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Full text of "Histoire naturelle des insectes : genera des coleopteres, ou expose methodique et critique de tous les genres proposes jusqu'ici dans cet ordre d'insects"

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BOUGHT WITH THE INCOME 
FROM THE 

SAGE ENDOWMENT FUND 

THE GIFT OF 

Hcnrg W. Sage 

1891 

A,$.M09.r. </fi/ g * 



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DATE DUE 




RETURN TO 



ENTOMOLOGY LIBRARY 

Cornell University 
Ithaca, N. Y. 



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Histoire naturelle des insectes :genera 



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COLLECTION 

DES 

SUITES A BUFFON 

I OHMANT 

AVEC LES ŒUVRES DE CET ÂDTEDR 
un 

COURS COMPLET D'HISTOIRE NATURELLE 

rTBI.IÉES AVEC LA COLLABORATION 

de Membres de l'Institut de «France, 

de Profes ;eure du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, 

et de diverses Facultés, 

de Membres de la Société Entomologique de France, etc. 

INSECTES COLÉOPTÈRES 




PARIS 

RORET, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUE HALjTEFETJILLE, 12. 



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Vill. Noël. P»g- 
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AmoDeum j,3 !,9 81 

lUimerigu • • . l0 t i36 3o 

Amor à Deo ' g 3ia I0 4 

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Amor libertalis. . . . • • • • • 3 6 33g iaC 

Animal quem vocamus leonem 3 ^ |5| 

Annon vidisli rcgcm. . . 2 55 »53 ° 8 

Apuis mililiie ou ad milHiam Jog iqo 

Arguitur prodidisse 118 199 *7 

Auiiiim tenus ' 450 543 *37 

Avarus sibi ipsi uocet ' 2 53 147 67 

Avidus laiidmn ' ^ a29 60 

Bonitas divins . . . . • • ■ ■ .V.L * , 6o 36 1 244 
Brevioreittaominumquàmcormcumt.ta . 460 ^ ^ 

Calamitas nob.s imm.net . . . • • ■ • ^ 3o4 

Can.us lui «on s.nunt me dorm.re. . . . W» ^9 ^ 
Cave ne cadas. . . . • • • ■ 36 3 , 102 

Cec.dit decimo abb.nc passu. . . • • ^ 5 ° a aa , 
Cervi dicuntiir. ■■.••'.' '.„' ' ' ,„j 3,1 97 
Cb.isLis «e4BB.il uom.nem a morte. . . »9j *• $ 

Clitellas dùm portem meas 3 7 3 409 ««9 

Crenabam ap.td patrem • '454 556 »3S 

Cœpil vesci singubs. . . . • • ' 55ï 5 7 5 3oo 

ComprimendiB snnt libidiucs ^ .^ ifl4 

Constat viginti assibus . . • • • • lfl 

Consùtenint Corinth. m loco i.ob.1. . . né yJ ^ 

Consumit tempus legendo. . . • • • • ' 666 2Si 
ConlremUcebatnedcprebenderelur. . . «7^ gg 

Corpus assuelum laborando ^^ 3g3 fg3 

Credo te esse, beatum . . ••••■■• ' , o5 3 , igî 

Credo, credebam illum légère ' fQ4 

Credo illum cras venturum esse . . • • ' ^ lg5 

Credo illiim lcclurum fuisse , ( 6î44 



HISTOIRE NATURELLE 



INSECTES 



COLÉOPTÈRES 



h. 



HISTOIRE NATURELLE 

DES 

INSECTES. 

5 
GENERA 

DES 

COLÉOPTÈRES 



EXPOSÉ MÉTHODIQUE ET C1UTIQUEDE TOUS LES GENRES PROPOSÉS JUSQU'ICI 
DANS CET ORDRE D'INSECTES, 



M. Th. LACORDAIRE 

Chevalier de l'Ordre de Léopold, Professeur de Zoologie et û'Anatojnie comparée 
a l'Université do Liège , Membre associé de l'Académie des sciences ot hcllcs-letties 
de Belgique, etc., etc. 

TOME DEUXIÈME 

CONTENANT 

LES FAMILLES DES PAUSSIDES, STAPIIYLINIENS, PSÉLAPUIENS, SCÏDMÉNIDES, S1LPHAIES, 
SP11ÉR1ENS, TRICHOPTÉRYGIENS, SCAPU1D1LES, MSTÉRJENS, PHAIACRIDES, N1TIDU- 
LAIRES, TROCOSITAIRES, COLYD1ENS, RUYSOD1DES, CUCUJIPES, CRYPTOPUACIDES, LA- 
THIUDIENS, MYCÉTOPHACIDES, THOR1CTIDES, DERMESTINS, BYRRHIENS, GÊORÏSS1NS, 
PAKMDES, UÊTÉROCLR1DES. 



PARIS 

LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE ROUET, 

HIT HAUTEFBUILLE, 12. 

1854. 
I 



q L£"73 






FAMILLE VI. 



PAUSSIDES. 

Bouche inférieure. —Languette cornée ou coriace, en général grande. 
— Palpes robustes, saillants. - Tète subtriangulaire, munie d'un col 
postérieurement. — Antennes de deux à dix articles, très-robustes; 
tous, moins le premier, formant une massue de forme variable. — Ely- 
tres parallèles, tronquées en arrière, ayant près de leur angle apical 
externe une papille tubcrculiforme. — Hanches antérieures et inter- 
médiaires globuleuses, très-rapprochées : les poslérieures fortement 
transversales, contiguës; tarses de quatre ou cinq articles, simples. — 
Abdomen composé en dessous de quatre segments : le premier et le 
dernier très-grands; les deux intermédiaires courts, égaux. 

Peu de familles présentent autant d'intérêt que celle-ci , malgré le 
nombre restreint de ses espèces. Elles offrent en effet, surtout dans les 
parties de la bouche et les antennes, des particularités fort singulières^ 

La taille de ces insectes varie ordinairement de deux à quatre lignes de 
long ; un petit nombre dépassent ces dimensions, et le plus grand qu'on 
ait découvert jusqu'ici (Cerapterus SmUhii) atteint à peine huit h>nes 
Leurs téguments sont solides et presque toujours glabres. Leur corps° pris 
dans son ensemble, forme un carré plus ou moins allongé, tronqué en 
arrière et légèrement atténué en avant; quoique assez épais, il est plane 
ou très-peu convexe en dessus. Leur coulear générale est d'un brun- 
rougeàtre plus ou moins clair ou d'un fauve testacé ; des taches noires 
ou jaunes relèvent parfois, mai* assez rarement, cette livrée monotone 

Le genre Hylotorcs est le seul où la tête soit engagée dans l'ou- 
verture antérieure du prothorax et aussi large en arrière que celte 
partie du corps. Partout ailleurs elle est triangulaire, très-rarement qua- 
drangulaire, et brusquement rélrécic postérieurement en un col étroit 
court et cylindrique. Son bord antérieur est comme tronqué ou très- 
obtus et porte à sa partie supérieure les antennes, qui sont ainsi ter- 
minales. 

Ces organes frappent, au premier coup-d'œil, par leur grosseur re- 
lative et les formes presque toujours singulières qu'ils affectent. Le 
Coléoptères, Tome M. j 



2 PACgSJDES. 

nombre de leurs articles est do dix, six ou deux (1). Le premier est tou- 
jours petit ou médiocre, et, quand il y a plus de deux articles, tous les 
autres deviennent subitement transversaux, très-larges, et forment ainsi 
une énorme massue qui parait portée par un court pédoncule. Lorsqu'il 
n'en existe que deux, cette massue est constituée par le second article 
seul, et c'est dans ce cas qu'elle prend les formes les plus bizarres. 

Les yeux sont latéraux, arrondis, en général grands et souvent glo- 
buleux. Les Hylotorus seuls les ont petits, oblongs, déprimés, et, par 
une exception également unique, ils portent sur le vertex 8eux petits 
tubercules qui, selon toutes les probabilités, sont des yeux simples. 

La bouche est située à la face inférieure de la tète, au lieu d'être 
terminale, comme de coutume, et ses palpes qui sont en général pen- 
dants, l'emportent sous le rapport des dimensions sur toutes ses autres 
parties. 

Le menton est peu développé , transversal et parfois (Ledioobbos, 
Paussds) soudé avec la base de la tète , ce qui a fait dire à Latreille 
qu'il n'existait pas dans l'espèce disséquée par lui (2). La languette est 
en général grande et dépasse fortement le menton ; celle des Pacsscs 
parait même fermer la cavité buccale en dessous. Les palpes labiaux 
sont situés au-devant d'elle et prennent naissance à sa base (8). Ils se 
composent, comme chez les autres Coléoptères, de trois articles, mais 
leurs supports le plus souvent ne font pas corps avec la languette et sont 
par conséquent libres; seulement ils se soudent assez souvent et plus 
ou moins complètement ensemble. Les mâchoires sont remarquables par 
leur petitesse comparativement aux palpes qu'elles supportent, et ne se 
laissent pas ramener facilement au type d'après lequel elles sont con- 
struites chez les autres Coléoptères (-s)- Les palpes maxillaires se coin- 

(1) Dans la plupart des genres il existe, à l'extrémité supérieure du premier, 
un très-petit article globuleux qui y est souvent comme enfoui. Si l'on en tient 
compte, les antennes ont un article de plus ; mais eu n'est très-probablement 
qu'un petit nœud articulaire qui appartient au second, et qui remplit les mêmes 
fonctions que le nœud analogue qui existe à la base du premier chez tous les 
Coléoptères. 

(2) Le Paunsus microcephalus ; voyez Ccncr. Crust. et Ins. III, p. 2. 

(3) D'après M. Westwood (Arcan. cnt. II, pi. 50, f. 5 ef), le Cerapterus 
Hopii ferait exception à cet égard; ses palpes labiaux sont situés derrière la lan- 
guette. 

(i) N'ayant à ma disposition que des exemplaires qui ne m'appartiennent pas, 
et dont la dissection m'est interdite, je ne puis parler plus longuement de ces 
organes. Mais voici l'Idée que je m'en fais d'après co qu'en dit M. YVcstwoodet 
les figures qu'il en donne. 

Leur corps n'est composé que de trois pièces auxquelles s'ajoute rarement un 
appendice slylifonne. La première, basilairc, sert à l'articulation de la machoiro 
avec la tète, et correspond, par conséquent, à l'articulaire (curdo). Vient en- 
suite la seconde, très-variable sous le rapport de la forme, de la grandeur, do 



posent de quatre articles dont le 2° est très-développc dans la plupart 
des genres. Les mandibules sont pelites, falciformes, très-aiguës au 
bout, souvent unies ou bidentées en dedans, et leur base interne est fré- 
quemment munie d'une large saillie coriace ou cornée. Le labre est 
corné et sa forme ordinaire est celle d'un triangle fortement arrondi en 
avant ou d'un demi-cercle. 

Le prothorax varie assez sous le rapport de la forme , mais son ca- 
ractère principal consiste à élrc plus ou moins manifestement divise- en 
deux portions, l'une antérieure, l'autre postérieure. Il y a toujours un 
écusson qui est pclil et situé, dans le plus grand nombre des cas, en 
dehors des clytres sur le pédoncule du mésothorax. Les deux replis 
tubcrculiformes qui existent près des angles externes de l'extrémité des 
élytres et qui rappellent complètement ceux des Oz^na, ne sont pas 

ses rapports, et qui ne jouit d'aucun mouvement propre. Très-petite chez le 
Platyrhopabts denticornis (Westw. Arcan. ont. pi. 68, f. 1 e-l f), elle est située 
dans cette espèce à l'angle supérieur interne de la précédente et porto la troi- 
sième pièce, sans avoir aucune relation avec le palpe maxillaire. Chez le Ce- 
raplerus Hopei (Westw. loc. cit. pi. 50, f. 5 d f), elle s'agrandit beaucoup, est 
irrégulièrement quadrangulairc, s'articule bout à bout avec le cardo, et porte 
le palpe. La troisième pièce s'articule à la l'ois avec ce dernier et avec elle. Chez 
le Pentaplo.tarthrus paussoides (Westw. loc. cit. pi. 58, f. 2 c), elle est encore 
plus grande, allongée, subcylindrique, et. porte le palpe ainsi que la troisicme 
pièce, qui n'a plus de rapports avec lu cardo. Cette seconde pièce joue ainsi lo 
rôle de la palpigèrc dans les deux derniers cas. Dans lo premier, elle pourrait 
peut-iltre se comparer à la pièce dorsale (slipes), qui serait devenue intérieure, 
et aurait, vu sa petitesse, perdu ses relations avec le palpe. La troisième ! 
d'après sa position, qui la destine évidemment à agir sur les aliments, ne peut 
être que le mando. Elle est toujours cornée, et ses formes peuvent se rapporter 
a trois types. Dans le premier, elle est très-petite, subovale à sabase, puis ré- 
trécie, .-uuuée _cl ajguii à »ou oxtrûmii<v (la plupart oes espwt'fcsj! Dans le secoDd, 
elle est carrée, profondément échancréc au côté interne avant son extrémité, 
ce qui fait que celle-ci se termine par un crochet fortement recourbé (I'latï- 
nHOPALUs). Enfin, dans la troisième, elle forme une grands et large lame arron- 
die en avant, tantôt inerme (Cerâpteihjs), tantôt munie de quelques petites 
dents (PEriTAPLATAiminus). 

Quant à l'appendice styliforme, qui n'a été observé jusqu'ici que chez deux 
espèces {Platyrhopalus denticornis et Mellyi), c'est une petite tige grêle, mo- 
bile, placée sur le dos de la troisième pièce, près de sa base, et qui peut se loger 
dans un sillon de celle-ci. Ainsi que l'a dit M. Burmeisler (Mag. il. Zool. lus. 
1841, pi. 76), c'est, sans aucun iloulc, l'analogue du palpe maxillaire interne 
des Carabiques, ou, ce qui revient au môme, du lobe externe des Coléoptères 
en général. Il achève de prouver que la pièce avec laquelle il s'articule est bien 
le mando. 

Il résulte de là que, dans la presque totalité des cas, les Paussidcs n'ont pas 
de lobe externe aux mâchoires, que le lobe interne lui-même manque, à pro- 
prement parler, lorsque le mando n'est pas terminé en crochet ; enfin que leurs 
mâchoires, prises dans leur ensemble, ne ressemblent à celles d'aucun autre 
groupe de. Coléoptères. 



jj t>AC53lDM< 

eeulement, comme dans ce dernier genre, des Saillies de ces organes. 
Suivant un observateur récent, M. le capitaine Boys (l), leur structure se- 
rait papillcuse et chacun d'eux recouvrirait un appendice membraneux, 
allongé, attaché au bord supérieur externe de l'abdomen, qu'on peut 
rclever'el déployer en partie à l'aide d'une épingle, mais qui retombe 
et s'aflaisse sur lui-même aussitôt qu'on le laisse en liberté. Lorsqu'on 
touche les tubercules extérieurs, ces appendices émettent un fluide lai- 
teux, jaunâtre, ayant l'aspect du pus, qui se répand rapidement sur la 
partie postérieure des élylrcs et devient granuleux en se desséchant. 
Son émission peut se répéter plusieurs fois et est accompagnée d'une 
faible odeur acide. 

Les pattes sont courtes et égales entre elles. Les hanches antérieures 
sont situées à une assez grande distance du bord postérieur et inférieur 
du prothorax qui est coupé carrément, de sorte que leurs cavités co- 
tvloïdcs sont largement fermées en arrière. Les trochanlcrs ne sont pas 
situes dans l'axe des cuisses, mais obliquement, et les postérieurs font 
une saillie presque aussi forte que chez les Carabiques. Les cuisses, ainsi 
que les jambes, sont toujours comprimées et souvent très-larges. Les 
cinq articles des tarses sont généralement bien distincts, courts et serrés; 
il est de règle que le premier soit très-petit et un peu saillant en des- 
sous. Celai qui porte les crochets est assez grand, et les crochets cux- 
roemes sont médiocres, toujours simples et très-aigus. 

Le mésosternum est presque réduit à sa portion transversale et en- 
voie à peine une courte et étroite saillie entre les hanches intermé- 
diaires. Le mélasternum est très-grand et ses parapleures sont simples. 
Le dernier arceau dorsal de l'abddhien forme un court pygidium, que 
les élytres laissent plus ou moins à découvert. Les quatre arceaux de 
l'abdomen varient à peine d'une manière sensible dans leurs propor- 
tions relatives indiquées plus haut, du moins chez les espèces que j'ai 
examinées. 

Les habitudes des l'aussides sont aujourd'hui suffisamment connues (2) 
et expliquent leur rareté extrême dans les collections, jusque dans ces 
derniers temps. On en a pris le soir dans les maisons où la lumière les 
avait attirés , et pendant le jour, au vol , sur des plantes , des amas 
d'engrais et sous les écorecs. Mais ces rencontres ne sont, en quelque 
sorte que des faits exceptionnels. Ces insectes vivent habituellement 
dans le sein de la terre, sous des pierres ou dans les nids des fourmis, 

(1) Journal of the Asiatic Society of Bengal, New Séries, u» 54 ; je ne con- 
nais ce travail que i>ar les extraits qui en ont été donnés dans divers ouvrages. 
Voyez surtout Wcstwood, Arcan. ent. II, p. 166 sq. 

(2) Voyez Afzelius, Trans. of the Linn. Soc. IV, p. 261. — Boys, loc. cit. — 
Ben«on Trans. of the ent. Soc. V, p. 30. — Gueiuzius, Stettin. ent. Zcit. 1851, 
p 227 ■' traduit en anglais dans les l'roceed. of the eut. Soc. 1851, p. 105. — 
M. VYus'twood a donné successivement un résumé de toutes CCS observations dans 
ses divers mémoires sur la famille indiqués plus bus. 



PAUSSIDBS. & 

et sont nocturnes. Quant à leurs allures, Afzelius, qui les a observées" 
le premier, avait déjà fait connaître qu'ils se laissent tomber en se po- 
sant, restent un moment comme étourdis, puis se mellent à marcher à 
pas lents, mais soutenus. A ces observations M. Boys ajoute que ces 
insectes déploient une agilité extraordinaire quand ils volent, leurs ailes 
inférieures étant relativement très-grandes. Lorsqu'ils s'arrêlent, ils le' 
font si brusquement, et replient leurs ailes sous les élylres avec tant de 
rapidité qu'ils paraissent être tombés dans l'endroit où ils se posent. Ils 
restent quelque temps immobiles avant de se mettre en marche ; ce 
dernier mode de locomotion est aussi lent que l'autre est vif. Les an- 
tennes sont alors dirigées en avant, et l'animal leur imprime de temps 
en temps un mouvement oscillatoire dans le sens vertical. 

Rien n'a confirmé jusqu'ici l'observation que Afzelius croyait avoir 
faite sur le Paussus sphœroccrus , d'après laquelle la massue des an- 
tennes aurait été phosphorescente dans l'obscurité. Mais un fait qui 
avait échappé à cet auteur et qui a été mis hors de doute par des obser- 
vations réitérées, c'est que ces insectes possèdent la faculté crépitante 
comme les Bracdinus et les Oz,ena de la famille des Carabiques. Le 
fluide vaporisable qu'ils émettent a, comme s'en est assuré M. Boys, 
absolument la même odeur et les mêmes propriétés que celui des deux; 
genres en question. 

Ce qu'on sait des premiers états des Paussidcs est dû à Erichson (i), 
qui a décrit comme appartenant à cette famille une larve trouvée par 
lui, accolée à un Pacsscs, qui faisait partie d'une collection provenant 
de Mozambique. Il y a par conséquent quelque doute sur la question 
de savoir si elle appartient réellement au groupe actuel ; mais cela est 
très-probable. La description qu'en donne Erichson peut se résumer 
ainsi : 

Le corps de cette larve est assez court et se rapproche, par sa forme 
cylindrique et déprimée, de celui des larves des Hisléridcs; mais tous 
ses segments sont revêtus d'une peau coriace, solide, et garnis de longs 
poils redressés. 

La tète est horizontale, déprimée, en carre transversal, avec le front 
excavé et prolongé en une saillie plane qui s'avance entre les mandi- 
bules. Il n'y a pas d'épistome distinct ni de labre. La bouche est fermée 
inférieurement, comme chez les larves des Carabiques, Slaphyliniens, 
Hislérides, etc. Le menton ne consiste qu'en un petit renflement mem- 
braneux, cl la languette manque, de sorte que la lèvre inférieure n'est, 
à proprement parler, composée que des supports des palpes, qui sont 
soudés ensemble. Les palpes labiaux eux-mêmes sont formés de deux 

(1) Dans ses Archlv., 1817, I, p. 275 ; cette description a été reproduite par 
MM. Chapuis et Candèze, Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, p. 422. — 
D'après une indication de M. Westwood (Proceed. of the cnt. Soc. 1S37, p. 104), 
H paraît que M. Boy9 a décrit les métamorphoses du Paussus bifasciatus dans 
le Journ. of the Asiat. Soc. of Bcngal, loc. cit. 



6 PACSSIDES. 

articles, dont le 1 er assez épais et court, le 2° plus long, mais grêle et 
styliforme. Les mâchoires se composent de trois pièces : la première 
excessivement courte, la seconde formant la tige, très-épaisse, amincie 
à sa base et coupée carrément à son extrémité, qui porte le palpe et la 
troisième pièce; celle-ci consiste en deux articles, dont le dernier est 
en formo de griffe. Le palpe est formé de trois articles à peu près d'é- 
gale grosseur et dont le médian constitue la majeure partie de l'organe, 
les deux autres étant très-courts. Les mandibules sont robustes, forte- 
ment arquées, simples et très-aiguës à leur extrémité. 

De chaque côté de la tète il existe six slemmates placés sur deux 
rangées transversales, immédiatement au-dessous des antennes, et tous 
arrondis. Ces dernières se composent de quatre articles, comme dans 
la majorité des larves des Coléoptères, mais dont les deux derniers 
sont d'une petitesse extrême. Les deux premiers sont, au contraire, 
très-épais et cylindriques. 

Les segments thoraciques sont peu différents des abdominaux et por- 
tent trois paires de pattes assez courtes, hérissées de cils épineux et ayant 
les hanches dirigées en dedans , les cuisses plus longues que les tro- 
chanters, les jambes courtes et le tarse représenté par un crochet aigu 
et simple. Les segments abdominaux sont au nombre de neuf, très- 
courts et, à partir du second, portent chacun en dessous et de chaque 
côté une petite saillie conique, terminée par un faisceau de longs poils 
rigides dirigés obliquement en arrière. Le dernier est pourvu de deux 
appendices bien développés, coniques, garnis de longs poils, et terminés 
par un petit ongle mobile. Entre eux fait saillie un petit tube anal dirigé 
en arrière. 

Erichson compare celle larve a celles des autres Coléoptères, et, après 
avoir signalé ses analogies avec celles des Carabiqucs, des Staphylinicns, 
des Hisléridcs et des Silphalcs, arrive à cette conclusion qu'elle constitue 
un type spécial. 

A l'état parfait les analogies de ces insectes sont également multi- 
ples (1). Cependant, sans partager complètement l'opinion de M. Bur- 
meister, qu'ils font partie des Carnassiers terrestres (a), je pense avec 

(1) M. Wcstwood (Trans. of tho Linn. Soc. XVI, p. CIO) a donné l'oxpo6é 
complet 'li's usinions, à cet égard, du petit nombre des anciens auteurs qui so 
sont occupés de ces Insectes; j'y renvoie le lecteur. Cet habile entomologiste 
ne s'est pas pronoucé sur cette question, et dans un autre écrit (Arcan. eut. II, 
p. 68), son dernier mot est que « les Paussides forment un groupe isolé et 
extrêmement anormal, qne chaque nouvelle découverte rend plus embarrassant 
pour les entomologistes. » 

(2) « Observations sur les affinités naturelles de la famille des Paussides. » 
Mag. de Zool. Ins. 1841, pi. 76. Les principales raisons sur lesquelles s'appuie 
M. Burmeister sont : 1° La structure des mâchoires., qu'il regarde comme con- 
struites sur le même plan (pic celles des Carnassiers. Mais, outre qu'à l'aide dû 
l'argumentation dont il a fait usage, il n'y a pas de mâchoires de Coléoptères 



ce savant entomologiste que leurs affinités les plus prochaines sont avec 
les Carabiques. Leur ressemblance avec les Oz/ena est en effet frap- 
pante; non-seulement ils ont le même faciès général, mais encore ils 
possèdent des tubercules latéraux analogues aux élytres et la faculté 
crépitante; de plus, un autre caractère qui leur est commun avec la 
famille en question , est la saillie des trochanters au bord interne des 
cuisses postérieures. Ces analogies avec les Carabiques ne vont pas plus 
loin, mais elles me paraissent suffire pour que ces insectes soient con- 
sidérés comme un groupe aberrant, rattaché d'une part aux Ozénides, 
et se dirigeant d'autre part, mais d'une manière assez vague, vers les 
Staphylinicns, les Psélaphiens et les Silphales, c'est-à-dire vers ces fa- 
milles avec les larves desquelles leurs larves ont l'analogie signalée par 
Erichson. 

La distribution géographique des Paussidcs est très-étendue. Dé- 
couverts primitivement à Sicrra-Lcone par Afzclius, ils ont été retrouvés 
dans différentes parties de l'Afrique , aux Indes orientales et dans 
l'Australie. On les croyait étrangers à l'Europe et au nouveau continent ; 
mais dansées dernières années on en a découvert une espèce dans la 
Turquie européenne ; une autre, propre à l'Algérie, étend son habitat 
dans le midi de l'Espagne; enfin une dernière a été rencontrée aux en- 
virons de Rio-Janeiro. 

Quant à l'histoire scientifique de la famille, les travaux des auteurs an- 
ciens et ceux des contemporains (1) ont été effacés par une suite d'excel- 
lents mémoires que M.Weslwood (2) a publiés sur ces insectes, et dans 
lesquels il a épuisé tout ce qu'on en peut dire pour le moment. C'est à 

qu'on ne puisse ramoner h l'un des types quelconques propres à ces organes, 
M. Westwood (Arcan. cnt. II, p. 76) a. ia.it voir qu'il a commis plusieurs erreur» 
matérielles sur leur structure; 2° celle dos ailes inférieures; je partage com- 
plètement l'opinion de M. Westwood (loc. cit. p. 1G8), qu'elles présentent de 
notables différences avec celle des Carabiques ; 3° la saillie des trochanters des 
hanches postérieures ; 4° la ressemblance de ces insectes avec les Oz/ENA sur les 
points indiqués dans le texte. Ces deux dernières raisons me paraissent seules 
incontcstiblcs. 

(1) Vojez, par ordre de date : Linné, Diss. bigas insectorum sistens, io-i". 
Upsalia», 1775; réimprimé dans les Amœnitates académies, éd. Scbreber, p. 303. 
— Swcdcnis, Acta Holmiens. IX, 1778, p. 203. — Afzelius, « Observations on 
the genus Paussus and description of a new Specics. » Trans. of tbe Linn. Soc. 
IV, p. 243. — Dalman. Analect. ent. p. 103. — Saunders, Trans. of the ent. 
Soc. II, p. 13. — Mac-Lcay in Smith, Illustr. of the Zool. of South-Afriea; An- 
nul. p. 72. — Benson in Mac-Clcljand's Calcutta Journ. of nat. Hist. 18 iJ. 

(2) Trans. of the Linn. Soc. XVI, p. G07, XVIII, p. 5S1, et XIX, p. 45. — 
Trans. or iW. ent. Soc. II, p. 84. — Tbe ent. fllag. V, p. 500. — Arcan. ent. 
II, p. 1, 37, 73ctlf.l. — Procced. of tbe Linn. Soc. Juin 1849.— Trans. of Ihe 
ent. Soc. 2'>Scr. II, p. 84. Ce dernier travail contient lo synopsis de toutes les 
espèces connues avjc la description do plusieurs nouvelles; depuis qu'il a paru, 
on n'en a décrit aucune. 



8 



PADSSIDIîJ. 



lui qu'on doit !a description de la majeure partie de leurs espèces, qui 
s'élèvent déjà à plus de 80. L'arrangement qui suit est, à un léger chan- 
gement près, emprunté au dernier travail qu'il a public. La famille ne 
comprend que les huit genres suivants (t) : 

I. Tête munie d'un col en arrière ; point d'ocelles. 
Antennes de dix articles : Cerapterus. 

— de six — Ceratoderus, Merismoderus f pentaplatarthrus, 

Lebioderus, 

— de deux — Platyrhopalus, Paussus. 

II. Têts sans col en arrière ; deux ocelles sur le vertex : ffylotorus. 

CERAPTERUS. 
Sweder. Ad. Holmiens. IX, p. 203. 

Labre, mandibules et mâchoires, petits (a). — Palpes allongés ; le 
dernier article des maxillaires long, conique et obtus au bou^; celui des 

(1) Deux genres établis par M. Westwood, et compris par lui dans la famille, 
sont maintenant reconnus comme lui étant étrangers. L'un, Trochoideus (Linn. 
Trans. XVI, p. 673), est voisin des Endomyciius; l'autre, Megadeuterus (ibid. 
p. 678), ayant pour type le Paussus flavicornis de Fabricius, fait partie du 
groupe des Malachiidcs, et correspond au genre Collops d'Ericbson (Entomo- 
grapb. p. 51). 

(2) Les figures que Swederus (loc. cit. pi. VI, f. 2-4) a données des organes 
buccaux du C. lalipes sont peu exactes. M. Westwood ne les a pas fait entrer 
dans la diagnose générique que je reproduis ; mais il a représenté (Arcan.ent. 
II, pi. 50, f. 5 a f ) très en détail ceux du C. Hopei, appartenant au sous-genre 
AnTimorTERUs. D'après ces ligures, le labre est un triangle assez long et for- 
tement arrondi en avant. Les mandibules sont très-élargies à leur base en 
dedans, puis se rétrécissent brusquement en se recourbant un peu," et se ter- 
minent par une pointe simple très-aigue. Le lobe des mâchoires est large, for- 
tement arrondi à son sommet, et muni en dedans, un peu avant ce dernier, 
d'une courte dent arquée, accompagnée de quatre autres plus petites (l'appen- 
dice palpiforme n'existe pas dans la figure). Le dernier article des palpes labiaux 
est fait comme il est dit dans le texte et aussi long que les trois autres réunis; 
ceux-ci croissent successivement en longueur. Le menton est transversal, arrondi 
sur les côtés, et muni, dans son milieu, d'une forte saillie aiguë; il est flanqué de 
deux pièces latérales soudées avec lui et posées obliquement, de sorte qu'un do 
leurs angles est dirigé en avant; ces pièces recouvrent la base des palpes la- 
biaux, tandis que le menton proprement dit cache en grande partie la languette. 
Celle-ci est allongée, large et arrondie sur le* côtés à sa base, puis se rétrécit 
rapidement et se termine en pointe obtuse. Les palpes labiaux sont placés der- 
rière elle et sondés ensemble par leur base ; leur dernier article est très-for- 
tement sécuriforme et arrondi en arrière. — Il est douteux que ces caractères 
.«e retrouvent dans tous les sous-genres exposés plus bis, et, dans la négative, 
quelques-uns d'entre eux devront probablement être élevés au rang de genre». 



«•ArssiDEJ. 9 

labiaux plus ou moins sécuriforme. — Tête suhlrigone, monie posté- 
rieurement d'un col Court et cylindrique. — Yeux globuleux, tres- 
saillants. — Antennes insérées sur le front enlrc les yeux, un peu plus 
longues que la tête et le prothorax réunis, pubesccnles, composées de 
dix nrticles; le 1" comprimé et sublunulé, les huit suivants larges, dé- 
primés, le 10 e de même forme, arrondi au bout, formant environ le 
quart de la longueur de l'organe. — Prothorax de forme variable. — 
Elytrcs déprimées. — Pattes généralement très-larges et courtes ; tarses 
courts, reçus le plus souvent dans une excavation de l'extrémité des 
jambes, composés de cinq articles ; ceux de la base plus gros que les 
autres, garnis de cils en dessous. 

Le nombre des articles des antennes constitue le caractère essentiel 
de ce genre. Ses espèces sont répandues en Afrique, aux Indes orien- 
tales, à la Nouvelle-Hollande et au Brésil. On en connaît dix-huit que 
M. Westwood a réparties dans les six sous-genres qui suivent : 

Ceraptercs vrais. Antennes très-larges, dentées sur les cotés; leur 
dernier article très-grand. Prothorax fortement transversal, arrondi sur 
les côtés. Elytres cachant entièrement l'abdomen. Jambes très-larges, 
inermes à leur extrémité {C. quadrimaculalus excepté). Les espèces 
sont indiennes et au nombre de trois (I). 

OiiTuopTERusWestw. (2). Antennes médiocrement larges, non dentées 
latéralement; leurs articles contigus. Prothorax et élytres comme dans 
le groupe précédent ; le premier seulement un peu moins transversal. 
Jambes larges, munies d'un éperon terminal interne. Les espèces con- 
nues sont originaires de l'Afrique et au nombre de trois (3). 

Arthropteros Mac-Leay (4). Antennes médiocrement larges , non 
dentées latéralement ; leurs articles assez serrés ; le dernier médiocre. 
Prolhorax pas plus large que la tête, en carré allongé ou subovalaire. 
Elytres ne recouvrant pas complètement l'abdomen. Jambes assez 
larges ; leur angle terminal externe saillant et assez aigu ; l'interne muni 
de doux éperons. Corps assez étroit. Groupe particulier à la Nouvelle- 
Hollande et composé de sept espèces (S). 

Phymatopterus Westw. (6). Antennes large4, dentées latéralement, 

(1) C. latipes, Swcdcr. loc. cit.; de Ccylan. — Horsfîeldii, Westw. Llnn. 
Trans. XVI, p. 672. — quadrimaculatus, Westw. ibid. XVIII, p. 583. 

(2) Arcan. ent. II, p. 7. 

(3) 0. Smithii, Mac-Leay, loc. cit. p. 74. — concolor, Lafertei, Westw. Pro- 
cecd. of the Linn. Soc. Juin 1849; le premier de Natal, le second de la Gambie. 

(4) In Smith, Illustr. of the Zool. of S.-Africa, p. 75. 

(5) A. Mac-Leayi, Donov. Ins. of N.-Holl. pi. 3. — Wilsoni, subsulcatus, 
deridatus, Westw. Proceed. of the Linn. Soc. Juin 1849. — parallelocerus , 
brevis, Westw. ibid. Nov. 1850, et Ann. of nat. Hisl. 2 d Ser. VII, p. 491. — 
Hopei, Westw. Arcan. ent. II, p. 8. 

(6) Theent.Mag. V,p.503. 



10 PACSSIBES. 

Prothorax cordiforme, un peu plus large que la tète. Elytres laissant 
une partie du pygidium à découvert. Jambes très-larges ; leur angle 
apical externe arrondi; l'interne muni de deux éperons. Une espèce 
également de l'Australie (*). 

Homoptemjs Westw. (2). Antennes grandes, larges et perfoliées. 
Prolhorax un peu plus étroit que la tète, au moins aussi long que large 
et un peu rétréci en arrière. Elytres ne recouvrant pas l'extrémité de 
l'abdomen. Pattes très-larges ; jambes arrondies à leur extrémité, sans 
éperons. Corps allongé. Un des groupes les plus intéressants de la fa- 
mille en ce que la seule espèce qui le compose est brésilienne (s). 

PLEunoPTEiius Westw. (4). Antennes assez larges; leurs articles serrés, 
le 2° ayant son angle externe épineux. Prothorax fortement transversal, 
largement rebordé sur les côtés, fortement échancré aux angles posté- 
rieurs. Elytres recouvrant en entier l'abdomen, munies, chacune à leur 
base d'une côte longitudinale. Pattes longues, grêles ; jambes armées 
de deux éperons à leur angle apical externe ; articles 2-3 des tarses no- 
tablement plus larges et plus grands que le l or et le 4°. Trois espèces 
d'Afrique et des Indes orientales (;;). 

CERADOTERUS. 
Westw. Trans. ofihe Linn. Soc. XIX, p. 51. 

Menton très-court, muni d'une forte dent médiane aiguë. — Lan- 
guette cornée, entière en avant, arrivant jusqu'au sommet du 2 e article 
de ses palpes. — Mâchoires petites , cornées, arquées ; leur pointe ai- 
guë, précédée d'une dent pareille. — Palpes maxillaires à I" article 
petit, 2 U très-grand, ovalairc, 3-4 beaucoup plus grêles et plus courts, 
subégaux et subcylindriques ; le dernier des labiaux un peu plus grand 
que le pénultième, ovalaire et tronqué au bout. — Mandibules arquées, 
très-aiguës au bout, anguleuses dans leur milieu en dedans et en de- 
hors, munies à leur base interne d'un grand lobe coriace à demi-trans- 
parent. — Tête en carié transversal arrondi aux angles, munie d'un 
col en arrière. — Antennes de six articles : le l or subcylindrique, les 
quatre suivanls transversaux, serrés, le G» demi-circulaire.— Prothorax 
assez long, de la largeur de la tête, beaucoup plus étroit que les elytres 
à sa base, un peu rétréci en arrière, comme divisé en deux par un 

(1) P. pkeusj Westw. The ent. Mag. V, p. 503. 

(2) Arcan. ent. II, p. 9. 

(3) H. brasiliensis, Westw. Linn. Trans. XVIII, pi. 38 f. c. Cet insecte a été 
découvert par M. Micrç sur le moût Corcovado, aux environs do Uio-Janciro. 

(4) Arcan. ent. II, p. 9. 

(5) P. Westermanni, Westw. Arcan. ent. loc. cit.; de Java et Ceylan. — 
alternons, hastatuSj Westw. Procecd. of the Linn. Soo. Juin 1849 ; de Mozam- 
bique. 



PAtJSSIDES. 11 

sillon transversal. — Ecusson très-petit. — Elytres allongées, laissant 
une petite portion de l'abdomen à découvert. — Pattes médiocrement 
robustes; jambes sans éperons terminaux, ciliées au bout; tarses de 
cinq articles, le 1er plus long que le 2°, le 4° plus court que le 3 e . — 
Corps allongé, déprimé, ponctué, glabre et luisant. 

Genre établi sur le Paussus bifascialus de M. Kollar (1), insecte 
originaire des Indes orientales. 

MERISMODERUS. 

Westw. Trans. of the ent. Soc. V, p. 23. 

Ce genre ne diffère du précédent que par les particularités suivantes : 
2° article des palpes maxillaires presque arrondi , déprimé. — Pro- 
thorax biparti, avec ses côtés anguleux. — Jambes obtusément tron- 
quées à leur extrémité externe. — Corps opaque, avec un espace lui- 
sant au milieu des élytres. 

M. Westwood n'en avait, dans l'origine, fait qu'un sous-genre des 
Cebatodeuus. Il ne contient qu'une espèce du Bengale (2). 

PENTAPLATARTHRTJS. 
Westw. Trans. of the Linn. Soc. XVI, p. 616. 

Menton petit, en carré transversal, avec ses angles antérieurs un peu 
«aillants. — Languette retirée dans la cavité buccale, un peu plus lon- 
gue que le menton, en triangle tronqué au bout. — Palpes labiaux 
insérés entre le menton et la languette ; leurs supports libres; à 1 er ar- 
ticle court, 2» deux fois plus long, 3° grand, en massue et tronqué un 
peu obliquement. — Mâchoires petites ; leur lobe grand, large, arrondi 
au bout et un peu cilié. — Palpes maxillaires longs ; leurs articles 2 et 4 
plus grands que les autres, ce dernier cylindrico-conique. — Mandi- 
bules petites, dilatées en dehors à leur base, brusquement recourbées 
et très-aiguës à leur extrémité. — Labre triangulaire, fortement ar- 
rondi en avant, anguleux de chaque coté à sa base. — Tête plus étroite 
que le prothorax, munie d'un col court en arrière;. ses angles saillants 
et aigus derrière les yeux, — Ceux-ci médiocres, ovales. — Antennes 
de six articles, insérées sur les angles antérieurs delà tète, à 1 er article 
subcylindrique et un peu arqué, 2° transversal , très-court, 3-5 très- 
larges, contigus, 6 plus grand, arrondi et un peu anguleux en dehors. 
— Prothorax allongé, plus étroit à sa base que les élytres, carré et sub- 

(1) Annjl. d. Wiener Mus. 18.16, pi. 31, f. 7 a b. Figuro copiée d'abord par 
M. Westwood (Trans. of the ent. Soc. II, pi. X, f. 3), qui en a donné plus 
tard une autre originale dans ses Arcan. ent. pi. 08, f. 1. 

(2) M. Bensoni, Westw. loc. cit. pi. II, f. %. 



12 PAtTSSIDFS. 

cylindrique, formant une sorte de capuchon en avant, avec ses angles 
antérieurs saillants latéralement. — Elytres recouvrant en entier l'ab- 
domen. — Pattes courtes, très-comprimées, mais médiocrement larges; 
jambes munies d'un très-petit éperon à leur angle apical interne ; tarses 
courts, de cinq articles; le 1 er très petit. — Corps allongé, déprimé. 

On n'en connaît qu'une espèce, P. paussoides (1) de l'Afrique au- 
stral. 

LEB10DERUS. 

Westw. Trans. ofthe ent. Soc. II, p. 93. 

Menton soudé avec la base de la lôte, ayant ses angles très-saillants 
cl aigus, muni d'une petite dent médiane. — Languette grande, carrée, 
entière, atteignant l'extrémité du 2° article des palpes labiaux. — Palpps 
maxillaires grands, à 1 er article très-court, 2° très-développé, peu à 
peu élargi en dedans et terminé par un lobe interne aigu très-saillant, 
3-4 beaucoup plus petits, subégaux; le dernier subovale et obtus au 
bout. — Palpes labiaux insérés entre le menton et la languette ; leurs 
supports libres: leur l"' article très-court, le 2 e en massue, plus long 
et plus gros que le 3 e ; celui-ci oblongo-ovale. — Mâchoires, mandi- 
bules et labre inconnus. — Télé beaucoup plus étroite que le prolhorax, 
subtriangulaire, munie d'un col court en arrière, tronquée et sub- 
échancrée en avant, avec ses angles postérieurs prolongés en une saillie 
aiguë derrière les yeux. — Ceux-ci globuleux. — Antennes très-larges, 
de six articles ; le 1 er ovale, le 2° très-court et un peu moins transversal 
que les trois suivants qui sont perfoliès et munis chacun d'une épine en 
dehors; le G" très-grand, suborhiculaire, également épineux. — Pro- 
lhorax composé de deux portions : une antérieure, fortement trans- 
versale, aussi large que les élytres, foliacée et arrondie sur les côtés; 
une postérieure, subcylindrique, de moitié plus étroite que les élytres. — 
Celles-ci ayant leurs angles antérieurs fortement prolongés en avant, 
ne recouvrant pas loui-à-fait l'abdomen en arrière. — Pattes peu ro- 
bustes, comprimées; tarses fie quatre articles (2); les trois premiers 
égaux. — Dernier segment abdominal acutniné à son extrémité. — 
Corps assez large. 

Genre singulier, remarquable par la forme extraordinaire de son pro- 
thorax, la saillie que. forment les angles humeraux de ses élytres qui 
circonscrivent une profonde échancrure , etc. Il ne comprend qu'une 
espèce de Java (3). 

(1) Westw. Trans. of IheLinn. Soc.XVl, pi. 33, f. 1-14. 

(2) Suivant M. Westwood, quand on regarde les tarses sous un certain aspect, 
en aperçoit à leui base un cinquième article très-petit. 

(3) L. Goryi. M. Westwood a figuré deux fois cet insecte, d'après deux exem- 



PAB3SIDES. l'( 

PLATYRHOPALUS. 
Wesiw. tram, of the Linn. Soc. XVI, p. 654. 

Menton très-court, lobé dans son milieu; ses angles antérieurs tres- 
saillants et aigus. — Languette presque carrée, entière, avec ses 
angles antérieurs arrondis. — Mâchoires petites; leur lobe plus ou 
moins large, terminé brusquement par un crochet très-arqué et très- 
aigu, parfois précédé d'une dent ; muni sur sa tranche dorsale d'un ap- 
pendice slyliforme. — Palpes labiaux insérés devant la languette (I), 
à 1 er article court et gros, 2-3 subégaux, le dernier conique ; les maxil- 
laires à 1 or article court, 2 e très-grand, ayant son angle npical interne 
prolongé en une forte saillie, 3 e subquadrangulairc, 4° plus grêle, suli- 
ovalairc. — Mandibules très-grélcs, crochues, terminées en pointe très- 
aiguë, uni- ou bidentées en dedans, munie à leur base interne d'un 
grand lobe membraneux, arrondi et cilié. — Labre demi-circulaire. — 
Télé subtriangulaire , plus étroite que le prolhorax, munie d'un col 
court en arrière. — Yeux gros et saillants. — Antennes grandes, de 
deux articles : le 1 er petit, comprimé; le 2" très-grand, ovale ou sub- 
orbiculaire, comprimé, tranchant sur ses bords, incise ou unidcnlé en 
dehors près de sa base, , parfois pluridenté. — Prolhorax plane, plus 
ou moins rétréci en arrière, avec ses cotes antérieurs arrondis. — Êly- 
tres laissant l'extrémité de l'abdomen à découvert , conjointement 
échanerces en avant. — Pattes courtes, assez larges, comprimées ; angle 
apical externe des jambes aigu, l'interne armé de deux éperons; tarses 
courts, de S articles; le 4° plus petit que les autres.— Corps assez large, 
déprimé. 

Ce genre est propre jusqu'ici aux Indes orientales et composé de huit 
espèces (2). 

plaires différents; d'abord dans les Trans. of the ent. Soc. II, pi. IX, f. 8, puis 
dans ses Arcan. ent. pi. 58, f. 3. Ces figures sont différentes sur deux points. 
Dans la première, il existe deux gros tubercules arrondis à la base de la por- 
tion dilatée du flrothorax, et les élytres s'arrondissent obliquement il leur ex- 
trémité; on ne voit rien de pareil dans la seconde. Si ce ne sont pas des carac- 
tères sexuels, le genre comprendrait deux espèces. 

(1) Us le sont sur une pièce cornée qui revêt la languette à sa base en avant, 
et que M. Westwood regarde comme produite par la soudure et la fusion do 
leurs supports ordinaires. 

(2) Paussus denticornis, Donov. Ins. of India, n° 1, Tab. 5, f. 1. — Plat. 
Westwoodii Saunderg, Trans. of the ent. Soc. II, p. 81, pi. X, f. 5. — PL an- 
gtislus, aculidens, nnicotor (denticurnis Illig. Scbœnh. Dalman), suturalis, 
MHlii, itpluslrifer, Westw. Arcan. ent. II, p. 77 et 161. Ces deux dernières es- 
pèces s'éloignent considérablement des autres : le Mellii, par ses antennes lau- 



14 nussiDEs. 



PAUSSUS. 
Linné, Dits, bigas insect. sist. Upsal. 1775. 

Menton soudé avec la base de la tète ; ses angles antérieurs pro- 
longés chacun en une dent plus ou moins aiguë. — Languette fermant 
la cavité buccale en dessous, cornée, carrée, tantôt plane, tantôt ca- 
rénée dans son milieu, entière, avec ses angles arrondis et un peu sail- 
lants. — Lobe des mâchoires très-petit, corné, plus ou moins large à 
sa base, puis atténué, fortement arqué et terminé par deux dents aiguës. 

— Palpes labiaux insérés au devant de la languette ; leurs supports 
tantôt libres, tantôt soudés ensemble ; leurs deux premiers articles très- 
courts, le dernier grand, oblong, cylindrique ou subulé; les maxillaires 
à l»r article très-petit, 2 e très-grand, souvent prolongé à son angle api- 
cal interne , 3-4 courts, !e dernier subovale ou obeonique. — Mandi- 
bules petites, élargies à leur base, arquées, aiguës, munies en dedans 
d'une dent médiane et à la base d'une membrane coriace de forme 
carrée. — Labre transversal, avec ses angles arrondis. — Tête mé- 
diocre, un peu plus étroite que le prothorax, munies d'un col en arrière. 

— Yeux arrondis , assez saillants. — Antennes de deux articles, tous 
deux de forme variable, le 2° très-grand, le plfls souvent en forme de 
bateau renversé. — Prothorax plus long que large, plus étroit à sa base 
que les élylrcs, divisé en deux portions plus ou moins distinctes, l'une 
antérieure plus large, la postérieure subcylindrique. — Elytres laissant 
l'extrémité de l'abdomen à découvert. — Pattes courtes, comprimées, 
en général médiocrement larges ; les quatre jambes postérieures le plus 
souvent munies de deux éperons à leur angle apical interne ; tarses 
courts, de cinq articles; le 1 er en général très-petit. 

Genre plus riche en espèces que tous ceux de la famille pris ensem- 
ble, et qui ne peut être confondu qu'avec les Plaiyhuopalis, dont il se 
distingue aisément par ses organes buccaux, son prothorax, ses tarses, etc. 
Dans la plupart des cas, l'article terminal des antennes affecte les 
formes les plus extraordinaires et dont rien n'approche dans le reste de 
la famille. Les espèces aujourd'hui connues, au nombre de 5ï, sont 
propres aux Indes orientales et à l'Afrique, sauf une seule découverte, 
il y a quelques années, dans la Turquie d'Europe. M. Westwood les di- 
vise en deux sections : la première comprenant celles dont les deux di- 
visions du prothorax sont fortement indiquées, avec l'antérieure plus 

céolées, ses élytres non ochancrées à la base, et ses pattes très-larges ; Yoplits- 
trifer, par sus antennes bi-épinéuses en dehors, son prothorax fortement 
echancré aux angles postérieurs, et ses pattes. M. Westwood, néanmoins, n'a 
pas jugé ces caractères suffisants pour les séparer du genre actuel, 



PACSSIDES. 15 

on moins relevée (I); la seconde celles chez lesquelles le prolhorax est 
presqne sans divisions (a). 

HYLOTfJRUS. 
Daui. Anal. ent. p. 103. 

Le Paussus bucephalus de Gyllenhal, insecte que personne n'a revu 
depuis que cet auteur l'a décrit et figuré (3), est le type et jusqu'ici l'u- 
nique espèce de ce genre. Dalman lui-même ne l'a établi que d'après 
les matériaux fournis par Gyllenhal, qui sont en effet très-suffisants, 
sauf pour les parties de la bouche qu'il a passées complètement sous 
silence. 

Tète grande, convexe, arrondie, engagée dans le prothorax, sans col 
en arrière ; front ayant entre les yeux et les antennes deux grandes 
excavations destinées à recevoir ces dernières au repos. *. Deux ocelles 
tuberculiformes, disposés transversalement sur la partie supérieure du 
front. — Yeux petits, oblongs, déprimés. — Antennes à peine plus lon- 

(1) Esp. africaines : P. microceplialus, Linn. loc. cit. — ruber, Thunb. Act. 

Holmiens. 1781, p. 170 Klugii, Burmeisieri, covhlcarius, Westw. Trans. 

of tlio ent Soc. II, p. 83. — f/ranulatus, cucullatus, Westw. Proceed. of the 
Linn. Soc. Juin 1849. — Laire'Mei, Westw. Arcan. ent. II, p. 184. — Par- 
rianus, Westw. Trans. of the ent. Soc. V, p. 29. — Ilumboldlii, Audouini, 
Dohrnii J Chevrolatii, Germari, Schaumii, Westw. ibid. Scr. 2, II, p. 88 sq. 

— excavatus, Westw. Linn. Trans. XVI, p. G37.— Esp. asiatiques : P. Fhhtelii, 
thoracicuSj pilicornis, Donov. Ins. of lndia, pi. 4 et 5. — Jottsselinii, Guér.- 
Méncv. Rev. zool. 1838, p. 20. — rufttursis, Westw. Linn. Trans. XVI, p. C3S. 

— tibialis, fulvus, Stevensianus, Westw. ibkl. XIX, p. 47.— sinicus, hystrix, 
Bowringii, poUtus, Westw. Proceed. of the Linn. Soc. Juin 1849. — Boysii, 
denticulalus, Westw. Arcan. ent. II, p. 177. — naueeras, pMoiophorus, Benson 
in Mac-Clelland's Journ. 1845. — Esp. européenne : P. lurcints. Frisvalsk. Act. 
Hungar. II, pi. G, f. 5. — Patrie inconnue (Indes or.?) : P. linnei, Westw. 
Linn. Trans. XVI, p. 634. 

(2) Esp. africaines : P. spheerocerus, Afzel. Linn. Trans. IV, p. 270. — li- 
neatus, Thunb. Act. Holmiens. 1781, p. 171. — curvicomis, Chevrol. in Sil- 
berm. Rev. ent. IV, p. 263. — armahis, dentifrons, lœvifrons, affinis, Westw. 
Linn. Trans. XVI, p. 661. — spinkoxis, cultratus, sclosus, Westw. Proceed, of 
the Linn. Soc. Juin 1849. — cilipes, SAwcWdii, "Westw. Arcan. ent. II, p. 185 
et 187. — œthiops, Blanch. Règne anim. illustr. Ins. pi. 61, f. 8. — vertica- 
lis, Reiche in Galin. Voy. en Abyssin. Zool. p. 390. — Favierij L. Fairm. Ann. 
d. 1. Soc. ent. série 2, X, p. 76; retrouvé dans le midi de l'Espagne par M. Ro- 
senhauer. — Esp. indiennes : P. llurdwickiij Westw. Linn. Trans. XVI, p. 649. 

— Hcarseianus, Westw. Proceed. of the Linn. Soc. Avril 1852. — vugnalus, 
Saundwsiij Westw. Arcan. ent. II, p. 189 sq. 

(3) Sclxrnli. Syn. Ins. Append. p. 14, Tab. 6, f. 2 et 2 a. M. Westwood », 
copié ces deux ligures dans les Arcan. ent. II, pi. 58, f. i et ia. 



16 CAISSIDES. 

gucs que la tète, de trois articles (1), le 1er court, largement échancré, 
le 2 B globuleux, très-petit, le 3° très-grand, ovale, lancéolé , comprimé, 
convexe sur son bord postérieur, concave sur l'antérieur, avec son 
sommet aigu et dirigé en avant. — Prolhorax transversal , élargi en 
avant, embrassant la télé, impressionné transversalement en dessus un 
peu en arrière de son milieu. — Ecusson triangulaire. — Elytres à 
peine plus larges que le prolhorax, ne recouvrant pas en entier l'ab- 
domen. — Pattes courtes, robustes, très-comprimées ; tarses courts, de 
quatre articles apparents; les trois premiers très-courts, serrés et ciliés. 
— Corps assez long, subdéprimé et glabre. 

Cet insecte avait élé rapporté de Sicrra-Leone, par Afzelius. Il est 
en entier d'un fauve-testacé brillant. M. Mac-Lcay (2) a contesté qu'il 
appartienne à la famille actuelle; mais il ne peut y avoir le plus léger 
doute à cet égard. C'est seulement un type particulier dont on décou- 
vrira sans aucun doute quelque jour, d'autres espèces. M. Westwood 
l'a intercalé entre les Lebioderus et les Pbntaplatartuiujs; il me pa- 
rait, au contraire, devoir être placé lout-à-fait hors ligne. 

(1) Y compris ce petit article douteux placé entre le 1«» et le 2", et dont il 
a été question dans les généralités placées en tète do la famille. 

(2) 111. of the Zool. of South-Mrica, loc. cit. p. 72. 



FAMILLE VIL 



STAPHYLINIENS. 

Menton corné, presque toujours fortement transversal et entier. — 
Languette membraneuse, rarement cornée; ses paraglosses le plus sou- 
vent distinctes. — Lobes des mâchoires de forme clfde structure va- 
nablcs; l'externe souvent bi-arlicu!c. — Palpes maxillaires de quatre 
articles, le dernier fréquemment très-petit et aciculairc; les labiaux plus 
courts, ordinairement de trois articles. — Elylrcs en général pas plus 
longues que la poitrine, unies au repos par une suture droite et recou- 
vrant complètement les ailes inférieures. — Abdomen très-mobile, com- 
posé de six ou sept segments, tous cornés et libres. — Articles des 
tarses en nombre variable ; leurs crochets terminaux simples. 

Cette famille ne se rattache directement à aucune de celles qui pré- 
cèdent, et fait partie, avec plusieurs de celles qui suivent, notamment les 
Silphalcs cl les liistériens, d'un groupe considérable de Coléoptères 
dont les espèces, à part quelques exceptions, sont thalérophages, c'est- 
à-dire vivent de substances animales ou végétales décomposées. 

Elle est essentiellement et même exclusivement caractérisée par la 
brièveté des élytres combinée avec la structure de l'abdomen (i). On ne 
retrouve ces deux caractères associés ensemble que chez les Pséla- 
phiens; mais chez ceux-ci les segments abdominaux sont immobiles, et 

(1) La brièveté des élytres n'a qu'une médiocre importance a elle seule, car 
il y en a des exemples nombreux parmi les Coléoptères. Mais il est remarquable 
que ce soit seulement parmi les Clavicornes de LatreiUo qu'elles sont unies au 
repos par une suture droite, et recouvrent en entier les ailes inférieures. (Sil- 
plialcs, liistériens, Nitidulaires, etc.); partout, ailleurs, l'un ou l'autre de ces deux 
caractères l'ait défaut. Ainsi, chez les Hyi.ov.cetus, qui ont eus organesaussl courts 
•pie les Stapliyliniens, lus ailes inférieures ne se reploient pas sous eux. Chez 
les Meloe, ils sont à la fois déhiscents et imbriqués ; rbez les OKdéniérides et 
plusieurs Longicorncs, rétrécis et comme subulés en arrière; OU bien, s'ils se 
comportent comme dans la famille actuelle (Moioitcaus, Hesihesis), les ailes 
inférieures restent à découvert. 

Coléoptères. Touie II. l> 



18 STAPIIVLINTEKS. 

leur nombre n'est que de cinq en tout (i). Du reste, c'est là tout ce 
qui sépare rigoureusement les deux familles, qui sont par conséquent 
tres-voisincs.' Dans celle-ci tous les autres organes ne donnent que des 
caraclèrcs précaires et variables ; néanmoins leur élude est d'un grand 
intérêt, à commencer par la structure générale du corps. 

Il n'existe pcut-êlrc pas de Coléoptères où ses diverses parties soient 
aussi lâchement unies ensemble, et par suite, plus mobiles, disposition 
qui est l'extrême opposé de celle qui existe chez les Dyliscides, les 
Buprcslidcs, etc. Celle mobililé est en outre favorisée dans le plus 
grand nombre des espèces, par sa forme allongée cl linéaire; quelques 
Alcocharidrs , la plupart des OmjÉies et des Protcinidcs, sont seuls 
couris et larges. Il est rare (Osr^ps, Pjsdehus) qu'il no soit pas en 
même temps plus ou moins déprimé. 

La télé, de forme 1res- variable, est parfois enfoncée dans le prothorax 
jusqu'aux yeux; plus fréquemment encore clic est munie en arrière 
d'un col brusquement formé, et, dans un assez grand nombre de genres 
(Actalia, Falaguia, Stiliccs) , clic ne tient plus au prolhorax que 
par un court et grêle pédoncule en forme de nœud. 

Les yeux sont latéraux, petits ou médiocres et peu saillants ; les Stekos 
et les Meoalops font seuls exception à cet égard. Les slcmmalcs ou 
ocelles, qu'on a cru pendant assez longtemps étrangers aux Coléoptères, 
existent ici dans une iribu entière, celle des Omalides (â). Ils sont Irès- 
pclils et situés soit sur le front, au niveau du bord postérieur des yeux, 
soit sur ce bord même. 

Les antennes sont médiocres, très - exceptionnellement (Piestds) 
aussi longues que le corps , droites ou géniculécs, filiformes ou en 
massue, et il est assez rare qu'elles ne soient pas, au moins en partie, 
monililormcs. Leur insertion, qui joue un grand rôle dans la caractéris- 
tique des tribus, a lieu de trois manières diiïércnlcs : dans des excava- 
tions latérales du front, en avant des yeux (la plupart des espèces), sur 
le front même (Alèocharidcs, Sténidcs), sur le bord antérieur de l'cpis- 
tome (Slapbylinidcs). 

Plusieurs particularités intéressantes se remarquent dans la structure 
des organes buccaux. 

Ainsi le labre est souvent muni en avant d'une bordure membra- 
neuse ou d'appendices de même nature, près de ses angles antérieurs, 

(1) Ce dernier caractère n'existe même plus, rigoureusement parlant, depuis 
que M. J. L. Le Conte, ainsi qu'on le verra plus loin, a signalé l'existence ds 
six segments abdominaux chez les Euplectus, dont le faciès se rapproche en 
outre beaucoup de celui de quelques Oxytélides. Néanmoins, je ne pense pas 
que cette exception isolée suffise pour autoriser la réunion des deux familles; 
les exemples de ce genre abondent dans le Règne animal. 

(2) En dehors de cette tribu, il n'y a que deux espèces, le Trogojihlœus argus 
et le Phlœobium clypeatum, qui possède des stemmates, et encore cette dernière 
n'en a qu'un seul. 



STAPHYUMEHS. 19 

ou sur les côlés. Les Staphylinides sont presque les seuls qui l'aient 
bien développé, et ce sont les seuls chez lesquels il est divisé en deux 
lobes par une fissure médiane généralement très-étroite; chez les au- 
tres il est presque toujours fortement transversal et entier. 

Les deux lobes des mâchoires sont en général assez larges cl ciliés, 
l'interne en dedans, l'externe à son extrémité; la division de celui-ci 
en deux articles est souvent fort obscure ; l'interne est parfois .(Omalides) 
terminé par un crochet corné. Dans quelques genres d'Aléocharidcs 
(PiioisojiAïA, Gymndsa, Myllaka ) les deux lobes sont très -longs, 
très-grêles et l'interne est crochu à son extrémité et pluridenté au côté 
interne. Les quatre articles dont se composent les palpes maxillaires 
sont en général bien distincts, et il est de règle que le premier soit très- 
court; très- souvent le dernier est très-petit et aciculaire. Chez les Slé- 
nides même il est tellement réduit qu'on le distingue à peine ; mais ici 
le premier s'allonge, comme par une sorte de compensation. 

Quant à la lèvre inférieure, son organisation est de nature à jeter un 
grand jour sur la composition de cet appareil dans les Coléoptères en 
général. On y distingue en effet quatre parties : le menton, qui est gé- 
néralement corné et très-court; une seconde presque toujours plus 
grande que le menton et qui est membraneuse ou coriace (l); la troi- 
sième de même nature, mais plus petite, assez souvent peu appareille, 
cl qui sert de base aux supports des palpes labiaux ; enfin, la languette 
proprement dite, qui varie beaucoup ainsi que ses paraglosses (1). Les 
palpes labiaux sont toujours plus courts que les maxillaires, et il y a 
quelques exceptions au nombre normal de leurs articles; ainsi ceux des 
Alkocuaba en comptent quatre; ceux des Autalia, Ecryusa, etc., 
deux seulement; ceux des Diglossa, Silusa, M ylla;na , etc., un 
seul. 

Le prothorax très-mobile et de forme très-variable, n'est jamais 
exactement contigu aux élytres ; il en est séparé par un intervalle ou, 
ce qui est beaucoup plus commun , il recouvre un peu leur base qui 
présente même habituellement une dépression pour le recevoir. En 
dessous, sa base est toujours coupée carrément, de sorte qu'il n'y a 

(1) C'est cette partie que Fabrieius a prise pour la languette dans la famille 
«ctuelle. Solicr, qui a figuré les organes buccaux d'un assez grand nombre do 
Staphyliniens du Chili (in Gay, Hist. de Cbile, Coleopt. PI. 5, 6, 7), l'a regardée 
comme faisant partie du menton, et la comprend dans la description qu'il donno 
de ce dernier. 

(2) Il est probable que telle est la composition de la lèvre inférieure rber 
tous les insectes broyeurs en général, comme le dit Erirhson (Staphyl. p. 10)01 
mais, pour ce qui concerne les Coléoptères, Il y a une foule do familles où il 
est impossible de reconnaître les quatre parties signalées dans le texte. Les deux 
intermédiaires so confondent sans doute intimement avec la languette. Des re- 
cherches suivie», faites sur des individus vivants, jetteraient du jour sur cetU 
question, et il sentit à désirer qu'elle* lussent entreprises. 



20 STAPHYLItUElW. 

pas de saillie prosternale. Souvent en outre, un espace membraneux 
existe, soit uniquement entre les hanches antérieures, soit en arrière de 
ces organes. Il y a même bon nombre d'espèces (la plupart des Staphy- 
linides et en particulier Agrodes), où cet espace envahit une parlie 
notable de sa surface inférieure. 

Sauf chez la plupart des Sténides et des Oxylélides, il existe un 
écusson entre les élylrcs. Celles-ci, prises ensemble, forment un carré 
long qui, en général, ne dépasse pas la poitrine en arrière; mais dans 
deux tribus, les Omalidcs et les Protèinidcs, ces organes s'allongent et 
recouvrent une plus ou moins grands partie de l'abdomen, sans qu'il 
soit souvent possible, par suite du retrait variable qu'éprouve ce dernier 
après la mort, de préciser exactement le nombre des segments ainsi 
cachés. 

L'abdomen est la partie la plus mobile du corps, et les Staphylinicns 
le meuvent avec facilité dans tous les sens, surtout en dessus. Tous 
s'en servent pour refouler leurs ailes inférieures sous les éljtrcs quand 
ils cessent de voler ; la plupart relèvent son extrémité en marchant ; il 
en est même (Gyhoph/ena) qui le portent habituellement renversé sur 
le prothorax ; cependant plusieurs (Tacuypokus, Mycetopokis) le main- 
tiennent dans une position horizontale ou le recourbent même en des- 
sous. Le nombre normal de ses segments est de six ; le septième n'est pas 
constant et souvent est rétraclile à la volonté de l'animal , ou propre 
aux mâles ('). C'est dans ce segment ou dans le sixième, parfois dans 
tous deux, que s'observent les caractères sexuels dans la plupart des 
espèces. Deux stylets latéraux velus, qu'on aperçoit dans beaucoup 
d'entre elles, appartiennent aux organes externes de la génération. 
Indépendamment des segments dont il vient d'être question, il existe 
constamment à la base de l'abdomen en dessus, immédiatement en ar- 
rière du métathorax, un demi-segment, généralement très court, re- 
couvert par les élvtrcs, portant une paire de stigmates, et dont on n'a- 
perçoit aucune trace en dessous. La région dorsale compte parconséquent 
un anneau de plus que la région ventrale (S). A l'imitation d Erichson, 

(1) M. Scliiœdtc (Ccrmar, Zcitschr. V, p. 476) a émis l'opinion qu'il ne fallait 
-pas tenir compte tic ce segment, par la double raison qu'il est rétraetlle et qu'il 
tst spécialement destine à protéger le cloaque. Ce savant entomologiste couvient 
néanmoins que co n'C6t au fond qu'un segment qui a 0t6 modifie dans ce but. 
Je crois, avec Ericlison {Arcb. 1816, II, p. 30), que puisque c'est un segment, 
il n'y a aucune raison pour ne pas le compter quand il est visible. Au reste, 
cette question, qui se rattache à cullc pins générale de la segmentation du corps 

#chrz les Articulés, est plutôt du ressort de l'anatoinie que de la zoologie sys- 
tématique, qui se borne à constater l'existence et les modifications des organes, 
sans avoir à s'occuper de leur origine et de leur signification. 

(2) Ce demi-segment dorsal n'est pas particulier à la famille actuelle ; mais 
on ne peut le voir chez les autres Coléoptères, dont l'abdomen est membraneux 
eu dessus et recouvert par les ùlytres. Je l'ai retrouvé chez quelques Psélapbiens, 



STAPHYL1NIKN8. 21 

on a coutume de passer ce demi-segment sons silence et je me confor- 
merai à cet usage. 

Les pattes des Staphyliniens sont en général médiocres et peu diffé- 
rentes sous le rapport de leur longueur relative. Les hanches anté- 
rieures sont le plus souvent coniques ou irrégulièrement quadrangu- 
laircs, très-saillantes et dirigées en arrière ( 1 ). Celles des Pieslidcs sont 
petites , globuleuses et enfoncées dans leurs cavités cotyloïdes. Une 
troisième et dernière forme s'observe chez les Protéinidcs, où elles sont 
subcylindriques, et transversalement obliques. Les intermédiaires, co- 
niques ou subcylindriques, sont couchées sur la poitrine, dans l'axe du 
corps ou un peu obliquement. Les postérieures sont le plus souvent cylin- 
driques ou lamelliformes et transversales; dans quelques tribus (Sla- 
phylinides, Pédèrides, etc.), elles affectent la forme de cônes courts et 
oblus. Les troihanters postérieurs, sans être aussi gros et aussi libres 
que chez les Carabiques, le sont plus que dans les autres Coléoptères (2). 
Les cuisses sont presque toujours simples et mutiques, les jambes assez 
souvent épineuses, ou sur la plus grande partie de leur surface (Sta- 
phylinidcs), ou sur leur tranche externe seulement (la plupart des 
Oxylélidcs, quelques Omalidcs, etc.). Leurs éperons terminaux sont 
assez rarement bien développés, et dans ce cas, toujours inégaux. 

Quant aux tarses, celte famille fournit l'objection la plus forte qu'on 
puisse élever contre le système tarsal. A côté de la majorité des genres 
qui sont pentamères, il s'en trouve plus de quinze parmi les Alèocha- 
rides seulement, qui sont hétéromères, mais des héléromères ren-. 
versés, comme l'a dit Erichson, c'est-à-dire, qui ont quatre articles aux 
tarses antérieurs et cinq aux quatre postérieurs; plusieurs autres, 
parmi les mêmes Aléocharklcs, les Tacliyporides et les Sténides, sont 
tétramères; enlin tous les Oxytétidcs vrais et une partie des Protéinidcs 

dont l'abdomen est dans les mêmes conditions que celui des Staphyliniens. 
Erichson (toc. cit.) me parait avoir très-bien expliqué son origine. Le nomhro 
typique des segments abdominaux est de neuf chez les larves des Coléoptères, 
comme dans celles des autres insectes à métamorphose complète, et cependant 
on n'en retrouve, au maximum, que sept dans l'abdomen de ces insectes a l'état 
parfait; il en manque par conséquent deux qu'il s'agit de retrouver. Le plu» 
postérieur est celui dont il est question en ce moment, l'autre forme une partie 
de la région dorsale, du métathorax. Tous deux portent des stigmates, par la 
raison que les deux premiers segments abdominaux des larves qu'ils représen- 
tent sont pourvus de ces organes. 

(t) 11 faut souvent les enlever pour apercevoir l'espace membraneux men- 
tionné plus haut, ou les stigmates prothoraciques dont il sera question plus 
loin. 

(2) Erichson les a fait entrer dans la caractéristique des tribus, en les appe- 
lant fukranteSj quand ils sont assez saillants, et simplices dans le cas contrairo. 
Mais la différence entre ces deux formes est presque nulle et échappo le plu» 
■ouvent a l'observation. Je n'ai pas cru devoir faire usage de ce caractère. 



22 sTAMiYUi»re!H. 

sont (rimcres. Mais jamais il n*y a sous ce rapport de différences entra 
les sexes, comme cela se voit dans d'autres familles, par exemple celles 
des Mycélophagidcs et des Malachiidcs. Il n'est pas rare que les tarses 
aniéricurs soient dilatés soit chez les mâles seulement, soit dans les deux 
sexes; dans quelques Staphylinidcs ils le sont au point de former une 
grande palette. Le pénultième article est parfois (P.ederus, beaucoup 
de Sténos) bilobé. 

La poitrine est à l'état normal, c'est-à-dire formée presque en tota- 
lité par le métasternum. Il est assez convexe dans les espèces qui ne 
sont pas fortement déprimées, et envoie une saillie plus ou moins lon- 
gue entre les hanches intermédiaires. Les épimères de ses parapleures 
sont très-grandes, mais placées au côté externe des épisternuras le long 
desquels elles remontent sous la forme de triangles très-allongés. Elles 
sont toujours recouvertes en grande partie par les bords latéraux des 
élytres. Le mésoslcrnum est une simple lame appliquée contre la face 
antérieure du métasternum. 

Erichson a tiré un parti très-heureux des stigmates prolhoraci- 
ques (i), pour la classificalion de ces insectes. Ces organes sont situés 
immédiatement en arrière et près du bord externe des hanches anté- 
rieures, transversalement allongés , et affectent trois dispositions diffé- 
rcnles. Tantôt ils sont complètement à découvert (Aléocharidcs, Ta- 
chyporides , la plupart des Staphylinidcs), et entourés (Tachyporides, 
les Slaphylinides indiqués), ou non (Aléocharides), d'un péritrème 
corne ; tantôt (le reste des Slaphylinides) ils sont recouverts par une pe- 
tite plaque cornée, libre, triangulaire, qui pourrait bien n'être que le 
péritrème en question Irès-dèvcloppé; tantôt enfin (les autres espèces) 
entièrement cachés parles épimères du prolhorax. 

A l'état parfait, les Slaphyliniens recherchent particulièrement les 
substances putrides animales et végétales. Plusieurs cependant, notam- 
ment ceux qui vivent sur les fleurs ou dans les champignons, paraissent 
être carnivores, les premiers faisant la chasse aux petits insectes, les 
autres dévorant les larves qui abondent dans les cryptogames en ques- 
tion. Ces insectes ont des stations très-variées, et qui n'ont rien de fixe 
pour la plupart des espèces. On les trouve dans les cadavres, le fumier, 
les bouses à demi desséchées, sous les feuilles tombées, les mousses, 
lesécorecs; plusieurs sont littoraux ; enfin, un assez grand nombre vi- 
vent habituellement en société avec plusieurs espèces de fourmis (2). 

(1) Outre cotte paire de stigmates, il y en a neuf autres, dont deux appar- 
tiennent au mésothorax et au métathorax, et sont cachées par les Clytres. 
Les sent autres sont affectées à l'abdomen ; la première est placée sur le demi- 
segment dorsal dont il a été question plus haut, et ne peut pas non plus se 
voir sans soulever les élytres; les six dernières sont placées près des bords la- 
téraux de l'abdomen en dessus. Elles sont très-petites et à peine visibles à l'œil 
nu. 

(2) Pour ces espècesjnyrmccophiles, voyez le mémoire de M. Maerkel, intl- 



stafhtlikieik. 23 

leur démarche est assez agile et ils prennent leur vol assez fréquem- 
ment, mais le prolongent peu. Les grandes espèces, quand on les in- 
quiète, font sortir de leur cloaque deux vésicules blanchâtres, ovoïdes, 
qui exhalent une odeur pénétrante su» qeneris(\). Dans nos climats ces 
insectes ne présentent, à l'exception des Pjîoerus, qu'une livrée uni- 
forme, noire, brunâtre, testacée ou^leue ; mais les espèces des pays 
chauds ne le cèdent souvent en rien, sous ce rapport, aux Coléoptères 
que la nature s'est plu à parer de brillantes couleurs. 

Les larves des Staphylinicns, dont on ne connaît encore qu'un nom- 
bre limite, ont des habitudes pareilles à celles des insectes parfaits, et 
leurs caractères généraux sont les suivants (2) : 

Elles se rapprochent plus des insectes parfaits que celles de la plu- 
part des autres Coléoptères. Leur corps, composé de treize segments, 
comme de coutume, est allongé, plus ou moins déprimé, linéaire ou un 
peu rétréci en arrière. La tcle, cornée et horizontale, a presque la 
forme qu'elle aura plus tard, et porte des antennes de quatre à cinq 
articles, et de six à un ocelles de chaque côté. La cavité buccale est 
fort petite et semble ne pouvoir admettre que des aliments fluides. Les 
organes buccaux sont néanmoins au complet et se composent : d'un 
labre sujet à manquer; deux mandibules plus ou moins longues, falcl- 
formes, dentées en dedans ou bifides à leur extrémité (r>) ; (Jeux mâ- 
choires éloignées de la languette, terminées par un seul lobe cl portant 
des palpes de trois à quatre arlichs ; une lèvre inférieure consistant en 
un menton corné, une pièce intermédiaire portant des palpes de trois 
articles, et une petite languette. Les segments thoraciques cl abdomi- 
naux portent, les premiers en dessus seulement, les seconds en dessus 
et en dessous, des écussons cornés. Le neuvième ou dernier de l'abdo- 
men est muni de deux appendices styliformes plus ou moins longs et 
composés de deux à quatre articles. Un prolongement anal très-saillant, 
tubulcux, incline et qui sert à la progression, termine le Corps. Les 
pattes sont courtes et composées de cinq pièces do il la dernière , qui 
représente le tarse, porte un seul crochet. Il y a neuf paires de slig- 

tulé : « Beitrage zur Kenntniss der unter Ameisen lebenden Insekten, » dans 
Germai-, ZeHschr. V, p. 193. 

'1) Pour quelques détails sur ces vésicules, voyez L. Dufour, Aun. d. Se. nat. 
VM, p. 16. 

ft) Ericlison a donné deux fois (Staphyl. p. 15, et Arcliiv. 1841,1, p. 78) les 
caractères généraux de ces larves, mais en les empruntant exclusivement à celle» 
des Staniylinus et des Ocvpus, les mieux connues de toutes, de sorte qu'ils ne 
•'•appliquent pas exactement à tontes les espèces actuellement connues. MM. Clia- 
puis et Candèze (M6m. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, Ylll, p. ??5) les ont aussi 
exposés brièvement. 

(3) Ericlispn avait cru d'abord (Stapliyl. loc. cit.) qu'elles étaient percées 
d'une ouverture près de leur extrémité, comme celle des Dytiscidcs; depuis 
(Arcliiv. loc. cit.), il a rectifié cette erreur. 



■-'* STAPIIYI.lNir.N3. 

maies, dont une siluéc sur la membrane qui unit le prothorax au me- 
sothorax ; les autres le sont sur les huit premiers segments abdominaux 
près de leurs bords latéraux supérieurs. 

Ces larves, qui ont beaucoup d'analogie avec celles des Carabiques, 
des Dytiscidcs, des Silphales et des Uistériens, se rencontrent princi- 
palement en automne et au printemps. Les nymphes n'offrent rien de 
particulier. 

Si l'on en jugeait par les collections et les auteurs, l'Europe, à elle 
seule, posséderait plus d'espèces de celte famille que tout le reste du 
globe, et celle-ci serait faiblement représentée dans les régions inler- 
tropicales. Mais la petitesse, les couleurs peu attrayantes et les mœurs 
de la plupart de ces insectes expliquent suffisamment celte dispropor- 
tion apparente dans leur distribution géographique. Quand ils seront 
moins négligés par les voyageurs, elle se renversera probablement en 
faveur des espèces exotiques. Il y en a en ce moment près de 2,000 de 
décrites (I), et tout annonce que ce groupe deviendra un des plus con- 
sidérables de l'ordre des Coléoptères. 

Linné avait compris les vingt- quatre espèces qu'il connaissait dans 
«on genre Staphylinds, en leur adjoignant deux autres espèces appar- 
tenant à des familles différentes (2). (iravenhorst le premier, dans deux 
ouvrages remarquables (3), essaya de mieux circonscrire leurs genres 
et en créa un grand nombre de nouveaux ; il donna en même temps à 
ces insectes le nom de Microptèrcs, que Lalreille changea plus lard en 
celui de Brachélytres (4). MM. de Mannerhcim (s) et Nordmann (G) 
sont ensuite les auteurs qui ont le plus contribué à perfectionner la clas- 
sification de la famille. Mais tous ces travaux ont été éclipsés par la Mo- 
nographie qu'Erichson (7) a publiée, et qui est un modèle sous tous les 

(1) La Monographie d'Erichson en contient 1,546. 

(2) Sou Staphylinus stinguineus est un Psélaphien, le cantharellus un Mala- 
chius. 

(3) Microptera Brunswicensia; in-8°, Brunsvigiaï, 1802. — Monographja Co- 
leopterorum micropterorum; in-8°, Gottingae, 180G. 

(4) Fam. natur. p. 243 (1825). Dans tous ses ouvrages antérieurs, sans excep- 
tion, Latreille leur avait donné le nom de Slaphyliniens. 

(5) « Précis d'un nouvel arrangement de la famille des Brachélytres, » dan9 
les Mém. présentés à l'Acad. de S'-Pétersb. I, 1830. Je cite, comme l'a Êit 
Erichson, le tirage à part. 

(6) «Symbolaiad Monographiam Staphylinonim, » dans les Mém. d. l'Acad. 
d. S'-PétiTsh. Mém. d. savants étrang. IV, 1836. L'auteur ne s'est occupé que 
de la tribu des Staphylinides, qu'il appelle Fissilabres, avec Latreille. 

(7) Gênera et Species Staphylinorum; in-8°, Berolini, 1840. Erichson avait 
posé les fondements de sa méthodo dans ses Kitf. d. Mark Brand. Bd. I. 

Depuis cet ouvrage, qui a donné une vive impulsion à l'étude de ces insectes, 
il a paru sur eux une foule do notices ; la plus importante me parait être celle 
de M. Kiesenwetter, intitulée : « Die Staphylinen-Fauna von Leipzig umgegend.» 



STAPnTUNIENS. 25 

rapports. Les onze tribus dans lesquelles il a réparti ces insectes, sont 
très-naturelles et universellement adoptées. Je n'y ai apporté aucun 
changement et me suis contenté d'y intercaler les genres qui ont été 
créés depuis (1). 

I. Stigmates prothoraciques visibles, rarement recouverts par 

une plaque cornée libre. 

Antennes insérées au bord interne des yeux. Alêocharides. 

sous les bords latéraux du front. Tachypomdes. 

sur le bord antérieur de l'épistome. Staphylimdes. 

II. Stigmates prothoraciques cachés par les épimères du pro- 

thorax. 

A Hanches postérieures coniques. 

a Un espace membraneux entre les hanches anté- 
rieures. Pedéride». 
aa Protliorax entièrement corné en dessous. 

Antennes insérées sous les bords latéraux du front. Pinophilidm. 

sur le front. Sténidïs. 

B Hanches postérieures transversales. 

b Les antérieures globuleuses, non saillantes. Piestide». 
°& — coniques, saillantes. 

c Point d'ocelles. 

Abdomen de sept segments. Oxïtélides. 

— de six — Phloeocharides. 

ec Deux ocelles sur le front. Omalides. 

646 Hanches antérieures subcylindriques, couchées 

transversalement. Pkotéinides. 

Stettin. cnt. Zeit. 1844, p. 307, 340 et 370. —M. Westwood (Trans. of the ent. 
Soc. IV, p. 45) a également publié un travail intéressant sur les espèces de la 
collection de Linné, qui est, comme on sait, la propriété de la Société linnéenne 
de Londres. 

(1) J'ai été obligé de rejeter à la (in de la famille, sous forme do supplément, 
un assez grand nombre de genres établis par Solier sur des espèces du Chili, et 
que je n'ai pu, par suite des caractères incomplets qu'il leur a assignés, faire 
rentrer dans le cadre tracé par Erichson. 

Quelques autres, fondés, ou plutôt indiqués par M. De Motschoulsky (Bull. 
Mosc. 1845, 1, p. 39 sq.), sous les noms de ZoMWTttDS, Rhygmaceiu, Raïacheila 
et Platygonium, rentrent dans la catégorie de ceux dont je n'ai pas à m'occupor. 



26 STAPHYLINIBKÏ. 

TRIBU I. 
ALÉOCHARIDES. 

Stigmates prolhoraciques visibles. — Antennes insérées sur le front 
au bord interne des yeux. — Labre entier, sans bordure membraneuse. 
— Dernier article des palpes maxillaires très-petit, aciculaire. — Point 
d'ocelles. — Elytres laissant en entier l'abdomen j découvert. —Celui- 
ci rebordé latéralement; son septième segment le plus souvent indis- 
tinct. — Hanches antérieures coniques, les postérieures transversales; 
articles des tarses en nombre variable. — Un espace membraneux 
au prothorax en dessous. 

Cette tribu formée en grande partie de l'ancien genre Aleochaiia de 
Gravenhorst, est de toutes celles de la famille la plus difficile à étudier. 
C'est en même temps celle où les mâchoires (I), le nombre des articles 
des palpes labiaux et celui des tarses sont le plus variables. 

Les plus grands de ces insectes sont à peine de taille moyenne, et les 
couleurs autres que le noir, le brun de poix ou le testacé leur sont corn- 
ptètement étrangères. Leurs habitudes sont assez variées, et il est 
assez remarquable que c'est parmi eux que se trouvent la majeure 
partie des Slaphyliniens myrmécophiles. 

Ce qu'on sait de leurs premiers états se borne à très-peu de chose. 
M. Weslwood (s) a figuré et trop brièvement décrit une larve qu'il re- 
garde comme étant celle de YAlcochara fuscipes, et Erichson (r.) a 
donné quelques courts détails sur celle d'une espèce indéterminée 
d'HoMALOTA, trouvée par lui sous l'écorcc d'un pin. A part quelques 
légères différences, elle est complètement semblable à celle des Staphy- 
linides. 

Les 27 genres qui composent la tribu ont tous des représentant» en 
Europe. 

I. Tète tenant au prothorax par un pédoncule grêle : Autalia, Falagria. 

II. — engagée dans le prothorax avec ou sans col. 

A Palpes labiaux de trois, tres-rarement de quatre articles. 

a Angles postérieurs du prothorax non saillants ou nuls, 
4 Palpes labiaux de trois articles. 

v *l) La forme la plus ordinaire qu'affectent ces organes est celle qu'on obserce 
chez lis HosiAi.ovA, et comme ce genre est le plus nombreux de hUribn, j'ai 
cru devoir, pour plus de brièveté, le prendre pour terme de comparaison. 

(2) An lntiod. to tbe mod. classif. of 1ns. I. p. 166, f. 16, n» 13; et anté- 
rieurement dans le Zoul. Journ. n » 9 et 12. 

(3) Arch. 1841, I, p. 80. 



AlÉOCHABIDES. 27 

e Tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles. 

Jambes inermes : Myrmcdonia, Bolitocharn, Tachyusa, Homalota, 

Semiris. 
Jambes épineuses : Phytosus. 
ec Tarses de cinq articles : Oxypoda, Ocalea, Calodera, ilicrocera, 

Phlœopora. 
ecc Tarses de quatre articles : Hygronoma, Oligota. 
bb Palpes labiaux de quatre articles : Aleochara. 
aa Angles postérieurs du prothorax très-saillants : Dinarda, Lomé- 
chusa. 
B Palpes labiaux de deux articles; tarses an ter. de quatre, les autres de^inq 

articles : Euryusa, Gyrophœna, Pcliusa, Placusa. 
C Les mêmes palpes, d'un seul article long et sétacé (1). 
d Jambes non épineuses. 

Tarses antér. de quatre, les autres de cinq articles : Silusa, Pro? 

nomma, Myllœna. 
Tarses de quatre articles : Diglossa. 
dd Jambes épineuses; tarses de cinq articles: Gymnuta. 

AUTALIA. 

(tiE/icn) Lacoiid. Faune cnt. d. env. d. Paris, I, p. 557. 

Menton allongé, rétréci et profondément échancré en avant; ses 
lobes arrondis. — Languette très grêle, allongée , quadrifide au bout, 
les deux divisions externes plus grandes que les internes et diver- 
gentes; ses paraglosses très-courtes, ciliées. — Palpes labiaux de deux 
articles subégaux : le 1 er cylindrique, le 2° un peu épaissi au bout ; les 
maxillaires médiocres ; leurs articles 2-3 égaux. — Mâchoires des Ho- 
malota. — Mandibules inermes. — Labre assez grand , arrondi en 
avant. — Tête suborbirnlairc, tenant au prothorax par un col court et 
très-élroil. — Yeux médiocres, peu saillants. — Antennes médiocre- 
ment robustes et longues, de onze articles : le 2° et le 3' obeoniques ; 
les suivants transversaux, serrés. — Prothorax beaucoup plus étroit que 
les élytres, ayant ses angles antérieurs arrondis, tronqué à sa base. — 
Elytrcs assez grandes; leurs angles externes apicaux arrondis. — Ab- 
domen linéaire. — Pâlies médiocres; les intermédiaires peu écartées 
à leur base; tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; 
leurs quatre premiers articles subégaux. — Corps allongé, linéaire, 
ailé. 

On n'en connaît que deux espèces, assez communes dans la plus 
(1) Quelquefois (Silusa) on y aperçoit un vestige de division en trois articles. 



28 STUM1V1.IMF.NS. 

grande partie de l'Europe, dont l'une (impressa) vit dans les bolets, et 
l'autre {rivtilaris) sous les pierres, dans les bouses à demi-desséchées, 
et quelquefois dans les nids des Formica rufa et fuliginosa. Leur 
faciès est presque le même que celui des Faiagiua qui suivent. 

FALAGRIA. 

(Leacii) Lacord. Faune ont. d. env. d. Paris, 1, p. 555. 

Menton transversal , légèrement cchancré en avant. — Languette 
courte, étroite, bifide en avant; ses paraglosscs très-pelites, acuminées 
ajj btut cl ciliées cri dedans. — Palpes labiaux de trois articles ; le 2° 
de moitié plus court que le ie.' ; les maxillaires médiocres ; leurs articles 
2-3 suhègaux. — Mâchoires, mandibules et labre des Autalia. — Tête 
suborbiculaire, tenant au prothorax par un col très-court et très-grêle. 

— Yeux médiocres, planes. — Antennes assez longues, en général peu 
robustes ; leurs articles 2-3 obeoniques, subégaux, plus longs que les 
suivants. — Prothorax très-souvent transversal, rétréci en arrière, 
oblusément anguleux en avant sur les côtés, assez convexe en dessus. 

— Elvtres médiocres, tronquées en arrière. — Abdomen sublinéaire. 

— Pattes médiocres, les intermédiaires légèrement distantes à leur 
base : tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles, les quatre 
premiers décroissant graduellement. — Corps assez allongé , subparal- 
lèlc, ailé, très-finement pubescent. 

La plupart des espèces ont l'abdomen habituellement relevé pendant 
la \ie; quant aux différences sexuelles, dans le petit nombre de cas où 
elles existent, elles consistent en une impression plus ou moins mar- 
quée sur le front des mâles. Le genre est assez riche en espèces et ré- 
pandu en Europe, dans le nord de l'Afrique et dans les deux Améri- 
ques; le plus grand nombre de celles décrites appartiennent à ce dernier 
continent. En Europe, ces insectes sont, pour la plupart, myrméco- 
philes (1). 

(1) Depuis le travail d'Erichson, qui contient 23 espèces, on n'a publié quo 
les suivantes : Esp. européennes : F. pusilla, Hcer. Col. helvet. I, p. 351. — 
Esp. asiatique : F. crassiuscula, Aube, Ann. d. 1. Soc. cnt. Sér. 2, VIII, p. 301; 
de Batoum. — Esp. de l'Amer, du Nord: F. erylhroptcra, globosa, Melsheim. 
Procced. of the Acad. of Pliilad. 11, p. 30. — longicornis, amabilis, Sachse, 
Bftttin. ent. Zeit. 1852, p. 116. 

La Fal. clongata de M. Kolenati (Melet. ent. III, p. 5) est une Tachyusa, e 
peut-être une variété delà T. balleata, selon Erichson, Arch. 1817, II, p. 101. 



ALÊ0CBAMDE3. 29 

MYRMEDONIA. 
Emcns. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 286 (1). 

Menton transversal, légèrement échancré en avant. — Langactlc 
très-courlc, bilobée ; ses lobes arrondis, ses paraglosscs à peine ou pas 
plus longues qu'elle, larges, subacuminées, glabres au côte interne. — 
Palpes labiaux de trois articles décroissant graduellement; les maxil- 
laires médiocres, leur 2° article plus court que le 3°. — Lobe interne 
' des mâchoires membraneux, corné en dehors, fortement pubesccnl; 
l'externe beaucoup plus long, corné, grêle, pubescent au bout. — Man- 
dibules ipicrmcs. — Labre assez grand, transversal, tronqué ou un peu 
arrondi en avant. — ïèle subarrondic, aussi ou un peu moins large 
que le prolhorax, munie d'un col assez gros en arriére. — Yeux mé- 
diocres, peu saillants. — Antennes assez robustes, de onze articles; 
le 3<> plus long que le 2c et les suivants, le 11" souvent aeuminé. — 
Prolhorax un peu plus étroit que les élylrcs, arrondi à sa base, un peu 
déprimé en dessus. — Elylrcs un peu sinuées à leur extrémité. — Ab- 
domen aussi large qu'elles; son 7° segment indistinct. — Pattes mé- 
diocres; les intermédiaires écartées à leur base; tarses antérieurs de 
quatre, les autres de cinq articles; les quatre premiers décroissant gra- 
duellement. — Corps subparallèlc, médiocrement ou assez allongé, 
tantôt finement ponctué et pubescent , tantôt lisse et glabre, ailé ou 
aptère. 

Genre assez riche en espèces et répandu en Europe, en Afrique, aux 
Indes orientales et dans les deux Amériques. Celles de nos pays se trou- 
vent pour la plupart sous les pierres, en compagnie des Formica (lava, 
rufa et fuliginosa. Elles portent en général leur abdomen fortement 
relevé. Les différences sexuelles sont nulles ou peu prononcées chez la 
plupart; chez les autres, les mâles se reconnaissent à leur front impres- 
sionné, leur prolhorax plus ou moins canaliculé , et à leur dernier seg- 
ment abdominal échancré , caractères qui n'existent pas ou sont moins 

(1) Syn. Dntisn.LA (Lcach), Samouel. Ent. «scf. Compcnd. cd. 1, p. 177; sans 
caractères ; je les ai donnés le premier, en 1832, dans la Faune ent. des cnv. 
il. Paris, I, p. 554; mais auparavant, Swainson (Zool. lllustr. I, Tab. 2) avait 
appliqua ce nom a un genre de Lépidoptères diurnes. Leacb ne; comprenait 
dans le genre: que la Myrin. canaliculata. — Astm.ihs (Drusilla), Zyuas, Pella, 
Steph. 111. of. Iirit. ent. V, p. 106, •130 et 134. — Ponus, Hopc in Royle, Hymal. 
Zool. Tah. D. L'espèce (7*. ochraceus) sur laquelle est établi ce genre s'éloigne 
des autres Myiuiedokia par ses jambes épineuses. Ericbson n'a pas juge ce ca- 
ractère sutlisant pour la retirer du genre actuel. — Bolitochaua pars, Manb. 
Brachél. p. 75. 



30 STAPHYtlNIEN'S. 

prononcés chez les femelles (t). Le nombre des espèces décrites s'élève 
en ce moment à une quarantaine (j). 

Le genre Dhusiila de Leach, qu'Erirhson a réuni à celui-ci, méri- 
terait peut-être qu'on l'adoptât, à cause des différences que présente sa 
languette, ainsi que le fait observer M. L. Hedtenbacher (3). 

BOLITOCHARA. 

Mannemi. Brachél. p. 75." 

Menton subtransversal, rétréci et légèrement échancré en avant. — 
Languette grêle, allongée, bifide à son cilrêmité; ses paraglosses très- 
courtes, acuminées au bout, ciliées en dedans. — Palpes labiaux de 
trois articles, le 2 e de moitié plus court que le 3 e , tous deux cylindri- 
ques ; les maxillaires médiocres, leurs articles 2-3 suliégaux. — Mâ- 
choires des Homalota. — Mandibules inermes. — Labre recouvrant 
les mandibules, arrondi en avant. — Tête suborbiculaire, munie en 
arrière d'un col assez étroit et un peu moins large que le prothorax. 
— Antennes des Falagkia. — Yeux médiocres, peu saillants. — Pro- 
thorax un peu plus étroit que les élylres, graduellement rétréci en 
avant , avec ses angles antérieurs nuls, arrondi à sa base. — Elytres 
coupées carrément en arrière, avec un sinus bien distinct près de leurs 

(1) Voyez, sur ce sujet, des remarques intéressantes de M. Maerkel in Ger- 
mar, Zeitschr. V, p. 208. Ces différences sexuelles sont surtout prononcées 
chez les M. limiata, humcralis, fulgida et Haworllii. Erichson n'a fait de cette 
dernière qu'une var/jlé de la fulgida; elle en est distincte, selon M. Majrkcl. 

(2) Aux 26 espèces décrites par Erichson, aj. : Esp. européennes : M. 
atrata, Hcer, Col. helvet. 1, p. 309. — nigrivcntriSj Chcvrol. Rcv. zool. 1843, 
p. 42; est une Homalota, suivant M. Aube (Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, I, p. 90), 
et un Phïtosus suivant M. Schaum; voyez Kraatz, Stettin. ent. Zeit. 1853, 
p. 257. — cognata, Ma;rkel, Stettin. ent. Zeit. 1842, p. 142. — memnonia, si- 
milis, laticollis, Meerkel in Germar, Zeitschr. V, p. 199 sq.; la première est de 
l'Europe australe et se retrouve en Algérie ; M. Lucas (Explor. de l'Alger. Ent. 
p. 99) l'a décrite depuis sous le nom de M. Irislis. — ruficotlis, Grimm, Stettin. 
ent. Zeit. 1845, p. 126.. — Esp. de la Russie mér. : M. graciltSj subtumida, 
confragosa, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, I, p. 24. — nigricollis, Motsch. ibid. 
1845, I, p. 41. — Esp. africaines : M. bnninala, Roth in Wiegm. Arcli. 1851, 
I, p. 117 ; d'Abyssinie. — dispar, terminata, longicurnis, Bobcm. Ins. Caffrar. 
I, p. 265 ; de Natal. — satelles, suturalis, Erichs. Arcb. 1843, p. 220; d'An- 
gola. — Esp. de l'Amer, du Nord : M. pygmeu, Sachse, Stettin. ent. Zeit. 1852, 
p. 115; de la Géorgie. 

(3) Fauna Austr. DieK.rf. p. 648, note 2. La languette de la M. canuliculata, 
sur laquelle ce genre est établi, n'est pas membraneuse, courte et divisée CD 
deux faibles lobes arrondis, comme chez les autres Mïiimedonia, mais cornée, 
saillante, et comme fourchue à son extrémité. Ainsi que le dit M. L. Redtenba- 
clier, c'est très-certainement elle qu'Erichsou a figurée (Staphyl. pi. 3, f. 1) 
comme type de la languette du genre actuel. 



AliOCHAMDES. 31 

angles citernes. — Abdomen subparallèle. — Pattes médiocres, les 
intermédiaires peu distantes à leur base ; tarses antérieurs de quatre, 
les autres de cinq articles ; les quatres premiers de ceux-ci décroissant 
graduellement. — Corps assez allongé, parallèle, ailé, finement pu- 
bescent. 

Ce genre est assez voisin des Falagria, mais en diffère par sa lan- 
guette, le col de la léte plus gros et la forme du protborax qui lui 
donne un /actes différent, voisin de celui de certaines Oxypoda. Les 
mules se distinguent des femelles par des tubercules ou des granulations 
que porte le sixième arceau dorsal de l'abdomen. Sauf une, découverte 
àTaïty, toutes les espèces connues sont européennes. C'est dans les 
bolets qu'on les rencontre ; une d'elles cependant (B. bclla) a été trouvée 
dans les nids de la Formica [uliginosa (1). 

TACHYUSA. 
Erichs. Die Kœf. d. Mark Brand. I. p. 307 (2). 

Menton transversal, rétréci et légèrement échancré en avant. — Lan- 
guette très-courte, bilobée. sans paraglosscs. — Palpes labiaux de trois 
articles; le 2 e beaucoup plus court que le 1 er ; le 3° aussi long que ce- 
lui-ci, mais très-grèle; les maxillaires médiocres; leurs articles 2-3 
égaux. — Màcboircs des Homalota. — Mandibules inermes. — Labre 
transversal, tronqué en avant. — Tète arrondie, aussi large que le pro- 
thorax, rèlrécie en un col plus ou moins grêle à sa base. — Yeux mé- 
diocres, peu saillants. — Antennes assez longues, grêles, leurs trois 
premiers articles allongés, égaux ; le 1 er plus gros que les deux autres. 
— Proihorax un peu plus étroit que les élylres, de l'orme variable. — 
Elytres tronquées obliquement en arrière, sinuées près de leurs angles 
externes. — Abdomen plus étroit que les élytres, le plus souvent gra- 
duellement élargi en arrière, avec ses segments antérieurs inégaux. — 
Pattes longues, grêles ; les intermédiaires contiguës à leur base ; tarses 
allongés; les antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; les quatre 
premiers de ceux-ci décroissant graduellement. — Corps allongé, ailé, 
finement pubescent. 

Genre composé exclusivement jusqu'ici d'espèces européennes (3). 

(1) Aux quatre espèces (lucida Grav., lunulata Payk., obliqua Er., varia 
Er.) décrites par Ericlison, aj. : Esp. européennes : B. elongata, Hcer, Col. 
helvet. I, p. 349. — bella, Ma:rkcl in Geimar, Zcitscur. V, p. 209. — elegans, 
L. Fairm. Ami. d. 1. Soc. cnt. Série 2, X, p. 70 ; de Sicile. — Esp. de la Russie 
mér. B. pubescens, Kolenati, Melet. ent. III, p. 50. — venusta, Iwviuscula, 
Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, p. 287. 

(2) Syn. Isciinopoda, Steplieus, Illustr. of Brit. ent. V, p. 130. 

(3) Aux 17 mentionnées par Ericnson, aj. : T. nigrila, continua, (lavocincta, 



32 STAPDWLtHIEHS. 

La plupart se trouvent au bord des eaux où elles courent avec une ra- 
pidité extrême, les autres sous les pierres et les feuilles tombées ; pres- 
que toutes portent leur abdomen relevé, comme la plupart des précé- 
dentes. Les mâles se distinguent quelquefois de leurs femelles par une 
impression sur le vertex et leur prolhorax plus largement canaliculé. 

HOMALOTA. 

Minnerh. Brachél. p. 73 (1). 

Menton transversal, rétréci et légèrement cchancré en avant. — Lan- 
guette très-courte, bilobée, sans paraglosses. — Palpes labiaux de trois 
articles; le 2° de moitié plus court que le 1er, c t un peu plus que le 3» 
qui est très-gréle ; les maxillaires médiocres, leurs articles 2-3 sub- 
égaux. — Lobe interne des mâchoires membraneux en dedans, corné 
en dehors, coupé obliquement au côté interne et garni de cils spini- 
formes; l'externe un peu plus long que lui, corné dans son milieu, 
membraneux à sa base ct à son extrémité ; celle-ci pubescenlc. — Man- 
dibules inermes. — Labre transversal, arrondi en avant. — Tôle sub- 
orbicalaire, le plus souvent subsessile et munie en arrière d'un col gros 
ct très-court. — Antennes médiocres, peu robustes, de onze articles; 
le 2 e ct le 3° subégaux entre eux, plus courts que le 1 er . — Prolhorax 
de forme variable. — Elylrcs tronquées en arrière, avec un court sinus, 
en général bien distinct, près de leurs angles externes. — Pattes mé- 
diocres, les intermédiaires plus ou moins rapprochées ; tarses antérieurs 
de quatre, les autres de. cinq articles; tous, sauf le dernier, courts ct 
égaux entre eux (a). — Corps de forme variable, en général déprimé 
et ailé. 

L'un des plus grands genres de la famille et de ceux dont l'étude est 
la plus difficile. M. De Mannerheim, son fondateur, n'y avait, dans l'ori- 
gine, compris qu'une seule espèce, VAlcochara plana de Gyllcnhall; 
Erichsun l'a complété en y faisant entrer une multitude d'ALEocuAiu et 
de Boutocbara des auteurs. Ainsi composé, le genre comprend des 
formes qui rappellent celles d'une foule d'autres genres de la tribu ac- 

Hcer, Col. helvct. I, p. 344. — Ma, Kiesenwct. Steltin. cnt. Zcit. 1844, p. 315; 
sukata, ibid. 18.00, p. 218. — Ischnopoda chalybea (Hudd) Stcph. A Man. of 
Brit. Col. p. 355. 

(1) Syn. Caluœhus, Grav. Micr. Brunsw. p. 65; genre établi sur 17/. calli- 
cera, et auquel Gravenhoret a renonce plus tard (Mon. Col. micr. \>. liô), co 
Oui n'a pas empêché Stephens de le conserver (Man. ofBrit. Col. p. 357.' — 
Ceiukota, Stcph. IU. of Brit. cnt. V, p. 161. Ericlison a passé sous silence co 
genre, qui doit manifestement rentrer dans celui-ci. 

(2) Quelques espèces (concotor, livida, ambigua, etc.) ont le 1" article un 
peu plus long que le suivant, ct se rapprochent ainsi des Oxïpoda. 



AlioCDARIDES. 33 

tuelle , formes qu'Ericbson a toutes fait rentrer dans quatre sec- 
tions (i). 

Aux 135 espèces, dont 16 douteuses, décrites par loi, on en a ajouté 
depuis plus de 100, mais dont beaucoup devront élre revues avec soin 
avant d'être définitivement admises (»). 

Les habitudes n'ont rien de constant dans ce genre ; certaines espèces 
se trouvent dans les fourmilières, d'autres dans les bouses, les bolets, etc. 
Les différences sexuelles portent ordinairement sur le front, les' an- 
tennes, et quelques-uns des segments abdominaux qui présentent chez 
les mâles des particularités étrangères aux femelles. 

(1) I. Corps linéaire; prothorax carré ou presque carré : H. graminicola 
Grav., vestita Grav., callicera Grav.; etc. ; 35 esp. 

II. Corps linéaire; prothorax transversal : H. brunnea T., depressa Grav 
soaalts Payk., etc.; c'est la section la plus nombreuse ; Erichson en décrit 65 
csp. 

III. Corps arrondi : trois espèces, dont une (notha Er.) de Carinthie et deux 
(htrta, tmportuna Er.) du Brésil et de la Colombie. 

IV. Corps fusiforme : //. cinnamomea, Umgtcornis Grav., lividipennis Manh 
etc.; 15 esp. 

(2) Esp. européennes : //. grandis, cingulata, bicolor, pedicularia, rufula 
laticollts, hirtella, testaceipes, erythrocera, Pertyi, pubescens, alpestris me- 
lawcephala, hœmorrhoidulis , indocilis, nigriceps, minutissimu, iongula, im- 
pressa, tibialis, morio, rugulosa, tenuis, venustula, rufipes, vaga, femoralis 
fraetwornis, inconspioua, Heer, Col. helvet. I, p. 322; pulUi, carbonaria, an- 
gularts, planiuscula, rubricollis, contempla, talpa, indigena, longipennis 
œgra, morosa; ibid. p. 591. — ripicofa, palustris, lugens, Kicscnw. Stettiu' 
ent. Zeit. 1844, p. 317; nivalis, ibid. 1847, p. 74; scabra, ibid. 1848, p. 320 • 
Reyi,torrentum, myops, granigera, hypnorum, tabida, ibid. 1850, p.' 218. — 
validkornis, divisa, confusa, hospita, Uxrkcl in Gormar, Zeitschr. V, p 212 

— fossigera, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 77.— nigrina, planalicollis' major 
castanea, eucera, nigerrima, Aube, Ann. d. 1. Soc. ent. Ser. 2, VIII p. soi 

— polita, Roseuh. Beitr. z. Inscktcnf. Europ. p. 10. — sculpta, grânulata 
brevicollis, gagatina,Ba.uiii, Studi ent. p. 11G. — micans, subalpina, longi- 
coUis, brunnipes, atricapilla, producta, incisa, livida, impressicotlis,' brevi- 
cornis, albopila, picipennis, incrassata, foveola, pusilbi, montana, 'lœvana 
sericea, basicomis, parens, conformis, Mulsant et Rey, Mém. d. l'Acad. d' 
Lyon, I, p. 155. 

Pour des remarquos sur la synonymie de quelques-uues de ces espèces voyez 
Kraatz, Stcttin. ent. Zeit. 1853, p. 327. 

Esp. de la Russie mér. : 11. tœniata (testudinea Er.), carbonaria, bigultula 
(Aleochara nitida Grav.), Kolcnati, Melet. ent. III, p. 8. — lœvigata, forti- 
cornis, fulvicollis, granosa, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, p. 41. 

Esp. africaines : II. pallipes, Lucas, Explor. de l'Alger. Eut. p, 102. — alri- 
eapilla, Boliem. 1ns. Caifrur. I, p. 268 ; de Natal. 

Esp. de l'Amer, du Nord : //. maritima, picipennis, Manh. Bull. Mosc. 1843 
P- 224; du Sitkha.— grânulata, Manh. ibid. 1846, I, p. 508; d'Ounalaschkà! 

— paveotu, polita, modesta, Melsheim. Proceed. of tho Acad. of Pbilad II 
p. 30; des Etats-Unis. ' 

Coléoptères. Tomo II, 3 



34 STAPHYUMEWS. 

Ces insectes n'ont .encore été observes qu'en Europe, en Afrique et 
dans les deux Amériques. 

SEIMRIS. 
0. Heeb, Col. helvet. I, p. 342. 

Ce genre, établi sur' une espèce fort rare des environs de Genève 
(S. fusca Heer), ne parait pas mériter d'être séparé des Homalota, dont 
il ne diffère que par le 3» article des palpes qui est subglobuleux, et 
ses antennes, dont les articles 4-10, au lieu d'être transversaux, sont 
aussi longs que larges et presque carrés, avec le 11° du double plus 
long que le précèdent, cylindrique et obtusément acuminc au bout. 
Erichson, quia connu cet insecte (I), l'a laissé parmi les Homalota, et 
ne parle pas de la forme du 3" article des palpes. 

PHYTOSUS. 
(Rudd) Ccims, Brit. ent. XV, pi. 718. 

Menton transversal, rétréci et largement èchancrè en avant. — Lan- 
guette courte, à peine écliancréc au bout ; ses paraglosses assez lon- 
gues, étroites, acuminées et ciliées au côté interne. — Palpes labiaux 
de 3arlicles : les deux premiers peu distincts, subégaux, le 3° presque 
aussi long que le 2 e , un peu renflé au bout; les maxillaires allongés; 
leur 3 e article un peu plus long que le 2 e . — Mandibules inermes. — 
Labre tronqué en avant. — Tcle sessile, non rètrécie en arrière; de la 
largeur du prolborax. — Antennes courtes; leurs deux premiers arti- 
cles allongés, subégaux. — Prolhorax un peu plus étroit que les élytres, 
légèrement rèlréci à sa base. — Elytres tronquées en arrière. — Abdo- 
men allongé, linéaire, composé de sept segments. — Pattes courtes, 
les intermédiaires rapprochées à leur base; jambes antérieures munies 
extérieurement de cils épineux disposés en séries; tarses courts; les 
antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; le dernier aussi long 
que les autres réunis; ceux-ci égaux. — Corps allongé, linéaire, sub- 
déprimé, pubescent. 

E'espèce typique (P. spinifer Rudd ) i est un très-petit insecte trouvé 
primitivement en Angleterre et depuis sur les côtes du nord de la 
France et de la Belgique. Une seconde, décrite par M. Cbcvrolal, sous 
le nom de Myrmcdonia nigrivenCris (s), vit dans des localités ana- 
logues en France et sur les bords de la Baltique. Le mâle de la pre- 
mière est ailé et a les élytres aussi longues que le prothorax; ces or- 

(1) C'est son Homalota rigidkornis, Gen. et Spec. Staph. p. 82. 

(2) Voyez plus haut, p. 30, note 2. 



ALEOCHABIDES. 35 

ganes sont de moitié plas courts chez la femelle qui est en outre aptère. 
Ces insectes, par leurs jambes antérieures épineuses, se rapprochent 
un peu des Oxytélides. 

OXYPODA. 

Manneiui. Brachél. p. 69 (1). 

Organes buccaux des Homalota. — Tète subsessile, non ou faible- 
ment rétrécie en arrière, souvent penchée. — Articles 2-3 des antennes 
plus longs que les autres, égaux. — Prothorax tantôt rétréci en avant 
et un peu convexe, tantôt parallèle sur les côtés. — Elylres oblique- 
ment Ironquécs en arrière et sinuées près de leurs angles exlcrncs. — 
Abdomen rétréci en arrière ou linéaire. — Pattes médiocres , les inter- 
médiaires contiguës à leur base ; tarses de cinq articles, le 1 er des pos- 
térieurs allongé. — Corps atténué à ses deux extrémités ou linéaire, 
ailé, finement pubescent. 

Ericbson divise ce genre assez nombreux en deux sections, qui sont 
d'accord avec les habitudes. Les espèces de la première (») vivent dans 
les bolets, les débris végétaux, les fourmilières, sous les mousses, les 
feuilles tombées, et se rapprochent des Tacuypokus par leur prothorax 
plus ou moins grand, et empiétant un peu sur la base de la tète et celle 
des élylrcs, leur abdomen atténué en arrière et souvent cilié au bout, 
la ponctuation très fine de leurs téguments et l'aspect soyeux de la pu- 
bescence qui les recouvre. 

Celles de la seconde (3) se trouvent sous les écorces ; leur corps est 
allongé, linéaire; leur tête est plus dégagée du prothorax, et la ponc- 
tuation, ainsi que la pubesccncc de leurs téguments, sont moins fines et 
moins serrées. 

Sauf un très-petit nombre propres à l'Amérique, ces insectes sont 
européens; les deux tiers appartiennent à la première section. On en a 
décrit plus d'une soixantaine (4). 

(1) Syn. Sphenoma, Mann. ibid. p. 68 ; genre fondé sur une espèce du genre 
actuel (S. abdominale Manh.) , chez laquelle, par suite d'une erreur d'obser- 
vation, M. de Mannerlieim avait cru voir les articles des tarses postérieurs égaux 
entre eux. 

(2) 0. ruficornis Gyllh., opaca, longiuscula, alternons, Grav., etc. 

(3) 0. analis Gyllh., prolixa Grav., cortkina, amicla, gracilis, Er., etc. 

(4) Aux 28 esp. mentionnées par Erichson, aj. : Esp. européennes : 0. ni'rt- 
dula, iiligiosa, sericea, ruftpennis, Heer, Col. helvet. I, p. 319; subflava, 
varia, p. 589. — formicetkola, myrmecophila, Mœrkel in Germar, Zeitschr. 
111, p. 213.— spectabilis, vitlala, Markel, ibid. V, p. 217 .— familiaris Kieseniv. 
Stettin. ent. Zeit. 1813, p. 307. — leporina (prospéra. Er.), Kiesenw. ibid. 
1814, p. 320. — infuseâta (pellucida Manh.), similis, Kellner, ibid. 1844, 
p. 413. — hospita, inculta, Grimai, ibid. 1845, p. 131. — myrmecobia, ta- 



86 M.U'iiuixirvs 

OCALEA. 
Emens. Die Kœf. d. Mark Brand. 1, p. 298. 

Menton transversal, rétréci et légèrement échancré en avant. — Lan- 
guette, et les autres organes buccaux, comme chez les Bolitochara ; 
la première seulement dépourvue de paraglosses. — Tête suborbicu- 
laire, munie en arrière d'un col médiocrement grêle, un peu plus étroite 
que le prolhorax. — Antennes peu robustes ; leurs 2° et 3° articles sub- 
égaux, obeoniques, plus longs que les suivants. — Yeux médiocres, 
peu saillants. — Prolhorax à peine plus étroit que les élytres, transversal, 
arrondi à sa base et sur les côtés. — Elytres tronquées à leur base et 
faiblement sinuées près de leur angle apical externe. — Abdomen pa- 
rallèle, convexe en dessous. — Pattes médiocres; les intermédiaires 
rapprochées à leur base; tarses allongés, de cinq articles; les quatre 
premiers décroissant graduellement. — Corps allongé, parallèle, ailé, 
pubescent. 

Genre extrêmement voisin des Boi.itociiaua par son fades, mais qui 
s'en distingue aisément à ses tarses composés de cinq articles, en même 
temps que le prolhorax, un peu autrement fait, modifie l'aspect général. 
Les espèces peu nombreuses qu'on en connaît sont toutes euro- 
péennes (1), et ont des habitudes différentes, les unes vivant dans les 
endroits humides, les autres dans les fourmilières. L'une d'elles (conco- 
lor) a même été trouvée dans»les racines de plantes aquatiques. Les 
mâles ne paraissent pas différer des femelles. 

CALODERA. 
Manneiih. Brachél. p. 85. 

Menton fortement transversal , rétréci et légèrement échancré en 
avant. — Languette courte, bifide ; ses paraglosses plus courtes qu'elle, 
larges, arrondies au bout et glabres. — Palpes labiaux de trois articles : 

iiuscula, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 78. — picea, Mieklin, ibid. 1845, no 2, 
p. 544. — elongatula, Aube, Ann. d. 1. Soc. ont. Sér. 2, VIII, p. 309. — ntri- 
capilla, conviva, advena, assecla, Mœklin, ibid. 1846, n» 1, p. 166. — Esp. de 
la Russie mér. : 0. Stevenii, Kolenati, Melet. ent. III, p. 9. — Golschii, an- 
gusticoliis, llochhuth, Bull. Mosc. 1819, 1, p. 64. — angusta, fuliginosa, 
Aube, loc. cit. p. 310. — Esn. de l'Amer, du Nord : 0. minuta, Sachse, Stettin. 
ent. /.cit. 1852, p. 116. 

(1) Erichson on décrit six, toutes inédites avant lui (0. castanea, badia, 
spadicea, procera, murina, decumana), plus deux douteuses, les Aleochara 
prolixa Gyllh. et rufilabris Sahlb. — Aj. : 0. alpina, oblita, Iteer, Col. helvet. 
I, p. 348. — concolur, Kustcr, Die K;ef. Euiop. VIII, 46. — rivuturis, L. 
Miller, Verbandl. d. Zool.-Botan. Ver. iu Wicn, I, p. 110. 



ALÈOCDARIDBS. 37 

le 2« de moitié plus court que le 1er, i e 3" égalant celui-ci, mais très- 
gréle; les maxillaires médiocres; leurs articles 2-3 subégaux. — Mâ- 
choires des Homalota. — Mandibules inermes. — Labre grand ar- 
rondi sur les côtés, tronqué en avant. — Tête arrondie, munie en 
arrière d'un col en général assez gros. — Yeux médiocres, peu saillants. 

— Antennes plus ou moins robustes, de onze articles : le 2" et le 3« 
subégaux, obeoniques, les suivants en général transversaux, le 11 e 
oblongo-ovale. — Prothorax plus étroit que les elytres, suhquadrangu- 
la.rc ou subovale. - Elytres tronquées en arrière, très-distinctement 
sinuées près de leurs angles externes. — Paltes médiocres; les inter- 
médiaires peu distantes à leur base; tarses allongés, de cinq articles: 
les quatre premiers de ceux-ci décroissant graduellement. — Corps al- 
longé, parallèle, ailé, revêtu d'une très-fine pubescence soyeuse chez la 
plupart. 

On en connaît une douzaine d'espèces toutes propres à l'Europe (t). 
T.eur [actes se rapproche de celui des Tachvdsa, sauf pour ce qui con- 
cerne les antennes qui sont plus robustes. Les différences sexuelles sont 
peu connues et paraissent nulles dans la majorité des cas. La plupart de 
ces insectes fréquentent de préférence les bords des eaux; quelques- 
uns seulement (nigricollis, rubicunda) ont été rencontrés eu société 
avec les Formica rubra et rufa. 

MICItOCERA. 
MiNNEnu. Brachdl. p. 73. 

Palpes maxillaires allongés ; leur pénultième article grand, oblongo- 
ovale, le dernier grêle, aciculaire, saillant. — Antennes courtes, brisées, 
à articles 1 plus long que les autres, 2 grand, globuleux. 3-6 très-petits,' 
subglobuleux, 7-10 grossissant graduellement, formant une massue avec 
le dernier qui est grand et arrondi. — Corps atténué en a\-ant, plus large 
en arrière, avec le dernier segment tronqué. — Tête fléchie. — Pro- 
thorax court, très-convexe, beaucoup plus étroit que les elytres, arrondi 
sur les côtés et à sa base. — Elytres très-convexes. — Pattes médio- 
cres ; le l""- article des tarses un peu plus long que le suivant. 

Tels sc/nt les caractères assignés par M. De Mannerheim, à ce genro 
fondé sur une espèce (M. injlala) trouvée par lui une seule fois aux cri- 
virous de Saint-Pétersbourg. Erichson, qui ne l'a pas connu en nature, 

(1) Aux 12 (C. nigricollis Payk., forticornis Lacord., nigrita Manh., etc.) 
décrites par Erichson, aj. : C. pusiUima, occulta, Heer, Col. helvet. I, p. ai. 

— diluta, Hampe, Stcttin. eut. Zeit. 1850, p. 346. — Mech, Baudi, Sludi cnt. 
1, p. 115. — propinqua, sulcicollis , atricollis , picina, Aube, Ann. d. 1. Soc. 
eat. Ser. 2, VIII, p. 302. 



38 STAPHYLINIERS. 

doute qu'il soit distinct dcs,OuGOTA (t) ; mais la présence de onze arti- 
cles aux antennes, tandis qu'elles n'en comptent que dix dans le genre en 
question, rend cette opinion très-peu probable. Il reste aussi à savoir 
si le nombre des articles des tarses, dont M, De Mannerhcim n'a pas 
parlé, n'est cjue de quatre. 

PHLOEOPORA. 
EnicHS. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 311. 

Menton transversal, légèrement écliancré en avant. — Languette 
très-courte, bilobée, sans paraglosses. — Palpes labiaux de trois arti- 
cles : le 2» de moitié plus court que le 1", le 3» un peu plus court que 
celui-ci et grêle ; les maxillaires assez courts ; leur 3° article un peu 
moins long que le 2°. — Mâchoires des Homalota. — Mandibules 
inermes. — Labre court, tronqué en avant. — Tète orbiculaire, munie 
en arrière d'un col assez étroit. — Antennes assez courtes, peu ro- 
bustes; leurs trois premiers articles un peu allongés; le 2° et le 3 e sub- 
égaux, obeoniques. — Protborax un peu plus étroit que les èlylrcs, 
subquadrangulaire. — Elylrcs obliquement tronquées en arrière, légè- 
rement sinuées près de leurs angles externes. — Abdomen allongé, 
sublinéaire. — Pâlies courtes, les intermédiaires contiguës à leur base; 
tous les tarses de cinq articles ; les quatre premiers courts et subégaux 
aux antérieurs, le 1 er des postérieurs un peu allongé. —Corps allongé, 
linéaire, déprimé, ailé, finement pubescent. 

Genre voisin par son faciès des Homalota de forme linéaire, mais 
distinct par ses larses antérieurs composés de cinq articles, et la tete plus 
dégagée du prolhorax. Ses espèces vivent sous les écorces, et en Eu- 
rope presque exclusivement sous celles des pins. En outre de ce conti- 
nent, il y en a dans l'Amérique du Nord et celle du Sud. Leurs diffé- 
rences sexuelles paraissent nulles (à), 

HYGRONOMA. 

Emcns. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 312 (3). 

Ce genre ne difière des Phloeopoda que par ses antennes plus lon- 
gues et filiformes, ses tarses tous de quatre articles, dont le 1" est un 
peu plus long que les autres et déprimé, ainsi que le 4 e ; enfin par sa 
forme très-aplalie. 

(1) Gen. et Sp. Staphylin. p. 179. 

(21 On n'en a décrit 'aucune espèce depuis la Monographie d'Erichson, qui 
en contient six : P. repians et corticalis Grav., d'Europe; lalens , de l'Amé- 
rique du Nord; subtum, relitjata, des Antilles; atlufyrim, du Brésil et de 
Colombie; ces quatre dernières nommées par Erichson. 

(3) Syn. Homalota, Curtis, Brit, Eût. XI, p. 514. 



ALÉOCHAMDES. 39 

Il ne comprend jusqu'ici qu'une Ircs-pelitc espèce (i), qui vit parmi 
les joncs au bord des lacs et des marais ; suivant Erichson, elle passe 
l'hiver dans les capitules de ces plantes ; on la trouve dans la majeure 
partie de l'Europe. 

M. Curtis l'a prise pour type de son genre Homalota, qui n'a dès 
lors rien de commun avec celui fondé sous ce nom par M. De Man- 
nerbeim. 

OLIGOTA. 
Maknerh. Brachél. p. 72. 

Menton transversal, rétréci et faiblement cchancréen avant. — Lan- 
guette Irès-pctite , bifide , sans paraglosses. — Palpes labiaux de trois 
articles: les deux premiers assez gros, égaux, le 3° très-petit, subulé; 
les maxillaires médiocres ; leurs articles 2 3 subégaux , celui-ci assez 
renQé. — Mâchoires des Homalota. — Mandibules inermes. —Labre 
court, tronqué en avant. — Tète plus étroite que le prolhorax, non rç- 
trecie en arrière, sessile, penchée. — Antennes courtes, de dix arti- 
cles : 1-2 plus longs et plus gros que les autres, 3-10 petits, les trois ou 
qualre derniers formant une massue oblonguc. — Prothorax court, de 
la largeur des élylres, un peu bisinuè à sa base, médiocrement convexe. 
— Elytrcs largement et conjointement échancrées en arrière. — Ab- 
domen linéaire ou graduellement rétréci en arrière. — l'allés courtes, 
les intermédiaires écartées à leur base; tarses de quatre articles; le 1<" 
des postérieurs un peu allongé. — Corps tantôt allongé et sublinèaire, 
tantôt subovalc, ailé, très- finement pubescent. 

Insectes de très-petite taille, aisément rcconnaissables dans celle 
tribu à la structure de leurs antennes et de leurs tarses. Ceux de forme 
subovale ressemblent, à s'y méprendre au premier coup-d'œil, aux 
Hypocyptcs de la tribu des Oxytélidcs. Les uns vivent sous les écorces, 
les autres à terre, principalement dans les prairies; on en a trouvé, 
mais rarement, dans les fourmilières. Sauf une de l'Amérique du Nord, 
toules les espèces décrites sont européennes ; elles se montent à neuf 
en tout (2). 

(1) Aleochara dimidiata Grav. 

(2) Dont six d'Europe (0. piisillima Grav., atomnria, sublilis, granaria, 
flavicornis, apiaita, Er.), décrites par Erichson. Aj. : Esp. européennes : 0. 
pimetulata, Heor, Col. helvet. I, p. 313. — ftinK«a, Mai*. Bull. Mosc. 1843, 
p. 81. — Esp. des Etats-Unis : 0. pedicularis, Melshcim. Proceêd. of ttie Acad. 
of foulai II, p. 31. 



^° mpilTUNIBIti, 

ALEOCHARA. 

Ghavenh. Col. micr, Brunsv. p. 67 (1). 

Menton très-courl, rétréci et largement échancré en avant. — Lan- 
guette très-courle, assez large, bifide ; ses paraglosses à peine distinctes, 
trigoncs, glabres en dedans. — Palpes labiaux de quatre articles : 1 plus 
long que les autres, qui décroissent graduellement, le dernier très- 
petit ; les maxillaires médiocres ; leurs articles 2-3 subègaux. — Mâ- 
choires des Homalota. — Mandibules inermes. — Labre transversal, 
tronque en avant. — Tëlc ovalaire, non rétrécie en arrière, sessile, pen- 
chée. — Yeux médiocres, oblongs.. peu saillants. — Antennes en gé- 
néral courtes, rigidules ; leurs articles 2-3 allongés, obeoniques, les sui- 
vants, saur le dernier, transversaux. — Prolhorax transversal, aussi 
large que les élytres, un peu rétréci en avant, arrondi à sa base et sur 
les côtés. — Elytres courtes, légèrement arrondies à leur extrémité. — 
Abdomen tantôt linéaire, tantôt et plus rarement rétréci en arrière. — 
Pattes peu allongées, les intermédiaires légèrement écartées à leur 
base; tarses de cinq articles : le 1<" des postérieurs allongé. — Corps 
oblong , assez large, ailé, revêtu d'une pubescence non soyeuse. 

Genre remarquable par le nombre des articles de ses palpes labiaux, 
qui est sans autre exemple parmi les Coléoptères, comme le fait remar- 
quer Krichson. Ses espèces se trouvent dans le fumier, les cadavres et 
autres substances analogues, parfois dans les fourmilières. Les mâles 
se distinguent des femelles par leur dernier arceau ventral de l'ab- 
domen, qui est sinué de chaque côté au bout, avec la portion médiane 
plus ou moins saillante et un peu triangulaire. Ces insectes sont ré- 
pandus dans la plupart des régions du globe (a). 

(1) Syn. Hoplonotus, Scbmidt-Gœbel, Stcttin. ent. Zeit. 184G, p. 245; genro 
établi sur le mâle de l'Ai, ru/lcornis; voyez Msrkel, ibid. p. 300. — Polystoma, 
Stephens, Mari, of Brit. Col. p. 354. 

(2) Aux 40 mentionnées par Erichson, aj. : Esp. européennes : A. Interidis, 
biguttaki, brevis, sparsa, rufltarsis, alpicola, longula, intractabilis, Heer, 
Col. helvet. I, p. 314; morosa, p. 588.— gentilis, inquilina, Ma-rkel in Gcr- 
mar, Zeitsr.hr. V, p. 222. — monticola, Roscnli. Beitr. z. lnsektcnf. Euiop. 
p. 10. — decorata, inconspkua, luçjubris, Aube, Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, 
VIII, p. 311.— nigripes, Miller, Verhandl. d. Zool.-Botan. Ver. in Wien, 11, 
p. 27. — Esp. de la Russie mér. : A. solida, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849. 1, 
p. 71. — convexiuscula, Kolcnati, Melet. ent. III, p. 10. — Esp. africaines : 
A. sculellaris, Lucas, Explor. de l'Alger. Ent. p. 103. — rufipes, Bobem. Ins. 
CalTrar. I, p. 269. — maura, Saclise, Stcttin. ent. Zeit. 1852, p. 117. — Esp. 
de la Tasmanie: A. spcculi fera, Eiiclis. Arch. 1812, 1,p. 134. — Esp. de l'Amer. 
du Nord : A. castaneipennis, sulcicollis, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 224; do 
Sitklia. — languida, Saclise, loc. cit. p. 117 ; de Géorgie. — Esp. du Chili : 



AtÉOCHAMDES. 41 

DINARDA. 

(Leach) Lxconp. Faune ent d. env. d, Paris, I, p. 521 (1). 

Menton transversal, rétréci et assez fortement échancré en avant. — 
Languette courte, grêle, bifide ; ses paraglosscs très-courtes, triangu- 
laires et acuminécs au bout. — Palpes labiaux de trois articles : 1 assez 
gros, 2-3 grêles , plus courts, subégaux ; les maxillaires courts, leur 2° 
article un peu moins long que le 3 e . — Lobe interne des mâchoires mem- 
braneux et fortement cilié en dedans, corné en dehors et terminé par un 
crochet arqué ; l'externe plus court, corné et cilié à son extrémité. — 
Mandibules inermes. — Labre court, arrondi sur les côtés, tronqué en 
avant. — Tête médiocre, engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux. 
— Ceux-ci petits, arrondis , peu saillants. — Antennes courtes, ro- 
bustes, fusiformes, à articles 2 de moitié plus court que 3, 5-10 trans- 
versaux, serrés, 11 plus long, subacumiué. — Prothorax un peu plus 
large que les élytres , rétréci et fortement échancré en avant, bisinué 
à sa base, avec ses angles postérieurs aigus et saillants, convexe sur le 
disque, plane latéralement. — Elytres tronquées en arrière, échancrées 
près de leurs angles externes, qui sont aigus et saillants. — Abdomen 
rétréci en arrière, composé de sept segments^ — Pattes courtes, les 
intermédiaires rapprochées à leur base ; tarses antérieurs de quatre, 
les autres de cinq articles ; les quatre premiers des postérieurs décrois- 
sant graduellement. — Corps peu allonge, large, déprimé, ailé, à peine 
pubescent. 

On n'en connaît que deux espèces très-voisines l'une de l'autre (2), 
assez rares, mais qui se rencontrent parfois en grand nombre, l'une 
{rimtala) habituellement dans les nids de la Formica ru/a, l'autre (Mœr- 
kclii) dans ceux de la Formica cunicularia. Les différences sexuelles 
consistent en une échancrure que présentent les mâles â l'extrémité du 
pénultième arceau ventral de l'abdomen. Ces insectes relèvent fortement 
cette partie du corps pendant la vie, et se trouvent dans la plus grande 
partie de l'Europe. 

A. obscura, anguslata, obscuripennis, bi-impressa, nitidicollis, transversa, 
puncticollis, melanocera, luteivenlris, pecforalis, Solier in Gay, Hist. de Chile, 
Zool. IV, p. 351. 

(1) Syn. Lohechusa, Curtis, Brit. Eut. IX, p. 410. 

(2) ». dentala Grav. — MœrMii, Kiesenw. Stettin. cnt. Zeit. 1843, p. 308. 
Pour les caractères différentiels de ces deux espèces, voyez Mierkel in Germar, 
Zeitschr. V, p. 230. J'ai de nombreux exemplaires de toutes deux sous les 
yeux, et, après une comparaison attentive, j'ai peine à croire qu'elles soient 
réellement distinctes. Le séjour dans des fourmilières différentes est probable- 
ment, comme le pense Ericbson (Staphyl. p. 201), la cause des légères modifi- 
cations que l'espèce aura éprouvées. 



&2 STAPHYLINIEtiS. 

LOMECHUSA 
Giuvenh. Mon. Coi. micr. p. 178 (1). 

Menton transversal, un peu rétréci et échancré en avant. — Lan- 
guette large, arrondie antérieurement, sans paraglosses. — Les autres 
organes buccaux comme chez les Dinarda, si ce n'est que les palpes 
labiaux sont plus courts et plus robustes, et que le crochet terminal du 
lobe interne des mâchoires est bifide à son extrémité. — Tête et yeux 
des Dinarda. — Antennes allongées, robustes, à articles 1 gros et 
plus long que les suivants, 3-10 plus ou moins moniliformcs, 11 plus 
grand et acuminé au bout. — Prolhorax de la largeur des élytres, ré- 
tréci et un peu échancré en avant, bisinué à sa base, avec ses angles 
postérieurs aigus, mais peu saillants ; ses bords latéraux plus ou moins 
relevés. — Eiytres sinuées à leur extrémité en dehors. — Abdomen 
légèrement ovale, de sept segments : le pénultième largement et pro- 
fondément échancré en dessus ; les trois premiers portant de chaque 
côté un faisceau de poils. — Pattes longues, robustes, les intermédiaires 
fortement écartées à leur base; tarses grêles, les antérieurs de quatre, 
les autres de cinq articles ; le 1 er des postérieurs médiocrement allongé. 
— Corps oblongo-ovalc, large, assez épais, ailé. 

Ces insectes reproduisent, en les exagérant, les formes déjà singu- 
lières des Dinarda, et s'en distinguent sans peine par les nombreux ca- 
ractères extérieurs mentionnés dans la formule générique qui précède j 
leurs habitudes sont également les mêmes. Erichson émet l'opinion in- 
génieuse et assez probable que peut-être les faisceaux de poils de l'ab- 
domen, sont le siège d'une sécrétion analogue à celle qui a lieu chez le 
Çfaviger tcslaccus , et dont les fourmis, comme on le verra plus loin, 
recherchent avidement le produit. 

Le genre ne comprend que trois espèces européennes décrites de- 
puis longtemps (s). 

EURYUSA. 
Emchs. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 371. 

Menton légèrement transversal, à peine rétréci et tronqué en avant. 
— Languette, petite, étroite, linéaire, entière, sans paraglosses. — 

(1) Syn. Atemei.es (Di1I\v. Gomodes Kirby) Stephens, 111. of Brit. ent. V. 
p. 107. Stephens comprend dans ce genre les /,. pnradoxa et strumosa, et 
réserve le nom de Lojiechus\ pour Vemnrginala. Erielison doute t|ue l'espéré 
décrite sons ce nom par l'auteur anglais soit la, même que celle des entomolo- 
gistes, du continent. 

(2) L. strumosa Fab., paradoxa Giav., cmargimta Fab, 



AlÉOCHABIDES. 43 

Palpes labiaux de deux articles égaux en grosseur : le 1" un peu plus 
long que le 2 e . — Mâchoires des Homalota. — Mandibules inermes. 

Labre transversal, subarrontli en avant. — Tète assez grande, ses- 

sile, subarrondie en arrière, un peu rètrécic en avant, penchée. — Yeux 
petits, arrondis , assez saillants. — Antennes courtes , robustes, gros- 
sissant à leur extrémité, à articles 1-3 un peu allongés, 4-5 très-petits, 
6-10 transversaux, 11 plus grand, subacuminé. — Prolhorax transversal, 
un peu plus large que les élylres, légèrement rétréci en avant, avec ses 
angles postérieurs aigus. — Elylres tronquées au bout, sinuées près de 
leurs angles 'externes. — Abdomen légèrement rétréci en arrière. — 
Pattes assez courtes, les intermédiaires rapprochées à leur base; tarses 
antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; le 1" des postérieurs 
médiocrement allongé. — Corps oblong, assez large, déprimé en dessus, 
ailé. 

Genre voisin des Dixakda qui précèdent, et dont il est difficile à dis- 
tinguer par les caractères extérieurs, mais très-différent par les parties 
de la bouche. Erichson n'en a connu qu'une espèce (sinuala) ; depuis 
on en a décrit cinq autres (i). toutes sont d'Europe et vivent dans les 
fourmilières, 

GYROPHjENA. 
Mannbbh. Brachél. p. 74 (2). 

Menton assez court, légèrement échancré en avant. — Languette 
courte, arrondie, entière, sans paraglosses. —Palpes labiaux de deux 
articles ; le 1 er cylindrique, ic 2» un peu plus court, grêle, subacuminé ; 
les maxillaires assez courts; leurs articles 2-3 subégaux. — Mâchoires 
des ÏIomalota. — Mandibules inermes , recouvertes par le labre. — 
Celui-ci transversal, tronque en avant. — Tcte un peu plus étroite que 
le prothorax, sessile, penchée. — Yeux en général assez grands, mé- 
diocrement saillants. — Antennes de longueur variable; leurs articles 
1-3 un peu allongés, subégaux, 4 11 grossissant graduellement. — Pro • 
thorax un peu plus étroit que les élylres, transversal, arrondi à sa base. 

Elylres tronquées en arrière. — Abdomen oblong. — Pattes assez 

courtes, les intermédiaires médiocrement écartées à leur base ; tarses 
antérieurs de quatre, les autres de cinq articles ; le 1" des postérieurs 
an peu allonge. — Corps médiocrement allongé, assez large, ailé, plus 
ou moins glabre. 

(1) E. acuminata, M.rrket in Germar, Zoitschr. III, p. 143. — coarctata, 
Dnearis (Homalota luticoMs ltcer), Micrltel, ibjd. Y, p. 225. — opiabilte, Heer, 
Col. helvct. I, p. 308.— braehelytra, Kiesenw. Ann. d. 1. Soc. cnt. Sûr. 2, IX, 
p. 412. 

(2) Syn. Encephalus (Kirby), Stcph. 111. of IJrit. e.nt. V, p. 103. Voyei aussi 
pour ce genre, Westwood, Mag. d. Zool. Ins. 1S33, pi. 69. 



" STAPHYLllUEN*. 

Genre bien distinct des précédents, par sa languette entière et ses 
palpes labiaux de deux articles seulement. Les mâles se reconnaissent 
aux tubercules ou aux saillies que présente l'un des segments dorsaux 
de leur abdomen, ordinairement l'avant-dernier. Ces insectes vivent 
pour la plupart dans les champignons; une ou deux espèces seulement 
ont été rencontrées dans les nids de la Formica rufa. 

Comme presque toutes celles de cette tribu, elles relèvent plus ou 
moins en marchant, leur abdomen ; cette habitude est portée au point, 
chez l'une d'elles (complicans Kirby), que cette partie du corps recouvre 
exactement le prothorax, et comme la tête est en même temps fléchie 
en dessous, l'inseele a une forme globuleuse et ressemble à certains 
AuATniDii-M. C'est sur celte espèce que Kirby a établi son genre Ence- 
phaltjs, qui ne diffère de celui-ci que par ses antennes grossissant peu 
à peu et son prolhorax rétréci en avant, deux caractères de faible im- 
portance. 

En dehors de l'Europe, les Gvnope/ENA n'ont été observées jusqu'ici 
que dans les deux Amériques. On en a décrit près d'une trentaine (i). 

PELIUSA. 

Emchs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 192. 

Menton profondément échancré en avant, avec ses angles antérieurs 
spiniformes. — Languette courte, arrondie , entière, sans paraglosses. 
— Palpes labiaux-de deux articles égaux : le 1 er cylindrique, le 2° arqué, 
à convexité interne; les maxillaires médiocres; leurs articles 2-3 sub- 
égaux. — Mâchoires des Homalota. — Mandibules inermes, cachées 
par le labre. — Celui-ci grand, un peU arrondi sur les colés, tronqué 
en avant. — Tôle sessile, avec un espace membraneux sur le chaperon, 
et les parties de la bouche saillantes. — Antennes courtes et robustes, 
à articles 1 assez gros, 2 3 allonges, en massue, 4-10 graduellement plus 
épais, le dernier subitement acuminc au bout. — Prolhorax de la lar- 
geur des élytres, transversal , arrondi à sa base, un peu convexe. — 
Elytres tronquées en arrière, sinuées près de leurs angles externes. — 
Abdomen parallèle. — Pattes courtes , les intermédiaires rapprochées 
à leur base; tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; 
le 1 er des postérieurs un peu allongé. — Corps oblong, ailé, finement 
pubescent. 

Erichson n'en' décrit qu'une espèce (P. labiala) de Madagascar. Le 

(1) Aux 10 esp. décrites par Erichson, aj. : Esp. européennes : G. pulchella 
(genlilis? Et.), lœvigata, exigua, Heer, Col. helvet. I, p. 310. — piton, Hampe, 
Stettin. ent. Zcit. 1850, p. 348. —Esp. des Etats-Unis : G. rufa, flavkoniis, 
laleralis, Melsheim, Proceed. of tlie Acad. of Philad. II, p. 31. 

Selon Erichson (Arch. 1848, p. lût), la Gyr. gUicialis de M. Kolenati (Melel. 
eut. 111, p, 10) n'est pas autre chose que l'Ouata subtilis. 



