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Full text of "Histoire naturelle des insectes : genera des coleopteres, ou expose methodique et critique de tous les genres proposes jusqu'ici dans cet ordre d'insects"




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BOUGHT WITH THE INCOME 
FROM THE 

SAGE ENDOWMENT FUND 

THE GIFT OF 

189X 

À^-^0.^4 ilfejt}.^. 




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RETURN TO 
ENTOMOLCXÎY LIBRARY 

Cornell University 
Ithaca, N. Y. 



P 



Histoire naturelle des Insectes :genera 



3 1924 018 316 145 



COLLECTION 



DES 



SUITES A BUFFON 

FORMANT 

AVEC LES ŒUVRES DE CET ADTEDR 



COURS COMPLET D HISTOIRE NATURELLE 

PUBLIÉES AVEC LA COLLABORATION 

de Membres de l'Inetilut de .France, 

de Pr.ofesseurs du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, 

et de diverses Facultés, 

de Membres de la Société Entomologique de France, etc. 



INSECTES GOLÉOPTÈRES 




PARIS 

RORET, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUE HAUTEFEUILLE, 12. 



Moiyoïd na p 

inj ri llB1p,0 ' S1U3ai9SSIV19AG SSJIBlnjtS 3\) jJUnOJ) IK 

«nj al^naAiios ' piiid sbcI ib na^n ai issub ' avii]nio3 
os^BMiBut Bs op )u3nn3iAOj(I aniuioi| laD op s.iuoij 
-|Bui S9'7 •sa.njBui :)u3.npua.i na_s jo sjDAuy^p aipA 
B| ina.iaâpissB sibjuej.j sa| sioi sjna[snij •stiosiiqe 
na suou anbsjo] sastiapinjaiï :|uauu3iAap sasoqa 
sajnsjpaui saq 'uoipalqn^i qa ajasiai b| suBp oiib 
-siij snousui na siiou ' saSc soj siioj ap ja saxas saj 
snoi ap )sa piiuba b^ -aMoSnos X,( la assajsnt Bf 
ainoi spnajduioauaj'iiiaiiaaxaisa jinsuoaaf) -aiiB 
ann .lajiiofB i aiunui la smauiaiaBtluB sa| jipuBJïiB 
na zaï.nap siioa ' aijiad uaiq jsa nosicui a.ij 
-OA •xi.iil a| sud snoîsiBiinoa na^u snon aiib aa-aid 
sanSipo.id sauiinos ua snoix ! sassaqau xiiB sajq 
-Biquias }aos sa8o]p saq -a-iaSESsud pjnBaq b| inaui 
-nsiB suouuipy ua snoa jbo ' n|os 03ab .iiipaiia saj 
snoAop suou siBiu !aiA b| ap saauoj saj uiuicd sapm 
-as s.inaij sop mos çjisiBid soq -sajinï! p zajjaAua 
na^iu siioA la in.ipua.i sa[ snoA al juaukisiroa j>:d 
'sinBjpp ap dnoauBaq pAiioai ie X,f : sEd xnaA na,n 
a[ siBui ! sapXoAna zaAB^iu siioa aiib sasipusqajEui 
sa| uja.i iB,f -suios saui snoi lE.iannop X ( -(a s)iBipp 
sa] lEjaiprup naj 'a.iniyB aj^oA iB.ianiiuExa^f sinaui 
-addopApp sanbiatib siBjaaispp jtj^uepuadaa ' uois 

( S£' ) 



-ipui nii v a[-s!p ' .i 
sai ap la siuic sap 
i sa.i}nc sap sanoaas 
c }Jos np sdiioa sap 
sop so.iai.id sa[ pss 
Pîlid E.iiiE jn(^ ^Dij 
uosiBui aun^p ap.ieS 
tnf) 'asiiBa r.\ pip 
ipAij.iB Isa snoA II 
\n() c a.njBinioD n\ ; 
nom ap ]iii,i)siii b s 
V i pAno.ii cnoA-za 
•a.iad uoiu zaq;) i 



^svooii m 



aiiquioa pnejS m\A 



_ ( i34 ) 
1 vous coiidiiira toujours dans le sentier de l'hon- 
neur. Le domestique que vous m'avez envoyé a 
perdu la Icllre dont vous l'aviez chargé, et il ne 
s'est plus souvenu de ce que vous lui aviez dit ; 
mais j'irai vous voir bientôt et vous m'instruirez 
de tout ce qui m'intéresse. J'aime les enfants labo- 
rieux et toujours je les ainiorai, toujours je les fa- 
voriserai; je leur donnerai les éloges et les récom- 
penses dont ils sont dignes. Je vous dois le prix 
d'un manteau , je vous le paierai ; jamais je n'ai 
nié mes dettes , je les ai toujours au contraire ac- 
quittées exactement. Informez-vous à tous ceux 
(|ui me connaissent, ils vous le diront. Les richesses 
et les dignités sont communément nuisibles aux 
hommes , elle les rendent orgueilleux : l'adversité 
au contraire leur est utile , elle les rend sages. Les 
plaisirs innocents peuventseuls laisser une joie pu- 
re dans l'âme. Tout ce qui la souille , l'altristc et 
et la noircit. 

§ 347 (N. et F.) 

F'uli liiam domunl cl illlus pulchrttuMnem niiratuS 
sum. lies est gravissima, huic opérant dabo. 

§333 et 534 (V.) 

Ua homme qui a su vaincre ses passions et y 
mettre un freina remporté la plus belle do toutes 
les victoires. L'excellence des sens vient de la na- 
ture ; mais l'art et l'habitude peuvent y ajouter un 
plus grand degré de perfection. Des pays autrefois 
contigus à la mer eu sont aujourd'biiifort éloignés, 
nous pourrions citer, par exemple , Aigiies-Mortcs 
et Ravenne. J'ai lu le petit ouvrage que vous m'a- 



Qui implorera vainc 
vous le ilemande , 
les , soyez-en persii 
voleur? 

§ 



Quiil ai 



Vous ne m'avez 
départ , mon cher 
pas le plaisir que ji 
donc promptement 
rez en obtenir le ])a 
tails sur vous et sur 
vous? A quoi cons 
lisez-vous ? Qn'étud 
passez une grande 
ner votre instructio 
distraire dans votre 
de la santé de voir 
malade ? Que boit 
hii ôlre favorable, 
l'intérêt que je lui 
pondu à toutes m( 
■ rai des choses qui 
Allez porter ce pi 
dez-vous ; que vou 
Les moments sont ] 
ti quand vous arriv 
rai le prix de votre 
drez. Vous êtes déj 
sion ! Qii'avcz-vous 
té vos propres expr 



HISTOIRE NATURELLE 



INSECTES 



COLÉOPTÈRES 



IV. 



HISTOIRE NATURELLE 



INSECTES 



f. . *■ ,•. 



GENERA 

DES 

COLÉOPTÈRES 



EXPOSÉ MÉTHODIQUE ET CRITIQUE DE TOUS LES GENRES PROPOSÉS JUSQU'ICI 
DANS CET ORDRE D'INSECTES, 



M. Th. I.ACOKDAIRE;, 



/ 



Ch«Talier de l'Ordre de Léopold, Professeui' de Zoologie et d'Aaalomie Comparée 
à POniversilé do Liège , Membro associé do rAcad6niie des sciences et beUcs-lettret 
i» Belgique, etc, etc. 



TOME QUATRIÈME 



LES FAMILLES DES BUPRESTIDES, THUOSCIDES, EUCNÉMTDES, SLàTÉRIDES, 

CtBRIONlDES, CÉROPIIYTIDES, RHlPinÉRIDES, DASCYLLIDES, MALACODERMES, CLÉRIDES, 

LYMÉXYLONES, CUPÉSIDES, PTINIORBS, BOSTRICBIDES ET CISSIDES. 



PARIS 

LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE ROKET, 

BUE HADTEFECILLE , 12. 

1857. 
1^ 



V. T 






GENERA 

MES 

COLÉOPTÈRES. 



FAMILLE XXXIL 



BUPRESTIDES. 

Bouche inférieure. — Languette sans paraglosses, souvent cachée der- 
rière le menton. — Deux lobes aux mâchoires , inermes, lamelliformes 
el cilles. — Antennes de onze articles, dentées en scie. — Tête très- 
courte, verticale , enfouie dans le prolhorax jusqu'aux yeux — Pattes 
courtes; cavités colyloïdes antérieures largement ouvertes en arrière- 
hanches antérieures et intermédiaires globuleuses, leurs trochantins très- 
apparents ; les postérieures lamelliformes, canaliculées sur leur bord 
postérieur; tarses pentamères; leurs quatre premiers articles pourvus de 
lamelles membraneuses en dessous. - Abdomen composé de cinq see- 
ments en dessous; les deux premiers soudés ensemble. - Prosternum 
terminé par une saillie plane, reçue dans une cavité sternale et flxe dans 
celte dernière. 

Avec cette famille commence une suite considérable d'espèces que 
Latreille avait, dans ses derniers travaux, réunies sous le nom commun 
dcSerncornesetquilavait partagées en plusieurs sections, dont la pre- 
mière, celle des Sternoxes, était divisée à son tour en deux tribus : celle 
des Buprcslides et celle des Elatérides(i). De ces deux tribus, la première 

uo^ZT "'*•'?• ^^ * """P'^y* "= ■""" "« Serricornes. Celui de Ster- 
noxes est beaucoup plus ancien et remonte jusqu'à son Hlst. nat. d. Cnist. et 

Colioplères. Tome IV. a 



2 BDPBB9TIDE9. 

est la plus naturelle , à ce point que jamais on n'y a introduit aucun 
élément étranger, tandis qu'aujourd'hui même les limites de la seconde 
ne sont pas encore parfaitement fixées. 

LesBuprcstides constituent en effet un des groupes les plus homogènes 
des Coléoptères. Leur corps, plus ou moins allongé, rarement {Tuachys) 
très-court, est d'une rigidité remarquable, la léte, très-peu mobile, étant 
engagée en partie dans le prothorax qui, lui-même, à quelques excep- 
tions près (plusieurs Chrysobolhrides), est appliqué exactement contre 
l'arrière- tronc et fixe. La solidité des téguments, qui est générale chez 
ces insectes, augmente encore celle rigidité due à l'intime connexion 
des deux parties en question. 

Par suite de cette position de la tcte, les organes buccaux sont infé- 
rieurs très-courts et en môme temps d'un volume comparativement 
petit Cette famille est une de celles où ces organes n'ont plus leur valeur 
SYSlématique ordinaire. Les modifications qu'ils éprouvent ou sont insi- 
«nifiantes, ou ont lieu dans un même genre naturel sous tous les autres 
rapports. Aussi ne les verra-t-on figurer que très-accessoirement dans 
la classification exposée à la suite de ces généralités. 

Le menton est corné, mais souvent sa partie antérieure devient sira- 
Dlement coriace et de couleur tcstacée. Ses formes se réduisent au fond 
à trois • tantôt il est Irès-court, un peu rétréci et coupé carrément, avec 
son bord antérieur assez souvent Iridenlé, mais faiblement (par exemple 
Chalcophorides) ; tantôt presque en carré transversal (la plupart des 
Stigmodérides); tantôt enfin triangulaire ( Chrysobothrides, Agrilides, 
elc ) La languette plutôt coriace que membraneuse , parfois cornée et 
épaisse (Belionota), est située derrière lui et très-souvent invisible. 
Elle est trilobée, Irigone ou tronquée en avant cl ne possède aucun ves- 
tige de paraglosses. Les supports des palpes labiaux la flanqucnl de 
chaque côlé, et ces palpes eux-mêmes, qui sont Irès-courts, ne semblent 
te plus souvent composes que de deux articles, quoiqu'on réalité il y en 
ait toujours trois, mais dont le premier est souvent réduit presque à rien. 
Des deux lobes des mâchoires l'interne est le plus petit et en triangle 
aigu ou lancéolé ; l'externe varie un peu plus ; sa forme la plus constante 
est celle dune lame dilatée au bout et arrondie en dehors. Les palpe» 
maxillaires ne semblent très-souvent aussi composés que de trois articles. 
le premier étant, comme celui des labiaux, très -petit. Les mandibules 
n'atreclent que deux formes : ou elles sont Irès-épaisses. arrondies en 
dehors, concaves au côté interne, avec une ou deux petites dénis sur ce 
bord, et tronquées à leur extrémité ; ou elles sont amincies en dedans et 
par suite, plus ou moins tranchantes. Quant au labre, il est généralement 
transversal et légèrement échancré ; celui de la plupart des Stigmo- 

,\ Ins IX D 5. M. Westwood (An. Inlr. to thc mod. classit. of los. l, p. 178 
ei ni) a changé le premier en colui do Pr.oobrata, ol lo second on celui àt 
Macrustirm. 



BDPBESTIDBS. s 

ttfnUiT ""' ''''" '""^ *'"*' '"**'' '^"**" ''' '*8èrement fendu en 



Les anlennes sont médiocres et même assez courtes. Le point où elles 
commencent à être dentées varie du 3c au C et même au 7- article 
ces d.fîcrences peuvent cire employées, mais non toujours, dans la ca- 
rac enslique des genres. Jamais ces organes ne sont flabellés ni même 
peclmes, comme cola a lieu si souvent chez les Elatérides. Mais si iZ 
ZZ\ V "", """ '■"'P.'',''^"" médiocre, il n'en est pas de même de deui 
autres caracleres qu'ils présentent et sur lesquels il est nécessaire de 

;::i;"c^r ;ûi:;r -'''^ -"' ^^ ^- ^ '-'-S- 

Le plus important, qui a été signalé par Erichson (2). mais dont Tao- 
phcal,on n'a pas été faite jusqu'ici, consiste dans la sit^atio . des po e, 
signales par ce savant entomologiste dans les antennes des insectes en 
gênerai et qu il rjgarde comme des organes olfactifs. Ces pores oui 
n occupent jamais qu'un plus ou moins grand nombre des articles sont 
ordmairement „.v,sibles, cachés qu'ils sont par des poils très-fln " 
d un aspect velouté. Mais ici ils sont, sauf dans un seul cas (Julodides? 

comme 1 a dit trichson. . 

Dans la première, ils sont diffus et recouverts par des poils très-fins 
les" P^rnidcs "^'' '""'°^"'' ^ ""^ '^"' "'"""'• P"' '^'«"'P''^' '=''«^ 

Dans la seconde, ils sont également diffus et occupent les faces su- " 
arlicîës'î " '"'■^"'^"'•'(P"'''''' •=" "'«5me temps la tranche interne) des 

Enfin, dans la troisième, ils sont concentrés sur chaque article dans 
une pclilc dépression (fossette porifêre) située tantôt sur la tranche in 
terne (Ao«eH« poriféres internes), tantôt à la face inférieure et antérieure 
(fossetlesporifères inférieures), tantôt enfin sur la troncature antérieure 
Uossettes poriféres terminales) de ce dernier (3). 

(1) Très-souvent cet organe présente en dessus une ligne longitudinale oui 
dans beaucoup de cas, se divise antérieurement en deux branche!, TerSeTsé 
rendent sur ses côtds. Il en résulte alors qu'il est divisé en troi a res deux 

atéraes grandes et une antérieure petite et trigonc. L.s deux aires atéra" 
sont fréquemment de couleurs métalliques et simulent deux plaques qui se 
racnt superposées à l'organe. Èetle particularité n'a aucune valeur générique 

(2) De fabnca et usu antennarum in Insectis, p. 7, ûg. D et E 1-3 

(3) Erichson n'a signalé que les fossettes poriféres inférieures'. Il semblerait 
dès-lors que la troisième de ces catégories devrait être divisée en trois; mais 

1 existe quelques passages qui, sans ôtor à ces trois positions diflérentes toute 

leur importance, les rendent parfois d'un emploi sujet k contestation; ce qui 

rieurs at^trfhus"" '"'"" ''*'"""''' ^""^ '=*"«='^"^«' Us groupes infé- 

h n'examine pas la quesUon do savoir si ces pores antennaires sont réelle- 



C'est dans ces pores que se trouve la clef de la classification de la fa- 
mille, puis dans le second des caractères annoncés plus haut, à saToif 
le modo dinsertion des antennes , mode qui est aussi variable ici qu'il 
est fixe chez les Throscides , les Eucnémides et les Elatérides. Ces or- 
ganes sont en effet insérés dans des cavités (cavités antennaires) dont la 
grandeur, la forme, la situation et les rapports avec répislome(i) éprou- 
vent de nombreuses modifications sur lesquelles il me parait inutile de 
m'étendre en ce moment (2). J'ajouterai seulement qu'en dehors ou en 
avant, ces cavités se prolongent en un sillon plus ou moins distinct, lon- 
geant le bord inférieur des yeux, et dans lequel les antennes logent leur 
premier article lorsque , pendant la contraction , elles se replient en 
arrière. 

Au-dessus de chacune des cavités antennaires et même dans leur m- 
lérieur, lorsqu'elles sont très-grandes (par ex. Psilopteba), on observe 
fréquemment une petite fossette arrondie renfermant un tubercule éga- 
lement arrondi. Ces lubercules [ronlaux, ainsi que je les appellerai, 
ne sont qu'un simple accident de sculpture et ne sont pas toujours con- 
stants dans les espèces d'un même genre ; mais leur fréquence n'en est 
pas moins un fait assez remarquable (s). 

Les yeux des Bnprestides sont toujours fort grands, allongés et occu- 
pent en grande partie les côtés de la tête; mais les Chrysobolhrides 
^ont les seuls chez lesquels ils sont souvent très-rapprochés sur le verlex. 
. Le prothorax ne présente de digne de remarque que l'existence chei 
quelques Agrilides et la plupart desTrachydes, de deux sillons dans les- 
quels se logent les antennes au repos (4). 

ment des organes olfactifs, comme lo pense Erichson; cela importe pou au 

point de yua systématique. Leur étude est des plus faciles et n'exige aucune 

préparation; il sufDt d'une bonne loupe. 

(1) Ici, comme dans tous les Sternoxes, sans aucune c:^ception, l'épistome 

n'est jamais séparé du front par une suture distincte. 

(21 A la rigueur, il faudrait distinguer de ces cavités antennaires les caviUs 
colloïdes dans lesquelles, comme dans tous les insectes, est reçu le premier 
article des antennes; ce sont deux choses très-distinctes. Toutefois, pour plus 
de brièveté je n'ai pas cm devoir faire celle différence, la confusion étant peu 
à craindre • 'de sorte que ces c^ipressions, par exemple, cavités antennatres très- 
vetiies, arrondies, signir.ent que dans ce cas les cavités cotyloidcs existent 
seules tandis que celles-ci : cavités antennaires grandes ou ouvertes veulent 
dire que cliacunc de ces cavités est logée dans une autre qui s'étend plus ou 
moins loin autour d'elle. 

(3) Ces tubercules n'ont été signalés que par M. J. L. Le Conte (Proceed. of 
the Acad. of Philad. 1854, p. 83). A ce sujet cet habile entomologiste se de- 
mande si ce ne sont pas des ocelles ou des organes auditifs. Leur /aces et 
surtout l'irrégularité de leur existence me paraissent s'opposer à co que cetw 
question soit résolue par l'affirmative. , 

(4) Ces sillons antennaires qui existent non-seulement dan» la famiUe ac- 



BDPBBSTIOBS. 5 

Jusqu'ici on a pris l'écusson pour point de départ de la classiûcation 
de la famille; mais il est loin d'avoir celle imporlancc. Il manque chez 
un assez grand nombre d'espèces; dans la plupart des autres il est fort 
petit. Ce n'est guère que chez les Chrysobolhrides et les Agrilides qu'il 
arrive à un développement assez considérable. Les élylres ne recou- 
vrent guère que le dos de l'arrière-corps. Leurs épipleures sont par 
conséquent trcs-élroilcs ou plutôt n'existent qu'à la base de ces organes ; 
en arrière elles sont limitées par un sinus plus ou moins prononcé. 11 
est commun que les élylres soient denliculées sur leurs bords latéraux 
postérieurs ou épineuses à leur extrémité. 

La présence constante des trochanlins des deux premières paires de 
pattes ( I ) est un fait de quelque importance en ce qu'elle conslitue un des 
principaux caractères qui distinguent la famille de celle des Elalérides. 
Les jambes sont toutes terminées par deux éperons très-petits, égaus 
et dont rcxistencc ne souffre pas d'exception. Les lamelles qui garnis- 
sent le dessous des quatre premiers arliclcsdes tarses ne sont sujettes à 
manquer en partie que dans deux groupes, les Chrysobothrides et les 
Agrilides. Chez les premiers, il n'y en a pas quelquefois sous l'article 
basilaire et même sous le suivant ; parmi les seconds, il existe un genre 
(Stenogaster) qui n'en a que sous le pénultième. Ces lamelles varient 
beaucoup sous le rapport de la grandeur et sont parfois très-réduites. 
Les crochets des tarses ne sont dentés ou appendiculés que chez les 
Agrilides, les Trachydcs et dans le genre Sponsor. Il n'existe de stylet 
onguéal ou onychium chez aucune espèce. 

L'abdomen, comme le porte la formule diagnostique de la famille, ne 
compte normalement que cinq segments ventraux. Mais chez un assez 
grand nombre de mâles on en voit deux autres plus ou moins rétractiles 
et qui sont des annexes des organes génitaux. Ils manquent, sauf quel- 
ques exceptions, chez les femelles, ou bien elles n'en ont qu'un. 

tuDlle, mais encore dans les trois suivantes, se forment do trois manières essen- 
tiellement différentes, à chacune desquelles il convient dès-lors d'assigner des 
noms distincts. Je les appellerai : 

Sillons prostermux lorsqu'ils ne sont qu'un élargissement de ces doux sil- 
lons ( sutures prosternâtes ) qui limitent le prosternum do chaque côté et le 
séparent des flancs du prothorax; 

Sillons marginaux lorsque co sont des rainures creusées à la partie supé- 
rieure des flancs du prothorax, immédiaten>ent au-dessous du pronotum; 

Enfin Sillons médians quand ils sont situés entre les deux points ci-dossu«. 

Les deux premières de ces formes existent seules chei les Buprestides ; toute» 
trois sont représentées chez les Eucnémides et les Elatérides. 

(1) Presque to\ijours les hanches postérieures présentent, à quelque distance 
do leur extrémité externe, un fln sillon longitudiual qui les divise en deux 
portions d'inégale grandeur. L'externe, occupant la mémo place relative que 
les trocUantins antérieurs et intermédiaires, pourrait bien représenter cei 
pièces. 



s BDPRESTIDES. 

La cavité sternale dans laquelle pénètre la saillie duprosicrnum pré- 
sente trois combinaisons diltércntcs quant à la part que prennent à sa 
formation le mésosternum et le métaslernum. C'est encore là un des 
caractères qu'on a négligés dans la famille et qui vient en troisième ligne 
après ceux empruntés aux antennes. Personne n'ignore que les Bupres- 
lides ne présentent aucune trace de la faculté saltatoire. Les épimères 
métathoraciques ne manquent que chez plusieurs Chrysobolhridcs où 
elles sont recouvertes par les angles antérieurs du premier segment 
abdominal, et un certain nombre d'Agrilides chez lesquels une saillie des 
hanches postérieures remplit le même rôle. 

Les deux sexes ne sont que peu ou nullement différents l'un de l'autre, 
et, quand ils le sont, c'est constamment à l'extrémité de l'abdomen que 
se trouvent leurs caractères distinclifs. 

Les Bupreslides sont de très-beaux insectes auxquels la richesse de 
leur livrée a valu, dans la plupart des langues de l'Europe, des noms 
équivalents à celui de Richards qui leur a été donné en français. A 
part quelques-uns, la plupart de petite taille, qui vivent sur les fleurs, 
on les rencontre ordinairement sur les troncs des arbres, les bois abattus, 
plus rarement sur les feuilles. Leur démarche est très- lente ; mais en 
plein soleil ils déploient dans leur vol et dans tous leurs mouvements 
beaucoup de vivacité. Quand on veut les saisir, ils se laissent tomber et 
simulent la mort pendant quelque temps. Ce sont, du reste, des insectes 
plus particulièrement propres aux pays chauds. Les régions froides et 
tempérées des deux continents n'en possèdent qu'un petit nombre dont 
les plus grands ne sont pas beaucoup au-dessus de la taille moyenne. 
Les espèces connues s'élèvent en ce moment à environ 1,200. 

Leurs larves, ignorées il y a une vingtaine d'années (i), sont aujour- 
d'hui très-bien connues, du moins pour ce qui concerne celles d'Europe. 
Jusque dans ces derniers temps elles semblaient être très-homogènes; 
mais la découverte récente de celles de deux espèces d'Agrilides et de 
Trachydes oblige de les répartir dans deux catégories. 

La première, comprenant les formes typiques, admet quelques dis- 
tinctions secondaires. Celles de ses espèces qu'on peut regarder comme 
tout-à-fait normales (2) présentent les caractères suivants : 

(1) Jusque-là on avait regard6 comme appartenant au Duprestis gigantea 
U larve figurée par mademoiselle Merlan (Ins. Surinam, pi. 50) et reproduite h 
ce titre par MM. DcCastelnau et Gory, Mon. 1; Buprestis.pl. 1. Il tufiit d'y jeter 
UD conp-d'œil pour voir que c'est celle de quelque grande espèce de Lamollicorno, 
probablement d'un Dynaslide. — J'ai dit pr6c6demment (Tome III, p. 45, 
note 2) qu'une larve du Brésil, figurée par M. Westwood, comme celle du BUr 
prestis attenuata, était celle d'un Passalu|, ou peut-être d'un Longicorne. 

Pour une description générale des larvèfcde la famille, voyez Erichson, Ar- 
ehiv, 1841, p. 82; ou Chapuis et Candéze, Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, 
p. 470. 

(2) Les suivante* sont celles dont on possède des descriptions complètes ou 



DDPnESTIDES. 7 

Leur corps cylindrique ou déprimé, el remarquable par sa longucn 
et sa gracilité, s'élargit brusquement dans la région prothoracique, ce 
qui lui donne, selon les expressions très-exactes de MM. L. Dufour et 
Ed. Perris, la forme d'un pilon. La tête est petite et nettement divisée 
en deux portions : l'une, postérieure, revêtue de téguments membraneux 
et invaginée dans le prothorax; l'autre, antérieure, cornée {<)• Elle ne 
présente aucun vestige de stemmates et porte deux courtes antennes 
composées de deux ou trois articles : le premier charnu et plus ou moins 
rélractile, le dernier globuleux et très-petit. La bouche se compose : 
d'un menton grand , charnu, portant une languette coriace privée de 
palpes, mais présentant à sa face inférieure deux bourrelets allongés, 
quelquefois réunis par un sillon transversal et paraissant représenter ces 
organes ; deux mâchoires très-petites, recouvertes par le menton et 
portant un lobe cilié et un palpe biarticulé ; deux courtes mandibules 
dures et oblusénient dentées à leur extrémité ; enfin d'un labre coriace 
occupant l'intervalle qui sépare les mandibules. Les deux segments 
(horaciqucs qui suivent le prolhorax, sont plus étroits que ce dernier, 
un peu plus larges que les suivants el ne présentent aucun vestige de 
pattes. Les segments abdominaux, au nombre de neuf, comme de coa- 
tume, sont de longueurs inégales et présentent ordinairement chacun 
un sillon transversal assez marqué. A l'extrémité du neuvième se trouve 
une saillie simulant un dixième segment et au sommet de laquelle est une 
fente anale longitudinale. Il y a neuf paires de stigmates arrondis, la 

au moins des Dgures : Clmlcophora mariana, Ratzeb. Die ForstiDS. I, p. 59, 
pi. 2, f. 11 ; Loew, Stettin. ent. Zcit. 1841, p. 34, pi. 1, f. 9, avec des détaUs 
anatomiqucs; Peccliioli, Magaz. d. Zool.; Ins. 1843, pi. 120, f. 1-5; Lucas, 
Ann. d. 1. Soc. Eiilom. S6r. 2, II, p. 315. — Clialc. Fabricii, Bcrtoloni, Nov. 
Comment. Acad. Conon. V, p. 87, pi. 8; Do Castcln. et Gory, Mon. d. Bupr. D, 
Chalcopliora, pi. 3, f. 2. — Dicerca coslicoUis, Cliapuis et Candôze, loc. cit. 
p. 474. — Die. berolinensis, Wcstw. An liilrod. etc., I, p. 230, f. 28, n" 8-0. 
— Pœcilonola rutiUins, Cliapuis et Candèze, loc. cil. p. 475, pi. 4, f. 6. — 
Chrysobothris chrysostigma, L. Dufour, Ann. d. Se. nat. Sér. 2, XIV, p. 111, 
pl. 33, f. 6-10. — Anihaxia quadripunciata, Ratzeb. loc. cit. I, p. 52. — 
Anth. monca. Ed. Pénis, Ann. d. 1. Soc. Linn. d. Bordeaux, XI. 

Pour les autours non cités dans cette note et les espèces sur lesquelles on n'a 
qtia des rcnseigûements plus ou moins vagues, Toycz Cliapuis el Candèze, 
ItiC. cit. 

(1) Cette invagination cl cette division de la této en doux parties ont donné 
lieu à une erreur assez difflcilo à comprendre. Deux auteurs, MM. Loew et 
Ratzeburg (loc. cit.), ont regardé sa portion charnue comme appaitenant au 
prothorax, qui aurait été ainsi composé do deux segments. Un troisième, 
M. Gourcau (Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, 1, p. 26), allant plus loin, a considéré 
le protliorai entier comme étant la tête, et la portion cornée de cette dernière 
comme représentant le chaperon. Ces deux opinions, réfutées principalement 
par Erichson, M. L. Dufour et M. Ed. Perris, ne sont rappelées ici qu'à titre dt 
dooumenis historiques. 



8 BDPRBSTIDES. 

première située latéralement au milieu ou plus ou moins près du bord 
antérieur du mésothorax, parfois dans le pli qui le sépare du protboras; 
les huit autres paires placées plus haut sur les huit premiers segments 
de l'abdomen et visibles seulement quand on regarde ces segments d'en 
haut (i). Les téguments de ces larves sont glabres ou revêtus seulement 
de quelques poils épars ; ceux des deux derniers segments thoraciques 
et de l'abdomen sont membraneux ; le prolhorax seul est pourvu en des- 
sus et en dessous d'une plaque subcornée ; la supérieure présente deux 
lignes saillantes, d'un tissu plus solide et convergentes. 

Dans le cours de la transformation en nymphe, le corps de ces larves 
se raccourcit extraordlnairement en comparaison de ce qu'il était dans 
l'origine ; à part cela, sous ce nouvel état, les Buprestides ne présentent 
rien de particulier. 

Les larves des Agbiics {«) ne s'écartent du type qui vient d'être dé- 
crit qu'en ce que leur saillie anale se prolonge en deux pièces cornées 
latérales et diversement dentées, selon les espèces. 

Celle de la Slernocera chrysis dont on ne connaît, il est vrai, que le 
jeune âge (s), commence à s'éloigner sensiblement de ce type, son corps 
s'atténuant graduellement en arrière et étant revêtu de longs poils, sur- 
tout sur les cotés. 

La seconde catégorie ne comprend jusqu'ici que les larves des deui 
espèces suivantes. 

L'une d'elles, celle de la Diphucrania auriflua Uope.de l'Australie, 
décrite par M. Saunders (4), ne se rattache plus aux précédentes que 

(1) La position des stigmates , surtout de la paire Ihoraciquo, a été l'objet 
d'une discussion entre MM. L. Dufour et Goureau (Ann. d. Se. nat. Sér. 2, I, 
p. 253, 257^ et II, p. 441 et 253). Ce qu'on a do plus complet sur cette ques- 
tion, est ce qui en a été dit par M. Ed. Perris dans son travail, cité plus bas, sur 
les larves des Acnaus. Mais M. Ratzcburg (loc. cit.) avait déji antérieurement 
décrit et figuré ces organes avec son exactitude ordinaire. 

(2) Ce sont les premières qui aient été bien connues, et l'on en a déjà décrit 
un assez grand nombre : A. Anbei, Aube, Ann. d.l. Soc. ent. VI, p. 189, pi. 8, 
f. 6; reproduite dans Casteln. et Gory, Mon. Il, Agrilus, pi. 5, f. 1. — i4. no- 
civus, IVatzeb. Die Forstins. I, p. 56, pi. 2, f. 7, et dans le texte (p. 54-57) te- 
nnis, angustulus, biguttatus-iceUe dernière a été également décrite par M. Gou- 
reau, Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, I, p. 23, pi. 2, n" 4, f. 1-4). La larve privée 
de saillie anale que M. Ratïcburg avait primitivement décrite (loc. cit. p. 56 
et 63, pi. 2, f. 8) comme étant celle de VA. fagi, a été depuis reconnue par 
lui comme n'appartenant pas à cclto espèce, mais probablement au Chrysobo- 
thris a/finis; dès lors l'exception qu'elle formait tombe d'elle-mèmo. — A. de- 
rasofasoiatus, viridipennis, 6-guttatus, cinctus, Ed. Perris, Mém. d. l'Acad. 
<L Lyon; Scienc. Nouv. Sér. I, p. 108; avec des figures dans le texte. 

(3) De Casteln. et Gory, loc. cit. I, Sternocera, pi, 1; un œuf est figuré & 
côté de la larve. Antérieurement, M. Guérin-MéneviUe (Revue Zool. 1839, p. 260) 
avait déjit décrit les œuls do cette espèce. 

(4) Voyez son Mémoire intitulé : « On the gall formed by Diphucrania au- 



BOPBESTIDBS. 9 

par l'absence des pattes. Son corps est tout d'une venue, presque cylin- 
drique, et le protliorax, bien loin d'être plus volumineux que les autres 
segments, est, ainsi que le mésolhorax, plus court cl plus étroit que le 
métathorax. Celui-ci, sous ce rapport, ressemble aux huit premiers seg- 
ments abdominaux. Le 9° de ceux-ci est plus court, arrondi en arrière 
et pourvu d'une saillie anale légèrement biflde. 

La seconde, celle de la Trdchys nana que M. Ueeger a fait connaître 
il y a peu de temps (l), semble apparlcnir à une toute autre faraillc que 
celle-ci. La télé est dégagée du prolhorax et porte de chaque côté un 
œil réniforme. Le prothorax est sensiblement plus court et plus étroit 
que le mésothorax. A partir de ce dernier jusqu'à l'extrémité duQorps, 
tous les segments vont en se rétrécissant graduellement et avec rapidité : 
ils sont en outre fortement arrondis et séparés par de profondes inci- 
sions sur les côtés. Chacun d'eux est pourvu, tant en dessus qu'en des- 
sous, d'un ccusson corné et de deux verrues" latérales et cillées. Mais le 
caractère le plus remarquable peut-être de cette larve consiste dans la 
présence des pattes qui sont très-écarlées à leur naissance et composées 
de deux articles dont le dernier est muni d'un onglet corné. 

Quant aux habitudes de ces larves, toutes celles d'Europe qui sont 
conformes au type, y compris celles des Agrilus, vivent entre l'écorce 
et le bois d'arbres d'espèces Irès-variées, en recherchant de préférence 
ceux frappés de mort ou atteints de maladie. Elles creusent soit dans 
l'écorce, soit dans l'aubier ou dans le bois même , des galeries remar- 
quables par leurs sinuosités chez celles des Aguilds, et le moment de 
leur transformation arrivé, elles se changent en nymphe dans une cellule 
située d'autant plus profondément que la nymphe a plus à redouter les 
inQucnccs atmosphériques. 

Les deux espèces mentionnées en dernier lieu ont des habitudes très- 
différentes. La larve de la Diphucrania auriflua détermine sur les ra- 
meaux de la PuUenœa slipularis aux dépens de laquelle elle vit, la 
formation de galles ligneuses d'un tissu spongieux qu'elle habite jusqu'à 
sa transformation en insecte parfait. Celle de la Trachys nana ronge le 
parenchyme des feuilles du Convolvutus arvensU et Dnit par s'y con- 
struire une loge où elle subit sa métamorphose, genre de vie'qui expli- 
que la présence chez elle des yeux et des pattes. 

Les analogies de ces larves avec celles des Longicornes, surtout avec 
celles des Lamiaires qui sont également apodes, ont frappé tous les ob- 
servateurs. Elles ont des rapports encore plus prononcés avec les larves 
de la famille suivante, les Eucnémides, tandis qu'elles n'en ont que fort 
peu avec celles des Elatérides. 

riflua Hope, a spccies of Buprestids. » Trans. of Iho ent. Soc. V, p. 27, pi. 2, 
t 5-9. Cette espèce de M. Hope m'est inconnue «t je no saclie pas qu'elle soit 
décrite. Comme le genre Dipuucrama do Dejean est relégué dans la synonymie, 
elle appartient aux Ethdn, genre du groupe des Âgrilides. 
(1) Sitzungsber. d. Wiener Akad. VII, 1851, p. 209, pi. 5, f. 11. 



10 BDPBBSTIDE9. 

La ramille correspond au genre Bophestis de Linné. Dalraan, le pre- 
mier (I), essaya de le diviser et, prenant pour point de départ l'écusson, 
y établit un grand nombre de groupes auxquels il s'abstint de donner des 
noms. Eschsehollz ("2) en dclacha ensuite quelques genres qu'il carac- 
térisa en peu de mots. Apres lui, Solicr, dans un travail spécial (3), ex- 
posa en détail les caractères de ces genres et en fonda plusieurs autres. 
Peu de temps après, MM. De Casteinau et Gory commencèrent la pu- 
blication d'une Monographie de la ramille (4) dans laquelle toutes les 
espèces à eux connues sont figurées et que Gory compléta plus tard en y 
ajoutant un supplément. Si l'on ajoute à cela un mémoire étendu de 
Hannerhcim (s), et une Centurie d'espèces publiées par M. Chevrolat (6), 
on aura tous les travaux essentiels dont ces insectes ont été l'objet, 

La classification suivante a pour base, ainsi que je l'ai dit plus haut, 
les pores antennaires. Les modifications qu'ils éprouvent donuent lieu à 
l'établissement des trois tribus suivantes : 

I. Pores anteuDaires diffus. 

— cachés par une puboscence d'aspect hydrofuge. Jiilodides. 

— visibles et occupant les deux faces des articles. CiiALcoPHoniBBS. 
n. Ces pores concentrés dons une fossette sur chaque article. Buprestiues vitus. 

TRIBU I. 
JULODIDES. 

Pores antennaires dilTus, cachés par une fine pubescencc d'aspect 
hydrofuge. — Antennes insérées loin du bord antérieur de l'épistome; 

(1) In Schœnherr, Syn. Ins. 111; Append. p. 126. 

(2) Zool. Atlas, Heft I, p. 8. 

(.■J) « Essai sur les Buprcstidcs; » Ann. d. 1. Soc. ent. Il, p. 261. Depuis, 
Solicr, dans l'ouvrage de M. Gay sur le Chili, a fondé un assez grand nombre 
de genres nouveau!;, la plupart inadmissibles. Les types m'ont été communi- 
qués par le Muséum d'Histoire naturelle de Paris, auquel ils appartiennent en 
ce moment. 

(4) Elle forme une partie du tome I cl les tomes II et FV de leur « Histoire 
naturelle des Coléoptères. » C'est un grand travail, mais «lui laisse beaucoup à 
désirer sous tous les rapports. Le texte n'a aucune valeur scientifique et ne peut 
jamais être cité avec sécurité, à moins qu'il ne s'agisse d'espèces bien connues. 
Je me suis pres(|ue abstenu, dans les pages suivantes, de toutes remarques sur 
cet ouvrage; c'eut été à u'eu pas finir. 

(5) « Ènumération des Buprestides et description de quelques nouvelles es- 
pèces de cette tribu de la famille des Sternoxes do la collection do M. le comte 
Mannerheim. » Bullet. de Moscou, 1837, n" 8, p. 3. 11 ne s'y trouve aucun genr» 
nouveau, et les caractères do ceux admis par l'auteur n'y sont pas exposés, 

(6) Dans Silberin, Revue ent. V, p. 41. 



JULODIDRS. 11 

leurs cavités médiocres , bien limitées. — Point d'écusson. — Cavité 
sternalc formée en entier par le mésosternum. 

La fine pubescence qui revêt les articles dilatés des antennes est pro- 
pre à ces insectes dans la famille. Elle recouvre en entier toute la partie 
dilatée dé ces articles, ne laissant de libre que leur bord externe. Il 
faut par conséquent l'enlever pour apercevoir les porcs qui sont trcs- 
pelits. La formation de la cavité slernale par le mésosternum seul est 
une autre particularité fort rare dans la famille et qui ne se retrouve 
que dans un petit nombre de genres de Buprestides vrais, constituant le 
groupe des Polyceslides. L'absence de l'écusson, une forme plus ou 
moins conico-ovalaire, par suite un facics très-massif, achèvent de faire 
reconnaître sans peine les deux genres qui composent la tribu. Tous 
deux sopt propres i l'ancien continent. 

!. Une forte salllio sternale : SIernocera. 
U. Point de — Julodis. 

STERNOCERA. 
EscBSCH. Zool. Atlas, Heft I, p. 8. 

Menton subtriangulaire. — Languette trilobée. — Dernier article de» 
palpes ovalaire, obtus. — Mandibules très-épaisses, concaves au côté 
interne. — Labre quadrangulaire, légèrement échancré. — Tête non on 
peu concave; épislome tantôt fortement, tantôt faiblement échancré.— 
Yeux médiocres , peu saillants, latéraux. — Antennes à articles 1 en 
massue arquée, 2 court, obconiquc, 3 allongé, subcylindrique, 4 nota- 
blement plus court, obconique, S-10 fortement dentés en scie aiguë, 
transversaux, 11 échancré au bout. — Prolhorax transversal, convexe, 
rétréci en avant, bisinuéà sa base; son lobe médian élroit et aigu. — 
Elylres allongées, cylindrico-coniques. — Hanches postérieures subpa- 
rallèles, triangulairement dilatées au côté interne; tarses assez longs; 
leurs articles très larges et très-déprimés, subégaux ; les quatre le" 
trigones, le 5" en carré oblong, — Mctasternum et mésosternum pro- 
longés en une forte saillie obconique ou cunéiforme. — Prosternum plus 
ou moins concave. — Corps conico-cylindrique. 

La présence d'une saillie sternale distingue éminemment ce genre de 
tous ceux de la famille. Ses espèces sont de grande taille, de couleurs 
assez variées, quoique le plus souvent métalliques, et souvent ornées sur 
les élytres et l'abdomen d'impressions en forme de fossettes ou de sillons 
et remplies de poils tomcntcux. Toutes ont le prothorax criblé de gros 
points enfoncés, parfois confluents, et leurs élytres présentent chacune 
à leur extrémité, chez la plupart, de deux à trois dents distantes ; chez les 
antres cette extrémité est simplement sinuée. Je ne trouve de tubercules 
frontaux chez aucune d'elles. 



13 BDPBESTIDES. 

Les deux sexes ne paraissent pas différer entre eux ; les femelles sont 
seulement plus massives que les raAIes. 

Ces inscolcs sont propres aux parties chaudes de l'Afrique et des 
Indes orientales ; on en a déjà décrit une vingtaine (i). 

JULODIS. 

EsciiscH. Zool. Atlas, lloft I, p. 9. 

Menton fortement transversal, entier ou faiblement échancré. —Lan- 
guette trilobée. — Dernier article des palpes subcylindrique ou un 
peu obconique. — Mandibules robustes, épaisses, concaves intérieure- 
ment. — Têle plane ou légèrement concave ; épistome sinucou échancré, 
parfois muni d'une dent médiane. — Yeux médiocres, peu saillants, la- 
téraux. — Antennes assez grêles, h. articles 1 en massue arquée,-2 court, 
obconique, 3 allongé, déprimé ou subcylindrique , 4 plus court, S-10 
dentés en scie aiguë, transversaux, 11 tronqué ou subéchancré. — Pro- 
thorax et élytres des Stemnocera ; celles-ci seulement toujours inermes 
à leur extrémité. —Hanches postérieures des mêmes; tarses assez longs, 
tantôt larges et déprimés, tantôt plus étroits (9) ; les quatre Icrs articles 
subégaux, plus ou moins Irigoncs, le 5° en carré long. — Mésosternum 
de forme variable, généralement très-court et oblique ou subverlical(3). 

(1) Quinze sont dÉcrits par MM. Do Casteinau et Gory (Mon. I et IV, Suppl. 
p. 1): S. irregularis, Lalr., de Nubie et du Sénégal ; castanea, du Sénégal ; ster- 
nicornis Linné, chrysidioides C. et G., chrysis Liuu. (var. Jirahmina Cliovrol. 
in Silberm. Rcv. ent. V, p. 46); nitidicotlis C. et G., basalis G. et G., nnicolor 
Casteln., orientalis Herbst, lœvigata 0\.,.rugosipennis C. et G., des Indes Or.; 
interrupta Fab. du Sénégal ; dissimilis C. et G., Diardi C. et G., des Indes Or.; 
Orissa Buquct, do l'Africiuc mér. 

Aj. S. Ultirata [Orissa var.?), feldspathica , A. Wliite, Ann. and Mag. of nat. 
HIst. XII, p. 266; du Congo. — ianifica, Eiiclis. Archiv, 1843, 1, p. 223; du 
Congo. — Ju(;H/(;ra,»nonacAa,Klug,MoBatsbcr.d. Berlin. Acad. 1855, p. 644; 
Mozambique. — dasypleuros, Kollar u. L. Redtenb. in HUgcIs Kasclimir, IV, 2, 
p. 504; de l'Himalaya. 

(2) Ces organes varient beaucoup; il y a des espèces nombreuses (par ex. 
œquinocUaliSj arabica, etc.) cbez lesquelles ils sont proportionnellement plu» 
larges que ceux des Stf.rnoceka, surtout cbez les miles; mais, en général, 1* 
contraire a lieu. Nulle part les quatre 1»" articles ne sont plus étroits et plu» 
fétrécis à leur base que chez le Clouei. 

(3) Aucun auteur n'a signalé cette forme particulière du mésosternum qui 
paraît propre à ces insectes et qui rappelle ce qui existe chez beaucoup d'Ela- 
térides. Il en est tics-peu parmi eux (par ex. natalensis) qui aient cet organe 
d^ niveau avec le métathorax, comme de coutume. Sa forme ordinaire est cell» 
d'une lame oblique, présentant une cavité pour la réception de la saillie pros- 
ternale; chez plusieurs (par ex. Clouei) cette lame est, à très-pou de chose près, 
verticale. Dans quelques petites espèces {lasios, Gnaphalon) le mésosternum 
Cit confondu sans suture apparente avec lo métasternum. 



JDLODIDES. 13 

— ProBternum étroit, caréné chez la plupart. — Corps conico-cylin- 
driqae. 

Ces insectes reproduisent les formes générales des Stbbnocbra dont 
ils ne se distinguent essentiellement que par la forme de leur menton 
et surtout de leur mésosternum. Seulement ils sont en général un peu 
moins grands, et quelques-uns même {lasios, Gnaphalon) sont de taille 
médiocre ou assez petite. Abstraction faite de quelques passages, on 
pourrait les repartir dans plusieurs groupes d'après la sculpture et la 
vestiture de leurs téguments qui sont plus ou moins velus. 

Dans une nombreuse série d'espèces presque exclusivement propres 
à l'Afrique australe et aux parties chaudes de l'Asie, le corps est criblé 
en dessus de points enfoncés conQuenIs, et les élytres ornées de longs 
poils disposés en faisceaux ou de fossettes remplies d'un duvet tomen- 
leux (1), fossettes qui sont rarement remplacées par des bandes trans- 
versales irrégulicrcs et interrompues (2). 

D'autres appartenant à l'Afrique intertropicale et à la Faune médi- 
terranéenne, avec des téguments en général moins rugueux, présentent 
sur les élytres des sillons plus ou moins marqués, plus ou moins régu- 
liers et garnis de poils couchés ou redressés (s). 

Enfin on peut encore mettre à part quelques petites espèces du Cap 
hérissées de poils fins et dont les élytres finement rugueuses présentent 
un petit nombre de côtes régulières et plus ou moins abrégées postérieu- 
rement (4). 

Sauf quelques exceptions, ces insectes sont en entier, ou au moins en 
dessus, de couleurs métalliques uniformes, mais sujettes à passer au bien 
on au violet. Leurs caractères sexuels ne paraissent pas plus prononcés 
que ceux des Stebnocbba (s), et comme ces derniers ils sont privés de 
tubercules frontaux. 

(1) Les espèces munies de poils fascicules paraissent propres à l'Afrique aus- 
trale, telles (luo cirrosa Scliœnli., hirsuta Horbst, fascicularis Linné, lasios 
Herbst, etc.; celles où ces poils sont courts, au nord de l'Afrique ctîi l'Asie: 
par ex. œquinoctiaUs 01. du Sénégal et do Nubie, variolaris Fab. de Sibé- 
rie, etc. Mais entre ces deux sections il y a des passages insensible^. 

(2) J. Clouei, Duquel, Revue Zool. 1843, p. 22, et Ann. d. 1. Soc. cnt. 1843, 
pi. 4, III, f. 1 ; de l'Ile Socotora. 

(3) Parmi les espèces k pubcscence fine, peu abondante, couchée et à sillons 
des élytres peu marqués, voyez /. Caillaudi Latr., do Nubie et du Sénégal; 
spectabilis G. et G., poUinosa Kl. d'Arabie, etc.; parmi celles à sillons dos 
élytres bien marqués et remplis de poils redressés : J. onorpodi Fab., d'Espagne; 
albopilosa Chevrol., d'Algérie, etc. 

(4) J. hirta Linné, iomeniosa, Gnaphalon Herbst 

(5) Il y a bien dans la forme du dernier segment abdominal quelques légères 
différences. Simplement arrondi ou tronqué sur une faible étendue dans la 
plupart des espèces, il est plus ou moins écbancré chez le cirrosa et espèces 
voisines; mais ces différences sont spéciflqucs et non sexuelles. 



14 BUPBBSTIDES. 

Le genre est riche en espèces ( i ) et confiné dans les régions qui vien- 
nent d'être infliquées. Parmi ces dernières, l'Afrique australe occupe le 
premier rang. Au dire des témoins oculaires, ces insectes multiplient 
beaucoup et se trouvent souvent réunis en sociétés nombreuses sur les 
broussailles ou les graminées. 



TRIBU IL 

CHALCOPHORIDES. 

Pores anlennaircs diffus, à découvert, occupant les deux faces des 
articles sur lesquels ils existent. 

Cette tribu se compose d'un nombre considérable de belles espèces 
parmi lesquelles figurent les plus grands Ruprcslidcs connus. 

Leurs pores anlennaires sont parfaitement visibles, à l'exception des 
EucoBOMA chez lesquels la plupart des articles des antennes sont re- 
vêtus de poils assez longs, abondants et couches, mais qui sont d'une 
toute autre nature que la fine pubescence hydrofuge des Julodides, de 
sorte que ce genre peut à peine élre regardé comme formant sous ce 
rapport une exception. 

Il n'y a aucun parti à tirer des organes buccaux de ces insectes. Le 
menton est toujours fortement transversal, souvent coriace en avant, et 
son bord anlcrieur, qui est largement tronqué, présente souvent un 
double sinus d'où résultent trois petites dents plus ou moins distinctes. De 
leur côté, les mandibules sont constamment très-robustes et concaves au 
côté interne. Il ne sera par conséquent question dans les caractères des 
genres que des légères modificalions qu'éprouvent le dernier article des 
palpes maxillaires et le labre. De son côié, le mélasternum est toujours 
tronqué ou arrondi en avant et forme le fond de la cavité sternale, qui 
est complétée latéralement par le mésosternum ; je ne connais aucune 
exception à cet égard. 

(1) La monographie do MM. Do Castolnau et Gory (Tomes I et IV, Suppl. 
p. 7) en contient 63 espèces, dont un assez grand nombre ne sont très-pro- 
bablement que de simples variétés. Les suivantes ont étô passées par eux 
sous silence ou ont été publiées depuis l'apparition do leur travail : Bupr. ftm- 
briata, Kliig, Symb. phys. Ins. I, pi. 1, f. 1; Dongola. — J. Vcrreau^cii {Klugii 
C.etG.),sulcicoUis(hottenlotaC.oiG.),lucidicoUis(tomentosa]iaTbil),Che'irol. 
in Silberm. l\ev. eut. V, p. 47; Cap. — Selifensis Lucas, Ucv. zool. 1844, 
p. 49 et Explor. d. l'Alger.; Ent. p. 134, pi. 14, f. 1; Algérie. — nalalensis, 
vittipennis, Boliem. Ins. CalFr. I, p. 299; Natal. — spiendens, Klug, Monatsber. 
d. Berlin. Acad. 1855, p. 644; Mozambique, homi, Sturm, Catal. éd. 1843, 
p. 328, pi. 1, f. 5; Palestine. — intricaia, sulcaia, h. Redtenb. in Russeg. 
Uciso, II, p. 982,Tab.A, f. 10,11; Syrie. — Zablodtskn, Motsoli. Bull. Mo«c. 
1845, I, p. 33; Persi. 



CBikLCOPHORIDBS. i& 

Mais sous d'autres rapports, ces insectes varient assez pour qu'il soit 
convenable de Mes répartir dans trois sections qui ne me paraissent 
pas avoir la valeur de Sous-Tribus, mais seulement celle de simples 
groupes. 

I. !<'' art. des tarses poster, plus long que le 2". 

Écusson indistiDCt, Chrtsochroïdss. 

— distinct. Cbàlcopoorides vitàis. 

II. V" art . des tarses poster, pas plus long que le 2°. Psiloptêrides. 

Groupe I. Chryaochroidei. 

Antennes porifëres à partir du 4° article chez la plupart ; leurs cavités 
d'insertion petites, au plus médiocres. — Point d'écusson. — l°r article 
des tarses postérieurs plus long que le suivant. 

L'absence de l'écusson sépare bicr: moins ces insectes des autres Chal- 
cophorides (i) que l'ensemble des caractères qui précèdent. L'existence, 
par exemple, des pores sur le 4° article des antennes (sauf chez les 
CvniA) est une particularité qui leur est exclusivement propre. Leur 
mésosternum, à l'exception des mêmes Cyria et de quelques Curyso- 
CBBOA, aiïectc une forme particulière. Ses branches, après avoir formé 
les côtés de la cavité sternale, au lieu d'être brusquement ascendantes, 
sont simplement obliques et parfois subhorizontales. Chez la plupart des 
SiERASi'is elles se terminent même en pointe. Quant aux cavités anten- 
naires, elles sont généralement médiocres, ou si elles deviennent assez 
grandes (Sieraspis), il s'en faut de beaucoup que, sous ce rapport, elles 
ressemblent à celles des Psiloptcrides. 

Les Chrysochroïdes sont propres à l'Afrique, aux Indes orientales et 
à l'Australie. Presque tous sont de magniGques insectes. 

I. Antennes dentées à partir du 3» article : Steraspis. 

n. — _ 4. _ 

Les art. dentés au moins aussi larges que longs : Caioxaniha, Chrysochroa. 
— tous très-allongés : Cyria. 

STERASPIS. 
(Dej.) Soher, Ann. d. l. Soc. entom. 11, p. 267. 

Dernier article des palpes cylindrique. — Labre pins ou moins forte-' 
ment échancré. — Tète excavée dans toute sa longueur ; ses bords la- 
téraux formant une crête au-dessus des cavités antenuaires ; celles-ci 

(1) 11 manque, comme on le verra plus loin, chez quelques espèces de Gbal- 
cophorides vrais. 



16 BDPBESTIDES. 

assez largement ouvertes, Irigones ; cpislome échancré. — Yeux grands, 
assez convexes, médiocrement écartés on dessus. — Antennes robustes, 
à articles 1 médiocre, rcnOé, 2 très-court, 3-11 fortement dentés, les 
dents aiguës; le dernier tronqué. — Prolhorax peu convexe, transver- 
sal, largement mais faiblement lobé à sa base. — Elylres régulièrement 
rétrccies à partir de leur base, épineuses à l'angle suturai, parfois den- 
ticulces à leur extrémité. — Hanches postérieures étroites , coupées 
plus ou moins obliquement en arrière ; tarses assez larges, leur lef ar- 
ticle allongé aux quatre postérieurs, les trois suivants fortement cordi- 
formes , le Se ovale et tronqué en avant. — Mésosternum séparé du 
métasternum par une suture ; ses branches latérales larges, non ascen- 
dantes, presque toujours terminées en pointe. — Prosternum plan, bi- 
sillonnë chez la plupart. — Epimèresmétathoraciquesde forme variable. 
— Corps allongé, épais, peu convexe en dessus. 

Le caractère essentiel du genre réside non-seulement dans la forme 
des antennes, ainsi que l'a dit M. Spinola (i), mais encore dans celle 
de leurs cavités. Les branches latérales du mésosternum en fourniraient 
un autre assez important, si la dent qui les termine ne souffrait pas quel- 
ques exceptions (par ex. brevicornis). Je ne trouve chez aucune espèce 
le moindre vestige de tubercules frontaux. Les mâles ont leur 5° arceau 
ventral échancré, avec une plaque anale; chez les femelles, l'arceau en 
question est sinué ou étroitement échancré, parfois {speciosa) en même 
temps bidenté. 

Les Steraspis sont de grande taille, d'un faciès robuste et difficiles à 
distinguer spécifiquement par suite de l'homogénéité de la sculpture de 
leurs téguments et de leurs couleur?. Presque tous sont fortement ru- 
gueux en dessus , et tous d'un beau vert métallique sujet à passer au 
bleu, au vert doré, ou au rouge cuivreux ; une bordure latérale de cette 
dernière nuance orne quelquefois leurs élytres, et le dessous do leur 
corps est ordinairement voilé par une couche épaisse d'une matière 
pulvérulente jaune ou blanchâtre. Les espèces actuellement décrites ne 
s'élèvent qu'à huit (2) disséminées en Afrique. 

(1) Voyez son travail intitulé : « Essai sur les espèces des genres SisRAsm 
et AcHvEOOERA » dans les Ann. d. I. Soc. enl. VII, p. 303. 

(2) Dont six mentionnées par MM. De Castelnau et Gory (Mon. I, Chrysochroa, 
p. 22) savoir : speciosa KJ., de Nubie; scabra F., triangularis C. et G., du 
Sénégal; squamosa Kl., d'Egypte et de Nubie; semigranosa Su\., brevicornis 
C. et G., du Sénégal. — Aj. S. guineensis, Géliin, Bull. d. 1. Soc. d'Hist. nat. 
d. 1. Hosel. 1855, pi. 2, f. 4; de la Guinée Portugaise. — œruginosa, Klug, 
Honatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 645; Uoiambique. 



CDALCOPnORIDBS. if 

CATOXANTHA. 
(Dïi.) SoLiEn, Ann. d. l. Soc. entom. U, p. 266. 

Dernier article des palpes cylindrique et Ironqué au bout. — Labre 
profondément échancré. — Télé et épistome variables; cavilcs aiiten- 
naires arrondies; leur bord supérieur un peu relevé. — Antennes glabres, 
à articles 1 en massue arquée, 2 court, obconique. 3 de même forme, à 
peine du double plus long, 4-10 déniés en scie, obliques, aussi longs que 
larges, 11 tronqué au bout. — Yeux grands, médiocrement distants en 
dessus, convexes, surtout chez les mâles. — Prolborax peu convexe, 
brusquement rétréci dans sa moitié antérieure, largement lobé à sa base; 
le lobe arrondi. — Elytres très-amples, sinuées avant leur milieu, puis 
élargies et de nouveau rétrccies en arrière, inermcs sur leurs bords 
poslcricurs, sauf une épine suturalc, tronquées obliquement aux épaules, 
avec une peiilc dent au bout de la troncature. — Hanches postérieures 
tronquées obliquement en arrière , dilatées et arrondies en avant aa 
côté interne ; tarses antérieurs assej: courts et larges, les autres graduel- 
lement plus longs el plus étroits ; leur 1" article, surtout aux postérieurs, 
allongé , le S» de tous long. — Branches du mésoslernum larges, non 
ascendantes, tronquées au bout. — Saillie proslernale plane. — Epimères 
métathoraciques assez grandes, obliques. — Corps allongé, plan ou 
médiocrement convexe, glabre. 

Ce genre comprend quelques très-grandes cl magnifiques espèces des 
Indes orientales, d'un faciès particulier el remarquables par leur système 
de coloration. Toutes ont en cfTct l'abdomen cl au moins une partie du 
mélalhorax d'un blanc jaunâtre avec une lâche transversale de même 
couleur sur chaque élytre, un peu au-delà de son milieu; les autres 
parties sont d'un vert ou d'un pourpre métallique. 

Les mâles ont sept arceaux visibles à l'abdomen, dont les deu* avant- 
derniers plus ou moins échancrés ; le dernier est très-grand, mais ne 
présente rien de particulier chez les femelles. Les tubercules frontaux 
manquent à toutes les espèces (i). 

Malgré leur petit nombre , ces insectes se répartissent dans deux 
sections bien distinctes : la première coraprenanl le bicolor lype du genre, 
la seconde les autres espèces (2). 

(1) Le bicolor sflul présente, à une assez grande distance en arrière des an- 
tennes, une fossette bien marquée, mais sans tubercule. 

(2) Ces sections peuvent se caractériser ainsi : 1» Tête profondément sillonnée; 
épistome fortement bilobé; élylres llnement riigueiiscs avec quelques lignes 
élevéus peu distinctes; saillie métasternale arrondie en avant; corps asset 
convexe : c. bicolor, Fab.; C. et G. Mon. l, Clirysocliroa, pi. 1, f. 1; de 
Java. — giganteus {Elater), SchaUer, Ad. Halens. 1783, p. iOi, pi. 1, f. 5; de 

Coléoptères. Tome IV. 2 



18 BUPBESIIDBS. 

CHRYSOCHROA. 
SoLiER, Ami. d. l. Soc. eniom. Il, p. 270 (1). 

Ce genre ne diflère du précédent que par les caractères qui suivent : 

Dernier article des palpes ovalaire ou obconique, non tronqué au 
bout. — 3e article des antennes beaucoup plus long (en général près de 
trois fois aussi grand) que le 2». — l'rolhorax presque carré ou gra- 
duellement rétréci en avant, jamais brusquement atténué dans sa moitié 
antérieure. — Elytres régulièrement rélrécics de leur base à leur extré- 
mité, très-souvent dentées sur leurs bords latéraux postérieurs. 

Ces caractères sont bien légers, eldans toute autre famille que celle-ci 
seraient à peine admissibles. Cependant le faciès de ces insectes est 
assez différent de celui des Cuuysocuivoa pour que-le genre puisse être, 
à la rigueur, admis. Il est également subdivisible en deux sections, entre 
lesquelles, il est vrai, il y a des passages. 

Les Chbysocbboa proprement dites sont de forme en général très- 
allongée, assez convexes, avec les antennes peu robustes et médiocre- 
ment dentées, la léle plus ou moins concave et en même temps forlement 
sillonnée, et le lobe du prolborax large et arrondi chez la plupart. Ce 
sont presque tous de grands insectes d'un vert doré éclatant avec des 
bandes ou des taches d'un rouge de feu. Chez quelques-uns, celte riche 
parure est relevée par des bandes ou des taches d'un jaune teslacé, 
parfois bleues (2). 

Traoquebar; espèce douteuse; M. Guériii-Méneville (Revue Zool. 1847, p. 5) la 
rapporte au bicolor; suivant Ericlison (Archiv, 1848, II, p. 83), qui a examiné 
l'exemplaire mJ)mo décrit par Sclialler, elle ea serait distincte. — Bupr. Da- 
kni, van dor Hoevcn, Tijdschr. v. nat. Gescli. c. Physiol. IV; du Java. 

20 T6te un peu concave avec l'épistome simplement «chancre; élytrcs ayant 
des ligne? élevées saillantes avec les intervalles entre elles assez fortement ru- 
gueux ; saillie m6tasternale troniiuce en avant ; corps large et déprimé : 
C. opùlenta, Gory, Mag. d. Zool. Ins. 1832, pi. 17 [lioisduvaliiîiej.); de Java. 
— yuryurea, A. White, Ann. and Mag. of nat. Hist. XU, p. 342; des lies Phi- 
Ijppmes. 

(1) Syn. AcELi\ C. et G. Mon. I, ChrysocUroa, if. 5. 

(2) MM. Do Castelnau et Gory ont divisé ces insectes on deux sections, selom 
que les élytres sont plurideutées le long de leur bord externe en arrière (/"«(- 
gida F., ignita h., fulminans F., etc.), ou tronquées à leur extrémité avec une 
ou deux épines au plus (ocdlata, vittiita, aurata P., etc.). Une division meil- 
leure pourrait être établie sur les formes de la saillie métasternale, qui est 
acuminéc {Edwardsii, chinensis), ou arrondie {vittalu), ou troniiuée (la plupart 
des espèces) en avant, en mettant en seconde ligne les dentelures des élytres. 

Aux 20 espèces de ce groupe décrites par les auteurs ci-dessus, aj. : C. Ed- 
ivardsii, Hope, Traus. ot tlie Linn. Soc. XIX, p. 109, pi. 10, f. 4; du Sil- 
hot. — assamcnsis, Guérin-Méncv. Revue Zool. 1847, p. 6; de l'Assam. — 



CBALCOPHOBIDES. jg 

Les Agelia de MM. De Casteinau et Gory sont plus courtes dIus d^ 
primées avec la télé peu ou point concave ; mais leur cara Se Vr ncî' 
pa res.de dans es antennes qui sont plus robustes et fortemen^p Se ' 
avec curs arfcles dentés plus transversaux et plus serrés ; leur p o.ho 
ce gen?e7o °'''""" '°'' ' '' '''"'' ^''^" ^^'"'^ -édKpou; 

Il y a des espèces de ces deux groupes aux Indes orientales et en 
l^auri:::;;'' P^^-""^^ ''<;/« pays en possède infinimen p lus q e 
1 autre. Les différences sexuelles soiit les mêmes que chez les CcBm! 

CYRU. 

(Serv.) Solieb, Ann. d. l. Soc. entom. Il, p. 249. 

«ancré .„ *„,i-o„*; C^ZlZZlZ £^^^'2 ZS; 

grêles, a articles intermédiaires fortement tri-^ones • le 1er <u! -.f! 
postérieurs allongé, le S» de tous long. - M tXnum e „, Jostr li^ 
c n ondus ensemble; les branches latérales de celui-ci v r ieaS ? 

..«^'nf '"'" "' T"" ^^' CnnYsocHBOA, mais suffisamment distinct nar 
es antennes, le dernier article des palpes maxillaires, etc. Il a nô!r voe 
le liupr. imperalis de Fabricius . grand et bel insèciP Hp i-T ■ l"^ 
commun dans les collections, «eux'autres esp c s T^u en oître ? If' 

Ca.-o?,-, Perroud, Ann. d. 1. Soc. Linn. d. Lyon, Nouv. Sér. I „ 395- du MaU 
har. _ an,j,l,penms, ambigm, Bol.cm. Ins. Caffrar. I p 31 de' Nala H 
premiùro appartient probablement à la section suivante! ' ' " 

(1) C. peciinicornis, C. et G Inr rit • h,. m.,i„i^ ^ . 

ri^sï,:Z'Sr^iil^„:'''-^'-'°'- -="• P' ^O; cette espèce etl'.-mp.. 



30 



GBOVFB h. ChaloophoTÏdes vraîi. 



Cavilés anicnnaircs médiocres. — Un écusson. — 1" arlicle des tarse» 
poslcrieurs plus long que le suivant. 

Les espèces de ce groupe se dislinguciit immédiatement des Cliryso- 
chroïdes par la prèjence de l'écusson, bien que cet organe manque 
exccplionnellemcnlcliez deux ou trois d'entre elles. Leurs cavités anlen- 
naircs sont, à part les CunvsESTiiES, assez ouvertes, mais bien moms 
que chez les Psiloptérides, et ne se prolongent jamais au coté interne. 
Toutes les espèces qui me sont connues présentent des différences 
sexuelles et sont privées de tubercules frontaux. 

Leurs genres sont peu nombreux cl pour la plupart américains ; un 
seul (Cuaixopuora) est propre aux deux continents et a des représen- 
tants en Europe. 

l. Pores antennaircs recouverts par des poils villcux : Eucliroma. 
U. — visibles. 

a Prothorax sillonné ou présentant des callosités : Chakophora. 
aa — sans sillons ni — 

b Tarses assez longs. 

Leurs art. 2-4 assez larges et déprimés : Halecia. 

— 1-4 fortement comprimés : Pekcopselaphus. 
bb Tarses courts, très-déprimés, formant une palette triangulaire : 
Chrysesthes. 

EUCHROMA. 
(Seiiv.) SoLiEti, Ann. d. l. Soc. entom. 11, p. 284. 

Dernier arlicle des palpes sécuriforme. —Labre transversal, échancré. 

— Tolc assez allongée, plane; cavités antennaircs petites, arrondies, 
situées loin du bord antérieur de l'épislomc ; celui-ci échancré. — An- 
tennes robustes, à articles 1 gros et médiocre, 2 court, obconique, 
3plusl()ng, triangulaire, 4-10villeux, fortement dentés en scie aiguë, 
transversaux, 11 tronque au bout. — Yeux grands, médiocrement dis- 
tants sur le verlex.— Prothorax transversal, arrondi sur les côtés avec 
les antérieurs très-déclives, faiblement bisinué à sa base. — Erusson 
petit, en cœur renversé. — Elylrcs allongées, assez convexes, graduel- 
lement rélrécics en arrière, échancrces et bi-épineuses à l'angle suturai. 

— Hanches postérieures tronquées obliquement en arrière ; tarses mé- 
diocrement larges; leurs quatre i"^ articles fortement trigones, munis 
de grandes lamelles qui les débordent, le S" assez long cl grcle. — Mé- 
sosternum séparé du mclasternum par une suture très-fine. — Prosler- 



cnALcopnoniDBS. 21 

DDm renflé sur les côtés en avant ; sa saillie plane, parfois munie d'un 
sillon médian. — Corps allonge, très-épais, médiocrcmenl convexe en 
dessus. 

Le type du genre est le B«pr. giganleaL., insecte du Brésil, très-com- 
mun dans les collections, inférieur aux seuls Catoxantua sous le rap- 
port de la grandeur, mais de formes beaucoup plus robustes. Une 
seconde espèce de Colombie et du Mexique (i) a été dccouveric il y a 
déjà assez longtemps. Toutes deux varient du vert au rouge cuivreux 
avec deux grands espaces d'un bleu d'acier foncé sur le prolhorax. Ce 
dernier est très-finement ponctué, tandis que les élytres sont couvertes 
de points enfoncés et de rides connucnles, parmi lesquelles on dislitigue 
quelques lignes élevées assez régulières. Pendant la vie, leurs téguments 
sont revelus , surtout en dessous , d'une abondante elllorescence d'un 
beau jaune. 

Outre leurs tarses un peu plus larges, les mâles se distinguent des fe- 
melles par leur S» segment abdominal dont le bord postérieur est en- 
tamé par une forte échancrure large (giyantea), ou ovale {columbica), 
tandis que chez ces dernières l'échancruro est faible et étroite. Les 
deux sexes ont un 6» scg(neiit visible el dont la forme varie dans les 
deux espèces, chez les mâles ; celui des femelles est étroilemenl sinué. 

La plupart des auteurs placent ces insectes dans le voisinage des 
Stigmodérides, à cause de l'allongement de leur tête; mais en réalité 
ils n'ont rien de commun avec ce groupe. 

CUALCOPHORA. 
(Seuv.) Solieb, Ann. d. l. Soc. enlom. II, p. 278 (2). 

Dernier article des palpes maxillaires de forme et de longueur va- 
riables. — Labre plus ou moins écliancré. — Tcte sillonnée et excavée; 
épistome en général fortement écbancré ; cavités anlennaires médiocres. 
— Antennes longues et peu robustes, à articles 1 allongé , grossissant 
graduellement, 2 très-court, 3 aussi long que les suivants; ceux-ci plus 
longs que larges, faiblement et obtusément dentés. — Yeux assez sail- 
lants, distants sur le vertex. — Prothorax carré ou trapézoïdal, largement 
lobé à sa base; le lobe arrondi. — Ecusson très-petit (3), quadrangu- 
laire. — Elytres allongées , rétrécies et denliculécs en arrière sur les 
côtés chez presque tous. — Hanches postérieures coupées très-oblique- 
ment en arrière ; tarses de largeur variable ; le !•■' article aussi long au 

(1) E. columbica, Mannerli. Bull. Mosc. 1837, n" 8, p. 31 (B. Goliath C. et 
G. Mon. I, Buprestis, pi. 1, f. 1). 

(2) Syn. Chrysodeua, Casteln. et Gory, Mon. I. — Evidks (ChuysddehaJ, Dej. 
Cat. Éd. 3, p. 87. 

(3) Je n'en trouve aucune trace chez les C. japonka et quadrifoveata. 



22 BDPRESTIDES. 

moins que les deux suivants réunis, les trois suivants graduellement pluî 
courts. — l"^' segment abdominal aplani dans son milieu, souvent ca- 
naliculé ainsi que le métaslernum.— Prosternum plan, sillonné. —Corp» 
allongé, peu épais. 

Je réunis dans ce genre les Chalcopdoba des auteurs et les CnRvso- 
DBMA de MM. De Casteinau et Gory, ne parvenant pas à trouver entre 
eux de limites appréciables (i). Indépendamment de l'absence des ca- 
ractères, il existe, sous le rapport de la forme générale et de la sculpture 
des téguments, des passages si insensibles, qu'il est absolument impos- 
sible de donner une définition quelconque des deux genres en question, 
quand on les isole l'un de l'autre. 

Les cavités antennaires de ces insectes sont plus grandes que dans 
les genres suivants et même plus ou moins trigones ; mais comme elles 
ne sont nullement prolongées au côté interne, on ne peut pas dire qu'elle» 
sont réellement ouvertes. Tous ceux qui me sont connus présentent des 
différences sexuelles semblables ; les femelles ont le S» segment abdomi- 
nal entier , chez les mâles il est fortement échancrô : le 6°, quand on 
peut l'apercevoir, l'est moins, et le 1" forme une plaque anale souvent 
tomenteuse à son extrémité. 

Ces insectes sont tous au-dessus de la taille moyenne, de couleur 
métallique et pour la plupart remarquables par les sillons ou les fossettes 
dont leur prothorax est muni. Ceux qu'on désigne ordinairement sous 
le nom de CnALcoenoRA sont plus particulièrement propres à l'Kurope, 
à la Faune méditerranéenne, à l'Afrique et à l'Amérique du Nord. Les 
Chbysodema habitent, ù quelques exceptions près, les divers Archipels 
indiens, et ce sont presque tous de magnifiques insectes rares et très- 
recherchés dans les collections (2). 

(1) En s'en rapportant aux auteurs, on pourrait croire qu'il y en a uno dam 
le dernier article des palpes maxiUaiics qu'ils décrivent cliez les Chalcophora, 
comme plus court que le troisième et de forme coniquOj tandis qu'il serait 
plus long et cylindrique chez les Ciir'seodf.ma. La première de ces formes existe 
en effet chez les Chnlc. mariana, virginka et japonka; mais chez lo Fabrkiij 
le stigmalka, le (luadrifoveata, etc., les deux articles sont égaux j en outre, 
dans les deux premières do ces espèces le dernier est subovalaire, tandis que 
dans la dernière il est légèrement sécuriforme. 

(2) Voici un aperçu sommaire, avec quelques types h l'appui, des divisions 
qu'on pourrait établir dans lo genre. Il est bien entendu qu'entre la plupart 
d'entre elles il existe des espèces de transition. 

L Prosternum bisillonné; métasternum et premier segment abdominal ca- 
naliculés; prothorax et élytres munis de cOtcs longitudioalcs planes et luisantes, 
dont les Intervalles «ont corrodés. 

a Un écusson; élytres midloèfement atténuées et non ou faiblement dentl- 
iculées en arrière; corps dèpnmé : C. mariana L., d'Europe; virginka Drury 
{virginiensis llcrbst, C. et G.), des Etals-Unis. 

6 Point d'écusson; élytres fortement atténuées et distinctement denticulée* 
•D arrière; corps assez convexe : C. japonica, C. et G.; du Japon. 



CHAtCOPHORIDÉS. 23 

HALECIA. 

De Castei. et Gory, Mon. I; Buprestis, p. 108 (1). 

Dernier article des palpes maxillaires subcylindrique et tronqué au 
bout. — Labre transversal, faiblement échancré ou entier. — Tête plane 
ou légèrement concave, rarement sillonnée ; épistome échancré ; cavités 

II. Prosternum unisillonné; métastcrnum et l^' segment abdominal faible- 
ment canaliculés, le plus souvent plans. 

A. Corps large, déprimé ; prothorax sans côtes, sillonné sur la ligne médiane, 
■ souvent corrodé sur les côtés; élytres médiocrement atténuées, simplement ru- 
gueuses ou ponctuées avec quelques lignes saillantes et chacune doux ou trois 
impressions. 

a Un écusson; élytres à peine denticuléos : C. FabricH Rossi, d'Italie ; «%- 
matica Schcenli. {quadi-inolata Klug), Lefebvrei C. et G., d'Orient. 

b Point d'écussonj élytres denticulées : C. quadrifoveaia G. et G., de Mada^ 
gascar. 

