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Full text of "Histoire naturelle des insectes : genera des coleopteres, ou expose methodique et critique de tous les genres proposes jusqu'ici dans cet ordre d'insects"



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Cornell University 
Ithaca, N. Y. 



Histoire naturelle des insectes :genera 



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COLLECTION 

DES 

SUITES A BUFFON 

FOHMANT 

AVEC LES ŒDVRES DE CET ADTEDR 

UN 

COURS COMPLET D HISTOIRE NATURELLE 

PUBLIÉES AVEC LA COLLABORATION 

de Membres de l'Institut de .France, 

de Professeurs du Muséum d'Hi3toire naturelle de Paris, 

et de diverses Facultés, 

de Membres de la Société Entomologique de France, etc. 

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INSECTES COLÉOPTÈRES 




PARIS 

RORET, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUB MAUTEFEUILLE, 12. 



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HISTOIRE NATURELLE 



INSECTES 



COLÉOPTÈRES 



VII 



HISTOIRE NATURELLE 



INSECTES 

GENERA 

DES 

COLÉOPTÈRES 



EIPOSÉ MÉTHODIQUE ET CRITIQUE DE TOUS LES GENRES PROPOSÉS JUSQU'ICI 
DANS CET ORDRE D'INSECTES. 



PAR 

M. Th. LACORDAIRE 

Officier de l'Ordre de Léopold, Professeur de Zoologie et d'Anatomie comparée i 
l'Université de Liège, Membre associé de l'Académie des sciences et belles-lettres de 
Belgique, Membre honoraire ou correspondant des Sociétés entomologiques de 
France, de Londres, de Stettin, de Berlin, de la Nécrlande, de Braielles, de 
Russie, ete, etc. 

TOME SEPTIÈME 



LES FAMILLES DES CURCULIONIDES (suite), SCOLYTIDES, 
BRENTHIDES, ANTHRIBIDES ET BRUCHIDES. 



PARIS 

A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET, 

RUE HAUTEFEUILLB, 12. 
1866 



v. 7 



GENERA 

DES 

COLÉOPTÈRES 



FAMILLE LXII. 



GURGULIONIDES 



LEGION II 

CURCULIONIDES PHANÉROGNATHES. 



COHORTE II. 

CURCULIONIDES PHANÉROGNATHES APOSTASIMÉRIDES. 

Hanches postérieures plus ou moins séparées, rarement contiguës ; 
le prosternum souvent canaliculé entre elles. 

Do mémo que, chez les Synmérides la contiguïté de ces hanches 
souffre quelques exceptions, il y en a ici a leur séparation, et il n'existe 
aucun caractère commun qui puisse servir à faire reconnaître les 
genres chez lesquels elles se présentent (1). 

(1) ,Io ne me dissimule nullement que cette division des Curcullonides pha- 
nérognatlies en Synmetïdes et Apostasiméiides, que j'ai empruntée à Schœn- 
herr en la généralisant, est le côté faible de mon travail. Aussi ne la donné-je 
que pour ce qu'elle vaut, en attendant qu'on ait trouvé mieux. Afin de remé- 
dier, autant que Taire se peut, à l'inconvénient des exceptions dont il s'agit, 
voici la liste des genres où elles oxistent. Plusieurs d'entre eux ne se composent 
que d'une seule espèce; chez quelques-uns, les lianches antérieures ue sont 
Coléoptères. Tome VII. \ 



2 CURCUL10N1UES. 

On a vu que dans l;i Cohorte précédente il n'est pas rare que le pros- 
ternum soit excavé et même canaliculé en avant des hanches anté- 
rieures, sans que cette excavation poisse s'étendre entre ces dernières 
par suite de leur contiguïté. Ici, outre qu'elle est infiniment plus fré- 
quente et affecte Irès-souveiit ta tonne d'un canal, rien no l'arrête et 
elle peut se prolonger indéfiniment en arrière, au point d'envahir 
quelquefois (par ex. Panolcus) l'abdomen. Erichsona dit quelque part 
que ce canal ne pouvait servira un arrangement naturel des espèces 
qui le possèdent. Je crois, au contraire, qu'on ne parviendra jamais 
à les classer convenablement si l'on ne tient pas le compte le plus 
rigoureux des conditions dans lesquelles il se présente (1), et en parti- 
culier des pièces thoraciques qui concourent à sa formation. Ces con- 
ditions sont au nombre de quatre. 

1° La plus simple, qui est en mémo temps très-commune, a lieu 
lorsqu'il n'est bien limité qu'en avant des hanches antérieures^ ou 
(cas très-rare) lorsque se prolongeant jusqu'au métasternum qu'il n'en- 
tame jamais, le mésosternum ne prend aucune part à sa formation et 
ne le limite par conséquent pas en arrière. 

2° 11 est nettement limité, par une saillie verticale et en demi-cercle 
qu'envoie le prosternum immédiatement en arrière dos hanches anté- 
rieures. Cette disposition est très-exceptionnelle. 

3° Sa limite postérieure est formée par lé inésosternum qui sou- 
vent, en même temps, ferme sur les cotés l'intervalle qui existe entre 
les hanches intermédiaires et les antérieures. Cette forme est com- 
mune, et l'on verra plus bas, à propos des Cryptorhynchides, que les 
modifications que subit le mésosternum peuvent fournir de bons 

4° Enfin il se prolonge sur le métasternum et même sur l'abdomen. 
Dans ce cas, dont il y a d'assez nombreux exemples, le mésosternum 
est divisé en deux moitiés latérales, oti, ce qui est plus commun en- 
core il ne forme plus qu'une partie du plancher du canal. 

Ce's quatre formes ont été réalisées chez les Cryptorhynchides et 
m'ont servi de point de départ pour leur classification. Quelques-unes 
d'entre elles, mais très-rarement toutes à la fois, existent également 
dans quelques autres groupes. 

Ces insectes présentent eu outre, dans la structure de leurs orga- 

contigues que chez quelques espèces seulement : Gymnethon, Ectatoiuiincs, 
AcentuusIthyi.oriis,Conothachei.u S ,Piiackcohvne S ,Si>henophoku S ,Xeuodesmus, 
Oxyrhvnchus, Oiitiiognathus, Sii'Ai.us, H KsocoBUïi.us. 11 va de soi que dans un 
grand nombre .Vautres genres, la séparation de ces hanches est trës-fiuDle. 

(1) Rien de plus vague que la description qu'en donnent Sclicr-nberr et pres- 
que tous 1rs auteurs, même les plus récents. Quand ce canal dépasse les han- 
ches antérieures eu arrière, ils se contentent de dire qu'il se prolonge ou non 
*ur la poilrinc, sans même indiquer le plus souvent si sa limite postérieure est 
formée par lo mésostemum ou le métasternum. 



CURCULI0N1DES. 3 

nés buccaux ou, plutôt, de leur cadre buccal, quelques particularités 
intéressantes, mais comme elles n'existent que dans leurs derniers 
groupes, il serait prématuré d'en parler en ce moment 

La Cohorte comprend tout le reste des Mécorhynques de Schœnherr 
plus quelques-uns de ses Orthocères. Elle se divise aussi en deux 
I balances basées non, comme celles des Synmérides, sur le pvindium 
recouvert ou non, la structure des crochets des tarses, etc./mais sur 
des caractères empruntés aux antennes et aux tarses. 
Massue aotenoaire articulée ; art. 3 des tarses bilobé. V 

compacte; presque toujours entier. II. 

PHALANGE I. 

JT]°u bU ? aUX àl ' état QOrmal (,) ' - Massue ail,ennail ' e ^iculée 
chez la plupart, jamais composée d'un article basilaire très-développé 
les autres étant très-courts et spongieux. - Tarses en général spon- 
gieux en dessous, avec leur 3" article bilobé. 

Ces caractères, les seuls qui distinguent essentiellement cette Pha- 
ange de la suivante, ne sont pas plus absolus que ceux qui séparent 
les Apostasunéndes des Synmérides. Il existe, en effet, ici queloues 

pDres(par 6 x.CoEio8TEiwus,CY«NDBocERDs,LEPioscHoron8,eto.)ohez 

lesquels la massue antennaire, surtout celle dos mâles, est allorurée 
sans divisions apparentes, veloutée, et ne conserve même pas tou- 
jours un vestige de son 1«< article qui a gardé sa structure cornée 
Mais jamais, ce qui est très-commun dans la Phalange suivante ce 
1" article ne se développe avec excès, tandis que les autres sont 
très-rédui,set spongieux. Les exceptions à la forme normale des tar- 
ses sont beaucoup plus rares, mais, par compensation, dans la se- 
conde Phalange il est assez fréquent que leur 3» article soit bilobé 
de sorte que oe caractère n'est pas plus rigoureux que le précédent ' 
Les épimêres mésothoraciques ont ici plus d'importance que la 
forme des segments intermédiaires de l'abdomen et permettent de 
diviser ces insectes en deux sections. 

I. Epimêres mésothoraciques non ascendantes. A 

"• ascendantes. B 

(1) C'est-à-dire pareils a ceux de tous les Erirhinidcs de Schœnherr- en 
d autres termes, le sous-mcnton est échancré et muni dans son fond d'un pé- 
doncule de longueur variable, mais qui n'atteint jamais le niveau du boni an'é- 
Mur de 1 échancrurc Les mandibules, qui jouent un rôle important dans la 
légion précédente et la deuxième phalange de la cohorte actuelle, ne s er v en t 
pus a ,,en dans celle-ci. Elles sont en tenaille ou triqué.res, plus rarem n 
d pcmées, et ces diverses formes peuvent coexister dans un „,ôme genre na- 
turel. Chez quelques Chohdes seulement, elles se comportent comme chez plu- 
■eurs Ca audndes, c'est-à-dire sont en tenailles et munies d'une sorte d'oreï- 
lette saillante et recourbée en dehors. 



CimCULlO.VlDES». 



SECTION A. 



Epimères mésothoraciques non ascendantes (linéiques Zygopides 
exceptés). — Segments intermédiaires de l'abdomen beaucoup plus 
souvent rectilignes en arrière qu'arqués ou anguleux à leurs extré- 
mités. 

La forme de ces segments, non plus que la visibilité ou l'invisibi- 
lité du pygidium et la structure des crochets des tarses, ne peut servir 
de base pour l'arrangement de ces insectes. Le canal rostral lui-même, 
dont la présence ou l'absence paraîtrait devoir être d'un grand se- 
cours, n'en prête que fort peu. Entre les espèces qui n'en ont aucune 
trace et celles où il arrive à sa plus grande perfection, le passage est 
si insensible qu'une définition rigoureuse des Cryptorhynchides, 
groupe qui, au premier coup-d'œil, semble si tranché, est un pro- 
blème presque insoluble. Une autre difficulté que présente la clas- 
sification de la section, vient du grand nombre de formes isolées 
qu'elle contient, Parmi les vingt Tribus (I) que j'ai été obligé dy 
établir la plupart ne contiennent qu'un très-petit nombre de genres 
et plusieurs qu'un seul. Le tableau suivant en donnera une idée pré- 
liminaire. 

I. Antennes droites. 

a Rostre fies deux sexes à peine plus long que 
la tète, robuste. 
Elytrcs débordant l'abdomen ; leurs épi- 

pleures horizontales. 8. Cmubotidss. 

— embrassant l'abdomen; leurs épl- 
pleures verticales. 13- Tachyconides. 

aa Rostre plus long que la tôle, de grosseur va- 
riable. 
Prosternum non canaliculé. 17- Antlubhikides. 

_ canaliculé. !*• Ramfhides. 

IL Antennes coudées (2). 

6 Mésosternum très-souvent canaliculé ou ex- 
il) Sil'ou s'étonnait de la multitude de groupes que j'établis dans la famille, 
ie ferai observer que pour les espèces seules de la Scandinavie, M. G. Thomson 
n'a cas admis moins de 28 tribus. S'il en est ainsi pour celles d'une région aussi 
pauvre en Cmculionidcs, on comprendra sans peine ce qu'il doit en être pour 
celles du globe entier. A quoi j'ajouterai que sur les vingt tribus dont l exposi- 
tion va suivre, il y en a seize dont l'Europe ne possède aucun représentant. Un 
des défauts de la classification 'le SehŒBlierr est le trop petit nombre de divi- 
sions (ii.Vlle contient. Elle trompe le lecteur en le faisant croire â une homo- 
généité d'organisation beaucoup plus grande -lue celle qui existe en réalité. 
° (2) Elles sont arquées dans le seul geure Neuthops, sans être, à proprement 
parler, droites. 



CURCl'LIONIDBS. 

cave, laissant entre lui et le prosternuin 
uu vide ou une dépression. 

e Funieule antennaire de 5 articles. 

ce de 7 ou 6 articles. 

d Un seul crochet aux tarses. 

4d Deux — — 

e Prothorax couvert de côtes fines, longitudi- 
nales et parallèles. 

ee Prothorax non couvert de côtes fines, longitu- 
dinales et parallèles. 

f Rostre très-rourt, robuste, subquadrangu- 
laiic; antennes très-courtes. 

(( Rostre au moins médiocre, ainsi que les an- 
tennes. 

(I Cuisses armées d'une graude dent triangulaire. 

gg Cuisses inermes on dentées, leur dent alors 
au plus médiocre. 

h Rostre cylindrique dans toute sa longueur, en 
général gi 61c. 

« Prosternum non canaliculé, parfois un peu 
concave. 

k Elytres laissant le pygidium à découvert. 

kk — recouvrant le pygidium. 

Crochets des tarses lissdes, ou simples et 
soudés. 
simples et libres. 

ii Prosternum canaliculé. 

h h Rostre de forme variable, mais non cylin- 
drique, comprimé ou déprimé, au moins 
à sa base. 

( Yeux très-rarement rapprochés sur le front, 

plus ou moins recouverts, chez presque 

tous, lois de la contraction du rostre (1). 

Prosternuin non canaliculé, parfois un peu 

eicave. 

— canaliculé, rarement excavé. 

// Yeux rarement séparés en dessus, toujours - 
eu entier découverts, même lors de la 
contraction du rostre. 12. ZïGONDBS. 

Iib Mésosternum jamais canaliculé, horizontal, 
formant, ou peu s'en faut, une surface 
continue avec le prosternuin elle méta- 
sternum. 

m Rostre court et robuste; corps déprimé. 

(1) Les exceptions sont assez fréquentes chez lesCholides; elles se réduisent 
à une seule (Psephoux) chez les Cryptorhynchides. 



1. Gymnétuides. 

5. h*pi.onycides. 

6. eodêrides. 

7. Nertuopides. 
!). Mêneuachides. 



3. Lemosacides. 



4. An .iiiiDi s. 
2. Dêiielomides. 

15. IsORHYNCMDES. 



10. ClIOl.IDES. 

11. Cryptoruyncmdïs. 



t» CIRCULI0N1DES. 

Rostre très-déprimé, droit. 18. Ulomuscides. 

— anguleux, ari|ué. 19. Epipêdides. 

mm Rostre au moins médiocro, jamais très-ro- 
buste. 
Mésosternum grand, en carré transversal; 

corps oblong, déprimé. 16. Trypétihes. 

— réduit à un minci; filet trans- 

versal ; corps brièvement 
ovale, assez convexe, 20. Pyropides, 

TRIBU LU. 

GYMN1ÏTRIDES. 

Rostre grêlé, médiocrement allongé, cylindrique, parfois peu à peu 
atténué en avant; ses scrobes obliques, gagnant rapidement sa face 
inférieure. — Antennes assez courtes, leur funicule do cinq articles. 
— Prosternum court, échancré en avant, tantôt plan, tantôt excavé ou 
canaliculé ; les hanches antérieures contiguës dans le premier cas. — 
Un écusson. — Elytres laissant le pygidium à découvert. — Hanches 
antérieures grosses, assez saillantes; jambes mucronées à leur extré- 
mité; crochets des tarses variables. — Les trois segments intermé- 
diaires de l'abdomen coupés carrément en arriére ; le 2 e plus court, 
ou à peine aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 1" 
par une suture droite. — Métasternum court, ses épisternums de 
largeur médiocre. — Corps brièvement ovale. 

Le caractère le plus apparent de ces insectes réside dans le nombre 
restreint des articles du funicule antennaire qui leur est propre dans 
la section actuelle. Ce caractère, qui leur est commun avec les Cio- 
nides, les a fait placer par Schœnherr dans le même groupe que ces 
derniers. Mais, outre qu'ils leur ressemblent médiocrement, ils en dif- 
fèrent essentiellement par la forme de leurs segments intermédiaires 
de l'abdomen. Des deux genres qu'ils constituent, l'un (Gymnkthon), 
qui comprend la très-grande majorité des espèces, forme la plus con- 
sidérable des exceptions qui existent au caractère essentiel des Apos- 
tasimérides, ses hanches antérieures étant contigués ou faiblement 
écartées (I). Mais rien ne s'oppose à co qu'un fasse disparaître cette 
exception, en reportant ces insectes dans la cohorte précédente, où 
ils prendraient place dans le voisinage des Anthonomides (:'). Je crois 
cependant qu'il vaut mieux ne pas les éloigner dos Miarus. 

(1) Dans un moment d'oubli, j'ai dit à tort (tome VI, p. 616) que ces han- 
ches n'étaient qn 'exceptionnellement contiguës. 

(2) M. G. Thomson (Skandinav. Col. \, p. 143) a déjà séparé les Gymnetron 
des Miarus, en les plaçant dans des groupes différents. Les premiers forment 



GYMNÉTRIDES. 7 

Les Gymnétrides sont tous de petite taille et propres à l'ancien con- 
tinent. Les larves de quelques espèces européennes sont connues (1). 
Leurs caractères généraux sont tout-à-fait a l'état normal, et ce 
qu'elles présentent de plus particulier c'est l'existence de mamelons 
thoraciqucs tenant lieu de pattes, et de deux très-courtes antennes. 
Elles vivent dans l'intérieur des fruits de diverses plantes, et y subis- 
sent leur métamorphose dans une loge qu'elles s'y construisent. 

I. Hanches antér. contigucU; crocliots des tarses soudés : Gymnetvon. 

II. séparées; libres : Uiarus. 

GYMNETRON. 
Sciioenii. Curcul. Disp. meth-, p. 319 (2). 

Rostre légèrement arqué ; ses scrobes commençant vers son milieu, 
ou un peu en avant, et atteignant les yeux. — Antennes en général 
assez robustes; scape en massue au bout, touchant les yeux; funi- 
cule à articles 1-2 allongés, obeoniques, celui-là plus long et plus 
gros, 3-.ï très-courts; subarrondis; massue grosse, ovalaire, subobtuse 
au bout, parfois imparfaitement articulée. — Veux assez grands, 
ovales, transversaux. — Prothorax transversal, plus ou moins rétréci 
en avant, arrondi sur les cotés et à sa base, celle-ci parfois légèrement 
bisinuéo en même temps, tronqué en avant; prosternum très-court, 
plan ou faiblement excavé. — Ecusson petit, variable. — Elytres peu 
ou médiocrement convexes, ovales ou subparallôles, obtusément ar- 
rondies en arrière, avec l'angle suturai un peu l'entrant, à peine plus 
larges (rue le prothorax et légèrement écliancrées en arc à leur base. 
— Pattes médiocres; hanches antérieures contigués; cuisses en mas- 
sue, tantôt inermes, tantôt dentées ou denticulées en dessous ; jambes 
de la môme paire brièvement ou assez fortement mucronées au bout, 

seuls sa tribu des Gymnctrina, les seconds, réunis aux Acalïptos, celle des 
Acalyplina, et ces deux tribus sont placées immédiatement à la suite l'une de 
l'autre. 

(1) Les meilleures descriptions qu'on en ait sont celles des deux suivantes : 
G. campiinulœ, Laboulb. Ann. d. 1. Soc. cnlom. 1858, p. 90, pi. 17, 1, f. 2-7- 
sur la Compnnuln rhomhoidulis. Voyez aussi sur ses mœurs, Frauenfeld, Ver- 
handl. d. Zool.-Bot. Ver. iu Wien, 111, 1853, p. 116; ce savant entomologiste 
l'a trouvée sur la Campanula rnpunculoides. — teter, Hecger, Silzunsber. d. 
Wien. Akad. XXXIV, p. 218, pi. 3; sur le Ycrbascum nigrum. — villosnlus, 
Bouclié, Naturg. d. Insckt. p. 202, pi. 10, f. 22-23; sur la Veronica becca- 
bunga; M. Loew (Allgcm. dentsch. nulurhisl. Zeit. II, p. 290) l'a trouvée sur 
la Ver. anagallîs. — Quelques détails sur les habitudes des G. linariœ, attti- 
rhini, ptlosus, ont été également publiés par M. Buc'.i, Verliandl. d. naturli. 
Ver. d. preuss. Rlicinl. VIII, p. 40. 

(2) Syn. Uhinusa, Stepli. III. of Bril. Entom. IV, p. 11; genre établi sur les 
espèces (par ox. antirhini, colliniis, etc.) dont le rostre est un peu atténué en 
avant. I 



8 CURCUL10NIDES. 

le mucro, dans ce dernier cas, redressé; tarsos étroits, à articles 1-2 
obconiques, 3 peu élargi, 4 long; ses crochets soudés à leur base. 
— Saillie intercoxalo assez large, parallèle, tronquée en avant. — 
Corps ovale ou oblongo-ovale, finement pubescent, rarement presque 
glabre. 

Genre nombreux (1) et répandu en Europe, en Asie et en Afrique. 
Ses espèces, dont quelques-unes seulement sont de la taille des Cionus 
de première grandeur, sont généralement d'un noir uniformo peu 
brillant et voilé par une fine pubescence couchée, avec le prothorax 
finement pointillé et les élytres régulièrement striées. Ainsi que l'a 
fait observer M. H. Brisout de Barneville, les mâles ont le métaster- 
num, le 1 er segment abdominal et la base du 2° plus ou moins forte- 
ment et largement excavés, tandis que chez les femelles ces parties 
sont faiblement ou à peine impressionnées. 

Le genre correspond aux deux premières sections établies par 
Schœnherr dans les Gymnetron (2). 

MIARUS. 
(Scuoenh.) Siepii. lit. ofBrit. entom., IV, p. 15 (3). 

Mômes caractères quo les Gymnetron, sauf les deux points suivants : 
Rostre reçu dans un canal prosternai ne dépassant pas les hanches 
antérieures. — Crochets des tarses libres. 

(1) Scliœnlieir (Curcul. VIU. 2, p. 182) en mentionne 40 esp.; M. H. Brisout 
de Barneville (Ann. d. l.Soc. entom. 1862, p. 625), dans une Monographie du 
genre, ne comprenant que les espèces européennes, asiatiques et algériennes, 
en décrit le même nombre. Les suivantes ne figurent pas dans le premier de 
ces auteurs : G. hœmorrhous, fuliginosus, Roscnh. Beitr. z. Insekteuf. Europ. 
p. 55; Hongrie. — crassirostris (teler F. var.), vulpes, Lucas, Explor. d. l'Al- 
ger.; Entom. p. 458; Algérie. — variabilis, Rosenli. Die Tliicre Anrlal. p. 296; 
Espagne mér., Alger. — latiusculus, Jacquel.-Duv. Gêner, d. Col. d'Eue; 
Curcul. p. 68; France mér. (Montpellier). — S'iiiguinipes, Clievrol. Rev. et 
Mag. d. Zool. 1859, p. 389; Algérie. — simus, Unis, et Rcy in Muls. Opusc. 
entom. IX, p. 40; France mér. (Provence). — consuetus, Ménétr. Ins. rec. p. 
Lelim.part. 2, p. 48; Bokhara. — tychioides, Andalousie; ehngalus, France 
mér. occ.; hœmurrhoidalis, Italie; pyrenœus, littureus, France mér.; lanige- 
rus, Algérie; herOarum, France ; H. Bris, de Barnuv. loc. cit. 

(2) Scliœnhorr (Curcul. IV, p. 755) assigne à tort à la seconde de ces sections 
un canal pectoral dans lequel serait reçu te rostre; aucune de ses espèces n'en 
possède. M. Brisout de Barneville (loc. cit. p. 644) a reproduit cette erreur 
tans s'apercevoir que Scliœnlierr (Curcul. VIII, 2, p. 184) l'avait corrigée plus 
tard. Ce caractère illusoire mis de cété, il ne reste plus, pour distinguer eutre 
elles les deux sections dont il s'agit, que cette particularité d'une faible valeur, 
à savoir, que le pygidium est un peu plus découvert dans la seconde quo dans la 
première. 

(3) Syn. Cleopus, Sull'rian, Stetlin. entom. Zeit. 1854, p. 94; cet ancien nom 



DÉRÉLOMIDES. 9 

Quelques Gymnetron ont déjà le prosternum légèrement excavé, 
mais leurs hanches antérieures sont continués. Ici, au contraire, les 
hanches en question sont écartées, ce qui fait rentrer ces insectes dans 
les Apostasimérides normaux. Leurs crochets des tarses libres achè- 
vent de démontrer qu'ils doivent être séparés des Gymnetron, bien 
que l'opinion contraire soit généralement admise en ce moment Ils 
sont bien moins nombeux que ces derniers (I), mais leur ressemblent 
du reste complètement. 



TRIBU LUI. 

DÉRÉLOMIDES. 

Rostre allongé, grêle, cylindrique ; ses scrobes obliques, en partie 
visibles latéralement. — Antennes médiocres ou assez longues, grêles; 
leur funiculc de sept articles. — Prosternum assez long, entier en 
avant, non excavé. — Un écusson. — Elytres recouvrant le pygidium. 
— Hanches antérieures globuleuses, assez petites, médiocrement sé- 
parées ; cuisses non dentées ; jambes inermes au bout ; crochets des 
tarses libres. — 2" segment abdominal au moins aussi long que les 
deux suivants réunis, coupé carrément en arrière ainsi que ces der- 
niers, soudé ou non avec le 1 er . — Métasternum assez long; ses épi- 
sternums étroits. — Saillie mésosternale plus ou moins étroite. — 
Corps oblong. 

Ce groupe se compose des deux genres Derelomis et Everges de 
Schœnherr, le premier propre à l'ancien continent, l'autre à l'Amé- 
rique du Sud. Je les extrais de ses Cholides où il les avait placés, en 
intercalant entre eux plusieurs genres avec lesquels ils n'ont aucun 
rapport. Leurs caractères, qui ressortent suffisamment de la formule 
qui précède, ne permettent pas de les comprendre dans aucun des 
groupes de la section actuelle, mais les rapprochent plus du précé- 
dent que de tous ceux qui suivent. 

I. Cuisses non pédonculées à leur base : Oerehmus. 

II. — pédonculces — : Everges. 
Genre incerlae sedis : Psilorhimts. 

de Megcrle et Dcjean (Cat. éd. 1, p. 83) sous lequel ils désignaient quelques 
Cionus et toutes les espèces du genre actuel et des Gymnetron, avait déjà été 
restreint par Slcphens à certains Cionus (voyez tome VI, p. 618, note 1); il vaut 
mieux, par conséquent, afin d'éviter toute contusion, le regarder comme hors 
d'usage. — Gyhnethon, Scliœnli., II. Bris, de B.irnev., etc. 

(1) tO espèces seulement figurent dans Schœnherr (loc. cit. p. 186). — Aj.: 
G. s/ilsosœ, Perse ; meridionulis, France mér., Alger.; H. Biis. de Bainev loc 
cit. p. 664. 



10 CURCIILIONIDF.S. 



DERELOMUS. 
Schoenh. Curcul. Disp. meth., p. 235. 

Rostre, assez ou faiblement arqué ; ses scrobes naissant vers son 
milieu et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes assez 
longues ; scape en massue au bout, atteignant les yeux ; funiculo à 
articles 1-2 allongés, obeoniques, égaux ou subégaux, 3-7 subcylin- 
driques, courts ; massue oblongo-ovale, acuminée, faiblement arti- 
culée. — Yeux assez grands, brièvement ovales, un peu convexes. — 
Prothorax peu convexe, transversal, presque droit, ou plus ou moins 
arrondi et souvent finement marginé sur les côtés, très-brièvement 
resserré en avant, avec son bord antérieur relevé, coupé carrément 
à sa base. — Ecusson très-petit, variable. — Elytres peu convexes, 
régulièrement oblongues, à peine plus larges que le prothorax et 
légèrement échancrées à leur base, avec les épaules subanguleuses.— 
Pattes médiocres ; cuisses non pédonculées, assez fortement en mas- 
sue ; jambes droites; tarses courts, finement spongieux en dessous, à 
articles 1-2 obeoniques, 4 médiocre; ses crochets divariqués.— Pygi- 
dium recouvert ; 2 e segment abdominal aussi long que les deux sui- 
vants réunis, séparé du premier par une suture droite; saillie inter- 
coxale large , arrondie en avant. — Métasternum de longueur 
moyenne. — Saillie mésosternale assez étroite, inclinée et tronquée 
en arrière. — Corps oblong, glabre ou finement pubescent. 

Les espèces sont assez nombreuses (i) et, pour la plupart, propres à 
l'Afrique. Deux d'entre elles {chama>ropi>;, subcostalus) prolongent 
leur habitat dans l'Europe méridionale sans paraître aller plus loin 
que l'Espagne et la Sardaigne. 

Ces insectes sont. petits et d'un jaune testacé uniforme, ou auquel 
s'ajoutent, sur diverses parties du corps, des taches mal définies d'un 
noir brunâtre. 

EVERGES. 

Schoenh. Curcul., VIII, 1, P- 89. 

Mâle : Rostre arqué ; ses scrobes basilaires, très-courtes, rectilignes. 
— Antennes basilaires, assez longues et grêles; scape grossissant 
peu à peu, dépassant assez fortement les yeux en arrière ; funicule 
à articles 1-1 allongés, obeoniques, 3-7 très-courts, égaux ; massue 
petite, compacte ; son I er article en cène renversé. — Yeux grands, 
déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax peu convexe, subovale, 
tronqué en avant et à sa base. — Ecusson très-petit, allongé. — Elytres 
allongées, déprimées sur le disque, parallèles dans les trois quarts de 

(1) Scliœnhcrr (Curcul. VIII, 1, p. 92) en décrit 10, dont 8 d'Afrique ou 
d'Europe et 2 iméricaines : suturalis, du Mexique, avkularis, du Brésil. 



DKRÉLOMIDES. 41 

leur longueur, subisolément arrondies en arrière, un peu plus larges 
que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules 
obtusément anguleuses. — Pattes assez longues ; cuisses fortement en 
massue, pédonculées à leur base; jambes grêles; tarses courts, étroits, 
spongieux, a articles 1-2 obconiques, 4 médiocre; ses crochets petits, 
divariqués.— 2° segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réu- 
nis, soudé au 1 er et séparé de lui par une fine suture arquée et à 
peine distincte; saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Mé- 
tasternum long. — Saillie mésostemale étroite, inclinée, rétrécis et 
tronquée en arrière. — Corps allongé, presque glabre. 

Femelle : Je ne la connais pas; selon Schœnherr, elle ne diffère du 
mâle qu'en ce que ses antennes sont insérées au milieu du rostre. 

Le petit insecte (Faldermanni Schb) du Brésil, qui constitue ce 
genre a, comme le dit Schœnherr, une ressemblance assez prononcée 
aveo 1rs Enomscus. Il est remarquable par la différence qui existe 
dans l'insertion des antennes entre les deux sexes. Sa livTée est d'un 
noir brunâtre, avec le rostre, les pattes, l'extrémité do l'abdomen et 
deux tachjs sur les élytres, d'un jaune ferrugineux : l'une de ces 
taches occupe la base de ces organes et se prolonge le long de la 
suture, l'a litre est située au-delà de leur milieu et presque carrée; 
toutes deux sont assez grandes. 

Noie. 

Je suis dans l'incertitude sur la place que doit occuper le genre 
suivant, trop brièvement caractérisé par M. Blanchard, qui l'a classé 
parmi bis Cholides do Schœnherr. D'après la forme du rostre et la 
structure des antennes, il parait se rapprocher du groupe actuel plus 
que de tout autre parmi les Apostasimérides. 

PSILORHINUS. 
Blanck. in Gay, Hist. de Chile; Zool., V, p. 392 (1). 

Rostre très allongé, grêle, arqué. — Antennos insérées près de son 
sommet, grêles ; scape allongé, en massue au bout ; funicule à ar- 
ticles 1-2 un peu allongés, coniques, les suivants plus courts; mas- 
sue oblongo-ovale, distinctement triarticulée. — Prothorax presque 
conique, bisinué à sa hase. — Elytres brièvement ovales, avec les 
épaules obtuses. — Pattes fortes ; cuisses renflées, inermes ; jambes 
un peu arquées et mucronées au bout. — Corps ovalaire, pubes- 
cent. 

Les espèces sont toutes petites, de couleurs variées, et munies sur 

(1) Le nom du genre ayant été appliqué antérieurement à des Oiseaux par 
M. Huppel, devra être changé. 



42 CURCUL10N1DF.S. 

le prothorax et les élytres, de tubercules et de crûtes plus ou moins 
nombreux ; leur faciès paraît se rapprocher de celui des Anthonomus. 
M. Blanchard en décrit quatre et, depuis, M. Philippi en a publié 
quelques autres (1). Toutes sont propres au Chili. 

TRIBU LIV. 

LÉMOSACIDES. 

Rostre court, cylindrique, do grossour variable ; ses scrobes obli- 
ques, en grande partie visibles sur les côtés. — Antennes courtes, 
leur funicule de sept articles ; leur massue plus ou moins grosse. — 
Prosternum court, faiblement échancré en avant, non excavé. — 
Elytres laissant le pygidium et parfois une partie du propygidium à 
découvert. — Hanches antérieures grosses, subglobuleuses, en général 
assez fortement séparées, cuisses dentées ; jambes onguiculées et en 
même temps brièvement mucronées au bout; crochets des tarses libres. 
— Les segments abdominaux intermédiaires tantôt coupes|parrement, 
tantôt tous ou quelques-uns d'entre eux arqués ou anguleux à leurs 
extrémités, le 2° plus long cruo chacun des deux suivants, séparé du 
1" par une suture arquée. — Métasternum de longueur médiocre, 
ses épisternums plus ou moins larges. — Corps oblong. 

Schœnherr a placé son genre Lemosaccus, qui compose à lui seul 
cette Tribu, immédiatement a la suite des Aixides, l'éloignant ainsi 
très-fortement dcsCNOiiDoriioutset des Magoalinus qu'il avait classés 
parmi ses Erirhinides. La méthode que je suis m'a conduit à un ré- 
sultat semblable, mais j'ai signalé (2) l'analogie intime qui existe 
entre les deux genres en question et oelui dont il s'agit en ce moment. 
Si l'on ne tient pas compte des rapports qu'ont entre elles les hanches 
antérieures, tous trois devront être placés dans le mémo groupe. Les 
L-EMOSACCis n'en ont pas moins (surtout les espèces américaines) une 
parenté assez étroite avec les Alcioes, mais ils en diffèrent par les 
crochets des tarses libres et simples, leur pygidium découvert, la lon- 
gueur rolative de leur 2 e segment abdominal et la largeur de leurs 
épisternums môtathoraciques ; dès lors il ne parait pas admissible 
de les associer avec eux. Ces insectes sont petits et propres à l'Amé- 
rique et à l'Australie ; mais les espèces de ce dernier pays doivent, à 
mon sens, constituer un genre distinct. 

(1) P. colluris, variegatus,pl'iyiutus,modestus, Blauch. loc. cit. p. 393.— 
tuberculottis, vatdivianus, elegans, rufulus, PUilippi, Slcttin. entom. Zelt. 
1864, p. 366. 

(2) Tome VI, p. 572. L'analogie est surtout prononcée entre les L.t.mosaccus 
américains et tes Cnf.midophorur. 



I KM OSAI I IIKS. 13 

L/EMOSACCUS. 
Schoekii. Curcul. Disp. meth., p. 50 (1). 

Tète subglobuleuse, plus ou moins saillante; rostre un peu plus 
long qu'elle, droit, cylindrique, parfois un peu plus gros à son ex- 
trémité; ses scrobos commençant au-delà de son milieu et arrivant 
sous les yeux. — Antennes courtes; scape grossissant peu à peu, en 
général arqué, grêle, ainsi que le funicule; celui-ci à articles 1 gros, 
obconique et allongé, 2 subcylindrique, plus mince et moins long, 
3-7 très-courts, subarrondis ; massue aussi longue au moins que le 
funicule, forte, oblongo-ovale, articulée. — Yeux grands, subdépri- 
més, oblongs, transversaux, rapprochés sur le front. — Prothorax 
transversal, plus ou moins et souvent très-convexe, brusquement 
rétréci et tronqué en avant, sans lobes oculaires, profondément bisinué 
à sa base (2). — Ecusson en général assez grand, variable. — Elytres 
plus ou moins courtes, peu convexes, parallèles, pas plus larges que le 
prothorax et chacune isolément saillante à sa base, tronquées en arrière 
et laissant le pygidiuin, parfois (subsignatus) aussi le propygidium, à 
découvert. — Pattes courtes, robustes; ceisscs comprimées, presque 
graduellement en massue, dentées en dessous; jambes comprimées, les 
antérieures arquées ; toutes fortement onguiculées au bout ; tarses 
médiocres, à articles 1-2 étroits, en cône renversé, celui-là allongé, 3 
large, seul spongieux en dessous, 4 grêle, ainsi que ses crochets. — 
Pygidium vertical, en triangle curviligne. — Les trois segments inter- 
médiaires de l'abdomen coupés carrément en arrière; saillie intercoxale 
triangulaire. — Métasternum de longueur médiocre, ses épisternums 
en général très-larges. — Saillie mésosternale plus ou moins large, de 
forme variable. — Corps oblong, subeylindrique, faiblement 
pubescent. 

Autant que j'en puis juger par les espèces que j'ai sous les 
yeux, les femelles se distinguent des mâles par leur rostre plus long, 
notablement plus grêle, et la massue de leurs antennes plus pe- 
tite. 

La formule qui précè'de est empruntée exclusivement aux espèces 

(1) Syn. Tuasinoi-iiilus pirs, Schœnh. Curcul. 111, p. 273; olim. — Magda- 
lis pais, Germai-, 1ns. Sflec nov. p. 192. — Hihna pais, Oliv. 

(2) Cette base affecte deux formes différentes ipii correspondent à la distri- 
bution géographique des espèces. Chez celles de l'Amérique, elle est fortement 
biainuée, avec son lobe médian assez étroit, de sorte que le prothora* parait 
comme chez les Alcides, quoique a un moindre degré, trilobé en arrière. Chez 
les espèces australiennes cllu est, au contraire, largement arrondie et échan- 
gée seulement près des angles postérieurs qui sont plus ou moins saillants et 
aiçus. 



14 CIJRCULIONIDES- 

américaines (I), celles de l'Australie (2) en différant par plusieurs 
caractères essentiels. Les premières sont en général plus grandes et 
de forme plus robuste que les Magdalinus d'Europe. Comme chez ces 
derniers, leur prothorax est criblé de points enfoncés confluents; leurs 
élytrcs sont constamment striées et les intervalles entre les stries sou- 
vent costiformes. Leur livrée est très- variable, et quand elle forme un 
dessin proprement dit, celui-ci est le plus souvent assez mal arrêté 
et consiste en taches rouges sur un fond noir. 11 y a de ces insectes 
dans les deux Amériques. 

TRIBU LV. 

ALCIDIDES. 

Rostre de longueur et grosseur variables; ses scrobes obliques, visi- 
bles ou non en entier sur les côtés. — Antennes médiocres, leur funi- 
cule do six articles. — Prothorax profondément bisinué en arrière, 
muni de lobes oculaires; prosternum échancré en avant, plan ou légè- 
rement concave. — Un écusson. — Elytres recouvrant le pygidiuin ; 
chacune d'elles très -fortement saillante à sa base. — Hanches anté- 
rieures grosses, coniques, saillantes, médiocrement séparées; cuisses 
dentées en dessous; jambes mucronées au bout; crochets des tarses 
fissiles, ou simples et soudés à. leur base. —Les trois segments inter- 
médiaires de l'abdomen égaux ou subégaux, coupés carrément en 
arrière, séparés du 1 er par une suture droite. — Episternums méla- 
thoraciques étroits, le plus souvent linéaires et très-grèles. — Corps 
de forme variable. 

Le genre Alcides de Schœnherr est l'un des plus tranchés do la 
cohorte actuelle, mais ne peut rentrer dans aucun des groupes qui 
la composent, ni admettre à coté de lui aucun autre genre. 11 aseule- 

(1) Scbœpherr (Curent. VIII, 1, p. 68) en décrit ex visu six espèces, dont 
cinq {affuber, trucidatus, Gcrmaiï, etc.) de l'Amérique du Sud et une (ptn- 
gintus) de l'Amérique du Nurd. — Aj.: L. Silbermanni, Chcvrol. in Guérin- 
Ménev.Icon.; Ins. texte, p. 145; Brésil. — caslaneus, Pliilippi, Sttttin. entoni. 
Zeit. 1864, p. 369; Cliiti. 

(2) A l'unique espèce (subsignatus) décrite par Schœnherr, il faut ajouter le 
D. australis BoKduv., qu'il cite sans l'avoir vu; cet insecte est de la Tasma- 
nie, et non de la Nouvelle-Guinée, comme le dit M. Boisduval. J'en possède une 
troisième espèce du même pays. Ces insectes différent dos espèces américaines 
par leur prothorax fortement arrondi à sa hase, avec ses angles postérieurs 
plus ou moins épineux, leurs élytres déprimées, leurs épisteinuins métalliora- 
ciques plus étroits, et surlout par les trois segments intermédiaires de leur 
abdomen qui sont arqués il leurs extrémités. Chez le subsignatus o", le 2 e seg- 
ment se comporte comme chez les Tïcmus, c'est-a-dire enveloppe le 3" et se 
met va contact avec le 4°; chez ia 9 >' est plus court. 



AtClDlOES. 15 

ment avec les L/Emosaccus des rapports évidents, mais qui sont con- 
trebalancés par d'autres qui montrent que ces derniers appartiennent à 
un autre type. Il constitue par conséquent à lui seul cette tribu. Du 
reste-, ses nombreuses espèces ne pourront pas rester associées ensem- 
ble et devront être réparties dans plusieurs genres, ce qui justifiera la 
position isolée que je leur donne. Elle sont propres à l'Afrique et aux 
Indes orientales. Schœnberr avait placé le genre dans sa division des 
Cholides. 

ALC1DES. 

(Dalm.) Schoenb. Curcul. Disp. meth., p. 270 (1). 

Rostre en général médiocre et assez robuste, parfois (par ex. chi- 
harchus) lorfg et plus grêle, droit ou faiblement arqué ; ses scrobes 
commençant au-delà de son milieu. — Antennes courtes ou médiocres, 
peu ou assez robustes; scape en massue au bout, n'atteignant pas 
tout-à-fait-les yeux ; funicule à articles \ allongé, obeonique, 2 tantôt 
aussi long ou plus long (par ex. chiliarchus, gibbus), tantôt beaucoup 
plus court que lui, 3-0 de forme variable ; massue assez forte, ovale, 
articulée, à article i plus ou moins grand, en cône renversé. — Yeux 
grands, subdéprimés, brièvement ovales, rarement acuminés infé- 
rieurement. — Prothorax subcyiindrique, plus ou moins longuement 
rétréci en avant, muni de lobes oculaires médiocres, larges et arron- 
dis, paraissant trilobé en arriére. — Ecusson en triangle curviligne 
ou arrondi. — Elytres variables, isolément et très-fortement saillan- 
tes et arrondies à leur base, avec les épaules, tantôt anguleuses, tan- 
tôt nulles. — Pattes de longueur et grosseur variables, les antérieures 
en général plus longues que les autres; cuisses plus ou moins en 
massue, dentées en dessous, mais jamais très-fortement ; jambes an- 
térieures arquées, le plus souvent fortement dentées ou anguleuses 
dans leur milieu en dedans; leur mucro terminal en général court et 
robuste; tarses médiocres, larges, spongieux en dessous, à articles 
i grêle et le plus souvent arqué à sa base, 3 subcirculaire, 4 médio- 
cre, ainsi que ses crochets. — Saillie intercoxalede l'abdomen de lar- 
geur médiocre, subogivale. — Corps polymorphe, partiellement 
écailleux ou pubescent. 

Sous le rapport de la forme généralo, ces insectes se divisent en 
deux catégories principales : les uns, surtout parmi les petites espè- 
ces (bubo, filiformis, fasciculatus, etc.), étant allongés, cylindriques et 
exactement pareils à certains Lixus, les autres, au contraire, étant 
courts, ramassés sur eux-mêmes et très-convexes, avec les élytres navi- 
oulaires (par ex. gibbus, dentipes, sulcatulus, etc). Mais entre ces 
deux extrêmes il existe des passages (par ex. angulus) et même des 
espèces qui ressemblent à des Ekiiihinus. Ces transitions dans la forme 

(1) Syn. Lixus pars, Fab., Wiedem., Kollar etL. Kedtenl). 



1 fi CUHCUL10NIDES. 

du corps ont nécessairement influé sur la longueur du rostre et des 
pattes, celle du métasternum, etc. L'absence de dent interne aux 
jambes antérieures ne s'observe que chez quelques petites espèces de 
l'orme lixoïde ; la différence qui se voit parfois dans les crochets des 
tarses est indépendante de la forme générale. 

Les Alcides sont répandus depuis la côte occidentale d'Afrique 
jusqu'à l'extrémité la plus orientale des archipels indiens, sans paraître 
s'étendre dans les îles de la Polynésie (1 ). Outre les espèces décrites par 
et depuis Schœnherr (2), il y en a un très-grand nombre d'inédites 
dans les collections. 

TRIBU LVI. 

HAPLONYCIDES. 

Rostre assez long, robuste, cylindrique ou subcylindrique; ses 
scrobes obliques, visibles presque en entier latéralement. — Anten- 
nes médiocres, leur funicule de sept articles. — Prosternum court, 
faiblement échancré en avant, non excavé, parfois un peu concave. — 
Un écusson. — Elytres recouvrant le pygidium, débordant fortement 
le prothorax à leur base. — Hanches antérieures coniques, médio- 
crement séparées ; cuisses dentées; jambes à la fois brièvement mu- 
cronées et onguiculées au bout ; 3 e article des tarses large, étroite- 
ment fendu et logeant en grande partie le 4" ; celui-ci grêle, muni 
d'un seul crochet très-petit. — 2° segment abdominal presque aussi 
long que les deux suivants réunis, séparé du 1 er par une suture an- 
guleuse. — Métasternum très-court; ses épisternums do largeur 
moyenne. — Corps très-convexe, brièvement naviculaire. 

On voit par ces caractères que, d'après la structure de leurs tarses, 
ces insectes représentent ici les Diabathrariides de la cohorte précé- 

(1) M. Montrouzicr (Faun. d. l'Ile Wooill. p. 49) en décrit une des ilesWal- 
lis, sous le nom do ru/ipennis, mais il ne. la rapporte au genre qu'avec doute. 

(2) Aux 41 mentionnées par lui (Curcul. V11I, 1, p. 46), aj. : Esp. africaines : 
A. teucogrammus, Erichs. Arehiv, 1843, 1, p.2G0; Angola. — obliqualus, er- 
roneus, sycophanta, cr as tir os t fis, cultrirostris, imbeUis, guttulutus, .1. Thoms. 
Arehiv. entom. II, p. 131; Gabon. — adspersus, Boliem. Voy. de l'Eugénie; 
Entom. p. 134; Cap. — Esp. asiatiques et indiennes : A. Chaudoiri, Guérin- 
Ménev. Icon.; Ins. texte, p. 154; Perse. — Lix. octoguttalus, fasciatus, Kol- 
lar u. L. Redtenb. in Hiigels Kashmir, IV, 2, p. 047; Cachemire; les auteurs 
indiquant les crochets des tarses de ces deux espèces comme étant fendus, il 
n'y a pas a douter c|uc ce sont des Alcidbs. — notatus, albolituratus ; îles 
Arron; albocinctus, Tcrnale; Bbnch. Voy. an pôle Sud; Entom. p. 243.— 
obliquus, trdnsversus, F. Walkor, Ann. and Mag. cf liât. Hist. Scr. 3, III, 
p. 264; Ceylan. 

Dans ces derniers temps, on a reçu des lies Philippines quelques magnifiques 
espèces qui reproduisent, à s'y méprendre, la livrée de certains Pac'1YIU1\nchus. 



nAPLONÏCIDES. 17 

dente, tandis que la présence d'un seul crochet au 4» article de ces 
organes en fait les analogues des Atmetonychus et Monônyceus. D'un 
autre côté, leur forme générale rappelle à la fois celle des Gonifterus, 
de certains Piazukus et d'un assez grand nombre de Crypt'orhyn- 
chides. 11 paraissent môme, au premier coup-d'œil, appartenir à ce 
dernier groupe; mais leur prosternum complètement privé de canal 
rostral, et leurs yeux en entier découverts, montrent qu'il n'y a là 
qu'une apparence trompeuse. Je ne connais que le genre Haplonyx qui 
puisse rentrer dans ce groupe. Schœnhcrr, qui l'a créé, l'avait placé dans 
le voisinage des Aloides et des L/Emosaccus; c'est, en effet, avec ces 
genres qu'il a le plus de rapports. Ces insectes sont propres à l'Australie. 

HAPLONYX. 
Schoenb. Curcul. 111, p. 609. 

Rostre faiblement arqué ; ses scrobes commençant au-delà de son 
milieu et atteignant sa base. — Antennes peu robustes; scape en massue 
au bout; funicule à articles obconiques : 1 allongé, 2 beaucoup plus 
court, 3-7 courts, grossissant peu à peu ; massue assez forte, oblongo- 
ovale, articulée. — Yeux grands, déprimés, subarrondis, découverts. — 
Prothorax court, convexe, obconique, faiblement arrondi sur les côtés, 
puis plus ou moins brusquement rétréci et tronqué en avant, assez 
fortement bisinué à sa base. — Ecusson médiocre, en triangle curvi- 
ligne ou arrondi. — Elytres trùs-convexes, brièvement naviculaires, 
beaucoup plus largos que le prothorax et légèrement échancrées à 
leur base, avec les épaules fortement calleuses. — Pattes courtes, ro- 
bustes; cuisses en massue, dentées en dessous; jambes comprimées, 
un peu arquées, onguiculées au bout (l'onglet parfois peu distinct 
aux postérieures), les deux ou les quatre antérieures ayant en outre 
leur angle interne çlentiforme; tarses médiocres, spongieux en dessous, 
à article 1 obconique et tres-rétréci à sa base, 2 triangulaire, trans- 
versal. — Saillie intercoxale assez large, subogivale ou (Kirbyi) 
parallèle et tronquée en avant. — Saillie mésosternale assez large, 
inclinée, rétrécie et arrondie en arrière. — Corps inégal et écailleux. 

Le genre se compose d'un petit nombre d'espèces do l'Australie (1) 
dont le faciès est voisin de celui des Gonipteuls du môme pays. 
Elles sont toutes rugueuses en dessus et leur prothorax, ainsi que leur 
élytres, présentent des tubercules revôtus de grosses écailles qui leur 
donnent un aspect plus ou moins fascicule ; ceux du prothorax ne 
sont jamais qu'au nombre de quatre et sont disposés en carré. La 
livrée est nuageuso ou uniforme. 

(1) ScluciilieiT (Curcul. VIII, 1, p. 41) en décrit quatre : Spencei, fasciculatus, 
Hopei, Kirbyi. — Aj. : H. Schœnherri, Boliem. Voy. d. l'Eng'én.;Entom. p. 134. 
— j'en possède une espèce nouvelle voisine de ce dernier, et en ai vu plusieurs 
autres dans les collections. 

Coléoptères. Tome VII. 2 



IS CURCULIONIDES. 

TRIBU LVII. 

EUDÉRIDES. 

Rostre médiocre, robuste, déprimé, arqué; ses scrobes obliques, 
inféro-latérales. — Antennes médiocres ; leur funiculo de sept arti- 
cles. — Yeux fortement granulés, grands, subdéprimés, transver- 
saux. — Prosternum faiblement et triangulaircment excavé. — Un 
écusson. — Elytres recouvrant le pygidium. — Hanches antérieures 
globuleuses, faiblement séparées; cuisses dentées; jambes mucro- 
nées au bout; crochets des tarses appendiculés. — Les trois segments 
intermédiaires do l'abdomen rcctilignes en arrière : 2 beaucoup plus 
long que 3-4 réunis, séparé du I or par une suture arquée. — Méta- 
sternum allongé; ses épisternums de largeur médiocre. — Corps 
allongé. 

Je ne trouve de place dans aucun des groupes de cette section pour 
le genre Euderes de Schœnherr et suis par conséquent obligé d'en 
établir un pour lui seul. 11 a quelques rapports avec les suivants par la 
forme robusto de son rostre et les crochets de ses tarses ; mais tout le 
reste de son organisation, notamment ses yeux fortement granulés, 
l'en éloigne beaucoup. Parmi ceux qui précèdent il n'en a que de 
légers avec les Alcides, mais c'est encore dans leur voisinage qu'il 
est le mieux à sa place. Schœnherr l'avait classé dans ses Cryptorhyn- 
chides. 

EUDERES 
Scboenii. Curcul. Disp. meth., p. 227. 

Tète grosse, globuleuse, saillante ; rostre un peu plus long qu'elle, 
subparallèle ; ses scrobes commençant vers son quart antérieur, légê- 
ment obliques et atteignant les yeux. — Antennes médiocrement ro- 
bustes, pubescentes; scape en massue au bout, atteignant les yeux; 
funicule à articles obeoniques : 1-2 allongés, celui-là plus long, 3-7 
courts, grossissant peu à peu, 7 fortement transversal, subcontigu à 
la massue; celle-ci médiocre, ovale, articulée, acuminée. — Yeux 
distants du prothorax. — Prothorax médiocrement convexe, aussi 
long que large, presque droit sur les côtés, légèrement rétréci et 
tronqué en avant, faiblement bisinué à sa base. — Ecusson en trian- 
gle curviligne. — Elytres médiocrement convexes, allongées, peu à 
peu et faiblement rôtrécics en arrière, pas plus larges que le prothorax 
et légèrement trisinuées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes 
médiocres, assez robustes; cuisses en massue, finement dentées en 
dessous ; jambes un peu comprimées, presque droites ; tarses assez 
courts, spongieux en dessous, à articles 1-2 triangulaires, étroits; 
celui-là allongé, 4 assez long; ses crochets médiocres. — Saillie in- 



NERTHOPIDES. 19 

tercoxalo large, arrondie en avant. — Saillie mésosternale assez 
large, horizontale, trapéziforme. — Corps allongé, pubescent. 

Le Rhynchœnus lineicollis de Wiedemann (1) est jusqu'ici la seule 
espèce qui rentre dans ce genre. C'est un insecte de l'Afrique australe, 
de taille moyenne, en entior d'un jaune ferrugineux et remarquable 
par de nombreux sillons longitudinaux, séparés par des côtes glabres, 
qui couvrent toute la partie supérieure de son prothorax. La fine 
pubescence couchée qui le revêt uniformément, même sur les pattes, 
est d'un jaune d'ocre pâle et peu abondante. 

TRIBU LVIII. 

NERTHOPIDES. 

Rostre à peine ou guère plus long que la tôte, robuste, subqua- 
drangulaire. — Antennes au plus aussi longues que la tête et le 
rostre réunis ; leur funiculo do six ou sept articles, le dernier con- 
tigu à la massue. — Prosternum court, non excavé, formant entre 
les hanches antérieures deux triangles réunis par leur sommet. — Un 
écusson. — Elytres laissant en général lo pygidium à découvert. — 
Hanches antérieures grosses, arrondies, faiblement séparées; jambes 
mucronées ou onguiculées au bout; crochets des tarses fissiles ou 
appendiculés (Microstylus excepté). — Les trois segments intermé- 
diaires de l'abdomen assez souvent arqués ou anguleux à leur extré- 
mité, égaux ou subégaux, séparés du 1 er par une suture droite. — 
Métastornum court; ses épistcrnums plus ou moins larges. — Corps 
ovale ou oblongo-ovale. 

Cet ensemble de caractères est propre à quelques Erirhinides de 
Schœnherr et à un genre (Microstylus) créé par lui depuis la publi- 
cation de son grand ouvrage et qu'il a placé parmi ses Pachyrhyn- 
chides. Or, tous ces insectes ont un rostre plus court et plus robuste 
que celui d'une foule de Brachyrhynqucs. La brièveté do leurs an- 
tennes n'est pas moins remarquable; il n'y a que peu de genres dans 
la famille qui les aient aussi courtes. Sauf un do leurs genres (Pristi- 
meiujs) qui est propre à l'Amérique du Sud, ils appartiennent à l'an- 
cien continent et presque tous à l'Afrique. 

Ces insectes ne sont cependant pas complètement isolés, l'armaturo 
des cuisses antérieures de la plupart d'entre eux les rattachant â la 
tribu des Ménémaohides qu'on trouvera plus loin. Quoique peu 
nombreux, leurs genres présentent quelques caractères secondaires 
qui rendent convenable de les répartir dans trois groupes distincts. 

I. Yeux petits, arrondis; funiculeantennairo de 7 art.; 

caisses finement dentées. Microstylioes. 

(1) Schœnh. Curcul. III, p. 555. 



20 CimcULIONIDES. 

II. Yeux plus ou moins gramls, transversaux. 

Funicule anlennaire de 6 art.; cuisses inermes. Nerthopides vrais. 
de 7 art.; — antérieu- 
res armées d'uoc grande dent triangulaire. Acallomstides. 

GROUPE I. Miorostylides. 

Yeux petits, subarrondis. — Antennes coudées, leur funiculo de 
sept articles. — Cuisses iinoment dentées on dessous ; crochets des 
tarses libres. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen 
coupés carrément en arrière. 

Ce groupe ne comprend que le genre Microstyliis fondé par 
Schœnherr sur un très-petit insecte de l'Afrique australe, qui n'a pas 
encore été décrit. 11 diffère des autres Nerthopides par sa forme géné- 
rale beaucoup plus courte et la petitesse de ses yeux; mais & part 
cela, il en possède tous les caractères essentiels. Schœnherr ne s'en 
est pas aperçu et a placé le genre dans sa division des Pachyrhyn- 

chides. 

MICROSTYLUS. 

Schobnh. Mantis. sec. Curcul. p. 15. 

Tète presque carrée; rostre plus court et un peu plus étroit qu'elle, 
à peine aussi long que large, séparé du front par un sillon fortement 
arqué, robuste, anguleux, plan en dessus, entier au bout ; scrobes 
superficielles en avant, recourbées à angle droit et se réunissant en 
dessous. — Antennes subbasilaires, a peine aussi longues que la tète, 
simplement arquées; scape très-grèlo à sa base, en massue au bout, 
empiétant un peu sur les yeux; funicule à articles 1-2 plus longs que 
les suivants, obeoniques, celui-là plus gros et plus long, 3-7 très- 
courts, serrés, peu distincts, le dernier contigu à la massue ; celle-ci 
assez forte, ovale, obtuse, articulée. — Prothorax fortement trans- 
versal, médiocrement convexe, rectiligne sur les côtés en arrière, 
fortement arrondi aux angles antérieurs, ceux-ci rabattus, tronqué à 
à sa base et en avant. — Ecusson assez grand, en triangle curvili- 
gne. _ Elytres très-brièvement ovales, assez convexes, largement 
arrondies en arrière, pas plus larges que le prothorax et tronquées a 
leur base. — Pattes courtes; cuisses en massue, les quatre antérieu- 
res finement bidentôes, les postérieures subinermes ; jambes compri- 
mées, arquées; les antérieures mucronées au bout, les postérieures 
subanguleuses dans leur moitié externe, tarses courts, finement 
villeux en dessous, à articles 1-2 étroits, 4 médiocre; crochets très- 
petits. — Pygidium petit, en triangle curviligne transversal; 2" 
segment abdominal à peine aussi long que les deux suivants réunis, 
séparé du 1" par une suture anguleuse; saillie intercoxalo médio- 
crement large, ogivale. — Métasternum court. — Saillie mésoster- 



IfERTHOPIDES VRAIS. 21 

nale en carré subéquilatéral, presque verticale. — Corps brièvement 
ovale, finement pubescent, aptère. 

L'espèce inédite (rufus Schh.), qui constitue le type du genre, est 
un très-petit insecte de Natal, d'un rouge ferrugineux, avec le des- 
sous du corps ot l'écusson noir. Son prothorax est finement rugueux, 
muni d'une impression médiane à sa base, et ses ôlytres sont assez 
fortement striées, avec les intervalles entre les stries costiformes. La 
pubesconco couchée dont il est revêtu, voile à peine ses téguments- 

Groupe II. Nerthopidet vrai». 

Yeux trôs-grands, oblongo-ovales, transversaux. — Antennes im- 
parfaitement coudées, leur funicule de six articles. — Cuisses inermes 
en dessous; crochets des tarses fissiles, leur division interno plus 
courte que l'autre. — Les. trois segments intermédiaires de l'abdomen 
fortement arqués à leur extrémité. 

Le genre Nertiiops de Schœnherr est également le seul qui puisse 
rentrer dans ce groupe. Il l'avait placé parmi ses Erirhinides, im- 
médiatement à la suite des Rhinocyllus, à quelques-uns desquels 
l'unique espèce qui le compose ressemble un peu. On peut dire que, 
dans cette circonstance, il s'est laissé égarer par Olivier qui en avait 
fait un Lixus, genre dans lequel il comprenait les Rhinocyllus. Cet 
insecte est originaire de l'Afrique australe. 

NEUTHOPS. 
Schoenh. Curcul. Disp. meth., p. 60. 

Tête grosse, arrondie, plane sur le front ; rostre pas plus long et 
plus étroit qu'elle, quadrangulaire dans ses deux tiers basilaires, 
plus arrondi en avant; ses scrobes commençant un peu au-delà de 
son milieu, profondes, brusquement arquées et réunies en dessous 
par un sillon transversal. — Antennes subbasilaires, un peu plus 
longues que le rostre ; scape obeonique, empiétant un peu sur les 
yeux ; funicule à articles 1 un peu allongé, obeonique, 2-0 très- 
courts, transversaux, serrés, grossissant peu à pou, C contigu à la 
massuo; celle-ci assez grosso, ovale, acuminée, articulée. — Pro- 
thorax transversal, régulièrement convexe, séparé des élytres par un 
vide étroit do chaque côté, arrondi sur les côtés, puis brusquement et 
très-brièvement rétréci en avant, légèrement bisinué à sa baso, avec 
son lobe médian très-large et arrondi. — Ecusson grand, en triangle 
rectiligno. — Elytres médiocrement convexes, ovales, isolément 
arrondies à leur extrémité, un peu plus larges que le prothorax et 
chacune largement arrondio à sa base, avec les épaules fortement 
arrondies. — Pattes courtes et robustes; cuisses en massue, inermes; 



22 cuncunoNiDEs. 

jambes comprimées, un peu arquées au bout; tarses médiocres, 
spongieux en dessous, à articles 1-2 étroits, 4 long; crochets petits. — 
Pygidium vertical, en triangle curviligne ; 2° segment abdominal à 
peine plus long que chacun des deux suivants, séparé du 1 er par uno 
suture droite ; saillie intcrcoxale subogivale. — Saillie mésosternale 
assez large, inclinée, ur.' peu rétrécio et subtronquée en arrière. — 
Corps oblongo-ovale, pubescent et écailleux. 

Des deux espèces que Schœnherr a comprises dans le genre, la pre- 
mière seule, le Lixus guttalus d'Olivier (1), originaire de l'Afrique 
australe, doit y rester. L'autre (calcaratus), du Brésil, est devenue 
le type de son genre Phistimeuus qu'on trouvera plus loin dans le 
groupe suivant. 

Le N. guttatus est un joli insecte, de taille assez petite, noir, orné 
sur le prothorax de deux bandes transversales en forme de T, et sur 
les élytres d'un grand nombre do petites taches arrondies; les unes 
et les autres formées par des poils squammiformes d'un jaune orangé, 
mais sujettes à pâlir et à devenir blanchâtres. 

Groupe III. Aoallopùtidei. 

Yeux plus ou moins grands, transversaux. — Antennes coudées, 
leur funicule de sept articles. — Cuisses antérieures armées d'une 
grande dent triangulaire, les autres inermes ou faiblement dentées ; 
crochets des tarses fissiles ou appendiculés. — Les trois segments in- 
termédiaires de l'abdomen tantôt coupés carrément en arrière, tantôt 
faiblement anguleux à leurs extrémités. 

Ces variations dans la forme des segments abdominaux existant chez 
quelques espèces seulement de genres parfaitement naturels et étant 
peu prononcées, n'ont aucune valeur générique. On voit réapparaître 
ici cette armature remarquable des cuisses antérieures, dont on a vu 
plusieurs exemples chez les Cératopides et les Prionomérides de la 
Phalange précédente. Aussi est-ce immédiatement à côté de ces der- 
niers insectes que Schœnherr avait placé ceux-ci, en faisant ainsi 
prévaloir le caractère en question sur ceux empruntés au rostre et 
aux antennes, organes qui sont ici construits sur un plan particulier 
qui n'a rien de commun avec celui auquel appartiennent les mômes 
parties dans les deux groupes qui viennent d'être nommés. 

Sauf les Pristuierus qui sont brésiliens et un Acallopistus origi- 
naire des Indes orientales, toutes les espèces du groupe sont propres 
à l'Afrique. 

I. Yeux médiocres, latéraux. 

Scrobes rostrales séparées en arrière : Acallopisius. 

conniventes — : Peleropus. 

H. Yeux très-grands, subcontigus en dessous : Pristimerus. 

(1) Entom. V, 83, p. 279, pi. 35, f. 539; Schoonh. Curcul. III, p. 153. 



ACALLOPISTIDES. 23 

ACALLOPISTUS. 

Scuoenh. Curcul. Disp. meth., p. 249 (1). 

Rostre à peine plus long que la tète, robuste, quadrangulaire, ar- 
rondi aux angles, parallèlo et légèrement arqué ; ses scrobes commen- 
çant au-delà de son milieu, obliques et atteignant sa base. — Antennes 
très-courtes, assez robustes ; scape en massue au bout, atteignant à 
peine les yeux ; funicule à articles 1-2 obeoniques, celui-là un peu plus 
long et plus gros, 3-7 très-courts, transversaux, graduellement plus 
larges, 7 contigu à la massue, celle-ci assez forte, ovale, acuminée, arti- 
culée. — Yeux au plus médiocres, oblongo-ovales. — Prothorax trans- 
versal, médiocrement convexe, un peu rétréci et coupé carrément en 
avant, tronqué à sa base avec un étroit lobe médian. — Ecusson petit, 
do l'orme variable. — Elytres médiocrement convexes, oblongo-ovales, 
arrondies en arrière et laissant parfois lo pygidium un peu à décou- 
vert, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées en 
triangle à leur base. — Pattes courtes, robustes; cuisses antérieures 
plus fortes que les autres, munies d'une grande dent triangulaire, 
crénelée en avant, les autres inermes; jambes comprimées, les anté- 
rieures arquées et bisinuées en dedans, toutes brièvement onguiculées 
au bout; tarses courts, à article 3 notablement plus large que 1-2, 
4 médiocre; ses crochets fissiles. — Saillie intercoxale ogivale ou 
triangulaire. — Métathorax assez allongé. — Saillie mésosternale 
médiocrement large, triangulaire et déclive. — Corps oblongo-ovale, 
finement pubescent. 

Schrenhorr a, dans l'origine, fondé ce genre sur une espèce (velli- 
cosus) de la côte de Coromandel. Plus tard il lui a associé plusieurs 
autres espèces de la Caifrerie qui présentent, en effet, les mêmes ca- 
ractères (2). C'est sur une de ces dernières {yardalis) qu'il a un mo- 
ment établi son genre Hoploparoxus en le plaçant près des Ner- 
tiiops, et qu'il a ensuite réuni à celui-ci. 

Ces insectes ont le faciès des Nerthops, mais ils en diffèrent par 
une foule de caractères et appartiennent à un autre groupe. Leur 
livrée est en général d'un gris uniforme. 

PELEROPUS. 
Scuoenu. Curcul., III, p. 456. 

Tête grosse, subglobuleuse ; rostre un peu plus long qu'elle, assez 
robuste, subquadrangulaire, un peu arqué ; ses scrobes commençant 

(1) Syn. Hoplopahoxus, Soliœnh. ibid. III, p. 151; olim. 

(2) A. malvœ, guttatus, pardalis, fallax, Schœnh. Curcul. III, p. 454, et 
VII, 2, p. 259. 



24 CURCULIONIDES. 

au milieu de sa longueur, arquées et conniventes en arrière. — An- 
tennes assez robustes; scape en massue au bout, restant à une plus ou 
moins grande distance des yeux; funieule à articles 1-2 allongés, 
obconiques, celui-là plus long et plus gros, 3-7 très-courts, serrés, 
7 contigu à la massue ; colle-ci médiocre, ovale, acuminée, faible- 
ment articulée. — Yeux grands, déprimés, ovales, médiocrement sé- 
parés ou contigus on dessus. — Prothorax subtransversal, assez con- 
vexe, rétréci antérieurement, légèrement arrondi sur les côtés, bisinuô 
à sa base, tronqué en avant. — Ecusson petit, oblong. — Elytres con- 
vexes, régulièrement ovales, largement arrondies en arrière et recou- 
vrant imparfaitement le pygidium, pas plus larges que le prothorax 
et légèrement échancrées en triangle à leur base. — Pattes courtes, 
robustes; cuisses graduellement en massue, munies d'une assez forte 
dent triangulaire; jambes arquées à leur base, comprimées, larges, 
tranchantes en dehors, onguiculées au bout ; tarses courts, à articles 
1 -2 triangulaires, subégaux, 3 beaucoup plus large, 4 médiocre ; ses 
crochets appendiculés. — Les trois segments intermédiaires de l'ab- 
domen non ou faiblement anguleux à leurs extrémités ; saillie inter- 
coxalo triangulaire. — Métathorax court, ses épisternums assez larges. 
— Saillie mésosternale transversale, parallèle, verticale. — Corps 
ovale, convexe, pubescent. 

Les espèces sont propres à l'Afrique, et répandues depuis le Séné- 
gal jusqu'au Cap. La livrée de la plupart d'entre elles offre un mé- 
lange de noir, de jaune et de blanc, ne formant qu'un dessin plus 
ou moins confus. Les cinq qu'a décrites Schoenherr (1) peuvent se 
diviser en deux sections, selon que leurs jambes sont armées de deux 
dents sur leur tranche externe (ulula, apicalis) ou (melancholicus, 
mixtus, fallax) inermes. 

PR1STIMERUS. 

ScnoENH. Curcul., VII, 2, p. 256 (2). 

Tête assez forte, subglobuleuse ; rostre robuste, à peine plus long 
qu'elle, parallèle, quadrangulaire, arrondi aux angles ; ses scrobes 
presque complètes en avant, obliques et atteignant les yeux. — An- 
tennes médiocres, assez robustes ; scape en massue au bout, atteignant 
les yeux; funieule à articles l allongé, gros, obeonique, 2-7 très-courts, 
transversaux, grossissant peu à peu, 7 contigu à la massue ; celle-ci 
assez forte, oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux très-grands, 
transversaux, subcontigus en dessous.— Prothorax aussi long que large, 
peu convexe, régulièrement, mais légèrement arrondi sur les côtés, 
tronqué en avant, sinueusement et obliquement tronqué de chaque 
côté à sa base, avec un lobe médian étroit. — Ecusson petit, allongé. 

(1) Curcul. VII, 2, p. 263. 

(2). Syo. Wehthops (pars), Schœnh. ibid. III, p. 153. 



r.AMAROTIDES. 25 

— Elytrcs presque planes, graduellement rétrecies en arrière, laissant en 
partie lo pygidium à découvert, un peu plus larges que lo prothorax 
et fortement échancrées en triangle à leur base, avec les épaules 
obliques. — Pattes robustes; cuisses très-fortement en massue, sur- 
tout les antérieures, celles-ci munies d'une très-grande dent triangu- 
laire et crénelée en avant, les autres d'une petite; jambes compri- 
mées, les antérieures arquées, élargies dans leur moitié terminale, 
les autres droites, toutes onguiculées au bout ; tarses médiocres, à 
articles 1-2 étroits, 3 un peu plus large, 4 médiocre; ses crochets 
fissiles. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen coupés 
carrément en arrière ; saillie intorcoxale large, tronquée en avant. — 
Métasternum médiocrement long, ses épisternums assez larges. — 
Saillie mésostcrnale large, verticale. — Corps subrhomboïdal, densé- 
ment pubescent. 

Ainsi qu'on l'a vu plus haut, Schœnherr avait placé primitivement 
parmi les Nerthops l'espèce typique do ce genre, en l'appelant N. 
calcaralus. Depuis, oubliant qu'il l'avait déjà eue sous les yeux, il a 
fondé sur elle le genre actuol en lui imposant le nom de P. pardali- 
nus qui, étant moins ancien, doit céder le pas au précédent. 

Cet insecte, originaire du Brésil, est de taille médiocre, et entière- 
ment revêtu d'une pubescence assez abondante, sublanugineuse, jaune 
et brune et formant une sorte do marqueterio plus ou moins distincte 
selon les individus. 

TRIBU LIX. 

CAMAROTIDES. 

Rostre à peine aussi long ou guère plus long que la tête, robuste, 
quadrangulaire ou arrondi aux angles. — Antennes imparfaitement 
coudées, au maximum a peine plus longues que le rostre et la tète 
réunis; leur funicule de sept articles, leur massue grosse. — Pro- 
sternum plan, entier en avant, extrêmement large entre les han- 
ches antérieures. — Un écusson. — Elytres recouvrant le pygidium, 
débordant plus ou moins lo corps; leurs épipleures subhorizon- 
tales, concaves, brusquement rétrecies au niveau des hanches posté- 
rieures.— Hanches antérieures grosses, assez saillantes, très-forlement 
séparées; cuisses antérieures armées d'une très-grande dent trian- 
gulaire ; jambes contractiles, bidentées à leur extrémité, onguiculées 
en dehors. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen coupés 
carrément en arrière ; le 2" plus grand que chacun des deux sui- 
vants, séparé du l or par une suture droite. — Métasternum assez 
court ; ses épisternums do largeur moyenne. — Corps brièvement 
ovale. 

Cette formule ne s'applique qu'à un genre remarquable (Camaho- 



26 cuncuuoMDES. 

tus) que Schœnherr a placé parmi les Orthocères, mais qu'il aurait 
pu tout aussi bien reporter ilans les Gonatocères, comme il l'a fait 
pour un assez grand nombre d'autres genres qu'il avait classés pri- 
mitivement dans le promier de ces deux groupes (I). Ces organes, en 
effet,, no sont pas réellement droits, mais arqués et ressemblent à la 
fois : par leur brièveté à ceux des Nerthopides, par leur structure, 
notamment par la grosseur do leur massue, à ceux des L;Emosaccus. 
Si l'on ajoute à ce caractère que, sauf la forme des élytres et la lar- 
geur de leur prosternum, l'organisation de ces insectes est la mémo 
que celle des Nerthopides, dont les cuisses sont armées d'une grande 
dent triangulaire, il n'y a pas à douter que leur place naturelle 
ne soit immédiatement à coté de ce dernier groupe. La largeur do 
leur prosternum établit seulement un rapport réel entre eux et les 
ïrypétides, certains Madarides, etc., avec lesquels, du reste, ils n'ont 
rien de commun. 

CAMAROTUS. 
(Gerjur) Sciioenh. Curcul., 1, p. 185. 

Rostre presque droit ou faiblement arqué, aplani et souvent dé- 
clive à son extrémité ; ses scrobes commençant plus ou moins près do 
celle-ci, obliques ou subrectilignes. — Scape des antennes arqué, 
renflé ou non au bout, empiétant plus ou moins sur les yeux ; funi- 
cule à articles i gros, court, pyriformo ou obeonique, 2 plus court, 
3-7 subégaux, grossissant peu a peu ; massue oblongo-ovale, acumi- 
née au bout, articulée. — Yeux assez grands, subdéprimés, briève- 
ment ovales ou arrondis. — Prothorax peu convexe, fortement trans- 
versal, arrondi sur les côtés antérieurs, puis brusquement et fortement 
rétréci, avec son bord antérieur coupé carrément ou sinuô dans son 
miliou, muni à sa base d'un lobe médian assez large et tronqué en 
arrière. — Ecusson de forme et de grandeur variables. — Elytres 
amples, de forme variable. — Pattes courtes ; cuisses antérieures ex- 
trêmement robustes, leur dent crénelée en avant, les autres en massue, 
inermes ; les postérieures ne dépassant que peu lo 2° segment abdo- 
minal; jambes comprimées, obliquement arrondies au bout; les an- 
térieures arquées, larges, tranchantes en dehors; tarses courts, spon- 
gieux en dessous, à articles 1-2 étroits, obeoniques, 3 assez large, 
étroitement fendus, 4 grêle, court; ses crochets petits, subappendi- 
culés. — Saillie intercoxale de l'abdomen largo, arrondie en avant. 
— Mésosternum horizontal, fortement transversal. — Corps de forme 
variable. 

On peut établir doux sections dans le genre, d'après la forme des 
élytres. 

(1) Voyez la liste de ces genres, tome VI, p. 7. 



MÉNÉMACHIDES. 27 

Chez quelques espèces (1), ces organes sont très-convexes, demi- 
circulaires et coupés presque carrément à leur base, qui déborde très- 
fortoment les élytres ; leur ressemblance avec celles de certaines 
Cassida exotiques est complète. 

Chez les autres (2), ils sont médiocrement convexes, parfois même 
presque plans, brièvement ovales, arrondis aux épaules, et leur base 
est peu ou môme pas plus large que celle du prothurax. 

Ces insectes singuliers sont do taille au plus moyenne, et recouverts 
d'une efflorescen.ee abondante, diversement colorée, qui manque sou- 
vent chez les exemplaires conservés dans les collections. Quand elle 
est enlevée, on voit que leurs téguments sont, plus ou moins brillants 
et les élytres assez fortement striées-ponctuôes. Leur couleur est tan- 
tôt d'un ferrugineux on d'un noir uniformes, tantôt composée de ces 
deux nuances. Les espèces que j'ai observées, tant à Cayonne qu'au 
Brésil, se tiennont immobiles sur les feuilles dont celles qui sont très- 
convexes paraissent n'être que des excroissances. 



TRIBU LX. 

MÉNÉMACHIDES. 

Rostre assez allongé, au plus médiocrement robuste, subcylindri- 
que et plus ou moins comprimé à sa base ; ses scrobes se portant 
rapidement sous lui et invisibles sur les côtés, sauf en avant. — An- 
tennes grêles, leur funicule de six ou sept articles. — Prosternum 
non oxcavé, formant entre les hanches antérieures deux triangles 
réunis par leur sommet. — Un écusson. — Elytres recouvrant le py- 
gidium, sauf parfois son extrémité. — Hanches antérieures grosses, 
arrondies, faiblement séparées ; cuisses armées d'une grande dent 
triangulaire; jambes onguiculées au bout; crochets des tarses libres. 
— Les trois segments intermédiaires do l'abdomen non ou à peine 
anguleux à leurs extrémités, lo 2 e plus long que les deux suivants 
réunis, séparé du i cr par une suture arquée. — Métasterimm de lon- 
gueur variable ; ses épisternums assez larges. — Corps brièvement 
rhomboïdal ou ohlong. 

Ces insectes ont conservé l'armature des cuisses propre aux der- 
niers genres des Nerthopides et aux Camarotides ; mais, il part cela, 

(1) C. coccinelloides, Cayenne ; cassidioides, Brésil ; Schœnh. loc. cit. — Aj.: 
C. marginulis, Imbolf, Gêner. Curcul. pars 1 ; Amer. mér. 

(2) Il y ea a cinq ou six espèces dans les collections, mais toutes sont iné- 
dites. Je ne crois pas qu'elles puissent former un genre distinct, car, abstrac- 
tion faite de leur l'orme générale, elles présentent tous les caractères des es- 
pèces de la première section. Il est probable qu'il existe des passages qui les 
rattachent intimement à celles-ci. 



28 CURCULIONIDES. 

ils diffèrent des uns et des autres par des caractères importants em- 
pruntés au rostre, aux antennes et aux segments abdominaux. Si l'on 
fait abstraction du faible 6cartement do leurs hanches antérieures, 
ils ne diffèrent en rien d'essentiel des Odontomachus qu'on a vus 
plus haut dans le groupe des Erirhinides (1). Ils sont de petite taille 
et se répartissent naturellement dans deux groupes qui sont en har- 
monie avec leur distribution géographique, le premier étant africain, 
le second propre aux Indes orientales et à la Polynésie. 

I. Prothorax dépourvu de lobes oculaires. Ménêmachides vrais. 

II. — muni Acicnêmides. 

GROUPE I. Ménémachidef vrais. 

Yeux subcontigus en dessus. — Prothorax sans lobes oculaires. — 
Les deux 1 er * segments abdominaux soudés ensemble, avec une su- 
ture de séparation très-iine et superficielle. 

A ces caractères on- pourrait en ajouter quelques autres, notam- 
ment la forme courte du corps, puisque c'est la dent des cuisses anté- 
rieures qui est ici la plus forte, tandis que c'est celle des postérieures 
dans le groupe suivant. Les trois genres qui rentrent dans ce groupe 
sont propres à l'Afrique australe. 

I. Funiculc antennaire de 7 articles. 

Scrobes rostrales séparées en arriére : Menemachus. 
conniveutes — : Huplitopales. 

II. Funiculc antennaire de 6 articles : Pylarus. 

MENEMACHUS. 
Schoenh. Curcul. VII, 2, p. 260. 

Rostre assez long, médiocrement robuste, assez fortement arqué, 
cylindrique et un peu comprimé à sa base ; ses scrobes commençant 
dans son milieu, obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — 
Antennes médiocres, grêles ; scape en massue au bout, n'atteignant 
pas les yeux;funicule à articles 1-2 allongés, celui-ci plus long et plus 
grêle, 3-7 très-courts, obeoniques ; massue faible, oblongo-ovale, 
articulée. — Yeux grands, déprimés, brièvement ovales, subcontigus 
en dessus. — Prothorax transversal, peu convexe, brusquement 
rétréci et brièvement tubuleux en avant, arrondi sur les côtés en 

(1) Voyez tome VI, p. 480. C'est ici surtout que le caractère emprunté a la 
contiguité ou à la séparation des hanches antérieures prête à la critique. 11 y 
aura lieu de voir si, en outre des Odontomachus, le groupe entier des Cérato- 
pides (loc. cit. p. 589) ne serait pas mieux à sa place ici qu'a celle que je lui 
ai assignée. 



MENEMACHIDES VRAIS. 29 

avant, droit en arriêro, bisinuô à sa base, tronqué antérieurement. — 
Ecusson subarrondi, engagé entre les élytres. — Celles-ci presque 
planes, brièvement ovales, largement arrondies en arrière et recou- 
vrant presque le pygidium qui est horizontal, fortement trisinuées 
et à peine plus largos à leur base que le prothorax, avec les épaulos 
arrondies. — Pattes médiocres, robustes ; cuisses fortement en mas- 
sue, surtout les antérieures; celles-ci munies d'une très-grande dent 
triangulaire, les autres d'une plus petite de môme forme; jambes 
comprimées, larges, tranchantes en dehors, arquées à leur base, 
brièvement mucronées au bout; tarses médiocres, à articles 1-2 grê- 
les, celui-là plus long, 3 large ; crochets petits, simples. — Saillie 
intercoxale large, subarrondie en avant. — Métasternum assez court; 
ses épisternums larges. — Saillie mésosternalo assez large, rétrécie et 
arrondie en arrière. — Corps ovale, subdéprimô en dessus, revêtu de 
poils squammiformes. 

Schœnherr a fondé ce genre sur un insecte (nœvus) du Capj très- 
rare dans les collections (1) et qui, au premier aspect, ressemble 
d'assez près au Baridius vestitus du Brésil et espèces voisines. Il est 
d'un noir brunâtre légèrement brillant, finement chagriné en dessus, 
et les poils jaunes dont il est saupoudré, plutôt que revêtu, for- 
ment près de l'extrémité de la suture des élytres, une petite tache 
commune. 

HOPL1TOPALES. 
Schoenh. Curcul. VII, 2, p. 260. 

Rostre un peu plus long que la tête, médiocrement robuste, 
subparallèle, un peu déprimé et légèrement arqué ; ses scrobes com- 
mençant un peu avant son milieu, subconniventes en arrière. — 
Antennes courtes, peu robustes; scape en massue au bout, n'attei- 
gnant pas les yeux; funicule à articles 1-2 légèrement allongés, 
obeoniques, celui-là plus gros et un peu plus long, 3-7 très-courts, 
grossissant peu à peu, 7 contigu à la massue; celle-ci médiocre, 
ovale, articulée. — Yeux grands, ovales, déprimés, faiblement sépa- 
rés en dessus. — Prothorax subtransversal, plan en dessus, presque 
droit sur les côtés, puis rétréci en s J arrondissant en avant, coupé car- 
rément à sa base. — Ecusson quadrangulairc. — Elytres courtes 
planes, rétrécies en arrière, pas plus larges que le prothorax à leur 
base et sinuées on dedans des épaules, recouvrant le pygidium. 

(1) Dans quelques-unes do relies de Paris, il existe, sous le nom générique do 
Menemaciius quelques espèces inédites; niais ce sont des Lamyrus, genre du 
groupe des Coryssomérides. — Le genre Menemaciius do Dejcan (Cat. éd. 3 
p. 311) m'est inconnu, mais comme il est établi sur une espèce du Brésil (ser- 
riroshis), et placé immédiatement avant les Madarus, il est très-probablement 
identique avec le genre Apostasimehus de Scliœnherr, qu'on trouvera plus loin 
dans la tribu des Baridiidcs. 



30 CUIICULIONIDES. 

Pattes courtes, robustes; cuisses en massue, toutes munies en des- 
sous d*une dent triangulaire beaucoup plus forte aux antérieures ; 
jambes arquées, comprimées, tranchantes en dehors, brièvement 
onguiculées au bout (1). — Saillie intercoxale médiocrement large, 
subogivale. — Métasternum de longueur moyenne; ses épisternums 
larges. — Saillie mésosternale médiocrement large, inclinée et arron- 
die en arrière. — Corps subrhomboïdal, plan en dessus, peu ou mé- 
diocrement pubescent. 

Petits insectes de la Caffrerie, ressemblant beaucoup aux Odonto- 
machus de la tribu des Erirhinides, à quelques petits Coptuiujs de 
celle des Zygopidcs, et en môme temps aux Menemachus qui précè- 
dent et dont ils se rapprochent manifestement par leurs caractères 
génériques, mais dont ils sont bien distincts par leurs scrobes rostra- 
les subconniventes en arrière, le 7° article de leur funicule anten- 
naire contigu à la massue, etc. Schœnherr en décrit deux espèces 
(lineatus, obliquâtes) ornées de linéolcs blanches sur un fond noir. 
J'en connais deux espèces nouvelles. 

PYLARUS. 
Schoenii. Curcul., VIII, 1, p. 44. 

Rostre médiocre, assez robuste, cylindrique et un peu déprimé au 
bout; ses scrobes commençant à peu de distance do son extrémité, 
arquées, subconniventes en arrière. — Antennes antérieures, assez 
longues, grêles ; scape en massue au bout, n'atteignant pas les yeux ; 
funicule de six articles : 1-2 allongés, subégaux, 3-6 courts, grossis- 
sant peu à peu, 6 subcontigu à la massue ; celle-ci assez forte, 
fusiformo, articulée. — Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux, 
faiblement séparés sur lo front. — Prothorax transversal, assez 
convexe, arrondi sur les côtés, brièvement rétréci et tronqué en 
avant, avec un sillon le long de son bord antérieur, coupé carrément 
à sa base. — Ecusson très-petit, en triangle curviligne. — Elytres 
assez convexes, brièvement ovales, arrondies sur les côtés, rapidement 
rétrécies en arrière, pas plus larges que le prothorax et coupées car- 
rément en avant. — Pattes courtes et robustes, surtout les anté- 
rieures; cuisses fortement en massue; les antérieures armées d'une 
très-grande dent triangulaire (2) ; celle des quatre autres très- 
petito ; jambes comprimées, arquées à leur base, obliquement arron- 
dies et finement onguiculées à leur extrémité; tarses courts, assez 
étroits, spongieux en dessous, à article 4 médiocre; ses crochets 

(1) Les tarses manquent dans les deux exemplaires que j'ai sous les yeux; 
comme de coutume, Schœnherr se lait sur la forme des crochets. 

(2) Schœnherr l'a décrite comme étant assez robuste et aiguë; peut-étro y 
a-t-il à cet égard une différence selon le sexe. 



ACICNÉMIUES. 31 

petits et très-grêles. — Métastemum excessivement court. — Saillie 
mésosternale large, carrée, subverticale. — Corps oblongo-ovale, 
finement pubescent. 

La seule espèce (designatus Schh.) est fort petite et revêtue de 
poils jaunâtres uniformes qui, en se dénudant, forment, à la base des 
élytres, une assez grande tache noire, et peu après leur milieu, une 
bande transversale largement interrompue sur la suture ; ces organes 
sont régulièrement et assez finement striés; le prothorax est couvert 
de rides flexueuses qui ne sont bien apparentes que sur ses côtés. 

GROUPE II. Aoionémides. 

Yeux séparés en dessus. — Prothorax muni de lobes oculaires. — 
Les doux 1 ers segments abdominaux non soudés, lem 1 suture de sépa- 
ration très-distincte. 

Les caractères du genre unique, qui compose ce groupe, n'ont pas 
encore été publiés. Dejean, qui l'a établi le premier, l'avait placé 
entre les Magdalinls et les Ambates. Ses espèces ressemblent, en 
effet, un peu à quelques-uns de ces derniers, mais encore davan- 
tage à certains Erirhinus ; toutefois, leurs caractères essentiels sont 
ceux de la Tribu actuelle. 

ACICNEM1S. 
L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 511 (1). 

Rostre allongé, grêle, nu, épaissi et comprimé à sa base, subcylin- 
driquo et graduellement atténué en avant; ses scrobes commençant 
dans son milieu ou un peu en avant, atteignant le bord inférieur des 
yeux. — Antennes médiocres, grêles ; scapo en massue au bout ; 
funiculo à articles 1-2 obeoniques, allongés, celui-là plus long et 
plus gros, 3-7 de même forme, graduellement plus courts et plus 
épais, 6-7 parfois subglobuleux ou 7 plus long que les précédents; 
massue assez forte, ovale, articulée. — Yeux grands, déprimés, trans- 
versaux, ovales et acuminés inférieurement. — Prothorax transversal 
ou non, assez convexe, ou déprimé en dessus, droit sur les côtés, 
rétréci et tronqué en avant ; ses lobes oculaires saillants et arrondis ; 
prosternum muni d'un sillon bien marqué le long de son bord anté- 
rieur. — Ecusson subarrondi ou en triangle curviligne. — Elytres plus 
ou moins convexes, oblongues, subparallèles, rétrécies dans lotir tiers 
postérieur, un peu plus larges que le prothorax et légèrement trisi- 
nuées à leur base, avec les épaules obtuses ou subcalleuses. — Pattes 
assez longues, peu robustes; cuisses longuement pédonculées à leur 
base, fortement en massue et munies d'une grande dent triangulaire 
plus forte aux postérieures ; jambes comprimées, les antérieures 

(1) Syn. Oplocnemus, Dej. frit. éd. 3, p. 300. 



32 " CUnCLLIONIDES. 

bisinuées au côté interne, toutes arrondies et onguiculées au bout; 
tarses assez longs et grêles, à articles i-2 en cône renversé, celui-là 
très-allongé, 3 médiocrement large, cordiforme, seul spongieux en 
dessous, 4 médiocre, ses crochets petits. — Saillie intercoxale très- 
large, tronquée en avant. — Métasternum plan, de longueur 
moyenne. — Saillie mésostornale assez large, inclinée, a peine rôtrécie 
et arrondie en arrière. — Corps oblongo-ovale, écailleux. 

M. L. Fairmaire a décrit de ce genre une espèce originaire do 
Taïti et qu'il a nommée variegatus. 11 y en a dans les collections 
cinq ou six autres provenant de Java, de l'Inde transgangétique et 
de Ceylan. C'est sur l'une d'elles originaire du premier de ces pays 
que Dejean avait établi son genre Oplocnemus. 

Les plus grands de ces insectes sont à peine de taille moyenne et 
tous ressemblent plus ou moins à des Eiumiinus. Leur' livrée est 
variable, sans offrir rien qui attire les yeux, et parmi les écailles dont 
ils sont densément revêtus, il y en a ordinairement un certain nombre 
qui sont plus grandes que les autres et redressées. 

La formule que je donne du genre comprend toutes les espèces 
que j'ai vues, et non pas seulement celle publiée par M. L. Fair- 
maire, de laquelle on peut dire qu'elle est aberrante, sa forme géné- 
rale étant assez différente de celle des espèces indiennes. 

TRIBU LXI. 

CHOL1DES. 

Rostre plus ou moins allongé, en général assez robuste, de forme 
variable, mais presque toujours déprimé au bout ; ses scrobes diri- 
gées dans son axe, élargies et atteignant les yeux en arrière, entiè- 
rement visibles latéralement. — Antennes au moins médiocres; leur 
funicule de 7 ou 6 articles ; leur massue plus ou moins forte. — Yeux 
en général recouverts en partie lors de la contraction du rostre. — 
Prothorax parfois muni de lobes oculaires ; prosternum plan, rare- 
ment et alors peu profondément oxcavé. — Un écusson. — 
Elytres recouvrant le pygidium. — Hanches antérieures grosses 
et assez saillantes, séparées d'une manière variable; cuisses den- 
tées (1); jambes en général à la fois onguiculées et mucronées, 
ou bi-mucronées au bout, très-rarement (Desmosomus) inermes, 
presque toujours tranchantes et ciliées 'à leur extrémité en dehors; 
crochets des tarses simples. — Les trois segments intermédiaires de 
l'abdomen coupés carrément à leurs extrémités (Cholus excepté) ; le 
2« presque toujours au moins aussi long que les deux suivants réunis, 

(1) La dent est presque toujours petite et de forme conique. Je ne connais 
qu'une seule espèce (Cholus unduluius) qui en soit privée et encore seulement 
aux cuisses antérieures. 



CH0L1DES. 33 

séparé du i" par une suture arquée ou anguleuse. — Métasternum 
rarement court, ses épisternums de largeur médiocre. — Corps le 
plus souvent rhomboïdal ou elliptique. 

La définition que Schœnherr a donnée de ses Cholides est tellement 
vague et élastique qu'on peut dire qu'elle est nulle (1). Aussi a-t-il 
réuni dans ce groupe une foule d'éléments disparates, au point que 
sur les 34 genres qu'il y a compris j'ai dû en exclure 20 qui sont 
disséminés dans la plupart des Tribus qui précèdent immédiatement 
celle-ci, où reportés dans la section suivante. 

Epurés de la sorte, les Cholides constituent un groupe parfaitement 
naturel, mais assez difficile à caractériser nettement. Les deux meil- 
leurs caractères pour les reconnaître sont la direction de leurs scrobes 
rostrales et la structure de l'extrémité de leurs jambes, combinées 
avec leur prosternum non excavé. La forme rhomboïdale du corps, 
qui est fréquente chez eux, a beaucoup moins d'importance, attendu 
qu'elle s'altère rapidement et devient peu à peu elliptique (Callino- 
tus, Desmosomus), cylindrique (Solenopus), conique (Biuchycnemis) 
et finit (Sclekosomus) par ressembler a cello de quelques Cryptorhyn- 
chides. L'homogénéité de ces insectes et le peu de stabilité du petit 
nombre de caractères auxquels on peut recourir pour caractériser leurs 
genres, fait que dans la plupart des cas les limites de ces derniers 
sont vagues et incertaines (2). 

Malgré l'absence d'un canal rostral chez eux, ils me paraissent plus 
voisins des Cryptorhynchides que de tout autre groupe. Cette analo- 
gie est démontrée par leurs yeux souvent recouverts en partio quand 
la tête est au repos, la présence fréquente des lobes oculaires, la 
structure de leurs antennes, segments abdominaux, etc., et même la 
grande taille de la plupart d'entre eux. On observe chez plusieurs 
(Riiinastus, la plupart des Cholus, Homalonoti'S, Dionychus, etc.) 
une forme de mandibules qui apparaît ici pour la première fois et 
rappelle ce qui existe chez les Calandrides en général; ces organes 
envoient en dehors une oreillette plus ou moins saillante, simple ou 
bifide, parfois môme trifide. Je n'ai pas trouvé ce caractère assez cons- 
tant pour pouvoir en tirer parti au point de vue générique. Chez les 
autres espèces, les organes en question varient beaucoup. 

(1) Elle se borne à ce peu de mots : « Poitrine plane entre les hanches anté- 
rieures, entière, » ce qui est exact, mais convient également à un grand nom- 
bro d'autres Apostasimérides de Schœnherr, notamment à la majeure partie 
de ses Baridiides et à plusieurs de ses Cryptorhynchides. 

(2) Comparez, par exemple, dans Schœnherr et Dejoan (Cat. éd. 3, p. 308), 
la composition des genres Choi.us, Poi.ydeuces et Dionychus, ou dans Schœn. 
herr seul son travail primitif (Curcul. III, p. 558) sur ces genres, avec celui 
qu'il a publié en dernier lieu (iliid. VIII, 1, p. 1). Pour que des genres se prê- 
tent à de pareilles transformations, il faut qu'ils soient établis sur le faciès 
plutôt que sur des caractères sérieux. 

Coléoptères. Tome VU. 3 



34 CURCULIONIDES. 

Les Cholides sont presque tous de taille notablement au-dessus de 
la moyenne et les plus petits ne descendent jamais beaucoup au- 
dessous; quelques-uns d'entre eux (certains Homalonotus) figurent 
parmi les plus grands Curculionides. Leur livrée est rarement 
(Cholus) ornée do couleurs métalliques, mais, du reste, très-variée. 
Tous sont propres à l'Amérique du Sud. Les U genres qu'ils consti- 
tuent peuvent se reconnaître aux caractères suivants. 

I. Epaules des élytres dilatées et carénées. 

Une saillie verticale au prosternum entre les hanches antér.: llhinaslus. 
— horizontale au mésosternum : Aphioramphus. 

II. Epaules des élytres arrondies ou obtuses, souvent nulles. 
A Cuisses postérieures plus courtes que l'abdomen. 

a Métasternum au moins de longueur moyenne. 

b Prosternum plus ou moins large entre les hanches antérieures. 

c Segments interméd. de l'abdomen anguleux à leurs extrémités : Cholus. 

ce coupés carrément en arrière. 

d Pattes longues, peu robustes; cuisses graduellement en massue. 
Antennes médiocres, plus ou moins robustes : Archarias. 
— longues et grêles : Polyderces. 
dd Pattes médiocres; cuisses en massue, atténuées à leur base. 
« Jambes armées en dedans d'une dent médiane (1) : Homalonotus. 
te — inermes — 

Hanches antér. médiocrement séparées : Dionychus, Amerhinus. 

très-fortement — : Brachycnemis. 

bb Prosternum étroit entre les hanches antérieures. 

Elytres peu convexes, en ellipse allongée : Callinotus. 
— subcylindriques : Solcnopus. 
a a Métasternum très-court : Sclerosomus. 
B Cuisses postérieures dépassant plus ou moins l'abdomen. 
Corps peu allongé, subrhomhoïdal : Periderœus (2). 
— étroit, en ellipse très-allongée : Desmosomus. 

RH1NASTUS. 

Schoenh. Curcul. Disp. ineth., p. 261 (3). 

Tète allongée, conique ou subpyramidale; rostre de la longueur 
au moins de la moitié du corps, arqué, de forme et de grosseur va- 

(1) L'/Joro. humeralis fait exception à cet égard, mais il me paraît étranger 
aux Homalonotus. 

(2) Chez l'espèce typique de ce genre, les cuisses postérieures ne sont que de 
très-peu plus longues que l'abdomen ; elles le dépassent fortement chez d'au- 
tres qu'on trouvera citées plus bas. 

(3) Syn. Cholus (pars), Gcrm. 1ns. Spec. nov. p. 214. 



C.H0L1DES. 35 

riables (1) ; ses scrobes commençant dans son milieu ou un peu au- 
delà, peu profondes et fortement évasées en arrière. — Antennes 
relativement médiocres et peu robustes ; scape en massue au bout, 
restante une distance notable des yeux; funicule à articles obco- 
niques et pubescents (sauf 1) : 1-2 allongés, égaux, 3-7 courts, égaux, 
grossissant peu à peu; massue ovale, subobtuse au bout. — Yeux 
très-distants du prothorax, assez grands, un peu convexes, subarron- 
dis ou brièvement ovales. — Prothorax transversal, peu convexe, for- 
tement rétréci dans ses deux tiers antérieurs et brièvement tubuleux 
en avant, légèrement bisinué à sa base et échancré près de ses 
angles postérieurs; prosternum faiblement échancré en avant, aplani 
ou un peu concave, très-large et muni, entre les hanches antérieures, 
d'une saillie verticale plus ou moins forte. — Ecusson assez grand, 
arrondi. — Elytres peu convexes, fortement rétrécies en arrière, dila- 
tées a leur base et munies aux épaules d'une carène latérale sur- 
plombant leurs épipleures et prolongée jusque non loin de leur ex- 
trémité, où elle se termine par une callosité, pas plus larges que le 
prothorax et sinuées à leur base, avec une échancrure (2) près des 
angles humoraux qui sont recourbés en dedans. — Pattes longues 
et assez robustes; les antérieures plus grandes que les autres; cuisses 
graduellement en massue, les postérieures plus longues que l'abdo- 
men, toutes munies d'une petite dent en dessous ; jambes anté- 
rieures arquées, bisinuées en dedans, épaissies et brièvement mu- 
cronées au bout; tarses assez longs et larges, densément spongieux 
en dessous; leurs crochets courts et robustes. — 2° segment abdomi- 
nal plus court que 3-4 réunis; saillie intercoxale largo, anguleuse en 
avant. — Métasternum court. — Saillie mésosternale large, inclinée, 
en triangle curviligne. — Corps rhomboïdal, densément pubescent. 

Le plus remarquable et l'un dos mieux caractérisés des genres de 
la Tribu. Il se compose en co moment do trois grandes espèces, dont 
deux (pertusus, sternicornis) assez anciennement connues et origi- 
naires du Brésil, tandis que la troisième (lalistemus), décrite plus 

(1) Il aiïecle deux formes différentes qui partagent le genro en deux sections 
très-naturelles. Chez deux (pertusus, lutistermis) des trois espèces qui le com- 
posent, il est extrêmement robuste, qtiadrangulaire dans toute son étendue et 
muni en dessous de deux rangées latérales de gros tubercules. Chez la troi- 
sième (sternicornis), il est beaucoup plus gicle, déprimé en dessus, élargi à 
son extrémité et un peu comprimé latéralement dans ses deux tiers bifi- 
laires. 

(2) Chez les deux 1"» espèces citées dans la note précédente, ces échan- 
crures et celles qui existent en dedans des angles postérieurs du prothorax se 
sont agrandies au point qu'il en résulte un trou de chaque coté. Ces caractères 
coexistant avec la forme du rostre qui vient d'être décrite et uue saillie pros- 
ternale beaucoup plus grosso et plus longue que chez le sternicornis, on peut 
se demander si le genre ne devrait pas en faire deux. 



38 CURCUUONIDES. 

récemment par M. Guérin-Méncville (1), est de Bolivia et très-rare 
dans les collections. Toutes trois sont uniformément revêtues d'une 
courte mais dense pubescence couchée, dont la couleur, ordinaire- 
ment d'un jaune d'ocre pâle, devient quelquefois blanchâtre. Leur 
sculpture se réduit à quelques granulations sur le prothorax et les 
élytres, granulations qui sont mémo absentes chez le pcrlusus. 

APHIORAMPHUS. 

Guêmn-Mênev. lcon.; Ins., p. 158. 

Genre voisin des Rhinastus et n'en différant que par les caractères 
qui suivent : 

Tète subarrondie ; rostre pareil à celui du Rhin, sternicomis, mais 
un peu moins long. — 1 er article du funicule des antennes notable- 
ment plus long que le 2 e ; leur scape atteignant les yeux. — Pro- 
thorax plus court, plus arrondi sur les cotés, simplement bisinué à 
sa base. — Elytres également dilatées et carénées aux épaules, mais 
la carène courte, et n'atteignant pas à beaucoup près le milieu de leur 
longueur ; prosternum médiocrement largo entre les hanches anté- 
rieures. — Cuisses postérieures ne dépassant pas l'abdomen; jambes 
de la môme paire comprimées, bisinuées et anguleuses dans leur 
milieu en dedans ; toutes à la fois fortement mucronées et onguicu- 
lées au bout ; crochets des tarses médiocres et grêles. — Saillie mé- 
sosternale carrée, transversale et munie d'un tubercule conique dirigé 
en avant. — Corps rhomboïdal, partiellement écailleux. 

Le genre est, à proprement parler, intermédiaire entre le précé- 
dent et les Cholus, tels qu'ils sont constitués en ce moment, et très- 
distinct. 11 ne comprend qu'une espèce {rugosus, G. M.) d'un tiers 
plus petite que le Rhinastus sternicomis et originaire du Brésil. Elle 
est noire avec les tarses jaunes, couverte de tubercules confluents 
sur le prothorax qui est canaliculé dans son milieu, et ses élytres sont 
traversées vers leurs deux tiers postérieurs par une bande étroite et 
onduleuso d'un jaune d'ocre vif ; toute la partie de ces organes an- 
térieure à cette bande est criblée de grandes et profondes fossettes 
de formes variées (2). 

(1) lcon.; Ins. texte, p. 159. 

(2) Je possède un insecte du Brésil que je ne parviens pas à découvrir dans 
Schœnhcri', mais qui eût été sans aucun doute un Ciiulus pour lui, et qui pos- 
sède les deu\ caractères essentiels du genre actuel. Ses élytres sont assez for- 
tement dilatées et tranchantes ; son mésostenium est muni d'une grosse saillie 
verticale, carrée et tronquée obliquement. Bien que ses jambes postérieures 
soient autrement faites que chez l'espèce typique, il me parait devoir être as- 
socié à celle-ci. 



37 



CHOLUS. 
Germar, Ins. Spec. nov., p. 212. 

Germar n'a décrit que trois espèces de ce genre dont la première 
(sternicornis) est un Hhinastus. Les deux autres (albicinctus, gcome- 
tricus) présentent les mêmes caractères génériques et c'est par consé- 
quent à elles seules, ainsi qu'à celles qui leur ressemblent, que le nom 
de Cholus doit rester. Les nombreuses espèces que Schœnberr leur a 
associées doivent, pour la majeure partie, être exclues du genre et 
en former plusieurs nouveaux. 

Tète brièvement coniquo ou arrondie ; rostre long, assez robuste, 
cylindrique, plus ou moins déprimé et élargi au bout; ses scrobes 
commençant dans son milieu ou un peu au-delà. — Antennes assez 
longues et assez robustes ; scape en massue au bout, atteignant les 
yeux; funicule à articles 1 rarement 1-2 allongés, celui-là notable- 
ment plus grand ; les suivants courts, subégaux, grossissant peu à 
peu ; massue forte, oblongo-ovale, articulée. — Yeux grands, légère- 
ment convexes, arrondis ou brièvement ovales, découverts. — Pro- 
thorax peu convexe, transversal, un peu arrondi sur les côtés en 
arrière, fortement rétréci et tronqué en avant, sans lobes oculaires, 
légèrement et largement bisinué à sa base ; prosternum faiblement 
éebancré en avant, non excavé, médiocrement large entre les hanches 
antérieures. — Ecusson de forme variable. — Elytres un peu con- 
vexes et assez courtes, fortement et graduellement rétrécies en arrière, 
avec leur bord postérieur denticulé en scie, à peine plus larges que le 
prothorax et faiblement échancrôes à leur base, avec les épaules plus 
ou moins calleuses. — Pattes assez longues, surtout les antérieures ; 
leurs cuisses antérieures graduellement, les autres assez brusquement 
en massue, toutes finement dentées en dessous, les postérieures ne 
dépassant pas l'abdomen; jambes arquées, les antérieures souvent 
bisinuées en dedans, toutes épaissies, mucronées et onguiculées au 
bout ; tarses larges, densément spongieux en dessous, à article i grêle 
et arqué à sa base ; crochets petits. — Les trois segments intermé- 
diaires de l'abdomen fortement anguleux à leurs extrémités; le 2 e plus 
court que 3-4 réunis, séparé du 1 er par une suture arquée; saillie 
intercoxale allongée, assez large, arrondie en avant. — Métasternum 
médiocrement long. — Saillie mésosternalo inclinée, large, triangu- 
laire, arrondie en arrière. — Corps rhomboïdal ou oblongo-elliptique, 
lisse, plus ou moins pubescent. 

11 est presque superflu de faire remarquer l'importance de la forme 
des segments intermédiaires de l'abdomen, ainsi que la denticulation 
du bord postérieur dos élytres. 

Le genre est propre à l'Amérique du Sud et peut se diviser en 
p-eux groupes très-naturels, 



38 CURCULIOMDES. 

Les espèces du premier sont de forme rhomboïdale, assez courtes, 
d'un vert bronzé obscur et brillant, et ont pour tout dessin deux 
bandes latérales d'un blanc jaunâtre ou ochracées, qui longent de 
plus ou moins prés les bords latéraux du prothorax et des élytres ; la 
base de ces dernières est parfois (ycometricus) de la même couleur. 
Leur écusson est petit et transversal (1). 

Celles du second sont oblongo-elliptiques, noires et revêtues d'une 
courte pubescence couchée variant du jaune d'ocre pale au jaune 
soufre et dénudée par place, de façon à former des taches et des 
bandes sur le prothorax et les élytres. Leur écusson est plus grand et 
en triangle curviligne ou arrondi (2). 

ARCIIARIAS. 
Dej. Cat. éd. 1, p. 86 (3). 

Rostre dépassant la base du prothorax, plus ou moins robuste et 
déprimé au bout. — Yeux découverts en entier ou en majeure partie 
quand la tète est contractée. — Prothorax sans lobes oculaires ou 
n'en ayant que de légers vestiges ; prosternum médiocrement échan- 
cré en avant, assez large entre les hanches antérieures. — Ecusson 
assez grand, en triangle curviligne. — Elytres plus ou moins allon- 
gées, non denticulées sur leur bord postérieur. — Les quatre jambes 
postérieures amincies, tranchantes et ciliées en dehors au moins dans 
leur tiers terminal. — Segments intermédiaires de l'abdomen coupés 
carrément en arrière ; le 2° presque aussi long que 3-4 réunis, séparé 
du 1 er par une suture en général fortement anguleuse. — Corps 
rhomboïdal, déprimé, rarement (par ex. rniliaris) assez convexe, tu- 
bercule, granuleux ou transversalement ridé en dessus, à vestiture 
très-variable. — Le surplus comme chez les Cholus. 

Je prends l'ancien nom d'AncHAiius, tombé en désuétude et pres- 

(1) Outre Valbicinctus et le geometricus mentionnes dans le texte, je ne 
connais que le cinctus d'Olivier (Schœob. Curcul. III. p. 562) qui rentre dans 
cettedivision.il n'y en a pas d'autres dans Scliœnherr, et je n'en ai vu qu'une 
seule nouvelle dans les collections. 

(2) C. flavofasciatus , annulutus, Faldermanni, Nyhlœi, et probablement 
plusieurs autres encore mentionnés dans SchQnherr et que. je ne connais pas. 
Les collections en contiennent, et j'en possède un certain nombre d'inédites. 
Dejean (Cat. éd. 3, p. 809) avait placé dans les Polydeuces ceux de ces insectes 
qu'il possédait. 

Les Cholus suivants, décrits depuis Scliœnherr, mo sont inconnus, sauf le 
carinatus, qui doit constituer un genro nouveau; les autres sont probablement 
des Aiiciiamas. — C. trifasciatus, Brésil; irroratus, carinatus, Cayenne; U- 
turatus, Bolivia; Guérin-Ménev. Icon.; Ins. texte, p. 156. — lemniscatus, 
Ericlis. Arcbiv, 1847, I, p. 131 ; Pérou. 

(3) Ce genre comprenait à la fois les Choi.us, Dionycjius et Homieonotus. 



CHOLIDES. 39 

que oublié aujourd'hui, pour l'appliquer au genre actuel qui com- 
prend la majeure partie des Cholus de Schœnherr (1). Les caractères 
qui le séparent du genre précédent sont trôs-tranchés ; mais au pre- 
mier coup-d'œil ses espèces paraissent se confondre avec les Homa- 
lonotus do forme régulièrement rhomboïdale {coriaceus, squamulo- 
sus, etc.) et elles n'en diffèrent guère, en effet, quo par la structure 
des pattes et des antennes. 

Ces insectes sont au moins de taille moyenne et quelques-uns (par 
ex. miliaris, undulatus) fort grands. Leur sculpture et leur livrée 
varient tellement qu'on ne saurait en rien dire de général. Tous sont 
originaires de l'Amérique du Sud. 

POLYDERCES. 
ScnoENii. Curcul. VIII, I, p. 15. 

Genre très-voisin des Auchauias et ne s'en distinguant que par les 
faibles particularités suivantes : 

Rostre cylindrique, légèrement déprimé, non élargi au bout. — 
Antennes plus longues et grêles, du reste faites de même, si ce n'est 
que leur massue est relativement un peu plus forte. — Yeux com- 
plètement à découvert. — Les quatre jambes postérieures moins lon- 
guement tranchantes et ciliées à leur extrémité en dehors; 1" article 
des tarses allongé, longuement atténué et à peine arqué à sa base. 

Schœnherr en décrit deux espèces (zonatus, adspersus) des Antilles, 
ayant presque complètement la forme oblongo-rhomboïdale de l'Ar- 
charias undulatus, mais de moitié plus petites et totalement diffé- 
rentes l'une de l'autre par leur livrée r Je n'adopte le genre qu'eu 
hésitant. 

HOMALONOTUS. 
Sciioemi. Curcul. III, p. 584 (2). 

Tête arrondie ; rostre dépassant légèrement le prothorax en arrière, 
plus ou moins robuste et déprimé, élargi ou non à son extrémité ; 
scrobes commençant dans son milieu ou près de son tiers antérieur. 

— Antennes médiocres, assez robustes ; scape en massue au bout, at- 
teignant les yeux ; funicule à articles 1-2 noueux, allongés, de gran- 
deur relative variable, 3-7 obeoniques, subcylindriques ou subglo- 

(1) Chol. rhomboidalis, miliaris, undulatus, parcus, niveopundatus, inor- 
natus, etc., Scbœnli. Curcul. VIII, 1, p. 2. — Le laticollis d'Olivier (Schcenh. 
ibid III, p. 559) ayant le prothorax muni do lobes oculaires saillants et le mé- 
sosternum armé d'une corne dirigée en avant, me parait devoir former uu genre 
à part. 

(2) Syn. HojuuNOTus (Salilb.), Schœnh. Curcul. Disp. meth. p. 265; olim. 

— CiUANDiu pars, Fab. 



■40 CURCULIONIDES. 

buleux, 7 contigu ou annexé à la massue ; celle-ci assez petite, 
oblongue, souvent comprimée au bout; son 1 er article en cône ren- 
versé. — Yeux relativement assez petits, allongés, acuminés ini'érieu- 
rement, transversaux, en partie recouverts quand la tète est au repos. 

— Prothorax transversal [validus excepté), de l'orme variable, mais 
toujours brièvement tubuleux en avant, et muni de lobes oculaires 
en général peu saillants ; prosternum échancré en avant, parfois [ja- 
maïcains, hwneralis, hystrix) distinctement canaliculé en avant des 
hanches antérieures, large entre celles-ci. — Ecusson assez grand, en 
triangle curviligne. — Elytres variables, souvent déprimées en des- 
sus. — Pattes médiocres et robustes, les antérieures à peine plus 
longues que les postérieures ; cuisses en massue, dentées en dessous ; 
jambes comprimées, droites ou légèrement arquées, onguiculées et 
mucronées au bout ; les quatre antérieures en général munies d'une 
dent interne dans leur milieu, les quatre postérieures longuement 
tranchantes et ciliées en dehors à leur extrémité ; tarses très-larges, 
à article 1 triangulaire, grêle à sa base. — Les deux 1 ers segments 
abdominaux soudés ensemble, séparés par une fine suture un peu 
arquée; le 2 e au moins aussi long que 3-4 réunis. — Saillie inter- 
coxale plus ou moins large. — Métasternum do longueur moyenne. 

— Saillie mésosternale assez large, inclinée, rétrécic et arrondie en 
arrière. — Corps de forme variable, presque glabre ou partiellement 
pubescent. 

Ce genre, dans son état actuel, est le moins homogène de la Tribu, 
et ne pourra pas rester tel que l'a constitué Schœnherr (I). Ses es- 

(1) II s'est contenté de le diviser en deux sections, selon que les elytres 
sont déprimées ou légèrement convexes ; mais on peut faire mieux. Je remar- 
que que toutes les espèces dont le prothorax est régulier et qui ressemblent 
plus ou moins aux Archarus, ont le 2 e article du funicule antennaire beau- 
coup plus court que le 1", souvent pas plus long que le 3 e , et la saillie inter- 
coxale de l'abdomen moins large. La plupart ont les elytres un peu convexes 
(coriaceus, squamulosus, hystrix) ; chez les autres (pltttynutus, deplanatus, 
porosus) elles sont plus ou moins déprimées. Tontes les autres espèces, au con- 
traire, dont le prothorax est irrégulier, ont les deux 1"" articles du funicule 
antennaire égaux, la saillie intercoxale d'une largeur excessive, et les elytres 
constamment déprimées. Elles se partagent presque en autant de sections qu'il 
y a d'espèces, selon que le prothorax est : 1° en carré allongé (validus); 2° for- 
tement dilaté et arrondi latéralement (colossus); 3° anguleux sur les côtés, et, 
par suite, hexagonal (jamaicensis) . Réunies, ces espèces pourraient former un 
genre à part. 

L'humeralis Schh., dont il n'est pas fait mention dans le nombre, pourrait 
également en constituer un autre. Il s'éloigne des précédents par son scape 
antennaire n'atteignant pas les yeux, ses lobes oculaires très-saillants, ses ely- 
tres fortement échancrées à leur base, ses pattes allongées et peu robustes, 
comme celles des Archàuias, culin ses quatre jambes antérieures non dentées 
au coté interne, ("est le seul du genro qui présente ce dernier caractère. 



CHOLIDES. 41 

pèces, en effet, sont si différentes sous plusieurs rapports, que tout ce 
qu'on en peut dire de général, c'est que parmi elles figurent les plus 
grandes de la Tribu, et que les unes [coriaccus, squamulosus, etc.) 
ont la forme générale des Arc.haiiias, tandis que les autres (jamai- 
censis, validus, colossus, etc.) en affectent une plus ou moins singu- 
lière. Ces insectes habitent principalement les parties intertropicales 
de l'Amérique du Sud. 

DIONYCHUS. 
Gehmar, Ins. Spec. nov. p. 311. 

Tête arrondie ; rostre au moins aussi long que le prothorax, assez 
robuste, arqué, plus ou moins élargi à sa base et à son extrémité, 
arrondi et très-rarement (parallelogrammus) caréné en dessus; ses 
scrobes commençant vers son tiers antérieur. — Antennes assez lon- 
gues, médiocrement robustes; scape arqué, en massue au bout, attei- 
gnant les yeux; funicule à articles obeoniques : 1-2 allongés, celui-là 
le plus grand, 3-7 subégaux, grossissant peu à peu; massue forte, 
oblongo-ovale, subacuminée. — Yeux grands, déprimés, brièvement 
ovales, transversaux, en partie recouverts au repos. — Prothorax 
transversal ou subtransversal, tantôt (par ex. variabilis) médiocre- 
ment convexe et trapéziforme, tantôt (par ex. mutabilis) subglobuleux, 
tronqué en avant et à sa base (celle-ci parfois légèrement bisinuée), 
assez fortement échancré sur son bord antéro-inférieur, muni de lé- 
gers lobes oculaires, plan en dessous, au plus (par ex. parallclogram- 
mus) médiocrement large entre les hanches antérieures. — Ecusson 
en triangle curviligne, en général un peu allongé. — Elytres assez 
convexes, oblongo-ovales, pas plus larges que le prothorax et faible- 
ment échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes mé- 
diocres, robustes, les antérieures pas plus longues que les postérieures; 
cuisses (surtout les antérieures) graduellement en massue ou de 
forme normale, dentées en dessous ; jambes plus ou moins compri- 
mées, arquées, parfois bisinuées en dedans, mucronées et onguiculées 
au bout (I), tranchantes et ciliées en dehors à leur extrémité; tarses 
médiocres, larges. — Corps oblongo-elliptique, en général faiblement 
puboscont. 

Ce genre dans lequel Germai et, a son exemple, Schœnherr (2) 
avaient compris des Aucharias, peut rester tel que celui-ci l'a com- 
posé en dernier lieu (3). Ses espèces sont toutes au-dessus de la taille 

(1) Le mucro externe est sujet, quoique très-rarement, à disparaître, mais 
seulement, à ce qu'il parait, aux jambes antérieures. On en voit un exemple 
cliei le mutabilis. 

(2) Curcul. III, p. 580. 

(3) Curcul. VIII, 1, p. 18. Il en décrit six espèces {parallelogrammus, squa- 



42 CURCULIONIDES. 

moyenne et sauf une seule (parallelogrammiis), la plus grande de 
toutes, sont très-homogènes sous le rapport de la sculpture des tégu- 
ments et de la livrée. Leur prothorax est finement, granuleux ou 
ridé, leurs élytres sont couvertes de tubercules isolés Ou confluents, 
souvent entremêlées de rides, et en mémo temps plus ou moins dis- 
tinctement striées. La livrée consiste en quelques taches d'un blanc 
pur ou jaunâtre qui ornent ces organes. Ces insectes sont propres au 
Brésil. 

AMERH1NUS. 
Schoemi. Curcul. Disp. meth., p. 266 (1). 

Genre le moins homogène de la Tribu, dans sa composition ac- 
tuelle, et ne possédant, en dehors du /actes et de la livrée qui sont 
très-variables, rien qui le sépare des DlONTCHUS. Tout au plus peut- 
on dire qu'il diffère de ces derniers par les caractères suivants : 

Rostre relativement plus robuste, de forme variable (2). — Anten- 
nes plus courtes, les articles 3-7 de leur funicule plus transversaux. — 
Pruthorax plus court, plus convexe et plus fortement rétréci en 
avant. — Elytres subcylindriques ou cylindrico-coniques. 

Germar a fondé le genre sur deux insectes {pavo, pardus) du 
Brésil et en indiquant crue le Rhynchœms Dufresnii de Kirby devait 
en faire partie; une quatrième espèce (Inca, sous le nom de ruidus) 
avait été placée par lui dans les Dionychus. Schœnherr en a décrit 
cinq autres (3). Ces insectes varient beaucoup sous le rapport de la 
taille, comme pour tout le reste, et sont du Brésil ou de la Guyane. 

mulosus, alboguttatus, margmeguttahis, variabilis, mutabiUs). Depuis, au- 
cune n'a été décrite, et les collections n'en contiennent, du moins celles que 
j'ai vues, qu'un petit nombre de nouvelles. 

(1) Syn. Ameris, Germar, Ins. Spec. nov. p. 286.— Dionyciius pars, Germar, 
ib:d. p. 316. 

(2) H est, par exemple, très-robuste, arqué, carré, arrondi aux angles et for- 
tement élargi a sa buse [Dufresnii); muins robuste, déprimé, caréné en des- 
sus, et presque droit (I/ich); de même forme, mais plus faible et plus arqué 
(Olivieri, sarcinatus), puis finit par devenir plus ou moins cylindrique, sauf 
à l'extrémité, cbez les petites espèces (ilohemmtni, Fuhrœi, etc.). Les autres 
parties présentent des modifications analogues, ainsi que la sculpture des tégu- 
ments et la livrée. Le mucro terminal externe des jambes, entre autres, man- 
que chez la plupart des petites espèces. 

(3) A. Olivieri, Fahrœi, Schœnherri, etc. Schœnh. Curcul. III, p. 600, et 
Vill, 1, p. 26. On n'en a, depuis, décrit aucune espèce, mais il faut ajouter au 
genre, le Rhynchœnus marmoreus de Fabricius, Syst. El. Il, p. 462 (/i/i. pan- 
therinus Oliv.), de Cayenne. Schœnherr (Curcul. Vil, 2, p. 109) l'a placé, sur 
l'autorité de Dojean, parmi les Heilinjs qu'il n'avait pas vus, mais c'est un 
véritable Amekhinus, et la plus belle espèce du genre après le Dufresnii. 

En tenant compte de tous les caractères, y compris la sculpture et la livrée, 



r.HOLIDES. 43 

BRACIIYCNEMIS. 
Schoenii. Curcul., VIII, 1, p. 17 (1). 

Tête subglobulcusc, saillante, déprimée sur le front; rostre attei- 
gnant presque la base du métastermim (o") ou seulement lo mésos- 
ternum (?), assez robuste, élargi à s;i base, puis cylindrique et 
déprimé au bout, faiblement arqué; ses sorobes commençant dans 
son milieu. — Antennes assez longues et médiocrement robustes; 
scape en massue au bout, n'atteignant pas à beaucoup près les yeux; 
i'unicule à articles 1 très-allongé, noueux au bout, 2 beaucoup plus 
court, 3-7 courts, grossissant peu à peu ; massue oblongo-ovale, 
articulée. — Yeux relativement médiocres, peu convexes, oblongo- 
ovales, transversaux, distants du prothorax. — Celui-ci plus long que 
large, en cône un peu arrondi sur les côtés, sans lobes oculaires, 
médiocrement bisinué à sa base ; prosternum plan, à peine éohancré 
en avant, très-large entre les hanches antérieures. — Ecusson assez 
grand, subarrondi. — Elytres allongées, en cône régulier, pas plus 
larges ([ne le prothorax et chacune un peu arrondie à sa base, avec 
les épaules nulles. — Pattes médiocres, les antérieures un peu allon- 
gées; cuisses en massue, dentées en dessous, les postérieures ne dé- 
passant pas L'abdomen; jambes comprimées, élargies au bout, les 
antérieures un peu arquées et bisinuées en dedans, les quatre posté- 
rieures tranchantes et ciliées en dehors, toutes brièvement mucro- 
nées au bout; tarses larges, leur 1" article quadrangulaire et briève- 
ment rétréci à sa base. — 2° segment abdominal plus court que 3-4 
réunis, séparé du i<" par une suture arquée; saillie intercoxale 
allongée, subogivalo. — Métasternum assez long. — Saillie mésoster- 
oale largo, inclinée, arrondie en arrière. — Corps oblong, conique en 
arrière, ôcaillcux. 

Genre très-distinct et composé d'une seule espèce (quadrisignatus 
Sçhh.) brésilienne, de taille moyenne pour le groupe actuel. Elle est 
d'un rouge ferrugineux et entièrement revêtue de petites écailles jau- 
nes qui, en se condensant, forment une tache basilairo et une bande 
oblique post-médiane sur chaque élytre; ces organes, ainsi que le 
prothorax, sont couverts de petites crêtes transversales. La femelle est 
moins allongée que le mâle et son prothorax est moins régulièrement 
conique, étant plus convexe en dessus que chez ce dernier, plus 
arrondi sur les côtés et assez brusquement rétréci en avant. Cet in- 
secte n'est pas bien OOmmun dans les collections. 

les Amemmnus no forment pas moins de cinq groupes représentes par les es- 
pèces suivantes : 1 Dufresnii; 2 marmorcus ; 3 /«en, Olivieri, sarcinatus; 
4 pavo, pardits, Schœnhcrri, Fahrœi; 5 Bohemanni. 
(1) Syn. Litomerus, Schœnh. Curcul. III, p. 575; olim. 



44 CURCUL10NIDES. 

CALLINOTUS. 
Scuoenh. Curcul. Disp. meth., p. 263. 

Tète subarrondie, déprimée sur le front ; rostre dépassant médio- 
crement le prothorax en arrière, robuste, subcylindriquo, non. ou à 
peine élargi et déprimé au bout; ses scrobes commençant près de son 
tiers antérieur. — Antennes médiocres ; scape en massue au bout, 
atteignant les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, 
celui-là tantôt beaucoup [Sahtbergi), tantôt un peu (Zelterstedtii) plus 
long, 3-6 subarrondis, 7 plus long et plus gros, contigu à la mas- 
sue; celle-ci forte, oblongo-ovale. — Yeux très-grands, déprimés, 
brièvement ovales, en partie recouverts au repos. — Prothorax 
trapéziforme ou fortement arrondi sur les côtés, faiblement bisinué à 
sa base, avec son bord antérieur fortement sinué de chaque côté et 
muni de lobes oculaires larges, arrondis et assez saillants ; prosternum 
un peu concave, très-étroit entre les hanches antérieures, fortement 
écbancré en avant. — Ecusson carré (Sahlbergii) ou oblong (Zctters- 
tedtii). — Elytres peu convexes, allongées, oblongo-ovales, rétrécies 
et parfois (Zetterstedtii) mucronées en arrière. — Pattes des Diony- 
chus, les antérieures un peu allongées chez les mâles. — Les deux 
1 er ' segments abdominaux presque soudés ensemble et largement 
aplanis, le 2° plus long que 3-4 réunis, séparé du 1 er par une suture 
anguleuse ; saillie intercoxale large, allongée, arrondie en avant. — 
Métasternum allongé, aplani dans son milieu. — Saillie mésoster- 
nale médiocrement ou assez large, inclinée, rétrécie et arrondie en 
arrière. — Corps allongé, subelliptique, finement et densément pu- 
bescent. 

On n'en connaît que deux grandes et belles espèces nommées dans 
le texte, décrites par Schœnhcrr et originaires du Brésil. Toutes deux 
sont d'un brun carmélite uniforme et entourées sur les côtés d'une 
bande régulière d'un blanc jaunâtre à laquelle s'ajoute, chez l'un 
d'eux (Sahlbergi) une étroite bande en chevron do même couleur, qui 
traverse les élytres un peu en arrière de leur milieu. Leur prothorax 
est tuberculeux ou granuleux sur les côtés et leurs élytres présentent 
des rangées régulières de petits points enfoncés à peine visibles chez 
l'un d'eux. 

SOLENOPUS. 

Scuoenh. Curcul. Disp. meth., p. 268 (1). 

Genre extrêmement voisin dos Callinotus et n'en différant qfu'en 
ce que les élytres sont subcylindriques, graduellement atténuées en 

(1) Syn. Odontoderes, Sahlb. Pericul. cnlom. p. 46; genre non caractérisé, 
— Dionychus pars, Gortn, 



CHOLIBES. 48 

arrière, et que les mâles ont les pattes plus ou moins allongées. 
Il est par conséquent à ces derniers ce que les Amehhinus sont aux 

DlONYCHUS. 

La sculpture des téguments et la livrée variant selon les espèces, on 
ne peut en tirer aucuns caractères différentiels ayant une valeur 
réelle. Schœnherr en décrit quatre espèces (I) originaires de Cayenne 
et du Brésil. 11 y en a à ma connaissance, deux ou trois autres inédi- 
tes dans les collections. 

SCLEROSOMUS. 

Schoenh. Curcul., 111, p. 604. 

Tète arrondie, assez saillante; rostre dépassant un peu le prothorax 
en arrière, assez ou médiocrement robuste, cylindrique, déprimé et 
élargi au bout, arqué ; ses scrobes commençant au-delà de son mi- 
lieu. — Antennes médiocres, peu robustes; scapeen massue au bout, 
n'atteignant pas les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là boau- 
coup plus long, 3-7 courts, obconiquos, grossissant peu à peu, 7 sub- 
contigu à la massue ; celle-ci oblongo-ovale, articulée. — Yeux 
grands, subdéprunés, ovales, transversaux, en partie recouverts au 
repos. — Prothorax au moins aussi long que large, régulièrement 
convexe, un peu arrondi sur les cotés, brièvement rétréci en avant, 
avec son bord antérieur sinué de chaque côté, sans lobes oculaires, 
coupé carrément à sa base ; prosternum largement échancré en avant, 
étroit entre les hanches antérieures. — Ecusson en triangle curvili- 
gne. — Elytres assez convexes, parallèles dans leurs trois quarts an- 
térieurs, s'arrondissant pour former leur déclivité postérieure, pas 
plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, 
avec les épaules rectangulaires. — Pattes do longueur variable, 
robustes; les antérieures à peine plus grandes que les autres ; cuisses 
en massue, dentées en dessous, les postérieures ne dépassant pas 

(1) S. cacicus, spinkollis, Percheront, Brésil; sexmaculatus Oliv.; Cayenne; 
Sohœnh. Curcul. VIII, 1, p. 24. Je ne connais que les deux premiers, et je 
cherche inutilement, en dehors de ce nui est dit dans le texte, un seul carac- 
tère qui les distingue des Cai.linotus. On retrouve chez eux jusqu'à cet apla- 
nissement du mélathorax et de la base de l'abdomen signalé plus haut chez 
ces derniers; il est mémo plus prononcé chez le spinic.ollis que chez le Callin. 
Salhbergii. Les tubercules des cotés du prothorax qui sont plus gros chez ces 
deux insectes que chez les CaluNOTUS, ceux qyl existent sur le disque de cette 
partie du corps, la sculpture des élytres qui consiste en stries longitudinales et 
en quelques petites crêtes transversales, ne sont pas des caractères génériques, 
non plus que leur livrée, qui consiste en linéoles et taches confidentes dénu- 
dées sur un fond jaune. Cette livrée, d'ailleurs, est tout-à-fait différente, dans 
les ileux autres espèces du genre et parmi celles qui sont inédites, il y en a une, 
le Soie», bilinealus de Dejean (Cat. éd. 3, p. 310), qui rcssemhle sous ce rap- 
port, au Calim. Zetterstediii, et sous celui de la sculpture au C. Sahlùergii. 



46 CURCULlONIDES. 

l'abdomen; jambes un peu comprimées, les antérieures et les posté- 
rieures bisinuées en dedans, toutes bi-mucronées au bout, les quatre 
postérieures tranchantes et ciliées en dehors, à leur extrémité, sur une 
assez grande étendue; tarses larges, leur I" article triangulaire, 
brièvement rétréci à sa base ; leurs crochets courts et robustes. — 
Saillio intercoxale assez allongée, arrondie en avant. — Métasternum 
très-court. — Saillie mésosternale assez étroite, en triangle allongé, 
inclinée. — Corps épais, oblong, presque glabre. 

Schœnherr a fondé ce genre sur un insecte (incommodus Schh.) du 
Brésil auquel, depuis, il a associé deux autres espèces du mémo pays 
(coccosus, granulosus) dont la seconde m'esl seule connue et me pa- 
rait étrangère au genre (I). L'espèce typique esj assez grande, d'un 
noir profond mat, et glabre, sauf ses épimères mésothoraciques qui 
sont revêtues d'écaillés blanches. Son prothorax est couvert de tuber- 
cules poreux et ses élytres présentent chacune trois cotes qui sont 
tuberculeuses ainsi que leurs intervalles. 

C'est le seul genre de la Tribu qui ait, les jambes bi-mucronées 
au bout et le métasternuin aussi court, deux caractères qui suffi- 
raient pour le faire reconnaître. 

PEIUDEU.EUS. 
SciioEMi. Curcul., VIII, 1, p. 34. 

Tète subarrondio, peu saillante; rustre dépassant sensiblement le 
prothorax en arrière, peu robuste, cylindrique, déprimé et élargi à 
son extrémité, arqué; ses serobes commençant un peu au-delà do 
son milieu. — Antennes assez longues, grêles; scape en massue au 
bout, atteignant les yeux ; funioule à articles obooniques : I allongé, 
2-7 courts, grossissant peu a peu ; massue forte, oblongo-o vale, articulée ; 
son 1 er article allongé, en cône renversé. — Yeux grands, subdéprimés, 
ovales, tranversaux, on partie recouverts au repos. —Prothorax trans- 
versal, droit sur les cétôs en arrière, puis arrondi et rétréci en avant, muni 
de lobes oculaires assez saillants et arrondis, à peine bisinuô à sa base; 
prosternum largement et faiblement échancré en avant, large entre 
les hanches antérieures. — Ecusson petit, triangulaire. — Elytres 
peu convexes, courtes, très-fortement rétrécies en arrière, pas plus 
larges que le prothorax et à peine échanorées à la base, avec les 
épaules nulles. — Pattes assez longues et médiocrement robustes, 
les antérieures un peu plus longues queles postérieures; cuisses en 
massue, dentées en dessous, les postérieures dépassant faiblement 

(1) Elle diffère de l'incommodus par son rostre plus long cl plus grCle, son 
écussoH tris-petit, presque ponctltorme, ses cuisses postérieures dépassant no- 
tablement l'abdomen, ses jambes inermes au bout et son mêtasternum moins 
court. Ces différences ont manifestement plus qu'une valeur de section. 