ALEOCHABIDES. 4J> 

maie a, sur le milieu du second segment dorsal de l'abdomen, et près du 
nord postérieur du cinquième, un petit tubercule qui manque chez la 
femelle. 

PLACUSA. 
Emcii!«. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 370. 

Menton transversal, rétréci et légèrement échancré en avant. — Lan- 
guette large, entière, arrondie; ses paraglosscs tsès-cotutcs, acuminées 
au bout. — Palpes labiaux de deux articles : le 1« gros, le 2° presque 
BQSsi long, beaucoup plus grêle; les maxillaires médiocres, leurs arti- 
cles 2-3 subégaux. —Mâchoires des Homalota. — Mandibules inermes. 
— Labre transversal , tronqué en avant. — Tète triangulaire, sessile, 
plus étroite que le prothorax. — Antennes grossissant peu à peu à leur 
extrémité, à articles 1-2 obeoniques, le dernier arrondi. — Prothorax 
transversal, le plus souvent bisinué à sa base. — Elytrcs tronquées en 
arrière. — Abdomen parallèle ou légèrement rétréci en arrière. — 
Pattes' courtes, les intermédiaires rapprochées à. leur base; tarses anté- 
rieurs de quatre, les autres de cinq articles; Ie4" des postérieurs lé- 
gèrement allongé. — Corps médiocrement allongé, assez large, très- 
déprimé, ailé. 

La forme très-déprimée et les pattes intermédiaires contiguës, distin- 
guent ce genre des Gybopua:na, dont il présente la plupart des carac- 
tères. Ses espèces vivent dans les champignons, et un petit nombre 
dans les fourmilières. Les mâles se reconnaissent à leur sixième seg- 
ment abdominal muni d'une épine de chaque côté, et dont le sommet 
est denticulé ou tubercule; celui des femelles ne présente rien de par- 
ticulier. Le genre est peu nombreux eu espèces; celles décrites sont 
européennes, sauf une, découverle à Taïti, et une seconde propre aux 
Etats-Unis (l). 

S1LUSA. 

Emchs. Die gœf. d. Mark Brand. 1, p. 377. 

Menton grand, assez fortement échancré en avant. — Languette 
grêle, filiforme, entière, sans paraglosses. — Palpes labiaux sélacés, 
très-longs, de trois articles à peine distincts : les deux premiers sub- 
égaux, le 3° très pelit. — Palpes maxillaires médiocres; leurs articles 2-3 
subégaux, le dernier très-pelit, subulé. — Lobes des mâchoires inè- 

(1) Erichson en a décrit six (complanaia Er., pumilio Grav., humiliSj in- 
fima, despecta, adscita Er.), plus une douteuse quant au genre {Bolilorhara 
atrata Sahlb.). Aj. : Esp. européennes : P. depressu, Maklin, Bull. Mosc. 1845, 
u°2, p. 544. — carbonaria, Hampe, Stettin. eut. Zeit. 1850, p. 348. — Esp, do 
Taiti ; P. scupularis, L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 288. 



46 STAPnïlINIENS. 

gaux : l'interne très-long, cultriformc, crochu au bout, garni en dedans 
de petites épines avant son extrémité; l'externe beaucoup plus court, 
large, membraneux et fortement pubescent au bout. — Mandibules 
inermes. — Labre très-petit, semi-orbiculaire. — Tête subglobuleuse, 
atténuée en avant, scssile, penchée. — Yeux médiocres, planes. — An- 
tennes assez courtes, robustes; leurs articles 2-3 obeoniques, subégaux, 
5-10 sublransversaux, 11 oblongo-ovale. — Prothorax transversal, pres- 
que aussi large que les élytres, un peu arrondi latéralement, présentant 
une fossette transversale à sa base. — Elytres tronquées en arrière et for- 
tement échancrèes près de leurs angles externes. — Abdomen linéaire. 
— Pattes assez courtes ; les intermédiaires rapprochées à leur base ; 
tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; tous, sauf le 
dernier, égaux. — Corps allongé, parallèle, déprimé en dessus, ailé. 

Très-petits insectes ayant le faciès des Aleocimiia de forme linéaire, 
mais faciles à en distinguer par la structure de leurs tarses. Outre les 
deux espèces, S. rubiyinosa et rubra, décrites par Erichson, deux au- 
tres ont été publiées par M. O. Heer (1), mais avec quelques doulcs sur 
la question de savoir si elles appartiennent bien au genre. M. Sachse en 
a depuis fait connaître un pareil nombre de l'Amérique du Nord (2). La 
rubiginosa a été trouvée dans les nids de la Formica rufa, et dans 
les plaies des ormes et des hêtres; les habitudes des autres espèces 
me sont inconnues. Les mâles de ces insectes se reconnaissent à leur 
pénultième arceau dorsal de l'abdomen qui est caréné. 

PRONOMjEA. 
Emeus. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 378. 

Menton grand , rétréci en avant, profondément et triangulairement 
échancré ; ses lobes aigus. — Languette entièrement cachée par le men- 
ton, très-courte, bilobée, sans paraglosscs. — Palpes labiaux formés 
d'un seul article sètacé et très-long; les maxillaires grands; leurs arti- 
cles 2-3 égaux, le 4° Irès-pclit, subulè. — Lobes des mâchoires tres- 
grèles, allongés, égaux : l'interne corné, crochu au bout, garni de petits 
cils épineux dans sa moitié terminale en dedans ; l'externe membra- 
neux, finement pubescent au bout. — Mandibules mutiques, frangées 
au coté interne ; leur sommet libre, formant un crochet aigu. — Labre 
Oblong, recouvrant les mandibules. — Tète sessile, arrondie, terminée 
par un museau assez long. — Anlemics courtes, assez robustes, gros- 
sissant peu à peu ; leurs articles 2-3 oheoniques, égaux, le dernier ova i 
lairc. — Prothorax aussi large que les élylres, transversal, un peu ré- 
tréci et tronqué à sa base, presque droit sur les côtés. — Elylres 

(1) S. rufa, alpicola, Col. helvet. I, p. 303. 

(2) S. alternans, gracilis, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 118; de la Géorgie. 



ALÉOCHAMDES. 47 

légèrement et conjointement échancrées en arrière, assez fortement 
sinuées près de leurs angles externes. — Abdomen linéaire. — Pâlies 
assez courtes, les intermédiaires peu écartées à leur base; tarses anté- 
rieurs de quatre, les autres de cinq articles ; le 1 er des postérieurs un 
peu allongé. — Corps allongé, linéaire, ailé. 

On en connaît trois espèces d'Europe et de très-petite taille. Celle 
(P. roslrata Er.) sur laquelle Erichson a fondé le genre, et la seule 
qu'il ait connue, se trouve dans les forêts, sous la mousse et les feuilles 
tombées (1). 

DIGLOSSA. 
Haliday, The entom. Mag. IV, p. 252. 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette ca- 
chée par le menton. — Palpes labiaux sètacês, uni-articulés, dépassant 
les mandibules; les maxillaires allongés, de trois articles : 1 très-petit, 
2-3 grands, égaux, celui-ci un peu en massue. — Lobes des mâchoires 
très-grêles et très-longs : l'externe sélacé , l'interne crochu au'bout et 
garni en dedans de petites épines. — Mandibules allongées, saillantes, 
grêles, arquées et aiguës au bout. — Labre transversal, sinué en avant. 

— Tête- plus large que le prothorax, sessile, rélrécie antérieurement en 
un court museau aigu, assez convexe en dessus. — Yeux très-petits. 

— Antennes médiocres, peu robustes, à articles 1-2 allongés, '.i plus 
court, obeonique, 4-10 globuleux, 1 1 plus grand, globoso-ovalc. — Pro- 
thorax aussi long que large, rétréci en arrière. — Elylres tronquées en 
arrière. — Abdomen de sept segments, parallèle, atlénué seulement 
à son extrémité. — Pâlies médiocres; jambes antérieures ayant leur 
angle apical externe fortement cchancré ; tarses de quatre articles : les 
antérieurs très-courts, les postérieurs un peu plus longs, leur 4° article 
plus court et plus gros que le 1", avec ses crochets robustes et très- 
arqués. — Corps allongé, linéaire, aptère. 

On n'en connaît qu'une seule et très-petite espèce (-2), qui ressemble 
tout-à-fait à une Puonom/ea par sa forme générale, mais qui s'en dis- 
tingue aisément par ses mandibules saillantes, et la structure de ses 
tarses. M. Haliday l'a découverte en Irlande, courant sur le sable des 
bords de la mer qui la recouvre au moment du flux. Depuis, on l'a re- 
trouvée sur les côtes d'Angleterre et du nord de la France. 

(1) Aj. : P. picea, Heer, Col. helvet. I, p. 587. — dalmatina, Sachse, Stettin. 
ent. Zcit. 1852, p. 119. 

(2) D. mersa, Halid. loc. cit.; avec beaucoup de détails. Le nom de Digloss a, 
imposé au genre par M. Haliday, est pou convenable, en ce qu'il implique que 
la languette est divisée en deux, et il serait convenable do le changer. Voycj, 
sur cet insecte, une note de M. Kraatz, Stettin. ent. Zeit. 1853, p. 259; cet ento- 
mologiste pense que les exemplaires des eûtes de France pourraient bien former 
uao espèco distincte. 



48 »TAPnVLlHIEWS. 

MYLLiENA. 
Erichson, Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 382 (1). 

Ce genre ne diffère des Gymnusa qui suivent que par les caractères 
que voici : 

Menton transversal, légèrement échancré, avec ses angles antérieurs 
prolongés chacun en une épine Irès-longue et très-grêle. — Languclte 
très-pelile, arrondie, entière. — Palpes maxillaires plus courts et plus 
robustes; leurs articles 2-3 graduellement renflés. — Mandibules 
inermes, recouvertes par le labre. — Celui-ci coriace, scmi-orbiculaire. 
— 2» article des. anlcnnes du double plus long que le 3°. — Jambes 
non épineuses; tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; 
le 1 er des antérieurs très-court, celui des postérieurs allongé. 

Le [actes est le même que celui des Gymnusa, à celte différence près 
que le corps est moins ou non atténué en avant, mais, du reste, rappelle 
tout aussi complètement celui des Tacuypokus. Parmi ces insectes, les 
uns vivent sous la mousse et les feuilles tombées, les autres se trouvent 
courant avec la plus grande agilité aux bords des eaux. Les maies ont 
ordinairement leur sixième segment ventral de l'abdomen tronqué au 
bout, tandis qu'il est triangulaire et plus aigu chez les femelles. 

Les espèces décrites s'élèvent à une dizaine, toutes européennes (4). 

GYMNUSA. 
(Karsten) Gn avenu. Mon. Col. micr. p. 173 (3). 

Menton assez grand, rétréci et profondément échancré en avant. — 
Languette très-longue, grêle, fendue presque jusqu'à sa base; ses divi- 

(1) Syn. Centroglossa, Matthcws, The ont. Mag. V, p. 194. Les palpes labiaux 
ont été pris par l'auteur pour des parties constituantes do la languette; de la 
le nom imposé par lui au genre, et qui ne lui convient nullement. 

(2) Erichson en mentionne trois : M. dubia et minuta Grav., intermedia 
Ei-. — Aj. M. gracilis, Hecr, Col. helvet. I, p. 303. — grandicollis (gracilis 
Heeij, Kieseuw. Stettin. cnt. Zeit. 1814, p. 342. — glauca, Aube, Ann. d. 1. Soc. 
ent. S6r. %, Vlll, p. 314. — elongutu, forticornis, infuscata,minima, Kraatz, 
Stettin. cnt. Zeit. 1853, p. 373. 

Des six espèces de Centroglossa décrites par M. Matthews, la conuroides 
correspond à la dubia, Vattenuuta à l'intermedia, la minuta à celle du même 
nom. Les trois autres (elongala, brevicornis, gracilis) n'appartiennent très- 
probablement pas au genre, à en juger par leur abdomen, qui, selon l'auteur, 
est obtus a sou extrémité; Erichson (Staphyl. p. 919) soupçonne que ce sont des 
Oxypoda. 

(3) Syn. Deinopsis, Matthcws, Ent. Mag. V, p. 193; les divisions de lalan- 



ÏACHYPOHIDES. £y 

sions coriaces, linéaires; point de paraglosses. - Palpes labiaux très, 
longs, sçtaccs, indistinctement articulés ; les deux derniers articles très- 
petits; les maxillaires très-longs également, grêles; leurs articles 2 
tres-allongc, 3 plus court, 4 très-petit, subulé. - Lobes des mâchoires 
cornes, tres-allongés, grêles : l'interne crochu au bout, et dcnliculé en 
dedans avant son extrémité; l'externe linéaire, muni de deux soies 
erminales et de quelques poils internes près de son sommet. - Man 
dibules allongées hneaires, bidentées au bout, munies intérieurement 
d une lame membraneuse denticulée en scie. - Labre grand, subor"- 
cula.re, recouvrant les mandibules. -Tête enfoncée dans le prothorax 
fléchie en dessous, convexe, terminée par un petit museau roslriformc' 

- Yeux oblongs, assez grands, situés sur les bords latéraux du front* 

- Antennes grêles; leurs articles 2-10 obeoniques, égaux, 11 ovalairc' 

- Frothorax transversal, recouvrant la base des élytres , rétréci en 
avant, b.s.mie a sa base, avec ses angles postérieurs aigus, assez con- 
nexe. - blytres conjointement échancrées en arrière. - Abdomen 

S"™"™ h" 16 " 1 , 61 , f0rlement rétréci en arrière = ses a PP e "dices styli- 
formes b.en développés. - Pattes assez courtes, les intermédiaires 
S ch ^«'^ base; jambes finement épineuses; tarses de cinq 
arl.cles, le 1 « dcs posterieurs très . allo é . _ c a „ J 

a ses deux extremUes, surtout en arrière, ailé, revêtu dune fine pubes- 
cence soyeuse. ' 

Genre très-distinct et remarquable, qui, avec le précédent, reproduit 
dans ette t„bu les ormes et la plupart des caractères des TAcnvW, 
Il se rapproche également un peu des Staphylinides par la nature des" 
différences sexuelles Les mâles ont .e sixième arceau ventrafde ,'ab! 
domen echancre et le sept.ème profondément fendu; chez les femelles 
le premier est légèrement sinué de chaque côté au bout et cache le e 
cond. Ces insectes vivent sous les mousses et parmi les racines des 
arbres; on n en connaît que quatre espèces européennes (1). 

TRIBU II. 

TACHYPORIDES. 

Stigmates proihoraciques visibles. ~t Ahlennes insérées dans des 
cxcnvat.ons latérales du front en avant des yeux. - Mandibules iner- 
E i r n ' eS D Cn ?f" 3 /° De ^mbranc ciliée, en partie libre dans la 
plupart. - Point d ocelles. - Elytres parfois plus longues que la poi- 

Kurïntr 5 , '; all)es „! abi »» x «^toquaient dans la préparation de cet organe fi- 
feuieo par 1 autour (fig. 2). 

aftS h i^°" i ' G«'-, WtorfW. Er. - Aj. : G. variegata, Kiesenw. Stettin. 
l ' * eit ' 18i5 > P- 223. - Deinopsis fuscatw, Matthews, loc. cit. 
Coléoptères. Tome II. 4 



gg STAPHYUKIENS. 

trine. — 7° segment abdominal à peine distinct. — Hanches antérieures 
coniques , saillantes; les postérieures transversales ; toutes les jambes 
ou quelques-unes d'entre elles épineuses; articles des tarses en nombre 
variable. — Un espace membraneux au prolhorax en dessous. 

En outre du mode d'insertion des antennes, ces insectes se distinguent 
des Aléocharides, avec lesquelles ils ont en commun des stigmates pro- 
thoraciques à découvert et une petite taille, par un facics particulier 
qui les fait aisément reconnaître. Leur corps, large et oblus en avant. 
Se rétrécit fortement en arrière, et leur tète, toujours dépourvue de col, 
est enfoncée jusqu'aux yeux dans le prothorax. Celui-ci, généralement 
très-ample, recouvre un peu la base des élylres qui sont de longueur 
normale chez les uns, tandis que chez les autres elles s'étendent 
plus ou moins sur l'abdomen, comme chez les Omalides et les Protei- 
nides. L'abdomen, en général assez long, s'atténue rapidement en ar- % 
rière, et son extrémité est ordinairement hérissée de poils ratdes ; 
d'autres semblables, mais plus rares, se voient sur le reste de sa surface. 
Pendant la vie, ces insectes ne relèvent pas cette partie du corps , 
ainsi que le font habituellement les Aléocharides, mais la maintiennent 
horizontalement et parfois la recourbent en dessous. Comme chez la 
plupart des Oxytélides, les pattes sont au moins en partie épineuses. Les 
tarses sont souvent plus longs que leurs jambes respectives, elle nombre 
de leurs articles ne varie presque jamais que de cinq a quatre. 

Si l'on ajoute à cela des téguments en général glabres et brillants, on 
aura les principaux caractères extérieurs qui distinguent ces insectes 
des Aléocharides. . 

A l'époque où Erichson publiait sa Monographie, on ne connaissait 
aucune de leurs larves. Dans ces derniers temps, M. Ed. Pems a décrit 
celles des Tachyporus cellaris et Tachinus humeralis (1). 

La première est allongée et linéaire. Sa tête, semi-elliptique, porte de 
chaque côté six (2) ocelles, disposés sur deux rangées, la supérieure 
de quatre, dont un écarté des trois autres qui sont rapproches, l inté- 
rieure de deux très-distants l'un de l'autre. Les antennes se composent 
de quatre articles dont le dernier, de moitié plus court que les deux 
précédents qui sont égaux entre eux, est déprimé, sinué sur les cotes, 
et muni de deux soies latérales et quatre terminales. Les mandibules 
sont arquées ctunidentêes au coté interne; le lobe des mâchoires est 
conique, allongé et cilié ; le menton échancré , et de son milieu fait 
saillie une petite languette conique de deux pièces. Les palpes sont 
très-longs et terminés par un article subulé. Les segments prothoraci- 
ques sont de forme trapézoïde; ceux de l'abdomen, jusqu'au huitième 

(1) Ann. d. 1. Soc. cnt. Sér. 2, IV, p. 331, pi. IX, n» 3, f. 1-8, Tachyporus 
cellaris; î. 9, une antenne du Tachinus humeralis. 

(2) Ce nombre est intéressant, attendu que jusque-là toutes les larves con* 
nues de la famille n'avaient, au maximum, que quatre de ces organes. 



TAcnvronincs. 51 

inclusivement, hexagones, transversaux et séparés sur les côtés par des 
incisions très-prononcées ; le 9 e est quadrilatère, et ses appendices sty- 
liformes sont longs et composés de quatre articles. Le prolongement 
anal est bilobé à son extrémité. Les pattes sont hérissées de fortes épines 
et quadri-arliculées, comme de coutume. 

Cette larve est très-agile et vit sous les écorecs, les pièces de bois 
gisant sur le sol, partout en un mot où se développent diverses espèces 
de champignons dont elle fait sa nourriture. Elle subit ses métamor- 
phoses dans les mêmes lieux. 

La larve du Tachinus humeralis est, sauf sa taille plus petite, com- 
plètement pareille à la précédente et n'en diffère essentiellement qu'en 
ce que les quatre ocelles de la première rangée sont disposés en arc 
de cercle et tous rapprochés. Elle vit dans les champignons, le fumier, 
etc., et se métamorphose en terre. 

Sauf un seul (MEConnorAuis), qui même n'appartient peut-être pas 
à la tribu, les onze genres qui suivent ont des représentants en Europe. 
I. Elytres plus, longues que la poitrine. 

a Tarses de quatre articles : Hypocyptus. 

aa — antér. de quatre, les autres de cinq articles : Lampritw. 

aao. — do cinq articles. 

b Abdomen non rebordé latéralement : Conurus. 

bb — rebordé latéralement. 

Antennes filiformes : Tachyporus, Tachinus. 
— capillaires : Habroccrus. 
IL Elytres pas plus longues que la poitrine, 
e Tarses de cinq articles. 
d Antennes capillaires : trichophyus. 
dd — filiformes. 

■4 e art. des palpes max. filiforme : Doletobius. 

subulé : Mycetoporusj Mecorhopalus. 

ce Tarses de quatre articles : Tanygnathus. 

HYPOCYPTUS. 

(Sciiupp.) Erichs. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 387 (1). 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette courte, 
arrondie antérieurement , avec une petite saillie dans son milieu. — 

(1) Syn. Hypocvpiitus, Manh. Brachél. p. 58; Lacord. Faune cnt. d. env. d. 
Paris, I, p. 519. Erichson a rétabli l'ortbographe du genro telle que M. Schuppel, 
son fondateur, l'avait adoptée dans l'origine.— Cypha, Steph. III. of Brit. ent. V, 
p. 187 — Scaphuhum, Payk., Gyllh., Marsh. 



*y2 STAPÛYLINIBÏIS. 

Palpes labiaux de trois articles : le 2° presque aussi grc-3, mais plus 
court que le 1er, le 3« très-petit et très-grêle; le 2° des maxillaires 
allongé, un peu en massue, le 3° aussi grand , ovoïde, le 4° petit , su- 
bulé. — Lobes des mâchoires membraneux, subégaux, ciliés au bout, 
l'externe échancré en dehors dans son milieu. — Mandibules inermes. 

— Labre transversal, entier. — Tète large, fortement fléchie en des- 
sous. — Yeux arrondis, peu saillants. — Antennes médiocres, grêles, 
de 10 articles : les trois derniers formant une massue oblongue. — 
Prothorax transversal, convexe, rétréci en avant, sinué de chaque 
côté de sa base et aussi large que les élytres. — Celles-ci plus ou moins 
convexes, plus longues que la poitrine, légèrement arrondies en arrière. 

— Abdomen court, conique, finement rebordé. — Pattes courtes, tres- 
gréles, les intermédiaires assez écartées à leur base; hanches posté- 
rieures étroites, parallèles; jambes lisses et très-finement ciliées; tarses 
<lc quatre articles : le premier un peu allongé, assez gros aux antérieurs, 
les deux suivants très-petils. — Corps de forme variable, plus ou moins 
large en avant et rétréci en arrière, ailé, lisse, avec quelques poils peu 
abondants. 

Très-petits insectes remarquables par la faculté qu'ils possèdent de 
se contracter en boule comme les Agathimum, auxquels ils ressemblent 
beaucoup dans cet état. On les trouve dans les forêts sous l'ècorce 
non desséchée des arbres, parmi les herbes, et quelques-uns dans les 
fourmilières. Leur forme générale varie beaucoup sous le rapport de la 
convexité qui est portée très-loin chez quelques espèces (par ex. longi- 
cornis). Les mâles se reconnaissent à leur sixième segment abdominal 
plus ou moins échancré en dessous. Toutes les espèces décrites sont 
européennes (i). 

LAMPRINUS. 
0. Heeb, Çol. helvet. I, p. 286. 

Dernier article des palpes maxillaires très-pelil, subulé; le pénultième 
allongé, cylindrique. — Tête courte, transversale, acuminée antérieu- 
rement, présentant, en avant des yeux, deux profondes fossettes pour 
l'insertion des antennes. — Celles-ci de onze articles : le 1 er allongé, 
le 2e plus court, les autres courts, subégaux, très-serrés; les intermé- 
diaires un peu plus larges que les autres. — Prothorax large, con- 
vexe, à peine rétréci en avant, avec ses angles postérieurs arrondis. — 
Elytres presque plus étroites et un peu plus longues que le prolhorax. 
Abdomen à peine aussi long que les élytres, glabre. — Tarses 

(1) On n'en a décrit que deux, à. ma connaissance, outre celles mentionnées 
pnr Erichson, au nombre de cinq : H. longicornis Payk., discoideus Er., lœ- 
vitisculus Mann., seminulum Er., jmtfcQrilts Er. — Aj. ; H. ovulum, ni- : 
gripes, Heer, Col. liclvct. I, p. 285. 



TACllYPOlUllES. fij 

antérieurs de quatre, les autres de cinq articles, les lerscourts; leurder- 
nier article presque plus long que les précédents réunis. 

Ces caractères sont reproduits d'après M. Ileer, qui place ce genre 
à la suite des Hypocyptis, en quoi je ne puis que l'imiter, ne le con- 
naissant pas en nature et aucun auteur n'en ayant reparlé depuis qu'il 
est établi. La structure de ses tarses le distingue essentiellement de 
tous ceux de cette tribu. Il ne comprend qu'une très-petite espèce 
(£. Lasserci) qui se trouve, mais très-rarement, aux environs de 
Genève. 

CONURUS. 

Steph. m. ofBrit. ent.X, p. 188 (1). 

Genre détaché des Tachypoiius qui suivent et qui n'en diffère que 
par les caractères suivants : 

Languette bilobée ; ses lobes fortement échancrés et munis de quel- 
ques cils en avant. —2e article des palpes labiaux de moitié plus court 
que le 1 er et le 3 e ; le pénultième des maxillaires légèrement en massue. 

— Yeux peu saillants. — Angles postérieurs externes des élytres droits. 

— Abdomen non rebordé latéralement. — Mésoslernum caréné. — 
Cuisses et jambes antérieures dépourvues de cils, les premières ciliées 
a leur extrémité et les secondes dans toute leur longueur aux autres 
paires; les quatre premiers articles de tous les tarses décroissant gra- 
duellement; ceux des quatre pâlies postérieures très-longs, glabres. — 
Corps en entier revêtu d'une iine pubescevice soyeuse. 

Ces insectes ont les mêmes habitudes que les TAcmponus et présen- 
tent les mêmes différences sexuelles; mais leur distribution géographi- 
que est plus étendue; il s'en trouve en effet dans l'Afrique australe, à 
Madagascar et dans la Tasmanie, pays où l'on n'a pas encore signalé de 
Tachypoiids; plus de la moitié des espèces sont exoliques. Le nombre 
de celles décrites, s'élève en ce moment à vingt-cinq (»). 

(1) Le nom do Commus devra être changé, Kuhl l'ayant appliqué longtemps 
auparavant à un groupe de Perroquets américains. 

(2) Aux 19 esp. mentionnées par Ericlison, aj. : C. incerlus, Hampe, Stetlin. 
ent /cit. 1850, p. 349; d'Europe. — erythrocephalus, riifulus, dimidiatus 
Hoclilmth, Bull. Mosc. 1849, 1, p. 76; du Caucase.- obesus, Bohcm. Ins. Caffrar. 
i, p. 270; de Natal. — pulicarius, Sachse, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 120 ; des 
ttats-Unls (Géorgie). 



S't- gTArnVLINIBNS. 

TACHYPORUS. 
Gravenii. Mon. Col.micr. p. 1 (1). 

Menton fortement transversal, tronqué en avant. — Languette mem- 
braneuse, large, bilobée ; ses lobes arrondis, divergents, soudés avec les 
paraglosses ; une rangée de cils indiquant la ligne de séparation. — Palpes 
labiaux de trois.articlcs, subégaux, le 3» beaucoup plus grêle que les 
deux l or s ; les articles 2-3 des maxillaires subégaux, celui-ci assez forte- 
ment en massue, le 4» petit, subulé. — Lobes des mâchoires cornés, 
presque égaux, pubescents au bout; l'interne membraneux en dedans. 
— Mandibules courtes, munies en dedans d'une étroite membrane fran- 
gée. — Labre transversal, entier. — Tctc transversale, trigone, fléchie 
en dessous. — Yeux médiocres, subarrondis, assez convexes. — An- 
tennes assez longues, grêles, filiformes ou grossissant un peu à leur 
extrémité ; leurs trois ou quatre 1«™ articles plus longs que les au- 
tres. — Prolhorax ample, assez convexe, aussi large à sa base qui est 
tronquée, que les élytres qu'il recouvre un peu, rétréci en avant, avec 
ses angles antérieurs aigus. — Elytres plus longues que la poitrine ; 
leurs angles terminaux externes plus ou moins tronqués. — Abdomen 
finement rebordè, fortement rétréci eii arrière. — Mcsostcrnum non 
caréné. — Pattes médiocres; hanches postérieures dilatées au côté in- 
terne; toutes les cuisses et les jambes antérieures glabres, les autres 
assez fortement spinosules; tarses de cinq articles; les quatre posté- 
rieurs allongés, les trois premiers articles de tous décroissant graduelle- 
ment, pubescentâ en dessous», le 4» très-petit. — Corps ailé, obtus en 
avant, fortement rétréci en arrière, lisse et glabre sur la tête et le pro- 
lhorax, sans pubescence soyeuse ailleurs. 

A ces caractères il faut ajouter que les tarses antérieurs sont souvent 
plus ou moins dilatés, tantôt dans les deux sexes, tantôt chez les mules 
seulement, et que les bords latéraux de l'abdomen, son extrémité, et à 
un moindre degré, les bords des elytres, sont munis de cils longs, fins et 
un peu serrés. Toutes ces particularités se retrouvent également chez les 
Conurus. Les caractères sexuels résident dans le sixième segment ab- 
dominal qui est entier supérieurement , et échancré en dessous chez les 
maies, tandis que chez les femelles son arceau dotsal est quadrifide, et 
le ventral entier et terminé par des cils raides. Les maies ont en outre 
le septième segment abdominal distinct. 

Ces insectes se trouvent dans la moussé, les débris végétaux et ani- 
maux en décomposition, quelques-uns dans les fourmilières. La plupart 
des espèces sont européennes, les autres de l'Afrique et de l'Amérique. 
Il y en a une trentaine de décrites dans les auteurs (2). 

(1) Syn. Oxyporus, Fab., Panier. 

(2) Dont 21 sont mentionnées par Ericlison; aj .; Esp. d'Europe : T- pukhdlus, 



TAcnvroniDES. 55 

TACHINUS. 
Gravenu. Col. micr. Brunsv. p. 134. 

Menton transversal, tronqué en avant. — Languette des Tachypo- 
nus; ses lobes seulement plus divisés et trigones. — Palpes labiaux fili- 
formes, de trois articles : le 2 e plus court que les deux autres, le 3° aussi 
gros qu'eux , subaigu au bout ; les maxillaires également filiformes , 
médiocres, leur 2° article un peu plus long que le 3°, le 4» aussi ou 
un peu plus long que celui-ci, acuminé. — Mandibules, labre, tête, 
yeux et antennes des Tachyporus. — Prothorax transversal, au moins 
de la largeur des élytres à sa base et les recouvrant un peu, rétréci en 
avant, tronqué ou légèrement bisinué en arrière, échancré en avant ; ses 
angles postérieurs souvent saillants en arrière, les anté^eurs un peu 
aigus. — Elytres plus longues que la poitrine. — Pattes assez courtes; 
hanches postérieures parallèles, élargies au côté interne ; jambes toutes 
épineuses; tarses dé cinq articles, médiocrement allongés, les quatre 
1"" décroissant successivement.— Corps de forme variable, le plus sou- 
vent ailé. 

Erichson a divisé ce genre en deux sections qui diffèrent par la forme 
générale et des caractères assez importants. 

La première, presque entièrement exotique (i), comprend les espèces 
qui ont le [acies des Tachyporus, le dernier article des palpes maxil- 
laires plus acuminé, parfois conique, le mésosternum caréné, les cuisses 
robustes, comprimées, et les tarses simples dans les deux sexes. Ces 
derniers diffèrent entre eux par le sixième segment de l'abdomen qui est 
quadrifide supérieurement et fendu inféricurcment chez les mâles, qua- 
drilide en dessus et en dessous chez les femelles. 

Mann. Bull. Mosc. 1843, p. 82.— crassicornis, Mann, ibid. 1844, I, p. 180.— 
Ûavipes, pictius, M;uklin, ibid. 184G, I, p. 173.— posticus, FtBrstcr, Verbandl. 
tt. nat. Ver. d. Preuss. Rbcinl. VIII, p. 39.— Esp. d. Caucase : 2'. armeniacus, 
chlorulicus {brunneus F.), Kolcnati, Melcl. eut. Ùl, p. 12. —Esp. de l'Amer, 
du Nord : T. pumtukilns, Melshcim. Procccd. of tbe Acad. of Philad. II, p. 32. 
— Esp. du Cbili : T. bicolor, martjinicalli);, rufescens, testaceus, maculipennis, 
Soller in Gay, Hist. de Chile, Zool. IV, p. 342; lo bicolor, à en juger par la 
ligure (pi. 7, f. 2), n'appartient pas à ce genre, ni même à la tribu actuelle. 

(1) On n'en a rencontré jusqu'ici que deux en Europe : l'ancien 7'. silphoides 
Linné, et une découverte récemment en Sicile : T. pictus, L. Fairm. Ann. d. 
1. Soc. ent. Sér. 2, X, p. 71. Les autres espèces sont de l'Amérique du Nord 
(glbbulus): di Puertd-Rico (piems, pukhellus, nttiàulus, IcrmiiinUs, ablcalis)', 
de Colombie (elutus, hcpntiat.s, brunneus, brcvkoUiS, depressus), du Brésil 
(clncteUus, convexus, humilis), de Madagascar {jiiclus), et du Bengale [mcln- 
narius); toutes cos BBpèees ont été décrites pour la première fols par Erichson. 
Depuis lui, ou n'en a publié, à ma connaissance, aucune exotique qui rentre 
dans cette première division. 



W STApHYLINIEM. 

Les espèces de la seconde ont le corps plus oblong et moins convexe ; 
le dernier article des palpes maxillaires cylindrique, acuminé au bout 
et souvent du double plus long que le pénultième ; le mésosternum 
simple, et les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés chez 
les mâles. En outre de ce caractère, ces derniers ont le sixième segment 
abdominal qnadridenté à son extrémité en dessus et profondément fendu 
en dessous ; chez les femelles, il présente en dessus trois ou quatre di- 
visions, et six en dessous. Les espèces de cette section paraissent pro- 
pres aux régions froides et tempérées des deux continents ; on n'en a 
pas encore trouvé dans les pays chauds, ni même dans l'Europe aus- 
trale; il y en a deux seulement dans la région caucasienne (1). 

Ces insectes ont des habitudes pareilles à celles des Tacbypqhds. 

HABROCERUS. 

n 

• Ejuchs. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 400. 

Menton fortement transversal, entier. — Languette large, évasée et 
tronquée en avant, avec une étroite incision triangulaire dans son milieu ; 
ses paraglosses comme chez les TAcnvponus. — Palpes labiaux courts, 
de trois articles : le 1 er assez grand, cylindrique, les deux autres très- 
petits, subégaux; les maxillaires allongés, leurs articles 2-3 subègaux, 
celui-ci grossissant peu à peu, le 4° presque aussi long que lui, en cône 
allongé et acuminé au bout. — Mâchoires des Tacuypouus, avec leurs 
deux lobes membraneux en dedans. — Mandibules très-petites. — La- 
bre presque carré, un peu sinué en avant. — Tête et yeux des Tachy- 
porus. — Antennes très-gréles, capillaires, de onze articles, les deux 
1 ers plus gros que les suivants; ceux-ci garnis de poils verticillés. — 
Prothorax des Tachyporss, avec ses angles postérieurs arrondis et son 
bord antérieur échancré. — Elytres un peu plus longues que le pro- 
thorax, avec leurs angles terminaux externes échancrés. — Abdomen 
rétréci en arrière, rebordé sur les côtés, ne paraissant composé que de 
cinq segments. — Pattes assez courtes, les intermédiaires rapprochées 
à leur base ; hanches postérieures triangulaires; toutes les jambes très- 
finement épineuses ; tarses de cinq articles : le 1" de ceux-ci allongé 
aux quatre postérieurs, les trois suivants décroissant graduellement: 
les antérieurs simples dans les deux sexes. — Corps oblong, peu con- 
vexe, très-glabre et brillant sur la tête et le prothorax. 

(1) Erichson en mentionne treize d'Europe (rufipes De Gecr, flavipe.i F., 
humerutis Grav. etc.), et cinq de l'Amérique «lu Nord (frigichis Ei\, piripes 
Er., memnunhts Grav., etc.). — Aj. : Esp. du Caucase: T. caucàsious, Kole- 
nati, Melet. cnt. III, p. 13. — rufttarsis, Hoclihutli, Bull. Hosc. 1849J I, p. 90. 
— Esp. de Natal : T. exilis, Bohem. Ins. Callrar. I, p. 271. — Esp. de l'Amer, 
du Nord : T. nigricornis, propinquus, Mann. Bull. Mosc. 1843, p. 225 ; de 
Sitkha. — discoideus, limùutus, Melsheim. Proceed. of tlie Acad. of Philad. II, 
p. 32. — colonus, rufus, Sachsc, Stutthi. cnt. Zeit. 1852, p. 121. 



ïAcnvponiDES. 67 

La seule espèce connue (Ik capillaricornis Grav.) ressemble à uu 
TAcnYponcs de petite laille et un peu déprimé. Le mâle se dislingue à 
un vestige de sixième segment abdominal dont il est pourvu et en ce que 
le cinquième est légèrement éebancré au bout, tandis qu'il est tronqué 
chez la femelle. Ce petit inseele se trouve dans la plus grande partie do 
l'Europe, sous les feuilles tombées dans les bois. 

TRICHOPHYUS. 

Ericiis. Die Kœf. d. Mark Brand. \, p. 402 (I)_. 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette étroite, 
saillante, bifide aubout ; ses paraglosses soudées avec elle et plus courtes. 

— Palpes labiaux de deux articles : le 2» petit et acuminé ; les ma- 
xillaires assez allongés; leur 2 e article plus grand que chacun des 
deux suivants ; le dernier acuminé au bout. — Lobes des mâchoires li- 
néaires, subégaux : l'interne crochu et Iridenlé au bout, cilié dans son 
milieu ; l'externe pubescent à son extrémité. — Mandibules inermes, 
munies d'une membrane ciliée intérieurement. — Labre transversal, 
arrondi en avant. — Tête subtriangulairc, fléchie. — Yeux petits, 
arrondis, saillants. — Antennes longues; leurs articles 1-2 plus gros que 
les suivants, celui-là en massue, celui-ci subglobuleux; les autres capil- 
laires, de plus en plus grêles, hérisses partout de longs poils. — Pro- 
thorax fortement transversal, de la largeur des élytres, arrondi à sa 
base et sur les côtés, un peu échancré en avant. — Elytres de la lon- 
gueur de la poitrine, obliquement tronquées en arrière. — Pattes 
courtes , les intermédiaires rapprochées à leur base ; hanches posté- 
rieures triangulaires ; jambes pubescentes ; tarses de cinq articles : les 
cinq 1 ers légèrement dilatés auxantérieurs, le 1 er des postérieurs allongé. 

— Corps oblong, subdéprimé, ailé. 

On n'en connaît qu'une très-petite espèce (T. pilicornis Gyllh.) qui 
paraît propre jusqu'ici au nord de l'Europe et qui vit sous les écorces, 
selon Gyllcnhall ; ses caractères sexuels ne sont pas connus. 

BOLETOBIUS. 
(Leacii) Steph. M. ofBrit. ent. V, p. 171 (2). 

Menton très-court; sa paslie membraneuse allongée. — Languette 
assez allongée, arrondie en avant, avec une petite échancrure dans son 

(1) M. De Manncrhcim (Brachél. p. 73) est le fondateur du genre qu'il avait 
nommé Tiucuophya ; tous les genres de Tachjporidcs avant des noms mascu- 
lins, Eiiclison a changé sa désinence. 

(2) Loach (Voyez Samouelle, Ent. usei Comp. éd. I, p. 17G), M. De Man- 
nerheim, et tuus les auteurs en général, ont écrit Boutobius; j'ai adopté l'ortlio- 



58 STAPnVLINIENS. 

• 

milieu ; ses paraglosses courtes et soudées avec elles; une rangée de cils 
indiquant la ligne de séparation. — Palpes labiaux de trois articles : les 
deux 1 ers subégaux, le 3° un peu plus long, obtus au bout ; les maxillaires 
médiocres; leurs trois derniers articles égaux ou subégaux, le dernier 
tantôt cylindrique, tantôt acuminé au bout. — Lobes des mâchoires co- 
riaces, ciliés. — Mandibules courtes, falciformcs, munies d'une mem- 
brane interne ciliée à leur base. — Labre transversal ou carré. — 
Tête sessile, penchée, courte ou oblongue , parfois assez allongée. — 
Yeux médiocres, ovàlaires, peu saillants. — Antennes assez longues, 
filiformes, peu robustes; leurs articles, sauf le dernier, obeoniques : le 
1 er et le 3c plus longs que les autres. — Prolhorax subtransversal, au 
moins aussi large que les élytres qu'il recouvre un peu à sa base ; 
celle-ci arrondie, ses angles antérieurs déprimés. — Elytres à peine plus 
longues que la poitrine, tronquées en arrière. — Abdomen graduelle- 
ment et fortement rétréci en arrière, rebordé. — Pattes grêles, les in- 
termédiaires subcontigui-s ; hanches postérieures amples ; jambes épi- 
neuses; tarses de cinq articles, longs; le 1 er des quatre postérieurs 
allongé. — Corps long, rétréci à ses deux extrémités, ailé. 

Leur forme plus allongée, leurs élytres plus courtes, et surtout la 
grandeur de leurs hanches postérieures, font distinguer aisément ces in- 
sectes desTACHYPonus et des Tacuinus. Ils sont en général très-glabres 
et brillants, sauf l'abdomen qui est plus ou moins hérissé de longs 
poils. Leurs différences sexuelles portent sur le sixième segment abdo- 
minal qui est diversement construit selon les espèces, rarement sur les 
tarses antérieurs des mâles. C'est sur une espèce {analis) qui a les trois 
premiers articles dilatés dans ce sexe que j'avais autrefois établi le 
genre Bryociiaris, qu'Erichson a supprimé avec raison et qui corres- 
pond en partie à celui nommé Megaciioncs par Stephens. 

Ces insectes vivent dans les bolets, les mousses, les excréments des 
animaux herbivores et sous les feuilles tombées ; je ne sache pas 
qu'on en ail jamais trouvé datis les fourmilières. Leurs espèces, mé- 
diocrement nombreuses, sont, pour la plupart, originaires de l'Eu- 
rope; les autres habitent l'Amérique. On en a décrit une trcntainc.cn 
tout(l). 

graphe plus rationnelle d'Ericlison. — Syn. Bryochams, Lacord. Faune ent. d. 
gnv. il. Paris, I, p, 502. — Mei.acro.nus, Steph. 111. ofBrit. cnt. V, p. 165. — 
UXYPOnus l'ab. — Tacuinus Gràv. 

(1) Aux 22 mentionnées par Eriehson, aj. : Esp. européennes : B. punclu- 
lis/ns, Heer, Col. lielvot. I, p. 2'M.—imkhdlun, Mann. Bull. Moso. isi:i, p . 82. 
— intru.sns, liampe, Stettin, eut. Zcit. 1850, p. 'JÏ9. — distiyina, L. Fainn. 
Ann. d. I. Soc. uni. Sir. 2, X, p. 72. — Esp. du Caucase : H.,ph(t'(lrus, Ivule- 
nati, Melet: eut. III, p. 1 i. — insignis, flavicoUis, lloililiutli, Bull. Moso. 1849, 
1, |i. '.12. —Esp. 'Ii' l'uni r. iln .Ni.i.l : /(. venus/us, binututus (ve)t(istus var.), 
Melslicim. fioeeecl. oi'tlie Aéad. bfPfillad. Il, p. 33. — bisëriatus, Manh. Bull. 



tachypouides. 69 

MYCETOPORUS. 
Mannerh. Brachél. p. 62 (1). 

Genre très-voisin des Boletobius, et qui ne s'en distingue que par 
les caractères suivants : 

Languette de même forme, mais entière et arrondie en avant. — 
Palpes labiaux plus robustes, à articles 1 cylindrique, 2 plus court, sub- 
globuleux, 3 petit, subulé ; 2° et 3" articles des maxillaires subégaux, 
celui-ci renflé, le 4» petit, en alêne. — Angles terminaux externes des 
élylres obliquement tronques. — Abdomen parfois linéaire. — Tarses 
antérieurs simples dans les deux sexes. 

Ces insectes ont les habitudes des Boletobius, si ce n/est que quel- 
ques espèces (lepidus, pronus, eleffans,) ont été trouvées dans les nids 
de la Formica rufa. Leur distribution géographique est également la 
même , mais ils sont moins nombreux ; on en a décrit dix-sept en 
tout (2). 

MECORHOPALUS. 
Solier In Gay, llisl. cl. CHile, Zool. IV, p. 347. 

Menton fortement transversal, sinuè en avant. — Languefte grande, 
allongée, subparallèle, bifide au bout. — Palpes labiaux composés de 
trois articles, diminuant graduellement de grosseur : le 1 er un peu plus 
long que chacun des deux suivants, ceux-ci égaux; le 3" des maxillaires 
plus long que le 2», en cône renversé et renflé, le 4" très-petit, subulé. 
— Mandibules courtes, frangées dans leur milieu en dedans. — Labre 
transversal, muni de deux petites dents antérieurement, avec ses angles 
arrondis. — Tête courte, fléchie, enfoncée jusqu'aux yeux dans le 
prothorax. — Antennes grossissant à leur extrémité; leurs articles 1-3 
obeoniques, 4-10 transversaux, subperfoliés, 11 ovalairc, acuminé au 
bout. — Prothorax ample, rétréci et légèrement échancré en avant, 
fortement arrondi à sa base qui est reçue dans une dépression com- 
mune de celle des élytres. —Celles-ci de la longueur de la poitrine, 

Moso. 181G, I, p, 508; de Sitkha. — . ahgiUariSj scUatus, Sachse, Stcttiu. ent. 
Zcit. 1852, p. 122. 

(1) Syn. Bchnosoma, Stoph. 111. of Brit. ont. V, p. 168. 

(2) flëpuls'là Monographie d'Ericlison, qui en contient neuf, dont huit d'Eu- 
rope {splmdms Marsh., puneftw Gyllh., hmgidus Mành., lépJBtM 1''., pronus 
Ki'.. nanus Grav., lucidus Ei\, splendidus Gyllh.), el une dfj l'Amérique du 
Nord (afrierïcanw Èr.), on n'a décrit que les suivante! â"Enrtip'e : M. semiritlhs, 
tteer, Col. lielvet. I, p. 295. — elegans, M;iklin, Bull. Mosr. 1846, I, p. 176. — 
piccus, riefkoWki "'".«sicoWiis, bteolor, lonfikornis, debilis, M;H.liii, Syinool. 
;«i cogult. Spec. Fennlc. gêner. Mycetoporl; Diss. (in-8°, Helsiugsforsi»/ 181"), 
p. 5. 



W STAPHYtlNlENS. 

tronquées en arrière. — Abdomen légèrement rétréci en arrière, re- 
bordé.— Jambes épineuses; tarses de cinq articles, les quatre 1er» 
courts, coniques et égaux aux antérieurs. 

Solier dit que ce genre est très-voisin des Aujochaiia, à côté des- 
quelles il l'a placé, et, en effet, à en juger par les figures qu'il a don- 
nées des trois espèces (1) qu'il a connues, il a bien plus le faciès des 
Aléocharidesù tète enfoncée dans le prothorax, que des Tachyporides. 
Mais, d'un autre côté, par la forme de la languette et ses jambes épi- 
neuses, j'ajouterai même son prothorax, il appartient à la tribu actuelle 
où je le place provisoirement , en attendant qu'on connaisse le mode 
d'insertion des antennes, que Solier a passé sous silence. Ces insectes 
sont du Chili ; l'un d'eux {M. ater) se trouve sur Jcs bord de la mer, 
dans les cadavres des baleines et autres animanx rejetés par les vagues, 

TANYGNATHUS. 
Emeus. Die Kœf. d. Mark Brund. I, p. 417. 

Menton, languette et mâchoires inconnus. — Palpes labiaux de trois 
articles : le 2 e un peu plus grand que les deux autres, le 3° grêle, acu- 
miné; les maxillaires très-grands, grêles, leurs articles 2-4 égaux, le 
dernier acuminé. — Mandibules allongées, grêles, falcifonncs, se croi- 
sant au repos. —Labre grand, submembraneux, légèrement ér.haucré. 
— Tête oblongue, fléchie, enfoncée dans le prothorax. — Yeux mé- 
diocres, ovales, peu saillants. — Antennes assez longues, filiformes, de 
onze articles cylindriques : 1 légèrement allongé, 210 subégaux, 
lt acuminé au bout. — Prothorax transversal, un peu rétréci en avant, 
légèrement arrondi à sa base, qui recouvre un peu les élylres. — 
("elles -ci largement et conjointement cchancrécs en arrière, sinuées 
près de leurs angles terminaux externes. — Abdomen rétréci en 
arrière, garni de cils allongés. — Pattes courtes, assez robustes, les 
intermédiaires rapprochées à leur base ; hanches postérieures étroites, 
saillantes au côte interne ; jambes faiblement épineuses : tarses de quatre 
articles : le 1" médiocrement allongé, les deux suivants décroissant gra- 
duellement, tous simples. — Corps oblong, ailé, atténué à ses deux 
extrémités, Irès-lissc sur la tête et le prothorax. 

Le type de ce genre bien distinct est un très-petit insecte (terminalis 
Et.) trouvé aux environs de Berlin, où il est très-rare, et dont les carac- 
tères sexuels et les habitudes sont inconnues. Erichson en décrit deux 
autres de la Colombie et des Antilles (s). 

(1) M. ater, bipustulatus,elongatus, loc. cit. p. 348, pi. 6,7, 5; le dernier 
selon Solier, est probablement uno variété du second. 

(2) T.colluris, de Venezuela; laticollis, de l'Ile S'-Vincent: Ericlis. Stapliyl. 
p. 289. 



STAPftTLlNlDEi 61 

TBflHJ III. 

STAPHYLINiDES. 

Sligmalcs prothoraciques visibles, parfois recouverts par une plaque 
cornée, libre. — Antennes de onze articles, insérées sur le bord anté- 
rieur de l'cpislome. — Labre fissile ou bilobé chez la plupart, le plus 
souvent muni d'une bordure membraneuse ou coriace. — Mandibules 
pourvues au côté interne d'un appendice membraneux, en partie libre. 
— Point d'ocelles. — Elylres pas plus longues que la poitrine. — Ab- 
domen rebordé latéralement. — Hanches antérieures coniques, saillantes, 
les postérieures en cône obtus; jambes en général épineuses; tarses 
de cinq articles. — Un espace membraneux au prothorax en dessous. 

Celle tribu comprend les plus grandes et les plus belles espèces de 
la famille. Elle se distingue entre toutes par le mode d'insertion des an- 
tennes qui lut est exclusivement propre. C'est également la seule où le 
labre soit fendu dans son milieu et, par suite, bilobé. Latreille avait em- 
prunté à ce caractère le nom de Fissilabres qu'il avait donné à ces 
insectes ; mais comme il y a des genres (Platypuosopis) et même 
dans certains genres des espèces qui font exception à cet égard, ce 
nom n'est pas rigoureusement exact. 

Ces insectes sont plus homogènes que ceux des deux tribus précé- 
dentes. Leur tète est, à de rares exceptions près, toujours munie d'un 
col distinct en arrière. Leurs organes buccaux et, en particulier, les mâ- 
choires, varient peu. Dans un certain nombre d'entre eux (la plupart des 
Xanlholinides), les élytres, au lieu de se réunir au repos par simple 
contiguïté sur la ligne médiane, empiètent un peu l'une sur l'autre, et 
le bord interne de toutes deux est en même temps aminci ; ce caractère 
est constamment accompagné d'antennes plus ou moins géniculées. Les 
pattes sont en général robustes et épineuses, au moins aux quatre pos- 
térieures, les tarses n'ont jamais moins de cinq articles, et les antérieurs 
sont souvent dilatés, parfois même à un très-haut degré. 

Erichson avait primitivement divisé, dans sa Monographie, ce groupe 
en trois sous-tribus, dont les deux premières (les Xantholinicns et les 
Slaphyliniens vrais) avaient, pour caractère commun, des stigmates pro- 
thoraciques à découvert, tandis que ces organes dans la troisième (les 
Oxyporiens), étaient recouverts par une plaque cornée. Mais, sur l'ob- 
servation de M. Hulula) (t) qu'il en est de même chez quelques Sta- 
phymnus , il a réduit (2) ces trois sous-tribus à deux, que le mode 
d'insertion des antennes suffit pour distinguer l'une de l'autre. 

(t) lu Nowman's Entomolog. p, 187. 
(2) Archiv. 1813, II, p. 211. 



62 STAPnYLTNIENS. 

Antennes insérées au milieu de l'épistomo. Xakthounides. 

aux extrémités do l'épistomo. Staphïlinides vrais. 

Sous-Tribu I. Kmtholinides. 

Antennes insérées an milieu de l'épistome. — Stigmates prothoraci- 
ques toujours à découvert. 

Le corps de ces insectes est en général plus allongé que celui des 
Staphylinides vrais, et la tète se fait souvent remarquer par sa forme en 
carré long ; les téguments sont en outre plus glabres chez la plupart. 

On connaît une seule larve de ce groupe, celle du Xantholinus punc- 
lulalus qui a été décrite par Bouché ( l ) . Elle a la forme linéaire et grêle, 
et la tète allongée, des insectes parfaits de ce genre. Ses antennes sont 
subulécs et composées de quatre articles décroissant graduellement; 
Bouché a passé sous silence les ocelles et la lèvre inférieure. Les autres 
parties de la bouche consistent en un labre arrondi et cchancrc en avant, 
des mandibules falciformes etinermes, et des mâchoires à lobe oblong , 
portant des palpes maxillaires subulés , de quatre articles. Le pro- 
lliorax csl rétréci en avant; les segments abdominaux sont convexes, 
séparés sur les cotés par des incisions bien marquées, et arrondis; les 
appendices styliformes du dernier sont subulés et composés de trois 
articles, dont le dernier en forme de soie. Le prolongement anal est 
tubuleux. Les pattes sont subulées. Cette larve se trouve au printemps 
dans les excréments des chevaux où, selon Bouché, elle vit de rapine. 

Celte sous-tribu comprend dix genres, dont quatre seulement (Otuids, 
Vclda, Xantuolincs, Leptacinus) sont représentés en Europe. 

I. Suture des élytres non imbriquée ; antennes droites. 
Labre entier : Platyprosopus. 

— bilobé : Olhius, Holisus. 

— sinuô : Diochus. 

H. Suture des élytres imbriquée ; antennes géniculécs. 

a Protborax en cône allongé, fortement rétréci en avant : Àgrodes, 
Vtilda. 

a a Prothorax en carré long, souvent un peu rétréci à sa base. 
b Labre denté : Scytalimis. 
bb — inermo, sinué. 

4« art. des palpes max. filiforme : iïomoroccrus, Xantholinus. 
subulé : Leptacinus. 

(1) Naturg. d. Insckt. p. 181, pi. VIII, f. 9-13. 



STAPHYMNIDES. C3 

PLA.TYPROSOPUS. 

Manneiui. Brachél. p. 3G. 

Menton très-court. — Languette allongée , évasée et bilobée çn 
avant, ses lobes divergents, avec leur bord antérieur cilié ; paraglosscs 
nulles. — Palpes filiformes, le 3° des labiaux plus grand que le 2° et 
tronqué au bout; les 3 derniers des maxillaires égaux, le 4° obtus à son 
extrémité. — Lobe interne des mâchoires cilié en dedans, l'externe 
grêle, plus long que l'interne et pubescent au bout. — Mandibules as- 
sez robustes, bidentées dans leur milieu. — Labre transversal, entier, 
muni en avant d'une membrane saillante, bilobée, avec ses lobes arron- 
dis. — Tête grande, oblongo-ovalc, de la largeur du prothorax, non ré- 
trécie en arrière. — Yeux petits, non saillants. — Antennes droites, 
graduellement atténuées à leur extrémité, à articles 1 un peu allongé, 
2 oheonique, 3-10 décroissant peu à peu, 11 obliquement tronqué et 
subéchancré au bout. — Prothorax transversal ou allongé, aussi large 
au moins que les élytres, arrondi à sa base et sur les côtés. — Elylres 
obliquement tronquées en arrière; leur suture non imbriquée. — Abdo- 
men allongé, atténué au bout. — Pattes assez courtes et assez robustes ; 
jambes antérieures pubescentes, les quatre autres épineuses ; tarses 
antérieurs dilatés ; le premier article des quatre postérieurs allongé, les 
autres triangulaires. — Corps allongé, pubescent, ailé. 

Genre remarquable, le seul de cette tribu, avec les Oxyi>orus, qui ait 
la languette et le labre laits comme il est indiqué plus haut, et se rap- 
prochant en même temps des Tachyporides, par sa tête non rétrécie en 
arrière et l'ampleur de son prothorax. On n'en connaît que quatre es - 
pèces de taille moyenne, l'une de Nubie, une de la région caucasienne, 
les deux autres du Bengale (î). Les mâles se distinguent par leur 
sixième segment abdominal échancré en dessous; il est entier chez les 
femelles. 

OTHIUS. 
(Leacii) Stem. IU. ofDril. ent. V, p. 253 (2). 

Menton très-court. — Languette assez saillante, arrondie et entière 
en avant ; ses paraglosscs plus longues qu'elle, triangulaires, divergen- 
tes, ciliées en dedans. — Articles des palpes labiaux croissant peu à 
peu ; le dernier subacuminé ; le 2° et le 3e des maxillaires égaux, le 4« 

(1) P. beduima.. Nordm. Symbol, p. 133; de Nubie. — dongatus, Bl.mb. toc. 
cit.; du Citfctîse et. de la Crimée. — tamutùs, fuliginosus, Ei'iclis. Stapbyl. 
p. 92.'! ; du Bengale. 

(2) Syn. Cafius, Lacord. Faune cnt. d. env. d. Taris, I, p. 411. — Sauiuodes, 
Dcj. Cat. éd. 3, p. 72.— Uïiwiiïpnus, Manu., Nordm., Ruude. — P.ederus, Fab. 



(ii 



STAPnVLINIENS, 



un peu plus court, subacuminé. — Lobe interne des mâchoires beaucoup 
plus grand que l'externe et cilié en dedans; celui-ci étroit, cilié au bout. 
— Mandibules courtes, obtusèment dentées dans leur milieu. — Labre 
étroit, transversal, fendu dans son milieu. — Tête assez allongée, te- 
nant au prothorax par un col assez gros. — Yeux petits , arrondis, 
planes. —Antennes droites, assez courtes, grossissant peu à peu, à 
articles 1 médiocrement long, 2-3 obeoniques, 4-10 très-courts, 11 ova- 
laire, subaigu au bout. — Prothorax allongé, subparallèlc, arrondi à sa 
base, tronqué en avant. — Elytrcs tronquées en arrière ; leur suture 
entière. — Abdomen linéaire. — Pattes courtes, les intermédiaires con- 
tigues; jambes épineuses; tarses de cinq articles : les quatre l ors des an- 
térieurs dilatés et spongieux en dessous ; le 1" des quatre postérieurs 
un peu plus allongé. — Corps allongé, étroit, linéaire, ailé. 

Au premier coup-d'œil, ces insectes ressemblent complètement aux 
Xamuolims, mais leurs antennes droites, la suture non imbriquée de 
leurs élytres, leurs hanches intermédiaires contiguës, et leurs tarses an- 
térieurs dilatés dans les deux sexes, les font reconnaître sans peine. Ils 
«vent sous les mousses, les feuilles tombées, les écorecs des arbres 
morts, etc. Les mâles ont leur sixième segment abdominal échancré 
légèrement, celui des femelles est entier. 

Les espèces de ce genre sont peu nombreuses et propres à l'Europe, 
sauf deux découvertes sur la cote nord-ouest de l'Amérique; celles dé- 
crites s'élèvent à une dizaine (î). 

HOLISl'S. 
Eiuchs. Ceiu et Spec. Staphyl, p. 298, 

Menton très-court, ainsi que la languette. — Celle-ci arrondie en 
avant; ses paraglosses plus longues qu'elle, membraneuses, acuminées 
au bout et pubescentes. — Premier article des palpes labiaux cylindri- 
que, le 2° un peu plus court, le dernier aussi long que celui-ci, mais très- 
gréle et aigu au bout; les maxillaires médiocres; leurs articles 2-3 sub- 
égaux, le 4° très-petit, subulé. — Lobe interne des mâchoires droit et 
cilié en dedans; l'externe de deux articles : le 1" corné, le 2» mem- 
braneux, cilié au bout. — Mandibules crochues à leur extrémité, obtu- 
sèment dentées au milieu de leur bord interne. — Labre transversal, 

(1) 0. fitlripamis F., melanocephalus Gyllh., punctipennis Lac, pilkor- 
nis Payk.; d'Europe; macrocephalus Nordm.; de Sitklm; voyez Erichs. Sta- 
phyl. p. 295 sq. — A.j. : Esp. d'Europe : 0. ^unctatus, Haliday in Nowm. Eut. 
p. 187.— myrmecophilus, Kieseuw. Stettln. ont. Zuit. 1843, p. 308. — lapidi- 
cola, Kiescnw. ibid. 1848, p. 321. — Esp. du Caucase : 0. grandis, Hochhulh, 
Bull. Mosc. 1849, 1, p. 99. — Esp. de Californie ; 0. californiens, Manu, ibid! 
J813, p. 228. 



«tAPHVLINIDBS. g«j 

bilobé. — Tête assez grande, carrée, tenant an prothorax par un col 
très-gréle. — Yeux petits, arrondis, planes. — Antennes droites, fili- 
formes; leur premier article plus long que les autres et arqué, le dernier 
ovalaire. — Prothorax en carré long, arrondi aux angles. — Elytres 
tronquées en arrière ; leur suture non imbriquée. — Pattes courtes , les 
intermédiaires contigues; jambes épineuses; tarses courts, les anté- 
rieurs simples, tous de cinq articles : les quatre premiers subégaux, 
assez épais, le 5e court, grêle; crochets grêles, allongés. — Corps al- 
longe, linéaire, très-déprimé, glabre, ailé. 

Genre distinct des Oinios par sa forme trèsaplalie, ses organes 
buccaux, ses tarses antérieurs simples, etc. Erichson en décrit quatre 
espèces américaines, toutes de petite taille (i). 

DIOCHUS. 

Erichs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 300. 

Menton très-court. — Languette membraneuse, courte, arrondie et 
échancrée en avant; ses paraglosses plus longues qu'elle. — Dernier ar- 
ticle des palpes labiaux petit, subulé, le 2° un peu plus court que le 
1" ; le 2° et le 3e des maxillaires subégaux, le dernier de même forme 
que celui des labiaux. — Lobe interne des mâchoires cilié en dedans, 
l'externe à son extrémité. — Mandibules très-courtes. — Labre petit, 
transversal, sinué en avant. — Tête allongée, un peu rétrécie antérieu- 
rement, tenant au prolhorax par un col très-grêle. Yeux petits, 

arrondis. — Antennes courtes, assez robustes, droites; leurs articles î 
un peu plus grand que lesaulres, 2-3 subégaux, obeoniques, 4-10 trans- 
versaux, subaigus au bout. — Prothorax en carré allongé, arrondi aux 
angles. — Elytres tronquées en arrière ; leur suture non imbriquée. — 
Abdomen linéaire. — Pattes courtes, les intermédiaires rapprochées; 
jambes finement épineuses ; tarses antérieurs légèrement dilatés ; le" 
premier article des autres allongé. — Corps linéaire, assez épais , ailé, 
glabre. 

On n'en connaît qu'une très-petite espèce (D. nantis Er.), ayant 
l'aspect d'un Phjlonthus, et qui est répandue dans diverses parties de 
l'Amérique du Sud. 

(1) H. humilis, du Brésil ; analis, de Colombie ; debilis, do l'ilc S'-Joao ! 
Guildingii, de l'Ile S l -Vincent. ' 



Colioptères. tome H. 



65 STAP1IYUHIENS. 

AGRODES. 
Nordh. Symbol, p. 161 (1). 

Menton très-court. — Languette très-petite, coriace, arrondie et 
entière en avant; ses paraglosses assez grandes, beaucoup plus longues 
qu'elle, acuminées au bout, ciliées au coté interne. — Les deux pre- 
miers articles des palpes labiaux obeoniques , subègaux, le dernier un 
peu plus court, tronqué ou obtus au bout ; les maxillaires assez courts ; 
leur 3° article plus court que le 2°, obeonique, le dernier ovalaire, aussi 
long .que le 3°. — Lobes des mâchoires courts, ciliés , l'interne en 
dedans, l'externe au bout. — Mandibules de grandeur variable, falci- 
formes, très-aiguës au bout, munies d'une petite dent à leur base et, en 
avant de celte dent, d'une membrane ciliée. — Labre corné, très-court, 
sinué en avant. — Tête grande, en carré allongé et arrondi aux angles, 
tenant au prothorax par un col grêle. —Yeux médiocres, arrondis, as- 
sez saillants. — Antennes brisées ; leurs articles 1 très-long, 2-3 obeo- 
niques, brillants, de grandeur variable , 4-10 grossissant peu à peu, 
transversaux, serrés, 11 obtusément acuminé au bout. — Prothorax 
allongé, plus étroit que les élytres et arrondi à sa base, fortement rétréci 
en avant. — Elytres tronquées en arrière; leur suture imbriquée. — 
Abdomen médiocre. — Pattes longues, grêles, les intermédiaires très- 
distantes à leur base, placées sous les angles huméraux des élytres; 
jambes et tarses pubescents ; tarses simples, de cinq articles ; le 1 er des 
quatre postérieurs un peu allongé. — Corps allongé, assez large, atté- 
nué en avant, glabre. 

L'un des plus remarquables et des plus beaux genres de la famille; 
toutes ses espèces sont de grande taille, d'un beau bleu, le plus souvent 
clair, et propres aux parties chaudes de l'Amérique. On en connaît sept 
en tout (2). Leurs habitudes sont inconnues et leurs différences sexuelles 
nulles (3). 

(1) Syn. An*ocNEMis, Nordm. Symb. p. 163. M. Nordmann désignait sous ce 
nom générique les espèces dont les palpes sont filiformes, avec le dernier ar- 
ticle obtus au bout ; mais, comme l'a fait observer Erichson, ces organes varient 
d'une espèce a l'autre. — Steuculia, Casteln. Etud. cnt. p. 118; ce nom est 
antérieur à ceux proposés par M. Nordmann, et Erichson l'avait d'abord adopté 
dans sa Monographie de la famille. Depuis, dans sa Faune des Coléoptères du 
Pérou (Arch. 1847, 1, p. 88), il a donné la préférence a celui d'AcnoDES. Il existe 
en elfet, depuis longtemps, dans le Règne végétal, un genre Steuculia de Linné. 

(2) Dont cinq mentionnées par Ericbson dans, sa Monographie : Slerc. cœ- 
lestina Er. , du Brésil ; fulgcns F., du Mexique ; elegans Nordm. , du Para 
intérieur; Leprieurei Casteln., de Caycnne; formkaria Casteln., de presque 
toutes les parties chaudes de l'Amérique du Sud.— Aj. : Agr.janlhinus, Erichs. 
Arch. 1847, 1, p. 88; du Pérou. — Sterc. splendida, Blanch. in d'Orb. Yoy. Ent. 
p. 83 ; du pays des Guarayos. 

(3) Parmi les exemplaires du fulgens, que je possède, il en est un chez lequel 



STAPuYMNIDEg. £7 

VULDA. 
Jacquel.-Duval, Am. d. I. Soc. ent. Sér. 2, X, p. 695. 

Genre intermédiaire enlre les Agrodbs et les Xantholinus men- 
tionnés plus bas. Au prothorax rétréci en avant et aux pattes allongées 
et grêles des premiers, il réunit tous les caractères et la forme linéaire 
des seconds (i). Il ne comprend qu'une espèce (F. gracilipes) d'assez 
grande taille, découverte aux environs de Marseille. 

SCYTALWUS. 
Eiuchs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 305 (2). 

Genre très-voisin des Xantbolinos qui suivent, et dont il ne se dis- 
lingue que par les particularités suivantes : 

Lobe externe des mâchoires fortement et obliquement prolongé en 
dehors. — Dernier article des palpes labiaux médiocrement sèeuriforme. 
— Mandibules sans appendice membraneux interne. — Labre entiè- 
rement corné, muni de six dentelures, quatre antérieures, deux laté- 
rales. — Les quatre premiers articles de tous les tarses décroissant 
graduellement. 

Enchsonn'en décrit qu'une assez grande espèce (S. scrpmlinus) du 
Brésil, aussi allongée que les Xantholinds, mais un peu plus cylindrique 
que ceux-ci ne le sont ordinairement. Il dit ne pas connaître ses carac- 
tères sexuels. 

Le genre TnYnEocnr-nALus de M. Guérin-Mcnevillo ne diffère de 
celui-ci que par le dernier article de tous ses palpes filiformes, comme 
chez les Xantholinds, et fait par conséquent le passage entre les deux 
genres, qu'il conviendra peut-être de réunir un jour. Il comprend deux 
espèces de Colombie, l'une (LyncettsEr.), confondue par Erichson avec 
les Xantholinds, l'autre (Jeckelii Guér.) nouvelle. 

HOMOROCERUS. 
Bohem. Ins. Caffrar. I, p. 272. 

Genre également très-voisin des Xantholinds dont il ne s'éloigne, 
d'après la formule générique qu'en donne M. Bohemann, que par les 
caractères suivants : 

apparaît un septième segment abdominal, tandis que los autres n'en présentent 
que six ; c'est probablement là le caractère propre aux mâles. 
' (1) M. Jacquelin-Duval est, resté dans le doute sur la question de savoir si le 
labre est membraneux sur les côtés, comme chez les Xantholikus. 
P) Syn. TianEocEMALUs, Guér.-Ménev. Rev. zool. 1§44, p. 10. 



fig dTAPHYLINIENâ. 

Palpes robustes, filiformes. — Mandibules fortes, arquées, aiguës au 
bout, inermes en dedans. — Labre élroit, saillant et cilié en avant. — 
Antennes robustes, à articles 1 arqué, grêle à sa base, en massue au 
bout, 2-3 subglobulcux, 4-10 transversaux, 11 obtus au bout. — Toutes 
les jambes épaissies à leur extrémité ; tarses courts. 

La seule espèce qui rentre dans le genre {H. rufipennis) est de 
Natal, de taille assez petite, et, d'après la description qu'en donne 
M. Bohemann, est de forme plus robuste que les Xaniholincs. 

XANTHOLINUS. 
(Dabi) Encycl. méth. Ins. X, p. 475 (1). 

Menton très-court. — Languette petite, arrondie et entière en avant ; 
ses paraglosses plus grandes qu'elle, acuminées et ciliées. — Palpes 
filiformes; les articles des labiaux croissant graduellement , les trois 
derniers des maxillaires subégaux , le dernier de tous subacuminé au 
bout. — Lobe interne des mâchoires plus court que l'externe, coriace, 
cilié en dedans, l'externe corné, cilié au bout. — Mandibules assez 
courtes, falciformes, dentées dans leur milieu en dedans, avec un ap- 
pendice membraneux et cilié à leur base.— Labre transversal, fortement 
sinué en avant, corné, avec ses bords latéraux membraneux. — Tête plus 
ou moins allongée , en carré arrondi aux angles, tenant au prolhorax 
par un col assez grêle. — Yeux petits, arrondis, situés très en avant. 
— Antennes assez courtes, brisées, assez robustes, à articles 1 médio- 
crement allongé, 2-3 obeoniques, 4-10 courts, pubescents, 11 subacu- 
miné au bout. — Prolhorax allongé, souvent un peu rétréci en arrière, 
arrondi à sa base ; ses angles antérieurs en général un peu saillants. 

Elytres tronquées en arrière; leur suture imbriquée. —Abdomen 

linéaire. — Pattes courtes, les intermédiaires très-distantes; jambes 
épineuses, les antérieures un peu épaissies; tarses simples, de cinq ar- 
ticles, les deux l«s subegaux. — Corps allongé, linéaire, souventunpeu 
déprimé, ailé, le plus souvent glabre. 

Genre riche en espèces et répandu dans presque toutes les régions du 
globe. La plupart sont de taille médiocre ou petite et très-grèles ; 
quelques-unes plus grandes, de formes robustes, remarquables par leurs 
couleurs vives, et pour la plupart propres à l'Amérique, avaient été 
séparées par M. De Mannerhcim, sous le nom d'Ecussus, bien qu'à 
part cela, elles ne diffèrent nullement des autres, comme M. Brullé en 
premier lieu (2), puis Erichson l'ont fait remarquer. 

Les caractères sexuels de ces insectes consistent en ce que l'abdomen 

(1) Syn. Gyrohwnus (Kirby), Steph. IU. ofBrit. cnt. V, p. 258. — Elusses, 
Mann. Brachél. p. 35. 

(2) Hist. nat. d. lus. VI, p. 72, 



«TAP11YLINIDES. 69 

présente chez les mâles un septième segment très-court, et que le 
sixième est tronque en dessous, tandis qu'il est arrondi au bout chez 
les femelles, qui n'ont en outre que six segments. 

Les Xantholiwus ont des habitudes variées et se trouvent un peu 
partout, sous les mousses , les feuilles tombées, les pierres dans le* 
champs, dans le fumier, et quelques-uns en société avec les Formica 
rufa et fuliginosa. On en a déjà décrit près de 80 (1 ), 

LEPTACINUS. 
Emeus. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 333 (2). 

Ce sont des Xantholinus qui ont la languette légèrement échancrée 
en avant, le dernier article de tous les palpes petit et aciculaire, les 
hanches intermédiaires médiocrement distantes ou contiguës, enûn les. 
tarses antérieurs tantôt simples, tantôt dilatés. 

Les autres caractères, le fàcics et les habitudes sont complètement 
les mêmes que dans le genre en question, mais les espèces sont moins 
nombreuses, tout en ayant une distribution géographique presque aussi 
étendue; il y en a une quinzaine de décrites en ce moment (s). Il est 
remarquable, comme le fait observer Erichson, que l'insertion des han- 
ches intermédiaires' et la slruclure des tarses antérieurs, qui sont si 
constantes chez les Xantholinus, varient autant ici. 

(1) Erichson en mentionne 53. — Aj. : Esp. d'Europe : X. atrotus, longi- 
ventris, Heer, Col. helvet. I, p. 246. — cmgulatus, intermedius, Kuster, Dia 
Kœf. Europ. XIII, 7, 8. — Esp. de la Russie mér. : X. sanguinipennis, hœma- 
todes, Kolcnati, Melct. ent. III, p. 14. — flavocinctus, fasciatus, scripticciUis, 
Hochhutn, Bull. Mosc. 1849, 1, p. 102.— crassicornis, variabilis, Hochhutli, 
ibid. 1851, n» 3, p. 7. — Esp. africaines : X. ruflpes, ruficollis, Lucas, Explor. 
de l'Alger. Ent. p. 106; d'Algérie. — pilosus, Ro'thinWiegm. Arch. 1851, I, 
p. 118 ; d'Abyssinie. — amabilis, Bohem. 1ns. Caflrur. I, p. 274. — hottentotus, 
fallax, Saclise, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 123. — Esp. des Etats-Unis : X. Kie- 
senwetteri, pusillus, Saclise, loc. cit. p. 123. — palliatus, obsidianus, sangui- 
nolentes, Mclsheim. Proccod. of the Acad. of Philad. II, p. 34. — Esp. de Co- 
lombie : X. puncticeps, impressifrons, nigrkeps, Guériu-Ménev. Rev. zool 
1844, p. 11. 

(2) Syn. Xantuolinus, Laconl. Faune ent. d. env. d. Paris, I, p. 416 sq. 

GvrioHYPNUs, Manh., Uundc, Nordm. 

(3) Erichson en memionne 10 : t. brevkornis Er., parumpunctatus Gyllh., 
bntychrtts Gyllh., nulhits Er., d'Europe ; ftlarius, debilis, subtilis, clavkor- 
nis, Er., de Colombie; tenettus Er., de Madagascar; ienuicornis Nordm., du 
Cap.— Aj. : Esp. européennes : L. formkctorum, Ma-rkel In Germar, Zeitschr. 
111, p. 216. — angustatus, Giïmm, Stettin. eut. Zeit. 1845, p. 134. — Esp. 
asiatiques : L. apicalis, pubipennis, tnigusticutlis, Kolenati, Melet. eut. III, 
P- 15; selon Erichson (Arch. 1848, II, p. 101), les deux derniers sont des Pm- 
ionthus, et le scco:;d en particulier, le Phil. procerulus. — basalis, AuJjé, 
Ann. d. 1. Soc. ont. S6r. 2, VIII, p. 311; de Batoum. 



70 STAPnTLItOEHS. 

Socs-Thibo II. Staphylinides vrais. 

Antennes insérées aux extrémités du bord antérieur de l'épistome. — 
Stigmates prothoraciques le plus souvent visibles , parfois recouverts 
par une plaque cornée libre. 

Cette sous-tribu est plus riche en espèces et en genres que la précé- 
dente, et certains caractères, communs dons celle-ci, s'y présentent plus 
rarement. Ainsi, la tête est presque toujours suborbiculaire ; les antennes 
sont très-rarement géniculées, et, à part le seul genre Thinoi>inus, les 
élytres ne sont jamais imbriquées. 

Un certain nombre de larves de ce groupe ont déjà été décrites. Celle 
de YOcypus olcns (1). la mieux connue de toutes, peut servir de type 
pour ce genre et les Staphylincs (2). 

Elle a, au premier coup-d'œil, la plus grande ressemblance avec celle 
des Dytiscus. Sa letc, très-grande, est orbiculaire, dcnliculée sur son 
bord antérieur, et munie d'un col assez étroit en arrière, comme celle 
de l'insecte parfait, et porte de chaque côté quatre ocelles disposés sur 
deux rangs, et deux très-courles antennes de quatre articles, dont le 2 8 
égale en longueur les trois autres réunis. La bouche se compose de deux 
longues mandibules falciformes, très-aiguës et inermes ; deux mâchoires 
allongées, cornées et terminées par un petit lobe ; un menton corné très- 
court, suivi d'une pièce cornée portant la languette qui est membra- 
neuse, petite et acuminée en avant ; de quatre palpes filiformes dont 
les maxillaires composés de quatre, les labiaux très-petits, de deux ar- 
ticles; le labre manque. Les trois segments thoraciques sont cornés en 
dessus : le l or est en carré long, les deux autres en carré équilatéral. Les 
neuf segments de l'abdomen sont membraneux, sauf le 1 er , et rugueux; 
ils se rétrécissent peu à peu, et les appendices styliformes du dernier 
sont longs, subulés, velus et composés de deux articles. Les pattes sont 
remarquables par la grandeur de leurs hanches, mais n'offrent, du reste, 
rien de particulier. 

Cette larve creuse dans la terre un trou d'un pied et plus de profon- 
deur, qu'elle ferme, quand le moment de sa métamorphose approche. 
Elle est d'une voracité extrême et dévore avec avidité les petits animaux 

(1) La meilleure description est colle qu'en a donnée BM). Heer, Observ. ent. 
p. 16, Tab. III, flg. l-II, avec beaucoup do détails. — ™ycz aussi Blanchard, 
Mag. d. Zool. Ins. 1836, pi. 165, f. 1-2. — Ratzeburg, Die Fortins. I, p. 30, 
pi. I, f. 11 — Brullé, Hist. nat. d. Ins. VII, pi. 3, f. i. 

(2) Deux larves de ce genre ont été décrites, mais pas avec assez de détails : 
St. maxillosus, Westwood, Introd. to tbc mod. class. of Ins. I, p. 168, f. 16, 
n os 1-8 (l'auteur hésite quant à la détermination de l'espèce, et dit que cette 
larve est peut-être celle do VOcypus olens); St. murïnws, Strœm, Koglelnscc- 
tenlarves med deres Forwandl. p. 375. 






mrnTnwiDES. 71 

qui tombent dans son trou ou qu'elle saisit quand ils passent à sa portée. 
Elle sort aussi de sa retraite pendant la nuit pour leur faire la chasse. 
Ces mœurs, qui rappellent celles des larves des Cicindèlides, semblent 
jusqu'ici lui être particulières. 

Les larves des PniLONTnus, d'après Bouché (i), avec des caractères 
en grande partie identiques, auraient des antennes de cinq articles, un 
labre court et membraneux, des palpes maxillaires de cinq articles (?), 
des cuisses garnies en dessous de deux rangées d'épines, et des appen- 
dices styliformes triarticulés. Celle du Ph. œneus , d'après lequel cet 
auteur a fait sa description, vit dans le fumier et fait une chasse active 
aux larves des Diptères et autres insectes. 

On connaît aussi trois larves des Qoedhjs (2) ; comme les insectes 
parfaits de ce genre, elles ont le corps très-étroit et la tête en carré 
long, mais, à part cela, présentent tous les caractères essentiels des pré- 
cédentes; seulement les auteurs qui les ont décrites, ne sont pas d'ac- 
cord sur plusieurs points importants. 

Des 17 genres qui rentrent dans ce groupe, la moitié environ sont 
exclusivement exotiques. 

1. Stigmates prothoraciques à découvert (3). 
A Antennes droites. 

a Les quatre tarses postérieurs déprimés. 

4° art. des palpes max. acuminé : Hœmatodes, Cordylaspis. 

non acuminé : Scariphœus, Palestrinut, Ca- 

ranistes. 
aa Les quatre tarses postérieurs filiformes. 
b Elytres imbriquées : Thinopinus. 
bb — non imbriquées. 

i° art. des palpes max. non subulé : Staphylinus, Ocypus, Btlonu- 

chus, Philonthvs. 
Le même subulé : Heterothops. 

(1) Ph. œneus, Bouché, loc. cit. p. 179, pi. 7, f. 29. — M. Westwood a aussi 
décrit (Zool. Journ. II, p. 56), mais avec doute, celle du Ph. politus. 

(2) Q. fulgidus, Bouché, loc. cit. p. 180, pi. VIII, f. 1-8; Bouché lui assigne 
des aatemies de six articles, des palpes maxillaires de cinq, et des palpe's la- 
biaux do deux. — M. Watcrhouse, qui a décrit celle du Quedius tristis sous lo 
nom ds Q. fuliginosus (Trans. of the ent. Soc. I, p. 32, pi. 3, f. 2), dit que 
les antennes ont quatre articles, les palpes maxillaires quatre, et les labiaux 
trois. — Une troisième espèce, celle du Q. dUalalus, a été décrite par M. HcnS- 
low dans lo « Zoologist » de M. Newnian, p. 2585 ; mais je n'ai pas cet ouvrage 
à ma disposition. 

(3) Un très-petit nombre de Staniymnis [murims, nebulosus) font seuls ex- 
ception à cet égard, et ont ces organes recouverts comme dans la seconde seo- 
tion. 



72 STA.PHYUN1ENS. 

B Antennes génieuléc9 : Âcylophorus. 

II. Stigmates prothoraciques recouverts d'une plaque cornée libre, 
c Dernier article de tous les palpes semblable. 
Filiforme : Quedius. 
Sécuriforme : Astrapœus. 
ce Dernier article des palpes max. filiforme. 
Celui des labiaux sécuriforme : Euryporus. 
-— semi-lunaire : Oxyporus, 

H.EMATODES. 
De Casteln. Etud. ent. p. 113 (1). 

Menton très-court. — Languette assez saillante, arrondie et légère- 
ment sinuée en avant; ses paraglossesplus longues qu'elle, divergentes, 
acuminées au bout et fortement ciliées en dedans. — Palpes courts et 
robustes : le 1 er des labiaux très-pelit, le 2° gros et obeonique, pas plus 
long que le 3°, celui-ci subovalaire ; les articles 2-3 des maxillaires ob- 
coniques, subégaux, le 4° un peu plus long, suhacuminé. — Lobe interne 
des mâchoires coriace, cilié en dedans ; l'externe beaucoup plus long, 
étroit, corné, cilié à son extrémité. — Mandibules assez robustes, fal- 
eiformes , dentées dans leur milieu au côté interne. — Labre corné, 
bilobé, avec ses bords membraneux et ciliés. — Tête suborbiculaire, 
à peine rèlrécie en arrière et enfoncée dans le prothorax, assez con- 
vexe. — Yeux petits, obliques, planes. — Antennes courtes, très-ro- 
bustes, à articles 1 court, obeonique, 2-10 formant une massue fusi- 
forme, très-serrés, 11 échancré an bout. — Prothorax de la largeur 
des èlylrcs, transversal, fortement arrondi à sa base, droit sur les côtés 
tronqué en avant, avec ses angles antérieurs assez aigus et déprimés. 
— Elylrcs tronquées obliquement en arrière. — Abdomen médiocre, 
rétréci postérieurement. — Pattes courtes, robustes, les iulermédiaircs 
médiocrement distantes à leur base ; cuisses et jambes fortement com- 
primées, celles-ci munies sur leur tranche externe de .nombreuses 
épines; (arses courts, déprimés, de cinq articles; les quatre premiers 
des antérieurs assez dilatés , fascicules de chaque côté en dessous. — 
Corps médiocrement allongé, large, assez convexe, ailé. 

La seule espèce connue (2) est de grande taille, de forme robuste, 
hérissée partout de longs poils et noire, avec la tète, le prothorax, les 
clytres et l'extrémité de l'abdomen d'un beau rouge fauve. Elle est 
répandue depuis le Brésil moyen jusqu'à Buenos-Ayres, où elle n'est 

(1) Syn. Platycnemus, Nordm. Symbol, p. 113. — Platytoma, Dej. Cat. 
éd. 3, p. 67. 

(2) H. bicolor, Casteln. loc. cit, pi. 3, f. 6 [Plat, laleritius Nordm.). 



STAPHYLINIDEJ. 73 

pas rare; je l'y ai prise assez souvent au vol ou sous les cadavres. Le 
mâle se reconnaît à son sixième segment abdominal légèrement éehan- 
cré en dessous, 

CORDYLASPIS. 

Noudm. Symbol, p. 17 (1). 

Menton, languette, mâchoires et labre des H/ematodbs. — Palpes 
de grosseur normale ; le dernier article de tous de moitié plus court quo 
le précédent et acuminé au bout. — Mandibules étroites, légèrement 
arquées, très-aiguës, inermes au côté interne. — Tôle plus étroite que 
le prolliorax, transversalement suborbiculaire, rétrécie postérieurement 
en un col trôs-grôle. — Antennes courtes, comprimées, un peu atté- 
nuées à leur extrémité, à articles 1 et 3 plus longs que les autres, 11 
échancré au bout. — Prothorax transversal, aussi large que les clytres, 
arrondi à sa base ; ses angles postérieurs oblus, les antérieurs assez dis- 
tincts. — Elytrcs tronquées obliquement en arrière, avec leurs angles 
externes coupés obliquement. — Abdomen assez court, rétréci posté- 
rieurement. — Patte s courtes, les intermédiaires conliguës à leur base; 
cuisses et jambes comprimées, les premières canaliculécs en dessous 
pour recevoir les secondes, celles-ci épineuses en dehors; tarses dé- 
primés, de cinq articles très-serrés, les quatre premiers des antérieurs 
légèrement dilatés, squammuleux et pubescents de chaque côté en des- 
sous; le l or de tous les tarses un peu allongé. — Corps oblong, large, 
atténué à ses deux extrémités, ailé. 

Ce genre présente un mélange des caractères des H.ematodes et de 
ceux des Siaphylincs ; mais il est plus voisin des premiers. Il ne com- 
prend qu'une assez grande espèce (C. pilosus F.), répandue dans la 
plus grande partie des régions chaudes de l'Amérique du Sud, d'un 
noir-bleuâtre, et remarquable par les longs poils qui garnissent les côlés 
de son prolliorax et de ses élytres. Erichson n'a connu que des femelles, 
cl tous les exemplaires que j'ai eu occasion d'observer apparlenaienl éga- 
lement à ce sexe. 

SCAHIPH^US. 

Ehichs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 342 (2). 

Menton, languette, mâchoires et labre des H^ematodes ; le lobe ex- 
terne des troisièmes seulement un peu moins allongé. — Palpes labiaux 
filiformes; leurs articles croissant graduellement, le dernier Ironquéau 
boul; les maxillaires courts; leurs trois derniers articles subégaux, de 

(1) Syn. SuiLtx, De Casteln. Etud. ent. p. 116; nom plus ancien que celui 
de M. Nordmann, mais déjà appliqua' par Linné à un genre de plantes. 
P) Syn. Velleius, Runde, Brachel. agri Hal. p. 1, note. 



7* mPUTLINIENS. 

même grosseur, le dernier tronqué. — Mandibules faiblement arquées, 
canaliculées en dehors, subdentèes au côté interne dans leur milieu. — 
Tète transversalement suborbiculaire, rétrécie postérieurement en un 
col très-grèle. — Antennes courtes , à articles 1 légèrement allongé, 
obeonique, ainsi que 2-3 qui sont subégaux, 4-10 transversaux, subper- 
foliés , le dernier fortement éebancré au bout. — Prolhorax de la lar- 
geur des élytres, transversal, arrondi à sa base, avec ses angles posté- 
rieurs nuls, les antérieurs distincts et abaissés, muni d'un rebord déprimé 
en arrière et sur les côtés. — Elytres tronquées en arrière, avec leurs 
angles externes coupés obliquement. — Abdomen légèrement rétréci 
en arrière. — Pattes courtes, robustes, les intermédiaires rapprochées 
à leur base; cuisses fortement canaliculées en dessous pour recevoir les 
jambes; celles-ci épineuses en dehors; tarses des Coudylaspis; les an- 
térieurs tomenteux en dessous. — Corps -oblong, ailé, assez large. 

La structure des palpes, la faible dent que possèdent les mandibules 
et la forme des antennes distinguent ce genre du précédent, avec lequel 
il a, pour tout le reste, les plus grands rapports. Erichson n'y comprend 
qu'une espèce (S. luridipennis Runde) assez grande, du Brésil. Le 
maie a son sixième segment abdominal triangulairemcnt cchancré à 
l'extrémité. 

PAL/ESTRINUS. 
Emchs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 343. 

Menton et languette inconnus. — Mâchoires des ïLematodes. — 
Dernier article des palpes labiaux plus long que le précédent, cylin- 
drique et tronqué au bout; les articles 2-3 des maxillaires obeoniques; 
le dernier plus court que le 3°, subglobuleux et tronqué à son extrémité. 

— Mandibules robustes, munies intérieurement] do deux fortes dents. 

— Labre transversal, bilobé, cilié en avant, corné, sans bordure mem- 
braneuse. — Tète oblongue, convexe en dessus, rétrécie postérieure- 
ment en un col très-étroit. — Yeux petits, non saillants. — Antennes 
médiocres, filiformes, à articles 1 médiocrement long, 2 de moitié plus 
court, 4-10 brièvement obeoniques, 11 obliquement échancré. — Pro- 
thorax de moitié plus étroit que les élytres, oblong, très-convexe. — 
Elytres tronquées en arrière, avec leurs angles externes arrondis. — 
Abdomen assez long, subcylindrique, finement rebordé latéralement. 

— Pattes assez grêles ; jambes antérieures épaissies au bout, lisses en 
dehors, (omeuteuses en dedans ; les autres épineuses ; tarses antérieurs 
très-petits, légèrement dilatés, garnis de longs poils en dessous ; les au- 
tres médiocres, déprimés ; leurs quatre premiers articles décroissant 
graduellement. — Corps allongé, linéaire, ailé. 

Ce genre ne m'est pas connu en nature. D'après les caractères qui 
précèdent, il doit se rapprocher beaucoup des Xantuomnus sous le 



SIAPHYLINIDES. 75 

rapport de la forme générale. Erichson en décrit deux espèces des Indes 
orientales (l). Les Caractères sexuels sont comme dons le genre pré- 
cédent. 

CARANISTES. 
Emchs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 925. 

Genre intermédiaire entre les Pal.estp.inus et les Staphylincs qui 
suivent. A la forme allongée, linéaire, et à la plupart des caractères des 
premiers,' il réunit les différences suivantes : 

Lobe externe des mâchoires court, cilié au bout. — Dernier article 
de tous les palpes plus long que le précédent, cylindrique, un peu com- 
primé et tronqué au bout. — Tète beaucoup plus large que le pro- 
thorax, épaisse, presque droite sur les côtés, échancréc en arrière et 
munie d'un col très-étroit. — Yeux situés sur les côtés externes du 
front, petits, obliques, ovales et peu saillants. — Elylres iirrondies en 
arrière. — Toutes les jambes épineuses, les antérieures non épaissies 
au bout ; tarses de la même paire dilatés, plus larges qu'elles, les posté- 
rieur déprimes. 

L'espèce unique (C. Weslermanni) que décrit Erichson, est égale- 
ment originaire du Bengale, et sa taille égale celle des Pal/estbinus. 

THINOPINUS. 
J. L. Le Conte, Ami. of the Lyc. of New-York, V, p. 215. 

D'après M. J. Le Conte, ce genre appartient à la sous-tribu actuelle 
des Staphylinides vrais, et présente les caractères suivants : 

Languette échancréc à son extrémité. — Palpes maxillaires filiformes. 
— Lobe externe des mâchoires allongé. — Labre très-court, largement 
échancré et très-longuement cilié en avant. — Yeux plus petits que 
chez les Staphylinus. — Elytrcs très-courtes, arrondies en arrière, 
leur suture imbriquée ; point d'ailes inférieures. — Abdomen plus large 
que celui des Staphylinus. — Pattes intermédiaires contiguës ; jambes 
de la même paire courtes, épaisses, les antérieures comprimées, dilatées 
en triangle, toutes garnies d'épines serrées ; tarses postérieurs non dé- 
primés. 

Ces caractères sont très-tranchés et, sans l'opinion explicite de M. J. 
Le Conte, qui place ce genre dans la sous-tribu actuelle, la suture des 
élylrcs imbriquées m'eût l'ait croire qu'il appartenait à celle îles Xanlho- 
linidcs. Il ne contient qu'une espèce (T. piclus) découverte par ce sa- 

(1) P. Sykesii, loc. cit. — mutillarius, p. 924. — Erichson rapporte égale- 
ment au genre, mais avec doute, le Staphylinus aureus de Fabridus, dont la 
patrie est Siam. 



76 waphvlinieks. 

vant entomologiste sur les bords de la mer â San-Dicgo en Californie, 
où elle est peu commune. C'est un insecte d'assez grande taille, de cou- 
leur lestacée, avec une bdhde interoculaire d'un jaune d'ocre, un largo 
anneau noir interrompu à la base de chaque élylre, et deux rangées de 
taches de même couleur sur l'abdomen, système de coloration remar- 
quable. 

STAPKYLINUS. 

Linné, Syst. nat. éd. 12, II, 0/&Z (1).. 

Menton très-court. — Languette petite, un peu sinuée en avant ; ses 
paraglosses coriaces , beaucoup plus longues qu'elle , ciliées au côté 
interne. — Lobe interne des mâchoires trapézi forme, cilié en dedans, 
l'externe un peu plus long, rétréci à sa base, cilié au bout. — Dernier 
article des palpes de longueur variable, celui des maxillaires subacu- 
miné au bout, celui des labiaux de même forme, parfois tronqué. — 
Labre transversal, bilobé, corné, avec une bordure membraneuse ou 
coriace. — Tète suborbiculairc ou subquadrangulaire, parfois suhrhom- 
buïdale, munie en arrière d'un col plus ou moins gros. — Antennes 
assez courtes, de grosseur et de forme variables ; leur 1 er article médio- 
crement long. — Prolhorax transversal, arrondi en arrière, tronqué en 
avant, avec ses angles antérieurs distincts et rabattus. • — Elytrcs tron- 
quées obliquement ou un peu arrondies à leur extrémité. — Abdomen 
subparallèlc dans la plupart. — Pattes médiocres, plus ou moins ro- 
bustes; les intermédiaires tantôt assez, tantôt peu distantes; tarses anté- 
rieurs le plus souvent dilatés, formant une palette ovale velue en des- 
sous ; les quatre postérieurs filiformes, avec leur 1 er article un peu 
allongé. — Corps plus ou moins allongé, de forme généralement ro- 
buste, ailé. 

Caractérisé de la sorte, ce genre, dans lequel Linné avait compris tous 
les Staphyliniens à lui connus, est encore un des plus nombreux de la 
famille, et en même temps l'un des plus remarquables, par la grandeur 
et le système de coloration de la plupart de ses espèces. Comme elles 
varient beaucoup en même temps sous le rapport du faciès et de 
quelques-uns de leurs organes, principalement des antennes et dos 
tarses, on a établi sur ces différences, les genres assez nombreux indi- 
qués dans la synonymie. Erichson ne les a pas admis et a réparti ces 
insectes dans douze familles (2), qu'il a caractérisées très-longuement 

(1) Syu. Emus (Leach), Curtis, Brit. cnt. XII, pi. 534. — Cbeopiiilus (Kirby), 
Steph. III. of Brit. eut. V, p. 202. — Leistostrophus, Pcrty, Del. anim. art. 
Brasil. p. 30. — Schi7.ociiii.us, Gray in GriHitli anim. Kingd. Ins. 1, p. 310 (Lei- 
sTosTitopiius). — TmcoNopnonus, Tïmpanophoiius, Tnucnus, BlUCHYDIHUS , 
Nordm. Symbol, p. 8, 9, 19 et 31. 

(2) Ces familles étant plus que des divisions ou sections ordinaires, je crois 



STAPHYMVIDBS. 77 

et dont la plupart ne correspondent qu'en parlic aux genres en ques- 
tion. 

Les Stapiiymnus vivent principalement dans les cadavres, le fumier, 
en un mot dans les détritus végétaux et animaux de toutes sortes; bon 

devoir reproduire leurs principaux caractères en faveur des lecteurs qui ne pos- 
sèdent pas l'ouvrage d'Erichson. 

I. Antennes grossissant à leur extrémité ; leurs articles 6-10 transversaux, le 
dernier entier ; tous les palpes filiformes, le 4 e article des maxillaires plus court 
que le 3 e ; pattes courtes, toutes les jambes épineuses; tarses antérieurs dilatés. 
Emus Lcach. Une seule esp. S. hirtus L.; d'Europe. 

II. Antennes légèrement en massue ; leurs articles 7-10 transversaux, gros- 
sissant graduellement ; tous les palpes filiformes, le 4° article des maxillaires 
plus court que le 3° ; les quatre jambes postérieures épineuses ; tarses anté- 
rieurs dilatés. CnEOPiiu.es Kirby; 10 esp. de tous les pays, dont une d'Europe : 
.9. maxillosus L. 

III. Antennes courtes, grêles, un peu en massue, leur damier article entier, 
acuminé ; tous les palpes filiformes, lo -i" des maxillaires un peu plus long que 
le 3 e ; pattes grêles, jambes ciliées, tarses antérieurs fortement dilatés. Biu- 
cuydmus Nordm. 5 esp. de l'Amérique du Sud : S. xanthocerus Nordm., tes- 
taceus F., etc. 

IV. Antennes grêles, filiformes, denticulées à partir du G c article, le dernier 
entier, acuminé; tous les palpes allongés, filiformes, subacuminés au bout; 
le 4 e des maxillaires un peu plus long que le précédent; pattes grêles; tous les 
tarses ciliés, les antérieurs simples. 5 esp. de l'Amérique du Sud : S. complus, 
ornatus, Er. etc. 

V. Antennes grêles, leurs articles basilaircs très-allongés, faiblement épaissies 
à leur extrémité, subdenticulées à partir du 6» article, le dernier échancré 
au bout ; tous les palpes filiformes, le 4 e article des maxillaires beaucoup plus 
court que le 3 e ; pattes longues, jambes pubescentes en dessous; tarses anté- 
rieurs légèrement dilatés dans les deux sexes. LEisTOSTnonies Perty. t esp. de 
tontes les parties chaudes de l'Amérique du Sud : S. versicotor Crav. 

VI. Antennes filiformes, leur dernier article entier, acuminé au bout; tous 
les palpes filiformes, le 4" article des maxillaires plus court que le 3 e ; les quatre 
jambes postérieures finement épineuses; tarses antérieurs dilatés. 7 esp. dont 
deux d'Europe : S. nebulosus F., murinus L. 

VII. Antennes filiformes, leur dernier article entier, acuminé au bout ; tous 
les palpes filiformes, leur dernier article aussi long que le 3 e ; pattes asseï 
courtes, les quatre jambes postérieures finement et rarement épineuses; tarses 
antérieurs assez fortement dilatés. 10 esp. de l'Amer, du Sud : S. saphirri- 
nus, calidus, hilaris, Er. etc. 

VIII. Antennes filiformes, leur dernier article échancré au bout ; tous les 
palpes filiformes, le 4° article des maxillaires égal au 3 e ; pattes courtes, les 
quatre jambes postérieures épineuses; tarses antérieurs dilatés. 52 esp. de la 
plupart des régions du globe, parmi lesquelles plusieurs d'Europe : S. chiyso- 
cephalus Fourcr., pubescens De Geer, chloropterus Panz. , fossor Scop., 
erythroplcrus L., etc. 

IX. Antennes filiformes, leur dernier article échancré au bout ; tous les palpes 



78 sTArnïUMENS. 

nombre se trouvent aussi sous les mousses dans les bois ; mais il ne 
paraît pas jusqu'ici qu'aucuns recherchent la société des fourmis. Sous 
le rapport de la distribution géographique, la très-grande majorité ha- 
bitent l'hémisphère boréal de l'ancien continent et l'Amérique, surtout 
celle du Sud ; hors de là on n'en a rencontré qu'un petit nombre d'es- 
pèces en Afrique, aux Indes orientales et dans l'Australie ; celles décrites 
se montent actuellement à environ 140 (1). 

filiformes, le ¥ article des maxillaires plus long que le 3°; pattes assez grêles, 
les quatre jambes postérieures épineuses ; taises antérieurs dilatés. 5 csp. de 
Colombie : S. Iwidipes, anceps, terminalis, Er., etc. 

X. Antennes légèrement en scie h partir du 5° article, le dernier tridenté à 
son extrémité ; tous les palpes filiformes, les deux derniers articles des maxil- 
laires subégaux ; les quatre jambes postérieures épineuses ; tarses antériours 
dilatés. TniACitus Nordm. 1 esp. du Brésil : S. sitperbus Er. (dilutus Nordm.). 

XI. Antennes grossissant légèrement à leur extrémité, leur dernier article 
écliancré au bout; palpes maxillaires filiformes, leur 4° article presque égal 
au 3°, acuminé au bout, le 3 e des labiaux subsécuriforme ; pattes robustes, les 
quatre jambes postérieures épineuses; tarses antérieurs dilatés. Tmgonomiorus 
Nordm. 5 esp. du Brésil : S. columbiMts Er., myrtiUinus Nordm., badiipennif 
Nordm., etc. 

XII. Antennes grossissant peu à peu à leur extrémité, leur dernier article 
écliancré au bout; 4 e article des palpes maxillaires plus court que le 3°, le 3» 
des labiaux hémisphérique, tronqué au bout; pattes assez courtes, toutes les 
jambes fortement épineuses; tarses antérieurs simples. Tyotanophorus Nordm. 
1 esp. du Brésil : S. canaliculatus Nordm. 

(1) Aux 105 espèces qu'a connues Erichson, aj. : Esp. européennes : S. mus, 
lœvicoWs, Brullé, Expéd. de Morée, Eut. p. 130. — semipulitus, Holme, Trans. 
of the ent. Soc. III, p. 118. — meridionaUs, Rosenh. Bcitr. I. Insektenf. Europ. 
p. 12. — Mnlsantii, Godart, Ann. d. 1. Soc. Linn. d. Lyon, 1850-52, p. 1 (me- 
ridionaUs Rosenh.). — n*pfeofa ; Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 219.— 
Esp. d. 1. Russie mér. : S. Ncro, matutinalis, fiir/ar, lœtus, multipunctatus , 
Faldcrm. Faun. eut. Trans. I, p, 118. — ilericùs, Kolenati, Molct. ent. III, 
p. 17. — chalcopygus, callistus, Hocblmth, Bull. Mosc. 1849, 1, p. 113. — Esp. 
indienne : S. cinctus, Kollar u. L. Rcdtcnb. in Hiigels Kasbmir IV, 2, p. 504 
(leucomus Er.). — Esp. de l'AlgêriO : S. medioTinws, L. Fairm. Ann. d. 1. 
Soc. ent. Série 2, X, p. 73. — Esp. de l'Afrique austr. : S. Erkhsonii, nù/ri- 
veuiris, cafter, Boliem. Ins. Cadrai-. I, p. 275. — capensis, Sachse, Stettin. 
■ ni. Zrit. 1852, p 125. — Esp. de l'Amer, du Nord : S. tarsalis, Manh. Bull. 
Mosc. 1843, p. 22'J; do Sitkh.i. — varipes, Sachse, Stettin. ent. Zeit. 1852, 
p. 126. — Esp. de l'Amer, du Sud : S. luctuosus, janthinipennis , cribratipeiv- 
nis, niyrescens, cliry.wplunis, trislis, Blancb. in d'Orb. Voy. Ent. p. 76. — 
bisukatus, cinctus, rltilensis, ni(itHpeniii.s, imprrs.ùfrons, rupprnnis, leuco- 
cephalus, chloropteitti, punctipennis, pi/rostonw, imguslaius , parviis Solier 
in Gay, Hist. d. Chile, Zool. IV, p. 31 i. Solier placo les deux premiers dans 
nue division partieulii re a laquelle il donne le nom bien connu de Cai • 
lors il est probable que ce sont des Philokthub, et il en est sans doute de même 
de la plupart des autres. 



ITAPHYIIXIDEJ. 79 

ocypus; 

(Kirbï) Stem, lll. ofBrit ent. V, p. 211 (1). 

Genre très-voisin du précédent et qui ne devrait peul-être pas en élre 
séparé. Il n'en diffère en effet rigoureusement que par la contiguité des 
hanches intermédiaires, qui est portée au point qu'en arrière leurs ca- 
vités cotyloïdes communiquent entre elles (S), tandis que chez les Sta- 
ihvlinus, qui ont ces cavités très-rapprochées, il reste toujours entre 
elles une cloison complète. A ce caractère s'ajoutent un petit nombre 
d'autres particularités ; telles que la présence constante d'un appendice 
membraneux et cilié à la base interne des mandibules, des antennes 
toujours filiformes, légèrement et graduellement atténuées à leur exlré- 
' mité, enfin la dilatation également constante des quatre premiers articles 
des tarses antérieurs. 

Quelques genres établis, principalement par les entomologistes an- 
glais, aux dépens de celui-ci, n'ont pas été admis par Erichson, qui a 
partagé ces insectes en quatre familles, dont je crois devoir, comme 
pour celles du genre précédent, reproduire les principaux caractères (s). 

Les Ocvpcs ont les mêmes habitudes que les Staphylinus ; mais ils 
sont bien moins nombreux et leur distribution géographique est com- 
parativement très-restreinte ; sur les 40 espèces environ décrites , à 
peine trois ou quatre sont elles étrangères à l'Europe (4). 

(1) Syn. Goerius (Lcach) Steph. 111. ofBrit. ent. V, p. 208. — Tasgids, Steph. 
ibid. p. 213. — Tmchoderma, Steph. lbid. p. 435. — Pihsetops, Mann. Uiachél. 
p. 32. — Anodus, Nordm. Symb. p. 11.' 

(2) Cette communication n'a lieu que sur une faible étendue et à la partie pos- 
térieure de la saillie mésosternale, qui est un peu échancrée ; pour bien en juger, 
il faut enlever les hanches intermédiaires. 

(3) I. Dernier article des antennes échancré au bout; celui des palpes la- 
biaux cylindrique ; mandibules dentées dans leur milieu. Goeuiïs et Tmcuo- 
demia, Steph. 15 esp. d'Europe : 0. olens L., cyaneus F., brunnipes F., pici- 
pennis F v etc. 

II. Dernier article des antonnes entier ; celui des palpes labiaux sécuriforme ; 
mandibules dentées dans leur niiliru; PQIRS. siibcyliudriquo. Physetops, Mauh. 
1 esp. de la Uussie mer. : 0. talaricus Pallas. 

III. Dernier article de» antennes tronqué; pehli des labiaux sécuriforme; 
mandibules dentées dans leur milieu. TAsr.ius, Steph. 2 esp. d'Europe : 0. pe- 
daior GraT. [rufîpes Latr.), ater Grav. 

IV. Dcrnior article des antennes tronqué au bout; celui des labiaux séeiuï- 
forme; mandibules allongées, falrilnmii-s, inermrs. Ocypus Steph. (A .unis 
Nordm.). 4 esp. d'Europe : 0. mono- Grav., certfo Er., compressa Marsh., 
faicifer Nordm. 

(4) Aux 22 mentionnées par Erichson, aj. : Esp. d'Europe : 0. siculus, ph- 



80 STArllYtlMENS. 

BELONUCHUS. 
Nordm. Symbol, pi 129. 

Ce genre ne di (l'ère essentiellement des Philoktiius qui suivent, que 
par la présence sous les cuisses antérieures et postérieures de deux 
rangées de cils courts et raides, plus ou moins distinctes. D'après cela, 
il y a lieu de s'étonner qu'Erichson l'ait admis. Toutes ses espèces sont 
de l'Amérique, surtout de celle du Sud, et, à part un petit nombre 
(hœmorrhoidalis, dichrous) qui ressemblent à des Xanthouncs, ont 
le faciès des Philontuds. Au caractère indiqué plus haut, toutes réu- 
nissent des mandibules très-grèles, très-longues et inermes en dedans, 
une tète assez grande, munie d'un col assez étroit en arrière, des jambes 
fortement épineuses et des tarses antérieurs toujours simples. 

Erichson en mentionne 15 espèces; depuis, deux seulement ont été 
décrites (i). 

PMLONTHIS. 

(Leach) Curtis, Brit. ent. XIII, pi. 610 (1). 

Menton très-court. — Languette membraneuse, médiocre, arrondie 
et entière en avant, ses paraglosscs beaucoup plus longues qu'elle, acu- 
minées au bout, ciliées en dedans. — Palpes labiaux filiformes, leurs 
articles croissant peu a peu; le dernier des maxillaires plus ou moins 
acuminé au bout, de longueur variable. — Mandibules plus ou moins 
longues, aiguës, obtusément dentées dans leur milieu. — Labre trans- 
versal, échancré. en avant, ses bords membraneux et ciliés. — Tète sub- 

nipennis, Aube, Ann. d. 1. Soc. cnt. XI, p. 234. — Chevrolatii, confustu, 
Baudi, Studi ent. I, p. 121. — Esp. asiatiques : 0. gagates, syriacus, Baudi, 
ibid. p. 123; Asie-Mineure. — abbreviatipennis, Aube, Ann. d. 1. Soc. ent. 
Série 2, VIII, p. 315 ; de Batoum. — cyanochloris, gracilicornis, pullus, phi- 
lônthoides, depressus, limbifrons, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, 1, p. 118 ; Bussie 
mér. — fulvipes, Ménétr. Ins. rec. par Lchm. p. 27. — Esp. de l'Algérie : 0. 
nigrinus, Lucas, Explor. d. l'Alger. Ent. p. 109. — obscuroœneus, L. Fairm. 
Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, X, p. 73. — Esp. des Canaries ; Staph. brachypte- 
rus, Brullé in Webb et Berthel. Canar. Ent. p. 59. 

Voyez en outre un travail de Gravcnhorst intitulé : « Sur le Staphylinus oient 
et ses analogues les plus voisins,» dans les Arbeit. d. Schelissch. Gesellsch. 1846, 
p. 94. 

(1) B. pallipes, Melsheim. Procecd. ofthe Acad. ofPhilad. II, p. 35 (formo- 
sus? Grav.); des Etats-Unis. — viridipennis , Baudi, Studi ent. I, p. 125; de 
Colombie. 

(2) Syn. Cafhjs, Steph. IU. of Brit. cnt. V, p. 245. — Biskius, Steph. ibid. 
p. 247. — Gabrius, Steph. ibid. p. 249. — Remus, Holme, Trans. of tho ent. 
J5oc. II, p. 64. 



s!taphylinides. g£ 

orbleoiaire ou ovale, munie en arrière d'un col médiocre. - Antennes 
fil. ormes, dro.lcs ; leur 1" article médiocremenl long, le dernier chan 
cre au bout, les autres de forme variable, en partie moniliformcl 
Prothorax en gênerai un peu plus étroit que les élylres, arrondi à sa 
base, tronque en avant, avec ses angles antérieurs déprimés et oh us - 
Elylres tronquées en arrière. - Abdomen subparallèle. - Pattes mé 
d.ocres les intermédiaires tantôt rapprochées tantôt assez distants 
jambes epmeuses, sauf parfois les antérieures; tarses ciliés, leur ' 'ar c ^ 
un peu allonge aux quatre postérieurs, les antérieurs tantôt dilatés chez 
les maies, tantôt amples dans les deux sexes, les quatre postérieurs 
filiformes. - Corps assez allongé, sublinéaire ou atténué àse Ï2 
extrémités, le plus souvent ailé. 

Insectes de moyenne ou de petite taille, présentant entre eux des va- 
rions ana.ogues à ce,l,s des SxAPnvuJ, et des Ocvpus d „ i s „ 
Merent rigoureusement que par leur languette entière. Ils on. „éa ' 
mon un fade, qm , cs fait reconnaître assez aisément, faciès d ce 

1 i ns r ° leU /- Pr0,h0raX S ° nt g,ahreS Ct P^sque Liours , è S - 
bnl m s. La première porte en dessus de deux à quatre points, et e 
se ond «%«remcnt deux rangées longitudinales, chacune de un f ,2 

fcïriïS' ans qui " que5 cspèccs - cn ptlil "°" ,brc - ccllc £8 

du corps n en offre aucune trace ou bien est ponctuée sur toute s sur- 
face. Les entomologistes anglais ont réparti ces insectes c 
g enre (.), dont les caractères ne sont pas stables, même en sebornaS 
aux espèces qu'ils y ont comprises, ct qui deviennent tout-à-fait inad- 

iî^âk arsTasSr genrcs dans lc d,;rnicr ouTrag ° d ° 

Philohibos. Antennes Mitonnes; tour dernier article excavô au bo.it • dernier 

.rto des palpes plus grôle que le précédent, tronqué ; tétc orbteuS-Ï2S 

qu,dran g ula,re, avec ses côtés dilatés, comprimé en avant, son disq ue s e- 

ambesstSltgère. pubeseentes en dedans; tarses antérieurs lésèremeTdi S 

grande ; yeux petits ; thorax oblongo-ovalc ; corps plat ; abdonjw I -lin ht 

un B Deu'm, : r AntCnl T VOb r tC5; leU '' <l0rniCr ar,icl ° 1,ruS( l"^ûnt acuminé ; palpe, 
un peu (.1. ormes; leur dernier article assez aigu ; tète large ; veux petits ■ ,i 10 °« 
1 g remen quadrangulaire, un peu arrondi en arriére; e£ asse de, i mé 

Gabrius. Antennes droites, assez épaissies au bout, leur dernier article éch » 

ovale, yeux petits; thorax oblong, avec deux rangées de points, convergeant 
Cotéopiircs. Tome II, g 



g2 STAPHYLINIENS. 

missibles, quand on prend en considération les espèces exotiques. 
Erichson n'a même pas pu diviser le genre en familles, comme il la Tait 
pour les Stapuvunus el les OctpiîS. Ct a dû se borner à établir, a 
Pimitalion de ses prédécesseurs, de simples sections basées sur la ponc- 
tuation du proiliorax. .,,.• 1 ~AI„. 

En outre de leurs tarses antérieurs assez souvent dilaté», les ma es 
de ce genre se reconnaissent à leur sixième segment abdominal infé- 
rieur ôchancrê ou fendu au bout. Leur tôle estaus>i parfois p'us grande 
que celle des femelles, mais clic varie sous ce rapport selon la taille des 
individus. „ 

Les habitudes des Piuu>ntuus sont les mêmes que celle des Sjtai-uy- 
liniïs, à celte différence près que quelques uns (umbralilis, vanus, 
lepidus, etc.), se trouvent parfois dans les fourmilières. Leur cl.slri- 
bulion géographique est aussi étendue, mais leurs espèces sont encore 
plus nombreuses; il y en a plus de 220 mentionnées dans les au- 
teurs (i). 

en avant ; abdomen grêle ; jambes sétigéres ; tarses non dilates. Type : G. sua- 
veolens Kirby. 

Reuus. Antennes droites, leur dernier article aigu ; celui des palpes filiforme, 
aeuminé ; tête oblongo-ovaje ; yeux petits; thorax allongé, densément ponctué; 
corps plat, soyeux ; jambes simples ; tarses antérieurs légèrement dilates, type . 
fi. sericeus Holmc. _ 

Pour tous ces genres, voyei les observations d'Erichson, Gen. ct Spcc. Ma- 

phyl. p. 427. 

(1) Eridison en mentionne 157; aj. : Esp. européennes: P.lœlus,megacc- 
Vhalus, nnalis, melanocephalus, pusillus, lleer, Col. helvet. I, p. 259. — ru- 
brirennis, SàUnu*, Kicsenw. Stettin. ent. Zcit. 1844, p. 346 - pyrenœus 
[mnthinipennis? Kolcn.), Kicsenw. ibid. 1850, p. 219. _ *Btiw, KraaU, ibid. 
1851 p 293 (Ihermarum Aube). — Ihermarum, Aubô, Ann. d. 1. boc. ent. 
Série 2 VU1 p 31G. — œrosus, Kicsenw. ibid. IX, p. 410. — graciUs, Letzner, 
Arbeit'd. Schlessischc Gcsellsch. 1846, p. 78. -r adscitus, (rUjidus, Kiesenw. 
Stettin ent. Zcit. 1818, p. 32Ï. — film, Kicsenw. in Kustcr, Die KaC Europ. 
XV11 19 — conspectus, coslatus, lividipes, lathrobioides, Baudi, Studi eut. 
I p 127 — Esp asiatiques : P. janiMnipennis, lesghicus, ossetiewt, Kolenati, 
Melet ent III p. 19. - linearis, HocMiuth, Bull. Mosc. 1849, I, p. 140. - 
-transbaicalkus.rutilipcnnis, tanoxus, latiusculus, armeniaeus, femoralis, 
brunnicollis, erythrostomus, melanocephalus, subopacus, Hoclihuth, ibid. lbal, 
3 p 10 —Esp. africaines: P. spnrcus, Lucas, Explor. de l'Alger. Ent. p. 112; 
d'Algérie — nalalensi.s, mono, cafter, bmgnatus, minute, rn/ipes, Bohem., 
1ns Caflrar I, p. 278; de Natal. — Iwspes, Ericns. Arch. 1813, I, p. 221; 
d'Angola -affinis, ViHatuS, Roth, ibid. 1851,1, p. H»; d'Abyssiuie. -p(X- 
derinus, Icefus, Sacbsc, Stettin. ent. Zcit. 1852, p. 126; cafter, p. 112; de 
l'Afrique austr. - Esp. de l'Amer, du Nord : P. Ilarrisii, lœiulus, pulchellus, 
nanus, brevis, curtulus, rufleornis, niger, filifomis, Mclshcim. Proceed. ol 
the Acad. of Philad. Il, p. 35. - ater, Zieglcr, ibid. p. 266. - conformais, 
Sicqwaldi, «tt>«mtcus, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 230. - georgianus, Sacl.se, 
Stettin eut. Zcit. 1852, p. 143. - Esp. de l'Amer, du Sud : P. Oaudkhatid», 



8IAPHVL1NIDES. 83 

HETEROTHOPS. 
(Kirbï) Sieph. lll. ofBrit. enl. V, p. 256 (1). 

Menton, langucllc et mâchoires des Piiilostbus. — Dernier article 
de tous les palpes tres-pelit, subtile; le 3» des maxillaires égal a» pré- 
cédent, rende, suhovalaire; le 2° des labiaux du double plus long que 
le 1 er , épais et cylindrique. — Mandibules courtes, oblusémcnt déniées 
dans leur mi ieu. — Labre court, fendu et cilié en avant. - Télé plus 
étroite que le prothorax, ovalairc, faiblement rélrécie en arrière, pen- 
chée. — Antennes filiformes, leurs ariiclcs subcylindriques ou obuorii- 
ques, le dernier tronque au bout. — l'rolhnrax assez convexe, presque 
aussi large que les élylres, fortement arrondi en arrière, un peu rétréci 
et tronqué en avant. — Elytres tronquées à leur extrémité. — Abdo- 
men graduellement rétréci en arrière; ses appendices slyliformcs tres- 
saillants. — Pattes assez courtes, les intermédiaires conligues à leur 
base; jambes antérieures inermes, les autres épineuses; les quatre 
premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans les deux sexes, 
spongieux en dessous, les autres filiformes, leur 1" article un peu 
allongé. — Corps oblong, suMusiformc, ailé. 

La forme du dernier article des palpes distingue essentiellement ce 
genre des Puii.ontuus cl des Queoius dont il est très-voisin, surtout 
des derniers. Ses espèces sont de très-petite taille, peu nombreuses et 
propres a l'Europe, sauf une de Colombie; Erichson n'en mentionne 
que. six en tout (•>). Les mâles se reconnaissent à leur sixième segment 
abdominal légèrement érhaneré en dessons, et à leurs tarses antérieurs 
plus fortement dilatés que chez les femelles. Ces insectes se trouvent 
pl;:s particulièrement sous les mousses, les feuilles tombées, et dans les 
détritus végétaux. 

rubromaculatus, pattipes, Blaneh. in d'Orb. Voy. Ent. p. 81. — sitccinctus, 
cupreus, amwms, cyuncsccns, antennalus, cupripennis, Gueiïn-Menev. Rev. 
«OOl. 1N1Î, p, 13. — pavidus, iliirs, iiljdowinalis, Erlcbs. Airli. 1817, 1, p. 89. 
— culumbiumis, Baudi, Stmli ont, I, p. 126. — Esp. de la Nouv.-Zélandc : 
Slaphylinus [Caftes) mmeticeps, Wïiiio, Voy. oi'ilir Ereb. a. Tcrr, Eut. p. 6. 
-Esp. de Taïly : /'. nmdicus, L. Fainn. Rev. et Mag. de Zool. 1819, p. 288. 

(1) Syn. Tnicnor-YGi-s, Nbrdïn. Symbol, p. 137. — TACiivronus et Taciukos 
Grav. 

P) II. prœvius Er., binotatus Er., dissimilis Crav., i-pioirtulus Grav., d'Eu- 
rope; niïens Nordm., de la Crimée ; r.W.'is Er., de Colombie. — Aj. : II. lim- 
Mhs Uccr, Col. Èélvet. 1, p. 281; de Suisse. 



64 MAPHYlJtUEHS. 

ÀCYLOPHORUS. 

Nordm. Symbol, p. 127. 

Menton très court. — Languette petite, coriace, arrondie et entière 
en avant; ses paraglosses pas plus longues qu'elle, ciliées. — Dernier 
article des palpes labiaux ovalairc ou subglobulcux, un peu plus petit 
que le 2° qui est obeonique , plus grand et plus gros que le 1 er ; les 
articles 2 3 des maxillaires obeoniques, le dernier plus grand, ovalairc. 

Lobes des mâchoires courts, ciliés à leur extrémité — Mandibules 

petites, aiguës, fortement bidentées à leur base. — Labre transversal, 
cilié, fendu dans son milieu. — Tête petite, oblongo-ovalc, à peine ré- 
trécie en arrière, fléchie. — Antennes grêles, coudées, à articles 1 al- 
longé, 2-10 de longueur variable, en général obeoniques, 11 globuleux. 
— Prothorax de la largeur des élylres, arrondi à sa base, un peu rétréci 
et tronqué en avant. — Elylres aussi longues que lui, tronquées en 
arrière. — Abdomen graduellement rétréci en arrière. — Pattes assez 
courtes, les intermédiaires contigues à leur base; jambes épineuses, sauf 
la première paire ; les tarses de celle-ci courts, épais, à articles peu dis- 
tincts ; ceux des autres p'aires plus grêles, avec le 1 er allongé. — Corps 
atténué à ses deux extrémités, subfusiforme, très-glabre sur la tète et 
le produirai. 

Ce genre est le seul de cette sous-tribu qui ait les antennes coudées? 
sa tôle à peinc'rélrécie en arrière, et sa forme générale, lui donnent des 
rapports réels avec les Tachypoiics et genres voisins. Ses espèces, peu 
nombreuses, sont américaines et africaines, sauf deux qui so trouvent 
«n Europe (t). Elles vivent dans les bois sous les mousses, et, pas pluï 
qu'Erichson, je ne connais leurs caractères sexuels. 

QUEDIUS. 
(Leacb) Stepô. III. ofBrit. ent. V, p. 215 (2): 

Ce genre ne diffère, rigoureusement parlant, des Philonthus que 
par ses stigmates prolhoraciques recouverts par une lamelle triangu- 

(1) A. glabrkollis Lac, d'Europe; tongicofnis Er., de Cayenne; femoralis 
Nordm., du Brésil ; picipes Er., de Colombie ; prunus Er., de l'Amer, bor. — 
Depuis, on n'a publié, à ma connaissance, que les suivantes : A . Wagenschiebtri, 
Klennvr. Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 220; des environs de Berlin. — flavicollii, 
Sachse, lbid. 1852, p. 153 ; de la Géorgio des Etats-Unis. — picipennis, cilia- 
tus, Rolh in Wiegm. Arch. 1851, I, p. 118; d'Abyssiuie. 

(2) Syn. Velleius (Leach) Steph. loc. cit. V, p. '435. — Raphirus, Stcpb.' 
loo. eit. p. 201. — MicnosMJMJs, Dej. Cat. éd. 3, p. 69. I 



Staphymhides. §5 

laire (i). Comme caractères accessoires on peut ajouter les particularités 
suivantes : 

Télé un peu moins rélrécie en arrière. — Prolhorax plus arrondi sur 
les côtés, suborbiculaire et tronqué en avant. — Pattes intermédiaires 
toujours continués à leur base; les quatre premiers articles des tarses 
antérieurs constamment dilatés et formant une palette ovale, spongieuse 
et velue en dessous. — Prolhorax muni, en arrière des hanches anté- 
rieures, d'une courte saillie cornée ou membraneuse. 

Dans ces limites, ces insectes présentent plusieurs modifications, qui 
ont servi de base à quelques genres fondés par les entomologistes an- 
glais, et qu'Erichson n'a pas admis. 

Le plus remarquable de tous, Velieius, est établi sur une grande 
espèce (Q. dilalatus F.) d'Europe, dont les antennes, plus courtes que 
de coutume, sont dentées en scie, à partir du 5° article, dans les deux 
sexes (2). 

Les Raphiros de Stephens se distinguent à leurs yeux volumineux et 
saillants ainsi qu'à leurs tarses antérieurs, un peu moins dilatés que 
dans les autres espèces (s). 

Quant aux MicnosAtmos de Dejean, ils correspondent au genre actuel, 
sauf le genre Velleids que Dejean a admis. 

Les caractères sexuels consistent également ici en ce que le sixième 
segment abdominal est échancré inférieuremenl chez les mules ; quel- 
ques-uns ont la tète plus grosse que leurs femelles, et parmi ces der- 
nières, il en est quelques-unes dont les tarses antérieurs sont à peine 
dilatés. 

La plus grande partie de ces insectes sont européens; la plupart 
des autres habitent l'Asie et l'Amérique ; 70 espèces environ ont déjà 
été décrites (4). 

(1) D'après cela, s'il se trouvait parmi les Philonthus des espèces qui eussent 
ces stigmates recouverts, elles devraient être transportées dans le genre actuel. 
Erichson (Arch. 1843, II, p. 211) dit s'être assuré avec le plus grand soin qu'il 
n'en est aucune qui soit dans ce cas. Parmi les quatre-vingts environ que j'ai 
examinées, je n'en ai pas trouvé non plus qui fissent exception sous ce rapport. 
Néanmoins, on ne peut se dissimuler que co caractère est bien faible pour sé- 
parer les deux genres. 

(2) Par une exception unique dans la famille, cette espèce vit sous tous ses 
états dans les nids de la Vespa crabro. Gyllcnliall (1ns. Suec. II, p. 300) a lo 
premier signalé le fait pour l'insecte parfait; depuis, il a été confirmé par plu- 
sieurs auteurs; voyez surtout Kellner, Steltin. ent. Zeit. 1844, p. 415, et Heuslow 
in Newman's Zool. p. 2585. 

(3) Q- atténuâtes Gyllh., boops Grav., scintillons Grav., etc. 

(4) Dont 45 sont mentionnées par Erichson. Aj. : Esp. européennes : Philon- 
mus grucilicornis, punctatellus, montivagus, montâmes , paradisiamts, picipen- 
nw ajçwfrfo, Heer, Col.helvet. 1, p. 274. - Q. suiuralis, Kiesenw. Stettin. eut. 
se», 1845, p. 225. — wnicoJor, satyrus, Kiesenw. ibid. 1847, p. 211. — chry- 



86 STAPIIYtlMENS. 

ASTRAPjEUS. 
Gbiyekb. Col. micr. Brunsv. p. 199. 

,Mcnlon très-court. — Languette petite, arrondie, étroitement cchan- 
créc en avant, ses paraglosses plus longues qu'elle, ciliées. — Palpes 
courts, robustes; le dernier article de tous sécuriforme, surtout chez les 
mâles, celui des maxillaires subrylindriquc et tronqué au bout chez les 
femelles. — Mandibules médiocres, robustes, très-arquées, inermes en 
dedans. — Labre court, bilohé, membraneux sur les cotés, cilié en 
avant. — Tète ovalairc, faiblement rétrécic en arrière. — Yeux assez 
grands, obliques, peu saillants. — Anlenncs filiformes, à articles 1 al- 
longé, 2-3 plus courls, obeoniques, 4-10 submoniliformes, 1 1 subechan- 
cré. — Prothorax, élyircs et abdomen des Quedics. — Pattes assez 
courtes, surtout les antérieures; leurs cuisses comprimées, sinuées infé- 
ricurcment; les quatre premiers articles des tarses de la même paire 
dilatés dans les deux sexes et spongieux en dessous; le 1 e ' et le dernier 
des autres tarses un peu allongés. — Faciès des Quedics. 

On n'en connaît qu'une espèce (A. ulmi Grav.) d'assez grande taille, 
plus particulièrement propre à l'Europe australe, et qui est rare partout; 
elle se trouve au premier printemps sous les écorecs et dans les plaies 
des ormes. Indépendamment du dernier article de ses palpes maxillaires 
plus fortement sécuriforme, le mâle a ses tarses antérieurs plus dilatés 
et le sixième segment de son abdomen est échancrè à son extrémité en 
dessous. 

EUM'POÏUJS. 

Erichs. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 496 (1). 

Menton très-court. — Languette très-petile, arrondie et entière en 
avant; ses paraglosses un peu plus longues qu'elle. — Palpes courls, 
les deux premiers articles des labiaux obeoniques, égaux, le 3" sèeuri- 

surus, Kicscnw. in Kiister, Die Karf. Europ. XII, 55 ; speculalor, XV, 57. — 
nemoralis, flavipennis, Baudi, Studi tut. I, p. 131. — irnlcus, Miller, Verbandl; 
d. Zool.-Botan. Vereina in Wien, L p. 110. — Esp. asiatiques :. Q. plagiatus, 
acuminalut, incomplelus, Hodilmlh, Bull. Mosc. 1819, p. IW. — fulvipennis, 
lalus, llurlilmtli, ibicl. 1851, n» 3, p. 28. — Esp. de l'Algérie : Q. polUpeS, 
Lucas, Evplor. de l'Alger. Eut. p. 113 — Esp. de l'Amer, du Nord : (). pla- 
giatus, brunnipennii, Mi.nl>. Bull. Mosc. tSi.'i, p. 2.11; hngipennis, Ibld. 1846, 
1, p. 509; du Sitklia. — Ourdus, terminales, Melshciin. Proceed. of tlic Acad. 
of Plijlad. 11, p. 30. 

Voyez en outre un travail de. Gravcnliorst, intitulé : «Transitions et aljiances 
entre les espèces du genre Qiedius;» Stettin. ent. Zoit. V11I, p. 211. 

(1) Syn. Pelecymorus, Nordm. Symbol, p. 13. — Oxïporus, Payk., Gylth. 



JTArnvLisiDEï. 87 

forme; les maxillaires filiformes, leur 4« article cylindrique. — Mandi- 
bules très-arquées, aiguës, unidcnlécs à leur base. — Labre entièrement 
corné, courl, profondément fendu dans son milieu, cilié en avant. — 
Tète beaucoup plus petite que le prolhorax, oblongo-ovalc, faiblement 
rétrécie en arrière, fléchie. — Antennes filiformes, à articles 1 allongé, 
3 plus long que le 2c, 4-10 subcylindriques ou obeoniques, tt tronqué 
obliquement. — Prolhorax un peu plus large ou aussi large que les èly- 
tres, suborbiculairc cl tronqué en avant. — Elytres aussi longues que 
lui, tronquées en arrière. — Abdomen assez large, atténué à son extré- 
mité. — Pattes médiocres, peu robustes, les intermédiaires contiguës 
à leur base; jambes spinosnles; tarses grêles, les antérieurs simples 
dans les deux sexes ; le l or et le 5° article de tous un peu allongés. — 
Corps assez allongé, ailé. 

Genre voisin des Astrapjecs, mais facilement rcconnaissable à la 
structure de ^cs palpes, la petitesse relative de sa léte et la simplicité 
des tarses antérieurs. Il ne comprend que trois espèces, l'une d'Europe, 
la seconde de l'Algérie, la troisième des Etats-Unis (i), toutes de taille 
médiocre. La première se trouve dans les bois sous les mousses. Les 
caractères sexuels du maie consistent dans la plus forte dilatation du 
dernier article des .palpes labiaux et le sixième segment abdominal 
cchancrc en dessous. 

OXYPORUS. 

Fab. Syst. ent. p. 267. 

Menton très-court, linéaire, avec ses angles antérieurs saillants. — 
Languclic fortement bilobée, ses lobes acuminés et ciliés en dedans; 
paraglosses nulles. — Dernier article des palpes labiaux très- grand, 
transversal, triangulaire et écliancrc ou sciiii-lunairc ; les maxillaires 
filiformes, à arli -les 2-3 subégaux, 4 plus court, obeonique. — Lobe 
externe des mâchoires coriace, allongé, pubcsccnl au bout, l'interne 
membraneux, finement cilié en dedans. — Mandibules grandes, sail- 
lanlcs, lalcil'orines, aiguës cl inermes au coté interne. — Labre étroit, 
transversal, iriaugulaircmcnt cl Largement cchancrè. — Télé grande, 
presque carrée, à peine rétrécie en arrière, assez convexe. — Yeux 
très-antérieurs, médiocres, oblongs, assez saillants. — Antennes courtes, 
robustes, à articles 1 allongé, 2-4 obeoniques, 5-10 transversaux, gra- 
duellement élargis, 1 1 ovale et courl. — Prolhorax un peu plus étroit 

(1) E. picipes Payk.; de l'Europe boréale et moyenne. — ptmcticollis Er.; 
des Etats-Unis. — Depuis te travail d'Ericlison, la troisième a été publiée: 
E. œnekenhis, Lucas, Explor. de l'Alger. Ent. p. 115; elle se trouve aussi 
en Italie et dans le midi de l'Espagne. M. Baudi (SU:di ent. I, p. 133)^ l'a re- 
produite sous le nom de E. meridionalis, d'après des exemplaires venant de la 
Sicile. 



ss 



SIAPHYLINIEN*. 



que les élytres, légèrement rétréci et arrondi en arrière, tronqué en 
avant. — Elytres tronquées en arrière, avec leurs angles externes ar- 
rondis. — Abdomen court, large, sublinéaire. — Pattes médiocres, 
grêles, les intermédiaires Irès-écartécs; jambes linement ciliées; larses 
assez courts, leur 1 er article plus ou moins allongé. — Corps oblong, 
large, subdéprimé en dessus, très-glabre, ailé. 

Un des genres les plus tranchés de la famille. Ses espèces sont de 
taille moyenne, et offrent pour système de coloration un mélange de 
rouge ferrugineux ou de testacé diversement combiné avec du noir bril- 
lant. On en a déjà décrit neuf espèces, dont trois se trouvent en Europe, 
les autres dans l'Amérique du Nord (i) ; toutes paraissent vivre exclu- 
sivement dans les bolets. Les mâles se distinguent des femelles parleur 
tête plus forte, leur sixième segment abdominal légèrement échanerc et 
la présence d'un septième segment très-petit. 



TRIBU IV. 
PÉDÉRIDES. 

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes de onze articles, 
insérées sous les bords latéraux du front. — Labre en général membra- 
neux sur les cotés. — Palpes maxillaires plus ou moins allongés; leur 
dernier arlicle très-petil, souvent à peine distinct. — Point d'ocelles. — 
Elylres de la longueur de la poitrine. — Abdomen rebordé latéralement, 
son 7« segment rarement distinct. — Hanches antérieures et posté- 
rieures coniques; les intermédiaires toujours eontigués; tarses de cinq 
articles. — Un espace membraneux au prolhorax en dessous. 

A partir de cette tribu jusqu'à la fin de la famille, les stigmates pro- 
thoraciques cessent d'eire visibles, étant cachés, comme on l'a vu plus 
haut, [>;ir les épimères du prothorax. 

Les Pédérides sont lous plus ou moins allongés, et la plupart d'une 
forme svelte et ('103.11110, surtout ceux, assez nombreux (Stilicus, Sco- 
p.ïus, Omiites, clc.) , dont la tète ne tient au prolhorax que par un 
pédoncule Irès-gréle. Plusieurs (Cbyptoeiom, Latubobidm) ont le labre 
bilohé comme les Slaphylinides ; aussi Latrcille les avait-il compris dans 
ses Fissilahres, dont ils s'éloignent par l'insertion de leurs aulennes. La 
longueur de leurs palpes maxillaires, la petilessc de leur dernier arlicle, 

(1) Esp. d'Europe : 0. rufus F. ; répandu partout. — maxillosus F. ; de 
l'Europe boréale et moyenne. — Mannerheimii Gyllli. — Esp. de l'Amer, du 
Nord: 0. major Qliv., femoralis ÔBv., vitlntus OUv., stygicus Sayj tous men- ' 
tionués par EricllSOD. — Aj. : 0. ilimhliatiis, brevis, Melsiieiui. Procced. ol'tlie 
Acad. ol'I'liilad. Il, p. 39; des Etats-Unis. 



pédémdes. 89 

la forme conique des hanches antérieures et postérieures, réunis aux 
caractères qui précèdent, achèvent de rendre ces insectes aisément re- 
connaissantes. On ne sait rien jusqu'ici de leurs premiers étais. 

Ils forment en ce moment 16 genres dont quatre ont été établis de- 
puis qu'Erichson a publié sa Monographie. La moitié environ sont 
étrangers à l'Europe. 

I. Pénultième article des tarses simple. 

A sans appendice membraneux. 

a Tète munie d'un col plus ou moins gros. 

b Antennes géniculées : Cryptobium, Homœotaraus, Latona. 

bb — droites. 

4 e art. des palpes max. renflé et tronqué : Dolicaon. 

— — acuminé : Scymbalium, Achenium, Lathro- 

bium. 

aa Tète tenant au prothorax par un pédoncule très-grêle. 
• Antennes droites. 

4« article des palpes max. aussi grand que le 3" : Lithocharit, Po- 
lyodontus. 

4« art. des palpes max. à peine distinct : Scopœus, Stilicus, Stili- 
copsis, Echiaster. 

ce Antennes géniculées : Ophites. 

B Pénultième art. des tarses appendiculé : Suntw». 

D. bllobé : Pœderw. 

CRYPTOBIUM. 
Mannemi. Brachdl. p. 38 (1). 

Menton transversal. — Languette petite, fortement bilobée, ses lobes 
arrondis ; ses paraglosscs un peu plus longues qu'elle , ciliées. — Les 
deux premiers articles des palpes labiaux cylindriques, subégaux, le 3» 
très-petit, aciculairc; les maxillaires à articles 2-3 égaus, celui-ci gros- 
sissant peu à peu, le dernier pareil à celui des labiaux. — Lobes des 
mâchoires coriaces, ciliés, l'interne en dedans, l'externe au bout. — 
Mandibules assez longues, arquées, très-aiguës, bi ou trideniées au côté 
interne. — Labre court, cilié et bilobé en avant, ses lobes divergents. 
— Tète plus oumoirs oblonguc, munie en arrière d'un col assez gros, 
un peu rélrècie en avant des yeux. — Ceux-ci petits, subovales, peu 

(1) Syn. Latiihobium, Grav., Latr., Kirby, etc.— Stilicus, Dej. Cat. éd. S, 
p. 73. Dejean a réuni sous ce nom les espèces américaines qu'il a connues, en 
conservant, le nom générique de Ciuptobium a celle d'Europe. — P/Ederus 
Payk. — Ociuepuilum, Steph. A. Syst. Cat. of Brit. Ins. p. 287. 



90 STAPHVLIMEira. 

saillants. — Antennes grêles, filiformes, brisées; leur t" article allongé, 
pirfois en massue, les autres de forme variable. — Prothorax un peu 
plus étroit que les élytres, plus ou moins allongé, subcylindrique cl en 
même temps comprimé, tronqué à sa base et en avant. — Elytres obli- 
quement tronquées en arrière. — Abdomen linéaire. — Pattes mé- 
diocres, grêles, finement pubescentes; tarses filiformes; leur 1 er article 
allongé, les suivants décroissant graduellement. — Corps allongé, li- 
néaire, subdéprimé, ailé. 

Ce genre est, avec les deux suivants, le seul de la tribu qui ait à la 
fois le col de la tôic assez gros et les antennes brisées, caractère qui lo 
fait reconnaître sans peine. Ses espèces, assez nombreuses (I), sont 
américaines, sauf deux qui sont, l'une (fracticorne Payk.) d'Europe, 
l'auirc (Iricolor Er.) africaine. La première, qui constitue le type du 
genre, se trouve sous les mousses et les feuilles décomposées, dans les 
endroits marécageux; ces insectes sont au plus de taille médiocre. Quel- 
ques-uns de leurs mâles portent sous le troisième segment abdominal 
un long appendice de forme variable, d'autres ont simplement le sixième 
segment échaucré en dessous; enfin, il en est qui réunissent ces deux 
caractères à la fois. 

HOBLEOTARSUS. 
Hochhutii, Bull. d. Mosc. 1851, n« 3. p. 34. 