B. Corps plus ou moins convexe; prothorax trapézoide, rugueux ou ponctué; 
élytres fortement atténuées et denticulées en arrière. Espèces indiennes. 

a Prothorax sans fossettes. 
Elytres sans côtes ni sillons : C. Sonnera(i,phiUppmensis,eximia Cet G. 
Elytres avec des côtes et des sillons : C. sumptuosn, helopioides C. et G. 
b Prothorax bi- ou multifovéolé. 
Elytres sans côtes ni sillons, sauf parfois k leur base : C. smaragdula F., 

radians C. et G. 
Elytres munies de fossettes et de dépressions allongées avec ou sans sil- 
lons : C. aurifera, Lotlini, arrogans C. et G. 

C. Corps svclle, médiocrement convexe ; prothorax carré; élytres fovéoléeg, 
très-fortement atténuées et un peu relevées on arrière; 1»'' segment abdo- 
minal très-convexe; sa portion aplanie plus ou moins saillante en arrière : 
C. pisior C. etc. 

Aux espèces décrites par WM. De Castelnau et Gory, aj.: Chalc. quadrioculata, 
L. Redtcnb. in Russeg. Rcise, p. 993; de Syrie. — Chalc. quaclrimoculata, 
L. Redtenb. Donskrift. d. K. Akad. in Wion, I; do Perse. — Buprest. cam- 
festris, Say, Journ. ofthcAcad. ofPhilad. III, p. 165; des Etats-Unis. — 
Chalc. Langeri, Chevrol. Rev. et Mag. d. Zool. 1853, p. 308; de la Louisian'ne.— 
Chrysod. dkhroma, Chevrol. in Silberm. Rev. ent. V, p. 52; do Java. — Chalc. 
primarinj de Madagascar; confluons, du Cap; Chevrol. ibid. p. 57. — Chrys. 
hmbata, Klug, Monatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 645; Mozambique. — 
Chrysod. ro^awHt, Guérin-Ménev. Rev. Zool. 1847, p. 7; des lies Marquises. — 
Chrysod. gigas, Ilope, Trans. of tho ent. Soc. IV, p. 208; de l'Australie. 

Le Chrysodenm pubivcnlris C. et G. (Mon. I^ Chrysod. pi. 3, f. 14; Evidet 
strigosa Dej.), du Sénégal et de Natal, doit former un genre à part caractérisé 
par ses antemies courtes, dont les articles sont transversaux à partir du cin- 
quième, ses yeux volumineux, faiblement séparés sur le vertex, et secondaire- 
ment par son prothorax sans sillon et son 1" segment abdominal non ai)lani. 

(1) Syn. AcANTiu C. et G. loc. cit. I. — PnisupiEnÀ (Halecia), Dej. Cat.éd. 3, 
p. 88. — PmoNopuoRA (Acantha), Dej. ibid. p. 89. 



34 BDPnESTlDBS. 

antennaires médiocres. — Antennes assez longues, peu robustes, à ar- 
ticles 1 médiocre, en massue au bout, 2 court, ohconique, 3 notablement 
plus long que lui, et les suivants faiblcmenl déniés en scie obtuse, dé- 
croissant graduellement. — Yeux légèrement saillants, distants sur le 
▼crtcx. — Prolhorax transversal, un peu rétréci en avant, légèrement 
bisinué à sa base, sillonné en dessus au moins sur la ligne médiane. — 
Ecusson petit, subquadrangulairc ou trapézil'orme. — Elytres allongées, 
sinuccs sur les côtés avant leur milieu, très-rétrécies et denliculécs sur 
les côtés en arrière , acuminécs et spiniformes à leur extrémité. — 
Hanches postérieures assez étroites, coupées très obliquement en arrière; 
tarses grêles; le l" article des postérieurs en général très-allungé, les 
trois suivants déprimés et décroissant graducllemenlà toutes les pattes.^ 
Icrscgment abdominal non aplani. — Prosternum planouunpeuconvexe, 
sans sillons. — Corps assez allongé, peu épais et subdéprimé en dessus. 

Genre très-voisin des Cualcopuora du groupe des CnnYSOOEMA et 
qui représente ces insectes en Amérique. Ses espèces n'en diffèrent 
même que par des caractères assez faibles , à savoir leur tclc non ou 
peu concave, leur 1er segment abdominal non aplani, et leur prostcrnura 
sans sillons. Mais leurs caractères sexuels ne sont pas les mêmes : les 
mâles ont simplement le 5° segment abdominal faiblement sinué ou 
échancré, avec une plaque anale peu saillante ; celui des femelles est 
tronqué ou obtusément arrondi. 

MM. De Casteinau et Gory ont fortement séparé ces insectes. Leurs 
Halecia (PniSTiPTEBA Dej.) dont ils n'ont fait qu'une division du genre 
BnpBESTis, ont les élylres couvertes de sillons tlexueux, en partie inter- 
rompus avec des fossettes irrégulières dont le fond est corrodé, et le 
protliorax presque toujours muni d'un seul sillon médian. Ce sont eux 
qui représentent d'une manière frappante certaines Chbysodbma, et il est 
singulier que cette analogie ait échappé à tous les auteurs. Le liupr. 
blanda de Fabricius est le type de ce groupe (1). 

Les AcANTDA (PuioNoi'uoRA Dej.)des mêmes n'en diffèrent qu'en ce 
que leurs téguments sont lisses en dessus, que les fossettes de leurs 
élytrcs sont plus nombreuses, mieux limitées et, par suite de l'absence 
des sillons, plus apparentes, enGn que leur prothorax est muni de trois 
sillons. Le type est le Bupr. octopunclala de Fabricius (2). 

(1) Syst. El. Il, p. 196. Outre cette espèce, MM. C. et G. (toc. cit. et IV, 
Suppl. p. 111) en dôcrivent 12 csp. qui paraissent toutes appartenir réetle- 
ment au genre. — Aj. Prist. subsimilis, Mannerh. Butl. Mosc. 1837, n» 8, p. 42; 
du Brésil. — Prist. sobrina {blmida var.), senatoria, sexfoveata, angulosa, 
Chevrol. in Silberm. Revue ent. V, p. 61. 

(2) Syst. El. II, p. 199. Deux autres espèces seulement sont décrites : iridea, 
Hannerli. toc. cit. p. 42 {Jousselini C. et G.; Prist. plagiata Clievrol. loc. cit. 
p. 62); — decim-iinpressa, Chevrol. ibid. p. 03. Ces insectes sont de Caycnno et 
du nord du Brésil. 



CHALCOPBOniDBS. 25 

Ces insectes sont tous orn6s de couleurs métalliques, mais moins 
éclalanlcs que celles des CnnYscoEMA ; leur taille est aussi en général 
un peu moins grande. Comme tant de Buprcslidcs, ils sont recouverts 
pendant la vie d'une cfTlorcsceiice jaune plus ou moins abondante. Sauf 
une espèce {nilidicollis C. et G.) de Ilaïly, ils sont propres aux parties 
chaudes et tempérées de l'Amérique du Sud. 

PELECOPSELAPHUS. 
SoLiER, Ann. d. I. Soc. enlom. 11^ p. 28C (1). 

Genre voisin du précédent, dont il ne diffère que par les particularités 
suivantes : 

Palpes maxillaires plus robustes ; leur dernier article triangulaire. — 
Anicnties plus courtes, dentées en scie aiguë à partir du 4« article; 
celui-ci cl les suivants transversaux. — Yeux un peu rapprochés sur le 
\crlex. — Elylrcs cunéiformes. — Les quatre 1<^" articles de tous les 
tarses fortement comprimés, surtout aux pattes postérieures. 

Ce dernier caraclcre, très-rare dans la tribu actuelle , suffirait, à lai 
seul pour faire rccoiuiailre ce genre que tous les auteurs ne dislinguent 
pas du suivant qui a, comme on va le voir, les larses construits sur un 
plan tout opposé. Ces insectes se distinguent en outre des IIalecia par 
leur forme beaucoup plus étroite et presque cunéiforme, leurs élytres 
présentant un petit nombre d'assez larges sillons effacés à la base et 
dont les intervalles sont fortement cosliformcs, enfin par leurs caractères 
sexuels, les mâles ayant le 5" segment abdominal profondément échan- 
cré avec les deux lobes qui en résultent épineux ; celui des femelles est 
largement échancrë. 

Je n'en connais qu'une espèce, le Bupr. depressa de Fabricius (2), 
insccledes parties inlcrtropicales du Brésil, commun dans les collections. 

CHRYSESTHES. 
(Serv.) Somer, Ann. d. l. Soc. enlom. II, p. 290. 

Labre profondément échancré en demi-cercle, presque semi-lunaire.— 
Cavités antennaircs très-petites, arrondies. — Tarses courts , déprimés, 
s'élargissant graduellement ; le 1"' des postérieurs pas beaucoup plus 
long que le 2°. 

(1) Syn. CuRYSESTiiES pars, Mannerli., Dej. 

(2) Syst. El II, p. 194 (angularis Scliœnh., C. et G.). MM. De Castclnau «t 
Gory (Mon. I, Buprcslis, p. 152 et IV, Suppl. p. 122) ayant réuni ces insectes 
aux Chuysestbes, je ne saurais dire auiiuiil des deux genres le petit nombre 
des espèces qu'ils décrivent appartient. Un seul, Vambiguaj me parait rentrer 
dans celui-ci. 



26 BCPRESTIDES. 

Pour tout le reste, ces insectes ne diffèrent pas des Peiecopsela- 
pnos ; seulement, outre des sillons plus réguliers, la plupart sont ornés 
sur les élylres de fossettes dorées. La structure de leurs tarses qui 
les rapproche de plusieurs des Psiloptérides qui suivent, me parait 
exiger leur séparation du genre précédent. Je n'en connais que trois es- 
pèces (i). 

Groupe III. Psiloptérides. 

Cavités antennaires très-grandes, trigones, ouvertes au côté interne; 
— Un écusson. — 1er article des tarses postérieurs pas plus long que le 
suivant. 

Les cavités antennaires arrivent dans ce groupe à leur maximum de 
grandeur; sous ce rapport il n'y a aucune exception. Ce caractère, com- 
biné avec la brièveté relative du 1" article des tarses postérieurs, dis- 
tingue ces insectes de tous les autres Chalcophorides. Il s'y ajoute en 
sus quelques autres particularités qui indiquent que ce groupe est réel- 
lement naturel. 

Ainsi les tubercules frontaux, qui existent presque toujours, sont con- 
stamment situés dans l'intérieur môme des cavités antennaires, au-dessus 
et un peu en dehors de la base des antennes. Je ne connais qu'une seule 
espèce, la Psiloptera (Polybolhris) crosa, dont les clytrcs soient denti- 
culées le long de leurs bords latéraux en arrière; chez les autres elles 
le sont seulement h leur extrémité, ou bien celle-ci est incrme. Enfin, 
hormis un seul cas (Lalipalpis pisana), il n'existe pas de caractères 
sexuels à l'abdomen. 

Les pores antennaires sont assez variables sous le rapport de la surface 
qu'ils occupent ; mais toujours ils existent sur les deux faces des articles, 
bien que parfois ils semblent être exclusivement situés sur la tranche do 
ces derniers; celte tranche est en outre souvent spongieuse (2). 

Ces insectes sont, pour la plupart, do grande taille et répandus sur la 
plus grande partie du globe. Ils ne forment que les quatre genres 
suivants : 

(1) C. gymnopleiira, Per(y,Del. anim art. Brasil. p. 18, pi. 4, f. 8 {impressi- 
CoKt's Sol. loc. cit.), (In Brésil; par la sculpture do ses élytrcs, cette espèce fait 
le passage avec les Pelecopselapiius. — tripunctata Linnô, Fab., 01., C. et G.; 
deCaycnne. — Aamcri, Chevrol.Rev. Zool. 1838, p. 280; de Cuba. 

(2) En outre des pores proprement dits, il existe chez les Psiloptera, 
tantôt à la face supérieure des articles seulement, tantôt sur leurs deux faces, 
une petite fossette qu'il no faut pas confondre avec les porcs en question. 
Quand il y en a deux, elles se correspondent en général exactement; mais 
parfois (par ex. Psil. regia) la supérieure est au milieu, l'inférieure près 
du sommet de l'article. Ces fossettes sont remplacées chez un assez grand nom- 
bre d'espèces par un sillon parallèle au bord interne des articles. 



CHALCOPHOBIDES. 27 

I. Des tubercules ft-ontaux situés dans les cavités antennaires. 

a Tarses médiocrement larges. 

Abdomen simple dans les deux sexes : Psilaptera. 
— différent — Latipalpis. 

aa Tarses très-larges : Capnodis. 

II. Point do tubercules frontaux : Cyphosoma. 

PSILOPTERA. 

(SEnv.) SoUER, Ann. d. l. Soc. cntom. II. p. 283 (1). 

Dernier arlicle des palpes maxillaires plus ou moins triangulaire. — 
Tête médiocrement concave, très-rarement sillonnée, rugueuse; épistorae 
largement et en général peu échancré. — Antennes de longueur variable, 
à articles 1 gros et peu allongé, 2-3 courts, égaux ou#iégaux,obconiques, 
4-5 de môme forme (5 parfois anguleux à son extrémité), notablement 
plus longs, égaux, 6-10 médiocrement dentés, de forme variable, au 
moins aussi longs que larges. — Yeux assez saillants, légèrement rap- 
prochés sur le vertex. — Prothorax de forme très-variable. — Ecusson 
quadrangulaire ou trapéziforme. — Elytres polymorphes , non denli- 
culées sur les côtés en arrière. — Hanches postérieures plus ou moins 
brusquement dilatées au côté interne ; la partie dilatée échancrée ou si- 
nuée; tarses assez longs et assez larges : leur dernier article déprimé. 
— 1""' segment abdominal plan sur la ligne médiane. — Prosternam 
plan, bi-sillonné chez presque tous. 

Genre nombreux, répandu dans l'ancien et le nouveau continents, et 
remarquable par les formes variées qu'affectent ses espèces. On l'a di- 
visé en plusieurs qui sont, comme tant d'autres de la famille actuelle, 
établis sur des caractères flottants et vagues , sans en cxccpler ceux 
qu'on a cru pouvoir emprunter aux antennes (-2). Dès lors, pas plus que 
pour les CuALCopHORA, il n'est possible de donner de ces genres une 
définition précise. 

Le nom de Psilopteba, que je crois devoir étendre à tous ces insectes, 

(1) Syn. Perotis (Mcg.), Ectinogonia, Lampetis (Dej.), Poi.yrothris (Dej.), 
Apateum, Spinol. Ann. d. 1. Soc. ent. VI, p. ^110 sq. — Hippomelas, Casteln. et 
Gory, Mon. I, Buprestis, p. 92. — Aurioeka (Pekotis), Casteln. et Gory, Mon. 
II. — Latipalpis (pars) Solier. 

(2) Tout on affectant une structure assez constante dans chacun des genres 
en question, il se trouve dans presque tous des espèces qui s'écartent du type 
commun. Ainsi, par exemple, les Psiloptera proprement dites ont généra- 
lement les antennes dentées à partir du G" article; mais chez plusieurs 
Icribrosa et espèces voisines) elles le sont manifestement îi partir du &•; 
il en est mémo {coUaris) dont on peut dire à volonté qu'elles le sont ."i partir 
du 5<^ ou du C<^. Les Polydothris, qui sont en règle générale conformées à cet 
égard comme les Psiloptera, présentent des exceptions analogues; chez plu- 



28 BDPBESTIDES. 

a été appliqué à des espèces américaines pour la plupart et dont le» 
autres suiil de l'Afrique australe et de Java. Toutes ont le protliorar 
plus ou moins Irapézoïde, rugueux en dessus, lés ciylres sinuées sur les 
côtés avant leur milieu, forlement rétrécies à leur extrémité et sillonnées, 
avec les intervalles entre les sillons presque toujours interrompus. Les 
unes ont leurs élytrcs bi-épineuscs au hout (i), chez les autres elles sont 
simplement celiancrécs. Celles ci se raccourcissent peu à peu et finis- 
sent par ressembler à certaines Diceuca ou à des Lampetis {-2). C'est 
sur l'une d'elles de forme insolite que M. Spinola a fondé son genre 

EcTINOCOPilA (s). 

Les PoLYBOTunis paraissent jusqu'ici exclusivement propres à Mada- 

Sieurs, dont le scapularis Guérin-Ménev. peut être regardé comme le type, 
la scie antennaiie commence de la manière la plus évidente au 5» article. Lo 
2° et le 3" éprouvent ^as modifications de même nature sous lo rapport do leur 
longueur relative. C'est donc bien i tort que M. Spinola, dans un travail où il 
est question d'une partie do ces insectes { « Sur un groupe de Buprestides » 
Ann. d. 1. Soc. ont. loc. cit. p. 101; voyez le Tub. syn. p. 105), a cru trouver 
dans ces organes des caractères génériipios suinsants. 

(1) Ces espèces se divisent en deux groupes d'après la forme du proster- 
num. Chez quelques-unes {coUaris, atienuata, etc ), les deux sillons do cet or- 
gane sont, en outre, remplacés par deux rangées irrégulières de gros points 
enfoncés. 

o Piosternum formant une saillie en avant : par ex. P. coUaris V.,equestris 

01. (regia C.etG.);dcCayennc; mcons/aiiiis Perty, aisimtiii Cet G.; du Brésil. 

6 Prosternum sans saillie en avant : par ex. P. dives C. et G., du Brésil. 

(2) Quelques-unes (P. Perlyi, cribrosa C. et G., du Brésil, etc.) sont de 
grande taille, la majeure partie de grandeur moyenne. C'est parmi celles-ci 
que plusieurs prennent insensiblement le faciès des Dicerca, surtout une iné- 
dite du Brésil, connue, dans les collections de Paris où elle est commune, sous 
le nom d'invariabilis Gory. — Pour la ressemblance de ces insectes avec le» 
Lampetis, comparez entre elles, par ex. la Ps . hirtomaculaia Herbst, du Pérou 
avec la Lamp. bioculata 01. de l'Afrique australe. — Le Bupr. mexicana 
C. et G., sur lequel MM. De Castelnau et Gory ont fondé leur 5" division 
des BuPRESTis qu'il ont nommée 11u'i>omki.as, est également voisin do cctto 
Psil. hirtomaculata, surtout par la forme de sa tôte. 

(3) Le type est l'Ect. Buquetii Spin., du Chili et non de Cayenne, comme 
le dit M. Spinola; c'est le B. Dufourii C. et G. Le Lnlipalpis Decuisnei do So- 
lier (in Gay, Hist. de Chile; Zonl. IV, Col. pi. 12, f. 9) en est à peine une lé- 
gère variété; j'ai entre les mains l'exemplaire môme qu'il a figuré. Cet insecte 
est remarquable par son prothorax de forme carrée, présentant en dessus une 
grande dépression et dont les angles postérieurs sont assez saillants, ainsi que 
par ses élytres largement aplanies tout le long de la suture. Du reste il a tous 
les caractères des Psilopteua, et son faciès singulier est bien peu de chose auprès 
de ce qui existe parmi les Polvbothris. J'ajouterai cependant que son proster- 
num n'olfre aucune trace de sillons ; mais il n'y a pas li do quoi fonder un genre. 

Aux 47 esp. de PsiL0PTt,nA décrites par MM. De Castelnau ei Gory, aj. Bupr. 
argyrophora, Perty, Del. anim. art. Brasil. p. 19, pi. 4, f. 12. — lampeiit 



cnALcopnoBiDES. ^ 29 

gascar. Ce nom leur a été donné à cause des fosscUes que présentent 
presque conslammcnl leurs élylres, fosscUcs très-variables sous tous 
les rapports et qui sont parfois remplies de poils lomenteux ; les élylres 
sont en même temps plus ou moins striées, et le prosternum légèrement 
écliancré en avant chez In plupart. Quant à la forme générale, on peut 
établir un premier groupe, le plus nombreux de tous, avec celles de 
leurs espèces qui, d'abord voisines sous ce rapport des Psiloptera, s'é- 
largissent peu à peu au point de devenir presque orbiculaires (1), chan- 
gement qui est accompagné de l'élarRisscmeiit graduel des épiplcures 
de leurs clyircs qui s'étendent jusqu'à l'extrémité de ces organes. Ces 
espèces ont les cljlrcs fortement arrondies aux épaules. Quelques-unes, 
également assez voisines des Psiloptera, mais qui ont leurs angles ha- 
méraux saillants, constituent le genre Apatbum de M. Spinola (2). Dans 
un troisième groupe, toujours de forme oblongo-elliptiquc, le prothorax 
se dilate antérieurement de chaque côté en une forte oreillette (3). 
Enfin, quelques espèces de laillc moindre que les autres peuvent être 
mises de coté ; l'une d'elles (4) reproduit presque complètement les 
formes de la l'œcilonota conspcrsa d'Europe. 

chloris, cacica, de Colombie; famula (cques Herbst), de la Guyane anglaise; 
polymita, au Mexique; Psil. humerosOj de Cayonnc, fUiolaj du Briisil; Che- 
vrol. lu Silburm. Rev. cnt. V, p. 58. 

(1) Les espèces suivantes!, choisies parmi beaucoup d'autres, surtiscnt pour 
donner une idée de ces modifications graduelles dans la forme générale : P. zi- 
vellaU., navkul'iris C. el G., coUiciata Gu6rin-Ménoï. {cassideaK\.), fie- 
sus Kl., pleuronccics Kl., cupreonolala et Bcrnieri C. et G. Il est remaripiable 
que ce soit parmi ces derniiTcs espèces de forme très-large que les deux 
1«" articles des tarses s'allongent, el que le 1" sui'iiasse le 20 en grandeur. 
Colles do forme plus étroite ont ces organes pareils à ceux des Psu-opteua. Mais 
comme cet allongement s'opère peu à peu, il n'y a pas plus de parti à en tirer 
que de la forme générale elle-même.— Une autre espèce de ce groupe (P. erosa 
Chcviol. in Snberm. Rev. cnt. V, p. G8; alula C. et G. loc. cit. pi. 19, f. 99) 
se dislingue entre toutes par ses élylres ovales-elliptiques, dilatées ù leur base 
en guise d'aUerons, écbancrées on arrière de cette dilatation el très-fortement 
dentées sur les côtés en arrière. C'est, à ma connaissance, la seule du genre où 
ces organes ne soient pas inermes. 

(2) M. Spinola ajoute pour second caractère essentiel que l'espèce de carène 
formée de cbuque côté par les bords du prouolum n'arrive pas jusqu'à la partie 
antérieure de cet organe. Mais il y a des passages insensibles entre ces insectes 
et les autres espèces. Le type de ce genre est le Uupr. Luczotii Guérin-Mé- 
nev. {cakeata Kl.); le B. amorpha C. cl G. devrait y rentrer également. 

(3) D. Zygoena Kl. {Goryi Guérin-Ménev.) el dilatata 01. 

(4) B. slellaris Guérin-Ménev. {œneomaculata Kl.). A ce groupe appar- 
tiennent encore les B. Chevrolatii Guérin-Ménev. (chalcochrysea Kl.) et cir- 
Cttind«(ffl C. el G. 

MM. Do Castelnau elGory n'ont pas séparé leg*oi\BOTHBisdcs Psu-optew; 



30 ■ BCPRESTIDBS. 

Je ne saurais dire en quoi, pris dans leur ensemble, les Lampetis dif- 
fèrent des PsiLOPTBRA à élylres non prolongées en arrière et siniple- 
racnt échancrées au bout. Ces organes sont seulement plus régulière- 
ment striés, et il est rare que leurs côtes soient interrompues (1). Ces 
insectes sont africains et indiens. 

Ils se confondent insensiblement avec les Perdus d'Europe et d'Al- 
gérie (2) qui n'en diffèrent que par leur forme plus courte et en ce que 
leurs téguments sont criblés de points enfoncés, sans sillons ni côtes sur 
les élytres (3). 

Kien ne prouve mieux que ces insectes l'inanité des genres établis 
d'après le facics dans la famille actuelle. 

LATIPALPIS. 

(Sol.) Spin. Ann. d. l. Soc. entom. VI, p. 107. 

Organes buccaux des Psiloptera. — Tête plane; épistome largement 
échancré en demi-cercle. — Antennes dentées à partir du 4" article ; le 
3° aussi long que ce dernier et deux fois plus que le 2°. — Yeux mé- 
diocres, peu saillants, très-distants sur le vertes. — Prothorax transver- 
sal, légèrement rétréci près de sa base ; celle-ci étroitement lobée dans 
son milieu. — Ecusson en carré transversal. — Elytres subparallèles 
dans leurs deux tiers antérieurs, lorlemenl rélrécies en arrière, échan- 
crées au bout. —Pattes des Psiloptera. —1" segment abdominal fai- 
blement canaliculé ; le S" échancré chez les mâles , entier chez les 

les esp. suivantes ont été décrites depuis eux : P. aurocyanea, Ooquer. Ann. 
d. 1. Soc. cnt. 1848, p. 276, pi. 6, f. 1. — auroclavata, pyropyga, Coquer. 
ibid. 1852, p. 359, pi. 9, f. 4, 5. 

(1) Par ex. clicz lu L. bioculata 01., type du genre. Cette espèce et l'exoph- 
ihalrm GuCrin-Ménev. [chalybeata Kl.) sont un peu plus cylindriques que les 
autres. — Plusieurs espèces, que je crois appartenir à, ce groupe, oui 616 d6criles 
dans ces derniers temps : Bupr. viridiazurea, A. Wliite, Ann. of nat. Hist. XII, 
p. 207; du Congo. — Jl.albicincta, Reiclic in Galin. Voy. en Abyssin. Zool. 
p. 282, pi. 17, f. 2; d'Abyssinio {Lampetis Schimperi, Roth in AViegm. Ar- 
cbiv, 1851,1, p. 119). — B. calamitosa, gregaria, quadriareolata, suspecta, 
viridimanjinaia, insidiosa, amicta, vana, Bobem. Ins. Caffrar. I, p. 315; de 
Natal. — Bu\sr. perspicilUtta, amaurotka, proxima, ophthalmica, consobrina, 
pupiUatajjjyritosa, Klug, Monalsber. d. Berlin . Acad. 1855, p. 645; Mozambique. 

(2) P. Ittgubris F., de l'Europe or. et des parties voisines de l'Asie; tarsata F., 
de l'Algérie (Voyez dans le Bullet. d. 1. Soc. entom. 1851, p. cxvni, le fait 
curieux d'un exemplaire de cet insecte trouvé en France dans le département 
de l'Indre). Ces deux espèces, types du genre, me sont seules connues en 
nature. 

(3) Comparez par ex. le Per. tarsata au Lampetis limbalis lUig., de Guiné» 
et de Natal. Il est impossible de découvrir entre eux la moindre différcuco 
ayant une valeur générique. 



CDALCOPHOHIDBS. 31 

femelles (i). — Prosternum plan, bi-sillonné. —Corps peu convexe, 
assez large. 

Solier avait fait de son genre Latu-alpis (2) un magasin d'espèces 
hétérogènes. M. Spinola l'a restreint en lui donnant pour type le Ùupr. 
pisana[T>) d'Italie, mesure qui me parait convenable. Ainsi rectifié, le 
genre est extrêmement voisin des Psiloptera dont il ne mériterait pas 
d'être séparé, sans la structure un peu différente de ses antennes et la 
présence de caractères sexuels. C'est le seul du groupe actuel où ces 
caractères existent. 

Les auteurs récents s'accordent à placer cet insecte parmi les Dicebca, 
où la disposition de ses pores anlennaires ne permet pas qu'il reste. Je 
ne connais, comme M. Spinola, pas d'autre espèce qui puisse lui être 
associée ; mais il est probable que parmi les Dicekca, telles qu'elles exis- 
tent aujourd'hui dans les collections, plusieurs devront prendre place dans 
le genre, ces insectes n'étant nullement homogènes (4). 

CAPNODIS. 
EscHscu. Zool. Allas, Ueft I, p. 9. 

Les deux derniers articles des palpes labiaux épais, subégaux, le der- 
nier subtrigone, carré ou ovale. — Labre carré ou transversal , entier 
ou sinué en avant. — Tête plane ; épistome court, échancré. — An- 
tennes courtes, à articles 1 médiocre, très-gros, ovalaire, 2-3 courts, 
obconiqucs, égaux ou non, 4 de longueur variable, 5-11 dilatés (S-6 
trigones, 7-11 carrés). — Yeux grands, peu convexes, distants sur le 
vertcx. — Prothorax transversal, fortement rétréci à sa base avec ses 
côtés antérieurs dilatés, plus larges que les élytres et très-arrondis, 
muni d'une profonde fossette en arrière, largement arrondi au milieu de 

(1) M. Spinola (loc. cit. p. 105) dit que l'abdomen est tron(|u6 chez les mâles 
etbidenté chez les femelles; peut-être a-t-il raison. Cependant, comme il est 
do règle dans la famille actuelle que les caractères sexuels existent principale- 
ment dans le premier de ces sexes, j'ai cru devoir adopter l'opinion inverse. 

(2) Ann. d. l.Soc. eut. Il, p. 287. 

(3) Uossi, Faun. etrusc. II, p. 101 {D. plana 01.). 

(4) Il faut déjà en séparer doux espèces qu'on place généralement parmi eux : 
le Bupr. cuprca de Linné {meiaUica 01.) et le Bupr. (Diceixa) VVestermanni 
C. et G. (Mon. I, liuprcstis, p. 95, pi. 24, f. 129). Ces insectes sont plus voi- 
sins des Capnodis que du genre actuel, et si leur prothorax était plus dilaté 
eu avant, ils ne devraient pas être séparés dos premiers. Leur caractère le plus 
apparent consiste en ce que leur prosternum est échancré on avant, comme 
chez beaucoup de l'oLVBOTunis, et présente dans ce point un bourrelet trans- 
versal limité en arijiftfe par un profond sillon. Le genre qu'ils doivent former 
existe dans la collection de M. de Lalerté-Séucctcrre sous le nom de OEdi- 



32 BDPBESTIDES. t . 

sa base. — Ecnsson petit, variable. — Elylres médiocres, subparalièles 
en avant, foricmciit réirccies dans leur tiers poslcrieur, un peu pro- 
longées cl arrondies à leur exlrcmilé. — Pattes robustes; tarses larges, 
débordant leurs lamelles ; leurs articles 1-3 subégaux, échanrrés au 
bout, 4 profondément bilobé et embrassant fortement le S» ; celui-ci dé- 
primé, carré ouohiorigo-ovalc. — Mésoslernum et mélasternum distincts. 
— ProstCrnum large, plan, bi sillonné chez la plupart. — Corps peu al- 
longé, robuste, médiocrement convexe. 

La forme de leur prolhorax , réunie à la brièveté relative de leur 
corps et à la sculpture de leurs téguments, donne à ces insectes un 
faciès particulier qui les fait reconnaître sans peine. Leur couleur varie 
du noir bronzé au cuivreux obscur que relèvent parfois sur le prothorax 
et lesclytres des espaces corrodés remplis d'écaillés blanches. Chez tous, 
le prolhorax présente un plus ou moins grand nombre de callosités lui- 
santes ; les é'ytres sont finemctit rugueuses ou ponctuées avec des rangées 
de points enfoncés, plus rarement avec dos sillons disposés régulièrement. 
Enfin les téguments sont en outre remarquables chez presque tous par 
leur solidité. 

Les Cai'nodis sont de grande taille pour la plupart et propres à l'Eu- 
rope tempérée, au nord de l'Afrique et aux parties occidentales de 
l'Asie. On en a déjà décrit une douzaine d'espèces, mais qui doivent être 
beaucoup réduites (i). 

CYPHOSOMA. 

MANNEnii. Bull. d. Mosc. 1837, n" 8, p. 94 (2). 

Genre voisin des Capnodis et n'en difTcrant que par les faibles parti- 
cularités suivantes : 

Prothorax uniformément convexe, moins fortement dilaté en avant et 
par suite débordant un peu moins les éljtres. — Celles-ci moins allon- 
gées, rctrécios en arrricre sur une moindre étendue et nullement pro- 

(1) C. cariosa Fab., tcnchrionis L. (var. œrea C. et G.), tenebricosa 01., 
de la Faune médilerianéonnc; miliaris Kl., curbonaria Kl. (var. Lcfebvrei, 
anihracina C. cl G), j)orosu Kl. (var. Mannerheimii C. et G.), C. et G. 
Mon. Il , Capnodis. — Aj. C. lugens, (Dabi) Kiister, Die K;rf. Europ. V, 52 
{tenebricosa var.?), de Dalmatie. — excisa, Ménétr. 1ns. de Lolim. p. 28, pi. 2, 
S. 2; de Tiirroménie. — hypocrita, Géhln, Bullet. d. 1. Soc. d'Hist. nat. d. 1. 
Mosel. 1855, pi. 2, f.2; de Syrie. 

(2) Syn. Cypiionota, Dej. Cal. éd. 3, p. 89; nom employé antérieurement avec 
la désinence masculine par M. Guérin-Mtinovitlc (Voy. d, I. Coq.; Enl. p. 102) 
pour un genre de Ténébrionidcs. — Coecdlus C. et G. libn. 1.; M. L. Dufour 
avait auparavant (Ann. d. Se. nat. XXV, p. 289) nommé ainsi un genre d'A- 
racboides trachéennes. 



BDPBBSTIDES TRAIS. 33 

longées. - Tarses un peu plus étroits. - Corps plus court cl un peu 
plus convexe, elliptico ovale. • ^ 

En dehors de ces caraclères, je n'en trouve absolument aucun ni dans 
a bouche n. dans la forme de la tête . ni dans celle des antennes (Ï 
sont comple emen semblables à celles du Capnodis tcncbricosa) ni 
même dans la scu pture des téguments qui est très-voisine de celle du 

le faciès et que je n'adopte qu'en hésitant. i 4 «ur 

Ces insectes sont de taille médiocre, de couleur bronzée ou cuivreuse 
un, orme, avec un sdion longitudinal et pubescent sur chaque élytrc Ils 
sont propres ù l'Asie et au Nord de l'Afrique (i). 

TRIBU III. 
BUPRESTIDES VRAIS. • 

Pores antennaires concentrés dans une fossette sur chacun des articles 
qui en sont pourvus. ** 

Celte tribu est beaucoup plus riche en espèces que les précédentes et 
en prenant pour point de départ la position des fossettes norSesa''i 
soni tantôt .nférieures, tantôt terminales ou situées sur la aS inter'nè 

nable le la diviser en trois groupes. Mais comme il existe en outre dans 
e mode du.sortion des antennes, la forme de l'écusson, la stru ure i* 
cavité sternale et les crochets des tarses, des partiiulari^és impor 
tantes dont .1 est nécessaire de tenir compte, ces trois groupes ne suf- 
nra.ent pas pour exprimer les modifications qu'éprouvent ces insectes 
et leur nombre me parait devoir èlre porté à sept. 

I. Ecusson plus ou moins petit, non régulièrement trian- 
gulaire ni transversal ctacuminécn arrière (2). 
Cavité stemalo formée par le mèlastcrnum cl le méso- 
sternum, n 

BOPnESTIDBS VBAIS. 

Cavité sternale formée par le métastcrnum presque seul. STicsioDÉniDEs. 
— mésosternum seul. Poiïcesiubs. 

Jll ^-^i^,"*"^^^' {tarlarica Pallas; var. Cœc. euphraticus C. etC- var ? re- 
fn th n ■' ; répandu depuis la Sibérie jusqu'en Perse. - Lmzonte Chevrot 
n S, b Rev. ont. V, p. 56 {Buqucti C. et G.; var. graMus C et G ) do 

je ne la rapporte au genre qu'avec doute. 

cetigïd.'""' ^""'"' '^^''^'-'^^ <*" Groupe des Sligmodérlde. feit eicepUon à 

Coléoptères. Tome IV. 3 



34 BDPBBSTIDCS. 

n. EcuBSon en général awei grand, régulièrement triangu- 
laire, ou transversal et acuminii en arrière. 
a Crochets des tarses simples. 

Cavités anlonnaires trigoncs, terminales. SphénoptéridbS. 

— arrondies, frontales, rétrécis- 

sant l'épistome à sa base. CHnTSOBOTHiuoM. 

aa Crochets des tarses dentés ou appendiculés. 

Tarses de longueur normale. Acrilides. 

— très-courts. Tb\ciiydks. 

Groupe I. Buprotides vrais. 

Cavités antennaires variables. — Fossettes porifcrcs des antennes 
tantôt inférieures, tantôt tefminales. — Un écusson au plus médiocre, 
jamais triangulaire ni acuminc en arrière. — Cavité slcrnale formée 
dans son fond par le métaslernum, latéralement par le mésosternum. — 
Menton fortement transversal, arrondi en avant (i). 

Cet ensemble de caractères s'applique .î la moitié environ des genres 
de la tribu .ictuelle. On pourrait même, à la rigueur, diviser le groupe 
en deux, d'après la situalion des fossettes poril'orcs îles antennes qui sont 
tantôt inférieures, tantôt terminales ; mais comme aucune niodilicalion 
essentielle dans les autres organes ne s'associe ù ccliccl, cUe me parait 
bonne seulement pour assigner aux genres leur place respective. 

Les cavités antennaires varient sensiblement chez ces insectes, mais 
sans jamais affecter les formes propres aux Sligmodérides, Clirysobo- 
thrides. etc. Leurs organes buccaux ne nécessitent aucune remarque 
particulière en dehors des formules génériques qui suivent. 

Les Bupreslides vrais sont en général inférieurs aux précédents sous 
le rapport de la laille; beaucoup môme (PuyENops, Antuaxia, elc.)sont 
petits. Dans la majeure partie des cas, leur livrée est, comme de cou- 
tume, de couleur métallique. Sur les quinze genres qu'ils forment, six 

(DiCEBCA, P0ECIL0«0TA, BuPBESTIS, Pn/liTOl'S , MkLANOPUILA, An- 

thaxia) existent en Europe ; le plus grand nombre des autres sont 

australiens. 

I. Fossettes poritères dos antennes inférieures, au moins en partie. 

a Dernier art. des palpes max. légèrement triangulaire : Dicerca, 
Pœcilunota. 

aa Dernier art. des palpes max. fortement séeuriformc. 

(1) Celui des CuRis fait seul exception et ressemble à celui des Sligmodé- 
rides. La forme que cet orgauo affecte dans les cinq derniers groupes n'existe 
jamais ici. 



BDPBISTinES TBAIS. 35 

Cavités antennaircs môdiocrcs, Hexueuscs : Nascio. 
— petites, arrondies : Epislomentis. 

aaa Dernier article des palpes max. cylindrique ou oyalaire. 
Protborax non trilobô en arrière : Buprestis. 

— trilobé — Bulis, Asthrœus. 

U. Fossettes porifères des antennes terminales. 

6 Art. 1 des tarses poster. noUiblcment plus court que %-3 réuni». 
Antennes dentées i partir du 3« article : Bubastes. 
— 60 — EuryspUus. 

hb S Art. 1 des tarses poster, au moins aussi long que 2-3 réunis, 
c Tête 4)lane ou légèrement convexe. 

d Cavités antenn. terminales, recouvertes : Cynira, Melobasis. 
"'' — petites, arroudies, découvertes. 

e Prothorax di.sliuclomeut bisiuué à sa base. 

Cavités autcnn. largement closes en avant : Phmnops. 
— très-étroitement — Melanophita. 

ee Prothorax coupé carrément en arrière : Anthaxia. 
ce Tête concave ou longitudinalement excavée : Curis. 

•DICERCA. 
EsciiscH. Zool. Atlas, Ueft I, p. 9 (1). 

Dernier article des palpes maxillaires légèrement Iriangulaire. — La- 
bre en carré transversal, faiblement échancré.—Télc plane, rugueuse- 
épistome ccliaiicrodansson milieu ; cavités anf'cnnaires grandes, Irigones,' 
contenant des tubercules frontaux. — Antennes peu allongées, à articles 
1 gros et court, 2-3 courts, subégaux, obconiqucs, i plus long,' de même 
forme ou trigone, 5-11 dentés en scie assez aiguë, subtransversaux- 
fossellcs poriforcs inférieures. — Yeux peu saillants, distants en des- 
sus. — Protborax transversal, Irapéziforme, .souvent un peu rétréci en 
arrière, faiblement et largement bisinuè à sa base. — Ecusson petit, 
quadrangulaire, transversal ou arrondi. — Elylres plus ou moins allon-^ 
gces, peu convexes, fortement rélrécies et en général prolongées en 
arrière avec leur exlrémité uni- ou bidentée. — Hanches postérieures 
obliquement tronquées en arrière , souvent èchancrces au-dessus des 
Irochanlers ; 1" article des tarses postérieurs à peine plus long que le 2" ; 

(1) Eschschollz, par suite sans doute d'un lapsus calami ou d'uue faute tj- 
Î.h''''''!.'."'"^' " *"''' "'"■""*' '""' 'I'" "'•■' P^^ (Je sens; le nom du genre a pour 
acmo 6i; deux et xépxoç (|uuue, par allusion au prolongement des ôlytrcs. — 
ayn. biENuius, liirby, Fauna Bor. Amer. p. 454. - Uwu.tis pars, Sol. 



gg BUPBESTIDES. 

les trois suivants décroissant peu h peu, le S» déprimé. -Proslernum, 
métaslernumcl en général le 1" segment abdommal largement cana- 
liculcs. — Corps allongé, elliptico-cunéiforme, peu convexe. 

Ce genre rattache la tribu actuelle aux Psiloptéridcs, par suite de la 
forme des cavités antennaires qui sont complètement semblables à celles 
de ces derniers. Ses espèces sont de taille assez grande, d'un facics peu 
robuste, d'un bronzé cuivreux uniforme et criblées de points enfoncés, 
avec les clyircs régulièrement sillonnées et souvent comme corrodées 
cà et là. Une fine pubescencc revêt à peine leur corps en dessous. 
' Les deux sexes ont le dernier segment abdominal uni- ou bi échancrc, 
mais plus fortement chez les mâles où il présente souvent en outre dans 
sa moitié postérieure deux carènes que je ne trouve chez aucune des 
femelles à moi connues. .,„.•,. , •.■ 

Ces insectes sont plus particulièrement propres a 1 hémisphère t)oreai 
dans les deux continents, et l'Amérique du Nord en possède plus à elle 
seule que les autres pajs pris ensemble (i). La plupart des espèces afri- 
caines qu'on leur a associées appartiennent à d'autres genres. 

POECILONOTA. 
EscBscH. Zool. Allas, Heft I, p. {%). 

Ce genre est extrêmement voisin des DicencA et ne s'en éloigne que 
par les faibles particularités suivantes : 

Cavités antennaires moins profondes. — 3» article des antennes pres- 
que du double plus long que le 2° ; le 4« concourant toujours à la forma- 
lion de la scie antennaire.— Ecusson plus grand, fortement transversal, 
rétréci en avant, tronque ou anguleux dans son milieu en arrière. — 
Elytres rctrccies, mais nullement prolongées à leur extrémité. — Pros- 
ternum plan. 

(i) Toutes les o.-pèccs d'Europe (mœsta F., qmdriUneaia Herbst, œnea 
Linn. beroUnensis F.) ont les ùlytres plus ou moins prolongéps en arrière, 
mais parmi celles de l'Amérique du Nord il eu est quelques-unes (par ex consi- 
milisC. et G.) chez qui elles lo sont h peine. A toutes celles mcntmunèes par 
MM. De Castclnau cï Gory {Mon. I, Buprestis, p. 93 et IV, buppl., p. 106), 
ai. Bupr. hultimoriensis, amerkana, Herbst, die Kfcfer, IX p. JJ ei lu/. — 
B cwampes,SayJourn. of the Acad. of Philad. lll, p. 168. - B.</.«re«ra, 
Say New. Spcc. of Ins. of Louis, p. 3. - Sien. Icnebrosa, lenebnca, Kirby, 
loc cit p. 153. -D. aurichakea, varumpunctala, chrysea, indisUncla, mo- 
litor, impressirrons, fcrrca, consobrina, gracilipes, Melsheim. Procccd. of the 
Acad of Philad. 11, p.'142. — H'ood/ioustj, J.-L. Le Conte, ibid. VI, p. 67. 
Toutes ces espèces sont des parties centrales et atlantiques de l'Amérique du 
Nord. 

(2) Syn. Lahpra (Meg.), L^coBB. Faune cni. d. env. d. Paris, I, p. 595. - 
Castm-u C. et G., Mon. I, BupresUs, p. 114, ot IV, Suppl. p. 115. - Latipait 
PIS pars. Sol. 



BUPBESTIDES vnAis. 37 

Toutes les espèces, sauf une {genlilis C. et G. ) des Indes orientales, 
sont propres aux Faunes méditerranéenne, européenne et asiatique; 
elles forment deux divisions. 

L'une, ne comprenant que le Bupr. plcbeja de Fabricius (i), rattache 
le genre aux Diceiica dont cet insecte reproduit la forme générale (moins 
le prolongement des élylres), la couleur, la sculpture des téguments et 
même en partie le mélaslcrnum et le 1er segment abdominal cana- 
liculés. 

Dans l'autre, le corps est plus étroit, plus parallèle et déprimé en des- 
sus, le prosternum moins plan; le métasternum et le l<" segment ab- 
dominal ne présentent aucune trace de sillon. Toutes les espèces sont 
d'un beau vert doré, ordinairement relevé par deux bandes latérales d'un 
rouge cuivreux et orrrées de taches bleuâtres {(esUva) ou d'une sorte de 
marqueterie noire {rulilans). Elles figurent, sous ce rapport, parmi les 
plus belles do la famille (2). 

Les caractères sexuels sont les mêmes que chez les Dïcerca dont le 
dernier segment de l'abdomen est échancré. 

Dejean, Solier et MM. De Castelnau et Gory ont, par une méprise 
qu'on ne s'explique pas bien, transporté le nom imposé à ces insectes 
par Eschscholtz, à un genre du groupe des Stigmodéridcs (3). 

(1) Gcn. Ids. Mant. p. 23G (ruslica llerbst, cons'persa Gyll.); do presque 
toute l'Europe. Solier (Ann. d. I. Soc. cnt. II, p. 289) cite un n. conspcrsa de 
Fabricius; mais il n'y a pas d'espèces do ce nom dans cet auteur, et comme il 
lui attribue un écusson suborbiculairc, cet insecte ue peut être le môme que le 
conspcrsa de GyllcnhaU. 

(2) D'après leur système do coloration et même leur taille, les espèces peu- 
vent se subdiviser en deux sections: l'une comprenant les plus grandes et ayant 
le rutilons Fab. pour type; l'autre les plus petites et dont le type est le festiva 
Linn. 

A la première appartiennent les B. Sulicri C. et G. {rulilans var.?), d« 
l'Algèlie; limbala Gebler, de la Mongolie; decipiens Dej. {limhala C. et G.), 
do la Russie mér.; et deux belles espèces de la Mongolie, décrites par Manner- 
heim (Bull. Mosc. 1852, H, p. 276) sous les noms do P. pretiosa et nobilissima. 
C'est d'après cet auteur que je regarde lo limbata do Gebler comme distinct 
du decipiens de Dejean. 

A la seconde : U. genlilis C. et G., des Indes orientales ; bella C. et G., de 
l'Asie mineure {fesliva var.?). 

J'ignore h laquelle de ces sections appartient la Castaliaii-maculata Bohem. 
Ins. Caffr. I, p. 314, dont le système de coloration semble s'iloigner beaucoup 
de celui des autres espèces (an buj. gcuer.?). 

(.1) Eschschollï ne cite sous son genre Poecilonota que les Bupr. conspcrsa 
^^rutitans; dès-lors ou ne comprend pas qu'une méprise ait été possible. 



38 BBPBBSTIDBf. 

NASCIO. 
De Casteln. et Gonv, Mon. d. Bupr. I (1). 

Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme, oblique. 
— Labre très-court, arrondi en avant. —Tète plane sur le front, avec 
une excavation transversale au bas du verlcx ; épislome cchancré ; ca- 
vités antcnnaires médiocres, difformes, (lexueuses, surmontées d'une 
petite crête recouvrant un très-gros tubercule frontal. — Antennes lon- 
gues et très-grêles , à articles 1 assez gros , en massue, 2 médiocre , 
obconique, 3-4 allongés, égaux, S-11 faiblement dentés, décroissant 
graduellement, 11 tronqué au bout; fossettes porifèrcs inférieures. — 
Yeux médiocres, peu saillants, latéraux. — Prolhorax transversal, con- 
vexe, couvert d'excavations en dessus, rétréci en arrière avec ses angles 
postérieurs aigus, à peine bisinué à sa base. — Ecusson grand, trapézi- 
forme, concave. — Elylres parallèles dans les deux tiers de leur lon- 
gueur, fortement rétrécics et inernies sur les côtés en arrière, planes 
sur le disque. — Pattes assez robustes ; hanches postérieures étroites, 
rectilignes en arrière, élargies dans leur moitié iiilcrnc; l" article des 
tarses postérieurs aussi long que les deux suivants réunis , 2 trigone, 
3-4 cordiformes, S médiocre. — Prosternum large, plan. — Corps mé- 
diocrement allongé. 

L'un des genres remarquables de la famille et qu'on croirait, au pre- 
mier abord, appartenir au groupe des Agrilldes et devoir être placé 
dans le voisinage des ÀMonmosoMA, mais qui fait en réalité partie de 
celui-ci, comme le prouvent le mode d'insertion de ses antennes et la 
situation de leurs fossettes porifères. 

Il ne comprend jusqu'ici qu'une espèce de l'Australie (-2), de taille 
moyenne, à téguments finement âpres en dessus, d'un bronzé obscur 
avec les élytres jaunes et couvertes de taches brunâtres, parmi lesquelles 
deux très-grandes occupent leur milieu : ces organes sont ponctués en 
Stries et présentent chacun une c6te flcxucusc assez saillante, non loin 
de la suture. Les deux sexes sont semblables. Ce bel insecte est médio- 
crement commun dans les collections. 

EPISTOMENTIS. 
SoLiER in Gay, Hist. d. ChiU; Zool. IV, p. 479. 

Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme, oblique. 
— Labre assez saillant , arrondi et étroitement échancré en avant, — 

(1) Syn. GEnoNiA, Dej. Cat. éd. 3, p. 89. 

(2) Bupr. vetusta, Boisduv. Faune d. I'0c6an,, lï, p. 85; (Iguré dans G. et G. 
loc. cit. 



BCPnBSTlDES TBAIS. 39 

Télé faiblement concave ; épislome coupé carrément au nivcan des cavités 
anierinaircs (i); celles-ci pclilcs, arrondies, ouvertes en avant. — An- 
tennes longues et grêles, à arlicles 1 en massue alIon{;éc, 2 court, ob- 
coiiiquc, 3 du double au moins plus long, 4-11 très-faiblement dentés, 
beaucoup plus longs que larges; fossclles porifcres iiifcricurcs. — Yeux 
grands, un peu rapprochés en dessus. — Prolhorax en carré transversal, 
légèrement bisinué à sa base; sqn lobe médian large et arrondi. — 
Ecusson à peine visible, enfoui, n'entamant pas la hase des clytres. — 
Celles-ci allongées , rétrécics dans leur tiers postérieur, inermes sur 
les côtés, écliancrccs et bi-épincuscsà leur cxlrémilé. — Pattes grêles; 
hanches postérieures coupées obliquement en arrière ; tarses longs ; le 
!«' article des postérieurs aussi long que les trois suivants réunis, sub- 
cylindrique ainsi que 2, 3-4 graduellement plus courts, 5 long et grêle. 
— Abdomen caréné sur la ligne médiane. — Métasternum et mésoster- 
num confondus. — Prosternum plan. — Corps allongé, déprimé. 

Genre établi sur une espèce du Chili que MM. De Casteinau et Gory 
ont placée parmi les CnnysocunoA (2) , probablement par suite de la 
forme de l'écusson, mais qui n'a absolument rien de commun avec eux. 

C'est un bel insecte, d'assez grande taille, noir, pubesecnt en dessous, 
glabre el brillant en dessus, avec les élytrcs très-régulièrement striées, 
rougeàlres avec une bordure latérale d'un beau jaune et une courte bande 
noire, oblique et terminale sur chacune d'elles; son prothorax est bordé 
de jaune comme les élytres avec une raie médiane de même couleur. 
Les tubercules frontaux sont Irès-apparenis et situés immédiatement 
au-dessus des cavités anlennaires. Le sehl exemplaire que j'aie à ma 
disposition me paraît être une femelle ; son S" segment abdominal est 
largement, mais médiocrement échancrc. 

Il suffirait de modifier un peu les caractères du genre pour y faire 
entrer une autre espèce du Chili que Solier a décrite sous le nom de Bu- 
preslis Gaudichaudii (s). 

(1) Solier le décrit comme étant «membraneux et subtrapiizirormc.» 11 a 
pris pour l'épistome la membrane d'attaclie du labre qui faisait fortement sail- 
lie au-dcvanl de la tête dans l'exemplaire examiné par lui, exemplaire que j'ai 
sous les yeux, ■ étiqueté do sa main. Cet accident, qui est déterminé par les 
convulsions qui ont lieu au moment de la mort, est fréquent chez les Bupres- 
tides. 

(2) Chrtjs. picta Mon. IV, Suppl. p. 64, pi. 12, f. 64; SoUer l'a flgurée de 
nouveau, toc. cit. Col. pi. 12, f. 1. 

(3) Loc. cit. p. 498, Col. pi. 12, f. 8. Cet insecte reproduit complètement, avee 
une taille de moilié plus petite, la forme générale, la sculpture des téguments, 
les antennes, l'épistome, en un mot tous les caractères essentiels de l'Jip. picta, 
moins deux : au lieu d'être sécuriforme, le dernier article de ses palpes maxil- 
laires est cylindrique, et son écusson est bien distinct et ponctiformc. Mais les 
organes buccaux et l'écusson fournissent des caractères si incertains chei le» 



10 BDPBESTIDES. 

BUPRESTIS. 

Linné, Syst. nat. éd. 12, 1, 2, p. 659 (1). 

Dernier arlicle des palpes maxillaires subcylindrique ou subovalaire, 
fortement tronque au bout. — Labre quadrangulairc ou transversale- 
ment ovale, entier, parfois faiblement échancrc (2). — Tète plane ; épis- 
tome très-court, tronqué ou un peu échancré ; cavités antennaircs mé- 
diocres, arrondies, étroitement fermées en avant. — Antennes grêles, 
en général assez longues, à articles 1 médiocre, en massue, 2 court, ob- 
coniquc, 3 de môme forme, aussi long que les suivants, ceux-ci faible- 
ment dentés, plus longs que larges ; fossettes porifcres inférieures. — 
Yeux peu saillants, distants sur le vertex. — Prothorax fortement trans- 
versal, rcsiilièrement convexe , rétréci en avant, à peine bisinué à sa 
base. — Ecusson assez grand, cordiformc ousuborbiculalre. — Elytres 
allongées, peu convexes, rétrécies dans leur tiers postérieur et incrmcs 
sur les côtés, — Hanches postérieures assez étroites, coupées plus ou 
moins obliquement en arrière ; l^r article des tarses postérieurs au 
moins aussi long que les deux suivants réunis, ceux-ci et le 4" cordi- 
formes, le 5» grêle. — Métasternum et mésosternum distincts, le 1" 
échancré en avant. — Prosternum plan. — Corps allongé, subdéprimé. 

Le nom de Bdpbestis, supprimé par quelques entomologistes, con- 
servé, mais appliqué par d'autres à des espèces génériquement distinctes, 
me parait ne pouvoir, sous aucun prétexte, disparaître de la nomencla- 
ture entomologique (s). Je crois devoir l'appliquer à des espèces dont 

Biipreslides, que ce n'est peut-être pas là un obstacle réel à ce que cet insecte 
soit introduit dans lo genre actuel. J'ajouterai que son système de coloration 
est tont-à-fait analogue i celui décrit dans le texte. 

(1) Syn. Ancïlocheira, Esclisch. Zool. Atlas, Hcft I, p. 9. — EuBYTHYBEâ, 
(Serv.) Lacord. Faune cnt. d. env. d. Paris, I, p. 593. — Anoplis, Kirby, Faun. 
Bor. Amer. p. 151. 

(2) Cet organe varie beaucoup et est très-sujet à ce que sa membrane d'at- 
tache déborde l'épistomc, après la mort, comme chez les Epistomentis. Dans la 
plupart des A^•cïI.ocuEIKA il est de couleur testacée et présente en dessus deux 
"plaques en forme de triangle curviligne, peu apparentes chez nos espèces euro- 
péennes où elles sont de la même nuance que le fond, mais qui tranchent for- 
tement sur ce fond chez plusieurs espèces de l'Amérique du Nord (par ex. 
striata F., Boscii C. et G.), où elles sont de couleur métalhque. J'ai déjà 
parlé plus baut (p. 3, note 1) de ces plaques. 

(3) Dejean et, à son exemple, M. L. Redtenbacher (Fauna austr,; Die Ka;fer) 
ne l'ont pas admis, mesure contre laquelle on ne saurait trop protester, car elle 
no tend à rien moins qu'i faire successivement disparaître tous les noms des 
anciens auteurs. Mais à quelles espèces le nom de Bupiiestis doit-il être con- 
lervé,? Si l'on prend pour type celle que LiuDé ou Fabricius ont placée on tête 



BDPRBSTIDeS VBAI3. 41 

l'Europe possède plusieurs et que tous les auteurs, sans exception, qui 
se sont occupés des Buprestides, ont connues. Elles ont clé réparties 
dans deux genres entre lesquels je ne parviens pas à découvrir la 
moindre différence ayant une valeur générique. 

Toutes ont une forme générale analogue, le prolhorax criblé de points 
enfoncés sans sillon médian, des élytres ponctuées, plus ou moins régu- 
lièrement striées, arrondies ou légèrement tronquées à leur extrémité, 
le 5° segment tronqué chez les mâles avec les angles de la troncature 
souvent dcnliformes, simplement tronqué ou peu arrondi- chez les fe- 
melles, etc. Les différences entre les deux genres ne portent en réalité 
que sur les points suivants : 

Les ANCYLocnEiRA d'EschschoItz ont en général le prothorax régu- 
lièrement rétréci en avant (i) avec les angles postérieurs souvent aigus, 
et chez la plupart de leurs mâles, les jambes antérieures sont robustes, 
un peu arquées, largement échancrées en dedans et terminées à leur som- 
met interne par une forte saillie dirigée en arrière. Plusieurs d'entre 
elles ont la tête et les élytres ornées de taches jaunes, sur un fond noi- 
râtre ou bleu. La livrée des autres est métollique, mais uniforme et ra- 
rement brillante. C'est un groupe nombreux et répandu sur la plus 
grande partie du globe, surtout dans l'hémisphère boréal {i). 

Les EuHYTUYUEA dc M. Serville ont le prothorax arrondi sur les côtés; 

du genre, co sera pour le premier l'Eiichroma giganten, pour le second une 
CiinYsociinoA (C. imidentata). Esclischoltz, Solicr et JIM. De Castelnauet Gory, 
qui ont conservé lo genre Bupiiestis, en ont fait un magasin d'espèces disparates 
dans lequel il est par conséquent permis de choisir. On uo saurait mieux faire, 
je crois, que de lo restreindre k celles que Solier a placées en tête, c'est-à-dire 
aux Ancyi-ocbehia d'Escliscliollz. Les Euiiythvuea dc Serville que je leur réunis 
étaient égalemement des Buprestis pour Solier. C'est, du reste, ainsi que l'en- 
tendent la plupart des autours les plus récents. 

(1) Il y a des exceptions à cet égard ; par exemple chez l'A. consularis C. et G. 
de l'Amérique du Nord, il est fortement rétréci dans sa moitié antérieure et 
légèrement anguleux en arrière dc ce rétrécissement. 

(2) B. cupressi C. et G., punclata F., octomaculata Pall. {novermnacu- 
lala L.), maeulata F., octogutlata L., d'Europe, etc. — Aux csp. mentionnées 
par WM. C. et G. (Mou. I ; liuprestis, p. 125, et IV, Suppl. p. 117), aj. Esp. de 
l'Algérie: Bupr. Levaillanti (ianjuiiico? Fab.) Douei, mauritanica, Lucas, Ex- 
pier, d. l'Alger.; Ent. p. 149.— Bellemarei, Lucas, Ann. d. 1. Soc. cnt. 1853, 
Bull. p. Lxvni. — Esp. de l'Amer, du Nord : Anopl. paganorum, Nutaili, Kirby, 
loc. cit. p. 152. — B. maculiventris, Say in Long's Exped. H, p. 272. — B. con- 
flumta, Say, Journ. of the Acad. of Philad. 111, p. 159.— B. ultramarina, Say, 
Trans. of tlio Amer. phil. Soc. VI, p. IGO. — geranii, characteristica, Uarris, 
The New Engl. Farmcr, 1829, p. 8. — B. Langii, Mannerh. Bull. Mosc. 1843, 
p. 237. — B. inconstans, Melslieim. Procecd. of tlie Acad. of Philad. 11, p. 146. 
— il. adjecta, lauta, radians, placida, J.-L. Le Conte, Proceed. of tlie Acad. 
of Philad. 1854, p. 17; do l'Oregon. — Esp. de la Guadeloupe : Ane. Utermi- 
nieri, Chevrol. in Silberm. Rev. ent. V, p. 68. 



42 BCPBESTIDES. 

leurs mâles ne présentent rien de particulier aux jambes antérieures, 
et les espèces en petit nombre actuellement décrites sont d'un vert doré 
éclatant relevé par des rends d'un rouge cuivreux. Leurs espèces pa- 
raissent propres à l'Europe et aux parties avoisinantes de l'Asie (1). 

Les différences sexuelles sont par conséquent tout ce qui sépare ces 
insectes ; mais ce n'est pas là un caractère générique suQisant dans la 
famille actuelle. 

BULIS. 

De Castel. et Gory, Mon. d. Buprest. l. 

Dernier article des palpes maxillaires subovalaire, obtus au bout. — 
Labre transversal , légèrement cchancré. — Télé plane ; épistome échan- 
cré en demi-cercle ; cavités antennaires assez grandes, supcrncielles, 
CD triangle curviligne, assez étroitement closes en avant; fossettes 
porifères inférieures. — Antennes grêles, à articles 1 allongé et renQé 
au bout, 2-3 plus courts, obconiques, 4-10 en triangle allongé, 11 ova- 
laire. — Yeux distants sur le vectex. — Prolhorax transversal, rétréci 
en avant, fortement trilobé à sa base; les lobes aigus. — Kcusson poncti- 
forme, enfoui. — Elylres allongées, cunéiformes, sinuées avant leur 
milieu, pénétrant dans la base du prothorax, épineuses à leur extrémité 
externe. — Pattes peu robustes; hanches postérieures h peine élargies 
au côté interne, sinuées; !<"■ article des tarses postérieurs un peu plus 
long que les deux suivants réunis, le 5= grêle et médiocre. — Méso- 
sternum très-court ; mctaslernum largement échancré. — Saillie pros- 
ternalc large, plane. — Corps allongé, cunéiforme. 

Genre intermédiaire entre les Bupbbstis du groupe des AncvLocnEiBA. 
et les AsTUR.Eiis qui suivent , voisin des premiers par son faciès, des 
seconds par l'ensemble de ses caractères et surtout la forme de son 
prolhorax. 

Le Bupr. biviKala de Fabricius (a) qui en est le type, ressemble 
beaucoup à certaines Ancylocueiba par la sculpture de ses téguments 
et son système de coloralion. Il est d'un brun rougeâtre à rcHets métalli- 

(1) MM. De Castelnau et Gory (loc. cit. I, p. 150) n'en décrivent que trois esp.: 
B. micans F., austriaca h., d'Europe, cl sciilcllaris 01. qu'ils indiquent 
comme de l'Amer, du Sud , mais qui est plus probablement des Indes or. 
Germar (Stettin. ent. Zeit. 1845, p. 227), dans une notice sur les espèces euro- 
péennes, exprime l'opinion que le B. cnrniolica llcrbst, qu'ils ont réuni à l'au- 
striaca, forme une espèce distincte. — Aj. également jEur. o6Ji<a, Falderm. 
Faun. ent. Transe. 1, p. 145. 

L'écusson présente deux formes chci ces Insectes : il est tantôt arrondi {mi- 
cans, oblita), tantôt transversal (austriaca, carnioUca); celui des Ancïlooheira 
n'alfecte jamais, à ma connaissance, la seconde de ces formes. 

<2) Syst. El. U, p. 186; C. et G. loc. cit. pi. 1, f. 1. 



I 



BUPRESTIDBS VRAIS. 43 

qoes, tacheté de jaune sur la t6te, et ses élytres sont ornées de deux li- 
gnes longitudinales de même couleur, l'une marginale, l'autre voisine 
de la sulurc ; ces organes sont fortement striés avec les intervalles costi- 
formes. Une autre espèce (i), privée de dessin, a été décrite par MM. Ue 
Casteinau et Gory. Ces insectes sont de taille moyenne et originaires 
de l'Afrique australe. 

ASTHRiEUS. 
De Casteln. et Gonï, Mon. d. Bupr. I. 

Dernier article des palpes maxillaires subovalaire, obtus au bout. — 
Labre transversal, légèrement échancrc. -•- Tèle plane ; épistome très- 
court, largement cchancré en demi-cercle ; cavités antennaircs petites, 
arrondies, largement closes en avant. — Antennes longues et grêles, à ar- 
ticles t allongé, renflé au bout , 2 court, obconique, 3 plus long que les 
suivants ; ceux-ci subégaux, déprimés, un peu élargis à leur extrémité, 
à peine dentés ; fossettes porifères inférieures. — Yeux grands, distants 
sur le vertex. — Prolhorax transversal, convexe, légèrement arrondi 
sur les côtés, rétréci en avant, profondément trilobé h sa base; les lobes 
très-aigus. — Ecusson ponctiforme, à peine visible. — Elytres asseï 
convexes, pénétrant à leur base dans le prothorax, graduellement ré- 
Irécies en arrière et terminées en une pointe aiguë, ochnncrcc en de- 
hors. — Pattes assez robustes; hanches postérieures étroites, coupées 
obliquement en arrière ; tarses longs, peu robustes ; le l"' article de tous 
comprimé, presque aussi long que les trois suivants réunis, le 5° grêle 
et médiocre. — Métasternum largement et faiblement échancré en avant; 
mésosternum très-court. — Prosternum large, plan. — Corps assex 
convexe, rétréci à ses deux extrémités, surtout en arrière. 

Ces caractères sont voisins, comme on le voit, de ceux des Bdlis, mais 
I3 forme générale du corps es^flcrenle. Le genre ne comprend qu'une 
espèce (2) de l'Australie, de taiÏÏe moyenne, villeuse, sauf sur les élytres, 
et dont le système de coloration se rapproche également de celui des 
Bdpkestis du groupe des Ancylocueiua. Elle est en effet d'un bronzé 
cuivreux avec les élytres d'un violet brillant et ornées chacune de sept 
taches d'un beau jaune. Ces organes sont couverts de fines côtes tran- 
chantes dont les intervalles sont ponctués et rugueux. Le S° segment 
abdominal est arrondi dans les deux exemplaires que j'ai sous les yeux, 
bien qu'ils semblent être de sexes différents. Cet insecte est peu répan- 
du dans les collections. 

(1) B. varianSj loc. cil. pi. 1, f. 2. 

(2) A. flavopictus C. et G., loc. cit. pi. 1, f. 1. 



44 BCPSESTIDBS. 

BUBASTES. 
De CiSTELN. ot GoBY^ Mon. d. Bupr. I. 

Dernier article des palpes maxillaires ovalaire. — Télé courte, plane 
en avant; épislomc large et très-court, légèrement arrondi et élroile- 
ment échancré dans son milieu ; cavités anlennaires médiocres, irrégu- 
lières, élroltcmcntcloses en avant.— Antennes assez robustes, médiocres, 
à articles 1 assez gros, 2 très-court, obconique, 3 allongé, renflé au bout, 
4-10 assez larges, dentés, 11 en ovale court; fossettes porifèrcs termi- 
nales. — Yeux distants sur le vertex. — Prolhorax transversal, subcy- 
lindrique, bisinué en arc de cercle à sa base. — Ecusson petit, carré. 

— Elytrcs cylindrico coniques, bi-épineuses au bout. — Pattes assez 
robustes ; hanches postérieures coupées paraboliquement en arrière ; 
!""■ article dos tarses postérieurs un peu plus court que les deux suivants 
réunis. — Mctasternum subtronqué en avant. — Mcsostcrnum assez 
long ; ses branches parallèles.— Proslernum un peu convexe ; sa saillie 
postérieure courte, large, plane. 

La seule espèce connue (i) ressemble beaucoup, sous le rapport de la 
forme générale et de la taille, à la Psiloptem cuprca du Cap. Elle est 
en entier d'un vert bleuâtre uniforme, médiocrement brillant en dessus, 
par suite des points enfoncés très-serrés dont ses téguments sont criblés; 
ses élytres présentent des stries peu marquées. L'Australie est sa patrie. 

EURYSPILUS (2). 

Dernier article des palpes maxillaires brièvement ovalaire. — Tête 
courte, plane ; épislomc assez brillant, fortement échancré en demi-cer- 
cle ; cavités anlennaires médiocres, étroitement closes en avant.— An- 
tennes (s) courtes, grêles, glabres, à aiikles 1 en massue, 2 globuleux, 
3 allongé, 4-5 courts, obconiqucs, égaSf, 6-10 carrés,' égaux, obtusé- 
menl dentés ; fossettes porifères terminales. — Yeux ovalaircs, latéraux. 

— Prolhorax un peu transversal, parfaitement cylindrique, largement 
lobé au milieu de sa base. — Ecusson petit, cordiforme. — Elytres al- 
longées, cunéiformes , un peu cchancrccs au bout. — Ilanches posté- 
rieures à peine élargies en dedans, arrondies au côté externe ; l*' article 

(1) B. sphenoida C. et G., loc. cit. pi. 1, f. 1. 

(2) Syn. EunvBiA C. et G., Mon. d. Buprcst. II; nom appliqué depuis long- 
temps a des Lépidoptères, par HUbnor, et i des Acalèplios, par Escliçcholtz. 

(3) MM. De Castelnau et Gory disent qu'au repos elles sont reçues dans un 
petit sillon plar,6 sous le prolhorax; il n'y en a pas le moindre vestige. La 
description qu'ils donnent en môme temps de ces organes (« antennes do onïO 
articles égaux et grenus ») n'a rien de commun non plus avec la réalité. 



BDPBESTIDES TRAIS. 45 

des tarses poslérienrs presque aussi long que les deux suivants réunis, 
trigone, grélc à sa base ainsi que ceux-ci et le 4« ; crochets courts, di- 
variqués, droits et renflés ù leur base, arqués et Irès-gréles à leur extré- 
mité. — Mélaslcrnum échancré en avant. — Mcsosternum long ; ses 
branches horizontales. — Saillie prosternalc plane, à bords parallèles. 

— Corp» allongé, svelte, cunéiforme en arrière. 

MM. De Casteinau et Gory ont placé ce genre parmi les Agrilides 
avec lesquels il n'a pas d'autres rapports que la situation des fossettes 
porifèrcs des antennes et la forme allongée et étroite de l'unique es- 
pèce de l'Australie qu'il comp-end jusqu'ici. C'est un insecte du groupe 
actuel, voisin par sa forme générale des Bobastes, quoique beaucoup 
plus svelte, mais bien distinct, ne fût-ce que par la structure de ses 
antennes. 

Cclinsecte, qui est l'ylgiri/us c/ia/corfes de M .Hope(l), a environ cinq 
lignes de long, est d'un bronzé cuivreux uniforme, rugueux, mais fine- 
ment, sur toute sa surface supérieure , et présente sur chaque élytre 
quatre côtes flesueuses assez saillantes. 

CINYRA. 
De Casteln. et Gonï, Mon. I; Buprestis, p. 157 (2). 

Dernier article des palpes maxillaires subcylindrique. — Labre en 
carré transversal, faiblement échancré. — Tôle plane, souvent impres- 
sionnée au bas du front ; épistomc très-court, fortement échancré ; cavités 
anicnnaircs tout-à-fait antérieures, trigones, recouvertes par le front. — 
Antennes grêles, assez longues, à articles 1 médiocre, 2 court, obconique, 

3 allongé, subcylindrique, 4-11 à peine dentés, décroissant peu à peu ; 
fossctlcs porifères terminales. — Yeux gros, assez saillants, plus ou 
moins rapprochés sur le verlex. — Prolhorax transversal, parallèle sur 
les côtés ou rétréci en avant, faiblement bisinué à sa base. — Ecusson 
petit, de forme variable. — Elylres allongées, rélrccies et presque tou- 
jours iiicrrncs dans leur tiers postérieur, écliancrées et bidcntécs au bout. 

— Faites peu robustes; hanches postérieures coupées très-obliquement 
en arrière. — Tarses assez longs ; les postérieurs à articles 1 subcylindri- 
que, notablement plus long que 2, celui-ci de même forme, 3 trigone, 

4 plus court, fortement bilobé, 5 médiocre, assez grêle.— Métaslcrnum 
et mésoslernum distincts ; celui-là arrondi en avant, celui-ci embrassant 
fortement le prosternura.— Ce dernier plan. — Corps allongé, peu con- 
vexe, svelte. 

Genre comprenant un petit nombre d'espèces de taille moyenne, re- 
marquables par leur forme étroite, allongée, et dont quelques-unes 

(1) Synops. of Austral. Buprcst. p. l'2. ^ 

(2) Sjn. Leptia, Dej. Cat. éd. 3, p. 89. 



46 SDPnESTIDES. 

rivalisent presque, sous ce rapport, avec les Agrilides. Leurs couleurs et 
la sculpture de leurs téguments varient assez, mais la plupart sont re- 
vêtues d'une riche livrée de couleur mélalllquc et présentent des côtes 
sur les élylrcs et parfois en môme temps sur le prolliorax, 

MM. DcCastcinau ctGory n'ont compris dans le genre que des espèces 
américaines (i), mais il faut, à ce que je crois, y reporter au moins une 
espèce des Indes orientales (2; qu'ils ont placée dans leur genre Apa- 

TCRA (MeI.ANOPUILA). 

A en juger par les espèces que j'ai "entre les mains, les deux sexes de 
ces insectes ont le 5» segment abdominal échancré, mais plus fortement 
chez les mÛlcs que chez les femelles. , 

MELOBASIS. 
De Castbln. et Goby, Mon. 1; Duprestis, p. 118 (3). 

Dernier article des palpes maxillaires cylindrique. — Labre arrondi 
et élroilcmcnt échancré on avant, sillonné sur la ligne médiane. — Tête 
courle, légèrement et uniformément convexe chez la plupart ; épistorae 
très-court, rétréci et échancré; cavités antcnnaircs médiocres, termi- 
nales, recouvertes par le front. — Antentics assez longues, à articles i 
grêle et allongé, 2-3 obioniques, plus ou moins inégaux, 4-11 faiblement 
dentés, à peine plus longs que larges; fosselles porifcrcs terminales.— 
Yeux allongés, Ircs-dislatits sur le vcrlex. — Prothorax transversal, 
subcylindrique, presque droit sur les cotés, légèrement bisinuc à Sa base, 
avec ses angles postérieurs droits cl aigus. — Ecusson petit, suborbi- 
culaire. — Elylres cunéiformes, déprimées, denliculées en arrière. — 
Hanches postérieures étroites, coupées un peu obliquement en arrière; 
tarses grêles; les quatre 1"» articles des postérieurs décroissant graduel- 
lement, le S"asscz court. —Mélaslernum et mcsosltrnum distincts ; le 
lef arrondi ou tronqué en avant.— Prosternum plan.— Corps déprimé. 

Ce genre est exclusivement propre à l'Australie, et toules ses espèces, 
de taille assez petite, sont remarquables par la richesse de leur livrée 
qui consiste en taches ou bandes de couleur métallique sur un fond de 

(1) C. sulcifera, de Caycnnc ; elongata, vemralis, arcmla, du Brésil ; coslu- 
Ma {polysligma Clievrol. in Silberm. Revue ent. V, p. 78), du Mexiiiuo ; ery- 
thropus, de fAitiér. du Nord; voy. loc. cit. et IV, Suppl. p. 126. Tuutes ces 
espèces paraissent appartenir réellement au genic; mais il faut y ajouter le 
Bupr. corrusca Fab. (Sysl. El. Il, p. 189), de la Jainaiiiuc, que ces auteur» 
n'ont pas connu. 11 ne dllfère des autres espèces que par le dernier article de 
SCS palpes maxillaires, qui est dislinclemont triangulaire, caractère qui, dans la 
famille actuelle, n'a pas, quand il est isolé, une valeur générique. 