CH0LIDES. 47 

l'abdomen; jambes comprimées, les antérieures un peu arquées et 
mucronées au bout, les quatre postérieures assez longuement ciliées 
et tranchantes en dehors à leur extrémité, presque inermes ■ tarses 
larges, à article i triangulaire et brièvement cétréoi à sa base. — 2 e 
segment abdominal presque aussi long que 3-4 réunis, séparé du I er 
par une suture arquée; saillio mésostcrnale large, parallèle, tron- 
quée en avant. — Métasternum de longueur moyenne. — Saillie 
mésostcrnale assez large, inclinée, rétrécie et tronquée en arrière. — 
Corps rhomboïdal, écailloux. 

Le type du genre (granellus Schh.) est un assez petit insecte du 
Brésil, revêtu en entier de petites écailles d'un brun terreux uniforme 
et n'ayant pour toute sculpture, sur le prothorax et les élytres, que 
do petits granules. Scliœnherr a dit do lui que ses caractères le rap- 
prochaient un peu des Maiuhus, assertion sans aucun fondement; ce 
sont ceux d'un Cliolide, y compris le faciès. 11 ne s'est pas aperçu 
non plus que plusieurs de ses Cholus devaient rentrer dans le genre (1). 

DESMOSOMUS. 
Perty, Del anim. ariie. Brasil., p. 81 (2). 

Tète brièvement obeonique, inclinée ; rostre de la longueur de la 
moitié du corps, grêle, cylindrique, un pou déprimé et élargi au 
bout, fortement arqué ; ses scrobes commençant au milieu de sa 
longueur. — Antennes longues et grêles; scape en massue au bout, 
atteignant les yeux; funioule à articles I obeonique, allongé, 2 de 
même forme, beaucoup plus courts, 3-7 courts, noueux au bout 
ou subarrondis, grossissant peu à peu; massue allongée, fusiforme, 
articulée. — Yeux grands, assez convexes, arrondis, distants du pro- 
thorax. — Celui-ci plus long que large, peu convexe, légèrement 
arrondi sur les côtés, rétréci dans son quart antérieur et tronqué en 
avant, à peine hisinué à sa base : prosternum entier en avant, assez 

(1) Co sont ses Ch. laleralir, ie.trkus et silaceoguttatus (Curcul. VIII, 1, 
p. 5 et 7). Leurs caractères sont absolument ceux du génie, a deux près : leur 
protborax est privé de lobes oculaires, ce qui l'ait que leurs yeux sont décou- 
verts, et leurs jambes antérieures sont inermes au bout, comme les quatre pos- 
térieures. Chez tous trois, les cuisses postérieures dépassent fortement l'abdo- 
men. Le second a la livrée et le faciès du /'. granellus; les autres varient à. 
cet égard. Si ces insectes ne sont pas compris dans le genre actuel, ils devront 
en former un nouveau qui prendra rang immédiatement avant ou après lui. 
Outre les précédentes, il y a dans les collections plusieurs espèces inédites qui 
devront en taire partie. 

(2) Syn. LlTOMERUS, Sch. Curcul. III, p. 574; nom postérieur de trois ans à 
celui de M. Perty. Scluenbcrr, à l'espèce unique du genre, avait associé trois 
autres qu'il a placées, depuis, dans autant de genres distincts, savoir : zona- 
tus, parmi les Polydeucks, rana dans les Cholus, et quadrisignatus, type de 
son genre Bhachvcnemis. 



48 CURCULIONIDES. 

large entre les hanches antérieures. — Ecusson en triangle curvili- 
gne. — Elytres presque planes, en ellipse très-allongée, pas plus 
larges que le prothorax et échancrées à leur base, avec les épaules 
rectilignes. — Pattes grêles, très-longues, les antérieures plus que 
les autres ; cuisses linéaires, dentées en dessous, les postérieures 
dépassant sensiblement l'abdomen; jambes subarrondies, droites, 
inermes au bout; tarses médiocrement larges, à articles 1 grand, en 
carré long, brièvement rétréci à sa base, 2 triangulaire, plus étroit 
que 1 et 3, 4 assez long, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdo- 
minal plus long que 3-4 réunis, séparé du l° r par une suture angu- 
leuse ; saillie interooxale large, parallèle, tronquée en avant. — Mé- 
tasternum allongé. — Saillie mésosternale assez large, inclinée, 
rétrécie et tronquée en arrière. — Corps en ellipse très-allongée, 
écailleux. 

L'unique espèce (I) du genre est un bel insecte du Brésil, remar- 
quable par ses formes sveltes et l'élégance de sa livrée qui consiste 
en trois bandes blanches ou jaunâtres, dont deux latérales et une mé- 
diane, s'étendant de la partie antérieure du prothorax à l'extrémité 
des élytres. Le dessous du corps est en entier de même couleur, sauf 
deux bandes noires dénudées qui se voient sur l'abdomen. 

TRIBU LXII. 

CRYPTORHYNCHIDES. 

Rostre variable. — Funicule antennaire de sept, rarement de six 
articles. — Yeux en général très-grands, au moins en partie recou- 
verts lors de la contraction du rostre. — Prothorax le plus souvent 
saillant au milieu de son bord antérieur, ou sinué sur les côtés de 
celui-ci, en général pourvu de lobes oculaires; prosternum canali- 
culé ; le canal très-rarement converti en une simple excavation. — 
Ecusson distinct ou non. — Elytres recouvrant presque toujours le 
pygidium. — Hanches antérieures saillantes; jambes onguiculées ou 
mucronées au bout; crochets des tarses simples. — Les trois segments 
intermédiaires de l'abdomen de longueur relative variable, coupés 
carrément en arrière. — Corps de forme variable. 

Groupe le plus considérable do tous Ceux des Apostasimérides, 
quoique j'en aie retranché plus du tiers des genres que Schrenherr 
y avait compris. Par compensation j'y introduis trois (Psepholax, 
Aularhuni's, Nettaiihinus) qu'il avait placés ailleurs. Les deux pre- 
miers ne sont pas des Byrsopsides, ni le troisième un Cholide, comme 
il l'avait cru. 

Malgré l'épuration que jo leur ai fait subir et qui a été portée 

(1) D. longipes, Perty, loc. cit. p. 82, pi. 16, f. 11 {Lit. lineatus Schh.). 



CRYPTORHYNCHIDES. 49 

aussi loin que possible, l'organisation de ces insectes est tellement 
variée qu'il n'est pas un seul de leurs caractères qui ne souffre quel- 
ques exceptions. Plusieurs même (Ectatoriiinus, la plupart des 
Conotracheuis, etc.) ne sont pas des Apostasimérides, leurs hanches 
antérieures étant continues. De son cùté, quoique très-rarement, le 
canal rostral est sujet a s'affaiblir, et il y a même un genre (Conotra- 
chelus) dont plusieurs espèces en possèdent à peine quelques vesti- 
ges, mais c'est le seul qui soit dans ce cas. Il faut toutefois remar- 
quer qu'alors il est en général suppléé a ce caractère de première 
importance par d'autres qui sont propres à la Tribu, c'est-à-dire des 
lobes oculaires très-prononcés et la forte saillie qu'envoie en avant le 
bord antérieur du prothorax. 

Il n'en reste pas moins vrai que les exceptions dont il s'agit ren- 
dent impossible une définition rigoureuse de ces insectes. Mais si l'on 
en fait abstraction, on peut dire qu'ils diffèrent de tous les groupes 
précédents par leur canal rostral, et des deux Tribus qui suivent, 
celles des Zygopides et des Isorhynchides, en ce que leurs yeux sont 
plus ou moins recouverts lors de la contraction du rostre (i). Ce qui 
prouve, du reste, qu'ils constituent un groupe naturel, c'est que dans 
la pratique on reconnaît toujours sans peine si une espèce leur appar- 
tient ou non. 

On ne sait encore que peu de chose des premiers états do ces insec- 
tes. La larve d'une seule espèce européenne, le Cryptorhynchus 
lapathi, a été observée, il y a longtemps, par W. Curtis (2), mais 
non décrite par lui, et le petit nombre de^ auteurs qui on ont parlé 
plus récemment, n'ont guère fait que répéter ce qu'il en a dit. 
Comme, l'insecte parfait, elle vit sur les saules et creuse des galeries 
sinueuses dans l'intérieur des vieux troncs de ces arbres. Son organi- 
sation parait être complètement normale. 

Les Cryptorhyncliidcs sont répandus sur la plus grande partie du 
globe, mais presque tous sont exotiques. De leurs nombreux genres, 
cinq seulement (Cryptorhymchus, Ac.alles, Arthrostenus, Acentrus, 
Orobitis) sont représentés en Europe, et la plupart n'y comptent 
qu'une seule espèce. 

Leur classification présente des difficultés spéciales. Colle qui suit 
est basée sur le canal rostral qui affecte ici, dans sa structure, les 
quatre conditions dont il a été question dans les Généralités placées 
en tête de ce volume. On a ainsi quatre groupes qu'il est nécessaire 

(1) Co caractère est lui-même sujet a une exception étiez les Psf.pholax, mais 
ces insectes sont si différents, à tous égards, des Zygopides et des Isoibyn- 
cliitles, que l'erreur, en co qui les concerne, est impossible. 

(2) Trans. of the Linn. Soc. I, 1791, p. 86, pi. 5, f. 1-2 larve, 3 nymplie.— 
Voyez aussi Loudon, Arborct. britannic. p. 1479, et Westwood, An lutrod. etc. 
I, p. 343. 

Coléoptères. Tome VII. j 



80 CURCULICMDES. 

d'élever au rang de Sous-Tribus, par suite de la variété des types 
que deux surtout d'entre eux contiennent. 

I. Canal rostral ne dépassant pas les hanches an- 
térieures, on, dans le cas contraire, non limité 
en arrière par le mésosternum et n'entamant 
pas le métasternum. Itiiyporiises. 

H. Caual rosirai cnlamant le métasternum. Sophrorhinides. 

III. limité en arriére par le proster- 

num. Càmptoriiinides. 

IV. limité en arrière par le mésoster- 

num . CrYPTORHYIAXHIDES VRAIS. 

Sous-Tiuiîu I. Ithyporides. 
Canal rostral ne dépassant pas les hanches antérieures chez la plu- 
part, n'entamant jamais le métasternum, quand il se prolonge au- 
delà. — Mésosternum ne prenant aucune part a sa formation sur les 
côtés ni en arrière. 

La règle générale est que le canal en question s'efface entre les han- 
ches antérieures et qu'en arrière de celles-ci il n'en existe aucune 
trace. Dans certains cas même (Ectatorhinus, Acentrus, quelques 
Ithvporus, beaucoup de Conotrachelus) où ces hanches sont contiguës, 
il n'occupe que le prosternum en avant d'elles. Souvent, en outre, 
il est moins profond que dans les Sous-Tribus suivantes. Quant au 
mésosternum, il se trouve dans les mêmes conditions quo chez le 
commun des Curculionides, sauf dans quelques cas où il forme en 
partie le fond du canal rostral et semble, au premier coup-d'œil, ne 
pas exister. Sa forme varie considérablement, mais no peut pas servir 
pour l'arrangement systématique de la Sous-Tribu, attendu qu'elle 
peut différer dans des genres voisins du reste. 

11 suit de là que, pris dans leur ensemble, ces insectes sont des 
Cryptorhynchides encore imparfaits. Leur infériorité se révèle en 
outre par le peu d'uniformité de leur organisation et le grand nombre 
de formes isolées qu'ils présentent. Aussi le nombre do leurs espèces 
n'est-il nullement en rapport avec celui de leurs genres. Ces derniers 
ne représentent pas moins de huit types différents qui pourraient 
même, à la rigueur, être encore multipliés. 
I. Elytres embrassant au plus médiocrement le corps. 
a Scrobes rostrales se portant rapidement sous 
le rostre, ou longeant son bord latéral infé- 
rieur, imparfaitement visibles sur les côtés, 
très-rarement (quelques Ciialcodehmus) en 
entier visibles, mais alors les yeux très-rap- 
proch'js en dessus. 
Lobes oculaires et bord antérieur du pro- 
thorax très-saillanU. Itbyporide» trah. 



ITHTPORIDES VRAIS. 5J 

Lobes oculaires et bord antérieur du pro- 
thorax très-faibles ou nuls. Cléoconides. 
aa Scrobes rostralcs obliques ou rectilignes, en en- 
tier visibles latéralement. 
b Prosternum nul en avant des hanebes anté- 

rieUres - OltOMTIDES. 

bb — P'us ou moins long en avant des 

hanches antérieures, 
c Yeux petits, découverts lors de la contraction du 

r0StrC - PsÉPHOLACIDES. 

ce — grands, recouverts au moins en partie. 

Mésosternum horizontal, de niveau avec le 

înétaslernum. Strongyloptérides. 

— étroit, triangulaire, incliné en 

arrière. Nettarhikides. 

— large, vertical en avant, hori- 

zonlal en arrière. Guyopérides. 

II. Elytres embrassant très-fortement le corps. Ocladiide». 

GROUPE I. Ithyporides vrais. 

Rostre variable; ses scrobes se portant rapidement sous lui ou lon- 
geant son bord latéral inférieur, imparfaitement visibles sur les côtés. 
— Yeux entièrement cachés, ou peu s'en faut, lors de la contraction 
du rostre. — Bord antérieur du prothorax et ses lobes oculaires plus 
ou moins saillants. — Un écusson (sauf chez quelques Ituyporus). — 
Elytres embrassant médiocrement le corps. — Métasternum rarement 
très-court; ses épisternums presque toujours étroits et parallèles. 

De tous les groupes de la Sous-Tribu, celui-ci est le plus considérable. 
La plupart de ses genres sont remarquables par le peu de profondeur 
de leur canal rostral et la tendance qu'ont leurs hanches antérieures 
à se rapprocher. Elles sont mêmes contiguës chez les Ectatorhinus, 
quelques Ithyporus et la majeure partie des Coxotrachelus. Le 
groupe, pris dans son ensemble, peut dès lors, à juste titre, être re- 
gardé comme comprenant les plus imparfaits des Cryptorhynchides. 

Ses genres, à l'exception de trois (Conotrachelus, Lobops, Mitre- 
PHORus) propres a l'Amérique, appartiennent à l'ancien continent ; 
un seul (Akthrostenus) qui est particulier au Caucase, peut être re- 
gardé comme européen. 

I. Scrobes rostralcs coufluenles en arrière. 

a Cuisses postérieures longuement pédonculécs, dépassant l'abdomen. 
Hanches antérieures séparées : Mccocorynus. 

contiguës : Ectatorhinus. 

a a Cuisses postérieures non pédonculécs, pas plus longues quo l'abdomen : 
Conotrachelus. 



(52 CURCULI0N1DES. 

H. Scrobes rostralcs non continentes en arrière. 

6 Elytics débordant le prothorax à leur base. 

c Corbeilles des jambes poster, fortement caverneuses: Desmidophorus. 

cc ouvertes (1). 

d 2" segment abdominal plus long que 3-4 réunis : Colobodes. 

dd pas — isoles. 

« Yeux latéraux, situés beaucoup plus bas que le verlex. 
Massue anteunaire ovale, arliculée : Illiyporus. 

cylindrique, compacte : Traphecorynus. 

ee Yeux arrivant au niveau du vertex : Lobops. 

bb Elytres à peine ou pas pins larges que le prothorax à leur base. 

f Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux. 

Protliorax sans corne en avaut; élylres très-inégales : Polylophus. 
— muni d'une corne en avant; élylres lisses : Mitrepliorus. 
ff 2» segment abdominal beaucoup plus grand que 3-4 réunis : Arthro- 
stenus. 
Genre incerta; sedis : Cylloramphus. 

MECOCORYNUS. 

Schoenh. Curcul. Disp. melh., p. 383 (2). 

Rostre long, assez robuste, tantôt (varipes) presque droit, quadran- 
gulaire à sa base, fortement déprimé en avant et angulairement 
dilaté au niveau de l'insertipn des antennes (3), tantôt {loripes) arqué, 
déprimé, élargi et caréné en dessus à sa base ; ses scrobes commençant 
dans son milieu ou un peu en deçà, passant rapidement en dessous 
et conniventes en arrière. — Antennes assez longues, médiocrement 
robustes; scape en massue au bout, n'atteignant pas les yeux ; funi- 
cule à articles noueux au bout, ou obeoniques : 1-4 allongés, de 
grandeur relative variable, 5-7 plus courts, grossissant peu à peu : 
massue compacte, veloutée, allongée, cylindrique et obtuse au bout. 
— Yeux assez fortement granulés, très-grands, en triangle curviligne 

(1) Elles sont caverneuses chez une espèce (capensis) du genre [thtporos, 
par suite du reploiement an coté interne d'une lame mucronale dont elles 
sont pourvues, lame qui n'existe pas chez les DssmDOPHORUS. 

(2) Syn. Thetbs. Chevrol. Ann. d. 1. Soc. entom. II, 1833, p. 61 ; genre éta- 
bli sur le M. loripes, et très-postérieur à celui de Schœnherr, mais le nom 
spécifique a la priorité. — SynthliBORHYNCHUS, Schcculi. Nantis, sec. Curcul. 
p. 79; genre également fondé sur le loripes, d'.iprès des exemplaires de la 
Calfre.ie Schœnherr ne s'est pas souvenu qu'il avait déjà (Curcul. IV, p. 195) 
décrit cet insecte, d'après des exemplaires du Sénégal, sous le nom de Mcco- 
corynus Westermanni, puis (Curcul. VIII, 1, p. 359) sous celui de fortjMS; 
cette fois il l'app. Ile S. Fuhrœi. - Cryptorhïnchbs Wiedem. 

(3) Le rostre ne participe pas dans toute son épaisseur à cette dilatation; 
elle n'intéresse que la lèvre inférieure des scrobes. 



1THYP0RIDES VRAIS. 53 

transversal, rapprochés en dessous. — Prothorax transversal, convexe, 
dilaté et arrondi dans son milieu sur les côtés, brusquement rétréci 
et muni d'un sillon transversal en avant, avec son bord antérieur 
plus ou moins saillant, sinuô sur les côtés et pourvu de lobes ocu- 
laires très-saillants et arrondis, médiocrement bisinué a sa base ; pro- 
sternum largement et assez profondément canaliculé, le canal ne 
dépassant pas les hanches antérieures, large entro celles-ci et muni 
d'une carène transversale, arquée, à concavité antérieure. — Ecusson 
de forme variable. — Elytres très-convexes, brièvement ovalo-navi- 
culaires, beaucoup plus larges que le prothorax et un peu échancrées 
à leur base, avec les épaules saillantes en dehors et assez aiguës. — 
Pattes longues et robustes ; cuisses pédonculées à leur base, les pos- 
térieures dépassant l'abdomen, toutes très-brièvement dentées en 
dessous; jambes un peu comprimées, droites, foitement onguiculées 
au bout; tarses longs, spongieux en dessous, à articles 1-2 étroits, 
allongés, celui-là le plus grand, 3 médiocrement large, 4 long; ses 
crochets médiocres. — Les trois segments intermédiaires de l'abdo- 
men subégaux, séparés du \" par une suture presque droite; saillie 
intercoxale large, subogivale. — Métasternum assez court. — Méso- 
sternum en triangle renversé, horizontal, concave, avec ses angles 
antérieurs plus ou moins saillants. — Corps inégal, revêtu d'un en- 
duit éeailleux. 

Schœnherr a fondé primitivement ce genre sur le Cryptorhynchus 
varipes de Wiedemann (1), bel insecte du Bengale auquel est venue 
s'adjoindre plus tard une espèce africaine, répandue de laSénégambie 
à Natal et décrite par M. Chevrolat sous le nom de Tretus loripes. 
Bien qu'il y ait une notable différence dans la forme de leur rostre, 
qui est plus déprimé et plus large chez le premier que chez le second, 
ces insectes me paraissent pouvoir rester associés ensemble. Tous 
deux sont de la taille des Cratosomus do seconde grandeur, revêtus, 
comme la plupart de ces derniers, de téguments très-inégaux, et ont 
une livrée nuageuse avec les pattes irrégulièrement annelées de deux 
couleurs différentes. 

Par suite de la forme de la massue antennaire, Schœnherr a placé 
le genre dans le voisinage des Coelostkrntjs etdesCïiiNDROCORTHU9, 
mais, ainsi que l'a déjà dit M. Gerstaecker (2), il appartient manifeste- 
ment au même groupe que les Ithyporus. 

ECTAT0RH1NUS. 

Rostre de la longueur au moins des trois quarts du corps, grêle, 
paraboliquement arqué, quadrangul.iirr jusqu'à la naissance des 
scrobes, déprimé dans le reste de sa longueur; ses scrobes commen- 

(1) Zool. Magax. I, 3, p. 178; Schœnh. Curcul. IV, p. 197. 

(2) Stettin. eutom. Zelt. 1860, p. 387. 



54 CURCULIONIDES. 

çant vers son tiers basilaire. — Antennes longues, peu robustes; 
scape fortement en massue au bout, atteignant les yeux; funicule à 
articles obconiques : I le plus court, 2 le plus long do tous, les autres 
subégaux; massue oblongo-ovale, veloutée, subcompacte ; les sutures 
entre ses articles très-fines, onduleuses. — Hanches antérieures conti- 
guës. — Mésosternum horizontal, en triangle aigu renversé, divisé à 
sa base en deux mamelons arrondis par un sillon longitudinal. — Le 
surplus comme chez les Mecocorynus. 

Ces caractères me paraissent très-suffisants pour séparer généri- 
quement des Mecocorynus un bel insecte rapporté de Bornéo par 
M. Wallace et que je publie, par exception, on me faisant un devoir de 
le dédier à ce savant voyageur naturaliste (i). On pourrait le définir en 
deux mots un Mecocorynus à hanches antérieures contiguës, et pourvu 
d'un rostre de Balaninus. La structure de sa massue antennairo rap- 
pelle également celle signalée par M. Gerstffioker chez quelques Itiiy- 
porus de Madagascar, comme on le verra plus bas. Sa livrée a la 
plus intime analogio avec celle du Colobcs Bilbergii et ressemble 
également à celle du Mecocorynus varipes. 

CONOTRACHELUS. 

(Latr.) Scuoenu. Curcul. IV, p. 392 (2). 

Dans son état actuel ce genre, très-riche en espèces (3), ne peut 
pas être défini d'une manière positive par suite des modifications que 
subissent le plus grand nombre de leurs organes. Ce n'est pas des 
Rhyssomatus etdesCHALcouERMUs qu'il est voisin, comme on le pense 
généralement, mais des deux genres qui précèdent et dont il possède 
tous les caractères essentiels (4). C'est, avec eux, le seul genre du 

(1) E. Wallacci. Mccocoryno varipedi statura valde similis, sel paulo minor; 
undique fulvo-squamosus, supra umbriiio-variegatus, roslro (basi prœtermissa) 
denudato, lœvi; prothorace rude scroblculato, carinalo, elytris slriato-foveo- 
latis, interstitiis costatis dentieulatis, punctis pauci», macula utrinque basali, 
lineolaque communi pone medium, albido-fulvescenlibus; pedibus albo fulvoque 
annnlalis. — Bornéo (Saïawack). 

(2) Syn. Cïfhoiihynchus, Schœnh. Curcul. IV, p. 458; olim. 

(3) Schœnh. (Curcul. VIII, 2, p. 15 et 4501 en décrit 104, et il y en a peut- 
être autant d'inédites dans les collections. Sur une cinquantaine que je possède 
et que M. Jckel a bien voulu examiner avec soin, il ne s'en est trouvé que trois 
qui ne fussent pas nouvelles. Depuis Schœnhorr, on a décrit les suivantes : 
C. vetulus, Ericbs. Archiv, 1817, I, p. 134; Pérou. — horridus, creiaceus, 
H. Lucas in Casleln. Voy. d. l'Amer, du Sud; Entom. p 176; Brésil intérieur. 
— vilis, hislrio, lisignatus, Buenos-Ayres; lepidus, Montevideo; in/irmtis, 
varieguius, Rio-Jaueiio; Boliem. Voy. d. l'Eugénie; Entom. p. 143. 

(4) Surtout la grandeur des lobes oculaires du prothorax qui recouvrent 
complètement les yeux quand le rostre est au repos. La faiblesse de ces lobeg 



ITHYPORIDES VRAIS. 35 

groupe actuel qui ait les scrobes rostrales inférieures et confluentes 
en arrière. 11 suffira par conséquent d'indiquer les particularités qui 
l'en distinguent. Après un examen attentif et prolongé, je ne trouve 
quo les trois suivantes : 

Massue antennairo oblongo-ovale ou ovale, très distinctement arti- 
culée ; les sutures de séparation transversales. — Cuisses postérieures 
non ou brièvement pédonculées, ne dépassant pas l'abdomen; crochets 
des tarses fissiles chez presque tous. 

Tout le reste varie à l'infini, notamment le rostre, et c'est sur quel- 
ques espèces {rhinocéros, squalidus, scirrhosus, etc.) qui l'ont qua- 
drangulaire et arqué à sa base au point d'être gibbeux, que Schœn- 
herr avait, dans l'origine, établi son genre Cyphorhynchts qu'il a 
supprimé par la suite. De même quo les Ectatormnus, ces in- 
sectes ont le plus souvent les hanches antérieures contiguès et leur 
séparation, quand elle existe, est toujours très-faible. Le canal pro- 
sternai, en avant d'elles, est en général assez profond et bien limité 
latéralement, mais parfois (par ex. cruciatus) il devient tout-à-fait 
superficiel. Il est impossible, en un mot, de rien dire de général de 
ces insectes. Comme les Heilipus, par exemple, ils constituent non pas 
un seul, mais plusieurs genres. 

Leur taille est bien inférieure à celle des Mecocorynus et des Ec- 
TATORiiiNi's; les plus grands dépassent à peine, sous ce rapport, les 
Balaninus venosus, nucum, etc., et la plupart sont plus petits. Leur 
livrée est assez modeste et ne présente jamais de nuances métalliques. 
Ils sont propres a l'Amérique (1) et paraissent répandus dans la plus 
grande partie de ce continent. 

DESMIDOPHORUS. 

(ClIEVROL.) SCHOENH. Curcul., IV, p. 360. 

Rostre médiocre, robuste, faiblement arqué, subquadrangulaire, 
arrondi aux angles, muni, de chaque côté, d'un large sillon allant 
de l'insertion des antennes a l'œil ; ses scrobes commençant au-delà 
do son milieu, très-obliques, dirigées sous le rostre et séparées en 
arrière par une mince cloison. — Antennes médiocres, peu robustes; 
scape en massue au bout, n'atteignant pas tout-à-fait les yeux; funi- 

est le caractère le plus apparent des Cléogonides, auxquels appartiennent les 
Rhvssommus et les Chalcodekmus. Un grand nombre de Conotiiacuei.us ont 
l'air de Mecocorynus on miniature, par suite de la forme de leurs élytres qui 
débordent fortement le protborax et ont les épaules aiguës comme ces der- 
niers. C'est probablement l'énorme différence qui existe entre la taille des es- 
pèces des deux genres qui a fait méconmltre leurs analogies. 

(I) M. Kolenati (Vurhandl. d. Zool.-Botan. Ver. in Wien, 18S8, p. 341, pi. 6) 
a décrit un C. Helfcrii dus Indes orientale». Je crois, avec M. Gerstaicker 
(Wiegm. Arcliiv, 1859, H, p. •104), qu'il est probablement étranger au genre. 



30 , CURCLLIONIDES. 

cule à articles 1-2 obconiques, subégaux ou l plus grand, 3-4 de 
même forme, courts, 5-6 subarrondis, 7 transversal, plus ou moins 
contigu à la massuo ; celle-ci grosse, oblongo-ovalo, articulée, obtuse 
au bout. — Yeux grands, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax 
transversal, convexe, arrondi sur les côtés, rétréci en avant, avec son 
bord antérieur profondément sinué de cbaque côté et muni de lobes 
oculaires saillants et arrondis, légèrement bisinué à sa base ; proster- 
num profondément canaliculé ; le canal ne dépassant pas les banches 
antérieures en arrière. — Ecusson ovale ou oblong, parfois (hebes) 
nul. — Elytres très-convexes, brièvement naviculaires ou ovales, 
souvent isolément anguleuses à leur extrémité, beaucoup plus larges 
que le prothorax à leur base, avec les épaules plus ou moins sail- 
lantes latéralement et anguleuses. — Pattes médiocres, robustes ; 
cuisses sublinéaires, brièvement dentées ou inermes en dessous; 
jambes comprimées, les antérieures en général arquées; tjutes briè- 
vement mucronées au bout; les corbeilles des postérieures fortement 
caverneuses; tarses assez longs, larges, densément spongieux en des- 
sous, à article 4 grand ; ses crochets médiocres. — 2° segment abdo- 
minal presque aussi grand que 3-4 réunis, séparé du 1 er par une 
suture légèrement arquée ou droite ; saillie intercoxale assez large, 
arrondie en avant. — Métasternum très-court. — Saillie mésosternalo 
assez étroite, subhorizontale, enfouie entre les hanches intermédiaires. 
— Corps inégal, écailleux. 

Ces insectes sont au moins de moyenne grandeur et leur livrée, 
assez variable selon les individus, consiste ordinairement en petites 
taches ou en bandes maculaires sur un fond brun ou noir. Tous ont 
le prothorax criblé de gros points enfoncés et les élytres plus ou moins 
striées, avec les intervalles entre les stries munis de quelques tuber- 
cules arrondis; rarement (senex) leur corps est hérissé de longs poils. 

Sauf une espèce de Madagascar, ils sont répandus dans les diverses 
parties des Indes orientales (I). 

La forme des corbeilles de leurs jambes postérieures les distingue 
éminemment de tous les genres qui précèdent. 

(1) Schrcnherr (Curcul. VIII, 2, p. 3) en mentionne 6 csp. : D. hebes F., 
Bengale; Cummingii, îles Philippines; aureolus, lmhoffii, Java; Confuciï, 
Chine ; senex, Madagascar. J'en connais deux nouvelles, de Siam et de la Co- 
chinchine, plus une troisième de Madagascar, la plus grande de toutes, com- 
plètement revêtue d'un enduit grisâtre et remarquable par ses élytres cou- 
vertes de profondes excavations confluentes. — Le Rhynchœnus penicill/ilus 
de Fabiïcius et d'Olivier, que ces auteurs indiquent comme do Cayenne, me 
parait, comme à Dejean et Schœnherr, appartenir au genre; c'est très-proba- 
blement un insecte de Madagascar, voisin du senex. 



ITHYPORIDES VRAIS. 57 

COLOBODES. 
SciioENii. Curcul., IV, p. 465. 

Ce genre ne diffère des Ithyporus qui suivent que par les particu- 
larités suivantes ■ 
2 e article du funicule antennaire notablement plus long que le 1". 

— Cuisses non pédonculées à leur base, graduellement en massue. 

— 2 e segment abdominal plus long que les deux suivants réunis, sé- 
paré du 1 er par une suture arquée ; saillie inlorcoxale médiocrement 
large, ogivale. 

Les deux espèces (1) qu'il comprend en ce moment sont originaires 
de Java. Schœnherr, après avoir établi le genre sur l'une d'elles 
(Mltbcryii), l'a réuni aux Ithyporus, mais les caractères qui l'en sé- 
parent sont trop importants pour que cette réunion puisse être 
adoptée. 

La livrée de ces insectes est plus élégante que celle des Ithyporus. 
Elle consiste en quelques taches ou une sorte do fin réseau noirâtre 
sur un fond d'un fauve plus ou moins clair, et quelques tubercules, 
la plupart fascicules, ornent leur prothorax et leurs élytres. 

ITHYPORUS. 
Schoenii. Curcul., II!, p. 550. 

Rostre médiocre, tantôt (par ex. capensis) assez robuste et cylin- 
drique, tantôt (par ex. inquinatus) plus grêle et déprimé ; ses scrobes 
commençant dans son milieu ou un peu au-delà, rapidement infé- 
rieures (2). — Antennes médiocres, assez robustes; scape en massue au 
bout, atteignant les yeux ; funicule à articles obeoniques : 1-2 allongés, 
subégaux; 3-7 courts, égaux; massue assez grosse, oblongo-ovale, arti- 
culée, obtuse. — Yeux très-grands, déprimés, ovales, transversaux. — 
Prothorax transversal ou non, régulièrement arrondi sur les côtés, ré- 
tréci en avant, avec son bord antérieur profondément sinué de chaque 
côté, et muni de lobes oculaires très-saillants et subanguleux, large- 
ment arrondi à sa base; prosternum fortement canaliculé en avant des 
hanches antérieures, très-étroit, et aplani entre celles-ci. — Ecusson 
ovale ou arrondi, parfois nul. — Elytres oblongues, subparallèles dans 
les trois quarts de leur longueur, plus ou moins déprimées sur le disque, 
notablement plus larges que le prothorax et tronquées ou faiblement 
échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres, 

(1) C. Billbcrgii, Schoenh. loc. cit. p. 466.— Ithyp. Labrami, ibid. VIII, 2, 
p. 68. 

(2) Elles seraient conniventes postérieurement, selon Scliœnlicrr, mais une 
cloison plus ou moi us large intervient entre elles. 



88 CURCULIONIDES. 

robustes ; hanches antérieures faiblement séparées ; cuisses pédoncu- 
lées à leur base, fortement en massue et dentées en dessous à leur 
extrémité; les postérieures dépassant parfois (inquinatus) un peu 
l'abdomen; jambes comprimées, plus ou moins, surtout les postérieu- 
res (1), renflées dans leur milieu en dedans, toutes terminées par une 
lame mucronale et mucronées ou onguiculées à leur extrémité ; tarses 
assez larges, médiocres, spongieux en dessous, a articles 1 un peu 
allongé, 3 pas beaucoup plus large que 2, 4 assez long, ainsi que ses 
crochets. — 2° segment abdominal pas plus long que chacun des 
deux suivants, séparé du 1 " par une suture droite ; saillie intercoxale 
large, anguleuse en avant. — Métasternum de longueur moyenne. 
— Saillie mésosternale médiocrement large, triangulaire, inclinée. — 
Corps oblong, éeailleux. 

Chez lo capensis, type du genre, le mâle se distingue de la femelle 
en ce que la tranche inférieure de son pygidium, que recouvrent 
les élytres, est visible et simule un sixième segment abdominal. 
J'ignore si ce caractère, que Schœnherr donne comme général, l'est 
réellement. 

Il a fondé, dans l'origine, lo genre sur deux espèces seulement, l'une 
(capensis) du Cap, l'autre (inquinatus) de la Sénégambie. Plus tard (2), 
il leur a adjoint un certain nombre d'autres espèces africaines, de Ma- 
dagascar et de Java, dont quelques-unes seulement leur sont congé- 
nères (3). Les autres doivent probablement, pour la plupart, rentrer 
dans le genre Colobodes qui précède. 

(1) Chez le capensis, les postérieures sont larges, fortement échancrées en 
dedans, à leur base, et obliquement tronquées a leur extrémité, avec l'angle 
externe de la troncature saillant et précédé d'un profond sinus; leur lame mu- 
croiialo est repliée en dedans à angle droit, de sorte que leurs corbeilles sont 
réellement caverneuses. Chez les autres espèces que j'ai sous les yeux, elles 
sont simplement et obliquement arrondies à leur extrémité, avec leurs cor- 
beiilos ouvertes. Le capensis et les espèces qui lui ressemblent, s'il y en a, 
doivent, par conséquent former, à tout lo moins, une section particulière dans 
le genre. 

(2) CurcuL VIII, 2, p. 65. 

(3) Il divise le genre en deux sections, selon que l'écusson existe ou est ab- 
sent. La seconde de ces sections comprend trois espèces (cerapterus . idbusig- 
num. udiosus) du Cap qui me sonl inconnues. Les deux dernières ayant, d'a- 
près les descriptions, les cuisses pédonculées. appartiennent probablement au 
genre actuel. — La première section se compose de huit espèces, dont deux 
(Billbergi, Lubrami) de Java sont des Colobodes. Parmi les six autres, je ne 
connais (pie le capensis et ['inquinatus mentionnés dans le texte. Les quatre 
restantes soni, s:\uf une (senegnlensts), originaires de Madagascar. Chez deux 
(madagascariensis, fusciatus) d'entre elles, M. Gersteecker (Stettin. entom. 
Zeit, 1860, p. 38S) a signalé une structure particulière de la massue des an- 
tennes, qui consiste eu ce qu'elle est plus forte que dans les espèces du conti- 
nent africain, et que ses articles sont emboîtés les uns dans les autres et se- 



1THTP0RIDES VRAIS. «JO, 

Les Ithyporus sont d'assez grande taille et ressemblent à quelques 
Cyamobolcis du groupe des Cryptorhyncliides vrais. Leur livrée brune 
ou noire et variée de blanchâtre, n'offre rien do remarquable. 

TRAPHECORYNUS. 
Sciioenh. Cureul.j VIII, 2, p. 64 (1). 

Mômes caractères que les Ithyporus, sauf les particularités sui- 
vantes : 

Antennes plus grêles ; funicule à articles 1-3 allongés, 2 le plus 
long, 4-6 courts, égaux, 7 un peu plus long et le plus gros; massue 
compacte, veloutée, très-allongée et cylindrique. — Yeux très-rap- 
prochés en dessous. — Corps plus court. 

Tout le reste, y compris la sculpture et la livrée, est semblable. Ces 
insectes sont, à proprement parler, des Ithyporis, dont la massue 
antennaire est pareille à celle des Mecocorynus. Schœnherr en décrit 
deux espèces (anxius, inœqualis) de Madagascar qu'il avait primitive- 
ment comprises parmi les Coelosternus. 

LOBOPS. 
Sciioekh. Curcul., VIII, 2, p. 116. 

Tète saillante, un peu concave entre les yeux ; rostre allongé, mé- 
diocrement robuste, arqué, déprimé, élargi et caréné en dessus 
à sa base; ses scrobes commençant dans son milieu, rapidement 
inférieures. — Antennes assez longues et grêles; scape atteignant 
les yeux ; funiculo à articles 1 allongé, obconique, assez gros, 2 no- 
tablement plus long et plus grêle, 3-4 plus courts que I, 5-7 sub- 
globuleux ; massue ovale, faiblement articulée, obtuse au bout. 
— Yeux très-finement granulés, très-grands, arrivant au niveau du 
vertex, distants en arrière, rapprochés sur le front, en partie décou- 
verts lors de la contraction du rostre. — Prothorax transversal, sub- 
cylindrique, arrondi sur les côtés, coupé carrément en avant, muni de 
lobes oculaires grands et très-saillants, légèrement bisinué a sa base; 
prosternum faiblement canaliculé en avant des hanches antérieures, 
réduit à. un très-mince filet entre celles-ci.— Ecusson petit, en triangle 
aigu. — Elytres assez courtes, convexes, subnaviculaires, sensible- 
ment plus larges quo le prothorax et trisinuées à leur base, avec les 

parés par des sutures obliques, caractère qui a peut-être plus qu'une valeur 
sectionnellc. Celte particularité se retrouve dans une espèce nouvelle (pclrosus) 
ou même pays que décrit ce savant entomologiste. Uno seconde de la Nou- 
velli'-Ci.inée qu'il décrit également, sous le nom de magievs, est probable- 
ment un Colobodbs. — Aux espèces africaines s'ajoutent enfin : /. femoratus, 
dorsalis, i. Thoms. Archiv entom. II, p. 13S; Gabon. 
(1) Syn. Coelosternus, Scliœnli. ibid. IV, p. 203 et 214; olim. 



60 nmcuLiOMDEs. 

épaules obtuses. — Pattes assez longues, médiocrement robustes; 
cuisses graduellement en massue, faiblement dentées en dessous; 
jambes très-comprimées, larges, tranchantes en dehors, arquées à leur 
base, onguiculées à leur extrémité ; tarses assez longs, à articles 1-2 
étroits, celui-là très-allongé, i médiocre, ses crochets assez grands, 
divariqués. — Pygidium \ isible en dessous chez les mâles ; les trois 
segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément en arrière, 
subégaux, séparés du I " r par une suture droite ; saillie intercoxale 
large, arrondie en avant. — Métasternum très-court. — Saillie méso- 
sternale assez large, triangulaire, inclinée on arrière.— Corps oblongo- 
ovale, un peu inégal, écailleux. 

Schœnherr a placé ce genre entre les Puzurus et les Timomis, en 
d'autres termes, parmi les Zygopidcs. Sa tôte, son rostre, ses yeux et 
ses tarses sont en effet construits commo ceux des Zygopidcs, mais 
les lobes oculaires très-saillants dont son prothorax est pourvu, et ses 
yeux en partie recouverts, prouvent qu'il est étranger à ce groupe 
et doit rentrer dans celui-ci. Il no comprend qu'une assez petite es- 
pèce {setosus, Schh.) du Brésil, d'un brun grisâtre uniforme et dont 
le faciès se rapproche de celui de quelques Cuyptouhynchus exo- 
tiques. 

POLYLOPHIIS. 

Blanch. in Gay, Hht. d. Chile; Zool., V, p. 417. 

Rostre médiocre, assez robuste, déprimé, parallèle, légèrement ar- 
qué ; ses scrobes commençant vers son tiers antérieur, obliques et 
atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes courtes, peu 
robustes; scape en massue au bout, atteignant les yeux; funi- 
cule à articles 1-2 allongés, obeoniques, subégaux, celui-là plus 
gros, 3-7 très-courts, grossissant peu à peu; massue assez pe- 
tite, ovalaire, obtuse au bout. — Yeux assez fortement granulés, 
grands, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax plus long que 
large, convexe, rétréci en arrière, arrondi sur les côtés en avant, 
puis brusquement rétréci, avec son bord antérieur très-saillant, pro- 
fondément sinué sur les côtés et muni de lobes oculaires très-grands 
et anguleux, tronqué à sa base; prosternum Largement canaliculé, 
plan et très-étroit entre les hanches antérieures. — Ecusson très-petit, 
allongé et très-étroit. — Elytres convexes, oblongo-naviculaires, pas 
plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — Pattes mé- 
diocres; cuisses graduellement en massue, dentées en dessous; jambes 
comprimées, arquées à leur base, surtout les postérieures, brièvement 
onguiculées au bout; tarses médiocres, finement spongieux en dessous, 
à articles 1-2 étroits, en cône renversé, celui-là allongé, 3 assez large, 
4 médiocre ; ses crochets petits. — 2 e segment abdominal à peine 
plus long que chacun des deux suivants, séparé du 1 er par une suture 
droite ; saillie intercoxale large, allongée, subogivale. — Métasternum 



ITUYPOIllDES VRAIS. 81 

très-court. — Saillie mésosternale étroite, rétrécie en arrière, incli- 
née. Corps oblong, inégal et écailleux. 

M. Blanchard en décrit deux petites espèces (I) du Chili, dont une 
seule lelegans) m'est connue et a servi do type pour la formule qui 
précède, kilo ressemble beaucoup à un Pachyonyx de forme plus 
allongée que de coutume. Sa livrée, variée de jaune, de brun, de 
blanchâtre et de noir, forme un dessin compliqué et agréable à la 
vue. Quatre tubercules, disposés transversalement, se voient sur le 
prothorax et sont hérissés, comme le bord antérieur de ce dernier, 
de grosses écailles redressées. Les élytres présentent chacune une 
crête allongée, à quelque distance de leur base, et un tubercule fasci- 
cule au sommet de leur déclivité postérieure. L'autre espèce est plus 
grande et plus massive, mais, d'après la description, a une livrée et 
une sculpture analogues. 

MITREPHORUS. 
Schoenh. Curcul., IV, p. 463. 

Rostre assez long et assez robuste, subquadrangulaire, arrondi aux 
angles, faiblement arqué ; ses scrobes presque complètes en avant, 
rectilignes et longeant son bord latéral inférieur. — Antennes sub- 
terminales, longues et grêles; scape en massue au bout, atteignant 
les yeux ; funicule à articles 1-2 obeoniques, allongés, celui-là le plus 
long, 3-7 graduellement plus courts et subarrondis ; massue assez 
forte, oblongo-ovale, articulée. — Yeux fortement granulés, entière- 
ment cachés au repos, grands, ovales, transversaux. — Prothorax un 
peu plus long que large, peu convexe, fortement rétréci en avant, 
surtout dans son tiers antérieur, prolongé en une corne assez longue, 
déprimée et échancrée au bout, profondément sinué de chaque côté, 
avec ses lobes oculaires très-saillants et arrondis, légèrement bisinué 
a sa base ; prosternum profondément canaliculé, le canal assez large 
et superficiel entre les hanches antérieures. — Ecusson assez grand, 
oblong. — Elytres assez convexes, allongées, parallèles, arrondies en 
arrière, pas plus larges que le prothorax et trisinuées à leur base, 
avec les épaules obtuses. — Pâlies médiocres, assez robustes; cuisses 
sublinéaiivs, inclines ; jambes droites, onguiculées au bout ; tarses 
médiocres, étroits, spongieux en dessous, à articles 1-2 en cône ren- 
versé, oelui-là allongé, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — Les trois 
segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés du 1" par une 
sature presque droite ; saillie intercoxale assez large, parallèle, ar- 
rondie en avant. — Métasternuin assez long. — Saillie mésosternale 
médiocrement large, en triangle allongé, et inclinée en arrière. — 
Corps allongé, densément écailleux. 

(1) P. elegaux, penicilligcr ; le 1 er est figure Col. pi. 25, f. 11. 



82 CURCUUONIDES. 

L'unique espèce [W atcrhousei Schœnh.) de ce genre singulier est 
originaire du Brésil, de taille moyenne et en entier d'un gris jau- 
nâtre. Partout, sauf sur l'abdomen, sa vestiture est si épaisse qu'il 
est difficile de s'assurer do la sculpture des téguments ; elle forme 
une sorte d'enduit, accompagné, sauf sur les elytres, d'assez grosses 
écailles qui sont redressées sur les pattes. 

ARTHROSTENUS. 

SciioENii. Curcul. Disp. melh., p. 287. 

Rostre allongé, médiocrement robuste, subquadrangulaire et ar- 
rondi aux angles ; ses scrobes commençant au-delà de son milieu, 
obliques et longeant son bord latéral intérieur. — Antennes longues, 
grêles; scape en massue au bout, atteignant les yeux; funicule à 
articles 1-4 obeoniques, allongés, 5-7 très-courts, transversaux ; mas- 
sue allongée, oblongo-ovale, articulée, acuminée. — Yeux grands, 
assez fortement granulés, ovales, transversaux, entièrement recou- 
verts au repos. — Prothorax plus long que large, obeonique, un peu 
arrondi dans son milieu sur les côtés, ayant son bord antérieur large- 
ment saillant et arrondi dans son milieu, mais non sinuésur les côtés, 
légèrement bisinué à sa base; prosternum profondément canaliculé; 
le canal à bords vifs, aplani entre les hanches antérieures. — Ecusson 
petit, subcarré ou en triangle curviligne. — Elytres convexes, allon- 
gées, subparallôles, rétrécies dans leur tiers postérieur, à peine plus 
larges que le prothorax et. légèrement échancrées a leur base, avec 
les épaules obtuses. — Pattes assez longues, médiocrement robustes; 
cuisses graduellement en massue, sublinéaires; jambes subarrondios, 
ciliées en dedans, les corbeilles des postérieures fortement caverneu- 
ses ; les quatre antérieures un peu arquées, arrondies et mucronées 
à leur extrémité ; tarses assez longs et étroits, à articles 1-2 triangu- 
laires, subégaux, 4 long et grêle ; ses crochets médiocres. — Abdo- 
men aplani il sa base; son 2 e segmenl soudé au 1 er , séparé de lui par 
une fine suture flexueuso et beaucoup plus grand que 3-4 réunis; 
saillie intercoxale assez large, ogivale. — Métasternum de longueur 
moyenne. — Saillie mésosternale très-étroite, linéaire. — Corps 
allongé, subcylindrique, densément écailleux. 

Insectes propres au Caucase et dont on ne connaît que les trois 
espèces (I) décrites par Schœnhcrr. Deux d'entre elles (futlo, spadi- 
ceus) sont presque de taille moyenne, la troisième [cinereus) est 
très-petite. Toutes trois sont d'un blanc grisâtre, parfois un peu 
rembruni on dessus et, pour toute sculpture, ont les elytres finement 
striées. 

Note. 

D'après la forme de son canal rostral, le genre suivant appartient 
(1) Schœnh. Curcul. III, p. 534. 



CLÉOGONIDES. 83 

sans aucun doute aux Ithyporides, et, comme Erichson le place à côté 
des MiTKF.PHonus, il est probable qu'il doit rentrer dans le groupe 

CYLLOIUMPHUS. 
Emeus. ArcMv, 1842, 1, p. 208. 

Rostre assez court, épais, arqué, gibbeux à sa base. — Antennes 
courtes, assez robustes, leur scape atteignant presque les yeux ; funi- 
cule de 7 articles : 1-2 obeoniques, celui-là plus grand et plus gros, 
3-7 transversaux, décroissant peu à pou ; massue ovale. — Yeux 
ovales, déprimés, distants. — Prothorax oblong, lobé prés des yeux ; 
son canal rostral large, effacé en arriére des hanches antérieures. — 
Ecusson oblong. — Elytres du double plus longues que le prothorax, 
convexes, recouvrant le pygidium, obtusément anguleuses aux 
épaules. — Cuisses inermos; jambes légèrement arquées, onguiculées 
au bout ; crochets des tarses simples, divariqués. — Corps allongé, 
écailleux, ailé. 

Erichson n'en décrit qu'une espèce (tuberosus) do la Tasmanie, 
assez petite, tuberculeuse sur le prothorax et les élytres, et revêtue 
d'écaillés ferrugineuses, avec une tache cendrée en arrière du milieu 
des élytres. 

Groupe II. Cléogonide*. 

Rostre cylindrique, plus ou moins comprimé sur les côtés à sa base; 
ses scrobes se portant rapidement sous lui ou longeant son bord laté- 
ral inférieur (quelques Chaicodehmus exceptés). — Yeux fortement 
granulés, souvent contigus en dessus, rarement recouverts en entier 
lors de la contraction du rostre. — Prothorax non ou peu saillant en 
avant; ses lobes oculaires faillies ou nuls. — Un écusson. — Elytres 
embrassant faiblement le corps. — Métasternum presque toujours 
très court ; ses ôpisternums larges. 

Ce groupe se distinguo du précédent par la forme du prothorax 
dont le bord antérieur est coupé carrément ou peu s'en faut, puis 
par la faiblesse ou l'absence des lobes oculaires qui ne sont assez dé- 
veloppés que dans un seul cas (IIyboi'hoiius), par la grandeur des 
yeux que ces lobes laissent en grande partie à découvert, enfin par 
le facics de ses espèces qui sont plus ou moins petites et de forme 
courte. 11 serait par conséquent très-homogène sans un genre (Acen- 
trls) que la forme de son prothorax oblige d'y comprendre, et qui 
fait exception à la plupart des autres caractères qui précèdent. 

On retrouve encore chez la plupart de ces insectes la faible sépa- 
ration des hanches antérieures qui est si commune chez les Ithypo- 
rides vrais, mais leur contiguïté est plus rare et n'existe que chez 
les Acentrus. Elle ne se représentera plus dans aucun des groupes 
suivants. 



04 CURCULIOXIDES. 

Ce même genre Acentiuis est européen ; les autres sont partagés 
entre l'Amérique et l'Australie. 

I. Yeux non contigus en dessus. 

Jambes inermesan bout; hanches antér. contiguës : Acentrus. 
— mucronées — séparées : Melanterius. 

II. Yeux contigus ou subcontigus en dessus. 

a Corbeilles des jambes postérieures ouvertes. 

b Hanches antérieures cl intermédiaires aplanies ou concaves au côté 

interne. 
Elytres tuberculeuses : llybophorus. 

— très-lisses : Cleogonus. 
bb Hanches antérieures et intermédiaires de forme normale: Rhysse- 

matus. 
a a Corbeilles des jambes postérieures caverneuses : Chalcodermus . 

ACENTRUS. 
(CiiEvnoL.) SciiŒNH. Curcul., VIII, 2, p. 57. 

Rostre séparé du front par un sillon transversal, allongé, assez ro- 
buste, subcylindrique, un peu comprimé sur les côtés dans ses deux 
tiers basilaires ; ses scrobes commençant au-delà de son milieu, obli- 
ques, longeant son bord latéral inférieur. — Antennes médiocres, 
peu robustes; scape en massue au bout, atteignant à peine les yeux; 
funiculc à articles I obeonique, allongé, 2 de môme forme, beaucoup 
plus court, 3-7 très-courts, graduellement épaissis, 7 eontigu a la 
massue ; celle-ci ovale, articulée. — Yeux assez grands, ovales, trans- 
versaux, en entier cachés au repos. — Prothorax plus long que large, 
cylindrique, brièvement et brusquement atténué en avant, avec son 
bord antérieur tronqué, sans lobes oculaires et à peine bisinué à sa 
base ; prosternum assez profondément canaliculé en avant des hanches 
antérieures. — Ecusson allongé. — Elytres allongées, convexes, pa- 
rallèles, arrondies en arrière, plus larges que le prothorax et recti- 
lignes à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres; 
hanches antérieures contiguës ; cuisses sublinéaires ; jambes droites, 
un peu élargies et inermes à leur extrémité ; tarses médiocres, spon- 
gieux en dessous, à articles 1-2 grêles, en cône renversé, celui-lil plus 
long, 3 assez large, 4 médiocre ; ses crochets petits, divariqués. — Les 
trois segments intermédiaires de l'abdomen faiblement anguleux à leurs 
extrémités, 2 beaucoup plus long que 2-3 réunis, séparé du 1 er par 
une fine suture arquée ; saillie mtercoxale large, subanguleuse en 
avant. — Métasternum très-plan, do longueur médiocre. — Mésoster- 
num horizontal, assez large, en carré long, élargi en avant. — Corps 
oblong, revêtu partout d'un enduit écailleux. 

L'unique espècp (hialrio Schh.) est étrangère au groupe actuel par 



CLÉOGONIDES. 65 

son jades, sa vestiture densément écailleuse, ses yeux complètement 
invisibles, lors de la contraction du rostre, etc. ; mais elle lui appar- 
tient par la troncature du bord antérieur du prothorax qui n'a pas 
conservé le moindre vestige des lobes oculaires. Elle forme le passage 
entre les genres qui suivent et les lthyporides vrais. 

Cet insecte est fort petit et d'un blanc plus ou moins pur, avec 
des taches d'un brun rougeàtrc sur les élytres, confluentes on partie 
et formant une sorte de marqueterie variable selon les individus. 11 
parait habiter la plus grande partie de l'Europe méridionale. 

MELANTERIUS. 
Eiucus. Jrchiv, 1842, 1, p. 209. 

Rostre tantôt (porcatus, serniporcalus) médiocre, plus ou moins 
robuste, cylindrique et subquadrangulairo à sa base, tantôt (picciros- 
tris) long, grêle, cylindrique et un peu déprimé au bout; ses scrobes 
commençant dans son milieu ou au-delà, longeant son bord latéral 
inférieur. — Antennes assez longues, plus ou moins robustes ; scape 
en massue au bout, n'atteignant pas les yeux; funicule à articles 
obeoniques : 1 plus long que les autres, ceux-ci décroissant peu à 
peu ou subégaux ; massue au plus médiocre, oblongo-ovale, articu- 
lée, subobtuse au bout. — Yeux très-grands, séparés en dessus. — 
Prothorax subtransversal, assez régulièrement rétréci en avant, avec 
son bord antérieur sinué de chaque côté et muni de lobes oculaires 
faibles et largement arrondis, légèrement bisinué à sa base; proster- 
num étroitement et assez fortement canaliculé ; le canal nettement 
limité, effacé et rétréci entro les hanches antérieures. — Ecusson 
allongé, étroit. — Elytres convexes et brièvement naviculaires (porca- 
tus, piccirostris), ou ovales et planes sur le disque (semiporcatus) , un peu 
plus larges que le prothorax et trisinuées à leur base, avec les épaules 
obtuses. — Pattes des Hyiiophokis qui suivent (1). — 2 e segment 
abdominal un peu plus long que chacun des deux suivants, séparé du 
1 er par une suture droite; saillie intercoxale large, arrondie ou un 
peu anguleuse en avant. — Métasternum court. — Mésosternum va- 
riable (2). — Corps ovale, glabre. 

Genre propre à l'Australie, comme le suivant. Erichson en décrit trois 
espèces nommées dans la formule qui précède. Deux d'entre elles 
(porcatus, serniporcalus) sont d'un noir profond, la troisième est d'un 

(1) Cliez la plus petite espèce du genre, \e piccirostris, la seconde dent des 
cuisses manque, tandis qu'elle existe chez les deux autres. 

(2) Cliez le porcatus et le semiporcatus, il forme une plaque horizontale et 
en carré transversal, tandis que celui du piccirostris est triangulaire et incliné 
en arrière. Quand on connaîtra un plus grand nombre d'espèces du genre, co 
caractère pourra servir à les distinguer génériquemeut, ou, au moiûs, à Ici 
répartir dans deux sections. 

Coléoptères. Tome VII. I 



66 CURCULIONIDES. 

brun plus ou moins rougeàtre. Toutes trois sont criblées de points 
enfoncés en dessous et sur le prothorax, mais la sculpture de leurs 
élytres varie. Chez les deux premières, ces organes sont couverts de 
grandes fossettes disposées en séries séparées par des côtes plus ou 
moins tranchantes; chez la dernière, ils sont régulièrement striés avec 
les intervalles entre les stries costiformes. Il y a dans les collections 
un petit nombre d'espèces inédites appartenant au genre. 

HYBOPHORUS. 

Wateiui. Trans. of the entom. Soc, Ser. 2, II, p. 205. 

Rostre médiocre, assez robuste, subcylindrique, un peu déprimé 
au bout, légèrement arqué ; ses scrobes commençant au-delà de son 
milieu, séparées en arrière par une mince cloison. — Antennes assez 
longues et médiocrement robustes; scape en massue au bout, attei- 
gnant à peine les yeux; funicule à articles 1-3 obeoniques, allongés, 
décroissant graduellement, 4-7 très-courts, grossissant peu à peu; 
massue assez grosse, oblongo-ovale, articulée, obtuse au bout. — 
Yeux très-grands, transversaux, contigus en dessus. — Prothorax 
fortement transversal, convexe et caréné en dessus, légèrement arrondi 
siu les côtés, brusquement rétréci et tronqué en avant, muni de 
lobes oculaires assez saillants et subanguleux, médiocrement bisinuô 
à sa base; prosternum largement et fortement canaliculé, le canal à 
bords tranchants, aplani et étroit entre les hanches antérieures. — 
Ecusson étroit, allongé. — Elytres très-convexes, brièvement navicu- 
lairrs, beaucoup plus larges que le prothorax et trisinuées à leur 
base, avec les épaules obliquement tronquées et calleuses. — Pattes 
médiocres; les quatre hanches antérieures aplanies et comme tron- 
quées au côté interne; cuisses en massue, dentées en dessous (1); 
jambes comprimées, arquées à leur base, mucronôes au bout; tarses 
médiocrement longs et larges, à articles 1 allongé, 4 assez grand 
ainsi que ses crochets; ceux-ci simples. —2° segment abdominal un 
peu plus long que chacun des deux suivants, séparé du 1 er par une 
suture arquée ; saillie intercoxale large, aiguë en avant. — Métasternum 
très-court. — Mésosternum horizontal, concave, transversal, rétréci 
en arrière, demi-circulaire en avant. — Corps convexe, brièvement 
subïhomboïdal, très-inégal, glabre. 

L'unique espèce (rufotuberosus Waterh.) du genre est de la taille des 
plus grands Conotrachelus et, sous le rapport de la sculpturo de ses 
téguments, ressemble beaucoup au Con. corallifer. Ello est en effet 
noire et couverte sur les élytres d'excavations conflucntes et de tu- 

(1) En avant et à une assez grande distance de la dent dont elles sont ar- 
mées, il y en a uno autre très-petito et assez difficile à apercevoir quand on 
n'est pas prévenu de son existence. 



CLÉOGONIDES. 67 

hercules rougeâtres de forme et de grosseur variées; le prothorax 
est lisse. Cet insecte est do l'Australie. 

CLEOGONUS. 
ScnoENii. Curcul. Disp. meth., p. 315 (1). 
Rostre médiocre, assez robuste, cylindrique, comprimé sur les 
côtés dans presque toute sa longueur, légèrement arqué ; ses scrobes 
commençant vers son tiers antérieur, obliques et conniventes en 
arriére. —Antennes antérieures, médiocres, assez robustes; scape 
en massue au bout, atteignant les yeux; funicule à articles l-2obco- 
niques, allongés, celui-ci plus grand, 3-7 très-courts, transversaux, 
subarrondis, grossissant peu à peu; massue assez forte, oblongo- 
ovale, articulée, obtuse au bout. —Yeux très-grands, oblongo-ovales, 
subcontigus en dessus, rapprochés en dessous. — Prothorax presque 
aussi long que large, conique, tronqué en avant et muni de faibles 
lobes oculaires, paraboliquement coupé de chaque côté de sa base, 
avec son lobe médian étroit; prosternum fortement canaliculé; le 
canal à bords tranchants, ne dépassant pas les hanches antérieu- 
res (2). — Ecusson allongé. — Elytres convexes, naviculaires, obtu- 
sément arrondies en arrière, pas plus larges que le prothorax et 
triangulairement échancrées a leur base, avec les épaules obtusé- 
ment calleuses. — Pattes assez longues et assez robustes, contrac- 
tiles; cuisses sublinéaires, canaliculées en dessous; jambes tranchan- 
tes en dehors, anguleuses à leur base, droites, brièvement mucronées 
au bout; tarses assez longs, spongieux en dessous, à articles 1-2 
étroits, 3 largo, 4 assez long, ses crochets médiocres. — 2° segment 
abdominal pas plus long que chacun des deux suivants, séparé du 1" 
par une suture faiblement arquée; saillie intercoxale largo, rétrécie 
et acuminée en avant. — Métasternum très-court, muni d'un court 
et profond canal oblique en avant de chacune des hanches postérieu- 
res. — Mésosternum triangulaire, assez large, subhorizontal. — Corps 
ovale, convexe, glabre. 

Le type du genre (rubclra Fab.) est un insecte de taille moyenne, 
commun à Cayenne, et qui paraît répandu jusqu'au Mexique inclusi- 
vement. Sohœnherr lui adjoint deux autres espèces (3) du Brésil, de 

(1) Syn. OnoniTis pars, Germar. 

(2) Ces hanches sont planes au côté interne et forment de chaque côté une 
muraille verticale plus élevée que les bords du canal prosternai. Les intermé- 
diaires, de leur côté, sont fortement concaves au côté interne et agrandisseut 
ainsi notablement l'intervalle qui sépare les pattes dont elles dépendent. Quel- 
que chose de très-voisin existe, comme on vient de le voir, dans les deux genres 
qui précédent. 

(3) C. conicicollis Schœnh., Orob. nucula Gcrm.; Schœnh. loc. cit. VIII, 2, 
p. 120. — A;.: C. Fairmairci, Coqucr. Ann. d. 1. Soc. entom. 1849, p. 450, 
pi. 14, n° V; Martinique. 



(18 CUHCLLI0NIDE3. 

moitié plus petites et qui nie sont inconnues. Ces trois insectes sont 
d'un noir profond, assez brillant, finement pointillé sur le prothorax et 
présentent sur les élytres des rangées régulières et distantes de trôs- 
petits points enfoncés. 

Au premier coup-d'œil, le genre paraît très-voisin (IcsDyorimukus 
(Baridiides) de forme régulièrement ovale, et il a plusieurs caractères 
importants en commun avec eux; mais ses épimôres mésothoraci- 
ques nullement ascendantes et ses segments abdominaux tronqués en 
arrière ne permettent pas do le rapprocher de ces insectes. 

RHYSSOMATUS. 

Schoenh. Curcul., IV, p. 364 (1). 

Les définitions que donne Schœnherr de ce genre et du suivant 
sont si vagues qu'en les comparant ensemble on ne parvient pas à en 
extraire un seul caractère qui permette, dans la pratique, de .recon- 
naître avec certitude auquel des deux appartiennent un assez grand 
nombre d'espèces. Je n'aurais donc pas hésité à réunir les deux gen- 
res, s'il n'existait pas dans les corbeilles de leurs jambes postérieures 
une différence qui permet de les reconnaître (2). Toutes les espèces 
qui ont ces corbeilles ouvertes sont pour moi des Uhyssosutus et, 
ainsi composé, ce genre peut se définir de la manière suivante : 

Kostre au plus médiocre, en général peu robuste, cylindrique et 
souvent un peu comprimé latéralement à partir de sa base, légère- 
ment arqué; ses scrobes commençant au-delà de son milieu, rare- 
ment {strigicollis) presque complètes en avant, obliques, mais no se 
portant pas sous lo rostre. — Antennes médiocres, peu robustes ; 
scape en massue au bout, atteignant les yeux ; funicule à articles 1 
allongé, obeonique, 2 de même forme, notablement plus court, 3-7 
courts, grossissant peu à peu, 7 contigu ou non à la massue ; celle-ci 
plus ou moins grosse, oblongo-ovale, articulée, subobtuse au bout. — 
Yeux très-grands, transversaux, contigus ou pou séparés en dessus, 
rapprochés en dessous. — Prothorax transversal, plus ou moins con- 
vexe, tantôt assez régulièrement et fortement conique, tantôt arrondi 
sur les côtés, puis brusquement rétréci en avant, avec son bord an- 
térieur toujours peu saillant ou tronqué, faiblement siuué sur les 
côtés et muni de lobes oculaires courts et largement arrondis; pro- 

(1) Syn. Uvssematus, Chevrol. in Dej. Cat. éd. 3, p. 322. — Ohobitis pars, 
Germ. — CrïPTORHYNCRUS Say. 

(2) Je no puis même pas garantir que cette différence ne s'ollace pas graduel- 
lement; dans l'affirmative, il va de soi que les deux genres déviaient être réu- 
nis. J'ai sous les yeux un assez grjud nombre de leurs espèces, mais la plupart 
sont nouvelles, et pour la presque totalité dus autres, je ne parviens pas à les 
déterminer avec certitude dans Schœnherr. Forco m'est donc de m'abstenir 
d'en citer aucune. 



CLÉOGONIDES. 89' 

sternum étroitement canaliculé; le canal effacé et très-rétréci entre 
les hanches antérieures. — Ecusson allongé et étroit, plus rarement 
ovale. — Elytres convexes, naviculaires, fortement rétrécies en 
arrière, un peu plus larges que le prothorax et trisinuées à leur base, 
avec les épaules arrondies, ou calleuses, parfois anguleuses, plus ou 
moins saillantes en avant. — Pattes courtes, robustes; cuisses en 
massue, dentées en dessous; jambes comprimées, plus ou moins 
arquées a leur base; les quatre postérieures souvent anguleuses près 
de leur extrémité en dehors, ou munies d'une petite dent près de leur 
angle interne; toutes mucronéesaubout et ayant leurs corbeilles ouver- 
tes ; tarses assez courts, de largeur variable, spongieux en dessous ; leurs 
crochets bifides et parfois en même temps soudés à leur base. — Les 
troissegments intermédiaires de l'abdomen égaux ou subégaux, séparés 
du 1 er par une suture droite; saillie intercoxale plus ou moins rétrécie 
et arrondie ou assez aiguë en avant. — Métasternum court. — Mésos- 
ternum formé de deux plans, l'un horizontal ou un peu incliné, carré 
ou triangulaire, l'autre vertical.— Corps naviculaire, en général glabre. 
Insectes américains et répandus depuis le Brésil méridional 
jusqu'aux Etats-Unis; la plupart d'entre eux appartiennent au pre- 
mier de ces pays. La grande majorité de leurs espèces est complète- 
ment glabre, les autres sont revêtues de poils couchés et plus ou moins 
fins. Leur livrée varie beaucoup et est assez souvent accompagnée 
de reflets métalliques; quand elle n'est pas uniforme, ce qui est le 
cas ordinaire, elle ne présente jamais un dessin proprement dit. Lo 
prothorax est remarquable par les stries onduleuses dont il est très- 
souvent couvert, soit sur toute sa surface, soit seulement sur les côtés. 
Quant aux élytres, elles sont striées, avec les intervalles entre les stries 
tranchants ou costiformes et égaux entre eux, ou alternativement plus 
convexes. Le peu de largeur du prosternum entre les hanches anté- 
rieures fait que ces dernières sont très-rapprochées, mais je ne con- 
nais aucun cas où elles soient contiguës. Le genre est assez riche 
en espèces (I) et les collections en renferment un assez grand nombre 
d'inédites. 

(1) Schœnhert (Curcul, VIII, 2, p. 7) on mentionne 17 qu'il répartit dans 
deux sections. Dans la première [vehemens, strigirollis, novalis, etc.), les yeux 
snnt continus ou très-rapprochés et le rostre robuste; dans la seconde [morio, 
marginatus, etc.), les premiers sont plus ou moins distants et le second est 
plus grêle et plus long. Quant aux espèces de CHALOODEBHUS qui doivent venir 
ici, par suite de la forme de leur corbeilles des jambes, je ne puis en citer 
aucune do celles de Schœnherr, par la raison Indiquée plus haut. — Aj. : R. 
exiiratus, c.renulatus, Blancli. in Gay, Hist. d. (".bile; Zool. V, p. 419; Chili. 
— ater, Philippi, Stettiu. entom. Zeit. 18f>4; p. 372; même pays. 

C'est sans doute a cause de la forme des crochets de leurs tarses, que ces 
insertes et les ChalcoderhuS ont été regardés comme voisins des Conotrachï- 
ius, qui les ont également fissiles. Mais ce caractère ne me parait pas pouvoir 



70 CURCULIOMDES. 

CHALCODERMUS. 
Schoenh. Curcul., IV, p. 377. 

Tel que je le comprends, ce genre ne diffère essentiellement du 
précédent qu'en ce que les corbeilles do toutes les jambes sont ca- 
verneuses, mais médiocrement. 

Comme leur nom l'indique, ces insectes sont non toujours, mais 
souvent de couleur métallique. Les particularités signalées plus baut 
chez les Rhyssomatus, notamment les stries onduleusos du prothorax, 
s'observent fréquemment chez eux : d'un autre côté, leurs jambes en 
présentent d'autres qui ne se rencontrent pas ou sont très-rares chez 
ces derniers. Ainsi, elles ne sont pas anguleuses en dehors près de 
leur sommet, mais sont souvent munies, aux quatre postérieures, 
d'une dent médiane interne. Toutes les espèces que je connais sont 
glabres, et parmi les espèces inédites, il y en a qui ont les élytres 
comme tronquées en arrière. Le genre est un peu moins nombreux 
que le précédent et habite les mêmes contrées de l'Amérique (1). 

Groupe III. Orobitides. 

Tète très-petite, plane en avant et exactement enchâssée dans le 
prothorax, invisible d'en haut; rostre peu robuste, subcylindrique; 
ses scrobes en entier visibles latéralement. — Yeux finement granulés, 
faiblement séparés en dessus, en partie découverts lors de la contrac- 
tion du rostre. — Prothorax coupé carrément en avant, sans lobes 
oculaires ; prosternum nul en avant des hanches antérieures. — Un 
écusson. — Elytres embrassant médiocrement le corps, laissant le 
pygidium à découvert. — Métasternum court; ses épisternums 
larges. 

Il résulte de la suppression du prosternum en avant des hanches 
antérieures, que les cavités cotyloïdes de ces dernières sont largement 
ouvertes dans cette direction et que le canal rostral se réduit à co 
qui reste du prosternum entre elles. Cela suffit pour que ces insectes 
appartiennent à la Tribu actuelle (2). La forme de leur prothorax en 

contrebalancer le reste de l'organisation qui rapprocho ces derniers des Mec.o- 
corynus. S'il en était autrement, il faudrait placer dans le groupo actuel quel- 
ques espèces inédites qui ont ces crochets faits de même, mais qui sont de 
toute évidence des Cryptorhyncliides vrais. 

(1) Les espèces connues de Schoïnherr (Curcul. VIII, 2, p. 13) s'élèvent à 
14, dont il faudra retrancher celles qui ont les corbeilles des jambes ouvertes. 
Il les partage en deux sections, selon que le prothorax présente des stries 
flexueuscs (calidus, armipes, pruinosus, etc.) ou est simplement ponctué 
(spinifer, rubronotatus , etc.). 

(2) Les auteurs récents sout en général d'accord pour les classer parmi les 



OBOBITIDES. 71 

avant montre en même temps qu'ils sont voisins des Cléogonides. Ils 
ressemblent môme en petit aux Cleogonus, et c'est avec raison que 
Schœnherr les a placés immédiatement à la suite de ces derniers. 
Leurs rapports avec les Oclamus qu'on regarde généralement comme 
étant très-prononcés, me paraissent beaucoup plus faibles et ne por- 
tent guère que sur la petitesse de la tète et sa rétraction dans le 
prothorax. Le groupe ne comprend que le genre suivant qui est eu- 
ropéen, 

OROBITIS. 
Germar, Ins. Spec. nov., p. 242. 

Rostre allongé, subcylindrique, un pou épaissi et arqué à sa base, 
puis presque droit; ses scrobes commençant en deçà de son milieu, 
très-obliques. — Antennes médiocres, relativement assez robustes; 
scape en massue au bout; funicule à articles 1 allongé, obconique, 
2-3 de môme forme, plus courts, 4-7 très-courts, grossissant peu à 
peu; massue assez forte, oblongo-ovale, articulée. — Yeux médiocres, 
brièvement ovales, transversaux, peu convexes. — Prothorax court, 
convexe, fortement et régulièrement rétréci en avant, formant un 
segment do sphère arrondi à sa base, avec un lobe médian assez 
large, court et échancré. — Ecusson convexe, brièvement ovale. — 
Elytres très-convexes, globoso-ovales, fortement atténuées en arrière, 
à peine plus larges que le prothorax et légèrement sinuées à leur 
base, avec les épaules effacées. — Pattes médiocres, assez robustes ; 
hanches antérieures saillantes, cylindriques, assoz fortement séparées; 
cuisses graduellement en massue; jambes droites, inermes au bout; 
tarses médiocrement larges, spongieux en dessous ; leurs crochets 
dentés à leur base. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen 
subégaux, séparés du 1 er par une suture droite; saillie intercoxale 
large, légèrement arrondie en avant. — Mésosternum lamelliforme, 
vertical, en carré transversal. — Corps très-convexe, globoso-ovale, 
écailleux en dessous. 

Germar, en créant ce genre, y avait réuni des espèces tout-à-fait 
disparates (Sternechus, plusieurs Cryptorhynchides). Il n'en contient 
plus qu'une seule (cyaneus Lin.) de très-petite taille, répandue dans 
la plus grande partie de l'Europe et qui se trouve ordinairement à 
terre, parmi les herbes, et quelquefois sous la mousse au pied des 
arbres. 

Cryptorliynchides. M. G. Thomson seul (Skandin. Col. I, p. 138) les a séparés 
des Chyptoriiïncbus, eu intercalant entre eux et ces derniers les Pissodes, les 
Balaninus et les Coryssomerus, arrangement qui ne paraît pas devoir rallier 
beaucoup de partisans. 



78 CURCULIONIDBS. 

GROUPE IV. Psépholaoidei. 

Rostre court, robuste, quadrangulaire ; ses scrobes visibles en entier 
latéralement. — Yeux fortement granulés, petits, complètement dé- 
couverts quand le rostre est au repos. — Prothorax sans saillie anté- 
rieure ni lobes oculaires. — Un écusson. — Elytres embrassant fai- 
blement le corps. — Métasternum court; ses épisternums larges, 
parallèles. 

Le genre Psf.phoi.ax de M. A. Whito passe, à juste titre, pour un 
des plus singuliers qui existent dans la famille. Il réunit, en effet, à 
un rostre plus robuste, plus anguleux et plus court que celui d'une 
foule de Brachyrhynques, le canal rostral d'un Cryptorhyuchide. D'un 
autre coté, c'est le seul de la Tribu actuelle dont les yeux restent 
complètement visibles lors de la contraction du rostre. Mais il appar- 
tient sans aucun doute à cette dernière où il forme une de ces ex- 
ceptions qu'on rencontre partout, et la forme de son canal rostral 
montre qu'il doit rentrer parmi les Ithyporides. 11 n'est même pas 
aussi aberrant qu'il le parait a\i premier coup-d'œil, car il se rap- 
proche de si près des Strongyloptérides qui suivent, que j'ai longtemps 
hésité si je ne le comprendrais pas parmi eux. Schœnherr, qui l'a 
fondé de nouveau, sous le nom do Pteuoplectus, l'avait placé dans 
les Byrsopsides dont il ne possède aucun des caractères essentiels. 

PSEPHOLAX. 

A. White in Dieffenb. Trav. in New-Zcal, II, p. 275 (1). 

Front vertical, plan; rostre à peine plus long que la tête, parallèle, 
impressionné au bout, avec ses angles un peu saillants ; ses scrobes 
profondes, obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — An- 
tennes antérieures, courtes, robustes; scape très-fortement en massue 
au bout, atteignant les yeux; funicule à articles I gros, obconique, 
2 beaucoup plus court, moins épais, 3-7 transversaux, très-serrés ; 
massue grosse, oblongo-ovale, à peine articulée, obtuse au bout. — 
Yeux assez convexes, obliques. — Prothorax transversal, convexe, 
graduellement rétréci, puis subtubuleux en avant, sinué au milieu 
de son bord antérieur, coupé presque carrément a sa base ; proster- 
num largement et assez peu profondément canaliculé, terminé par 
une cavité recevant le sommet du rostre. — Ecusson en triangle al- 
longé. — Elytres convexes, régulièrement, ovales, pas plus larges que 
le prothorax et conjointement échancrées à leur base, avec les épaules 
nulles. — Pattes courtes, robustes, comprimées; cuisses sublinéaires, 
les antérieures renflées et dentées en dessous; jambes antérieures 

(1) Syn. Pteroi-lectus, Schœnh. Nantis, sec. Ourcul. p. 50. 



STRONGYLOPTÉRIDÏS. 73 

fortement, les autres plus brièvement onguiculées ou mucronées au 
bout; celles-là ayant leur angle terminal interne dentiforme, les 
intermédiaires munies d'une forte dent externe avant leur sommet; 
tarses assez longs, à articles 1-2 étroits, noueux au bout et imparfai- 
tement spongieux en dessous, 3 médiocrement large, 4 assez long, 
ainsi que ses crochets. — 2 e segment abdominal aussi long que 3-4 
réunis, séparé du 1 er par une suture fortement arquée. — Môsoster- 
nuin horizontal ou subhorizontal, grand, arrivant au niveau des 
hanches antérieures. — Corps ovalaire, faiblement villeux et partiel- 
lement écailleux. 

On connaît déjà trois espèces (1) de ce genre remarquable. Elles 
sont propres à la Nouvelle-Zélande et, au premier aspect, ressemblent 
plus à des Scolytidcs qu'à des Curculionides. Toutes trois sont de 
taille moyenne, d'un brun noirâtre sale et partiellement revêtues d'é- 
cailles blanchâtres. Deux d'entre elles (sulcahts, barbifrons) ont les 
élytres couvertes de côtes assez saillantes; chez la troisième (coronalus), 
il existe sur la déclivité de ces organes un cercle d'épines redressées. 
Le barbifrons doit son nom à de longs poils fauves qui garnissent son 
front et la base de son rostre. 

GROUPE V. Btrongyloptérides 

Rostre plus ou moins robuste; ses scrobes visibles en entier latéra- 
lement. — Yeux fortement granulés, grands, en partie au moins 
cachés quand lo rostre est au repos. — Bord antérieur et lobes du 
prothorax tantôt très-faibles, tantôt très-saillants. — Un écusson. — 
Elytres embrassant faiblement le corps. — Métasternum de longueur 
moyenne; ses épisternums assez larges, parallèles. — Mésosternum 
horizontal, trapéziforme. 

Cette formule ne diffère, comme on le voit, de celle des Pséphola- 
cides qu'en ce qui concerne les yeux. On peut encore y ajouter, pour 
compléter l'analogie, que, de même que chez ces derniers, les antennes 
sont courtes, robustes, les deux premiers articles des tarses imparfai- 
tement spongieux en dessous et le 1 er segment abdominal plus gïnnd 
que les deux suivants réunis. Les genres que constituent ces insectes 
sont au nombre de trois, dont, deux propres au Chili et le dernier à 
la Calfrerie. 

I. Protborax non ou à peine saillant en avant; ses lobes oculaires faibles. 

Jambes interméd. munies d'une dent externe : Empleurus. 
inermes : Strongylopterus. 

II. Bord antérieur et lobes oculaires du prothorax très-saillants : Aularhinus. 

(1) P. sulcalus, A. Wliitc, loc. cit. — barbifrons, coronatus, A. White, Voy. 
of tbe Ereb. a. Terr.; Eutom. p. 15, pi. 3, f. 4; le sulcatus est représenté éga- 
lement f. 1, 



74 CUKCU1I0NIDE9. 

EMPLEURUS (1). 

Ce genre, abstraction faite des yeux, est tellement voisin des Pse- 
pholax, qu'il suffira d'indiquer les caractères qui le séparent de ces 
derniers. 

Rostre un peu plus long, du reste absolument pareil. — Massue 
antennairo aussi grosse, mais ovale. — Protborax sinué de chaque 
côté en avant, d'où résulte un vestige de lobes oculaires, légèrement 
bisinué à sa base. — Elytres plus oblongues, trisinuées à leur base. 
— Cuisses inermes, fortement échancrées en dessous près de leur 
sommet; jambes arquées à leur base. — Saillie intercoxale de l'abdo- 
men moins large, beaucoup plus allongée et ogivale. — Mésosternum 
transversal, tronqué en avant, ne dépassant pas le bord antérieur des 
hanches intermédiaires. — Corps oblong. 

Le type du genre est le Strongylopterus dentipes de Scbœnherr, 
insecte originaire du Chili, de taille moyenne, mais sujet à devenir 
notablement plus petit. Sa ressemblance (2) avec les Psepholax persiste 
jusqu'à la sculpture des élytres qui sont couvertes de côtes saillantes, 
mais sa livrée n'est pas la même; sur un fond d'un noir intense il 
présente trois bandes longitudinales sur le prothorax et des mar- 
brures irrégulières sur les bords latéraux des élytres, les unes et les 
autres d'un jaune d'ocre plus ou moins vif. 

On peut citer cet insecte comme un des exemples des rapports bien 
connus qu'a la Faune cntomologique du Chili avec celle de la Nou- 
velle-Zélande et de l'Australie. 

STRONGYLOPTERUS. 
(Cuevrol.) Schoenh. Curcul., IV, p. 473. 

Rostre assez long, médiocrement robuste, subquadrangulaire, ar- 
rondi aux angles, parallèle, faiblement arqué; ses scrobes commen- 
çant vers son quart antérieur, droites et atteignant les yeux. — An- 
tennes médiocres ou courtes ; scape fortement en massue au bout, 
atteignant les yeux ; funiculo à articles 1-2 allongés, noueux au bout, 
3-6 courts, obeoniques, 7 plus large, transversal, contigu à la massue; 

(1) De E|jniXeupo;, costatus. Il y a un genre du même nom établi par Hope 
sur des Hei.oi'Horus (voyez tome I, p. 466), mais il n'a pas été adopté, et le 
nom est par conséquent disponible. — Syn. Sthongyloptërus pars, Scbœnh. 
Curcul. VIII, 2, p. 62. 

(2) Il en a une autre avec VOreda notata de la Nouvelle-Zélande, qui est por- 
tée au point qu'au premier aspect on le croirait identique avec cet insecte; 
mais ce dernier, par suite du la structure de son canal rosirai, appartient aux 
Cryptorhyncbides vrais. Je reconnais néanmoins qu'il y a quelque ebose d'ar- 
tificiel dans la séparation de deux insectes aussi voisins. 



STBONGYLOPTÉRIDES. 75 

celle-ci assez forte, veloutée, oblongo-ovale, à peine articulée. — 
Prothorax transversal, arrondi sur les côtés, brusquement rétréci en 
avant, avec son bord antérieur sinuô sur les côtés et muni de lobes 
oculaires peu saillants, légèrement échancré en arc au milieu de sa 
base; prosternum assez profondément canaliculé; le canal aplani entre 
les hanches antérieures. — Ecusson petit, en triangle curviligne. — 
Elytrcs médiocrement convexes, oblongo-ovalcs, à peine plus larges 
que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les 
épaules rectangulaires. — Pattes médiocres, assez robustes ; cuisses 
en massue, munies d'une petite dent en dessous; jambes linéaires, un 
peu comprimées, onguiculées au bout; tarses assez longs, finement 
spongieux on dessous, a articles 1 -2 étroits, allongés, surtout d , 3 médio- 
crement large, 4 long; ses crochets grands.— 2 e segment abdominal au 
moins aussi long que 3-i réunis, séparé du 1 er par une suture faible- 
ment arquée ; saillie intercoxale large, parallèle et tronquée en avant. 
— Mélasternum de longueur moyenne. — Mésosternum horizontal, 
trapéziforme, transversal. — Corps oblongo-ovale, pubescent. 

On voit, par cette formule, que le genre diffère du précédent par 
de nombreux caractères. 11 se compose en ce moment de deux es- 
pèces (1) du Chili, dont celle (ovatus) décrite par Schœnherr m'est 
seule connue. C'est un insecte très-variable sous le rapport do la taille 
qui est au moins moyenne, d'un noir bronzé mat, hérissé partout de 
poils très-fins, rugueux sur lo prothorax, strié sur les élytres, avec 
les stries occupées par de gros points enfoncés et les intervalles entre 
elles un peu costiformes. 

AULARIIINUS. 

Schoenh. Nantis, sec. Cureul., p. 49. 

Rostre plus élevé que le front et comme tronqué à sa base, à peine 
plus long que la tète, quadrangulaire, anguleux, inégal en dessus, 
légèrement arqué; ses scrobes complètes en avant, un peu obliques et 
atteignant le milieu des yeux. — Antennes subterminales, courtes, 
médiocrement robustes ; scape en massue et cilié au bout, -atteignant 
les yeux; funicule à articles obeoniques : i allongé, 2-7 très-courts, 
graduellement transversaux et plus épais ; massue assez forte, oblongo- 
ovale, veloutée, articulée, subobtuse au bout. — Yeux grands, dépri- 
més, allongés, transversaux, peu à pou rétrécis et subcontigus en 
dessous (2). — Prothorax plus long que large, légèrement arrondi 
sur les côtés, brièvement rétréci en avant, avec son bord antérieur 

(1) S. ovatus, Sclioonh. loc. cit. — humilis, Blanchard in Gay, Hist. d. Cliilo; 
Zool.V, p. 421. 

(2) Lasubcontiguité de ces organes a échappé à Schœnherr; il s'est trompé 
»ur leur forme, qu'il Indique comme étant arrondie. 



76 CimCUUONIDES. 

très-saillant, profondément sinué clo chaque côté et muni do lobes 
oculaires grands et arrondis, légèrement bisinué à sa base ; proster- 
num largement, mais peu profondément échancré ; le canal nettement 
limité, trôs-rétréci et aplani entre les hanches antérieures. — Ecus- 
son petit, subovale. — Elytres allongées, planes sur le disque, paral- 
lèles dans les trois quarts de leur longueur, beaucoup plus larges 
que le prothorax et faiblement trisinuées à leur base, avec les épaules 
obtuses. — Pattes courtes, assez robustes; cuisses presque graduelle- 
ment en massue, dentées en dessous ; jambes comprimées, droites, 
onguiculées au bout; tarses courts et étroits, villeux en dessous, à 
articles 1 en cono renversé, 2 beaucoup plus court, 4 assez long, ainsi 
que ses crochets. — 2 e segment abdominal plus long que 3-4 réunis, 
séparé du 1 er par une fine suture arquée; saillie intercoxale en trian- 
gle allongé. — Métasternum long. — Saillie mésosternale horizontale, 
transversale, rétrécie en arriére, légèrement biiide en avant. — Corps 
allongé, inégal, à peine pubescent. 

L'insecte inédit (inœqualis, Schh.) de- la Caffrcrie sur lequel repose 
ce genre, est de taille médiocre, d'un noir profond et mat, et cou- 
vert en dessus d'excavations peu profondes, la plupart coniluentes, 
auxquelles s'ajoutent, sur les élytres, d'assez nombreux petits tuber- 
cules plus gros et plus multipliés a la partie postérieure de ces or- 
ganes qu'à leur base ; on aperçoit çà et là entre eux des vestiges 
d'une ponctuation régulière; le dessous du corps est rugueux sur la 
poitrine et ponctué sur l'abdomen. Tout annonce chez cet insecte 
des habitudes épigées. 

Schœnherr a placé le genre dans les Byrsopsides ; ses hanches an- 
térieures distantes et son métasternum allongé suffisent pour démon- 
trer qu'il est étranger à ce groupe. 

GROUPE VI. Nettarhinides. 

Tète transversalement convexe sur le vertex, verticalement dépri- 
mée sur le front ; rostre court, déprimé, droit, vertical ; ses scrobes 
entièrement visibles latéralement. — Yeux médiocres, en partie dé- 
couverts lors de la contraction du rostre. — Bord antérieur du pro- 
thorax très-saillant ; ses lobes oculaires médiocres. — Un écusson. 
— Elytres embrassant médiocrement le corps. — Métasternum de 
longueur moyenne ; ses épisternums larges et parallèles. — Saillie 
mésosternale plus ou moins étroite, inclinée en arrière. 

Ce groupe est emprunté aux Cholides do Schœnherr et ne com- 
prend que son genre Nettarhinus. Ce qui l'a probablement engagé à 
lui assigner cette place, c'est que chez l'espèce (anthribiformis) de 
grande taille qui en forme le type, le prosternum en avant des han- 
ches antérieures ne présente qu'une grande et large dépression, sans 
limites latérales nettement accusées. Mais chez toutes celles de 



NETTARHIMDES. 77 

moyenne et petite taille, cette dépression se convertit en un véritable 
canal rostral absolument pareil à celui des Psepholax et des Aula- 
hhinus. Si l'on ajoute à cela les autres caractères et le jades, il n'y a 
pas à douter que ces insectes ne soient des Cryptorhynchides de la 
Sous-Tribu actuelle. 

NETTARHINUS. 
Schoenu. Curcul. Disp. meth., p. 269. 

Kostre court, assez robuste, déprimé, parallèle ou un peu élargi 
au bout ; ses scrobes commençant dans son milieu ou au-delà, obli- 
ques, atteignant le bord intérieur des yeux. — Antennes courtes, 
assez robustes ; scape en massue au bout, n'atteignant pas les yeux ; 
funicule à articles obeoniques : i allongé, 2-7 graduellement élargis, 
7 subcontigu à la massue ; celle-ci médiocre, ovale, articulée. — Yeux 
oblongs, transversaux. — Prothorax transversal, convexe, muni à sa 
base do deux lobes dirigés en arrière, brusquement rétréci en avant, 
légèrement et étroitement bisinué à sa base ; prosternum largement 
et peu profondément canaliculé, parfois (anthribiformis) à peine 
excavé en avant des hanches antérieures, assez larges entre celles-ci. 
— Ecusson plus ou moins allongé, arrondi en arrière. — Elytres de 
longueur variable, subcylindriques, verticalement déclives en arrière, 
un peu plus larges que le prothorax et tronquées en avant, avec les 
épaules rectangulaires. — Pattes courtes, robustes, comprimées; 
cuisses en massue, les antérieures bidentées en dessous; jambes de la 
même paire et les intermédiaires munies d'une dent interne au-des- 
sous de leur milieu, toutes onguiculées au bout(l); tarses médiocres, 
spongieux en dessous, à articles i fortement rétréci et arqué à sa 
base, 3 large, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2 U segment abdo- 
minal aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1 er par une suture droite; 
saillie intercoxale subogivale. — Saillie mésosternale assez étroite, 
inclinée, rétrécie en arrière. — Corps subcylindriquo, inégal, plus 
ou moins écailleux. 

L'espèce typique (2) est de grande taille et originaire du Brésil ; 
deux autres, beaucoup plus petites et qui habitent les Antilles, sont 
mentionnées par Schœnherr (3). J'en connais quatre autres espèces 
nouvelles et brésiliennes comme la première. 

Par suite de la forme de leur rostre, ces insectes ont quelque rap- 
port avec les Gasteiiocërc.i's typiques du groupe des Cryptorhynchides 
vrais. 

(1) Chez les petites espèces, les postérieures sont mucrouées, elle mucro est 
môme parfois presque indistinct. 

(2) N. anthribiformis, Scliœnli Curcul. 111, p. 603. 

(3) N. Uannerheimii, Porto-Hico; bilobus Oliv., Hatty; Schœnherr n'a pai 
vu ce dernier; d'après la ligule qu'en donne Olivier, je crois également qu'il 
doit rentier dans le genre. 



78 CURCUL10NIDES. 

Groupe VII. Guiopéridet. 

Rostre robuste, subquadrangulaire (1) ; ses scrobes en entier visibles 
latéralement. — Yeux fortement granulés, en majeure partie recou- 
verts lors de la contraction du rostre. — Prothorax à peine saillant 
dans son milieu en avant, ses lobes oculaires très-faibles. — Un écus- 
son. — Elytres embrassant faiblement lo corps. — Métasternum ex- 
trêmement court ; ses épisternums larges et parallèles. — Saillie 
mésostcrnale lamelliforme, large, verticale, puis brusquement re- 
courbée en arrière. 

Parmi les Cryptorhynchides, il se trouve une forme remarquable, 
le genre Guioperus do M. Perty, qui appartient à la Sous-Tribu 
actuelle, y est aussi isolé que les Nettarhinus qui précèdent, 
et doit par conséquent, comme ces derniers, constituer un groupe 
à part. 

GUIOPERUS. 
Perty, Del. anim. art. Brasil., p. 78 (2). 

Rostre médiocre, très-robuste, subquadrangulaire , arrondi aux 
angles, droit; ses scrobes commençant un peu au-delà de son milieu, 
très-obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes 
courtes, médiocrement robustes ; scape graduellement en massue, 
n'atteignant pas les yeux; funicule do six articles : 1-2 légèrement 
allongés, noueux au bout, celui-là plus long, 3-6 très-courts, trans- 
ît) Ii présente un caractère qui vient à l'appui de l'érection de ces insectes 
en un groupe distinct. Sa face inférieure est munie de deux grandes et assez 
profondes excavations longitudinale.') qui commencent à peu près au milieu de 
sa longueur et s'étendent en avant jusqu'au niveau du sommet du pédoncule 
du sous-menton. De la cloison assez étroite et plane qui les sépare parlent, à 
angle droit, de nombreux cils rigides qui atteignent leur bord externe et les 
remplisscnten partie. Les organes buccaux présentent également quelques par- 
ticularités insolites. Le pédoncule du sous-menton est reçu îi son extrémité dans 
une écliancrure de la base du menton qui est en carré allongé. La languette 
affecte la même forme et est placée bout à bout avec ce dernier; la suture qui 
l'en sépare est très-fine et droite. Les mandibules sont plus courtes que dans 
les groupes précédents, et seraient en tenailles si elles étaient un peu plus 
épaisses. Enfin il existe immédiatement en arrière des hanches antérieures 
une crête transversale en arc de cercle a convexité regardant en arrière. Si 
cette croie, que le rostre ne dépasse pas, s'était développée au point d'arriver 
au niveau du sommet des hanches en question, ces insectes appartiendraient à 
la sous-tribu des Camptorhinides. 

J'ai vérifié ces diverses particularités chez deux des trois espèces connues du 
groupe. 

(2) Syn. Ptcnopus, Schœnh. Curcul. IV, p. 280; nom postérieur d'au moins 
cinq ans à celui imposé au genre par M. Perty. 



or.LADIIDES. 79 

versaux; massue petite, un peu comprimée, ovale; son 1" article en 
cône renversé. — Yeux grands, déprimés, transversaux, en triangle 
curviligne acuminé intérieurement. - Prothorax subtransversal 
médiocrement convexe, légèrement arrondi sur les côtés, puis rétréci 
et brièvement subtubuleux on avant, avec son bord antérieur sinuô 
dans son milieu, ainsi que sur les côtés, et muni do lobes oculaires 
médiocres et largement arrondis, légèrement bisinué à sa base- pro- 
sternum largement et fortement canaliculé; le canal terminé immé- 
diatement en arrière des hanches antérieures par une petite crête trans- 
versale. - Ecusson assez grand, quadrangulaire. - Elytres convexes, 
subparallèles, largement arrondies en arrière, pas plus larges que lé 
prothorax et un peu échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. 
- Pattes robustes, médiocres, les antérieures plus longues que les 
autres, graduellement en massue, les quatre autres rétrécies a leur 
base; jambes comprimées, arquées, plus ou moins bisinuées en de- 
dans, munies dune courte dent près do leur angle interne, celui-ci 
brièvement mucroné. - Les trois segments intermédiaires de l'ab- 
domen subegaux, séparés du 1" par une suture légèrement ar- 
quée; saillie intercoxale en triangle allongé et aigu. - Corps ovale 
ècailleux. r 

L'un des plus remarquables genres de la Tribu actuelle. Il a pour 
type un grand insecte (1) du Brésil qui est originaire, non des envi- 
rons de Rio Janeiro, comme le dit M. Perty, mais des parties cen- 
trales et septentrionales de ce pays. Sa livrée, qui lui est spéciale 
es en dessus d un gris sale avec deux larges bandes longitudinale; 
dun noir brunâtre sur les élytres, bandes n'atteignant pas l'extré- 
mité _do ces organes et renfermant deux taches de la couleur du fond- 
les cotés de la poitrine et le sommet des cuisses sont d'un blanc plus" 
oumomspur. La surface du corps en dessus est couverte de petits 
ubepcules arrondis et discrets. Deux autres espèces (2), ayant une 
livrée analogue, ont été décrites par MM. Gerstœcker et Jekel. 

Groupe vin. Ocladiide». 

Tète petite, enchâssée dans lo prothorax et invisible d'en haut; 
rostre assez robuste, subquadrangulàire ; ses scrobes passant rapide- 
ment sous lui et invisibles sur les côtés, sauf en avant; ses lobes 
oculaires très-prononcés. - Point d'écusson. - Elytres embrassant 
très-tortement le corps. - Métasternum excessivement court ; ses 

(1) G. griseus, Perty, loc. cit. pi. 1G, f. 3 (P. bufo Sclili ) 

(pSt«T'ru'7";. GerSt;eC,< - Stelti "' Cnt0m ' Zcit - im > P- 395; Ile St.-Jean 
e tl e „l f S,* 1 Ja ' 80US ,' CS , yC " X "" c * om P li,ire 1"' ™ P»att appartenir à 



80 CURCULIONIDES. 

épisternums indistincts. — Mésosternum formant le fond du canal 
rostral ; celui-ci limité en arrière par le métasternum qu'il n'en- 
tame pas. 

Si le canal rostral entamait le métasternum, ce groupe appartien- 
drait à la Sous-Tribu suivante. 11 est par conséquent placé sur l'ex- 
trême limite de celle-ci. Les caractères qui précèdent montrent com- 
bien il diffère des précédents. Le genre Ocladius, qui le compose à 
lui seul, est surtout très-distinct des Ouobotis près desquels Schœnherr 
l'a placé. 11 n'y a de commun entre ces insectes que la petitesse de 
la tôte. 

OCLADIUS. 

Schoenii. Curcul. Disp. vielh., p. 316. 

Rostre assez long, subquadrangulaire, arrondi aux angles, strié en 
dessus au moins à sa base ; ses scrobes commençant un peu au-delà 
de son milieu, très-obliques et subconniventes en arrière. — Antennes 
médiocres, grêles; scape en massue au boni, atteignant les yeux; 
funicule à articles 1-4 obconiques, allongés, 1 le plus grand, 5-7 très- 
courts, turbines ou subarrondis; massue allongée, ublongo-ovale, 
articulée, acuminée. — Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux. 
— Prothorax transversal, conique ou globuleux, tronqué ou large- 
ment arrondi à sa base, fortement sinué do chaque côté de son bord 
antérieur, avec ses lobes oculaires saillants et arrondis ; prosternum 
fortement canaliculé. — Elytres globoso-ovales, pas plus larges que 
le prothorax et légèrement échancrées en arc à leur base, avec les 
épaules nulles. — Pattes assez longues, robustes, contractiles, compri- 
mées; cuisses linéaires, canaliculées en dessous; jambes droites, les 
postérieures souvent un peu arquées, toutes tranchantes et plus ou 
moins denticulées sur leur bord externe; tarses rétractiles, longs, 
grêles et imparfaitement spongieux en dessous, à articles 1 allongé, 
2 notablement plus court, 3 médiocrement largo, 4 long; ses crochets 
très-petits et très-grèles. — Les trois segments intermédiaires de l'ab- 
domen subégaux, séparés du 1 er par une suture droite (1); saillie 
intercoxale très-large, subparallèle, arrondie en avant. — Corps 
court, très-convexe, inégal, glabre ou partiellement écailleux et pu- 
bescent. 
Genre assez riche en espèces (2), la plupart propres à l'Afrique; 

(1) Chez toutes les espèces que j'ai sous les yeux, au nombre de six, le bord 
postérieur du 1" segment est relevé dans son milieu, parfois (glomens) au 
point de former une saillie anguleuse, et celui du 4« est plus ou moins prolongé 
et arrondi. 

(2) Schœnherr (Curcul. Vlll, 2, p. 121) en mentionne 15 espèces qu'il par- 
tape en deux sections, selon que le prothorax est conique [sulieorniœ, pertu- 
sus subfasciatus, etc.) ou globuleux [bacckoUis, lacunatus, foveatus, etc.)- 



SOFHRORHINIDES. 81 

une seule (salicorniœ Oliv.) habite l'Arabie et les pays voisins; une 
autre, citée en note, la Nouvelle-Calédonie. Les plus grandes sont de 
taille moyenne, et le plus grand nombre, petites. Leurs téguments en 
dessus sont plus ou moins inégaux, surtout sur le prothorax, et leurs 
élytres, quand elles ne sont pas couvertes de tubercules, présentent 
ordinairement des fossettes irréguliéres disposées sur deux rangs ge- 
mellés. Les cuisses et les jambes sont presque toujours sillonnées 
longitudinalement sur leurs deux faces. Leur livrée consiste ordinai- 
rement en taches, bandes ou mouchetures grisâtres ou ferrugineuses; 
plusieurs sont glabres. 

Sous-Tiubu II. Sophrorhinides. 

Canal rostral prolongé sur le métasternum et parfois jusque sur 
l'abdomen. 

11 est presque superflu d'ajouter que le mésosternum ne le limite 
pas en arrière et qu'il doit nécessairement toujours former une 
partie de son fond. Quant à ses côtés, entre la première et la seconde 
paires des hanches, le canal se comporte de deux façons différentes. 
Tantôt, il est fermé dans cette direction par une sorte de muraille 
que constituent deux prolongements fournis : l'un par le mésoster- 
num, l'autre par la partie postérieure du prosternum; tantôt, ces 
prolongements n'existant pas, il reste ouvert entre les hanches en 
question. Dans le premier cas, ces insectes se rapprochent a cet égard 
d'un grand nombre de Cryptorhynchides vrais; dans le second, des 
Ithyporides. 

La structure du canal dont il s'agit en ce moment, est très-rare 
dans la Tribu actuello (1), quoique un peu moins que celle qui est 
propre aux Camptorhinides. Elle n'a encore été observée que dans 
■quatre genres qui chacun ne comptent jusqu'ici qu'une seule espèce 
de décrite. Pour le surplus, ces insectes sont assez homogènes et n'ont 
pas besoin d'être répartis dans des groupes secondaires. Ainsi, tons 
ont un rostre pareil à celui des Zygopides normaux (Sophroriiinus 
excepté), des yeux grands et fortement granulés, le bord antérieur 
et les lobes oculaires du prothorax très-saillants, la massue antennaire 
grando et compacte, ou peu s'en faut, un écusson, les téguments den- 
sément écailloux, etc. 

On n'a décrit, depuis, que les suivantes : 0. nrmipes, .1. Thoms. Archiv. enfom. 
Il, p. 139; Gabon.— hirsul.us (Monirouz.),Peri-oud, Hélang. entom. IV, p. 135; 
Nouvelle-Calédonie. — Dans ces dernières années, quelques belles espèces, 
recueillies dans l'Afrique australe par M. Wahlberg, ont emïclii les collec- 
tions. 

(I) On en verra un petit nombre d'exemple* dans quelques-uns dos groupe» 
suivants: parmi les Centorliyucliides chez les Megacetes et les Scleropterus, et 
dans la tribu des Zygopides cbez les CoRYSSorus et les Stbabus. 
Coléoptères. Tome VIL 6 



82 CURCULI0N1DES. 

Deux des genres en question sont propres à l'Amérique du Sud, un 
autre à l'Afrique, le quatrième à la Polynésie occidentale. 

I. Canal rostral De dépassant pas le métasternum. 

a Antennes robustes ; leur funicule à art. 2 un peu plus long que 1. 

Canal rostral ouvert latéralement entre les hanches antérieures et 
intermédiaires : Sophrorhinus. 

fermé — : Mechislocerus. 

aa Antennes très-grêles; leur funicule à art. 2 du double plus long que 1 : 
Corynephorus. 

II. Canal rostral atteignant l'extrémité de l'abdomen : Panolcus. 

SOPHRORHINUS. 

Rouzet, Ânn. d. I. Soc. entom., 1855, p. 80. 

Rostre assez long, médiocrement robuste, un peu comprimé depuis 
sa base jusqu'au niveau do l'origine des scrobes, puis déprimé en 
avant; ses scrobes commençant au-delà de son milieu, obliques et 
longeant son bord latéral inférieur. — Antennes médiocres, robustes; 
scape en massue au bout, atteignant presque les yeux; funicule à 
articles 1-2 allongés, obeoniques, celui-ci un peu plus long que ce- 
lui-là, 3-7 très-courts, subarrondis, serrés; massue allongée, compacte, 
cylindrique, veloutée. — Yeux grands, déprimés, brièvement ovales, 
transversaux. — Prothorax fortement transversal, médiocrement con- 
vexe, arrondi sur les côtés dans ses deux tiers basilaires, brusquement 
rétréci en avant, avec son bord antérieur très-saillunt, muni de lobes 
oculaires petits et anguleux; canal prosternai prolongé jusque près 
de la base du métasternum, ouvert latéralement entre les hanches 
antérieures et intermédiaires. — Ecusson en carré long. — Elytres 
assez convexes, graduellement rétrécies en arrière, comprimées sur 
les côtés, fortement déclives en arrière, un peu plus larges que le 
prothorax et trisinuées à leur base, avec les épaules un peu saillantes 
en avant. — Pattes courtes, robustes, les antérieures un peu plus 
longues que les autres; cuisses linéaires, dentées en dessous; jambes 
comprimées, droites, fortement onguiculées au bout; tarses courts, 
spongieux en dessous, à articles 1-2 étroits, celui-là assez allongé, 4 
médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segmeut abdominal aussi long 
que 3-4 réunis, séparé du I er par une suture arquée; saillie inter- 
coxale large, parallèle, tronquée en avant. — Métasternum court. — 
Corps oblong, densément écailleux. 

Le typo du genre (1) a beaucoup d'analogie avec le Cœlosternus 
dorsalis du Brésil, tant sous le rapport de la forme générale que sous 
ceux de la livrée et de l'écaillure, mais il est d'un tiers environ plus 

(1) S. Duvernoyi, Rouz. loc. cit. pi. 1, n° 111. 



sornRORMMDES. 83 

grand. Sa couleur générale est d'un jaune d'ocre pâle, avec le centre 
du prothorax, le disque des élytres, les cuisses antérieures et les trois 
derniers segments abdominaux d'un noir brunâtre. Quatre petits tu- 
bercules disposés transversalement se voient près du sommet de la 
déclivité des élytres. 

. Cet insecte est éclos, au Jardin des Plantes à Paris, des gousses 
d'une Légumineuse d'espèce nouvelle provenant du Gabon. Si Schœn- 
herr l'eût connu, il en eût fait, sans aucun doute, un Coelos- 

TEHNUS. 

MECHISTOCERUS. 
Fauvel, Bull. d. I. Soc. Linn. d. Normand. VII, p. 159 (1). 

Rostre allongé, peu robuste, déprimé, un peu élargi etcaréné en 
dessus à sa base, arqué; ses scrobes commençant au milieu de sa 
longueur, rectilignes. — Antennes assez longues et assez robustes ; 
scape en massue au bout, atteignant les yeux; funicule à articles 1-5 
allongés, obconiques, 2 le plus long de tous, les autres subégaux, 6-7 
subcylindriques, courts; massue faible, subcylindrique (q») ou 
oblongo-ovale (9), acuminée au bout, faiblement articulée. — Yeux 
grands, déprimés, ovales, transversaux, médiocrement séparés en des- 
sous. — Prothorax transversal, peu convexe, paraboliquement arrondi 
sur les côtés, puis brièvement rétréci en avant, avec son bord anté- 
rieur saillant, muni do lobes oculaires assez prononcés, faiblement 
bisinué a sa base ; canal prosternai profond, entamant légèrement le 
métasternum et fermé latéralement entre les hanches antérieures et 
intermédiaires. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres assez 
convexes, régulièrement oblongo-ovales, à peine plus larges que lo 
prothorax et légèrement trisinuées à leur base, avec les épaules ob- 
tuses et un peu recourbées en avant. — Pattes médiocres, robustes, 
subégales; cuisses en massue, triangulairement dentées en dessous; 
jambes comprimées, légèrement arquées à leur base, fortement on- 
guiculées au bout ; tarses assez longs, spongieux en dessous, â articles 
1-2 étroits, celui-là allongé, i long; ses crochets médiocres. — 2" seg- 
ment abdominal un peu plus court quo 3-4 réunis, séparé du i" par 
une suture arquée ; saillie intercoxalc large, un peu rétrécio et ar- 
rondie eu avant. — Métasternum do longueur moyenne. — Corps 
elliptico-ovale, denséinent écailloux. 

Genre ayant pour type le Cœloslernus impressus de M. Montrouzier, 
insecte très-commun à la Nouvelle-Calédonie, de taille moyenne, d'un 
jaune sait! et plus ou moins rembruni en dessus et en dessous selon 
les individus ; quelques-uns sont comme marbrés de ces deux cou- 
leurs. Son prothorax est. criblé de gros pores et ses élytres sont régu- 

(1) Syn. Coei.ostebnos, Montrouz. Ann. d. 1. Soc. entom. 1860, p. 891. 



84 CURCULIONIDES. 

liôrement ponctuées en stries, avec les intervalles entre ces dernières 
plans (I). 

Cet insecte a un faciès particulier, mais qui so reproduit chez un 
assez grand nombre de Cryptorhynchides inédits do ia Polynésie et 
des Moluques , appartenant aux Chyptorhynchi s ou aux Cœlos- 
ternus, ou enfin devant constituer des genres nouveaux. De tous 
ceux du groupe actuel, c'est celui chez lequel le métasternum est le 
moins profondément entamé par le canal rostral. 

CORYNEPHORUS. 
Schoemi. Cwcul., IV, p. 234. 

Rostre allongé, grêle, déprimé, un peu élargi et caréné en dessus 
à sa base, légèrement dilaté à son extrémité ; ses scrobes commençant 
vers son tiers basilaire, légèrement obliques et inférieures. — Antennes 
longues, très-grèles; scape brusquement en massue au bout, attei- 
gnant à peine les yeux; funicule à articles 1 assez court et assez gros, 
obeonique, 2-3 du double plus longs, subcylindriques, égaux, 4-6 
noueux au bout, courts, 1 globuleux; massue de la longueur de la 
moitié du funicule, compacte, veloutée, cylindrique, obtuse au bout. 
— Yeux très-grands, déprimés, transversaux, médiocrement séparés 
en dessus et en dessous. — Prothorax subtransversal, pou convexe, 
légèrement arrondi sur les côtés, rétréci et tronqué en avant, muni 
de lobes oculaires saillants, faiblement bisinuê à sa base; canal pro- 
sternai étroit, profond, prolongé jusqu'au bord postérieur du méta- 
sternum, fermé latéralement entre les hanches antérieures et inter- 
médiaires (2). — Ecusson en ovale allongé. — Elytres assez courtes, 
planes à leur base, un peu convexes dans leur milieu, obliquement 
déclives et rétrécies en arrière, notablement plus larges que le pro- 
thorax et tronquées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes 
assez longues, les intermédiaires beaucoup moins que les autres; 
cuisses subpédoneulées, Les postérieures plus fortement en massue 
que les autres, dépassant un peu l'abdomen; toutes bidentées en 
dessous, la dent antérieure grande, triangulaire ; jambes fortement 
comprimées, tranchantes en dehors, arquées à leur base, onguiculées 
au bout; tarses longs et étroits, spongieux en dessous, à articles 
\ allongé, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal 
de moitié plus court quo chacun dos deux suivants, séparé du 1" par 

(1) Je connais une seconde espèce du genre, originaire de Célèbes, qui est 
oblongue, snbparallèic et déprimée sur les élytres, avec la massue antennaire 
compacte chez le mile, différences qui ne me paraissent être quo spécifiques. 
Sa livrée est presque la même que celle du M. impressus. 

(2) Sur le métastciuum lui-môme, ses bords latéraux sont munis d'un re- 
bord asseï saillant. 



SOPHRORHINIDES. 85 

une suture droite; saillie intcrcoxale large, ogivale. — Métasternum 
de longueur moyenne. — Corps oblongo-ovale, écailleux. 

Cet ensemble de caractères est extrêmement tranché, et Schœnherr 
a omis l'un des plus importants, le prolongement du canal rostral sur 
le métasternum. Un autre, très-rare, est l'a brièveté relative du 2 e seg- 
ment abdominal. Le genre ne comprend qu'une espèce (V. nigrum 
Schb.) du Brésil, de taille moyenne, d'un gris jaunâtre passant au 
jaune d'ocre sur le pro thorax et ayant une tache commune noirâtre, 
transversale et submédiane sur les élytres; une fine raie noire part 
du milieu de la base de chacun de ces organes et se réunit â sa cor- 
respondante au tiers de leur longueur. Cet insecte est rare dans les 
collections, et je n'ai vu que l'exemplaire qui a servi à Schœnherr. 

PANOLCUS. 
Gerst.f.ck. Slellin. cntom. Zeit. 1860, p. 377. 

Tète petite, globuleuse, profondément engagée dans le prothorax ; 
rostre de la longueur du corps, grêle, cylindrique, un peu épaissi à 
sa base; ses scrobes un peu rapprochées en avant et passant promp- 
tement sous sa l'ace inférieure. — Antennes insérées vers le tiers 
antérieur du rostre, longues, grêles ; scape légèrement épaissi au 
bout, atteignant les yeux ; funicule à articles i obconiquc, 2-3 plus 
longs, subcylindriques, 4-7 plus courts, décroissant et grossissant pou 
à peu; massue allongée, cylindrique, acuminée au bout, articulée. — 
Yeux très-grands, occupant la moitié inférieure de la tète, contigus 
en dessus à leur partie antérieure, séparés en arrière. — Prothorax 
en carré transversal, prolongé antérieurement en une forte saillie 
recouvrant la tète, sinué de chaque côté, pourvu de lobes oculaires 
recouvrant entièrement les yeux lors de la contraction du rostre, 
muni à sa base d'un lobe médian tronqué; canal rostral prolongé 
jusqu'à l'extrémité do l'abdomen, profond, étroit, nettement limité 
sur les côtés (I). — Ecusson brièvement ovale. — Elytres ovalaires, 
graduellement rétrécies en arrière, plus larges que le prothorax à 
leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres; cuisses gra- 
duellement en massue, munies d'une large dent, profondément ca- 
naliculées en dessous entre celle-ci et leur sommet; jambes compri- 
mées, parallèles, faiblement arquées, onguiculées au bout; tarses à 
articles 1-2 obeoniques, villeux en dessous, celui-là allongé, 3 fendu 
jusqu'à sa base, spongieux en dessous et villeux sur ses bords; cro- 
chets petits. — 3° et 4° segments abdominaux un peu plus courts 
que le 2 e et le o c . — Corps ovale, densément écailleux. 

(1) Je no vois pas bien, d'après la formule d'oïl j'extrais celle-ci, comment 
il se comporte sur les côtés entre les deux premières paires de lianclics. 
M. Geratecker dit seulement que le mésosternum est plus long que large et 
atteint le bord postérieur des hanches intermédiaires. 



86 CURCULIONIDBS. 

Je n'ai pas vu en nature ce genre fondé sur un insecte (scolopax 
G.) du Brésil, de taille assez petite et revêtu en entier d'écaillés 
jaunâtres, avec le rostre glabre et les antennes ferrugineuses; son 
prothorax présente en dessus deux tubercules et ses élytres sont 
régulièrement striées et ponctuées. La longueur extraordinaire de 
son canal rostral lui est propre parmi tous les Cryptorhyncbides. 

Sous-Tribu III. Camptorhinides. 

Canal rostral fermé en arriére des hanches antérieures par une 
cloison en forme de fer a cheval fournie par le prosternum et égalant 
en hauteur les hanches en question. — Saillie môsosternalo distincte, 
lamelliforme. 

Cette nouvelle structure du canal rostral est facile à comprendre. 
Le prosternum, au lieu de se borner à fournir en arrière des hanches 
antérieures un mince filet, destiné à clore leurs cavités cotyloïdes, 
s'est prolongé inférieurement en une muraille concave en avant, 
convexe en arrière, et qui arrive au niveau du sommet de ces han- 
ches, ou peu s'en faut. Il forme dès lois la partie postérieure du ca- 
nal dans lequel le rostre se loge nécessairement en entier. Quant au 
mésosternum, la saillie qu'il envoie entre les hanches intermédiaires 
est restée a l'état normal et, do môme que chez les Ithyporides, ne 
prend aucune part, à la formation du canal : seulement, comme ce 
dernier, elle varie sous le rapport de la forme. 

Les deux genres suivants sont les seuls qui présentent cette struc- 
ture du canal rostral, la plus rare de toutes. Tous deux sont propres 
à l'ancien continent. 

I. Saillie mésosternalc étroite, triangulaire, inclinée en arrière; crochets des 
tarses libres : Camplorhinus. 

IL carrée, verticale ; crochets des tarses soudés : Pa- 

chyonyx. 

CAMPTORHINUS. 
ScnoF.Mi. Curcul. Disp. meth., p. 283. 

Rostre assez court, peu robuste, cylindrique et légèrement com- 
primé sur les côtés, rarement (par ex. statua) déprimé dans toute son 
étendue et un peu élargi à sa baso; ses scrobes commençant dans 
son milieu ou un peu au-delft, rectilignes. — Antennes médiocres, 
assez robustes; scape en massue au bout, atteignant ou non (statua) 
les yeux; funicule a articles 1-2 plus ou moins allongés, égaux ou 
non, 3-7 très-courts, grossissant peu à peu, 7 souvent contigu à la 
massue ; celle-ci de grosseur variable, ovale ou oblongo-ovale, arti- 
culée, obtuse au bout. — Yeux très-grands, fortement granulés, 



CAMPT0M1INIDIS. 87 

déprimés, transversaux, contigus en dessous. — Prothorax plus long 
que largo, régulièrement ovalaire, fortement atténué en avant, avec 
son bord antérieur saillant, profondément sinué sur les côtés et muni 
de lobes oculaires en général très-prononcés, tronqué a sa base; pro- 
sternum court en arriére dos hanches antérieures. — Ecusson en 
triangle allongé. — Elytres allongées, suhcylindriqucs, déprimées sur 
le disque, un peu plus larges que le prothorax et tronquéos à leur 
base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues, robustes, 
comprimées; les quatre antérieures simplement en massue, les pos- 
térieures dépassant plus ou moins l'abdomen, longuement pédoncu- 
lées a leur base, toutes armées d'une forte dent triangulaire ; jambes 
tranchantes en dehors, arquées ou flexueuses, munies d'une dent mé- 
diane interne, onguiculées au bout ; tarses assez longs, plus ou moins 
larges, spongieux ou villoux on dessous, à articles 1 allongé, 3 fai- 
blement fendu, 4 assez long; ses crochets médiocres, libres. — Les 
trois segments intermédiaires de l'abdomen subégaux, séparés du 1 er 
par une suture droite ; saillie intercoxale très-large, parallèle, tron- 
quée ou anguleuse en avant. — Métastemnm long. — Mésosternum 
étroit, triangulaire, incliné en arrière. — Corps subcylindrique, 
allongé, inégal, écailleux. 

Peu de genres do Cryptorhynchides sont aussi tranchés et aussi 
homogènes quo celui-ci. Ses espèces, dont les plus grandes sont de 
taille moyenne, ont lo même faciès, ce qui les rend, pour la plupart, 
assez difficiles a distinguer les unes des autres. Elles sont noires, plus 
ou moins variées do jaune ferrugineux on dessous, ainsi que sur les 
cotés du corps, et sont ordinairement ornées sur les élytres, vers le 
tiers postérieur de ces organes, d'une bande blanche transversale et 
irrégulière. Leur prothorax est criblé de points enfoncés en partie 
confluents et les intervalles, entre les stries fortement ponctuées des 
élytres, sont alternativement costiformes. 

Lo genre est propre à l'ancien continent et l'une de ses espèces (1) 
habite l'Europe méridionale ; les autres sont répandues en Afrique 
et aux Indes orientales. Celles décrites jusqu'ici sont médiocrement 
nombreuses (2). 

(1) C. statua Fab.; Scliœnh. Curent. IV, p. 177. M. Bortoloni (Stettin. en- 
tom. Zeit. 1860, p. 258) a donné des détails intéressants sur ses habitudes; 
comme les Acau.es, il produit un bruit aigu en frottant la partie postérieure do 
son abdomen contre ses élytres. 

(2) Scliconhorr (Curcul. VIII, 1, p. 354) en décrit six espèces. Aj. : C. poî- 
Ucalis, J. Tlioms. Arcliiv. ontom. Il, p. 137; Gabon. — revenus, indiscretus, 
F. Walker, Aun. and Mag. of nat. Hist. Ser. 3, IV, p. 218; Ceylan. — ambi- 
guus, Montrouz. Ann. A. 1. Soc. entom. 1800, p. 894; Nouvelle-Calédonie (An 
buj. gêner.?). 



18 CURCULIONIDES. 

PACHYONYX. 
Schoenii. Curcul., IV, p. 247. 

Rostre médiocre, assez robuste, cylindrique, un peu comprimé 
latéralement à sa base; ses scrobes commençant dans son milieu, 
obliques et conniventes en arrière. — Antennes courtes, assez robus- 
tes; scapo graduellement en massue, atteignant les yeux; funiculc 
à articles 1-2 allongés, obconiques, subégaux, 3-7 très-courts, serrés, 
grossissant rapidement, 7 contigu à la massue; celle-ci au moins 
aussi longue que le funicule, forte, oblongo-ovale, articulée, acumi- 
née au bout. — Yeux fortement granulés, très-grands, transversaux, 
médiocrement séparés en dessous. — Prothorax aussi long que large, 
conique, puis brièvement rétréci en avant, avec son bord antérieur 
très-saillant, fortement sinué sur les cotés et muni de lobes oculaires 
à peine distincts, faiblement bisinué à sa base. — Ecusson allongé. — 
Elytres convexes, oblongo-naviculaires, pas plus larges que le pro- 
thorax et un peu échancrées à leur base, avec les épaules coupées 
obliquement et calleuses; prosternum très-allongé en arrière des 
hanches antérieures. — Pattes médiocres, robustes, un peu compri- 
mées; cuisses sublinéaires; jambes droites, tronquées et inermes au 
bout; tarses médiocres et assez larges, densément spongieux en des- 
sous, à article 4 allongé ; ses crochets courts, robustes, soudés dans 
la plus grande partie de leur longueur. — 2° segment abdominal 
presque aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1 er par une suture 
faiblement arquée; saillie intercoxale large, ogivale. — Métasternum 
médiocrement long. — Mésosternum carré, vertical. — Corps oblongo- 
naviculaire, pubescent et fascicule. 

Genre non moins tranché que les Camptohiiinus. Il n'y en ajusqu'ici 
qu'une seule espèce (affaber Schh.) du Cap qui soit décrite (1). C'est 
un insecte de taille médiocre, d'un brun rougeâtre, partiellement 
revêtu de poils blancs couchés, formant un dessin nuageux. Son pro- 
thorax est pourvu en avant de quatre gros tubercules disposés par 
paires et terminés par de longs poils ; d'autres, plus petits, se voient 
en assez grand nombre sur les élytres. 

Sous-Tribu IV. Cryptorhynchides vrais. 

Canal rostral limité en arrière et au moins en partie sur les côtés, 
entre les deux premières paires de hanches, par le mésosternum. — 
Celui-ci de forme variable. 

(1) Les collections en contiennent une seconde du Yicnx-Calabar, connvie 
sous le nom de mucoreus Murray. Je possède, en outre, un insecte de la Pres- 
qu'île malaise, qui doit former un genre nouveau immédiatement à côlé de 
celui-ci. 



CRYPTORHYNCHIDES VRAIS. 89 

Le mésosternum, qui joue ici le principal rôle dans la formation 
du canal rostral, en arrière des hanches antérieures, affecte quatre 
formes différentes. Bien qu'elles ne puissent pas servir de point de 
départ pour la classification de ces insectes, il est nécessaire d'en te- 
nir un compte exact et dès lors, pour plus de brièveté, de pouvoir 
les désigner par un seul mot. Les termes suivants sont ceux que j'em- 
ploierai. Le mésosternum sera donc dit en forme : 

i° De gouttière, lorsqu'il constitue un long canal horizontal à parois 
verticales tant sur les côtés qu'en arrière. Cette forme est caractéris- 
tique d'un grand nombre de genres du groupe des Cryptorhynchides 
vrais et ne se trouve pas ailleurs. 

2° De fer à cheval, quand il constitue un demi-cercle à parois ver- 
ticales ou peu s'en faut. Ce cas est encore plus commun que le pré- 
cédent. 

3° De voûte, lorsqu'il recouvre en arrière une partie du canal. Le 
bord antérieur de la voûte est tantôt coupé carrément, tantôt échan- 
cré. Il y a passage insensible de cette forme à la précédente, et toutes 
deux peuvent coexister chez les espèces d'un genre d'ailleurs naturel. 

4° De fourche, quand il consiste en une tige horizontale portant 
en avant un fer a cheval. C'est la forme la plus rare de toutes (I). 

Dans les deux premières et dans la quatrième de ces formes, le 
rostre est visible dans toute son étendue, lorsqu'il est contracté, 
tandis que dans la troisième son extrémité est souvent recouverte, 
ce qui a lieu pour peu que la voûte formée par le mésosternum se 
prolonge cri avant. 11 faut remarquer en outre que dans la majeure 
partie des cas, ce dernier l'ait une saillie plus on moins forte au-des- 
sus du niveau du métasternum. 

Par suite de la forme nettement limitée dans tous les sens de leur 
canal rostral et de la part que prennent à sa formation le prosternnm 
et le mésosternum, ces insectes me paraissent être les plus parfaits 
de tous les Cryptorhynchides. Ce sont aussi les plus rpmbreui el 
leur arrangement systématique présente les mômes difficultés que 
celui des Ithyporides. Ils me semblent se diviser naturellement en 
cinq groupes secondaires dont les deux premiers contiennent les 
formes normales; celles des trois derniers sont plus ou moins aber- 
rantes. L'Europe n'a aucun représentant de ceux-ci et elle ne possède 
de chacun des autres qu'un seul genre. 

1. Protliora* non tranchant sur les côtes; épipleures des élytres 
sans rebord horizontal. 

(1) On pourrait, a la rigueur, établir une cinquième catégorie pour le mé- 
sosternum d'un genre très-anormal (Hyuomoiiphus) qui est vertical en avant, 
puis recourbé en arrière et canaliculé dans toute sa longueur. Mais cette forme 
ambiguë peut être considérée comme intermédiaire entre la première et la 
seconde de celles mentionnées dan» le texte. 



90 CURCliLIOlSIDES. 

a Cuisses de forme normale, sublinéaires ou 

eu massue. 
6 Scapc des antennes atteignant au plus les 
yeui. 
Episternums métathoraciques très-étroits, 

souvents indistincts. Tyi.odides. 

Episternums métathoraciques plus ou 
moins larges. Cryptorhynchidesvrais. 

66 Scape des antennes empiétant aH moins sur 
les yeux, souvent les dépassant beau- 
coup en arrière. Mécistostylides. 
«a Cuisses très-comprimées et très-larges, ar- 
quées en dessus. Sympiêzoscélides. 
II. Prothorax tranchant sur les côtés, ses épipleures 

munies d'un rebord horizontal. Hybomorphides. 

Groupe I. Tylodides. 

Antennes insérées loin de la base du rostre (Lemdodes excepté) ; 
leur scape atteignant au plus les yeux. — Prothorax non tranchant 
sur les côtés. — Epipleures des élytres verticales. — Cuisses de 
forme normale. — Métasternum très-court; ses episternums très- 
étroits, souvent indistincts. 

Groupe riche en formes variées, quoique moins que le suivant, et 
dont toutes les espèces paraissent être épigées, à en juger par leur 
faciès, l'absence fréquente chez elles de l'écusson, leurs élytres em- 
brassant toujours assez fortement le corps et l'atrophie des ailes infé- 
rieures qui parait constante, autant qu'on peut le présumer sans dis- 
section. La plupart des 14 genres qu'elles constituent en ce moment 
appartiennent a l'Amérique et à l'Australie; un seul (Acalles) existe 
en Europe. 

1. 2« segment abdominal plus long que 3-4 isolés ou réunis, sé- 
parés du 1 er par une suture anguleuse ou arquée; écusson 
le plus souvent nul, très-petit quand il existe. 
a Tète découverte, plus ou moins visible d'en haut. 
6 Antennes au moins médiocres; leur funicule de 7 articles, 
c Elytres oblongues, comprimées latéralement, subverticales 

en arrière : Poroplerus. 
ce — ovalaires, leur déclivité postérieure arrondie. 
d Saillie intercoxale parallèle, tronquée en avant. 
Prothorax oblongo-ovalo : Tragopus. 

— transversal, dilaté sur les cotés : Annballus. 
dd Saillie intercoxale ogivale. 

Funicule antonnaire à art. 1-2 allongés : Acalles, Echinodera. 
à art. 1-3 ou 1-4 allongés : Tylodes. 



TYLODIDES. Ql 

bb Antennes courtes, robustes; leur funicule de 6 art : Analcis. 
aa Tête recouverte par une forte saillie du prothorax, invi- 
sible d'en haut. 

Antennes antérieures : Plagiocorynus. 
— subbasilaires : Lembodes. 
11. Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparé» 
du 1" par uue suture droite; un écusson chez la plupart. 
e Pattes médiocres, robustes; cuisses poster, ue dépas- 
sant pas l'abdomen. 
f Antennes très-courtes; leur funicule de 6 art. 

Rostre robuste, droit, déprimé, élargi au bout : Ulosomus. 
— peu robuste, arqué, atténué en avant : Euscepes. 
ff Antennes assez longues; leur funicnlc de 7 art. 

Art. 2 du funicule beaucoup plus long que 1 : Metadupus. 

court que 1 : Pscudomus. 

ee Pattes longues, grêles; cuisses poster, dépassant l'abdo- 
men : Gluchinorhinus. 
Genre incerta; sedis : Torneuma. 

POROPTEUUS. 
Scuoenh. Curcul., VIII, 1, p. 431. 

Tête arrondie, ou (par ex. conifer, succosus) transversalement con- 
vexe sur le vertex; rostre au plus médiocre/ robuste, plus ou moins 
déprimé, légèrement arqué; ses scrobes commençant vers son quart 
ou son tiers antérieur, rectilignes et un peu obliques. — Antennes 
médiocres, peu robustes ; scape en massue au bout, atteignant les 
yeux; funicule à articles 1-2 allongés, de longueur relative variable, 
3-7 courts, décroissant et, grossissant peu à peu; massue assez forte, 
ovale, articulée, obtuse au bout. — Yeux grands, un peu convexes, 
en inangle curviligno, transversaux. — Prothorax aussi long que 
large, ou un peu transversal, convexe, fortement arrondi sur les 
côtés, plus ou moins longuement et fortement rétréci en avant, avec 
son bord antérieur médiocrement saillant, muni de lobes oculaires 
très-faibles, parfois nuls, légèrement bisinué à sa base. — Ecusson 
nul ou à peine distinct. — Elylres convexes, allongées, oblongo-ovales, 
comprimées latéralement,» subverticales en arrière, pas plus larges 
que le prothorax et tronquées à leur base, avec les épaules nulles. — 
Pattes de longueur variable, en général grandes, les antérieures plus 
que les autres; cuisses graduellement en massue; jambes comprimées, 
les antérieures arquées à leur extrémité, toutes fortement onguiculées 
au bout; tarses de longueur et de largeur proportionnées à celle des 
pattes, en général assez longs et avec leurs articles 1-2 étroits, celui-là 
allongé, et 4 long ainsi que ses crochets. — 2° sejrment abdominal 



92 CUBCULIONIDES. 

de longueur variable (1), court. — Mésosternum court, saillant, en 
forme de voûte ou de fer à cheval (2). — Corps oblong, plus ou 
moins écailleux. 

Insectes pour la plupart d'assez grande taille, médiocrement nom- 
breux (3) et originaires de l'Australie et de la Tasmanie, surtout de 
ce dernier pays. Tous sont noirs et revêtus d'écaillés jaunâtres ou 
brunes plus ou moins abondantes et qui se détachent facilement. 
Tous également sont couverts en dessus de tubercules très-variables 
sous le rapport du nombre, de la grosseur, de la forme, et qui sont 
quelquefois (abstenus) fascicules. 

TRAGOPUS. 
Schoenh. Curcul., IV, p. 356. 

Rostre médiocre, robuste, déprimé, légèrement élargi au bout et 
faiblement arqué; ses scrobes commençant dans son milieu, obliques, 
évasées, inférieures et médiocrement séparées en arrière. — Antennes 
médiocres, assez grêles; scape graduellement en massue, n'atteignant 
pas les yeux ; funicule à articles t-2 allongés, obconiques, celui-ci 
notablement plus long, 3-7 très-courts, subarrondis; massue oblongo- 
ovale, articulée, acuminôe au bout. — Yeux finement granulés, très- 
grands, ovales, transversaux. — Prothorax plus long trac large, 
oblongo-ovale, un peu rétréci en arrière, arrondi sur les côtés en 
avant, ayant son bord antérieur très-saillant, sans lobes oculaires, 
tronqué à sa base. — Ecusson nul. — Elytres très-convexes dans 
leur milieu, brièvement ovalaires, tronquées à leur base, avec les 
épaules embrassant un peu le prothorax.— Pattes assez longues; cuisses 
linéaires, finement dentées en dessous, les postérieures dépassant un 
peu l'abdomen; jambes subarrondies, droites, fortement onguiculées 

(1) Sur les trois espèces que j'ai sous les yeux, il y en a une (ennifer) 
où il est presque aussi long que les deux suivants réunis et sépare fia 1 er 
par une suture anguleuse; chez les deux autres {succosvs, abslersus), il est 
un peu plus long que chacun des deux suivants et séparé du 1 e ' par une suture 
rectiligne. 

(2) Chez le succosus il l'orme une voûte conique, à sommet dirigé en arriére ; 
chez les deuv autres espèces mentionnées dans la note précédente, il est de 
forme différente, c'est-à-dire en fer à cheval. 

(3) Outre les trois espèces mentionnées dans le texte, Schœnlierr n'en a 
connu qu'une seule (anliqut,s). M. Waterhouse (Trans. of the entom. Soc. 
Ser. 2, II, p. 196) en a publié plusieurs qui diffèrent des espèces typiques en ce 
que le bord antérieur de leur prothoru se prolonge en deux saillies anguleuses 
et que le sommet de chacune de leurs élytres affecte la même forme. Il les ré- 
partit dans deux sériions, selon que le 2' article du funicule autennaire est 
beaucoup plus long que le 1" (Chevrolutii, Jekrtii, Parryi) ou que ces deux 
articles sont égaux (Westwoodii). 



TYLODIDES. 93 

au bout; tarses assez longs, spongieux en dessous, à articles 1-2 ob- 
coniques, celui-là allongé, 3 assez large, 4 long; ses crochets médio- 
cres. — 2 e segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réunis, 
séparé du 1 er par une suture fortement arquée; saillie intercoxale 
extrêmement large., parallèle, tronquée en avant. — Métasternum 
très-saillant, en l'orme de voûte. — Corps oblongo-ovale, inégal, 
ccailleux. 

L'espèce typique {aspcr Schh.) est originaire de Java et a la plus 
intime ressemblance avec certains Tyloues, notamment avec le T. 
insubidus du Brésil. Sehœnherr (1) en décrit sous le nom de tube- 
rosus, une seconde de l'Australie que je no connais pas. Il y en a 
dans les collections quelques autres inédites provenant du même 
pays, des Moluques et de la Polynésie occidentale (2). 