Mêmes caractères que les Chyptobiom , sauf les différences sui- 
vantes : 

Dernier article des palpes maxillaires de moitié plus court que le pé- 
nultième, conique et très-acuminé au bout. — Lobe externe des mâ- 
choires beaucoup plus long que l'interne, corné à sa base, à peine cilié 
et terminé en crochet à son extrémité. — Mandibules munies à leur 
base inlerne d'une membrane fiangéc, du reste semblables. — Pro- 
thorax allongé, plus étroit à sa baie que les élytres, élargi en avant et 
sinué sur les côtés. — Corps plus déprimé. 

De tous ces caractères différent icls, les seuls de quelque valeur sont 
ceux empruntés aux organes buccaux ; ils paraissent très-suffisants pour 
séparer ce genre des Cuyi-tobium. M. Hochhuth l'a établi sur une assez 
grande espèce découverte en Arménie par M. De Chaudoir, et qu'il 
nomme //. Chaudoiri. 

(t) Ërichson en mentionne 27, toutes américaines, sauf celle d'Europe. — Aj.: 
Esp. de l'Amérique du Sud : C. basale, erythrollwrax, Blancli. in d'Orfo. Voy. 
cnt. p. 84. — maxiUusum, anule, Guérin-Ménev. Rev zool. 1844, p. 12. — 
flavipes, Erichs. Arch. 18i7, I, p. 89. — Esp. africaine: C. trkolor, Erichs. 
Arch. 1843, p. 222; d'Angola. 



rÉDÉflIDES. 91 



LATONA. 
Goêmn-Ménev. Rev. zool. 1844, p. 13. 

Selon M. Guêrin-Méncville, ce genre diffère des Cbyptobicm par les 
caractères suivants : 

Dernier article des palpes maxillaires aigu, de moitié moins long que 
le précèdent et picsque aussi é,)ais que lui à sa base. — 1 er article des 
antennes court. — Tarses antérieurs dilatés. 

D'après celte courte formule, ce genre a les palpes maxillaires du 
précédent, et n'en dillere que par ses tarses antérieurs dilatés. Il com- 
prend deux espèces des régions froides et tempérées de la Colombie (i). 

DOLÏCAOF: 
De C/isteln. Etud. entom. p. 119 (2). 

Mcnlon court, rétréci et tronqué en avant. — Languette petite, 
arrondie et échancréc antérieurement ; ses paraglosses beaucoup plus 
longues qu'elle, triangulaires et ciliées. — 2» article des palpes labiaux 
presque deux fois plus long que le précédent, graduellement rende, le 
3 e ' petit, aciculairc; les articles 2-3 des maxillaires subégaux, celui-ci en 
cône renversé, le 4° très-court, subgloliuleux et tronqué au bout. — 
Mandibules robustes, falciformcs, obluscmcnt dentées dans leur milieu. 
— Labre très-court, fendu dans son milieu. — • Tête aussi large que le 
prolhorax, oblongue, tenant à ce dernier par un col assez, gros. — Yeux 
assez antérieurs, médiocres, peu saillants. — Antennes filiformes ; leur 
premier article un peu plus long que les suivants, le dernier acuminé 
au bout. — Prolhorax en carré allongé, de la largeur des èlylrcs. — 
Celles-ci de longueur variable. — Abdomen allongé, atténué à ses deux 
extrémités. — l'altes médiocres, les intermédiaires subconiiguës à leur 
base; cuisses antérieures assez robustes, sinuècs à leur cUrêmilé en 
dessous ; les qualrc premiers articles des tarses antérieurs assez dilatés, 
subcordil'ormes, spongieux en dessous; les autres tarses plus longs, 
grêles, leurs qualrc premiers articles décroissant graduellement. — 
Corj>s très-allongé, linéaire, aptère ou ailé. 

M. De Castelnan a établi ce genre sur une grande espèce (D. lalhro- 
bioUlcs) du Cap, à laquelle viennent naturellement s'adjoindre quelques 

(l) /,. Spinola', lZrichsonii, Guérin-Méncv. loc. cit.; le second est peut-êtro 
la femelle du premier. 

[1] Syn. Adei.obium, Nordm. Symbol, p. 139.— Ophiomoïiphus, Dej. Cat. éd. 3, 
p. 73; ce genre ne comprend que le Udhrobioides mentionné dans le texte; 
Dejeaa le nomme Oph. capensis.— Lathrobicm, Grav., Lacord., Dej. 



82 mPHYLlICIEIM. 

autres d'Europe beaucoup plus petites, mais qui présentent les mômes 
caractères. Avant Erichson, les auteurs avaient^tacé celles qu'ils con- 
naissaient, parmi les Latubobitjm dont elles S'éloignent par la structure 
de leurs palpes maxillaires, la brièveté de leur labre et leurs tarses pos- 
térieurs (i). Les mâles de ce genre se reconnaissent à leur sixième seg- 
ment abdominal, profondément fendu en dessous. 

SCYMBAL1UM. 
Ericbs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 579. 

Languette profondément bilobée, avec ses lobes arrondis; ses para- 
glosses plus longues qu'elle, coriaces, linéaires et ciliées en dedans. — 
Mandibules fortement tridenlées, munies à leur base d'une étroite bor- 
dure membraneuse. — Les quatre premiers articles des quatre tarses 
postérieurs décroissant graduellement, le dernier à peine plus long que 
les deux précédents réunis. 

Pour le surplus, ces insectes ne diffèrent en rien des Achenium qui 
suivent, et parmi lesquels M. Nordmann avait placé la seule espèce 
connue avant la Monographie d'Erichson, qui en contient trois en tout, 
priginaires de l'Europe australe (2). 

ACHENIUM: 
(Leacb) Stem. III. of Brit. ent. V, p. 265 (3). 

Menton fortement transversal. — Languette courte , légèrement bi- 
lobée, avec ses lobes arrondis ; ses paraglosses plus courtes qu'elle. — 
Les deux premiers articles des palpes labiaux subcylindriques, sub- 
égaux, le 3° plus court que le 2*, grêle et aciculaire; les articles 2-3 des 
maxillaires égaux, celui-ci graduellement renflé, le dernier très-pelit, 
cncûneacuminéouobtusèmentsubulé. —Lobe interne des mâchoires 
membraneux, cilié en dedans, l'externe corné, cilié au bout. — Mandi- 
bules médiocres , assez robustes , très-arquées , unidentées au coté 
interne. — Labre étroit, profondément bilobé; ses lobes allongés, un 
peu divergents. — Tète subcordiforme, rétrécie en avant , tenant au 
prolhorax par un col assez étroit. —Yeux médians, petits, non saillants. 
— Antennes atténuées à leur extrémité, à articles 1 assez gros, cylin- 

(1) Les espères d'Europe mentionnées par Erichson sont : D. illyricus Er., 
hœmorrhous Er., grncilis Giav., biguttulus Lac. Depuis, on n'a décrit que les 
suivantes : D. venustus, Baudi, Studi ent. I, p. 134 ; de la Palestine. — angus- 
ticollis, Hochhutn, Bull. Mosc. 1851, n» 3, p. 32; d'Arménie. 

(2) S, anale, Nordm.; de la Crimée et du Caucase, —planicolle, testaceum, 
Er.; de la Sicile. 

(3) Syn. Laturobium Grav., Latr. 



PÉDERIDES. 93 

flriqne, 2 de moitié plus court, 3 du double plus long que celui-ci, 410 
décroissant graduellement, 11 allongé, fusiforme. — Prothorax un peu 
plus étroit que les élytres, en trapèze renversé. — Elytres tronquées 
en arrière. — Abdomen linéaire, de sept segments, le dernier fendu en 
dessous ; ses deux divisions acuminées et crochues au bout. — Pattes 
médiocres, assez robustes, surtout les antérieures; cuisses et jambes 
sinuées et subdenlées au côlé interne ; les quatre premiers articles des 
tarses antérieure dilatés et spongieux en dessous ; les quatre tarses pos- 
térieurs grêles, à articles 1 très-court, 2-3 subégaux, 4 plus court, S de 
la longueur des précédents réunis. — Corps allongé , linéaire, très-dé- 
primé, ailé. 

Insectes de petite taille, faciles à distinguer des Latuuohum qui 
suivent, et auxquels ils étaient réunis primitivement, par leur forme plus 
déprimée, le dernier article de leurs quatre tarses postérieurs plus 
long, etc. Leurs espèces, peu nombreuses, sont plus particulièrement 
propres à la Faune méditerranéenne. Les deux plus répandues en 
Europe (A. depressum Grav., humile Nicol.) se trouvent principalement 
dans les endroits marécageux. On en connaît une douzaine en tout (l). 
Les mâles se reconnaissent à leur sixième segment abdominal fendu en 
dessous. 

LATHROBIUM. 

GiuvENn. Mon. Col. mil», p. 128 (2) , 

Paraglosscs de la languette, un peu plus longues qu'elle. — Dernier 
article des palpes labiaux aussi long que le pénultième, grêle et acu- 
miné au bout; celui des maxillaires très-petit, subulè. — Labre trans- 
versal, bilobé, avec ses lobes divergents et ciliés en avant. — Les autres 
organes buccaux comme chez les Aouenicm. — Tête carrée ou sub- 
orbiculaire, tenant au prothorax par un col étroit. — Antennes droites, 
filiformes; leur premier article plus long et plus gros que les suivants, 
ceux-ci obeoniques, le dernier acuminé au bout. — Prolhorax en carré 
allonge, avec ses angles arrondis. — Elytres tronquées en arrière. — 
Abdomen linéaire; son 7» segment souvent distinct. — Pattes courtes, 
robustes, surtout les antérieures ; leurs cuisses souvent subbidentées en 
dessous ; leurs jambes canaliculèes au côté interne, pubescentes ainsi 
que celles des autres paires; les 'quatre premiers articles des tarses 
antérieurs dilatés et spongieux en dessous; le 2° des autres tarses un peu 
plus long que le 1 er et les deux suivants, le dernier plus court que les 
précédents. — Corps allongé, linéaire, le plus souvent ailé. 

(t) Aux 10 décrites par Erichson, aj. : A. hœmorrhoidale, Lucas, Explor. do 
l'Alger. Eut. p. 116; de l'Algérie. 
(2) Syn. P«berus, Fab., Pavk., Oliv., eto. 



94 STAPnVLINIENS. 

Genre riche en espèces, la plupart européennes ; les aulrcs sont asia- 
tiques ou américaines, un pelit nombre africaines. Les plus grandes 
sont an plus de longueur moyenne, toutes ont des téguments plus ou 
moins hrillanls, surtout sur la léle et le prothorax qui sont très glabres. 
En Europe, elles vivent principalement sous les mousses et les feuilles 
tombées dans les forets humides. Outre leur sixième segment abdominal 
fendu en dessous, comme dans la plupart des genres précédents, les 
mâles ont le cinquième parfois sinuc au bout cl des jmpressions sur 
ceux qui précèdent. 

Le nombre des espèces décrites est d'environ soixante (i). 

LITHOCHARIS. 
j (Dei.) Lac. Faune ent. d. env. d. Paris, I, p. 431 à).] 

Menton très court, légèrement échancré en avant. — Languette pe- 
tite, divisée en deux lobes divergents et ciliés entre eux ; ses paraglosscs 
linéaires, dépassant à peine ces lobes. — Dernier article des palpes 
très petit, aciculaire ; le pénultième des labiaux ovalairc, rcnOè, plus 
grand que le 1 er ; celui des maxillaires pas plus grand que le précédent, 
en cône renversé. — Mandibules falciformcs, munies au roté interne (Je 
trois à quatre fortes dents. — Labre large, arrondi et membraneux sur 
les côtés, plus ou moins échancré dans son milieu, avec deux dents limi- 
tant celle èchancrurc chez la plupart. — Tète subquadrangulairc, tenant 
au prothorax par un col grêle.»- Antennes droites, filiformes, à article 
1 allongé, 2-3 plus courts, obeoniques, 4-10 de même forme, graduel- 
lement suhglubulcux, 11 ovalairc. — Yeux petits, arrondis, peu saillanis. 

— Prothorax plus ou moins quadrangula'rc. — Elylres tronquées en 
arrière. — Abdomen linéaire. — Pattes assez longues; cuisses anté- 
rieures parfois assez grosses ; les quatre premiers articles des tarses de 
la même paire en général un peu dilatés; ceux des autres paires dé- 
croissant graduellement. — Corps allongé, linéaire , assez déprimé , 
ailé. 

(1) Erichson en mentionne 30; aj. : Esp. européennes : L. agile, megacepha- 
lum, alpestre, lœvipehne, Heer, Col. hclvct. I, p. 230; impression, p. 580.— 
longicurne [anguslicolle Cr.-.v.), L. Kedlenb. Col. Qu.rd. Arcu. Austr. p. 8. 

— dentutum, Kcllnei', Stettin. eût. Ziit. 18.ii, p. 414. — striàto-mmctatum, 
Kiesenw. ibid. 1850, p. 220. — ruftpes, Mfeklln, Bull. Mcsc. 1815, n" 2, p. 545. 

— Esp. asiatiques: /.. castaneipenne cliukodactylus [Scopa'us minuliis, sec, 
Ericlis.), Kolenatr, Mélet. cul. 111, p. 222. — boréale, volgense, pallklipenne, 
rugipenne, flavipes, llorlihuth, Bull. Mosc. 1851, n°3, p. 38. — Esp. afrloailHW : 
L. anale, albipes, Lucas, Expier, dfl l'Alger. Eut. p. 117.— caffer, Boliem. Ins. 
Calf'rar. 1, p. 2S5. — Esp. du l'Amer, du Sud : L. fidvipes, Blancli. in d'Orb. 
Voy. Eut. p. 85. 

(2) Syn. Suxius pais, Stcpli. 111. of Brit. ent. V, p. 271 — Misdon, Stcph. 
ibid. p. 273.— P,Ewyius, Grav., Latr. — Rccuus Maub. — Lathrodiuu Nordm. 



PÉDÉIUDES. 95 

Insectes Irès-voisins des Laturobium par leur forme générale, mais 
s'en distinguant, au premier coup-d'œil, par leurs couleurs malcs, tes- 
lacécs ou fuligineuses chez la plupart, sans parler de leur labre, leurs 
tarses antérieurs, etc., tout autrement faits. Les rnàles se reconnaissent 
à iear sixième segment abdominal fendu en dessous ; queL|uesuns ont 
en même temps le cinquième échancré ; chez les femelles, ce dernier est 
arrondi ou terminé par une saillie triangulaire. 

On trouve ces insectes sous les pierres, les feuilles tombées, rarement 
dans les fourmj ières ; ils son! assez nombreux (■), et presque tous ap- 
partiennent à l'Europe et à l'Amérique. 

POLYODONTUS (2). 
Solier in Gkt, Hist. de Chile, Zool. IV, p. 310. 

D'après les caractères que Solier assigne à ce genre, il ne diffère des 
Lithociiaris, que par le petit nombre de points suivants : 

Languette tressaillante, évasée en avant, avec ses paraglnsses allon- 
gées et trois lobes intermédiaires ayant la forme de dents triangulaires. 
— Labre mullidenticulc, avec une échancrure médiane arrondie, limitée 
par deux dents. — Dernier article des tarses antérieurs renflé, comme 
vésiculeux. 

Si la description de la languette est exacte, cet organe aurait la plus 
grande analogie avec la languette des Scop/Eus qui suivent. La fi- 
gure (s) que Solier donne de l'unique espèce (P. anguslalus) qu'il 
comprend dans ce genre, reproduit complètement les formes des Litho- 
chauis. Cet insecte, qui n'a qu'une ligue de long, a été rapporte du Chili 
par M. Gay, qui n'en a trouvé que deux exemplaires. 

SCOP/EUS. 
Erichs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 604 (4). 

Menton court. — Languette cornée, munie en avant de trois dents 
aiguës; ses paraglosses membraneuses, linéaires, ciliées en dedans. — 
1er article des palpes labiaux très-petit, le 2° grand, renflé, sub- 
ovalaire, le 3° très-petit, aciculnirc ; les maxillaires à articles 2-3 sub- 

(1) Aux 30 décrites par Erichson, aj. : Esp. tic l'Amer, du Sud : L. colluris, 
Baiuli, Studi eut. I, p. 136; de Venezuela. — nitida, Erichs. Arcli. 1817, I, 
p. 90; du Pérou. — Esp. de l'Algérie: L. minuit, Lucas, Explor. de l'Alger. 
Eut. p. lit). — Esp. de Natal : L. brevkoUis, Bohem. Ins. Caltr. 1, p. 286. 

(2) Ce nom a été déjà, employé, plusieurs fois, avec la désinence féminine, 
pour des Mollusques et des Vers ; il serait dés lors convenable de le changer. 

(3) Loc. cit. pi. VI, f. 1. 

(4) Syn. PiDBiius Gyllh. — Rucaus Manh. 



96 ÏTAPHYLINIEHS. 

égaux, 4 pareil à celui des labiaux. — Mandibules légèrement arquées, 
munies en dedans de trois dents fortes et aiguës. — Labre court, trans- 
versal, triangulaircmcnt échancré dans son milieu et denliculé en avant, 
les deux dents médianes plus grandes que les autres. - Tète suborbicu- 
laire ou presque carrée, tronquée en arrière et adhérant au prothorax par 
un col Ircs-gréle. — Yeux petits, arrondis, ptu saillants. - Antennes 
droites, filiformes, à articles 1 médiocrement allongé, 2-3 obeoniques, 
4-10 de même forme ou subarrondis, 11 ovalaircel acuminé au bout. 
— Prothorax ovalairc, rétréci à ses deux extrémités. — Elytrcs tron- 
quées en arrière. — Abdomen linéaire. — Pattes courtes, assez robustes, 
surtout les antérieures; jambes de cette dernière paire subsinuées et 
obtusément dentées au coté interne; tarses simples ; le 1« article des 
quatre postérieurs un peu allongé, les autres décroissant graduellement, 
le dernier beaucoup plus court que les précédents réunis. — Corps 
allongé, linéaire, gréle, très-déprimé, ailé. 

Genre intermédiaire entre les Lituocuams et les Smiccs; à la forme 
déprimée des premières, il réunit la léle et le prothorax des seconds ; 
sa languette l'éloigné des unes et des autres, ainsi que de tous les au- 
tres genres de la famille. Ses espèces sont de petite taille, de couleur 
mate ou peu brillante, finement poinlillées, et vivent principalement 
dans les endroits humides. Les caractères sexuels ne sont pas constants 
et résident dans les cinquième et sixième segments abdominaux qui 
sont diversement échancrés chez les mâles. 

Le genre est répandu en Europe, en Asie et en Amérique ; on en a 
décrit une quinzaine d'espèces en tout (t). 

STILICUS. 
(Latr.) Encycl. mêlh. Ins. X, p. 494 (2). 

Menton trèscodrt. — Languette petite, bilobée ; ses lobes arrondis 
Ct distants; ses paraglosses linéaires, ciliées, beaucoup plus longues 

(1) Neuf sont mentionnées par Erichson, dont, quatre d'Europe : S.lœviga- 
tus Gylltu; la seule connue avant lui, et qui forme le type du genre ; les 
autres (didymus, minimus, minutus) sont nouvelles.— Aj. : Esp. d'Europe': S. 
pusiUus, Kiesenw. Stettin. cnt. Zeit. 1843, p. 300.'— bicolor, Baudi, Studi cnt. 
p. 135. — Esp. asiatiques : S. Ericlisonii, Kolenati, Melet. ent. 111, p. 23. — 
pusillus, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, n° 1, p. 162. — doSilis, Hochhuth, 1851 
n» 3, p. 50. . 

A quoi il faut sans aucun doute ajouter les Rugilus chilensis et depressus 
de Solier (in Gay, Hist. de Chile, Zool. IV, n. 309) ; les caractères génériques 
qu'il leur assigne s'accordent de tous points avec ceux du genre actuel, entro 
autres pour ce qui concerne la forme si remarquable de la languette. 

(2) Syn. Rugilus (Leach) Steph. Ql, of Brit. cnt. Y, p. 277. — Pjsderus Fab 
Crav. ' .'' 






PÉnénlnes. 07 

qu'elle. — 2» article des palpes labiaux renflé, oValaire, un peu plus 
long que le 1"; le 3" petit, aciculaire; les maxillaires à articles 2-3 
égaux, celui-ci assez gros, 4 très-petit, â peine distinct, subulé. — Man- 
dibules falciformes, aiguës, tri ou quadridentées en dedans. — Labre 
grand, recouvrant les mandibules, arrondi et membraneux sur les cotés 
subsinué et bidenté en avant. — Tétc assez grande, orbiculaire, tenant 
au prothorax par un col très-court et très-gréle. — Yeux petits, assez 
saillants. — Antennes droites, médiocres, assez robustes, filiformes à 
articles 1 assez long, 2-3 obeoniques, 4-11 moniliformes. — Prolhor'ax 
ovalaire, acuminé en avant. — Elytres tronquées en arrière. —Abdo- 
men linéaire. — Pattes assez longues, grêles ; hanches antérieures al- 
longées; tous les tarses simples, leurs articles décroissant graduelle- 
ment. — Corps allongé, linéaire, médiocrement déprimé, ailé. 

La forme de la télé, combinée avec celle du prolhorax, donne à ces 
insectes un faciès particulier qui les fait aisément reconnaître. Comme 
ceux des trois genres précédents, leurs couleurs sont mates et leurs té- 
guments finement ponctués; la tète et le prothorax sont en même temps 
finement rugueux et comme aciculés. Leur taille est au plus médiocre, 
et ils se trouvent ordinairement sous les pierres et les feuilles tombées! 
parfois dans les fourmilières. Outre leur sixième segment abdominal 
fendu en dessous, les maies présentent quelquefois des impressions 
plus ou moins profondes sur le cinquième. 

La plupart des espèces sont européennes, les autres habitent l'Afri- 
que et l'Amérique; celles décrites s'élèvent à près d'une vingtaine (1). 

STILICOPSIS. 
Saciise, Stettin. entom. Zeit. 1852, p. M. 

Menton subtriangulaire , profondément échancré en avant. — Lan- 
guette linéaire, bilobée (2). — Palpes maxillaires allongés, à articles 2-3 
subégaux, celui-là un peu épaissi à son extrémité, celui-ci fortement 
renflé dans son milieu, 4 à peine distinct. — Mandibules grêles, falci- 
formes, munies de deux dents au coté interne, l'une grande, l'autre plus 
petite. — Labre grand, recouvrant les mandibules, arrondi et cilié en 

(1) Erichson en mentionne 12, dont 8 d'Europe : S. fragilis Oliv., rufipes 
Ccrm., subtilis Er., similis Ei\, geniculatus El., affinis Er., fuscipcs'Br., or- 
biculatus Payk. — Aj. : Esp. européennes : Rug. scabricottis, etciguus, Hcer, 
Col. helvet, I, p. 231.— Esp. africaines : S. rufteornis, Lucas, Explor. de l'Alger. 
Ent. p. 119. — bimaculatus, lîoliem. lus. CuflVar. I, p. 287. — capicola, Sachsc 
Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 145. — Esp. de l'Amer, du Nord : S. Iris'lis Mvh- 
ûcim. Proceed. of the Acad. of Pbilad. Il, p. 40. 

(2) M. Sacl.se ne parle pas des paraglosses et des palpes labiaux, ayant perdu 
la préparation de la lèvre infériouro avant d'avoir pu étudier ces parties. 

Coléoptères. Tome II. 7 



9g STAPUYLIMESS. 

avant. — Tête grande, arrondie, tenant au prothorax par un col très- 
grêle, r- Yeux petits, arrondis, saillants. — Antennes droites, filiformes; 
leur 1" article épais, cylindrique, les suivants décroissant graduelle- 
ment, le dernier oblong, oblusément acuminé; tous densément pubes- 
cenls. — Prolhorax suborbiculaire. — Elytres très-courtes, tronquées 
en arrière. — Abdomen un peu élargi dans son milieu. — Pattes assez 
courtes ; tarses de cinq articles, garnis de poils serrés. 

D'après ces caractères, que j'emprunte littéralement à M. Sachse, ce 
genre, voisin des Stiliccs par la plupart de ses caractères, en est bien 
distinct par plusieurs autres, surtout par la brièveté de ses élylres. Il 
est établi sur un petit insecte d'une ligne de long , originaire de la 
Géorgie aux Etats-Unis, et que l'auteur nomme S. paradoxa. 

ECHIASTER. 
Kiucus. Gen. et Spec. Staphyl. p. 636. 

Menton transversal, échancré en avant ; ses angles antérieurs tantôt 
{longicollis) non, tantôt (mclanurus) très-saillants. — Languette divisée 
antérieurement en deux petits lobes arrondis et écartés ; ses paraglosscs 
linéaires, «cuminces, beaucoup plus longues qu'elle. — Palpes labiaux 
courts ; leur 2'' article plus gros et un peu plus long que le 1", le 3 8 
petit, grêle, obtus au bout; les articles 2-3 des # maxillaires subégaux, 
celui-ci graduellement rende, le 4" à peine distinct. — Mandibules lon- 
gues, grêles, arquées, munies d'une longue dent au côté interne. — 
Labre transversal, muni de quatre dents fortes et aiguës en avant. — 
Tête suborbiculaire, tenant au prothorax par un col très-court et très- 
grêle. — Yeux assez grands. — Antennes à peine plus longues que la 
tête ; leurs articles 1-2 plus gros que les autres, 3 obeonique, 440 dé- 
croissant et grossissant peu à peu. — Prothorax plus étroit que les 
élylres, allongé, subfusiformc. — Elytres déprimées, tronquées en ar- 
rière. — Abdomen graduellement rétréci en arrière; ses deux derniers 
segments allongés, tubuleux. — Pattes assez courtes, grêles ; tarses 
antérieurs simples; les quatre premiers articles de" tous décroissant gra- 
duellement. — Corps allongé, déprimé, ailé. 

Erichson a fondé ce genre sur deux très-petits insectes de Colombie, 
dont les noms sont indiques plus haut ; leur couleur générale est d'un 
testacè peu brillant, et leurs téguments sont finement ponctués comme 
dans les genres qui précèdent. La forme de leurs deux derniers seg- 
ments abdominaux constitue leur caractère le plus apparent et semble 
leur donner un certain rapport avec les Tachyporides. 



PÉDÉRIDE3. 99 

OPHITES. 

Eaicus. Gen. et Spec. Staphyl. p. 617. 

Menton très-court. — Languette large, arrondie et échancrée dans 
son milieu en avant ; ses paraglosses grêles, acuminées, pubescentes, 
pas plus longues qu'elle. — Palpes labiaux filiformes, à articles sub- 
égaux, le dernier acuminé; les maxillaires longs, à articles 2-3 égaus, 
celui-ci graduellement renflé, * petit, aciculairc. — Mandibules falci- 
formes, aiguës, fortement dentées au coté interne. — Labre court, 
sinué et Bidenté dans son milieu en avant. — Tête ovalaire, munie en 
arrière d'un col grêle et assez long. — Yeux petils, arrondis et saillants. 
— Antennes grandes, brisées, grêles, à articles 1 très-long, 2 plus grêle 
et plus court que les suivants; ceux-ci décroissant graduellement. — 
Prothorax étroit, allongé, cylindrique dans sa moitié postérieure, forte- 
ment et peu à peu atténué en avant. — Elytres tronquées en arrière. — 
Abdomen linéaire ; son G» segment très-sinué au bout en dessus. — 
Pattes longues, grêles, hanches antérieures très-allongées; tarses sim- 
ples , leurs quatre premiers articles décroissant graduellement. — Corps 
allongé, linéaire, ailé. 

Genre singulier, reproduisant dans cette famille les formes des Cas- 
nonia de celle des Carabiques. On ne connaît que les trois espèces de 
la Colombie, décrites par Ericbson (i). Les mâles ont leur sixième seg- 
ment abdominal fortement et triangulairement éebancré en dessous ; ce- 
lui des femelles est arrondi ou tronqué. 

SUNIUS. 
(Leacb) Stiph. III. ofBrit. ent. V, p. 275 (2). 

Menton très-court. — Languette bilobée; ses lobes très-écartés , 
arrondis; ses paraglosses grêles, acuminées, ciliées en dedans, un peu 
plus longues qu'elle. — Dernier article des palpes labiaux petit, acicu- 
laire, le pénultième renOé, un peu plus grand que le l nr ; les maxillaires 
à articles 2-3 subégaux, celui-ci en cône renversé, le 4° à peine visible. 
— Mandibules longues, grêles, arquées, munies en dedans d'une longue 
dent aiguë et de deux ou trois petites dentelures. — Labre transversal, 
bidenté dans son milieu en avant. — Tête grande, tenant au prothorax 
par un col très-étroit. — Yeux petits, arrondis, peu saillants. — An- 
tennes longues, grêles, subllliformcs ; leur l°r article assez long, les 

(1) 0. versaiilis, raphulioides, velitaris, loc. cit.; le second est le Rugilus 
rapliidioides du dernier Catalogue de Dujcan. 

(î) Syn. Astenos (Dejean) Lacord. l'aune ont. d. env. d. Paris^ I, p. 435. — 
P^bewjs, Gylib.j Payk., Grav., etc. 



100 STATHYLIîrtMS. 

deux suivants subcylindriques, plus courts, les suivants obcomques où 
submoniliformes. — Prothorax ovalaire, un peu rétréci à sa base. — 
Elytres tronquées en arrière. — Abdomen linéaire, un peu rétréci à sa 
base, obtus à son extrémité. — Pattes de longueur variable, grêles; 
les trois premiers articles de tous les tarses allongés, décroissant peu à 
peu, le 4« très-court, pourvu en dessous d'un petit lobe membraneux. 
— Corps plus ou moins allongé, linéaire, le plus souvent ailé. 

Insectes distincts de tous ceux de cette tribu, par la structure de leurs 
tarses. Erichson les a répartis dans deux sections : les espèces de la 
première, parmi lesquelles figurent toutes celles d'Europe, ont la plus 
grande ressemblance avec les Scop^îus et les Lithochams, leur corps 
étant très-allongé et déprimé, leur tête subquadrangulaire et leurs pattes 
médiocres. Celles de la seconde, qui sont toutes de Colombie ont, au 
contraire, complètement le faciès des Siilicus, par suite de la forme 
orbiculaire de leur tête ; seulement leur prothorax est plus convexe. 

Ces insectes sont de la taille des précédents et ont ,1a même livrée et 
le même mode de ponctuation ; les mâles diffèrent des femelles par leur 
sixième segment abdominal triangulairement échancré en dessous. Les 
espèces décrites s'élèvent à une trentaine (i), dont la majeure partie 
sont propres à l'Amérique; presque toutes les autres sont européennes. 

MDERUS. 
Fab. Syst. Entom. p. 268. 

Menton transversal. — Languette large, bilobéc ; ses lobes arrondis j 
ses paraglosscs subacuminées, ciliées en dedans, un peu plus longues 
qu'elle. — Palpes des Scnius, seulement le dernier article des labiaux 
aussi petit que celui des maxillaires ; ceux-ci plus allongés. — Mandi- 
bules falciformes , munies de deux dents aiguës au côté interne. — 
Labre transversal , faiblement échancré en triangle. — Tête suborbi- 
culaire ou brièvement ovalaire, tenant au prothorax par un col étroit. 
— Yeux petits, médiocrement saillants. — Antennes plus ou moins lon- 
gues, grêles, filiformes, à articles subcylindriques , le 1" et le 3« plus 
longs que les autres, le 11° acuminé au bout. — Prothorax ovalaire, 
convexe, parfois globuleux. — Elytres tronquées en arrière. — Abdo- 
men linéaire, de sept segments; les deux derniers brusquement ré- 
trécis. — Pattes longues, grêles; les quatre premiers articles des tarses 

(1) Dont 24 sont mentionnées par Erichson, sur lesquelles 5 d'Europe : S. 
ftliformis Oliv., intermedius Er., angustatus F., bimaculatus Er., tristis Er. 

Aj. : Esp. européennes : S. tmkolor, Curtis, Ann. ofnat. Hist. V, p. 277. — 

neglectus,îiitrk<!\ in Germar, Zeitschr. V, p. 239.— pulchellus, Heer, Col. helvet. 
1, p. 230. — diversus, Aube, Ann. d. 1. Soc. cnt. Série 2, VIII, p. 318. — an- 
fiuinus, Baudi, Studi ent. I, p. 137. — Esp. de l'Algérie : S. filum, pulchir, 
Aube, loc. cit. p. 317. 



MtCOPHILIDES. 101 

antérieurs médiocrement dilatés dans les deux sexes, subcordiformes, 
égaux, spongieux en dessous ; les trois premiers des quatre postérieurs 
décroissant graduellement, le 4e profondément bilobé. — Corps al- 
longé, linéaire, assez épais, tantôt ailé, tantôt aptère. 

L'un des genres les plus tranchés de la famille et le seul de la tribn 
actuelle dont les espèces soient, pour la plupart, ornées de couleurs 
vives, avec des téguments brillants et revêtus, principalement sur la tête 
et le prolborax, de poils longs très-fins et peu serrés. Le sixième seg- 
ment abdominal est fendu en dessous, dans presque toute sa longueur, 
chez les mâles, entier chez les femelles. 

Ces insectes vivent presque exclusivement au bord des eaux, et plu- 
sieurs d'entre eux ont coutume de se réunir en sociétés plus ou moins 
nombreuses. Il y en a dans toutes les parties du globe et l'on en a déjà 
décrit près d'une cinquantaine d'espèces (•). 

tribu y. 

PINOPHILIDES. 

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes de onze articles, 
insérées sous les bords latéraux du front. — Labre entier, simple, — 
Palpes maxillaires allongés; leur dernier article pas plus court que le 
pénultième, celui des labiaux petit et subulé. — Point d'ocelles. — 
Elylres de la longueur de la poitrine. — Hanches antérieures et posté- 
rieures coniques, saillantes ; les intermédiaires rapprochées ; tarses de 
cinq articles. — Point d'espace membraneux au prothorax en dessous. 

Cette tribu est très-voisine de la précédente et ne s'en distingue, 
comme on le voit par celle formule, que par la grandeur du dernier 
article des palpes maxillaires qui affecte en général une forme assex 
singulière, et par l'absence d'espace membraneux à la partie inférieure 
du prolhorax. Mais ces deux caractères justifient suffisamment sa créa- 
tion. Il faut en outre y ajouter quelques caractères négatifs, tels que 

(1) Ericlison en mentionne 40, dont 7 d'Europe : P. littoralis Oliv., brevi- 
pennis Lac., longipennis Grav., caligatus Er., limnophilus Er., riparius Fab., 
ruftcolUs Fab. — Aj : Esp. européennes : P. lusitaniens, Aube, Ann. d. 1. Soc. 
«ut. XI, p. 236. — longkornis, Aube, ibid. S6rie 2, VIII, p. 319. — ruficeps, 
Baudi, Studi ent. I, p. 138. — vulgaris, Miller, Verhandl. d. Zool.-Botan. Ver. 
in Wien, H, p. 27. — Esp. africaines : P. angolensis, Ericbs. Arch. 1843, I, 
p. 222. — crassus, collaris, caffer, Bohem. Ins. Calfrar. I, p. 228. — eximius, 
Beiclje in Galin. Voy. en Abyssin. Ent. p. 281. — Esp. de l'Australie : P. cruen- 
tkutlis, Germar, Linn. ent. III, p. 174. — Esp. des lies Pliilippines : P. pere- 
grinus, Hombr, $ j a q Uin , Voy t au pôle Sud, But. Gel. pi. i, 1. 12; de San*- 



102 STAPHTnXIEKS. 

le labre non fissile, la tête jamais pédonculée et des antennes non gé- 
niculées. Les métamorphoses sont aussi inconnues que chez les Pé- 
dérides. 

Des cinq genres qui composent la tribu, deux seulement (OEdichirus, 
Procirrcs) ont des représentants en Europe, et encore exclusivement 
dans ses parties australes. 

I. Abdomen rebordê latéralement. 

4« art. des palpes max. transversalement linéaire : Pinophilut. 
sêcuriformo : Tœnodma. 

II. Abdomen non rebordé latéralement. 

4« art. de» palpes max. sécuriforme : Palaminus, QEdichirw. 
— — acuminé : Procirrus. 

PINOPH1LUS. 
Grave™. Col. micr. Brunsv. p. 201 (1). 

Menton très-court. — Languette petite, échancrée en avant ; ses pa- 
raglosses acuminées, ciliées en dedans, beaucoup plus longues qu'elle.— 
2° article des palpes labiaux plus gros et plus long que le 1", obeonique, 
le 3» petit, conique; les maxillaires assez longs, à articles 2-3 subégaux, 
4 fortement transversal, linéaire, dirigé au côté interne. — Mandibules 
grandes , arquées , très-aiguës , fortement unidentées en dedans. — 
Labre très-large et très-court, entier. — Tête subquadrangulaire, un 
peu rétrécie en avant des yeux, munie d'un col assez gros en arrière. 

— Yeux assez grands, submédians, arrondis, médiocrement saillants. 

— Antennes médiocres, grêles, subsétacées ; leurs articles obeoniques, 
le 1 er et le 3° plus longs que les autres, le dernier ovalaire, acuminé 
au bout. — Prolhorax subquadrangulaire, légèrement rétréci à sa base, 
tronqué à ses deux extrémités. — Elytres assez longues, tronquées en 
arrière. — Abdomen de la largeur des èlytres, linéaire, rebordé laté- 
ralement. — Pattes médiocres, robustes, surtout les antérieures; toutes 
les jambes graduellement élargies et obliquement tronquées au bout ; 
les quatre premiers articles des tarses antérieurs fortement dilatés et 
munis chacun en dessous d'un grand lobe membraneux dépassant son 
bord antérieur ; le premier des quatre tarses postérieurs allongé, les 
deux suivants égaux, le 4 e très-court, bifide. — Corps allongé, linéaire, 
ailé. 

Insectes de taille moyenne, parfois assez grande, ressemblant beau- 

(1) Syn. Pityophuus, Brullé, Hist. nat. d. Ins. III, p. 75- — An>eocr.ni's, 
Nordm. Symbol, p. 157. — Lycidios, Leach in Dej. Cat. éd. 2, p. 64* nom 
transformé par Dejcan en celui de Lïeumos, à la suite sans doute d'un lapsus 
calami. 



HXOPHILIDES. 103 

coup, de prime-abord, aux espèces du genre Ocypcs. Lent couleur 
ordinaire est d'un noir plus ou moins brillant ; une fine pubescence 
revêt leurs téguments qui sont finement pointillés; quelques-uns ont, 
sur la têlc et le prolhorax, des points disposés en rangées sur celle der- 
nière partie. Le corps de la plupart est assez, épais ; une espèce (uiger) 
qui fait exception sous ce rapport, constitue le genre Ar-œoceuus de 
M. Nordmann, qu'Erichson n'a pas admis. 

La verge de quelques mâles fait habituellement saillie à la partie 
postérieure du corps, et simule un septième segment ; mais le plus 
souvent ce sexe se reconnaît au sixième et parfois en même temps au 
cinquième segment échanercs en dessous. 

Tous les Pinophilos sont exotiques et pour la plupart américains; 
quelques-uns seulement ont été découverts en Afrique et un autre en 
Syrie : on en connaît déjà plus de vingt-cinq (1). . 

TiENODEMA. 
De Casteln. Etud. entom. p. 120 (2). 

Genre voisin du précèdent, mais présentant les différences sui- 
vantes : 

Dernier article des palpes maxillaires obliquement sècuriforme, pro- 
longé au côté interne. — Tète trigone. — Yeux situés près de ses 
angles postérieurs. — Antennes un peu plus robustes. — Abdomen 
plus étroit que les élytres. — Pattes plus fortes ; tarses antérieurs aussi 
fortement dilatés, mais simplement spongieux en dessous. — Corps 
plus déprimé. 

A quoi il faut ajouter qu'au lieu de la livrée monotone des Pino- 
pbilcs, ces insectes sont ornés de couleurs plus variées, leurs élytres, 
leur prothorax et leur tête, ou l'une de ces parties seulement, étant 
ordinairement bleus. Ils sont aussi d'assez grande taille, et jusqu'ici 
toutes les espèces connues sont propres à l'Amérique du Sud; cinq 
seulement ont été décrites (s). 

(1) Aux 20 décrits par Erichson, aj. : Esp. de l'Amérique du Sud : P. major, 
cribratus, Uvidipennis, ob.scurus, Blanch. in d'Orb. Voy. Eut. p. 86. — Esp. de 
Natal . P. moiclafiis, llolicm. Ins. Caflrar. I, p. 291. —Esp. de Syrie : P. longi- 
cornis, Baudi, Studi ont. I, p. 139; des environs de Beyrouth. 

(2) Syn. Cysinurus, Nordm. Symbol, p. 158. — Pjederus Perty. 

(3) Quatre sont mentionnées dans la Monographie d'Erichson : T. cyunescens 
Nordm., veslita Nordm., semicyaneu Perty (type du punie), œnea Oliv. — Aj. : 
T. cinctu, Westw. Ann. of nat. Hist. VIII, p. 205. Toutes cos espèces sont du 
Brésil, sauf celle d'Olivier, qu'il indique comme étant do Surinam. 



*04 toAPHYMMEtMi 



PALAMINUS, 

Ericiis. Gen. et Spec. Staphyl. p. 681. 

Menton court, assez fortement échancré dans son milieu. — Lan- 
guette divisée en deux lobes écartes et ciliés intérieurement; ses para- 
glosses un peu plus courtes qu'elle. — Les deux premiers articles des 
palpes labiaux égaux, le dernier petit, acuminé ; les maxillaires à ar- 
ticles 2-3 égaux, 4 obliquement sécuriforme, prolonge au côte interne. 

— Mandibules falciformcs, munies en dedans d'une forte dent aiguë. 

— Labre transversal, court, sinué dans son milieu et bidenticulé en 
avant. — Tête presque aussi large que le prothorax, sublrigone, munie 
d'un col gros en arrière. — Yeux situés près de ses angles postérieurs, 
assez gros et saillants. — Prolhorax subtransversal, légèrement cordi- 
fonne. — Elylrcs conjointement échancrées en arrièrev — Abdomen 
plus élroit que les élylres, allongé, linéaire, non rebordé latéralement. 

— Pattes médiocres, les antérieures plus robustes que les autres; leurs 
jambes graduellement élargies à leur extrémité, les intermédiaires sim- 
ples, les postérieures dilatées avant leur extrémité, puis échancrées; 
les quatre premiers articles des tarses antérieurs dilatés, les trois pre- 
miers triangulaires, lobés en dessous ; le premier des autres tarses un 
peu allongé, le 4 e court, lobé. 

Insectes ayant le faciès des précédents, mais beaucoup plus petits, 
et s'en distinguant sans peine à leur abdomen non rebordé : ses quatre 
premiers segments présentent en outre en dessus une sculpture singu- 
lière, consistant en lignes transversales, granuleuses, et comme imbri- 
quées. Les mâles connus ont leur sixième segment abdominal plus ou 
moins échancré à son extrémité ; celui des femelles est acuminé et 
membraneux sur les côtés. Le genre est propre à l'Amérique et ne 
comprend jusqu'ici que les quatre espèces décrites par Erichson (1). 

OEDICHIItl'S. 
Erichs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 684, 

Menton très-court. — Languette bilobée: ses lobes arrondi'!, diver- 
gents; ses paraglosses acuminées, pubescentes, pas plus longues qu'elle. 

— Palpes labiaux courts, leur dernier article beaucoup plus petit et 
plus gréle que les précédents, acuminé; les maxillaires à articles 2 
allongé, 3 plus court, renflé, obeonique, 4 fortement sécuriforme, pro- 
longé au côlé interne. — Mandibules falcil'ormcs, unideniées en dedans. 

— Labre très-court, finement dcnticulè en avant et sinué dans son mi- 

(1) P. pihsus, piceus, vuriabilis, Uç Colombie; (e staçeus, des Etats-Unis. 



ï-morniunKR. 105 

lieu. — Tête suborbiCulaire, rétrécie postérieurement en un col grêle. 
—Yeux médiocres, arrondis, peu saillants.— Antennes grêles, grossis- 
sant légèrement à leur extrémité, à 1 er article assez gros et médiocre- 
ment allongé, le dernier brusquement acuminé au bout. — Prolhorax 
oblongo-cordiforme, convexe. — Elylrcs plus courtes que lui, conjoin- 
tement échancrées en arrière. — Abdomen allongé, un peu élargi en 
arrière, subcylindrique, non rebordé latéralement; son 7° segment 
distinct et bi-épincux. — Pattes grêles; jambes postérieures élargies et 
obliquement écliancrées au bout; les quatre premiers articles des 
tarses antérieurs fortement dilatés dans les deux sexes; chacun d'eux 
carré, renflé et muni en dessous d'un lobe semi-circulaire , le premier 
des quatre tarses postérieurs allongé , le 4° court, bilobé. — Corps 
allongé, subcylindrique, aptère. 

Erichson a fondé ce genre sur un insecte de Sicile (0 pœderinus) 
qui ressemble à un Pjîderus par sa forme générale, ses couleurs et 
les poils fins et peu serrés dont il est revêtu; sa taille est seulement 
un peu plus petite que celle de la plupart des espèces de ce genre. 
Depuis, on en a décrit deux autres espèces, l'une d'Espagne, l'autre 
de Natal (i). Les mâles ont leur sixième segment abdominal échancrè, 
en dessous, avec l'échancrure remplie par une membrane. 

TROCIRRUS. 
Iatr. Règne anim. éd. 2, IV, p. 436. 

Menton très-court. — Languette petite, subsinuée en avant; ses 
paraglosses acuminées, ciliées en dedans, beaucoup plus longues 
qu'elle. — Palpes labiaux des OEdicuiiius ; les maxillaires allongés, 
leurs articles 3-4 égaux, le 4° fusiforme, acuminé à son extrémité. — 
Alandibules lalciformcs, aiguës, munies en dedans d'une forte dent 
bifide. — Laine transversal, court, sinuè dans son milieu.— Tête ar- 
rondie, munie en arrière d'un col assez étroit. — Yeux médiocres, 
arrondis, peu saillants. — Antennes grêles, filiformes, h articles 1-2 
plus gros que les autres, celui-là le plus long de tous, 4-10 obeoniques, 
11 cylindrique, obtusément acuminé au bout. — Prothorax allongé, 
subcylindrique. — Elytres tronquées en ampère. — Abdomen allongé, 
linéaire, non rebordé latéralement ; son derniÉ' segment en cône aigu. 
— Pattes longues; jambes postérieures comprimées et obliquement 
écliancrées à leur extrémité ; les quatre premiers articles des tarses 
anlérieurs fortement dilatés, carres, renflés en dessus ; le premier des 
qualre postérieurs très-allongé; le 4° très-petit, bilobé. —Corps très- 
allongé, subcylindrique, ailé. 

(1) QE. unicolor, Aube, Ann. d. 1. Soc. eut. Série 2, I, p. 91 ; de» environi 
de Badajoï. = abdominulis, Bohem. Ins. Cattïar. I, p. m; de Natal. 



106 STAPHYHmEHS. 

La seule espèce connue (P. lefebvrei Latr.) est de taille médiocre, 
d'un jaune ferrugineux sale, et originaire de la Sicile. Le mâle se 
reconnaît à son dernier segment abdominal légèrement échancré â 
son sommet en dessous. 

Ce genre est le seul de la tribu dont le dernier article des palpes 
maxillaires soit acuminé, caractère qui le rend aisé à reconnaître. 

TRIBU VI. 

STÈNIDES. 

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes insérées sur le 
front, grêles, de onze articles, dont les derniers en massue. — Labre 
corné, entier. — Palpes maxillaires allongés , leur 4° article presque 
indistinct, le 1 er allongé; les labiaux très-petits. — Point d'ocelles. — 
Elytres de la longueur de la poitrine. — Hanches antérieures et posté- 
rieures coniques, petites, peu saillantes ; tarses de cinq ou quatre ar- 
ticles. — Point d'espace membraneux à la partie inférieure du pro- 
thorax. 

Trois genres seulement composent cette tribu. L'un d'eux (Eujeste- 
thcs), très-peu riche en espèces, a quelques rapports de formes avec 
certains Oxylélides ; les dpux autres (Dianous, Sténos) ont un faciès 
qui leur est propre et qui n'a rien de commun avec celui des autres 
genres de la famille. Néanmoins, dans tous trois, les caractères es- 
sentiels sont les mêmes. Le plus remarquable, peut-être, à cause de 
sa rareté, est l'allongement du 1 er article des palpes maxillaires, qui 
semble compenser l'excessive petitesse du 4», qu'on ne parvient à dis- 
tinguer qu'à l'aide d'une forte loupe; le 1 er des labiaux est petit, 
comme de coutume. L'insertion des antennes n'est pas toujours la 
même. Dans les deux genres nommés en dernier lieu, ces organes sont 
situés au bord interne des yeux ; chez les Eo^stethos, près du bord 
antérieur du front, à peu près comme chez les Staphyliuides. F.cs 
pattes sont grêles, et le dernier article des tarses assez souvent bilobé. 
La petitesse des hanches intérieures et postérieures est un caractère 
assez remarquable pouq^lamamille. I.cs premiers étals de ces insectes 
sont inconnus. 

L'Europe possède des représentants des trois genres en question. 

I. Antennes insérées au bord interne des yeux. 
Menton en carré transversal : Dtanvus. 

— triangulaire : Stenus. 

II. Antennes insérées près dus bords latéraux du front: Eucestethus. 



107 



DIANOUS. 
(LëaCh) SaMopel. The Entom. tisof. Compend. éd. I, p. 173. 

Menton en carré transversal. — Languette bilobée, ses lobes dis- 
tants, oblongs, presque confondus avec les paraglosses, qui ne sont 
pas plus longues qu'eux. — Labre transversal, tronqué en avant. — 
Yeux médiocres, arrondis, peu saillants. —Antennes longues et 
grêles, légèrement en massue; leur 3° article plus grand que les 
autres, les cinq suivants allongés, subégaux, les trois derniers sub<- 
arrondis, le 11° acuminé au bout. — Abdomen rebordé latéralement, 
terminé par deux soies. — Pénultième article des tarses bilobé. 

Les autres caractères comme chez les Sténos qui suivent. Le genre 
ne contient qu'une petite espèce (D. cœrulescens Gyllh.) d'un noir- 
bleuâtre, avec une tache rouge arrondie sur chaque élytre. Elle est 
répandue dans toute l'Europe, mais assez rare partout, et fréquente 
les mêmes lieux que les Stencs. 

STENUS. 
LiTR. Préc. d. car. gén. d. Ins. p. 77. 

Menton triangulaire. — Languette bilobée ; ses lobes très-petits , 
ovales, rapprochés ; ses paraglosses beaucoup plus longues qu'elle , 
dilatées brusquement en un lobe circulaire. — Palpes labiaux courts, à 
articles 1 grêle, 2 ovalairc, renflé, 3 très-petit, subulé; les maxillaires 
très-longs, leurs articles 1-3 croissant graduellement. — Mandibules 
•falciformcs, terminées par deux dents aiguës. — Labre assez grand, 
transversal, arrondi en avant. — Tète un peu plus large que le pro- 
thorax, munie en arrière d'un col gros et court. — Yeux grands, ar- 
rondis, saillants. — Prolliorax plus étroit que les élytres, plus ou moins 
cylindrique, en général un peu rétréci à sa base. — Elytres conjointe- 
ment échancrées en arrière. — Abdomen linéaire, rebordé ou non 
latéralement. — Pattes grêles s tarses le plus souvent filiformes, parfois 
un peu dilatés à toutes les pattes; leur pénultième article tantôt simple, 
tantôt bilobé. — Corps allongé, linéaire, subcylindrique, ailé ou 
aptère. 

Insectes de petite taille, d'un faciès particulier, de couleur uniforme, 
noire ou plombée, et offrant pour tout dessin, chez un certain nombre 
d'espèces, et sur chaque élytre, une tache arrondie jaune ou rougeâ- 
tre. Leurs téguments, plus ou moins rugueux sur toute leur surface, 
sont revêtus d'une fine et courte pubescence blanchâtre ou cendrée. 
Les nulles ont tantôt le dernier, tantôt plusieurs des arceaux ventraux 
de l'abdomen échaiicrés à leur extrémité. 



108 STAMJYLlNIÉîM. 

Les Stekds vivent presque exclusivement dans les lieux humides et 
aux bords des eaux, où on les rencontre souvent, comme les P^edbuus, 
en société; tous sont d'une extrême agilité. Un des traits les plus frap- 
pants de leur organisation est<la faible adhérence de la languette- au 
menton, et la propriété qu'a l'œsophage, soit pendant les convulsions 
de l'agonie, soit lorsqu'on presse le corps d'un de ces insectes entre 
les doigts, de se renverser et de faire saillie sous la forme d'une trompe 
à l'extrémité de laquelle se trouve la languette avec ses paraglosses et 
ses palpes (1). Une espèce d'Europe a même reçu, d'après cela, le 
nom de proboscideus ; mais ce phénomène a été observé chez une 
foule d'autres, et peut probablement se manifester chez toutes. 

Ces insectes sont répandus sur la plus grande partie du globe et 
forment l'un des genres les plus riches de la famille ; on en a déjà 
publié plus de 130 espèces (2). 

(1) Telle est l'explication proposée d'abord dubitativement par Gyllenhall 
(Ins. Suec. II, p. 477), puis adoptée par Erichson (Staphyl. p. 690); j'y adhère 
complètement, a la suite d'observations faites sur plusieurs espèces. C'est donc 
à tort que plusieurs autours, notamment Leach (in Samoucl. Ent. usef. Compend. 
éd. I, p. 173), MM. de Mannerheim (Brachél. p. 17), Curtis (Brit. Ent. pi. 164) 
et moi-même jadis (Faune ent. d. env. d. Paris, I, p. 441), ont fait de cette 
prétendue trompe un caractère générique des Sténos. M. le docteur Thirion 
(Ann. d. 1. Soc. ent. IV, p. 153), qui a publié un mémoire détaillé sur ce sujet, 
a pris également ces parties hors de leur situation naturelle pour une trompe 
véritable, et a même proposé de créer pour le genre actuel une tribu à part, 
celle des Proboscidiens. Ce qu'il appelle la coupe est cette partie de la lèvre 
intermédiaire entre le menton et la languette à laquelle elle sert de base : ses 
appendices fongiformes ne sont pas autre chose que les paraglosses. 11 ne parait 
pas, du reste, que les Stenus puissent, à volonté, faire saillir cette fauss% 
trompe. Voyez, sur ce sujet, quelques courtes observations de M. Kiesenwctter, 
Stettin. ent. Zeit. 1844, p. 351. 

(2) Aux 106 mentionnées par Erichson, aj. : Esp. européennes : S. basalis 
{contractus Er.), Curtis, Ann. of nat. Hist. V, p. 277. — formicetorum, Manh. 
Bull. Mosc. 1843, p. 83. — rugosus, cribratus, eumerus, Kiesenw. Stettin. 
eut. Zeit. 1850, p. 220. — princeps, Hampe, ibid. 1850, p. 349. — (ruynemeri 
(rugosus Kiesenw.), Jacquel.-Duval, Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, VIII, p. 51. 
— decipiens, Leprieur, ibid. IX, p. 201. — Leprieuri, Cussac, ibid. IX, Bull, 
p. XXIX. — longitarsis, laticollis, brtvipennis, Thomson, Vetcnsk. Akad. 
OEfvers. p. 133. — longipes, maculipes, geminus, glaciaUs, obliquus, annu- 
lipes, angustulus, Heer, Col. helvet. I, p. 214; alpestris, rufimanus, mon- 
tivagus, p. 577. — Esp. asiatiques : S. arctulus, elavuhis, minutus, Hochhuth, 
Bull. Mosc. 1849, n° 1, p. 171. — afl'aber, calidus, cynneus, Baudi, Studi ent. 
I, p. 110. — Esp. de l'Algérie : S. œneus, obscurus, Lucas, Expl. d. l'Alger. 
Ent. p. 122. — Esp. do l'Amer, du Nord : S. erythropus , Mclsheim. Proceed. 
of tho Acad. of Philad. II, p. 40. — Esp. du Chili : S. Gayi, Solier in Cay, Hist. 
de Chile, Zool. IV, p. 306. 

Voyez le Mémoire de M. Leprieur, intitulé : « Méthode dichotomique appli- 
ques an genre Sww-^ dans les Ann, u . J. goç, eut. Série 2, L\, p. J91. 



EU.ESTETHUS. 

Gravenh. Mon. Col. micr. p. 201 (1). 

Menton assez profondément échancré. — Languette large , faible- 
ment sinuée dans son milieu ; ses paraglosses en partie soudées avec 
elle, la dépassant, acuminées et ciliées. — Palpes labiaux courts, leur 
2 6 article subovalaire, plus gros et plus long que le l"; le 3° très- 
petit, aciculaire; les maxillaires pareils à ceux des Sténos. — Mandi- 
bules assez longues, falciformes, munies d'une forte dent au côté 
interne. — Labre large, transversal, denticulc en avant, les dents 
aiguës. — Tête assez grande, presque aussi large que le prothorax, 
faiblement rétrécic en arrière. — Yeux petits, arrondis, assez saillants, 
postérieurs. — Antennes courtes, distantes, insérées à une assez grande 
distance des yeux, à articles 1 allongé, en massue, 2 court, 3 plus long, 
obeonique, 4-8 moniliformes , 9-11 plus grands, formant une massue 
oblonguc. — Prothorax cordiforme, arrondi sur les cotés en avant. — 
Elytres conjointement échancrées en arrière. — Ahdomen rebordé ou 
non, obtus à son extrémité. — Pattes assez courtes; tarses de quatre 
articles : le 1 er et le 4° plus long que les autres. — Corps médiocrement 
allongé, atténué à ses deux extrémités, ailé. 

Ces insectes sont voisins des Sténos par leurs caractères, mais, s'en 
éloignent beaucoup par leur forme générale qui rappelle celle de plu- 
sieurs Oxytélides. lis sont aussi beaucoup plus petits, les plus grands 
n'ayant guère plus d'une ligne de long. Leurs habitudes même sont 
autres, car on les trouve dans les prairies et sous les feuilles tombées. 
Leurs caractères sexuels sont les mêmes que ceux des Sténos. On en 
connaît en ce moment six espèces dont quatre d'Europe et deux de 
l'Amérique (2). 

TRIBU VII. 

OXYTÉLIDES. 

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes insérées sous les 
bords latéraux du front. — Labre corné, en général muni d'appendices 

(1) Syn. Eiustethus, Manh. Brachél. p. 41; Lacord. Faune ent. d. env. d. 
Paris, I, p. 438. 

(2) Erichson n'en a connu que quatre : E. scaber Gyllh., ruficapillus Lac, 
d'Europe; americanus Er., des Etals-Unis; immarginatus Ei\, do Colombie. 
— Aj. : E. lœviusculus, Manh. Bull. Mosc. 1844, I, p. 195; do la Finlande. — 
Lcspesii, Jaoquel,-Duval, Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, VIII, p. 48; du midi de 
la Franco, 



110 STAPHYLIHIENS. 

membraneux près de ses angles antérieurs. — Point d'ocelles (1). — 
Elytres de la longueur de la poitrine. — Abdomen composé de sept 
segments distincts. — Hanches antérieures coniques, saillantes; les pos- 
térieures transversales ; tarses de cinq ou trois articles. — Un espace 
membraneux au prolhorax en dessous. 

Avant Erichson, le caractère spécial qu'on assignait à cette tribu con- 
sistait en épines ou dentelures sur la tranche externe de toutes les 
jambes ou d'une partie d'entre elles, et Latreille lui avait en consé- 
quence donné le nom de Denticrures (2). Ce caractère l'avait, du reste, 
conduit à y 'introduire des éléments étrangers qui en ont été exclus 
par M. De Manncrheim (s). Ce savant entomologiste y a en même 
temps ajouté, avec raison, un genre (Tiiogophloeos), dont les jambes 
sont complètement inermes. Erichson en a fait autant pour cinq autres 
qui sont dans le même cas, de sorte que le caractère en question ne se 
rencontre plus dans la moitié des genres de la tribu. 

Les espèces qui la composent, à l'heure qu'il est, sont d'aspect assez 
diffèrent ; il y a même dans le nombre trois genres (Megalops, Osobios, 
Holotbochus) qui tranchent fortement sur les autres par leurs formes 
singulières. La tête de ces insectes est en général faiblement ou non 
rétrécie en arrière, et il n'y a qu'un seul genre (Apocellus) où elle 
soit pédonculée. Le prolhorax n'est jamais conligu avec les élytres, et 
parfois (Lesteva), celles-ci flnt une tendance à s'allonger qui annonce, 
en quelque sorle, le voisinage des Omalides. 

Erichson a partagé la tribu en quatre sous-tribus, qui sont très-natu- 
relles et faciles à reconnaître aux caractères suivants : 

I. Antennes de dix articles. Méoalopjhes. 

II. — de onze articles. 

a Abdomen non rebordé latéralement. Osoriides. 
aa — rebordé latéralement. 

1 Tarses de trois articles. Oxytémdes vrais. 

— de cinq — Coprophilides. 

Sous-Tribu I. Mégalopides. 

Antennes de dix articles, droites, en massue. — Abdomen rebordè 
latéralement. — Tarses de cinq articles. 

Un seul genre : Megalops. 

(1) Une seule espèce (Trogophlœus argus Lee.) fait exception à cet égard. 

(2) Outre ses travaux antérieurs, voyez son Mémoire intitulé : « Considéra- 
tions sur les insectes Coléoptères de la tribu des Denticrures, » dans les Nouv. 
Ann. d. Mus. I, p.,77. 

(3) Brachél. p. S). 



OTTIÉtroU. 111 

MEGALOPS. 
(Dej.) Emeus. Cen. et Spec. Staphyl. p. 751. 

Menton plus long que large, rétréci et tronque en avant. — Lan- 
guette cornée, obtusément tridentée au bout; ses paraglosses mem- 
braneuses, un peu plus longues qu'elle. — Palpes labiaux courts, leur 
dernier article oblongo-ovalc, plus long que les précédents ; le dernier 
des maxillaires plus long que le pénultième, oblong et acuminé au bout. 
— Lobes des mâcboires cornés, étroits, ciliés : l'interne en dedans, l'ex- 
terne à son extrémité. — Mandibules saillantes, falciformes, munies 
d'une petite dent au coté interne. — Labre caché sous l'épistome, sauf 
parfois deux petites dents dont il est muni en avant. — Tctc grande, 
plus large que le prothorax, non rétrécic en arrière. — Yeux très-gros, 
subglobuleux. — Antennes courtes, de 10 articles : 1 légèrement al- 
longé, 2 long et grêle, 3-5 plus courts, 6-7 obeoniques, grossissant peu 
à peu, 8-10 formant une massue oblongo-ovale et pubescenle. *- Pro- 
thorax plus étroit que les élytres, subcylindrique et anguleux latérale- 
ment. — Elytres tronquées en arrière. — Abdomen parallèle, rebordè 
sur les côtés. — Pattes médiocres, peu robustes ; les intermédiaires 
peu distantes à leur base ; tarses simples, leurs quatre premiers arti- 
cles décroissant graduellement. — Corps assez court et assez épais, 
glabre. 

Petits insectes, ayant, par suite de leur forme générale et de la gros- 
seur de leurs yeux, une assez forte ressemblance avec les Sîkki.s. Des 
plis, des excavations, ou simplement des dépressions, qui existent prin- 
cipalement sur le prothorax et quelques-uns des segments abdominaux, 
leur donnent une physionomie particulière. On ne sait rien, du reste, 
de leurs caractères sexuels et de leurs habitudes. Tous sont de très- 
pelite taille, et leurs espèces connues, au nombre de quatre, sont pro- 
pres à l'Amérique et à l'Afrique australe (2). 

Sous-Tribu H. Osoriides. 

Antennes de onze articles, géniculécs. — Abdomen non rebordé la- 
téralement. — Tarses de cinq articles. 

Deux genres seulement rentrent dans ce groupe, tous deux exotiques 
et remarquables par leur forme cylindrique, leurs téguments solides, 

(1) Syn. Oxyporus Grav. , 

(1) M. cœlatus Grav., des Etats-Unis; ptmctatvs, ceplwlotes Ei\, de Colom- 
bie. Erich6. loc. cit. — Aj. : M. plicatms, Bohem. lus. Coffrai'. I, p. 293; du 
Natal. 



H2 ïTArimiîaBNS. 

glabres et brillants, leur grosse tête, en un mot leur fuies étranger au 
reste de la famille. 

M. Coquercl (1) a donné quelques détails, malheureusement trop 
abrégés, sur la larve ùeVOsorius tnsicicrurus Klug, observée par lui 
à Madagascar , à ses divers états de développement, dans un tronc 
d'arbre en décomposition. La tête est très-forte, carrée, ainsi que le 
premier segment thoracique, et munie de fortes mandibules et de pe- 
tites antennes en forme de soies. Le corps est allongé, atténué à l'ex- 
trémité et muni de deux appendices filiformes sur le dernier segment. 
D'après les ligures qu'il en donne, le bord antérieur du front serait 
saillant et denliculé, les palpes maxillaires composés de trois articles 
dont le dernier en cône allongé, les antennes de quatre dont le pénul- 
tième plus grand que les autres et muni au coté interne, ainsi que le 
dernier, d'une saillie et de quelques cils; enfin les appendices styli- 
formes en compteraient trois, dont le premier beaucoup plus grand que 
les autres et renflé en massue à son extrémité. Cette larve est très- 
agile et d'un jaune-brun. 

I. Jambes fortement épineuses sur leur tranche externe : Osorius. 

II. — presque mutiques Holotrochus. 

OSORIUS. 

(Leach) Latr. Fam. nat. p. 245 (2). 

Menton allongé, rétréci et échancré en avant. — Languette cornée, 
subacuminée dans son milieu en avant ; ses paraglosscs petites, mem- 
braneuses, longuement ciliées au coté interne. — Dernier article des 
palpes acuminé, aussi long que le pénultième aux labiaux, plus long aux 
maxillaires. — Lobes des mâchoires cornes, étroits, assez longs, ter- 
minés par un crochet aigu, ciliés : l'interne en dedans, l'externe au bout. 
— Mandibules robustes, aiguës , se croisant au repos. — Labre trans- 
versal, largement échancré cl fortement cilié en avant. — Tète grosse, 
épaisse, convexe, à peine rétrécie en arrière ; épistome souvent échan- 
cré et denté. — Yeux antérieurs, médiocres et planes. — Antennes 
courtes, assez robustes, filiformes, brisées, de 11 articles : 1 très-long, 
logé au repos dans un sillon oblique et latéral de la tête, 2-3 obeoniques, 
4-11 moniliformes. — Prothorax graduellement rétréci en arrière, 
tronqué à ses deux extrémités, muni en dessous près de son bord an- 
térieur d'une saillie plus ou moins prononcée. — Elytres finement mar- 
ginées sur les côtés, tronquées en arrière, avec leurs angles externes 
distincts. — Abdomen cylindrique, sans rebord latéral ; son sixième 

(1) Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, VI, p. 180, pi. 7, n» IV, f. 3 ab. 

(2) Syn. Molosoma, Say, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. IV, pi. 462, 
'*- Oxïtbius Grav, 



OXYIÉLIDES. j|j 

segment obtusément conique et plus étroit que les précédents le 7° 
un peu distinct. - Pattes courtes et robustes, les intermédiaires rap- 
prochées a leur base; jambes dilatées et arrondies en dehors, munies 
d épines et de cils sur leur tranche externe ; tarses simples, leurs oua re 
premiers articles subégaux. - Corps médiocrement allongé, rXé 
cylindrique, glabre, ailé. 8 ,uuusle > 

Genre extrêmement tranché et, pour ainsi dire, isolé dans la famille 
avec le suivant. Ses espèces, pour la plupart d'assez grande taille son! 
d un noir brillant, passant parfois au brunâtre sur certaines part es du 
corps. Leurs différences sexuelles semblent nulles chez les unes et ré- 
sider chez les autres dans la forme de l'épislome. Sauf quelques-unes 
découvertes dans l'Afrique australe, à Madagascar et à Java elles sont 
propres aux parties chaudes de l'Amérique. Celles que j'ai eu occasion 
d observer vivent sous les écorces à demi décomposées des arbres 
abattus, et le plus souvent dans des sillons que leurs larves sans doute 
ont creuses dans le bois. On en connaît neuf en tout (i). 

HOLOTROCHUS. 

EniCHS. Gen. et Spec. Staphyl. p. 757. 

Menton atVondi sur les côtés et en avant. -, Languette à bord anté- 
rieur coupe carrément. - Labre transversal, entier. - Antennes gros 
s.ssant légèrement à leur extrémité; quelques-uns de leurs avant-der- 
niers articles transversaux. - Prothorax non rélréci en arrière 
exactement appliqué contre la base des élytres. - Jambes non dilatées- 
leur bord externe muni simplement de quelques cils Irès-courts. 

Pour le surplus, ce genre ne diffère pas des Osomus, dont ses jambes 
simples et presque inermes le distinguent au premier coup-dœil • mais 
ses espèces sont toutes de petite taille. Les trois décrites par Erichson 
et qui sont les seules connues, habitent les Antilles et Madagascar (*).' 

Sous-Tribu III. Oxytélides vrais. 

Antennes de onze articles, plus ou moins géniculées. — Abdomen 
reborde latéralement. — Tarses de trois articles, les deux premiers 
tres-courts. — Dernier article des palpes maxillaires très-petit, subulé. 

(1) Dont huit ont été connues d'Erichson : 0. ater Perty, brasiliensis Guér 
piceus Er., du Brésil; intermedius Ei\, de Colombie; latipes 01., des Etats- 
Unis; cylmdricus Latr., du Mexique; incisicrurus Latr., de Madagascar- ru- 
NauT Ef '' d ° * m ' ~ Aj ' : °' ru9kevs ' Bonem - Ins - Caffra '- ï» P- 294; de 

(2) H. volvulus, cylindrus, de l'Ile de Puerto-Rico; crassicollis, de Mada- 

Coléoptèrcs, Tome II. 8 



114 STAFnYLINIBNS. 

C'est à ce groupe qu'appartiennent la majeure partie des espèces de 
la tribu. On en connaît deux larves, celle du Plalyslelhus morsilatu 
décrite par Bouché (t) et cefle de VOxytelus sculplus, qu'ont publiée 
récemment MM. Chapuis et Candèze (s). Si la description du premier 
de ces auteurs est exacte, tout en présentant des caractères communs, 
tels qu'une forme grêle et linéaire, des téguments recouverts de poils, 
des mandibules bifides à leur sommet, des palpes labiaux bi-articulés, 
elles différeraient sur plusieurs points importants. La première aurait 
un labre distinct, des palpes maxillaires de cinq articles , des anten- 
nes de cinq; Bouché, suivant son usage, ne parle pas des ocelles. 
Chez la seconde le labre serait nul, les palpes maxillaires ne compte- 
raient que trois articles, et les antennes que quatre ; les ocelles seraient 
réduits à un seul de chaque côté. Cette larve a été rencontrée par 
MM. Chapuis et Candèze, sur une peau de lièvre qu'elle était occupée 
à ronger; Bouché avait trouvé la sienne en hiver dans des bouses; il 
décrit également la nymphe. 

A l'exception d'un seul (Afocellls) qui est américain, les sept genres 
de ce groupe ont tous des représentants en Europe. 

I. Jambes en totalité ou en partie épineuses sur leur tranche externe. 
Deux rangs d'épines aux antér., un seul aux intorméd. : Bledius. 
Un seul rang d'épines à toutes : Platystethus. 

aux quatre antérieures : Oxytelus, Phlœonmus. 

II. Jambes inerznes. 

Tète faiblement rétrécie en arrière : Trogophlœus, Thinobius. 
~ pédonculéc en arrière : Apocellus. 

BLEDIUS. 
(Leach) Stbph. IU. ofBrit. ent. V, p. 307 (3). 

Menton transversal, entier. — Languette divisée en deux lobes trian- 
gulaires, divergents et ciliés intérieurement. — Palpes courts, le dernier 
article des labiaux acuminé, un peu plus long que chacun des deux pré- 
cédents, ceux-ci égaux; les maxillaires à articles 2-3 subégaux, obeo- 
niques, 4 très-petit, aciculaire. — Lobe interne des mâchoires muni en 

(1) Naturg. d. Insckt. p. 182, pi. VIII, f. 14-21. M. Westwood a reproduit la 
figure de la larve (Introd. to the mod. classif. of 1ns. I, p. 166, f. 16, n» 14). Une 
autre larve d'espèce indéterminée qu'il représente (ibid. n° s 10-11), ne me pa- 
rait pas appartenir à la tribu actuelle, comme le soupçonnent MM. Chapuis et 
Candèze; elle est trop courte et trop largo pour cria... 

(2) Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, p. 400, pi. II, f. 2. 

(3) Syn. Hesperopbilus, Stoph. loc. cit. p. 300. — Oxytelus, Oliv., Latr., 
Grav., etc. 



©XYTÉLIDES. U5 

dedans de petits cils; l'externe fortement pubescent au bout.— Mandibules 
assez fortes, dentées près de leur sommet ou dans leur milieu. — Labre 
transversal, muni en avant d'une bordure membraneuse à angles ex- 
ternes saillants et divergents , l'intervalle entre eux cilié. — Tête un 
peu plus étroite que le prothorax, à peine rétrécie en arrière. — Yeux 
médiocres, arrondis, assez saillants. — Antennes médiocres, coudées, 
à articles 1 très-long, en massue et arqué, 2-5 obeoniques, 6-10 en gé- 
néral graduellement élargis et transversaux, 11 ovale. — Prothorax 
presque aussi large que les élytres en avant, rapidement rétréci dans 
son quart postérieur, un peu arrondi à sa base. — Elytres tronquées 
en arrière. — Abdomen linéaire, rebordé sur les côtés. — Pattes 
courtes, les intermédiaires rapprochées à leur base ; jambes antérieures 
comprimées; leur tranche externe garnie de deux rangs de petites 
épines très-serrées, celle des intermédiaires d'un seul rang, les posté- 
rieures mutiques ; tarses simples, leur l° r article beaucoup plus long que 
les deux suivants réunis. — Corps allongé, linéaire, assez convexe, ailé, 
finement pubescent. 

Petits insectes vivant principalement sur les bords des eaux, dans le 
sable ou le sol argileux desquels ils se creusent, selon Erichson, des 
terriers qu'ils habitent par paires et d'où ils sortent le soir, moment 
où on les voit quelquefois voler en grand nombre (1). Les mules 
de quelques espèces ont de petites cornes sur la tetc et le prolhorax. 
M. Stcphcns leur a réservé le nom de Bledids, en donnant celui 
d'HESPERopuinjs à celles qui sont dépourvues de ces saillies, carac- 
tère bon tout au plus pour établir une section. D'autres mâles se re- 
connaissent à une échancrure remplie par une membrane que pré- 
sente leur sixième segment ventral de l'abdomen; enfin il y a des es- 
pèces où les deux sexes semblent ne pas différer entre eux. 

Les Bledids sont nombreux et répandus dans la plupart des régions 
froides et tempérées du globe; près de 60 espèces ont déjà été pu- 
bliées (2). 

(1) Voyez dans l*En<om. Mag". (II, p. ISO) une notice intéressante sur le B. 
arenarhis, espèce qni vit sur les bords de la mer et se laisse recouvrir par elle 
a» moment du M-i. Un DvscHmnis commun dans les mimes localités, et d'es- 
pèce innommée, la poursuit dans ses retraites et en détruit un grand nombre. 

(2) Aux 45 qui se trouvent dans la Monographie d'Erichsofi, aj. : Esp. euro- 
péennes: B. littoratis, alpestris, cribricollis, filum, fossor, morio, tibialis, 
Heer, Col. helvet. I, p. 209; agrindloy, p. 576. — tristis, Auh<\ Ann. d. 1. 
Soc. ent. Série 2, 1, p. 92. — sus, Aube, ibid. VIII, p. 320. — Iriam/uhim, 
«audi, Studi ent. I, p. 143. — Ksp. asiatiques : Ji. plibsscens, Kolciuti,' Mulet. 
u,t ' 111, p. »y. — pivipeuuis, lloclmulh, ttull. Mosc. 1849, n» 1, p. iS2. 



jjg STAPHYUNiEHS. 

PLATYSTETHUS. 
Mannemi. Brachél. p. 46 (1). 

Languette large, bisinuée en avant, avec ses angles latéraux assez 
saillants et aigus ; ses paraglosses libres, linéaires, falciformes, densé- 
ment ciliées au côté interne. - Prothorax transversal, arrondi à sa 
base finement canaliculé sur la ligne médiane en dessus, un peu dis- 
tant des élylrcs. — Celles-ci courtes, tronquées obliquement et légère- 
ment déhiscentes «.leur extrémité. — Pattes intermédiaires écartées à 
leur base ; toutes les jambes munies d'une rangée de petites épines sur 
leur tranche externe ; les antérieures échancrées en dehors près de 
leur sommet. — Corps déprimé, glabre, ailé. 

Les autres caractères sont pareils à ceux des Bledibs. Les mâles ont 
oour la plupart le front muni de deux épines antérieures, et se distin- 
guent en outre, par la structure des septième et sixième segments ven- 
traux de leur abdomen ; le dernier est assez souvent bi-épineux. Ces 
insectes se trouvent ordinairement dans la vase des bords des eaux 
stagnantes. Us sont bien moins nombreux que les Bledics, car on n'en 
connaît en ce moment qu'une douzaine d'espèces propres à l'Europe, 
à la Faune méditerranéenne, à l'Amérique du Nord et au Cap de Bonne- 
Espérance (2). 

OXYTELTJS. 
Giuvenh. Col. micr. Brunsv. p. 101.' 

Genre très-voisin des Platystethus et n'en différant que par les ca- 
ractères qui suivent : 

Languette un peu plus fortement bisinuée en avant; ses paraglosses 
soudées avec elle à leur base. — Dernier article des palpes labiaux plus 
court que le précédent, subaciculaire. — Prothorax non distant des ély- 
trcs . _ Celles-ci coupées carrément en arrière, non déhiscentes.— 
Jambes postérieures sans épines sur leur bord externe ; dernier article 
des tarses pas plus long que les deux précédents réunis. — Corps en- 
core plus déprimé, glabre sur la tête et le prothorax, finement pubes- 
cent sur l'abdomen. 

(1) Syn. Oxytelos, Grav., Payk., Gyllh., Oliv., etc. 

(2) Erichson n'en a connu que six, dont quatre européennes : P. morsitans 
Payk comutus Oliv., noMfroni Sahlb., spinosus Er. — Aj. : Esp. d'Europe : 
p striatulus, splende.ns, capito, Hecr, Col. helvet. I, p. 208. — lœvis, Kiescnw. 
Stettin. ent. Zcit. 1818, p. 325. — cribricollis, Baudi, Studi ont. I, p. 145. — 
Esp. du Caucase : P. rufospinus, Hochhuth, Bull. Mosc. 1851, n° 3, p. 51. — 
Esp. do l'Algérie : P. longicornis, Lucas, Explor. do l'Alger. Ent. p. 126. — 
Esp! du Cap : P. armatus, Sachsc, Stettiu. eut. Zeit. 1852, p. 146. 



OXÏTÉLIDES. 117 

A défaut de caractères plus prononcés, ces insectes se distinguent 
presque tous des Platvstetuus par la sculpture de leurs téguments ; 
la tète, le thorax et les élytres sont en effet plus fortement ponctués et 
rugueux, et le second présente trois sillons longitudinaux plus ou moins 
distincts : le médian droit, les latéraux arqués. Les caractères des 
mâles résident dans les derniers segments abdominaux, qui sont diver- 
sement configurés selon les espèces. 

Ces insectes sont assez nombreux et ont une distribution géographi- 
que très-étendue; on en a déjà décrit près d'une quarantaine (1). Les 
espèces européennes se trouvent principalement dans les bouses à demi- 
desséchées. 

PHLOEON^EUS. 
Emeus. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 597 (2). 

Menton court. — Languette des Oxytblus, soudée avec ses para- 
glosses ; celles-ci libres à leur extrémité, linéaires, pubescentes. — Les 
trois articles des palpes labiaux subègaux, le dernier un peu plus grêle 
que les autres; les maxillaires à articles 2-3 subégaux, celui-ci renflé, en 
ovale allongé, 4 très-petit, aciculaire. — Mandibules falciformcs, finement 
bidenlèes à leur extrémité, munies à leur base d'une membrane ciliée 
à son sommet. — Labre petit, transversal ; les angles de sa bordure 
membraneuse, trigones et acuminés. — Tête et yeux des deux genres 
précédents. — Antennes plus longues et plus grêles, à peine coudées. 

— Prothorax transversal, assez fortement rétréci en arrière. — Elytres 
tronquées à leur extrémité. — Abdomen linéaire, rebordé latéralement. 

— Pattes assez courtes, les intermédiaires rapprochées à leur base ; 
jambes antérieures munies d'une rangée de petites épines sur leur tran- 
che externe, les autres de poils fins; tarses très-courts, leur dernier 

(1) Aux 24 espèces décrites par Erichson, aj. : Esp. européennes : 0. humilis, 
terrestris, Heer, Col. lielvet, 1, p. 204 ; mondvcigus, p. 574. — Esp. asiatiques : 
0. sukatus, Gebler, Bull. Mosc. 1848, n° 2, p. 7'.) ; de la Sibérie. — strigi- 
frons, Hochliuth, ibid. 1819, n° 1, p. 187; du Caucase. — mamillatus, Hoch- 
luitli, ibid. 1851, n° 3, p. 53 ; de la Daourie. — Esp. de Natal : 0. pkipennis, 
pusillus, Boliem. Ins. Caffrar. I, p. 295. — Esp. de l'Amer, du Nord : 0. fus- 
cipennis, Mann. Bull. Mosc. 1843, p. 233; de Sitkha. — basalis (rugosus? F.), 
parvulus, pygmœuSj mwrens. Melsheim. Proceed. of tho Acad. of Philad. II, 
p. 41 ; des Etats-Unis. 

J'ignore co que peut être YOxylelus sukatus de Solicr (in Gay, Hist. de Chile, 
Zool. IV, p. 329). L'autour lui attribue cinq articles aux tarses antérieurs, sans 
parler des autras tarses. La figure 11 de la planche 6, qui représente l'insecte 
entier, porte très-distinctement cinq articles partout, puis à côté se trouve 
(f. Il 1 ) une des pattes antérieures très-grossie, où il n'y a que trois articles, 
dont le dernier bilobé. Du reste, la plupart des caractères de cet insecte pa- 
raissent être ceux d'un Oxytélide. 

(2) Syn. Aploberds, Steph. 111. of Brit. eut. V, p. 321. 



118 STAPHYUKIEKS. 

article beaucoup plus long |jue les deux précédents réunis. — Corps 
linéaire , très-déprimé , finement pubescent en dessus sur l'abdomen 
seulement, ailé. 

Erichson a séparé ces insectes des Oxvtelcs, auxquels tous les au- 
teurs les avaient réunis. Ils ont en effet la plus intime ressemblance 
avec ces insectes, mais leurs antennes à peine brisées, et leurs jambes 
antérieures seules épineuses, les font reconnaître aisément; leur pro- 
thorax également est dépourvu de ces sillons qui existent chez les Oxy- 
tblds; leurs habitudes même, sont différentes, car on les trouve sous 
les écorces. Les deux seules espèces connues sont européennes (i). 

TROGOPHLOEUS. 
Mannewi. Brachél. p, 49 (2). 

Menton transversal. — Languette large, faiblement sinuée en avant, 
entièrement soudée à ses paraglosscs ; la ligne de suture indiquée par 
une série de cils. — Palpes labiaux très-courts ; leur dernier article un 
peu plus grêle que chacun des deux précédents, ceux-ci subégaux; les 
maxillaires à articles 2 obeonique, 3 plus long et plus gros, py ri forme, 
4 très-petit, subulé. — Mandibules courtes, bifides au bout, bidentées 
dans leur milieu, avec une membrane ciliée à leur base. — Labre court, 
un peu sinuè dans son milieu; ses saillies membraneuses triangulaires; 
l'intervalle entre elles garni de soies rigides. — Tête trigone , en gé- 
néral légèrement rélrécie en arrière. — Yeux subglobuleux. — An- 
tennes assez longues et assez grêles, grossissant légèrement et peu à 
peu, à articles 1 médiocrement long, 2-3 obeoniques, 4-10 moniliformes, 
11 ovalaire, les quatre ou cinq derniers de grosseur variable. — Pro- 
thorax transversal, en général rétréci en arrière. — Elytres de lon- 
gueur variable, tronquées à leur extrémité. — Abdomen le plus souvent 
linéaire. — Pattes courtes et peu robustes, les intermédiaires rappro- 
chées à leur base ; toutes les jambes sans épines ; tarses très-courts , leur 
dernier article plus long que les deux l° r9 réunis. — Corps plus ou 
moins déprimé, linéaire, finement pointillé et pubescent, ailé. 

L'absence d'épines à toutes les jambes et l'extrême brièveté des tarses 
distingue essentiellement ce genre des précédents. Le prothorax pré- 
sente le plus souvent deux impressions longitudinales, et chez quelques 

(1) P. çwlatus Oliv., cœsus Er., loc. cit. 

(2) Syn- T.f.NosiniA, Mann. Brachél. p. 50. M. De Manncrheim avait placé ce 
genre parmi les Omalides, en lui attribuant ;i tort cinq articles aux tarses. — 
ÇUui'alimus (Lcach) Stepb. III. of Brit. cnt. V, p. 324. Les trois derniers articles 
des antennes, plus grands que de coutume, constituent le caractère principal qui 
distingue ce genre des Titocopiiloeus, selon Stcphcns, mais il y a des passages, 
comme le fait observer Erichson. 



OXYTÊUDES. 119 

espèces (par ex. dilatalus), les élytres s'allongent assez pour leur 
donner quelque ressemblance avec les Omalidcs ; l'écusson manque 
chez la plupart. Les deux sexes ne présentent aucune différence essen- 
tielle. Ces insectes, de petite taille comme les précédents, ont des habi- 
tudes variées, les uns vivant sous les écorces, les autres sur les fleurs, 
l'herbe des prairies, le plus grand nombre au bord des eaux où ils se 
réfugient dans le sable comme les Bledids. 

Le genre est assez nombreux et a été rencontré dans la plupart des 
régions du globe ; on en connaît actuellement une quarantaine d'espèces 
dont les deux tiers'environ sont européennes (1). 

TH1N0BÏUS. 

Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1844, p. 355. 

Ce genre ne diffère des Tbogopiiloees que par ses paraglosses entiè- 
rement libres, et en ce que chaque élytre présente sur son bord interne 
une échancrure qui, réunie à sa correspondante, limite un espace trian- 
gulaire qui laisse voir les ailes inférieures lorsqu'elles sont repliées. 

M. Kicscnwctter l'a établi sur un très-petit insecte d'une demi-ligne 
de long, qu'il nomme T. ciliatus, et qui paraît très-répandu en Saxe 
où il vit dans le sable des bords des rivières. Depuis, ce savant entomo- 
logiste en a fait connaître une seconde espèce des environs de Berlin, 
tout aussi petite que la précédente (a). 

APOCELLUS. 

Emcbs. Gen. et Spec. Slaphyl. p. 813. 

Organes buccaux des Trogophloeos. — Tête grande, suborbiculaire, 
saillante, tenant au prothorax par un pédoncule grêle. — Yeux mé- 
diocres, peu saillants. — Antennes médiocres, subbrisées, grossissant 
peu à peu jusqu'à leur extrémité, à articles 1 assez allongé, 2-3 obeo- 
niques, plus longs que les suivants, 4-10 décroissant graduellement, 

(1) Dont 25 mentionnées par Erichson. Aj. : Esp. européennes : T. affmis, 
Heer, Col. helvet. I, p. 202 ; pygmœus, p. 574. — halopliilus, obesus, Kiesenw. 
Stettin. ent. Zeit. 1844, p. 373. — polilus, incrassalus, pimctipcmiis, Kiesenw. 
ibid. 1850, p. 221. — opacus, nitidus, Baudi, Stuili eut. I, p. 146. — Esp. asia- 
tiques : 7\ Munnerhcimii , KolenatS , Melct. ent. III , p. 26. — caucasicus , 
tursalis, brevipennitj Hochhulli, Bull. Mosc. 1849, n° 1, p. 194. — Kiesen- 
wlterij Hochhuth, ibid. 1851. n» 3, p. 55. — Esp. de l'Amer, du Nord : 
T. iirtjux, J. Lo Conte in Agass. Lako Super, p. 220. Cette espèce s'éloigne de 
toutes les autres par la présence de deux ocelles sur le front, comme cbez les 
Omalides; néanmoins elle présente, selon M. i. Le Conte, tous les caractères 
Au i actuel. 

(2) T. brevipennis, loc. cit. 1850, p. 221. 



*20 STAHIYI.INir.TS. 

11 ovalaire. — Prothorax globuleux, plus étroit que les élytres et sé- 
paré d'elles par un intervalle. — Celles-ci courtes , tronquées en ar- 
rière. — Abdomen linéaire. — Pattes longues, grêles , les intermé- 
diaires subrapprochées; jambes arrondies, pubescentes; les deux I e " 
articles des tarses courts, le 3 e allongé. 

Le Lalhrobium sphœricolle de Say (t), petit insecte de la Caroline, 
est le type de ce genre dont le faciès s'éloigne de celui de tous les au- 
tres Oxytélides et rappelle celui des Stiucds. Erichson lui adjoint deux 
autres espèces des Antilles et de Colombie (2). Les caractères sexuels 
des mâles résident dans les deux derniers segments ventraux de l'abdo- 
men, qui varient selon les espèces et sont parfois bizarrement conû- 
gurés. 

Sous-Tribu IV. Coprophilides; 

Antennes de onze articles. — Abdomen rebordé latéralement. — 
Tarses de cinq articles. — Dernier article des palpes filiforme. 

Les auteurs antérieurs à Erichson avaient placé ces insectes parmi 
les Omalidcs dont ils diffèrent essentiellement par l'absence des ocelles. 
Erichson a commis une erreur inverse en y comprenant les Miciu- 
lvmma, chez lesquelles ces organes existent et qui , dès lors , doivent 
rentrer dans la tribu en question. 

On ne connaît aucune larve de ce groupe, et il ne comprend que cinq 
genres qui jusqu'ici sont exclusivement européens. 

I. Les jambes antér. a» moins épineuses : Coprophilus, Acrognathus. 

II. Toutes les jambes inermes : Deleaster, Trigonurus, Syntomium. 

COPROPHILUS. 
Lvra. Règne anim. éd. 2, IV, p. 439 (3). 

Menton court, rétréci et tronqué en avant. — Languette transversale, 
largement cchancrée ; ses paraglosses linéaires, pas plus longues qu'elle, 
ciliées en dedans, - Palpes labiaux à articles égaux, le dernier ovale, 
assez aigu au bout; le dernier des maxillaires subfusiforme, égal au 2" ; 
celui-ci plus long que le 3°, obeonique comme lui. — Mandibules courtes, 
robustes, à peine dentées dans leur milieu. — Labre transversal, sub- 
sinué en avant ; ses saillies membraneuses très-petites, triangulaires et 

(1) Trans. ofthe Amer. Phil. Soc. New Ser. IV, p. 455. 

(2) A. ustulatus, de l'Ile S'-Jean; albipes, de Colombie, Er., loc. cit. 

(3) Syn. Oxauum, Oliv., Gyllh., Grav. — Anthomum, Lac. Faune ect. d. env. 
d. Paris, I, p. 469.— Emmiiu» (Leach),Samouel. The Ent. usef. Compend. éd. 1, 
p. 175; sans caractères. 



oxy'téudes. 121 

ciliées en dedans. — Tête subtrigone en avant, à peine rétrécie en ar- 
rière et engagée dans le prothorax. — Yeux mèdioc^s, [peu saillants. 
— Antennes droites, médiocres, grossissant peu à peu, à articles 1 assez 
gros et assez long, 2 un peu plus long que 3, 4-10 décroissant gra- 
duellement, 11 ovalaire. — Prothorax un peu plus étroit que les ély- 
tres, subcordiforme. — Elytres tronquées en arrière. — Abdomen 
linéaire, largement rebordé sur les cotés. — Pattes assez courtes et 
assez fortes; les intermédiaires subcontiguës à leur base ; toutes les 
jambes garnies de cils disposés en séries, les antérieures ayant une 
rangée d'épines sur leur tranche externe ; les quatre l* r » articles des 
tarses courts, le 5° aussi long que tous réunis. — Corps allongé, linéaire, 
glabre, sauf sur l'abdomen, ailé. 

Le Staphylinus strialulus de Fabricius , insecte répandu dans la 
plus grande partie de l'Europe, constitue à lui seul ce genre. Son pro- 
thorax présente quelques impressions comme dans la plupart des genres 
d'Oxytélides vrais, et ses élytres sont vaguement sillonnées, en même 
temps que leur ponctuation est assez distinctement disposée en stries. 
Le*nâle se distingue de la femelle par son dernier segment abdominal 
moins arrondi au bout. Cet insecte vit habituellement sous les pierres. 

ACROGNATHUS. 
Eiuchs. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 607. 

Menton court. — Languette divisée en deux grands lobes sublinéaires, 
divergents, soudés à ses paraglosses qui les dépassent un peu. — Palpes 
labiaux à articles 1-2 égaux, 3 un peu plus long et plus grêle ; les ar- 
ticles 2-3 des maxillaires subégaux , le dernier un peu plus long que 
chacun deux et acuminé au bout. — Mandibules saillantes, falciformes, 
très-aiguës et inermes. — Labre court , sinué en avant ; ses saillies 
membraneuses assez longues, acuminées, bordées de longs poils en 
dedans. — Tète trigone, légèrement rétrécie en arrière. — Veux assez 
grands et assez saillants. — Antennes subbrisées, à articles 1 assez long 
et assez gros, 2-3 obeoniques; les 3 ou 5 derniers plus gros que les au- 
tres et monilil'ormes. — Prothorax assez allongé , un peu rétréci à 
sa base. — Elytres tronquées en arrière. — Abdomen linéaire. — 
Pâlies médiocres, les intermédiaires rapprochées à leur base ; toutes 
les jambes garnies de soies spiniformes , les antérieures atténuées dans 
leur moitié terminale, les autres tronquées obliquement à leur extré- 
mité ; les quatre 1 ers articles des tarses tres-courls, le dernier aussi long 
qu'eux réunis. — Corps allongé, linéaire, ailé. 

On n'en connaît que trois espèces (1), dont deux sont répandues dans 

(1) A. mandibularis {Omalium mandibulare Gyllh.), palpalis, Er.; d'Eu- 
rope. — cephalotes Er., de Corfou. 



122 STAPHYMNlBIf*. 

une grande 'partie de l'Europe, et la troisième de l'Ile do Corfon. Les 
deux premières vivent dans les endroits humides. Leurs caractères 
sexuels sont différents ; chez la plus grande (mandibularis), qui forme 
le type du genre , le mâle se reconnaît à un petit tubercule qui existe 
au sommet du second arceau ventral de l'abdomen ; chez l'autre 
(palpalis), à ce que le septième segment est arrondi au bout, tandis qu'il 
est acuminé chez la femelle. 

DELEASTER. 
EmcHS. Die Kwf. d. Mark Brand. I, p. 610 (1) 

Menton court.— Languette largement et assez fortement échancrée; 
ses paraglosses libres, pas plus longues qu'elle, acuminées et ciliées en 
dedans. — Dernier article des palpes labiaux subovale, plus long que 
le précédent, égalant le 1 er ; les maxillaires à articles 2 allongé, obeo- 
nique, 3 plus court, 4 un peu plus long que le 2°, en cône allongé. — 
Mandibules courtes, inermes. — Labre court, un peu sinué en avant; 
ses appendices membraneux trigones et ciliés. — Tête médiocre, munie 
en arrière d'un col assez étroit. — Yeux grands, arrondis et assez sail- 
lants. — Antennes longues, droites , assez robustes, à articles 1 mé- 
diocre, 2 beaucoup plus court, 3 allongé, 4-11 subégaux, le dernier 
ovalaire. — Prothorax beaucoup plus étroit que les élytres, allongé, 
cordil'orme. — Elytres assez longues, légèrement arrondies à leur ex- 
trémité. — Abdomen oblong, largement rebordé sur les côtés. — Pattes 
longues et grêles, les intermédiaires rapprochées à leur base; jambes 
finement pubescentes; les quatre 1 er » articles des tarses courts, égaux, 
suhcordiformes, le dernier un peu plus court que tous pris ensemble. 
— Corps médiocrementallongé, déprimé, ailé. 

Les espèces de ce genre n'ont plus le facics des précédentes et res- 
semblent complètement aux AN-rnoruAcas de la tribu des Omalidcs dans 
laquelle tous les auteurs les avaient placées avant Erichson; mais leurs 
organes buccaux sont faits comme dans la sous-tribu actuelle. L'espèce 
typique (D. dichrous) est répandue dans toute l'Europe, mais assez 
rare et vit principalement aux bords des eaux. Le mâle a les quatre 
1 ers articles des quatre tarses antérieurs légèrement dilatés, et le sep- 
tième segment abdominal tronqué. C'est la seule qu'Erichson ait 
connue ; depuis son travail on en a publié deux autres (a). 

(1) Syn. A.NTHOMIAGDS Grav. — Lf.stf.va, Latr., Mardi., Curtis, etc, 

(2) D. adustus, Kiister, Die Kœf. Europ. IV, 48 ; d'Allemagne. — Erkh- 
sonii, Hochhutli, Bull. Mosc. 1851, n»3, p. 57; sans indication de patrie, mais 
probablement de laRussic méridionale ; elle ne parait pas suffisamment distincto 
de la précédente. 



123 



TIUGONURUS. 
Muisant, Ann. d. I. Soc. d'Agric. etc., d. Lyon, X, p. 515.' 

Ce genre, qui m'est inconnu en nature, semble ne différer essentiel- 
lement des Deleasteb que par le dernier article des palpes maxillaires 
du double plus long que le pénultième, l'abdomen plus acuminé en 
arrière, el les tarses antérieurs qui sont sensiblement dilatés chez les 
mâles. • 

M. Muisant l'a placé parmi les Omalides, où l'absence des ocelles 
sur le front empêche de le laisser; la structure de ses hanches an- 
térieures ne permet pas davantage de le classer dans la tribu des 
Protéinides, comme l'a fait M. Aube (i); je crois avec M. Schaum (2) 
que sa place est ici. 

Il ne comprend qu'une petite espèce (s) découverte aux environs de 
la Grande-Chartreuse, sous un sapin en décomposition, et qui, depuis, 
a été retrouvée à Batoum sur les bords de la mer Noire. 

SYNTOMIUM. 
Çdktis, Brxt. eut. V, pi. 228. 

Menton transversal. — Languette large, sinuée en avant, avec deux 
épines médianes; ses paraglosses soudées avec elle ; la suture indiquée 
par une rangée de cils. — Dernier article des palpes labiaux plus petit 
que les deux précédents, ceux-ci égaux ; les maxillaires à articles 2-3 
gros et subégaux, le dernier plus petit, acuminé. — Mandibules courtes, 
assez robustes, inermes, avec une bordure interne membraneuse et 
ciliée. — Labre court, sinué en avant, ses appendices membraneux la- 
téraux petits, anguleux ; l'intervalle entre eux fortement cilié. — ïêle 
médiocre, plus étroite que le prothorax, non rétrécie en arrière. — 
Yeux assez grands, arrondis. — Antennes droites, à articles 1-2 assez 
gros, 3 plus long que les suivants, 4-8 petits, globuleux, 9-11 de même 
forme, mais plus gros et formant une massue oblongue. — Prolhorax 
transversal, beaucoup plus étroit que les élylrcs, fortement arrondi sur 
les côtés. — Elylres assez longues, un peu convexes, arrondies et si- 
nuées en arrière, — Abdomen oblongo-ovale, largement rebordé sur 
les côtés. — Pattes assez courtes, les intermédiaires rapprochées ; les 
quatre l crâ articles des tarses courts, égaux, le dernier aussi long que 
tous réunis. — Corps court, assez épais, ponctué, finement pubescent, 
ailé. 

(1) Ann. d. 1. Soc. eut. Sihie 1, VIII, Bull. p. XXII. 

(2) Wiegm. Arehiv. 1849, H, p. lis. 

(3) T. MeUyi, loo. cit. pi. 1, f. 2. 



124 STAPITYMNir.flS. 

La seule espèce connue (.9. wneum Miiller) est un très-petit insecte, 
remarquable par sa couleur d'un vert métallique, avec le sommet des 
antennes et les pattes d'un brun-rouge. On le trouve dans l'Europe bo- 
réale et moyenne, marchant lentement sur le sol dans les bois ombra- 
gés et humides (t). 



TRIBU VIII. 

PIESTIDES. 

Stigmates prolhoraciques invisibles. — Antennes de onze articles, 
droites, insérées sous les bords latéraux du front. — Labre corné, 
muni de deux appendices membraneux latéraux. — Point d'ocelles. — 
Elytres de la longueur de la poitrine. — 7° segment abdominal indi- 
stinct. — Hanches antérieures globuleuses, non saillantes, les intermé- 
diaires transversales; tarses de cinq articles. — Point d'espace mem- 
braneux à la face inférieure du prothorax. 

La forme des hanches antérieures dislingue essentiellement cette 
tribu de toutes celles qui précèdent et qui suivent. Le faciès de la plu- 
part de ses espèces n'est pas moins remarquable que celui des Osorius 
et avait induit Fabricius en erreur, au point de placer parmi les Cbcujis 
plusieurs de celles qu'il a connues. Toutes sont en effet plus ou moins 
déprimées, sauf l'abdomen qui est parfois cylindrique; la tête, souvent 
cornue chez les mâles, est engagée jusqu'aux yeux dans le prothorax, 
qu'un intervalle notable sépare en général des élytres; les antennes ac- 
quièrent parfois des dimensions insolites dans cette famille, et sont plus 
longues que le corps ; les mandibules en général très-robustes, dentées 
ou cornues, prennent dans certains 'Cas des formes bizarres et surpas- 
sent la tète en longueur: enfin, les pattes sont courtes, robustes, et les 
jambes antérieures au moins sont épineuses ou denliculées sur leur 
tranche externe dans la majeure partie des genres; leurs éperons ter- 
minaux sont aussi plus développés que chez les autres Staphylinicns. 

La seule larve connue de ce groupe est celle de la Prognalha qua- 
dricornis qu'a publiée M. Westwood (2). Moi-même (s), j'ai donné 

(1) Erichson (Stapliyl. p. 821) a dit quelques mots de la larve, d'après des 
exemplaires desséchés qu'il avait reçus de la Carinthie. Sa forme générale res- 
semble à celle des Myriapodes du genre Glomeius ; elle est ovale, convexe, lisse, 
et d'un noir bronzé. 

(2) Sons le nom de Siagonum quadricorne, dans le Zool. Journ. III, p. 56; 
je n'ai pas cet ouvrage à ma disposition en ce moment et ne puis entrer dans 
aucun détail i ce sujet. M. Westwood a reproduit la figure do cette larve dans 
son Introd. to the mod. classif. of Ins. I, p. 166, f. 12, n° 16. 

(3) Ann. d. 1. Soc. eut. I, p. 358, et Nouv. Aon. d. Mus. H, p. 65. 



PIESTIDE9. 125 

quelques détails sur une larve observée par moi à Cayenne et que j'ai 
regardée comme étant celle d'un Zinonionus (Piestds); mais, outre 
que ces détails sont très-incomplets , il n'est pas sûr que cette larve 
était celle d'un Slaphylinicn. 

Sauf le genre Pkognatha dont il vient d'être question, les huit qui 
composent la tribu sont exotiques. 

I. Abdomen non rebordé latéralement. 
Mandibules dentées : Leptochirus. 

— inermes : Lispinus. 

II. Abdomen rebordé latéralement. 
Mandibules dentées : Eleusis (1), Piestus. 

— inermes : Prognatha, Isomalus, Chasolium (1), Hypoiclus. 

LEPTOCHIRUS. 

Gekmar, Ins. Spec. «ou. p. 35 (2) . 

Menton transversal, paraboliquement échancré sur les côtés, muni 
d'une dent presque obsolète au milieu de son bord antérieur. — Lan- 
guette entièrement divisée en deux lobes linéaires, divergents, ciliés en 
dedans. — Palpes labiaux très-courts, à articles subégaux, le dernier 
un peu plus petit, acuminé; les maxillaires assez grands, leur der- 
nier article plus long que le 3°, subcylindrique. — Mandibules tres- 
saillantes, très-robustes, triquètres, redressées et bifides à leur extré- 
mité, dentées au côté interne. — Labre transversal, échancré ; ses 
appendices membraneux en carré transversal, ciliés. — Tête en carré 
transversal, munie d'un col peu rétréci en arrière. — Yeux médiocres, 
arrondis, assez saillants. — Antennes assez longues, filiformes, velues, 
à articles 1 allongé, en massue au bout, 2-3 obeoniques, celui-là très- 
court, 4-11 globuleux et moniliformes. — Prothorax en carre trans- 
versal , muni d'un sillon longitudinal médian , séparé des élytres. — 
Celles-ci en carré long, tronquées obliquement en arrière, striées près 
de la suture. — Abdomen beaucoup plus étroit que les élytres, cylin- 
drique, non rebordè latéralement, son pénultième segment plus long 
que les autres. — Pattes courtes, cuisses assez fortes, surtout les anté- 
rieures ; jambes de la même paire dentelées en scie sur leur tranche ex- 
terne, les autres ciliées ; tarses courts, leurs quatre 1°" articles très- 
petits, égaux. — Corps allongé, déprimé en avant, avec l'abdomen 
cylindrique, glabre, ailé. 

Assez grands insectes d'un noir brillant, à l'exception d'une seule 

(1) Genre peu connu, imparfaitement caractérisé, et placé là provisoirement. 

(2) Syn, Cucujus Fab. i Zu\omoRus Gray. 



126 STAPHYtlNlEWS. 

espèce (javanicus) dont la tète et le prolhorax sont d'un ronge sanguin. 
Les uns sont propres aux parties intertropicales de l'Amérique , lès au- 
tres à Madagascar et à Java. Celles que j'ai observées au Brésil et à 
Cayenne, vivent sous les écorces a demi -décomposées où on les trouve 
parfois réunies en quantités considérables. Les mâles ont quelquefois 
deux cornes sur la léte dirigées en avant, on se distinguent de leurs fe- 
melles par des antennes plus longues. Le nombre des espèces connues 
s'élève à une dixainc en ce moment (1). 

LISPINUS. 
Erichs. Gen. et Spec. Staphyl. p. 828. 

Menton triangulaire, arrondi en avant et sinué sur les côtés. — Lan- 
guette trilobée, ses lobes latéraux larges et ciliés en dedans, le médian 
trèsrpelit. — Palpes labiaux très-courts, à articles égaux, le dernier cy- 
lindrique; les maxillaires à articles 2 allongé, 3 court, assez gros, 4 plus 
long que lui, cylindrique. — Mandibules courtes, falciformes, étroites 
et inermes. — Labre très-petit, muni de chaque côté d'un appendice 
membraneux triangulaire. — Tête subcarrée , ayant son bord anté- 
térieur arrondi, non rétrécie en arrière. — Yeux arrondis, médiocre- 
ment saillants. — Antennes médiocres, assez robustes, à articles 1 et 3 
plus longs que les autres, ceux-ci transversaux. — Prothorax quadran- 
gulaire, appliqué contre la base des élytres. — Celles-ci tronquées en 
arrière, striées près de la suture. — Abdomen linéaire, subdéprimé, 
non rebordé latéralement. — Pattes courtes ; cuisses assez fortes, com- 
primées; jambes grêles, muliques; tarses très-courts. — Corps li- 
néaire, subdéprimô, glabre, ailé. 

Avant la Monographie d'Erichson, on n'avait décrit aucune espèce 
de ce genre qui se rapproche un peu des Piestus mentionnés plus bas 
par sa forme générale, mais qui en est distinct par un grand nombre de 
caractères, notamment ses organes buccaux, son abdomen non rebordé 
et ses jambes inermes. Ses espèces sont aussi glabres que les Lepto- 
chihus, mais beaucoup plus petites, les plus grandes ayant à peine plus 
de deux ligues de long. Les mâles n'ont jamais la tête cornue et ne pa- 
raissent pas différer de leurs femelles. A deux exceptions près, ces in- 
sectes sont américains; on en connaît huit en tout (2). 

(1) Esp. américaines : t. maxilloxus: (CiuSUJUt) Fat)., scoriaceus Germ., 
meximnu.i Er. — Esp. de Madagascar : L. ebeninus Er., conve:mis Casteln. 
— Esp. de Java : L. laticeps Er., unicolor Casteln., brevkornis Er., bisptiutS 
Er., javanicus Casteln. Voyez Erichs. Staphyl. p. 825.— Aj. : L. samoemti, 
Hombr. et Jaquin. Yoy. au pôle Sud, Eut. Col. pi. \, f. 11 ; des îles Samoa 
(Polynésie). 

(2) Dont sept mentionnées pif Erichson. Esp. américaines : L. attenuatus, 
de Puerto-Rico ; laticoltis, de Cuba ; striola, Uneuris, tetiellus, de Colombie ; 



127 



ELEUSIS. 
De Casteln. Etud. ont. p. 131. 

Je ne connais pas ce genre que M. De Castelnau dit être intermé- 
diaire entre les Leptochibus et les Piestus qui suivent, mais qui pa- 
rait beaucoup plus voisin de ceux-ci que des premiers. Les caractères 
non suffisamment détaillés qu'il lui assigne sont les suivants : 

Antennes de la longueur de celles des Leptocuibus, mais allant en 
grossissant jusqu'à leur extrémité. — Palpes terminés par un article 
court, grêle et pointu. — Corps déprimé. — Tête Irès-grande et carrée. 

— Mandibules avancées et arquées. — Corselet très-court, moins grand 
que la tête, tronqué en avant, presque en demi-cercle en arrière. — 
Elytres carrées. — Abdomen très-déprimé. 

Le genre ne comprend qu'une petite espèce (E. Ubialis) entière- 
ment noire et originaire de Madagascar. 

PIESTUS. 
Giuvenh. Mon. Col. micr. p. 223 (1). 

Menton transversal, largement arrondi en avant. — Languette trian- 
gulairemcnt et largement échancrée en avant, ciliée. — Palpes labiaux 
très-courts, filiformes, leurs articles égaux; les maxillaires à articles 2 
allongé, 3 de moitié plus court, 4 le plus long de tous, subcylindrique. 

— Mandibules saillantes, robustes, fortement dentées. — Labre court, 
tronqué en avant; ses appendices membraneux linéaires et ciliés. — 
Tête transversale, impressionnée en dessus, le plus souvent armée de 
deux cornes horizontales. — Yeux médiocres, peu saillants. — An- 
tennes grandes, parfois plus longues que le corps, à articles 1 et 3 les 
plus longs de tous, 4-11 cylindriques et pubescents. — Prolhorax carré, 
distant des élytres. — Elytres tronquées en arrière. — Abdomen pres- 
que aussi large qu'elles, obfong, rebordé latéralement. — Pattes courtes ; 
cuisses assez fortes; jambes étroites, les antérieures élargies dans leur 
moïlié terminale et denticulécs sur leur bord externe, celui des inter- 
médiaires muni au-delà du milieu de cils épineux ; tarses très-courts. 

— Corps médiocrement allongé, large, déprimé, finement pubescent 
sur l'abdomen, ailé. 

Insectes exclusivement américains, ayant les mêmes habitudes que 

exigmts, de Pùerto-Rico. — Esp. do Madagascar : /.. angustatus. — Àj. : L. 
impressilhorax, L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 290; de Taïli. 

(I) Syn. Ziroi'Hoiujs, Datm. Act. Holm. 1821, p. 371. — TnicnocomNE, Cray 
in Giïllith, Anim. Kingd. Inscct. I, p. 306. — CncwoS Fafo. — OxîTEtus Oliv. 

— Iii/Ekeus, Leuch, sec. Latr., Nouv. Ann. d. Mus.I, p. 87. 



128 staphylinièrs. 

les Leptochibus, mais de plus petite taille et d'un faciès différent, 
surtout par suite de la forme de leur abdomen. On n'en a décrit au- 
cune espèce depuis le travail d'Erichson qui en mentionne onze (1). 

PROGNATHA. 
Latr. Règn. anim. éd. 2, p. 439 (2). 

Menton transversal.— Languette bilobée; ses lobes divergents et 
ciliés. — Dernier article des palpes subacuminés ; ceux des labiaux 
égaux entre eux; le 3° des maxillaires très-court. — Mandibules peu 
saillantes, falciformcs, aiguës. — Labre court, sinué dans son milieu; 

ses appendices membraneux très-petits, linéaires Tête arrondie en 

avant, à peine rétrecie en arrière. — Yeux médiocres, arrondis, peu 
saillants. — Antennes de longueur variable selon les sexes, à articles 
1 plus gros que les autres et médiocrement long, 2-3 plus grands que 
les suivants, obeoniques, 4-11 cylindriques. — Prothorax quadrangu- 
laire, exactement appliqué contre la base des élytres. — Celles-ci tron- 
quées en arrière. — Abdomen aussi large qu'elles , linéaire , rebordé 
latéralement. — Pattes courtes ; cuisses, surtout les postérieures, assez 
fortes; jambes grêles, les antérieures finement denticulées sur leur bord 
externe ; tarses très-petits. — Corps allongé, linéaire, glabre, ailé. 

Ce genre se compose de deux espèces d'Europe et une des Etals- 
Unis (3), toutes de petite taille, vivant sous les écorces, et dont les ca- 
ractères sexuels sont beaucoup plus prononcés que dans le reste de la 
famille. Les mâles, en effet, ont la tète plus forte, les mandibules di- 
latées en dehors en une lame falclforme, le front excavé et muni de 
deux cornes horizontales, enfin les antennes presque aussi longues que 
le corps ; celles des femelles sont de moitié plus courtes. 

ISOMALUS. 
EnicHs. Gen. et Spec. Slaphyl. p. 838. 

, Menton triangulaire, arrondi en avant, bisinué sur les côtés. — Lan- 
guette évasée et trisinuée en avant; ses angles prolongés, divergents 

(1) P. bicornis Oliv., Lacordairei Casteln., spinosus Fab., minulus Er., pyg- 
mœus Casteln., wlcatus Grav., de l'Amer, du Sud; capricornis Casteln., fut- 
vipes Er., penicillatus Daim., erylhropus Er., des Antilles; mexicanus Casteln., 
du Mexique. 

(2) Syn. Sucomum, Kirby and Spence, An Introd. to Ent. I, pi. I, f. 3. 

(3) P. quadricornis, Kirby et Spence ; répandue dans une partie de l'Eu- 
rope, mais rare partout; humeralis Germar, des montagnes de la Hongrie; 
Erichson n'a connu que ces deux espèces. Aj. : P. amerkana, Melsbeim. Pro- 
ceed. of the Acad. of Philad. II, p. j2. 



HESTIDESa 120 

et ciliés. — Dernier article des palpes subacuminé; le dernier de tous 
plus court que le pénultième; le 2° des maxillaires beaucoup plus court 
que le 3°. — Mandibules courtes, élargies à leur base, graduellement 
plus étroites, arquées en avant. — Labre très-petit, ses angles terminés 
par un appendice membraneux très-grêle. — Tête grande, carrée, 
avec son bord antérieur arrondi. — Yeux petits, peu saillants. — An- 
tennes médiocres, subfiliformes, à articles 1 assez gros, 2-3 plus grêles 
que les suivants, 4-10 grossissant peu à peu, 11 ovalaire. — Prothorax 
fortement et obliquement rétréci à sa base , anguleux et souvent den- 
liculé sur les côtés. — Elytres tronquées en arrière. - Abdomen aussi 
large qu'elles, linéaire, finement rebordé latéralement.— Pattes courtes ; 
cuisses un peu comprimées; jambes grêles, ciliées en dehors près dé 
leur extrémité ; tarses très-petits. — Corps allongé, linéaire, très-dé- 
primé, glabre, aptère ? 

Petits insectes propres à l'Amérique, à Madagascar et à l'ilc de Taïli, 
qu'Enchson a le premier fait connaître et dont il a décrit cinq espèces ; 
on en connaît six en tout (1). Les mâles paraissent ne se distinguer de 
leurs femelles que par leur tête plus forte. 

CHASOLIUM. 
De Castelk. Etud. ent. p. 132. 

Ce genre, superficiellement caractérisé par M. De Castelnau, paraît 
être trcs-voisin des Isomalus (2), mais en différer cependant par un 
assez grand nombre de caractères ; ne le connaissant pas en nature, je 
reproduis la formule que lui assigne son auteur. 

Antennes composées d'articles grenus, grossissant un peu jusqu'à 
1 extrémité ; dernier article ovalaire. - Palpes terminés par un petit 
article grêle et pointu. — Corps déprimé. - Jambes antérieures offrant 
vers leur milieu un angle assez fort, et dans leur moitié inférieure des 
dentelures à peine sensibles le long du bord externe. — Tête très- 
grande, très-déprimée. — Yeux très-petits, latéraux. - Maudibules 
grêles et assez saillantes. - Corselet en cœur, creusé au milieu très- 
cleve sur les cotés. - Ecusson petit. - Elytres carrées, très-courtes. 
— Abdomen long, déprimé. — Pattes moyennes; tarses grêles. 

L'espèce unique (C. Erneslini) que M. De Castelnau y rapporte est 
de Madagascar. 

(1) Les cinq décrites par Erichson sont : /. lmmilis, du Brésil ; interruptus, 
ue Colombe; bicolor, du Mexique; complanatus, testaceus, de Madagascar. 
IT289 d ° Tait ' : /- fipicipen "' s ' L - Fairm - Rev ' ct Ma S- d. Zool. 1819, 

/.f,h!i^ riChS01 î (Staph5 ' L p ' 838 > P ense m6mc 4"° l'HP»rt sur laquelle il est 
r- „ L Ur .-r l" en êtro idcnti ? u8 a ™c l'homalus complanatus, opinion que 
rien no justifie dans la description qu'il donne de ce dernier. 

Coléoptères. Tome IL 9 



J30 STAPHYMNIENS. 

HYPOTELUS. 

Eiucns. Gen. et Spec. Staphyl. p. 840. 

Menlon semi-circulaire. — Languette transversale, triangulaircment 
échancrée en avant. — Les deux derniers articles des palpes labiaux 
plus grêles et plus courts que le 1", le dernier des maxillaires égal en 
longueur aux deux précédents réunis, cylindrique et obtus au bout. — 
Mandibules petites, inermes, ciliées au coté interne. — Labre court, 
sinué et garni de soies rigides en avant; ses appendices membraneux 
très-petits. —Tète un peu plus étroite que le prothorax, nonrétrécie- 
en arrière, arrondie en avant. — Yeux petits, saillants. — Antennes 
médiocres, assez robustes, à articles 1 fusilbrme, 2-10 obeoniques, gros- 
sissant peu à peu, 11 ovalairc. — Prothorax plus ou moins rétréci en 
arrière, exactement appliqué contre les olytres. — Celles-ci tronquées 
en arrière. — Abdomen aussi large qu'elles, linéaire, rebordé latérale- 
ment— Paftes assez courtes, cuisses assez fortes ; jambes antérieures gra- 
duellement élargies, garnies, ainsi que les intermédiaires, de petits cils 
épineux tout le long de leur bord externe, les postérieures n'en ayant 
qu'à leur extrémité; tarses très-petits. —Corps linéaire, subdéprimé, 
glabre sur la tête, le prothorax et les élytres. 

Erichson a fondé ce genre sur deux petites espèces (1) d'une ligne de 
long, originaires de l'Amérique du Sud; il dit que leur faciès ressemble 
à celui des Prognatha. 



TRIBU IX. 

PHLOEOCHARIDES. 

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes de onze articles, 
insérées sous les bords latéraux du front. — Labre entier, avec ou sans 
bordure membraneuse. — Point d'ocelles. — Elytres de la longueur de 
la poitrine. — Abdomen rebordé latéralement. — Hanches antérieures 
coniques, saillantes, les postérieures transversales; tarses de cinq arti- 
cles. — Un espace membraneux au prolhorax en dessous. 

Sans l'absence des ocelles cette tribu mériterait à peine d'être séparée 
de celle des Omalides qui suit. Ce caractère et l'absence de crochet 
corné au lobe interne des mâchoires, sont en effet tout ce qui l'en dis- 
tingue essentiellement. Pour tout le reste, comme on peut le voir en 
comparant les formules des deux tribus, les différences sont nulles ou 
de très-faible importance. 

(1) H. pusittus, du Brésil; pracux, de la Colombie. 



rmoEOCHAïuDES. 131 

Celle-ci ne comprend que les deux genres européens qui suivent : 

I. Dernier art. des palpes max. assez grand, acuminé : Olislhœrus. 
M - très-petit, sul)ul6 : Phlœocharis, 

OLIST1MERUS. 
(Dei.) Emeus. Gen. et Spec. Staphyl. p. 843 (1). 

Menton très-court. — Languette arrondie , bifide à son extrémité ; 
ses paraglosscs beaucoup plus courtes qu'elle, libres en partie et ciliées. 

— Les deux derniers articles des palpes labiaux subcylindriques" égaux, 
le 3° plus court que chacun deux, oblongo-ovale ; les articles 2-4 des 
maxillaires décroissant successivement , le dernier acuminé. — Mandi- 
bules courtes, inermes, arquées à leur extrémité. — Labre transversal, 
entier. — Tête ovalaire, rétrécic en avant, munie d'un col assez gros. 

— Yeux petits, arrondis, presque planes. — Antennes médiocres, gros- 
sissant peu à peu, à articles 1 assez gros, 2-3 obeoniques, 4-5 globuleux, 
6-10 transversaux, Il ovalaire. — Prothorax aussi large que les élytres, 
transversal, un peu rétréci à sa base. — Elytres tronquées en arrière, 
avec leurs angles externes coupés obliquement. — Abdomen allongé, 
linéaire, rebordé sur les côtés. — Pattes courtes, les intermédiaires 
rapprochées à leur base ; jambes garnies de quelques cils spiniformes ; 
tarses assez courts ; leurs quatre l" s articles décroissant graduellement, 
le dernier un peu plus court que tous pris ensemble. — Corps allongé, 
linéaire, déprimé, ailé. 

On n'en connaissait récemment que deux espèces (a) propres aux 
parties les plus boréales de la péninsule scandinavique, où elles se trou- 
vent sous les écorecs décomposées des pins. M. J. Le Conte en a fait 
connaître deux autres, découvertes par lui sur les bords du lac Supé- 
rieur (3). Ce sont des insectes de taille au-dessous de la moyenne, très 
glabres et brillants sur la tète et le prothorax, avec les élytres vague- 
ment striées. Les miles se distinguent principalement des femelles par 
la présence d'un septième segment abdominal. 

PHL0E0CHAR1S. 

Manneiui. Brachdl. p. 50. 

Menton très-court. — Languette petite, bilobée ; ses paraglosses li- 
bres, à peine plus longues qu'elle et ciliées. — Palpes labiaux à articles 
1-3 de même longueur, celui-ci acuminé, 2 très-court; les maxillaires 

(1) Syn. Omaliom, Gyllli., Sahlb., Zetterst. 

|2) 0. megacèphalus Zetterst., substriatus Gyllli. 

(3) 0. laïkeps, nitidus, Lee. in Aguss. Lake Super, p. 219. 



igo Si.Vnmi.Mi:>..'-. 

à articles 2-3 égaux, celui-ci renflé, 4 très-petit, subulé. — Mandibules 
courtes, unidcnlccs dans leur milieu, munies d'une membrane ciliée en- 
tre leur base et cette dent. — Labre transversal, sinué et muni en avant 
d'une bordure membraneuse. — Tête un peu plus étroite que le pro- 
thorax à peine rétrécie en arrière. - Yeux subglobuleux, saillants. - 
Antennes assez courtes, à articles 1-2 plus gros que les autres, 3 obeo- 
ninue 4-10 moniliformcs, grossissant peu à peu, 11 ovalaire. - Pro- 
thorax transversal, aussi large que les élytres. - Celles-ci tronquées 
postérieurement et échancrées près de leurs angles externes. — Abdo- 
men légèrement rétréci en arrière, rebordé sur les côtés. — Pattes assez 
courtes, les intermédiaires rapprochées à leur base ; jambes pubes- 
centes; tarses peu allongés, les antérieurs légèrement dilates; leur der- 
nier article égalant en longueur les quatre 1«™. - Corps allonge, dé- 
primé, ailé, pubescent. 

La seule espèce connue (P. subùlissima Mannerh.) est un très-petit 
insecte de moins d'une ligne de long, qui se trouve dans l'Europe bo- 
réale , sous les ècorces des pins morts et desséchés. Ses caractères 
sexuels ne sont pas connus. 

TRIBU X. 

OMALIDES. 

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes de onze articles, 
droites, insérées sous les bords latéraux du front. — Labre entier, sou- 
vent muni d'une bordure membraneuse en avant ou de deux appendices 
de même nature sur ses angles antérieurs. — Paraglosses nulles. - 
Deux ocelles sur la partie supérieure du front. — Elytres en général 
plus longues que la poitrine. - Abdomen fortement rebordé. — Han- 
ches antérieures coniques, saillantes, les postérieures transversales; 
tarses de cinq articles. - Un espace membraneux au prolhorax en des- 
sous. 

La présence de deux ocelles sur le front constitue le caractère le plus 
apparent de cette tribu. On a déjà vu plus haut qu'en dehors d'elle ces 
organes n'existent que chez le TrogopMœus argus et dans le genre 
Puloeobilm de la tribu suivante. 

Les mâchoires de ces insectes n'ont présenté jusqu ici que deux types 
chez les espèces où elles sont connues. Dans le plus général, le lobe 
interne, assez large et cilié en dedans, comme de coutume, se termine 
par un crochet corné ; l'externe varie et c'est le seul dont il sera ques- 
tion dans les formules génériques qui suivent. Dans le second type, 
borné à deux genres (Lesteva, Olofiuujm), les deux lobes sont cornes, 
très-longs et très-grêles. L'absence des paraglosses ne souffre d'excep- 
tion que dans le genre Miciulymma. 



0MALIDES. 133 

La longueur des élytres varie beaucoup môme chez les espèces con- 
génères ; il arrive assez souvent, du moins après la mort, qu'elles re- 
couvrent la plus grande partie de l'abdomen; leurs angles terminaux 
externes sont toujours fortement arrondis. L'abdomen lui-même est 
assez court, assez large et arrondi à son extrémité ; il contribue par là 
beaucoup à donner à la plupart de ces insectes une ressemblance assez 
prononcée avec les Nitidulaires. Comme chez les Oxytèlides les jambes 
sont tantôt inermes , tantôt épineuses. Les caractères sexuels sont plus 
constants que dans la plupart des tribus précédentes. Les mâles ont 
presque toujours le septième segment abdominal distinct, avec le 
sixième tronqué ou échancré intérieurement, tandis que les femelles so 
reconnaissent à un stylet bifide qui termine leur abdomen. 

C'est ici que se présentent pour la première fois des espèces qui vi- 
vent exclusivement sur les fleurs. 

La larve de la Micralymmabrevipcnnc, qu'a décrite M.Wcstwood (1) 
est la seule de la tribu qui soit connue. A une forme allongée et grêle 
elle réunit une tête oblongue , des mandibules fortement dentées au 
côté interne, des palpes maxillaires de quatre articles, des labiaux de 
deux, des antennes de quatre et des appendices styliformes de deux. La 
nymphe est munie antérieurement et sur les côtés de l'abdomen do 
longs poils, comme celles de beaucoup d'espèces de la famille. 

A l'exception d'un seul (Laihridm) propre à l'Amérique du Nord, 
les quatorze genres qui suivent ont des représentants en Europe. 

I. Elytres très-courtes : Micralymma. 

II. — plus longues que la poitrine. 

A Mandibules dentées : Chevricria, Anthophagus, Lesteva, lioreaphilus. 
1' — inormes. 

a !.<"• article des tarses postérieurs allongé. 
Jambes mutiques : ArpeqÊpt. 

— épineuses : Acidota. 

au Les deux 1 e » art. des tarses poster, suballongés, égaux. 
Jambes mutiques : Olophrum, Lathrimœum. 

— épineuses : Deliphrum. 

aaa Les quatro 1 ers art. des tarses poster, courts, égaux. 
6 Lo 5° muni d'un épeîon en dessous : Lathrium. 
bb — sans éperon. 

Les quatro 1°™ simples : Omalium, Oncognathus. 
— dilatés : Anthobiu/m. 

(1) Sous lo nom do Micral. Johnstonis, Mag. of Zool. and Bot. II, p. 130, 
pi. 4. M. Westwood a reproduit les figures de la larve et de la nympbe dauj 
sou lutrod. to tua mod, classif. of Ins. I, p. 166,, f. 16, n°» 15_et 16. 



134 8TAPBW.1NIE1H. 

micralymma; 

Westw. Mag. of Zool. and Dot. II, p. 129. 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. —Languette courte, 
bilobée, ses lobes obtuséraent arrondis; ses paraglosses pas plus lon- 
gues qu'elle, étroites, acuminées et fortement ciliées. — Dernier article 
des palpes conique, acuminô ; celui des labiaux plus petit que chacun 
des deux l" 8 qui sont égaux ; celui des maxillaires aussi long que le 2», 
beaucoup plus grand que le 3° qui est très-court. — Lobes des mâ- 
choires cornés, subégaux ; l'externe gréle, barbu à son extrémité. — 
Mandibules courtes, larges, crochues au bout, munies intérieurement 
d'une bordure membraneuse frangée ; la gauche bifide à son sommet. 

— Labre transversal, largement échancrè, avec une bordure membra- 
neuse, bilobée en avant, fortement arrondie sur les bords latéraux. — 
Tête ovalaire, faiblement rétrécie en arrière, dégagée du prolhorax. —• 
Yeux petits, arrondis, assez saillants. — Antennes grossissant peu à 
peu jusqu'à leur extrémité, à articles 1 plus gros et plus long que les 
suivants, 2-3 subobeoniques, 4-10 subglobuleux, graduellement plus 
larges et transversaux, 11 ovalaire , acuminé. — Prothorax un peu plus 
étroit que les élytrcs, légèrement rétréci à sa base. — Elytres très- 
courtes, graduellement élargies et tronquées obliquement en arrière. 

— Abdomen élargi postérieurement, largement rebordé sur les côtés. 

— Pattes médiocres ; jambes inermes, les quatre l° rs articles des tarses 
courts, égaux. — Corps oblong, déprimé, finement pubescent, aptère. 

M. Wcstwood a établi ce genre sur VOmalium brevipenne de Gyl- 
lcnhall, et, croyant l'espèce inédite, il l'avait nommée Micr. Johnslonis. 
Erichson n'ayant pas aperçu les ocelles qui sont très-petits , l'a placé 
parmi les Oxytélides, mais il appa*p)t incontestablement à la tribu ac- 
tuelle, malgré la présence des paraglosses de la languette et la brièveté 
des élytrcs. M. Scbicedtc, dans une excellente notice sur le genre (1), 
en a fait connaître une seconde espèce qu'il nomme M. brevilingue. 

Ces insectes sont de très-petite taille et ont des habitudes différentes. 
Le lirevipenne se trouve en Suède et en Angleterre, sur les bords de la 
mer, et se laisse recouvrir par les eaux, pendant plusieurs heures, au 
moment du flux. Le brcvitin'juc a été trouvé eq abondance, au Groen- 
land sous la mousse qui recouvrait quelques tombeaux des naturels. 

(1) Dans Krœyer, Naturhist. Tidskr. série 2,1, 370, pi. 4; traduit en alle- 
iii.ui.l dans la Lirmœa enl. 1, D. J5ft Ri- 4. p3r*? notice Ç° ntient quelques. ob- 
servations critiques sur la manière dont Erichson en général a ligure la lèYTfl 
inférieure dans cette famille. Voyez sa réponse dans ses Arch. 1817, II, p. 220. 



0MAMDES. 135 

CHEVIUENA. 
0. Heer, Col. helvet. I, p. 188. 

Je ne connais pas ce genre en nature ; M. 0. Heer lai assigne les 
caractères suivants : 

Troisième article des palpes maxillaires très-court, obeonique; le der- 
nier gros, subobeonique , tronque au bout. — Mandibules très-aiguës, 
unidentées au côté interne. — Tète grande, orbiculaire, beaucoup plus 
large que le prothorax. — Antennes moniliformes, à articles 1-2 plus 
grands que les autres, 3-9 globuleux, les deux pénultièmes formant avec 
le dernier, qui est arrondi, une massue oblongue. — Prothorax allongé, 
étroit, subcylindrique. — Elytres plus larges que la tête, recouvrant la 
moitié de l'abdomen. — Celui-ci plane ; ses premiers segments plus 
larges que les élytres, le dernier acuminé. — Pattes grêles, cylindri- 
ques, inermes, finement pubescentes. 

Le genre ne contient qu'une petite espèce (C. velox) d'une ligne de 
long, trouvée aux environs de Genève, dans le sable d'un ruisseau des- 
séché. M. Heer le place entre les LATnniMiEDM et les Olophbcm, mais 
ses mandibules dentées au côté interne indiquent que sa place est dans 
le voisinage des AifTnopnAuus. Il est à regretter que M. O. Heer n'ait 
pas parlé de la longueur relative des articles des tarses postérieurs qui 
joue un rôle important dans la tribu actuelle. 

ANTHOPHAGUS. 
Giuvenh. Col. micr. Brunsv. p. 120 (1). 

Menton très-court. — Languette bilobée ; ses lobes sinués au côté in- 
terne. — Dernier article des palpes labiaux plus court et plus grêle que le 
précédent, subacuminé ; les maxillaires à articles 2-4 égaux, le dernier 
subacuminé. — Lobes des mâchoires membraneux : l'externe linéaire, 
cilié au bout, l'interne cilié au côté interne. — Mandibules assez sail- 
lantes, crochues à leur extrémité, munies avant leur sommet de deux 
dents très-aiguës. — Labre court, subsinué en avant. — Tête rhomboï- 
clalc, saillante, munie d'un col peu rétréci en arrière, sillonnée ou im- 
pressionnée en dessus. — Yeux assez gros, arrondis et saillants ; ocelles 
assez distants, situés au niveau du bord postérieur des yeux. — An- 
tonnes longues, subfiliformes, composées d'articles cylindriques, le 1 er 
plus gros et le plus long de tous. — Prothorax plus étroit que les élytres, 
cordiforme ou graduellement rétréci à sa base. — Elytres en général 
ne dépassant que médiocrement le prothorax, tronquées ou subsinuées 

(1) Syn. Lesteva, Latr., Manh., Lacord., Rundo, etc. — Geobics, Heer, Col| 



13$ STAPIIYMMENS. 

en arrière. — Abdomen oblong, assez largement rebordé , arrondi en 
arrière. — Pattes longues, grêles; 1" article des tarses légèrement 
allongé, le dernier muni le plus souvent à son extrémité en dessous de 
deux lamelles membraneuses, étroites, égalant les crochcls en lon- 
gueur. — ; Corps médiocrement allongé, déprimé, glabre ou très-fine- 
ment pubescent, ailé. 

Insectes de petite taille, ressemblant au premier coup-d'œil , ainsi 
qu'on l'a dit souvent, aux Duomids de la famille des Carabiques. Indé- 
pendamment des caraclères sexuels communs à la tribu, plusieurs 
mâles (armiger, alpinus , forlicornis, sudeticus, etc.) se distinguent 
de leurs femelles , par leur tête plus forte et munie de deux peliles 
cornes horizontales. Ces insecles se trouvent sur les herbes, les Ucurs, 
les arbustes, et, à part quelques exceptions, sont plus particulièrement 
propres aux régions subalpines (<)• On n'en a trouvé jusqu'ici qu'en 
Europe et dans l'Amérique du Nord; les espèces décrites s'élèvent à 
plus de vingt-cinq (2). 

Le genre Geobius ou Geodromus de M. Heer, est établi sur YAnlh. 
plagialus (5) des auteurs, espèce commune en Europe et qui s'éloigne 
un peu des autres par le dernier article de ses palpes maxillaires nota- 
blement plus. petit que le pénultième, et le 1 er article de ses tarses plus 
allongé que de coutume. C'est aussi la seule de nos espèces européennes 
qui n'ait pas d'appendices membraneux sous les crochets de ces or- 
ganes. Erichson, malgré ces différences , n'a pas cru devoir en former 
un genre à part, et je crois qu'il a eu raison. 

helvet. p. 193; nom déjà employé par Dejean pour des Carabiques; M. Heer 
s'en étant aperçu, l'a changé (ibid. p. 572) en celui de Geodhomus, sans faire 
attention, par une singulière inadvertance, que Dejean avait également appli- 
qué ce dernier à un autre genre de la famille en question. 

(1) Voyez Kiesenwettcr, Stcttin. ont. Zeit. 1840, p. 20. 

(2) Aux 13 mentionnées par Erichson, aj. : Esp. européennes: A.prirmlns, 
melanocephnlus, rotundicollis, alpestris {austriacus Er.), spectabilis, Heer, 
Faun. Col. helvet I, p. 194; paluslris, gracilis, p. 572. — forlicornis, sude- 
ticus, Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1846, p. 20. — fallax, Kiesenw. ibid. 1848, 
p. 326. — muticus, Kiesenw. ibid. 18i0, p. 221. — Esp. du Caucase : A. tir- 
pedium, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, n» 1, p. 201. — Esp. de l'Amer, du Nord : 
A.lalicollis, Manh. ibid. 1843, p. 234; de Sitkha. 

(3) Cette espèce varie beaucoup, et Erichson a cité plusieurs de ses variétés 
parmi lesquelles s'en trouve une que M. 0. Heer lui avait envoyée sous le nom 
do Anlh. Kunzei; ce dernier (loc. cit. p. 572) peîsiste à la regarder comm» 
distincte. 



OMALIDES. 137 

LESTEVA. 
LATn, Préc. d. caract. gén. d. Ins. p. 75. 

Mcnlon court, rétréci et tronqué en avant. — Languette membra- 
neuse, bilobée : ses lobes arrondis. — Dernier article de tous les palpes 
acuminé, trois fois plus long que le pénultième; le 1 er des labiaux, le 2» 
des maxillaires, allongés. — Lobes des mâchoires cornés, allongés, li- 
néaires. — Mandibules légèrement falciformes, aiguës, munies d'une 
petite dent médiane. — Antennes médiocres, subfiliformes, à 1 er arti- 
cle plus gros et plus long que les autres, ceux-ci subégaux, obeoniques, 
sauf le dernier qui est ovale et acuminé au bout. — Abdomen acuminé 
tout-à-fait à son extrémité. — 1 er article des tarses allongé, le dernier 
sans lamelles membraneuses. — Corps toujours pubescent, finement et 
densément ponctué en dessus. 

Pour le surplus ces insectes ne diffèrent pas des Antiiophagus, dont 
ils ont le faciès et dont ils ne mériteraient pas d'être séparés sans la 
structure toute différente de leur bouche. Cependant leurs habitudes ne 
sont pas les mêmes; ce n'est pas sur les végétaux, mais dans la mousse 
humide des bords des eaux qu'on les trouve principalement. Toutes les 
espèces connues jusqu'ici, au nombre de sept (2), sont européennes. 

BOREAPHILUS: 
Sahlb. Insj Fennic. I, p. 433 (3). 

Menton transversal, tronqué en avant. — Dernier article des palpes 
labiaux petit et subulé, les deux 1 ers égaux; les maxillaires allongés; 
leur 3° article renflé, pyriforme, le 4 e très-petit, à peine distinct. — 
Mandibules allongées, grêles, falciformes (4). — Labre transversal, 

(1) Syn. Anthophagus, Gyllh., Grav., Zetterst., etc. 

(2) Cinq sont mentionnées par Erichson : L. bicolor Fab., pubescens Mann., 
maura Er., sicuia Ei\, punctala Er., longvla Mann. — Aj. : L. monticola, 
Kiesenw . Stettin. ent. Zeit. 1847, p. 77. — fontinalis, Kiesenw. ibid. 1850, 
p. 222. 

(3) Syn. Coiutiiium (Kirby), Steph. lit. of Brit. Ent. V, p. 344. — Habpocna- 
thus, Wcsmacl, Recueil encycl. belge, I, p. 119, et Journal {'Institut, année 
1834, p. 70; Erichson a passé ce genre sous silence. — Macropalpus, E. Cussac, 
Ami. d. 1. Soc. ent. Série 2, X, p. 613. 

(4) Ces organes sont à revoir; M. Sahlberg les indique comme étant inermes, 
Stcphens comme unidentés chez YangusticoUis ; M. Haliday, qui a connu les 
deux espèces du genre, se contente de reproduire ce qu'en disent ces deux 
auteurs dans la note citée plus bas. L'espèce décrite par MM. Wesmael et E. 
Cussac a une petite dent près du sommet do ces organes, selon le premier de 
ces auteurs. 



138 STApHYMNIBNg. 

tronqué en avant. — Tête pins large que le prothorax, orbiculaire, lé- 
gèrement rétrécie en arrière. — Antennes médiocres, subfiliformes, à 
articles 1 allongé et gros, 2-3 plus grêles et plus courts, 4-10 courts, 
grossissant peu à peu, il allongé et acuminé au bout. — Yeux petits, 
assez saillants. — Prothorax de forme variable, oblong et anguleux sur 
les côtés (Ilcnhingianus Sahlb.), ou transversal et subcordiforme (an- 
guslicollis Steph.), dans les deux cas plus étroit que la tête et les ély- 
tres. — Celles-ci tronquées en arrière, avec leurs angles externes ar- 
rondis. — Abdomen ovale, déprimé, fortement reborde sur les côtés. 
— Pattes longues; les quatre 1 ers articles des tarses antérieurs des 
mâles très-légèrement dilatés ; le dernier de tous plus court que les pré- 
cédents réunis. 