(2) A. auricoltis, C. et G. loc. cit. Il, Apatura, . 7, pi. 2, f. 12. Je trouve à 
oet insecte tous les caractères du genre actuel. 

♦8) Syn. Abrobapta, Dej. Cat. éd. 3, p. 90. 



BDPBESTIDE9 TRAIS. 47 

même nature; ce dessin ne disparait complètement qae chez an petit 
nombre d'entre elles. Celles décrites s'clëvcnl en ce moment à un peu 
plus d'une quinzaine (i). 

PH/ENOPS. 
(Meg.) Dei. Cat. éd. 3, p. 89. 

Mêmes caractères que les Melanopuila qui suivent, àTexception 
d'un seul que voici ': 

Cavités antennaircs très-petites, arrondies, situées à une grande dis- 
tance du bord antérieur de l'épistome. 

Je ne connais que le liupr. tarda de Fabricius(2) qui puisse rentrer 
dans ce genre, auquel on peut réserver le nom de Pu/enops proposé par 
Megcrle et adopte , à tort , par Dejcan et plusieurs auteurs récents , 
pour les vraies Mklanopbila. C'est parmi ces dernières que tous les 
entomologistes, sans exception, placent cet insccle, mais ses cavités an- 
tennaires sont trop dilTérentes des leurs pour qu'il puisse leur être as- 
socié. Sa léte plus courte et plus convexe, ses élytres non denticulées 
sur les côtés en arrière, enfin l'absence des différences sexuelles (sauf 
erreur), peuvent être signalées comme d'autres caractères dislinclifs, 
mais très-secondaires. Cette espèce de petite taille et en entier d'un bleu 
uniforme, plus ou moins vcrdàlrc , est répandue dans la plus grande 
partie de l'Europe. • , 

MELANOPHILA. 
Esciiscu. Zool. Atlas, Hcft I, p. 9 (3). 

Dernier article des palpes maxillaires subcylindrique et tronqué. — 
Labre transversal, Icgèremcnl cchaiicré. — Tcle plane; épislome très- 
court, étroit, écliancré en demi cercle ; cavités anlcnnalres médiocres, 
de niveau avec l'épistome, élroitemenl closes en avant. — Antennes raé- 

(1) Aux 12 décrites par MM. De Castelnau et Gory, aj. M. hypocrita, prisca, 
Ericlis. Aicliiv, 1842, 1, p. 135. — llupr. simplex, suaveola, Gerniar, Linoaea 
entom. 111, p. 175. 

(2r Syst. El. Il, p. 209. Quelques pages plus loia (p. 21C), Fabricius l'a re- 
produit sous le nom do cyanea. 

(3) Syn. Tn*ciiïPTEi\is et Oxypteius, liiihy, Faun. Bor. amer. p. 158 et 160; 
d«s deux espèces ([uc Kirby comprend dans le premier de ces genres, l'une 
{Drummondi) appartient au genre actuel; l'autre {uvihcUatartwi) est une Aw- 
Tiuxu. — Apatuha (pars), C. et G., Mon. il; nom déjà employé par Fabricius 
pour des Lépidoptères diurnes; dans leur supplément (IV, p. 7.')), ces autour» 
ont adopté le nom imposé au genre par Escliscliolti , sans prévenir lo lecteur 
qu'il avait celui d'APATUiiA pour synonyme. — Duna, C. cl G.; Mon. I, Bupresti», 
p. 155. — Analampis (Diana), Dej. Cat. éd. 3, p. 83. 



48 BDPRESTIDES. 

diocres, h article 1 allongé, en massue, 2 court, obconique, 3 plus long qne 
lui et les suivants ; ceux-ci faiblement dentés, plus longs que larges, dé- 
croissant graJucllement : fossettes porifcres terminales (i). — Yeux al- 
longes, peu saillants, distants sur le vertcx. — Prothorax transversal, peu 
convexe, légèrement rétréci en arrière, faiblement bisinué à sa ba.se. — 
Ecusson petit, de forme variable. — Elytrcs médiocrement allongées, 
subdéprimées, rélrécies et Onement dcnliculées en arrière, arrondies 
ou spiniforines à leur extrémité. — Hanches postérieures coupées très- 
obliquement en arrière; tarses grêles, à articles 1 très-allongé, 2 3 tri- 
goncs, 4 cordiformc, 5 grêle. — Métastcrnum et mésosternuin distincts ; 
celui-là arrondi en avant. — Prosternum plan. — Corps elliplico-ovale 
chez la plupart, subdéprimé. 

Insectes de taille médiocre ou petite et, dans ce dernier cas, ressem- 
blant parfois (par ex. immaculala C. et G., longipes Say ) beaucoup à 
certaines Antuaxia. 

Les espèces typiques sont de forme assez courte, de couleurs assez 
varices, pour la plupart ornées sur les ély très de taches jaunes le plus sou- 
vent arrondies, et ces organes sont ou inermes ou finement denticulés sur 
les côtés en arrière (a). Mais il existe en Amérique, principalement dans 
celle du Sud, d'autres espèces détaille un peu plus forte, de forme plus 
allongée, constamment de couleurs métalliques et dont les élylrcs, plus 
distinctement dcnliculées, présentent en général quelques impressions 
assez grandes, mais peu profondes et sou^nt assez mal limitées. Ce 
sont les Diana de MM. De Castelnau et Sory, qui en ont fait une section 
de leur genre Buprestis (.">). Entre elles et les espèces précédentes il 
existe les passages les plus insensibles. 

(1) Ces fossettes sont tris-petites et assez dilDciles à découvrir; elles sont 
situées comme je l'indique, mais s'étendent parfois un peu au-delîi do la tron- 
cature des articles. 

(2) Esp. à élytrcs tacliclées : M. decosligma F., d'Europe; discopunclata 
Faid., de la Mongolie; Dritmmondi Kiil)y, orlospiloia, notala, croccosignata 
C. etc., de l'Amer, du Nord, etc. — Esp. h élytres sans taches; les unes ont 
ces organes incimcs : par ex. M. nppendictilata F., d'Europe ; dccolarala C. et G., 
do l'Amer, bor.; viridiobscura, in/lammata C. cl G., de Cayenne; etc. Chez 
les autres, ils sont spiniformes ù leur extrémité : par ex. M. immaculula C. et G., 
longipes, Say, de l'Amer, bor.; cuspidata Klug, du S6n6gal ; atra C. et G., do 
Cayenne, etc. 

(3) D. œneipennis, denlipennis, obliquata, inornaia du Brésil; cayennensis 
{Meianophila guyanensis, Clieviol. in Silb. Rev. eutom. V, p. 49), de Cayenne. 
Voy. C. et G., loc. cit. et IV, Suppl. p. 124. 

Aux espèces mentionnées par ces auteius, aj. Esp. d'Europe : M. œqualis, 
Hannerli. Bull. Mosc. ISS?, n" 8, p. 71; do Dalmatie. — Esp. de Syrie : M. cott- 
sobrina, Chcvrol. Uev. et Mag. d. Zool. 1854, p. 395. — Esp. de Natal : Plust}. 
iuij'«4)ina,Bolicm. lus. Calfrar. I, p. .'iîS. — Esp. de l'Amer, du Nord : Bupr, 
Harrisii, lientz, Journ. of Ihe Aoad. of Philad. V, p. 373 (an potius Antuaxia?). 



BUPBESTIDBS vnAis. 49 

Lesdeur sexes ne paraissent pas différer sensiblement chezcesinsecles; 
tous deux ont le dernier segment abdominal cchancré, sinué ou entier. 

Les Melanophila proprement dites sont plus parlicalièrement propres 
aux parties froides et tempérées de l'hémisphère boréal dans l'ancien et 
le nouveau continent. 

ANTHAXIA. 

Esciiscn. Zool. Atlas, Heft I, p. 9 (1). 

Dernier article des palpes maxillaires cylindrique on subovalaire. — 
Labre en général transversal, sinué en avant, souvent muni d'un sillon 
médian. — Tête très-courte, pas plus longue que large, pfane ou fai- 
blement convexe ; épislome trcs-courl, échancrè ; cavités antenn^ires 
petites, arrondies, antérieures, étroitement closes en avant. — Antennes 
courtes et grêles chez presque tous, dentées à partir du 4o article ; le 29 
etle3°obconiques, subégaux; fossettes porifères terminales. — Yeus 

allongés , peu saillants , rarement un peu rapprochés en dessus. 

Prothorax plus ou moins qnadrangulaire, un peu arrondi sur les côtés, 
coupé presque carrément à sa base. — Ecosson plan, en triangle curvi- 
ligne acuminc en arrière.— Elytres planes, en général courtes, de forme 
variable, arrondies à leur extrémité, inermcs ou très-Onement denticulées 
sur les côtés en arrière. — i" article des tarses postérieurs allongé, 
2 de moitié plus court, 3-4 subégaux, trigones on cordiformes ; le Se 
médiocre. — Métasternum tronqué en avant, ses épimères recouvertes 
en dehors; leur portion interne très- petite, trigone. —Prosternum 
plan, assez fortement tridentè en arrière. — Corps déprimé en dessus, 
en général court. 

Insectes de petite taille pour la plupart, parfois, mais rarement, de 
grandeur moyenne, et ornés de couleurs variables, mais le plus souvent 
métalliques. Solier en a détaché, sur des espèces isolées, deux genres 
qui ne me paraissent pas admissibles, bien que l'un d'eux soit généra- 
lement adopté par les entomologistes. 

Celui qu'il a nommé Cratomerds est établi sur la plus grande espèce 
que possède l'Europe, mais seulement dans ses parties méridionales, le 
Bupr. cyanicornis de Fabricius (2). Son caractère principal consiste en 

— M. cmeola, metallka, Melsticim. Procced of the Acad. of Pliilad. II, p. 146. 

— Jtf. luieosignata (croceosigmla? C. et G.), Ziegler, ibid. p. 267. — Phten. mi- 
randus, J. L. Le Conte, ibid. ISS'J, p. 83.— Esp. du Brésil : M. chrysoloma. 
prasina, Mannerh. Bull. Mosc. 1837, n" 8, p. 72. — Esp. de la Guyane : Phœn. 
subcuprea, Erichs. in Scliomb. Guyana, III, p. 557. 

(1) Syn. CiuTOMEnus, Solier, Ann. d. I. Soc. cntom. II, p. 295. — TaicoNO- 
nionus, Solier in Gay, Hist. d. Cbile; Zool. IV, p. 495. 

(2) Syst. El. U, p. 2070"! 9 B. trochilus, Fab. Enlom. syst. II, p. 203). — 
Coléoptères. Tome iV. 4 



gQ BUPBESTIDES. 

ce que les cuisses postérieures sont renflées chez les mâles (t), à quoi 
s'aioulenl le corps allongé el cunéiforme de cet insecte et ses antennes 
plus longues et notablement plus robustes que dans les autres espèces. 

Le second, qu'il appelle Tuigonophorbs, ne diffère absolument des 
Antbaxia ordinaires que par son menton acuminé dans son milieu. 
L'unique espèce du Chili (2) qui le compose, est plus grande que les 
espèces européennes , tout en ayant la même forme, el varie du cui- 
vreux au vert doré. , . .V u 

Les autres espèces sont nombreuses, surtout dans l'hémisphère bo- 
réal de l'ancien continent. Il y en a quelques-unes dans l'Amérique du 
Nord, au Chili, dans l'Afrique australe, mais point dans les régions in- 
tertropicales du globe, sauf trois ou quatre de la Sénégambie, des Indes 
orientales et des Antilles (s). 

A part quelques-unes qui ont le dernier segment abdominal légère- 
ment échancré, les deux sexes l'ont arrondi ou subtronqué. 

On en connaît deux autres espèces do la Russie mér. : C. sitta, adoxus (Steven), 
Kùster, die Kaîtor Europ. XXIV, 75, 76. 

(1) Sonl-ce les màlcs ou les femelles qui ont les cuisses postérieures renflées? 
Suivant quelques auteurs (Schœnherr, Motsclioulsky, Kuster), ce serait le second 
de ces sexes; suivant d'autres (C. et G., Solier, etc.), ce serait le premier. Une 
troisième opinion est celle de M. L. Redtcnbacher (Faun. austr.; die Kaïfor, 
p. 282), d'après qui, cUcî le cyanicornis, ces organes seraient tantôt renflés, 
tantôt, mais rarement, simples chez, les miles, et toujours simples chez les fe- 
melles'. Les oxemplaiies a cuisses renOées de cette espèce que jo possède sont 
positivement des màlcs. La variabilité de ce caractère montre son peu d'impor- 
tance. 

(2) T. angulosus,^o\. loc. cit. p. 496; Col. pi. 12, f. 7. 

(3) Aux espèces décrites par MM. De Castelnau et Gory (Mon. U, et IV, Suppl. 
p 283) aj Esp. européennes : A. praticola, De Laferté, Rev. Zool. 1841, p. 49 
(umbMatarum C. et G.; née Fab.); France - ù/rmna, Rosenh. Bcitr. z. In- 
sektenf. Europ., I, p. 13 (morto F. var.?) — basalis, Kuster, die kaf. Europ. XI, 
29- Hanakii (aurvlenla var.V), semi-cwprea , vartipennis, granulata , an- 
gJicoUis, mgulala, œnnventris, XXIU; Imens, XXIV, 66. - Esp. asiati- 
ques:/!, auriceps, Ménctr. 1ns. de Lchm. p. 29, pi. 2, f. 4; Turcoménie. - 
ephippiata, h. Redtenb. Denskrift. d. Wien. Acad. I; Perse. - Esp afn- 
cainef: A .viltaHcolUs , Lucas. Rev. Zool. 1844, p. 89 (/«r«te Gêné); d Algérie. 
- cMorocephala {incuUa C. et G. çf), fulgidipennis, rugicolUs, lucluosa, 
Lucas, Expier, de l'Alger.; Entom. p. Ibb.- fadalh, Erichs. Archiv 1843, 1, 
D 224- Angola. — denticulata, Roth in Wiegm. Aichiv, 1851, 1, p. 119; Abys- 
sinio.- mpto,,l)obcm. Ins. GafTrar. 1, p. 328; Natal. -Esp. de l'Amer, du 
nord- A. gracilis, scoriacé», Molshcim. Proceed. of tbe Acad. of Philad. U, 
p 148. —Esp. de Haily : A. quadratn, Buquet, Rev. Zool. 1841, p. 194 (an 
huj. gêner.?) — Esp. du Chili : A. marginicollis, Solier in Gay, loc. cit. IV, 
p. 502. 



BPPBBSTIDBg TBilS. {(| 

CURIS. 

De Casteln. et Gory, Mon. II; Stigmodera, p. 47 (1). 

Menlon grand, rétréci et arrondi en avant.— Dernier article des palpes 
maxillaires subovalaire.— Labre allongé, rétréci et fendu en avant, par- 
couru par un sillon médian. —Télé longitudinalement excavée ; épislome 
court, échancré ; cavités antennaires petites, antérieures, très-étroile- 
ment closes en avant. —Antennes assez longues, à articles 1 assez 
grand, 2-3 obconiques, subégaux ou inégaux, 4-11 faiblement dentés, 
transversaux ou non ; fossettes porifères terminales. — Yeux grands, 
allongés, légèrement rapprochés en dessus. — Prothorax transversal! 
légèrement arrondi sur les côtés en avant, faiblement bisinué à sa base. 

— Ecusson petit, plan, cordiforme.— Elytres subdéprimées, rétrécies et 
Onement denticulées latéralement en arrière, arrondies à leur extrémité. 

— 1" article des tarses postérieurs notablement plus long que le 2», lé 
a^itrigone , le 4» plus petit, échancré, le S» médiocre; crochets munis 
d'une petite dent obtuse à leur base. — Mélasternum légèrement échan- 
cré en avant; ses épimcres découvertes, linéaires, obliques; branches 
du mésosternum allongées, parallèles. — Prosternum large, fortement 
tridenté en arrière. 

Ce genre fait le passage du groupe actuel aux Stigmodérides, parmi 
lesquelles MM. De Castelnau et Gory l'ont placé, à titre de section, et 
dont il a en effet le labre , les mandibules et le menton. Mais outre que 
ses espèces ont le {actes si caractéristique des Anthaxia, il suffit d'exa- 
miner son métaslernum pour voir qu'il ne peut rentrer parmi les Stig- 
modérides (2). 

L'espèce sur laquelle il a été établi est propre à l'Australie, mais je 
crois qu'il faut lui en adjoindre une du Chili qu'on place généralement 
parmi les Antdaxia et sur laquelle Solier a fondé son genre Cylindro- 
PHOBA. Les légères différences qui les séparent ne me paraissent avoir 
qu'une valeur de section. 

La première (s) a la tête allongée, les yeux médiocrement saillants, 

(1) Syn. Selagis, Dej. Cat. éd. 3, p. 89. — Cylindrophora, Solier in Gay, 
Hist. de Chile; Zool. IV, p. 502. — Anthaxia Hope, G. et G., Dej. 

(2) Dans l'espèce type do l'Australie il est soudé intimemeut au mésosternum; 
mais, en le regardant sous un certain jour, on aperçoit distinctement la très- 
fine suture qui le sépare de ce dernier; cette suture est très-apparente dans 
l'espèce cliilicnnc. Clicz toutes deux on voit qu'i l'opposé de ce qui existe chez 
les Stigmodérides, le mésosternum forme la presque totalité de la cavité desti- 
née à recevoir le prosternum; de plus l'échancrure du métasternum n'a aucun 
rapport de forme avec celle de ces dernières. 

(3) Bufr. caioftera, Bolsduv. Faun. d. l'Océan. II, p. 93 (Anthaxia dives Hope) . 



52 BtPBESTlDES. 

le 3» article des antennes plus long que le 2», et le ter article des tarses 
postérieurs deus fois plus grand que le 2». 

Dans la seconde (i). la tête est plus courte, quoique toujours plus 
longue que large , les articles 2-3 des antennes sont subégaux, et le 
1«' article des tarses postérieurs d'un tiers seulement plus long que le 2». 

Au total, le genre diffère des Anthaxia par la forme de sa tête, les 
organes buccaux plus saillants, les épimères métalhoraciques plus 
grandes et le métasternum échancré en avant. La taille de ses espèces 
surpasse de beaucoup celle des Amthaxia, et elles sont revêtues d'une 
livrée plus brillante que celle de ces dernières. Je ne trouve aucune 
différence entre les deux sexes. 

Groupe II. Stigmodérides. 

Cavités antennaires situées près des yeux (Castalia excepté), petites, 
largement closes en avant par l'épistomc ; fossettes porifères inférieure» 
{Calodema excepté). — Tête prolongée chez la plupart en un museau 
plus ou moins saillant. — Ecusson assez grand, plan, cordiforme on ar- 
rondi chez presque tous. — Métasternum largement et fortement 
échancré en avant, formant presque à lui seul la cavité sternale. 

Ce dernier caractère n'est pas exclusivement propre à ces insectes ; 
on le retrouve chez les Agrilides et les Trachydes, mais associé à d'au- 
tres particularités tellement différentes de celles qui existent ici, que 
l'erreur n'est pas possible. C'est faute de l'avoir connu, que les entomo- 
logistes ont séparé ces insectes les uns des autres ou leur ont associé 
des espèces qui leur sont étrangères (2). 

L'allongement de la tête en avant des yeux existe chez un grand nom- 
bre de Sligroodérides, mais il s'en faut de beaucoup que ce caractère 
ait la valeur qu'on lui a attribuée. Non-seulement il manque dans plu- 
sieurs genres, mais encore il peut être présent ou absent dans les espèces 
d'un même genre (par ex. Stigmodeba). 

Les organes buccaux s'allongent en même temps que la tête. Cepen- 
dant, même quand celle-ci ne le fait pas, le menton est généralement 
remarquable par sa grandeur ; mais sa forme varie un peu. Dans la 
plupart des cas il est arrondi sur les côtés et plus ou moins tronqué en 

Les Cur. Peronii C. et G. et aitrifera Hope, rapportés à ce genre par MM. De 
Castelnau et Gory, me sont inconnus. 

(1) C. heUa Guérin-Ménev., C. et G.— L'Anthaxia concinna Germar,C. et G., 
que Solicr rapporte h ce genre Cvundrophoba, est une Anthaxia. Toute son 
organisation est celle de ces dernières, sauf le labre qui est fait comme dans le 
genre actuel. 

(2) C'est ainsi, par exemple, ([uo MM. De Castelnau et Gory placent parmi 
les Agrilides les genres Castalia, HïPEnANTHA, Zemina, et à Mi des Boprestis 
le genre Sticbodera. U est impossible de voir un assemblage plus hétérogène. 



BCPBBSTIDES VRAIS. S3 

avant. Le lobe externe des mâchoires est bien développé, et assez 
souvent pénicillé chez les Stighodera. Les mandibales sont amincies et 
en général dentées, mais faiblement, an côté interne. EnGn le labre est, 
à quelques exceptions près, en triangle curviligne ou ogival, légère- 
ment fendu en avant et parcouru en dessus par un sillon longitudinal. 

Ces insectes ont tous, sans exception, un /aczes particulier fort difl'érent 
de celui des aulres Buprestidcs et dû, en partie, à leur système de colo- 
ration. Outre que beaucoup d'entre eux sont privés de couleurs métal- 
liques, il est rare que leurs ëlytres ne soient pas ornées de taches ou 
de bandes jaunes : souvent même ces organes ont pour fond cette 
oaance. 

La distribution géographique du groupe est intéressante. Sauf les 
Castalia qui sont répandues dans le continent indien et ses divers ar- 
chipels, toutes les autres espèces sont propres à l'Australie ou à l'Amé- 
rique du Sud. 

l. Écusson petit, en triangle très-allongé et très-aigu : Castalia. 
n. — assez grand, plan, cordiforme ou subarrondi. 
a Antennes dentées à partir du 5° article. 

Ëlytres non ou à peine lobées à la base de leurs épipleures : Hyperentha. 
— brusquement lobéss b. la base de leurs épipleures : Zemina, 
Dactylozodes. 
aa Antennes dentées à partir du 4» article : Stignwdera, Calodema. 

CASTALIA. 
De CâSTELN. et Gonv, Mon. d. Bupi: U (1). 

Menton assez grand, en triangle curviligne transversal. — Dernier 
article des palpes maxillaires en cône renversé et tronqué au bout. — 
Labre transversal, échancrc. — Tète plane ; épistome très-court, sinué 
dans son milieu; cavités antennaires légèrement ouvertes, obliques, 
étroitement closes en avant, surmontées d'une petite orbite ; point de 
tubercules frontaux. — Antennes insérées à quelque distance des 
yeux, pareilles à celles des Hypebamtba. — Yeux grands, peu sail- 
lants, légèrement rapprochés en dessus. — Prothorax transversal, de la 
largeur des élytres, arrondi sur les côtés, rétréci en avant, non rebordé 
et bisinué à sa base , avec ses angles postérieurs aigus, mais non sail- 

(1) Après avoir imposé ce nom de Castalu ci une division de leur genre Bd- 
piiESTis, correspondant aux Poecilonota d'Eschscholtz, MM. Do Cast«lnau et 
Gory, par une inadvertance p^u justifiable, l'ont appliqué aux insectes actuels. 
Comme il est disponible, il doit leur rester de préférence au suivant qui n'a ja- 
mais été publié avec accompagnement de caractères. — Strigoptera, Dej. Cat, 
éd. 3, p. 89. 



Si BCPRESTIDES. 

lants. — Ecasson très-gréle, en triangle allongé et très-aign. — Elytres 
allongées, subparallèles , fortement sillonnées , largement arrondies et 
denticulées au bout. — Tarses assez grêles ; le !«■■ article des postérieurs 
médiocre, le 3» et le 4" égaux, cordiformes. — Dernier segment abdomi- 
nal cordifornie, terminé par une dent aiguë. — Prosternum légèrement 
renflé en avant. — Corps allongé, peu épais, glabre. 

Genre représentant dans l'ancien continent les Hypebantha de l'A- 
mérique du Sud. Il en est très-voisin, mais bien distinct, comme de tous 
les autres genres de ce groupe, par la forme de son écusson. L'insertion 
de ses antennes, ses tarses autrement faits, l'absence de pubescence, 
sont ensuite les principales particularités qui le distinguent de ces in- 
sectes. 

Il ne comprend qu'un petit nombre d'espèces de grande taille, de 
couleur bleue ou vert foncé et souvent ornées d'une grande tache rouge 
sur chaque élylre («) ; elles sont propres à l'Australie et aux Archipels 
indiens. 

HYPERANTHA. 

(GiSTL.) Mannerh. Bull, de Mosc. 1837, n»8, p. 99 (2). 

Menton grand, transversal, arrondi sur les côtés et en avant, parfois 
échancré. — Dernier article des palpes maxillaires subovalaire. — Labre 
assez saillant, entier. — Tète plus ou moins petite, plane ; épistome 
largement et très-faiblement échancré ; cavités antennaires petites, sub- 
arrondies, assez largement closes en avant. — Antennes insérées près 
des yeux, courtes, à articles 1 gros, médiocre, 2-4 courts, subégaux, 
5-11 obtusément dentés, transversaux. — Yeux très-grands, médiocre- 
ment saillants, non rapprochés en dessus. — Prothorax transversal, de 
la largeur des élytres postérieurement, rétréci et bisinnc en avant, non 
rebordé et largement lobé à sa base, avec ses angles postérieurs aigus. 

— Ecusson assez grand, plan, cordiforme , souvent acuminé en ar- 
rière.— Elytres allongées, de forme variable, non ou à peine lobées à la 
base de leurs épipleures. — Tarses assez robustes , comprimés ; leurs 
articles trigones : 1 un peu plus long que les suivants , 2-4 égaux. 

— Dernier segment abdominal largement arrondi ou tronqué , étroi- 
tement échancré dans son milieu; ses angles, quand il est tronqué, 

(1) C. binuiculatn h.; répandu depuis l'Australie jusqu'aux lies Philippines; 
bipustulata Boisd., de l'Australie; impustnlata C. et G., du même pays. Voyei 
C. et G., loc. cit. et IV, Suppl. p. 189. Leur C. metallica du Cap est à revoir 
quant au genre.— Aj. Str. obsoUta, inornata, Chevrol. Rev. Zool. 1841, p. 221; 
des ties Ptiilippines. 

(2) Syn. PoEciLoNOTA, Solier, Ann. d. 1. Soc. cnt. Il, p. 298; C. et G. Mon. II 
et IV, Suppl. p. 191. 



BDPnESTIDES TBAI8. 55 

souvent spiniforraes. — Flancs du prothorax plus ou moins convexes. 

— Corps allongé, finement lanugineux, sauf sur les élytres. 
Très-beaux insectes, exclusivement propres aux régions inlertropicales 

(le l'Amérique du Sud, de forme tantôt large et graduellement rétrécie en 
arrière (type : Langsdorfii), tantôt étroite et cylindrico-conique (type : 
inCerrogationis) avec tous les passages intermédiaires. Dans le premier 
cas, le prothorax embrasse fortement la base des élytres avec ses angles 
postérieurs ; celles-ci sont sillonnées, arrondies et mullidentées à leur 
extrémité, comme chez les STnicopiEnA j le proslernum est renCé à sa 
base, avec son bord antérieur épaissi. Dans le second, les angles posté- 
rieurs du premier de ces organes ne sont nullement prolongés ; les 
élytres sont faiblement sillonnées, tronquées et bi-épineuses en arrière 
avec la troncature denticulée ; enfin le proslernum est plan et même un 
peu concave. 

Quant au système de coloration, toutes les espèces ont en dessus le 
prothorax d'un beau jaune de soufre avec une ou plusieurs taches noires 
ou bronzées ; les élytres sont parfois de la même couleur ou noires et 
variées de noir, de rouge et de blanc ; chez plusieurs elles sont d'un 
beau rouge cerise uniforme. 

Le dernier segment abdominal parait ne pas différer dans les deux 
sexes. Les tubercules frontaux sont absents comme chez les Casta- 

LIA ()). 

ZEMINA. 
De CiSTELN. et Gory, Mon. d. liupr. II (2). 

Menton variable (3).— Palpes velus ; le dernier article des maxillaires 
ovalaire ou globoso-ovale. —Tête, antennes et yeux des H yperantha. 

(1) Od a trop multiplié les espèces de ce genre; on peut les établir de la 
manière suivante : B. testacea, Fab. Syst. El. II, p. 196 [laticoUis C. et G.). 

— terminalis C. et G. — Langsdorfii, Klug, Entom. Brasil. Spec. secund. 
pi. 40, f. 3 (s<peculifera Perty, C. et G.).—aulica, Klug, loc. cit. (Tar. orna- 
ticotlis C. et G.).— trigonalis, trinotata, Chevrol. in Silb.Rov. ont. V,p. 81; 
Meneiriesii Mannerh.) — interrogationis, Klug, loc. cit. pi. 40, f. 4. — sangui- 
nosa Mannerh. loc. cit. — decorata C. et G. — scUa C. et G. Toutes du Brésil, 
sauf la dernière qui est de Caycnne. 

Depuis la Monographie de MM. C. et G., les trois espèces suivantes ont été 
publiées : H. vittaticoUis^ sUgmaiicoUis, Desmar. Ann. d. 1. Soc. ent. 1843, 
p. 19, pi. 1, n» 1, f. 1, 2; la première de Colombie, la seconde de Cordova 
(Tucuman). — kœmorrhoa, L.Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1851, p. 348^ de 
Veneiucla. 

(2) Syn. Lasionota, Dej. Cat. éd. 3, p. 94. Je ne suis pas certain que ce genre 
soit le môme que celui-ci. D'après la description que donne Mannerheim (Bull. 
Mosc. 1837, u» 8, p. 102) de l'unique espèce du Brésil (t. quadrifasciata) que 
Dejean y comprenait, il semble plutôt correspondre aux Dactvlozodes. 

(3) Cet organe que MM. De Castelnau et Gory décrivent comme « très-grand. 



56 BUPnESTIDES. 

— Prothoras transversal, de la largeur des élytrcs , légèrement arrondi 
sur les côtés, bisinué en avant, rchordé et très-largement, mais faiblement 
lobé à sa base, avec ses angles postérieurs non saillants. — Ecusson des 
HvPEnANinA. — Elytres brusquement et assez fortement lobées à la base 
de leurs épipicures, sinuécs avant leur milieu, médiocrement rétrécles 
en arrière, avec leur extrémité obtuse et pluridentée. — Tarses non ou 
à peine comprimés, à articles 1 aussi long que les deux suivants réunis, 
2-3 égaux, trigones, 4 cordiforme. — 5" segment abdominal largement 
arrondi à son extrémité, entier. — Corps finement velu sur toute sa sur- 
face. — Les autres caractères comme chez les Hypeuantua. 

Le faciès de ces insectes diffère sensiblement de celui des Hvpeham- 
TOA et se rapproche de celui des Stigmodeua américaines ; mais en 
réalité ils ne se distinguent du premier de ces genres que par des ca- 
ractères assez faibles; à savoir la saillie des épipleures des élylres, leurs 
tarses un peu autrement faits et l'intégrité de leur dernier segment ab- 
dominal. Ils sont, du reste, aussi homogènes que les Hvperantba le 
sont peu sous le rapport de la forme, de la sculpture des téguments et 
des couleurs. Tous sont d'un vert bronzé avec des bandes ou des taches 
d'un rouge fauve sur les élytres ; ces organes sont munis de côtes plus 
ou moins saillantes dont les intervalles sont fortement ponctués. 

Leur distribution géographique dans l'Amérique du Sud, d'oli ils sont 
également originaires, n'est pas non plus tout-à-fait la même que celle 
du genre précédent. Il y en a peu dans les régions inlertropicales de ce 
continent, et leur nombre augmente à mesure qu'on se rapproche du 
Chili; il en existe même jusqu'en Patagonie (i). 

DACTYLOZODES. 
Chevrol. t» SiLSERH. ii«vu8 entom. V, p. 79. 

Mêmes caractères que les Zemina, sauf les points suivants : 

Tarses courts, pareils à toutes les pattes, à articles 1 un peu plus long 

qae chacun des trois suivants, 2-3 égaux, noueux , tronqués en avant, 

5 aussi long que les précédents pris ensemble. 

èchancré en avant et arrondi sur les c6tÉs », afTcctc, en cfTct, cette forme chez 
quelques espèces; mais chez d'autres il ost entier et arroudi en avant, avec 
tous les passages entre ces daux formes. 

(1) Voyez C. et G. loc. cit. et IV, Suppl, p. 195. Ils on décrivent 14 espèces 
dont un certain nombre doivent probablement être reportées parmi les Uactï- 
LOZODES et même parmi les Sticmodera : leur Z. cupricoUis, qu'ils indiquent 
avec doute comme des Indes orientales, est du Chili. — Aj. Z. quadrizonala, 
Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 150; de Corrientes. — minor, rubronotata, 
Rouletiij depressa, Montagnei, Rouletii, Solier in Gay.Hist. d. Chile.; Zool. IV, 
p. 484; du Chili. — prœctara, Perroud, Ann. d. 1. Soc. Lion. d. Lyon, Nouv. 
Sér. I, p. 396; patrie non indiquée. 



BDPBBSTIDBS VRAIS. SI 

Pour tout le reste, ces insectes ne diiïèrcnt en rien des Zbmima avec 
lesquelles MM. De Gastclnau et Gory ont confondu l'espèce qu'ils ont 
connue. Mais ce caractère me parait suflirc pour les isoler. Il n'y a que 
les Trachydcs qui aient des tarses relativement aussi courts, et la forme 
de leurs articles est sans autre exemple dans la famille. Je ne connais 
que les deux espèces de Patagonie (i) décrites par M. Chevrotât qui 
puissent rentrer dans ce genre; mais parmi les Zcjiina des auteurs il 
y en a probablement plusieurs qui doivent en faire partie. 

STIGMODERA. 
■Escnscii. Zool. Atlas, Ueft I, p. 9 (2). 

Organes buccaux variables. — Tfite graduellement prolongée anté- 
rieurement en un museau plus ou moins long ; cavités antennaires des 
trois genres précédents. — Antennes insérées près des yeux, de lon- 
gueur variable, dentées à partir du 4° article ; le 3° rarement égal au2°, 
en général plus long. — Prothorax de forme variable ; le lobe médian 
de sa base arrondi ou anguleux, jamais tronqué ; ses angles antérieurs 
jamais non plus très-saillants. — Ecusson des trois genres précédents. — 
Elytres variables , légèrement et graduellement lobées à la base de leurs 
épipleures. — 1«' article des tarses postérieurs plus long que le 2», mais 
jamais du double ; celui-ci et le 3° subégaux, le 4° de grandeur variable. 
— Prosternum plan chez la plupart, caréné et prolongé en avant chez 
un petit nombre. 

Lorsqu'on a mis de côté les espèces des quatre genres précédents , il 
en reste un nombre très-considérable, polymorphes, de couleurs variées, 
mais assez homogènes sous le rapport de la sculpture des téguments. 
Tous leurs organes se modifient si insensiblement qu'après l'étude la plus 
attentive, je ne vois aucun moyen de caractériser, même approximative- 
ment, les genres dans lesquels on a proposé de les repartir. Un seul caractère 
reste constant, ù savoir le point de départ de la scie antennaire qui com- 
mence au 4° article et non au S°, comme dans les quatre genres qui pré- 
cèdent. Le prolongement antérieur de la télé, qu'on regarde générale- 
ment comme letraitdistinctif de ces insectes, n'a qu'une valeur illusoire. 

Dans cet état de choses, je ne vois d'autre parti à prendre que de grou- 
per ces insectes d'après leur distribution géographique. Les uns sont 

(1) D. alternamjetrazonus, Chevrol. loc. cit.; la première est la Zem. pu- 
dibunda C. et G. Mon. II, pi. 2, f. 9; le nom qu'elle a reçu de M. CUevrolat a 
la priorité. 

(2) Syn. CoNOGNATHA,Eschscb. loc. cit. — TnEHOGN&TiiA,SoUcr, Ann. d. 1. Soc. 
ent. II, p. 291. — Pitdiscus, Solior in Gay, Hist. d. Cliile, Zool.; IV, p. 491. — 
Castumna C. et G. Mou. II, Stigmodera, p. 22. — Poi-vcimoMA, Dej. Cat. éd. 3, 
p. 89.— Metaxïmorpua, Parry, Trans. of the ent. Soc. V, p. 82. 



58 BDPBESTIDBS. 

confinés dans l'Amériqae du Sud, les antres dans l'Australie. Dans les 
espèces de chacun de ces pays, on observe celte gradation insensible 
dans la formation du museau dont il a été question plus haut, et quel- 
ques-unes qui ont le prosternum saillant en avant. 

Les espèces américaines doivent être placées en tête comme faisant 
suite à celles des trois genres précédents. 

Eschschoitz donnait le nom de SiicMODEnA à toutes celles dont le 
prosternum est simple ; mais dans ces limites elles varient beaucoup. 

Un premier groupe assez nombreux, au Brésil surtout, comprend des 
espèces allongées, plus ou moins déprimées en dessus , à museau et la- 
bre courts ou médiocres, prolhorax trapézoïde, impressionné au miliei) 
de sa base et au-dessus des angles postérieurs, élytreS glabres, finement 
striées, uni- ou bi-épineuses à leur extrémité, en général faiblement 
denticulées sur les côtés et dont le système de coloration consiste en 
bandes ou en taches jaunes sur un fond vert ou bleu, et vice versa (i). 
C'est sur l'une d'elles, originaire du Chili et qui ne présente pas d'autre 
caractère que son labre transversal, qu'a été établi le genre Pithiscus 
de Solier (a). 

Les autres, à prosternum semblable, n'ayant donné lieu à rétablisse- 
ment d'aucun genre, ne nécessitent pas de remarques particulières. Pln- 
■ sieurs, dans le nombre, se font remarquer par les côtes saillantes dont 
leurs élytrcs sontmupies, cotes dont les intervalles sont très-rugueux (s), 
et ce caractère est accompagné chez quelques-unes d'une villosité abon- 
dante qui recouvre parfois le corps entier. Il en est même dans ce groupe 
qui ressemblent à certaines Psiloptera (■«) américaines. 

Les CoNOGNATUA d'EschschoItz sont caractérisées non-seulement par 
leur prostenium bombé et envoyant une forlc saillie en avant, mais en- 
core par la longueur de leur museau et de leur labre; leur prothorax 
fortement Irapézoïde, non impressionné en dessus ; leurs élytres régu- 

(1) Bupr. insignis Pcrty^ vetmta, compta, superba. Percheront, etc., C. et G. 
Le museau s'allonge insensiblement dans ce groupe et finit par devenir assez 
prononcé dans les grandes espèces, telles que S. patricia, magnifica, cornes, 
fasciata, zonaia, C. et G., etc. 

(2) P. viridiventris, Sol. loc. cit.; Col. pi. 12, f. 5. Cet insecte ne me paraît 
être qu'une variété du Bupr. chiliensis, Guérin-Ménev. Voy. d. 1. Coq.; Entom. 
p. 6G, ouC. et G. Mon. Il, Sligmodcra, p. 67, pi. 15, f. 84. Son labre a si peu 
de valeur comme caractère générique, qu'on le retrouve presque exactement pa- 
reil dans des espèces appartenant à un groupe fort différent de celui-ci, par ex. 
chez les Bupr. parallclogramma et vulnerata Porty. 

(3) S. auricolUs, Mannerh., C. et G., de Haity; Mac-Leyai Donov., vulnerata 
Perly, du Brésil; la S. gronuiafa Dej. C. et G. n'en est qu'une variété de pe- 
tite taille. 

(4) S. hamatifern C. et G.; du Brésil. Au premier coup-d'œil on prendrait 
cet insecte pour une Psiloptera très-voisine de la P. attenuata du même pays; 
mais il appartient réellement au genre actuel. 



BCPHESTIOES vnAis. 89 

lièrement striées; leur forme large, enfin leurs tégamenls glabres par- 
tout (<). Ce sont de magnifiques insectes qui pourraient former un genre 
à part si d'autres espèces qui présentent tous leurs caractères n'avaient 
pas le prosternum simple (2). 

Les espèces australiennes ont cela de commun que leurs élytres ne 
sont jamais, à ma connaissance, denticulées sur leurs bords latéraux en 
arrière , ni môme toujours épineuses à leur extrémité. Toutes étaient 
des Stigmodera pour Eschschoitz. 

Solier a réservé ce nom à des espèces de forme plus ou moins courte 
et convexe, d'un faciès robuste, à museau court, et labre médiocrement 
saillant, à prothorax régulièrcmïnt convexe, arrondi sur les côtés et 
rétréci en avant, enfin à élytres en général criblées de gros points en- 
foncés et même d'excavations (3). 

C'est sur un insecte (4) qui parait très- voisin de ce groupe, mais dont 
le prosternum envoie une forte saillie conique en avant, que M. Parry 
a fondé son genre METAXvMOBPn*. 

Le nom de Themognatha a clé imposé par Solier à des espèces de 
forme allohgée et subparallèle, d'un faciès également robuste, dont le 
museau et le labre sont plus longs que dans le groupe précédent; à pro- 
thorax arrondi sur les côtés, mais à peine rétréci en avant ; à élytres 
régulièrement et assez fortement sillonnées, jaunes ou rouges, et ornées 
chez la plupart de bandes transversales vertes ou bleues ; enfin dont les 
crochets des tarses sont fortement arqués dès leur naissance et ordinai- 
rement munis d'une dent^asilaire en dessous (5). 

(1) S. amœm Kl., eqttestris F., iris, hœmorrhoidalis 01., pretiosissima, 
Chevrol. in Silb. Rev. entom. V, p. 57 {imperator C. et G.), etc.; tous du 
Brésil. Une belle esp. nouvelle de ce groupe est la Con.clara, Erichs. in Scliomb. 
Guyana, III, p. 556; de la Guyane anglaise; elle est voisine de Vamœna. 

(2) Par ex. S. excellens Kl., consimilis C. et G.; du Brésil. 

MM. Do Castelnau et Gory, dans leurs descriptions des espèces de co groupe, 
ne mentionnent jamais la forme du prosternum, ce qui est réellement incom- 
préhensible. 

Depuis leur travail, les STinmoDEnu américaines sont restées stationnaires. Je 
no vois à y ajouter, outre VIris d'Olivier et la Clara d'Erichson citées plus 
haut, que l'espèce suivante : S. Thoreyt, Chevrol. in Silberm. Rev. ont. V, 
p. 107, et Rev. Zool. 1838, p 55; du Brésil. 

(3) Co groupe comprend deux types : l'un composé d'espèces courtes, ova- 
laires et à élytres criblées de gros points (S. macularia Donov., Jaquinoti 
Boisd., cancellata Donov. etc.); l'autre, d'espèces allongées, à flytrcs striées: 
S. grandis Donov., flavocincla, Goryi Hope, etc.; ce dernier se rapproche 
beaucoup des Tuemoenath*. 

(4) M. Grayi, Parry, loc. cit. pi. Il, f. 7; avec une forme très-voisine de celle 
de la S. Jaquinoti, cet insecte a les élytres striées, mais moins fortement que 
chez la grandis et espèces du même type. 

(5) S. variabilis, suturalis Donov., ruftpetmis Kirby, etc. 



60 BDPnESTl'OES. 

Tous ces insectes sont, à quelques exceptions près, de grande taille, et 
leur tête est plane ainsi que celle des Stiguodeua américaines. 

Après les avoir mis de côté, il en reste un grand nombre de petite ou 
moyenne grandeur, qui sont les Castiahina de MM. De Castelnau et 
Gory, ouïes Polychuoiua deDejean. Leur tète estlongitudinalemcnt ez- 
cavée ou au moins sillonnée ; leur museau et leur labre saillants ; pour le 
surplus elles rappellent souvent d'une manière frappante les Siiguo- 
DEBA américaines du premier groupe, par leur forme déprimée, la sculp- 
ture de leurs élytrcs et leur système de coloration (i). 

Toutes les espèces de ce genre qui me sont connues , présentent au- 
dessus de chaque cavité antennairc, «une petite fossette <âont le fond est 
lisse et brillant ; il est très-rare qu'elle renferme un tubercule. 

Chez toutes également les différences sexuelles sont peu prononcées; 
les deux sexes ont le dernier segment abdominal ou tronqué ou arrondi, 
rarement échancré, et, dans ce dernier cas, plus fortement chez les 
mâles que chez les femelles. 

CALODËMA. , 

De Casteln. et GorYj Mon. Il; Stigmodera, p. 70. 

Museau saillant. — Labre allongé, acuminé, parcouru en dessus par un 
sillon médian. — Antennes assez longues, dentées à partir du 4° article; 
les articles de la scie plus longs que larges ; leurs fossettes porifères si- 
tuées sur leur tranche interne ; le 1°'' aussi long que les deux suivants 
réunis, le 3" un peu plus long que le 2°. — Yeux des Stiomodeba, sur- 
montés d'une fossette lisse. — Prolhorax ample, convexe sur la ligne 
médiane, relevé et arrondi sur les côtés antérieurs , fortement bisinué 

(1) C'est le groupe lo plus nombreux ; MM. De Castelnau et Gory on ilécn- 
ventéO esp., et il y en a encore beaucoup d'autres dans les collections. 

En dehors de leur Monographie, les Sticmodeba australiennes qui existent 
dans les auteurs sont les suivantes, mais beaucoup no sont probablement que 
des variétés :Bupr. cruciata Fab.,01. — Bwpr. Kingii, Mac-Lcay in King's Surv. 
of the coasts of Austral. II, p. 441. — S. gratiosa, Chcvro]. Rev. Zool. 1843, 
p. 201. — S. elegantula , erythrura, A. Wliite in Stoke's Journ. in Austral. I, 
p. 507. — S. funerea, conspicillata, A. White, Ann. and Mag. of nat. Hist. 
XII, p. 344. — S. virginea, Ericlis. Archiv, 1842, I, p. 135. — S. Fortnumi, 
Con. Bremei, coccinata, S. Parryi, Guerinii, Hope, Trans. of the entom. Soc. 
IV, p. 102. — S. sigmticollis, Mitchellii, sanguinosa, hœmatica, Parryi, 
cyanura, Iloffmanseggii, perplexa, assimilis, Adelaidœ, purpurea, hUaris, 
Sawidersii, Stricklandi, Hope, ibid. p. 209 el220. — S. smaragdina, xantho- 
pilosa, végéta, colorata, média, delectabilis, Hope, ibid. p. 283. — S. crtim- 
tata, Them. Mfasciata, Murray, Ann. d. 1. Soc. cnt. Sér. 2, X, p. 253, pi. 4, 
n" 1, f. 1, 2. — S. Vescoi (lisez Vesconis], T/iem. héros, Stevensii, Chevrolatii, 
flavipennis, elegans, Cast. rubrocincta, splendida, Géhin, Bull. d. 1. 3pc. 
d-Uist. nat. d. 1. Mosel. 1855, pi. 1 et 2. 



nCPRESTIDES VRAIS. 61 

en avant, avec ses angles antérieurs assez saillants, muni à sa base d'un 
lobe médian assez saillant, étroit et tronqué.— Ecusson en cœur allongé. 
— Elytres oblongo-elliptiqucs, convexes. — Tarses postérieurs allongés, 
à articles 1 comprimé, du double plus long que 2 qui est de même forme, 
3 plus court que celui-ci, échancré, 4 court, fortement bilobé, 5 très- 
long, déprimé. — Proslernum excessivement proéminent , plan, élargi 
et Iridenté en arrière, envoyant en avant une forte saillie. — Corps 
glabre. 

De tous ces caractères, un seul, la situation des fossettes porifères 
des antennes, m'engage à séparer ce genre des Stigmodera parmi les- 
quelles MM. DeCasteInau et Gory l'ont compris à titre de simple section. 
Son museau et son proslernum ne font qu'exagérer ce qui existe chez 
plusieurs espèces du genre précédent, et ses tarses postérieurs, quoique 
assez différenls, n'ont pas à eux seuls une valeur générique suffisante. 

Il ne comprend jusqu'ici qu'un grand et magnifique insecte de l'Aus- 
tralie (1), d'un vert doré éclatant avec une grande tache d'un rouge san- 
guin de chaque côté du prolhorax , tache visible en dessous aussi bien 
qu'en dessus, et les élytres d'un beau jaune fauve, clair et uniforme. 
Ces organes ne présentent pour toute sculpture que des rangées nom- 
breuses et régulières de petits points enfoncés ; une petite épine se voit 
à une assez grande distance de leur angle suturai. 

GRO0PE III. Polyoestides. 

Cavités antennaires variables. — Fossettes porifères terminales. — 
Ecusson petit, jamais triangulaire ni transversal et acuminé en arrière, 
parfois nul. — Cavité sternale formée en entier par le mésosternum. — 
Menton grand, triangulaire. — Dernier article des palpes ovalaire. 

Je comprends dans ce groupe un certain nombre de genres qui réunis- 
sent à un ecusson fait comme on le voit dans cette formule, une cavité 
sternale à la formation de laquelle le métasternum ne concourt en rien (a), 
ce qui n'existe en dehors d'eux que chez les Julodides. Ils se dislingnent 
en outre des deux groupes précédents par la grandeur de leur menton, 
et des trois qui suivent par la forme de leur ecusson et celle de leurs 
cavités antennaires. 

(1) Stigmodera Kirbyi , Hopo, Synops. of Austral. Bupresl. p. 2; depuis 
M. Hope en a donné une très-belle figure dans son Colcopt. Man. part. 3, pi. 1. 
MM. De Castelnau et Gory (loc. cit. pi. 16, f. 88) ont changé à tort lo nom de 
l'espèce en celui de Cal. regalis. 

(2) Les AcM^ODERA ayant le mésosternum en général plus profondément 
échancré que les autres genres, il en résulte chez elles que parfois cette éclian- 
crurc qui est triangulaire arrive jusqu'à la base de cet organe. Le métasternum 
se trouve ainsi, à 11 rigueur, concourir à la formation de la cavité sternale, 
mais sur une si minime étendue que ce n'est réellement pas une e.tceptioo. 



62 BDPBBSTIDE8. 

Du reste ces insectes difTèrcnt beaucoup entre eux sous le rapport du 
faciès ; mais ils resteraient tout aussi isolés si on les dispersait parmi 
les autres Bupreslldes vrais. 

Les cinq genres qu'ils forment sont, à l'exception des PiosiuA et des 
ÂCHjsoDEnA, étrangers à l'Europe. 

I. ËcussoD distinct. 

a Parapleurcs mélathoraciquos découvertes. ' 

Crochets des tarses simples : Polycesta, Acherusia. 
— dentés h leur base : Sponsor, 

aa Parapleures métathoraciques recouvertes par la t>ase des épipleures des 
élytres : Piosima. 

II. ËcussoD nul : Acmœodera. 

POLYCESTA. 

(Serv.) SoLiEn, Ann. de la Soc. entom. II, p. 281 (1). 

Tête plane ; épislome très-court, sinué ou tronqué en avant ; cavités 
antcnnaircs petites, arrondies , étroitement closes antérieurement. — 
Antennes assez longues, à articles 1 mcdiocre, 2 globuleux ou obconi- 
que, 3-7 variables, 8-10 obtusément dentés, plus petits et plus serrés 
que les autres. — Yeux médiocres, allongés, peu convexes, légèrement 
rapprochés en dessus. — Prothorax fortement transversal, plus ou moins 
anguleux sur les côtés, puis tronque obliquement de chaque côté en 
avant, faiblement bisinué à sa base, souvent déprimé ou excavé sur le 
disque. — Ecusson ponctiforme, trigone. — Elytres variables , courtes 
ou médiocres, chez la plupart sinuées sur les côtés en avant, fortement 
rélrécies et paucidenlces latéralement en arrière. — Hanches postérieures 
presque droites en arrière, dilatées au côté interne ; tarses médiocres, 
pareils à toutes les pattes, à articles 1 médiocrement allongé, 2-3 trigones, 
égaux, 4 plus large, 5 obconique. — Branches du mésosternum larges 
et divergentes. — Proslernum large, plan ; sa saillie postérieure lar- 
gement arrondie en arrière. 

Les espèces typiques de ce genre sont propres à l'Amérique et ré- 
pandues depuis le Mexique et les Antilles jusqu'au Chili inclusivement. 
Celles de l'ancien continent qu'on leur a associées ('i) ne me sont pas con- 
nues, mais je doute qu'elles doivent rester dans le genre. 

Ces insectes sont pour la plupart assez grands, peu allongés, d'un 
faciès assez robuste, cl criblés de gros points enfoncés qui, sur les ély- 
tres, se changent en excavations qui font paraître ces organes comme 

(1) Syn. Nemapuohus, Sûlier, in Gay, Hist. d. Chilc; Zool.', IV, p. 490. 

(2) Au nombre de deux : Bupr. œgyptiaca Linné^ d'Egypte; et P. tigrina 
G. et G., de Madagascar. 



BDPBESTIDES VBAIS. 63 

gaufrés et sont souvent accompagnées de cotes saillantes assez régulières. 
Leur couleur, plus ou moins uniforme, varie du bronze cuivreux obscur 
et mal au bleu mélangé de vert doré (i); mais quelques espèces sont plus 
allongées, plus parallèles, déprimées et ont les élytres moins gaulTrées 
et même simplement sillonnées cl ponctuées dans les sillons (2). 

Les antennes varient presque dans chaque espèce, et c'est sur une du 
Chili, où elles paraissent singulières quand on ne les compare pas à 
celles des autres, queSolicr a établi son genre NsMAPuonus (3). 

Les tubercules frontaux manquent constamment, et les deux sexes ne 
paraissent pas différer entre eux ; du moins tous les exemplaires mâles 
et femelles que j'ai examinés avaient le dernier segment abdominal entier 
ou légèrement sinué. . 

ACHERUSIA. 

De Casteln. et Gory, Mon. d. Bupr. l. 

Tête plane ; épistome court, largement échancré en demi-cercle ; ca- 
vités antennaires subterminales , petites , Irès-étroitement closes en 
avant. — Antennes grêles, glabres, à articles 1 médiocre, 2 aussi gros, 
subglobuleujc, 3-4 allongés, égaux, un peu renflés au bout, 6-10 oblusè- 
ment dentés, 11 ovalaire. — Yeux très-allongés, distants en dessus. — 

(1) P. porcata, Fab. Syst. El. Il, p. 199, des Antillos; — depressa, Linné, 
Fab. Mant. Il, p. 533, du même pays ; la synonymie de cette espèce cl de la précé- 
dente est dans une confusion inextricable.— ifaratera, Cliovrol. in Silberm. Rev. 
ent. V, p. 54 [porcata C. et G.), de la Guadeloupe. — Thomœ, ClieTrol. ibid. 
p. 55 (depressa C. cl G.); de l'il« Saint-Thomas. — Cubœ, Chevrol. ibid. p. 55; 
de Cuba. — Montezuma, Vektsco, du Mexique ; hrasiliensis, du Brésil; C. cl G. 
Mon. II. — excavata, Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 119; do Bolivia. 

(2) Je fais ici principalement allusion i une espèce inédite de la Jamaïque, qui 
ligure dans le Catalogue des Bupreslidcs du Muséum britaimique, sous le nom de 
Jamaicensis. Au premier coup-d'œil ou la prendrait pour une EuaviiiYREA Toi- 
sino do la micans d'Europe ; mais elle appartient réellement au genre actuel. 

(3) Dans la plupart des espèces ces organes sont plus ou moins manifeste- 
ment dentés h partir du 4» article qui est, ainsi que les trois suivants, plus long 
que large et en triangle obliiiue, tandis que les quatre derniers sont plus courts 
et transversaux. Dans le genre NEMArnoaus les articles 3-5 sont allongés, égaux 
et linéaires ; la scie ne commence qu'au 6", et celui-ci ainsi que les suivants sont 
tous plus longs que larges, tout en décroissant graduellement. Dans toute autre 
famille que celle-ci ce caractère serait générique ; nwis ici je no saurais lui ac- 
corder cette valeur. Solier ajoute, il est vrai, que le menton est en carré trans- 
versal, arrondi aux angles et dépassé par la languette qui est triangulaire. Au- 
tant que j'en puis juger sans dissection, il se trompe; le menton est carré à sa 
base et coupé obliquement de chaque côté eu avant, forme voisine de celle qu'il 
alfccte dans les autres espèces.'Lc Nemaphorus coslatus (loc. cit.; Col. pi. 12, 
t. 4) est un bel insocle d'un bleu clair, ii demi-mal, et dont la sculpture de» 
élytres rappelle celle de ces organes chez la Stigmoiera awricoUif Mannerb. 



64 BCPRESTIDBS. 

Prolhorax transversal, convexe, légèrement arrondi sur les côtés, coupé 
paraboliquement de chaque côté, à sa base. — Ecusson petit, orbicu- 
iaire, enfoui. — Elytres courtes, convexes, sinuées sur les côtés, trans- 
versalement déprimées avant leur milieu, incrmes et arrondies au bout. 
— Pattes courtes et robustes ; hanches postérieures largement sinuées 
en arrière ; articles des tarses noueux, les quatre 1«" décroissant gra- 
duellement; crochets simples. — Branches du mésosternum larges et 
divergentes. — Prosternum un peu convexe; sa saillie postérieure très- 
courte, très-large, parallèle, largement arrondie au bout. — Corps 
court, épais. 

Genre très-distinct et composé d'une seule espèce de l'Australie (i), 
qui ne se rattache à aucune autre de la famille par son faciès. Elle est de 
taille moyenne, d'un violet foncé uniforme et revêtue en dessous d'une 
épaisse couche de poils blancs. Ses élytres présentent des sillons flexueux 
assez profonds et assez fortement ponctués. 

Dans l'unique exemplaire que j'ai à ma disposition le dernier segment 
abdominal se rétrécit graduellement, au point de former une épine très- 
aiguë ; j'ignore si c'est un caractère sexuel ou spécifique. 

SPONSOR. 

De Casteln. et Gory, Mon. d. Bupr. U (2). 

Télé régulièrement convexe; épistome très-court, échancré en demi- 
cercle ; cavités antennaires petites, arrondies, subterminales, très-étroi- 
tcment closes en avant. — Antennes peu robustes, à articles 1 très-al- 
longé et assez grêle, 2 court, obconique, 3 long, subcylindrique, 4-10 
dentés en scie subobtuse, 11 ovale ; fossettes porifères situées sur la tron- 
cature des articles. — Yeux allongés, distants en dessus. — Prothorax 
fortement transversal, convexe, arrondi sur les côtés et en demi-cercle 
à sa base ; celle-ci aussi large que celle des elytres, — Ecusson de 
grandeur variable. — Elytres convexes, courtes, elliptico-ovales, fine- 
ment denliculécs ù leur extrémité. — Hanches postérieures coupées 
carrément en arrière; tarses courts, à articles trigones; le 1"^ aussi long 
que les trois suivants réunis, ceux-ci décroissant graduellement ; crochets 
fortement dentés à leur base. — Mésoslernum formant une lame trans- 
versale, échancrce en demi-cercle en avant, et séparant fortement le 
métasternum de la saillie prosternale; celle-ci très-courle, large, paral- 
lèle, arrondie au bout. — Corps elliptico-ovale. 

L'un des genres les plus tranchés de la famille entière. Ses espèces 

(1) A . Childreni C. et G. loc. cit. pi. 1, f. 1 ; ces auteurs ignoraient la patrie 
de l'espèce. 

(2) Syn. OoBORPBA, Dej. Cat. éd. 3, p. 04. 



DDPBBSTIDES TBAIS. 6S 

ressemblent plutôt anx Colvhbbtes et genres voisins de la famille de* 
Dyliscides qu'à des Buprestides. Elles sont au plus de moyenne taille, 
parfois Irès-petiles, dérouleur métallique ou noire brillante, et en même 
temps revêtues pour la plupart d'une Gne pubejcence assez rare et 
redressée. 

Dans aucun genre du groupe le mésosternum ne s'interpose aussi 
largement entre la saillie proslernale et le métasternum. Mais ce n'est 
que dans les grandes espèces ( convexus, splendidut) qu'il est distinct 
de ce dernier par une suture très-apparente ; dans les petites ( par ex : 
Desjardinsii, parvulus, cœrulescem ) il est intimement confondu avec 
lui. D'un autre côlc, celles-ci oni la base du prothorax couverte de fines 
stries Irès-serrées, comme chez les Ptosiha qui suivent, tandis que ce» 
stries manquent chez les premières. 

Ces insectes intéressants sont jusqu'ici exclusivement propres à l'Ile 
Maurice où il parait qu'on les rencontre sur les feuilles des arbustes, 
dans les haies. On en connaît sept espèces en ce moment (i). Toutes 
celles que j'ai sous les y^x ont le dernier segment abdominal simple- 
ment arrondi. 

PTOSIMA. 

(SïBV.) SoiiEKj Ann. de la Soc. entom. II, p. 277. 

Tête légèrement convexe; épistome assez fortement échancré en 
avant, avec ses lobes latéraux largement arrondis ; cavités antennaires 
médiocres, transversales. — Antennes courtes, assez robustes, à articles 
1 très-long, renflé au bout, 2-3 obconiques, plus courts, subégaux, 4-11 
transversaux, obtuséraent dentés en scie. — Prolhorax de la largeur 
des élytrcs, transversal, renflé en avant, déprimé sur le disque, coupé 

carrément et finement strié à sa base. — Ecusson petit, ovale. Ely- 

tres allongées, conicocylindriques ; leurs épipleures fortement lobées à 
leur base et recouvrant les parapleures mélathoraciques. Pattes mé- 
diocres ; Miches postérieures coupées presque carrément en arrière • 
tarses assez courts ; le 1»' article des postérieurs aussi long que les deux 
suivants réunis; crochets robustes, renflés à leur base.appendiculés (î). 

— Mésosternum assez long, fortement échancré. — Prosternum légè- 
rement convexe ; sa saillie postérieure large, parallèle, arrondie au bout. 

— Corps cylindrico-cunéiformc. _ . , , 
Je ne connais que le Bupr. novemmaculata de Fabricius, joli insectei 

(1) S. convexus, C. et G. loc. cit. jj). 1, f. 1 ; indiqué à tort comme de l'Amé- 
rique. — splendensj ovalis, Desjardinsii, pinguis, œneus, cœrulescens, par- 
vtdm, Guériu-Ménev. Rev.Zool. 1840, p. 357, et C. et G. loc, cit., IV Suppl, 
p. 319, pi. 53 et 54. 

(2) Tous les auteurs ont passé ce caractère sous silence, bien qu'il soit très- 
apparent. 

Coléoptères. Tome IV. 5 



66 BUPRESTIDBS. 

bien connu des enlomologislcs et répandu dans loule l'Europe méridio- 
nale, qui rentre dans ce genre. Les autres espèces qu'on lui a associées 
ont besoin d'ôlre revues sous ce rapport (i). Solier est le seul auteur, 
à mon avis, qui ait saisi ses analogies en le plaçant immédiatement à la 
suite des Acm/eodeua. Il est, en effet, voisin de ces insectes dont il ne 
diffère essentiellement que par ses épipleures lobées à leur base, les 
crochets de ses tarses, ses cavités antennaires moins transversales, et la 
présence d'un écusson. 

ACMiEODERA. 
EscuscH. Zool. Atlas, Heft I, p. 9. 

Tète plane ou un peu convexe ; épistome très-court, fortement rétréci 
à sa base par les cavités antennaires ; celles-ci transversales, subréni- 
formes et découvertes.— Yeux grands, peu convexes, distants en dessus. 
— Antennes courtes, grêles, à articles 1 assez long, en massue arquée, 
2-4 subégaux, obconiques ou pyriformcs, 5-10 serrés, transversaux, for- 
mant une scie à dents obtuses ou aiguës. — Prothorax fortement trans- 
versal, souvent plus large que les élylres, coupé carrément à sa base; 
celle-ci finement striée dans toute sa longueur. — Elytres de forme 
variable, dcnticulées en arrière, souvent échanïrées latéralement près de 
leur base. — Pattes courtes ; tarses grêles ; leur 5» article presque aussi 
long que ks précédents réunis. — Métasternum de longueur variable, 
Iriangulairement échancré. — Prosternum large, plan ou légèrement 
- convexe. — Paraplcures métathoraciques étroites ; leurs épimèrcs in- 
distinctes. — Corps de forme variable, finement velu chez presque tous. 

Les entomologistes placent ce genre, d'un accord unanime, à la suite 
des Stehnocera et des Jci.odis ; mais la situation des fossettes porifères 
des antennes suffit pour démontrer qu'il n'a rien de commun avec ces 
insectes, si ce n'est une ressemblance trompeuse dans la fornp générale 
de la plupart de ses espèces, qui sont plus ou moins cylinuriques. La 

(t) De toutes celles décrites par MM. De Castctnau et Gory (amahfiis, des In- 
des or.; indica, des îles Philippines; -planata, du Chili; luctuosa, do l'Amer, 
du Nord, cl irrorata de l'Amer, du Sud; Mon. d. Bupr. I et IV, Siippl. p. 71); 
une seule, Xàplanuia, m'est connue cm nature. Elle appartient au genre actuel 
par tous ses caractères essentiels, mais d'un autre côté en ditlère notablement 
par ses cavités antennaires larges et arrondies, son tipislome largement et très- 
faiblement ècliancrè, ses antennes longues, très-grèles, déniées seulement h 
partir du 5" article, cl ses crochets des tdftcs simples. Elle doit dès-lois former 
up nouveau genre i côté de celui-ci. 

M. Chevrolat (in Silbcrm. Rev. ent. V, p. 53) a placé, avec doute, cet insecte 
parmi les Sticmodera, sous le nom S. Gayi. Solier (in Gay, Hist. d. Chilo; Zool. 
Col. pi. 12, f. 6) l'a figuré une seconde fois, après MM. Do Castelnau et Gory, en 
lui conservant le nom do Ptosima planata. 



BDPBESTIDES VBAIS. 67 

• Structure de la cavité sternale montre en même temps que sa place est 
dans le groupe actuel. J'ajouterai que la forme de son épistome est un 
achcmineraent a ce qui existe chez les Agrilides et les Trachvdes 

Ces .nseclcs sont de pelile taille . de couleurs très-variées et souvent 
ornes de taches ou de bandes formant un dessin élégant. Les deux sexes 
ne paraissent pas différer l'un de l'autre, et une partie seulement î 
espèces possède des tubercules frontaux (i) 

Les échancrures latérales des élytres signalées plus haut, recevant 
les cp.s ternums métathoraciques, ceux-ci. dans ce cas. s'élargissent e„ 
s arrondissant en dehors, tout en restant toujours plus étroits que che" 
les autres Buprest.des. M. Spinola (.). qui. le premier, a signalé ces 
échancrures, s'en est servi pour diviser le genre en deux sections ■ mais 
comme ce caractère sépare des espèces d'ailleurs voisines, il semble 
préférable d'employer dans le môme but. comme l'ont fait MM De Cas 
teinau et Gory. la forme générale du corps qui est constrît d après' 
trois types sulhsamment tranchés. ^ 

Ces insectes sont, pour la plupart, grégaires et très-nombreux, sur- 
out dans les parties chaudes de l'ancien continent. Il y en a aussi dans 
le nouveau, mais, sauf quelques espèces de Colombie et du Chili Hs 
paraissent étrangers à l'Amérique du Sud (3). 

(1) Je n'en trouve chez aucune des espèces européennes, et càct li seule- 
ment parmi les exotiques, teUes que ^ . /Zat;o»»arj,,«a<«, cftr^/.^/lf 1^^^^^ 
dos espèces voisines de celles-ci n'en ont pas. ^*<'«"fla,po((W, etc., 

n 'qI/m '«'"" !''''™' f"'^ P'"' *'^"'' P- ^'^ > "«'" 1- Depuis (Rev. Zool. 1841 
Gorv ';.!!'« '""f T'"'^ '^'' observations sur quelques espèces décrites paî 
Gory dans son Supplément à la Monograpliie des Buprestidcs 

Sunnl ^n X'",' 'T "''f.'"'^'' ^'^ ™- »« Castelnau et Gory (Mon. I et IV, 
&^.^liZ!Z^r''' '" '"" ''"'''"^"" " "'' '^' '^'-- '^'^^ 
1» Corps un peu déprimé en dessus et cunéiforme. Elle comprend des es- 
P ces exclusivement américaines et la plupart remarquables par leur système 
d coloration : A crnentata 01., de Haity; (lavomargimta G,^y, Zr2 
Chevrol., du Mexique; volvulus Fab., de Colombie etc '«fer,«M 

lrit°f ?■'." 7""'^"'I"<^- ^^'"'^ "^ K™"P« le Pl"s nombreux et dans lequel ren- 
dent toutes les espèces européennes; les autres sout africaines ou asiatiques- 
oti'y "".,.' °"'^""*'"se» s°"t Pi-csque dépourvues : A. tœniata Fab.' 
!Zti£ ' ''"""'" """''' '"'*K««toIllig.,Ote, d'Europe eî 

3" Corps déprimé et arqué; élytres plus ou moins convexeAèur base si- 
mèes latéralement avant leur milieu. Les espèces sont proproW l'Afrique t 

unn/cîa ti. et Ij., du Bengale, etc. 

D V) f '''^ "^^ l'Espagne mér. : Bupr. convolmli, Waltl, Reise n. Span. H 
entom îx "',; ^"0"; *," f f " V"'^""' ' ^ ' P"'""""' B"""-^'- ^un. d 1. Soc! 
meianosoma, flavopunctata, rubromaculato , ftavovittala, Lucas, Ucv Zool 



BDPRESTIDBS. 



GROUPE IV. Sphénoptéridei. 

Cavités anlennaires très-grandes, trigones, terminales. -Episloijie 
placé sur un plan inférieur à celui du front ; celui-ci souvent limité par 
une ligne saillanle flexueuse, - Fossettes porifères des antennes ter- 
minales. — Ecusson transversal, muni en arrière d'une pomte aiguË. — 
Cavité slernale formée dans son fond par le mélaslernum, latéralement 
par le mésosternum ; ces deux organes intimement confondus ensem- 
ble (1). —Menton grand, triangulaire. —Dernier article des palpes 
ovalaire. 

Je ne trouve celle combinaison de caractères que dans le seul genre 
SpDENopiEBA.EIIe est assez remarquable, surtout pour ce qui concerne 
les cavités anlennaires qui ont la plus intime analogie avec celles des 
Psiloptérides , mais qui sont plus terminales et ne contiennent pas de 
tubercules frontaux. 

Ces insectes ne pouvant dès^lors élre associés à aucuns de ceux de la 
tribu actuelle, on est obligé de les constituer en un groupe à pari. 

SPHENOPTERA. 
(Dei.) SoHor, >n». d. l. Soc. entom. H, P- 299 P)- 

Télé plane; épistome dépassant à peine les cavités anlennaires, étroit, 
échancré en demi-cercle. - Antennes à articles 1 gros, médiocre. 2-4 
de longueur variable (3), celui-ci plus ou moins trigone, S-Il dentés, 

1844 P 87, et Expier, de l'Alger.; Entom. p. 135. — flavonotata, affinis, rufo- 
mar'qinata] irifoveolata , coarclata, cyanipennis , Lucas, ibid. p. 137 sq. - 
Esp d'Abyssiiiic : A. grandis, Cuérii.-Méucv. in Lefobvr. Voy. en Abyssin. Zool. 
D 274 Ins ul II f 1. —Esp. de Natal : >1. albovillosa, auroUmhataj lu- 
iiopicta, signifera, hieroglyphica, inscripta, grata, Waldbergii, Bohcm In». 
Caffr I p 301.- excei(ens,co».'îofcWnn,Klug,Monatsbcr.d. Berlin. Acad. 1855,* 
„ 644:'Mozatnbi(|uc.-Esi.. de Syrie : A. chrysan,hemi, Chevrol. Rev.ct Mag. 
d Zool. 1854, p. 394, pi. 6, f. 2.- Esp. de TAmér. dujiovd: A. vanegataJ. L. Le 
Conte Proceod. of tlio Acad. of Pl.ilad. 1852, p. 67; du Territoire du Missoun. 
M Hopo (Trans. of the cnt. Soc. IV, p. 217) a décrit, sous les noms dAc- 
mœodcra nodosa, et melanosticta, deux espèces de l'Australie qui sont des Agn- 
lides et probahlemcnt des Amorpuosoma. 

(1) 11 scmh*dès-lors qu'il n'est pas possible de constater la structure de la 
cavité sternaijet cela est vrai dans la majeure partie des cas. Mais en exami- 
nant un grand nombre d'exemplaires on Unit par "en trouver chez lesquels on 
distingue une très-fine suture qui sépare le mésosternum du métasteruum, et 
l'on voit alors que le premier, complètement réduit h ses branclies latérales, 
forme dans toute leur étendue les cétés de la cavité slernale. 

(2) Syn. Evàgora, C. et G. Mon. d. Bupr. 11. 

(3) 11 y a presque toute» les combinaison» possible» de grandeur relative en- 



BDPBESTIDE3 VRAIS. 0» 

plus OU moins carris. — Yeux de grosseor variable, distants sur le 
vertex. — Prolhorax tantôt transversal, tantôt allongé, en général tra- 
pézoïde ou carré, bisinué en avant et à sa base; le lobe de celle-ci 
large et tronqué. — Elylres cutiéiformes ou elliptiques, plus ou moins 
longues. — Hanches postérieures assez étroites, dilatées au côté interne; 
tarses peu robustes; le 1" article des postérieurs presque aussi long que 
les deux suivants réunis. — Prosternum plan, sans sillons. — Corps 
oblongo-elliptique ou cunéiforme. 

Ce genre est nombreux et presque exclusivement propre à l'Afrique, 
â la Faune méditerranéenne et à l'Asie ; deux ou trois espèces seule- 
ment sont indiquées dans les auteurs comme originaires des Indes 
orientales et de l'Australie. Presque toutes sont d'un bronzé cuivreux 
uniforme et glabres, sauf quelques poils blanchâtres en dessous. Leurs 
élylres sont généralement sillonnées, au moins à leur partie postérieure, 
et tantôt arrondies à leur extrémité, tantôt munies de une à quatre dents 
inégales. Dans la plupart des cas le prothorax est parcouru par deux ou 
trois sillons longitudinaux. 

Les espèces typiques sont plus ou moins allongées et régulièrement 
cunéiformes ou oblongo-elliptiques (i). MM. De Caslelnau et Gory en 
ont séparé sous le nom d'EvAcoit*, d'autres de forme difTérente et qui 
ressemblent soit à certaines Antuaxia, soit à certaines Curysobothbis, 
ou bien qui ont un faciès spécial {amorpha). Mais je cherche inutile- 
ment, en dehors de ce (acies, sur quoi ce genre repose. Les espèces 
sont de l'Afrique australe et des Indes orientales (â). 

Les SpnENOPTEDA sont au plus de moyenne taille pour la famille, et 
leurs caractères sexuels 'paraissent être nuls. 

tre ces trois articles, et cela sans égard pour U. forme plus ou moins allongie 
du corps; mais chez aucune espèce, i ma counaissance, le 3" n'est plus court 
que le 2», comme le dit Solicr. Les antennes sont, à proprement (larlor, dentées 
à partir tantôt du 4°, tantôt du 5» article; le premier cas est le plus commun. 

(1) Aux 78 esp. décrites par MM. De Castelnau et Gory (Mon. d. Bupr. II, et 
IV, Suppl. p. 302), aj. Esp. européenne : S. carduorum [geminata? Illig.), 
ChcTrol. Rev. Zool. 1840, p. 14; de Galice.— Esp. africaines : S. Pbaria, Chevrol. 
iO Silberm. Rev. cnt. V, p. 77; Egypte. — vittalicollis, Lucas, Explor. de 
l'Alger.; Entom. p. 158. — mucronata, corrugata, disjunctOj fallax, geniilis, 
trépida, tantilla, Bolicm. Ins. Caffrar. I, p. 332; Natal. — Esp. asiatiques: 
S. somchetica, Kolenati, Melet. entom. V, p. 34; Caucase. — chalybea, Mé- 
nétr. Ins. d. Lehm. p. 30; Turcoménie — derruguta, L. Redtenb., Denskr. d. 
Wien. Akad. I. ; Perse. — Popovii, insidiosa, Inticollis, egenn, Mannerh. Bull. 
Mosc. 1852, II, p. 280; Mongolie — subcostata , Muls. Mém. d. l'Acad. d. 
Lyon. Scienc. Nouv. Sér. I, p. 187; Turquie. 

(2) Depuis les 11 espèces décrites par MM. De Castelnau et Gory, on n'a pu- 
blié que les deux suivantes : E. depilata, impressicollis, Bohem.,Ins. Calfrar. I, 
p. 329; Natal. 



70 miPRESTIDES, 



Groupe V. Chrysobothridea. 