Le genro diffère des Tylodes principalement par la forme des 
cuisses et celle de la saillie intercoxale de l'abdomen. 

ANABALLUS. 
Blanch. in Gay, Hist. d. Chile; Zool, V, p. 415 (3). 

Genre intermédiaire entre les Tragopus et les Ac.ai.les, réunissant 
à la saillie intercoxale extrêmement large et parallèle dos premiers, 
tous les caractères essentiels des seconds, avec un faciès particulier 
dû à la forme du prothorax et des élytres. Il diffère des Tragopus 
par les points suivants : 

Antennes plus grêles, du reste pareilles. — Yeux fortement gra- 
nulés. — Prothorax fortement transversal, convexe dans son milieu, 
dilaté, aminci et un peu arrondi sur les côtés, avec son bord antérieur 
peu saillant et muni do faibles lobes oculaires. — Elytres plus 
courtes. — Pattes courtes, robustes; cuisses graduellement en mas- 
sue, les postérieures ne dépassant pas l'abdomen; jambes brièvement 
onguiculées au bout. 

M. Blanchard en décrit deux petites espèces (4) du Chili ayant la 
sculpture et le faciès des Acalles. J'en connais deux autres espèces 
de la Polynésie : Y Acalles amplicollis de M. L. Fairmaire (5), parti- 
culier à Taïty, et le Tylodes phaseoli do la Nouvelle-Calédonie, décrit 

(1) Curcul. VIII, 1, p. 4'28. 

\2) Les Acalles pictus et unicolor de la Nouvelle-Calédonie, décrits par 
M. Montrouiier (Ann. d. I. Soc. entom. 1860, p. 904), paraissent appartenir au 
genre. 

(3) Syn. ACALLE8 L. Fairm. — Tïlodes Montrouz. 

(4) A. plaglattts, cristatiger, Blancli. loc. cit.; le second est figuré avec dos 
détails, pi. 25, f. 10 a-d. 

(5) Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 36. 



94 é curculionides. 

par M. Montrouzior (1). Tous doux différent dos espèces chiliennes 
par leur forme générale qui ressemble à celle dos Tauphius de la 
famille des Colydiens, mais, du reste, rentrent parfaitement dans le 
genre. 

Si parmi les Acalles décrits et qui me sont inconnus, il s'en trouve 
qui ont la saillie intercoxale de l'abdomen faite comme il a été dit 
plus haut, ils devront également prendre place ici. 

ACALLES. 
Schoenh. Curcul. Disp. tneth., p. '295. 

Genre excessivement voisin des Tylodes et quo je n'adopte qu'en 
hésitant. Des trois caractères que Schœnherr indique (2) comme le 
séparant de ces derniers, il n'y en a qu'un seul qui soit à peu près 
constant. Il consiste en ce que le funicule de ces organes n'a que ses 
deux 1 ers articles allongés, et que les suivants sont plus arrondis et 
plus serrés. 

Dans son état actuel, le genre comprend des espèces de forme assez 
différente. Leur livrée et leur sculpture sont analogues a celles des 
Tylodes, mais la taille de la plupart d'entre elles est. inférieure à 
celle de ces derniers, surtout pour oe qui concerne les espèces de 
l'Europe qui n'en possède qu'une seule (Rouleli) égale en grandeur 
au Cryptorhynckus lapalhi. Quelques-uns de ces insectes, sinon tous, 
produisent un bruit aigu en frottant leur pygidium contre la surface 
interne do leurs élytrcs (3). 11 est muni, à cet effet, d'un appareil de 
stridulation pareil à celui qui existo chez un certain nombre de La- 
mellicornes. 

(1) Ann. d. 1. Soc. eotom. d. France, 1860, p. 902. 

(2) Ces caractères, outre celui tiré des antennes, seraient que lo canal 
pectoral est en général plus court et que les élytres ne sont pas resserrées à 
leur hase. Je ne comprends pas ce que Schœnherr a voulu dire par lo premier ; 
le canal rostral de ces insectes ne diiïère en rion de celui des Tvloues ; il varie 
un peu, comme chez ces derniers. Quant au second, il y a des Acalles (par 
ex. Rouleti) qui ont les élytres très-distinctement rétrécies en avant. Le funi- 
cule antennaire est, par conséquent, tout ce qui reste pour distinguer ces in- 
sectes des Tylodes. 

(3) Dans ces dernières années, M. Wollaston (Ann. a. Mag. of nat. Hist. 
Ser. 3, VI, p. 14) a signalé cette faculté chez plusieurs espèces de Madère. De- 
puis (Cat. of Canar. Col. p. 284), il l'a retrouvée chez celles des Canaries, et, 
d'après les observations qu'il rapporte, il est probable qu'elle existe chez toutes 
les espèces du genre. Il cite le Ceutorhynchus echii comme la possédant égale- 
ment. Dès les premières années du dernier siècle, Lister (in Ray, Hist. Ins.; 
Supplcm. p. 393) l'avait observée chez le Cryplorhynchus lupathi. Les obser- 
vations futures augmenteront sans doute beaucoup le nombre de ces Curculio- 
nides stridulants. 



Les Acailks sont nombreux (1) et dispersés sur la plus grande 
partie du globe. C'est le seul genre de Cryptorhynchides qui soit assez 
richement représenté en Europe. 

ECHINODERA. 
Wollast. Cat. of Canar. Col., p. 293 (2). 

Les caractères que M. Wollaston assigne à ce genre dont toutes les 
espèces me sont inconnues, sont les suivants : 

Caractères généraux des Acaixes, avec le corps égal, partout pres- 
que uniformément sétigère, sans nodosités, ni côtes, et à peine fas- 
cicule, moins ou à peine rétréci et plus fortement arqué en arrière. 
— Yeux plus petits ou très-réduits, régulièrement ovales, très-dé- 
fi) Schœnherr (Curcul. VIII, 1, p. 409) en mentionne 32 espèces qui toutes 
sauf deux (luridus, Menetriesii), ont les cuisses inermes en dessous. — Aj.- 
Esp. européennes: A. nudiusculus [miseUus? Sclili.), Fœrster, Verhandl d 
nat. Ver. d. preussiscli. Rlieinl. VI, p. 443; Prusse rhénane. — plagiatofascia- 
tus, A. Costa, Annal, degl. aspir. uatur. Ser. 2, 1, p. 157; Naples.— subglaber 
Merculatus, Rosenh. Die Thicre Andalus. p. 28G; Espagne mer. — Hetlieri 
Rciclie, Ann. d. 1. Soc. entom. 1860, p. 733; Sicile. - Peragalloi (variegatus 
var.), Chevrol. in Grenier, Cat. d. Col. d. France, p. 111; Nice. — Esp. d 1 
Russie nier. : A. Chaudoirii, Hochliuth, Bull. Mosc. 1847, I, p. 571 ; Caucase. 
-Esp. do l'Algérie : A. costatus, lentisci, fuscus, Chevrol. Rev. et Mag d' 
Zool. 1861, p. 123, 121 et 205.— Esp. de Madère et des lies Canaries: A. WoUas- 
tonii, Chevrol. ibid. 1852, p. 580.— Neplunus, saxicola, pulverulentus , oblitus 
wiiferus, vau, terminalis, ornatus, dispar, alOolineatus, globulipennis lunu- 
latus, cylindricollis, Wollast. Ins. Maderens. p. 330 ; Madère. — histri'onicus 
coarctatus, festivus, Wollast. Cat. of (lie Col. of Madeir. p. 106; Madère. — 
cinereus, Wollast. Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, V, p. 403; Madère.— 
œonii, fortunatus, a-erampelinus, nubilosus, sigma, senili's, brevi'târsis, acu- 
tus, instabilis, seticollis, pillula, verrucosus, Wollast. Cat. of Canar. Col. 
p. 285; Canaries. — Esp. de l'Australie et de la Polynésie : A. conifer rube- 
tra, acerosus, Erichs. Archiv, 1842, 1, p. 206; Tasmanie. — sycophant'a, per- 
jurus, griseocaudatus, L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 515"- (les 
Wallis. — pallens, Blanch. Voy. au pôle Sud; Entom. p. 251; îles Aroû. — 
Esp. du Chili : A. variegatus, fuscescen-s, pulverulentus, cinerascens, cristati- 
ger, pidus, lineolatus, lituratus, signatus, parvulus, tristis, tubèrculosus 
humilis, poverus, ferrugineus, planidorsis, attenuatus, mœstus, rotundatus 
Blanch. in Gay, Hist d. Chile; Zool. V, p. 408. - Parmi ces nombreuses es- 
pèces, il se trouve probablement plus d'un Anaballus. 

Depuis la rédaction de cette note, M. 11. Dri.sout do llarneville (Ann. d. 1. Soc. 
entom. 1864, p. 441) a publié une Monographie de ces insectes comprenant 
seulement les espèces de l'Europe et de l'Algérie, plus celles de l'Ile do Madère 
d'après M. Wollaston. Les deux suivantes sont nouvelles : A. imlchellus' 
France (Hautes-Pyrénées); Capiomonli, Italie (Milan). 

(2) Le nom du genre a paru pour la premièro fois dans les Ann. a. Mag. of 
nat. Hist. Ser. 3, XI, p. 219, mais sans accompagnement de caractères. Une 
es pèce seulement (crenata) est décrite dans cot ouvrage. 



96 CURCIUONIDES. 

primés. — Ecusson nul. — 2« article du funicule l'emportant plus ou 
moins en longueur sur le l or . 

D'après cela, ces insectes doivent avoir un faciès différent de celui 
des Acalles, mais, en l'absence de caractères plus précis, il reste à 
savoir s'ils peuvent former plus qu'une simple section parmi ces der- 
niers. M. Wollaston en décrit six espèces (I) des îles Canaries, qui 
sont toutes do la taille des plus petits Acalles. 

TYLODES. 

. Schoenh. Curcul. Disp. meth., p. 294. 

Rostre assez long, plus ou moins robuste, légèrement élargi et un 
peu déprimé au bout, obtusément caréné en dessus; ses scrobes 
commençant dans son milieu ou un peu au-delà, rectilignes. — An- 
tennes médiocres, assez ou peu robustes ; scape en massue au bout, 
atteignant les yeux ; funicule à articles 1-3 ou 1-4 obeoniques ou 
noueux au bout, allongés, 2 en général le plus long, 4-7 ou 3-7 très- 
courts, subturbinés ou arrondis; massue oblongo-ovale, articulée, 
obtuse au bout. — Yeux plus ou inoins fortement granulés, grands, 
subdéprimés, triangulaires, acuminés inféricurcment. — Prothorax 
transversal .ou non, plus ou moins convexe, arrondi sur les côtés, 
rétréci en avant, avec son bord antérieur médiocrement saillant et 
muni latéralement de faibles lobes oculaires, tronqué' ou très-légère- 
ment bi^inué à sa base. — Ecusson nul. — Elytres convexes, ovales 
ou oblongo-ovales, souvent très-rétrécies en arrière, pas plus larges 
que le prothorax, plus ou moins resserrées et tronquées a leur base, 
avec les épaules variables. — Pattes médiocres, en général robustes; 
cuisses graduellement en massue; jambes comprimées, droites, for- 
tement onguiculées au bout; tarses assez courts, médiocrement lar- 
ges, spongieux eu dessous, à articles 1 allongé, 4 assez grand, ainsi 
que ses crochets. — 2° segment abdominal plus long que 2-3 isolés, 
séparé du 1 er par une suture légèrement arquée, parfois presque 
droite ; saillie intercoxale large, anguleuse en avant. — Mésosternum 
très saillant, en forme de voûte, plus rarement en fer à cheval. — 
Corps oblongo-ovale, inégal, écailleux. 

Les espèces typiques sont propres à l'Amérique du Sud, aux An- 
tilles et au Mexique; celles des autres parties du globe qu'on- leur a 
associées ont toutes besoin d'être revues au point de vue généri- 
que (2). Ces insectes sont au plus de taille moyenne et leur livrée ne 

(1) A celle citée dans la note précédente, aj. : hystrix, angulipeimis, orbi- 
cuiata, compacta, yicta, Wollast. loc. cit. p. 294. 

(2) Une sente (granulifer), étrangère à l'Amérique et provenant des Iles Ma- 
riannes, a été introduite dans le genre par Scliœulierr; je ne la connais pas 
et n'ai rien à en dire. Ce que j'avauce dans le texte s'applique spécialement 4 



présente rien de remarquable ; jamais elle n'est ornée d'un dessin 
proprement dit. Leur sculpture sur les élytres consiste ordinairement 
en stries peu profondes dont les intervalles sont plus ou moins tuber- 
cules; leur prothorax est simplement granuleux ou muni de quelques 
callosités peu prononcées. Dans son état actuel, le genre est médio- 
crement riche en espèces (1). 

ANALCIS. 

Scuoenh. Curcul, IV, p. 278 (2). 

Rostre à peiuo plus long que la tète, épais, subarrondi, un peu 
atténué et déclive à son extrémité, légèrement arqué ; ses scrobes 
commençant un peu au-delà de son milieu, brusquement obliques. — 
Antennes courtes, peu robustes ; scape en massue au bout, atteignant 
à peine les yeux; fuuicule do 6 articles : 1-2 obeoniques, celui-là 
plus long et plus gros, 3-6 très-courts, sublenticulaires, grossissant 
peu à peu; massue forte, ovale, veloutée, subobtuse au bout, articu- 
lée. — Yeux assez finement granulés, grands, subdéprimés, briève- 
ment ovales, transversaux. — Prothorax plus long que large, régu- 
lièrement cylindrico-ovale, avec son bord antérieur assez saillant et 
muni de lobes oculaires larges, faibles et arrondis, à peine bisinué à 
sa base. — Ecusson très-petit, ponctiforme. — Elytres assez con- 
vexes, régulièrement oblongo-ovales, un peu plus larges que le pro- 
thorax et tronquées à leur base, avec les épaules obtusément calleu- 
ses. — Pattes assez longues, peu robustes; cuisses presque 
graduellement en massue; jambes subarrondies, les antérieures un 

celles, en assez grand nombre, de la Nouvelle-Calédonie qui ont été décrites 
par M. Montrouzier, savoir : T. griseus, megupoda, ater, cinctus, pulverulen- 
ius,œdothorax, Imhoffii; Faune de l'll« Woodl. p. 50. M. Montrouzier recon- 
naît lui-mémo que les trois premiers ont un faciès particulier; j'ai le mega- 
poda et Valcr sous les yeux ; ils doivent former un genre distinct. — oculatus, 
geophiluç, niger, aspersus, phaseoli, hirsutus, pumilus, lipuanus, minimus, 
Ann. d. 1. Soc. entom. 1860, p. 886 et 900; tous, sauf le premier et le pha- 
seoli, paraissent être des Acalles. — Le T. clathralus de Taïty qu'a décrit 
M. L. Fairmairo (Uev. et Mag. d. Zool. 1819, p. 36) m'est iucounu. 

(1) Schooulierr (Curcul. VIII, 1, p. 4M) en mentionne 16, dont 9 avaient été 
placées par lui, daus l'origine, parmi les Acalles; mais il faut en retrancher le 
ganglionicus qui, ayant des épisternums métatlioraciqucs larges et parallèles, 
doit rentrer dans les Cryptorliynchidcs vrais. Il les partage eu deux sections • 
peu près égales, selon que les cuisses sontinermes (armigerus, armadiilo, in- 
subidus, etc.) ou dentées en dessous (iuberculosus, granulatus, globosus, etc.). 
— Aj.: T. quadriplicatus, Jacqncliu-Duv. in Ramon de la Sagra, Hist. Asie, 
etc., de Cuba, VII. — crassus, carinicollis, ornalicoUis, fusciatipeimis, Lucas 
in Castcln. Voy. d. l'Amer, du Sud; lîntom. p. 173; Brésil intérieur. 

(2) Syn. Bacous, Say, Curcul. of North-Amcr. p. 29, et Complet. Works, I, 
p. 297. 

Coléoptères. Tome VII. 7 



98 CUHCUMONIDES. 

peu arquées, toutes finement mucronées au bout ; tarses assez longs, 
étroits, spongieux en dessous, à articles 1 assez allongé, 4 long; ses crochets 
médiocres. — 2° segment abdominal un peu plus long quo chacun des 
deux suivants, séparé du 1 er par une suture droite ; saillie intercoxale 
assez large, arrondie en avant. — Mésosternum en forme de voûte trans- 
versale, légèrement échancré en avant. — Corps oblongo-ovalc, glabre. 

Par la forme de leur rostre, et surtout la direction de ses scrobes, 
ces insectes sont des Brachyrhynques. Il n'y en a encore qu'une 
petite espèce de décrite, le Bagous œreus do Say, mais il en existe 
dans les collections plusieurs autres parmi lesquelles quelques-unes 
sont beaucoup plus grandes, sans dépasser la taille moyenne. Toutes 
sont d'un bronzé cuivreux plus ou moins brillant et no présentent 
rien de particulier dans leur sculpture, qui consiste sur les élytres en 
rangées régulières de petits points enfoncés ; le prothorax est plus 
ou moins finement pointillé et parait souvent lisso à l'oeil nu. Jus- 
qu'ici le genre paraît être exclusivement propre aux Etats-Unis. 

PLAGIOCORYNUS. 

Wateku. Trans. oflhe entom. Soc, Ser. 2, II, p. 201. 

Rostre assez court, robuste, subquadrangulaire, arrondi aux angles, 
médiocrement arqué ; ses scrobes commençant non loin de la bouche, 
obliques et évasées en arrière. — Antennes courtes, assez robustes; 
scape graduellement en massue, n'atteignant pas les yeux ; funicule 
à articles 1-2 obeoniques, allongés, celui-ci le plus grand, 3-7 do 
mémo forme, très-courts, grossissant peu à peu; massue briève- 
ment ovale, comprimée ; sun 1 er article seul dévoloppé, les autres 
très-courts, spongieux, obliquement tronqués. — Yeux fortement 
granulés, grands, déprimés, en triangle curviligne à sa base, transver- 
saux. — Prothorax plus long que large, déprimé et caréné sur le 
disque, arrondi sur les côtés, fortement rétréci en avant, avec son 
bord antérieur très-saillant et recouvrant la télé, profondément sinué 
mit les cotés et muni de lobes oculaires petits et anguleux, légère- 
ment bisinué à sa base. — Ecusson nul. — Elytres assez courtes, gra- 
duellement élargies et suhverticalement tronquées en arrière, pas plus 
larges quo le prothorax et légèrement trisinuées à leur base, avec les 
épaules droites. — Pattes courtes, très-robustes ; cuisses en massue ; 
jambes arrondies, droites, onguiculées au bout; tarses courts, assez 
larges, épineux en dessous, à article 4 médiocre ; ses crochets 
petits. — 2 e segment abdominal sensiblement plus long que 3-4 réu- 
nis, séparé du 1 er par une suture anguleuse ; saillio intercoxale 
large, arrondie en avant. — Mésosternum transversal, en forme de 
voûte, saillant. — Corps massif, densément écaillcux. 

La forme insolite do la massue untennaire caractérise éminemment 



TYLODIDES. 89 

ce genre parmi tous les Cryptorhynchides. Il a pour type un assez 
grand insecto {qmdriluberculatus Waterh.) du nord do l'Australie 
(Moreton-Bay) ressemblant beaucoup, au premier aspect, à un 
LEPiors, commo le dit M. Waterhouse. Il est uniformémont revêtu, 
sur un fond d'un noir foncé, de grosses écailles paléacées et porto au 
sommet de la déclivité postérieure de ses élytres quatre tubercules 
comprimés, disposés transversalement, et dont les deux médians sont 
plus grands que les externes et fascicules. 

LEMBODES. 
Schoenu. Curcul., VIII, 1, p. 436. 

Rostro médiocre, assez robuste, déprimé, un peu élargi à sa base, 
parallèle dans le reste de sa longueur, presque droit ; ses scrobes 
commençant vers son quart basilaire, rcetilignes. — Antennes subba- 
silaires, courtes, peu robustes; scape graduellement en massue, 
n'atteignant pas les yeux; funicule à articles 1-2 obeoniques, allon- 
gés, celui-là notablement plus long, 3-7 très-courts, serrés, grossis- 
sant peu à peu et formant insensiblement la massue ; celle-ci petite, 
ovale, compacte. — Yeux finement granulés, situés très-bas, médio- 
cres, déprimés, brièvement ovales, transversaux. — Protborax plus 
long que large, presque plan en dessus, droit sur les côtés dans 
plus de sa moitié basilaire, brusquement, mais médiocrement rétréci 
en avant, avec son bord antérieur fortement saillant et recouvrant 
la tète, muni de faibles lobes oculaires, tronqué à sa base. — Ecus- 
son nul. — Elytres allongées, assez convexes, oblongo-ovales dans les 
trois cinquièmes do leur longueur, brusquement rétrécics, fortement 
déclives et tronquées en arrière, pas plus larges que le prothorax et 
tronquées à leur base, avec les épaules rectangulaires. — Pattes 
assez longues et robustes; cuisses sublinéaircs; jambes comprimées, 
droites, brièvement onguiculées au bout; tarses médiocres, étroits, 
spongieux en dessous, à articles \ médiocrement allongé, 3 transver- 
sal, i médiocre ; ses crochets courts et épais. — Les deux I ers segments 
abdominaux soudés ensemble, très-grands, lo 3° et lo 4 e très-courts ; 
saillie intercoxale médiocrement large, parallèle, tronquée en 
avant. — Mésostornum en fer à cheval, saillant. — Corps oblong, 
donsément écaillcux. 

Do tous cos caractères, dont l'ensemblo est très-tranché, le plus 
remarquable est le mode d'insertion des antennes qui ne se retrouve 
parmi tous les Cryptorhynchides vrais que dans le genre Sympiezq- 
scelis. Le genre a pour typo un petit insecte {solitarius Schh.) de la 
Guadeloupe, de la taille d'une Sitoxes de seconde grandeur et dont 
le faciès rappello celui do certains Anchonus. La couche épaisse 
d écailles dont il est partout revêtu est brune et variée do blanchâ- 
tre. Quelques petits tubercules peu nombreux se voient sur le pro- 



100 CIRCUL10.N1DES. 

thorax et les élytres; ces dernières sont chacune terminées par une 
assez grosse callosité arrondie. 

ULOSOMUS. 
ScnoENU. Curcul. Disp- meth., p. 293. 

Rostre à peine médiocre, robuste, déprimé, rétréci dans son mi- 
lieu, presque droit ; ses scrobes commençant dans son milieu, obli- 
ques et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes médio- 
cres et assez robustes; scape en massue au bout, atteignant les yeux; 
funicule de 6 articles : 1-2 allongés, obconiques, celui-là plus long 
et plus gros, 3-6 très-courts, serrés, grossissant peu a peu; massue 
assez forte, compacte, veloutée, obtuse au bout. — Yeux fortement 
granulés, assez grands, déprimés, triangulaires, transversaux, acumi- 
nés inférieurement. — Prothorax plus long que large, presque droit 
sur les côtés à sa base, brusquement resserré en avant, avec son bord 
antérieur très-saillant et recouvrant la tète, sans lobes oculaires, 
tronqué à sa base. — Ecusson très-petit, transversal. — Elytres très- 
convexes, rôtrécics et isolément arrondies en arrière, à peine plus 
larges que le prothorax et subtronquées a leur base, avec les épaules 
nulles. — Pattes médiocres; cuisses graduellement en massue; 
jambes subarrondies, droites, onguiculées au bout; tarses assez 
courts et assez étroits, spongieux en dessous, à articles 1 un peu 
allongé, 3 pas beaucoup plus largo que 2, 4 médiocre ; ses crochets 
petits. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen subégaux, 
séparés du l or par une suture droite; saillie intercoxale large. — 
Mésosternum très-saillant, en formo de voûte. — Corps oblongo- 
ovale, inégal, écailleux. 

' Genre propre aux Antilles et dont Schœnherr décrit trois espèces ( I ), 
dont la première seule (immundus) m'est connue. C'est un insecte de la 
taille des petits exemplaires du Cryptorhijnchus lapathi, densément 
revêtu de grosses écailles d'un jaune pâle, plus ou moins rembruni 
sur le disque des élytres et du prothorax, qui tous deux sont tubercu- 
leux. Les deux autres espèces sontdela grandeur des plus petits Acalles. 

EUSCEPES. 
Schoenh. Curcul, VIII, 1, p. 429. 

Rostre médiocre, robuste, subquadrangulairc, légèrement et peu à 
peu rétréci eu avant; ses scrobes commençant un peu au-delà de son 
milieu, rectilignes. —Antennes courtes, peu robustes; scape gra- 
duellement en massue, atteignant les yeux; funicule de six (2) arti- 

(1) U. immundus, Cuba; erinaceus, Sl-Barthelemy; setosus, St-Vinceut; 
ScIiccdIi. Curcul. IV, p. 317. 

(2) Scliœuhcrr lui assigne sept articles; je n'eu vois que six, et il serait racmo 



tylodidf.s. 101 

clés : 1-2 allongés, obconiques, celui-là plus gros, 3-0 très-courts, 
transversaux, serrés, grossissant peu à peu ; massue relativement 
grosse, ovale, articulée, obtuse au bout; son 1 er article aussi long que 
les autres réunis. — Yeux assez fortement granulés, médiocres, briè- 
vement ovales, transversaux. — Prothorax un peu plus long que large, 
ovalaire, légèrement arrondi sur les eûtes, avec son bord antérieur 
assez saillant, sans lobes oculaires, tronqué à sa base. — Ecusson 
nu l. _ Elytres convexes, assez allongées, oblongo-naviculaires, un 
peu plus larges que le prothorax et tronquées à leur base, avec les 
épaules rectangulaires. — Pattes médiocres; cuisses graduellement 
en massue, sublinéaircs, finement dentées en dessous ; jambes subar- 
rondies, droites, tronquées et onguiculées au bout; tarses grêles, à 
articles 1-2 obconiques, celui-là allongé, 3 médiocrement large, 4 
assez long, ses crochets extrêmement petits. — Les trois segments 
intermédiaires de l'abdomen subégaux, séparés du 1 er par une su- 
ture droite. — Mésosternum saillant, en forme de voûte. — Corps 
oblong, écailleux. 

L'unique espèce (porcellus Schh.) est un très-petit insecte de Cuba 
et do Porto-Rico, à peine de la taille de l'Acalles Navicresi d'Europe 
et plus étroit que cet insecte. Elle est recouverte partout, y compris 
le rostre, d'écaillés jaunâtres et noires en partie redressées; la base 
et le sommet des ôlytres sont largement do la première de ces cou- 
leurs; ces organes sont simplement striés; les écailles qui revêtent le 
prothorax ne permettent pas de voir sa sculpture. 

METADUPUS. 
Schoenu. Curcul., IV, p. ICO. 

Rostre assez long et assez robuste, médiocrement arqué, déprimé, 
un peu élargi et caréné en dessus à sa base ; ses scrobes commençant 
un peu au-delà de son milieu, rectilignes. — Antennes assez longues 
et assez robustes; scape en massue au bout, atteignant à peine les 
yeux; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, celui-ci du double 
le plus long, 3 beaucoup plus court, 4-7 arrondis, grossissant gra- 
duellement; massue forte, oblongo-ovale, faiblement articulée, à 1 er 
article très-grand.— Yeux finement granulés, très-grands, ovales, trans- 
versaux. — Prothorax subtransvcrsal, presque droit sur les côtés dans 
un peu plus do sa moitié basilaire, fortement rétréci en avant, avec son 
bord antérieur très-saillant, sans lobes oculaires, assez profondément 
bisinué à sa base. — Ecusson allongé. — Elytres convexes, ovalo-na- 
viculaires, un peu plus larges que le prothorax et trisinuées à leur 
base, avec les épaules calleuses. —Pattes courtes; cuisses en massue, 

possible qu'il n'y cd eût que cinq ; ces articles sont si petits el si serrés qu'il 
est difficile de s'assurer de leur nombre. 



102 r.unr.ULiONiDKs. 

triaugulairement dentées en dessous, aplanies, concaves et lisses au 
côté interne dans plus de leur moitié basilaire; jambes comprimées» 
un peu arquées à leur base, onguiculées au bout; tarses médiocres, 
spongieux en dessous, à articles 1-2 obeoniques, celui-là à peine al- 
longé, arqué à sa base, 3 assez large, 4 long, ainsi que ses crochets. 
— Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés du 
l or par uno suture droite; saillie intercoxale un peu rétrécie et ar- 
rondie en avant. — Mésosternum eu fer à cheval. — Corps oblongo- 
ovale, inégal, densément écailleux. 

Schœnherr en mentionne- deux espèces mexicaines [nodatus, api- 
catus) dont la première m'est seule connue. Sa forme générale, sa 
sculpture et sa livrée rappellent complètement celles des Ulosomus(I), 
mais elle est plus grande et do la taille du Cryptorhynchus lapalhi. 
La seconde parait, d'après la description de Schœnherr, avoir un 
fades analogue. 

PSEUDOMUS. 

Schoenii., Curcul, IV, p. 263 (2). 

Rostre médiocre, assez robuste, plus ou moins déprimé, légèrement 
arqué; ses scrohes commençant dans son milieu, obliques et rapide- 
ment inférieures. — Antennes médiocres, peu robustes; scapo en 
massue au bout, atteignant les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, 
celui-là plus gros et obeonique, celui-ci plus long, 3-7 courts, subar- 
rondis, serrés ; massue forte, oblongo-ovale, subobtuse au bout, dis- 
tinctement articulée. — Yeux fortement granulés, déprimés, allongés, 
transversaux, faiblement séparés en dessus. — Prothorax assez court, 
régulièrement conique, avec son bord antérieur médiocrement sail- 
lant, fortement sinué de chaque côté et muni do lobes oculaires assez 
saillants, légèrement bisinué à sa base. — Ecusson petit, arrondi, 
parfois nul. — Elytres convexes, ovalo-naviculaires, pas plus larges 
que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les 
épaules obtusémont calleuses ou nulles. — Pattes médiocres ; cuisses 
en massue, dentées en dessous, rarement (par ex. aecknlarius) inermes ; 
jambes comprimées, droites, onguiculées au bout ; tarses médiocres, 
spongieux en dessous, à articles 1-2 grêles, celui-là assez allongé, 3 
transversal, 4 assez long, ses crochets au plus médiocres, grêles. — 
Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés du 1 er 
par une suture droite; saillie intercoxalo largo, arrondie en avant.— 

(1) Elle ressemble aussi, au plus haut degré, à un Coelosternus brésilien 
inédit, qui existe dans quelques collections do Paris, sous le nom do C. ephip- 
piatus, Chevrclat. Ces ressemblances plus ou moins intimes entre espèces ap- 
partenant en réalité à des genres très-diHïrcnts, abondent chez les Cryptorhyn- 
chides en général. 

(2) Syn. Ci.eogonus pars, Say, Curcul. of Noith-Amcr. p. 30. 



TYI.ODIDES. 103 

Mésosternum en fer à cheval, un peu saillant. — Corps elliptico-na- 
viculaire, partiellement écailleux. 

Au premier coup-d'œil, ces insectes ressemblent beaucoup aux 
Cleogonus, et c'est parmi ces derniers que Say a placé une de leurs 
espèces. Mais ils sont en réalité très-différents do ce genre qui appar- 
tient au groupe des lthyporidcs. La plupart sont petits et les plus 
grands n'arrivent pas à la taille moyenne. Tous sont d'un noir bril- 
lant et ornés do gouttelettes, de petites taches ou de linéoles tantôt 
blanches, tantôt jaunâtres. La ponctuation de leurs élytres est régu- 
lière et remarquable par sa grosseur, tandis que le prothorax est 
très-finement pointillé et parfois lisse. Le genre est médiocrement 
nombreux (t) et propre aux Antilles ainsi qu'aux parties méridionales 
des Etats-Unis. 

GLOCHINORIIINUS. 
Watebu. Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, II, p. 194. 

Mâle : Rostre assez long et assez robuste, déprimé, arrondi aux 
angles, légèrement et peu à peu élargi de sa base a son sommet, 
presque droit, muni de chaque côté, à l'origine des scrobes, de deux 
épines crochues (2) ; ses scrobes commençant un peu au-delà de son 
milieu, obliques et rapprochées en arrière. — Antennes médiocres, 
assez robustes ; scape en massue au bout, n'atteignant pas les yeux ; 
funiculo de 6 articles : 1-2 obeoniques, allongés, égaux, 3 de même 
forme, plus court, 4-6 subglobulcux ; massue oblongo-ovale, articu- 
lée, obtuse au bout; son 1 er article allongé et tubuleux à sa base. — 
Yeux finement granulés, grands, subdéprimés, en triangle curviligne. 
— Prothorax plus long que large, médiocrement convexe, arrondi 
sur les côtés, fortement rétréci en avant, avec son bord antérieur tres- 
saillant, sans lobes oculaires sur les côtés, faiblement bisinué à sa 
base. — Ecusson transversalement ovale. — Elytres graduellement 
rétrécies eu arrière, subcarénées latéralement, pas plus larges que le 
prothorax et faiblement trisinnées à leur base, avec les épaules rec- 
tangulaires. — Pattes très-longues, surtout les antérieures, peu ro- 
bustes ; cuisses linéaires, inermes ; jambes droites, onguiculées au 
bout; tarses longs, à articles 1-2 cylindriques, celui-là aussi grand 
que tous les autres réunis, 3 assez large, seul spongieux en dessous, 
i médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal un peu 
plus long que chacun des deux suivants, séparé du l or par une su- 
ture arquée ; saillie intercoxale large, parallèle, tronquée en avant. 

(1) Schœnberr (Curcul. VIII, 1, p. 389) en mentionne huit espèces des An- 
tilles, plus spécialement de Cuba (militaris, viduus, notatus, apialus, etc.), et 
une seule [sedentarius Say) de la Floride. Je ne sache pas qu'on en ait, depuis, 
décrit aucune 

(2) L'antérieure, plus ou moins grande, est recourbée en arrière; la posté- 
rieure, beaucoup plus petite et parfois peu apparente, l'est en avant. 



104 CURCl'LION'MES. 

— Mésosternum en fer à cheval, très-saillant. — Corps oblong, très- 
inégal, revêtu d'un enduit écailleux. 

Femelle : Elle m'est inconnue; M. Waterhouse se borne à dire 
qu'elle diffère du mâle par son rostre dénudé et finement pointillé (1). 

Genre remarquable par son rostre, qui reproduit d'assez près les 
formes do celui de YOnchoscelis rubiginosus du Brésil. Il ne comprend 
qu'une assez grande espèce (Doubledayi Waterh.), originaire du nord 
de l'Australie, et entièrement revêtue, y compris la moitié basilairo 
du rostre, d'un enduit écailleux grisâtre. Son prothorax, médiocre- 
ment inégal, est finement caréné sur la ligne médiane. Ses élytres 
présentent chacune trois rangées de tubercules faibles et distants dans 
la plus externe d'entre elles, se réunissant aux deux autres de façon 
à former des crêtes de longueur variable. 

Note. 

M. Wollaston, l'auteur du genre suivant, pense que ses analogies 
les plus prochaines sont avec les Acalles. Il appartiendrait, dès-lors, 
au groupe actuel. 

TORNEUMA. 
Wollast. Ami. and Mag. ofnat. Hist., Ser. 3, V, p. 453. 

Tête petite, enfouie dans le prothorax jusqu'à la naissance du 
rostre ; celui-ci assez long, subarqué, grêle, linéaire, déprimé, légè- 
rement arrondi et dilaté à sa base, paraissant, vu d'en haut, comme 
articulé avec la tête; ses scrobes latérales, profondes et finissant brus- 
quement en arrière — Antennes assez longues et assez grêles; scapo 
en massue au bout ; funicule de 7 articles : i un peu plus long que 
les suivants; ceux-ci courts, subégaux ; massue oblongue, articulée. — 
Yeux nuls. — Prothorax subovale, tronqué à sa base, légèrement ré- 
tréci et un peu acuminé en avant ; canal prosternai très-profond, 
nettement limité partout et s'arrêtant entre les hanches intermé- 
diaires. — Ecusson nul. — Elytres subelliptiques, soudées. — Pattes 
robustes, contractiles, les postérieures très-largement séparées ontro 
elles; cuisses inermes; jambes presque droites, onguiculées au bout; 
crochets des tarses extrêmement petits. — Métasternum et base de 
l'abdomen légèrement concaves. — Corps oblongo- ovale, presque 



L'absence des yeux, qui est probablement une conséquence de 
l'enfouissement complet de la tête dans lo prothorax, et la forme du 

(1) Parmi les quatre exemplaires que j'ai sous les yeux, il y en a deux qui 
sont un peu plus petits et ont des pattes antérieures plus longues que les deux 
autres. Ils ont toute l'apparence des maies, mais leur rostre ne diffère pa6 de 
celui des seconds. Cela me fait douter quo M. Waterhouse ait exactement dé- 
terminé les sexes. 



CnYPfOnnYN'CHIDES VRAIS. 10S 

rostre, rendent ce genre très-tranché. Il ne comprend qu'un très- 
petit insecte (cœcum) découvert à Madère, par M. Wollaston, sous un 
tronc de cerisier gisant à terre. Sa couleur est d'un brun de poix 
opaque, avec les antennes ferrugineuses, et en dessus il est couvert 
de petites callosités déprimées, très-serrées et simulant des écailles. 

GROUPE II. Cryptorhynohidej vrai». 

Antennes insérées loin de la base du rostre ; leur scape atteignant 
au plus les yeux. — Prothorax non tranchant sur les côtés. — Un 
écusson chez presque tous. — Epipleurcs des ôlytres verticales. — 
Cuisses de forme normale. — Métasternum rarement très-court ; ses 
épistemums plus ou moins larges, parallèles. 

Le plus grand nombre des genres et des espèces de la Sous-Tribu 
rentrent dans ce groupe. Quelques-uns de ces insectes, appartenant 
aux genres Rhyephenes, M^emactes et Pezichus, sont probablement, 
d'après leur faciès, épigés comme les Tylodides. Tous les autres, sans 
exception, paraissent, comme le Crijptorhijnchus lapathi d'Europe, 
se tenir habituellement sur les végétaux (I). Aussi présentent-ils, 
dans leur livrée, une variété de couleurs inconnue dans le groupe 
précédent. 

Sur les 21 genres qui suivent, un seul (Cryptomiynchus), qui est 
presque cosmopolite, est représenté on Europe; un second (Aonychus) 
est propre à l'Afrique ; les autres sont partagés à peu près également 
d'une part entre l'Amérique, d'autre part entre les Indes orientales, 
l'Australie et la Polynésie. 

Après do nombreuses tentatives, je n'ai pas trouvé de meilleures 
bases pour l'arrangement de ces genres quo la forme du mésoster- 
num. Puis, en seconde ligne, la longueur relativo des segments inter- 
médiaires de l'abdomen. 

I. Mésosternum très-rarement en forme de gouttière, n'attei- 
gnant pas le bord postérieur des lianelies intermédiaires. 
A 2 e segment abdominal plus long que 3-4 isolés ou réunis, sé- 
paré du l" par une suture le plus souvent arquée. 
a Prothorax plus eu moins saillant en avant et muni de 

lobes oculaires. 
4 4 e article des tarses distinct. 

c Métasternum excessivement court; saillie intcrcoxale 
parallèle, tronquée ou anguleuse en avant : Hhyephenes. 

(1) J'en suis certain pour les genres américains que j'ai tous, sauf un seul 
(EpirEnoiuiiKus), observé sur les lieux. Quant aux espèces étrangères à l'Amé- 
rique, outre qu'on trouve çà et là, dans les auteurs, quelques renseignements 
sur leurs habitudes, leur faciès suffit pour révéler ce que ces dernière? doivent 
être. 



106 CUnCULIONIDES. 

ce Métastcrnum en général de longueur moyenne; saillie 
intercoxalc ogivale ou rétrécie et arrondie en avant. 

d 2 e segment abdominal à peine aussi long que 3-4 réunis. 
Elytres épineuses à leur extrémité : Ithynchodes . 

— inermes — : Cyamobolus. 
dd 2 e segment abdominal plus long que 3-4 réunis. 

e] Funicule antennaire à art. 1-2 allongés, 3-7 très-courts. 
f Scape des antennes restant loin des yeux : Eulhyrhinus . 

ff atteignant les — 

Rostre peu robuste, droit : Chœtectetorus. 

— robuste, arqué : Oreda. 

ee Funicule antennaire à art. 1-5 décroissant peu à peu : JEdcmcnus. 
bb 4° article des tarses nul : Aonychus. 

a a Protborax tronqué en avant, sans lobes oculaires : Mœmactes. 
B Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux ou sub- 
éganx, séparés du 1 er par uno suture droite. 
g Crochets dos tarses soudés : Coltabismus. 

gg libres. 

h Funicule antennaire à art. 1-2 allongés, 3-7 arrondis. 

Prothorax en carré transversal, tubuleux en avant : Bothrobatys. 
— arrondi sur les cotés, rétréci — Gasteroccrcvs. 
hh Funicule antennaire à art. 1-4 allongés : Onchoscelis. 
II. Mésosternum très-allougé, en formo do gouttière, arrivant au 

niveau du bord postérieur des hanches intermédiaires. 
A Les trois segments intermédiaires de i'abdomen égaux, sé- 
parés du 1 er par une suture droite 
a Rostre fendu à son extrémité : Epipedorhinus. 

a a — entier 

b Pattes de longueur variable ; cuisses en massue, 
c Prothorax plus ou moins saillant en avant, muni do lobes 
oculaires. 
Massue antennaire ovale, articulée : Cryplorhynchus. 

— — cylindrique ou oblongo-ovale, sou- 

vent compacte : Cœlosternus. 
ce Prothorax non ou à peine saillant, sans lobes oculaires; 

massue antennaire cylindrique, compacte : Cylindrocorynus. 
bb Pattes très-longues; cuisses linéaires; massue antennaire 
cylindrique, compacte : Pezichus. 
B 2° segment abdominal plus long que 3-4 isolés ou réunis, sé- 
paré du 1 er par une suture arquée. 

d Elytres planes en avant, faiblement échancrées à leur base. 
Jambes étroites, subcylindriques : Macrmnerus. 

— comprimées, larges, tranchantes en dehors : Cnemargus. 
dd Elylres convexes, ovalaires, trisinuées à leur base : Enteles. 

Genres incerta; sedis : Catapycnus, Aldonus, lihinochenus. 



CHYPTOnnYNCHIDF.S VRAIS, 107 

RHYEPHENES. 
Schoenh. Curcul., IV, p. 312 (1). 

Rostre assez long et assez robuste, droit ou un peu arqué, plus ou 
moins déprimé, légèrement élargi au bout (2) ; ses scrobes commen- 
çant un peu au-delà do son milieu, obliques, rapidement inférieures, 
et réunies en arriére par un sillon transversal. — Antennes assez lon- 
gues ou médiocres, peu robustes; scape grossissant peu à peu, n'attei- 
gnant pas tout-à-fait les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, égaux 
ou subégaux, 3-7 très-courts, arrondis ou obeoniques, 7 plus gros 
et, dans le dernier cas, subcontigu à la massue; colle-ci médiocre, 
oblongo-ovale, articulée, subobtuse. — Yeux finement granulés, très- 
grands, peu convexes, triangulaires, acuminés inférieurement. — 
Prothorax transversal ou non, on général très-convexe et fortement 
arrondi sur les côtés, brièvement rétréci en avant, avec son bord an- 
térieur légèrement saillant et sans lobes oculaires, coupé carrément à 
sa base. — Ecusson petit, linéaire, transversal. — Elytres plus ou 
moins, en général très-convexes, brièvement ou oblongo-ovalcs, rétré- 
cies en arrière, pas plus larges que le prothorax, tronquées et rebor- 
dées à leur base, avec les épaules rectangulaires. — Pattes longues, 
les antérieures plus que les autres ; cuisses graduellement en massue, 
les postérieures dépassant ou non l'abdomen ; jambes comprimées, 
les antérieures arquées et ayant leur angle terminal interne armé do 
ileux forts mucros divergents, les autres droites, toutes fortement on- 
guiculées au bout; tarses longs, déprimés, à articles 1-2 garnis de cils 
ou de poils tins très-longs, celui-là en triangle allongé, 2 plus court, 
3 transversal, seul spongieux en dessous, 4 assez grand ainsi que ses 
crochets. — 2° segment abdominal aussi grand que 3-4 réunis, séparé 
du 1" par uno suture anguleuse ; saillie intercoxalo large, parallèle, 
anguleuse en avant. — Mésosternum tantôt en forme de voùto échan- 
créo dans sa moitié antérieure (par ex. Gayi, Mallci), tantôt (par ex. 
lœvirostris) en forme do fer à cheval. — Corps oblong, inégal, glabre 
ou partiellement écailleux. 

Insectes propres au Chili, d'assez grande taille, mais très-sujets à 
varier sous ce rapport, dans la môme espèce, co qui rond les carac- 

(1) Syn. Physotorus, Gay et Sol. Ann. d. 1. Soc. entom. 1839, p. 22; nom 
postérieur do deux ans à celui imposé au genre par Schœnherr. — Tylodes, 
Guértn-Ménov, Voy. d. I. Coq.; Entom. p. 125. — Cryptomiynchus, Ericlis. 
Koy. Act. Acad, nat. Curios. XVI, Suppl. I, p. 264. 

(2) Chez toutes les espèces que j'ai sous les yeux, il existe une plaque carrée, 
lisse, qui parait comme enchâssée dans une écliancruro de l'extrémité du rostre, 
et qu'on prendrait, au premier coup-d'oeil, pour un labre; il est presque super- 
flu de dire qu'il n'y a là qu'une simple apparence. 



108 CURCULIONIDES. 

tires sexuels incertains (I). Tons sont d'un noir profond assez brillant 
ou mat, parfois (Gayi) un peu rougeâtre, et ordinairement sans au- 
cun dessin. Quand il y en a un, il consiste lo plus souvent en une 
petite tache blancho ou jaunâtre, formée de deux ou trois courtes 
linéoles accolées parallèlement, et située à la base de chacune des 
élytres. Ces organes sont plus ou moins fortement striés, avec les 
stries occupées par de petits tubercules, et les intervalles entre elles 
couverts de tubercules plus gros. Le prothorax en présente d'autres 
très-serrés, ou il est criblé de fossettes confluentes qui le rendent très- 
rugueux, Lo genre se compose en ce moment de huit espèces (2). 

RHYNCODES. 
A. White, Yoy. ofthe Ereb. a. Terr.; Entom., p. 10 (3). 

Mâles : Rostre assez long, plus ou moins robuste, déprimé, arrondi 
aux angles, subparallèle, médiocrement ou à peine arqué ; ses scrobes 
commençant dans son milieu, rectilignes ou obliques. — Antennes 
assez longues, médiocrement robustes ; scapo en massuo au bout, 
n'atteignant pas tout-à-fait les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, 
obconiqncs, do longueur relative variable (2 en général le plus grand), 
3-7 courts, turbines ou subglobuleux ; massue oblongo-ovale, com- 
pacte ou subcompacte, veloutée. — Yeux très-grands, légèrement 
convexes, ovales, transversaux, médiocrement séparés en dessus. — 
Prothorax transversal, médiocrement convexe ou plan en dessus, pa- 
raholiquement arrondi ou subrectiligno sur les côtés en arrière, forte- 
ment rétréci en avant, avec son bord antérieur médiocrement sail- 
lant et sans lobes oculaires, bisinué à sa base, avec un lobe médian 
de forme variable. — Ecusson médiocre, ovale. — Elytres assez con- 
vexes, comprimées et carénées (Fallenii excepté) sur les côtés, gra- 
duellement et fortement rétrécies en arrière, longuement déclives et 
calleuses avant leur extrémité qui est conjointement épineuse, pas 

(1) J'ai cru pendant quelque temps que les exemplaires dont les taises sont 
frangés de longs poils dus étaient des miles, et ceux chez lesquels ces poils sont 
plus courts ou remplacés par des cils, des femelles. Mais comme il y en a de 
grandeurs très-différentes, qui présentent l'un ou l'autre de ces deux carac- 
tères, je crois que ces deux particularités sont spécifiques et non sexuelles. Jo 
ne trouve non plus aucune différence bien tranchée dans la longueur des pattes 
et la forme du rostre qui indiquerait des sexes différents. 

(2) H. Gtiyi [cacicus Sclill.), lateralis, Guéri.i-Ménev. loc. cit. — Inca (arach- 
norfesEr.), Schœnli. loc. cit. — Maillei, lœviroslris, Goureaui, lioyuri, Cayet 
Sol. loc. cit. Ces auteurs étaient tentés de regarder le Maillei et le lœviroslris, 
qui se ressemblent en effet beaucoup, comme n'étant que les deux sexes d'une 
seule espèce, mais la différence prononcée qui existe dans leur mésosternum, 
prouve que ce sont deux espèces très-distinctes. — cluthralus, Philippi, Sletlin. 
entom. Zeit. 1860, p. 249. 

(3) Syn. Arachnobas, Monlrouz. Ar.n. d. I. Soc. entom. 1800, p. 800. — Cïa- 
imnoi.us pars, Schœnli. 



CUYPT0IUIYNCH1DES VKAIS. 109 

plus large que le prothorax et sinueuses à leur base, avec les épaules 
rectangulaires. — Pattes longues, les antérieures plus que les autres; 
cuisses sublinéaircs ou peu à peu on massue, finement dentées en 
dessous; jambes comprimées, un peu arquées ou presque droites, 
fortement onguiculées au bout, avec leur angle interne muni d'un 
faisceau de poils, et parfois dentiforme, les antérieures frangées de 
longs poils fins au côté interne ; tarses assez longs et larges, très- 
pubescents et frangés de longs poils sur leurs bords, à articles 1 al- 
longé, fortement rétréci et arqué à sa base, 2 triangulaire, 3 trans- 
versal, longuement fendu, 4 grand ; ses crochets médiocres. — 2 e 
segment abdominal aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1 er par une 
suturo faiblement arquée ; saillie intercoxale assez large, allongée 
et ogivale. — Métasternum au plus de longueur moyenne, ses épi- 
steruums plus ou moins larges. — Mésosternum de forme variable. 
— Corps oblongo-naviculaire, pubescent. 

Femelles : Outre leur rostre un peu autrement fait, comme de cou- 
tume, elles diffèrent des mâles par leurs pattes plus égales entre elles, 
les jambes antérieures dépourvues do longs poils fins en dedans, et 
leurs tarses plus étroits et non frangés sur leurs bords. 

Très-beau genre, dont les espèces de grande taille sont, pour la 
plupart, propres à la Polynésie occidentale ; une seule (Falleni) qui 
habite Java, a été connue de Schœnhcrr qui l'a comprise, à tort, dans 
son genre Cyamobolus. Deux autres, de la Nouvelle-Calédonie, ont 
été décrites récemment par M. Montrouzier et placées par lui, mais avec 
doute, parmi les Abachnopus. Toutes doivent rentrer dans le genre 
actuel fondé par M. A. White sur deux espèces de la Nouvelle-Zélande. 

Ces insectes sont voisins des Cyamobolus qui suivent, mais s'en 
distinguent par les différences qui existent entre leurs sexes, la forme 
de leurs élytres qui sont épineuses à leur extrémité et celle de la 
saillio intercoxale do leur abdomen. Ils varient, du reste, entre eux, 
sous le rapport du rostre, de la sculpture des élytres et de la forme 
du mésosternum, tout en conservant un faciès commun. Cinq espèces 
sont décrites en ce moment (1) et il y en a un petit nombre d'inédites 
dans les collections. 

(1) En prenant pour point de départ la formo des élytres, puis celle du mé- 
sostcinum, on peut les répartir de la manière suivante : 

I. Elytres non carénées latéralement; mésosternum en forme de voûte : 
A. Mot* Schh.; Java. 

II. Elytres carénées latéralement. 

Mésostemum en forme de gouttière : /(. Saundersii White ; Nouvelle- 
Zélande. Jo ne connais pas le /t. ursus décrit par cet auteur. 

Mésosternum en fer à elicval, fortement rétréci et aigu en arrière : 
il. alboguttelus, Jelceli, Montrouz.; Nouvelle-Calédonie. — Je pos- 
sède la femelle d'une espèce de cetle division : 
A. EMni : Reliqull speciebus paulo brevior, squainis palcaccis albis undique 



f 1 CURCUUONIDES. 

CYAMOBOLUS. 
Schoenu. Curcul., IV, p. 177. 

L'analogie qui existe entre ce genre et le précédent fait qu'il suffira 
d'indiquer les caractères qui le séparent de ce dernier. 

Sexes semblables (t). — Kostre médiocre, déprimé, à peine élargi 
au bout, assez faiblement arqué. — Scape des antennes atteignant 
les yeux; funicule à article 2 toujours plus long que 1; massue 
ovale, assez forte, plus ou moins distinctement articulée. — Pro- 
thorax aussi long que large, peu convexe, plus régulièrement arrondi 
sur les eûtes et brièvement rétréci en avant, parfois conique, avec 
son bord antérieur saillant et muni de lobes oculaires bien distincts, 
bi-arqué à sa base, avec ses angles postérieurs plus ou moins saillants 
et dirigés en arrière. — Elytres oblongues, subdéprimées sur le dis- 
que, parallèles, subvcrticalement déclives en arrière et non épineu- 
ses à leur extrémité, un peu plus larges que le prothorax il leur base, 
avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres, subégales; cuisses incr- 
mes en dessous, les postérieures dépassant un peu l'abdomen ; jam- 
bes onguiculées en griffe au bout, sans faisceau do poils à leur 
angle interne, ni frange au côté interne chez les mâles ; tarses 
assez courts, non ciliés sur les côtés, à articles 1-2 très-grêles à leur 
base, celui-là un peu plus long, 3 orbiculaire, 4 très-grand. — Sal- 
lie intercoxale courte, très-large, arrondie en avant. — Mésosternum 
en forme de gouttière. — Corps oblong. 

Ces caractères sont, comme on le voit, plus que suffisants pour sé- 
parer ces insectes des Rhynciiodes. Ils sont bien moins grands que ces 
derniers, et leur livrée ainsi que leur sculpture sont différentes. Tous 
ont la plus grande ressemblance avec les Ithypoirs africains. Enfin 
les espèces connues (2) sont toutes originaires de Java. 

dense vestitus; rostro mediocri, glabro (basi excepta), lœvl, vix arcualo; pro- 
thorace supra piano, lateribus oblique rotundato, antice breviter coarctato; 
elytris modice convexis, lateribus carinatis, punclalo-striatis, interstitiis duobus 
externis costatis, antice abbreviatis. Long, (rostro except.) 14 mill. Hab. Nova 
Calcdonia. 
Dédié à M. Eloin, ingénieur belge qui en a fait la découverte. 

(1) Trois des cinq espèces décrites me sont connues. J'ai vu surtout une foule 
d'exemplaires (plus de 200) du Dch/ianii, qui est très-commun à Java, et chez 
aucun d'entre eux les pattes antérieures n'étaient allongées. L'analogie auto- 
rise à conclure qu'il en est de même chez les autres espèces. Schœnherr ne 
parle pas non pluB do différences sexuelles chez ces insectes. 

(2) Elles se réduisent aux cinq (Dehaanii, Sturmii, Charpentieri, Marci, 
subundalus) décrites par Scliœnbcrr, loc. cit. 



CRYPTORHYSCHIDES VRAIS. m 

EUTHYRHINUS. 
Scuoenii. Curcul, IV, p. 271. 

Tête transversalement convexe en arrière des yeux, coupée obli- 
quement sur le front; rostre assez court, médiocrement robuste, 
déprimé, arrondi en dessus, légèrement élargi à sa base et à son 
extrémité ; ses scrobes commençant presque dans son milieu, obli- 
ques et se terminant loin des yeux. — Antennes médiocres', peu 
robustes; seape en massue au bout et n'atteignant pas, à beaucoup 
près, les yeux; funicule h, articles 1-2 allongés, obeoniques, 
subégaux, 3-7 très-courts, serrés, grossissant peu à peu ; massue 
assez forte, oblongo-ovale, parfois à peine articulée, subobtuse au 

bout. — Yeux assez grands, finement granulés, brièvement ovales. 

Prothorax transversal, presque plan en dessus, légèrement rétréci 
dans ses deux tiers postérieurs, puis fortement en avant, avec son 
bord antérieur médiocrement saillant, et sans lobes oculaires, profon- 
dément sinué de chaque côté et à distance do ses angles posté- 
rieurs. — Ecusson ovale, ou triangulaire, déclive, placé sur la pente 
antérieure d'une petite callosité suturale des élytres. — Celles-ci 
assez courtes, déprimées à leur base, trauvcrsalcrnent convexes im- 
médiatement après leur milieu, arrondies et verticales en arrière, con- 
jointement épineuses à leur extrémité ; a peine plus larges que le' pro- 
thorax et profondément sinuées en arc en dedans de leurs angles 
numéraux. —Pattes assez courtes, robustes, comprimées; cuisses gra- 
duellement en massue, obtusémont dentées en dessous ; jambes presque 
droites, tranchantes en dehors, onguiculées au bout; tarses médiocres, 
à articles 1-2 étroits, celui-là allongé et arqué à sa base, 3 assez large' 
seul spongieux en dessous, 4 assez long, ses crochets médiocres. — 
2 e segment abdominal plus long que 2-3 réunis, séparé du 1" par 
une suture arquée; saillie intercoxale large, anguleuse en avant. — 
Metasternum de longueur moyenne. — Mésosternum en fer à cheval, 
assez saillant. — Corps assez court, écailleux. 

Lo genre a pour type lo Miynchœnus medilabundus de Fabricius, 
insecte assez commun dans l'Australie, de taille moyenne et dont la 
livrée grisâtre est plus ou moins variée de brun; ses élytres réguliè- 
rement ponctuée en stries, ont les intervalles entre ces dernières 
alternativement costiformes. Une seconde espèce (I), très-voisine et 
originaire do la Nouvelle-Zélande, a élo publiée par M. A. VVhite. J'en 
connais deux autres provenant l'une d'Amboine, l'autre de Bornéo. 

(1) E. squamiger, A. Whilc, Voy. of the Ercb. a. Terr.; Entom. p. 10, pi. 3, 



1.3 



U2 cUUCULIONIDES. 

CH.'ETECTETOftUS. 
Schoenb. Curcul, VIII, 1, p. 383 (1). 

Rostre médiocre, assez robuste, déprimé, plus ou moins élargi à sa 
base, parallèle dans le reste de son étendue, droit ou peu s'en faut; 
ses scrobes commençant vers son milieu, rectilignes. — Antennes 
médiocres, peu robustes ; scape en massue au bout, restant à une 
faible distance des yeux; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, 
subégaux, 3-7 très-courts, grossissant peu à peu, 7 souvent contigu 
à la massue; celle-ci médiocre, ovale ou oblongo-ovale ; son 1 er ar- 
ticle plus ou moins allongé. — Yeux finement granulés, grands, 
déprimés, ovales, transversaux, acuminôs inférieurement. — l'rotho- 
rax transversal ou non, peu convexe, plus ou moins obliquement 
arrondi sur les cotés en arrièro, fortement et en général brusquement 
rétréci en avant, avec son bord antérieur saillant et sans lobes ocu- 
laires, médiocrement bisinué à sa base. — Ecusson petit, ovale ou 
subarrondi. — Elytres médiocrement convexes, oblongues, subpa- 
rallèles, rarement un peu-rétrécies en arrière, un peu plus larges que 
le prothorax et trisinuées à leur base, avec lours épaules rectangu- 
laires et un peu saillantes en avant. — Pattes médiocres, assez 
robustes, comprimées; cuisses sublinéaires, inermes ou dentées en 
dessous ; jambes droites, onguiculées au bout ; tarses assez longs, 
a articles 1-2 étroits, celui-là allongé, 4 assez large, seul spongieux 
en dessous, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2" segment abdo- 
minal au moins aussi long que 3-4 réunis, séparé du I er par une su- 
ture arquée ou anguleuse. — Métastcrnum de longueur moyenne. — 
Mésosternum en forme de voûte, tronqué en avant. — Corps oblong, 
écailleux. 

SchœnhciT n'en a connu que deux espèces (bifasciatus, setosus) de 
l'Australie qu'il avait, dans l'origine, placées parmi les Gasteho- 
cehcus. 11 y en a dans les collections un certain nombre du mémo 
pays dont une seule (2) jusqu'ici a été décrite. Ce n'est pas des 
Gasierocekcls, mais des Eutiiykhinis, dont Schœnherr les a assez 
fortement séparés, que ces insectes sont voisins. Ils se distinguent, 
en effet, sans peine des premiers par la longueur relative de leur 2" 
segment abdominal, tandis qu'ils ne sont séparés des Euthyrhinijs, 
qui ont ce même segment fait comme le leur, que par un ensemble 
de petites particularités portant sur la tête, les sinuosités du protho- 
rax en arrière et celle de la base des élytres. 

(1) Syn. Gastei\ocercus, Schœnh. ibid. IV, p. 257 et 258; olim. 

(2) C. spinipennis, Walerli. Trans. of tlie cutom. Soc. Ser. 2, II, p. 203; es- 
pèce remarquable par l'épine aiguë qui termine chacune de ses élytres, et qui, 
par suite de ce caractère, se rapproche encore plus des Eutuyruims que les 
autres espèces. 



CRÏPïORHY.NIiHiDES YllAIS. 113 

Les Ch^tectetohus sont au plus de moyenne taille et ordinaire- 
ment munis do petits tubercules fascicules et plus eu moins nom- 
breux sur le prothorax et les élytres ; leur livrée, du reste, est assez 
sombre et n'offre rien qui attire l'attention. 11 y eu a également à la 
Nouvelle-Zélande. 

OREDA. 
A. White, Voy. ofthe Ereb. a. Terr.; Entom., p. 1G. 

Rostre médiocre, robuste, déprimé, parallèle, arrondi aux angles 
et légèrement arqué; ses scrobes commençant vers son tiers anté- 
rieur, un peu obliques et atteignant le milieu des yeux. — Antennes 
courtes, robustes ; scape fortement en massue au bout, atteignant les 
yeux; funicule à articles 1-2 subturbinés et légèrement allongés, 3-7 
très-courts, transversaux, grossissant peu à peu; massue assez forte, 
articulée, obtuse au bout. — Yeux finement granulés, grands, dépri- 
més, brièvement ovales, acuminés inférieurement, un peu recouverts 
au repos. — Prothorax aussi long quo large, légèrement arrondi sur 
les côtés, fortement rétréci en avant, avec son bord antérieur tres- 
saillant dans son milieu et sans lobes oculaires sur les côtés, assez 
fortement bisinué à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — 
Elytres oblongues, rétrécies dans leur quart postérieur, pas plus lar- 
ges que le prothorax et trisinuées à leur base, avec les épaules obtu- 
ses. — Pattes assez courtes, comprimées; cuisses graduellement en 
massue, fortement échancrées près de leur sommet en dessous; jam- 
bes droites, onguiculées au bout; tarses médiocres, à articles 3 seul 
spongieux en dessous, 1-2 étroits, celui-là assez allongé et très- 
grêle à sa base, 4 médiocre et grêle, ainsi quo ses crochets. — 2° 
segment abdominal presque aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1 er 
par une suture arquée ; saillie intercoxalo large, subogivale. — Mé- 
tasternum court. — Mésosternum en forme de voûte s'appuyant sur 
les hanches antérieures. — Corps oblong, partiellement écailleux. 
_ L'unique espèce [notata White) du genre est propre à la Nouvelle- 
Zélande et ressemble extraordinairement, comme je l'ai dit plus 
haut (p. 74), à YEmpleurus dentipes du Chili, même sous le rapport de 
la livrée qui consisto eu quelques taches d'un jaune d'ocro vif, épar- 
ses sur le prothorax et les élytres ; ces dernières sont un peu rugueu- 
ses et régulièrement striées, avec les intervallçs entre les stries un 
peu relevés et arrondis. Sans la forme différente du mésosternum, lo 
genre mériterait à peine d'être séparé des Emplki m s. 

.EDEMOÏNUS. 
SciioENii. Curcul, IV, p. 243. 

Rostre assez long, médiocrement robuste, arrondi, un peu déprimé, 
légèrement élargi à sa base, arqué;ses scrobes commençant dans son 
Coléoptères. Tome Vil. g 



1(4 CURCULIONIDES. 

milieu (d") ou vers son tiers basilairo (9), rectilignes. — Antennes 
assez longues, grêles; scape en massue, atteignant les yeux; funiculo 
à articles obconiques, lâchement unis : 1-5 décroissant pou à peu, 6-7 
un peu plus courts, subégaux; massue faible, allongée, oblongo-ovale, 
articulée, acuminée. — Yeux finement granulés, latéraux, grands, 
déprimés, brièvement ovales. — Prothorax assez convexe dans son 
milieu, légèrement arrondi sur les côtés, brièvement et fortement 
rétréci en avant, avec son bord antérieur médiocrement avancé, muni 
do lobes oculaires assez saillants, larges et arrondis, légèrement bi- 
sinué à sa base. — Ecusson subarrondi. — Elytres allongées, subcy- 
lindriques, un peu déprimées, à peine plus larges que le prothorax 
et légèrement trisinuées à leur base, avec les épaules obtuses. — 
Pattes assez longues et assez robustes ; cuisses linéaires, dentées en 
dessous; jambes comprimées, arquées à leur base, tronquées ot on- 
guiculées au bout; tarses assez longs, étroits, spongieux on dessous, 
à articles t allongé, 4 long, ainsi que ses crochets. — 2° segment ab- 
dominal sensiblement plus long que 3-4 réunis, séparé du 1 er par 
une suture arquée ; saillio intcrcoxalo large, ogivale, aiguè' en avant. 
— Métastornum allongé. — Mésosternum en forme de voûte, assez 
saillant. — Corps allongé, écailleux. 

Schœnherr en décrit deux espèces : l'une (Erichsonii) de Madagascar, 
l'autre (cminentepunctalus) do l'Afrique ausfrale ; la première seule 
doit y rester (1). Elle ressemble de très-près, sous lo rapport de la 
forme générale et de la taille, au Gasterocercus depressirostris d'Eu- 
rope et varie beaucoup, comme ce dernier, au point de vue de la 
grandeur. Sa couleur générale est d'un brun velouté sur lequel se 
détachent deux bandes blanches qui longent les cotés du prothorax, 
se réunissent au tiers antérieur des élytres et aboutissent en arrière à 
une bande transversale. Ces organes, régulièrement striés, sont munis 
chacun d'un tubercule au sommet de leur déclivité, et lo prothorax 
est criblé do gros points enfoncés très-profonds. Le mâle se distingue 
de la femelle par ses pattes antérieures beaucoup plus longues que 
les autres. 

AONYCIIUS. 

Sciioenii. Curcul., VIII, 1, p. 387. 

Rostre assez long, médiocroment robuste, cylindrique, légèrement 
comprimé à sa base ; ses scrobes commençant dans son milieu, lon- 
geant son bord inférieur et rectilignes. — Antennes assez longues, 
grêles; scape en massue au bout, atteignant à peine les yeux; funi- 
cule à articles obconiques : 1-3 allongés, 2 le plus long, 4-7 courts, 

(1) La seconde a complètement le faciès du CyamoLolus Dehaanii et espèces 
voisines. D'après la forme de son canal rostral, olle appartient à, la sous-tribu 
des Sopliiorhinides, où elle doit former un genre nouveau. 



CRYPTORHYNCUIDES VRAIS. )1;; 

décroissant graduellement; massue oblongo-ovale, très-distinctement 
articulée, acuminéc. - Yeux finement granulés, assez grands régu- 
lièrement ovales, transversaux. - Prothorax transversal prescrae 
régulièrement conique, avec son bord antérieur assez saillant sans 
lobes oculaires, médiocrement bisinué à sa base— Ecusson en triangle 
curviligne. - Elytres assez convexes, régulièrement ovales, pas plus 
larges que le prothorax a leur base, et tronquées avec une écliancrurc 
commune pour loger l'écusson; leurs épaules obliques et obtusément 
calleuses. - Pattes médiocres, robustes; cuisses en massue; ïambes 
légèrement arquées, grossissant peu à peu et à peine visiblement 
mucronées au bout; tarses antériours assez longs, les autres plus 
courts; tous assez larges et densément spongieux en dessous, à articles 
3 entier, formant une palette cordiforme, 4 nul. — 2 e segment abdo 
minai beaucoup plus long que 3-4 réunis, séparé du t" par une 
suturo arguée dans son milieu ; saillie intercoxale courte lar^e ar- 
rondie en avant. - Môtastcrnum assez court. - Mésosternum court, 
en fer à cheval. — Corps ovale, revêtu d'écaillés piliformes. 

L'absence complète du 4° article des tarses se reproduit ici pour la 
troisième et dernière fois dans la Famille et, sous ce rapport, fait de 
ce genre, dans le groupe actuel, l'analogue des DuiUTiuunius et des 
Anoplus. Il ne comprend qu'une espèce (Hopci Schh.) de l'Australie 
de taille médiocre et assez élégamment marbrée en dessus de noir 
sur un fond d'un blano grisâtre. 

M/EMACTES. 
Schoenii. Curcul., IV, p. 276. 

Tète arrondie, saillante; rostre assez long, robuste, déprimé, élargi 
a sa base, parallèle dans le reste do sa longueur, arqué; ses scrobes 
commençant dans son milieu, rectilignes. - Antennes assez courtes 
peu robustes; scape graduellement en massue, atteignant les yeux- 
fumoule à articles 1-2 obeoniques, allongés, celui-là plus court, mais 
notablement plus gros, 3-7 très-courts, décroissant et grossissant peu 
à peu; massue petite, ovale, obtuse au bout, articulée. — Yeux mé- 
diocres, assez fortement granulés, déprimés, ovales, transversaux. — 
Prothorax beaucoup plus long que large, médiocrement convexe, à 
peine arroudi sur les côtés, tronqué en avant, faiblement bisinué à 
sa base. — Ecusson très-petit, triangulaire. — Elytres assez convexes, 
régulièrement oblongo-ovalcs, pas plus larges que le prothorax et 
subtronquées à leur base, avec les épaules subrectangulaires. — Pattes 
courtes, robustes; cuisses graduellement on massue; jambes compri- 
mées, droites, assez fortement onguiculées au bout; tarses courts, 
étroits, spongieux en dessous, à articles I peu allongé, 4 médiocre : 
ses crochets courts, très-grèles. - 2» segment abdominal notablement 
Plus long que chacun dos deux suivants, séparé du I" par une su- 



f 1 g CURCUL10NIDES. 

ture arquée; saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Méta- 
sternum court. — Mésosternum en fer à cheval, saillant. — Corps 
oblong, glabre. 

L'unique espèce (ruficornis Schli.) ressemble assez à un Psaiidium. 
Elle est noire, avec les antennes d'un ferrugineux clair, criblée de 
points enfoncés sur le prothorax, et ses élytres, finement alutacées sur 
toute leur surface, sont parcourues par des rangées de gros points 
allongés et superficiels. C'est un insecte originaire du Mexique et rare 
dans les collections. 

COLLABISMUS. 

Schoenh. Curcul., IV, p. 236. 

Genre peu homogène et dont la définition souffre de nombreuses 
exceptions, si l'on y conserve les cinq espèces que Schœnherr y a 
comprises. Trois (1) d'entre elles me paraissent pouvoir seules y rester; 
les deux autres (2) doivent former autant de genres distincts. 

Mâles : Rostre médiocre, assez peu robuste, écailleux, aplani et 
plus ou moins dilaté a sa base, subcylindriquo en avant; ses scrobes 
commençant en deçà de son milieu, rectilignes. - Antennes médio- 
cres, assez robustes; scape en massue au bout, atteignant les yeux ; 
funicule à articles 1-2 allongés, obeoniques, celui-là plus long, 3-7 
très-courts, arrondis, serrés; massue très-allongée, subcylindrique 
(cUtellœ) ou oblongo-ovale (mlulatus), veloutée, articulée, obtuse au 
bout. - Yeux fortement granulés, oblongs, transversaux, acunnnés 
inférieurement. - Prothorax transversal, presque droit sur les côtés 
dans ses deux tiers basilaires, avec son bord antérieur coupé carré- 
ment [clitellœ, notulatus), ou (sellatus) un peu saillant et mum de 
faibles lobes oculaires, tronqué à sa base. — Ecusson nul. — ^ytres 
convexes, oblongues, subparallèles, arrondies et verticalement déclives 
en arrière, un peu plus larges que le prothorax et subtronquees a 
leur base, avec les épaules calleuses. - Pattes assez courtes et assez 
robustes, comprimées; cuisses graduellement en massue; jambes 
droites, onguiculées au bout; tarses médiocres, spongieux en dessous, 

(1) C. clilellœ, scllatus, Brésil ; notulatus, Mexique; Schœnh. loc. cit. p. 238. 

(2) C. sutmolatus, duniferus, du Brésil; Schœnh. loc. cit. p. 241. Tous deux 
ont les crochets des tarse, soudés et la plupart des caractère.! des espèces typi- 
ques, mais dillùrent de ces dernières par les particularités suivantes : Le pre- 
mier, à un rostre long, grêle, parfaitement arrondi ci un peu arqué, réumt un 
funicule uutennaire dont tous les articles sont lâchement unis , obeoniques, avec 
les trois 1«. allongés, et un mésosterm.m en forme de gouttière tres-allongéç. 
Il a, du reste, le faciès et la livrée des espèces typiques. Le clumferus possul. 
un rostre relativement très-robuste, glabre, arqué, déprimé et caréné en dessus 
à sa base; son métasternum est excessivement court, et son faau, a.nsi que sa 
livrée, sont ceux d'un Cnvriouinuciius; il est brunâtre, avec toute la partie des 
élytres d'un blanc pâle. Pour le surplus, il est à l'état normal. 



CHYPTORHYMCIIIDES VRAIS. <1" 

à articles 1-2 assez étroits, celui-là allongé, 4 long; ses crochets soudés 
il leur base. — 2 e segment abdominal un tant soit peu plus long que 
chacun des deux suivants, séparé du l or par une suture droite; saillie 
intercoxale large, ogivale. — Mésosternum très-saillant, en forme de 
voûte, caréné postérieurement. — Corps oblong, partout densément 
écailleux. 

Femelles : Schœnherr n'a connu que celle du notulatiis; j'ai vu do 
plus colle du clilellœ. Toutes deux ne différent de leurs mâles que par 
leur rostre un peu plus long, plus grêle, cylindrique et glabre. On 
peut en conclure qu'il en est de même de celle du sellatus. 

Le genre est fortement tranché dans le groupe actuel, par suite de 
la soudure des crochets des tarses. Les trois espèces que j'y conserve 
sont d'un beau jaune clair ou grisâtre et ornées, sur les élytres, d'une 
tache commune, tantôt brune, tantôt rougeàtre. Ces organes sont 
faiblement striés, et lo prothorax est muni do quelques tubercules 
fascicules. La couche épaisse d'écaillés qui revêt partout le corps est 
mélangée d'autres plus grosses et redressées. 

BOTHROBATYS. 
Schosnh. Cnrcul., VIII, 1, p. 385(1). 

Rostre médiocre, peu robuste, arrondi et déprimé, un peu élargi à 
sa base, légèrement arqué ; ses scrobes commençant dans son milieu, 
rectilignes. — Antennes médiocres, grêles; scape en massue au bout, 
atteignant les yeux; funicule à articles i assez gros, obeonique, un 
peu allongé, 2 subcylindrique, beaucoup plus long, 3-7 très-courts, 
grossissant peu à peu; massuo allongée, cylindrique, faiblement arti- 
culée, obtuse au bout. — Yeux assez finement granulés, légèrement 
convexes, très-grands, brièvement ovales, transversaux, médiocrement 
séparés en dessus. — Prothorax transversal, un peu convexe dans 
son milieu, dilaté, aplani, tranchant et presque droit sur -les côtés, 
brusquement et três-forlement rétréci en avant, avec son bord anté- 
rieur médiocrement saillant et sans lobes oculaires, Insinué à sa base. 
— Kcusson ovale. — Elytres assez convexes, oblongucs, un peu plus 
larges quo le prothorax et insinuées a leur base, avec les épaules 
calleuses. — Pattes assez longues; cuisses en massue, triangulaire- 
ment dentées en dessous; jambes grêles, un peu comprimées et ar- 
quées, onguiculées au bout; tarses assez longs, grêles, finement 
spongieux en dessous, à articles 1 très-allongé, 3 médiocrement large, 
4 long; ses crochets médiocres. — 2 e segment abdominal un pou plus 
long que chacun des deux suivants, séparé du l or par une suture 
droite; saillie intercoxale assez large, subogivale. — Métasternum 

(1) Syii. LoriiocEt-iiAiy, Blancli. in Gay, Hist. d.Chile; Zool. V, p. 401. 



H 8 CURCULIONIDES. 

très-court. — Mésosternum en forme de voûte, très-saillant. — Corps 
oblong, écailleux. 

Schœnherr n'en décrit qu'une assez petite espèco (lalicollis Schh.) 
de Colombie, variée de blanc, de grisâtre et do ferrugineux, et munie, 
au bord antérieur du prothorax, do deux tubercules fascicules; quel- 
ques autres, la plupart allongés, sont alignés à distance sur les inter- 
valles entre les stries des élytres. 

Une seconde espèce du Chili, du double plus grande, mais ayant 
complètement le môme faciès et la forme caractéristique du prothorax 
exposée plus haut, a été érigée par M. Blanchard en un genre propre, 
sous le nom do Lophocephala. Je ne lui trouve d'autres différences 
qu'un rostre plus robuste et le 2 e article du funicule antennaire à peine 
plus long quo le i", caractères qui ne me paraissent pas suffisants. 
M. Blanchard nomme cet insecte L. fasciolata (1). 

GASTEROCERCUS. 
Lap. et Brul., Mém. d. I. Soc. d'Hist. nat. d. Paris, IV, p. 197. 

Rostre au plus médiocro, plus ou moins robuste, déprimé et élargi 
a sa base ainsi qu'à son extrémité, droit, plus rarement (par ex. plu- 
mipes, stratum) arqué ; ses scrobes commençant dans son milieu ou 
un peu en deçà, obliques. — Antennes médiocres, assez robustes ; 
scape en massue au bout, atteignant ou non les yeux ; funicule à ar- 
ticles 1-2 obeoniques, allongés, égaux, 3-7 très-courts, subovalaircs 
ou globuleux, grossissant peu à peu ; massue ovale ou oblongo-ovale, 
articulée. — Yeux plus ou moins fortement granulés, grands, pou 
convexes, transversaux, acuminés inférieurement. — Prothorax trans- 
versal ou non, au plus médiocrement convexe, fortement arrondi sur 
les côtés à sa base, trôs-rétréci en avant, avec son bord antérieur très- 
saillant et muni de lobes oculaires faibles, parfois nuls, échancré en 
arc de cercle, plus rarement (par ex. stratum) bisinué à sa base. — 
Ecusson subarrondi.— Elytres variables, cylindriques (depressirostris), 
obeoniques (propugnalor), oblongo-ovalcs (pluniipcs), pas plus ou à 
peine plus larges quo le prothorax et plus ou moins Insinuées à leur 
base, avec les angles huméraux saillants en avant. — Pattes robustes, 
les antérieures allongées chez les mâles, moins ou à peine chez les 
femelles, les intermédiaires notablement plus courtes que les autres 
dans les deux sexes ; cuisses linéaires ou médiocrement en massue, 
dentées ou non en dessous ; jambes comprimées, droites, tronquées et 
onguiculées au bout ; tarses plus longs, plus larges, et on général 
villeux chez les mâles (2), à articles i allongé dans les deux sexes, 

(1) M. Pliilippi (Stettin. entom. Zeit. 18fi{, p. 370) en a décrit plus récem- 
ment une autre espèce, sous le nom de L. bioculatu. 

(2) Une espèce inédite, voisine^du [stratum, et qui fait partie de ma collée- 



r.nYPTOBHYNCHIDES VRAIS. 119 

4 grand, ainsi que ses crochets. — Les trois segments intermédiaires 
de l'abdomen égaux ou subégaux, séparés du 1" par une suture 
droite ou légèrement arquée ; saillie intercoxale large, tronquée ou 
arrondie en avant. — Métastemum de longueur variable. — Méso- 
sternum en forme de voûte, tronqué en avant, saillant. — Corps 
écailleux. 

Ce genre, qui paraît très-tranché lorsqu'on se borne à examiner 
l'espèce européenne (depresairostris Fab.) qui en constitue le type, 
l'est peu en réalité. Sans son mésosternum en forme de voûte, il se- 
rait difficile de dire ce qui le distinguo des Coelosteunus, dont la 
massue antennaire est oblongo-ovale et articulée. Mais ce caractère 
l'éloigné notablement de ces derniers. Ses espèces, toutes (sauf le de- 
pressirostris) originaires de l'Amérique du Sud, ont un faciès très- 
différent et leur livrée n'est, à part quelques exceptions, qu'un 
mélange confus de blanc, do gris, de brunâtre et de noir, ou de quel- 
ques-unes seulement de ces couleurs. La plupart sont d'assez grande 
taille (1). 

ONCHOSCEL1S. 

Schqehh. Curcul., VIII, 1, p. 302 (2). 

Rostre assez long, déprimé, subparallôle, droit, penché; ses scrobes 
commençant un peu au-delà de son milieu, rectilignes. — Antennes 
médiocres, de grosseur moyenne; scape en massue au bout, atteignant 
les yeux; funicule à articles 1-4 allongés, obeoniques, 2 le plus long 
de tous, 5-7 arrondis; massue oblongo-ovale, articulée.— Yeux assez 
fortement granulés, très-grands, déprimés, brièvement ovales, tron- 
qués en avant. — Prothorax plus long que large, peu convexe, régu- 
lièrement conique, puis un peu rétréci en avant, avec son bord anté- 
rieur très-saillant, profondément sinué sur les côtés et muni do lobes 
oculaires assez prononcés et arrondis, légèrement bisinué à sa base ; 
les bords du canal prosternai arrondis et déprimés. — Ecusson en 
carré long. — Elytres convexes, oblongo-naviculaires, pas plus larges 
que le prothorax et trisinuées à leur base, avec les épaules un peu 
saillantes en avant. — Pattes longues et assez robustes, les antérieures 
plus grandes quo les autres ; cuisses en massue, canaliculées et ob- 
tusément dentées en dessous ; jambes comprimées, légèrement ar- 
quées, onguiculées au bout ; tarses assez longs, médiocrement larges, 

tion, a ces organes excessivement larges dans ce sexe ; leur 3° article notam- 
ment forme une palette ovale (l'une grandeur extraordinaire. 

(1) Scliœnlierr, après eu avoir retranché deux Cii/ETiXTETonus qu'il y avait 
compris dans l'origine, en mentionne (Curcul. VIII, i, p. 375) treize. Je n'en 
connais pas d'autres de décrites, et le petit nombre d'espèces nouvelles que j'ai 
vues dans les collections me paraissent, pour la plupart, étrangères au genre. 

(2) Syn. Ciivi'i'OHiiVNCUUS, ScUœuh. Curcul. IV, p. 90; olim. 



120 r.URCULIOXIDES. 

spongieux en dessous, à articles 1 allongé, 4 assez long, ainsi que 
ses crochets. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, 
séparés du 1 er par une suture droite; saillie intercoxale large, an- 
guleuse en avant. — Métasternum de longueur moyenne. — Méso- 
sternum en fer à cheval. — Corps ohlong, naviculaire, partiellement 
écailleux. 

Schœnherr avait placé primitivement parmi les Cryptohiiy.nchus 
l'unique espèce (1) connue du genre. Il l'en a, depuis, retirée, et avec 
raison, car elle diffère fortement de ces derniers par la forme de son 
rostre et l'aplatissement des bords du canal prosternai en avant des 
hanches antérieures (2). Cet insecte est d'assez grande taille, noir, 
avec la base du rostre, le vertex de la tête, le disque du prothorax, 
la base des élytres et leur extrémité, enfin les épimères mésotho- 
raciques revêtus d'écaillés jaunes et partiellement rubigineuses ; les 
cuisses sont munies d'un anneau de même couleur à leur extré- 
mité. 11 so trouve à Cayenne et dans le nord du Brésil. 

EPIPEDORH1NUS. 
SciioENii. Curcul., IV, p. 42. 

Tète déprimée sur le vertex, verticale ; rostre médiocre, assez ro- 
buste, droit, rétréci dans son milieu, divisé à son extrémité en deux 
lobes portant les mandibules (3); celles-ci assez saillantes, déprimées, 
légèrement arquées, et obtusémcnt tridentées en dedans; scrobes 
commençant un peu au-delà du milieu du rostre, subrectilignes, 
évasées en arrière. — Antennes médiocres, peu robustes ; scape en 
massue au bout, atteignant les yeux; funicule à articles obconiques : 
1-2 allongés, subégaux, 3-7 courts, grossissant légèrement; massue 
forte, oblongo-ovalc, acuminéo au bout, faiblement articulée. — Yeux 
assez fortement granulés, assez grands, déprimés, transversaux, acu- 
minés inférieurement. — Prothorax transversal-, convexe et caréné en 
dessus, presque droit sur les eûtes à sa base, brusquement rétréci en 
avant, avec son bord antérieur très-saillant, sans lobes oculaires, 

(1) 0. rubiginosus, Schœnh. loc. cit. (Cryptor. Germari Schh. olim). 

(2) Schœnhci r a omis ce dernier caractère ; il dit même que le canal proster- 
nai est « argutc marginatus » ; mais probablement il n'entendait parler que de 
sa partie qui est formée par le mésosternum. 11 s'en faut de peu que ce dernier 
ne soit en forme de gouttière, de sorte que, sous ce rapport, le genre fait le 
passago entre les genres qui précèdent et ceux qui suivent. 

(3) Structure très-singulière, unique en son genre dans la famille, et dont 
Schœnherr n'a pas parlé, bien qu'elle soit très-apparente. Quand on regarde le 
rostre en dessous, on voit que le pédoncule du sous-menton, qui est très-court, 
occupe le fond de la tissure qui le divise en doux lobes, et quo cette dernière 
est en partie occupée par les mâchoires qui sont très-grôles. 



CKYPTOnHYNT.HIDES VRAIS. 121 

assez fortement bisinué à sa base. — Ecusson ovale. — Elytres très- 
convexes, brièvement naviculaires, subtronquées en arrière, notable- 
ment plus larges que le prothorax et trisinuées à leur base, avec les 
épaules saillantes en dehors et obtusément anguleuses. — Pattes mé- 
diocres, robustes, comprimées ; cuisses sublinéaires, dentées en des- 
sous ; jambes arquées à leur base, puis droites, finement onguiculées 
au bout ; tarses courts, étroits, à articles 1 peu allongé, 3 seul spon- 
gieux en dessous, 4 médiocre ; ses crochets très-courts et très-grêles. 

— Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés du 
1" par une suture droite ; saillie intercoxale large, arrondie en avant. 

— Métasternum très-court. — Mésosternum on forme de gouttière, 
saillant. — Corps brièvement ovale, densément écailleux. 

Genre éminemment distinct, par suite de la division du rostre à 
son extrémité. 11 ne comprend qu'une très-rare espèce (Chevrolatii 
Schb.) du Brésil, ressemblant de près, sous le rapport de la forme 
générale, au Cœlosternus compernis du même pays, mais d'un tiers 
plus petite. Sa couleur générale est d'un jaune d'ocre pale, rembruni 
sur le disque du prothorax et celui des elytres. Chacune de ces der- 
nières est munie de trois fines carènes tranchantes, abrégées en ar- 
rière, dont les deux internes présentent de courtes crêtes fasciculées; 
le prothorax a cinq tubercules de même nature, dont deux anté- 
rieurs et les trois autres disposés transversalement en arrière de 
ceux-ci. 

CUYPTORHYNCHUS. 

Illic. Alagas., VI, p. 330. 

Ce genre, fondé primitivement sur le C. lapathi d'Europe, seule 
espôco que possède cette partie du globe, est devenu, entre les 
mains de Schœnherr, un vaste magasin de formes disparates (1) qui 

(1) Les espèces mentionnées par lui (Curcul. VHI, 3, p. 303) sont au nombre 
de 100, auxquelles on a, depuis, ajouté les suivantes, qui ont besoin, comme les 
sienne», d'une révision approfondie. Esp. africaines : C. planidorsis, nebuiosvs, 
sparsulus, selarius, ocellopunctatus , lateritius, 3. Thoms. Archiv. ontom. 11, 
p. 135; Gabon.— Esp. do Ceylan : C. ine/j'ectus, assimilons, notabilis,dcclaratus, 
vexatus, F. W'alkcr, Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, III, p. 264. — Esp. do 
l'Australie : C. Sirius, Antarcs, in/ulatus, femoralis, cariosus, Ericlis. Archiv, 
1842, I, p. 202; Tasmanie. — albicollis, Gennar, Linn. entom. III, p. 221. — 
hngimanus, Bohem. Voy. d. l'Eugén.; Enlom. p. 139. — Esp. de la Polynésie : 
Ç. setulosus, Bohem. ibid. p. 110; Guam. — clalhratus, ltlanch. Voy. au pôle 
Sud ; Entom. p. 247 ; tics Arou. — planatus, poslfasciahts, L. Fairm. Bcv. et 
Mag. d.Zool. 1849, p. 512; Taïty.— GyllenhaUii, ficus, Guerinii, Woodlar- 
Idanus, Moutrouz. Faune d. l'île Woodl. p. 53. — pacificus, Fauve), Bullet. d. 
I. Soc. Linn. d. Normand. VII, 1G0; Nouvelle-Calédonie. — Esp. américaines : 
C. batalœ, Walerh. Proceed. of the entom. Soc. p. LX1X; Barbade. — bilu- 
naris, leucophaus, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 132; Pérou. — triocellatus, 



122 CURCULIONIDES. 

se refusent à toute définition précise. Colle qui suit est empruntée 
aux espèces qui possèdent la môme organisation que le lapatki, ou 
ne s'en éloignent que par des particularités d'une importance se- 
condaire. 

Rostre de longueur et de grosseur variables, plus ou moins dé- 
primé et élargi à sa base, ainsi qu'à son extrémité; ses scrobes com- 
mençant dans son milieu, ou un pou au-delà, légèrement obliques (1). 
— Antennes médiocres, assez robustes ; scape en massue au bout ; 
funicule à articles 1-2 obconiqucs, allongés, de longueur relativo va- 
riable, le 2« jamais notablement plus long que le l™, 3-7 courts, peu 
à peu subarrondis, 7 plus gros que les autres (2) ; massue médiocre, 
oblongo-ovale, subcompacte, veloutée. — Yeux assez fortement gra- 
nulés, assez grands, déprimés, transversaux, acuminés inférieure- 
ment. — Prothorax transversal, médiocrement arrondi sur les côtés 
en arriére, brusquement rétréci en avant, avec son bord antérieur 
en général peu saillant, muni sur les côtés de lobes oculaires plus 
ou moins prononcés, légèrement bisinué à sa base. — Ecusson va- 
riable ainsi que les élytres ; celles-ci débordant plus ou moins le pro- 
thorax et faiblement Insinuées à leur base, avec les épaules calleuses 
ou anguleuses. — Pattes médiocres ; cuisses graduellement en mas- 
sue, dentées ou non en dessous, les postérieures ne dépassant pas l'ex- 
trémité de l'abdomen (3), le plus souvent beaucoup plus courtes que 

Fauvol, Bull. d. 1. Soc. Linn. d. Normand. V, p. 31G; Cayenne. — bicallosus, 
Pérou ; gracilis, Californie ; Bohom. loc. cit. p. 139. 

Une foule d'espèces inédites, s'élevmt au moins a une centaine, existent en 
outre dans les collections, telles qu'elles sont composées en ce moment. 

(1) Ainsi que Scliœnuerr (Curcul. IV, p. 137 et 14G) en a fait lui-même la re- 
marque, ses C. setosus, turpiculus, veslitus, palpebra, diversus et divergens 
ont le rostre tout autrement fait. Il est plus haut que large, plus ou moins 
gibbeux a sa base, et ses scrobes commencent près de son extrémité. Il y a la 
un premier genre à distraire do celui-ci. 

(2) Chez le C. cœcus Fab., le funiculo est grêle, avec ses articles 1-4 allon- 
gés, subégaux, noueux au bout, et 5-7 globuleux. Ce caractère coexistant avec 
des cuisses postérieures dépassant l'abdomen, une forme générale courte et 
ramassée, cet insecte est le type d'un genre particulier. 

(3) Chez le lapathi et les espèces tout a fait typiques, elles ne dépassent que 
de peu le bord postérieur du 4 e segment abdominal. Lorsqu'elles arrivent ù 
l'extrémité du 5 e et même un peu au-delà, en conservant leur forme, elles peu- 
vent encore être considérées comme étant a l'état normal. Mais il existe un 
petit groupo (Iriangularis, orthomasticus, stipulutor, aspericollis, geminus, 
cinclellus) quo Schœnherr a placé à la lin du genre, dans lequel los pattes sont 
notablement plus longues que de coutume dans toutes leurs parties, avec toutes 
les cuisses linéaires et les postérieures dépassant toujours, et parfois fortement 
l'abdomen, surtout chez les mâles. Schœnherr a même fini par placer une de 
ces espèces (Iriangularis) parmi les MACnoMEitus. Au caractère en question, ces 
insectes joignent une forme ramassée et naviculaire, une ligne élevée en forme 



CRYPT0RHYNCH1DES VRAIS. 123 

lui; jambes comprimées, droites ou peu s'en faut, onguiculées au 
bout, munies près de leur sommet, sur leur face externe, d'une 
bande de poils rigides, dirigés en dehors (1); tarses assez longs, 
spongieux en dessous, à articles 1-2 étroits, celui-là médiocrement 
allongé, 4 assez grand, ainsi que ses crochots. — Les trois segments 
intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés du 1 er par une suture 
droite (2) ; saillie intercoxale assez large, rétrécie et arrondie en avant. 
— Mésosternum en forme do gouttière, peu saillant. — Corps poly- 
morphe, au moins partiellement écailleux. 

A ces caractères, il faut encore ajouter quo les différences sexuelles 
no sont pas plus prononcées chez ces insectes que dans le commun 
des Curculionides. 

Epuré, conformément à la formule qui précède, le genre perdra 
environ le tiers des espèces qu'il contient en ce moment, mais n'en 
restera pas moins un des plus considérables de la Famille et des plus 
variés sous le rapport do la livrée. 11 est répandu dans toutes les 
parties chaudes et tempérées du globe ; mais l'Amérique en possède 
plus à elle seule que toutes les autres régions prises ensemble. 

COELOSTERNUS. 
Schoenii. Curcul. Disp. meth., p. 284. 

Schœnherr a composé ce genre de telle sorte qu'en comparant la 
définition qu'il en donne avec colle des CnYPTon.HYNr.Hus, on ne voit 
pas en quoi il diffère de ces derniers (3). 11 a par conséquent aussi 

do chevron, sur la tôle, etc., avec un abdomen normal. Ils constituent évidem- 
ment encore un type générique particulier. 

(1) Ces poils sont ordinairement d'un jaune brillant, beaucoup plus rarement 
noirs; ils sont assez sujets à manquer aux jambes antérieures. Quelque insigni- 
fiants qu'ils paraissent, ils constituent un bon caractère empirique pour re- 
connaître les vrais CbxMORHYHCHBS. En effet, ils sont surtout absents chez les 
espèces dont la présence dans le gonre choquo le plus les yeux (par ex. Iwr- 
ridus). 

(2) Dans un petit nombre de cas (pur ex. postularius), le 2" de ces segments 
esl notablement plus court que chacun des deux suivants. Mais comme il est 
séparé du l«r par une suture rectiligne et à l'état normal chez des espèces voi- 
sines (par ex. amictvs, albipes, etc.), co caractère no paraît pas générique. 
Légalité des segments en question est un des caractères les plus importants 
pour la classification du genre. Pour peu que le 1°'' d'entre eux s'allonge et que 
sa suture de séparation avec le segment basilaire devienne anguleuse, ces 
modifications sont accompagnées do changements notables dans le faciès et 
quelques-unes des parties du corps; voyez, par exemple, les C. Reichei, stigma, 
temnisentus, et une foule d'autres. 

(.*) S'il n'y avait compris que des espèces a massue antennairc très-allongée 
fit cylindrique, le genre serait parfaitement distinct des GRWTOBHTOOHM. Mais 
»ur les 40 qu'il décrit (Curcul. YUI, 1, p. 359), il n'y a que celles de sa pre- 



i 



124 ClinCLLIONIDES. 

besoin que ceux-ci d'être épuré. Partant de l'espèce (compernis) que 
SchœnheiT lui a assignée pour type, je n'y comprends que celles qui 
possèdont la réunion des caractères suivants : 

Mâles : Rostre allongé, do grosseur variable, en général peu ro- 
buste, déprimé, plus ou moins élargi à sa base et parfois à son ex- 
trémité; ses scrobes commençant dans son milieu, rectilignes. — 
Antennes médiocres, peu robustes ; scape en massue au bout, attei- 
gnant les yeux; funicule a articles 1-2 allongés, obconiques, 3-7 
arrondis, graduellement globuleux ; massue de la longueur du fu- 
nicule ou peu s'en faut, cylindrique, compacte, veloutée. — Yeux 
assez fortement granulés, très-grands, oblongo-ovales, transversaux, 
souvent faiblement séparés ou subcontigus en dessus. — Prothorax 
transversal, plus ou moins convexe, fortement arrondi sur les côtés, 
très-rétréci en avant, avec son bord antérieur saillant, muni de lobes 
oculaires assez prononcés, médiocrement bisinué à sa base.— Ecusson 
et élytres variables ; celles-ci débordant plus ou moins le prothorax, 
avec les épaules obtuses ou anguleuses.— Pattes longues, les antérieures 
plus grandes que les autres; cuisses sublinéaires ou médiocrement en 
massue, uni- ou bidentécs en dessous, les postérieures atteignant l'ex- 
trémité de l'abdomen ; jambes comprimées, les antérieures au moins 
un peu arquées, toutes mucronées au bout et munies sur leur face 
externe, à leur extrémité, d'une bande longitudinale de cils dirigés 
en dehors ; tarses spongieux en dessous, les antérieurs à articles 1-2 
parfois (par ex. eylindrieornis) allongés, déprimés et frangés sur leurs 
bords, 4 long ; ses crochets médiocres. — Les trois segments inter- 
médiaires de l'abdomen égaux, séparés du 1" par une suture droite. 
— Métastemum médiocrement long. — Mésosternum en forme de 
gouttière très-allongée (1). — Corps variable, écailleux. 

mière division, au nombre de 13, qui l'aient ainsi faite ; toutes les autres ont 
cette massue oblongo-ovale , beaucoup plus courte que le funicule, dont les 
articles se sont allongés; et comme ces espèces ont en même temps des pattes 
de longueur égale, il ne reste plus, pour les distinguer des Chyptomiynciius, 
que leur massue antennaire un peu plus forte. Or, il yaà cet égard, entre les 
deux genres, les passages les plus insensibles. La plupart des espèces dont il 
s'agit devront, à mon sens, être reportées parmi les CnYrToniiYNcmiS, et les 
autres constituer des genres nouveaux. On pourrait, par exemple, en établir 
un sur le dorsalis qui, à une l'orme toiit-à-fait insolite, réunit un 2 e segment 
abdominal plus court que ebacun des deux suivants; un autre sur le ddumbis 
dont les yeux sont étroits, verticaux, et dont le faciès est complètement celui 
d'un Gastehoceiicus, etc. 

(1) Chez toutes les espèces que j'ai sous les yeux, sauf le cylindriroslris, il 
affecte cette forme. Celui du cylindriroslris a, au contraire, celle d'un fer a 
cheval transversal et est très-saillant; ce caractère coexistant avec un faciès de 
G*stei\ocekcus et des tarses antérieurs plus larges chez le mule que chez aucune 
autre espèce, cet insecte doit former un genre distinct et être reporté près des 

GASTEtlOCEnCUS. 



\ 



CHTPTOBHYÏJCHIDES VIU1S. 12o 

Ainsi limité, le genre no comprend plus quo le tiers des espèces 
que Schœnherr y a introduites, celles qui composent sa première di- 
vision et qui sont toutes propres à l'Amérique. Mémo dans cet état, 
il est médiocrement homogène. Toutes celles qu'on a décrites, depuis 
Schœnherr, lui sont probablement étrangères (1). Quant à ses rapports 
avec les genres voisins, il ne peut plus être confondu qu'avec les 
Cylindiiocorynus, dont il ne se distingue que par ses antennes autre- 
ment faites. 

CYL1NDROCORYNUS. 
Schoenh. Curcul., IV, p. 231. 

Ce genre ne diffère essentiellement des Coelosternts, compris tels 
que je viens de les exposer, que par le caractère suivant : 

Antennes un peu plus longues et plus grêles; leur funicule à ar- 
ticles 1-3 allongés, 2 le plus long, 4-7 plus ou moins arrondis (2); 
massue beaucoup plus courte que le funicule, grêle, cylindrique, 
compacte et veloutée. 

Le rostre est grêle, allongé et pareil à celui du Cœloslernus com- 
pernis et espèces voisines ; les yeux sont grands et médiocrement 
séparés sur le front ; le prothorax régulièrement conique ou [denli- 
pes) légèrement rétréci en avant ; les élytres oblongo-naviculaircs ; 
les cuisses bidentées en dessous, particularités qui toutes se retrou- 
vent chez quelques Coelosternus et ne sont par conséquent pas dif- 
férentielles. 

Le genre ne comprend en ce moment qu'un petit nombre d'es- 
pèces (3) des régions intertropicales de l'Amérique du Sud. 

(1) C. albotessellatus, Lucas in Casteln. Voy. d. l'Amer, d. Sud; Entom. 
p. 173; Brésil. — apicalis, Bolicm. Voy. d. l'Eugénie; Entom. p. 141; même 
pays (Rio). — angulatus, rufescens, albotessellatus, unicolor, curtulus, rufi- 
eomis, suratus, utomarius, albilaterus, urgenteus, subfasciatus , plumbeus, 
brunneo-fascialus,tesseUatus, Motscli. Etud.cutom. Ann. VII, p. 73; Indes or. 

Les C. Panchezi, pictus, tuberculatus de la Nouvelle-Calédonie, décrits par 
M. Montrouzicr (Ann. d. 1. Soc. entom. 18G0, p. 890), paraissent être des 
CiupToruiYNCiius; son C. impressus (Ibld. p. 891) est, comme on l'a vu plus 
haut, lo type du genre Mechistocekus ; eulin son C. squamosus (ibid. p. 900) 
parait appartenir au genre Eutiiyriiinus. 

(2) Chez une espèce inédite de Colombie, assez répandue dans les collections, 
et remarquable par rallongement de son prothorai Irès-réguliéremcnt conique, 
les articles 1-5 du funicule sont tous allongés, avec le 2 e au moins trois fois 
plus grand que lo l' 1 ', de sorte qu'il n'en reste plus, avant la massue, que deux 
qui soient arrondis. 

(3) C. imaginarius, Brésil ; denlipes, Caycnnc, Colombie ; Scliœnh. loc. cit. 
p. 232. — Aj. : C. stellaris, Ericlis. Arcbiv, 1847, I, p. 133 ; Pérou. 



126 CURCUUOMDES. 

PEZICHUS. 

Waterh. Trans. of ihe eniom. Soc, Ser. 2, II, p. 193. 

Rostre assez long, médiocrement robuste, déprimé, parallèle, 
finement caréné à sa base en dessus, un peu arqué ; ses scrobes com- 
mençant vers son tiers antérieur, rectilignes. — Antennes longues, 
très-grêles ; scape graduellement en massue, atteignant les yeux ; 
funicule à articles I médiocre, obeonique, 2 trois fois plus long, 4-S 
aussi longs que 1, 6-7 courts, égaux; massue allongée, cylindrique, 
compacte, veloutée. — Yeux assez fortement granulés, grands, dépri- 
més, en triangle curviligne, transversaux. — Prothorax plus long que 
large, légèrement arrondi sur les côtés, rétréci en avant, avec son bord 
antérieur assez saillant, muni de lobes oculaires assez grands, légère- 
ment bisinuô à sa base. — Ecusson convexe, subglobuleux. — Elytres 
convexes, naviculaires, fortement rétrécios en arrière, notablement 
plus larges que le prothorax et coupées presque carrément à leur 
base, avec les épaules obliquement tronquées et un peu saillantes en 
avant. — Pattes très-longues , subégales , peu robustes ; cuisses 
linéaires, dentées en dessous, les postérieures dépassant un peu l'ab- 
domen ; jambes un peu comprimées, légèrement arquées à leur base, 
onguiculées au bout; tarses longs, à articles 1-2 grêles, celui-là très- 
allongé, 3 assez large, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — Les trois 
segments intermédiaires do l'abdomen égaux, séparés du I or par une 
suturo droite ; saillie intercoxalo large, parallèle, tronquée en avant. 
— Métasternum très-court. — Mésosternum en forme de gouttière très- 
allongée. — Corps oblongo-naviculaire, inégal, écailleux. 

Aucun genre du groupe actuel n'a des antennes aussi grêles quo 
celui-ci ; depuis la base du funicule jusqu'au sommet de la massue, 
elles vont en grossissant un peu ot avec la plus parfaite régularité. 
Ce caractère, réuni à la structure des pattes, rend le genre aisé à 
reconnaître. L'espèce (binotalus) décrite par M. Waterhouse, est de 
la taille des plus grands Coelosternus, d'un brun noirâtre, et pré- 
sente pour tout dessin uno petite tache oblique d'un blanc jaunâtre, 
située sur chaque élytre, près de la suture et presque dans le milieu 
do ces organes qui sont assez inégaux. Elle provient du nord de l'Aus- 
tralie (Moreton-Bay). 

MACROMERUS. 
Schoenii. Curcul. Disp. melh., p. 285. 

Mâles : Rostre allongé, peu robuste, légèrement élargi et épaissi à 
sa base, parallèle dans le reste do sa longueur, arqué; ses scrobes 
commençant dans son milieu, rectilignes. — Antennes médiocres, 
grêles ; scape graduellement en massue, restant à une plus ou moins 



cnYPTORHYNCHIDES VRAIS. 127 

grande distance des yeux; funicule à articles 1-2 allongés, obeoni- 
ques, de longueur relative variable, 3-4 de même forme, courts, 
5-7 subarrondis ; massue petite, oblongo-ovale, articulée. — Yeux 
très-grands, finement granulés, déprimés, ovales, transversaux, mé- 
diocrement séparés en dessus.— Prothorax transversal, plus ou moins 
déprimé â sa base, médiocrement convexe et finement caréné anté- 
rieurement, paraboliquemont arrondi sur les côtés, rétréci en avant, 
avoc son bord antérieur médiocrement saillant, pourvu do lobes ocu- 
laires faillies, largement échancré en arc, plus rarement bisinué ou 
tronqué à sa base. — Ecusson oblongo-ovale. — Elytres plus ou moins 
déprimées en avant, ovales ou elliptiques, sensiblement plus larges 
que le prothorax, avec les épaules calleuses ou obtuses. — Pattes plus 
ou moins longues, les antérieures beaucoup plus que les autres ; 
cuisses graduellement en massue, dentées en dessous, les postérieures 
dépassant l'abdomen; jambes grêles, les antérieures arquées, parfois 
flexuouscs et dcnticulées en dedans (crinilarsis), ou crochues à, leur 
extrémité (clavipes), toutes fortement onguiculées au bout ; tarses 
allongés, leurs articles 1-2 déprimés, larges, égaux et frangés sur 
leurs bords aux antérieurs, grêles, avec le 1" beaucoup plus long 
que le 2' aux quatro postérieurs, 4 long ; ses crochets médiocres. — 
2° segment abdominal aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1" par 
une suture arquéo ; saillie intercoxale large, rétrécie et arrondie en 
avant. — Métasternum très-court. — Mésosternum en forme do gout- 
tière, très-allongé. — Corps oblongo-ovale, écailleux. 

Femelles : Elles diffèrent des mâles uniquement par la structure de 
leurs pattes qui sont plus courtes ; les antérieures sont également al- 
longées, avec leurs tarses pareils à ceux des autres paires ; les cuisses 
postérieures dépassent moins fortement l'abdomen et ne sont même 
pas plus longues que lui, chez quelques espèces inédites, de taille 
médiocre. Dans ce dernier cas, les pattes antérieures ne sont guère plus 
grandes que les autres, et alors ces femelles ne so distinguent plus 
des Ciiyptorhynchus que par leurs yeux plus rapprochés en dessus, 
et la longueur relative du 2° segment abdominal. 

Ces insectes ont un faciès particulier qui ne se retrouve que dans 
le genre suivant. La plupart de leurs espèces (surtout chimaridis et 
crinilarsis) sont notablement au-dessus de la taille moyenne, les plus 
petites descendent à peine au-dessous. Elles sont médiocrement nom- 
breuses (1) et répandues depuis le Brésil jusqu'aux Antilles et au 
Mexique. 

(1) Schœnherr (Curcul. VIII, 1, p. 356) en énumère 10 espèces dont il faut 
retrancher lo (riangularis qui, ainsi que je l'ai dit plus haut (p. 122, note 3), 
me parait appartenir à un genre nouveau. Depuis, on n'a décrit que la sui- 
vante : M.nwnenius, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 133; Pérou. 



128 CURCULIOiMUES. 

CNEM ARGUS. 
Scuoekh. Curcul., IY, p. 191. 

Genre présentant les mômes caractères que les Macromerus qui 
précèdent, sauf les deux suivants : 

Yeux un peu plus petits et, par suite, plus séparés sur le front. 
— Pattes presque d'égale longueur dans les deux sexes, les anté- 
rieures un peu plus longues seulement que les autres ; cuisses posté- 
rieures de la longueur de l'abdomen ; jambes très-fortement compri- 
mées, larges, tranchantes en dehors, élargies au côté interne dans 
leur milieu, les antérieures un peu arquées à leur base. 

L'unique espèce [chamœlcon Fab.) du Brésil qui le constitue en ce 
moment, a complètement le faciès d'un Macromerus. Elle est de taille 
moyenne, et le ton général de sa livrée est d'un gris verdàtro plus 
ou moins rembruni en dessus ; chez quelques exemplaires, il existe, 
au sommet de la déclivité des élytres, une bande transversale, ondu- 
leuse, d'une nuance plus claire que le fond. 

Dans la plupart des collections, on trouvo associées à cet insecte 
quelques espèces inédites ; mais ce sont des Cryptorhynchus ou des 
genres nouveaux qui devront prendre place parmi ceux que j'ai dit 
plus haut devoir être démembrés de ces derniers. 

ENTELES. 
Schoenh. Curcul., IV, p. 269. 

Rostre allongé, médiocrement robuste, légèrement déprimé, paral- 
lèle, arqué ; ses scrobes commençant dans son milieu, rectilignes. — An- 
tennes médiocres, grêles ; scape graduellement en massue, atteignant 
les yeux ; funicule à articles 1 assez long, noueux au bout, 2 beaucoup 
plus grand, 3-4 obeoniques, plus courts, égaux, 5-6 très-courts, subar- 
rondis, 7 plus gros et subcontigu il la massue ; celle-ci médiocre, 
oblongo-ovale, obtuse au bout, articulée. — Yeux finement granu- 
lés, très-grands, déprimés, transversaux, atténués inférieurement, 
médiocrement séparés en dessus. — Prothorax transversal, réguliè- 
rement conique, légèrement sinué de chaque côté en avant, assez for- 
tement bisinuô, dans son milieu, à sa base. — Ecusson petit, poncti- 
forme. — Elytres convexes, régulièrement ovalaircs, à peine plus 
larges que le prothorax, fortement trisinuées à leur base, avec les 
épaules un peu saillantes en avant. — Pattes longues, assez robustes; 
cuisses médiocrement en massue, dentées en dessous ; jambes com- 
primées, tranchantes en dehors, un peu arquées, surtout les anté- 
rieures, obliquement arrondies et onguiculées à leur extrémité; tarses 
longs, spongieux en dessous, à articles 1-2 grôles, celui-là de beau- 
coup le plus long, 3 transversal, 4 long ; ses crochets médiocres et 



CRYPTOB.HYHCHIDES VOUS. 129 

grêles. — 2° segment abdominal aussi long que 3-4 réunis, séparé 
du 1 er par une fine suture arquée; saillie intercoxale large, arrondio 
en avant.— Métasternum excessivement court.— Mésosternum en forme 
de gouttière, allongé, saillant.— Corps ovoïde, partiellement pubescent. 
Genre propre à l'Australie et composé jusqu'ici d'une seulo espèce 
(Vigorsii Schh.) de taillo moyenne et remarquable par sa livrée. Ello 
consiste, sur un fond d'un noir assez brillant, en lignes étroites for- 
mées par des poils jaunes, lignes qui encadrent le prothorax de toutes 
parts et forment sur les élytres un réseau à grandes mailles. Le pre- 
mier est lisse, les secondes présentent des rangées régulières de points 
enfoncés superficiels, sauf à la base où ils sont assez profonds. 

Note. 
11 est probable que les trois genres suivants, qui me sont inconnus 
en nature, appartiennent au groupe actuel. J'ai cependant quelques 
doutes à cet égard pour lo premier d'entre eux. 

CATAPYCNUS. 
ScHCon. Curcul, IV, p. 39. 

Rostre presque du double plus long que la tète, infléchi, un peu 
élargi a sa base et à son extrémité ; celle-ci déprimée et échancnV «a 
demi-cercle ; ses scrobes linéaires, profondes, atteignant sa base en 
dessous. — Antennes insérées vers le milieu du rostre, assez courtes, 
peu robustes ; scape en massue, atteignant presque les yeux; funicule 
à articles i assez court et assez gros, obeonique, 3-4 allongés, noueux 
au bout, celui-là trois fois plus long, 3-7 courts, arrondis ; massue 
ovale, acuminée, quadriarticuléo. —Yeux latéraux, ovales, déprimés, 
acuminés inférieuroment. — Prothorax à peine plus court que large à 
sa base, médiocrement convexe, arrondi sur les côtés, brusquement ré- 
tréci en avant, un peu saillant et arrondi au milieu de son bord anté- 
rieur, muni do légers lobes oculaires, faiblement bisinué à sa base. — 
Ecusson arrondi en arrière. — Elytres très-convexes, surtout dans leur 
milieu, subgibbeuses, ovales, un peu plus larges a leur base que lo 
prothorax, avec les épaules obtusément anguleuses. — Pattes assez 
longues, subégales, robustes; cuisses sublinéaircs, faiblement épaissies 
dans leur milieu, dentées en dessous; jambes comprimées, assez lar- 
ges, presque droites, fortement onguiculées au bout; tarses médiocres, 
spongieux en dessous, à articles 3 plus large, profondément bilobé, 
4 robuste. — Corps ovale, convexe, à téguments solides, écailleux. 

Schœnherr en décrit deux espèces brésiliennes d'assez grando taille 
et très-voisines l'une de l'autre, sous les noms de granulosusct dono- 
dulosus (I). 11 dit le genre voisin des Cnemaugus. 

(1) On m'a communiqué de divers côtés, coinmo étant cette seconde espèce, 
Coléoptères. Tome Vil. 



130 Cl RCIU0N1DES. 

ALDONUS. 
A. White, Voy. ofthe Ereb. a. Terr.; Entom., p. 16. 

Antennes médiocres, à article 1 n'atteignant pas les yeux et gra- 
duellement en massue au bout ; f unicule de 7 articles : 1 allongé 
ainsi que 2, mais plus que ce dernier et fortement épaissi au bout, 
3-7 cupuliformes, grossissant pou à peu ; massue peu distincte du 
funicule, ovale, subacuminéo, indistinctement triarticulée. — Rostre 
assez long, non épaissi au bout, subparallèle; sillons antennaires 
commençant au-delà de son milieu et prolongés jusqu'aux yeux. — 
Prothorax unj>ou rétréci en avant, arrondi sur les côtés, avec un fort 
lobe de chaque côté de sa base qui est bisinuée dans son milieu, un 
peu déprimé en dessus. — Ecusson très-petit et enfoncé. — Elytros 
parallèles en grande partie, arrondies au bout et recouvrant le pygi- 
dium. — Pattes de longueur et de grosseur médiocres; cuisses un peu 
comprimées, fortement échancrées en dessous près de leur sommet. 
— Un large canal pectoral s'étendant jusqu'à la base des pattes inter- 
médiaires. 

Le type du genre est originaire do la Nouvelle-Zélande et de taille 
moyenne ; M. A. White le nomme hylobioides. Je soupçonne qu'il est 
voisin des Rhyxcooi;s et des Cvamodolis. 

RH1NOCHENUS. 
H. Lucas in Casteln. Voy. d. l'Amer, d. Sud; Entom., p. 171. 

Co que dit M. Lucas de ce genre se borne aux détails suivants : 
Antennes moins allongées et plus épaisses que celles des Crypto- 
Rhtochus ; leur massue courte, ovalaire. — Rostre court, aplati à. 
l'extrémité, dépassant à peine le thorax. — Yeux latéraux, déprimés, 
écartés, ovalaires. — Thorax à peine sinueux ;\ sa hase, arrondi sur 
les cotés, non étranglé antérieurement, ses lobes cachant presquo en- 
tièrement les yeux lorsque le rostre est replié. — Elytrcs courtes, 
moins ovalaires que celles des Cryptoriiynchus, moins convexes, à. 
épaules saillantes et moins ohtusément anguleuses. 

11 ajoute que le genre ressemble beaucoup aux Cryftorhynchus et 
vient se placer immédiatement à côté. L'espèce (sticticus) qui en 
forme le type, est assez petite et originaire de la province do Minas 
Geraes. 

un grand insecte du Brésil, d'un faciès fort remarquable, mais qui n'a rien do 
commun avec le genre actuel et n'est qu'uno espèce nouvelle du genre Chato- 

SOJIUSi 



.MÉCISTOSTVLiDKS. 131 

Groupe III. Méoiatostylidei. 

Antennes insérées au sommet du rostre chez les miles, plus en ar- 
rière chez les femelles; leur scape tantôt empiétant seulement sur les 
yeux, tantôt les dépassant fortement en arrière. — Prothorax non 
tranchant sur les côtés. — Un écusson parfois nul. — Epipleures des 
élytres verticales. — Métastcrnum de longueur variable; épisternums 
larges et parallèles (Protopalus excepté). 

Groupe confiné dans l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle- 
Calédonie, et dont les analogues n'existent nulle part ailleurs. Ses es- 
pèces ont un faciès qui leur est exclusivement propre et sont remar- 
quables par les différences prononcées qui existent entre les deux 
sexes et qui portent principalement sur le rostre, l'insertion des an- 
tennes et leur structure. Chez tous les Apostasimérides qui précèdent 
et qui suivent, le scape de ces organes atteint au maximum le bord 
antérieur des yeux et très-souvent en reste a quelque distance. Ici, 
même quand il est à son maximum de brièveté, il empiète au moins 
un peu sur eux. Lo plus souvent il les dépasse, et parfois (Meco- 
mastïx) devient plus long que le corps entier. Chez les mâles, les 
proportions relatives des artieles du funicule sont sans autre exemple 
dans la famillo ; chez les femelles, elles sont beaucoup moins anor- 
males. 

Schœnherr a publié depuis longtemps, sous le nom de PnoTor.vu s, 
un génie de ce groupe, mais sur le sexe femelle seulement. Dans ces 
dernières années, M. Montrouzier, qui en a découvert plusieurs es- 
pèces très-intéressantes, les a toutes comprises dans son genre Ano- 
moceiius, en quoi son opinion a été suivie par M. B. P. Perroud dans 
un travail récent (l); mais ce genre doit, à mon sens, en former trois 
bien distincts. Enfin il en existe dans les collections un dernier, iné- 
dit, auquel M. Jekel a imposé le nom de Mecistostïlus qui exprime 
très-bien l'un des principaux caractères do ces insoctes. Aussi est-ce 
à lui que j'ai cru devoir emprunter le nom du groupe. Celui-ci com- 
prend par conséquent déjà cinq genres, inconnaissables aux caractères 
suivants : 

I. Elytres débordant fortement le prothoraï ; leurs épaules très-saillantes, 

anguleuses : l'rotopalus. 

II. — débordant faiblement ou pas du tout lo prolliorax. 
a Ecusson nul : Ânomoccrus. 

au — distinct. 

(I) « Essai sur la Faune cntomologiiiue de Kanala (Nouvelle-Calédonie), n 
Ce travail, présenté a la Société Linnécune do Lyon, n'a pas encore paru dans 
les Annales de ce corps savant, au moment où j'écris. M. Perroud l'a publié à 
part dans «es « Mélanges cntomologiiuies, » dont il forme la 4° livraison. 



132 CLRCI'LIONIDES. 

Prothorax carré à sa base, brusquement rétréci en avant : Ilemi- 
deres. 

— asseï long, en cène régulier : Mecisloslylus. 

— très-long, conique, resserré avant son extrémité : Meco- 

nmstyx. 

PROTOPALUS. 
Scuoenu. Curcul., IV, p. 44 (1). 

Mâle : Rostre long, robuste, convexe, fusiforme, comprimé en 
avant, puis brusquement dilaté et obliquement tronqué au bout ; ses 
scrobcs commençant non loin de la bouche, fovéiformes, puis recti- 
lignes, peu profondes et atteignant les yeux. — Antennes subtermi- 
nales, plus longues que le corps ; scape atteignant la base du pro- 
thorax, arqué, renflé en une grosse massue conique au bout ; f uniculo 
à articles 1-2 presque aussi longs, pris ensemble, que le scape, 
1 flexueux, 2 ampullacé au bout, 3 obconique, plus long que les sui- 
vants, 4-6 courts, subturbinés, 7 cylindrique, transversal, contigu ît 
la massue ; celle-ci relativement petite, oblongo-ovale, compacte, mu- 
nie d'un faisceau de poils au côté interne. — Yeux grands, déprimés, 
transversaux, finement granulés. — Prothorax aussi long que large, 
conique, muni antérieurement d'un profond sillon circulaire, avec 
son bord antérieur coupé obliquement de chaque côté, sans lobes 
oculaires, bisinué à sa base ; canal prosternai large et peu profond ; 
ses bords latéraux minces et tranchants. — Ecusson rhomboïdal. — 
Elytres très-convexes, naviculaires, comprimées et planes latérale- 
ment, ayant la suture comprimée et saillante dans son milieu, sen- 
siblement plus larges que le prothorax et légèrement trisinuées à leur 
base, avec les épaules anguleuses et saillantes en dehors. — Pattes 
longues, les antérieures beaucoup plus que les autres ; cuisses sub- 
linéaires, à peine dentées en dessous ; jambes comprimées, droites, 
onguiculées, avec leur angle interne fascicule ; tarses médiocres, spon- 
gieux en dessous, assez larges, à articles 1 allongé, 3 transversal, 
4 assez long, ainsi que ses crochels. — 2 e segment abdominal presque 
aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1 er par une suture droite; 
saillie intercoxale large, subogivale. — Métasternum très-court; ses 
épistemums étroits, linéaires. — Mésosternum en fer à cheval. — 
Corps oblongo-naviculaire, écailleux et pubescent. 

Femelle : Elle est plus grande, plus massivo que le màlc et s'en 
distingue par les caractères suivants : Rostre plus court, un peu 
déprimé, parallèle, convexe et finement caréné en dessus dans plus 
des trois quarts de sa longueur, un peu dilaté, formant une plaque 
carrée, et aplani à son extrémité ; ses scrobcs commençant un peu 

(1) Syu. llïrsoi'uoiius, Dej, Cat. éd. 3, p. 31G. — CiiïrioiuiYKcnus Boisduv. 



MtfCISTOSTYUDRS. 133 

moins on avant que chez le maie. — Antennes de la longueur de la 
moitié du corps ; scape droit, graduellement en massue, empiétant 
un peu sur les yeux ; funicule hérissé de longs poils, à articles obeo- 
niques : 1-2 allongés, égaux, 3-4 un peu plus courts, 5-6 décroissant 
encoro, 7 confondu avec la massue ; celle-ci assez distinctement arti- 
culée. — Prothorax moins allongé et moins régulièrement conique. 
— Pattes plus courtes, mais conservant à peu près les mômes propor- 
tions relatives. 

Le type du genre (1) est un insecte de l'Australie, égalant presque, 
sous le rapport de la taille, les Ciutosomus de seconde grandeur, mais 
sujet à devenir beaucoup plus petit (2). Sa livrée est d'un noir bru- 
nâtre sale plus ou moins varié de mouchetures jaunâtres, et il est 
couvert partout d'écaillés en partie redressées. Son prothorax très- 
rugueux est muni en avant d'une carène tranchante. Celle que forme 
la suturo des élytres dans son milieu est fortement fasciculée chez les 
grands exemplaires. Ces organes sont assez profondément striés sur 
les cotés et légèrement dans lo voisinage do la suture. 

Co bel insecte est très-rare dans les collections, surtout le mâle. 
M. Boisduval et Schœnherr n'ayant pas connu ce sexe, n'ont pas pu 
avoir une idée exacte du genre. M. Waterhouse en a décrit, d'après 
un exemplaire femello, uno seconde espèce (3) du nord de l'Australie 
dont on no pourra juger que lorsque le maie sera découvert. 

ANOMOCERUS. 
Momthouz. Ann. d. I. Soc. entom., 1860, p. 898 (4). 

Mâle : Tète arrondie, peu saillante ; rostre droit, robuste, séparé 
du front par une dépression transversale bien marquée, convexe à sa 
base, nettement quadrangulaire, graduellement rétréci dans sa moitié 
basilaire, parallèle en avant, légèrement convexe et finement caréné 

(1) P. Stephensii, Schœnh. loc. cit. p. 45; mais décrit antérieurement par 
M. Boisduval (Faune do l'Océan. II, p. 428) sous le nom de Cryptorhynchus 
dromedarius. Il devra reprendre, par conséquent, ce dernier nom spécifique que 
Schœnherr a changé tout en le citant. 

(2) M. Waterhouse m'en a communiqué un exemplaire femelle ayant à peino 
le quart de la grandeur d'un autre du même sexe qui fait partio de la riche 
collection do M. lo comte Mniszcch. 

(3) P. Schœnherri, Waterh. Trans. of tlie entom. Soc. Scr. 2, II, p. 192. 
Cet insecte, que j'ai sous les yeux, diffère du Stephensii en ce que le 2 e articla 
de son funicule antennaire est près do trois fois aussi long quo le 1", et que le 
funicule entier est glabre. Il formo dés lois une section particulière dans le 
genre, comme le dit M. Waterhouse. 

(4) Il y avait déjà dans la famille des Nitidulaircs un genre Anomoeoceba 
établi par M. Schuckard, mais il est synonyme des Cercus; voyez Tome II, 
p. 291. 



134 cuncunoNiDES. 

en dessus (1); ses scrobes complètes en avant, rectilignes et attei- 
gnant les yeux. — Antennes terminales, leur scape droit, en massue 
allongée au bout, dépassant à peine le bord postérieur des yeux ; 
funicule à articles i relativement médiocre, noueux au bout, 2 trois 
fois plus long que lui, 3 n'ayant que le quart de sa longueur, 4-7 ob- 
coniques, décroissant graduellement; massue plus courte qu'eux, 
allongée, oblongo-ovale, acuminée au bout, faiblement articulée. — 
Yeux assez fortement granulés, grands, légèrement convexes, subré- 
niformes, transversaux. — Prothorax presque aussi long que large, 
peu et régulièrement convexe, droit sur les côtés, brusquement, très- 
fortement et brièvement rétréci en avant, avec son bord antérieur 
médiocrement saillant et ses lobes oculaires très-faibles et anguleux, 
à peine bisinué au milieu de sa base. — Ecusson nul. — Elytres 
assez courtes, médiocrement convoxes dans leur milieu, parallèles 
dans les deux tiers do leur longueur, fortement rétrécies et obtuses 
au bout en arrière. — Pattes assez robustes, les antérieures plus 
longues que les autres ; cuisses en massue, triangulairement den- 
tées en dessous, les postérieures dépassant un peu l'abdomen ; 
jambes comprimées, arquées à leur base, onguiculées au bout; 
tarses assez longs, spongieux en dessous, à articles 1-2 assez étroits, 
celui-là allongé, 4 long, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdo- 
minal aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 1" par 
uno suture arquïie; saillie inlercoxale large, subanguleuse en 
avant. — Métasternum excessivement court ; ses épisternums assez 
larges et parallèles. — Mésosternum saillant, en fer à cheval al- 
longé. — Corps massif, oblongo-ovale, très-finement et densément 
écailleux. 

Femelle: Do moitié plus petite que le mâle. —Rostre continu avec 
le front, dilaté, caréné en dessus, et graduellement rétréci dans sa 
moitié basilairo, arrondi et un peu déprimé en avant; ses scrobes 
commençant vers son tiers antérieur, invisibles sur les côtés en 
arrière. — Antennes antérieures (2); scape empiétant légèrement sur 
les yeux ; les articles do leur funicule dans les mômes proportions 
que chez les mâles. — Pattes antérieures pas plus longues que les 
autres. 

Ce genre ne contient que la première (Coquereli) des deux espèces 
qu'y avait comprises M. Montrouzier. Chez les exemplaires intacts, le 

(1) Au repos, il remplit exactement le canal prosternai et ne dépasse pas ses 
liords latéraux. Il en est de mémo dans los deux genres suivants. 
^ (2) M. Montrouzier dit que leur insertion est la même dans los deux sexes, 
c'est à-diic, ajoute-t-il, au coin de la bouche; d'où il faut conclure qu'il n'a 
pas reconnu la femelle. Sa description de l'espèce me semble également avoir 
été faite d'après dos exemplaires dont la livrco n'était pas dans toute sa fraî- 
cheur. 



Mlir.ISTOSTYT.IDF.S. 135 

fond do la livrée, sur tout le corps, y compris lo rostre, est d'un jaune 
nankin plus ou moins foncé. Le pvothorax présente une fine ligne 
blanche sur la ligno médiane et de six à dix très-petits points de la 
même couleur, très-distants les uns des autres. Les élytres en ont de 
pareils, mais plus gros, disposés en rangées longitudinales et qui 
aboutissent au-delà du milieu à une tache de môme couleur, occu- 
pant l'extrémité de ces organes et enclosant une grande tache trian- 
gulaire d'un brun ferrugineux ; en avant de cette tache, chaque 
élytro est ornée de quatre courtes bandes de la même nuance, longi- 
tudinales et accouplées deux à deux. Cette livrée est très-sujette à 
varier, surtout chez les femelles ; tous les exemplaires que j'ai vus 
de ce sexe étaient grisâtres et présentaient à peine quelques traces 
du dessin normal. Le prothorax est très-finement pointillé et des 
rangées régulières de points un peu plus apparents se voient sur les 
élytres. 

Cet insecte est d'assez grande taillo et, selon M. Montrouzier, très- 
commun à Lifu, l'une des îles de l'Archipel do la Nouvelle-Calédonie. 
J'en ai vu un grand nombre d'exemplaires, 

IIEM1DERES (1). 

Mâle : Tête et rostre des Ajuomogihos du même sexe; lo dernier 
seulement continu avec le front, plan à sa base et formant dans sa 
moitié basilaire une ellipse très allongée. — Scape des antennes attei- 
gnant le milieu du prothorax, un peu flexueux, brusquement en 
massue au bout ; celle-ci arquée, en cône allongé ; funiculo à articles 
t -2 très-allongés, égaux, celui-là arqué et noueux au bout, 3-7 très- 
courts, très-serrés, transversaux, sauf 3, pas plus longs, pris ensemble, 
que la massue ; celle-ci grêle, cylindrique, compacte et veloutée. — 
Yeux assez finement granulés, grands, déprimés, en triangle curvili- 
gne. — Prothorax fortement transversal, convexe, droit et tranchant 
sur les côtés dans sa moitié basilaire, très-fortement rétréci et coni- 
que, en avant, muni d'un sillon circulaire à quelque distance de son 
bord antérieur qui est assez saillant dans son milieu, muni de lobes 
oculaires à peiné distincts, coupé carrément à sa base, avec un lobe 
médian faible et assez étroit. — Ecusson petit, subarrondi. — Elytres 
obloiigo-ovales, convexes au-delà de leur milieu, subparallèlcs dans 
leurs deux tiers antérieurs, graduellement rétrécics et obtusément 
arrondies en arrière, pas plus larges que le prothorax et. tronquées à 
leur base. — Pattes peu robustes, les antérieures beaucoup plus lon- 
gues que les autres; cuisses linéaires, subcylindriques, finement den- 
l'is en dessous; jambes un peu arquées à leur base, puis droites et 
onguiculées au bout ; tarses des Anomoceuus. — 2° segment abdo- 

(1) Syn. AsoHOCHROBj Monlrouz, Ann. cl. l.Soc. entom. 18C0, p. 899. 



1 3G runcunoNiDEs. 

minai notablement plus long que 3-4 réunis, séparé du 1" par une 
suture anguleuse; saillie intercoxalo allongée, ogivale. — Le surplus 
comme chez les Anomocebus. 

Femelle : Elle est beaucoup plus petite que le mâlo et en diffère 
par les caractères suivants : Rostre plus court, arqué, déprimé et caréné 
en dessus à sa base, cylindrique dans le reste de son étendue ; ses 
scrobes commençant un peu en deçà do son milieu. — Antennes 
submédianes; leur scape droit, graduellement en massue, atteignant 
le bord antérieur des yeux; funicule à articles 1-7 conservant les 
mêmes proportions relatives que chez le mâle, mais les deux 1 ers beau- 
coup plus courts et droits; massue aussi longue que le funicule. — 
Pattes antérieures pas plus longues que les autres. 

Le type du genre est YAnomocerus Lucasi de M. Montrouzier, in- 
secte, comme on peut le voir par la formule qui précède, trop diffé- 
rent de l'An. Coquereli pour pouvoir lui rester associé générique- 
ment. Il est de moitié plus petit que ce dernier et d'un grisâtre varié 
de blanc plus ou moins pur; cette dernière couleur envahit la ma- 
jeure partie du prothorax, surtout sur les côtés. Ce dernier est cou- 
vert, ainsi que les élytres, de dépressions irrégulières peu profondes; 
la convexité de ces dernières est comprimée et chacune d'elles est 
munie, près de son extrémité, d'un tubercule plus ou moins fascicule ; 
les points enfoncés disposés en séries régulières, qui constituent leur 
sculpture, renferment chacun une potite écaillo blanche arrondie (t). 
La patrie de cet insecte est également la Nouvelle-Calédonie (2). 

MECISTOSTYLUS Jckel. 

J'ai sous les yeux deux exemplaires mâles de l'espèce sur laquelle 
a été fondé ce genre inédit. Il est voisin du précédent et no s'en dis- 
tingue que par les points suivants : 

Mâle : Scape des antennes presque droit, graduellement en mas- 
sue, dépassant médiocrement les yeux. — Prothorax en cône allongé, 
déprimé, redressé en avant, un peu irrégulier sur les côtés, avec son 
bord antérieur très-saillant et recouvrant presque en entier la tête, 

(1) M. Montrouzier en signale une variété que j'ai sous les yeux. Elle est plus 
petite que les exemplaires normaux et variée de gris ou de roux formant un 
dessin nuageux, avec deux taches d'un noir velouté au milieu do la base du pro- 
thorax, taches à peine distinctes ou ell'acécs chez les individus typiques. Je croij 
également qu'il n'y a pas lieu d'en faire une espèce distincte. 

(2) D'après une note de M. Montrouzier envoyéo à M. Pcrrond (Mélang. cn- 
tom. iV, p. t.37), il en existerait dans ce pays une seconde espèce différant de 
la précédente par sa taille constamment moindre, sa forme plus élancée, son 
prolhorax proportionnellement plus long et plus élevé au-dessus des élytrcs> 
eulln ses couleurs plus foncées. M. Montrouzier la nommo Anom. erectus. 



MÉCISTOSTYUDES. 137 

sans lobes oculaires, assez fortement bisinué à sa base. — Patles plus 
courtes, les antérieures relativement moins longues. 

Les autres caractères génériques sont absolument semblables, mais 
ceux qui précèdent me paraissent très-suffisants pour séparer le genre 
des Hemideïies. L'insecte qui en constitue le type est originaire de 
la Nouvelle-Zélande et a été dédié par M, Jekel à M. Doué (1), qui a 
bien voulu me le communiquer, 

MECOMASTYX (2). 