M. Sahlbcrg a fondé ce genre sur un très-petit insecte (». Hennin- 
gianus) originaire de la Laponie boréale, où il parait fort rare (1). 
Erichson ne l'ayant pas vu en nature, s'est contenté de reproduire à la 
fin de la tribu des Omalides ce qu'en avait dit cet auteur, en exprimant 
le soupçon que le genre CoitviMiii.n de Kirby, publié par Slcphcns , 
pourrait bien être identique avec celui-ci. M. Haliday (2) a démontré 
que ce soupçon était fondé, quoiqu'il existe quelques différences dans le 
faciès des deux genres, et c'est à l'aide de ses observations que j'ai com- 
plété la formule, insullisantc à beaucoup d'égards , que M. Sahlberg a 
donnée du genre. 

Celui-ci se compose donc des deux espèces citées plus haut; mais il 
faut encore y ajouter celle sûr laquelle M. E. Cussac a établi son genre 
Macropalpos (3), et qui a été prise aux environs de Lille. Les carac- 
tères qu'il assigne à ce genre s'accordent de tous points avec ceux for- 
mulés plus haut, si ce n'est qu'il indique les deux 1 ers articles des tarses 
postérieurs comme étant allongés, particularité sur laquelle MM. Sahl- 
berg et Haliday ont gardé le silence et qui n'infirme par conséquent 
en rien l'opinion que j'émets en ce moment. L'espèce en question, 
d'après la figure et la description qu'en donne M. E. Cussac, paraît 
très-voisine du Bor. Henningianus ; seulement elle n'est pas nouvelle , 
M. Wesmael l'ayant décrite, dès 1833, sous le nom de Harpognalhus 
Bobynsn , d'après deux exemplaires trouvés par lui aux environs de 
Bruxelles (4). 

Ce genre est éminemment distinct de tous ceux de celte tribu par la 
structure de ses palpes maxillaires. 

(1) M. De Motschouisky dit l'avoir pris aux environs de S'-Pétcrsbourg, et il 
en a publié (liull. Mosc. 1845, I, ni. 1, f. 7-8) une figure, la seule qui existe de 
cet insecte. 

(2) « Notes on Staphylinidffl » in Newman's Entomologist, p. 186. 

(3) M. pnllipes, |oc. «t. pi. 13, f. 1-7. 

(1) Voyez les observations éphangéfi». au sujet de ce genre Machopalpus, entre 
MM. Seliaum et Aube, dans les Ami. d. 1. Soc. cnt. Série 3, I, Bull. p. XXXV. 
Mes recherches m'ont conduit aux résultats indiqués dans le texte. 



139 



ARPEDIUM. 
Eniens. Die Kœf. d. Mark Brand. ï, p. 618 (1). 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette trian- 
gulairement sinuée en avant; ses angles un peu saillants, acuminés et 
ciliés. —Tous les articles des palpes labiaux, les trois derniers des 
maxillaires égaux entre eux ; le dernier de ceux-ci acuminè. — Lobes 
des mâchoires membraneux, larges ; l'externe élargi, arrondi et cilié en 
avant. — Mandibules courtes, assez robustes, aiguës, inermes en de- 
dans. — Labre court, subsinué dans son milieu. — Tctc subtriangu- 
laire, légèrement rétrécie en arrière, un peu plus étroite que le pro- 
thorax. — Yeux petits, arrondis , non saillants. — Antennes grêles, 
filiformes, à articles 1 plus gros cl plus long que les suivants, 2-10 sub- 
égaux, obeoniques, 11 ovalaire. — ■ Prothorax un peu plus étroit que 
Jesèlytres, subquadrangulaire, transversal. — Elytres dépassant mé- 
diocrcment.la poitrine, fortement arrondies en dehors à leur extrémité. 
— Abdomen ovale , déprimé, étroitement rebordé sur les côtés. — 
Pattes médiocres ; jambes pubescentes ; tarses antérieurs légèrement 
dilates, villeuxen dessous; leurs quatre l ors articles transversaux, cor- 
diformes, les autres simples ; le 1 er des postérieurs allongé. — Corps 
médiocrement allongé, subdéprimé, ailé ou aptère, glabre ou très-fine- 
ment pubescent. 

La structure des palpes et des tarses distingue ce genre des suivanls, 
et en particulier des Acidota dont il a le faciès, par suite de la forme 
du prothorax. Ses espèces, peu nombreuses, sont propres à l'hémi- 
sphère boréal dans les deux continents (2) ; celles d'Europe vivent sous 
les pierres et les écorces. 

ACIDOTA. 
(Leacd) Stem. M. of Brit. cnt. V, p. 358 (3). 

Menton très-court. — Languette profondément bilobée; ses lobes 
acuminés et sinués en dedans. — Palpes labiaux à articles 1 et 3 égaux, 
celui-ci acuminé, 2 très-court; le dernier des maxillaires oblongo-ovalc, 

(1) Syn. Omalium, Grav., Gyllh. Sahlb., Manli., etc. — Antuobium, Manli., 
Rundc. 

Ci) tëririisonn'cn a connu que quatre: .4. quadrum Oliv., brachypterum Oliv., 
Inimité Er., sibiricum Mann. ; celle-ci douteuse quant au genre. — Aj. : Eap. 
européennes : A. mi/ops (/mm*? Hi\), llaliday in Newm. Eut. p. 187. — 
troylodi/les , Kiesen'w. Stolliu. eut. Zcil. 1817, p. 77. — Esp. de Sibérie : A. 
UmlKiium, Gepler, Bull. Megç. IS '>*> H, p- 89. — Esp. de l'Amer, du Nord : 
A. te.itaceum, maculicollc , Manli. ibid. 18-13, p. 234; de Sitkba. 

(3) Syn. Om,vuum, Oliv., Gyllh., Sahlb., Zettcrst. 



140 STAtnïtwrEWs. 

acuminé, plus long que le 3°, celui-ci un peu plus court que le 2°. — 
Lobes des mâchoires membraneux, l'externe dépassant peu l'interne et 

cilié au bout Mandibules courtes, assez robustes, inermes. — Labre 

court, entier. — Tète sensiblement plus étroite que le prothorax, sub- 
trigone, à peine rétrécic en arrière. — Yeux petits, arrondis, assez 
saillants. — Antennes médiocres, filiformes , à articles 1 en cône ren- 
versé, très-gréle à sa base, 2-3 ovalaires, 4-10 subglobuleux, 11 oblongo- 
ovale, acuminé. — Prolhorax en carré transversal, presque aussi large 
que les élytres. — Celles-ci recouvrant le 1 er segment abdominal, tron- 
quées en arrière. — Abdomen parallèle , largement rebordé sur les 
côtés. — Pattes courtes, assez robustes ; jambes graduellement élargies 
à leur extrémité, spinosules; tarses simples, les quatre l" s des anté- 
rieurs subégaux , le 1 er seul allongé aux intermédiaires, le 1" et le 2" 
un peu moins aux postérieurs. — Corps allongé, déprimé, presque tou- 
jours glabre, pointillé en dessus, ailé. 

Ce genre est le seul de la tribu qui ait les jambes à la fois un peu 
élargies et spinosules, ce qui le rend aisé à reconnaître. Ses espèces 
vivent sous les mousses dans les bois et sont européennes, à l'exception 
d'une seule propre à l'Amérique du Nord (i). 

OLOPHRUM. 
Erichs. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. G22 (î). 

Menton transversal , fortement rétréci et subéchancré en avant. — 
Languette tronquée ou subsinuée en avant. — Palpes labiaux à articles 
1 allongé, 2-3 petits, subégaux ; le dernier des maxillaires fusiforme et 
acuminé, du double plus long que le pénultième et égal au 2». — Lobes 
des mâchoires cornes ; l'externe linéaire, un peu plus long que l'interne 
et cilié au bout. — Mandibules courtes, assez robustes, inermes. — 
Labre transversal, entier, muni d'une bordure membraneuse bilobée. 
— Tète penchée, courte, non rélrécie en arrière, sensiblement plus 
étroite que le prothorax. — Yeux petits , assez saillants. — Antennes 
filiformes, à articles 1 plus gros que les autres, 2-3 un peu allongés, 
subégaux, 4-10 subcylindriques, décroissant graduellement, 11 ova- 
laire, acuminé. — Prolhorax transversal, de la largeur des élytres, ar- 
rondi sur les côtés. — Elytres amples, recouvrant une plus ou moins 
grande partie de l'abdomen. — Celui-ci rétréci à son extrémité, fai- 
blement rebordé sur les côtés. — Pattes assez courtes ; jambes pubes- 

(1) Quatre sont décrites par Erichson : A. crenata Fab., cruentata Manli., 
ferruginea Lac, d'Europe ; subcarinata Er., des Etats-Unis. — Aj. : Esp. eu- 
ropéennes : A. Heydenii, alpina {Olophrum alpestre Er.), hirtella, Hcer, Col. 
helvct. I, p. 190. 

(2) Syq. Qmuuu auctor, 



IUI.ll.li.,>-- 141 

Contes ; les quatre 1 ers articles des tarses antérieurs un peu dilatés, 
transversalement cordiformes , fortement villeux en dessous ainsi que 
les autres; le 1 er des intermédiaires, les deux l ors des postérieurs un 
peu allongés. — Corps de forme variable, tantôt court et un peu con- 
vexe, tantôt oblong et plus déprimé, glabre, ponctué, ailé ou aptère. 

Le corps se raccourcit notablement dans quelques-unes des espèces 
(pieeum, fuscum, assimile) de ce genre et prend une forme analogue à 
celle des Nitidulides. Ces insectes sont propres à l'Europe et à l'Améri- 
que du Nord, peu nombreux jusqu'ici, et se trouvent dans les bois, sous 
la mousse, les feuilles tombées et les pierres (1). 

LATHRIILEUM. 
Ewcns. Die Kœf. d. Mark Brand. I, p. 624 (2). 

Genre extrêmement voisin des Olopurdm et qui n'en diffère es- 
sentiellement que par les parties de la bouche qui présentent les modi- 
fications suivantes : 

Menton très-court, entier en avant. — Languette transversale; son 
bord antérieur coupé carrément et offrant une petite incision dans son 
milieu. — Dernier article des palpes maxillaires un peu plus court. — 
Lobes des mâchoires membraneux, l'externe dilaté en demi-cercle et 
cilié. — Labre muni de chaque côté d'un petit appendice membraneux. 

Les espèces ressemblent aux Oloimirum de forme courte ou médio- 
crement allongée ; les élytres recouvrent en général un peu plus l'ab- 
domen, mais il y a sous ce rapport des passages entre les deux genres. 
Il est à peu près impossible de les distinguer l'un de l'autre par les ca- 
ractères extérieurs, mais les organes buccaux sont trop différents pour 
qu'on puisse les réunir. Sauf une espèce de l'Amérique du Nord, les 
l ■ a mi il i m î.niti sont tous européens ; on n'en a jusqu'ici ajouté aucune 
aux six décrites par Erichson (3). 

(1) On n'en a décrit, à ma connaissance, aucune espèce depuis le travail 
d'Erichson, qui en contient neuf : 0. piccum Gyllh., fuscum Grav., assimile 
Gyllh.., boréale Gyllh., rotundicolle Sahlb., alpestre Er., consimile Gyllh., 
d'Europe ; obtectum, emarginatimij Er., des Etats-Unis. 

(2) Syn. Ojulium, Gyllh., Lacord., Runde. — Silpua, IUlg. , Tanzer, 
Marsh. 

(3) L. melanocephalum Illig., luteum Er., atrocephalum Gyllh., fusculum 
Er., cunaliculatvm Er., d'Europe ; sordidum Er., des Etats-Unis. 



142 STAr-nYLIMENS. 

DELIPHRUM. 
Emeus. Die Kœf. d. Mark Brand. 1, p. 627 (1). 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette trans- 
versale, subéchancrée dans son milieu. — Mâchoires des Latiihimjîom. 
— 1« et 3 B articles des palpes labiaux plus long que le 2° ; le dernier 
des maxillaires beaucoup plus long que le 3° — Mandibules courtes, 
aiguës, inermes. — Labre transversal,' muni en avant d'une courte 
membrane bilobéc. — Têlo plus étroite que le prothorax, pourvue cil 
arrière d'un col assez distinct. — Yeux médiocres, arrondis, assez sail- 
lants. — Antennes plus grêles que celles des deux genres précédents, 
du reste semblables. — Prothorax transversalement quadrangulaire, 
avec ses angles arrondis. — Llytres plus ou moins longues. — Abdo- 
men parallèle à sa base, arrondi en arrière, acuminô à son extrémité, 
rebordé latéralement. — Pattes médiocres ; jambes finement spino- 
sules; tarses des Olopubbm. — Corps plus ou moins court, glabre, 
presque lisse sur la tète et le prothorax, ailé ou aptère. 

Genre principalement distinct des précédents par ses jambes finement 
épineuses, et quelques différences dans les organes buccaux. Ses es- 
pèces, peu nombreuses, ont les mêmes habitudes et sont toutes euro- 
péennes (2). 

LATHRIUM. 

J. Le Conte in Agass. Lalce Super, p. 221. 

M. J. Le Conte place ce genre entre le précédent et les Omamdm qui 
suivent, en ajoutant qu'il lui paraît voisin des Olopiimjm ; mais la briè- 
veté des quatre 1 ers articles des tarses montre qu'il est voisin du pre- 
mier de ces genres. Il en parait distinct, comme de tous ceux de cette 
tribu, par la forme du dernier article des tarses postérieurs. Les ca- 
ractères qui suivent sont extraits de la courte formule générique qu'il 
donne et de la description de l'espèce. 

Lobe externe des mâchoires corné , l'interne inconnu. — Palpes 
maxillaires grêles ; leurs articles 2 et 4 allongés. — Front sans impres- 
sions. — Ocelles situés au-dessus des yeux, peu distincts. — Prothorax 
convexe, arrondi aux angles et à sa base. — Elytres ne recouvrant que 
le l" segment abdominal. — Jambes mutiques ; tarses courts, grêles, 
leurs quatre 1 er » articles courts, égaux, le dernier des postérieurs muni 
en dessous d'un court éperon. — Corps allongé. 

(1) Syn. Omalium, Oliv., Gyllh., Grav., Sahlb., etc. 

(2) Ericbson en décrit cinq : D. tectum Payk., crenatum Grav., arcticum, 
algidum, angustatum, Er. 



L'unique espèce (L. convcxicolle) qui compose le genre a élé trouvée 
sur les bords du lac Supérieur. 

OMALIUM. 

Giuvenh. Col. micr. Brunsv. p. 111 (1). 

Menton transversal, un peu rét cci et tronque en avant Languette 

bilobée ; ses lobes arrondis. — 2" article des palpes labiaux court, le !<"■ 
et le 3 e égaux ; le 2» des maxillaires médiocrement allongé, le 3° court, 
le 4" plus ou moins long, subacuminé au bout. — Lobes des mâchoires 
membraneux, l'externe dépassant faiblement l'interne, cilié au bout. — 
Mandibules courtes, inermes. — Labre transversal, muni d'une courte 
bordure membraneuse et ciliée en avant. — Tête trigone, pourvue d'un 
col assez distinct en arrière. — Yeux médiocres, arrondis, saillants; 
ocelles situés au bord supérieur des yeux. — Antennes grossissant peu 
à peu et légèrement à leur extrémité , à articles 1 plus grand el plus 
gros que les autres, 2-3 obeoniques, subégaux, 4-10 de forme variable, 
en général graduellement transversaux, 11 brièvement ovalaire. — 
Prothorax en général plus étroit que les élytres, transversal. — Ely- 
tres recouvrant la base de l'abdomen, coupées carrément en arrière. — 
Abdomen plus ou moins allongé, arrondi en arrière, fortement rebordé 
sur les cotés. — Pattes assez courtes ; jambes trcs-linemcnt spinosulcs ; 
tarses courts, leurs quatre l ors articles très-courts, égaux, le dernier 
aussi long ou plus long qu'eux. — Corps oblong ou assez allongé, dé- 
primé, glabre ou Gnement pubescent, ailé. 

Réduit aux espèces qui présentent les caractères ci-dessus, ce genre, 
dans lequel Gravenhorst avait réuni des éléments très-divers, est le plus 
riche de la tribu. On en a décrit plus d'une cinquantaine d'espèces pres- 
que toutes propres à l'Europe ; les autres habitent l'Amérique du Nord 
et l'Afrique. Ces insectes vivent sur les plantes, les broussailles ou sous 
reco'rce des arbres. 

M. O. lleer en a séparé deux genres basés presque uniquement sur 
quelques modifications dans la forme des articles des antennes, et les 
proportions relatives des articles des palpes et des tarses. Mais, ainsi 

(1) Syn. X\i,omiomus, 0. Heer, Col. helvet. I, p. 174. — Puxoeonomus, 
0. Hcer, ibid. p. 184. — Antiiobium, Manh. Brachél. p. 53. 

(2) Aux 35 esp. mentionnées par Erichson, aj. : Esp. européennes: 0. me- 
somelas, Holme, Trans. of tlio ent. Soc. III, p. 128. — impression, mundicoUe, 
"trum, alpestre, Ilecr, Col. helvet. p. i76 ■,ama/iile,cri/jrosHm,bn'vicollc, ni- 
vale, yallens, p. 507. — nigriceps, Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 222. 
— Esp. du Caucase : 0. caucasicum, Kolenati, Melet. ent. III, p. 28. — slria- 
lipenne, Aube, Auu. d. 1. Suc. ent. Série 2, V1U, p. 321. — Esp. du Cap : 
0. Màsrkelii, rufum, Sachsc, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 148. — Esp. de l'Amer, 
du Nord : 0. plugùdum, Mauh. Bull. Mosc. 1843, p. 225 ; de SitUu. 



144 STAfrlIYLÏNlftW. 

que l'a dit Ërichson, le* premiers de ces organes ne suffisent pas dans 
la famille actuelle pour asseoir les genres, et, quant aux palpes et au* 
tarses, les caractères que leur a empruntés M. Heer sont très-légers, 
comme on va le voir. 

Son genre Xylooromus comprend les espèces dont les palpes labiaux 
sont composés d'articles égaux , dont les antennes ont les articles 1-3 
égaux, 4-5 subglobulcux , 0-11 transversaux et grossissant à peine, 
enfin, dont le 4 e article des tarses est encore plus court que les trois 
premiers (I). 

Ses PnLOEoNoiaus ont les articles 1-2 des'palpes maxillaires subégaux, 
des antennes à articles 1 cylindrique, 2 globuleux, 3 plus long, obeoni- 
que, 4-6 globuleux , 7-10 transversaux et formant avec le dernier, qui 
est ovalaire et acuminé, une massue allongée (4). 

Je ne puis voir là que des caractères de sections et non de genres. 

ONCOGNATHUS (3). 

Palpes maxillaires grêles ; leur dernier article acuminé, trois fois plus 
long que le 3°, celui-ci deux fois plus court que le 2°. — Mandibules 
très-saillantes, la droite falciformc, la gauche brusquement coudée aux 
deux tiers de sa longueur. — Labre comme divisé en deux lobes. — 
Tête proéminente, en cône allongé, arrondi à son extrémité, rétrécic 
postérieurement en un cou assez gros. — Yeux grands , saillants , 
ovales; ocelles situés vers l'occiput, aussi distants l'un de l'autre que du 
bord postéro-interne des yeux. — Antennes assez courtes, à articles 1 
grand, en massue, 2 plus étroit et de moitié plus court, 3 très-gréle, 
obeonique, 4-8 subégaux , grossissant peu à peu, 9-10 transversaux, 
11 rhomboïdal. — Prothorax un peu plus large que long, fortement 
cordiforme. — Cuisses postérieures insérées sur un prolongement des 
hanches en forme de lame légèrement incisée vers l'insertion du tro- 
chanter; jambes légèrement ciliées, surtout en dedans et à l'extrémité. 
— Les autres caractères comme chez les Ojhaliuju. 

Ce genre me parait bien voisin du précédent et je ne l'eusse pas adopté 
sans la position différente des ocelles et l'absence des petites épines aux 
jambes, tous les autres caractères, sans en excepter les mandibules, me 
paraissant plutôt spécifiques que génériques. Il me parait intermédiaire 

(1) M. Heer y comprend les Om. deplanatum Gyllli., planum, pygmœum, 
Payk., et concinnum Marsh. 

(2) Ici rentrent les Om. monilicorne, inflatum, pusiUum Gyllh., lucidum, 
minimum Ericlis., pygmœum Payk., et une espèce nouvelle : P. Heeriij loc. 
cit. p. 571. 

(3) SyD. Eucnatiius, Mulsant et Rey, Mcm. d. l'Acad. d. Se. d. Lyon, I, p. 
141 ; nom déjà employé pour un genre de Curculionides par Schœnherr, de 
Carabiqucs par M. J. L. Le Conte, et do Poissons par M. Agassiz. 



M0TÊINIDE5. f45 

entre les Omalicm et les Anthobium qui suivent. MM. Molsant et Rev 
l'ont établi sur un petit insecte (1) découvert par eux dans les monta- 
gnes des environs de Lyon. Ils disent qu'il est assez commun sous les 
mousses, à I ombre. 

ANTHOB1UM. 
(LEAcn) Siïph. m. ofBrit. Ent. V, p. 335. 

Mêmes caractères que les Omalidih, avec les différences suivantes : 
Languette profondément échancrée; ses lobes acuminés. - Ocelles 
situes entre les yeux, au niveau de leur bord supérieur. — Elytrcs re- 
couvrant le plus souvent la majeure partie de l'abdomen. - Celui-ci 
plus ou moins acuminé à son extrémité. - Pattes un peu plus courtes; 
jambes légèrement arquées, pubescentes ; les quatre 1"" articles des 
tufs plus ou moins dilatés, pubescenls en dessous, le 4» cordiforme, le 
dernier égal en longueur aux précédents réunis. 

Ces insectes sont en général plus petits et plus courts que les Oma- 
licm, et leurs habitudes sont différentes, car on les trouve presque ex- 
clusivement sur les fleurs. Quelques-unes de leurs femelles se font 
remarquer par la saillie de l'angle s-utural des élytres. Sauf un très-petit 
nombre d espèces propres à l'Amérique du Nord, le genre, dans son 
état actuel, est européen (»). 

TRIBU XI. 

PROTÉINIDES. 

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes insérées sous les 
bords latéraux du front, droites, de onze ou neuf articles. — Labre entier, 
rarement muni d'une bordure membraneuse. — Point d'ocelles ou un 
seul. — Elytrcs recouvrant en partie l'abdomen. — Celui-ci le plus 
souvent rebordé sur les côtés. — Hanches antérieures et postérieures 

(1) E. longipalpis, loc. cit pi. I, f. A; avec beaucoup de détails. 

(2) Aux 18 esp. décrites par Eiïchson, aj. : Esp. européennes: Omaliumro- 
bustum, paludosum, alpinwn, lœvicolle, nppendiculnlum, dMipes, temiipcs 
lusotponne, montivagum, Imhoffii, Heer, Col. helvet. I, p. 179. — longulimi' 
V-'Il'un-um, Kioscmv. Stettin. eut. Zeit. 1847, p. 78. - puberulum, Kiescnw! 
iDitl 1848, p. 328. — impressicollc, angustum, umbeltntnrmn , Kicscnw. ibid. 
1»J0 p. 22'2. — ochistum. Kirscnw. Ann. d. 1. Soe. ont. Série 2, IX p 438 
-rhofodèndri, Baudi, Studi ent. p. 148. - Esp. de l'Amer, du Nord : A. p&- 
thm Manh Bull. Mosc. 1843, p. 235; de Sitkba. - dimidiatum, Mclsheim 
Proceed. oflbe Acad. of Philad. H, p. 43. 

Coléoptères. Tome M. 10 



146 STÀPHYtlNlÈrfS. 

transversales ; les premières obliques, non saillantes ; tarses variables — 
Point d'espace membraneux à la l'ace inférieure du prothorax. 

Les espèces de cette tribu ont, encore plus que certains Omalides, le 
faciès des Nilidulaires, et à cette ressemblance s'ajoute un caractère 
important, la forme des hanches antérieures qui sont construites comme 
dans celte dernière famille. Néanmoins il n'y a pas à douter que ces 
insectes soient de véritables Staphylinicns qui sont même très-voisins 
des Omalides, surtout par la structure de leurs organes buccaux. 

On doit à MM. Chapuis et Candèze (1) d'avoir fait connaître une 
larve de ce groupe, celle du Protcinus brevicollis, trouvée par eux 
dans des champignons. Elle présente tous les caractères ordinaires des 
larves de cette famille, mais n'a que trois ocelles de chaque côté de la 
tête; c'est la seule qui possède ce nombre (s). 

Six genres seulement rentrent dans cette tribu, qui tous ont des re- 
présentants en Europe. ^ 

I. Tarses do cinq articles. 

Point d'ocelles : Proteinus, Megarthrus. 
Un seul ocelle : Phlœobium. 

II. Tarses de trois articles. 

Antennes de 11 articles : Glyptoma, Pseudopsis (3). 
— de 9 — Micropeplus. 

PROTEINUS. 
Latr. Préc. d. car. gén. d. Ins. p. 9 (4). 

Menton très-court, rétréci et tronqué en avant. — Languette bilobée ; 
ses paraglosses soudées avec ses lobes et ne les dépassant pas. — Palpes 
labiaux très-petits, à articles 1 allongé, 2 très-petit, 3 un peu plus 
grand ; les maxillaires à articles 2 très-gros, obeonique, 3 transversal, 
4 plus long et grélc. — Lobe interne des mâchoires corné, bidenlé au 
bout, l'externe coriace, barbu à son extrémité. — Mandibules très- 
petites, inermes. — Labre transversal , muni en avant d'une courte 
membrane bilobée. — Tête courte, trigonc, obtuse en avant, faible- 

(1) Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, p. 402. 

(2) Un fait curieux, s'il se confirmait, est celui que rapporte M. Westwood 
(An Irrtrod. to the mod. classif. of Ins. I, p. 365), à savoir que, d'après des 
observations à lui communiqu6es par M. F. Smith, la larve d'une espèce de 
Megarthrus vit en parasite sur celle de la Saperda populnea. 

(3) Les tarses de ce genre ne sont pas connus, et il n'est placé là que provi- 
soirement. 

(4) Syn. Deumestes Fab. — Cateretes Herbst, Schœnh., Gyllh., etc. — Oma- 
uom Oliv., Gyllh., Grav. 



PltOTÉmiDES. itf 

S f ,ïï e e " a / r ' ère * ~ Yeux assez « rands < «tondis, saillants, 
poin d ocelles. _ Antcnpes de 11 articles : 1-2 plus grands et plu " Js 
que les autres, 4-8 très-petits, moniliforraes ou subobconles 9 n 
plu gros et formant une petite massue, le dernier subglobu eux - 
Prothorax ransvcrsal, un peu rétréci en avant. - Ely.resreou^ant 
au moms les deux 1er. segments abdominaux, tronquées en arrière 
avec leurs angles externes arrondis. - Abdomen court, rebordé sur es 
cotes, acumme a son sommet. - Pattes assez courtes, ambes simples 
tarses de cmq art.c es, les quatre 1er. égaux> , c ^ s s ^ 

cour s queux réums. - Corps court, ovalaire, un peu convexe fine? 
ment pubescent et pointillé, ailé. convexe, une- 

Très-petits insectes, ayant le (actes des Cercos de la famille des Ni- 
t,du lajrcs. On les trouve sur les fleurs, dans les champignons et quel- 
qucfo.s dans les pla.es des arbres, du moins l'espèce la plus commune 

T ZT S \ U ' S mÛ ' eS SG rcconnaisscnt à 'e" sixième arce" 
irai cchancre. Les quatre espèces connues sont européennes (1). 

MEGARTHRUS. 
(Kirby) Stem. III. ofBrit. Ent. V, p. 330 (2). 

Menton presque aussi long que large, un peu rétréci et tronqué en 
avant. -Languette très-courte, sinuée en avant; ses paraglowîs pS 
ÏÏÏ3 s^ é ^'^3"' aCUnli ! léCS Ct Ci ' iéCS - - ^PC* labiauVri 8 

d e kolIlïT r, P T' US P , et " ; 1CS maxi " airCS P areils à ceu * 
ues 1 i( ot EIRC!> . _ Lobe iiilcnic des mâchoires corné, falciformc et 

ires-aigu a son extrémité, l'interne coriace, large, membranes e 

barbu au bout. _ Mandibules très-petites, inerme^ Labre caché 

sus lep.stomc, muni en avant d'une étroite bordure membraneuse et 

n arril^P v ' 'S™*' ? hlUS ° C " avant ' ^"^™»t rétrécie 
en arrière.- Yeux assez grands, subglobulcux; point d'ocelles. - An- 
^nne SITled grossissant peu à peu, de 11 articles : 1-2 notable- 

n- nt plus longs et plus gros que les autres, 3-5 obeoniques 6-10 

ub.nomhlormes, 11 beaucoup plus grand, globuleux. Jp hor x 

a svcrsal rebordé sur les côtés, ayant ses angles postérieurs coupés 
ES Canal,CUlÙ SUr lc dis 1 uc - ~ %"« «e recouvrant que a 

e r , ' abd | 0mCn, . tr0nt ' UCeS C » arrière - - Abdomen court, largement 
«bo rde sur les cotes, retréc, en arrière. - Pattes courtes ; jambes mu 

£r (l) P. Iraclnjpto-us Fab., Lrevicollis Er., macropterus Gyllh., atomarius 

vZlZu^Z' S-'r PanZCr ' t Z 05IAU , UM / G3 " lh -' Gr "v'Saulb v etc. - 
""' v? Mi >), Lac. laune eut. d. cnv. d. Paris, I, p. 492. 



148 STAPIIYMNIESS. 

Insectes de la taille des précédents, mais vivant pour la plupart sous 
les êCorccs; d'autres se trouvent dans les champignons. Outre leur 
sixième arceau ventral de l'abdomen échancréj les mâles ont les cuisses 
plus ou moins renflées, et les jambes légèrement arquées. On en con- 
naît six espèces d'Europe, et deux de l'Amérique boréale (i). 

PHLOEOBIUM. 
(Dei.) Lacord. Faune eut. d. env. d. Paris, I, p. 492. 

Tête assez grande, subquadrangulairc, transversale, coupée oblique- 
ment aux angles antérieurs, rebordec et sinuée antérieurement.— Un 
ocelle au milieu du iront. — Antennes insérées sous un rebord latéral 
de la tête. 

Pour le surplus ce genre ne diffère pas du précédent. Il ne comprend 
qu'une petite espèce (s), répandue dans une grande partie de l'Europe 
et qui vit sous les écorces ou dans la mousse au pied des arbres. 

GLYPTOMA. 
Erichs. (kn. et Spcc. Staphyl. p. 908 (3). 

Menton trapézoïdal. — Falpcs filiformes, très-courts. — Mandibules 
très-courtes, aiguës à leur extrémité. — Tête de la largeur du pro- 
thorax, suborbieulaire, médiocrement rétrécie en arrière. — Yeux 
petits, subarrondis, non saillants. — Antennes de 11 articles, rarement 
filiformes, le plus souvent grossissant à leur extrémité, avec les trois, 
quatre ou cinq derniers articles plus gros que les autres et transversaux, 
sauf le dernier gai est ovalaire et aeuminé. — Prothorax de la largeur 
des élytres, rebordé latéralement, brusquement rétréci à sa base, avec 
ses angles.cn général saillants. — Elytres médiocrement longues, tron- 
quées en arrière. — Abdomen cylindrique et déprimé, non rebordé la- 
téralement. — Pattes courtes ; jambes simples ; tarses de trois articles, 
les deux 1 ers très-courts.— Corps oblong, linéaire, le plus souvent gla- 
bre, ailé. 

(1) Dont quatre des premières sont menliounoes par Ericlison : M. depressia 
Payk., sinuatocollis Lacord., deniicollis Bcck, hemipterns lUiçr. — Aj. : M. affîr 
fus, Miller, Verhancll. 4. Zool.-Botan. Ver. io Wicn, II, p. 28 ; d'Europe. — 
amerkunus, Saclise, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 149; de la Géorgie des Etats- 
Unis. — pictus, Motsch. Bull. Mosc. 1845, 1, p. 39; de Californie. 

(2) Silpha clypeata, P. \V. J. Millier in Germar, Mag. IV, p. 201 (Phloeobium 
corticale, Lac. lue. cit. p. 491). 

(3) Syn. Tiioiuxoenonus, Motscli. Bull. Mosc. 1837, n« 5, p. 98; Ericlison 
a changé ce nom, qui est antérieur au sien, en faisant observer avec raison que 
tous les Insectes sont pourvus d'un thorax. 



PROTÉINIDES. 149 

Le type du genre est un petit insente (1) qui a été trouvé en Italie, en 
France, aux environs de Varsovie, et qui dès lors existe probablement 
dans toute l'Europe, mais qui parait être fort rare partout. Depuis, 
Eriebson en a fait connaître cinq autres espèces de l'Amérique (2). Ces 
insectes sont revêtus de téguments solides, et leur prolborax présente des 
excavations et des saillies qui affectent souvent la forme de côtes; 
leurs élytres portent des côtes plus fines, peu nombreuses et entières. 
L'espèce d'Europe vit sous les écorecs ou au pied des arbres, et, selon 
M. De Motschoulsky, ses allures sont bien différentes de celles des au- 
tres Staphyliniens. Sa démarche est très-lente et, quand on la touche, 
elle se laisse tomber et reste sur le sol les pattes étendues, habitudes 
qui rappellent celles des Macronyciius, comme le dit très-bien M. De 
Motschoulsky. 

PSEUDOPSIS. 

Newm. The eut. Mag. II, p. 313. 

Pénultième article des palpes maxillaires renfle et quatre fois aussi 
long que le dernier, celui-ci allongé, très-grcle et acuminé au bout. — 
Tctc allongée, étroite, arrondie en avant, excavée en dessus. — An- 
tennes grossissant peu à peu, de 11 articles : les pénultièmes transver- 
saux, le dernier subconique. — Prothorax suborbiculaire, un peu tron- 
qué à ses deux extrémités. — Elytres laissant l'abdomen à découvert. 
— Celui-ci composé de sept segments, rebordé sur les côtés, le dernier 
étroit et allongé. 

Cette formule incomplète est empruntée aux caractères génériques et 
spécifiques qu'a donnés M. New m.ui, et parmi lesquels il a omis l'un 
des plus importants, le nombre des articles des tarses. La sculpture du 
prothorax et des élytres a la plus intime ressemblance avec celle qui 
existe chez les Glïptoma; le premier porte quatre côtes fines, et il y 
en a deux sur chacune des secondes. D'après cela, le genre est proba- 
blement très-voisin du précèdent dont l' éloignent beaucoup, d'un autre 
côté, sa tête allongée , son abdomen rebordé latéralement, etc. Il est 
ètablj sur un petit insecte trouvé dans l'Ile de Wight, et qui a reçu le 
nom de P. sulcalus. 

(1) G. cortkinum, Motsch. loc. cit. pi. 7, f. a A ; Etïclisoa a aussi donné 
une Ogure au trait (loc. cit. pi. 2, f. 9) d'une autre espèce, son G. crassicorne. 

(2) G. crassicorne? sculplile, de Colombie ; dcnticollis , do Puerto-Rico ; 
exile, do l'Ufl S'-Tliomas ; costal», dos Etats-Unis. 



ISO 



STAPHYLINIENS, 



MICROPEPLUS. 
Latr. Gen. Crust. et Ins. IV, p. 377 (1). 

Menton assez grand, quadrangulaire, échancré de chaque côté avant 
son extrémité. — Languette très-petite, étroite, arrondie en avant. — 
Palpes labiaux très-courts, leur dernier article à peine distinct; les 
maxillaires à articles 2 très-renflé, pyriforme, 3 très-court, transversal, 
4 assez grand, conique. — Lobes des mâchoires cornés, l'externe large, 
arrondi et barbu en avant. — Mandibules très-petites, iuermes. — La- 
bre transversal, entier. — Tète petite, tiïgone, enfoncée dans le pro- 
thorax. — Yeux médiocres, semi-globuleux. —Antennes courtes, reçues 
au repos dans une dépression de la face inférieure des côtés du pro- 
thorax, de neuf articles : 1 grand, gros et subovalaire, 2 plus petit, 
aminci au bout, 3-5 grêles, allongés, C-8 courts, 11 grand et globuleux. 
— Prothorax transversal, de la largeur des élylrcs, un peu rétréci en 
avant, largement robordé sur les côtés. — Elytrcs en carré transversal, 
ne recouvrant que la base de l'abdomen. — Abdomen court, acuminé 
au bout, rebordé latéralement. — Pattes courtes, grêles, les intermé- 
diaires écartées à leur base ; tarses de trois articles , les deux l" s très 
courts, le dernier plus long qu'eux. — Corps oblougo-ovalc, assez épais, 
glabre, ailé. 

Genre ambigu , tenant manifestement par son faciès et ses antennes 
aux Nïtidulaires, parmi lesquels Herbst, Latreille, Dejcan, etc., l'ont 
placé; mais ses organes buccaux, construits exactement sur le même 
plan que ceux des Omalides, démontrent qu'il appartient à la famille 
actuelle, comme l'ont pensé la majorité des entomologistes depuis Fa- 
bricius inclusivement jusqu'à Erichson. 

Ces insectes sont très petits, et la sculpture de leurs téguments a la 
plus intime analogie avec celle des Glyptom a et des Pskudopsis; la tête, 
le prothorax et l'abdomen sont couverts d'excavations qui les rendent 
très-inégaux, et les élylrcs présentent chacune de trois à cinq côtes, 
selon les espèces. Celles ci s'élèvent en ce moment à sept, dont six d'Eu- 
rope et une des Etals-Unis (s). On les trouve ordinairement dans les 
substances décomposées, plus rarement sous les écorecs. 

(1) Syn. Omalium Gyllh. — Nitidola Herbst, Panzer, Schœnh., Marsh. 
, (2) Erichsou n'a décrit que des espèces d'Europe : M. porcatus F., cœlatus 
Er., fuU-us Er., slaphylinoides Marsh., tesserula Curtis. — Aj. : Esp. dos Etats- 
Unis : M. costatus, S. h. Le Conte in Agassiz, Lake Super, p. 221 ; du nord de 
ce pays. 



161 



SUPPLÉMENT. 

Dans l'ouvrage de M. Gay sur le Chili (i), que j'ai déjà si souvent 
cité, Solier a établi douze genres nouveaux de Staphyliniens, dont on a 
vu deux plus haut (M EConnopAms et Polyodontds), les seuls auxquels 
j'aie pu assigner une place que je crois assez exacte. Cet entomologiste 
rccommandable, mais qui n'avait qu'une connaissance insuflisantc de la 
littérature entomologique, ainsi que l'attestent tous ses ouvrages, a 
traité la famille actuelle sans connaître la Monographie d'Erichson, sans 
même suivre la classification de Latrcille qu'il ne pouvait ignorer, en 
un mol en faisant table rase de tout ce qui avait été fait avant lui pour y 
substituer un arrangement de sa façon (2) qui est basé presque exclusi- 

(1) Historia fisica y politica de Chile, Zoologia, IV, p. 302. 

(2) L'ouvrage de M. Gay étant fort peu répandu et à la portée d'un trèi- 
petit nombre de personnes, je crois devoir donner l'analyse de cet arrangement 
de Solier, quoiqu'il n'ait absolument aucune valeur. 

Tribu I. POLYODONTIDES. 

Bord interne des mandibules glabre, sans touffe de poils plumeux ou rameux 
ni membrane ciliée. Tête avec un rétrécissement en forme de cou, tantôt presque 
aussi large qu'elle, tantôt étroit et globuleux. 

Sous-Tribu I. Pintsor.NATHiTKS. Mandibules courtes, renflées à la base et ter- 
minées par deux dents. Tête munie en arrière d'un cou presque aussi large 
qu'elle. 

Physognathus. 

Sous-Tribu H. Sténites. Mandibules épaisses à leur base ; leur bord interne 
muni d'un appendice corné et multidenté. Bord antérieur du labre entier et 
arqué. Tête munie en arrière d'un cou presque aussi large qu'elle. 

Stenus, Rugilus, Polyodontus. 

Tribu II. GNATHOGRAPHITES. 

Mandibules étroites, saillantes, subparallèles dans leur moitié inférieure, ter- 
minées par une grande dent, avec leur bord interne muni d'une saillie échan- 
gée et paraissant comme bidentéc, sous laquelle se trouve une touffe de poilt 
qui sont plumeux à un fort grossissement. Tête très prolongée en arrière des 
jeux, munie en arrière d'un col étroit, brusquement formé. 

Staphyiinus. 

Tribu III. KOMALOTIUCHITE9. 

Bandibules triangulaires, terminées par deux dents et présentant un creux 
d'où sort une mèche de poils larges, comprimés, les uns simples, les autres ra- 
meux; leur baso munie d'une saillie ciliée. 

Homalotrkhxii'. 



152 iTAPBTLMIBNS. 

vcmcnt sur les modifications des mandibules et du labre et la forme 
de la tête. S'il n'eût pas passé complètement sous silence le mode d'in- 
sertion des antennes, il y aurait peut-être encore moyen de faire ren- 
trer ses genres dans les tribus établies par Erichson, mais ce caractère 
faisant défaut, comme tous les autres de première importance, cela de- 
vient impossible. Après des efforts prolongés et inutiles pour arriver a, 
ce résultat, je me vois obligé de donner simplement ces genres en sup- 
plément, moins les deux indiqués plus haut. 

Tbibu I. POLYODONTIDES. 
Socs-Tribu Iî PHYSOGNATHITES. 

PHYSOGNATHUS, p. 303. 

Menton transversal, avec une étroite échancrure formant deux lobes 
aigus (1). — Languette profondément bilobéc ; ses lobes arrondis. — 
Mandibules courtes, renflées à la base, bidentées au bout. — Pénul- 
tième article des palpes maxillaires grand , très-renflé ; le dernier; 
court, très-grêle, subcylindrique ou obeonique ; les labiaux courts, leur 
l or article petit, grêle et subcylindrique, le 2° renflé et arqué. — Labre 
rectangulaire. — Tête courte, subtriaugulairc, obtuse en avant, munie 
d'un col presque aussi large qu'elle. — Yeux saillants. — Antennes mo- 
nilifoniies, grossissant légèrement à leur extrémité, avec leur dernier 
article turbiné. —Tarses filiformes. — Corps déprimé. 

Solier compare ce genre aux Omalicm et aux Antbopuauus en ajou- 
tant qu'à la première vue, on le prendrait pour un Pselapdbs, assertion 
que ne justiûe nullement la figure qu'il donne de l'insecte. Une des 
pattes qu'il figure très-grossie, ne porte que quatre articles, dont les 
deux premiers sont allongés et égaux. C'est peut-être quelque genre 
d'Alèocharides. Solier n'en décrit qu'une très-petite espèce, d'une ligne 
de long, qu'il nomme P. obsettrus (a). 

TniBO IV. GNATHYMÉNITES. 

Mandibules courtes^ notablement triangulaires, munies intérieurement d'uiw 
membrane finement ciliée et de quelques petites dents. 
Sous-Tribu I. Osytélites. Labro ecliancré. 
Gmdhymenus, Oxytelus, Tcropalpus, Gnstrorhopalus, Holobus. 

Sous-Tisibu IL Taciiypohides. Labre tronqué ou, sinueux, mais insensiblement 
échancré eu avant. 

Anomognathus , likpharymeiws , Tachyporus, Euthorax, Mecorhopalus, 
Aleochara, Polylubus. 

(1) Partout Solier décrit comme faisant partie du menton la pièce ou les deux 
pièces intermédiaires entre cet organe et la languette 

P) Loe.ctt.pl. 5,AJ a g. 



SUPPLÉMEHT. 153 



Tbibu III. HOMALOTRICHITES. 

HOMALOTRICHUS, p. 321. 

Menton transversal, légèrement échancré en arc antérieurement. — 
Languette presque confondue avec lui, arrondie sur les côtés, tronquée 
en avant, avec ses angles saillants et ciliés. — Dernier article des palpes 
maxillaires obeonique, beaucoup plus grand que le pénultième qui est 
très-court et aussi large que lui ; les labiaux courts, leur dernier article 
ovalaire, plus long que le précédent.— Mandibules triangulaires, bi- 
dentées au bout, munies en dedans d'une touffe de poils simples ou ra- 
mifiés, logée dans une fossette. — Labre transversal, membraneux, 
tronqué en avant, avec ses bords latéraux garnis de poils comprimés 
et bifurques. — Tête rhomboïdale, faiblement et peu à peu rétrecie en 
arrière. — Antennes grossissant peu à peu ; leurs articles 4-10 monili- 
formes, 11 ovalaire. — Prothorax rétréci à sa base. — Les quatre 
lers articles des tarses courts et insensiblement dilatés ; le dernier beau- 
coup plus long que les précédents réunis. 

Solier en décrit cinq espèces (l), dont la plus grande a tout au plus 
une ligne cl demie de long. J'avais cru un moment que le genre ap- 
partenait aux Omalides ; mais l'absence d'ocelles sur le front ne permet 
pas ce rapprochement, et le lobe interne des mâchoires que Solier a 
figuré, n'a nullement la forme caractéristique qu'il affecte dans la tribu 
en question. 

Tbibu IV. GNATHYMÉNITES. 

SoDS-TniDu I. OXYTÈLIDES. 

GNÀTHYMENUS, p. 326. 

Menton trapéziforme. — Languette munie d'un lobe médian forte- 
ment bilobè. — Dernier article des palpes maxillaires grêle, très-court 
et cylindrique, le pénultième grand et renflé; le dernier des labiaux 
très-grêle, allongé et cylindrique, le pénultième renflé. — Mandibules 
grêles à leur extrémité qui est précédée de deux dents inégales, munies 
d'une lamelle membraneuse, libre et ciliée. — Labre très-court, trian- 
gulairement sinué dans son milieu en avant. — Tête très-prolongée et 
parallèle en arrière des yeux, brusquement rétrécic en un col élroit. 
— - Antennes snbfiliformcs, moniliformes, avec leur dernier article ova- 
laire — Prothorax convexe, subcylindrique, un peu rétréci à ses deux 

(1) //. striatus, impr.essicottis (pi. G, f. 8), obscurus (ibid. f. 9), fusens, Iw- 
teipes, Les détails du striatus sout ou outro repriïseules L 7j»c, 



154 STAPHYLINIENS. 

extrémités. — Elytres courtes, soudées ensemble, rétrécies graduelle- 
ment d'arrière en avant. —Les quatre I e " articles des tarses antérieurs 
transversaux el très-serrés. 

Genre remarquable et qui peut-être se rapproche des Micrai.ymma. 
Il ne contient qu'une très-petite espèce ( i ), longue d'une ligne et demie. 

TEROPALPUS, p. 330. 

Languette large, profondément et largement échancrée en avant. — 
Palpes maxillaires courts, leur dernier article très-grêle, médiocre et 
subcylindrique, le pénultième grand et renflé; les labiaux filiformes. — 
Mandibules bifides à leur extrémité, unidenlécs au côté interne. — La- 
bre membraneux et bilobé en avant. — Tête triangulaire, rétrécic et 
engagée dans le prothorax en arrière. — Antennes grossissant peu à 
peu, leurs articles 4-10 globuleux et sublransversaux. — Tarses anté- 
rieurs n'ayant que quatre articles distincts; les trois 1 e " très-courts, le 
3° légèrement bilobé, le dernier beaucoup plus long que les précédents 
réunis. 

Solier est resté dans le doute sur le nombre des articles des tarses; 
il a cru en voir cinq aux tarses intermédiaires et ne parle pas des pos- 
térieurs. Il inscrit trois espèces dans le genre (s), dont les deux dernières 
comme douteuses. Ces insectes sont aussi petits que les précédents. 

GASTRORHOPALUS, p. 333. 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette petite, 
sublriangulaire, munie dans son milieu d'une saillie étroite et bilobée. 

— Palpes maxillaires allongés, leur dernier article très-grêle, cylin- 
drique et assez long ; les labiaux courts et robustes, leur dernier article 
pareil à celui des maxillaires. — Mandibules aiguës, inermes. — Labre 
transversal, éebancré ou trilobé en avant. — Tête non rétrécic en arrière. 

— Antennes grossissant graduellement à partir du 4° article, celui-ci et 
les suivants, jusqu'au 10° inclusivement, obeoniques ou transversaux ; le 
dernier acuminé. — l'rolhorax transversal. — Elytres assez courtes. 

— Abdomen rétréci et subcylindrique à sa base, renflé en massue dans 
sa moitié postérieure. — Tarses filiformes, leurs quatre l»' s articles 
allongés et, réunis, plus grands que le dernier. 

Si Solier avait signalé des ocelles parmi les caractères qui précèdent, 
je n'eusse pas hésité à rapporter ce genre singulier aux Omalides, les 
mâchoires, d'après la figure qu'il en donne (pi. 6, f. 12 d), étant con- 

(1) G. apicrus, pi. 6, f. 10 a f. 

(2) T. suturalis (pi. 5, f. 12 a g), puncticollis, maculipennis. 



Supplément. ISS 

struites comme dans celte tribu. La forme de l'abdomen est réellement 
extraordinaire pour la famille actuelle. Le genre comprend deux très- 
petites espèces (1). 

HOLOBUS, p. m. 

Menton transversal, rétréci en avant, bisinué sur ses côtés. — Lan- 
guette petite, prolongée antérieurement en un lobe triangulaire. — 
Dernier article des palpes maxillaires aciculaire , presque aussi long 
que le pénultième, celui-ci rcnCé, ovoïde ; les deux derniers des la- 
biaux subégaux, le dernier très-gréle, cylindrique, le précédent rende. 
— Labre membraneux et échancré en avant. — Tète petile et enfoncée 
jusqu'aux yeux dans le prothorax. — Antennes de dix articles : 1-2 
cylindriques et assez gros, 3-7 grêles et cylindriques, 8 petit, globuleux, 
9-10 courts, subtransversaux, formant une massue oblongue. — Pro- 
lliorax en trapèze renversé. — Tarses filiformes, leur dernier article à 
peine plus long que le 1". — Corps court et ovale. 

Probablement un genre de Protéinides. Il ne contient qu'une très- 
petite espèce d'une demi-ligne de long et que Solier nomme H. pyg- 
mieus. 

Sous-Tiubu II. TACHYPORIDES. 

ANOMOGNATHUS, p. 337. 

Menton très-court, rétréci et légèrement éebancré en arc antérieure- 
ment. — Languette prolonge* en un lobule bifide. — Dernier article 
des palpes très-gréle , cylindrique ; celui des maxillaires beaucoup 
plus court, celui des labiaux beaucoup plus long que le précédent. — 
-Mandibules munies intérieurement, dans une grande partie de leur lon- 
gueur, d'une membrane frangée. — Labre transversal, tronqué en 
avant, avec ses angles arrondis. — Tète transversalement rhomboïdale, 
munie en arrière d'un col étroit brusquement formé. — Antennes gros- 
sissant peu à peu; leurs articles 1-3 allongés et coniques, 4-10 trans- 
versaux, graduellement plus larges, 11 beaucoup plus grand que le 10e, 
acuminé en avant. — Prolhorax subrectangulaire. — Elytrcs assez 
longues. — Abdomen plus étroit qu'elles, parallèle. — Tarses de cinq 
articles, les quatre l«s des antérieurs courts et subégaux, le dernier 
rende et presque aussi long que les précédents réunis. — Corps dé- 
primé et parallèle. 

Ce genre ne comprend qu'une espèce longue de deux tiers de ligne 
et que Solier nomme A. filiformis (S). 

(1) G. nujer (pi. 6, f. adf), r ekgans. 

(2) PL 6, f. 15 tt g. 



156 SIMFHYLIMBNS. 

BLEPHARYMENUS, p. 339. 

Menton transversal, rétréci et faiblement échancré en avant. -» Lan- 
guette prolongée en un lobule bifide. — Pénultième article des palpes 
maxillaires très-allongé, peu rende, le dernier beaucoup plus court, fili- 
forme ; les deux 1ers des labiaux cylindriques, égaux, le dernier un peu 
plus long que chacun d'eux, grêle et filiforme. — Mandibules ayant leur 
bord interne occupé, en grande partie, par une membrane frangée. — 
Labre fortement transversal, arrondi aux angles. — Tête subrhomboï- 
dalc, munie en arrière d'un col étroit, brusquement formé. — Antennes 
sulifiliformes, leurs articles 2-3 obeoniques, 4-10 de mèuie forme, mais 
plus courts. — Prothorax oblong, convexe, parallèle sur les côtés en 
arrière, brusquement rétréci en avant et pas plus large que le col de la 
tête. 

Solicr ne parle pas des autres organes et en particulier des tarses. 
D'après la figure (pi. 7, fig 1, a g) qu'il donne de l'unique espèce (sulci- 
collis) qu'il comprend dans le genre, ils se composeraient de cinq arti- 
cles dont les quatre premiers courts et égaux. Cet insecte n'a qu'une 
ligne et quart de long. 

EUTHORAX, p. 345. 

Menton presque aussi long que large, trapéziforme. — Languette 
prolongée en un lobe allongé, étroit, parallèle et bifide à son extrémité. 
— Pénultième article des palpes maxillaires très-grand, renûé, en cône 
renversé, le dernier très-grêle, assez long et filiforme ; les deux 1ers 
des labiaux cylindriques, courts, égaux , le dernier plus long , mais 
beaucoup plus grêle, cylindrique et tronqué au bout. — Mandibules 
munies au côté interne d'une membrane ciliée dans la plus grande 
partie de leur longueur. — Labre transversal, arrondi aux angles, nluni 
de deux petites dents au milieu de son bord antérieur. — Tête courte, 
enfoncée jusqu'aux yeux dans le prothorax. — Antennes grossissant peu 
à peu; leurs articles 2-10 coniques, décroissant graduellement, 11 al- 
longé, cylindrique et acuminè au bout. — Prothorax très-grand, trans- 
versal, un peu rétréci en avant, — Elytrcs assez courtes. — Tarses 
filiformes ; leurs articles allongés. 

Le nombre dos articles des tarses n'est pas indiqué, cl comme Solicr 
ne les a pas figurés, non plus que l'espèce sur laquelle il a fondé ce genre, 
je ne saurais l'indiquer; cependant son silence rend présumable qu'il y 
en a cinq. Cet insecte, qu'il nomme E. ruflcornït, se trouve sous les 
pierres en société avec des fourmis. 



SUPPLÉMENT. 157 



POLYLOMJS, p. 354. 



Menton trapéziformc, brusquement rétréci près de son extrémité. — 
Languette prolongée en un lobe divisé plus ou moins profondément. — 
Lobe externe des mâchoires membraneux à son extrémité et divisé en 
plusieurs lobes arrondis ; l'interne garni de quelques cils raides et 
robustes, simulant des dents. — Pénultième article des palpes maxil- 
laires conique, le dernier plus court , .très-grêle, filiforme; les deux 
lers articles des labiaux cylindriques, le dernier plus court que le pénul- 
tième, cylindrique. — Mandibules munies intérieurement d'une mem- 
brane dcnticuléc en scie. — Labre transversal, avec ses angles ar- 
rondis. — Tête courte, enfoncée dans le protliorax jusqu'aux yeux. — 
Antennes grossissant peu à peu;' leurs articles 4-10 obeoniques, aussi 
longs que larges ou transversaux. — Prothorax légèrement rétréci en 
avant, fortement arrondi à sa base. — Tarses filiformes , composés de 
cinq articles bien distincts. 

Deux espèces (0> d'une ligne à une ligne et quart de long, rentrent 
dans ce genre. 

- D'après les caractères qui précèdent, je ne vois aucun moyen d'assi- 
gner une place, à ces quatre genres. La membrane frangée qui garnit 
leurs mandibules intérieurement , fournit seulement quelques proba- 
bilités qu'ils appartiennent à la tribu des Tachyporides d'Erichson. 

(1) P. maculipennî» (pi. 7, f. 12 a f), melanocephalus (f. 13). 



FAMILLE VIII. 



PSÉLAPHIENS. 



Menton subquadrangulaire, tronqué en avant. — Languette mem- 
braneuse, très-petite, souvent confondue avec la base de ses paraglos- 
ses; celles-ci très-grandes, divergentes, ciliées intérieurement. — 
Lobes des màehoires membraneux, aplatis, inermes, ciliés en dedans ; 
l'externe beaucoup plus grand que l'interne. — Palpes maxillaires en 
gênerai très-allongés, de un à quatre articles ; les labiaux petits, de un 
à deux articles,— Mandibules, chez presque tous, courtes, larges, den- 
ticulécs au cote interne, et terminées par une pointe recourbée et très- 
aiguë. — Antennes en massue ou subcylindriques, souvent monilil'ormcs. 
— Elytres tronquées, courtes, laissant la majeure partie de l'abdomen 
a découvert. — Celui-ci à peine mobile, composé de cinq, très-rarement 
de six segments, tous cornés en dessus. — Hanches antérieures coni- 
ques, saillantes, les postérieures transversales, contiguës. — Tarses 
cylindriques, de trois articles, légèrement pubescents en dessous, ter- 
mines par un ou deux crochets simples. 

On a vu plus haut que cette famille a le plus intime rapport avec la 
précédente et qu'elle n'en diffère même rigoureusement que par le peu 
de mobilité de l'abdomen. Néanmoins, un grand nombre de caractères 
s ajoutent accessoirement à celui-ci, sans parler du faciès qui est fort 
diflerent. ' 

Les téguments de ces insectes sont épais, solides, souvent pubescents, 
et leurs couleurs, toujours uniformes, ne varient que du jaune-ferrugi- 
neux au brun-noiratre, avec les nuances intermédiaires. Leur corps en 
gênerai fortement atténué en avant, devient presque parallèle chez 
quelques-uns (Eoplktos), et se rapproche alors beaucoup de celui de 
certains Staphyliniens de petite taille. 

La tète, triangulaire ou subrhomboïdale dans la plupart des espèces, 
allongée et subquadrangulaire chez un petit nombre (Clavigérides) est 
unie au prothorax par un cou plbs ou moins distinct, et porte souvent 
sur le front un tubercule simple ou bifide. Latéralement elle est munie 



t>SÉLAPniE\S. iffl 

à peu près dans son milieu, de deux petits yeux composés, arrondis, 
dont la forme et la grandeur varient à peine, mais qui peuvent dispa- 
raître complètement (1). Les antennes sont insérées très en avant, 
tantôt sur le tubercule dont il vient d'être question, tantôt sur les côtés 
du front. Ces organes sont le plus souvent robustes et jouent, par suite 
des nombreuses modifications qu'ils éprouvent, un grand rôle dans la 
caractéristique des genres. 

Les organes buccaux sont, au contraire, d'un faible secours pour la 
classification (2), sauf les palpes maxillaires chez les Psélapliides pro- 
prement dits (ô). Ces organes sont très-apparents, et quand ils se com- 
posent de quatre articles, ce qui est le cas ordinaire, le premier est 
constamment très-petit et difficile à découvrir ; s'il y en a trois seule- 
ment, le premier est tantôt très-réduit également (Ciiennium), tantôt 
très-grand (Centhotoma) ; mais presque toujours, le dernier porte un 
petit appendice membraneux, simple, parfois double , implanté sur son 
extrémité. Les palpes labiaux dans les mêmes Psélaphides, n'ont jamais 
que deux articles, dont le premier très-petit; le second rie varie pres- 
que pas dans sa forme et porte également un ou deux appendices le 
plus souvent séliformes (4). 

*Lc prothorax est cordiforme, ovalairc ou subcylindrique, et un peu 
plus étroit à sa base que l'arriôre-corps. L'écusson est excessivement 
petit et en général indistinct. MaJgré leur brièveté, les élytres recou- 
vrent des ailes propres au vol qui ue manquent que rarement et le plus 

(1)' Dans trois genres : Ahaurops, Claviger et Adiunes. M. H. M. Schmidt 
(De Pselaph. faun. Pragens. p. 38, Tab. I, f. 3) a découvert et figuré chez le 
Claviger (estaceus deux petits corps noirs situés sur la partie supérieure du 
front, et qu'il regarde comme des stemmates. J'ai fait de vains efforts pour 
les découvrir, et", sans nier absolument leur existence, celle-ci me parait dou- 
teuse et demander un nouvel examen. 

(2) On doit savoir un gré infini ï M. Aube, vu l'extrême dilliculté d'observer 
de si petits objets, d'avoir ligure (Ann. d. 1. Soc. ont. Série 2, II, pi. III) los 
parties de la bouche de presque tous les genres alors connus. Mais il sulllt de 
jeter un coup-d'œil sur ces Dgures pour voir que le menton, la languette les 
palpes labiaux, les mâchoires, les mandibules, et même le labre, quoiqu'il varie 
un peu plus, no présentent pas des différences assez sensibles pour être em- 
ployés dans la caractérisque des genres. Aussi, dans les formules génériques 
qui suivent, ne sera-t-il question que des palpes maxillaires. 

(3) Chez les Clavigéridcs ces palpes ne, sont connus que chez les Claviger, et 
l'unique article dont ils se composent est à peine visible. 

(■1) Quelques dissentiments ont eu lieu parmi les entomologistes au sujet du 

fnbre des articles de ces organes. Ainsi Erichson avait, dans l'origiue (Die 
f. d. Mark Brand. 1, p. 2C3), regardé comme un article le petit appendice ter- 
minal dont il s'agit, d'où résultait que les palpes maxillaires eussent eu cinq 
articles et les labiaux trois. Voyez, a cet. égard, les observations de M. Aube 
(Ann. d. 1. Soc. ont. Sér. 2, II, p. 75). Depuis, Erichson (Arch. 1846, II, p. 99) 
4 reconnu quo M. Aube avait raison, 



160 PsfxAPniENS. 

souvent chez les femelles. L'abdomen s'élargit graduellement en arrière 
et, ilans la grande majorité des espèces, est rebordé latéralement. Tous 
les auteurs ne lui avaient jusqu'ici attribué que cinq segments; mais 
récemment M. J.-L. Le Conte a fait voir qu'il y en a réellement six 
chez lesEui'LECTus (1), exception d'autant plus intéressante que, par ce 
caractère, les espèces de ce genre se rattachent de plus près aux Sta- 
phyliuiens, dont la plupart d'entre elles sont déjà voisines par leur forme 
générale, comme on l'a vu plus haut (2). Chez les Psélaphidcs tous les 
segments abdominaux sont bien distincts en dessus et en dessous ; mais 
chez les Clavigérides les trois premiers de la région dorsale se soudent 
complètement entre eux cl semblent, au premier aspect, constituer à 
eux seuls cette région. 

Les pattes sont assez grandes et assez robustes. Les hanches des trois 
paires sont presque contiguës et affectent autant de formes différentes, 
les antérieures étant cylindricoconiques et assez saillantes , les inter- 
médiaires subglobuleuses et tes postérieures en forme de lames étroites. 
Les cuisses sont en ovoïde allongé ; les jambes simples , rarement en 
triangle allongé, et presque toujours dépourvues d'éperons à leur extré- 
mité. Quant aux tarses, ces organes ont passé longtemps pour n'avoir 
que deux articles ; ily en a en réalité trois, mais dont les deux premiers, 
surtout chez les Clavigérides, sont souvent très-petits. Par suite de la 
conliguilé des hanches des deux premières paires de pattes, le proster- 
num et le mésosternum sont réduits presque à rien entre ces organes. 
Le métathorax est très-grand et assez convexe ; ses parapleurcs me pa- 
raissent simples dans toutes les espèces où je les ai examinées. 

A l'état parfait, les Psélaphicns ont des habitudes analogues à celles 
des Staphylinfens. On les trouve, suivant les espèces, dans les détritus 
des végétaux, sous les vieilles écorces, la mousse, au pied des arbres 
et des roseaux, sous les pierres, dans les fourmilières et autres endroits 
semblables. Ce n'est guère qu'à l'entrée de la nuit qu'ils se mettent en 
mouvement et prennent leur vol, et l'on peut alors se procurer bon 
nombre de leurs espèces en fauchant avec un filet sur les herbes des 
prés. Leur nourriture, sur laquelle on a été quelque temps dans l'incer- 
titude, est décidément animale, et consiste en Acaiius et autres très- 
petits animaux analogues qui fréquentent les mêmes endroits qu'eux. 
Les Clavigf.r font cependant exception à cet égard, ainsi qu'on le verra 
plus loin. 

(1) Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 101. C'est le dernier segment qui semble 
s'être divisé en deux, et, ainsi que le l'ait observer M. .1. Le Conte, la suturo 
de séparation est, en général, indistincte dans la région dorsale, tandis- qu'on^ta 
voit sans peine à la région opposée. Je la trouve plus distincte prés des borW 
latéraux qu'au centre de cette région dans les espèces que j'ai examinées. 

(2) Dans la première édition de son Catalogue, Dejean avait placé la seule 
espèce d'EuPLECTi's qu'il possédait alors parmi Los Sl.ijilivliniens, entre IcsEimïs- 
thetus et les Ahthophagus, sous le nom générique de Stexostuetus. 



MELAPDIBWS. JgJ 

tes premiers états de ces insectes sont encore inconnus. P W J 
Millier (1) a seulement décrit et figuré la dépouille de la nymphe 'du' 
Clavigcr teslaceus qu'il avait trouvée dans une fourmilière. Elle ne pré 
sente de remarquable que deux saillies dont elle est munie à sa partie 
antérieure, et qui sont des fourreaux destinés à loger les antennes de 
l'insecte parfait. 

Les Psclaphiens doivent être répandus dans toutes les parties du globe 
et c'est, sans aucun doute, leur petite taille qui est cause que leurs es- 
pèces exotiques sont si peu nombreuses dans les collections Après 
l'Europe, l'Amérique du Nord est le pays où la famille est le mieux 
représentée. On en a découvert également en Afrique, en Colombie 
a Caycnne, au Brésil, au Chili et dans l'Australie. 

Les anciens auteurs, qui n'ont connu qu'un petit nombre de ces in- 
sectes, les avaient confondus avec les Staphylinds (Linné), les Antuicds 
(Fabncius, Panzer, etc.), et la plupart n'en distinguaient pas les Scvd- 
menides qui suivent (2). Herbst est le premier qui les ait constitués, sous 
le nom de Pselaphos, en un genre propre, auxquels Preyssler et La- 
tre.lle ajoutèrent plus tard ceux de Claviger et de Chennicm. Depuis 
les travaux de Leach (3), Reichenbach (4), Denny (5), Schmidl (6- pour 
ne parler ici que des auteurs spéciaux, ont fait faire des progrès con- 
sidérables à leur élude. Mais c'est surtout M. Aube qui a le plus con- 
tribué à ce résultat par un double travail dans lequel, outre la des- 
cription d'un grand nombre d'espèces nouvelles et l'épuration de la 
synonymie, il a caractérisé les genres mieux qu'on ne l'avait fait avant 
lui en les augmentant de plusieurs nouveaux (7). Depuis, dans un travail 
non moins important sur les espèces des Etats-Unis (8), M. J.-L. Le 

(1) Gormar, Mag. III, p. 108, pi. 2, f. 15 4c. 

(2) Pour l'histoire scientifique de ces insectes, antérieure aux travaux de La 
trciUe, voyez principalement les généralités placées par Reichenbach en têto 
de sa Monographie citée plus bas, et celles qui précèdent la Monographie de» 
SCYDM.EKUS, par P. W. J. Millier et Kunze, dans les Schrift. d. naturf Gesellsch 
iu Leipzig, I, p. 175 sq. 

(3) Zool. Miscell. III, p. 80, et Zool. Journal, II, p. 445. 

(4) Monographia Pselaphorum ; in-8°, Lipsise, 1816. 

(5) Monographia Pselaphidarum et Scydmœnidarum Brilannia;; in-8» Nor- 
wiciïj 1825. 

(6) De Pselaphls Faunîe Pragensis et anatomia Clavigeri. Diss. inaug. in-8" 
mgœ, 1836. Cette dissertation est le début en Entomologie»de M. Schmidt- 
WM>e , 91 souvent cité dans la famille des Carabiques pour son remarquable 
travail sur les Coléoptères du pays des Birmans. 

(7) « Psclaphiorum Monographia cum synonymia extricata, » dans Guérin 
»ag. d. Zool. Ins. 1833, pi. 78-91; et « Révision de la famille des Psélaphiens » 
dans les Ann. d. 1. Soc. entom. Série 2, II, 1844, p. 73 sq. 

(8) «On tlie Pselapnida» of the United States ; » Boston Journ. of nat. Hist. 

'«; P- 04. 

Coléoptères. Tome 11. m 



162 psÉLAPniENS. 

Conte a augmenté de sept le nombre des genres connus, et proposé une 
nouvelle classification de la famille qui me parait préférable à celle de 
M. Aube et que j'ai adoptée en lui faisant subir quelques change- 
ments (»). 

Quant à la place à assigner à ces insectes, personne n'ignore que 
Lalreille et, à son exemple, Dejcan, croyant qu'ils n'ont que deux arti- 
cles aux tarses, en avaient fait, conformément au système tarsal, une 
section à part, celle des Dimcrcs, qu'ils plaçaient à la lin de l'ordre des 
Coléoptères. Les rapports naturels de la famille se trouvaient ainsi com- 
plètement détruits. Ceux qu'elle a avec les Scydménidcs et les Staphy- 
liniens sont aujourd'hui si généralement sentis qu'il serait oiseux d'en- 
trer dans aucune discussion à cet égard. Quant à ceux que ces insectes 
ont avec les Anthicides, à la suite immédiate desquels un des entomo- 
logistes les plus distingués de notre époque* M. L. Rcdlenbacher (3), 
place les Scydménidcs et la famille actuelle, ils ne sauraient également 
être méconnus, mais on est obligé de les sacrifier, les Anthicides ne 
pouvant, ce me semble, élre éloignés du vaste groupe des Ilétéromèrcs 
dont ils font partie. 

La famille se divise en deux tribus très-naturelles : 

I. Antennes do onze, très-rarçment de dix articles. Psélapuidës. 

II. — de six, deux ou un articles. Clavigéiudes. 

(1) M. Aube est parti du nombre des articles des antennes, puis de la struc- 
ture des crochets des tarses, pour classer les genres, sans tenir compte du modo 
d'insertion des premier» do ces organes autrement que comme caractère géné- 
rique. M. I. Lo Conte a pris, au contraire, ce mode d'insertion ponr base de sa 
classification. On obtient ainsi deux séries parallèles dans chacune desquelles se' 
trouvent des genres qui ont aux tarses dtfui «rcelwts égaux ou inégaux, on nn 
seul croebet. D'un autre côté, je ne puis admettre l'opinion de M. .1. Le Conte 
lorsqu'il intercale les Clavigéridcs dans la série des genres à antennes rappro- 
chées à. leur base. Ces insectes constituent manifestement un groupe tout-à-fail 
distinct, et qui doit être placé en dehors des deux séries en questiou. 

(2) Fauna Austriœ ; Die Kaîfer. Voyez tome I, p. XVI, la listo des familles 
admises dans cet ouvrage. On y voit que M. L. Rcdtenbacher termine l'ordre 
des Coléoptères par les Ilétéromèrcs, les Scydméniiios, les Psélaphiens, et, en 
dernier heu, les Staphyliniens. Cet arrangement en vaut un autre, et. je n'ai 
aucune observation à faire a son <Sgard, si ce n'est cependant que par là ce» 
insectes se trouvent trop éloignés des Silphalcs, Historiens, etc., avec lesquels 
ils ont les rapports les plus évidents. 



PSÉLAPniDES. Jg» 

TIIIBU !i 

PSÉLAPHIDES. 

, rtfe ma A xil ' aireS P"" 8 ou ao ™ ««nd., presque toujours de quatre 
arhc es. -Antennes de onze, très-rarement dédit articles - Sez- 

ZmUdar inaUX ,0US di9linC ' S e ° deSSUS ' ~ Té ' e tri8 °" e ou su ^- 

j£ Vi ( ng , l " de . ux « enres 1 ui constituent actuellement cette tribu me 
paraissent devoir être répartis de la manière suivante : 

I. Antennes rapprochées à leur base. 
A Deux crochets égaux aux tarses. 

a Palpes maxillaires de trois articles. 

Le 2" en massue, le 3° ovoïde : Chennium. 
Les deux derniers globuleux : Centrotoma. 
aa Palpes maxillaires do quatre articles. 

Le dernier transversal : Ctenistcs, Ceophyllus, Cedius. 

— ovoïde ou fusiforme : Tmesiphorus, Tyrus, Faronus. 

— sécuriforme : Phamisus. 

B Deux crochets inégaux aux tarses : Metopias. 
G Un seul crochet aux tarses. 

Dernier art. des palpes max. en ovoïde allongé : Pselaphus. 

sécuriforme : Tychus. 

II. Antennes distantes à. leur base. 

D Deux crochets égaux aux tarses : Hamotus. 

— inégaux aux tarses : Batrimis, Trichonyx. 

F Un seul crochet. 

6 Point d'yeux : Amaurops. 

bb Des yeux. 

c Antennes coudées : Rhexins. 

n — droites. 

<t Cinq segments abdominaux. 

Dernier art. des palpes max. ovalaire ou fusiforme : Bryaxis, Eu- 
psenius, Arthmius. 

Dernier art. des palpes max. sécuriforme : Bithynus. 

dd Six segments abdominaux: Euplcctiu. 



1 



faH PSÉLAPH1EN». 

CHENNIUM. 
Utr. G»». Crùst. et Ins. III, p. 77. 

Palpes maxillaires de trois articles: le 1" à peine visible, le 2» très- 
fort en massue arquée, le 3« gros, ovoïde, un peu oblique et portan 
deux petits appendicesmembraneux. - Tête petite, triangulaire ; front 
prolongé en un petit tubercule portant les antennes. - Celles-ci assez 
longues de onze articles lenticulaires, transversaux, subegaux, sauf le 
dernier qui est beaucoup plus grand et ovalaire. - Prothorax obeom- 
aue _ Elylres déprimées. - Abdomen légèrement déprime et étroite- 
ment rebordé. - Pattes assez longues ; cuisses robustes; tarses de trois 
articles ■ le 1" très-petit, les deux suivants subégaux,. le dernier ter- 
miné par deux crochets égaux. - Corps assez allongé, un peu dépr.me 
et pubescenl. 

On ne connaît jusqu'ici qu'une espèce {C. biluberculalum Latr.] I de 
ce genre- c'est un insecte répandu dans la plus grande partie de 1 Eu- 
rope, mais fort rare partout; il vit en société avec les fourmis, et, en 
particulier, avec la Formica cœspitum. 

CENTROTOMA. 
Von Heyden, Stettin. ent. Zeit. 1849, p. 182. 

Palpes maxillaires de trois articles : le 1" arqué, terminé par une 
massue globuleuse, les deux suivants de cette dernière forme; tous (rois 
muni en dehors d'un appendice coriace allongé. - Tête un peu plus 
longue que large, rétrècie à ses deux extrémités ; front prolonge en une 
courte saillie, canaliculée en dessus, élargie en avant et cchancrce a 
son extrémité, portant latéralement les antennes; deux fossettes ar- 
rondies et rapprochées sur le vertex. - Antennes de onze articles ; les 
deux 1°" plus gros que les suivants : 1 court, cylindrique, 2 arrondi, 
déprimé, 3-9 épais, lenticulaires, 10 plus épais, 11 globuleux. - Pro- 
thorax convexe, aussi long que large, rétréci en avant. - Elylres con- 
vexes ainsi que l'abdomen.- Celui-ci fortement reborde sur les côtes. 
— Pattes peu allongées, robustes; tarses de trois articles, termines par 
deux crochets égaux. - Corps assez court, brillant, revêtu de courts 
poils squammiformes. 

M. De Heyden a établi ce genre sur trois exemplaires dune espèce 
(C. lucifuga) trouvée par lui aux environs de Francfort-sur-Mein, dans 
les oids de la Formica cœspilum ; il ne parait pas que, depuis, cet in- 
secte ait été retrouvé nulle part. Comme le dit ce savant entomologiste, 
le genre parait intermédiaire entre les Chekniom et les Ctbmistes. 



melapmdeJ. iW 



CTENISTES. '., ; • 

Reichenb. Monogr. Pselaph. p. 76 (1). 

Palpes maxillaires de quatre articles: le 1" très-petit, le 2« très-long, 
grêle à sa base, renflé à son extrémité en un ovoïde transversal ter- 
miné extérieurement par une pointe aiguë munie d'un petit faisceau de 
soies membraneuses ; les deux suivants formant un ovoïde semblable. 

— Tête subrhomboïdalc; front prolongé en un petit tubercule portant 
les antennes. — Celles-ci allongées, terminées par une longue massue 
graduellement formée: leurs articles variables sous le rapport de la 
forme selon les sexes. — Prolhorax ovoïde ou conico cylindrique. — 
Elylres un peu déprimées. — Abdomen rebordé latéralement. — Pattes 
assez longues ; tarses de trois articles : le l or très-petit, les deux sui- 
vants assez longs, égaux; le dernier terminé par deux crochets égaux. 

— Corps allongé et un peu déprimé. 

Les mâles diffèrent des femelles par la structure de leurs antennes 
et cette structure varie elle-même selon les espèces. Trompés par ces 
différences, et ayant mal examiné les palpes maxillaires, MM. A. Ser- 
ville et Lepcllelicr de Saint-Fargeau, ont adopté le genre Dionvx de 
Dejean, établi sur le mâle (D. Dejcanii) de l'espèce ordinaire d'Europe 
(C. palpalis Reichenb.). Cet insecte est répandu dans la plus grande 
partie de ce continent, mais plus commun dans ses parties méridionales 
que dans les autres; on le trouve ordinairement dans les mousses ou 
les détritus des végétaux. On en connaît six autres espèces, dont une 
de l'Europe australe, les autres de l'Amérique (t). 

CEOPHYLLUS. 
J. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 73. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 2° très-allongé, fusiforme, 
très-grêle à sa base ; le 3° également très-grêle, subitement élargi en 
dehors à son extrémité et un peu concave au bout ; le 4 e transversal, 
égalant la partie élargie du précédent et formant avec elle une massue 
lamelliforme. — Tête allongée, parallèle ; front prolongé en un tuber- 

\l) Syn. Dionyx (Dejean), A. Serv. et Lepel. d. S'-Farg. Encycl. métli. Ins. 
X, p. 221. 

(2) C. Ghilianii, du midi de l'Espagne; œqumoctialis, de Colombie; Aube, 
Revis, loc. cit. p. 98. Le Pselaphus carinatns do Say, rapporté avec doute par 
M. Aube au genre actuel (ibid. p. 100), est un Tmesiphomjs. — Aj. : Esp. de 
l'Amer, boi-, : C. piceus, Zimmermanni, consobrimis, J. Le Conte, Boston 
Journ. or nat. Hist. VI, p. 78; des parties australes des Etats-Unis. — pxilve 
reiis. }. Le Conte, Ann. of tlie Lyc. of New-York, V, p. 214; de Culifornio, 



166 pselAPHIENS. 

cnle très-saillant, muni de chaque côté d'une fossette profonde pour 
l'insertion des antennes. — Celles-ci composées de onze articles glo- 
buleux, sauf le l or qui est un peu pbloqg. — Prptbprax allongé, un peu 
rétréci en avant, légèrement arrondi sur les côtés. — Elytres subdé- 
primées. — Abdomen plane en avant, étroitement rebordé sur les côtés. 
— Pattes longues; jambes antérieures uni-épineuses en dessous; fro- 
rtianters de la même paire munis d'une épine aiguë ; tarses de trois 
articles ; le 2° et le 3° de même longueur ; celui-ci muni de deux cro- 
chets égaux. — Corps rétréci peu à peu en. avant, revêtu d'une pubes- 
cence très-courte. 

M. J. Le Conte regarde ce genre comme représentant les Çhenniuk 
aux Etats-Unis. Il n'en décrit qu'une espèce (C. cinwmomeus) trouvée 
près du lac Michigan, sous l'écorce d'un tilleul. 

CEDIUS. 

3. Le Conte, Boston Journ. of nat. Ilist. VI, r. 74. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 2<» très-long, fortement ar- 
qué, légèrement en massue à son extrémité, le 3° transversalement cu- 
néiforme, aigu au côté interne; le 4° plus grand, ovale, terminé par un 
très-petit appendice. — Tête suballongée, parallèle sur les côtés en 
avant, rétréeic en arrière des yeux, munie sous chacun de ces derniers 
d'une épine aiguë ; front prolongé en un tubercule très-saillant, excavé 
de chaque côté pour l'insertion des antennes. — Celles-ci de onze ar- 
ticles : 1 plus grand que les autres, 2-7 cylindriques, subégaux, 8-11 
croissant graduellement. — Prothorax convexe, pas plus long que 
large, un peu élargi en avant et arrondi sur les côtés.— Elytres assez 
convexes, ainsi que l'abdomen. — Celui-ci rebordé latéralement. — 
Pattes allongées; trochanters et cuisses antérieurs munis d'une lon- 
gue épine; tarses de trois articles; le dernier un peu plus long que 
le 2°, terminé par deux crochets égaux. 

Deux espèces (i) des parties australes des Etats-Unis rentrent dans 
ce genre. 

TMESIPHORUS. 
J. Le Conte, BostonlJourn. of nat. Hist. VI, p. 75. 

Palpes maxillaires allongés, de quatre articles: le 2° long, très-arqué, 
grêle à sa base, médiocrement eu massue au bout, avec un appendice 
srlilorme externe avant son extrémité, le 3° du, double plus long que 
large, fusiforme , avec un appendice semblable dqn$ son milieu, le 4" 

(1) C. ZiegUri, de Pensylvinic ; spinosus, do (a Carolioa du Sud ; J. Lo 
Conte, loc. cit. 



PSÊLAPHIDES. 167 

triangulaire, obliquement éebancré au bout, avec son angle interne plus 
saillant que les autres et terminé par un appendice très-court. — Tête 
triangulaire; front saillant, excavé de chaque côté pour l'insertion des 
antennes. — Celles-ci de onze articles : 1 plus grand que les autres, 
2-8 subégaux, 9-11 graduellement plus grands. — Prothorax à peine 
plus long que large, arrondi ou anguleux sur les côtés en avant. — 
Elylres peu convexes. — Abdomen largement rebordé. — Pattes lon- 
gues ; tarses de trois articles ; le 3° du double plus long que le 2", armé 
de deux crochets subégaux. — Corps un peu allongé, rétréci en avant, 
peu convexe, pubescenl. 

M. J. Le Conte n'en décrit que deux espèces (i) des parties cen- 
trales et australes des Etats-Unis, l'une déjà publiée par Say, l'autre 
nouvelle; on les trouve sous les écorces. 

TYRUS. 

Aube, Monogr. Pselaph. p. 15. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 1 er très-petit, le 2» assez 
long, en massue et arqué, le 3° turbiné, le 4 e un peu plus long, ovoïde 
et muni d'un appendice membraneux. — Tête triangulaire; front pro- 
longé en un petit tubercule portant les antennes. — Celles-ci assez lon- 
gues, terminées par une massue médiocre ; leur 2» article plus long que 
les six suivants, subcylindrique; ceux-ci brièvement obeoniques, le 9° 
et le 10° plus gros et plus longs, moniliformes, le 11" ovalaire. — Pro- 
thorax en ovoïde court. — Elytres un peu déprimées. — Abdomen très- 
légèrement déprimé et rebordé latéralement. — Pattes assez longues; 
le 1 er article des tarses très-petit, les deux suivants plus longs, sub- 
égaux, le dernier terminé par deux crochets égaux. — Corps allongé 
et peu convexe. 

Le Psel. mucronalus de Panzcr (2) est jusqu'ici la seule espèce' qui 
rentre dans ce genre. Il parait propre à l'Allemagne orientale et à la 
Suède où il se trouve sous la mousse , les écorces et les pierres. Le 
maie se distingue de la femelle en ce que les trochanters de ses pattes 
intermédiaires sont prolongés en une épine très-aiguë. 

(1) Vselaphm cnrinalus, Say, Journ. of the Acad. of Niilad. IV, p. 79 
(Ctenistvs? carinatus Aube). — costulis, J. Lo Conto, loc. cit. p. 77. 

(2) Faun. Ins. Gcrman. fasc. 89, f. 11. — M. J. Le Conto (Boston Journ. of 
liât. Ilist. VI, p. 80) a rapporté au genre actuel, sous le nom de T. compar, un 
insecte des Etats-Unis, qui, selon M. Schaum (Wicgm. Arcli. 1S01, II, p. 179), 
est le même que lo Humains iwmcrulis do M. Aube. 



168 J>SKI.APHIE"(S. 

FARONUS. 

Abbé, Ann. d. I. Soc. ent. Série 2, II, p. 157. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le t" très-petit, le 2« allongé 
et en massue, le 3 e assez petit et triangulaire , le 4« médiocre, ovoïde 
et terminé par un petit appendice membraneux. — Tête en triangle 
obtus, munie de deux tubercules frontaux pour l'insertion des antennes. 
— Celles ci monililbrmes, presque insensiblement renflées de la base à 
leur extrémité. — Elylres déprimées. — Abdomen déprimé et large- 
ment rebordé. — Pattes assez longues ; les deux I e " articles des tarses 
très-petits, le 3° beaucoup plus long que tous deux réunis et terminé 
par deux crochets égaux. — Corps allongé et déprimé. 

Par sa forme générale ce genre ressemble, à ce que dit M. Aube, 
aux EcPLEcrus qui terminent la tribu actuelle. Il ne comprend qu'une 
espèce (i) fort rare, découverte en France, aux environs de Chinon, 
par M. De Laferté Sénecterre. M. J. Le Conte en a décrit deux au- 
tres (s) de l'Amérique du Nord, mais qui, peut-être, ne doivent pas en 
faire partie. 

PHAMISUS. 

Aube, Ann. d. I. Soc. ent. Série 2, II, p. 94. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 1" très-petit, le 2» allongé 
et en massue, le 3 e très-petit et triangulaire, le 4« médiocrement long, 
sécuriforme et terminé par un petit appendice membraneux à peine 
visible. — Tête triangulaire; front prolongé en un petit tubercule por- 
tant les antennes. — Celles-ci moniliformes , un peu renflées à leur 
extrémité, avec le dernier article de la longueur des deux précédents 

(1) F . Lafertei, Aube loc. cit. Depuis, M. Aube en a donné une figure dan» 
les Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, VIII, pi. 11, f. 5. Cette figure diffère, quant 
à l'insertion des antennes, de ce que porte le texte, lequel, du reste, n'est pas 
suffisamment explicite à cet égard. Les tubercules frontaux mentionnés dans 
ce dernier semblent indiquer des antennes rapprochées a leur base, tandis que 
dans la figure en question elles sont insérées à la partie antérieure du front et 
assez fortement écartées. D'après cela, la place du genre reste douteuse; il 
devra être placé près des Hamotus, si les antennes soni réellement distantes. 

(2) F. Tolulœ, Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 109; de Géorgie. — Isa- 
bellœ, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 215 ; de Californie. — Ces deux 
espèces, d'après la diagnose que donne M. Le Conte du genre Fabonus, pré- 
sentent tous les caractères génériques essentiels indiqués dans le texte, mais 
leur abdomen se compose de six segments, comme celui des Edplectus. Si ce 
caractère existe dans l'espèce décrite par M. Aube, son genre Fabonus et celui 
de M. J, Le Conte sont certainement identiques. 



MÉLAPHIDBS. 169 

et pyramidal. — Prothorax cordiformc. — Elylres très-déprimées et 
très-courles. — Abdomen déprimé et très-largement rebordé. — Pattes 
assez longues ; tarses de trois articles : le l" très-petit, le 2" très-long, 
le 3 e de moitié plus court et terminé par deux crochets égaux. — Corps 
allongé, déprimé et pubescent. 

M. Aube ne rapporte à ce genre qu'une espèce de Colombie qu'il 
pomme P, Reichenbachii, 

METOPIAS. 
Gory, îtag. d. Zool. Ins. 1832, pi. 42. (1). 

Palpes maxillaires très-longs, de quatre articles : le i« très-petit, le 
2» très- allongé, un peu arqué et légèrement en massue à son extrémité, 
le 3" plus court, subcylindrique, le 4« très-grand, fusiforme, un peu 
dilalé en dedans et terminé par un très-petit appendice membraneux. 
— Tête en triangle court; front prolongé en une assez forte saillie, 
portant les antennes à son extrémité. — Celles-ci très-longues , cou- 
dées, de onze articles : 1 formant plus du tiers de leur longueur : 2-3 al- 
longés, subcylindriques, 4-7 de même forme, plus courts, 9-10 submo- 
niliformes, 11 grand, ovalaire , échancré en dehors. — Prothorax 
cordiforme. — Elytres assez longues. — Abdomen non rebordé latéra- 
lement. — Pattes très-longues ; crochets des tarses inégaux. 

Un» seule espèce (M. curculionoides Gory) découverte autrefois 
par moi, à Cayenne, où j'en ai pris seulement deux exemplaires au vol 
dans les bois, compose ce genre. C'est le plus grand des Psélaphient 
connus, sa longueur étant de près de deux lignes. 

PSELAPHUS. 
Herbst, Die Kœfer IV, p. 106. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 1" assez long, filiforme et 
un peu arqué, le 2» plus long, un peu rende à son extrémité, le 3e trian- 
gulaire, très-petit, le 4 e presque aussi grand que les trois précédents 
réunis, en massue ovoïde allongée, Irès-grèle à sa base et terminé par 
un petit appendice membraneux. — Télé ayant le front prolongé en un 
petit tubercule portant les antennes. — Celles-ci allongées, terminées en 
massue, de onze articles : 1 un peu allongé, 2 plus court, 3-8 courts, 
subé.gaux, 9-10 beaucoup plus grands, 11 le plus grand de tous, ova- 
laire. — Prolhorax ovoïde, toujours plus long que large. — Elylres un 
peu déprimées. — Abdomen court; son 1" segment beaucoup plus 
grand que les suivants réunis. — Pattes assez longues; tarses de trois 

(1) Syn. Marnas, De Casteln. Et. ent. p. 137. 



170 rsi':i.ArniEWS. 

articles : le 1" très-petit, le 2» très-long, le 3» un peu plus court, ter- 
miné par un seul crochet. — Corps allongé et un peu déprimé. 

Ce genre qui, dans l'origine, comprenait toutes les espèces de la fa- 
mille , se trouve aujourd'hui réduit à un petit nombre , dont deux, sou- 
vent décrites (Heisei, dresdensis), sont répandues dans toute l'Europe, 
et se trouvent plus particulièrement dans les prés humides et les marais 
au pied des arbres. Les autres sont de la même partie du globe, asiati- 
ques et américaines (î). 

TYCHUS. 
Leach, Zool. Miscett. III, p. 84. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le I e ' très-petit, le 2 e très- 
allongé et en massue, le 3" très-petit, sécuriforme, le 4 e très-large, sé- 
curiforme aussi, terminé par un petit appendice membraneux. — Télé 
triangulaire ; front prolongé en un petit tubercule portant les antennes. 

— Celles-ci assez longues, de onze articles : 1 assez long, 8-7 très-courts, 
rooniliformes, 8-9 plus grands et plus gros, 10 en bouton ovalaire. — 
Prothorax rétréci en arrière, étranglé en avant, élargi sur les côtés. — 
Elytres assez convexes. — • Abdomen rebordé; son 1 er segment de 
longueur normale. — Pattes assez longues; tarses de trois articles ; le 
1<t très-petit, les deux suivants subègaux, le dernier terminé par un 
seul crochet. — Corps court, assez convexe. 

Les mâles se distinguent des femelles par le S" article de leurs an- 
tennes qui est dilaté et les trochanters de leurs pattes intermédiaires , 
terminés en pointe aiguë : cependant le premier de ces caractères man- 
que quelquefois. L'espèce typique (T. niger) est assez commune dans 
toute l'Europe et vit dans les prés humides. On en connaît trois autres 
également européennes («), et quatre de l'Amérique du Nord (3). 

(1) P. acuminatus, Motsch. Mcm. d. 1. Soc. d. nat. d. Mosc. IV, p. 314, 
et Aube, Revis, loo. cit. p. 102; de la Géorgie. M. de Motschoulsky (Bull. 
Moso. 1845, n» 1, p. 43) indurae, sans la dôcriro, une autre espèco qu'il nomme 
fcmcasicus. — Aj. : É»p. d'Europo 1 P. longipalpis, Kiesonw. Stettin. ent. 
Zeit. 1850, p. 222, et Ann. d. 1. Soc. ent. Sôr. 2, IX, p. 401 ; des Pyrénées or. 

— Esp. des Etats-Unis : P. longiclavus, JSrkhsoniij, l. Lo Conto, Boston Journ. 
o( nat. Hist. VI, p. 81. — Esp. du Chili : P. cwstaneus, cosmopterus, valdi- 
viensis, Blancli. in Gay, Hist. d. Cliilc, Zool. V, p. 536; il est douteux que ces 
espèces soient de vrais Pselaphus, ce genre étant pris ici, par M. Blanchard, 
dans son ancienne acception. 

(2) T. ibericus Motsch., castaneus, tuberculatus. Voyez Aube, Revis, loc. 
cit. p. 123. 

(3) T. longipalpis, minor, J. Lo Conte, Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 82; 
le premier de la Caroline, le second de la Géorgie. — puberulus, tenellus, 1. Le 
Conte, Ann. of thoLyc. of New- York, V, p. 214; do la Californie. 



fsélaphideS. 171 

HAMOTUS. 
Auinî, Ann. d. I. Soc. ent. Série 2, H, p. 91. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le l or très-petit, le 2» très- 
allongé et en massue, le 3 e très-petit et triangulaire, le 4 e presque aussi 
long que le 2° et terminé par un petit appendice membraneux. — Tête 
triangulaire, ayant de chaque côté du front une petite cavité pour l'in- 
sertion des antennes. — Celles-ci composées de onze articles, monili- 
formes et un peu renQées à leur extrémité. — Prothorax ovoïde. — 
Elytres un peu déprimées. — Abdomen rebordé latéralement. — 
Pattes assez longues; tarses de trois articles : le t or assez petit, le 
2° deux fois plus long, le 3° terminé par deux crochets égaux. — Corps 
allongé et peu convexe. 

Le mode d'insertion des antennes n'est pas assez clairement indiqué 
dans celte diagnosc empruntée à M. Aube ; cependant, d'après l'absence 
de tubercules sur le front, tubercules qui existent toujours, quand elles 
sont rapprochées à leqr base, fl est plus que probable que ces organes 
sont distants. Ces insectes ont beaucoup de ressemblance avec les 
Tvbds, sous le rapport du facics, et ceux de leurs mâles qui sont con- 
nus, ont, comme le Tyrus mucronalus, les trochanters de leurs pattes 
intermédiaires épineux. Le genre se compose de trois espèces améri- 
caines (i). 

BATRISU8. 

Adbé, Monogr. Pselaph. p. ¥o (2). 

Palpes maxillaires de quatre articles : le l or trçs-petit, à peine dis- 
tinct (■>), le 2° très-long, un peu rcnDé à son extrémité, le 3° petit, sub- 
triangulaire, le 4" fusiforme, terminé par un petit appendice membra- 
neux. — Tète subglobulcuse, ou presque carrép, munie de chaque Côté 
d'une fossette pour l'insertion des antennes; le bord supérieur de celte 
fossette, formant souvent une saillie. — Antennes assez longues, gros- 
sissant à leur extrémité, de onze articles brièvement obeoniques ou 
moniliformes : le 10° souvent plus gros que les autres, le 11° grand, de 

(1) H. lateritius, Bryaxoides, do Colombie; humerulis, des Etats-Unis; 
Aube, toc. cit. Le Tyrus compar do M. J. Lo Conte correspond à. ce dernier, 
comme on l'a vu plus haut, p. 167, note 2. 

(2) Syn. Bryaxis, Denny, Pselaph. p. 41. — Temnodeiu, Hope, Trans. of the 
ent. Soc. II, p. 52; genre établi sur une espèce renfermée dans du succin et im- 
parfaitement formulé par M. Hope, qui no lui assigne pas d'autres caractères 
que ceux qui sont propres aux Psélaphiens en général. M. Aube ne rapporte 
cette espèce qu'avec doute au genre actuel. 

(3) Le B. Delaporti fait exception à cet égard. 



172 psKLAPHiEirs. 

forme variable. — Prolhorax trapézoïde, eo général sillonné longiludi- 
nalement en dessus. — Pattes longues ; cuisses renflées ; jambes posté- 
rieures tantôt munies d'un éperon terminal, tantôt inermes; tarses de 
trois articles, le 1er très petit, les deux suivants subégaux; le dernier 
armé de deux crochets inégaux. — Corps allongé et convexe. 

Ce genre est de toute la famille le plus riche en espèces, et répandu 
dans la plupart des régions du globe ; dans l'état actuel de nos connais- 
sances, elles sont surtout nombreuses dans l'Amérique du Nord (1). Les 
deux sexes se distinguent chez la plupart d'entre elles, en ce que les 
mâles ont à la base interne du dernier article de leurs antennes, une petite 
dent qui manque chez les femelles. En Europe, ces insectes vivent en 
société avec plusieurs espèces de fourmis; aux Etals-Unis, ils se parta- 
gent sous ce rapport en deux catégories, à ce que nous apprend M. J. 
Le Conte ; les espèces des Etats du Nord se rencontrent rarement loin 
des fourmilières, tandis que celles des Etats du Sud vivent sous les 
écorecs. 

TRICHONYX. 
De Cbaob. Bull. d. Mosc. 1845, 2, p. 164, 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 1er très-petit, le 2 8 allongé, 
arqué, le 3 e très-petit, subglobuleux, le 4" médiocre, fusiforme, ter- 
miné par un petit appendice membraneux. — Tète en triangle obtus, 
munie de chaque côté d'une fossette pour l'insertion des antennes. — 
Celles-ci médiocres, de onze articles : 1 plus long que les autres, 2-3 
obeoniques, 4-8 petits, moniliformes , 9-10 renflés, subsphériques , 
11 très grand, ovalaire. — Prothorax plus long que large, rétréci en 
avant et en arrière, renflé sur ses bords latéraux en avant. — Elytres 
déprimées. — Abdomen en ovale allongé, assez convexe, rebordé laté- 
ralement. — Pattes assez longues; le dernier article des tarses muni de 
deux crochets très-inégaux, l'interne très-petit, presque séliforme. — 
Corps allongé et déprimé. 

M. De Chaudoir a établi ce genre sur le Pselaphus sulcicollis de 
Reichenbach , que M. Aube a rapporté au genre Ecplectos, dont il a 
en effet la physionomie, mais qui ne peut en faire partie, ayant les 

(1) M. Aube en énumère 12 dans sa Révision de la famille (loc. cit. p. 81), 
savoir : B. formicarius, Delaporti, vemistus, oculahis, d'Europe ; thoracicus, 
du Caucase (douteuse quant au genre) ; Dregei, du Cap ; albionicus, riparius, 
lineatocollis , Srhaumii, de l'Amérique du Nord; Germari, du Brésil; aus- 
Iralis , de la Tasmanie. — Aj. : Esp. européenne : B. exsculptw, Hampe, 
Stettln. cnt. Zeit. 1850, p. 357. — Esp. du Caucase , B. Ruprechli, Kolenati, 
Melet. ent. III, p. 31. — Esp. des Etats-Unis : h. Ionœ, armiger, monstrosus, 
ferox, cristatus, confiniSj frontalis, punctatus, scabrkeps, nigricans, striatus, 
globosvs, spretus, bistriatus, J. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 94. 



PSI r.Al'IIIIPE*. 173* 

tarses munis de deux crochets inégaux, comme dans le genre précé- 
dent. Outre ce caractère, cet insecte a les antennes un peu plus lon- 
gues que les Euplbctus, avec leurs articles 9-10 plus spbériques, et 
l'abdomen moins parallèle et plus ovalaire (l). 

AMAUROPS. 
L. Fairm. Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 2. X, p. 74. 

Palpes assez courts, simples; leur dernier article grand, fusiforme 
et pointu. — Tête grande, en triangle arrondi en avant, avec deux tu- 
bercules antérieurs, prolongés en carènes postérieurement et portant 
les antennes (2). — Celles-ci écartées, allongées, de onze articles : le 
l or un peu plus gros que les autres; ceux-ci subégaux, sauf le dernier 
qui égale les deux précédents réunis. — Yeux nuls; un tubercule assez 
aigu presque à la place de chacun d'eux. — Prothorax allongé, rétréci 
à ses deux extrémités. — Elytres recouvrant presque la moitié de 
l'abdomen. — Celui-ci non rebordé latéralement , triangulaire en ar- 
rière. — Pattes assez longues; cuisses renflées dans leur milieu; les 
intermédiaires échancrées et munies de trois épines en dessous; 
jambes un peu arquées; tarses de deux articles : le 1 er plus long que le 
2«; celui-ci muni d'un seul crochet très -petit. — Corps allongé, pu- 
bescent. 

Ces caractères sont empruntés à M. L. Fairmairc, qui pense que le 
genre fait le passage de la tribu actuelle aux Clavigeii, par suite de 
l'absence des yeux, en ajoutant que son faciès le rapproche davantage 
des Batiusus. Il me parait que la ressemblance avec ces derniers s'é- 
tend plus loin et que c'est à leur suite, en tcle des genres qui n'ont 
qu'un seul crochet aux tarses, qu'il doit être placé. Il ne comprend 
qu'une espèce {A. Aubei) de Sicile. 

(1) M. Schaum (Stcttin. ent. Zeit. 1846, p. 353) pense que YEuplectus Mœr- 
klini de M. Aube (Revis, loc. cit. p. 142) appartient aussi à ce genre. 

Suivant cet auteur également., le Bryaxis sulcicollis de M. Curtis (Brit. Ent. 
VII, n» 315), que M. Aube rapporte au Pselaphus sulcicollis de Rcicheubach, 
correspondrait à YEuplectus Mœrklini, et, dès lors, appartiendrait au genr» 
actuel. 

(2) Dans la figure (loc. cit. pi. III, f. 3) que M. L. Fairmaire donne de l'es- 
pèce, ces organes sont séparés par toute la largeur de la partie antérioure du 
front. Si cotte figure est peu exacte, et que les antennes soient rapprochées, 
le genre devrait être reporté à la suite des Tïcuus. 



174 PSÉLAPUIENS. 

RHEX1US. 
1. Le Conte, Boston Jauni, of nai. UM. VI, p. 10Î. 

Palpes maxillaires assez courts, de quatre articles : le pénultième 
transversal, le dernier ovalaire, aigu au bout, aussi long que les précé- 
dents réunis. — Tête courte, pentagonalc, tronquée à sa base. — An- 
tennes distantes , insérées sur les bords du front , brisées , de onze 
articles : 1 allongé, 2 aussi gros que lui, 3-8 très-petits, transversaux, 
serrés, 9-10 plus gros, transversaux, 11 grand, presque globuleux, 
obliquement subtronquè en dessous. — Prothorax transversal , aussi 
large que la tête, un peu rétréci à sa base, anguleux sur les côtés, ca- 
naliculé en dessus, avec deux grandes fossettes à sa base. — Elytrcs 
parallèles, à peine deux fois aussi larges que le prothorax. — Abdo- 
men convexe ; ses bords latéraux tranchants, à peine relevés ; ses deux 
premiers segments subégaux. — Pattes médiocres ; les trochanlers an- 
térieurs saillants; les articles 2-3 des tarses égaux, le dernier muni 
d'un seul crochet. — Corps assez allongé, convexe, très-pubescent. 

Par ses antennes brisées, ce genre représente dans la section actuelle 
des espèces à antennes distantes, les Mktopias de la section où ces or- 
ganes sont rapprochés à leur base. Il ne comprend qu'une espèce 
(/{. insculptus) des environs de la Nouvelle-Orléans. 

BRYAXIS. 

Leacii, Zuul. Miscell. III, p. 85. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le l or très-petit, le 2» assez 
long et un peu en massue, le 3° petit, subglobuleux et anguleux en de- 
dans, le 4 e ovalaire ou fusiforme, terminé par un petit appendice mem- 
braneux. — Tête triangulaire, ayant en avant, de chaque côté, une 
petite fossette destinée à l'insertion des antennes. — Celles-ci assez 
longues, de onze ou dix articles, terminées en massue allongée ; leurs 
articles intermédiaires de forme variable, souvent moniliformes. — 
Prothôràx plus ou moins rétréci en arrière, dilaté latéralement soit en 
avant, soit dans son milieu. — Elylres convexes. — Abdomen rebordé 
latéralement, de longueur variable ; son l«r segment en général très- 
grand. — Pattes longues ; tarses de trois articles : le l»r très-petit, les 
deux autres allongés, subégaux ; le dernier terminé par un Seul cro- 
chet. — Corps médiocrement allongé, convexe. 

Les différences sexuelles sont très-prononcées chez ces insectes et 
portent sur un grand nombre de parties variables selon les espèces, 
telles que les antennes, la poitrine, l'abdomen, les trochanters des 
pattes postérieures qui prennent parfois des formes singulières chez les 



rSÉLAPHIDES. J75 

mâles. Jusque dans ces derniers temps toutes les espèces connues 
avaient onze articles aux antennes, comme les autres Psélaphides; mais 
récemment M. J. Le Conte en a publié quelques-unes de l'Amérique 
du Nord qui n'en ont que dix à ces organes, en conservant tous les 
autres caractères du genre, qui doit dès lors se partager en deux sec- 
tions (i). 

Ces insectes sont assez nombreux et ont un habitat très-étendu, 
comme on peut le voir par les espèces citées en note. Leurs habïtudei 
sont variées comme celles des Pselapuus. 

EUPSEN1US. 
J. Le Conte, Boston Journ. ofnat. llist. VI, p. 90. 

Palpes maxillaires assez courts, de quatre articles ; le dernier presque 
aussi long que les précédents réunis, ovalairc. — Tête creusée de deux 
grandes fossettes entre les yeux. — Antennes insérées sur les eûtes du 
bord antérieur du front, distantes, de onze articles : 3-8 très-petits, 
9-10 fortement transversaux, formant avec le dernier une massue 
ovale, subaiguë au bout, égalant en longueur le reste de l'organe. — 
Prothorax à peine plus large que la tète, subcordiforme. — Elytres 
convexes. — Abdomen eonvexe, un peu déprimé à sa base, déclive en 
arrière, étroitement rebordé; son ter segment égalant presque les sui- 
vants réunis. — Pattes assez courtes ; cuisses fortement en massue ; 
tarses de trois articles : le 2° et le 3° égaux ; celui-ci terminé pat Un 
seul crochet. —Corps très-glabre, très-lisse et brillant. 

M. J. Le Conte n'en décrit qu'une espèce (J?. glaber) de la Caroline 
du Sud, et dont le faciès, à ce qu'il dit, est presque le même que celai 

des linv.\ vis. 

(1) Antennes Je onze articles : M. Àubé on mentionne 24 espèces dans sa 
Révision de la famille, loc. cit. p. 104 : B. Sanguinea, fossulata, tibialis, xan- 
thopterttj hœmoptcra, Lefebvrei, Uclfcri, Schupellii, hœmntica, juncoruni, 
Chevrierii, impressa, antennata, d'Europe ; heterocera, de l'Algérie ; opuntiœ, 
de l'Europe australe et d'Algérie; fmxato, du Caucase; dentata, tomentosa, 
rubkunda, des Etats-Unis; ruàra, Goryi, LebnsU, UevicoUis, de Colombie; 
eueera, d. Puerto-Rico. — Aj. : B. emarginata, Fœrster, Vcrbandl. d. naturh. 
Ver. d. Pretiss. Khoinl. VIII, p. 39; selon M. Schaum (WJégft. Arch. 1850, II, 
p. 171), ce n'est probablement, qu'urne variété du B. hœmophra niàlc. — M. De 
Chamloir (Bull. Mosc. 1843, n° 2, p. 179) a décrit avec doute, comme étant te 
B. hœmoptera, uno espèce que M. Schaum (Stcttin. ent. Zeit. 1846, p. 355> 
penso ctro distincte. — Esp. do l'Amérique bor. : B. albionica, Motsch. Bull. 
Mosc. 1845, I, p. 43 ; de l'Orégon. — conjuncta, veluiina, luniger, puncti- 
collis, propinqna, J. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 85 ; des di- 
verses parties des Etats-Unis, compar, subtili.s, foveata, J. Le Conte, Ann. of 
the Lyc. of New-York. V, p. 215; de Californie. 

Anteimes de dw articles : Ê. abnormiSj longula, formiceti, J. Le Coûte, 
Boston Journ. loc. cit. p. 89; des Etats-Unis. 



176 PSÉLAPMENS. 

ÀRTHMIUS. 
i. Le Conte, Boston Journ. ofnat. Bist. VI, p. 91. 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 3 8 petit, le 4° allongé, fusi- 
forme. — Tête subtriangulaire. — Antennes médiocrement distantes, 
assez longues, insérées dans deux fossettes du bord antérieur du front, 
de onze articles : 2-3 décroissant graduellement, 5-7 plus longs, égaux, 
8-10 grossissant successivement, 11 ovale, acuminé au bout, presque 
aussi long que les trois précédents réunis. — Prolhorax globuleux, pas 
plus grand que la tète. — Elylres convexes, ainsi que l'abdomen. — 
Celui-ci non rebordé latéralement. — Tarses terminés par un seul cro- 
chet. — Corps médiocrement allongé, convexe, légèrement pubescent. 

Suivant M. Le Conte, l'unique espèce (A. globicollis) de ce genre 
se rapproche des Batriscs par son abdomen non rebordé latéralement; 
mais son faciès est plus voisin de celui des Bryaxis. Elle se trouve dans 
la Géorgie et la Pensylvanie. 

BYTHINUS. 
Le*ch, Zool. Miscell. III, p. 82 (1). 

Palpes maxillaires de quatre articles : le 1 er très-petit, le 2" très-long 
et en massue, le 3° petit et un peu triangulaire, le 4 e très-grand, sécu- 
riforme, terminé par un petit appendice membraneux. — Télé triangu- 
laire, munie de chaque côté du front d'une petite cavité pour l'insertion 
des antennes. — Celles-ci distantes, médiocres, de onze articles : 1-2 
plus grands que les suivants, 3-7 moniliformes, 8-9 plus gros, transver- 
saux , 10-11 formant un bouton ovalaire. — Prolhorax convexe, rétréci 
en avant et à sa base, renflé sur les côtés, avec une petite strie transver- 
sale près de sa base. — Elylres convexes et ponctuées. — Abdomen 
court, un peu rebordé latéralement. — Pattes assez longues; tarses de 
trois articles : le I e '' très-pelit, les deux suivants longs, subégaux, le 
dernier muni d'un seul crochet. — Corps peu allongé et convexe. 

Les caractères sexuels portent principalement sur les antennes, sauf 
dans un petit nombre de cas où ces organes sont semblables dans les 
deux sexes, et ont leurs deux 1 ers articles plus grands que les autres; 
les mâles ont tantôt le 1 er , tantôt le 2° plus gros que les suivants, et 
dilatés d'une manière variable selon les espèces. C'est d'après ces diffé- 
rences que Leach de ce genre en avait fait trois sous les noms de 
BunvMDS, Arcopagcs et Ku.n/.ea. Les auteurs modernes ne les regar- 

(1) Syn. Arcopagus, Leach, Zool. Miscell. III, p. 83. — Komzea, Leach, Zool. 
Journ. II, p. 4*8. 



PSÉLAPIHDES. J77 

dent aujourd'hui, et avec raison, que comme propres à grouper les 
espèces. Aux variations sexuelles ci-dessus il faut encore ajouter que 
les mâles sont ailés et les femelles aptères; il est très-rare (C. nigri- 
pennit) que chez les premiers les ailes ne soient pas assez développées 
pour pouvoir remplir leurs fonctions. 

Ces insectes se trouvent le plus ordinairement dans les détritus des 
végétaux, le bois pourri et sous les écorces. Les espèces connues sont 
toutes d'Europe et des parties voisines de l'Asie : elles s'élèvent en ce 
moment à une vingtaine (1). 

EUPLECTUS. 
Leach, Zool. Miscetl. III, p. 80 (2). 

Palpes maxillaires médiocres, de quatre articles : le 2e un peu allongé 
en massue, le 3° subglobuleux, le 4° ovalaire, renflé et aigu au bout' 
parfois coupé un peu obliquement. — Tête liigone, assez courte. — An- 
tennes insérées sous un rebord de chaque coté du front, distantes, mé- 
diocres, parfois courtes, de onze articles : 1 gros, 2 plus gréle, cylin- 
drique, 9-10 transversaux, 11 plus ou moins grand, brièvement ovalaire 

— Prothorax au moins aussi long que large, un peu rétréci en arrière. 

— Elytres élargies en arrière ou parallèles. - Abdomen rebordé 
latéralement, composé de six segments ; les deux derniers rarement 
distincts en dessus; les quatre 1«'« d'égale longueur. - Pattes assez 
longues; 1" article des tarses très petit, les deux suivants égaux ou 
subégaux, le dernier muni d'un seul crochet assez long. — Corps de 
forme variable, tantôt assez court et assez convexe, tantôt linéaire et 
déprimé. 9 

La présence de six segments à l'abdomen dislingue essentiellement 
ce genre de tous ceux de la famille. Je crois avec M. J.-L. Le Conte (f) 
que les Tmmium de M. Aube n'en sont pas suffisamment distincts et 
doivent y rentrer à titre de simple section. Le genre comprendrait ainsi 
deux divisions caractérisées de la manière suivante , mais entre les- 
quelles il existe des passages. 

(1) Voyez Aube, Revis, loc. cit. : B. clavicornis, nigrkeps, V unc(icoUis, v <v 
Mus, mgripenms, crussicornis, femoratus, bulbifer, Curlisii, nodicornis 
nwriger, BurMii, vnckornis. - Aj. : B. Chaudoiri, distinctes , Chaud' 
Bull. Mosc. 1845, part. 2, p. 173 et 177. Suivant M. Scl.aum (Stcttin. cnt. Zcit" 
184b, p. 351), le premier serait identique avec le B. crassicomis^Lubù, et lo 
second peut être une espèce distincte, très-voisine du securtegf: — longvlus 
mensonii, muscorum, Kiesenw. in Kùster, Die Kœf. Europ. XVI, 98-100 — 
Mulsmihi, Kiesenw. Stcttin. eut. Zcit. 1850, p. 222. 

J l l Sjn - TtllMlUM > Aub ^ Monogr. Pselaph. p. 14. _ Sïekostmios, Dej. Cat. 
éd. 1, p. 25. ' J 

(3) Boston Journ. of nat. Hist. VI, p, 104. 

Cvtcopières. Tome II. 1: > 



178 psÉLApniEKS. 

TniMiDM. Corps médiocrement allongé, assez convexe, voisin sous le 
rapport de la forme de celui des Batmscs. Dernier article des palpes 
maxillaires plus ou moins oblique : celui des antennes très-gros ; articles 
2-3 des tarses un peu inégaux. Celte section rattache le genre à la 
plupart de ceux qui précèdent (i). 

Ecplectcs. Corps allongé, linéaire et déprimé. Dernier article des 
palpes maxillaires régulièrement ovalaire ; celui des antennes médiocre; 
articles 2-3 des tarses égaux. Par leur forme générale les espèces font 
le passage avec les Oxytélides de la famille des Brachélytrcs, ainsi 
qu'on l'a vu plus haut dans les généralités de la famille (a). 

Le genre est assez riche en espèces et répandu en Europe et dans 
l'Amérique du Nord : celles du premier de ces pays paraissent vivre 
exclusivement dans les détritus végétaux. 

TRIBU II. 

CLAVIGÉRIDES. 

Palpes radimentaires. — Antennes au plus de six articles. — Les 
trois premiers segments dorsaux de l'abdomen confondus ensemble. — 
Télé allongée , subquadrangulaire. 

Quelques auteurs récents d'un grand poids, notamment MM. Schaum 

(1) Le type est le Pselaphus brevicornis de Reichenbach. M. Aube en a dé- 
crit une seconde espèce du midi de la France : T. hiocephalum, Mon. Psel. 
p. 60. — Aj. : Esp. européennes : T. brevipettne, De Chaud. Bull. Mosc. 1815, 
2, p. 172. — caucasicum, Kolenati, Melet. ent. III, p. 31. — SeloJW. Schaum 
(Stettin. ent. Zeit. 1846, p. 354) , VEuplectus Schmidtii Maafkel (Germai-, Zeitschr. 
p. 259), que M. Aube a également placé parmi les Euplectus, appartiendrait 
au groupe actuel. — Esp. de l'Amer, du Nord : Eupl globifer, dubius, par- 
vulus, J. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 107. 

(2) M. Aube en énumèro 17 dans son dernier travail sur la famille , mais 
il faut en retrancher, comme on l'a vu plus haut, le sulcicollis et le Mœrkelii, 
qui sont des Trichonyx, et le Schmidtii, qui appartient à la section précédente. 
Celles qui restent, après cette déduction, appartiennent toutes à l'Europe, sa- 
voir : E. Kunzei Aub., Erichsoni Aub., Fischeri Aub., Duponti Aub., st- 
</naru*Relchenb., sanguineus Hcer, Karstenii Reichcnb., Spinolw Aub., nanus 
Aub., piceus Motsch., ambiguus Reichcnb., minutissimus Aub., bicolor Heer, 
Revis, loc. cit. p. 142. — Aj. : Esp. européennes : E. gracilis, nigricans, la- 
tivenlris, Bfe Chaud. Bull. Mosc. 1845, 2, p. 107. Suivant M. Schaum (Stettin. 
ent. Zeit. 1846, p. 353), le premier est établi sur de petits exemplaires du 
Karstenii; le second est une variété du sanguineus, et le dernier est iden- 
dentique avec le Trimium Schmidtii. — fennicus, Mseklin, Bull. Mosc. 1845, 
H, p. 550 ; identique avec le bicolor, selon M. Sohaum, loc. cit. p. 358. — Esp. do 
l'Amer, du Nord : E. linearis, confluens, interruptus, difficilis, pumilus, 
arcuatus, canaliculatus, i. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. XOi; 



CLAVIGKWDEJ. 179 

et L. Redtenbacher, font de ce groupe une famille à part, et, si l'on 
n'a égard qu'aux organes buccaux, on ne peut nier que cette opinion 
ne soit suffisamment justifiée. En effet, quelques-uns de ces organes 
différent beaucoup de ceux des Psélaphides, du moins chez les Clavigeb, 
le seul des trois genres de la tribu où ils soient bien connus. Ainsi la 
languette, présente en avant, y compris ses paraglosses, quatre lobes 
arrondis et longuement ciliés (i); les palpes maxillaires ne se composent 
que d'un sçul article coudé à angle droit et muni de deux appendices 
membraneux; les labiaux d'un article globuleux terminé par une soie 
rigide, enfin les mandibules sont très-courtes, presque droites sur leur 
bord interne et fendues à leur extrémité. A quoi l'on peut ajouter la 
tête dont la forme s'éloigne beaucoup de celle qu'elle affecte dans la 
tribu précédente. 

Ces différences sont sans doute importantes, mais il n'y en a pas 
d'autres, et pour tout le reste ces insectes sont construits exactement 
sur le même plan que les Psélaphides. Or, il y a dans le règne animal 
tant d'exemples d'organes importants qui s'atrophient et disparaissent 
même entièrement sans que pour cela les espèces chez qui cet état de 
choses existe cessent d'appartenir à un groupe où ces mêmes organes 
ont acquis tout leur développement (2), que je ne puis voir ici qu'un 
fait du même genre. Les Clavigèridcssont, si l'on veut, des Psélaphides 
aberrants, mais qui n'ont, à mon avis, aucun litre à former une famille 
spéciale. 

Ces insectes se répartissent dans les trois genres suivants dont la 
distribution géographique est remarquable, l'un étant propre à l'Europe, 
le second aux Etats-Unis, le dernier à l'Australie. 

I. Point d'yeux. 

Antennes de six articles : Claviger. 
— de deux — Âdranes. 

II. Des yeux ; antennes de un article : Articerus. 

(1) Voyez H. M. Schmidt, de Pselaph. Faun. Pragens. Tab. I, f. 5, et L. Red- 
tenbacher, Faun. Austr. Die Ka:f. p. 647, note 1. La figure qu'en donne M. Aube 
(Ann. d. 1. Soc. eut. Série % pi. III, f. 12), est assez exacte, quant à la forma 
générale, mais il n'a pas vu les lobes en question. 

(2) Pour en citer un exemple entre mille, quoi de plus indissolublement lié 
en apparence à l'idée typique que nous nous faisons d'un Vertébré, que l'exis- 
tence du cerveau et de la tête? Et cependant l'un et l'autre manquent au Dran- 
ehiosioma, que personne, malgré cela, ne sooge aujourd'hui à retirer de la 
classo des Poissons. 



180 PSK1.APU1BNS 

CLAVIGER. 

Pretssl. Verzeiclm. Bœhmisch. Insekt. p. 68(1). 

Palpes très-petits, d'un seul article : les maxillaires terminés par deux 
petits appendices membraneux ; les labiaux par une longue soie de même 
nature. — Tèle allongée, subquadrangulaire, un peu rétrécic en ar- 
rière, comme tronquée en avant, munie de chaque côté antérieurement 
d'une fossette pour l'insertion des antennes. — Celles-ci plus ou moins 
robusles, cylindriques, de six articles : le t° r très-petit, à peine distinct, 
le dernier grand, tronqué au bout, les autres de forme variable, trans- 
versaux (teslaccus) ou allongés, surtout le 2» (longicornis). — Point 
d'yeux. — Prothorax subcylindrique, un peu déprimé, légèrement ré- 
tréci en arrière. — Elylrcs fortement élargies en arrière; leur angle 
postérieur externe formant un repli garni de poils. — Abdomen forte- 
ment et largement fovéolé à sa base en dessus ; ses trois 1 e " arceaux 
dorsaux soudés ensemble sans trace de suture, les ventraux distincts. 
Pa'.les assez longues et assez robustes ; les cuisses et les jambes mu- 
nies en dessous d'une petite épine chez les mules; tarses de trois articles: 
les deux 1 ers très-courts, le 3"-' très-long, terminé par un seul crochet. 
— Corps atténué en avant, assez épais. 

On connaît trois espèces de ce genre remarquable, dont deux (a) sont 
répandues dans toute l'Europe, maisasstîz rares partout; la troisième (s) 
a clé découverte dans le Caucase. Toutes trois vivent exclusivement 
dans les nids de plusieurs espèces de petites fourmis (ru/Vi, fusca, 
flava). P. W. J. Mùller (4) a publié sur la plus commune d'entre elles. 
le teslaccus, une notice très-inlcrcssantc de laquelle il résulte que les 
fourmis, non-seulement vivent en paix avec ces petits insectes, mai» 
encore les nourrissent et en retirent, à leur tour, une substance produite 
par eux, et qu'elles recherchent avec avidité, substance sécrétée dans 
les points où sont situés les faisceaux de poils des élytres. 

(1) Syn. Clavifeu, De Casteln. Ilist. nat. d. Ins. I, p. 206; genre établi sur 
le C- longicornis ; l'auteur réserve le nom de Clavigeu au teslaccus. 

(2) C. testacem Preyssl. (foveolatus P. W. J. Millier). — longicornis P. W. J. 
Jluller. 

(3) C. colchidicuSj Motsch. Mém. d. 1. Soc. d. Natur. d. Moscou, V, pi. 16, 
f. A. Depuis, M. de Motschoulsky (Bull. Mosc. 1845, I, p. 46) a signalé, sans 
les décrire, deux autres espèces (bimaculatus , ibericus) du Caucase également. 

(4) Dans Germai-, Mag. III, p. 69. M. Brullé eu a donné une traduction com- 
plète dans son Ilist. uat. d. lus. VI, p. 37. 



CLAVIGÊMDE*. . .1 181 

ADRANES. 
3. Le Conte, Boston Journ. ofnat. Hist. VI, p. 83-' 

Tête étroite, excavée de chaque côté en avant pour l'insertion dei 
antennes; front légèrement saillant; un petit tubercule latéral saillant 
sur l'emplacement des yeux. — Antennes très-rapprochées , de deux 
articles ; le 2° très-long et tronqué au bout. — Prolhorax du double 
plus large que la tôte, pas plus large que long, subitement anguleux sur 
les côtés avant son milieu, avec une très-grande fossette à sa base en 
dessus. — Elytres fortement élargies en arrière , avec leur angle 
apical externe arrondi. — Abdomen rebordé latéralement; ses trois 
1 ers arceaux dorsaux n'en formant qu'un seul largement excavé à sa 
base, avec un petit mamelon jaunâtre et pubescent, sur chacun des 
bords de l'excavation; les cinq arceaux ventraux distincts. — Pattes 
inermes; tarses paraissant composés d'un seul article. — Corps dé- 
primé, fortement atténué en avant. 

Genre établi par M. J. L. Le Conte, à qui ces caractères sont em- 
pruntés , sur un exemplaire unique, découvert dans un nid de fourmis, 
au sommet du mont Jonas, dans la Géorgie, aux Etats-Unis. Les parties 
de la bouche étant invisibles sans dissection, M. J. Le Conte n'a pu les 
examiner. Le nombre des articles des antennes distingue essentielle- 
ment ce genre des Claviger , qu'il représente manifestement dans 
l'Amérique du Nord. L'espèce a reçu de M. Le Conte, le nom de A. 
cœcus. 

ARTICERUS. 

Dalman, Om Ins. innés i Copal. p. 23. 

Dalman a établi ce genre sur un exemplaire renfermé dans du copal 
et dont il a donné une description détaillée, suspecte néanmoins à cer- 
tains égards, par suite des conditions dans lesquelles il avait observé cet 
insecte. Depuis, M. Hope, sans revenir sur les caractères du genre, en a 
publié une espèce, découverte dans l'Australie, avec une ligure accompa- 
gnée de nombreux détails et duc au crayon savant et exact de M. West- 
wood (i). En comparant ces figures avec la descriplion et les figures 
de Dalman, on voit qu'il y a le plus parfait accord entre les unes elles 
autres, sauf pour un très-petit nombre de points sur lesquels il peut 
encore rester quelque incertitude. En combinant ces matériaux , les 
caractères du genre peuvent se formuler de la manière suivante : 

(1) M. Hope ,i publié cette espèce, qu'il nomme A. Foilnttmi, d'abord dans 
les Aun. of nat. Hist. XI, p. 319, puis dans les Trans. of tlie ont. Soc. of Lond. 
IV, p. 100, pi. \HI, f. 1 a-i; il a eu les deux sexes à sa disposition, ainsi que 
cela ressort des figures qu'il donne des pattes. 



182 rjv.LArniESï. 

Tête allongée, subcylindrique, obtuse à son extrémité, munie de 
chaque côté en avant d'une excavation pour l'insertion des antennes. 
— Celles-ci assez longue» et assez robustes, composées d'un seul article 
subcylindrique, atténué et très-grêle à sa base, tronqué au bout. — . 
Des yeux petits et globuleux. — Prothorax plus long que large, pa- 
rallèle sur les cotés. — Elytres planes, de forme variable (i). — 
Abdomen subparallèle, rebordé latéralement, composé d'un seul seg- 
ment en dessus, avec une interruption de chaque côté, au milieu du 
rebord latéral (|)| ses cinq segments visibles en dessous. — Pattes 
assez robustes; cuisses en massue; jambes élargies à leur extrémité; 
tarses d'un ou deux articles, terminés par un seul crochet. — Corps at- 
ténué en avant, assez épais (3). 

Dalman a nommé armuius , l'espèce observée par lui ; celle publiée 
par M- Ilope, avait été découverte dans une fourmilière. Les habitudes 
sont par conséquent complètement identiques dans les trois genres qui 
composent la tribu. 

(t) Elles sont fortement élargies en arrière, comme chez les CLAVïoin, dans 
Vespèoe de Dalman. et subparallèles dans celle de M. Hope. 

(2) Dalman ne parle pas do cette interruption dans son texte, mais sa figure 
la représente do la maniera la plus distincte ; dans l'espèce de l'Australie (loc. 
eit. t. 1 fe), elle est accompagnée, au cité interne, d'une petite touffe de poils. 

(3) Dans l'exemplaire do Dalman, qui était sans aucun doute un mâle, les 
«Hisses intermédiaires portaient en dessous deux dents placées à la suite l'une 
de l'autre et séparées par une échancrurc ; une petite dent médiane se voyait 
en outre au côté interne des jambes de la même paire. Dans le Forhmmi, 
outre que les pattes sont plus longues chez le mâle que chez la femelle, les 
jambes antérieures sont armées de deux dents placées transversalement, et les 
intermédiaires d'une seule dans le premier de ces sexes ; il n'y en a pas chez 
les femelles. Quant aux tarses, Dalman n'avait pu y distinguer qu'un seul ar- 
ticle; dans les figures de ceux du Fortmimi, on voit, i la base de celui qui 
porte le crochet, un petit nœud qui correspond probablement aux deux 1«» ar- 
ticles, lesquels seraient très-courts, comme chez les Claviger. 



FAMILLE IX. 



SCYDMÉNIDES. 



Languette petite , cornée , bilobée oa cchancrée ; ses paragtosses 
libres à leur extrémité et allongées. — Palpes maxillaires très-longs, de 
quatre articles, dont le dernier très-petit, conique ou aciculaire; les la- 
biaux courts, de deux ou trois articles; leurs supports très-grands, 
dépassant le menton et soudés ensemble. — Deux lobes aux mâchoires, 
ciliés et inermes. — Antennes de onze articles, le plus souvent gros- 
sissant peu à peu et en partie moniliformes. — Elytres recouvrant l'ab- 
domen. — » Celui-ci composé de six segments. — Pattes longues ; toutes 
les hanches coniques et saillantes; les postérieures très-écartées entre 
elles ; tarses de cinq articles ; crochets simples. — Corps aptère. 

La ressemblance entre cette famille et la précédente, est portée assez 
loin pour qu'au premier coup d'œil, on puisse dire de ces insectes, que 
ce sont des Psélaphiens dont les élytres ont acquis une longueur nor- 
male. Mais un examen plus attentif révèle un grand nombre de diffé- 
rences, dont les plus importantes sont le nombre des segments abdomi- 
naux qui est ici constamment de six, et la forme conique, ainsi que 
l'écartcment des hanches postérieures; puis, en seconde ligne, le nom- 
bre des articles des tarses et l'insertion des antennes qui a lieu (Cne- 
vbolatia et Bratoiiuis exceptés) sur le front, au bord interne des 
yeux. Pour la plupart des autres organes, ce serait répéter ce qui a été 
dit précédemment de ceux des Psélaphiens, que de les passer en revue 
avec détails. 

J'ajouterai seulement à ce peu de mots, que les yeux des Scydmé- 
mides sont toujours fortement granulés et paraissent même composés 
de stemmates agrégés ; que leurs pattes sont d'autant plus écartées à 
leur base, qu'elles sont plus postérieures, sauf les antérieures qui-sont 
conliguës ; que leur mésosternum, large et plane, est en général caréné 



184 SCYDMÉNIDHS. 

sur la ligne médiane, enGn que leurs parapleures métathoraciques sont 
appcndiculées. 

Les espèces typiques de la famille, c'est-à-dire les ScYDMiBNUs et les 
genres qu'on en a détachés, descendent encore, pour la plupart, au- 
dessous de la taille des Psélaphiens. Sauf la faculté du vol dont ils sont 
privés, leurs habitudes, leurs stations et leur régime sont les mêmes que 
ceux de ces derniers; seulement il y a peut-être un plus grand nombre 
d'entre eux qui sont myrmécophiles (1). Leurs métamorphoses sont en- 
core eomplèlement inconnues. 

Latreille (2) a le premier érigé ces insectes en une famille propre, 
sous le nom de Palpeurs, destiné à exprimer la longueur de leurs 
palpes maxillaires. Avant lui, on les confondait avec les Psélaphiens et 
par conséquent aussi, avec les mêmes genres que ces derniers, tels que 
les Antiiicus, Notoxds, etc. Récemment enoare, M. Brullé (s) les a 
compris dans celte famille. Aujourd'hui ils sont aussi bien connus que 
les Psélaphiens, grâce aux travaux de P. W.'j. Millier et Kunze (4), 
Denny («), Slurm (g), Erichson (7), mais surtout de M. Schflum (s). En 
dernier lieu , M. Schiœdte (o) a discuté et mieux établi leurs caractères 
de famille, et M. J. L. Le Conte (io) adonné une liste descriptive des 
espèces de l'Amérique du Nord. 

La famille ne comprend guères que 90 espèces, réparties dans les 
sept genres suivants : 

I. Dernier article des palpes maxillaires très-petit. 
A 1 er article des antennes médiocre. 

Antennes insérées sous la partie antérieure du front : Chevrolatia. 

(1) Voyez Hasrkel in Germar, Zeitschr. V, p. 242. 

(2) Hist. nat. d. Ins. IX, p. 186. Latreille a conservé cette famille dans tous 
«es ouvrages subséquents. 

(3) Hist. nat. d. Ins. VI, p. 23. 

(4) « Monographie der Ameisenkaefer » dans les Abhandl. der nat. Gcsellsch. 
xu Leipzig, I, p. 175. » 

(5) Monographia Pselaphidarum et Scydmaenidarum Britanniœ. In-8". Nor- 
wich, 1825. 

(6) Deutschl. Insekt. Bd. XIII. 

(7) Die Kcefer der Mark Brand. I, p. 252. 

(8) « Symbolae ad monographiam Scydmœnorum, » dans ses Analecta ento- 
mologica (in-8°, Halse, 1841), p. 1 ; avec un supplément dans Germar, Zeitschr. 
V, p. 459. 

(9) « Spécimen Fauna; subterraneœ, » dans les Mém. d. 1. Soc. roy. d. Se. 
du Danem. Série V, Hist. nat. et Mathém. II ; traduit en anglais dans les Trans. 
of the ent. Soc. 2J Ser. I, p. 134. 

(Kl) « Synopsis of tlic Scydmcnida: of the United States. » Proceed. of the 
Acad. of Philad. 18D2, p. 149. 



scydmënides. 185 

Antennes insérées au bord interne des yeux : ScydnUBnui, Eutheia, C— 
phennium. 
B 1" article des antennes très-long : Clidkus, Mastigus. 
1. Dernier art. des palpes max. plus long que le 3 e : Brathinus, 

CHEVROLATIA. 

Jacq.uel.-B'uval, Ann. d. I. Soc. ent. Série 2, 1850, p. 45. 

Palpes labiaux très-courts, de deux articles; le 3 e des maxillaires 
glohoso-ovale, le dernier a peine visible. — Tête en ovale allongé, 
graduellement rétrécie en arrière, avec son col enfoncé dans le pro- 
thorax. — Antennes insérées tout-à-fait à son extrémité, sous un faible 
rebord du front , presque contigués à leur base , assez robustes , gros- 
sissant peu à peu à leur extrémité, à articles 1 cylindrique, allongé, 
2-10 moniliformcs, 11 acuminé au bout. — Yeux ovales, assez saillants. 
— Prothorax allongé, légèrement rétréci en avant, quadrifovéolè à sa 
base. — Ecusson nul. — Elylres oblongo-ovales, un peu plus courtes 
que l'abdomen, isolément arrondies et légèrement déhiscentes à leur 
extrémité. — Pattes des Scydm«ncs. — 1 er segment abdominal aussi 
grand que les trois suivants réunis, qui sont égaux entre eux, le der- 
nier grand, arrondi à son extrémité. — Mésosternum et mélaslernum 
carénés. 

Genre remarquable, encore plus rapproché des Psélaphiens que les 
Scv dm .îiisus, par suite du mode d'insertion des antennes, et qui, d'après 
cela, doit être placé en tête de la famille actuelle. L'unique espèce qui 
le compose, rappelle en même temps par son faciès lesTvcans, et a 
reçu de M. Jacquelin-Duval , le nom de C. insignis (1); elle a été 
trouvée dans le midi de la France. Presque au même moment, mais ce- 
pendant un peu plus tard, à ce que je crois, M. Hampe (2) la décrivait 
sous le nom de Scydmœnus Holzcri. 

SCYDJLENUS. 
Latr. Cen. Crust. et Ins. I, p. 281 (3) 

Menton transversal, légèrement tridenté en avant. — Languette ré- 
trécie à sa base, bilobée à son extrémité. — Palpes labiaux très-courts, 
de trois articles, le l 6r à peine distinct; les maxillaires allongés, leur 

(1) Loc. cit. pl.I,n»IIIabc. 

(2) Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 352. 

(3) Syn. Pselaphus, Herbst, Paykull, Illiger. — Antmcds Fab. — Notoxbs, 
Fab., Hossi. — Lïtta Marsham. — EuMicnus, De Casteln. Hist. nat. d. Ins. 
I, p. 209. 



186 SCVDMÉNIDES. 

1" article très-petit, le 2" allongé, grêle et un peu arqué, le 3° aussi 

long, renfle, en rône renversé, le 4° Irès-petit, subulé ou conique 

Mandibules courtes, souvent élargies à la base, arquées, terminées par 
une pointe arquée très-aiguë, quelquefois précédée d'une dent au côté 
interne. — Labre très-court, arrondi aux angles. — Tête subglobuleuse 
ou triangulo-ovalaire, tantôt munie d'un col brusquement formé en 
arrière, tantôt reçue dans le prothorax. — Yeux petits, peu convexes. 
— Antennes assez longues, grossissant peu à peu* à leur extrémité ou 
ayant celle-ci terminée par une massue de trois, quatre ou cinq articles ; 
les autres submoniliformes, sauf les deux premiers. — Prothorax de 
forme variable, un peu plus étroit que les élytres. — Celles-ci soudées, 
ovalaires ou oblongues. — Pattes longues, simples; tarses cylindriques, 
les antérieurs parfois un peu élargis chez les mâles, le 1 er et le 5° arti- 
cles plus longs que les autres. — Mésosternum plus ou moins caréné. — 
Corps ovalairc, un peu rétréci en avant, souvent pubescent. 

Ce genre comprend plus des trois quarts des espèces de la famille. 
Comme on peut le voir'dans la formule générique qui précède, la plu- 
part de ses caractères présentent des modifications de la nature de 
celles qu'on rencontre dans les groupes les plus naturels, et qui sont 
insuffisantes comme caractères génériques, mais très-utiles pour classer 
les espèces. M. Schaum s'en est servi pour les répartir en deux sec- 
tions sous-divisées en plusieurs races. 

La première, qui est la plus nombreuse, comprend les espèces dont 
le dernier article des palpes maxillaires est bien distinct, grêle, acicu- 
laire, en un mot très-voisin de celui des Bembidiuu de la famille des 
Carabiques (i). 

(1) Cette section comprend quatre races caractérisées de la manière suivante 
dans le supplément (Gormar, Zeitschr. V, p. 465) que M. Schaum a donné à ses 
Analecta entomologica. Je me bornerai à indiquer les types de la plupart 
d'entre elles. 

I. Col de la têto engagé dans le prothorax. Mésosternum faiblement caréné. 
Antennes grossissant peu à peu à leur extrémité. 

Race 1. Prothorax cordiforme. Mandibules fortement arquées, crénelées en 
dedans près de leur sommet. 2" article des palpes labiaux un peu plus long 
que le 1" : S. Godarli Latr., scutellarls M. et K., llelferi Schaum., collaris 
M. et K., pusillus M. et K., etc., tous d'Europe ; perforatus Sch., des Etats- 
Unis. 

Race 2. Prothorax presque carré, non arrondi sur les côtés. Mandibules ter- 
minées par une pointe courte. 2° article des palpes labiaux beaucoup plus long 
que les autres : S. angulatus M. et K., elongatulus M. etK., rubicundus Sch., 
helvolus Sch.; d'Europe. 

H. Tête dégagée du prothorax. Mésosternum fortement caréné. Pointe ter- 
minale des mandibules munie d'une dent a sa base. 2 e article des palpes la- 
biaux très-long. « 

iîace 3. Elytres do la largeur du prothorax i leur base. Celui-ci subcordl- 



SCYDMÉHTIDES. 187 

Dans la seconde, qui correspond au genre Ecmiciics de M. De Cas- 
tclnau, cet article est très-petit, peu visible, conique, et sa base égale 
presque en largeur le sommet de l'article précédent (i). 

forme. Les quatre derniers articles des antennes visiblement plus grands quo 
les autres : S. KunS6i Gêné, pubicollis M. et K-> oblongus Sturm, styriacus 
Sch.; d'Europe. 

Race 4. Elytrcs plus larges que le prothorax. Celui-ci quadrangulaire, sou- 
vent rétréci en avant. Les quatre, cinq ou trois derniers articles des antennes 
plus grands que les autres. C'est le groupe le plus riche en espèces, et dans le 
nombre quelques-unes sont exotiques ; parmi les européennes figurent les sui- 
vantes : S. Motschoulskii Sturm, denticornis M. et K., rutilipennis M. et K., 
hirticollis Gyllh., claviger M.etK., etc. 

Depuis les travaux de M. Schaum, les espèces suivantes appartenant à la 
section actuelle ont été décrites : Esp. européennes : S. Mœklini, Mann. Bull. 
Mosc. 1844, p. 193. — tuberculatus, propinquus, vicinus, minutus, parallelus, 
flmetarius, minimus, Chaud, ibid. 1845, n» 3, p. 183. Suivant M. Schaum 
(Stettin. ont. Zeit. 1846, p. 355), de ces sept espèces, deux seulement, le mi- 
nutas et le parallelus, sont nouvelles. — cordicollis, Schiœdtei, Lœwii, Ferrarii, 
tritomus, Kiescnw. Ann. d. 1. Soc. eut. Sér. 2, IX, p. 397. — Esp. de l'Algérie : 
S. Schaumii, anguslatus, Lucas, Explor. de. l'Alger. Eut. p. 132. — Esp. de 
Natal : S. lunghornis, Bohem. Ins. Caflrar. I, p. 528. — Esp. de l'Amer, du 
Nord : S. morio, cribrorius, spafsus, angustus, J. Le Conte, Proceed. ofthe 
Acad. of Philad. 1852, p. 151 ; les deux premiers des parties atlantiques des 
Etats-Unis, les deux autres de Californie. 