Antennes insérées sur le front, à une distance notable des yeux, dans 
des cavités arrondies de grandeur variable et rétrécissant fortement l'é- 
pistome à sa base ; leur 3» article très-allongé ; fossettes porifères en 
général situées sur la tranche interne des articles. — Yeux fortement 
rapprochés sur le vertex chez presque tous. — Ecusson plus ou moins 
grand, en triangle aigu ou transversal etacuminè en arrière. — Elytres 
plus ou moins lobées à leur base et pénétrant dans celle du prothorax. 
— 4» article des tarses très-court, souvent rudimentairc. — Cavité ster- 
nale formée latéralement par le mésosternum , dans son fond par le 
métasternum. 

Ce groupe est un des plus tranchés de la famille. Ses espèces ont un 
faciès particulier dû à la brièveté de leur tête qui est comme tronquée 
en avant et souvent concave sur le front, à leur prothorax qui reçoit à 
sa base les lobes qu'envoient en avant les elytres ou est séparé de ces 
dernières par un vide anguleux de chaque côté, à leur écusson , enûn ik 
leurs téguments glabres, de couleur métallique, et très-souvent munis 
de fossettes sur les elytres et parfois en même temps sur le prothorax. 

Les antennes ne varient pas et ne peuvent être employées au point 
de vue systématique. Elles sont constamment courtes, assez robustes, 
un peu alténuécs à leur extrémité et dentées à partir du 4o article ; le 
i"' égale en longueur le 3°, et le 2" est très-court et obconique. Les 
fossettes porifères commencent sur le 4" ; elles sont grandes et occupent 
en entier le bord interne des articles ; il est rare qu'elles soient situées 
sur leur face inférieure (I). Sauf chez les CnnYSonoTunis, les cavités 
antennaires sont très-grandes et toujours complètement découvertes. 
Je ne coimais aucune espèce qui possède des tubercules frontaux, soit 
au-dessus d'elles, soit dans leur intérieur. 

Les organes buccaux varient peu. Le menton est assez grand, qua- 
drangulaire et coriace en avant. La languette le dépasse toujours ; chez 
les petites espèces elle est coriace et membraneuse ; chez les grandes 
(Belionota, Colobogastek) cornée, assez épaisse et parfois (Belionota) 
rcnllée et spongieuse au bout. Les mandibules sont lamelleuses au côté 

(1) Je dois ajouter que chez une espèce J'Actenodes de Cayenne {A. nobilis 
C. et G.), commune dans les collections, les fossettes porifères manquent com- 
plètcuient et les pores sont disposés comme oliez les Chalcoplioridcs. C'est la 
seule du groupe, <i ma connaissance, qui présente une pareille exception. Cliet 
un assez grand nombre de CimïsonoTimis la tranche interne des articles porifères 
prend un aspect vésiculeux et devient même chez quelques espèces de l'Améri- 
que du Nord (par ex. jilanata C. et G. et surtout dentipes Germar), d'un rouge 
fauve. Mais les fossettes sont à leur place ordinaire, seulement parfois plus pe- 
tites (lue de coutume. 



BDPRESTIDES VBAJS. 71 

interne. Le 2» article des palpes maxillaires est toujours très-grand, et 
le 4° notablement plus court que le 3«. 

Ces insectes sont, avec les Stenogaster du groupe des Agrilides, les 
seuls de la famille chez lesquels plusieurs des lamelles des tarses soient 
sujettes à s'atrophier. Cela a lieu surtout sur le 1"' article et assez sou- 
vent en outre sur le 3°. Ces lamelles, sur les autres articles, sont pres- 
que toujours rcmarquahles par leur longueur. 

Les angles postérieurs des segments abdominaux sont souvent sail- 
lants et très-aigus, de sorte que l'abdomen est alors dentelé en scie sur 
les côtés. 

La part relative que le mésosternum et le mélasternum prennent à la 
formation de la cavité sternnlc, varie assez : chez les Chbysobotubis, 
par exemple, le second ne forme plus en général qu'une petite partie 
de son fond, tandis que chez les Belionota où elle est très-profonde, 
c'est lui qui la forme presque entier, et le mésosternum se borne à com- 
pléter ses côtés en avant. Les branches de ce dernier sont toujours très- 
larges et parfois même transversales. Le prosternum de son côté est 
remarquable par la largeur et l'élargissement en arrière de sa saillie 
postérieure, ainsi que par le développement des trois dents qui la 
terminent. 

Des quatre genres qui composent Icgroupe, un seul (CnRYSOBOTnRis) 
est représenté en Europe. 

I. Cavités antennaircs très-grandes. 

a 3' art. des tarses divisé en doux lobes longs et grêles. 

Ecusson très-grand; métasternum profondément écbancré : Belionoia. 
■ — petit; — entier : Aclenodes. 

a a 3° art. des tarses tronqué obliquement: Colobogaster. 

II. Cavités antennaircs petites ou nulles : Chrysobothris. 

BELIONOTA. 
Esciiscu. Zool. Atlas, Heft 1^ p. 9. 

Cavités antennaires très-grandes; épistorac coupé carrément, par- 
fois (canaticulata) muni d'une petite dent médiane. — Yeux faible- 
ment séparés sur le vertex.— Prothorax court, rétréci en avant, bisinué 
à sa base, avec ses angles postérieura aigus et son lobe médian large, 
court et tronqué ; un vide anguleux de chaque côté entre lui et les ély- 
trcs. — Ecusson de la longueur au moins du quart de ces dernières, en 
triangle très-allongé et très-aigu. — Elytres allongées, déprimées, cu- 
néiformes, anguleuses à leur base interne, incrmes sur les côtés en ar- 
rière , épineuses à l'angle suturai. — Cuisses antérieures simples; 
l^'arlicle des tarses postérieurs non comprimé et médiocrement long, le 
3" profondément divisé en deux lobes grêles, le t" enfoui entre ces lobes 



72 BDPBESTIDBS. 

et très-court ; les lamelles des deux premiers imlles ou très-pelKes. — 
Abdomen denticulé latéralement, canaliculé dans toute sa longueur ; son 
6» segment largement tronqué et biépincux. — Métaslernum profon- 
dément et angulairemeiitéchancrc; branches du mésosternum transver- 
sales, arrondies en avant. — Prosternum très-large, renflé en avant, 
pian et élargi en arrière, tridenté au bout, les dents égales. — Corps 
allongé, déprimé. 

Ce genre est essenlielleroent distinct de tous ceux qui suivent par son 
métaslernum qui forme en grande partie la cavité destinée à recevoir 
la saillie prosternale. Il ne comprend qu'un petit nombre d'espèces 
de grande taille, propres à l'ancien continent. Toutes ont près des 
angles postérieurs du prothorax une forte impression transversale, 
rarement [ linealipennis ) accompagnée d'une autre pareille dans le 
voisinage des antérieurs. Leurs élylres ne présentent jamais de ces 
fossettes si communes dans les genres suivants, mais seulement quel- 
ques lignes saillantes sur un fond finement ponctué. 

Le type du genre est le Bupr. scutellaris de Fabricius (1), insecte ré- 
pandu dans la plus grande partiedes Indes orientales. Les autres espèces 
habitent les mêmes contrées, Madagascar et l'Afrique (î). 

En règle générale, les mâles ne diffèrent pas de leurs femelles ; mais 
quelquefois {Weslermanni C. et G.) ils s'en distinguent par leur pénul- 
tième segment abdominal fortement impressionné et leurs cuisses pos- 
térieures très- volumineuses et arquées. 

ACTENODES. 
Ou. Cat. éd. 2, p. 80. 

Prothorax très-court, séparé des élylres de chaque côté par un vide 
anguleux ; son lobe médian basilaire, large, très-court et arrondi. — 
Ecusson petit, en triangle rcctiligne très-aigu. — Elytres de forme va- 
riable, rarement denliculées en arrière sur les côtés. — Cuisses anté- 

(1) Syst. El. Il, p. 203. MM. De Castelnau et Gory (Mon. II) lui rapportent 
les Bupr. prasina Thunb., pyrolis lUig ot sagittaria Eschsch.; mais il est 
probable qu'ils confondent sous le nom do scutellaris plusieurs espèces réelle- 
ment distinctes, quoique très-voisines. Chez l'un des exemplaires de ma collec- 
tion, originaire de Java, il existe à la face supérieure des art. 4-11 des antennes 
mne fossette porifère oblongue, aussi distincte que celle de la face opposée, 
fossette dont je ne trouve aucune trace dans d'autres exemplaires provenant 
du Bengale, de Ceylan et des îles Philippines. 

(2) B. lineatipennis Solicr, du Sénégal j Weslermanni C. et G. ((f femo- 
rata Guérin-Ménev.), de la Guinée; sumptuosa C. et G., stigma F., de Java; 
canaliculata F. [punctata Silberm.), de Madagascar. Voy. C. etG.loc. cit. ei 
lY, Suppl. p. 187.— Aj. B. Bohemanni, Bohem. Ins. Caffrar. I, p. 326; de Natal.— 
reticulata, nervosa, Klug, MooaLsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 449; Mozambique. 



BVPnESTIDES VHA18. 73 

rieores tantôt simplet, tantôt renflées, canaliculces surleur bord inrèrieur; 
larses des Bblionota. — Abdomen non caiialiculé sur la ligne médiane, 
en général faiblement denticulé latéralement. — Mélaslernum faible- 
menl échancré ; mésoslernum long ; ses branches arquées en dehors à 
angle droit.— Proslernum plan en avant, iridenté en arrière ; ses dents de 
longueur variable. — Les autres caractères comme chez les Belionota. 

Les caractères de ce genre n'ont jamais clé exposés, et je les men- 
tionne par exception. Son admission est en effet indispensable et, en 
confondant ses espèces avec les CnnYSOBOTnnis, MM. De Casteinau et 
Gory se sont mis dans l'impossiblilé de caractériser nettement ces der- 
niers (1). Les AcTENODES en diffèrent essentiellement par la gran- 
deur de leurs cavités antennaires, leurs yeux subconligus sur le vcrtex 
et leurs tarses construits sur le même plan que ceux des Uklionota. 
C'est manifestement à côté de ceux-ci qu'ils doivent être placés. 

Tous sont américains, de taille rarement au-dessus de la moyenne, en 
général fortement rétrécis en arrière et pour la plupart ornés de bandes 
ou de fossettes de couleurs métalliques très-brillantes. Je n'en connais 
aucune espèce dont les légumenls soient rugueux en dessus comme cela 
est si fréquent chez les Cuiiysodotubis, et pas davantage dont le pro- 
tborax embrasse les lobes antérieurs des élytres. 

Les caractères sexuels se rapprochent de ceux des Bbliowota, le 5" 
segment abdominal étant tronqué chez les mâles et les femelles ; seule- 
ment les angles de la troncature sont rarement spiniformes. 

COLOBOGASTER. 
SoLiER, Ann. d. l. Soc. entom. Il, p. 308. 

Cavités antennaires très-grandes ; épislome plus ou moins échancré. 

— Yeux plus écartés sur le vcrtex que dans les deux genres précédents. 

— Prothorax trilobé à sa l)ase ; le lobe nièdian, saillant, tronqué; les 
latéraux embrassant les lobes antérieurs des élytres. — Ecusson mé- 
diocre ou petit, en triangle allongé et très-aigu («). — Elytres de forme 

(1) Mon, II et IV, Suppl. p. 157. Rapportei ici leurs Chrys. chalybeitarsis, 
unicolor,cosiipennis, auronotata,fnlgurala (calcarata Clievrol.), Lebasii, Hi- 
larii, marmorata [cyanura Chevrol.), regularis, nobilis, auroUneata (Goryi 
Hannerli.), Monis, versicolor, intermedia, fulminata, signala, dilalata, cur- 
vicoUis, Duqxiein, et probablement plusieurs autres encore. Toutes ces es- 
pèces sont dos diverses parties de l'Amérique du Sud intcrtropicale et du Mexi- 
que; le genre parait jusqu'ici étranger i l'Amériquo du Nord. 

(2) Chez le C. qmdridentalus F., en arrière du véritable écusson, il exista 
une saillie très-grôle et très-allongée, séparée de lui par une suture distinct». 
La dissection montre que c'est l'ècusson du métatliorax ou métascutoUum, et 
que ces espèces ont ainsi deux écussons visibles, particularité qui ne se repro- 
duit, à ma connaissance, que dans les Cblamydes du genro Diaspis (Voy. La- 



'* BDPRESTIDES. 

variable, fortement lobées à leur base. — Jambes antérieures et sou- 
vent les intermédiaires arquées à leur base ; tarses comprimés ; leur 
1" article médiocre, le 3« tronqué ou très-faiblement échancré et n'en- 
veloppant pas le 4e, celui-ci très-court. — Abdomen fortement denti- 
culé sur les côtés, tronque ou échancré à son extrémité, avec ses angles 
épineux. — Mésosleriium large ; ses branches arrondies en avant. — 
Proslernum très-large, plus ou moins rcnOé en avant, élargi et faible- 
ment tridcnté en arrière; les dents subégales. 

Ces insectes présentent un mélange des caractères des deux genres 
précédents et de ceux des CnnvsoDOTunis; mais ils sont plus voisins de 
ces derniers, dont ils ne devraient pas être séparés, sans la grandeur de 
leurs cavités antennaires. La troncature du lobe médian de leur protho- 
rax ne suffirait pas pour cela et encore moins la forme du 3° article de 
leurs tarses dont on a exagéré outre mesure la différence avec celui des 
CnuYsoBOTunis (1). 

Leurs espèces sont américaines, à deux ou trois exceptions près, et 
peuvent se partager en deux sections. 

Celles de la première sont pour la plupart de grande taille, assez 
semblables sous le rapport de la forme générale aux Beuonota et carac- 
térisées par leurs cuisses antérieures inermes, les deux 1"» articles de 
leurs tarses presque toujours garnis de lamelles en dessous, et leur mé- 
tasternum souvent un peu échancré (2). 

Dans la seconde les cuisses antérieures sont munies d'une dent on 
d'une saillie obluse en dessous, les lamelles du le' et parfois du 2» ar- 
ticle des tarses nulles ou très-petites, et le métasternum non ou à peine 
échancré (3). 

Les deux sexes ne semblent pas différer entre eux. Leur dernier seg- 

cord. Mon. d. Col. Pliytoph. II, p. 645), mais qui néanmoins, dans le cas ac- 
tuel, ne mo imraît pas avoir une valeur générique. 

(1) Elle consistii uniquement en ce que chez les CHRYSonoTnais qui ont l'ar- 
ticle en question toujours échaucrô, quoique faiblement, les angles do l'échan- 
cruro sont légOrcmcnt, et parfois ix peine, saillants, Il y a loin de là aux lobes 
grêles et très-allongés dont cet article est pourvu chez les Beliowota et les Ac- 

TEKODES. 

^ (2) C. viridicoUis C. el G., cayennensis Herbst, rjuadridenlata F., de 
Cayenne ; cyanitarsis, Hopei C. et G., du Brésil, etc. Voy. C. et G., Mon. II et 
IV, Suppl. p. 143. — Aj. C. celsa, Ericlis. in Scliomb. Guyana, III, p. 557; de 
la Guyane anglaise. 

(3) C. sexpunctata?., âeCiyenne; consanguineaj riibromaculata 0. et G., 
du Brésil; senegalensis C. et G., du Sénégal; viridinolata C. et G., do Java, etc. 
Voyez C. et G. loc. cit. — Aj. C. duplicata, muculiventris, frontkornis, Clievrol. 
in Silberm. Rcv. ont. V, p. 73. 

Les liupr. trilola do Cayenne et nigrila du Sénégal, décrits par Olivier (En- 
tom. II, 32, p. 37 et 40), appaitieimcnt très-probablement au genre, et le pre- 
mier semble devoir rentrer dans la première section. 



1 



BCPRESTIDES VRAIS. 75 

ment abdominal, en outre de ses deux épines latérales, en a parfois une 
troisième au milieu, et il est souvent bicarénè inférieurement. 

Les téguments de ces insectes ne sont jamais rugueux en dessus, et 
leurs clytres présentent très-souvent des fossettes. 

CHRYSOBOTHRIS. 
EscHscu. Zool. Atlas, Heft I, p. 9 (1). 

Cavités antennaires très-pelites, fermées, arrondies ou sublransver- 
sales; épistome échancré dans son milieu, arrondi sur les côtés. — Yeux 
moins rapprochés en dessus que dans les genres précédpnts, parfois 
largement séparés. — Prolhorax de forme variable, court, bisinué à sa 
base; son lobe médian arrondi ou anguleux. — Ecusson petit, en 
triangle transversal. — Elytres médiocrement lobées à leur base, iner- 
mes ou finement dcnticulées sur les côtés en arrière. — Cuisses anté- 
rieures renflées et fortement dentées en dessous ; tarses comprimés ; le 
\" article des postérieurs long, le 3" légèrement et obliquement échan- 
cré; ses angles antérieurs un peu saillants ; le 4» très-court. —Abdo- 
men à peine ou non dentelé latéralement. — Métasternum tronqué, rare- 
ment sinué en avant; branches du mésosternum formant un angle droit. 
— Prosternum large, plan, tridenlé en arrière; la dent médiane plus 
longue en général que les autres. 

La petitesse des cavités antennaires conslilue le caractère essentiel de 
ces insectes, puis en seconde ligne b^ongucur du 1''' article des tarses 
postérieurs : quant au 3e de tous, je viens de dire qu'il ne diffère que 
très-peu de celui des Colobogasteh. 

Le genre est nombreux et ses espèces ont un faciès très-varié dans 
lequel la sculpture des téguments et le système de coloration jouçnt un 
grand rôle ; mais les transitions insensibles qui existent entre elles ren- 
dent Ircs-difTicilc leur division en groupes secondaires. Il y a de ces 
insectes dans toutes les régions du globe ; l'Europe en possède trois es- 
pèces dont deux connues depuis longtemps (a). 

(1) Svn. OnoNTOMDS, Kirby, Faun. Bor. Amer. p. 156. Ce nom est em- 
prunté a un caractère illusoire, quoi qu'on dise Kirby dans sa diagnoso de ce 
genre, iWlvoir une dent qui existerait aux épaules des élytres. Il n'y en a au- 
cune trace, du moins dans toutes les espèces il moi connues; les callosités hu- 
méralcs sont simplement un peu épaissies. 

(2) C. chrysostigma Linn., affinis F., Solicri C. et G.; les deux premiers 
répandus depuis la Sibérie jusque dans le nord de l'Afrique, le 3° de ce der- 
nier pays et do l'Europe moyenne et tempérée. Le C. pini de M. Klingelhoeffer 
(Stettin. cnt. Zeit. 1845, p. 347) n'en diffère pas. 

four les autres espèces du genre, voyez C. cl G. Mon. II, et IV, Suppl. p. 157; 
déduction faite des Actenobes, ces auteurs on décrivent 66. — Aj. Esp. asia- 
tique : C. hcxasiigma, Maunerh. Bull. Mosc. 1837, n» 8, p. 78; Turcoménic.— 



76 BdPnESTIDES. 

Les deux sexes des CDBvsoBOTnnis ont l'extrcmilé de l'abdomen plat 
ou moins tronquée ou (par ex. chrysosligma, a/]^nis ^échancrce chez 
les mâles et tronquée clicz les femelles ; ce dernier cas parait le plus 
commun. La troncature est bi- ou (ridentée , mais en général très-briè- 
vement. 

GHOUPB VI. Agrilidei. 

Antennes insérées sur le front à une distance notable des yeux, dans 
des cavités très-grandes, rétrécissant fortement l'épistome à sa base; 
leurs fossettes porifères terminales. — Ecusson médiocre, en triangle 
rectiligne oU transversal et acuminé en arrière (I).— Crochets des 
tarses dentés ou appendiculés. — Cavité sternale formée presque en to- 
talité par le mctasternum ; les branches du mésosternum très-courtes, 
^ peine distinctes. — Menton grand, triangulaire. 

A cet ensemble de caractères très-tranché et qui sépare nettement ces 
insectes de tous ceux qui précèdent , il faut ajouter les particularités 
suivantes : 

Leur corps est généralement étroit et linéaire. Souvent les organes 
buccaux paraissent comme rétractés , par suite de la saillie que fait le 
cadre buccal. Les mandibules sont épaisses et concaves au côté interne. 
Les antennes sont toujours courtes, glabres, grêles, faiblement dentées, et 
leur 2" article est souvent plus grand que le 3», à l'inverse de ce qui a lieu 
dans le reste de la famille (â). Parfois (Rujsboscelis) ces organes sont 
reçus dans des sillons marginaux^ prothorax, semblables à ceux qui 
existent chez plusieurs Eucnémides. Les tubercules frontaux manquent 
constamment. Les élylres sont fréquemment débordées latéralement par 
l'abdomen. Dans la plupart des genres les hanches antérieures sont 
écbailcrées en avant par le métasicrnum, d'où résulte à leur extrémité 

Esp. d. Indes or.? Bupr. quadrimaculnta, Fab. Syst. El. II, p. 208. — Esp. de 
l'Abyssinio : C. panioc/ilora, Guèrin-Ménev. in Lcfebvr. Voy. en Abyssin. Zool. 
p. 276, pi. 11, f. 2. — Esp. d. l'Amér. bor. : Bupr. frontalis, Fab. Syst. El. Il, 
p. 199. — Odont. trinervia [dentipes? Germ.), proxima, Kirby loc. cit. p. 157. 
— Bupr. sexguttata, Say, Joiirn. of the Acad. of Phllad. III, p. 161. -»B. acor- 
nis, Say, Trans. of the Amer, pliil. Soc. VI, p. 159. — C. cnlcarata^mclata, 
sirangulata, viridiceps, rugosiceps, Melsheim. Proceed. of tbc AcadTW Philad. 
U, p. 146. — Esp. de l'Amér. russe : C. cicafricosa, Motsch. Etud. cntom. 
1"> ann. p. 77. — Esp. des Antilles : C. fraiernn, Manncrh. loc. cit. p. 75; do 
Puortorico. — Esp. de l'Amér. d. Sud : C.emorginatocollis, Blanch. in d'Orb. 
Voy.; Entom. p. 148, pi. 9, f. 5; dupaysdesChiquitos. — Esp.de l'Australie: 
C. australasiœ, Hope, Trans. of the ont. Soc. IV, p. 216. 

(1) Lo genre Mastocenius fait exception à cet égard ; son écussoD est en 
triangle curviligne. 

(2) Partout MM. De Casteinau et Gory assignent h ces organes un second ar- 
ticle très-court, ce qui ne s'explique pas. 



BDPBBSTIDES TRAIS. 77 

externe nne saillie qui embrasse ce dernier en dehors en recouvrant 
ses épimcres. De son côté, leur hord postérieur est plus ou moins échan- 
crè, de telle sorte que son angle externe est aussi saillant que l'interne. 

Les différences sexuelles paraissent être nullesdans toutes les espèces; 
le dernier segment abdominal est arrondi, plus rarement sinué, dans les 
deux sexes. 

Les Agrilides sont répandus partout et forment, quant aux espèces, le 
groupe de la famille le mieux représenté en Europe, bien que cette 
partie du monde ne possède que les deux genres Cob^bds et Agrilds. 

On peut, en prenant pour point de départ les tarses, répartir les neuf 
genres qui suivent de la manière suivante : 

I. l" art. des tarses poster, beaucoup plus court que les trois suivants réunis. 
a Protliorax sans sillons antennaires. 

b Cuisses postérieures simples. 

c Protliorax muni en dessus de deux carènes latérales allongées. 
Écusson en triangle régulier : Ethon. 

— transversal et acuminé en arrière : Cisseis. 

ec Prothorax muni en dessus do deux courtes carènes latérales. 
Écusson transversal et acuminé en arrière : Corcebus. 

— en triangle régulier : Discoderes. 

aa Prothorax pourvu de sillons antennaires : Rhœboscelis. 
bb Cuisses postérieures renHées : Pseudagrilus. 

II. Tarses grêles; leur t" art. allongé. 

d Des lamelles sous le 4» art. des tarses seul : Stenogaster. 

dd les quatre !«" articles. 

Prothorax lobé h sa base : Agrilus. 
— tronqué — Mastogenius. 

ETHON. 
De Casteln. et Gorï, Mon. d. Bupr. II. 

Dernier article des palpes maxillaires allongé, ovalaire. — Tête peu 
saillante, cxcavée et profondément sillonnée dans toute sa longueur ; 
épistome très- fortement rétréci à sa base. — Yeux gros, saillants, dis- 
tants en dessus.— Anicnncs à articles 2 au moins aussi long que 3, 
4-11 dentés en scie subobluse.— Prothorax penché, transversal, un peu 
rétréci en avant, muni de chaque côté en dessus d'une carène flexueusQ 
parlant des aiigles postérieurs et atteignant presque son bord antérieur; 
son lobe basilaire tressaillant et tronqué. — Ecusson assez grand, en 
triangle rcctiligne régulier. — Elytres oblongo-ellipliques, planes, ar- 
rondies et iner.nés au bout. — Pattes assez grêles ; 1" article des tarses 



78 BLPnESTIDES. 

postérieurs aussi long que 2-3 rébnis ; crochets dentés à leur base. — 
Métasternum au plus médiocrement échancré en avant ; branches du 
mésosternum à peine distinctes. — Prosternum tronqué en avant; sa 
saillie postérieure large, plane, parallèle, arrondie au bout.— Corps' en 
général large et déprimé. 

La forme de la tête et celle de l'écusson rendent ce genre aisé à re- 
connaître parmi tous les Agrilides à tarses courts. Il se compose d'uo 
petit nombre d'espèces de l'Australie, de couleurs métalliques plus ou 
moins cuivreuses et souvent ornées de petites taches ou de bandes 
flexueuses formées par des poils de nuances variables. On en voit sou- 
vent de confondus dans les collections avec les Cisseis dont ils diffèrent 
essentiellement parles deux caractères indiqués plus haut (1). 

CISSEIS. 
De ■Casteln. et Goky, Mon. de Bupr. II (2). 

Dernier article des palpes maxillaires assez robuste, subcylindrique et 
tronqué au bout. — Tête courte, plane ou médiocrement concave; front 
souvent séparé par une carène transversale de l'épistome; celui-ci for- 
tement rétréci à sa base par les cavités antenniiires, échancré en avant. 
— Antennes courtes, à articles 1 gros, 2-3 obconiques, de longueur re- 
lative variable, 4-11 dentés, carrés, sauf le 4» qui est Irigone. —Yeux 
médiocres, ovalaires, distants en dessus.— Prothorax transversal, assez 
convexe, muni à sa base d'un lobe médian large, tronqué et d'une lon- 
gue carène latérale de chaque côté en dessus. — Ecusson médiocre, 
transversal à sa base, fortement acuininé en arrière. — Elytres oblon- 
gues, peu convexes, arrondies à leur extrémité et finement denticulées 
en arrière. — Tarses des Etuon, avec les crochets appendiculés. — 
Métasternum fortement et largement échancré en demi-cercle; branches 
du mésosternum très-courtes. — Proslernum large, plan, tronqué en 
avant. 

Insectes également de l'Australie, très-voisins des CouiEBOS qui sui- 
vent, surtout des C. undalus et rubi d'Europe. Les seuls caractères 
qui les en distinguent sont la longueur des carènes latérales du protho- 
rax, leur métasternum plus horizontal et plus fortement échancré, enfin 
le 1" article do leurs tarses postérieurs relativement plus court. 

(1) MM. De Caslelnuu et Gory eux-raômes, tout en créant le genre, ne l'ont 
pas bien compris. L'espèce qu'ils ont placée en tête, le Bupr. leucosticta de 
Kirby, est un CissEis, et il est probable que parmi les six autres {bicolor, mar- 
moremi C. et G., fissiceps Kiiby, affine C. et G., waiiosum Boisduv., fjiVirfa 
C. et G.) qu'ils ont décrites, il en est d'autres qui sont dans le môme cas. — 
Aj. E. nubeculosum, chakoptcrum, notulatum, Germar, Linn. ont. III, p. 176. 

(2) Syn. Dipuuchama Dej. Cat. éd. 3, p. 92; sous ce nom Dejcan compre- 
nait en même temps les Ethon. — Bdphesiis Boisduv., Guérin-Ménev. 



' BUPneSTIDES VRAIS. 79 

MM. De Castelnau et Gory qui les ont placés, bien à lort, dans leur 
groupe des Anlhaxides, se taisent sur la forme des crochets de leurs 
tarses, qu'ils ^t cru dès-lors simples, mais qui sont faits comme je l'in- 
dique. On n'en a décrit aucune espèce depuis les six mentionnées par 
ces auteurs (i). 

COUiEBUS. 

De Casteln. et Gouy, Mon. d. Bupr. II. 

Dernier article des palpes maxillaires plus ou moins Irigone. — Tétc 
courte, peu profondément sillonnée ; épistomc fortement rétréci par les 
cavités antennaires, faiblement échancré en avant. — Antennes courtes, 
dentées en scie aiguë à pactir du 4» article ; le 3" égal au 2» ou un peu 
plus court. — Yeux médiocres, peu saillants, très-distants en dessus.— 
Prolhorax transversal, assez convexe sur le disque, muni à sa base d'un 
lobe médian large et arrondi, et d'une courte carène arquée de chaque 
côté en dessus. — Ecusson médiocre, transversal, rétréci et très-aigu 
en arrière. — Elytres oblongucs, rétrécics, arrondies et finement den- 
ticulées à leur extrémité. — Tarses partout semblables, courts; leurs 
quatre I»" articles comprimés, égaux, trigones ; crochets un peu soudés 
à leur base, fendus au bout, la division inférieure plus courte. — Mé- 
lastcrnum incliné et faiblement échancré en avant.— Prosternum large, 
assez convexe, tronqué en avant, obtusément acuminé en arrière. 

Ce genre, dans lequel MM. de Casicinau et Gory ont compris des 
éléments divers (-2), me parait devoir être uéduit aux espèces voisines 
des Bupr. undala et rubi F., d'Europe, qui en sont pour moi les types. 
Dans ces limites il est très-voisin desCissEis; ses espèces ont une forme 
analogue et des élytres ornées de bandes llexueuses formées par une 
fine pubescence blanche; mais elles en diffèrent essentiellement parleurs 
tarses et la faible échancrure de leur métasternum. 

Si l'on y ajoute, comme on le l'ait généralement, le Bupr. data F. de 

(1) C. VL-gutlata Guérin-Ménev., albbsparsa, stigmata C. et G., irrorata 
Uopo, marmorala C. et 0.,cupripennis Gu6rin-M6nev.; à quoi il faut ajouter, 
comme on vient de le voir, VEthon leucostictum C. et G. 

(2) Ils y ont placé des espèces (par ex. le Bupr. mucoreus Klug, du Br6sil) 
qui ont les tarses griMes et allongés, avec le l""' article des postérieurs très- 
grand, comme chez les-AciiiLUs. 

Depuis la Monographie do ces auteurs, les Cori/EBUs suivants ont été publiés; 
il est probable que plusieurs n'appartiennent pas au genre. Esp. d'Europe : 
C. pruinosus, subfascialus, Kuster, die Kief. Europ. V, 53, 54; robustus, par- 
wlus, chalybœus, XXIV, 02-64; tous do l'Europe or. et mér. — Esp. d'Algérie : 
C. fulgidïcoUis, Lucas, Explor. d. l'Alger.; Entom. p. 153. — Esp. de Natal : 
C. albopunctattts, callosicollis, parellinus, psUtacus, cœsareus, purpuralus, 
conlubernalis, fratemus, Bohcni. lus. Catfrar. I, p. 347.— Esp. do l'Austra- 
lie : C. chrysoitygius, Germar, Linnsa entom. 111, p. 178. 



80 BVPRBSTIDn. 

l'Earope australe, il faut modifier un peu la formule générique qui pré- 
cède pour ce qui concerne le prosternum, cet organe étant, chez cette 
espèce, muni en avant d'une mentonnière distincte. Cet insecte et ceux 
qui l'avoisiaenlformcraientaiors dans le genreuneseclion particulière (1). 

DISCOOERES. 
CuEVROL. in SiLBERH. Rev. entom.\,p. 83 (2). 

Genre très-voisin des Cor^bds et qui n'en diffère essentiellement 
qu'en ce que les antennes ne sont dentées qu'à partir du 5° article, les 
trois précédents étant égaux, obconiqucs ou globuleux. Ses espèces sont 
polymorphes, et ce n'est que comme caractères secondaires et sujets à 
quelques exceptions, qu'on peut ajouter à celui qui précède les suivants: 

Tèle souvent cxcavéc et en même temps tubcrculée. — Protborax 
également tubercule ; son lobe médian coupé carrément. — Ecusson 
plus grand que celui des CoiiiEDus, en triangle rectiligne allongé et très- 
aigu. — Tarses plus robustes ; leur 1°'' article un peu plus long que cha- 
cun des deux suivants ; leurs crochets appcndieulés (s). 

Ainsi constitué le genre comprend tous les AnonpoosoMA de MM. De 
Casteinau et Gory, qui ont le l*^' article des tarses à peine plus long que 
le suivant. Le Bupr, exasperala de Schœnherr (4) peut en être regardé 
comme le type'. Ces insectes paraissent propres à l'ancien continent, 
particulièrement à l'Afrique australe, à Madagascar, aux Indes orien- 
tales et à l'Australie [s) ; du moins c'est de ces pays que proviennent 

(1) M. Chevrolat (in Silberm. Rcv. entom. V, p. 102) a décrit sous le nom 
de Polyonychus mucidus un insecte du Bengale que MM. de Casteinau et Gory 
ont publié depuis sous le nom de Cor. Smei, et qui présente tous les caractères 
essentiels du llupr. data. On povirrait adopter ce genre dont M. Chevrolat n'a 
pas exposé les caractères, et le différencier des Coh/EBUS par la présence d'une 
mentonnière au prosternum et l'écliancrure distincte et triangulaire du méta- 
stcrniim. La plupart des Cor;EDUS aciuellemcnt connus rcnl reraient dans ce 
genre, à supposer toutefois qu'il n'y ait pas des passages qui le rendent inad- 
missible. 

(2) Syn. Amorphosoh* pars, C. et G. Mon. II. 

(3) M. Cticvrolat les indique à tort comme étant simples. 

(4) Syn. Ins. III; Append. p. 124. M. Chevrolat a donné pour type au genre 
l'Agrilus Salzmanni Solier (Ann. d. 1. Soc. entom. U, p. 303), dont MM. de 
Casteinau et Gory ont fait un Cor/EBUs. Je ne le connais pas; s'il a les tarses 
faits comme dans le genre actuel il d»vra en effet y rester. L'exasperata a été 
cité par M. Chevrolat comme devant en faire partie. 

(5) C'est h ce titre que je rapporte ici les espèces suivantes d'AMOBPHOSOllA 
décrites en dehors de la Monographie des Bupreslides : A. fasciatmn, Guérin- 
Ménev. Rev. Zool. 1840, p. 328; du Bengale, —tasmanicum, Germar, Llnnaea 
entom. III^ p. 179; de la Tasmanie. — speclrum, denticollis, capucina, deruta, 
vidua, immunita, acutipennis, cornuta, Bohem. Ins. Caffrar. I, p. 339; de Natal. 



BDPRBSTIDES VBAIS. g( 

toutes les espèces qui me sont connues. Les espèces américaines que 
les deux auteurs ci-dessus leur ont associées ont les tarses tout autre- 
ment faits et doivent en être séparées. 

RILEBOSCELIS. 
Chetrol. in SiLBERB. Rev. entom. V, p. 103 (1). 

Dernier article des palpes maxillaires subovalaire et tronqué. — Tête 
médiocre ou petite , convexe et canaliculée en avant ; épislome très- 
fortement rétréci à sa base, échancré antérieurement. — Antennes à 
articles 1 renflé, 2 presque aussi gros, subovoïde, 3-5 très-gréles, al- 
longés, cylindriques, subégaux, 6-11 dentés en scie oblique et aiguë.— 
Yeux assez grands, peu convexes, distants en dessus. — Prolhorax plus 
ou moins trapéziforme, muni à sa base d'un lobe médian large, arrondi, 
et sur ses flancs de sillons marginaux. — Ecusson assez grand, subqua- 
drangulaire en avant, muni d'une épine très-aiguë en arrière. —Elytres 

allongées, planes en dessus, arrondies et inermes à leur extrémité. 

Pattes assez longues et grêles ; les quatre 1ers articles de tous les tarses 
très-courts, égaux, trigones, comprimés, munis de lamelles très-appa- 
rentes; le 5» grand, ses crochets épais, fendus au bout; les divisions 
latérales et égales. — Métasicrnum légèrement échancré en avant. — 
Prosternum large, pourvu d'une trcscourte mentonnière.— Corps étroit, 
arqué en dessus. 

La forme de la tête, celle des antennes et surtout la présence de sil- 
lons antennaires sur les flancs du prolhorax , caractère qui est signalé 
ici pour la première fois, distinguent, au premier coup-d'œil, ce genre 
de tous les précédents. Sauf une espèce de l'Amérique du Nord (a) qui 
m'est inconnue et qui ne lui appartient peut-ëlre pas, il est propre au 
Brésil et se compose d'un petit nombre d'espèces d'assez grande taille 
pour ce groupe, d'un beau bleu passant au vert doré ou au violet et quel- 
quefois relevé par des reflets cuivreux éclatants (s). 

(1) Syn. EoMEnos,DeCasteln. ctGory, Mon. II; nom déjà employé parMei- 
gcn pour des Diptères, et par Kirby pour des Hémiptères. 

(i) Bupr. iijnara, Fab. Syst. El. II, p. 211 ; c'est le B. cogitans de Weber, 
Obs. entom. p. 75 et do Say, Trans. of te amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 164; 
ce dernier nom a la piiorité. 

(S) R. imperator C. et G., violaceus C. et G., chryselytrus Perty, purpureus 
Chevrol. {longipes C. et G.), chalybœus C. et G. loc. cit. et IV, Suppl. p. 275. 



Coléoptères. Tome IV. 



\ 

g2 BUPXr.STID&S. 

PSEUDAGRILUS. 
Ds Casteln. iû SiLBEBM. Jiev. entom. 111, p. 165. 

Dernier article des palpes maxillaires légèrement ovalaire. — Labre 
allongé, étroil, arrondi en avant. —Tùle arrondie. — Anlennes à ar- 
ticles 1 le plus long de tous, âobconique, 3-10 dentés en scie, plus longs 
que larges, 1 1 subovalaire et oblique. — Yeux assez grands, un peu 
allongés. — Prothorax arrondi latéralement. — Ecusson triangulaire.— 
Elytres allongées. — Pattes moyennes ; cuisses postérieures renûées, 
surtout chez les mâles ; les quatre l"s articles des tarses à peu près 
égaux, le 5° allongé ; leurs crochets uuidentés. — Corps allongé, sub- 
cylindrique. 

M. De Caslelnau a caractérisé simplement ce genre, qui m'est inconnu, 
par la forme des cuisses postérieures. Une formule plus satisfaisante, 
quoique encore incomplète, en a été donnée depuis dans la Monographie 
desBupreslides, et c'est à elle que j'emprunte celle que je donne. Il pa- 
raît assez distinct non-sculcmeiil par le rcnllement des cuisses posté- 
rieures, mais encore par les antennes dentées à partir du 3" article. Le 
type est un pelit insecte de l'intérieur du Sénégal (I), orné des couleurs 
les plus éclatantes et fort rare dans les collections. On en a décrit deux 
autres espèces d'Abyssinie ("2). 

STENOGASTER. 
SoLiEB, Ànn. d. l. Suc. eniom. II, p. 305, 

Palpes maxillaires très-courts; leur dernier article tronqué au bout. 
— Tète un peu concave et inégale ; épislome médiocrement rétréci à sa 
base, échancré en avant. — Aiiletmes assez robustes, à articles 1 mé- 
diocre , 2-4 obconiques, égaux, 511 dentés en scie assez aigui;. trans- 
versaux. — Yeux assez grands, médiocrement saillants, distants en 
dessus. — Prolhorax court, inégal en dessus, fortement et angulairement 
bi-sinué à sa base, avec son lobe médian tronqué. — Ecusson assez 
grand, variable, trcs-acuminé en arrière. — Elytres allongées, planes 
sur le disque, régulièrement rétrécics d'avant en arrière, arrondies et 
finement denticulées au bout ; leur base pénétrant dans les sinus de 
celle du prolhorax. — Hanches postérieures échancrées par le méta- 
stcrnum ; tarses grêles, comprimés; leur 4» article seul muni d'une lon- 
gue lamelle, lés autres ciliés ; le 1" des postérieurs allongé ; crochets 
robustes, fortement fendus; la division interne courte. — Métasternum 

(1) P. iplendidtu, Do Casteln. toc. cit.; et C. et G. Mon. II, pi. 1. 

(2) i». granulosus, zonatus, Roth in Wiegm. Archir, 1851, 1, p. 11». 



BUPBESTIDES TBAIg. 33 

angulairement el fortement cchaBcrccn avant. — Prosternum Irès-plao 
tronqué anlérieurcmcnl. — Corps allongé, déprimé, cunéiforme. 

Le caraclère essentiel de ce genre réside dans l'absence des lamelles 
sous les trois premiers articles des tarses; cVslIe seul parmi les Bu- 
prcslides qui soit dans ce cas. Ses espèces, assez nombreuses (i). sont 
répandues dans les diverses parties de l'Amérique du Sud el au Mexique 
Leur couleur est en général d'un bronzé assez brillant, plus ou moing 
clair ou obscur, el le dessus de leur corps est marbré de taches irrégu- 
hcres formées par des poils d'un blanc grisâtre. Celle qui forme le type 
du genre, le liupr. lincaris Linné, est un insecte des plus communs à 
Cayenne. 

AGRILUS. 

(Mec.) Curtis, Bril. Entom. 11, p. 67 (2). 

Dernier article des palpes maxillaires ovalaire. — Tôle courte, de 
sculpture variable ; épislonie en général médiocrement réiréci à sa 
base, -r- Antennes déniées à partir du 4» article, le 3" et le 2» subégaux, 
obroniques. — Yeux assez grands, peu saillants, distants en dessus.— 
Prolhorax transversal, muni à sa base d'un lobe médian large, peu 
saillant et tronqué. — Elytres allongées et presque toujours débordées 
par l'abdomen dans ou avant leur milieu. — Tarses grêles, à articles 1 
très-allongé, comprimé, 2-4 décroissant graduellcuient ; leurs crochets 
fendus au bout, à divisions inégales. — Mélasternum angulairement et 
médiocrement échanrré en .avant. — Prosternum plan , muni d'une 
mentonnière en général très-prononcée. 

Je réunis dans ce genre toutic reste des Agrilides à 1" article des 
tarses postérieurs allongé. Il nc'peul par conséquent être confondu qu'a- 
vec les SrEHOGASTiiii qui précèdent cl les Mastogenios qui suivent; 
mais il est facile à distinguer des premiers par la présence d'une lamelle 
sous les quatre 1"" articles des tarses el d'une mentonnière au prosler- 
num; des seconds par son prothorax lobé à sa base. 

Dans ces limites c'est un groupe aussi polymorphe que les Psiloptera 
el qui comprend, outre tous les Agiulus à moi connus de MM. De Cas- 
leluau et Gory, leurs Amobpuosoma américains (.-,) et quelques-uns de 

(1) AiixlOcsp. (Iccritcs par MM. C. elG. (Mon. ll.ct IV, p. 201), aj. St. nu- 
6<(uj!,dcCoIomIiio;î/m»!««s,duBrésil;Manncrh. Bull.Mosc.1837 n»8 p 104 
— dtlTvsus, furciveniris, Clievrol. in Silbcrm. Rev. cnt. V, p. 87- du Brésil — 

palleoMus, morosui, bilœniatus, angusius, incerlvs, Catharinœ, fossttlalm- 

thevrol. Col. d. Mexiq., Cent. Il; Mexitiuc. 

(2) Syn. Amorpuosoma et Oon,EBus pars, C. et G. Mon. II. 

Jtn ""'in*^ Castelnau, le créateur du genre Aborpuosoha (in Silbcrm. Rot. 
vom. m, p. 1C6), lui avait donné pour types deux espèces brésUiennes, les 



84 BOPRESTIDES. 

leurs CoBiEBCs du même pays (1). On applique ordinairement le premier 
de ces noms à des espèces dont la tète est plus ou moins excavée et hé- 
rissée de tubercules ainsi que le prothorax. Mais entre elles et celles 
de nos espèces européennes qui ont ces deux parties les plus simples il 
y a tous les passages imaginables. 

Les Agrilks européens sont pour la plupart des insectes de taille au 
plus médiocre, de forme linéaire et grêle, à tête verticale, plane sur le 
front, à prolhorax assez régulièrement cylindrique et à élytres arron- 
dies à leur extrémité. Il s'en trouve de semblables dans presque toutes 
les parties du globe. Mais parmi les espèces exotiques, surtout celles 
de l'Amérique intertropicale, il y en a de formes très-variées et parfois 

Le genre est un des plus nombreux de la famille et répandu partout. 
Ses espèces, à de rares exceptions près, sont de couleurs métalliques et 
souvent ornées sur les élytres, les flancs et l'abdomen , un peu moins 
souvent sur le protborax, de taches formées par des poils de nuances 
variables (2). 

Bupr. penidUata et hydropica Kliig, en ajoutant qu'il y comprenait également 
une espèce du Cap qu'il ne nomme pas. Ce n'est que plus lard qu'il a, de 
concert avec Gory, altéré le genre en y introduisant des csiièccs do l'ancien 
continent. Mais dans l'intervalle, M. Chevrotât avait .établi sar ces dernières son 
genre Discodeues qu'on a vu plus haut. 

(1) Par ex. Cor. mucoreus Klug, du Brésil. Cet insecte présente tous les ca- 
ractères et le faciès <les deux espèces citées dans la note précédente. 

(2) Aux nombreuses espèces décrites par MM. De Castolnau et Gory (loc. cil. 
n et IV, Suppl. p. 207), aj. Esp. européennes : A. mendax, Sahlbergii, Man- 
nerh. Bull. Mosc. 1837, n" 8, p. ill.— tennis, cyanescens [cyaneus? C. et G.), 
nocivus, (agi, heiuUti, iniegerrimus, IVatzcb. Die Forstins. I, p. GO. — Roberti 
(imcan-.s-F.),Clicvrol.inSilberm.Uev.cntom.V,p. 89.— caj)rcœ((iis««flfMon(ias 
C. et G.), Chcvrol. Rev. Zool. 1838, p. 56. — tiWei, Curlis,Ann. ofnat. Hist. 

V p. Wj.—convexicollis, cupreus, auvichakeus, bicolor, quercinus.t. Red- 
tenb. Faun. Austr.; Die Kccf. p. 285. — Esp. d. 1. Russie môr. : A. latifrons, 
Mannerh. loc. cit. p. 114. — Esp. africaines r Bupr. liluruta, Klug, Symb. 
phys. V, pi. 1, f. 13; de Nubie. — A. discolor {ferrugineoguliatus C. et G.; 
nec Herbst), hasiiolatus, suhsignatus, debilis, cyanimus, beryllinus, mendicus, 
sulcifrons, tenellus, pygmœus, cuspidatus, cylindriœllis, Bohom. Ins. Caffrar. 
I, p. 354; de Natal. — falcipes, exilis, Roth in Wiegm. Aixliiv, 185], I, p. 119; 
d'Abyssinie. — Esp. d'Arabie : Bupr.purpurata, descita, Klug, Symbol, phys. 

V pi. 1, 1. 12, 14. — Esp. indienne : A . caschmiriensis, Kollar u. L. Redteub . 
in Hiigels Kaschmir, IV, 2, p. 505. — Esp. de la Polynésie : A. indignus, fissi- 
frons, L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 353; le premier do Taïty, le 
second de Tonga-Tabou, -humcrosus, L. Fairm. ibid. 1850, p. 182. 

Esp. des États-Unis : B. qucrcata, Fab. Syst. El. II, p. 216. — B. bili- 
neata, Weber, Obs. entom. p. 74 (A. bivittatus )iirhy ; ftavoUneatus et auro- 
lineat'us C. et G.) — B. lateralis, granulala, geminala, Say, Journ. of the 
Acad. of Philad. III, p. 160 sq. — B. arcmla, polita, Say, Ann. of the Lyc. of 
New-York, 1, p. 249 sq. — A. faUax, puiillui, odosus, Say, Trans. ef the 



J 



BDPnESTIDBS VRAIS. 8S ■ 

MASTOGENIUS. 
SoLiEU in G\Y, Hist. de Chile; Zool. IV, p. 507. 

Dernier article des palpes maxillaires subovalaire, assez long et tron- 
qué au bout (1). — Tête courte, verticale, plane, avec une fossette sar 
le front ; épistome médiocrement rétréci à sa base. — Antennes îi ar- 
ticles t-2 gros, 3-4 subcylindriques , 5-10 brièvement dentés en scie. 

— Veux médiocres, allongés, distants en dessus. — Prolhorax trans- 
versal, droit sur les côtés, coupé carrémenUà sa base, régulièrement et 
faiblement convexe. — Ecusson petit', en triangle curviligne. — Elytres 
allongées, déprimées. — Pattes grêles ; l"' article des tarses postérieurs 
médiocrement allongé ; crochets appcndiculés. — Métasternum assez 
fortement et triangulaircment échancré en avant. — Prosternum largCi 
tronqué antérieurement. 

Genre établi sur un petit insecte (2) du Chili, de moins de deux lignes 
de long et qui, au premier coup-d'œil, a plutôt l'aspect de certains Da- 
SYTES que d'un Buprcslide, mais qui est en réalité, comme l'a très-bien 
TU Solier, voisin des Agrilds, dont il se distingue par son prolhorax 
tronqué en arrière, son écusson, ses antennes dentées à partir seulement 
du 5» article et la structure de ses tarses. Cet insecte est en entier d'un 
noir unifurnic, peu brillant et glabre. 

amer. Philos. Soc. VI, p. 163. — vittaticollis, Randall, Boston Journ. of nat. 
Hist. H, p. 38. — qiiadri-impressus, Zicgler, Procecd of the Acad. of Philad. 
II, p. 257. — Esp. du Mexique : A. prionurus , propinquus , hrunnipennis , 
aureus IjperlucidusC. (ilG.),cavatus, Chcvrol. iu Silbcim. Rev. eut. V, p. 95. 

— /'M»ciMf(/uï, Clievrol. Col. d. Moxiq. Cent. I; sulcatulus, tœniatuSj atripen- 
nis, ccrinoguttatus , chalcoderes, basalis, Cent. II. — blandulus, Guérin- 
Ménev. Rov. Zool. 1844, p. 256. — Esp. de Colombie : A. aculeipennis, ine- 
ditus, Chevrol. in Silb. loc. cit. p. 94 sq. — Esp. do Cayennc : A. cyanipennis, 
setipes (chrysocephalus C. et G.), Chevrol. loc. cit. p. 92. — Esp. du Brésil : 
Bupr. iubcrculata, hydropica, Klug, Eutom. brasil. Specim. sec. pi. 40, 
f. 9, 11. — Âmorphos. hirundo, pisciformis , Agr. spinamajor {spiniger 
C. et G.), 10-noiatus {furcatipennis C. et G.), languidus {longiUus C. et G.), 
^Iverosus, pruinosus, versicolor, fasciolatus, Chevrol. loc. cit. p. 85. — 
caudatus, siibuliformis, nanulus, Manucrh. Bull. Mosc. 1837, u» 8, p. 108 sq. 

— Esp. deBolivia: A.spinosus, Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom.p. 153. — Esp. 
de Buenos-Ayics et de Patagonie : A. ater, rugosicollis, Blanch. ibid. p. 154. — 
argutulus, Mannerh. loc. cit. p. 109. — Esp. du Chili : A. sulcipennis, Solier 
in Gay, Hist. d. Chilo; Zool. IV, p. 505. 

(1) Solier décrit le mouton comme étant « mammiformo, avec les angles de 
«a base obliquement tronqués », expressions qui feraient croire que cet organo 
est convexe et môme tuberculeux sur sa face externe. La réalité est qu'il n9 
diffère absolument en rien de celui des autres Agrilidcs. 

(2) Jlf. paraUelits, Solier loc. cit. Col. pi. 12, f. 13. 



86 DDPBBSTIDES. 

Groupe VU. Trachydes, 

Antennes insérées sur le front, à une distance notable des yeux, dans 
des cavités très-grandes, rétrécissant fortement l'épislonie à sa base ; 
leurs .fossettes poriféres terminales. — Ecusson triangulaire. —Tarses 
très-courts; leurs crochets dentés ou appcndiculés. — Mélasiernum 
formant presque en entier la cavité slcrnale; branches du mésosternum 
presque nulles. — Menton grand, triangulaire. 

Ce petit groupe est très-\'^isin des Agrilides et ne saurait même, à la 
rigueur, en être distingué par des caraclcrcs précis, quand on ne lient 
compte que de ceux fournis par l'état parfait. Mais h l'état de larve ses 
espèces sont si profondément dificrentes de celles du groupe précédent, 
ainsi qu'on l'a vu plus haut, qu'il me parait nécessaire d'exprimer ce» 
différences dans la classification en faisant un groupe à part de ces 
insectes. 

La plupart des particularités que présentent les Agrilides se retrou- 
vent chez eux et ne demandent dès-lors aucune remarque nouvelle, si 
ce n'est de signaler l'extrême brièveté des tarses qui est constante dans 
toutes les espèces. Il suffît d'y ajouter que tous sont rie pelite taille et 
que, sauf les Aphanisticus qui sont aussi allongés et aussi grêles que 
les AcniLus les plus linéaires, presque tous sont remarquables par la 
brièveté de leur forme. 

Ils rentrent dans les trois genres suivants, dont un seul (Bracoys) est 
étranger à l'Europe. 

I. Antennes reçues au repos dans des sillons prothoraciques : Brachys. 
U. — libres au repos. 

Corps très-court, trigone : Trachys. 
— très-allongé, linéaire : Aphanisticus. 

BRACHYS. 
(Dej.) SoLiEn, Ann. d. l. Sac. entom. Il, p. 312 (1). 

Dernier article des palpes maxillaires ovalaire et acuminc au bout. — 
Tête petite, plus ou moins saillante, le plus souvent non sillonnée; épistome 
fortement rétréci à sa base, échancrc en avant. — Antennes reçues au re- 
pos dans des sillons marginaux du prolhorax, courtes, à article 1-2 gros, 
3-S grêles, subovalaircs, 6-8 obtusément et brièvement dentés en scie. 
— Yeux médiocres, peu saillants, latéraux. — Protborax court, plus ou 

(1) Syn. Pachysc.helus et TAPiinocEnos, Solier toc. cit. p. 313 et 314. — 
Mbtonius, Say, Trans. of Itie amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 164. — Lies, 
Dej. Cat. éd. 3, p. 94. 



BDPnL*STII>ES VHAIS. 87 

moins Irapéziforme. — Ecusson triangulaire. — Elylrcs de forme va- 
riable. — Pallcs courlesct conlraclilcs; cuisses canaliculées en dessous; 
tarses tantôt libres, tantôt reçus dans un sillon du bord externe des 
jambes, courts, à articles 1-4 égaux, 5 court ; ses crochets ur.idenlés 
à leur base. — •Mélaslcrnum diversement échancré en avant. — Pro- 
sternum large, tronqué antérieurement. - Corps cunéiforme, elliptico- 
ovale ou suborbiculaire. 

Petits insectes propres à l'Amérique où ils paraissent répandus à peu 
près partout et représenter les TiiAcnys de Tancicn conlinent qui y 
manquent. On en a fait plusieurs genres dans chacun desquels on 
trouve des espèces de forme variable et qui reposent principalement 
sur des modilications du prothorax, de l'écusson, des jambes, etc. Mais 
ces modifications s'offaçant d'une espèce à l'autre ne paraissent pas avoir 
une valeur générique suffisante. 

Les Bracbïs vrais, en prenant pour type, comme l'a fait Solier, le 
Trachys tesscllala V. de l'Amérique du Nord, ont le prothorax forte- 
ment bisinué à sa base, avec le lobe médian échancré, l'écusson médiocre 
et les jambes linéaires. 

Les TAPUROCEnusdumôme, avec un lobe médian du prolhoraxet des 
jambes semblables, ont le prosternum convexe, pourvu d'une courte 
mentonnière en avant, l'écusson brusquement rétréci en arrière et les 
crochets des tarses épaissis et bri'èvemenl soudés à leur base, mais privés 
de dénis en dessous. Le type est le Uracliys alboguUala Mannerh., éga- 
lement de l'Amérique du Nord. 

Say a fondé son genre Metonius sur une espèce du même pays (1) 
qui ne diffère essenlielicmffnt des Bracoys vrais qu6 par son prothorax 
coupé presque carrément à sa base et la grandeur de son écusson. 

Les PAcnYScuELos de Solier, dont le type est une espèce brésilienne 
(P. scutcllalus Sol.), ne s'en distinguent qu'en ce que leurs jambes sont 
larges, sublriangnlaires et tronquées obliquement à leur extrémité. 

Quant au genre Lits de Uojean, ce n'est qu'un mélange d'espèces des 
quatre précédents avec les passages intermédiaires. 

Les rouleurs des Bbacdys sont généralement métalliques; plusieurs 
sont d'un beau bleu , quelques-uns noirs. Leur taille est ordinairement 
un peu plus grande que celle des Tracdys qui suivent («). 

(1) H. purpurfus, Say, loc. cit. 11 faut y ajouter sa Trachys ovata, Ann. of 
theLyc. of New-York, I, p. 252. MM. De Caslelnau cl Gory ne paraissent pas 
avoir eu connaissance de ces deux espèces. 

(2) Pour les espèces du genre Voy. C. et G. Mon. II et FV, Snppl. p. 327. 
Ils en ont décrit 42 auxquelles il faut ajouter : Br. scapulosa, Lius deplanatus, 
Chevrol. in Silberm. Rev. entom. V, p. 104. 



88 BOPBESTIOIS. 

TRACHYS. 

FiB. Syst. El. II, p. 218. 

Dernier arlicle des palpes maxillaires globoso-ovale, tronqué au bout. 
— Tête petite, plus ou moins concave ; épistome peu rétréci à sa base, 
échancré en avant. — Antennes des Bracuïs, mais njon reçues au re- 
pos dans des sillons prothoraciques. — Yeux gros, saillants, rapprochés 
infcricurement. - Prothorax très-court , rétréci en avant, bisinué ou 
quadnsinué à sa base ; son lobe médian très-prononcé, triangulaire. — 
Ecusson trigone, très-petit, parfois à peine visible. -Elytres très-courtes, 
elliptico-lriangulaires. — Pattes contractiles ; jambes linéaires; tarses 
libres au repos, pareils à ceux des Buacuïs. -Métaslernum très-large, 
assez fortement échancré en demi-cercle antérieurement. — Prosternum 
on peu convexe, arrondi en arrière, un peu saillant dans son milieu en 
avant. — Corps court. 

L'absence de sillons prothoraciques pour la réception des antennes au 
repos distingue essentiellement ce genre des Bbachys dont ses espèces 
ont la forme courte; son épistome faiblement rétréci à sa base et la pe- 
titesse de son écusson ne viennent qu'en seconde ligne. Il se compose 
en ce moment d'une vingtaine d'espèces dont l'Europe possède plu- 
sieurs; les autres se trouvent en Afrique, à Madagascar et aux Indes 
orientales (1). 

APHANISTICUS. 

« 

Uin. Règne anim. éd. 2, IV, p. 448 (ï). 

Palpes très-courts ; le dernier arlicle des maxillaires en ovale allongé 
et acuminé au bout. — Labre quadrangulaire, entier. — Tète trèssail- 
lante, coupée obliquement d'avant en arrière, profondément canaliculée; 

(1) Voyez De Casteln. etGory,Mon. Il et IV, Suppl. p. 350; les espèces eu- 
ropéennes sont : T. minuta Linn., •pygmœa Fiib. (var. pumila C. et G.), pumila 
llig. {intermedia Ramb., C. ot G.), nana Fab., ainea Mauncrli., troglodytes 
Schœnh. {triangularis Boisd. et Lac). Jo corrige la synonymie de la pygmœa 
et de la pumila, d'après une note de MM. Jacquolln-Uuval et Lareynlc, Aun. 
d. 1. Soc. cnt. 1852, p. 727. — Aj. r. Pandellei, L. Fairm. Ann. d. 1. Soc. 
ent. 1852, p. 79; des Pyrénées. — phlyctœnodes , Kolenati, Mclol. entom. V, 
p. 35; Russie mér. — T. coracina, incerla, puberula, iimida, lueidula, eva- 
nescens, Bohcm. lus. Caffrar. I, p. 366; de Natal. 

(2) Syn. GoNiopuTUAiMAjChevrol. in Silberm. Rev. ent. V, p. 106; genre non 
caractérisé, établi sur une espèce de Madagascar, mentionnée dans la note sui- 
vante, dont la tête est comme divisée en deux cornes qui ont, pour ainsi dire, 
porté les yeux en avant. Co n'est qu'une exagération de ce qui exUte dons les 
autres espèces. 



BUPBBSTIDBS VBAIS. 89 

épistome très-fortement rétréci à sa base, échancré en avant Antennes 

très-rapprocliées à leur base, reçues au repos, à leur base, dans un pro- 
fond sillon parallèle aux jeux; courtes, à articles 1-2 gros, 3-7 très-courts, 
subglobuleux, 8-11 dentés en scie. — Yeux grands, oblongs, distants 
en dessus , rapprochés inférieurcment. — Protliorax tantôt presque 
carré, tatitùt transversal et rétréci en avant, plus ou m'oins bisinué à sa 
base. — Ecusson très-petit, triangulaire. — Elytres allongées, sinuées 
sur les côtés. — Pattes courtes et contractiles ; cuisses larges , tran- 
chantes et canaliculécs en dessous ; tarses très-courts ; leurs quatre 
1"" articles triangulaires, égaux, le 6» allongé ; crochets unidentés à 
leur base. — Métaslernum Irèslarge, faiblement échancré en avant. — 
Prosternum large, tronqué antérieurement. — Corps étroit, plus ou 
moins allongé. 

Par suite de leur forme générale, ces insectes se distinguent sans 
peine des précédents. Les plus grands ont à peine deux lignes de long, 
et leurs téguments, de couleur métallique ou noirs, sont glabres. On en 
connait déjà une quinzaine d'espèces (i) répandues en Europe, en Afri- 
que, à Madagascar, dans l'Australie et au Mexique ; il ne paraît pas 
jusqu'ici y en avoir aux États-Unis (a). 

(1) Dont six mentionnées par MM. Do Castelnau et Gory (Mon. II et FV, 
Suppl. p. 355) : A. bicornutus [Goniophthulma milrata, Chevrol. loc. cit.), 
Goudotii, ater C. et G., de Madagascar; emarginatus F.,pusiUus Herbst, 01., 
Lamotei Guérin-Ménev., d'Europe. — Aj. A- anguslulus, pijgmœus, Lucas, 
Explor. de l'Algér.j Entom. p. ICO; de l'Algérie. — parvulus, dclicalulus, in- 
SCUlptus,pulius,pumiUo, Boliem. Ins. Caffrar. I, p. 370; de Natal. — canaii- 
culatus, Gcrmar, Linn. cntom. III, p. 180; de l'Australie. — impressus, exi- 
guus, Chevrol. Col. d. Mexiii. Cent. II; Mexique. 

(2) A moins qu'il ne faille rapporter au genre le Trachys gracilis de Saj 
(Ann. of tlie Lyc. of New-York, I, p. 253), comme le fait, mais avec doute, 
M. Melslioimer dans sou Cat. of Ihe doser. Col. of tho Unit. Stat. p. 66. Cela 
est en effet douteux, d'après la description de Say. 



FAMILLE XXXIII. 



THROSGIDES. 



Bouche inférieure. — Lan'guelte sans paraglosscs. — Deux lobes ani 
mâchoires, inermes, l'inlcrnc 1res- petit. —Télé verticale, rclractile dans 
le prolhorax. — Antennes de onze articles, reçues au repos dans des 
sillons prothorariques. — Pattes courtes, contractiles; cavités colyloïdcs 
antérieures étroitement ouvertes en arrière; hanches antérieures et 
intermédiaires globuleuses, sans trochanliiis; les postérieures lamelli- 
formes, canaliculées sur leur bord postérieur ; tarses penlamcrcs ; un ou 
plusieurs de leurs articles munis de lamelles en dessous. — Abdomen 
composé de cinq segments ventraux ; le cinquième plus grand que les 
autres. — Prosternum muni en avant d'une mentonnière; sa saillie pos- 
térieure plane, reçue et fixe dans une cavité sternale. 

Petite famille intermédiaire entre IcsBuprestides et les deux qui sui- 
vent, celles des Euctiémidcs et des Élatérides. Ses espèces se rattachent 
aux premiers par l'intime connexion du prolhorax avec l'arrière-corps, 
la forme plane de leur saillie proslcrnale et l'absence de la faculté sal- 
tatoire {!). Cotte mC'me saillie, l'insertion des antennes et la présence 
d'une mentonnière au proslernum les distinguent des Eucnémides qui 
sont également privés de la faculté en question. Quant aux Ëlatéridcs 

(1) Fail-olle réellement défaut cliez ces inscctcf ? .Te puis répondre par l'af- 
firmative pour les LissOMBS que j'ai très-souvent observés vivants au Brésil et Si 
Cayenne où plusieurs espèces sont communes. Quant aux Tnnosciis, la cliose est 
plus dcutcusc. 11 existe dans les « Entomologisclio Hcftc n (II, p. 11.")) une note 
anonyme dans laquelle les sauts qu'exécute l'espèce commune d'Europe sont 
décrits avec le plus grand détail; et de son ciUé Gyllcnliall (1ns. Suce. I, 
p. 159) dit en parlant du même insecte : « Tactus antennas pcdcsquc retrahit, 
sed dorso imposilus saltare potest uti Elatcres. » Malgré ces témoignages pré- 
cis, le fait reste encore incertain, et l'opinion de M. Wcstwood (An Introd. etc. 
I, p. 234) qui nie la faculté saltatoire de cet insecte, est la plus probable. La 
rigidité de son corps. et la forme de sa saillie proslcrnale rcndelat en effet dif- 
ficile à comprendre comment il pourrait sauter. Au surplus, s'il le fait réelle- 
ment, c'est une preuve de plus que ce n'est qu'un Sternoxe aberrant. 



TnnosciDKS. 91 

dont elles se rapprochent beniicoup par leur forme générale, la fixité de 
leur prolhorax suffit pour qu'on ne puisse les confondre avec eux. 

En outre de ces analogies, ces insectes ont des rapports nombreux 
avec les Byrrhiens ; mais ceux-ci ont les hanches antérieures fortemenl 
transversales et les inlcrmcdiaircs ovalaires (l), tandis qu'ici ces hanches 
sont toutes globuleuses comme chez tous les Sternoxes. 

Les deux genres qui composent la famille difl'crcnt essentiellement 
entre eux par la structure de leurs antennes : celles des Toroscus sont 
de véritables antennes deClavicornes, tandis que celles des Lisi^oAiussonl 
construites sur le même plan que celles des Slcrnoxe*. Mais quand on 
a mis de côté ces organes on ne trouve plus dans les deux genres qu'une 
organisation complètement identique pour toutes les parties essentielles. 

Ainsi les antennes sont insérées, comme chez les iîlatérides, près des 
yeux dans des fossettes situées sous le bord antérieur du front. Les par- 
lies de la bouche sont petites comme dans la famille en question. Le 
menton est replié dans l'intérieur de la cavité buccale, et muni en avant 
d'une saillie triangulaire ; la languette est membraneuse et le dépasse 
légèrement; le lobe externe des mâchoires est corné cl cilié, l'interne 
semble presque n'être qu'un appendice de sa base chez les Tiiboscds; 
chez les Lissomus il est un peu plus grand. Les mandibules sor)l courtes, 
grêles, très arquées, simples et aiguiis au bout, avec une petite frange 
de poils au côté interne. Enfin le labre est assez saillant cl transversal 
avec son bord antérieur arrondi. D'après cela, ces organes ne servent 
à rien au point de vue systématique. 

Pour les autres organes, il suffira d'ajouter que les hanches posté- 
rieures sont très- étroites, du même diamètre dans loulc leur étendue et 
hors d'état de loger au repos les cuisses de la même paire ; que lors 
de leur contraction les pattes antérieures seules sont reçues dans des 
cavités spéciales, et que les tarses de toutes restent libres ; que les pa- 
rapleurcs métalhoraciques sont étroites, à bords parallèles et simples; 
enfin que les sillons qui reçoivent les antennes au repos sont formés par 
récartement des bords des sutures prosternâtes. 

Jusqu'ici la distribution géographique de ces insectes est très-simple; 
on n'en a encore trouvé qu'en Europe et en Amérique. 

(i) .Te ne me suis pas exprimé avec assez do force dans la formule caracté- 
lisliquo dos liyrrliiens, en disant que leurs hanches antérieures étaient ova- 
laires et les intermédiaires sut)anondics. J'aurais dà, pour élrc dans le vrai, 
employer les expressions dont je mo sors en ce moment. C'est parce que les 
Cbelonarium ont ces hanclies ainsi faites qu'ils appartiennent il la famille en 
question et non pas a celle-ci dans laquelle ils devraient rentrer sans cela. 

Indépendamment de ces hanches, les Byrrhiens dilTèrent encore des Throscl- 
des par leur protliorax voûté en dessons de chaque côté et dépourvu de sillon» 
pour la réception des antennes, leur mésosternum en forme do bande trans- 
versale plane et recevant h lui seul la saillie proslernale, leur forme générale 
«ourte et globoso-ovale, etc. 



92 TunosciDEâ. 

Leur hisloire scienliDque est, au conlraire, assez compliquée, surtout 
celle des Tnnoscus qu'on a ballolés tour à tour des Élalcrides aux Byr- 
rhiens, et vice versa (1). Aujourd'hui même la question n'est pas en- 
core fixée : seulement les auteurs les plus récents s'accordent à placer 
la famille à la suite de celle des Byrrhiens {2), opinion que je ne 
saurais partager. Quant aux Lissomus, ils ont toujours accompagné le 
genre en question dans ses divers déplacements. L'érection de ces in- 
sectes en utie famille propre est due à Erichson (3), et cette mesure est 
généralement adoptée. 

Les deux genres qui la composent devraient, à la rigueur, former 
deux tribus distinctes ; mais pour plus de brièveté, je crois devoir ne 
pas faire usage ici de ces divisions secondaires. 

L Antennes terminées par une massue de 3 articles : Throscus. 
n. — dentées on scie à partir du 3° — Lissomus. 

THROSCUS. 

Latu. Préc. d. car. ge'ndr. d. Ins. p. 42 (4). 

Tête assez convexe ; cavités antennaires petites, ne rétrécissant pas 
l'épistome ; celui-ci arrondi en avant. — Yeux assez grands, subarron- 
dis. — Antennes pénétrant au repos dans des sillpns prosternaux droits, 
recevant leurs articles moins la massue ; celle-ci logée à découvert dans 
une fossette transversale de la base du prolhorax ; leurs articles 1 gros, 
grand et arqué, 2 presque aussi gros, mais beaucoup plus court, 3-5 
grêles et égaux, 6-8 plus larges que longs, 9-11 formant brusquement 

(1) Latreille, pour m'en tenir à uu seul exemple, après avoir d'abord (Pré- 
cis, etc. p. 42, etHist. nat. «l. lus. IX, p. 40) placé ce genre près des Elatbb, 
puis (Gcncr. Crust. et Ins. II, p. 30) parmi les Byrrliiens, a fini en 1825 (Fam. 
natur. p. 219) par le reporter définitivement parmi ses Stornoxes en le 
mettant d'abord parmi les Élatérides. Mais dans son travail posthume sur 
la famille en question (Ann. d. 1. Soc. ent. III, p. 134) il a établi une tribu 
des Cérophytides dans laquelle le genre figure avec les Lissomus, Cbelo- 
KAniDM, CnïPTOSTOMA et Ceropoytdm, assemblage qui n'est rien moins que 
naturel. 

(2) VoyezL. Redtenb. Faun. Austr.; Die Kœfer, p. 230; le Catalogue dos Col. 
d'Eur. et d'Alger, de M. Gaubil, p. 77, et celui des Col. de l'Amer, du Nord 
par M. Melsheimer, p. 49. 

{3) In Agass. Nomcncl. entom.; Col. p. XII. M. De Castclnau (Hist. nat. d. Ins. I, 
p. 228) avait déjà établi auparavant un groupe des Throscites; mais ce n'était 
pour lui qu'une division dos Eucnémidcs. Latreillc lui a emprunté exactement 
ce groupe en lui donnant le nom do Cérophytides, comme on vient do le voir. 
Erichson n'a, du reste, exposé nulle part les caractères de la famillo. 

(4) Syn. TiuxACUS, Kugell. in Schneid. N. Mag. d. Entom. p. 535. — Elatok 
Linné, Fab., Oliv., Herbst. — Deruestes Payk., lllig., Pana. 



TnnosGiDES. 93 

une grosse massae lâche et obtuscmcnt déniée au côte interne. — Pro- 
Ihorax rétréci et arrondi en avant, bi-échancréà sa base; ses angles 
postérieurs saillants et embrassant les épaules des élytres. — Ecusson 
fortement transversal, arrondi à sa base. — Elytres allongées, légère- 
ment rétrécies en arrière. — Trochanters de toutes les pattes courts ; 
tarses filiformes; leur !<"■ article aussi long que les trois suivants réunis, 
le 30 muni d'une courte lamelle en dessous, le 4° bilobé ; crochets sim- 
ples. — Saillie prosternale plane, sillonnée près de ses bords latéraux. 
— Corps allongé, peu convexe. 

Ces insectes sont de petite taille, et par leur couleur, la sculpture et 
la vesliture de leurs téguments, rappellent complètement la plupart des 
Ëlatérides de nos pays dont ils sont déjà si voisins par leur forme. On 
en connaît en ce moment cinq espèces, dont trois d'Europe (1). Celle 
{dermesloides) qui constitue le type du genre, parait se trouver dans 
toute l'étendue de ce continent et n'est pas rare dans beaucoup d'en- 
droits. Ses stations sont très-variées; on la rencontre sur les fleurs, les 
feuilles des plantes basses, le bois mort, à la racine des plantes, ou sim- 
plement sur le sol. 

LISSOMUS. 
D/LiH. Ephemer. eniom. p. 13 (2). 

Tête presque plane; cavités aniennaircs rétrécissant plus ou moins 
l'épistorac ; celui-ci coupé carrément en avant. — Yeux médiocres, 
ovales. — Antennes reçues en entier au repos dans des sillons pro- 
thoraciques, à articles 1 gros, allongé et arqué, 2-3 subcgaux, courts, 
obconiques ou sublrigones, 4-10 fortement dentés en scie aiguë, 11 sub- 
arrondi.— Prolhorax assez convexe, trapézoïde, bi-sinué à sa base; son 
lobe médian plus ou moins large et échancrc en demi-cercle ; ses angles 
postérieurs embrassant les épaules des élytres. — Ecusson assez grand, 
brièvement ovale. — Elytres elliptico-ovales ou oblongucs, assez con- 
vexes, leurs épaules un peu saillantes. — Trochanters de toutes les pattes 
allongés , placés dans l'axe des cuisses ; tarses à articles 1 aussi long 
que les trois suivants, finement tomenteux en dessous, 2-4 courts, 
égaux, munis chacun d'une lamelle saillante; crochets munis en des- 

(1) Esp. d'Europe : T. dermestoides Linné (adstrictor Fab.) — elateroides, 
pusillus, Heer,Faun. Col. helvet. I, p. 443. —Esp. de l'Ile deMadi:ro : Trix. 
gracUis, yVolVdsL Ins.Maderens. p. '237. — Esp. de l'Amer, du Nord: T. con- 
strictor, Say, Trans. of tlie amer. Phil. Soc. New Ser. VI, p. 189. 

(2) Syn. LissoDES, Latr. Fam. nat. d. Règn. anim. p. 248; olim. — Duapetes 
(Meg.), L. Redtenb. Faun. Austr.; Die Kœf. p. 290; cet auteur est le seul qui 
ait exposé les caractères do ce genre mentionné dès 1821 par Dejean dans son 
Catal. éd. I, p. 34. — Elater Fab., Panï., Say, Randall. 



94 THROSCIDES. 

SOUS d'ane petite dent à leur base. — Saillie prosternale légèrement 
convexe. — Corps cliiptico- ou obloiigo-ovale. 

En outre de leurs antennes, de la forme de leurs sillons prolhoraciques 
et de l'allungumenl de leurs trochanters, ces insectes se distinguent des 
Tnnoscus par le poli et l'éclat de leurs téguments qui, à de très-rares 
cxceplions (par cn.bifloccosus), sont complètement glabres. Leur forme 
varie assy , et par transitions insensibles passe de celle d'un ovale court 
et large à celle d'une ellipse allongée. Quelques caractères se modifient 
en même temps (|ue la forme cbange et que la taille diminue. 