Mâle : Tôte transversalement convexe, impressionnée entre les 
yeux; rostre presque droit, rétréci ù sa base, puis élargi et graduelle- 
ment rétréci jusqu'à peu de distance de son extrémité qui est élargie 
do nouveau et déprimée, convexe et obtusément caréné dans toute sa 
longueur; ses scrobes commençant à peu de distance de son extré- 
mité, rectilignes et atteignant les yeux. — Antennes subterminales ; 
scape au moins de la longueur du corps (3), plus ou moins flexueux 
il sa base, puis droit et à peine en massue au bout; funiculo à arti- 
cles 1 de la longueur du scape, 2 n'ayant que le 6° de la longueur 
du précédent, 3-7 extrêmement courts, transversaux, serrés, de moi- 
tié moins longs, pris ensemble, que la massue ; celle-ci grêle, cylin- 
drique, compacte, veloutée. — Yeux finement granulés, grands, dé- 
primés, en triangle curviligne. — Prothorax beaucoup plus long que 
large, en cône très-allongé, élargi et redressé en avant, avec son bord 
antérieur très-saillant, muni latéralement de lobes oculaires assez 
grands et anguleux, légèrement bisinué à sa base. — Ecusson subar- 
rondi. — Elytres convexes, oblongues, parallèles dans les trois quarts 
de leur longueur, un peu plus larges quo le prothorax et trisinuées à 
leur base, avec les épaules calleuses. — Pattes longues, les antérieures 
un peu plus que les autres, pareilles, du reste, ainsi que le surplus 
des autres caractères, à celles des Hemideres. 

Femelle : Rostre médiocre, arqué, déprimé et caréné en dessus a 

(t) M. Douei. Oblongus, dense squamosus, fusco umbrinoque variegatus, scu- 
tello albo; protboracc vage longitudinuliter impresso; elytris punctato-striatis, 
interslitiis 2, 3, 5 a sutura costatis, intenuptis, omnibus ante apicem tuber- 
culalis. Long. 9-11 inillim. 

(2) Syn. Anomocerus, Perroud, Mélang. entom. IV, p. 138. 

(3) Il varie beaucoup sous ce rapport. Sur neuf exemplaires maies que j'ai 
sous les yeux et dont la taille dilïère a peine, il y en a trois chez lesquels il at- 
teint jusqu'à 5 1/2 centimètres de long, ou quatre- fois la longueur du corps; 
chez deux autreî, il n'a guèro qu'un centimètre de long. Entre ces deux ex- 
trêmes, tous les passages existent. Cbcz plusieurs de ces exemplaires, il se 
renfle à quelque distance de sa base et devient fusiforme, mais en général il 
est régulièrement cylindrique 



138 c.i'nr.u.ioxinF.s. 

sa base, cylindrique dans le reste do sa longueur; ses scrobcs com- 
mençant vers son milieu. — Antennes médianes; scape droit, eu 
massue au bout, empiétant à peine sur les yeux ; funiculo à articles 

1 beaucoup plus court que 2; massue aussi longue que lo funicule 

Le surplus comme chez les mâles. 

La famille ne contient pas de genre dans lequol les antennes et 
leur seape en particulier atteignent la longueur démesurée qu'elles 
ont dans celui-ci chez les maies. 11 est remarquable en môme temps 
que les proportions relatives des deux premiers articles de leur funi- 
cule soient aussi différentes dans les deux sexes. Si l'on ajoute à ces 
deux caractères la forme du prothorax qui ressemble à celui des 
Gnoma de la famille des Longicornes, il est manifeste que le genre 
est un des plus distincts et des plus remarquables qui existent parmi 
les Curculionides. 

L'espèce (1) sur laquelle il est établi est presque aussi grande que 
Y Anomoccrus Coquereli, mais beaucoup plus étroite que ce dernier 
et d'un faciès très-différent. 

GROUPE IV. Sympiézoscélides. 

Antennes insérées d'une manière variable sur le rostre, au plus 
médianes; leur scape n'empiétant pas sur les yeux. — Prothorax 
non tranchant sur les côtés. — Ecusson nul ou distinct. — Epipleu- 
res des élytres verticales. — Cuisses fortement comprimées et très- 
larges. — Métastcrnum variable, ainsi que ses épipleures. 

Co groupe a pour type un genro singulier, établi par M. Watcr- 
house dans ces dernières années, et qui, à des antennes insérées a la 
base du rostre, réunit un faciès d'ULoiu et des pattes qui ressemblent 
à celles de quelques Scolytides. Je lui associe le genre Cnemecoemis 
de Schœnherr qui possède des pattes analogues, mais, qui pour le 
surplus, présente les caractères essentiels des Tylodides. Peut-être 

(1) Anom. Montravelii (Monlrouz.), Perroud, loc. cit. pi. 1, f. 8 et 8°. Cetto 
figuro a été dessinée d'après un exemplaire màlc en grande parlie défloré et 
dont le scape des antennes avait à peine la moitié du développement qu'il est 
susceptible d'acquérir. La diagnose suivante, rédigée d'après des exemplaires 
parfaitement intacts, complétera la description que M. Perroud donne do l'es- 
pèce : « Oblcngus, subtus cum capito albo vol silaccosquamosus, prolliorace 
lœvi lateribus albo-bilineato, elytris striato-punctatis, interstitiis subcostatis 
remote et obtuse tnbcrculatis, longitudinalitcr dense albo-lincatis, lineis irre- 
gulariter interruptis. Long, (rostro excl.) 14-1G millim. » 

M. Montrouzier (loc. cit.) indique cet insecte comme très-rare à la Nouvelle- 
Calédonie. Il parait, au contraire, très-commun dans l'île de Mare, qui fait par- 
tio du même archipel, et où les treize exemplaires quo j'ai sous les yeux ont 
été recueillis par M. Eloin, ingénieur belge cliargé d'une mission dans ces pa- 
rages. 



SYMP1ÉZ0SCÉLIDES. 139 

serait-il mieux placé parmi ces derniers et dans le voisinago des 
M.kmactes. Ces insectes, d'après leur faciès, sont sans aucun douta 
épigés. 

I. Antennes insérées à la baso du rostre : Sympiezoscehts. 

II. au milieu — ; Cnemecœlus. 

SYMPIEZOSCELUS. 
Wateiui. Trans. ofthe entom. Soc. Ser. 2, II, p. 203. 

Rostre médiocre, grêle, angulaircment dilaté prés des yeux, dé- 
primé, arrondi et parallèle dans le reste do son étendue ; ses scrobes 
basilaires, très-courtes, recouvertes par la dilatation de sa base, rectili- 
gnes, très-élargies et fovéiformes en arrière. — Antennes subbasilai- 
res, courtes, assez robustes; scape fortement en massue et déprimé; 
funiculo à articles 1-2 allongés, subégaux, celui-là un peu plus gros 
et obeonique, 3-7 très-courts, subarrondis; massue grosse, ciliée, 
globoso-ovale, articulée. — Yeux assez finement granulés, grands, 
déprimés, brièvement ovales, transversaux. — Prothorax aussi long 
que largo, peu convexe, légèrement arrondi sur les cotés, brièvement 
tubuleux en avant, avec son bord antérieur largement mais peu sail- 
lant, sans lobes oculaires, largement échancré à sa baso. — Ecusson 
oblong. — Elytres médiocrement convexes, oblongues, parallèles, 
largement arrondies en arrière. — Pattes r-ourtes, fortement compri- 
mées; cuisses très-larges, surtout les antérieures, oblongo-ovales, 
inermes; jambes assez larges, arquées à leur baso, puis droites, tran- 
chantes en dehors, avec leur angle terminal externe dentiforme, for- 
tement onguiculées au bout; tarses courts, étroits, à articles 1-2 en 
cône renversé, celui-là un peu allongé, 3 un peu plus large que 2, 
seul spongieux en dessous, 4 assez long, ainsi que ses crochets. — 
2 e segment abdominal presque aussi long que 3-4 réunis, séparé du 
1 er par uno suture légèrement arquée ; saillie intercoxale large, paral- 
lèle, subarrondie en avant. — Métasternum do longueur moyenne ; 
ses epistermims assez étroits. — Mésosternum plan, en forme de 
fourche. — Corps oblong, glabre. 

Genre établi sur une espèce {Spencei Waterh.) originaire de l'Aus- 
tralie ou do la Nouvelle-Zélande (1), mais plus probablement de ce 
dernier pays. On ne peut mieux la comparer qu'à une Dloma de taille 
moyenne et do forme parallèle. Comme la plupart des espèces de 
ce genre, elle est d'un brun marron brillant et couverte partout de 
points enfoncés médiocres et superficiels; ses élytres sont fortc- 

(1) L'exemplaire qui a servi à M. Waterhouse, ot qu'il a eu l'obligeance île 
me communiquer, faisait partie d'une collection dans laquelle so trouvaient 
confondus sans ordre des insectes de ces deux pays. 



140 CUIICULIONIDES. 

ment striées-ponctuées, avec les intervalles entre les stries un peu 
relevés, comme chea les Ulojia en général, 

CNEMECOELUS. 
Schoenh. Curcitl., IV, p. 274. 

Rostre du double à peine plus long que la tête, parallèle, déprimé, 
arqué et finement caréné en dessus ; ses scrobes commençant dans 
son miliou, inférieures et invisibles sur les côtés. — Antennes assez 
courtes, médiocrement robustes ; scape en cône renversé, atteignant 
les yeux; funicule à articles t-2 obeoniques, allongés, 3-7 très-courts, 
serrés, grossissant peu à peu; massue petite, ovale, faiblement arti- 
culée, obtuso au bout, — • Yeux médiocres, ovales, transversaux, dé- 
primés. — Prothorax aussi long que large, médiocrement convexe, 
assez fortement ot régulièrement arrondi latéralement, avec son bord 
antérieur largement saillant, siriuô sur les côtés et sans lobes ocu- 
laires, tronqué à sa base ; prosternum largement et profondément 
canaliculé ; le canal à bords tranchants et limité au niveau du bord 
postérieur des hanches do devant par le môsosternum.— Ecusson nul. 
— Elytres régulièrement oblongo-ovales, un pou plus larges que le 
prothorax et tronquées à leur base, avec les épaules un peu saillantes 
en avant. — Pattes courtes, robustes, comprimées; cuisses très-fortes, 
surtout les antérieures, graduellement en massue, arquées en dessus, 
canaliculées en dessous; jambes larges, tranchantos en dehors, arquées 
à leur base, tronquées et onguiculées au bout; tarses courts, subli- 
néaires, villeux en dessous, à articles 3 à peine plus large que 2, 4 
très-grôle, ainsi que ses crochets. — 2 e segment abdominal presque 
aussi long que 3-4 réunis, soudé au 1 er et séparé de lui par une fine 
suture presque droite; saillie intercoxalc large, subogivalo. — Méta- 
sternum très-court; ses épisternums très-étroits. — Mésosternum en 
forme de voûte. — Corps oblongo-ovale, glabre. 

Genre composé primitivement de deux espèces du Chili : l'une 
décrite par Schœnhcrr sous le nom de -punclicollis, l'autre publiéo, 
depuis, par M. Blanchard, sous celui de cribraticollis (1). Elles sont 
très-voisines l'une de l'autre et ressemblent, au premier coup-d'œil, 
à des Baiudius. Leur livrée est d'un noir profond presquo mat, et 
toutes deux sont criblées, tant en dessus qu'en dessous, d'assez gros 
points enfoncés, avec les élytres striées. 

(1) In Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, p. 403, Col. pi. 25, i. 7 a-d. — Aj. : 
C. brevis, valdivianus, valparadisiacus, Philippi, Steltin. entom. Zeit. 1864, 
p. 371. 



HïfiOMOnPHlDHS. 1 4 1 

Groupe V. Hybomorphide». 

Antennes insérées loin de la base du rostre; leur scape atteignant 
à peine les yeux. — Prothorax tranchant sur les côtés. — Point d'é- 
cusson. — Epipleurcs dos ôlytres horizontales. — Cuisses de forme 
normale. — Métasternum extrêmement court ; ses épisternums très- 
étroits. 

Groupe le plus aberrant de tous les Cryptorhynchides. Ses deux 
caractères essentiels résidont dans la vive arête qui, de chaque côté, 
sépare le pronotum des flancs du prothorax, ensuite dans les épipleu- 
res des élytres qui forment un repli horizontal très-large et concave 
à la partie antérieure de ces organes, puis graduellement rétréci en 
arrière A ces deux particularités il en réunit plusieurs autres qui 
ressortiront suffisamment de la formule de l'unique genre qui le 
compose. 

HYBOMORPHUS. 

Saund. et Jkkf.i,, Ann. d. I, Soc. enlom. 1855, p. 301. 

Tète petite, arrondie; rostre assez long, robuste, cylindrique, un peu 
déprimé et à peine arqué; ses scrobes commençant vers son tiers an- 
térieur, obliques, rapidement inférieures et évasées en arrière. — 
Antennes médiocres, assez robustes; scape en massuo au bout; funi- 
cule à articles 1 allongé, obeonique, 2 de mémo forme, beaucoup 
plus court, 3-7 subarrondis, 7 plus gros; massue médiocre, ovale, arti- 
culée. — Yeux fortement granulés, médiocres, subdéprimés, subréni- 
formes, transversaux. — Prothorax transversal, régulièrement convexe, 
rétréci en avant, arrondi et tranchant sur les côtés, a ouverture anté- 
rieure petite et faiblement sinuéo sur les côtés, largement et assez 
fortement arrondi à sa base; prosternum assez profondément canali- 
culé; le canal à bords arrondis, aplani, enfoui et trôs-rétréci entre 
les hanches antérieures. — Elytres convexes, ovales, tranchantes sur 
leurs bords latéraux, pas plus larges que le prothorax et largement 
éohanorées à leur base, avec les épaules nulles. — Pattes médiocres, 
robustes; hanches antérieures très-grosses, brièvement coniques; 
cuisses comprimées, graduellement élargies; jambes droites, arron- 
dies, aplanies en dehors, dilatées à leur extrémité et brièvement 
mucronées; leurs corbeilles transversalement concaves, à peino ca- 
verneuses ; tarses courts, étroits, imparfaitement spongieux en des- 
sous, à articles 1-2 fortement rétrécis il leur base, celui-là plus long 
et arqué, 3 suborbiculaire, 4 long, ses crochets médiocres, grêles. 
— 2° segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réunis, séparé 
du 1" par une suture fortement anguleuse; celui-ci muni au milieu 
de son bord postérieur d'un gros tubercule triangulaire et tronqué; 
saillie intercoxalo très-largo, parallèle, tronquée en avant. — Mésostci'- 



142 cuncuuomDES. 

num vertical, puis recourbé on arrière, le canal large, à bords épais, 
fermé postérieurement. — Corps ovale, glabre. 

Le singulier insecte (melanosoirms S. et J.) qui constitue l'unique 
espèce du genre, est de grande taille et originaire des Nouvelles- 
Hébrides (Polynésie). Au premier coup-d'œil, on le prendrait plutôt 
pour un Ténébrionide du genre Erqdius quo pour un Curculionide. 
Il est en entier d'un noir pou brillant, finement pointillé sur le pro- 
thorax, et ses élytres présentent pour toute sculpture quelques vagues 
sillons mal limités. J'ai sous les yeux les deux sexes : la femelle a le, 
rostre plus loug que le mâle, mais, pour le surplus, lui ressemble 
complètement. 

TRIBU LXIII. 

ZYGOPIDES. 

Tète globuleuse ou obtusément conique, découverte et plus ou 
moins saillante ; rostre plus ou moins long, do forme variable, mais 
jamais en entier cylindrique, le plus souvent déprimé, avec sa base 
élargie et carénée en dessus ; ses scrobes gagnant rapidement sa face 
inférieure et visibles en avant seulement sur les cùtés. — Antennes 
au moins médiocres, leur funicule de sept, rarement de six arti- 
cles. — Yeux très-finement granulés, complètement découverts quand 
le rostre est au repos, occupant le plus souvent la majeure partie de 
la tète et contigus ou faiblement séparés sur le front. — Prothorax 
coupé carrément ou sinué en avant, rarement muni de faibles lobes 
oculaires ; prosternum le plus souvent canaliculé. — Un écusson 
(AiiAf.iiNOPis excepté). — Elytres recouvrant ou non le pygidium. — 
Hanches antérieures grosses, subglobuleuses, saillantes; jambes on- 
guiculées au bout; les deux 1 e " articles des tarses eu général non ou 
imparfaitement spongieux en dessous (I); crochets simples. — Les 
trois segments intermédiaires de l'abdomen souvent arqués à leurs 
extrémités, de longueur relative variable; saillie intcrcoxale large, 
parallèle et tronquée en avant (Cratosomus excepté). — Epimères 
mésothoraciques parfois ascendantes ou subascendantes. — Corps de 
forme variable. 

Parmi les nombreux genres que Schœnherr a compris dans ses 
Cryptorhynchides, il en est un certain nombre qui se font remarquer 
par leurs yeux en entier découverts, même lorsque le rostre estcomplé- 
tement contracté, fait d'autant plus digne d'attention que ces organes 
sout toujours très-grands. Il tient d'abord à ce que la tète, qui est plus 
ou moins saillante, ne peut pas rentrer dans l'intérieur du prothorax 
qui l'embrasse étroitement, puis à ce que le bord antérieur de ce der- 

(1) Les exceptions à cet égard sont très-peu nombreuses et ne s'observent 
(lue chez quelques Cratosomus et Pinarus, ainsi que cher les Araciikopus. 



ZÏG0P1DES. 143 

nier no présente jamais le moindre vestige de saillie en avant; la règle 
générale est mémo qu'il soit plus ou moins sinué. Ce caractère, qui 
donne à ces insectes une physionomio particulière, ne permet pas do 
les réunir aux Cryptorhynchides chez lesquels les yeux, quelles que 
soient leurs dimensions, sont toujours, sauf chez les seuls Psepholax, 
au moins en partie recouverts par le prothorax. D'un autre côté, leur 
rostre affecte deux formes différentes qui indiquent deux types dis- 
tincts : chez les uns il est grôlo et parfaitement cylindrique, chez les 
autres, sauf dans trois cas seulement indiqués plus has, il est dé- 
primé, avec sa hase élargie et carénée en dessus. Les premiers cons- 
tituent la Tribu des Isorhynchides qu'on trouvera plus loin, les se- 
conds la Tribu actuelle. 

Sous tous les autres rapports, les Zygopidcs varient beaucoup, ainsi 
qu'on peut le voir par la formule qui précède. Quelques-uns d'entre 
eux forment môme une exception réelle dans la Phalange actuelle 
par la grandeur de leurs épimôres mésothoraciques qui sont cepen- 
dant en général plutôt subascendantes qu'ascendantes. Leur canal ros- 
tral est également sujet à disparaître complètement ou a être rem- 
placé par une simple excavation; quand il existe, il présente des 
modifications analogues à celles qu'il présente chez les Cryptorhyn- 
chides. Schœnherr, partant a tort do ce caractère, a disséminé ces 
insectes dans les diverses sections établies par lui dans les Cryptorhyn- 
chides. Il a mémo compris un de leurs genres (Sphàdàsmus) dans ses 
Baridiides. 

La Tribu est complètement étrangère à l'Europe et n'est richement 
représentée que dans les régions iutertropicales de l'Amérique du 
Sud. Cette partie du globe est la vraie métropole du groupe. Les es- 
pèces do l'ancien continent sont bien moins nombreuses, plus ou 
moins aberrantos, et rendent convenable de diviser la Tribu en deux 
sections rcconnaissables aux caractères suivants : 

Epistornums métatlioraciqncs larges, parallèles, interposés eutre les 
liauchcs postérieures et les élytres; prosternum tou- 
jours canaliculé. j 
— étroits, laissant les hanches postérieures entrer en con- 
tact avec les élytres, rarement larges et interposés 
entre ces dernières, mais alors le prosternum non ca- 
naliculé. I[ 

Section I. Epislcrnums métallioraciques plus ou moins larges, parallèles et 
«'interposant entre les hanches postérieures et les élytres. — Prosternum tou- 
jours canaliculé. 

Les espèces do cette section sont exclusivement américaines (1) et 

(1) Quelques espèces de l'ancien continent ont été comprises dans les Cor- 
Timus, mais, jusqu'à preuve du contraire, il y u lieu de douter qu'elles appar- 
tiennent à ce genre. 



1 44 l CUUCULIONIDES. 

peuvent être regardées comme étant les Zygopides typiques. Leurs 
caractères sont, en effet, plus constants que ceux des espèces de l'an- 
cien continent qui constituent la section suivante. Ainsi, jamais ici le 
rostre ne perd complètement sa forme normale ; il est toujours visi- 
blement élargi et caréné en dessus à sa base. Le canal rostral est 
parfois (quelques Zygops) assez superficiel, mais dans aucun cas il 
n'est converti en une simple excavation. L'écusson est toujours pré- 
sent. D'un autre côté, c'est ici que les épimôres mésothoraciques s'a- 
grandissent assez souvent et deviennent plus ou moins ascendantes, 
ce qui ne se voit jamais dans la section suivante. 

Un grand nombre de ces insectes, appartenant aux genres Puzu- 
hus, Zygops et Copturus, ont, pendant la vie, des allures singulières 
dont j'ai été mille fois témoin à Cayenne et au Brésil. Ils se tiennent 
exclusivement sur le tronc des arbres et habituellement immobiles. 
A l'approche du danger, ils tournent en courant avec rapidité autour 
do l'arbre et, quand on va les saisir, se laissent brusquement tomber, 
comme s'ils étaient morts. Mais au lieu d'atteindre le sol, ils pren- 
nent leur vol, au milieu de leur chute, et regagnent leur point do 
départ. 11 est problable quo ces habitudes ne sont pas étrangères à 
quelques-unes des espèces de l'ancien continent. 

Ces insectes peuvent se diviser d'après les mêmes bases quo les 
Cryptorhynchides, c'est-à-dire d'après la structure de leur canal ros- 
tral : comme il se présente dans trois conditions différentes, il y a lieu 
de les répartir dans trois groupes. 

I. Canal rostral formé par le prosternum cl le mésosternum. 

Mésosternum en forme de gouttière ouverte en arrière. Puzurides. 
— — de fer a cheval. Léchhiomdes. 

II. Canal rostral formé par le prosternum seul. Zygopides vrais. 

GROUPE 1. Piaïurides. 

Prosternum fortement canaliculé. — Mésosternum horizontal, en 
forme de gouttière ouverte en arrière. — Cuisses en massue, non 
carénées sur leur face externe ; les postérieures ne dépassant pas ou 
que très-peu l'abdomen. 

La forme du mésosternum qui existe ici n'a pas, rigoureusement 
parlant, d'analogue chez les Cryptorhynchides. Le rostre se loge dans 
la gouttière qu'il constitue, mais comme rien ne l'arrête en arrière, 
il s'étend plus ou moins loin sur le métasternum, sans que ce der- 
nier présente aucun vestige d'excavation pour le recevoir. C'est éga- 
lement ici que se trouve la seule exception qui existe dans la Tribu 
à la forme de la saillie intercoxale de l'abdomen : de rectangu- 
laire qu'elle est ordinairement, elle est devenue ogivale chez les Ciu- 
iosomus. 



NAZUIUDES. (45 

Ce groupe contient les plus grands Zygopides connus. Des trois 
genres suivants qui le constituent, les deux premiers ont conservé un 
fades de Cryptorhynchides et peuvent être considérés comme faisant 
le passage entre ces derniers et le reste de la Tribu. 
I. Saillie intcrcoxale de l'abdomen ogivale : Crntosomus. 

"• quadrangulairo. 

Epimères mésothoraciques petites : l'inarus. 

grandes, subascendantes : Piazurus. 

CRATOSOMUS. 
Schoeim. Curcul. Disp. meth,, p. 278 (1). 

Rostre au moiDs médiocre, robuste, tantôt déprimé, large, subpa- 
rallèlo et droit, tantôt arqué, élargi et caréné en dessus, au moins à 
sa base, souvent difforme chez les mâles; ses scrobes commençant 
dans son milieu ou en deçà, obliques. — Antennes médiocres, assez 
robustes; scapo en massue au bout, n'atteignant pas à beaucoup près 
les yeux; funicule à articles 1-4 noueux au bout, allongés, de gran- 
deur relative variable, 5-7 très-courts, arrondis ou subturbinés; mas- 
sue assez forte, ovale, articulée, obtuse au bout. — Yeux grands, en 
général assez convexes, plus ou moins rapprochés et souvent subcon- 
tigus sur le front. — Prothorax transversal ou non, de forme varia- 
ble, en général déprimé en dessus et arrondi ou anguleux sur les 
cùtés, toujours rétréci et tronqué en avant, médiocrement bisinué 
à sa base. — Ecusson assez grand, allongé, arrondi ou acuminé 
en arrière. — Elytres oblongo-ovales, subcylindriques ou large- 
ment naviculaires, souvent isolément mucronées à leur extrémité, 
débordant plus ou moins le prothorax à leur base, avec les épaules 
calleuses, anguleuses ou épineuses. — Pattes assez longues, robustes; 
cuisses en massue, finement dentées en dessous ; jambes comprimées, 
arquées à leur base, plus ou moins flexueuses, fortement onguicu- 
lées au bout et munies d'un faisceau de poils sur leur angle interne ; 
tarses assez longs, médiocrement larges, à articles I en général assez 
allongé, grêlo et arqué à sa base, souvent, ainsi que 2, imparfaitement 
spongieux en dessous, 4 long, ainsi que ses crochets. — Pygidium 
plus ou moins visible en dessous, le plus souvent vertical et caréné 
sur la ligne médiane, abdomen non aplani à sa base; ses segments in- 
termédiaires rectilignes en arrière, le 2 e plus long que chacun des 
deux suivants, séparé du 1 er par une suture arquée; saillie intercoxale 
large, ogivale. — Métasternum de longueur médiocre. — Epimères 
mésothoraciques non ascendantes. — Corps do forme variable, inégal 
chez la plupart, plus ou moins pubescent, ou finement écailleux. 

Ces insectes sont universellement regardés commo faisant partie 

(1) Syn. Goncus, ScImbbIi. ibld. p. 279; olim. 
Coléoptères. Tome VII. 10 



14G CimCULlOMDKS. 

des Cryptorhynchides les plus normaux, mais la réalité est qu'ils pos- 
sèdent tous les traits essentiels de l'organisation des Zygopides, à l'ex- 
ception d'un seul, la forme de la saillie intercoxale de leur abdo- 
men. Ils ressemblent de très-près aux Puzimus de forme convexe (1), 
et la structure de leur mésosternum montre qu'en effet ils appartien- 
nent au même groupe. Seulement leur forme générale est beaucoup 
plus variée, et la taille de la plupart d'entre eux est gigantesque, com- 
parativement à celle de ces derniers. 

Schœnherr en avait, dans l'origine, séparé, sous le nom de Conçus, 
les espèces dont les yeux sont contigus sur le front; mais comme entre 
elles et les espèces chez qui ces organes sont presque latéraux on trouve 
tous les passages, il a, depuis, supprimé ce genre et s'est contenté 
de répartir ces insectes en deux sections, selon que le rostre est droit 
et plan, ou arqué et caréné en dessus (2). La seconde do ces sections 
est beaucoup plus nombreuse que la première, et chez la plupart de ses 
espèces, les mâles ont le rostre armé de deux cornes arquées et aiguës. 

Ce beau genre, dont plus de cinquante espèces sont déjà décrites (3), 
est répandu dans toutes les parties chaudes de l'Amérique, princi- 
palement dans la Guyane. Au sud, il ne parait pas dépasser le Brésil 
méridional et, au nord, le Mexique. 

PINARUS. 
Schoemi. Curcul. Disp. meth., p. 307. 

Rostre allongé, robuste; ses scrobes commençant un peu en deçà 
de son milieu. — Autennes grêles, médiocres; scape en massue au 
bout, restant loin des yeux; funicule à articles 1 court, obeonique, 
2-3 très-allongés, surtout celui-là, 4-7 courts, subturbinés; massue 

(1) Comparez, par exemple, le Cralosomus scaber F. et espèces voisines avec 
les Piazurus costatopunctatus, succivus, stipitosus, etc. La ressemblance entre 
ces insectes est frappante et porte non-seulement sur la forme générale, mais 
encore sur la sculpture des élytres, la courte saillie qui les termine et môme 
les couleurs. 

(2) Ces deux sections ne reposent pas seulement sur lo rostre. Lorsque co 
dernier est droit, le mésosternum est court, plus ou moins incliné, pareil, en 
un mot, à celui des Puzonus et des Pinarus. Pour peu, au contraire, que le 
rostre soit arqué et caréné en dessus, le mésosternum devient horizontal et ex- 
trêmement long. Je ne crois pas, néanmoins, qu'il y ait la matière à convertir 
ces sections en geures distincts. 

(3) Schœnherr (Curcul. VIII, 1, p. 294) en mentionne 42. Aj.: C. Lafontii, 
Colombie; Corbyi, Maragnan; flavofasciatus , Brésil; fasciatopunctatus, Bo- 
livia; dentirostris , auritus, Brésil; lluquetii, Bison, setosus, Cayenne; Lher- 
minieri, Colombie; Guérin-Ménov. et Chevrol. Icon. d Uegn. anim.; Ins. p. 163. 
— scapularis, cancellatus, Ericlis. in Scbomb. Guyaua, III, p. 569; Guyane 
anglaise. — genvmatus, J. L. Le Conte, Proceed. of tbc Acad. of Philad. 1858, 
p. 79; Mexique (Tampico). 



PIAZURIDES. 147 

assez forte, oblongo-ovale, obtuse au bout. — Yeux un peu plus petits 
que dans les genres suivants, en triangle curviligne, plus ou moins, 
mais jamais fortement séparés. — Prothorax transversal, subparallèlê 
sur les côtés, brusquement rétréci et tronqué en avant, muni de 
lobes oculaires larges et très-faibles. — Ecusson oblongo-ovale. — Ely- 
tres en carré plus ou moins long, assez convexes, planes sur le disque, 
tronquées obliquement à leur extrémité qui est épineuse, notable- 
ment plus larges quo le prothorax et sinuées à leur base, avec les 
épaules anguleuses. — Pattes médiocres et robustes; cuisses en mas- 
sue, les antérieures faiblement, les postérieures fortement et triangu- 
lairement dentées; celles-ci tantôt un peu plus courtes, tantôt un peu 
plus longues que l'abdomen ; tarses assez longs, a articles 1-2 étroits, 
rarement (spiculum) spongieux, 4 long et grêle. — Pygidium visible 
seulement chez les mâles, petit, en triangle curviligne et transversal; 
les trois segments intermédiaires de l'abdomen tantôt non ou à peine, 
tantôt distinctement anguleux à leurs extrémités (1); les deux t c " non 
aplanis ni soudés ensemble. — Métasternum de longueur moyenne. — 
Mésosternum transversal, ses angles antérieurs plus ou moins saillants; 
épimères mésothoraciques petites, non ascendantes. — Corps très- 
inégal, subquadrangulaire en arrière, écailleux. 

Avec tous les caractères essentiels des Zygopides ces insectes en 
ont, comme les Ciutosomus, complètement perdu le faciès et parais- 
sent, au premier coup-d'œil, appartenir aux Cryptorhynchides. Il en 
existe, à ma connaissance, cinq espèces dans les collections, mais dont 
une seulo [spiculum Germ.) est décrite en ce moment. Elle est beau- 
coup plus grande quo les autres, de forme plus allongée et couverte 
partout en dessus d'aspérités, de crêtes et de tubercules qui rendent 
ses téguments très-inégaux; des écailles d'un gris. blanchâtre, qui se 
convertissent en poils sur le rostre et les pattes, la revêtent unifor- 
mément. Les autres espèces possèdent une sculpture et une livrée 
analogues. Le genre est propre à l'Amérique du Sud et répandu de- 
puis le Brésil méridional en Colombie. 

PIAZURUS. 

Schoenh. Curcul., IV, p. 651 (2). 

Rostre médiocrement robuste, empiétant plus ou moins sur le 

(1) Chez le spiculam, type du genre, et chez une espèce inédite que j'ai sous 
les yeux, il u'y a aucune traco que ces segments soient anguleux; ils le sont, 
au contraire, très-distinctement chez une troisième, également inédite, qui fait 
partie do ma collection. Leur longueur relative varie; chez le spiculum, dont 
la forme générale est assez allongée, lo 2= est plus long que le 3« et le 4° pris 
ensemble; il est plus court qu'eux chez les deux autres espèces dont il vient 
d'être question. 

(2) Syn. Puzoïtus, Schœnh. Curcul. Disp. meth. p. 303; olim. 



J48 CURCULIONIDES. 

raétasternum; ses scrobes commençant dans son milieu. — Antennes 
médiocres, très-grêles; scape en massue au bout, restant à une assez 
grande distance dos yeux; funicule à articles t médiocre, obcomque, 
2-3 très-allongés, tantôt (par ex. phlesus) égaux, tantôt (la plupart 
des espèces) celui-là le plus long, 4-7 très-courts, turbines ou 
subarrondis; massue ovale, articulée. - Yeux très-grands, occu- 
pant la majeure partie de la tète, contigus ou faiblement sépares. - 
Prothorax transversal ou non, régulièrement conique, faiblement 
sillonné le long de son bord antérieur, coupé carrément en avant, 
plus ou moins bisinuô à sa base. - Ecusson dvale ou en triangle 
curviligne — Elytres courtes, tantôt (phlesus, bispmosus, etc.) planes 
et triangulaires, tantôt (obesus, détecter, etc.) plus ou moins convexes 
et brièvement ovales, notablement plus larges que le prothorax et 
sinuées à leur base, avec les épaules calleuses ou subanguleuses. — 
Pattes médiocres et robustes; cuisses fortement en massue, munies 
d'une dent petite aux quatre antérieures, grande et triangulaire aux 
postérieures; celles-ci atteignant l'extrémité do l'abdomen; jambes 
comprimées, les postérieures arquées ou flexueuses, toutes forte- 
ment onguiculées en griffe au bout; tarses des Pinarus. — Pygidium 
parfois un peu à découvert. - Les deux l« s segments abdominaux 
plus ou moins aplanis (I), parfois fovéolés; le 2° et les deux suivants 
légèrement anguleux à leurs extrémités. — Métasternum court. — 
Mésosternum au plus médiocrement allongé ; ses épimères grandes, 
subasceudantes. — Corps de forme variable, revêtu d'un enduit 
très-lin. 

Ceux de ces insectes qui sont de forme rhomboïdale ressemblent 
de près aux Copturus, les autres ont un faciès qui leur est propre 
dans la Tribu, mais qui ressemble cependant beaucoup, ainsi que je 
l'ai dit plus haut, à celui de quelques Ciiatosomus. Tous se rappro- 
chent des ZYGOPS par la nature de l'enduit qui les revêt et les cou- 
leurs qui composent leur livrée. Chez le plus grand nombre d'entre 
eux on remarque à la base de chaque élytre, dans le voisinage de 
l'écusson, un assez gros tubercule obtus, et les intervalles entre les 
stries des élytres présentent souvent de petits tubercules espacés ou 
de faibles crêtes allongées. 

Le genre est riche en espèces (2) et exclusivement confiné dans 
l'Amérique du Sud. 

(1) Chez toutes les espècc3de forme déprimée et rhomboïdale, ces segments 
sont aussi plans que chez les Zycops et les Coriunus, et en même temps plus 
ou moins soudés entre eux. A mesure que le corps devient plus convexe et les 
élytres plus ovalaires, ils perdent cette forme et finissent par ne pas Uiirérer 
de ce qu'ils sont chez les Pinaiius et les Chatosomus. Mais par une sorte de com- 
pensation, ils sont alors assez souvent excavés dans leur milieu. 

(2) Aux 31 décrites par Schœnherr (Curcul. Vlll, 2, p. 110), aj. : C. varipes, 
batistes, Ericlis. Arcliiv, 1847, I, p. 135 ; Pérou. 



I.liCHÏlIOPIDES. **9 

Groupe II. Léohriopide». 

Prosternum fortement canaliculô. — Môsosternum horizontal, en 
forme de fer à cheval, fermant le canal rostral en arrière. — Cuisses 
linéaires, carénées sur leur face externe ; les postérieures dépassant ou 
non l'abdomen. 

Ce groupe, dans lequel se reproduit la forme du prosternum pro- 
pre a une partie des Cryptorhynchides vrais, méritait, à ce titre, 
d'être séparé du précédent, mesure qui est, en outre, justifiée par la 
structure des cuisses. Il ne comprend que le genre suivant. 

LECHRIOPS. 

Schoenh. Curcul. Disp. meth., p. 306. 

Rostre médiocre, assez robuste, élargi à sa base et à son extrémité, 
faiblement caréné en dessus, arqué; ses scrobes commençant dans 
son milieu. — Antennes médianes, courtes, peu robustes; scape assez 
fortement en massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, 
celui-là beaucoup plus gros, parfois plus long, obconique, 3-4 courts, 
cylindriques, égaux, 5-7 très-courts, transversaux; massue assez 
petite, ovale, articulée. — Yeux subcontigus en arrière, rétrécis, 
acuminés et séparés en avant. — Prothorax transversal, légèrement 
arrondi sur les côtés, rétréci et tronqué en avant, bisinué à sa base, 
avec son lobe médian court et aigu; canal prosternai profond, nette- 
ment limité. — Ecusson ponctiforme. — Elytres courtes, planes, gra- 
duellement rétrécies en arrière, un peu plus larges que le prothorax 
et fortement échancrées à leur base, avec les épaules obtusément 
calleuses. — Pattes assez longues; cuisses finemont dentées en des- 
sous; jambes droites; tarses courts, à articles 1 obconique, allongé, 
2 très-court, 3 large, 4 médiocre, ses crochets petits. — Pygidium 
recouvert; les trois segments intermédiaires de l'abdomen médiocre- 
ment ou à peine auguleux à leurs extrémités; saillie intercoxalo 
extrêmement large, tronquée en avant. — Métasternum assez court.— 
Epimèrcs mésothoraoiques médiocres, non ascendantes. — Corps 
brièvement rhomboïdal, finement puhescent. 

Le hasard a fait que Schœnherr n'a connu qu'une très-petite et 
insignifiante espèce (l)du genre, d'un noir uniforme et chez laquelle, 
par suite de sa potite taille, les caractères génériques, notamment ceux 
empruntés aux antennes, se sont affaiblis; ses cuisses postérieures 
ne dépassent pas non plus l'abdomen. J'en connais deux autres, 
beaucoup plus grandes, ornées des plus vives couleurs et dont les 

(1) L. sciants, Schœnli. Curcul. IV, p. 259. 



fW CURCULIONIDES. 

cuisses en question sont sensiblement plus longues quo les élytres; 
ainsi que la précédente, elles sont du Brésil. 

Ces insectes ont tout-a-fait lo /actes des Copturus. Cette analogie 
n'a pas échappé à Schœnherr, mais la forme de leur canal rostral l'a 
engagé à les placer dans la première cohorte de ses Cryptorhyn- 
chides. 

GROUPE III. Zygopides vrais. 

Prosternum plus ou moins canaliculé.— Mésosternum lamelliforme, 
vertical ou incliné en arrière, ne prenant aucune part à la formation 
du canal rostral. — Cuisses linéaires, carénées sur leur face externe 
(Hemigaster excepté), dépassant ou non l'abdomen. 

Ces insectes correspondent par conséquent aux Ithyporides de la 
Tribu précédente. Ils sont américains comme les précédents, plu- 
sieurs espèces de l'ancien continent qu'on leur a associées apparte- 
nant, ainsi qu'on le verra plus bas, aux Synmérides. Les genres qu'ils 
constituent sont au nombre de cinq, parmi lesquels un est nouveau. 

I. Pygidium découvert; abdomen non ou faiblement retroussé en arrière. 

Corps cylindrique; mésosternum plan en avant : Zygops. 
— déprimé; — concave — : Peltophorus. 

II. Pygidium recouvert ou à peine visible; abdomen fortement retroussé en 

arrière. 
a Rostre normal ; abdomen obliquement retroussé en arrière. 

Funicule antennaireà art. 1 court, 1 très-long : Copturus. 

1-2 égaux : Timorus. 

oa Rostre faiblement élargi à sa base, cylindrique en avant; abdomen 

verticalement retroussé en arrière : Hemigaster. 

ZYGOPS. 
Schoenh. Curcul. Disp. meth., p. 300. 

Rostre de forme normale, en général médiocrement robuste, attei- 
gnant au moins le métasternum ; ses scrobes commençant dans son 
milieu ou un pou en deçà, — Antennes assez longues et très-grêles ; 
scape en massue au bout, n'atteignant pas les yeux; funicule à 
articles i médiocre, obeonique, 2-3 très-allongés, celui-là trois fois 
plus long que 1 , 4-7 courts, subturbinés; massue assez grôle, oblongo- 
ovale, articulée. — Yeux ovales, médiocrement convexes, acuminés 
inférieurement, contigus ou faiblement séparés. — Prothorax de 
longueur variable, subcylindrique ou obeonique, muni d'un sillon le 
long de son bord antérieur, tantôt profondément, tantôt légèrement 
bisinué à sa base ; prosternum étroitement et superficiellement cana- 
liculé en avant des hanches antérieures, les bords du canal plus ou 



ZYG0P1DES VRAIS. 151 

moins carénés. — Ecusson assez grand, de forme très-variable. — 
Elytres subcylindriques ou cylindrico-ovales, largement et isolément 
arrondies en arrière, pas plus larges que le prothorax et tronquées 
ou isolément saillantes à. lour base, avec les épaules nulles. — Pattes 
longues, les postérieures plus que les autres ; hanches antérieures 
faiblement séparées ; cuisses munies d'une fine carène sur leur face 
externe ; les postérieures dépassant plus ou moins l'abdomen, toutes 
munies en dessous de une à trois dents ; jambes comprimées, souvent 
bisinuéesen dedans, onguiculées en griffe au bout; tarses médiocres, 
à articles 1-2 triangulaires, celui-là allongé, 3 bilobé, 4 médiocre, 
ainsi que ses crochets. — Pygidium en entier découvert, vertical ; 
abdomen aplani à sa base, non ou faiblement retroussé en arrière ; ses 
trois segments intermédiaires non ou légèrement arqués à leur extré- 
mité, le 2° aussi long que les deux suivants réunis ; saillie inter- 
eoxale très-large, quadrangulaire. — Métasternum allongé, aplani. 
— Saillie mésosternale large, tantôt lamelliforme et verticale ou in- 
clinée en arrière, tantôt verticale, puis brusquement recourbée en 
arrière, non concave en avant ; épimôres môsothoraciques grandes, 
subascendantes. — Corps cylindrique, plus rarement cylindrico-ovale, 
très-finement écailleux ou pubescent. 

Ces insectes sont plus homogènes quo ceux des deux genres sui- 
vants (1), leur forme cylindrique restant toujours visible et aucun 
d'entre eux n'ayant une tendance à prendre la forme rhomboïdale. 
Leurs couleurs variées, mais presque toujours doucement nuancées 
et ayant un aspect velouté, leur donnent un faciès particulier ; d'un 
autre côté, elles rendent souvent leurs espèces difficiles à détermi- 
ner. Ils sont nombreux et, à part un très-petit nombre qui ha- 
bitent le Mexique, sont confinés dans l'Amérique du Sud intertropi- 
cale (2). 

PELTOPHORUS. 
Schoenh. Curcul, VIII, 2, p. 452 (3). 

Rostre pareil à celui des Zygops. — Funicule antennaire à articles 
1-3 allongés, 2 un peu plus long que les deux autres; massue assez 

(1) Parmi les nombreuses espèces que j'ai vues, il n'y en a qu'une seule iné- 
dite, de Cayenne, et dont je possède moi-même un exemplaire, qui doive former 
un genre nouveau. A tous les caractères du genro et h une forme parfaitement 
cylindrique, elle réunit un rostre court, très-large, surtout à sa base et presque 
droit. Sous le rapport de la livrée, elle rivalise avec les plus belles espèces du 
genre. 

(2) Aux 28 espèces décrites par Scbcrnherr (Curcul. VIII, 2, p. 88), aj. Z. 
hieroglyphicus, scutulatus, aWicollis, Erichs. Arcbiv, 1847, I, p. 134; Pérou. 

(3) Le nom de Pectophorus avait déjà été employé près de dix ans aupara- 
vant par M. Burmeister (Handb. d. Eutom. 11, p. 393), avec la désinence fémi- 
nine, pour un genre d'Hémiptères. 



152 CimCULIONIDES. 

forte, ovale, obtuse au bout. — Yeux des Zygops. — Prothorax trans- 
versal ou non, légèrement rétréci et brièvement tubuleux en avant, 
avec son bord antérieur largement sinué et précédé d'un sillon pa- 
rallèle assez distinct, légèrement bisinué à sa base ; prosternum pro- 
fondément canaliculé, les bords du canal tranchants. — Ecusson 
assez grand, transversal. — Elytres planes sur le disque, en carré 
allongé, légèrement arrondies sur les côtés et chacune largement 
à leur extrémité, à peine plus larges que le prothorax et sinuées 
à leur base, avec les épaules arrondies.— Pattes médiocres, robustes; 
cuisses carénées en dehors; les quatre antérieures munies d'une très- 
petite, les postérieures d'une très-forte dent ; celles-ci atteignant l'ex- 
trémité de l'abdomen sans le dépasser. — Pygidium en entier dé- 
couvert, vertical, caréné sur la ligne médiane; abdomen continuant 
le niveau du métasternum, aplani à sa base. — Métasternum de 
longueur moyenne, aplani. — Mésosternum vertical, lamelliforme, 
transversal, concave en avant. — Corps subdéprimé en dessus, sub- 
parallèle. 

Schœnherr a fondé ce genre sur un insecte du Mexique qu'il a 
nommé polymitus ; il y en a dans les collections une seconde es- 
pèce (1) du même pays qui en est très-voisine. Outre leur forme gé- 
nérale, toutes deux ont une livrée particulière qui consiste supérieu- 
rement en taches blanches plus ou moins nombreuses sur un fond 
noir ; le dessous du corps est blanc et dénudé par places. 

Le genre se distingue aisément du précédent par la structure de 
son funiculo antennaire, la surface plus continue quo présentent 
le métasternum et l'abdomen, enfin la forme de sa saillie méso- 
sternale. 

COPTURUS. 
Schoenh. Curcul., IV, p, 623 (2). 

Rostre des Zygops, mais en général plus étroit et atteignant au 
moins le bord antérieur du métasternum qui présente souvent une 
dépression où se loge son extrémité. — Antennes des mêmes, aveo le 
4* article du funiculo allongé, souvent plus grand que le 3°. — Yeux 
des mêmes. — Prothorax transversal, conique, formant parfois (par 
ex. subulipennis) un angle avec les élytres, muni le long de son bord 
antérieur d'un sillon transversal en généra! peu marqué et parfois 
obsolète, plus ou moins fortement bisinué à sa baso ; prosternum 
fortement et nettement canaliculé. — Ecusson petit, variable. — 
Elytres planes, triangulaires ou ovales, en général courtes, parfois 
(par ex. subulipennis) épineuses à leur extrémité, recouvrant, ou très- 

(1) Ello ost inscrite dans quelques collections de Paris sous la nom de Pia- 
zurus leucomelas. 

(2) Syn. Coptobus, Schœnli. Curcul. Disp. meth. p. 302; olim. 



ZYGOPIDES VRAIS. 153 

peu s'en faut, le pygidium, un peu plus larges que le prothorax et 
échancrées à leur base, avec les épaules obtusément saillantes. — 
Pattes do longueur variable, plus ou moins grêles ; cuisses carénées 
en dehors, dépassant tantôt fortement, tantôt à peine ou pas du tout 
l'abdomen, finement dentées ou inermos en dessous, souvent munies 
à leur sommet d'une ou deux épines aiguës ; jambes et tarses des 
Zïf.ors. — Abdomen ayant son 1 er segment seul aplani, obliquement 
retroussé a partir du 2° ; celui-ci et les deux suivants plus ou moins 
anguleux à leurs extrémités, ayant les mêmes proportions relatives 
que chez les Zyc.ops ; saillie intercoxale encore plus large que chez 
ces derniers, quadrangulaire. — Métasternum de longueur médiocre, 
un peu aplani ou légèrement convexe. — Saillie mésosternale lamel- 
liforme, large, verticale, quadrangulaire ((); épimôres mésothora- 
ciques médiocrement larges, subascendanles ou non. — Corps très- 
épais, rhomboïdal. 

Ce genre est le plus riche en espèces (2), mais le moins homogène 
du groupe actuel, et il a besoin d'être revu et de subir une épura- 
tion (3). 11 sera surtout nécessaire de voir si les espèces de l'ancien 
continent qu'on y a introduites, peuvent y rester (4). Pour ce qui me 
concerne, je n'y comprends que des espèces américaines. 

Ces insectes sont, pour la plupart, plus petits que les Zygops et leur 
livrée a quelque analogie avec celle de ces derniers, surtout sur le 
prothorax, mais celle des élytres est beaucoup plus variée. Leur forme 
générale est sujette à s'altérer, tout en restant toujours distinctement 
rbomboïdale. Ils sont répandus en Amérique depuis le sud du Brésil 
jusque dans les parties moyennes des Etats-Unis. 

(1) Chez quelques espèces (par ex. lamella), son bord libre est plus ou moins 
échancré pour recevoir le rostre, et, dans ce cas, ce dernier s'étend plus loin 
sur le métasternum que chez le commun des autres espèces où le bord en ques- 
tion est entier. 

(2) Schœnherr (Curcul. 2, p. 97) en décrit 37 auxquelles on n'a ajouté que 
les suivantes: C. coryphœus, lanio, Ericlis. Arcliiv, 1847, I, p. 135; Pérou.— 
Les collections en contiennent un grand nombre de nouvelles. 

(3) Mémo parmi les espèces américaine*, il y a dos formes singulièrement 
aberrantes, mais dont les plus saillantes sont inédites et dontje ne puis, dès 
lors, rien dire. Parmi celles qui sont décrites, il me parait difficile de laisser 
dans le genre le maculalus de Scliœnherr ei quelques autres petites espèces 
dont les cuisses postérieures, plus robustes quo de coutume, sont si courtes 
qu'elles ne dépassent pas le bord postérieur du 2° segment abdominal. 

(i) Il y en a plusieurs d'inédites dans les collections, provenant de Ceylan 
et des diverses Iles des archipels indiens. Deux seulement sont décrites : le Zy- 
gops Boisduvalii (Boisduv. Faun. d. l'Océan. II, p. 439) de la Nouvelle-Guinée, 
et le Copturus ru/inasus de Java, publié par M. Boliemann (Vcy. A. l'Eugén.; 
Loi. p. 146). Toutes celles que j'ai vues, avec le fades propre au genre actuel, 
Ont les hanches antérieures contiguës, le prostenium non canaliculé, des an- 



154 CUHC.UUONinES. 

TIMORUS. 
Sciioenh. Curcul., IV, p. C80. 

Rostre normal, assez long et robuste.— Antennes médiocres, assez ro- 
bustes; funicule à articles 1-2 allongés, obeoniques, égaux ; massue 
oblongo-ovale, obtuse au bout ; son 1 " articlo allongé, en cône renversé. 
—Yeux un peu séparés. — Prothorax redressé, formant avec les élytres 
un angle obtus, subtransversal, conique, tronqué en avant et pourvu de 
lobes oculaires anguleux et bien distincts, assez fortement bisinué à sa 
base; prostemum des Copturus.— Ecusson suborbiculaire.— Elytres 
courtes, planes le long de la suture, légèrement rétrécies en arrière, et 
isolément anguleuses à l'angle suturai, un peu plus largos que le pro- 
thorax et sinuées à leur base, avec les épaules calleuses.— Pattes mé- 
diocres et robustes ; cuisses faiblement carénées en dehors, fortement 
dentées en dessous ; les postérieures dépassant un peu le 2 e segment 
abdominal ; tarses assez larges. — Abdomen et mésosternum des Cop- 
turus. — Corps épais, quadrangulaire en arrière. 

Genre voisin des Copturus, dont il no diffère guère que par le 
funicule et la massue des antennes autrement faite, le redressement 
plus prononcé du prothorax et les lobes oculaires dont il est pourvu, 
les pattes plus courtes et plus robustes, enfin la forme carréo de l'ar- 
rière-corps. Il ne comprend qu'une espèce {suturalis Schh.) du Brésil, 
de taille moyenne, variée nuageusement de brun et de gris, et sau- 
poudrée de petites écailles blanches ; son prothorax est caréné sur la 
ligne médiane et ses élytres présentent des côtes interrompues. Dans 
les collections où cet insecte existe, on le trouve ordinairement asso- 
cié aux Copturus (1). 

HEM1GASTER. 

Rostre médiocre, grêle, un peu élargi et légèrement caréné en des- 
sus à sa base, subcylindriqne dans le reste de son étendue; ses scrobes 
commençant à peu de distance de sa base. — Antennes assez courtes, 
grêles ; scape graduellement en massue, restant à une grande distance 
des yeux; funicule à articles 1-2 allongés, égaux, colui-là un peu plus 
gros, 3-4 encore assez longs, inégaux, 5-7 très-courts; massue faible, 

tonnes fort différentes do celles des Copturus américains et los cuisses plus ou 
moins pédonculées à leur base. J'ai fait précédemment (tome VI, p. 516, note) 
allusion à ces espèces et ai dit qu'elles devaient rentier dans lo groupe des 
Ambatides, dont elles possèdent en effet les caractères essentiels. Cette asser- 
tion est naturellement subordonnée à la question de savoir si l'on conservera 
les vastes groupes des Synmérides et des Apostasimérides. Dans la négative, 
ces insectes devront être reportés dans la Tribu actuelle. 

(1) M. Clievrolat m'a communiqué, sous lo nom do Lepidodus personutus, 
un insecte du Brésil qui constitue une seconde et très-distincte espèce du genre. 



ZYGOPIDES VIUIS. 1S5 

oblongo-ovalc, son I or article on cône allongé. — Yeux grands, sub- 
contigus. — Prothorax beaucoup plus large que long, transversale- 
ment convexe, fortement arrondi sur les côtés, brièvement tubuleux 
et tronqué en avant, obliquement et sinueusement coupé de ebaque 
côté de sa base, avec son lobe médian assez large. — Ecusson enfoncé, 
irrégulièrement rhomhoïdal. — Elytres trôs-planes, plus larges que 
longues (prises ensemble), légèrement arrondies sur les côtés, tron- 
quées en arrière, un peu plus larges que le protliorax et profondément 
échancrées à leur baso, avec les épaules obliquement arrondies. — 
Pattes médiocres ; cuisses comprimées, linéaires^ inermes, non caré- 
nées sur leur face externe, les postérieures un peu plus courtes que 
l'abdomen; jambes assez faibles, subarrondies, droites, brièvement 
onguiculées au bout, avec un faisceau de poils sur leur angle interne. 
— Les deux 1 er " segments abdominaux très-convexes, soudés, séparés 
par une fine suture arquée, le I" seul horizontal, le 2 e vertical, ainsi 
que les suivants, plus long que 3-4 réunis, anguleux a ses extrémités 
et embrassant le 3°, celui-ci ot les deux suivants séparés par de pro- 
fondes sutures ; pygidium indistinct; saillie intcrcoxale large, subver- 
ticale, arrondie en arrière. — Métasternum court, convexe ; ses épi- 
sternums très-larges. — Epimères mésothoraciquos médiocres, non 
ascendantes. — Corps excessivement épais, cubique en arrière, glabre. 
Les caractères insolites de ce genre m'ont paru dignes d'être pu- 
bliés, alin de faire connaître une forme do Zygopides à laquelle ne 
refsemblo aucune de celles décrites jusqu'ici. Au premier coup-d'œil, 
on serait tenté de croire qu'il appartient à la Tribu des Ceutorhyn- 
cliides, mais ses yeux, son rostre déprimé à sa base, et la structure de 
ses antennes font bientôt reconnaître qu'il fait partie de celle-ci. La 
forme extraordinaire de son abdomen qui est divisé eu deux parties, 
l'une horizontale, l'autre verticale, n'est qu'une exagération de ce 
qui existe chez la plupart des genres de ce groupe et surtout chez les 

TlMOIU'S. 

L'unique espèce (\) du genre surpasse, sous le rapport de la taille, 
les plus grands Copturus. Elle habite la province de Minas Gcraes au 
Brésil et m'a été communiquée par M. Jekel. 

Section II. Episternums métalhoraciques étroits, laissant les hanches posté- 
rieures entrer en contact avec les élytres ou arriver très-près d'elles, rarement 
pareils a roux qui existent dans la section précédente, mais alors le funicule 
antonnaire de six articles et le proslernum non canaliculé. 

Ainsi que je l'ai dit plus haut, cette section comprend tous les 

(1) H. cubicus. Obscure ferrugincus, sublus dilutior ac dense punctatus, roa- 
tro sublievi, prothorace subtiliter rugoso, medio arguto carinato, elytris circa 
scutellum arcuatim impressis, profur.de strlatls, striis impunetatis, interstitiis 
planis, rugoso-punctatis. Long, (rosir, exclus.) 6 mill.; lat. elytr. 4 mill. Hab. 
Hrasilia, provinc. Minarum. 



156 CURCULI0N1DES. 

Zygopides connus do l'ancien continent. Aucun d'entre eux ne res- 
semble a ceux de l'Amérique, sous le rapport du faciès, et il y a môme, 
à ce point de vue, une grande diversité entre eux, mais tous possè- 
dent les caractères essentiels do la Tribu. La forme du rostre s'altère 
seulement chez les MBC0PU3 mâles, les Aiuchnopus et une espèce de 
Sympikzopus, genre dont les autres espèces ont cet organe à l'état 
normal. Une exception plus fréquente se remarque dans la forme du 
prosteruum. 11 n'y a pas moins de quatre genres chez lesquels il est 
privé de canal rostral, sa surface étant simplement plus ou moins 
excavée ou plane; mais ce caractère ne joue qu'un rôle secondaire 
parmi ceux de la Tribu. Le pygidium est presque toujours recouvert 
par les ôlytres, mais, comme chez les espèces américaines, les seg- 
ments intermédiaires de l'abdomen sont tantôt coupés carrément en 
arrière, tantôt arqués à leur extrémité. Du reste, l'organisation de 
ces insectes est si variée que, pour l'exprimer convenablement, j'ai 
dû les répartir dans cinq groupes. 

Ils sont répandus en Afrique, aux Indes orientales, surtout dans 
leurs archipels, et dans les parties occidentales de la Polynésie. Aux 
genres dans lesquels Schœnherr a réparti ceux qu'il a connus, plu- 
sieurs ont été ajoutés récemment par M. Gerstojcker, mais que mal- 
heureusement je n'ai pas vus. 

I. Prosteruum non canaliculé, excavé ou plan. 

a Funicule untcnsiairo de 6 articles. Mêcopides. 

a a de 7 — 

Rostre quadrangulalre à sa base; écusson nul. An»ciworiDEs. 
— normal ; un écusson. Sphadasmides. 

II. Prosternum canaliculé. 

Le canal entamant le mélaslernum. Cokyssopides. 

— effacé en arrière des lianches antér. Sympiêzomdes. 

Groupe I. Mécopidea. 

Funicule antennaire de six articles. — Prosternum non canaliculé. 
— Episternums métathoraciques plus ou moins larges, parallèles, 
interposés entre les hanches postérieures et les élytres. 

Par suite de la forme de leurs episternums métathoraciques, ces 
insectes font le passage entre les Zygopides américains et ceux de la 
section actuelle. Ils sont propres aux Indes orientales et constituent 
deux genres, dont l'un (Mecopus) est connu depuis longtemps; l'autre 
est nouveau. Tous deux sont remarquables par la composition de leur 
funicule antennaire et l'allongement du I" article de la massue de 
ces organes. 

1. Segments 2-4 de l'abdomen arqués à leurs extrémités : Mecopus. 
j], rectilignes en arrière : Macrobamon. 



MÉCOPIDES. 157 

MECOFUS. 
(Dalm.) Schoenii. Curcul. Disp. me/ft., p. 304. 

Mâles : Rostro do la longueur dos doux tiers du corps, peu robuste, 
droit, puis parabolique-mont arqué, subquadrangulaire a sa base, dé- 
primé en avant ; ses scrobos commençant vers son cinquième anté- 
rieur, finissant avant son milieu. — Antennes notablement plus 
courtes que le rostre, assez grêles ; scapo en massue allongée au bout, 
restant a une très-grande distance des yeux ; funicule à articles i 
médiocre-, obeoniquo, 2 du double plus long, 3 plus courts que 1, 
subégaux; massue grêle; son 1 er article très-long, en cône renversé, 
les autres formant un petit cône spongieux et aigu. — Yeux convexes, 
contigus, occupant toute la partie antérieure de la tète. — Prothorax 
transversal, peu convexe et parfois tuberculeux en dessus, parallèle 
sur les côtés, puis arrondi et brièvement tubuleux en avant, avec son 
bord antérieur sinué dans son milieu, fortement bisinué à sa base, 
avec son lobe médian large et subtronqué; prosternum longitudina- 
lement excavé, armé de deux lougues épines aiguës et redressées au 
bout. — Ecusson assez grand, oblong ou en carré allongé. — Elytres 
planes, graduellement rétrécies et isolément arrondies au bout, à 
peine plus larges que le prothorax et subrectilignes à leur base, avec 
les épaules subrectangulaires. — Pattes très-longues et grêles, les 
antérieures beaucoup plus grandes que les autres; hanches de la 
même pairo faiblement séparées; cuisses sublinéaircs, les postérieures 
dépassant fortement l'abdomen, toutes munies en dessous d'une très- 
petite dent; jambes subarrondies, droites, onguiculées en griffe à 
leur extrémité; tarses presque aussi longs qu'elles, à articles i très- 
long, subcylindrique, 2 triangulaire, plus long que 3, celui-ci bilobé, 
4 médiocre ; ses crochets assez grands. — 2° segment abdominal aussi 
long que les deux suivants réunis, tous trois assez fortement arqués 
à leurs extrémités; saillie intercoxale large, parallèle, allongée, ar- 
rondie en avant. — Mctasternum assez long. — Saillie mésosternale 
très-large, inclinée, tronquée en arrière. — Corps oblong, écail- 
leux. 

Femelles : Rostre notablement plus court, un peu élargi et caréné 
en dessus à sa base. — Antennes dépassant le bord postérieur des 
yeux. — Prosternum inerme. — Pattes plus courtes dans toutes leurs 
parties; les antérieures a peine plus lougues que les postérieures; 
celles-ci dépassant également l'abdomen. 

Ces insectes sont répandus depuis le Bengale jusque dans les iles 
occidentales de la Polynésie. Leur Livrée a beaucoup d'analogie avec 
celles des Zygopides vrais; seulement les écailles auxquelles elle doit 
ses couleurs sont en général plus grandes que chez ces derniers. On 



138 c.unc.uuoNiims. 

n'en a encore décrit qu'un petit nombre d'espèces (l), et il y en a au 
moins autant d'inédites dans les collections. 



MACROBAMON. 

Rostre assez long, arqué, épaissi, élargi et caréné en dessus à sa 
base, déprimé et un peu élargi en avant; ses scrobes commençant 
vers son tiers antérieur. — Autennes médiocres, grêles; scapo légè- 
rement arqué, brusquement en massue au bout, restant à une grande 
distance des yeux ; funicule à articles i allongé, obeonique, 2 presque 
du double plus long, cylindrique, 3-d très-courts, 6 plus long et plus 
gros, subcontigu a la massue. — Yeux très-grands, subcontigus dans 
leur moitié inférieure, séparés par un intervalle oblong dans leur 
moitié supérieure. — Prothorax subtransversal, légèrement et peu a 
peu rétréci, puis brièvement tubuleux et tronqué en avant, faible- 
ment bisinué à sa base. — Ecusson subquadrangulaire. — Elytres 
brièvement ovalaires, convexes en arrière de leur milieu, pas plus 
larges que le prothorax et légèrement échancrées on triangle à leur 
base, avec les épaules rectangulaires. — Pattes assez longues; les 
quatre cuisses antérieures graduellement en massue, les postérieures 
longuement pédonculées, puis en massue au bout, dépassant assez 
fortement l'abdomen, toutes dentées en dessous ; jambes comprimées, 
les quatre antérieures droites, les postérieures flexueuses ; toutes for- 
tement onguiculées en griffe ; tarses médiocres, à articles \ allongé, 
rétréci et arqué à sa base, 4 assez long; ses crochets médiocres. — 
Les trois segments intermédiaires de l'abdomen subégaux, rectilignes 
en arrière, séparés du l or par une suture droite; saillie internoxale 
très-large, parallèle, arrondie en avant. — Môtasternum de longueur 
moyenne. — Saillie mésosternale large, inclinée, un peu rétrécie et 
tronquée en arrière. — Corps ovalaire, écailleux. 

J'ai reçu de mon savant ami, M. C. A. Dohrn, sous les noms géné- 
rique et spécifique que je lui ai conservés, le remarquable insecte (2) 

(1) Schœnherr (Curcul. VIII, 2, p. 119) n'en a vu que quatre : (Audineti 
Schh., Java; bispinosus Wcber, Sumatra, Bornéo, etc.; trilineatus Guérin- 
Ménev., Nouvelle-Guinée ; Hopei Schh., Bengale). Les Rhynchœmts sphœrops, 
vulneratus et evolans do Wiedemann appartiennent certainement au genre, 
comme il le pense. — Aj. : Rhynch. doryphorus, Quoy et Gaim. Voy. d. l'Ura- 
nie; Entom. pi. 82, f. 9, 10; Nouvelle-Guinée (trilineatus!). — Mec. annulipes, 
Blanch. Voy. au Pôle Sud; Entom. p. 253, pi. 14, f. 14; Timor. 

Il y a à Ceylan quelques petites espèces inédiles qui, au premier coup-d'œil, 
paraissent appartenir au genre, mais leur rostre parfaitemout cylindrique et 
leur funicule antennaire de sept articles montrent qu'elles lui sont étrangères. 

(2) M. periergus. Ater, opacus, subtus cum pedibus (genubus tarsisque ex- 
eeptis) dense ochraceo-squamosus; piolliorace couferlim scrobiculato, elytris 
striato-punctatis, punctis quadratis, iuterstltiis conveiis, asperatis; illo vittis 



ARACHNOPIDES. 159 

de Ceylan qui constitue le type de ce genre. Les caractères exposés 
plus haut, et qu'il possède en commun avec les Mecopus qui précèdent, 
montrent qu'il appartient au môme groupe que ces derniers dont il 
s'éloigne beaucoup sous d'autres rapports, en particulier sous celui 
du faciès qui tient à la fois de celui des Ahaciinopus et de celui des 
Couyssopus. Je ne suis pas certain du sexe do l'exemplaire que j'ai 
sous les yeux; il so pourrait bien que ce fût une femelle. 

GROUPE II. Arachnopidei. 

Puniculo antennaire de sept articles. — Prosternum sans aucun 
vestige d'excavation. — Episternums métathoraciques étroits, forte- 
ment rétrécis et très-aigus on arrière, laissant les élytres entrer en 
contact avec les hanches postérieures; celles-ci globuleuses, excessi- 
vement séparées. 

A ces caractères, on pourrait en ajouter beaucoup d'autres qui font 
de ce groupe le plus aberrant de tous ceux des Zygopides étrangers 
à l'Amérique. Ce sont la forme du rostre qui, de môme que chez les 
Mecopus mâles, n'est pas à l'état normal ; la présence de lobes ocu- 
laires assez saillants; l'absence de l'écusson; la surface presque con- 
tinue que forment le prosternum, le mésosternum et le métasternum; 
la forte séparation qui existe entre les hanches de toutes les paires 
de pattes ot qui est portée au point, chez les postérieures, qu'elles 
sont, pour ainsi dire, logées dans un sinus des élytres; la brièveté du 
métasternum, etc. Aussi ai-je hésité si je ne ferais pas de ces insectes 
une tribu distincte ; mais, tout bien considéré, je crois qu'il vaut 
mieux les regarder comme des Zygopides plus fortement modifiés 
que de coutume. 

Lo groupe ne comprend que le genre suivant qui est resté inconnu 
en nature à Schœnherr ; mais cette fois, bien servi par son instinct 
scientifique, il l'avait placé immédiatement à côté des Mecopus. 

ARACHNOPUS. 

Guêmn-Mênev. Voy. d. I. Coq.; Entom.,p. 127 (1). 

Rostre assez long et médiocrement robuste, subquadrangalaire à sa 
base, un peu dilaté au niveau des antennes, déprimé en avant; ses 

tribus longitudinalibus, bis fasciis duabus transversis arcuatis (altcra prope basin 
altéra pone médium) sutiiraque antice et postice ochraceo-squamosis. Long, 
(rostr. exclus ) 8 mill. Hal). insul. Taprobana. 

(1) Syn. AiuciiNoius, Boisduv. Faun. d. l'Océan. H, p. 435; M. Boisduval a 
changé le nom imposé primitivement au genre, parce qu'il y avait déjà un 
genre de Curculionides que Mogorle avait appelé Arachnipos; mais ce nom 
étant complètement oublié, il n'y avait, en réalité, pas do double emploi. 



160 CUHCULIONIDES. 

scrobes commençant un peu au-delà de son milieu, évasées en arrière 
et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes assez longues, 
médiocrement robustes ; scape brusquement renflé au bout, n'attei- 
gnant pas tout-à-fait les yeux; funicule à articles obconiques : 1-2 
allongés, celui-ci un peu plus long, 3-6 courts, subégaux, 7 plus long 
et un peu plus épais, contigu à la massue ; celle-ci faible, oblongo- 
ovale, articulée, acuminée. — Yeux très-grands, déprimés, ovales, 
transversaux, médiocrement séparés sur le front. — Prothorax plus 
long que largo, subparallèle sur les côtés, brusquement et brièvement 
rétréci en avant, avec son bord antérieur tronqué et muni de lobes 
oculaires très-larges et ciliés, tronqué à sa base; prosternum très-long 
en avant des hanches antérieures, légèrement échancré en avant, largo 
et interrompu entre ces dernières. — Ecusson nul. — Elytres à peine 
plus longues que le prothorax, ovalaires, sinuées au niveau des han- 
ches postérieures, fortement rétrécies et conjointement acuininées en 
arrière, pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — 
Pattes très-longues et robustes ; toutes les hanches globuleuses ; cuisses 
sublinéaires, aplanies et finement dentées en dessous; les postérieures 
dépassant très-longuement l'abdomen; jambes droites, triquôtres, 
tranchantes sur leur bord externe, onguiculées au bout ; tarses mé- 
diocres, larges, densément spongieux en dessous, à articles 1 en 
triangle allongé, 2 trapéziforme, 3 transversal, étroitement fondu, 
4 médiocre; ses crochets assez grands. — 2 e segment abdominal soudé 
avec le 1 er et séparé de lui par uno fine suturo fortement arquée, 
plus long que 3-4 réunis, arqué à ses extrémités, ainsi que ces der- 
niers; saillie intercoxale excessivement large, tronquée en avant. — 
Mésosternum largement échancré en arc sur son bord antérieur. — 
Corps ovoïdo-elliptique, très-plan en dessous, partiellement pubescent. 

Deux espèces de ce genre remarquable sont décrites en ce moment. 
L'une (1), qui en forme le type, m'est inconnue et paraît s'éloigner à 
quelques égards de l'autre (2) qui a été publiée par M. Boisduval, et 
d'après laquelle a été rédigée la formule générique qui précède. Cette 
dernière passe généralement pour être lo lihynchœnus gazclla d'Oli- 
vier, mais plus que probablement à tort (3). Elle est de taille un peu 

(1) A. striga, Guéiïn-Ménev. loc. cit. p. 128; Atlas, Ins. pi. 6, f. 5. Selon 
M. Guéiiii-Méncvillc, cet insecte aurait les antennes insérées près du sommet 
du rostre, les yeux médiocres, le prothorax régulièrement conique et faible- 
ment sillonné en dessous. Pour le surplus, il serait parfaitement conforme à la 
formule que je donne du genre, do sorte que, tenant compto des différences 
(pacifique! et sexuelles, il n'y a pas, jusqu'à examen fait sur la nature, de mo- 
tifs suffisants pour le regarder comme génériquetnent distiuct de l'espèce dé- 
crite par M. Boisduval. 

(2) A . gusella, Boisduv. loc. cit. p. 436; figuré 1ns. pi. 7, f. 22, sous le nom 
d'Archarias à pieds longs. 

(3) La description et la figure que donne Olivier (Eutora. V, 83, p. 175, 



SPHADASMIDE3. {Q{ 

au-dessus de la moyenne, d'un noir mat, et ornée sur le prothorax de 
trois raies blanches, étroites, dont les deux latérales se continuent 
jusqu'à l'extrémité des élytres, la médiane est remplacée par deux 
raies qui longent la suture à peu de distance ; les cuisses et les jambes 
sont munies, sur leur bord interne, de deux franges latérales de poils 
blancs, plus longs sur les secondes. Le prothorax est finement poin- 
tillé, et les élytres présentent quelques vagues sillons dont les inter- 
valles sont couverts d'aspérités. Cet insecte, très-rare dans les collec- 
tions, est originaire de la Nouvelle-Guinée, ainsi que l'espèce décrite 
par M. Guérin-Méneville. 

GROUPE m. Sphadaimidet. 

Funicule antennaire de sept articles. — Prosternum largement ex- 
cavé, parfois subcanaliculé. — Episternums métathoraciques étroits, 
rétrécis en arrière, laissant les hanches postérieures entrer presque 
en contact avec les élytres. 

Ce groupe est le dernier où le prosternum n'est pas fortement et 
nettement canaliculé. Avec lui également commencent les Zygopides 
africains qui forment aussi les deux groupes suivants. Il ne comprend 
que le genre Sphadasmus que Schœnherr avait placé parmi ses Bari- 
diides. 

Geure incertœ sedis : Panojptes. 

SPHADASMUS. 
Schoemi. Curcul., VIII, 2, p. 290 (1). 

Rostre pas plus long que le prothorax, assez robuste, un peu épaissi, 
élargi et caréné en dessus à sa base, déprimé dans le reste de sa lon- 
gueur; ses scrobes commençant dans son milieu. — Antennes mé- 
diocres, peu robustes; scape en massue au bout, restant à une grande 
distance des yeux; funicule à articles 1-2 allongés, noueux au bout, 
celui-là le plus long, 3-7 courts, subturbinés, subégaux ; massue ovale 
ou oblongo-ovale, articulée, à article I plus ou moins allongé. — Yeux 

pl. 22, f. 303) de sou Rhynchœnus gasella, prouvent qu'A avait sous les yeux 
un insecte beaucoup plus petit, plus court, plu» convexe, et d'une livrée autre 
que celui auquel M. lioisduval a imposé le même nom. Toutes deux s'appli- 
quent parfaitement à un insecte des îles Anou que j'ai reçu en communica- 
tion de M. C. A. Dolun, et que je regarde comme étant sans aucun doute l'es- 
pèce qu'a connue Olivier. Mais cet iusecte est un Cryptorliynchide vrai qui doit 
rentier dans le genre Tiugopus de Schœnlierr. Celui de M. Boisduval peut par 
conséquent conserverie nom de gazetla, mais en supprimant la citation d'Olivier. 
(1) Syn. Cyrtomon, Schœnh. Curcul. 111, p. 819; Meigen ayant déjà établi un 
genre Cyutoma parmi les Diptères, Schœntaerr a cru devoir imposer un nou- 
veau nom à celui-ci. 

Coléoptèret. Tome VII. il 



102 CURCULIONIDES. 

très-grands, faiblement séparés dans leur partie inférieure. — Pro- 
thorax transvorsal, convexe, légèrement arrondi sur les côtés, plus ou 
moins longuement et peu à peu rétréci et tronqué en avant, médiocre- 
ment bisinué à sa base; prosternum tantôt (par ex. camelus) assez large, 
tantôt (par ex. fallax) étroit entre les hanches antérieures. — Ecusson 
variable. — Elytres courtes, convexes dans leur milieu, déprimées à 
leur base, ovales, laissant plus ou moins le pygidium à découvert, pas 
plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur hase, 
avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres, comprimées; cuisses 
presque graduellement en massue, dentées en dessous, carénées dans 
toute leur longueur sur leur face externe; les postérieures dépassant 
un peu l'abdomen; jambes tranchantes en dehors, droites, parfois 
(camelus) flexueuses, fortement onguiculées au bout; tarses longs, à 
articles 1-2 étroits, celui-là très-allongé, 4 assez long, ainsi que ses 
crochets. — 2 e segment abdominal un peu plus grand que chacun des 
suivants, rectiligne en arrière ainsi qu'eux, séparé du 1" par une 
suture légèrement arquée; saillie intercoxale très-large, parallèle, 
tronquée en avant. — Métasternum court. — Saillie mésosternale en 
carré transversal, un peu inclinée. —Corps ovale, finement écailleux. 
Ce genre est propre à l'Afrique australe. Ses espèces, peu nom- 
breuses (I), sont au plus de taille moyenne pour la Tribu actuelle, et 
leur livrée modeste n'offre rien de remarquable. L'une d'elles [ca- 
melus), la plus grando du genre, se distingue entre toutes par une 
forte saillie comprimée dont elle est munie sur le prothorax, et dont 
ses congénères, sauf le carinicollis, n'offrent aucun vestige. 

Note. 
L'absence complète du canal rostral, réunie à l'habitat du genre 
suivant, rend probable qu'il appartient au même groupe que les 
Sphadasmus. 

PANOPTES. 

GehsîjECK. Stetlin. entem. Zeit., 1860, p. 385. 

Rostre aussi long que la tôte et le prothorax réunis, fortement ar- 
qué, plus haut que large à sa base, puis graduellement déprimé; ses 
scrobes commençant un peu au-delà de son milieu. — Scape des an- 
tennes long, très-grèle, fortement et obliquement en massue à son 
extrémité; funicule d'un tiers plus long que lui, à articles 1 très- 
noueux au bout, 2 linéaire, aussi long que les trois suivants réunis, 
3-4 légèrement allongés, 5-7 courts; massue oblongo-ovalo; ses deux 
I e " articles grands. — Yeux contigus, occupant toute la partie anté- 
rieure de la tôte. — Prothorax au moins aussi long que large, légè- 
rement arrondi sur les côtés, graduellement rétréci et tronqué en 

(1) Schœnherr (Curent, loe. cit. p. 291) en mentionne quatre : S. camelus, 
sitifir, carinicollis, inralidus. On n'«n a pa> publie depuii, que je sache. 



COBYSSOPIDES. 103 

avant, muni à sa base d'un lobe médian ; prosternum oblique, non 
canaliculé. — Ecusson en carré allongé. — Elytres en cœur allongé, 
planes, impressionnées a leur base et le long de la suture, avec leurs 
épipleures verticales. — Hanches antérieures contiguës ; cuisses en 
massue au-delà de leur milieu, les antérieures triangulairement élar- 
gies en dessous dans ce point, toutes armées d'une dent aiguë ; jambes 
grêles, légèrement arquées, fortement onguiculées en griffe à leur 
extrémité; tarses grôles, à articles 1-2 arrondis, grossissant un peu à 
leur extrémité, celui-là de moitié plus long, 3 transversalement cor- 
diforme, seul spongieux en dessous; crochets libres, aigus. — Les 
deux 1°" segments abdominaux soudés ensemble, les deux suivants 
très-courts, le dernier demi-circulaire. — Métasternum et le 1 er seg- 
ment abdominal présentant trois dépressions : une médiane très-grande 
et légèrement concave, deux latérales obliques, séparées de la pré- 
cédente par une carène. —Mésosternum transversal, subvertical, ac- 
colé au métasternum.— Corps allongé, rhomboïdal, déprimé en dessus. 
D'après cette formule, l'unique espèce (nolatus) du genre doit res- 
sembler complètement à un Copturus de forme allongée. Sa livrée, 
à en juger par la description qu'en donne M. Gerstœcker, a la plus 
grande analogie avec celle de ces derniers. Elle est petite et originaire 
de Madagascar. 

Groupe IV. Coryaaopidei. 

Funicule antennaire de sept articles. — Prosternum profondément 
canaliculé ; le canal entamant fortement le métasternum. — Epister- 
nums métathoraciques étroits, acuminés en arrière, laissant les han- 
ches postérieures entrer en contact avec les élytres. 

Cette forme du canal rostral est la môme que celle qui existe chez 
les Cryptorhynchides du groupe des Sophrorhinides. Elle ne se re- 
trouvera plus que dans un très-petit nombre de genres appartenant 
aux Tribus suivantes, tels que, par exemple, les Rhadinocerus et les 
Coeliodes. Le genre suivant est le seul, à moi connu en nature, qui 
rentre dans le groupe. 

Genres incertœ sedis : Slrabus, Telragonops. 

CORYSSOPUS. 
Schoenii. Cttrcul. Disp. meth., p. 303. 

Rostre allongé, médiocrement robuste, élargi et caréné en dessus à 
sa base, légèrement et peu à peu élargi à son extrémité ; ses scrobes 
commençant dans son milieu. — Antennes assez longues, grêles; scape 
brusquement en massue au bout, restant à une assez grande distance 
des yeux; funicule à articles obeoniques, décroissant graduellement: 
1 plus gros et un peu plus court que 2; massue assez grêle, à article 1 



164 eimcuuoNiDEs. 

en cône allongé, les autres très-courts.— Yeux très-grands, subcontigus 
en dessus.— Prothorax transversal, régulièrement et fortement rétréci 
en avant, largement sinué sur son bord antérieur, coupé presque car- 
rément à sa base, avec un lobe médian médiocrement large et tronqué 
en arrière.— Ecusson en carré long.— Elytres courtes, convexes, forte- 
ment rétrécies en arrière, pas plus larges que le prothorax et légère- 
ment échancrées à leur base, avec les épaules rectangulaires. — Pattes 
assez longues ; cuisses comprimées, graduellement en massue, biden- 
téesen dessous, les postérieures dépassant assez fortement l'abdomen; 
jambes droites, faiblement bisinuées en dedans ; tarses assez longs, à 
articles 1-2 allongés, obconiques, celui-là beaucoup plus long, 3 peu 
élargi, 4 assez long; ses crochets petits. — 2° segment abdominal for- 
tement arqué à ses extrémités, pas plus long que chacun des deux 
suivants, séparé du 1 er par une suture droite ; saillie intercoxale très- 
large, tronquée en avant. — Corps brièvement ovalaire, convexe, pu- 
bescent en partie. 

Schœnherr, après n'avoir fait do ce genre qu'un sous-genre des Zy- 
gops, a fini (1) par le séparer fortement de ces insectes et le reporter 
dans sa première Tribu des Cryptovhynchides. Sa première opinion 
était la meilleure, l'unique espèce (hexasticus Schh.) qui le compose 
possédant tous les caractères essentiels de la Tribu actuelle. 

Cet insecte, originaire du Sénégal, est de taille moyenne, d'un 
rouge sanguin foncé, avec des bandes longitudinales formées par des 
poils do couleur jaune, bandes entières sur le prothorax, abrégées ou 
interrompues sur les élytres. 

Note. 

Le genre suivant appartient au groupe actuel par la forme de son 
canal rostral ; mais il reste à savoir s'il a quolques-uns de ses seg- 
ments abdominaux arqués à leurs extrémités et comment se compor- 
tent ses hanches postérieures relativement aux élytres. 

STRABUS. 
Gerstxck. Siettin. entom. Zeit., 1860, p. 380. 

Rostre aussi long que la tète et le prothorax réunis, élargi et caréné 
en dessus à sa base, muni dans son milieu de deux dépressions obli- 
ques réunies par une carène transversale, déprimé et élargi à son 
extrémité. — Antennes insérées un peu en deçà du milieu du rostre ; 
scape à peine à moitié aussi long que le funicule, grêle, légèrement 
en massue; funicule à articles 1-2 allongés, égaux, celui-là épaissi 
au bout, celui-ci linéaire, 3-4 de moitié plus courts, égaux, 5-7 gra- 
duellement plus courts et plus épais; massue allongée, oblongo-ovale, 
à article 1 plus long que les suivants réunis, ceux-ci très-courts et 

(1) Curcul. IV, p. 261. 



coryssopiues. 168 

obliquement tronqués. — Yeux très-grands, arrondis, continuant la 
courbe de la tête, contigus sur le front dans leur moitié antérieure. — 
Prothorax transversal, conique, arrondi sur les côtés, fortement échan- 
cré en avant, coupé carrément en arrière, avec un lobe médian étroit et 
aigu ; son canal rostral prolongé jusque sur le métasternum, et s'y 
dilatant en une fossette ovale, nettement limitée. — Eeusson ovale, en- 
châssé entre les élytres à leur base. — Celles-ci à peine aussi longues 
que la tôte et le prothorax réunis, obtusément cordiform.es, de la lar- 
geur du prothorax a leur base, un peu convexes dans leur moitié an- 
térieure, fortement déclives en arrière. — Cuisses antérieures et posté- 
rieures un peu plus longues que les intermédiaires ; toutes droites, un 
peu comprimées, munies en dessous, do chaque côté, d'une petite dent 
médiane aiguë, avec la moitié de l'espace entre ces dents et leur extré- 
mité canaliculée pour la réception des jambes; celles-ci de la longueur 
des 2/3 des cuisses, légèrement arquées, munies à leur extrémité ex- 
terne d'une saillie robuste, médiocrement aiguë, près de laquelle sont 
doux pinceaux divergents de longs poils; tarses à articles 1-2 à peine 
aplanis en dessous, velus supérieurement et inférieurement, celui-là 
plus obeonique et du double plus long que celui-ci, 3 faiblement 
élargi, brièvement cordiforme ; crochets simples, très-arqués. — Py- 
gidium très-petit, triangulaire. — Les trois segments intermédiaires 
de l'abdomen très-courts, enfoncés, le 5° trois fois aussi long, obtusé- 
ment triangulaire. — Corps ovalaire, convexe, faiblement écaillcux. 

L'espèce (mclaleucus) de Madagascar, qui forme le type du genre, 
a,selonM.Gerstœcker,le/a«esd'unB,VLANiNuset la taille des grandes 
espèces de ces derniers. Elle est élégamment ornée, comme le Bal. ma- 
dagascarie7tsis,àe nombreuses taches d'un beau blanc sur un fond noir. 

Quant au genre suivant, il ne peut entrer dans aucun des quatre 
groupes qui précèdent et, d'après la structure de son canal rostral, 
doit en former un à part, entre les Sympiézopides et les Corysso- 
pides. La formule suivante est empruntée partie à celle qu'en a donné 
M. Gerstœcker, partie à sa description de l'espèce. 

TETRAGONOPS. 
Gerst,eck. Monatsber. d. Berlin. Acad., 1855, p. 85. 

Rostre presque aussi long que lo prothorax, déprimé. — Antennes 
médianes ; scape court, n'atteignant pas la tète ; funicule à articles 
1-5 allongés, 1 beaucoup plus gros que les autres, 6-7 courts; mas- 
sue ovale, subacuminôe.— Yeux frontaux, subquadrangulaires, plans, 
presque contigus à la base du rostre. — Prothorax transversal, rétréci 
en avant, avec son bord antérieur fortement ôchancré, légèrement 
arrondi sur les côtés ; son canal rostral nettement limité et terminé 
entre les hanches intermédiaires. — Eeusson distinct. — Elytres con- 
vexes, à peine plus larges que le prothorax à leur base, rapidement 



106 CURCUL10N1BES. 

rétrécies en arrière. — Pattes semblables à celles des Sphadasmus, 
avec la dent des cuisses plus forte et les jambes munies en dehors, 
près de leur articulation avec les cuisses, d'une saillie dentiforme. — 
Corps ovale. 

Parmi ces caractères, la forme insolite des yeux est surtout remar- 
quable. Le genre a été fondé sur un petit insecte (1) des environs de 
Tetté sur le Zambèze, noir, varié de blanc, de roux et de testacé, 
et muni sur le prothorax de deux fascicules de poils de cette der- 
nière nuance : l'un antérieur, l'autre postérieur ; un autre, de cou- 
leur brune, se voit sur chaque élytre, dans le voisinage de l'écusson. 

GROUPE V. Sympiétopide*. 

Funicule antennaire de sept articles. — Prosternum profondément 
canaliculé ; le canal effacé en arrière des hanches antérieures. — 
Episternums étroits, laissant les hanches postérieures entrer en con- 
tact avec les élytres. 

Ce groupe représente ici le dernier groupe des Zygopides améri- 
cains et celui des Ithyporides parmi les Cryptorhynchides. Il aurait 
dû par conséquent être placé en tète de la section actuelle, mais la 
ressemblance de ses espèces avec celles placées au premier rang de 
la Tribu des Isorhynchides, m'ont engagé à terminer celle-ci par elles. 
Toutes rentrent dans le genre suivant. 

SYMPIEZOPUS. 
Schoenh. Curcul. IV, p. 707. 

Rostre plus ou moins allongé, assez robuste, arqué, tantôt (par ex. 
ebeninus) subquadrangulaire, tantôt (par ex. cinctus) élargi à sa base, 
déprimé dans le reste de son étendue ; ses scrobes commençant dans 
son milieu. — Antennes médiocres, peu robustes ; scape en massue 
au bout, restant loin des yeux; funicule à articles 1-4 allongés, noueux 
au bout, X le plus grand, 5-7 courts, obconiques ; massue ovale, arti- 
culée, obtuse au bout. — Yeux déprimés, tantôt très-grands et arron- 
dis (par ex. ebeninus), tantôt (par ex. cinctus) beaucoup plus petits et 
ovales, toujours contigus ou très-rapprochés sur le front.— Prothorax 
transversal ou non, tantôt régulièrement conique, tantôt convexe et 
brusquement rétréci antérieurement, tronqué en avant, faiblement bi- 
sinué à sa base.— Elytres assez ou peu convexes, peu à peu et fortement 
rétrécies en arrière, pas plus larges que le prothorax et faiblement 
échancrées à leur base, avec les épaules nulles.— Pattes assez courtes, 
contractiles, comprimées ; cuisses presque graduellement en massue, 
carénées sur leur face externe le long do leur bord inférieur, inermes, 
ou tantôt toutes, tantôt les postérieures seulement, dentées en dessous; 

(1) T. fascicularis, Gerstœck. loc. cit. et in Peters, Reise n. Mozamb.; En- 
tom. p. 316, pi. 18, f. 1*. 



TACHYGONIDEÏ. 



187 



jambes droites, onguiculées au bout; tarses assez courts et assez 
étroits, graduellement élargis, spongieux en dessous, à article 4 mé- 
diocre ; ses crochets petits. — 2° segment abdominal plus court que 
les deux suivants réunis, coupé carrément en arrière ainsi qu'eux, 
séparé du 1 er par une suture droite ou un peu arquée; saillie inter- 
coxale très-large, parallèle, tronquée en avant.— Métasternum court. 
— Saillie mésosternale en carré transversal, verticale. — Corps ellip- 
tique ou ovalaire, partiellement pubescent. 

Insectes propres à l'Afrique, où ils sont répandus depuis le Gabon 
à Natal et au Cap. Les espèces décrites par Schœnherr sont de petite 
taille et au nombre de trois (1) ; celles publiées depuis sont plus 
grandes. Toutes ont pour livrée des mouchetures ou un petit nombre 
de taches ou do bandes transversales dont la couleur varie du blanc 
grisâtre au jaune plus ou moins vif. 

Comme on le voit par la formule qui précède, elles diffèrent assez 
sous le rapport du rostre, des yeux et de la forme générale. Peut- 
être, quand on en connaîtra un plus grand nombre, le genre devra- 
t-il être divisé. 

TRIBU LXIV. 

TACHYGONIDES. 

Rostre très-court, assez robuste, déprimé ; ses scrobes basilaires, 
latérales, fovéiformes. — Antennes presque droites, basilaires, très- 
courtes; leur funicule de 7 articles, leur massue grosse.— Yeux situés 
sur le front, subcontigus.— Prosternum très-court, fortement échancré 
en avant, un peu concave, assez large entre les hanches antérieures. 

— Un écusson. — Elytres laissant un peu le pygidium à découvert. 

— Pattes antérieures et intermédiaires courtes, les postérieures très- 
allongées ; hanches antérieures brièvement coniques, saillantes, les 
autres globuleuses, les intermédiaires fortement, les postérieures ex- 
cessivement séparées; jambes onguiculées en griffo à leur extrémité; 
crochets des tarses appendiculés. — Les deux i e " segments abdomi- 
naux très-grands, soudés ensemble, lo 2° arqué à ses extrémités et 
embrassant le 3°, celui-ci et lo 4° excessivement courts. — Métaster- 
num très-court, ses épisternums assez larges. — Corps sublransversa- 
lement vhomboïdal. 

Parmi les formes singulières que contient la Famille, il en est peu 
qui soient aussi aberrantes que les Tachygonus. Par leur rostre et 

(l) S. aciculalHS, puuper, Caffrcric; cinctus, Cap; Schœnh. loc. cit. p. 708. 

— Aj. : S. marmoratus, ebeninus, J. Thoms. Archiv. entom. Il, p. 140; Ga- 
bon. Lo second a été décrit d'après des exemplaires dénudés; à l'état frais, il 
est presque uniformément revêtu de poils blancs peu serrés qui laissent voir la 
couleur des téguments. 



«es 



CURCUL10NIDES. 



leurs antennes, ces insectes touchent de près les Camarotus, tandis 
que par leurs yeux, la longueur de leurs pattes postérieures, la gran- 
deur de leurs deux (•" segments abdominaux, leur forme générale, ils 
sont évidemment voisins des Copturus de la tribu des Zygopides. Pour 
derniers traits d'analogie, leur patrie est la môme que celle de ces 
derniers, et leurs allures sont également singulières, lis me paraissent 
par conséquent n'être que des Zygopides trop aberrants pour prendre 
place parmi ceux-ci, mais qui ne peuvent en être éloignés. 

Par suite de la forme de leurs antennes, Schœnherr les avait pla- 
cés dans sa division des Orthocères et dans son groupe des Ramphi- 
des, en les comparant en même temps aux Orchestes ; mais, ce qu'il 
ignorait, la faculté saltatoire qui existe dans ce dernier genre, comme 
chez les Ramphus, leur est étrangère. M. Jekel (I), en proposant de 
les placer à côté des Ceutorhynchus, a eu principalement en vue leur 
forme générale. Mais les Ceutoruynchus ont des épimôres fortement 
ascendantes qui n'existent pas ici, et leurs autres caractères sont très- 
différents. 

Un genre remarquable (Dinorhopala) et propre aux Indes orien- 
tales, qui a été publié dans ces derniers temps par M. Pascoe, doit 
plus que probablement prendre place ici. 

TACHYGONUS. 
(Dej.) Schoenh. Curcul., I, p. 311 (2). 

Tête saillante, obconique: rostre à peine plus long qu'elle, médio- 
crement arqué. — Antennes un pou plus longues que le rostre; scape 
court, obconique ; funicule à articles 1 aussi long et aussi gros que 
le scape, 2-7 extrêmement courts et serrés ; massue forte, aussi lon- 
gue que le funicule, oblongo-ovale, articulée. — Yeux assez grands, 
ovales, peu convexes, verticaux, contigus ou subcontigus.— Prothorax 
fortement transversal, rétréci, brièvement tubuleux et tronqué en 
avant, arrondi sur les côtés, assez fortement bisinuô à sa base. — 
Ecusson petit, variable. — Elytres amples, déprimées, brièvement 
cordiformes, beaucoup plus larges que le prothorax et échancrées à 
leur base, avec les épaules fortement arrondies.— Cuisses antérieures 
et intermédiaires sublinéaires, comprimées, échancrées en dessous 
près de leur sommet ; jambes comprimées, arquées ; cuisses posté- 
rieures graduellement en massue, plus ou moins denticulées ou épi- 
neuses en dessous, dépassant fortement l'abdomen ; jambes de la 
même paire comprimées, lamelliformes, arquées et tranchantes en 
dehors, inermes au bout; tarses plus longs que les quatre antérieures; 
crochets de tous médiocres.— Corps brièvement rhomboïdal, déprimé, 
plus ou moins hérissé de longs poils fins. 

(1) In». Saunders. Col. II, p. 157. 

(2) Syn. Tachyopus,J. Sturm, Cat.,éd. 1843, p. J52. 



TACHYGONIDES. {69 

Ces insectes singuliers sont de très-petite taille et n'offrent rien de 
remarquable sous le rapport des couleurs ; le noir uniforme ou re- 
levé par du jaune forme leur livrée ; tous ont le dessous du corps et 
le prothorax criblés de gros points ; leurs élytrcs sont plus ou moins 
fortement sillonnées, avec les intervalles entre les stries âpres et cos- 
tiformes. On en connaît cinq espèces (1), disséminées depuis les Etats- 
Unis jusqu'au Brésil. 

On trouve ces insectes sur les feuilles auxquelles, lorsqu'ils se 
posent, ils s'accrochent, en faisant la culbute, à l'aide de leurs lon- 
gues pattes postérieures. La faculté saltatoire leur est étrangère, comme 
je l'ai dit plus haut, et ils simulent la mort avec obstination quand 
on les saisit. Telles sont du moins les habitudes du Lecontei, type du 
genre, d'après ce que rapporte Zimmermann (2); il est probable 
qu'elles sont partagées par les autres espèces. 

Note. 

Tous les caractères essentiels de la Tribu se retrouvent dans le genre 
suivant, et c'est avec raison que M. Pascoe l'a placé à côté des Ta- 
chygonus. 

DINORHOPALA. 
Pascoe, The Journ. of Entom., I, p. 61. 

Tète petite, brusquement rétrécie en dessous en un rostre court. 
— Antennes courtes, droites, insérées près des yeux ; scape subpyri- 
forme, allongé ; funicule à articles l plus court, subcylindrique, 2-7 
grêles, décroissant graduellement; massue ovale, compacte. —Yeux 
grands, arrondis, saillants, latéraux. — Prothorax subtriangulaire, 
rétréci en avant, lobé à sa base, irrégulier en dessus. — Elytres 
amples, beaucoup plus larges à leur base que le prothorax, très- 
irrégulières et épineuses. — Pattes antérieures et intermédiaires mé- 
diocres; leurs cuisses en massue et unidentées en dessous, leurs 
jambes terminées par un éperon arqué ; pattes postérieures très-lon- 
gues ; leurs cuisses dépassant fortement l'abdomen, très-grêles à leur 
base, brusquement et très-fortement renflées, munies d'une grande 
dent triangulaire en dessous; leurs jambes arquées, très-comprimées, 
avec leur angle interne prolongé en une longue dent aiguë ; tous les 
tarses courts, à article 3 largement bilobé ; crochets dentés en des- 

(1) T. Lecontei, Schœnli. loc. cit. p. 312 j Sturm, loc. cit. pi. VI, f. 1 {hor- 
ridus, Guérin-Ménev. Iconogr.; Ins. pi. 38, f. 9; les antennes sont représentées 
trop coudées dans cette ligure). — hydropicus, Brésil ; [asciculusus, Mexique; 
Schœnh. loc. cit. V, p. 455. — phalangium, Leprieuri, Clievrol. in Guérin- 
Ménev. loc. cit. texte, p. 155 ; Cayenne. 

(2) Voyez la notice qu'il a publiée (in Gcimar, Zeitschr. Il, p. 445) sur lei 
mauœuvrcs bizarres auxquelles se livre cet insecte; M. Guérin-Méneville en a 
donné un extrait, loc. cit. p. 155. 



170 CURCULIONIDES. 

sous ; hanches antérieures rapprochées, les autres largement sé- 
parées. 

Le seul point de quelque importance par lequel ce genre s'éloigne 
des Tachygonus, est l'absenco de contiguïté des yeux. L'espèce typi- 
que (1) est petite et noire, avec le rostre, les antennes et les jambes 
en partie, fauves ; ses élytres sont très-irrégulières et denticulées 
en scie sur leurs bords latéraux ; leur partie postérieure présente en 
dessus quelques tubercules épineux. Elle est originaire du pays des 
Birmans. 

TRIBU LXV. 

IUMPHIDES. 

Tôte brièvement conique ; rostre long, brusquement fléchi et for- 
mant avec la tète un angle aigu, reçu au repos dans un canal du 
prosternum ; ses scrobes placées assez haut, arrondies, contigues aux 
yeux. — Antennes courtes, droites; leur funicule de sept articles. — 
Yeux très-grands, déprimés, ovales, transversaux, contigus sur le 
front. — Prosternum canaliculé, le canal atteignant le mésosternum 
sans l'entamer. — Ecusson nul. — Elytres recouvrant le pygidium. 
— Pattes postérieures saltatoires ; jambes inermes au bout ; crochets 
des tarses simples. — Segments intermédiaires do l'abdomen coupés 
carrément en arrière, le 2° un peu plus long que chacun des deux 
suivants. — Métasternum très-court ; ses épisternums assez larges. — 
Corps ovale. 

Ce groupe est limité au genre Ramphus de Clairville, le seul parmi 
les Curculionides européens qui possède, avec les Orchestes, la fa- 
culté saltatoire. Schœnherr devait nécessairement le placer dans les 
Orthocôres et il lui a en même temps associé IcsTachygonus dont j'ai 
cru devoir former un groupe distinct. Il y a sans doute des caractères 
importants communs aux deux genres, mais des différences encore plus 
grandes et d'une valeur plus que générique les séparent. Ces derniers 
sont les représentants, munis d'antennes droites, des Zygopides, tan- 
dis que les Ramphus sont ceux des Cryptorhynchides. Quant à la place 
que, récemment, M. G. Thomson leur a assignée, comme je l'ai dit 
précédemment (2), à côté des Orchestes, elle serait acceptable, si ces 
derniers n'étaient pas des Synmérides, étant justifiée par l'identité des 
habitudes entre les espèces des deux genres, dans les premiers temps 
de leur vie. 

Les larves des Ramphus sont, en effet, mineuses, comme celles des 
Orchestes, ainsi que l'a fait connaître M. De Heyden qui a décrit 

(1) D. spinosu, Pascoe, loc. cit. p. 162, pi. 3, f. 2. 

(2) Tome VI, p. 586. 



RAMPHIDES. 171 

celle du R. flavicomis (1). Cette larve est ovale, un peu convexe en 
dessous, glabre, d'un jaune brillant, légèrement visqueuse et apode. 
Sa tête n'a guôre que le tiers de la largeur du 1 er segment, dans l'in- 
térieur duquel elle est à moitié rétractile, et ne parait porter ni yeux 
ni antennes. Les segments du corps sont faiblement séparés, mais 
chacun d'eux est pourvu latéralement et de chaque côté d une petite 
fossette. Le premier est du double plus large que les suivants, le pé- 
nultième muni de chaque côté, en dessous, d'une petite dent, le der- 
nier court et tronqué en arrière ; en dessous, près do son extrémité, 
se voit une petite saillie anale. 

Cette larve, qui est très-lente dans ses mouvements, creuse dans le 
parenchyme des feuilles des divers arbres et près de leur surface, 
une petite loge de forme variable dans laquelle elle subit ses méta- 
morphoses après avoir hiverné. La même feuille en nourrit tantôt 
un seul, tantôt plusieurs individus. On l'a observée sur le pommier, 
le poirier et le bouleau . La nymphe ne présente d'autre particularité 
que la grande mobilité de ses segments abdominaux. 

RAMPHUS. 
Clairv. Entom. helvét., I, p. 104. 

Rostre médiocrement robuste, subanguleux, faiblement arqué. — 
Antennes de la longueur du prothorax ; scape assez épais et allongé, 
obeonique ; funicule à articles 1 pareil au scape, 2 presque aussi 
gros, mais beaucoup plus court, 3-7 grêles, obeoniques, graduelle- 
ment un peu plus gros ; massue assez forte, ovalairc, articulée. — 
Prothorax fortement transversal, régulièrement convexe, peu à peu 
rétréci et tronqué en avant, à peine arrondi en arc ou tronqué à sa 
base. — Elytres convexes, assez courtes, parallèles, largement arron- 
dies en arrière, un peu plus larges que le prothorax et tronquées à 
leur base, avec les épaules obtuses. — Les quatre pattes antérieures 
plus faibles et plus courtes que les postérieures; les cuisses de celles-ci 
oblongo-ovales, renflées; jambes grêles, droites; tarses courts et très- 
grèlcs, à articles 3 un peu plus large que 1-2, 4 assez long, subcy- 
lindrique ; ses crochets très-petits. — Saillie intercoxale assez large, 
un peu rétrécie et arrondie en avant. — Saillie mésosternale assez 
large, peu inclinée, subparallèle, tronquée en avant. — Corps glabre 
ou non. 

Toutes les espèces du genre sont très-petites, peu nombreuses (2) et 
paraissent jusqu'ici propres à l'Europe. On les trouve sur les feuilles 
des arbres. Les sauts qu'elles exécutent sont aussi étendus que ceux 
delà Puce commune. 

(1) Berlin, entom. Zeitschr. VI, 1862, p. 63. 

(2) R. (lavicornis, tomentosus, œneus, Schœnh. Curcul. I, p. 310. — Aj.: 
fi. sqwmosus, Hochli. Bull. Mosc. 1850, 1, p. 16; Russis mér. 



i"!l CUnCULIONIDES. 

TRIBU LXVI. 

ISORHYNCHIDES. 

Tète globuleuse, plus ou moins saillante ; rostre médiocre, peu ro- 
buste, cylindrique ; ses scrobes passant plus ou moins rapidement 
sous lui. — Antennes au plus médiocres, grêles ; leur funicule de 
sept articles, leur massue petite. — Yeux contigus ou très-rapprochés, 
complètement a découvert quand le rostre est contracté. — Prothorax 
tronqué en avant ; prosternum canaliculé, le canal effacé en arrière 
des hanches antérieures (Rhamnocerus excepté). — Un écusson. — 
Elytres recouvrant en général le pygidium. — Hanches antérieures 
globuleuses, saillantes; jambes onguiculées au bout; tarses courts 
ou médiocres, étroits, leurs crochets simples (Conophoiujs excepté). 
— Segments intermédiaires de l'abdomen de longueur relative va- 
riable, parfois arqués à leurs extrémités. — Métasternum au plus de 
longueur moyenne ; ses épisternums plus ou moins larges. — Corps 
de forme variable. 

Cette Tribu est établie sur quelques genres qui ont en commun 
avec les Zygopides, des yeux subcontigus ou peu séparés sur le front, 
et complètement découverts lors de la contraction du rostre, mais qui 
en diffèrent essentiellement par leur rostre parfaitement cylindrique. 
C'est le seul caractère absolu qui les sépare du groupe en question, 
tous les autres se retrouvant plus ou moins fréquemment chez ce 
dernier. 

Ces iusectes sont tous de petito taille, revêtus d'une livrée insigni- 
fiante, et propres à l'Afrique, sauf quelques Lobotiuchelus. Schœn- 
herr les avait disséminés pour la plupart dans ses Cholides et ses 
Cryptorhynchides ; puis il avait établi sur un seul de leurs genres 
(Conophoiujs) sa troisième grande division des Mécorhynques, celle 
des Conophorides, mesure que rien absolument ne justifie. 

Quelques caractères, de valeur secondaire, exigent que la Tribu 
soit divisée en deux groupes. 

I. Segments intermédiaires de l'abdomen égaux, libres. Lodotiuchêudes. 

II. 2° segment abdominal beaucoup plus grand que les 

deux suivants réunis, soudé au 1 er . Isoiuwnchides viuis. 

GROUPE I. Lobotraohélidei. 

Segments intermédiaires de l'abdomen égaux, libres, arqués à leurs 
extrémités, séparés du l or par une suture droite. — Corps convexe, 
ovale. 

Ce groupe devrait, à la rigueur, en former deux, par suite de la 



LOBOTRACHÉLIDES. 173 

différence prononcée que présente le canal rostral, mais les deux 
genres qui le composent n'étant séparés que par ce seul caractère, il 
me semble plus convenable do les laisser ensemble. 

I. Canal rostral effacé en arrière des hanches antérieures : Lobolrachelus. 
H, — prolongé sur le mésosternum ; celui-ci en fer a cheval : Rha- 

dinocerus. 

LOBOTRACHELUS. 
Schqenh. Curcul. IV, p. 711. 

Rostre plus ou moins allongé , grêle , médiocrement arqué ; ses 
scrobes commençant dans son milieu (o") ou un peu en avant (Ç). — 
Antennes médianes ou submédianes, assez longues, très-grôles; scapo 
en massue au bout ; funicule à articles 1-4 allongés, celui-là plus 
long et plus gros, 5-7 très-courts, subégaux ; massue faible, oblongo- 
ovale, acuminée, articulée. — Yeux très-grands, déprimés, ovales, 
subcontigus en dessus. — Prothorax transversal ou non, convexe, 
conique, un peu atténué en avant, coupé presque carrément à sa 
base, avec un lobe médian étroit, très-saillant, et recouvrant plus ou 
moins l'écusson ; canal rostral effacé en arrière des hanches anté- 
rieures. — Ecusson en général subarrondi. — Elytres assez convexes, 
ovales, pas plus larges quo le prothorax et isolément sinuées à leur 
base, avec leurs épaules presque nulles. — Pattes assez longues ; 
cuisses linéaires, finement dentées en dessous; jambes droites, briè- 
vement onguiculées au bout ; tarses médiocres, finement spongieux 
en dessous, à articles 1 grêle, allongé, 2 beaucoup plus court, 3 mé- 
diocrement large, 4 assez court, ses crochets petits, arqués, divari- 
qués. — Saillie intercoxale large, subarrondie ou tronquée en avant. 
— Métasternum de longueur moyenne. — Saillie mésosternale large, 
arrondie en arrière, inclinée. — Corps ovale ou subelliptique, pu- 
bescent. 

Petits insectes ayant, au premier aspect, une ressemblance assez 
prononcée avec les Coryssopus et les Sympiezopus de la Tribu pré- 
cédente. Tous sont d'un noir ou d'un jaune ferrugineux et plus-ou 
moins densément revêtus, surtout en dessous, de poils blancs couchés 
et sublanugincux. Le genre est peu nombreux (1) et dispersé dans les 
parties chaudes de l'ancien continent. 

(1) Schœnhcrr (Curcul. VIII, 2, p. 127) en décrit huit espèces, dont II a, de- 
puis, retrancha une (conicicullis) pour la reporter dans son genre Rhadinocei<us. 
Les sept autres sont de l'Afrique australe [vestitus, egenus, subsignalus, his- 
trio), de Madagascar [litigiosus) et des Indes orientale» {ineplus, pusus). 



1'* CUftCULIONIMS.' 

RHADINOCERUS. 

Scuoenh. Manlis. sec. Curcul. p. 80. 

Genre extrêmement voisin du précèdent, quoique Schœnherr l'en 
ait très-fortement séparé, et n'en différant uniquement que par son 
canal prothoraciquo qui se prolonge en arrière des hanches anté- 
rieures, et entame le mésosternum qui est en forme de fer à cheval. 

Schœnherr ajoute, comme seconde différence, que l'écusson est dis- 
tinct, mais comme il l'est plus ou moins chez les Lobotrachelus, ce 
caractère est illusoire. 

Le genre est propre à Natal, et se compose en ce moment d'espèces 
presque toutes inédites (1). 

GROUPE II. Isorhynohides vrai*. 

2 e segment abdominal beaucoup plus grand que les deux suivants 
réunis, soudé au I 6r et séparé de lui par une fine suture droite, mais 
un peu arquée ou anguleuse dans son milieu. — Corps allongé. 

A part ces deux caractères, dont le premier a seul une importance 
réelle, ces insectes sont construits sur le même plan que les Lobotra- 
chélides. Ils ne forment que les trois genres suivants. 

I. Segments intermédiaires de l'abdomen arqués à leurs extrémités : Cono- 

phorus. 

II. — coupés carrément en arrière. 
Cuisses dentées : Elattocerus. 

— inermes : Isorhynchus. 

CONOPHORUS. 
ScnoENH. Curcul., IV, p. 719 (2). 

Rostre allongé, à peine arqué; ses scrobes commençant dans son 
milieu et faiblement séparées en arrière. — Antennes médianes, assez 
longues ; scape en massue au bout, n'atteignant pas les yeux ; funi- 
cule à articles obeoniques : 1-2 allongés, celui-ci deux fois plus long 
que celui-là, 3-7 très-courts, grossissant peu à peu ; massue ovale, 
subcompacte ; son I er article grand, les autres très-petits et spongieux. 
— Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux, subcontigus en des- 
sus. — Prothorax en cône allongé et régulier, coupé carrément en 
avant et à sa base; celle-ci arrondie aux angles postérieurs et munie 

(1) La seule décrite est le Lobotrachelus conicicollis mentionné plus haut. 
Schœnherr en signale cinq inédites qu'il nomme mœrens, suturalis, lineatus, 
flavicornis elsignifer. Il y en a quelques autres encore dans les collections. 

(2) Syn. CoNoDinis, Schœnh. Curcul. I, p. 26; olim. 



ISOnHYNCHIDES VRAIS. 175 

d'un court lobe médian ; prosternum assez profondément canaliculé 
en avant des hanches antérieures, étroit entre celles-ci. — Ecusson 
très-petit, ponctiforme. — Elytres un peu plus longues que le pro- 
thorax, planes sur le disque, graduellement rétrécies en arriére, pas 
plus larges à leur base que le prothorax et chacune sinuéo en dedans 
do l'épaule. — Pattes médiocres; cuisses graduellement en massue, den- 
tées en dessous ; jambes comprimées, droites, brièvement mucronées 
au bout; tarses médiocres, spongieux en dessous, de largeur moyenne; 
leurs crochets appendiculés. — Les trois segments intermédiaires de 
l'abdomen arqués à leurs extrémités; saillie intercoxale assez large, 
subtronquée en avant. — Métasternum assez long. — Saillie mésoster- 
nale assez large, inclinée, rétrécie et tronquée en arrière. — Corps 
oblongo-elliptique, pubescent. 

La seule espèce {albidus Schh.) décrite jusqu'ici est originaire du 
Cap, assez grande, comparativement à toutes celles de la Tribu ac- 
tuelle, et d'un brun rougeàtro; ses téguments sont voilés, tant en 
dessous qu'en dessus, par une pubescence assez dense, sublanugineuse 

et grisâtre. 

ELATTOCERUS. 

Schoenh. Mantis. sec. Curcul., p. 84 (1). 

Rostre médiocre, un peu arqué; ses scrobes commençant vers son 
tiers antérieur, subconniv entes en arrière. — Antennes assez courtes, 
peu robustes ; scape graduellement en massue, n'atteignant pas les 
yeux; funicule à articles 1-2 allongés, obeoniques, 3-7 très-courts, 
très-serrés; massue petite, ovale; son d" articlo grand, les autres 
très-courts. — Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux, faible- 
ment séparés sur le front. — Prothorax presquo plan en dessus, plus 
long que large, droit sur les cotés en arrière, puis un peu arrondi et 
rétréci en avant, faiblement bisinué à sa base, avec son lobe médian 
assez largo et très-court; prosternum médiocrement canaliculé en 
avant des hanches antérieures, plan et très-étroit entre elles.— Ecusson 
très-petit, carré. — Elytres presque planes, assez longues, subparal- 
lèles, rétrécies dans leur tiers postérieur, pas plus larges que le pro- 
thorax et faiblement sinueuses à leur base, avec les épaules obtuses. 

— Pattes médiocres; cuisses en massue, finement dentées en dessous; 
jambes comprimées, arquées à leur base, onguiculées au bout; tarses 
courts, étroits, sublinéaires, finement spongieux en dessous, à articles 
3 pas plus long et à peine plus large que 2, subbilobé, 4 trôs-grèlo, 
assez court; ses crochets extrêmement petits et faibles. — Pygidium 
un peu découvert, horizontal, arrondi en arrière ; saillie intercoxale 
médiocrement large, arrondie en avant. — Métasternum assez long. 

— Saillie mésostcrnale médiocrement large, inclinée, rétrécie et tron- 
quée en arrière. — Corps oblong, partiellement pubescent. 

(1) Syn. Sporos, Dej. Cat. éd. 3, p. 325. 



• 76 CUnCULIONIDES. 

Ce genre a pour type un petit insecte inédit de la Caffrerie que 
Schœnherr nomme sub/asciatus, noir, avec les élytres rougeàtres, par- 
tiellement revêtu de petits poils qui forment sur ces dernières une 
large bande transversale, submédiane, très-irrégulière, et quelques 
taches basilaires; plusieurs taches semblables et deux étroites bandes 
longitudinales se voient sur le prothorax qui est finement caréné sur 
la ligne médiane. Le Sporus senegalensis de Dejean est une seconde 
espèce du genre, très-distincte de celle-ci. 

ISORHYNCIIUS. 
Schoenh. Curctd. III, p. 631. 

Rostre assez allongé, médiocrement arqué; ses scrobes commençant 
vers son milieu. — Antennes submédianes, assez longues et grêles; 
scape graduellement en massue, atteignant à peine les yeux; funicule 
à articles 1-2 allongés, ohconiques, celui-là plus long et plus gros, 
3 plus court, subcylindriquo, 4-7 très-courts, grossissant peu à peu et 
légèrement; massue assez petite, ovale, acuminéc, subcompacte. — 
Yeux assez grands, un peu convexes, subarrondis, faiblement séparés 
en dessus. — Prothorax presque aussi long que large, légèrement 
arrondi sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités ; prosternum assez 
fortement canaliculé en avant des hanches antérieures, plan et étroit 
entre celles-ci. — Ecusson petit, allongé. — Elytres assez courtes, 
médiocrement convexes, un peu atténuées en arrière et isolément 
arrondies à leur extrémité. — Pattes médiocres; cuisses robustes, en 
massue, dentées en dessous ; jambes arrondies, légèrement tlexueuses, 
à peine mucronées au bout; tarses courts, étroits, spongieux en des- 
sous, à article 4 dépassant peu les lobes du 3"; ses crochets très- 
courts, robustes, appendiculés (1). — Saillie mésosternale étroite, 
inclinée. — Corps assez court, subparallèle, finement pubescent et 
écailleux. 

Schœnherr a placé ce genre parmi ses Cholides, mais il appartient 
sans aucun doute au groupe actuel. Il ne comprend qu'un petit insecte 
du Cap, décrit depuis longtemps par Sparmann, sous le nom de 
Cure, pudicus, et qui n'a rien de bien remarquable, étant d'un rouge 
ferrugineux uniforme et partout, quoique peu densément, revêtu 
d'écaillés grisâtres légèrement furfuracées. 

(1) L'abJomen manque dans l'exemplaire eu assez, mauvais état que j'ai à ma 
disposition, et qui est celui-là même qui a servi à Schœnherr. Ce dernier dit 
que le pygidium est à découvert, et cela est, en ellot, assez probable d'après la 
forme des élytres. Ce n'est que par analogio que je pense que les segments ab- 
dominaux soûl faits comme dans les deux genres précédents. 



TRTPKT1DÏS. 177 

TRIBU LXVII. 

TRYPÉTIDES. 

Rostre plus ou moins différent selon les sexes; celui des mâles al- 
longé, quadrangulaire, déprimé, droit ou faiblement arqué; celui des 
femelles plus arrondi aux angles, parfois subfiliforme, plus ou moins 
arqué ; ses scrobes dirigéos dans son axe et en entier visibles laté- 
ralement. — Antennes au moins médiocres, leur funicule de sept ar- 
ticles. — Prosternum plan, en général extrêmement large entre les 
hanches antérieures, formant une surface continue avec le méso- et le 
métasternum. — Ecusson distinct. — Elytres recouvrant le pygidium. 
— Hanches antérieures petites, globuleuses, très-fortement séparées ; 
cuissos dentées; jambes onguiculées au bout; crochets des tarses 
simples. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen coupés 
carrément en arrière, les deux 1 e " très-grands, soudés ensemble. — 
Métasternum allongé, ses épisternums de largeur médiocre. — Corps 
allongé, déprimé, glabre. 

Ce groupe et les trois suivants n'ont plus que des rapports généraux 
avec tous ceux qui précèdent et ne se composent que d'espèces aber- 
rantes, formant, pour la plupart, des types isolés. Celui-ci comprend 
trois genres détachés des Cholides de Schcenherr. Deux d'entre eux 
(Thypetes, Autirotomus), qu'il avait classés à côté l'un de l'autre, sont 
remarquables par l'extrême largeur de leur prosternum. Le troisième 
(Nanus), placé par lui assez loin des précédents, a cette partie du 
corps plus étroite, quoique plus large que de coutume, mais présente 
la même organisation. Tous trois sont voisins, sous ce rapport, des 
Madarides et de la plupart des Calandrides, mais la petitesse de 
leurs épimôres mésothoraciques, qui ne sont nullement ascendantes, 
ne permet pas de les comprendre dans la même section que le 
premier de ces groupes près duquel, sans cela, ils devraient être 
placés. 

Contrairement à ce qui a lieu d'habitude chez les Curculionides, 
les mâles sont ici plus grands que les femelles, et chez les espèces 
dont les deux sexes me sont connus, en diffèrent plus ou moins par 
la forme de leur rostre. Chez quelques-unes du genre Nanus, ces dif- 
férences sont extrêmement prononcées. 

Ces insectes sont de taille variable et leur livréo est d'un noir ou 
d'un ferrugineux uniforme. Deux de leurs genres sont du Brésil, le 
troisième est propre à Madagascar. 

I. Prosternum très-large entre les hanches antérieures. 

Tarses a art. 4 grand et de forme normalo : Trypetes. 
court, déprimé et parallèle : Arlhrotomus. 

II. Prosternum médiocrement large entre les hanches antér. : Nanus. 

Coléoptères. Tome VII. 12 



178 CURCUHONIDKS. 

TRYPETES. 

SciioENii. Curcul., III, p. 595 (1). 

Mâle : Rostre assez robuste, allongé, subhorizontal, droit, anguleux, 
parallèle, avec ses angles antérieurs dentiformes et redressés ; ses 
scrobes commençant vers son quart antérieur, peu à peu élargies en 
arrière et atteignant les yeux. — Antennes antérieures, assez longues 
et assez robustes ; scape grosissant peu à peu, restant à une grande 
distance des yeux ; funicule à articles 1-2 noueux au bout, allongés, 
celui-là plus grand, 3-5 subovalaires, égaux, 6-7 obeoniques, plus 
gros ; massue oblongo-ovale, articulée. — Yeux grands, déprimés, 
ovales, transversaux. — Prothorax transversal, plan on dessus, légè- 
rement arrondi sur les cotés, coupé obliquement de chaque côté dans 
son quart antérieur, avec son bord antérieur sinué dans son milieu, 
légèrement bisinué à sa base ; prosternum extrêmement largo entre 
les hanches antérieures. — Ecusson médiocre, subpentagonal. — Ely- 
tres allongées, planes, subparallôles, rétrécies dans leur quart posté- 
rieur, brièvement déclives et tronquées à leur extrémité, à peine plus 
larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec 
les épaules obtuses. — Pattes médiocres, robustes, les antérieures 
plus longues que les autres ; leurs cuisses fusiformes, les quatre pos- 
térieures en massue, toutes dentées on dessous ; jambes comprimées, 
anguleuses, brusquement élargies et fortement onguiculées au bout, 
avec une touffe de cils très-longs aux antérieures ; tarses larges, à 
articles i aminci et arqué à sa base, 4 assez long, ainsi que ses cro- 
chets. — Saillie intercoxale largo, arrondie en avant. — Mésosternum 
en carré transversal. — Corps allongé, déprimé, glabre. 

Femelle : Schœnherr ne l'a pas connue ; elle diffère du mâle au- 
quel elle est inférieure pour la taille, par les caractères suivants : 
Rostre moins quadrangulaire, simplement un peu élargi au bout ; 
ses scrobes commençant vers son tiers antérieur. — Scape des an- 
tennes arrivant près des yeux. — Jambes antérieures bisinuées en 
dedans ; toutes plus fortement onguiculées à leur extrémité et mu- 
nies dans ce point do quelques cils seulement. 

Schœnherr (2) a décrit de ce genre deux espèces. L'une {rhinoides), 
originaire do Cayenno et du Brésil, est un grand insecte, d'un noir 
mat, criblé de gros points enfoncés, sauf sur le rostre et les élytres ; 
ces dernières sont fortement striées, avec les intervalles un peu cos- 
tiformes et rugueux. La secondo espèce (Guildini), provenant de l'île 

(1) Il y avait déjà, parmi les Diptères, un genre Trjteta de Meigcn, de sorte 
que, malgré sa désinence différente, le nom imposé à celui-ci par Scliœnlierr 
me parait ne pas pouvoir être conservé. 

(2) Loc. cit. p. 596, et VIII, i, p. 36. 



TRYPÉTIDES. 179 

Saint- Vincent, est plus petite. Schœnherr, d'après la description qu'il 
on donne, n'a probablement connu que le mâle. 

ARTHROTOMUS. 
(Klug) Schoenu. Curcul. VIII, 1, p. 37. 

Genre très-voisin, mais bien distinct, des Trypeïes et n'en différant 
que par les particularités suivantes : 

Rostre médiocre, robuste, déprimé, un peu plus large à sa base et 
à son extrémité que dans son milieu, très-légèrement arqué ; ses 
scrobes commençant à peu de distance de son sommet. — Antennes 
plus courtes ; scape atteignant les yeux ; funicule villeux, à articles 
1-2 allongés, obconiques ; les suivants très-serrés, courts et formant 
graduellement la massue. — Yeux petits, déprimés, ovales, trans- 
versaux. — Elytres arrondies à leur extrémité. — Pattes plus courtes, 
égales ; cuisses fortement en massue, étroites à leur base ; jambes 
comprimées, droites ; tarses courts, médiocrement larges, leur 4° ar- 
ticle déprimé, dépassant peu les lobes du 3° ; ses crochets très-arqués, 
divaiïqués. 

Klug n'a fait qu'indiquer ce genre en décrivant l'espèce (I) de 
Madagascar sur laquelle il l'a fondé, et, d'après la place qu'il lui a assi- 
gner, on voit qu'il le regardait comme voisin des Calandiu. Schœn- 
herr, en le mettant immédiatement à la suite des Tkypetes, a très- 
bien reconnu ses vraies analogies. 

L'espèce dont il s'agit ressemble, en effet, tellement à ces derniers 
insectes, que tout ce que je viens de dire de la sculpture de ceux-ci 
lui est complètement applicable. Elle est seulement de moitié plus 
petite que la femelle du T. rhinoides. J'ignore, au reste, à quel sexe 
appartient l'unique exemplaire que j'ai sous les yeux, mais je pré- 
Bume ([lie c'est une femelle. Il ressemble complètement à celui figuré 
par Klug. 

NANUS. 

Schoenu. Curcul., VIII, I, p. 89. 

Mâles : Rostre allongé, médiocrement robuste, droit, quadrangu- 
laire, parallèle, plus ou moins élargi tout-à-fait à son extrémité; ses 
scrobes presque complètes en avant. — Antennes .subterminales, assez 
longues, grêles; scape de longueur variable (2), brusquement en 

(1) A. depressus, Klug, las. v. Madag. p. 11.'!, pi. 4, f. 12. 

(2) Schœnheir l'indique comme atteignant à peine les yeux. J'ai entre les 
mains deux espèces nouvelles, chez l'une desquelles il se comporte en effet 
ainsi, et est en môme temps fortement arqué à son extrémité, tandis que chez 
l'autre, il est droit et dépasso sensiblement en arrière les organes en question. 
11 ne parait pas y avoir, chez aucune espèce, de dill'érence à cet égard entre les 
deux sexes. 



180 CURCULIONIDES. 

massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, noueux au bout, 
de grandeur relative variable, 3-7 obconiques, plus courts, décrois- 
sant graduellement; massue assez faible, oblongo-ovale, acuminée, 
articulée. — Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux. — Pro- 
thorax au moins aussi long que large, plan, légèrement arrondi sur 
les côtés, tronqué en avant et a sa base ; prosternum médiocrement 
large entre les hanches antérieures. — Ecusson petit, triangulaire. — 
Elytres allongées, planes, parallèles dans leurs deux tiers antérieurs, 
rétrécies en arrière, à peine plus larges que le prothorax et tronquéos 
à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres; cuisses 
fortement en massue, dentées en dessous; jambes comprimées, un 
peu flexueuses, finement onguiculées au bout; tarses courts, spon- 
gieux en dessous, à articles 3 beaucoup plus large que 1-2, 4 peu 
allongé ; ses crochets courts. — Saillie intercoxale large, un peu 
rétrécie et arrondie en avant. — Mésostornum large, horizontal, 
rétréci en arrière. — Corps allongé, déprimé, glabre, parfois fine- 
ment pubescent. 

Femelles : Rostre médiocre, grôle, filiforme, arqué; ses scrobes 
commençant un peu au-delà de son milieu. — Antennes plus courtes; 
leur funicule à article 1 plus gros et plus long quo les autres. — Yeux 
plus grands, médiocrement séparés en dessus. — Pattes plus courtes; 
cuisses parfois inermcs (imiformU). 

Insectes de petite taille, remarquables par la différence considéra- 
ble qui existe entre les deux sexes sous le rapport de la forme du 
rostre et de l'insertion des antennes. Si l'on ne connaissait pas les 
rapports qui les unissent, ils seraient infailliblement regardés comme 
appartenant à deux genres très-distincts. Comme, ;\ part la moindre 
largeur du prosternum et du mésosternum, ils présentent tous les 
caractères essentiels des Trypétides, je no crois pas qu'on puisse les 
placer ailleurs qu'ici. 

Schœnherr en décrit deux espèces : l'une (uniformis) de Porto-Rico, 
l'autre (punctellus) de Colombie; les collections en renferment quel- 
ques-unes inédites des grandes Antilles et du Brésil. Toutes sont d'un 
noir ou d'un jaune ferrugineux uniforme. 



TRIBU LXVIII. 

ANTLIARHIN1DES. 

Rostre très-différent selon les sexes; celui des mâles plus ou moins 
court, robuste et anguleux, celui des femelles plus long, grêle et 
filiforme; ses scrobes fovéiformes. — Antennes droites ou arquées, à 
funicule de sept articles et massue en général faible et peu distincte, 



ANTLIAUHINIDES. 181 

variant pour tout lo reste selon le sexe. — Prosternum court et entier 
en avant, non excavé, étroit entre les hanches antérieures. — Un 
écusson. — Elytres recouvrant le pygidium. — Hanches antérieures 
grosses, subglobuleuses, saillantes; cuisses inermes; jambes inermes 
ou non à leur extrémité ; crochets des tarses simples. — Les trois 
segments intermédiaires do l'abdomen coupés carrément en arrière; 
les deux i crs très-grands, soudés ensemble, leur suture de séparation 
effacée ou à peine distincte. — Métasternum allongé; ses épisternums 
de largeur médiocre. — Corps plus ou moins déprimé, allongé ou 
ovale. 

Schœnherr a fortement hésité sur la place de ce groupe, qui est de 
sa création, et après l'avoir classé un moment parmi les Gonatocères, 
a fini par le laisser dans les Orthocères(l), auxquels il appartient 
sans aucun doute, si l'on n'a égard qu'à la structure des antennes. 
Abstraction faite de ce caractère, il rentre dans les Apostasimérides, et 
si l'on cherche quel rang lui convient dans ce vaste groupe, on ne 
tarde pas à reconnaître qu'il doit être mis immédiatement à côté des 
Trypétides. Cette analogie est nettement indiquée par la forme géné- 
rale du corps et surtout par la grande différence qui existe dans le 
rostre selon les sexes, différence qui est exactement de même nature 
que celle qu'on observe chez les INanus (2). 

Cas insectes constituent un type très-particulier, mais n'ont, du 
reste, rien de remarquable, ni sous le rapport de la taille, ni sous 
celui de la livrée. Ils sont propres à l'Afrique australe et se trouvent 
principalement, sinon exclusivement, sur les Cycadécs. Thuiiberg a 
cru décrire la larve d'une de leurs espèces (Anlliarhinus zamiœ), 
mais il s'est évidemment trompé (3). Les deux genres qu'ils consti- 
tuent se reconnaissent sans peino au caractère suivant. 

(1) Dans son premier ouvrage (Cnrcul. Disp. moth. p. 67), il est placé parmi les 
Orthocères, entre les Byrsopsides et les Brenthidcs. Dans la table des genres 
placée eu tète du « Gênera et species Curculionidum, » le groupe est supprimé 
et le genre Antlimuiinus, le seul que connût alors Schœnherr, est reporté 
(p. 19) parmi les Gonatocères et classé dans les El iihinides entre les Erodiscus 
et les Balaninus. Ce n'est que dans le 3 e volume de cet ouvrage que Schœnherr 
a définitivement réintégré ces insectes dans les Orthocères. 

(2) M. Jekcl (Ins. Saunders. Col. II, p. 157) a déjà signalé cette analogie 
entre ce dernier gonroet les Aktliakhinus; du reste, il place ceux-ci dans son 
groupe des Attélabides, sur lequel je me suis expliqué précédemment (tome VI, 
p. 379, note). M. lmhotr(Vers. ein. Einf. in d. Stud. d. Col. p. 217) a adopté la 
seconde des opinions de Schœnherr et a classé ses insectes dans les Erirhi- 
nides. 

(3) Nov. Act. Upsal. IV, p. 29. Voici la description qu'il donne de celte 
larve, qu'il avait observée uur le Cijclas caffra : « Larva habitat intra squamas 
ipslus strobili femir.i, ubi nutrimentum sumit, tam ex ipsis nucibus quam ex 
rubro carne siugulam obvelante nucem. Alba est tota pilis albis erectis, semi- 



182 CimCULIONIDES. 

I. Jambes incrmes à leur extrémité : Antliarhinus, 

II. — pluri-épineusos — : Platymerus. 

ANTLIARHINUS. 
Scuoenh. Curcul. Disp. meth., p. 67 (1). 

Mâles : Tète courte, brusquement rétrécic en arrière des yeux, 
munie d'un col en arrière; rostre continu avec elle, subhorizontal, 
médiocre, droit, robuste, anguleux, arrondi en dessus, très-plan en 
dessous et graduellement rétréci do sa base à son extrémité ; ses 
scrobes voisines de celle-ci. — Antennes médiocres, assez robustes; 
scape assez long, graduellement renflé au bout, atteignant à peiue 
le milieu du rostre; funicule à articles obconiques, décroissant peu a 
peu; massue allongée, à articles 1-2 égaux, 3 plus long, conique. — 
Yeux latéraux, assez petits, arrondis, peu saillants. — Prothorax 
déprimé, aussi long que large, arrondi sur les côtés, tronqué en 
avant et à sa base; celle-ci brusquement rétrécie. — Ecusson assez 
grand, en triangle curviligne. — Elytres déprimées, planes, oblon- 
gues, largement arrondies à leur extrémité, non contiguës au pro- 
thorax, un peu plus larges que lui, avec les épaules obliquement 
tronquées. — Pattes courtes; cuisses très-larges, arquées en dessus, 
triangulaires inférieurement; jambes comprimées, droites, iner- 
mes au bout; les antérieures un peu sinuées en dedans; tarses 
courts, à articles 1-2 triangulaires, subégaux, 3 assez large, 4 mé- 
diocre, ainsi que ses crochets. — Saillie intercoxale très-large, fai- 
blement arrondie en avant. — Mésosternum découvert, hori- 
zontal; sa saillie assez large, tronquée en arrière. — Corps oblong, 
déprimé. 

Femelles : Tète allongée, parallèle ou obeonique, munie, à quel- 
que distance en arrière des yeux, d'un sillon transversal en général 
peu distinct, rarement (zamiœ) renfléo à sa base; rostre très-grèle, 
liliforme, au moins de la longueur du corps, droit ou faiblement 
«arqué; ses scrobes situées au quart ou au cinquième environ de sa 
longueur à partir de sa base. — Antennes grêles; scapo allongé, res- 

uoguicularis; maxillae brunneai, caput, segmentum primum thoracis et auus 
suprà brunnea; et segmentum penultimum macula brunneà notatum ; in dorso 
et lateribus linea; sex longitudinales è punctis parvis ujgris; peiles veri sex, 
segmentis tribus primis ieserti, spurii verruciformes, quorum ultimi duo pa- 
rum majores, segmentis abdominalibus inserti. » Il saute aux yeux qu'une 
larve de Curculionides ne présente pas de pareils caractères, et il est môme 
possible que celle-ci ne soit pas celle d'un Coléoptère. MM. Chapuis et Candèze 
(Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, p. 536)' ont déjà hésité à reconnaître 
qu'elle appartienne a la famille actuelle. 

(1) Syn. MiTortiiYNCHDs, Wesmael, Bull. d. l'Acad. d. Bruxel. III, p. 162; 
genre établi sur le sexe femelle. 



ANTLIARHIN1DES. 183 

tant a une grando distance des yeux (%amiœ) ou les atteignant (par 
ex. Drcgei, signatus); funicule à articles de longueur variable; mas- 
sue plus allongée quo chez les mâles. — Pattes notablement moins 
robustes que chez ceux-ci. 

Je me conforme, pour la distinction des sexes, à l'opinion de Schœn- 
herr. Cependant je remarque que chez les exemplaires à rostre grêle, 
le 1 er article des tarses antérieurs est notablement plus grand que le 
2° et assez fortement dilaté. Ce caractère étant ordinairement l'apa- 
nage des mâles dans la famille, me fait douter que les individus dont 
il s'agit soient réellement femelles. Aux caractères qui précèdent il 
faut ajouter quo leurs cuisses et leurs jambes sont glabres, tandis que 
chez ceux à rostre court et robuste, les premières sont munies d'une 
frange de poils soyeux à leur base en dessous, et les secondes plus 
ou moins garnies do poils semblables à leur extrémité ou au côté 
interne. 

Ces insectes sont médiocrement nombreux (1) et leur livrée tantôt 
est d'un noir ou d'un jaune ferrugineux uniforme, tantôt présente 
un mélange de ces deux couleurs; leurs élytres sont constamment 
striées, avec les intervalles entre les stries très-plans. Les plus grands 
sont un peu au-dessus de la taille moyenne. 