(1) A ce caractère il faut ajouter les suivants, qui souffrent cependant quel- 
ques exceptions pour ce qui concerne le prothorax et les antennes : Tête dé- 
gagée du prothorax. Pointe terminale des mandibules très-aiiiuc et bidentée 
à sa base. 2° article des palpes labiaux très -long. Les trois l" s articles des 
antennes grossissant brusquement. Prothorax subovalaire ou subglobuleux. Mé- 
sosternum fortement caréné. M. Schaum divise ce groupe en deux races : 

Race 1. Tarses antérieurs dilatés, surtout chez les maies : S. larsatus M. et 
K., d'Europe; vulpinus Sch., d'Arabie; rubens, brunneus, af/inis, cognatus 
Sch., de Colombie. 

Race 2. Tarses simples : S. anlidotus Germ., Hellwigii , rufus M. et K., 
d'Europe; Zimmermanni, Sch., des Etats-Unis. 

Cette section, pauvrement représentée en Europe, est au contraire plus nom- 
breuse que la précédente en Amérique. M. J. Le Conto (loc. cit.) en a décrit 
récemment près de vingt espèces nouvelles dos Etats-Unis et de Californie : S. 
Schanmii, flavitarsis, fossiger, capillosidus, basalis, hirtellus, analis,rasus, 
obscurellus, clavalus, consobrinus, bicolor, salinaior, fatum, misellus, gra- 
vidus, fulvus, gracilis. On n'en a pas publié d'autres, à ma connaissance. 

On ne peut tenir aucun compte de quelques espèces (quadricollis, califor- 
niens, tauricus, conicirollis, agilis, longicollis) indiquées plutôt que décrites 
par M. de Motschoulsky dans le Bull. Mosc. 1845, I, p. 47. 

M. Schaum, outre ses travaux cités plus haut, a publié (Stettin. cnt. Zeit. 
1844, p. 83) des remarques intéressantes sur la synonymie des espèces du Cata- 
logue de Dejean, puis (ibid. 1848, p. 43) sur quelques-unes de celles décrites 
par lesauteurs anglais. 



188 SCYDMKiriDES, 

Le nombre des Scydmjbriis décrits s'élève en ce moment à près de 
80, dont les quatre cinquièmes environ appartiennent à l'Europe et à 
l'Amérique du Nord, 

EUTHEIA. 
Steph. Itt. ofBrit. Ent. m, p. 115. 

Premier article des palpes labiaux de la longueur des deux suivant» 
réunis, le 2 e très-court, le 3° un peu plus long que lui ; le dernier des 
maxillaires court, subglobuleux. — Lobes des mâchoires parfois (trun- 
catella) terminés par un petit crochet. — Mandibules fortement élargies 
à leur base, puis subitement recourbées presque à angle droit et pro- 
longées en une pointe très-aiguë, munie d'une dent à sa base. — Tète 
sans col en arrière, engagée dans le prothorax. — Antennes terminées 
par une massue de trois articles. — Prothorax presque carré, de la lar- 
geur des élytres. — Celles-ci un peu tronquées à leur extrémité. — 
Mésoslernum faiblement caréné. 

Pour le surplus, ce genre ne diffère pas des Scydmjenos. Les carac- 
tères que lui avait assignés Slcphcns, ne reposaient que sur des parti- 
cularités d'importance secondaire, et c'est à RI. Schaum qu'on doit 
d'avoir fait connaître les véritables (i).II se compose de deux espèces 
fort répandues en Europe (2). 

CEPHENNIUM. 
P. W. J. Moller, Abhandl. d. nat. Ges. s. Leipx. I, p. 188 (3). 

Languette transversale, de la largeur du menton, à peine échancrée. 

— 2 e article des palpes labiaux plus court que le 1" et le 3°; celui-ci 
en forme d'alêne, le dernier des maxillaires très-petit, subglobuleux. 

— Mandibules courtes, larges à leur base ; leur pointe terminale petite, 
échancrée au bout. — Télé et antennes des Eutheia. — Prothorax 
ample, un peu rétréci à sa base, plus large en avant que les élytres. — 
Celles-ci entières et arrondies à leur extrémité. — Mésostcrnum forte- 
ment caréné. 

(1) Germar, Zeitschr. V, p. 462. 

(2) E. truncatelta, abbreviatella Er.; figurés tous deux p.lr Sturm, Deutschl. 
Ins. XIII, pi. 264, f. a A et 6B. La secoude est identique avec VEutheia scyd- 
menoides de Stephens, loc. cit. pi. XVIH, f. 2 ; ce dernier nom a la priorité. — 
M. de Motschoulsky a décrit, mais imparfaitement, une troisième espèce de la 
Russie mér. *ous le nom de E. flavipes ; voyez Bull. Mosc. 1845, 1, p. 50. 

(3) Syn. Megaladeris, Steph. 111. ofBrit. Ent. V, Append. p. 428. — Mi- 
crodema, De Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p. 209. — Tittosojia AVesmael 
(inédit). 



SCYDMÉRIDES. 18fl 

Genre établi sur le Scydmœnus Ihoracicus des auteurs, séparé des 
Scydmjîisos par plusieurs d'entre eux, mais dont les caractères n'ont été 
suffisamment mis en lumière que par M. Schaum, en même temps que 
ceux du genre précèdent. Il en existe cinq autres espèces d'Europe, des 
régions caucasiennes et de l'Amérique du Nord (1). 

CLIDICUS. 
De Casteln. Ami. d. I. Soc. ent. I, p. 397 (2). 

Genre peu connu, et que M. De Castcinau formule ainsi : 
Antennes insérées entre les yeux, de onze articles : le 1 er très-long, 
le 2 e assez petit, les suivants presque coniques et égaux entre eux. — 
Palpes maxillaires très-longs; le pénultième inCundibuliforme, èchancré, 
recevant le dernier; celui-ci conique et pointu. — Tarses Gliformcs, à 
articles à peu près égaux. — Tète presque triangulaire. — Yeux très- 
pclils, placés sur de gros tubercules. — Corselet très-convexe. — Pattes 
très-longues, surtout les postérieures. — Cuisses un peu renflées à l'ex- 
trémité. 

Si ces caractères sont exacts, ce genre est réellement intermédiaire 
entre les Scydm^encs et les Mastigus qui suivent. Il est établi sur un 
insecte de Java (C. grandis) long de plus de trois lignes , d'un brun- 
rougeûlre et un peu velu. 

MASTIGUS. 
(Ilug.) Latr. Gen. Crust. et Ins. 1, p. 280 (3). 

Menton très-court, largement et légèrement èchancré, ses lobes la- 
téraux obtus et surmontés d'une petite dent. — Languette membra- 
neuse, évasée et légèrement échancrée, soudée avec ses paraglosses ; 
celles-ci allongées. — Palpes labiaux courts, robustes, à 1 er article très- 
court, obeonique, 2° grand, subglobulcux, 3° très-petit, conique et aigu; 
les maxillaires très-allongés, à 1" article très-court, 2° Irès-Iong, en 
massue arquée, 3° plus court, en cône renversé, 4° aussi grand, plus 

(1) Scydm. luticollis, minutissimus, Aube, Ann. d. 1. Soc. ent. XI, p. 233; 
d'Europe. — C. Kicscnwetterij Aube, ibid. Série 3, I, Bull. p. IX. — Megal. 
perixpiinctus, Kolenati, Melct. ent. III, p. 32; du Caucase. — corporosum, 
y Le Conte, Procced. of the Acad. of Philad. 1852, p. 150; des environs de 
New-York. 

(2) Voyei en outre ses Etud. ent. p. 130, et son Hist. uat. d. Col. I, p. 209. 

(3) Illiger passe pour le créateur de ce genre, mais il n'a fait en réalité que 
lui imposer le nom qu'il porto ; Latreille est le premier qui eu ait exposé les 
caractères. — Syn. Ptinus, Fab. Syst. El. i, p. 327. — Notoxus, Thunbcrg, 
Nov. Ins. Spec. III, p. 220. 



190 SCYDMBNIDES. 

gros et ovalaire. — . Mandibules un peu saillantes, droites, puis arquées 
et fissiles à leur extrémité ; les deux divisions aiguës. — Labre trans- 
versal, un peu évasé et échancré en avant. — Tète presque carrée, 
brusquement rélrécie en un col court postérieurement. — Antennes 
grêles, très^longucs, grossissant faiblement à leur extrémité, à l or arti- 
cle très-grand, en massue, 2° de même forme, plus court, un peu arqué; 
les suivants obeoniques, subégaux , le dernier ovalaire. — Prothorax 
allongé, convexe, un peu comprimé en arrière. — Elytres soudées, en 
ovale plus ou moins allongé. — Pattes grêles, très-longues; tarses 
longs, cylindriques , à l or article un peu plus grand que les suivants ; 
ceux-ci subégaux. 

Genre de grande taille pour cette famille et dont les espèces sont 
toutes d'un noir plus ou moins plombé et finement pubescentes. A en 
juger par l'espèce typique (M. palpalis), les mâles diffèrent des fe- 
melles par leurs èlytres notablement plus allongées et plus aiguës au 
bout, et leur dernier segment abdominal conique cl échancré. Au pre- 
mier coup-d'œil , ces inscclcs ressemblent beaucoup à des fourmis, 
M. Klug en a publié une monographie comprenant six espèces; on en 
connaît cinq autres (1). La distribution géographique de ces insectes est 
très-étendue, car deux habitent la Péninsule ibérique, huit l'Afrique 
australe, et une les iles Sandwich. 

Leurs habitudes sont peu connues, et, d'après ce qu'a dit M. Waltl (î) 
de celles du M. palpalis, l'espèce la plus commune, elles sembleraient 
s'éloigner peu de celles des autres Scydmênides. Cet insecte vit dans 
l'herbe au pied des murs , et s'y réunit en sociétés, dont les individus 
sont parfois entassés les uns sur les autres , comme le sont les abeilles 
dans leurs essaims. 

BRATHINUS. 

1. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. 1852, p. 156. 

Menton transversal. — Languette èchancrée. — Palpes labiaux mé- 
diocres, de trois articles, le 3° un peu plus long que les autres; les 
maxillaires allongés et grêles, à articles 1 court, 2 long, légèrement co- 

(1) Klug, Ent. Monogr. p. 163. Ces espèces sont : M. palpalis Hoffm., pro- 
longatus Gory, d'Espagne et (1(3 Portugal ; Nvt. de.uslus, flavus Thunb., Masl. 
gklbratuSj fusais Kl., du Cap. — Aj. : Esp. de Natal : M. cafl'ei; pilienrnis, 
longi/ornis, bifuveolatus, Bohem. Ins. Catl'rar. I, p. 5Ï3. —Esp. des'ilo» 
Sandwich : Ptinus spinicornis, Fab. loc. cit. ; figuré dans Olivier, Ent. III, 
n° 17, p. 10, pi. 1, f. 5. D'après cette ligure, l'espèce aurait toutes les cuisses 
terminées par deux épines, et les quatre jambes postérieures par une, carac- 
tères étrangers aux deux espèces européennes, les seules que j'aie vues. Peut- 
être doit-elle former un genre à part. 

(2) Reise uach Spanicn, II, p. 47. 



SCYDMÉNIDES. 191 

nique, 3 de moitié plus court, cylindrique, h un peu plus long que le 2e 
et subfusiformc. — Mandibules aiguës au bout. — Labre transversal, 
membraneux en avant, avec son bord antérieur largement échancré. — 
Tête ovale, légèrement étranglée en arrière, concave sur le front entre 
les antennes. — Yeux médiocrement saillants. — Antennes insérées 
sous les bords du front, de la longueur des deux tiers du corps, pres- 
que filiformes; leur 2° article un peu plus court que les suivants ; ceux-ci 
égaux. — Prothorax ovale, convexe, pas plus large que la tête, rétréci 
en arrière et tronqué à ses deux extrémités. — Elytres amples , non 
soudées, convexes, dilatées peu à peu de leur base aux deux tiers de 
leur longueur , puis largement arrondies à leur extrémité. — Pattes 
très-longues et grêles; cuisses nullement en massue; tarses courts; les 
quatre 1 er » articles des antérieurs et des intermédiaires bien distincts, 
presque égaux ; les mêmes aux postérieurs graduellement plus courts, 
presque confondus entre eux. 

Je ne suis pas sûr que ce genre appartienne réellement à la famille 
actuelle; peut-être devrait-il prendre place dans la tribu des Lcptodé- 
rides placée en tête de la famille suivante ; toutefois il y serait aussi 
mal placé qu'ici sous le rapport du dernier article des palpes maxil- 
laires, qui est aussi étranger à la tribu en question qu'aux Scydménides. 
En tout état de choses, c'est une forme nouvelle, extrêmement intéres- 
sante, et que M. J. L. Le Conte regarde comme représentant les Mas- 
tic ds dans l'Amérique du Nord. Il en décrit deux espèces, l'une (m- 
lidus) de la Nouvelle-Ecosse, l'autre (varicornis) des environs d'Ulique. 
Cette dernière avait été trouvée à la racine de quelques plantes crois- 
sant près des eaux. Ces insectes sont de la taille des Mastigus, glabres 
et très-brillants; cependant la seconde des deux espèces en ques- 
tion présente quelques poils epars sur ses élylres. 



FAMILLE X. 



SILPHALES. 



Menton entier ou faiblement échancré. — Languette membraneuse 
ou coriace, en général bilobée, sans paraglosscs distinctes. — Mâchoires 
terminées par deux lobes ; l'iniernc souvent muni d'un crochet corné. 
— Palpes filiformes : les maxillaires de qualrc, les labiaux de trois ar- 
ticles. — Antennes de onze très-rarement de dix articles, les derniers 
formant ordinairement une massue. — Hanches antérieures coniques, 
très-saillantes , les postérieures transversales ; articles des tarses en 
nombre variable. — Abdomen composé de six segments, tous libres. 

Ce groupe, primitivement établi par Latreille (1), a pris dans ces der- 
niers temps une extension assez considérable, par l'adjonction de la fa- 
mille des Anisotomides de Slephens et d'Erichson, et d'un genre re- 
marquable (Lbptoderus) découvert depuis quelques années, et qui fait 
le passage entre ces insectes et les Scydménides. Celte double mesure 
proposée par M. Schiœdte (2) me paraissant suffisamment justifiée, je 

(1) Gêner. Crust. et Ins. Il, p. 4, et Règne anim, éd. 2, IV, p. 494. La- 
treille n'a jamais compris dans ce groupe tous les éléments qui doivent y ren- 
trer. Dans le premier des ouvrages ci-dessus, où il forme la première race des 
Necrophaga, les Necropuoiius et les Silpha seuls le composent; dans le second, 
où il constitue la troisième tribu des Clavicomes, Latreille en exclut les Cuoleva 
qu'il reporte parmi les Scapliidilcs. 

(2) Specim. Faim, subterran. p. 13 sq. Avant que M. Schiœdte opérât cette 
réunion, Erichson, en adoptant la famille des Anisotomides de Stcphens 
(Dcutsclil. Ins. III, p. 43), avait déjà signalé les rapports intimes que ces insectes 
ont, à l'état parfait, avec les Silplialcs. Un peu plus tard (Arch. 1847, 1, p. 285), 
en décrivant la larve de la Liodes humeralis, il en lit de même pour ceux 
qu'ils ont dans leur premier état; enfin, l'année suivante (ibid. 1848, II, p. 68), 
il convint que lus différences signalées antérieurement par lui entre les deux 
familles étaient à peine suivantes pour justilicr leur séparation. M. J. L. Le 
Conte a récemment adopté leur réunion en une seule duns son intéressant tra- 
vail intitulé : « Synopsis of tlie Silphales of America, North of Mexico, » Pro- 
cecd. of tue Acad. of Philad. 1853, p. 274. 



NLPHAtESi 193 

l'adopte ; mais 'elle rend la famille un peu moins homogène, et, par 
suite, plus difficile d'en rien dire de général. Toutefois cette difficulté 
disparait en grande partie si l'on fait momentanément abstraction du 
genre Leptoderus. 

Sous le rapport de la grandeur et de la forme générale, ces insectes 
diffèrent notablement entre eux. La plupart sont petits, les plus grands 
de taille moyenne ou un peu au-dessus. Leur corps est tantôt presque 
carré et robuste (Necrophorus), tantôt scutiforme (certains Silpha), 
elliptique (Choleva, Colon), brièvement ovalaire et convexe (Aniso'- 
toma, Liodes), ou enfin, presque globuleux (Agathidium), avec des 
passages d'une de ces formes aux autres. 

Les plus grands ont la tête dégagée du prothorax, penchée et très- 
mobile, et dans ce cas souvent (Neckophorus, plusieurs SiLpnA) munie 
en arrière d'un col bien distinct, mais toujours gros. Chez ceux de 
petite taille, elle est courte et enchâssée dans le prothorax, au point 
de ne pouvoir plus exécuter que des mouvements très -restreints. Les 
yeux sont en général assez grands, mais peu saillants. Sauf chez les 
Leptinos où un rebord latéral de la tête les recouvre à leur base, les 
antennes sont insérées à découvert, immédiatement en avant des yeux, 
et comptent partout onze articles, à la seule exception des Necrophorcs 
qui n'en ont que dix. Rien de plus varié que les modifications qu'é- 
prouvent ces organes, surtout pour.ee qui concerne la massue qui les 
termine dans le plus grand nombre des cas. 

Aux détails sur la bouche, contenus dans la formule caractéristique de 
la famille, il faut ajouter les particularités suivantes. Entre le menton et 
la languette proprement dite on aperçoit Irès-distinctcment, surtout 
chez les grandes espèces, au moins une des deux pièces intermédiaires 
dont il a été question dans la famille des Staphyliniens. Les mandibules 
sont tantôt assez saillantes (Silpha), tantôt courtes, plus ou moins ro- 
bustes, simples ou fendues à leur extrémité, rarement (Pteroloma) 
pluridentées au côté interne. Leur différence la plus essentielle consiste 
dans la présence ou l'absence d'une dent molaire à leur base interne. 
Elle existe constamment chez les Anisotomides, tandis que les Silphides 
en sont dépourvus, sauf chez les Cuoleva et genres voisins. 

Le prothorax est généralement grand et de la largeur des élytres en 
arrière. Il recouvre toujours plus ou moins la base des élytres, et ses 
bords latéraux sont foliacés, ou ce qui est plus général, forment de cha- 
que côté une voûte profonde, sous laquelle les pattes antérieures peu- 
vent se cacher complètement ou en partie. L'écusson est toujours bien 
développé. Les élytres des Necrophorus, de quelques Silpha et des 
Apatetica, sont tronquées en arrière et laissent une plus ou moins 
grande partie de l'abdomen à découvert partout ailleurs elles sont en- 
tières. Les ailes inférieures ne manquent que chez les Leptinus. Les 
six segments abdominaux sont peu différents sous le rapport de la lon- 
gueur, sauf le dernier qui est très-petit chez les Anisotomides. 
Colcoplères. Tome II, 13 



194 SItFHAI.ES. 

C'est dans cette dernière partie du corps, combinée avec la forme 
des hanches antérieures et postérieures, que réside le caractère essen- 
tiel qui sépare la famille des autres Coléoptères clavicornes. Ces han- 
ches sont toujours conliguës, et les postérieures font à leur côté interne 
une saillie plus ou moins prononcée. Quant aux intermédiaires, elles 
sont ovalaircs, obliques, séparées ou contiguës, et plus enfoncées dans 
leurs cavités cotyloïdes chez les Anisotomidcs que chez les Silphides. 
Ces derniers ont généralement des cuisses et des jambes moins robustes 
que les premières. Les jambes sont fréquemment épineuses ou ciliées. 
Les trochanters postérieurs présentent une différence importante dans 
les deux groupes qui viennent d'être nommés ; ceux des Silphides sont 
placés au côté interne des cuisses postérieures et parfois (Necbopuorus) 
très-déve!oppés , tandis que chez les Anisotomidcs ils sont situés dans 
l'axe de ces organes. Pour ce qui concerne les tarses, la famille va 
presque autant à rencontre du système tarsal que les Staphylinicns eux- 
mêmes, surtout chez les Anisotomidcs, où le nombre de leurs articles 
varie même, souvent selon les sexes ; quant aux Silphides, ils sont tous 
pentamères, sauf les Adelots. 

Comme dans tous les Coléoptères dont les hanches antérieures sont 
contiguës, le prosternum est très-court et presque dépourvu de saillie 
en arrière. Le mésolhorax est réduit à une simple lame appliquée 
contre le métalhorax, et qui reçoit de lui ou envoie à sa rencontre une 
saillie de longueur et de largeur très-variables. Ce dernier est grand ; ses 
paraplcurcs sont toujours appcndiculées à leur extrémité postérieure, 
mais sujettes chez les Anisotomides à être en totalité ou en partie ca- 
chées par les bords latéraux des élytres. 

Les habitudes des Silphales, sous leur dernier état, sont les mêmes 
que celles des Staphyliniens, avec cette seule différence que les grandes 
espèces, notamment les NEcnopiiorius et les Silpha, montrent encore 
un goût plus prononcé pour les substances animales en décomposition, 
dont elles font pour la plupart exclusivement leur nourriture. 

Les larves de ces insectes ont également les plus intimes rapports 
avec celles des Staphylinicns. Comme ces dernières , elles ont des an- 
tennes de quatre articles, tous les segments du corps couverts en dessus 
d'écussons cornés (Agatuidibm excepté), deux appendices stylirormes 
bi-arliculés sur le dernier segment abdominal, et un prolongement anal 
servant à la progression. La différence la plus essentielle entre les deux 
familles semble être la présence, chez les larves des Silphales, du labre 
qui manque dans celles des Staphylinicns. Le nombre des ocelles ne 
varie ici que de six (Silphides) à deux (Anisotomidcs). Ces larves vivent 
dans les mêmes lieux que les insectes parfaits ; on trouvera plus loin 
sous leurs genres respectifs, toiles celles qui sont actuellement connues. 
Dans quelques espèces les nymphes sont actives, du moins quand on 
les inquiète. 
La famille se compose eu ce moment d'envirou 220 espèces, dont les 



LBPTODÉRIDES. 19( 

neuf dixièmes sont propres aux parties froides et tempérées de l'hémi- 
sphère boréal, dans les deux continents. Elle est (rès-faiblement repré- 
sentée dans les régions intcrtropiçalcs, ce qui s'explique assez naturel- 
lement pour les Necrophorcs et les Silpua en particulier, par la raison 
que la présence de ces insectes était peu nécessaire dans des pays où 
les substances animales en décomposition disparaissent en quelques 
heures, sous 1 action combmée du soleil et de l'humidité de lalmo- 
sphère. 

1. Hanches postérieures distantes. Leptodémde.. 
H- — contiguës. 

ïrochanters postérieurs saillants. Silphidk». 

— placés dans l'aie des cuissei. Akisotowbbî. 

• TRIBU I. 

LEPTODÉRIDES. 

Hanches postérieures distantes. — Palpes maxillaires beaucoup plus 
longs que, les labiaux. — Prothorax très-long, très-gréle et cylindrique. 
— Elylres oviformes, soudées. — Tarses variables selon les sexes. 

M. Schiœdtc (1) est le fondateur de cette tribu qui ne comprend que 
le seul genre Leptoderus, l'une des plus intéressantes découvertes qui 
se soient faites en Entomologie dans ces dernières années; jusque là, 
on 1 avait classé parmi les Scydménides. II est en effet placé sur 
l'exlrême limite de celle famille et de celle-ci, et, soit qu'on le mette 
dans l'une ou dans l'autre, on ne peut se dissimuler qu'il y forme une 
exceplion remarquable. Cependant, je crois avec M. Schiœdtc que la 
forme de ses hanches postérieures, la structure de ses organes buccaux, 
la forme de ses antennes, la variabilité même du nombre des articles 
des tarses, font pencher un peu la balance de ses analogies en faveur 
de la famille actuelle. Je l'y place donc, non sans reconnaître qu'il y a 
la matière h controverse. Si le genre Bratoinus de J. L. Le Conte, 
qui termine les Scydménides, a les hanches postérieures transversales] 
il devra également prendre place ici. 

Genres : Leptoderus. 

(1) Specim. Faun. subterran. p. 11. M. Schiœdte ayant imposé lo nom de 
ouïe-Bios aux LErcoDERus, appelle cette tribu Stagobiim. 



196 SII.PHALES, 

LEPTODERUS. 
(F. J. Schmidî) F. Sturm, DeutsM. Ins. XX, p. 93 (1).' 

Menton transversal, un peu rétréci en avant. — Languette membra- 
neuse, un peu évasée, largement et iriangulairementéchancrée; ses pa- 
raglosses soudées avec elle et ne la dépassant pas. — Palpes labiaux 
courts, à articles 1-2 un peu plus longs et plus gros que le 3», celui-ci 
cylindrique; les maxillaires assez longs, à articles 1 très-petit, 2 long, 
grêle et un peu arqué, 3 de même grandeur, en cône renversé, 4 beau- 
coup plus court, conique et acuminé. — Lobes des mâchoires coriaces; 
l'externe plus long, cilié au bout, l'interne cilié en dedans, terminé par 
un crochet corné. — Mandibules médiocres, munies d'une membrane 
frangée en dedans, bidentées à leur sommet. — Labre transversal, large- 
ment échancré et muni en avant d'une bordure membraneuse bilobée. 
— Tête oblongue, allongée, graduellement rétrécie en arrière. — Yeux 
nuls. — Antennes insérées sur les bords latéraux et au milieu de la lon- 
gueur de la lète, très-longues, grêles, ciliées; leurs articles en massue 
au bout, les trois derniers un peu plus gros que les autres. — Prothorax 
très-long, très-grêle, cylindrique, rétréci dans sa moitié postérieure. 

Point d'écusson. — Elytres soudées, oviformes, convexes. — Pattes 

très-longues et très-grêles ; tarses de cinq articles chez les mâles, dont 
les quatre 1 ers des antérieurs un peu dilatés et fendus au bout; les 
mêmes de quatre articles seulement chez les femelles; le 1 er de tous un 
peu allongé dans les deux sexes, le dernier très-grand; ses crochets 
longs et très-arqués. 

Les habitudes de ces insectes sont aussi singulières que leurs for- 
mes, dont on peut se faire une idée exacte, en se représentant des 
Mastigcs dont le prolhorax serait extrêmement allongé et grêle, et les 
élytres se seraient renflées, au point de devenir oviformes. Ils vivent 
exclusivement dans les parties les plus reculées de quelques cavernes 
de la Carinthic, où ne pénètre jamais un rayon de lumière. On les trouve 
dans les fissures des stalagmites qui recouvrent le sol, ou à une certaine 
distance de ce dernier, accrochés aux stalactites qui pendent aux parois 
de ces grottes. Ils marchent avec lenteur en élevant leur corps sur leurs 
longues pattes, comme sur des échasses; quand un bruit se fait cn- 
tertdrc, ils s'arrêtent, appliquent leur corps contre le sol, en étalant leurs 
pattes, redressent leurs antennes, et restent immobiles dans celte posi- 
tion jusqu'à ce qu'on les louche. On en connaît déjà trois espèces , 
trouvées dans autant de cavernes différentes de la Carinthic (a). Leur 

(1) Le nom du genre a été écrit primitivement Leptomiius par les deux au- 
teurs cités; celui de Leptodbrus, adopté maintenant, est manifestement plus 
rationnel.— Syn. Stagobibs, Schiœdte, Specim. Faun. subterran. p. 15. 

(2) La plus anciennement connue (L. Hohenwariii Schm.) a été découverte 



sii-phides. 197 

taille varie de deux à trois lignes de long, et leur couleur, toujours uni- 
forme , du brun-clair au ferrugineux. 

Ces insectes semblent avoir pour ennemis, une Arachnide du genre 
Obisium, aveugle comme eux, qui vit dans les mêmes endroits, et qui 
paraît en faire une grande destruction. 



TRIBU II. 

SILPHIDES. 

Hanches postérieures conliguës. — Palpes maxillaires pas beaucoup 
plus longs que les labiaux. — Prothorax non cylindrique ; ses bords 
latéraux foliacés ou formant une voûte de chaque côté. — Trochantcrs 
postérieurs saillants au bord interne des cuisses ; tarses presque tou- 
jours de cinq articles dans les deux sexes. — Parapleures métathora- 
ciques non recouvertes par les élytres. 

Celte tribu correspond exactement aux Silphales de Latreille, plus les 
Ciioleva qu'il avait placées, comme on l'a vu plus haut, parmi les Sca- 
phidiles. Elle est resiée à peu près telle qu'il l'avait laissée, car on n'y 
a ajouté que trois genres (Apatetica, Adelops, Catopsimoupdds) , de- 
puis ses derniers travaux. 

Ces insectes ne diffèrent rigoureusement des Anisotomidcs, que par 
la saillie que font leurs trochanters postérieurs. Tous les autres carac- 
tères distinctifs sont d'importance secondaire et la plupart sujets à 
exception. Leurs larves également ne se distinguent essentiellement de 
celles de la tribu en question, que par la présence de six ocelles au lieu 
de deux. 

Ce groupe n'a été jusqu'ici l'objet d'aucun travail général. Il se com- 
pose des douze genres suivants, qui tous, sauf un seul (Apatetica), ont 
des représentants en Europe. 

en 1831, au fond de la célèbre grotte d'Adelsberg, par M. do Hohcnwart, qui 
n'en prit qu'un exemplaire, et ce n'est qu'en 1817 qu'elle a été retrouvée 
par M. F. Schmidt de Laybacli. M. F. Sturm (loc. cit. pi. 376) est le premier 
qui ait donné les caractères du genre accompagnés d'excellentes ligures ; seu- 
lement il s'est trompé en regardant comme des maies les exemplaires qui n'ont 
que quatre articles aux tarses antérieurs, et comme des femelles ceux qui eu 
ont cinq, erreur qu'il a corrigée lui-même plus tard. Pour des détails sur cette 
espèce et les autres Articulés qui vivent avec elle dans la caverne en question, 
voyez en outre Scliiœdte, loc. cit., et surtout Khevenhuller-Metsch, Verhandl. 
d. Zool.-Botau. Ver. in \Vien, I, p. 105, et II, p. 42. — Les deux autres espèce! 
ont été découvertes par M. F. Schmidt, l'une (angustaius) dans la grotte de 
Voleja Jama, l'autre (sericeus) dans celle de Cuba Dol, et décrites par lui dans 
la Gazette ent. de Stettin, 1852, p. 381. M. F. Sturm les a figurées toutes deux, 
Loc. cit. XXII, pi. 306 et 307. 



198 SILPHALM. 

I. Antenne» de dis articles : Necrophorus. 

IL — de onze — 

A Le premier de longueur normale. 

a Tête dégagée du prothorax, mobile.' 

Antennes en massue : Silpha, Necrophilus. 
— filiformes : Pteroloma, Apatetica. 
aa Tête courte, engagée dans le prothorax, peu mobile. 
b Point d'yeux : Leptinus, Adelops. 
bb Des yeux. 

Jambes inermes : Choleva, Catopsimorphus, Colon. 
— épineuses sur leur bord externe : Âgyrtes. 
• Premier article des antennes très-grand : Sphœrites. 

NECROPHORUS. 
Fab. Syst. JEntom. p. 71 (1). 

Menton transversal, arrondi ou un peu échancré en avant. — Lan- 
guette biGde; ses lobes linéaires, allongés, divergents. — Lobe interne 

des mâchoires inerme, l'externe terminé par un bouquet de poils. 

Palpes petits; leur dernier article subcylindrique, un peu ncuminé nu 
bout. — Mandibules robustes, saillantes, simples et arquées à leur 
extrémité. — Labre très-court, échancré ou bilobé. — Télc carrée, 
munie d'un col brusquement formé en arrière, penchée. —Yeux grands, 
oblongs, obliques, non saillants. — Antennes de 10 articles, brisées, 
courtes, robustes , à articles 1 allongé, 2 de forme variable, 3-6 submo- 
niliformcs, 7-10 formant une grosse massue courte, ovalaire, fortement 
perfoliée. — Prolhorax suhorbiculaire, tronque en avant, foliacé sur 
ses côtés et à sa base. — Elylrcs plus courlcs que l'abdomen, tronquées 
au bout. — Pattes robustes ; hanches antérieures et postérieures sail- 
lantes, continués; les intermédiaires très-écartées, séparées par un large 
prolongement du métalhorax ; jambes élargies à leur extrémité, épi- 
neuses, carénées, terminées par deux épines; les quatre tarses anté- 
rieurs des mâles fortement dilatés, triangulaires , garnis de longs poils 
serrés en dessous. — Corps plus ou moins allongé, carré, épais et 
robuste, ailé. 

(1) Syn. CviiTOScELis, Hopo, The Col. Man. III, p. 149; genre établi sur les 
espèces, telles que le vespillo, qui ont les jambes intermédiaires et posté- 
rieures arquées. — Sii.wia Linné. — Deumestes Geoffroy. — Kirby (j'auna 
Bor. Amer. p. 95) fait de ces insectes, sous le nom do Enlaphia, une famille à. 
p;ui qu'il regarde comme équivalant à celles des Carabiques, Stuphyliniciis, etc., 
opinion peu soutenable. 



silpihdes. 199 

Un des genres les plus naturels et les plus homogènes qui existent 
parmi les Coléoptères. Ces insectes sont au moins de taille moyenne, 
souvent velus en dessous et sur le prolhorax, et leur couleur est tantôt 
d'un noir uniforme, tantôt noire, avec la massue des antennes, le pour- 
tour du prothorax, et des bandes ou des taches d'un rouge fauve sur les 
élytres. Tous font entendre un bruit aigu produit par le frottement de 
deux lignes parallèles, dont est muni le premier arceau dorsal de leur 
abdomen, contre la face interne des élytres, et exhalent une odeur mus- 
quée. L instinct qui les porte à enterrer les cadavres des petits animaux, 
pour y déposer leurs œufs, les a rendus célèbres depuis longtemps (1) ; 
quelques-uns, tels que le morluorum, se trouvent aussi dans les cham- 
pignons à demi-décomposés (2). 

Leurs larves (8) ont la plus grande analogie avec celles des Silpda; 
elles en diffèrent par leur labre court, leur forme allongée , atténuée à 
ses deux extrémités et en ce que chacun de leurs segments, sans compter 
la léte, porte dans son milieu une plaque cornée qui ne le recouvre pas 
à beaucoup près. Le bord postérieur de ces plaques se termine par plu- 
sieurs opines, qui peuvent servir à l'animal à se glisser dans la terre ou 
les matières dont il se nourrit. Ces larves s'enfoncent dans le sol pour 
y subir leur métamorphose et s'y construisent une cellule lisse à l'inté- 
rieur , dans laquelle elles peuvent se mouvoir à l'aide de deux fortes 
épines dont leur dernier segment est armé. L'insecte parfait éclot au 
bout d'une quinzaine de jours. 

Ces insectes sont, encore plus que les Silpha , particulièrement 
propres à l'hémisphère boréal, et le nouveau continent en possède au- 
tant que l'ancien. Deux ou trois seulement ont été jusqu'ici découverts 
dans les régions intcrlropicalcs de l'Amérique. Les espèces publiées 
s'élèvent à près de 40, mais avec d'assez nombreux doubles em- 
plois (<). 

(1) Le Mémoire lo plus intéressant sur les habitudes de ces insectes est tou- 
jours celui publié par Gledïtsch dans les Scbrift. d. Acad. d. Wisscnsch. zu 
Berlin 1752, p. 20. Voyez aussi Rœsel, Insekten-Belust. IV, p. 3 sq. Les détails 
a ce sujet ont été reproduits dans une foule d'ouvrages. 

(2) D'après une double observation de M. Klineelhœfler et de feu Schmidt 
(Stettin. ent. Zcit. 1843, p. 88), le N. germunkus vivrait aussi dans les excré- 
ments des animaux herbivores et attaquerait quelquefois le Geoiruyes sterco- 



rarius. 



(3) Voyez Rœsel Insekten-Belust. IV, pi. 1, f. 8, 9 (Larve et nymphe du N. 
hwnatpr); copiées dans WVstwood, An Introd. to the mod. classif. of Ins. I, 
p. l.">5, f. 10, n°» 8-9, et dans Sturm, Dcutschl. lus. XIII, pi. 165, f. g»\ 

(4) Esp. européennes : N. gWmantettS, hmnator, morluorum, Fab. Syst. 
El. 1, p. 333. — vestigator, Jferschel in Illig. Mag. VI, p. 274.— fossor,rus- 
pator, obrntor, Erichs. Die Kief. d. Mark lïrand. \, p. 221. — corskus, Castcln. 
Ann. d. 1. Soc. ent. I, p. 390. — funercus, Gêné, 1ns. Sard . fasc. II, p. 1S, pi. 1, 
f. 12, 13 (corskus? Castelu.). — sepukralis, lleer, Col. helvet. I, p. 388. — 



200 SÙPBALES. 

SILPHA. 

Linné, Syst. nat. Il, p. 569 (1). 

Menton transversal, un peu rétréci en avant; son bord antérieur 
coupé carrément ou arrondi. — Languette cornée à sa base, membra- 
neuse en avant ; son bord antérieur plus ou moins échancré. — Lobe in- 
terne des mâchoires terminé par une dent cornée, l'externe par une 
toulTe de poils. — Dernier article des palpes subcylindrique ou ovalaire. 
— Mandibules courtes ou un peu saillantes, robustes, droites, puis ar- 
quées et plus ou moins fendues au bout. — Labre très-court, échancré 
ou fissile en avant. — Tête beaucoup plus étroite que le prothorax, pe- 
tile, penchée, plus ou moins allongée et carénée transversalement entre 
les yeux; épistome échancré.— Yeux assez grands, oblongs, subtrans- 
versaux. — Antennes terminées par une massue de trois à cinq articles, 
de longueur et de forme très-variables. — Prothorax grand, largement 
foliacé sur ses bords , recouvrant la base des élytres. — Ecusson très- 
grand, en triangle curviligne, aigu au bout. — Elytres de forme varia- 
ble, entières ou tronquées au bout , plus ou moins rebordées sur les 
côtés. — Pattes assez longues ; hanches antérieures très-saillantes , 
contigués, les intermédiaires plus courtes, distantes, rarement rappro- 
chées ; jambes un peu élargies au bout , plus ou moins carénées et 

interruptus, Stepliens, 111. of Brit. cnt. III, p. 18, pi. 16, f. 2. — interruptus 
[interruptus? Stepliens), Brullé, Expéd. de Morée, Ins. p. 160. — Esp. asia- 
tiques et sibériennes : N. nigricomis, Fald. Faun. ent. Transe. I, p. 217. — 
morio, Gebler, Mém. d. Mosc. V, p. 319. — lunatus, frontalis (germanicus 
var.), particeps, sulcatus, Fischer de Waldh. Bull. Mosc. 1844, p. 40. — Esp. 
de l'Amer, du Nord : N. grandis, mediatus, velutinus, marginatus, Fab. Syst. 
El. I, p. 334. — orbicollis, Say, Journ. of the Acad. of Philad. V, p. 177. — 
postulâtes, Hcrschell in Illig. Mag. VI, p. 271 note. — quadrisignatus, Sayi, 
Ca-4.Mii. Hist. nat. d. Col. II, p. 1. — hebes, obscurus, Melsheimeri , Hallii 
[orbicollis Say). pygmœus, Kirby, Faun. Bor. Amer. p. 96. — nigrita, mari- 
timus, M.inli. Bull. Mosc. 1843, p. 251. — defodiens, Manh. ibid. 1846, p. 513. 
— bicolon (pustulatus Hcrschell), Newm. The ent. Mag. V, p. 385. — guttula, 
Motsch. Bull. Mosc. 1845, 1, p. 53. — lunatus, .1. L. Le Conte, Procoecl. of the 
Acad. of Philad. 1853, p. 277. —Esp. do l'Amer, du Sud : N. didyimis, scru- 
tator, Brullé in d'Orb. Voy. Ent. p. 73. 

M. Matzek avait commencé une Monographie de ces insectes, mais il n'en a 
paru (iue la première partie, sous le titre de : « Necrophororum Monographlœ 
particula prima. Diss. in-8". Vratislaviœ, 1839. » Elle contient une description 
détaillée du squelette et du canal intestinal. 

(1) Syu. Necrodes (Wilkin), Leacli, Zool. Misccll. II, p. 87. — Oiceptoma, 
'l'HASAioniiLus, Phosphoga, Loach, ibid. III, p. 74. — Diamesus, Ptomapiiila, 
Nechobora, Hope, The Col. Man. III, p. 149.— Neckopiiua, Kirby, Fauna Bor. 
Amer. p. 102. — Peltis, Geoffroy, lus. d. euv. d. Paris, I, p. 117. 



stucniDFS. 201 

épineuses sur leurs côtés et leur tranche dorsale , terminées par deux 
épines; tarses antérieurs et parfois les intermédiaires dilatés chez les 
miles. — Corps de forme variable, glabre en général, ailé. 

Ce genre bien connu des entomologistes, se compose d'insectes d'as- 
sez grande taille, généralement noirs, sauf sur le prolhorax qui est sujet 
à devenir d'un rouge fauve, et médiocrement agiles dans leurs mouve- 
ments. Ils se trouvent dans les champs sous les pierres, ou sous les 
écorces, les mousses, dans les endroits obscurs, et surtout dans les ca- 
davres dont ils font principalement, mais non exclusivement, leur nour- 
riture (1). Tous exhalent une odeur fétide et lorsqu'on les saisit, rendent 
parla bouche et l'anus un fluide noirâtre non moins désagréable. Cette 
puanteur est le résultat de leur genre de nourriture, car, ainsi que 
l'a fait remarquer Olivier, les individus qui viennent de subir leur der- 
nière métamorphose sont inodores. Quand on les inquiète, ces insectes 
fléchissent la tète, donnent une certaine rigidité à leurs pattes, sans les 
contracter, et restent ainsi immobiles pendant quelque temps. 

Les modifications que subissent les antennes, le prothorax et les 
élytres, ont donné lieu à l'établissement de genres assez nombreux, tous 
dus aux entomologistes anglais et que ceux du continent ont, avec 
raison, considérés comme de simples sections. On peut les partager en 
deux divisions. 

Dans la première, qui les comprend presque tous, les hanches inter- 
médiaires sont écartées entre elles. 

En tète, on peut placer le genre Diameshs de M. Hope qui fait, jus- 
qu'à un certain point, par la forme et le système de coloration de ses 
élytres , le passage entre les Necrophorus et les Necrodes qui sui- 
vent. Il ne comprend qu'une belle espèce du Bengale, le Necrodes 
osculans de Vigors (9). 

Les Necrodes de Leach, se reconnaissent à leur corps allongé et 
plane , leurs antennes terminées par une massue lâche de cinq articles, 
leur prothorax suborbicutaire , leurs élytres fortement tronquées au 

(1) On sait que le S. 4-punctata vit exclusivement sur les arbres et se nourrit 
de chenilles. Le S. atrata qu'on rencontre fréquemment sous les mousses et les 
écorces a probablement, en partie, des habitudes analogues. Le S. Inpponum 
ainsi que Linné l'a fait connaître (Lachesis Lappon. p. 152) se trouve abon- 
damment dans les huttes des Lappons et vit aux dépens de leurs provisions de 
poissons séchés. Le S. lœvigata, d'après une observation de M. Hope (West- 
wood, An Introd. to the mod. classif. of Ins. I, p. 136), dévore avec avidité les 
llclix. Enfin, suivant M. Mulsant (Ann. d. 1. Soc. ent. 2' série, II, Bull. p. LIX), 
les larves de quelques espèces se nourriraient d'herbe. Une observation ana- 
logue a été faite par M. Strubing (Stettin. ent. Zeit. 1842, p. 37 note) sur celle 
du S. reticulata, et par M. Guérin-Méneville (Ann. d. 1. Soc. ent. sér. 2, IV, 
Bull. p. LXXir) sur celle du Silphu opaca. 
(2) Zool. Journ. I, p. 537, pi. 20, f. 2. 



bout et leurs stigmates prothoraciques visibles, comme dans un grand 
nombre de Slaphyliniens (l ). On n'en connaît que deux espèces (2). 

Des stigmates prothoraciques semblables obligent de placer à la 
suite des Necrodes, le genre Neckobora de M. Hope, établi sur le 
S. americana F., grande et belle espèce des Etats-Unis, remarquable 
par sa forme orbiculaire, son prolborax largement lobé à sa base, cl ses 
élytres tronquées et arrondies au bout; mais ses antennes sont plus 
courtes et à articles plus serrés. 

Le genre Ptomaphila du même, aux antennes et à la forme allongée 
des Necrodes, réunit un prolhorax transversal, échancré en avant, des 
élytres recouvrant en entier l'abdomen et présentant de gros tubercules 
allongés. Le typé est le S. lacrymosa de Schrebers, belle espèce de 
l'Australie (ô). 

Les Oiceptoma de Leach sont caractérisés par leur corps ovalaire, 
déprimé en dessus, leurs antennes courtes, terminées par une massue 
plus ou moins brusque, de quatre articles, et leur prothora>x transversal, 
échancré ou non. La plupart ont leurs élytres entières à l'extrémité (4); 
chez un petit nombre, elles sont tronquées (s). 

(1) Ce caractère, signalé pour la première fois par M. Schiœdte (Germar, 
Zeitschr. V, p. 475) est très-exact; je l'ai cherché vainement dans tous les 
autres Sh.pha, à l'exception du seul S. americana, où il se retrouve, comme Je 
le dis dans le texte. D'après cela et quelques particularités anatomiques qui 
existent dans le canal intestinal et les ovaires, M. Schiœdte pense que le genra 
Necrodes devrait être conservé ; mais alors il faudrait lui réunir le genre Ne- 
cboboiu de M. Hope, dont la forme générale et les antennes sont très-diffé- 
rentes. 

(2) S. liltoralis F., d'Europe, et surinamensis F., de l'Amérique du Nord. La 
S. livida de Fabricius et le Necrodes simplicipes de Dejean ne sont que des va- 
riétés du premier. 

Dejean, dans son Catologuc (éd. 3, p. 132), a réuni aux Necrodes des espèces 
de l'Amérique intertropicale qui n'ont rien de commun avec ces insectes et s'en 
distinguent, outre leurs stigmates prothoraciques invisibles, par leur prothorax 
transversal et échancré en avant, leurs élytres entières et souvent épineuses à 
l'angle suturai. On en connaît six en ce moment : 

S. cayennensis, lineatocollis, Casteln. Hist. nat. d. Ins. II, p. 5. — S. api- 
caliSj erythrura, discicollis, Brullé in d'Orb. Voy. Ent. p. 74; de l'Amérique 
du Sud, ainsi que les deux précédents. — Necr. analis, Chevrôl. Mag. d. Zool. 
Ins. 1843, pi. 107; du Mexique. — Necr. Gayi, Solier in Gay, Hist.de Chile, 
Zool. IV, p. 359; du Chili. 

(3) Schrubers, Trans. of tho Linn. Soc. VI, p. 19, pi. 20, f. 5. Il yen a dans les 
collections une seconde espèce du même pays, dont je possède les deux sexes, et 
qui est très-distincte ; je ne sache pas qu'on l'ait décrite. 

(i) S. thoracka, i-punctata, opaca, rugosa, tomentosa, F., etc., d'Europe; 
irMequalis, marginalisY., des Etats-Unis. 

(5) Par ex. : S. terminnta, Hiimmel, Essais ent. n° IV, p. 59 (S. sibirica, 
Gcblcr in Lcdcb. Reise, Ins. p. 90 ; subsinuata, Dej. Cal.). J'eu possède une es- 
pèce, remarquable et inédite, du Mexique. 



siLPniDES. 203 

Leach en distingue, sons le nom de TnAftATOPim.es, les espèces qui 
ont leurs élylres échancrées à leur extrémité, au moins chez les fe- 
melles (i). 

Il réserve le nom de Silpiia, à celles dont le corps également ova- 
lairc est plus ou moins convexe, et dont les antennes assez longues, 
grossissent insensiblement jusqu'à leur extrémité, sans former de mas- 
sue proprement dite (2). C'est le groupe le plus nombreux. 

La seconde division caractérisée par des hanches intermédiaires 
presque contiguës, ne comprend que le genre Phosphuga de Leach, 
qui a la tête plus allongée que de coulume, le prothorax ample et 
demi-circulaire en avant, enfin le corps ovalairc et convexe des Sii.pha(.->). 
Par suite du rapprochement des hanches intermédiaires, ces insectes 
font le passage avec les Necuophilus qui suivent. 

Les Silpua décrits jusqu'à ce jour s'élèvent à près d'une soixan- 
taine (4). L'hémisphère boréal dans les deux continents est surtout 
riche en espèces de ce genre ; il n'y en a que fort peu dans les régions 
intertropicalcs, et leur multiplication y est peu abondante. 

(1) S. simata, dispor, lapponica, F., d'Europe ; le dernier se retrouve aussi 
aux Etats-Unis. 

(2) S. carinata Herbst, granulata 01., nigrita Creutz., alpina Bon., tristis 
Illig., obscura L., lœvigata F., etc., d'Europe; punctulula 01., du Cap. 

(3) S. lœvigata F., atrata L., d'Europe. Les antennes varient dans ce 
groupe ; celles de la première de ecS espèces son^construites comme chez les 
Silimia; dans la seconde elles sont plus grêles et terBP>ees par une petite massue 
perfolièe de trois articles. Leach a placé le lœvigata parmi ses Silpiia. Son 
Phosph. subroiundata (Zool. Miscell. III, p. 75) parait n'être qu'une variété du 
second. — Le Phosph. orientalis do M. Brullé (Expéd. de Morée, Eut. p. 161) 
est unSlLPHA. ■. jsêj 

(i) Aux espèces citées dans les notes précédentes, aj. : Esp. européennes : 
S. wiicostata, Casteln. Ann. d. 1. Soc. cnt. I, p. 400. — gibba, Brullé, Expéd. 
de Morée, Ent. p. 162. — hispanica, alpicola, Kiister, Die Ka;f. Europ. XVII, 
26, 27; Oicept. ruficornis, vestita, S. ilalica, dalmatina, lugens, carniolka, 
oblonga, XXH, 11, 12, 15, 17, 18, 19, 22; turcica, XXUI, 16. — Souverbii, 
L. Falrm. Ann. d. 1. Soc. eut. Sér. 2, VI, p. 168. — Esp. africaines : S. muli- 
lata, Casteln. Hist. nat. d. Col. II, p. 5. — micans, Fab. Syst. El. I, p. 337. 
— fignrala, tenuicornis, Brullé in Wobb et Bcrthel. Canar. Ent. p. 59, pi. 2, 
f. 10, 11. — punciiçottis, tuberculnta, Lucas, Explor. de l'Alger. Ent. p. 213. — 
Esp. asiatiques et sibériennes : S. sericea, Zoubk. Bull. Mosc. éd. Lequien, 
p. 306. — costata, striola, intrkuta, Ménétr. Çat. rais. p. 107. — nititli^rri- 
brata, vcrrucata, Fald. Faun. cnt. Transe. I, p. 220. — allaica, bicarinata, 
sibiriea, Gebler in Ledeb. Beisc, Ins. p. 94. — mongolica, sculptipennis, Fald. 
Col. ab 111. Bungio, etc. p. 29. — ' armeniaca, Kolenati, Melet. ent.V, p. 50. — 
âtropnrpurea, psrforata, Kiister, Die Kœf, Europ. XXII, 14, 16. — Esp. in- 
diennes : S. chloroptera, Casteln. Ann. d. 1. Soc. cnt. I, p. 400 (tetraspilota, 
H"l»\ Trans. of the Zool. Soc. I. p. 93, pi. 13, f. 3). — ioptera, Kollar u. L. 
Bedtenb. in Hûgëls Kashwir, IV, 2, p. 512.— Esp. de l'Amer, du Nord : S. eau- 



201 StLPHALE9. . 

Leurs larves (i) sont plus ou moins ovales. Leur tété cornée, petite, 
fléchie, peu convexe en dessus, plate en dessous, porte deux antennes 
de quatre articles, assez longues, et, de chaque côté, six ocelles divisés 
en deux groupes, l'un supérieur de quatre, l'autre inférieur de deux. 
Les parties de la bouche consistent en un menton sinuè en avant ; une 
languette membraneuse, bilobée, portant deux palpes de deux articles; 
des mâchoires assez fortes, terminées par un seul lobe muni à son 
extrémité externe d'une touffe de poils et denticulc en dedans ; deux 
palpes maxillaires de quatre articles; des mandibules fortes, aiguës et 
bifides au bout; enfin un labre grand, saillant etbilobé. Les segments 
thoraciques et abdominaux sont charnus en dessous et recouverts en 
dessus d'écussons cornes qui débordent plus ou moins leurs côtés et se 
recourbent en arrière à leur extrémité; le dernier segment est obeo- 
nique, muni d'un prolongement anal et de deux appendices bi-articulés. 
Les pattes sont courtes, avec des hanches très-développées et des tarses 
composés d'un seul article portant un crochet très-grand. Les stigmates 
sont à l'état normal. 

Ces larves sont aussi agiles que les insectes parfaits, et se trouvent 
assez communément dans les mêmes lieux que ces derniers. Après 
avoir changé quatre fois de peau, elles s'enfoncent dans le sol et s'y 
changent en nymphes. Celles-ci sont aussi vives que les larves et capa- 
bles de marcher quand on les excite. L'insecte parfait éclôt du dixième 
au quatorzième jour, selon la saison. 

data (lapponica h.), ramma, truncata, Say, Journ. of the Acad. of Pliilad. 
III, p. 192. — Oicept. trituberculatum, terminatum, affine, canadense, Kirby, 
Faun. Bor. Amer. p. 101 ; les trois derniers correspondent au S. americana L. 
— cervaria (ramosa Say), californica (S. lapponica L.), Manli. Bull. Mosc. 
1843, p. 251. — Oicept. granigera, Chevrol. Col. du Mcx. Cent. I, fasc. 1. 

Pour l'histoire scientifique du genre, voyez R. Schmidt, Silpharum Mono- 
graphies particula prima, Diss. in-8°, Vratislavi», 1841. — Pour les espèces dé- 
crites par Linné et vériOées sur sa collection, Schaum, Stettin. ent. Zeit. 1847, 
p. 317. — M. Kiistcr (Die Ka;f. Europ. \ Mil) a donné un tableau analytique 
des espèces européennes. 

(1) On en connaît déjà un assez grand nombre, à savoir celles des S. littoralis, 
thoracica, rugosa, obscura, orientalis, alpina et atrata. Les meilleures des- 
criptions qui un aient été données sont celles de M. 0. Heer, Observ. ent. 
p. 24, Tab. IV, A (S. alpina), Erichson dans ses Archiv. 1841, I, p. 101 (des- 
cription générale), et J. Sturin, Deulschl. Ins. XIII, pi. 269, f.pq {S. obscura). 
Pour les autres auteurs, voyez Chapuis et Candèze, Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. 
Liège, VIII, p. 391. 



iiLPninK-s. 208 

NECROPHILUS. 

Latr. Règne anim. éd. 2, IV, p. 500. 

Genre très-voisin des Silpiia, en particulier du S. alrala, mais pré- 
sentant les différences suivantes : 

Languette un peu plus échancrcc. — Lobe interne des mâchoires 
inerme à son extrémité. — Palpes plus filiformes. — Mandibules sim- 
ples au bout. — Antennes médiocres, assez robustes, à articles 3 presque 
aussi long que le 1 er , 2-6 submoniliformes, 7-11 formant une massue 
graduellement élargie et assez serrée. — Prolhorax transversal, rétréci 
et cchancrè en avant, coupé carrément à sa base. — Hanches intermé- 
diaires contigues; les quatre 1ers articles des tarses antérieurs et inter- 
médiaires un peu dilatés chez les mâles. 

L'espèce typique, N. subterraneus (i), est longue de 3 lignes, d'un 
brun-marron brillant, et plus particulièrement propre à l'Europe.tem- 
péréc et australe, mais fort rare partout. On la trouve dans la terre, 
les champignons et les coquilles vides des Hélix. Une autre, beaucoup 
plus grande, a été découverte par Eschscholtz, à Sitkha, sur la côte 
nord-ouest de l'Amérique (a). 

PTEROLOMA. 
Gyllh. Ins. Suec. IV, p. 418 (3). 

Menton transversal, un peu rétréci et tronqué en avant. —Languette 
cornée à sa base, membraneuse dans le reste de son étendue, échancrée 
en triangle aigu ; ses lobes arrondis. — Lobes des mâchoires déprimés, 
larges, ciliés, l'interne muni d'une petite dent cornée. — Palpes la- 
biaux à l" article petit, 2" plus' long, un peu en massue, 3« plus 

(1) Silpha subterranea, Dahl in Illig. Mag. VI, p. 362. 

(2) N. hydrophilioides, Hlành. Bull. Mosc. 1843, p. 253; décrite depuis, sous 
le même nom, comme inédite, par M. Chevrotât dans Guérin-Ménev. Icon. d. 
Règne anim. Ins. texte, p. 61. Elle se trouve aussi à San-Francisco, en Cali- 
fornie, où M. J. L. Le Conte l'a prise dans des excréments humains en décom- 
position (Proceed. of the Acad. of Philad. 1853, p. 280). M. de Motschoulsky 
(Bull. Mosc. 1845, II, p. 363) fait, sous le nom A'ater, une espèce a part des exem- 
plaires qui sont noirs, au lieu d'être d'un brun-marron, opinion plus que proba- 
blement mal fondée. 

On ne peut mentionner que pour mémoire une troisième espèce de Daourie, 
indiquée par le même auteur (ibid. I, p. 52) sous le nom de N. picipes. 

(3) Syn. Haiipalus, Gyllh. Ins. Suec. II, p. 111. — Adolos (Escbsch.) Fischer 
de Waldh. Ent. d. 1. Russie, III, p. 242. — Holocnemis, Schilling. Beitr. zur 
Ent. besond. in Bezug. a. d. Schlessische Faun. p. 93. 



206 SILPHALES. 

court, subovalairc ; les maxillaires à 1 er article très-court, 2-3 sub- 
egaux, un peu plus gros en avant, 4» oblongo-ovalairc, acuminé au 
bout. — Mandibules courtes, assez robustes, un peu arquées au bout, 
pluridentées au côté interne. — Labre transversal, fortement cchancrè. 

— Tête subovalaire, obtuse en avant. — Yeux médiocres, arrondis 

Antennes plus longues que le prolhorax, de onze articles, grossissant 
légèrement à leur extrémité à partir du 8" : le 1" un peu plus gros que 
les autres, le 2° le (dus court de tous, les cinq suivants subégaux. — 
Prolhorax fortement cordiforme^ — Elylrcs ovales, assez convexes, 
striées. — Pattes assez longues, peu robustes ; jambes simples ; les trois 
1 er » articles des tarses antérieurs, et parfois les deux 1 ers des intermé- 
diaires, tantôt très-faiblement, tantôt assez fortement élargis. 

Genre qui a donné lieu à une assez singulière erreur, tous les auteurs 
qui s'en sont occupés l'ayant placé parmi les Carabiques, dans le voisi- 
nage des Nebria, dont sa forme générale le rapproche un peu. Mais 
Erichson (I) a démontré avec la dernière évidence qu'il appartient à la 
famMIc actuelle. Il suffit, en effet, de comparer ses organes buccaux à 
ceux des Choleva pour voir qu'ils sont construits exactement sur le 
même plan (s). On n'en a encore décrit que deux espèces (s) propres 
aux parties les plus froides de l'ancien continent; mais il parait qu'il en 
jxistc une troisième au Mexique (4). Ce sout des insectes extrêmement 
rares dans les collections. 

APATETICA. 

Westwood, The Cabin. of orient. Ent. p. 86. 

Menton carré, transversal. — Languette courte, divisée en deux lobes 
divergents, ciliée en avant. — Lobe externe des mâchoires court, tron- 
qué et barbu au bout; l'interne petit, arrondi et finement cilié. — Palpes 

(1) Wicgman's Arch. 1837, I, p. 119. 

(2) Les ligures que M. SohSIllBg a données (loc. cit. Tab. B, f. a, c) des 
organes buccaux du Pteroloma Forsstrœmii sont complètement fantastiques, 
surtout celle qui représente les mâchoires faites commo chez les Carabiques. 

(3) Pt. Forsslrœmii, Gyllh. loc. cil.; figuré sous ce nom par Dcjean, Icon. 
d. Col. d'Europe, II, pi. 83, f. 4, et par Eschschollz, Zool. atlas, Tab. IV, f. 3 ; 
sous celui d'Adolus bninneus pur Fischer de Waldh. loc. cit. Tab. 11, f. 1; 
enfin sous celui d'IIolocncmis Gravenhors'tti par Schilling, loc. cit. Tab. B. Cet 
insecte se trouve depuis le Kamtschalk.i jusque dans les montagnes de la Si- 
lésie et de la Carinthie. — Pt. paUidum, Eschsch. Zool. Atlas Heft. 1, p. 7. 

(4) D'après Erichson (loc. cit. p. 122), le Muséum do Berlin en possède 
une espèce découverte par M. Deppe sur le pic d'Orizaba. C'est chez elle que 
les miles ont les trois 1"» articles des taises antérieurs, et les deus 1 er » des 
intermédiaires fortement dilatés. 



supniDES. 207 

niaxillaircs à articles 1 court, 2-4 subégaux, le dernier subovalaire; 
les labiaux filiformes, beaucoup plus courts. — Mandibules courtes, 
assez larges, arquées et aiguës au bout, inermes et ciliées en dedans. 

— Labre transversal, membraneux et cilié en avant, fortement échan- 
cré, avec ses angles arrondis. — Tète transversale, rétrécie en avant, 
munie d'un col en arrière. — Yeux assez gros, arrondis et assez sail- 
lants. — Antennes plus longues que la moitié du corps, subfiliformes, 
grossissant très-légèrement à leur extrémité ; leur 1°', article plus long 
et plus gros que les autres; ceux-ci subégaux. — Prothorax un peu 
transversal, largement et très-faiblement échancré en avant, subtronqué 
à sa base, un peu arrondi sur les côtés, avec ses bords latéraux relevés. 

— Ecusson médiocre, en triangle assez large. — Elytres un peu plus 
longues que larges, parallèles, légèrement convexes, tronquées en ar- 
rière. — Pattes allongées, grêles ; cuisses médiocres; jambes linéaires ; 
les quatre 1 ers articles des tarses simples, le dernier légèrement bilobé : 
tous ciliés en dessous. 

Genre extrêmement intéressant, en ce qu'il est allié de près aux 
PiEnoLoaiA , et ressemble peut-être encore davantage à un Garabique. 

On n'en connaît qu'une espèce, A. Lebioidcs (i), originaire de l'Hi- 
malaya, et qui est, au premier coup-d'œil, complètement pareille à une 
Lebia. Elle est longue d'environ quatre lignes, noire, avec les élytres 
d'un vert bronzé, et les parties de la bouche, les antennes, les bords 
latéraux du prothorax, les jambes et les tarses, fauves. 

LEPTINUS. 
P. W. J. Muelleb. in Gemiar, blag. d. Mit. II, p. 266. 

Menton corné, subquadrangulaire, échancré en avant. — Palpes 
maxillaires de quatre articles, filiformes, égaux, le dernier acuminé — 
Labre très-court. —Tête déprimée, plane, horizontale, arrondie en 
avant, engagée dans le prolhorax. — Yeux nuls. — Antennes insérées 
sous un rebord latéral du front, assez longues, filiformes, de onze arti- 
cles : 1 deux fois plus long que les autres et plus gros, 2-8 courts, égaux, 
9-10 un peu plus gros, subobeoniques, 11 ovale. — Prolhorax ample, 
transversal, un peu plus large que les élytres à sa base qui est échancrée 
en arc de cercle, avec ses angles aigus, arrondi sur les côtés, avec ses 
angles antérieurs arrondis et déprimés. — Ecusson grand, triangulaire. 

— lilylres planes , brièvement ovales, soudées. — Pattes médiocres ; 
cuisses comprimées ; jambes ciliées et spinosules ; tarses de cinq ar- 
ticles : le i e r des postérieurs allongé, les quatre l u ' s des autres paires 
égaux. — Corps ovale , déprimé. 

J'extrais ces caractères de la longue diagnose générique qu'a donnée 

(1) Wcstw. loc. cit. Tab. H, t 9 ac. 



208 SttPHALBîi. 

Millier. Ce qu'il dit de la forme et de la situation respective des hanches 
suffit pour montrer que ce genre appartient à la famille et à la tribu 
actuelles ; il parait même, d'après l'ensemble de ses caractères, élrc très- 
voisin des Cuoleva. Mùller ajoute, il est vrai, que l'abdomen n'a que 
cinq segments ; mais il a pu aisément se tromper à l'égard d'un si petit 
insecte. 

L'espèce typique du genre, L.lestaceus(t), n'a qu'une ligne de long, 
et vit dans les vieux troncs d'arbres, sous les feuilles tombées et les 
végétaux en décomposition. On l'a prise dans divers endroits de l'Al- 
lemagne très-éloignés les uns des autres (Odenbach, Berlin, Vienne) 
ainsi qu'en Suisse, mais elle paraît extrêmement rare partout. M. de 
Motschoulsky en a décrit une seconde espèce du Caucase (2), qui n'en 
est peut-être pas distincte. 

ADELOPS. 
Telieaotf in Emeus. Arch. 1844, I, p. 318 (3). 

Lobe interne des mâchoires sans crochet corné. — Point d'yeux. — 
Ailes inférieures nulles. — Tarses .intérieurs de quatre, les autres de 
cinq articles. 

Pour le surplus, ces insectes ont tous les caractères et le faciès des 
Cholbva qui suivent. L'espèce typique A. hirtus (4) a été découverte 
par le docteur Tellkampf , dans la célèbre grotte du Mammouth, aux 
Etats-Unis (Kenlucky). Depuis, on a découvert six espèces (s) en Eu- 
rope. Quelques-unes (byssinus, Khcvenhillteri) l'ont été dans ces grottes 
de la Carinthie qu'habitent les Leptodekus, et où elles se tiennent dans 
une demi-obscurité ; mais le plus grand nombre vivent dans les forêts, 
sous les feuilles tombées et les détritus végétaux. Sauf l'espèce améri- 
caine, toutes sont de très-petite taille, et, quoique privées d'yeux, sont 
très-agiles. 

(1) Figuré dans Mirons, Faim. Ins. Europ. IV, 2. 

(2) L. caucasiens, Bull. Mosc. 1840, p. 176, pi. IV, fig. AHH. 

(3) Syn. Batuïscia, Schiœdte, Spccim. Faun. subterran. p. 10. M. Schiœdte 
a fondé ce genre pour les espèces européennes, dans l'incertitude où il était si 
leurs caractères concordaient avec ceux de l'espèce américaine. Cette concor- 
dance me parait être aujourd'hui généralement admise. 

(4) Loc. cit. pi. VIII, f. 1-6. 

(5) Bath. byssina, montana, Schiœdte, loc. cit.— Bath, Schiœdtei, Aubei, 
ouata, Kiesenw. Stettin. ent. Zcit. 1850, p. 223, et Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, 
1851, p. 394; des Pyrénées. — Adel. Khevenhùlleri, Miller, Verhandl. d. Zool.- 
Botan. Ver. in Wien, I, p. 131 ; de la grotte d'Adelsberg. 



«lLPHIDES. 209 

CHOLEVA. 
Lair. Précis d. car. gén. d. Ins. p. 14 (1). 

Menton carré, transversal , un peu rétréci en avant. _ Languette de 
la largeur du menton à sa base, évasée et fortement échancréc en avant. 
- Lobe interne des mâchoires terminé par un crochet corné. - Palpes 
maxillaires notablement plus grands que les labiaux ; leur 3o article en 
cône renversé, le 4° beaucoup plus grêle, conique et acuminé; le 3» des 
labiaux oratoire, un peu plus long que le 2». -Mandibules courtes, 
munies d une dent molaire à leur base, arquées, aiguës au bout et uni- 
dentecs avant leur sommet. - Labre court, arrondi et un peu sinué 
dans son milieu en avant. — Tête penchée, obtuse en avant. - Yeux 
subarrond.s, médiocres, peu saillants. - Antennes grêles, au moins de 
la longueur du prothorax; leurs six i«rs articles de longueur variable 
subcyl.ndnques, les cinq derniers formant une massue, tantôt très- 
allongcc et à peine sensible, tantôt bit:, distincte, le 8° plus court que 
le 7o et le 9". -Prothorax carré, de la largeur des élylres à sa base. — 
Jilvtrcs oblongues ou ovales, arquées en dessus. - Pattes longues et 
grêles; hanches antérieures et intermédiaires tressaillantes- les l'«non 
contiguës; jambes très-rarement élargies à leur extrémité, terminées par 
deux épines; les quatre 1<=™ articles (surtout les deux 1»") des tarses 
antérieurs, et parfois le 1" des intermédiaires dilatés chez les mâles 
et garnis de brosses de poils en dessous.-Mésosternum souvent caréné' 
— Corps oblong ou ovale, revêtu d'une très-fine pubescence soyeuse.' 
Insectes de petite taille, très-vifs et très-agiles, mais à démarche 
vacillante par suite du grand développement de leurs quatre hanches 
antérieures. Cette allure et une ressemblance assez prononcée dans la 
forme générale les a fait ranger par quelques anciens auteurs parmi les 
Ustela. On les trouve dans le bois vermoulu, les agarics , sous les 
ccorces et les pierres, quelquefois parmi les ordures, dans l'intérieur 
des maisons. Il y a d'assez grandes différences entre eux sous le rap- 
port des antennes, du mésosternum, et de la structure des tarses anté- 
rieurs et intermédiaires. Quelques-uns des groupes qu'on peut établir 
sur ces modifications sont regardés par la plupart des auteurs anglais 
comme des genres distincts (a). 

a SJS'i^ 1Î 1>ayk '" 1 ' Fa ""' S " rc - '' "■ ?A ~ ■> " om P° sl ^ ri «"' < le ^ «« 
* ocim d, Latre.llc, et par conséquent adopté à tort par la plupart des autours 

MttmT ( ! ( , n ° C,,) ' IU ' 8 ' Ka ' f - Prc " SS - "• M - - Llm ™ s > Fra " i <"> £ 
F ' mli' '%/, Sq ' û ClS ' K,A ' Fab ' SySt ' EL "' P< 20 - - lIvononuLus, 
M, ' m P ' L - Heloi ' s > 1>;l " z, ' r ' F '" ,!! lns - 6erm. fesc. 18 et 73. - 

MonnsLu, Marsh. Ent. Brit. p. 403. - Peliis, Gcoffr. Ins. d. env. d. Paris, I, 

(2) Voyez Stephcns, A Man. of Brit. Col. p. 110, et Westwood, An Introd. 
Colcopièrcs. Tome II, 14 



2io sitrnAi.ES. 

La larve de la Cholcva, fusca, la seule connue jusqu'ici, ressemble 
complément , selon Erichson (.), à celles des Sh*ha. Elle n en diffère 
qu'en ce que le 3» article de ses antennes est plus long, et que les ecus- 
8008 cornes qui revêtent le dessus de son corps ne débordent pas les 
côtés des segments abdominaux. 

La plupart des Cuoleva sont européennes et asiatiques ; hors de la, 
on n'en a découvert que dans l'Amérique du Nord et dans 1 Australie. 
Les espèces décrites s'élèvent en ce moment à une soixantaine (2). 

CATOPSIMORPHUS (3). 
Aube, Ann. d. I. Soc. ent. Sér.2, VIII, p. 324. 
Genre à peine distinct des Cuoleva dont il a tous les caractères, sauf 
les deux qui suivent : 

to the mod. classif. of Ins. II, Gcnera, p. 11. Ces deux auteurs divisent ces in- 
sectes en trois genres : Cuoleva, C.vtops et Ptomamagus. 
(1) Dans ses Arch. 1841,1, p. 102. 

•n Après l'ancienne monographie du genre Choleva do M. Spcnce (Trans. 
of\ho Linn. Soc. XI, par, ifp. W, fa ne ^g^f 
gleterre, on ne peut renvoyer le lecteur g?™*™*****?? .*£ S 
d Mark Brand I, p. 233), et de J. Sturm DeutschL Ins. XIV, p. 1 sq.), les 
tus ra.i existent sur ces insectes pour les espèces d'Europe. Le premier de 

Uinns Er., vicipes F., nigricans Spencc, grandtçollis Er v f' s l^\' T 
Tfr wLwfc, mono F., /toafiw Spencc, scdwïus Er., t»ios 
S „ ,ï,v ■ r Er sericèllé F., auxquelles Sturm on a ajouté s.x AOutelfeB . 

liï (SteUhu eut Zeit. «52, p. 397) a commencé une révision du genre 

p 102. - Cat. lonr/q^ni.s, xcricnlus, Chaud. Bull Mosc lb», , n , A P 
_C«<. «MoJX«W»n*, Itesenh. Beitr x. k'^StetUn S 

STfCS ft ?™ J. U - ESP- «A4- : «.*«*$ 

feh. Bull. Mosc. 1840, p. 175.- Ctf. ?^ *^£^aà! 
p. M.-bitrtffat, tecipes, Ménétr. Ins. de ^ P ; 36.-Esik afV, aines t K 

l'Amer du Nord : Car. tarifa™, Say, Journ. of tl.o Acad. of Ph.lad. 111 p. w* 
_ic«,, simple», Say, ibid. V, p. 184. - ^^S^SVS^- 
Bor. Amer. p. 108. - Cat. cadaverinus, ManU. Bull. Mo». 1843, p. V* 
Cat. terminant, i. L. Le Conte in Agass. Lako Super, p 218. - , C «'- ^ 
cornU Californie strigosus, cmsobrinus, obUtus, parasitm, h L. Le Coni 
Procce'd. of tho Acad. of Philad. 1833, p. 281. 

(3) La véritable orthographe du nom était Catopomouphbs, ainsi que le 
remarquer M. Schaum (Wiegm. Arch. 1851, 11, P- 176). 



SILPIIIDE9. 211 

Labre profondément et largement échancré, muni en avant d'une 
bordure membraneuse bilobée.- Antennes plus courtes, plus robustes 
i articles plus serrés : le 8° pas plus étroit et à peine plus court que lé 
7* et le 9 e . ^ 

H ne comprend qu'une espèce C. orientait* (i), des environs de 
Constantinople. 

COLON. 

Herbst, Die Kmfer, VII, p. 224 (2). 

Genre également voisin des Choleva, dont il se distingue nar les 
caractères suivants : 

Menton un peu plus long que large. — Languette entière ou à peine 
cchancrce. - Antennes plus courtes que le prothorax, terminées par 
une massue de cinq articles : le 7° plus petit que le 8» ; celui-ci presque 
cgal au 9°. — Mésosternum constamment caréné. — Corps court, plus 
ou moins ovale. 

Ces insectes, d'aussi petite taille que les Cqoleva, sont plus rares et 
ne se rencontrent guère que dans les herbes, où on les prend en fau- 
chant avec un filet. Des 21 espèces connues en ce moment, 19 sont eu- 
ropéennes, les deux autres de l'Algérie et des Etats-Unis (3). 

AGYRTES. 
Froeucu, Naturforsch. XXVIII, p. 18 (i). 

Menton court, transversal, un peu rétréci et tronqué en avant — 
Languette un peu évasée et fortement cchancrée en avant ; ses lobes 

(1) Loc. cit. pi. XI, f. 1 a-e. 

(2) Syn. Myloechus, Latr. Gen. Crust. et Ins. U, p. 30. - CATors, Gyllh 
Sahlb. — Choleva Spence. ' J ' 

(3) M Kraatz (Steltin. ont. Zoit. 1850, p. 163 et 187) a publié une IrÈs- 
honne révision des espèces européennes du genre, dans laquelle il relève une 
erreur échappée a Eriohson (Die KasT. d. Mark Brand. I, p. 24i) nui avait-, ,7 

deux sTcUoT- antél ' iCUrS t0 ^ Ol "' S di ' atéS aUX mà ' eS - * ,éparlit l0s cs P* ces S 
I. Jambes et tarses antérieurs simples dans les doux sexes • C timmMMi 
Herbst NU. Gyllh., puncticollis Kr. {h^, fc, Sturn^ir^ gX 
forL^ ? et 1 tarses * ntérieur s ^atés dans les deux sexes, les seconds plus' 
fortement chez les mâles que chez les femeUcs : C. claviar H.rbst JhT 
«»b nwtow Kr., denUpes Sahll,, appendice SahnT, XJïfc" 
«"•w Er rufescene Kr, dentioutatus Kr., affini* sturm al, lai Er" 
trumeus Latr., sinuatus Chaud., subcle^e S L S Ln«l, hZ™, ' 

- fsn L P, i If 16 : &¥*»—> U ™> W"» d. l'Alger. Eut. p. 226. 

pi 1853 ^m : ' J - Le Coutu ' Proccod - of th0 Ac1d - of 

(i) Syn. Mïceiopuagus Fan., Payk, Panzer. - Tiutoju Paykull, Gyllh. - 



212 SILPUALE*. 

étroits. — Lobes des mâchoires grêles, l'interne muni de quelques 
très-petites épines, l'externe appliqué sur lui. — Palpes assez robustes; 
les labiaux courts ; leurs deux 1 ers articles courts, subégaux, le 3° du 
double plus long, subovalaire; fes maxillaires à 1« article très-petit, 
2 obeonique, arqué, 3 un peu plus court, 4 ovalaire, renflé. — Mandi- 
bules un peu saillantes, droites, puis arquées et très-aiguës au bout, 
inermes en dedans. — Labre transversal, largement et faiblement échan- 
cré, cilié en avant. — Tête courte, transversale, enfoncée dans le pro- 
thorax. — Yeux médiocres, subglobuleux. — Antennes assez robustes, 
au plus de la longueur du prothorax ; leurs deux ou trois 1 ers articles 
obeoniques, plus longs que les trois ou quatre suivants ; les cinq der- 
niers formant une massue plus ou moins forte, le 11» ovalaire. — Pro- 
thorax transversal, penché, convexe, un peu rétréci en avant, avec son 
bord antérieur échancré. — Elytrcs de la largeur du prolhorax à leur 
base, ovalaires ou oblongucs, striées. — Pattes assez courtes; les quatre 
hanches antérieures médiocrement saillantes, obliques; jambes parfois 
assez élargies au bout, épineuses sur leur tranche dorsale; tarses sim- 
ples, garnis de poils fins en dessous. — Corps ovalaire ou oblongo-pa- 
rallèlc, convexe, ailé. 

Genre d'un facics très-différent de celui des précédents et qui, sous 
ce rapport, fait le passage entre eux et les Anisotomides. On n'en con- 
naît que deux espèces (t) répandues dans toute l'Europe , mais rares 
partout ; on les trouve principalement sous les écorecs. T.outes deux 
sont d'assez petite taille et d'un fauve foncé tirant parfois sur le bru- 
nâtre. 

SPILER1TES. 

Dottschm. Faun. Austr. I, p. 205 (2). 

Menton grand, arrondi en avant. — Languette courte, bilobée. — 
Lobe interne des mâchoires terminé par un crochet corné ; l'externe 
large, arrondi et cilié en avant. — Palpes courts, robustes; leur dernier 
article ovalaire, obtus au bout, aussi long que les deux précédents 
réunis. — Mandibules saillantes, fortement arquées et pluridentées au 

Ecakds (Rudd), Stephens, A Man. of Brit. Col. p. 133 ; genre à peine défini et 
méconnaissante. Stephens le place dans su tribu des Erotylidw, et lui donpo 
pour unique espèce la Tritoma glabra de Paykull ; dès lors ce ne peut être 
que le genre actuel. 

(1) A. castaneus, Frœllcb, toc. Oit. ; Bguré par le même auteur sous le nom 
de Aff. vesptrtinuSj loc. cit. Tab. 1, f. 11, et par Panzer sous celui de Myceto- 
jihagus xpinificx, Faun. Ins. Germ. fasc. 24, a» 20. — glaber {Tritoma glabra, 
Payk. Faun. Suec. 111, p. 335); figuré par Gcrmar, Faun. 1ns. Europ. fasc. 
22, 1. 

(2) Syn. Histeh, Fab. Syst. El. I, p. 85. — Nitidula, Gyllh. lus. suce. I, 
p. ail. — Saiui-os, Fischer de Waldh. Ent. Mosq. Tab. 1, 



ANJSOTOMIDES. 213 

côté interne. — Labre très-court, arrondi en avant. — Tète brièvement 
ovalaire, engagée dans le prothorax. — Yeux assez gros et assez sail- 
lants. — Antennes courtes, robustes, à 1" article très-grand , gros et 
arqué, 2-3 beaucoup plus courts, obeoniques, subégaux, 4-8 très-courts, 
cupuliformes, 9-10 formant brusquement une grosse massue ovale et 
solide. — Prothorax transversal, rebordé sur les côtés, échancré en 
avant, bisinué et appliqué exactement à sa base contre les élytres. — 
Celles-ci courtes, presque carrées et un peu tronquées au bout. — Pattes 
assez robustes; jambes comprimées, arquées, tranchantes en dehors, épi- 
neuses, terminées par deux éperons; tarses simples, filiformes. — Corps 
court, presque carré, épais. 

L'espèce typique de ce genre, S. g/diraJus F. (1), plus particulièrement 
propre aux parties froides de l'Europe, mais rare partout, ressemble 
tellement à un Hister, au premier coup-d'œil , que Fabricius l'avait 
placée dans ce genre. Mais la structure des principales parties de sa 
bouche, celle de ses hanches antérieures et postérieures, etc., sont es- 
sentiellement comme dans la famille actuelle qu'elle unit à celle des 
Ilislériens. Cet insecte est à peine long de deux lignes et varie pour la 
couleur du noir au vert brillant. On le trouve plus spécialement sous les 
ècorces des arbres morts. On en connait une seconde espèce originaire 
de l'île Silkha sur la côte nord-ouest de l'Amérique (2). 

TRIBU III, 

ANISOTOM1DES. 

Hanches postérieures contiguës. — Palpes maxillaires pas beaucoup 
plus longs que les labiaux. — Prothorax formant une voù'.e de chaque 
côté. — Trochanlcrs postérieurs petits, placés dans l'axe des cuisses; 
articles des tarses très-variables sous le rapport du nombre. — Para- 
plcurcs métathoraciques en totalité ou en partie recouvertes par les 
bords latéraux des élytres. 

Rigoureusement parlant, les Anisotomides, ainsi qu'on l'a vu plus haut, 
ne diffèrent des Silphides que par la forme de leurs trochanters. Mais 
à ce caractère s'ajoutent plusieurs particularités dont il est nécessaire 
(le tenir compte. Ainsi, ces insectes sont tous de petite taille, de forme 
courte, convexe, assez souvent subglobulcusc, cl quelques-uns ont la fa- 
culté de se contracter en boule. Leurs pattes sont courtes, avec les 
cuisses robustes, comprimées, et les jambes plus ou moins élargies à leur 

(1) Figure dans Stnrm Deutsch. Insekt. I, pi. 20, avec beaucoup de détails. . 
t est la seule lionne liguro de cet insecte qui existe. 

(2) S. politus, Manh..Bull. Mosc. 1840, p. 514, 



214 sir.rn.vi.F.s. 

extrémité. Les tarses surtout sont extrêmement variables, et le nombre 
de leurs articles présente un grand nombre de combinaisons , tantôt 
propres aux deux sexes à la fois, tantôt différentes dans chacun d'eux. 
Ceux des femelles sont toujours simples; mais chez les mâles les deux 
ou trois premiers articles des quatre antérieurs sont plus ou moins di- 
latés et garnis en dessous de longs poils uns, ne formant pas de brosse 
proprement dite. On peut encore signaler, pour oe qui concerne les or- 
ganes buccaux, la présence constante d'une dent molaire à la base des 
mandibules. 

Les habitudes, en outre, ne sont pas complètement les mêmes. Les 
Anisotomides ne se rencontrent jamais dans les cadavres, mais dans les 
champignons, sous les ccorces vermoulues et dans les détritus végétaux 
en général. Comme elles volent avec facilité, on en prend souvent au 
vol, surtout le soir. 

La tribu correspond aux deux anciens genres Anisotoma. et Agatm- 
dium d'Illiger, que Latreille avait séparés par un intervalle immense, en 
plaçant le premier parmi les Hétéromères dans sa tribu des Diaperales, 
le second parmi les Tétramcres dans celle des Clavipalpes. Il ignorait 
les variations qu'éprouve le nombre des articles des tarses, et que ces 
organes ne peuvent pas servir à déterminer la place de ces insectes 
dans la méthode, mais seulement à caractériser leurs genres. Stcphens 
est le premier qui les ait réunis en une famille propre, mais en leur as- 
sociant un grand nombre d'éléments étrangers (1) qui en ont ete re- 
tranchés par Erichson (2). Antérieurement, le docteur Schmidt (s), dans 
un très-bon travail sur les espèces de l'Allemagne, avait commencé d'e- 
claircir leur classification. 

Les genres qui composent la tribu s'élèvent à neuf qui tous ont des 
représentants en Europe. Erichson les a répartis dans deux groupes 
sous les noms à" Anisotomini et Agathidini , groupes qui sont très- 

(1) 111. of Brit. Ent. II, p. 157. et Man. of Brit. Col. p. 98. Outre les Aniso- 
toma et les Agathimum, Stephens comprend dans sa famille des Anisotomtdœ, 
les Piialacrus, qui constituent une famille a part, les Ephistemus, qui appar- 
tiennent aux Cryptophagidcs, les Alexja, Clambus, Corylopiius, Orthoperus 
et Sericoderus, qu'Erichson regarde comme devant rentrer parmi les Cocci- 
ncllides. Je crois que c'est en effet là leur place, à l'exception des Clambus, 
qui me paraissent trop voisins des Agathimum pour être exclus do la famille 
actuelle. — M. Westwood (An Introd. to the mod. classif. of Ins. II, Synops. 
p. 10) a changé le nom de la famille en celui d'Agaihtidœ, mais la compose exac- 
tement comme Stephen». — M. L. Redtenbacher (Die K*f. Austr. p. 158), le 
dernier auteur qui se soit occupé de ces insectes, outre les Clambus, ajoute a 
la famille doux nouveaux genres qu'il nomme Calïptomerus et Microspileiia. 
Tous deux sont aussi des Ooccincllides, et le second parait n'être autre chose 
que le genre Orthoperus do Stcphens. 

(2) Naturg. d. Insckt. Deutschl. III, p. 41. 

(3) « Revision der deutschon Anisotomcn » in Germar, Zoitschr. III, p, 130. 



ANISOTOMIDES. 215 

naturels, mais qui ne me paraissent pas avoir une valeur suffisante pour 
être conserves. 

I. Hanches postérieures simples. 

A Nombre des art. des tarses semblables dans les deux sexes. 
5 articles à tous les tarses : Triarthron, flydnobius. 
5 — aux quatre antér., 4 aux poster. : Anisotoma, Cyrtuta. 
5 — aux antérieurs, 4 aux quatre poster. : Colenis. 
4 — _ 3 — Agaricophilus. 

B Ce nombre variant selon les sexes. 

Massue des antennes do 5 articles : Liodes. 

— 4 — Amphicyllis. 

_ — 3 — Agathidium. 

II. Hanches postérieures recouvrant les cuisses : Clambui. 

TRIARTHRON. 

BLerkel, Stettin. cnt. Zeit. 1840, p. 141. 

Menton très-court. — Languette carrée, légèrement échancrée dans 
son milieu. — 3° article des palpes labiaux plus court que le 2°, sub- 
ovalairc et obtus au bout ; le 2" des maxillaires allongé, le 3° très-court, 
le 4° presque aussi long que le 2°, cylindrique et acuminé au bout. — 
Mandibules robustes, fortement arquées, munies d'une dent au milieu 
de leur bord interne. — Labre légèrement bilobé. —Antennes robustes, 
à articles 1 court, gros et cylindrique, 2 moitié aussi gros, 3-8 courts, 
subégaux, grossissant graduellement, 9-11 formant une très-grosse 
massue subarrondie, à articles serrés. — Prothorax coupé carrément 
en avant et en arrière, entouré sur ses bords d'un sillon bien marqué. 
— Pattes courtes et robustes ; cuisses canaliculées en dessous ; jambes 
un peu élargies à leur extrémité, ciliées ; tarses de cinq articles; les 
antérieures et les intermédiaires ayant les trois l ors articles dilatés chez 
les mâles, les deux 1ers bilobés, le 3» cordiforme, plus petit. — Mé- 
sosternum non caréné. 

Genre établi sur un petit insecte, T. Mœrkclii (i), découvert dans la 
Saxe par M. Mœrkcl, et qui depuis a été retrouvé dans diverses parties 
de l'Allemagne, mais qui parait fort rare partout. Sa forme est un peu 
plus allongée que celle des Akisotoma, auxquelles il ressemble complè- 
tement au premier coup-d'œil, mais dont il s'éloigne par de nombreux 
caractères. Indépendamment de la structure des tarses, les mâles diffè- 
rent des femelles par leur tète plus grosse et leurs cuisses postérieures 
en massue, échancrées à lour base en dessous et munies d'une petite 
dent en avant de cctWcchancrurc. 

1) Schnudt in Gcrmar, Zcitschr. III, p. 200. 



216 



HÏDNOBIUS. 
Schmidt in GEnsun, Zeitsckr. III, p, 193 (1). 

Menton transversal, rétréci et coupé carrément en avant. —Lan- 
guette coriace, bilobée ; ses lobes non divergents. — Dernier article des 
palpes labiaux de la longueur du 1", le 2» plus court; tous cylindri- 
ques; le 1« des maxillaires petit, le 2» plus long, obeonique, le 3" de 
moitié plus court, le ¥ aussi long que ces deux derniers réunis, un peu 
renflé et oblus au bout. — Mandibules robustes, saillantes, munies 
d'une dent au coté interne ; la droite fendue, la gauche simple au bout. 
— Labre petit, bilobe. — Antennes pareilles à celles des Amsotoma, 
terminées par une grande massue de cinq articles, dont le 2» beaucoup 
plus petit que les autres. — Prothorax légèrement bisinu» à sa base ; 
celle-ci longée par un sillon. — Pattes robustes ; jambes droites, fine- 
ment velues, avec leur tranche externe munie de petites épines, sur 
tout aux antérieures ; tarses de cinq articles, courts et robustes. — Mé- 
sosternum non caréné. 

Genre intermédiaire entre le précédent et les Anisotoma qui suivent, 
ayant les tarses du premier et les antennes des secondes. Il se compose 
d'un petit nombre d'espèces européennes (2). Les mâles se distinguent 
des femelles par leurs cuisses postérieures en massue et munies d'une 
dent en dessous. 

ANISOTOMA. 
(Knoch) Ii.lic. Die Kœf. Preuss. p. 69 (3). 

Menton transversal, fortement rétréci et tronqué en avant. — Lan- 
guette bilobée; ses lobes divergents. — Palpes des Uydnobius. — Man- 
dibules robustes, simples à leur extrémité, munies d'une petite dent 
médiane interne. — Labre petit , bilobé. — 1 er article des antennes 
robuste, assez long, 2 e aussi gros, plus court, 3" allongé et obeonique, 
4-5 très-courts, 6 eupuliforme ; les cinq derniers formant une grande 
massue à articles peu serrés et dont le 2° est très-petit. — Prulhorax 

(1) Syn. Anisotoma Gyllli., Sahlb., Sturm. — Leiodes Steph. 

(2) H. punctatissimus Stepli., punctatus Sturm, slrigosus Schm. Voyez 
Schmidt, loc. cit., et Ericlison, Naturg. d. Insekt. Doutschl. III, p. 47. — Sui- 
vant ce dernier (Arch. 1817, II, p. 100), la Leiodes alternait! de M. Melsheimer 
(Proceed. of the Acad. of Philad. H, p. 103) appartiendrait à ce genre, qui, 
alors, existerait aussi dans l'Amérique du Nord. M. .1. Le Conte (Procoed. of the 
Acad. of Philad. 1853, p. 283) la place parmi les Anisotoma. 

(3) Syn. Leiodes Latr., Slephens, Curtis. — Volvoxis, Kugelann in Schneid. 
Mag. p. 535. — Tetratoma Panzer, Herbst. — TniTO\uJ>anzer. — Si'Ii.kiupihm 
Paykull. — Pallodes Melsheim. Voyez la famille des Kitidulaires. 



ANISOTOMIDES. 217 

transversal, en général bisinué à sa base ; celle-ci précédée d'une rangée 
«Ile gros points. — Pattes robustes ; jambes plus ou moins élargies à leur 
extrémité et épineuses sur leur tranche dorsale ; les antérieures tron- 
quées obliquement au bout pour loger les tarses; ceux-ci de cinq arti- 
cles aux pattes antérieures et intermédiaires, de quatre aux postérieurs. 
— Mésosternum caréné. 

Les espèces sont nombreuses, mais difficiles à distinguer par suite de 
la grande analogie qui existe entre elles, sous le rapport de la forme, 
des couleurs et de la sculpture des élylres, qui consiste toujours en neuf 
rangées d'assez gros points enfoncés, avec les intervalles vaguement 
ponctués. Les différences sexuelles varient selon les espèces; mais les 
mâles ont en général le prolhorax plus grand, les cuisses postérieures 
plus grosses et dentées en dessous, les jambes de la même paire ar- 
quées et les quatre tarses antérieurs plus ou moins dilatés. Le genre 
est jusqu'ici propre à l'Europe et à l'Amérique du Nord (l). 

CYRTUSA. , 
Eiucbs. Naturg. d. Insekt. Deutschl. III, p. 77. 

Ce sont des Anisotoma. dont le mésosternum est plane et prolongé 
antérieurement en une saillie obtuse. A ce seul caractère essentiel s'a- 
joutent quelques autres particularités secondaires. Le corps est plus 
globuleux, la tète plus large, le prothorax sans rangée de points en- 
foncés le long de sa base ; la languette à peine bilobée ; les jambes an- 
térieures ont sur leur face interne un sillon plus ou moins distinct pour 

(1) Pour les espèces européennes, voyez Schmidt (loc. cit. p. 143) et Erichson 
(Naturg. d. Ins. Deutschl. III, p. 50). On peut regarder comme les types du 
genre les A. cinnamomea Panzer, dubia Kugel., picea Illig., armaia, ferrugi- 
neu, tournai, pallens, Sturm. Parmi les espèces nouvelles décrites par Schmidt 
{obesa, Triepkii, longipes, flavescens , ovalis, brevipes, nigrita, curcipes, 
rubiginosa, bicolor, pallesccns, ciliaris, nemoralis, acicutata), plusieurs sont 
nominales, selon Erichson. Ainsi les Ibngipes, bicolor et pallescens sont des 
variétés do la dubia ; la brevipes une variété de Vovalis, et la nemoralis la 
femelle de la brunnea. Erichson décrit les espèces nouvelles suivantes : A.ro- 
tundata, rhœtica, furva, scita, nitidula, hybrida. 

Ai- : Esp. européennes : L. vittata, latifrons, Ourtis, Aun. of nat. Hist. V, 
p. 2,76.— mœsta, Hampe, Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 351. —silesiitca, Kraatz, 
ibid. 1852, p. 380. — Esp. du Kamtschatka : A. convaum, Motscli. Bull. Mosc. 
1845, n» i, p. 3G7. — Esp. de l'Amer, du Nord : Leiodes punctatostriatus , 
Kirby, Faim. llor. Amer. p. 110. — Pallodes obsoleius , Melshcim. Proceed. 
of the Acad. of Philad. II, p. 107, sec. Lee. — assimilis, indislincla (Leiod. 
punctaioslriaius? Kirby), coUaris, strigaia, J. Le Conte in Agass. Lake Super, 
p. 221, et Proceed. of the Acad. of Philad. 1853, p. 283. 

Pour des observations sur les caractères sexuels de quelques espèces euro- 
péennes, voyez Kraatz, loc. cit. p. 377. 



218 SILPUALES. 

la réception de leurs tarses au repos ; les intermédiaires sont légèrement, 
arquées dans les deux sexes. Les màlcs diffèrent ordinairement des fe- 
melles en ce que leurs cuisses postérieures sont armées en dessous 
d'une dent près de leur extrémité. Ces Insectes sont de très-petite taille, 
les plus grands n'ayant pas une ligne de longueur. On en connaît quatre 
espèces d'Europe (i), que Schmidt (loc. cit.) avait laissées parmi les 
Amsoioma. 

COLENIS. 

Eiuchs. Nahtrg. d. Insckt. Deutschl. III, p. 82. 

Menton fortement transversal, très-rétréci et tronqué en avant — 
Languette coriace, coupée carrément antérieurement. — Palpes labiaux 
presque aussi longs que les maxillaires; leur dernier article cylindrique, 
celui des maxillaires un peu acuminé. — Mandidulcs un peu saillantes, 
simples. — Labre court, coriace à sa base, corné en avant, avec son bord 
antérieur faiblement échancré. — Yeux médiocres , assez saillants. — 
Antennes à articles 1 ovalaire, 2 cylindrique, moins gros. 3 un peu plus 
long que celui-ci, 4-6 petits, courts, 7 un peu plus gros, 8 de la grosseur 
de 4-6, 9-11 formant une forte massue un peu allongée. — Prothorax 
rétréci en avant, à peine bisinué en arrière, ayant une strie le long de 
ses bords latéraux. — Pattes assez courtes ; jambes droites, un peu épi- 
neuses sur leur tranche externe; tarses robustes; les antérieurs de 
cinq , les intermédiaires et les postérieurs de quatre articles. — Méso- 
sternum caréné. — Corps ovale un peu oblong. • 

Ce genre a pour type YAnisoloma dentipes de Gyllenhall (2), très- 
petit insecte répandu dans toute l'Europe et assez commun. Le mâle se 
distingue de la femelle par ses cuisses comprimées et bidentées en des- 
sous. Il y en a une seconde espèce de l'Amérique du Nord (s). 

AGARICOPIIAGUS. 

ScmnDT in Gemmai», Zeitschr. III, p. 191. 

Avec le faciès des Colenis, ce genre a tous les caractères des Aniso- 
toma, mais se distingue des unes et des autres par le nombre des arli- 

(1) Antsotoma, sublestaceum, Gyllli. Ins. Suec. III, p. 707. — An. minutum, 
Ahmis, Nov. A<t. flalens. H, p. 20, pi. 2, f. 2 [An. femorata et minuta, Schmidt, 
loc. cit. p. 18S et 1S7). — An. pauxilla, Schmidt, loc. cit. p. 188. — Cyft. 
latïpeS; Erichs. loc. cit. p. 80. 

(2) Ins. Suce, il, p. 570 [Anis. dentipes et aciculata, Schmidt, loc. cit. p. 183 
et 184; Sphœridium hiivmndum, Stunn, Deiilsclil. lus. II, p. 25, Tab. 22, f. c CD). 

(.!) C. impuncliita, i. Le Conte, Procccd. of the Acad. of Philad. 1853, p. 284, 
M. J. Le Coûta en décrit une autre (lœvis), mais qui est douteuse quant au 
genre. 



ANISOTOMIDES. 219 

des de ses tarses, qui est de quatre aux antérieurs e't de trois seulement 
aux intermédiaires et aux postérieurs. Chez les mâles, tous sont dilates 
et garnis en dessous de poils assez longs. Ce sexe se distingue en outre 
des femelles par sa tête un peu plus forte, son épistome distinct du front 
et ses cuisses postérieures plus fortes et armées en dessous d'une assez 
forte épine dirigée en arrière. Dans les deux sexes le prothorax est sim- 
plement pointillé, sans rangées de points le long de sa base ni sillon le 
long de ses bords latéraux. Schmidt a fondé ce genre sur un petit in- 
secte (À. ccphaloles) découvert par lui aux environs de Stettin, et re- 
trouvé depuis dans quelques autres parties de l'Allemagne; il n'a qu'une 
ligne de long. Erichson en a décrit une seconde espèce encore plus 
petite (1). 

LIODES. 
Emeus. Naiurg. d. Insckt. DeutscU. III, p. 87 (2). 

Menton fortement transversal, rétréci et tronqué en avant. — Lan- 
guette coriace, divisée en deux lobes divergents. — Dernier article des 
palpes acuminé, celui des labiaux plus petit que le 2°; celui des maxil- 
laires égalant le 2e et le 3° qui sont très-courts. — Mandibules ro- 
bustes, un peu saillantes, simples. — Labre très-court, éclnncré en 
avant. — Epistome séparé du front par un sillon très-marqué. — An- 
tennes des Anisotoma, terminées par une grande massue de cinq arti- 
cles, dont le 2» très-petit. — Prothorax transversal, échancré en avant, 
arrondi sur les côtés et aux angles postérieurs, coupé presque carré- 
ment à sa base. — Pattes assez robustes ; cuisses ovales, comprimées ; 
jambes antérieures un peu plus larges que les autres à leur sommet ; 
toutes garnies de cils et de petites épines ; tarses antérieurs et inter- 
médiaires de cinq articles , les postérieurs de quatre chez les mâles ; 
ceux des femelles de cinq en avant, de quatre aux deux paires posté- 
rieures, ou de quatre partout. — Mésosternum formant une lame légè- 
rement saillante entre les hanches intermédiaires. 

Ces insectes sont plus globuleux que les Anisotoma , et présentent 
quelque trace de la faculté de se contracter en boule. Ils égalent aussi 
pour la taille les espèces de ce genre. Les mâles ont les deux ou trois 
premiers articles des tarses antérieurs intermédiaires plus ou moins for- 
tement dilatés cl garnis de longs poils serrés en dessous. Leurs cuisses 
postérieures ne sont pas dentées comme dans les genres précédents, 
mais parfois un peu anguleuses en dessous. Les espèces sont médio- 

(1) A. conforma, Naturg. d. Ins. Dcutschl. III, p. 8G. 

(2).Syu. Leiobes, Latr. Précis d. par. sénér. d. lus. p. 22; nom mal faj( ot 
corrigé i>ar Erichson.— La synonymie, des anciens auteurs est la mémo que poul- 
ies Amsotoma. 



220 SILPHAI.ES. 

crement nombreuses (1) , mais il y en a dans l'ancien et le nouveau con- 
tinent. 

La larve de la Lio/lrs humeralis, d'après la description qu'en donne 
Erichson ('2), a beaucoup de ressemblance avec celles des NECROrnonus. 
Son corps est cylindrique et garni çà et là de poils redressés; les seg- 
ments du corps sont protégés en dessus par des écussons cornés qui 
n'atteignent pas leurs bords latéraux, et en arrière desquels il existe sur 
l'abdomen une rangée transversale de poils raides. La tête est assez 
petite, arrondie, un peu déprimée, assez horizontale et sans.épistomc 
distinct; elle porte de chaque coté deux ocelles. Les antennes sont pe- 
tites; leur 1 er article est très-court, le 3° un peu plus long que le 2", le 
dernier très-petit et sétiforme. Les organes buccaux se composent d'un 
labre petit, saillant et arrondi en avant; de mandibules courtes, arquées 
à leur sommet et munies d'une dent molaire à leur base ; de mâchoires 
terminées par deux lobes appliqués l'un sur l'autre et difficiles à distin- 
guer ; de palpes maxillaires de trois articles, enfin d'une lèvre inférieure 
consistant en un menton charnu, une languette plus petite, arrondie en 
avant et portant des palpes labiaux de deux articles. Le corps est ter- 
miné par deux courts appendices slylilbrmes et un prolongement anal. 
La première paire de stigmates est située inférieurement sur la mem- 
brane entre le prothorax et le mésothorax, les huit autres sur les bords 
latéraux et dorsaux des huit premiers segments de l'abdomen, à côté de 
leurs écussons. 

AMPHICYLUS. . 
Eiucns. Naturg. d. Jnsekt. Deutschl. III, p. 93. 

Mêmes caractères que les Liodes, avec la massue des antennes formée 
seulement de quatre articles. Les mâles ont les tarses faits comme ceux 
du genre en question, avec les trois premiers articles des antérieurs et 
les deux premiers des intermédiaires dilatés et velus en dessous ; Tes fe- 
melles n'ont que quatre articles partout. Les espèces sont européennes 
et au nombre de deux (s). 

(1) Esp. européennes : Anisotoma humeralis, Fab. Syst. El. II, p. 99. — ' 
An. axillare, Gyllli. Ins. Suce. II, p. 5G0. — An. glabra (Kugelann), Sturm, 
Deutschl. Ins. II, p. 45, Tab. 23.— An. serricarne, Gyïlh. Ioc. cit. III, p. 710.— 
Tetratoma castanea, Herbst, Dio Kœfer, IV, p. 85, Tab. 38, f. Zc. — orbku- 
luris, Herbst, toc. cit. p. 91, Tab. 38, f. 10 K. — Esp. de l'Amérique du Nord : 
Leiod. discolor, Kelshelm. Proceed. of tue Acad. of Pliilad. II, p. 103. — glo- 
bosa (Cyrlusa globosa, olim in Agass. Lake Super, p. 222), polita, basalis, di- 
chroa, J. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Pbilad. 1853, p. 285. 

(2) Dans ses Arcli. 1817, I, p. 284; reproduite par MM. Chapuis et Caiidèze 
dans les Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII. p. 407. 

(3) Sphœridium globus, Fab. Syst, El. I, p. 94 {Agathidium ferrugineum et 
ruflcolle, Sturm, Deutscld. Ins. H, Tab. 29, f. B et D). — Anisotoma globifor- 
mis, Salilb. Ins. Fcnn. I, p. 468. 



AMSOJOAIIUES. 221 

AGATHIDIUM. 
1lu6. Kœf. Preuss. p. 81. 

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette coriace, 
bilobée. — Dernier article des palpes labiaux légèrement ovalaire, celui 
des maxillaires un peu acuminé et obtus. — Mandibules simples ; la 
gauche parfois allongée et cornue chez les mâles. — Labre court, ar- 
rondi en avant. — Epistomc continu avec le front; deux sillons conver- 
gents sous la tête, recevant les antennes au repos. — Celles-ci terminées 
par une massue de trois articles; les sept précédents courts, gpossissant 
peu à peu; le 8° parfois plus petit que le 7° ; le 3° allongé, le 2° mé- 
diocre, le 1 er gros et assez long. — Prothorax transversal échancré en 
avant, de forme variable à sa base. — Pattes des Liodes; cinq articles 
aux quatre tarses antérieurs, quatre aux postérieurs chez les mâles ; 
ceux des femelles en ayant cinq aux antérieurs et quatre aux deux paires 
postérieures, ou quatre partout. — Mésosternum caréné. 

Ces insectes sont de très-petite taille et possèdent plus ou moins la 
faculté de se contracter en boule. Elle est d'autant plus complète que 
les élytres sont plus arrondies à leur base, que leurs angles humoraux 
sont plus effacés, cl que le prothorax est plus circulaire en arrière. En- 
tre les espèces qui présentent ces caractères et celles chez lesquelles le 
prothorax s'applique 'exactement contre la base des élytres, comme 
dans les genres qui précèdent, il existe tous les passages. Abstraction 
faite des tarses, les caractères sexuels sont variables dans ce genre. Il 
se compose d'une vingtaine d'espèces propres à l'Europe et à l'Améri- 
que du Nord (î). 

La larve de VA. seminulum, que M. Ed. Pcrris a fait connaître (2), a 

(1) Esp. européennes : Anisotoma nigripennis, seminulum, Fab. Syst. El. î, 
p. 100. — Anis. alrum, plagiatum, rotundatum, Gyllh. Ins. Suce. H, p. 570 
sq. et IV, p. 513. — Agath. mandibulare , nigrinum, marginatum (Anis. 
orbiculatum Gyllh.) Sturm, Deutschl. II, Ins. Tab. 27 sq. — Agath. varions, 
Beck, Beitr. z. Baicrsch. Faun. p. 1, pi. I, f. 2. — Agath. badium, lœvigatum 
{orbkulare Stephens), piceum, discoideum, hwmorrhoum, Erichs. loc. cit. 
p. 98 sq. Pour la synonymie, voyez cet auteur. L'Agathidium carbonarium du 
Sturm (Deutschl. Ins. H, pi. 27, f. d D E F), ost, selon Erichson, un Palpicorne 
du genro Cyllidium, et identique avec Yliydrophilus seminulum de l'aykull. — 
Esp. du Caucase : A. vittatum, Motsch. Bull .Mosc. 1839, p. 53, pi. I, fia:. /F.— 
Esp. de l'Amérique du Nord : Agath. oniscoides, Paliss. de Beauv. Ins. d'Afriq. 
et d'Amer, p. 160, pi. 6, f. 2. — A. piceum {oniscoides Beauv.), exif/unm . 
Melahelm. Proceed. of the Acad. of Philad. II, p. 103.— Ag. ruficorne (cxiguum 
Melâheim.), revolvens, J. Le Conte in Agass. Lakc Super, p. 222. — pnkhrum. 
difforme (Phalacrns di/formis, Lee. olim in Agass. loc. cit.), Proceed. of tue 
Acad. ot Philad. 1853, p. 286. 

(2) Ann. d. 1, Soc. eut. Série 2, IX, p. 4i, pi. II, n» IV, f. 17-25. 



les plus intimes rapports avec celle de la TJodes humeralis, et n'en dif- 
fère que par quelques points secondaires. Sa forme est celle d'un ovoïde 
très-allongé, convexe en dessus, plane en dessous, et ses segments tho- 
raciques et abdominaux sont dépourvus d'écussons cornés; une peau 
légèrement coriacée les revêt uniformément. Les mâchoires ne possè- 
dent qu'un seul lobe, et les mandibules sont bidentées à leur extrémité. 
Les articles des antennes ont des proportions relatives un peu diffé- 
rentes, et leur 3° article, plus long que les deux 1 ers réunis, présente 
au côté interne deux saillies dont une terminale. Un petit bourrelet 
charnu se voit de chaque coté des huit premiers segments abdominaux. 
Outre les poils dont sont munis les côtés du corps , il en existe trois 
rangées sur le dos et deux sous le ventre. Cette larve, que M. Ed. Perris 
avait trouvée en abondance, sous l'écorce d'un pin mort, parmi des 
champignons {Trickia cinnaburina Bulliard), subit ses métamorphoses 
en terre. La nymphe est hérissée, sur la tète, le prothorax et les cotés 
de l'abdomen, de soies blanchâtres. 

CLAMBUS. 
Fiscn. de Waldii. Entomogr. 1; Gêner, d. Ins. p. 52 (1). 

Languette cornée, évasée en avant, avec son bord antérieur arrondi. 

— Lobes des mâchoires subégaux : l'interne plus large, cilié au bout et 
en dedans; l'externe filiforme, très-grèle, pubescijnt à son extrémité. — 
Palpes labiaux à articles 1 très-court, 2 pyrifortnc , arqué, 3 un peu 
plus court , globuleux et acuminé au bout ; les maxillaires à articles 1 
très-court, 2-4 globuleux, le 4° acuminé. — Mandibules terminées par 
deux longs crochets aigus. — Labre très-pelit, caché sous le chaperon. 

— Tète très-grande, penchée, rétrécie et obtuse en avant. — Antennes 
de 9 articles: 1 épais, en ovale allongé, 2 très-long et très-gréle, 3 de 
moilié plus court, 4-7 courts, 8 très- gros, campanuliforme, 9 un peu 
moins épais et ovalaire. — Prothorax court, de la largeur des élytres et 
arrondi à sa base, rétréci en avant. — Ecusson assez grand, en triangle 
large et rectiligne. — Elytres Irès-convexes, graduellement rétrécies en 
arrière. — Pattes médiocres; hanches postérieures Irès-grandes, lamel- 
liformes, recouvrant les cuisses ; tarses de quatre articles. — Corps glo- 
boso-clliptiquc, ailé, contractile. 

Insectes aussi petits que les Agatiiidiuju de la moindre grandeur, sur 

(1) Syn. Dbkhestes, De 68er, Mém. IV, p. 220. — Scaphimom Gyllli. — Cvn- 
tocephalus, Ocj. Gat. éd. 3, p. 455.— Sternucuus, J. L. Le Conte in Agass. Lakc 
Super, p. 222. M. .1. Le Conte a, depuis (Procccd. of the Acad. of Philad. 1853, 
p. 286), supprimé ce genre et reconnu son identité avec les Clahbos ; ce qu'il 
avait décrit, dans l'origine, comme les antennes, était le fragment d'un autre 
insecte adhérant à l'exemplaire examiné par lui. 



ANISOTOMIDKS. 223 

le compte desquels les entomologistes ne sont pas d'accord (t) et dont 
la place est encore problématique. Je crois, avec les auteurs les plus ré- 
cents, qu'ils sont le moins mal placés à la suite des Agatuidiuh aux- 
quels ils ressemblent beaucoup, et qu'ils surpassent encore pour la fa- 
culté de contracter leur corps en boule. 

On ne peut cependant se dissimuler que les premiers états de ces 
insectes, dont on doit la connaissance récente à M. Ed. Perris, ne viennent 
que médiocrement à l'appui de ce rapprochement. La larve du C.cnsha- 
mensis, qu'a décrite ce consciencieux et habile observateur (2), ressemble 
beaucoup pour la forme générale à celle de l' Agalhidium seminulum, 
mais elle en diffère par des caractères essentiels, dont les principaux 
sont : les segments couverts de fines aspérités et dépourvus de poils , la 
présence de chaque coté de la tête de cinq ocelles disposés sur deux 
rangées transversales, et surtout l'absence d'appendices styliformes sur 
le dernier segment abdominal. M. Ed. Perris avait trouvé cette larve 
dans la toiture en chaume d'une bergerie. Pour se changer en nymphe 
clic se comporte exactement comme celles des Trichoptérygiens, sur 
lesquelles on trouvera des détails plus loin (3). La nymphe est hérissée 
de longues soies, qui semblent avoir pour but de la protéger contre 
les chutes qu'elle pourrait faire, attendu qu'elle se trouve dans les lieux 
où la larve a vécu. 

Les espèces de ce genre sont jusqu'ici européennes, sauf une de l'A- 
mérique du Nord (■<). 

(1) Voyez plus haut, p. 214, note 1 . Pendant quelque temps ces insectes ont 
passô pour n'avoir qu'un seul article aux tarses, et Latrcillc (Fam. nat. p. 408) 
avait établi pour eux une section particulière sous le nom de Monomères, section 
qu'il S supprimée dans la seconde édition du Règne animal. 

fi) Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, X, p. 571, pi. 14, n° I, f. 1-10. 

(3) Cette ressemblance avec les Trichoptérygiens, à cette époque importante 
de la vie, semble indiquer une affinité entre ces insectes, affinité qui est même 
renforcée à l'état parfait par la forme des hanches postérieures et un peu par 
la structure des antennes. S'il en est ainsi, les Clambus seraient ici à leur place, 
comme genre de transition entre les Anisotomides et les Trichoptérygiens. 

(4) Esp. européennes : C. armadillus, De Géer, loc. cit.; type du genre. — 
enshamensis, Stepb. 111. of Brit. Ent. II, p. 184 (Cyrtocephalus ccphalotes, Dej. 
Cat.). Les C. coccinelloidcs, nigrklavls et nilidus au même auteur (ibid. et V, 
p. 4(i4) ont besoin d'être revus quant au genre. — pubescens, L. Uedteub. Faun. 
Austr. Die Kœf. p. 158. — Esp. de l'Amer, du Nord : C. gibbulus, J. Le Conte, 
Procccd. of the Acad, of Philad. 1853, p. 286. 



FAMILLE XL 



SPHÉRIENS. 



Cette famille ne comprend que le seul genre Spii/eiuus de M. Waltl, 
genre ambigu et dont les caractères ne s'accordent avec ceux d'aucun 
autre groupe de Coléoptères. Erichson (l) l'a placé parmi les Trichop- 
térygiens, en en formant une Iribu à part. Depuis, M. L. Redtenba- 
cher (2) en a fait une famille propre qu'il a intercalée entre les Palpi- 
cornes et les Parnidcs. Je ne puis partager l'opinion ni de l'un ni de 
l'autre de ces deux auteurs. Les antennes, les hanches postérieures, cl 
parmi les organes buccaux, le labre, rappellent en effet assez bien ceux 
des Trichoptérygicns, mais c'est tout ce qu'il y a de commun entre ces 
insectes. Les autres parties de la bouche, les ailes inférieures, le nombre 
des segments abdominaux, etc., sont construits sur un plan tout diffé- 
rent et dont on trouverait plutôt les analogues parmi les derniers genres 
des Anisotomidcs. C'est entre ces derniers et les Trichoptérygicns que 
ce genre me parait devoir être placé, sans pouvoir rentrer ni parmi les 
uns ni parmi les autres. Je suis donc de l'avis de M. L. Redtcnbacher 
que, provisoirement du moins, il doit former une famille distincte. Quant 
aux rapports que ce savant entomologiste a trouvés entre lui et les deux 
familles indiquées plus haut, j'avoue qu'ils m'échappent. 

SPIUERIUS. 
Walti., /sw, 1838, p. 272 (3). 

Menton aussi long que large, arrondi en avant. — Languelle cornée, 
à sa base, carrée, divisée par une petite échancruro en deux lobes 
courts et arrondis. — Lobe externe des mâchoires nul ; I" interne corné, 

(1) Naturg. cl. Insekt. Deutschl. HF, p. 38. 

(2) Faun. Austr.; Die Kœfer. p. 136. 

(3) Syn. Micnosponus, Kolenali, Mclet. ent. V, p. 64. Les caractères quo 
M. Kolenati assigne à ce genre sont très-incomplets et inexacts sur plusieurs 
points. 



«PHÉaiBiM. 22S 

grêle, crochu au bout, muni en dedans de quelques cils près de son 

t ifht ' î g,0buleux '. 4 P etil ' ac ™i»é <«>• - Mandibules cachées sou! 
le labre, larges, arquées, biûdes à leur extrémité. - Labre saillant 
aussi long que large, cilié en avant. - Tête médiocre, engagée d st 

prothorax jusqu'aux yeux, terminée par un petit mus au. - W fo 
tement granulés> arrondis> p|anes- __ ^ * eux for 

oval ireTsTrès'^ ° V ï**" ' " '^ cM —t, celui ci 
ovala.re, 3-8 tres-grêles, le 3» aussi long que les cinq suivants réunis 

P r ant "r aSSM gr ° SSe maSSUe oval * ire ' hérissée ci e M d no" * 
- Prothorax transversal, coupé carrément en arrière et continuant la' 
courbe des elytres, arrondi sur les cotés, éebancré en avaT- £u ! 
son petit, ingone. - Elytres globuleuses, entières. - Pattes courtes- 
anches .ntermédiaires et postérieures distantes ; ce.les-cLrg" s à 
une plaque triangulaire, recouvrant entièrement les cuisses; cui 2 es an 
téneures mûmes d'une forte dent ; jambes terminées par deux forts éï 
rons; crochets des tarses inégaux; une soie entre \lxZ Abdomen 
tre -court, de trois segments, dont le 2» très-court. - MésosternuT et 

nsr s t > s ens 7t? et ° ccupa,,t ,a ^Sï- 

en ^dessous. - Cotai-a globuleux en dessus, plane en dessous, glabre, 

L'unique espèce de ce genre (S. aearoidetVfM) figure, avec les tri- 
chopterygiens qui suivent, parmi les plus petits Coléoptt s e Ïlc n', 
guère qu un cinquième de ligne de long. Au premier coup d'œH on la 
prendrait pour un de ces Acariens dont le corjs convexe et sa" divï 
.ons est recouvert par un bouclier continu. Découverte priment 
aux environs de Passau, elle a été retrouvée en Autriche et dans "a 
Russie mendionale. M Ko.enati, qui l'a décrite de nouveau sous ,e 
nom de Mteroiporut obstdianus, 'dit l'avoir prise abondamment soûs 

est S d':, C n rrCSa K b n rdd ' Une rivièredela P roWnce d-ElizabethTpol El e 
est d un noir brillant, avec les pattes plus claires. 

La formule générique qui précède est extraite de celle très-détaillée 
qu a donnée Enchson. II ne parle pas, non plus que MM. Walll et L R d 
tenbacher, du nombre des articles des tarses. 

(1) Les palpes labiaux ont besoin d'être revus. Erichson les décrit «m. 
Z7ena Zïu T T U " V™™™» 1 "e 400 fois, et décrit comme il t s 
Coléoptères. Tome H, 15 



FAMILLE XII. 



TRICHOPTÉRYGIENS. 

Mâchoires terminées par deux lobes. - Antennes de onze articles, 
longues, capillaires, hérissées de poils, terminées par une masque de 
trois articles. -Elytres tantôt abrégées en arrière, tantôt recouvrant 
en entier l'abdomen. - Ailes très-étroites, composées d'une tige grêle 
et d'une palette lancéolée, parfois rudimcnlaires. - Pattes médiocres; 
hanches antérieures globuleuses, saillantes et contiguës; les inlerme- 
diaires ovalaircs, faiblement distantes: les postérieures transversales, 
assez fortement séparées; tarses de trois articles; le dernier Ircs-long, 
portant entre ses crochets un long cil. - Abdomen compose en dessous 
de cinq à sept segments. 

Cette famille .comprend les plus petits Coléoptères connus , la plupart 
de ses espèces n'ayant qu'un sixième de ligne, et les plus grandes une 
demi-ligne de longueur. Celte taille presque microscopique rend leur 
élude très-difficile; aussi, bien que les entomologistes se soient beaucoup 
occupés de leur organisation dans ces derniers temps (1), il reste encore 
quelque incertitude sur la structure de leurs organes buccaux. 

(1) Ce sont dans l'ordre do date : 0. Hccr, Stcttin. eut. Zrit. 1843, p. 39, 
pi 1 et 2. Cet entomologiste ne forme de ces insectes qu'un groupe des Stapbyb- 
iiens, groupe qu'il nomme PWna. - •'• 0. Schiœdte, dans kroyer s Naturb.s . 
Tidskrift, SC-rio 2, 1, p. 380; traduit en allemand dans la Stettm. eut /.il. 
1845 p. 180. C'est une critique assez acerbe et pas toujours fondée du tra- 
Tail de M. Heer; mais l'auteur a lo premier démontré due les V.rhop éryg,ens 
constituent une famille a part. - Er»chson, Nature «I. lus. MU. Il , p. 3. 
- Gillmcister, BUi a donne une cxcollenle Monograpnie de la la.mlle; elle 
forme le tomeXVU des DeutsclUands Insektcn de Sturm. — L. Redtenbaehcr, 
Fauna Austri.p, Dio Kaîf. p. 150. 

Je ne cite ici que les auteurs qui ont expose plus ou moins longuement H 
structure de ces insectes, et en particulier cous des organes buccaux. Quelques 
détails sur ce sujet ont été donnés aussi par M. f.uérin-MéneMlle dans son Mé- 
moire sur les Acariens, Myriapodes, Insectes et llelmintl.es observes dan» t« 
pommes de terre malades (Bull. d. 1. Soc. roy. ctrentr. d'Agrlcult. V, p, B»lfl 
et par M. Ed. l'erris, dans son travail intitulé : « Notes pour servir a l'histoire 
des Trichopteryx » (Ann. d. 1. Soc. eut. 1816, p. 4C5). 



TMCHOPTÉRYGIENSi 227 

Le corps de ces insectes est tantôt presque déprimé en dessos, tantôt 
ovalaire et très-convexe. Les espèces qui affectent la première de ces 
formes, ressemblent singulièrement, au premier coup-dœil, surtout 
quand leurs clytres sont tronquées en arrière, aux Omalides de la fa- 
mille des Staphyliniens , et même q certaines Nilidulaires des croupes 
dcsBrachyptérides et des Strongylides. Quelquefois le corps est pres- 
que glabre et luisant, mais en règle générale, il est revêtu d'une pubes- 
cence d épaisseur très-variable, et à peu près mat. 

La tête est large et forme un triangle curviligne, à sommet très- 
obtus, et dont la fcase est plus ou moins engagée dans le prolho- 
rax; en général, elle est fortement inclinée. Les yeux sont latéraux 
assez gros et fortement granulés ; mais quelquefois ils disparaissent com- 
plètement et, dans ce cas, on aperçoit à leur place un petit tubercule 
surmonte d une soie. Les antennes sont insérées en avant d'eux, sous un 
rebord assez prononcé du front : leur 1" article est le plus grand de 
tous, gros et cylindrique; le 2» de même forme, mais plus court; les 
six suivants sont grêles et subégaux , sauf le 3<> qui est ordinairement 
plus petit que les autres; la massue que forment les trois derniers n'est 
jamais forte et toujours lâche; ses deux 1°» articles sont grenus; le 
à* qui les surpasse en grosseur, est de môme forme ou ovalairc. 

Le labre est en général grand, transversal, rétréci et arrondi en avant, 
avec une bordure membraneuse antérieure (1). Les mandibules sont 
comme enfouies dans la cavité buccale, et par conséquent très-courtes; 
elles sont iortement arquées, et aiguës au bout; en dedans leur base 
est munie dune dent molaire, en avant de laquelle elles paraissent 
plus ou moins membraneuses. Les .,„„ tioi.es sont remarquables par 
le grand développement de leur tige qui est cornée, épaisse, et ter- 
minées par deux lobes étroits, dont l'externe est plus grand que l'in- 
terne. Le premier est velu au bout et terminé au côté interne par 
une dent cornée ; le second présente en dedans une suile de trois à 
cinq dentelures; quelquefois il en est de racine au lobe externe. La 
tige envoie en dehors un fort prolongement, au sommet ou au côté in- 
terne duquel s'articule le palpe maxillaire, dont le 1" article est irès- 
pctit, le 2° assez long, subcylindrique ou en massue, le 3« très-gros et 
eu lorme de toupie renversée ; le 4* est implanté sur son sommet et aci- 
culaire (s). Le menton est en carré équilaléral ou transversal , parfois 

(1) Suivant Erichson, cetto bordure formerait de charrue côté, a ses extré- 
'"ii'-S une sailue sous laquelle se trouverait un autre petit appendice en formq 

ae languette. M. L. Jftedtonbachor attribue., au contraire, ces proton 

m mandibules doril ils | occuperaient le bord externe. H. Gfflmeister »'en parle 

im, et, de mou côté, je n'eu vois aucune trace cbez le Tridiqpùryx fascicu- 

(2) C'est ainsi que les décrivent MM. Erichson, Gillmeistor, L. Rsdtonba- 
tlier, etc., et que je les vois moi-même. Suivant M. llecr, le 1« article serait 



g2g ïhichoptArtgibn*- 

plus long qtfe large, et son bord antérieur est le plus souvent entier, 
lia languette est la partie sur laquelle les auteurs ne sont pas d'ac- 
cord (i); ce qu'il y a de positif, c'est qu'elle est allongée et composée de 

aussi long que le 2», en massue et fortement arqué, le 2» très-gros, en cône 
renversé le 3° très-petit, globuleux, enfin le ¥ aciculaire. M. Schiœdte a re- 
levé cette erreur qui pourrait bien n'en être pas une, car M. Porris observateur 
très-exact, f.gurc (loc. cit. pi. 11, n°Il, f. 12) ces palpes chez la T.tntermed.a 
absolument comme M. Heer. Ce serait alors une différence spécifique ou même 
générique 

(1) Chacun d'eux en donne une description différente. - Suivant H. Heer 
(loc cit. p. 40, pi. 1, f. IV et V), la languette est naaquée par ses paraglosses, 
qui lui adhèrent et sont allongées, arrondies en avant et un peu ciliées. Son 
corps les dépasse médiocrement, et une profonde échancrure le divise en deux 
lobes aigus et divergents, entre lesquels se trouve un petit corps portant es 
palpes labiaux, qui sont composés de trois articles : le 1" cylindrique, le 2« glo- 
bal, u\ le 3° très-grêle, filiforme et velu. Ces palpes seraient par consécpieut 
terminaux et s'avanceraient beaucoup au-delà de la languette. - La description 
d'Erichson (loc. cit.p.lG) est ainsi conçue : « la languette est large, coriace; 
son milieu porte un petit appendice un peu corné et hérissé de cils. Parfois (Pte- 
MDiira) il naît de fliaque côté, près des paraglosses, qui sont en forme do la- 
nières un petit lobe arrondi qui manque chez d'autres espèces (Tricuopterïx); 
do sorte que la languette, y compris les paraglosses, présente dans le premier 
cas cinq et dans le second seulement trois appendices, dont le médian est le 
plus Ion" Les supports des palpes labiaux sont libres et prolongés en un lobe 
coriace cilié sur ses bords, et muni au côté externe d'un cil robuste ; ils dépas- 
sent fortement, l'appendice médian do la languette Les palpes labiaux sont ex- 
cessivement petits, appliques contre le lobe coriace de leur support, et tri- 
articulés- le 2» article est très-petit, globuleux, le 3° ■sétiforme et très-grèle. » 
_ Selon M Gillmeister (loc. cit. pi. 320, f. 2, 6 et 7), la languette se compose do 
ouatre segments : le 1", corné, forme le menton ; le 2», également corné, est 
allongé un peu rétréci en avant et arrondi sur les côtés ; le 3°, corné aussi, est 
en forme de croissant transversal et dépasse latéralement le 2" et le d°; celui- 
ci oui est membraneux, constitue la languette proprement dite, il est ;.,llnn,r, 
et son bord antérieur est uni- ou bisinué; il a pour paraglosses deux petits 
corps trigones situés latéralement a sa base; les palpes consistent en deux 
longues soies bi-articulées situées près de ses angles antérieurs ; leur 1" ai ticle 
est beaucoup plus court que le 2»; au-dessous de chacun d'eux se trouve une 
soie plus courte. - Enfin, d'après M. L. Redtenbacher, la languette présente a 
sa b 'se une plaquo cornée très-courte, ordinairement cachée en grande partie 
par le menton, et qui est fortement débordée de chaque côté par les angles de 
son bord antérieur, lequel est largement échancré (croissant de M. Gillmeister?). 
Le reste de l'organe est coriace, cilié en avant, et les palpes labiaux lui sont 
accolés sur les côtés. Ces palpes ne dépassent pas le sommet de la languette 
et sont composés de trois articles qui vont en diminuant peu a peu do grosseur 
o t de longueur. Du point de jonction du 2° et du 3» part une longue soie rigide, 
très-aiguo à son extrémité. Selon M. L. Redtenbacher, ce serait cotte soie 
qu'Erichson aurait décrite comme le support do ces palpes. 11 ne fait pas men- 
tion des paraglosses. . ' . . 
Je n'ai examiné que la languette du Trkhopteryx fascxculans, 1 une <M» 



*RICHOPÏÉnYGIBM< $23 

deux parties, l'une basilaire, semi-cornée, l'autre terminale, plus ou 
moins membraneuse, et qu'elle est accompagnée d'appendices et de 
soies, représentant les paraglosses et les palpes labiaux. Quelle que soit 
l'interprétation qu'on donne de ces diverses parties, on ne peut mécon- 
naître que cet organe, pris dans son ensemble, a une certaine ressem- 
blance avec la lèvre inférieure des Staphyliniens. On y retrouve, en 
effet, les pièces intermédiaires entre le menton et la languette. 

Le prothorax est assez variable dans sa forme , mais toujours appli- 
qué contre la base des élytres, dont la sienne égale la largeur. L'é- 
cusson est bien développé et en triangle rectiligne subéquilatéral. Les 
élytres sont tronquées en arrière, dans environ la moitié des espèces et 
laissent quelquefois jusqu'à cinq segments de l'abdomen à découvert ; 
leur troncature est droite ou oblique, mais ses angles et souvent ses 
bords externes sont arrondis. 

Les ailes inférieures fournissent un des caractères les plus remar- 
quables que présentent ces insectes. La tige grêle et cornée de leur 
base forme environ le tiers de leur longueur, et la partie membraneuse 
allongée qu'elle supporte est garnie sur ses bords de très-longs cils 
contigus, interrompus seulement de chaque côté, à quelque distance de 
la base. C'est dans cet endroit que se trouve le pli de la membrane, 
quand l'insecte retire ces organes sous ses élytres; un second existe à 
l'extrémité de la lige, de sorte qu'au repos, chaque aile est repliée trois 
fois sur elle-même. Ces organes sont ordinairement deux fois aussi 
longs que le corps, mais ils s'atrophient chez quelques espèces de Pti- 
lium, et ne consistent plus qu'en une très-petite tige, portant une palette 
ruùïmcntaire, dont les bords ne présentent plus que quelques cils. Il est 
digne de remarque que les espèces presque aptères sont en même temps 
dépourvues d'yeux. 

Les pattes sont médiocres; les cuisses peu robustes; les jambes 
droites, à peine élargies à leur extrémité et légèrement ciliées. Le 
nombre des articles des tarses est très-diflicile à vérifier et, au premier 
coup-d'œil, on croirait qu'il n'y en a qu'un seul. Le 1 er est assez gros, 
mais caché sous l'extrémité de la jambe qu'il dépasse à peine; le 2" est 
de la même grosseur et un peu plus long; le 3" très-allongé et de la 
même largeur partout. Ses crochets sont simples, et la soie qui existe 
entre eux les dépasse assez sensiblement (i). 

Le prosternùm est assez large d'avant en arrière , mais sa saillie pos- 

grandes espèces do la famillo ; mais, quoique j'aie réitéré cet examen, jo n'ai pu 
parvenir a nie faire une idée nette do cet organe ni vérifier dans toute leur éten- 
due les observations dp chacun des quatre auteurs qui précédent. 

(1) Deux auteurs seulement, M. V. De Motsohoulsky (Bull. Mosc. 1845, n° IV, 
P- 005, et Stettin. ont. Zeit. 1847, p. 113) et M. E. Porris (loc. cit. f. 13), assi- 
gnent cinq articles aux tarses do ces insectes. Je n'en vois, avec tous les au Ires 
auteurs, que trois, comme il est dit dans le texte. Il n'est pas probable que la T. 
intermedia observée par M. Perris fasse exception à cet égard. 



230 TWCHOPTËnTGIEWg. 

téricure est à peine distincte. Le mésolhorax et le métathom ne for- 
ment chacun qu'une seule plaque , ayant refoulé sur les côtés leurs 
èpisternums et leurs épimères qui sont ainsi cachés sous les rebords 
des élytres. Le premier est court et séparé du mélathorax par une ligne 
transversale, droite ; une très-faible portion de sa surface apparaît entre 
les hanches intermédiaires, mais assez souvent clic forme une saillie 
dirigée en arrière. Le second est, au contraire, très-grand. L'abdomen 
se rétractant après la mort, comme chez beaucoup de Staphyliniens de 
petite taille, il y a souvent de l'incertitude sur le nombre réel de ses 
arceaux ventraux. Il varie de cinq â sept, dont tantôt le premier, tan- 
tôt le dernier ou l'avant-dcrnicr est le plus grand. 

A l'état parfait, les Trichoptérygiens se trouvent sous les feuilles tom- 
bées, dans les détrilus végétaux, le fumier et autres substances analo- 
gues. Quelques espèces paraissent ne pas se rencontrer ailleurs que 
sous les écorces ou dans les fourmilières. La plupart d'entre elles se 
réunissent en société plus ou moins nombreuses. Ces insectes sont 
très-agiles et leurs mouvements sont en général brusques et saccadés ; 
ceux qui sont pourvus d'ailes, volent bien. Il est probable qu'ils sont 
carnassiers comme leurs larves. 

Deux de ces dernières sont actuellement connues, celle du Ptilium 
limbatum qu'a décrite M. Gillmcister (i), et celle de la Trichopleryx 
intrrmcdia, publiée quelque temps après, par M. Ed. Pcrris (2). 

Le corps de cette dernière espèce est allongé , cylindrique, un peu 
aplati en dessous dans la région thoracique et composé, comme de cou- 
tume, de treize segments. La tête est grande, subdiscoïdalc, complète- 
ment libre et impressionnée en fer à cheval sur le front. Les antennes, 
situées sur ses angles antérieurs, se composent de quatre articles : le 
1 er court, en mamelon, le 2° trois fois plus long, en cône tronqué et 
renversé, le 3° un peu plus court que le 2° et un peu conique, le 
4° grêle, renflé à son extrémité , qui est surmontée de deux ou trois 
soies raides; un article supplémentaire, grcle et filiforme, est placé à la 
base du 3°. M. Perris n'a pas pu apercevoir d'yeux. Les parties de la 
bouche se composent d'un labre arrondi ; de deux mandibules longues, 
acérées et dont l'extrémité est précédée d'une dent ; deux mâchoires 
courtes et épaisses, dont le lobe interne est muni de deux petits cro- 
chets; de palpes maxillaires coniques, un peu arqués et formés de trois 
articles, dont le dernier plus long est grêle, comme subulé ; d'une lèvre 
inférieure, d'apparence cordiforme; enfin de palpes labiaux très-courts, 
de deux -articles. Les trois segments thoraciques sont subégaux, et cha- 
cun d'eux pris isolément est plus long que la tète. Les segments- abdo- 
minaux sont de moitié plus courts, et le dernier porte deux appendices 
tubiformes , plus longs que lui et terminés chacun par quatre longues 

(1) Loc. cit. p. 19, pi. 300, f. U. 

(2) Loc. cit. pi. XI, n» 2, t, 1-7. 



TRICnoPTÉBYGIENS. 231 

soies ; en dessous, il se prolonge en un gros mamelon anal, concave â 
son extrémité. Deux séries de spinulcs longent le ventre , à partir du 
quatrième segment, et les côtés sont parsemés de longs poils roussâtres. 
Les pattes sont longues, composées de quatre articles , dont le dernier 
porte un ongle à peine crochu (1). 

Cette larve est très-agile, brusque dans ses mouvements et se trouve 
dans les mêmes conditions que l'insecte parfait. Elle est carnassière et 
se nourrit de petites Podurcs, qu'elle saisit à la course et emporte entre 
ses mandibules. Quand le moment de sa transformation est arrivé, elle 
se fixe solidement au plan de position par son prolongement anal ; sa peau 
se fend sur le thorax et finit par se ramasser à l'extrémité postérieure du 
corps, en une petite masse chiffonnée qui cngalnc le dernier segment de 
la nymphe. L'insecte parfait éclût dans le court espace de cinq à six jours. 

Les espè'ccs de Tricboptérygiens décrites jusqu'à ce jour, appartien- 
nent, sauf un petit nombre qui sont américaines, à l'Europe et à l'Asie ; 
mais il est plus que probable, que la famille est représentée dans la 
plupart des régions du globe. 

Ces insectes ne sont pas restés complètement ignorés des anciens au- 
teurs, mais le très-petit nombre des espèces qu'ils ont connues, avaient 
été placées par eux dans des genres, avec lesquels elles n'ont que peu ou 
point de rapport (2). Kjrby est le premier qui 1rs ait isolés sous le nom de 
TiiiciiorTERYx. Quelque lempsaprès.Gyllcnhall publia le genre Ptilibm, 
qui a clé pendant longtemps regardé comme synonyme du précédent, 
mais qui en est aujourd'hui regardé comme distinct. Un troisième établi 
ensuite par M. Waterhousc, sous le nom (I'Anisabthbia, et publié par 
Su plions, est douteux ; du moins, il est certain que le caractère principal 
sur lequel il est fondé, n'existe pas chez la plupart des espèces que ce 
dernier auteur y comprend (s). C'est à ses dépens qu'Erichson a établi 

(1) La description beaucoup moins détaillée que donne M. GiUmcister do la 
larvo du Ptilium limbatum présente plusieurs différences importantes avec celle- 
ci. Les yeux seraient gros ; les au tonnes composées seulement de deux articles ; 
les pattes courtes et formées v}c deux pièces : une cuisse grosse et conique, une 
jambe comprimée et terminée par un petit .crochet tros-grèle; enfin le dernier 
segment abdominal serait simplement bifurqué, avec un faisceau de soies au 
sommet do chacune do ses divisions, et sans prolongement anal. 

(2) Pour l'historique de la famille, voyez les généralités placées par M. Gill- 
meister en tète de sa Monographie, loc. cit.. 11 est à regretter que cet auteur ait 
cru devoir conserver dans ce travail les noms qu'il avait dans l'origine, dounés 
aux espèces, au lieu d'adopter ceux que leur a imposés Krichson, dont l'ouvrage 
a paru avant lo sien. Il donne, il est vrai, la concordance de ces noms avec 
les siens, ce qui diminuo uu peu les inconvénients de cette double nomencla- 
ture. 

('!) III. 0lT.1il.Ent. 111, p. 62, et Mau. or Brit. Col. p. 123. Dans co dernier 
ouvrage, le genre est caractérisé de la manière suivante : «Antennes de onze 
articles : les deux basilalres grands, allongés, lo 10° petit; massue des antenues 



232 rnicnoPTÉiivr,iF.R3< 

son genre Nossidium; un antre, Ptknidicm, créé par le même auteur, 
porte à quatre le nombre de ceux qui composent en ce moment la fa- 
mille. Outre les auteurs cités en tête de ces généralités, deux, MM. Alli- 
bert (1) et V, de Motschoulsty (2), se sont également occupés de ces 
insectes. 

I. Segments abdominaux au nombre do sept. 

Hanches postérieures élargies en forme de plaques : Triohopteryx, 

— simples : Ptilium, 

II. Segments abdominaux au nombre de cinq. 
Hanches postérieures simples : Ptenidium. 

— élargies : Nossidium. 

de trois articles ; corps largo, un peu ovale et convexe ; thorax entier sur les 
côtés ; tarses de cinq articles. » 

h serait presque impossible do deviner a quels Insectes ces caractères s'ap- 
pliquent, si MM. Spry et Schuckard n'avaient pas figuré (lîiit. Col. deiineal 
pi. 31, f. 2) une des espèces, l'A. nitida, avec uuo des antennes très-grossie. 
Or, quoique les tarses soient représentés avec cinq articles, on ne peut mécon- 
naître dans cette figure une espèce du genre Ptenidium, et ce qu'il y a de re- 
marquable, c'est que dans l'antenne grossie on n'aperçoit nullement le caractère 
auquel le nom du genre a été emprunté, c'est-à-dire la petitesse du 2 e article de 
la massue ; cette dernière est faite absolument comme dans les autres espèces 
de la famille. D'après cela, il est probable,. comme le pense Erichson (Ins. 
Deutschl. UI, p. 34), que ce genre n'est qu'un mélange d'e6pèces de Ptenidium 
et de Nossidium. Stephens y comprend huit espèces : A . jnmctula, mimilissima, 
perpusillu, melus, nitida, pilosella, nitidula et brunnea, la plupart déjà pré- 
cédemment décrites par Marsham. 