Dans les grandes espèces, et elles ne dépassent pas la taille moyenne, 
les cavités anlcnnaires sont bien développées et rétrécissent fortement 
l'épislome, sans que celui-ci soit dilaté en avant comme chez les Eucné- 
mides ; le lobe médian du prothorax est en même temps assez large et 
très-distinctement échancré en demi-cercle. 

Chez les petites, quoique avec quelques exceptions, les cavités an- 
lennaircs sont petites, ne rétrécissent qu'à peine l'épistome, et le lobe 
du prolluirax est très- faiblement échancré. C'est à celte catégorie qu'ap- 
particntruniquc espèce (1) du genre, qui se trouve dans les parties orien- 
tales de l'Europe et sur laquelle a été établi le genre DiupiiTiiS que 
Lalreillc, Eschschollz, M. De Castelnau , etc. n'ont pas admis, et avec 
raison. 

Les mœurs de celte espèce ne me sont pas bien connues. Quant aux Lis- 
sosiDS américains, tous ceux que j'ai eu occasion d'observer se trouvent 
sur les broussailles ou les feuilles des plantes basses et parfois en quan- 
tités consldériiblcs. On en a déjà décrit plus d'une quinzaine répandues 
depuis l'Amérique du Nord jusque dans les parties méridionales du 
Brésil (i). 

(1) EM. eqjiesMs, Fab. Syst. El. Il, p. 244 (Etat. citictusVàttz.). 

(2) Esp. du Brésil : t. punclulalux, foveotalus, Daim. toc. cit. p. 14. — cri- 
bralus, Eschsch. iii Tlioii, Enloin. Arcli. II, 1, p. 31.— Esp. do Bolivia : E. ebe- 
ninus, Blaucli. in d'Orn. Voy.; Eiilom. p. 145. — Esp. de Ciyenne : Etat, lœvi- 
gatus, Fjb. Syst. El. II, p. 225 (patrie douteuse). — biftoccosus, hirlicoUis, 
sanyuineus, sigmitipennis, bimaculaivs, Castelii. in Silbcrm. Bcv. eiitom. III, 
p. 179. —bisigniihis, Guérin-MOnev. Rev. Zool. 1838, p. 14 [bifloccosus Cas- 
leln.). — Esp. de llaily : /,. bicolor, Oasteln. loc. cit. p. 180. — Esp. du Mexi- 
que : L. bicolor, Clicviol. Col. d. Mex. Cent. II, fasc. 8— flavipennis, Guéiin- 
Ménev. Rcv. Zoul. 1844, p. 257.— Esp. de l'Ainéi. du Nord : Elat. geminutus, 
Say, Ann. of tlic Lyc. of New-York, 1, p. 2G4. — Elal. basalis, Raudall, Bos- 
ton Journ. of nul. Hist. II, p. 9. — L. nitidus, illelslieim. Prouoed. of tUe Acad. 
of PliiUd. 11, p. 149. 



FAMILLE XXXIV. 



EUGNEIVIIDES. 



Bouche inférieure. — Languette sans paraglosses, entière. — Deux 
lobes aux mâclioires ; l'cxlerne manquant parfois. — Labre presque 
toujours indistinct. — Tète verticale ; cpistome rétréci à sa base par les 
cavités anlcnnaircs, trapézifornic. — Antennes insérées sur le front, de 
onze articles, variables. — Pattes non fouisseuses; cavités cotyloïdes 
des antérieures largement ouvertes en arrière; hanches des deux pre- 
mières paires globuleuses ; les postérieures lamelliformes, canaliculées 
en arrière ; trochantins partout nuls ; éperons des jambes très - petits, 
parfois absents ; tarses pcnlanièrcs, lamelligères ou non. — Abdomen 
conaposé de cinq segments distincts.— Saillie proslernalc plus ou moins 
reçue dans une cavité luésosleraaie et pouvant jouer librement dans cette 
dernière. 

La distinction entre celle famille et les deux précédentes ne souffre 
aucune difficulté. Mais les entomologistes semblent avoir moins bien saisi 
les caractères qui la séparent des Élatérides qui suivent. 

Après avoir mis à part le genre Perotuops qui est intermédiaire entre 
les deux familles, celle-ci est csscvlicllcnienl caractérisée par la situa- 
tion des antennes qui sont insérées sur le front au bord interne des yeux 
et dont les cavités rétrécissent plus ou moins l'cpistome qui, dans l'im- 
mense majorité des cas, affecte la forme d'un trapèze régulier. En de- 
hors de celte particularité il n'y a rien qui distingue absolument les deux 
familles; seulement tels caractères qui ne sont qu'exceptionnels chex 
les Élatérides forment ici la règle générale. 

Ainsi le corps de ces insectes affecte fréquemment une forme cylindri- 
que ou conique. Leur Ictc, constamment verticale, est plus rétractée dans 
le prothorax qui est souvent voùlé en avant pour! a recevoir. Il en ré- 
sulte que, quoique le prosternum soit dépourvu de mentonnière en avant 
ou n'en ait qu'une très-courte (par ex. CF.nAToooNvs), les organes buc- 
caux sont moins apparents que ceux des Élatérides, ou mcme complète- 
ment invisibles. Ils sont encore plus réduits que chez ces derniers, mai» 
construits sur le même plan, et n'offrent pas plus de ressources pour la 



96 ErCNÊUIDES. 

classification (1). Leurs difTérences esseiftielles consistent dans l'absence 
du labre qui n'est distinct que chez quelques PTEnoTAHsus, puis en ce 
que les mandibules ne prennent jamais la forme de tenailles, que le lobe 
externe des mâchoires est sujet à s'atrophier (PiEROTAnsos, Galba, 
Ceratogonys), enfin que le dernier article de leurs palpes éproaro des 
modifications plus variées. 

Les yeux sont en général plus petits que ceux des Ëlatcrides. Les 
antennes présentent les mêmes modifications dans leurs formes et sont 
assez souvent reçues dans des sillons du prothorax. Ce dernier est plus 
exactement appliqué contre l'arrière-corps et ne semble dans aucun cas 
pouvoir se prêter à l'exercice de la faculté sallatoire. Souvent la carène 
qui limite son pronotum de chaque côté descend assez bas sur ses flancs. 
Les pattes sont parfois ou plus robustes et plus courtes (par ex. Hylo- 
chabes), ou plus grêles (TuAnors, Ematuion, etc.) que celles des Éla- 
tèrides. L'abdomen ne présente pas plus de caractères sexuels que chez 
ces derniers. Enfin la livrée de ces insectes offre ceci de particulier que, 
sauf quelques Phyllocebus inédits, aucune de leurs espèces n'est ornée 
de couleurs métalliques. 

Mais l'analogie entre les deux familles n'existe plus sous leurs pre- 
miers étals, autant qu'on en peut juger par la larve du Melasis bupres- 
toides, la seule qui soit connue en ce moment (2). Celte larve est très- 
différente de celle des Élatérides, tandis qu'elle est très-voisine de celles 
des Buprestides dont elle ne se distingue même essentiellement que par 
la structure de ses organes buccaux et sa tête d'une seule pièce. 

Comme les larves des Buprestides, elle est allongée, linéaire et brusque- 
ment élargie à sa partie antérieure, avec la tête petite, semi-cornée et 
rétractée dans le premier segment thoracique qui est échancré pour la 
recevoir. A sa partie antérieure cette dernière est pourvue d'un épistome 
sub-trapéziforme en avant duquel se trouve le labre qui forme un segment 
de cercle. Les autres organes buccaux ne consistent qu'en une paire de 
mandibules courtes, robustes, arquées en dehors, bifides à leur extré- 
mité, cl une plaque cornée, large et un peu rélractile, qui semble re- 
présenter à la fois les mâchoires dont il n'y a aucun vestige et le menton. 
Cette plaque, dont le bord antérieur est divisé en cinq lobes très-courts 

(1) La bouche do ces insectes ne m'est pas bien connue, attendu que tous 
leurs genres étant plus ou moins rarcs^ surtout les exotiques, je n'ai pu dissé- 
quer qu'im très-petit nombre de leurs espèces. On trouve à peine quelques ren- 
seignements h. ce sujet dans les auteurs, 

(2) Erichson (Archiv, 1841, ], p. 84) en a donné, le premier, une description 
dans laquelle il nie, h tort, l'existence des antennes; elle a été reproduite par 
MM. Chapuis et Candèze dans les Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VIII, p. 478, 
pi. 4, f. 7. — La plus complète est due à M. Ed. Perris, Ann. d. 1. Soc. entom. 
Sér. 2, V, p. 541, pi. 0, n» 1, f. 1-5. — Voyez aussi Guérin-Méneyille, ibid. 
Sér. 2, I, p. 172, pi. 5, f. 1-2 (description incomplète pour les parties de la 
bouche), et Nœrdlinger, Stcttin. entom. Zeit. 1848, p. 224, pi. 1, f. 1-2. 



EUCMÉHIDES. 97 

cl inégaux, est précédée d'une petite languette semi-membraneuse, tri- 
fide en avant et dépourvue de palpes. Les yeus manquent complètement. 
Les antennes sont très courtes, entièrement rctractiles et composées de 
trois articles. Le prottiorax est très-large, déprimé, et présente en avant, 
tant en dessus qu'en dessous, deux traits transversaux de couleur rousse, 
de chacun desquels part un trait scnil)lal)le dirigé en arrière. Les deux 
segments llioraciques suivants sont transversaux, le mésothorax plus que 
le mélathorax; il n'y a aucune trace de pattes. Tous les segments ab- 
dominaux, au nombre de neuf, sont de même diamètre, allongés, sub- 
cylindriques et, sauf le dernier qui est arrondi h son extrémité, munis 
d'un pli transversal près de leur bord antérieur. Les stigmates sont au 
nombre de neuf paires dont la première est située très-près du bord an- 
térieur du mésolhorax, la seconde un peu plus loin do ce bord sur le 
premier segment abdominal, les autres plus en arrière encore sur les 
sept segments abdominaux suivants. 

Cette larve, qui est blanche et rcvctue d'une peau fine, creuse dans le 
bois récemment mort de divers arbres , notamment du châtaignier, de 
l'aulne et du bouleau, des galeries larges et irrégulières, à parois nette- 
ment taillées, dans lesquelles "elle se retourne quand le moment de sa 
métamorphose est arrivé. Elle arrondit ensuite dans le point oii doit res- 
ter la nymphe, une portion de sa galerie. Huit à dix jours suffisent, selon 
M. Ed. Pcrris, pour la formalion de l'insecte parfait, mais oc n'est que 
beaucoup plus tard qu'il prend son essor. 

C'est à l'entrée même des galeries où ils ont subi leur métamorpliose, 
ou dans leur voisinage , qu'on trouve ordinairement les Eucnémides, 
très-rarement sur les fouilles et jamais sortes fleurs. Il se pourrait bien 
que la plupart, peut-être tous, fussent nocturnes, ce qui expliquerait 
pourquoi on les rencontre si rarement . 

Il y a de ces insectes dans toutes les parties du globe ; sur les 27 
genres qu'ils forment en ce moment , le tiers ont des représentants en 
Europe ; la plupart des autres sont américains. 

Pendant longtemps la famille n'a été composée que du seul genre 
Mei.asis de Fabricius auquel Ahrens ajouta plus tard le genre Eocnemis 
dont Mannerhcim a donné en 182.'î une monographie {i ). L'histoire scien- 
tifique de CCS insectes est, du reste, intimement mêlée à celle des Bu- 
prestides, des Élatéridcs et des Cébrionides parmi lesquels ils ont été 
souvent compris, soit en totalité, soit partiellement; quelques auteurs 
récents ne les séparent même pas encore des seconds (i). Ce n'est que 

(1) Eucnemis, ingeclorum genus monographice tractatum ieonibusquo il- 
lustratiira. in-S", 36 p. avec 2 pi. col.; St-P6tersbourg, 1823. Ce travail ne 
contient ([uo onze espèces dont il faut môme retranclier la première (gigas) 
qui est un Élaléridc. Il y en a un extrait étendu dans les Ann. d. Se. nat. lllj 
1824, p. 426, pi. 27. 

(2) 'Voyez L. Redtonbaclier, Faun. Austr.; Die Kœfer, p. 289; et J. L. Le 
Coléoptères. Tome IV. 7 



98 BDCNÊHIDE8. 

dans son travail posthume sur les Sternoxes que Latreille (1) les a con- 
stitués en un groupe à part équivalent aux deux familles en question, 
en quoi il a été imité par M. De Castclnau (t), qui a établi en même 
temps beaucoup de genres nouveaux parmi ces insectes. Les nombreuses 
erreurs matérielles commises par cet auteur ont été corrigées par M. 
Guérin-Méneville (s), qui a rendu un service réel à la science en les 
signalant. Depuis lors, la famille n'a été l'objet d'aucun travail général. 
M. J. L. Le Conte (4) a seulement donné une bonne monographie des 
espèces des Etals-Unis. 

Ces insectes me paraissent devoir être répartis dans les trois groupes 
saivants, au second desquels ils appartiennent presque tous. 

1. Epistome continuant directement le front, trapéziformo. 
Carènes marginales du pronotum et sutures proster- 
nales parallèles et largement séparées dans toute leur 
longueur. Mélasides. 

Ces carènes et ces sutures convergentes et réunies en 
avant. Edcnémides vrais. 

U. Epistome placé sur un plan inférieur à celui du front, 

scutiforme. Pérotiiopides. 

Conte, Trans. of tho Amer. Phil. Soc. New Scr. X, p. 410. — Eschscholtz éga- 
lement (in Thon, entom. Arcli. II, 1, p. 35, et Silberm. Rev. ontom. IV ; ta- 
bleau) n'avait pas séparé ces insectes des Ëlatérides, 

(1) Ann. d. 1. Soc. ent. III, p. 122. Dans ses premiers ouvrages (Hist. nat. d. 
Ins. IX, p. 74; Gêner. Crust. et Ins. I, p. 247; Considér. génér. p. 69), Latrcillo 
place le genre Melasis, le seul existant alors, dans sa famille des Stcrnoics, 
entre les Boprestis et les Elater. Dans la 1" édition du Règne animal (III, 
p. 229), où cette famille est divisée pour la première fois en deux tribus, ce 
genre, toujours unique, ligure parmi les Buprestides. Dans les Fara. nat. du 
Règn. anim. (p. Î47) il y est encore compris avec les Galba et les Piivli.ocerds, 
tandis que les Eucnemis et les Nematodes sont inscrits parmi les Èlatérides. La- 
treille a conservé cet arrangement dans la 2" édition du Règae animal (IV, 
p. 448), en reportant seulement les Galba dans les Elatérides. Ces variation» 
et bien d'autres encore qu'il a fait éprouver à sa classification des Stcrnoies, 
montrent qu'il n'avait pas des idées très-nettes sur la composition et l'arrange- 
ment de ce groupe. 

(2) Dans Silberm. Rev. ent. III, p. 167; et Hist. nat. d. Col. I, 221. 

(3) « Revue critique de la Tribu des Eucnémides » Ann. d. 1. Soc. entom. 
Sér. 2, 1, p. 163. 

(4) Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 412. M. J. L. Le Conte 
ne fait de ces insectes qu'une division des Èlatérides. 



UiLASIDBS. 99 

TRIBU I. 
MËLASIDES. 

Télé verticale ; épistomc trapéziforme , continuant directement le 
front. — Carènes marginales du pronolum et [sutures prosternales pa- 
rallèles et largement séparées dans toute leur longueur. 

Il est de règle chez les Eucnémides que les carènes marginales du 
pronotura et les sutures prosternales convergent et se réunissent eo 
avant. Les deux genres Melasis et Thahops font seuls exception à cet 
égard, ainsi que Ta fait remarquer le premier M. J. L. Le Conte Ce 
caractère me paraît d'une assez grande valeur pour que j'adopte la 
tribu actuelle établie par ce savant entomalogiste ^^). Les deux genres 
en question ne présentent, du reste, rien qui les dislingue du surplus 
de la famille. Leurs espèces sont propres à l'hémisphère boréal dans 
les deux continents. 

i. Jambes comprimées et larges : Melasis. 
II. — grêles : Tharops. 

MELASIS. 
Olit. Entom. II, n» 30, 

Dernier article des palpes ovoïde et déprimé. — Télé assez grosse, 
enfoncée dans le prolhorax, un peu convexe ; épistome faiblement ré- 
tréci à sa base, échancré en avant dans son milieu et sur les côtés 

Yeux petits, ovales, peu saillants. — Antennes à 1er article long, gros 
et arqué, 2-3 très-courts, subégaux, 4-11 fortement et graduellement 
Oabellés chez les mâles, pectioés chez les femelles. — Prothorax trans- 
versal, subcylindrique, droit sur les côtés, graduellement rétréci en ar- 
rière, avec ses angles, surtout les postérieurs, saillants : ceux-ci aigus 
les antérieurs arrondis. - Ecusson en carré long. — Eljtres allongées' 
cylindriques. — Pattes fortement comprimées et larges, surtout chez les 
maies ! hanches postérieures largement dilatées et tronquées au côté in- 
terne; leurs trochanters grands, en triangle curviligne; cuisses delà 
mime paire briètement ovales ; tarses courts, comprimés ; leur 1er ar- 
ticle allongé, les autres graduellement plus courts et moins larges. - 
Uernier segment abdominal caréné, mucroné à son extrémité — Saillie 
prostcrnale arrondie en arrière des hanches antérieures.— Corps allongé, 

(1) Trans. of the Amer. PhU. Soc. Nevf Ser. X, p. 410. 



IQQ EUCDÉMIDES. 

Le type du genre (i) est un insede de taille moyenne pour cette fa- 
mille, noir, avec les antennes et les pattes sujettes à passer au jaune 
ferrugineux, Gnemcnt rugueux partout et ayant les élytres régulière- 
ment striées. Il se trouve ordinairement dans le hois en décomposition 
et est répandu dans toute l'Europe, mais assez rare partout. Les mâles 
sont en général beaucoup plus petits que les femelles. 

Il y en a au Mexique et dans l'Amérique du Nord deux autres , 
espèces (a). 

THAROPS. , 
De Casteln. in Silbemi. lievue entom. VU, p. 168 (3). 

Dernier article des palpes ovoïde.-Tête régulièrement convexe; épis- 
tome assez forlement rétréci à sa base, tronqué en avant- — Yeux mé- 
diocres, brièvement ovales. - Antennes à articles 1 gros et allonge, 
2 très-court, 3 allougc, obconique ou sublrigonc, 4-11 Oabellcs chez les 
mâles, avec leurs rameaux grOles, longs et égaux, pectines chez les fe- 
melles. — Prolborax subcyliudriquc , à peine rétréci en arrière; ses 
angles postérieurs médiocrement saiUaiils.les antérieurs nuls.- Ecusson 
ovale. — Elytres très-allongées-, subcylindriques. — l'attcs longues cf 
grêles ; hanches postérieures dilatées au côté interne en une grande 
lame carrée ; tarses intermédiaires et postérieurs à articles 1 très-long , 
2-3 graduellement plus courts, 4 petit, subbilobé. — Dernier segment 
abdominal faiblement caréné et non mucroné au bout. — Prosternum 
légèrement arrondi en avant ; sa saillie postérieure courte, arrondie en 
arriére des hanches antérieures. — Corps allongé, atténué en arrière. 

M. De Castelnau et moi avons établi presque en même temps ce genre 
sur un insecte (4) de la taille duMelaiis 6ttpm/oWes, découvert primi- 

(1) Etaler buprcs/otdcs, Linné, Syst. nat. II, p. 656 [Mel. flahemcomis Fàb., 
Panï.)- Lo Mel. eUUeroides de Gyllenhall ^m^. Suec. IV, p. 366) parait n'en 
être qu'une variélô. 

(2) M rufipalpis, Chevrol. Col. d. Mexiq. Cent. II, n» 193. - pectinicornis^ 
Melsheim. Proceed. of tlie Acad. of Pliilad. Il, p. 148. Suivant M. J. L. » 
Conte (Trans. of tlie Amer. Phil. Soc. New Scr. X, p. 411), il faut également 
placer ici l'£«t«mts qimdricoHis de Say (ibid. VI, p. 186). M. Molsheimcr 
(Cat.ofthe descr. Col. of the Unit. Stat. p. 67) lo rapporte, au contraire, au 
genre Nem^todes de Latreille. Mais cette cspÈco n'ayant pj|f 6t6 retrouvée de- 
puis que Say Va. décrite, ces deux opinions ne peuvent être que douteuses. 

(3) Syn. Isomufis, Lacoid. Faune ent. d. env. d. Paris, I, p. 622. — Nema- 
TODES, W. Redtcub. ftuœd. Gen. et Spec. Col. Arch. Austr. p. 9. — Melasis et 
EocNEBis, Say. 

(4) r melasoides Casteln.loc. cit. (Isorh. Lepaigei Lac; Nema/. strepens W. 
Redtenb.). La variété fauve dont il est question dans lo texte figure dans le 
Catalogue de Dejean (éd, 3, p. 96) sous le nom doNematodes (lavescms, et ce 



EUCNÉMtDES TRAIS. 101 

tivcmcnt en France et rclrouvé depuis dans diverses parties de l'Alle- 
magne, mais fort rare partout. Cet insecte, voisin des Mslasis par se» 
antennes et le large intervalle qui sépare en avant les carènes marginales 
du prothorax des sutures prosternales, en diffère beaucoup par ses pattes. 
Sa forme générale n'est pas non plus la même; il est plus déprimé en 
dessus et sensiblement atténué en arrière. Quant à son système de co- 
loration, il varie du noir brunâtre au jaune ferrugineux avec les passages 
intermédiaires. Il y en a également deux autres espèces dans l'Améri- 
que du Nord (i) que j'ai sous les yeux et qui présentent identic{,uement 
les mêmes caractères que le type européen. 



TRIBU II. 

EUCNÉMIDES VRAIS. 

Tête verticale ; épistome trapéziformc, continuant directement le front. 
— Carènes marginales du pronotum et sutures prosternales convergentes 
et réunies en avant. 

Cette tribu qui contient la presque totalité des genres de la famille ne 
nécessite aucune remarque particulière. J'ai pris pour point de départ 
de sa classiûcation la présence ou l'absence de sillons prolhoraciques 
pour la réception des antennes au repos , puis celle de lamelles sous les 
tarses. Le second de ces caractères qui chez les Ëlatcrides ne conduit 

qu'à des résultats artificiels, est ici réellement naturel. Il n'existe, du 
reste, que dans un petit nombre de genres et il est assez intéressant de 

remarquer que tous sont pourvus de sillons prothuraciqucs. 
Les genres qui terminent la tribu (Phlegow, Epiphanis, Phyllo- 

cEncs, Ceiiatogonvs etc. ) s'éloignent considérahicmcnt des autres par 

leur (ncies, surtout les Cehatoconvs. Mais, après l'examen le plus at- 
tentif, je n'ai pu trouver le moindre vestige de caractères qui permissent 
d'en faire un groupe à part. Ce sont ces genres qui, pour la plupart, ont 
été placés parmi les Cébrionides, avec lesquels ils n'ont rien decommun. 

I. Antennes reçues au ropos dans des sillons prosternaux : Pleroiarms. 
'^^ — — — marginaux. 

« Des lamelles sous les tarses. 

qui no s'explique pas, c'est qu'elle est séparée du son type par (|iiatorze genres. 
Dejeaii avait placé à sa suite le TJmr. rv/icornis mentionné dans la note sui- 
vante, sous le nom de Nom. semivittaius. Pour compléter la confusion, ces 
deux espèces sont associées à VHypocœlus proccrulm. 

(1) Melasis ruficornis, Say, .lourn. of tlie Acad. of Pliilad. III, p. 166. — 
Etwnem. oUiquus, Say, Trans. of tlie Amer. Pbil. Soc. New Ser. VI, p. 187. 



102 ECCNËHIDBS. 

b Jambes très-larges : GaWella. 

bb — faiblement ou non élargies. 

Epistome assez fortement rétréci à sa base : Galba. 

— 4 peine — Dendrocharis. 

aa Point de lamelles sous les tarses. 
c Antennes tlabellées : Galbodema. 
ce — en scie ou perfoliées. 

Tarses reçus au repos dans des sillons du corps : Gastraulacus. 
— libres : Eucnemis. 
ccc Antennes cylindriques : Fornax, Etwalosoma. 

UL Antennes libres au repos. 

d Pronotum muni au moins de doux carènes latérales : Microrhagus, 

Hylochares. 
dd Pronotum muni d'une seule carène marginale. 
e Prosteroum sans mentonnière. 
f Article 4 des palpes ma\. beaucoup plus grand que 3. 
g Antennes à articles 4-8 peu différents des suivants. 
h — cylindriques. 

i Leur S" article plus long que le 2». 
k Pénultième article dos tarses bilobô : Calyptocerus . 
kk — — entier. 

Prosternum fortement sillonné le long de son bord antérieur : Eur 

dorus, AneUistes. 
Prosternum fiiiblement ou non sillonné lo long de son bord anté- 
rieur : Nematodes, Hypocœlus. 

ii Articlee 2-3 des antennes très-courts, égaux : Xylobius. 

hh Antennes dentées : Harminius. 

gg Articles 4-5 des antennes plus courts que les suivants : Emaihion, 

Piestocera. 
ggg Articles 4-8 des antennes plus courts que les suivants : Phlegon. 

gggg _ 4-7 _ — EpiphOtliS. 

ff — i des palpes max. à, peine plus long que 3. 

Antennes des cf flabellèes il partir du 4» art. : Phyllpcerus. 

_ _ 3<> _ CeiJlialodendron. 

ee Prosternum muni d'une courte mentonnière : Ceratogonys. 

Genres incerta; sedis : Scython, Basodonla. 



BDCNÉHIDBS VRAIS. 1U3 

PTEROTARSUS. 
EscBSCB. in SiLDEUB. Rev. entom. IV; Tableau (Ik 

Dernier article des palpes maxillaires cD fer de hache oblique. — 
Uandibulcs peu épaisses. - Labre plus ou moins distinct. — Tète sub- 
déprimée et souvent sillonnée sur le front; cpistome assez fortement ré- 
tréci à sa base ; cavités anlennaires arrondies, grandes. — Yeux petits 
ou médiocres, arrondis. — Antennes reçues au repos dans de profonds 
sillons prosternaux convergents et aboutissant n la hase de la saillie du 
prosternura (2); à articles 1 grand, robuste, arqué, 2-3 obconiques, sub- 
égaux ou non, 4-11 courts, fortement llabellés, les rameaux grêles. — 
Prothorax transversal, subcylindrique, bi-échancré en arc ûc cercle à 
sa base cl embrassant fortemenl les élytres. — Ecusson assez grand, 
oblong. — Elytrcs cylindriques oucylindrico-coniqucs, largement et for- 
tement lobées à la base de leurs épipleurcs, acuminées au bout.— Pattes 
.contractiles; hanches postérieures subtronquées en arrière, avec leurs 
angles interne et externe saillants; cuisses fortes, comprimées ; jambes 
plus ou moins lamelliformes, arquées et tranchantes en dehors, munies 
sur leur face interne d'uti large sillon triangulaire pour la (réception des 
tarses ; les trois l»" articfcs de ceux-ci munis de longues lamelles : 1 aussi 
grand que 2-4 réunis, ceux-ci courts, égaux, 5 très-long; crochets assez 
grands, simples. — Mésosternum très-court , déclive. — Pro sternum 
tronqué en avant ; sa saillie postérieure assez longue, droite, sillo nnée le 
long de ses bords. — Dernier segment abdominal rétréci et mucronè 
au bout. — Corps cylindrique ou cyhndrico-conique. 

Le plus remarquable ^enre de la famille par l'ensemble de ses carac- 
tères, surtout par la forme dessillons prosternaux. Les antennes ne pa- 
raissent pas différer selon les sexes; tes individus assez nombreux que 
j'ai vus les avaient tous fortement ûabellées, et aucun auteur n'en cite 
comme les ayant simplement pectinèes ou en scie, ainsi que cela a lieu 
chez les femelles des Eu£némides dont les mâles ont ces organes fa- 
meux. 

La livrée de ces insectes n'est pas non plusuniformeel sombre comme 
celle de la plupart des autres espèces de la famille ; mais les couleurs 
vives dont ils sont ornés en général, vari^ot beaucoup, cojqui rend deu- 
il) Syn. Mïusis, Daim. Anal, entom. p. 55. 

(2) On n'a pas assex remarqué la direction de ces sillons. Dans tous les au- 
tres genres d'Eucnémidcs sans exception, ils vont aboutir postérieurement en 
dehors des hanches antérieures, tandis qu'ici ils lo font au côt6 interne de ces 
organes, Les deux sHlops latéraux (lue présente la saillie prosternale n'en sont 
que la continuation, 



104 ECGNJiUIDES. 

tciises quelqucs-anes des espèces (lécritcs (!)• Toutes sont propres à 
l'Amérique du Sud. 

GALBELLA. 

Westw. The Cabin. of or. Entom. [). 83. 

M. Westwood n'a caractérisé ce genre qu'en Ircs-pcu de mots, et j'ai 
complété la formule qui suit d'après la figure qu'il a donnée du dessous 
du corps de l'espèce sur laquelle il est établi. 

Antennes reçues au repos dans des sillons marginaux du prothorax, à 
articles 1 très-gros, graduellement rcnûé et arqué, 2 très-court, 3-tl 
dentés en scie. — Prothorax transversal, de la largeur des élylrcs à sa 
base, arrondi sur les côtés et rétréci en avant ; ses angles postérieurs 
non saillants. — Elytres elliptico-ovales. — Pattes robustes, contractiles; 
hanches postérieures étroites, faiblement et graduellement dilatées au 
côté interne ; cuisses larges, les antérieures reçues au repos dans de 
grandes excavations du prolhorax ; jambes lamelliformes, arrondies en 
dehors ; tarses courts, leurs quatre !<>" articles munis de longues la- 
melles en dessous ; le 1er des postérieurs aussi long que les trois suivants 
réunis, ceux-ci égaux; crochets brusquement arqués, dentés à leur 
base. — l" segment abdominal aussi long que les suivants pris ensem- 
ble. — Mésoslernum (peut-être métasternum) saillant, plan, légèrement 
échancré au bout et recevant l'extrémiié de la saillie prosternalc. — 
Corps ciliptico-ovale. 

Ces caractères sont fort remarquables, et il se pourrait bien qu'au lieu 
d'être une forme particulière de la famille actuelle, ce genre appartint 
aux Throscides (2). En attendant, je ne puis le placer qu'à la suite des 
PiERoTAnsns et des Galba, coinrae le fait M. Westwood. L'espèce (3) 

(1) Mel. tuberculata. Daim. loc. cit.; du Brésil. — P. histrio, Guérin-Ménev. 
Icon. (1. Régn. ao. Ins. pi. 12, f. 2; du Brésil. C'est l'espèce la plus vaiiablo, 
et je crois que M. Guérin-Ménevillo lui rapporte avec raison les P. lestaceus et 
brasiliensin de M. De Castclnau; nuant au bimuculatus du mémo auteur pour 
lequel il est porl6 i en faire do même, c'est une espèce très-distincte. — bima- 
oulatus, EschschoUzii, De Casteln. in Silberm. Rev. entom. III, p. 196; du Bré- 
sil; pour une figure du premier, voyez Saunders Trans. ortlte enl. Soc. I, pi. H, 
t. 1. — rugosus, Blanch. in d'Oib. Voy. ; Entom. p. 116, pi. 8, f. 3; de Bolivia. 
— Walckenuori, Guérin-Méncv. Ann. il. 1. Soc. ent. Sér. 2, \, p. 196; du Brésil 
et de Colombie. Cette espèce s'éloigne assez sensiblement des précédentes par 
son épistomo qui n'est nullement rétréci à sa base ; mais les Eucnémidcs varie«t 
tellement, que je ne pense pas qu'il faille attribuer ."i ce caractère une valeur gé- 
nérique. 

(î) Cela serait certain si les antennes étaient insérées sous la partie anté- 
rieure du fyont, comme elles paraissent l'être dans la figure donnée par 
M. Westwood. 

(3) G. vioJûcea, Westw. loc. cil. pi. 41, f. 1 a 6. 



EDCMÈUIDES VBAIS. 105 

qui le compose est un petit insecte des Indes orientales, de deax lignes 
et demie de long, d'un hieu violet brillant et couvert de petits points 
enfoncés, disposés en rangées nombreuses cl irrégulières sur les élytres. 

GALBA. 

(Escnscu.) GuÉniN-MÉNEv. Voy. d. l. Coq.; Eniom. p. 68. 

Mandibules très-épaisses, tronquées et échancrées au bout, entière- 
ment rétractées dans la cavité buccale et cachant les palpes. — Tête lé- 
gèrement convexe ; épistome assez forlemeni rétréci à sa base, réguliè- 
rcmctit trapézil'orme. — Antennes reçues au repos dans de profonds 
sillons marginaux du prothorax, à articles 1 grand, arqué et caréné en 
dehors, 2 très-court, 3 allongé, déprimé et prolongé à son sommet in- 
terner, 4-10 flabcllés, leurs lamelles assez larges. — Prolhorax plus ou 
moins voûté en avant. — Hanches intermédiaires coupées obliquement 
en dehors, triangulaires au côté interne ; jambes légèrement et graduel- 
lement élargies, munies au côté interne, près de leur tranche dorsale, 
d'un étroit sillon pour la réception des tarses; ceux-ci grêles ; le 1er ar- 
ticle des postérieurs aussi long au moins que les trois suivants réunis ; 
ces derniers pourvus de longues lan)ellcs en dessous. — l-es autres ca- 
ractères comme chez les PrEnoTAnsos. 

M. Guériii-Méneviile a le premier exposé les caractères de ce genre 
fondé par Eschscholtz (i), sans désignation d'aucune espèce en particu- 
lier. Latreille et M. De Castclnau, qui en ont également fait mention, 
l'avaient tous deux détourne de son acception primitive (a). 

Il a pour type quelques espèces des Indes orientales, dont deux seule- 
ment sont décrites en ce moment (r,). Elles égalent, sous le rapport de 

(1) Dans Silberm. Rev. entom. FV; Tableau. 

(2) Les espèces que ces deux auteurs y rapportent n'ayant point de lamelles 
sous les taises no peuvent y rentrer. Latreille pour sa part a doux genres Galba 
très-différents; le premier (Uègne anim. éd. 2, IV, p. 451) a été fondé par lui 
sur des espèces brésiliennes inédites; le second (Ann. d. I. Soc. entom. III, 
p. 13'2) correspond au genre GAStnAULAniis mentionné plus bas. Quant aux 
Gai.ba de M. De Castolnau, c'est un mélange d'espèces dont la plupart sont des 
Emathion. Pour plus de détails à co sujet, voyez Guérin-Ménev. Ann. d. 1. Soc. 
entom. Sér. 2, 1, p. 190. ^ 

(3) G. marmwûta, Guérin-Ménev., Voy. d. 1. Coq. loc.feit.;Ins".'pl.2, f. 3, et 
Icon.d. Uèg. anim. Ins. pi. 12, i. 3, avec des détails (Galbodeitui marmorata 
Castelu.); Nouvelle-Guinée. — chrysocoma, llope, Trans. of tlie entom. Soc. 
IV, p. 14, pi. 1, f. 3 a g.; de Chine, aux environs de Canton. J'ai vu une espèce 
très-vûisiue provenant de Java et dans laquelle les trois lamelles des tarses sont 
bien développées; il n'y en a pas sous le 4» article dans la figure que donne 
M. Hopo de l'un des tarses de l'espèce chinoise, qui fait ainsi le passage sous ce 
rapport avec la murina et espèces voisines. Pas plus que chez les Élatérides, ces 
lamelles ne constituent ili elles seules dans la l'amiUe actuelle un caractère gé- 
nérique. 



106 BCCMÉHIDES. 

la (aille, les PrEnOTABSos, mais leur forme est moins régulièrement coni- 
eo-cylindrique ; (ouïes deux sont ornées de couleurs vives dues en partie 
à des poils soyeux à rene(s satinés. 

Il y a dans les collections quelques espèces des mêmes contrées qui, 
avec des caractères pareils, ont les antennes simplement dentées à partir 
du 4" article et les lamelles des tarses beaucoup plus courtes. M. Gué- 
rin-McnevilIe a associé provisoirement l'une d'elles (I) au genre actuel. 
Il y aura lieu d'examiner si elles doivent y rester à titre de section ou 
former un genre à part. En admettant que les antennes n'ont pas plus 
d'importance ici que parmi les Ëlatérides , la première de ces allernà- 
tives ne serait pas douteuse. 

BENDROCUARIS. 
Goéiun-Mékev. Ann. d. l. Soc. eniom. Sér. 2, I, p. 193. 

Ce sont des Galva américaines qui difTèrént de celles de l'ancien con- 
tinent par les caractères qui suivent : 

Mandibules peu épaisses, amincies et aigUës au bout. — Tète plus lon- 
gue que large, très-légèrement convexe ; épistome très-court, à peine 
rétréci à sa base, faiblement arrondi en avant. — An(eniics à articles 
i médiocre, 2 très -court, 3-tO fortement dentés, subtransversaux, 11 
ovale. — Hanches postérieures presque de même largeur dans toute 
leur étendue, largement et obliquement èchancrées en arrière ; jambes 
légèrement élargies et arquées en dehors, surtout les antérieures, munies 
sur leur face interne d'un sillon bien distinct pour la réception des 
tarses ; ceux-ci courts et grêles ; leurs articles 2-4 munis d'une courte 
lamelle, le S" presque aussi long que les précédents réunis. — Proster- 
num court ; sa saillie postérieure petite et aiguë au bout. — Corps al- 
longé, presque cylindrique. 

L'unique caractère assigné par M. Guérin-Méneville à ce genre pour 
le distinguer des Galba était la présence du sillon des jambes destiné 
à loger les tarses au repos. Mais ces sillons ne sont pas complètement 
absents chez les Galba, comme je l'ai dit plus haut, et la différence n'est 
pas grande entre les jambes dans les deux genres. Les véritables carac- 
tères qui les séparent résident dans l'épistome, les antennes et secon- 
dairement dans les mandibules, les tarses et le prosternum. 

Je ne «mnnais que les deux espèces qu'a décrites M. Guérin-Méne- 
ville (2). Toutes deux sont de grande taille, d'un brun noirâtre et entiè- 
rement revêtues d'une (ine pubescence grise à reflets soyeux. i» 

(1) G. murifia, Dej. Cat. éd. 3, p. 95. La lamelle du 4» article des tarses est 
réduite presque à rien dans toutes les espèces de cette section que j'ai vues. 

(2) D. ftavicornis, des Etats-Unis; bombycina, de Colombie; la première 
est figurée au trait avec des détails loc. cit. pi. 6, f. 60-63. La fig. 63 qui re- 



BDCNËUIDES VnATS. 107 

GALBODEMA. 
De Càsteln. in SitsEnsi. Rev. entom. III, p. 175. 

Dernier article des palpes en triangle plus long que large. — Tête 
légèrement convexe ; épistoinc fortement rétréci à sa base, arrondi en 
avant. — Antennes reçues au repos dans de très-larges cl profonds sil- 
lons marginaux du prothorax, à articles 1 long et arqué, 2 très-court, 
3-11 flabcllés; leurs rameaux assez longs et assez larges. — Prothorax 
transversal, convexe, un peu rétréci en avant, bi-échancré à sa base, 
avec ses angles postérieurs longs et aigus. — Ecusson oblongo-ovale.— 
Elytres allongées, subcylindriques, un peu déprimées, suhacuminées au 
bout. — Hanches postérieures dilatées graduellement en une très- grand© 
làmc triangulaire; tarses longs, à articles 1 très-allongé * cylindrique,- 
2 beaucoup plus court, de même forme , 3 trigone, 4 cordiformc , pu- 
bescent en dessous, 5 médiocre; crochets appendiculés. — Dernier seg- 
ment abdominal acuminé et submucroné au bout. — Saillie prosternale 
courte, comprimée. — Corps allongé, oblongo-cylindrique. 

M. De Casteinau a compris dans ce genre trois espèces qui forment 
autant de genres distincts (1). Il ne doit y rester que celle (Mannerhei- 
mii) qu'il a placée en tète et qui a été regardée comme le type du genre 
par M. Giiérin-fiténeville, qui en a en même temps donné une figure 
avec des détails (2). Cet insecte, originaire de l'Australie, est tout-à-fait 
remarquable par la largeur des sillons marginaux de son prothorax qui 
envahissent la plus grande partie des flancs de cet organe. Sa taille est 
grande, sa couleur d'un rongeàlre uniforme, et sestégumenis sont revê- 
tus d'une fine pubescence grisâtre sans aucun reflet soyeux. 

GASTRAULACUS. 

Guérin-Ménev. Ann. d. l. Soc. entom. Sér. 2, I, p. 188 (3). 

Dernier article des palpes maxillaires ovoïde. — Tête plus ou moins 
convexe ; épistome médiocreffienl rétréci à sa base , replié en avant, 

présente )a moitié d'une des jambes antérieures exagère sensiblement la lar- 
geur de cet organe et les dentelures dont il est muni sur sa tranclie citerne. 

(1) La marmornta est le type du genre GAi.n\, comme on l'a vu plus liaut. — 
La flabelUcornis de Java doit former un genio à part, immédiatement à la suite 
des Dendrociuius dont elle se distingue par l'absence des lamelles aux tarses, son 
épistome tris-fortement rétréci k sa base et ses antennes flabellées. — En re- 
produisant son genre Gaidod£M\ dans son Hisl. nat. d. Col. I, p. 227, M. De 
Casteinau n'y a plus compris que la Inarmorata. 

(2) Ann. d. 1. Soc. entonl. Sér. 2, I, pi. 6, f. 55-59. M. Guérin-Ménevillo a 
laissé la fiabellicornis dans le genre. 

(3) Syn. Galba, Latr. Ann. d. 1. Sou. entom. III, p. 132. 



108 BUCNÈHIDES. 

avec son l)ord antérieur tronqué {alraCus), ou tridenté (Leprieurii). — 
Yeux assez grands, ovalaires (l). — Antennes robustes, reçues au repos 
dans de profonds sillons marginaux du prothorax , à articles 1 gros , 
allongé, en massue arquée, 2 court, obconique, 3-4 de longueur variable, 
5-fO transversaux , perColics , 11 obliquement tronqué. — Prothorax 
transversal, très-convexe, à peine bisinuèà sa base, avec ses angles pos- 
térieurs largement arrondis [airains), ou simplement obtus (Leprieurii). 
— Ecusson arrondi en arrière. — Elytres médiocres , cyliiidrico-coni- 
ques. — Pattes courtes ; hanches postérieures larges , formant une 
grande lame triangulaire, recouvrant les cuisses; tarses reçus au repos 
dans deux sillons longitudinaux et médians du métathorax, les posté- 
rieurs dans des sillons analogues de l'abdomen (i) ; leur tor article aussi 
long que les autres réunis, les trois suivants courts, décroissant graikel- 
Icment. — Mésosternum court, déclive. — Prosteriium tronqué en avant ; 
sa saillie postérieure horizontale, de forme variable. 

Latreille a établi ce genre remarquable, sur un insecte inédit du Bré- 
sil, nommé par lui bisukalus et dont on ne possède encore encc moment 
aucune description. M. Guérin-Mcneville, qui ne parait pas l'avoir vu 
plus que moi, a exposé les caractères du genre d'après deux autres es- 
pèces que j'ai sous les yeux (3), et a en même temps changé le nom de 
Galba que Latreille lui avait donnéàtort. Ces deux espèces présentent 
quelques différences importantes, notamment dans les yeux, mais qui 
néanmoins ne me paraissent pas avoir une valeur générique. 

Ces insectes ont complètement la forme des PiEiiOTAnsus, mais leur 
système de coloration est plus simple; ils sont d'un noir profond luc- 
diocrement brillant ; leurs tégumenis sont assez rugueux, et leurs élytres 
assez régulièrement striées. 

£UGNEM1S. 

AUREBs, Noy. Ad. Ilalens. Il, 2, p. 40 (4). 

Dernier article des palpes, surtout des labiaux, sécuriformc. — Tête 
petite, très convexe en avant; épislome plus ou moins forlomcnt rétréci 

(1) Dans Vatratus le front présente de chaque côté un profond sillon trans- 
versal et flexueux. Chez lo Leprieurii eus sillons n'existent pas et sont remplacés 
par un cauthus qui a échappé à. M. Guérin-MéneviUe ot qui ooi<pe les youx pres- 
que en deux. C'est lo seul exemple do ce genre ol^serré jusqu'ici parmi les 
Sternoies. ;' 

(2) Vatratus présente on outre à la base do chacun des flancs du prothorax 
une profonde fossette triangulaire dont le bord externe est garni de poils soyeux 
d'un jaune doré. 

(3) (j. airains, de Colombie et du Mexique; Leprieurii, do Cayenno; Gué- 
rin-MénoY. loc. cit. 

(4) Syn. GiLBApars,Castehi.in Silbcrui. Uev.cntom.lll,p. 173.— Elatkr Say. 



EUCNÈHIDES VRAIS. 109 

à sa base, cchancré en avant. — Yeux petits, arrondis. — Aniennes re- 
çues au repos dans des sillons marginaux du protliorax, à articles 1 grand, 
robuste, 2 très-court, 3 assez allonge, 4-11 obtusémeut dentés ou pec- 
tines. — Prothorax transversal, graduellement rétréci en avant, assez 
convexe ; ses angles postérieurs embrassant la base des élytres. — Ecus- 
son en triangle curviligne. — Elylres de forme variable, rélrécies gra- 
duellement en arrière. — Pattes courtes ; hanches postérieures dilatées 
en une grande lame triangulaire recouvrant lus trochanlers ; cuisses assez 
fortes; jambes et tarses grêles , ceux-ci courts; leur lor article plus 
long que les suivants , le 4" entier, rarement un peu bilobé. — Saillie 
proslernalc courte, en triangle aigu, recouvrant en général le mésosler- 
num sans y pénétrer. — Corps oblongo-elliptique ou subcylindrique. 

J'ai modifié un peu les caractères du genre, tels que les a exposés 
M. Guérin-Méneville(l), pour y faire entrer, à l'imitation de M. J. L. 
Le Conte (2), deux espèces de l'Amérique du Nord {clypealus, amœni- 
cornis) qui ont le dernier article des tarses légèrement bilobé et dont 
l'une {amœnicornis) a en outre les antennes fortement peclinées. Il me 
parait, comme à lui, que ces deux caractères isolés n'ont qu'une valeur 
de section. 

Le genre est riche en espèces et parait répandu sur tout le globe, aussi 
bien dans les pays froids que dans les régions intertropicales. Ses espèces 
varient assez sous le rapport de l'épislome, de la profondeur des sillons 
marginaux du prothorax, de la configuration du dernier segment abdo- 
minal, etc. Quelques-unes {fVicardi, orienlalis) ont la taille, la forme 
conico-cylindrique et l'abdomen mucroné à l'extrémité des Pxeqo- 
TAnsus et des Galba ; d'autres, inédites, ont le fades des Fobnax ; le 
plus grand nombre ressemblent à l'espèce typique du genre, VE. capu- 
cinus d'Europe, mais lui sont pour la plupart inférieures sous le rap- 
port de la taille (ô). 

Au milieu de toutes ces variations, ces insectes n'ont jamais qu'une 
livrée uniforme d'un noir profond ou brunâtre, parfois rougcâtre, voilée 
seulement chez les grandes espèces par une pubescence très-fine, mais 
assez; dense, l^es espèces décrites s'élèvent en ce moment à une dou- 
zaine (4). 

(1) Ann. d. 1. Soc. ont. S6r. 2, l, p. 18G. 

(2) Procccd. of tlic Acad. of Philad. VI, p. 48. 

(.3) Parmi ces petites espèces il y en a toute une série, pour la plupart amé- 
ricaines, qui so font remarquer par leur épistomo très-fortement rétréci i sa 
base, régulièrement Irapéziforme et séparé du front par une petite carène qui 
s'étend de chatiuo côté au-dessus des cavités antennaires. Ce caractère estim- 
port;int en ce qu'il aide à comprendre la l'ormo anormale do l'épistouie des 
Peuotiioi'S. Aucune des espèces en question n'est décrite en ce moment à ma 
counuissaucc; on peut en regarder comme 1(4 type VE. ruguhsus do Dejean 
{capucinus Villa), originaire de la Lombardic. 

(4) Esp. européennes : E. capucinus, AUreus loc. cit. pi. Il, i. 7-9, ctMan- 



110 BDCHËHtDBS. 

FORNAX. 
Ds Castein. in Silberu. Rev. entom. III, p. 172 (1). 

Dernier article des palpes sécuriforme, subquadrangulairc ou forte- 
ment transversal. — Tête petite, régulièrement convexe; cpislome for- 
tement rétréci à sa base. — Yeux médiocres, subarrondis. — Antennes 
plus longues que le prolhorax, reçues au repos dans des sillons margi- 
naux assez larges de ce dernier, à articles 1 allongé et cylindrique, 
2lrcs-courl, 3<4 variables, â-10 allongés, subégaux, à peine dentés à leur 
sommet, 11 en général plus long, acuminé au bout. — Protliorax plus 
ou moins transversal et convexe en avant, un peu arrondi et rétréci sur 
les côtés antérieurs; ses angles postérieurs courts et embrassant les 
élytres. — Ecusson en carré long. — Elytres allongées, graduellement 
rélrécies en arrière. — Pattes longues et grêles; banches postérieures 
formant une très-grande lame triangulaire; tarses antérieurs médiocres, 
les autres longs et grêles, à articles 1 aussi long que les trois suivants 
réunis, 2 encore assez long, 3 beaucoup plus court, 4 variable, S mé- 
diocre (a) ; crochets variables. — Saillie prosternalc médiocre, acumi- 
née en arrière, un peu Qéchie au bout. — Corps allongé, peu ou médio- 
crement convexe, un peu arqué et rétréci en arrière. 

nerh. Mon. pi. 1, f. 9-10. — Feisthamelii, GracUs, Ann. d. I. Soc. cntom. 1847, 
p. 307, pi. 4, f. 1-5; de Catalogne. — Emyi, Rouget, Mém. d. l'Acad. d. Di- 
jon, S6r. %, 1855; Scionc. p. 193; des environs de Dijon. — Esp. de Natal : 
E. gramilipenniSj con&actm, Bohem. Ins. CaflVar. I, p. 374. — Esp. de Java.: 
Galba Wicardii, orientalis, Castein. loc. cit. — Esp. dos Moluques : E. cort- 
oûlor, Uombr. cl Jaquin. Voy. au Pôle sud; Entom. p. 92; Col. pi. 6, f. 14; 
Ternate. — Esp. do l'Amer, du Nord : Elat. clypeafus, Say, Ann. of the Lyo. 
of New-York, I, p. 266. — E. amœnicornis, Say, Trans. of the Amer. Pliil. 
Soc. New Ser. VI, p. 189. — Esp. de Cayonne : E. ftdvkornis, foveolatus, 
Guérin-Méneville, Ann. d. 1. Soc. entom. S6r. 2, 1, p. 187. 

M. Guérin-Méneville émet l'opinion que les Eucn. sericalus de Rio Janeiro 
et monilis do l'Amérique du Nord (?) décrits par Mannerlieim (Mon. p. 21, 
pi. 1, f. 7-8, et p. 26, pi. 2, f. 1) appartiennent probablement à ce genre, ainsi 
que VElater triangularis de Say. Le premier est un FonsAx, le second m'est 
inconnu, et l'on trouvera plus bas le dernier parmi les MicnonoACUs. Il est dou- 
teux également qu'il faille rapporter ici VEucn. svbrufa de M. Randall, Boston 
Journ. of nat. Hist. II, p. 38. 

(1) Syn. DiRUAGiis, Eschsch. in Silberm. Rev. entom. IV, Tableau; le genre 
Dïuhacus de M. Do Castelnau n'a rien do commun avec «elui-ci et correspond 
au genre MicnoRHACus. — Onycuodon, Newnton, the ent. Mag. V, p. 383.— Isab- 
TBKUS, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 48. — Galba 
pars, Castein. — Euckemis Say. — Hïlociiares Melsheim. 

(2) M. De Castelnau assigne à fort des lamelles à leurs trois articles intermé- 
diaires; il n'y en a aucune traco. 



EDCRËH1DE9 VBAIS. 111 

Genre assez riche en espèces, pour la plupart d'assez grande taille et 
d'un noir brunâtre uniforme sujet à passer au rougcâtre et voilé par une 
fine pubescenoe couchée. Il est très-rare {sanguineosignalus) que cette 
livrée monotone soit relevée par des taches d'un rouge sanguin. 

Les antennes et les tarses présentent quelques modincations dont on 
pourra se servir pour diviser le genre en sections. 

La plupart des espèces ont le 3" article des antennes à peine ou pas 
plus long que le 4», le pénultième article des tarses bilobé et les crochets 
des tarses appendiculés. 

D'autres, avec des tarses semblables, ont le 3» article des antennes 
plus long que le suivant. C'est sur l'une d'elles {orchesides), de l'Amé- 
rique du Nord, que M. Newman avait établi son genre Onycuodon. 

Enfin il en est en très-petit nombre qui, avec des antennes à articles 3-4 
égaux, ont le pénultième article des tarses entier et les crochets de ces 
organes simples. Elles correspondent au genre Isarthbus de M. J. L. 
Le Conte que ce savant entomologiste a lui même supprimé plus tard (1). 

Les FoBNAx sont on grande partie américains ; on en a décrit une 
espèce de Madagascar qui est réellement de ce pays, et les collections en 
contiennent quelques-uns inédits du Sénégal et de Java (-2). 

EUCALOSOMA. 
De Casteln. Hisi. nat. d. Col. 1, p. 223 (3). 

Dernier article des palpes sécuriforme. — Télc petite, convexe ; épis- 
tome médiocrement rétréci à sa base, arrondi en avant. — Antennes 
robustes, cylindriques, plus longues que le prothorax, reçues au repos 
dans des sillons marginaux assez larges et médiocrement profonds de 
ce dernier (4), à articles 1 assez long, arqué, 2 très-court, 4-1 1 subégaus, 
celui-ci obtus au bout. — Prolhorax subtransversal , un peu rétréci et 

(1) Trans. of tlie Amer. Phil. Soc. New Scr. X, p. 417. 

(2) Esp. de l'Amer, du Sud : F. ruficoUis, Casteln. loc. cit.; Cayenae. — 
Encn. serkatus, Mannerli. Mon. Eucn. p. 21, pi. 1, f. 7-8 (F. grandis Guôrin- 
Méncv.); Brésil. — F. sanguineosignalus de Colombie, opifex de Cayenne, 
Chevrolatii du Brésil, Guérin-Ménov. Ann. d. 1. Soc. ont. Sér. 2, I, p. 184. — 
morio, Erichs. Arcliiv, 1847, I, p. 75; Pérou. —Esp. du Mexique : F. obrutus, 
Pelitii, Guérin-Ménev. loc. cit. p. 183. — Esp. de l'Amer, du Nord : Eucn. cy- 
lindricottis, Say, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. VI, p. 188. — Onych. 
orchesides, Ncwm. The entom. Mag. V, p. 3M. — Hyloch? hkolor, Dirhag. 
oaiius (Var.? Dirh. ru^pes, Mclshcim. ibid. p. 150) Melsheim. Proceod. of th» 
Acad. of PhU. II, p. 149..— F. striatus, Is. sprelus, J. L. Lo Conte, ibid. VI, 
P- 47. — Esp. de Madagascar : Galba madagascariensis, Casteln. in Silborm. 
«ev. ont. III. p. 173. 

(3) Syn. nnicMAPHOiiu.s, Dej. Cat. éd. 3, p. 95. 

W Ces sillons, quoique tr6s-apparents, ont échappé à M. De CasteJnau: il 
«signe au genre dos antennes liliros. 



112 F.UCNÉMIDES. 

arrondi sar les côlés en avant, régulièrement convexe, impressionné de 
chaque côté à sa base, avec ses angles postérieurs longs et aigus. — Ecus- 
son oblongo-ovalc. — Elylrcs allongées , médiocrement convexes, lar- 
gement et assez forlcmcnt lobées à la base de leurs épipleurcs, graduel- 
lement rélrécics dans leur tiers postérieur. — Uanches postérieures 
dilatées en une grande lame triangulaire; les quatre tarses postérieurs 
longs ctgrélcs, à articles 1 trcsallongc, 2-3 décroissant graduellement, 
4cordifornic,petit, 5 court; crochets appendiculés. — Dernier segment 
abdominal oblusémcnt arrondi au bout. — Saillie prosternale droite , 
plane, arrondie en arrière. — Corps oblong, médiocrement convexe. 

Genre établi sur une belle espèce du Brésil (i), très-différente de tous 
les autres Eucncmides par son faciès, mais qui se dislingue desFoRWAX 
plutôt par là que par aucun caractère bien posilil'. Du moins, le seul es- 
sentiel que je puisse découvrir consisle dans la dilatation de la base des 
épipleures des élylres. 

Cet insecte d'assez grande taille a un système de coloration particulier. 
Il est noir avec le dessous, les bords latéraux et des bandes submarginales 
du prothorax, lesquelles se continuent plus on moins loin sur lesclytres, 
d'un beau jaune ; les hanches cl les cuisses des pattes sont de la même 
nuance ; du reste, ce dessin varie beaucoup. Une linc pubcsccncc de la 
couleur des parties qu'elle recouvre le revêt en entier. 

MICRORHAGUS. 

Esf.iiscH. in Silbeum. Kev. entom. IV; Tableau (2). 

Dernier article des palpes sécuriforme. — Tête courte, convexe; épis- 
tome forlement rétréci à sa base , plus ou moins replié en dessous. — 
Antennes beaucoup plus longues que le prothorax, reçues au repos dans 
des sillons médians superficiels des lianes du prolhorax, h articles 1 long, 
cylindrique, 2 très-court, 3 plus long que le suivant, 4-10 subégaux, 
tantôt flahellés ou peclinés chez les mâles, et en scie chez les temclles, 
tantôt en scie ou subcylindriques dans les deux sexes. — Prolhorax trans- 
versal, plus ou moins convexe en avant, avec ses angles postérieurs mé- 
diocres et carénés en dessus, muni de deux carènes latérales, dont la 
plus externe placée en dessous parallèlement à la suture prosternale de 
son côté (.-). — Ecusson variable. - Elylres allongées, graduellement 

(1) E. versicolor, Casteln. loc. cit. (R. hilincatus Doj.); M. Guérin-MônevUle 
(Ann. d. 1. Soc. ent. Ser. 2, I, p. 30-38) en a donné une figure au trait accom- 
pagnée dequdiiucs dùtailset faite d'après un petit exemplaire. 

(2) Syn. niRH,vcus, Latr. Ann. d. 1. Soc. entom. 111, p. 130. — Edcnbmm 
Manncrh., Say, Barris, Villa. — EL*TEn Fab., Payk., Gyllenh.,Say. 

(3) Il serait plus exact encore de dire que cet organe possède de chaque cété trois 
cirènes • une supérieure, subraarginalc, partant des angles postéiieiirs et i la- 
quelle correspond une autre partait du bord antérieur, souvent contournée, ne 



ECCNÉMIDES VnAIS. |}3 

rélrécies en arrière. - Pattes médiocres ; hanches postérieures èlar- 
g.es au côté interne en une lame carrée ou subtrigone. médiocrement 
large ; tarses grêles ; le 1" article des quatre postérieurs aussi long que 
2-4 reunKS. celu.-ui bdohé, le 5° assez court.-Saillie prosternale trigone 
presque droite. - Corps allongé, atténue en arrière, peu convexe ' 

Le caractère essentiel de ce genre réside dans les carènes plus multi- 
phecs que de coutume dont leproLhorax est muni de chaque côté et d'où 
resuite la formation, sous chacun de ses flancs, des faibles sillons où se 
logent les antennes lorsqu'elles se contractent. Toute espèce qui ne poa- 
sede pas des sillons ainsi faits me paraît devoir être excluedu genre M) 
sans quoi il n est plus possible de le caractériser. 

Quant aux antennes, elles varient beaucoup, comme on le voit dans la 
formule générique qui précède, et peuvent servir à diviser le genre en 
deux sections ayant pour types, l'une le M. pygmœus chez qui elles sont 
Qabellees chez les mâles, lautrc le Sakibcrgi dont les deux sexes ont 
ces organes très- faiblement en scie. Entre ces deux formes il y a des 
passages (a). •' 

Les MicRonoAcrs sont de petits insectes pour la plupart voisins, sous 
le rapport de la forme générale, de VEucnemis capucinus d'Europe 
Leur livrée toujours uniforme varie du noir au jaune ferrugineux. Jusqu'à 
présent ils paraissent propres à l'Europe et à l'Amérique du Nord (.%). 

rejoignant jamais la précédente et manquant parfois (par ex, mwmœus) ■ une 
seconde aléralc, droite ou flexuouse, raicment intcmmpuofurminal 
pkcée tr s-pràs de la suture prosternale de son côlé, parfiite^cnt p"rall™i 
iTllV""' """'^'l""'"' •'■■""«comme elle. L'espace qu'elles limitent ne me- 
nte pas à proprement parler, le nom de sillon et n'a rien de commun avec 
s véritables sillons marginaux des Galb*, lîucNEms, Fcnax, euZZs 
HïLocunEs sont les seuls qui présentent quelque chose d'analogue; mais cher 
H pVltc M '"«guliers, comme on le verra plus bas. Il faut ajouter que 

chei les MicnouHAGUs les sillons en question sont toujours lisses et brillants. 

Faun. Ins. Europ. XI 5), espèce de l'Europe orientale qu'on place parfois ici 
à tort dans les collections. Il doit former un genre à part que j'ai vu inscr 
dans la riche collection de M. De Laferté-Senecterre sous le nom de oZ 

mlt'^l ""'l'^''' ÇoH-^ctions les espèces de cette seconde section forment 
un genre à part sous le nom d'HvPocoELUs qui ne peut leur rester. Si l'on tien 

pinîblo ' °" '°""''" ''"■■ '"""'^ '="'"' "' '^""'""^ ""* ''' actuellement dis- 
11 faut peut-être rapporter également ici le Dirhtigus nitidiis des environs 
d. Naples, décrit par M. A. Costa, Ann. degl. Aspir. nat. Ser. il n "oî " 
le D,rh. ajhndricoUis, Bobem. Ins. Caffrar. I, p. 376; de Natal 

p. S pi'2\"?f T'^ '■ f'^i; ^^^""""^ ^*y^- ^'••'"•' "'""'«^h. Mon. Eucn. 
Pl 2 t\' ^ ' , ? ' 'Europe.- Eucn. SMberoi, Mannerh. ibid. p. 27 
Rose;,h nT f ■ "''""-'""'' Yilla, Col. Europ. Dupl. p. 02. - ^f. icpidw, 
Rosenh. Beilr. z. Insektenf. Europ. I, p. 14.- Jtf. longicorJs. Hampe, Verhan!^' 
Coléoptères. Tome IV. o 



114 BSCNBHIDBS. 

HYLOCHARES. 
Latb. Ami. d. l. Soc. entom. III, p. 127 (1). 

Dernier article des palpes sécuriforme. — Tête plane sur le front ; 
épistome médiocrement rétréci à sa base, parfois arrondi ou bisinué en 
avant. — Yeux médiocres, ovalaires/— Antennes à peine plus longues 
que le prothorax, à articles 1 gros, allongé et arqué, 2 court, obconiquc, 
3-10 obconiques, subtransversaux, tl ovoïde.- Prothorax transversal, 
voûté en avant, déclive en arrière ; ses angles postérieurs courts et ro- 
bustes. — Ecusson en carré long. — Elytres médiocrement allongées, 
cylindrico-coniques, subdéprimées en dessus. — Pattes médiocres et 
robustes ; hanches postérieures élargies dans leur moitié interne en une 
lame transversale médiocrement large, sinuée ou échancrée ; cuisses 
robustes; tarses médiocres; le l»r article des quatre postérieurs aussi 
long que les trois suivants réunis, le 2" et le 3'' assez longs , subégaux, 
le 4" très-court, entier; crochets très-petits et simples. — Proslernum 
largement cchancré en avant ; sa saillie postérieure assez longue cl grêle. 
— Dernier segment abdominal obtus ou largement arrondi à son extré- 
mité, impressionné dans son milieu ou sur les côtés. 

I^atreille {i) a confondu ce genre avec los Uypocoelus d'EschschoItz 
qui en sont trcs-dislincls et qu'on trouvera plus loin. Il est ici exposé 
tel que l'a restreint M. Guèrin -Méncville (r,) et a pour type i'Eucn. 
cruentatusûe Mannerheim (*), espèce très-rare de la Finlande que je n'ai 
pu parvenir à me procurer. Toutes los aflres espèces décrites me sont 
connues (s), et c'est d'après elles que je donne le caractère du genre. 

Ce sont des insectes de forme médiocrement allongée et qui seraient 
régulièrement conico-cylindriqucs s'ils n'étaient pas un peu déprimés 
sur les élytres. Tous sont d'un noir-brunâtre ou rougeâtre, faiblement 
pubescenls, plus ou moins rugueux et sillonnés sur les élytres. Ces or- 

d. Zool.-Bot. Ver. in Wicn, I, p. ICO. — M. dypeatus. Hampe, Stottin. ontom. 
Zeit. 1852, p. 350. — Esp. de l'Amer, du nord : El. frianguluris, Say, Trans. 
of the Amer. Phil. Soc. New Sfir. VI, p. 189. — M. imperfsctvs, subsinualtis 
(Eucn. thangularis Uarris), J. L. Le Conte, Proceed. of tlie Acad. of Pliil. VI, 
p. 48. 

(1) Syn. AneiPis, Dcj. Cat. éd. 3, p. 95; l'espèce de Cayenne {A. ambula- 
tor), sui»la(iuollc Dejean a établi ce genre, est encore inédite. — Hypocoeids, 
Dej. ibifl. p. 90. — EucNEMis Casteln. — Meusis Say. 

(2) Ann. d« 1. Soc. entom. III, p. 127. 

(3) Ann. d. 1. Soc. entom. Sér. 2, 1, p. 175. 

(4) Mon. Eucn. p. 10, pi. .'î, f. 1-4. Cet insecte n'existe, que je sache, dans 
aucune collection de Franco. 

(5) Sauf l'Hyl. melnsinus de Latrcille (loc. cit.) ; mais, d'après ce qu'il en 
dit, il est plus que probable qu'il n'appartient pas au genre. 



BDCNÉMIDES VRAIS. j^g 



ganes ont 1 angle sulural un peu épineux, et il y a des espèces améri 

ca.nes (par ex. subaculus, Lanieri) chez lesquelles ces pï 'a C.t't 

on peu et sont redressées. Les caractères du genre résidën. nrfnr^f 

ment dans la structure des pattes et celle des fntennes ' ' "' " 

Dans quelques espèces le prothorax se rapproche de cebi des M.c«n 

noAGos sous le rapport des carènes dont il est muni la.éra lomem mat 

ce carac ère s'efface graduellement et il n'y a aucun par. à en .il? 

JnsquV. ces insectes paraissent confinés en E™ a^c^Z '^j 

• dans les deux Amériques (2). i^urope , au henegal et 

CALYPTOCERUS (3). 
Guérin-Ménet. Ânn. d. l. Soc. entom. Sér. 2, I, p. 177. 

Ce genre ne m'est pas connu en nature; d'après la dcscrinf inr, ,.1 u. r. 
guresqu-endonneM.Guérin-Méneville.iiparaU osin eC^ 
ma,s ne posséder qu'une seule carène marginale au prothorax ' 

Dernier arlicle des palpes maxillaires grand, ovoïde, un neu exrav^ 
au côte ,„.erne -.Tète cachée dans l'intérieur du prot Lorax L s.om. 
egercment caréné dans son milieu. - Antennes c^lindr Jue^ ZoZ 

Le genre ne comprend qu'une belle espèce (4) de C.-.venne de f,ilio 

(1) VHyl. alticoUis Villa, d'Europe est le s™i n,„' -,;. „ 
Plet; seulement la marginale e.t foL'n'L a oL 'a^côM^^.:; re^r^T 
avec la suture prosternalc de son côté un espace tHan^u.Z i"""" 

en avant. Dans les autres espèces il ne reste plus oneK. ,""""'" ^'^^ 
nalc; la prenùôre est plus ou moins eLcée en a"-.'?/. ,1 , '' " ""''«'" 
le. sutures pros.enuUes sont à poine dist n , " Sd , " !, '" T/'^'''"' 
pour la Réception des antennes c'est rrr.,u ! '" """ dépression 

iotcne/qu'dle existriout S est fo, t d mt nl'f '"■■' ""^'^''' "" ' "="^'=*'^ 
-..^.s, ,„ais prouve ^^^^^^f^lT^Z Zt^îl f ^ ''' "- 

^er.e,alen.is, Casteln. in Si.Lrm "rov « tom in" %% "" P"T if"^' 

Guô^-Mù^ev. nev S'ÎSÎp 279: ' ' '''''''■ "' ^"^'^'-S- ^"nierl, 

oiVul'lse'ïrdlr^r V"" ^""^'"^"^^ ''"'"' ^'->«'' '='"•'>«) "' -Sté 
(41 r r , . '' antennes sont complètement libres. 

m t. Leboucherii, Guérin-Ménev. loc. cit. pi. 5, f. 8-14. 



116 



BOCHÉMIDES. 



EUDORUS. 
Pe CiSTELN. in SiLBEnH. Rev. entom. Uï, p. 168. 

Dernier article des palpes sér.ariforme. - Tête assez grande, peu 
convexe ; épistome assez fortement rétréci à sa base, fléchi. - Antennes 
à peine aussi longues que le prothorax, robustes ciliées, cy Iwidr.ques 
grossissant gradoellemenl, à articles 1 gros et médiocre, 2 très-court, 
3 Dlus long, 4-10 subègaux, serrés, 11 plus long, arque et arrondi au 
bout - Prolhorax transversal, régulièrement convexe, légèrement ar- 
rondi sur les côtés en avant, bisinuéà sa base, avec ses angles postérieurs 
courls et aigus. - Ecusson carré. - Elytrcs médiocrement allongées, 
peu convexes, parallèles et arrondies à leur extrémité. - Pattes courtes 
et robustes ; hanches posléricures médiocrement elarg.es en triangle 
curviligne ; tarses très-gréles, graduellement atténues, a articles 1-4 dé- 
crassant graduellemenl, le 4- entier. - Prosternum muni d un sillon 
étroit et profond le long de son bord antérieur; sa saillie postérieure 
courte, trigone et plane. -Corps oblong, subparallèle, médiocrement 
convexe. 

M U.» Caslelnau n'a fait que proposer ce genre après avoir placé 
avecdoute Tunique espèce de Java qui le compose (1) parmi les Silends 
de Lalreille (A«e..astes Kirby). C'est en effet de ces derniers qu .1 se 
rapproche, et non pas des HvLocnAnES auxquels 1 a comparé M. Guerin- 
Méneville. Cet insecte, très-rare dans les collections est de moyenne 
grandeur en entier d'un noir brunâtre médiocrement brillant et revêtu 
d'une courlc pubescencc redressée d'un jaunâtre vif. 

ANELASTES. 
KiuBï, Trans. of ihe Linn. Soc. XU, p. 384 (2). 

Dernier article des palpes sécurlforme. - Tête légèrement et régu- 
lièrcment convexe; épistome fortement rétréci à sa base, depri.nc en 
avant - Yeux médiocres, ovalaires. -Antennes courtes, (iliforraes, 
à arlides 1 assez long et graduellement renflé, 2 Irès-court, 3 allonge, 
obconinue. 4-8 transversaux, subcupuliformes. 9-10 globuleux, 11 briè- 
vement ovabirc — Prolhorax transversal, régulièrement convexe, ar- 
rondi sur les côtes en avant ; ses angles postérieurs courls et un peu 
divergents.- Ecusson allongé. - Elylre^oblongues. peu à peu et mé- 
diocrement rétrécies en arrière, terminées par une courte pointe. - 

(1) E. javanicns, Casteln. loc. cit.; figur6 au trait, avec une airtcnne grossie, 
par M. Guérin-Méncvillo/Ann. â. 1. Soc. cntom. Sér. 2, I, pi. 5, f. 6-7. 

P) Sjn. SiLENus, Latr. Ann. d. 1. Soc. cntom. 111, p. 128. - Aoriotes pars, 
Dej. Cat. 6(1. 3, p. 108. 



■^ 



BDCNÉUIDBS TBAU. 117 

Pattes courtes, médiocrement robustes ; hanches postérieures très-étroites 
dans leur moilic externe, brusquement dilatées intérieurement en une 
lame médiocre, en carré transversal; les quatre tarses postérieurs grêles 
et comprimés; leurs quatre 1"' articles décroissant graduellement, ci- 
liés à leur sommet en dessous ; crochets petits, grêles, peu arqués. — 
Proslernum tronqué en avant, avec un sillon bien marqué le long de son 
bord antérieur; sa saillie postérieure arrondie en arrière des hanches 
antérieures. — Corps oblong, médiocrement convexe. 

La place de ce genre a" été méconnue par la plupart des auteurs (1), 
bien qu'il ne puisse y avoir le plus léger doute qu'il appartient à la fa- 
mille actuelle. Ses espèces ont un /"actes intermédiaire entre celui 
des autres Eucnémides et celui des Élatérides du genre Ageiotes. On 
en connaît en ce moment quatre dont deux de l'Amérique du Nord (a), 
une de l'Algérie (3) et une inédite d'Espagne {*). Ce sont des insectes 
de taille au plus moyenne, d'un jaune ferrugineux ou d'un brua noirâtre, 
presque glabres, finement rugueux et régulièrement striés sur les 
éljtres. 

NEMATODES. 
Latr. Fam. naiur. p. 248 (5). 

Dernier article des palpes sécuriforme. — Tête régulièrement convexe ; 
épistome fortement rétréci à sa base, replié en dessous. — Yeux mé- 
diocres, subarrondis.— Antennes à peine plus longues que le prothorai, 
à articles 1 assez allongé, un peu arqué, 2 court, obconique, 3 plus long 
que les suivants, cylindrique, 4 -10 déprimés, plus larges que les précé- 
dents, subégaux, 11 ovoïde, acuminé au bout. — Prothorax plus long 
que large, subparallèle , un peu déprimé en dessus ; ses angles posté- 
rieurs courts et embrassant les épaules des élytres. .— Ecusson presque 

(1) Kirby l'a placé parmi les Cébrionides. LcitrciUe (loc. cit.) après l'avoir 
d'abord mis parmi les Eucnémides en ayant l'espèce typique sous les yeux, l'a 
reproduit (ibid. p. 165) d'après Kirby, en les classant comme ce dernier. De- 
jean (loc. cit.) et M. Guérin-Méncville (Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, I, p. 177) 
l'ont mis parmi les Élatérides. Enfin le dernier auteur qui en ait parlé, M. J.-L. 
Le Conte (Trans. of the Amer. Pliil. Soc. New Ser. X, p. 413), lui a assigné, 
à mon avis, sa véritable place en le plaçant dans la famille actuelle, immédia- 
tement a côté des HïLOCH/iUEs. 

(2) A. Druryt, Kirby, loc. cit. pi. 21, t. 2 (Silenus brunneus Latr.; Agriotes 
lardus Dcj.); commun dans les Etats-Unis du Sud. — Latreillei, J.-L. Le Conte, 
Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 47; de Californie et du Mexique. 

(3) A. barbarus, Lucas, Expier, de l'Alger.; Entom. p. 167, pi. 16, f. 16. 

(4) Elle provient des environs de Barcelone et figure dans quelques colleo- 
tions sous le nom à'A. Zanzii; sa taille est de beaucoup inférieure à celle des 
précédentes. 

(5) Syn. HïPocoELOs, Dejean, Cat. éd. 3, p. 96. 



118 * BUCRéHIDES. 

carré. — Elylres Irès-allongces , graduellement alténuées d'avant en 
arrière, peu convexes. — Pattes courtes et robustes; hanches posté- 
rieures dilatées en une grande lame triangulaire; cuisses robustes; 
tarses des deux dernières paires comprimés, à articles t aussi long que 
les trois suivants réunis, 2-3 décroissant graduellement, 4 trcs-court, sub- 
bilobé ; crochets simples. — Dernier segment abdominal acuminé à son 
extrémité. — Prosternum faiblement arrondi en avant ; sa saillie posté- 
rîêhre en triangle court et aigu. - Corps trcs-allongé, déprimé. 

A reiempledeM.Guérin-Méneville(i)ct de M. L. lledtc.nl)acher(2), 
je donne pour type A ce genre, comme Latreillc l'a toujours fait, \' Eta- 
ler filum de Fabricius (s), bien que la plupart des auteurs modernes, 
par une transposition de nom que rien ne justifie, placent cet insecte 
parmi les Hvpocoelus d'EschschoItz et composent le genre Nkmatodbs 
d'espèces que Latreille n'y a jamais comprises. 