PLATYMERUS. 
Schoenh. Curcul., III, p. 826 (2). 

Mâles : Tête assez saillante, subcylindrique; rostre de moitié envi- 
ron plus long qu'elle, assez robuste, cylindrique et peu à peu 
atténué en avant; ses scrobes subbasilaires, un peu inférieures. — 
Antennes à peine aussi longues que le rostre, médiocrement robus- 
tes; scape subcylindrique, atteignant les yeux; funicule à articles 1 
un peu plus long et plus gros que 2-7, ceux-ci courts, très-serrés, 
égaux; massue assez petite, ovale, faiblement articulée. — Yeux 
médiocres, arrondis, assez saillants. — Prothorax légèrement convexe, 
transversal, arrondi sur les côtés, un peu rétréci en avant, tronqué 
à ses deux extrémités. — Ecusson assez grand, en triangle curvili- 
gne. — Elytres faiblement convexes, ovales ou oblongo-ovales, lar- 
gement arrondies en arrière, pas plus larges que le prothorax à leur 
base, avec les épaules obtuses. — Pattes courtes; cuisses extrême- 
ment larges, arquées en dessus; jambes comprimées, graduellement 
élargies d'avant en arrière, les antérieures ayant leur angle terminal 

(1) Schœuherr (Curcul. III, p. 823, et V, p. 583) en décrit cinq espèces : 
A. zamiœ Thunb. {Mit. brunneus, Wesm. loc. cit. pi. 6, f. 2, Ç), rectirostris 
{zamiœ var.?), coriaceus, signatus, Dregei. 

(2) Il y avait antérieurement un genre Platymews établi sur des Hémiptèrci 
par M. De Castelnau. 



184 CURCULIONIDES. 

externe dentiforme, les quatre postérieures pluri-épineuses à leur 
extrémité; tarses courts, étroits, à articles 1 plus long que 2, 3 pas 
beaucoup plus large qu'eux; crochets petits. — Saillie intercoxale 
large, un peu rétrécie et arrondie en avant. — Mésosternum grand, 
un peu incliné; sa saillie large, rétrécie et subtronquée en arrière. — 
Corps ovale ou oblongo-ovale. 

Femelles : Rostre un peu plus long que celui des mâles, cylindri- 
que, assez grêle. — Massue antennaire plus allongée et moins forte. — 
Cuisses moins grosses; jambes moins larges, surtout les antérieures; 
l'angle terminal externe de celles-ci non saillant. — Corps en général 
moins large. 

Je ne trouve pas, chez les espèces que j'ai sous les yeux, la diffé- 
rence signalée plus haut chez les Antliarhinus aux tarses antérieurs. 
Ces insectes n'atteignent pas à la taille de quelques-uns de ces der- 
niers; ils ont, du reste, une livrée analogue (1). 

TRIBU LXIX. 

ULOMASCIDES. 

Rostre horizontal, court, très-déprimé; ses scrobcs terminales, 
passant rapidement sous lui et évanescentes en arrière ; leur lèvre 
inférieure saillante en dehors. — Antennes subterminales, assez 
robustes; leur funicule de sept articles. — Yeux gros, très-saillants, 
ovales, longitudinaux. — Prosternum plan, excessivement large en- 
tre les hanches antérieures, formant une surface continue avec 
le mésosternum et le métasternum. — Un écusson. — Elytres 
recouvrant le pygidium. — Toutes les hanches globuleuses, d'au- 
tant plus séparées qu'elles sont plus postérieures ; cuisses fortement 
et triangulairement dentées en dessous; jambes inermes au bout; 
crochets des tarses simples. — Les trois segments intermédiaires de 
l'abdomen coupés carrément à leur extrémité j le 2 e aussi long que 
les deux suivants réunis, séparé du i" par une fine suture droite et 
anguleuse dans son milieu. — Métasternum allongé ; ses épisternums 
de largeur médiocre. — Corps très-déprimé, plan en dessous. 

J'établis ce groupe sur le genre Ulomascus de M. L. Fairmaire, 
l'un des plus aberrants qui existent dans la famille. Néanmoins sa 
place ne peut être ailleurs que dans le voisinage de ces genres 
d'Apostasimérides (Trypetes, Epipedus, Antliarhinus, etc.) qui sont 
remarquables par l'aplatissement do leur corps et la plus ou moins 
grande séparation de quelques-unes au moins de leurs paires de 

(1) On ne connaît que les cinq espèces (Eckloni, Zeyheri, Winthemi, Leh- 
manni, Germari) décrites pur ScliœDlierr, Curcul. III, p. 827. 



ULOMASCIDES. 185 

pattes. Sous ce dernier rapport, aucun d'entre eux ne peut lui être 
comparé, sauf les Epipkdus, pour ce qui concerne les pattes posté- 
rieures. Mais il s'éloigne de tous sans exception par des caractères 
importants et ne peut leur être associé. 

ULOMASCUS. 
L. Fairm. Ann. d. I. Soc. entom., 1848, p. 173. 

Tête arrondie sur le vcrtex, plane sur le front, un peu rétrécie en 
arrière des yeux ; rostre aussi large et un peu plus long qu'elle, pa- 
rallèle et entier an bout, légèrement concave en dessus, très-plan et 
lisse en dessous (1). — Scape des antennes grossissant peu à peu, dé- 
primé, cilié en dehors, dépassant un peu les yeux en arrière ; funi- 
cule à articles 1-2 allongés, obconiques, égaux, 3-7 de même forme, 
décroissant peu à peu ; massue très-allongée, obtuse au bout, com- 
pacte, veloutée. — Prothorax transversal, très-peu convexe, faible- 
ment arrondi sur les côtés, largement et assez fortement échancré en 
avant, bisinué à sa base, avec son lobe médian large et faible. — 
Ecusson assez grand, transversal, irrégulièrement pentagonal. — 
Elytres très-peu convexes, assez allongées, parallèles, largement ar- 
rondies en arrière, pas plus larges que le prothorax et faiblement 
échancrées à leur base, avec les épaules obtuses.— Pattes médiocres; 
cuisses comprimées, ovoïdes, triangulaires, tranchantes et ciliées sur 
leur bord inférieur; jambes assez robustes, comprimées, obliquement 
tronquées au bout, les antérieures un peu arquées, les autres presque 
droites ; tarses courts, à articles 1 triangulaire, 2 transversal, tous 
deux nus en dessous, 3 boaucoup plus grand et plus large, spon- 
gieux ; crochets assez grands, robustes et divariqués. — Saillie inter- 
coxale extrêmement large, très-courte, tronquée en avant. — Méta- 
sternum largement concave, la concavité limitée de chaque côté par 
une carène. — Mésosternum aussi large que la saillie intercoxale de 
l'abdomen. — Corps oblong, large, déprimé, glabre. 

L'unique espèce (2) de ce genre remarquable ressemble complète- 
ment, au premier coup-d'œil, aune Uloma d'assez grande taille et de 
tonne large et déprimée. Comme la plupart des espèces de ce dernier 
genre, elle est d'un brun-marron brillant, assez finement ponota.ee 
sur le prothorax, fortement striée, au contraire, sur les élylres, avec 
les stries occupées, par de gros points enfoncés. Elle est originaire 

(1) Les organes buccaux, par suite de Ih forme du rostre, diffèrent à quel- 
ques égards de ceux des autres Aposlasiméridcs. Le cadre buccal est peu profond 
et échancré en arc de cercle, sans aucun vestige de pédoncule. Les mâchoires 
sont très-robustes et bien découvertes; les mandibules déprimées comme le 
rostre, assez saillantes, médiocrement larges, arquées et simples au bout. 

(2) V. caviventris, L. Fairm. loc. cit. pi. 7, III, f. 1 a-d. 



18G CURCULIONIDES. 

de la côte do Guinée. L'exemplaire que j'ai sous les yeux est le 
même qui a servi à M. L. Fairmaire et le seul, à ma connaisance, 
qui existe dans les collections. Selon toutes les apparences, c'est un 
mâle. 

TRIBU LXX. 

ÉPIPÉDIDES. 

Rostre court, robuste, anguleux, arqué ; ses scrobes profondes, ar- 
quées, fortement élargies en arrière. — Antennes subterminales, 
courtes, robustes ; leur funicule de sept articles. — Yeux fortement 
granulés, latéraux', oohtigus en dessous, recouverts au repos. — Pro- 
thorax pourvu de lobes oculaires; prosternum largement concave, assez 
étroit entre les hanches antérieures, formant une surface presque con- 
tinue avec le mésosternum et le métasternum. — Un écusson. — Elytres 
recouvrant lo pygidium. — Toutes les hanches subglobuleuses ; les 
postérieures excessivement séparées; cuisses inermes; jambes briève- 
ment onguiculées au bout ; tarses très-courts, leurs crochets simplos. 
— Les trois segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrémont 
en arrière ; le 2° plus grand que les deux suivants réunis, séparé du 
1" par une suture arquée; celui-ci sans saillie intorcoxale, largement 
arrondi en avant. — Métasternum assez allongé ; ses épisternums 
étroits. — Corps oblong, très-déprimé. 

J'ai dit précédemment (I) que le genre Epipedus de Schœnherr, ne 
possédant pas les caractères des Byrsopsides parmi lesquels il l'avait 
placé, devait en être exclu. 11 ne peut pas davantage prendre place 
dans aucun des nombreux groupes des Apostasimérides, et je suis 
obligé d'en établir un pour lui seul. C'est des Rhïtihhinus à corps 
déprimé que l'unique espèce qui le compose se rapproche le plus au 
premier coup-d'œil; mais, outre que c'est un Apostasiméride, elle en 
diffère par de nombreux caractères. Dans la cohorte actuelle, on ne 
peut lui comparer que l'Ulomascus- cavivenlris qui s'en rapproche 
par sa forme aplatie, l'énorme écartement de ses hanches postérieures 
et leur forme globuleuse ; mais pour tout le reste, il y a trop de dif- 
férences entre ces deux insectes pour qu'ils puissent être compris dans 
le même groupe. Je crois seulement qu'ils doivent être placés dans 
le voisinage l'un de l'autre, comme je le fais ici. 

EPIPEDUS. 
Sciioknh. Curcul, VI, 2, p. 462. 

Rostro un peu plus long que la tête, parallèle, bisinué de chaque 
coté, légèrement convexe en dessus et tronqué au bout; ses scrobes 

(1) Tome VI, p. 294, note. 



PYR0P1DES. 187 

atteignant les yeux et réunies en dessous par un large sillon trans- 
versal. — Scape des antennes robuste, déprimé, arqué, muni de gros 
cils sur sa tranche externe et atteignant les yeux ; funicule à articles 
1 allongé, obeonique, 3-7 transversaux, très-serrés, 7 contigu à la 
massue; celle-ci ovale, faiblement articulée — Prothorax transversal, 
plan en dessus, droit en arriére et arrondi en avant sur les côtés, 
brusquement et brièvement rétréci en avant, tronqué à sa base ; ses 
lobes oculaires assez saillants. — Ecusson petit, orbicnlaire. — Elytrcs 
très-planes en dessus, assez allongées, parallèles, brusquement dé- 
clives et largement arrondies en arrière, un peu plus larges que le 
prothorax et rectilignes à leur base, avec les épaules arrondies. — 
Pattes courtes, robustes ; cuisses graduellement en massue ; jambes 
droites, comprimées ; tarses courts, étroits, finement villeux en des- 
sous, à 3" article un peu plus largo que 1-2 ; crochets petits. — Mé- 
sosternum large, un peu déclive. — Corps très-déprimé, couvert d'é- 
cajlles en partie furfuracées. 

Le singulier insecte (squamifer Schh.) do Cayenne qui forme le 
type do ce genre est assez petit et en entier d'un jaune de terre de 
Sienne, rembruni par places sur les élytres ; ces organes sont finement 
striés, avec les intervalles entre les stries plans, et sont munis cha- 
cun d'un tubercule au sommet de leur déclivité. Ses pattes sont re- 
vêtues de grosses écailles furfuracées. Son faciès indique un insecte 
qui vit plutôt sous les écorces que sur le sol. 

TRIBU LXXI. 

PYUOI'IDES. 

Rostre médiocre, cylindrique, peu robuste, arqué ; ses scrobes se 
dirigeant rapidement sous lui et à peine visibles sur les côtés. — An- 
tenhes au plus médiocres, grêles, leur funicule de sept articles. — 
Prothorax muni de chaque côté d'une line arête séparant son prono- 
tum de ses flancs ; prosternum plan, entier en avant, de largeur 
variable entre les hanches antérieures, formant avec le mésosternum 
et le métasternum uno surface eontinuo ; lo mésosternum réduit à 
un mince filet transversal. — Un écusson. — Elytres laissant une 
très-petite portion du pygidium a découvert. — Hanches antérieures 
globuleuses, peu saillantes ; cuisses et jambes inermes à leur extré- 
mité; crochets des tarses appondiculés. — Les trois segments inter- 
médiaires de l'abdomen subégaux, le 2 e largement en arc de cerclo 
sur son bord postérieur et embrassant en partie le 3 e , soudé au 1 er 
et séparé de lui par une fine suture droite. — Métasternum court, ses 
épisternums étroits. — Corps brièvement ovale ou oblongo-ovale. 

Des deux genres qui composent cette Tribu, l'un(CiiASPEnoT(JS)figure 



1 5» CURCULIONIDES. 

dans les Cholides de Schœnherr, l'autre (Pyropus) dans ses Bari- 
diides, entre les Madarus et les Baridius. Mais tous deux ont la même 
organisation et. ne diffèrent que par la largeur de leur prosternum 
entre les hanches antérieures ; tout le roste est construit exactement 
sur le môme plan. Cette organisation est très-voisine de celle des 
deux genres en question, surtout, pour ce qui concerne les Mo- 
ments thoraciques en dessous, qui sont absolument pareils à ceux dis 
la plupart des Madarides. C'est par conséquent près de ces derniers 
que ces insectes devraient prendre place, sans la petitesse de leurs 
épimères mésothoraciques qui oblige de les comprendre dans la sec- 
tion actuelle. Ils sont petits et propres ô. l'Amérique. 

I. Prosternum très-large entre les hanches antérieures : Pyropus. 

II. — étroit : Craspedotus. 

PYROPUS. 

Ssiioenii. Curcul., III, p. 641. 

Tête petite, globuleuse ; rostre grêle ; ses scrobes commençant dans 
son milieu. — Antonnes médianes, médiocres ; scape en massue au 
bout, atteignant les yeux ; funicule a articles I relativement très- 
allongé, 2-7 très-courts, très-serrés, grossissant peu à peu ; massue 
ovale, acuminée, articulée. — Yeux petits, déprimés, ovales, trans- 
versaux. — Prot borax transversal, régulièrement convexe, droit en 
arrière sur les côtés, puis arrondi et rétréci en avant, parabolique- 
ment coupé de chaque côté de sa base, avec son lobe médian assez 
saillant ; prosternum très-large entre les hanches antérieures. — 
Ecusson très-petit, triangulaire. — Elytres médiocrement convexes, 
régulièrement ovales, pas plus larges que le prothorax <\ leur base, 
avec les épaules nulles. — Pattes courtes ; cuisses robustes, en mas- 
sue ; jambes droites ; tarses courts, médiocrement larges, spongieux 
en dessons, ;\ articles 1 excessivement petit, 4 médiocre ; ses crochets 
petits, arqués et divariqués. — Pygidium petit, on triangle curvi- 
ligne transversal ; 3° et 4° segments abdominaux brièvement anguleux 
à leurs extrémités ; saillie intorcoxalo très-large, arrondie en avant. 
— Corps brièvement ovale, glabre. 

La seule espèce connue (1) est originaire do Cuba, do petite taille 
et d'un beau bleu sujet à passer au violet. Elle est finement pointillée 
partout et présente sur les élytres des rangées régulières do points 
enfoncés, un peu plus gros que ceux du fond. 

(1) P. saphirinus, Schœnh. loc. cit. p. 642. Le Curculio cynneus de Hei'hst 
(Die K.cfer, VI, p. 167, pi. 71, f 7) reproduit exactement les formes de cet 
insecte, in.iis, comme le fait observer Schœuherr, il a les cuisses dentées 
et doit, dès lors, à tout le moins, constituer une autre espèce, sinon un autre 
genre. 



CRASPEDOTUS. 
Sciioemi. Curcul., VIII, 1, p. 87. 

Tète petite, légèrement allongée ; rostre un peu plus long qu'elle, 
médiocrement robuste ; ses sorobes commençant dans son milieu. — 
Antennes médianes, courtes, médiocrement robustes; scape brusque- 
ment en massue et un peu arqué au bout ; funicule à articles i obeo- 
nique, allongé et relativement très-gros, 2 do même forme, grêle et 
court, 3-0 fortement transversaux, serrés, grossissant rapidement, 6 
contigu à la massue; celle-ci grosse, ovale, obtuse, faiblement arti- 
culée; son l or article grand. — Yeux médiocres, déprimés, ovales, 
transversaux. — Prothorax peu convexe, transversal, un peu rétréci 
en avant, coupé obliquement de chaque côté de sa base, avec son 
lobe médian assez large et arrondi ; prosternum étroit entre les han- 
ches antérieures, dilaté en arrière de celles-ei en une plaque triangu- 
laire. — Ecusson ponctiforme. — Elytres amples, peu convexes, sub- 
quadrangulaires, finement marginées sur les côtés, un peu plus larges 
que le prothorax et échancrées à leur base, avec les épaules non 
saillantes et obliques. — Pattes assez courtes ; cuisses graduellement 
en massue; jambes droites; tarses courts et étroits, à article 4 mé- 
diocre ; ses crochets divariqués. — Pygidium des Pyiiomis, parfois 
recouvert ; 3 e et 4 e segments abdominaux coupés carrément en ar- 
rière; saillie intercoxalc large, arrondie en avant. — Corps quadrato- 
ovale, glabre. 

Le genre ne comprend également qu'une espèce, décrite par Schœn- 
herrsous le nom de pullus,et qui est du Brésil. Elle est de la taille du 
Pyropus saphirinus, et varie du noir au ferrugineux uniforme, mais 
il y a des exemplaires qui offrent un mélange de ces deux couleurs ; 
sa sculpture est plus fine que celle du P. saphirinus, mais, du reste, 
pareille. 

SECTION B. 

Epimèros mésothoraciques ascendantes. — Segments intermédiaires 
de l'abdomen presque toujours arqués ou anguleux à leurs extré- 
mités. 

Les éléments de cette section sont principalement empruntés aux 
Baridiides de Schœnherr. Le surplus consiste en ceux de ses Cholides 
et de ses Cryptorhynchides qui n'ont pas trouvé place ailleurs. Sous 
lo rapport du nombre des espèces, elle no le cède pas beaucoup à 
la précédente, mais elle est beaucoup plus homogène au point de 
vue de l'organisation, de sorte que sa division on cinq Tribus suffit 
pour exprimer les divers types qu'elle contient. 



190 r.URCUMOMDES. 

I. Antennes droites. Ptérocolides. 

II. — coudées. 

a Ecusson nul ou à peine distinct. Ceutoiuiynchides. 

au — toujours très- — 

b Scrobcs rostrales latérales, visibles en entier. 

Rostre court, plus ou moius robuste. Pémdinétides. 

— long, grêle, eylindricpje. Pantotélides. 

bb Scrobes rostrales rapidement inférieures et visi- 
bles sur les côtés en partie seulement. Baridiides. 

TRIBU LXXII. 

PTÉROCOLIDES. 

Rostre court; ses scrobes basilaires. — Antennes droites. — Pro- 
sternum non excavé ni canaliculé. — Ecusson distinct. — Elytres 
laissant à découvert le pygidium, le propygidium et une partie de 
l'antépénultième segment dorsal de l'abdomen. — Jambes mucro- 
nées h leur extrémité; crochets des tarses petits, appendiculés. — 
Segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément en arriére. 
— Métasternum court, ses épisternums étroits. — Saillie mésoster- 
nale formant un angle avec le métasternum. — Corps brièvement 
ovale. 

Il n'y a pas dans la famille entière de groupe plus tranché que 
celui-ci. Le genre Ptf.rocolus qui le compose à lui seul avait été 
placé par Schœnherr dans les Attélabides avec lesquels il n'a pas 
d'autres rapports que d'être orthocôre. L'unique espèce qui le com- 
pose reproduit d'une manière frappante les formes des Pyropus et 
des Craspeuotus de la Tribu précédente, mais en diffère complète- 
ment par ses caractères génériques. Elle est propre à l'Amérique du 
Nord. 

PTEROCOLUS. 
Schoenu. Curcul., 1, p. 238 (1). 

Tète convexe, un peu allongée on arrière des yeux; rostre pas 
plus long qu'elle, assez robuste, subcylindrique, comprimé sur les 
côtés à sa base, légèrement arqué ; ses scrobes basilaircs, courtes, 
superficielles, triangulaires et obliques. — Antennes courtes, peu 
robustes ; scape gros, obeonique, atteignant les yeux ; funicule à arti- 
cles 1 de môme forme, plus mince et plus court que le scape, 2-8 
très-courts, serrés, grossissant peu à peu, 9-1 1 formant brusquement 

(1) Syn. Apotomus, Kirby, Faun. Bor.-Amer. p. 205 ; nom déjà employé pour 
des Carabiques, et postérieur de quatre ans à celui imposé au genre par Sclicen- 
lierr; Kirby ne parait pas avoir soupçonné l'existence do ce darnior. — Atte- 
labus Fab., Oliv. 



CEUTOItHYNCIUDES. 191 

uno massue déprimée et oblongo-ovalo. — Yeux grands, déprimés, 
brièvement ovales, transversaux, médiocrement séparés en dessus. — 
Prothorax ample, peu convexe, rectiligne sur les côtés, graduelle- 
ment rétréci et tronqué en avant, avec ses angles antérieurs fléchis, 
coupé obliquement et subcirculairement de chaque côté de sa base, 
irrégulièrement pentagonal; prosternum très-court en avant des 
hanches antérieures, très-large et plan entre celles-ci. — Ecusson 
assez grand, suhquadrangulaire. — Elytres courtes, ovales, profon- 
dément déhiscentes et isolément arrondies à leur base, très-fortement 
échancrées en avant et embrassant le prothorax (1). — Pattes médio- 
cres; cuisses fortement en massue; jambes droites, arrondies; les 
quatre postérieures finement mucronées au bout; tarses courts, grê- 
les, spongieux en dessous, à articles 1 allongé, obeoniquo, 3 à peine 
plus large et plus court que 2, 4 médiocre; ses crochets petits. — 
Pygidium grand, vertical, en triangle curviligne; 2 e segment ventral 
un peu plus long que chacun des deux suivants, séparé du 1 er par 
une suture droite; saillie intercoxale très-large, arrondie en avant. — 
Mésosternum en carré transversal. — Corps finement pubescent. 

On n'en connaît qu'une petite espèce (ovatus Fab.) dont la livrée 
uniforme varie du bleu foncé au vert clair ; son prothorax est criblé 
do points enfoncés très-serrés, et ses élytres sont largement sillonnées; 
les sillons sont à la fois rugueux et ponctués, avec les intervalles 
entre eux étroits et costiformes. Cet insecto parait être répandu dans 
l'Amérique du Nord, depuis le Canada jusque dans le voisinage du 
Mexique. 

TRIBU LXXIII. 

CEUTORHYNCHIDES. 

Rostre cylindrique, jamais épaissi â. sa base, ni très-grêle et très- 
allongé; ses scrobes en général longeant son bord inféro-latéral et 
visibles en grande partie ou en entier. — Prosternum très-souvent 
excavé ou canaliculé. — Ecusson nul ou peu distinct. — Elytres 
laissant le pygidium à découvert. — Jambes inermes au bout, très- 
rarement et alors à peine visiblement mucronées ; crochets des tarses 
variables, mais jamais soudés. — Les trois segments intermédiaires de 
l'abdomen fortomont arqués à leur extrémité ; sa saillie intercoxale 
large, parallèle, tronquée en avant. — Métasternum très-court chez 

(I) Schœnherr les décrit comme ayant les épaules accrues d'une lame trigone 
formant, selon ses expressions, un prolongement de la substance du prothorax. 
Il a évidemment voulu parler des épiméres mésothoraciques, qui sont très- 
grandea et largement visibles en dessus. C'est la seule fois qu'il ait fait men- 
tion de ces pièces dans son ouvrage, et, comme on le voit, sans se douter de 
leur véritable nature. 



192 CURCl'LIOMDES. 

presque tous; ses épisternums larges. — Saillie mésosternale for- 
mant un angle avec lo métasternum. — Corps oblong chez un 
petit nombre, brièvement ovalaire ou rhomboïdal chez les autres. 

Les Ceutorhynchides sont de petits insectes qui, pour la plupart, 
ont une ressemblance prononcée avec les Cionides qui terminent la 
cohorte précédente. Ils se distinguent aisément des autres groupes 
do la section actuelle par leur écusson indistinct et leurs jambes 
Lnermes ara bout, caractère qui souffre à peine deux ou trois excep- 
tions, Lesquelles même ne concernent en général que les jambes inter- 
médiaires. 

Le funicule antennaire de ces insectes se compose de six ou sept 
articles et le scape atteint presque toujours les yeux ou en reste à 
une faible distance. Ces derniers, toujours finement granulés, sont 
tantôt cachés, en partie du moins, par lo prothorax lors de la contrac- 
tion de la tète, tantôt complètement à découvert. 11 est rare que le 
prosternum ne présente aucune trace d'une excavation ou d'un canal 
rostral. Quand ce dernier existe, le cas le plus commun est qu'il s'ef- 
face entre les hanches antérieures; ailleurs il envahit le mcsoster- 
num et même le métasternum. Les espèces qui lo possèdent repré- 
sentent ici les Cryptorhynchides. Le second segment abdominal est 
constamment plus court que les deux suivants réunis et séparé du 
premier par une suture droite ou faiblement arquée. Les autres 
caractères exposés plus haut n'exigent pas d'observations. 

Sauf un petit nombre (Sclkropteiujs, Riiytidosomus) qui parais- 
sent, être épigés, les Ceutorhynchides vivent sur les plantes basses et 
recherchent en général les lieux humides; quelques-uns même 
(Eubrychu;s, Litodactylus) se tiennent habituellement sous l'eau. 
Leurs larves, dont, on connaît plusieurs appartenant aux genres 
Mononychus (1) et Ceijtorhynchus (2), ne paraissent offrir rien de 
particulier. Elles vivent aux dépens des graines, des tiges ou des 
racines des végétaux; mais quand le moment do leur métamorphose 
est venu, les unes (Mononychus) ne quittent pas la plante qui les a 
nourries, tandis que les autres (CEiiTORnYNcmis) s'enfoncent dans le 
sol et s'y construisent une coque. 

(1) M. pseudacori, Wcstw. An Introd. etc. I, p. 315, f. 41, 20; elle dévore 
les graines de l'Iris pseudaconts. 

(2) C. contraclus et assimilis,- Kirby et Spence, An Introd. to Entom. cd. 5, 
l,p. 188; dans les racines du Sinapis arvensis, à la surface desquelles elles font 
naUre de petits tubercules. — macula-alba, Klingelliœf. Stettin. entom. Zeit. 
1843, p. 85; dans les tetes des pavots dont elle ronge les graines. — sul- 
cicollis, Guérin-Ménev. Ann. d. 1. Soc. entom. 1845; Bull. p. XXXIII; dans 
les racines des choux sous le collet; Haimliof. Verhandl. d. Zool.-botan. Vor. 
in Wien, V, p. 525; sur VAlyssum incanum. — raphani, E. Cussac, Ann. A. 
1. Soc. entom. 1855, p. 241, p!. X11I, n°l, f. 1-10; sur le Symphytum officinale. 
— dratiœ, Laboulb. ibid. 1856, p. 445, pi. 4, f. 3-5 ; sur la Draba verna. 



CŒLI0D1DES. 193 

La Tribu est riche en espèces et les genres assez nombreux que 
constituent ces dernières sont, à l'exception de deux (Mecysmoderes, 
Coelogasteii) représentés en Europe. 

La classification qui suit est, quant à ses bases, la môme que celle 
proposée par M. G. Thomson, à cela près que ce savant entomolo- 
giste ne divise ces insectes qu'en deux groupes (1), tandis que je crois 
devoir en admettre trois. 

I. Yeux, en partie au moins, recouverts par le pro- 
, thorax. 

Canal rostral entamant le mésosternum et 

parfois le métasternum. Coeliodides. 

effacé entre les hanches antér., 

parfois nul. Ceutorhyncwpes vrais. 

II. Yeux complètement à découvert. Phytobudls. 

Groupe I. Cœliodidei. 

Yeux grands, ovales, transversaux, au moins en partie recouverts 
par le prothorax lors de la contraction de la tête. — Canal rostral 
entamant le mésosternum et parfois le métasternum. 

Ce canal est toujours profond, et quand il ne va pas au-delà du 
mésosternum, n'est jamais limité en arrière par ce dernier dont il ne 
reste rien dans cette direction. Quand il entame le métasternum, son 
extrémité s'élargit en une fossette plus ou moins grande. Ces insectes 
me paraissent être les plus parfaits des Ceutorhynchides et devoir 
dès lors être placés à leur tète. Ils ne forment que les quatre genres 
suivants : 

I. Art. 4 des tarses très-court, muni d'un seul crochet : Mononychus. 
H. — — médiocre, — de deux — 
a Canal rostral limité au mésosternum : Cœliodes. 

aa entamant le métasternum. 

Funicule antennalre de 7 art. : Megacetes. 
— — 6 — Scleropterus. 

MONONYCHUS. 
(Schuep.) Germ. Ins. spec. nov., p. 241. 
Tète finement carénée sur la ligno médiane, un peu excavée sur 

(1) Skandinav. Col. I, p. 138. Les deux groupes en question sont ceux des 
Phytobiides et dos Ceutorhynchides. Attachant plus d'importance qu'on ne l'a 
fait jusqu'ici à la structure du canal rostral, les Cceliodes que M. G. Thomson 
comprend parmi les Ceutorhynchides, me paraissent être le type d'un groupe 
distinct. 

Coléoplèru. Tomu Vil. 13 



191 eURCULIONIDES. 

le front; rostre allongé, peu robuste, cylindrique, médiocrement 
arqué; scrobes commençant près de son milieu. — Antennes submé- 
dianes, assez courtes, grêles; scape en massue allongée au bout; 
funicule à articles obconiques : 1-2 allongés, celui-là le plus grand, 
3-7 courts, subégaux; massue médiocre, ovale, acuminée au bout, 
articulée. — Yeux grands, brièvement ovales, légèrement convexes. — 
Prothorax transversal, fortement rétréci et tronqué on avant, arrondi 
sur les côtés en arrière, coupé paraboliquement de chaque côté à sa 
base, avec son lobe médian assez saillant et aigu; canal prosternai 
assez profond, nettement limité en avant et prolongé jusqu'au méso- 
sternum inclusivement. — Ecusson enfoncé, à peine distinct. — Ely- 
tres courtes, peu convexes, impressionnées sur la suture en avant, 
rétrécies et isolément arrondies en arrière, à peine plus larges que le 
prothorax et conjointement échancrôes à leur base, avec les épaules 
largement arrondies. — Pattes assez robustes; cuisses et jambes 
comprimées; celles-ci anguleuses ou dentées sur leur bord externe 
avant leur extrémité, tranchantes en dehors au-dessous de cette 
saillie; tarses médiocres, assez largos, spongieux en dessous, à arti- 
cle 4 dépassant à peine les lobes du 3° et terminé par un seul petit 
crochet. — Pygidium plus haut que large; saillie intercoxale de 
l'abdomen large, tronquée en avant. — Corps très-épais, brièvement 
rhomboïdal. 

Ces insectes sont de la taille des plus grands Ceutorhync.hijs et 
éminemment distincts de tous ceux de cetto Tribu par la structure du 
dernier article de leurs tarses. Leurs espèces, peu nombreuses, 
sont répandues depuis la Sibérie jusque dans les îles Canaries (t); 
l'une d'elles (vulpeculus F.) habite même l'Amérique du Nord. 
Celles d'Europe fréquentent» les lieux aquatiques et se trouvent sur 
diverses plantes, principalement dans les fleurs do l'Iris pseuda- 
corus. 

COELIODES. 

Scuoenh. Curcul., IV, p. 282 (2). 

Rostre au plus médiocrement robuste, allongé, cylindrique, plus 
ou moins arqué; ses scrobes commençant vers le milieu de sa lon- 
gueur. — Antennes submédianes, médiocres, grêles; scape en mas- 
sue au bout; funiculo à articles 1-2 obconiques, allongés, subégaux 

(1) Schœnherr (Curcul. VIII, 1, p. 401) en mentionne 6 esp. dont trois 
(pseudacori, superciliaris, salviœ) habitent l'Europe tempérée ou méridio- 
nale. Aj. : M. variegalus, Brullé in Webb et Berthel. Canar. ; Entom. p. 72. 
— syriacus, L. Redtenb. in Rùsseg. Reisc, p. 988; Syrie. — spermaticus, 
Becker, Bull. Mosc. 1862, II, p. 349; Russie mér. (Sarepta). 

(2) Syn. Stenocarus, G. Thoms. Skandinav. Col. I, p. 139. — Ceutobhïk- 
cava Scbcenb. olim. 



CQUIODIDES. 195 

ou non, 3-4 plus longs que 5-7, ceux-ci courts; massue assez petite, 
oblongo-ovale, articulée. — Yeux do grandeur variable, brièvement 
ovales, peu convexes. — Prothorax transversal, fortement rétréci en 
avant et plus ou moins contracté près de son bord antérieur, parabo- 
liquement coupé de chaque côté de sa base; canal prosternai pro- 
fond, large, assez nettement limité en avant, s'arrètant au niveau 
des hanches intermédiaires. — Ecusson nul ou ponctiforme. — ' 
Elylres courtes, assez ou peu convexes, rôtrécies en arrière, un peu 
plus larges quo le prothorax etéchancrées à leur base, avec les épau- 
les calleuses. — Pattes médiocres, assez robustes; cuisses presque 
graduellement en massue; jambes subarrdndies, droites, sauf parfois 
à leur base, tronquées au bout, avec leur bord terminal externe 
tranchant et cilié sur une étendue variable (1); tarses médiocres, 
assez larges, spongieux en dessous, à article 4 médiocre; ses crochets 
courts, plus ou moins dentés à leur base. — Pygidium entièrement 
découvert; saillie intercoxale de l'abdomen large, parallèle, tron- 
quée en avant. — Corps épais, brièvement ovalaire ou subrhomboï- 
dal, finement pubescent. 

Le canal rostral affecte deux formes différentes chez ces insectes. 
Tantôt, comme chez les Mononychus, il no va pas au-delà du mésos- 
ternum, tantôt il envahit plus ou moins complètement le métaster- 
num (2). Ce caractère me paraît avoir assez d'importance pour auto- 
riser la répartition des espèces dans deux genres distincts, en 
réservant le nom do Coeliodes, comme l'a fait M. G. Thomson, à 
celles qui rentrent dans la première de ces catégories et en leur asso- 
ciant les Stenocahus du môme auteur. Les caractères différentiels 
qu'il leur assigne ne me paraissent pas suffisants et se bornent à 
ceux-ci : 

Los Coeliodes (Type : C. epilobii) ont les cuisses inermes, les jam- 
bes bianguleuses en dehors et le prothorax légèrement incisé dans 
son milieu en avant, tandis que chez les Stenocahus (Type : C. gut- 
tula) les cuisses sont dentées, les jambes arrondies et le prothorax 
rebordé et entier en avant. 

Ainsi restreint, le genre paraît être notablement moins riche que le 
suivant (3). Tous deux se distinguent sans peine des Ceutorhynchus, 

(1) Pour les modifications qu'éprouvent ces organes, voyez Suffrian, Stotlin. 
entom. Zeit. 1847, p. 293. Ce savant entomologiste reconnaît qu'elles n'ont 
point de valeur systématique. 

(2) Schœnherr (loc. cit.) ne fait pas cette distinction, non plus que Jacquelin- 
Duval (Gêner, d. Col. d'Eur. Curcul. p. 59), qui se contento do dire que le 
canal rostral se prolonge sur le mésoslernum. Plus exacts, MM. L. Redten- 
bacher (Faun. austr. éd. 2, p. 787) et Bach (Kœferfaun. d. Nord-u.-Mittel- 
deutschl. II, p. 331) mentionnent les deux formes en question. 

(3) Il y aura lieu de voir comment se répartissent les 34 espèces européeunei 



490 CURCULIONIDES. 

auxquels Schœnherr les avait réunis dans l'origine, en ce que chez 
ces derniers le mésosternum et, à plus forte raison le métasternum, 
ne prennent aucune part à la formation du canal rostral. Leurs 
espèces vivent sur des arbres ou des plantes basses de familles 
variées. 

MEGACETES. 

G. Tnoaisi. Skandinav. Col, I, p. 139 (1). 

Ce genre comprend tous les Coeliodes des auteurs dont le canal 
rostral se prolonge sur le métasternum. M. G. Thomson l'a, comme 
le précédent, divisé en deux. 

Il applique le nom de Megaceies (Type : C. quercus) aux espèces 
qui ont les cuisses inermes et le canal rostral prolongé jusqu'à l'ex- 
trémité du métasternum. Celles qui ont les cuisses dentées ot lo ca- 
nal en question terminé vers le milieu du métasternum sont pour 
lui des Cidnorhinus (Typo : C. didymus). Les autres caractères, en 
très-petit nombre, qu'il assigne à ces deux genres, no sont pas exclu- 
sifs ou n'ont pas d'importance. 

SCLEROPTERUS. 
Schoeku. Curcul. Disp. tneth., p. 290. 

Rostre allongé, robuste, cylindrique, médiocrement arqué; ses 
scrobes commençant dans son milieu. — Antennes médiocres, grêles; 
scape en massue au bout; funicule de 6 articles obeoniques : 1-3 
allongés, celui-là le plus long et plus gros, 4-6 plus courts, décrois- 
sant graduellement; massue oblongo-ovale, acuminée, articulée. — 
Yeux assez grands, déprimés, brièvement ovales, transversaux. — 
Prothorax au moins aussi long quo large, plus ou moins arrondi sur 
les côtés à sa base, fortement resserré un peu au-delà de son milieu, 
avec son bord antérieur médiocrement saillant, muni do faibles lobes 

et exotiques que mentionne Schœnherr (Curcul. VIII, 1, p. 392). Parmi les pre- 
mières que j'ai sous les yeux, je ne trouvo, outre l'epilobii et le guttula, que le 
geranii qui rentre dans le genre actuel. Le même travail devra se fairo pour 
les espèces suivantes qui ont été décrites depuis Schœnherr : Esp. européennes : 
C. zonalus, Germar, Faun. Ins. Europ. XXIII, 9; Styrie. — trifasciatus, 
Bach, loc. cit. p. 332; Tuuringe. — congener, Fœrster, Verhandl. d. naturh. 
Verein. d. Preus». Rheinl. VI, p. 28; Provinces rhénanes. — Esp. asiatiques: 
C. slrigirostris, llochhuth, Bull. Mosc. 1847,I,p. 569; Arménie; radula, ibid. 
1851, I, p. 95; Sibérie. — mysticxts, Syrie, Perse; Kolenatii, Caucase; Kole- 
nati, ibid. 1859, I, p. 381 et 386. — Esp. de l'Algérie : C. glaucii, Chevrol. 
Rev. etMag. d. Zool. 1859, p. 37; cinclus, ibid. 1861, p. 122. — Esp. de 
l'Amer, du Sud: C. albovarius, Bohcm. Voy. d. l'Eugénie; Entom. p. 142; 
Rio Janeiro. , 

(1) Syn. Cipnorhinos, G. Thoms. ibid. — Cobliodes auctor. 



CEUTORHYNCHIDF.S VRAIS. <97 

oculaires, subtronqué en arrière ; canal rostral profond, nettement 
limité, prolongé au-delà du milieu du métastemum. — Ecusson 
nu l, _ Elytres très-convexes, brièvement ovales, pas plus larges que 
le prothorax et tronquées à leur base, avec les épaules subrectangu- 
l a j res . _ Pattes médiocres, robustes, les antérieures plus longues que 
lès autres ; cuisses médiocrement en massue; jambes antérieures 
arquées à leur extrémité, les autres droites; toutes tronquées au 
bout; tarses courts, assez larges, spongieux en dessous, à articles 3 
plus large que 1-2, 4 médiocre; ses croebets petits, dentés à leur 
base . _ Pygidium en partie découvert; ï" segment abdominal plus 
long que ebacun des deux suivants, séparé du 1" par une suture ar- 
quée ; saillie intercoxale large, tronquée en avant. — Métastemum 
très-court. — Corps brièvement ovale, inégal, glabre. 

On n'en connaît que deux petites espèces (1) propres aux parties 
centrales de l'Europe, d'un noir profond assez brillant, criblées de 
gros points enfoncés sur le prothorax et fortement sillonnées sur les 
élytros, avec les intervalles entre les sillons costiformes et denticulés 
en scie, sculpture très-voisine de celle des Rhytidosomus près desquels 
le genre devrait être placé sans la forme toute différente du canal 
rostral (2). 

GROUPE II. Ceutorhynohide» vraif. 

Yeux des Cœliodides. — Canal rostral effacé entre les hanches an- 
térieures, parfois nul. — Saillie mésosternale distincte. 

Cette saillie est toujours assez large, le plus souvent triangulaire, 
inclinée en arrière et tronquée au bout, avec ses angles arrondis. La 
plupart de ces insectes ont conservé lo faciès des Cœliodides, mais 

(1) S. serratus Germ. Livonie, Autriche; offensus, Carintliie; Schœnh. 
Curcul. IV, p. 359. Schœnherr assigne pour patrie au premier la Livonie seu- 
lement; M. L. Iledtenbachor (Faun. austr. éd. 1, p. 386, et éd. 2, p. 792) a 
signalé son existence en Autriche, mais ne parle pas du second. 

(2) Schœnherr, après l'avoir d'abord mis entre les Bagous et les Tafinotus, 
l'a classé ensuite (Curcul. IV, loc. cit.) immédiatement à la suite des Acalles; 
il a même «ni, croyant son funicule antenuaire composé de 7 articles, par le 
regarder comme à peine distinct de ces derniers. M. L. Uedtenbacher (loc. cit.) 
et Jacquelin-Duval (Gêner, d. Col. d'Europ. ; Curcul. p. 57) se sont conformés 
à la seconde de ces opinions. M. Sulhïan (Stettin. entom. Ze.t. 1856, p. 250) a 
ensuite proposé de n'en faire qu'un sous-genre des Acalles. Enfin, M. Gersta;- 
ker (Wiegm. Archiv. 1857, II, p. 363) a émis l'opinion qu'il ne diflérait pas 
des Uiivtidosomus. Les épiméres mésothoraciques ascendantes de ces insectes, 
leurs segments abdominaux intermédiaires qui sont arqués, et leur pygidium 
découvert montrent qu'ils appartiennent à un tout autre groupe que les 
Acai.les dont la place est parmi les Cryptoihynchùles. D'un autre côté, la 
forme de leur canal rostral ne permet pas de les réunir aux Huytidosomus; 
ils représentent ces derniers dans le groupe actuel. 



198 CURCUXIONIDES. 

quelques-uns l'ont perdu par suite de la forme moins courte de leur 
corps. Ces différences, qui ont influé sur la longueur du métaster- 
num, ont servi de base à l'arrangement des sept genres qui suivent. 

I. Corps épais, très-court, ainsi que le métasterBum. 

a Funicule antennaire de 7 art. : Ceutorhynchus. 

aa — — 6 — 

6 Lobe médian de la base du prothorax court. 

Prothorax dépourvu de lobes oculaires : Ceutorhynchidius. 

— muni — : Rhytidosomus. 

66 Lobe médian de la base du protborax très-saillant : Mecysmoderes . 

II. Corps oblong ou oblongo-ovale ; métasternum assez long. 

c Crochets dos tarses simples : Poophagus. 
ce — — dentés à leur base. 

Funicule antennaire de 6 art. : Tapinotus. 
— — 7 — : Marmaropus. 

CEUTORHYNCHUS. 

(Schoepp.) Germai*, Ins. spec. nov., p. 217 (1). 

Rostre au plus médiocrement robuste, en général grêle, cylindri- 
que, arqué; ses scrobes commençant vers son milieu ou un peu en 
avant. — Antennes médiocres, grêles; scape légèrement épaissi au 
bout,; funicule de 7 articles : 1-2 allongés, subégaux ou non, celui-là 
plus gros, 3-7 décroissant peu à peu ; massue obiongo-ovale, acumi- 
née et articulée. — Yeux assez grands, subarrondis, peu convexes. — 
Prothorax rarement aussi long que large, plus ou moins dilaté et 
arrondi sur les côtés, fortement rétréci et très-souvent resserré en 
avant, subtronqué ou bisinuéà sa base, avec un lobe médian aigu; 
canal rostral de largeur et profondeur variables, a bords non tran- 
chants, effacé et rétréci entre les hanches antérieures. — Ecusson nul 
ou très-petit. — Elytres médiocrement ou peu convexes, brièvement 
ovalaires, largement échancrées en arc à leur base, avec leurs épau- 
les embrassant un peu le prothorax et obtusément calleuses. — Pattes 
médiocres, assez robustes; cuisses en massue; jambes ayant leur 
extrémité externe tranchanto sur une courte étendue; tarses médio- 
cres, assez larges, à article 4 de longueur normale; ses crochets 
appendiculés ou bifides; très rarement (par ex. litura) simples. — 
Pygidium entièrement à découvert; saillie intercoxale de l'abdomen 
très-large, parallèle, tronquée on avant. — Mésosternum subhorizon- 
tal ou oblique. — Corps épais, brièvement rhomboïdal ou ovalaire, 
finement pubescent, et souvent en partie écailleux. 
Genre très-riche en espèces, mais cependant un peu moins que ne 

(1) Syn. Micrelus, Tramiocolus, Hadroplontus. G. Thoms. Skandinav. Col. I, 
p. 140. 



CEUTORHYNCHIDnS VRAIS. *99 

l'a pensé Schœnherr qui y a compris quelques éléments étrangers (I). 
D'un autre côté M. G. Thomson l'a divisé en quatre établis sur des 
caractères trop légers, à mon sens, et qui sont les suivants : 

Micrelus (Type : C. ericœ). Prothorax à peine resserré en avant 
Anti-iiiios insérées au milieu du rostre, à article 1 du funicule obeo- 
nique et trois fois plus long que lo 2 e ; leur massue subglobuleuse. 
Cuisses mutiqucs; jambes ciliées en dehors. Yeux légèrement sail- 
lants et un peu rapprochés. 

Thamiocolus (Type : C. vidualus). Antennes insérées avant le milieu 
du rostre, à articles 1-2 du funicule subégaux. Cuisses munies d'une 
forte dent.' Jambes dentées et ciliées en dehors. Mésosternum aplani. 

Hadroplontus (Type : C. litura). Cuisses munies d'une forte dent; 
jambes ciliées en dehors et munies d'un petit crochet terminal. 
Mésosternum subimpressionné (2). Prothorax fortement resserré en 
avant. 

(1) Outre ((u'il n'a pas vu qu'un certain nombre d'espèces, qui composent 
le genre suivant, n'ont que six articles au funicule antennaire, on en a reporté 
récemment plusieurs autres parmi les Coeliodes et, pour la plupart, comme 
étant de simples variétés d'espèces de ce dernier genre; voyez Grenier, Cat. 
(1 Col d. France, p. 58. M. H. Brisoutde Barneville (Revue et Mag. d. Zool. 
1860, p. 537, et Ami. d. 1. Soc. entom. 1800, p. 337) a, de son côté, signalé 
plusieurs de ces doubles emplois. Les 167 espèces mentionnées par Schœn- 
lierr (Curcul. VIII, 1, p. 131) se trouvent par la sensiblement réduites. De- 
puis, on a publié les suivantes : 

Esp. européennes : C. ferrugatus, E. Porris, Mém. d. l'Acad. d. Lyon, II, 
p. 477 ; France (Landes).— Bertrand), hysirix, E. Pcrris, Ann. d. 1. Soc. Linn. 
ri L«on, Sér. 2, II, p. 181 ; Landes ; conlusus, oàrnms,' ibid. IV, p. 145; Lan- 
des/— metallicus, L. Fairm. Ann. d. 1. Soc. entom. 1852, p. 86; Espagne 
(Madrid). — drabœ [hirtulus Germ.), Laboulb. ibid. 1856, p. 161 ; France. — 
chlorophanus, Rouget, ibid. 1857, p. 752; France (Dijon).- acalloides, albo- 
hispidus, L. Fairm. ibid. 1857, p. 639; Montpellier. - Raphaelensis {verm- 
oulus Scbh.), biscuiellatus , Chevrol. ibid. 1859, Bullet. p. XVIII; Provence. 
- Gougeleti, Galice ; Grenieri, fulvitarsis, France mér. ; pallidkorms, Paris; 
Gougelct et H. Bris, de Barncv. ibid. 1860, p. 335. - mixlus,Uu\s. et Rey, in 
Mais. Opusc. entom. IX, p. 37; Hyères. - tenuirostris , leucorhamma lœtus 
Roscnh. Die Tliiere Andalus. p. 292 ; Espagne mér. - alliartœ, H. Br.s. do 
Barnev. Rcv. et Mag. d. Zool. 1860, p. 537; France. - Esp. de l'Algérie : C. 
nniM^Ghevrol. Rev. et Mag. d. Zool. 1859, p. 304; subfasciatus pratensis, 
1800 p 453 et 510. - Esp. de l'île de Madère et des Canaries : C mgroter- 
minatus, lineaiotessellalus , Wollast. Ins. Madercns. p. 327; Madère.- phy- 
tobioides, hesperus, Wollast. Cat. of Canar. Col. p. 281 ; Canaries. - Esp de 
l'Amer du Sud : C. seltatus, Bobem. Voy. d. l'Eugénio; Entom. p. 146; 
Buenos-Ayres. - Esp. de l'Amer, du Nord : C. pmio, Mannerh. Bull. Mosc. 
1852, 1, p. 355;îleSitkha. 

Parmi ces espèces, il en est deux (hysirix Perr. biscuiellatus Cbevrol.) qui 
sont des CEUionHYNCHiDius. 
(2) Ce caractère et le précédent sont, en réalité, d'une véritable lnsigmDance, 



200 



CURCULIONIDES. 



Ceutorhynchijs (Type : C. assimilis). Cuisses peu robustes, munies 
d'une petite dent. Mésosternum non impressionné. 

A part un très-petit nombre qui habitent l'Amérique du Nord, ces 
insectes sont propres à l'ancien continent et presque exclusivement 
confinés dans les régions froides et tempérées de l'Asie, en Europe 
et dans le nord do l'Afrique. Leur livrée, quand elle n'est pas uni- 
forme, consiste ordinairement en taches d'un blanc plus ou moins 
pur, et en général mal limitées. Comme les Coeliodes, ils fréquentent 
des végétaux très-variés. Los caractères différentiels des deux sexes 
se trouvent sur le dernier segment abdominal, mais varient selon les 
espèces (1). 

CEUTORHYNCHID1US. 
Jicquel.-Duv. Gêner, d. Col. d'Eur.; CurctU. p. 60 (2). 

Ce sont des Ceutorhynchus dont le funicule antennairene se com- 
pose que de six articles et qui se rapprochent par là des genres sui- 
vants. 

Jacquelin-Duval n'a connu que trois Ceutorhynchus (floralis, 
depressicollis, melanarius) qui dussent rentrer dans ce genre; une 
douzaine d'autres sont maintenant reconnues comme lui apparte- 
nant (3). 

M. G. Thomson, qui n'a pas eu connaissance du caractère en ques- 
tion, a fondé sur l'une de ces dernières (apicalis Payk.) son genre 
Calosirus. 

RHYTIDOSOMUS. 
ScnoENH. Curcul., IV, p. 594 (4). 

Rostre médiocrement robuste, allongé, cylindrique, arqué; ses 
scrobes commençant près de son tiers antérieur. — Antennes médio- 
cres, grêles; scape légèrement en massue au bout; funicule de 6 
articles : 1-3 allongés, celui-là le plus grand, 4-6 courts, égaux; mas- 
sue oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux assez grands, subar- 
rondis, déprimés. — Prothorax presque aussi long que large, rétréci 
et légèrement resserré en avant, avec son bord antérieur coupé carré- 

du moins chez le C. Mura. C'est à peine si l'on peut distinguer l'impression 
du mésosternum, et le très-court mucro qui termine les jambes au côté interne 
et qui est placé dans leur axe, n'est guère plus apparent, même aveo une forte 
loupe. 

(1) M. Suffrian (Stettiu. Entom. Zeit. 1845, p. 102, et 1847, p. 87) a pu- 
blié un travail intéressant sur ces différences sexuelles chez un grand nombre 
d'espèces. 

(2) Syn. Calosirus, G. Thoms. Skandinav. Col. I, p. 140. 

(3) Cent. horridus,ureus, troglodytes, etc.; voyez Grenier, Cat. d. Col. d. 
France, p. 58. 

(4) Syn. Rutidosoma, Stcph. III. of Brit. Entom. IV, p. 45. 



CEUTORHYNCHIDES VRAIS. 201 

ment et muni de faibles lobes oculaires, légèrement bisinué à sa base ; 
canal rostral assez profond, à bords nettement limités en avant des 
hanches antérieures, assez large entre celles-ci (1). — Ecusson nul. 
_ Elytres très-courtes et très-convexes, globoso-ovales, sensiblement, 
plus larges quo le prothorax et légèrement sinuées à leur base, avec 
les épaules subanguleuses. — Pattes médiocres; cuisses assez robustes, 
en massue; jambes et tarses des Ceutohhynchus. — Pygidium entiè- 
rement découvert; saillie intercoxale large, parallèle, tronquée en 
avant. — Môsosternum incliné. — Corps brièvement ovale, convexe, 
glabre en dessus. 

La seule espèce connue (globulus Herbst) est fort petite, noire, 
tachetée de blanc en dessus, rugoso-ponctuée sur le prothorax et 
assez profondément sillonnée sur les élytres, avec les intervalles entre 
les sillons étroits, tranchants et âpres. Elle est répandue dans la plus 
grande partie de l'Europe. 

MECYSMODERES. 
Schoenh. Curcul., IV, p. 596. 

Rostre grêle, allongé, cylindrique, médiocrement arqué ; ses scro- 
bes commençant dans son milieu. — Antennes submédianes, médio- 
cres, grêles; scape assez fortement en massue au bout; funicule de 6 
articles : 1 -3 allongés, celui-là notablement plus gros et un peu plus 
grand, 4-6 courts, subégaux, grossissant peu à peu; massue assez 
petite, ovale, acuminée, articulée. — Yeux grands, brièvement ova- 
les, assez convexes, un peu rapprochés en dessus, surtout en avant. — 
Prothorax subtransversal, brusquement rétréci et tronqué en avant, 
un peu renflé sur les côtés en arrière, très-obliquement coupé do 
chaque côté à sa base, avec son lobe médian grand, allongé, en trian- 
gle très-aigu; canal rostral médiocrement profond, assez mal limité 
latéralement, plan et assez large entre les hanches antérieures (2). — 
Ecusson nul. — Elytres courtes, peu convexes, fortement rétréoies 
en arrière, pas plus larges que le prothorax et chacune coupée obli- 
quement à sa base, avec les épaules très-saillantes en dehors et 
arrondies. — Pattes assez longues et assez robustes ; cuisses en mas- 
sue, munies d'une forte dent triangulaire; jambes subcomprimées, 
un peu élargies et sinuées en dehors à leur extrémité; les intermé- 
diaires munies à leur angle interne d'une épine aiguë, presque 
indistincte aux autres; tarses médiocres, assez larges, à article 4 de 
longueur normale; ses crochets dentés. — Pygidium entièrement à 

(1) Jacquelin-Duval (Gêner, d. Col. d'Europ.; Curcul. p. 60, note) critique, 
avec raison, Schœnlierr pour avoir dit que eo canal n'existe pas. 

(2) Comme pour le Rhytiiosomus globulus, Schœnlierr se trompe en réfu- 
tant ce canal à ces insectes. 



202 CURCUL10NIDES. 

découvert; saillie intercoxale extrêmement large, tronquée en avant. 

— Corps brièvement rhomboïdal, épais. 

L'espèce typique (euglyptus Schh.) est de Java, de la taille du Ceu- 
torhynclius didymus, noire et variée de blanc jaunâtre en dessous et 
sur les côtés du prothorax. Sa sculpture sur cette partie du corps et 
sur les élytres a la plus grande analogie avec celle du Rhytidosomus 
globulus. J'en connais une seconde espèce un peu plus grande et 
originaire de Hong-Kong. 

La grandeur des yeux, celle du lobe médian du prothorax et la 
largeur des élytres a leur base font reconnaître sans peine ce genre 
parmi tous ceux du groupe actuel. 

POOPHAGUS. 
Sciioenh. Curcul., IV, p. 590. 

Rostre allongé, grêle, cylindrique, arqué ; ses scrobes commençant 
vers son milieu. — Antennes submédianes, médiocres, grêles; scape 
un peu en massue au bout; funicule de 7 articles : 1-2 allongés, 
celui-là plus long et plus gros, 3-4 plus courts, 5-7 subtransver- 
saux; massue oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux médio- 
cres, brièvement ovales, pou convexes. — Prothorax transversal 
(naslurlii) ou non (sysimbrii), rétréci et plus ou moins resserré en 
avant, faiblement bisinué à sa base, avec un lobe médian très-court 
et aigu; son canal rostral médiocrement profond, assez nettement 
limité sur les côtés, plan et rétréci entre les hanches antérieures. — 
Ecusson très-petit, ovale. — Elytres peu convexes, oblongues, peu à 
peu et médiocrement rétrécios en arrière, à peine plus larges que le 
prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules 
calleuses. — Pattes assez longues; cuisses en massue médiocrement 
forte et allongée; jambes droites, un peu élargies au bout, avec leurs 
corbeilles petites et terminales; tarses assez étroits, à article i mé- 
diocre ; ses crochets simples. — Pygidium découvert, en triangle cur- 
viligne; saillie intercoxale assez large, parallèle, tronquée en avant. 

— Mésosternum incliné en arrière. — Corps oblong, densément 
revêtu partout de petites écailles. 

On n'en connaît que deux petites espèces (1) voisines des Ceu- 
toiihynchts par leurs caractères, mais d'un faciès très-différent par 
suite de leur forme générale plus oblongue et de leur vestiture. 
Toutes doux sont d'un vert pâle et mat, unifonno {naslurlii) ou mou- 
cheté de brunâtre (sysimbrii). Ces insectes paraissent habiter l'Europe 
entière et se trouvent principalement sur les plantes dont ils portent 
les noms. 

(1) P. naslurlii Gorm., sysimbrii F., Schœnli. loc. cit. p. 591 ; Volivaceus de 
Scliœnherr (ibid. p. 592) n'est qu'une variété du premier. 



CEUTOJIHYNCHIBES VRAIS. 203 

TAPINOTUS. 

ScnoENU. Curcul. Disp. meth., p. 292. 

Rostre assez long et assez robuste, subcylinclriquo ot arqué; ses 
scrobes commençant un peu avant son milieu. — Antennes submé- 
dianes, grêles; scape en massue allongée au bout; funicule de 6 arti- 
cles : 1-3 allongés, subégaux, celui-là un peu plus gros, 4-6 courts, 
subégaux; massue oblongo-ovale, acuminéo, articulée. — Yeux assez 
grands, subarrondis, pou convexes. — Prothorax subtransversal, 
subcylindrique, tronqué en avant et muni de lobes oculaires assez 
saillants, légèrement bisinué à sa base, avec son lobe médian étroit et 
aigu; canal rostral assez profond et assez large, ne dépassant pas les 
hanches antérieures (1); celles-ci médiocrement (listantes. — Ecusson 
a peine distinct. — Elytres peu convexes, régulièrement oblongues, 
à peino plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur 
base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres; cuisses en mas- 
sue; jambes droites, un peu élargies au bout; leurs corbeilles trian- 
gulaires et assez courtes; tarses médiocres, à articles 1-2 étroits, 
obconiques, 3 notablement plus large, 4 assez long; ses crochets den- 
tés à leur base. — Pygidium à découvert; saillie intercoxale de l'ab- 
domen largo, parallèle, tronquée en avant. — Mésosternum subver- 
tical. — Corps oblong, densément revêtu partout de petites écailles. 

La seule espèce connue (sellatus F.) est d'assez petite taille, d'un 
blanc grisâtre, avec les ôlytros traversées dans leur milieu par une 
assez largo bande noire irréguliôre; l'extrémité do ces organes est 
plus ou moins maculée do la même couleur. Cet insecte, qui est ré- 
pandu dans la majeure partie de l'Europe moyenne, sans être bien 
commun nulle part, vit, dit-on, sur les Lysimachia. 

MARMAROPUS. 

Sciioenh. Curcul., IV, p. 310. 

Rostre médiocre, robuste, subcylindrique, finement caréné sur la 
ligne médiane, arqué ; ses scrobes commençant vers son tiers anté- 
rieur. — Antennes subantérieures, assez courtes, grêles ; scape assez 
fortement on massuo au bout; funicule de 7 articles : 1-2 allongés, 
celui-là plus long et plus gros, 3-7 courts, décroissant graduelle- 
ment; massue ovale, acuminée, articulée. — Yeux grands, subar- 
rondis, pou convexes. — Prothorax légèrement transversal, subcylin- 
drique, brièvement ot brusquement rétréci en avant, avec son bord 
antérieur tronqué, muni de lobes oculaires médiocres, très-faible- 
ment bisinué à sa base; son sillon rostral profond, nettement limité, 
finissant avant les hanches antérieures; celles-ci assez fortement 

(1) Schœnherr l'indique comme obsolète et Jacquclin-Duval (Gêner, d. Col. 
<1 Europe; Curcul. p. G3) comme léger; mais tous deux se trompent. 



204 curculionides. 

séparées. — Ecusson presque nul. — Elytres oblonguos, subparallô- 
les, à peine plus larges que le prothorax et légèrement êchancrées en 
arc à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes des Tapinotus, avec 
les tarses plus courts. — Pygidium à découvert ; saillie intercoxale 
de l'abdomen large, parallèle et tronquée en avant. — Corps oblong, 
subcylindrique, finement écailleux en dessous. 

Schœnherr a très-fortement séparé co genre du précédent dont il 
est très-voisin et ne diffère que par son rostre plus robuste, son funi- 
cule antennaire de sept articles et son canal rostral plus profond. Il 
ne comprend qu'une espèce (Besseri Schb.) de taille presque égale à 
celle du Tapinotus sellatus et ayant un peu le faciès d'un Zygops. 
Elle est d'un brun foncé uniforme en dessus et revêtue d'écaillés 
blanches en dessous. Découverte primitivement en Pologne, elle a 
été retrouvée, depuis, en Poméranie et dans la Marche de Brande- 
bourg (1); mais elle est restée assez rare dans les collections. On la 
trouve principalement sur le Rumex acetosa. 

GROUPE III. Phytobiides. 

Yeux médiocres, arrondis ou brièvement ovales, complètement à 
découvert. — Canal rostral le plus souvent superficiel, parfois nul, 
rarement profond et, dans ce cas, elfacé entre les hanches antérieures. 
— Saillie mésosternalo distincte. 

La forme des yeux, qui sont en général assez saillants, et leur dé- 
gagement du prothorax donnent à ces insectes une physionomie par- 
ticulière dans la Tribu. Tous ont conservé la forme générale courte 
et épaisse des espèces placées en tète des Ceutorhynchides vrais, et 
leur saillie mésosternale ressemble 'à celle de ces derniers. Leurs 
genres sont au nombre de six : 

I. Rostre au plus médiocre, relativement robuste. 

a Scapc des antennes n'atteignant pas les jeux; leur funicule deC ar- 
ticles; prosternum à peine excavé. 
Tarses filiformes, à art. 3 non bilobé : Eubrychius. 
— — — bilobé : Litodactylus . 

aa Scape des antennes atteignant les yeux; leur funicule de 7 articles; 
prosternum excavé. 
Prosternum faiblement échancré en avant : Phytobius. 
— fortement — — : Rhinoncus. 

II. Rostre allongé, médiocrement robuste; funicule antennaire de. 6 art. 

Prosternum fortement échancré en avant et excavé : Cœlogaster. 
— entier en avant, non excavé : Amulus. 

(I) Voyez à ce sujet une note de M. Pfcil dans la Stottin. entom. Zeit. 1855, 
p. 305, et une autre de M, C. A. Dobrn, ibid. 1856, p. 190. 



l'iiYTonunrcs. 203 

EUBRYCHIUS. 

G. Tiioms. Skarulinav. Col., I, p. 138 (1). 

Rostlâ assez robuste, médiocre, subcylindrique, arqué; ses scrobes 
commençant un peu avant son milieu. — Antennes courtes; scape 
obeonique, court, n'atteignant pas, à beaucoup prés, les yeux; funi- 
cule de 6 articles : 1-3 allongés, celui-là plus gros, 4-6 courts, suh- 
égaux ; massue oblongo-ovale, obtuse au bout, faiblement articulée. 
— Yeux médiocres, assez saillants, obliques. — Prothorax transversal, 
peu à peu et fortement rétréci on avant, faiblement bisinué à sa base, 
tronqué en avant, avec son bord antérieur bituberculé ; deux autres 
tubercules sublatéraux sur le disque; prosternum très-court, faible- 
ment excavé. — Ëcusson très-petit. — Elytres assez convexes, briève- 
ment ovales, beaucoup plus larges quo le prothorax et isolément 
saillantes à leur base, avec les épaules subcalleuses. — Pattes assez 
longues; hanches antérieures contiguës; cuisses médiocrement en 
massue; jambes grêles, droites, inerm.es au bout; tarses longs, fine- 
ment ciliés, à articles 1-3 obeoniques, 4 aussi long que les précédents 
réunis; ses crochets simples. — Saillie intcrcoxale de l'abdomen 
large, parallèle, tronquée on avant. — Corps brièvement ovale, fine- 
ment pubescent. 

M. G. Thomson n'indique pour type de ce genre qu'une espèce 
inédite qu'il nomme aqualicus, mais d'après les caractères très-courts 
et très-tranchés qu'il lui assigne, il n'y a pas à douter qu'il doit com- 
prendre le Rhynchœnus velatus do Beck que M. !.. Hedteubacheï a 
mis en tète des deux espèces qui composent son genre Litodaciylus. 
Celui-ci n'est par conséquent qu'un démembrement de ce dernier. 
M. Suffrian (2) avait déjà signalé la nécessité de cette mesure. 

L'espèce en question est répandue dans la plus grande partie de 
l'Europe, et ses habitudes seraient plus aquatiques quo celles des 
autres Phytobiides, selon M. L. Redtonbacher qui dit qu'elle vit sous 
l'eau en s'attachant aux tiges des plantes. 

LITODACTYLUS 

L. Rbdtenb. Faim, austr. 6d. 1, p. 399. 

Mêmes caractères quo le genre précédent, avec le 3 e article des tarses 
de largeur normale, bilobé et spongieux en dessous. 

A quoi s'ajoutont quelques particularités secondaires : les antennes 
sont moins antérieures et un peu plus longues, les hanches anté- 
rieures légèrement séparées, et le 4" article des tarses est un peu 
moins long. 

(1) Syn. Litodactyuis pars, L. Redteub. — Pjiïtobws pars, Schœnli. 

(2) Stettin. entom. Zcit. 1847, p. 207. 



206 CUECUHONIOBS. 

L'espèce typique, le Rhynchœnus leucogaster do Marsham, a un 
habitai encore plus étendu que l'Eubrychius velatus et parait avoir 
les mêmes mœurs. 

PHYTOBIUS. 
Scuoenh. Curcul. III, p. 458 (1). 

Rostre plus ou moins robuste, au plus médiocre, subcylindrique; 
ses scrobes commençant à peu de distance do son extrémité, très- 
obliques. — Antennes insérées au-delà du milieu du rostre, médiocres, 
grêles; scape en massuo au bout, atteignant le bord antérieur des 
yeux; funicule de 7 articles : 1-3 allongés, celui-là de beaucoup le 
plus gros, 4-6 très-courts, 7 plus gros et plus large, contigu à la 
massue (2); celle-ci ovale, articulée. — Yeux médiocres, assez con- 
vexes, subarrondis, souvent surmontés d'une très-courte orbite re- 
dressée. — Prothorax transversal, régulièrement ou brusquement 
rétréci en avant, avec son bord antérieur légèrement échancré dans 
son milieu, bisinué à sa base, souvent bi- ou quadrituberculé en 
dessus ; prosternum plus on moins excavé en avant des hanches an- 
térieures, médiocrement échancré en arc do cercle en avant. — Ëcusson 
à peine distinct. — Klytres médiocrement convexes, brièvement ova- 
laires, un pou plus larges que le 'prothorax et légèrement échancrées 
à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues; hanches 
antérieures plus ou moins séparées; cuisses médiocrement en massue; 
jambes grêles, droites, tronquées au bout; les intermédiaires parfois 
brièvement mucronées à leur extrémité ; tarses médiocres, spongieux 
en dessous, à articles 3 bilobé, i assez long; ses crochets simples (par 
ex. comari, quadrituberculatus) ou dentés à leur base (par ex. nolula, 
quadrinodosus) . — Pygidium découvert; saillie intercoxalo largo, pa- 
rallèle, tronquée en avant. — Corps brièvement ovalaire, finement 
pubescent et écailleux. 

MM. Suffrian (3) et G. Thomson ont divisé ce genre en deux, mais 

(1) Syn. Hydaticus, Schœnli. Curcul. Disp. metli. p. 242; olim; nom déjà 
employé pour dos Dytiscides. — Pacuyit.iinus, Steph. III. of Brit. Entom. IY, 
p. 50. — Pelenomus, G. Tlioms. Skandin. Col. I, p. 138. 

(2) Schœnherr (Curcul. III, p. 459) a liésité au sujet de la structure du fu- 
nicule et a lini par ne lui accorder que six articles. Il en compte réellement 
sept, ainsi que l'a déjà fait observer Jacquelin-Duval, Gencr. d. Col. d'Eur.; 
Curcul. p. 50; je trouve sa description exacte chez toutes les espèces que j'ai 
sous les yeux. 

(3) Stettin. entom. Zeit. 1847, p. 207. Ce savant entomologiste s'est borné à 
signaler ces genres sans leur assigner des noms. L'uu d'eux, comprenant les 
P. comari et quadrituberculatus, aurait les crochets des tarses simples, tandis 
qu'ils seraient dentés dans l'autre, où rentreraient les P. notula, quadrinodo- 
sus et quadricomis. Les autres caractères différentiels qu'il leur assigne sont 
presque inappréciables et ne me paraissent avoir aucune valeur géDérique. 



PHYTOBimiîS. 207 

sans être d'accord entre eux à ce sujet. Ses espèces ont une analogie 
si intime, malgré la structure différente de leurs crochets des tarses, 
qu'il me paraît bien difficile de les séparer. Elles sont, sauf deux (swi- 
cicollis, quadrispinosus) qui habitent l'Amérique du Nord, propres 
à l'Europe et se trouvent sur diverses plantes, principalement dans 
les lieux humides (1). 

RHINONCUS. 

Sciioenh. Curcul. Disp. meth. p. 269. 

Rostre médiocre, assez robuste, subquadrangulairc, arrondi aux 
angles, un peu arqué; sesscrobes commençant très-en avant, étroites 
et obliques. — Antennes antérieures, assez courtes, grêles; scapo en 
massue au bout, atteignant les yeux; funicule de 7 articles : 1-2 al- 
longés, obeoniques, 3-4 plus courts, 5-6 subarrondis; massue ohlongo- 
ovale, acuminée, articulée. — Yeux médiocres, subarrondis, peu ou 
assez convexes, en général munis en dessus d'une très-courte orbite. 
— Prothorax transversal, plus ou moins rétréci et resserré en avant, 
avec son bord antérieur tronqué et parfois muni de très-petits lobes 
oculaires, souvent un peu irrégulier sur les côtés, légèrement bisinué 
à sa base ; prosternum largement et assez fortement excavé en avant 
des hanches antérieures, profondément échancré sur son bord anté- 
rieur. — Ecusson nul. — Elytres plus ou moins convexes, brièvement 
ovales, un peu plus larges que le prothorax et légèrement échancrées 
à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes des Piiïtobius, avec 
les hanches antérieures sensiblement plus écartées, les jambes inermes 
à leur extrémité et les crochets des tarses dentés a leur base. — Py- 
gidium découvert; saillie intercoxale de l'abdomen très-largo, paral- 
lèle, tronquée en avant. — Corps brièvement ovalairo, finement et 
partiellement écailleux. 

Insectes extrêmement rapprochés des Phytobius et non des Ceuto- 
hhynchus, comme l'a pensé Schœnherr (2). Ils sont si voisins des 
premiers qu'ils me paraissent, mériter a peine d'en être séparés. Ils 

Quant à M. G. Thomson, son genre Pelenomus cité dans la synonymie de 
celui-ci, a pour type le P. comari, et il indique le quadritttberculutus comme 
type du genre Phytobius. Outre qu'il n'a pas vu la difl'érence qui existe 
dans les crochets des tarses, les caractères qu'il assigne à ces deux genres n'é- 
tant pas comparatifs, on ne voit pas bien l'idée qu'il s'en fait. 

(1) Schœnherr (Curcul. VII, 2, p. 344) en mentionne 12 espèces; depuis, on 
n'en a publié aucune. 

(2) Il les a placés a la lin des Cryptorhynchidcs , tandis que les Phytobius 
qui en sont séparés par 156 genres, figurent au milieu de ses Erirhinides. Cetto 
séparation contre nature a été adoptée par presque tous les auteurs récents. 
M. G. Thomson (Skandin. Col. I, p. 139) est le seul qui ait remis ces insectes à 
leur véritable place. 



208 r.imcuuoMDES. 

no s'en distinguont guère, en effet, que par leur funieulo antennairn 
un peu autrement fait, le prosternum plus échancré en avant, et leurs 
hanches antérieures plus écartées. Leurs espèces sont médiocrement 
nombreuses (I) et, pour la plupart, habitent. l'Europe. On les trouve 
sur diverses plantes, sans qu'elles paraissent rechercher plus spéciale- 
ment le voisinage des eaux. 

COELOGASTER. 

Schoenh. Curcul. IV, p. 588 (2). , 

Rostre assez long et assez robuste, cylindrique, arqué; ses scrobes 
commençant dans son milieu. — Antennes submédiancs, médiocres, 
grêles; scape en massue au bout, atteignant les yeux ; funicule de 
6 articles : 1-3 allongés, celui-là plus gros et plus long, 4-7 très-courts, 
subarrondis; massue ovale, faiblement articulée. — Yeux médiocres, 
latéraux, subarrondis, surmontés d'une petite orbite en forme de 
crête (3). — Prothorax transversal, tuberculeux en dessus, brusquement 
rétréci et tronqué eu avant, assez fortement bisinué à sa base; pro- 
sternum profondément échancré on avant, largement et fortement 
canaliculé au-devant des hanches antérieures. — Ecusson très-petit, 
linéaire. — Elytrcs très-courtes, subdéprimées, rétrôcies en arrière, 
sensiblement plus larges que le prothorax et sinuées à leur base, avec 
les épaules calleuses. — Pattes des Piiytobius, avec les hanches an- 
térieures fortement séparées, et les crochets des tarses bifides. — 
Pygidium découvert ; saillie intercoxale de l'abdomen très-largo, pa- 
rallèle et tronquée en avant. — Mésosternum en carré transversal 
et vertical. — Corps brièvement ovalaire, finement pubescent et 
écailleux. 

A un rostre et des antennes pareils à ceux des deux genres pré- 
cédents, celui-ci réunit des hanches antérieures encore plus écartées 
que celles des Rhinoncus, et un mésosternum dont la forme lui est 
propre dans le groupe actuel. Il est par conséquent bien tranché et 
ne comprend qu'un petit insecte [Zimmermanni Schh.) de l'Amérique 
du Nord dont le faciès est tout-à-fait celui d'un Ceutohhynchus. 

(1) Scliœnherr (Curcul. VIII, 2, p. 172) en mentionne ex visu, 14 espèces 
(castor, pyrrhopus, granulipennis , sukicoUis, etc.) parmi lesquelles uno 
{sparsesetosus) est du Cap, et une autre [paganus) d'origine exotique, mais 
douteuse quant à. son habitat. — Le R. coarctatus de Jacquelin-Duval (Gêner, 
d. Col. d'Europ.; Curcul. p. C2) parait n'être qu'une variété du topiarius 
Germ. 

(2) Lo nom de CoELocASTEn a été déjà appliqué, en 1780, par Sehianck à un 
genre d'Hyménoptères. 

(3) Scliœnherr exagère beaucoup la hauteur de cette crête, en disant qu'elle 
est très-élevée; elle garnit toute la partie supérieure des yeux. 



PÉR1PINÉIIDES. 209 

AMALUS. 
Schoem!. Curcul. Disp. meth., p. 210. 

Rostre allongé, grêle, cylindrique, arqué; ses scrobes commençant 
un peu en avant de son milieu, très-obliques. — Antennes submé- 
dianes, médiocres, grêles; scapo en massue au bout; funiculo de 
(i articles : 1-3 allongés, celui-là le plus grand, 4-6 très-courts, sub- 
égaux ; massue assez forte, ovale, articulée. — Yeux médiocres, ar- 
rondis, déprimés. — Prothorax transversal, cylindrique, légèrement 
arrondi sur les côtés dans son milieu, tronqué en avant, à peine 
bisinué h sa base; prosternum non excavé en avant des hanches 
antérieures, entier en avant. — Ecusson nul. — Elytres assez con- 
vexes, régulièrement ovales, un peu plus larges que le prothorax et 
faiblement échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes 
médiocres; hanches antérieures légèrement, mais très-distinctement 
séparées; cuisses en massue; jambes grêles, droites, tronquées au 
bout; tarses courts, étroits, finement spongieux en dessous, à articles 
1-2 obconiq'ues, 4 médiocre ; ses crochets dentés à leur base. — Py- 
gidium découvert; saillie intercoxale de l'abdomen très-large, paral- 
lèle, tronquée en avant. — Mésosternum incliné, subquadrangulaire. 
— Corps court, ovalaire, faiblement pubescent. 

On n'en connaît qu'uno très-petite espèce {scorlilhaii Ilerbst) qui 
habite la plus grande partie de l'Europe et qui paraît se trouver do 
préférence dans les prés humides. 

Schœnherr avait placé ce genre parmi ses Erirhiuides, de mémo 
que les Puytobius, mais en l'éloignant beaucoup de ces derniers avec 
lesquels il a les plus incontestables rapports. 

TRIBU LXX1V. 

PÉMMNÉTIDES. 

Hostro médiocre ou court, plus ou moins robuste, de forme va- 
riable; ses scrobes latérales et visibles dans la majeure partie de 
leur longueur. — Prosternum canaliculé, le canal effacé entro les 
hanches antérieures. — Un écusson assez grand. — Elytres recou- 
vrant le pygidium. — Jambes îuummées au bout; crochets des tarses 
libres ou soudés. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen 
anguleux à leurs extrémités; sa saillie intercoxale large, parallèle, ar- 
rondie en avant. — Métasternum de longueur variable, ses épister- 
nums assez largos. — Saillie mésostemale placée sur un autre niveau 
quo le prosternum et le métasternum. — Corps de forme variable. 

Cet ensemble de caractères n'existe que dans les deux genres Peiu- 
Coléoptèrcs. Tome VII. 14 



210 nlRClLlOXIDKS. 

dinetus et Mecops do Schœnherr, dont le premier avait été placé par 
lui dans les Cryptorhynchidi's, et le second parmi les Baridiidos. Leur 
écusson distinct, leur pygidium recouvert et leurs jambos mucronées 
au bout les séparent nettement des Ceutorbynchidcs, la formo da 
leur rostre et leur prosternum canaliculé des Pantotélides qui suivent, 
enfin leurs scrobes rostrales, visibles en entier sur les côtés, dos Bari- 
diides. Tous deux sont américains. 

I. Saillie mésosternale triangulaire, .inclinée en arrière : Peridinetus. 

II. — — transversale, parallèle, verti- 

cale, soudée au métasternum : Megops. 

PEUIDINETUS. 
Schoenh, Cureul. IV, p. 4G7. 

Rostre médiocre, assez robuste, cylindrique, parfois un peu com- 
primé, arqué; ses scrobes commençant en avant de sun milieu, trôs- 
obliques. — Antennes antémédianes, médiocres, pou robustes; scape 
en massue au bout, atteignant les yeux; funiculo à articles 1-2 al- 
longés, obeoniques ou noueux au bout, égaux ou non, 3-7 de mémo 
formo ou subarrondis, courts, égaux; massue forte, oblongo-ovale, 
articulée. — Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux, faiblement 
recouverts au repos. — Protborax .transversal ou non, plus ou moins 
rétréci et brièvement tubuleux en avant, avec son bord antérieur 
largement saillant dans son milieu, bisinué a sa base; son lobe médian 
assez largo et arrondi ou tronqué. — Ecusson assez grand, quadran- 
gulaire ou arrondi en arrière. — Elytres de forme variable, mais 
toujours courtes, tantôt (par ex. irroratus) subdéprimées ot rétiveies 
en arrière, tantôt (par ex. maculatus) assez convexes et ovalaires, dé- 
bordant assez lo protborax et sinuées à leur base, avec les épaules 
obtuses. — Pattes médiocres, assez robustes; cuisses en massue, den- 
tées en dessous; jambes un peu arquées à leur base, comprimées, 
assez fortement onguiculées au bout; les antérieures au moins insi- 
nuées en dedans ; tarses médiocres, spongieux en dessous, à articles 
\ allongé, 3 large; crochets petits, soudés a leur base, rarement 
(signalas) libres. — Saillie mésostoruale large, inclinée, triangulaire, 
fortement tronquée en arrière. — Corps do formo variable, ainsi que 
sa vestituro. 

Ce genre ne comprend qu'un petit nombre d'espèces (1), do taille 

(t) Schœnlicrr (Cureul. VIII, 2, p. 06) n'en a connu que cinq espèces dont 
trois [irroratuë, Zinckeni, sellatus) du Brésil} les deux autres {maculatus, 
signatus) propres à Cuba et Puerto-Rieo, exigent une observation. Jacquelin- 
Duval (in Ramon de la Sagra, Hist. «sic. etc. de Cuba, VII) les a regardées 
commo n'étant que les deux sexes d'une seule espèce qu'il a nomméo I'oyei, 
et dont la première eût été le mâle et la seconde la femelle. Il ne s'est pas 



l'iiulDlNÉTIUES. 211 

au plus médiocre, mais dont la livrée est trop variable pour qu'on 
en puisse rion dire de général. On voit par la formule qui précèdo 
qu'ils sont peu homogènes sous le rapport de la forme générale. 

MEGOPS. 
Sciioenh. Curcul. VIII, 1, p. 181 (1). 

Rostre à peine plus long que la tète, robuste, subquadrajigulaire, 
arrondi aux angles, subparallèle, un peu arqué; sos scrobes commen- 
çant un peu avant son milieu, brusquement arquées et confluentes 
en dessous (2). — Antennes plus courtes que la tète et le. rostre réunis, 
médianes, robustes; scape fortement en massue, atteignant les yeux; 
funiculc à articles 1 allongé, gros, obeonique, 3-7 très-courts, trans- 
versaux et très-serrés; massue grosse, brièvement ovale, subcompacte. 
— Yeux grands, déprimés, ublongs, transversaux. — Prothorax trans- 
versal, presque droit sur les côtés, puis brièvement tubulcux en avant 
et muni do lobes oculaires larges et assez faibles, bisinué à sa base, 
avec son lobe médian assez large, court et tronqué; prosternum mé- 
diocrement large entre les hanches antérieures. — Kcusson carré. — 
Elytros assez convexes et assez courtes, ovales, pas plus larges que le 
prothorax et échancrées a leur base, avec les épaules calleuses. — 
Pattes médiocres; ouïsses sublinéaires; jambes droites, comprimées, 
onguiculées au bout; tarses courts, spongieux en dessous, à articles 
1-2 triangulaires, 3 assez large, 4 long; ses crochets petits, grêles et 
ennnivents, sans paraître soudés. — 3 e et 4" segments abdominaux 
médiocrement anguleux à leurs extrémités, le 1 er et le 2° soudés en- 
semble ; saillie intercoxale large, anguleuse en avant. — Métasternum 
court. — Saillie mésosternale large, lamelliforme, verticale, soudée 
au métasternum. — Corps ovale, partiellement pubesceut. 

Après avoir placé l'espèce typique (morosus Germ.) parmi les Mag- 
daunus, à l'exemple do Germar, Scuœnherr a fmi par en faire un 
genre à part qu'il a classé dans ses Baridiides, immédiatement avant 
les Cf.ntiunus. Cet insecte, originaire du Brésil, est de taille médiocre 
et en entier d'un noir profond et mat; son prothorax et ses élytres 

aperçu nue le maculntus a les crochets des tarses soudés, tandis qu'ils sont 
libres chez le signalus, ce qui, ajoute aux différences très-sensibles qui exis- 
tent dans le dessin de leur livrée, sulllt pour prouver '|ue ce sont deux espèces 
très-distinctes. En outre, d'après une communication qui m'a 6tâ faite par 
M. Rlohl, le docteur Grundlacli, qui a souvent pris ces insectes in copalâ, no les 
a jamais vu se mêler indistinctement. 

(1) Syn. Macdams, Germ. Ins. spec. nov. p. 396. — TfUirHOPntLDS, Srlironli. 
Curcul. 111, p. 270; olim. — IhV.dai.inus, Sciioenh. ilml. VU, p. 28; olim. 

(2) Scliœnlierr a omis ce caractère ainsi que leslobes oculaires du prothorax, 
bien gu'Hs soient très-distincts, tout eu étant peu saillants, 



212 r.uncuuoNiDKs. 

sont finement rugueux; ces dernières sont striées, avec les intervalles 
entre les stries plans ot larges. La pubescence se réduit à quelques 
poils blancs couchés et peu abondants. 

TRIBU LXXV. 

PANTOTÉLIDES. 

Rostre allongé, cylindrique, grêle; ses scrobes latérales, visibles en 
entier. — Prosternum excavé ou non. — Un écusson. — Elytres re- 
couvrant ou non le pygidium. — Jambes muoronées au bout ; croebets 
des tarses libres ou soudés. — Les trois segments intermédiaires do 
l'abdomen arqués ou anguleux à leur extrémité. — Métastcrnum al- 
longé; ses épisternums assez larges. — Saillie niésostornalo placée sur 
un autre niveau que le prosternum et le métasternum. — Corps al- 
longé, pubescent. 

La Forme du rostre suffit pour distinguer ce groupe des deux pré- 
cédents. 11 existe dans la Tribu des Uaridiides deux genres (Nehtus, 
Trachymerus) qui l'ont également parfaitement cylindrique et grêle, 
mais leurs scrobes roslrales qui sont inférieures, et quelques autres 
caractères, m'ont engagé à ne pas les associer aux deux qui composent 
cette Tribu-ci. 

Ces insectes ont une physionomie à part et sont très-peu nombreux, 
car ils ne forment que trois espèces dont deux sont américaines, et 
l.i dernière est propre à l'Australie. De même que pour les Péridi- 
nétides, gohcenherr avait fortement séparé les deux genres qu'ils 
constituent : l'un d'eux (Liturgus) ligure parmi ses Cbolides, l'autre 
(PANThTEi,Es) dans la seoonde cohorte de ses Cryptorhynohides. 

I. Pygidium découvert; crochets dos tarses soudes : Liturgus. 
IL — indistinct; — libres : Pantoteks. 

LITURGUS. 
Schoenh. Curcul. VIII, 1, p. 82. 

Rostre allongé, grêle, transversalement impressionné et un peu 
arqué à s:i base, puis presque droit et peu à pou atténué dans lo 
re.ste de sa longueur; ses scrobes commençant un peu en avant de, 
son milieu. — Antennes submédianes, courtes, assez robustes; scapo 
en massue au bout; funicule de 7 articles : i-t légèrement allongés, 
obooniques, 3-7 très-courts, grossissant peu à peu, 7 contigu à la 
massue, celles-ci brièvement ovale, acuminée, articulée. — Yeux 
grands, brièvement ovales, déprimés. — Protborax petit, sûbtrans- 
versàl, graduellement rétréci, légèrement resserré près do son bord 
antérieur et tronqué en avant, fortement bisinué à sa base; proster- 



PANTOIÉUDBS. 213 

nura non excavé. — Ecusson on triangle curviligne allongé. — Ely- 
tres médiocrement convexes, oblongucs, parallèles, graduellement 
tétrécies dans leur tiers postérieur, notablement plus larges que le 
prothorax et sinuées à leur, base, avec les épaules obliquement ar- 
rondies. — Pattes assez longues et assez robustes; hanches antérieures 
ûssez faiblement écartées; ouiBses médiocrement en massue, faible- 
ment dentées en dessous; jambes comprimées, droites, brièvement 
mucronéos au bout ; tarses mfidiocres, densément spongieux en des- 
sous, à articles 1-3 obeoniquos, subégaux, 4 médiocre; ses crochets 
petits et soudés.— Pygidium en entier découvert, convexe, en triangle 
curviligne; saillio intcrcoxale de l'abdomen très-large, anguleuse 
dans son milieu en avant. — Mésosternum' incliné, large et quadran- 
gulaire. — Corps oblong, finement pubescont. 

Ce genre ne comprend qu'un rare insecte (inasuH Sehb.) do l'Aus- 
tralie, du double plus grand que lo Tapinotus sellatus d'Europe, d'un 
noir sale et saupoudré tant on dessous qu'en dessus, de petits poils 
blancs en forme de cils. Malgré son pygidium découvert et ses crochets 
îles tarses soudés, il me parait no pas pouvoir être éloigné des Pan- 
ioteles qui suivent. 

PANTOTELES. 
ScnoEMi. Curcul. VIII, 2, p. 59. 

Tète globuleuse, assez saillante ; rostre allongé, grêle, cylindrique, 
'faiblement arqué ; ses scrobes commençant près de son milieu. — 
Antennes submédianes, longues, grêles; scape en massue allongée an 
bout; funicule do 7 articles : 1-3 allongés, obcpniques, Celui-là le 
plus long, 4-7 courts, décroissant pou a peu ; massue allongée, Sllb- 
obtuso au bout, très-distinctement articulée. — Yeux grands, peu 
convexes, brièvement ovales, transversaux. — Prothorax transversal, 
assez convexe, fortement arrondi et un peu élargi sur les côtés anté- 
rieurs, brièvement ' tuhuloux et tronqué en avant, Insinué à SB hase; 
prosternUm largement et assez fortement excavé en avant des hanches 
antérieures.— Ecusson assez grand, quadrangulairô.— Elytres médio- 
crement oonvexes, oblongucs, parallèles, calleuses avant leur extré- 
mité (i), un peu plus larges que Le prothorax b1 sinueuses en avant, 
avec les épaules obtuses. — Pattes antérieures allongées, les autres 
médiocres; hanches antérieures assez fortement séparées ; cuisses en 
massue allongée, les antérieures arquées, toutes armées d'une assez 
forte dent triangulaire; jambes un peu comprimées, his'muées en 

dedans, fortement mucronées au bout; les corbeilles des postérieures 

légèrement caverneuses; tarses assez longs, à articles 1-2 étroits, 

(1) Schonkerr les indique , fi tort, comme ne l'élant pas. Il n'a pas fait 
non plus sentir suffisamment la grandeur de l'ccusson.cl il a passé sous silenco 
l'aplaulssement du métasternum dans s,on milieu. 



214 r.incuLiONiDES. 

celui-là le plus long, 3 assez large, 4 médiocre; ses orochets petits, 
libres. — Saillie intorcoxale de l'abdomen large, arrondio en avant. 
— Métasternum largement aplani dans son milieu, avec ies bords de 
cet aplanissement carénés. — Mésosternum incliné, assez large, trian- 
gulaire, fortement tronqué en arrière — Corps allongé, finement ot 
densémont écailleux. 

Genre trôs-distinct, fondé sur deux jolies espèces de la Guyane et 
du Brésil, de taille moyenne et que Scliœnberr nomme erythrorhyn- 
chus et tcnuiroslris; la première seule m'est connue. A en juger par 
la longueur des pattes antérieures, les deux exemplaires que j'ai sous 
les yeux sont probablement des mâles. 



TRIBU LXXVI. 

BAKIMIDES. 

Rostre do forme variable, très-souvent comprimé, souvent en 
même temps épaissi à sa base; ses scrobes se dirigeant rapidement 
sous lui et invisibles sur les côtés, sauf on avant. — Prosternum assez 
rarement excavé ou cana'liculé. — Ecusson distinct. — Elytros recou- 
vrant ou non le pygidium. — ' Jambes le plus souvent mucronées ou 
onguiculées au bout, mais en général faiblement; crocheis des tarses 
libres ÛU soudés. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen 
arqués ou anguleux à leurs extrémités chez presque tous; saillie in- 
tercoxale plus ou moins large. — Métasternum de longueur variable, 
ainsi que la largeur de ses épisternums. — Saillie mésosternale tantôt 
placée sur un autre niveau que le prosternum et le mésosternum, 
tantôt formant avec eux une surface continue. — Corps de forme va- 
riable, souvent elliptique ou rliomboïdal. 

Cette dernière Tribu do la Section actuelle en est la plus considé- 
rable et comprend tous les Baridiides do Schœriherr, moins trois 
genres (Pvnoris, Mixors, SniAnAs.urs) qui appartiennent à d'autres 
gi'oupcs dans lesquels on' les a vus précédemment, plus quelques 
autres (IVuui.ui.oso.ui's, Neiuts, Sihonoylotes, Lyterius, Piiace- 
lobamis) qu'il avait classés parmi ses Cliolides. 

Elle diffère essentiellement des précédentes par la direction des 
sorobes MStrales qui, quelle que soit la forme du rostre, deviennent 
si promptement inférieures- qu'on n'aporçoit plus sur les côtés de ce 
dernier que leur partie antérieure. Ce caractère ne disparait que cliez 
les Strongylotes et encore chez une do leurs espèces seulement (I). 

(1) On peut 1 peine regarder comme une seconde exception, ce qui a lieu 
chez quelques Bakimus exotiques où, par suite de la brièveté et de l'épaisseur 
relatives rlu rostre, ses scrobes ont un plus grand trajet a parcourir pour ga- 
gner sa face inférieure et sont, par conséquent, plus longuement visibles sur 



BAMDIIDES. 218 

Quelques Ceutorhynolrides ont aussi dos scrobes rostralcs ainsi faites, 
mais l'absence do l'écusson suffit il elle sculo pour qu'on ne soit pas 
tenté de les comprendre dans la Tribu actuelle. 

Les autres caractères des Baridiides varient beaucoup, sauf les yeux 
qui sont toujours fineinont granulés, déprimés, transversaux et en 
partie rocouverts par le prothorax, môme quand le rostre n'est pas 
contracté. Parmi ceux qui no sont pas constants, les plus importants 
sont : la soudure très-fréquente des deux premiers segments abdomi- 
naux, et surtout la structure des segments thoraciques en dessous. On 
a vu dans la section précédente quelques genres (par ex. Pyropus, 
Tiiypetes) chez lesquels ils sont placés sur le môme niveau et forment, 
par suite, une surface continue. Cette disposition est commune ici et 
se présente dans trois conditions différentes : 

1° Tantôt le prostornum est coupé carrément en arrière des han- 
ches antérieures, et laisse en entier à découvert le mésosternum qui 
est horizontal ; 

2° Tantôt il se prolonge en arrière des hanches en question en 
une saillie (saillie postcoxale) qui recouvre imparfaitement le méso- 
sternum, lequel apparaît ordinairement comme une bande plane et 
fortement transversale ; 

3° Ou enfin la saillie postcoxale recouvre en entier le mésosternum 
qui est devenu complètement invisible. 

A quoi il faut ajouter que dans ces deux derniers cas le mésoster- 
num a une forte tendanco à se souder intimement avec le métaster- 
num. Souvent leur suture do. séparation est très-fine et il n'est pas 
bien rare qu'elle disparaisse sans laisser aucune trace. 

Ces modifications, dont on n'a pas tenu compte jusqu'ici, sont im- 
portantes sous deux rapports : d'abord au point de vue systématique, 
puis comme preuve do l'analogie do ces insectes avec les Calandrides 
chez qui elles existent également. C'est en effet à ce dernier groupe 
pe 1* Tribu, qui débute par des espèces (Dyorimeuus) cryptorhyn- 
chiformes, finit par aboutir (1), d'où suit qu'elle doit être placée à la 
lin de la section actuelle. 

Les Baridiides sont de moyenne ou petite taille et souvent remar- 
quables soit par-leurs formes, soit par leur livrée. Jusqu'ici les Bari- 

les côtés. Celte forme, peu commune, se rattache à la forme normale par les 
passages les plus gradués. 

(1) Celte analogie ne porto pas seulement sur la structure des segments tho- 
raclques, mais encore sur la soudure des deux premiers segments abdomi- 
naux, la sculpture des téguments, le faciès, eto. Elle est si réelle, que Fabri- 
cius et d'autres anciens auteurs ont placé parmi les Calahdra les espèces de 
Pauaixelosouus, Lyterius et Madarus qu'ils ont connues. 11 en existe une autro 
non moins prononcéo entre quelques-uns do ces insectes et les Cossonides. 
ScliœnheiT s'y est trompé, comme Fabricius, et a introduit un do leurs genres 
(Eumycterus) dans ce dernier groupe. 



210 cunr.moNiDES. 

dius sont les seuls d'entre eux dont les premiers états sont connus, 
mais on n'a encore que très-peu de descriptions suffisamment complètes 
de celles de leurs larves qui ont été observées (1). Elles sontoblongues, 
cylindriques, atténuées à leurs deux extrémités, habituellement re- 
courbées en arc et apodes; les yeux et les antennes paraissent leur 
manquer. Toutes vivent dans les tiges ou les racines de plantes de 
familles variées, parmi , lesquelles plusieurs cultivées par l'homme 
(choux, navets, colza, pommes do terre, etc.) et auxquelles elles sont 
parfois très-nuisibles. Elles subissent leurs métamorphoses au milieu 
des tissus qu'elles ont détruit en partie, après s'être préalablement 
renfermées dans une petite coque de forme ovale. 

La classification de ces insectes-présente des difficultés particulières 
provenant en partie des éléments étrangers que contiennent quelques- 
uns de leurs genres (par ex. Centiunus) qui sont très-riches on es- 
pèces. Tout en prenant pour base de la suivante la structure des 
segments thoraciques, je n'ai pas fait île cette dernière une règle ab- 
solue. La Tribu me paraît devoir être divisée en deux groupes primai- 
res assez différents pour pouvoir être élevés, au rang de Sous-Tribus, 
bien que le passage do l'un a l'autre s'effectue d'uije manière presque 
insensible. 

Dans la première, celle des Uaridiides vrais, la grande majorité des 
genres a les segments en question non continus; ceux d'entre eux 
chez qui ils sont placés sur le mémo niveau présentent dans leurs 
antennes des caractères qui n'existent jamais dans la seconde Sous- 
Tribu, celle des Madarides, où le nivellement des segments thoraciques 
ne souffre pas d'exception. 

Sous-Tribu I. Baridiides vrais. 

Mésosternum formant avec le prosternum et le métasternum, ou 
au moins avec l'un d'eux un angle pins on moins distinct; rarement 
sur le môme plan qu'eux, mais alors les antennes courtes et robustes, 
ou leur massue très-grande. 

Les exceptions à la structure normale des segments thoraciques 
ont lieu clans deux groupes comprenant en tout cinq genres : les 
Eurhinides et les Leptoschoïnidos. Les premiers se distinguent, mais 
assez faiblement, des iMadaridos par leurs antennes plus courtes et 
plus robuste» que chez ces derniers, les seconds par la grandeur inso- 
lite de la massue de ces organes. Tous se rattachent de si près aux 

(1) La plus détaillée est celle de la larve du B.lepidii publiée par M.Heeger 
(Sitzungsber. d. Wien. Akad. XIV, p. 29, pi. 5), puis celle du I). picinus 
qu'on doit a M. L. Dufour (Ann. d. 1. Soc. entom. 1846, p. 45.1); toutes daux 
vivent dans les tiges des choux.— Les auteurs cités par MM. Chapuis et Can- 
deze (Mcm. d. I. Soc. d. se. d. Liègo, VIII, p. 560) n'ont fait que signaler les 
habitudes de quelques-unes de ces lanes et les plantes qu'elles attaquent. 



immniKiunES. 217 

autres Baridiides vrais qu'on ne peut, sans violer toutes les analogies, 
les en séparer. 

Une étutlc approfondie démontre, dans l'organisation de ces in- 
sectes, pas moins do huit types différents, qui doivent, dès lors, for- 
mer autant do groupes particuliers. Dans les cinq premiers, à peine 
se trouve-t-il, ça et la, quelques espèces qui réveillent l'idée du type 
des Madarides ; dans les deux suivants, l'analogie avec ceux-ci se 
prononce do plus en plus ; les espèces du dernier ont un faciès do 
Cossonides. 

La distribution géographique de la Sous-Tribu est intéressante : 
sauf un (li.uui)H's) qui est presque cosmopolite et un autre (Phace- 
lobaws)- propre à Madagascar, tous ses genres sont américains. 

I. Mésostornum formaut une surface continuo avec le 

prosternum et le métasternum. 
Antennesirès-robustes, courtes, ainsi que leur massue. 2 Euruimdf.s. 
— • grêles; leur massue très-grande. 5 Leptosciioïnides. 

II. Mésosternum ne formant pas une surface continue 

avec le prosternum et le métasternum. 
a Hanches anlér. plus ou moins fortement sépa- 
rées. 
b Antennes courtes, au plus médiocres; leur mas- 
sue relativement grosso. 
Prosternum canaliculé; corps globoso-ovale. 1 Dyorimerides. 

— non — ; — oblong ou ovale. 3 I!arid:ides vrais. 
bb Antennes plus ou moins longues et grêles; leur 

massue en général faible, 
c Hanches antér. médiocrement séparées; élylrcs 
plus longues que le prothorax 
Rostre jamais régulièrement cylindrique; corps 
brièvement rhomboidal, rarement ellip- 
tique. . 4 Centmnides. 
— parfaitement cylindrique, grêle; corps al- 
longé, rarement oblong. G Nertides. 
ce Hanches antér. très-fortement séparées; rostre 
anguleux, denticulé eu dessus; corps 
rhomboidal. 7 Afostasimémdes. 
ua — très-faiblement séparées; corps allongé, 

étroit, linéaire. 8 Madohèrides. 

Genres incerta; s'edis : Leptobaris, Trigonopterus. 

Groupe I. Dyorimerides. 

Hostre comprimé dans la plus grande partie de sa longueur. — 
Antennes courtes, plus ou moins robustes ; leur massue grosse chez 
presque tous. — Prosternum canaliculé, — Mésosternum non continu 



218 ci;nrxxiONiDF.s. 

avec le prosternum ot le môtasternum. — Pygidiupi recouvert. — 
Corps glabre, globoso-ovale, rarement subrhomboïdal. 

Par suite de leur canal prosternai, canal qui est presque toujours 
très-profond, ces insectes sont ici les représentants des Cryptorhyn- 
cbides et paraissent avoir des titres sérieux à former une Tribu dis- 
tincte. Mais' comme ce canal existe, quoique moins profond chez les 
Eurhinus et même quelques Centrinus, il n'y a plus de raison suffi- 
sante pour exclure ces insectes des Baridiides. En outre, ainsi qu'on 
le verra plus bas, sous le rapport de la forme générale il existe des 
passages entre les Dyohimf.iuis et les deux genres qui viennent d'être 
nommés. Les deux suivants sont les seuls qui puissent rentrer dans 
le groupe. 

I. Canal rosirai entamant lo metasternum : Coleomerus. 

II. — efface en arrière des hanches int6r. : Dyorimeras. 

COLEOMERUS. 
Sciioekh. Curcul. III, p. 817 (1). 

Rostre assez long, peu robuste, un peu pins épais à sa base, à peine 
déprimé au bout, médiocrement arqué ; ses scrobes commençant un 
peu en deçà de son milieu et faiblement séparées en arrière. — An- 
tennes submédianes, très-courtes, peu robustes ; scape en massue au 
bout, n'atteignant pas les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, ob- 
coniquos, celui-là notablement plus long, 3-7 extrêmement courts et 
serrés ; massue médiocre, ovale, subcompacte. — Yeux très-grands, 
ovales, déprimés, subcontigus en dessus. — Pro thorax transversal, 
convexe, fortement rétréci et légèrement tubuleux en avant, parabo- 
liquement coupé de chaque côté de sa base ; jirosternum assez fortement 
canaliculé, le canal nettement limité, entamant légèrement lo méta- 
sternum. — Ecusson petit, triangulaire. — Elytres courtes, convexes, 
fortement rétrécies en arrière, pas plus larges que le prothorax et 
conjointement échancrées à leur base, avec les épaules un peu cal- 
leuses. — Pattes assez courtes et assez robustes ; cuisses fortement 
en massue, canaliculées on dessous; jambes comprimées, graduelle- 
mont élargies et inormos" au bout ; tarses courts, spongieux en des- 
sous, à articles 1-2 triangulaires, 3 beaucoup plus large, 4 médiocre ; 
ses crochets petits et libres. — Pygidium recouvert ; les trois seg- 
ments intermédiaires de l'abdomen anguleux à leurs extrémités, le 
1 er et le 2 e soudés ensemble ; saillie intercoxale très-largo, tronquée 
en avant. — Métasternum court; ses épisternums très-larges. — Corps 
brièvement rhomboïdal, épais. 

La ressemblance de ces insectes avec certains Centrinus est com- 



f1) Syn. Centrinus pars, Dej. Cat. éd. .1, p. 315. 



iïyorhiérides. 219 

plète, en ce qui concerne le fades, mais ils appartiennent au groupe 
actuel et diffèrent des DrORlMEKUS par leurs antennes, leurs yeux, 
leur canal rostral et leurs jambes. Schœnherr en décrit deux pe- 
tites espèces (1) de l'Amérique du Sud, d'un noir brillant et ré- 
gulièrement striées sur les élytres. J'en connais une troisième, de 
Cayenne, chez laquelle ces organes sont couverts do côtes iines et 
tranchantes. 

DIORYMEUUS. 
Sciioekh. Curcul. Disp. meth., p. 311 (2). 

Tète relativement petite ; rostre assez long, plus ou moins robuste, 
médiocrement arqué, comprimé latéralement sur une longueur va- 
riable, arrondi en dessus, un pou déprimé au bout; ses scrobes 
commençant dans son milieu (3), atteignant "sa base en dessous et 
séparées par uno étroite cloison. — Antennes médianes, médiocres, 
robustes ; scape en général brusquement en massue au bout, attei- 
gnant, les yeux ou peu s'en faut ; funicule à articles 1 allongé, ob- 
conique, 2-7 très-courts, transversaux, serrés, grossissant peu a peu; 
massue forte, allongée, veloutée, faiblement articulée.— Yeux grands, 
déprimés, oblongo-ovales, transversaux, fortement séparés en dessus. 
— Prothorax transversal, plus ou moins convexe, brusquement et 
brièvement tuLuleux en avant, fortement bisinué à sa base, avec son 
lobe médian assez saillant et en général tronqué, du reste variable (4); 
prosternum profondément canaliculé, le canal à bords nettement 
limités, finissant entre les hanches antérieures, la partie postérieure 
du prosternum horizontale et plus ou moins concave. — Ecusson as- 
sez grand, en général carré. — Elytres très-convexes (S), courtes, 

(1) C. lugubris, de Cayenne ; ebeninus, du Brésil; Schrenb. Curcul. VIII, 
1, p. 287; c'est sur le second que le genre a été établi. 

(2) Syn. Orobitis et Cëutomiynchus pars, Germar, Ins. spec. nov., passim. 
(•i) Il n'est pas rare, surtout parmi les grandes espèces (par ex. nuritus, un- 

giilkollis, fiulvinntus, etc.), qu'un sillon, en général bien marqué, parle do 
chaque scrobe et arrive à peu de distance de l'extrémité du rostre. 

(i) Lo prothorax affecte trois formes différentes :1° il est assez régulièrement 
convexe et muni postérieurement soit d'une gibbosité {gibbicollis , gibberosns), 
Mil d'une corne dirigée en arrière, tantôt simple {monoeenis), tantôt {Pro- 
duit, Umcifer) bilido à son extrémité; 2" il est un peu déprimé en dessus et 
obttisément anguleux de chaque coté, en avant do cette dépression ; les espè- 
ces citées dans la note précédente et quelques autres cueorc appartiennent à 
cette section; 3" dans lo plus grand nombre des cas, et notamment chez 
toutes les petites espèces, il est régulièrement convexe et ressemble beaucoup 
a celui des Orobitis. Cependant, il y a des passages de cette section à la pré- 
cédente. 

(-') Parmi toutes les espèces que j'ai sous les yeux, le lancifer fuit seul ex- 
ception ù cet égard. Ses élytres sont presque planes, avec les épaules angu- 



220 CUnCULIONIDES. 

fortement et régulièrement rétrécies on arrière» un pou plus larges 
que le prothorax et trisinuées à leur base, avec les épaules arrondies. 
— Pattes médiocres, assez robustes ; cuisses sublinéaires, canalicu- 
lées en dessous ; le bord externe du canal très-souvent dentiforme 
près do leur extrémité ; jambes comprimées, les quatre postérieures 
anguleuses à leur base en dehors ; toutes très-brièvement mucronées 
ou inermes au bout; tarses assez courts, à articles 1-2 étroits, trian- 
gulaires, 3 large, spongieux en dessous, 4 médiocre, ses crochets pe- 
tits, parallèles, contigus ou soudés à leur base. — Pygidium recou- 
vert ; les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux ou 
subégaux, séparés par de profondes sutures, médiocrement anguleux 
à leurs extrémités ; le 1" et le 2« soudés ensemble, sans trace de 
sutures, plans ou largement concaves. — Métasternum assez court, 
souvent concave ; ses épisternums très-larges. — Saillie mésosternale 
fortement transversale, lamelliforme, verticale ou subverticalo. — 
Corps très-épais, globoso-ovalo ou subrhomboïdal, glabre. 

Cos'insectes sont nombreux (1) et jusqu'ici paraissent propres à l'Amé- 
rique du Sud, surtout au Brésil. Les plus grands surpassent à cet égard 
les Centmnus de première grandeur, les plus petits descendent pres- 
que au niveau des Orobitis. Sauf un très-petit nombre d'entre eux 
(monocerus, Pradieri, lancifer) qui sont de couleur bronzée ou bleue, 
leur livrée se borne au rouge fauve et au noir, tantôt uniformes, 
tantôt associés par grandes masses et passant insensiblement de l'un 
à l'autre, ce qui rend leurs espèces en général difficiles a reconnaître. 
Plusieurs d'entre eux ne présentent aucun vestige de sculpture; chez 
les autres le prothorax est pointillé et les élytres finement striées ou 
inunies de rangées régulières de petits points enfoncés. 

GROUPE II. Eurhinidea. 

Rostre robuste, comprimé dans la plus grande partie de sa lon- 
gueur. — Antennes plus ou moins courtes et robustes ; leur massue 
g rosse , — Prosternum canaliculé ou non, muni d'une saillie post- 
coxale recouvrant plus ou moins le mésosternum. — Celui-ci, quand 
il est distinct, formant avec le prosternum et le métasternum une 
surface continue. — Pygidium découvert. — Corps de forme va- 
riable. 

Ces caractères sont, comme on le voit, très-tranchés et ne permet- 
tent pas d'associer ces insectes aux Myorimérides qui précèdent. La 

lcnses en dehors. Cet insecte a presque complètement le faciès du Cenlrhuis 
twnidus et espèces voisines. 

(1) Aux 32 espèces mentionnées par Schœnlierr (Curcul. VIII, 1, p- 275), aj. : 
D. bicolor. Brésil; suturanigra, Bolivia; Guérin-Ménev. Icon.; Ins. texte, 
p. 162. 



ELltniNlDES. 221 

continuité de surface des trois segments thoraciques, qui forme le 
plus important de tous, ne se retrouvera plus dans la Tribu que chez 
les Leptoschoïnides, mais avec un rostre et des antennes tout autre- 
ment faits. 

Le trois genres qui composent le groupe ont chacun un faciès dif- 
férent. Les EeniiiMis ressemblent au plus haut degré à certains Cen- 
Tiuxi's, les TaxICERUS a quelques Bauidiis américains, les LOBOOEKES 
ont une physionomie qui leur est propre. La manière dont le pro- 
sternum se comporte à l'égard du inésostevnum doit servir de point 
de départ pour leur arrangement relatif. 

I. Saillie postcoxale du prosternum recouvrant imparfaitement 

le mésosternum. 
Ua canal rostral : Eurhinus. 
Point do — : Baryceras. 

II. Saillie poslcoxalc du prosternum recouvrant complètement le 

mesosternum : Loboderes. 

EURHINUS. 
Schoexu. Curcul. Disp. melli., p. 312 (1). 

Mâles : Rostre assez long, robuste, quadrangulaire, arrondi aux 
angles et en dessus, arqué; ses scrobes commençant au-delà de son 
milieu, parfois à peu de distance de la bouche. — Antennes suban- 
térieures, courtes, très-robustes (2); scape graduellement en massue, 
comprimé, restant souvent aune grandi; distance des yeux ; l'unicule 
à articles 1 obeoniq'ue, un peu allongé, 3-7 très-courts, serrés, trans- 
versaux, grossissant peu à peu, 7 ruiiligu à la massue ; celle-ei grosse, 
subeunoïde, subcompacte, veloutée. — Veux très-grands, déprimés, 
oblungo-ovales, transversaux. — Prothorax suhtransversal, très-Oon- 
vexe, droit sur les côtés en arrière, puis arrondi et très-fortement 
rétréci et tubuleux en avant, avec un sillon circulaire à la base du 
tube, bisinué à sa base, avec son lobe médian large, saillant et ar- 
rondi ou tronqué en arrière ; prosternum largement et assez forte- 
ment canaliculé (lo canal finissant entre les jambes antérieures), épaissi 
en arrière et recouvrant très-fortement le mésosternum. — Eeus- 
BOn grand, cordiforme, souvent transversal. — Elytres courtes, peu 
convexes, triangulaires, isolément arrondies eu arrière, pas plus larges 
crue le prolhorax et chacune saillante à sa hase, avec les épaules 
fortement dilatées en dehors et obtusément coniques ou calleuses. — 

(1) Syn. EuniiiN, Illig. Mag. VI, p. 32C. — Maciiomunus, Latr. Faïu. nat. 
p. 395. 

[1] Il y a d'assez grandes diligences a cet égard. Quelquefois (par ex. cya- 
«ens)el!cs diffèrent peu de celles des Dyouymkhus, mais, eu géuéral, elles sout 
presque pareilles à celles des Bàuyceiuis mâles. 



222 rxnr.uLioxiDES. 

Pattes médiocres, robustes; cuisses sublinéaires; jambes comprimées, 
presque droites, mucronées au bout; ta/scs médioorcs, plus ou moins 
larges, spongieux en dessous; leurs crochets potits, soudés. — Pygidium 
découvert, en triangle curviligne; les trois segments intermédiaires do 
l'abdomen assez fortement et largement arqués à leurs extrémités ; 
le 1 er séparé du 2 e par une suture bien distincte. — Métasteruum 
assez court; ses épisternums très-larges. — Mésosternum très-court 
et très-large. — Corps brièvement rbomboïdal, glabre, brillant. 

l'cmcllcs : Elles diffèrent des mâles par leur rostre un peu plus 
long, leurs antennes moins robustes et leurs tarses un peu moins 
largos. 

Ainsi que je l'ai dit plus haut, ces insectes ont la plus intime res- 
semblance avec quelques Centbinus dont la livrée est éclatante coniino 
la leur et qui seront indiqués plus loin. Cette livrée est bleue, verte 
cuivreuse, etc. Le genre est médiocrement riche en espèces (I) et 
confiné dans l'Amérique kitertropioale. 

BARYCEUUS. 
SciioKNii. Curcul. III, p. 733 (2). 

Mâle : Rostre court, quadrangulaire, arqué, robuste, légèrement 
dilaté au niveau des antennes ; ses scrobes commençant en deçà de 
son milieu. — Antennes submédianos, à peine plus longues que le 
rostre, extrêmement robustes ; scâpe en cône renversé, atteignant les 
yeux ; i'nnicule à articles 1 obeonique, un peu allongé, les suivants 
transversaux, serrés, grossissant rapidement et formant insensible* 
ment la massue ; celle-ci courte, articulée, obtute au bout. — Yeux 
grands, déprimés, transversaux. — Prothorax assez convexe, trans- 
versal, faiblement arrondi sur les cotés, brièvement tubuleux en 
avant, bisinué à sa base, avec un lobe médian assez large et tronqué 
au bout; prosternum plan, assez large entre les hanches antérieures, 
muni d'une saillie postcoxale recouvrant plus de la moitié du niésu- 
sternum. — Ecusson en carré, transversal. — Elytres courtes, peu 
convexes, graduellement rél.récies en arrière et isolément arrondies 
au bout, à peine plus larges que le prothorax a leur base, avec les 
épaules arrondies. — Pattes courtes ; cuisses fortement en massue ; 
jambes comprimées, droites, fortement muoronées au bout ; tarses 
courts, spongieux en dessous, à articles 3 médiocrement large, 1 très* 
long ; ses crochets petits, très-grèles. — Propygidium on partie dé- 
fi) Schœnherr (Curcul. VIII, 1, p. 288) en mentionne sept : E. cyancus, m- 
pralus, magnifleus, etc. — Aj. : E. callich loris, Lucas In CastelD. Voy. <1. l'A- 
mér. d. Sud; Entom. p. 170: Brésil intér. — suturalis, atritarsis, Chèvre). in 
GuériQ-Ménev. Icon.; lus. texte, p. 100; Mexique. 
(2) Syu. Taxicerus, Dej. Cat. éd. 3, p. 313. — Barimus purs, Scliœuli. 



kumuxidks. 223 

couvert, caréné sur la ligne médiane ; pygidium vertical, en triangle 
curviligne; les deux 1 ers segments abdominaux confondus ensemble; 
saillie intercoxalo excessivement large, tronquée en avant. — Méta- 
sternum court ; ses épisternums très-larges. — Mésosternum forte- 
ment transversal. — Corps court, glabre. 

Femelle : Antennes beaucoup moins robustes ; funicule à article 1 
plus long, les suivants plus distincts do la massue, celle-ci globoso- 
ovale, — Propygidium recouvert; pygidium simplement penché. 
plus aigu au bout. 

Le mâle a des antennes très-voisines de celles de la plupart des 
El iiiiiMis, tandis que celles do la femelle ne diffèrent en rien d'essentiel 
de celles des grands Bawdius américains. Scbœnberr s'y est trompé 
et a placé ce sexe parmi ces derniers. Aussi n'est-ce pas dans ces or- 
ganes, mais dans la structure des segments thoraciques que se trouve 
l'unique, mais important caractère, qui distingue le genre des IUni- 
Dius. Il ne comprend qu'une espèce (1) du Brésil, voisine de quelques 
lUiumes {mficollis, biparlitus, etc.) du même pays, par sa livrée qui 
est noire, avec le prothorax d'un rouge ferrugineux et les élytres d'un 
vert bronzé obscur. 

LOBODERES. 

Sr.noENii. Cwcul. III, p. 796. 

Rostre médiocre, robuste, quadrangulaire et arrondi en dessus dans 
la plus grande partie de sa longueur, déprimé à son extrémité, mé- 
diocrement arqué (2); sesscrobes commençant à pou de distance de son 
extrémité, très-profondes et très-obliques, visibles en très-grande par- 
tie. —Antennes antérieures, courtes, robustes; scape graduellement 
épaissi, n'atteignant pas tout-à fait les yeux (3); funicule à articles 1 -2 
légèrement allongés, obeoniques, 3-7 déprimés, transversaux, subper- 
fuliés, graduellement élargis; massue très-grande, déprimée, oblongo- 
ovale, subcompacte. —Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux. 
— Prothorax allongé, médiocrement convexe, régulièrement conique et 
tronqué on avant, coupé presque carrément a sa base, avec son lobe mé- 
dian assez saillant, curviligne, recouvrant un peu l'écusson et limité de 

(1) B. collaris, Scliœnh. loc. cit. p. 734 {Taxic. Lacordairei, Dej. loc. cit.); 
la femelle est le Baridiiis cliens de Schœnherr, loc. cit. VIII, 1 p. 120. 

(2) Schœnhorf l'Indique comme canalteuU en dessous; je le trouve simple- 
ment aplani et légèrement concave a' sa base. 

(3) Chez l'une (flavicornis) des deux espèces du genro, le maie a lo scapo 
déprimé, très-large, tranchant en dehors, et le funlculo hérissé de cils rigides; 
la femelle a ces deux parties a l'état normal. Schœnherr (Curcul. VIII t' 
P- 274) a signalé ces différences sexuelles. Chez l'autre espèce [ciliiventris) 
dont j'ai plusieurs exemplaires sous les yeux, il ne signale rien do pareil. Peut- 
être u'avons-nous vu tons deux que des femelles. 



224 CL'nClLlOXlDES. 

chaque côté par un petit sinus anguleux; prosternum assez convexe, 
largo entre les hanches antérieures, muni d'une saillie postcoxale 
éohancrée et recouvrant Le mésosteraum. — Ecusson assez grand, 
triangulaire. — Elytres peu convexes, assez longues, graduellement 
rétrôoîes en arrière, pas plus larges que lo prothorax à leur base, 
avec li's épaules faiblement calleuses ou rectangulaires. — Pattes 
courtes et robustes; cuisses subfusiform.es ; jambes comprimées, gra- 
duellement élargies et inermes au bout ; tarses assez courts, spon- 
gieux en dessous, à articles 1-2 triangulaires, 4 long, ses crochets 
assez petits. — l'ygidium découvert, en triangle curviligne ; les trois 
segments intermédiaires de l'abdomen largement arqués à leurs ex- 
trémités ; saillie întercoxale large et arrondie en avant. — Métaster- 
num allongé ; ses épisternums larges. — Corps oblong, densémont 
pubeseent en dessous, glabre et brillant en dessus. 

Schœnherr en décrit deux espèces du Brésil : l'une (citrivenlris) à 
peine de grandeur médiocre, l'autre [flavicornis) de la taille du Dari- 
dius picitnts d'Europe et ayant assez le /actes de cet insecte. Toutes 
deux sont noires, avec la pubescence qui revêt leur corps en dessous 
d'un jaune plus ou moins verdàtre. 

GROUPE III. Baridiides vrais. 

Rostre plus ou moins robuste, comprimé dans la plus grande partie 
de sa longueur ou seulement à sa base. — Antennes courtes, rare- 
ment médiocres ; leur massue très-souvent grosse. — Prosternum 
non canaliculé. — Mésosternum ne formant pas avec le prosternum 
et le môtasternum une surface continue. — l'ygidium découvert, 
petit, subhorizontal. — Corps ovale, oblong, parfois linéaire. 

Souvent le prosternum se prolonge assez en arrière des hanches 
antérieures, et peut être regardé comme muni d'une saillie postooxalBj 
c'est ce qui a lieu chez un grand nombre de Baridiu's. Mais jamais le 
mésosternum n'est placé sur le même plan que lui et le métastcrnum, 
do sorte qu'entre ce dernier et Le prosternum il existe toujours une 
dépression plus ou moins prononcée (1). Ce caractère distingue très- 
bien ces insectes de ceux du groupe précédent, de mémo que leur 
prosternum non canaliculé les sépare des Dyorimérides. Ils sont très- 
voisins, au contraire, des Centrinides qui suivent. Les motifs qui 
m'ont engagé à ne pas les réunir à eux seront exposés plus bas. 

(1) Dans le genre Baiudius, tel qu'il est composé en ce moment, il existe 
un très-potit nombre d'espèces (par ex. Immcralis Sclili.) chez lesquelles la 
saillie proslernale recouvre fortement lo inésosternum qui est sur le môme ni- 
veau que le métastcrnum, et qui ont en mémo temps le pygidium grand et 
vertical. Elles doivent, à mon sens, être reportées dans le groupe des Eurbi- 
Didcs où elles formeront un genre distinct a la suite des Bauycekus. 



BARIDI1DES VRAIS. 225 

Le groupe est riche en espèces, mais, dans l'état actuel des choses, 
ne comprend que les deux genres suivants : 

I. Massue antennairo forte, oblongo-ovalc ou ovale : Baridius. 

II. petite, en cône renversé : Âpotomorhinus. 

BARIDIUS. 
ScnoEMi. Curcul. Disp. meth. p. 275 (1). 

Rostre de longueur et grosseur variables, jamais tres-allongé et grêle, 
très-souvent séparé du front par un sillon transvorsal, plus ou moins 
comprimé latéralement et arqué ; ses scrobes commençant dans son 
milieu ou un peu au-delà. — Antennes médianes ou submédianes, 
courtes, plus ou moins robustes ; scape en massue au bout, atteignant 
rarement les yeux ; funicule à articles 1 seulement ou 1-2 allongés, 
obeoniques, 2-7 ou 3-7 très-courts, serrés, grossissant peu à peu, 7 
très-souvent contigu à la massue ; celle-ci grosse, ovale, ou oblongo- 
ovale, articulée. — Yeux assez grands, déprimés, transversaux. — 
Prothorax transversal ou non, peu ou assez convexe, presque droit 
sur les côtés, brusquement et brièvement tubuleux et tronqué en 
avant, bisinué à sa base ; prosternum plan, rarement un peu excavô, 
plus ou moins étroit entre les hanches antérieures. — Ecusson va- 
riable. — Elytres médiocrement convexes, parfois presque planes, 
oblongues ou ovales, à peine plus larges et chacune un peu saillantes 
à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes courtes, plus ou moins 
robustes; cuisses en massue, inermes; jambes comprimées, droites, 
rarement (par ex. viridanus) sinuées en dehors, mucronées au bout ; 
tarses courts, de largeur variable, spongieux en dessous, à article -i 
assez long ; ses crochets grêles et libres (2). Les trois segments inter- 
médiaires de l'abdomen fortement arqués à leurs extrémités; le I" et 
lo 2" soudés, avec ou sans suture apparente. — Métasternum au plus 
do longueur moyenne. — Mésosternum horizontal et déprimé ou lé- 
gèrement oblique, plus ou moins soudé au métasternum. — Corps 
oblong, glabre, raroment pubescent. 

(1) Syn. IUius, Gcrmar, Ins. spec. nov. p. 197. — Cypiimiiimis, Solekostek- 
kus, Schccuh. loc. cit. p. 276 et 277. Scliœnherr a supprimé plus tanl ces 
deux genres, dont les types me sont inconnus. Lo second est établi sur une 
espèce des Antilles qu'il nomme punclicollis (Curcul. III, p. GDI) et qui me 
paraît, d'après la description, no pas être un Bammus. 

(2) Ils sont ça et là soudés à leur base, mais très-rarement. Tarmi les nom- 
breuses espèces que j'ai sous les yeux, je ne les trouve tels que chez le vestitus 
du Mexique et lo pyritosus du Brésil. Le premier, ainsi que je le dis plus bas, 
me parait devoir lormer un genro distinct; le second a plutôt le facics d'uu 
Mahmi i :. que d'un Baiudius et pourrait également eu former un autre. 

CoUoptèra. Tome VII. 15 



226 cuncuLioNiDES. 

Genre extrêmement riche en ospôces (1), mais au total assez homo- 
gène, malgré le faciès assez différent de ses espèces. Celles d'Europe, 
qui sont toutes petites, ne peuvent donner qu'une idée imparfaite 
des grandes espèces de l'Amérique intertropicale, qu'on peut regar- 
der comme la patrie par excellence de ces insectes. Les premières 
sont presque toutes de forme allongée ot étroite, tandis que la plu- 
part des secondes sont plus ou moins courtes et massives. La livrée 
de ces dernières est en outre beaucoup plus variée que celles des 
espèces de l'ancien continent qui sont, à do rares exceptions près, d'un 
bronzé ou d'un vert métallique uniformes. Quelle que soit leur patrie, 
ces insectes, toutes les fois qu'ils sont glabres, sont criblés, tant en 
dessus qu'en dessous, de points enfoncés de grosseur très-variable, et 
leurs élytres sont régulièrement striées ; celles des espèces américai- 
nes présentent parfois (par ex. metallicus, interpunctatus, impressi- 
frons, etc.) des dépressions transversales. 

En outre des pays en question, le genre est répandu en Asie, en 
Afrique et aux Indes orientales, mais très-faiblement représenté dans 
ces deux dernières parties du globe. 

APOTOMORHINUS. 
ScuoENn. Curcul. VIII, I, p. 258. 
Rostre assez long, médiocrement robuste, séparé du front par un 

(1) Aux 174csp. mentionnées dans Schconherr (Curcul. VIII, 1, p. 114), aj. : 
Espèces européennes : B. opiparis, Jacquelin-Duv. Ann. d. 1. Soc. entom. 
1852, p. 715; Montpellier, — veslilus (nomen mut.), Ed. Peins, Ann. d. 1. 
Soc.Linn. d. Lyon, Sér. 2, IV, p. 143; France (Landes). — resedœ, Bach, 
Stetlin. entom. Zeit. 1856, p. 243; Provinces rhénanes. — pertusus, cribelta- 
tus, Kiesenwet. Berlin, entom. Zeitschr. VIII, p. 291; Grèce — Esp. asiati- 
ques : B. Schwarzcnbergii, Landgrebii, Renardii, Spilzii, Suffriani, Hochli. 
Bull. Mosc. 1817, I, p. 553; Caucase. — picluralus, Ménétr.lns.roc.p. Lelim. 
part. 2, p. 47; Turcoménic. — Esp. africaines: B. ulcyoneus, Erichs. Arcliiv, 
1843, I, p. 261; Angola. — pulchellus, Lucas, Explor. d. l'Alger.; Entom. 
p. 452; Algérie. — malachiticus, Clievrol. Rev. et Mag. d. Zool. 1860, p. 459; 
atronitens, 1801, p. 121; même pays. — Esp. des Indes or. : B. versicolor, 
Bohem. Voy. d. l'Eugénie; Entom. p. 136; Java. — Esp. de l'Amer, du Sud: 
B. flexuosus, quadrinolatus, Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 202; Boli- 
via. — tenuis, Blanch. in Gay, llist. d. Chile; Zool. V, p. 398; Chili. — lt- 
nearis, Rio; adspersus, oblongus, Montevideo; picipennis, Buenos-Ayrcs ; 
Bohem. loc. cit. p. 135. - Esp. des Antilles : B. tabaci, Salle, Ann. d. 1. 
Soc. entom. 1855, p. 269; Cuba. — Esp. de l'Amer, du Nord : B. pubescens, 
Uhler, Procccd. of the Acad. of Philad. VII, p. 417 ; Virginie. — mucoreus, 
Californie; carinulatus, Texas; J. L. Le Conte, ibid. X, p. 79. — macer, se- 
riatus, i. L. Le Conte, Rcp. on a railr. to the Pacif. Oc; Append. I, p. 58; 
Californie. — californiens, Bohem. loc. cit. p. 137. 

Le B. squamosus de l'île de Lifu, décrit par M. Montrouzicr (Ann. d. I. 
Soc. entom. 1860, p. 890), parait être étranger au genre. 



BAR1D1IDES VRAIS. 227 

sillon transversal bien marqué, un peu épaissi et comprimé dans sa 
moitié basilairo, puis cylindrique et faiblement déprimé au bout; ses 
scrobes commençant dans son milieu. —Antennes médianes, courtes, 
assez robustes; scape on massue au bout, n'atteignant pas tout-à-1'ait 
les yeux; funiculo de 7 articles (1) : l allongé, gros, obeonique, 2-7 
courts, grossissant peu à peu ; massue petite, faiblement articulée ; 
son 1" article en cône renversé, les suivants très-courts. —Yeux assez 
grands, latéraux, très-déprimés, oblongs, transversaux. — Prothorax 
transversal, légèrement arrondi sur les côtés, rétréci et brièvement 
tubuleux en avant, avec son bord antérieur tantôt (cribralus) coupé 
carrément, tantôt {submaculatus) largement saillant dans son milieu, 
fortement bisinué à sa base, avec son lobe médian largo et arrondi • 
prosternum plan, large entre les hanches antérieures, coupé carré- 
mont en arrière. — Ecusson en trianglo curviligne (cribralus) ou en 
carré long [submaculatus). — Elytres courtes, assez convexes, gra- 
duellement rétrécies en arrière, un peu plus larges que le prothorax 
et sinuées à leur base, avec les épaules calleuses. — Pattes médiocres; 
cuisses sublinéaires, finement dentées dans leur milieu en dessous ; 
jambes droites, inermes {cribralus) ou {submaculatus) onguiculées au 
bout ; tarses assez courts, médiocrement larges, spongieux en des- 
sous, à article 4 dépassant peu les lobes du 3 e ; ses crochets très-pe- 
tits, soudés à leur base. — Pygidium recouvert ; les trois segments 
intermédiaires de l'abdomen fortement arqués à leurs extrémités ; 
saillio intercoxalo extrêmement large, tronquée en avant. — Méta- 
sternum de longueur moyenne, ses épisternums assez larges. — 
Saillie mésosternale très-large, lamelliforme, verticalo, presquo sou- 
dée au métasternum.— Corps ovale, presque glabre, ou partiellement 
écailleux. 

Les deux espèces (submaculatus, des Philippines, cribralus, de la 
côte de Coromandel) que décrit Schœhherr sont si voisines l'uno de 
l'autre, qu'au premier coup-d'œil on les croirait identiques. Mais, ainsi 
qu'on le voit dans la formule qui précède, elles présentent plusieurs 
différences importantes. Ce sont des insectes de la taille des Centiu- 
nus de troisièmo grandeur, d'un brun ferrugineux opaque, et criblés 
de petits points enfoncés très-serrés et en partie confluents, avec les 
élytres régulièrement striées. L'un d'eux (submaculatus) doit son nom 
à quelques petites taches jaunâtres et peu apparentes dont il est 
orné ; l'autro (cribralus) est privé de tout dessin (2). 

(1) Schœnherr lui en attribue huit, dont le dernier annexé à la massue; jo 
ne parviens pas à en découvrir plus de sept. 

(2) Deux autres espèces (alboater, signatus) ont été imparfaitement décrites 
par M. F. Walkcr (Ann. a. Mag. of uat. Hist. Ser. 3, III, p. 261) et n'appartien- 
nent peut-être pas au genre. 



228 CURCULIONIDES. 

GROUPE IV. Centrinidej. 

Rostro allongé, souvent très-long, rarement assez robuste, corn- • 
primé latéralement, au moins à sa base, parfois déprimé dans toute 
son étendue. — Antennes plus ou moins longues et grêles, rarement 
assez robustes ; leur massue variable. — Prosternum plan, excavé ou 
canaliculô chez un petit nombre. — Mésosternum ne formant pas 
avec le prosternum et le métastornum uno surface continue. — Pygi- 
dium très-rarement découvert et alors très-petit. — Corps presque 
toujours rhomboïdal ou elliptique. 

La plus intime analogie existe entre ce groupe et le précédent. Les 
caractères qui l'en distinguent consistent en ce qu'ici tantôt le rostre, 
tantôt les antennes, lo plus souvent ces deux parties à la fois, sont 
plus allongés et plus grêles, dans le pygidium qui, à deux ou trois 
exceptions près, est constamment recouvert, onfin dans la forme gé- 
nérale du corps qui, dans l'immense majorité des cas, est rhomboï- 
dal ou elliptique. C'est le seul groupe de la Tribu qui contienne plus 
de deux ou trois genres, mais ils sont si intimement unis entre eux, 
pour la plupart, qu'il m'a été impossiblo d'en dresser un tableau sy- 
noptique dont je fusse satisfait. Le suivant est tout ce que j'ai pu 
faire de mieux. 

I. Rostre au maximum un peu plus long que le prothorax. 

a Funicule antennaire a art. 4-7 dentés en dedans : Odontocorynus. 

a a — — — non — : 

b Elytres à peine plus larges que le protliorax : Euculus. 

fcb — débordant fortement le protliorax à leur base. 

Rostre gibbeux à sa base ; élytres planes, parallèles : Phacelobarus. 

— régulièrement arqué; — convexes, naviculaires : Snambus. 

II. Rostre plus long que le protliorax dans les deux sexes (1), souvent très- 

long, 
c Corps court, massif, rhomboïdal ou elliptiquo : Centrinus. 
ce — allongé, plus ou moins sveltc, elliptique. 

Scape des antennes atteignant les yeux : Anomœoarthria. 

— — n'atteignant pas — : Cylindrocerus. 