(1) Un an environ avant l'apparition de la Monographie de M. Gillmeister, 
et dans le but de prendre date, M. Allibert a publié (Uev. zool. 1844, p. 51 et 
133) des descriptions sommaires de 129 espèces ; quelques-uns de ses noms sont 
cités en synonymie par l'autour allemand. — Trois ans plus tard (ibid. 18i7, 
p. 187), il a fait paraître une note historique sur la famille, suivie .d'un cata- 
logue synonymique de toutes les espèces connues alors, au nombre de 84. Les 
genres sont les mêmes que ceux d'Erichson. 

(2) Presque au même moment que M. Gillmeister publiait son travail, M. De 
Motsrhoulsky donnait au public (Bull. Mosc. 1845, II, p. 504, pi. 9 et 10) un 
Mémoire sur les Trichoptérygiens de la Bussie, dans lequel 43 espèces sont dé- 
crites et réparties dans trois genres : Ptinei.la, Trichopteryx et Pth.ium. Voyez 
à ce sujet Scliaum, Stettin. eut. Zeit. 1846, p. 267. — En 1848, M. De Hlot- 
schoulsky (ibid. 1818, n° 2, p. 566) a donné une nouvelle classification <!(■ la fa- 
mille résumée dans un tableau synoptique, et une table de toutes les espèces 
à lui connues au nombre de 93 ; il s'y trouve deux genres nouveaux : Acuotri- 
cins et Micrus. Une suite de ce travail a paru dans le mémo recueil, année 1850, 
n» 1, p. 196. 

M. Haldcman (Journ. of the Acad. of Philad. New. Ser. 1, p. 109), a donné 
le nom générique de Ptiliola a la quatrième section des Trichopteryx de 
M. Gillmeister, mais sans entrer daus aucune explication a cet égard. 



«tlCHOPIÉRYGIEKS. 233 

TRICHOPTERYX. 
Kirby, An Introd. to Entvm. III, p. 90, noie. 

Tête forte, penchée. — Des yeux. — Prothorax grand, de la largeur 
des élytres à sa base; ses angles postérieurs distincts, embrassant 
les épaules de ces dernières. — Ecusson grand. — Elytres parallèles ou 
un peu rétrécies en arrière, médiocrement abrégées et tronquées à leur 
extrémité. — Hanches postérieures élargies en une lame recouvrant 
au repos les cuisses de la même paire. — Mésosternum caréné , pro- 
longé en une saillie postérieurement. — Abdomen composé en dessous 
de six segments ; le 2° un peu plus grand que les autres ; ceux-ci sub- 
égaux. 

Le corps est assez large, médiocrement allongé, peu convexe, en 
général parallèle et recouvert d'une fine pubescence soyeuse, peu 
épaisse. Les élytres ne laissent à découvert que les trois derniers seg- 
ments abdominaux au plus, et souvent que les deux derniers. Chez les 
mâles, le dernier arceau ventral est ordinairement échancré et laisse 
apercevoir des vestiges d'un septième arceau. Les espèces vivent par- 
ticulièrement dans les détritus végétaux et le fumier (i). 

PTILÏUM. 
(Schueppel) Gyuenh. Ins. Suec. IV, p. 292. . 

Ce genre ne diffère essentiellement du précédent , que par l'absence 
de carène au mésosternum, et la simplicité de ses hanches postérieures 
qui ne sont que très-peu ou nullement dilatées. Pour tout le reste, 
même sous le rapport des habitudes , il présente des différences qui 
obligent de le partager en deux groupes. 

Dans le premier, le corps est allongé, parallèle et déprimé; le pro- 
tliorax un peu rétréci en arrière, avec ses angles postérieurs distincts, 
mais très-courts; les élytres sont, au maximum, deux fois aussi longues 

(1) Ce genre correspond à la premièro section de M. Gillmeister, moins le 7". 
suturaliSjqui est un l'miuji.et comprend les espèces suivantes: T. fascicularis 
Herbst (grandicollis Er.) , intermedia Gillm. {fascicularis Er.), atomaria De 
G6er, tlwracka Gillm., altenuata Gillm., clavipes Gillm. (brevipennis Er.), dc- 
pressu Gillm. (serkans Er.), sericans Gillm. (pwmila Er.), similis Gillm, pa- 
rallelogrumma Gillm. {pygmϝ Er.), curta Gillm. (abbreviatella Er.), d'Eu- 
rope; fenestrata Gillm., de Colombie. 

Aj. : Esp. européennes : T. flavicomis, Mœklin, Bull. Mosc. 1846, 1, p. 181. 
— Esp. asiatique : Ptilium caucasicum, Kolenati, Melct. ent. V, p. 56 (Trich. 
atomaria). — Esp. de l'Amer, du Nord : T. fuscipennis, rotundata, discolor, 
«brupta, uspera, Haldem. Journ. of tho Acûd. of Plùlud. New. Séries, I, p. 108. 



234 ■rnicnorTfcnYGiENS. 

que lui et laissent à découvert les quatre ou cinq derniers arceaux 
supérieurs de l'abdomen ; celui-ci est un peu acuminé à son extrémité. 
Toutes les espèces sont d'un fauve testacé, finement pubescentes, et vi- 
vent sous les écorces, ou dans les nids de fourmis. Elles se partagent en 
deux sections , les unes ayant des yeux cl des ailes bien développées, 
les autres étant aveugles et n'ayant que des ailes rudimcnlaircs (i). 

Le second se distingue du précédent par ses élytres entières, recou- 
vrant complètement l'abdomen, arrondies à leur extrémité, subparal- 
lèles ou légèrement élargies dans leur milieu; le corps en général a la 
forme large de celui des Tmcuoptbryx, mais il est plus convexe, et sa 
pubescence ainsi que sa ponctuation varient; le prolliorax est carré ou 
faiblement rétréci en arrière, avec ses angles postérieurs faits comme 
dans le groupe précédent. Les unes vivent exclusivement sous les écor- 
ces, les autres dans les détritus de végétaux, quelques-unes dans les 
nids de fourmis. Toutes ont des yeux bien développés et des ailes infé- 
rieures complètes (2). 

PTENID1UM. 

EntCHS. Naturg. à. Inseld. Deutschl. lit, p. 34. 

Tête grosse. — Prothorax carré ou à peine rétréci en arrière, con- 
vexe ; sa base égalant en largeur celle des élytres. — Ecusson très- 
grand. — Elj 1res entières, convexes, renflées dans leur milieu, plus ou 
moins obtusément acuminées en arrière. — Hanches postérieures non 
dilatées. — Mésosternum faiblement saillant en avant, prolongé posté- 
rieurement en une très-petite pointe. — Abdomen composé en dessous 
de sept segments ; le l or beaucoup plus grand que les autres. 

Le corps est ovalaire ou oblong, pris dans son ensemble , convexe , 
brillant et garni de poils très -fins, peu serrés et parfois à peine distincts. 
Les deux derniers arlicle's de la massue des antennes sont un peu plus 

(1) Les espèces du second groupe de M. Gillmeister. Esp. ailées et pourvues 
d'yeux: limbata lli-i-r (VI. tëstaceufto Ericlis), raUsb'onehsis Gillm., gracitis 
Glllin. — Esp. aptères et privées d'yeux : Pt. optera Guérit! (Pt. puUidum 
ErichjB.), microscopka Gillm. (Pt. tenellum Ericlis.), angustula Gillm. 

(2) Les espèces des troisième et quatrième groupes do M. Gillmeister : T. 
minutissima Wcbcr et Mohr (/'/. trisukattM Aube), CanaUcutata Ma-ikcl (mi- 
tlutissima II. ci), tutu Gillm. (Pt. cœsum Ericlis.), discoidea Gillm., excavata, 
IterRel, iramverscdis Gillm., fusca Waltl, oblonga Mœfkêl (Pt. anguitdtutn 
Ki -ii -lis.), Kunsei Hccr (longlcornis Manli.), saxonica Gillm., inquilina Ifekel. 
Les Trkh. suturalh et jndcheUa de Gillmeister, par leurs élytres légi n 

in arrière, semblent faire le passage entre les espèces <ini précèdent et 
les TiucKOPTtRïx. 

Aj. : Ésp. européennes : P. Ferraril, L. RedtBnb. Faun. Auslr. p. 151. — 
fuscipenne, Fœrster, Verhandl. d. mit. Vër. a. Pr&UBs; lUieinl. YIU, p. 38.— 
marginalum, Aube, Ann. d. 1. Suc. eut. Série 2, VIII, p. 327. 



TMCHOPTÉBYGIENS. 235 

gros, surtout le dernier, que dans les genres précédents, ce qui fait pa- 
raître le premier plus petit. Les jambes sont un peu plus grosses à 
leur extrémité. Toutes les espèces ont des yeux et vivent pour la plupart 
dans les détritus végétaux et le fumier (1). 

NOSSIDIUM. 
Ericds. Nakirg. d. Insekt. Dcutschl. III, p. 17, note; 

Ce genre, que je ne connais pas, se distingue des Ptenidicm , selon 
Erichson, par sa forme plus courte et plus arrondie, son prothorax ré- 
tréci en avant, sa surface supérieure plus pubescente, ses hanches posté- 
rieures élargies en une lame recouvrant les trochanters et les cuisses, 
enfin son abdomen composé en dessous de cinq segments, dont les 
quatre premiers sont courts et le dernier plus allongé. Le facics général 
est celui d'une petite Cuoleva (2). 

(1) Ici se rapportent les espèces do la cinquième section de M. Gillmeister : 
F. alutacea Gillm. (Scaphidium punctatum? Gyllh.), apicalis Gillm., pusilla 
Gyllh. (nithhi lien), livvigata Gillm., Gressneri Erichs. 

Aj. : Esp. européennes : P. fiixcicnme, Erichs. Ins. Deutschl. III, p. 37. — 
formicetwum, Kraatz, Stettiu. ent. Zeit. 1851, p. 167. — Esp. de l'Algérie 
P. corpuhntum, Lucas, Explor. d. l'Alger. Eut. p. 549. — Esp. des Etats-Unis : 
P. terminale, ilaldcm. Journ. of tho Acad. of Philad. New Séries, I, p. 109. 

(2) Le type du genre est l'Anisarthria pllosella Stephens, 111. of Brit. Ent. 
III, p. 63. — Erichson pense que les An. nitidula elfirunnea du môme auteur 
lui appartiennent peut-être aussi. 



FAMILLE XIII. 



SCAPHIDILES. 



Languette membraneuse, sans paraglosses. — Mâchoires terminées 
par deux lobes membraneux. — Dernier article des palpes obeonique. 
— Antennes de onze articles , terminées en massue ou capillaires. — 
Elytres recouvrant imparfaitement l'abdomen, tronquées au bout. — 
Pattes grêles ; hanches antérieures cylindriques , saillantes, conligues ; 
les autres fortement séparées ; les intermédiaires globuleuses, les posté- 
rieures ovalaircs; tarses grêles, de cinq articles. — Abdomen conique à 
son extrémité, de cinq, six ou sept articles en dessous : le 1 er très-grand, 
les trois suivants courts ; les quatre derniers en dessus cornés. 

Le corps de ces insectes est de forme naviculairc, épais, au moins 
aussi convexe en dessous qu'en dessus , et revêtu de tégurhents solides 
et luisants. La cavité buccale est en partie fermée en dessous par le 
menton, qui est assez grand et en carré transversal; sa forme ne varie 
pas. Les palpes sont peu développés, surtout les labiaux , et leur der- 
nier article est toujours conique et plus ou moins acuminc à son extré- 
mité. Les mandibules sont très-courtes, cachées par le labre, déprimées 
et simples ou fissiles au bout ; leur bord interne est simplement tran- 
chant. Le labre est très-peu apparent, arrondi en avant, et souvent 
muni d'une étroite bordure membraneuse. 

La tête est petite, penchée, et se rétrécit en avant des yeux en un 
court museau conique et obtus. Les antennes sont insérées latéralement 
et à découvert à la base de ce rétrécissement, médiocrement longues, 
peu robustes et souvent très-grêles. Leur massue, quand elle existe, se 
compose de cinq articles, et est toujours très-allongée. Les yeux sont 
grands, peu convexes et tantôt entiers, tantôt largement échancrés au 
côté antérieur. 

Le prolhorax est assez grand, appliqué exactement contrôla base des 
élylres, aussi large que celles-ci en arrière, un peu rétréci en avant, 
biainué de chaque côté à sa base, avec un lobe médian large, et qui 
se prolonge parfois au point de recouvrir l'écusson , qui est toujours 
petit. 



scApniDiLES. 237 

Les élylrcs sont tronquées obliquement à leur extrémité, et ne lais- 
sent à découvert qu'une portion du dernier arceau dorsal de l'abdomen. 
Leur sculpture présente quelques particularités caractéristiques. Elles 
ont chacune deux stries longitudinales, l'une près de la suture, l'autre 
sur le bord latéral ; le reste de leur surface est occupé par des points 
disposés en rangées assez peu régulières ou sans ordre. Ces organes 
recouvrent des ailes très-dévcloppées. 

En dessous, la portion annulaire du prosternum est très-courte, et sa 
saillie postérieure se réduit à une mince lame qui n'empeche pas les 
hanches antérieures, entre lesquelles elle se termine, d'être contiguës. 
Les Dancs du prothorax ne présentent aucune trace de sutures. Les 
épisternums mésolhoraciques sont très-grands, presque carrés, et ont 
refoulé en arrière et en dehors les épimères du même segment , qui ne 
consistent plus qu'en une petite plaque en triangle curviligne ou carrée. 
Le mésoslemum arrive au niveau du métathorax, et forme tantôt une 
lame transversale pourvue ou non d'une saillie comprimée antérieure, 
tantôt un triangle à sommet dirigé en avant. Le métathorax est très- 
ample ; ses parapleures s'élargissent d'avant en arrière, et sont compo- 
sées d'une seule pièce. 

Les pattes sont assez longues et très-simples ; les cuisses sont allon- 
gées et vont en grossissant de leur base à leur extrémité ; les jambes 
linéaires et terminées par deux courtes épines à peine disffhctcs; les 
tarses filiformes, à peine ciliés en dessous, et terminés par des crochets 
simples. Quelques articles des antérieurs sont seulement sujets à s'é- 
largir un peu chez les mâles des Scapiiidm. 

Le premier segment abdominal est extrêmement développé; les trois 
suivants sont courts et égaux entre eux. La portion terminale conique 
de l'abdomen est plus longue que tous les trois pris ensemble et formée 
par le cinquième arceau, auquel s'ajoute parfois un sixième. Ce dernier 
est fortement échancré chez certains mâles , et dans l'échancrure on 
aperçoit des vestiges d'un septième arceau. 

Ces insectes sont très-vifs et très-agiles, mais leur démarche est sac- 
cadée et sautillante. Ils vivent dans les.champignons, dont ils paraissent 
faire leur nourriture, les agarics et le bois décomposé; quelques es- 
pi'Ccs se trouvent sous les pierres. Les plus grandes n'arrivent pas à 
trois lignes de long. Leurs larves sont encore inconnues. 

La famille a pour type l'ancien genre Scaphidium d'Olivier. Dès ses 
premiers ouvrages, Latreillc en forma une tribu de ses Clavicorncs, 
dans laquelle il comprit d'abord (1) les Agyrtes, Cholbva et Mïloe- 
ciius (Colon), qui appartiennent, comme on l'a vu plus haut, aux Sil- 
phalcs. En dernier lieu (s), il n'y a plus laissé que les deux derniers de 

(1) Gen. Crust. et Ins. II, p. 22. 

(2) Règne anim. éd. 2, IV, p. 501{ 



238 scAPHimtus. 

ces genres. Leach a, le premier, détaché des Scaphidicm les Scapdi- 
soma ; Kirby en a fait ensuite autant des Scaphium, et, dans ces der- 
nières années, Erichson y a ajouté trois genres fondés sur des espèces, 
exotiques, de sorte que la famille en contient six en tout. 

I. Antennes en massue' 

Jambes sang épines : Scaphidium, Scaphiumi 

— épineuses : Cyparium. 

II. Antennes capillaires. 
Ecusson distinct: Amalocera. 

— caché par le lobe postérieur du prothorax : Bceocera, Scaphisoma. 

SCAPHIDIUM. 
Oiiv. Entom. II, n° 20. 

Languette légèrement échancrée en avant. — Lobe interne des mâ- 
choires inerme. — Mandibules fissiles à leur extrémité. — Yeux plus 
ou moins grands, largement échancrés, subréniformes. — Antennes 
grêles, à 1er article assez long, un peu en massue, 2° beaucoup plus 
court, 3-6 nlus longs que ce dernier, subégaux ou décroissant graduel- 
lement, 7*1 formant une massue allongée, subcontigus. — Ecusson 
libre. — Pattes plus ou moins longues ; jambes garnies de poils Ons ; 
tarses plus courts qu'elles ; le 1 er article des quatre postérieurs aussi 
long que les trois suivants réunis ou peu s'en faut. — Mésosternum 
muni d'une lame médiane dirigée en avant. — Arceaux inférieurs de 
l'abdomen au nombre de six dans les deux sexes, le 6° très-petit. 

Ce genre est le plus nombreux de la famille. II n'est représenté en 
Europe que par une seule espèce (5. b-maculalum F.) qui est ré- 
pandue dans la plus grande partie de ce continent, sans y être bien rare 
nulle part. Les autres sont disséminées en Amérique, dans l'Afrique 
australe et à Madagascar. Il y en a en tout une quinzaine de décrites (1). 

(1) Erichson les partage en trois sections qui sont très-naturelles et fondées 
sur les caractères suivants : 

1. Yeux médiocres; prosternum faiblement caréné; mésosternum envoyant 
une carène tranchante entre les hanches antérieures ; jambes postérieures den- 

êmeni velues chez les mâles : S. A-maculaium, d'Europe; i-gutlatum, i-^pus- 
tulalum, Say, Jonrn. of the Acad. of Philad. III, p. 192; des Etats-Unis. 

2. Yeux et iirosternum comme dans la section précédente ; mésosternum in- 
i ■•liné en avant, muni d'une carène médiocre; jambes pubescentes dans les deux 
senea. Lis Mpècee sont de l'ÀMérique du Sud, et deux seulement ont été dé- 
crites : S. castaneum, Perty, Del anim. art. Bras. p. 34, pi. VU, f. 2. — par- 
dale, Casteln. Hist. nat. d. Col. II, p. 19. 

3. Yeux très-gros; massue des antennes fortement comprimée; prosternum 



scApniDiLES. 239 

scaphium: 

Kirby, Fam. Bor.-Amer. p. 108. 

Languette divisée en deux petits lobes divergents. — Mandibules fis- 
siles à leur extrémité. — Yeux grands, arrondis, entiers. — Antennes 
à l 8r article peu allongé, 2« court, 3-4 plus longs, subcylindriques, 
S-6 plus courts, obconiques, 7-11 formant une massue allongée, sub- 
moniliformc. — Ecusson libre. — Pattes assez longues; jambes garnies 
de poils fins ; les postérieures fortement arquées chez les mâles, faible- 
ment chez les femelles ; les 2° et 3° articles des tarses antérieurs un peu 
élargis chez les mâles; le 1 er des postérieurs à peine plus long que le 
2° dans les deux sexes. — Mésosternum en forme de coin dirigé en 
avant; métasternum terminé entre les hanches postérieures par deux 
petites épines. — Abdomen composé en dessous de six segments, dont 
le dernier fendu, chez les mâles, de cinq chez les femelles. 

Kirby a établi ce genre sur une espèce de l'Amérique du Nord 
S. caslanipcs. Une autre (5. immaculalum, Oliv.), originaire de l'Eu- 
rope et bien connue des entomologistes, est la seule avec elle qui puisse 
y rentrer. 

CYPAIUUM. 
Eiucns. Naturg. d. Insekt. Deutschl. III> p. 3. 

Ce genre, ainsi que les deux suivants, m'est inconnu, et je ne puis 
que reproduire les caractères concis qui leur sont assignés par Erichson. 

Antennes en massue ; celle-ci de cinq articles contigus. — Yeux en- 
tiers. — Ecusson distinct. — Les quatre jambes postérieures spinosules ; 
le l"f article de leurs tarses allongé. 

Les jambes postérieures épineuses, combinées avec les antennes en 
massue, distinguent essentiellement ce genre de tous ceux de la famille. 

sans carène, celle du mésosternum très-saillante; pattes très-longues ; jambes 
finement velues dans les deux sexes. Toutes les espèces sont de Madagascar : 
S. bicolofj basais, çonsobrimm, fasciatum, wiicotor, punctalum, simile, ni- 
grum, Casteln. loc. cit. 

l'ignore dans laquelle de ces sections doivent rentrer les espèces suivantes : 
S. cuslaiwum, Motscli. Bull. Mosc. 1815, n° 4, p. 3G1 ; de Californie ; yiceum, 
Melaneim. Proceed. of the Aead. ofPhilad. H, p. 10.1; des Etats-Unis; nigripes, 
Clievrol. in Guérin-MênéV. Iconogr. 1ns. texte,, p. 62; du Mexique ; impicâim, 
Bohem. Ins. C.ailVar. I, p. 557; de Natal. 

Le S. érjmstulatum de Fabricius (Svst. El. U, p. 575), dont la patrie est la 
Nouvelle-Hollande, appartient peutrôtro aussi à ce genre. 



240 scAr-rnDitEï. 

Erichson en décrit brièvement une très-petite espèce du Mexique, qu'il 
nomme C. palliatum. 

AMALOCERA. 
Erichs. loc. cit. p. i. 

Antennes allongées, capillaires; leur dernier article à peine épaissi, 
ovalaire. — Les articles 2-3 des palpes maxillaires subégaux, le 4° un 
peu plus long que chacun d'eux, acuminé. — Ecusson distinct. — Les 
quatre tarses postérieurs plus longs que les antérieurs, avec leur l or ar- 
ticle allongé, comme dans les Scapuisoma, mais un peu plus court que 
dans ce genre. 

Erichson en décrit également en peu de mots une espèce du Brésil 
(À. vicia) de la taille du Scaphidium i-maculalum d'Europe, noire, 
avec des bandes et des taches fauves. 

B^OCERA. 
Eiucns. loc. cit. p. 4. 

Antennes capillaires; leurs articles 3.-8 subégaux; les trois derniers 
plus gros que les autres. — Palpes maxillaires des Amalocera. — 
Ecusson recouvert par le prolhorax. 

Pour le surplus, le genre a les plus grands rapports avec les Scaphi- 
soma qui suivent. Les articles des tarses présentent les mêmes propor- 
tions relatives, mais ne sont pas aussi grêles. 11 y a, comme chez les 
Scaphidicsi, un sillon sur les épimères du mèsolhorax. Le type du 
genre est le Scaphidium concolor de Fabricius (i), insecte de l'Amé- 
rique du Nord. 

SCAPHISOMA. 
Leach, Edimb. Enc. IX, p. 89. 

Languette légèrement échanerce en avant. — Lobe interne des mâ- 
choires petit, terminé en pointe obtuse, muni au côté interne d'une 
seule soie spiniforme médiane. — Mandibules aiguës et simples à leur 
extrémité. — Yeux entiers. — Antennes capillaires, hérissées de petits 
poils; leurs articles 1-2 plus gros, subégaux, 3-4 grêles et courts, 
5-6 un peu allonges; les cinq derniers un peu plus gros, avec le 8° plus 
petit que les autres. — Lobe médian de la base du prolhorax allongé et 
recouvrant l'écusson.— Pattes longues et grêles; jambes garnies de 

l(l) Syst. El. H, p. 576. 



SCAPniDILES. 241 

poils fins ; les quatre tarses postérieurs plus longs que les antérieurs ; 
leur l or article allongé. — Mésosternum sans saillie antérieure. Ab- 
domen composé en dessous de six segments dans les deux sexes. 

Toutes les espèces de ce genre sont de très-petite taille, les plus 
grandes ayant à peine une ligne et demie de long. On n'en a encore dé- 
crit que six (1) disséminées en Europe, dans l'Amérique du Nord et a 
Natal. 

(1) Esp. européennes : Scaphidium agaricinum, Fab. Syst. El. II, p. 576. 

— Scaph. Boleti, Panzer, Faun. Ins. Germ. XII, 16. — Scaph. assimile, 
limbatum, Erichs. Naturg. d. Insekt. Dcutschl. III, p. 10. — Esp. des Etats- 
Unis : S. terminatum, Melshcim. Proceed. of the Acad. of Philad. II, p. 103. 

— Esp. de Natal : S. hybridum, Bohcm. Ins. Caûïar. I, p. 5D8. Le S. agarici- 
num se trouve aussi dans ce pays. 



Coléoptères. Tome H. 1G 



FAMILLE XIV. 



HISTÉRIENS. 



Languette Irès-courle, en général cachée par le menton ; ses para- 
isses membraneuses, saillantes, divergentes et ciliées en dedans. — 
Deux Iodes aux mâchoires, plus ou moins membraneux et ciliés ; 1 in- 
terne beaucoup plus petit que l'externe. - Palpes filiformes ; les labiaux 
de trois, les maxillaires de quatre articles. — Antennes rctractiles, 
courtes, coudées, de onze articles : le 1" allongé, les trois derniers 
formant une massue compacte. - Prolhorax écuaucré en avant, exac- 
tement appliqué à sa base contre les élytres. - Celles-ci tronquées en 
arrière, laissant à découvert les deux derniers segments abdominaux.— 
Pattes contractiles; hanches antérieures fortement transversales, les 
autres ovalaircs ; celles-ci très-distantes dans le sens transversal ; tarses 
de cinq articles, très-rarement hetéromercs. — Abdomen composé de 
cinq segments. 

L'ancien genre IIisteb, de Linné, constitue à lui seul cette famille, 
l'une des plus naturelles de l'ordre des Coléoptères, comme le prouve 
ce fait, que jamais aucun élément étranger n'y a été introduit. 

Des téguments plus ou moins solides, glabres et polis , un corps en 
général court, carré ou brièvement ovalaire, assez souvent très-dé- 
primé, parfois cylindrique, comme tronqué en arrière : telles sont les 
particularités que présentent ces insectes à la première vue. Dans la 
majeure partie des espèces, la tète, par suite de sa rétraclilité dans le 
prolhorax, est invisible d'en haut, ce qui achève de leur donner une 
physionomie particulière. La même cause fait que celte partie du corps 
est généralement petite. Sous le rapport de la forme, elle est souvent 
arrondie ou quadrangulaire et terminée par un museau court et obtus ; 
chez les TnYr-ANJïus seuls, elle se prolonge notablement en avant des 
yeux, et simule une sorte de rostre. 

La cavité buccale est petite, occupée qu'elle est en majeure partie par 
les mandibules, qui sont robustes et la ferment cq dessus avec le labre, 



nisii:miiAS. 2i3 

tandis que le menton, qui est toujours corné et assez grand, en fait 
autant en dessous, de sorte qu'il ne reste plus qu'une étroite tissure 
transversale pour la saillie des autres organes buccaux. Le menton varie 
peu et forme une plaque presque toujours entière, et parfois tridentéc 
en avant. On n'aperçoit de la languette que ses paraglosses, qui dé- 
passent plus ou moins le menton et atteignent ordinairement la base du 
dernier article des palpes labiaux. Ces palpes, ainsi que les maxillaires, 
sont courts, et leur article terminal, qui est cylindrique ou fusiforme, 
très-rarement ovalaire, surpasse toujours en longueur le pénultième. 
La disproportion signalée plus haut entre les deux lobes des mâchoires 
persiste dans toute la famille. L'externe est toujours inerme , et l'on ne 
connait qu'un seul genre (Ackitus) chez lequel l'interne se termine par 
un crochet corné. Le labre ne présente rien de particulier qu'une saillie 
recourbée inférieurement qu'il envoie très-fréquemment entre la base 
des mandibules. Ces dernières sont généralement saillantes, et quelque- 
fois (Oxvsti:u:ni;s) rappellent, par leur longueur, celle des Lucanides. 
Au total, à part les mandibules et dans certains cas, les mâchoires, les 
parties de la bouche ne paraissent pas avoir ici, au point de vue systé- 
matique, la même importance que dans les autres familles. 

Les yeux sont toujours bien développés ; mais les Trypah^îds sont les 
seuls qui les aient à peu près arrondis et plus ou moins saillants ; par- 
tout ailleurs ils sont oblongs ou réniformes, transversaux et déprimés. 

Les antennes sont courtes et se reploient au repos sous la tête, sans 
qu'il y ait sous celte dernière de sillons pour les recevoir, comme dans 
plusieurs des familles qui suivent; mais presque toujours leur massuo 
se loge alors dans des dépressions ou fossettes de la face inférieure du 
prothorax, dont il sera question plus bas. Le 1 er , plus rarement le 2° ou 
le 3° article du funicule de ces organes, est seul sujet à s'allonger un peu. 
Dans la majeure partie des cas, la massue est distinctement composée 
de trois articles (I) et spongieuse; mais quelquefois (UjEteuius, Mono- 
plius, EnEiMOTDS) ces articles se confondent au point que toute trace; 
de séparation disparait entre eux. 

Quoique le prolhorax s'applique exactement contre la base des ély- 
tres, il arrive très-souvent que ses angles postérieurs n'atteignent pas 
les angles huméraux de celles-ci. Le vide ainsi produit est alors rempli 
par les épimères du mésothorax qui apparaissent en dessus sous la 
forme d'un triangle à base dirigée en dehors, absolument comme chez 
les Cétonides de la famille des Lamellicornes. 

(1) 11 y en a, rigoureusement parlant, quatre, si l'qp tient compte d'un court 
appendice, également spongieux, qui termine la massue, et c'est ce qu'a fait 
M. De Marseul dans sa Monographie de la famille signalée plus bas; partout il 
indique la massue antennaire comme étant quadri-articulêe. Mais cet appendica 
correspond manifestement à ce faux article, qui est quelquefois si développé 
dans certaines familles, par exemple cel'e des Chrysomélidcs, et dont il est 
d'usatjc. do ne pas tenir compte. 



244 IIISTÈRIENS. 

L'écusson est toujours très-petit, et sa disparition, qui est assez fré- 
quente , n'a qu'une faible importance. Les deux derniers segments 
abdominaux, que les èlj'tres laissent constamment à découvert, varient 
beaucoup sous le rapport de la grandeur et fournissent des caractères 
génériques importants. Le pygidium se replie assez souvent sous l'ab- 
domen, parfois même au point de ne plus être visible pn dessus, et sa 
place ordinaire est alors nécessairement occupée par le pénultième 
segment ou propygidium qui s'agrandit en conséquence. En avant de ce 
derpier, on aperçoit toujours sur les côtés les extrémités du troisième 
arceau ventral de l'abdomen qui, au lieu de s'arrêter sur la ligne latérale 
médiane comme les autres, se prolonge sur la région dorsale. En des- 
sous, des cinq segments abdominaux le premier est presque toujours 
beaucoup plus grand que les autres, qui sont en général très-courts. 

Bien que les pattes soient rélractilcs, elles ne sont nullement reçues 
au repos dans des enfoncements de leurs segments thoraciques respec- 
tifs. Pendant la rétraction , les jambes se logent en partie dans un 
canal plus ou moins distinct du bord inférieur des cuisses. Ces jambes, 
qui sont plus ou moins larges , présentent sur leur tranche externe des 
dents, des épines ou des cils. Les antérieures ont de plus, vers le milieu 
de leur face interne, un sillon destiné à recevoir leurs tarses, sillon dont 
les bords sont plus ou moins complets, et auquel Erichson me parait 
avoir attaché trop d'importance dans son travail sur la famille. Les 
tarses sont en général médiocres et composés d'articles peu différents 
sous le rapport de la longueur, sauf le dernier qui est très-long et ter- 
miné par deux crochets simples. Jamais ces organes ne sont dilatés; en 
dessous les antérieures présentent, près du sommet de leurs deux, trois 
ou quatre premiers articles, une petite brosse de poils ; les autres en 
sont dépourvus, mais ont ordinairement deux rangées de cils spini- 
formes. Par une exception unique, les tarses postérieurs des Acnnus ne 
comptent que quatre articles. 

A la face inférieure du prothorax se voient, sauf chez les Hololep- 
tides, les TbtpahjBos et un petit nombre d'autres genres, deux dépres- 
sions (fossettes antennaires) plus ou moins marquées, destinées, comme 
on l'a vu plus haut, à recevoir la massue des antennes. Ces fossettes 
affectent deux positions différentes : elles sont situées tantôt à la base 
des angles antérieurs du prothorax (fossettes antérieures), tantôt plus en 
arrière (fossettes médianes), soit près du bord latéral, soit sur les flancs 
du prostcrniim. Dans l'un comme dans l'autre cas, il arrive souvent que 
Ja massue des antennes n'arrive jusqu'à elles qu'à l'aide d'une scissure 
du bord antéro-inférieur du prothorax, par laquelle passe le funiculc do 
ces organes. 

Le prosternum est, en règle générale, notablement moins large que 
les deux autres segments thoraciques, et plus ou moins comprimé laté- 
ralement. En arrière il se met toujours en rapport intime avec le mé- 
sosternum, tantôt en étant reçu dans une échancrure ou un sinus de ce 



historiens. 245 

dernier, tantôt en le recevant, plus rarement, par une simple ligne 
droite. En avant if se prolonge très-fréquemment en une saillie (men- 
tonnière ou lobe prosternai) concave, qui reçoit la partie inférieure de 
là tête lorsqu'elle se contracte. Le métaslernum est remarquable par 
son grand développement, surtout en comparaison du mésosternum 
dont il est séparé, au niveau des hanches intermédiaires, par une ligné 
transversale très-fine et très-superficielle, mais cependant presque tou- 
jours distincte. Ses parapleures sont assez larges et toujours appchdi- 
culées. 

La Sculpture des téguments en dessus présente une disposition propre 
à ces insectes, et qui est d'un grand secours pour la détermination et le 
groupement des espèces; on lui a même donné récemment une valeur 
générique. Elle consiste en un petit nombre de stries, toujours imponc- 
tuées, affectant des posilions fixes sur la tête, le prothorax et les élytres, 
et auxquelles des noms ont été imposés (i). Ces stries sont accompa- 
gnées ou non de points enfoncés ; quelquefois ces derniers les remplacent 
en totalité ou en partie. 

Les habitudes des Historiens à l'état parfait sont les mêmes que celles 
des Staphyliniens et des Silphales. Ils vivent dans les cadavres, les dé- 
jections des animaux, sans en excepter celles de l'homme, les détritus 
des végétaux et sous les ècorecs ; quelques-uns ont été rencontrés dans 
les fourmilières (2). Dans nos climats, ces insectes sont communs, sur- 
tout au printemps et en automne. Leur démarche est peu agile, mais ils 
volent assez bien , et , quand on les saisit, ils simulent la mort en con- 
tractait leurs pattes et leurs antennes. 

Leurs larves ont également la' plus intime analogie avec celles des 
deux familles nommées plus haut, autant qu'on en peut juger par les 
trois seules qui sont connues en ce moment , celles des Hister merda- 

(1) Voyei Erichson in Klug, Jalirb. d. Ins. p. 84, et Do Marseul, Ann. d. \. 
Soc. ent. Sér. 3, I, p. 134. Je n'ai pas fait entrer la plupart de ces stries dans 
les caractères des genres ; quand j'en parle, jo les désigne sous les noms sui- 
vants : 

Celle qui existe sur la tôte et qui entoure souvent en grande partie le front, 
qu'elle sépare de l'éplstome, est la strie frontale, Cette dernière particularité 
lili donnant de l'Importance, elle figure dans les formules génériques. — Le pro- 
thorax est longé latéralement par une strie (marginale) en dedans de laquelle 
il en existe une, raferhent deux autres (latérales). — Sur chaque élytre, une 
bu deux se soient sue l'épipleure (épipleurûlis) ; une courir et obliqtie partant 
«le l'épaule [Mlilérale) ; en dehors de ceile-ti une ou deux [subhi&Mratéi ou 
marginales); tri ilBUans de la. même, sur le disque de lilytre, plusieurs allant 
rarement au-delà de rinq [dorsales); enfin une le loin; de là suture [xaturolr). 
Il va sans dire (pie toutes ees stries peinent disparaître ou être plus ou moins 
incomplètes. 

P) M. Markel en énumère seize dans son travail sur les insectes myrméro- 
philes, dans Germai-, Zeitselwr. V, p. 2tt. 



216 niiTÉniEXS. 

riui, décrite par Paykull (1), cadavcrinus, observée par Lalrcille (2), 

et du Plalysoma oblongum, découverte par M. Ed. Perris (s). 

Ces larves sont allongées, graduellement rétrècics en arrière, et com- 
posées, comme de coutume, de treize segments, dont deux seulement 
sont cornés, la tôle et le prolhorax; ce dernier en dessus seulement. La 
tête porte deux antennes relativement assez longues et composées de 
quatre articles, dont le premier est rétraclile, le second allongé , et le 
dernier court et épais. Les slemmatcs sont complètement absents. La 
cavité buccale est très-petite, et le labre manque ainsi que la languette. 
À défaut de celte dernière, le menton, qui est petit et bilobé, avec ses 
lobes divergents, ou carré, porte les palpes labiaux qui sont formés de 
deux articles. Les mâchoires sont complètement libres, saillantes, cylin- 
driques, composées de deux pièces et terminées par un très-petit lobe ; 
leurs palpes comptent quatre articles. Les mandibules sont saillantes, 
falciformes, très-aiguës et munies d'une dent au coté interne. Les pattes, 
très-courtes, se composent de cinq pièces dont la dernière ou le tarse 
est terminée par un seul crochet. Le dernier segment abdominal se pro- 
longe en un petit tube anal, et porte en dessus deux appendices bi-arli- 
eulés. Il y a neuf paires de stigmates dont la première est placée sur le 
mésothorax, et Jes autres sur les huit premiers segments abdominaux. 
Les lieux où se trouvent ces larves, varient comme pour les insectes 
parfaits. 11 est probable, d'après la forme de leurs mandibules , qu'elles 
sont carnassières , sans en excepter celles qui vivent dans les bouses. 
Cela est avéré pour celle du Plalysoma oblongum qui, d'après les obser- 
vations de M. Perris, vit dans les galeries creusées sous les écorecs des 
pins, par le Tomicus slenographus, et dévore les larves de cet insecte. 
Quand l'époque de. leur métamorphose est arrivée, celles dont il s'agit 
en ce moment, ont pour habitude commune de se construire une cellule 
à parois lisses, dans les substances où elles ont vécu. Les nymphes ne 
présentent de particulier que deux appendices divergents à l'extrémité 
de l'abdomen. 
La famille so compose, à l'heure qu'il est, d'environ 600 espèces rè- 

(1) Mon. Histcr. pi. I, f. 1 ; figure reproduite par M. Wcstwood dans son 
Inlrod. to the mod. classif. of Ins. I, f. 17, n» 4. Voyez aussi Ericlison, dans 
ses Arch. 1841, I, p. 100. — On sait depuis longtemps qu'une autre larve pu- 
bliée par Paykull (loc. cit. f. 111), comme étant celle d'une Hololepta, appar- 
tient à un Diptère de la tribu des Sirphidcs. — M. le major ,T. L. Le Conte a 
aussi rapporté au même genre, dans sa Monographie des Historiens de l'Amé- 
rique du Nord (p. 6), une larvo trouvée sous des écorces ; mais le peu qu'il en 
dit sullit pour faire voir qu'elle est étrangère à la famille actuelle. Ericlison pré- 
sume (Arch. 1847, II, p. 103) que c'est celle d'un Cucujipe. 

(2) Nouv. Diction, d'ilist. nat. X, p. 429. 

(.'!) M. De Marscul, à qui M. Ed. Perris a communiqué ses observations con- 
cernant cette larve, les a publiées dans les Ann. d, 1. Soc. ent. Sér. 3, I, 
p. 250. 



IIISTKRIENS. 247 

pandaes, mais très-inégalement distribuées, sur tout le globe. Le con- 
tinent indien, ses archipels et l'Australie n'en possèdent qu'un assez petit 
nombre; l'Afrique semble un peu mieux partagée à cet égard ; les deux 
Amériques, l'Europe et les parties avoisinanles de l'Asie occupent le 
premier rang sous ce rapport. 

Paykull, l'auteur de la première Monographie générale (î) dont ces 
insectes aient été l'objet, s'était contenté de séparer les Hololepta des 
Hister de Linné. Plus tard, Lcach (2) établit les genres Abiueus, On- 
thophilus, De^dropuilus/cI Platysoma, mais en les caractérisant très- 
imparfaitement ; Eschscholtz (ï), celui de Trypan^eus. Depuis, Erich- 
son (4), dans un bon travail sur les espèces de la collection du Muséum 
d'histoire naturelle de Berlin, créa un grand nombre de genres nou- 
veaux et fit connaître une foule d'espèces inédiles. La science doit à 
M. le major J. L. Le Conte, une bonne monographie de celles de 
l'Amérique du Nord (s), et à son fils, M. le docteur J. L. Le Conte, 
un essai d'une nouvelle classification de ces insectes (6), mais qui ne 
comprend que les espèces du môme pays. Enfin, au moment où j'écris, 
un entomologiste consciencieux, dont c'est le coup d'essai, M. De Mar- 
seul, publie une monographie générale de la famille, dont une partie seu- 
lement a paru (7) et dans laquelle le nombre des genres et des espèces 

(1) Monographia Histcroidum ; in-S°, 13 pi. Upsaliae, 1811. — Une Monogra- 
phie autérioure à, celle de Paykull, mais ne comprenant (pie les espèces d'une 
partie de l'Allemagne, avait déjà paru eu 1803 dans les «Entomologische Hcfte,» 
I, p. 1. 

(2) Zool. Misccll. III, p. 76. 

(3) Zool. Atlas, Hcftl, p. 11. 

(/i) Dans Klug, Jahrb. d. Insektciik. p. 83. 

(5) « Monography of the North-Amcrican Histeroides, » Boston Journ. of 
nat. Hist. V, 1845, p. 37 sq., avec six planches au trait. — Say (Journ. of the 
Acad. ofPhilad. V, p. 32) avait déjà publie une notice sur les espèces du même 
pays, sous le titre de « Description of new Specios of Hisitu and HololBM s. 
Illhabiting tho United States » ; elle ne contient cpie 23 espèces. 

(6) « Hints towards anatural classification or the Family Histmni », Procei d 
of the Acad. ofPhilad. 1852, p. 36. RI. J. L. Le Conte rejette tous les caractères 
empruntés aux jambes sans exception, ce qui l'a conduit à supprimer une partie 
des genres établis par Erichson. Je crois que c'est aller un peu trop loin ; d'un 
autre côté, j'entre complètement dans sis vues lorsqu'il met au premi 

après la position de la tète, deux caractères auxquels Erichson n'avait pas atta- 
ché toute l'importance qu'ils méritent, ù savfir la situation des fossetfc s anteii- 
naires et le mode d'insertion des antennes. 

(7) Ami. d. 1. Soc. eut. Sér. 3, 1, p. 131 sq.; avec des planches au trait repré- 
sentant toutes les espèces. M. Do Marscul a eu l'extrême bonté, don I je le romercio 
publiquement, de me communiquer des notes détaillées sur la partie de son tra- 
vail qui n'a pas encore vu le jour, ce qui me permet de le devancer pour cette 
dernière. 



HISTKMENS. 



se trouve doublé. J'ai adopté presque tous ceux des premiers qu'il a, 
établis, mais en les disposant dans un tout autre ordre (1). 

Depuis Erichson, tous les auteurs s'accordent, avec raison, à prendre 
pour point de départ la position de la tête au repos. Ce caractère me 
paraît assez important pour servir de base à la division de la famille en 
deux tribus. 

i. Tête non rélractile, visible en dessous au repos. Hololeptides. 

Ù. — rètractiie, invisible — Histêruibs. 



TRIBU I. 
IlOLOLEPTIDES. 

Tète libre, horizontale, visible cri dessous. — Antennes loujours in- 
sérées sous les côtés du front. — Prothorax sans iriehtonnièrc. 

Cette tribu a pour type l'ancien genre Hoi.olf.pta de Paykull. Son 
caractère essentiel réside dans la position de la tète aqrepos; les au- 
tres caractères ne sont qu'accessoires et se retrouvent dans la iribu 
suivante. Sauf les Oxysteuisus, ses espèces sont extrêmement déprimées 
et remarquables par la simplicité de la sculpture de leurs téguments. Le 
menton ferme ordinairement, soit en totalité, soit en grande partie, la 
cavité buccale en dessous. Les mandibules sont saillantes et horizon- 
tales comme la lèle elle-même. Les épimères mésothoraciques sont 
toujours visibles en dessus, mais en général sur une faible étendue. Les 
quatre pattes postérieures sont très-écarlées entre elles, et le sillon des 
jambes antérieures pour la réception des tarses de la rnème paire est 
toujours fortement marqué et complet. Enfin 1 ce n'est que chez quelques 
inrtles, et à lilre par conséquent de caractère sexuel, qu'il existe des 
fosseltes antennaires sous les angles antérieurs du prothorà.v (â). 

La Iribu ne comprend que quatre genres, dont Un seul (lioLOLfci'TA) 
est représenté en Europe. 

\i) M. De Marseul, comme il le dit lui-même (loc. cit. p. 134), «a consulté 
avant tout la forme générale un fartes, et ce n'est qu'après avoir groupé les 
espèces, en rassemblant celles qui mit un ;iî i- île parenté, qu'il a cherche dos 
notes distihetives. » Cette méthode, je n'en disconviens pas, polit être bonne 
pour arriver à la composition des genres, mais une fois que les caractères île cdS 
derniers sont trouvés, je crois que c'est d'après eux qilë ceux-ci doivent être 
classés, cl non d'après le faciès. Si le principe contraire est vM, il faut être 
logique et le suivre jusqu'au bout, c'est-à-diro rie plus faire attention qu'a la 
formé générale, sans s'occuper du reste. 

(2) Les Oxysternis en uni une de chaque côté du prosterhiim, en avant des 
cavités cotyloidcs; mais elle est si peu apparente, qu'il faut être prévenu dé 
son existence pour l'apercevoir. 



nOLOLEFTIDES. 3W 

I.. Pygidium petit., perpendiculaire ou replié en dessous. 
A Mâchoires recouvertes à leur base par le menton. 
Prosternum non rétréci en avant : Hololepta. 
— rétréci — Leionota. 

B Mâchoires visibles à leur baso : Phylloma. 
II. Pygidium grand, oblique : Oxtjsternw. 

HOLOLEPTA. 
Payk. Mon. Hisler. p. 101. 

Menton fermant la cavité buccale, concave, échancré en avant. — 
Languette petite, échancrée ; ses paraglosses très-grêles et très-lon- 
gues. — Mâchoires insérées sous le menton; leur lobe externe très- 
long, cultriformc, cilié en dedans, logé, ainsi que le palpe, dans une 
rainure des mandibules; l'interne très-court, arrondi et cilié. — Man- 
dibules saillantes, inermes, droites, puis arquées et aiguës au bout. — 
Labre à peine distinct, bilobé. — Tète horizontale, déprimée, courte. 
— Antennes grêles, leur massue suborbiculaire. — Prolhorax transver- 
sal, coupé carrément à sa base, échancré en avant. — Elylres coupées 
carrément à leur base. — Kpiinèrcs mésolhoracicjucs peu visibles en 
dessus. — Cuisses renllècs ; jambes ayant toutes deux ou trois dents sur 
leur tranche externe , inermes intérieurement ; les antérieures munies 
d'une petite dent à leur base en dessous; taises grêles. — Propygidium 
très-grand , subhcxagonal ; pygidium très-petit , perpendiculaire. — 
Prosternum plane, large, tronqué en avant, dilaté, arrondi et reçu en 
arrière dans un faible sinus du mésosternum. — Corps très-déprimé. 

Ces insectes sont tous d'un noir profond et brillant, et leur sculpture 
est des plus simples; elle se réduit sur le prolhorax à la strie marginale, 
et sur les èlytres à une strie humérale, accompagnée souvent de une, 
deux ou trois dorsales. Leur forme, extrêmement aplatie, indique qu'ils 
doivent vivre sous les écorecs, et c'est là en effet qu'on les trouve, surtout 
sous celles en décomposition. Les mâles se distinguent des femelles par 
une grande excavation, en triangle renversé, de leur sous-menton , et 
leurs mandibules plus longues ; quelques-uns ont une fusscltc sous les 
angles antérieurs du prothorax, ou une échancrtire qui entame ces angles. 

Le genre est répandu dans la pluparl des pays du globe et assez riche 
en espèces ; on en a déjà décrit plus d'une trentaine (1). L'Europe n'en 
possède qu'une seule (plana) qui est propre à ses parties australes. 

(1) Erichson (in Klup, Jahrbuch. p. 87) en a mentionné treize, dont deux 
(qmdridentala F. et minuta Er.) sont 'les Leionota. M. De Marseul (toc. cit. 
l>. 135) en décrit :il, savoir : il. plana Payk., d'Europe; s'emicincla, arcipsra 
Mars., du Sénégal ; strivMcru Mars., du Cap; lissuvyga Mars., du Bengale; 



230 distèuiens 

LEI0N0TA. 
(Dej.) De Mauseul, Ann. d. I. Soc. ent. Sir. 3, I, p. 196. 

Genre à peine distinct des Hololepta, et qui n'en diffère que par 
son prosternum plus ou moins acuminé en avant, ses jambes posté- 
rieures denliculécs en dessous, et, comme caractère accessoire, par 
l'intégrité de la 2° strie dorsale des élylres. 

Il y a même des espèces chez lesquelles l'un ou l'autre de ces carac- 
tères fait défaut, de sorte qu'il vaudrait mieux peut-être ne considérer 
le genre, que comme une section du précédent. Ces insectes sont exclu- 
sivement propres à l'Amérique ; AI. De Alarseul en décrit quinze es- 
pèces (i), 

PHYLLOMA. 

Enicns. in Klug, Jahrb. d. Ins. p. 96. 

Mâchoires insérées entre le menton et les mandibules, visibles à leur 
base. — Alandibules unidentées au côté interne. — Labre allongé, bi- 
Jobé. — Pygidium replié en dessous, formant avec le propygidium un 
angle plus ou moins aigu. 

Pour le surplus, ces insectes présentent tous les caractères des Ho- 
lolepta ; seulement leurs jambes antérieures sont quadridcnlées en 
dehors, et la strie humérale de leurs élylres est plus ou moins dilatée à 
sa base; elle est accompagnée d'une ou trois dorsales très-fines. Le type 
du genre est YHislcr corlicalis de Fabricius (î), insecte du Brésil 
excessivement aplati et assez rare dans les collections. AI. De Alarseul 
en a fait connaître deux autres espèces (s). 

indica, procera, clongataEr., do Java; manillensis Mars., de Manille; austra- 
lica Mars., de l'Australie; kumilis, lamina Payk., fossularis S.iy, bractea, 
cubensis, aradiformis Er., attenwita Blauch., lucida Lee., excAsa, sublucida, 
obscura, margine-pitnctuta, similis, colombiana; bidendata, subhumilis, me- 
ridana, éaytimensis,quadriforniis, curta, Mais., des diverses parties de l'Amé- 
rique. — Aj. : Esp. du Brésil : //. flagelluta, Kirhy, Linn. Tians. XII, p. 395. 
— Esp. de Californie : II. cacti, vicina, populnea, 3. Le Conto, Boston Journ. 
of nat. Hist. V, p. 1G2. 

(1) Dont deux seulement décrites avant lui : //. quadridentatus Fab. (j)la- 
tysma Er.), minuta Er., de l'Amérique nier. Les nouvelles sont : L. yucalcca, 
grandis, confusa, strigicollis, polita, mexicana, du Mexique ; interrupta, ri- 
imsa, de Cuba; cerdo, Rcichei, dévia, punetidala, lala, de Cayenne et du 
Brésil. 

(2) Hololepta corlicalis, Payk. Mon. Hister. Tab. IX, f. 1. 

(3) P. oblitmh, de la Nouvelle-Grenade; mandibulare, de Cayenne ; loc. cit. 
p. 194. Ces deux espèces sont moins aplaties que le cortical». 



WSTÈIUDES. 23* 



OXYSTERNUS. 
(Dw ) Enicns. in Klug, Jahrb. d. Ins. p. 98. 

Menton transversal, évasé et échancré en avant. — Languette et mâ- 
choires des Hololepta. — Mandibules au moins aussi longues que la 
tête et le prothorax réunis, élargies et concaves en dessous dans leur 
moitié basilaire, uni- ou bidentées en avant de cet élargissement, puis 
un peu arquées et assez aiguës. — Labre en carré long, arrondi en 
avant. — Tète subrhomboïdale ; épistome prolongé en avant. — Yeux 
très-élroits, très-longs, perpendiculaires. — Antennes robustes ; leur 
massue terminale en ovale allongé. — Prothorax semi-lunaire, échancré 
antérieurement. — Elytres échancrées en demi-cercle à leur base. — 
Epimères mésothoraciques largement apparentes en dessus. — Pro- 
pygidium transversal, déclive, ainsi que le pygidium. — Les quatre 
pattes postérieures moins écartées à leur naissance, que chez les Hoio- 
lepta ; jambes larges, plutôt festonnées que dentées, terminées par 
deux éperons, dont l'externe le plus fort; les postérieures munies en de- 
hors, dans leur moitié terminale, de trois rangs de cils serrés.— Tarses 
simples, comprimés.— Proslernum comprimé dajis sa moitiéanterieure, 
caréné et prolongé en une pointe aiguë, rhomboïdal en arrière et reçu 
dans une profonde èchancrure du mèsosternum. — Corps assez con- 
vexe. 

Genre très-distinct et rattachant les Hololcptides à la tribu suivante, 
par sa forme convexe et la sculpture des élylrcs. Le prothorax n'a que 
sa strie marginale; les élytres, outre une strie humorale oblique, 
ont quatre dorsales, dont l'interne rudimentaire. Les mâles se distin- 
guent des femelles, en ce que la portion élargie de leurs mandibules 
est fortement barbue au côté interne. On n'en connait qu'une espèce, 
YHislcr maximus (i) de Linné, grand insecte répandu dans la majeure 
partie de l'Amérique du Sud et commun dans les collections. 



TRIBU II. 
I1ISTÉIUDES. 

Tête rélractilc , invisible en dessous. — Insertion des antennes va- 
riable. — Prostcrnum muni ou non d'une mentonnière. 

La rélrnclilité de la tèle n'a pas lieu au même àegré dans les nom- 
breuses espèces de ce groupe; elle dépeud de l;i grandeur de celle 
partie du corps, de l'absence ou de la présence d'une mentonnière au 

(1) tiolokpla nwxilhsa, ftj£. Mon. Hister. p. 111, Ta*. IX, f. 7. 






232 otstkmbhs. 

# 
prosfernum, puis de la position qu'elle a prise au moment de la mort. 
On rencontre, par conséquent, souvent dans les collections, des indi- 
vidus chez lesquels la tète est presque aussi visible que chez les 
Hololcptides ; mais ce n'est pas là sa position naturelle pendant la vie, 
et ces faits ne constituent pas de véritables exceptions. 

Le menton de ces insectes ne ferme jamais la cavité buccale en 
dessous. Le lobe externe des mâchoires est en général im peu mbin* 
allongé ojùc chez les lldldleptides, et 11 n'y à aucun exemple qVil soït 
reçu avec le palpe maxillaire dahS nhè coulisse dés mandibules. Ce* 
dernières sont saillantes dans le plus gralrld nombre des gèrireé; mais 
il n'en manque pas où elles dépassent a peine i'épistome. 

Les deux sections établies par Erichson dans ces insectes selon que 
leur prostcrniiin est pourvu ou non d'une mentonnière, mé paraissent 
assez tranchées pour être élevées au rang dé sdus-tribiis. 

I. Prostêrnum pourrit d'une mentonnière'» HiSTÊnlBÉ* WAH. 

JL — «ans — Sapiumdes. 

Sous-Tribu I. Histérides vrais. 

ProSternum pourvu d'Une mentonnière recevant la partie inférieure 
de la tête. 

C'est le groupe le plus nombreux de la famille ; il ne 'comprend pas 
moins de vingt-huit genres, dont le quart seulement ont des représen- 
tants eri Europe. 

I. Fossettes antciinaires antérieures. 

A Antennes insérées sous un rebord dû front. 

B Mésosternum recevant la base du prosternum. 

a Sillon tarsal des jambes antérieures bien limité, sbuveht fléxuaut. 

b Prosternum et mésosternum très-larges : Macrosternus. 

" — — plus ou moins comprimés. 

c 2 ou 3 rangées do cils épineux aux 4 jambes poster. : Plmius, Pla- 

codes. 
ce Une seule rangée de cils épineux aux 4 jambes poster. 

Mentonnière très-saillante : Anlacosternus, Platysuma, Cylistas. 
— courte : Omaiodes. 

aa Sillon tarsal mal limité, parfois obsolète, toujours droit. 
d Ce sillon entièrement efl'acé : Rhypochares. 
dd — distinct. 

Un seul rang d'épines aux 4 jambes poster. : Psiloscelis. 



MST£niDE9. 283 

Deux rang» d'épines aux 4 jambe» poêler. : Contipu», Uargnri- 
nolus, Hisler. 
PB Mésosternum reçu dans la base du prosternum. 

e Massue autennairo distinctement tri-arficulée. 

f Deux crochets à tous les tarses. 

g Prosternum profondément fendu à sa base : Pachycrœrtu. 

g g — faiblement échancré — 

ii Sillon tarsal distinct. 

• Scape des antennes de grandeur normale. 

Propygidium transversal : Plielister, Sphyracus. 
— très-allongé : Polorurus. 
ii Scape dos antennes très-long: Scapamegas. 
hh Sillon tarsal obsolète : Notodoma. 
ff Un seul crochet aux tarses antérieurs : Cypturus. 
ee Massue antennaire solide, d'un seul article apparent. 
Un seul crochet a tous les tarses : Monoplius. 
Deux crochets — Erelmotus, fletœrius. 

A A Antennes insérée» siu- le front : Epierus, Tribalus. 
II. Fossettes antennaires médianes. 

Corps globuloux : Sphœrosoma, Bacanius. 
— ovalaire pu parallélipipèdc : Dendrophilus, Paromalus: 

MACROSTERNUS. 
De MAnsEW., Ânn. d. I. Soc. ent. Sér. 3, 1, p. 239. 

Mandibules saillantes , dentées au côté interne. — Tète grande ; 
point de strie frontale («). — Antennes insérées sous un rebord du 
front ; leur massue tri-articulée, en ovale allongé. — Fossettes anten- 
naires antérieures, très-profondes. — Prothorax transversal, coupé 
carrément à ta base, un peu arrpndi sur les côtés, profondément 
échancré en avant. — Epimères mesothoraciques à peine visibles en 
dessus. — Propygidium court , horizontal ; pygidium triangulaire , 
faiblement incliné. — Pattes très-écartées ; jambes larges, munies 
d'une seule rangée de dents en dehors ; le sillon larsal des antérieures 
bien limité et sinueux. — Prosternum et mésosternum larges, le pre- 
mier plane , légèrement échancré à sa base et reçu dans une large 
echancrure du second. — Corps plus ou moins ovale, très-déprimé. 

Ces insectes, par leur forme très-déprimée et surtout par la grandaut 
(!) Lo M. foliaceus fait seul exception & cet égard. 



234 MSTÈniENs. 

de l'intervalle .qui sépare les jambes de chaque paire, se rapprochent 
manifestement des Hololeptidcs, et me paraissent devoir être places en 
tête du groupe actuel. Ils sont tout au plus de moyenne taille, le plus 
souvent petits, d'un noir de poix ou d'un rougcàlrc brillant. Leur pro- 
thorax n'a qu'une strie marginale , leurs élytres une épiplcuralc, une 
humérale et plusieurs dorsales assez complètes pour la plupart. M. de 
Marseul en décrit cinq espèces du Sénégal et de Madagascar, dont 
une seule était connue avant lui (1). 

PIJESIUS. 
Eiucns. tnliLuc, Jahrb. d. Ins. p. 101.' 

Mandibules saillantes, unidenlées au côté interne. — Tête grande, 
rentrante: une strie frontale sinueuse. — Antennes insérées sous un 
rebord du front ; leur massue tri-articulée, petite, brièvement ovalaire 
et comprimée. — Fossettes antennaires antérieures, larges, peu 
profondes. — Prolhorax un peu arrondi à sa base, presque droit sur 
les côtés, fortement ècliancré en avant. — Epimèrcs mésothoraciques 
visibles en dessus. — Propygidîum hexagonal, court, oblique; pygi- 
dium en triangle curviligne, perpendiculaire. — Pattes robustes; jam- 
bes très-élargics au bout; les antérieures munies en dehors de deux 
larges donls; leur sillon tarsal bien limité, sinueux; les quatre posté- 
rieures munies de trois rangées de cils sur leur tranche externe. — 
Prosternum peu saillant, assez étroit ; sa mentonnière large et tres- 
saillante; sa base élargie, arrondie, pénétrant assez fortement dans le 
mésoslcrnum. — Corps oblongo-ovalc , déprimé. 

Erichson a fondé ce genre sur une espècp de Java, à laquelle M. de 
Marseul en a ajouté récemment deux autres (s). Ce sont des insectes 
d'assez grande taille, noirs, et dont la sculpture consiste, sur le pro- 
thorax, en une strie marginale et une latérale bien marquée, sur les 
élytres en deux stries épipleurales, une humérale, deux marginales, 
dont l'externe prolongée le long du bord postérieur, et plusieurs dor- 
sales. 

PLACODES. 
Erichs. in Kmg, Jahrb. d. Ins. p. 103. 

Mêmes caractères que les Plj.siijs, sauf les points suivants î 

Tête plus petite ; strie frontale entière. «*■ Massue des antennes orbi j 

(1) Esp. du Sénégal : Hololepla foliacea, Payk. Mon. llister. p. 106, pi. IX, 
f. 5. — LaferteijVu Mars. loc. cit. — Esp. de Madagascar : A. tacitumus, ovas, 
ttriatellus, De Mars. loc. cit. 

(2) P. javanus, Erichs. loc. cit. pi. II, f. 1, — ellipticus) lœviqatus, De. Mar»< 
Ann, d. 1. Soc. ent, Série 3, 1, p; 227, 



ujstérides. 255 

culairc. — Propygidium trapézoïde ; pygidium un pou recourbé en 
dessous. — Jambes antérieures fortement bidentées en dehors; les 
autres faiblement élargies à leur extrémité, sinuées avant celte der- 
nière, terminées par une large dent garnie de cinq ou six courtes épi- 
nes, et épineuses ou denticulécs sur deux rangs en dehors, 

La sculpture du prothorax et celle des élytres sont conformes à 
celle des Pl^esius, dont ce genre est très-voisin ; et qu'il semble re- 
présenter en Afrique. On n'en connaît encore que deux espèces (i). 

AULACOSTERMS. 
De Mauseul, Ann. d. t. Soc. eni. Sér. 3, 1, p. 234. 

Mandibules saillantes, dentées au côté interne. — Télé médiocre, 
rentrante : une strie en arc de cercle sur le verlex. — Antennes insé- 
rées sous un rebord du front ; leur massue tri-articulée, ovale et com- 
fprimée. — Fossettes antennaircs antérieures, profondes. — Protho- 
•rax tranvorsal, arqué à sa base , presque droit sur les côtés , échan- 
cré en avant. — Epimèrcs mésolhoraciques à peine visibles en dessus. 
— Propygidium court, incliné; pygidium en triangle curviligne, per- 
pendiculaire. — Jambes épaissies à leur extrémité : les antérieures 
denticulécs en dehors, avec leur sillon larsal bien limité et sinueux ; 
les postérieures munies sur leur tranche externe de deux rangs de 
(lenticules. — Prosternum étroit, convexe; sa mentonnière très-sail- 
lante ; sa base reçue dans une échancrurc du mésosternum. — Corps 
assez épais, plane en dessus, en ovale allongé. 

On n'en connaît que deux espèces : l'une de la Nouvelle-Zélande , 
l'autre de Madagascar (a). Toutes deux sont de moyenne taille , d'un 
noir brillant et ont deux stries latérales sur le prothorax, une seule 
épiplcurale, une huméralc et plusieurs dorsales sur les élytres. 

PLATYSOMA. 
Lëach, Zool. Miscell. III, p. 77. 

Mandibules saillantes , dentées au côté interne. — Télc large ; épi- 
slomc formant un museau assez saillant, séparé du front par un sillon 
transversal. — Antennes insérées sous un rebord anguleux du front; 
leur massue tri-articulée, ovale et comprimée. — Fossettes antennaires 

(1) Hister senegaknsiSj Paykull, Mon. Hister, p. 13, pi. 4, f. 5. Ërichson ne 
l'a pas connu et a établi lo genre sur l'cspcco suivante : — P. cafter, Ericli». 
Joe. cit. pi. 2, f. 2. 

(2) A. zeiandicus, da la Nouvelle-Zélande ; Edwarisii, de Madagascar; D^ 
Mars. Joe. cit. 



256 msTÉitiENS. 

antérieures, bien marquées. — Prothorax transversal ou en carré 
équilatéral, coupé carrément à sa base, droit sur les côtés, assez for- 
tement éebancré en avant. — Epimères mésothoraciques à peine visites 
en dessus. — Propygidium hexagonal, très-court; pygidium triangulaire, 
fortement incliné. — Pattes assez longues ; jambes triangulaires, munies 
en dehors de deux arélcs, dont la supérieure seule dcnticulée ; le sillon 
tarsal des antérieures bien limité , droit. — Prosternum médiocrement 
convexe, rétréci et reçu à sa base par le mésoslcrnum; sa mentonnière 
large et saillante. — Corps plus ou moins épais, tantôt oblongo-paral- 
lèle et plane en dessus, tantôt cylindrique. 

Genre assez riche en espèces cl répandu sur la surface entière du 
globe. Elles sont toutes de petite taille, d'un noir brillant, et se parta- 
gent assez naturellement en deux divisions, selon que leur corps est 
oblongo-parollèlc (I), ou- cylindrique (2); il y a des unes et des autres 
en Europe, où on les trouve sous les écorecs. La sculpture du protho- 
rax et des élytres consiste: pour le premier, en une strie marginale ^ 
souvent effacée, sauf en avant, et deux latérales, dont l'interne enf 
général absente ; pour les secondes, en une humorale, et dès dorsales 
en nombre variable; les épiplcuralcs sont très-rarement présentes. 

CVLISTUS. 
(Dej.) De MAnsECt, Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3, I, p. 287. 

Mandibules robustes, saillantes , dentées au côté interne. — Tête 
forte, médiocrement rentrante ; front profondément excavé, avec une 
petite dent au bord de chaque œil, séparé de l'épislome par une strie. 

Antennes insérées sous un rebord du front ; leur massue ovale, 

acuminèe. — Fossettes antennaircs profondes, presque en entier recou- 
vertes. — Prothorax allongé, cylindrique, arqué à sa base, largement 
échancré en avant. — Epimères mésothoraciques un peu visibles en 

(1) Cette section est la plus nombreuse et comprend, dans la Monographie 
de M. De Marseul, 18 des 25 espèces qu'il a vues en nature, savoir : P. frontale 
Payk., depressum F., d'Europe ; algericum Lucas, d'Algérie ; castanipes Mars., 
du Sénégal; capenso Wiedm., du Cap; atrulum Er., du {Bengale; ovation, 
humik, abruptum, de Java ; lucifurjum Mars., luzonkum Er., striaticoUe Mars., 
de Manille; \alisternum, lœvc, Mars., de la Tasmanio; Paugamt Le Cuil., des 
lies Arrou; UrvillciLa Cuil., de Taïty; carolinitmVayk., Lecontèi Mus., des 
Etats-Unis. M. De Marseul icproduit en outre les descriptions des espèces sui- 
vantes, tiui lui sont restées inconnues : P. lœvicolle Kiister, de Sardaigne; scutr 
ptum Bolicm., de Natal; rimnrium Er., des Indes or.; gracile (Hister fron- 
talis Say) Maj. Le Conte, des Etats-Unis. 

(2) P. oblongumF., anguslatumV,n\,nn. Heft., limare, filiforme Er., d'Eu- 
rope ; paralleïum Say, coarctatum Maj . Le Conte, des Etats-Unis ; cylindroides 
Mar»., du Mexique. — Tlus P. alkmtutum Maj. Lo Conte, des Etats-Unis. 



HISTÉHWES. 257 

dessus.— Propygidium allongé, sublriangulairc, incliné ; pygidium se- 
mi-circulaire, convexe. — Pattes rapprochées à leur base; jambes 
subcylindriques, dcnticulécs sur un seul rang en dehors ; les antérieures 
munies d'une petite dent à leur base en dessous; leur sillon tarsal 
bien limité, droit. — Prosternum comprimé, rebordé, pénétrant pro- 
fondément dans le mésosternum ; sa mentonnière très-saillante, spatu- 
liforme. — Corps cylindrique, allongé. 

L'IIisler cylindricus de Paykull(i), espèce propre aux parties mé- 
ridionales des Etats-Unis, forme à lui seul ce genre très-voisin des 
Platysoma de forme cylindrique, dont il diffère principalement par 
son front fortement excavé, la dent interne de ses jambes antérieures 
et son prosternum rebordé. Cet insecte vit sous les écorces, comme les 
Platysoma; son prothorax a, outre la strie marginale, une latérale 
entière ; les élytres, une humérale, cinq dorsales et une suturale. 

OMALODES. 
Eiuchs. in Kluc, Jahrb. d. Ins. p. 114. 

Mandibules robustes, saillantes, dentées au côté interne. — Tête pe- 
tite, très-rentrante; front entouré d'une strie bien marquée, plane ou 
impressionné.— Antennes insérées sous un rebord du front ; leur massue 
tri-articulée, suborbiculairc , comprimée. — Fossettes antennaires an- 
térieures, bien marquées. — Prothorax transversal , arqué à sa base, 
plus ou moins rétréci et fortement échancré en avant, convexe. — Epi- 
mères mésolhoraciques visibles en dessus. — Propygidium hexagonal, 
oblique; pygidium en triangle curviligne, convexe , vertical. —Pattes 
robustes ; jambes triangulaires; les antérieures dentées en dehors, leur 
sillon tarsal bien limité, flexueux ; les autres munies d'une seule rangée 
d'epincs sur leur tranche externe. — Prosternum convexe, élargi et 
arrondi à sa base, qui pénètre profondément dans le mésosternum ; sa 
mentonnière courte, arrondie en avant. — Corps épais, ovale, plus ou 
moins convexe. 

Genre assez nombreux et propre à l'Amérique, sauf une espèce, qui 
provient de la Polynésie (2). Ses espèces sont de taille moyenne, d'un 

(1) Mon. Histcr. p. 91, pi. X, f. 5. 

(2) Erichson n'en a connu que 10; M. de Marseul en décrit 30, dont 29 de 
1 Amérique : 0. oméga Kirby, Iwvigatus Scbh., angulatus Fab. (nec Payk.), 
ebemnas lucidus, foveola, sermus, sobrinus, pulvinatus, faustus Er., lace- 
ratus, bifoveolatus , brasiliamis, exul, punctistrius , conicicoUis, monilifer, 
grossus, texanus, novus, haitianus, planifions, consanguincus, eœtorris, ru- 
(f „ ( lœvi 0'<<»s Er.), lœvinotus, anthracinus, sinuaticollis, depressisternus, 
De 1 Mars. — AJ. : 0. gagalinus, Ericbs. Arcb. 1847, 1, p. 90; du Pérou. 

L espèce polynésienne, 0. marquiskus Mars., est de Kouka-Hiva. 
Coléoptères, Tome 11, 17 



2S8 nisTÊniEss. 

noir brillant ; leur prothorax présente une strie latérale entière et une 
marginale effacée, sauf en avant ; les stries des él ylres se réduisent à une 
épiplcurale, une subhuméralc et trois dorsales incomplètes. Le genre 
de vie de ces insectes est le même que celui des Histeu d'Europe. 

RHYPOCIIARES. 

De MinsEUL, Ann. d. I. Soc. ent. Sur. 3, 1, p. 494. 

Mandibules médiocres, arquées, à peine dentées au côté inlerne. — 
Tète médiocre, arrondie; front entouré d'une strie bien marquée. — 
Antennes insérées sous un rebord du front; leur massue tri-articulée, 
ovale, comprimée. — Fossettes antennaires situées dans les angles ren- 
trants du prosternum, bien marquées.— Prothorax court, arrondi à sa 
base, fortement rétréci ctéchancrécn avant, convenu.— Epimèrcs meso- 
tboraciques invisibles en dessus. — Propygidium très-court, hexagonal, 
oblique ; pygidium en triangle curviligne , perpendiculaire. — Pattes 
très-comprimées ; jambes peu élargies à leur extrémité : les antérieures 
fortement dentées en dehors ; leur sillon tarsal obsolète ; les autres mu- 
nies de deux rangées d'épines sur leur tranche externe. — Prosternum 
convexe, arrondi à sa base et pénétrant faiblement dans le méstfstcr- 
num; sa mentonnière très-courte, un peu inlléchie. — Corps épais, 
ovale, convexe. 

On n'en connaît qu'une espèce, Vllisler saprinoides, d'Erichson (1), 
qui semble faire le passage de la sous-tribu actuelle à la suivante par 
l'extrême brièveté de la mentonnière de son proslernum. Comme chez 
beaucoup de Saprinidcs , la surface entière de ses téguments est poin- 
lilléc; son prothorax n'a qu'une strie marginale entière, et les stries des 
élytres se réduisent a une humèrale et trois dorsales incomplètes. Cet 
insecte est du cap de Bonne-Espérance, et vit dans les ordures. 

VSILOSCELIS. 
De Mauseul, Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3, 1, p. 539. 

Dernier article des palpes subsécuriforme. — Mandibules saillantes, 
larges, arquées, inermes. — Tête médiocre, arrondie, rentrante; front 
entouré d'une strie bien marquée. — Antennes insérées sous un rebord 
du front; leur massue tri-articulée, petite, orbiculairc, comprimée. ri| 
Fossettes antennaires antérieures, profondes. — Prothorax transver- 
sal, légèrement arqué à sa base, presque droit sur les cotés, érhancré 
en avant. — Propygidium hexagonal/transversal, oblique; pygidiimi en 
triangle curviligne , vertical. — Pattes courtes et larges ; jambes très- 

(1) In Klug, Jahrb. d. Ins. p. 146. 



InsTÉitiDES. 2S9 

comprimées tranchantes; les antérieures triangulaires, qoadridentées 
en dehors; leur sdlon tarsal mal limité, droit; les autres élargies dès 
leur base, subparallèles, concaves extérieurement, munies d'un seul 
rang d ep.ncs sur leur tranche externe. - Prosternum étroit, convexe 
arrondi a sa base et pénétrant faiblement dans le mésosternum ; sa men^ 

ÏÏ? et infléchie - " Corps ovale ' un peu «~ « 

Genre ne comprenant que l'Hitler Harrisu, de M. le maior Le 
Conte (.) espèce de l'Amérique du Nord, remarquable par ÏÏÏÏtae 
minceur de ses jambes. C'est un insecte de moyenne taule couv"! 
dune ponctuation (ine et très-serrée, qui le rend rugueux Ouïe la 
nwgina le, son prothorax a deux stries latérales; il y a sur | C s Xtres 
deux str.es ep.pleurales, une subhumérale externe, cinq dorsales et une 
suturale, ces dernières complètes. 

CONTIPUS. 
De Marseoi, Ann. â. I. Soc. ent. Sér. 3, 1, p. 543. 

Dernier article des palpes maxillaires trois fois plus long que te oré- 
céden. - Mandibules saillantes, dentées au côté interne. 1 Té c peUle 
arrondie, très-rentrante ; front entouré dune strie. - Antennes insé ces" 
sous un rebord du front, leur massue tri-articulée, arrondie s e 

sr ce i:z ariic, , c fiu - fu,,icuie cn faisant w *c ^ 

glabre. - Fossettes antennaires antérieures. - Prothorax fortement 
transversal, arqué à sa base, rétréci ot échancré en avant. -Tpï- 
roeres mesolhoraciques visibles en dessus. - Propygidium hexago- 
nal, transversal, oblique; pygidium en triangle curviligne vertical 
-lattes longues, très-comprimées; jambes antérieures très-larges 
triangulaires, munies de trois à quatre fortes dents en dehors • leur 
sillon tarsal mal limité, droit; les autres dilatées dès leur base, munies 
de deux rangs d'épines sur leur tranche externe. - Prosternum court 
caréné, arrondi et pénétrant à peine dans le mésosternum à sa base^ 
sa mcntonn.ere infléchie et arrondie en avant. - Corps ovale, épais. ' 
Les jambes sont construites sur le même plan que celles des Psi- 
wscelis, mais les quatre postérieures ont deux rangées d'épines- le 
dernier article des palpes maxillaires et la structure de la massue des 
anennes complètent les caractères qui distinguent les deux genres. La 
sculpture du prothorax et des élytres présente aussi quelques diffé- 

(1) Mon. of the North-Amer. Histcr, p. 11, pi. I, f. n. M . le doct „ ur j ,„ 
Actueu; p u t C ô t rcrserv6 n,er aPParUent *" m ''° H ' STBR ' l0 D ° m " *** 



260 HISTÈMENS. 

renées : le premier a deux stries latérales et une marginale ; les se- 
condes ont deux subhumérales croisées par une numérale , cinq dor- 
sales et une suturale entières. 

Le genre comprend trois espèces du Sénégal et du Yucatan, décrites 
pour la première fois par M. De Marseul (I). 

MARGARINOTUS. 
De Marsedl, il»», d. I. Soc. ent. S6r. 3, 1, p. 549. 

Mandibules saillantes, inermes, ciliées en dedans à leur base. — Tête 
petite, rentrante, excavée; front entouré d'un rebord qui le sépare de 
l'épistomc. — Antennes insérées sous un rebord du front ; leur massue 
brusquement formée, tri-articulée, ovalaire. — Fossettes antennaires 
antérieures, limitées par deux plis. — Prothorax court, légèrement 
bisinué à sa base, fortement rétréci et cchancrè en avant. — Epimères 
mésolhoraciques visibles en dessus. — Propygidium en hexagone trans- 
versal, oblique; pygidium en triangle curviligne, subvcrtical. — Pattes 
assez longues, étroites; jambes antérieures obtusément tridentées ; 
leur sillonUrsal mal limité, droit ; les autres ciliées et munies de quatre 
tubercules bi-epineux sur leur tranche externe. — Prosternum étroit, 
convexe, élargi cl arrondi à sa base, qui pénètre faiblement dans le 
mésosternum ; sa mentonnière étroite, infléchie, arrondie et rebordée 
en avant. — Corps ovale, épais, convexe. 

Genre à peine distinct des Histei» qui suivent, comme le dit lui-même 
M. De Marseul, néanmoins remarquable par la singulière sculpture de 
l'unique espèce, Vllistcr scaber de Fabricius (*), qui le compose. Sa 
surface entière en dessus est couverte de plaques lisses, luisantes, sur 
un fond rugueux ; à peine apcrçoil-on quelques vestiges des stries ordi- 
naires sur le prothorax et les élytres. Cet insecte est d'un noir mat et 
originaire de la Péninsule ibérique et de l'Algérie. 

HISTER. 
Linné, Syst. nat. cd. 12, II, p. 560. 

Mandibules saillantes, en général dentées au côté interne. — Tête 
petite, rentrante; front entouré d'une strie entière ou interrompue en 
avant.— Antennes insérées sous un rebord du front; leur massue petite, 
tri-articulée, ovalaire. — Fossettes antennaires antérieures, peu pro- 
fondes, parfois presque nulles. — Prolhorax coupé carrément ou légè- 
rement bisinué à sa base, à peine ou assez fortement rétréci en avant, 

(1) C. didymostrius, digitatus, du Sénégal ; subquadratus, du Yucatan. 

(2) Figuré par Paykull, Mon. Hister. pi. VII, f. 4. Ericuson l'a passé sous 
Silence dans sou travail sur la famille. 



HISTÉIUDKS. 261 

avec son bord antérieur échancré. — Epimères mésothoraciques légè- 
rement visibles en dessus. — Propygidium transversal, oblique, arrondi 
ou triangulaire en avant, et tronqué à sa base ou subbexagonal ; pygi- 
dium en triangle curviligne, vertical. — Jambes antérieures larges, 
triangulaires, fortement et obtusément dentées en dehors; leur sillon 
tarsal mal limité, droit; les autres en triangle allongé, munies de deux 
rangées d'épines sur leur tranche externe. — Proslernum étroit, con- 
vexe, parfois caréné , arrondi 3 sa base et pénétrant faiblement dans le 
mésosternum ; sa mentonnière médiocre, souvent rétrécie en avant. — 
Corps épais, carré ou brièvement ovalaire. 

Restreint aux espèces qui présentent ces caractères, ce genre est en- 
core le plus nombreux de la famille, et a des représentants dans toutes 
les régions du globe (i). Ses espèces sont de taille au plus moyenne, 
souvent petites, d'un noir brillant, parfois relevé par des taches rouges 
sur les élytres, ou d'un brun rougeatre uniforme. La sculpture du pro- 
thorax et des élytres présente quelques variations, mais, en général, à 
en juger par les espèces qui me sont connues, le premier, outre une 
strie marginale, a une latérale prolongée le long du bord antérieur, les 
secondes une épipleuralc, une huraéralc fine, et au moins trois dorsales 
plus ou moins incomplètes. 

Ces insectes se trouvent dans les bouses, les cadavres et les végé- 
taux en décomposition. 

(1) Ericlison (in Klug, Jahrb. cl. Ins. p. 127) en mentionne 75 espèces, qu'il 
répartit dans trais familles, et dont il y a à retrancher un certain nombre qui 
appartiennent aux genres qui précèdent et qui suivent. — Dans les notes ma- 
nuscrites que M. de Marseul a bien voulu me communiquer, le genre ligure pour 
170 espèces réparties dans huit groupes. Les caractères assignés a ces derniers 
m'étant inconnus, je me conteuterai d'indiquer les espèces décrites qui se rap- 
portent à chacun d'eux. 

I. H. gigas Payli., viilidus, robustus Er., d'Afrique ; major L., de l'Europe 
australe et d'Algérie. Point d'espèces inédites. Ce groupe correspond à la pre- 
mière famille d'Erichson. 

II. //. quadritmaculatus L., inmqualis 01., grandicollis IUig , amplhollis Er., 
yuslulosus Gêné, helluo Truq., d'Europe; ignarus, vilis, vidtius lab., Iru- 
picus, guineensis Payk., nigriln, cri/i'er. memnoniu$ 3 nomas, hotlenlola, héros, 
cruentus Er., gagalinus, coprophiius Reiche, d'Afrique; orientalis Payk., 
dislorlus IUig., bcngalcnsis Wiedm., chinensis Quens., lutarius, Scœvuln , 
melanarhts, pullutus Er., des Indes m-.; thoracicus Payk., lœvipés Germ.,t'n- 
cisus Er., de l'Amer, du Nord. Plus 29 csp. exotiques inédites. 

III. H. 1-i-striatus Gyllh., d'Europe; conformis, geminun El - ., du Cap ; con- 
finis Er., de Cuba. Aucune esp. nouvelle. 

1\ . II. utûcolor L., teter Truq., d'Europe; punciiihilus 'Wiedm., des Indes 
or.; abbreviatm F., arcuatus, depurator, bifidus, lii-slriatus Say, PaykuUH 
Kirby, putridus, cwnosus, vnmnipes Er., de l'Amer, du Nord; jnmetifer Payk., 
curvatus Er., du Brésil. Plus 10 esp. nouvelles. 

V. //. çaduver'mus, merdarius Entom. Hel't., (errkola Germ., caliginosus 



£62 msTÊBiENS, 

PACHYCR^RUS. 
De MAnsEoi, Ann. d. L Soc. ent. Sér. 3, 1, p. 447. 

Mandibules saillantes, arquées, terminées par une pointe allongée 
et aiguë, dentées au côté interne. — Tête grosse , large ; épislome 
excavtë ; front convexe ; tous deux entourés d'une strie bien marquée. 
— Antennes insérées sous un rebord du front ; leur massue ovale, 
comprimée. — Fossettes antennaires antérieures, profondes. — Pro- 
thorax fortement transversal, un peu bisinué à sa base, a peine rétréci 

Steph., binotatus Er., d'Europe; coracinus Er., des Indes or.; interruptus 
Beauv., distinctus, immunis Er., fœdatus, Harrisii, stygicus , repletus Maj; 
Lee, G-sIriatus Doct. Lee., de l'Amer, du Nord. Plus 7 esp. inédites. 

VI. H.purpurascens Herbst, fimetarius, carbonarius, stercorarius Enlom. 
Ileft., neglectus, nigellnlus Germar, grœcus, mnrginntus Er., d'Europe ; mar- 
flinirollis, cogmtus, excavalus Maj. Lee., do l'Amer, du Nord. Plus 8 osp. 
inédites. 

MI. H. s imiatus V:\yk., bissexstrlatus?., 4-notntus Serina, nusrens, sepul- 
chralis, funeslus Er., sordidus Aube, lugubris Truq., d'Etiropo ; limbatus 
Truq., du Liban; bipunclalus Payk., fossor, leniulus Er., d'Afrique ; java- 
nicus Payk., de Java; squalidus Er., de Chine ; servus Er., de Cuba ; ameri- 
canu-s Payk., indistinctus Say, biplagialus, civilis, dispar, Maj. Lee., de l'Amé- 
rique du Nord. Plus 3 esp. inédites. 

VIII. //. bimaculatus L., Vl-striatus Sehh., corvinus Germ., punctkollis 
Heer, nigritus Steph., d'Europe ; blpuslulalus F., des Indes or. Plus 5 esp. 
nouvelles. 

A cette liste il faut ajouter les espèces suivantes, qui ne sont mentionnées 
nulle part dans le travail imprimé bu manuscrit de M. de Marseul. Dans le 
nombre il s'en trouve sans aucun doute plusieurs qui appartiennent à d'autres 
genres. 

Esp. européennes : II. Alarshami, Lenchii, quisquilius, cas tartines, Steph. 
A. Man. of Brit. Col. p. 147. — Gorlrlii, semi-œmtts. Brullé, Expéd. d. Morée, 
Ènt. p. 157. — rufîcornis, Grimm, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 222. — Esp. 
asiatiques et sibériennes : //. disions, humeralis. personalits, Fisch. cl. Wftldh. 
Ent. d. 1. Russie, II, p. 205. — Krynkkyi (Falderm.) , Krynicky, Bull. Mosr. 
1833, éd. Lcq. p. 174. — concinnus, Gebler in Ledeb. Reise, Ins. p. 92. — 
ri'iu.r (s in un lus?), parattekis, subvirescenSj MjSnétr. Cal. rais. p. 170. — pusio, 
plnnulus, Ménétr. Ins. de Lehm. p. 38, pi. II, f. 7, 8. — incrassatus , parai- 
lelogrammUSj FJtld. Faun. eut. Truns. I, p. 228. — urcualus, Kolcnatl, Mclet. 
ent. V, p. GO. — labiutu.i, Motsr-h. Bull. Mosc. 1845, I, p. 35. — Esp. du Ci- 
chcmii'e : //. parullelus, Kollar u. L. Rodtenb. in Hiigels Kaslnn. IV, 2, p. 51 i. 
— Esp. de la Nouvelle-Zélande : U. cinnamomeus, White, Voy. of the Ereb. 
a. Terr. Eut. p. 8. — Esp. de l'Amer, du Nord : //. decisus, nanus, Maj. Lee. 
Boston Journ. or nat. Hist. V, p. 57 sq. — Esp. de l'Amer, du Sud : //. ;»'- 
milio, Erichs. in KlUg, Jahfb'. d. Ins. p. 155. — piwio, prœco.r, Erich's. Areh. 
1817, I, p. 91. — crenatipes, Spinolm, impressifrons, Solier in Gay, Hist. de 
Cliile, Zool. IV, p. 378; les deux premiers sont probablement des Srfrnmus. 



IlISTÉlllDES. 263 

et largement échancré en avant. — Epimères mésothoraciques visibles 
en dessus. — Propygidium court, hexagonal, oblique; pygidium subcir- 
culaire, vertical. — Pattes longues ; jambes antérieures dentées sur un 
seul rang, en dehors; leur sillon tarsal bien limité ; les autres faiblement 
élargies au bout, munies sur leur tranche externe d'une rangée de rares 
épines. — Prosternum étroit, saillant, profondément fendu à sa base, et 
recevant une saillie du mésosternum. — Corps plus ou moins cylin- 
drique. 

Là saillie que le mésoslcrnum envoie dans l'échancrure basilairc du 
prosternum dislingue suffisamment ce genre de tous ceux qui pré- 
cédent. Ce caractère ne se retrouve dans la sous-tribu actuelle, mais à 
un bien moindre degré que dans les cinq genres qui suivent. Le genre 
est exclusivement africain , et ses espèces sont ornées pour la plupart 
de couleurs métalliques; M. De Marscul en décrit huit (i). Le prolho- 
rax de ces insectes ne présente qu'une strie marginale, tandis que les 
élytres ont deux stries cpiplcurales, une numérale, une ou deux sub- 
liuméralcs et cinq dorsales incomplètes. 

PHEL1STER. 
De Mauseul, Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3, 1, p. 462. 

Mandibules saillantes, dentées au côté interne. — Tèle médiocre, 
arrondie, rentrante ; front entouré d'une strie souvent interrompue en 
avant. — Antennes insérées sous un rebord du front; leur massue 
tri-articulée, orbiculaire , comprimée. — Fossettes antèhnaires anté- 
rieures, profondes. — Prothorax arqué à sa base, rétréci et fortement 
échancré en avant. — Epimères mésothoraciques a peine visibles en 
dessus. — Propygidium hexagonal, transversal, oblique; pygidium 
sriiii-circulaire, vertical. — Pattes assez longues; jambes étroites, un 
pèd élargies à leur extrémité; les antérieures munies en dehors d'une 
série de dénis aiguës; leur sillon larsal mal limité, droit; les autres ayant 
deux rangées d'épines rares et espacées sur leur tranche externe. — 
Prosternum assez étroit, convexe, sinué à sa base et recevant une 
polile saillie du mésoslcrnum. — Corps arrondi, plus ou moins globu- 
leux. 

Insectes de petite taille, très-voisins des IIister, mais en différant 
csscnlicllement, par les rapports qu'ont entre eux le prosternum et le 
mésosternunrfî Leur prothorax a une slrie marginale, accompagnée par- 

(1) Dont doux seuil ment avaient déjà été publiées; Bister cî/<?nescen.s,Ericlisi 
in Klug, .lahib. d. Ins. p. 1T>.\ cl l'iiih/suma chiilt/lio-mii. Bobein. Ins. O&ffrflr. I. 
p. 553. Les csp. nouvelles suni : /'. viridis, bisteroides, àmethyslinus, Boçan-, 
dei, déstâiosiis ei jucundiis. m. Je Marseùi rapporte en outre fflf genre l'Bister 
cyanipeUniS de M, Bpliemanu, loc. cit. p. dô'J. 



261 HISTORIENS. 

fois d'une latérale; leurs élylres, une humérale oblique, une ou deux 
subhumérales manquant quelquefois, cinq dorsales et une sulurale plus 
ou moins obsolètes en avant. M. De Marseul en décrit vingt espèces, 
dont deux seulement se trouvent en Europe et une au Sénégal ; les autres 
sont américaines (i). 

SPHYIUCUS. 

De Marsedi, Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3, 1, p. 489. 

Mandibules assez saillantes, arquées, dentées au côté interne. — Tête 
médiocre , arrondie, rentrante ; front et èpistome concaves, séparés par 
une strie marquée. — Antennes insérées sous un rebord du front ; leur 
massue tri-articulée, ovalaire, allongée, comprimée. — Fossettes anten- 
naires antérieures, assez profondes. — Prolhorax arrondi à sa base, 
oblique sur les côtés, puis subitement rétréci, largement et circulaire- 
ment échancré en avant. — Epimères mésothoraciques à peine visibles 
en dessus. — Propygidium hexagonal, très-incliné; pygidium ogival, 
recourbé en dessous. — Pattes assez longues ; jambes en triangle très- 
allonge; les antérieures dentées sur un seul rang en dehors, terminées 
par une longue saillie externe; leur sillon tarsal bien marqué, droit; 
les postérieures munies d'un double rang d'épines. — Prosternum assez 
convexe, un peu sinué à sa base; sa mentonnière arrondie et rebordée 
en avant. — Mésosternum bisinué en avant. — Corps ovale , plus ou 
moins convexe. 

La saillie terminale des jambes antérieures distingue ce genre très- 
■voisin des Puelistf.r, et qui se compose de deux petites espèces nou- 
velles de l'Amérique du Sud (2). Elles sont d'un noir brillant et leur 
sculpture se compose : sur le prothorax, d'une fine strie marginale, 
accompagnée d'une latérale complète ; sur les élytres d'une courte sub- 
humérale, d'une humérale oblique et de trois à quatre dorsales plus ou 
moins abrégées. 

PELORURUS (3). 

Mandibules saillantes, robustes, inermes. — Tête petite, rentrante ; 
front entouré d'une strie circulaire, interrompue en avant. — Antennes 

(1) Esp. d'Europe : P. lusmorrhous, Mars, (patrie douteuse; peut-ôtre amé- 
ricain), Rouzeti, L. Fairm. — Esp. de l'Amer, du Nord : P. vernus, subrotun- 
dus, Say, venustus Maj. Lee., Tecpensis Mars. — Esp. de l'Amer, du Sud : 
P. parvulus Er., violaceus, cumanonsiSj 4rjmnctulus, pusio, bovinus, acopo- 
sternus, rubens, egenus, sanr/uimpennis, globiformis, bipidvinatus, brevi- 
strius, Mars. — Esp. du Sénégal : circulifrons Mars. 

(2) S. omalodellus, de Venezuela; uncipes, de Bolivia; De Mars. loc. cit. 

(3) Dans les notes que m'a remises M. de Marseul, ce genre figure sous le 
nom de Peloros, qui a déjà été employé, en 1843, par Koch pour des Arad>- 



HïstémdeS. 265 

insérées sous un rebord du front; leur massue suborbiculaire, compri- 
mée. — Fossettes anlennaircs antérieures, arrondies, découvertes. — 
Prolhorax trapézoide. — Propygidium hexagonal, très-allongé; pygi— 
dium petit, présentant trois facettes convexes, dont une seule visible en 
dessus. — Jambes antérieures dentées sur un seul rang en dehors ; 
leur sillon tarsal remplacé par une fossette mal limitée; les autres mu- 
nies d'une rangée d'épines sur leur tranche externe. — Prosternum 
échancré à sa base ; sa mentonnière courte, arrondie ; mésosternum 
court, comprimé, bisinué en avant, pénétrant un peu dans le proster- 
num. — Corps court, épais. 

Genre établi sur une petite espèce du Sénégal, qui a un peu le faciès 
d'un Bnccncs, et que M. De Marscul a nommé, d'après cela, Bru- 
choides. La structure remarquable du propygidium et surtout du pygi- 
dium, ne permet pas de le confondre avec aucun de ceux qui précèdent. 
La sculpture de ses élytres est également digne d'attention; leurs stries 
dorsales sont très-marquées, complètes et gemellées. 

SCAPOMEGAS. 
De Mabseul, Ann. û. t., Soc. cnt. Siîr. 3 (inédit). 

Mandibules saillantes, rapprochées, formant une sorte de bec. — 
Tète allongée, très-enfoncée dans le prothorax ; épislome non séparé 
du front. — Antennes insérées sous un rebord du front; leur 1" ar- 
ticle très-grand, leur massue tri-articulée, ovale, comprimée. — Pro- 
lhorax rétréci et échancré en avant, bisinué dans l'échancrure. — 
Elytres globuleuses, striées. — Propygidium hexagonal, déclive; pygi- 
dium triangulaire , un peu fléchi en dessous. — Jambes antérieures 
dentées sur deux rangs en dehors; les aulres munies de petites épines. 
— Prosternum échancré à sa base, mésosternum court, très-large, 
pénétrant dans la base du proslernum. — Corps globuleux. 

De tous les genres établis par M. De Marscul , celui-ci est un des 
plus tranchés. 11 comprend deux petites espèces de l'Amérique du 
Sud (i), à qui leur forme générale et leurs élytres striées doivent don- 
ner beaucoup de ressemblance avec les Ontuopiulus. Le prolhorax a 
une strie marginale et une latérale qui, toutes deux, suivent ses con- 
tours. 

nides. Il y a en outre, depuis longtemps, un genre Pr.i.on de Cuvier parmi les 
Poissons, un autre nommé Pki.oius par Poli, parmi les Mollusques, enfin un 
troisième nomme Pelore par De Montfort, également parmi les Mollusques. 

(1) S. aurilus, de Cayeune ; gibbus, du Brésil ; De Murs. 



266 BI9TÊMENS. 

NOTODOMA. 

Ds Marseul, Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3 (inédit). 

Palpes maxillaires de trois articles. — Mandibules allongées , iner- 
ties. — Télé oblongue, rentrante ; épistome non distinct du front. — 
Antennes insérées sous un rebord de ce dernier; leur massue tri-arti- 
culée, ovalairc, comprimée. — Fossettes antennaircs antérieures. — - 
Prolhorax rétréci et échancré en avant, avec ses angles antérieurs 
rabattus. — Propygidium hexagonal, déclive : pygidium semi-circu- 
laire, fléchi en dessous. — Pattes très-écarlécs entre elles, grêles ; les 
antérieures épineuses en dehors ; leur sillon tarsal obsolète. — Pros- 
ternum large, échancré à sa base ; sa mentonnière courte , infléchie ; 
mésoslernum rebordé, pénétrant dans le prosternum. — Corps arrondi, 
globuleux. 

Genre établi sur une petite espèce (globalum Mars.) du Bengale, 
ayant le faciès d'un Iïf.mmuus. Le nombre insolite des articles des 
palpes maxillaires, suffirait à lui seul pour la distinguer du reste de la 
famille. Je n'ai pas des renseignements suffisants sur la sculpture de 
son prothorax et de ses élytres. 

CYPTURUS. 

Enicns. in Kluc, Jahrb. d. 1ns. p. 125 (1). 

Mandibules saillantes , dentées au côté interne. — Tête médiocre, 
arrondie, rentrante ; front entouré d'une strie et séparé de l'épistome 
par une arête. — Antennes insérées sous un rebord du front : leur 
massue tri-arliculée , orbiculairc. — Fossettes antennaires antérieures, 
bien marquées, découvertes. — Prothorax arrondi à sa base , rétréci 
et échancré en avant. — Epimères mésothoraciques à peine visibles en 
dessus. — Propygidium convexe, très-grand, hexagonal, penché; pygi- 
dium arrondi, bombé, replié en dessous et invisible en dessus. — Pattes 
assez longues, celles d'une même rangée, graduellement plus écartées 
de celles de la rangée opposée ; jambes faiblement élargies; les anté- 
rieures munies en dehors de six à sept dents'; leur sillon tarsal bien li- 
mité, droit; les autres munies de deux rangs de petites épines peu ser- 
rées ; tarses antérieurs terminés par un seul crochet, les autres par 

(1) Syn. Cnvntmus, Do Marseul, Ann. d. 1. Soc. ent. Sûr. 3, 1, p. 290. M. Do 
Maison! a ou tort do changer le nom impose au genre par Ericlisoû, qui l'avait 
composa do xvîitm, je florins, et oûpi, nueno, par allusion ;i la position du 
pygidium. D'ailleurs, il y a depuis longtemps doux genres du nom de CirïP- 
tuucs, l'un, d'Illigcr, parmi les Oiseaux, l'autre, do Gravenhorst, parmi les 
Hyménoptères, 



HIS'I I MIDIS. 267 

deux, dont l'externe du double plus grand que l'interne (•)." — Proster- 
num peu convexe, échancré à sa base, recevant uuc saillie du méso- 
sternum. 

Ericbson a établi ce genre sur une espèce de taille moyenne (C. 
wnescens), qu'il croyait avec doute originaire des Antilles, mais qu'on 
sait maintenant babiter diverses parties du Bengale. La structure de ses 
tarses le distingue essentiellement de tous ceux de la famille. Le seul 
genre MoNon.ms qui suit, présente quelque chose d'analogue. Le 
prothorax de cet insecte n'a qu'une strie marginale entière ; il y a sur 
ses élytres, une strie épiplcurale, une huméj-ale, une subhuméralc, cinq 
dorsales et une suluralc, presque toutes complètes. 

MONOPLIUS. 
(Dej.) De Marseoi, Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3 (inédit): 

Tête petite, arrondie , rentrante ; front séparé de l'épistome par une 
strie entière. — Antennes insérées sous un rebord du front; leur 
i<" article contourné; leur massue ovale, presque solide, insérée obli- 
quement sur le funiculc ; celui-ci de six articles seulement. — Fossettes 
antennaircs antérieures, découvertes. — Prothorax déprimé, échancré 
en avant. — Propygidium hexagonal, oblique; pygidium orbiculaire, 
convexe, incliné en avant. — Pattes garnies de longs cils ; jambes anté- 
rieures dentées sur un seul rang; leur sillon tarsal peu distinct; les 
autres ayant deux rangées de denticules sur leur tranche externe; 
tarses terminés par un seul crochet. — Prosternum court, étroit, 
échancré à sa base; sa mentonnière peu saillante; mésosternum re- 
bordé, semi-circulaire, pénétrant dans le prosternum. — Corps arrondi, 
convexe, réticulé. 

La seule espèce connue, est du cap de Ponne-Espéranre, petite et 
d'un noir peu brillant ; son prothorax a une strie marginale entière, et 
ses élylres quelques stries lisses , dont j'ignore le nombre et la disposi- 
tion. M. de Marseul lui a conservé le nom de il. inflalus qu'elle porte 
dans le dernier catalogue de Dcjcan. 

EIIETMOTUS. . 

De MAnsEui., Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3 (inédit). 

Dernier article des palpes maxillaires allongé, sulicylindrique. — 
Mandibules saillantes.— Tête rentrante; front concave, non séparé 

(t) M. De Marseul (loc cit.) attribue dfiui crooheta il ces organes, erreur 
assez forte pour me l'aire douter qu'il ail su sous Icsyeui le mime insecte 

ilu'Erichson, car il est impossible d'admettre que ce dernier ait pu se tromper 
buv un pareil caractère, 



268 niSTÉniENâ. 

de l'épislome. — Antennes insérées souS un rebord du front ; leur 
massue solide, glabre, cylindrique et tronquée au bout. — Fossette» 
antennaires antérieures. — Propygidium hexagonal, très-déclive ; pygi- 
dium semi-circulaire. — Pattes très-écartées à leur base ; jambes très- 
larges, anguleuses. — Prosternum large, court, échancré à sa base; sa 
mentonnière très-courte; mésosteruum bisinué : sa saillie médiane 
reçue dans la base du prosternum. — Corps orbiculaire, convexe. 

Genre établi sur une petite espèce (E. Lucasii Mars.), découverte 
sous des pierres, par M. Lucas, aux environs de Médéah en Algérie. 
La sculpture du prolliorax se réduit à une strie marginale entière , 
celle des élylres à une subhumérale complète et trois courtes dorsales 
obliques, 

HEI/ERIUS. 

(Godet) Emchs. In Klug, Jahrb. d. Ins. p. 156. 

Mandibules saillantes, inermes. —Tête petite, oblonguc, rentrante; 
front séparé de l'épislome par un sillon arqué. — Antennes insérées 
sous un«rebord du front, robustes ; leur massue solide, cylindrique, 
glabre, sauf à son extrémité qui est tronquée et pubescente. — Fos- 
settes antennaires antérieures, profondes. — Prothorax transversal, 
un peu bisinué à sa base, légèrement rétréci et échancré en avant; 
ses bords latéraux formant un large bourrelet aplati. — Propygidium 
grand, arrondi en avant, presque vertical ; pygidium en triangle cur- 
viligne, incliné en avant. — Pattes larges ; jambes sans éperons termi- 
naux ; les antérieures anguleuses à leur base, les aulres dans leur 
milieu, toutes munies en dehors d'un seul rang de denticulcs. — Pro- 
sternum assez étroit, sinué à sa base ; sa mentonnière saillante, arron- 
die en avant ; mèsostcrnuni arrondi et reçu dans le sinus de la base 
du proslcrnum. — Corps court, épais, presque carré. 

L'IIisler qutdraius de Paykull (l) est le type de ce genre. C'est un 
petit insecte d'un jaune ferrugineux uniforme, remarquable par les 
poils très-courts et peu serrés dont toute sa surface est couverlc, et 
qui sont presque disposés en rangées régulières. Il est répandu dans la 
plus grande partie de l'Europe, mais peu commun. On le trouve sous 
les écorecs, les pierres, et dans les fourmilières, principalement celles 
de la Formica fusca. 11 y en a une seconde espèce aux Etats-Unis (2). 

(1) Mon. Hister. p. 00. Tab. XI, f. 3. Sturm (Ins. Deutschl. 1, pi. XVII, 
r. 1! h) in a donné une meilleure ligure, mais peu exacte pour les antennes. Cet 
insecte devra échanger le nom de quadratus contre celui de sesqnicornis, que 
lui a imposé, deux ans auparavant, l'reysslcr (in Mayer, Samml. physik. Aul's. 
II, p. 3, Tab. III, f. 26), en l'accompagnant d'une longue description et d'une 
ligure. Voyez Schmidt-Gœbel, Stettin. eut. Zeit. 1853, p. 161. 

(2) Hister brmimpermis, Rand. Roston Journ. of nat. Hist, 11, p. 40. 11 a des 



269 



EPIERUS. 
Emchs. in Klug, Jahrb. d. Ins. p. 158. 

Mandibules non saillantes, inermes, munies (l'une bordure membra- 
neuse au côté interne. — Tête petite, rentrante ; front non séparé de 
l'épistome. — Antennes insérées sur les côtés du front ; leur massue 
tri-articulée, ovale et comprimée. — Fossettes antennaires antérieures, 
bien marquées. — Prothorax arrondi à sa base, rétréci et échancré en 
avant. — Èpimères mésothoraciques non visibles en dessus. — Propygi- 
dium transversal, oblique ; pygidium semi-circulaire, vertical. — Pattes 
courtes ; jambes peu élargies ; les antérieures un peu contournées, den- 
liculécs, avec quelques courtes épines en dehors ; leur sillon tarsal mal 
limité, oblique; les autres munies d'une rangée de cils épineux, rares 
et en partie absents aux postérieures, sur leur tranche externe. — Pro- 
sternum assez convexe, tronqué à sa base, sa mentonnière médiocre ; 
mésoslcrnum arrondi en avant. — Corps court, épais , ovalaire ou 
elliptique. 

Petits insectes, propres jusqu'ici à l'Europe aostrale et à l'Amérique, 
noirs, bruns ou rougeàtres, et en général brillants. Leur prolhorax est 
plus ou moins ponctué et dépourvu de stries ; les élylres ont six dor- 
sales plus ou moins complètes et deux marginales, dont l'interne man- 
que souvent. La plupart des espèces paraissent vivre sous les ccor- 
ces (1). 

TRÏBALUS. 
Ericus. in Klug, Jahrb. d. Ins. p. 164. 

Mandibules des EriERus, avec une .petite dent interne. — Télé 
petite, rentrante ; front concave, non séparé de l'épistome, un peu sail- 
lant latéralement. — Antennes insérées sur les côtés du front ; leur 
massue tri-arliculée, ovalaire, un peu comprimée, tronquée au bout. — 
Fossettes antennaires antérieures, recouvertes.— Prothorax transversal, 
bisinué à sa base, arqué sur les côtés, rétréci et largement échancré en 
demi-cercle en avant. — Propygidium fortement transversal, déclive ; 

poils comme l'espèce d'Europe, et s'en distinguo surtout par la présence de 
trois fines eûtes sur chaque élytre. 

(1) Celles décrites jusqu'ici sont, à ma connaissance, les suivantes : Esp. 
d'Europe : E. retusus (italiens Rossi), comphts lllig. — Esp. de l'Amer, du 
Nord : E. nigrellus Say, regularis Palis.-Iieauv.,})«Jican'us Er. (nigrellus? Say), 
minor, decipiens, vicinus, Maj. Lee. — Esp. de l'Amer, du Sud: E. fulvi- 
cornis Pay k., mundus, tersus, lucididus, planulus, rubellus Er. — Dans les 
notes que je tiens de M. De Marseul, figurent en outre quinze espèces nouvelles, 
dont une de Batoum, les autres des diverses parties do l'Amérique. 



îM tHSTKRIElW. 

pygidium court, semi-circulaire, vertical. — Pattes assez longues; 
jambes antérieures larges, arrondies et denticulécs en dehors ; leur 
sillon tarsal remplacé par une fossette superficielle ; les autres étroites, 
munies d'une rangée de cils peu nombreux sur leur tranche externe. 
— Proslernum large, un peu convexe, tronqué en arrière; sa men- 
tonnière médiocre, trilobée; les lobes latéraux recouvrant les fossettes 
anleDnaires, le médian, la bouche ; mèsostcrnum légèrement arrondi 
en avant. — Corps court, épais, subarrondi, médiocrement convexe. 

Genre composé d'un petit nombre d'espèces, de la même taille ré- 
duite que les Ei>ieiu;s et en dill'érant, outre les caractères qui précè- 
dent, par leurs téguments ponctués et n'offrant sur les élytres que 
quelques vestiges de stries dorsales. Ces insectes sont disséminés dans 
l'Europe australe, l'Afrique et l'Amérique du Nord; trois seulement 
sont décrits en ce moment (1). 

SPILEROSOMA. 
De Marseul, Ânn. d. I. Soc. cnt. Sér. 3 (inédit). 

Mandibules non saillantes. — Tète petite, rentrante; front non sé- 
paré de l'épistome. — Antennes insérées sous un rebord du front; leur 
massue tri-articulée, formée brusquement, orbiculaire. — Fossettes 
anlcnnaircs creusées sous les bords latéraux du prothorax ; bords an- 
térieurs de ce dernier incisés pour le passage des antennes. — Pro- 
thorax fortement rétréci en avank.— Elylrcs lisses, rcbordèes latérale- 
ment. — Propygidium transversal, oblique ; pygidium semi-elliptique, 
vertical. — Pattes très- écartées ; jambes peu élargies, les antérieures 
subdeuticulées sur leur tranche externe ; leur sillon tarsal superficiel ; 
les autres inermes, allongées. — Prosternum court, large, suhsinué à 
sa base ; sa mentonnière intléchic et arrondie en avant. — Corps orbi- 
culaire, globuleux. 

Le type du genre est un petit insecte de Madagascar (S. ovum 
Mars.), ayant le fades d'un Tiudalus, mais en différant essentielle- 
ment par \.i situation de ses fossettes anleiinaires, caractère qui le rap- 
proche des deux genres suivants. La sculpture de son prothorax consiste 
en une strie marginale entière. 

(1) T. minimms Rossi, d'Italie ; (Airœus jnme/mn, Aulié, Ann. d. I. Soc. ont. 
XI, p. 231) ; scaphidiformis Ulig. (Ilist. nwurihmkm Lucas), d'Algérie; ca- 
pensis Payk. {piripes F.), du Cap. — Le trtbaWts time-ncanus de M. le 'maj. 
J. L. Le Conte (l'.oston Journ. of nat. Hist. V, p. 64) constitue le genre Cero- 
sîernus, qu'on trouvera plus loin dans le groupe des Saprinides. 



fllSTËItlDEÉ!. • 271 

BA.CANIUS. 
S. L. Le Conte, Proeeeâ. oflhc Acad. ofPMlad. 1853, p. 291. 

Genre établi sur deux Irès-petits insectes des Etats-Unis, et défini 
en ces termes par M. le docteur J. L. Le Conte : 

Mandibules presque cachées. — Massue antennaire ovalaire, médio- 
crement comprimée. — Fossettes anleimaires grandes, mal limitées, 
situées sur les côtés du prothorax en dessous. — Pygidium fortement 
replié sous l'abdomen. — Jambes antérieures dilatées, les autres étroi- 
tes. — Proslcrnum large, tronqué en arrière ; sa mentonnière courte 
et largement arroudie. — Corps subglobuleux. 

D'après ces caractères, il est évident que le genre doit être placé à 
la suite des Spn.xitosoMA, dont il s'éloigne, comme de tous ceux qui 
suivent, par son pygidium. Les deux espèces qui le composent (B. lan- 
lillus, miscllus), vivent sous les écorecs et dans les bolets ; on les pren- 
drait, au premier coup-d'œil, pour des Abu/iîus. Elles sont pointillées 
en dessus, et leurs élytres ont une strie marginale et quelques vestiges 
de dorsales â leur base. M. Le Conte en décrit une troisième (margi- 
nalus), mais qu'il ne rapporte qu'en hésitant au genre. 

DENDROPIilLUS. 

Leach, Zool. Miscett. III, p. 77. 

Mandibules peu saillantes, robustes, inermes. — Tête médiocre, ren- 
trante; front non séparé de l'épistome. — Antennes insérées sous un 
faible rebord (lu front,; leur 8° article pas plus long que les. précédents, 
mais du double plus large, annexé à la massue ; celle-ci tri-articulée, 
ovale, comprimée. — Fossettes anlennaircs médianes, transversales, 
tantôt (punclaCus) superficielles, tantôt (pî/gma.'us),très-grandes et très- 
profondes. — Prothorax transversal, coupé paraboliquement de chaque 
côté de sa base, rétréci et échancré en demi-cercle antérieurement. — 
l'ropygidium très-court, déclive ; pygidium grand, en triangle curvi- 
ligne, vertical. — Pattes courtes, robustes ; jambes larges, arquées en 
dehors, munies sur leur tranche externe de petites dcnlicules peu 
apparentes ; ic sillon larsal des antérieures faible, mal limité. — Pro- 
slcrnum assez étroit, plane, arrondi à sa base; sa mentonnière médio- 
cre, arrondie en avant ; mésoslcrnum large, échancré en demi-cercle 
antérieurement. — Corps très court, épais, médiocrement convexe. 

L'Europe possède deux espèces de ce genre : l'une, punclalus (i), 

(1) Payk. Mon. Hister. p. 79, pi. VII, f. 5 tyygmœus Stunn); il parait répandu 
jusqu'au Japon inclusivement. 



272 niSTËniEJts. 

pointillée sur toute sa surface en dessus, comme l'indique son nom ; 
l'autre, pygmœus (l), presque lisse. Toutes deux n'ont sur le prothorax 
qu'une très-fine strie marginale, et sur les élytres une humorale par- 
fois absente et trois ou quatre dorsales abrégées en arrière. La pre- 
mière vit principalement sous les écorces, la seconde dans les fourmi- 
lières; l'une et l'autre sont rares. Il y en a une troisième espèce aux 
Etats-Unis (s). Ces insectes ressemblent assez à des Hisieii de petite 
taille. 

PAROMALUS. 

Emois, in Klug, Jahrb. d.Ins. p. 167 (3). 

Mandibules plus ou moins saillantes, arquées, inermes. — Tète pe- 
tite, rentrante; front entouré d'une fine strie le séparant de l'épistome. 
— Antennes insérées sous un rebord du front; leur massue ovale et 
comprimée. — Fossettes antennaircs médianes, rapprochées du bord 
latéral, larges. — Prosternum de forme variable, subparallèle ou ré- 
tréci en avant. — Propygidium fortement transversal, déclive; pygi- 
dium en triangle curviligne, vertical. — Pattes courtes; jambes anté- 
rieures larges, contournées, terminées par un éperon robuste et arqué, 
arrondies et denticulèes en dehors ; leur sillon tarsal obsolète ; les 
quatre autres étroites, terminées par deux éperons, munies de quel- 
ques épines en un seul rang sur leur tranche externe. — Prosternum 
convexe, arrondi en arrière ; sa mentonnière saillante; mésosternum 
échancré en avant, recevant la base du prosternum. — Corps de forme 
variable, ovale, elliptique ou oblong, peu convexe, parfois déprimé. 

Les espèces de ce genre varient, sous le rapport de la forme géné- 
rale, de la sculpture des élytres, de l'écusson qui est distinct ou non, 
et de quelques autres particularités moins importantes. Erichson s'est 
servi de ce caractère pour diviser le genre en trois sections, qu'on 
peut réduire à deux selon que les élytres ont des stries dorsales 
bien marquées (4) ou n'en présentent que quelques vestiges superfi- 

(1) Linné, Fauna Suce. éd. I, n» 441 {Hister formicetorum, Aube, Ann. d. 
1. Soc. ent. II, p. 95, pi. V, f. 2) ; Erichsou l'a omis dans son travail sur la 
famille. 

(2) Hister ptmclulatus, Say, Journ. of the Acad. of Fhilad. V, p. 45. 

(3) Syn. Hister et Holoi-epta pars, Payk. — Platïsoma pars, Lcacli. 

(4) Ces espèces correspondent à la première section d'Erichson ; elles ont 
deux stries sur le prosternum, celle qui sépare le mésosternum du métasternum 
entière, un écusson distinct, et leur forme est plus ou moins ovale. M. Do 
Marseul, dans les notes qu'il m'a communiquées, en fait, sous le nom de Car- 
cinus (appliqué depuis longtemps par Latreille à des Crustacés décapodes bra- 
dâmes), un genre à part que je ne saurais admettre. Il y comprend 13 espèces, 
dont 6 nouvelles ; celles décrites sont : P. pumilio Er., minimus Aube, d'Eu- 



niSTÉniDES. 273 

ciels (1). Elles ont toujours, dans les deux sections, au moins une strie 
latérale et parfois deux; le prothorax n'a jamais qu'une marginale très- 
fine. 

Ces petits insectes vivent principalement sous les écorces des arbres 
en décomposition; un petit nombre se trouvent sous les pierre» ou dans 
les déjections des animaux. 

Le genre est assez riche en espèces, surtout en Amérique; quelques- 
unes (par ex. pumilio) sont répandues dans l'ancien et le nouveau con- 
tinent. 

Sous-Tbibu II. Saprinides. 

Prostornum sans mentonnière; la tète Rappliquant simplement contre 
son bord antérieur. 

Elle se compose des dix genres suivants, dont six ont des repré- 
sentants en .Europe. 

I. Antennes insérées sous un rebord du front. 

a Corps non cylindrique. 

Fossettes antennaircs antérieures : Cœrostemvs. 

médianes : Saprinus, Pachyloput. 

aa Corps cylindrique : Trypanoeus. 

II. Antennes insérées sur les cotés du front. 

6 Corps cylindrique : Teretrius, Xiphonotus. 

bb — ovalaire ou globuleux. 

o Prothorax muni d'un bourrelet latéral : Plegaderus. 

ce — sans bourrelet latéral. 

d Fossettes antennaircs antérieures : Onlhophilus. 

dd — médianes. 

Cinq articles à tous les tarses : Abrœus. 

Quatro articles aux tarses postérieurs : Acritus. 

rope ; le premier se trouve aussi aux Etats-Unis ; troglodytes Payk., conjutir/us 
Say, tmellits Er., consors, gilmsis (trnrllus Er.), opuntiœ, Doct. Lee.; de Co- 
lombie et de l'Amôr. du Nord, où la plupart existent en même temps. 

(1) M. De Marsenl (loc. cit.) leur réserve le nom do Paiiomalus et en énu- 
mire 12 espèces, dont, les suivantes déjà connues : P. complanatus lllig. (ttas- 
Mftw RaM.), parallelipipedus Hc.bst (picipes Sturm), flavicornis Herbst, 
£tl?ope ; emguus Bohem., do Natal ; œqualis Say (complanatus Payk.) bi- 
striutus, semimUumEr., afflnlt Lcc., de l'Amer, du Nord. 



Coléoptères. Tome II. 18 



274 HISTÊMEHS. 

C/EROSTERNUS: 
J. L. Le Conte, Proceed. oflheAcad. ofPhilad. 1852, p. 39. 

Mandibules courtes, mais visibles, inerraes. — Antennes insérées 
sous un rebord du front; leur funicule filiforme, leur massue tri-arti- 
culée, ovale, comprimée, subtronquée à son extrémité. — Fossettes 
antennaircs très-profondes, étroites, situées sous les angles antérieurs 
du prothorax et ouvertes latéralement. — Protborax arrondi à sa base, 
rétréci et légèrement échancré en avant. — Jambes antérieures com- 
primées, subdilalées ; les postérieures grêles et inermes.— Prosternum 
très-large, tronqué en arrière, très-légèrement arrondi en avant. — 
Corps globuleux, très-convexe. 

M. le docteur J. Le Conte a fondé ce genre sur un petit insecte dé- 
crit précédemment par son père, M. le major Le Conte, sous le nom 
de Tribalus avicricanus (1). Il est finement pointillé sur toute sa sur- 
face en dessus et son prothorax n'a qu'une strie marginale; les élytres 
présentent six dorsales, dont les trois internes très-courtes, les autres 
abrégées en arrière. M. Le Conte rapporte également à ce genre une 
espèce de Cuba qu'il nomme lœvissimus, et qui parait n'être que l'fZfc- 
fer lœvigatus de Paykull (-2). 

SAPR1NUS. 
Erichs. in Kmc, Jahrb. d. In), p. 172. 

Mandibules saillantes, robustes, brusquement recourbées et croisées 
à leur extrémité, inermes ou dentées. — Tète médiocre, prolongée en 
un museau quadrangulaire. — Antennes insérées, presque à décou- 
vert, sur les côtés et à la base de ce museau; leur massue ovalaire ou 
subglobulcuse, en général médiocre. — Fossettes antennaires situées 
sur les cotés du prosternum, recevant la massue des antennes par une 
incision du bord anlcro-infèrieur du protborax. — Celui-ci bisinué à sa 
base, plus ou moins rétréci et légèrement échancré en avant. — Propy- 
gidium transversal, oblique; pygidium grand, en triangle curviligne, 
vertical. — Pattes médiocres ; jambes anlérieures larges, munies sur 
leur tranche externe de dents portant chacune un cil, ou entières avec 
une rangée d'épines; leur sillon tarsal superficiel; les autres plus 

(1) Boston Journ. of nat. Hlst. V, p. 64, pi. IV, f. 7. 

(2) M. De Marseul, dans les notes qu'il m'a communiquées, mentionne ces 
deux espèces, mais les rapporte simplement au genre Truulus, bien qu'il ait 
eu connaissance du genre actuel. Ne les ayant examinées ni l'une ni l'autre, je 
m'en rapporte à. M. J. Le Conte, qui n'a pas pu ue pas voir la mentonnière d« 
pes insectes, s'ils en ont une. 



msTÉRiDBS. 27S 

étroites, avec nne rangée ^épines en dehors et en général une autre 
sur leur face externe. - Prosternum assez étroit, bistrié, tronqué à sa 
base; mesosternum coupé carrément ou sinuéen avant. -Corps court 
épais, carré, ovale ou elliptique. 

Genre aussi nombreux que les Hister et ayant une distribution 
géographique aussi étendue (1). Mais ses espèces n'ont pas toutes la 
hvree monotone de ces derniers ; dans le nombre, il en est beaucoup qui 

(1) 160 esp. sont mentionnées dans les notes que je tiens de M. De Marseul 
parmi lesqueUcs 77 nouvelles. Celles décrites sont les suivantes : Esp. d'Eu- 
rope : S. maculatus Rossi, semipunctatus, nitidulus, œneus Fab., chakites 
œmulus, dimidiatus Illig., detersus, immundus, rubripes Gyllh. i-striutus' 
metaUtcus Entom. Heft., speculifer, virescens, rotundatus,piceus, conjungens 
rugifrons Payk., furvus, lautus, amœnus, granarius, crassipes Er. — Esp' 
asiatiques : S. interruptus Payk., externus Fisch. de Valdh., biguttatus eri- 
bellatus Stev., prasinus, œratus Er. —Esp. indiennes : S. 4-guttatus F spe- 
ctosus, cupreusEv. - Esp. africaines : S. cruciatus, bicolor Fab., splendens 
elegans, algerinus Payk., nitidus Wicdem., procerulus, punctalissimus, cu- 
preus, gdvtcorms, rutilus, prœcox, apricarius, equestris, intricalus Er.,areo- 
latus, natalensts, amœnulus, breviusculus Bohem. — Esp. de l'AustraUo ■ 
S. cyaneus F., lœtus Er. (cyancus Payk.). — Esp. de la Nouv.-Zélaude : S~. 
pseudocyaneus Whitc. - Esp. de l'Amer, du Nord : S. assimilis, pcnsylva- 
meus Payk., fraiernus, mancus Say, lugeus Er., oregonensis, distinguendus, 
conformis, mmutus (placidus Er.), neglectus, patruelis, dimiatipennis {pair 
matus Say, var.), desertorum, sphœroides Maj. Lee, discoidalis, fimbriatus 
lubneus, Doct. Lee — Esp. de l'Amer, du Sud : S. connectens, erythropterus', 
brasiliensis Payk., azureus Sahlh., bisignatus, decoratus, innubus, blandus, 
pavidus, modestus Er., ornatus, patagonicus, impressifrons (innubus Et.)' 
piceus, alronitidus Blanch. 

Mais cette liste est loin d'être complète, et il faut y ajouter les espèces sui- 
vantes, que n'a pas connues M. De Marseul, ou qui lui ont échappé : Esp. eu- 
ropéennes : S. apricarius, Erichs. in Klug, Jahrb. d. Ins. p. 193. — sabiileti, 
pullus, curtus, Rosenh. Beitr. z. Insektenf. Europ. I, p. 24. — puncticollis' 
tmlas {detersus Illig.), Kùster, Die Kwt. Europ. XV11, 29, 30. — Esp. asia- 
tiques : Hist. fasciolatus (ornatus? Fisch. d. Waldli.), Gebler, Bull. d. l'Acad. 
il. Pétcrsb. 1845, n° 3, p. 100. — cupratus, Kolcnati, Melet. ent. V, p. 62. — 
Uircomanicus , Ménétr. Ins. d. Lehm. p. 39. — Esp. de l'Amer, du Nord : 
S. placidus, Erichs. in Klug, Jahrb. d. Ins. p. 189. — californiens (lugcn's 
Er.), sukifrons, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 259. — imperfectus, piceus, im- 
pressus, deletus, bigener, Maj. Lee. Boston Journ. of nat. Hist. V, p. 75. — 
interstUialiSj obscurus, pectorulis,pœminosus, interceptus, alienus, insertus, 
obducfus,ciliaius, vinctus, luridus, scissus, vestitus, plenus, vitiosus, lubricus', 
cœrulescens, bigemmeus, lucidulus, Doct. Lcc. Ann. of the Lyc. of New-York' 
\ P- ICC; do Californie. — Esp. do l'Amer, du Sud : S. aterrimus, vmustus, 
Ericlis. loc. cit. p. 185 sq. — lepidus, Erichs. Arch. 1847, 1, p. 91. — nigrita, 
erythropus, Blanch. in d'Orb. Voy. Ent. p. 69. — Matthewsii (bisignatus Er.)' 
furcatus (connexus Payk.), castaneipes, Curtis, Linn. Trans. XIX, p. 441. — 
Esp. de l'Australie : S. viridicupreus. Hombr. et Jacuin. Voy. au polo Sudv 
Ent. Col. pi, IV, f. 10, 



276 uiSTÉniEHS. 

sont vertes, bleues, violettes ou métalliques. Toutes sont plus ou moins 
ponctuées sur toute leur surface en dessus, sauf un espace lisse, com- 
mun à la hase des élytres. Le prothorax ne présente jamais qu'une strie 
marginale; les élytres ont au maximum trois stries dorsalos abrégées en 
arrière, une numérale, une subhumérale et deux épiplcurales. Comme 
les UiSTEii, ces insectes se trouvent plus particulièrement dans les exerc- 
nienls des animaux herbivores, les cadavres, et parfois dans les bolets en 
décomposition. 

PACHÏLOPUS. 
Emeus, in KlUG, Jahrb. d. Ins. p. 196. 

Genre établi sur un petit insecte de l'Afrique australe, P. dispar 
Et. (i) qui, à tous les caractères des Sai-hinus, réunit des jambes 
dépourvues d'éperons terminaux, avec les antérieures assez dilatées, 
terminées en dehors par deux larges dénis obtuses, et les quatre posté- 
rieures renflées et couvertes sur leur face externe d'épines très-serrées. 
Dans l'un des sexes , le mâle sans aucun doute , le premier segment 
abdominal, qui est très-grand, se prolonge en une large saillie, aiguë à 
son extrémité, cl la suture des élytres est munie d'une pointe obtuse 
assez longue. 

Il existe dans l'Amérique du Nord quelques espèces dont les jambes 
postérieures sont couvertes extérieurement d'épines semblables, mais 
comme elles ont des éperons aux jambes et que les mâles ue pré- 
sentent rien de particulier, il parait plus convenable de les laisser parmi 
les Sapbimjs dont elles ont pour le surplus tous les caractères (2). 

TRIPAPUEUS. 
Esf.iiscii. Zool. Allas, lleft I, p. 11 (3). 

Mandibules très-courtes, larges, arquées et aiguës au bout, fran- 
gées au coté Interne. — Tète prolongée en avant des yeux en une 
forte saillie triangulaire, un peu recourbée et fissile en avant, plus 
ou moins concave en dessus, cachant les organes buccaux. — An- 
tennes insérées sous un rebord du front, robustes ; les articles 3-5 du 

(1) Loc. cit. pi. II, f. 4. 

fi) Tels sont les Soprinus dimiiiatipennis Lcc. et sulcifrons Mnnli. Cites 
j.liis liant. M. De M.irseul, dans les notes que je lui dois, fait du socond seul 
un Pachyloimis, et laisse le premier parmi les Sapiunus. M. le docteur .T. Le 
Conte (Ann. of tlie Lyc. of New-Ym k, V, p. 165), après avoir réuni ce sulcifrons 
aux PiCUïLOPDS, eu lui adjoignant deas espèces, nouvelles de Californie (/'. ser- 
rulntus, (jinidois), a fini (Prooeed, oi'the Acad. ol'Philad. 18W, p. 40) par les 
réunir toutes trois aux S.U'Iunus. 

(3) Syn. Bostmchus, Fui). Syst. El. 11, p. 385. 



nisTÉniDES. 277 

fanicule graduellement et fortement transversaux ; le 7° subcirculaire, 
enveloppé, sauf à sa base, par les trois derniers qui sont confondus 
entre eux, pubescents, et formant avec eux une grande massue sub- 
orbiculaire (I). — Fosscltcs anlcnuaircs nulles. — Yeux grands, sub- 
arrondis, plus ou moins saillants. — Prothorax plus long que les 
élytres, cylindrique, étroitement lobé au milieu de sa base, faiblement 
échancré en avant. — Epipleures des élytres largement lobées dans 
leur milieu. — Propygidium très-court ; pygidium bombé, conique, 
parfois prolongé en une pointe aiguë. — Pattes courtes ; cuisses très- 
larges ; jambes antérieures et intermédiaires fortement dentées sur 
un seul rang en dehors ; sillon tarsal des premières droit, incomplet ; 
les postérieures simplement denticulécs ; tarses grêles, presque aussi 
longs que les jambes. — Proslernum comprimé, saillant, plane et 
bistrié, échancré à sa base et recevant le mésosternum; celui-ci 
allongé et graduellement rétréci en avant. — Corps long, cylin- 
drique. 

Genre remarquable et qui mériterait peut-être de former une sous- 
tribu à lui seul. Ses espèces sont de taille moyenne ou petite, d'un 
noir brillant que relèvent, chez quelques-unes, deux taches rougeâtres 
sur les élytres, finement ponctuées et sans stries sur ces dernières ; leur 
prothorax ne présente qu'une strie marginale. Elles sont propres aux 
parties chaudes de l'Amérique et se trouvent sous les éCorccs dé- 
composées et dans les plaies humides des arbres (2). 

Leur forme cylindrique donne à ces insectes une certaine ressem- 
blance avec les Bostiiiciiiis ; elle a trompé Fabricius qui a placé dans 
ce genre ceux d'entre eux qu'il a connus. 

TERETRIUS. 
Enicns. In Kliic, Jahrb. d. Ins. p. 201. 

Mandibules courtes, larges, très-aiguës au bout, inermes. — Tète 
petite, rentrante, rétrécie et obtuse en avant. — Antennes insérées 
sur les cotés du front ; leur massue solide, ovale et comprimée. — 
Fossettes antennaires grandes, médianes, latérales. — Prolhoras cy- 
lindrique , coupé carrément en arrière , légèrement échancré en 
avant, — Epimères mésothoraciques un peu visibles en dessus. — 

(1) Eschscholtz n'assigne a ces organes que huit articles, erreur qui a été 
relevée! par Ericlison (in Klug, Jahrb, il. Ins. p. 198). 

(2) M. De Marseul en décrira. 23 espèces clans sa Monographie, à ce que je 
vois dans les notes qu'il m'a communiquées. Celles publiées nu ce moment sonl : 
Bosft irhnx thoracicus J <pr'oboscid,eus J bisputulatus Fab. (suivant Al. lie Mai-seul. 
lewoboscideus do Paykull ne serait pas le même que celui de Fabricius); voir 
vulus, ùimaculalus Er. 



278 niSTÈniENS. 

Propygidium très-court ; pygiilium grand, en triangle curviligne, ver- 
tical. — Pattes courtes; jambes antérieures très-larges, arquées et 
finement denticulées en dehors ; leur sillon tarsal obsolète : les autres 
plus ' étroites ; les postérieures denticulées seulement à leur extré- 
mité. — Prosternum assez convexe, échancré à sa base et recevant 
un peu le mésosternum. — Corps cylindrique, légèrement déprimé. 

On n'en a encore décrit qu'une espèce, VHister picipes des au- 
teurs (t), petit insecte répandu dans une grande partie de l'Europe 
et dans l'Amérique du Nord, mais assez rare partout. On le trouva 
sous les écorces et dans le bois mort. Il ne présente aucunes stries 
sur le prolhorax ni sur les élytres qui sont simplement pointillés. 

XIPHONOTUS. 
De Marseul, Ann. d. I. Soc. ent. Sér. 3 (inédit). 

Mandibules courtes, épaisses, tuberculées en dehors, unidentéesau 
côté interne. — Prolhorax plus long que les élytres, rétréci et pro- 
longé antérieurement en une saillie au-dessus de la tête. — Abdomen 
tronqué obliquement à son extrémité. — Tarses terminés par un 
seul crochet. 

Pour le surplus ce genre ne diiïère pas des Teretiuus ; seule- 
ment sa forme plus cylindrique et la grandeur relative du prothôrax 
lui donnent plutôt le faciès d'un Trypana:us. Il ne comprend qu'une 
petite espèce ( X. ChevrolaUi Mars.) du cap de Bonne-Espérance. 

PLEGADERUS. 

Erichs. in Klug, Jahrb. d. Ins. p. 203. 

Mandibules très-courtes, frangées au côté interne et fissiles au 
bout. — Tète médiocre, transversale, rentrante, terminée par un court 
museau obtus. — Antennes assez robustes, insérées sur les côtés du 
front ; leur massue subglobulcuse. — Fossettes antennaircs situées 
sur les côtés du prosternum. — Prolhorax transversal, bisinué à sa 
base, avec ses angles postérieurs aigus, légèrement échancré en avant, 
ayant de chaque côté en dessus un profond sillon longitudinal, limi- 
tant un bourrelet. — Epimères r.iésolhoraciques un peu visibles en 
dessus. — Elytres oblongo-ovalcs, médiocrement convexes. — Pro- 
pygidium très-court; pygidium grand, en triangle, vertical. — Pattes 
faibles ; jambes antérieures plus ou moins él«rgics à leur extrémité 

(1) Payk. Mon. Hister. Tab. VIII, f. 5, et Maj. Lee. Boston Journ. of nat. 
Hist. V, pi. VI, f. 6. — M. De Marseul en décrira plusieurs autres espèces d'A- 
frique et d'AmCriquo dans sa Monographie. 



BlSTÉBIDES. 279 

et munies de quelques (lenticules en dehors , les autres de quelques 
cils. — Prosternum large, interrompu dans son milieu par un sillon 
transversal, coupé carrément à sa base. — Corps oblongo-ovale, mé- 
diocrement convexe. 

Petits insectes d'une forme particulière qui rappelle plutôt celle 
de certains Elmis que celle des autres espèces de la famille. Les 
deux sillons latéraux du prothorax sont ordinairement réunis par 
un sillon transversal ; les élytres sont poinlillées, et leurs stries se ré- 
duisent à quelques vestiges d'une humérale, d'une dorsale, toutes deux 
très-courtes, et une suturale plus complète. Ces insectes vivent sou» 
les ècorces et sont propres jusqu'ici à l'Europe et 'à l'Amérique du, 
Nord, On en connaît une dixaine en tout («), 

ONTHOPH1LUS. 
Leach, Zool. Miscell. M. p. 76. 

Mandibules à peine saillantes, frangées au côté interne, brusquement 
recourbées et terminées, l'une en pointe aiguë, l'autre par deux dents 
obtuses. — Tête rétractée, plus longue que large, convexe sur le ver- 
tex, obtuse en avant. — Antennes insérées sur les côtés du front; leur 
massue ovalaire, un peu comprimée. — Fosseltes antennaires anté- 
rieures, profondes. — Prothorax transversal, bisinué à sa base, rétréci 
et circulairement échancré en avant. — Epimères mésothoraciques in- 
visibles en dessus. — Propygidium très grand, trapézoïde, vertical ; 
pygidium grand, complèlement replié en dessous, horizontal et refou- 
lant en avant les segments abdominaux. — Pattes assez longues, grêles; 
les antérieures très-finement denticulées en dehors ; leur sillon larsal 
assez distinct; les autres munies d'une rangée de cils sur leur tranche 
externe. — Prosternum large, plane, triangulairement échancré à sa 
base, et recevant le mèsosternum, qui est également large et anguleux 
en avant. — Corps très-court, globuleux et déprimé en dessus. 

L'un des genres les plus distincts de la famille, et que la sculpture 
seule des téguments en dessus suffirait pour faire reconnaître. Dans 
toutes les espèces, le prolhorax porte quelques côtes interrompues et 
en nombre variable ; d'autres, plus étroites, tranchantes et entières, se 
voient sur les élytres, et entre elles de fines lignes saillantes très-régu- 
lières. Ces insectes sont petits , d'un noir profond , en partie mat, et 
vivent dans les bouses et les végétaux en décomposition. Les espèces 

(1) P. cœsits F., pitsïllus Payk., vulneratus Panz., sauchis (vulneraius 
Cyllh.), dissectuSj discisus Er., sanctus Truqui, d'Europe ; transversits S.iy, 
do l'Amer, du Nord. Le pusillus de M. le maj. Le Conte (Boston Journ. of mit. 
Hist. V, p. 80), rapporté par lui avec doute au pusillus de Puykull, parait former 
une espèce distincte. Une autre du inouïe pays sera décrite par M. De Mai-seul. 



960 historiens. 

décrites sont de l'Europe et de l'Amérique du Nord, et s'élèvent à sept 
en ce moment (1). 

ABILEUS. 

Leach, Zool. Miscell. III, p. 7G. 

Lobes des mâchoires membraneux, ciliés.— Mandibules très-courtes, 
munies en dedans d'une dent molaire à leur base, et d'un denticule 
avant leur extrémité. — Tète arrondie, rétractée ; front assez convexe. 

— Antennes insérées sur les côtés du front; leur massue ovalaire, un 
peu comprimée. — Fossettes antennaires grandes , profondes , mé- 
dianes. — Prothorax arrondi à sa base , rétréci et circulairement 
échancré en avant. — Epimères mesothoraciques invisibles en dessus. 

— Ecusson nul. — Elytrcs sans strie marginale. — Propygidium assez 
grand, subvertical ; pygidium replié en dessous. — Pattes médiocres, 
assez étroites; les antérieures plus ou moins élargies à leur extrémité; 
leur sillon tarsal obsolète ; les autres légèrement arquées ; toutes 
inermes sur leur tranche externe ; tarses de cinq articles. — Proster- 
num court, large, un peu sinué à sa base, sans stries. — Corps globu- 
leux ou globoso-ovalc. 

Ainsi caractérisé, ce genre ne comprend plus qu'une petite partie des 
espèces qu'on y fait généralement entrer actuellement, celles qui cor- 
respondent à la première des deux divisions établies par Erichson (2) 
parmi les Abr.œus de Leach, et dont les Hisler globulus et gtobosus 
des auteurs sont les types (ô). Les autres présentent, comme on va le 
voir, dans la structure de leurs mâchoires, de leur pygidium et de leurs 
tarses , des caractères trop importants pour continuer de leur cire 
associés. 

Ces insectes sont de très-petite taille , noirs ou brunâtres et pointillés 
sur toute leur surface supérieure, sans aucune trace de strie sur le pro- 
thorax et les élytres. On les trouve dans les végétaux en décomposition 
et le bois vermoulu. 

(1) La liste do celles a. lui connues que m'a communiquées M. De Marseul 
n'en contient que six, dont une nouvelle du Sénégal ; les autres sont : 0. sul- 
catus, striaius Fab., exaralus Illig., affinis L. Redtenb., d'Europe ; alter- 
nalus Say, de l'Amer, du Nord, Pour ce dernier pays, a.j. : 0. jiluricostutus, 
nodatus Maj. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. V, p. 81 sq. 

(2) In Klug, Jalnb d. Ins. p. 207. 

(.1) A ces deux espèces aj. VA . (jranulum Ericbson (Die Kœf. d. Mark Brand. 
p. 68G), d'Europe, et le punctiformis Doct. J. Le Conte (Proceed. of the Acad. 
of Philad. 1853, p. 288), des Etats-Unis. Mais il est probable que parmi les 
Aciutus mentionnés plus bas, plusieurs doivent être rapportés ici. 

La liste manuscrite des espèces d'ABH/EUS à lui connues que m'a communi- 
quée M. De Marseul, eu contient 28 esp., dont 15 nouvelles, la plupart d'Ame- 



281 



ACRITUS. 
J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. III, p. 288. 

Lobe interne des mâchoires terminé par un crochet corné. — Elytrcs 
pourvues d'une strie marginale. — Propygidium très-court ; pygidium 
en triangle curviligne, vertical — Tarses postérieurs de quatre articles 
seulement (1). — Prostcrnum tronqué à sa base, bistrié. — Corps par- 
fois globuleux, le plus souvent ovalaire et plus ou moins convexe. 