L'espèce en question est remarquable par la gracilité de son corps ; sa 
couleur est d'un noir uniforme, avec les pattes et les antennes rougeâ- 
tres (4). Elle paraît propre aux parties orientales et au midi de l'Europe. 

in-POCOELUS. 
Escnscii. in Siiber». Rev. entom. IV; Tableau (5). 

Genre très-voisin des Nematodes et n'en différant que par les carac- 
tères qui suivent : 

Antennes notablement plus longues que le prolhorax, à articles 4-10 
carrés, subtransversaux, 11 allongé, cylindrique, obtus au bout.— Pattes 
un peu plus longues et un peu moins robustes; le l'"' article des quatre 
postérieurs aussi long q-ue les trois suivants réunis, le 4" entier. — Der- 
nier segment abdominal largement arrondi à son extrémité. — Une va- 
gue dépression longitudinale sur chacun des flancs du prolhorax (e).— 
Corps allongé, oblongoclliplique. 

(1) Ann. (1. 1. Soc. ent. Sér. 2, 1, p. 174. 

(2) Faun. Austr.; Die Kœf. p. 292. 

(3) Syst. El. II, p. 240; et Munnerh. Mon. Eucn. p. 33, pi. 2, f. 10-11. 

(4) L'Eucnemis nigriceps de Mannerheim (Mon. Eucn, p. 35, pi. 2, f. 12), 
espèce originaire de la Géorgie russe, appartient très-probablement au genre, 
comme le pensent EschechoUï et M. Guèrin-Méneville. 

(5) Syn. HïLociuBEs pars, Latr. Ann. d. 1. Soc. entom. III, p. 1^7.— Neba- 
TODEs, Dej. Cat. éd. 3, p. 96. 

(6) C'est co qui a engagé Mannerheim à placer l'espèce typique du genre 
dans sa sous-division des Eucnesiis à prothorax canaliculé en dessous pour la 
réception des antennes. Mais ces sillons ne sont limités ni par les carènes mar- 
ginales du pronotum ni par les sutures prostcrrmlcs et no ressemblent pas 
même à ceux des MicnonuAcus et des Hylocuares. 



EUCNÉHJDES VRAIS. 119 

Latreilic, comme on l'a vu plus haut , n'avait fait de ce genre qu'nne 
section de ses Hylochaues (loal il est Irès-difTcrcnt. L'espèce typique, 
VEucncm. proccrulus àe Maniicrheim (i) est un petit insecte répandu 
depuis la Finlande en Autriche et voisin, sous le rapport du faciès, de 
l'Eucnem. aapucinus. Comme chez ce dernier, son prpthorax est rétréci 
en avant; mais dans ces dernières années M. Ma;klincn a fait connaître 
une autre (-2), découverte par lui en Finlande, chez laquelle cette partie 
du corps est presque carrée et qui se rapproche ainsi davantage du 
Nemalodes fitum. 

XYLOBIUS. 

• Latk. Ann. d. l. Soc. entom. 111, p. 124 (3). 

Dernier article des palpes subovale et déprimé. — Tcle convexe ; 
épistonie très-fortement rétréci à sa base, Qéchi en dessous. — Yeux 
subarrondis. —Antennes assez robustes, cylindriques, plus longues que 
le prothorax, A articles 1 allonge, cylindrique, 2-3 très-courts, celui-là 
obconiqnc, celui-ci transversal, 4-10 plus longs, égaux, submoniliformes, 
11 allongé, oblongo-ovoïde. — Prothorax fortement transversal, subcy- 
lindrique, un peu rétréci à sa base, avec ses angles postérieurs saillants 
et carénés en dessus. — Elytres médiocrement allongées , subcylindri- 
ques. — Pattes courtes, assez robustes; hanches postérieures faible- 
ment dilatées au côte interne ; cuisses renllées ; tarses courts, à articles 
obconiques, un peu comprimés, le l»' un pec plus long que le suivant, 
. le 4" très-court, subbilobé. — Saillie prosternale grêle et aiguë. — Der- 
nier segment abdominal arrondi à son extrémité. —Corps médiocrement 
allongé, subcylindrique, légèrement déprimé. 

On n'en connaît qu'une petite espèce (4) répandue dans toute l'Europe 
froide cl tempérée, mais fort rare partout. Elle est presque glabre et 
d'un noir brillant, avec les élylres en totalité ou en partie, les antennes 
et les pattes, d'un jaune ferrugineux. Il y en a des variétés entièrement 
noires ou ferrugineuses. 

(1) Mon. Encnem. p. 32, pi. 2, f. 7-8. 

(2) H. altenxiutus, Maikt» Bull. Mosc. 1845, II, p. 547. 

(3) Syn. XvLopiuLHS, Mannerh. Mon. Eucncm. p. 14, note; nom sans ac- 
compagnement (le caractères, déj:"i employé par Latreillo pour un genre d'An- 
thicidcs et adopté i tort par Eschsclioltz. — Xtioecus Serv., Dej., Lacord. 
Faune ont. d. onv. d. Paris^ I, p. 027. — Elateu Fab. Gyll., Horbst, etc. 

(4) Elater alni Fab. etc., Mannerh. Mon. Eucnem. p. 18, pi. 1, f. 5, 6 {Elat. 
cortkalis Payk.; Var. Elat. tetaceiw Horbst.) 



*20 EDCNÊHipES. 

HARMINIUS. 
L. Fum. Afin. d. l. Soc. entom. Sér. 2, \, p. 81. 

Antennes dentées à partir du 4« article ; le 2° et le 3« courts, aussi longs, 
pris ensemble, que le l<'^-Prothorax transversal, convexe, un peu élargi 
en avant ; ses angles postérieurs saillants en arrière, carénés en dessus. 
— Ecusson oblong, arrondi en arrière. — Elytrcs à peine plus étroites 
que le prolhorax, peu à peu rétrécies en arrière, arrondies à leur extré- 
mité. — Pattes longues, grêles; hanches postérieures ne recouvrant 
que la base des cuisses ; tarses grêles, un peu plus longs que les jam- 
bes; leurs trois 1»" articles décroissant graduellement. — Corps épais, 
allongé, subparallèle. 

J'emprunte ces caractères à M. L. Fairmaire qui a fondé ce genre sur 
une espèce {casianms) de Sicile, longue de 12millim., d'un brun mar- 
ron uniforme, revêtue d'une fine pubescence d'un jaune grisâtre, et qu'il 
dit avoir le faciès des Hyi>ocoelos et des Hylocbares, en même temps 
qu'elle se rattache aux Xïlobids par la brièveté des articles 2-3 de ses 
antennes. Je ne vois pas bien, d'après ces caractères, quelle peut être 
la véritable place du genre et ne le mets ici que provisoirement. 

EMATHION. 
De Casteln. in Silberb. Rev. entom. IIT, p. 171 (1). 

Dernier article des palpes ovoïde. — Tête peu convexe sur le front ; 
épistome fortement rétréci à sa base. — Yeux médiocres, subovales. — 
Antennes médiocres, grossissant peu à peu à leur extrémité, subgéni- 
culées, à articles 1 très-allongé, linéaire, 2 très-court, 3 allongé, 4-5 plus 
courts que les suivants, subglobuleux, 6-10 obconiques ou carrés, subé- 
gaux ou non, 11 plus ou moins allongé, acuminé au bout. — Prothorax 
de longueur variable, transversal ou non, aussi large que la base des 
élytres, à bords subparallèles, plus ou moins voûté en avant, déprimé en 
arrière, souvent impressionné ou fovéolé, bisinuo i sa base, avec ses 
angles postérieurs courts et aigus. — Ecusson assez long, arrondi en 
arrière. — Elytrcs allongées, cunéiformes, rarement subcylindriques.— 
Pattes longues et grêles ; hanches postérieures rapidement dilatées en 
une grande lame triangulaire; tarses antérieurs assez courts, les autres 
très-longs, à articles 1 notablement plus long que les suivants réunis, 
2-3 égaux, 4 court, légèrement bilobc; crochets très-grêles. — Dernier 

(1) Syn. SPB«nocEPBALBS, Eschsch. in Silbcrm. Rev. entom. IV, TaNeau; 
Dej. Cat. éd. 3, p. 96. — Galba pare, De Casteln. toc. cit. p. 174. — EncNEin» 
Say. — EpiPBANis pars, J. L. Le Conte, Procccd. of tho Acad. of Pliilad. VI, 
p. 46; olim. 



BDCNÊUIDES TRAIS. 121 

segment abdominal presque toujours mucronè au bout. — Prosternum 
tronque en avant; sa saillie postérieure en triangle aigu. 

6enrc mal caractérisé par M. DcCasteInau qui lui assigne des sillons 
prolhoraciquos pour la réception des antennes au repos, bien qu'il n'y 
en ait aucun vestige. Ses espèces sont, à quelques exceptions près, de 
taille assez grande pour la famille et constamment d'un noir brunâtre 
uniforme et revêtues d'une fine pubescence jaunAlre qui souvent passe au 
: Jaune doré sur le protliorax. L'allongement des six derniers articles des 
antennes varie selon les espèces, et ces articles sont en général un peu 
plus larges chez les mâles que chez les femelles. C'est ce caractère qui 
m'a engagé à placer ces insectes près des Pulecon et des Epiphanis, 
bien qu'ils en soient très-cloignés par leur forme générale, ce qui a déjà 
été fait par M. J.-L. Le Conte. Les fossettes du prothorax sont peu 
nombreuses et situées ordinairement à sa base. Les téguments de ces 
insectes sontfmement chagrinés, et jamais leurs élylres ne sont sillonnées. 
Le genre est propre aux deux Amériques, et l'on en a déjà décrit huit 
espèces (1). Il y en a encore au moins autant d'inédites dans les collec- 
tions. 

PIESTOCERA. 

Pebty, Del. anim. art. Brasil. p. 23. 

Je doute à peine de l'identité de ce genre avec les Ematdion de M. De 
Castelnau (â) ; mais ne l'ayant pas vu en nature , je suis obligé de 
l'admettre provisoirement. M. Perty lui assigne les caractères qui sui- 
vent : 

Antennes du double plus longues que la léte et le prolhorax réunis, 
à articles 1 allongé, anguleux, 2 très- petit, 3-10 un peu élargis, dépri- 
més, tronqués au bout, 11 plus long, lancéolé. — Yeux hémisphériques. 

— Prothorax presque carré, globuleux en dessus, écbancré à sa base, 
ivec ses angles postérieurs saillants. — Pattes médiocres, grêles ; han- 
ihes postérieures dilatées en lames les recouvrant; cuisses comprimées, 

peu robustes ; jambes grêles, assez longues ; tarses antérieurs courts, à 
i^r *''''cles 1 subcylindrique, 2-3 courts, trigoncs, échancrés, 4 cordiforme ; 

(1) Esp. de l'Amer, du Sud : E. cylindricum. Galba Leprieurii, Casteln. loc. 
cit. p. 171 »t 194; Cayenne. — E. cuneatum, Buquetii, Guérin-Méncv. Ann. 
d. 1. Soc. cntom. Sér. 2, l, p. 179; le premier de Bahia, le second do Colom- 
bie. — Esp. du Mexique : Galba mexicana, Casteln. loc. cit. p. 174. — Esp. do 
l'Amer, du Nord : Eucn. frontosus {Epiphanis canalicuMus J. L. Le Conte, 
loc. cit.), atropos, Say, Trans. of tho Amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 187. 

— Em. penctrans, i. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 47. 

(2) Si M. Perty avait signalé la brièveté relative des articles 4-5 des antennes 
qui est caractéristique des Emituion, l'identité d«8 deux genres serait établie. 
Paut-ôtro a-t-il omis ce caractère par mégarde. 



122 EDCNÉSIIDES. ^ 

les autres plus longs que leurs jambes respeclives, à arlicles 1 allongé, 
2-3 décroissant graduellement, 4 très-court, trigone ; crochets simples. 

L'espèce du Brésil (i) que décrit M. Perty est de la taille des grands 
Ematuion de ce pays (5 '/. ligne), brunâtre, à reflets soyeux, avec la 
tête et le prothorax revêtus d'une pubesccnce jaune. 

Il est inutile d'ajouter que si les deux genres en question sont identi- 
ques, le nom de M. Perly devra avoir la préférence sur celui d'EuATUioN. 

PHLEGON. ^ 

De Casteln. Ilist. ml. d. Col. ï, p. 254 (2). 

Dernier article des palpes triangulaire. —Tête peu convexe ; épistome 
fortement rétréci à sa base, incliné en avant et entier. — Yeux gros, 
arrondis et saillants. — Antennes plus longues que le prothorax, à ar- 
licles 1 grand, robuste et arqué, 2 court, obconique, 3 du double plus 
long, 4-8 courts, subégaux^ 9-11 trois fois plus longs et déprimés, le 
dernier acuminé. — Prothorax transversal, convexe en avant, arrondi 
et rétréci antérieurement; ses angles postérieurs très-saillants et em- 
brassant les épaules des élytrcs. — Ecusson en carré long. — Elytres 
allongées et assez convexes, sinuées avant leur milieu et légèrement ré- 
trécies au bout.— Pattes longues; hanches postérieures graduellement et 
fortement dilatées dans leur moitié interne en une lame carrée , trans- 
versale etsifiuéesur son bord postérieur; 1»' article des tarses allongé; 
les trois suivants décroissant graduellement, le4"subéchancré ; dernier 
segment abdominal arrondi au bout. — Prosternum tronque en avant, 
avec un étroit rebord ; sa saillie postérieure large, courte et arrondie au 
bout. 

A partir de ce genre inclusivement, tous les Eucnémidos qui suivent 
ont perdu hfacics propre à la famille, sans qu'il m'ait été possible , comme 
je l'ai dit plus haut, de découvrir un caractère quelconque qui permit 
de les placer dans une tribu à part. Ceux-ci ont pris la forme des Éla-~ 
térides en général. Ce sont des iriscclcs d'un brun rougeàlrc uniforme, .■»«?' 
revêtus d'une fine pubesccnce couchée, médiocrement abondante, etdont M- ^ 
les élytres sont régulièrement striées. . i 

Al. DeCasteInau a placé le genre parmi les Cébrionides et l'a fondé 
sur une espèce de Cayeniie (P. liuquctii), longue d'environ sept lignes, 
et dont le petit nombre d'exemplaires existants dans les collections, les- 
quels sont peut-être des mâles, ont leurs deux avant-derniers articles 
des antennes munis d'un rameau assez long. 

Depuis, M. J. L. Le Conte a établi son genre EuRVPTYcnos sur 

(1) P. dircœoides loc. cit. pi. 5, f. ii, 

(2) Syn. EuRïPTïcuus, J. L. Le Conte, Proceed. of tho Acad. of Philad. VI, 
p. 46. — EucNEBis Say. , 



^DCNÉMIDES VBAIS. 123 

YEucncmis licterocerus "Sie Say (I), rare insecte des Etals- Unis qui 
ne diffère du précédent que par l'absence des rameaux antennaires 
dont il vient d'être question. Ce caractère a si peu de valeur, que j'ai 
sous les yeux une troisième espèce, inédite (2), beaucoup plus grande 
que les précédentes et qui tient le milieu entre elles, les deux avanl- 
derniers articles de ses antennes étant munis (fane forte saillie à leur 
soipmcl interne. 

D'après cela, l'identité des deux genres ne saurait être mise en doute. 
Il reste seulement à déterminer avec exactitude les différences qui 
peuvent exister dans les antennes, selon les sexes. 

EPIPHANIS. 
EscHscB. Zool. Atlas, Hcft 1, p. 10. 

Dernier article des palpes légèrement sécuriformc. — ïéle assez con- 
vexe, munie sur le haut du front d'un tubercule comprime chez le mâle, 
d'une petite carène chez la femelle ; épistome assez fortement rétréci à 
sa base. — Yeux awondis , médiocrement saillants. — Antennes assez 
longues, filiformes, à articles 1 allongé , cylindrique, 2 très-court, 3 un 
peu plus long que les suivants, 4-7 courts, subtransversaux, égaux, 
8-11 allongés, subégaux; le dernier ovoide, acurainé à sou extrémité. — 
Prothorax transversal, peu convexe, plus ou moins arrondi et rétréci en 
avant sur les cotés ; ses angles postérieurs courts , embrassant la base 
des élytres. — Ecusson oblong. - Elylres allongées, peu convexes. — 
Pattes assez longues, peu robustes ; hanches postérieures dilatées brus- 
quement dans leur moitié interne en une grande lame carrée ; tarses 
grêles, à articles 1 de la longueur des trois suivants réunis, 2-i décrois- 
sant graduellement, 4 entier; crochets petits, appendiculés. — Proster- 
num convexe, tronqué en avant ; sa saillie postérieure courte, large, un 
peu arrondie en arrière des hanches antérieures. — Corps oblong, peu 
convexe. 

Eschschoitz a fondé ce genre sur un insecte (3) trouvé par lui volant 
àl'entour d'un pin dans l'île Sitkha. Pendant longtemps il a été d'une ex- 
cessive rareté dans les collections; mais dans ces dernières années il est 
devenu un peu plus commun. Sa taille est médiocre, sa couleur d'un 
brun noirâtre passant au rougeàtre sur les élytres, avec les antennes et 
les pattes plus claires ; ses téguments sont en entier revêtus d'une fine 
puhescence grise. Outre son tubercule frontal, le mâle diffère de la fe- 

(1) Trans. of the Amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 186. 

(2) Cette espèce qui m'a été communi([iiéei par MM. Chevrotât et De Laferté- 
benectcrre, sous le nom d'Euryphjchiis hcrculeanus^ est do Californie. Quel- 
ques exemplaires ont près d'un pouce do long. 

(3) E. cornutus, Eschsch. toc. cit. pi. 4, f, 6. 



m 



124 BOCHfcMIDES. A 

melle par ses antennes proportionnellement un peu plus longues , ses 
élytres rétrécies en arrière et sa taille de moitié ou d'un tiers moins 
forte. Sous le rapport du faciès, cet insecte a quelques rapports avec 
certaines Ptilodactyla. 

Récemment le genre s'est enrichi d'une seconde espèce (l) découverte 
aux environs de New- York. 

Pm'LLOCEUUS. 
(Dej.) Encycl. méth.; Ins. X, p. 116. 

Palpes rigidulcs, ciliés, leur dernier article ovalaire ; celui des maxil- 
laires à peine plus long que le 3». — Tèle déprimée sur le front ; épis- 
tome faiblement rétréci à sa base, sinué de chaque côté en avant. — 
Antennes médiocres; celles des mâles à articles t long et robuste, 2 très- 
court, obconique, 3 en cône très-allongé, 4-10 égaux, anguleux à leur 
sommet externe, émettant un rameau assez long en dedans, 11 très al- 
longé, divisé presque jusqu'à sa base en deux rameaux parallèles, égaux; 
celles des femelles à articles 2-3 allongés, égaux, 4-5 plus courls, an- 
guleux à leur sommet ; les autres dentés en scie et graduellement plus 
courts. — Yeux assez grands, ovalaires. — Prothorax transversal, ré- 
gulièrement rétréci en avant, bi-échancré en arc de cercle à sa base; 
ses angles postérieurs très-aigus. — Ecusson oblong, arrondi postérieu- 
rement. — Elytres allongées , graduellement rétrécies en arrière. — 
Pattes longues ; hanches postérieures élargies dans leur moitié interne 
en une lame transversale sinuée ; tarses allongés, leurs articles 1-4 dé- 
croissant graduellement, 5 long ; crochets grands, simples. — Saillie 
prosternale cunéiforme. — Corps allongé, cunéiforme, médiocrement 
convexe. 

Genre établi sur un assez rare insecte, P. flavipennis (2), de l'Europe 
australe, découvert primitivement en Dalmatie par Dejean et retrouvé 
depuis dans l'Italie méridionale et en Sicile. Sa taille est assez grande 
pour la famille actuelle et il a plutôt le faciès de certains Cebuio mâles 
que d'un Eucnémide. Il est finement pubcsccnt partout et sujet à varier 
sous le rapport des couleurs. Les exemplaires normaux sont noirs avec 
les élytres d'un fauve teslacé ; d'autres entièrement de celte dernière 
nuance ou noirs (3). Les femelles semblent surtout sujettes à ces rao- 
diûcalions. 

(1) E. cristalus, J. L. Le Conte, Proccod. of the Acad. of Pliilad. VI, p. 46, 
et Trans. ot Ihc Amer. Phil. Soc. New Scr. X, p. 415. 

(2) Figuré dans Gcrmar, Faun. Ins. Europ. XXI, 3 mAle, 4 femcllo. 

(3) M. Guérin-MénCTiUe, dans une notice sur le genre (Rev. Zool. 1838, p. 12), 
& fait de la variétô noire une espèce distincte, sous le nom de P. Spinolm. De- 
puis, il l'a figurée, ainsi que lo type, dans le Diction, pitlor. d'Hist. nat. pi. 
498, f. 3-4. 

Il existe a Madagascar plusieurs liellcs espèces remarquables par leur couleur 



^ ECCNËHIDES TBAIS. 125 

CEPHALODENDRON. 

LiTn. 'Ann. d. l. Soc. eniom. III, p. 166. 

Genre exlrêmeraent voisin des Puvllocebbs et n'en différant que par 
la slructure des antennes chez les mâles, le seul sexe qui me soit connu. 

Antennes notablement plus longues que le prolhorax, à articles t gros, 
en massue arquée, 2 très-court, 3-10 longs, cylindriques, renflés à leur 
extrémité, égaux, émettant chacun à leur liasc un long rameau grôle et 
velu, 11 profondément fendu en deux rameaux semblables. 

Le corps est un peu plus court et, par suite, plus large que celui des 
PnYLLCCEnus, mais, du reste, pareil. L'unique espèce du genre, le 
C. ramicornc (I), est un rare insecte de l'Afrique australe, entièrement 
semblable pour la pubcscence et la sculpture des téguments au Pliijt- 
locerus flavipennis et qui parait , comme lui , sujet à varier sous le 
rapport des couleurs (2). 

Latrcille avait placé le genre, ainsi que le précédent, parmi lesCébrio- 
nides ; M. DeCastelnau la reporté avec raison dans la famille actuelle. 

CEUATOGONYS. 

Perty, Del. anim. art. Brasil. p. 24 (3). 

Mâle : Palpes très-robustes : leur dernier article très-fortemenl et 
obliquement sécuriforme. — Mandibules simples et très-aiguës au bout. 
— Télé convexe ; épistouie forlcmcnl rétréci à sa base, canaliculé, di- 

d'un bronz6 obscur ou blcuo, qui mo paraissent devoir rentrer d.ips ce genre, 
dont elles ne diffèrent que par la structure de leurs antennes chez les mâles. 
Le 30 article do ces organes, au lieu d'être simple, est fourchu k son extrémité, 
et dans les suivants, sauf le dernier, la dent terminale externe est allongée au 
point de ressembler à un rameau, ce qui fait que les antennes paraissent bi- 
flabcUées. Ce serait k tort, je pense, qu'on voudrait faire un genre à part do 
ces insectes , tout le reste de leur organisation étant pareil à celle des Phyl- 
LOCERUS ; le dernier article de leurs palpes est seulement déprimé et légèrement 
triangulaire. 

(1) Décrit brièvement par M. De Castelnau in Silberm. Rcv. entom. III, p. 170, 
et Hisl. nat. d. Col. I, p. 227. 

(2) Sur les trois exemplaires ipii existent dans la riche collection do M. De 
Laforté-Sonectene, deux sont en entier d'un noir plombé; le troisième a les ély- 
trcs (sauf i leur extrémité), les jambes et les tarses d'un jaune testacé. Ce sa- 
vant entomologiste en a fait une espèce à part, sous le nom de prœustum, mais 
ce n'est très-certainement qu'une variété. 

(3) Syn. CnvPTOSTOMA, Latr. Fam. nat. p. 348; nom employé plusieurs an- 
nées auparavant (1817) par Do Blainvillo pour des Mollusques gastéropodes. 



^26 EnCRÈMIDES. < 

laté et déprimé en avant, avec son bord antérieur arrondi. — Yeux mé^ 
diocres. ovalaircs. - Aniennes longues, robustes, subgéniculées, à ar- 
ticles 1 long, en massue arquée, caréné au côté interne, muni en dehors 
près de son sommet, d'un petit tubercule seligère, 2 très-court, inséré 
très-obliquemenl sur le précédent, 3 long, muni à sa base en dehors 
d'une longue dent cylindrique, 4 courf, obconique, 5-10 filiformes, tron- 
qués obliquement au bout, 11 beaucoup plus long que 10. — Prolhorax 
transversal, arrondi et rétréci sur les côtés en avant, convexe sur le dis- 
que, déclive et impressionné en arrière, bi-échancré à sa base, avec 
ses angles postérieurs longs, aigus et arqués. - Ecusson oblo.igo-ovale. 
— Elytrcs assez allongées, parallèles, largement arrondies en arrière, 
peu convexes. - Pâlies médiocres ; hanches postérieures obliques en 
dehors, assez larges et échancrécs au côté interne ; tarses ciliés, graduel- 
lement rétrécis, à articles 1 aussi long que 2-4, ceux-ci décroissant peu h 
peu. — Proslernura muni d'une courte mentonnière arrondie , un peu 
renversée. 

Femelle .-Aniennes à articles 3 incrme, 4-9 croissant successivemenî, 
mais peu, 10-11 plus courts, celui-ci obluscmeni acuminé au bout. 

Ce genre, parfaitement normal sous le rapport des cavités antennaires 
et de l'épislome, est encore plus aberrant que les deux précédents sous 
celui du /aciM. Au premier coup-d'œil, ses espèces paraissent plutôt ap- 
partenir au groupe des Chrysomélincs qu'à celui des Stcrnoxes et res- 
semblent beaucoup à certaines Galérucides exotiquesdu genre Coelombka 
de Dejean. Mais il appartient inconteslablement à la famille actuelle, et 
non à celle des Cébrionides où l'a fait entrer M. Perty. 

Il a pour type VE/aler spinicornis de Fabricius (i), espèce originaire 
de Cayenne où je l'ai quelquefois rencontrée sur les feuilles dans les bois. 
Une seconde du Brésil a été décrite par M. Perty (2). Ce sont les deux 
seules publiées jusqu'ici; mais il y en a dans les collections trois autres 
des mêmes pays et de Colombie. 

Ces iiiscclcs sont de (aille moyenne, finement pubescents partout, d'un 
noir bleuâtre et ont au moins le prothorax et la base des cuisses d'un 
rouge ferrugineux ; leurs élytres sont finement rugueuses et régulière- 
ment sillonnées. Tous sont rares dans les collections. 

Note. 

Les deux genres suivants ne me sont pas connus en nature ; mais il 
n est pas douteux qu'ils appartiennent à celte tribu. 

(1) Syst. El. U, p. 235; figuré par M. Guérin-Ménovillc, sous le nom de Crup- 
iostoma denlicurne, dans l'Icon. du Règne anim. Ins. pi. 12, r. 9. 

(2) C. r«^Wioraa;, lDC,cit.,,pl. 5, f. 12, 



ECCNÉHIDES VBAIS. 127 

SCYTUON. 
De Casteln. in SiLBEniu. Rev. eniom. III, p. 169 (1). 

Palpes épais ; leur dernier article sécuriforme.— Télé grande, arrondie. 
— Antennes à articles 1 grand, 2 très-court, 3 long, triangulaire, 4-10 
fortement dentés en scie, 11 ovalaire.— Yeux, un peu transversaux. — 
Prothorax très-convexe, arrondi en avant, àangles postérieurs prolongés 
et aigus. — Ecusson carré. — Elytres assez longues, un peu arrondies 
à leur extrémité. — Pattes moyennes ; tarses subégaux ; les antérieurs 
à articles 1 assez long, 2-3 triangulaires, 4 bilobé ; les autres à articles 

1 le plus grand de tons, 2 plus long que les deux suivants réunis, 4 bi- 
lobé ; crochets grêles, arqués. — Corps cylindrique, assez épais. 

Il manque à cette formule un .caractère essentiel , la forme des 
hanches postérieures. Le genre ne comprend qu'une espèce (2) de la 
Nouvelle-Guinée, d'environ cinq lignes de long, finement pubescenle 
et d'un brun rougeàtre avec les élylres noires et striées. 

BASODONTA. 
VVestw. in GuÉniN-MÉNEv. Spec. et km. d. An. art. Fasc. II, n» 8. 

Palpes très-courts, épais ; leur dernier article grand, sécuriforme. — 
Tête saillante, large, avec l'espace situé entre l'insertion des antennes 
canaliculé; chaperon transversal; son bord antérieur un peu arrondi, 
couvrant le labre. — Antennes avancées, comprimées , épaisses, à ar- 
ticles 1 coupé obliquement au bout, muni en arrière d'une petite épine, 

2 petit, courbé, 3 aussi long que 1, 4 de moitié plus petit que 3, 
6-8 égaux, un peu plus longs que 4, 9 presque du double plus long que 8, 
10-11 plus petits. — Prothorax presque conique, tronqué en avant, avec 
SCS angles postérieurs recourbés, aigus. — Ecusson petit, arrondi. — 
Elylres à côtés presque parallèles, arrondies au boni.— Prosternum sail- 
lant en arrière, robuste et aigu, ayant son extrémité reçue dans un canal 
du mésostcrnum. — Pattes grêles et simples ; tarses sans pelotes. 

Ces caractères sont tellement semblables à ceux des Ceuatogonys fe- 
melles, qu'il est extrêmement probable que c'est sur un exemplaire de ce 

(1) Et HIst. nat. d. Ins. p. "224; dans cet ouvrage, M. De Casteinau a changé 
le nom du genre en celui de Sciiyton. — Syn. Cryptocuile, Boisd. Faune de 
l'Océan. II, p. 101; sans accompagnement do caractères. 

(2) S. bicolor, De Casteln. loc. cit.; décrit et figuré sous le nom de Crypto- 
chilemelanoptera par M. Boisduval, loc. cit. pi. VI, f. 9. A cette figure est jointe 
celle grossie d'une antenne dont la forme n'a aucun rapport avec celle que 
M, De Casteinau assigne à, ces organes. C'est principalement cette circonstance 
qui rend nécessaire une révision du genre. 



128 BDCRÂHIDES. * 

sexe, appartenant au genre en question on h un genre très-voisin, que 
celui-ci a été (onde. Mais M. Westwood n'étant pas entré dans des dé- 
tails suffisants sur l'épistonic et ayant omis la forme des hanches posté- 
rieures, j'ai dû provisoirement le regarder comme distinct. 
' L'espèce sur laquelle il a été établi (i) est originaire de la Nouvelle- 
Grenade et parait ressembler complètement pour la taille et la forme 
gènéraleauxCERATOGONYS, mais elle s'en éloigne un peu par son système 
de coloration ; elle est fauve, avec les antennes, les jambes et les tarses 
noirs. 

TRIBU III. 
PÉROTHOPIDES. 

Tête penchée ; épistome placé sur un plan inférieur à celui du front ; 
le bord antérieur de celui-ci caréné. — Carènes marginales du pronotum 
et sutures prosternales convergentes et réunies en avant. 

Eschscholtz (■2),enptablissantsongonrePEuoinops, l'avait placé parmi 
les Élalérides entre les CBATONvcnus {ses Melanotds) et les Dicrony- 
CBDS. Erichson (."), le premier qui en ait exposé les caractères avec dé- 
tails, tout en le conservant dans la même famille, penchait à le mettre 
dans celle des Cébrionides. Le troisième et dernier auteur qui s'en soit 
occupé, M. J.ï^. Le Conte (4), l'a associé aux CKBOpnvTUM dans son 
groupe des Cérophylides. Je crois, pour ma part, que c'est une forme 
aberrante d'Eucncmides, rattachant ces derniers aux Élatéridcs. 

On a vu plus haut (5) qu'il existe des Edcnemis dont l'épistomc, tout en 
continuant le front, est séparé de ce dernier par une carène transversale 
qui s'étend d'une des cavités antennaires à l'autre. Si l'on suppose que 
celle carène est devenue anguleuse en avant, qu'elle recouvre l'inser- 
tion des antennes qui sont Irès-rapprochées à leur base, et que l'épistome, 
au lieu de continuer le front, a été brusqucmcnt.déprimé et s'est étendu 
comme un vasie bouclier horizontal, sur le labre et les mandibules, on 
aura la tète d'un Perotuops, avec celte différence que chez ce dernier 
elle est simplement penchée, et non verticale. On peut, en un mot, se 
la représenter comme celle d'un Élatéride à front caréné à laquelle on 
aurait ajouté un épislomc d'Eucnémide modifié comme il vient d'élre 
dit. J'ajouterai que le faciès de ces insectes est plutôt celui des Pulegon 
mentionnés plus haut que celui des li^latérides. Ils sont propres à l'Amé- 
rique du Nord. 

(1) D. nigricornis, loc. cit., avec une figure accomragnée de détails. 

(2) In Si!l)erm. Rcv. ent. IV; Tableau. 

(3) In Gerraar, Zcitschr. III, p. 116. 

(4) Trans. of tlie Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 421. 

(5) P. 109, note 3. 



PÊBOTHOPIDES. 129 

PEROTHOPS. 
(EscHSCH.) Enictrs. in Gerbah, Zettschr. III, p. 116. 

Langupllc petite , divisée en deux lobes grêles. — Mandibules simples 
et aiguës à leur extrémité. — Dernier article des palpes très-fortement 
sccuriforme. — Antennes notablement plus longues que le prolhorax, 
assez robustes, cylindriques, à articles 1 gros et en cône allongé, 2 ob- 
conique, médiocre, 3 plus long que lui et les suivants, 4-9 égaux, 
10-11 plus courts, celui-ci turbiné et arrondi au bout.— Yeux médiocres, 
arrondis. —Prolhorax aussi long que large, régulièrement convexe, an 
peu rétréci en avant, arrondi sur les côtés ; ses angles postérieurs mé- 
diocres, aigus et un peu divergents. — Ecusson ovale, tronqué en avant. 

— Elytres assez allongées, médiocremenl convexes, rctrécies dans leur 
tiers postérieur. — Pattes assez longues et assez robustes ; hanches pos- 
térieures dilatées dans leur moitié interne en une lame transversale, 
échanrrée en arrière; tarses ciliés en dessous, à articles rétrécis A leur 
base : 1 plus gros et nn peu plus long que 2, celui-ci et les deux sui- 
vanls décroissant graduellement, le 4" entier; crochets larges et pectines. 

— Prosternum sillonné le long de son bord antérieur, celui-ci renversé: 
sa saillie postérieure arrondie eii dehors des 'hanches postérieures, mu- 
cronée à son extrémité. — Corps oblong, médiocrement convexe. 

Le type du genre (l) est un insecte de taille moyenne, qui parait assez 
commun tlans les parties moyennes et australes des Etats-Unis. Il est 
d'un noir assez brillant, cl revêtu partout d'une fine pubescence molle 
et couchée ; ses élytres sont régulièrement striées. Il y en a en Californie 
«ne seconde espèce (-2) inédile et de moitié plus grande. 

(1) Etaler mucidm, Gyllcnh. in Sohœnh. Syn. Ins. III; Append. p. 133 (Elai. 
unicolor, Say, Ann. ofthc Lyc. of New-York, I, p. 256; Var. Encnemis musci- 
dus, Say, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. VI, p. 18G). 

(2) P. cerumMsEscliscli.; Doj. Cat. éd. 3, p. 99. 



Coléoptères. Tome IV. 



FAMILLE XXXV. 



ÉLATÉRIDES. 



Bouche rarement inférieure. — Languette sans paraglosses. — Deux 
lobes aux miiclioires, lamelliformes et ciliés. — Labre distinct. — Tète 
penchée, rarement verticale. — Antennes insérées près du bord anté- 
rieur des yeux, de onze ou douze articles, dentées ou llabellécs, parfois 
linéaires. — Pattes non fouisseuses : cavités colyloïdes des an'lérioures 
ouvertes en arrière; hanches antérieures et intermédiaires subglobu- 
leuses, les postérieures lamelliformes, canaliculées en arrière ; trochan- 
lins nuls; jambes linéaires, leurs éperons très-petits ou indistincts; tarses 
pentamères, souvent munis de lamelles en dessous. — Abdomen com- 
posé de cinq segments, tous distincts. — Prtfstcrnum muni chez la plu- 
part d'une mentonnière en avant ; sa saillie postérieure très-variable, 
comprimée, se mouvantlibrement dans une cavité du raésosternum quand 
elle y pénètre. 

Les limites de cette famille, la plus considérable de l'ancien groupe 
des Sternoxes de Lalreille, n'ont jamais été bien fixées, ainsi que je l'ai 
dit précédemment. Si d'une pari j'en exclus les Eucnémides, d'autre 
part j'y comprends plusieurs genres qu'on classe généralement parmi 
les Cébrioiiiiks, et, constituée de la sorte, on peut lui assigner les ca- 
ractères différentiels que voici : 

Elle se distingue des Buprcstides par l'absence des Irochantins à tou- 
tes les pattes; des Throscides, par la forme et la mobilité de la saillie pros- 
ternalcdans la cavité du mésosternurn; des Eucnémides, par la présence 
du labre et le mode d'insertion des antennes; enfin des Ccbrionides, par 
la forme linéaire des jambes et la petitesse des éperons qui les termi- 
nent (i). 

(1) La faculté saltatoire qu'on a souvent donnée comme particulière il ces 
insectes est un caractère complètement illusoire. Les conditions dont elle dé- 
pend, c'cst-à-dirc la mobilité du piotliorax sur l'urriùrc-corps, la forme do la 
cavité mésosternale et celle do la saillie du prosternum , varient à un degré 
extraordinaire. Beaucoup d'espèces sous ces trois points de vue ressemblent en- 



ÉLATÉBIDES. 434 

La (èle des Élalérides est souvent petite , au plus médiocre et rare- 
ment (par ex AcuoTcs.ADaAsius) verticale. En ava.il, le front lanlôt 
orme u„ ropl. perpendiculaire (plaque nasale) plus ou moins épais, tan- 
tôt est dopr.me, comme dans les Coléoptères e.. général, sans Ls^nler 
en avant une tranche bien distincte. Dans le premier cas il ôdre t s- 

e I e d t alors car.»,, selon l'expression e.nployée par EschschoUz (1 )! 
Bien.,u«l j ail des passages presque insensibles d'une de ces formes à 
1 autre on est obligé de tenir compte de ce caraclère et il joue un Ole 
, important dans la principale tribu de la famille, celle des Èlalirides vrais 
La bouche n'est Décessaircment inférieure que lorsque la tète est 
verticale. Ses parlies nesont plus développées que chez les Eucnémides 
et ne varient presque pas. ui-"cmiiucs 

Le menton est carré, trapé^iforme ou arrondi en avant. La ian-uetle 
le dépasse toujours nolablemcnt; son bord antérieur varie comme celui 
du menton et présente sculen.cnt chez un grand nombre de genres une 
fissure médiane. Au devant de la languette se voient les palmes abia.a 
composes de trois articles, sans compter leurs supports ; les max II rés 
en comptent quatre, comme de coutume. Ces orgal.es soûl cour sur 
ont les labiaux et ne s'allongent d'une manière assez notable q e chez 
es UM,.sosTm.M;s et surtout les Oxynoptérides. Le dernier article de 
tous est plus ou moins sécuriforme, sauf dans quelques genres ( par ex 
CvL.Nonoo.uos l'LASTocEnes, Eothysanios), où il de,'ent ovalaire oj 
subcylindr.que. Les mâchoires ne présentent rien do parlicul er I es 
mandibules affectent deux formes, l'une normale, l'autre excepi^nneN 
l pareille a celle qui est de règle chez lesCébrionides. Dans la prenSe 
es organes sont courts et graduellement en demi-cercle; dans l'autrl Us 
sont plus longs , droits , puis recourbés brusquement dans leur moitié 

liércment aux Eu«,6mi<les ou aux Cébrionides et ne peuvent probablement na, 
plus sauter que ces derniers. Quant k celte faculté onsldéii rnoinTdovl 
Wogicuc, cette question ne saurait trouver place dans un o.vi de la 
Mlure de celu.-c. Bien qu'elle ait été souvent traitée elle n'e, n^. 1 
complètement éclaircie. Voye. notamment GeoflToy; Ins. d en" . d Pa, " T 
p. 129; De Géer, Mém. IV, p. Ml; Olivier, E«lom 11 n= 31 n' t Ifl' ' 

!"Erri Tmt T-'T '"''^''' p-'^«'^ «-'^'- hX 

a.Lntom I, p. 489; Lacordane, Inlrod. à l'Enlom. II, p. 294 et E.lchson in 
tjcrmar Ze tsrhr II ,. 07n. ^'„i • i ">»'■■'•''> ci r-i icnson m 

«„. / ''Ç'«c"r- 11, p. 279; c est a ce dernier qu'est dû oe'-^qu'on a de mieiiT 
»•■■ e sujet. Comme l'a dit Gennar (Liniuïa ontom. 1, p H8) fl n'v Zi„i 

-.Srs^ruTi^ySui.r^^ ''"'-''' ^"^ '^ ''^"^^ '^- 

■noî'uSf!!».!™'"" ''' ''''" F,'" ''""''' "■• dan» l'acception ordinaire du 

«.. ail u, d c<"lle T'' ":'" !'""/^ '"■"""'^^- " ''' «'^«'"«"C^t rare qu'il y 

presque les .euluu.""'' 1"' "' ff'"''''' "' "'''''''' T.tbalobus sont Inôme 
4">. its seuls qui en présentent des exemples. 



{32 ËLATiÈllIDES. 

terminale (par ex. Oxysoptebos, Dicronvchds). Le labre est presque 
toujours bien développé el en même temps arrondi en avant. Il n'y a 
que deux genres (Penia, IIypodesis) chez qui il est court au point 
d'être assez dilTicilc à voir, et un seul (Plastocebds) où son existence 
est douteuse. 

Les antennes, sauf chez les seuls Hypodesis et PlastocebuS, sont in- 
sérées immédiatement en avant du bord antérieur des yeux, et rien n'est 
plus commun, qu'il y ait une plaque nasale ou non, que leurs cavités 
se prolongent en se rétrécissant au côté interne , sans que, néanmoins, 
on puisse en tirer le même parti que chez les Buprestides. Les Agryp- 
nides sont les seuls chez lesquels les antennes se logent au repos dans 
des sillons prosternaux. Mais chez la plupart des Ilémirhipides et les 
CnALCoLEriDiDs, les angles rentrants qui séparent la mentonnière du 
prostcrniim des angles antérieurs du prolhorax , sont plus profonds en 
même temps que leurs bords deviennent parallèles, et se prolongent à 
une courte distance en longeant en dehors les sutures prosternalcs. 
Chez les Eii-hemus, ces canaux prolhoraciques, c'est ainsi que je les 
appellerai , se prolongent presque jusqu'aux pattes antérieures. Jamais il 
n'existe de ces sillons marginaux qu'on observe chez quelques Bu- 
prestides etEucnémIdes. 

Quant aux antennes elles-mêmes, elles varient exlraordinairement et 
ne fournissent que rarement des caractères génériques (i). Des espèces 
congénères peuvent les avoir simplement dentées ou pectinées, flabellées 
et même biflabellées. 

A une seule exception près {Hemiops), les yeux sont grands, arrondis, 
mais en général médiocrement convexes. Ce n'est que dans le groupe 
des Campylides qui fait le passage îles espèces ly|)iques aux Cébrionides, 
et çà et là dans un petit nombre de genres (par ex. Pityobios, quelques 
Atuocs), que ces organes sont dégagés du prothorax el plus ou moins 
globuleux. 

Le [irolhurax est en général plus mobile sur le pédoncule du méso- 
thorax que celui des Eucnémides, et cette mobilité est favorisée par la 
déclivité assez brusque de sa base et celle du bord antérieur des élylres, 
déclivité qui, toutefois, est loin d'être constante, car il y a des genres 
(par ex. Cualcoleudius) ovi elle a complètement disparu. La base elle- 
même présente dans son mille'u deux courtes saillies ou une cchancrure 
(Hemioi's, Plbçirosteiinds). Ses angles postérieurs embrassent plus ou 
moins la base des élytrrs et sont, en règle générale, carénés en dessus. 

(1) Leur vcstitiire suliit également des modiflcatioris extrêmement nombreuses 
et qui soûl iion-seulcmenl spécifuiues, mais assci souvent (par ex. Ckatonv- 
cuus) sexuelles. Toutefois, comme les porcs de ces organes restent toujours 
diffus, il n'y a pas plus de parti ii en tirer que dans les Coléoptères en général, 
'ai essayé de le faire et je me suis promptoment aperçu que ces modilicatioDS 
no conduisaient i rien de satisfaisant. 



BLATÉniDBS. 133 

En dessous, le long du bord poslcricur, on observe de cliaquc côté un sil- 
lon qui reçoit les cuisses antérieures quand les pattes se contractent (sil- 
lons fémoraux), el chez quelques Agrypnides du genre Lacon il y a en 
avant un autre sillon oblique destiné i\ loger alors les tarses (sillons 
tarsaux). La mentonnière du prosternum manque dans un groupe entier, 
celui des Campylidcs, el plusieurs Tutualoiids ; dans les autres espèces 
elle varie beaucoup; mille pari elle n'est aussi prononcée que chez les 
Semiotds. 

L'ccusson ne manque jamais cl reste toujours médiocre ; sa forme 
normale est celle d'un ovale allongé. Son seul caractère presque con- 
stant est d'être logé dans une dépression très-marquée de la base des 
clytres. 

Ces dernières sont de la largeur du prothorax en avant ou un peu 
plus étroites, généralement très-allongées et plus ou moins rétrccies on 
arrière. Leur extrémité est fréquemment spiniforme, plus rarement 
échancrée. 

Les pattes sont essentiellement faites comme celles des trois familles 
précédentes. Les hanches intermédiaires chez quelques Caiupylus. ces 
mêmes hanches cl les antérieures chez les Plastocerus, sont conico- 
cylindriqucs et non plus globuleuses. Ce sont les deux seules exceptions 
connues à leur forme normale. Les secondes sont presque ou toul-à- 
fait contiguës chez les Campylides, ce qui vient de. ce (lue la saillie an- 
térieure du métaslernum, au lieu d'être arrondie ou tronquée en avant 
comme de coutume, est trèsélroite et lrcs,-aiguë. Ce caractère, malgré 
son insignifiance apparente, a une importance réelle, attendu que c'est 
un caractère de Cébrionides. Les tarses varient au point qu'il est impos- 
sible d'en rien dire de général. Il sullira de remarquer qu'il est extrê- 
mement rare (Mei.anjuo) qu'ils soient dilatés, et que la présence ou 
l'absence, bien plutôt que le nombre des lamelles dont ils sont souvent 
munis en dessous, a une valeur générique (i). 

Il est de règle que les épislernums tnélallioraciques soient étroits, 
parallèles, et que leurs épimères soient à peine distinctes. Les Télralo- 
bidcs sont les seuls chez lesquels les uns cl les autres s'élargissent nota- 
blement. Une seconde exception existe chez les Oxynoptérides, mais 
pour les épimères seulement, leurs épislernums étant à peu près à l'élal 
normal. Il a été dit plus haut que la cavité du mésosternum el la saillie 
prostcrnalc subissaient des modiflcations sans On. 

Les babiludcs des Élatéridcs sont assez variées. La plupart se tron- 
TÇnt sur les (leurs el les feuilles ; d'autres, tels que la plupart des Agryp- 
"ides, plusieurs Elateb, etc., sous les ccorces; el parmi les petites 

^ (1) Il n'est pas tbujours facile do constater la présence de ces appendices et 
l'on reste parfois dans le doute sur leur existence. Cela a lif>u quand les pe- 
lotes dont les tarses sont souvent munis en dessous se détachent légèrement 
à leur extréniitù des articles qui les portant. 



134 ÉLATÉRIDES. 

espèces, il en esl, notamment les CiiYPTonYPisBs, qui sont épigécs ; plu- 
sieurs sont nocturnes ou crépusculaires (i)- Quant à leur régime on a 
quelques observations qui tendent à prouver que, dans certains cas du 
moins, il serait Carnivore (2). Lorsqu'on veut les saisir, ces insectes se 
laissent tomber en contractant leurs pattes, et si à la suite de leur chute, 
ils se. trouvent renversés sur le dos , c'est alors qu'ils font usage de leur 
facuflé saltaloire. 
Leurs larves dont on connaît déjà un as^ez grand nombre (5) consti- 

(1) M. Ed. Perris (Ann. d. 1. Soc. entom. Sér. 3, II, p. ISS) a le premier 
attiré l'attention sur ce fait. -Il cite avep raison les PYROPiionus de l'Amérique 
qu'on no voit jamais eu mouvement qu'à l'arrivée de la nuit, et parmi les es- 
pèces de nos pays, \'Adelocej-a atomaria, les Alhous rufus et rhombms et les 
Elater sanguineiis cl crocalus. Beaucoup d'autres encore ont sans doute des 
babitudes analogues. ^ 

(2) Voyez I,at)ouU)éne, Ann. d. l. Soc. cnlom. Sér. 2, VI, Bullet. p. XXXVU; 
et Kawall, Stettin. entom. Zeit. 1856, p. 128. 

(.3) M. Lucas (Ann. d 1. Soc. entom. Sér. 2, X, p. 261) a donné une liste 
assez complèto de toutes celles observées jusqu'en 1852. — Pour des détails 
généraux sur ces larves, voyez Ericlison, Archiv, 1841,1, p. 85; et Cliapuis et 
Candézc, Mém. d. I. Soc. d. Se. d. Liège, VIU, p. 48n. — Les meilleures des- 
criptions qu'on en ait sont celles données par M. lid. Perris des espèces indi- 
quées plus bas. Celles connues aolueUement sont les suivantes dans l'ordre 
systématique : • 

Agrypnus fuscipes, Lequien, Magaz. d. Zool. Ins. 1831, pi. 41; donnée 
comme celle de l'Anthia sexgutlatu du Bengale; figure reproduite par 
MM. BruUé, Hist. nat. d. Ins. IV, i3. X, f. 2, et Westwood, An Introd. to Itio 
mod. classif. of 1ns. I, p. 67, f. 2, n" 8. — Adeloccra atomaria, Lucas, toc. cit. 
p. 268, pi. IV, n» 2. f. 1 ad; Perris, Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. ,1, II, p. 140, 
pi. 5, f. 238-232. — Ad. varia, Blissou, ibid. Sér. 2, IV, p. 65, pl. Il, n" 1, f. 2. 

— Lacon murinus, Westwood, An Inired. etc., I, p. 233, f. 24, n» 21; Blan- 
chard, Règn. anim. illustr. Ins. pl. 15, f. 7 o. — Âaus oculatus, Chapuis et 
Candèze, loc. cit. p. 482, pl. 5, f. 3. — Al. nobilis, Salle, Ann. d. l.Soc. entom. 
Sér. 3, III, p. 2U}, pl. 14, f. 1 b-d. — Alhous undulatus^ De Géer, Mém. IV, 
pl. 5, f. 23. — j4(h. rhombeus, L. Dufour, Ann. d. Se. nat. Sér. 2, XIV, p. 41, 
pl. 3, B f. 1; Perris, loc. cit. p. 116, pl. 5, f. 243-246; Curtis, ibid. Sér. 3,1, 
p. 417, pl. 13, n" 3', f. 1. — Atli. hirlus, Chapuis et Candèze, loc. cit. p. 484, 
pl. V, f. 1. — Alh. rufus, Perris, loc. cit. p. 143, pl. 5, f. 233-242. — Limo- 
nius liructeri, Giraud, Verhaudl. d. Zool.-Bot. Ver in Wlenj I, p. 97. — 
Cratonychus niger. Bouché, Naturg. d. Ins. p. 18G, pl. 8, f. 33. — Crat. m,- 
fipes. Bouché, ibid. p. 185, pl. 8, f. 32; Perris, loc. cit. p. 134, pl. 5, f. 219-227. 

— Elalersanguineus, Bouché, loc. cit. p. 185; Perris, loc. cit. p. 148, pl. 5, 
f. 247-253. — EL fulvipennis , Bouché, loc. cil. p. 183, pl. 8, f. 23. — El. po- 
morum, Curtis, Ann. d. 1. Soc. entom. Sèr. 3, I, p. 42, pl. III, n» 3, f. 1 ; 
Hccger, Sitzungsber. d. Wien. Akad. XIV, 1855, p. 33, \>\.3. — Ludius ferrtt- 
gineus, Blisson, Ann. d. 1. Soc. entom. Sèr. 2, IV, p. 65, pl. H, n» 1, f. 1. — 
Agrioles segetis, De Géer, Mém. V, p. .397, pl. 12, f. i. — Agr. lineatui, Do 
Géer, ibid. IV, p. 155, pl. 5, f. 23-25; Bouché, toc. cit. p. 186, pl. VIII, f. 34. 

— Agr. sputatur, Kollar, Naturg. d. schaedl. Ins. p. 149. — Campylus meso- 
melas, Chapuis et Candèze, loc, cil. p. 486, pl. 5, f. 2. 



*i.at*;ridb5. 135 

tuent un type spécial, surtout pour les parties de la bouche. Toutes sont 
allongées, tantôt grêles et subcylinrlriques (CBATonycnDS, Elateb, Ld- 
Dius, AoKioTRs, etc.), tantôt plus ou moins déprimées (Alahs, Agryp- 
nides, Axiious) et révolues sur les segments qui suivent la tête, d'ccus- 
sons cornés un peu plus étroits en dessous qu'en dessus. La tête, de 
forme variable, est également cornée, plane ou un peu concave en des- 
sus, avec son bord antérieur sinueux et sans épistome distinct. Parmi les 
organes buccaux le labre manque (i). Les mandibules sont médiocres, 
simples au bout, munies d'une dent médiane interne et concaves à leur 
base en dehors, f.es mâchoires et le menton, logés dans une profonde 
échancrure de la face inférieure de la têle, sont allongés et soudés en- 
semble dans toute leur longueur. Au sommet des premières se trou- 
vent deux petits lobes, l'interne simple, l'externe sub-bi-articulé, et un 
palpe de trois articles ; au sommet du second une courte languette munie 
de palpes bi-arliculés. Il n'y a point de stemmates (i). Les antennes, in- 
sérées près de la base des mandibules , sont courtes et com;iosécs de 
quatre articles, dont le premier est rétractile et le second surmonté d'un 
petit article supplémentaire. Les segments thoraciques ne diffèrent pas 
des segments abdominaux, sauf le prothorax qui est un peu plus long 
que les autres. Les pattes qu'ils portent sont courtts, robustes, rap- 
prochées et formées de trois pièces dont la dernière est munie d'un 
crochet simple. Le dernier segment abdominal est en général plus grand 
que les autres, plus corné et afi'ecle des formes Irès-variées et souvent 
bizarres, mais qui se rapportant à deux types, selon qu'il est divisé en 
deux saillies dentelées sur leurs bords (Ai.ads, Acrypkds.Lacon, etc.), 
ou entier (Et.ATEn, Limins, Acrtotes, etc.). Sous lui se trouve un pro- 
longement anal qui est large et muni de deux crochets cornés chez les 
Agrypnides, obconique et incrme dans les autres espèces. Les stigmates 
sont au nombre de neuf paires situées près des bords des écussons dor- 
saux, l,Tpremière sur le mésothoras, les autres sur les huit premiers 
segments abdominaux. 

Sous le rapport de la forme générale, ces larves ont une très-grande 
ressemblance avec celles des Tenebrio, connues vulgairement sous le 
nom de Vers de farine. Mais cetle ressemblance n'est que superticielle, 
la tête et les organes buccaux de ces derniers étant très-différents. La 
plupart vivent dans le bois vermoulu et décomposé de diverses espèces 
d'arbres, se nourrissant de ces détritus et des larves qui s'y trouvent. 

(t) Selon M. Heeger (loe. cit.), il y en aurait lin chez la larve de VElater po- 
ntorum; M. Curtis, qui l'a décrite également, n'en parle pas. 

(2) M. Hcegor en assigne un de clia(|uc cAté à l'espèce citée dans la note 
précédente ; il serait situé h la base des antennes. M. Ed. Perris (loc. cit. p. 154) 
qui en a purlé également d'une manière générale, les regarde comme do sim- 
ples tubercules. En tout cas ces ocelles, s'ils existent réellement, paraissent être 
propres aux Elater et aux Cratonychus. 



136 ËI.ATÈBIDF.S. 

Celles des Agriotes et probablement de plusieurs autres encore sont 
phytophages et dévorent les racines des ccrcales, des plantes fourra- 
gères et des légumes, ce qui les rend parfois très-nuisibles. On ne sait 
rien de précis sur la durée de ce premier état ; clic paraît varier de un 
à trois et même quatre ans. Quand le moment de la mélamorphosc est 
arrive , les larves de la première catégorie se pratiquent une niche dans 
les matières où elles ont vécu. Les nymphes ne présentent de particu- 
lier que quelques suies rigides dont elles sont munies sur divers points 
du proihorax et à l'exlrcmité de l'abdomen. 

Les Èlatéridcs sont répandus dans toutes les régions du globe. La 
plupart sont rftvîtus d'une livrée utMforme, brunâtre ou noire, que 
voilent en partie des poils gris ou jaunâtres couchés, ou des écailles. 
Mais il n'en manque pas qui sont ornés de couleurs irùtalliqucs, et dans 
le nombre, quelques-uns (par ex. CAMi'sosTEnNos) rivalisent sous ce 
rapport avec les Buprcslides. Les collections en contiennent environ 
3000 espèces dont un tiers à peine sont décrites. 

La famille correspond à l'ancien genre Elatbii de Linné, qui n'a été 
érigé qu'assez tard par Latreillc (0 ci une tribu particulière dans sa 
famille des Slenioxes. Eschschollz (2) est le premier qui ait essayé, en 
1829, de le diviser, en y comprenant les Eucnémides. Quelques années 
plus lard il refondit ce travail sous la forme d'un tableau synoptique qui 
n'a été publié qu'après sa mort par M. De Castclnau (.■;), à qui il l'avait 
communiqué. Dans l'intervalle avait paru un travail posthume de La- 
treille (1) sur les Sternoxes en général, sauf les Buprestides. Les der- 
niers auteurs qui se sont occupés de ces insc<tles, sont Germar («) et 
Erichson (6) qui se sont contentés d'établir parmi eux quelques grou- 

(1) Régne anim. éd. 1, 111, p. 230. 

(2) Dan Thon, Entom. Arcliiv, 11, 1, p. 31. Ce travail contient 33 genres, non 
compris les Eucnémides. Eacbscholtz, avait pris pour point do départ la pré- 
sence ou l'absence do lamelles sous les tarses, puis celles de dentelures aux cro- 
chets de ces organes, et, en dernier lieu, lii forme du Iront, selon qu'il est 
caréné ou non en avant. Ces bases l'ont conduit à un arrangement complète- 
ment artificiel. ^ 

(3) Revue eotom. de Silberm. IV; le nombre des genres est porté à 44 dans 
ce tableau, et leur classification repose sur les mêmes caractères qu'aupara- 
vant. 

(4) Ann. d. 1. Soc. entom. 111, p. H3. On voit par divers passages do co 
Mémoire que Lalrcille avait ou connaissance du travail posthume d'Eschscholtz 
dont il a été question en dernier lieu. 

(5) Sauf une Monographie des CAUI>^'Lus qui a paru dans la Linnoea entom. 

I, p. 147, Germar a publié ses divers Mémoires sur les Èlatéridcs dans sa 
Zeitsclir. f. d. Entom. sous les titres suivants : Ueber die Elateriden mit lueuti- 
gen Anliicngen der farsenglicdcr, 1, p, 193. — Bemerkungcn ùber Elateriden, 

II, p. 241 et 439; IV, p. 43 et V, p. 133. 

(6) Ces travaux d'Ericlison consistent en plusieurs Monographies qui ont 



ÉLA.TÊBIDBS. 137 ■ 

pes naturels, et M. J. L. Le Conte (1). gui a public sur les espèces de 
l'Amérique du Nord un travail complet établi sur des bases entièrement 
nouvelles. 

La classification de la famille présente des dillicultcs excessives et 
pout-Clrc insolubles (2). Dans celle qui suit, et dont je suis loin d'être 
satisfait, les huit groupes ou tribus que j'ai cru devoir établir passent 
insensiblement de l'un à l'autre, pour la plupart, et dans presque tous 
il se trouve quelques exceptions aux caractères qui leur sont assignés. 

I. Métasternum arrondi oa tronqué on avant; prostornum 

muni d'une mentonnièro. 

a Antennes reçues dans des sillons prostcrnaux. Agrypnides. 
a a — libres ou raçuos dans des canaux prottio- 

raciques. 
h Mésosternum horizontal chez presque tous, b. bords 

plus ou moins saUlauts. 
c Epiméres métathoraciques trés-pclitcs. 
d Mésosternum et métasternum distincts. 

Mandibules bifides à leur extrémité. Méi.anactides. 

— simples. Uëmiriupides. 
dd Mésosternum et métasternum intimement con- 
fondus. CnALCOLÉPIOnOES. 

ce Epimèrcs mésothoraciques plus ou moins grandes. Oxynoptérides. 
bb Mésosternum déclive; ses bords rarement saillants. 

Parapleures métathoraciques largos. Tétbaiobibes. 

— — étroites. Èlaiéuiues vrais. 

II. Métasternum aigu en avant; prosternum sans menton- 

nière. Campylides. 

toutes paru dans le mémo recueil que ceux de Gcrmar; on les trouvera indi- 
quées plus loin. 

(1) « Revision of thc Elatcrida^ of the United States » Trans. of tlie Amer. 
Phil. Soc. New Ser. X, p. iOS. 

(2) Les dilBcultés de nos classifications ont ordinairement pour cause la 
grande liomogénéité des espèces. Ici elles proviennent do l'extrême variabilité 
de tous les organes (sauf les parties de la bouche) réunie i une forme géné- 
rale qui, au contraire, ne se modifie que dans des limites très-restreiHtes. En 
étudiant les travaux do Germar et d'Erichson, cités plus haut, on voit que 
tous deux ont désespéré do la classification de ces insectes.'Le second a exprimé 
ailleurs (Aichiv, 1845, II, p. 90) le vœu qu'on découvrît enfin quelques carac- 
tères nouveaux qui permissent do l'établir sur dos bases rationnelles. Plusieurs 
mois d'un travail assidu m'autorisent il dire que ces caractères n'existent pas 
et qu'on les cherchera en vain. Il faudra dès-lors que la tradition supplée à 
l'impuissance do la science. 

Du reste, l'un des autours du « Catalogue des Larves des Coléoptères » qu« 



138 ÈLATÈRIDCS. 

TRIBU I. 

AGRYPNIDES. 

Antennes reçues au repos dans des sillons prosternaux. — Tête pen- 
chée, plus ou moins concave ; front peu épais et non caréné en avant. 
— Mandibules échancrées au bout. — Tarses revêtus en dessous de 
poils formant une brosse continue ou des pelottes, parfois munis de 
lamelles. — Mésosternum déclive. — Mentonnière du proslcrnum très- 
saillante. 

L'existence de sillons prosternaux, pour la réception des antennes 
au repos, fait de ce groupe le mieux caractérisé de la famille, et il est 
en même temps assez homogène. Ainsi, la tète qui est presque carrée, 
vue d'en haut, el plus ou moins concave dans sa partie antérieure, varie 
à peine dans sa forme. Les organes buccaux sont complètement à l'état 
normal, c'est-à-dire (]uc le dernier article des palpes est séouriforme, 
les mandibules courtes, et le labre arrondi en avant. La brosse de poils 
qui rcvél les tarses en dessous est Irès-appaj-ente chez los grandes et 
les moyennes espèces; chez les petites, elle est remplacée par une fine 
villosité. Enfin, sauf chez quelques Lacon exotiques (par ex. nodifer), 
les sutures prnsternales sont toujours rcctiligncs et plus ou moins obli- 
ques. 

Les Agrypnides n'ont rien de fixe sous le rapport de la grandeur; 
les uns rivalisent presque avec les plus grandes espèces de la famille, 
les autres sont assez petits ; la plupart de taille moyenne. Il y a de ces 
insectes dans toutes les parties du globe; mais, bien qu'assez nom- 
breux, tous rentrent Jusqu'ici dans les cinq genres suivants: 



Tarses sans lamelles. 

Sillons prosternaux entiers : Agrypmis, Adelocera. 

~ — fermés en arrière : Lacon. 

Tarses munis de lamelles. 
Sillons prosternaux fermés en arrière : Tylotursus. 

— — entiers : Dilobitarsus. 



j'ai déjà si souveni cité, M. le docteur Candèzc, est h la veille de publier une 
Monographie de ces insectes pour laquelle il a reçu des matériaux immenses. 
L'étude approfondie qu'il en a faite est une garantie que la science comptera 
dans ce travail un bon ouvrage do plus. 



ARRVPMDB!). 139 

AGRYPNUS. 
EsonscH. in Tiiow, Entom. Arch. Il, i, p. 32 (1). 

Tête plus ou moins concave en avant, avec son bord antérieur ar- 
rondi cl un peu épais. — Antennes de longueur variable, robustes, à 
articles 1 très-gros, allongé, en côno régulier, 2 très-court, 3-i égaux 
ou peu s'en faut, 4-10 dentés, aussi larges que longs, 11 surmoulé d'un 
faux article bien distinct. — Prolliorax plus long que large, convexe sur 
le disque ; ses côtes droits en arrière, convergents et rabattus en avant, 
ses angles postérieurs divergents et munis d'une carène remontant très- 
loin en avant près des pords latéraux ; sa base munie d'un tubercule 
médian.— Ecusson oblique, en général quadrangulaire. — Elytres con- 
vexes, rélrécies dans leur tiers postérieur, régulièrement striées. — 
Pattes assez longues; hanches postérieures graduellement élargies en 
dedans; les quatre I»" articles des tarses décroissant peu à peu, mu- 
nis de brosses en dessous. — Mélasternum et mésosternom séparés 
par un sillon très-profond; cavité mésosternale large, à bords horizon- 
taux. — Saillie proslcrnale droite, sillonnée à sa base. — Sillons pros- 
ternaux entiers. — Corps convexe, jamais écailleux. 

Insectes de grande et moyenne taille, de couleur uniforme, brune ou 
noire, en général peu brillants et tantôt glabres, lanlol revèlus d'une 
fine pubescence couchée. Un caractère dont l'importance fonctionnelle 
est nulle, mais qui leur est exclusivement propre parmi tous les Élalé- 
rides, les fait reconnaître sans peine, à savoir la prolongation de la ca- 
rène des angles postérieurs du prothorax. Il y en a une trentaine d'es- 
pèces dans les collections, mais dont cinq seulement ont été décrites. 
Elles se répartissent dans deux sections, selon que les èlytres sont en- 
tières (2) ou échancrées (s) à leur extrémité. 

Le genre est principalement répandu en Afrique et aux Indes orien- 
tales; deux espèces seulement ont été découvertes dans l'Amérique du 
Nord. 

(1) Syn. Amadrus, Casteln. Hist. nat. d. 1ns. I, p. 2,17; nom employé anté- 
rieurement par M. Burmeistcr (Nov. Act. nat. Curios. XVI, Suppl. I, p. 294) 
pour un genre d'Hémiptères exotiques. 

(2) A. fuscipes,Fa\)., Syst.EI. 11, p. 224; des Indes or. — notodonta, haïr. 
in Caillaud, Voy. à Méroé, Ins. p. 5, pi. 58, f. 6 (senegalcnsis Casteln., Dej.); 
Nubie, Sénégal, —luridus, Fab. Syst. El. II, p. 222; du Bengale. — Sailiei, 
Scholiii, i. L. Le Conte, Trans. of tlie Amer, philos. Soc. New Ser. X, p. 491 ; 
le l'T de la Louisianne, le 2fi du Nouveau Mexique. 

(3) A. tomentosus, Fab. loc. cit. p. 222; des lies Philippines. 



140 ÉLATÈBIDES. 

ADELOCEUA. 
Lath. Règn. anim. éd. 2,' IV, p. 451 (1). 

Télé médiocre, arrondie ou tronquée de cliaquc côté en avant, plane 
ou faiblement concave en dessus. — Antennes plus ou moins courtes, 
peu robustes, très-souvent allcnuées à leur extrémité ; ù articles 1 grand 
et robuste, 2 très-court, 3 aussi long ou plus long que 4, celui-ci et 
5-10 médiocrement et en général ublusémentdenlcs, souvent plus larges 
que longs, 11 ovale, ayant rarenienl un vestige d'un faux article. — 
Prothorax de forme variable, plus long que large chez la plupart, dé- 
primé à sa base, avec ses angles postérieurs médiocres et divergents. — 
Ecusson oblique, ovale, arrondi en arrière, souvent sinué sur les cotés. 
■ — Etjtres de forme variable, souvent déprimées sur le disque. — Pattes 
courtes, peu robustes ; hanches postérieures subitement elmédiocrement 
dilatées dans leur moitié interne; tarses comprimés ; leurs quatre lers 
articles munis de brosses ou finement velus en dessous ; le i"' au moins 
aussi long que les deux suivants réunis. — Mésoslernum séparé du mé- 
tasleruum par une suture bien distincte. — Saillie prosternale droite. 
— Sillons prosternaux entiers; sillons fémoraux en général profonds; 
parfois des sillons tarsaux. 

Ainsi caractérisé, ce genre ne contient plus qu'une partie des espèces 
qu'y avait comprises Eschsclioltz et est exposé ici, à peu de chose près, 
tel que l'a modifié Germar (-2). Il se distingue des Aguïpnus principale- 
ment par l'atjsence d'une carène le long des bords latéraux du prothorax 
et celle d'un faux article distinct aux antennes, des Lacon par ses sillons 
prosternaux entiers, des Tylotatisus cl des Diloditabsus par ses tarses 
non lamelles en dessous. 

(1) Syn. Aguypnus, Eschsch. in Tliou, Eutom. Archiv, II, 1, p. 132. — Lacon, 
De Casteln. in Silberm. Rev. entom. IV, p. 11; M. De Casteinau ne citant 
comme types de ce genre qu'il a très-mal caractérisé, que les Elattr alomariué, 
varius et fasciatus de Fabrlcius, il correspond exactement à celui-ci. Après 
l'avoir ainsi fondé, il n'en a plus reparlé dans ses ouvrages subséquents et a 
simplement reporté parmi les Acrypkus les mêmes espèces que je viens de 
citer; voyez son Hist. nat. d. Ins. I, p. 2-47. 

(2) Zeilsdir. f. d. Eutom. II, p. 255, Latreillc (loc. cit.) avait commencé par 
placer ce genre parmi les Eucnémides, en lui assignant pour caractère essentiel 
la présence sous le protliorax de sillons fémoraux. Plus tard (Aun. d. 1. Soc. 
entom. III, p. 143) il a fait des sillons tarsaux la marque distinclivc du genre; 
mais, comme l'a fait voir Germar, ces derr/ilers n'ont aucune valeur générique. 
Très-prononcés par ex. chez YAdclocera marmorata des États-Unis, on n'en 
voit plus que do faibles vestiges i peine distincts chez la pennafa du môme 
pays, la lepidopicra du Nord do l'Europe, etc., puis ils disparaissent complète- 
mont. Les espèces où ils manquent avaient été laissées par Latreillo parmi les 
Agrypnus. 



AGIIYPMDES. 141 

Dans ces limites il conticnl des Tormes assez dilTcrenles, entre les- 
quelles toutefois il y a des passages. Les espèces qu'on peut appeler 
typiques {alnmâria, fasciata,varia, etc.) sont allongées, déprimées en 
dessus, avec le prolliorax plus ou moins sillonné dans son milieu et par- 
fois bossue ci et là ; toutes nos espèces européennes rentrent dans eette 
catégorie. Mais parmi les exotiques il en est qui ont la forme large et 
courte des Lagon, tandis que d'autres se rapprochent des AcnvPNus. 

Les Adeloceka sont en général de taille moyenne cl rcvélucs de 
poils squammiformes ou de véritables écailles formant le plus souvent 
des marbrures irrégulières; à quelques exceptions près, leur livrée est 
sombre. Il y en a dans toutes les parties du globe et partout leurs habi- 
tudes paraissent être les mêmes. On les trouve sous les écorces, dans le 
bois en décomposition, parfois sons les pierres (i). 

LACON. 
(De Casteln.) Germar, Zeitschr. f. d. Eniom. II, p. IGO (2). 

, Gehrc voisin des Adelocera et n'en différant que par les caractères 
qui suivent : 

Articles 2-3 des antennes not.Tlilemenl plus courts que 4, de longueur 
relative variable; le dernier sans faux article, tronqaé ou échancré au 
bout. — Prothorax plus ou moins transversal, bisiiuié;'». sa base avec un 

(1) Esp. européennes: El.-afomarius, fasciatus Linné, Fab.,i)HK,j etc. — 
El. varius {//uercus Hcrbst) Fab. Syst. El. II, p. 229. — El. conipersus, lepi- 
dopterim, Gyllcnti. Ins. Suoc. I, p. 377 sq. — Esp. africaines : Agrypn. inftis- 
catus, Klug, Monatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 047; Mozambique. — Esp. <lc 
l'Amer, du Nord : El. mai'moratiis [discoide-tis Wcber, crttentus 01.), Fab. loc. 
cit. p. 227. — El. impressicoUis, Say, Ann. of thc Lyc. of Nevf-"York, 1, p. 260 
(Ad. senilis Germar; Var. El. leptwnis, Say, Trans. of tlie .\mcr. Pliil'. Soc. 
New Ser. VI, p. 182). — auroratiis, avitus, Say, Trans. of tbe Amer. Pliil. Soc. 
loc. cil. p. 181 sq. — Esp. de Taïty : A. squalida, L. Fairm. Rev. et Mag. d. 
Zool. 1849, p. 359. 

M. L. Fairmaire (ibid.) décrit en outre, sous le nom A' Ad. pruinosa, uno es- 
pèce de la Polynésie qui figure dans le Catalogue de Dcjoan sous celui H'A- 
grypnus modesltts Mac-Lcay. Cette espèce est tout-i-fait cosmopolite, et il y en 
a dans les collections des exemplaires de t'Aiislralio, do Java, du Sénégal, des 
Antilles, de Cayennc et de Colombie. 

L'El. ruher de Porty, Del. anim. art. Brasil. p. 20, pi. V, f. 1 (Adel. brasi- 
liensis Casteln.) et l'Ad. Chahannii Guérin-Mônev. Icon.; Ins. p. 40, pi. 12, 
f. 4 [Alaus /tnmimla , Blanch. in d'Orb. Voy. ; Entom. p. 130, pi. 8, f. 5), tous 
deux du Brésil, me paraissent devoir former un genre i part, leur mésoster- 
num étant borizontal , à. bords assez saillants et séparé du métasternum par 
un sillon très-distinct. Ce genre doit être placé immédiatement après celui-ci. 
(2) Syn. AcnvPNUs Eschsch., Falderm., Ménétr., Casteln., Ilope, Klug. — 
Adewceiu parsLatr., Casteln., Guérln-lÛénev., J. L. Le Conte. 



U2 



KLATERIDES. 



court lobe médian cchancré ; ses angles poslérieurs courls, rarement 
carénés en dessus. — Elytres convexes, oblongo-ovales, rarement sub- 
parallèles. — Hanches posléricurcs gradtjcilemcnt éla»gies en dedans. 
— Sillons proslernaux fermés en arrière. — Corps loujours convexe. 

La fermeture des sillons proslernaux en arrière fait reconnailre sans 
peine ces insectes; elle se retrouve chez les Tylotaiisus qui suivent, 
mais associée à des tarses lamelles qui n'existent pas ici. il en résulte 
que dans les deux genres les antennes ne peuvent y pénétrer qu'en se 
recourbant dans une partie de leur longueur. 

Les Lacon se distinguenten outre des Adeloceba par leur forme plus 
large et toujours convexe. Leur système de coloration est également plus 
varié, et le^r vestiture consiste plus souvent en poils fins et très-courts. 
Quelques espèces, principalement de Madagascar (par ex. nodifcr), se 
font remarquer par leur prothorax fortement tubercule en dessus et si- 
nué sur les côtés. Chez plusieurs le prothorax, outre ses sillons fémo- 
raux, possède des sillons t.nsaux, mais ils s'affaiblissent, puis disparais- 
sent chez le plus grand nombre comme chez les Aueloceba. 

Le genre est beaucoup plus nombreux que le précédent, ot les col- 
lections en renferment près d'une centaine d'espèces. Deux seulement 
existent en Europe ; la plupart des aulres se trouvent à Ma^lagascar et 
aux Indes orientales. Il y en a, du reste, dans toutes les régions du 
globe (1). 