ODONTOCORYNUS. 
Scuoenh. Curcul. VIII, 1, p. 271. 

Rostre un peu plus long que le prothorax, médiocrement robuste, 
comprimé à sa base, légèrement arqué ; ses scrobes commençant un 

(1) Quelques Cehtmnus font exception a cet égard, mais ils doivent consti- 
tuer uu nouveau genre qui pourrait être reporté dans la section I. 



CENTMNIDES. 229 

peu au-delà de son milieu. —Antennes submédianes, assez longues, 
peu robustes ; scape flexueux, fortement en massue au bout, n'attei- 
gnant pas les yeux; funicule à articles 1-2 obconiques, un peu allon- 
gés, celui-là lo plus gros, 3 do même forme, court, 4-7 transversaux, 
perfoliés, prolonges et épineux intérieurement, s'élargissant graduel- 
lement ; massue grosse, brièvement ovale, subcompacte, munie à sa 
base interne d'une petite épine. — Yeux grands, déprimés, oblongo- 
ovales, transversaux, faiblement séparés en dessous. — Prothorax 
aussi long que large, peu convexe, subparallèlc sur les cotés, très- 
brièvement tubuleux et tronqué en avant, coupé carrément à sa 
base, avec son lobe médian court, largo et arrondi ; prosternum plan, 
bicaréné en avant, assez large entre les hanches antérieures. — Ecus- 
son quadran&ulaire. — Elytres peu convexes, médiocrement allon- 
gées, graduellement rétrécies en arrière, pas plus larges que le pro- 
thorax et sinuéos à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes 
médiocres ; cuisses robustes, en massue ; jambes brièvement arquées 
à leur base, puis droites, très-brièvement mucronées au bout ; tarses 
médiocres, spongieux en dessous, les antérieurs élargis, leur 4 e ar- 
ticle assez long; ses crochets simples. — Pygidium recouvert; les trois 
segments intermédiaires de l'abdomen faiblement, mais distinctement 
anguleux à leurs extrémités ; le 2° non soudé au 1 er et séparé do lui 
par une suture arquée; celui-ci profondément canaliculé sur la ligne 
médiane. — Métasternum court. — Mésosternum médiocrement large, 
subhorizontal, triangulaire. — Corps oblong, pubescent en dessous, 
inoins en dessus. 

La structure des antennes et la formo du mésosternum distinguent 
parfaitement ce genro de tous ceux du groupe actuel, mais il est pro- 
bable que la première est propre au mile et qu'elle s'affaiblit beau- 
coup chez la femelle. Je crois par conséquent que l'exemplaire de la 
collection de Schœnherr, que j'ai sous les yeux, appartient au pre- 
mier de ces sexes. L'unique espèce (creperus Schh.) du genre est du 
Mexique et ressemble beaucoup au Baridius artemisiœ d'Europe; 
elle est seulcmont d'un tiers plus grande et plus rétrécis en arrière; 
sa livrée est d'un noir uniforme et pou brillant. 

EUCALUS (1). 

Rostre un peu plus long que lo prothorax, assez robuste, arqué, lé- 
gèrement comprimé dans plus de sa moitié basilaire,' cylindrique en 
avant; ses scrobes commençant un peu au-delà de son milieu, con- 
fluentes en arrière. — Antennes subantérieures, assez longues, mé- 
diocrement robustes ; scapo brusquement en massuo au bout, n'at- 
teignant pas tout-à-fait les yeux; funicule à articles obconiques : 

(1) Syn. ONconiiiNus,Blanch. in Gay, Hist. d. Chile; Zocl. V, p. 389; nom 
déjà employé dans la famille actuelle; voyez tome VI, p. 361. 



230 CURCULIONIDES. 

1 plus gros et plus allongé que les suivants, 2-7 courts, décroissant 
graduellement ; massue ovale, médiocre, obtuse, articulée. — Yeux 
grands, déprimés, oblongs, transversaux. — Prothorax subtransvcrsal, 
médiocrement convexe, quadrangulaire, brusquement et brièvement 
tubuleux en avant, à peine bisinué à sa base ; prosternum ôchancré 
sur son bord antérieur, entier, étroit entre les hanches antérieures. 

— Ecusson carré. — Elytros peu convexes, oblongues, parallèles dans 
leurs deux tiers antérieurs, un peu plus larges quo le prothorax et 
presque tronquées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes 
médiocres ; cuisses en massue ; jambes droites, légèrement élargies 
dans leur milieu en dedans, très-brièvement mucronées au bout; 
tarses de longueur et largeur médiocres, spongieux en dessous; leurs 
crochets libres. — Pygidium très-faiblement découvert, transversal ; 
les trois segments intermédiaires de l'abdomen non anguleux à leurs 
extrémités; le 1" et le 2 e soudés ensemble; saillie intercoxalo large, 
un peu arrondie en avant. — Métasternum assez long, aplani. — Saillie 
mésosternale large, un peu inclinée, en carré transversal. — Corps 
oblong, écailleux. 

Le faciès de la seule espèce décrite (1) est le mémo que celui de 
certains Bauidius, mais génériquement parlant, elle diffère de ces 
derniers par ses antennes beaucoup plus longues, autrement faites/et 
ses segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément en ar- 
rière. 

Cet insecte, originaire du Chili, est do taille moyenne, d'un noir 
brunâtre mat, et saupoudré do petites écailles blanches ; la base de 
ses élytres est en partie d'un blanc jaunâtre, et une assez largo bande 
de même couleur et très-oblique, traverse chacun de ces organes dans 
leur milieu. 

PHACELOBARUS. 
Sciioenu. Cwcul. VIII, 1, p. 97 (2). 

Rostre à peine plus long que le prothorax, médiocrement robuste, 
arqué, fortement comprimé et gibbeux à sa base, cylindrique dans le 
reste de sa longueur; ses scrobos commençant vers son milieu. — 
Antennes médiocres, grêles; scape en massue au bout, atteignant les 
yeux ; funicule à articles 1 un peu allongé, obeonique, 3-7 très-courts, 
grossissant graduellement; massue faiblo, oblongo-ovale, articulée. 

— Yeux assez petits, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax 
transversal, obeonique, coupé carrément en avant, légèrement bisi- 
nué à sa base ; prosternum plan en avant des hanches antérieures, 
médiocrement large entre celles-ci. — Ecusson triangulaire. — Elytres 
planes, parallèles, comme tronquées en arrière, munies chacune, un 

(1) 0. fasciolatus, Blancli. loc. cit. p. 3G2; Col. pi. 24, f. 12. 

(2) Syn. CYNionuïNcuus pars, Schœnh. Curcul. IV, p. 4C2; olim. 



CENTMNIDES. 231 

pou avant leur extrémité, d'un gros tubercule fascicule, notablement 
plus larges que le prothorax et faiblement échancrées à leur base, 
avec les épaules calleuses. — Pattes courtes, robustes ; cuisses gra- 
duellement en massue, arquées en dessus; jambes courtes, subarron- 
dies, droitos, onguiculées au bout ; tarses médiocres, spongieux en 
dessous, à articles 1-2 étroits, celui-là un peu allongé, 3 beaucoup 
plus largo, 4 assez court ; ses crochets petits. — Les deux 1°" seg- 
ments abdominaux soudés ensemble, séparés par une fine suture 
droite à peine distincte, 2 aussi long que 3-4 réunis ; saillie inter- 
coxalo très-large, arrondie en avant. — Métasternum de longueur 
moyenne. — Saillie môsosternale lamelliforme, verticale, transver- 
sale. — Corps court, large, densément écailleux. 

Après avoir placé l'unique espèce (singularis) do ce genre parmi 
ses CYPiionnYNCHiis, genre qu'il a réuni, plus tard, aux Conotrache- 
ms, Schœnherr l'a reportée dans ses Cholides, en créant pour elle 
celui-ci. Ses caractères sont en effet très-différents de ceux des Cono- 
thachelus et rentrent dans ceux du groupe actuel. Cet insecte, origi- 
naire de Madagascar, est de la taille des Centiunus do secondo gran- 
deur, et revêtu d'écaillés d'un blanc jaunâtre, avec l'extrémité des 
élytres noires et leur base rembrunie ; ces organes, outre lo tuber- 
cule fascicule de leur extrémité, en ont chacun deux autres disposés 
obliquement près do leur baso ; le prothorax est muni en avant de 
trois groupes de grosses écailles redresséos, dont le médian est le plus 

fort. 

SCAMBUS. 

SciiOENii. Curcul. VIII, 1, p. 254. 

Des trois espèces (setifer, cchinatus, galeatus) de ce genre, que 
Schœnherr a décrites, la première et la troisième me sont seules con- 
nues. Elles présentent dos différences de même nature que celles qui 
existent parmi les Centiunus qui suivent. J'ai pris pour type h setifer 
que Schœnherr a placé en tète du genre. 

Rostro un peu plus long que le prothorax et assez robuste, arqué, 
comprimé et suhquadrangulairc dans sa moitié basilaire, atténué et 
déprimé on avant ; ses scrobes commençant un peu au-delà de son 
milieu. — Antennes suhmédianes, médiocres, assez robustes ; scape 
en massue au bout, n'atteignant pas tout-à-fait les yeux; funicule à 
articles 1-2 allongés, obeoniques, celui-là plus gros, 3-7 courts, égaux; 
massue assez forte, oblongo-ovale, articulée. — Yeux grands, dépri- 
més, li'ansversaux, acuminés inférieurement, médiocrement séparés 
en dessous. — Prothorax transversal, presque droit sur les cotés, 
brusquement et très-fortement rétréci en avant, fortement bisinué à 
sa base, caréné sur la ligne médiane en dessus ; prosternum plan, 
assez largo entre les hanches antérieures, muni immédiatement en 
arrière de celles-ci d'une saillie verticale. — Ecusson médiocre, suh 



232 CURCULIONIDES. 

quadrangulaire. — Elytres courtes, convexes, naviculaires et forte- 
ment rétrécira en arrière, notablement plus larges que le prothorax 
et trisinuées à leur base, avec los épaules très-saillantes en dehors, 
angulouses et carénées. — Pattes assez longues ; cuisses graduelle- 
ment en massuo, inermes en dessous ; jambes fortement comprimées, 
très-arquées à leur base, munies d'une saillie interne un peu avant 
leur milieu, brièvement onguiculées au bout; tarses médiocres, à 
articles 1-2 étroits, triangulaires, 3 assez large, seul spongieux en 
dessous, 4 grand ; ses crochets assez longs et simples. — Les trois 
segments intermédiaires de l'abdomen médiocrement anguleux à leurs 
extrémités ; saillie intercoxale large, subarrondie en avant. — Méta- 
sternum do longueur moyenne. — Saillie mésosternale fortement 
transversale, verticale, lamelliforme.— Corps brièvement naviculaire, 
pubescont et écailleux (1). 

Scbœnherr signale, comme principales différences entre co genre 
et les Centrinus, la structure des antennes, des élytres et des tarses. 
Le premier de ces caractères est à peine sensible et le troisième n'est 
pas absolument étranger aux Centrwus, tels qu'ils sont constitués en 
ce moment (2). 11 no reste alors que la forme des élytres pour distin- 
guer les deux genres. 

L'insecte qui forme le type de celui-ci est de la taille des Centrinus 
de seconde grandeur, noir, revêtu de poils couchés d'un jaune doré, 
médiocrement abondants, et hérissé çà et là en dessus do grosses 
écailles redressées. Il est du Brésil, ainsi que les deux autres espèces 
décrites par Schœnherr. 

CENTRINUS. 
SciioENn. Curcul. Disp. melh. p. 308(3). 

Schœnherr ayant compris dans ce genre un grand nombre d'élé- 
ments disparates, il se refuse, dans son état actuol, à toute défini- 
tion précise. Eu attendant qu'il ait été l'objet d'une révision appro- 

(1) Lo S. galeatus s'éloigne do cette formule par les caractères suivants : 
ftostre plus court, comprime latéralement dans presque toute sa longueur. — 
Prothorax surmonté d'une forte gibbosité un pou comprimée et recourbée en 
arrière; prosternum sans saillie verticale en arrière dos hanches antérieures, 
celles-ci conliguës.— Cuisses dentées en dessous; jambes légèrement arquées 
a leur base, sans saillie interne; crochets des tarses très-petits. Le fades géné- 
ral est, du reste, voisin de celui du setifer. 

(2) Le C. mullicolor (Scliœnh. Curcul. VIII, 1, p. 241), par exemple, a des 
larses absolument pareils a ceux du genre actuel. Il devrait y rentrer si les 
épaules de ses élytres étaient saillantes et carénées. 

(3) Syn. Bahis, Hat.anikus et Cedtomiïnchus, Germar, Ins. spec. nov.; pas- 
sim. — Caundua pars, Fab. 



CENTR1NIDES. 233 

fondie, jo n'y comprends provisoirement que les espèces qui présentent 
les caractères suivants (t) : 

Mâles : Rostre au moins de la longueur de la moitié du corps, de 
forme variable (2), plus ou moins arqué ; ses scrobes commençant 
dans son milieu. — Antennes d'autant plus longues que le rostre l'est 
lui-mémo, tantôt grêles, tantôt assez robustes ; scape en massue au 
bout, n'atteignant pas les yeux ; funicule à articles 1 -2 allongés, ce- 
lui-là notablement plus grand, 3-7 obeoniques, courts, subégaux, 
grossissant peu à peu ; massue oblongo-ovale, acuminéo, articulée. 
— Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax trans- 
versal, très-rarement (par ex. lineatosignalus) aussi long que large, 
plus ou moins convexe, parfois (par ex. Lcachii) gibbeux, arrondi 
sur les côtés, fortement rétréci et tubuleux en avant, bisinué à sa 
base, avec son lobe médian assez court et souvent éebancré ; proster- 
num assez souvont armé de deux longues épines flanquant uno cavité 
médiane (3), on général assez largo entre les hanches antérieures. — 

(1) Cette formule exclut du genre toutes celles qui ont les crochets des 
tarses soudés. Elles sont très-nombreuses et se prêteront facilement à être 
sous-divisées. Parmi celles qui pourront former des genres distincts, je citerai 
principalement : 

1" Los C. tumidus, parellimis, aurkhakcus, etc., qui par leur forme gêné- 
raie, leurs téguments glabres et leurs couleurs parfois métalliques, se rap- 
prochent des EonniNiis. Leur caractère distinctif essentiel réside dans leur 
mésostcrniim qui est horizontal et fourchu, ou concave eu avant. 

2° Quelques espèces convexo-rhomboïdales, dont les.antCHnes sont rela- 
tivement courtes et robustes et qui ont le prosternum très- distinctement 
canaliculé. Les unes (par ex. : Meigeni, Chtïstophori) ont le proslernum 
longuement bi-épineux chez les mâles, tandis que chez les autres (par ox. : 
snnguinicoUis) il est inerme dans les deux sexes. 

3» Mais surtout le cestrotus et quelques espèces inédites, qui a une forme géné- 
rale voisine de celle des Ceutomiynchus, réunissent des hanches antérieures 
contiguës, des corbeilles caverneuses aux jambes postérieures, et des téguments 
densément pubescents. Leur livrée rappelle celle do quelques Conotraciielus. 

Parmi les espèces elles-mêmes à crochets des tarses libres, il en est quel- 
ques-unes (par ex. : obsidianus , capreolus) qui ressemblent tellement a des 
Madaiuis, qu'il y aura lieu également de voir si elles ne doivent pas former un 
genre à part. 

(2) Ses formes se réduisent à deux principales. Dans l'immense majorité des 
cas il est comprimé à sa base, sur une plus ou moins grande étendue, puis cy- 
lindrique ou légèrement déprimé dans le reste de sa longueur. Chez quelques- 
unes {curvirostris, Westwoodii, etc.), dont les maies ont tous le prosternum 
bi-épineux, il est déprimé dans toute son étendue. Mais entre ces deux formes 
il y a tous les passages. 

^ (3) Cette cavité, dont Schconherr ne parlo pas, est, en général très-large et 
s étend au moins, en se rétrécissant, jusqu'à la partie postérieure du protho- 
rax; cllo se termine en cul-de-sac. Chez le C. lineatosignalus, elle se pro- 
longe en un tube parfaitement régulier, déprimé, légèrement bifurqué au 



234 CUHCULIONIDES. 

Ecusson carré. — Elytrcs courtes, tantôt subdéprimées, tantôt con- 
vexes, fortement rétréoies et conjointement arrondies en arrière, un 
peu plus larges quo lo prothorax et trisinuées à leur base, avec les 
épaules en général calleuses.— Pattes médiocres ; cuisses en massue, 
dentées ou non en dessous ; jambes droites, un peu élargios, rare- 
ment mucronées au Dout ; tarses médiocres, spongieux en dessous, 
à articles 1-2 étroits, obconicmcs, 3 assez large, 4 médiocre, ainsi que 
ses crochets, ceux-ci libres. — Pygidium caché, rarement un peu vi- 
sible ; les trois sogments intermédiaires de l'abdomen, parfois le 3 e 
et le 4 e seulement, médiocrement arqués à leurs extrémités, le 1" 
soudé au 2°. — Métasternum assez long. — Mésosteruum lamelli- 
forme, en carré transversal, vertical ou un peu oblique, parfois con- 
fondu avec le métasternum. — Corps court, plus ou moins rhomboï- 
dal, glabre ou non. 

Femelles : Chez les espèces dont les mâles ont le prosternum cornu, 
le leur est inerme et plus ou moins concave en avant. A part cela, 
leur rostre plus long, comme do coutume, les distingue seul de l'autre 
sexe. 

Môme dans ces limites, le genre comprend encore des formes très- 
variées. Il est exclusivement américain, et répandu 1 depuis Buenos- 
Ayres et le Chili jusque dans les parties moyennes des Etats-Unis. On 
en a très-peu décrit depuis Schœnhcrr (1), mais il y en a beaucoup 
d'espèces nouvelles dans les collections. 

ANOMOEOARTWUA. 
Waterii. Trans. of the entom. Soc. Scr. 2, II, p. 190. 

Mâle : Rostre allongé, épaissi, comprimé et droit a sa base, brus- 
quement arqué, atténué et déprimé dans lo reste dosa longueur; ses 
scrobes commençant en deçà de son milieu. — Antennes assez longues 
et grêles ; scape en massue au bout, atteignant les yeux ; funicule 
presque glabre, a articles obeoniques : 1-2 allongés, subégaux, 3-7 
courts, décroissant graduellement ; massue assez grosso, oblongo- 
ovalc, subcompacte. — Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux. 
— Prothorax subtransvorsal, médiocrement convexe, presque droit 
sur les côtés, brièvement tubuleux et tronqué en avant, faiblement 
bisinué à sa base, avec son lobe médian court et arrondi ; prostornum 

bout, et qui arrive jusqu'aux trois quarts de la longueur do l'abdomen. Il doit 
nécessairement en résulter, pendant la vie, un déplacement dans quelques-uns 
des viscères abdeminaux. 

(1) Aux 137 espèces qu'il a mentionnées (Curcul. VIII, 1, p. 184), aj. : C: 
tessellalus, unicolor, Blanch. in Gay, llist. d. Chile ; Zool.V, p. 400; Chili. 4 - 
flavipennis, scmilucluosus, Iilanch. in d'Orb. Vuy.; Entom. p. 201; Uolivia.— 
silicinus, Ericlis. Arcliiv, 1847, 1, p. 132; Pérou. — urbanus, Bohcm. Yoy. d. 
l'Eugénie; Entom. p. 138; Bucnos-Ayres. 



CENTIUNIDES. 235 

bifovéolé en avant, assez largo entre les hanches antérieures. — 
Ecusson quadrangulaire. — Elytres médiocrement convexes et allon- 
gées, graduellement rétrécics en arrière, à peine plus larges que le 
prothorax à leur base, avec les épaules calleuses. — Pattes assez lon- 
gues, médiocrement robustes ; cuisses en massue ; jambes subarron- 
dies, droites, inermes au bout ; tarses médiocres, spongieux en des- 
sous, à articles i rétréci et arqué à sa base, 2 plus court, 4 médiocre, 
ainsi que ses crochets ; ceux-ci libres. — Les trois segments intermé- 
diaires do l'abdomen assez fortement arqués à leurs extrémités ; saillio 
intercoxalo large, arrondie en avant. — Métastcrnum assez court. — 
Saillie mésostcmale subhorizontale, en carré long. — Corps oblong, 
rhomboïdal, glabre. 

Femelle : Rostre plus long, régulièrement arqué, épaissi et com- 
primé dans prés des trois quarts de sa longueur, atténué et déprimé 
en avant ; ses scrobes commençant au-delà do son milieu. — Scape 
des antennes empiétant sur les yeux, arqué, fortement on massue ; 
funiculo hérissé de longs poils fins, à articles 1 court, 2 plus long et 
beaucoup plus gros, subpyriforme, 3-G ovoïdes, graduellement plus 
petits, 7 obeonique. — Prosternum non excavé. — Jambes arquées à 
leur base, canaliculécs sur leur face interne ; les postérieures munies 
en dedans, à leur base, d'un faisceau aplati de longs poils jaunes ; 
l or article des tarses de la mémo paire frangé au côté interne do 
poils semblables. — Pygidium en partie à découvert. — Corps pubes- 
cent en dessous. 

Cette formule a été rédigée sur les deux exemplaires mêmes qui 
ont servi à M. Watcrhouso pour la sienne, exemplaires pris accouplés, 
ce qui ne laisso place à aucun doute sur leur sexe, plus sur deux 
mâles do ma collection. Ce savant entomologiste a regardé le genre 
comme voisin des Loboderes, mais il l'est manifestement plus des 
CïiindrocekuS. L'unique espèce qui. le compose (cœruleipennis Wa- 
terh.) a le faciès do la plupart do ces dorniers ; elle est de taille mé- 
diocre et noire, avec les élytres d'un violet brillant. Tous les exem- 
plaires que j'en ai vus étaient originaires do la province de Minas 
Geracs au Brésil. 

CYLINDROCERUS. 
Sr.noEMi. Curait. Dkp. meth. p. 310. 

Ce genro a tout aussi besoin d'une révision que les Centrinus (1). 
Les six espèces que j'en ai sous les youx, et dont quatre sont iné- 

(1) Après en avoir séparé les DaCTïLOCKEPIS et les Leptoschoinus qu'il y 
avait compris dans l'origine (Curcul. III, p. 789), Sohœnhorr (ibiJ. VIII, 1, 
p. 260, note) convient lui-même qu'il est peu homogène, et devra en former 
deux ou trois. Co sont les espèces de sa seconde section qui ont surtout besoin 
d'être examinées, mais je n'en connais aucune 



236 CUROJL10NIDES. 

dites, appartiennent toutes à la première section qu'y a établie 
SchœnheiT. Elles ressemblent aux Centrwus de forme déprimée en 
dessus et à rostre très-allongé. Leurs caractères génériques peuvent 
s'établir en peu de mots. 

Mâles : Massue antennaire très-allongée, cylindrique, composée 
d'un seul articlo et veloutée. — Prosternum muni de deux épines plus 
ou moins longues et d'une cavité centrale. — Jambes antérieures 
frangées de longs poils fins dans leur moitié terminale en dedans ; 
tarses de la même paire parfois ciliés en dessus et sur les côtés. 

Femelles : Celles que j'ai à ma disposition se partagent en deux 
sections sous le rapport des antennes ; les unes ont la massue de ces 
organes faite comme celle des mâles; chez les autres, elle est oblongo- 
ovale et distinctement articulée. Toutes ont les jambes antérieures 
non frangées au côté interne et le prosternum sans épines ni cavité 
médiane. 

Il résulte de là que, à part la structure de leurs antennes, ces in- 
sectes ne diffèrent pas des Centiunus. Ils sont do taille assez petite, 
noirs, et ont assez souvent leurs ôlytres ornées do petites taches et de 
linôoles blanches ou jaunâtres. Ils habitent les régions chaudes de 
l'Amérique (I). 

Groupe V. Leptotcholnides. 

Rostre allongé, arqué, comprimé au moins à sa base. — Antennes 
assez longues ; leur massue très-grande, cylindrique, compacte, ve- 
loutée chez les mâles. — Prosternum plan. — Mésosternum très- 
court, formant une surface continuo avec le prosternum et le méta- 
sternum. — Pygidium découvert, mais peu et subhorizontal. — Corps 
court, subelliptique. 

La structure des segments thoraciques signalée plus haut chez les 
Eurhinides reparaît ici et suffit, avec les autres caractères qui précè- 
dent, pour reconnaître ce groupe. La forme do la massue anten- 
naire le rapproche des CylindrûCEUUS qui terminent le groupe précé- 
dent et détermine la place qu'il doit occuper. Ses genres se réduisent 
aux deux suivants : 

I. Tarses à art. 4 fortement déprimé : PMyonix. 

II. — — de forme normale : Leploschoinus. 

PLATYONYX. 
Sciioenii. Curcul. Disp. meth. p. 272. 
Rostre assez robuste, arqué, arrondi, comprimé latéralement dans 

(1) Aux 8 espèces décrites par Scliœnlierr, on n'a ajouté, à ma connaissance, 
que la suivante : C. colon, Ericlis. Archiv, 1817, 1, p. 132; Pérou. 



LEPTOSCHOÏNIDES. 237 

presque toute son étendue ; ses scrobes commençant assez près de 
son extrémité. — Antennes antérieures, assez longues et assez robustes; 
scape fortement en massue au bout, atteignant les yeux ; funicule à 
articles 1 allongé, obeonique, 2-7 très-courts, subcylindriques, égaux ; 
massue grande, veloutée, subcylindrique et compacte {<f), ou oblon- 
go-ovale et très-distinctement articulée (9)- — Yeux grands, oblongs, 
transversaux, médiocrement séparés en dessous. — Prothorax aussi 
long que large, médiocrement convexe, presque droit sur les côtés, 
brusquement et brièvement tubuleux en avant, avec une très-petite 
dent de chaque côté de son bord antérieur, légèrement bisinué à sa 
base; prosternum plan, assez large entre les hanches antérieures. — 
Ecusson en triangle curviligne. — Elytres presque planes, légèrement 
ovales, pas plus larges que le prothorax et à peine échancrées à leur 
base, avec les épaules subcalleuses. — Pattes médiocres ; cuisses 
assez fortement en massue ; jambes droites, inermes au bout ; tarses 
médiocres, spongieux en dessous, à articles 1-2 courts, triangulaires, 
3 large, 4 déprimé et anguleusement dilaté dans sa moitié terminale; 
ses crochets médiocres. — Les quatre 1 ers segments abdominaux ar- 
qués à leurs extrémités, le!" et le 2 e soudés dans leur milieu; saillie 
intercoxale large, subangulcuse en avant.— Métastemum de longueur 
moyenne. — Corps elliptico-ovale, partiellement pubescent. 

La structure insolite du 4° article des tarses existe également pro- 
noncée dans les deux sexes, qui ne diffèrent l'un de l'autre que par 
la taille et leur massue antennaire autrement faite. 

L'unique espèce (ornatus Schh.) du genre est de Cayenne et ressemble 
beaucoup à certains Bamdhis. Elle est noire, avec le prothorax en- 
touré de toutes parts d'une étroite bordure de poils gris ou jaunes; une 
bande de mémo couleur traverse ses élytres un peu avant leur milieu. 

LEPTOSCIIOINUS. 
(Klog) Scbokkh. Curcul. VIII, 1, p. 264 (t). 

Mâle : Rostre médiocrement robuste, comprimé jusqu'à l'insertion 
des antennes, un peu déprimé en avant ; ses scrobes commençant 
presque dans son milieu, subconflucntes en arrière. — Antennes sub- 
médianes, médiocres, peu robustes ; scape brusquement ot fortement 
en massue au bout, atteignant à peine les yeux ; funicule à articles 
1 obeonique, un peu allongé, 2 de moitié plus court, moins gros, 3-7 
fortement transversaux, lenticulaires, serrés ; massue presque aussi 
longue que le funicule et le scape réunis, cylindrique, compacte, 
veloutée. — Yeux grands, déprimés, oblongs, transversaux, médio- 
crement séparés en dessous. — Prothorax transversal, médiocrement 
convexe, paraboliquement arrondi sur les côtés, rétréci et tronqué en 
avant, coupé carrément à sa base, avec un lobe médian assez saillant 

(1) Syn. Cïundkocerus, Scliœnh. Curcul. III, p. 793 ; olim. 



238 C.UKCULI0N1DES. 

et médiocrement large; prosfernum assez large entre les hanches anté- 
rieures. — Ecusson subquadrangulaire. — Elytres presque planes, briè- 
vement elliptico-ovales, un peu plus larges que le prothorax à leur 
base, avec les épaules arrondies. — Pattes des Platyonyx, avec les tarses 
plus courts et leur 4° article à l'état normal. — 2° segment abdominal 
presque aussi long que les deux suivants réunis, légèrement arqué, 
ainsi qu'eux, à ses extrémités, séparé du 1" par une suture arquée; 
saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Métastcrnum de lon- 
gueur médiocre. — Corps brièvement ovale, partiellement écailleux. 

Femelle : Rostre plus grêle et un peu plus long que celui du mille. 
— Antennes plus longues, scape graduellement en massue, atteignant 
les yeux ; funicule à articles obeoniques : 1-2 allongés, égaux, celui- 
là un peu plus gros, 3-7 courts, égaux ; massue à peine plus longue 
que la moitié du funicule, oblongo-ovale, très-distinctement articulée. 

Genre très-voisin des Platyonyx, mais en différant essentiellement 
par la structure de ses antennes et la forme normale du 4° article 
des tarses. L'unique espèce (maculatus) qui le compose, reproduit 
jusqu'au système de coloration du Plat, ornatus, du moins chez quel- 
ques exemplaires, car sa livrée varie beaucoup. A son maximum de 
complication, elle consiste sur le prothorax en deux grandes taches 
noires, sur un fond qui varie du rouge vif au jaune soufre, et sur les 
élytrcs, qui sont noires, en une large bande transversale, médiane, de 
la nuance en question, et qui envoie en avant, sur chacune d'elles 
et sur la suture, une bande étroite ; la couleur rouge est souvent 
teintée de blanc. Quand les taches du prothorax se confondent en 
une seule et que la bande dos élytrcs se simplifie, la livrée est com- 
plètement pareille à celle du P. ornatus. Cet insecte habite Cayenne 
et le Brésil. J'en ai vu des exemplaires étiquetés comme provenant 
du Mexique, mais cet habitat me paraît douteux. 

Groupe VI. Nertidea. 

Rostre cylindrique, peu robuste, droit ou arqué. — Antennes plus 
ou moins longues, leur massue presque toujours faible. — Proster- 
num variable. — Tarses très-larges, surtout les antérieurs. — Méso- 
sternum ne formant pas une surface continue avec le prosternum et 
le métastcrnum.— Pygidium recouvert. — Corps de forme variable. 

La forme parfaitement cylindrique du rostre et la largeur insolite 
des tarses constituent les doux caractères les plus apparents de ces in- 
sectes. Le premier, malgré sa gracilité, a conservé la direction infé- 
rieure des scrobes qui est caractéristique de la tribu (1). Autant que 
j'en puis juger par les exemplaires que j'ai vus, il n'y a pas do diffé- 
rences bien prononcées entre les deux sexes sous le rapport des tarses. 

(1) Le Strongylotes lenmisculus fait seul exception à cet égard i ses scrobes 



NERTIDES. 239 

Leur l or article est constamment en triangle allongé, lo 2° on triangle 
transversal, et le 3° forme une grande palette plus ou moins cordi- 
forme, étroitement fendue à moitié do sa longueur aux pattes anté- 
rieures, bilobée aux quatre postérieures ; le 4" est remarquable par 
sa forme subcylindrique, et en ce qu'il ne déborde que médiocrement 
lo 3°. Constamment les pattes antérieures sont plus longues que les 
autres, surtout chez les mâles. 

Les trois genres qui composent le groupe ont chacun leur faciès 
particulier. Le premier (Strongylotes) n'a pas d'analogue, sous ce 
rapport, dans toute la tribu. Les deux autres seraient des Madaridcs 
sans la structure de leurs segments thoraciques. 

I. Mésosternuui médiocrement large, rétréci et tronqué en arrière. 

Rostre médiocre, droit, penché; corps parallèle : Slrongylotes. 
— très-long, subvertical; — en ellipse très-allongée : Nertus. 

II. Mésosternum très-large, parallèle; corps oblongo-ovalc : Trachymerus. 

STRONGYLOTES. 
Scuoemi. Curcul., III, p. 627 

Tète sphériquo, assez saillante; rostre plus ou moins allongé, grêle, 
droit; ses scrobes commençant dans son milieu. — Antennes mé- 
dianes, assez longues, grêles; scape graduellement épaissi, atteignant 
ou non les yeux (1); funiculc à articles obeoniques : 1 allongé, 2-7 
subégaux, grossissant peu à pou; massuo ovale ou oblongo-ovalc, 
obtuse au bout, articulée. — Yeux trôs-grands, déprimés, ovales, 
transversaux. — Prothorax plus long que large, tantôt régulièrement 
conique, tantôt parallèle sur les côtés et légèrement tubuleux en avant, 
bisinuô à sa base, avec son lobe médian court et triangulaire ; pro- 
sternum plan ou faiblement excavé, assez large entre les hanches an- 
térieures. — Ecusson do forme variable. — Elytres allongées, subcy- 
lindriques, à peine plus larges que le prothorax et chacune arrondio à 
sa base, avec les épaules subealleuscs. — Pattes de grosseur variable, 
plus ou moins longues, les antérieures des mâles plus grandes quo 
les autres ; cuisses graduellement en massue, rarement [brachialis) 
légèrement dentées en dessous ; jambes comprimées, mucronées en 
forme de griffe au bout ou inermes ; tarses assez longs, spongieux en 
dessous; leurs crochets assez grands et faibles. — Les trois segments 
intermédiaires de l'abdomen médiocrement anguleux à leurs extré- 
mités ; saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Métastcrnum 
allongé. — Mésosternum médiocrement largo, incliné ou subhorizon- 

longent lo bord latéral inférieur du rostre et sont visibles en entier. Dans les 
autres espèces de ce geDre, à moi connues, elles sont à l'état normal. 

(1) 11 les atteint chez l'espèce typique {lemniscatus) du genre; chez une iné- 
dite, de Colombie, quo je possède, il en reste à uno distance assez notable. 



240 CURCULIONIDES. 

tal, rétréci et tronqué en arrière. — Corps allongé, subcylindrique, 
écailleux. 

Genre très-tranché et dont Schœnherr a décrit trois espèces () ). Celle 
(lemniscatus) qui lui a servi de type est de grande taille ; les autres 
sont de moitié plus petites. Toutes sont noires et revêtues, tant en 
dessus qu'en dessous, de grandes écailles jaunâtres, peu serrées, qui 
voilent à peine leurs téguments. Le prothorax est criblé do points 
enfoncés, et les élytres sont régulièrement striées. Ces insectes sont 
propres à l'Amérique intcrtropicale ; leurs femelles paraissent se dis- 
tinguer uniquement des mâles par leurs pattes antérieures plus 
courtes. 

NERTUS. 
Schoenh., Curcul., VIII, 1, p. 76. 

Mâles : Tète globuleuse, assez saillante, impressionnée sur le front ; 
rostre au moins do la longueur de la moitié du corps, grêle, légère- 
ment arqué; ses scrobes commençant dans son milieu. — Antennes 
assez longues, grêles; scape peu à peu on massue, restant à une très- 
grande distance des yeux; funicule à articles obeoniques : l allongé, 
2-7 notablement plus courts, subégaux; massuo oblongo-ovale, fai- 
blement articulée. — Yeux très-grands, déprimés, ovales, transver- 
saux. — Prothorax plus long que large, régulièrement conique, fai- 
blement bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs arqués et 
dirigés en arrière ; prosternum échancré en arc sur son bord anté- 
rieur, plan et assez large entre les hanches antérieures. — Ecusson 
carré. — Elytres presque planes, allongées, régulièrement rétrécies en 
arrière, pas plus larges que le prothorax et faiblement sinuées à leur 
base, avec les épaules nulles. — Pattes longues, surtout les anté- 
rieures; cuisses sublinéaires; jambes comprimées, bisinuées en de- 
dans, les antérieures parfois (Mannerheimii, suturalis) dentées dans 
leur milieu interne, brièvement mucronées au bout, les autres infir- 
mes ou subinermes ; tarses assez longs, très-larges, densément spon- 
gieux en dessous; leurs crochets petits, soudés à leur base. — Seg- 
ments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément en arrière, le 
1 er et le 2° soudés ensemble; saillie intercoxale large, subogivale. — 

(1) S. lemniscatus, squamans, du Brésil; brachialis, du Mexique; Schœnb. 
Curcul. VIII, 1, p. 74; j'en connais deux espèces inédites de Colombie. 

Le genre Ceimim.ospii.er us de Dejean (Cat. éd. 3, p. 310), établi sur uno es- 
pèce du Brésil qu'il nomme reclirostris, est très-voisin de celui-ci et n'en dif- 
fère que par sa tète plus grosso, son rostre plus court et sos pattes plus ro- 
bustes; dans l'unique exemplaire que j'ai sous les yeux, mais qui est probable- 
ment un mâle, les cuisses antérieures sont très-grosses, fusiformes et arquées. 
Ces caractères semblent, au premier aspect, assez importants, mais les Stron- 
cïlotes paraissent être sujets à varier d'espèce à espèce, et lo genre en ques- 
tion de Dcjcau n'est peut-être qu'une de leurs formes. 



MUUIDES. 2il 

Saillie mésosternale large, inclinée, rétréeie et coupée carrément en 
arrière. — Corps trôs-allongé, subelliptique, partiellement écailleux. 

Femelles ■ Outre leur taille plus grande, elles diffèrent des mâles 
par leur rostre plus long, droit ou moins arqué, ainsi que par leurs 
antennes plus allongées, et dont l'insertion est plus antérieure. 

Les espèces de ce genre sont en ce moment au nombre de quatre 
décrites par Schœnherr, dont deux (Mannerheimi, suturalis) d'assez 
grande taille et les deux autres (Germari,acuminatus) beaucoup plus 
petites. Toutes sont d'un noir ou d'un jaune ferrugineux brillant, à 
peine distinctement ponctuées à l'oeil nu, et finement striées sur les 
élytres, sculpture pareille à celle des Madarides. Leur vestiture con- 
siste en écailles jaunes, oblongues,, revêtant les côtés du corps, ou 
formant sur la suture une bande accompagnée parfois {suturalis) 
d'une autre transversale et oblique sur chaque élytre. Toutes sont 
propres au Brésil. 

TRACHYMERUS. 
ScnoENH., Curcul, VIII, 1, p. 260. 

Mâle : Tète concave entre les yeux; rostre un peu plus long qu'elle 
et le prothorax réunis, grêle, faiblement arqué ; ses scrobes commen- 
çant un peu au-delà de son milieu. — Antennes submédianes, assez 
longues, grêles; scape grossissant peu à peu, atteignant presque les yeux; 
funicule à articles obeoniques : 1 relativement très-allongé, 2-7 courts, 
peu à peu plus épais, 7 contigu à la massue; celle-ci grêle, à article 
1 en cône renversé et allongé, les autres très-courts. — Yeux très- 
grands, déprimés, transversaux, ovales, médiocrement séparés sur le 
front. — Prothorax presque aussi long que large, droit sur les côtés, 
puis arrondi et brusquement tubuleux en avant, faiblement bisinué à 
sabase, avec son lobe médian large et très-court ; prosternum largement 
et assez fortement excavé jusqu'au niveau du bord postérieur des han- 
ches antérieures. — Ecusson carré. — Elytres assez allongées, médio- 
crement convexes, graduellement rétrécies en arrière, àpeine plus larges 
que le prothorax à leur base, avec les épaules subcalleuses. — Pattes 
assez longues, robustes, les antérieures notablement plus que les autres ; 
cuisses presque graduellement en massue, hérissées d'aspérités en des- 
sous; jambes comprimées, légèrement sinuées, assez fortement muero- 
nées au bout ; tarses médiocrement longs, spongieux en dessous, leurs 
crochets très-petits, soudés. — Les trois segments intermédiaires de 
l'abdomen légèrement arqués a leurs extrémités. — Métasternuin 
allongé. — Mésosternum très-large. — Corps oblong, presque glabre. 

J'ai souslesyoux l'exemplaire même do la collection de M. Sommer, 
que Schœnherr a décrit, et un autre que m'a communiqué M. Jekel. 
Tous deux sont très-certainement des maies; la fomello a probable- 
ment lo rostre plus long. 

Colcoiilèrci. Tome Vil. 10 



242 c.imcuuoMDEs. 

Ce remarquable insecte, dont les caractères génériques sont extrê- 
mement tranchés, est de taille moyenne, d'un noir brillant, et orné 
sur chaquo élytre, avant son extrémité, d'une grande tache quadran- 
gulaire formée par des poils d'un rouge ochracé vif ; de là le nom de 
croceoplagialus que lui a imposé Schœnherr. Ses. trois derniers seg- 
ments abdominaux sont revêtus de poils semblables ; le reste do ses 
téguments est glabre. Il habite le Brésil. 

GROUPE VII. Apostosimérides. 

Rostre allongé, subquadrangulaire, faiblement arqué. — Antennes 
longues et grêles. — Prosternum convexe, extrêmement large entre 
les hanches antérieures. — Mésosternum aussi large que lui, ne for- 
mant pas une surface continue avec lui et le métasternum, intime- 
ment soudé avec ce dernier (l). — l'ygidium recouvort (2). — Corps 
allongé, rhomboïdal. 

Le genre Apost.vsimkrus de Schœnherr est le seul connu qui 
puisse rentrer dans co groupe. Le facics do son unique espèce est 
au plus haut degré celui d'un Madaride, mais la structure de 
ses segments thoraciques oblige de le comprendre dans la Sous-Tribu 
actuelle. 

APOSTAS1MERUS. 
SciioEMi., Curcul, VIII, 1, p. 101 (3). 

Mâle : Rostre médiocrement robuste, subquadrangulaire dans toute 
sa longueur, avec sa base jusqu'à l'insertion des antennes un peu 
plus épaisse, denticulé en dessus, sur ses bords, dans sa moitié ter- 
minale ; ses scrobes commençant un peu au-delà do son milieu. — 
Scape des antennes légèrement arqué, brusquement renflé et anguleux 
en dehors à son extrémité, atteignant presque les yeux; funicule à arti- 
cles 1 -A allongés, noueux au bout, 4-7 beaucoup plus courts, obeoniques, 
subégaux; massue oblongo-ovale, articulée; son 1 er article grand. — 

(1) Il se compose, comme de coutume, du doux parties : une horizontale, 
occupant lo fond do la dépression qui sépare le prosternum du métasternum, 
et une verticale qui forme sa saillie. Celle-ci est si intimement soudée avec le 
métasternum, que dans la plupart des exemplaires il faut y regarder de très- 
près pour l'apercevoir. On voit alors qu'elle est largement échancrée a son ex- 
trémité. Le métasternum, qui est également très-large en avant, s'adapte na- 
turellement à cette échancruro. 

(2) Schœnherr l'indique comme étant découvert. Il l'est en effet dans l'exem- 
plaire qui lui a servi et que j'ai sous les yeux ; mais cela tient a ce que l'extré- 
mité de l'abdomen avait été, chez cet individu, repoussée par accident hors 
des élytres. 

(3) J'ai dit précédemment (p. 2'J, note) que le genre Menemacuus de Dojean 
(Cat, éd. 3, p, 311) est très-probablement identique avec celui-ci. 



.MADorrÉniDiis. 243 

Yeux relativement médiocres, déprimés, ovales, transversaux. — Pro- 
lliorax du double au moins plus long que large, brusquement et 
brièvement rétréci en arriére, puis arrondi latéralement, graduelle- 
ment atténué et brièvement tubuleux en avant, bisinué à sa base, 
avec son lobe médian faiblo. — Ecusson quadrangulaire. — Elytres 
médiocrement convexes, plus courtes que le prothorax, fortement et 
peu à peu rétréciesen arrière, un peu plus larges que le prothorax à 
sa base, avec les épaules calleuses. — Pattes antérieures notablement 
plus longues que les autres; cuisses en massue; jambes antérieures 
Insinuées et munies en dedans d'une dent médiane, brièvement 
mucronéesaubout, hérissées de longs poils fins dans leur moitié ter- 
minale; les autres droites et inermes au bout; tarses médiocres, à ar- 
ticles 1-2 obeoniques, villeux, 3 large, suborbiculaire, fendu profon- 
dément, spongieux en dessous, 4 assez long et grêle; ses crochets 
petits. — Les trois segments intermédiaires do l'abdomen brièvement 
arqués à leurs extrémités; les deux 1 ers soudés et séparés par une fins 
suture arquée. — Métasternum allongé; ses épisternums larges. — 
Corps glabre. 

Femelle : Son rostre diffère à peine de celui du mâle, dont elle ne 
se distingue que par sa taille plus grande, ses pattes subégales et 
ses jambes antérieures qui ne sont ni dentées ni frangées au côté 
interne. 

L'unique espèce (scrriroslris Schh.) est de taille moyenne et res- 
semble beaucoup à une Galandride. La brièveté relative de ses ely- 
tres, ainsi que leur forme et leur sculpture, lui donne en même 
temps des rapports réels avec les Thigonocolus (1). Elle est d'un noir 
uniforme assez brillant et originaire du Brésil. 

GROUPE VIII. Madoptérides. 

Rostre de forme variable, plus ou moins arqué. — Antennes de 
longueur variable, jamais très-robustes. — Prostornum convexe, très- 
étroit entre les hanches antérieures. — Mésosternum médiocrement 
large, triangulaire, no formant pas (Pahai.lklosomus excepté) une 
surface continue avec le prosternum et le métasternum. — Pygidium 
découvert ou non; dans le premier cas petit. — Corps très-allongé, 
linéaire, glabre. 

Groupe très-naturel et dont les espèces ont toutes un faciès do 
Cosspnides. L'étroitesse de leur prosternum entre les hanches anté- 
rieures et la forme de leur saillie mésosternale sont, après la graci- 
lité do leur corps, les deux caractères qui contribuent le plus à les 
faire reconnaître. Tous, sans exception, ont la livrée et la sculpture 

(1) Voyez Tome VI, p. 593 ; ligne 17, au lieu de « Ai'otouokmnus, » lisex 

« AroSTASlMEUUS. » 



244 ciftcimoMDES. 

des téguments ordinaires chez les Madarides. Schœnherr n'a connu 
que deux de leurs genres ; deux autres m'ont paru assez intéressants 
pour pouvoir être publiés. 

I. Antennes longues et grêles ; funicule à art. 1 tris-grand : Lispodemus. 

II. — courtes, asseï robustes; — — peu allongé. 
a Rostre robuste, comprimé au moins à sa base 

Pattes longues; rostre régulièrement arqué : Madopterus. 
— courtes ; — gibbeux a sa base : Lkhnus. 
aa Rostre grêle, cylindrique; pattes courtes : Parallelusomus. 

LISPODEMUS. 

Genre nouveau, très-voisin des Madopterus qui suivent, mais d'un 
autre côté trop différent par son rostre et surtout par ses antennes 
pour ne pas en être séparé. 11 s'en distinguo uniquement par les ca- 
ractères suivants : 

Rostre presque de la longueur do la moitié du corps, vertical, peu 
robuste, cylindrique, légèrement dilaté et déprimé au bout; ses scrobes 
commençant dans son milieu. — Antennes longues, grêles ; scape en 
massue allongée au bout, restant à une assez grande distance des 
yeux ; funicule à articles 4 aussi long que 2-4 réunis, noueux au 
bout, 2-4 obeoniques, courts, égaux, 5-7 subglobuleux ; massue fai- 
ble, oblongo-ovale, acuminée au bout. — Elytres recouvrant le py- 
gidium. — Segments intermédiaires do l'abdomen coupés carrément 
en arrière. 

Tout le reste est absolument semblable à ec (fui existe chez les Ma- 
dopterus. Par la longueur de son rostre et do ses antennes, le genre 
fait jusqu'à un certain point le passage entre le groupe actuel et 1rs 
Nertus. 11 ne comprend qu'une espèce (1) de la taille du Madopterus 
talpa et provenant de Morro-Quemado au Brésil. 

MADOPTERUS. 
Scuoenh., Curcul., III, p. 731. 

Rostre médiocre, robuste, cylindrique et légèrement comprimé à 
sa base, arqué ; ses scrobes commençant un peu au-delà de son mi- 
lieu. — Antennes submédianes, courtes, assez robustes; scape en mas- 
sue au bout, n'atteignant pas les yeux; funicule à articles 1-2 allon- 
gés, obeoniques, celui-là plus gros, 3-7 très-courts, sublenticulaires, 

(1) L. femoralis. Ater nitidus,femoribus medio late rufo-ferrugincis, corpore 
subtus grosse caplte rostroque subtiliter punctatis, protliorace lœvi, elytiïs sub- 
tilissimc, apice sumino profunde striatis. Long, (rostr. excl.) 7 mill. Hab. Bra- 
silia prope Noyuui Friburgnm. 



MADopTi'.ninr.s. 245 

grossissant peu a peu ; massue assez forte, oblongo-ovale, articulée. 
— Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax nota- 
blement plus long quo large, presque droit sur ses côtés postérieurs, 
conique et tronqué à sa buse, avec son lobe médian court et étroit ; 
prosternum convexo en avant, très-étroit entre les hanches anté- 
rieures, tronqué en arrière. — Ecusson en carré transversal. — Elytres 
très-allongées, graduellement rôtrécies en arrière, pas plus larges qua 
le prothorax, et chacune isolément saillante à sa base, avec les 
épaules arrondies. — Pattes longues et peu robustes ; cuisses gra- 
duellement, en massue, les postérieures dépassant un peu le 2° seg- 
ment abdominal ; jambes droites, très-brièvement mucronées au 
bout ; tarses médiocres, assez larges, spongieux en dessous, à article 
i médiocre, ainsi que ses crochets. — Pygidium découvert, subhori- 
zontal, transversal, arrondi en arrière; les deux I e " segments abdo- 
minaux soudés ensemble, les trois intermédiaires à peine arqués à 
leurs extrémités ; saillie intercoxale large, ogivale. — Métasternum 
allongé. — Saillie mésosternale étroite, inclinée, en triangle aigu. — . 
Corps allongé, linéaire, glabre. 

Lo genre ne comprend que deux espèces; l'une, originaire de 
Cayonne (talpa Schh.), est peu convexe, l'autre (cylindricus), prove- 
nant du Mexique, est, au contraire, presque cylindrique. Toutes deux 
sont d'un noir brillant, lisses, avec les élytres très-finement striées et 
impressionnées à leur extrémité. Je ne connais pas bien leurs diffé- 
rences sexuelles, à supposer qu'il en existe. Il est, en effet, possible 
que, de môme que chez les Nertus, les tarses soient pareils, ou peu 
s'en faut, chez les mâles et les femelles. 

LICHNUS. 

Mêmes caractères quo les M.voopterus, avec les différences sui- 
vantes : 

Rostre beaucoup plus robuste, gibbeux et fortement comprimé à 
sabaso, séparé du front par un sillon transversal. — Antennes aussi 
courtes, mais plus grêles ; scape arqué, très-mince, brusquement en 
massue au bout, atteignant les yeux ; funicule à articles obeoniques : 
\ allongé, 2-7 graduellement plus courts et plus épais, 7 contigu a 
la massue ; celle-ci assez faible, ovale, subcompaetc, ciliée. — Pro- 
tlinrax peu convexe, en carré long, brusquement rétréci en avant. — 
Elytres parallèles. — Pattes beaucoup plus courtes et plus robustes ; 
cuisses fortement en massue, les postérieures n'atteignant pas le som- 
met du 2 e segment abdominal; jambes comprimées; tarses plus 
courts et plus étroits. — Les deux l"' segments abdominaux com- 
primés latéralement. — Corps parallèle. 

Ces caractères paraîtront sans doute suffisants pour justifier la créa- 



246 CURCllLIONIDES. 

tion de ce genre. L'espèce (1) qui en forme le type est originaire des 
environs do Rio-Janeiro et. de la taille du Madopterus talpa. 

i'ARALLELOSOMUS. 
Scuoenh., Curcul., VIII, 1, p. 39. 

Rostre assez long, peu robuste, cylindrique, faiblement arqué $ 
ses scrobes commençant dans son milieu. — Antennes médianes, 
courtes, assez grêles ; scape graduellement en massue, atteignant a 
peine les yeux ; fumcule à articles 1-2 obeoniques, allonges, celui-là 
le plus grand, 3-7 courts, subturbinés, égaux; massue petite, ovale, 
acuminée au bout, subcompacte. — Youx assez grands, déprimés, 
ovales, transversaux. —Prothorax aussi long que largo, plan en des- 
sus, subparallèle, brièvement tubuleux en avant, faiblement bisinué 
à sa base. — Ecusson quadrangulaire. — Elytres allongéos, dépri- 
mées, parallèles, conjointement arrondies en arrière, pas plus larges 
que le prothorax et légèrement trisinuées à. leur base. — Pattes assez 
courtes, subégales ; les antérieures médiocrement distantes a leur 
base; cuisses fortement en massue; jambes droitos, mucronées au 
bout; tarses médiocres, spongieux en dessous, à articles 1-2 étroits, 
celui-là le plus long, 3 assez large, 4 médiocre, ses crochets lrès-pe- 
tits. — Pygidium tantôt découvert, très-court, déclive, transversal ri. 
arrondi en arrière, tantôt recouvert; lus deux I ers segments abdomi- 
naux confondus ensemble ; saillie intercoxale large, faiblement ar- 
rondie en avant. — Métasternum allongé, ses épisternums étroits. — ' 
Saillie mésosternale horizontale, assez large, en triangle obtus au 
bout (2). — Corps allongé, linéaire, déprimé, glabre. 

Le genre a pour type la Calandra planicollis de Fabricius (3), assez 
petit insecte de Cayonne et du Brésil, ayant le faciès d'un Cossonus 
de forme déprimée. Il est d'un noir brillant, avec le milieu des cuisses 
ferrugineux, pointillé sur le prothorax et finement strié sur les ely- 
tres, sculpture pareille à celles des genres précédents. Je connais deux 
autres espèces du genre, l'une de la région de l'Amazone, l'autre des 
bords de la Plata. 

Note. 

Je ne sais auquel des groupes qui précèdent rapporter les deux 

(1) L. erythroderas. Atcr nitidus, undique (capite rostroque exceptis) sat 
grosso ac dense punctatus, protboiace rufo-femigineo medio subcarinato, cly- 
tris sat profunde (apice prasertim) sulcatis, interstitiis planis. Long, (rostr. 
exclus.) 7 mil!. Hab. Brasilia propo Sobastianopolim. 

(2) A proprement parler, il n'y a aucune différence sensible entre les seg- 
ments tboraciques de ces insectes et ceux des Madarides; mais ils appartien- 
nent trop visiblement au groupe actuel pour en être distraits. 

(3) Syst. El. H, p. 435. 



HADOPTÉRIDES. 247 

genres suivants, que leurs auteurs ont places dans les Baridiides de 
Schœnherr. 

LEPTOBARIS. 
Gebstxck. in Peters, Rcise n. Mozamb.; II, p. 314. 

Rostre cylindrique, aussi long que la tête et le prothorax réunis, forte- 
ment arqué; ses scrobes commençant dans son milieu, séparées en ar- 
riére par une étroite cloison. — Antennes courtes; scape un peu épaissi 
au bout, n'atteignant pas les yeux ; funicule de la longueur du scape, 
à articles I brièvement obconiriuc, 2 du double plus long, atténue à 
sa base, les suivants transversaux, égaux, peu à peu élargis en avant ; 
massue courte, ovalairo, subcompacte.— Yeux rapprochés du dessous 
du la tête. — Prothorax arrondi sur les côtés, brièvement et forte- 
ment tubuloux on avant, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson 
petit, triangulaire. — Elytrcs convexes, parallèles dans leurs deux 
tiers antérieurs, rétrécies et conjointement arrondies à leur extrémité, 
à peine plus larges que le prothorax à leur base. — Hanches anté- 
rieures rapprochées du bord postérieur du prothorax, médiocrement 
séparées ; cuisses de la même paire un peu plus en massue que les 
autres ; jambes finement dcnticulées et ciliées sur leur bord interne, 
munies au bout do deux petits éperons recourbés ; tarses à articles 1 
de moitié plus long et aussi large que 2, 3 élargi, bilobé, 4 grêle ; 
crochets faibles, simples. — Les deux 1 ers segments abdominaux très- 
larges et soudés ensemble. — Corps allongé, cylindrique. 

Le genre doit peut-être rentrer dans le groupo des Baridiides vrais. 
11 a pour type une petite espèce (1) de Mozambique, glabre, d'un 
brun rougeàtre et dont la ponctuation ressemble complètement a 
celles des Baridius. 

TRIGOrtoPTERUS. 
A. Fauvel, liullet. d. I. Soc. Linn. d. Normand., VII (1862), p. 157. 

Tète assez petite, peu convexe ; rostre épais, court, parallèle, peu 
arqué, muni de carènes médianes en dessus ; ses scrobes un peu obli- 
ques. — Scape des antennes renflé au sommet; funicule do 6 articles : 
I presque de moitié plus long que 2, 3-6 égaux, moniliformes; massue 
graduellement élargie, ovalaire. — Prothorax on cône tronqué, très- 
convexe, ses côtés à peine rétrécis à sa base, sinués en avant ; pro- 
sternum muni d'un canal rostral bien marqué. — Ecusson nul. — 
Elytrcs régulièrement coniques, très-convexes, très-largement re- 
pliées sur les côtés où elles sont sinuées et déprimées, arrondies 
au sommet, munies lo long do leur base d'une fine carène transver- 
sale. — Pattes longues, robustes ; cuisses renflées ; jambes munies 

(1) L. castaneus, Gersta-ck. loc. cit. p. 315, pi. 18, f. 14. 



248 CiraCOUONIDES. 

d'une épine à leur ôxtrémité ; tarses larges, à article 3 fortement bitobé. 
Je ne vois rien dans cette formule qui rappelle un Baridiide. L'ab- 
sence seule de l'écusson suffirait pour rendre plus que probable quo 
le genre est étranger à la Tribu actuelle. Si ses épimôres mésothora- 
ciques, dont il n'est rien dit, no sont pas ascendantes, c'est peut-être 
un genre de Cryptorhynchidos. 11 a pour type une petite espèce (11 
de la Nouvelle-Calédonie. 

Sous-Tnmu II. Madarides. 

Mésosternum formant avec le prosternum et le métastornum une 
surface continue, souvent plus ou moins recouvert par une saillie 
postcoxale du premier, ou soudé avec le second. — Antennes jamais 
très-robustes ni leur massue très-grande. 

Ces insectes sont a la fois moins nombreux et beaucoup plus ho- 
mogènes que les Uaridiides vrais. Sauf un très-petit nombre d'excep- 
tions [Pscudochoius decipiem, quelques Madarus), tous sont d'un noir 
ou d'un brun de poix uniformes, et la seule couleur qui relève par- 
fois cette livrée monotone est le fauve plus ou moins vif. Presque 
tous également sont glabres et mit. des téguments plus ou moins bril- 
lants. Ce faciès de Calandrides qui a trompé les anciens auteurs, ainsi 
que je l'ai dit plus haut, est commun parmi eux, mais il n'y a ja- 
mais de difficultés a les distinguer des espèces du groupe en ques- 
tion; la forme normale du pédoncule de leur sous-menton suffit pour 
cela. Mais il n'en est pas de môme des Cossonides qui ont également 
ce pédoncule, normal. Lorsqu'ici la massue antennaire est petite et 
que les épimères mésothoraciques, tout en étant ascendantes, sont 
plus étroites que de coutume, il faut y regarder de près pour no pas 
se tromper, à l'exemple de Schœnherr qui a placé dans le groupe en 
question un genre (Eumycterus) qui appartient à celui-ci. Le meilleur 
caractère pour éviter cette erreur se trouve dans les segments intermé- 
diaires de l'abdomen qui ne sont jamais arqués ou anguleux à leurs 
extrémités chez les Cossonides. 

La distribution géographique des Madarides est un peu plus éten- 
due que celle des Baridiidcs vrais. La plupart sont également améri- 
cains, mais il en existe dans les archipels indiens (quelques Lyterius), 
à la Nouvelle-Guinée (PsiiUDOCiior.rs) et même dans l'Asie-Mineure 
(Eumycterus). 

Leurs genres me paraissent devoir être répartis dans trois groupes 
facilement reconnaissables aux caractères suivants: 

L Prosterimm non canaliculé ni excavé, en général trés- 
largo entre les hanches antérieures. 
Ecusson découvert. Lytéiiiioes. 

(1) T. insignis, Fauvel, loc. cit. p. 158; avec des détails pi. 10 bis, f. M-Hf.. 



] YTiiniiDF.s. 240 

Ecusson en partie caché par le lobe médian de la base 

du prothorax. Madamdes vrais. 

H. Prosternum canaliculé ou excavé, médiocrement large 

entres les hanches antérieures. Baïiïmêhides. 

Groupe I. Lytériidei. 

Prothorax muni d'un faible lobe médian â. sa base; prosternum 
non canaliculé, presque toujours très-large entre les hanches anté- 
rieures, sans saillie postcoxale. — Ecusson découvert, petit, en géné- 
ral quadrangulaire. 

Ce groupe serait très-homogène sans un genre nouveau (Pseudo- 
chou s) dont l'espèce typique a complètement le fades d'un Cholus, 
mais auquel, à part cela, je ne trouve pas de titres suffisants pour 
constituer un groupe spécial. Toutes ses autres espèces ont beaucoup 
d'analogie avec les Madoptérides par leur corps plus ou moins dé- 
primé, leur livrée, la sculpture de leurs téguments, la forme de leur 
ecusson et la structure de leurs segments thoraciques. Seulement 
leur forme générale n'est pas linéaire; chez les unes elle estoblongue, 
chez les autres plus ou moins elliptique. Ces insectes me paraissent 
d'après cela devoir être placés en tète de tous les Madarides. Ils for- 
ment les cinq genres suivants : 

I. Scrobes rostrales ae dépassant pas ou que peu le milieu du rostre. 

a Rostro très-long, très-déprimé, rubaniforme : Elasmorhinus. 
a a — au plus assez long, cylindrique, plus ou moins comprimé. 
I> Prothorax sans corne en avant} pygidium indistinct ou faiblement dé- 
couvert. 
Mésosternum transversal, tronqué en arriére : Lyterius. 
— en triangle curviligne : Eumycterxts. 
bb Prothorax muni d'une corne en avant; pygidium et 
partie du propygidium découverts : Microstrates. 

II. Scrobes rostrales arrivant à peu de distance de la commissure 

de la bouche : Pseudocholus. 

ELASMORHINUS. 

Rostre do la longueur des trois quarts du corps, arqué, très-briè- 
vement épaissi et comprimé ,1 sa base, déprimé, très-mince et paral- 
lèle dans le reste de son étendue ; ses scrobes inférieures, n'occupant 
que la partie épaissie de sa base. — Antennes subbasilaires, assoz lon- 
gues, grêles; scape en massuo au bout, atteignant les yeux; funieulo 
à articles obeoniques : 1-2 allongés, subégaux, 3-7 courts, décroissant 
peu il pou ; massuo petite, ovale, à article 1 grand. — Yeux très- 
grands, déprimés, oblongs, transversaux. — Prothorax médiocrement 



S50 euncitr-ioNiDKs. 

convexe, transversal, faiblement arrondi sur les cotés, brusquement 
et assez longuement tulmleux en avant, légèrement bisinué à sa base ; 
prosternum médiocrement large entra les banches antérieures, faible- 
ment prolongé en arrière de colles-ci. — Iîcusson quadrangulaire. — 
Elytres médioorement convexes, assez allongées, régulièrement oblon- 
gues, pas plus larges que le protborax et trisinuées à leur base. — 
Pattes assez longues, subégales ; cuisses presque graduellement en 
massue ; jambes comprimées, les quatre antérieures un peu flexueu- 
ges, les postérieures arquées à leur base, toutes assez fortement mu- 
cronôes au bout; tarses médiocres, spongieux en dessous, ;\ articles 
1-2 étroits, 3 assez large, fortement bilobé, 4 mince et médiocre ; ses 
croebets très-petits, très-grêles, et soudés a leur base. — Les trois 
segments intermédiaires de l'abdomen à peino arqués à leurs extré- 
mités. — Saillie intercoxale très-large, un peu arrondie en avant. — 
Métasternum assez allongé ; ses épisternums larges. — Mésosternum 
indistinct (1). — Corps oblong, glabre. 

11 n'existe p&s, dans la Tribu entière, de genre qui ait le rostre aussi 
long que celui-ci ni où il affecte une forme pareille ; sa ressemblance 
avec une lame très-mince et étroite, est complète. 11 est probable, du 
reste, que je n'ai a ma disposition que la femelle de l'espèce (2) qui 
compose le genre et qui m'a été communiquée par M. C. A. Dobrn 
comme provenant de Surinam. 

LYTERIUS. 
ScnoENii., Curcul., "VIII, 1, p. 84. 

Schœnherr a réuni dans ce genre quatre espèces, dont trois origi- 
naires des archipels indiens (3) et une (mêlas) de l'Amérique du Sud. 
Je ne connais des premières qu'une seule (instabilis) propre aux îles 
Philippines. Elle n'appartient pas même à la section actuelle, ses épi- 
mères mésothoraciques étant petites et nullement ascendantes, et doit 
par conséquent figurer dans la section précédente. Ignorant s'il en 
est de même chez les deux autres, je suis obligé, pour ne pas em- 
brouiller la nomenclature., de conserver provisoirement le genre de 
Schœnherr, mais en exposant ses caractères uniquement d'après les 

(1) .Te ne parviens pas à en découvrir aucun vestige , et comme il est peu 
probable (pie le prosternum, par suite de sa brièveté en arriére des hanches 
antérieures, le recouvre complètement, j'en conclus qu'il s'est confondu a\eo 
le métasternum. 

(2) JE. longirostris. Piccus nitidus, subtus dense punctatus, protborace medio 
laevl, elytris subtilitor sliiatis, interstitiis planis vix punctulatis. Long, (rostr. 
exclus.) G mill. 

(3) t. musculus Fab., abdominalis Web., Sumatra; instabilis Sclib.; Phi- 
lippines; Schœnh, loo. cit. p. 83. 



I.YTl'.niII)ES. 251 

espèces américaines dont j'ai plusieurs inédites sous les yeux, outre le 
mêlas. 

Rostre assez allongé, au plus médiocrement, robuste, cylindrique, 
plus ou moins comprimé à sa base, arqué ; ses scrobes commençant 
vers son milieu. — Antennes médianes, médiocres, assez robustes ; 
scape en massue au bout, atteignant les youx; funicule à articles I 
obeonique, allongé, assez gros, 2-7 très-courts, transversaux, serrés, 
grossissant graduellement, 7 contigu à la massue ; celle-ci médiocre, 
ovale, acuminée au bout, articulée. — Yeux assez grands, déprimés, 
ovales, transversaux. — Prothorax transversal ou non, plus ou moins 
déprimé, droit sur les côtés en arrière, puis arrondi et fortement tu- 
lmleux en avant, faiblement bisinué à sa base ; prosternum aplani 
dans son milieu, très-large entre les hanches antérieures, tronqué en 
arrière. — Ecusson petit, quadrangulaire. — Elytres déprimées, ré- 
gulièrement oblongo-ovales, à peine plus larges que le prothorax et lé- 
gèrement échancrées à leurbase, avec (es épaules obtuses.— Pattes mé- 
diocres; cuisses en massuc;jambes droites, très-brièvement mucronées 
au hout; tarses courts, plus ou moins larges, à articles 3 débordant 
faiblement 1-2, 4 assez long; ses crochets médiocres. — Les trois seg- 
ments abdominaux intermédiaires faiblement arqués a leurs extré- 
mités; saillie intcrcoxale très-large, subtronquée en avant. — Méta- 
sternum assez long, plan, ses ôpisternums médiocrement larges. — 
Mésosternum plan, fortement transversal. — Corps oblongo-ovale, 
déprimé, glabre. 

D'après les exemplaires des trois espèces que j'ai entre les mains, 
les femelles me paraissent différer très-peu des mâles : leur rostre est 
seulement un peu plus grêle, et leurs tarses sont plus étroits. 

Ces insectes sont à peine de taille moyenne, d'un noir assez bril- 
lant, criblés de points enfoncés en dessous ainsi que sur le protho- 
rax, et finement pointillés sur les élytres qui sont étroitement striées, 
avec les intervalles entre les stries plans. L'Amérique du Sud possède 
plusieurs formes très-voisines (1). 

EUMYCTERUS. 
Schoenh., Curcul., IV, p. 1083. 

Rostre assez allongé, peu robuste, cylindrique et médiocrement 
arqué; ses scrobes commençant un peu au-delà de son milieu. — 
Antennes médiocres, pas très-grèles; scape graduellement eu massue, 
a atteignant pas les yeux ; funieulo à articles 1-2 allongés, obeoniques, 

(1) Entre autres le Baris complanata de Dcjean (Cat. éd. 3, p. 313) qui, si 
1 exemplaire que j'en ai sous les yeux est authentique, ne diffère absolument 
d" genre actuel quo par son rostre épaissi et quadrangulaire daus sa moitié 
basilalre, puis cylindrique et grêle en avant. Peut-être cette forme du rostre 
est-elle propre à toutes les femelles du genre. 



2,'i2 et ■nr.iiLioxinF.s. 

celui-là plus long et un peu plus gros, 3-7 très-courts, serrés, gros- 
sissant peu à pou; massue assez petite, oblongo-ovale ; son 1 er article 
gTand, en cône renversé. — Yeux placés assez bas, médiocres, dépri- 
més, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax plus long que large, 
légèrement arrondi «ur les côtés, tronqué en avant, très-faiblement bi- 
sinuô à sa base; prosternum un pou convexe, assez large et plan entro 
les hanches antérieures, tronqué en arrière do celles-ci. — Ecusson 
petit, arrondi en arrière. — Elytrcs peu convexes, assez allongées, 
parallèles, conjointement arrondies en arrièro, pas plus larges que la 
prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules 
nulles. _ Pattes médiocres; cuisses en massue; jambes droites, très- 
briôvement mucronées au bout; tarses courts, étroits, faiblement 
spongieux en dessous, à article 4 long; ses crochets petits et très- 
jvpùh-s. — Pygidium à peine découvert, transversal; les deux 1 ers seg- 
ments abdominaux confondus ensemble, le 2° et les doux suivants 
largement arqués à leurs extrémités; saillie intercoxale largo, arrondie 
en avant. — Métasternum assez long, ses épisternums assez étroits. 

— Mésosternum largement découvert, en triangle curviligne. — Corps 
oblong, partiellement écaillera. 

Schœnhorr a placé ce genre parmi les Cossonides : la structure de 
ses épimôres mésothoraciques et de ses segments abdominaux inter- 
médiaires prouve qu'il appartient à la section actuelle. La seule 
espèce décrito {albotignalus Sehh.) est un petit insecte do l'Anatolie, 
noir et saupoudré do petites écailles blanchâtres et caduques. 

MICROSTRATES (1). 

Rostre assez allongé, peu robuste, cylindrique, légèrement com- 
primé à sa base, faiblement arqué ; ses scrobes commençant un peu 
avant son milieu. — Antennes assez courtes, grêles; scape subfili- 
forme, atteignant les yeux ; funicule à articles 1-2 allongés, sub- 
égaux, 3-7 très-courts, subturbinés, grossissant peu à pou ; massue 
assez forte, oblongo-ovale, faiblement articulée. — Yeux grands, dé- 
primés, ovales, transversaux. — Prothorax plus long que large, droit 
61) arrière sur les côtés, rétréci en s'arrondissant et tronqué en avant, 
avec une corne assoz grosse, médiocre, horizontale, au milieu de son 
bord antérieur, tronqué à sa base; prosternum plan, très-large 
entre les hanches antérieures. — Ecusson carré. — Elytres presque 
planes, médiocrement allongées, légèrement rétrécies en arrière, pas 
plus larges que le prothorax à leur base, avec les épaules obtuses. 

— Pattes médiocres; cuisses robustes, en massue, un peu arquées; 
jambes comprimées, subanguleuses, obliquement tronquées et très- 
Ci) Syn. Torneutes, Scliœnh. Curcul. VIII, 1, p. 272; j'ai dû changer fo 

nom employé, plusieurs années auparavant, par M. Ueicl) (Trans. of Ihc entom. 
Soe. II, p. 9) pour un genro de Longicornes. 



LÏTliMlUES. 2b3 

brièvement mucronées au bout ; les antérieures frangées de longs 
poils au côté interne ; tarses assez courts, spongieux en dessous, à 
articles 1-2 grêles, 3 fendu jusqu'à sa base, ses lobes étroits, 4 al- 
longé ; ses crochets petits. — Pygidium et partie du propygidium à 
découvert, celui-là transversal ; les trois segments intermédiaires do 
l'abdomen assez fortement arqués à leurs extrémités; le l° r aplani, 
soudé dans son milieu au 2°; une grande dépression arrondie et 
superficielle sur le 5 e . — Métasternum long, plan. — Mésosternum 
fortement transversal, un peu rétréci et tronqué en arriére. — Corps 
oblong, subdéprimé, glabre en dessus. 

La seule espèce connue [cucullus Schh.) est de taille médiocre et 
en entier d'un noir peu brillant en dessus. Les deux exemplaires dont 
je dispose sont exactement pareils et paraissent être des mâles; peut- 
élro la corne du prothorax est-elle absente ou moins développée chez 
la femelle. Cet insecte est du Brésil. 

PSEUDOCHOLUS. 

Rostre fléchi, allongé, assez robuste, médiocrement arqué, cylin- 
drique et comprimé dans touto sa longueur ; ses scrobes commençant 
à une médiocre distance do son extrémité, rapidement inférieures, 
très-longuement confluentes en arrière (1). — Yeux grands, dépri- 
més, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax convexe, un peu 
transversal, droit sur les côtés dans ses deux tiers basilaires, puis ar- 
rondi, fortement et brusquement fabuleux en avant, bisinué en arc 
à sa base, avec un lobo médian assez large, peu saillant et arrondi ; 
prosternum légèrement convexo, très-large entre les hanches anté- 
rieures. — Ecusson médiocre, transversal, arrondi en arrière. — 
Elytres un peu plus longues quo le prothorax, convexes, peu à peu 
cl fortement rétrécies en arrière, pas plus larges que le prothorax et 
trisinuées à leur base, avec les épaules très-obtuses. — Pattes assez 
longues, les antérieures plus que les autres; cuisses presque graduel- 
lement enjnassue, les intermédiaires munies en dessous d'une très- 
petite dent ; jambes droites, brièvement mucronées au bout; tarses 
longs, les antérieurs déprimés, villeux en dessous; tous à article 1 
plus long que 2, 3 large, spongieux en dessous, 4 grand; ses crochets 
médiocres, grêles, parallèles. — Pygidium recouvert; l" segment 
abdominal assez fortement concave ; les trois suivants anguleux à leur 
extrémité; saillie intercoxalo très-large, un peu arrondie en avant. — 
Mésosternum fortement transversal, saillant dans son milieu et ar- 
rondi en arrière. — Corps elliptico-ovale, glabre. 

Genre nouveau et intéressant par la forme particulière, la livrée 

(1) Ou, si l'on aime mieux, eoutluentes il partir du tiers basilaire du rostre. 
Les antennes manquent clans l'exemplaire unique que j'ai à ma disposition ; il 
est probable qu'elles sont assez longues et grêles. 



2U4 CUR61 LIONiDES. 

éclatante ot l'habitat de lunk[ue espèce (1) qui en l'orme le type. Elle 
ressemble tellement à un Cholus, qu'au premier ooup-d'œil elle m'a- 
vait paru appartenir à ce genre. Mais ses épimercs mésothoraciques 
ascendantes et la direction de ses scrobes rostrales m'ont prompte- 
ment tiré d'erreur. Cet insecte, originaire do la Nouvelle-Guinée, m'a 
été communiqué par M. Hiehl. A en juger par la longueur de ses 
pattes antérieures, la l'orme de leurs tarses, et la concavité du 1 er seg- 
ment abdominal, l'unique exemplaire que j'ai sous les yeux est plus 
que probablement un mâle. 

Groupe II. Madarides vrais. 

Prothorax muni à sa base d'un lobe médian saillant et recouvrant 
en partie l'écusson; prosternum non canaliculé, plus ou moins large 
entre les hanches antérieures, te plus souvent pourvu d'une, saillir 
postcoxale recouvrant le mésosternum en entier. — Ecusson en trian- 
gle curviligne, concave en avant. 

La forme générale est presque toujours elliptique ou rhomboïdale, 
et le fades se rapproche de celui do quelques Calandrides. Les tégu- 
ments sont le plus souvent très-brillants, surtout en dessus, par suite 
de la finesse ou de l'absence de la ponctuation, et les élytres fine- 
ment striées. Les caractères qui précèdent sont, du reste, si tranchés, 
qu'ils ne nécessitent aucune observation particulière Les genres qui 
les possèdent ne sont qu'au nombre de quatre. 

I. Prosternum sans saillie postcoxale; mésostemum distinct : Kutoxus. 

II. — muni d'une — recouvrant en entier le mesoslernimi. 
« Antennes terminales; pygidium en c6ue aigu : Conoproctus. 

a a — médianes ou infra-médianes ; pygidium court, transversal. 
Hanches antér. médiocrement séparées : Madarus. 
— — tres-fortement — : Dactylocrcpis. 

EUTOXUS. 
Sciigemi., Curcul., VIII, 1, p. 103. 

MMe : Rostre très-allongé, grêle, pins épais, comprimé et droit 
dans sa moitié basilaire, cylindrique et brusquement arqué en avant; 

ses scrobes commençant dans son milieu, confluentes en arrière. — 
Antennes assez longues, grêles; soape graduellement en massue, res- 
tant à une grande distance des yeux; Canicule à articles obeoniques : 

(1) P. decipiens. Yiridi-iuetillicus subtus aurco-micans, nitidissimus, rostro 
nigro subtus antico bifariam tuberculato, pectorc sparsim sat grosse pnnclato, 
prosterne antice abdomlneqae basi rugosis, prolhorace Ucvi, clytris subtilissime 
puDClatO-strlatis. Long, (rostr. exclus.) 8 mill. Uab. Nova Guincà. 



MADAMDES VIUIS. 255 

1-2 allongés, 3-7 plus courts, subégaux ; massue médiocre, oblongo- 
ovale, articulée; son 1 er article allongé, en cône renversé. — Yeux 
grands, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax beaucoup plus 
long que large; droit sur les côtés dans son quart basilaire, puis régu- 
lièrement conique, fortement bisinué à sa base, avec son lobe médian 
recouvrant en grande partie l'écusson ; prosternum très-large et plan 
entre los hanches antérieures, sans saillie postcoxale, muni en avant do 
deux épines. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres planes, 
en triangle allongé, pas plus larges que le prothorax et chacune isolé- 
ment saillante à sa base, avec les épaules faiblement calleuses. — 
Pattes assez longues, les antérieures plus que les autres; jambes 
droites, inermos au bout, les antérieures frangées de longs poils fins 
en dedans ; tarses médiocres,' spongieux en dessous, à articles 3 large, 
i long; ses crochets assez petits. — Pygidium à moitié libre, qua- 
drangulaire, caréné en dessus; les trois segments intermédiaires de 
l'abdomen légèrement arqués à leurs extrémités; le 1 er et le 2° soudés 
ensemble et concaves sur la ligne médiane. — Métasternum assez 
long. — Mésosternum fortement transversal, soudé au métasternum. 
— Corps en ellipse allongée, glabre. 

Femelle : Rostre de moitié plus court, régulièrement et médiocre- 
ment arqué. — Scapo des antennes atteignant presque les yeux. — 
l'mtliorax un peu plus long que large, graduellement rétréci dans 
sa moitié antérieure et légèrement tubuleux on avant. — Pattes sub- 
égales ; jambes antérieures non frangées au côté interne. — Pygidium 
indistinct; les deux 1 ers segments abdominaux non concaves sur la 
ligne médiane. — Corps moins allongé. 

L'unique espèce décrite (reflexus Sehh.) est brésilienne et tantôt 
d'un brun rougeàtre uniforme, tantôt noire, avec les élytres rougeà- 
Ires; entre ces deux livrées il y a tous les passages. Le dessous du 
corps est criblé do points enfoncés, le prothorax ponctué et les élytres 
sont striées-ponctuées, avec les intervalles mitre, les stries légèrement 
convexes. Cet insecte est de taille moyenne et médiocrement commun 
dans les collections (1). 

CONOPROCTUS. 

Hostro do la longueur au moins de la moitié du corps, peu ro- 
buste, arqué, comprimé dans toute son étendue; ses scrobes complètes 
en avant, confluantes en arrière, — Antennes terminales, très-lon- 
gues et grêles; scapo en massue allongée au bout, n'atteignant pas 
les yeux; funicule à articles. 1-2 très-allongés, noueux au bout, celui- 

(1) M. YVutciliouse m'a communique un exemplaire femol|e d'une secondo 
espèce du genre, originaire de la Colombie, très-distincte de l'cspèco typiquo 
pu sa taille notablement plus grande, sa forme plus large, son rostre presque 
cylindrique à sa base et ses élytres plus fortement striées. 



256 tURCULlOMDIiS. 

là presque du double plus long que celui-ci, 3-7 obconiques, décrois- 
sant et grossissant peu à peu; massue allongée, acuminéo, articulée. 
— Yeux très-grands, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax 
beaucoup plus long que large, régulièrement conique, coupé presque 
caiVément à sa baso, avec son lobe médian recouvrant en partie 
l'écusson. — Celui-ci en triangle curviligne, acuminé en arrière. — 
Elytres allongées, presque planes, triangulaires. — Pattes médiocres, 
les antérieures plus longues que les autres ; cuisses en massue allon- 
gée ; jambes droites, brièvement onguiculées au bout; tarses assez 
longs, médiocrement larges, spongieux et villeux en dessous; leurs 
crochets assez grands. — Pygidium découvert, saillant, en cône un 
peu déprimé et aigu (1); les trois segments intermédiaires do l'abdo- 
men non anguleux à leurs extrémités; une fine suture entre le 1 er et 
le 2 e ; saillie intercoxale large, arrondie on avant. — Métasternum 
allongé. — Prosternum large et plan entre les hanches antérieures, 
muni d'une saillie postcoxale échancrée en arrière et recouvrant com- 
plètement le mésosternum. — Corps en ellipse très-allongée, glabre, 
luisant. 

La longueur du rostre, la forme de ses scrobes qui atteignent la 
commissure de la bouche, celle des antennes, enfin celle du pygidium 
font de ce genre nouveau, un des plus tranchés des Madarides. 11 a 
pour type un insecte de Cayenne, d'assez grande taille, et qui liguro 
dans le Catalogue de Dejean (2) sous le nom do Madarus quadripla- 
giatus. On peut en donner une idée exacte en disant que c'est un 
Madahus de forme très-allongée, d'un noir brillant, et qui présente 
sur chaque élytre deux grandes taches oblongues et obliques d'un 
rouge fauve (3). 

MADARUS. 
SciioiiNii., Curcul,. Disp. melh., p. 273 (4). 

Rostre assez long, plus ou moins robuste, un peu comprimé à sa 
base, puis peu à peu et légèrement atténué à son extrémité, forte- 
ment arqué; ses scrobes commençant vers son milieu, subconniventes 
ou conniventes en arrière. — Antennes médiocres, assez robustes; 
scape en massue au bout, n'atteignant pas tout-à-fait les yeux ; funi- 
cule à articles 1 allongé, noueux au bout, 2-7 graduellement plus 
courts et plus épais; massue forte, oblongue, articulée. — Yeux 

(1) Il eu résulte qu'il est tout aussi visible eu dessous qu'en dessus et que 
l'abdomen se compose en réalité de six segments. 

(2) Ed. 3,p.311. 

(3) C. quadriplagiatus. Ater nitidus, rostio prothoraeeque locvibus, elytris 
sublilissime punctato-striatis, singulo maculis duabus fulvis. Long, (rostr. ex- 
clus.) 15mill. Habit. Cayenuà. 

(4) Syu. Culandiw r ;lis ^ fftb. Syst. El. Il, p. -435. 



JIADAMDliS VBA18. 267 

grands, déprimés, ovales, transversaux. —Prothorax au moins aussi 
long que large, peu convexe, graduellement rétréci et non ou faible- 
ment tubuleux en avant, coupé presque carrément à sa base, avec 
son lobo médian on triangle curviligne et recouvrant en partie l'é- 
cusson ; prosternum large entre les hanches antérieures, plan, muni 
d'une saillie postcoxale plus ou moins échancrée, et recouvrant en 
entier le mésosternum. — Ecusson en triangle curviligne aigu. — 
Elytres plus ou moins allongées, peu convexes ou planes, graduelle- 
ment rétrécies en arriére, à peine plus larges que le prothorax à leur 
base, avec les épaules obtusément calleuses. — Pattes médiocres, les 
antérieures plus longues que les autres; cuisses en massue, inermes 
ou munies d'une petite dent en dessous; jambes un peu comprimées, 
droites et brièvement mucronées en griffe au bout; tarses assez longs et 
assez larges, spongieux en dessous, à articles 1-2 triangulaires, 3 large, 
fendu jusqu'à sa base, 4 très-long; ses crochets simples. — Pygï- 
dium plus ou moins découvert. — Les trois segments intermédiaires 
de l'abdomen à peine ou non anguleux à leurs extrémités; le 1 er 
soudé au 2°. — Métasternum allongé. — Corps oblongo-rhomboïdal. 

Les différences sexuelles sont pou apparentes chez ces insectes ; le 
rostre lui-même ne parait pas différer beaucoup sous ce rapport. 

Le gonre, tel que Schœnher'r l'a composé (1)', contient doux typai 
distincts, qui doivent former au moins deux sections. Dans l'un, 
d'après lequel la formule qui précède a été exclusivement rédigée, 
les espèces sont d'un noir brillant tantôt uniforme, tantôt relevé sur 
les élytres par deux ou quatre taches d'un rouge sanguin (2). Les 
espèces (3) do l'autre sont plus larges ; leurs téguments sont d'un 
bronzé obsciu;, plus ou moins pubescents, et leurs élytros sont ornées 
de taches jaunâtres formées par des poils, ou môme entièrement pu- 
bescentes, ainsi que les cotés du prothorax; ce dernier, au lieu d'af- 
fecter la forme conique, est parallèle sur les cotés, puis brusquement, 
tubuleux en avant ; enfui, le prosternum n'est pas convexe, mais lar- 
gement aplani. 

(1) Il en a décrit (Curoul, VIII, 1, p. 105) 14 espèces qu'il a réparties peu 
naturellement dans deux sections, selon que les cuisses sont inermes (biplagia- 
tus, quadripustulatus, etc.) ou dentées, ce qui est le cas le plus commun. On 
n'en a publié, depuis, aucune espèce, que je sache. Quelques-unes de celles do 
Schœnberr sont douteuses, génériquement parlant, telles que le rectirostris et, 
a un moindre degré, le singularis. 

(2) Ce sont, outre les deux espèces citées dans la note précédente : SI. cor- 
vinus et ebenus ; il y en a un assez grand nombre d'inédites dans les collec- 
tions. - 

(3) Je ne puis citer e.x visu que les M. vorlicosus et migratur et deux es- 
pèces nouvelles de ma collection qui en sont voisines ; mais, d'après les des- 
criptions, il est probablo que les M. disligma, binutulus, bistrigcllus et commu 
de Scliœnbcrr appartiennent à cette section. 

Coléoplèm. Tome Vil. 17 



258 CDRCULIOmOES. 

Le genre est médiocrement riche en espèces et habite les deux 
Amériques, mais principalement celle du Sud dans ses parties inter- 
tropicales. 

DACTYLOCREPIS. 
Schoenb., Curcul., VIII, 1, p. 265 (1). 

Mâles : Rostre assez long, médiocrement arqué, épaissi et comprimé 
dans son tiers basilaire, grêle et filiforme dans ses deux tiers anté- 
rieurs; ses scrobes commençant au sommet de la partie épaissie, con- 
niventes en arrière. — Antennes infra-médianes, courtes et assez 
robustes; scape graduellement en massue, n'atteignant pas tout-à- 
fait les yeux; funicule à articles obeoniques: 1-2 allongés, celui-là 
plus long et plus gros, 3-7 courts, grossissant peu à peu ; massuo 
forte, oblongo-ovale, articulée. '— Yeux grands, déprimés, ovales, 
transversaux. — Prothorax presque aussi long que large, peu con- 
vexe, graduellement rétréci et brièvement tuhuleux en avant (2), 
coupé presque carrément à sa base, avec son lobe médian triangulaire 
et recouvrant en partie l'écusson ; prosternum muni, près de son bord 
antérieur, de deux courtes épines parfois peu distinctes, très-large 
entre les hanches antérieures et muni d'une saillie postcoxalo large- 
ment tronquée en arrière et recouvrant en entier le mésosternum. — 
Ecusson en triangle curviligne. — Elytres presque planes, peu à peu 
rétrécies en arrière, pas plus larges que le prothorax à leur base, avec 
les épaules subcalleuses. — Pattes antérieures beaucoup plus longues 
que les autres; cuisses en massue allongée; les quatre antérieures 
munies d'une petite dent aiguë ; jambes presque droites, onguiculées 
à leur extrémité; tarses médiocres, les antérieurs hérissés partout de 
longs poils; tous à articles 1-2 étroits, 3 fendu jusqu'à sa hase, avec 
ses lobes grêles ; 4 long; ses crochets simples. — Pygidiuin décote» 
a ni, in triangle curviligne; les trois segments intermédiaires de l'ab- 
domen à peine arqués à leurs extrémités; le 1 er soudé au 2 e ; saillie 
intercoxale large, arrondie en avant. — Métasternum allongé. — Corps 
oblong, subelliptique, glabre. 

De même que Schcenherr, je regarde comme des mâles les exem- 
plaires conformes à la formule qui précède ; pas plus que lui, je 
n'en ai vu d'autres. Dans l'origine, il avait, placé l'unique espèce dé- 
crite (flabellilarsis Schh.) parmi les Cyuni>ko<.euus; plus tard (3), il 
l'a dite voisine dos Centmnus; mais c'est des Mad.uujs qu'elle se rap- 
proche le plus, au point que sans la formo différente de son rostre, 

(1) Syn. Cylinmioceuus, Scliœnh. Curcul. 111, p. 794; olim. 

(2) Chez une espèce inédite de Colombie que je possède, sous le nom do 
attenualirostris Chetrol., il est en carré long, régulier, mais, du reste, tubu- 
lcux comme chez l'espèce typique. 

(3) Curcul. VIII, 1, p. 266. 



IIAKYMÉItlDES. 250 

de ses tarses et de sa saillie intercoxale, elle ne pourrait pas en être 
sépaiée. Cet insecte, originaire de Cayenne, est de taille médiocre et 
d'un noir brillant prenant parfois une teinte rougeàtre. 

GROUPE III. Baryméridei. 

rrothorax muni à sa base d'un faible lobe médian; prosternum 
canaliculé ou excavé, médiocrement large entre les hanches anté- 
rieures, pourvu d'une saillie postcoxale recouvrant plus ou moins 
le mésosternum. — Ecusson libre. — Pygidium découvert. 

Le faciès propre aux Calandrides arrive à son maximum dans ce 
groupe, qui doit dès-lors terminer la section actuelle. Il ne comprend 
que les deux genres suivants : 

I. Pygidium seul découvert : Darymertts. 

II. — et propygidiutn découverts : Physoproctus, 

BARYMERUS (1). 

Mâle : Rostre assez long et assez robuste, faiblement arqué, épaissi 
dans ses deux tiers basilaires, atténué et déprimé en avant; ses scro- 
bes commençant un pou au-delà de son milieu. — Antennes submé- 
diancs, médiocres, peu robustes; scape fortement en massue au bout, 
restant à une assez grande distance des yeux ; fuuicule à articles 1-2 
allongés, celui-là plus long et plus gros, 3-7 ciliés, courts, obeoni- 
ques, grossissant graduellement; massue assoz forte, brièvement 
ovale, articulée. — Yeux grands, déprimés, oblongs, transversaux. 
— Prothorax peu convexe, allongé, légèrement arrondi sur les côtés, 
graduellement rétréci et tronqué en avant, coupé presque carrément 
à sa base, avec un lobe médian très-court ; prosternum un peu con- 
cave en avant, sa saillie postcoxale échancréo et recouvrant la base 
du mésostornum.— Ecusson carré. — Elytres médiocrement convexes, 
graduellement rétrécies en arrière, un peu plus larges que le protho- 
rax à leur base, avec les épaules obtusément calleuses. — Pattes mé- 
diocres, les antérieures un peu plus grandes que les autres; cuisses 
extrêmement grosses, renflées et arquées en dessus ; jambes compri- 
mées, droites, mucronées au bout; tarses médiocres, à articles 1-2 
très-étroits, pyriformes, celui-là plus long, 3 fendu jusqu'à sa base, 
avec ses lobes étroits et divergents, seul spongieux en dessous, 4 beau- 
coup plus long que 1-3 réunis ; ses crochets assoz grands. — Pygi- 
dium découvert, quadrangulairo, oblique; les trois segments inter- 
médiaires de l'abdomen légèrement arqués à leurs extrémités, le 1" 

(1) Syn. Physomeiius, Scliccnli. Curcul. VIII, 1, p. 208; nom déjà employé 
par M. Burmeiiter (Huudb, d. Eutoni. 11, p. 3il) pour ungeurc d'Hémiptères. 



2G0 CinClLIOMDI'.S. 

soudé au 2" ; saillie intcrcoxale très-large, arrondie en avant. — Mé- 
tasternum allongé, largement concave.— Mésosternum en carré trans- 
versal. — Corps oblongo-olliptique, glabre. 

Femelle : Je n'ai à ma disposition qu'un exemplaire privé de sa 
tète. Selon Schœnhorr, son rostre égale le corps en longueur, mais, 
du reste, est construit sur le même plan que celui du mâle. Son py- 
gidium est en triangle curviligne assez aigu, et son métasternum 
simplement aplani, sans aucune trace de concavité. 

L'espèce typique du genre est originaire de Cayenne et a reçu de 
Schœnherr le nom de calandroides, qu'elle mérite en effet. Mais elle 
ressemble moins à un Sfhenoi'horus, comme il l'a dit, qu'à un Pha- 
c.ecorynes. Elle est de taille moyenne, d'un noir peu brillant, et ses 
élytres sont assez fortement striées. 

PHYSOPROCTUS. 

Rostre assez allongé et assez robuste, médiocrement arqué, peu à 
peu atténué en avant, comprimé dans ses deux tiers basilaires ; ses 
scrobes commençant vers son tiers antérieur. — Antennes subanté- 
rieures, médiocres, robustes ; scape brusquement en massue au bout, 
n'atteignant pas tout-à-fait les yeux ; funicule à articles l relativement 
très-allongé, 2-7 courts, très-serrés, grossissant peu à peu et formant 
presque insensiblement la massue ; celle-ci ovale, obtuse, faiblement 
articulée.— Yeux grands, déprimés, ovales, transversaux.— Prot'horax 
médiocrement convexe, en carré long, brièvement tubuleux en avant, 
paraboliquement coupé de chaque côté de sa base, avec son lobe mé- 
dian médiocre et en triangle curviligne; prosternum canaliculé, mais 
peu profondément; sa saillie postcoxalc légèrement échancrée en 
arrière, ne recouvrant pas le mésosternum. — Ecusson en triangle 
curviligne. — Elytres assez allongées, presque planes, légèrement 
rétrécies d'avant en arrière, pas plus largos que le prothorax à leur 
base, avec les épaules faiblement calleuses. — Pattes médiocres, très- 
robustes; cuisses très-grosses, surtout les antérieures et les posté- 
rieures, en massue subfusiforme, subcanaliculées en dessous; jambes 
comprimées, faiblement arquées à leur base, inermos au bout ; les 
antérieures munies en dedans d'une grande lame arrondie sur son 
bord libre ; tarses médiocrement larges, spongieux et villeux en des- 
sous, à articles 3 grand, fendu jusqu'à sa base, 4 long et grêle ; ses 
crochets médiocres. — Propygïdium et pygidium découverts ; le l oc 
très-grand, en carré long, caréné sur la ligne médiane, le 2 e renfli', 
transversalement globuleux, les trois segments intermédiaires de l'ab- 
domen arqués à leurs extrémités, canaliculés dans leur milieu.— Mé- 
tasternum aplani, assez long. — Mésosternum transversal, soudé au 
métastcmuin, en triangle obtus à sommet dirigé en avant. — Corps 
oblong. 



cuncuuoNiDES. 261 

Ce genre nouveau est établi sur un insecte du Brésil (1) de la 
taille des plus grands Maiurus, d'un faciès un peu plus massif, et 
qui, comme plusieurs do ces derniers, est d'un noir profond, uni- 
forme et très-brillant. J'en ai sous les yeux deux exemplaires que 
MM. C. A. Dohrn et Jekel ont bien voulu me communiquer. Le se- 
cond de ces savants entomologistes m'a envoyé le sien sous les noms 
de Gonocnemis baridioides; mais le premier étant déjà employé dans 
la famille des Ténôbrionides (2) et le second ne mo paraissant pas 
suffisamment exact, j'ai dû les changer tous deux. 

Les deux exemplaires en question sont très-certainement des mâles, 
et il est plus que probable que la femelle est dépourvue de lame aux 
jambes antérieures et n'a pas l'extrémité de son abdomen aussi dé- 
couverte, ni son pygidium aussi renflé. 

Cet insocte a aussi son très-proche analogue, parmi les Calandrides, 
dans un genre propre à l'Afrique australe et qu'on trouvera plus bas 
sous le nom de Cyrtorhinus. 

PHALANGE II. 

Cadre buccal variable, le plus souvent anormal. — Funicule des 
antennes do 7 à 4 articles; leur massue compacte, très-rarement 
subarticulée, en général cornée à sa base et spongieuse en avant, 
parfois entièrement spongieuse. — Tarses imparfaitement ou non 
spongieux en dessous; leur 3° article entier et recevant le 4 e dans 
une cavité de sa face supérieure ou de son extrémité antérieure, ra- 
rement bilobé. 

Cette Phalange correspond a la troisième et dernièro des Sections 
quo Schœnherr a établies dans ses Mécorhynquos et comprend, dès 
lors, ses Divisions des Campyloscélides, Rhynchophorides, Cossonidos 
et Dryophthorides. 

Cet arrangement est loin d'être conforme à la nature, et la struc- 
ture des organes buccaux de ces insectes, dont on n'a pas tenu compte 
jusqu'ici, m'a obligé do le modifier profondément. Les Campyloscé- 
lides seuls sont restés tels que Schœnherr les a établis; ses Rb.ynob.0- 
phorides, au contraire, contiennent trois éléments très-distincts, 
tandis que ses Dryophthorides m'ont paru devoir être réunis aux 
Cossonid.es. En ajoutant aux cinq groupes ainsi obtenus les Oxyrhyn- 
chides que Schœnherr, dans sa méthode, a dû placer parmi les Or- 
tkoeeres, mais qui appartiennent de toute évidence il la Phalange 
actuelle, cette dernière se compose en tout do six Tribus, basées 
principalement sur les modifications des organes buccaux qui rendent 
par conséquent nécessaires quelques explications. 

(1) P. Dohrnii. Ater, nitidus, glaber, subtus sat grosse supra sublilius punc- 
tatus, olytris toevibus, tenuiter striatopunctatis. Long, (rosir, exclus.) 12 mill. 
(1) Yoyei Tome V, p. 469. 



262 riiRcnioxinr*. 

Dans- doux de ces Tribus seulement, colles dos Campyloscélidos el 
dos Cossonidos, ces organes sont ft l'état normal, c'est-à-dire pareils 
à ceux des Mécorhynques do Sohœhherr en général. Le sous-men- 
ton est fortement échancré, et son pédoncule peu ou médiocrement 
saillant. 

Dans deux autres, celles des Calandrides et des Stromboscérides, 
le changement qui s'est opéré dans le cadre buccal consiste simple- 
ment en ce que lo pédoncule est aussi long que l'échancrure du 
sous-menton et entre en contact, ou peu s'en faut, avec les mandi- 
bules. Les mâchoires sont découvertes en entier, comme do coutume, 
mais la lèvre inférieure, repoussée on avant par lo pédoncule, est 
tros-réduite et presque toujours invisible sans dissection. 

Enfin dans les deux dernières Tribus, celles des Oxyrhynchides et 
des Sipalides, l'échancrure du sous-menton et son pédoncule ont 
complètement disparu. Le cadre buccal ne consiste plus qu'en une 
ouverture occupant l'extrémité du rostre et échanerée de chaque eèté 
pour loger les mandibules qui la remplissent ordinairement en entier 
quand elles sont fermées. Los mâchoires sont recouvertes (1); niais 
assez souvent (par ex. quelques Oxyuhynciius, la plupart des Ruina) 
on aperçoit une partie de la lèvre inférieure ou ses palpes seu- 
lement. 

11 suit de là que les quatre dernières do cos Tribus sont nettement 
séparées de tous les autres Curculionides par leurs organes buccaux, 
ce qui n'a pas lieu pour les deux premières. 11 y a pour celles-ci 
une question systématique assez délicate à résoudre, celle do savoir 
s'il ne vaudrait pas mieux les reporter dans la Phalange précédente 
et ne laisser dans celle-ci que les quatre autres. Mais si les Cossonidos 
se rattachent de très-près aux Madarides, ainsi que je l'ai dit plus 
haut, d'un autre côté ces insectes finissent, par se rapprocher tellement 
de la Famille suivante, celle des Scolytides, qu'un de leurs genres 
(Stenosckus) a élé placé parmi ces derniers, et que, dès lors, il parait 

(1) Ces insectes ne sont par conséquent plus phanérognathes, ni adélogna- 
tlies non plus, dans le sens régulier du mot, puisque ce n'est plus le menton 
qui recouvre leurs mâchoires. Ils devraient, par conséquent, à la rigueur, for- 
mer une troisième légion équivalente à chacune des deux quo je viens de nom- 
mer. Lorsque j'ai rédigé les généralités de In Famille, je n'avais pas encore 
bien compris cette organisation particulière dont on peut se rendre compte en 
supposant que chez un Calandride ou un Stromhoscéride, le pédoncule du 
sous-menton s'est élargi et s'est soudé avec les bords latéraux de l'échancrure 
de ce dernier. 11 en résulterait nécessairement quelque chose d'absolument 
identique à co qui existe dans les deux groupes dont il s'agit en ce moment. 
Cette explication très-simple me porto ù croire qu'il vaut mieux considérer 
cette structure insolite comme une exception à ce qui existe chez les pbanéro- 
gnathes que comme devant servir à l'établissement d'un groupe aussi élevé 
qu'une Légion, D'ailleurs, les genres qui la possèdent no sont qu'au nombre de 
•ix. 



ctinr.uuoNiDKs. 263 

impossible de les placer ailleurs qu'A la fin des Curculionides. Je laisse 
donc, en ce qui les concerne, les choses dans l'état où elles sont en 
ce moment (1). 

Les nombreuses modifications que subissent les autres organes de 
ces insectes étant exposées plus loin dans le plus grand détail, il est 
superflu de s'y arrêter ici. Je ferai soulcmont remarquer que des épi- 
mûres mésothoraciques ascendantes existent fréquemment chez eux, 
mais que ce caractère ne peut pas servir de point do départ pour 
leur classification, étant dominé par la valeur plus grande de ceux 
empruntés aux organes buccaux, au mode d'insertion des antennes et, 
aux yeux. 11 est très-rare, au contraire, que leurs segments intermé- 
diaires soient arqués ou anguleux à leurs oxtrémités; doux genres 
seulement ( Hetehotoxhs, Piucecorynes ) de Calandridcs en four- 
nissent des oxemplos. 

Quoique moins vasto que la précédente, cette Phalango est loin 
d'être pauvre. Le nombre do ses genres mentionnés plus bas s'élève 
a 74, parmi lesquels plusieurs sont nouveaux. En dehors des Cosso- 
nides qui sont assez bien représentés en Europe, cette partie du 
globe n'en possède que doux (Sphenophowjs, Calandiu) du groupe 
des Calandridcs. Les six Tribus dans lesquelles se répartissent ces 
genres sont faciles à reconnaître aux caractèros suivants : 

1. l'ygidium découvert (2) ; cadre buccal fortement échan- 
cré; mâchoires complètement découvertes; yeux line- 
meut granulés. 

(1) Une opinion nouvelle s'est produite dans ces derniers- temps au sujet des 
Calandiïdes et des Cossonides, celle de ne plus les comprendre dans les Curcu- 
lionides, mais de les regarder comme formant un ou deux groupes ayant la 
même valeur systématique que ces derniers. M. G. Thomson (Skandin. Col. I, 
p. 145) n'en fait qu'un seul groupe qu'il nommo CoMtontdœjM. Jokel (Ins. Saun- 
ders. Col. H, p. 158, et Ann. d. 1. Soc. entom. 1864, p. 540) en admet deux 
auxquels il conserve les noms que leur a imposés Schœnhcrr. Il m'est impos- 
sible d'adopter cette opinion à l'appui de laquolle on ne peut invoquer que deux 
caractères : la structure compacte do la massue des antennes de ces insectes et 
le 3" article de leurs tarses non bilobé. Or, lo premier n'est pas rare chez 
les Curculionides (par ex. Microcérides, Brachycérides, Dinomorphides) et le 
second n'est pas non plus, à beaucoup près, sans exemple parmi eux (par ex. la 
plupart des Ilyrsopsides et des Amyctérides). En dehors do ces deux particu- 
larités, je ne vois absolument rien qui autorise à regarder ces deux groupes 
comme deux typos isolés. L'étude des espèces exotiques résout cette question 
en dévoilant l'intime analogie qui existe entre eux et les derniers groupes des 
Baridiidos. Les Cossonides ont les organes buccaux a l'état normal, et ceux des 
Calandrides ne présentent qu'une légère déviation do cet état. Co sont plutôt 
les Oxyrhynchides ot les Sipalides, chez lesquels ces organes sont beaucoup 
plus aberrants, qui auraient des titres à former une Famille à part; mais, en 
réalité, ils n'en ont auenu, leur organisation Étant, a part cela, fondamentale- 
ment la mémo que celle des Curculionides. 

(2) Un seul genre (ënpiiylax) fait exception sous ce rapport, et pourrait dè| 



264 



CURCULIONIDES. 



Pédoncule du sous-mcnton court. Campyi.osceudes. 

— — aussi long que l'échancrure 

du cadre buccal. Caiandiudes. 

II. Pygidium recouvert. 

a Yeux fortement granulés, très-grands, déprimés, 

transversaux, contigus en dessous. 
li Cadre buccal des Calandrides. Stromboscerides. 

bà — terminal, échancré sur les côtés 

pour loger les mandibules; les au- 
tres organes buccaux non ou im- 
parfaitement visibles. 
Antennes droites. Oxyriiynt.hidf.s. 

— coudées. Sipaudes. 

a a Yeux finement, parfois fortement granulés, au 
plus médiocres, souvent petits ou nuls, toujours 
très-fortement séparés en dessous; cadre buccal 
des Campyloscélides. Cossonidm, 



TRIBU LXXVII. 
CAMPYLOSCÉL1DES. 

Cadre buccal fortement échancré; pédoncule du sous- mouton court, 
laissant, en entier les mâchoires à découvert. — Mandibules oourtesj 
en tenailles. — Antennes insérées verts le milieu du rostre; funicule 
de sept articles ; massue non sécuriforme. — Yeux finement granulés, 
très-grands, de forme variable, largement séparés en dessous. — 
Elytres laissant, ou non le pygidium a découvert. — Jambes fortèr» 
ment onguiculées au bout ; tarses filiformes; leur 3" article en général 
à peine plus long que lo 2 e , jamais bilobé. — Episternums du Bléta- 
thûrax étroits; ses épimères très-petites. — Epimôres mésothoraciques 
non ascendantes. — Corps oblong ou elliptique. 

Les organes buccaux étant absolument pareils il ceux des Méco- 
rhynquès de Sohœnheri en général, no donnent lieu à aucune obser- 
vation en ce qui les concerne. Par ce caractère, lo mode d'insertion 
de leurs antennes, la composition de leur funicule, la forme du rostre 
Ot la direction de leurs scrobes qui sont inférieures, ces insectes ont 
conservé de nombreux rapports avec les Madarides, et c'est ce qui 
m'engage à les placer en tête de la Phalange actuelle. Ils en ont de 
non moins intimes avec les Gossonides et devraient, à la rigueur, être 

lors être confondu avec les Cossonidcs, qui ont le cadre buccal à l'état normal, 
comme les Campyloscélidcs. Il s'en distingue aisément par sa massue anten- 
nalre cylindrique cl spongieuse, forme dont il n'y a pas d'exemple cbez les Cos- 
sonidcs. 



CAMPYLOSCÉLIDF.S. 26i> 

placés à oôté d'eux. Mais leur faciès est Bl différent que j'ai cru devoir 
sacrifiop cotte analogie. Ils sont pou nombreux, propres à l'Afrique 
uu il Madagascar, ot ne constituent que les trois genres suivants : 

I. Pygidium découvert; tarses filiformes. 

Massue antennaire en entier veloutée : Campyloscelus. 
— — en partie cornée : Âmorbnius. 

II. Pygidium recouvert; 3° art. des tarses un peu élargi ; Epipliylax, 

CAMPYLOSCELUS. 
Schoenh., Curcul., VIII, 2, p. 197. 

Rostre assez long et assez robuste, cylindrique, comprimé à sa base; 
ses scrobes commençant un pou au-delà de son milieu, profondes, 
passant rapidement en dessous et réunies en arrière par un sillon 
transversal. — Antennes médiocres, assez robustes; scape grossissant 
peu à peu, atteignant les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, ob- 
foniques, égaux, 3-7 courts, égaux; massue allongée, cylindrique, 
atténuée et obtuse au bout, compacte, veloutée. — Yeux grands, 
uvales, transversaux. — Prothorax allongé, déprimé sur le disque, pa- 
rallèle dans ses doux tiers basilaires,puis arrondi et un pou resserré en 
avant, faiblement bisinué à sa base, avec un lobo médian large, très- 
oourt et tronqué. — Ecusson assez petit, ovalairo, convexe. — Elytres 
déprimées, oblongo-elliptiques, pas plus larges que le prothorax et 
très-légèrement trisinuées à leur base. — Pattes médiocres, robustes; 
les antérieures médiocrement écartées à leur base; cuisses très-for- 
tement en massue, brièvement pédonculées à leur base, armées d'une 
grande dent triangulaire; jambes comprimées, fortement onguiculées 
au bout; tarses assez longs, linéaires, à articles 1 aussi grand que 
2-3 réunis, 4 long; sos crochets médiocres. — Pygidium découvert, 
assez petit, transversal, arrondi en arrière; saillie intercoxale très- 
large, parallèle, tronquée en avant. — Métasternum allongé, aplani, 
largement arrondi en avant. — Mésosternum large, un peu rétréci et 
tronqué en arrière. — Corps déprimé, elliptique, écaillera. 

On n'en connaît qu'une espèce (Westermanni Scbh.) de la côto de 
Guinée, de taille moyenne et ressemblant assez à nn Spiirnopuoiius 
de forme déprimée. Elle est d'un noir assez brillant, et revêtue de 
poils jaunâtres squammiformes avec le prothorax largement dénudé 
dans son milieu, sur toute sa longueur, et les élytres traversées par 
une bande régulière, de môme nature, au-dessous de leur milieu; le 
premier est presque lisse, les secondes sont assez fortement striées. 

AMORBAIUS. 
Schoenh., Curcul., VIII, 2, p. 199. 

Je ne connais de ce genre que l'un des soxes que je crois être le 



266 f.iinr.iM.ioMDKs. 

mille. Il est voisin, mais bien distinct des Campyi.osceus, cl il suffira 
d'indiquer 1rs différences qui l'en sapaient. 

Mâles .- Rostre épaissi et comprimé dans sa moitié basilaire, cylin- 
drique on avant et un peu déprimé au bout; ses scrohcs commençant 
dans son milieu, passant rapidement sous lui et séparées en arrière 
par une étroite cloison. — Antennes plus courtes; funicule à article 
d soûl allongé; massue oblongo-ovalo, veloutée, cornée dans sa moitié 
basilaife, subarticulée. — Prothorax pareil, mais plus convexe et 
caréné dans son milieu. — Elytres planes dans leurs deux tiers anté- 
rieurs, déclives en arrière. — Jambes un peu arquées à leur base, 
légèrement saillantes au côté interne dans leur milieu. — Métastor- 
nuni notablement plus court, brusquement rétréci et en carré trans- 
versal entre les hanches intermédiaires. — Mésosternum un peu moins 
large. 

Femelles : Les exemplaires que je suppose appartenir à ce sexe, 
auraient, selon Si'leenherr, le rostre linéaire et presque droit. 

Le genre est propre, connue le précédent, à la côto occidentale 
d'Afrique. Outre l'espèce décrite par Schœnberr {infeslus), et qui est 
de la taille du Campyloscelus WeHermanni, il y en a dans les col- 
lections une seconde, de moitié plus petite et originaire du Vieux- 
Calabar. Toutes deux sont revêtues de petites écailles d'un brun 
jaunâtre qui voilent à peine leurs téguments, et la sculpture de ces 
derniers n'est pas la même que dans le genre qui précède. Le pro- 
tborax est, eu effet, plus ou moins rugueux, et les intervalles étroits 
qui séparent les stries des élytres, sont connue denticulés en scie. 

EPIPHYLAX. 
ScnâENii., Curcul., VIII, 2, p. 202. 

Rostre allongé, médiocrement robuste, arqué, un peu épaissi et 
comprimé dans au moins sa moitié basilaire, cylindrique en avant; 
. ses scrobes commençant un peu au-delà de son milieu, passant rapi- 
dement sous l>:i et subconniventes en arrière. — Antennes assez 
longues, pevi robustes; scape graduellement en massue, atteignant 
{(f'I) ou non (9 ?) les yeux; funicule h articles 1-2 allongés, obeoni- 
ques, celui-ci le plus long, 3-7 très-courts, égaux; massue compacte, 
veloutée, grêle et cylindrique {(f'I), ou oblongo-ovalo (9 ?). — Yeux 
assez grands, légèrement convexes, ovales, longitudinaux, empiétant 
un peu sur le rostre, et médiocrement séparés en dessus. — Prot borax 
plus long que large, peu convexe, largement et longitudinalenient 
bicanaliculé en dessus, caréné dans son milieu, paraboliquement 
arrondi sur les côtés, rétréci en avant, assez fortement bisinué il sa 
base. — Ecusson petit, snbovale, convexe. — Elytres un peu plus 
longues que le prothorax, planes (ephippiyer) ou un peu convexes 
(binodulus), eUiptico-ovales, pas plus largos que le prothorax et lé- 



CA1AKDBIDBS. 207 

gèrcmont insinuées a leur base. — Pattes assez longues, médioere- 

nn-iii robustes, les antérieures Faiblement Béparées jouisses fortement 
en massue, grêles à leur base, armées en dessous d'une dent au plus 
médiocre cl triangulaire; jambes comprimées] arquées, fortement 

onguiculées au bout; tarses longs, linéaires, à articles 1 allongé, 3 un 
peu élargi, en triangle allongé, 4 assez grand, ainsi que ses crochets. 
— l'ygidium recouvert; les deux 1 ers segments abdominaux séparés 
par une suture arquée bien distincte; saillie intercoxalo large, un 
peu arrondie en avant. — Métasternum de longueur moyenne. — 
Mésostornum large, rétréci et tronqué en arriére. — Corps elliptique, 
faiblement écailleus. 

I, 'invisibilité du pygidium distingue nettement ce genre des deux 
précédents. Il est propre à Madagascar et no contient que les deux 
espèces nommées dans la formule ci-dessus. Elles sont de la taille 
des AsiomiAies, niais diffèrent sensiblement, l'une de l'autre sous le 
rapport de la livrée et de la sculpture des téguments. 

TRIBU LXXVIII. 
CALANDR1DES. 

Cadre buccal profondément échancré; pédoncule du sous-menton 
atteignant le bord antérieur de l'échancrure, laissant en entier les 
mâchoires à découvert. — Mandibules variables. — Antennes insérées 
au maximum sur le {*' tiers du rostre (1), en général beaucoup plus 
prés do sa base; funiculo de articles; massue cornée à sa base, 
spongieuse en avant, le plus souvent sécuriformo. — Yeux finement 
granulés, très-grands, déprimés, transversaux, presque toujours sub- 
contigus en dessous. — Elytres laissant le pygidium à découvert. — 
Jambes onguiculées ou mucronées au bout; 3° article des tarses 
beaucoup plus large que le 2° chez la plupart, jamais bilobé. — 
Epistemums et épimères du mésothorax de forme très- variable. — 
Epimères mésothoraciques le plus souvent ascendantes. — Corps va- 
riable, rarement écailloux. 

La seuli! altération qu'ait éprouvée ici le cadre buccal consiste, ainsi 
qu'on l'a vu plus haut, en ce que le pédoncule du sous-menton s'est 
allongé au point do so mettre en contact avec les mandibules, en 
laissant les mâchoires il découvert, mais en cachant la lèvre inférieure 
et si-s palpes qui sont extrêmement réduits, et dont on n'aperçoit que 
rarement quelques vestiges,. Cette organisation ne se retrouvera (dus 
que dans la Tribu suivante des Strumboscérides qui est, du reste, 
très-différente de celle-ci. 

(I) Los PitoTocF.nius femelles sont les seuls chez qui l'iosortlon de ces or- 
ganes est médiane; chez leurs malus, elle est à l'état normal. 



2C8 r.unr.unoNWF.s. 

Sous les autres rapports, les Calandrid.es Varient beaucoup et les 
modifications qu'ils éprouvent rendent nécessaire et facile de les ré- 
partir dans des groupes secondaires. La plupart ont été négligées 
jusqu'ici, ce qui l'ait que ces insectes passent pour plus homogènes 
qu'ils ne le. sont en réalité. Dans Le nombre, je citerai principalement 
celles que subissent les mandibules, la massue antennaire, les épi- 
sternums et les épimôros du métathorax, enfin les épimères mésotho- 
raciques, selon qu'elles sont ascendantes ou non. Ce dernier caractère, 
malgré son importance, ne peut pas servir de base à la classification 
de la Tribu. Un autre, tellement commun qu'il devrait peut-être 
figurer dans la caractéristique de cette dernière, consiste en ce que 
le métasternum, qui est toujours allongé, pénètre habituellement dans 
une éclianciure du bord postérieur du mésosternum. La saillie post- 
coxale du prosternum, si commune choz les Madarides, se retrouve 
également ici, mais elle manque le plus souvent et, sauf chez les 
O.mmatolampus, no recouvre qu'imparfaitement le mésosternum. 

Par le grand nombre do leurs espèces, la variété de leur livrée qui 
est le plus souvent due à une sorte d'enduit très-fin, et la taille do 
plusieurs d'entre eux, les Calandrides constituent un des groupes les 
plus intéressants de la Famille. C'est dans leurs rangs que se trouvent 
les plus grands Curculionides connus. Quant à leurs habitudes, sauf 
les Calandiu, dont les espèces do petite taille vivent probablement 
toutes aux dépens des graines, ces insectes paraissent se nourrir des 
tissus des végétaux maladifs et qui ont éprouvé un commencement 
d'altération. Dans les pays chauds où ils abondent, on les trouve 
ordinairement fouillant les troncs plus ou moins décomposés des 
palmiers, des Cycadéos et des bananiers. Mais quelquefois aussi ils 
attaquent les végétaux sains et deviennent, alors très-nuisibles (1). 

Plusieurs de leurs larves sont connues, et même quelques-unes 
depuis longtemps; mais il n'en est que trois, celles des Rhynchophorus 
Zimmermanni (2), Phacecorynes Sommeri (3) et Sphenophorus lyra- 

(1) C'est ce qui a lieu notamment pour le Rhynchophorus palmarum de l'A- 
mérique intertropicale qu'on rencontre habituellement dans les conditions que 
je viens d'indiquer. 11 y a longtemps que Guilding. dans un Mémoire cité par 
M. Westwood (An Introd. etc. I, p. 347), et que je no connais pas, a signalé 
que cet insecte attaque les plans de canne à sucre récemment mis en terre et 
y cause parfois de tels ravages, qu'il faut en renouveler la plantation. Selon le 
même auteur, une autre espèce, qu'il nomme Cal. succhari, attaque les feuilles 
du végétal en question, mais seulement lorsqu'elles ont déjà subi quelque 
atteinte. 

(2) Candèze, Mém. d. I. Soc. d. Se. d. Liège, XVI, p. 375, pi. 4, f. 1 ; '«es 
parties méridionales des Etals-Unis, où elle est très-commune et attaque prin- 
cipalement le Chamcerops pnlmello. 

(3) Burmeister, Zur Naturgescbichte der Cattung Calandra, nebst Bcsclirci- 
bung ciner ceuen Art : C. Sommeri; in-i°, 24 p. avec 1 pi., Berlin 1837; 
vil an Cap dans une espèce de Cycadée, YEncephalarclus AUensteinii. 



OAI.ANMUIIES. 269 

tus (I) dont on possède des descriptions réellement scientifiques; d'une 
troisième, celle du Hhynchophorus palmarum, on n'a qu'une seule 
bonne figure (2) sans description détaillée ; enfin celles de deux au- 
tres, les Calandra granaria (3) et oryzœ (4), n'ont encore été ni dé- 
crites, ni figurées convenablement. 

Avec les caractères généraux des larves de la Famille, les quatre 
premières de celles qui précèdent se font remarquer par leur aspect 
massif et charnu, le volume de leur tète, la forme robuste de leurs 
mandibules, l'absence des pattes et colle presque constante des stem- 
mates; une seule d'entre elles [Hhynchophorus Zimmermanni) en 
possède un de chaque côté. Elles diffèrent principalement par la 
forme de leur dernier segment abdominal qui est tantôt terminé par 
deux saillies longues, aiguës et redressées [Phaccconjnes Sommeri), 
tantôt muni d'un mamelon terminal simple {Sphenophorus lyratus) 
ou double (Hhynchophorus palmarum) et hérissé de quelques cils, 
tantôt enfin (Hhynchophorus Zimmermanni) petit, simple, arrondi au 
bout et protégé, tant en dessous qu'en dessus, par une plaque cornée. 
Toutes ces larves construisent, avec des fibrilles végétales, une coque 
grossière dans laquelle s'opère leur métamorphose, à la différence 
des larves granivores des Calandha qui se changent simplement en 
insectes parfaits dans la graine dont elles ont rongé l'intérieur. 

Les Calandrides sont plus particulièrement propres aux régions 
chaudes du globe. Nulle part ils ne sont plus multipliés qu'aux 
Indes orientales. En Europe, ils ne sont représentés que par un très- 
petit nombre d'espèces appartenant aux genres Sphenopuokus et Ca- 
landra. Les groupes dans lesquels j'ai dit plus haut qu'on peut les 
répartir, sont les suivants. 

(1) Coqucrcl, Ann. d. 1. Soc. entom. 1849, p. 415, pi. 14, n» III, f. 15 ; ob- 
servée à la Martinique dans les tiges des bananiers. 

(2) Celle donnée par M. Blanchard, dans son Hisl. liât. d. Ins. pi. 10, f. 10. 
L'ancienne ligure publiée par mademoiselle Merlan, dans ses 1ns. Surinamcns. 
pi. 18 et copiée par Hcrbst (Die lvclcr, VI, pi. 0, f. 5), lui est inférieure. On 
sait depuis longtemps que dans quelques parties de l'Amérique intcrtropicale, 
cette larve est recherchée comme une friandise; M. Schomburgk (Reis. in Brit. 
Gnyana, I, p. 181) a fait connaître que les Indiens de la Guyane mangent éga- 
lement l'insecte parfait. 

(3) Elle n'a encore été figurée, à ma connaissance, que par Friscb et De 
Gcor. Pour ces deux auteurs, ainsi que pour ceux qui en ont simplement 
parlé, voyez Cliapuis et Candèze, Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, p. 567. 
Quant aux ués-nombreux écrits dont cette larve a été l'objet au point de vue 
économique, on en trouvera l'indication dans la « Iîibliotlieca eutomologica » 
de M. Hagon. Il est possible qu'aile ait été décrite cl figurée dans quelques-uns 
d'entre eux qui me sont inconnus. 

(4) On ne l'a encore ni figurée ni décrite; parmi le petit nombre d'auteurs 
qui eu ont parlé, le plus essentiel à consulter est Kollar, Sitzungsbcr. d. Wicn. 
Àcad. 1818, V, p. 3. Pour les autres, voyez Cliapuis et CandCzc, loc. cit. 



210 rxiu.ULlOMMiS. 

I. Episternums du métatborax extrêmement larges; 

ses épimères très-grandes. 1 Riiïnchoi'koiudïs. 

II. — — de largeur variable, mais jamais exces- 

sive; ses épimères au plus assez grandes. 
a Mandibules munies de lobes renversés en de- 
hors- 2 Omhatolampides. 
a a — en tenailles, sans lobes. 
6 Epimères mésotboraciques acuminées en baut, 
plus ou moins ascendantes. 
Massue antennaire comprimée, sécuriforme. 3 Sphènocorïmdes. 
— — oblongue ou ovale. 5 Calandmdes vrais. 
66 Epimercs mésothoraciques coupées carrément 

ou obtuses en baut, non ascendantes. i Sphénophorides. 

uaa Mandibules triuuctres, aiguës, saillantes. G Litosomides. 

GROUPE I. Rhynohophoridej. 

Mandibules épaisses, munies (Riiyncuopiiohus excepté) de lobes 
recoui'bés en dehors. — Tète arrondie. — Antennes médiocres; leur 
massue sécuriforme. — Ecusson plus ou moins grand, en triangle 
très-allongé et très-aigu au bout. — Episternums du métathorax ex- 
trêmement larges; ses épiméres très-grandes. — Epimères mésotho- 
raciques acuminées en haut et ascendantes. 

L'excessive largeur des episternums métathoraciques est exclusi- 
vement propre à ces insectes; il n'y arien de semblable dans les 
groupes suivants. Elle est telle qu'elle n'est comprise tout au plus 
que trois luis dans la longueur de ces pièces. La grandeur des épi- 
mères qui les accompagnent n'est pas moins remarquable; elles re- 
montent presque jusqu'au tiers basilaire des episternums. Un certain 
nombre d'autres caractères sont constants chez ces insectes et ne 
peuvent servir à distinguer leurs genres. Ainsi tous ont des scrobes 
rostrales latérales et rectilignes; les yeux contigus en dessous et sé- 
parés en dessus, mais moins choz les femelles que chez les mâles; les 
deux 1 e " articles des tarses étroits, allongés, en général imparfaite- 
ment spongieux en dessous, et le 4 e très-grand, ainsi que ses crochets; 
les deux 1°" segments abdominaux soudés ensemble et distincts l'un 
de l'autre seulement par une très-âne et superficielle suture ; enfin 
le métasternum plus ou moins atténué en avant et reçu dans une 
échancruro triangulaire de la saillie inésosternale qui est large. Ces 
particularités ne iigm'eront par conséquent pas dans les formules 
génériques. 

Ce groupe contient les géants de la Tribu, mais il ne faut pas 
perdre de vue que cette taille est très-sujette à varier dans la môme 
espèce et que, chez les plus grandes surtout, il peut y avoir, sous ce 
rapport, des différences très-considérables selon les individus. A l'es- 



iiiiYNCiiui'iiouinns. 271 

ception des RHYNr.HOPHonis, qui sont répandus dans toutes les parties 
chaudes do l'ancien et du nouveau continent, les cinq genres suivants 
sont propres aux Indes orientales. 

I. Mandibulos munies d'un lobe renversé en dehors. 

a Elytres conjointement et fortement échancrées en arrière. 
b Hanches antérieures assez fortement séparées. 
Massue antennaire en fer de hache saillant 

en dehors : Cyrtolrachelus. 
— — en triangle atténué à sa base : Macrocheirus. 

bb Hanches antérieures faiblcmont séparées : Otidognathus . 
aa Elytres tronquées ou a, peine échancrées en arrière : Protocerius. 

II. Mandibules en tenailles, sans lobes; élytres tronquées en ar- 

rière : Rhynchophorus. 

CYRTOT1UCHELUS. 

Schoenh., Curcul., IV, p. 833. 

Mâles : Rostre allongé, robuste, droit, quadrangnlaire, plus haut 
que large à sa base, dilaté et tronqué au bout, muni en dessus de 
deux rangées de tubercules latéraux; ses scrobes courtes, latérales, 
rectilignos. — Mandibules épaisses, munies d'un lobe déjeté en de- 
hors et bifide au bout. — Antennes assez longues et assez robustes ; 
scape empiétant un peu sur le prothorax ; funieule a articles obeo- 
niques : 2 un peu plus long que les autres ; massue assez grande, 
en triangle inéquilatéral prolongé en dehors ; sa partie spongieuse 
courte, tranchante. — Prothorax au moins aussi long que large, ré- 
gulièrement convexe, arrondi sur les côtés, rétréci antérieiu'ement, 
tulmloux et, muni d'un sillon circulaire en avant, coupé obliquement 
et sinueusement de chaque côté de sa base, avec un lobe médian 
obtuscinont arrondi. — Elytres un peu plus longues que le prothorax, 
planes sur le disque, graduellement rétrécies et conjointement et for- 
tement échancrées en arrière, avec la suture épineuse (longipes ex- 
cepté), très-profondément et sinueusement échancrées à leur base, 
avec les épaules obtuses on dehors. — Pattes longues, robustes et 
comprimées, les antérieures beaucoup plus grandes que les autres (1) ; 
leurs hanches assez fortement séparées ; cuisses linéaires ; jambes 
(surtout les antérieures) ciliées au côté interne, arquées à leur extré- 
mité et prolongées en un robuste muoro recourbé; tarses longs, à ar- 
ticles 1 beaucoup plus long que 2, 3 cordiforme, plus rarement [aux] 
triangulaire et pédoncule a sa base. — Pygidium déclive, assez con- 

(1) Elles sont énormes chez l'une (aux) des trois espèces décrites par Schœn- 
licrr et égalent au moins, y compris les tarses, le corps en longueur ; leurs 
jambes sont en même temps arquées de dehors eu dedans près de leur 
base. 



272 CDRGUU0NIDE8. 

vexe, en général caréné sur la ligne médiane, en triangle curviligne 
arrondi au bout ; saillie intercoxale large, subanguleuse en avant. — 
Métasternum un peu aplani dans son milieu. — Prosternum muni 
d'une forte saillie postcoxale, bilobéo en arriére et recouvrant assez 
fortement le mésosternum. — Corps oblongo-elliptique, glabre. 

Femelles: Rostre lisse en dessus. — Pattes plus égales entre elles- 
leurs jambes plus faiblement ciliées au côté interne. — Pygidium 
plus long et plus aigu en arrière. 

Genre bien tranché, propre aux Indes orientales, et dont les espèces 
mal débrouillées et très-difficiles à distinguer les unes des autres 
abondent dans les collections. Il a pour type la Calandra longipes An 
Fabricius, outre laquelle on n'a encore décrit que deux autres os? 
pèces(l). Toutes sont de très-grande taille, mais très-sujettes à varier 
sous ce rapport. Leur livrée ordinaire est d'un rouge ferrugineux 
assez brillant, avec ou sans tacbes noires; ces dernières, quand elles 
existent, n'ont rien de constant au point de vue du nombre et de la 
forme ; il y a des exemplaires entièrement noirs. A la vue simple, les 
téguments paraissent imponctués; les élytres sont finement, mais' 
assez fortement striées, avec les stries lisses et leurs intervalles 
plans. 

MACROOHEIRUS. 
(De Haan) Scuobnh., Curcul., IV, p. 831. 

Scbœnlierr n'a connu que la femelle de l'unique espèce de ce genre, 
et je me trouve dans le même cas. Ce sexe suffit pour montrer que 
le genre est extrêmement voisin des Cïrtotiiachelus et n'en diflère 
que par les caractères suivants : 

Femelle : Rostre pareil, mais légèrement arqué. — Funicule des 
antennes à articles 2 beaucoup plus long que les autres, 3-6 décrois- 
sant lieu à peu; leur massue -plus petite, triangulaire, pédonculéo à 
sa base. — Elytres plus convexes, moins arrondies chacune au bout, 
leur suture non épineuse à son extrémité. — Jambes à peine ciliées 
au côté interne; 3 e article des tarses subarrondi. — Corps plus oourt 
et plus convexe en dessous. 

Schœnherr nomme prœtor l'espèce typique.. L'exemplaire qu'il en 
possédait était, a ce qu'il dit, trois fois aussi grand que le Cyrlotra- 
diclus longipes ; les deux que j'ai à ma disposition sont loin d'attein- 
dre à cette taille gigantesque. Cet insecte, originaire de Java, est 

(1) C. lar, Ericlis. Scliœnli. loc. cit. p. 837; Philippines. — duœ, Scliœnli. 
iljid. VIII, 2, p. 221; Assam et Bengale. — M. Guéiin-Méncvillc (Icon.; 1ns. 
texte p. 176) a décrit également trois espèces qu'il a rapportées au genre. La 
première (Uuquetii) est sans aucun doule une variété du C. dux; les deux au- 
tres (t/uadrimaculatus , myrmidon) sont Ucs-probablemcnt dus Otipowa- 

TUUS. 



nriYNC.HorHoiunES. 273 

d'un noir assez brillant et la sculpture de ses téguments ressemble à 
celle des Cyrtotrachelus, si ce n'est que leur ponctuation est plus 
forte (1). 

OTIDOGNATHUS (2); 

Genro également très-voisin des Cyrtotrachelus. Scbœnherr n'a 
connu que la femelle d'uno seule do ses espèces; j'ai sous les yeux 
les deux sexes de plusieurs qui sont inédites, et ne leur trouve d'au- 
tres différences génériques que les suivantes : 

Màlcs : Rostro faiblement denticulé sur ses bords en dessus, du 
reste absolument pareil à celui des CrSTOTHACHELuS mâles. — Massue 
antennaire en triangle subéquilatéral ; sa partie spongieuse plus sail- 
lailte. — Elytres moins profondément échancrées en arrière, non épi- 
neuses au sommet de la suture. — Pattes antérieures pas beaucoup 
plus longues que les autres, leurs hanches faiblement séparées; 
Jambes légèrement, parfois à peine ciliées au côté interne. — Pro- 
sternum sans saillie postcoxale, ou celle-ci quand elle existe, ce qui 
est rare, plus courte et recouvrant moins le mésostornum. — Corps 
plus court, elliptico-ovale. 

Femelles : Elles ne différent de leurs mâles que par leur rostre 
lisse ; leurs pattes et leur pygidium sont pareils. 

De tous ces caractères, le plus constant et le plus important me parait 
être l'étroitesse du prosternum entre les hanches antérieures ; il suflit 
pour que le genro mérite d'être conservé. Ses espèces ressemblent à des 
Cyrtotrachelus en miniature, la plupart étant quatre ou cinq fois plus 
petites que ces derniers. Leur sculpture est la même, mais leur livrée 
est plus variée, tout en n'étant composée que des mêmes couleurs, le 
rouge ferrugineux et le noir. Elles sont propres également aux Indes 
orientales, mais semblent habiter plus particulièrement le continent 
indien. Scbœnherr nomme Westermanni l'espèce de l'Assam qu'il a 
connue (3). 

(1) La Calandra longipes de Drury (1ns. 11, p. 61, pi. 3."!, f. 3), quo Schœn- 
lierr a rapportée au geure Puotocemus est probablement une femelle du genre 
actuel, comme lo pense M. Guérin-Méncvillc (Icon.; Ins. texte, p. 175), mais 
cette femelle est très-différente de celle du M. prœtor par sa forme beaucoup 
plus allongée, son rostre notablement plus arqué et ses pattes très-longues. 
M. Guérin-Méncville lui a imposé le nom do M. Druryi. On n'a, par consé- 
quent, publié jusqu'ici que des femelles du genre. 

(2) Syn. LiTOMiYNCiius, Sclia-nh. Curcul. VIII, 2, p. 222 (1845); nom em- 
ployé, cinq ans auparavant, par Jlacqnart pour des Diptères exotiques. 

(3) J'ai dit plus haut (p. 272, noie) que les Cyrtotrachelus quadiïmaculutus 
ot myrmidon de M. Guérin-Méncvillc roc paraissaient appartenir au gonre ac- 
tuel. 

Coléoptères. Tome VU. 18 



274 CXIU'.l LIOMDKS. 

PROTOCERIUS. 
ScnoEMi., Cwxul., IX, p. 828. 