Les autres caractères sont identiquement les mômes que ceux des 
A un m s. C'est à M. L. Kedtenbaeher (2) qu'on doit d'avoir signalé les 
plus importants de ceux qui précèdent, à savoir la structure des mâ- 
choires et celle des tarses postérieurs. Erichson, à qui l'une et l'autre 
avaient échappé, s'était contenté de placer ces insectes dans une divi- 
sion particulière des Ann^us. 

Le genre est assez riche en espèces; celles décrites appartiennent à 
l'Europe et à l'Amérique (3). 

rique, les autres du Sénégal et dos Indes or. La majeure partie d'entre elles 
sont, sans aucun doute, des Aciutus. 

(1) Celte réduction dans le nombro do leurs articles provient de l'union 
intime des deux premiers. 

(2) Faun. Aiislr.; Die Kaef. p. 241. 

(3) Esp. européennes : Hister mimtus, Entom. Heft. I, p. 109, nigricornis 
{minutus Payk.), ibid. II, p. 127. — Abr. atomarius , parvulus, Aubr. Ami. 
d. I. Soc. eut. XI, p. 231. — rhombophorusj Aube, ibid. Sér. 2, I, p. 75. — 
seminulum, Kiister, Dio Ka-f. Europ. XV, 27. — Esp. asiatique : Abr. conso- 
britua, Aube, loc. cit. Sér. 2, VIII, p. 323 ; de Batoum. — Esp. de l'Amer, du 
Nord : Abr. exiguus, Erichs. in Klug, .lulnb. d. Ins. p. 208. — Abr. acicu- 
latus (exiguus Er.), simplets] obtiquus [exiguus Er.), ftmetarius, MaJ. Lee. 
Boston Joum. of nat. Hist. V, p. 5i. — Abr, m/irilimus, basalis, Doct. Lee. 
Ami. ol the Lyc. of New-York, V, p. 170. — Acrit. disais, slrigusus, con- 
formiSj pulitus, Doct. Lcc. Proceed. of the Acad. of Philad. 18S3, p. 289. — 
Esp. de Cuba : Acrit. analis, atonms, Doct. Lee. ibid. p. 290. 



FAMILLE XV. 



PHALACRIDES. 



Languette cornée, cordiforme. — Deux lobes aux mâchoires; l'in- 
terne coriace, terminé par deux petites dents ; l'externe corné, avec son 
sommet coriace et barbu. — Palpes filiformes. — Antennes de onze ar- 
ticles ; les trois derniers formant brusquement une massue. — Elytres 
recouvrant l'abdomen en entier. — Hanches antérieures globuleuses, 
séparées; les quatre postérieures transversales; les intermédiaires sé- 
parées, les postérieures contiguës; tarses subpentamères ; leurs trois 
premiers articles velus en dessous, le 4 e très-petit ; leurs crochets munis 
d'une dent basilaire en dessous. — Prosternum distinct, articulé en ar- 
rière avec le mésoslernum. — Abdomen composé en dessous de cinq 
segments, tous libres. 

Celle famille, établie par Erichson (1), est extrêmement voisine de 
celle des Nitidulaires qui suit, et ne devrait peut-être pas en être sé- 
parée. Elle n'en diffère essentiellement que par ses hanches antérieures 
globuleuses et les postérieures contiguës, tandis que chez les Nitidu- 
laires les premières sont brièvement ovalaires et transversales, et les 
secondes plus ou moins séparées par une saillie du premier arceau ven- 
tral de l'abdomen. Il y a bien en outre quelques différences dans les 
parties de la bouche, mais qui méritent à peine d'être regardées comme 
des caractères de famille. Elle est , au contraire, facile à distinguer des 
Erotyliens, parmi lesquels Lalreille, par suite de la structure des 
tarses, avait placé le genre Phalacbus qui la composai! seul de son 
temps (■>). 

(1) Nalurg.derlnsekt. Deutschl. III, p. 105. 

(2) Les Erotyliens ont des hanches intermédiaires globuleuses, les posté- 
rieures séparées, les denx premiers arceaux ventraux de l'abdomen soudés 
ensemble , des épiméres métathoraciques très-développées , le prosternum 
large, etc. Je ne parle pas des brosses qui revêtent le dessous de leurs tarses, 
car il y a parmi eux des exceptions à cet égard, ni des parties de la bouche, bien 
qu'elles présentent des différences notables, surtout dans la forme du menton, 
qui est construit sur un plan particulier propre i ces insectes, 



J-HALACItlDES. 283 

Sous le rapport de la forme générale, ces insectes ressemblent, les 
uns, qui sont courts et convexes, à la plupart des Anisotomides, les 
autres, plus allongés et plus planes en dessus, à des Tbitoma. Leur tête 
est courte, assez grosse, obtuse en avant, penchée et engagée dans une 
échancrure du prothorax. Les yeux sont latéraux, arrondis et assez 
saillants. Immédiatement au devant d'eux sont insérées les antennes, 
sous un faible rebord du front ; elles sont médiocrement longues, et leurs 
articles intermédiaires varient un peu dans leurs proportions relatives; 
mais la massue que forment les trois derniers est toujours allongée et 
peu serrée. Le labre déborde faiblement l'épistome et est arrondi en 
avant. Les mandibules sont courtes, fortement arquées, simples ou den- 
tées à leur extrémité et munies à leur base interne d'une saillie en avant 
de laquelle leur bord interne devient comme membraneux. Les palpes 
sont courts; les labiaux ont trois articles, les maxillaires quatre. La lan- 
guette est remarquable par son tissu corné; mais ses angles sont plus 
ou moins coriaces, et elle n'a pas de paraglosses (1). Le menton affecte 
des formes assez variées qui sont indiquées plus loin. 

Le prothorax est exactement applique corilre la base des élytres et 
aussi large en arrière que celles-ci. Sous tous les autres rapports, il res- 
semble beaucoup à celui des Anisotomides. Il y a toujours un écusson 
distinct, mais médiocre et plus ou moins triangulaire. Les élytres re- 
couvrent des ailes bien développées. Les cuisses sont robustes, les 
jambes tantôt assez larges et un peu arquées, tantôt grêles et presque 
droites,; elles sont garnies de petits poils et de cils parmi lesquels on en 
remarque à leur extrémité un certain nombre qui forment une sorte de 
couronne; leurs éperons terminaux sont en général petits et sujets à 
manquer. Les trois premiers articles des tarses sont un peu élargis, et 
ces organes s'allongent assez souvent aux pattes postérieures. 

En dessous , les flancs du prolhorax forment de chaque côté une 
voûte assez étendue, et ses cavités cotyloïdes ne sont pas complètement 
fermées en arrière. Le prosternum est étroit et reçu dans une échan- 
crure du mésosternum. La grandeur de ce dernier dépend de la saillie 
que le métasternum envoie entre les hanches intermédiaires ; il est ex- 
trêmement court quand cette saillie exi.vte, et peu développé, même 
quand elle n'existe pas. Les parapleures mélathoraciques sont comme 
celles des Anisotomides , en totalité ou en partie cachées par les ély- 
tres. Les segments ventraux de l'abdomen sont assez égaux entre eux ; 
le premier et le dernier sont seulement un peu plus grands que les in- 
termédiaires. 

Les métamorphoses do ces insectes sont ignorées. A l'état parfait, 
on les trouve , et souvent en abondance , sur les (leurs ; ils prennent 
aisément leur vol et sont très-agiles. Il n'est pas rare d'en rencontrer 

(1) Ericlison regarde (loc. cit.), comme en tenant lien, deux rangées do petits 
poils qui existent sur les bords latéraux de l'organe, et qui vont eu divergeant, 



28* PnALACMDES. 

sous les écorces pendant l'hiver. Toutes les espèces décrites jusqu'ici 
sont d'Europe, des Etats-Unis et du Cap. 

Leur synonymie est presque la morne que celle des Anisotoma , avec 
lesquelles les anciens auteurs les avaient confondus, jusqu'à ce que 
Paykull (1) les en sépara et en fit, sous le nom de Pualacriis, un genre 
qui était encore récemment adopté par tous les entomologistes tel que 
cet auteur l'a conçu, lorsque Erichson a créé à ses dépens les trois 
genres inscrits dans le tableau synoptique suivant : 

I. Tarses égaux. 

Jambes sans éperons distincts : Phalacrus. 
— à Tolyphus. 

II. Tarses inégaux ; les postérieurs allongés. 
Leur 1« article plus court que lo 2» : Olibrus. 

long ,- Lllliocrus. 

PIIALACRUS. 
Paye. Faun. Suec. III, p. 438 (2). 

Menton arrondi sur les côtés. — Languette échancrée en avant; ses 
lobes courts , coriaces ainsi que son bord antérieur. — l<> r article des 
palpes labiaux court ; les deux suivants plus longs, égaux ; le 3° un 
peu rende; le 4° des maxillaires plus long que les autres et subcylin- 
drique. — Mandibules bi- ou tridentées à leur sommet. — Ântcnucs à 
1er article gros et assez allongé. 2° aussi gros, mais plus court, 3° de la 
longueur du l or , 4-8 courts, décroissant peu à peu, 9-11 formant une 
massue allongée. — Prothorax transversal, rétréci en avant, faiblement 
bisinuô à sa base. — Pattes robustes ; cuisses élargies h leur extrémité 
en dessous; jambes larges, leur extrémité garnie de cils cachant leurs 
éperons terminaux, qui sont presque indistincts; tarses égaux; leurs 
trois l ors articles assez larges, le 1 er plus court que le 2», le 3° bilobé. 
— Mésosternum très-court; métaslernum prolongé entre les hanches 
intermédiaires. 

Le corps de ces insectes est très-convexe et en général brièvement 
ovale. Dans les espèces européennes, les deux sexes sont semblables; 
mais, selon Erichson (s), l'Amérique en possède dont les mâles se dis- 
tinguent de leurs femelles par leur] mandibule gauche plus grande que 

(1) Fauna Suec. III, p. 438. 

(2) Syn. SraitniniuM, Fab. Syst. El. I, p. 97. — Tetiutoma, Hcibst, Die 
Ka.f. IV, p. 80. — Anisotoma, Illig. Ka;f. Preuss. i>. 79. 

(3) Doutschl, Ins. III, p. 109. 



rnALAcniDES. 285 

la droite, et terminée en pointe allongée. Celles décrites jusqu'ici sont 
peu nombreuses (i). 

TOLYPHUS. 
Eaicus. Naturg. d. Jnsekt. Leutschl. III, p. 108. 

Menton muni de chaque côté d'une saillie aiguë dirigée en arrière. 

— Dernier article des palpes maxillaires ovale ; le l or des labiaux assez 
long. — Mandibules simples à leur extrémité, munies au côté interne 
d'une saillie hasilaire et d'une petite dent médiane. — Antennes assez 
longues ; leur massue terminale petite, à articles lâchement unis. — 
Prothorax transversal, peu rétréci en avant, coupé carrément à sa 
base, ne continuant pas en dessus la courbe des élytres. — Pattes assez 
longues ; cuisses médiocrement robustes ; jambes droites, à peine élar- 
gies à leur extrémité; leurs éperons terminaux distincts. 

Les caractères non mentionnés dans celte diagnose générique ne 
diffèrent pas de ceux des Phalacbds. Le type du genre est le Phal. 
granulalus du Catalogue de Dejcan, petit insecte de l'Europe australe, 
d'une forme assez allongée (2) ; quelques aulrcs inédites et originaires 
des mêmes contrées existent dans les collections. 

OLIBRUS. 
Emchs. Naturg. d. Insekt. Dcutscld. III, p. 113 (3). 

Menton muni de chaque côté d'une saillie obtuse, dirigée oblique- 
ment en avant. — Languetlc largement et faiblement échancrée; ses 
angles coriaces. — Palpes labiaux à l or article petit, 3" ovalaire ; le 
dernier des maxillaires subcylindrique. — Mandibules bidentées à leur 
extrémité, munies en dedans d'une saillie hasilaire. — Antennes à 
1" article gros et assez long, 2<> plus petit, 3-5 allongés, grêles, 
égaux, 6-8 graduellement plus petits, 9-11 formant une massue 
allongée. — Prothorax des Pualacbus. — Pattes médiocres ; toutes les 

(1) Esp. européennes : Phal. corruscus, Payk. Faun. Suce. III, p. 438. — 
substriatus, Gyllh. lus. Suec. III, p. 428. — caricis, Sturm, Deutsctil. Ins. II, 
p. 80,Tab. 31, f. D. — (jrrossus,Enchs.loc.cit. p. 111. — Esp. asiatiques: P. bi- 
signatus, Ménétr. Ins. rcc. par Lchmann, p. 55; probablement un Oubrvs. 

— Esp. de l'Algérie : P. striatlpennis, Lucas, Explor. de l'Alger. Entom. 
j». 551. — Esp. do l'Amer, du Nord : P. politus, Melslicim. Proceed. of llw 
Acad. of Philad. II, p. 102. — difformis, J. Lo Conte in Agass. Lake Super. 
p. 222. 

(2) Germar en a donn6 uno bonne ligure dans 6a Faun, lus. Europ. Fasc, 
XXIV, n» 1. 

(3) Mémo synonymio que les Pdalacrus. 



286 tHALACRIOBS. 

cuisses, ou seulement les postérieures, élargies en dessous à leur extré- 
mité; jambes un peu arquées, non élargies à leur sommet; leurs épe- 
rons terminaux distincts, ceux des postérieures surtout ; tarses anté- 
rieurs et intermédiaires comme chez les Phalacrds ; les postérieurs 
plus longs que les autres, à l°f article court, 2° allongé, 3» plus court 
que celui-ci, entier. — Mètasternum tantôt pareil à celui des Phala- 
cnus, tantôt ne s'avançant pas entre les hanches intermédiaires; le mé- 
sosternum plus grand que de coutume dans ce dernier cas. 

Genre plus riche en espèces que les deux précédents; toules sont 
plus ou moins courtes et convexes. Les mâles se reconnaissent au se- 
cond article de leurs tarses antérieurs, qui est plus ou moins élargi, et 
à leur forme un peu plus rétrécie en arrière que celle des femelles (*). 

LITHOCRUS. 

Ërichs. Naturg. d. Insckt. Deutsthl. III, p. 108. 

Menton subitement rétréci en avant, anguleux sur les côtes. — Lan- 
guette cordiforme, échancréc; l'échancrure ayant dans son milieu une 
petite dent ; ses angles coriaces. — 1 er article des palpes labiaux plus 
long que le 2°, le 3» ovalaire et allongé, le 4° des maxillaires subcy- 
lindrique. — Mandibules des Ouïmes. — Antennes comme chez les 
Phalacrcs. — Pattes des Olibris avec le 1 er article des tarses posté- 
rieurs très-long, le 2= un peu plus court, le 3" très-petit, le 4° à peine 
distinct. 

Ce genre , qui m'est inconnu et dont j'emprunte les caractères à 
Erichson, participe, d'après ces derniers, des Piialacrus et des Ou- 
brcs. Ses espèces sont exotiques et originaires d'Amérique, de Mada- 
gascar et de la Nouvelle-Hollande; deux seulement ont été décrites (2). 

(1) Esp. européennes : Aux dix décrites par Erichson (0. corticalis Scli., 
reneus Illig., bicolor Gyllh'., liquidus Hoflrn., affinis Sturro, millefolii Payk., 
pygmœus Stunn, geminus Illig., picots Stcph., oblongus Er.), aj. : 0. bima- 
culatus, Kilster, Die Ka>f. Europ. XIII, 26. — Esp. du Cap : Phal. capensis, 
Guérin-Ménev. Icon. Ins. texte, p. 315. — Esp. de l'Araér. du Nord : Vha\. 
apicalis, nitidus, Melshcim. Procecd. of the Acad. of.Philad. II, p. 102. — 
apicalis, J. Le Conte in Agass. Lake Super, p. 222. 

(2) Sphœridium testacemn, Fab. Syst. El. I, p. 98; de l'ilo S'-Thomas. — 
Phalaaus brunneus, Ericlis. Arch. 1842, 1, p. 239; de la terre do Van Diemen. 

Nota. J'ignore auquel des genres précédents appartiennent les espèces sui- 
vantes : Phal. striatus, nigrinus , achilleœ, œneo-j>keus , Leachiellus, Ste- 
phensis, rufipes, piccorrheus, puklMus, nilens, Slephens, lllust. of Brit. 
Col. II, p. 161 sq., etMan. of Brit. Col. p. 99 sq.— mullistriatus, Zetterst. 
Ins. Lappon. p. 233. La plupart de celles de Stcphens sont très-probablement 
des variétés d'espèces connues, 



FAMILLE XVI. 



NITIDULÂIRES. 



Languette cornée. — Mâchoires presque toujours terminées par un 
seul lobe. — Palpes courts. — Antennes de onze, très-rarement de dis 
articles ; les deux ou trois derniers formant une massue en général en 
forme de bouton. — Elytres très-souvent abrégées en arrière. — Pattes 
courtes ; hanches antérieures et intermédiaires transversalement ova- 
laires, non contiguës ; les postérieures fortement transversales, demi- 
cylindriques, plus ou moins séparées. — Tarses de cinq articles, les 
postérieurs parfois de quatre seulement chez les mâles ; le 4° très-petit, 
nodiforme. — Abdomen de cinq ou six segments, tous libres. 

Les Nitidulaircs sont des insectes d'assez petite taille pour la plupart, 
en général de forme ovale ou oblongue, rarenicnt ( Rnizoimiagcs) 
linéaires, tantôt déprimés, tantôt très-convexes, parfois même subglo- 
bulcux, avec les passages intermédiaires, et dont le corps est le plus 
souvent revêtu , surtout supérieurement , d'une fine et courte pu- 
bescenee. 

A l'exception des seuls Rhizopiiagus, la tête est fortement engagée 
dans le prolhorax, courte, sans col en arrière, et rclrécie antérieure- 
ment en un court museau triangulaire, tronqué ou arrondi en avant. 
Chez les Ipides (Paromia excepté) et les Khizophagidcs, le labre est 
caché sous l'épistome cl membraneux; partout ailleurs il est corné et 
très-apparent. Les mandibules sont courtes, mais robustes ; leur base 
interne est munie d'une saillie molaire plus ou moins distincte, et leur 
extrémité est plus souvent bidentée on fissile que simple. Les deux lo- 
bes des mâchoires n'existent que chez les Brachyptérides, groupe très- 
peu riche en espèces. L'externe est celui qui manque dans les autres 
espèces; l'interne, qui subsiste seul, varie assez sous le rapport de son 
développement, et est en général fortement cilié, mais constamment 
inerme. Dans le plus grand nombre des cas, la languette est échancrée 
ou bilobée, et ses angles antérieurs paraissent se prolonger en deus 
appendices membraneux, d'une nature ambiguë, qui simulent des para- 



288 NITIDCLAIBES. 

glosses (I). Lemenlon est assez développé et parfois même (Prome- 
topia, Psilotus) recouvre sur les cotés la base des mâchoires. Quant 
aux palpes, les maxillaires sont, comme do coutume, un peu plus longs 
que les labiaux, mais il n'y a aucun parti à tirer de leur dernier article, 
qui est constamment cylindrique ou un peu acuminé ; celui des labiaux 
varie un peu plus et fournit des caractères de médiocre importance. 

Les RnizopnAGDS sont les seuls qui aient des antennes de dix arti- 
cles. Ces organes sont courts, insérés immédiatement en avant des 
yeux, et peuvent se loger en partie dans deux sillons qui partent des 
cavités antennaircs et gagnent le dessous de la tète où ils se comportent 
différemment selon les genres, (s); il n'est pas très-rare qu'ils soient 
superficiels ou môme complètement effacés. Les yeux sont assez gros, 
latéraux et subarrondis. 

Le protborax tantôt s'applique exactement contre la base des élytres, 
ce qui est le cas ordinaire, tantôt (Cychramides) la recouvre un peu, 
comme chez certaines Anisolomidcs ; les bords latéraux du pronotum 
sont toujours amincis, souvent rebordés, et forment une voùle plus ou 
moins étendue au-dessus des flancs. L'écusson ne manque jamais et en 
général forme un triangle, curviligne. Lorsque le prolhorax est rebordé 
sur les côtés, les élytres le sont également, et quand elles sont tron- 
quées en arrière, elles laissent à découvert au moins une partie du py- 
gidium, et souvent les deux ou trois derniers arceaux supérieurs de 
l'abdomen. Il existe toujours des ailes inférieures, sauf chez les Ecîio- 
m^cs. 

Dans la plupart des genres, tous les tarses ont leurs trois premiers 
articles dilatés chez les deux sexes, un peu plus fortement aux pattes 
antérieures qu'aux autres, et garnis en dessous de longs poils qui les 

(1) Les véritables paraglosses naissent à. la base des bords latéraux de la 
languette et se soudent avec ces bords ou restent libres. Les pièces dont il 
s'agit ici semblent prendre leur origine plus loin que la baso do la languette, 
sont placées au (levant d'elle, s'appliquent sur sa face externe en restant plus 
ou moins libres, et, comme elles vont en divergeant, leur extrémité correspond 
aux angles antérieurs de la languette, dont elles paraissent des prolongements. 
Il est probable qu'olles correspondent k l'une des deux pièces Intermédiaires 
entre le menton et la languette dont il a été question dans la famille des Sla- 
phylinicns. On peut se l'aire une -.acte de ces organes en jetant un coup- 
d'œil sur la Ogure que M. Westwood (Trans. oftheent. Soc. 2'i Scr. I, pi. 13, 
f. 1 d) a donné des parties de la bouche de la paromh dorcoides. Il les dis- 
tingue: tns-iiMii dans h' texte, sous le nom de Ungw, de la languette propre- 
ruent dite, qu'if appelle labium. 

(2) Ils sont placés tantôt à quelque distance des yeux, tantôt immédiatement, 
au bord interne de ces organe s, qu'ils contournent en arriére. Pour plus de 
bftéveté dans les formules génériques qui suivent, Ces sillons sont dits SOUS' 
êtphaMqbet quand ils alléctent la première de ces positions, et sous-opltthal- 
miques lorsqu'ils occupent lu seconde. 



NITIDDLÀIHES. 289 

débordent sortes côtés. Leur 1er arti cle est en général triangulaire, le 
2" fortement cchancré, le 3" de même forme ou bilobé ; le âo n ' e st 
qu'une sorte de petit nœud placé à la base du Se, qili est constamment 
fort allonge ; les crochets sont le plus souvent simples. Par une excep- 
tion «nique, les mâles des Itnizoï-nAGos n'ont que quatre articles aux 
tarses postérieurs. 

Lorsque le proslcmum se prolonge en arrière des hanches anté- 
rieures, ce qui a lieu dans le plus grand nombre des espèces, cette 
saillie varie assez dans ses rapports avec le mésosternum. Tantôt son 
sommet s appuie simplement contre la face antérieure de ce dernier 
tantôt elle le recouvre plus ou moins. Dans ce dernier cas, elle gh'ssc 
sur lui quand le prolhorax s'abaisse ou se relève, et dans le premier 
de ces mouvements, elle arrive parfois jusqu'à toucher le mélasternrm. 
Les genres Mystbops et Twacamus socles seuls chez lesquels il y ait 
une articulation proprement dite entre ce dernier et la saillie en ques- 
tion. Les parapleures du métalhorax sont toujours simples, très-allon- 
gées et se rétrécissent graduellement d'avant en arrière. 

Ceux des arceaux dorsaux que ne recouvrent pas les élytres sont 
cornés comme chez les Staphvliniens, et très-souvent le dernier, qui 
lormc le pygidium, l'est, même lorsqu'il est caché. Le nombre normal 
des segments abdominaux en dessous est de cinq ; le sixième, qui s'y 
ajoute très-souvent, est petit, presque toujours propre aux mâles, et 
n'est en réalité qu'un demi-segment qui appartient soit à la région 
dorsale, soit à l'anale. 

A l'état parfait les Nitidulaires vivent les uns sous les écorces, 
les autres sur les fleurs ; un certain nombre se trouvent dans les 
champignons ou les cadavres. 

Il serait prématuré d'assigner en ce moment des caractères gé- 
néraux à leurs larves, attendu qu'on n'en connaît que deux, celles 
de la Soronia grisca et du Ilhizophagus ttepressus. Cependant, en 
se bornant à ces matériaux incomplets, on peut dire provisoirement 
que ces larves ont en commun : un labre distinct ; des mandibules 
larges à leur base interne et munies intérieurement d'une bordure 
membraneuse ciliée ; un seul lobe aux mâchoires ; des antennes de 
deux articles; trois ocelles de chaque côté de la tète; des ma- 
melons charnus sur les côtés au moins de l'abdomen; une paire 
de crochets cornés sur le dernier segment abdominal; un prolon- 
gement anal; enfin des pattes terminées par un seul crochet. 

L'Amérique, puis l'Europe, sont les deux parties du monde où 
ces insectes sont le plus abondants. Hors de là, il n'en existe qu'un 
petit nombre disséminés au loin depuis l'Afrique jusque dans les lies 
de la Polynésie. 

La famille a pour type les anciens genres Nitiddla , Siiiongylus 
et 1rs. Elle est essentiellement caractérisée par la forme ovale des. 
Coléoptères. Tome H. 19 



290 N1TIDULAIBM. 

hanches antérieures, la petitesse du 4" article des tarses (1), l'ab- 
sence de lobe externe aux mâchoires dans l'immense majorité des 
espèces, et la mobilité des segments abdominaux, ensemble de ca- 
ractères qui ne se retrouve dans aucun autre groupe de Clavicor- 
nes. Sa composition avait déjà été assez bien établie par les auteurs 
anglais (2) pour les espèces européennes ; mais personne ne s'était 
occupé des exotiques jusqu'à l'apparition du remarquable travail 
qu'Erichson (3) a publié , il y a peu d'années , sur l'ensemble de 
la famille. Ce savant entomologiste y a introduit deux éléments 
nouveaux empruntés aux Xylophages de Latreillc, le genre Rnizo- 
phagus et le groupe des Trogositaires. Le genre en question ap- 
partient sans aucun doute à la«famillc ; quant aux Trogositaires, 
malgré l'analogie intime et ^contestable qu'ils ont avec elle , ils 
me paraissent présenter des caVactèrcs suffisants pour constituer une 
famille propre. A part ce changement, la création d'une tribu pour 
les Rhizopiiagls et l'addition d'un petit nombre de genres nouveaux 
qui ont paru depuis le travail en question dliricbson, la classifica- 
tion suivante est conforme à la sienne. 

1. Antennes de onze articles. 

A Les deux ou trois derniers segments dorsaux de l'abdo- 4 

men à découvert. 
Deux lobes aux mâchoires. Biuchyptérides. 

Un seul lobe aux mâchoires. Oinpornu-iDES. 

B Le pygidiuni seul â découvert, 

a Epistomo non saillant entro les mandibules. 

Prothorax ne recouvrant pas la base des élytres. Nitidulides. 

(1) Ces insectes sont par conséquent Tétramères, et Latrcille, pour se con- 
former au système tarsal qu'il suivait, aurait dil les placer parmi ses Xylo- 
pliages. Des six genres qu'il a fait entrer dans la famille (Règne anim. éd. 2, 
IV, p. 503), il faut en extraire les Thyjialus, les Colobicus et les Bytuiius. 

(2) Voyez Stcplicns, Man. of Brit. Col. p. 116. 11 comprend dix genres dans 
la famille parmi lesquels il n'y a à retrancher que les Thymalus et les Micno- 
peplus. — M. Westwood (An Introd. to the mod. class. of 1ns. II. Gêner. 
Synops. p. 12) la compose comme Stephens, en y ajoutant les Bytuiius. M. Schu- 
■ckard (Brit. Col. delincat. p. 24) en rejette ce dernier genre, ainsi que lesMl- 
ckopeplus, et les remplace par les CnYPTAiïCHA, en quoi il a raison, et par les 
TmciiOPTEHYX. Tous ces auteurs placent les 1rs parmi les Engidites et varient 
sur la place qu'ils assignent aux Rmizophagus, que M. Schuckard met dans ces 
même Engidites, tandis que Stephens et M. Westwood les font entrer dans les 
Wycétophagidcs. 

(3) Dans Germar's Zeitsch. IV, p. 224 sqq., avec un supplément, ibid. V, 
p. 438. Voyez aussi sa Naturg. d. Insekt. Deutschl. III, p. 123 sqq. Ericlison a 

jpiodifié dans cet ouvrage sou travail primitif. 

Pour les espèces européennes, voyez J, Sturm ; DeufsçbJ. Ins, Bd, XiY et XV. 



BllÀCItYPTÉIUDES. 29i 

Prothorax recouvrant un peu la base des élytrcs. Cïciiiuuides. 
a a Epistomc saillant entre les mandibules. i Pn)Es . 

II. Antennes de dis articles. Rhoomumbes. 

TRIBU I. 
RRACHYPTÉRIDES. 

Deux lobes aux mâchoires. - Labre distinct. - Antennes de onze 
articles. - Elytres laissant à découvert au moins les deux derniers 
segments dorsaux de l'abdomen, non recouvertes à leur base par 
le prothorax. - Cavités cotyloïdes antérieures imparfaitement closes 
en arrière. — Tarses de cinq articles dans les deux sexes. — Point 
ûc saillie prosternale en arrière des hanches antérieures. 

De toutes les tribus de la famille, celle-ci est la moins riche en 
espèces ; elle ne comprend que les deux genres suivants qui sont 
presque exclusivement propres à l'Europe. Ces insectes sont de 
ires-pel.tc taille, constamment dépourvus de sillons antennaires et 
vivent exclusivement sur les fleurs. On ne possède jusqu'ici aucun 
renseignement sur leurs premiers états. 

1. Crochets des tarses simples : Cercus. 

"' denté» 4 tour baso ; Brachypterus. 

CERCUS. 
Latr. l'réc. d. car. gènér. d. 1ns. p. 68 (1), 

Menton assez grand, transversal, entier. — Languette cornée 
echancrcc en avant; ses angles arrondis, prolongés en un lobe" 
coriace et cilié. - Lobe interne des mâchoires brusquement crochu 
au bout, terminé par un bouquet de poils. - Dernier article des 
palpes labiaux ovalaire, beaucoup plus grand que le 2o • celui des 
maxillaires égal au 3», cylindrique et obtus. - Mandibules courtes 
datées extérieurement à leur base, terminées par une pointe simple 

J* £»*** Herbst > »* fefer, V, p. 11; genre qui n'est qu'un magasin 

i "Pèces disparates. Herbst en a ligure les caractères (pi. 3, f. 4 5 G) d'après 

«n Us; dès lors, bien qu'il y ait compris une espèce du genre actuel '{,„■<)„ ■„- 

<»*), cm. ne peut pas le regarder comme synonyme de ce dernier et lui donner 

11 lin C r C ?? C I '°" t m pluSieurs auteurs rtents—ANisocBiu. Stephens, 
ni 3n ; ' P ' ' ~ Am, ' ,:< " :k "*> Schuokard, Brit. Col. delin. p. 25, 

n'Bil ,'7 ' iim £enres s ""' f0Dd «s sur la môme espèce [sfirtsa), qui 
autres n lm '"' ul '' ri "> ! - '1"° rlw > "'autorise à séparer gtafolquement des 
autres. — DfinMEsits, Linné, Fabr., Payk. 



2Q0 MTIDCLAIBES. 

lXai-uo. - Labre coriace, échancré et cilié en avant ; ses angles 
a rendis.- Antennes assez robustes, â f article plus long et pus 
gros que les autres, 2° un peu nioins gros et de moitié plus petit, 
3-8 courts, subégaux, grossissant peu-à-peu, 9-11 formant une 
massue allongée et peu serrée. - Prothorax transversal non échan- 
c é en avant, arrondi sur les côtés ou un peu rctréc. en arrière; 
ses angles postérieurs obtus. - Ecusson grand, triangulaire. - Lly- 
tres laissant à découvert les deux derniers arceaux dorsaux ou le 
dernier seulement de l'abdomen. - Celui-ci compose de cinq seg- 
ments en dessous dans les deux sexes. - Pattes médiocres ; cuisses et 
jambes robustes, ces dernières élargies au bout et terminées par 
deux très-pe.its éperons ; les trois 1- articles de tous les tarses 
dilatés, garnis de longs poils en dessous, le 4» enfou, entre les lobes 
du 3° ; crochets simples. 

Les mâles ne se distinguent quelquefois en rien des femelles; 
d'autres (pedicularius) ont tes deux premiers articles des antennes 
beaucoup plus gros, ou bien (sambuci) dans le dernier de ces sexes 
le 1" article de la massue de ces organes est a peine plus gros 
que le précédent. On trouve ces petits insectes principalement sur 
les fleurs du sureau ou de diverses espèces de Spirœa. Leurs es- 
pèces sont peu nombreuses et propres à l'Europe et à 1 Amérique 
du Nord (l). 

BRAC11YPTERUS. 

Kugelahn in ScnNEiD. Magas. p. 560 (2). 

Mêmes caractères que les Cehcus, sauf les différences suivantes : 
Languette moins échancrée ; ses lobes latéraux petits, dépassant peu 
ses angles antérieurs. - Lobe interne des mâchoires non barbu a 
son sommet. — Dernier article des palpes labiaux subglobuleux. - 
Crochets des tarses munis d'une dent à leur base. - Abdomen des 
mâles ayant un sixième segment, petit et appartenant à la région 
dorsale. 

Ce dernier caractère distingue seul les deux sexes entre eux. 

m E«P européennes : C. pedicularius auotor. - hipustulatus,. Cyllli. fos: 

Ml ,„is Hccr). - dalrmHHts, Dcj. Sturm, DeutscM. Ins. XV, Tab. 289, l>. 
_ m/Uabris, Latr. Gen. Cnist. et b>. U, P- 16 (car™ «fWtoflg' 
pallidfti Hccr). Toutes ces espèces sont figurées dans Sturm loc. et. I »' 
289 -Esp. do l'Amer, du Nord : C abdommnUs, Enchs. in Germai, /.c tS i. 
IV, p. 229. — pusillus, Mclslieim. Procccd. of the Acud. of Plulad. il, 
p. 105. , . 

Q) Svn. Cateketes, Herbst, 1111g.', Sleph., Gyllh., Hccr, etc. - Cmcus Latr. 
- Dermesïes, m., Payk. - StAmtiHs HéYtat.- Scapuiduih BUW. 



CAKPOPIHI.IDES. 293 

Le faciès et les habitudes sont les mêmes que dans le genre pré- 
cédent et toutes les espèces décrites jusqu'ici sont européennes et 
do l'Afrique australe (1). 

TRIBU IL 

CARPOPHILIDES. 

Un seul lobe aux mâchoires. — Labre distinct. — Antennes de 
onze articles. — Elylrcs laissant à découvert les deux ou trois der- 
niers segments dorsaux dé l'abdomen, non recouvertes à leur base 
par le prothorax. — Cavités cotyloïdes antérieures imparfaitement 
closes en arrière. — Tarses de cinq articles dans les deux sexes. 
— Prosternum en général saillant en arrière des hanches anté- 
rieures. 

Ces insectes ne diffèrent essentiellement des Brachypléridcs que 
par l'absence du lobe externe des mâchoires, et des Nitidulides qui 
suivent, que par leurs élylrcs plus courtes. Leurs sillons anlcnnaircs 
sont sujets à manquer (Mystroi-s, Ecnomjbds) ; quand ils existent, 
ils sç*lt toujours sous-céphaliques et convergents. Quelques-uns, par 
suite de la brièveté de leurs élytres et de leur forme générale (Cn- 
loeus, Conotfxus), ressemblent singulièrement à dos Staphyliniens 
et ont été placés dans cette famille par quelques auteurs. On ne 
sait rien non plus de leurs métamorphoses. 

Leurs genres sont médiocrement nombreux et l'Europe n'en pos- 
sède qu'un seul (Carpopuilus) ; les autres sont disséminés dans les 
diverses régions du globe. 

I. Tarses dilatés. 

Point do sillons antennaircs : Mystrops. 

Ces sillons présents : Colastus, Carpophilus, Brachypeplus, CiUtms, Co- 
notelus. 

II. Tarses simplos : Ecnomams. 

(I) Pour les csp. européennes, voyez les six (B. quodratns, gravidus, cine- 
retu, pi'hrscens, nrlirœ, rubiginosus) figurées dans Stunn, Deiilsclil. Ins. XV, 
pi. 290 et 291, et décrites par Erichson, Naturg. der lnsekt. Doutsahl, lll, 
!'• 130 sq. — Aj. : B. ftdci)ics, Inhiatus, falnix. Kii, lis. in Çemaar, Zeits"ch. 
•V, p. 231 sq. — liitirullix, meridionalis, flavicornis, Kiister, Die Kœf. Éurop. 
XV, 35, 38, 40 ; unirdor, XVIII, 2'.). — vestitus, Kicscnw. Ami. <1. I. Soi-, cul. 
Série 2, 18J0, p. 223. — Esp. cie Natal : B. suhmneus, pkbui.s, Bohem. bas 
Caflrar. I, p. :,;,;). 

' auquel des deux genres de cette tribu appartiennent les espèces 

suivantes : Caleretes agarici, nitidus, ruficurnis, pyrrhupus, Btcph. A. Man. 
«f Brit. Col. p. 122. — Cat. afflnis, pktus, Ilecr, Col. helvet. p. 411. 



291 NiTim-i.Ainns, 

MYSTROPS. 
Enicns. in Gehmar, Zeitsch. IV, p. 234. 

Menton légèrement bisinuo en avant. — Languette cornée : ses an- 
gles prolongés en une pointe coriace très-gréle, longue et ciliée en 
dedans.— Lobe des mâchoires grêle, allongé, fortement cilié au 
côté interne. — 1 er article des palpes labiaux très-court ; le 3° égal 
au 2°, en ovale allongé ; le 4» des maxillaires cylindrique, aussi 
long que les précédents réunis. — Mandibules saillantes, robustes, 
planes, arrondies en dehors, simples et aiguës au bout.— Labre 
assez grand, bilobé. — Tête allongée, sans sillons anlennaircs. — 
Antennes de longueur variable, selon les sexes ; leurs articles 1-8 
variant également ; les trois derniers formant une massue ovale ou 
subarrondic et comprimée. — Prolhorax aussi forge que les élytres 
à sa base : celle-ci bisinuée, avec ses angles un peu prolongés en 
arriére.— Elytres tronquées, laissant les deux derniers segments 
abdominaux à découvert. — Pattes médiocres; cuisses robustes; 
jambes assez élargies au bout , leurs éperons terminaux très-petits ; 
les trois l° rs articles des tarses dilatés , velus en dessous : crochets 
robustes , simples. — Prosternum articulé en arrière avec le méta- 
sternum. — Abdomen court ; Je le r et le 5° de ses segments ven- 
traux un peu plus grands que les autres. 

Petits insectes assez semblables pour la forme aux Ceiicds. Les 
mâles se distinguent des femelles par leur tête plus allongée, leur 
épistome impressionné et leurs antennes plus grandes : une espèce 
même {dispar) les a du double plus longues que le corps ; celles des 
femelles sont seulement un peu plus longues que la tête. Les trois 
espèces connues sont du Brésil et de Madagascar (i). 

COLASTUS. 
Emeus, in Germar, Zeitsch. IV, p. 236 (2). 

Menton large , échancrè en avant. — Languette coriace sur ses 
bords, tronquée en avant, élargie sur les côtés; ses angles an- 
térieurs prolongés en une courte saillie aiguë. — Lobe des mâchoires 
un peu élargi et arrondi au bout, muni dans cet endroit et en 
dedans de poils mélangés de cils. — 1 er article des palpes labiaux 

(1) M. durits, debilis, du Brésil; dispar, de Madagascar; Erichs. loc. cit. 
p. 235. 

(21 Syn. Colopterus, Erichs. Arch. 1842, I, p. 149. Erichson a changé ee 
nom à cause de sa trop grande ressemblance avec celui de Coloboptehus, établi 
par M. Mulsaut (Col. d. France; Lamellic. p. 16J) parmi les Aphodiens. 



CABPOPniLIDES. 295 

court, les deux suivants égaux, le 3» déprimé, subsécuriforme ; le 
dernier des maxillaires cylindrique, aussi long que les précédents 
réunis. — Mandibules médiocres, assez robustes, dentées à leur 
extrémité. — Labre bilobé. — Tête petite et courte ; ses sillons an- 
tennaircs courts et convergents. — Antennes un peu plus longues 
que la tête, à 1 er article gros, 2" plus court que le 3°, 4-8 courts 
et subégaux, 9-11 formant une massue médiocre, ovalaire. — Pro- 
tborax large, échancré en avant, largement bisinué à sa base ; celle- 
ci de la largeur des élytres. — Ecusson assez grand. — Elytres tron- 
quées, laissant à découvert le dernier ou les deux derniers segments 
abdominaux. — Pattes courtes ; cuisses en ovale allongé, canaliculécs 
en dessous ; jambes assez larges au bout : leurs éperons terminaux; 
courts, mais assez robustes; les trois 1 e " articles des tarses élargis, 
velus en dessous ; crochets simples. — Les quatre l ors segments ab- 
dominaux inférieurs courts, égaux entre eux , le S au moins aussi 
grand que tous réunis. 

Le corps est généralement assez large et peu convexe. Les dif- 
férences sexuelles paraissent nulles dans la plupart des cas et ne 
porter, quand elles existent, que sur les jambes antérieures qui, 
dans les mâles, sont recourbées brusquement près de leur milieu, 
et élargies en dedans à leur extrémité. Le genre est propre jusqu'ici 
à l'Amérique et compte déjà près d'une vingtaine d'espèces, presque 
toutes décrites pour la première fois par Ericbson (»)• 

CARPOPMILUS. 

(Leach)'Stepii. /((. ofBrit. Ent. III, p. 50 (2). 

Menton transversal, largement échancré en avant. — Languette 
entière ; ses angles munis chacun d'un grand et large appendice 
membraneux, cilié en dedans. — Lobe des mâchoires assez large, 
cilié à son sommet et en dedans. — Dernier article des palpes la- 
biaux un peu élargi et tronqué au bout ; celui des maxillaires co- 
nique, aussi long que les autres réunis. — Mandibules larges ; leur 

(1) Nitidula rupta, macroptera, Fab. Syst. El. I, p. 354. — Cercus niger, 
Say, Journ. of tho Acad. ot Pbilad. III, p. 195. — Nitid. semitecta, Say, ibid. 
V, p. 182. — Coi. posticus , cirçumscriplus , melanocephatus ., bimaculatus , 
discoideuSj vuhieralus , plagiatus, abdominalis, morio (Cercus niger Say), 
adusius, ampututus, maculatus, obscurus, inflmus, Ericbs. loc. cit. p. 237 sqq. 

— Coi. varius, Ericbs. Arcb. 1847, I, p. 92. 

C'est h ce genre également que me paraît appartenir la Nit. ruficûllis de 
Solier in Gay, Hist. de Chile, Zoôl. IV, p. 3C2, pi. VIIÏ, f. lt. 

(2) Syn. Deumestes, Linné, Do Gccr. — Nitidula, Fab., Oliv., Payk., Say, etc. 

— Cateretes et Ips Heer. — Ceiicus Say. — Lïctus Panzer. — Stehus Fab. 



296 NITIDBLAJRBS. , 

pointe précédée d'une petite dent. — Labre divisé par une pro- 
fonde échancrure en deux lobes arrondis. — Tète large ; ses sillons 
antennaires courts et fortement convergents. — Antennes un peu plus 
longues que la tête, à 1 er article élargi en dehors, 2 cylindrique, plus 
gros et un peu plus court que le 3°, 4-8 courts, 9-11 formant une 
grosse massue brièvement ovalaire. — Prothorax presque aussi long 
que large, faiblement échancré en avant, marginé sur les cotés, en 
général aussi large qne les élytres et bisinuc en arrière. — Ecusson 
grand. — Elytres laissant à découvert les deux ou trois derniers seg- 
ments abdominaux. — Pattes courtes , robustes; cuisses canaliculées 
en dessous ; jambes élargies au bout, leurs éperons terminaux assez 
forts ; les trois 1 ers articles des tarses dilatés, velus en dessous ; cro- 
chets simples. — 2 e et 3 e segments abdominaux très-courts, 1er, 4<> c t 
S assez grands ; un arceau ventral additionnel et arrondi chez les 
mâles. — Prosternum élargi ct arrondi en arrière, atteignant le mé- 
sosternum. 

Le corps est généralement assez large et plus ou moins déprimé. 
Les espèces sont nombreuses ct répandues dans toutes les parties du 
globe ; quelques-unes se retrouvent dans des contrées tres-éloignées 
les unes des autres où elles ont été probablement transportées par le 
commerce avec des marchandises de nature végétale. Celles de nos pays 
se rencontrent sur les fleurs ct sous les écorecs. Le nombre de celles 
décrites s'élève déjà à près d'une trentaine (1). Quelques-unes ont un 
habitai très-étendu, ct il en est même (par ex. hcmiplerus L.) qui sont 
presque cosmopolites. 

(1) Esp. européennes : Dermcstes hemipterus Linné. — Nilid. G-pitstuliiln, 
Fab. Syst. El. I, p. 352. — Ips bipustulatus, rubripennis, Hccr, Col. helvet. 
1, p. 416. — C. castanopterus , i-signatus, Erichs. in Germ. Zeitschr. IV, 
p. 256. — Esp. de l'Algérie : C. immaculatus, Lucas, Expl. de l'Alger. Ent. 
p. 217. — Esp. de l'Afriq. austr. et de Madag. : Nitid. humvralis, Fab. Syst. 
El. I, p. 354. — C. discolor , biguttatus , notatus , tnmeatus, ochropterus , 
mwio, Erichs. in Germ. Zeitschr. IV, p. 256 s<[ ; esp. simplement indiquées. 

— bisignatus , fumatus , Bolicm. Ins. Caffrar. I, p. 563. — Esp. indienne : 
C. obsoletus, Erichs. loc. cit. p. 259. — Esp. américaines : Nitid. dimidiatà, 
Fab. Syst. EI.'I, p. 354. — Cercus palUpennis, Say, Journ. of tbe Acad. of 
Tliilad. III, p. 194. — Nitid. unicolor, brachyptera, Say, ibid. V, p. 183. — 
Nitid. trmeata, Randal), Iioston Journ. of nat. Ilist. II, p. 18. — Carp. »nt- 
lilatus, swrisus, tempestiviis, ochraceus, languidus, jloralis, rnelanoptffui, 
humilis, tnarginatus, corticimts, tristis, Erichs. in Germ. Zeitscbr. IV, p. 258. 

— surdidus, Erichs. Arcb. 1847, I, p. 92. — antiqwus {muri/incitus Er.), m>- 
mdus (anti-juus var.), lAmaculatus (hemipterus? L.), Mclshcim. Proeeed. of 
tho Acad. of Philad. H, p. 105. — Esp. do Taïti : C. jlavidus, mntubilis.l. 
Fairm. Rev. ct Mag. d. Zool. 1819, p. 362. 



CARPOPIIILIDES. 297 

BRACHYPEPLUS. 
Eaicns. Archiv. 1842, 1, p. 148. 

Menton large, échancré en avant. — Languette munie de chaque 
côté d'un grand et large lobe membraneux, cilié au côté interne. — 
Lobe des mâchoires petit, fortement cilié au bout et en dedans. — 
Dernier article des palpes labiaux subsécuriforme ; celui des maxillaires 
ofbconique. — Mandibules peu saillantes, munies de deux très-petites 
dents avant leur pointe. — Labre arrondi en avant, à peine échancré 
dans son milieu. — Tète médiocre et courte ; ses sillons antennaires 
courts, mais bien marqués et très-convergents. — Antennes un peu 
plus longues que la tète, a 1 er article un peu dilaté en dohors, 9Jbn 
peu plus gros que les suivants, 3° assez allongé, 4-6 courts, égaux, 
C-8 un peu plus gros, 9-11 formant une massue arrondie et comprimée. 
— Prothorax de la largeur des élytres, coupé carrément à sa base, avec 
ses angles postérieurs assez saillants, forlcment rebordé sur les cotés. 

— Elytres laissant les deux ou trois derniers segments abdominaux à 
découvert, rebordées latéralement ; leur angle apical externe arrondi. 
—Pattes courtes; cuisses robustes, faiblement canaliculées en dessous; 
jambes finement velues sur leur tranche externe, leurs éperons ter- 
minaux petits ; les trois 1 ers articles des tarses très-courts, très-serrés, 
élargis, avec une brosse de poils serrés en dessous ; crochets simples. 

— Abdomen ayant ses deux l ors segments ventraux trcs-courls, les 
deux suivants un peu plus longs, le 5° le plus grand de tous ; un petit 
arceau dorsal additionnel chez les mâles. 

Le corps est plus allongé, un peu plus déprimé que dans les deux 
genres précédents et finement pubescent. Les six espèces connues 
sont exotiques et disséminées aux Antilles, dans l'Afrique australe et 
dans la Tasmanie (0. 

CILLOEUS. 

De Castein. Et. entom. p. 133. 

Menton de forme variable. — Languette cornée, ovale, carénée, 
munie de chaque côté d'un petit appendice coriace. — Lobe des 
mâchoires assez petit, fortement barbu en dedans. — Dernier article 
des palpes labiaux Ovalairc ; celui des maxillaires acuminé, aussi grand 
que les deux précédents réunis. — Mandibules courtes, bifides à leur 

(1) Esp.d.'s AnlilH-s : B. mntilatus, Erichs. in Germ. Zrilsehr. IV, p.2iG. 

— Esp. de l'Afrique mér. : 11. daprpssus, Erichs. ihid. p. 247. — da/fer, <k- 
planatm, Bohem. Ins. CallYar. I, p. 56L — Esp. de la Tasmanie : II. planus, 
basalis, Erichs. Arch. 1842, I,p. 149. 



5298 KITIDCLAIBES. 

extrémité.— Labre arrondi en avant. — Tête grosse, surtout chez 
les mâles , ses sillons antennaires très-convergents. — Yeux grands et 
saillants. — Antennes un peu plus longues que la tête, à 1 er article 
gros et ovalaire, 2° cylindrique, un peu plus long que le 3 6 , 4-8 s'al- 
longcant et grossissant peu à peu, 9-11 formant une massue ovale, 
serrée et comprimée. — Prolhorax un peu plus long que large, légè- 
rement rétréci en arrière : ses angles postérieurs émoussés. — Ecusson 
assez grand. — Elytrcs tronquées, laissant à découvert les trois der- 
niers segments abdominaux. — Pattes courtes et robustes ; cuisses 
canaliculèes en dessous ; jambes postérieures garnies de petites épines 
sur leur tranche externe ; tarses faibles ; leurs trois 1 er » articles très- 
courts, serrés, élargis et garnis de longs poils en dessous ; crochets sim- 
ples. — Les deux 1 e " segments abdominaux très-courts, les suivants 
allongés ; un petit arceau ventral additionnel chez les mules. 

Le corps est très-allongé, aplati et, par suite de la grandeur des 
trois derniers segments abdominaux, a une ressemblance assez pro- 
noncée avec celui des Staphyliniens. M. De Castclnau, trompé par 
celle analogie, a placé le genre dans cette dernière famille parmi 
les Omalides. Erichson l'a remis à sa véritable place, en corrigeant 
"ses caractères dans lesquels M. De Castclnau avait introduit plusieurs 
erreurs. Ces insectes n'ont encore été trouves qu'à Madagascar et 
dans l'Amérique du Sud (t), 

CONOTELUS. 
Eiucns. in GEnjun, Zeitsch. 17, p. 249 (î). 

Menton court, largement et faiblement échancré, avec une Assure 
dans son milieu. — Languette coriace, entière, avec un petit lobe mem- 
braneux arrondi à chacun de ses angles. — Lobe des mâchoires coriace, 
fortement barbu en dedans. — Palpes labiaux robustes, à 1 er article 
très-petit, 2" et 3c très-épais, celui-ci tronqué au bout; les maxillaires 
courts , leur 4° article aussi long que les autres réunis, ovalaire et acu- 
miné. — Mandibules petites, aiguës au bout ; leur pointe précédée de 
plusieurs petites clients. — Labre entier. — Tête médiocre; ses sillons 
antennaires bien marqués et très-convergents. — Yeux gros, saillants. 
•— Antennes à peine aussi longues que la léte, à 1 er article élargi en 
dehors, 2° aussi gros, globuleux, 3" plus long que les cinq suivants qui 
se raccourcissent en grossissant peu à peu, 9-11 formant une massue 

(1) Esp. de Madagascar : C. cnslaneus (figuré dans Casteln. Hist. nat. d. Col. 
I, pi. 13, f. 7), suturalis, obscurus, thoracicus, megacephalus, filifonnis, 
Casteln. Et. eut. p. 133; espèces insuffisamment décrites. — Esp. du Colombie : 
C. Hiimris, Eiiclis. in Cermar, Zeitsch. IV, p. ',£19. 

(2) Syn. Stenus, Fal). Syst. El. H, p. C03. 



CAKPorniLiDES. 299 

épaisse, globuleuse et tronquée au bout. — Prolhorax un peu moins 
large que les élytres, en carré un peu transversal, avec ses angles an- 
térieurs arrondis. — Elytres laissant à découvert les trois derniers seg- 
ments abdominaux. — Pattes courtes ; cuisses faiblement canaliculées 
en dessous; jambes peu robustes; les trois l" 3 articles des tarses di- 
latés, velus en dessous; crochets simples. — Abdomen allongé; ses 
deux l^rs segments très-courts, les deux suivants grands, le dernier 
allongé, conique ; un petit arceau dorsal additionnel chez les mâles. 

Petits insectes à corps allongé et ayant, comme les Cilloeus, le (actes 
de certains Staphyliniens ; Fabricius a placé parmi les Stekos l'espèce 
qu'il a connue. Le genre est propre à l'Amérique, depuis les Etats- 
Unis jusqu'au Brésil (')• 

ECNOM^US. 
EniCHS. In Geruar, Zeitsch. IV, p. 2G4. 

Menton court, largement échancré en avant. — Languette cornée, 
munie de deux lobes membraneux très-larges et tressaillants. — Lobe 
dos mâchoires large, barbu à son extrémité et en dedans. — Palpes 
filiformes ; le dernier article des labiaux subcylindrique ; celui des ma- 
xillaires de même forme et plus grêle. — Mandibules très-arquées, 
rebordées extérieurement, terminées en une pointe longue et aiguë, 
précédée d'une forte dent. — Labre grand , faiblement échancré.— Tête 
allongée, terminée par un museau dilaté en avant des yeux, sans sillons 
antennaires en dessous. — Antennes insérées sous les côtés du mu- 
seau, courtes et grêles, à 1 er article cylindrique, plus long et plus gros 
que les autres, '2° et 3° de même forme, plus grêles, assez longs et 
.subégaux, 4-8 courts, 9-11 formant une massue petite, allongée et 
assez lâche. — Prothorax court, un peu échancré en avant, coupé car- 
rément en arrière, marginé et cilié sur les côtés. — Elytres rebordées 
latéralement, laissant à découvert les deux derniers segments abdomi- 
naux. — Pattes robustes, comprimées ; jambes droites, ciliées en de- 
hors, leurs éperons terminaux assez longs ; tarses grêles, simples, leur 
l° r article un peu plus long que les autres ; crochets simples. — Les 
deux le" segments abdominaux en dessous très-courts, les autres 
médiocres , égaux. — Saillie prostcrnale largement tronquée en ar- 
rière. 

Genre singulier, établi sur quelques espèces originaires de diverses 
parties de l'Afrique. Leur corps forme une ellipse plus ou moins allongée, 

(1) Stenus contais, Fal>. loc. cit. — Con. fuscipennis, obscunta, niger, vtcjtmu 
(Cerous, Doj. Cut. éd. 3, p. 137), femoralis, SiibstïiatUS, lulckvmis, Erichs. 
loc. cit. 



300 NITlDDLAinES. 

et est très-aplali et rebordé latéralement. Les ailes inférieures man- 
quent. Les trois espèces connues ont été publiées par Erichson (1). 



TRIBU III. 

NITIDULIDES. 

Un seul lobe aux mâchoires. — Labre distinct. — Antennes do onze 
articles. — Elytrcs recouvrant l'abdomen en entier ou ne laissant à 
découvert qu'uno partie ou la totalité du pygidium ; leur base non re- 
couverte par le prothorax. — Cavités cotyloïdes antérieures en général 
imparfaitement closes en arrière. — Tarses de cinq articles dans les 
deux sexes. — Saillie prostcrnale tantôt nulle, tantôt distincte. 

Groupe riche en espèces ainsi qu'en genres et qui peut être regardé 
comme le centre de la famille. La présence d'un seul lobe aux mâ- 
choires le distingue des Brachyptérides, ses élytrcs plus longues et 
souvent entières, des C.arpophilides, son prothorax appliqué contre la 
base des mêmes organes, des Cychramides qui suivent. 

On connait une larve de cette tribu : celle de la Soronia grisea (2). 
Elle est d'un blanc sale, presque ovale, atténuée en arrière et un peu 
déprimée. La tête est petite, arrondie, plane en dessus et cornée. La 
bouche se compose : d'un labre petit ; de deux mandibules à pointe peu 
arquée et précédée de quelques petites dents, très-élargies à leur base 
et munies en dedans d'une bordure coriace, portant des épines crochues, 
elles-mêmes fortement ciliées sur leur bord postérieur ; de deux mâ- 
choires terminées par un seul lobe allongé, barbu à son extrémité et 
au coté interne. Les palpes maxillaires sont formés de quatre articles 
dont le dernier, très-grèle, a l'apparence d'un cil. La lèvre inférieure 
n'est pas connue. Les antennes sont placées latéralement, immédiate- 
ment en arrière de l'articulation des mandibules et composées de deux 
articles dont le 2» estun peu plus long, plus grêle que le 1 er et terminé 

(1) E. planus, du Sénégal ; Erichs. loc. cit. IV, p. 200. -•■ concavus, du Cap; 
scaphula, do Nubie ; Erichs. loc. cit. V, p. 438. 

(2) M. Curtis (Linn. Trans. I, p. 86, Tab. V, f. 6-11) est lo premier qui l'ait 
décrite, mais il a commis quelques erreurs que M. Westwood a relevées m 
donnant une nouvelle figure de l'animal (An Introd. etc. I, p. 141, f. 11, n° 1). 
Une troisième description, beaucoup plus détaillée epic les deux précédentes, 
a été publiée par Erichson (Naturg. d. lnsekt. Deutschl. III, p. 103) ; c'est celle 
qui est reproduite dans le texte. 

M. Bouché (Naturg. d. lnsekt. p. 188, Tab. VIII, f. 38) a décrit, comme étant 
celle de lu Nilidulu obsohta [Pocad'ms fertuglneus) , une larve trouvée dans 
un Lycoperdon, mais qui probablement n'appartient pas a cette famille. VoyM 
Erichson, loc. cit. 



NITIDULIDES. 301 

par une soie. Sous chaque antenne il parait y avoir trois yeux simples. 
Le segment prothoraciquc présente en dessus deux grandes plaques 
cornées. Une rangée transversale de petites plaques ponctiformes se 
voit sur chacun des segments suivants; tous sont en outre munis de 
chaque côté d'une saillie charnue surmontée d'une soie blanche. Le der- 
nier est armé supérieurement de deux paires de crochets cornés, re- 
courbés en haut, dont l'antérieure est plus petite que la postérieure; en 
dessous, il se prolonge en un tube anal cylindrique. Les pattes sont 
courtes et terminées par un crochet épaissi a sa base. Il y a neuf paires 
de stigmates dont la première est placée intérieurement entre le pro- 
thorax et le mésothorax ; les autres le sont sur les côtés des huit l"s 
segments abdominaux, un peu en avant des saillies charnues dont il a 
été question plus haut. 

Cette larve vit sous les écorces de divers arbres, dans le bois ver- 
mouju et pulvérulent, et même, d'après Erichson, dans les galles que 
produit sur les chênes le Ctjnips quercus. Il résulterait des observations 
de M. Curtis qu'elle subit ses métamorphoses en terre. 

La majeure partie des vingt-quatre genres de cette tribu est propre 
à l'Amérique ; neuf d'entre eux seulement ont des représentants en 
Europe. 

I. Point de saillie prosternale en arrière des hanches antérieures. 
A Sillons antennaircs sous-céphuliques. 
a Menton do grandeur normale. 

Tarses dilatés : Perilopa, Epurœa, Nittdtita. 
Tarses simples : Soronia, Ipidia, Axyra, Ischœna. 
aa Menton très-large, cachant plus ou moins la base dos mâchoires ; 
Prometopia, Psilotus, Platychora. 

B Sillons antennaircs sous-ophthalmiqucs. 

Tétc munie d'oreillettes recouvrant la base des antennes :'A.mpho- 

ti.ij Lobiopa. 
Tétc sans oreillettes : Omosita, Phenolia, Slelidota. 
U. l'rostcrnum prolongé en arrière des hanches antérieures. 

Sillons antennaircs nuls ou ;\ peine distincts : Thalycra. 

distincts, sous-céphaliques : Acthina, Pria, 

MeligetheSj Ikbascus, Gaulodes, Psilojryga. 
Sillons antennaircs distincts, sous-ophthalmiqucs : Lordiles, Po~. 
cndius. 
Genre incerta: sedis ; Lusiodactylus. 



302 NITIDCLA1KES. 

PENLOPA. 

Erichs. in Germar, Zeitsch, IV, p. 276. 

Menton rétréci et échancré en avant. — Languette cornée, pro- 
longée en une pointe aiguë , ayant de chaque côté trois appendices 
membraneuse, grêles, dirigés en avant. — Lobe des mâchoires court, 
fortement barbu. — Dernier article des palpes labiaux gros et ovalaire. 

— Mâchoires terminées en pointe aiguë précédée d'une dent. — Labre 
entier. —Sillons antennaires sous-céphaliques, droits et convergents. 

— Antennes un peu allongées, à 1 er article fortement dilaté, '>' un peu 
plus gros que les suivants, obcojiique, 3-8 décroissant graduellement, 
9-11 formant une massue lâche. — Prothorax court, échancré en avant. 

— Elytres recouvrant en entier l'abdomen, arrondies au bout. — Pattes 
robustes; jambes droites, un peu velues sur leur bord externe; les 
trois 1°" articles des tarses dilates, velus en dessous; crochets simples; 
saillie prostcrnalc nulle. 

Genre établi sur un petit insecte de Colombie (P. pellidea Er.), sem- 
blable pour la forme à un petit Pïltis ; une autre espèce du cap de 
Boone-Espérance est douteuse (1). 

EPUILEA. 
Erichs. in Germar, Zeitsch. IV, p. 2G7 (2). 

Menton anguleux latéralement; ses angles antérieurs dentiformes. 

— Languette cornée, arrondie ou tronquée en avant, munie de deux 
grands lobes membraneux latéraux, ciliés au côté interne. — Lobe des 
mâchoires médiocre, arrondi au bout, garni de quelques longs poils en 
dedans. — Dernier article des palpes, labiaux grand , ovalaire et tron- 
qué au bout. — Mandibules terminées par une pointe aiguë, précédée 
d'une petite dent. — Labre arrondi en avant, divisé en deux lobes par 
une étroite et profonde échancrurc. — ïète assez grosse ; ses sillons 
antennaires sous'-cèphaliqucs, presque effacés, convergents. — An- 
tennes à 1 er article élargi en dehors, 2» allongé, obeonique, 3° aussi 
long, cylindrique, 4-8 décroissant et grossissant peu à peu, 9-11 for- 
mant une massue un peu allongée et assez lâche. — Prothorax de la 
largeur des elytres, échancré en avant, plus ou moins largement re- 
bordé sur les cotés. — Ecusson assez grand. — Elytres tronquées en 
arrière, laissant une partie du pygidium à découvert. — Pattes plus ou 
moins robustes ; hanches intermédiaires et parfois les postérieures con- 

(1) P. vestita, Erichs. loc. cit. Erichson no la rapporte au genre qu'avec 
quelque hésitation. 

(2) Syn. Kiiwbu auctor. — Silpju Linné. 



MTIDCLIDES. 303 

ligues; les trois premiers articles des tarses très-courts, dilatés, velus 
en dessous ; crochets simples. — Un petit segment abdominal addi- 
tionnel chez les mâles. — Saillie prosternale nulle. 

Les espèces sont nombreuses, de petite taille, tantôt larges et courtes, 
tantôt plus allongées, toujours peu convexes et finement pubescentes. 
Outre leur segment abdominal additionnel , beaucoup de mâles se dis- 
tinguent de leurs femelles par leurs cuisses postérieures dentées en 
dessous , ou leurs jambes intermédiaires plus ou moins élargies à. 
leur extrémité ; ce dernier cas est le plus commun. Ces insectes vivent 
en général sur les fleurs, d'autres sous les écorces, quelques-uns dans 
les plaies des arbres. Toutes les espèces décrites jusqu'à ce jour ap- 
partiennent à l'Europe et à l'Amérique (1). 

NITIDULA. 
Fàb. Sysi. Ent. p. 77. 

Menton bisinuè en avant. — Languette entourée d'une bordure mem- 
braneuse, évasée et largement èchancrée' en avant. — Dernier article 
des palpes labiaux subcylindrique et un peu atténué au bout. — Labre 
légèrement échancré en avant. — Sillons antennaircs bien marqués, 
droits et convergents. — Massue des antennes arrondie, comprimée, 
composée d'articles serres. — Les trois le" articles des tarses de lon- 
gueur normale, dilatés, velus en dessous. — Point de segment abdo- 
minal additionnel chez les mâles. 

Les autres caractères comme chez les Epub^ea. Le corps cependant 
est un peu plus aplati et cilié sur les côtés du prolhorax, ceux des 
élytres et à l'extrémité de l'abdomen. Les deux sexes, ayant cette der- 

(1) Esp. européennes : NU. ohsolcta, 10-guttata, limbata, Fab. Syst. El. I, 
p. 349 sq. — Silpha œstiva, Linné, Syst. nat. II, p.-574. — NU. silacea, va- 
ricgatajOOlongOjllcriist, Die Ka;f. V, p. 245. — NU. castanea, Duftschm. Faun. 
Austr. 111, p. 135. — NU. fusilla, Illig. Ksef. Preuss. p. 386. — NU. melano- 
cephala, Marsh. Ent. Brit. p. 136. — NU. neglccta, Heer, Col. helvct. I, p. 396. 
— NU. distincta , Grimmcr, Steierm. Col. p. 38. — NU. boreella, Zettcrst. 
Ins. Lappon. p. 102. — NU. pygmœa, Gyllli. Ins. Suce. I, p. 225. — Epur. 
parvula, Sturm, Deutsclil. Insekt. Tab. 295, f. dd. — Epur. melina [Nil. 
depressa Illig. , deletu {silacea Heer), immnnda, angustula , longula , florea 
{NU. œstiva, IUig., Gyllh.,'Steph., Heer., etc.), Erichs. toc. cit., et Naturgesch. 
d. Ins. u.eutschl. III, p. 144. — Nota. Pour la plupart de ces espèces, voyez les 
ligures de Sturm, loc. cit. — Esp. de Natal : E. bisignata, Boliom. Ins. Callïar. 1, 
p. 565.— Esp. de l'Amer, du Nord : NU. ru fa, Say, Journ. ofthe Acad. of Phi- 
lad. V, p. 180. — Epur. corticina, planidata, labilis, lutcola, helvola, Erichs. 
in Germar, Zcitsch. loc. cit.— Esp. du Brésil : Epur. ephippium, Erichs. ibid. 
p. 268. — Esp. de TaïU ; £. ocuiaris, L. Fairm. Uçy. et Mag. d. Zool. 1S49, 
p. 363. 



304 KITIDDtAIRES. 

nière partie semblable , ne se distinguent que par quelques différences 
dans la forme générale ; les femelles ont pour la plupart le prothorax 
un peu plus rétréci en avant que chez les mâles; la sculpture de leurs 
élytres est aussi parfois un peu plus forte. Les espèces sont peu nom- 
breuses, et il y en a dans les deux continents. On les trouve principa- 
lement dans les cadavres (l). 

S0R0N1A. 
Emeus, in Germai», Zeitsch. IV, p. 277. 

Parties de la bouche, tète et antennes comme chez les Nitidula. — 
Prolhorax et élytres plus largement rebordés latéralement ; le 1 er assez 
fortement échancré en avant, les secondes entières et arrondies à leur 
extrémité, recouvrant tout l'abdomen. — Tarses simples. — Un très- 
petit segment abdominal additionnel chez les mâles. 

L'intégrité des élytres, leur rebord plus prononcé ainsi que celui du 
prothorax, donnent à ces insectes un faciès assez différent de celui des 
Nitidula, dont ils diffèrent essentiellement par la simplicité de leurs 
tarses. Le petit segment abdominal de surcroit que possèdent les mâles 
ne dépasse pas ou qu'à peine l'extrémité des élytres. Les espèces dé- 
crites sont au nombre de neuf, dont deux d'Europe et les autres de l'A- 
frique australe (2). Celles de nos pays se trouvent sous les ccorccs et 
dans les plaies des arbres. 

IFIDIA. 

Emeus, iu Gehjiaii, Zeitsch. IV, p. 289. 

Menton assez fortement échancré en avant. — Languette cornée, 
entière : ses angles antérieurs munis de courts lobes membraneux. — 

(1) Esp. européennes : Nil. bipustulala,obscura, ^-puslulata, flexttosa, Fab. 
S.vsl. El. I, p. 347 sq. — Esp. africaines : N. ciliata, Ericlis. in Gormar, 
Zeitsch. IV, p. 275. — pieettj liohem. Ins. Caffrar. I, p. 560. — Esp. de l'Amer, 
du Nord : N. eicxac, unilineata, Say, Journ. of tlie Ae.nl. of l'hilad, V, 
p. 179 et 182. — N. uniguttala, riijhla, Melslioim. Procead. of tho Acadi of 
l'hilad. Il, p. lof,. — osia.ru, Randall, Boston Journ. ofnat. Hist. Il, p. 18.— 
Ossium, kirliy, Faun. Jlor. Amer. p. 100. — conveMuscuki , ambigua, iM.nili. 
Bull. Mosc. 1843, p. 255. — truncatelta, Manh. ibid. 1816, p. 14. — Esp. do 
l'Amer, du Sud : N.peruviuna (auhu.j. ucn.V), Ouerin, lcon. Ins. toxtt p- 68> 
— Esp. de Taïtl : N. liltorulis, h. Fairm. Rcv. otMag. d. Zool. 1849, p. 303. 

(2) Esp. européennes : Nit. jmnclalissimn ', Illig., Gyllh., I'anz., Stopli-, 
Heer.; Ir.'iireo dans Sturm, Dcutsclil. 1ns. XV, lab. 299. — Silpha grisea, 
Linné, Faim. Suce. p. 134 (Xitid. varia, Fa])., Herbst, Gyllh., Heer, Schœnh., 
etc.). — Esp. do l'Afrique môr. : S. marmorata, Erichs. loc. cit. p. 279. — 
6'. m/fra, tibialis, coslipennis, cMirata, immunda, curvipes, Bohcm. Ins. 
Calfrar. L, p. 507. 



NtTiDuLiDr.Sj 305 

Lobe des mâchoires grêle, longuement barbu au Côté interne - Der- 
nier article des palpes labiaux ovalaire et obtus, celui des maxillaires 
ol.co.nque. -Mandibules larges à la base, arquées et bidentées au 
bout. - labre presque entier. - Tète courte; ses sillons antennaircs 
so U .-ccp banques, droits et parallèles. - Antennes plus longues que S 
tetc, a 1t article clarg. en dehors, 2-3 allongés, subégaux, 4-8 courts 
grossit peu a peu, 9;11 tonnant une massue arrondie et comprimée' 
- Prolhorax un peu transversal , faiblement bisinué en arrière lance- 
ment rebordé latéralement, un peu échancré en avant. - Elvi™ 
allongées tronquées au bout, laissant en partie le pygidium à décou- 
vert -lattes courtes et robustes; les trois 1ers arlic | cs des tarses 
courts, serres, non dilatés, munis de quelques petites épines en des- 
sous; crochets simples. - Un petit segment ventral additionnel chez 
les maies. — Saillie proslernalc nulle. 

L'espèce typique de ce genre est allongée, aplatie, d'un noir bril- 
lant, avec deux taches rouges sur les élytres, ce qui lui donne com- 
plètement le faciès d un Ips, genre dans lequel Fabricius et tous les 
auteurs (1) qui en ont parlé l'ont placée sous le nom d7. 4-*«tfa«M Ce 
pel.t insecte, qui dépasse rarement deux lignes de long, est répandu 
dans la plus grande partie 4e l'Europe. M. Aube en a fait connaître 
une seconde espèce des environs dé Uatoum (a). 

AXYRA. 
Enicns. ia Gemiai!, Zeitsch. IV, p. 285. 

Genre ayant, comme le précédent, la forme d'un 1rs et les tarse* 
simples, mais présentant les différences suivantes : 

Mandibules ohtusément arrondies en avant , sans pointe terminale 
- Dernier article des palpes labiaux cylindrique, du double plus Ion» 
que le précèdent. - Labre divisé en deux lobes par une petite échan- 
crurc. _ Sillons antennaircs convergents. - Antennes assez longues 
a 1 'article en massue, non élargi en dehors, 2» et 3e cylindriques ce ' 
lui-ci le plus long, 4 8 se raccourcissant et grossissant peu à peu 9 lé 
lormant une massue orbiculairc, serrée. - Prothorax un peu rétréci en 
avant, ^ fortement reborde sur les côtés. -Elytres également rebprdées 
ot) tusement arrondies en arrière, ne recouvrant pas entièrement le nv- 
giduim. _ Pattes trèsrobusles; jambes un peu arquées à leur base- 
'es tarses simples, mais ayant leurs trois !«• articles velus en dessous! 

L'espèce unique (A. bruiinea Erichs.) quf compose le genre est 

fcïïe&^ï K SE Fism ' é ° a ™ dC8 d6m * d,,n8 &lmm > D,uUo,,u 

P) l- '«lu, Auu. d. 1. Sue. eut. Sur. 2, VIII, p. 338. 
Coléoptères. Tome II. 9q 



306 KITIBULAIRES. 

originaire de la côlc de Guinée, grande (3 lignes) pour celte famille, 
d'un brunâtre uniforme et couverte de quelques poils redressés. 

1SCMNA. 
jEnicnS. in Germar, Zeitsch. IV, p. 187. 

Les caractères sont presque les mêmes que ceux du genre pré- 
cèdent, mais le corps est encore plus long et ,un peu cylindrique; les 
mandibules sont terminées par une pointe simple, assez large, et pré- 
cédées d'une petite dent; les élytres sont tronquées en arrière, et 
leurs angles numéraux sont terminés par une saillie dentiforme, dirigée 
on avant; enlin, les jambes sont plus fortement ciliées, et leur extrémité 
présente plusieurs petites dents; les intermédiaires sont légèrement ar- 
quées. 

Erichson en décrit deux espèces (I. clongala, anguslala) originaires 
de Java. Leur vestiturc en dessus se compose de petits poils redresses 
comme dans le genre précédent. 

PROMETOPIA. 
EniCHS. In Germar, Zeitsch. IV, p. .279. 

Menton très-grand, cachant en entier les mâchoires sur les côtés, 
demi-circulaire et un peu échancré en avant. - Languette cornée, 
échancrée, avec une petite dent médiane ; ses angles munis chacun d un 
lobe membraneux, grêle et saillant. - Lobe des mâchoires linéaire, 
fortement cilié en dedans. — Dernier article des palpes labiaux cylin- 
drique. - Mandibules larges à leur base, graduellement rétrccies et 
médiocrement arquées ; leur pointe fissile et précédée d'une dent. - 
Labre saillant, demi-circulaire en avant. — Tête allongée, terminée 
par un museau aigu et déprimé ; ses sillons anlcnnaircs sous-cepha- 
liques, droits et convergents. — Antennes assez longues, grêles, à 
1er article élargi en dehors, 2" court, globuleux, 3» très-Ion;;, cylin- 
drique, 4-8 se raccourcissant peu à peu sans grossir, 9-11 formant une 
massue elliptique serrée. — Prothorax fortement échancré en avant, 
largement rebordé sur les eûtes. — Elytres rebordées, tronquées ou 
entières au bout. — Pattes courtes ; cuisses en ovale allongé ; jambes 
grêles et droHes; les trois l" 3 articles des tarses faiblement élargis; 
crochets simples. — Point de segment abdominal additionnel chez les 
màlcs. — Saillie proslcrnâïc nulle. — Corps elliptique cl. déprimé. 

Genre très-distinct, propre à l'Amérique et composé de deux espèces 
seulement : l'une des Etats-Unis, l'autre de Colombie (i). Les élytres 

(1) Esp. des Etats-Unis : NU- G-inaculaia, 0, Journ. of Ui* Acad. o.f Dii'lâd. 



NIÏIDEUDES. 307 

sont tronquées dans la première et entières dans la seconde, carac- 
tères insuffisants pour les séparer génériquement. 

PSILOTUS. 
fisen. de Waldh. Bull. d. Mosc. 1829, p. 48 (1); 

Menton très-large, cachant en partie la base des mâchoires, forte- 
ment échancré en avant. — Languette cornée, munie en avant de 
larges lobes membraneux entre lesquels son bord antérieur envoie une 
saillie aiguë. — Lobe des mâchoires élargi en avant, fortement cilié au 
cote interne. — Dernier article des palpes labiaux très-renflé au bout. 
— Mandibules très-saillantes chez les mâles, arquées au bout, munies 
d'une petite saillie dans leur milieu ; celles des femelles très-larges, puis 
rétréciés subitement en une pointe grèle recourbée ; ces organes bi- 
dentés au bout dans les deux sexes. - Labre large, replié en bas en 
avant, bilobé. — Tète large; ses sillons anlennaircs sous-céphaliques, 
tres-marqués et très-convergents. — Antennes assez longues et grêles, 
al" article élargi en dehors, 2-5 cylindriques, à peu près égaux, 6-8 
plus courts, 9-11 formant une massue ovale, déprimée, assez lâche. — 
Prothorax court, bisinué à sa base, échancré en avant, largement rc- 
borde sur les côtés. — Elytres rebordées de même, entières. — Pattes 
courtes; cuisses élargies dans leur milieu; jambes petites et droites; 
les. antérieures munies à leur extrémité en dehors de deux dents ai- 
gués ; les trois 1«" articles des tarses dilatés, velus en dessous ; crochets 
simples — Cinq segments abdominaux dans les deux sexes. — Saillie 
prosternale nulle. — Corps large et très-aplati. 

Le type du genre est la NMdula cornuta de Fabricius, insecte ori- 
ginaire du Brésil boréal et de Cayennc ; deux autres espèces nouvelles 
et également de l'Amérique du Sud ont été décrites par Erichson (2). 

V, p. 178 {Nit. planifions, Dej. Cat.).— Esp. de Colombie : P. confluens,Erichs. 
loc. cit. p. 281. 

(1) Syn. Strongïlos, Do Casteln. Hist. nat. d. Col. p. 9. Cet autour a décrit 
deux fois dans cet ouvrago l'espèco typique du genre, d'abord sous le nom do 
Strongyhs cornutus, puis (loc. cit. p. 10) sous celui do Nitidula maxillaris, 
eu la plaçant dans la division des Nitidula, qu'il nommo Cerophorus. Cetto 
division n'est qu'un mélange d'espèces do Soronia, d'AsiPiions, do Lobiopa, etc., 
qui, pour la plupart, manquent du caractère qui lui est assigne, à savoir, do 
posséder une oreillette de chaque côté de la tète. 

oô P ' ventraUs > du fc^sii 5 carbonicus , de Colombie ; Erichs. loc. clt; 



308 NlTIDl'lAlBES. 

PLATYCHORA. 
Emcns. in Germar, Zcilsch. IV, p. 284. 

Menton très-large, cachant les mâchoires, sauf à leur base, large- 
ment et profondément échaucré ; l'échancrurc elle-même bisinuée. •— 
Palpes assez longs, subégaux, grêles ; le 3° des labiaux un peu plus long 
que le 2°; le 4» des maxillaires aussi long que les précédents réunis. 

— Mandibules robustes, rebordées latéralement, obtuses et bicuspides 
à leur extrémité. — Labre bilobé. — Tète grande, transversale ; ses 
sillons antennaires sous-céphaliqucs, droits et très-convergents. — An- 
tennes allongées, surtout chez les mâles, grêles, à 1 er article court, 
élargi en dehors, 2° plus court que le 3° qui est allongé, 4-8 se raccour- 
cissant peu à peu, 9-11 formant une massue petite, allongée et lâche. 

— Prothorax court, faiblement rebordé sur les côtés, bisinuè de chaque 
côté à sa base. — Elylres fortement rcbordècs latéralement, tronquées 
en arrière, laissant la plus grande partie du pygidium à découvert. — 
Pattes courtes et robustes ; jambes droites, finement velues ; tarses 
simples, leurs (rois 1 ers articles pubescents en dessous ; crochets simples. 

Point de segment abdominal additionnel chez les mâles. — Saillie 

prostcrnalc nulle. — Corps plat, parallèle, et déprimé. 

Genre américain comme le précédent et composé seulement de deux 
Espèces originaires du Brésil et de Colombie (t). 

AMPHOTIS. 
Emeus, in Germar, Zeitsch. IV, p. 290. 

Menton à peiné échanciè en avant- — Languette cornée, entourée 
d'une bordure membraneuse échanerce en avant, avec ses lobes peu 
saillants et arrondis. — Lobe des mâchoires large, arrondi et cilié au 
bout ainsi qu'en dedans. - Palpes filiformes. - Mandibules larges, 
terminées par une pointe aiguë, précédée d'une dent. — Labre forte- 
menl échancré, ses lobes arrondis. — Tèlc assez grosse , munie laté- 
ralement d'oreillettes assez grandes, triangulaires, cachant la base des 
antennes; ses sillons sous-ophthalmiques.— Antennes à l" article tres- 
fortement dilaté, presque carré; 2» obeonique, presque aussi long que 
le 3°, 5-6 cylindriques, décroissant peu à peu, 7-8 courts et plus lar- 
ges, 9-11 formant une massue oibiculairc et serrée. — Prothorax Ircs- 
échancré en avant, Insinué à sa base, largement rebordé sur les côtes 
ainsi que les élytres. — Celles-ci entières, recouvrant l'abdomen, ar- 

(1) P. Leiaaii [NiWda W. ht\. Cit.), dt ColombUj jwKfo, du Dréiil; 
Ericb». loo. cit. p. 285. 



NITIDBLIDES. JJOîf 

rondies à leur extrémité. «- Pattes courtes et robustes ; les trois 1»'» 
articles des tarses à peine dilatés, velus en dessous. — Point de seg- 
ment abdominal additionnel chez les mâles. — Saillie prosternale nulle. 
— Corps ovale, assez convexe. 

La Nilidula marginala des auteurs (1) est la seule espèce qui rentre 
jusqu'ici dans ce genre. Cet insecte a la plus grande ressemblance, sous 
le rapport de la forme générale, avec les Souonia ; il est répandu dans 
toute l'Europe et fréquente les Heurs, ou plus souvent encore les plaies 
des arbres, surtout celles des chênes : il se trouve aussi parfois abon- 
damment dans les nids de la Formica fuiiginosa (a). 

LOBIOPA. 
Erichs. in Geriuii, Zeitsch. IV, p. 251. 

Genre très-voisin du précédent et n'en différant que par les particu- 
larités qui suivent : 

Menton bisinué en avant. — Languette entourée également d'une 
bordure membraneuse , mais munie en avant dans son milieu d'une 
petite dont. — Dernier article des palpes labiaux ovalaire, épais. — 
Labre entier. — 1" article des antennes dilaté en dehors seulement, 
près de son extrémité; leur massue elliptique. — Les trois l 8 " articles 
des tarses nullement dilatés et courts. — Corps toul-à-fait aplati ou 
très-peu convexe. 

Toutes les espèces sont propres à l'Amérique, et dans le nombre 
quelques-unes figurent parmi les plus grandes de la famille (3). 

OMOSITA. 
Eiticns. in Germai\, Zeitsch. IV, p. 298. 

Les caractères sont également les mômes que ceux des Ampiiotis, 
sauf les légères différences qui suivent : 

Outre l'absence d'oreillettes recouvrant la base des antennes, celles- 
ci ont leur l« r article médiocrement dilaté et arrondi en dehors ; le labre 
c<t faiblement échancré en avant; les mandibules sont lerminées par 
une pointe oblusc simple ; enfin les tarse?, surtout les antérieurs, sont 

(1) Pab. Syst. El. I, p. 348, etc.; figurée avec des détails dans Sturm, Dcutschl. 
Ins. pi. 300. 

(2) Voyez Mœrke) in Germai-, Zritscli. V, p. 213. 

(3) Esp. ilo l'Amérique du Nord : Nitidula undulata, Say, Journ. of (lie 
Acad. of Philad. V, p. 179. — Esp. de l'Amérique du Sud : /.. cimichw, pcl- 
toidea, grandis, rotundata, decumatm, dimid'mia, conlaminata , scroOiculata, 
pra-cox, Erichs. loc, cit. p. 293 sqq. — setulosu, EiioJis. Ai'ch. 1847, 1, p. 93. 



310 MIIDUlàlBESi 

un peu plus dilatés. La forme générale est complètement la même 
dans les deux genres. Celui-ci ne contient que trois espèces euro- 
péennes (1) et quelques exotiques (2). 

phenolia; 

Erichs. in Germai», Zeitsch. IV, p. 299J 

Menton triangulaire en avant, ses angles antérieurs étant repliés 
en dedans. — Languette cornée, aiguë en avant, munie latéralement 
de deux appendices membraneux et ciliés ne dépassant pas son corps. 
— Dernier article des palpes labiaux ovalaire. — Labre faiblement 
échancré.— Les trois 1 ers articles des tarses antérieurs un peu dilatés; 
les autres tarses simples ; tous velus en dessous. — Un petit segment 
abdominal additionnel chez les mâles. — Corps un peu allongé, peu 
convexe. 

Pour le reste, le genre ne diffère pas des Amphotis. Il ne comprend 
que la Nilidula grosm de Fabricius (3), grande espèce originaire de 
l'Amérique du Nord. 

STELIDOTA: 

Eiucns. in Germar, Zeitsch. IV. p. 300. 

Menton légèrement échancré. — Languette cornée, entourée d'une 
bordure membraneuse dont les angles antérieurs sont saillants ât aigus. 
— Lobe des mâchoires corné, avec une bordure membraneuse interne , 
cilié à son extrémité et muni de petits cils épineux en dedans.— Dernier 
article des palpes labiaux du double plus grand que les précédents, cy- 
lindrique. — Mandibules larges, munies d'une forte saillie à leur base 
interne, oblusément bidenlôes à leur extrémité. — Labre bilobè. — • 
Sillons antennaires sous-ophlhalmiqucs. — Antennes assez longues, à 
if» ariiclc en massue, 2° assez gros, ovalaire, 3-G allongés, cylindri- 
ques, 0-8 plus courls, 9-11 formant une massue ovale, lâche. — Pro- 
thorax grand, un peu plus large que les elytres, plus ou moins rebordé 
sur les côtés. — Elytres un peu rétrécies et arrondies en arrière, ne 
recouvrant pas lout-à-fait le pygidium. — Pattes un peu allongées; les 

(1) Silpha colon, depressa {Nitid. sordida Fab.), Linn6,Faun. Suec. éd. 2, 
ii°» 402 et 463. — Nit. discoidea, Fab. Syst. El. I, p. 352. 

(2) Esp. de l'Amérique du Nord: 0. badia, castaneq, Mclsbeim. Procced. 
oltlie Acad. of Philad. II, p. 107. La depressa d'Europe se trouve aussi dans 
ce pays. — Esp. d'Abyssiuic : 0. cudaverina, Molli in Wiegm. Aicli. 1851, •> 
p. 122. — Esp. do Ta.Ui : 0. nigrovaria, h. Fairui. Kov. et Mag. de ?ooli 
1819, p. 30 i. 

(3) Syst. El. J, p. 347. 



NITIDtJMDES. 311 

trois 1 er » articles des tarses dilatés, velus en dessous ; crochets simples. 
_ Un petit segment abdominal additionnel chez les mâles. — Proster- 
num légèrement saillant en arrière des hanches antérieures. — Corps 
court, arrondi, légèrement convexe. 

Toutes les espèces sont de très-petite taille, et celles décrites jusqu'à 
ce jour, propres aux diverses régions de l'Amérique (l) ; mais il y en a 
aussi d'inédites de Madagascar. Par la saillie de son prosternum, le 
genre fait, jusqu'à un certain point, le passage entre les genres précé- 
dents et ceux qui suivent. 

THALYCRA. 
Eiucns. in Germai», Zeitsch. IV. p. 305. 

Menton carré, avec ses angles antérieurs un peu saillants et repliés 
en dedans. — Languette cornée, entourée d'une étroite bordure mem- 
braneuse dont les angles sont aigus, saillants et ciliés en dedans. — 
Lobe des mâchoires assez large , très-barbu. — Dernier article des 
palpes labiaux ovalaire. — Mandibules larges, robustes, crochues au 
bout; leur pointe précédée d'une dent aiguë. — Labre étroitement et 
fortement échanéré dans son milieu. — Sillons antennaircs nuls ou à 
peine distincts. — Antennes un peu plus longues que la tète, à 1 er ar- 
ticle élargi en dehors et arqué , 2-7 diminuant graduellement de lon- 
gueur, 8 court et transversal, 9-11 formant une massue orbiculaire et 
scl . r é c . _ Prothorax assez court, médiocrement échancré en avant, bi- 
sinué à sa base. — Elytres un peu rélrècics et tronquées en arrière, 
laissant le dernier segment abdominal à découvert. —Pattes robustes; 
jambes élargies à leur extrémité, surtout les antérieures; les posté- 
rieures ayant plusieurs rangées de cils^t une d'épines; les trois t° n ar- 
ticles des tarses dilatés aux anteric Jts seulement ; ceux de tous les 
tarses velus en dessous. — Saillie pïostcrnale conique, reçue dans une 
échancrure du mésosternum.— Un petit segment abdomiual additionnel 
chez les mâles. 

Genre ayant pour type la Nitidula fervida de Gyllenhall (2), petit 
insecte répandu dans toute l'Europe, et qui parait être commun partout. 
Erichson regarde comme probable qu'il l'ait sa demeure habituelle dans 
la terre, d'où il sortirait dans les soirées calmes de la belle saispn, pour 
se répandre sur les herbes et les végétaux peu élevés. Il y en a une 
seconde espèce en Australie (3). 

(1) Nilidula geminala, Say, Journ. ofthe Aead. of Niilad. V, p. 181. — 
M. strigosa, Schmnb. Syn. 1ns. II, p. 140. — St. ewnosa, niderula. alter- 
nons, Erichs. loc. cit. p. 303. 

(2) lus. Sure. I, p. 234; Dgurée sous le nom do Strongylus scriccus par 
Shirm, Doutsch. Ins. XIV, Tab. 287, f. j)P. 

(3) T. austredis, Gcrmar, Linniua cnt. 111, p, 187. 



312 WnortvinES. 

iETHINA. 
Enicns. in Germa.^ Zeitsch. Vf, p. 306. 

Genre établi sur une espèce inédite de Madagascar (A. pubescens 
Klug), très-voisine des TiiALYcnA. Elle en diflëre par la présence de 
sillons antennaires sous-céphaliques, courts et droits ; ses hanches inter- 
médiaires rapprochées sans être continues ; 9es jambes postérieures 
dépourvues d'épines; les trois 1°" articles de tous les tarses dilatés; 
enfin son mésosternum légèrement caréné, recourbé au point de jonc- 
tion avec le métasternum. Ce petit insecte est revêtu en dessus d'uno 
pubescenco courte et serrée. 

PRIA. 
(Kimy) Stem. 111. ofBrit. Entom. III. p. 49 (1). 

Menton coupé obliquement de chaque côté et fortement échancré 
dans son milieu. — Languette cornée; ses angles antérieurs munis de 
<lcux longs appendices membraneux , grêles, arqués, aigus nu bout et 
ciliés en dedans. — Dernier article des palpes maxillaires ovalaire et 
tronqué. — Mandibules élargies en dehors, leur pointe précédée d'uni; 
ou deux petites dents. — Labre fortement bilobè; ses lobes arrondis. 
— Sillons antennaires sous-céphaliques, courts, superficiels, à peine 
distincts. — Antennes grêles, plus longues que le prothorax chez les 
mâles, plus courtes chez les femelles, terminées, chez les premiers, par 
une grande massue perlbliée, de quatre articles, dont les ,lrois ters sont 
prolongés en dedans; cette massue composée, chez les secondes, do 
trois articles assez serrés; dansas deux sexes, le 1 er article est gros, 
non dilaté, le 2° moins épais, le 3° plus long que les deux suivants, qui 
se raccourcissent graduellement. — Prothorax grand, coupé carré- 
ment en arrière, à peine échancré en avant, faiblement rebordé sur les 
côtés ainsi que les élytres. —Celles-ci tronquées au bout, laissant en 
partie le pygidium à découvert. — Pattes un peu allongées, mais assez 
robustes; les trois 1 ors articles des tarses dilatés, velus en dessous; 
crochets simples. — Prostcruum recouvrant en arrière une saillie ar- 
rondie du niésoslcrnum. 

Le type du genre est la Nilidttla dulcamarœ d'Illiger, très polit 
insecte répandu dans toute l'Europe, et qu'on renconlre principale- 
ment sur les Heurs du Solanum dulcamara. Illigcr n'avait connu que 
la femelle ; Stcphens l'a placée parmi les Mkligetiies, et n'a compris 
par conséquent que le mâle dans le genre actuel. La même chose est 

(1) Syn. Nitiduh, Illigcr, Kajf. Preus9. p. 387. — Cormyphoiu, Caatcln, 
Histi ni»t. il, Col, II, p. 12, «*- JIeuçethps, StephenB, III, of Bril, Eut. III, p., 43» 



tirriDtJUDES. 313 

arrivée â M. De Castclnau, qui a établi plus lard, sur ce dernier, 
un genre sous le nom de Coamiphûiu, mais sans décrire la femelle. Ce 
dernier sexe ne se dislingue des Mbmgetiies que par l'oblitération des 
sillons antcnnaiïcs, et la massue de ses antennes plus grande et un 
peu moins serrée. Le genre compte en ce moment trois espèces (i), 
dont deux d'Europe et une du Cap. 



* 



MELIGETHES. 
Stemiens, IU. oflirit. Entom. III, p. 45 (2). 



Menton large, forlement rétréci et divisé en deux lobes aigus anté- 
rieurement. — Languette cornée, cordiforme; ses angles antérieurs 
munis de deux appendices membraneux médiocres. — Lobe des mâ- 
choires corné à sa base, membraneux au bout, fortement cilié en de- 
dans. — Dernier article des palpes labiaux ovale, allongé et tronqué au 
,)0ut ;"7 Mandibules larges, terminées par une pointe simple, parfois 
précédée d'une eu plusieurs petites dents. — Labre très-court, bilobé. 

— Tctc médiocre, penchée; ses sillons anleimaires sous-céphaliques, 
bien marqués et droits. — Antennes courtes, à l° r article assez gros, 
non élargi, 2 moins gros, 3 cylindrique, plus long que les suivants, 
4-8 décroissant successivement, 9-tl formant une massue ovale, assez 
sériée et comprimée. — Prothorax assez largement rebordé sur les 
cotés, coupé carrément ou faiblement bisinué à sa base, à peine 
échancré en avant. — Elylres tronquées au bout, laissant le 1" seg- 
ment abdominal à découvert. — Pattes courtes et robustes ; jambes 
antérieures souvent denliculécs sur leur tranche externe; les trois 
1 0IS articles des tarses dilatés, cordiformes, très-velus en dessous ; cro- 
chets tantôt simples, tantôt unidentés à leur base. — Prosternum et 
mésosternum comme chez les PniA. — Point de segment abdominal 
additionnel chez les mâles. 

Insectes de petite taille, même pour celte famille, de forme plus ou 
moins large et courte, peu convexes, plus ou moins puhescents, et 
vivant exclusivement sur les fleurs de diverses plantes. Les espèces 
décrites, au nombre de plus de soixante, appartiennent presque toutes 
à l'Europe ou aux régions voisines de l'Asie (3). 

(1) Esp. européennes : Nitid. dulcamarœ, Illig. loc. cit. fem. (mâlo : Pria 
truncaiella, Steph. loc. cit. p. 50, ou Cormyahora mandibularis, Casteln. loc. 
cit.). — p r i a pallidula, do Sicile, et cinerd^fiis, du Cap; Erichs. iu Germar 
Zeitach, IV, p . 308. 

(2) Syn. NnimjLA, Fab., Oliv., Gyllh., etc. — Sr-n-EniDioa Oliv. — Stiiok- 
cvlus, Hcibst, De Casteln. 

(3) Esp. européennes : Nitid. wnea, viridescens, Fab. Syst. El. I, p. 353. 

— m.-solidu, lllifc'. Kmt. Prcliss. p. 389. — Sphœridium fâscim, Oliv. Eut. 
"i n° 15, p, 10 (var, StrongylHS pyrenuiais, De Casteln. Hist. Dut. d. doit 



314 »iiiDtif,AmES. 

HEBASCUS; 
EniscnS. iu GEiuiAtt, Zeitsch. IV, p, 311 (1)2 

Menton largement et fortement échancré en avant. — Languetto 
coriace, entière. — Lobe des mâchoires muni en avant et au coté in- 
terne de poils mélangés de cils épineux. — Dernier article des palpes 
labiaux ovalairc. — Mandibules larges , subitement rétrècies jflfoe 
pointe arquée, bifide au bout. — Labre court, légèrement échancré. 

— Sillons antenuaircs sous-eèphaliqucs, convergents. — Antennes à 
l * article ovalairc, assez gros. 2° plus gré|c, 3-5 allongés, subégaux, 
C-8 courts, serrés, 9-11 formant une massue grande, allongée et lâche. 

— Prothorax convexe, fortement rebordé sur les côtés, faiblement 
échancré en avant. — Iîlytres convexes, laissant le sommet du pygi- 
dium à découvert. — Pattes courtes et robustes ; jambes ciliées sur 
leur tranche externe ; tarses courts ; leurs trois 1°" .articles courts , 
fortement élargis, velus en dessous ; crochets simples. — Saillie proster- 
nalc déprimée et arrondie au bout, recouvrant le mèsostcmum; celui-ci 
fortement caréné. — Point de segment abdominal additionnel chez les 
mâles. 

Les espèces sont propres à l'Amérique du Sud, courtes, plus ou 
moins convexes et pub'cscenlcs. Fabriclus, qui en a décrit une, l'a 

11^ p. 0). — Nit. rufîpes, subrugosa, pedicvlaria, erythropa, Gyllh. Ins. Sueo. 
I, p. 235 ; serripes, ibid. IV, p. 301. — Nit. deniiculata, viduata, dif/ivilis, 
planhtscula, symphiti, Heer, Col. hclvct. I, p. 402 sq. — fflelig. lumbaris, 
subœneus, ûoracinus, ocliropus, brunnkornli, assimilis, mmirus, vmbrosus, 
iris/ix, incanus, iimlus, ftavipes, picipes, luguhris, exilis, brevis,distinctus, 
iSlimn, DeutscW. 1ns. XVI, Tab. 301 sq. — Me}. Inbi:i (Mt. olivucca Ileor), 
pumilus , corvinus , subslrigosus , Kunzei, memnonivs , morosus , murinus, 
senieuhts, numis, mœstits, bracMaUs, fuliginosus, fibulurh, discoidcits, go- 
gatinus , egenus , obscurus , pulmatus , fumatus, Erichs. Mat. «1. Insckt. 
Dcnisi lil. III, p. 172 sqq. — mmirus, L. Rcdtcnb. Faun. austr. p. 109. — 
M. qustrqlis, angustains, Kùster, Die Karf- Europ. XV, 42, 44. — cœnileu- 
virens, hœmurrhuidalis , rarbonarius , (juadristriutus, bitnbcrculalus , rris- 
l'iliix. hir/nosiis, exaralus, tenebrosus, ebeninus, carimdaius, deroloralus, 
(ilrmncnlariuf:, quadridens, funebris, melanarius, aquisgranensis, Fœrstor, 
V .-t 1i.iii.11. <J. nal. Ver. il. I'itiiss. Ilheinl. VIII, p. 2. — flavkurni.s, lepidti , 
Klinriihulleri, Miller, VerliancUÈL Zool.-Bot. Ver. in Wicn, I, p. 111. — Esp. 
du Caucase: M. glaucii, breviuscutus, Kolenati, Melet. ont. V, p. 5,'î. — Esp. 
de Sibérie : M. borealis, Motscli. lUill. Mosc. 1845, n» 4, p. 304. — Esp. do 
l'Algérie : Cercus bicolor, barbants, lipunva nigrila, Lucas, Esplor. d. l'Alger. 
Eut. p. 215 et 218. — Esp. île l'Afrique mér. : M. convexus, pallipes, «»>- 
plicoUis, subtilis, Boliem. 1ns. CalTrar. I, p. 028. 
(1) Syn. SiMi.iiuunuji, Fab. Syst. El. I, p. 95. 



«iiidulibeS. 315 

placée parmi tes Sphjîribiïïm , dont elle a l'aspect au premier coup- 
d'œil. Trois autres ont été décrites par Ericbson (i)». 

GAULODES» 
Eiucns. in Gerjiar, Zeitsch. IV, p. 31D; 

Menton, languette et mâchoires inconnus. — Dernier article des 
palpes labiaux fortement sécuriforme. — Mandibules larges, rebordées 
latéralement, très-arquées, terminées par deux dents aiguës. — Labre 
bilobé. — Antennes médiocres, à 1 er article élargi en dehors, 2° un 
peu plus gros que les suivants, 3° assez long, 4-7 graduellement rac- 
courcis, 8° court et beaucoup plus large que les précédents, !)-ll for- 
mant une massue très-lâche. — Sillons antennaircs sous-céphaliqucs, 
droits, très-marqués. — Prothorax largement rebordé sur les côtés, 
bisinué à sa base , légèrement écbancrô en avant. — Elytres recou- 
vrant en entier l'abdomen. — Pattes robustes; jambes ciliées sur leur 
tranche externe ; le^trois 1 er » articles des tarses à peine élargis, garnis 
de poils en brosse intérieurement ; crochets simples. — Saillie proster- 
nale courte, obtuse ; mésosternum simple, non de niveau avec le mé- 
taslcrnum ; celui-ci s'abaissant obliquement en avant- 
Genre fondé sur une seule espèce (G. coslalus Erichs.) de la Nou- 
velle-Hollande, de taille moyenne , remarquable par ses elytres sillon- 
nées, ayee les intervalles cosliformes, et ayant des poils disposés en 
rangées. Le maie se distingue de la femelle par Ses jambes intermé- 
diaires brusquement recourbées en dedans à leur extrémité. 

1VS1L0PYGA. 
J. L. Le Conte, Procced. of thé Acad, of Phtlad. 1853, p. 28G. 

Menton court, subpentagonal. — Palpes pclU*; leur dernier article 
ovalairc. — Mandibules dilatées ; leur pointe arquée, aiguë, dentelée 
en scie intérieurement. — Labre bilobé. — Sillons antennaircs sous- 
céphaliqucs, droits, divergents. — Prolhorax rétréci et échancré en 
avant, largement arrondi, et fortement mais étroitement rebordé sur les 
côtés, en demi-cercle à sa buse, avec un lobe médian large, court et 
tronqué. — Ecusson grand, triangulaire. — Elytres tronquées en ar- 
rière, laissant le pygidium à découvert. — Hanches intermédiaires 
écartées ; jambes médiocrement dilatées, finement denticulees sur leur 
tranche externe ; les quatre tarses antérieurs dilatés, les postérieurs 
simples. — Premier segment ventral de l'abdomen plus grand que les 

(1) Sphœridium anale, Fab. loc. cit. — llcb. Wtettus, testuccus , Iwh-ohis., 
Eiiclis. loc. cit. p. 313 sqq. 



316 NITIDULAlnES. 

autres ; un pclit segment additionnel chez les mMes. — Saillie proster- 
nale dilatée et arrondie en arrière. — Corps elliptique, médiocrement 
convexe, glabre. 

Genre singulier, établi sur un insecte (P. histrina Lcc.) des Etats- 
Unis, ressemblant à un Histbr, sous le rapport de la forme générale 
et de la sculpture de ses élytres, et qui est inscrit dans les collections 
de ce pays, à ce que nous apprend M. J. L. Le Conte, sous le nom de 
Sphœrites americanus. Ce savant entomologiste pense qu'il est tres- 
voisin des iscii.i'NA et des Ipidia ; mais ces deux derniers genres sont 
privés de saillie prosternale, tandis qu'elle existe ici. D'après ce carac- 
tère, la forme des sillons antennaires, cl môme la sculpture des ély- 
tres, cet insecte me paraît devoir être placé à la suite des Gaulodiss. Il 
se trouve dans la Pensylvanie , et vit dans les champignons. 

LORDITES. 
Eiuciis. in Gemmii, Zeitsch. IV. p. ,Wi. 

Languette cornée; ses angles antérieurs munis d'appendices mem- 
braneux triangulaires. — Lobe des mâchoires allongé, coriace, forte- 
ment barbu en dedans. — Dernier article des palpes labiaux filiforme. 
— Mandibules terminées par une pointe simple, précédée d'une petite 
dent. — Labre bilobé. — Sillons antennaires sous-ophlhalmiques. — 
Antennes à 1 er article élargi en dehors, 2 e un peu plus gros que les 
suivants, 3 e assez allongé, 4-8 décroissant graduellement, 9-11 formant 
une massue comprimée. — Prothorax de forme variable. — Elytres 
tantôt tronquées au bout et laissant une partie du pygidium à décou- 
vert, tantôt entières. — Pattes robustes; jambes finement velues; les 
trois 1 OT « articles des tarses élargis, garnis d'une brosse de poils en 
dessous ; crochets simples. — Saillie prosternale courte, ne recouvrant 
pas le mésoslernum ^clui-ci simple. — Corps tantôt oblong, tantôt 
large, toujours peu convexe. 

Le type du genre est une espèce brésilienne [L. proccrus Erichs,), 
la plus grande de la famille , sa longueur étant de plus de quatre lignes. 
Elle est oblonguc, d'un brun brillant, glabre en dessus, avec le pro- 
Ihornx faiblement rebordé, et des élytres tronquées et ponctuées en 
stries. Erichson en comprend dans le genre une autre (inquinalus), 
dont la patrie est inconnue, qui est de forme beaucoup plus large, pu- . 
bescente, à prothorax largement rebordé et élytres entières. Il en 
signale en outre deux inédites de Madagascar. 



317 



POCADIUS. 
Emeus, in Gemjaii, Zeitsch. p. 318 (1). 

Menton large, épais, bisinué en avant. — Languette cornée : ses 
angles antérieurs munis chacun d'un petit appendice membraneux, cilié 
cri dedans. — Dernier article des palpes labiaux ovalairc, acuminé au 
bout. — Mandibules terminées par une pointe simple, ayant une saillie 
à leur base en dedans. — Labre court , échancrè. — Sillons anlen- 
naires sous-ophllialmiqucs.' — Antennes à 1 ,T article épais, un peu 
renflé en dehors, 2» obeonique, 3° cylindrtfque, un peu allongé, 4-8 
décroissant graduellement, 9-11 formant une assez grande massue 
ovalaire, comprimée et serrée. — Prothorax un peu plus étroit que les 
élylrcs, bisinué à sa base, rebordé sur les côtés, échancrè en avant. 
— Elylrcs laissant à découvert l'extrémité du pygidium. — Pattes mé- 
diocrement robustes ; jambes assez grêles, les antérieures comprimées, 
les postérieures garnies sur leur bord externe de plusieurs rangées de 
longs poils; tarses assez courts, non dilatés, garnis çà et là en dessous 
de quelques poils; crochets petits, simples. — Saillie prostcrnalc aiguë, 
reposant sur une dépression du mésosternum : celui-ci assez étroit. — 
lu petit segment abdominal additionnel chez les mâles. 

Le corps est un peu allongé, subparallèlc, convexe et couvert en 
dessus de poils redressés, avec les élytres toujours sillonnées. L'Europe 
ne possède jusqu'ici qu'une espèce de ce genre, la Nilidula ferric- 
ginca de Fabricius, petit insecte commun partout, et qui vit principa- 
lement dans les bolets et le Lycopcrdon liovislas. Il y en a quelques: 
autres espèces dans l'Amérique du Nord et celle du Sud (2). 

LAS10DACTYLU& 
Perty, Del. anim. art. Brasil, p. 34. 

C'est probablement à la tribu acluclle qu'il faut rapporter ce genre 
de M. Pcrly, qui l'a placé dans la famille des llistériens, à la suite des 

(1) Syn. NniDtJLA, Fab., Oliv., Illig., Gyllenh.,etc. — Smj/EMdium Panier. — 
Stkokcvi.us, Herbst, Steph., Stiirm. — Cïcuiumus Hcor. 

(2) P. fulvipcnnis, du Mexique ; helvolus, des Etats-Unis ; rlibidus, des bords 
do la Plata ; carbonarius, du Brésil ; Ericlis. loc. cit. p. 319 sq. 

Nota. Aux espèces de cette tribu, aj. les suivantes, que je ne sais .\ quels 
genres rapporter : Esp. d'Europe : ISit. terminnlis, Manli. Bull. Mosc. 1813, 
p. 95. — Esp. do l'Amérique du Sud : Nit. setidosa, Pcrly, Dclect. anim, art. 
p. 3-t, pi. 7, (. 12. — Nit. insularis, slrUjatu, Castoln. llist. nat. d. Col. II, 
p. 10 sq. — Nit. villosa, nit/roiiuiciituta (Lomoi'A?), lata, eostata, irw(p«nnis r , 
pallmSj Blauch. in d'Orb. Voy. Eut. p. 62 sq. — Nit.mucidiyctmis, ijolioria 
Gay, llist. du Cbile, Zool. IV, p. 303, pi. 8, f, 2. 



318 MÎIDcXAIUKS. 

Nitidcla, en avouant qu'il ne savait pas exactement où le mettre. Les 
caractères qu'il lui assigne sont les suivants : 

Antennes insérées immédiatement en avant des yeux, de douze arti- 
cles (1) : le 1" grand, cylindrique, recourbé, le 2» et le 3° subcylin- 
driques, les qualre suivants courts, subovalcs, le 8° court, obeonique, 
les quatre derniers formant une massue subovale, comprimée. — Man- 
dibules plus courtes que la tête, échancrées en dessus, très-larges, 
ayant une dent avant leur extrémité. — Palpes filiformes. — Yeux 
très-grands, fortement granulés. — Iipïslomc court, transversal, séparé 
par un sillon du front, qui est large. — Prothorax transversal. — Ely- 
tres de la largeur du prdmorax, parallèles, subtronquées en arrière, 
mais recouvrant tout l'abdomen; épiplcurcs étroites. — Prostcrnum 
assez élevé, mais non caréné; anlcpectus et medipectus formant con- 
jointement une excavation destinée à recevoir les pattes antérieures; 
point d'excavation pour loger les intermédiaires.— Abdomen mulique. 
— Pattes assez courtes, robustes ; les antérieures rapprochées à leur 
base; les postérieures très-ècartées ; cuisses comprimées, assez larges, 
faiblement sillonnées en dessous; jambes comprimées, assez fortement 
dilatées à leur extrémité, non arquées, mutiques, se repliant contre les 
cuisses, calialiculécs en dessous; tarses courts : leurs (rois l" s articles 
dilatés, surtout le 3", qui est bilobé , velu , le 4° article très-petit, le 
S° assez allongé ; ses crochets simples. — Des ailes. 

Le genre ne comprend qu'une espèce, I. hrimneus (2), longue de 
quatre lignes et demie, d'un noir-brunàtrc, avec la massue des an- 
tennes et les poils du dessous des tarses, fauves. MM. Spix et Marlius 
en ont fait la découverte au Brésil , dans la province de Piauhy. 



TRIBU IV. 

CYCHRAMIDEâ. 

tîn Seul lobe aux mâchoires — Labre distinct. — Proliiorax recou- 
vrant un peu la base des élylres. — Celles-ci cachant l'abdomen en 
entier, ou ne laissant à découvert que le pygidium, soit en totalité, 
soit en partie. — Saillie proslernalc plus ou moins prolongée en arrière 
des hanches antérieures. 

Ces insectes sont en général plus convexes que les autres espèces 
de la famille ; il y en a même (Cybocepiialus) dans le nombre qui ont 

(1) M. Pcrty compte pour nn article uno très-courto prot';mincnco spon- 
gieuse qui existe au sommet du la massue; on la retrouve chez beaucoup d'us- 
jiôces de Kitidulaircs. 

(2) Loc. cit. pi. VII, f. 13. 



CYCURAMIDES. 319 

complètement la forme subglobulcusc des Anisotomidcs. La saillie 
prostcrnale est, dans la plupart des cas, bien développée, et atteint le 
mélathorax quand le prothorax s'abaisse ; cependant il existe deux 
genres (Cychhamus et Cyrocepualus) où elle existe à peine, et qui se 
distinguent faiblement sous ce rapport des premiers genres des Nili- 
dulidcs. Les tarses qui, dans les autres tribus, sont égaux en longueur, 
cessent de l'être dans celle-ci, les postérieurs s'allongcant dans cer- 
tains genres. Les métamorphoses de ces insectes ne sont pas connues. 

Avant le travail d'Erichson, toutes les espèces étaient comprises 
dans le genre Strongylus, établi par llerbst, en 17i)2 (1), et duquel 
Kngclann avait seulement détaché les Cycbramus. Mais ce nom de 
Smoscvu-s ayant déjà été appliqué, plusieurs années auparavant, par 
0. F. Àlullcr, à des Vers intestinaux, doit disparaître de la nomencla- 
ture cntomologlque, et avec lui le nom de Strongylidcs, imposé à la 
tribu par Ericbson. 

L'Europe ne possède que trois (Cyixodes, Cycuramus, Cybocé- 
thalus) des huit genres qui suivent ; la plupart des autres sont amé- 
ricains : 

I. Tarses Égaux. 

A. Les trois premiers articles do tous dilatés. 

Saillie prosternalc atteignant le niétastcrnum : Cumptodcs, Cyllodes, 
— — i très-courte : Cychramus, Cybocephalus. 

B Tar9'é8 postérieurs simples, les autres dilatés : Amphicrossus. 

II. Taises inégaux ; les postérieurs plus longs que les autres. 
Saillie prosternalo courte : Pallodes. 

*-* — atteignant le métasternum : Oxymcmus, Triacanus. 

CAMPTODES. 

Emctis. în GERiutt, ZcUsch. IV, p 321 (2). 

Menton grand, largement et fortement échancré en avant. — Lan- 
guette cornée, divisée en deux courts lobes coriaces cl pubesccnls. — 
Lobe des mâchoires corné dans sa moitié basilaire , coriace et muni 
de longs poils en avant, cilié au côte interne. — Dernier article cli-s 
palpes labiaux cylindrique. — Mandibules terminées par une pointe. 
simple. — Labre bilobé. — Anlcnnes un peu plus longues que la tête, 
à 1 er article médiocrement gros, 2-3 allongés, subégaux, 4-5 un peu 
plus courts, 0-8 décroissant et grossissant peu a peu, 9-11 formant 
une massue ovale, comprimée cl serrée. — Sillons antennaires sous- 

(1) DieKa;fer,IV,p.l79. 

(2) Syn. SriifliUDiuM, Fab., Sturm,' — Stroncïus Clicvrolaf, 



320 MTIDCLAIItES> 

ophthalmiques. — Prothorax ample, convexe, rétréci et cchancré en 
avant, coupé carrément à sa base< non rebordé latéralement. — Ely- 
tres courtes, convexes, laissant le pygidium à découvert. — Pattes 
robustes ; cuisses subovales, fortement sillonnées en dessous ; jambes 
médiocrement larges ; tarses égaux : leurs trois l"s articles fortement 
dilatés, très-velus en dessous. — Prosternum large, dilaté à son extré- 
mité en fer de hache, recouvrant le mésostcrnuin, qui est oblusémcnt 
caréné, et pouvant atteindre le metasternum. — Point de segment ab- 
dominal additionnel chez les mâles. 

Le corps est plus ou moins court, convexe, toujours glabre et assez 
brillant en dessus, très-finement pubescent en dessous. C'est un genre 
riche en espèces, mais exclusivement propre à l'Amérique. On peut 
les diviser, comme l'a fait Erichson, en deux groupes, selon que les 
crochets des tarses sont dentés à leur base (i) ou simples (2). 

CYLLOBES. 
Emchs. in Germab, Zeitsch. IV, p. 342 (3). 

Genre voisin du précédent, mais s'en distinguant, comme de tous 
ceux de cette tribu, par la structure du prosternum et du metasternum, 
à laquelle s'ajoutent quelques particularités de moindre importance. 

Menton assez fortement bisinuô en avant. — Languette entourée 
d'une bordure membraneuse échancrée en avant, avec ses angles 
saillants. — Sillons antennaires convergents. — Tarses faiblement di- 
latés, surtout les quatre postérieurs. — Metasternum envoyant entre 
les jambes intermédiaires une saillie dans une dépression de laquelle 
est reçue l'extrémité du proslcrnum : celui-ci aussi large que chez 
les Camptodes, mais moins dilaté à son extrémité ; mésosternum invi- 
sible. 

Le corps est encore plus court et plus convexe que celui des C aihi>- 
todes et également glabre. Le type du genre est le Slrongylus ater 

(1) Sphœridium nitidulum, Fab. Syst. El. I, p. 95. — Sphœrid. scutellatum, 
Sturm, Cat. ed 1826, p. 64, Tab. II, f. 14. — {Strong. tristis, Cnsfeln. Hist. 
d. Col. II, p. 9).— Strong. illustris, Chevrol. Col. d. fetfq. Cent. 1, a<>53. 
— Campt. melanarius, aterrimus, giMus, morio , trkolor , vittalus (Sir. 
maculutus? Casteln. loc. cit.), phaleralus;plagiatus,klii6rac1cus, cyanipehnis, 
arduus, txquinoctialis, helvolus, rutilus, flavipes, Erichs. loc. cit. p. 323 sep 

(2) Sphœridium obmtrum, Fab. Syst. El. I, p. 95. — Cumpl. discolor, bi- 
color, lubilis, dispar, nigripennis, futi:us, détritus, tempestivus, communs, 
fervens, slnphylœus, exoldus, concolor, contractas, ruùens, ourtus, fastuusus, 
twtatus, bisignatus, Erichs. lue. cit. 

(3) Syn. Stiioingïlus, llurljst, Sturm. — Nniuuw Gyllonh. — Si'H-eiuwg* 
Paylt. — Yw.vo.ms Kagoll, 



*ychrauide4. 321 

de Herbst (1), Seule espèce que possède l'Europe, et qui vit dans les 
champignons. Il en existe au Brésil quelques autres qui s'en éloignent 
un peu par leurs élytres plus arrondies à leur extrémité, et recouvrant 
en entier l'abdomen (2). 

CYCHRAMUS. ' 
Kooel. in Scbneid. Magas. p. 543 (3). 

Menton transversal , rétréci et à peine échancré en avant ; ses angles" 
coriaces et très-légèrement saillants. — Languette divisée en deux 
lobes arrondis, ciliés en dedans. — Lobe des mâchoires coriace, briè- 
vement cilié au bord interne. — Dernier article des palpes ovalaire. 

— Mandibules terminées par une pointe simple. — Labre très-court, 
un peu arrondi en avant. — Sillons antennaires sous-ophthalmiqucs , 
un peu obliques. — Antennes assez longues, à l" article en massue, 
2e moins gros,obconiquc, 3-5 cylindriques, subégaux, 6-8 plus courts, 
décroissant et grossissant peu à peu, 9-11 formant une grande massue 
en ovale allongé et médiocrement serrée. -»■ Prothorax transversal, 
coupé presque carrément à sa base, rétréci et échancré en avant, non 
rebordé sur les côtés. — Elytres courtes, convexes, tronquées et ar- 
rondies en arrière, ne recouvrant pas tout à fait le pygidium. — Pattes 
assez robustes; jambes médiocrement élargies; tarses égaux; leurs 
trois 1°« articles courts, dilatés et velus en dessous; crochets simples» 

— Prosternum étroit, à peine saillant en arrière des hanches anté- 
rieures ; mesosternum formant une petite lame perpendiculaire ; mé- 
tasternum interposé entre les hanches intermédiaires. — Un très-petit 
segment abdominal additionnel chez les mâles. 

Le corps est court et convexe comme dans les deux genres précé- 
dents, mais pubescent sur toute sa surface, et sa couleur générale est 
toujours d'un fauve testacé. Le genre est peu riche en espèces et 
propre à l'Europe et à l'Amérique du Nord (4). Celles de nos pays 
vivent, les unes sur les fleurs, les autres dans les champignons. 

(1) Figuré, avec des détails, dans Sturm, Deutschl. Ins. XIV. Tab. 287, 
t. as.. 

(2) C. mandibularis, lateritius, collaris, Erichs. loc. cit. 

(3) Syo. Strongylus, Herbst, Sturm. — Cmupta (Kirby), Steph, 111. of Brit. 
Eut. lit, p. 44. — Spmuidium, Fab., Payk., Panxer. — NitidulA, lllig., Oliv., 
Gyllh. — DermestEs, Marsham. 

(4) Esp. européennes : Sphwridlutn ^pwlctaturn , Herbst, Die K*f. IV, 
p. 185 ; (Sphœrid. colon Fab.) .—Sphœridium luteum, Fab. Syst. El. I, p. 95. — 
Cychr. fungkola, Hcor, Col. helvet. I, p. 408. — Esp. do l'Amer, du Nord 
C. adustus, Eiichs. in Germar, Zeltsch. IV, p. 346, 

CoUopièrct. Tome H. 2t 



522 NITIDCLAIUES. 

CYBOCEPHALUS. 
Ewcns. in Germai», Zeitsch. V, p. 441.' 

Menton rétréci en avant, entier. — Languette submembrancuse, en- 
tière. — Lobe des mâchoires grêle, allongé, barbu à son extrémité, 
garni de quelques poils en dedans. — Dernier article des palpes la- 
biaux subglobulcux, tronqué au bout ; celui des maxillaires subcylin- 
drique. — Mandibules terminées par une pointe simple, précédée 
d'une petite dent. — Labre entier. — Tète très-forte, repliée en des- 
sous; ses sillons antennaires sous-céphaliques, superficiels, conver- 
gents. — Antennes à peine aussi longues que la tète, à 1" article 
gros, sphérique. 3-5 grêles, cylindriques, allongés, subégaux, 6-7 plus 
courts, ovalaires, 8 globuleux, 9-11 formant une petite massue peu 
serrée. — Prolhorax large, bisinué en avant, droit ou faiblement bi- 
sinué à sa base, avec ses côtés et ses angles arrondis. — Elytres con- 
vexes, courtes, laissant Je pygidium en grande partie à découvert. — 
Pattes grêles ; cuisses a'sscz longues ; jambes linéaires ; tarses égaux : 
leurs trois l ors articles un peu élargis, velus en dessous; crochets 
munis en dessous d'une dent médiane obtuse. — Prosternum ne dé- 
passant pas en arrière les hanches antérieures ; mésosternum large et 
recouvert par une saillie du métasternum. — Un segment abdominal 

additionnel assez grand chez les mâles. 
\ 

Genre comprenant quelques très-petites espèces d'une demi-ligne de 
long, et ayant pour type les Anisoloma rttficcps et exigua de Sahl- 
berg (i). Ces insectes sont aussi courts et aussi convexes que les Aga- 
tmdium, et possèdent comme eux la faculté de se rouler en boule. 
Dans cet état, leur tête atteint le bord antérieur du métasternum, et 
recouvre les quatre pattes antérieures. Ils paraissent par conséquent 
appartenir à la famille des Anisotomidcs; mais, ainsi que le fait re- 
marquer Erichson, la simplicité du lobe de leurs mâchoires, la forme 
de leurs hanches antérieures et la structure de leurs tarses prouvent 
qu'ils appartiennent à celle-ci. Ces insectes paraissent vivre dans les 
fourmilières. Outre l'espèce indiquée plus haut, on en connaît trois 
autres (s). 

(1) Ins. Fcnnic. I, p. 472 et 473. Ces deux noms s'appliquent aux deux sexes 
«l'une mémo espèce : la ruficeps est lo mâle et Vexigua la femelle. 

(2) C. fesiivm, jnilrhelliis , Erichs. Naturg. d. 1ns. Deutschl. III, p. 218; 
d'Europe. — elegantulu.s, Iiohem. Ins. Call'rar. I, p. 577; de Natal. 

M. Du Motschoulsky (Bull. ÏNosc. 1815, u° IV, p. 304), rapporte avec doute à 
ce genro un insecte do la cote nord-ouest de l'Amérique, qu'il nommo Cl «<"'- 
color. 



cyciibamides. 323 

AMPincRossus; 

Emcns. in GEmn, Zeitsch. IV, p. 346. 

Mcnlon , languette et mâchoires inconnus. — Dernier article des 
palpes labiaux cylindrique el tronqué au bout. — Mandibules biden- 
tées à leur extrémité. - Labre divisé en deux lobes arrondis par une 
forte echancrure. — Sillons antennaires sous-céphaliques, droits - 
Antennes à i« article un peu élargi en dehors, 2» moins gros, cylin- 
drique , 3» très-allongé, 4» plus court que le S», 6-8 courts, 9-11 
formant une massue ovale , un peu comprimée et assez serrée — 
Prothorax fortement échancré en avant, rebordé et cilié sur les côtés- 
ses angles postérieurs arrondis. - Elytres rebordées et ciliées latéra- 
lement, tronquées en arrière et laissant le pygidium à découvert. — 
Pattes assez robustes ; jambes comprimées , ciliées sur leur tranche 
externe ; tarses courts : leurs trois 1«» articles assez fortement dilatés 
aux antérieurs, faiblement aux intermédiaires, simples aux postérieurs, 
tous velus en dessous ; crochets simples. — Prosternum obtusément 
carejp en avant, prolongé postérieurement en une petite saillie dé- 
primée et obtuse au bout; mésosternum formant une lame perpendi- 
culaire arrivant au niveau du métaslernum. — Corps court, pubescent 
plus ou moins convexe. 

Genre américain, ayant pour type la Nilidula ciliata d'Olivier (1), 
a laquelle Erichson a ajouté deux autres espèces. Les mâles ont un 
très-petit segment abdominal additionnel qui est recouvert par le py- 
gidium, et ne s'aperçoit que lorsqu'on regarde le corps en dessous- 
on les reconnaît en outre à une petite touffe de poils qu'ils ont sur- 
chaque élytre, près de la suture. 

PALLODES. 
Emcns. ia Geium, Zeitsch. IV, p. 348. 

Menton élargi et bisinué en avant. — Languette cornée; ses angles 
antérieurs munis chacun d'un appendice membraneux arrondi. — Lobe 
des mâchoires coriace, barbu à son sommet et en dedans. — Dernier 
article des palpes labiaux cylindrique et tronqué au bout. — Mandi- 
bules bifides à leur extrémité. — Labre très-coiwt^)ilobé. — Sillons 
antennaires sous-céphaliques, convergents. — Antennes à 1er article 
en massue, 2» p i us pculi ovalairc, 3» un peu allongé, 4-8 se raccour- 
cissant et grossissant peu à peu, 9-11 formant une massue allongée, 

(1) Eneyol. m6th. Ins.VIILp.îlO.-Aj.Mmpft. teforafo, «fceotor, Ericbs. 
"io. cit. p. 348. — concolor, J. Le Conte in Agass. Lake Super, p. 223. 



524 kitidblaiheS. 

comprimée et médiocrement serrée. — Prothorax échancré en avant, 
faiblement rebordé. — Elytres arrondies à leur extrémité, et laissant 
l'extrémité du pygidium à découvert. — Pattes peu robustes ; jambes 
simples : les antérieures arrondies au bout; les quatre tarses antérieurs 
ayant leurs 2° et 3» articles dilatés, velus en dessous; tarses postérieurs 
aussi longs que les jambes de la même paire, simples : leur 1" article 
aussi long que les suivants réunis. — Prosternum formant en arrière 
une courte saillie ; mésosternum consistant en une lame oblique et mé- 
diocrement targe. — Corps court, arrondi, très-convexe, glabre et 
brillant. 

Le (actes général est pareil à celui des Cym.odes. Les espèces dé- 
crites du genre ne s'élèvent qu'à deux de l'Amérique (i). Les collec- 
tions en contiennent quelques autres de Madagascar. 

OXYCNEMUS. 
Ënicns. in Gemiar, Zeitsch. IV. p. 351: 

Menton court, triangulairo, arrondi au bout, un peu échancré suï 
les côtés. — Languette cornée, munie à chaque angle d'un appAdice 
membraneux grêle et aigu. — Lobe des mâchoires coriace, assez court, 
barbu au bout et en dedans. — Dernier article des palpes labiaux ova- 
laire. — Mandibules robustes, saillantes, simples à leur extrémité, avec 
une dent médiane au coté interne.— Labre très-court, bilobé. — Sil- 
lons antennaircs sous-céphaliques, profonds, droits, prolongés jusqu'à 
la partie postérieure de la tète. — Antennes à 1" article un peu élargi 
en dehors, 2° cylindrique, plus long que les six suivants qui décrois- 
sent peu à peu, 9-11 formant une massue allongée, comprimée et 
serrée. — Prothorax échancré en avant, finement rebordé sur les côtés. 
— Elytres arrondies isolément à leur extrémité, laissant le pygidium à 
découvert. — Cuisses robustes ; jambes assez grêles, élargies au bout, 
avec leur angle apical externe prolongé en une épine aiguë ; les quatre 
tarses antérieurs ayant leurs trois l ors articles dilatés, velus en dessous; 
les postérieurs simples, un peu allongés, leur 1 er article plus court que 
les suivants réunis. — Prosternum faiblement caréné en avant, pro- 
longé .postérieurement en une saillie plane et arrondie au bout, attei- 
gnant le métasternum ; mésosternum invisible. — Corps ovale, convexe, 
glabre et brillant. 

Une seule cspè^jQ. fulvus Erichs.), d'assez grande taille et origi- 
naire du Brésil, constitue ce genre. 

(1) Strongylus annvlifer, Do Casteln. Ilist. Hat. d. Col. Il, p. 9. — P- stJ 
laceus, Erichs. loc. cit. p. 350. 

La Pallodes obsokta do M. Mclsuclmor (Procccd, of tho Acad. Of PhiladiDjI 
j>. 107) est une Aiusotojia. 



cvcHnAMiMS, 323 

TRIACANUS, 
ËniCDS, in GEiWAn, Zeitsch, IV, p. 352. 

Menton un peu rétréci et tronqué en avant. — Languette cornée, 
avec deux lobes membraneux arrondis et ciliés aux angles antérieurs. — 
Lobe des mâchoires corné, cilié en dedans, barbu au bout. — Dernier 
article des palpes labiaux cylindrique. — Mandibules simples à leur 
extrémité. — Labre profondément échancré. — Antennes de la lon- 
gueur de la tête, à 1 er article court, fortement élargi en dehors, 2° pas 
plus gros, mais plus long que les suivants, 3° un peu plus court, 4-8 
décroissant peu à peu sans grossir, 9-11 formant une massue ovalo al- 
longée, comprimée et assez serrée. — Prothorax bisinuè à sa base, 
échancré en avant, finement rebordé sur les côtés. — Elytres tronquées, 
laissant à découvert le pygidium. — Pattes robustes ; les intermédiaires 
conligués ; cuisses larges ; jambes comprimées, les antérieures triangu- 
laires ; toutes terminées à leur angle apical externe par une longue 
pointe aiguë ; leurs éperons terminaux grands ; tarses antérieurs forte- 
ment dilatés chez les miilcs, simples chez les femelles ; les quatre pos- 
térieurs simples dans les deux sexes, avec leur 1er article aussi long que 
les suivants réunis. — Prosternum caréné et tranchant en avant, pro- 
longé postérieurement en une saillie déprimée, recouvrant le méso- 
sternum et tridentée 'au bout ; la dent médiane reçue dans une fissure 
du métasternum — Pygidium grand ; un petit arceau dorsal additionnel 
chez les miles. — Corps peu convexe. 

Genre singulier, remarquable par la forme particulière de son pro- 
slernum. Il ne contient qu'une espèce de Manille, publico déjà, depuis 
assez longtemps par Erichson (t). 

(1) Nitidula apicalis, Nov. Act. Acad, nat. cur. XVI, suppl. p. 231, pi. 47, 
f. 3. 

Nofa. J'ignore auxquels de ces genres appartiennent les espèces suivantes : 
Esp. île l'Amérique du Sud : Slrong. M rulirum (Gamptodes?), humerulis, 
meltmurus, villosus (Pocamus?), lilauch. iu d'Oïl). Voy. Ent. p. 65 sq. — Str. 
Ikolor, llioracicus, nigrilus (Campiobesî), rufescens, Gàateln. Ilist. nat. d. Col. 
II, p. 9. — Nitidula hœmispherica (CamptodesV), Kirby, Trans. of the Linn. 
fioc. XII, p. 395. — Esn. de Californie : Strong. tinrtus, Manli. Bull. Mosc. 1843, 
p. 255. — Esp. de l'Australie : Kit. latins, llombr. et faquin, Yoj, au polo 
Sud, Eut. Col. pi. 4, f. 8. 



326 NiTWCLAir.ES. 

TRIBU V. 

IPIDES. 

Un seul lobe aux mâchoires. — Epistome saillant entre les mandi- 
bules et cachant le plus souvent le labre. — Antennes de onze articles. 
— Prothorax recouvrant le plus souvent la base des ély très. — Celles-ci 
entières ou abrégées postérieurement. — Cavités cotyloïdes anté- 
rieures imparfaitement closes en arrière. — Tarses de cinq articles 
dans les deux sexes. 

Erichson a assigné pour caractère essentiel, et même unique, a celte 
tribu, la disparition du labre devenu membraneux et caché sous l'épi- 
stome. Ce caractère était exact à l'époque où il écrivait, mais depuis 
on a découvert un genre exotique (Paiiomia), très-voisin des les, 
chez lequel l'cpistomc est notablement plus saillant que chez ces der- 
niers cl dont néanmoins le labre est à découvert. Dès lors c'est la 
saillie de l'cpistomc et non l'invisibilité du labre qui doit servir à ca- 
ractériser ces insectes. Elle donne à leur tète une forme assez diffé- 
rente de celle qu'on observe dans les groupes précédents et qui permet 
de les reconnaître sans peine. 

On doit à Frisch (i) une description et une figure de la larve de 
l'fys quadripuslulala, mais la première est si incomplète et la seconde 
si grossière, que les premiers états de ces insectes ne peuvent être con- 
sidérés que comme inconnus. 

I. Saillie prnstcrnalc rejoignant lo metasternum : Cryptarcha. 

II. — n'atteignant pas le mètastcrnuni. 
Labre indistinct : Ips. 

— distinct : Paromia. 

CRYPTARCHA. 

Schcck. Elem. uf Brit. Entom. p. 165 (2) 

Mandibules déprimées, terminées par une pointe grêle, légèrement 
fissile au bout. — Bord antérieur du front en arc de cercle, sans au- 
cune trace de museau ; ses bords latéraux recouvrant au moins le 1 er 
article des antennes. — Elytres recouvrant en entier l'abdomen, largc- 

(1) Deutschl. Ins. IX, p. 36, pi. 19, f. 1. Horbst (Die Kxt. IV, p. 165) a parla 
aussi de cette larve, mais d'après Frisch. 

(2) Syn. Cryptarchus, Heur, Col. helvet. I, p. 409. — NniDUlA, Fab., Oliv., 
Ulig., Panzer, etc. — Sirowgïlus, Hcrbst, Steph., Sturm, 



ipides. 337 

mcnl arrondies en arrière chez les mules, un peu acuminées chez les 
femelles. — Paltcs courtes ; cuisses ovales, comprimées ; jambes mé- 
diocrement élargies à leur extrémité. — Saillie prostcrnale graduelle- 
ment élargie en arrière, tronquée au bout, exactement appliquée contre 
le métasternum. — Corps régulièrement ovale, finement pubescent. 

Les autres caractères comme chez les Ips dont ces insectes ont été 
démembres et dont ils s'éloignent beaucoup par leur [actes qui rap- 
pelle complètement celui des Nitidulides à élytres entières. Le genre 
est propre jusqu'ici à l'Europe et à l'Amérique (i). Les espèces do la 
première de cos parties du inonda so trouvent principalement dans les 
plaies humides des chênes. 

IPS. 
FàB. Gen. Ins. p. 23 (2). 

Menton fortement transversal, faiblement arrondi en avant, avec 
une saillie obtuse dans son milieu. — Languette petite, carrée; ses 
angles munis chacun d'un appendice membraneux grêle , et aigu au 
bout. — Lobe des mâchoires submembraneux, allongé, presque gla- 
bre. — Dernier article des palpes cylindrique, obtus au bout. — Man- 
dibules robustes, bifides à leur extrémité, munie d'une saillie interne 
à leur base. — Tctc en triangle plus ou moins large, terminée par un 
museau, obtus ; ses sillons antennaires sous-céphaliques, obliques. — 
Antennes à 1 er article en grande partie à découvert, médiocrement 
gros, 2» plus faible que le l or et plus court que le 3" qui est cylindri- 
que, 4-8 courts, grossissant peu h peu, 9-11 formant une forte massue 
ovale, comprimée et assez serrée. — Prothorax en carré transversal, 
ou subéquilatéral, finement rebordé sur les côtés, échancré en avant, 
avec une saillie plus ou moins distincte au milieu de son bord Intérieur. 
— Elytres laissant une partie du pygidium à découvert. — Pattes 
courtes ou médiocres ; cuisses assez fortes, comprimées ; jambes mé • 
diocrement élargies ; les trois 1 er5 articles des tarses dilatés et velus en 
dessous ; crochets simples. — Prosternum assez large, reposant en 
arrière sur le mèsostcrnum ; celui-ci assez grand. — Corps glabre, 
brillant. 

(1) Esp. européennes : Nilkhilti strigaia, impcrialis Pàb. — Cryfit. quadri- 
signata, Kiister, Dio K;ef. Europ. II, 15. — Esp. de U Russie mit. : C. stdcala, 
Ftwher de Waldh. Bull. Moso. 1841,1, p. 41. — Bsp.de l'Amer, du Nord : C. 
ampla, fusca, Ericlis. in Germar, Zeitscln 1 . IV, y. 3T>0. — picta, Mclsheim. Pro- 
coed. «1 the Acad. of Philad. 11, p. 108. — Esp. do l'Amer, du Sud : C. nt/ipes, 
circellaris, picUi, turliidn, pusittu, Erichs. toc. cit. p. 357. 

(1) Syn. PmoriiAGDs, Schuck. Brit. Col. delin. p. 25, Tab. 30, f. 7. — Silpiia 
Linné, De Gcer.— JSitidow Oliv.— Deumjsstbs Liuuc. — Lïcïus ILugel., Pâmer. 



328 MTiotJi.Ainr.s. 

La plupart des femelles ont, comme les CrvptAuchA, leurs élylrcs 
un peu acuminées à l' extrémité. Le corps de ces insectes varie sous le 
rapport de la forme, et à ce point de vue les espèces peuvent se parta- 
ger, comme l'a fait Erichson, en trois groupes. 

Les unes sont assez larges, oblongo-ovalcs, parfois subparallèles et 
peu convexes (î), d'autres sont assez allongées, un peu déprimées et 
parallèles (â); enfin il y en a de tout-à-fait cylindriques (3); celles-ci 
font le passage entre le genre actuel et les Huizophagus qui suivent ; 
c'est sur l'une d'elles (/. ferruginea L.) que M. Schuckard a établi son 
genre Pittopuagus qui, à part celte différence de forme, ne présente 
aucun caractère générique particulier. 

L'Europe possède des représentants de ces trois sections ; c'est à 
celte partie du monde ainsi qu'à l'Amérique du Nord qu'appartiennent 
les espèces décrites jusqu'ici. Ces insectes se trouvent presque exclu- 
sivement sous les écorcea. 

PAROMIA. 
Westw. Trans. of the ent. Soc. 2<l Sor. I, p, 167.' 

Menton transversal, entier. — Languette courte, grêle, faiblement 
échancrée en avant. — Lobe des mâchoires inenne, fortement cilié. 

— Palpes labiaux Irès-pctits, subfiliformes, leur dernier article en ovale 
allongé; celui des maxillaires de la longueur des précédents réunis, 
ovalaire. — Mandibules allongées, saillantes, arquées et bifides au bout, 
ciliées au côté interne. — Labre distinct, petit, carré, avec ses angles 
antérieurs arrondis. — Tète en carré transversal, munie en avant d'une 
saillie prononcée, sillonnée en dessus ; ses sillons antennaires sous-cé- 
phaliques. — Antennes courtes, de onze articles; les trois derniers 
formant une massue brièvement ovalaire et serrée. — Prothorax trans- 
versal, de la largeur des élytres, droit et finement rebordé sur les 
côtés, bisinué en avant. — Elytres oblongues, parallèles, recouvrant 
en entier l'abdomen, arrondies en arrière. — Pattes courtes ; jambes 

(1) Esp. européennes : /. i-guttala, i-punctata auctor. — Esp. do l'Amer, 
du Nord : Ni/idula sanguinolcnta, fusciata, Oliv. Eut. II, 12, p. 7 sq. — /. olf 
lustij 4-sigruila., 4-vittata , Say, Boston Journ. of nat. Hist. I, p. 108 sq. — 
/. bipusluluta, geminata, Melshuim. Procccd. of the Acad. of Philad. II, p. 108. 

(2) /. ■ï-Jpustulaia auctor, d'Europe. 

(3) Esp. européennes: Dermestes ferrugineux, Linné, Syst. nat. H, p. 564. 