(1) Esp. européennes : L. murinus, Linné, Fab.; Gcrmar (Zeitsclir. U, p. 264) 
dit en avoir reçu un exemplaire du Cap. — Kokeilii, Kûster, Die Kœfor Europ. 
Il , 6 (imiriims var.?) ; de la Carinthic. — Esp. de la Russie mér. : L. creni- 
colliSj Ménétr. Cat. rais. p. 156. — Esp. de Perse : L. ovalis, Germar, Ins. Spec. 
nov. p. 49. — Esp. des Indes or. : l. muticus, Herbst, Die Ka;fer, X, p. 93, 
pi. 166, f. 10; d'Arabie selon Germar, loc. cit. — brachychœius, Kollar u. 
L. Redlcnl). in Hugels Kasclmiir, IV, 2, p. 506. — Esp. de la Nouv. Guinée : • 
L. tristis, Hombr. et Jaquin. Voy. au Pôle Sud, p. 86, pi. 6, f. 8. —Esp. de 
l'Australie : L. culirjhwsus, Boisduv. Faune d. l'Océan. II, p. 105. — humilis, 
Erichs. Arcbiv, 1842,1, p. 136. —Esp. de Madagascar: L. nodifcr, vestitus, 
irroratvs, porosus, crenatus {terrenus Germar), inlcrpunctalus^lug , Ins. 
v. Madag. p. 64.— iurbidus, mustelinus, Germar, Zeitscbr. U, p.^63; le se- 
cond est indiiiué à tort comme do Siam. — Esp. de Natal : L. ampUcoUis, 
pœnulatus, parcus, decipiens, troglodytes, nanus, Boliem. Ins. CalTrar. I, 
p. 414. — Esp. de l'Amer, du Nord : L. ubtectus, Siy, Trans. of tlie Amer. 
Phil. Soc. VI, p. 181. — reclangularis, Say, Anu. of tlio Lyc. of New-York, I, 
p. 263. — brevkornis,mucoreus, curtus,}, L. Le Conte, Traos. oftheAmer. 
Pliil. Soc. X, p. 491. 

Le Lacon cribratus de M. Blanchard (in d'Orb. Voy. ; Entom. p. 144), espèce 
de Bolivia, doit former le type d'un genre propre. 



▲GfiirPMDBS. 143 

TYLOTARSUS. 

Gehmau, Zeilschr. f. d. Entom. 11, p. 247 (1). 

Ce sont des LAco^ qui se dislingueiit esscnliellcinent des autres es- 
pèces de ce genre par les deux caractères suivants : 

Pénultième article des tarses cordiforrac, muni d'une lamelle. —Men- 
tonnière du proslernum séparée du corps de l'organe par une line suture 
transversale. 

Comme caractères accessoires on peut ajouter que les antennes sont 
un peu plus longues et ont leur dernier article acaininé ; et que le pro- 
thorax est ordinairement plus long que large (-2) comme chez les Aob- 
LOCERA, avec ses angles toujours très-saillants. 

Germar n'en a connu qu'une espèce, la seule qui soit décrite en ce 
moment, le Conodcriis cuspidaliis de Klug fs) qui est ori"iDaire de 
Madagascar, et remarquable par la forte saillie des angles antérieurs de 
son prolhorax qui sont en même temps très-aigus ; mais il y en a dans 
les collections une dixaine d'autres tant du même pays que de la côte 
occidentale d'Afrique et des Indes orientales. 

DILOBITARSUS. 
Lmr. Ann. d. l. Soc. entom. 111, p. 142. 

Ce genre est aux Adeloceba ce que les Tylotabsds sont aux Lacon, 
c'est-à-dire qu'avec tous les caractères essentiels de ces insectes ses es- 
pèces ont les tarses munis de lamelles. 

Comme les Adeloceba elles sont plus ou moins allongées, déprimées 
en dessus, aveclc protliorax plus long que large, des téguments rugueux 
et revêtus d'écaillés formmt des marbrures. Elles varient, du reste, sous 
le rapport du fades, et c'est sur l'une d'elles (4), remarquable par sa 
forme extrêmement allongée, linéaire, deux crêtes au-dessus des cavités 
anlcniiaireset son prothorax bituberculé en avant, que Latreille a établi 

(1) Syn. CoNODEnus, Klug, Ins. v, Madag. p. 66. 

(2) 11 est tel dans l'espèce typique; mais parmi les espèces inédites il eu est 
p!usieur.s chez lesquelles it ressemble, sous ce rapport, à celui des Lacon. 

(3) Klug, loc. cit. Tab. 111, f. 3; Germar l'a cru nouveau et lui a conservé le 
nom de cinctipes qu'il porte dans le Catalogue de Dejcan, éd. 3, p. 99. 

(•4) Etat, bidensj Falj. Syst. El. 11, p. 227 (DU. iuberculatus Latr. loc. cit.; 
Agrypnus macrolhorax Dej. Cat.); de tontes les parties chaudes do l'Amérique 
iluJSiid. 

l-'Agrypnus lignarius du Catalogue de Dejean, espèce commune à Buonos- 
Ayres, appartient à ce genre; ses tarses ont deux lamelles comme ceux du 
"idens. 



144 .1, ÈLATÉaiDES. 

le genre. Il existe une petite lamelle sous le 3° et le 4e article de ses 
tarses. Une autre (i) décrite par G.et.i!ïBr et de forme également anor- 
male, quoique à un moindre degré, n'en a qu'au 4e article. Ce sont les 
deux seules publiées jusqu'ici. 

Ces insectes paraissent exclusivement propres aux régions intertropi- 
cales de l'Amérique du Sud. 



TRIBU II. 
MÉLANACTIDES. 

Mandibules échincrées à leur extrémité. —Antennes courtes chez la 
plupart, libres au repos, dentées. —Tète penchée, plus ou moins con- 
cave en avant ; front nôh caréné. — Tarses revêtus en dessous de poils 
courts, formant ou non des pelottes. — Mésoslernum allongé, à bords 
saillants, horizontal ou déclive, séparé du raélasternum par une suture 
très-dislinclc. — Mentonnière du prosternum saillante. 

L'établissement de cette tribu me paraît nécessaire pour isoler quel- 
ques genres qui se rapprochent des Ilémirhipiiles cl des Chalcolépidiides 
qui suivent par la siruclurc de leur mésosternum, mais qui s'en distin- 
guent par leurs mandibules échancrées au bout comme chez les Agryp- 
nides avec lesquels leurs antennes libres au repos ne permettent pas de 
les confondre. C'est par conséquent un groupe intermédiaire entre cette 
tribu et les deuxnouimées en premier lieu. 

'Ces insectes sont tous de grande taille et les trois genres qu'ils cons- 
tituent ont chacun un facics qui leur est propre. Ils sont en outre dispersés 
au loin sur le globe , l'un étant confiné à Madagascar, le second dans 
l'Amérique du Nord, le dernier au Chili. 

I. MCsosternum hoiiiontal. 

Tarses forlemont dilatés, munis de pcloltes eu dessous : Melantho. 
— comprimés, uniformément villeux : Melanacles. 

II. Mésosternum déclive, saillant i'i sa base : Tibionema. 

(1) Dti. peti^nbms, Gcrmar, Zeitschr. II, p. 246, pi. l, f. 3; du Brésil. Get^ 
mar (ibid. p. 439) a plus tard réuni cette espèce aux Abelocera, mais provi- 
soirement. 



KËLANACTIDES. |^ 

MELANTHO. 
De CiSTEiN. in Silberh. Rev. enlom. IV, p. 10 (1). 

Palpes maxillaires robustes. — Labre très-court. —Tête carrée, lar- 
gement excavée en dessus ; son bord antérieur peu épais, coupé carré- 
ment cl arrondi aux angles. — Antennes plus courtes que le prolhorax, 
robustes, de onze articles : 1 médiocrement gros et arqué, 2 très-court', 
3 beaucoup plus long, obconique ou trigone, 410 assez fortement den- 
tés, plus longs que larges, il plus long, muni d'un faux article peu 
(coslicollis) ou bien (Klugii) distinct. — Prolborax très-allongé, subpa- 
rallèle, convexe et obtusément caréné sur la ligne médiane; ses angles 
postérieurs médiocres, aigus et à peine divergents. — Ecusson oblong 
et oblique. — Elylres allongées, peu convexes et médiocrement rélrè- 
cies en arrière. — Pattes robustes; hanches postérieures graduellement 
élargies en dedans; tarses larges, à articles 1 en triangle allongé, 2-3 trian- 
gulaires et transversaux, 4 fortement cordiforme, tous munis en des- 
sous d'une brosse de poils serrés à surface plane (a), 5 robuste et dé- 
primé. — Mésosternum très-allongé; les bords de sa cavité parallèles 
et tranchants. — Mentonnière du prosternum arrondie; sa saillie pos- 
térieure presque droite ; sutures prosternâtes rectilignes. 

Genre établi sur deux grandes espèces de Madagascar (3), ayant assez 
le fades de certains Alaus. Ils sont aisés h reconnaître par suite de la 
forme insolite de leurs tarses ; les brosses de ces organes sont aussi par- 
faites que celles qui existent chez tant de Carabiques mâles. Ces insectes 
sont d'un noir brunâtre ou foncé, régulièrement mais peu profondément 
striés sur les élytres, cl en entier revêtus d'une fine pubescence grRe 
qui voile à peine la coulenrde leurs légumenis. 

(1) Syn. CnEPiCAUDUs, Dej. Cat. éd. 3, p. 103. 

(2) M. Do Castelnau commet une grave erreur en disant qu'ils sont munis 
en dessous de «prolongements membraneux;» il n'y en a pas la moindre 
trace. 11 n'est pas plus dans le vrai quand il décrit les mandibules comme très- 
avancées; ces organes sont faits à cet égard comme chez les Elatérides en gé- 
néral. 

(3) M. Klugii (Cr. miles Dej.), costicollis Casteln. loo. cit.j je crois que ces deux 
espèces n'en font qu'une, dont la première est la femelle et la seconde le mile. 

Il y a dans les collections un grand insecte inédit do Colombie, dont las 
tarses sont encore plus dilatés que dans le genre actuel, hérissés de poils et 
on même temps munis de trois larges lamelles en dessous. 



Cvicopléres. Tome IV. 10 



146 ÉLATËniDBS. 

MELANACTES. 
}, L. Le Conte,. Trans. of. the Amer. Phil. Soc. New Sor. X, p. 493 (1). 

Labre assez saillant, arrondi en avant. — Tête transversale, concave 
à sa partie antérieure ; front coupé obliquement de chaque côlc ; 3on 
bord antérieur peu épais et arrondi; cavités anlennaires grandes, Iri- 
gones. — Yeux médiocres. — Antennes rarement un peu plus longues 
que le prothorax, de onze articles: 1 médiocre, en cône arqué, 2 court , 
obconique, 3 de même forme, beaucoup plus long, 4-10 triangulaires et 
plus ou moins dentés, 11 ovalairc et divisé en deux par une fine suture. 
Prothorax au moins aussi long que large, peu convexe, rebordé laté- 
ralement; ses angles postérieurs médiocres, aigus, dirigés en arrière- 
carénés. — Elytres allongées, peu convexes, médiocrement rétrécies 
dans leur tiers postérieur et obtuses au bout. — Hanches postérieures 
peu à peu et médiocrement élargies au côté interne ; tarses longs, com- 
primés ; leurs quatre 1"" articles en cône renversé, garnis de poils courts 
et denses en dessous; le i" aussi long que les deux suivants réunis; 
ceux-ci et le 4" décroissant graduellement. — Mésosternum séparé du 
mélasiernum par un sillon très-marqué; ses bords divergents. — Men- 
tonnière très-avancée et arrondie; sa saillie postérieure arquée au bout ; 
sutures prosternales un peu llexueuses. 

Les espèces de ce genre sont, à l'exemple de Dejcan, généralement 
comprises dans les collections parmi les Ludius (Cobymbites de cet ou- 
vrage); et, ce qui revient au même, Germar les a placées parmi les Puis- 
TiiopuDS. Je crois que M. J. L. Le Gonte a eu raison de les en retirer 
ettl'en former uti genre à part, qu'il a rappi oclié des Alaus. Leur tôte, 
quoique voisine de celle des Ludiides, n'a pas tout-à-fait la même forme, 
et leur [acii-s, leur grande taille et surtout leur mésosternum, les éloi- 
gnent beaucoup du groupe en question. 

Ce sont des insectes allongés, subparallèlcs, sauf en arrière, assez 
larges, peu convexes, eritièremenl glabres cl d'un noir profond plus ou 
moins brillant. La plupart ont leurs élyircs finement ponctuées en stries; 
chez quelques-uns elles sont fortement sillonnées, et parmi ceux-ci il en 
est (par cx.wioiv'o) qui ressemblent beaucoup, au premier coup-d'œil, .i 
des Carabiques du genre Feuonia, notamment ;'i la F.melanaria. 

Le genre parait jusqu'ici propre .à l'Amérique du Nord. Il y en .i 
sept espèces de décrites en ce momeni (9'. 

(1) Syn. PnisTiLOfiius i>ars, Gurmar, Zeitsclir. IV, p. 8i. — Lodius Doj. 

(2) El. piceus De Geer [lœvigahis F., l'ristUophus femoralia Mclsheim). — 
El. morio Fab. {lacunosus F.) — Met. procerus, densus, punctlcoUis, consors, 
J. L. Le Conte, loe. cit. —l'rist. Reicltei, Gcruiar, loc. cit. 



MÈLANACTIDES. 



147 



TIBIONEMA. 
SouEn in Gav, Hist. de Chile; Zool. \, p. 30 (1). 

hoL'm ""^T •?"'"'• ?"''"' !" "'""• -Mandibules échancrées au 
boul (2) - 1 de grande, carrée en dessus, plane, excavée an.érieure- 
iTient; fronl parabohqucmenl arrondi, médiocremenl caréné en avanl • 
plaque nasale assez épaisse, foricment transversale. - Yeux saillants' 
- Antennes plus longues que le prolhorax, de douze articles • 1 mé" 
diocre, très-gros 2-3ol)coniques, courts, inégaux, 4-10 larges, allongés 
faiblement dentés, 11 plus étroit. 12 simulant un faux arUci; - Pro 
thorax carré, largement déprimé sur le disque; ses angles postérieurs 
ssez longs dmges en arrière, fortement carénés. -Ecus,on obïng" 
o^ale. - Elytres larges, rétrécies e.> arrière, Irès-largcfflent déprimées 
sur e d.sque. - Uancbes postérieures peu à peu et faiblement élâr^ 
en dedans ; larses longs et comprimés, leurs arlicles 3-4 renfles et munis 

les deux suivants, le 4o entièrement libre. - Mélasternum et mésoster- 

couileet obmse en avanl; le second très-allongé. déclive, avec son 
sommet saillant.- Men.onnièrc du prosternum avancée, très arrondie 
sa sa„l,e postérieure longue, un peu (lécble; sutures prosleri.ales rectili-' 
gnes. — i.orps déprime. 

Ce genre est facilement reconnaissable aux caractères qui précèdent 
surtout a la forme du mélasicrnum et du mcsoslernum. Al. Guérin-Méne' 
ville me parait avoir exagéré les analogies de l'unique espèce qui le 
compose (r>) en la plaçant parmi les Ala«s. C'est un bel et assez erand 
insecte du Chili, d'un noir profond et presque mat. avec l'abdomen dun 
ouge ferrugineux. Ses tégumcn.s, sauf quelques poils peu distincts sous 
le prolhorax, sont complèlemcnt glabres. 

^ W Syn. Awos, Guérin-Ménev. Mag. d. Zool. Ins. 1838; Voy. d. 1. Favor. 

J1"'a^^^I ^°''^v ?Z '' ,^'"™ corresponde à celui qu'EsebsolioItE (Rev. 
nW^i; ■. ™- '^' ^^^T^ " """""^ OxvcLEiD.us et dont aucune e pèce 
Su B,é Jl?.","" """"i^n ' "*"' "^"- '"■ '' P- '''^ - mentionne seJun 
sont e, . "T ^- "•'"■'"'^'- ^'' ''''''''''' 'I»'Eschscholtz lui assigne 

sont es suivants : « Tars. laminio dcstitnti; ungues simplices; carina front^lis 

evatum "7 f °™'"' ""J'""'""''' '''"' P"°^' ^«' "'"'''- «'^"'""> Pectoral 
l.te -Ti, A "«'•""^V^PP"')"'^':"' trôs-bien au genre actuel; mais dans lo 
uoute j ai iU\ conserver le nom de Solier. 

ta £mf^i''p'.? ' mT" ^ *°';' """'"" '""P'"'' " " P^^*^ ^«"^'^'^^^ s»"' «i'«nce 
w loimo SI caract6,risti(iuc du mélasternum et du métosternum 



14g fe£ATËniDE8. 

TRIBU m. 

HÉMIRUIPIDES. 

Mandibules simples à leur exlrémité. - Antennes courtes souvent 
reçues au repos dans des canaux prolhoraciques, fréquemment flabellecs 
chez les mâles — Tète penchée, plus ou moins concave en avant; front 
non caréné — Tarses revélus en dessous de poils courts formant une 
brosse continue. -- Mésosternum horizontal, allongé et à bords saillants 
chez presque tous, séparé du mélasternum par une suture distincte. 

Cef?rounc est le seul, avec le suivant, dans lequel il existe chez cer- 
taines espèces de ces canaux prolhoraciques dont j'ai parle dans les ge- 
néralilés de la famille. Il présente, en outre delà simplicité des mandi- 
bules, deux caractères constants qui sont : un labre très-court et des 
antennes qui ne dépassent jamais la base du prolhorax, quand elles son 
repliées en arrière. Le mésosternum qui le distingue essentiellement 
des Chalcolépidiides, souffre, au contraire, quelques exceptions ; il est 
déclive thc/. quelques Alacs et chez les EornEMUS ; la suture qui le 
scnare du mélasternum reste seule toujours distincte. 

Ces insectes sont tous remarquables, soit par leur forme, soil par leur 
taille soit enfin par leurs couleurs. Sur les quatre genres qu ils forment, 
on (Âlaos) est répandu à la fois dans l'ancien et le nouveau comment ; un 
autre (HEM.Bn.pes) est propre A celui-ci, les deuï restants a celui-la; 
mais, sauf une seule espèce (Alaus Pareyssii), tous sont étrangers a 
l'Europe. 

I. Canaux prothoraciques nuls : Hemirhipus. 
jj _ — distincts. 

o Ces canaux très-longs : Euphemus. 
a a _ très-courts. 

Antennes de 12 art. chez les cT, de 11 chez les ? = Ctenicera. 
_ 11 — dans les deux sexes : Alaus. 

HEMIRHIPUS. 
EscnscH. in Thow, Eniom. Arch. II, 1, p. 32. 

Téle presque plane ; front épais et coupé carrément presque au niveau 
des cavités antennaires. - Yeux médiocres. -Antennes beaucoup plu» 
courtes que le prothorax, de douze arlicles dans les deux sexes : 1 gros, 
en cône long et arqué. 2-3 très-courts, obconiques, celui-ci ayant son 
;"gle interne plus ou moins prolongé, 4-10 flabellés chez les màl«, 



nrainHiPiDES. 149 

pectines chez les femelles, 12 plus long que les précédents. — Prothorai 
allongé, convexe, presque droit sur les côtés ; ses angles postériears 
reclilignes , longuement carénés en dessus. — Elytres allongées , de 
forme variable. — Hanches postérieures brusquement élargies au côté 
interne en une lame transversale; l»' article des tarses postérieurs au 
moins aussi long que les deux suivants réunis. — Mésosternum horizon- 
tal ou un peu déclive; ses branches plus ou moins arquées. — Menton- 
nière duprosternura fortement arrondie en avant; sutures prosteroales 
subQexaeuses. 

Insectes américains de grande ou moyenne taille, de couleurs variées, 
plus ou moins pubescents sur toute leur surface, et tantôt médiocrement 
(linealus, fascicularis),tmlôl (orlcmcnl {Irilinealus) rétrécis en arrière. 
Le nombre des articles des antennes dans les deux sexes et l'absence 
complète de canaux protboraciques, constituent leurs deux caractères les 
plus apparents. Les femelles ont l'abdomen tronqué et garni d'une brosse 
de poils comme dans les deux genres suivants. 

On n'en a encore publié que trois espèces qui peuvent se répartir dans 
deux sections, selon que l'écusson est suborbiculaire, très-épais en avant 
et horizontal (i), ou oblongo-ovale et oblique (3). 

EUPHEMUS. • 
De Gasteln. in Silbemi. Rev. entom. IV, p. 7. 

' Tête légèrement concave en avant ; son bord antérieur peu épais et 
faiblement arrondi. — Antennes reçues au repos dans de larges, longs 
et profonds canaux prolhoraciqucs, courtes, très- robustes, de onze ar- 
ticles datls les deux sexes: 2 court, obconiquc, 3-11 bi-flabellés chez les 
mâles, leurs rameaux longs et grêles ; 3-4 Irigones, SU pectines et 
serrés chez les femelles. — Prolhorax assez allongé, convexe, sillonné 
sur la ligne médiane, presque droit sur les côtés avec ses angles posté- 
rieurs courts, un peu divergents et non carénés. — Ecussou oblique, carré, 
arrondi en arrière. — Elj très allongées, subparallèles, arrondies en ar- 
rière, médiocrement convexes. — Pattes grêles; hanches postérieures 
graduellement élargies au côté interne ; 1" article des tarses presque 
aussi long que les trois suivants réunis. — Mésoslernum oblique ; ses 

(1) El. Uneatvs Fab.; figuré dans Olivier, Entom. Il, n° 31, pi. 3, f. 20; et 
Herbst, Die Ka>fer, pi. 158, f. 10; du Brésil et commun dans les collections. 
C'est U plus grande espèce du genre et celle qui a lo mésosternum le plus long 
et le plus horizontal. 

(2) Hem. Irilineatits, Castoln. in Silberm. Rev. entom. IV, p. 12; du Brésil; 
«près l'avoir décrit sous ce nom, M. De Castelnau l'a reproduit sous celui de 
(juinquesigmius dans son Hisl. nat. d. Ins. I, p. 234. — fascictilaris Fab. 
(Hem. wnoim- Oasteln. in Silberm. loc. cit.); répandu depuis lo Brésil jusque 
dans les parties moyennes des États-Unis. 



ISO ÉLATÉBIOES. 

bords non saillants. — Mentonnière du proslernum assez courte, ar- 
rondie en avant ; sutures proslernales concaves. — Corps subparallcle, 
pubesccnt. 

Genre bien distinct de tous ceux de ce groupe par la longueur et la 
profondeur de ses canaux prolhoraciques et la structure des antennes chez 
les màles, structure qui ressemble à celle qui existe chez les Tetralo- 
BDS. Il ne comprend qu'une belle espèce du Sénégal, dont les anciens 
auteurs n'ont connu que la femelle(i)- C'est un insecte de taille moyenne, 
dont le prothorax dans les deux sexes est d'un gris foncé avec quatre 
taches noires, tandis que les élytres sont fasciées transversalement de 
ces deux couleurs chez la femelle, et noires avec quatre ou six taches 
grises chez le mule. Le dernier segment abdominal des premières est 
tronqué et fascicule. 

CTENICERA. 
LiTR. Règne anim. éd. 2, IV, p. 454 (2). 

Tête courte, assez ou peu concave, coupée obliquement de chaque 
côté en avant, avec son bord antérieur assez épais et tronqué. — An- 
tennes courtes, reçues à leur base au repos dans de courts canaux pro- 
lhoraciques, médiocres^de douze articles chez lesmàlcs, de onze chez 
les femelles, flabcllces dans les deux sexes, à partir du 4», avec le dernier 
élargi et échancré au bout ; le 2° très-court, le 3° plus grand, trigone. 
— Prolhorax très-allongé, convexe, caréné sur la ligne médiane, fai- 
blement échancré antérieurement, légèrement arqué sur les côtés en 
avant, avec ses angles postérieurs médiocres , un peu divergents et for- 
tement carénés. — Ecusson vertical, en carré long. — Elytres un peu 
plus longues que le prothorax et la tète réunis, médiocrement convexes, 
graduellement rétrécics en arrière, régulièrement striées. — Pattes mé- 
diocres; hanches postérieures graduellement élargies au côté interne; 
i" article des tarses aussi long que les deux suivants réunis. — Méso- 
sternum horizontal, allongé; ses bords saillants. — Mentonnière du pro - 
sternum largement arrrondie ; sutures prosternalcs rectilignes. 

Ces insectes ont de grands rapports avec les Alaus qui suivent, mais 

(1) El. quadrimaculatus,VAh. Syst. El. H, p. 11i; Oliv. Entom. II, no 31, 
pi. 38, f. 79 [El. fasciatus, Dniry lllustr. III, pi. 47, f. 2; Casteln. toc. cit.|. 
Le mâle est VHemirhipus ffessei de Dejcan, Cat. éd. 3, p. 101. 

(2) Latreille, après avoir établi ce genre danS'le Règne animal, l'a passé sous 
silence dans son travail posthume sur la famille. 11 y avait compris, outre le 
twbilis cité plus bas, les El. pectinicornis , cupreus et hœmatodes des auteurs 
dont il a fait ensuite des Corïmbites dans le travail en question. Germar 
(Zeilschr. H, p. 269) est le premier qui ait restreint le genre tel qu'il est ex- 
posé ici. — Syn. Iphis pars, Casteln. in Silberm. Rev. entom. IV, p. 8. — He- 

UlRBJPUsDcj. 



Ilf:HIItHIPIDES. 151 

s'en distinguent sans peine par la siructure de leurs antennes, leur 
écusson vcrlical et la brièveté relative de leur arrière-tronc quine forme 
qu'un peu plus de la moitié de la longueur totale du corps. On n'en 
connaît que deux belles espèces (i) de Madagascar, d'un beau rouge de 
cinabre en dessus avec des bandes ou des taches noires sur le prothorax 
et les élytres; en dessous leurs téguments sont uniformément révélas de 
petits puils squaramiformes. 

ALAUS. 
Esciiscn. in Thon, Entom. Arch. 11, 1, p. 33 (2). 

Tête des Ctenicera. — Antennes reçues au repos dans de courts 
canaux prolhoraciques, de onze articles dans les deux sexes : 1 long, en 
cône arqué, 2 court, obconique, 3 de longueur variable, 4-10 dentés 
dans les deux sexes ou flabellés chez les mâles, 11 échancré à son ex- 
trémité en dedans ou muni d'un faux article plus ou moins distinct. — 
Prothorax en général plus long que large, parallèle ou arrondi sur les 
côtés ; ses angles postérieurs courts, divergents, aigus et faiblement 
carénés. — Ecusson et élylres variables. — Hanches postérieures tantôt 
graduellement, tantôt assez brusquement, mais toujours peu élargies au 
côté interne ; tarses des Cteisiceba. — Mésosterhum horizontal ou dé- 
clive avec les passages intermédiaires. — Mentonnière du prosternum 
arrondie ou subtronquée ; sutures prosternales rectilignes ou légèrement 
convexes. 

Eschschoitz a fondé ce genre sur deux belles espèces de l'Amérique 
du Nord, anciennement connues, auxquelles sont venues s'adjoindre, 
depuis, dans les collections, un grand nombre d'autres pour la plu- 
part originaires de l'ancien continent. M. De Castelnau a fondé sur 
quelques-unes de ces dernières les deux genres Ii>uis et Calais , sur 
des caractères sans valeur aucune, surtout pour ce qui concerne le se- 
cond. 

Au milieu des modifications qu'éprouve leur forme générale, ces in- 
sectes, à quelques exceptions près, conservent un faciès commun, dif- 
ficile il exprimer et dû en grande partie à leur système de coloration, 
consistant en un dessin nuageux, formé par des poils fins couchés et 
plus ou moins squammiformes. Mais quand on cherche des caractères 
stables, il n'y en a pas ; tous s'allèrent insensiblement, jusqu'à ceux em- 
pruntés à la forme des mandibules qui sont échancrées dans quelques 

(1) C. noîiiiis , Illig. In Wiedem. Archiv, I, 1, p. 116 {El. bicruciatus, Latr- 
loo. cit. pi. XVIII, f. 3) — insignis, Klug, 1ns. v. Madag. p. 63, pi. 3, f. 1. 

(2) Syn. Ipiiis, Calais, Castcln. in Silberm. Rcv. ent. IV, p. 7,9; si l'on 
conserve le premier de ces genres, son nom devra être changé, Leacli l'ayant 
appliqué longtemps auparavant à des Crustacés. — Agrïpnhs pars, Germar. 



152 ÉL/liTÉR1DE8. 

espèces (i), et aux canaux prolhoraciques qui disparaissent complète- 
ment chez quelques autres (s). 

On peut les répartir provisoirement dans deux sections, selon que l'ab- 
domen est largement tronqué au bout et pénicillé chez les femelles ou 
arrondi dans les deux sexes. 

Les Ifuis appartiennent à la première. Ce sont de grands insectes de 
Madagascar qui ont les antennes flabcllécs chez les mâles, largement 
el obtusément dentées chez les femelles, à partir du 4" article ; les ély- 
tres rélrécies et entières à leur extrémité; le mésoslernum horizontal, 
enfin le corps convexe et arqué en dessus (s). 

Les Calais en dilTèrent uniquement par leurs antennes simplement 
dentées dans les deux sexes, et leur mésosternum très-souvent, mais non 
toujours, déclive. Leurs autres caractères n'ont rien de fixe. Ainsi beau- 
coup ont le disque du prolhorax muni en arrière d'une saillie, les cly- 
tres échancrèes à leur extrémité et la forme générale des Ipuis ; mais 
plusieurs , sous ce dernier rapport, ne diffèrent pas des Alacs proprement 
dits. Leurs espèces appartiennent à l'ancien continent (4). 

(1) Ces espèces sont inédites; i'Alaus Rcichei de Dejean (Cat. éd. 3, p. 101) 
est dii nombre ; elles sont, du reste, peu nombreuses. 

(2) Ces dernières sont américaines, et il y en a cinq en ce moment dans les 
collections : Iphis glauca, Casteln. loc. cit.; répandu depuis Cajcnne jusqu'au 
Mexique. — El. ophthalmicus, Perty, Del. anim. art. Brasil. p. 21, pi. 5, f. 4; 
du Brésil. — El. tricolor, Oliv. Entom. H, n» 31, pi. 5, f. 49 (Alaus maculatus 
De}.); do Haity.— Alaus nobi'Ks, Salle, Ann. d. 1. Soc. cntom. S6r. 3, 111, p. 262, 
pi. 14, f. 1; du même pays. — La cinquième espèce, qui est inédite, est V Alaus 
patricius Dej., de Cuba. 

Chacune de ces espèces a un faciès particulier, et leurs antennes n'ont rien de 
constant dans leur forme. Elles sont ilabcllées chez les mll.\es de V Iphis glauca 
et de I'Alaus patricius, tandis qu'elles sont simplement dentées chez les autres 
espèces. — De son cété, l'El. ophlhalmicus de Perty ressemble tellement, 
au premier coup-d'œil, à VAdelocera Chabannii, qu'on croirait qu'il n'en est 
qu'une simple variété. Gcimar (Zeitschr. I, p. 229) on a fait un Monocrepidius, 
bien qu'il n'ait point do lumcUvs sous les tarses. 

Ces espèces me paraissent prouver la nécessité do réunir en un seul genre, 
comme je le fais, les Ipuis, les Calms et les Alaus. 

(3) El. madugasciiriensis, Gory, Ann. d. 1. Soc. ont. I, p. 385, pi. 12, B f. 2. 
— Iph. triocellala, Goudotii, Casteln. loc. cit. Ces trois espèces ont sur le pro- 
thorax une grande tache d'un noir velouté, cerclée de blanc ou de fauve et di- 
visée en deux par la carène médiane qui est de cette dernière couleur. 

(4) Esp. des Indes or. : El. speciosus Linné, Fab., 01.; do Ceylan. — 
El. lacteusfj\>.; de Java. — El. mœrens (nom. muUnd.), sculptus, sordidus, 
Westw. The Cabin. of or. Entom. p. 72, pi. 35, f. 7-9; les deux premiers du 
Bengale, le dernier de Ceylan. — Esp. de Natal : Agrypn. mœrens, Germar, 
Zeitschr II, p. 254. — Al. ca/fer, Iruncatipennis , Boliom. Ins. CalTr. I, p. 390. 
— Esp. du Sénégal : Cal. senegulensis, sinuosicollis, Casteln. loc. cit. — Esp. de 
Crimée : El. Pareyssii, Stcven, Bull. Mosc. 1829, p. 285 ( El. Goryi, Gory, 
ïlag. d. Zool. Ins. 1832, pi. 30). 



CBALC0LÉP1DIIDE9. '53 

Les Alaus vrais d'Eschschollz , qui eonstilucnl la seconde seclionv ont 
les antennes dentées également dans les deux sexes, mais le 3« arlicle 
est prolongé à son sommet interne el notablement plus long que le 2» ; 
leur mésosternum est horizontal comme celui des Iphis, leurs clytres 
arrondies à leur sommet, et leur corps Irès-allongé et parallèle. Tous 
ont le prothorax orné d'une tache noire ocellée (i). 



TRIBU IV. 

CHALCOLÉPIDIIDES. 

Métasternum et mésosternum confondus ensemble ; celui-là formant 
le fond de la cavité slernale, celui-ci ses côtés ; ce dernier horizontal et 
en général très-allongé. —Mandibules variables. —Tèle penchée, plus 
ou moins concave : son bord antérieur variable. — Antennes parfois re- 
çues au repos dans de courts cahaux prolhoraciques.— Tarses munis de 
brosses en dessous ou de lamelles. — Mentonnière du prosternum très- 
saillante chez la plupart. 

Ce groupe est au reste des Elatéridcs, quant à la structure de la ca- 
vité slernale, ce que les Buprestides vrais et les Stigmodérides sont aux 
autres Buprestides. Tout en étant intimement soudés entre eux, le méso- 
sternum el le métasternum sont en général sépares par une très-fine su- 
ture qui permet de reconnaître que le second, qui est plus saillant et 
plus étroit que de coutume, forme le fond et même parfois une petite 
partie des côlés de la cavité en question. De son coté, le mésoslernumest 
parfaitement horizontal et ses branches ne sont pas tranchantes, mais 
planes ou légèrement arrondies. Le tout ressemble à une fourche dont 
le métasternum formerait le manche. 

C'est là le caractère essentiel de ces insc -tes el qui ne permet de les 
associer à aucun autre groupe de la famille. Lear prothorax présente 
en outre une particularité dont il faut tenir compte : au lieu d'être brus- 
quement déclive en arrière, la base de cet organe est plane et continue 
avecla base des élylres. Les Chalcolepidius présentent celle disposition 
au plus haul degré; elle est un peu moins prononcée chez les SbuioTUS, 
et SOUS ce rapport les Campsosternos ne diffèrent que peu du reste de 
la famille. 

Pour le surplus, les trois genres qui viennent d'être nommés, el qui 
constituent à eux seuls la tribu, présentent des différences notables. Les 
CuALcoLEPiDiDS Se rattachent manifestenicnl aux Hcniirhipidcs, el les 
Campsosternos aux Oxyooptérides qui suivent. Quant aux Semiotos, 

(1) El. oculaius Linné, Fab., 01. (var. El. luscus F., lusciosus, Hope, Cas- 
teln.) — myops Fab. {Iwcus 01., Herbst, Palis.-Beauv.). 



154 ÉLATÈRIDES. 

ils formenl un genre qui serait isolé si leur cavité sternalc ne révélait pas 
leurs véritables analogies. 

Le premier et le second de ces genres sont américains, le troisième 
est propre aux Jndes orientales. 

I. Des canaux prottioraciques : Chakolepidius. 

II. Point de — 

Tarses munis de lamelles : Semiotus. 
— sans — Campsosternus. 

CHALCOLEPIDIUS. 
EscHscn. In Thon, Entom. Arch. II, î, p. 33. 

Mandibules simples. — Tête plus ou moins concave, avec les crêtes 
antennaires un peu saillantes; son bord antérieur assez épais, tronqué; 
ses angles arrondis. — Antennes reçnes au repos dans de courts ca- 
naux prothoraciqucs, au plus médiocres, peu robustes, de onze articles 
dans les deux sexes : 2 très-petit, 3 de grandeur variable, 4-10 dentés, 
plus longs que larges, très-rarement llabellés, 11 long, terminé par un 
court faux article. — Prolhorax ample, allongé, subparallcle ou rétréci 
en avant, plan à «a base; ses angles très-courts, presque droits; les 
antérieurs peu saillants. — Ecusson en général horizontal, en triangle à 
sommet dirigé en avant et échancré. — Elylres amples, oblongues oa 
oblongo-ovales, régulièrement convexes, striées, avec les intervalles en- 
tre les stries souvent cosliformes. — Pattes peu robustes; hanches pos- 
térieures graduellement élargies au côté interne ; les quatre 1«" articles 
des tarses décroissant graduellement, le S= long. — Branches du mé- 
sosternum légèrement arquées. — Mentonnière du proslernum large- 
ment arrondie, parfois subtronquée; sutures prosternales fortement 
flexueuses, convexes en dehors dans leur moitié antérieure. 

L'un des plus beaux genres et des plus distincts de la famille (i)- H 
tient encore de près aux Uémirhipides par la présence des canaux pro- 
thoraciqucs, le labre, les mandibules et la nature des différences sexuel- 
les. Les femelles ont en effet, comme celles des Ilémirhipides, le der- 
nier segment abdominal largement tronqué et garni d'une brosse de 
cils. De leur côté, les raàles présentent, sous le dernier article des tar- 
ses et au côté interne des jambes antérieures, au moins une double ran- 
gée de cils. 

Un autre caractère sexuel permet d'établir deux sections parmi ces 
insectes, mais très-inégales quant au nombre des espèces. 

(1) Voyei la monographie qu'en a donnée Ericbson dans Germar, Zeitiehr. 
m, p. 77. 



CnALCOLF.l'IUllDES. 15S 

Dans la première, qui n'en contient qu'une seule (i) de l'Amérique 
du Nord, les antennes sont flabellées chez les mâles et pectinèes chez 
les femelles. 

Les autres espèces ont les antennes simplement dentées dans les 
deux sexes; elles se subdivisent selon que l'écusson est replié vertica- 
lement dans sa moitié imlérieurc (3), ou horizontal dans toute son 
étendue (5). 

Ces insectes sont répandus dans toute l'Amérique intertropicalc, et 
dans les régions chaudes de l'Amérique du Nord. Ceux que j'ai obser- 
vés à Cayenne et au Brésil se trouvent sur les feuilles des arbustes. 
Tous sont de grande taille, d'un faciès robuste et ornés de couleurs en 
général uniformes, souvent métalliques et dues soit à des poils couchés, 
soit à de petites écailles. 

SEMIOTUS. 
EsciiscH. in Thon, Enlom. Arch. II, 1, p. 31 (4). 

Mandibules échancrées au bout — Tète médiocre, subhorizontale, en 
général fortement excavée et munie de deux fortes épines Irès-aigucs 
et dirigées en avant; front assez épais et souvent caréné en avant. — 
Antennes de longueur variable, de onze articles : 1 gros, en cône arqué, 
2 très- court, 3-10 plus longs que larges, dentés dans les deux sexes, ■ 

(1) El. viridipitis, Ss.y, Ann. of tlieLyc. of New-York, I, p. 277; des parties 
méridionales des ÉUUs-Unis. Eiiclison (loc. cit. p. 85) l'a cru du Brésil et l'a 
décrit sous le nom do prasinus; c'est également le Ch. olivacens du Catalogue 
de Dcjean. Des antennes presque flabellées existent aussi chez le smaragdinus 
du nouveau Mexique mentionné plus bas. 

(2) Esp. du Mexique : C. Desmaretsii, Chevrol. Col. d. Mexiq. Cent. II, fasc. 
8 {procerus Er.) — atfvnuatus Ei iclis. loc. cit. p. 80. — Esp. de la Nouv. Gre- 
nade : C. Erichsonii, gossipiatus, Guérin-Ménev. Rev. Zool. 1844, p. 17. 

(3) Espèces de toutes les parties chaudes de l'Amer, du Sud : C. porcalus 
Linn. Fab. (utrens Fab., 01., Herbst; s^na/ui Lin., 01., Esdisch.) — limbaius, 
Eschsch. loc. cit. [porcatus 01., Herbst; striatus Fab.) — sonatus, Eschsch. 
loc. cit. (var. smnragdxilus Eschsch.; costatus Dej.) — Ilerhstii, Erichs. loc. 
cit. p. 82 {sukatus Herbst). — Esp. de Colombie : C. Bompiandu, Guérin-Mé- 
nev. loc. cit. p. 17. — Fabrkii, Erichs. loc. cit. p. 83. — Esp. du Mexique : 
C. Eschicholtsii, Lafargeij Silbermani {serkeus Er.),Clievrol. loc. cit. Cent. 
Il, fasc. 8. — «pproiCimaYus, pruinosus, Erichs. loc. cit. p. 82 sq. — Esp. des 
Etats-Unis : C. Webbii, smaragdinus, J. L. Le Conte, Proceed. of tlie Acad. 
of Philad. VI, 223; du Nouveau Mexi(pie. — Esp. des Antilles : C. sukatus 
fab.' — obscurus, Castcln. in Silberm. Rev. ont. IV, p. 13. 

(4) Syn. PEniCALLus, Ëncycl. méth. Ins. X, p. 59i, nom employé antérieure- 
ment par M. Mac-Leay pour un genre de Carabiques. — EucAurtus, Chevrol. 
Col. d. Mexiq. Cent. I. 



1S6 ÉLATKBIDES. 

assez souvent peclincs ou flabellcs(i), le 11° muni d'un faux article sou- 
vent à peine distinct. — Prolhorax en général très-allongé (2), muni 
d'un bourrelet plus ou moins épais sur les cotés et sinué à la base de 
ceux-ci ; SCS angles postérieurs aigus et médiocrement divergents; les 
antérieurs saillants et oblus chez la plupart. — Ecusson médiocre, de 
forme variable, logé dans une dépression commune et bien limitée des 
élylres. — Celles-ci assez convexes, très-allongées, fortement et gra- 
duellement rétrécies en arrière chez presque tous. — Pattes médiocres; 
hanches postérieures peu à peu élargies en dedans; tarses comprimés, 
à articles 1 assez long, 2-4 courts, échancrés; les trois t"" munis d'une 
lamelle en dessous (r,). — Mésosternum très-allongé : sa cavité. étroite, 
profonde, un peu évasée. — Mentonnière du prosternum très-saillante, 
largement arrondie; sa saillie postérieure droite ; sutures prosternales 
subrectilignes ou convexes en dehors. 

Ces insectes figurent parmi les plus remarquables des Elatérides. 
Leurs formes élancées et élégantes, leurs téguments presque toujours 
entièremeiil glabres et brillants au point de paraître comme vernissés; 
enfin, un syslènie de coloration qui leur est propre, les font recoiuiaitre 
sans peine. La plupart sont d'un beau jaune plus ou moins fauve, avec 
des bandes ou des raies longitudinales noires sur le prothorax et les 
élytrcs. Il est très-rare que ces dernières soient sillonnées ; la règle 
est qu'elles présentent des rangées Irès-régulières de petits points en- 
foncés, presque toujours entourés d'une auréole fuligineuse et comme 
translucide. 

Les mâles se distinguent de leurs femelles par leur dernier segment 
abdominal entier, tandis qu'il est sinué ou cchancré chez ces dernières. 
Quelques-uns ont en outre, sur ce même segment, deux improssioqs ■* 
ovales et pubescenles, mais il y ? des espèces où les femelles les pos- 
sèdent ,iussi, et beaucoup d'autres où elles manquent dans les deux 
sexes, de sorte que ce caraclcre n'est sexuel qu'exceptionnellement. 

Le genre Eucami'ius de M. Chevrolal ne repose sur rien de solide. 
Ses espèces ont seulement leurs élytres bi épineuses à leur extrémité (4), 

(1) Ce caractère n'est plus ici, comme de coutume, l'apanage dos màlee; 11 
existe dans les deux sexes et à un degré égal; mais pas plus que chez les 
Al*us, etc., il n'a une valeur générique. 

(2) Clicz quelques espèces inédites de Colombie il est fortement transversal. 

(3) Trois espèces nouvelles également de Colombie {conicicoUiSj capucinuSj 
nigricoUis Cand.) en sont dépourvues sous le l"' article et n'en ont par consé- 
quent que doux on tout. — Latreille (Ann. d. I. Soc. entom. III, p. 140, note) 
cite, sous le nom do dursalis, une espèce du Mexique et qui aurait, suivantlnj, 
quatre lamelles, le deniier article en étant pourvu. Si, comme cela est plus qùs 
probable, cette espèce est identique avec VEucampius cuspidaliis Chevrol., 
Latreille s'est trompé; elle n'en a que trois. 

(4) Le type do ce genre, l'E. cuspidatus Chevrol. (loc. cit.) du Mexique, et una 



CUALCULKI'IUIIDES. 



tandis que chez les autres ces organes se termincnl par une seule 
épine (1). 

Les SciuioTus sont essentiellement américains et répandus depuis le 
Chili jusqu'au Mexique inclusivement. Les collections en contiennent 
une quarantaine d'espèces dont plus de la moitié sont inédites. 

CAMPSOSTERNUS. 
Latb. Ann. d. l. Soc. entom. III, p. 141. 

Palpes maxillaires en général assez allongés. — Mandibules obtuseS 
ou subéchancrécs au bout. — Labre saillant, arrondi en avant. —Tète 
excavée en dessus, coupée obliquement de chaque côté en avant, avec 
son bord antérieur déprimé au niveau du labre. — Antennes plus ou 
moins allongées, déprimées, atténuées à leur extrémité, de onze arti- 
cles : 2 court, 3 presque aussi long que 4, celui-ci et les suivants allon- 
gés, à peine dentés, 11 terminé par un faux article peu apparcftil. — 
Prothorax sublransversal, ou plus long que large, plus ou moins con- 
vexe sur le disque, muni d'un bourrelet sur les côtés; ceux-ci presque 
droits en arrière et arrondis en avant ; ses angles postérieurs saillants, 
divergents et brièvement carénés. — Ecusson transversal, horizontal, 
de forme variable. — Elytres assez convexes, en ellipse très allongée 
et terminées en pointe aiguë, rarement échancrées au bout. — Pattes 
assez longues ; hanches postérieures brusquement élargies en dedans ; 
tarses grêles, très-comprimés, leurs quatre 1«" articles décroissant gra- 
duellement. — Mésosternum à bords divergents. — Menlonnicre du 
prosternum médiocre, arrondie ; sutures prosternâtes un peu concaves. 

Grands et beaux insectes, propres aux Indes orientales, rivalisant 
pour la plupart avec les Buprestides, par leurs couleurs métalliques qui 
varient du bronzé obscur au vert doré le plus éclatant, et sont unifor- 
mes, sauf chez un petit nombre (par ex. Dohrnii), où les bords laté- 

«utre espèce de Colombio, l'E. imperialis, de M. Gu6rin-Ménevllle (Revue Zool. 
1844, p. 15), ont le chaperon muni en avant d'une forte épine médiane. Mais 
U y a au Cliili une espèce (B. luteipennis, Guérin-Ménev. Mag. d. Zool. Ins. 
1838, pi. 228, f. 2) qui, avec des élytrcs également bi-épinouscs, a le front ar- 
rondi et très-épais en avant. 

(1) El. distinctus Herbst [inermis, Kiiby, Linn. Trans. XII, p. 383); du Rrésil. 
— El. ligneus Linn., Fab., 01; de toute l'Amérique iiiterlropicalo. — EL su- 
turalis {angulatus Drury), furcatus Fab, Herbst; de la Guyane. — £(. inter- 
medim Ilcibst (cornulus Kirby, Germ.) ; du Brésil. — Sem. angusHcollis , de 
Rio-Janciro; convcxkollis , sanguinicoUis , fulvicollis, de Bolivia; Blanch. in 
d'Orb. Voy.; Entom. p. 127.— regalis,IUigeri, Schaumii, SeUidonius, Linnei, 
Germarii, Guérin-Ménev. Rev. Zool. 1844, p. 16; de la Nouvelle Grenade. — 
speciosus, tœniatus, virgaius, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 75; du Pérou. — 
affinis, strialus, Guérin-Ménev. VorhalMl. d. Zool.-Bot. Ver. in Wien, V, 
p. 578; du Pérou. 



168 ÉLATÉRIDES. 

raux du prolhorax sont d'un beau rouge sanguin. Presque tous son' 
entièrement glabres, les autres simplement revêtus de poils uns, peu 
abondants et caduques. Sauf chez un seul {Lalreillei Guérin-Mcnev.), 
dont les clylres sont sillonnées, ces organes sont finement chagrinés. 

Par suite de la longueur des palpes maxillaires, et même celle des 
mandibules, qui sont plus saillantes que dans les deus genres précé- 
dents, celui-ci a des rapports manifestes avec les Oxynoplérides, et 
peut être considéré comme rattachant le groupe actuel au suivant. 

Ces insectes sont assez nombreux ; les collections en renferment près 
d'une trentaine dont plus de la moitié sont décrits (i). 



TRIBU V. 
OXYNOPTÉRIDES. 

Palpes allongés, surtout les maxillaires. — Mamlihules simples, sail- 
lantes chc7. la plupart, brusquement recourbées en tenailles. — Tête 
penchée; front déprimé et non caréné en avant. — Antennes très-sou- 
vent llabeliéeschcz les niàles. —Tarses sans lamelles. — Mentonnière 
du prosternum médiocre. — Mésosternum et métasternum distincts; le 
premier de forme variable. — Epimères métathoraciques le plus sou- 
vent grandes. 

Celte tribu correspond à une partie du groupe d'Elaléridcs établi par 
M. llope sous le nom de Phyllopliorides {i), et a pour type spécial son 
genre Oxynopterus, près duquel vient se placer un autre (Megalo- 
nniris) qui en est très voisin. Réduite à ces seuls éléments, elle est par- 
faitement naturelle. La longueur des palpes de ces insectes, la forte 
saillie et la simplicité de leurs mandibules, la grandeur de leurs epimères 
métathoraciques, enfin, leur cavité sternale, dont le métasternum con- 

(1) Un en a deux monographies : l'une do M. Hopo (Ann. and Mag. of nat. 
Hist. Vlll, p. 453), l'autre de Germar dans sa Zcitsclir. IV, p. 99; celle-ci con- 
tient 17 csp. dans l'ordre suivant : C. fulgens Fab. (auratm Drur.), de Chine; 
type du genre; siimluosus IIopo, do Manille; aureolus Ilopo, dû Singapore; 
Cantori Wope, de l'Assani; lalreillei Guilrin-Môncv., de Cochinchino; Wil- 
soni, smaragdinus Hopo, do Madras; Delesserti Gu6rin-M6nev.,du plateau des 
Nilglieirics ; Duponti Hope, du Malabar; rosicolor Hope, de Java; Proteus 
Hope, de Manille ; Stephensii Hope {splendidus? Herbst), du Népaul; Leachii 
Hope, de Singapore; Eschscholtzii Tlope, de Manille; ruliluns Chovrol., do 
Manille; viotatus Gcrm., du Bengale; foveolatus Gerni., du Malabar. 

Depuis, les suivantes ont été publiées :C. Templetonii, de Ceylan; Do/irnii, 
del'Assam; Hopei, de la cùte de Tenasscrim ; Wcstw. The cabin. of or. Entom. 
p. 71, pi. 35, f. 1, 2, 4; lu ligure 3 représente le Stephensii. 

(2) « Monograph of tbo Coleoptcroui Family Pbyllophorida; » Procced. of 
tlie Zool. Soc. 1842, p. 73. 



OXVNOPTIÈBIDES. 159 

slilue le fond, forment un ensemble de caraclères qui leur est exclusi- 
vement propre. Mais l'on est obligé de leur associer deux autres genres 
{B£LiopnoRus,PECTocEnA),cliez lesquels, parmi les caractères qui pré- 
cèdent, les uns se sont affaiblis et les autres ont disparu complètement. 
Mais c'est là un inconvénient qui se présente presque à chaque pas dans 
la famille. 

Les Oxynoptérides sont propres aux Indes orientales et à l'Afrique. 
Leurs espèces typiques rivalisent, sous le rapport de la taille, avec les 
Tétralobides ; les plus petites sont au moins de moyenne grandeur. 

I. Epimères métathoraciques grandes. 

Art. 3-7 des antennes des miles plus longs que larges : Oxympierus, 

— — transversaux : Megalorhijiis . 

II. Epimères métathoraciques petites. 
Antennes des màlos flabelldes : Peclocera. 

— à peine dentées dans les deux sexes : Beliophorus. 
Genre incerta; sadis : Leptophyllus. 

OXYNOPTERUS. 

HoPE, Proceed. ofthe Zool. Soc. 1842, p. 77 (1). 

'l'élc fortement cxcavée, un peu rétrccic et tronquée en avant : ca- 
vités antennaires surmontées d'une crélc saillante. — Veux très-gros, 
en partie engagés dans le protliorax. — Antennes assez longues, de 11 
articles : celles des mâles à articles 1 très-gros, pyriforme, 2 très-court, 
3-6 médiocres, obconiqucs, 7-10 plus longs, déprimés, croissant gra- 
duellement, tous munis, à partir du 3% d'une très-longue et large la- 
melle, 11 très-long, lamelliforme, implanté au sommet du 10«; celles 
des femelles ît articles allongés et dentés à parlir du 3e. — Prolhorax 
transversal, convexe sur le disque, rebordé latéralement, avec ses côtés 
antérieurs fortement arrondis, cchancré en demi-cercle en avant; ses 
angles postérieurs saillants, divergents, un peu arqués et non carénés. 
— Ecusson cordiforme, échancré eti avant. — Elytres amples, sinuées 
avant leur milieu, fortement rétrécies en arrière et terminées par une 
épine suturale. — Hanches postérieures peu à peu élargies en dedans; 
tarses à anicles 1 plus long que 2-4, ceux-ci suliégaux. — Mésosternum 
allongé, horizontal ; le métasternuni formant le fond de sa cavité.— Men- 
lonnière du prosternum médiocre, largement arrondie; sa saillie pos- 
térieure droite ; sutures prosternales subrcctilignes. — Parapleures mé- 
tathoraciques assez larges ; leurs epimères grandes. 

(1) Sya. Beliopuorus pars, lîscliscli. in Thon, Entom. Archiv, 11, 1, p. 31, et 
Latr. Ann. d. l. Soc. entom. UI, p. 147. 



J5Q ÈLATÉnlDES. 

WEl. mucronalus d'Olivier est le type de ce genre remarquahle, qui 
a de grands rapports avec les TeTnALOBCS par la taille gigantesque de 
ses espèces et quelques caractères importants, notamment la grandeur 
des épimères mctalhoraciques, mais qui en diffère beaucoup par les 
mandibules, les palpes, la forme de la tête, la structure de la cavité 
slernale et la forme générale du corps, qui est très-voisine de celle des 
Campsostbrnos. 

Ces insectes sont d'un brun-rougoAIre clair et uniforme, voilé tant 
en dessus qu'en dessous par des poils fins, couchés, un peu lanugineux 
sur le prolhorax, et dont la couleur varie du gris cendré au jaunâtre. 
Leurs téguments sont ûnement rugueux, sans aucune trace de sillons 
sur les élytres. 

Je crois le genre propre aux Indes orientales (i) . et que l'espèce 
africaine (-2) qu'y a comprise M.IÎope appartient probablement au genre 
suivant, ce qu'on ne saurait décider sans l'avoir vue en nature, attendu 
que M. liopc a passé sous silence la forme des articles intermédiaires 
des antennes. 

MEGALORHIPIS (3). 

Genre très-voisin des Oxynopteros, et qui n'en diffère que par le 
caractère suivant (4) : 

Antennes Oabellées, seulement à partir du 4" article ; les articles 3-6 
très-courts, transversaux, cupuliformes, les suivants obconiques et s'al- 
longeant graduellement. 

Les rameaux de ces organes sont absolument faits conime chez les 
OxYNOPTEnus mâles ; chez les femelles, les antennes ne diffèrent pas 
de celles des Oxynoptebos du même sexe. Pour tout le reste, sans 
exception, il n'y a aucune différence entre les deux genres, et peut-être 
celui-ci ne devrait- il former qu'une section du précédent. M. Bohemann 
qui a créé le genre , sous le nom d'ELASMOCEROS, n'en décrit qu'une 
espèce qu'il nomme validicornis ; elle est répandue depuis la Séné- 
gambie jusqu'à Natal. 

(1) Il comprend en ce moment les quatre espèces suivante» ; mai» comme 
ces insectes sont extrêmement voisins les uns îles autres, il y aura peut-être 
Hou de les réduire : El. mucronaius, Oliv. Journ. d'hist. nat. 1, p. 262, pi. 14, 
f. 1, mâle. — Audouini, Cummingii, javanus, Hope, loc. cit.; pour une belle 
Dguro du Cummingii mâle, voy. Westw. Tho Cabin. of or. Entom. pi. 35, 
f. 5. Cette espèce est des lies Philippines, les autres du conUnent indien et 
des lies de la Sonde. 

(2) 0. lalipennis, loc. cit.; de la cêto de Guinée. 

(3) Syn. ELASMocEnus, Boliem. Ins. Caffrar. I, p. 381 ; nom employé deux 
ans auparavant par M. J. L. Le Conte (Ann. of the Lyc. of New-Vork, V, p. 13) 
pour un genre de Clérides. 

(4) M. Bohemann indique Us palpes labiaux comme beaucoup plu» longs (pe 



OXVNOPTEBIDBS. 161 

PECTOCERA. 
HotB, Proceed. of the Zool. Soc. 1842, p. 79. 

Palpes maxillaires et mandibules des Oxynopteb0S. — Labre très- 
saillant, arrondi en avant. — Télé médiocre, entièrement dégagée du 
prolliorax, profondément cxcavée sur le front; celui-ci brusquement 
rétréci et subvertical. — Antennes des mâles de la longueur des deux 
tiers du corps, de onze articles : 1 gros, en cône arque, 2 court, turbiné, 
3-10 subcylindriques, égaux, munis chacun au côté interne (1) d'un ra- 
meau long et grêle, 11 déprimé, du double plus long que chacun des 
précédents. — Yeux très-gros, subglobuleux, dégagés du prothorax.— 
Celui-ci un peu plus étroit que les élytrcs, un peu convexe, en carré 
plus long que large, tronqué en avant, un peu élargi à sa base, avec ses 
angles postérieurs très-saillanls et Ircs-divergenis. — Ecusson presque 
carré, oblique.— Ely très très-allongées, médiocrement convexes, paral- 
lèles dans leurs deux tiers antérieurs, rétrécies en arrière, mucronées 
à l'angle suturai. — Pattes assez longues et grêles; hanches postérieures 
graduellement élargies en dedans; tarses longs, leurs quatre lor» arti- 
cles décroissant successivement.— Mésoslernum déclive, formant en en- 
tier la cavité sternale. — Mentoiuiière du proslernum courte et large, 
transversalement convexe; sa saillie postérieure fléchie. — Epimères 
mélatboraciques presque nulles. • 

Je n'ai vu que des mâles de ce genre remarquable. Au premier coup- 
d'œil ses espèces ressemblent assez aux Imatismds de la famille des Té- 
nébrionides, elles sont seulement notablement plus grandes. Mais un 
examen plus attentif révèle qu'elles sont eD réalité voisines des Oxy- 
HOPiEnus qui précèdent, comme l'a pensé M. Hope. 

Ces insectes sont d'assez grande taille, mais étroits, et entièrement 
revêtus de poils fins couchés, formant un dessin nuageux en dessus. On 
n'en connaît que deux espèces de l'Hindostan (2). 

les maxillaires, tandis que c'est l'inverse; mais il y a là manifestement un 
simple lapsus calami. 

(1) Dans trois màlcsdu CaïUori que j'ai sous les yeux, ces rameaux sont si- 
lii6s au côté externe des articles en ((uestion, mais cette forme insolite est cer- 
tainement le résultat d'une torsion qu'auront éprouvée les antennes au moment 
do la mort. Dans la figure citée plus bas du Mellyi qu'a donnée M. Westwood, 
ainsi que dans un quatrième exemplaire du Caniori que j'ai i ma disposition, 
la situation de ces rameaux est à l'état normal. 

(2) P. Canton, de TAssam; Mellyi, des environs do Simladans l'Himalaya; 
Hope, loc. cit.; pour une ligure du second, voyez Westwood, The Cabin. of or. 
Entom. pi. 35, f. 6. 

Colèo]iières. Tome IV. 11 



1((2 ÉLATÈBIDES. 

BELIOPHORUS. 

(EscBSOB.) GERMAn, Zeitschr. f. d. Entom, IV, p. 48. 

Palpes maxillaires el mandibules de foMne normale, mais peu allongés. 

— Tête presque carrée en dessus, un peu concave anlcrieuremcnl ; 
front déprimé el légèrement arrondi en avant. — Yeux assez gros. — 
Antennes un peu plus longues que le prolhorax , de onze articles : 
1 assez long, en massue arquée, 2 court, obconique, 3-10 plus longs que 
larges, faiblement dentés, 11 muni d'un faux article à peine distinct. 

— Prolhorax transversal, convexe sur le disque, finement rebordé sur 
les cotés, qui sont arrondis en avant; ses angles postérieurs longs, aigus, 
carénés, embrassant fortement les élylres. — Ecusson ovale. — Elytres 
allongées, assez convexes, plus larges dans leur milieu, peu à peu et 
médiocrement rctrécies en arrière. —Hanches postérieures irès-ctroiles 
dans plus de leur moitié externe, brusquement élargies intérieurement 
en une lame trapéziforme, échancrée; tarses longs, liliformes, compri- 
més, densémcnt velus en dessous ; le 1"^ article des postérieurs aussi 
long que les deux suivants réunis; ceux-ci cl le 4e décroissant graduel- 
lement. — Mésoslernura oblique, formant en entier la cavilé slernale. 

— Proslernum convexe ; sa mentonnière courte ; sa saillie postérieure 
très-Qéchie ; sutures proslernales concaves. — Epimères méiathoraci- 
ques médiocres. _ 

On doit à Germar d'avoir fait connaître en détail ce genre qu'Eschs- 
choltz avait non-seulement à peine caractérisé, mais dans lequel il avait 
réuni trois espèces disparates ( i ). D'un autre coté, il avait mieux saisi ses 
analogies que Germar qui l'a placé dans le voisinage des Ludius, avec 
lesquels il n'a que des rapports généraux et éloignés. 

\.e,B.ccbrionoidcs, type du genre, présente, mais affaiblis, les carac- 
tères princii)aux du groupe actuel, dans les palpes, les mandibules et 
les epimères indalhoraciques. U reproduit même assez bien en petit la 
forme générale des OxvNoiTtnus, si ce n'est que ses élylres ne sont pas 
épineuses en arrière. U est de taille au-dessus de la moyenne, d'un brun- 
marron brillant, glabre, avec les élylres sillonnées. C'est un insecte ori- 
ginaire du Cap el très-rare dans les collections. 

Il e\islc une autre espèce de Natal, de moitié plus petite, comprise 
parM. Buhcmann parmi les Diacantuus {-i), et qui me parait appartenir 
aussi à ce genre, bien que les ciractcres de la tribu se soient encore da- 
vantage all'aiblii chez elle. , 

(1) In Thon, Entom. Arcliiv, U, 1 p. 4i. Les trois espèces en question sont : 
VEucnemis gigas do Maiinerlicim, qui coustituo le genre yEMioiDS qu'on trou- 
vera plus loin parmi les Etalérides vrais; VOxynopterus mucronaius, el le 
Uel. cebrionoides mcntionu6 dans le texte. 

(3) Diac. vidutis, Boliem. Ins. CaO'rar. I, p. 410. 



TÈTBALOBIDES. 163 

Note. 

Le genre suivant de M.Hope appartient très-probablement au groupe 
actuel, mais les caracières suivants que lui assigne cet auteur, sont si in- 
complets qu'il est impossible, en les comparant à ceux du genre Oxywo- 
PTEBus, tels qu'il les a' exposés, de voir en quoi ils en diflèrcnt. Il est 
Irès-possible que le genre soit le même que celui fondé par M. Bohe- 
maiin sous le nom d'ELASaiocEBDS que j'ai àù changer en celui de Mb- 
GALOBniPis. Dans l'allirmative, le nom de M. Hope aurait la priorité. 

LEPTOPHYLLUS 

Hope, Proceed. of the Zool. Soc. 1842, p 79. 

Tète presque carrée , échancrée en avant. — Antennes de onze ar- 
ticles : 1 grand, 2 subtrigone, les huit suivants presque égaux et lamel- 
les, le lie trois fois plus grand.— Prothorax ayant ses angles antérieurs 
arrondis et les postérieurs aigus, rebordé et caréné latéralement. — Ely- 
tres acuminécs en arrière. — Crochets des tarses presque égaux. 

La seule espèce (t. Slrachani) décrite par M. Hope est un grand in- 
secte de la c6lc de Guinée, complèlciiient semblable, d'après la descrip- 
tion qu'il en donne , à un Oxvnoi'tehds. 11 renvoie le lecteur à une 
figure qu'en aurait donnée M.Westwood avec des détails, ûgure qui n'a 
jamais été publiée à ma connaissance. 

TIIIBU VI. 
TÉTRALOBIDES. 

Parapleures métatlioraciques trcs-larges ; leurs épimèrcs grandes. — 
Mandibules dentées avant leur extrémité. — Tétc penchée ; front non 
caréné, très-épais en avant, formant une plaque nasale en général aussi 
haute que large. — Anteimcs très-fortement flabellées chez les mâles. 
— Tarses munis de pclottes et de lamelles en dessous. — Mentonnière 
du prostenium courte, parfois presque nulle. — Mésosternum déclive, 
dislJMCt du métasternum. 

Ce groupe serait complètement isolé dans la famille par suite du dé- 
veloppement qu'ont pris chez ses espèces les parapleures métathora- 
ciques, s'il n'y avait pas quelque chose d'approchant chez les Oxyno- 
PTEims, mais pour les épimores seulement, les parapleures étant restées 
chez ces derniers presqueà l'état normal. La formule qui préièJe 
prouve suffisamment que ces insectes ne sauraient rester associés aux 
Oxynopiéridcs; elle contient tout ce qu'ils offrent d'essentiel. 



164 ÉLATÊRIDES. 

Tous sont de taiile gigantesque et seraient encore, à ce point de vue, 
isolés parmi les autres Elaléridcs si les Oxynoptebus et les Megalo- 
BBiPis n'existaient pas. Ils sont également particuliers ?i l'ancieri continent, 
mais jusqu'ici paraissent n'exister qu'en Afrique et dans l'Australie. 

Les deux genres qu'ils forment sont très-voisins l'on de l'autre, et il 
conviendrait peut-être mieux de les réunir. 

I. Dernier art. des palpes max. fortement sécuriforme : Tetralobus. 
n. — — en cône renversé : Charitophyllus. 

TETRALOBUS. 
Encycl. méth. Jns. X, p. 594 (1). 

Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme. — 'fête 
petite, plus ou moins excavée en avant, avec son bord antérieur rebordé 
dans sou milieu, rarement (par ex. auricomus) plane. — Yeux très- 
grands, arrondis, assez saillants. — Antennes à articles 1 en massue 
arquée, 4-H transversaux, émettant chez les mâles un très-long et large 
rameau; 4-10 dentés en scie aiguë ou obtuse chez les femelles, 11 al- 
longé, déprimé, avec un fauxarticlc arrondi au bout.— Prothorax trans- 
versal, arrondi sur les côtés et médiocrement rétréci en avant, avec son 
bord antérieur largement échancré, muni au milieu de sa base d'un lobe 
tronqué ; ses angles postérieurs divergents, horizontaux, plus ou moins 
recourbés en dedans au bout, carénés ou non. — Ecusson assez grand, 
incliné, en triangle curviligne, en général allongé. — Elytrcs de la lar- 
geur du protliorax à leur base, rétrécies dans leur tiers postérieur et 
arrondies au bout. — Pattes médiocres et robustes ; hanches postérieures 
médiocrement élargies et sinuées dans leur moitié interne; tarses com- 
primés ; leurs quatre lets articles munis de lamelles médiocres, celle du 
lor rudimcnlaire ; celui-ci presque égal aux trois suivants aux quatre 
pattes postérieures. — Prosternuni large et plan en avant avec sa men- 
tonnière arrondie ou tronquée; sa saillie postérieure droite cl robuste; 
sutures prosternales un peu flexueuses. — Corps allongé et assez con- 
vexe. 

Les grandes espèces de ce beau genre atteignent jusqu'à près de trois 
pouces de long ; les plus petites ont la moitié de cette dimension. Toutes 
sont d'un noir ou d'un brun rougeâtro uniforme et revêtues d'une pubes- 
cence grise ou jaunitlrc, qui tantôt voilo complètement leurs téguments, 
tantôt est très-fine et caduque. 

V Etaler (labcllicornis de Linné, qui est le type du genre, et les espèces 
voisines appartiennent à la première de ces catégories et se distinguent 
en outre parleur prolhorax convexe seulement dans son milieu et plan sur 

(1) Syn. PiEzoPHYiius pars, Hope, Proceed. of tlie Zool. Soc. 1842, p. 76. 



TKTRALOBIDBS. 165 

ses bords, la régularité des rameaux antcnnaircsdes mâles, leurs ély très 
épineuses à l'angle suturai et leur corps assez fortement atténué en arrière. 

Chez les espèces de la seconde catégorie(parcx..Vc/mc/iarrfi, Spencc»)» 
le prolhorax est régulièrement convexe, les clylrcs inermcs à l'angle sa- 
turai, le corps parallèle, cl dans la plupart les rameaux des antennes des 
miles présentent au cùté interne un long sinus assez profond. 

Parmi les unes et les autres il en est dont les élylres sont, par excep- 
tion, plus ou moins distinctement, mais en général faiblement sillonnées. 

Sauf trois espèces de l'Australie, le genre est propre aux parties 
moyennes et australes de l'Afrique. On en a déjà décrit près d'une ving- 
taine (i). 

CHARITOPHYLLUS (2). 

Mêmes caractères que les Tetralobcs, sauf les particularités suivantes: 
Dernier article des palpes maxillaires en cône renversé et un peu dé- 
primé. — Elylres encore plus allongées, subparallèles, non épineuses à 
l'angle suturai. — Hanches postérieures graduellement et faiblement 
élargies au côté interne. — Prosternum convexe; sa saillie postérieure 
grêle, arquée et villeusc. 

Ces caractères sont assez faibles, et j'hésite à séparer ce genre du 
précédent. Il ne comprend que V Etaler gigas de l''abricius(.'i), rare in- 
secte de la cùte de Guinée, de la taille des plus grands Tetraloiics, mais 
plus étroit, plus parallèle, d'un brun rougeâtrc , finement pubesccnt 
partout, avec les élylres chagrinées ct'couvertes de sillons réguliers 
dont les intervalles sont cosliformes. 

(1) Esp. africaines : T. flabellicornis, Linné, Fab.; Dguré dans Oliv. Entom. 
H, 31, pi. 3, f. 28; Herbst, Die Ka;fcr, pi. 157, f. 1; Drury, Exot. Ins.IU, 
pi. 47, f. 1. Olivier et M. De Custclnau l'indiquent k tort comme des Indes or. ; 
il est do la côte occidentale d'Afrique {cinereus, Gory, Ann. d. 1. Soc. cnt. I, 
p. 220, pi. 4, f. 1). — Goryi, Duponti, Savagei, Parryi, auricomus, Piesophyi- 
lus Schuckardij Spencei, Hopo, Procccd. ofthcZool. Soc. 1842, p. 73; de Sé- 
négambic et Guinée, sauf le Parryi qui est do Nubie. Les deux derniers que 
j'ai sous les yeux, appartiennent réellement au genre actuel et non aux PiEzo- 

PHYLLus. — subsiikatus , Ilopei, rotundifrons , Guérin-Méncv. Rev. Zool. 1847, 
p. 53, et in Lefebvr. Voy. en Abyssin. Zool. p. 278, pi. 2, 1. 3-5; Abyssinie. 
— héros, PolyphemuSj hifuveolatus, Bolicm. Ins. Caffrar. I, p. 377; Natal. — 
Rondani, Bertol. Nov. Comment. Acad. lionon. X, p. 4^4, Tab. X, f. 1; Mo- 
zambique. — Esp. de l'Australie : T. ausiralasiœ, Gory /Ann. d. 1. Soc. ent. 
V, p. 513. — Fortnumi, Manglesii, llopo, loc. cit. p. 74. 

(2) Syn. PiiYLLOPuoRus, llope, Proceed. of the Zool. Soc. 1842, p. 73; nom 
employé .intéiieurcment sous cotte forme ou avec la désinence féminine pour 
des Mammifères (Gray), des Crustacés (MiUie Edwards), des Orthoptères (Tliun- 
berg), des Diptères (Macquart) et des Echinodermcs (Grubc). 

(3) Syst. El. II, p. 221. On n'a pas de figure du mile; M. De Castcluau (Hist. 
n«t. d. Ins. I, pi. 16, f. 10) en a donné une médiocre de la femelle. 



166 (:latérides. 

TRIBU VII. 
ÈLATÈRIDES VRAIS. 

Mandibules presque toujours fendues ou cchancrées au bout. — Télé 
penchée ou verticale ; front souvent caréné en avant. —Antennes libres 
an repos, plus longues que leprolhorax, rarement fiabellces chez les 
mâles. — Tarses revêtus d'une vestiturc variable en dessous, consistant 
généralement en une fine villosité, souvent lamelles. — Mésosternum 
déclive, très-rarement horizontal, toujours distinct du métasternum; 
celui-ci non acuminé en avant; ses parapleures étroites. 

Cette tribu comprend la majeure partie des espèces de la famille. 
C'est à elle que s'applique spécialement ce que j'ai dit plus haut des 
obstacles presque insurmontables que présente la classification des 
Élalérides. La formule qui précède n'apporte aucune idée bien nette à 
l'esprit sur les caractères propres à ces insectes, et il est dès lors né- 
cessaire de la compléter par un court exposé de leurs caractères né- 
gatifs. 

Ils diffèrent des Agrypnides par l'absence do sillons prothoraciques 
pour la réception des antennes au repos ; des Cbalcolépidiidcs en ce que 
leur mésosternum n'est pas intimement soudé au métasternum ; des 
»Oxynoplérides par la brièveté de leurs palpes et de leurs mandibules; 
des Tétralobidcs par l'étroitesse et la forme de leurs parapleures méta- 
thoraciqucs; enfin des Campylidcs qui suivent par leur métasternum non 
acuminé en avant, ce qui fait que l'écartcment de leurs hanches inter- 
médiaires est à l'état normal. 11 est plusdilficilc d'exprimer en peu de 
mots ce qui les dislingue des Hémirhipides, attendu que ces derniers 
présentent quelques exceptions à la forme caractéristique de leur mé- 
sosternum cl que celle forme se trouve dans un genre {Obtuostbtuds) 
du groupe actuel, et que quelques autres (Atractosomos, Pohacuilids, 
etc.) présentent quelque chose qui en approche. Mais si l'on fait abstrac- 
tion de ces cas exceptionnels, c'est dans cet organe que se trouve la 
séparation entre les deux tribus. 

Les lamelles des tarses qu'Eschscholtz a pris pour base de la classifi- 
cation des Élalérides en général, ne conduiraient ici qu'à des résultats 
peu naturels. J'ai donné la préférence à la forme du front, selon qu'il est 
caréné ou non en avant. C'est un caractère parfois douteux et qui brise 
dans certains cas les analogies, mais moins que le précédent ; d'ailleurs 
il m'a été impossible d'en découvrir un autre. On obtient ainsi deux 
groupes à peu près également riches en espèces et qui ne me paraissent 
pas faire directement suite l'un à l'autre, mais cire plutôt parallèles. Les 



F.LATiiRIDE! VRAIS. 1S7 

espèces qui se trouvent à la (In de chacun d'eux se ressemblent en effet 
beaucoup sous le rapport de la forme de la tétc. 

I. Front caréné. Èutérides trais. 

U. — sans carène. Lddudes. 



Gkoopi: I. Élatèrides vraU. 

Front caréné en avant; sa plaque nasale d'épaisseur variable. 

1. Écusson oblongo-ovale, rarement ovale, jamais régulièrement cordiforme. 
A Tarses munis de lamelles. 

a Sutures prosternales concaves. 

b Prothorax ayant un tubercule redressé à sa base : Piesophyllus. 

bb — sans — 

c Antennes plus courtes que le prothorax : jEmiditts. 

ce — plus longues — 

d Prothorax muni de deux appendices à sa base : Lobederus. 

dd — sans — — 

« Hanches poster, étroites, graduellement élargies. 

Mésostermim déclive; ses bords dépriiiés : Ileterocrcpidius . 

vertical; — tranchants : Alractosomus , Poma- 

chilius. 
te Hanches poster, brusquement et fortement élargies en dedans. 
Front fortement caréné; plaque nasale très-épaisse : Physorhinus. 
— faiblement — — peu — Anchastus, Bra- 

chycrepis. 
aa Sutures prosternales rectilignes. 

Une seule lamelle aux tarses : Monocrepidius. 
Deux ou trois — Pityobius, Pedetes. 

B. Tarses sans lamelles. 

f Hanches poster, étroites, graduellement élargies. 
Crochets des tarses simples : Athous, Limonius. 