Mâles : Rostre allongé, robuste, presquo droit, un peu comprimé, 
épaissi à sa base, arrondi aux angles, tronqué et denticulé au bout, 
muni en dessus de deux rangées latérales de tubercules. — Mandi- 
bules munies de lobes recourbés en dehors et arrondis au bout. — 
Antennes assez longues, assez robustes ; scape empiétant un pou sur 
le prothorax ; funicule à articles allongés, noueux au bout : 2 un peu 
plus long que les autres, ceux-ci égaux ; massue assez grande, en 
triangle oblique prolongé en dehors; sa partie spongieuse courte, tran- 
chante.— Prothorax ample, plus long que largo, médiocrement convexe, 
légèrement arrondi sur les côtés, brusquement resserré en avant, avec 
un sillon circulaire, très-fortement arrondi à sa base.— Elytres un peu 
plus longues que le prothorax, presquo planes, faiblement rétrécies et 
subtronquées en arrière, profondément échancrées en arc à leur base, 
avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres, robustes, comprimées, 
les antérieures beaucoup plus longues que les autres ; leurs hanches 
médiocrement séparées ; cuisses sublinéaires ; jambes arquées à leur 
extrémité et prolongées en un long mucro aigu, les antérieures mu- 
nies à leur base interne d*un tubercule comprimé et obtus ; tarses 
longs, spongieux en dessous, à articles i allongé, 3 formant une assez 
grande palette cordiforme.— Pygidium déclive, on triangle assez aigu 
au bout; saillie intorcoxalc large, un peu rétrécie et arrondie en 
avant. — Métasternum plan dans son milieu. — Prosternum sans 
saillie postcoxale, plus ou moins échancré en arrière. — Corps oblongo- 
clliptique. 

Femelles : Rostre plus grêle, arqué, cylindrique, lisse. — Lobes 
des mandibules plus court. — Pattes plus courtes et subégales entre 
elles ; jambes antérieures sans tubercule à leur base interne. 

Si l'on compare ces caractères à ceux des Rhynchohioiuis qui sui- 
vent, on voit, pour ce qui concerne les mâles, que les soûles diffé- 
rences qui existent entre les deux genres portent sur les mandibules, 
la forme du rostro et les pattes antérieures. Quant aux femelles des 
deux genres, il n'y a pas d'autre moyen de les distinguer les unes 
des autres que par la présence, chez celles-ci, de lobes aux mandi- 
bules qui manquent chez celles des Riiynciiupiiorus. Le fades; la 
livrée et la sculpture des téguments sont les mêmes chez ces insectes, 
et ne fournissent pas de caractères différentiels rigoureux. Je n'adopte 
par conséquent le genre actuel qu'avec quelque hésitation. 

Il a pour type la Calandra colossus do Fabrieius, le plus grand des 
Curculionides connus, les deux sexes atteignant jusqu'à huit centi- 
mètres de long et ne descendant guère au-dessous do six. Cet insecte, 
médiocremont commun dans les collections, provient ordinairement 



nHYNCHomoniDEs. 278 

de Java, mais est probablement répandu dans une partie du continent 
et dos archipels indiens. Schrenherr lui a associé deux espèces, dont 
une ne lui est très-probablement pas congénère et dont l'autre parait 
avoir été établie sur un insecte factice (1). De son côté, M. Guérin- 
Ménovillo en a publié une nouvelle (2). 

RHYNCHOPHORUS. 
Hebbst, Col., VI, p. 3. 

Mâles : Rostre allongé, assez robuste, droit et en général plus ou 
moins arqué à son extrémité, épaissi, quadrangulaire et plus haut que 
large à sa base, comprimé et arrondi en dessous en avant, rugueux sur 
ses bords en dessus, et le plus souvent muni en avant d'une crête allon- 
gée, fasciculée ou non, parfois (par ex. serrirostris) pourvu de deux 
rangs de tubercules. — Mandibules courtes, non ou à peine prolongées 
en un lobe. — Antennes médiocres ; scape empiétant médiocrement sur 
le prothorax; funicule à articles 1-3 noueux au bout, 4-6 cylindriques, 
transversaux, 2 pas beaucoup plus long que les autres; massue trans- 
versalement sécuriforme, rarement beaucoup saillante en dehors ; sa 
partie spongieuse courte, tranchante. — Prothorax peu convexe, plus 
long que large, arrondi sur les côtés, brusquement tubuleux et muni 
d'un profond sillon circulaire en avant, de forme variable en arrière. 
— Elytres planes, plus ou moins allongées, graduellement rétrécies et 
tronquées postérieurement, profondément échancrées à leur base, 
avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres, robustes, subégales, 
les antérieures assez fortement séparées; cuisses et jambes compri- 
mées, ciliées ou non en dessous ; les l rM linéaires, les postérieures 
rarement (par ex. lleaumuri, serrirostris) dentées en dessous; jambes 
droites, avec leur angle interne prolongé en un long mucro aigu ; 
tarses longs, rarement spongieux en dessous, à articles l très-allongé, 
3 grand, cordiforme. — Pygidium de forme variable, on triangle 
rectiligne allongé ou curviligne ; saillie intercoxale très-large, faible- 
ment arrondie en avant. — Métasternum déprimé sur la ligne mé- 
diane. — Prosternum muni d'une saillie postcoxalo éehancrée en 

(1) Ces espèces sont la Calandra longipes de Drury, Ins. Il, p. 61, pi. 33, 
f. 3 (C\ colossus Herbst), et la C. molossus d'Olivier, Entom. V, 83, p. 75; 
Curcul. pi. 17. f. 216. On a vu plus liaut que la première est au Machochu- 
nus femelle que M. Guérin-Méneville a nommée AI. Druryi. Quant à la se- 
conde, je crois, avec ce savant entomologiste, que ce n'est qu'une femelle du 
Protocerius colossus a laquelle une tèto de mâle avait été ajustée. 

(2) P. grandis, Guôrin-Méncv. Icon. Ins. texte, p. 174; continent indien. 
D'après la description, les intervalles entre les stries dos élytres seraient pres- 
que costiformes, comme chez quelques Uhïnciioi'iioiius, ressemblance de plus 
entre les deux genres. 



276 CURCUL10NIDES. 

arrière et recouvrant plus ou moins le mésosternum.— Corps oblongo- 
elliptique, lisse, le plus souvent revêtu d'une fine efflorescence ve- 
loutée. 

Femelles : Un seul caractèro constant les distingue des mâles, à 
savoir leur rostre plus faible, arqué, cylindrique à partir de l'inser- 
tion des antennes, glabre et sans crête ni tubercules en dessus. Leurs 
pattes paraissent n'ètro jamais ciliées en dessous, mais il y a des 
mâles qui sont dans le même cas. Quelquefois aussi leur pygidium 
diffère un peu de celui de ces derniers. 

Le seul genre du groupe actuel assez riche en espèces (!) ; il est, 
en effet, répandu dans toutes les parties chaudes de l'ancien et du 
nouveau continents. Les plus grandes ne le cèdent pas, sous le rapport 
de la taille, à celles du genre précédent, les plus petites sont notable- 
ment au-dessus de la taille moyenne. Leur livrée varie du noir au 
rouge ferrugineux uniforme, ou offre un mélange de ces deux cou- 
leurs, et leurs téguments sont lisses; les élytres seules présentent cinq 
à six stries fines, plus ou moins marquées et imponctuées. 

GROUPE II. Ommatolampidef. 

Mandibules épaisses, munies de lobes recourbés en dehors. — Tète 
saillante, conique ou subcylindrique. — Antennes médiocres, leur 
massue sécuriforme. — Ecusson médiocre, en triangle allongé et très- 
aigu au bout. — Episternums du métathorax larges; ses épimôres 
tantôt grandes, tantôt médiocres. — Epimôres mésothoraciques ascen- 

(1) Scliœnlierr (Curcul. IV, p. 818, et VIII, 2, p. 216) en mentionne 12 es- 
pèces qu'il divise en deux sections naturelles, selon que le prothorax est très- 
saillant en arrière et bisinué de chaque côté (Borassi, politus, palmarum, oto.) 
ou largement arrondi en arc postérieurement (p/iœnt'cis, Schach, fnrruginens, 
etc.) ; toutes deux ont des représentants dans l'ancien et le nouveau continents. 
— Aj. à la seconde : R. nilidulus, Guérin-Ménev. Icon.; Ins. texte, p. 175; 
Bolivia. — cycadis, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 13G; Pérou. — asperulus, J.L. 
Le Conte, A Rep. on a railr. to the Pacif. Oc. Append. I, p. 58 ; Californie. — 
elegans, Guériu-Méuev. loc. cit. p. 176; Java. — Cal. bilineata, Montrouz. 
Faune de l'Ile Woodl. p. 55. 

J'ai sous les yeux un exemplaire maie, en assez mauvais état, d'une grande 
espèce américaine qui mériterait peut-être de former un genre distinct. Ses 
téguments sont criblés en dessous, sur les pattes et le prolhorax, de gros points 
enfoncés, accompagnés de poils asseï longs, couchés, mais médiocrement abon- 
dants. Ses élytres sont profondément sillonnées, avec les intervalles entre les 
sillons costiformes et ponctués. Enfin son rostre diffère de celui des miles des 
autres espèces en ce qu'il est plus court, plus grêle et un peu recourbé en haut 
à son extrémité; en dessus, il présente deux rangées de petits tubercules. Jus- 
qu'ici, on n"a rien signalé de pareil chez aucune espèce du genre. Cet insecte, 
dont je dois la connaissance à l'obligeance de M. De Lansberge, est originaire 
do Venezuela. 



OMMVTOLAMFIDES. 277 

dantes. — Prosternum muni d'une forte saillie postcoxale triangu- 
lairement échancrée en arrière. 

Ces insectes ont conservé quelques-uns des caractères essentiels du 
groupe précédent, notamment les lobes des mandibules qui apparais- 
sent ici pour la dernière fois. Mais déjà les épisternums de leur mé- 
tathorax se sont rétrécis, ses épimôres sont plus petites, la forme 
générale est plus étroite, la livrée est différente, enfin, et ce sont les 
seules Calandrides qui présentent rien de pareil, la tête a perdu sa 
forme arrondie. Cet ensemble de particularités, surtout la dernière, 
montrent qu'on a affaire ici à un type spécial. 

Le groupe ne comprend que les deux genres suivants, dont 1 un 
est propre à Madagascar, l'autre aux Indes orientales. 

I. Massue anlcnnaire en triangle allongé : Aphiccephalus. 
jl_ _ _ fortement transversale : Ommafolampus. 

APHIOCEPHALUS (1). 

Tète en cône allongé; rostre continu avec elle, long, robuste, mé- 
diocrement arqué, subquadrangulaire, arrondi aux angles, ôpaisu 
dans son tiers basilaire, dilaté et écbancré dans son milieu au bout ; 
ses scrobes courtes, latérales, profondes et rectilignes. - Lobes des 
mandibules bifides au bout, - Antennes assez robustes; scape dé- 
passant un peu le bord postérieur des yeux ; fumoule à articles 1-2 
obconitraes, un peu allongés, égaux, 3-6 courts, subcyhr.dr.ques; 
massue médiocre, en triangle assez allongé ; sa partie spongieuse assez 
grande, tranchante. - Yeux déprimés, séparés en dessus. - Protho- 
rax beaucoup plus long que large, faiblement arrondi sur les côtés, 
légèrement resserré en avant, arrondi en arc de cercle à sa base, 
presque plan en dessus. - Elytres planes, un peu plus longues que 
le prothorax, subparallôles, conjointement et légèrement echancrees 
au bout, profondément échancrées à leur base, avec les épaules ob- 
tuses. - Pattes médiocres, robustes, comprimées, les antérieures 
assez fortement séparées; cuisses linéaires, ciliées en dessous, ainsi 
que les jambes au coté interne; celles-ci presque droites o item ent 
mucron es au bout; tarses relativement médiocres, *«jj"£ 
noueux au bout, celui-là le plus grand, 3 très-large, triangulaire, 
seul spongieux endossons, 4 assez grand, ainsi que ses croc hets - 
Pygidium déclive, en triangle rectiligne subtronqué au bout; saUUa 
intercoxale très-large, arrondie en avant. - Métas.ernum aplani sur 
la ligne médiane, reçu en avant dans une ^^£ *EÏL 
num.- Celui-ci large, carré, tronqué en arrière.- Saillie postcoxale 

(!) Syn. ùfcOOBBUU», Schœnh. Curcul. IV (1837), p. 1 839; nom «m,Jo,é 
«lès 1812, par Ttaunberg, pour un genre d'Orthoptères, et en 1833, par M. Zen 
ker, pour un genre de Crustacés. 



278 CURCULIOXIDES. 

du prosternum recouvrant à moitié le mésosternum. — Corps allongé, 
subelliptique, revêtu d'une efflorescence veloutée. 
■ Je ne trouve pas de différences soxuelles entre les exemplaires que 
j'ai sous les yeux, etSchœnhcrr n'en signale pas non plus. Les espèces 
qu'il comprend dans le genre sont au nombre do trois (1), toutes de 
grande taille, mais notablement plus étroites que celles des genres 
précédents, et présentant dans la sculpture des élytres une disposi- 
tion particulière. Elle consiste en ce que les stries do ces organes, 
voisines do la suture, sont à leur base plus profondes que les autres) 
et ont leurs intervalles plus larges et plus convexes. La livrée de ces 
insectes est variée de rouge sur un fond noir, parfois (GyllenhaUi) en 
entier de cette dernière couleur. 

OMMATOLAMPUS. 

SciioENii. Curcul., IV, p. 837. 

Tète subcylindrique, médiocrement saillante ; rostre long, assez 
robuste, presque droit, comprimé, arrondi en dessus, épaissi et légè- 
rement gibbeux en dessus à sa base, un peu dilaté au bout ; ses 
serobes courtes, latérales, profondes et rectilignes. — Lobes des man- 
dibules arrondis au bout. — Antennes médiocres ; scape dépassant 
à peine le bord postérieur des yeux; funicule à articles cylindriques, 
subégaux ; massue transversalement sécuriforme, prolongée en de- 
hors ; sa portion spongieuse aussi longue que la cornée, tranchante. 
— Yeux très-grands, assez saillants, très-rapprochés en dessus. — 
Prothorax beaucoup plus long que large, peu convexe, rétréci es 
avant, à peine resserré à son extrémité, prolongé a sa base en un 
lobe extrêmement large et long, arrondi en arrière. — Elytres allon- 
gées, planes sur le disque, faiblement et graduellement rétrécies en 
arrière et tronquées au bout, très-profondément échangées à leur 
base, avec les épaules obtuses. — Pattes courtes, robustes ; hanches 
antérieures médiocrement séparées; cuisses graduellement en massue; 
jambes comprimées, larges, légèrement arquées avec leur angle in- 
terne saillant et dentiforme; tarses assez longs, il articles 1-2 
grêles, celui-là le plus grand, 3 médiocrement large, seul spongieux 
en dessous, en cœur allongé. — Pygidium horizontal, médiocrement 
convexe, en triangle rectiligne allongé et obtus au bout; saillie inter- 
coxale large, ogivale. - Métasternum allongé, rétréci en avant, et 
pénétrant dans une petite ôchancrure du mésosternum. — Celui-ci 
presque entièrement recouvert par la saillie postcoxalo du proster- 

(1) Con. Gyltùnhalii, Madagascar, et non la Cochinciiine, comme le dit 
fecliœnliirr; limbatus Fab.; Iles Maurice et do la Réunion; Guerinii Klug, Ma- 
dagascar; Schœnli. loc. cit. p. 840. Pour quelques observations sur la première 
et la troisième de ces espèces, voyez Guérin-Mencvillo, Icon.; Ins. texte, p. 169. 



SPHÉNOCOHYNIDES. 279 

num qui est triangulairement échancréc en arrière (I). — Corps 
allongé, étroit, revêtu d'une efflorescence veloutée. 

Tous les exemplaires, en assez grand nombre, que j'ai vus étant 
semblables, je suis porté à croire que les caractères sexuels sont nuls, 
et que c'est arbitrairement que Schœnherr a regardé comme une fe- 
melle celui qu'il possédait. 

Le genre est très-tranché et se compose en ce moment de deux 
belles espèces : l'une, la Calandra hœmorrhoidalis de Wiedemann, 
originaire du continent indien et qui en constitue le type, l'autre de 
Java, décrite par M. Guérin-Ménevillo (2) sous le nom d'O. telraspi- 
lotus. Toutes deux sont de la taille des Rhynchophomjs de seconde 
grandeur, d'un beau noir velouté, lisses sur le prothorax et finement 
striées sur les élytres. La première a le pygidium ferrugineux et 
pour tout dessin une grande tache d'un rougo sanguin au sommet 
de chaque 61yt.ro ; la seconde a de nombreuses bandes et taches de 
même couleur sur le dessous du corps, le prothorax et les élytres. 

GROUPE III. Sphénooorynide». 

Mandibules en tenailles, courtes et sans lobes. - Tète arrondie. - 
Antennes médiocres ou courtes; leur massue sécuriforme. - Lcusson 
petit (Abacobius excepté), de forme variable. -Episternums du mé- 
tathorax assez larges, ses épimôres médiocres. - bpmières mésotho- 
raciques ascendantes. - Prosternum sans saillie postcoxale, ou nen 
ayant que très-rarement une faible. 

A partir de ce groupe, les mandibules sont constamment dépour- 
vues de lobes. Ce caractère, ou à son défaut, la largeur bien moindre 
des episternums métathoraciques, le distingue des deux précédents. 
Les épimères mésothoraciques ascendantes le séparent des Spheno- 
pnorides qui suivent, enfin la massue antennaire sécuriforme ne per- 
met pas de le confondre avec les Calandrides vrais et les Litosomides. 
Ses espèces se partagent en deux catégories sous le rapport do la 
ferme générale. J'ai mis en tèto celles qui, par l'étroitesso de leur 
corps, se rapprochent des Ommatolamfus qui terminent le groupe 
précédent. Les six genres suivants sont répartis également entre 1 A- 
frique et les Indes orientales. 
1. Pygidium allongé, horizontal; corps étroit et svelte. 

a Rostre robuste; pygidium en triangle allongé : Sphœnocorynus. 

aa — grêle; — conique. 

Massue antennaire à partie spongieuse très-grande : Oxypygtis. 
très-courte : Oxyopisthen. 

(1) Sans cette écliancrure, le mésosternum serait Invisible; on ne volt de lui 
que ce qu'elle en laisse a découvert. 

(2) lcon.; Ins. texte, p. 170. 



280 CUnCl'LIONIDES. 

II. Pygidium déclive, de largeur normale ; corps plus ou moins large. 
b Segments intermédiaires do l'abdomen élargis 

à leurs extrémités : Heterotoxus. 
"" — — de forme normale. 

Ecusson très-petit : Crepidotus. 

— grand, en triangle allongé et aigu : Abucobius. 

SPH.ENOCORYNUS. 
Sciioenh. Curcul. IV, p. 86G. 

Mâles : Rostre court, robuste, faiblement arqué, comprimé, suban- 
guleux, légèrement élargi dans environ sa moitié basilaire, tronqué 
au bout; ses scrobes obliques, courtes, très-profondes. - Antennes 
médiocres, robustes ;scape empiétant assez fortement sur le prothorax • 
funicule à articles t-2 allongés, celui-là de beaucoup le plus long' 
noueux au bout, 3-6 cylindriques, transversaux, serrés ; massue assez 
grande, subcuneiforme :sa partie spongieuse au moins aussi grande 
que a basilaire, tranchante. - Prothorax en cône allongé et très- 
reguher, largement arrondi en arc à sa base. - Ecusson médiocre, 
en triangle rectiligne. - Elytres un peu plus longues que le protho- 
rax «primées, parallèles, conjointement et légèrement échangées 
en triangle a leur extrémité, profondément échancrées en arc à leur 
Dase; leurs épipleures assez saillantes dans un peu moins de leur 
moitié basilaire.- Pattes médiocres, assez robustes, les postérieures 
plus ongues que les autres, les antérieures faiblement séparées a 
Jour hase; cuisses en massue, les antérieures munies en dessous d'une 
assez forte dent; jambes comprimées, presquo droites, fortement 
onguiculées en grille au bout, avec leur angle interne dentiforme ; 
tarses assez courts, à articles i médiocrement allongé, 2 très-court 
d très-large, triangulaire, seul spongieux en dessous, 4 assez grand, 
ainsi que ses crochets. - Pygidium horizontal, en triangle très- 
allonge, légèrement dilaté et fissile au bout; saillie interooxale largo 
arrondie en avant. - Métasternum plan dans son milieu, rétréci 
en avant et pénétrant dans une échancrure du mésosternum: ses 
ép.sternums assez larges, ses épimères médiocres. - Saillie mésoster- 
nale large. - Corps allongé, étroit, revêtu partiellement d'uu enduit. 
Femelles: Rostre plus arrondi aux angles, cylindrique dans sa 
moitié antérieure, presque droit. - Cuisses antérieures armées .l'une 
dent beaucoup plus petite, parfois peu distincte. - Pygidium non 
élargi et arrondi au bout. 

L'un des genres les plus tranchés de la tribu, et dont on n'a en- 
core décrit qu'une seule espèce (S. quadripunclatus, Schh.). C'est un 
assez grand insecte, nullement rare dans les îles de la Sonde, noir et 
couvert partout, principalement sur le prothorax et les élytres, de 
taches arrondies, formées par un enduit d'un gris jaunâtre et en 



SPHÉNOCORYNIDES. 281 

partie confluentes; les élytres sont très-finement striées et présentent 
deux taches noires dénudées, l'une humérale, l'autre près de leur 
angle terminal externe; ces taches sont sujettes à disparaître, surtout 
chez les femelles. Je connais deux autres espèces du genre, plus pe- 
tites et originaires de l'Indo-Chine. 

OXYPYGUS (1). 

Mâles : Rostre plus ou moins allongé et arqué, peu rohuste, cylin- 
drique, légèrement épaissi et plus haut que large de sa base à l'in- 
sertion des antennes", tronqué au bout ; ses scrobes latérales, pro- 
fondes, subrectilignes. — Antennes insérées à quelque distance de la 
base du rostre, médiocres, assez grêles ; scape dépassant à peine le 
bord postérieur des yeux ; funicule a articles 1-2 allongés, égaux ou 
non, celui-là plus gros, 3-6 courts, cylindriques, grossissant peu à 
peu ; massue assez grande, cunéiforme ; sa partie spongieuse au moins 
aussi longue quo la basilaire, arrondie et tranchante en avant. — 
Prothorax en côno allongé, plus ou moins arrondi sur les côtés, for- 
tement à sa base. — Ecusson petit, de forme variable. — Elytres un 
peu plus longues quo le prothorax, planes, subparallèles, conjoin- 
tement et légèrement échancrées en triangle à leur extrémité, 
fortement échancrées on arc à leur base; leurs épipleures assez 
fortement élargies a leur base dans un peu moins de la moitié de leur 
longueur. — Pattes assez courtes, les postérieures plus longues que 
les autres, les antérieures faiblement séparées ; cuisses assez forte- 
ment en massue, les postérieures longuement pédonculées ; toutes 
munies d'une petite dent en dessous ; jambes comprimées, droites, 
fortement onguiculées en griffe au bout, avec leur angle interne den- 
tiforme,; tarses médiocres, à articles 1-2 grêles, noueux au bout, 3 
très-large, triangulaire, seul spongieux en dessous, 4 médiocre, ainsi 
que ses crochets. — Pygidiurn subhorizontal, caréné sur la ligne 
médiane, en triangle très-allongé, obtus et parfois (par ex. exclama- 
tionis) bifide au bout; saillie intercoxale large, légèrement arrondie 
f» avant. — Métastcrnum déprimé sur la ligne médiane, aoumiaé es 
avant et reçu dans une étroite échancrure du mésosternum; ses épi- 
sternums larges, ses épimères assez grandes. — Saillie mésosternale 
large, parallèle ; ses épimères subascendantes. — Corps plus ou moins 
allongé, svelte, subelliptique, à vostiture variable. 

Femelles : Elles se distinguent uniquement des mâles par leur 

(1) Syn. Mecaproctus, Schœnli. Curcul. IV, p. 868 (1838); nom employé en 
1837 par M. Chevrotât (in Silberm. Rov. entom. V, p. 322) pour un genre de 
Longicornes. Ericlison (in Agas». Nomcncl. zool.; Col. p. 99) se trompe en as- 
signant a ce dernier la dato de 1840.— Belobiiuius, Guérin-Ménev. Icon. Ins. 
j>l. 39 bis, f. 5 ; m. Guérin-Méneville (il)id. texte, p. 177) a, plus lard, adopté 
l« unm de Sclioenherr. 



282 cimciiLiONiDKS. 

rostre un peu plus court et leur pygidium plus long, en cùne ré- 
gulier et très-aigu au bout, autant du moins que j'en puis juger par 
les espèces que j'ai sous les yeux (I). 

Avec des formes encore plus grêles, un pygidium et un rostre 
autrement faits, ces insectes sont très-voisins des Sph.enocouyni's. 
Schœnherr a regardé le genre comme existant à la fois aux Indes 
orientales et en Afrique, mais je crois que les espèces de ce dernier 
pays doivent en être exclues ; elles constituent le genre suivant. Les 
espèces indiennes, décrites en ce moment, s'élèvent à quatre (2). Elles 
sont de taille moyenne, mais varient sous le rapport de la livrée et 
habitent Java, Sumatra et los parties voisines du continent indien, 

OXYOPISTHEN. 

I. Tiioms., Archiv. entant., II, p. 141. 

Dans la pensée de M. J. Thomson, ce genre correspondait exacte- 
mont aux Megapkoctis de Schrenherr. Il ne contient que des espèces 
africaines qui me paraissent différer assez de celles des Indes orien- 
tales pour devoir en être séparées, du moins provisoirement. Je n'en 
ai vu que des femelles et, en les comparant aux espèces indiennes du 
même sexe, je trouve qu'elles en diffèrent par les caractères suivants: 

Rostre plus long, un peu épaissi tout-à-fait à sa base, cylindrique 
et comprimé dans le reste de sa longueur. — Antennes complètement 
basilaires; leur scape empiétant fortement sur le prothorax; leur 
massue étroite, en triangle très-allongé et atténué à sa base ; leur 
partie spongieuse très-petite, nullement saillante. — Yeux faiblement 
séparés en dessus. — Pattes plus longues ; jambes arquées, mucronées 

(t) Schœiilicrr ne parla pas des sexes et me semble n'avoir connu iiue des 
femelles des deux espèces qu'il a décrites. M. Guérin-Ménevillo (Icon.; Ins. 
texte, p. 178), qui dit avoir reconnu les deux sexes de l'exclnmationis, l'espèco 
la plus commune, du genre, les distinguo uniquement en ce que le mâle au- 
rait aux cuisses antérieures une dent qui manquerait chez la femelle. Or, chez 
cet insecte, commo chez toutes les espèces du genre, les deux sexes ont toutes 
les cuisses dentées en dessous, mais le pygidium diffère notablement, et je n'ai 
pas la certitude complète qu'en regardant comme femelles les exemplaire» chez 
lesquels il est en cône aigu, je suis dans le vrai; il pourrait se faire que ce fus- 
sent des maies. L'insertion des antennes ayant lieu à quelque distance du rostre 
chez tous les individus de la même espèce que j'ai vus, j'en couclus provisoi- 
rement que les deux sexes uc diffèrent pas sous ce rapport; mais je possède 
un oxemplairo d'une espèce nouvelle de Malaca, qui, a un pygidium en cûne 
très-aigu, réunit des antennes complètement basilaires. Il est vrai que cette es- 
pèce s'éloigne des autres par ses pattes beaucoup plus longues et plus grêles, ses 
cuisses linéaires, ses jambes étroites, et qu'elle pourrait, a la rigueur, former un 
genre à part, de sorte qu'on ne peut pas conclure d'elle aux espèces typiques. 

(2) Meg. acutus Fab., exclamationis Wiedem.; Schcrnh. loe. cit. p. 870. — 
ocellatus (acutus olim), af finis, GHérin-Ménev. loc. cit. 



SPiUSNOCORYNlDES. 283 

au bout, leur angle terminal interne complètement effacé; 1" article 
des tarses un peu plus long seulement que le 2°. — Pygidium for- 
tement caréné, souvent {rufofemoratum , linea-alba) comprimé et 
redrossé à son extrémité. — Corps plus allongé et plus grôlo, plus ou 
moins linéaire. 

11 y a longtemps qu'llligcr (1) a décrit, sous le nom de lihynchœnus 
funebris, une espèce de ce genre, provenant de Sierra-Leone ; récem- 
ment M. Thomson en a publié trois autres (2) originaires du Gabon. 
Une de ces quatre espèces {rufofemoratum) est d'un noir brillant et 
sans taches, avec les cuisses en partie rouges, les trois autres sont 
d'un noir presque mat avec des taches et d'étroites lignes blanches. 

HETEROTOXUS. 

Rostre médiocre, robuste, légèrement arqué, un peu épaissi, plus 
haut que large et arrondi en dessus dans sa moitié basilaire, cylin- 
drique et tronqué en avant; sos scrobes latérales, très-profondes, 
subrectilignes. — Antennes médiocres, assez robustes; scape un peu 
déprimé, empiétant faiblement sur le prothorax ; funicule à articles 
1-2 allongés, noueux au bout, celui-lil le plus grand, 3-6 obeoniques, 
grossissant peu a peu; massue assez grande, régulièrement sécuri- 
formej sa partie spongieuse assez longue, tranchante. — l'rothorax 
plus long que large, presque plan en dessus, légèrement et peu à 
peu rétréci, puis brièvement et faiblement resserré en avant, for- 
tement arrondi en arc à sa base. — Ecusson assez petit, pentagonal. 
— Elytrcs un peu plus longues que le prothorax, planes, graduelle- 
ment rétrécies on arrière, subcalleuses avant leur extrémité, celle-ci 
légèrement et conjointement échancréo en triangle, fortement échan- 
crées en arc à leur base, avec les épaules obtuses ; leurs épipleures 
élargies dans près de leur moitié basilaire. — Pattes courtes, robustes, 
subégales, les antérieures faiblement séparées; cuisses assez fortement 
en massue; jambes comprimées, presque droites, les antérieures bi- 
sinuées en dedans et ayant leur angle externe dentiforme, toutes 
fortement mucronées au bout; tarsos à articles 1-2 médiocres, celui-là 
le plus long, ,") très-large, en triangle curviligne, seul spongieux en 
dessous, i très-grand, ainsi que ses crochets. — l'ygidium déclive, 
lonvexi!, renflé en forme do bourrelet sur les côtés, en triangle cur- 
viligne, tronqué au bout; les trois segments intermédiaires do l'ab- 
domen coupés carrément dans leur milieu, puis brusquement élargis 
et obliques dans leur tiers externe de chaque côté; le 2" séparé du 1 er 
par une suture bien distincte ; saillie intercoxale très-large, tronquée 

(1) Magaz. 1, p. 177; d'après ce qu'il dit de l'insertion des antennes, l'exem- 
plaire qu'il avait sous les yeux était aussi une femelle. 

(2) 0. funérarium, rufofemoratum, linea-alba, S. Thoms. loc. cit. p. 142; 
jo n'ai vu que le premier et le troisième. 



281 C.UBC.ULIOMDES. 

en avant. — Métasternum largement aplani, acuminé en avant et 
reçu dans une échancrure du mésosternum; ses épisternums larges; 
ses épimères assez grandes. — Mésosternum large. — Corps oblongo- 
elliptique, glabre. 

Le type de ce genre nouveau est un insecte (1) de Java, de la 
taille des Sphexopiiorls de première grandeur, et qui ressemble beau- 
coup aux espèces de ce genre qui sont de forme déprimée, mais qui 
s'en éloigne complètement, comme de tous les autres Calandrides, par 
ses caractères. Parmi les plus remarquables figurent la forte dilata- 
tion des épipleures de ses élytres à leur base, puis la formo tout-à- 
fait insolite des trois segments intermédiaires de l'abdomen. Je n'en 
ai vu qu'un exemplaire qui m'a été communiqué par M. Riehl et 
que je crois être un maie. 

CREPIDOTUS. 
SciioENii. Curcul. IV, p. S&9. 

Mâle : Rostre long, assez robuste, faiblement arqué, épaissi et sub- 
quadrangulaire dans son tiers antérieur, graduellement cylindrique 
et tronqué en avant, avec son bord supérieur redressé en une petite 
lame carrée, verticale et -légèrement échancrée; ses scrobes latérales, 
profondes, rectilignes. — Antennes assez longues, relativement peu 
robustes; scape grossissant peu à peu, empiétant légèrement sur le 
prothorax ; funiculo a articles obeoniques: 1-2 allongés, subégaux, 3-0 
plus courts, égaux; massue faible, en triangle allongé, sa partie spon- 
gieuse formant le tiers do sa longueur, tranchante. — Prothorax aussi 
large que long, déprimé, fortement arrondi sur les côtés, brièvement 
tubuleux en avant, tronqué à sa base. — Ecusson très-petit, oblong. 
— Elytres assez allongées, déprimées, subparallèles, conjointement 
arrondies il leur extrémité, assez fortement échancrées en arc a leui 
base, avec les épaules obtuses. — Pattes courtes, robustes, comprimées, 
les antérieures faiblement séparées ; cuisses oblongo-ovales ; jambes 
droites, longitudinalernent sillonnées sur toutes leurs faces, fortement 
onguiculées au bout, avec leur angle interne dentiforme et aigu; 
tarses médiocres, à articles i -2 courts, obeoniques, celui-là le plus 
long, 3 très-large, brièvement cordiforme, seul spongieux en dessous, 
4 long et grôle; ses crochets médiocres. — Pygidium assez petit, un 
peu convexe, en triangle subeurviligno, déclive; saillie intercoxale 
large, anguleuse en avant. — Métasternum plan, rétréci et obtusé- 

(1) H. grains. Oblongo-clliplicus, subtus ater nitidus, femoribus tibiisque 
meuio riifls, supra obscure sangnineus bolosericeus, prothoracis lateribus et 
Tltla média cljtrorumque marginibus late nigris, illo laevi, bis sat profuDUe 
purictato-strialis, punctis elongatis subcontiguis; rostro basi grosse versus api- 
cem minute punelato. Lonp. (rostr. exclus.) 17 mill. Hab. ins. Java. 



SNIKNOCOIIYNIDES. 2S5 

mont arrondi en avant; ses épisternums assez étroits; ses épimères 
petites.— Mésosternum large, légèrement et triangulairement échancré 
en arrière. — Corps allongé, déprimé. 

Femelle : Rostre plus grêle, plus arqué, cylindrique, épaissi et 
conique sur une faible étendue à sa base; ses scrobes inférieures, 
très-courtes, atteignant sa base. — Antennes tout-à-fait basilaires, 
leur scape empiétant fortement sur le prothorax. 

Schœnhorr n'a connu que ce dernier sexe et, d'après lui, a nommé 
Audouini l'espèce typique du genre; mais le mâle avait été décrit et 
figuré antérieurement par Klug (1), sous le nom de Calandra vario- 
losa. C'est un grand insecte de Madagascar, d'un faciès particulier 
qui rappelle un peu celui do certains Akcharias du groupe des 
Cholides, Il est d'un noir mat, criblé de gros points enfoncés, comme 
varioles, confluents sur le prothorax, plus grands et écailleux sur 
les élytres; ces dernières sont assez fortement striées-ponctuées. 

ABACOBIUS. 

Rostre médiocre, robuste, assez fortement arqué, épaissi et qua- 
drangulairo dans sa moitié basilaire, cylindrique et légèrement at- 
ténué en avant; ses scrobes inférieures, profondes, très-courtes. — 
Antennes assez longues ot assez robustes ; scape empiétant fortement 
sur le prothorax; funicule à articles obeoniques, subégaux, grossis- 
sant peu à peu ; massue médiocre, on triangle subéquilatéral ; sa 
partie spongieuse saillante, tranchante. — Prothorax plus long que 
largo, peu convexe, parallèle, brusquement et fortoment tubuleux 
en avant, avec un profond sillon circulaire, légèrement bisinué â sa 
base. — Ecusson grand, en triangle très-allongé et très-aigu. — Elytres 
allongées, peu convexes, parallèles, tronquées en arrière, faiblement 
échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes courtes, 
robustes, égales, les antérieures médiocrement séparées ; cuisses gra- 
duellement en massue; jambes comprimées, droites, ciliées au coté 
interne, fortement mucronées au bout; tarses médiocres, spongieux 
en dessous, à articles 1-2 robustes, obeoniques, celui-là lo plus long, 
3 grand, transversalement orbiculaire, 4 long, ainsi que ses crochets. 
— Pygidium déclive, en triangle subrectiligne, arrondi au bout; saillie 
intercoxale large, arrondie en avant. — Métastcrnum long, un peu 
concave sur la ligne médiaue, rétréci et tronqué en avant ; ses épi- 
sternums larges, ses épimères médiocres. — Mésosternum en carré 
subéquilatéral. — Prosternum muni d'une courte saillie postcoxale 
fissile au bout. — Corps allongé, parallèle, revêtu d'une efllorescenc* 
veloutée. 

Genre nouveau ot très-distinct dont le type, que m'a communiqué 
(1) Ins. t. Madag;. p. 113, pi. \, f. 11. 



28(> Cl'nC.lUONIDES. 

M. Jokcl, est un grand insecte (t) de la Caffrerie qui présente un 
assemblage singulier de caractères. Il réunit en effet à l'écusson des 
Rhynchophorides un rostre tout-à-1'ait différent, des scrobes infé- 
rieures, et des pattes courtes, mais il appartient par tous ses caractères 
essentiels à ce groupe-ci. L'exemplaire que j'ai à ma disposition est 
probablement un mâle. 

Groupe IV. Sphénophorides. 

Mandibules en tenailles, sans lobes. — Tète arrondie. — Antennes 
médiocres ou courtes, leur massue sécuriforme (Poteriophorus ex- 
cepté). — Ecusson au plus médiocre, de forme variable. — Epister- 
nums du métathorax plus ou moins larges ; ses épimères médiocres 
ou petites. — Epimères mésothoraciques tronquées ou obtusément 
arrondies à leur extrémité supérieure, non ascendantes. — Prosternum 
très-rarement muni d'une saillie postcoxale. 

Ce groupe est essentiellement caractérisé par la forme des épimères 
mésothoraciques ; à part cela, rien ne le sépare du précédent. Le 
même caractère oblige d'y comprendre le genre Poteriophorus qui, 
par sa massue antennaire, appartientauxCalandrides vrais. Ainsi com- 
posé, le groupe est le plus riche de la Tribu en espèces et en genres. 
Les premières sont répandues sur tout le globe ; les seconds sont au 
nombre de dix. 

I. Ecusson recouvert par le lobe médian de la base 

du prolborax qui est très-saillant : Barystethus. 

II. — découvert. 

a Rostre droit ou à peine arqué. 

Segments 2-i do l'abdomen à l'état normal : Trigonolarsus. 

— — arqués à leurs extrémités : Phacecoryncs. 
na Hostie plus ou moins arqué. 

b Massue antennaire en cflnc allongé : Poteriophorus. 

bb — — très-fortement transversale : Cercidoccrus. 

bbb — — non ou peu — 

c Sa partie spongieuse rétractée ou à peine saillante. 

d Rostre convexe, subgibbcux à sa base : Cyrlorhinvs. 

rfrf — régulièrement arqué. 

Rostre bidenté en dessous : Acantharhinus. 

— inerme — : Scyphophorus. 
ce Partie spongieuse de la massue antennaire grande. 

Yeux séparés en dessus : Sphenophorus. 

— contigus — : Axinophorus . 

(1) A. Jekelii. Elongatus, subtus cum capito et roslro niger ac dense punc- 
talus, supra ex nigro rufescens; prolliorace sat crobre sed minus profonde 
punctulato, punctis albidis, clytiïs lœvibus, tenuiter et sat profonde 10-sulcatls, 
intcrstiliis nonniliil coovexil. Long, (rosir, exclus ) 2i mill. 



SPHrêNOPHÔIUDES. 287 

BARYSTETHUS (1). 

Rostre vertical, long, robuste, médiocrement arqué, épaissi, subqua- 
drangulaire et caréné en dessus à sa base, puis cylindrique et compri- 
mé, à peine élargi et échancré au bout ; ses scrobes subinférieures, 
courtes, profondes et rectilignes. — Antennes médiocres'; scapc empié- 
lant fortement sur le protborax ; funicule à articles 1-2 obconiques, un 
peu allongés, 3-6 courts, cylindriques, égaux ; massue assez grande, en 
triangle inéquilatéral un peu saillant en dehors ; sa partie spongieuse 
saillante et tranchante. — Prothorax aussi long que large, régulière- 
ment convexe, légèrement et peu à peu rétréci en avant, avec son 
bord antérieur brièvement tubuleux, bisinué do chaque côté à sa 
base, avec un lobe médian assez étroit, saillant et recouvrant presque 
en entier l'écusson. — Elytres' régulièrement convexes, d'un tiers 
plus longues que le prothorax, graduellement rétrécies et subtron- 
juées en arrière, avec leur angle suturai arrondi, sinueuses à leur 
baso et obtuses aux épaules. — Pattes médiocres, ^robustes, les anté- 
rieures assez fortement séparées ; cuisses graduellement en massue ; 
jambes comprimées, faiblement arquées, ciliées au coté interne, pro- 
longées en un long mucro recourbé; tarses médiocres, à articles 1-2 
assez robustes, celui-ci court, 3 grand, triangulaire, seul spongioux 
en dessous, 4 très-grand, ainsi que ses crochets. — Pygidium hori- 
zontal, fortement transversal, largement tronqué au bout ; saillie in- 
tercoxale très-large, légèrement arrondie en avant. — Métasternum 
de longueur moyenne, rétréci et renflé en avant ; ses épisternums 
larges, ses épimères médiocres. — Mésosternum en carré transversal, 
ses épimères très-grandes. — Prostornuin muni d'une forte saillie 
postcoxale profondément et triangulairement échancrée en arrière. 
— Corps massif, brièvement elliptico-ovale, revêtu d'une offlorescenco 
veloutée. 

La Calandra mclanosoma do M. Boisduval, espèco propre à l'Aus- 
tralie, forme un des types les plus tranchés qui existent parmi les 
Calandrides; elle no se rattache môme par son faciès a aucune autre. 
J'ai cru devoir, d'après cela, exposer les caractères du genre qu'elle 
doit constituer. Cet insecte est d'assez grande taille, d'un noir velouté 
profond, s'éclaircissant un peu sur les pattes, ot l'oeil armé des plus 
fortes loupes ne distingue aucune trace de ponctuation sur ses tégu- 
ments, sauf sur le rostre et les pattes; ses élytres sont seulement très- 
finement ot irrégulièrement striées, avec les intervalles entre les stries 
très-larges ot plans. J'ignore à quel sexe appartiennent les doux 
exemplaires que j'ai sous les yeux. 

(1) Syu. Calandra, Boisduv. Faun. d. l'Océan. II, p. 119. 



2S3 CCKCLL10.MDES. 

TMGONOTARSUS. 
(Goérin-Ménev.) Sciioënu. Curcul. IV, p. 813 (1). 

Mâle : Rostre assez long et assez robuste, droit, épaissi et subqua- 
drangulaire dans son tiers basilaire, un pou dilaté au niveau de l'in- 
sertion des antennes, puis cylindrique et tronqué au bout; ses scrobes 
latérales et roctilignes. — Antennes insérées au tiers basilaire du 
rostre, médiocres ; scape empiétant un peu sur le prothorax ; funi- 
cule à articles 1-2 noueux au bout, allongés, celui-ci le plus grand, 
3-6 cylindriques, décroissant peu à peu; massue médiocre, en triangle 
irrégulier, un peu saillant en dehors ; sa partie spongieuse assez 
grande, tranchante. — Prothorax plus long que large, presque plan 
en dessus, légèrement arrondi sur les côtés, brusquement et très- 
fortement rétréci en avant, avec un sillon circulaire, paraboliquement 
mais médiocrement sinué de chaque côté do sa base. — Ecusson assez 
grand, en triangle rectiligno aigu. — Ëlytres médiocrement convexes, 
légèrement rétrécies et arrondies en arrière, triangulairement échan- 
crées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes robustes, assez 
longues, les antérieures un peu plus que les autres et faiblement sé- 
parées à leur base, leurs cuisses et leurs jambes ciliées au côté 
interne; cuisses comprimées, linéaires ; jambes comprimées, presque 
droites, prolongées à leur extrémité en un long et robuste muera 
interne ; tarses longs, villoux en dessous, à articles 1-3 obeoniques, 
subégaux, graduellement élargis, 4 très-grand, ainsi que ses crochets. 
— Pygidium relativement petit, incliné, assoz convexe, en triangle 
curviligne ; abdomen et métasternum largement aplanis dans leur 
milieu; 2° segment abdominal séparé du 1 er par une suture recti- 
ligno bien distincte ; saillie intercoxale très-largo, anguleuse dans 
son milieu en avant. — Métasternum triangulaire en avant et 
reçu dans une échancruro du mésosternum ; ses épisternums assoz 
larges ; ses épimôres assez grandes. — Saillie mésosternale large, pa- 
rallèle, triangulairement échancréo en arrière. — Prosternum prolongé 
en une assez longue saillie postcoxale, fissile au bout. — Corps oblongo- 
ovale, inégal, glabre. 

Femelle : Je ne l'ai pas vue ; selon Schœnherr (2), elle diffère du 
mâle par son rostre plus long, finement pointillé et brillant dans sa 
partie antérieure. 

(1) M. Guériu-Mëneville a simplement ligure (Icon.; Ins. pi. 39 bis, f. 9) 
l'espèce typique du genre sous le double nom qui lui a été conservé. En 1838, 
Seliœnlieri' a publié les caractères de ce dernier. En 1842, Ilope (Trans. oftho 
entom. Soc. IV, p. 106) a fondé, sous le même nom de TaicoKOTitisus, un 
genre de Ténébrionides dont j'ai fait mention tome V, p. 281. 

(2) Curcul. VIII, 2. p. 227. 



sPHÉNOi'iioniuts. 289 

L'espèce typique (1) du genre est un grand insecte de l'Australie, 
d'un noir presque mat et criblé en dessous de gros points enfoncés ; 
sur le prothorax et les élytres, ces points, encore plus gros et deve- 
nus confluents, forment une sorte de réseau irrégulier ; les élytres 
sont assez fortement sillonnées. 

PHACECORYNES. 
Schcenu. Curcul., VIII, 2, p. 228. 

Mâle : Rostre médiocre, droit, épaissi dans un peu moins de sa 
moitié basilaire et légèrement renflé au niveau de l'insertion des an- 
tennes, cylindrique et peu robuste en avant ; ses scrobes latérales, 
rectilignes. — Antennes médiocres ; scape empiétant un peu sur le 
prothorax; funicule à articles i turbiné, un peu allongé, 2-4 do 
même forme, courts, 5-6 fortement transversaux, sublenticulaires, 
perfoliés ; massue grande, en carré arrondi aux angles ; sa partie 
cornée très-courte, la spongieuse tranchante au bout. — Prothorax 
plus long que large, médiocrement convexe, subparallèle dans ses 
deux tiers basilaires, puis arrondi et un pou tubuleux en avant, légè- 
rement bisinué à sa base, avec un lobe médian large, peu saillant et 
arrondi. — Ecusson médiocre, en triangle allongé, arrondi au bout. 

— Elytres assez convexes, graduellement rétrécies en arrière, un peu 
plus larges que le prothorax et échancrées en arc il leur base, avec les 
épaules obtusément calleuses. — Pattes médiocres, robustes; hanches 
antérieures contigufis; cuisses fortement en massue, surtout les anté- 
rieures qui sont arquées en dessus ; jambes comprimées, légèrement 
arquées, prolongées à leur sommet interne en un long mucro aigu ; 
tarses longs, grêles, villeux en dessous, à articles 1 plus long que 2, 3 
médiocrement large, cordiforme, 4 très-grand, ainsi que ses crochets. 

— Pygidium assez petit, en triangle transversal aigu ; abdomen 
et métasternum largement aplanis dans leur milieu, la partio plane 
carénée latéralement et assez donsément villeuse ; les trois seg- 
ments intermédiaires du 1 er arqués et anguleux à leurs extrémités; 
saillie intercoxalo extrêmement largo, légèrement arrondie en avant. 

— Métasternum rétréci en avant en une saillio carrée, tronquée au 
bout ; ses épisternums assez larges, peu à peu rétrécis en arrière ; 
ses épimôros médiocres. — Saillio mésosternalo courte, assez large, 
tronquée en arrière. — Corps oblongo-ovale, légèrement pubescent. 

Femelle : Abdomen et métasternum moins aplanis dans leur milieu ; 
la dépression non carénée sur les côtés ; le premier presque glabre, le 
second faiblement villeux. Pour tout le reste pareille au mâle. 

(1) T. calandroidvs, Guérin-Méuev. et Schœnb. loc. cit. L'espèco devrait, 
je crois, porter le nom de rugosus, M. Boisduval (Faun. d. l'Océan. II, p. 445) 
l'ayant décrit le premier, quoique très-brièvement, sous celui do Calandm 
rugosa . 

Coléoptères. Tome Vil. |0 



290 cmu.uuoMUiis. 

Schœnherr n'a connu qu'elle, ainsi que cela ressort de sa descrip- 
tion. Le genre est beaucoup plus tranché qu'il ne le croyait, princi- 
palement par suite de la structure des segments intermédiaires de 
l'abdomen. Il a pour type une espêco (1) du Cap, de la taille des 
Sphenophorus de seconde grandeur, d'un noir brunâtre, avec des 
lignes interrompues d'un rougo sanguin sur le prothorax et quelques 
petites et courtes linéoles de même couleur ou ferrugineuses sur les 
élytres ; ces dernières sont assez fortement striées. Mais ce dessin est 
sujet à s'effacer, surtout chez les mâles, et il y a des/» exemplaires 
qui sont d'un noir uniforme. 

POTERIOPHORUS. 

Schoekh. Curcul., IV, p. 845 (2). 

Mâles : Rostre médiocre, très-robuste, fortement arqué, épaissi, 
quadrangulaire et gibbeux à sa base, comprimé, arrondi en dessus, 
peu à peu atténué en avant, avec son bord antérieur tronqué ; ses 
scrobes basilaires, latérales. — Antennes subbasilaires, médiocres, 
assez robustes ; scape empiétant un peu sur le prothorax ; funicule à 
articles obconiques, subégaux, grossissant peu à peu, mais légère- 
ment ; massue faible, en cône allongé ; sa partie spongieuse petite. 
— Yeux assez fortement séparés en dessous. — Prothorax en cône 
allongé, peu convexe en dessus, faiblement resserré en avant, arrondi 
en arc à sa base. — Ecusson oblong, arrondi en arrière. — Elytres à 
peine plus longjics que le prothorax, peu convexes, légèrement ar- 
rondies sur les côtés avant leur milieu, puis subparallèles et isolé- 
ment arrondies en arrière, légèrement, échancrées en arc à leur base, 
avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres, robustes, subégales ; 
les antérieures très-faiblement séparées ; cuisses comprimées, gra- 
duellement en massue; jambes droites, comprimées, légèrement bisi- 
nuées et ciliées au côté interne, fortement mucronées au bout; tarses 
médiocres, spongieux en dessous, à articles d-2 assez robustes, celui-là 
le pluslong, 3 large, suborbiculaire, 4 grand, ainsi que ses crochets. — 
Pygidium assez convexe, caréné, déclive, en triangle curviligne; saillie 

(1) Cal. Sommeri, Burmcist. Zur Naturg. d. Gatt. Calandra, p. 19, f. 7, 8; 
M. Burmeistcr a très-bien distingué les deux sexes. 

Le Sphenophorus zamiœ do Schconlierr (Curcul. IV, p. 963) est une seconde 
espèce du genre, plus petite, à portion spongieuse de la massue antennaire 
plus grande, a cuisses plus robustes, mais présentant exactement les mômes 
caractères génériques. Pour la sculo fois, dans tout le cours de son ouvrage, 
Scliœnlierr a signalé chez cet insecte la forme arquée des segments intermé- 
diaires de l'abdomen. Seulement il en fait le caractère distinctif du maie, 
taudis que la femelle le possède également, mais à un moindre degré. 

(2) Syn. Hïi'osAnoTJinA, A. Wbite, Ami. à. Mag. of ont. Hist. Scr. 2, I, 
p. 107. 



SPHENOl'HOMDES. 29J 

intercoxalo large, subanguleuse en avant. — Métasternum allongé, 
aplani sur la ligne médiane, rétréci en ayant et reçu dans une échan- 
crure peu profonde de la saillie mésosternale ; ses épistornums assez 
larges, ses épimères médiocros. — Saillie mésosternale large, sub- 
parallôlo. — Prosternum peu saillant et tronqué en arrière des han- 
ches antérieures. — Corps allongé, assez étroit, revêtu d'un enduit 
coloré. 

Femelles : Rostre plus long, moins robuste, régulièrement arqué, 
garni en dessous de longs poils dans toute sa longueur, ou (vittatus) 
muni sous les antennes de deux tubercules barbus. — Antennes insé- 
rées au milieu du rostre, lour sdape n'atteignant pas les yeux. — 
Yestiture des cuisses et des jambes au côté interne variable selon les 
espèces. — Corps plus ovale. 

Genre ayant pour type un grand et bel insecte de Java (niveus 
Schu.), auquel Schœnherr a associé, depuis (1), une autre espèce (vit- 
tatus Schh.) du même pays dont il n'a connu que la femelle. Dans 
les deux sexes, le rostre est pluri-caréné ou canaliculé à sa base, 
mais la livrée, qui est formée par une sorte d'enduit, varie selon les 
espèces, ainsi que la ponctuation des téguments ; les éfytrcs sont ré- 
gulièrement striées. Le genre a plus d'analogie avec les CEactDOCBRUS 
qui suivent, qu'avec aucun autre, malgré la l'orme profondément 
différente de sa massue antennaire. 

Celui que M. A. White a publié sous le nom de Hyposahotiiua, a 
été évidemment établi sur la femelle d'une autre espèce, originaire 
des îles Philippines et qu'il nomme imperatrix. Comme chez celle 
du niveus, son rostre est complètement barbu on dessous, mais elle 
s'éloigne de cette dernière et de celle du vittatus par une assez forte 
saillie verticale et aiguë dont son prosternum est muni immédiate- 
ment au-devant des hanches antérieures. Ce caractère me parait être 
purement spécifique. 

CERC1DOCERUS. 
(Guémn-Ménev.) Sciioenii. Curcul., IV, p. 850. 

Mâles: Rostre assez long, robuste, fortement arqué, épaissi dans 
un peu moins de sa moitié basilaire, légèrement dilaté et souvent 
SUDgibbeux au niveau de l'insertion des antennes, comprimé, arrondi 
en dessus et pou à peu atténué en avant ; ses scrobes latérales, ex- 
trêmement profondes, irrégulières. — Antennes courtes, robustes; 
aoape épais,plus ou moins déprimé, empiétant assez fortement sur le 
prothorax; funicule à articles 1 ou 1-2 oheoniques, un peu allongés, 
2-6 ou 3-6 cylindriques, transversaux, non oontigus ; massue trans- 
versalement linéaire ou triangulaire, trois fois au moins et jusqu'à 
six fois plus largo que longue ; sa partie spongieuse au moins aussi 

(1) Curcul. VIII, 2. p. 227. 



292 CtRCULlO.MUEb. 

longue que la cornée, tranchante. — Prothorax plus long que large, 
déprimé sur le disque, arrondi sur les côtés, rétréci et brièvement 
tubuleux en avant, paraboliquement sinué de chaque côté de sa 
base. - Ecusson médiocre, allongé. - Elytres un peu plus longues 
que le prothorax, déprimées sur le disque, graduellement rétrécies en 
arrière, conjointement et légèrement échancrées au bout, assez forte- 
ment échangées à leur base, avec les épaules obtusément calleuses. - 
Pattes médiocres, assez robustes, subégales, les antérieures faible- 
ment séparées ; cuisses assez fortement en massue: jambes compri- 
mées, presque droites, mucronées ou onguiculées au bout; tarses 
assez longs, à articles 1 beaucoup plus long que 2, 3 large, triangu- 
laire ou subcordiforme, seul spongieux en dessous, 4 très-grand, 
ainsi que ses crochets.- Pygidium déclive, caréné sur la ligne mé- 
diane, en triangle arrondi au bout; 2" segment abdominal assez sou- 
vent (par ex. nigrolaleralis) séparé du 1" par une suture très-dis- 
tincte ; saillie intercoxale très-large, légèrement arrondie en avant. 
— Métasternum aplani, rétréci et coupé carrément en avant ; ses 
épisternums assez larges, ses épimères médiocres. — Mésosternum 
plus ou moins large, parallèle, tronqué en arrière; ses epimôres 
subascendantes ; prosternum sans saillie postcoxale. — Corps oblong, 
subelliptique, le plus souvent revêtu d'un enduit ou d'une efflores- 
cence veloutée. 

Femelles : Elles ne diffèrent des mâles que par leur massue anten- 
naire beaucoup moins large, en triangle transversal ou non. 

La forme insolite de leur massue antennairc fait reconnaître im- 
médiatement les mâles de ce genre parmi tous les Calandrides. Quant 
aux femelles, on pourrait assez facilement les confondre, au point de 
vue générique, avec celles de certains Spiiknophorus à corps aplani 
en dessus (par ex. planipennis Schh.); mais on évitera cette erreur en 
faisant attention a un seul caractère, à savoir que la portion épaissie 
de leur rostre est beaucoup plus longue et autrement faite que chez 
ces dernières. 

Le genre est propre aux Indes orientales et ses espèces (1) ont une 
livrée plus ou inoins remarquable, mais très-variée. Leur sculpture 
n'est pas non plus homogène; cependant la plupart ont le prothorax 
criblé de gros points enfoncés et caréné sur la ligne médiane et les 
élytres fortement striées-ponctuées. 

CYRTORHINUS. 

Femelle : Rostre assez long, médiocrement robuste, comprimé, 

(\) Aux sept (bipunctatus, bimaculatus, fabricator, fabrilis, etc.) mention- 
nées par Scuœnlicrr (Curcul. VIII, 2, p. 231), aj. : C. Schœnherri, funebrts, 
rximius, Guérin-Méncv.ncdn.; Ins.. texte, p. 179; Java; le second habite éga- 
li riant le continent indien; mes exemplaires proviennent de l'Assam. 



SPHÉNOPHomoEs. 29S 

brièvement épaissi, plus haut que large, fortement arqué et subgib- 
beux à sa base, peu a peu et faiblement élargi en avant, avec son 
extrémité déprimée ; ses scrobes inférieures, basilaires et très-courtes. 

— Antennes médiocres, assez robustes ; scape un peu arqué, empié- 
tant fortement sur le prothorax; funicule à articles 1-2 à peine al- 
longés, obconiques, 3-6 subcylindriques, courts; massue médiocre, 
en triangle subéquilatéral ; sa partie spongieuse nullement saillante. 

— Prothorax médiocrement convoxe, allongé, parallèle, brièvement 
tubuleux a sa base, avec un sillon transversal peu marqué, légère- 
ment arrondi à sa base. — Ecusson médiocre, en triangle allongé et 
aigu. — Elytres d'un tiers environ plus longues que le prothorax, 
peu convexes, parallèles, subtronquées en arrière, échancrées en arc 
a leur base, avec les épaules à peine calleuses. — Pattes médiocres, 
assez robustes, les antérieures faiblement séparées; les quatro cuisses 
antérieures normalement, les postérieures graduellement en massue ; 
jambes droites, comprimées, terminées par un long mucro recourbé ; 
tarses assez longs, à articles 1-2 étroits, celui-là le plus long, 3 assez 
largo, subcordiforme, 4 grand, ses crochets médiocres. — Pygidium 
déclive, convexe, en triangle curviligno obtus au bout ; saillie înter- 
coxale assez large, arrondie en avant, - Métasternum envoyant 
entre les hanches intermédiaires une saillie étroite, tronquée au 
bout. — Prosternum sans saillie postcoxale.— Corps oblong, glabre. 

L'insecte qui forme le type de ce genre est originaire de Natal, 
et m'a été communiqué par M. Jekel, sous les noms générique et spé- 
cifique que jo lui ai conservés (1). A un rostre voisin de celui des 
Cercidoceiuis, il réunit un faciès de Madarido, dû moins peut-être à 
sa forme générale qu'a sa livrée d'un noir brillant et à la sculpture 
de ses téguments. D'après la forme de son rostre et l'insertion tout-à- 
fait basilaire de ses antennes, je regarde comme étant une femelle 
l'unique exemplaire que j'ai à ma disposition. 

ACANTHARHINUS. 
SciioENH. Curcul., IV, p. 861. 

Rostre assez court, très-robuste, penché, cylindrique et comprimé, 
droit, puis brusquemont arqué dans son tiers terminal, muni en ries- 
sous, au niveau de l'insertion des antennes, de deux assez fortes 
dents; ses scrobos inférieures, très-courtes, fovéiformes. — Antennes 
médioores ; scape déprimé, empiétant assez fortement sur le protho- 
rnx; Canicule à articles 1 légèrement allongé, pyriforme, 2-6 très- 
Ci) C. baridioides. Oblongus, ater nitidus, rostro basi breMitcr canaliculato, 
poctore prothoraecque clonse punctatis, clytris sat profonde ac tenuiter sul- 
catis, interstitiis planis, crebre punctulatis. Long, (rostr. exclus.) 8 uiill. Hab. 
Cattrarift. 



29* f.URc.ui.ioxini-s. 

comls, serrés; massue assez grande, en fer de hache irrégulier, un 
peu prolongé, en dehors; sa partio spongieuse très-courte, un peu 
convexe. —Prothorax allongé, médiocrement convexe, sinué sur les 
côtés, rétréci en avant, brièvement tubuleux à son extrémité, avec un 
sillon transversal presque obsolète en dessus, médiocrement arrondi à 
sa base. — Ecusson assez grand, en triangle curviligne, terminé par 
une pointe aiguë. — Elytres assez convexes, graduellement rétrécies en 
arrière, conjointement et légèrement ôchancrées à leur extrémité; 
assez fortement ôchancrées en arc à leur base, avec les épaules ob- 
tuses. — Pattes courtes, robustes, les antérieures faiblement sépa- 
rées; cuisses et jambes comprimées, les premières graduellement en 
massue; les secondes droites, terminées par un mucro en forme de 
griffe; tarses médiocres, à articles 1 assez long, noueux au bout, 2 
très-court, 3 large, en triangle transversal, seul spongieux en des- 
sous, 4 grand, ainsi que ses crochets. — Pygidium déclive, caréné, en 
triangle- largement arrondi en arrière ; saillie intercoxale large, ar- 
rondie en avant. — Métasternum déprimé dans son milieu, muni en 
avant d'une saillie quadrangulaire, envoyant une petite dent angu- 
leuse dans une échancrure du mésosternum ; ses épisternums assez 
larges, ses épimôres médiocres. — Saillie mésosternale large, tron- 
quée en arrière.— Prosternum sans saillie postcoxale. — Corps oblong, 
glabre. 

Tous les exemplaires que j'ai vus étant pareils, j'ignore s'il existe 
des différences entre les deux sexes. 

Le genre est voisin des Sphexophorus, mais bien distinct par la 
forme du rostre, les dents dont il est muni en dessous, et la brièveté 
de la partie spongieuse de la massue antennairo. L'unique espèce 
(Dregci Schh.) qui le compose, égale presque, sous le rapport de la 
taille, les plus grands Spiiexophoius, et ressemble complètement, par 
son faciès, aux S. striatoforatus, Fahrœi et espèces voisines. Elle est 
d'un noir profond, peu brillant, finement pointillée sur le prothorax, 
avec les élytres fortement et nettement striées; les stries sont ponc- 
tuées à intervalles réguliers et leurs intervalles sont à la fois costi- 
formes et plans. Cet insecte est originaire de l'Afrique australe. 

SCI'PHOPHORUS. 

Schoemi. Curcvl., IV, p. 855. 

Rostre assez long, médiocrement arqué, épaissi dans un peu plus 
de son tiers basilaire, assez robuste et cylindrique on avant; sos 
scrobes inférieures, profondes, rectilignes. — Antennes courtes, ro- 
bustes; scape empiétant fortement sur le prothorax; funicule à arti- 
cles l un peu plus long que les suivants, 2-6 transversaux, élargis 
peu à pou et fortement; massue médiocre, trapéziforme; sa partie 
spongieuse nullement saillante, subconcave. — Prothorax plus long 



sPHictfornoRiDES. 295 

que large, peu convexe, subparallèle sur les côtés, brusquement et for- 
tement tubuleux en avant, avec un sillon transversal peu marqué» 
obliquement tronqué de chaque côté de sa base, avec sa partie mé- 
diano arrondie. — Ecusson assez grand, en triangle allongé. — Ely- 
tres assez convexes, oblongo-ovales, conjointement et faiblement 
échancrées en arrière, fortement échancrées en arc à leur base, avec 
les épaules obtusément calleuses ; leurs épipleures à peine élargies 
dans leur moitié basilaire. — Pattes courtes, très-robustes, les 
antérieures faiblement écartées; cuisses et jambes comprimées, briè- 
vement ciliées en dedans, les premières fortement en massue ; les 
secondes droites, tronquées au bout, avec leur angle externe bi-épi- 
neux et l'interne mucroné ; tarses médiocres, villeux en dessous, à 
articles 1 un peu plus grand que 2, 3 médiocrement large, cordi- 
forme, 4 grand, ainsi que ses crochets. — Pygidium déclive, sub- 
transversal, en triangle curviligne ; saillie iutercoxale large, un peu 
arrondie en avant. — Métasternum plan, large et tronqué entre les 
hanches intermédiaires ; ses épisternums assez larges, ses épimères 
médiocres. — Saillie mésosternale large, parallèle, tronquée en ar- 
rière. — Prosternum sans saillie post-coxale. — Corps oblong, 
glabre. 

Schœnherr a trop séparé ce genre des Spiienophorus. 11 en est voi- 
sin, mais suffisamment distinct par la structure do ses antennes, sur- 
tout de la massue antervnaire, et celle des jambes. Les espèces qui le 
composent sont au nombre do trois (1), et propres à l'Amérique. Elles 
sont assez grandes, d'un noir intense, finement ponctuées sur le pro- 
thorax et plus ou moins fortement striées sur les élytres. Je soup- 
çonne que les exemplaires décrits par Schœnherr étaient des mâles, 
ainsi que ceux que j'ai sous les yeux. 

SPHENOPHORUS. 
Schoenh. Curcul. Disp. meth., p. 327. 

Ce genre, qui contient à lui seul plus d'espèces que tout le reste 
de la Tribu, me parait avoir besoin d'ètro épuré. Il n'est pas possible 
en effet d'en donner une définition qui embrasse tous les éléments 
que Schœnherr y a compris (2), et il n'est pas un seul des caractères 

(1) S. interstitialis, Haïty; acupunctatus, Mexico; anthracinus, Amer, du 
Sud; Schœnh. loc. cit. p. 856. 

(2) Il a reconnu lui-môme (Curcul. IV, p. 875) qu'il en était ainsi et s'est 
contonté de diviser le genre en deux groupes (sujets eux-mêmes à des excep- 
tions), selon que le 3» article des tarses est plus ou moins large et spongieux 
en dussous, ou pas beaucoup plus large que les deux 1« 9 et dépourvu de spon- 
giosité. Je remarque que chez un assez grand nombre d'espèces, toutes de 
moyenne et petite taille (par ex. adspersm, 13-punctatus, variabilis. sangut- 



296 CURCULIONIDES. 

qu'on peut lui assigner qui no souffre des exceptions phis ou moins 
nombreuses. Dans cet état de ohoses, il suffira d'indiquer en quoi 
ces insectes diffèrent des Scyphophorus, qui sont les seuls du groupe 
actuel avec lesquels on puisse les confondre. 

Antennes moins robustes et relativement plus longues ; leur funi- 
cule no grossissant pas ou que très-peu en avant; ses articles jamais 
fortement transversaux ; massue plus étroite, de forme variable ; sa 
partie spongieuse plus ou moins grando et tranchante. — Jambes 
ayant leur angle terminal externe obliquement arrondi, très-rarement 
tronquées à leur extrémité; celle-ci jamais bi-épineuse. 

Sauf les différences signalées dans la note annexée à cette page, le 
reste de l'organisation est pareil à ce qui existe chez les Scyphopho- 
rus. Mais dans ces limites ces insectes varient tellement sous le rap- 
port de la taille, de la sculpturo des téguments et de la livrée, qu'il 
est impossible d'en rien dire de général. Ils sont répandus sur le 
globe entier, mais surtout dans les régions intertropicales, et plus 
nombreux en Amérique et aux Indes orientales que partout ailleurs. 
C'est, avec les Calandra, le seul genre de la tribu qui ait des repré- 
sentants en Europe ; toutefois les espèces de ce continent (piceus, ab- 
breviatus, parumpunctalus, etc.) sont peu nombreuses, assez rares et 
n'offrent rien de remarquable (I). 

neusj cinctus, pustulosus, etc.), la saillie mésosternale est plus étroite que de 
coutume, ce qui a entraîné un rétrécissement analogue de la partie antérieure 
du métasternurn, et que ce caractère est accompagné des différences suivantes 
dans le rostre et les antennes. Le premier est plus brusquement épaissi a sa 
base. Les secondes sont plus longues; leur scape empiète plus fortement sur 
le prolhorax, et, a l'inverse de ce qui existe ordinairement, est plus long que 
le funicule. Il y a en même temps dans l'insertion de ces organes une diffé- 
rence sexuello qui parait manquer ailleurs; chez les femelles, elle est tout-à- 
fait basilaire, et chez les mâles subbasilaire. Ces espèces doivent à tout le 
moins former une section distincte. Parmi celles qui devront être exclues du 
genre, je citerai principalement le planipennis de l'Assam et le terebrans de 
la Sénégambie. Outre leur forme déprimée, tous deux se font remarquer par 
la largeur excessive de leur saillie mésosternalo (chez le premier, elle est môme 
fortement échancrée en arc), do leur métasternurn en avant et do la saillie in- 
tcrcoxalo de leur abdomen. 

(1) Aux 121 espèces mentionnées par Schœnherr (Curcul. VIII, 2, p. 235), 
aj. : Esp. d'Europe : Cal. paludicola, Waltl, Ileise n. Span. II, p. 81 ; Espagne 
mer.— Esp. africaine : S. quadrwulneratus,S. Tlioms. Archiv. entom. II, p. 143; 
Gabon.— Esp. de l'Amer, du Nord : S. sculptilis, Uhler, Proceod. of the Acad. 
ofPhilad. VII, p. 415; lialtimore.— simplex, fort Tejon; validus, ochreus,vo- 
merinus, Sonora; procerus, pictus, Californie; J. L. Le Conte, ibid. X, p. 79. 
— genlilis, J. L. Le Conte, Rep. on a railr. to the Pacif. Oc, Append. 1, p- 58; 
Californie. — dimidialipennis, Jckel, Ann. a. Mag. of uat. Hist. Scr. 3, II, 
p. 359; Amer, centrale. — Esp. de l'Amer, du Sud : Cal. aurufasciata, De 
Brème, Ann. d. I. Soc. entom. 1844, p. 308; Colombie. — S. craimu, Patago- 



; % SPHÉNOPUORtDES, 29" 

AXINOPHORUS. 

Schoenh. Curcul., VIII, p. 863 (1). 

Quoiquo ce genre me soit inconnu en nature, je ne doute pas qu'il 
appartienne au groupe actuel. 

Rostre du double plus long que la tète, robuste, arrondi aux 
angles, linéaire, médiocrement arqué, subfléchi. — Antennes subba- 
silaires, médiocres, robustes; scape atteignant le bord antérieur du 
prothorax; funicule à articles I très-brièvement obconique, 2-6 trans- 
versaux, resserrés à leur base, grossissant peu à peu, 6 contigu à la 
massue; celle-ci assez large, comprimée; son article corné élargi et ar- 
rondi en avant, sa partie spongieuse obliquement arrondie et tran- 
chante. — Yeux subcontigus en dessus et en dessous. — Prothorax 
très-allongé, pou convexe, graduellement rétréci en avant, bisinué à 
sa base, avec son lobe médian peu saillant. — Ecusson assez grand, 
cordiforme. — Elytres de moitié plus longues que le prothorax, peu 
convexes, graduellement rétrécies et isolément arrondies en arrière, 
un peu plus larges que le prothorax et chacune arrondie en avant, 
avec les épaules un peu saillantes antérieurement. — Pattes courtes, 
assez robustes, subégales; cuisses un peu comprimées, légèrement en 
massue, un peu ciliées en dessous; jambes subarrondies, presque 
droites, ciliées en dedans, prolongées en un fort mucro recourbé; 
tarses longs, à article 3 grand, subcordiformc, spongieux en des- 
sous. — Pygidium assez court, subtronqué au bout, rebordô sur les 
côtés, caréné en dessus à son extrémité. — Corps allongé, peu con- 
vexe, glabre. 

La contiguïté du dernier article du funicule des antennes, celle des 
yeux en dessus et la formo générale du corps constituent une réunion 
de caractères qui ne s'accordent avec ceux d'aucun genre du groupe 
actuel. Celui-ci a pour type le Lixus gages do Fabricius, insecte de la 
côte de Guinée, d'un noir profond, lisse et brillant sur le prothorax, 
opaque sur les élytres qui sont striées et ponctuées, avec le fond des 
points et les stries elles-mêmes remplis d'atomes blancs, plus denses 
a la partie postérieure de ces organes qu'en avant. 

nie; rubrotessellatm, Bolivia; Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 20t. — lœ- 
tus, strigosus, aduncus, crudus, Ericlis. Archiv, 1847, I, p. 136; Pérou. — 
chitensis, Blancb. in Gay, Hist. d. Chilc; Zool. V, p. 423. — Esp. de l'Australie 
et do la Polynésie : S. insularis, Taïly; interstilialis, Sidney; Iloltcm. Voy. 
d. l'Eugén.; EDtoin. p. 148. — Cal. cinota, Montrons. Faune de l'Ile Woodl. 
]>. 55; Nouvelle-Calédonie. — S. Testardi, Montrouz. Ann. d. 1. Soc. entom. 
1860, p. 909; même pays. — Esp. des Indes or. : S. glabridheus , cribricollis, 
evquisilus, F. Walker, Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, IV, p. 218; Ceylan. 
(1) Syu. Lwds, Fab. Sy»t. Eleuth. II, p. 500. 



298 (H'RCULIONIDRS. 

GROUPE V. Catandridei vraii. 

Mandibules en tenailles, sans lobes. — Tète arrondie. — Antennes 
au plus médiocres; leur massue ovale ou en cône renversé, non com- 
primée. — Ecusson petit chez presquo tous. — Episternums du mé- 
tathorax médiocrement larges, ses épimères petites. — Epimères mé- 
sothoraciques ascendantes. — Prosternum sans saillie postcoxale. 

Le caractère essentiel de ce groupe réside dans la forme de la mas- 
sue antennaire. Parmi tous les genres qui précèdent, elle n'existe que 
chez les Poteriophoiuis qui appartiennent au groupe des Sphénopho- 
rides par leurs épimères mésothoraciques non ascendantes. Elle se re- 
trouve également chez les Litosomides qui suivent, mais associée à 
des caractères complètement inconnus ici. 

Les genres do ce groupe se réduisent à cinq. Leurs espèces sont 
presque toutes de petite taille et les plus grandes ne dépassent que 
peu la moyenne L'un d'eux est cosmopolite; deux autres sont propres 
à l'Amérique du Sud; parmi les deux derniers, l'un n'a encore été 
observé qu'en Afrique, l'autre à Madagascar. 

I. Corps large, obloogo-ovale ou subpaiallèle. 

a Rostre fortement renflé à sa base ; le 

renflement bifide au bout : Eugnoristus. 
au — médiocrement renflé a sa base; le renflement sim- 
ple au bout. 
Ecusson assez graud, en triangle aigu : Belopatus. 
— petit, orbiculaire : Melchus. 

II. Corps étroit, linéaire. 

Article corné de la massue antennairo coupé carrément; sa 

partie spongieuso assez saillante: Calatidra. 
— — — coupé obliquement; sa partie 

spongieuse rétractée : Catapyges. 

EUGNORISTUS. 

Schoenh. Curcul., IV, p. 848. 

Rostre assez long, droit, muni à sa base d'un renflement court, 
subcylindrique et bifurqué au bout, grêle et cylindrique en avant ; 
ses scrobes très-courtes, latérales. — Antennes assez longues, grêles ; 
scape empiétant assez fortement sur le prothorax; funicule il articles 
obeoniques : 2 notablement plus long que les autres, ceux-ci égaux; 
massue en cône allongé et atténué à sa base; sa partie spongieuse 
assez saillante, obtusément conique. — Prothorax presque aussi large 
que long, régulièrement convexe, arrondi sur les côtés et à sa base, 
brièvement tubuleux en avant. — Ecusson petit, en triangle aigu. — 
Elytres planes sur le disque, médiocrement allongées, peu a peu et 



r.AT.ANnniDES VRAIS. 29ÏI 

légèrement rétrécies on arrièro, largement arrondies à leur extrémité, 
échancrées en arc à leur base, avec les épaules obtusément calleuses. 
_ Pattes assez longues, médiocrement robustes ; les antérieures un 
peu plus grandes que les autres, assez fortement séparées; cuisses 
graduellement en massue; jambes comprimées, finement villeuses et 
denticulées au côté interne, faiblement arquées, onguiculées au bout, 
avec leur angle interne fortement dentiforme ; tarses assez longs, pu- 
bescents en dessus, spongieux en dessous, à articles 1-2 en cône ren- 
versé, 3 très-largo, subcordiforme, 4 médiocre, ses crochets petits.— 
Pygidium transversal, en triangle très-aigu au bout; abdomen et 
métasternum plans; saillie intorcoxalo très-largo, subanguleuse en 
avant. — Métasternum large et arrondi entre les hanches intermé- 
diaires, onvoyant une petite pointe dans une étroite échancrure du 
mésostornum; ses épisternums assez étroits, ses épimôres petites. — 
Saillie mésosternale large, un peu rétrécio et arrondie en arrière. — 
Corps oblong, partiellement écailleux. 

Les deux sexes diffèrent à peine ; le rostre est seulement un tant 
soit peu plus long chez les femelles que chez les mâles. 

Le genre ne comprend que la Calandra monachus d'Olivier (1), la 
plus élégante espèce peut-être de la tribu entière. C'est un insecte 
de taille moyenne, d'un noir intense velouté, avec le métasternum, 
la base do l'abdomen, les côtés du prothorax et un dessin remarquable 
sui les élytres, d'un blanc crétacé; ce dessin consiste en deux raies 
étroites et arquées qui partent do l'intérieur des épaules, se touchent 
par leur convexité sur la suture et vont aboutir sur les bords laté- 
raux avant leur extrémité; uno linéole transversale se voit en 
outre au milieu de chaque élytre. Toutes les parties blanches doivent 
cette couleur à do grosses écailles arrondies et concaves dans leur 
contre. Cet insecte est propre à Madagascar. 

BELOPOEUS. 
Schoenii. Curcul., IV, p. 872. 

Mâle. : Rostre à peine de la longueur du prothorax, faiblement ar- 
qué, épaissi dans son tiers basilaire et un peu renflé au niveau des 
antennes, grèlo et cylindrique on avant ; ses scrobes inférieures, 
courtes, rectilignes. — Antennes subbasilaires, médiocres, peu ro- 
bustes; scape empiétant un peu sur le prothorax; funicule il articles 
1-2 allongés, obeoniques, celui-ci le plus long, 3-6 courts, égaux; 
massue oblongo-ovaie, assez forte; sa partie spongieuse courte, obtu- 
sément conique. — Prothorax peu convexe, plus long que large, sub- 
parallèle dans ses deux tiers basilaires, puis arrondi et brièvement 
tulmleux en avant, bisinué a sa base, avec son lobe médian étroit et 

(1) Entom. V, 83, p. 90; Ciiroul. pi, 28, f. 411. 



300 CUItCULlONIDES. 

aigu. — Ecusson assez grand, en triangle allongé, acuminé au bout.— 
Elytres très-peu convexes, ovales, un peu atténuées et isolément ar- 
rondies en arrière, un peu plus larges que le prothorax et chacune 
arrondie à sa base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres, 
subégales, les antérieures faiblement séparées; cuisses en massue; 
jambes comprimées, presque droites, mucronées au bout; tarses 
longs, à articles 1-2 grôles, celui-là le plus grand, 3 médiocrement 
large, subcordiforme, spongieux en dessous, 4 grand, ses crochets 
médiocres. — Pygidium médiocre, fléchi, assez convexe, triangulaire, 
obtus au bout; abdomen largement concave i\ sa base; sa saillie in- 
tercoxale très-large, un peu arrondie en avant. — Métasternum con- 
cave, obtusément arrondi en avant. ; ses épisternums médiocrement 
larges, ses épimères petites. — Saillie mésosternale assez étroite, pa- 
rallèle. — Corps ovalo-elliptique, partiellement écailleux. 

Femelle : Rostre un peu plus long que le prothorax, plus grêle, 
droit, très-brièvement épaissi à sa base. — Antennes basilaires. — 
Abdomen à sa base et métasternum planiusculos. 

Genre établi sur la Calandra carmelita do Germar (i), insecte ori- 
ginaire du Brésil et de petite taille. 11 est d'un noir profond, à reflots 
soyeux en dessus, avec le disque des élytres largement ferrugineux; 
son prothorax est orné d'un dessin assez compliqué composé do lignes 
étroites formées par des écailles blanches; les côtés du corps en des- 
sons sont de la même Couleur. 

MELCHUS. 

Rostre assez long, droit, épaissi dans son tiers basilaire, et un peu 
dilaté au niveau des antennes, grêle et cylindrique en avant; ses 
scrobes inférieures, courtes et rectilignes. — Antennes médiocres, peu 
ou assez robustes ; scapo empiétant h peine sur le prothorax ; funi- 
culo à articles obeoniques : 1-2 un peu allongés, celui-ci lo plus 
grand, 3-6 égaux ; massue oblongo-ovale ou en cône renversé ; sa 
partie spongieuse assez saillante, obtuse. — Prothorax un peu plus 
long que large, médiocrement convexe, subparallèle dans ses deux 
tiers basilaires, puis arrondi et brièvement resserré en avant, légère- 
ment bisinué à sa base, avec un lobe médian assez large ot faible. — 
Ecusson petit, en triangle curviligne ou suborbiculaire. — Elytres mé- 
diocrement convexes, graduellement rétrécies en arrière, un peu plus 
larges que le prothorax et plus ou moins échancrées ou sinuées à 
leur base, avec les épaules obtusément calleuses. — Pattes médio- 
cres, robustes, subégales, les antérieures faiblement séparées ; cuissos 
en massue ; jambes comprimées, droites, mucronées au bout ; tarses 
de longueur variable, à articlo 3 médiocrement large, subcordiforme. 

(1) Ins. spec. nov. p. 296. 



CALANUH1DKS VRAIS. 301 

_ Pygidium déclive, court, en triangle fortement transversal ; saillie 
intercoxale très-large, légèrement arrondie en avant. — Métasternum 
assez large entre les hanches intermédiaires, pénétrant à peine ou 
non dans une échancrure du mésosternum ; ses épisternums de lar- 
geur moyenne, ses épimères petites. — Saillie mésosternale médio- 
crement large, parallèle. — Corps oblongo-ovale ; sa vestiture va- 
riable. 

Genre très-voisin des Belopœis, et n'en différant même, rigoureu- 
sement parlant, que par la forme de l'écusson qui est beaucoup plus 
petit et tout autrement fait que chez ces derniers, puis en ce que le 
rostre est également épaissi a sa base dans les deux sexes. Ses espèces 
sont en même temps plus convexes et n'ont pas le même faciès que 
le B. carmelitus. J'en connais deux (I) inédites, qui diffèrent à quel- 
ques égards, et qui pourraient être placées dans des genres distincts. 
Le genre est propre à l'Amérique du Sud. 

CALANDRA. 
Clairv., Entom. helvét., 1, p. 62 (2). 

Rostre de longueur variable, au maximum dépassant un peu la 
base du prothorax, légèrement arqué, rarement droit, plus ou moins 
robuste, épaissi à sa base, cylindrique en avant; ses scrobes basi- 
laires, subinférieures ou latéralos, courtes. — Antennes courtes, 

()) On peut les répartir dans deux sections dont la première, typique, est 
plus rapprochée des Belopoehs que la seconde. 

A Antennes assez grêles ; leur massue oblongo-ovalo, son 1" article cupuli- 
forme, sa partie spongieuse saillante; tarses allongés, à articles 1-2 étroits, 
3 médiocrement large. 

M. leprosus. Niger, opacus, glaber, undiquo subtiliter griseo-leprosu3, pro- 
thoracc dense varioloso-punclato, elytris oblon(;o-ovalibus, subtilissimo «trlati», 
basi meilioque disoi obscure rufo-sanguineis, vet omnino nigris. Long, (rostr. 
exclus.) 7, 10 mi'.l. Hab. Venezuela. 

Mas. : Rostro nonnibil arcuato ; ventre late concave 

Fœm. : Rostro recto ; ventre planiusculo. 

B Antennes assez robustes; le l or article de leur massue en cône allongé; sa 
partie spongieuse très-courte ; tarses médiocres, à articles 1-2 robustes, 3 large. 
Cette section pourrait constituer un genre distinct. 

Jlf. umbratilis. Fœm. : Niger, undique indiimento griseo-biuncscente dense 
obtectus, subtus disperso punctatus, elytris elliptico-ovalibus, anle apicem sub- 
callosls, subtiliter striatis, sparsim minute tuberculatis. Long, (rostr. exclus.) 
9, 11 mill. Hab. Caycnnà. 

(2) Syn. Sitofiiilus, Scliœnh. Curcul. IV, p. 967. Quoi qu'en dise Scliœn- 
lierr (ibid. VIII, 2, p. 205, note), il n'y a pas de raisons valables pour suppri- 
mer le nom de Cai.andra, et il doit naturellement rester à la premièro (grana- 
ria) des deux espèces que Clairvillo a décrites, l'autre {abbreviata) étant un 
SpniiNornouus. — SriiENoriionus pars, Montrouz- 



302 l.UIUXUONiDES. 

assez robustes; scape empiétant à peine sur le prothorax; funiculo à 
articles 1-2 un peu allongés, obconiques, celui-là le plus long, 3-6 sub- 
turbinés ou subarrondis, très-courts ; massue oblongo-ovale ou ovale • 
son article basilaire beaucoup plus long (rue sa partie spongieuse ; 
celle-ci courte, subacuminée. — Prothorax notablement plus long 
que large, un peu déprimé en dessus, parallèle ou arrondi sur les 
côtés, brièvement tubuleux en avant, l'aibloment arrondi à sa base. 

— Ecusson petit, de formo variable. — Elytres un pou plus longues 
que le prothorax, subdéprimées en dessus, parallèles, conjointement 
arrondies en arrière, pas plus larges que le prothorax et tronquéos 
ou échancrées en arc à leur base. — Pattes médiocres, subégales, en 
général robustes, les antérieures fortement en massue ; jambes droi- 
tes, comprimées, onguiculées au bout ; tarses de longueur variable, 
le plus souvent médiocres, à articles 3 pas beaucoup plus large que 
1-2, 4 long; ses crochets médiocres. — Pygidium vertical, convexe, 
en triangle curviligne; saillie intercoxale large, tronquée en avant. 

— Métasternum plan, de forme variable entre les hanches intermé- 
diaires; ses épisternums do largeur moyenne, ses épimères petites. 

— Saillie mésosternale assez large, parallèle. — Corps plus ou moins 
allongé, parallèle, glabre, parfois partiellement écailleux. 

Les deux sexes sont peu différents au premier aspect. Les mâles se 
distinguent des femelles par leur rostre un peu plus court, plus ro- 
buste, plus fortement ponctué, et en ce que leur métasternum et la 
base de leur abdomen sont un peu concaves. 

Ce genre comprend les plus petites espèces de la Tribu. Toutes 
sont criblées d'assez gros points enfoncés tant en dessous que sur le 
prothorax, et lours élytrcs sont plus ou moins striées-ponctuées sur les 
élytres, avec les intervalles entre les stries costiformes. Leur livrée, 
d'un noir brunâtre, est sujette à. passer au rouge ferrugineux, et 
offre parfois un mélange de ces deux couleurs. Celles dont les mœurs 
sont connues vivent aux dépens des semences des végétaux, et l'une 
d'elles (granaria), actuellement répandue sur tout le globe, n'est que 
trop connuo par les pertes qu'elle cause à l'agriculture. C'est la seule 
qui soit originaire d'Europo. Une autre (orizee) qui s'y rencontre 
également (1) et qui est devenue aussi cosmopolite que la précédente, 
a pour patrie les Indes orientales et attaque le riz et le maïs. Le genre 
est assez riche en espèces (2). 

(1) Il parait qu'elle tond à s'y acclimater; on l'a déjà rencontrée sous les 
écorces des arbres en dehors des habitations. Voyez, a ce sujet, une note de 
M. Scriba dans la Stctlin. entom. Zeit 1857, p. 377. 

(2) Schœnbeir (Curcul. IV, p. 908) en décrit ex visu 13, desquelles il y aura 
peut-être à retrancher une, Vincarnatus, dont il sera question plus ba3 (p. 305, 
note 1). Dans les collections, on trouve associées ù ces insectes quelques 
grandes (relativement) espèces exotiques qui ont un faciès assez différent do 
celui dos cspèecs typiques et qui peut-être pourront former un genre à part. 



LIIOSOMIDES. 303 

CATAPYGES. 

Schoenii. Curcul. IV, p. 082 (1). 

Je n'ai pas vu ce genre, mais, d'après les caractères qui suivent, 
il est très-probable qu'il est voisin des Calandra, à la suite desquelles 
Schœnherr l'a placé. Si ses épimôros mésothoraciques ne sont pas 
ascendantes, il devra être reporté dans le groupe des Sphénophorides. 

Rostre presque de la longueur du prothorax, grêle, cylindrique, un 
peu épaissi à sa base, médiocrement arqué, légèrement lléchi. —An- 
tennes atteignant à peine le milieu du prothorax, subbasilaires, ro- 
bustes ; scape atteignant le bord antérieur du prothorax ; funicule à 
articles courts, turbines, subégaux ; massue cornéo, longue, subcom- 
pacte, peut-être articulée, obliquement tronquée au bout ; sa partie 
spongieuse très-petite, rétractée, subconcave. —Prothorax du double 
plus long que large, (boit sur les côtés en arrière, un peu arrondi et 
brusquoment resserré en avant, arrondi à sa base, peu convexe en 
dessus, comprimé sur les côtés en dessous. — Ecysson très-petit et 
très-grêle, acuminé en arrière. — Elytros presque planes en dessus, 
îl peine plus longues et pas plus larges que le prothorax, linéaires, 
tronquées à leur extrémité, échancrées en arc à leur base. — Pattes 
robustes, les intermédiaires plus courtes que les autres, les anté- 
rieures écartées à leur base ; cuisses sublinéaires, densément ciliées 
en dessous ; jambes droites, canaliculées, ciliées en dedans, terminées 
par un fort mucro recourbé ; tarses assez grêles, à articles 3 plus 
large que les autres, obtusément arrondi au bout, 4 grand. — Pygi- 
dium subdéclive, subtriangulaire, arrondi à son extrémité. — Corps 
allongé, linéaire, peu convexe. 

La forme de la massue antennairo constitue le caractère le plus 
saillant du genre. 11 ne comprend que le Lixus albostriatus de Fabri- 
cius, insecte de la côte occidentale d'Afrique, de la taille environ du 
Lixus ascanii d'Europe et de forme encore plus étroite que les Ca- 
undha. Sa sculpture ressemble à celle de ces dernières, et son nom 
spécifique indique suffisamment la nature do sa livrée. 

Groupe VI. Litooomides. 

Mandibules triquètres, saillantes, aiguës au bout. — Tèto arrondie. 
— Antennes longues, grêles; leur funicule a articles lâchement unis, 

Depuis Sclirenherr, les suivantes ont été publiées : Sit. disciferus, F. Walker, 
Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, IV, p. 219; Ceylan. — Sphcn. l-guttatus 
(on'zœ), pumilus, palmarum, Montrouz. Ann. d. 1. Soc. entom. 1860, p. 910; 
Nouvelle-Calédonie. — Cul. chilensis, lœvicosla, Philippi, Stcttin. entom. Zcit. 
1864, p. 374; Chili. 
(1) Syn. Lixus.Fab. Syst. lileutli. II, p. 003. 



304 CUnCDLlONIDES. , 

beaucoup plus longs que larges ; leur massue en cône renversé, non 
comprimée. — Ecusson petit. — Pattes très-longues et grêles.— Epi- 
sternums du métathorax étroits ; ses épimères petites. — Epimères 
mésothoraciques ascendantes. — Prosternum sans saillie postcoxale. 

Des deux genres qui constituent ce groupe, l'un (Toxohhinus) est 
de la création de Dejean, mais les caractères n'en ont jamais été pu- 
bliés, l'autre existe depuis assez longtemps dans les collections sans 
avoir été encore mentionné nulle part, à ma connaissance. Rien ne 
leur ressemble dans aucun des groupes précédents, et ils peuvent, à 
bon droit, être regardés comme les plus aberrants de la Tribu ; mais 
ils lui appartiennent sans aucun doute ot n'ont pas de titres suffisants 
pour en former une à part. Tous deux sont propres à l'Amérique 
du Sud. 

I. Rostre vertical, paraboliquement arqué : Toxorhinus. 

II. — subhorizontal, non ou à peiue — : Litosomus. 

TOXORHINUS. 
Un. Cat.,éi. 3, p. 303(1). 

Rostre vertical, presque de la longueur du corps, paraboliquement 
arqué, un peu épaissi dans son quart basilaire, avec un léger renfle- 
ment au niveau des antennes ; ses scrobes situées sous ce renflement, 
très-courtes. — Antennes insérées sous le sommet du renflement du 
rostre, assez longues et assez robustes ; scape peu à peu et fai- 
blement en massue, atteignant à peine la base du rostre ; funicule 
à articles obeoniques, lâchement unis : 2 plus grand que les autres, 
ceux-ci égaux ; massue peu robuste ; son I er article en cône allongé et 
rétréci à sa base; sa partie spongieuse en cône obtus, assez saillante. 
— Prothorax trois fois et demie plus long que large, cylindrique, 
légèrement et peu à peu rétréci en avant, avec un sillon circulaire 
avant son bord antérieur, faiblement arrondi à sa base. — Ecusson très- 
petit, rhomboïdal. — Elytres à peine plus longues que le prothorax, 
planes sur le disque, parallèles, tronquées en arrière, un peu plus larges 
que le prothorax et échancrées en arc à leur base. — Pattes grêles, lon- 
gues, les antérieures plus que les autres, faiblement séparées à leur 
base ; cuisses graduellement en massue, les postérieures dépassant 
assez fortement l'abdomen ; jambes comprimées, fortement onguicu- 
lées au bout; tarses longs et étroits, à articles I beaucoup plus long 
que 2, 3 peu élargi, cordiforme, 4 grand, ainsi que ses crochets. — 
Pygidium oblique, en triangle allongé, sinué sur les côtés, arrondi 
au bout ; saillie intercoxale large, tronquée et anguleuse dans son 
milieu en avant. — Métastcrnum assez large entre les hanches inter- 

(1) Syii. SiToruaus, Guerin-Méuev. Icon.; Ins., texte, p. 172. 



L1T0SOM1DKS. 305 

rnédiaires et tronqué en avant. — Saillie mésosternale assez large, 
en carré long. — Corps allongé, linéaire. 

Dejcan s'est trompé sur ce genre au point do le placer entre les 
Otidocepualus et les Toxopuonus. M. Guérin-Ménevillo, qui a décrit 
l'unique espèce (1) do Caycnnc dont il se compose, a reconnu ses vé- 
ritables analogies et l'a classée parmi les Sitophilus, en reconnaissant 
qu'elle pourrait former un genre distinct. C'est un très-joli insecte, 
d'un noir profond velouté, avec un petit nombre d'étroites raies d'un 
beau blanc, parmi lesquelles deux forment sur le prothorax un che- 
vron dirigé en arrière, et deux autres un chevron sur les élytres, dirigé 
en avant. J'ignore le sexe des deux exemplaires que j'ai sous les yeux; 
d'après la longueur de leur rostre il est possible que ce soient des 
femelles. 

LITOSOMUS (2). 

Genre voisin des Toxorhinus, mais très-distinct par les caractères 
suivants : 

Rostre aussi long, mais encore plus grêle, horizontal, légèrement et 
régulièrement arqué, du reste pareil. — Antennes très-longues et 
très-grêles; scape arqué, assez brusquement épaissi au bout; funi- 
cule à articles noueux au bout : 1 un peu plus gros que les autres, 
pas plus long que 3, 2 très-allongé, 3-B égaux, C notablement plus 
court ; massue allongée, son article corné en cône longuement atténué 
à sa base ; sa partie spongieuse grande, en cône obtus. — Pattes très- 
longues et très-grêles ; cuisses longuement pédonculées à leur base, 
médiocrement en massue au bout, les postérieures dépassant très- 
fortement l'abdomen ; jambes subarrondies, droites, onguiculées en 
griffe au bout; tarses très-longs, villeux partout, à articles 1-2 très- 
grêles, celui-là de beaucoup le plus long. — Pygidium en triangle 
allongé et aigu. — Saillie intercoxale arrondie en avant. — Méta- 
stermun envoyant entre les hanches intermédiaires une saillie assez 
longue, aiguS et reçuo dans une échancrure du mésosternuni. 

L'espèce typique (3) est originaire de Colombie, d'un tiers environ 

(1) Sit. Banonii, Guérin-Méucv. loc. cit. (Tox. cultrirostris Dej.).— M. Gué- 
rin-Méneville (ibiil. p. 271) décrit, sous le nom de Sitophilus viduus, un in- 
socte de l'ilc de la Réunion qui parait voisin de celui-ci et appartient peut- 
être au même génie. — Le Sitophilus incarnatus de Scuœnherr (Curcul. IV, 
p. 968), du pays des Birmans, me parait posséder aussi un rostre bien long 
pour un Sitophilus, du moins h femelle, et je doute qu'il doive rentier dans 
ce genre. 

(2) Le genre est connu dans les collections de Paris sous le nom de Myorhi- 
nus que lui a imposé M. Clievrolat, mais qui, ayant déjà été employé par 
Schœnlicrr (vevez tome VI, p. 371) dans la famille actuelle, n'est pas dispo- 
nible. 

(3) M. (jrullurius. Lincaiïs, rufo-sanguinous, subtus uitidus, supra vulutinus, 
rostro, antennis tarsisque nigris, lattribus infra late, prothoracc basl vittisqno 

Coléoptères. Tome VII. Ï0 



306 llURCljUONIbtS. 

plus grande que le Toxorhinus Banonii et parait plus svelte encore 
par suite de la gracilité du rostre, des antennes et des pattes. Mes 
exemplaires, ainsi que ceux que j'ai vus ailleurs, ne présentent rien 
qu'on puisse regarder comme un caractère sexuel. 

TRIBU LXXIX. 

STROMBOSCÉRIDES. 

Cadre buccal profondément échancré ; pédoncule du sous-menton 
atteignant le bord antérieur de l'échancrure et laissant en entier les 
mâchoires à découvert. — Mandibules en tenailles, très-courtes. — 
Antennes insérées au milieu du rostre; funicule de 6 articles; mas- 
sue en cône renversé, cornée ; sa partie spongieuse non saillante. — 
Yeux fortement granulés, de grandeur variable. — Elytres recou- 
vrant le pygidium. — Jambes onguiculées au bout ; tarses linéaires, 
leur 3° article non bilobô. — Episternums du métathorax très-étroits, 
ses épimôres très-petites. — Epimères mésothoraciques non ascen- 
dantes. — Corps de forme variable. 

La cavité buccale est complètement pareille à celle des Calandrides, 
mais le mode d'insertion des antennes, la forte granulation des yeux 
et le pygidium complètement invisible de ces insectes, montrent 
qu'ils constituent un type très-distinct. Ils ont en commun les deux 
derniers de ces caractères avec les deux groupes suivants, et sont 
ainsi intermédiaires entre eux et les Calandrides. Schœnherr n'a 
connu qu'un seul de leurs genres qui est propre à Madagascar et qu'il 
avait placé, à tort, parmi les Sipalides ; je donne les caractères d'un 
autre qui est originaire de Ceylan. 

I. Yeux très-grands, coiitigus en dessous : Strornboscerus . 
H. — médiocres, latéraux : Xtrodermus. 

STROMBOSCERUS. 

Scuoenh. Curcul., IV, p. 814. 

Tète transversalement globuleuse; rostre brusquement séparé d'elle 
par un sillon circulaire, allongé, médiocrement robuste, cylindrique, 
comprimé et plus épais à sa base (cf), ou linéaire (9); ses scrobes 
commençant dans son milieu, passant rapidement sous lui et so per- 
dant dans un canal allongé de sa base. — Antennes courtes, robustos; 
scape graduellement en massue, atteignant les yeux; funicule à ar- 

binis longitudinalibus, clytris sutura singuloquc lincis duabus (interna graci- 
liori saepius parti m obsolcta), albo-cretaceis; rostro basi sublus sat grosse 
punctato, prolhorace Uevi, elytris parum profund^ punctato-striatis. Long. 
ro«lri 7, corporis 10 mill. H:ili. Columbia. 



STROMBOSCÉRIDF.S. 301/ 

ticles 1 allongé, obconique, 2-6 très-courts, extrêmement serrés, à 
peine distincts les uns des autres, grossissant rapidement, 6 contigu 
à la massue; celle-ci formée d'un seul article en cône renversé, très- 
obliquement tronqué et spongieux au côté interne. — Yeux très- 
grands, transversaux, contigus en dessous. — Prothorax en cône al- 
longé, étroitement resserré et tronqué en avant, légèrement et 
laigement arrondi au milieu de sa base. — Ecusson allongé. — 
Elytres oblongues, légèrement et peu à peu rétrécies en arrière, pas 
plus larges quo le prothorax et assez fortement échancrées en arc à 
leur base. — Pattes assez courtes; hanches antérieures subcontiguës; 
cuisses comprimées, sublinéaires; jambes droites, comprimées, forte- 
ment onguiculées au bout ; tarses courts, à peine spongieux en des- 
sous, à article 4 médiocre, ses crochets très-petits. — Les deux I e " 
segments abdominaux confondus ensemble; saillie intercoxale très- 
large, arrondie en avant. — Métasternum allongé. — Saillie méso- 
slernale assez large, triangulaire, arrondie on arrière.— Corps allongé, 
oblongu-elliptique, revêtu d'un enduit. 

Schœnherr n'en décrit qu'une espèce (Schuppeli) de Madagascar, 
ressemblant complètement à un Sphenophorus de moyenne grandeur. 
H l'indique à tort conune étant presque glabre ; les exemplaires bien 
conservés sont revêtus uniformément d'un enduit d'un gris clair qui 
voile tout-à-fait leurs téguments. 

XERODERMUS. 

Tète arrondie ; rostre séparé d'elle par un sillon transversal situé 
immédiatement derrière les yeux, médiocre, robuste, arrondi aux 
angles, faiblement arqué ; ses scrobes commençant dans son milieu, 
longuement conniventes en dessous.— Antennes des Stromboscerus, 
avec la massue tronquée beaucoup moins obliquement au bout. — 
Yeux situés sur le rostre, assez petits, tranversaux, latéraux. — Pro- 
thorax subtransversal, cylindrique, brusquement et fortement tubu- 
leux en avant, avec un profond sillon circulaire avant son bord 
antérieur, à peine bisinué à sa base. — Ecusson petit, en triangle 
curviligne. — Elytros assez courtes, médiocrement convexes, subver- 
tiçalement déclives en arrière, parallèles dans leurs trois quarts an- 
térieurs, puis brusquement rétrécies et obtusément arrondies au 
bout, avoc deux forts tubercules latéraux un peu avant leur sommet, 
à peine plus larges quo le prothorax et laigement, mais faiblement, 
échancrées en arc il leur base, avec les épaules rectangulaires. — 
Pattes courtes, robustes, les antérieures contiguës; cuisses compri- 
mées, graduellement en massue; jambes légèrement arquées, assez 
brièvement onguiculées au bout; tarses des Stromboscerus. — Les 
deux l"s segments abdominaux séparés par uno profonde suture ar- 
quée; 2 beaucoup plus grand que 3-t réunis; saillie intercoxale très- 



308 cmumiuMDES. 

large, coupée carrément en avant et brièvement anguleuse dans son 
milieu. — Métasternum médiocrement allongé. — Saillie mésoster- 
nale en triangle étroit et aigu. — Corps ovale, très-inégal, revêtu 
d'un enduit écailleux. 

L'espèce inédite (1) de Ceylan sur laquelle je fonde ce genre a 
complètement perdu le /actes des Calandrides qui est si visible chez 
les Strombosc.f.iu;s et ressemble a un Dichotiuciif.lijs de taille plus 
grande et de forme plus massive que de coutume. On pourrait même 
invoquer, pour la placer près de ce dernier genre, ses hanches anté- 
rieures contiguès,le profond sillon qui sépare ses deux 1 ers segments 
abdominaux et la structure de ses tarses, mais son cadre buccal et 
ses antennes suffisent pour démontrer que sa place est dans le groupe 
actuel. Mes exemplaires ne présentent pas de différences sexuelles. 

TRIBU LXXX. 

OXYRHYNCHIDES. 

Cavité buccale terminale, présentant de chaque côté une tissure 
pour loger les mandibules; son bord antéro-inférieur plus ou moins 
distinctement trifide et logeant, dans les deux sinus qui en résultent, 
les palpes maxillaires. — Mandibules peu robustes, un peu saillantes 
et assez aiguës. — Antennes droites, basilaires; funicule do 6 ar- 
ticles; massue cornée, en cône renversé, spongieuse au bout. —Yeux 
fortement granulés, très-grands, déprimés, transversaux, contigus en 
dessous. — Elytres recouvrant le pygidium ; jambes mucronôes au 
bout ; 3« article des tarses notablement plus large que 2-3, bilobé. — 
Episternuiiis du métathom étroits, ses épimères petites. — Epimèras 
mésotlioraciques non ascendantes. — Corps oblongo-clliptique, revêtu 
d'un enduit. 

Par suite de la forme de ses antennes, l'unique genre qui compose 
ce groupe avait été placé par Sohieuherr dans les Orthocères dont il 
terminait la série peu homogène. Mais il est de la dernière évidence 
qu'il présente tous les caractères essentiels des Calandrides, si ce 
n'est que le 3" article de ses tarses est bilobé, ce qui n'est qu'une 
simple exception dont on verra plus loin quelques autres exemples 
chez les Sipalides et les Cossonides. Il n'est pas moins manifeste que 
la structure de sa cavilé buccale exige qu'il soit placé immédiatement 
à côté des Sipalides qui suivent. 

(1) A', porcellus. Ater, indumento sc|uammifoimi cervino sat dense obteclua, 
prothoincc dorso longitudinaliter pluri-rarinato, antice et lateribus tuberculato; 
clytris profonde sulcatis, sulcis remote puuctatls, interstitiis argute cosli J t ' s ' 
uàeinipli», altérais niaxis pryuiiiieutibus. Long, (rostr. exclus.) i mill. HaD. 
i us. Taprobanà; ;i Dom. Nietner détecta».. 



0XYRHYSCH1DES. 

OUT.IIYM III - 
.Sr.iioENii. Curcid. Disp. met h., p. 77. 



309 



Tète arrondie ; rostre assez long, arqué, épaissi et subquadrangu- 
laire dans son tiers basilaire, cylindrique et médiocrement robuste 
en avant; ses scrobes bàsiïaires, inférieures, très-profondes, subfovéi- 
formes. — Antennes courtes, robustes ; scape en cène renversé, at- 
teignant à peine les yeux; funicule il articles 1-2 obconiques, allongés, 
celui-ci le plus long, 3-6 cylindriques* nofi contigus; massue en cône 
renversé; sa partie spongieuse courte, convexe. — Yeux distants en 
dessus. — Prothorax transversal ou non, plus ou moins convexe, ar- 
rondi sur les côtés et rétréci en avant, légèrement sinuô de chaque 
côté de son bord antérieur, en général assez fortement bisinué à sa 
base, avec son lobe médian court et aigu. — Ecusson assez petit, al- 
longé (Fortunei excepté). — Elytres le plus souvent peu convexes, 
subparallèles en avant, ou peu à peu rétrécics en arrière, isolément 
et obtuséinent atténuées à leur extrémité, chacune plus ou moins ar- 
rondie à sa base, avec son bord antérieur souvent denticulé et les 
épaules rectilignes, — Pattes assez longues, médiocrement robustes; 
hanches antérieures contiguès; cuisses graduellement en massue; 
jambes légèrement arquées, subarrondies, fortement mucronées au 
bout, avec leur angle interne dentiforme ; tarses médiocres, robustes, 
spongieux en dessous, a articles 1-2 obconiques, celui-là le plus grand, 
3 eordiforme, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — Saillie inter- 
coxale assez large, arrondie ou suhtronquée en avant. — Métaster- 
mun allongé, pian, prolongé entre les hanches intermédiaires en une 
longue saillie étroite et. pénétrant dans une petite fissure du méso- 
sternum. — Saillie mésosternale assez étroite, peu à peu atténuée 
6n arrière. — Corps oblougo-ovale, revêtu partout d'un enduit 
épais. 

L'enduit en question, dont la couleur varie du gris jaunâtre au brun 
terreux, s'étend jusque sur la portion épaissie du rostre, les antennes 
et les pattes, y compris les tarses. La ponctuation est très-homogène 
et consiste en gros points varioles à fond blanchâtre, serrés et for- 
mant sur les élytres des rangées régulières. Chez une espèce inédite de 
ma collection il n'y a pas de dessin, mais chez toutes les autres il en 
existe un consistant tantôt [laieralis) en une ligne blanche qui longe 
les bords latéraux du prothornx et des élytres, tantôt {discors) en 
deux lignes pareilles formant une croix de Saint-André sur ces der- 
niers organes, tantôt enfin [Fortmei] eu deux lignes eu chevron. 

Les trois espôoès (4) qu'a obnnuesSohœnherr sont originaires desAr- 

(1) O. discors, lateralis , Java; rivulosus, Ilornf o ; Schceiih. C.urcul. V, 
p. 379: In première est très-commune à Java. 



J1U CURCUI.I0N1DES. 

chipels indiens; mais le genre est répandu également sur le continem 
voisin, une autre espèce (1) ayant été depuis découverte en Chine. 

TRIBU LXXXI. 

SIPALIDES. 

Cavité buccale terminale, présentant de chaque côté une éi-haa- 
crure pour loger les mandibules, qui, en général, la remplissent entière- 
ment et cachent les autres organes buccaux. — Mandibules de forme 
variable. — Antennes insérées vers In milieu du rostre ou un peu en 
deçà; funicule de 6, rarement do 7 articles; massue le plus souvent 
cornée et spongieuse au bout, parfois proscrire en entier spongieuse. 
— Yeux fortement granulés, déprimés, très-grands, contigus en des- 
sous. — Elytres recouvrant le pygidium. — Jambes inucronées ou 
onguiculées au bout; 3 e article des tarses de forme variable, souvent 
bilobé. — Episternums du métathorax au plus médiocrement larges ; 
ses épimôres petites. — Epimères mésothoraciques parfois subaseen- 
dantes. — Corps de forme variable. 

La cavité buccale est faite comme chez les Oxyiuiynchijs, avec cette 
différence que ses bords antérieurs, tant en dessus qu'en dessous, 
sont plus sujets à varier. Dans l'immense majorité des cas, lorsque les 
mandibules sont fermées, on n'aperçoit plus rien des autres organes 
buccaux; mais chez les Hiii.na, ils restent en partie visibles. Sous 
d'autres rapports, ces insectes sont peu homogènes et pourraient être 
répartis dans des tribus distinctes, mais comme ils sont, en somme, 
réunis par le double caractère de leur cavité buccale et de leurs an* 
tennes coudées (ce dernier les distinguant des Oxyrhynchides), j'ai 
préféré les laisser ensemble. 

M. Coquerel (2) a (iguré la larve et la nymphe d'une de leurs es- 
pèces, la Rhina nicjra de Madagascar, sans les décrire en détail. La 
première paraît ne différer en rien d'essentiel de celles des Calan- 
drides, dont le dernier segment abdominal est dépourvu de saillie] 
et elle vit également dans les palmiers en voie de décomposition. 

Les Sipalides sont tous exotiques; un de leurs genres (Rhina) se 
trouve à la fois dans l'ancien et le nouveau continent; un autre (Si 
palus) habite l'Afrique et les Indes orientales; un troisième (Scle- 
hocardius) est propre au premier de ces pays; les autres sont aniéri- 

(1) 0. Fortunei, Waterli. Trans. of the cutom. Soc. Ser. 2,11, p. 172; Shang- 
hai; cette espèce diffère sensiblement des précédentes par ses élvlres plu» 
convexes et munies de côtes qui manquent chez ces dernières, mais elle ap- 
partient réellement au genre. 

(2) Ann. d. I. Soc. entom. 1848, p. 181, pi. 7, n° IV, i. ia-d; trouvée en 
abondance dans le tronc décomposé d'un palmier, le Vinsonia vtilis Gaudichl 



OBTHOCNATHIDES. 3 H 

eains. Malgré, leur petit nombre, ils ne forment pas moins de trois 
groupes secondaires très-nettement caractérisés. 

I. Funiculo antcnnairo do 6 art.; corbeilles 'des jambes 

poster, non caverneuses; prosternum entier.. 
Jambes poster, fortement élargies et tronquées au bout. Outhognathides. 
— — comprimées, non élargies — Sipamdes vrai». 

II. Funicule antennairc de 7 art.; corbeilles des jambes 

poster, caverneuses; prosternum canaliculé. Sciêrocaiidiides. 

GROUPB I. Orthognatbidei. 

Bord antéro-lnférieur du cadre buccal prolongé en une longue 
saillie triangulaire. — Mandibules très-saillantes. — Funicule anten- 
naire de 6 articles. — Jambes postérieures graduellement et fortement 
élargies, largement tronquées au bout ; tarses linéaires, non spon- 
gieux en dessous. — l'rosternum non canaliculé. 

Cet ensemble de caractères a une valeur plus que générique et 
n'existe crue dans le genre suivant de Scbœnherr, qui est propre 
à l'Amérique du Sud. Le plus remarquable est la saillie très-pronon- 
cée dont la cavité buccale est munie en dessous. Elle est en contact 
avec Les mandibules et, conjointement avec ces dernières, cache com- 
plètement les autres parties de la bouche. 

OUTHOGNATHUS. 
Scuoenh. Curcul, IV, p. 812 (1). 

Tète globuleuse; rostre penché, médiocre, assez robuste, déprimé, 
arrondi aux angles, presque droit, fortement échancré au bout ; sa 
face inférieure plane, carénée dans toute sa longueur; la saillie de son 
bord antérieur en dessous, atteignant presque le sommet des mandi- 
bules (2); ses scrobes médianes, profondes, passant brusquement sous 
lui, arquées et évasées. — Mandibules déprimées, droites et inermes 
au côté interne, obtuses au bout. — Antennes médianes, courtes, ro- 
bustes; scape en cône renversé, atteignant les yeux; funicule a arti- 
cles 1 un peu plus gros et plus long que les suivants, 2-G cylindriques, 

(1) Syn. Sph^nognatiius, Schœnh. Curcul. VIII, 2, p. 215. Schœnhcrr a cru 
devoir changer, en 1845, le nom qu'il avait primitivement imposé au genre, 
eu donnant pour raison que Dejean l'avait déjà employé pour un genre de 
Uicanides. Mais, en 1838, M. Buquet ayant publié ce dernier cd l'appelant 
Spujlnocnatbus, le nom d'ORTUOGNAiHus doit être eouservé. 

(2) Schœnhcrr décrit mal cette singulière structure du rostre, qu'il dit être 
bi-lancéolé au bout. Il a probablement voulu désigner par là les bords de l'é- 
ebancrure que son bord antérieur présente en dessus ; dans ce cas, il n'aurait 
pas vu la longue saillie du bord inférieur. 



315 CURCl J.IOMDFS. 

fortement transversaux; massue en triangle inéquilatéral, cornée, avec 
sa troncature spongieuse. — Prothorax aussi long que large, régu- 
lièrement convexe, fortement arrondi sur les côtés, très-brièvement 
resserré en avant, avec un léger vestige de lobes oculaires, tronqué 
à sa base. — Ecusson oblongo-ovale. — Elytres convexes, oblongo- 
ovales, atténuées et subacuminées à leur extrémité, pas plus larges 
que le prothorax et échancrées en arc à leur base. — Pattes médio- 
cres ; hanches antérieures contiguès, les postérieures beaucoup plus 
robustes que les autres ; cuisses comprimées, sublinéaires, échancrées 
en dessous près de leur sommet; jambes comprimées, les antérieures 
élargies et divisées en deux lobes à leur extrémité ; les intermédiaires 
ayant leur angle interne longuement dentiforiue; les postérieures 
graduellement élargies et largement tronquées au bout(l), les quatre 
tarses antérieurs longs, linéaires, à article i assez long; les posté- 
rieurs courts, avec leur 1 er article dilaté et triangulaire; tous ciliés 
au bout de leurs articles ; le 4° médiocre ; ses crochets petits. — 
2" segment abdominal aussi long que 3-4, arqué à ses extrémités, 
séparé du 1 er par une suture arquée ; saillie intercoxale large, paral- 
lèle, arrondie en avant. — Métasternum long, longitudinalement 
canaliculé-; ses épisternums assez larges, sinueux en dedans, soudés 
avec ses épimôres. — Saillie inésosternale étroite. — Corps oblong, 
glabre. 

Ce genre rivalise, dans la section actuelle, avec les Sclerocaudius, 
sous le rapport de la bizarrerie des caractères. Le fades de l'unique 
espèce [lividus Schh.) qui le compose est, au contraire, parfaitement 
normal; on la prendrait, au premier coup-d'œil, pour un Spheno- 
piiorus de moyenne grandeur. Elle est en entier, y compris les an- 
tennes et les tarses, d'un jaune testacé livide; son prothorax paraît 
presque imponctué à la vue simple, et ses elytres sont fortement 
striées, avec les intervalles entre les stries convexes. Cet insecte, ori- 
ginaire du Brésil, est très-rare dans les collections, et je nten ai vu 
que doux exemplaires : celui-là même qui a servi à Schœnherr, et un 
autre, de moitié plus petit, que m'a communiqué M. Waterhouse. 
J'ignore à quel sexe ils appartiennent. 

Groupe II. Sipaiides vraii. 

Cadre buccal sans saillie sur son bord inférieur. — Mandibules 
courtes, variables. — Funicule antennaire de 6 articles. — Jambes 
postérieures non élargies au bout; tarses variables. — Prostermmi 
non canaliculé. 

(1) On croirait, de prime-abord, qu'elles sont fortement caverneuses, mais 
cela n'est pas; la cavité cotyloïde du tarse est située sur leur troncature même 
dont elle entame seulement le bord interne. 



S1PALIDES VRAIS. JU 

Ce groupe parait, au premier coup-d'œil, devoir en former 
deux: d'une part les Sipalus et les Mesocordyi.us à rostre arqué ei 
tarses linéaires; d'autre part les Ruina dont le rostre est droit et le 
3 e article des tarses large et, bilobé. Mais il existe un genre (Har- 
pacteiuis) possédant ces deux derniers caractères, qui, à part cela, 
ressemble tellement aux Mesocordylus, qu'il forme évidemment le 
passage entre les deux sections. J'ai cru, dès-lors, devoir les laisser 
ensemble. 

I. Rostre arqué; tarses linéaires. 

Massue antennaire très-obliquement tronquée au bout : Sipalus. 
— — carrément — : Mesocordylus. 

II. Rostre droit; 3° art. des tarses large et bilobé. 

Massue antennaire oblongo-ovale, en partie cornée : Harpacterus. 
— — allongée, cylindrique, spongieuse : Rhina, 

SIPALUS. 
Schof.nh. Curcul. Disp. meth., p. 324. 

Tète arrondie; rostre long, robuste, arqué, épaissi et en général 
comprimé dans moins de sa moitié basilaire, cylindrique en avant et un 
peu déprimé au bout, avec le bord inférieur du cadre buccal légère- 
ment trifide ; ses scrobes commençant entre sa base et son milieu, pro- 
fondes, très-obliques et subconniventes en arrière. — Mandibules 
un peu saillantes, épaisses, convexes en dehors, inermes. — Antennes 
insérées en deçà du milieu du rostre, médiocres, très-robustes ; scape 
graduellement en massue, atteignant les yeux; funicule à articles 2 
un peu plus long que les autres, obeonique, 1 et 3-6 cylindriques, 
transversaux, non serrés; massue cornée, en cône renversé, très-obli- 
quement tronquée et spongieuse au bout. — Prothorax au moins 
aussi long que large, tantôt (par ex. granulatus) subcylindrique, tan- 
tôt (par ex. guineensis) déprimé on dessus et presque carré, plus ou 
moins rétréci en avant, tronqué à sa base. — Ecusson allongé, aigu 
en arrière. — Elytres convexes, parallèles, rétrécics et déclives dans 
leur tiers postérieur; un peu plus larges que le prothorax et faible- 
ment échancréesen arc à leur base, avec les épaulesobtuses.— Pattos 
longues, les antérieures contiguës à leur base ; cuisses linéaires, les 
postérieures dépassant un peu l'abdomen ; jambes légèrement arquées 
et obliques à leur sommet, prolongées en un long mucro aigu ; tarses 
presque aussi longs que les jambes, linéaires, glabres, à articles 1-3 
obeoniques, subégaux, 4 très-grand, ainsi que ses crochets.— 2 e seg- 
ment abdominal à peine aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1 er 
par une suture arquée ; saillie intercoxale largo, anguleuse en avant. 
— Saillie mésosternalc médiocrement large, en triangle arrondi au 
bout, — Corps oblong, inégal, revêtu partout d'un enduit. 



314 OURCULIONIDES. 

Les mâles diffèrent des femelles par leur taille plus petite, leur 
rostre plus robuste, rugueux et ponctué dans sa partie antérieure, 
landis que chez ces dernières, il est plus grêle dans toute son 
étendue , avec sa portion terminale faiblement ponctuée et bril- 
lante. 

Schœnherr a compris dans ce genre des espèces de l'ancien et du 
nouveau continent; mais il me paraît devoir être réduit aux pre- 
mières, et c'est d'après elles seules que la formule qui précède a été 
rédigée. Ce sont de grands insectes dont la livrée offre un mélange 
de brun, de noir et do jaune fondus ensemble, et ayant un aspect 
velouté. Leur prothorax est tantôt criblé de fossettes arrondies, tantôt 
couvert de rugosités contlueutes ; des rangées de fossettes arrondies 
ou allongées, rangées plus ou moins effaoées en arrière, so voient 
sur les élytres; les intervalles entre elles sont lisses ou munis de pe- 
tits tubercules espa'oês. Le genre est médiocrement riche en es- 
pèces (1), mais son habitat s'étend de la côte occidentale d'Afrique 
jusque dans les parties les plus reculées des Archipels indiens, 

MESOCORDYLUS. 

Ce genre comprend les Sipauïs américains de Schœnherr. Outre 
leur habitat, ils mo paraissent différer suffisamment de ceux de l'an- 
cien continent pour devoir en être séparés. Les différences portent 
sur les points suivants : 

Rostre plus court, déprimé dans toute sa longueur, un peu épaissi 
dans ses deux tiers basilaires et plus ou moins dilaté au niveau de 
l'insertion des antennes; ses scrobes moins inférieures et non conni- 
ventes en arrière. — Massue antennaire plus courte, coupée carré- 
ment au bout; sa partie spongieuse saillante, en cône obtus. — 
Prothorax jamais cylindrique. — Elytres allongées, parallèles, snlt- 
cylindriques. — 2" segment abdominal séparé du l ot par une suture 
droite. — Corps allongé, beaucoup moins robuste. 

A quoi s'ajoute encore que la livrée et la sculpture des téguments 
sont complètement différentes. Ces insectes sont en ellét tous d'un 
noir pou brillant sur lequel se détachent, chez la plupart des espèces, 
de fines gouttelettes formées par un enduit blanc ou jaunâtre; il est 
rare qu'il soit remplacé par des écailles de même couleur plus ou 
moins condensées. Quant à la sculpture, constamment le dessous du 
corps et le prothorax présentent des points enfoncés très-serrés sur 
celui-ci, et les élytres sont régulièrement striées, avec les stries 
ponctuées ou non. 

(1) Schœnherr (Curcul. VIII, 1, p. 209) en a connu 6 espèces : guineensis, 
Burmeisteri, grànulatus, etc.; je ne sache pas que, depuis, on en ait publié 
aucune. 



5IPALIDF.S VRAIS. .1 1 S 

Le genre est plus nombreux que les Sipuis (1) 81 répandu daqs 
toutes les parties chaudes de l'Amérique. 

HAUPACTERUS. 
Sohoemh. Curcul. VIII, 2, p.- 206. 

Tète subglobulouso; rostre, médiocre, assez robuste, droit, couvert 
d'aspérités, subcylindrique à sa base, renflé dans son milieu, au-dessus 
de ses scrobcs, subquadrangulaire en avant, avec son bord antérieur 
tronqué tant en dessus qu'en dessous ; ses scrubes médianes, très- 
profondes, latérales, rectilign.es et très-courtes. — Mandibules courtes, 
leur angle externe recourbé en debors, aigu. — Antennes courtes, 
robustes, médianes; scapo graduellement en massue, atteignant les 
yeux ; funiculo à articles 1-2 allongés, obconiques, celui-ci le plus 
long, 3-0 de même forme, transversaux ; massue oblongo-ovale ; sa 
partie cornée oupuliforme, la spongieuse presque aussi grande, en 
«me obtus. — Yeux faiblement séparés en dessus. — Prothorax 
ulilongu-ovale, très-brièvement ressemé et tronqué en avant, sans 
aucun vestige de lobes oculaires, légèrement bisinué à sa base. — 
EouBSOn petit, en triangle curviligne. — Elytres allongées, cylin- 
driques, conjointement et triangulairement érhancrées à leur base, 
avec les épaules nulles. — Pattes médiocres; hanches antérieures 
faiblement séparées; cuisses comprimées, graduellement et médio- 
crement en massue ; jambes légèrement arquées au bout, obliques 
et prolongées en un long mucro dirigé en dedans; tarses assez longs, 
spongieux en dessous, à articles 1-2 obconiques, celui-là le plus long, 
3 plus large, bilobé, 4 grand, ainsi que ses crochets. — 2° segment 
abdominal plus court que 3-i réunis, séparé du l" par une suture 
presque droite; saillie intorcoxale large, arrondie en avant. — Saillie 
méSOStaroalÈ étroite. — Corps allongé, cylindrique. 

Le rostre éuil pireil dans le petit nombre d'exemplaires que j'ai 
vus, et Schomherr ne parle pas non plus de différences sexuelles. Il 
est plus que probable que lui et moi n'avons examiné que des mâles 
el que les femelles doivent avoir lé rostre plus grêle et sans aspé- 
rités. 

Ces insectes ressemblent, à s'y méprendre, aux Mksocohdyu s qui 
précèdent ; mais leur rostre construit sur le même plan que celui des 
Ruina maies, leurs tarses spongieux en dessous et dont le ,'i' article 
est bilobé, etc., les en distinguent parfaitement. Ils font évidemment 
le passage entee les deux genres en question. On ne connaît que 

(1) Scliuinlicrr (Curcul. VIII, 2, p. 211) en mentionne 10 espèces [slriatus, 
WemnoniusjOylfndraceus, etc.). Depuis, on u publié les suivantes : Si'p. luleo- 
signatus, Blanch, in d'Oïl). Voy.; Entom. p. 203; Corneilles. — immumltts, 
saitellaris, Uriclis. Archiv, 1847, 1, p. 135 -, Pérou. 



3IU riHr.lLIONIDIÎS. 

les deux espèces (ebeninus, quadrisigruitm] du Brésil décrites par 
Sihœnherr, 

RHINA. 
Lato., Ilist. tint. d. Crvst. et d. Ins., XI, p. 101 (1). 

Mâles : Tète subglobuleuse, saillante; rostre notablement plus étroit 
qu'elle, robuste, droit, couvert d'aspérités en dessus, subcylindrique 
dans sa moitié basilaire, dilaté dans son milieu au-dessus de l'in- 
sertion des antennes, puis déprimé en avant, plus ou moins villeux 
en dessous et sur les cotés; son bord antôro-supérieur prolongé en 
une forte saillie triangulaire ou ovale et aiguë; l'inférieur coupé 
carrément ; ses scrobes commençant un peu avant son milieu, recti- 
lignos et effacées à une grande distance do sa base. — Mandibules 
épaisses, assez saillantes, recourbées en dehors et bilobées à leur ex- 
trémité (2). — Antennes submédianes, assez longues, médiocrement 
robustes ; scape graduellement en massue, atteignant les yeux ; fu- 
niculc à articles de forme variable : i court, noueux au bout, 2 de 
même forme, le plus long de tous, 3-6 obconiques ou plus ou moins 
arrondis; massue très-allongée, cylindrique, compacte, veloutée (3). 
— Yeux occupant toute la partie antérieure de la tète, suhcontigiis 
en dessus et en dessous. — l'rothorax au moins aussi long que large, 
ovalaire, un peu déprimé en dessus, très-brièvement rétréci en avant, 
un peu sinué au milieu de son bord. antérieur, tronqué à sa base. — 
Ecuseon assez grand, en triangle curviligne. — Elytres allongées, 
cylindriques, snbverticalement, déclives en arrière, un peu plus largos 
que le prothorax et plus ou moins éohancrées à leur base. — Pattes 
longues, les antérieures notablement plus que les autres; hanches 
do la même paire assez fortement séparées; cuisses subarrondies, 
linéaires; jambes arquées à leur extrémité et prolongées au oôté 
interne en un long mucro ; toutes ou quelques-unes d'entre elles 
munies au cùté interne! d'épines espacées; tarses longs, à articles 
i très-grand, grêle, 2 beaucoup plus court, tmis deux spongieux sur 

(1) Latreille est l'auteur du genre, et non Olivier, comme le dit Schœnlierr 
cl môme Erichsen dans le « Nomenclator zoologicus » d'Agassiz, Col. p. 141. 

(2) Ce genre est le seul du groupe actuel chez lequel les organes buccaux, 
autres (pie les mandibules, sont visibles en partie. Les mâchoires sont enfon- 
cées dans la cavité buccale, petites, mais leur lobe unique est assez développa, 
subeultiiforme et densément cilié au coté interne. Les palpes maxillaires sont 
relativement assez grands et assez robustes; ce sont eux qu'on aperçoit princi- 
palement; leurs trois articles hasilaircs sont transversaux, le dernier en forme 
d'alêne. Le menton est petit, carré, cilié et parait confondu avec la longuette; 
ses palpes sont très-petits et grêles, mais du reste pareils aux maxillaires. 

(3) En général on aperçoit à sa base un anneau corné, ou le long de son bord 
externe une bande de même nature, plus ou moins longue. L'un et l'autre sont 
des vestiges du l* r article. 



sCLÉttocAnmiDES. ;tl7 

leurs bords soûls en dessous, 3 beaucoup plus large, bilobé, spon- 
gieux iuféricurement, 4 grand, ainsi que ses crochets. — 2° segment 
abdominal' un peu plus grand que chacun des deux suivants, tous 
séparés entre eux et du 1 er par de profondes sutures droites; saillie 
intercoxale large, arrondie en avant. — Saillie niésosternale assez 
large, triangulaire. — Prosternum convexe, souvent villeux. — Corps 
allongé, cylindrique. 

Femelles : Rostre plus court, glabre ou faiblement villeux; son 
liurd antérieur en dessus non prolongé en une saillie. — Pattes plus 
courtes, avec les antérieures à peine ou pas beaucoup plus grandes 
que les autres. — Prosternum glabre. 

L'un des genres les plus remarquables de la famille et qui sérail 
isolé si les HahpaCTEHUS ne le rattachaient pas aux Mksocouuyli's. La 
plupart de ses espèces figurent parmi les plus grands Curculionides, 
et toutes sont très-homogènes sous le rapport du faciès et de la sculp- 
ture des téguments. Constamment leur prothorax est couvert de gros 
points enfoncés confluents, et leurs élytres sont fortement sillonnées ; 
les sillons sont cloisonnés et leurs intervalles étroits et costiformes. 
Leur livrée est d'un noir assez brillant, mais les élytres sont sujettes 
parfois {scrutator) à être densément marbrées et sillonnées de 
blanc. 

Ces insectes sont répandus aux Antilles, dans l'Amérique du Sud, 
au Mexique, en Afrique et à Madagascar. On en connaît huit en ce 
moment (1). 

GROUPE III. Solérooardiidea. 

Cadre! buccal sans saillie sur son bord inférieur. — Mandibules 
très-courtes, en tenailles. — Funicule antennaire de 7 articles. — 
Jambes postérieures fortement élargies au bout; leurs corbeilles ca- 
verneuses. — Prosternum canaliculé. 

A l'exemple de Schœnherr,tous les auteurs qui ont parlé du genre 
unique qui compose ce groupe, l'ont classé parmi les Cryptorhyn- 
chides. L'existence du profond canal dont son prosternum est pourvu 

(1) Dont sept mentionnées par Scbœnherr, Ciirciil. IV, p. 790. 11 les divise 
en deux sections : A Jambes glabres dans les deux sexes : H. ebriosa, Mexique ; 
barbiroslris Fab., COStaUlj Brésil; affaler, Mexique. — B. Jambes des milles 
villeuses au côté interne : R. scrutator Oliv., Cuba, Haïty ; Afzelii, Sierra- 
Leone; nigra Drury, Madagascar. Suivant M. Cbevrolat (Ann. d. I. Soc. en- 
totn. 1851, Bull. p. LXXXVIl), la scrutator de Cuba csLdillercnté*de celle de 
Haïty, d'après laquelle Olivier a décrit l'espèce. Jacquelin-Duval (In Ramou de 
la Sigra, Hist. fis., etc. de Cuba, VII) a imposé à la première le nom de «. 
oblita. — A la première de ces sections semble appartenir : /t. amplicollis, 
Gcrstajck. Mooatsber. d. Berlin. Acad. 185. r >, p. 85, et, in Peters, Reise n. Mo- 
Hmb.j Enloni. p. .117 («. barlnnstrh? Bertul. No?, comment. lust. Bonou, 
X, p. 127); Moiamblque. 



318 (XIU.l UùNiUhS. 

devait, en ett'et, lui faire assigner cette place. Mais l'examen de ses 
organes buccaux et la structure de sa massue antennaire, montre 
qu'il appartient à la Tribu actuelle dont il est, avec los Obtiiogna- 
thcs, le membre le plus aberrant. 

SCLEROCARDIUS. 
Schoenh. Mantis sec. Curcul., p. 82 (1). 

Tète relativement très-petite, arrondie; rostre assez court et ru- 
buste, subeyjindrique, un peu comprimé latéralement, a peine arqué, 
tronqué au bout; ses scrobos commençant un peu au-delà de son 
milieu, obliques et rapprochées en arriére. — Antennes médiocres, 
assez robustes; soape fortement en massue au bout, n'atteignant pas 
tout-à-fait les yeux; funicule à articles obcimiques : 1-2 allongés, 
égaux, 3-7 courts, grossissant peu à peu, 7 subcontigu à la massue, 
celle-ci oblongo-ovale, comprimée, obtuse au bout, subarticulée. — 
Prothorax subtransversal, régulièrement convexe, fortement arrondi 
sur les rôles, avec son bord antérieur profondément sinué latérale- 
ment, muni de lobes oculaires assez saillants et arrondis, coupé 
presque oarrémenl à sa base: prosternum profondément oanaliouléj 
le canal étroit entre les hanches antérieures et nettement limité au 
niveau de leur bord postérieur. — Eeusson assez grand, en triangle 
curviligne. — Elytres convexes, régulièrement ovales, plus larges <|nr 
le prothorax et échancrées en arc à leur base, avec les épaules obli- 
quement arrondies. — Pattes médiocres, très-robustes; hanches anté- 
rieures très-grosses, hérissées de cils courts et rigides en dedans ; 
cuisses en massue, munies d'uni! petite dent; jambes comprimées, 
arquées, tranchantes en dehors, 1rs antérieures munies de trois fes- 
tons externes, trôs-sai Hauts, dont le dernier terminal, les postérieures 
graduellement élargies, avec leurs corbeilles très-fortement caver- 
neuses (2) ; tarses médiocres, spongieux en dessous sur leurs bords 
seulement, à articles 1-2 en cône renversé, celui-là allongé, 3 assez 
largo, i long; ses crochets médiocres. — Les trois segments intermé- 

(1) Syn. Hetekopus, Schœnh. Curcul. VH1, 2, p. 1; nom déjà employé pour 
dos Mammifères, des Oiseaux et des Reptiles. Scliœnherr ne l'a pas changé 
volontairement, mais n'ayant plus sous les yeux l'espèce typique du genre, il 
a fondé une seconde fois ce dernier, sous le nom adopté dans le texte, en don- 
nant celui de Boliemani à l'espèce elle-même. 

