees le long des tiges que , vu a une certaine distance , ce buisson 



r 



ble 



un g 



nd 



amas de neige. Les lleurs de ce genet, qu 



pielques arbust 



appelle a Teneriffe Retama blanca , prennent sur c 

une legere teinte rosee ; elles exhalen t un parfum suave qui emb 

tous les lieux environnans et que la bnse du soir repand jusque 

les vallees inferieures. Les abeilles butinent sans ce 



d 



tour de cette 



plante 



quelle 



s 



preferent a toute auti 



elle point 



de 



miel 



deiicieux qui egale celui du mont Hymete , car les nomb 



dont les rucbes sont placees dans les end 



ts les plus abrites du pi 



1 



ele 



teau , seraient prives de leur pi incipale subsistance. Sans le G 
Canadas point de chevies meme, dont les troupea 
partie de l'antiee d 



d 



fc> 



u ne 



ces 



re 



hautes solitudes , bioutent , faute daut 
pltu^age, lesjeunes tiges de la plante qui fournit aux habitans de 1 ile 



deux pi 
utile ai] 



ressources 



le laitage et le miel. Elle nest pas moi 



oyageur que la curiosite conduit j 



sommet du P 



branches seches leur ser\ 



ent a entretenir le feu de leur bi 



Ce buisson. si triste quand il ne montre plus que ses tig 



-eles et 


















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I 1 







( 181 



nues 



ses legumes noires et plates, mais si eclatant lorsqu il est orne de 
ses blanches fleurs, vient embellir des lieux que les volcans seniblaient 
avoir condamnes a une sterilite etei nelle. 

« 

Tel est le Genet blanc qui occupe presque a lui seul lirnmense cir- 



que 



ateriforme 



milieu duquel selev 



Teyde dans toute la 



majeste de 



imposante. Nous avons essaye d 




peind 



re 






avec la pbysionomie qui le caracterise , form ant avec l'aspect aride d 
lieux ce contraste qui etonne et char me a la fois. 





€4 



jA&wi, 






Paris, 2 mai 1842 






FIN DE LA PREMIERE PARTIE DU TROISIEME VOLUME, 





















. 












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TABLE 



DES 



MATIERES 



CONTENUES DANS CE VOLUME 



CHAPITRE PREMIER. 

ASPECT G&N&RAL DE LA VEGETATION DANS LES 



1LES 



CANARIES . Pag. 

SUPPLEMENT AU QHAPITRE PREMIER. 



Florule de Tile de Graciosa 27 

Liste de plantes recueillies dans Tile de Lan- 
cerotte depuis le 25 mai jusqiTau 25 juillet 



1829 



28 



55 






Liste de plantes recueillies a Fortaventure 
dans le commencement du mois d'aout 1829. 

CHA.PITRE DEUXIEME. 

DISTRIBUTION PHYTOSTATIQUE 35 

Tableau comparatif des differences dans la 

temperature des princi pales stations. ... 54 

Tableau du premier climat 56 

du deuxieme. ............ 57 

du troisieme 58 

SUPPLEMENT AU CHAPITRE SECOND. 

■ 

OBSERVATIONS CLIMAT^RIQUES *84 

Temperature du Pic de Teneriffe a deux sai- 

sons differentes lb. 

Observations sur la temperature de la haute 



region 



85 



Series d'observations sur la temperature de 



diverses localites de 1 ile de Teneriffe. . 



* • 



86 




Observations sur la temperature de la Grande 

Canarie Pag- $* 

Observations comparatives sur la temperature 
de Tatmosphere au niveau de la mer dans 
deux differentes localites 89 

CHAPITRE TROISI&ME. 

DES FORETS CANAR1ENNES , DE LEURS CHANGE- 

MENS ET DE LEURS ALTERNANCES 95 

CHAPITRE QUATRlfeME. 

DESCRIPTION DES FORETS 127 

Forets du nord-est de Teneriffe lb. 

Foret d'Agua-Garcia 131 

Groupes d'arbres isoles 155 

Foret de Doramas dans Tile de Canada. . . 138 

Forets de Tile de Palma. ........... 145 

Region des Pins 147 

Conclusions ' . • 162 

CHAPITRE CINQUIEME. 

DES GRANDS CARACTERES DE LA VEGETATION. . 165 

Vues phytostatiques. Explication des plan- 
ches de TAtlas 168 

DU PORT DE QUELQUES ESPECES CANARIENNES. . 175 

Facies. Description d'apres ies planches de 
1' Atlas 174 









FIN DE LA TABLE DES MATURES* 












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Page 



4 



ligne 



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ib. 

112, 










ERRATA 



5. il en est aussi d'autres . . . 



il en est aussi. 



placees '*« P ,ac * s 



6, 

40, les espeees aborigeues 



44, la symetrie . . 
10, les lavanges. . 



les espeees indigence 
la mono tonic, 
les lavasses. 



2V. B. Les trois premieres failles n'existent que 



dans an certain nomhre d'exemplaires 






















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