— Esp. du Mexique : Ips arcuala, Erichs. iu Germar, Zeitsch. IV, p. 360. 
J'ignore à laqucllo de ces divisions appartiennent les espèces suivantes : Esp. 

de l'Amer, du Nord : /. confluenta, Say, Journ. of tbc Acad. of Philad. III, 
p. 195. — sepulcralis, Randall, Boston Journ. of nat. Hist. II, p. 19. — De- 
jeaniij Kirby, Faun. Bor. Amer. p. 107. — Esp. do l'Amer, du Sud ; /. ebe* 
nina, Blanch. in d'Orb. Voy. Ent. p. 62. 



itaizoFiUGiDES. 329 

Comprimées ; les trois le" articles des tarses dilatés, subcordiformes et 
velus en dessous. — Premier segment abdominal plus grand que les 
autres. — Saillie prosternale recouvrant un peu le mésosternum. — 
Corps oblong, subdéprimé, parallèle, glabre. 

Genre remarquable,' voisin des 1rs dont il s'éloigne principalement 
par le labre distinct, la saillie de la tête en avant et le développement 
qu'ont pris les mandibules. L'unique espèce qui le compose, P. Dor- 
coides (1), est de grande taille pour cette tribu, sa longueur étant 
de huit lignes ; au premier coup-d'œil on la prendrait pour un Lucanide 
du genre Dobcos. Elle est noire, avec les élytres plus claires et ornées 
chacune d'une tache fauve à leur extrémité, système de coloration 
conforme à celui des 1rs. Cet insecte singulier n'est pas de Colombie, 
comme Je dit M. Westwood, mais de l'Australie (2), 



TRIBU VI. 

RHIZOPIIAGIDES. 

Un seul lobe aux mâchoires. — Labro caché sous l'épistome. — An- 
tennes de dix articles. — Prothorax ne recouvrant pas la base des ély- 
tres. — Celles-ci laissant une partie du pygidium à découvert. — Cavités 
colyloïdes complètement closes en arrière. — Tarses hétèromères 
chez les mâles, pentamères chez les femelles. 

Erichson a prouvé suffisamment que le genre RnizopnAcns de 
Ilerbst, placé avant lui parmi les Xylophages, et, par Latreille en parti- 
culier, entre les Cerylon et les JMonojoma, appartient en réalité à la 
famille actuelle. Seulement, ayant principalement égard à l'invisibilité 
du labre, il l'a placé dans la tribu précédente. Mais si l'on considère 
le nombre des articles des antennes, la différence qui existe entre les 
tarses des deux sexes, la forme générale du corps, et surtout celles 
des cavités colyloïdes antérieures, il semble plus naturel de former do 
ce genre un groupe à part. 

Les premiers états de ces insectes viennent complètement à l'appui 
de leur classement parmi les Nitidulaircs. La larve du Rkizophagus 
depressus qu'Erichson a fait connaître (ô) a, en effet, les plus grands 
. rapports avec celle de la Soronia grisca décrite plus haut. 

(1) Westw. loc. cit. pi. XIII, f. 1. 

(2) Voyez Reiche, Ann. d. 1. Soc. ent. Série 3, 1, p. 425. 

(3) Naturg. d. Insekt. Deutsclil. III, p. 227. Erichson n'a pas suivi les mé- 
tamorphoses de cetto larve ; il l'avait trouvée sous des écorces do pin parmi 
dos individus à l'état parfait du Ii. depressus; mais il n'y a guère à douter que 
c'est réellement celle do cette espèce. 



330 Nll'llUÏ.AlItrS. 

Elle est petite, allongée, un peu déprimée et d'un blanc sale. Sa 
tête est de la largeur du corps, arrondie, plate, et de consistance par- 
cheminée en dessus. Le labre est saillant et corné ; les mandibules, 
les mâchoires et les palpes maxillaires diffèrent à peine des mêmes 
parties chez la Soronia grisea ; le menton est charnu, carré, la lan- 
guette petite, arrondie en avant et ses palpes sont composés de deux 
articles : le l or cylindrique, le 2° sétiforme. Les yeux et les antennes 
sont pareils à ceux de la 5. grisea, à cette seule différence près que 
les secondes ont un petit article accessoire au sommet du 2° article. Le 
segment prothoracique est entièrement corné en dessus; ceux qui 
suivent , sont couverts de petites épines dirigées en arrière, qui les 
rendent âpres, et munis chacun en dessus d'une paire de crochets qui 
sont d'autant plus grands qu'ils appartiennent à des segments plus pos- 
térieurs. Leur ensemble forme ainsi deux rangées qui s'étendent tout 
le long du dos. Il existe en outre de chaque côté des segments abdo- 
minaux un tubercule charnu portant une longue soie dirigée en dehors. 
En dessous, l'abdomen présente de longs poils disposés en séries. Son 
dernier segment est muni en dessus de deux paires de crochets pareils 
à ceux de la S. grisea, et se prolonge également en un tube anal. Les 
pattes et les stigmates ne diffèrent pas de ceux de cette espèce. 

Cette larve vit sous les écorces dont elle se nourrit et dans lesquelles 
elle creuse des sillons ; dans son jeune âge elle est privée des rangées 
dorsales de crochets dont il a été question plus haut. 

Geniie : Rhizophagus. 

RmZOPHAGUS. 
Hemst, Dio Kœf. V, p. 1? (1). 

Menton transversal, concave, échancré en avant. — Languette cornée, 
petite, allongée, tronquée au bout, munie de deux petits appendice 
membraneux, ciliés. — Lobe des mâchoires large, coriace, garni de cils 
épineux en avant et dans sa moitié antérieure interne, de longs poils ft 
sa base. — Palpes filiformes. — Mandibules courtes, terminées en une 
pointe simple, précédée de deux petites dents ciliées en arrière de 
celle-ci, munies d'une saillie à leur base interne. — Tête en triangle 
obtus un peu allongé, munie d'une saillie aiguë sous l'articulation des 
mandibules. — Antennes à 1 er article globuleux, 2° de même forme, 
plus petit, 3° un peu allongé, 4-8 courts, égaux, grossissant peu à peu, 
9-10 formant une petite massue ovale dont le 2° article est en partie 
renfermé dans le l' r . — Prolhorax en carré équilatéral ou un peu al- 
longé, (inciueut rebordé sur les côtés, à peine échancré à sa base, avec 

(1) Syn. Lyctcs, Fab. 3 Payk., Panz. — Colïmuji Fab. — 1rs Oliv. — Sïn- 
cniTAj Hclhv. Paftschm. 



niiizoï'iiAciiuis. 331 

ses angles postérieurs arrondis. — Elytres allongées, laissant le 'pygi- 
dium en totalité ou en partie à découvert. — Pattes médiocres ; cuisses 
assez robustes ; jambes un peu élargies à leur extrémité ; tarses sim- 
ples, velus en dessous, croebets simples. — Proslernum fortement 
dilaté en arrière des hanches antérieures, coupé carrément et ne re- 
couvrant qu'une partie de la portion horizontale du mésosternum ; la 
saillie de ce dernier oblique, échancrée au bout et recevant le sommet 
du métasternum. — Corps allongé, grêle, parallèle, glabre, cylindrique 
ou déprimé. 

Ces insectes sont de petite taille, noirs ou ferrugineux, et se trouvent 
exclusivement sous les écorces des arbres morts ou dans les fourmi- 
lières. On en connaît en ce moment une vingtaine qui, sauf deux es- 
pèces de la Polynésie, appartiennent à l'hémisphère boréal dans les 
deux continents (î). 

Indépendamment de la structure de leurs tarses , les maies se dis- 
tinguent de leurs femelles par la présence d'un petit segment abdo- 
minal additionnel, et souvent par leur tète plus grosse et leur prothorax 
plus rétréci en arrière. 

(1) Esp. européennes : Lyctus nitidulus, depressus, politus, bipn.slnlntits, 
Fab. Syst. El. II, p. 500 sq. — lyctus ferriiffineus, dispar, pdrwhis, Payk., 
Faim. Suce. III, p. 326 sq. — Hli. grandit, cribratus, parallelocollis, Gyllli. 
Ins. Suce. IV, p. 636 sq. — llh. cœrukus, Waltl, lsis, 1839, p. 225. — ftft. 
perforatus, Eiiclis. Naturg. d. Insekt. Deutsehl. III, p. 231. — cyampennia 
{cœruleus Waltl), Hardy, Anu. ornât. llist.XIX, p. 379.— Esp.de l'Algérie : llh. 
wucolnr, Lucas, Explor. de l'Alger. Eut. p. -175. — Esp. de l'Amérique du Nord : 
Rh.namis, Erlchs. iu Germai-, Zeitsch. lV,p. 360 ; Mexique. — dimidiatUSj Manli. 
Bull. Mosc. 1843, p. 300. — abbrwiatusj MoUch. Bull. Mosc. 18-15, n° IV, 
p. 371; ces deux dernières sont de la Californie. — pnrnllclu.i, erythropterus, 
Mclslieim. Proceed. of the Acad. of Philad. II, p. 108. — ephippiger, Guérin, 
Icon. Ins. texte, p. 190, pi. 41, f. 1. — Esp. de la Polynésie : /(. cupito, AH* 
■meralis, h. Fairm. Rev. ot Mag. d. Zool. 1850, p, 54. 



FAMILLE XVII, 



TROGOSITAIRES. 



Languette cornée chez la plupart. — Mâchoires terminées par deux 
lobes ; l'interne souvent très-petit. — Antennes de onze, très-rarement 
de dix articles; en général les trois derniers formant une massue lâche, 
comprimée, dentée ou perfoliéc. — Elytres recouvrant toujours com- 
plètement l'abdomen. — Pattes médiocres ou courtes ; hanches anté- 
rieures cl intermédiaires transversalement ovales, non contiguos ; les 
postérieures semi-cylindriques, fortement transversales, contiguils ; 
tarses de cinq articles, toujours simples ; le l oc très-petit. — Abdomen 
de cinq segments en dessous, tous libres. 

Ces caractères sont très-voisins de ceux des Nitidulaircs ; ils sont 
même identiques pour la languette, les hanches des pattes et le nombre 
des segments abdominaux ; mais deux autres organes aussi importants, 
les mâchoires cl les tarses, sont construits sur un plan opposé. 

Pour ce qui concerne les premières, ce n'est plus, comme chez les 
Nilidulaires, le lobe externe qui est sujet à disparaître ; il est, au con- 
traire, toujours bien développé, cl les modifications qui peuvent exister 
portent sur l'interne. Dans la moitié environ des genres, il est tellement 
court qu'il ne forme plus qu'un appendice placé à la base de l'autre 
lobe et qu'on a quelquefois de la peine à le découvrir ; mais dans les 
autres il prend les dimensions ordinaires qu'il a chez les Coléoptères en 
général. 

De môme pour les tarses, ce n'est plus ici leur quatrième article, 
mais le premier, qui est atrophié, de sorte que ces insectes sont Tô- 
tramères, mais d'une manière opposée à ce qui a lieu dans la famille 
précédente. Cependant ce premier article n'est jamais, à proprement 
parler, nodifornic ; il est seulement court au point de ne pas dépasser 
la troncature des jambes et de n'être visible que lorsqu'on regarde les 
tarses en dessous. Le dernier article de ces organes est extrêmement , 
long et porte entre ses crochets un petit appendice styliforme et très- 
grêle, terminé par deux, soies divergentes, que je n'observe pas chez 



ÏR0G0SITAÏRE9. 333 

les Nitidulaires, du moins chez celles de leurs espèces que j'ai eu oc- 
casion d'étudier. 

Ce sont les deux caractères ci-dessus, qui m'ont engagé à ne pas 
adopter l'opinion d'Erichson qui, ainsi qu'on l'a vu plus haut, n'a fait 
de ces insectes qu'un groupe de la famille précédente. Il existe, en 
outre, une foule d'autres particularités différentielles moins importan- 
tes, mais qui montrent qu'on est ici en présence d'un type particulier. 

Ainsi, quand on a mis de côté les deux genres Peltis et 'J'dymalus 
qui, sous le rapport de leur forme générale et quelques autres carac- 
tères (par ex. leurs cavités cotyloïdes antérieures imparfaitement 
closes en arrière), tiennent encore de près aux Nitidulaires, il ne reste 
plus que des insectes d'assez grande taille pour la plupart, plus ou 
moins allongés, déprimés ou cylindriques , et dont toutes les parties 
sont construites dans des proportions plus robustes ou s'écartent, sous 
le rapport de la forme, des parties correspondantes des Nitidulaires. 
Ainsi le menton est très-souvent épais, et parfois replié dans l'intérieur 
de la cavité buccale, l'épislome trlsinué ou échancrè en avant. Les 
yeux sont grands, réniformes ou transversaux, rarement arrondis. Les 
antennes sont en général robustes, avec leur massue terminale obtusé- 
ment dentée au côté interne ; les sillons qui les reçoivent au repos 
longent toujours le bord interne des yeux. Le prolhorax est presque 
toujours plus étroit à sa base que les élylrcs et plus ou moins éloigné 
de leur base; en dessous ses cavités cotyloïdes sont complètement et as- 
sez largement closes en arrière. Les pattes sont assez robustes, et leurs 
tarses, toujours^ simples, ont leurs quatre premiers articles revêtus en 
dessous de poils, non pas longs comme ceux des Nitidulaires, mais 
courts, serrés et formant presque une véritable brosse. 

Ces caractères, réunis aux deux indiqués plus haut, me paraissent 
démontrer que les deux familles, malgré leur étroite analogie, no 
doivent pas être fondues en une seule. 

A l'état parfait, les Trogositaircs ne se trouvent jamais sur les fleurs, 
comme beaucoup de Nitidulaires, mais sous les écorces ou dans les 
plaies humides des arbres. Quelques espèces des genres Temkocuila 
et Trocosita se rencontrent plus particulièrement dans l'intérieur des 
maisons, où elles vivent aux dépens des céréales que nous y conservons, 
genre de vie qui a fait que quelques-unes d'entre elles ont été transpor- 
tées par l'homme dans la plupart des régions du globe. Il résulterait 
d'observations faites sur la Trogosita maurilanica, et plus récemment 
sur le Nemosoma clongalum, observations rapportées plus bas, que 
ces insectes seraient carnassiers. 

Les larves connues de cette famille, au nombre de trois ( Trogosita 
maurilanica, Nemosoma clongatum et Tkymalus limbalus), ont plu- 
sieurs caractères en commun avec celles des Nitidulaires, tels que dçs 
écussons cornés au moins sur le segment prolhoracique, deux pointes 
Cornées sur le dernier segment abdominal, un prolongement anal. et 



834 TH0G0SITAIBB9. 

un seul crochet aui tarses. D'un autre côté, elles diffèrent non-seule- 
ment de ces larves, mais entre elles sur des points importants , notam- 
ment les organes buccaux, le nombre des articles des antennes et celui 
des ocelles, de sorte que presque tous les caractères généraux qu'on 
voudrait leur assigner seraient sujets à des exceptions. Dès lors il est 
plus convcnablo de les examiner à part. 

L'Europe est peu riche en espèces de cette famille ; elle n'en possède 
que neuf, mais qui appartiennent à cinq genres distincts. Les autres 
genres sont exotiques et dispersés a de grandes distances dans les di- 
verses régions du globe. 

Avant Erichson , les éléments de la famille étaient répartis les uns 
(Trogosilides, Gymnochilidcs) parmi les Xylophages, les autres (Pcl- 
tides) parmi les Clavicomes de Latrcille. Quoique ses genres soient 
peu nombreux, elle me parait devoir être divisée en quatre tribus : 

Il Antennes do dix articles. Egoliides. 
U. — de onze articles (1) . 

a Lobe interne des mâchoires inerme.' 

Veux simples. Thocositides. 

— divisés en deux, au moins chez les miles; Gymnochiudes. 

aa Lobe interne des mâchoires muni d'un crochctcorné. Peltides. 



TRIBU I. 

EGOLIIDES. 

Lobe interne des mâchoires bien développé, inerme. — Deux yeux 
arrondis. — Antennes de dix articles : le dernier seul ou les deux der- 
niers constituant leur massue. — Epistomc cchancré en avant. — Pro- 
thorax un peu distant de la base des élytres. — Corps allongé et dé- 
primé. 

Deux genres exotiques, propres l'un à la Tasmanie, l'autre au Chili, 
conslitucnt à eux seuls cette tribu. L'ensemble des caractères qui pré- 
cèdent les distingue nettement des autres groupes de la famille. Ces 
insectes me sont inconnus en nature , et c'est d'après Ericbson que je 
donne leurs caractères. 

I. Massue des antennes d'un soûl article : Egolia. 
1> de deux — Acalunlhis. 

(1) Deux espèces seulement du genro Nemosoma n'en ont que dix. 



ÉG0UIDES. 335 

EGOLIA. 

Enicns. Arch. 1842, 1, p. 150, 

Languette divisée en deux lobes divergents , fortement ciliés au côté 
interne. — Palpes assez longs, filiformes; leur dernier article plus 
grand que les autres. — Mandibules courtes, bidcntôes à leur extré- 
mité. — Labre échancré. — Tète aussi large que longue; épislome 
assez fortement échancré ; sillons antennaires assez courts, conver- 
gents. — Antennes courtes, à 1 er article médiocrement gros, plus long 
que les suivants, 2-9 courts, égaux, grossissant peu à peu, 10 formant 
un gros bouton arrondi, tronque au bout. — Yeux gros, arrondis et 
saillants. — Prothorax un peu plus long que large, subparallèle en 
avant, avec ses angles antérieurs un peu saillants latéralement, rétréci 
et sensiblement plus étroit à sa base que les élytres : ses angles posté- 
rieurs nuls. — Ecusson transversal, arrondi en arrière. —Elytres allon- 
gées, parallèles. — Jambes linéaires, inermes : leur éperon terminal 
petit aux quatre postérieures, plus long et presque droit aux anté- 
rieures. — Corps assez allongé, déprimé. 

Une seule espèce propre à la Tasmanie constitue ce genre ; Erichson 
la nomme E. variegala (i). C'est un insecte de trois lignes de long, 
assez voisin pour la forme de la Trogosila mauritanica d'Europe, 
mais plus étroit, moins déprimé, avec la tète et le prothorax ponctués 
et inégaux. Sa couleur générale est noire, sauf les jambes et les tarses 
qui sont ferrugineux, et ses élytres sont traversées par trois bandes 
maculaires jaunes, déchirées. 

ACA1ANT1I1S. 
Enicns. in GEniun, Zciisch. IV, p. 416 $}i 

Languette divisée en deux petits lobes divergents. — Lobe externe 
des mâchoires coriace, petit, velu à sou extrémité ; l'interne membra- 
neux, de la longueur du précèdent, grêle et aigu au bout, fortement 
cilié au côté interne. — Palpes filiformes : leur dernier article plus long 
que les autres, et un peu acuminé. — Mandibules terminées par deux 
dents aiguës , munies d'une autre obtuse au milieu de leur bord in- 
terne. — ïcte avec l'épistome simplement échancré : ses sillons an- 
tennaires courts, bien marqués et fortement obliques. — Antennes 
courtes, à 1 er article gros, globuleux, 2-8 courts, égaux et serrés, 
9° beaucoup plus gros ainsi que le 10" : celui-ci brièvement ovale, un 

(1) Loo. cit. pi. 5, f. 6. 

(2) Syn. Psoi, lHaucn. ta Gay, Blst. de Chlle, Zool. V, p. 430. 



33G ïnocosiîAtnBS. 

peu comprimé. — Yeux médiocres, arrondis, assez saillants. — Pro- 
thorax assez allongé, un peu rétréci en arrière. — Jambes linéaires : 
les quatre antérieures munies sur leur tranche externe de dents assez 
longues et aiguës ; les postérieures inermes ; l'éperon terminal des an- 
térieures assez allongé et un peu arqué. — Corps allongé, parallèle. 

L'espèce (A. 4-signala Et.), également unique, de ce genre, est ori- 
ginaire du Chili, longue de trois à quatre lignes, noire, revêtue de 
longs poils blancs redressés, à élytres fortement ponctuées, et mar- 
quées chacune de deux taches fauves, l'une avant, l'autre après leur 
milieu. 

Cet insecte est manifestement le même que celui décrit et figuré 
depuis par M. Blanchard, dans l'ouvrage de M. Gay sur le Chili, sous 
le nom de Psoa quadrinolala (i). II est presque inutile de faire ob- 
server qu'il n'a rien de commun avec le genre Psoa, si ce n'est une 
certaine ressemblance dans la forme générale. 

TRIBU II. 

TROGOS1TIDES. 

î.obc interne des mâchoires très-petit, peu distinct. — Antennes de 
onze, très-rarement de dix articles : leur massue formée par les trois 
derniers. — Deux yeux plus ou moins réniformes chez la plupart. — 
Epislonie bi- ou trisinué en avant , parfois muni de deux cornes. — 
Prothorax plus ou moins distant de la base des élytres. — Corps 
allongé. 

Cette tribu, la plus riche en espèces de la famille, correspond exac- 
tement à l'ancien genre Tbogosita tel qu'on le trouve établi dans le 
Catalogue de Dejean, en y ajoutant le genre Nemosoma de Latreille, 
qui est presque de date aussi ancienne. Ce dernier tient encore à la 
tribu précédente par ses yeux arrondis et ses antennes composées, 
mais seulement chez quelques espèces, de dix articles. 

On connaît deux larves appartenant à ce groupe, celles de la Tro- 
gosila mauritanica et du Nemosoma clonqalum. 

La première, très-rire dans le nord de l'Europe, n'est que trop 
connue dans le Midi par les dégâts qu'elle fait dans les magasins et 
les greniers où l'on conserve le blé (2). Elle est ovale, allongée, dé- 
fi) Loc. cit. pi. 26, f. 7 af. Il y a encore ici un de ces désaccords entre lo 
texte et les Ogures qui se présentent à chaque instant dans cet ouvrage; tandii 
qu'il est dit dans le premier que les mâchoires n'ont qu'un seul lobe, la figure 
là, qui représente ces organes, en porte deux. 

(2) Dorthcz (Mémoires d. 1. Soc. roy. d'Agricult. 1787, Trim. d. print, p. 61) 
est lo premier qui ait suivi ses métamorphoses jusqu'au bout. Avant lui, on 



ïnocosiïibÉSi 337 

primée et garnie sur les côtés de longs poils redressés et peu serrés. 
Sa léte est cornée, plane en dessus, en carré long et horizontale; du 
voisinage des antennes partent deux sillons qui se réunissent sûr le 
vertex. Les yeux manquent et sont remplacés par des points enfoncés 
d'où partent de longs poils. Les antennes, insérées près de l'articulation 
des mandibules, sont courtes et composées de deux articles : le 1" cy- 
lindrique, le 2° petit et grêle. Les mandibules sont très-robustes, sail- 
lantes et terminées par deux pointes très-aiguës. Le dessous 'de la 
tête présente une profonde cavité dans laquelle sont placés le menton 
et les mâchoires qui adhèrent à ce dernier par leur tige qui est cylin- 
drique ; elles se terminent par deux lobes, l'interne très-pelit, l'externe 
charnu et fortement ovalaire ; les palpes maxillaires sont de quatre 
articles. Il n'y a aucun vestige de languette, et les palpes labiaux, qui 
sont composés de deux articles, s'articulent avec le menton par leurs 
supports qui sont cornés. Le prolhorax csf couvert en dessus d'une 
plaque cornée et un peu caréné en dessous. Deux plaques de même 
nature se voient sur chacun des deux segments thoraciques suivants. 
Les huits 1ers segments abdominaux sont simplement revêtus d'une 
peau coriace, mais le dernier l'est en entier par un bouclier corné, solide, 
qui se prolonge postérieurement en deux pointes robustes ; il y a un 
prolongement anal. Les pattes sont assez courtes et terminées par un 
seul crochet. Des neuf paires de stigmates, la première est placée en 
dessous près du bord antérieur du mésothorax, les autres sur les côtés 
des huit premiers segments abdominaux. La couleur générale est d'un 
blanc sale, avec la tète, la plaque du prothorax et le bouclier du dernier 
segment abdominal, d'un noir-brunâtre ; les aulrcs parties cornées sont 
d'un brun clair. 

Cette larve exerce ses ravages, principalement vers la fin de l'hiver, 
époque où elle est arrivée à toute sa grandeur. Peu de temps après 
elle quille les tas de blé aux dépens desquels elle a vécu, se réfugie 
dans les fentes, les trous des greniers, et y subit ses métamorphoses. 
Selon Olivier, l'insecte parfait ne serait pas granivore ; on le voit il 
est vrai, courir à la surface du blé, mais à la poursuite des teignes 
dont il l'ait sa nourriture. 

La larve du Ncmosoma elongaCum (i) est plus allongée que la précé- 

ignoralt a quel insecte elle se rapportait, bien qu'elle eût déjà été l'objet de plu- 
sieurs observations faites au point de vue de l'économie rurale. Olivier',! ajoute a 
M qu'en avait dit Dorthez, des détails intéressants sur ses habitudes ctV. lies do 
1 insecte parfait, dans l'article Tnocosrre de son Entomologie (II, n» 19). Depuis, 
cette larve, a été souvent décrite; voyez surtout LatreUle, Hist. nat. d. Ins. XI 
P. 234; Hammerschm. Do 1ns. Agricult. damnos. pi. 2; Westwood, An Introd' 
•»., I, p. 147, f. 12, n» 21 ; et Ericlison, Naturg. d. Ins. Deutschl. III, p. 211. 
te te dernière description est la meilleure de toutes; elle a été reproduite par 
«1. Chapuis et Candèze, Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, p. •11C. 
(t) M. Westwood (An Introd. to the mod, elassif. of Ins. I, p. 110, f. 12, n» 2) 
Coléoptères. Tome II, 22 



338 TBOGOSITAIBES. 

dente, plus cylindrique et plus atténuée en avant, avec des poils moins 
longs et moins nombreux. Sa tête est presque pareille, mais porte de 
chaque coté deux ocelles situés immédiatement en arrière de l'articu- 
lation des antennes. Celles-ci se composent des trois articles : le l or très- 
court, le 2° cylindrique, le 3« très-gréle, avec un petit article accessoire 
à sa base. Les mandibules sont arquées et terminées par une pointe 
simple. La tige des mâchoires et le menton sont également soudés en- 
semble, mais très-allongés, et les premières n'ont qu'un seul lobe charnu, 
ovalairc et muni de quelques cils. Les palpes maxillaires comptent quatre 
articles, les labiaux deux, et les supports de ces derniers sont soudés 
ensemble. Le prothorax porte aussi en dessus une plaque cornée, mais 
plus mince et rétrécic en arrière ; sa face inférieure présente une ta- 
rène demi-cornée ; deux autres plaques de même nature existent sur 
le méso- et le métathorax. Les huit premiers segments abdominaux 
ne présentent rien de particulier ; le dernier est recouvert d'une petite 
plaque cornée terminée par deux crochets recourbés en haut, et se 
prolonge infèricuremenl en un tube anal. Les pattes et les stigmates 
seraient complètement pareils à ceux de la Trogosila maurilanka, 
si la première paire de ces derniers n'était pas placée intérieurement 
entre le prothorax et le mésothorax. Cette larve est blanchâtre, avec 
ses parties cornée» d'un brun-rougeâtre clair. Elle vit sous les écorecs 
en compagnie de l'insecte parfait, et tous deux paraissent être carnas- 
siers, comme on le verra plus bas, nouveau rapport de plus qu'a le 
genre avec les Trogosila. 

Des six genres qui suivent, trois (Nemosoma, Temmocuila, ïrooo- 
sita) ont des représentants en Europe. 

I. Yeux arrondis. 

Jambus inermes : Nemosoma. 
— antérieures denticulécs sur leur tranche externe : Allœocncmis. 
IL Yeux réniformes ou transversaux. 

a Languette plus ou moins bilobéc. 
Jambes inermes : Temnochila. 
— > épineuses ou tuberculeuses au bord extorne : AUndria, M«- 
lambia. 
a a Languette entière ; jambes inermes : Trogosita. 

est le premier qui l'ait décrite et figurée ; Erichson (Naturg. d. Ins. Dcutschl. 
Jll, i>. 239) en a donne une description plus complète, que MM. Cliapuis et 
Caudèzc out reproduite, loc. cit. p. -il i. 



TBOGOSITIDES. 339 

NEMQSOMA, 
Lm- Rftfi nal. cl. Ins. XI, p. 230 (1). 

Menlon très-court, submembraneux, caché dans l'intérieur delà 
cavité buccale, ainsi que la languette; celle-ci courte également et 
profondément échancrée. — Lobe externe des mâchoires allongé, for- 
tement cilié en dedans ; l'interne très-petit, à peine distinct. — Palpes 
filiformes. — Mandibules saillantes, recourbées en bas, terminées par 
une pointe aiguë précédée d'une petite dent. — Labre caché sous l'é- 
pistome. — ïète grosse, allongée ; épislome cornu en avant. — Veux 
petits, arrondis, peu saillants. — Antennes courtes, de 10 ou 11 articles; 
les (rois derniers formant uno massue allongée, subinoniliforme ; le 1 er 
plus gros et plus long que les intermédiaires, ceux-ci courts et serrés. 
— Sillons anlennaires courts, bien marqués et convergents. — Prothc- 
rax allongé, parallèle, peu distant de6 élytres à sa base. — Celles-ci 
allongées. — Pattes courtes ; jambes inermes, un peu arquées ; l'éperon 
terminal des antérieures plus long qu'aux autres paires et légèrement 
arqué; tarses assez longs. — Corps linéaire, cylindrique et glabre. 

Petits insectes propres à l'Europe cl aux parties voisines de l'Asie. 
Le N. clongalum ("2), type du genre, est répamlu dans la plus grande 
partie do la première de ces régions et se trouve principalement sous 
les ci-orées des ormes morts où on le rencontre quelquefois on quantité 
considérable. Il vit en compagnie des llyksinus wvius et vitiaius, cl, 
d'après quelque» observations récentes, il détruirait ces insectes ainsi 
que leurs larves (s) ; on le rencontre aussi sous les écorces des hêtres, 
mais plus rarement. Outre celle espèce, on n'en connaît que deux 
autres du Caucase, (■»). 

(1) Syu. Dermestes Linné. — Coi.ydiuw, Hcrbsl, Panzer. 

(2) Cette espèce a dix articles aux antennes. Il en existe d'assez nombreuses 
ligures, parmi lesquelles celle puJjliùo par M. Curtis (Brit. Eut. pi. 327) laisse 
Mcu loin derrière elle toutes les autres. 

(3) Voyez Banse, Kraspcr et Mate, Stctlin. Ent. Zeit. 1812, p. 30. M. West- 
wooJ, qui a aussi observé les habitudes de cet insecte, ne parle pas de l'appel it 
carnassier que les trois entomologistes qui précèdent lui attribuent, Vojczson 
Intiod. to themod. classif. oflns. I, p. 110. 

(1) JV. comutum, Sturm, Cat. éd. 1826, p. 77, Tab. IV, n» 32. Sturni n'asslg ne 
a cette espèce que di\ articles aux antennes ; suivant BrlcilBOD (Germai', Zeitscli. 
V, p, 448), elle en a onze. — cauçusicum, Ménétr. Cat, rais. p. 221, et Folderm. 
Fauu. eut, Trauscauc. II, p. 257. 



J',0 ÏROGOSITAIIIÈJ. 

ALL^OCNEfflS. 
J. L. Le Conte, Proceed. ofthe Acad. ofPhilad. 1853, p. 232. 

Mandibules épaisses, saillantes, aiguës à leur extrémité. - •Téta 
crandc, obtuse en avant, très-concave sur le front ; épislome cchancre 
en avant. - Yeux arrondis, saillants. — Antennes un peu plus longues 
que la tête, grêles, à articles 1 un peu plus long que 4, 3 un peu .plus 
court que 2, qui est de moitié plus long que 1, 4-8 égaux, cylindriques, 
9-11 comprimés, du double plus gros que les précédents et formant une 
massue lâche. — Prothorax un peu plus étroit que la tète, pas plus 
long que large, rétréci en arrière, tronqué à ses deux extrémités. — 
Ecusson très-petit. - Elytres aussi larges que la tète, allongées, cylin- 
driques. — Jambes antérieures un peu comprimées , dcnticulees sur 
leur tranebe externe, tronquées obliquement au bout, avec leur éperon 
terminal assez grand et arqué; les quatre postérieures simples.— 
Corps allongé et cylindrique. 

Je reproduis ces caractères d'après M. J. Le Conte qui a établi ce 
genre sur un insecte des environs de San-Francisco en Californie, et 
l'a placé à côté des Acalanhiis. La forme des lobes des mâchoires dont 
il n'a pas parlé décidera cette question ; s'ils sont tous deux également 
développés, telle sera en effet sa place. En attendant, ses antennes de 
onze articles, dont les trois derniers forment une massue, m'engagent 
à le mettre provisoirement dans la tribu actuelle où il forme, avec les 
Nemosoma, une exception par ses yeux arrondis. 

Cet insecte, que M. J. L. Le Conte nomme A. Stoutii, et qui n'a 
pas moins de dix lignes de long, est d'un brun de poix ; sa tête est cou- 
verte de granulations qui la rendent inégale, et présente quelques 
poils redressés ainsi que le prolhorax ; les élytres sont finement ponc- 
tuées et rugueuses ; en dessous la poitrine est très-velue. 

TEMNOCHILA. 
Enicns. in Gbrmar, Zeitsch. V, p. 419 (1). 

Menton bisinué en avant i le lobe médian arrondi ; les latéraux ai- 
gus (2). — Languette coriace, divisée en deux lobes médiocres, diver- 

(1) M. Westwood (Zool. Journ. V, p. 231) est l'auteur de ce genre; mais il 
lui a imposé le nom mal compose de Temkoscheila, quErichson a modifie avec 
raison. — Trogosita auctor. — C'est d'après la T. cœrulea que Fabricius, 
llcrbst et Olivier ont exposé les caractères du genre Trogosita, tandis quo 
Latreille et Sturm les ont empruntés à la Trogosita mauritanicu. Voyez Erich- 
son, loc. eit. * 

(2) Telle est la forme du monton chçi la T. cœrulea d'Europo et la plopar» 



TnOGOSlTIDES. 311 

gents et ciliés. — Lobo externe des mâchoires grand, corné, très- 
fortement cilié au côté interne ; le lobe interne très-petit, peu distinct. 

— Dernier article des palpes déprimé, un peu élargi graduellement 
et tronqué au bout. — Mandibules très-robustes, assez saillantes, bi- 
dentées à leur extrémité, avec une ou deux dents au côté interne. — 
Labre transversal, tantôt presque entier, tantôt triangulairemcnt échan- 
cré. — Tctc grosse ; épistome Irisinué en avant ; un sillon longitudinal 
très-marqué sur le front ; sillons antennaircs sous-ophlhalmiqucs, pro- 
fonds, obliques. — Antennes un peu plus longues que la tête, robustes, 
à 1" article gros, obeoniques, 2-8 courts , obeoniques ou submonilifor- 
mes, subégaux, grossissant peu à peu, 9-11 formant une massue allon- 
gée, lâche, obtusement dentée au coté interne. — Yeux assez grands, 
déprimés, transversaux, échancrés en avant. — Prothorax plus long que 
large, parallèle ou rétréci en arrière, rebordô ou non, avec ses angles 
postérieurs tantôt distincts, tantôt nuls. — Elytres allongées, parallèles, 
arrondies au bout. — Pattes médiocres ; jambes sublinèaires, inermes ; 
l'éperon terminal des antérieures assez robuste et un peu arqué. — 
Corps allongé, subcylindrique ou déprimé, glabre. 

Insectes au moins de moyenne, quelquefois (T. colossus) de très- 
grande taille, souvent ornés de couleurs métalliques éclatantes. Leurs 
espèces sont nombreuses, surtout en Amérique. L'Europe n'en possède 
qu'une seule (T. cœrtdca) répandue dans toutes ses parties méridio- 
nales, à partir de l'Autriche, et les îles Canaries une autre ; ce sont 
les seules de l'ancien continent décrites jusqu'ici (i). Ces insectes se 
trouvent principalement sous les écorces ; cependant, parmi les espèces 
américaines, il en est qu'on ne rencontre que dans les plaies humides 
des arbres , et la cœrulca habile l'intérieur des maisons comme la 
Trogosita mauritanica. Olivier dit l'avoir rencontrée souvent dans lo 
vieux pain. 

des espèces de l'Amérique, mais il en est d'autres de co dernier pays chez les- 
quelles le lobe médian disparaît, do sorte que l'organe est largement et qua- 
uïangulairemcnt éehaucré. Ces espèces sont inédites. 
(1) Esp. des Canaries : T. fini, Brullé in Wcbb et lierthel. Canar. Ent. p. 70. 

— Esp. américaines : T. œnea, virescens, Oliv. Ent. II, n° 19, p. 7. — colossus 
(figuré dans d'Orbig. Voy. Ent. pi. 19, f. 0), festica, Donmerci, Encycl. méth. 
Ins. X, p. 719. — splrndida, Gory, Mag. d. Zool. Ins. 18.11, pi. 38. — polUa, 
Chcvr. Col. d. Mex. Cent. I, fasc. 1. — chlorodia, viridicyanca, Manb. liull. 
Mosc. 1843, p. 301. — e uni in ri , fulgidivittata , Blanch. in d'Orb. Voy. Ent. 
P- 205, pi. 19, f. 7-8.— sjjfcntfciw, Gray in Grillitli, Anim. Kingd. 1ns. Il, p. 93, 
pi. 00, f. 1. — mctallka. Percher. Gêner, d. Ins. l'asc. 1Y. — longkoUis, va- 
rians, Guérin, Icon. Ins. texte, p. 200. 



3*2 inososiTAitlES. 

ALINDR1A. 
Enicns. in Gemiaii, Zeilsch. V, p. 451 (1). 

Menton très-court, fortement transversal, plus ou moins échancré. 
— Languette cornée, petite, cordil'orme ; ses lobes arrondis, saillants, 
fortement ciliés en dedans.— Lolie externe des mâchoires corné, assez 
long, fortement cilié en dedans et à son extrémité; l'interne très-petit.— 
Dernier article des palpes ovalairc et un peu arque. —Mandibules très- 
robuslcs, obtusément hidentées à leur extrémité. — Labre transversal, 
cilié en avant. — Tète courte, largement et peu profondément impres- 
sionnée sur le fronU épislome trisinué ; sillons antennaires profonds, 
sous-oplitlialmiqucs. — Antennes courtes, à 1 er article très-gros, ova- 
lairc, 2-8 courts, égaux, moniliformes, 9-11 formant une massue 
aplatie et perfoliée. — Yeux grands, peu saillants, perpendiculaires, 
largement échancrés en arrière. — Prothorax carré, convexe, rétréci 
ou non en arrière, avec ses angles distincts ou non, notablement distant 
des èlytres. — Celles-ci allongées, cylindriques. — Pattes robustes ; 
jambes en triangle allongé, munies sur leur tranche externe de dents 
aiguës plus ou moins espacées ; l'éperon terminal des antérieures ro- 
buste et arqué. — Corps allongé, régulièrement cylindrique, glabre. 

Genre bien distinct du précédent par un grand nombre de caractères, 
surtout par ses jambes dentées. On n'en a décrit jusqu'ici qu'un petit 
nombre d'espèces, la plupart propres à l'Afrique ; les autres sont des 
îndes orientales et de l'Amérique du Nord (2) ; sauf celles de ce der- 
nier pays, ce sont des insectes de grande taille. 

MELAMBIA. 

Emeus, in Geiuiar, Zcitsch. V, p. 450.' 

Menton très-court, replié dans l'intérieur de la cavité buccale, ar- 
rondi en avant. — Languette cornée, divisée en deux petits lobes 
divergents et ciliés. — Lobe externe des mâchoires corné, allongé, for- 
tement cilié en dedans ; l'interne à peine distinct. — Dernier article 
des palpes subcylindrique. — Mandibules médiocrement saillantes, 
bidehtées à leur extrémité. — Labre carré, échancré en avant. — Tête 

(1) Sjn. IhTOPiii.oF.es, Mclshcim. Pi-ncecd. of tlie Acad. of Plillad. III, p. Cl. 

(2) l'.sp. du Sénégal et de GuinétS : Trot). grânâfS, Encyfcl. méth. Ins. X, 
p. 710. — major, eloiigata, Guérin-Ménev. tiSbh. In*. tBttB. p. 200. — Esp. do 
Madagascar : Trog. speeiabais, Klug, Ins. von Madag. p. 110, pi. V, f. 1.— Esp. 
du Cachemire : Trog. orientulis, Kollar u. L. Redtenb. in HUgcls Kashinhv, IV, 
2, p. 549. — Esp. de l'Amer, du Nord : Trog. cylindrka, Encycl. méth. loc. 
cit.— Uypophlœus niger {Al. cylindrka), nigellus, teres, Melshoim. loc. cit. 



THOGOSITIDES. 343 

transversale, vaguement impressionnée en avant ; epistome échancré, 
bisinué de chaque côte de l'échancrure ; sillons antennaires profonds , 
sous-ophthalmiqucs. — Antennes courtes, à l» r article gros, 2-8 courts, 
submoniliformes, égaux, 9-11 formant une massue médiocre, perfoliée. 

Yeux gros, subovales, largement échancrès en arrière. — Prothorax 

subtransversal, rétréci en arrière ; ses angles antérieurs saillants. — 
Ecusson transversal, arrondi en arrière. — Elytres allongées, paral- 
lèles. — Pattes médiocres ; jambes graduellement élargies, munies sur 
leur tranche externe de quelques petits tubercules espacés. — Corps 
allongé, assez large et assez déprimé. 

Genre intermédiaire entre les deux précédents et les TnOGosm. qui 
suivent : il se rapproche beaucoup de ces dernières par sa forme qui 
est seulement un peu moins aplatie. Il se compose d'un petit nombre 
d'espèces propres à l'Afrique, de grande taille et d'un noir mat, mais 
dont deux seulement ont été décrites jusqu'ici (1). 

TROGOSITA. 
Oliv. Eniom. II, n° 19. 

Menton petit, court, à peine échancré en avant. — Languette cornée, 
entière. — Lobe externe des mâchoires corné, allongé , fortement cilié 
en dedans; l'interne à peine distinct. — Dernier article des palpes sub- 
ovalaire. — Mandibules assez saillantes, bidentées au bout, avec une 
dent médiane interne. — Labre en carré plus ou moins transversal, fai- 
blement échancré et cilié en avant. — Tète presque carrée, et plane ; 
epistome trisinuc en avant ; sillons antennaires courts, profonds, sous- 
ophlhalmiqucs. — Yeux assez grands, perpendiculaires, planes et en- 
tiers. — Antennes courtes, terminées par une petite massue perfoliée 
de trois articles, parfois grossissant peu a peu à leur extrémité. — Pro- 
thorax et élytres des Melamma. — Pattes courtes, assez robustes; 
jambes en triangle allongé, inermes ; l'éperon terminal des antérieures 
obsolète. — Corps allongé, assez large, déprimé et presque plane en 
dessus. 

Réduit aux espèces qui présentent ces caractères, ce genre ne con- 
tient plus que des insectes de taille moyenne ou un peu au dessous, 
noirs ou brunâtres et sujets seulement à être variés do rouge ferrugi- 
neux. La grande ressemblance de forme qui existe entre eux rend leurs 
espèces assez difficiles à distinguer les unes des autres. La seule que 

(1) Trogosita gigas, Fan. Syst. El. I, p. 151. — Tr. striata, Oliv. Ent. II, 
19, p. 7, pi. I, f. i; toutes deux do Séiiéiral. Les Trogosita opaca et atra du 
Oïlaliiîrue de Dcjoan rentrent aussi dans ce genro, et peut-ciro la Tr. creni- 
coUis do M. Guérin-Méiiev. Iconogr. Ins. p. 199, pi. 41, f. 12. Si cela est, lo 
genra existe également au Bengale, d'où cette espèce est originaire ; elle est 
notablement plus petite, ([uc les espèces africaines. 



344 TnOGOSlTAlRES. 

possède l'Europe, la inaurilanica (1), a été Iransportée presque partout 
par le commerce. Les autres sont assez nombreuses et disséminées dans 
les diverses parties du globo ; une quinzaine ont été décrites jusqu'à 
présent (2), 

TRIBU III. 
GYMNOCHILIDES. 

Lobe interne des mâchoires bien développé, inerme. — Quatre yeux 
au moins chez les mâles: deux supérieurs grands, deux inférieurs plus 
petits. — Antennes de onze articles, les trois derniers en massue. — 
Front oblique. — Prolhorax conligu à sa base avec les élytres. — Corps 
oblong, déprimé et écailleux. 

Le caractère essentiel de celte tribu réside dans la structure anor- 
male des jiux. Les inférieurs sont petits, allongés et ne s'aperçoivent 
que lorsqu'on regarde la tète en dessous; on voit alors qu'ils ne sont 
séparés du cadre buccal qun par les sillons antennaircs qu'ils limitent 
par conséquent en dehors. L'intervalle qui les sépare des supérieurs est 
large. Ces derniers sont grands, déprimés, transversaux et se dévelop- 
pent parfois (Anacypta) au point de se rejoindre presque sur la ligue 
médians. Comme on le verra plus bas, il n'est pas démontré que cette 
division des yeux ne soit pas simplement un caractère sexuel flans les 
trois genres qui composent la tribu ; on sait déjà qu'il en est ainsi pour 
l'un d'eux. 

Sous le rapport de la forme générale, ces insectes ont un (actes qui 
leur est propre, mais qui se rattache visiblement à celui de certaines 
Trogositidcs, surtout des Melambia. Toutefois les écailles dont leur 
corps est couvert constituent un caractère étranger au reste de la fa- 
it) Tenebrio mauritanicus, Linné, Syst. nat. II, p. 671 (Trog. caraboides de 
Fabrieius et de presque fous les auteurs). Elle a été souvent figurée, mais la 
meilleure ligure est celle de Sturm, Deutschl. Ins. II, Tab. 48, f. aN. 

(2) Esp. de l'Amérique: Tr. collaris, Sturm, loc. cit. f. o 0; Indiquée a tort 
comme européenne par Sturm ; elle est de l'Amérique du Nord et correspond 
à la TrogoHta nigriptmis du Catalogue de Dejcan. — tr. bipustulata, l'ai). 
Syst. El. I, p. 152. — marginafaj Latr. in Ilumb. et Bompl. Ohs. de Zool. II, 
p. 10, pi. 31, f. 7. — mutiûa, depressior, subnigra, Palis, de Beauv. Ins. d'Air. 
et d'Amer, p. 126. — amerkana, Kirfoy, Faim. lîor. Amer. p. 166. — ptisil- 
limu, Mann. Bull. Mosc. 1843, p. 303. — Mtatata, Erichs. Arch. 18-17, I, p. 93. 

— castanea, cortioalis, lim/mli.s, dubia, nmm, bimaouktta, Melslieim. Proceed. 
of tlie Acad. of Pliilad. II, p. 109. — depressa, Guérin, Icon. Ins. texte, p. 201. 

— Es]i. do la Nouvel! -Zélande : T. affinis {mauripnica?) , Wiito, Zool. of 
the Krcbus and Terror, 1ns. p. 17. — Esp. de Taïti : T. paraMa, punctalo- 
lineata,h. Fairni. llev. et Mag. d. Zool. 1850, p, 55, 



GVMNOCniLIDES. 343 

mille. Ils sont propres à l'Asie, l'Afrique, Sumatra, l'Australie et la 
Nouvelle-Zélande. 

I. Yeux divisés chez les milles, simples chez les femelles : Leperina, 

II. — dans les deux sexes (?). 

Les supérieurs fortement séparés : GijtnnocMa, 
— subcontlgus : Anacypta, 

LEPERINA. 
Emeus, in Gemur, Zeitsch. V, p. 453 (1). 

Menton transversal, assez fortement échancré. — Languette cornée, 
un peu élargie, coupée carrément et fortement ciliée en avant. — Lobe 
externe des mâchoires coriace, s'élargissant peu à peu, arrondi et légè- 
rement cilié au bout; l'interne plus petit, aigu et fortement cilié en 
dedans. — Dernier article des palpes cylindrique.— Mandibules cour- 
tes, bidenlécs à leur extrémité. — Labre carré, cachant en partie les 
mandibules.— Télé aussi large que longue; front plane, oblique; 
épistome trisinué , le sinus médian large, les latéraux très-étroits ; sil- 
lons antennaires très-courts et profonds. — Antennes courtes, à 1" 
article assez gros, 2-8 très-courts, très-serrés et égaux, 9-11 formant 
une assez grande massue subpcrfoliéc. — Yeux assez grands, obliques, 
déprimés, largement échancrés en arrière. — Prothorax transversal, lar- 
gement et fortement échancré en avant, arrondi et marginé sur les 
eûtes antérieurs, rétréci à sa base ; cclic-ci tronquée. — Elylres allon- 
gées, parallèles. — Pattes courtes, médiocrement robustes; jambes 
inermes ; les antérieures seulement finement crénelées sur leur tranche 
externe ; leurs éperons terminaux assez robustes et un peu arques. — 
Corps oblong, tiéprimé, couvert de petites écailles en dessus, do poils 
peu abondants en dessous. 

Erichson a fondé ce genre sur une espèce de Sibérie, le Pcllis squa- 
mulata de Gcblcr, et une autre de la Tasmanie, décrile antérieurement 
par lui sous le nom de Trogosita decorata. Quoique très-voisin des 
Gïmnochila qui. .«uivent, il en était, à cette époque, très-distinct par 
l'état normal de ses yeux ; mais depuis, M. De Manucrheim (î) a l'ait 
connaître que, dans l'espèce sibérienne, les màlcs, qui sont beaucoup 
plus petils et infiniment plus rares (ô) que les femelles, ont les yeux 

(1) Syn. Trobosita, Erichs. Arch. 1812, p. 150. — Teltis, Gebler in Lcdc- 
bours Ueise II, Ins. p. 97. 

P) Bull. Mosc. 1848, II, p. 82. 

(3) M. Do Mannei'lieim rapporte que sur cent exemplaires pris par M. le 
docteur Sahlherg dans une même localité, il ne se trouvait pas uu seul màlc. 



346 rnonosiTAinns. 

complètement divisés, do la même façon que ceux des GTsmocnitA. 
Dès lors il reste à peine quelques caractères pour séparer les deux 
genres. On ne sait pas encore si les yeux se comportent de même dans 
l'espèce de laTasmanie et quelques autres de l'Australie (1) qui existent 
dans les collections. Pour ma part , tous les exemplaires que j'ai exa- 
minés avaient les yeux simples. 

Ces insectes sont plus larges, plus parallèles que les Tbogosita et 
ressemblent plutôt à certains PbltIS, par exemple P. oblonga. Ils vi- 
vent sous les écorces. 

GYMNOCHILA. 
(Klug) EniCHS. in Germar, Zeitsch. V, p. 455 (2). 

Menton logé à sa base dans une échancrure du sous-menton, petit, 
un peu élargi et assez fortement échancré en avant. — Languette 
cornée, cordiforme, un peu échancrée et cillée au bout. — Lobe ex- 
terne des mâchoires coriace, très-élargi et cilié en avant ; l'interne plus 
court, atténué au bout, garni de poils et de cils au côté interne. — Der- 
nier article des palpes labiaux ovalaire, celui des maxillaires cylindri- 
que. — Mandibules courtes, très-robustes, simples a leur extrémité. — 
Labre carré, atteignant l'extrémité des mandibules. — Front très-obli- 
que, presque perpendiculaire à partir du verlex exclusivement; épi- 
stome insinué ; sillons antennaires courts, profonds et convergents. — 
Quatre yeux ( les supérieurs fortement séparés. — Antennes courtes, 
terminées par une assez forte massue de trois articles obliques en 
dedans , le dernier petit ; leur funicule comme chez les Lbpeiiina. — 
Prolhorax plus large que long, un peu rétréci à sa base, largement et 
assez fortement échancré en avant. — Ecusson en triangle curviligne, 
fortement arrondi à son Bomniet. — Elytres allongées, rjarallèlcs. — 
Pattes des Lbpbimha. — Corps allongé, parallèle, couvert d'écaillés ca- 
duques en dessus, plus serrées en dessous. 

' Comme on le voit, ces caractères sont à peine distincts do ceux des 
Lepbiuna. Le type du genre est la Trogosila squamosa de M. Gray, 
assez grand insecte de l'Afrique australe, figuré, mais non décrit par 

S'il en est de même pour les espèces australiennes, ccla*xpliquo l'extrême 
rareté de ce sexe, ou plutôt son absence dans les collections. 

(1) J'en possèdo une espèce inédite de ce dernier pays. Jo pense que c'est à 
ce genre qu'il faut rapporter deux insectes de la Nouvelle-Zélande décrits par 
M. A., Whitc (Yoy. of the Ereb. and Terror, Ent. p. 17) sous les noms de Gym- 
nocheila ntgrosparsa et sobrtna, les vraies Gvmnociiila étant propres à l'A- 
frique. 

(2) Syn. GvjraocHEiLis/Dej. Cat. éd. 3, p. 339. Dejcan attribue il tort ce 
nom à M. Gray; cet auteur n'a établi le genre nulle part, que jo sache. — Ltr 
l'iDui'TEiux, Ilope, The Col. Alan. III. p. 131. 



PELTIDES. 347 

cet auteur (1). Deux autres espèces du même pays ont été récemment 
publiées par M. Bohemann (2) et il y en a dans les collections d'autres 
inédites de la cote de Guinée. 

ANACYPTA. 
Illic. J>foflws.Vl,p.338(3). 

Genre voisin du précèdent, mais bien distinct par les particularités 
suivantes s 

front complètement perpendiculaire | èpistome simplement échancrè 
en avdht, avec une petite dent au milieu de l'échancrure. — Yeux supé- 
rieurs presque conligus. — Prothorax court, né s'appliquant pas exac- 
tement contre la base des èlytres. — Jambes antérieures sans éperon 
terminal.— Corps Court, large, déprimé, glabre et brillant en dessus, 
légèrement pubescent en dessous. 

L'unique espèce du genre est la Nitidula punclala de Fabricius (4), 
insecte originaire de Sumatra, qui* d'après les caractères qui précèdent, 
doit ressembler beaucoup à un Pfltis. Je ne l'ai rencontré dans au- 
cune collection. Sa couleur générale est bronzée avec des taclics cui- 
vreuses plus ou moins brillantes, et les cuisses ferrugineuses. 



TRIBU IV. 
PELTIDES. 

Lobe interne des mûchoircs bien développé, terminé par un crochet 
corné. — Deux yeux réniformes. — Antennes de onze articles, les trois 
derniers formant une massue. — Epistomc cchanrrc en avant. — Pro- 
lliorax contigu i\ sa base avec les élytres. — Corps ovale, oblong ou 
sulihémisphérique. 

A ne considérer que la forme générale , la plupart de ces insectes 
sont plus voisins que les autres Trogositaires de la famille précédente, 

(1) Griffith, anim. Kingd. Ins. pi. CO, f. 3, avec des détails peu exacts, pi 75, 
f. \aq. C'est la Gymnocheilis vestita du Catalogue de Dcjcan. 

(2) G. latkoWs, udspersa, Bohem. Ins. Cadrai-. I, p. 078. — La Trogosita 
varia do Fabricius (Sysl. El. I, p. 151) et le l'cllis rugosa de îmmbBïg (in 
Scbo inh. Syn. Ins. II, p. 133 note), tous deux delà cùte de Guinée, appartiennent 
probablement au genre, 

(3) Syn. Acnors, Dalman, Eplicmer. entom. p. 15.— Nitidula, Fab. Syst. 
El. I, p. 351. 

(1) C est aussi la Nitidula buprestoides .do Weber (Observ. cnt. p. 48) et 
VAcrops motallicus de Daluian, loc. cit. 



348 ïrogositameS. 

mais le crochet corné qui termine leurs mâchoires" est un caractère im- 
portant qui montre qu'en réalité ils en sont plus éloignés et doivent, 
dès lors, terminer la famille actuelle. 

Les premiers étals de ces insectes n'ont été observés que depuis peu, 
et même ceux des Peltis ne sont connus que par les figures qui ont 
été publiées, sans aucune description, de la larve et de la nymphe du 
P. grossa (i). On a, au contraire, sur ceux du Thymalus limbatus, des 
détails complets dus à MM. Chapuis et Candèzc (2). 

Sa larve, tout en ayant de nombreux rapports avec celles décrites plus 
haut, s'en éloigne assez sur d'autres points importants, tels que les par- 
ties de la bouche, le nombre des ocelles, etc., pour qu'on se demande 
si la tribu actuelle ne devrait pas constituer une famille distincte. 

Son corps est en ovale allongé et sa tète demi-circulaire, un peu en- 
gagée dans le prothorax, est marquée en dessus de deux profonds sillons 
croisés. Les organes buccaux se composent : d'un labre médiocre , 
arrondi en avant ; deux mandibules courtes, épaisses, obtuses et faible- 
ment bi-échancrées au bout; deux mâchoires soudées en partie au 
menton et terminées par un seul petit lobe muni en avant de quelques 
cils; d'une languette consistant en un tubercule charnu; enfin d'un 
menton également charnu et tronqué en avant ; les palpes labiaux ont 
deux articles , les maxillaires trois. Les antennes se composent de 
quatre articles dont le dernier, très-grêle, est muni en dehors d'un 
petit article additionnel. Près d'elles se voient cinq ocelles disposés 
sur deux rangs, l'antérieur de trois, le postérieur de deux. Les seg- 
ments Ihoraciqucs sont plus longs que ceux de l'abdomen et revêtus, 
comme eux, d'une peau molle, sauf le prolhorax qui porte un écusson 
corné transversal. Chacun des segments abdominaux est divisé en deux 
par un sillon transversal et porte de chaque coté un tubercule charnu 
terminé par un long poil ; le dernier est muni de deux pointes cornées 
très-aiguës au bout et hérissées d'aspérités. Les pattes sont grêles, com- 
posées de quatre pièces et terminées par un seul crochet. Des neuf 
paires de stigmates, la première est située sur le mésothorax, les 
autres sur les huit premiers segments de l'abdomen, au dessus de leurs 
tubercules latéraux. 

Des exemplaires de celle larve, trouvés au mois de janvier sons l'é- 
corce d'un poirier sauvage, se métamorphosèrent en avril ; la nymphe 
est garnie de quelques poils et munie à l'extrémité de l'abdomen de 
deux petites pointes aiguës. 

Les deux genres suivants composent seuls la tribu. 

I. Jambes antérieures munies d'un éperon terminal : Peltis. 

II. fans éperon terminal ; Thymalus. 

(1) Stcttin. ent. Zcit. 1852, pi. III; d'après les observations do M, Assmann, 
de Breslau. 

(2) Mém. d, 1. Soc. d. Se, d. Liège, YIII, p, $17, pi, JJ, f, Ç. 



m 



PELTIS (1). 
Kucei. in Schneid. Magas. p. 508 (2). 

Menton court, transversal, un peu échancré en avant. — Languette 
coriace, divisée par une échancrure triangulaire en deux lobes ciliés, 

— Lobes des mâchoires larges; l'externe cilié en avant, l'interne en 
dedans et terminé par une sorte de crochet corné. — Dernier article 
des palpes labiaux ovalaire, celui des maxillaires subcylindrique. — 
Mandibules courtes, robustes, bidenlées au bout, avec une dent molaire 
à leur base interne. — Labre transversal, coupé carrément ou un peu 
arrondi en avant. — Tête médiocre, découverte. — Antennes courtes, 
robustes, à l tr article grand, triangulaire ou en massue arquée, 2-8 
courts, subégaux, grossissant peu à peu, 9-11 formant une assez forte 
massue allongée, plus ou moins lâche. — Prolhorax transversal, foliacé 
et reborde sur les cotés, fortement échancré en avant, de la largeur des 
élytres à sa base, mais ne leur étant contigu qu'au milieu de celte der- 
nière. — Ecusson en triangle curviligne ou oblong et transversal. — 
Elytres rebordées sur les côtés. — Pattes médiocres ; jambes faiblement 
élargies de la base à leur sommet, inermes ; l'éperon terminal des an- 
térieures robuste et arqué. — Corps ovale ou oblong, légèrement con- 
vexe, parfois plane en dessus. 

Insectes de taille et de forme variables, les uns assez grands, les autres 
médiocres ou très-petits et ressemblant, pour la plupart, auvNitidu- 
lides à élytres entières. Outre ces différences, il y en a d'autres dans la 
structure du prosternum, du mésoslcrnum, etc., qui peuvent servir à 
les grouper en sections (3). On les trouve sous les écorces, et quclques- 

(1) Ce nom est do la création de Geoffroy (Ins. d. cnv. d. Paris, I, p. 117), ' 
qui l'appliquait aux Silpha; Kugolann est lo premier qui l'ait employé dans la 
sons qu'il a actuellement. C'est une do ces atteintes au droit de priorité dont 
un long usage a rendu la réparation impossible. 

(2) Syn. Silpua, Linné, Payk., Herbst, etc. — Hisr-A Thunbcrg. — Tiiymalcs, 
Latr. Gen. Crust. et 1ns. II, p. 8. — Ostoma, Laichart, Tyrol. 1ns. II, p. 102. 

— Cassida, Fab., Oliv., Thunb. — Peltimon, Enc. méth. Ins. X, p. 644. 

(3) Les quatre espèces européennes forment à. elles seules autant de sections 
qu'on peut caractériser do la manière suivante, rien que d'après les modifica- 
tions des segments thoraciques en dessous : 1° rrostcrnum médiocrement 
large, saillant et recourbé en arrière des hanebcs antérieures; mésosternum 
impressionné à la base do sa saillie pour le recevoir: P. grossa; 2° Proslcr- 
num étroit, un peu saillant en arrière et appuyant son extrémité sur un tu- 
bercule médian du mésosternum : P. ferruginea; 3° Prosternum étroit, s'ar- 
rondissant immédiatement en arrière des banob.es antérieures; saillie méla- 
slemalo presque nulle entre les hanches intermédiaires : P. oblonga; i" P10- 
itenram très-large, coupé carrément en arrière, absolument comme chcî los, 
TuooosiTA et goures voisins : P. dmtatct. 



3S0 TROGosiTAinns. 

uns fréquentent de plus les champignons. L'Europe en possède quatre 
espèces décrites depuis longtemps » il y en a quelques autres exotiques 
parmi lesquelles une {P. Ivanii) qui, d'après ses habitudes, pourrait 
bien finir par se répandre dans la plupart des pays chauds (t). 

THYJJAMJS (2). 
Duftsciim. Faun. Austr. III, p. 126 (3). 

Menton très-petit, en trapèze renversé (4). — Languette cornée, un 
peu élargie, et arrondie en avant. — Lobes des mâchoires cornés ; l'ex- 
terne allongé, arrondi et muni de cils raides à son extrémité ; l'interne 
plus large, muni en dedans de quelques cils spiniformes, et à son anglo 
antérieur externe d'un long crochet corné. — Mandibules des Peltis. — 
Labre recouvrant en grande partie les mandibules, arrondi en avant. — 
Tète presque entièrement cachée sous le prothorax ; sillons antep- 
naires bien marqués, sous-ophthalmiques. — Veux assez gros, perpen- 
diculaires. — Antennes à i" r article assez long, en massue un peu 
arquée, 2° moins gros et plus court, obeonique, 3-8 grêles, subcylin- 
driques, 9-11 formant une grande massue allongée et serrée. — 
Prolhorax transversal, convexe, largement rebordé sur les cotés, rétréci 
et faiblement échancré en avant, serai-circulaire à sa base, avec ses 

(1) Esp. européennes : P. grossa L., femiginea L., oblonr/a L., dentata F. 

— Esp. de la Russie mér. : P. pubescens, Erichs. in Germar, Zoitsch. V, p. 457. 

— Esp. de Natal : P. africana , Bohom. Ins. Callrar. 1, p. 580. — Esp. île 
l'Amer, du Nord : P. fraternu, septentrionalis, Randall, Boston Journ. ol'nat. 
Jlisl. II, p. 17. — i-lineata, marginatu, Mclshcim. Procced. of tlio Arad. ot' 
Philad. II, p. 104. — Esp. de Madagascar et du Brésil : P. Ivanii, Allib. Rev. 
zool, 1847, p. 12; on l'a trouvé en Europe dans des caisses provenant de ces 
deux pays, et contenant des plantes et des graiues desséchées. 

Le Peltis brasilica de M. Pcrty (Del. anim. art. Brasil. p, 34, pi. VII, f. 11) 
n'appartient très-certainement pas au genre actuel, sans que je puisse dire dans 
lequel il doit rentrer. 

Le Petits rugosa de Thunbcrg (In Schœnh. Syn. Ins. H, p. 133 note), origi- 
naire de la côte do Guinée, me parait être une Gymnochila. 

Enfin le Peltis ovalis de M. Mac-Lcay (Annul. javan. p. 39), Insecte do Java, 
doit probablement figurer parmi les Colydiens, dans la tribu des Synchitidcs. 

(2) Latreille (Gen. Crust. et Ins. H, p. 8) est l'auteur de ce nom, mais le genre 
auquel il l'appliquait, étant établi sur le Peltis ferruginea, est synonyme du 
précédent. Duflschmiat a pris ce nom en 1825 pour le donner au genre actuel. 

(3) Syn. Peltis, Fab., Payk., Illig., Panzer, etc. 

(i) Cette étroitesse du menton est due au grand développement de la tige des 
mâchoires. Les ligures que J. Sturm (Deutschl. Ins. XIV, Tab. 285, f. F, 1) a 
données de ces organes et do la languette sont peu exactes. Erichson (Germar, 
Zeitsch. V, p. 458) a relevé ces erreurs ainsi que celles commises par M. Cui'tiS 
(Brit. Ent. I, pi, 39). Mes observations sont d'accord avec les siennes. 



PELTIDES. 351 

angles postérieurs arrondis. — Ecusson en triangle curviligne.— Elytres 
courtes, très-convexes, rebordées sur les côtés. — Pattes courtes, assez 
robustes ; jambes sublinéaires, inennes ; les antérieures sans éperon 
terminal. — Corps subhémisphérique, plat et presque glabre en des- 
sous, velu en dessus. 

L'espèce (T. limbalus), longtemps unique, sur laquelle ce genre a 
clé établi, est répandue dans toute l'Europe et ressemble singulière- 
ment, au premier aspect, à certaines Coccinella de grande taille et 
peut-être encore davantage aux Nilio de l'Amérique. On la trouve 
sous les écorecs, principalement dans les pays de montagnes. Elle est 
recouverte pendant la vie, d'une sorte d'eflloresccnce blanche qui se re- 
produit après avoir été enlevée. Dans ces derniers temps on en a 
signalé deux autres espèces de l'Amérique du Nord (1). 

(I) Th. fulgidus, Erichs. in Gcrmar, Zoitscli. V, p. 458. — marginicoUis, 
Olicvr. iu Guerin, Icon. 1ns. texte p. 02, pi. 18, t.%; probablement le mémo 
que le procèdent. 



FAMILLE XVIII. 



COLYDIENS. 

Languette cornée. — Deux lobes aux mâchoires. — Palpes et man- 
dibules très-courts. — Antennes de onze ou dix, très-rarement de huit 
articles, parfois grossissant peu à peu à leur extrémité, en général ter- 
minées par une massue en forme de bouton. — Hanches antérieures et 
intermédiaires globuleuses, enfoncées dans leur cavités colyloïdcs, les 
postérieures transversales, contiguës ou non ; tarses de quatre articles, 
simples, ainsi que leurs crochets. — Abdomen composé de cinq seg- 
ments ; les deux derniers ou le dernier seuls mobiles'. 

A n'en juger que par la forme générale, les éléments de celle famille 
paraissent, au premier coup-d'œil, très-peu homogènes. En effet, tandis 
que quelques-uns de ces insectes sont très-allongés, très-grêles et pres- 
que cylindriques, d'autres sont simplement oblongs ou ovales, et il y en 
a qui sont orbiculaircs ou peu s'en faut. Rien n'est plus varié non plus 
que la sculpture et la vestiture de leurs téguments. Aussi avant leur 
réunion par Erichson, le fondateur de la famille, ceux de leurs genres 
connus anciennement étaient-ils dispersés, les uns (Coi.obicus) parmi 
les Pentamèrcs, les autres (SAitnoTaïuai , Coxelos, Diodesma) dans 
les Héléromèrcs, le plus grand nombre dans la famille des Xylophages 
de Latreillc, bien qu'en réalité tous n'aient jamais que quatre articles 
aux tarses dans les deux sexes (1). 

Les Colydicns sont presque tous de petite taille et les parties de leur 
bouche sont peu développées, même absolument parlant. Le menton 
est corné comme la languette et tous deux varient peu sous le rapport 
de la forme. Les lobes des mâchoires le sont également et leur extré- 
mité au moins est en général garnie de cils raides; assez souvent l'in- 
terne est terminé par une dent cornée. Les Cbbsxon et genres voisins 
se distinguent par la longueur et la gracilité de ces organes. Les palpes 
labiaux et maxillaires sont à l'état normal sous le rapport du nombro 

(1) Le genre Cossymiodes Wcstw. fait seul exception à cet égard ; ses tarses 
sont hctcromcrcs. Mais il n'appartient probablement pas à la famille. 



C0LYDIEN3. 355 

de leurs articles, qui est de trois aux premiers et de quatre aux seconds • 
il est tres-peu commun que les uns et les autres ne soient pas filiformes' 
Les mandibules sont comme enfoncées dans la cavité buccale, peu visi- 
bles par conséquent, robustes et munies à leur base interne d'une 
saillie molaire en avant de laquelle se trouve ordinairement une bordure 
membraneuse, remplacée quelquefois par un appendice de même na- 
ture. Le labre est petit dans toutes les espèces. 

Les yeux sont toujours fortement granulés, latéraux, transversaux ou 
arrondis , ils manquent complètement chez les Agle*™ elles Anom- 
matus. Les antennes sont insérées immédiatement en avant de ces 
organes et très-souvent recouvertes à leur base par les bord* latéraux 
du front. Dans la très-grande majorité des espèces elles peuvent se re- 
plier sous la tête et, dans ce cas, leur article basilairc est reçu dans 
un sillon placé entre les veux et les côtés du cadre buccal ; mais il est 
Ires-rare que ces sillons se prolongent sous la tête. Le nombre normal 
des articles des antennes est de onze ; quand il n'y en a que dix celte 
réduction provient très-souvent de ce que le dernier s'est confondu avec 
le pénultième et fait corps avec lui. Le nombre de huit articles est tout 
a-lait exceptionnel et n'existe que chez quelques espèces de Pvo-o- 
MEnus. wl ™ 

La tête est plus ou moins engagée dans le prothorax. Celui-ci chez 
un certain nombre d'espèces, est dilaté latéralement, auquel cas les élv 
1res présentent en général la même disposition, quoique à un moindre 
degre; toujours elles recouvrent en entier l'abdomen. L'écusson ne 
manque que dans un seul genre (Diodesma); mais presque toujours il 
est réduit au point d'être poncliforme. J 

Les pattes sont courtes et présentent quelques variations dans les 
rapports que celles de la même paire ont entre elles. Tantôt celles de 
toutes les paires, tantôt celles de la dernière seulement sont contins 
ou faiblement distantes. Les jambes sont presque toujours linéaires" ou 
peu s en faut, et leurs éperons terminaux sont le plus souvent très-petite 
ou nuls. Le prosternum varie sous le rapport de la largeur et de la 
forme, mais presque jamais il ne se prolonge en arrière des hanches 
antérieures. Le mésosternum est simple et couché entre les hanches in- 
termédiaires ; il est en général un peu échancré en arrière et reçoit une 
courte saillie du métasternum. Ce dernier est grand; ses parapleures 
sont Imea.rcs et d'une seule pièce. La grandeur relative des segments 
ventraux de l'abdomen varie, le premier étant sujet à s'allonger plus 
que les autres. 

A l'état parfait, les Colydiens vivent sous les ccorces ou dans l'intérieur 
«ubois en voie de décomposition; quelques-uns se trouvent dans les 
inampignons ; un très-petit nombre sont épigés. 

Leurs larves sont encore trop peu connues pour qu'on puisse leur 
assigner des caractères généraux définitifs ; celles de deux genres seu- 
lement ont été décrites avec des détails suffisants. 

Coléoptères. Tome IL 23 



354 COLYDIENS. 

Leur corps est allongé cl tantôt (Coi.ydium) recouvert d'une peau fine, 
uniforme, tantôt (Cekylok) muni de plaques cornées sur les segments 
llioraciques. Comme d'habitude, la tête est cornée également. Elle porte 
de chaque côté cinq ocelles disposés sur deux rangs, l'antérieur de trois, 
le postérieur de deux. Les antennes se composent de quatre articles. Le 
dernier segment abdominal porte un écussoo corné muni de deux pointes 
recourbées et se termine par un court tube anal. Les pattes sont courtes 
et terminées par un seul crochet. Quant aux parties de la bouche, elles 
ne présentent rien de bien caractéristique, ainsi qu'on le verra plus 
loin. 

La famille est assez riche en genres tant européens qu'exotiques. Mais 
ces derniers, qui sont presque tous dus à Erichson, n'ont été que très- 
sommairement caractérisés par lui, et beaucoup sont établis sur des es- 
pèces qui n'ont pas encore été décrites ; j'ai rejeté ceux-ci en note. La 
plupart des autres nie sont inconnus en nature et je n'ai par conséquent 
rien pu ajouter à ce qu'en dit Erichson. Pat la même raison je ne puis 
qu'adopter simplement les cinq tribus dans lesquelles il a réparti ces 
insectes ('). 

I. Hanches postérieures contiguës. 

Segments abdominaux de même longueur. Svnckitides. 

Le l or plus grand (pic les autres. Colydiidbs. 

II. Hanches postérieures distantes. 

a Dernier article des pulpes non aciculairc. 

l°r segment abdominal plus long que les autres. BothmdkridîS. 

Segments abdominaux de même longueur. Pïcnojiéhuies. 

a a Dernier article des palpes aciculairc. Cérylonides. 



TRIBU I. 

SYNCHITIDES. 

Hanches postérieures contiguës. — Segments abdominaux d'égale 
grandeur. — Dernier article des palpes non aciculé. 

Cette tribu est la plus riche de la famille. Ses espèces sont rarement 
de forme allongée, et beaucoup d'entre elles sont remarquables par les 
aspérités, les cils, les épines ou les tubercules dont leurs téguments 
sont garnis, ce qui, joint à leur forme générale, fait ressembler les unes 
à des Peltis, les autres à des Boletopiugus. Aussi plusieurs avaicnl- 

(1) Pour d'oxcellentcs ligures de la plupart des espèces européennes, voy« 
Sturm, Deutschl. Ins. XX. 



SYNCKITIDES. 25$ 

elles été placées près de ce dernier genre, dans la section des Iléléro- 
mères, par Latrcille et Dcjean. On ne connaît les premiers états d'au, 
cun de ces insectes (i). 

I. Les trois 1«" articles des tarses Égaux ou snbégaus. 

A Jambos filiformes, non épineuses ot sans éperons terminaux. 

' a Antennes non rétractiles sous la tetc. 

* — do 10 articles : Sarrotrium, 

bb — de 11 — 

Tarses garnis de cils courts en dessous : Corticm, Rhagodera. 

do poils fins Diodesma. 

na Antennes rétractiles sous la tête. 

c Une saillie prosternalc. 

d Massuo antennaire do trois articles. 

Prothorax et élytres dilatés latéralement [Rechodes). 

— seul dilaté latéralement : Pristoderus , (Ulonotus). 
dd Massue antennaire de deux articles : Endophlœus. 
ce Point de saillie prosternalc. 

Massue antennaire do trois articles : (Prhlomush Spamctus. 

de deux — Coxelus, (Tarphius). 

do un — (Paryphus). 

B Jambos linéaires, non épineuses, terminées par de petits éperons, 
e Tarses hétëromeros : Cossyphodes. 
ee — tétrameres. 
f Mandibules bidentées au bout. 
Segments abdominaux tous écliancrés. 
Point de sillons antennaires : Ditoma. 

Des (Phlœodalis, Cerchanoius). 

39 Segments abdominaux postériours seuls écliancrés : Trachypholis 
Colobicus. r ' 

f[ Mandibules simples au bout. 

Massuo antennairo de deux articles : (Dlplotonm). 

de un article : Synchita, Cicones. 

Jambes un peu élargies à leur extrémité, terminées par do petits éperons, 
«munies de cils épineux sur leur bord externe. 
Massue antennairo de trois articles : {Lasconotm). 

mit! f ■, N 7 ,mn G er < SteWin - ont - Zoit - 1848> p. 25G) a dit senlcmont nuclqi.es 
chui'm a ° ■ Symh ' ta Joûlundis, qu'il avait trouvée sous récurée d'un 



356 COLTDIENS. 

Massue antennairo do deux articles : (Plilœonemw)! 
H. 1 er article des tarses allongé ; jambes terminées par des éperons très-dis- 
tincts. 
Yeux sessiles : Meryx. 
— pédoncules : Acropis, (Plagiope). 
Genre incertœ sedis : Emmaglœus. 

SAMOTRIUM. 

Illio. Die Kœf. Preuss. p. 339 (1)2 

Menton en carré transversal. — Languette de même forme, avec 'ses 
angles antérieurs arrondis. — Mâchoires en grande partie cachées par 
des saillies du cadre buccal ; leur lobe interne terminé par un crochet 
corné et muni en dedans de cils crochus ; l'externe tronqué et cilié au 
bout. — Palpes très-courls ; le dernier article des labiaux ovulaire et 
acuminé ; celui des maxillaires ovale et tronqué au bout. — Ma ndibulcs 
obtusément bidcntèes à leur extrémité. — Labre transversal, à peine 
distinct. — Tétc horizontale, presque carrée, avec le bord antérieur de 
l'épistome droit et les bords du front très-relevés au-dessus des an- 
tennes. — Celles-ci non rétractiles, très-fortes, fusiformes, de dix 
articles : 1 cylindrique, court , 2-3 en cône renversé , subégaux , 4-9 
transversaux, perfoliés, velus, 10 plus petit, suborbiculaire, finement 
pubescent (a). — Yeux petits, ovales et obliques, médiocrement saillants. 

— Prolhorax aussi large que les élylres, convexe, tronqué en avant et 
à sa base, finement rebordô sur les côtés. — Ecusson petit, ponctiforme. 

— Elylres oblongucs, assez convexes et parallèles — Pattes médiocres; 
jambes linéaires, sans éperons terminaux ; les trois 1 ers articles des 
tarses courts , égaux , garnis de courts cils en dessous ; le 4° aussi long 
qu'eux réunis. — Les deux 1 ers segments abdominaux largement 
échancrés en arrière. — Corps oblong, assez convexe, à téguments ru- 
gueux en dessus. 

Petits insectes d'un noir parfois grisâtre, à prothorax bicarèné latéra- 
lement, et ayant sur les élylres des cotes médiocrement saillantes, entre 
lesquelles sont des rangées de poinls enfoncés. Ils vivent à terre entre 
les herbes, ou sous les mousses, principalement dans les endroits sa- 
blonneux. L'espèce anciennement connue {S. clavicorne) est répandue 

(1) Syn. Oiithoceiujs, Latr. Précis d. car. gén. d. Ins. p. 26. Lo nom d'Illiger 
est postérieur, mais cet auteur est le premier qui ait exposé les caractères du 
genre de façon à le rendre reconnaissablc. — Dermestes Linné. — Tenehrio 
De Géer. — IIispa, Linné, Fab., Panzer, Marsh. — Ptilikus, Fab., Payk., 
Panzer. ' 

(2) On aperçoit a son extrémité une très-courte saillie obtuse, faible vestige 
d'un 11» article, 



SYNCniTlDBS. 357 

dans toute l'Europe; deux autres ont été découvertes dans ces dernières 
années en Allemagne (i), 

CORTICTJS. 
{Dej.) Uïn. Règn, anim. éd. 2, V, p. 24 (2): 

Genre très-voisin des Samiotiuum et n'en différant même essentielle- 
ment qu'en ce que le 11° article des antennes est apparent, quoique 
petit, et à moitié engagé dans le 10°; mais les espèces qu'on y com- 
prend présentent quelques différences dans ces organes et de plus 
grandes encore sous le rapport de la forme générale et de la sculpture 
des téguments. 

Celle sur laquelle le genre a été établi, le Sarrolrium cellis Dej. (3) 
a des antennes peu velues, grossissant très-légèrement et peu à peu de 
la base à leur extrémité, avec leurs articles 2-3 obeoniques, égaux, 4-9 
transversaux, serrés, et le 11» à peine distinct du 10" et formant avec 
lui une sorte de bouton transversal. La forme générale, celle du pro- 
thorax et des élytres, ainsi que leur sculpture, ne s'éloignent pas beau- 
coup de ce qui existe dans le genre précédent. 

Deux .autres espèces (t) ont les antennes fusiformes comme les Sar- 
eotbium, mais moins velues, avec les articles 2 subglobuleux, 3 10 trans- 
versaux, cupuliformes et perfoliés, 11 bien distinct du 10°, les élytres 
carrées, tronquées aux angles huméraux, et couvertes de tubercules. 

Ces insectes sont originaires des parties australes et orientales de 
l'Europe; ils sont épigés, comme les Sauuothium. 

(1) S. clavicorne {Dermestes clavicornis, Linné, Faun. Suec. p. 142); nom 
antérieur à celui do muticum, généralement admis dans les collections. — cras- 
skome, teretkome, Erichs. Naturg. d. Ins. Deutsclil. III, p. 260. 

(2) Syn. Ceropachys, A. Costa, Annal, doit' Acad. degli aspirant, nat. Série 2, 
I, p. 150. — BoLiToriiAcus Charpent. 

(3) Germai-, Nov. Ins. Spec. p. 146, et Faun. Inscct. Europ. fasc. XIV, 4; 
de Dalmatie. Lo Ceropachys foveicollis de M. A. Costa (loc. cit.) no parait pas 
en dtffl&rer. * 

(4) Surrotrium tuberculatum (Bolilophngus tuberculalu.t, Charpent. Horœ 
CTl- ]>. 21;)) cl. Iduricum, Germai-, Faun, Ins. Europ. fa.se. XV, n<W 4 el 5; tous 
«eux de la Russie méridionale et c-ciiiirecs voisines. — Eriehson (Nat. d'. Ins. 

'■"Mil. III, p. 255) en signale une autre espèce inédite [C. foveolatus), de 
Sicile, décrite depuis par M. L. Fairmairc, sous lo même nom, dans les Ami. 
u - '• Soc. eut. Série 2, VI, p. 171, pi. 7, n» 111, f, 2. 



358 



RIIAGODERA. 
(Eschscii.) Enicns. Nalurg. d. Ins. Deutschl. III, p. 255. 

C'est ici, selon Erichson, que viendrait ce genre inédit («) d'Esch- 
schollz ; d'après le peu qu'il en dit, il serait aussi très-voisin des SAnno- 
tjuom : les antennes ne sont pas très-robustes ; elle sont composées de 
onze articles comme celles des Conncus ; mais les derniers ne sont pas 
plus gros que les précédents et le 11° est entièrement dégagé du 10» ; 
les saillies du cadre buccal sont fortes, sans toutefois recouvrir les mâ- 
choires. 

M. De Mannerheim (a), qui a donné une phrase spécifique de l'unique 
espèce du genre (R. tubcrculala Eschsch.), la décrit comme étant al- 
longée, d'un noir-brunàlre, avec l'épislome grand, dilaté et étalé, le pro- 
thorax muni de deux côtes en dessus et denticulé latéralement, et les 
élylrcs ayant ensemble neuf côtes dont les intervalles présentent chacun 
deux rangées de points enfoncés, fortement marqués. Cet insecte est 
long d'un peu plus de trois lignes et originaire de la Californie. 

DIODESMA. 
(Megerle) Latr. Rùgn. anim. éd. 2, V, p. 97. 

Menton carré, légèrement transversal. — Languette cornée, rélrécie, 
arrondie et garnie de longs poils en avant. — Lobe interne des mâchoires 
petit, terminé par un fort crochet corné et cilié en dedans ; l'externe 
plus large, arrondi et cilié au bout. — Palpes courts; dernier article des 
labiaux grand, ovalaire et acuminé ; celui des maxillaires en ovale al- 
longé et oblus. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre court, 
un peu arrondi en avant. — Tète médiocre, plane, un peu dilatée au 
niveau des antennes, avec l'épislome coupé carrément. — Yeux petits, 
arrondis, peu saillants, assez fortement granulés. — Antennes non ré- 
Iractilcs, médiocrement robustes, pubesr.eriles ; leurs articles 1-2 un peu 
plus gros que les suivants, brièvement subcylindriques, 3 !) moniliformes, 
10-11 un peu plus gros, formant une petite massue. — Prothorax trans- 
versal, tronqué à ses deux extrémités, arrondi et finement denlicule 
sur les côtés. — Ecusson nul. — Elylres ovales, conjointement échan- 
gées en avant. — Pattes courtes; cuisses un peu renflées; jambes 
droites , partout d'égale grosseur, sans éperons terminaux ; tarses 
courts; leurs trois l ors articles égaux, garnis en dessous de poils longs, 
serrés sur le l or , moins denses sur les deux suivants. — Segments ab- 

(1) 11 a étû mentionné pour la première fois dans le Catalogue do Dejcan, 
éd. 2, p. 312, et éd. 3, p. 337. 

(2) Bull. Mosc. 1843, p. 300. 



SYNcnniDES. .!•';:> 

dominaux fortement échancrés sur leur bord postérieur. — Corps 
oblong, âpre et garni de petits poils courts en dessus. 

Genre ne comprenant qu'une petite espèce, D. sublerranea (1), assez 
semblable pour la forme au Sarrotrium clavicorne. Elle est originaire 
de l'Autriche et de la Carinlhie où elle parait assez commune dans les 
souches de hêtre. Pendant la vie elle est ordinairement recouverte d'une 
cfflorcscencc grisâtre. 

Avant les Pristodbiujs qui suivent, Erir.hson (2) place un genre fondé 
sur des espèces inédites et qu'il nomme Rechodes ("). 

PR1STODERUS. 
Hor-E, The Col. Man. 111, p. 145. 

Genre établi sur le Dermestcs scaber de Fabricins (*), insecte originaire 
de l'Australie. M. Hope ne parait pas l'avoir vu, à en juger par les ca- 
ractères qu'il lui assigne et qui ne sont que la reproduction de la des- 
cription de Fabricius. Le genre reste donc douteux jusqu'à nouvel 
ordre ; mais à en juger par la flgurc qu'Olivier a donnée de l'espèce, il 
nie parait identique avec celui qu'Erichson a établi (s) sous le nom 
(I'Ulonotus, sur une espèce inédite de la Nouvelle-Zélande (c). 

(1) Ericlis. Nat. d. Ins. Doutschl. 111, p. 262; figuréo dans Germar, Faun. Ins. 
Europ. fasc. XXIV, 5; et dans Guérin-Méncv. Icon. bis. pi. 41, S. 4; texte, 
p. 193. — La/). piceu de Sturm (Doutschl. 1ns. XX, pi. 302, f. o-M) parait n'en 
être qu'une légère variété. 

(2) Naturg. d. Ins. Doutschl. III, p. 255. 

(3) Rechodes. Faciès d'un Peltis (probablement du Peltis oblonga et es- 
pères voisines), avec les bords latéraux du prothorax et des élytres largement 
dilatés et finement donticulés en scie ; leur disque hérissé de tubercules aigus. 
Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme. Lobe interne des 
mâchoires terminé par un crochot. l'oint de sillons antennaires. Massuo dos an- 
tennes composée de trois articles. Saillie prostornale diBtincto. Deux espèces 
inédites : H. pdtoides Kl., de l'Afrique australe, et U. serratus Kl., do Mada- 
gascar. 

11 suit de là quo co gonre no ditférc des PniSToniîntis que par l'absence de» 
Sillons antennaires et la dilatation des bords latéraux des élytres aussi prononcée 
lue celle dos côtés du prothorax. 

(i) Syst. El. I, p. 318; ligure dans Olivier, Eut. II, n» 9, pi. 2, f.iab. 

(5) Naturg. d. Ins. Doutschl. III, p. 255. 

(6) Je possède lit) insecte de ce pays quejo crois, avec uno certitude presque 
complète, être celui qu'Erichson a eu sous les yeux. Il présente tous les ca- 
i.irlnvs qu'il assigne à son genre Hi.onoti s. et. ces caractères sont les mêmes 
que ceux des Endoniloeus, sauf pour le dernier article des palpes maxillaires, 
qui est scruril'urnie, et la massue des antennes, composée do trois articles assez 
sénés : le 1°' on conc renversé, pas plus large quo long, le 2^ fortement traus- 
vttWlj le 3 e grand, suborblculuirc. Cet insecte est plus grand que VJinclvphlœiis 



360 



ENDOPHLOEUS. 
(Dej.) Emcns. Nat. d. Ins. Deutschl. III, p. 25G (1). 

Menton carré, subéquilatéral. — Languette cornée, rétrécic et ciliée 
en avant. — Lobe interne des mâchoires terminé par un crochet corné, 
cilié en dedans; l'externe cilié au bout. — Palpes courts; dernier ar- 
ticle des labiaux ovalairc et acuminé ; celui des maxillaires beaucoup 
plus gros que le précédent, déprimé et fortement tronqué au bout. — 
Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre transversal, arrondi en 
avant. — Tête retirée à moitié dans l'intérieur du prolhorax, inégale, 
relevée en oreillettes au-dessus des antennes, avec l'cpistomc sinué en 
avant ; ses sillons antennaires courts, assez profonds et obliques. — 
Yeux assez gros, ovales et assez saillants. — Antennes rétractilcs, peu 
robustes, pubescentes, à articles 1 assez gros, cylindrique, 2-5 obeo- 
niques, décroissant peu à peu, 6-9 subglobuleux, 10-11 formant une 
petite massue. — Prothorax inégal, largement dilaté et denticulé en 
scie sur les côtés, convexe sur le disque, avec le bord antérieur de la 
convexité s'avançant sur la tête. — Elytres convexes, parallèles, étroi- 
tement rcbordècs et denticulées latéralement. — Pattes assez courtes ; 
jambes filiformes, sans éperons terminaux ; les trois 1 ers articles des 
tarses courts, égaux, velus en dessous. — Saillie prosternale très-courte, 
arrondie au bout.— Segments abdominaux entiers. — Corps oblong, con- 
vexe, parallèle, raboteux, çà et là squammigère en dessus. 

Petits insectes vivant sous les écorces et propres à l'Europe australe. 
L'espèce typique, E. spinulosus (2), se trouve jusqu'aux environs de 
Paris. Deux autres ont été découvertes, il y a peu de temps, dans la 
Russie méridionale et en Turquie (s). 

spinulosus, plus largo, plus convexe, et de forme, par conséquent, plus ro- 
buste; mais ce ne sont pas la des caractères génériques ; sa couleur est d'un 
brun mat uniforme. 

Je crois que c'est, soit aux Pmstodeuus, soit aux Ulonotus, en supposant ces 
deux genres distincts, qu'il faut l'apporter le Bolitophagus antarcticus de M. A. 
White (Voy. of the Ercb. and Tcrror, Eut; p. 12, pi. 1, f. 12), quoique les bords 
latéraux de son prothorax présentent de chaque coté trois fortes dents, au lieu 
d'être finement denticulés. 

(1) Syn. Eleuona, Latr. Gen. Crust. et Ins. II, p. 179. 

{>) Figurée par Latreille, Inc. cit. IV, Tab. 1G, f. 3. Après avoir placé cet 
insecte parmi ses Eledona (Boletophagdb), Latieille (Règne anim. éd. 2, V, 
j>. 31 note) l'a transporté dans le genre CoXELUS, en se basant à tort sur co 
que la massue de ses antennes serait composée de trois articles. 

(3) M. exsculptus , squarrosus Frivaldsk.; figurés dans Germar, Faun. Ins. 
Europ. fasc. XXIV, Tab. 2 et 3. 

Dans l'ouvrage do M. Gay sur le Chili (Zool. V, p. 241), sont décrits deux in- 
sectes sous les noms iX'Endophluius thxwsus ut ungustatus; le premier est 



SVNCniTIDES. 361 

A la suite de ce genre, Erichson (l) en place un fondé sur une espèce 
inédile de Madagascar et qu'il nomme Phiolomds (2). 

SPARACTUS. 
ERicns. Naiurp. d. Ins. Deutschl. III, p. 256. 

Genre établi par Erichson sur la Diloma, inlcrrupla, insecte de la 
Tasmanie antérieurement décrit par lui, et qui m'est inconnu. Il le ca- 
ractérise en ce peu de mots : 

Très-voisin des PnioLOMCS. — Sillons antennaires obliques. — 1 er ar- 
ticle de la massue des antennes plus petit que les deux autres. — Les 
trois 1 ers articles des tarses égaux. 

En recourant à la description de l'espèce, on y voit que c'est un petit 
insecte d'une ligne et demie de long, d'un noir mat, ayant le front dilalé, 
bianguleux en avant ; le prolhorax de moitié plus étroit que les élylres, 
largement dilaté et denticulé sur les côtés ; enfin les élytres variées de 
fauve et ponctuées en stries, avec les intervalles 3, S, 7 entre ces stries 
costil'ormes. 

COXELUS. 

(Ziegl.) Latr. Règne anim. éd. 2, V, p. 31 (3). 

Menton carré, un peu transversal. — Languette arrondie en avant et 
bordée de longs poils. — Lobes des mâchoires cornés : l'interne petit, 
garni au bout et -en dedans de cils crochus ; l'externe de même lon- 
gueur, tronqué au bout et cilié en dedans. — Dernier article des palpes 
labiaux en ovale allongé et acuminc ; celui des maxillaires de même 
forme, mais plus gros et obtus. — Mandibules ayant leur pointe bifide. 
Labre transversal, coupé carrément en avant. — Tète presque carrée 
et peu à peu plane en dessus ; épistonie un peu échancré ; sillons an- 
tennaires presque indistincts, courls et obliques. — Antennes peu ro- 

figuré avec des détails (Col. pi. 20, f. 9); ses tarses sont représentés comme étant 
WtéromÔres, et la massue comme formée de trois articles, conformément à ce 
que porto le texte. Dès lors, ils no peuvent appartenu' au genre actuel, et ce 
sont probablement des Boletophagus. 
(t) Naturg. d. Ins. Deutschl. III, p. 256. 

(2) PniOLOKUS. Forme générale dos Diïoma, mais avec les côtés du prothorax 
largement dilatés et fortement, dentelés en scie. Menton denticulé sur les côtés. 
Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme. Lobe interne des mâchoires 
sans crochet à son extrémité; celle-ci garnie de cils spiniformes. Languette lé- 
gèrement échancréo en avant. Sillons antennaires droits. 3° article des tarses 
petit; le 2° prolongé sous lui; celui-ci et le 1" revêtus en dessous de poils Dus 
et serrés. 

(3) Syn, JJoLEiopnjvotis, Sturm, Deutschl, Ins. II, p. 161. 



362 COLYDIEIW. 

bustes, à articles 1-2 plus gros et plus longs que les suivants, 3-6 
obconiques, décroissant peu à peu, 7-!) subglobuleux, 10-11 formant 
une petite massue. — Yeux gros, arrondis et assez saillants. — Pro- 
Ihorax assez convexe sur le disque, échancré en avant, rétréci en 

arrière, avec ses côtés antérieurs dilatés et finement denticulcs 

Ecusson ponctiforme. — Elytres courtes, ovalaircs. — Pattes courtes ; 
cuisses un peu épaissies ; jambes cylindriques, sans éperons terminaux ; 
les trois l l,rs articles des tarses courts, égaux, pubescents en dessous, — 
Point de saillie prosternale. — Corps oblong, finement âpre et garni de 
poils en dessus. 

L'unique espèce, C. piclus ()), que comprend ce genre est petite, et 
se trouve en Autriche et dans le Tyrol ; on la prend ordinairement à 
terre sous des branches tombées ou dans les souches des arbres ; elle 
est aptère. Erichson dit en connaître une autre inédite de l'Amérique 
du Nord, qui est ailée. 

Erichson place ici deux genres qu'il nomme TAnrnies et Pabïphus et 
qui ne comprennent que des espèces inédites (î). 

COSSYPHODES. 
Westw. Trans. ofthe ent. Soc. Ser. 2, I, p. 168. 

Menton carré, échancré sur les côtés dans son milieu. — Languette 
transversale, beaucoup plus étroite que le menton. — Lobes des mâ- 
choires munis de longs cils à leur extrémité. — Dernier article des 
palpes plus long que les précédents ; celui des labiaux fusiforme, celui 
des maxillaires ovalaire. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre 
caché sous l'épislomc. — Télé semi-circulaire, presque plane ; présen- 
tant en dessous de chaque côté une fossette pour l'insertion des an- 
tennes et un sillon antennairc. — Antennes très-courtes, géniculécs, de 
11 articles : 1 très-grand, ovalaire, 2 très-pelit, 3-9 très-courts, trans- 
versaux, 10-11 formant une petite massue solide en forme de boulon. 
— Yeux nuls (?). — Protnbrax transversal, de la largeur des élytres, à 

(1) Figurée par Sturm, loc. cit. pi. 39, f. o-O, sous le nom de Boletophagus 
pietws. 

(2) TAitrimis. Extrêmement voisin des Coxelus. Sillons antennaircs obliques, 
dirigés en dehors et aboutissant de chaque coté à. une large et profonde fossette 
de la faco inférieure du prollioiax. Corps très-déprimé. Une espèce [T. gib- 
/,//<».v) de Sicile, ftaturg. d. Ins. Deutscld. lit, p. 256. 

PAhtmtrS. Semblable, pour la forme, à un petit ICmhipiiloeus. Dessus du corps 
gâfhl .le petits ells WurëSSBS et serrés. Antennes de dix arlieles; le dernier fer- 
mant Min- masSÛC simple. Sillons anlcnnaircs larges, profonds et obliques. Der- 
nier article dis palpes maxillaires fortement sécUrlforuic. Jambes garnies exté- 
rieurement de cils robustes, un peu atténuées a leur extrémité, sans éperons 
terminaux. Une espèce {P. IvOutus) do Colombie; loc. cit. 



SYNCUITIDES. 363 

peine arrondi sur les côtés, longitudinalemcnt caréné dans son milieu. 
— Ecusson nul. — Elytrcs ovales, parallèles, largement arrondies en 
arrière, étroitement rebordées, avec la suture relevée comme le disque 
du prothorax. — Pattes très j courtcs, fortement comprimées ; cuisses 
larges, ovales; jambes linéaires, terminées par deux petits éperons; 
tarses courts, vclas en dessous ; deux de leurs paires de quatre, l'autre 
de cinq articles (i). — Corps large, subparallèle, arrondi à ses deux ex- 
trémités, aptère. 

Genre singulier établi sur un petit insecte découvert dans l'ile de Ma- 
dère par M. Wollaston, et qui ressemble complètement, au premier 
coup-d'ual, à un Cossypiius, si ce n'est que sa tête est libre. De chaque 
côté de la carène médiane du prolborax il en existe trois autres, fuies cl 
qui se continuent jusqu'à l'extrémité des élytres. Ce petit insecte est, 
comme les" Cossïrnus, d'un fauve teslaoé uniforme. M. Wollaston n'en 
a trouvé qu'un seul individu sous une pierre, aux bords de la mer, mais 
depuis, M. Ucer l'a rencontré à plusieurs reprises dans les nids d'une 
petite fourmi (OEcophora pusiîla) propre à l'île de Madère. Il a reçu 
de M. Westwood le nom de C. Wollasloni (2). 

Malgré le nombre insolite des articles de ses tarses, cet insecte 
appartient peut-cire à la famille des Colydiens; seulement M. West- 
wood ayant omis de parler des hanches des pattes , il n'est pas certain 
qu'il rentre dans la tribu ncluellc. Cependant il a en commun tant de 
caractères avec les Ditoma , que je crois, avec M. Westwood, que sa 
place est dans le voisinage de ce genre. 

DITOMA. 
Illig. Mag. f. InsektenJc. VI, p. 320 (S). 

Menton carré, transversal. — Languette courte, un peu échancrée en 
avant, ciliée de chaque coté. — Lobe interne des mâchoires petit, muni 
au bOut de cils crochus ; l'externe plus large, plus grand, arrondi à 
son extrémité, cilié dans cet endroit et en dedans. — Dernier article 
des palpes labiaux deux fois plus grand que le 2'', ovalaire et tronqué au 

(1) La paire postérieure compte quatre articles; M. Westwood ayaut détaché 
Isa deux autres paires de l'unique, exemplaire ipi 'il avait à sa disposition, n'a plus 
pu reconnaître si c'était la pain: anléi ieure pu l'intermédiaire qui était égale- 
ment lelramère. Il est plus que probable que c'était celle-ci, car autrement il 
'•11 résulterait une combinaison sans autre exemple parmi les tmlcoplt r> 1. 

(2) Loc. cit. pi. XIII, f. 1 ; avec do nombreux détails. 

(■'!) Syn. Um'osia, Hcrbst, Die Kœfer, Y, p. 20; cet auteur est le créateur du 
^eiire, mais le nom qu'il lui avait imposé étant mal l'ait, a été corrigé par Illigcr. 
— Lyotus, V'ai>., Paylv. — 1rs Oliv. — Mokoioba Panzor. — SracBiu, llollw., 
Dultsdun., Say. 



3o * COLYDIENS. 

bout ; celui des Maxillaires aussi long que les deux précédents réunis, 
un peu atténué à son extrémité. — Mandibules bifides à leur sommet.' 
— Labre à peine distinct. — Tête presque carrée, faiblement relevée 
au-dessus des antennes, arrondie aux angles antérieurs ; épistome un 
peu sinué ; point de sillons antennaires. — Antennes de 11 articles : 
1 globuleux, 2 de même forme, plus petit, 3-9 décroissant peu à peu ; 
10-11 formant une assez forte massue. — Yeux ovales, assez gros, peu 
saillants. — Prothorax en carré un peu allongé, subparallèle, à peine 
échancré en avant, un peu arrondi à sa base, étroitement rebordé sur 
les cotés. — Elytres alllongécs, parallèles, déprimées en dessus. — . 
Pattes courtes ; cuisses un peu renflées ; jambes linéaires, terminées 
par deux petits éperons ; les trois I e " articles des tarses courts et 
égaux aux quatre pattes antérieures, décroissant graduellement aux 
postérieures. — Segments abdominaux tous échaucrés sur leur bord 
postérieur. — • Corps allongé, déprimé et glabre. 

Insectes de petite taille, vivant exclusivement sous les écorces des 
bois morls. La seule espèce que possède l'Europe (D. crenata) se 
trouve communément partout. Il y en a quelques autres en petit nom- 
bre de décriles dans les auteurs (1). Toutes ont des cotes (ordinaire- 
ment quatre) sur le prothorax, plus ou moins flexueuses, et de plus fines 
sur les élytres ; ces dernières sont ornéos de taches fauves. 

Ici viennent se placer deux genres créés par Erichson (a) sur des es- 
pèces non décrites, genres qu'il nomme Phloeodalis et Cercha- 

MOTDS (3). 

(1) Esp. de l'Amer, du Nord : Synbhita qwdrigMtata, Say, Journ. of the 
Acad. of Philad. V, p. 266. — SU. Zimmermami, Guérin-Ménev. lcon. 1ns. 
texte, p. 191. — Bit. undulata, Melshcim, Procecd. of the Acad. of Philad. Il, 
p. 110. — Esp. do l'Amer, du Sud : Lyctus obscurus, Fab. loc. cit. — Esp. do 
Taïti : D. terrulenta, L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1850, p. 52. 

(2) Naturg. d. 1ns. Deutschl. M, p. 257. 

(3) Phloeodalis. Très-voisin des Ditoma. Indépendamment dos sillons anten- 
naires, qui sont profonds et droits, se trouve, sous chacun des angles antérieurs 
du prothorax, une fossette peu profonde, destinée à recevoir la massue des an- 
tennes. 3» article des tarses plus petit que les deux précédeuts. Une espèce nou- 
velle du Brésil. 

Cehciianotus. Egalement voisin des Ditoma. Dessus du corps égal, garni de 
cils courts et serrés, disposés en rangées sur les élytres. Un sillon peu marqué de 
chaque côté du prosternum, pour recevoir les pattes antérieures au repos. Deux 
espècéfc nouvelles de Madagascar. 



3GS 



TRACHYPHOLIS: 
Ericbs. Naturg. d. Ins. Deutschl. III, p. 257. 

Le type de ce genre est YOpalrum hispidum de Webcr et de 
Fabricius (1), insecte do Sumatra qui ne m'est pas connu en nature. 
Scion Erichson il a la plus grande analogie avec les Coloiucds qui sui- 
vent, et n'en différerait essentiellement que par ses antennes robustes, 
dont le 3° article est moins allongé, et par ses sillons antennaircs pro- 
longés jusqu'en arrière des yeux. 

D'après la description de Weber, le corps de cet insecte est couvert 
en dessus de tubercules bispides, disposés en rangées sur les élytres ; 
le prothorax présente en outre une large, fossette peu profonde et ses 
bords latéraux sont rebordés. 

Erichson dit en connaître une autre espèce de Siam. 

COLOBICUS. 
Latr. Gen. Crust. et Ins. II, p. 9 (2), 

Menton carré, transversal. — Languette faiblement échancrée et 
ciliée en avant. — Lobe interne des mâchoires petit, garni de cils serrés 
au bout et en dedans ; l'externe plus large, un peu atténué et tronqué 
au bout, terminé par de longs cils dirigés au côté interne. — Dernier 
article des palpes labiaux ovalaire et obtus ; celui des maxillaires sécu- 
riforme. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre à peine saillant, 
un peu arrondi en avant. — Tête dilatée sur les côtés, en avant des 
yeux ; ses sillons antennaires profonds et un peu obliques. — Yeux 
assez gros, arrondis et fortement granulés. — Antennes de 11 articles : 
1-2 un peu plus gros que les suivants, 3 allongé, 4-9 décroissant gra- 
duellement, 10-11 formant une massue arrondie et comprimée. — Pro- 
thorax transversal, largement dilaté sur les côtés, bi-échancré en avant, 
bisinué à sa base. — Ecusson petit, carré. — Elytres assez allongées. — 
Pattes assez courtes ; jambes cylindriques, tronquées obliquement au 
bout et terminées par deux très-petits éperons ; les trois 1°" articles 
des tarses courts, égaux, pubescents en dessous. — Segments abdo- 
minaux postérieurs échancrés en arrière. — Corps oblong, peu convexe, 
couvert de petits cils en dessus. 

Latrcille a placé ce genre près des Pbltis dont il se rapproche par 
sa forme générale, mais celle de ses hanches antérieures montre qu'il 
appartient à la tribu actuelle. On n'a décrit jusqu'ici que l'espèce euro- 

(1) Webcr, Observ. cnt. p. 38; Fab. Syst. El. I, p. 119. 
12) Syu, Momoioma, Duftschm. Faun. austr. III,p.l&5. 



366 colvdibns. 

pécnnc (1) sur laquelle il a été fondé. C'est un petit insecte propre à 
l'Europe australe et tempérée, jusqu'aux environs de Paris inclusive- 
ment, mais fort rare partout. Il vit sous les écorecs et dans les champi- 
gnons. Erichson dit en connaître une seconde des iles Philippines et 
une troisième du port Natal. 

Avant les Svncuita qui suivent, Ericlison place un genre Dh^oimu 
établi sur des espèces nouvelles (•■!). 

SYNCIUTA. 

Hbllw. in Schkeid. Mag. p. 401 (3). 

Menton court, largement et fortement échancré. — Languette cornée, 
sinuée en avant. — Lobe intente des mâchoires petit, muni en dedans 
de cils épineux serrés ; l'externe plus large et plus long, cilié de même 
à son extrémité. — Dernier article des palpes en ovale allongé et obtus 
au bout. — Mandibules terminées par une pointe simple. — Labre trans- 
versal, coupé carrément. — Tête courte, un peu élargie au niveau des 
antennes ; épislome faiblement et largement échancré ; point de sillons 
antennaires. — Yeux arrondis, assez gros, — Antennes de 10 articles ; 
les deux 1 ers assez gros ; les sept suivants se raccourcissant et grossissant 
peu à peu ; le dernier formant un gros bouton globuleux, un peu com- 
primé, glabre à sa base, pubescent à son extrémité. — Prolhorax un 
peu plus étroit qui! les élylres, presque carré, étroitement rebordé sur 
les côtés. — Ecusson en carré transversal. — Elytres assez allongées, 
parallèles. — Pattes courtes ; cuisses un peu épaissies ; jambes linéaires, 
terminées par deux très-petits éperons ; 3» article des tarses plus court 
que les deux 1 ers ; tous garnis de 4 poils en dessous. — Segments abdo- 
minaux non échancrés en arrière. — Corps linéaire, assez convexe, 
garni en dessus de cils courts. 

Comme les précédents, ces petits insectes vivent sous les écorecs. 
Leurs espèces sont disséminées dans l'ancien et le nouveau continent (4) 
et peu nombreuses. 

(1) C. emargmatws, Latr. loc. cit. IV, Tab. 16, f. 1 (Monotoma axillaris, 
Dultschrn. loc. cit.). 

(2) D1W.0TOMA. Antennes do onze articles, dont los deux derniers formant la 
WmS, Sillons antennaires faibles ot obliques. Lo surplus comme chez los 
Syhchiia. Deux espèces inédites do Madagascar. Naturg. d. lus. Doulscld. 111, 
p. 257. 

(.'() Syn. Lyctus, Fab., Panz., Payk. — Cemlon, Latr. (olim), Cyllenh. — 
Monotoma, Herbst, Duftsohm. — Elopiiouus Fali. 

(4) Esp. européennes : Lydus juglandis, Fal>. Syst. El. II, p. 501; figuré 
dans l'anzer, Faun. tus. Germ. Heft V, n° 17; Herbst, Die Kaf V ni. W, 
f. 1; Sclmckard, Brlt. Col. deli... pi. 33, f. 1.- S.mediolanensis, Villa, Col. 
Europ, dupl. 1833, p. 30. - Esp. do l'Amer. Cm Word ; S. i/rmmkta, Say, 



SYNCHITIDES. 367 

C100NES. 
Cuhii», Brlt. Enl. IV, pi. 149 (1); 

Genre Irès-voisin des Sïscijita et n'en différant que par les carac- 
tères suivants : 

Menton transversal, un peu rétréci et faiblement échancrè antérieu- 
rement, — Languette arrondie et ciliée en avant. — Sillons aniennairr.s 
profonds, un peu obliques et arrivant jusqu'au niveau du bord postérieur 
des yeux. — Prothorax plus largement bordé sur les cotés. — Segments 
abdominaux légèrement échancrés sur leur bord postérieur. 

Le (actes général est le même que celui des Svncuita ainsi que les 
habitudes. Les espèces, au nombre de quatre, sont d'Europe, des 
Etats-Unis et de la Polynésie (a). 

A la suite de ce genre, Ericbson en place deux fondés sur des espèces 
non décrites : Lasconotds et Phloeonemcs (3). Ainsi qu'on l'a vu dans 
le tableau synoptique de la tribu, ils constituent un petit groupe parti- 
culier caractérisé par des jambes légèrement élargies à leur extrémité 
et munies de petites épines en outro de leurs éperons terminaux. Tous 
deux ont de plus les trois 1 ers articles des tarses courts et égaux. 

Journ. of the Acad. of Philad. V, p. 2G6. — S. fuliginosa, Melshoim. Procecd. 
of tlic Acad. of Philad. H, p. 111. — parvula, Guérin-Méncv. lcon. 1ns. texte, 
p. 189. — Esp. des Antilles et de l'Amérique du Sud : S. rugulosa, striulo- 
punctata, Guérin-Ménev. ibid. p. 189 sq. — Esp. de l'île de Frauce : S. Des- 
jardinsii, Guérin-Méncv. ibid. p. 189. 

(1) Syn. Synchita, Hellw., Dcj. — Ceiulon, Germai-, Ins. Spec. nov. p. 465. 

(2) Esp. européennes : Synchita varieguta, Hellw. in Scbneid. Mag. p. 403 
(de. carpini, Curtis, loc. cit.). — C. pictus, Erichs. Nat. d. lus. Deutsebl. 111, 
p. 273 — Esp. do l'Amer, du Nord : C. margimilis , Melsheini. Procoed. ai' 
the Acad. of riiilad. II. p. 111. — Esp. de Taïti : C. amœnus, L. •Fairni. Itev. 
et Mag. d. Zool. 1850, p. 51. 

(3) Lasconotus. Forme genéralo et sculpture dos téguments comme chez les 
Ditoma. Yeux arrondis, entièrement cachés sous les bords du front. Mandi- 
bules bidentées à leur extrémité. Massue des antennes de trois articles. Sillons 
autennaires indistincts. Une espèce nouvelle du Mexique Naturg. d. 1ns. 
Deutsebl. III, p. 258. 

Pw.oeonkmus. Forme générale des Cotonicus. Yeux grands, arrondis, à moitié 
couverts par les côtés du front, qui sont dilatés. Mandibules bidentées a leur ex- 
'"iniir. Sillons antennaircs profonds et obliques. Une espèce nouvelle de Co- 
lombie, inscrite dans le Catalogue de Dejean (3° éd. p. 210) sous le nom de 
l'Hwmmnus grwwMvts. Loc. cit. 



db8 C0LTD1ENS. 

MERYX; 
Latr. Gen. Crust. et Ins. III, p. 17. 

Menton fortement transversal, entier. — Languette plus étroite que 

le menton , cordiforme. — Dernier article des palpes subtrigone 

Lobe interne des mâchoires dentiforme, l'externe subtriangulaire. — 
Mandibules très-courtes, bifides à leur extrémité. — Yeux assez sail- 
lants. — Antennes de la longueur du prolhorax, à articles pour la plu- 
part obeoniques ; les trois derniers un peu plus gros que les autres, le 
9 e et le 10° subturbinés, le 11° ovalaire. — Prolhorax un peu plus étroit 
que les élytres, rétréci en arrière, fortement arrondi sur ses côtés an- 
térieurs. — Elytres allongées. — Corps long, étroit, parallèle. 

Cette diagnose est empruntée à Lalreille et ce n'est que sur l'auto- 
rité d'Erichson que je place le genre ici. Ce savant entomologiste a fait 
connaître deux caractères que Lalreille a passés sous silence, à savoir 
que les jambes sont terminées par des éperons assez longs, et que le 1" 
article des tarses est plus long que les deux intermédiaires. D'après la 
figureque Lalreille a donnée (1) de l'unique espèce qui le compose, elle 
ressemblerait assez pour la forme générale à un Silvanus. Cet insecte 
est originaire des Indes orientales et très-rare dans les collections. La- 
treille lui a imposé le nom de M. rugosa. 

ACR0P1S. 

BunMEiST. Gêner, quœd. Ins. n» 25. 

Menton carre, arrondi aux angles antérieurs, caréné sur sa face ex- 
terne.— Languette cornée, grande, transversale, arrondie latéralement, 
bisinuée en avant.— Lobe interne des mâchoires petit, denticulé près de 
son sommet, cilié dans ce point et en dedans ; l'externe plus grand, très- 
large, brusquement acuminé au bout, garni en dehors de cils épineux. 
— Dernier article des palpes labiaux ovalaire, un peu acuminé au boni; 
celui des maxillaires de même forme, plus grand et tronqué à son ex- 
trémité.— Mandibules courtes, faiblement tridentées au bout.— Labre 
convexe, arrondi et cilié en avant. — Tète perpendiculaire, fortement 
transversale, prolongée latéralement en deux saillies portant les yeux et 
un peu arquées. — Yeux grands, rèni formes, saillants. — Antennes 
insérées sous des rebords du front, de 11 articles: 1 assez gros, obeo- 
nique, 2-4 de même forme, plus grêles, décroissant graduellement, 5-8 
submoniliformes, 9 11 formant une grosse massue ovale, le 10» et le 
11" soudés ensemble et pubescents. — Prothorax plus étroit que la tête 

(1) Loc.cit.IV,Tab.XI,f.l. 



SYNCHITIDES. 369 

et les élytres, rétréci à sa base, arrondi sur les côtés en arrière 

Ecusson ponctiforme. — Elytres courtes, parallèles, convexes.— Pattes 
longues, grêles; cuisses robustes; jambes linéaires ; 1 er article des 
tarses beaucoup plus grand que les deux suivants réunis ; ceux-ci très- 
courts, garnis de cils épineux en dessous, le 4e très-long. — Corps 
court, âpre, hérissé de petits tubercules et de cils épineux. 

Genre singulier, surtout par la forme de sa tête ; sans cela son faciès 
général se rapprocherait beaucoup de celui des Elamiiids delà famille 
des Carabiques. Il est établi sur un petit insecte du Brésil, à peine long 
d'une ligne et demie et que j'ai eu souvent l'occasion d'observer dans 
ce pays où il est commun dans les bois. Il court sur le tronc des arbres 
avec une excessive agilité, en quoi il s'éloigne des autres espèces de la 
famille qui sont généralement lentes dans leurs mouvements. M. Bur- 
meister lui a imposé le nom de lubcrcuiifcra et en a donné une très- 
belle figure avec des détails. 

Erichson a créé sur une espèce inédite un genre Plagiope qui vient 
immédiatement à la suite de celui-ci (1). 

Noie. 

Selon toutes les probabilités, il faut rapporter à cette tribu le genre 
6uivant de M. Léon Fairmairc, qui dit même qu'il doit être placé près 
des Coxeujs. Les caractères qu'il lui assigne peuvent se formuler de 
la manière suivante. 

EMMAGU3US. 
L. Fairm. liev. et Uag. d. Zool. 1849, p. 418. 

Tête large, Courte, obtuse, peu saillante; ses sillons anleniiaires fai- 
blement marqués. — Antennes très-courtes, atteignant à peine le bord 
du prothorax, de onze articles : 1 gros, orbiculaire, 2-8 petits, 9-11 
plus gros, en massue. — Prothorax presque aussi large que long, un 
peu rétréci à sa base qui est légèrement arquée, muni en avant d'un 
lobe saillant, un peu bifide et séparé des angles antérieurs qui sont 
assez saillants, par une échancrure assez profonde. — Elytres un peu 
plus larges que le prolhorax, brièvement ovalaires, coupées oblique- 
ment aux angles numéraux. — Pattes courtes, ponctuées et rugueuses ; 
jambes terminées par deux éperons inégaux et garnies sur leur tranche 
externe de cils épineux ; tarses de quatre articles, assez épais ; les an- 

(1) Puoiope. Très-voisin du genre Acroms, dont il dilîèro principalement en 
ce que les crochets des tarses sont élargis à leur base, et en ce que ces organes 
sunt garnis en dessous de longs poils. Une espèce nouvelle (P. tuberculata) 
de Porto-Kico, ressemblant, au premier coup-d'œil, à, un Hïdrociius. Naturg. 
il. 1ns. DeutscUl. 111, p. 258. 

Coléoptères. Tome II. 24 



370 COtYDIËKS. 

téricurs paraissant avoir un cinquième article très-petit et caché dans 
Ja jambe. — 1"' segment abdominal aussi long que les trois suivants 
réunis. — Corps ailé, à surface inégale. 

Le genre est établi sur un petit insecte de l'île Tonga-Tabou, que M. 
L. Fairmaire dit ressembler à certains Nosodebma et qu'il a nommé en 
conséquence E. nosodermoides. Il est couvert d'écaillcs brunes et 
blanches mélangées et porte plusieurs tubercules ccaillcux sur le pro- 
thorax ; ses élytres, qui présentent chacune trois côtes, sont tachetées de 
noir à leur extrémité. 

La présence d'éperons terminaux et de cils épineux sur la tranche 
externe des jambes, réunie à la massue des antennes composée de trois 
articles, me porte à croire que ce genre est voisin de celui qu'Erichson 
a nommé Lasconotus et non pas des Coxelus. 



TRIBU II. 

COLYDIIDES. 

Hanches postérieures conligues. — Premier segment abdominal 
plus grand que les autres. — Dernier article des palpes non aciculé. 

L'ancien genre Colydium des auteurs est le type de cette tribu. Sans 
avoir toujours une forme aussi allongée, toutes les espèces qui la com- 
posent sont grêles, plus ou moins cylindriques, et l'on ne rencontre chez 
aucune d'entre elles ces téguments couverts d'aspérités qui sont si com- 
muns dans la tribu précédente. 

On connaît trois larves de celle-ci : celles des Colydium clongalum (1) 
cl /iliforme (2), et de VAulonium sulcalum (-). 

Les deux premières ont entre elles la plus intime ressemblance et 
sont très-allongées , cylindriques , grêles et recouvertes d'une peau 
fine. La tète est plus solide, arrondie, un peu saillante, sans épislonic 
distinct, cl porte sur le front deux impressions allongées. Le labre est 
saillant, et demi-circulaire. Les mandibules sont élargies à leur base cl 
biilcntées à leur extrémité, les mâchoires charnues, avec leurs loiwi 
con fondas ensemble et garnis de cils au bord interne; elles portent des 
palpes de quatre articles, dont le 1 er et le 4° sont très-petits. La lèvre 
inférieure est charnue, avec la languette arrondie en avant; ses palpes ■ 
se composent de trois articles. Les antennes en comptent quatre, ilfi'L 
le 1 er très-court, les deux suivants un peu allongés, le dernier sem- 

(1) BaHieburgj bio Foislins. I, p. ISS, pi. 11, f. 34 larve, 35 nymphe. — 
Sturin, Dculsilil. lus. XX, p. 50, pi. 36$ f. V larve, Q nymphe. 

(2) Erichson, Nuturg. d. lus. Dcutschl. III, p. 280. 

(.'.!) Weslwuoil, An intrud. lu llio niod. tlassit'. of lus. I, p. 147, l 12, n*>5, 



COLTDIIDËS- ffl{ 

blablc â un cil et muni à sa base d'un petit article accessoire. Cinq 
stemmates, placés sur deux rangées transversales, se voient sous chaque 
antenne ; la rangée antérieure est de trois, la postérieure de deux. Les 
segments, en arrière de la tétc, sont garnis en dessus et en dessous de 
poils isolés et redressés ; le dernier se prolonge en un tube anal et 
porte supérieurement deux crochets recourbés. Les pattes sont assez 
courtes, et leur article terminal n'est muni, comme de coutume, que 
d'un seul crochet. Des neuf paires de stigmates, la première est placée 
entre le prothorax et le mésolborax, les autres sur les bords latéraux et 
supérieurs des huit premiers segments abdominaux. La nymphe est 
munie sur le thorax d'une couronne de petites épines, et à son extré- 
mité de deux crochets recourbés en dehors, qui facilitent l'éclosion de 
l'insecte parfait. 

La larve de YAulonium sukatum, d'après la courte description et la 
figure qu'en a données M. Wcstwood, ne parait différer de celle-ci eu 
rien d'essentiel. 

Des neuf genres qui suivent, la plupart ont des représentants en 
Europe. 

I. Antennes Insérées sous les eûtes du front. 

a Antennes grossissant peu à peu à leur extrémité : (Meccdanum) (1). 
ua — terminées par une massue. 

Cette massue do trois articles : Aulonium, Colydium. 
— de deux — (Eulachus). 

II. Antennes insérées à découvert. 

b Des yeux. . 

c 1" article des tarses allongé. 

Massue anteunairu de trois articles, fortement transversale : PeUdo- 
j)hoia. 

Massue antonnairc de deux articles, globuleuse : Nemalidium. 

ce Les trois 1"* articles des tarses égaux : Tcredus, Uji/kcmus. 

bb Point d'yeux : Aglenus, Anommatus. 

(I) Mkcedanuji. Antennes grossissant peu à peu et (alMcmBnt, Comprimées, 
garnies sur les côtés; à partir du 5° article, de poils tins et serrés, i» article 
des tarses très-allongé, de moitié plus long que la jambe. Une espèce nouvelle 
'I' 1 Madagascar, du double plus longue «pie le Coh/iliiim rlongulum, sur une 
grossgur égale. Ericbs. Naturg. d. lus. Deutscbl. 111, p. 274. 



372 



AULONIUM. 

Enicus. Naturg. d. Ins. Deutschl. 111, p. 273 (1). 

Groupe démembré de l'ancien genre Colydiom qui suit, et n'en dif- 
férant essentiellement que par le dernier article des palpes maxillaires 
cylindrique, allongé et acuminé au bout, ses mandibules simples et 
obtuses à leur extrémité, et par son labre distinct. Comme caractères 
secondaires , on peut ajouter que le corps est moins allongé, moins 
cylindrique, et qu'au lieu de côtes saillantes sur les élytres, il n'y a que 
des rangées de points ou tout au plus de faibles sillons, ce qui distingue 
de suite ces insectes des Colydium. 

Jusqu'ici on n'en a décrit que deux espèces européennes et autant de 
l'Amérique (2). Les habitudes de ces espèces sont les mêmes que celles 
des Colïdicm. 

COLYDIUM. 
Fab. Ent. Syst. II, p. 459 (3). 

Menton grand, carré, un peu transversal. — Languette petite, cachée 
par le menton, cornée, avec ses côtés coriaces, faiblement échancrée 
en avant. — Lobes des mâchoires coriaces, petits; tous deux munis 
d'us faisceau de poils à leur extrémité. — Dernier article des palpes 
maxillaires sécuriforme , celui des labiaux brièvement ovalaire. — 
Mandibules Dssilcs à leur extrémité. — Labre caché sous l'épistome. 
— Tète presque carrée ; épistome faiblement sinué en avant ; sillons 
antennaires courts et obliques. — Antennes insérées sous un rebord du 
front, arrivant à peine à moitié de la longueur du prothorax, à articles 
1 subcylindrique, assez gros, 2 aussi épais, mais plus Court, 3-8 obeo- 
niques, décroissant peu à peu, 9-11 formant une massue perfoliée. — 
Prothorax très-long, subcylindrique et un peu déprimé, trisillonné en 
dessus, étroitement rebordé sur les côtés. — Ecusson ponctiforme. — 
Elytres très-allongées, parallèles, ayant des côtes avec des rangées de 
points enfoncés sur leurs intervalles. — Pattes courtes ; jambes tres- 
jégèrement élargies à leur extrémité, terminées par deux petits éperons ; 

(1) Syn. Coiydium, Hcrbst, Fab., Say. — Tkocosita, Fab., Duftsclim. — 11* 
Oliv. — Aîn'/Ectocmlus, L. Uedtenb. Die Gattung. d. Deutschl. Kutfeil'aun. 
p. 124. 

(2) Esp. européennes : Trogosita sulcata, Fab. Syst. El. I, p. 155. — Coly- 
dium bicolor, Hcrbst, Die Kœf. VII, p. 285, Tab. 113, f. 2 (Colyd. ustulatum 
Dej.). — Esp. américaines : Colyd. bidentalum, Fab. Syst. El. II, p. 556. — 
Colyd. paralklopipedum, Say, Journ. of the Acad. of nat, Se, of Pbilad, V, 
p. 263. 

(3) Syn, Sïncbita Ilellw. — 1rs Oliv. 



COLYDHDES. 373 

les trois 1«« articles des tarses diminuant graduellement de longueur. 

— Dernier segment abdominal saillant dans son milieu. — Corps très- 
allongé, parallèle, subcylindrique et glabre. 

Ces insectes, remarquables par leur forme, se trouvent principale- 
ment dans les galeries creusées dans les vieux arbres par des Apiomimi 
et des Bostricuus. L'Europe en possède deux espèces, et Say en a 
publié deux autres de l'Amérique du Nord. Ce sont les seules, à ma 
connaissance, décrites jusqu'ici (1). 

Un genre fondé par Erichson sur des espèces non décrites, et qui! 
nomme Eulacuus, vient après celui-ci (a). 

PETALOPHORA. 

Westw. The Cabin. of orient. Ent. p. 85. 

Menton allongé, quadrangulaire, un peu rétréci en avant. — Lan- 
guette petite, arrondie antérieurement. — Lobes des mâchoires mem- 
braneux, ciliés, l'externe au bout, l'interne en dedans. — Dernier ar- 
ticle des palpes acuminé. — Mandibules munies de deux petites dents 
au-dessous de leur extrémité. — Labre demi-circulaire. — Tète petite, 
triangulaire ; sillons antennaires nuls. — Yeux grands, arrondis, mé- 
diocrement saillants. — Antennes insérées à découvert, courtes, de 
onze articles : 1 gros, renflé et arqué, 2-4 plus grêles, en massue au 
bout, 3-5 plus courts, obeoniques, égaux, (i-8 très-courts, grossissant 
peu à peu, 9-11 lamellcux, fortement et graduellement transversaux, 
le 11° très-grand, formant ensemble une grande massue transversale. 

— Prothorax assez allongé, un peu rétréci en arrière, ayant ses angles 
dentiformes, bicanaliculé en-dessus. — Ecusson triangulaire. — Elylrcs 
allongées, subcylindriques. — Pattes courtes, assez robustes ; jambes 
un peu élargies à leur extrémité; leurs éperons terminaux longs ; le 
1»' article des tarses plus long que les deux suivants ; tous sans poils 
en dessous. — Corps allongé, subcylindrique. 

Ce n'est que provisoirement que je place ici ce genre tout-à-fait re- 
marquable par la forme de sa massue antennaire. 11 appartient mani- 
festement à la famille actuelle, mais M. Wcstwood ayant omis de parler 
des hanches et de la longueur relative du premier segment abdomi- 

(1) Esp. européennes : C. elontjntmn, /il! forme, Fab. Syst. El. H, p. 55G. 
Paykullj Gyllenhall, et, récemment, M. Ratieburg, n'ont fait de celui-ci (ru*une 
variéM du premiei ; mais il en est réellement distinct. — Esp. de l'Amer, du 
Nord : C. lonr/iusculum, lineola, Say, Journ. of tue Acad. of Philad. V, p. 2Gî. 

(2) Euuchus. Antennes et sculpture des téguments comme chez IcsDitoma, 
avec la l'orme cylindrique, le premier segment abdominal aUoDgé, les jambes 
un peu élargies à leur extrémité et finement épineuses des Colïiuum. Une es- 
pèce [E, costatus) dos Antilles. Luc. cit. III, p. 275. 



374 COLYDIENS. 

nal, on ne peut décider do quelle trihu il doit faire partie. Cependant il 
me paraît , par l'ensemble de ses caractères, plutôt rentrer dans celle-ci 
que dans les autres. 

L'unique espèce qui lo compose, P. coslala (1), est un insecte de 
Java, de quatre lignes de long, et d'un noir uniforme ; ses élylrcs ont 
chacune trois côtes. 

NEMATIDIUM. 

Erucits. Nalurg. d. Ins. Deutschl. IIL p. 275; 

Genre établi sur le Colydium cylindricum de Fabricius (2), insecte 
de l'Amérique du Sud, qui m'est inconnu. Erichson lui assigne les ca- 
ractères suivants : 

Palpes filiformes. — Mandibules simples et un peu obtuses à leur 
extrémité. — Labre carré. — Sillons antennaires obliques; front non 
dilaté en avant des yeux, excavé en avant. — Antennes insérées à dé- 
couvert, courtes, grêles, terminées par une massue de deux articles. — 
Prolborax excavé sur les côtés pour la réception des pattes antérieures. 

— Cuisses et jambes courtes ; tarses grêles; leur 1 er article allongé. 

D'après cela, le genre semble faire le passage des Colydium aux 
ïebedus, qui suivent. 

TEREDUS. 

(Dej.) ScnucK. Brit. Col. delin. pi. 34, f. C (3). 

Menton un peu rétréci et faiblement échancré en avant. — Languette 
cornée, manie de doux lobes latéraux coriaces, élargis en avant et 
ciliés. — Lobes des mâchoires cornés: l'interne petit, garni de cils épi- 
neux au bout ; l'externe plus grand, membraneux et cilié à son extré- 
mité. — Dernier article des palpes cylindrique et aeuminé. — Mandi- 
bules obtusément denticulées à leur extrémité. — Labre court, entier. 

— Tête petite, penchée, arrondie en avant ; épislome séparé du front 
par une ligne anguleuse. — Antennes insérées à découvert, de onze ar- 
ticles : 1 globuleux, 2 de même forme, moins gros, 3 un peu allongé, 
4-9 se raccourcissant et grossissant peu à peu, 10-11 formant un gros 
boulon arrondi, un peu comprimé. — Yeux arrondis, médiocres. — 
Prothorax très-long, subcylindriquc, finement marginé latéralement. 

— iïeusson arrondi, un peu transversal. — Elytres allongées, cylin- 
driques. — Pattes courtes; les antérieures conligurs, les quatre pos- 
térieures faiblement séparées ; jambes légèrement élargies et munies 

(1) Loc. cit. pi. il, f. 7; avec beaucoup de diStails. 
(>) Syst. El. II, p. 557. 

(3) Syn. Teuedosoma, Curtis, Ann. and Mag. of nat. Hist. V, p. 277. — 
Lyctus, Fab., Panz., Paylc. Gyllh. — Ips Oliv. 



COLVDIIDES. 373 

de quelques cils ù leur extrémité ; les trois i" s articles des tarses courts, 
égaux, garnis de longs poils tins en dessous. — Corps très-long, grêle 
et cylindrique. 

On n'en connaît que deux espèces d'Europe (l) aussi grêles au moins 
que les Colvdibm, mais dont les élytres n'ont pas de cotes et sont sim- 
plement ponctuées en stries comme celles des Adlonidm ; elles vivent 
sous les ccorces. 

OXYLjEMUS. 

Emeus. Nalurg. d. Ins. Deulschl. III, p. 282 (2). - 

A tous les principaux caractères qui précèdent, ce genre réunit les 
différences qui suivent : 

Antennes de 10 articles, le 11 e s'étant confondu avec le 10" et n'ap- 
paraissant plus à son sommet que comme une petite saillie pubescenle. 

— Mandibules obtusément Iridentécs à leur extrémité. — Prosternum 
prolongé en arrière des hanches antérieures en une petite saillie co- 
nique. — Segments abdominaux fortement échancrés sur leur bord pos- 
térieur. 

Ces insectes sont aussi cylindriques que les Teredcs, mais plus 
petits. Les espèces décrites sont européennes et ne s'élèvent qu'à 
deux (3). 

AGLENUS. 

Emeus. Naturg. d. Ins. Deulschl. III, p. 2S5 (1). 

Menton transversal , arrondi sur les cotés. — Languette cornée. ( 
carrée, avec une bordure membraneuse et ciliée en avant. — Lobes 
des mâchoires cornés : l'interne petit, tronqué et fortement cilié au 
bout ; l'externe plus grand, arrondi à son extrémité et cilié en dedans. 

— Dernier article des palpes labiaux gros et ovalairc ; celui des maxil- 
laires de même forme, mais plus long. — Mandibules oblusémenl den- 
tées à leur extrémité. — Labre court, tronqué en avant. — Tête mé- 
diocre; épistome arrondi antérieurement; sillons antennairea courts et 
obliques. —Antennes insérées à découvert, assez, courtes, à articles 1 2 
plus gros que les suivants, 3 un peu allongé, 4-8 décroissant et gros- 

(1) Lydus nitidus, Fan, Sysl. El. II, p. 563.— Ter. opociw, Habclm. Stottin. 
cnl. Zeit. 1854, p. 29. 

(2) Syn. Lyctus Panz. — Synciuta Diiftschm. 

(■'!) Lyctw oylinâriauSj Panz. Faim. Ins. Germ. fasc. 35, Tab. 18.— 0. cœsus, 
Ericlis. Ioc. cit. p. 284. 

(4) Syn. Anohmtbs, Sehuck. Brit. Col. dal. p. 27, pi- 3.3, f.2. — Mohowb, 
Dcj. Cat. éd. 3, p. 339; teste Ericlison. — lhroPBLOEUS, Gyllh. 1ns. Suce. 111, 
P- 711. 



376 COLYDIENS. 

sissant peu à peu, 9-11 formant une massue fusiforme serrée. — Yeux 
nuls. — Prothorax en carré plus long que large. — Ecusson très-petit, 
triangulaire. — Elytres oblongues. — Pattes courtes ; jambes très-lé- 
gèrement élargies à leur extrémité ; les trois l ors articles des tarses 
courts, égaux. — Corps oblong, glabre. 

L'unique espèce de ce genre est un très-petit insecte (0 de moins 
d'une ligne de long, et qui se trouve dans le fumier, le tan des couches 
de jardin et autres lieux semblables. Il est commun dans la plus grande 
partie de l'Europe. 

ANOMMATUS. 

Wesiusl, Bull. d. l'Acad. d. Brux. 1836, p. 338 (2). 

Ce genre ne comprend également qu'une très-petite espèce, ressem- 
blant, à s'y méprendre, à celle qui constitue le genre précédent, et qui 
on a tous les caractères, moins la structure des antennes et celle des 
palpes. Les premières n'ont que dix articles, dont le dernier forme un 
assez gros bouton au sommet duquel se trouve une saillie conique, ves- 
tige d'un 11° article. Le dernier article des seconds s'amincit un peu 
de sa base à son extrémité, et est légèrement arqué. 

Cet insecte, que M. Wesmacl a cru nouveau, en fondant sur lui le 
genre actuel, avait été décrit depuis longtemps par P.W. J.Mullersous 
le nom de Lyclus 12 slrialus. Il vit dans la terre, et je l'ai pris quel- 
quefois adhérant à la face inférieure (s) de briques gisant sur le sol. 

TRIBU III. 

BOTHIUDÉIUDES. 

Jlanches postérieures distantes. — Premier segment abdominal plus 
grand que les autres. — Dernier article des palpes non aciculé. 

Insectes voisins, pour la plupart, des Colydiom par leur forme al- 
longée. Outre les caractères qui précèdent, la bouche présente une par- 
ticularité qui n'existe pas dans le reste de la famille. Ses parties sont 
plus rentrées dans l'intérieur de la cavité buccale, et les mandibules 
ont leur bord externe prolongé intérieurement en une lame qui limite 
cette dernière latéralement, ou, si l'on veut, elles sont creuses et pa- 

(1) Hypophlœus brunneus, Gyllli. loc. cit. (Anommatus obsolelus, Schuck. 
loc. cit.). 

(2) Syn. Lyctus, P. \V. J. Millier in Germar, Mag. IV, p. 190. 

(3) M. Wesmael l'a nomme A. (crricola, et l'a ligure loc. cit. pi. i. 



»0Tnnii)i'miDES. 377 

raisscnt comme voûtées en dessous. Celte tribu ne renferme que trois 
genres, dont un seul (BoinniDE«Es) est représenta en Europe. 

I. Cavit6 buccale fcrmfie par une plaquo : Derataphrus. 

II, — à. dôcouvert : Sosylus, Bothrideres, 

DERATAPHRUS. 

Newsi. The Entom. p. 403 (1). 

Cavité buccale recouverte inféricurement en grande partie par une 
plaque transversale (sous-menton). — Menton replié dans l'intérieur de 
la cavité buccale, en carré plus long que large. — Languette cornée, 
petite, cordiforme, ciliée en avant. — Lobes des mâchoires cornés, 
contigus, égaux, coriaces et ciliés à leur extrémité. — Dernier article 
des palpes subcylindrique , un peu arqué et tronqué. — Mandibules 
très-robustes, bifides à leur extrémité. — Labre petit, arrondi et for- 
tement cilié en avant. — Tète médiocre, un peu rétrécie en arrière des 
yeux ; épistome coupé carrément ; sillons antennaires profonds et obli- 
ques. — Yeux assez gros, subarrondis, peu convexes. — Antennes 
courtes, robustes, de 11 articles: 1 très-gros, subglobuleux, 2-8 courts, 
égaux, très-serrés, grossissant peu à peu, 9-11 formant une massue ser- 
rée, tronquée au bout et dentée au côté interne. — Prothorax en cœur 
très-alîongé, tronqué en avant et à sa base, plane et sillonné dans son 
milieu. — Ecusson ponctiforme. — Elytrcs très-allongées, parallèles. 
— Pattes courtes ; hanches antérieures faiblement séparées, les posté- 
rieures subglobulcuses ; jambes assez fortement élargies et dcnticulccs 
extérieurement à leur extrémité, terminées par deux petits éperons , 
l'externe des antérieurs crochu ; tarses courts, leurs trois l ors articles 
décroissant successivement, garnis de quelques cils en dessous. — 
Corps allongé, subcylindrique, un peu déprimé, glabre. 

Insectes d'assez grande taille pour cette famille, ressemblant aux Co- 
i.vdium par leur forme allongée et la sculpture de leurs élylres qui sont 
couvertes de cotes fines et tranchantes. M. Newman a passé complète- 
ment sous silence dans sa diagnose du genre les parties de la bouche 
qui soat très-singulières et visibles seulement pour la plupart quand on 
a enlevé la plaque formée par le sous-menton. Il y rapporte quatre es- 
pèces (4), mais dont deux sont douteuses. Ces insectes sont de la Nou- 

(1) Syn. Sigew>es, Germar, Linna\a ont. III, p. 222. 

(2) D. fossus, puteus, illusus et vittatus. Suivant Erielison (Nat. d. Insckt. 
Deutschl. III, p. 289), les deux derniers seraient dos BoTHlUDERES. C'est d'après 
les deux autres que je donne la diagnose du genre. J'en possède eu outre une 
troisième remarquable par les cotes de ses êlytres, qui sont denticulces en scio 
postérieurement. Une quatrième serait lo Sigerpes piccus de Gennar (loc. cit.) ; 



378 COLYDIEHS. 

vellc-Hollande. Le genre Sioeupes de Germar est manifestement 
identique avec celui-ci. 

SOSYLUS. 
Eniens. Naturg. d. Ins. Deutschl. III, p. 288. 

Le Colydium rufipes de Fabricius (i) est le type de ce genre auquel 
Erichson attribue les caractères suivants : 

Organes buccaux pareils à ceux des Bothrideres. — Massue des 
antennes grande, comprimée, composée de deux articles. — Cavités co- 
lyloïdcs des hanches antérieures confondues ensemble ; hanches inter- 
médiaires très-rapprochées ; éperon terminal des jambes antérieures 
allongé ainsi que le l ' article des tarses. — Prolhorax sans sillons. — 
Elylrcs ayant des côtes. — Forme générale très-voisine de celle des 
Colydium. 

Cet insecte est de l'Amérique du Sud; d'autres espèces du même 
pays et de Madagascar existent dans la collection du Muséum de Berlin, 
à ce que dit Erichson. 

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