(2) Il n'y a guère que les Emphiastes (voyez tome VI, p. 511) qui les aient 
aussi fortement caverneuses; seulement ici la cavité qui en résulte est assez 
étroite, transversale et flexueuse, forme insolite et étrangère a tous les Ciircu- 
lionides qui me sont connus. Les quatre jambes antérieures ont leur bord ex- 
terne terminal un peu prolongé, mais différemment fait ; celui des antérieures, 
élargi par le feston externe et terminal mentionné dans le texte, parait bilobé, 
tandis que celui des intermédiaires est échancré en dehors et tronqué au roté 
interne; mais ni aux unes ni aux autres, les corbeilles ne sont cavernousos. 



COSSOMDES. JIM 

diaires de l'abdomen égaux, séparés entre eux et du 1 er par de pro- 
fondes sutures rectilignes; saillie intercoxale large, ogivale. — Méta- 
sternum assez long. — Saillie mésosternale triangulaire, inclinée. — 
Corps massif, ovale, glabre. 

La seule espèco (africanus Schh.) décrite du genre est un grand 
insecte répandu depuis le Sénégal à Natal et peu commun dans les 
collections. Il est en entier d'un noir profond, peu brillant, criblé 
partout do gros points enfoncés, en partie confluents sur le prothorax ; 
ses élytres sont fortement striées, avec les stries occupées par dos 
fossettes quadrangulaires et leurs intervalles costiformes. 

TRIBU LXXX1I. 

COSSONIDES. 

Cadre buccal fortement échancré ; pédoncule du sous-menton court, 
parfois peu distinct, laissant en entier les mâchoires à découvert. — 
Mandibules en tenailles et très-courtes, ou plus faibles et un peu sail- 
lantes. — Antennes courtes, insérées sur des points variables du 
rostre; funicule de 7, 6, 5 ou 4 articles; massue ovale ou subglo- 
buleuse, cornée à sa base, sa partie spongieuse plus ou moins sail- 
lante. — Yeux tantôt finement, tantôt fortement granulés, au plus 
médiocres, souvent petits ou nuls, toujours très-fortement séparés en 
dessous. — Elytres recouvrant le pygidium. — Jambes onguiculées 
au bout; tarses courts, filiformes; leur 3 e article assez souvent un peu 
plus largo que les deux précédents, mais rarement hilobé. — Epi- 
sternums du métathorax étroits; ses épimères petites. — Epimères 
mésothoraciques acuminées on haut, non ou à peine ascendantes. — 
Corps presque toujours allongé et linéaire. 

J'ai exposé plus haut les motifs qui m'ont engagé à conserver à 
ces insectes la place que Schœnhorr leur a assignée à la fin de la 
Famille actuelle. Elle est, en effet, justifiée par la tendance de plus 
en plus prononcée qu'ils ont à se rapprocher des Scolytidcs et qui 
finit par être telle qu'il faut y regarder de prés, afin de ne pas prendre 
quelques-uns de leurs genres (surtout Kiiemotes et Stenoscelis) pour 
des Hïlastes et dos HymirgUS. Cette analogie s'étend même, dans 
un grand nombre de cas, jusqu'aux habitudes. 

Les Cossonides sont tous petits et n'ont rien conservé du faciès des 
espèces des groupes précédents. A une seule exception près (Ooiif.mas), 
Us sont tous allongés et le plus souvent linéaires, cylindriques ou 
déprimés. Dans la grande majorité des cas, leurs téguments sont 
glabres et, quand cela n'a pas lieu, leur vestituro consiste en poils 
fins et redressés. La variété que présente la composition do leur fu- 
nicule antennairo, est sans exemple dans les autres groupes de la 
famille et facilite beaucoup leur classification. Aucun auteur n'a 



320 CURCULIOMDES. 

signalé jusqu'ici combien il est fréquent que le scape empiète sur 
les yeux et les déborde mémo en arrière. La tendance qu'ont ces 
dorniers organes à devenir très-petits et à disparaître complètement 
est remarquable ; nul groupe de Curculionides ne contient un aussi 
grand nombre d'espèces aveuglés. Les deux I er " segments abdomi- 
naux sont toujours très-grands et complètement soudés ensemble, 
caractères très-importants, car leur absence suffit pour exclure de la 
Tribu toute espèce qui ne les possède pas. Enlin, c'est ici que so 
trouve la seule exception connue au nombre des articles des taises» 
chez les Curculionides : il y en a cinq bien distincts chez les Dhyopii- 
nioiu s. Toutefois, le type spécial que constituent ces insectes n'est pas 
tellement tranché et évident qu'il ne puisse donner lieu il quelques 
incertitudes (i). Mais on courra peu le risque de se tromper, si l'on 
a bien saisi l'ensemble des caractères qui leur est propre. 

Pendant longtemps, les Cossonides ont été regardés comme ayant 
tous des habitudes pareilles à celles des Scolytides, c'est-à-dire comme 
étant exclusivement xylophages et ligniperdes. Mais on sait mainte- 
nant, grâce surtout aux découvertes de M. Wollaston, qu'un certain 
nombre d'entre eux sont non-seulement épigés, mais arénicoles, et 
s'enfoncent à une assez grande profondeur dans le sable, principale- 
ment celui des bords de la mer. 

Plusieurs de leurs larves, appartenant aux genres DitYOPHïHonus (2), 
Khyncou;s (3) et Mesites (4), ont été décrites, dans ces dernières an- 
Ci) Ou a vu plus haut (p. 251) que Schœuherr avait compris parmi eux un 
genre (Eumïcteiius) de Madarides. Par compensation, deux autres (Ph.enomë- 
iius, Aniuis) qui leur appartiennent avaiuot été placés par lui dans ses Cbolides. 
M. Bohcman également a classé prés des Bamdius un genre qu'il a créé dans 
ces derniers temps sous le nom d'OooEius. Enfin M. Wollaston lui-même, qui 
a fait une étude approfondie de ces insectes, y a fait entrer, avec beaucoup 
d'hésitation, il est vrai, deux genres (ISesiotes, Onycholips) que j'en ai exclus. 
Il sera question plus bas du second ; le premier a été reporté (Tome VI, p. 376) 
parmi les Molytides. C'est dans ce dernier groupe et dans celui des Rhyparoso- 
mides quo se trouvent piïncipalemcul les genres avec lesquels les Cossonides, 
en dehors de la cohorte actuelle, ont des rapports qui pourraient induire en 
erreur. 

(2) D. lymexylon, Ed. Perris, Aun. d. 1. Soc. entoui. 1856, p. 240, pi- '■>, 
f. 324-325; attaque le pin maritime, le chêne et le coudrier, recherche le bois 
sec ou qui a subi un commencement do décomposition, et !e crible de ses gale- 
ries dirigées dans tous les sens. 

(3) R. porcalus, strangulatus, E. Perris, loc. cit. p. 247, pi. 5, f. 326-329 
et pi. 6, f. 380-381, tous deux attaquent exclusivement le pin maritime et les 
bois de charpente provenant de cet arbre ; leurs galeries ressemblent à celles 
du Dryophthorus lymexylon. — truncorum, Heeger, Sitzuugsbcr. d. AVicn. 
Acad. XXXIV, p. 212, pi. 4; vit sur les sapins et creuse des galeries longitu- 
dinales dans leur aubier. 

(4) M. oquitnnus (sous le nom iltpaUidipenniS), Ed. Perris, loc. cit. p. 2&1 , 



DRYOPHTHORIDIiS. 32t 

nées, par MM. Ed. Perris et Heeger. Leur ressemblance avec les larves 
connues des Scolytides est complote. Elles ont on commun avec ces 
dernières un corps recourbé en arc, revêtu de courts poils redressés 
et muni de petites spinules visibles seulement au microscope, deux 
articles aux palpes maxillaires comme aux.palpes labiaux, deux très- 
courtes antennes, l'absence des yeux et celle des pattes. Ces dernières 
sont remplacées par des mamelons et deux bourrelets de chaque côté. 
Comme celles des Scolytides, ces larves vivent dans les végétaux 
ligneux où elles pratiquent des galeries dont la forme varie selon les 
espèces et où elles subissent leurs métamorphoses. 

La Tribu a dos représentants sur tous les points du globe, et ses 
genres, dont Schœnherr n'a connu que i 2, s'élèvent en ce moment 
à 28 ()). Dans l'arrangement qui suit, ils sont disposés dans l'ordre 
do leurs rapports avec les Scolytides, do, telle sorte que les plus éloi- 
gnés de ces derniers sont placés en tète et vice versa. Ces genres se 
répartissent dans les quatre groupes suivants : 

I. Funicule auteonaire de i art. Dryopiithorides. 

"■ — — 5 — Penhuthiudes. 

III. — — 7 ou 6 art. 

Métastern. très-court; saillie intercostale excessive- 
ment large. Lyuamioes. 
— allongé; saillie intercoxalc de largeur nor- 
male. Cossomdes viuis. 

GROUPE I. Dryophthoride». 

Funicule antennaire do quatre articles. — Yeux petits. — Méla- 
sternum allongé. — Saillie intercoxale de largeur normale. 

Schœnherr a l'ait du seul genre DnYOPHTHOEUS une Division à part, 
égale en valeur à colle des Cossonides, et très-nettement caractérisée 
par le funicule des antennes de quatre articles et des tarses dfi cinq. 
Mais aujourd'hui qu'on connaît plusieurs genres de Cossonides dont 
le funicule en question ne compte que cinq ou six articles, le premier 
de ces caractères a perdu une grande partie de sa valeur. Quant au 
second, on a découvert un autre genre (Chcerorhinus) qui, réunis- 
sant à un funicule de quatre articles des tarses normaux, comble 
l'intervalle qui existait primitivement entre Ics.Dryoputiiori-s et les 

pi. 5, f. 332.-333; vit dans le bois pénétré d'eau de mer et y creuse des gale- 
ries pareilles à celles du Dryophlhorus li/mexylon. 

(1) Aucun auteur n'a plus contribué que M. Wollaslou i étendre nos con- 
naissances sur ces insectes. Outre ses « Insccta maderensia » et son « Catalogua 
ofthe coleopterous insects of Madeira, » voyez surtout son mémoire intitulé : 
« On tlie atlantic Cossonides » dans les Trans. of the cnloni. Soc. Scr. 2, V, 
1>. 3G2. 

Coléoptères. Tome VU. 2i 



322 CUBCXLI0N1DES. 

Cossonides. Dès lors, il n'y a plus de raisons valables pour conserver 
le groupe en question de Schœnherr, les espèces qu'il comprenait 
n'étant plus qu'une section particulière des Cossonide6 dont elles 
possèdent toute l'organisation. Ces insectes sont européens et ont des 
habitudes différentes. 

I. Tarses de 5 articles : Dryophthorus. 
H, — i — : Chcerorhinus. 

DRYOPHTHORUS. 

Schoenh. Curcul., Disp.meth., p. 332 (1). 

Tète obconique, saillante ; rostre assez long et assez robuste, paral- 
lèle, arrondi aux angles, légèrement arqué; ses scrobes commençant 
dans son milieu, profondes, rectilignes, très-courtes, subfovéiformes.— 
Antennes submédianes, très-courtes, robustes ; scape droit, graduelle- 
ment en massue, atteignant au moins le bord postérieur des yeux; fu- 
nicule à articles 1-2 relativement allongés, obeoniques, celui-là le plus 
long, 3-4 très-courts, transversaux ; massue assez forte, ovale, formée 
en majeure partie par son 1" article.— Yeux assez fortement granulés, 
petits, transversaux. — Prothorax plus long que large, cylindrique, 
légèrement arrondi sur les côtés, resserré près de son bord antérieur, 
tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson nul. — Elytres allongées, 
peu convexes, atténuées en arrière, carénées latéralement près de leur 
sommet, pas plus larges que le prothorax et subtronquées à leur base. 

— Pattes assez longues, les antérieures assez largement séparées; 
cuisses presque graduellement en massue, les antérieures plus ro- 
bustes que les autres ; jambes étroites, un peu comprimées, forte- 
ment onguiculées en griffe au bout; tarses de 5 articles, courts, grêles, 
filiformes, à articles sujbégaux ; crochets petits. — Saillie intercoxalo 
large, parallèle, subtronquée en avant. — Métastcrnum assez allongé. 

— Mésosternum étroit. — Corps allongé, inégal, faiblement cilié. 
On connaît en ce moment cinq espèces de ce genre remarquable. 

Elles sont disséminées au loin sur le globe, d'un noir ou d'un brun rou- 
geâtre sales, plus ou moins rugueuses sur le rostre et le prothorax 
et striées sur les élytres, avec les intervalles entre les stries plus ou 
moins relevés, et parfois formant do fines côtes tranchantes, notam- 
ment dans l'espèce européenne (lymexijlon). Cette dernière, qui pa- 
rait être assez commune partout, vit sous les écorces et dans les dé- 
tritus des vieux troncs d'arbres. 

(1) Syn. Bulbikbh, Megerl. in Dej. Cat. éd. 1, p. 99. — Cossonus Oliv., 
Gyllenb. — Lixus et Calandra Fab. — Rii-ïnchophouus Horbst. 

(2) D. lijmexylon Fab., Europe; rorlkalisSuy , Amer. bor.; biluberculatusVnb.; 
Polynésie; excuvatus, Madagascar ; Srliœnh. Curcul. IV, p. 1089.— Aj.: D.bre- 
virostris, Cbevrol. Rcv. etMag. do Zool. 1860, p. 137; Franco mér. et Algérie. 

— Fûreslieri, Perroud, Mélang. untom. IV. p. 112: Nouvelle-Calédonie. 



l'ENTAHlllRlDtS. 12) 

CHOERORHINUS. 
L. Fairm. Ann. d. I. Soc. entom., 1857, p. 742 (1). 

Genre voisin des Dryopiituorus, mais très-distinct par la structure 
de ses tarses et présentant en outre les différences suivantes : 

Rostre plus court et plus robuste, déprimé en dessus et arrondi 
aux angles ; ses scrobes commençant dans son milieu, profondes, 
obliques et atteignant sa base. — Antennes encore plus courtes et 
plus épaisses ; scape fortement en massue, n'empiétant pas sur les 
yeux ; funicule à articles 1 obconique, plus long et plus gros que les 
suivants, 2-4 très-courts, très-serrés, grossissant pt:u à peu et à peine 
distincts de la massue; celle-ci oblongue, formée presque entièrement 
par son i" article. — Yeux arrondis. — Pattes plus courtes et plus 
robustes dans toutes leurs parties; tarses de 4 articles seulement, très- 
courts, subégaux et déprimés. 

Les autres caractères, la forme générale, la livrée et la sculpture 
des téguments sont pareils à celles des Dryophtiioriîs. Il est, dès 
lors, manifeste que l'espèce unique {squalidus) du genre appartient 
au môme type que ces derniers, et je ne vois pas qu'un article de 
moins à ses tarses soit un motif suffisant pour la placer dans un 
autre groupe que ceux-ci. Cet insecte a été découvert en Sicile (2). 

Groupe II. Pentarthrides. 

Funicule antennairc de cinq articles. — Yeux petits, souvent nuls. 
— Métasternum allongé chez presque tous. — Saillie intercoxale la 
largeur normale. 

Sauf un seul (Amaurorminus) propre à l'Europe, les cinq genres de 
ce groupe sont confinés dans les archipels africains de l'Atlantique 
et dans nie, Sainte-Hélène. La connaissance de h plupart d'entre 
eux est due a M. Wollaston. Tous paraissent être êpigés-. Sohœnherr 
n'en a mentionné qu'un seul (Miciioxylobius) qu'il n'avait même pas 
vu en nature. 

I. Elytres cylindriques : Pentarlhrum. 
II — convexes, atténuées i leur base et en arrière. 
a Métasternum allongé. 

(1) Trois ans plus tard, M. Cuevrolat (Uev. et Mag, <l. Zool. UîGO, p. 4GJ) a 
décrit sous le nom de Chœrorhimis lanosimanus. un insecte de l'Algérie don! 
il n'a pas exposé les caractères génériques, et qui parait voisin des Elviuodon. 
ainsi que je l'ai déjà dit tome VI, p. 621. 

(2) Jo soupçonne que le Dryoplithorus brevirostris Chevrol., mentionné 
plus haut, est identique avec lui. ou appartient, à tout le moins, au '.-rnre ac- 
tuel. 



324 CURCUL10MDES. 

6 De» yeux bien distincts : Amaurorhinus. 
b b Veux nuls ou rudimentaires, invisibles à la loupe. 
Antennes antérioures : Mesoxenus. 
— médianes : Pentatemnus. 
aa Métasternum court; des youx : Microxylobius. 

PENTARTHRUM. 
Wollast., Ann. a. Magas.ofnat. Hist., Ser. 2, XIV, p. 129. 

Tète brièvement obçoniquc, saillante; rostro un peu plus long 
qu'elle, assez robuste, cylindrique, légèrement arqué ; ses scrobes 
commençant dans son milieu, profondes, atteignant le bord inférieur 
des yeux. — Antennes médianes, courtes, robustes ; scape en massue 
au bout, empiétant sur les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, 
celui-là plus long et plus gros, 3-S très-courts, serrés ; massue petite, 
ovale, subcompacte, à article 1 grand, cupuliforme, les suivants très- 
petits, spongieux. — Yeux médiocres, déprimés, arrondis. — Pro- 
thorax allongé, régulièrement cylindrico-conique, tronqué à ses deux 
extrémités. — Ecusson à peine distinct. — Elytros allongées, cylin- 
driques, pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. 
— Pattes courtes, les antérieures médiocrement séparées; cuisses 
robustes, comprimées, larges, arquées en dehors, grêles à leur base; 
jambes comprimées, droites, onguiculées au bout; tarses très-courts, 
à articles 1-2 grêles, subégaux, 3 un peu plus large, non bilobé, i 
plus long que les précédents réunis ; ses crochets petits. — Saillie 
jntercoxale large, arrondie en avant. — Métasternum allongé. — 
Mésostcmum assez large. — Corps allongé, linéaire, cylindrique, 
glabre. 

Le type du genre (HuUoni Woll.) est un petit insecte découvert en 
Angleterre (Devonshire) sous des bûches gisant sur le sol, et qui pa- 
rait Être réellement indigène de ce pays. Depuis, une secondo es- 
pèce (1) a été trouvée dans nie de l'Ascension. Ces deux insectes sont 
d'un brun rougeâtre ou ferrugineux, finement pointillés, avec les 
élytres couvertes de rangées de points enfoncés très-serrées. 

AMAURORHINUS. 
L. Fairm., Ann. ri. I. Soc. entom., 1860, p. 628. 

Ce genre m'est inconnu en nature ; la définition qu'en donne M. L. 
Fairmaire se borne aux caractères que voici : 

Rostre épais, suballongé, légèrement arqué, un peu dilaté au bout; 
ses scrobes allongées, arquées, obliques. — Antennes médiocres, insé- 
rées au milieu du rostre ; scape grêle ; funicule de S articles : i le 

(1) P. cylindrievm, Wollast. Trans, of the ontom. Soc. Ser. 2, V, p. 398, 
pl. 19, 1. 5. 



PF.NTARTHRIDES. 32S 

plus grand de tous, obconique, 2 un peu moins long, 3-5 courts ; 
massue brièvement ovale. — Prothorax oblong, atténue en avant. — 
Elytres oblongues, rétrécies à leur base et en arrière. 

Cette courte formule suffit pour montrer, que ce genre est très- 
voisin des Mesoxenus qui suivent et n'en diffère même que par la 
présence des yeux (1). Le genre paraît être intermédiaire entre ces 
insectes et les Mesoxenus. L'espèce [Bonnairii) de Corse sur laquelle 
il a été établi, doit, d'après la description, ressembler complètement 
à ces derniers. Depuis, une seconde espèce (2) du midi de la France 
a été décrite, 

MESOXENUS. 
Wollast., Trans. oftheentom. Soc, Ser. 2, V, p. 395 (3). 

Têto subglobuleuse ; rostre assez long et assez robuste,| légèrement 
arqué, cylindrique et un pou déprimé au bout ; ses scrobes commen- 
çant à quelque distance de son extrémité, faiblement arquées et éva- 
nescentes en arrière. — Antennes antérieures, médiocres, pareilles, 
du reste, a celles des Penta.ktuh.um. — Yeux presque nuls (4). — Pro- 
thorax assez convexe, régulièrement oblongo-ovale, tronqué à ses 
deux extrémités. — Ecusson à peine visible. — Elytres assez con- 
vexes, oblongues, pas plus larges que le prothorax et faiblement 
éohanorées à leur base — Les autres caractères, comme chez les Pen- 
tahtiihum, avec le corps légèrement fusiforme. 

M. Wollaston avait, dans l'origine, confondu co genre avec les 
Pkntarthiuim, mais il l'en a séparé, depuis, avec raison, ses espèces 
ayant un faciès fort différent de celui do ces derniers et s'en distin- 
guant en outre par plusieurs rurar-lères essentiels, notamment l'in- 
sertion des antennes et l'absence presque complète des yeux. La 
sculpture do leurs téguments n'est pas non plus la mémo, leurs ely- 
tres étant pointillées comme le prothorax. Ces espèces sont nu nombre 
de deux (5) et propres aux archipels de Madère et des Canaries, où 
elles paraissent être très-rares. 

(1) M. L. Fairmairo ne parle pas de ces organes, mais comme il dit que le 
genre est voisin des Rhïkcolds, il est très-probable qu'ils existent. 

(1) A. narbonnensis, Cb. Bris, de Barn. in Grenier, Cat. d. Col. d. France, 
p. 115. 

(3) Syn. PENTAiiTiiniiM, Wollast. Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, V, p. 450. 

(1) Je no puis en apercevoir aucune trace à l'aido des plus fortes loupes. 
M. Wollaston, qui a employé le microscope pour les découvrir, regarde comme 
tels six à sept tubercules très-rapproebés les uns des autres et situés près de 
l'extrémité postérieure des scrobes rostralcs. Ce serait alors des slommatcs 
plutôt que. des yeux composés, et, en tout cas, la vision doit être abolie, ou 
peu s'en fout, chez ces insectes. 

(5) Pent. Monizianum, Bewickianum, Wollast. loc. cit.; Madère; le premier 
a été aussi rencontré a Ténérifle. 



328 Cl RCUUONIDBS. 

PENTATEMNUS. 
Wollast., Trans. of the entom. Soc.j Sei'. 2, V, p. 385. 

Tète subglobuleuse ; rostre à peine plus long qu'elle, assez ro- 
buste, arrondi aux angles, faiblement arqué ; ses scrobes commen- 
çant non loin de son extrémité, arquées et évasées en arrière. — An- 
tennes submédianes, très-courtes, robustes ; scape arqué à sa base, 
fortement en massue au bout; funicule à articles 1 grand, épais, 
obconique, 2-5 très-courts, grossissant peu en avant ; massue petite, 
ovale, subcompacte, spongieuse au bout. — Yeux rudimentaires (1). 

— Prothorax un peu plus long que large, assez convexe, oblongo- 
ovale, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson nul. — Elytres con- 
vexes, régulièrement oblongo-ovales, pas plus larges que le prothorax 
et tronquées à leur base. — Pattes courtes, les antérieures faiblement 
séparées a leur base ; cuisses robustes, comprimées, fortement en 
massue ; jambes assez faibles, droites, onguiculées au bout, avec leur 
angle interne brièvement et finement dentiforme ; les antérieures 
frangées de poils fins au coté interne ; tarsos très-courts, filiformes, 
à article 4 aussi long que 1-3 réunis; ses crochets très-petits. — 
Saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Métasternum allongé. 

— Mésosternum assez étroit. — Corps oblong, subfusiformo, hérissé 
de poils longs et très-fins. 

La forme générale est la même, mais moins svelte, que celle des 
Mesoxenus, dont le genre est très-voisin et ne diffère guère que par 
la structure de son rostre et de ses antennes, ainsi que par les poils 
fins dont le corps est revêtu. La sculpture des téguments est à peu 
près la même ; les élytres sont seulement plus fortement rugueuses, 
sans aucune trace de rangées de points enfoncés, et le prothorax est 
plus superficiellement ponctué. 

M. Wollaston n'en décrit qu'une petite espèce (2) originaire de 
quelques-unes des îles Canaries, où elle vit dans le sable des bords 
de la mer, à la racine de diverses plantes. 

MlCnOXYLOBIUS. 
Cuevrol., Traits, of the entom. Soc, Sor. 1, 1, p. 98 (3). 

Tête globuleuse ou obtusément conique ; rostre séparé d'elle par 
une dépression plus ou moins distincte, médiocre, robuste, subcylin- 
drique, arqué ; ses scrobes commençant au-delà de son milieu, pro- 

(1) Le microscope révèle seulement, comme chet les Mesoxenus, la pré- 
sence de quelques très-petits ocelles. 

(2) P. arenarius, Wollast. loc. cit. p. 388, pi. 19, f. 1. 

(3) Syn. Acanthinomerus, Bohem. Voy. d. l'Eugén.; Col, p. 141. 



PENTARTUB.1DES. 327 

fondes et obliques. — Antennes submédianes, assez courtes et assez 
robustes ; scape en massue au bout, empiétant sur les yeux ; funicule 
à articles I plus long et plus gros que les suivants, 2 tantôt plus, 
tantôt pas plus long que 3, celui-ci et 4-5 courts, obconiques ; massue 
médiocre, ovale, acuminée, subcompacte. — Veux latéraux, en partie 
situés sur le rostre, assez petits, déprimés, subarrondis. — Prothorax 
le plus souvent oblong, assez convexe, plus ou moins arrondi sur les 
côtés, tronqué à sa base et en avant, très-rarement (conicollis) trans- 
versal et conique. — Ecusson à peine distinct. — Elytres assez con- 
vexes, de forme variable, pas plus larges que le protborax et faible- 
ment écbancrées en arc à leur base, avec les épaules nulles. — Pattes 
médiocres, robustes, les antérieures faiblement écartées à leur base ; 
cuisses presque graduellement en massue ; jambes comprimées, pres- 
que droites, onguiculées en griffe à leur extrémité, avec leur angle 
interne très-brièvement dentiforme ; tarses courts, à articles 1-2 fili- 
formes, grêles, celui-là le plus long et arqué à sa base, 3 plus large, 
bilobé, 4 assez long, grêle, ainsi que ses crochets. — Saillie inter- 
coxalo large, parallèle, tronquée en avant. — Métasternum court. — 
Saillie mésosternale médiocrement large. — Corps oblong, rarement 
ovale, glabre. 

Genre particulier à l'île Sainte-Hélène, et fondé par M. Chevrolat 
sur une seule espèce de la plus petite taille. M. Wollaston en a publié 
récemment cinq autres et a donné du genre une formule plus dé- 
taillée. Presque en même temps, M. Bobeman l'a créé de nouveau, 
sous le nom d'Ar.ANTHiNOMEiuis, en signalant son affinité avec les 
Analcis du groupe des Cryptorhynchides ; mais il appartient sans au- 
cun doute à la Tribu actuelle. 

Ces insectes sont petits et, sauf une espèce (conicollis) de forme 
courte et ovoïde, ont une ressemblance assez prononcée avec certains 
HEi.ors do très-petite taille. La plupart d'entre eux, ce qui est rare 
chez les Cossonides, sont d'un bronzé brillant, les autres noirs ; tous 
sont finement pointillés, avec des rangées régulières de points enfon- 
cés, plus gros, sur les élytres. M. Wollaston a divisé le genre en deux 
sections, selon que toutes les cuisses sont mutiques (1), ou que les 
postérieures sont munies supérieurement, à leur base, d'une assez 
longue épine (2). On ne sait pas bien si ce caractère est spécifique ou 
sexuel. 

(1) M. Weslwoodii, Chevrol. loc. cit. pi. 10, f. 6. — laceriosus, lucifugus, 
terebrans, Wollast. Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, V, p. 381, pi. 18, f. 5-7. 

(2) M. Chevrolatii, conicollis, Wollast. loc. cit. p. 383, pi. 18, f. 8, 9; VAcan- 
ihinomerus armatus do M. Boheman (loc. cit.), que j'ai sous les yeux, me 
parait identique avec le premier. — M. Wollaston forme do cette sectiou un 
sous-genre qu'il nomme Thaumastomf.tius; je crois que ce nom a une léger» 
priorité sur celui d'AcANTMNOMEiuis. 



328 CUaCULIONIDES. 

Le genre, par suite de la brièveté du métasternum, fait le passage 
avec le groupo suivant. 

GROUPE III. Lymantidei. 

Funiculo anteimaire do sept, rarement (Raymoxdia) de six articles. 
— Yeux petits, souvent nuls. — Métasternum très-court. — Saillie 
intercoxale très-courte et excessivement largo (1). 

Par la brièveté de leur métasternum, l'extrême largeur de leur 
saillie intercoxale et leur faciès, ces insectes sont les plus aberrants 
des Cossonides et devraient, à ce titre, être placés en tète de la Tribu. 
Mais leur fimicule antennaire, composé comme celui des Cossonides 
vrais, m'a déterminé à les mettre près de ces derniers. J'ai emprimté 
le nom du groupe particulier qu'ils constituent au seul (Lymantes) de 
leurs cinq genres que Schœnherr ait connu. Tous sont sans aucun doute 
épigés, et leur distribution géographique est très-étendue, un d'eux 
(Oodemas) étant propre aux îles Sandwich, un autre (Lymantes) à 
l'Amérique du Nord, tandis que les trois derniers sont européens, 

I. Des yeux. 

a Corps ovalaire; antennes médianes : Oodemas. 
a a — oblong. 

Antennes subterminalcs; prolborax subglobulcux : Aparopriun. 
— 8ubmidiaD.es; — cylindrico-ovale : Cotaster. 

II. Yeux nuls. 

Rostre non étranglé à sa base : Raymondia. 
— fortement — : Lymantes. 

OODEMAS. 
Boiieu., Voy. d. l'Evgén.; Entom. p. 138. 

Tète petite, brièvement obeoniquo; rostro court, robuste, droit, 
cylindrique; sesscrobes presque complètes en avant, arquées et ar- 
rivant sous les yeux. — Antennes submédianes, médiocres, grêles; 
scape fortement épaissi au bout, atteignant le bord postérieur des 
yeux; funicule de 7 articles: 1-2 allongés, cylindriques, 3-7 plus 
courts, subovales; massue petite, ovale, acuminée, articulée.— Yeux 
situés sur le rostre, latéraux, petits, arrondis.— Prothorax aussi long 
que large, obeonique, arrondi a sa base, obliquement tronqué en 
avant et assez fortement échancré sur son bord antéro-inférieur. — 
Ecusson a peine distinct, triangulaire. — Elytres assez convexes, régu- 

(I) Celle des Lymantes t'ait une demi-exception à cet égard; elle est un peu 
plus longue et un peu moins large que dans les autres espèces. Il serait possible 
qu'il en fat de même chez le Cotaster cuneipennis que je n'ai pas \n. 



LYMANTinES. 329 

librement ovalaires, pas plus largos que le prothorax et largement 
échancréos en arc à leur base. — Pattes médiocres, les antérieures 
très-faiblement séparées ; cuisses en massue, inermes ; jambes droi- 
tes, fortement onguiculées au bout; tarses à articles 1-2 courts, grê- 
les, nus en dessous, 3 plus large, spongieux inférieurement, bilobé, 
presque aussi long qu'eux réunis; ses crochets petits et grêles. — 
Saillie mésosternalo médiocrement large.— Corps régulièrement ova- 
laire, glabre. 

M. Boheman a placé ce genre immédiatement à côté des Bamdius, 
mais c'est sans aucun doute un genre de Cossonides. Il est établi sur 
un petit insecte (1) des environs d'Honolulu (îles Sandwich) qui, au 
premier aspect, ressemble beaucoup au Microxylobius conicollis Wol- 
last. de l'île Sainte-Hélène, mais qui en diffère considérablement par 
ses caractères génériques, notamment par la composition de son 
funicule antennaire. Il est d'un vert bronzé brillant et lisse, sauf sur 
les élytres qui présentent des rangées régulières de points enfoncés, 
gros en avant, obsolètes en arrière. C'est, avec les Micboxyi.obius, le 
seul genre de la tribu où la livrée des téguments est de couleur mé- 
tallique. 

APAROPRION. 
Hampe, Wien. entom. Monatschr., V, p. 68. 

Tète très-petite, très-convexe, fortoment enchâssée dans le protho- 
rax; rostre allongé, assez grêle, cylindrique, un pou épaissi au bout, 
légèrement arqué ; ses scrobes profondes, aboutissant a la partie in- 
férieure des yeux. — Antennes subterminales, assez grêles ; leur fu- 
nicule de 7 articles : 1-2 allongés, 2-7 globuleux. — Des yeux (2).— 
Prothorax presque aussi large que long, boaucoup plus étroit que les 
élytres, globuleux, légèrement rétréci en avant, tronqué à ses deux 
extrémités. — Ecusson nul. — Elytres ovalaircs, convexes, notable- 
ment plus larges que le prothorax. — Pattes assez longues ; cuissos 
médiocrement en massue; jambes onguiculées au bout; 3° article 
(les tarses bilobé, spongieux en dessous, crochets assez grands. — 
Corps ovalaire, finement pubescent. 

Je n'ai pas vu ce genre et j'emprunte les caractères qui précèdent à 
ceux que lui assigne M. Hampe, ainsi qu'à sa description de l'espèce 
typique. Quoiqu'il y manque quelques particularités importantes, 
notamment la forme de la saillie intercoxale de l'abdomen et la lon- 
gueur du métasternum, je crois que le genre est voisin des Cotastf.r, 
comme le dit ce savant entomologiste, et dès lors qu'il appartient au 
groupe actuel. L'insecte (costatum) de Transylvanie sur lequel il est 

(1) 0. amescens, Bohem. loc. cit. pi. 2, f. 6a-e. 

(2) M. Hampe n'indiquo ni leur dimension ni leur forme; il est probable 
qu'ils sont très-petits, commo ceux des Cotastf.r, dont le genre est voisin. 



330 Cl'RCULIONIDES. 

établi a une sculpture îles téguments analogue à celle de oes derniers, 
mais son faciès doit être assez différent et se rapprocher de celui de 
certains Anthicus ; il est petit (2 lin.) et de couleur brunâtre. 

OOTASTEU. 
De Motsch., Rev. et Mag. d. Zool, 1851, p. 425 (1). 

Tète subglobuleuse ; rostre médiocre, assez robuste, cylindrique, 
assez arqué ; ses scrobes commençant près de son milieu, obliques, en 
grande partie visibles latéralement. — Antennes submédianes, peu 
robustes ; scape graduellement en massue, empiétant sur les yeux ; 
funicule de 7 articles : i plus gros et plus long que les suivants, 2-7 
très-courts, subégaux, grossissant a peine en avant ; massue petite, 
ovale, subcompacte. — Yeux très-petits, ovales ou subarrondis, dé- 
primés. — Prothorax transversal ou non, plus ou moins arrondi sur 
les côtés, brièvement rétréci en avant, tronqué à ses deux extrémi- 
tés, inégal en dessus. — «Ecusson nul. — Elytres médiocrement con- 
vexes, ovales ou oblongo-ovales, débordant plus ou moins, mais en 
général peu, le prothorax et légèrement ôchancrées en arc à leur 
base, avec les épaules arrondies. — Pattes assez longues, les anté- 
rieures très-faiblement séparées; cuisses presque graduellement et 
médiocrement en massue ; jambes droites, arrondies, onguiculées au 
bout; tarses très-courts, un peu déprimés, il articles 1-2 subégaux, 3 
un tant soit peu plus largo qu'eux, subbilobé, 4 médiocre; ses cro- 
chets petits. — Mésosternum médiocrement large. — Corps oblong, 
plus ou moins recouvert de courts poils redressés. 

Commo on le voit par la synonymie, les espèces de ce genre, dont 
on comiaît en ce moment trois (2), ont été rapportées à autant de 
genre différents, et deux d'entre elles ont été placées dans des grou- 
pes très-éloignés de la Tribu actuelle. Schœnherr a reconnu que l'une 
d'elles appartient aux Cossonides, mais il l'a comprise a tort parmi 
les Phloeophagi!s dont elle est très-distincte, génériquement par- 
lant. Ces insectes sont d'un jaune ferrugineux plus ou moins clair; 
leur prothorax varie sous le rapport de la sculpture, et leurs élytres 
sont fortement, ponctuées en stries, avec les intervalles entre ces der- 
nières plus ou moins relevés. Tous sont propres à l'Europe méri- 
dionale. 

(1) Syn. Piuoeophagis pars, Scliœnli. — Trachodes pars, Schœnh. — Stï- 
phlus Aub6. 

(2) Phlceoph. uncipes, Schœnh. Curcul. IV, p. 1055; Italie; type du genre. 
— Trach. exsculptus (Gcrmar), Schœnh. ibid. VII, 2, p. 410 (Cotast. littoralis, 
Motsch. loc. cit. pi. 11, f. 12); Fiance mér., Sicile. — StypM. cuiteipennis, 
Aube, Ann. il. 1. Soc. entom. 1850, p. 341; Alpes du Piément; cette espèce 
doit par conséquent être retranchée des Stynilcs, parmi lesquels elle est citée 
tome VI, p. 334, note 1 . 



TY1UNTIDES. 331 

KAYMONDIA. 
Aube, Ami. d. I. Soc. entom., 1861, p. 195 (1). 

Tète petite, globuleuse ; rostre assez allongé, médiocrement robuste, 
cylindrique et comprimé latéralement, légèrement arqué ; ses scro- 
bes commençant tout-à-fait à son extrémité, passant rapidement sous 
lui et invisibles sur les côtés, sauf en avant. — Antennes termina- 
les, médiocres, assez peu robustes; scape en massue au bout, n'attoi- 
gnant pas tout-à-fait la base du rostre ; funicule de 6 articles ob- 
coniques : 1 plus long que les autres, 2-7 courts, égaux; massue 
médiocre, ovale, acuminéo; son 1 er article grand. — Yeux nuls. — 
Prothorax allongé, peu convexe, régulièrement oblongo-ovale, tron- 
qué à ses deux extrémités. — Ecusson nul. — Elytres peu convexes, 
allongées, oblongo-ovales, pas plus largesquo le prothorax et tronquées 
à leur base, avec les épaules nulles. — Pattes courtes, les antérieures 
très-faiblement, séparées; cuisses robustes, fusiformes ; jambes com- 
primées, fortement et graduellement élargies, longuement et oblique- 
ment tronquées au bout, ce qui les l'ait paraître fortement anguleuses 
en dohors, inennes au bout; tarses extrêmement courts, déprimés, à 
article 4 presque aussi long que 1-2 réunis; ses crochets très-petits. — 
Mésosternum étroit, linéaire. — Corps oblong , atténué en avant, 
légèrement pubescent. 

Genre plus voisin des Cotaster que de tout autre et l'un des plus 
distincts de la Tribu actuelle. L'espèce (2) sur laquelle il a été établi 
est très-petite (à peine 2 millim.), d'un jaune testacé clair, fortement 
ponctuée sur le prothorax, avec des rangées régulières de points 
encore plus gros sur les élytres. Elle a été trouvée aux environs do 
St-Raphael (Yar) sous une pierre profondément enfoncéo dans le sol. 
Deux autres espèces (3) ont été, depuis, découvertes dans le midi de 
la France. 

LYMANTES. 
Schoenh., Curcitl , IV, p. 1088. 

Tète globuleuse; rostre séparé d'elle par un profond étranglement, 
médiocre, robuste, subquadrangulaire, arrondi aux angles, arqué ; 
ses scrobes commençant à peu do distance de son sommet, obliques, 

(1) Lo nom de IUymondia devra être changé, ayant déjà 6t6 employé pour 
des DipMres pupipares, en 1855, par M. Frauenfeld tSitiungsber. d. YVien. 
Acad. XV1I1, p. 320). 

(2) fl. fussor, Aube, loc. cit. pi. 5, f. 7. 

(3) H. Delarouzci, Cli. Bris, de Barnev. Ann.d. 1. Soc. entom. 1861, p. 603; 
Pyrénées or. (Colliourcs) ; en compagnie de petites fourmis. — Marqueti, 
Aube in Grenier, Gat. d. Col. d. France, p. 130; Toulouse; sous des couches 
d'argile. 



332 CUHCIII.IONIDRS. 

visibles seulement on avant. — Antennes antérieures, médiocres, 
assez robustes; scape graduellement en massue, atteignant à, peine 
les yeux; funicule de 7 articles : 1-2 allongés, obeoniques, celui-là 
le plus long, 3-7 transversaux, serrés, grossissant peu à peu; massue 
assez forte, subglobuleuse, subcompacte. — Yeux situés sur le rostre, 
latéraux, petits, déprimés, étrQits, obliquement transversaux. — Pro- 
thorax en carré allongé, déprimé, brusquement et brièvement ré- 
tréci en avant, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson nul. — 
Elytres médiocrement convexes, longuement déclives en arrière, ré- 
trécies dans leur tiers postérieur, pas plus larges que le prothorax 
et un peu échancrées en arc à leur base. — Pattes médiocres, les 
antérieures très-faiblement séparées à leur base; cuisses presque 
graduellement en massue, les antérieures plus fortement que les 
autres; jambes étroites, un peu comprimées, légèrement arquées à 
leur extrémité, celle-ci brièvement mucronée; tarses très-courts, 
filiformes, à article 4 assez long ; ses crochets très-grêles, parallèles. 
— Mésosternum très-étroit, linéaire.— Corps oblong, allongé, inégal. 
On n'en connaît qu'une petite espèce (scrobicollis Schh.) de l'Amé- 
rique du Nord, variant, pour la couleur, du noir au brun plus ou 
moins clair, et h laquelle sa sculpture donne quelque ressemblance 
avec les Anchonus do petite taille et de forme allongée. Le dessous 
de son corps, son rostre et son prothorax sont en effet couverts de pe- 
tites fossettes qni leur donnent un aspect variole; les élytres sont 
fortement ponctuées en stries à. leur base et sillonnées en arrière. 

GROUPE IV. Cossonidcs vrais. 

Funicule antennaire de sept, très-rarement (Hexarthiium) de six 
articles. — Yeux toujours distincts, plus ou moins grands. — Méta- 
sternum allongé. —Saillie intercoxale de largeur normale. 

Ce groupe est à lui seul plus riche en espèces que les trois précé- 
dents réunis, mais ne donne lieu, du reste, à aucune observation 
particulière. Leurs habitudes, pour autant qu'elles sont connues, va- 
rient un peu, mais il est probable que lo plus grand nombre d'entre 
elles sont xylophages. Elles sont répandues sur tous les points du 
globe et constituent les quinze genres suivants : 

I. Rostre au moins aussi long et notablement plus étroit quo 
la tète, de foiroo et de grosseur très-variables. 
a Elytres convexes, atténuées il leur base et en arrière : I.eipommntn . 
aa — parallèles, cylindrique) ou déprimées. 
b Cuisses posUr. dépassant fortement l'abdomen : Phœnomems. 

bt> plus courtes que — 

c 3" article des tarses bilobé. 

d Hanches antér. plus ou moins fortement séparées. 



COSSONlDtS VltAIS. 333 

Hostie épais, parallèle : Amorphocerus. 
— épaissi à 6a base, liliformc en avant : Porthetes. 
ili: Hanches antér. faiblement séparée»; rostro cylindrique : Stenotis. 
ce 3 e articlo des tarses filiforme ou non, jamais bilobé. 
'■ Scape des autennes restant loin des yeux : Jorus. 
ee empiétant sur les yeux, parfois dé- 

passant leur bord postérieur. 
/' Hanches antér. plus ou moins fortement séparées. 
g Antennes subbasilaires dans les deux sexes. 

Funicule à art. 1 seul allongé ; yeux situés sur le 
rostre : Catolelhrus. 

1-2 allongés; yeux situés sur la têto : Protces. 

gg Antennes antérieures ou médianes dans les deux sexes : Cossonus. 

093 cuez lcs <?> basilaircs chez les 9 : Mesites. 

ff Hauches antér. faiblement séparées : PlUœophagus. 
eee Scape des antennes atteignant, ou peu s'en faut, les 
yeux sans empiéter sur eux. 
Funicule de 7 articles : Rhyncolus. 
— de 6 — : Hexurthrwu. 
II. Rostre plus court que la tête, extrêmement épais, formant 
une sorte de museau. 
Massue antennairo petite, ovale, acuminée : Ercmotes. 

grosse, subglobuleuse : Stenoscelis. 

Genre incerta) sedis : Caulophilus. 

LEIPOMMATA. 
Wollast., A Cal. ofthe Col. ofMadeir., p. 100. 

Je ne connais pas ce genre en nature, mais l'exposition très-détail-' 
lée qu'a donnée M. Wollaston de ses caractères et la figure publiée par 
lui de l'espèce qui en constitue le type, permettent de s'en faire une 
idée exacte. 

Rostre court, épais, à peine arqué. — Antennes submédianes, 
courtes, robustes; scape légèrement arqué, en massue au bout; fu- 
nicule de 7 articles : 1 épais, allongé, 2-7 très-courts, égaux, grossis- 
sant peu à pou, mais faiblement; massue médiocre, brièvement 
ovale, compacte. — Yeux nuls, même sous le microscope. — Protho- 
rax un peu plus long que large, convexe, arrondi sur les eûtes, atté- 
nué in avant, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson nul. — 
Elylres convexes, oblongo-ovales. — Pattes courtes, les antérieures 
faiblement séparées; cuisses en massue comprimée; jambes presque 
droites, fortement onguiculées au hout, avec leur angle interne lon- 
guement spiniforme; les antérieures frangées de longs poils fins au 
côté interne; tarses courts, à articles 1 plus long que 2, 3 un peu 
plus large qu'eux, mais non bilobé, i presque aussi long que les 



334 tlllUlLlOMDEh. 

précédents réunis ; ses crochets très-petits. — Corps oblong, subl'usi- 
forme, hérissé de poils fins. 

Il est manifeste, d'après ces caractères, que l'espèce typique (1) 
ressemble complètement au Pentatemnus arcnarius du groupe des 
Pontarthrides, mais appartient à celui-ci par son funicule anten- 
naire composé de sept articles. Elle s'en éloigne également un pou par 
la sculpture de ses éïytres qui sont ponctuées en stries. Cet insecto 
habite î'ilo do Madère et est arénicole et fouisseur. 

PHjENOMERUS. 
Scooenu., Curcul. III, p. G32. 

Tète globuleuse ; rostre médiocre, peu robuste, un peu épaissi 
et comprimé dans sa moitié basilaire, cylindrique en avant; ses 
scrobes latéralos, occupant la partie épaissie, arquées et atteignant 
les yeux. — Antennes très-courtes, assez robustes; scape en massue 
au bout, atteignant les yeux; funicule de 7 articles : 1-2 obeoniques, 
celui-là plus long et plus gros, 4-7 fortement transversaux, très-ser- 
rés, grossissant peu à. peu; massue aussi longue que le funicule, 
grosse, oblongo-ovale, veloutée. — Yeux grands, ovales, très-dépri- 
més, transversaux, faiblement séparés en dessus. — Prothorax quatre 
fois environ plus long que large, subcylindrique, légèrement rétréci 
en avant, tronqué à sa base, finement caréné on dessus. — Ecusson 
petit, en carré transversal. — Elytres d'un tiers environ plus longues 
que le prothorax, subcylindriques, obliquement déclives à leur extré- 
mité et obtusément arrondies au bout, pas plus larges que le protho- 
rax et tronquées en avant. — Pattes postérieures beaucoup plus 
longues que les autres; celles-ci médiocres; les antérieures médio- 
crement séparées ; leurs cuisses comprimées, très-larges, les inter- 
médiaires moins, toutes grêles à leur base et finement dentées en 
dessous; les postérieures longuement pédonculées, dépassant nota- 
blement l'abdomen, fortement en massue au bout et triangulairo- 
ment dentées en dessous; jambes antérieures et postérieures ('(im- 
primées, un peu arquées et onguiculées au bout; les postérieures 
grêles et arquées a leur base, assez élargies et bidentées en dehors 
au bout; tarses médiocres, grôles, subfiliformes, il articles 1 et 4 al- 
longés, 3 pas plus large que les autres; crochets petits, très-grêles. 
— Les deux premiers segments abdominaux très-longs, confon- 
dus ensemble; saillie intercoxale très-allongée, ogivale, entamant 
fortement le métasternum. — Celui-ci assez court. — Mésosternum 
médiocrement largo. — Corps très-allongé, linéaire, subcylindrique, 
finement pubescont. 

Les exemplaires d'après lesquels cetto formule a été rédigée sont 

(1) L. calcaratum, Wollast. loc. rit. p. 101 ; figuré dans les Tr.ins. of t'ic 
enfom. Soc. Ser. 2, V, pi. 19, f. 3. 



i .ossoNini-.s vitAis. 33a 

probablement des mâles. Sehœnberr, à en juger par ce qu'il dit du 
rostre, me parait avoir eu une femelle sous les yeux. II a placé le 
genre dans sa division des Cholides, mais il appartient sans aucun 
doute à la tribu actuelle dans laquelle il constitue un type particulier 
et très-distinct. 

L'espèce typique (Sundewalli Schh.) est, comme il le dit, de la 
taille du Lyprus cylindrus d'Europe, «l'un noir mat, finement ru- 
gueuse sur le prothorax et striée sur les ôlytres ; les stries sont sépa- 
rées par des côtes fines et tranchantes. Dans les exemplaires bien con- 
servés, lo prothorax présente quelques taches indéterminées formées 
par de petits cils grisâtres; une grande tache commune et basilaire do 
môme couleur, suivie de deux larges bandes arquées et interrompues, 
se voit sur les élytrcs. Cet insecte habite le Bengale ot Ceylan. J'en 
connais une autre espèce provenant de ce dernier pays. 

AMORPHOCERUS. 

Sciioenh., Curcul. Disp. meth., p. 329. 

Tète saillante; rostre médiocre, robuste, parallèle, subarrondi, un 
peu déprimé en dessus, médiocrement arqué; ses scrobes commen- 
çant à quelque distance de son extrémité, profondes, rectilignes. — 
Antennes courtes, robustes; scape épais, graduellement en massue, 
atteignant le bord postérieur des yeux ; funicule de 7 articles : 1 re- 
lativement très-grand et très-gros, 2-7 très-courts et très-serrés, gros- 
sissant peu à peu, 7 contigu à la massue; celle-ci petite, ovale, à 
article 1 grand, cupuliforme, les suivants spongieux, très-courts. — 
Yeux assez grands, un peu saillants, ovales, transversaux. — Protho- 
rax oblong, peu convexe, légèrement arrondi sur les côtés, briève- 
ment rétréci en avant, tronqué â ses deux extrémités. — Ecusson 
très-petit. — Elytres allongées, subconvexes, parallèles, arrondies à 
leur extrémité, à peine plus larges que le prothorax et tronquées â 
leur base. — Pattes courte», les antérieures assez fortement séparées; 
cuisses robustes, comprimées, larges, arquées en dessus ; jambes com- 
primées, rétrôcies et un pou arquées à leur base, graduellement et 
fortement élargies au bout, avec leur extrémité denticulée et ongui- 
culée ; tarses courts, à articles I grêle et arqué à sa base, 3 plus large 
que 1-2, bilobé, i aussi long que les précédents réunis ; ses crochets 
médiocres. — Saillie intercoxale large, ogivale. — Mésosternum assez 
large. — Corps allongé, linéaire. 

Ces insectes ont le faciès des Cossonus, mais s'en distinguent par 
leur rostre, leurs antennes, leurs pattes et lo 3° article de leurs 
tarses. Leur taille égale cello des Cossonus de seconde grandeur et 
leur sculpture est la même. Les quatre espèces (1) décrites par 

ft) A- rvftpes, zrtmiif. Iflp'i, Mtosus, Schœnh. loc. cit. p. 990; le dernier 



336 cimcuLioNiDEs. 

Schœuhei'ï habitent l'Afrique australe. On eu connaît une cin- 
quième (1), originaire de la Polynésie. 

POKTHETES. 
Scuoenh., Curcul., IV, p. 1041. 

Mâle : Tète saillante ; rostre médiocre, à peine arqué, épaissi dans 
sa moitié basilaire, filiforme en avant ; ses scrobes commençant au 
sommet de la partie épaissie, profondes et obliques. — Antennes mé- 
dianes, courtes, robustes ; scape atteignant le bord postérieur des 
yeux, grôle à sa base, puis renflé en une très-grosse massue ovale ; 
funicule il articles 1 gros, allongé, obconique, 2-7 transversaux, très- 
serrés, grossissant pou à peu ; massue petite, ovale, subcompacte. — 
Yeux assez grands, déprimés, subarrondis. — Prothorax déprimé, en 
carré subéquilatéral, légèrement arrondi sur les côtés, finement re- 
bordé et tronqué à sa base et en avant. — Ecusson petit, en triangle 
aigu, — Elytres allongées., subdéprimées, parallèles, rétrécies dans 
leur quart postérieur, un peu plus larges que le prothorax et tronquées 
à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes comtes, les antérieures 
fortement séparées; cuisses robustes, comprimées, larges, arquées 
en dessus ; jambes comprimées, brièvement onguiculées au bout ; 
tarses courts, l articles 1-2 subégaux, 3 notablement plus large, 
seul spongieux en dessous, bilobé, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. 
— Saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Môtasternum un 
peu concave, subcarénô sur les bords latéraux de l'excavation. — Mé- 
sosternum assez large. — Corps allongé, déprimé. 

Femelle : Rostre épaissi seulement a sa base; ses scrobes très- 
courtes. — Antennes plus courtes, basilaires; leur scape moins gros 
et dépassant les yeux en arrière. 

On prendrait, au premier coup d'œil, pour un Hésites, l'unique es- 
pèce {uimiœ Schh.) du genre, mais elle i^st très-distincte de ces der- 
niers par son rostre, ses antennes et le 3° article de ses tarses. Elle est 
un peu plus petite et plus large que le Cossonus ferrugineus, noire, 
avec les élytres ferrugineuses, criblée de gros points enfoncés partout, 
sauf sur les élytres qui sont striées-ponctuées. Cet insecte habite la 
Cafrerie. 

STENOT1S. 
Wolxast., Ins. Maderens., p. 310. 

Tète obtusément conique, saillante ; rostre allongé, peu robuste, 
subcylindrique. — Antennes insérées un peu en deçà de son milieu 

a été pris une fuis, en assez grand nombre, dans les serres du Jardin des Plantes 
i Paris. 
(i) A. aureapitosus, L. l'alrui. Rcv. et Mag. d. Zool. 181U, p. 5D&; TaUy. 



LOSSONIDliS VRAIS. 337 

dans les deux sexes, peu robustes; scape en massue au bout, empié- 
tant sur les yeux; funicule de 7 articles : 1-2 allongés, obconiques, 
celui-là plus gros et plus long, 2-7 courts, grossissant peu à peu, mais 
légèrement; massue assez forte, subcompacte; son i cr article très- 
grand, les autres très-courts.— Yeux médiocre», arrondis. — Protho- 
rax très-allongé, légèrement arrondi sur les côtés, rétréci on avant, 
tronqué à sa base. — Ecus'son petit, subarrondi.— Elytres très-allon- 
gées, linéaires, pou convexes, à peine plus larges que le prothorax et 
tronquées à leur base. — Pattes médiocres, les antérieures faiblement 
séparées; cuisses en massue, subcomprimées; jambes droites, ongui- 
culées au bout ; tarses courts, à article 3 notablement plus large que 
1-2 et bilobé; crochets petits. — Corps très-allongé, linéaire, déprimé, 
un peu pubescent. 

Ce genre m'est inconnu en nature et la formule qui précède n'est 
qu'une reproduction do celle exposée par M. Wollaston, avec addition 
de quelques caractères empruntés aux figures qu'il a données de 
l'espèce (1) qui le compose. 11 appartient évidemment au groupe actuel 
et me paraît plus voisin du genre Aonus qui suit que de tout autre. 
L'espèce en question est fort petite, d'un jaune ferrugineux uniforme, 
et presque lisse, sauf sur les élytres qui sont légèrement ponctuées 
en stries. Elle habite Madère, où clic paraît être excessivement rare, et 
se trouve uniquement dans les parties les plus élevées de cette île, 
sur les feuilles des lauriers. 

AORUS. 
Schoenh., Curcul., III, p. 253. 

Tète globuleuse ; rostre long et assez robuste, cylindrique, légère- 
ment comprimé à sa base, arqué ; ses scrobes commençant dans son 
milieu, obliques et faiblement séparées en arrière. —Antennes mé- 
dianes, médiocres, assez robustes; scape graduellement en massue, 
n'atteignant pas les yeux ; funicule de 7 articles : i-2 obconiques, 
celui-là plus gros et de moitié plus court que celui-ci, 3-7 graduelle- 
ment transversaux et plus larges, serrés; massue ovale, acuininéc, 
compacte. — Yeux médiocres, très-déprimés, oblongo-ovales, transver- 
saux. — Prothorax plus long que large, médiocrement convexe, régu- 
lièrement ovalairo, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson petit, 
arrondi en arrière. — Elytres allongées, subcylindriques, rétréoies 
tout à-fait à leur extrémité, un pou plus larges (nie le prothorax et 
légèrement échancrées en arc à leur base, avec les épaules rectangu- 
laires. — Pattes médiocres, assez robustes; los antérieures très-faible- 
ment séparées à leur base; cuisses fortement en massue, inermes, 

(1) S. ackula, Wollast. ibid. pi. 6, f. ;>; livrée ite nom eau dans les Tr.ins. 
uf the enlom. Soc. Ser. 2, V, pi. 19, f. 8. 

Coléoptères. T me Vil. 22 



338 CURCUUONlDliS. 

les postérieures notablement plus courtes que l'abdomen ; jambes 
presque droites, faiblement saillantes dans leur milieu interne, les 
antérieures denticulées en dedans, toutes mucronées au bout; tarses 
médiocres, à article 3 seul spongieux en dessous, plus large que les 
précédents, non bilobé, 4 assez court, ses crochets très-petits et très- 
grêles, parallèlos. — Saillie intercoxale largo, ogivale. — Mésosternum 
médiocrement large. — Corps allongé, glabre. 

Je retire ce genre desCkolides, parmi lesquels Schœnherr l'a classé, 
pour le mettre à sa véritable place dans la Tribu actuelle. L'unique 
espèce (spadiccus Scbh.) qui le compose est do la taille des Cossonus 
de moyenne grandeur, d'un brun rougeâtre plus ou moins foncé, et 
criblée de points enfoncés gros et distants en dessous, plus petits et 
serrés sur le prothorax, formant sur les élytres des rangées régulières 
dont les intervalles sont légèrement, convexes. Cet insecte, originaire 
de la côte occidentale d'Afrique, paraît y être répandu depuis la Séné- 
gambie jusqu'au Gabon. 

CATOLETHRUS. 
Schoenh., Curcul., IV, p. 1077. 

Tète globuleuse ; rostre légèrement resserré à sa base, assez courte 
en général peu arqué, de grosseur variable, cylindrique, graduelle- 
ment atténué ou non en avant; parfois (par ex. nasalis) déprimé et 
un peu élargi en avant; ses scrobes commençant à peu de distance 
de sa base, inférieures, rectilignes. — Antennes subbasilaires, 
courtes, robustes; scapo épais, graduellement en massue, atteignant 
le bord postérieur des yeux; funicule do 7 articles : 1 gros, allongé, 
obeonique, 2-7 très-courts, serrés, grossissant peu à peu ; massue mé- 
diocre ou petite, oblongo-ovale, subcompacte, veloutée. — Yeux si- 
tués sur le rostre (1), latéraux, très-déprimés, ovales, transversaux. — 

— Prothorax déprimé, en carré long, très-brièvement resserré en 
avant, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson très-petit. — Ely- 
tres allongées, faiblement convexes, parallèles, un peu atténuées en 
arrière, isolément arrondies à leur extrémité chez la plupart, à peine 
plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — Pattes 
courtes, les antérieures assez écartées ; cuisses comprimées, assez 
fortement en massue, brièvement pédonculôes à leur base ; jambes 
comprimées, un peu arquées à leur base, pou à peu, mais médiocre- 
ment élargies et brièvement onguiculées au bout ; tarses courts, à ar- 
ticles 1-2 subégaux, 3 un peu plus large, non bilobé, 4 médiocre, 
ainsi que ses crochets. — Saillie intercoxale large, arrondie en avant. 

— Mésosternum assez large. — Corps allongé, linéaire, subdéprimé. 

(1; Cela vient de ce que le faible rétrécissement qu'il iiiéscutcù si bnse est 
situé en arrière de ces organes. Schœnlierr a omis ce caractère. 



COSSON10ES VRAIS. 339 

Les femelles diffèrent do leurs mâles par leur rostre plus grêle, un 
peu plus allongé et plus arqué. 

Le genre est essentiellement caractérisé par ses antennes subbasi- 
laires dans les deux sexes, la situation de ses yeux et la forme du 3" 
article des tarses. Ses plus grandes espèces (par ex. longulus, fallax) 
n'égalent pas, sous le rapport de la taille, le. Cossonus ferrugineus, 
et sont encore plus étroites ; dans le nombre, il y en a do très-po- 
tites. Elles sont noires ou ferrugineuses, glabres, ponctuées partout, 
avec les élytres plus ou moins fortement striées-ponctuées. Toutes 
sont exotiques et disséminées au loin sur le globe. Schœnherr n'en a 
connu que quatre (1), mais il y en a plusieurs d'inédites dans les 
collections. 

PROECES. 

SciioENii., Curcul., IV, p. 1080. 

Genre voisin des Catolethrus, et u'en différant que par les parti- 
cularités suivantes : 

ïôte saillanto, subcylindriquo ou obeonique; rostre grêle, cylindri- 
que, assez arqué ; ses scrobes commençant dans son milieu et passant 
rapidement sous lui. — Antennes encore plus courtes, plus grêles ; 
l'uniculo à articles 1-2 allongés, celui-là lo plus long; massue relati- 
vement grosse, brièvement ovale, obtuse au bout, assez distincte- 
ment articuléo. — Yeux situés sur la tête. — Prothorax graduelle- 
ment rétréci en avant. — Pattes moins robustes ; jambes faiblement 
élargies à leur extrémité; 3 e article des tarses pas plus large que les 
précédents. 

Les espèces ont complètement le faciès des Catolethrus de la plus 
petite taille, et sont non moins étroites. Les deux espèces (nigrifrons, 
macer) connues de Schœnherr sont propres a Madagascar. Une troi- 
sième (2), originaire do la Polynésie et remarquable par son excessive 
gracilité, a été depuis, décrite par M. L. Fairmaire. 

COSSONUS. 
Clairv., Entom. helvét., I, p. 58. 

Rostre de forme et do longueur très-variables, tantôt (par ex. fer- 
rugineus) assez long, médiocrement robuste, subcylindriquo et plus ou 
moins dilaté au bout, tantôt (par ox. spathuia) court, robuste, déprimé, 
anguleux, fortement et plus ou moins graduellement dilaté au bout, 
très-rarement (par ex. talus) subcylindriquo dans toute sa longueur, 
toujours médiocrement et souvent peu arqué ; ses scrobes commen- 

t (I) C. longulus, Mexique; fnllax, Colombie; nasalis, ru fus, Brésil; Sclioonti. 
Curonl. VHI, 2, p. 285. — Aj. : C. impressicollis, Nouka-lliva; subcaudatus, 
pumilio, Taity; h. Eairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1819, p. 556. 
(2) P. fitum, L. Fairm. Rcv. et Mag. d. Zool. 1811), p. 558; Tuïly. 



340 ClittCULlOMbES. 

çant très en avant, brusquement arquées, parfois (ferrugineus) effa- 
cées près de leur base. — Antennes au plus médiocres, assez ro- 
bustes; scape graduellement en massue, empiétant au moins sur les 
yeux, les dépassant souvent en arrière; funicule de 7 articles : 1-2 
allongés, celui-là le plus long, 3-7 très-courts, transversaux, parfois 
subperfoliés; massue grosse, ovale, rarement oblongue, plus ou 
moins compacte et veloutée. — Yeux médiocres, latéraux, déprimés, 
brièvement ovales, transversaux. — Prothorax plus long que large, 
au plus médiocrement convexe, légèrement arrondi sur les côtés, 
brièvement et brusquement rétréci en avant, tronqué ou bisinué à sa 
base, souvent largement et longitudinalement impressionné en des- 
sus. — Ecusson petit, de forme variable. — Elytres allongées, paral- 
lèles, médiocrement convexes ou subdéprimôes en dessus, ït peine 
plus larges que le prothorax et tronquées à leur base, avec les épaules 
rectangulaires. — Pattes assez courtes et assez robustes ; les anté- 
rieures en général assez fortement séparées; cuisses comprimées, for- 
tement en massue; les postérieures beaucoup plus courtes que l'ab- 
domen; jambes comprimées, onguiculées en griffe au bout; tarses 
courts, grêles, linéaires, à article 4 aussi long que 1-3 réunis; ses 
crochets petits, grêles. — Saillie intercoxale très-large, arrondie en 
avant. — Mésosternum assez large. — Corps allongé, linéaire, glabre, 
rarement cilié. 

Tel que l'a composé Schœnhorr, ce genre est le plus riche en es- 
pèces (I) do l'i Tribu actuelle, mais elles présentent de telles diffé- 
rences sous le rapport du rostre surtout, qu'il me paraît difficile de 
le laisser dans l'état où il est en ce moment. Ses espèces sont répan- 
dues sur toute la surface du globe, mais plus abondantes en Amérique 

(1) Il en mentionne (Curcul. VIII, 2, p. 266) 56, auxquelles on a ajouté, de- 
puis, les suivantes : Esp. africaines : C. pertusicullis, lœsicuUis, J. Tlioms. Ar- 
cliiv. entom. II, p. 144; Gabon.— Esp. indiennes: C. hebes, quadrimucula, 
F.Walker, Ann. a. Mag. ofnat. Hist. Ser. 3, IV, p. 218;Ceylan; le 1" est rap- 
porté avec doute au genre. — Esp. de la Polynésie : C. encaustus, L. Fairm. 
Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 554; Tonga-Tabou. — insularis, Bohem. Voy. 
d. l'Eugénie; Col. p. 149; Ile St-Joseph. — holomelas, Monlrouz. Ann. d. 1. 
Soc. mi ii un. 1860, p. 911; Nouvelle-Calédonie. — Esp. de l'Amer, du Sud: 
C. bipunclatus, Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 201; Corrieiites. — rœsus, 
arcuatws, Ericlis. Archiv, 1847, 1, p. 137; Pérou. — castaneus, Blanch. in Guy, 
Hist. d. Cliile; Zool. V, p. 421; Chili. — canns, nitidus, nigropiceus, casla- 
neus (cast/meus? Blanch.), Philippi, Stettin. entom. Zeit. 1861, p. 372; munie 
pays. — Esp. de l'Amer, du Nord : C. serobiCulatus, 1. L. Le Conte, Proceed. 
of the Ac-id. of Philad. 1859, p. 285; Nouveau-Mexique. — californiens, 
Motsch. Bull. Mo.«\ 1845, 1, p. 99. 

Il est remarquable que les Archipels de Madère et des Canaries, si riches en 
Cossouides, ue possèdent aucune espèce de ce genre; du mcius 11 n'en est pas 
question dans les nombreux travaux du M. Wollaston sur la faune entomolo- 
gique de ces lies. 



COSSCWIDES VRAIS. 341 

qu'ailleurs, et leur livrée, noire ou ferrugineuse, offre rarement un 
mélange de ces deux couleurs. Leur sculpture, très-variable sur lo 
prothorax, consiste sur les élytres en stries ponctuées, plus rarement 
en rangées régulières de points enfoncés; dans le premier cas, les 
intervalles entre les stries sont souvent assez eonvexes, mais toujours 
étroits. 

MESITES. 
Schoenh., Curcul.j IV, p. 1043. 

Mâles : Rostre assez long, médiocrement robuste, subcylindrique 
dans sa moitié basilaire, plus ou moins, mais en général assez faible- 
ment élargi en avant, souvent renflé au niveau de l'insertion des an- 
tennes; ses scrobes commençant dans son milieu, rapidement diri- 
gées sous lui. — Antennes des Cossonus, avec la massue plus petite, 
ovale ou oblongo-ovale, non veloutée. — Pattes antérieures forte- 
ment séparées; 4 e article des tarses tantôt pas plus, tantôt (par ex. 
eupliorbiœ) plus largo que 3, dans ce dernier cas, triangulaire et non 
bilobé. — Le surplus comme chez les Cossonus. 

Femelles : Rostre plus court, un peu dilaté tout-à-fait à sa base, 
grêle et cylindriquo en avant ; ses scrobes basilaires, très-courtes. — 
Antennes notablement moins longues, avec leurscape en général plus 
fortement renflé au bout. 

Ces insectes sont do la taille des Cossonus de seconde grandeur, 
assez rarement plus petits et leur ressemblent sous le rapport de la 
livrée et de la sculpture. Sauf une espèce (Tardyi) qui habite les 
parties occidentales de l'Angleterre, ils sont propres à l'Europe aus- 
trale, à Madère et à l'archipel des Canaries. 

M. Wollaston, qui en a découvert plusieurs espèces intéressantes 
dans ces îles dit qu'elles y multiplient extrêmement et sont répan- 
dues depuis les bords de la mer jusqu'au sommet des montagnes. 
Les unes se trouvent principalement dans les Euphorbes en décom- 
position, les autres sous les écorces et dans les troncs vermoulus des 
lauriors. Ce savant entomologiste divise le genre en deux sections. 

Les espèces de la première sont plus ou moins déprimées, parallèles, 
cl leurs cuisses sont inermes(I). 

Celles de la seconde sont légèrement fusiformes, leurs élytres étant 

(1) M. Tardyi, Angleterre; pallidipennis, Europe mer.; cunipes, Fiance 
mer. Scliœnh. loc. cit. et VIII, 2, p. 276. — Aj. : M. cribralus, L. Faivm. Aun. 
(1.1. Soc. entom. 1856,p. 542; Bosphore (côte d'Asie).— aquilunus, L. Fairm. 
Aun. d. 1. Soc. cnlom. 1859, Bull. p. LU; France mer. (Arcachon) (j>allidi- 
pennis, Perris, ibid. 1856, p. 251). — eupliorbiœ, maderensis, Wollast, 1ns. 
Madcrens. p. 318; Madère. — complanatus, pcrsimilts, proximus, Wollast. 
Trans. of tlio entom. Soc. Ser. 2, V, p. 401 ; Canaries. Cette section contient 
les plus grandes espèces du p-enre. 



342 CURCULIONIDES. 

plus convexes, graduellement rétrécies en arrière, et leurs cuisses 
sont faiblement et obtusément dentées en dessous (1). 

PHLOEOPHAGUS. 
Scboenh., Cnrcul, IV, p. 1047 (2). 

Genre extrêmement voisin des Rhyncolus qui suivent, et n'en dif- 
férant rigoureusement que par les antonnes autrement faites. 

Antennes sensiblement plus grêles; scape empiétant plus ou moins 
sur les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là le plus long et 
le plus gros, 3-7 moins serrés et moins épaissis peu a peu ; massue 
plus forte, oblongo-ovale, à articles plus distincts; lo 1 er de grandeur 
normale. 

A quoi on peut encore ajouter que le rostre est généralement moins 
robuste et moins distinct do la tôto, que le prothorax est un peu plus 
fortement arrondi sur les côtés, enfin que les élytres ont une tendance 
à devenir convexes et oblongues. Mais ces caractères, peu importants 
par eux-mêmes, ne sont pas étrangers aux Rhyncolus. Quoique bien 
moins nombreux (3) que ces derniers, ces insectes ont une distribu- 
tion géographique aussi étendue. 

Il existe à Madère un petit groupe d'espèces, caractéristiques de 
cetto île en fait do Cossonides, qui se font remarquer par leur forme 
oblongo-ovale, leurs téguments parfaitement lisses, leur écusson a 
peine distinct et souvent nul, enfin par leurs élytres en général sou- 
dées; mais, sauf ces particularités qui leur donnent une physionomie 
spéciale, elles présentent tous les caractères essentiels des Phloeo- 
phagus. M. Wollaston, après les avoir séparées de ces derniers, sous 
le nom générique de C.uilothupis, a fini en dernier lieu (4), par re- 

(1) M. fusiformis, pubipennis, Wollast. Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, V, 
p. 405, avec doux figures do la 1'», pi. 19, f. 7, 9. 

(2) Syn. Caulotrupis, WoHast. Ins. Madcrens. p. 308. 

(3) Scliœnlu (Cnrcul. VIII, 2, p. 278) en décrit 12 espèces, dont il faut re» 
trancher Vuncipes de l'Europe méridionale, type du genre Cotastek, et pro- 
bablement le pallidus, de l'Amérique du Nord, qu'il n'y comprenait qu'avec 
doute.— Aj. : Esp. européennes : P. grncilis, Rosenh.Die Tliier. Andal. p. 300; 
Espagne mér. — aterrimus, Hampe, Stettin. entom. Zeit. 1850, p. 356; Croa- 
tie. — Esp. de Madère et des îles Canaries : Rhyncolus tenax, sulcipennis, 
Wollast. Ins. Maderens. p. 307; Madère. M. Wollaston (Trans. ofthe enlom. 
Soc. Ser. 2, V, p. 369) a, depuis, rapporté ces deux espèces, ainsi que la sui- 
vante, au genre actuel. — Rhyiich. calmts, Wollast. Ann. a. Mag. of nat. Hist. 
Ser. 3, V, p. 418; môme pays. — P.caulium, laurineus, uj 'finis, simplicipes, 
piceus, Wollast. Trams, of (lie entom. Soc. loc. cit. p. 370; Canaries. — Esp. 
de la Nouvelle-Calédonie : P. nitidulus, rufîpennis, depressus, Montrouz, Ann. 
d. 1. Soc. entom. 1860, p. 911 (an huj. gêner.?). 

(4) Voyez ses observations à ce sujet dans les Trans. of the entom. Soc. loc. 
cit. p. 377. 



/ 



^OSSÛNIDES VIUIS. 343 

connaître, en-termes à peu près explicites, qu'elles devraient leur 
être réunies. Toutes ont été découvertes par ce savant entomolo- 
giste (1). 

RHYNCOLUS. 

(Creutz.) Gïhmm», Magaz. II, p. 340. 

Tète grosse, saillante ; rostre le plus souvent pas plus long qu'elle 
et très-robuste, parfois un peu plus allongé et plus grêle, cylindrique, 
souvent un peu déprimé, droit ou peu s'en faut; ses scrobes étroites, 
commençant au-delà de son milieu, obliques ou arquées.— Antennes 
en général insérées entre la base et le milieu du rostre, très-courtes, 
assez robustes ; scape en massue au bout, n'empiétant pas sur les yeux ; 
funicule de 7 articles : i allongé, subturbiné, 2-7 très-courts, grossissant 
peu à peu ; massue petite, ovale ou oblongo-ovale ; son 1 er article plus 
ou moins long, en cône renversé, les autres très-courts, spongieux. — 
Yeux au plus médiocres, souvent petits, déprimés, arrondis ou ovales. 
—Prothorax allongé, cylindrique, souvent un peu conique, faiblement 
arrondi sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson très- 
petit, variable.— Ely très allongées, cylindriques, parfois un peu dépri- 
mées, verticalement déclives en arrière, pas plus larges que lo protho- 
rax et tronquées àleur base.— Pattes courtes, les antérieures faiblement 
séparées ; cuisses robustes, brièvement pédonculées à leur base, com- 
primées et larges dans leur milieu, arquées en dessus; jambes droites, 
comprimées, fortement onguiculées en griffe au bout ; tarses courts, 
filiformes, à articles 3 rarement (par ex. chloropus, elongatus) plus 
large que les précédents, mais non bilobé, 4 long et grêle ; ses crochets 
très-petits.— Saillie intercoxale large, arrondie en avant.— Mésosternum 
étroit, linéaire. — Corps allongé, parallèle, plus ou moins cylindrique. 

Après les Cossonus, ce genre est le plus riche en espèces (2) de la 

(1) C. lacertosus, lucifugus, impius, terebrans, Chevrolatii, opacus, conici- 
collis, Wollast. Ins. Madcrens. p. 309. 

(2) Aux 30 espèces mentionnées par Schœnherr (Cureul. IV, p. 1058 et VIII, 
2, p. 280), aj. : Esp. européennes : fi. crassirostris, Ed. Pcrris, Ane. d. 1. Soc. 
Linn. d. Lyon, Sôr. 2, IV, p. 147; France méi\ (Landes). — strangulatus, Ed. 
Perris. ibid. 1852, p. 182; même pays. — pilosus, Bach, Stettin. entom. Zeit. 
1854. p. 361 ; Ostende. — cribripennis, Granits, Mem. d. 1. Commis, p. el 
Map. geol. d. Esp. 1855, p. 88, pi. 5, f. 3; Espagne. — angustus, L. Fairm. 
Ann. d. 1. Soc. entom. 1859, Bull. p. 164 ; France mér. (Hyéres) et Algérie. — 
filum, Rey et Muls. in Muls. Opusc. entom. IX, p. 42; Hyères. — Esp. du Cau- 
caso : fi. Schœnherri, Hochhutli, Bull. Mosc. 1847, n» 2, p. 580. — Esp. de 
l'Algérie : fi. simus, Chovrol. Rcv. etMag. d. Zool. 1861, p. 155; Algérie; rap- 
porté avec doute au genre. — Esp. des lies Canaries : fi. crassirostris (nomen 
mut.), Wollast. Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, p. 307, pi. 18, f. 3. — Esp. 
de l'Amer, du Nord : fi. dorsalis, Californie; angularis, Colorado; J. L. Lo 
Conte, Proceed. of the Acad. of Plillad. 1858, p. 81. — Esp. de la Polynésie : 



344 



CUncUI.IONIDES. 



Tribu. Comme ces derniers, elles sont répandues sur toute la surface 
du globe. Toutes sont petites et varient beaucoup sous le rapport de 
la longueur et de la gracilité de leur forme générale. Leur livrée 
passe du noir au ferrugineux, avec les nuances intermédiaires; sauf 
sur les élytres, qui sont plus ou moins fortement striées-ponctuées 
elles sont couvertes de points enfoncés, en général assez gros et serrés! 

HEXARTHRUM. 
Wollast., Afin. a. Mag. ofnat. Hist. Ser. 3, V, p. 448 (1). 

Mômes caractères que les Rhyncolus, avec les différences sui- 
vantes : 

Rostre très-court, épais, arrondi aux angles, graduellement atté- 
nué on avant ; ses scrobes profondes, droites et aboutissant vers le 
milieu des yeux.— Antennes médianes, très-courtes et très-robustes- 
sçape fortement en massue au bout; funicule de 6 articles : d gros' 
allongé, obconique, 2-6 courts, serrés, mais grossissant à peine- 
massue forte, subglobuleuse, compacte. — Tarses à article 3 filiforme 
comme 1-2. — Saillie mésosternale médiocrement large. 

C'est le seul genre de Cossonides vrais dont le funicule antennaire 
ne compte que six articles, ce qui le rend très-facile à reconnaître 
L unique espèce (2) qui le compose a complètement le faciès des 
Rhyncolus, au point que, dans l'origine, M. Wollaston l'avait placée 
parmi eux^Par suite de la grosseur et de la brièveté de son rostre, 
elle fait le passage entre eux et les deux genres suivants qui prennent 
de plus en plus le faciès des Scolytides. Cet insecte est originaire de 
Madère et vit dans le bois en décomposition. 

EREMOTES. 
Wollast., Trans.ofthe entom. Soc. Sar. 2, V, p. 364 (3). 

Tête épaisse, cylindrique, saillante ; rostre plus court et un peu 
plus étroit qu'elle, peu à peu et légèrement atténué en avant ; ses 
scrobes profondes, brusquement arquées et rapprochées en dessous. 
— Antennes submédiaues, a peine plus longues que la tète et le 
rostre réunis, robustes ; scape graduellement en massue, empiétant 

R. hispidulus, L. Fairm. Rov. et Mag. d. Zool. 1849, p. 558; Taïty. - longu- 
es graalis, Boliem. Voy. d. l'Eugén.; Col. p. 149; lies Sandwich. - tongi- 
eollts, brachyrhinus, Montiouz. Ann. d. I. Soc. entom. 1860, p. 913- Nouvelle- 
Calédonie. 

(1) Syn. Rhyncoi.us, Wollast. Ibid. Ser. 3, II, p. 410; olim. 

(2) l\hync. capilulum, Wollast. loc. cit. Ser. 3, II, p. 410 IHex. compnssurn, 
Wollast. ibid. Ser. 3, V, p. 448); figuré dans les Trans. of the entom. Soc. 
Ser. 2, V, pi. 18, f. 2. 

(3) Syn. Hyuirgits, B r ullé in Webb et Berthel. C.mar.; Entom. p. 71. 



COSSONIDRS VRAIS. 34S 

un peu sur les yeux ; funicule de 7 articlos : l plus long et plus 
gros que les suivants, obeonique, 2 très-court, 3-7 courts, transver- 
saux, grossissant un pou ; massue assez petite, ovale, acuminée, sub- 
compacto. — ■ Yeux médiocres, ovales, longitudinaux, légèrement 
convexes. — Prothorax allongé, cylindrico-oheonique, tronqué à ses 
deux extrémités. — Ecusson très-petit, arrondi en arrière. — Elytres 
allongées, cylindriques, subverticalement déclives en arrière, pas 
plus larges que lo prothorax et tronquées à leur base. — Pattes mé- 
diocres, assez robustes, les antérieures faiblement séparées ; cuisses 
assez fortement en massue; jambes légèrement élargies et ongui- 
culées au bout, avec leur angle interne mucroné ; tarses courts, fili- 
formes, à articles 1 allongé ainsi que 4, celui-ci et ses crochets très- 
gréles. — Saillie intercoxale large, subarrondie en avant. — Méso- 
sternum étroit. — Corps allongé, cylindrique, inégal, glabre. 

Genre très-intéressant ainsi que le suivant, en ce que tous deux 
sont encore plus voisins des Scolytides que tous les Cossonides connus 
jusqu'ici. En effet le rostre, déjà épais et court chez beaucoup do 
Phlceophagus, l'est tellement ici, qu'à proprement parler il ne cons- 
titue plus qu'une sorte de museau. Sous ce rapport, ces insectes ne 
sont donc plus des Curculionides ; mais d'un autre côté, leurs organes 
buccaux et la structure de leurs pattes prouvent qu'ils ne sont que 
deux formes de transition entre ces derniers et la famille suivante. 

Cette analogie intime a trompé M. Brullé, qui, le premier, a décrit 
l'espèce typique du genre, sous le nom de Ihjlurgus crassicornis (i). 
Elle est de la taille des Cossonus de seconde grandeur, noire, forte- 
ment ponctuée, avec les élytres largement sillonnées ; les sillons sont 
comme crénelés et les intervalles entre eux costiformes, minces et 
tranchants. Suivant M. Wollaston, elle habite les lieux élevés de la 
plupart des îles Canaries et n'est pas commune. On la trouve exclu- 
sivement sous les écorces et dans les troncs en décomposition du 
Pimis canariensis. 

STENOSCELIS. 

Wollast., TheJourn. of Entom. I, p. 141. 

Tète grosse, subglobulousc, renflée en dessous, saillante ; rostre 
un peu plus étroit qu'elle, excessivement court; ses scrobes petites, 
latérales, subfovéiformes, basilaires. — Antennes extrêmement cour- 
tes, robustes ; scape graduellement en massue, atteignant le bord an- 
térieur des yeux ; funicule de 7 articles : i un peu allongé, beaucoup 
plus gros que les suivants, ceux-ci fortement transversaux, grossis- 

(1) Figurée par M. Wollaston, loc. cit. pi. 18, f. 1. Ce savant entomologiste 
conserve, sur l'identité de cet insecte avec celui décrit par M. Brullé, quelques 
légers doutes qui ne sont très-probablement pas fondés. 



346 CURCllLIONIDES. 

sant peu à peu ; massue assez grosse, subglobuleuso, visiblement 

articulée. — Yeux assez grands, déprimés, oblongs, transversaux. 

Prothorax un peu plus long que largo, régulièrement cylindrique, 

tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson petit, triangulaire. 

Elytres allongées, cylindriques, verticalement déclives en arrière, 
pas plus larges que le protborax et tronquées à leur base. — Pattes 
courtes, médiocrement robustes ; les antérieures faiblement écartées; 
cuisses comprimées, subfusif ormes; jambes comprimées, droites, for- 
tement onguiculées au bout ; tarses très-grêles, filiformes, à article 4 
beaucoup plus long que 1-3 réunis; ses crochets très-faibles.— 
Saillie intercoxalo médiocrement large, arrondie en avant. — Méso- 
sternum étroit. — Corps allongé, cylindrique, inégal, glabre. 

Ce genre est encore plus voisin des Scolytides que le précédent, et 
doit, par conséquent, terminer la Famille des Curculionides. Au pre- 
mier coup-d'œil, on prendrait pour un Hylastes lo petit insecte (1) 
du Cap qui en forme le type. Il ost d'un noir brillant, densément 
ponctué, avec les elytres rugueuses et finement striées ; en arrière, 
les rugosités se convertissent peu à peu en aspérités sur les inter- 
valles entre les stries, sculpture qui rappelle celle d'un grand nombre 
de Scolytides. 

Note. 

Le genre suivant, brièvement défini par M. Wollasfon, semble être 
une forme ambiguë très-voisine des Rhync.oi.us et des Piilœopiiagus 
et qui devra probablement être réunie à l'un ou l'autre de ces deux 
genres. Dans un travail plus récent (2), M. Wollaston a émis l'opinion 
que c'est plutôt dans le second qu'il devra se fondre. La définition 
qu'il en a donnée se borne au peu de mots qui suivent. 

CAULOPHILUS. 
Wollast., Ins. Maderens. p. 315. 

Rostre assez long, subarqué. — Antennes et pattes comme chez les 
Caulotrupis, celles-là un peu plus robustes. — Yeux grands, arron- 
dis. — Prothorax arrondi sur les côtés. — Ecusson distinct, subarrondi. 
— Elytres parallèles, profondément sillonnées. — Corps linéaire, dé- 
primé, sculpté, glabre. 

L'espèce (3) sur laquelle le genre a été fondé et qui est très-petite, 
n'est connue que par un seul exemplaire, trouvé par M. Wollaston 
dans l'ile de Madère. 

Quant au genre suivant du même auteur, et que j'ai sous les yeux, 

(1) S. hylastoides, Wollast. loc. cit. p. 142, pi. 11, f. 1. 

(2) Tïans. of the enlom. Soc. Ser. 2, V, p. 368. 

(3) C. sculpturatus, Wollast. loc. cit. pi. VI, f. 4. 



CO&SONIDES VRAIS. 347 

on trouvera plus bas les raisons qui s'opposent à ce qu'il puisse être 
compris dans la Tribu actuelle. 

ONYCHOLIPS. 
Wollast., Trans. of the entom. Soc. Ser. % V, p. 389. 

Tète médiocre, peu convexe en dessus, renflée en dessous; rostre 
beaucoup plus court qu'elle, transversal, quadrangulaire; ses scrobes 
profondes, courtes, arquées, subverticales. — Antennes excessivement 
courtes, robustes; scape enfoui dans la scrobe où il est inséré; funi- 
cule de 7 articles : 1-2 allongés et très-gros, celui-ci le plus long, 3-7 
très-courts, grossissant peu à peu, mais légèrement ; massue forte, 
globoso-ovalo, compacte. — Yeux nuls. — Prothorax transversal, 
médiocrement convexe, fortement arrondi sur les côtés, un peu ré- 
tréci en avant, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson petit, 
triangulaire. — Elytres assez convexes, brièvement ovales, fortement 
l'étrécies en arrière dans leurs deux tiers postériours, un peu plus 
larges que le prothorax et à peiné échancrées en arc à leur base. — 
Pattes courtes, les antérieures notablement plus que les autres; leurs 
hanches cylindriques, saillantes, subcontigues; leurs cuisses oblongo- 
ovales; leurs jambes comprimées, étroites, un peu élargies au côté 
interne dans leur milieu, prolongées en une longue saillie grêle, 
arquée, à la hase do laquelle est inséré le tarse; cuisses intermé- 
diaires et postérieures comprimées, oblongo-ovales, celles-ci plus ro- 
bustes ; jambes des mêmes paires graduellement élargies, les posté- 
rieures sinuées et âpres en dehors, dilatées au bout, avec leurs angles 
interne et externe dentiformes ; tarses antérieurs grêles, filiformes, 
sans crochets ; les quatre postérieurs à articles i à peine distinct, 2-3 
triangulaires, déprimés, avec leurs angles prolongés antérieurement 
en de longues lanières, 4 étroit, parallèle, divisé au bout en deux 
lobes parallèles et sans crochets. — Les trois segments intermédiaires 
do l'abdomen très-courts, égaux, séparés du 1 er par une suture recti- 
ligne ; saillie intercoxalc assez large, très-courte, tronquée en avant. 

— Métasternum de longueur médiocre. — Saillie mésosternale très- 
courte, étroite, pénétrant à peine entre les hanches intermédiaires. 

— Corps ovale, inégal, hérissé de longs cils. 

M. Wollaston a accompagné la longue et excellente exposition 
qu'il a donnée des caractères de ce genre qu'il appelle, avec raison, 
monstrueux, des motifs qui l'ont engagé à' le placer parmi les Cos- 
sonides. 11 tient, en cft'ct, à ces derniers par ses antennes, et la forme 
de son rostre non plus quo la structure de ses tarses, ne seraient pas 
des motifs suffisants, à la rigueur, pour l'en exclure. Il a en môme 
temps les habitudes fouisseuses et arénicoles des Pentatemnus. Mais, 
outro que l'espèce qui on forme le type a assez bien le faciès d'une 
Piulisiua, il me paraît impossible d'admettre qu'un Cossonide puisse 



3*8 CURCULIONIDKS. 

avoir les trois segments intermédiaires de l'abdomon très-courts et 
égaux entre eux, sans quoi, cette exception une fois admise, on fini- 
rait par introduire dans le groupe actuel une foule d'éléments étran- 
gers, comme Schœnherr, par exemple, l'a fait pour les Byrsopsides. 
Dans mon opinion, cette raison est décisive pour démontrer que cet 
insecte appartient à uu tout autre groupe que celui-ci ; mais quel est 
ce groupe ? C'est ce que, dans l'état actuel do la science, il n'est pas 
possible de déterminer (i). 

L'espèce en question (2) est petite et d'un jaune ferrugineux, avec 
le sommet du rostre noir; elle est variolée plutôt que ponctuée sur 
le prothorax et ses élytres, qui sont un peu rugueuses, présentent des 
sillons la plupart effacés à la base de ces organes. Elle habite plusieurs 
des îles Canaries et vit dans le sable des bords de la mer, au pied 
des buissons, en compagnie du Pentalemnus arenarius; mais elle est 
plus rare que ce dernier. 

(t) On peut seulement émettre quelques conjectures a cet Égard. Il existe un 
genre anormal dont l'espèce unique a beaucoup du rapports avec celui-ci par 
sa forme générale, sa livrée, ses habitudes aiéuicoles, ses pattes a'ueriantes, et 
même par ses anttnnes, qui sont réellement des antennes de Cossonides, en un 
mot le genre Empbiastes de Mannerheim, Très-incertain sur la place qu'il doit 
occuper, je l'ai classé (Tome VI, p. 511) provisoirement à calé des Amai.acths, 
avec lesquels il n'a pas d'autres rapports que des jambes postérieures caver- 
neuses. D'uu autre côté, M. Wollaston m'a communiqué, comme étant voisin 
des Ruyncolus, un petit insecte de l'Australie qui ressemble de très-prés, sous 
le rapport du faciès, à V Onycholips bifurcalus, et qui, selon toutes les appa- 
rences, a les mêmes mœurs que lui. Eulin je possède plusieurs exemplaires 
d'une espèce inédite de Montevideo qui est dans le même cas. Cela prouve 
qu'il existe tout un groupe de Curculionides arénicoles et fouisseurs, que leurs 
habitudes dérobent aisément aux recherches, et dont on ne connaît encore que 
les espèces dont il s'agit eu ce moment. Quand on en aura découvert un 
plus grand nombre, on pourra s'éclairer sur leurs analogies, et, par suite, sur 
celles du genre actuel. 

(2) 0. bifurcatus, Wollast. loc. cit. p. 394, pi. 19, f. 2. 



FAMILLE LXIII. 



SCOLYTÏDES ' 

Tète de forme variable, terminée par un court museau souvent 
presque nul. — Menton «aillant, en général reçu à sa base dans une 
érhancrurc du sous-menton ; la languelte située derrière lui et dé- 
passant ou non son bord antérieur. — Mâchoires munies d'un seul 
lobe (Tessekocehus excepté). — Palpes très-courts; les labiaux de 
\ à 3, les maxillaires de 3 à 4 articles. — Mandibules rarement sail- 
lantes, arquées à leur' extrémité, le plus souvent larges, et plus ou 
moins denticulées au côté interne. — Antennes insérées sur les côtés 
du museau ou entre les yeux et les mandibules (Piiloeotiubus excep- 
té), courtes, coudées, de 3 à 12 articles apparents, les derniers for- 
mant une massue de forme variable, parfois pectines. — Yeux va- 
riables, en général grands et transversaux. — Pronotum le plus 
souvent confondu avec les flancs du prothorax.— Hanches antérieures 
contiguës ou non, leurs cavités cotyloïdes fermées en arrière, les pos- 
térieures transversales; jambes comprimées, presque toujours denti- 
culées sur leur tranche externe; tarses subpentamères, non spongieux 
en dessous, filiformes; leur 3 e article entier ou bilobé, mais jamais 
très-élargi. — Abdomen composé de cinq segments. 

Les Scolytides constituent le dernier reste do cet ensemble hétéro- 
gène d'espèces que Latreille avait réunies sous le nom de Xylophages 
et que les progrès de la science ont obligé de disséminer dans des 

(1) La Société royale des Sciences de Liège a mis depuis peu sous pressu la 
première partie d'une Monographie de cette Famille, due a M. le docteur Cha- 
puis, l'un des autours du Catalogue des larves des Coléoptères. Ce travail, 
qu'accompagnent d'admirables figures représentant toutes les espèces, ne con- 
cerne que les Platypides. Ce qui en est imprimé au moment on. j'écris, le reste 
du manuscrit et les planches m'out servi pour mon propre travail. Pour les Sco- 
lytides proprement dits, M Chapuisaeu l'extrême obligeance de mettre à ma 
disposition ses préparations des organes buccaux, ses dessins et ses notes. C'est 
sur ces matériaux, qui doivent inspirer au lecteur la plus entière coufiance, que 
je m'appuie lorsque je me trouve en désaccord sur certains points avec les au- 
tours les plus accrédités, notamment pour co qui concerne les parties de la 
bouche et le nombre des articles du funicule antennairc. 



3o0 scolytides. 

familles différentes, ainsi qu'on l'a vu précédemment. Les auteurs 
les plus récents ne sont pas d'accord sur le nom qu'ils donnent à ces 
insectes (1 ); celui de Scolytides, emprunté au plus ancien de leurs 
genres (Scolytus), créé par Geoffroy, me parait avoir un droit incon- 
testable à la préférence. 

Une autre question plus grave est celle de savoir s'ils doivent for- 
mer une famille distincte ou être réunis à la précédente, comme l'a fait 
Erichson(2). Leurs rapports avec les derniers genres de Curculionidcs 
sont, en effet, si intimes, tant à l'état parfait que sous celui de larve, 
que si l'on prend les deux familles dans leur totalité, il est impos- 
sible de découvrir uu seul caractère qui les sépare nettement. Cepen- 
dant si l'on considère que dans celle-ci le caractère essentiel des Cur- 
culionides, c'est-à-dire un véritable rostre, fait constamment défaut (3), 
l'homogénéité de ses espèces au double point de vuo de l'organi- 
sation et des habitudes, et le rolo spécial qu'elles jouent dans la na- 
ture, il semble préférable de la regarder comme un type particulier, 
rattaché seulement à celui des Curculionides par quelques-unes de 
ces transitions qu'on rencontre à chaque pas. 

(t) Ils sont encore souvent désignés sous ceux de Xylopbages (Ratzeburg, 
Scliaum, Perris, Eicbhoff), Bostricbides ou Bostrichins (Ericlison, Gersta;cker), 
et Tomicides (par ex. Wollaston). Le premier de ces noms a un sens trop gé- 
néral; il convient à une Coule d'insectes de différents ordres, et a l'inconvénient 
de rappeler le groupe établi sous le même nom par Latreille. Le second est 
inadmissible,les Bostriciius appartenant à une toute autre famille que celle-ci; 
voyez tome IV, p. 533. Quant au dernier, il sullit de faire remarquer combien 
le genre Tomiciis de Latreille est postérieur au genre Scolytus de Geoffroy. Le 
nom do Scolytides, employé pour la première fois, à ce que je crois, par 
M. Weslwood (An Introd. etc. I, p. 350), est donc sans aucun doute celui que 
doivent porter ces insectes. 

(2) C'est en 1812 (Wicgm. Archiv, l, p. 373) qu'Erichson a opéré cette réu- 
nion, qu'il a toujours conservée depuis, dans ses Comptes-Rendus eutomologi- 
ques insérés dans le même recueil. Elle n'est pas encore généralement admise, 
bien que des auteurs d'un grand poids, notamment M. Ed. Perris (Ann. d. 1. 
Soc. entom. 1856, p. 437), y aient donné leur assentiment. 

(3) Les auteurs en attribuent généralement un à la plupart do ces insectes, 
mais arbitrairement. Jusqu'ici, personne n'a essayé de déterminer la différence 
qui sépare un rostre d'un museau. C'est, en effet, une question qui n'est pas 
facile à résoudre ni en tbéorie ni dans la pratique. Si l'on applique le premier 
de ces noms à la partie de la této qui fait saillie en avant des yeux, qu'elle soit 
courte ou non, lorsqu'elle porle les antennes, et que cellos-ci sont coutiguës aux 
yeux, alors il faut dire qu'une foule do Coléoptères (par ex. les Mélolonlliides, 
Cétonides, OEdemérides, etc.) à qui on refuse un rostre, on possèdent réelle- 
ment un. Si, au contraire, on exige, comme caractère essentiel de ce dernier 
qu'il soit plus étroit que la tète, plus ou moins long, et qu'il porte les antennes 
à distance des yeux, alors non-seulement tou6 les Scolylides, mais un grand 
nombre d'Anthribides et les Brucliides, à qui on a coutume d'en assigner un, 
en sont certainement privés et ne possèdent qu'un museau. 



SCOLYUDES. 351 

La forme allongée et plus ou moins cylindrique prédomine chez les 
Scolytides. Leur tête, toujours fort courte, n'est complètement déga- 
gée du prothorax que chez les Platypides. Chez les autres elle affecte 
deux formes différentes. Tantôt (Hylésinides) elle est visible d'en haut, 
déprimée ou concave sur le front et terminée par un museau bien 
distinct, tantôt subglobuleuse, avec un museau tellement court qu'on 
peut dire qu'il n'existe pas. Dans ce dernier cas il est de règle qu'elle 
soit, comme celle des Bostrichides, surplombée parle prothorax; mais 
il est rare (par ex. Amphicranus) que ce dernier puisse la recevoir en 
entier dans son intérieur. 

Par suite de la brièveté et de la grosseur du rostre, ou de son 
absence, la cavité buccale et les parties qu'elle contient sont aussi 
développées que chez le commun des Coléoptères et reprennent ici 
une importance qu'elles avaient perdue chez les Curculionides. 
L'étude approfondie dont elles ont été l'objet (1) et le rôle qu'elles 
jouent dans la caractéristique dos genres, rendent nécessaires quelques 
détails. Comme la bouche est à son maximum do complication chez 
les Platypides, ce sont eux qu'il convient de prendre pour point de 
comparaison. 

Chez ces insectes, le cadre buccal est très-ample et se prolonge à sa 
base en une fissure étroite qui entame plus ou moins le dessous do 
la tête. A partir de cette base on observe les parties suivantes : i" une 
pièce basilaire qui se moule sur la base du cadre buccal et affecte par 
conséquent la forme d'un triangle ou d'un cœur aigu à son sommet. 
Elle est souvent confondue avec : 2° uno pièce prëbasilaire ou le sous- 
menton qui est situé au-devant d'elle. Ce dernier varie beaucoup 
sous le rapport de la forme, mais présente très-souvent dans son 
milieu uno échancruro où se loge la base de la pièce suivante ou : 
3° le menton qui est également très-variable. A sa face interne est 
accolée : 4° la languette, mais qui n'est représentée chez les Platypides 
dont il s'agit en ce moment que par une carèno longitudinale qui dé- 
passe à peine ou pas du tout le bord antérieur du menton. Comme 
chez les Curculionides le corps des mâchoires ne se compose que d'une 
seule pièco munie au côté interne d'un lobe unique correspondant au 
mando des autres Coléoptères; chez les Tf.sserocekus seuls il s'y 
ajoute un lobe externe grêle. Los palpes labiaux et maxillaires sont 
courts, robustes, avec leur dernier article grêlo et généralement très- 
petit. Ils sont insérés bout à bout, les premiers avec le menton, les 
seconds avoc le corps des mâchoires. Les mandibules ne nécessitent 
aucune observation. Enfin le labre est tantôt visible, tantôt rétracté 
sous l'épistomc. 

(1) Le plus récent et le seul travail qui entre dans de grands détails a cet 
i'gard, est celui de M. EichhofT, intitulé : « Ucber die Mundtlicile und die Filh- 
Icrbildung der europicischeu Xylopliagi sensu stricto.» Berlin, entom. Zcitsclir. 
Vlll, 1864, p. 17. " 



3S2 SCOLYTIDES. 

Chez les Scolytides vrais, la pièce prébasilaire est confondue avec le 
cadre buccal dont le bord postérieur est, par suite, échancré en arc 
ou coupé presque carrément. Le menton est resté distinct et a con- 
servé en général son éohancrure médiane. La languette est libre en 
partie, membraneuse et dépasse toujours le bord antérieur du men- 
ton. Elle varie beaucoup sous le rapport de la largeur ainsi que de 
la forme et prend naissance à la base, ou au milieu, parfois à la par- 
tie antérieure de ce dernier. Le labre est toujours indistinct. Sauf le 
nombre des articles des palpes, les autres parties sont faites comme 
chez les Platypides (1). 

Les antennes varient encore plus que chez les Curculionides, tout 
en étant construites sur un plan analogue. On ne peut pas dire ici 
qu'elles sont composées d'un nombre normal d'articles, ce qui vient, 
d'une part, de la réduction énorme que peuventsubir ceux du f unicule, 
d'autre part de la fusion fréquente de ceux de la massue en une masse 
plus ou moins compacte. Un petit nombre de genres (par ex. Hyi.as- 
tes) possèdent douze articles bien distincts, comme les Curculionides, 
leur funicule en ayant sept et la massue quatro. A l'extrémité op- 
posée se trouvent les Cohthylus qui n'en ont que trois en tout, y 

(1) Cette description des organes buccaux diffère, à quelques égards, de 
celle donnée par M. Eichhon". Ainsi, ce savant entomologiste ne parle pas de la 
pièce basilaire qui, eu effet, n'est pas distincte chez les espèces européennes. 
Il appelle menton la pièce prébasilaire ou le sous-menton, et le vrai menton 
est pour lui la partie futcrale {pars fulcralis) de la lèvre inférieure 11 insiste 
beaucoup sur ce que les palpes labiaux et maxillaires n'auraient jamais que 
trois articles, en quoi il a raison pour les Scolytides vrais ; mais cbez les Pla- 
typides, il y en a réellement quatre aux maxillaires et leur nombre varie aux 
palpes labiaux. — Erichson, dans son travail (Wiegm. Arcliiv, 1836, 1, p. ib) 
indiqué plus bas, se contente, en exposant les caractères des genres, de men- 
tionner le menton sous le nom de labium. Il dit même positivement (p. 61), à 
propos du genre Hytothenemus, que la languette n'existe chez aucun Scoly- 
tide. 

D'un autre coté, il n'est pas difficile de ramener cette structure rie la boucho 
des Scolytides à celle qui existe chez les Curculionides pliaoérognatlies. Les 
mâchoires, les palpes maxillaires et les palpes labiaux sont identiques. Mais 
chez ces Curculionides, la pièce basilaire et le sous-menton sont non-seule- 
ment confondus ensemble, mais encore avec la partie inférieure de la tête, et 
ce que j'ai appelé sous-menton, peut-être à tort, n'est pas autre chose que le 
bord antérieur de celle-ci ou, ce qui revient au même, lo bord postérieur du 
cadre buccal. Le pédoncule dont il est pourvu n'est qu'une saillie accessoire 
qui manque chez tous les Scolytides sans exception. La forme mise de coté, 
le menton et la languette se comportent comme chez ces derniers. Le premier 
porte, à son extrémité, 1rs palpes labiaux et a derrière lui la seconde qui le dé- 
borde plus ou moins. Il est hiutile de parler des mandibules et du labre. Que 
l'on supprime ou raccourcisse le pédoncule du sous-menton, qu'on élargisse en 
môme temps le menton au point de recouvrir les mâchoires, et l'on a la bouche 
d'un Curculiomdç adêlognalhc. 



scolyiidks. 333 

compris le soape. Entre ces limites, tous les nombres intermédiaires 
existent. 

Parmi les autres organes, les jambes et les tarses seuls méritent un 
mot d'observation. Les premières sont toujours comprimées, plus ou 
moins arquées sur leur bord externe, et en général denticulées sur ce 
dernier, mais non toujours fortement élargies de leur base à leur ex- 
trémité; chez les Amfiuciunus et les Corthylus, elles sont étroites et 
presque parallèles dans toute leur longueur. Quant aux tarses, ce 
sont ceux des Cossonides, leur 3° article étant, comme chez ces der- 
niers, tantôt entier, tantôt légèrement élargi et échancré ou bilobé; 
le 4° est toujours très-grand et muni de crochets bien développés. 
Le petit nœud qui existe à sa base et qui représente le 4° article des 
Pentamères est très-distinct chez les Platypides et quelques Scolytides 
vrais. Ou peut donc dire, avec M. Chapuis (t), que les premiers ont 
cinq articles aux tarses; cependant, comme celui dont il s'agit con- 
serve sa petitesse relative, il semble plus exact encore de dire que ces 
insectes sont des Subpentamôres plus voisins que les autres des vrais 
Pentamères. 

A part un seul genre (Camptocerus), les couleurs métalliques sont 
étrangères aux Scolytides. Le noir ou le ferrugineux, avec leurs 
nuances intermédiaires, rarement le testacé (Aphanarthrim), font les 
frais de leur livrée, et ces couleurs sont le plus souvent uuiformes. 

Ces insectes sont les Xylophages par excellence de l'ordre des Co- 
léoptères. Sauf deux espères (Hylesinus Irijolii, Tomicus Kaltenbachii) 
qui, dit-on, vivent dans les plantes herbacées, toutes les autres ha- 
bitent exclusivement les végétaux ligneux. C'est par conséquent surtout 
dans les forêts, et pendant leur premier état, qu'elles exercent leurs 
ravages qui ont lieu quelquefois sur la plus vaste échelle. Aussi sont- 
cede tous les Coléoptères, ceux dont les mœurs ont été le pi us soigneu- 
sement étudiées et dont on a décrit le plus grand nombre de larves (2). 

(1) Mon. d. Platyp. p. 16 a 22. 

(2) Les travaux dont ces insectes ont été l'objet, au point ilo vuo de l'éco- 
nomie forestière, sont extrêmement nombreux. Le plus important est toujours 
le grand ouvrage de M. Ratzeburç « Die Forslinscktcn, etc., I, Die Kafer, 
p. 156, «avec do belles et nombreuses ligures des espèces, ainsi que des gale- 
ries qu'elles creusent dans le bois. Cet ouvrage n'a pus été traduit en français. 
Un autre, du même auteur (Die Waldwerderber und ihre Feinde, elc, in-8"; 
Berlin, 1841), l'a été par le comte de Corbcron, sous lo titre de : « Les Hylopli-' 
tliircs et leur» ennemis, etc.; in-8"; Nordliausen, 1812. Cette traduction est 
connue en Franco par la réimpression qui en a été faite, en 1816, dans le 
« Manuel du deitrucleur des animaux nuisibles » publié par l'éditeur Roret. 
— Un supplément à ces deux ouvrages, indispensable à consulter, est l'excel- 
lente « Histoire des insectes du pin maritime, » de M. Ed. Perris. La partie qui 
concerne les Scolytides a paru dans les Auu. d. 1. Soc. entom. 18â6, p. 173. 

Quant aux larves en particulier, relies de tous les genres européens sont 
Coléoptères. Tooi« VII. iS 



384 SCOLTTIDES- 

De même que les insectes parfaits, ces dernières appartiennent à 
deux types distincts, quoique très-voisins, dont le premier est repré- 
senté par celles des Scolytides vrais. Ces larves sont complètement 
semblables à celles des Curculionides les plus normales. Comme 
celles-ci, elles sont apodes et privées d'yeux ; leur corps, recourbé en 
arc, présente en dessus des bourrelets transversaux très-apparents, des 
mamelons thoraciques tenant lieu de pattes, des bourrelets latéraux 
plus ou moins prononcés, et il est en outre couvert de petites aspé- 
rités. La tète est médiocre, arrondie, et pourvue d'antennes très-cour- 
tes, au plus de deux articles et logées dans de petites cavités. Les 
pa!pes labiaux et maxillaires sont très-réduits et composés de deux 
articles seulement. Les parties les plus variables de la bouche sont 
les mandibules, qui sont plus ou moins robustes. Les modifications, 
peu sensibles, que présentent ces larves, sont en harmonie avec la 
forme des galeries qu'elles creusent et la nature du tissu ligneux 
dans lequel celles-ci sont pratiquées. C'est dans l'intérieur de ces ga- 
leries qu'elles accomplissent leurs métamorphoses, qui sont en géné- 
ral remarquables par la rapidité avec laquelle elles ont lieu. 

Le second des types en question n'est jusqu'ici connu que par la 
larve du Platypus cylindrus (i). Avec les caractères généraux des 
précédentes, elle en diffère par son corps cylindrique, plus droit, sa 
tète plus forte et plus saillante, enfin par la forme du dernier seg- 
ment abdominal, qui est coupé obliquement et terminé par une 
petite épine cornée. 

En outre de leurs rapports avec les Curculionides, les Scolytides 
paraissent, au premier coup-d'œil, en avoir de plus intimes encore 
avec les Bostrichides. Un grand nombre d'entre eux, les Tomicides, 
ont un faciès presquo identique avec celui des Bosthichus et genres 
voisins, sans parler de la similitude des mœurs. Mais les Bostrichides 
ont constamment deux lobes aux mâchoires; c'est le 1", et non le 4* 
article de leurs tarses, qui est le plus petit de tous, et leurs larves 
sont très-différentes de celles qui viennent d'être sommairement dé- 
crites. Il n'y a donc entre les deux familles qu'une simple analogie, 
mais portée aussi loin que possible sous le rapport du faciès. 

connues, et leur trop grand nombre m'interdit d'en donner la liste, pour la- 
quelle on peut consulter Chapuis et Candèze, Mém. <l 1. Soc. d. se. d. Liège, 
VIII, p 568. Depuis l'apparition de leur travail et de celui de M. Ed. Pcrris, 
on n'en a publié aucune, que je saclie. — La question, si débattue, de savoir 
si les Scolytides attaquent ou non exclusivement les arbres plus ou moins ma- 
ladifs, a donné lieu à la publication d'une notice de M. Wallace, d'autant plus 
intéressante qu'elle concerne les espèces des Archipels indiens. Elle est inti- 
tulée : « Note on the habits ofScolylida; and Bostricliida; » Trans. of tlie eutom. 
Soc. Ser. 2, V, p. 218. L'auteur se prononce pour la première do ces opinions. 
(1) Ratieb. Die Forstins. I, p. 188, pi. 14, f. 28-32 ; Perrls, Ann. d. Se. nat 
Ser. 2, XIV, p. 89, pi. 3, f. 19-24. 



scolytjues. 355 

L'histoire systématique de celle-ci peut se résumer en peu de mots. 
Linné n'avait pas distingué des Dermestes les espèces qu'il en con- 
naissait. Geoffroy (I), le premier, établit sur l'une d'elles le genre 
Scolytus, nom que llerbst changea plus tard en celui d'Eccopro- 
gasteh, en créant en même temps le genre Platypus (2). Quant à 
Fabricius (3), ces insectes iigurent dans ses ouvrages, en partie sous 
le nom de Bostrichus, emprunté à Geoffroy et détourné de son accep- 
tion primitive, en partie sous celui d'ApATE en même temps que des 
Bostrichides, tandis que la plupart de ces derniers sont devenus 
des Scolytus. Cette transposition de noms, que rien ne justifie, a 
créé une confusion dont les effets se font encore sentir en co mo- 
ment, bien que Latreille (4) y ait remédié depuis longtemps en 
créant le genre Tomicus pour recevoir les Bostmchus de Fabricius. 
Les choses étaient dans cet état lorsqu'en 1 836 Erichson donna une 
impulsion nouvello à l'étude de ces insectes, en publiant une révision 
de leurs genres (5) dans laquelle il en établit un assez grand nombre 
do nouveaux. Les derniers travaux dont la famille ait été l'objet sont 
celui do M. Eichhoff mentionné plus haut, lequel ne concerne que les 
espèces européennes, et la Monographie des Platypides de M. Cha- 
puis, en ce moment sous presse. La plupart des genres établis en de- 
hors de ces divers travaux sont dus à M. Wollaston, ainsi qu'on le 
verra plus loin. Il est impossible d'estimer actuellement le nombre to- 
tal des espèces de la famille, mais si l'on en juge par celui des Pla- 
typides, il doit êtro considérable (6). 

Erichson a réparti ces insectes dans trois groupes d'égale valeur : 
les Hylésinides, les Scolytidcs proprement dits et les Platypides. Mais 
ces derniers ont un rang supérieur à celui qu'il leur assignait et équi- 
valent à eux seuls aux deux premiers des groupes en question. La 
famille se divise par conséquent en deux tribus très-naturelles. 

I. Tarsos à art. 1 beaucoup plus court que 2-4 réunis. Scolïtides vrai». 

II. aussi long — — Platypides. 

(1) Hisl. d. Ins. d. env. d. Paris, I, p. 309. 

(2) Die Kœfer, Y, p. 124 et 129. 

(3) Syst. El. II, p. 378 (Ai-ate) et 384 (Bostmchus). 

(4) Considér. génér. etc., p. 224. 

(5) « Systematisclie Auseinandersetiung der Familie dor Borkenkaîfor (Bos- 
triclildae) » Wiogm. Arcliiv, 1836, I, p. 45. 

(6) M. Chapuis décrit 202 espèces de Platypides, dont 193 sont nouvelles. Le 
dernier Catalogue des Coléoptères d'Europe publié par M. Schaum, en 1862, 
contient 95 Scolytides vrais. En supposant que ces derniers existent dans la 
mémo proportion que les Platypides, leur nombre total dépasserait 3000, et 
«elui de la famille entière serait d'environ 3300 



3SS StOLYTIDEb. 

TRIBU I. 

SCOLYTIDES VRAIS. 

Tète de forme variable, engagée dans le prothorax, souvent recou- 
verte par lui et invisible d'en haut. — Languette libre, au moins en 
partie, et dépassant le menton en avant. — Palpes labiaux et maxil- 
laires de trois articles. — Labre indistinct. — Prothorax non rétréci 
ou échancré sur les côtés pour la réception des cuisses antérieures, 
largement et profondément échancré sur son bord antéro-inférieur. 
— Hanches antérieures plus ou moins saillantes, non obliques 
(Eutomus excepté), les postérieures tranversalement ovalaires; l or ar- 
ticle des tarses beaucoup plus petit que les suivants réunis. — Epi- 
sternums mésothoraciques très-rarement (Scolytus) grands. 

Ces insectes sont beaucoup moins homogènes que les Platypides, et 
l'on pourrait ajouter à la formule qui précède de nombreux caractères. 

Ainsi , rien de plus variable ici que les antennes, leur funicule 
comptant de un à sept articles et leur massue étant tantôt distincte- 
ment articulée, tantôt lamelliforme et compacte, parfois même pec- 
tinée ou flabellée. Les yeux finement granulés chez toutes les espèces 
européennes, le sont très-fortement dans quelques genres exotiques. 
Le prothorax, de forme très-variable, est pourvu, dans certains cas 
(par ex. Diamehus, Ca.mptoceiws), de vives arêtes latérales qui sépa- 
rent son pronotum de ses flancs. Jamais, sauf chez les Scolytus, 
son bord postérieur et inférieur n'est fortement bi-échancré, ce qui 
vient de la petitesse relative des épisternums mésothoraciques. A 
part les Camptocerus et les Scolytus, les élytres sont constamment 
pourvues d'une déclivité postérieure arrondie ou plus ou moins cx- 
cavée. Leur base est tantôt coupée verticalement (Tomicides), tantôt 
taillée en biseau, et alors recouvre un peu celle du prothorax (Hylésini- 
des). Les jambes peuvent être âpres ourugueusessurlcurfaccexternc, 
mais ne présentent jamais ces carènes ou ces tuberculesqui sont constants 
sur celles des Platypides, Comme chez ces derniers, la grandeur rela- 
tive des segments de l'abdomen n'est soumise à aucune règle fixe; 
mais sa saillie intercoxale, à de rares exceptions près (Camptocerus, 
Diamehus) est toujours en triangle étroit et très-aigu. Enfin le méta- 
sternum, au lieu d'être toujours très-allongé, devient parfois très- 
court. 

Ces modifications ne permettent pas de réunir ces insectes dans un 
seul groupe. Les six qui suivent me paraissent nécessaires pour ré- 
partir convenablement les 32 genres qui composent la tribu. Trois 
d'entre eux (Camptocérides, Eutomidcs, Phlœotrupides) sont exotiques; 
les autres ont la plupart de leurs représentants en Europe. 



HYtÉSINIDBS. 36" 

I. Abdomen de forme normale. 

a Tète non globuleuse, visible d'en haut au repos. 
6 Yeux finement granulés. 

Prouotum confoudu avec les flancs du prothorax. Hyi.ésinides. 

— distinct des Camptocêuides. 

bb Yeux fortement granulés. 

Pronotum distinct des lianes du prothorax. Eutohides. 

— confondu avec les — PuLOEOinonDM. 
aa Tète globuleuse (1), le plus souvent invisible d'en 

haut. Tomicides. 

II. Abdomen retroussé à partir du 2 e segment. Scolytides mis. 

GROUPE I. Hyléiinidet 

Tête non globuleuse, pourvue d'un museau distinct, visible d'en 
haut. — Funiculo des antennes de 7 à 5 articles ; leur massue 
distinctement articulée (Polygraphus excepté).— Yeux finement gra- 
nulés.— Pronotum confondu avec les flancs du prothorax.— Elylres 
taillées en biseau à leur base. — 3 e article dos tarses presque tou- 
jours échancré ou bilobé. — Abdomen normal. — Métasternum plus 
ou moins allongé ; ses épisternums étroits. 

Ce groupe contient les espèces qui ont le plus de rapport avec les 
Cossonides ; il doit par conséquent être placé en tète de la famille. 
Les genres qui le composent sont au nombre de neuf, tous, à l'ex- 
ception des PHLOEornTuoitus, représentés en Europe. 
1. Tarses à art. 3 échancré ou bilobé ; massue des antennes 
distinctement articulée. 
a Massue antennairc ovale ou subglobuleuse, serrée. 
6 Funicule — de 7 art. : Hylastes. 
bb — — de 6 — 

Art. 3 des tarses échancré : Hylurgus. 

bilobé : Mastophagus . 

bbb Funicule antennairc do 5 art. 

Art. 1 des tarses allongé, 3 bilobé : Dendroctonus. 

très-court, 3 a peine échancré : Carphoborui. 

aa Massue antennairc allongée. 

Ses articles serrés; funicule de 7 art. : Hylmmts. 

— lâchement unis ; funicule de 5 art. : PhlœophthofUS. 
aaa Massue antennaire ilabcllée; funicule de 5 art. : Phlœotribus. 
II. Tarses a art. 3 entier; massue autennaire compacte; 
funicule de 5 art. : Polygraphiis. 

(1) LesCmTTURGUS seuls s.'éloignent plus ou moins de cette forme, mais les 
deux articles de leur funicule antennaire, nombre qui leur est oxclusiïoment 
propre, les distinguent des ospèces des quatre premiers groupes. 



364 8C0LYTIDES. 

HYLASTES. 
EniCHS. in Wiegm. Archiv, 1836, 1, p. 47 (J). 

Menton assez long, peu à peu et légèrement élargi en avant, avec 
son bord antérieur un peu anguleux dans son centre ; languette nais- 
sant de sa base, parallèle, beaucoup plus étroite que lui; 1 er article 
des palpes labiaux grand, les deux suivants très-petits. — Lobe des 
mâchoires large, arqué et cilié au côté interne, aigu au bout , dé- 
passant les palpes ; ceux-ci à articles graduellement plus courts. — 
Mandibules peu saillantes. — Tète à front vertical ; son museau un 
peu plus étroit qu'elle. — Scape des antennes allongé, terminé eu 
massue oblongo-ovale ; funicule de 7 articles: 1-2 allongés, gros, ce- 
lui-là le plus long, 3-7 transversaux, peu à peu élargis; massue forte, 
ovale, comprimée, distinctement quadriarticulée. — Yeux petits, 
oblongs, transversaux. — Prothorax allongé, cylindrique, coupé obli- 
quement en avant, carrément en arrière ; prosternum assez fortement 
excayé. — Ecusson très-petit, triangulaire. — Elytros allongées, cy- 
lindriques, s'arrondissant pour former leur déclivité postérieure, pas 
plus larges que le prothorax et tronquées en avant. —Pattes médio- 
cres, assez robustes; hanches antérieures contiguës; cuisses subli- 
néaires ; jambes triangulaires, assez larges, dentées en scie sur leur 
bord externe; tarses courts; leurs crochets très-petits. — Les trois 
segments intermédiaires de l'abdomen courts, égaux, le 5 e grand. — 
Episternums métathoraciques étroits. — Saillie mésosternalc étroite.— 
Corps cylindrique ou oblongo-cylindrique. 

Par suite de la forme générale et en particulier de celle du museau, 
ce genre et le suivant sont, de toute la famille, ceux qui se rappro- 
chent le plus des derniers genres des Cossonides, surtout des Rhyn- 
colus, Eremotes et Stenosceus. Les espèces de celui-ci sont au plus 
de taille médiocre et généralement petites. Elles sont criblées de 
gros points enfoncés sur le prothorax et fortement striées-ponctuées 
sur les élytres; les intervalles entre les stries sont plus ou moins 
convexes, parfois en partie carénés, et on général assez fortement 
ridés. 

Erichson a divisé le genre en deux sections naturelles et générale- 
ment adoptées. Celles de la première (2) ont le mésosternum tron- 
qué en avant, et le 3" article des tarses cordiforme, et non ou à peine 

(1) Syn. Bostrichus Payk., Herbst, P. W. J. Miiller.— Hïi.EsiNusFab.,Gyll., 
ûuftsclim. 

(2) Erichson en cite 9 espèces, dont 7 européennes : II. aler Payk. (pi'ni- 
perda Fal>., Hcrbst; chloropus Duftschm), ùrunneus, cunicuiarius, lineuris, 
eorticiperda, uttenualus Er., angustatus Herbst, opucus Er., et 1 de l'Amer, 
du Nord, porculus Er. — Aj. : H. variolosus, Perris, Ann. cl. 1. Soc. entom. 
1856, p. 229; Francei(Landes). 



élargi; chez celles de la seconde (1), le mésosternum forme en avant 
une courte saillie en cône obtus, et l'article en question des tarses 
est bilobé. 

En dehors de l'Europe, le genre n'a encore été rencontré qu'à Ma- 
dère, aux îles Canaries et dans l'Amérique du Nord. 

HYLURGUS. 
L»tr., Gen. Crust. etjns. II, p. 274 (2). 

Ce genre ne diffère des Hylastes que par les caractères sui- 
vants • 

Menton à peine plus long que large antérieurement, peu à peu et 
très-fortement rétréci à sa base, largement arrondi en avant. — Lobe 
des mâchoires beaucoup plus étroit que leur corps, pas plus long que 
le palpe, sinué en dedans près de son extrémité ; celle-ci obtuse. — 
Museau très-court. — Funicule antennaire de 6 articles : 1-2 plus 
longs et plus épais que les suivants, l le plus gros et plus court, 3-6 
fortement transversaux et graduellement plus larges ; massue briè- 
vement ovalaire, à peine comprimée, distinctement et transversale- 
ment quadriarticulée. — Yeux étroits, allongés, transversaux. — 
Prosternum plus long, moins excavé. — Ecusson enfoui, peu distinct. 
— 3° article des tarses pas plus large que 2, échancré. — Mésoster- 
num semi-vertical, rétréci et tronqué en arrière. — Corps cylin- 
drique. 

Dans son état actuel, le genre ne comprend que l'espèce sur la- 
quelle Latreillo l'a fondé dans l'origine, l'Hylesinus ligniperda de 
Fabricius (3), insecte commun dans les forêts de pins de toute l'Eu- 
rope. Il est un peu plus grand que l'HylasLer ater, et en diffère par 
sa sculpture, son prothorax étant assez finement rugoso-ponctué et 
caréné sur la ligne médiane; ses élytres sont rugueuses, faiblement 

(1) H. decumanus Er. (crenatus Panz.), pallialus Gyll. [marginatus Vuft.; 
angustatus var., Herbst); tous deux d'Europe.— Aj. : Boslr. trifulii, P. W. 
J. Miiller, Mém. d. 1. Soc d. dép'. d. Mont-Tonnerre, 1, 1803, p. 47. 

J'ignore h laquelle de ces sections appartiennent les espèces suivantes : H. 
clavus, Wollast. Ins. Maderens. p. 305; Madère. — Lowei, De Paiva, Ann. a. 
Mag. of nat. Hist. Ser. 3, VIII, p. 211; Tenérilfe. — subcostulattts, cristatus, 
Mannerli. Bull. Mosc. 1853, II, p. 239; Amer, russe. — rvgipennis (Hylurg.), 
Mannerh. ibid. 1813, p. 297; mémo pays. 

(2) Syn. Hvlesinus Fab., Duft. — Scolytus Oliv. — Bostiuchus Herbst, 
Panz. 

(3) Syst. El. II, p. 391 (Bostr. elongatus Herbst, flavipes Panz.). — Il y » 
dans les auteurs récents, trois espèces rapportées au genre, mais qui ont be- 
soin d'être revues : //. longulus, Kolen. Melet. entom. III, p. 38; Russio mér.— 
déterminons, concinnulus, F. Walker, Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, III, 
p. 260; Ceylan. 



360 M.OI.YTIIHS. 

striées, sauf à leur extrémité qui est couverte de courts cils jaunes et 
brillants ; dans ce point, la strie la plus voisine de la suture est plus 
profonde que les autres, surtout chez le mâle. 

BLASTOPHAGUS. 
Eichuoff, Berlin, entom. Zeitchr. VIII, p. 25 (1). 

Genro démembré des Dendroctoxus d'Erichson et qui est, en effet, 
plus voisin des Hylurgus, dont il diffère principalement par les or- 
ganes buccaux et le 3° article des tarses. 

Menton allongé, parallèle, légèrement anguleux dans son milieu en 
avant ; languette oblongo-ovale, naissant de sa base, aussi large que 
lui dans son milieu ; lobe des mâchoires large, arqué au côté in- 
terne, ucuminé au bout, ne dépassant pas les palpes. — Palpes la- 
biaifx et maxillaires pareils, à articles I beaucoup plus long que 2, 3 
très-petit, aciculaire. — Funicule antennaire également de 6 arti- 
cles (2) , mais les quatre derniers presque d'égale grosseur ; massue 
plus forte, oblongo-ovale, du reste pareille. — Prothorax moins long, 
un peu atténué en avant. — 3° article des tarses légèrement élargi et 
bilobé. — 2° segment abdominal plus long que chacun des deux sui- 
vants. — Le surplus comme chez les Hyluucus. 

Le type du genre est le Dermestes piniperda de Linné (3), l'une 
des espèces de la famille les plus communes et les plus nuisibles. 
Ses téguments brillants, dont la couleur varie du brun rougeàtre au 
noir, ses élytres à peine sillonnées et couvertes de petites aspérités 
sur leur déclivité postérieure, le font distinguer de suite des espèces 
des deux genres précédents qui sont toutes plus ou moins ternes. 11 
a pour congénères deux autres espèces qui mo sont inconnues (4). 

DENDROCTONUS. 
Erichs. in Wiecm. Archiv, 1836, I, p. 52(5). 
Menton fortement comprimé latéralement, plus long que large, vu 

(1) Syn. Deiimestes Linné. — Hylesinus Fui»., Gyll., Duft., Hartig, Bach. — 
Bostrichus Herbst, Panz. — Dentroctonus Ericlis. — Hïlurcijs Schaum, Gre- 
nier. — Hïr.ASTEs L. Redtcub. 

(2) Erichson ne leur en assigne que cinq, par le fait seul d'avoir compris les 
espèces du genre parmi les Dentroctonus; il y en a réellement six, comme le 
ditM.Eicblioff. 

(3) (Hytes. abietinus et testuceus Fab., Bostr. leslaceus Herbst, Panz.) 

(4) Hylus. minor, Hartip, Forstl. u. forst-naturwiss. Gonvcrsat.-Lcxic. (in-8°, 
Berlin, 1834), p. 413. - Hyl. hederœ, F. ScUraidt, Stettin. entom. Zeit, 1843, 
p. 108; douteux au point de vue générique. 

(5) Syn. Bostmciius Kugell., Herbst, Payk. — Hylesinus Gyll., Duft. — Sco- 
lytus Oliv, 



IIYI.llslNIDES. 361 

de face, avec seb eôlés légèrement arrondis, sa moitié basilaire con- 
cave, ses angles antérieurs saillants en dehors, et sou bord antérieur 
un peu anguleux dans son milieu ; languette naissant de son milieu, 
formant une carène très-saillante ; palpes labiaux longs et grêles, à 
articles i plus grand que les deux suivants réunis, 3 trôs-grèle. — 
Lobe des mâchoires large, oblongo-ovalo, n'atteignant que le sommet 
du 1" article des palpes maxillaires ; ceux-ci médiocres, à articles 1-2 
subégaux. — Tète courte, verticale sur le front ; son museau aussi 
large qu'elle, fortement transversal. — Scape des antennes en massue 
allongée; funicule de 5 articles: 1-2 allongés, celui-ci le plus 
grand, 3-îî graduellement plus courts et pi us larges; massue grande, 
comprimée, suborbiculairo, distinctement et transversalement qua- 
driarticulée. — Yeux étroits, allongés, transversaux. — Prothorax 
transversal, cylindrique, un peu atténué en avant, avec son bord an- 
térieur sinué dans son milieu, tronqué à sa base; prosternum très- 
court, concave. — Elytres allongées, cylindriques, arrondies sur leur 
déclivité postérieure, un peu plus larges que le prothorax et tron- 
quées à leur base. — Pattes robustes ; hanches antérieures conti- 
gues; cuisses larges, arquées sur leur bord inférieur ; jambes mé- 
diocrement et peu à peu élargies, denticulées en dehors et à leur 
extrémité; tarses à articles 1 plus loDg que les deux suivants réunis, 
3 un peu élargi, bilobé. — 2° segment abdominal presque aussi 
long que 3-4 réunis. — Episternums métathoraciques étroits. — 
Saillie mésosternale assez large, triangulaire, inclinée. — Corps cy- 
lindrique. 

Des cinq espèces comprises dans ce genre par Erichson, trois (pini- 
perda, minor, minimum) en ont été retirées par M. Eichhoff. Des deux 
autres, l'une (micans Kugell.) est européenne, l'autre {terebrans Oliv.) 
est propre à l'Amérique du Nord. La première est le plus grand Sco- 
lytide que possôdo l'Europe, mais elle est plus particulièrement pro- 
pre aux parties froides et tempérées de ce continent. Sa livrée est 
celle des espèces précédentes, et sous lo rapport de la sculpture 
des téguments, elle ressemble beaucoup au Blastophagus piniperda. 
Outre sa forme plus svelte, le mâle se distingue de la femelle, qui est 
opaque, par ses téguments brillants et moins rugueux (I). Un petit 
nombre d'autres espèces ont été décrites plus récemment (2). 

(1) Pour des détails sur les mœurs de cet insecte, voyci Kollar, Vcrliandl. d. 
Zool.-Bot. Ver. in Wicn, VIII, 1858, p. 23. M. Ed. Perris ne le mentionne pas 
parmi ceux qui attaquent le pin maritime. 

(2) D. juniperi, Dœbner, Berlin, entom. Zcilchr. IV, p. 260; Wurtemberg. 
— vatens, Californie; similis, Orégon; J. L. Le Conte, Rep. on a railr. to the 
Paeif. Oc. IX: Append. I, p. 59. 



362 



CARPHOBORUS. 

EicmiOFF, Berlin, entom. Zeitschr. V11I, p. 27 (1). 

Genre voisin des Dendroctonus, dont Erichson ne l'avait pas séparé. 
Il en diffère par les particularités suivantes : 

Menton allongé, graduellement élargi en avant, un peu anguleux 
au milieu de son bord antérieur. — Palpes labiaux et maxillaires 
semblables, courts, à article l un peu plus long que 2 ; les seconds 
atteignant le sommet des lobes dos mâchoires. — Funicule antennaire 
également de 5 articles, mais dont le 1 er seul est allongé; massue 
cylindrico-ovale, non comprimée. — Tarses à articles 1 beaucoup 
plus court que 2, 3 non élargi, échancré. 

L'espèce typique (2) est un très-petit insecte de forme grêle et cy- 
lindriijue, d'un noir mat, presque lisse sur le prothorax et criblé sur 
les élytres de points enfoncés formant des rangées subcontiguës. 11 
parait être répandu dans la plus grande partie de l'Europe. Le Den- 
droctonus pilosus de M. Ratzeburg (3) est probablement une seconde 
espèce du genre. 

HYLES1NUS. 
Fab., Syst. El. II, p. 390 (4). 

Menton large, cordiforme, très-étroit à sa base, anguleux dans son 
milieu en avant; languette plus étroite que lui, naissant à quelque 
distance de sa base, myrtiforme, aiguë en avant ; palpes labiaux à 
article i plus long que 2-3 réunis. — Lobes des mâchoires assez lar- 
ges, cultriformes, plus longs que les palpes maxillaires; ceux-ci courts, 
à articles décroissant graduellement. — Mandibules peu saillantes.— 
Tète courte, à front vwtical ; son museau très-court, aussi large qu'elle. 

— Scape des antennes fortement et graduellement en massue ; funi- 
cule de 7 articles : 1-2 allongés, celui-là plus long et plus gros, 3-7 
transversaux, grossissant très-peu; massue aussi longue que le funicule, 
forte, oblongue, obtuse au bout, distinctement quadriarticulée.— Yeux 
étroits, allongés, transversaux. — Prothorax convexe, transversal, ré- 
tréci et coupé obliquement en avant, plus ou moins bisinué à sa 
base. — Ecusson enfoui, peu distinct. — Elytres plus ou moins al- 
longées, cylindriques ou cylindrico-ovales, arrondies sur leur déclivité 
postérieure, pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. 

— Pattes médiocrement robustes; hanches antérieures faiblement 
séparées; cuisses linéaires; jambes médiocrement larges, arquées et 

(1) Syn.HYLEsmusFab. — Dbndhoctonus Erichs. 

(2) Hyles. minimus, Fab. Syst. El. II, p. 395. 

(3) Die Foistins. I, p. 218, pi. VII, Bg. 4. 

(4) Sjn. Lemsomus, Kirby, Faun. Bor.-Amer. p. 193. 



HYLIÎSINIDKS. 363 

denticulées sur leur tranche externe; tarses à articles 1 un peu plus 
long que 2, 3 élargi, bilobé. — 2 e segment abdominal presque aussi 

long que 3-4 réunis. — Episternums métathoraciques assez larges. 

Mésosternum médiocrement large, subhorizontal, triangulaire, tron- 
qué en avant. — Corps cylindrique ou oblongo-ovale. 

Ce genre, dans lequol Fabricius avait réuni la plupart des espèces 
de la Tribu actucllo à lui connues, est resté, après l'épuration qu'il a 
subie, un des plus riches en espèces de celle-ci (1). Elles sont, à l'exr 
ceptiou d'une seulo (crenatus), toutes petites, mais ont une livrée 
plus variée que celle des autres Scolytides en général. A en juger par 
les descriptions des auteurs, elles sont répandues sur une grande-par- 
tie du globe. 

Les Lepisomus de Kirby, dont il n'avait fait qu'un sous-genre des 
Apate, doivent rentrer dans le genre actuel. Il en décrit trois espè- 
ces (2) des parties boréales