— pectines : Cratonychus. 

ff Hanches poster, brusquement élargies en dedans. 
h 4» article des tarses dégagé, cordiforme. 

Prothorax beaucoup plus large que les élytres : Pachyderes. 
— de largeur normale : Eudactylus, jEolus. 
Ah ■!« article des tarses filiforme : Etaler, Cryptohypnm. 



188 ÉLATÉBIDES. 

II. Ecusson régulièrement cordiformo. 

Saillie prosternale de longueur normale : Cardioiarsus. 

— courte, cunéiforipe : Cardiophorus. 

Genres incerta; sedis : Crepidophorus, Œdostethus, Coptostethus. 

PIEZOPHYLLUS. 

HoPE, Proceed. ofthe Zool. Soc. 1842, p. 76 (1). 

Tête excavée à sa parlie antérieure : front un peu rétréci, tronqué 
et non rebordé en avant ; plaque nasale très-haute, carrée. — Yeui 
Irès-gros.— Antennes assez longues, déprimées, de douze articles : 1 en 
massue arquée, 2-3 transversaux, égaux, larges, avec leur angle interne 
Irès-saillant chez les mâles, plus élroils cl dentés chez les femelles, 
11-12 allongés et subégaux dans les deux sexes.— Prolhorax plus long 
que large, convexe, muni à sa base d'un tubercule retroussé, avec ses 
angles postérieurs robustes, aigus, divergents, un peu relevés et caré- 
nés. — Ecusson oblique, allongé. — Elylres convexes, rétrécies, briè- 
vement déhiscentes et terminées par une épine en arrière. — Pattes 
assez longues ; hanches postérieures étroites, à peine dilatées en de- 
dans; tarses médiocres, à article 1 comprimé, presque aussi long que 
2-3 aux postérieurs. — Mésosternum enfoncé, recouvert par le méta- 
sternum ; sa cavité basilaire et horizontale. — Prosternum assez con- 
vexe, très-rugueux; sa meiîlonnière assez saillante, sa^aillic postérieure 
très-grêle ; sutures proBlemales flexueuses, longées en dehors par un 
sillon assez large et assez profond. 

Ce genre rattache, de la manière la plus frappante, le groupe actuel 
aux Télralobides, dont il ne dill'ère essentiellement que par l'étroitesse 
des parapleures métalhoraciques et les autennes non Qabelléts chez les 
mâles. Aux caractères qui précèdent, il faut ajouter que le mélastcr- 
num présente on avant un profond sillon en forme de V renversé, et 
sur la ligne médiane, en arrière, un autre longitudinal aussi prononcé; 
que les angles rentrants qui séparent la mentonnière du prosternum 
des angles a^itérieurs du prolhorax, ont la forme d'un canal prothoraci- 
que, sans paraître en remplir le rôle, les sillons qui longent les sutures 
prostcrnalcs étant disposés de telle sorte qu'ils ne peuvent pas loger les 
antennes au repos. 

M. Hopc l'a établi sur un insecte de Madagascar (2), de la taille d'un 
Tbtbalobus de moyenne grandeur, à elylres finement sillonnées et pro- 

(1) Syo. Tetralobus, Casteln. in Silberm. Rev. entom. IV, p. 12. 

(2) P. robnstus, loc. cit.; décrit antérieurement par M. De Castelnau (loc. 
cit.) sous le nom do Tetralobus macrocerus. — Il y a dans les collections une 
seconde espèce du genre, originaire du Sénégal, très-distincte et que j'ai vue 
Inscrite à tort comme étant le Piez. Schucicardi de M. Hopo. 



Ét.ATI',niDES vn,iis. 169 

thorax recouvert en cnlier d'une fine pubescence jaunâtre. Mais il lui 
a associé, à tort, deux espèces de la cote occidentale d'Afrique, qui sont 
de vrais Tetbalobus, comme on l'a vu plus haut. 

yEMIDIUS. 
Latii. Ann. d. l. Soc. entom. III, p. 157 (1). 

Tête carrée en dessus, légèrement concave en avant; front un peu 
arrondi et assez fortement caréné en avant; plaque nasale aussi haute 
que large (mule), ou transversale (femelle). — Yeux grands, arrondis. 
— Antennes un peu plus courtes que le prothorax, de onze articles : 
1 en massue arquée, 2-3 très-inégaux chez les mnics, subégaux chez les 
femelles, -ilO plus larges et plus fortement dentés chez ceux-là, 11 al- 
longé et acuminé dans les deux sexes. — Prolhorax un peu plus long 
que large, convexe; ses angles postérieurs assez longs, aigus, dirigés 
en arrière et carénés. — Ecusson allongé, obtusément acuminé en ar- 
rière. — Elylres assez longues, convexes, réirccics et inermes posté- 
rieurement. — Pattes des Piezopuïllus, avec une lamelle seulement 
sous les trois i"» articles. — Mésosternum déclive, sa cavité à bords di- 
vergents. — Prosternum convexe; sa menlonnicre avancée et arrondie, 
sa saillie postérieure fortement comprimée, subhorizontale ; sutures 
prosternales un peu concaves. • 

L'Eucnemis giyas de Mannerheim (-2) constitue à lui seul ce genre 
voisin mais bien distinct du précédent , et qui n'a absolument aucun 
rapport avec les Eucnémidcs, parmi lesquels on ne comprend pas bien 
que Mannerheim l'ait placé. Sa forme générale est i)rcsque la même 
que celle des Piezophyllos, mais il est de moitié au moins plus petit, 
d'un brun marron plus ou moins rougeitre et revêtu d'une très-fine 
pubescence grise, peu apparente; ses clytres sont très-régulièrement 
sillonr)ées, mais plus chez la femelle que chez le mâle, et les sillons 
sont assez fortement ponctués. Cet insecte est originaire de l'-Vfrique 
australe, fort rare dans les collections, et jusqu'ici sans congénère. 

LOBEDERUS. 
Gi*rin-Ménev. Mag. d. Zool. 1ns. 1831, pi. 9. 

Palpes robustes, leur dernier article sécuriformc. — Mandibules fai- 
blement unidcntécs avant leur sommet. — Labre saillant (.-s), en demi- 

(1) Syn. EucNEMis, Mannerh. Mon. Eucnemid. p. 14. — BEuopuonus p^rs, 
Eschsch. in Thon, Entom. Arch. II, 1, p. 34. 

(2) Loc. cil. Tab. I, t. 1, 2. 

(3) Et non pas « tros-potit et caclié par la saillie du chaperon, » comme le 



170 EL AT ËR IDES. 

cercle. — Tête petite, sillonnée sur la ligne médiane et on peu excavée 
à sa partie antérieure; front elliptiquement arrondi et fortement caréné 
en avant; plaque nasale très-épaisse, presque aussi haute que large. — 
Yeux grands, arrondis. — Antennes déprimées chez les mâles, Dlifor- 
mes chez les femelles, de onze articles : 1 arqué, 2 court, obconique, 
3-10 allongés et à peine dentés (mâles), transversaux, subégaux (femel- 
les), 11 plus long, arrondi au bout. — Prolhorax fortement transversal, 
paraboliquement arrondi sur les côtés, bisinué en avant, médiocrement 
convexe; ses angles postérieurs non saillants, arrondis, précédés chacun 
en dedans d'un appendice ovalaire, enchâssé dans une échancrure de 
la base. — Ecusson brièvement ovale. — Elylres allongées, parallèles, 
arrondies en arrière, médiocrement convexes. — Pattes médiocres; 
hanches postérieures dilatées dans leur moitié interne et terminées par 
une assez forte dent; tarses assez courts, comprimés, ciliés partout, à 
articles 1-4 décroissant graduellement, le 3° muni d'une lamelle.. — 
Mésosternum décl-ive; sa cavité sublinéaire, profonde. — Mentonnière 
du prosternum très-saillante, fortement sillonnée en travers, à sa base, 
et fléchie; saillie prostcrnale courte, inclinée, carénée; sutures proster- 
nâtes concaves. 

De tous les genres d'Elatérides, celui-ci est le plus singulier; il ne 
se rattache directement à aucun autre et semble même, au premier 
aspect, ne pas appartenir à la famille^ M. Guérin -Méneville n'a connu 
que la femelle, et ne parle pas de la lamelle des tarses, qui est à peine 
visible chez elle, tandis qu'elle est très-apparente chez le mâle. Il n'y a 
aucun rapport entre les antennes des deux sexes, comme on le voit dans 
la formule qui précède ; celles des mâles sont, en outre, sensiblement 
plus longues que celles des femelles. 

Le genre ne comprend jusqu'ici que VEl. appendiculatus de 
M. Perty (I), rare insecte de la province de Saint-Paul, au Brésil, 
d'assez grande taille, d'un brun rongcàlre, revêtu d'une pubescence 
jaunâtre assez abondante et régulièrement strié sur les élytres. 

HETEROCREPIDIUS. 
Gdébin-Ménev. mg. d. Zool. Ins. 1838; f^oy. d. l. Favor. p. 24 (2). 

Tête régulièrement convexe ou un peu impressionnée à sa partie an- 
térieure ; front arrondi et plus ou moins caréné en avant ; plaque nasale 

dit M. Guérin-Méncvillo; ses dimensions sont les mêmes que chez le commun 
des Elatéridcs. 

(1) Del. anim. art. Brasil. p. 21, pi. 5. f. 5; M. Guérin-Méneville, qui l'a 
décrit presque en même lempsi|>ieM. Perty, l'a nommé i. moimicornis., nom 
qui ne convient qu'i la femelle. Latreille (Ann. d. 1. Soc. cntom. III, p. 148) 
s'est trompé sur la patrie de cet insecte en l'indiquant comme de Java. 

(2) Syn. DiCREPiBios, Eschsch. in Thon., Entom. Archiv, II, 1, p. 31. — D'" 



ÉLATÉRIDES yRAIS. 171 

en général épaisse; fossetics anlcnn.iires arrondies et distantes chez 
presque tous. — Antennes longues, de oxize articles : 1 médiocre, gros, 
2 très-court, obconiquc, 3 de longueur variable, 4-10 allongés, non ou 
faiblement dentés, très- rarement llabellés chez les màlcs, 11 plus long 
que les précédents, à faux article nul ou peu distinct. — Prolhorax de 
forme variable; ses angles postérieurs médiocres, en général carénés. 

— Ecusson oblongo-ovale. — Eljtrcs plus ou moins allongées et rétrà- 
cies en arrière, arrondies à leur extrémité. — Hanches postérieures 
obliquement tronquées en arrière et peu à peu dilatées en une lame 
trigone, rarement transversale, cl siiiuée, avec une dent terminale in- 
terne; tarses médiocres ou assez longs, munis d'une à trois lamelles 
en dessous; le l»' article des postérieurs au moins aussi long que les 
trois suivants réunis, le 4» entier. — Mésoslernum déclive. — Saillie 
prosternale plus ou moins arquée oirfléchie ; sutures prosternales con- 
caves en dehors. 

Cet ensemble de caractères s'applique à un grand nombre d'espèces 
étrangères, sauf une seule {fulvus), à l'Europe, polymorphes et va- 
riant tellement sous le rapport de la tête, de la carène frontale, des 
antennes, etc., que je crois devoir réunir en un seul les genres dans les- 
quels on les a réparties. Ces genres ont été presque tous fondés sur le 
nombre des lamelles qui existent sous les tarses cl nommés d'après ce 
nombre. Parmi ces noms, il en est un créé par M. Guériti-Méneville, 
qui convient très-bien au genre tel que je l'entends, et je suis, d'après 
cela, obligé de le prendre, bien qu'il ne soit pas le plus ancien. 

En partant du nombre des lamelles en question, on doit mettre en 
tête de ces insectes quelques espèces de l'Amérique du Sud qui en ont 
sous les trois premiers articles des tarses et qui coustituciil le genre 
Tbielasmus (() de M. Blanchard, sans présenter rien de particulier. 

Dans le genre Blahta de M. J. L. Le Conte, établi sur une espèce 
(B. cauta) des Etals-Unis, remarquable par sa forme cylindrique, il y 
a également trois lamelle^, mais elles sont situées sous les articles 2-4 
des tarses. _ 

Le plus grand nombre n'a que deux lamelles situées sous leS 2° et 3» 

pnoPBs, Heteropus (HETEnocREPioius) Germar, Zcitschr. I, p. 215, 217; le se- 
cond (le CCS noms avait déjà, été employé antérieurement pour des Orthoptère» 
(Palissot-Bcauvois), des Reptiles (Fitzingcr), des Mammifères (Jourdan), des 
Hémiptères (Splnola), et, depuis Germar, on l'a encore reproduit plusieurs fois. 

— CYATiioDEn*, TniELASMiis, Blauch. in d'Orb. Voy. Entom. p. 130 et 131. — 
PoRTUMimus, Germar, Faun. 1ns. Europ. XXIV, 7. — Blauta, J. L. Le Conte, 
Trans. of tlic Amer. Pliil. Soc. New Ser. X, p. 472. 

(1) 3". varians, Blanch.; du pays des Chiquitos. Dans les collections ces In- 
sectes sont confondus avec les Dicrepidius, et il y en a plusieurs dans le der- 
nier Cat;ilogue de Dejeau, par ex. son D. hœmafopiis, du Brésil. J'en connais 
une dcml-douzainc d'autres du mémo pays, de Ôayeune, du Mexique, etc.; 
la plupart sont d'assez grande taille. 



172 ËI.ATÉRIDBS. 

arlicles des tarses, et Esclischollz les comprcDait tous sous le nom de 
DicKEPiDics que Gennar (i) a restreint à des espèces également améri- 
caines (â), dont la plaque nasale est triangulaire, excavce, dont les ca- 
vités antennaires, à l'inverse de ce qui existe dans toutes les autres es- 
pèces, sont largement ouvertes, transversales, enfin dont les antennes 
sont Qabcllces chez les mâles. Mais je crois avec M. J. L. Le Conte (s) 
que le premier de ces caractères n'a qu'une valeur de section, et que le 
dernier est insignifiant. 

Les CvATuoDEHA de M. Blanchard ne diffèrent de ces Dicrepidius 
d'Eschseholtz que par leur grande taille, la hauteur de leur plaque na- 
sale qui est carrée, et leurs clytres très-allongces, régulièrement et for- 
tement rétrécies en arrière et épineuses à l'angle suturai (4). 

Les Dii'nopDs de Germar sont également des Dichbpidius d'un faciès 
particulier dû à leurs élytres très-fortement et rapidement rétrécies en 
arrière, embrassées à leur base par les angles postérieurs du prolhorax 
qui sont recourbés, à quoi il faut ajouter que la carène frontale a com- 
plètement disparu, tout en laissant la plaque nasale d'une épaisseur or- 
dinaire (t>). 

Les HiiThnocnEPiDics vrais (II eteuopds Germar) sont essentiellement 
caractérisés en ce que leurs quatre tarses aniérieurs ont une lamelle 
sous le 2e et le 3° article, tandis qu'aux postérieurs le 3° article seul en 
est pourvu (b). 

(1) Zcitschr. I, p. 213. 

(2) D, pectinicornis [ambigtius Dej.), Eschsch. loc. cit.; du Brésil. — El. 
ramicomis, Paliss.-Beauv. Ins. d'Afr. et d'Amer, p. 10, pi. 2, f. 3; des deux 
Am6riques. — El. binus, Say, Trans. of the Amer. Pliil. Soc. Nc\y Ser. VI, 
p. 178; de l'Amer, du Nord. 

(.3) Trans. of llic Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 178. Si l'on conscrvo lo 
genre ainsi limité^ il faudra on faire un nouveau avec toutes les espèces à plaque 
nasale de forme ordinaire. — Les DicnEPiBius décrits, tels que les entendait 
Eschsclioltz, sont les suivants : Esp. de l'Am6r. du Sud : D. castaneus, macu- 
licoUis, fuscescens, magnicornis, ttnicolor, Blanch. in d'Orl). Voy.; Entom. 
p. 132;les quatre premiers du pays dos Cliiquitos, le dernier de Corrientos. — 
fiabellifer, planicoUiSj anguinus, Ericlis. Archiv, 1847, I, p. 77; du Pérou. — 
forosus, c/iloroplerus , ulricornis, Ericlis. in Schomb. Guyana, III, p. 5&8; do 
la Guyane anglaise. — Esp. de rAm6r. du Nord : El. soleatus , Say, Trans. of 
the Amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 17G. — D. ferreus, simplex, J. L. Le 
Conte, ibid. \, p. 178. — Esj). africaines : D. puncticoUis , apiculatus, liligio- 
sus, interstilinli.i,pulierulus, Hohem. Ins. Caffrar. I, p. 384; Nat.il. — D. nu- 
bilus, adsperuluSj Klng, Monatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 617; de Mozam- 
bique. — Esp. de la Polynésie : D. Tuslui, Le Guillou, Rov. Zool. 1844, p. 221; 
de Hamoa. 

[i) C. longicornis, Blanch. loc. cit. pi. VIII, f. 10. J'en connais une seconde 
espèce de Cayonno, encore plus grande et très-distincte. 

(5) El. pexus, brasilianus, Germar, Ins. Spcc. nov. p. 55. 

(6) El. crocipes, Germar, Ins. Spcc. nov. p. 41; du Brésil. — Heler. pici- 



Enfin, le genre Pouthmidios de Germar ne comiircnd qu'une petite 
espèce (i) de l'Autriche, dont le 3" article des tarses est seul lamelle. Ce 
nombre le rapproche des Monocriîi'idujs, mais chez ces derniers c'est 
sous le i" article que la lamelle est siluce, et de plus leurs sutures pros- 
lernales sont rectiligncs et non pas concaves. 

Une révision approfondie de toutes les espèces décidera si quelques- 
uns de ces%enres méritent d'être conservés. 

L'Amérique, surtout celle du Sud, est (rèsriche en espèces de ce 
genre. Au milieu de toutes les modifications de taille et de forme qu'elles 
éprouvent, elles ont cela de commun que leur livrée est d'un brun noi- 
râtre ou d'un fauv-e uniforme, sans présenter jamais aucun dessin d'une 
antre couleur, et que leurs téguments sont revêtus d'une pubescence gri- 
sâtre, assez abondante chez la plupart d'entre elles. 

ATRACTOSOMUS (2). 

Labre transversal, sinué ou échancré en avant.— Tête petite, régu- 
lièrement convexe ; front arrondi, non ou à peine caréné en avant ; pla- 
que nasale assez épaisse, transversale. — Antennes beaucoup plus lon- 
gues que le prolhorax (mâles), ou un peu plus longues (femelles), de onze 
articles : 1 médiocre, arqué, 2 court, oljcoriique, 4-10 allonsés, faiblement 
ou à peine dentés, suhégaux, 11 plus long. — Prolliorax transversal, 
trapéziforme, aplani à sa base; ses angles postérieurs médiocres, aigus! 
dirigés en arrière, finement carénés.— Ecusson en ovale allongé.— Ely- 
Iresmédiocrcment convexes, régulièrement oblongo elliptiques.— Pattes 
assez courtes ; hanches postérieures élargies dans leur moitié interne en 
une lame transversale sinuée en arrière ; tarses médiocres , assez ro- 
bustes ; leurs articles 2-3 munis d'une lamelle; le 1er i|es postérieurs 
aussi long que les trois suivants, le S» très-petit, entier. — Mésoslernum 
horizontal, ses branches un peu diTcrgcntcs.— Mentonnière du prosler- 
num assez courte; sa saillie postérieure droilc ; sutures proslernalcs con- 
caves en dehors. — Corps allongé, subfusiforme. 

L'horizontalité du mésoslernum et la forme droite de la saillie pros- 

pes, Germar, Zeitschr. loc. cit. p. 218. — Heter. venfralis, Guérîn-Ménev. loc. 
cit. pi. 229, f. 1 ac; du Pérou. Dans cotto espèce il y a un vestige d'une la- 
melle sous le l" article des quatre tarses antérieurs; elle est exagérée dans la 
%iiro le qui représente un do ces tarses grossi. Germar indique également à 
tort le dernier article des palpes maxillaires comme étant ovoïde dans les deux 
espèces décrites par lui; il est faiblement, mais distinctement sécuriforme. 

(1) El.fidvus, Vf. Redtonb. Quœd. Gêner, et Spec. Arch. Austr. p. 11; fi- 
guré dans Germar, Faun. Ins. Europ. loc. cit. M. L. Redtenbachcr (Faun. 
Austr.; Die Kjpfer, p. 293) en a fait un Monocbepidius. 

(2) Syn. Atractodes, Germar, Zeitschr. I, p. 219; nom déjà employé par 
Gravenliorst pour des Hyménoptères. 



174 1^ ÈLATÉniDES. 

(ernale qui en est la conséquence, constituent les deux principaux carac- 
tères de ce genre. Ses espèces ont en outre un faciès particulier dû à 
l'aplanissemcnt du prolhorax à sa base et à leur corps atténué à ses 
deux cxtrémilés. Toutes sont de taille moyenne, revêtues d'une fine pu- 
bescence lanugineuse, et sont en dessus d'un beau fauve plus ou moins 
rougcâlre, sauf l'extrémité des élyires qui est parfois noire ; ces organes 
sont fificment striés. Il n'y en a encore qu'une espèce {flavatcen^Gct- 
mar) du Brésil de décrite ; mais les collections en renferment plusieurs 
autres (I). 

Germar, faisant plus altention au faciès qu'aux caractères positifs 
du genre, y a introduit deux autres espèces {comosus , lulescens) du 
même pays, qui, ayant le front fortement caréné, le mésosternum 
oblique et la saillie proslernale arquée, doivent en être exclues {3). 

POMACHILIUS. 
ËscHscH. in TqoNj Entom. Arch. Il, 1, p. 31 (3). 

Tcte légèrement convexe; front largement arrondi et à peine caréné 
en avant; plaque nasale forlcmcnl transversale; cavités antcnnaires ar- 
rondies. — i'cux médiocres, assez saillants. — Antennes longues, grêles, 
Gliformcs, de onze articles : 1 long, pru robuste, 2-3 un peu plus courts 
que les suivants, 4-10 égaux, obconiqucs, 11 aussi long, ova.'aire. — 
Prothorax allongé, subparallèlc; ses angles postérieurs médiocres, aigus, 
subdivergents. — Ecusson oblongo- ovale. — Elytres allonj;ées, graduel- 
lement rélrécies dans leur moitié postérieure, éehancrées et plus ou 
moins bi-épincuses à leur extrémité. — Pattes grêles ; hanches posté- 
rieures peu à peu et médiocrement élargies en dedans ; 1'''' article des 
tarses postérieurs aussi long que les suivants réunis, le 3e cordiforme, 
muni d'une lamelle, le ifi très-court, entier. — Mésoslernum à bords 
saillants, droit, puis coupé verticali'ment, sa cavité verticale occupant 
toute sa hauteur. — Mentonnière du prosternum médiocre ; sa saillie 
postérieure cunéiforme, courte, droite ; sutures prosternâtes concaves. 

Insectes d'assez petite taille, de forme plus ou moins svcltc et dont le 
système de coloraliftn consiste en taches noires sur un fond d'un fauve 
testacé, ou vice versa. Ils tranchent assez fortement sur les espèces qui 
précèdent et qui suivent, et dins une méthode réellcmenl naturelle ne 

(1) Par exemple, les Dicrepidius sentiluieus et pubescens de Dcjean, Cat. 
éd. 3, p. 97. 

(2) Elles doivent rentrer parmi les Heteudcrepibius ou dans ce genre nou- 
veau dont j'ai parlé plus haut (p. 172, note 3). H eu est de même de l'Alracto- 
des collaris do Natal, décrit par M. Bohemann, Ins. CalTrar. I, p. 395, et de 
l'A.cavifrons, Erichs. Archiv, 1843,1, p. 224; d'Angola. 

(3) Voyez aussi Germar, Zeitscbr. I, p. 232. 



iLATË&IDES TBAIS. 175 

devraient pas être éloignes des Coshesds qu'on trouvera plus bas. Mais 
en attendant que celte méthode soit trouvée, leurs tarses lamelles et la 
forme de leur inésoslernum obligent de les placer à la suite des Atrac- 
TOsoMus. La brièveté de leur saillie proslcrnale leur donne également 
des rapports réels avec les CABDiopuonos ; elle est seulemest un peu 
plus longue que chez ces derniers. 

L'Amérique du Sud est la pairie de ces insectes ; il y en a un assez 
grand nombre dacis les collections, mais deux espèces seules sont dé- 
crites à l'heure qu'il est (i). 

PHYSORHINUS. 
(EscHSCii.) Gebmar, Zeitschr. f. d. Entom. II, p. 244. 

Télé au moins aussi longue que large, régulièrement convexe ; front 
Irès-arrondi et Irès-fortcment caréné eu avant; plaque nasale épaisse, 
un peu transversale. — Antennes assez robustes, plus longues que le 
prolhorax, de onze articles : 1 médiocre, arqué, 2-3 très-courts, égaux, 
4-11 allongés, égaux, faiblement ou non dentés, li ublus au bout. — 
Prolhorax au moins aussi long que large, Irapézil'ormc, médiocrement 
convexe; ses angles postérieurs assez longs, diriges en arrière, carénés 
ou non en dessus. — Ecusson en ovale allongé. — lilylrcs oblongo-el- 
lipliqucs, arquées en dessus. — Pattes courtes, assez robustes ; hanches 
postérieures dilatées en une Ircs-grande lame Irapézoïde, échancréc en 
arrière ; éperons des jambes assez longs ; S» article des tarses muni 
d'une lamelle; le !"■' des postérieurs aussi long que les quatre suivants 
réunis, le 4» très-petit ; crochets courts el grêles. — Mésoslernum dé- 
clive. — Menlonnière du prosternum assez avancée ; sa saillie posté- 
rieure un peu lléchie; sutures prosternalcs faiblement concaves. — 
Corps atténué à ses deux extrémités. 

Ce genre se distingue entre tous ceux du groupe actuel par la gran- 
deur des lames coxales postérieures, la forme de la tête, la grandeur 
relative des éperons terminaux des jambes, caractères qui ne permel- 
(enl pas de le confondre avec les Pomacdilics et les Monochepidids 
qui n'ont également qu'une lamelle aux tarses. 

Ses espèces sont de (aille médiocre, de couleurs assez variées et pré- 
sentent ce caractère singulier que leur tête est constamment d'un beau 
jaune (â) : du moins je ne connais aucune exception sous ce rapport 

(1) El. suhfascialus, Germar, Ins. Spec. nov. p. 50; du Brésil. — P. nigri- 
ceps, Erichs. Aichiv, 1847, 1, p. 77; du Pérou. 

(2) Erichson (Archiv, 1842, II, p. 166) semblait disposé à admettre que cette 
partie du corps était pliospliorcscente; mais sou faciès est trop différent de ce- 
lui des vésicules lumineuses des Pïropuokus pour que celte opinion ait quelque 
probabilité. 



176 ÉLATÉRIDES. 

chez les dix qui me sont connues. Trois seulement sont décrites en ce 
moment, parmi lesquelles une anciennement connue, VEIat. erylhro- 
cephalus de Fahricius, forme le type du genre. Ces insectes sont des 
difl'éreatcs parties de l'Amérique du Sud et du Mexique (i). 

ANCHASTUS. 
J. L. Le Conte, Trans. of Ihe Amer. Phil. Soc. N. Ser. X, p. 459. 

Tète courte, régulièrement convexe ; front légèrement caréné et ar- 
rondi en avant : plaque nasale fortement transversale. — Antennes mé- 
diocres, de onze articles : 1 assez court, en massue arquée, 2-3 plus 
courts que les suivants, inégaux, î-10 faiblement et obtuscmcnt dentés.— 
Prolhorax de forme variable ; ses angles postérieurs allongés, rertilignes 
et carénés en dessus. — Ecusson oblongo-ovale. — Elylres variables. 

— Hanches postérieures brusquement élargies en une grande lamequa- 
drangulairc, terminée au côté interne par une courte dent; tarses grê- 
les, filiformes, finement pubcsccnts , à article 1 des postérieurs aussi 
long que les trois suivants, 3 cl 4 courts, surtout celui-ci, 3 muni à toutes 
les pattes d'une lamelle étroite et allongée; crochets petits cl grêles. 

— Mésoslerninn déclive.— Mentonnière du prostçrnuni assez avancée ; 
sa saillie postérieure fortement Oéchic ; sutures proslcrnales concaves. 

Sans la forme des hanches postérieures, ce genre pourrait rentrer sim- 
plement parmi les HETEiiotnEPiDius, mais ces organes le rapprochent 
des PuvsonniNos, tout en étant moins saillants et d'une autre forme que 
chez ces derniers. Il en diffi-rc en outre beaucoup par la forme de la 
léle qui ressemble à celle des Elateu et genres voisins. 
' M. J. L. Le Conte n'y comprend que deux espèces (2) d'un facics très- 
différcnl. L'une (digilaius) de Pcnsjlvanie est de taille moyenne, allon- 
gée, atténuée à ses deux extrémités et ressemble assez à un Eïcnbmis. 

(1) El. erylhrocephalus^fib. Syst.El. U, p. 241 (FA. flaviccps, Pcrly,Del. 
an. art. Brasil. p. 21, pi. 5, f. 2; Phys. id. Blancli. in d'Orb. Voy. Entom. 
pi. 8, f. 7); de toutes les parties chaudes de l'Améf. du Sud. — xanlhocepha- 
lus, Germar, loc. cit. p. 245, pi. 1, f. 4; du Brésil. — Sturmii, Germar, ibid. 
p. 4.19; du Mexique. 

Une quatrième espèce serait le Phys. galapagoensis de M. Waterhouse (Ann. 
of nat. Hist. XVI, p. 25), mais ce savant entomologiste ne le rapporte lui- 
même au genre qu'avec quelque doute. Ainsi que son nom l'indique, il est ori- 
ginaire des lies Gallapagos. 

Klug (Monatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 647) a décrit un Phys. dubius 
de Mozambique; mais je doute qu'il y ait de ces insectes ailleurs qu'en Amé- 
rique. 

(2) Il émet l'opinion que peut-être les Crypiohypnus cinereipennis et pube- 
rulus, Mannerh. (Bull. Mosc. 1843, p. 240), do Californie, appartiennent au 
genre. Esclischollz avait fait du prcûiier un Mohocrepu)ids. 



ÉLATÊBIDES TBAIS. JTY 

L'aolre {recedens) de Cilifornie est plus petite , déprimée, assez large 
et subparallèle. Toutes deux sont d'un brun noirâtre et fineraenl oube^- 
centes. '^ 

BRACHYCREPIS. 
J. L. Lï CoKTE, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 460. 

Ce genre ne m'est pas connu en nature, mais, d'après les caractères 
que lui assigne M. J. L. Le Conte, il me parait s'éloigner peu du pré- 
cèdent. Ses dilTérences porteraient sur les points suivants : 

Antennes fortement dentées, à articles 2 petit, 3 égal au suivant — 
Angles postérieurs du prothorax bi-carénés. - Lamelle du 3» article 
des tarses très-courte. 

M. J. L. Le Conte ajoute encore une légère différence dans la forme 
des hanches postérieures dont l'angle externe est distinct, tandis qu'il est 
arrondi chez les Anchastos : mais ce caractère parait bien faible ainsi 
que les précédents. Le genre ne comprend qu'une espèce (B. bicarina- 
lus) de la Géorgie, de taille médiocre, d'un brun marron, avec les an- 
tennes et les pattes d'un fauve testacé. 

MONOCREPIDIUS. 
EscBSCO. in Tuon, Entom. Arch. II, \, p. 31 (i). 

Télé tantôt plane et même un peu concave, tantôt régulièrement con- 
vexe ; front coupé carrément ou arrondi en avant, légèrement ou à peine 
carène; plaque nasale au plus médiocrement épaisse, fortement trans- 
versale. - Antennes dépassant plus ou moins le prothorax , de onze 
articles : i médiocre, 2-3 variables, le plus souvent obconiquos et plus 
courts que les suivants, 4-11 allonsés, s.il)égaox, faiblement dentés le 
dernier souvent muni dun faux article (2).— Prolhorax rarement trans- 
versal, souvent allongé , arrondi sur les côtés, rétréci avant ses angles 
postérieurs; ceux-ci en général assez longs, suhdivergenls et carénés 
en dessus. -Ecusson oMongo-ovale. - Elytres de forme variable. - 
Hanches postérieures obliques en dehors, dilatées au côté interne en 
une lame transversale échancrée au-dessus des Irochanters ; 1" article 
des tarses postérieurs aussi long que les quatre suivants, le 4° dégagé 
cchancro et muni d'une lamelle. - Mésoslernum déclive. - Menton - 

Me'lllidm' ^"'"""'""^ Eschsch. loc. cit. - Oopuorus pars, Guérin-MéDev., 

efTM -i*^'™"! (^<"'«*'"- '' P- 222) assigne à ces organes douic articles. Il y a en 
étie oomnf "''*" ""■"""'' ''= *■*"" "'"'="' «'^5S« développé pour devoir 

Coléoplères. Tome IV. 12 



78 ÉLATÉBIDES. 

nière du proslernum médiocrcmenl prononcée ; sa saillie postérieure 
un peu Qéchie; sutures proslernales rectilignes, obliques. 

Tel qu'il est constitué en ce moment dans les auteurs cl les col- 
lections, ce genre, très riche en espèces, n'admet pas d'autre définition 
que la présence d'une lamelle sous le 4" article des tarses, puis, comme 
caractère secondaire, la direction rectiligne des sutures du prosternum. 
Il comprend en effet des espèces de grande ou très-petite taille, de 
formes extrêmement varices, de couleurs non moins diverses, et qui ne 
sont reliées ensemble que par l'unité de la lamelle en question (i). Un 
examen approfondi de toutes les espèces démontrera s'il doit être divisé 
eo plusieurs. 

Eschscholtz en avait retranché sous le nom de Conobehus, un certam 
nombre de forme allongée, remarquables par leur prothorax beaucoup 
plus long que large, graduellement rétréci d'arrière en avant, leurs ély- 
tres épineuses à leur extrémité et leur forme déprimée ou médiocre- 
ment convexe (2). Germar n'a pas admis ce genre, et il y a en clfet les 
passages les plus insensibles entre ses espèces et celles qui sont les plus 
courtes. 

I,es MoNOCREPiDius paraissent répandus sur la plus grande partie du 
globe, mais l'Amérique occupe, sous ce rapport, le premier rang. Il y 
en a fort peu en dehors de ce continent (5). 

(1) M. J. L. Le Conte, dans son travail sur les Êtatérides de l'Amérique du 
Nord (Trans. of thc Amer. Pliii. Soc. New Ser. X, p. 484), comprend dans le 
genre des espèces qui sont privées de cette lamelle (El. circumscriptus, Germar, 
1ns. Spec. nov. p. 46 ; El. dorsalis, Say, Journ. of tlie Acad. of Philad. III, 
p. 167; Mon. comis, livens, amaiUis, lepidus, Lee. loc. cit.). Cette mesure 
peut être convenable quand on se borne aux espèces des États-Unis, mais si on 
l'ôtend à testes celles qui existent dans les collections^ je ne vois plus comment 
le genre pourrait être caractérisé. 

(2) Eschscholtz lui donne pour type VEl.malleatus, Germar, 1ns. Spec. nov. 
p. 50 et en décrit trois espèces nouvelles : C. fuscofasciatus, discolor, latera- 
lis, tous du Brésil. Il y en a beaucoup d'autres dans les auteurs et les col- 
lections. 

(3) Esp. des Etati-Unis : El. Hvidus, De Géer, Mém. IV, p. 162, pi. 18, f. 13 
(castanipes Herbst, lobatus Say, Gçrmar). — El. vespertinus, Fab. Syst. El. 
Il, p. 240 (finitimus Say, serolinus Germar). — El. auritus, Herbst, Die Ka^fer, 
X,' p. 145 (Oophorus cras.'iicoUis Melsheim.) — El. bellus, Say, Jouin. of thc 
Acad. of Philad. III, p. 168. — Mon. aversus, svturalis, sordidus,blandulus, 
}. L. Le Conte, loc. cit. p. 482. — Mon. cmere(penmi,Eschscli. in Thon, loc. 
cit.; Californie.— Esp. du Mexique : Con. apicalis, Chevrol. Col. d. Wexiq. 
Cent. II, fasc. 8. —Esp. de l'Amér. du Sud : El. geminatm, scalaris, Germar, 
Ins. Spec. nov. p. 43, 47; Brésil. — El. mucronatus, Perty, Del. anim. artic. 
Brasil. p. 22, pi. 5, f. 9 (Con. fuscofasciatus? Eschsch. ; Mon. pugionatus Ger- 
mar) . — M. ternarius, abbreviatus, stigmosîis, dimidiatus, asininus, caninus, 
troglodytes, Germar, Zeitschr. I, p. 2'29; Brésil. — M. confusus, de BolUia; 
oblongo-functattts, de Patagonie; rubrescens, de Bolivia; Blanch. in d'Orb. 



ÉLÀTÉBIDES VBAIS. f>JQ 

PITVOBIUS. 

J. L. Le Conte, Trans. of the Amer. Phil. Soc. Now Ser. X, p. 428. 

Tête grande, carrée en dessus, excavée anlérieureraenl ; front coupé 
carrément et fortement caréné ; plaque nasale épaisse, transversale -- 
Yeux gros, globuleux, presque dégagés duprolhorax. - Antennes lon- 
gues, grêles, à articles 1 assez long, en massue. 2-3 courts, subégaur. 
4-10 cylindriques, allongés, égaux , longuement bi-pectinés chez les 
mâles, faiblement dentés chez les femelles, 11 plus long, simple.— Pro- 
Ihorax allongé, subparallèle sur les côtés ; ses angles postérieurs assez 
longs, épineux au bout, divergents, finement carénés. —Ecusson oblon- 
go-ovale. — Elytres allongées, rétrécies à leur extrémité. — Hanches 
postérieures graduellement élargies au côté interne ; tarses à articles 
2-4 munis de courtes lamelles ; le 1" des postérieurs aussi long que les 
deux suivants, — Mésosternum déclive. —Mentonnière du prosternum 
courte ; sa saillie postérieure longue, droite ; sutures prosternales recti- 
lignes. , 

Genre très-voisin des Pedbtes et des Atbods qui suivent, mais qui 
me paraîl suffisamment distinct des uns et des autres par la forme très- 
rare des antennes chez les mâles et celle des angles postérieurs du pro- 
Ihorax ; la présence de lamelles sous les tarses le sépare des seconds; le 
nombre de ces lamelles, des premiers. Il ne comprend qu'une assez 
grande et rare espèce (i) des Etals-Unis, plus allongée et plus parallèle 
que les Athods, entièrement noire, finement pubescente et qui se trouve, 
à ce qu'il paraît, dans les forêts de pins. 

Voy.; Entom. p. 135.— M. apiatus, sticticus, répandus, Erichs. Archiv, 1847 I 
p. 178; Pérou.— Oophorus Laurentii, Guérin-Méncv. Mag. d. Zool. Ins. 1838- 
Voy. d. t. Favor. p. 23; Vérou.— M.proletarius, Erichs. in Schomb. Guyana lu' 
p. 558; Guyane anglaise. — Esp. africaine : M. plancus, Erichs. Archiv, 1843 l' 
p. 224; Angola.— Esp. de l'Australie : El. australasiœ, Boisduv. Fauu. d Vocéan' 
U, p. 101— Jl^ sulcicolli.1, Eschscti. in Thon, loc. cit.— M. cerdo, tabidus fc^ 
brtlis,ruhltcornis, fuscicornis, Erichs. Archiv, 1842, I, p. 136 — Leluti Cor 
dieri Le GuUlou,Rev. Zool. 1844, p. 220.- M. cinereus, Honibr. etJaquin Voy 
au Pôle Sud; Entom. p. 84, pi. 6, f. 6. - Esp. de la Polynésie : M. paUipes' 
tschsch. in Thon, loc. cit.; Taïty. - M. Chasali, Le Guillou, Rev. Zool. 1844, 
P- i20; Nouka-Hiva.— Jtf. rufanguluSj serkans, L.Fairm. ibid. 1849, p. 355; 

(1) P. anguims, J. L. Le Conte, loc. cit.; c'est VAthous anguinus du dernier 
tatalogue de Dejean. , 



|g0 ËLATÈRIDBS. 

PEDETES. 
KiRBï, Faun. Bor. Amer. p. 145 (1). 

Ce sont des Atuobs dont les arlicles 2-3 des tarses ^nl munis de 
courtes lamelles. 

Pour le surplus, tous les autres caractères sont identiques, sauf les 
angles postérieurs du prothorax qui sont parfois un peu plus longs et 
plus aigus. On voit par les espèces européennes citées par Kirby, que 
dans sa pensée ce genre comprenait en même temps les Atbods, et c'est 
M. J. L. Le Conte qui l'a restreint tel que je le présente ici. Les seules 
espèces qui lui appartiennent aulhentiquement sont celles de rAménque 
du Nord signalées par ce savant entomologiste (2). 

ATHOUS. 
EscHSCH. in Tbon, Entom. Ârch. II, 1 p- 33 (3). 

Tête assez grande, tantôt plane, tantôt déprimée à sa partie antérieure; 
front largement arrondi ou coupé carrément en avant; plaque nasale de 
hauteur et de forme variables. — Yeux grands et assez saillants, sou- 
vent en grande partie dégagés du prothorax. - Antennes longues, de 
onze articles : 1 médiocrement long et robuste, 2 obconiquc, plus ou 
moins court, 4-11 allongés, non ou faiblement dentés. — Prolhorax au 
moins aussi long que large; ses angles postérieurs en général courts et 
robustes, carénés ou non. — Ecusson oblongo-ovale. — Elytrcs allon- 
gées, légèrement rétrécies en arrière. - Hanches postérieures graduel- 
lement et faiblement élargies en arrière ; tarses de structure variable en 
dessous, le 1" article des postérieurs plus long que les deux suivants 
réunis, le 5» de longueur variable, dégagé. — Mèsosteroum déclive. — 

(1) Syn. Athous et LiMomus pars, Melsheim. Proceed. of tho Acad. of Philad. 
n, p. 154 sq. 

(2) P BrigthweUi, Kirby, loc. cit. p. 146 (Athous ohlongicollis et arcticottis, 
Helsheira. loc. cit. p. 155). - El. scapularis, acanthus, Say, Trans. of tlie 
Amer Phil. Soc. New Scr. VI, p. 178. — El. cucuUaius, Say, Ann. of the 
Lyc of New-York, I, p. 204 (Ath. hypokucus, procericollis, strigatus, Melsb. 
loc cit p 154 sq.). — P- fossidaris, equestris, ,1. L. Lo Conte, Traus. of the 
Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 426. — Limonius posticus, Melsheim. loc. 
cit. p. 158. 

Tous les DicBEPiDius des auteurs, dont les sutures prosternâtes sont droites 
et non concaves eu dehors, doivent, à ce que je pense, être rapportés ici, que 
les lamelles de leurs tarses soient courtes ou bien développées. Parmi ceux 
mentionnés plus haut (p. 172, note 3), il en est probahlement plusieurs qui son» 
dans ce cas. 

(3) Syn. ANATBnonjs,Steph.lll. of Brit. Entom.lU-EscHscnoi.Tzu,Ca9teIn. 
Hist. nat. d. Ins. I, p. 232 ; genre établi uniquement sur VAth. rhombeui. 



ÉLATÉRIDES VBAIS. 181 

Mentonnière du proslernum en général assez grande ; sa saillie poslé- 
rieure fléchie ; sutures prosternales rectilignes. — Corps allongé. 

Ce genre est un de ceux qui prouvent le mieux le peu de ressources 
que présentent les tarses pour la classification dans la famille actuelle. 
Dans ses grandes espèces (par ex. rufus, rhombeus, etc.), leurs articles 
2-4 sont fortement rétrécis à leur base , très-renflés en dessous et mu- 
nis de pelotes très-apparentes (i); puis ces deux caractères s'effacent 
insensiblement et l'on finit par arriver à des espèces ( ferruginosui, 
inunclus, etc.) chez lesquelles ces organes sont simplement filiformes et 
revêtus inférieurement d'une fine villosité. Chez celles en petit nombre 
{rufus , anguslkollis) dont la tête est déprimée en avant, cette partie 
du corps ressemble assez à ce qu'elle est chez les Alaos, mais néan- 
moins sa carène frontale reste plus apparente que chez ces derniers. 

Les Atbous sont tous de forme allongée, finement pubescents et, sauf 
quelques-uns (undulalus, triundulalus, Thombeus) qui sont ornés de 
bandes flexueuses transversales surlesélytres, leur livrée est uniforme; 
les plus petits sont de moyenne taille. Les mftles diffèrent assez souvent 
de leurs femelles par leurs couleurs plus claires, leur pubescence plus 
fine ou quelques modifications dans la forme générale du corps, et même 
dans celle du front qui est moins déprimé en avant et, par suite, plus 
fortement caréné. Dans nos pays, ces insectes se trouvent sur les plantes 
et les feuilles des arbres. 

Le genre est riche en espèces, principalement dans les régions froides 
et tempérées de l'hémisphère boréal. Hors de là, l'Amérique du Sud 
parait seule en posséder quelques-unes , mais qui sont encore inédites 



(1) Parfois, au moins dans l'un des sexes, la femelle, ces pelotes détiennent 
de véritables lamelles sur le 2« et lo 3« articles; Vhirtus en offre un exemple. 
D'aprùs cela on pourrait supprimer le genre Pedetes qui ne diffère de celui-ci 
que par ce caractère. 

(2) Les Catalogues les plus récents en mentionnent pour l'Europe seule plus 
de 50 espèces dont à peine le tiers sont décrites; celles inscrites dans les an- 
ciens auteurs sont les Elnt. undulalus De Gécr {trifasciatus Hcrbst), rufus, 
villatus {subfuscus? Gyll.) hœmorrhoidalis {ruficaudis Gyll., analis Hcrbst), 
longicollis {marginatus Payk., marginellus Herbst), i-macidatus Fab.; hirtus 
{aterrimus Fab., niger 01.), scrutator (teslaceus Payk.) Herbst; rhombeus 
Oliv.; irmnctusj parvulus Panz.; bifasciatus Gjllenh.; affinis Payk.; ^roc^ 
rus Illig. — Aj. Esp. d'Europe : A. difformis [circumductus Ménétr.), leuco- 
phœus, crassicoUis (Dej.), Lacord. Faun. cnt. d. env. d. Par. I, p. 640. — 
muHlatus, Rosonli. Beitr. z. Inscktenf. Europ. p. 15. — suturanigra, ChevroL 
Rot. Zool. 1840, p. 15 ■— foveolaius, Hampe, Stetlin. entom. Zeit. 1850, p. 351. 

amtus, villiger, frigidus, inelinoderes , sylvaticus, tomentosus, pallens, 
flavescens, herbigradus, castanescens, semipallens, Mulsant, Opusc. entom, 
lasc. VI, p. 20. — Esp. de Sibérie : A . cinereofascialus, infuscatui, Escbsch. le 
Thon, loc. cit. — Gebleri, Manuerh. Bull. Mosc. 1847, II, p. 412. — dauricus, Sa- 



182 iLATÉBIDBS. 

LIMONIUS. 
EscHSCB. iD Tbon, Eniom. Archiv. II, 1, p. 33 (1). 

Tête plane ou un peu convexe; fronl en général arrondi, parfois (par 
ex. nigripes) tronqué en avant; sa carène frontale tantôt Irès-dislincte, 
lantùt très-faible [lylhrodes), parfois (bipmlulalus) nulle.— Yeux mé- 
diocres, peu saillants.— Antennes mérliocres chez la plupart, de onze 
articles : 1 assez court, cylindrique, 2 très-court, obconiqiie, 3 de lon- 
gueur variable, 4-10 dentés ou obconiqucs, 11 ovalaire, pas beaucoup 
plus long que le précédent. — Prolhorax au moins aussi long que large, 
convexe; ses angles postérieurs courts, non divergents. — Ecusson 
oblongo-ovale. — Eiytres médiocrement allongées , rétrécies dans leur 
tiers postérieur. — Hanches postérieures étroites, graduellement élar- 
gies en dedans; tarses filiformes, grêles; leur 16' article jamais du dou- 
ble, parfois guère plus long que le 2», le 4» libre. — Mésosternum dé- 
clive. — Mentonnière du proslernum assez avancée; sa saillie postérieure 
fortement Qéchie ; sutures prosternales reclilignes. 

J'ai rédigé cette formule avec l'intention de conserver le genre tel qu'il 
est généralement admis dans les auteurs et les collections, mais l'on peut 
voir combien elle est vague pour ce qui concerne la tête et les antennes; 
celle d'Eschscholtz est peu exacte, et si on la suivait à la rigueur il ne 
resterait plus dans le genre qu'une très-petite partie des espèces qu'on 
y comprend aotuellement (â). 

Ces insectes sont au plus de moyenne taille et ressemblent beaucoup 
aux CAnDioi'Honus mentionnés plus bas. Leur livrée est d'un noir, d'un 
bronzé ou d'un violet obscur uniforme, très-rarement {bipusiulalus) 
relevé par une petite tache rouge sur chaque élytre ; une fine pubescence 
les revêt en entier. Les espèces européennes se trouvent pour la plu- 
part sur les feuilles des végétaux. 

dakùvii, Mannerh. ibid. 1852, II, p. 292. —Esp. de l'Amer. Russe : A . rufiventris, 
Eschsch. Entomogr. p. 71.— ferruginosus, Escliscli. in Thon, loc. cit.— (riun- 
dulatus, Mannerli. Bullet. Mosc. 1853, n" 3, p. 222. — Esp. des Etats-Unis : El. 
discalceatus, Say, Trans. ol tlio Amer. Pliil. Soc. New Sor. VI, p. 89.— A. re- 
fiexus, viltigcr, bicolor, S. L. Le Conte, ibid. X, p. 427. 

(1) Syn. Gambrinus, J. L. Le Conte, Trans. of tlic Amer. Phil. Soc. Ne* 
Ser. X, p. 435. — Aplotarsus pars, Stcpli., Curtis. — Corïmbites pars, Mels- 
beim. 

(2) Les caractères cju'il lui assigne sont ainsi conçus : « Carina frontalis elata; 
tarsorum articulus basalis sequenti parum brovior; antennarum articulus se- 
cundus et tertius minimi. » Lo premier est vrai dans la plupart des cas; le se- 
cond ne s'applique i aucune espèce connue, et, parmi les espèces européennes, 
U n'y a guère que lo minuttis k qui lo dernier convienne exactement. Cela 
n'empêche pas Eschscholtz de citer, comme rentrant dans le genre, presque 
toutes le« espèces européennes. 



ÉLATÉBIDES TRAIS. 183 

Le genre Gambrinds de M. J. L. Le Conte ne semble différer de ce- 
lai-ci que par d'assez faibles caractères, consistanl en ce que le dernier 
article des antennes est du double plus long que le précédent et le t"' ar- 
ticle des tarses un peu plus grand que le second. On peut d'autant mieui 
le faire entrer dans celui-ci, que ce dernier n'a pas de limites réelles. 
L'El. armus de Say (i) en est le type. 

Dans son état actuel , ce genre est presque exclusivemeot propre à 
l'Europe et à l'Amérique du Nord (2), 

CRATONYCHUS. 
(Dej.) Lacord. Faun. ent. d. env. d. Paris, I, p. 631 (3). 

Tête plane ou légèrement convexe ; front arrondi et plus ou moins 
caréné en avant; plaque nnsale fortement transversale. — Antennes 
médiocres, de onze articles ; 1 médiocre, un peu arqué, 2-3 obroniques, 
de longueur variable, plus courts que les suivants, 4-tO en général fai- 
blement dentés, 11 ovalaire. — Yeux grands, arrondis. — Prothorax 
de longueur variable, rétréci en avant ; ses angles postérieurs de lon- 
gueur médiocre, dirigés en arrière, carénés. — Ecusson oblongoovale. 

(1) Trans. of the Amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 435. M. J. L. Le Conte 
cite comme en étant peut-ôlrc congénère, VEl. stigma de Herbst, Die Kaefcr, 
X, p. 86. Dejcan avait placé cet insecte simplement dans le genre actuel. 

(2) Ici se rapportent, pour les espèces d'Europe anciennement connues, les 
Etat, cylindricus Paykull; nigripes, longulus Gyllenh.; hipustulatus, Bruc- 
teri {minutus Payk.) Fab.; parmilus {mus lUig.) Pani.; lythrodes, rubripes 
Germar, minutus Linné; violaceus P. W. J. Millier. — Aj. Esp. Européenne : 
Aplot. maritinius, Curtis, Ann. and Mag. of nat. Hist. V, p. 278; d'An- 
gleterre. — Esp. de l'Amer, du Nord : EL basilaris , auripilis , cylindri- 
formis {cylindriformis? Herbst; Lim. hirticoUis Melsheim.), Say, Journ. of 
the Acad. of Plillad. Ill, p. 172. — El. quercinus^ plebeius (Lim. metallescens 
Melsheim.), Say, Ann. of the Lyc. of New-York, I, p. 262. — El. ectypus, agc^ 
nus, Say, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. VI, p. 167, 171. — Co- 
rymbil. insterstitialis, Melsheim. Proceed. of the Acad. of Philad. Il, p. 215. 
— L. deflnitus, Ziegler, ibid. p. 268. — L. pubicoUis, mirus, aurifer, con/u- 
sus, œnescens, œger, semiœneus, subauratm, pilosus, hispidii^, dubitatis, 
canus, anceps, infernus, vagus, estrialus, J. L. Le Conte, Trans. of the Amer. 
Phil. Soc. New Ser. X, p. -429. — Esp. de Natal : L. silaceus, Bohem. Ins. 
Caffrar. I, p. 394. —Esp. do la Nouv. Zélande : L. zealandicus, A. White, Voy. 
«f the Ereb. and Terr.; Entom. p. 6. 

(3) Syn. Melanotus, Eschsch. in Thon, Entom. Archiv,!!, 1, p. 42; nom déjà 
employé parDejean pour des Carabiques. — Peuhiecos (Dillwyn), Steph. 111. of 
Brit. Entom. Ill, p. 263. — Ctenonyciius Melsheim. —Dans les deux dernières 
éditions du Catalogue do Dcjean, figure également un genre Ctenonychds établi 
par lui sur VElaier marmorosus de Palissot-Beauvois, insecte de Haity qui 
m'est inconnu. U est probable quo ce n'est qn'un Cratonychus de forme un peu 
différente des autres. — Pwopus, Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p. 251. 



184 ÈLATÉRIDES. 

— Elytres allongées, graduellement rélrécies en arrière. — Hanches 
postérieures peu à peu et Taiblemenl élargies en dedans, échancrées au- 
dessus des Irochanlers ; tarses à articles 1 aussi long au moins que les deux 
suivants, ceux-ci décroissant graduellement, 3 de longueur variable, dé- 
gagé , rarement échancré ; crochets élargis et pectines dans la plus 
grande partie de leur longueur. — Mésosternum déclive. — Menton- 
nière du proslernum assez courte, arrondie ; sa saillie postérieure lon- 
gue, fléchie; sutures proslernales subrectiligncs. — Corps allongé. 

Ce genre est, avec les Synai-tus, les CABniopiioncset les Adbastus, 
le seul de la famille dont les crochets des tarses soient pectines. Il se 
distingue des premiers par l'absence des lamelles soiis les tarses, des 
seconds par la forme de son écusson, et des troisièmes par le dernier 
article de ses palpes qui est sécuriforme. Ses espèces sont pour la plu- 
part de taille moyenne, de couleur uniforme et revêtues d'une fine pu- 
bescence couchée. 

Comme dans les Athous, les mâles diffèrent quelquefois de leurs fe- 
melles par leur forme moins lourde et moins massive, leurs antennes plus 
robustes et plus villeuses , leur couleur moins foncée, leurs téguments moins 
pubescents.et plus souvent encore parleur taille beaucoup plus petite. 

Le genre est riche en espèces, mais seulement dans l'hémisphère bo- 
réal, tant dans le nouveau que dans l'ancien continent. Celles d'Europe 
sont des insectes crépusculaires qui, pendant le jour, se réfugient sous 
les écorces ou dans l'intérieur des troncs vermoulus (i).. 

(1) Voyez la monographie du genre qu'a donnée Erlchson in Gcrmar, Zeitschr. 
m, p. 89; elle contient 40 esp., y compris qijatre qu'il n'avait pas yucs en 
nature. Parmi celles qui se trouvent en Europe, on peut regarder comme les 
types du genre les El. niger Fab. (aterrimus 01.), hrunnipes Germar, castor 
nipes Payk, (fulvipes Gyllenh., obscurus 'F.),rufipes llerbst(9 fulvipes H.), 
tous plus ou moins communs. Parmi les espèces exotiques, deux, les C. por- 
rectus Er. de Bornéo et prominens Er. {porrectifrons Dej.) de Java, se font 
reuiarqucr par la saillie de leur carène frontale qui rappelle, en l'exagérant 
encore, celle de la plupart des PiiYsonuiNDS. 

Au travail ci-dessus d'Erichson, aj. Esp. d'Europe : C.longipennis, Kiister, 
Die Ka'fer Europ. XIV, 25; iristis, cinerascens, fascioularis , XXIIl. — 07»- 
j/Uthorax, aspericoUis, sulcicoUis, Mulsant, Opiisc, entom. fasc. VI. — Esp. 
africaines : C. mauritaniens, Lucas, Explor. d. l'Alger.; Entom. p. 1G2, pi. 16, 
t. 6. — africanus, Bohom. Ins. CafTrar. I, p. 409. — Esp. de l'Amer, du Nord : 
El. corticiims, Say, Journ. oftho Acad. of Philad. III, p. 174. — El. cinereiu 
{Crat. laticûUis^r.; Cten. sphenoidalis , ochraceipennis, El. fissilis, Harris), in- 
tipiens, pertinax, tenax, Say, Trans. of tho Amer. Pliil. Soc. New Scr. VI, 
p. 183. — Cten. iestaceus (ungustatus Er.), depressus, parumpunctatus, Me- 
lan. ignobilis , glandicolur, paradoxus , McUlieim. Procecd. of tlio Acad. of 
Phil. II, p. 151. — Crat. longulus, macerj cunealus, incertus, secretus, tror 
pezoideus, tœnicoUis, Leonardi, scrobicollis, incequalis, ex-uberans, verberans, 
emissvs, infaustuSj cribulosus, dubius, oregonensis, longulus (double emploi), 
sagittarius, i. L. Le Conte, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 473. 



iLATÈBIDES VRAIS. 185 

PACHYDERES. 
(Guémn-Ménev.) Latr. Ann. d. l. Soc. eniom. III, p. 149. 

Tête carrée en dessus, faiblement excavée ; front légèrement arrondi 
et assez fortement caréné ; plaque nasale assez épaisse. — Yeux grands, 
arrondis. — Antennes médiocres, de onze articles : t gros, un peu ar- 
qué, 2lrès-court, 3-10 longs, cylindriques, égaux, émettant chacun un 
assez long rameau rétréci à sa base, 11 plus allongé, déprimé, muni d'un 
faux article. — Prolhorax notablement plus large que lesélytres, rétréci 
en avant , médiocrement convexe ; ses angles postérieurs Irès-grands, 
divergents et carénés.— Ecusson oblong. — Elylres peu convexes, gra- 
duellement rétrccies en arrière. — Pattes grêles ; hanches postérieures 
élargies en carré transversal; tarses médiocres; les postérieurs à arti- 
cles 1 presque aussi long que 2-4, 2-3 lrigones,4 cordiforme; les trois 
derniers linement velus en dessous. — Mésofternum long, subhorizon- 
lal, excavé dans toute sa longueur ; ses branches très-minces. — Men- 
tonnière du prosternum assez avancée ; sa saillie postérieure très-longue 
et grêle ; sillons prosternaux reclilignes. 

La forme bizarre du prothorax, qui n'est qu'une exagération de celle 
qu'il affecte ordinairement, constitue, avec le mésosternum, le caractère 
essentiel de ce genre. Il ne comprend qu'une rare espèce ( i ) du Bengale, 
de taille moyenne, noire, avec le prolhorax d'un beau rouge clair ; les 
élytres sont sujettes à être en entier ou en partie de cette couleur; elles 
sont striées, et les téguments très linement villeux. 

La formule qui précède ne concerne que le mile ; je n'ai vu aucun 
exemplaire de l'autre sexe. 

EUDACTYLUS. 
SiLLÊ, Ann. d. l. Soc. entom. S6r. 3, III, p. 266. 

Tête plane ; front arrondi, faiblement ou à peine caréné ; plaque na- 
sale fortement transversale ; cavités antennaires arrondies, très-distantes. 
— Veux médiocres. — Antennes médiocres, p^ois assez courtes, as- 
sez robustes, de onze articles : 1 assez gros, 9l obconiques, égaux, 
4-10 déprimes, plus ou moins dentés, 11 surmonté d'un faux article court, 
mais bien distinct. — Prothorax de longueur et de forme variables; ses 
angles postérieurs saillants, aigus, divergents et longuement carénés en 
dessus (2). — Elylres de longueur variable, médiocrement rélrécies en 

(1) P. ruficollis, Guérin-MénoT. Icon, du Règne anim. Ins. pi. 12, f. 5, ad. 

(2) Dans l'espèce typique il existe un fort tubercule coni(iue au milieu de sa 
>»S6; quelques autres en conservent des traces plus ou moins distinctes; xmis 



186 ÉLATÉBIDES. 

arrière. — Hanches postérieures brusquement dilatées dans leur moitié 
postérieure en une lame transversale étroite ; 1»' article des tarses pos- 
térieurs rarement aussi long que les trois suivants réunis ; ceux-ci dé- 
primés, graduellement élargis, 2 échancré au bout, 3-4 bilobés. — Mé- 
sosternum médiocrement déclive, sa cavité très-large avec ses bords 
tranchants. — Mentonnière du prosternum courte, souvent presque 
nulle et sublronquce ; sa saillie postérieure droite, robuste ; sutures pro- 
sternâtes reclilignes. 

M. Sallé a fondé ce genre sur une belle espèce (l) découverte par lui 
à Haïty. Il y en a depuis longtemps plusieurs autres des diverses parties 
de l'Amérique du Sud et des Antilles, dans les collections où, à l'imitation 
de Dejean, elles sont réunies aux yEoLosd'Eschschollz qui suivent. Elles 
en sont bien distinctes par leurs antennes plus courtes, plus larges et 
munies d'un faux article, l'étroilesse de leurs lames coxales et la struc- 
Inre de leurs tarses. 

Ce sont des insectes de taille rarement un peu au-dessus ou au-des- 
sous de la moyenne, de forme tantôt assez large, comme l'espèce typi- 
que, tantôt svelte, et remarquables par leur système de coloration qui 
varie, du reste, dans chaque espèce, au point qu'il est impossible d'en 
rien dire de général. 

i€OLUS. 

EscHSCB. in Thon, Entom. Arch. Il, 1, p. 33. 

Tête légèrement convexe; front arrondi et médiocrement caréné en 
ayant; plaque nasale fortement transversale ; cavités antcnnaires arron- 
dies, très-distantes. — Yeux médiocres. — Antennes plus ou moins lon- 
gues, faiblement dentées, de onze articles : 1 assez long, médiocrement 
robuste, 2-3 très-courts, obconiques, égaux, 4-10 allongés, suhégaux, 
11 aussi long, ovale. — Prolhoraxplus long que large,- subparallèle; ses 
angles postérieurs longs, aigus, dirigés en arrière, longuement carénés. 

— Elytres graduellement rclrccics en arrière, arrondies à leur extrémité. 

— Hanches postérieures dilatées dans leur moitié interne en une lame 
transversale, assez large, sinuéc ou cchancréc en arrière; 1" article des 
tarses postérieurs aussi long que les trois suivants, cylindrique ainsi que 
ceux-ci, le 4» de toujl^lobé. — Mèsosternum déclive ; ses bords tran- 
chants. — Mentonnière du prosternnm courte, sa saillie postérieure 
droite, fortement comprimée ; sutures prosternales droites. 

dans la plupart 11 a complètement disparu. C'est par conséquent un caractère 
spécifique. 

(1) E. Wapleri, Sallé, loc. cit. p. 267, pi. 14, f. 2. J'en connais neuf autre» 
espèces, toutes inédites. L'une d'elles est VMolus cyani-pennis , Dojean (Cat. 
éd. 3, p. 103), de Cuba; elle s'éloigne fortement des autres espèces par sa 
forme courte et large, tout en appartenant réellement au genre. 



ELATERIDES TDAIS. 



187 

Insectes de taille au plus moyenne, souvent assez petite, ayant beau- 
coup de rapport avec les Elater par la plupart de leurs caractères 
comme par leur forme générale, mais s'en distinguant aisément par la 
structure du dernier article de leurs tarses. Leur système de coloration 
est d'une constance remarquable ; ils consistent en taches, lincoles ou 
bandes noires sur un fond jaune, ou vice vcrsâ. Il y en a dans les col- 
lections beaucoup pour la plugart américains, mais très-peu sont décrits. 
Le genre existe également en Afrique et même en Europe («)• 

ELATER. 

Linné, Syst. Nat. cd. 12, II, p. 651 (2). 

Tête plus ou moins petite, régulièrement convexe ; front en général 
paraboliquemenl arrondi et subanguleux dans son milieu, avec les ca- 
vités anlennaires grandes et rétrécissant la plaque nasale. — Yeux mé- 
diocres. — Antennes ne dépassant pas beaucoup le prothorax et dentées 
chez la plupart, de onze articles : 1 médiocre, les autres variables. — 
Prothorax au moins aussi long que large, généralement assez convexe 
et rétréci en avant; ses angles postérieurs médiocres, dirigés en arrière 
et presque toujours fortement carénés. — Hanches postérieures dilatées 
dans leur moitié interne en une lame transversale , sinuée en arrière 
et terminée par une dent plus ou moins forte; tarses grêles, parfaite- 
ment filiformes , ciliés ou finement villcux en dessous ; leur 1" article 
aussi long que les deux suivants, le 4° entier. - Mésosternum déclive. 
— Mciitoiinière médiocrement avancée chez la plupart; sa saillie pos- 
térieure plus ou moins fléchie ; sutures proslernales variables. 

De ces caractères trois seulement sont essentiels, à savoir : la formede 
la tète, celle des lames coxales postérieures et celle des tarses. Toute 
espèce du groupe actuel qui les possède tous trois, en même temps qu'un 
ccusson oblongoovale, rentre pour moi dans'le genre, quels que puis- 
sent être d'ailleurs son faciès et les modifications que subissent les an- 

(1) Esp. d'Europe: ^i. cruci/'er, Rossi, Faun. etnisc. I, p. 183; répandu de- 
puis l'Italie jusque dans la Russie mér. — Esp. africaine : M. inscriptus, 
Erichs. Archiv, 1843, I, p. 225; Angola. — Esp. américaines : El. scnptus, 
Fab. Syst. El. II, p. 244; du Br(5sil; type dn genre — El. nigromaculatiis. 
Drapiez, Ann. gén. d. Se. phys. 111, p. 271, pi. 42, f. 2; de Cayenne. - jE.cal- 
Uzonm, Guérin-Ménev. Mag. d. Zool. Ins. 1838; Voy. d. 1. Favor. p. 24, pi. 229, 
t. 2; du Pérou. 

(2) Syn. Ampedhs, (Mcg.) Dej. Cat. éd. 2, p. 92. - Melxnoxanthus, Eschsch. 
ïn Silbcrm. Revue Zool. IV; Tableau. — Hetekobehes, Latr. Ann. d. 1. Soc. 
entom. 111, p. 155. — Ischnodes, Germar, Zeitschr. V,p. 180. — Debohecos, 
GiUHMoPHonus, Mecothorax, Solier ia Gay, Histor. d. Chilo: Zool. V, p. U, 
20,22. 



^°8 CLATÉniDES. 

tennes(l). Dans ces limites, il ne peut être coufonda qu'avec les Arnoos, 
les LiMONiDs, les Eddactylus et les iEoLos : il se distingue des deas 
premiers par ses hanches postérieures, et des deux derniers par la sim- 
plicité du pénultième article des tarses. 

Même en se bornant à celles de l'Europe, les espèces que les auteurs 
les plus récents y comprennent d'un commun accord se divisent en deux 
sections , passant insensiblement de l'une à l'autre, et qui conduisent 
graduellement chacune à quelques-uns dae genres cités en synonymie. 

La première (2) se compose d'espèces à antennes médiocres, très-dis- 
tmctemenldenléesàpartir du 4'iarlicle, dont les sutures prosternâtes 
sont concaves et dont le corps est assez large ; la plupart sont en même 
temps noires avec les élytres en totalité ou eu partie d'uu beau rouge 
ou d'un jaune clair. 

A elle se rattachent direclement les genres Iscunodes de Germar et 
Mblanoxantuus d'EschschoItz. 

Le premier, composé ûcVEl.sanguinicolUs de Panzer (s), ne diffère 
des espèces en question que par ses antennes plus longues, plus forte- 
ment dentées, mais à partir du 3" article. 

Le second, ayant pour type \'El. mdannccphaius Fab. (4) des Indes 
orientales, est uniquement caractérisé par ses lames coxales postérieures 
un peu moins larges que de coutume et ses sutures prosternales droites. 

La seconde section comprend des espèces à antennes plus longues, 
plus grêles, à peine ou non dentées, dont les sutures prosternales sont 
rectilignes et dont le corps, plus étroit et plus svelte, est souvent en en- 
tier d'un noir profond (5). Elle conduit aux genres suivants qui, tous, 
ont des antennes analogues. 

(1) La vestiture des tarses n'offre pas plus do ressources pour la classifica- 
Uou. ChDï les espèces typiques cite ne consiste qu'on quelques cils peu serrés, 
puis graduellement ces organes so revêtent d'une villosit6 très-line et très- 
courte qui no forme jamais ni pelotes ni une brosse proprement dites. 

(2) Types : El. sanguineus, prœusius, crocatus, elongatuliis,ephippium, etc., , 
d'Europe. 

(o) Faun. Ins. Germ. VI, 12. Germar a plus tard (Faun. Ins. Europ. XXIV, 6) 
réuni à ce genre Iscunodes son El. acuticoniis (Ins. Spec. nov. p. 57), en quoi 
a a été suivi par M. L. Redienbacher (Faun. Austr.; Die Ksfer, p. 30'!). Mais 
comme ce dernier a le 3° article des tarses muni d'une lamelle, cette réunion 
me semble forcée et je crois que cet insecte doit former un genre nouveau 
qu'on pourrait placer après les Anchastus et les Buacuïcuepius dont la tête 
ressemble à la sienne. 

(4) Syst. El. II, p. 239; et Oliv. Entom. II, n» 31, pi. i, t. 36. Les caractères 
assignés par Eschsclioltz h ce genre sont pou exacts, et Germar (Zeitschr. T, 
p. 191) les a exposés de nouveau. Il est, du reste, si peu distinct de celui-ci 
que Germar en a compris nno espèce dans ce dernier, son Ampedus semifla- 
vus (loc. cit. p. 163) ; de l'Australie. Une troisième est le Uel. i-guttatus Erichs. 
(Archiv, 1842, 1, p. 139), du même pays. 

(5) Le passage entre les deux sections a lieu par les El. Megerlei, nigri- 



ÉLATisniDES TRAIS. 189 

Celui que Latreillc a nommé Heteroderes (1), sans cette structure 
des antennes, appartiendrait au premier groupe dont il ne diffère que 
par son prolhorax plus ample que de coutume, un peu dilaté au-dessus 
des angles postérieurs et muni à sa base d'un tubercule médian. 

Quant aux genres Deromecds (a), MECornoRAX (s) et Grammopuo- 
BBS (*) de Solier, que j'ai sous les yeux, tous trois ont en commun des 
antennes Ircs-grôles, composées d'articles obconiques, avec le 2° et le3e 
peu différents des suivants ; un prolhorax plus long et plus parallèle 
que celui des précédents, et des élytrcs plus rélrécies en arrière, ce qui 
leur donne un facics particulier assez voisin de celui des Atiious. Seu- 
lement, chez les deux premiers les sutures prostcrnales sont concaves, 
tandis qu'elles sont rectilignes chez le troisième. Les caractères distinc- 
tifs que leur assigne Solier consislcnl en modifications de la lèvre infé- 
rieure qui n'ont aucune valeur générique dans la famille actuelle, et quel- 
ques différences dans la grandeur relative des articles des antennes 
et des tarses. 

La plupart des Elater habitent l'hémisphère boréal dans les deux 
continents. Les espèces d'Europe se trouvent sur les feuilles ou les 
fleurs des végétaux, peut-être plus fréquemment encore sous les écorces 
ou dans le détritus des arbres vermoulus (s). 

nus, etc., qui conduisent aux EL tibialis , anthracinus et espèces voisines chei 
lesquelles les antennes ont complètement cessé d'être déniées. Il y a d'autres 
espèces (par ex. nigerrimus) qui, avec ces organes aussi deutés que dans la 
première section^ ont les sutures prostcrnalcs rectilignes. 

(1) Latreillc a fondé ce genre sur une espèce inédite du Sénégal qu'il ap- 
pelle fuscus et que je no connais pas. Les caractères qu'il lui assigne s'appli- 
quent parfaitement à, l'El. complanatus, Klug (1ns. v. Madag. p. 67), et c'est 
d'après ce dernier que je parle dii genre. 

(2) D. angustatus, fUicornis, attenualus, vulgaris, rubricolUs, thoracicus, 
parallelus, Solier, loc. cit.; du Chili. Il y a dans les collections un assez grand 
nombre d'espèces do l'Amérique du Sud qui rentrent dans ce genre et les deux 
suivants. 

(3) M. castaneipennis, Sol. loc. cit. p. 22, Col. pi. 13, f. 12. 

(4) G. ruflpennis. Sol. loc. cit. p. 21, Col. pi. 13, f. 11. 

(5) Voyez la Monographie que Germar a donnée (Zeitschr. V, p. 153) dii genre 
auquel il conserve le nom d'AMPEOus. Elle contient il esp. décrites ex visu, 
savoir : Esp. d'Europe : El. sanguineus h., lythropterus Stcpli. {cinnaberi- 
nus? Eschsch.) cphippium F., prœustus F., pomorum Geoffr. (elongatulm 
Zett., ferrugntus Casteln.), cracn(«s Geoll'r. {embescens? Eschsch.); baltea- 
tusL.. elongafulusV., ekgantulus Herbst {udmius Eschsch., auslriacus Cas- 
l«ln.)^ trisHs L., sinuatus Gcrm., erylhrogonus P. W. J. Millier [auritiu 
Schh.), Megerlei Casteln., brumticurnis Germ., scrofa Gcrm., obsidiantLS 
Germ., nigrimts Payk. [pilosulus Herbst), subcarimlus Gcrm., lugens W. Red- 
tenb., criArorius Germ. — Esp.de l'Amer, bor. : El.sanguinipennisSAy,p}u»- 
nicopterus Germ., apkatusSay {melanopygus Germ.), pnUm Gcrm., Imbalis 



190 ÊLATÉBIDES. 

CRYPTOHYPNUS. 
EscBscB. iu SiLBERH. Rev. etitom. IV; Tableau (l). 

Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme ou subovalaire. — 
Tôle courte et large, légèrement convexe; front plus ou moins paraboli- 
qucment arrondi et tranchant en avant; plaque nasale nulle; fossettes 
antennaircs en triangle aigu. — Yeux médiocres. — Antennes en gé- 
néral médiocres, filiformes, de onze articles : 1 gros et plus ou moins 
allongé, 2 court, 3-10 obconiques, subégaux, 11 ovalaire. — Prothorax 
transversal ou un peu plus long que large , arrondi sur les côtés dans 
son milieu; ses angles postérieurs courts, le plus souvent carénés. — 
Ecusson brièvement ovale ou ovale-oblong, tronqué à sa base. — Ely- 
Ires courtes, subparallcles et largement arrondies en arrière, rarement 
plus allongées et atténuées postérieurement. — Hanches postérieures 
assez brusquement et fortement élargies dans leur moitié interne; tarses 
médiocres, ciliés, Oliformes ; leurs articles 1-4 décroissant graduellement. 

Uerhsl, discoideus F., UntettsSiLj (lugubrisP!i\.-JiesiLin.,Germ.), mililarisllur- 
ris, mflTicoKis Herbst, xanlhomus Gorm., obliquus Sa.j {scitulus Germ.], pusio 
Cerm., rufilabris Gcrm., concimms Gcrm., rubrkollis Hcrbst {verticims Say), 
collaris Say, nigricans Germ. (testaccipes Melsh.), pedalis Germ. {rufipes? 
Pal.-Beauv.). — Esp. de Sllkha : M. carbonicolor EsoUsch. — Esp. du Brésil : 
El. dorsiger Germ. 

Aj. Esp. d'Europ'e : El. rufltarsus, Desvign. in Newm. Tho Entora. p. 326; 
d'Angleterre.— .4mj). Chaluzii, Guérin-Ménov.ReT. zool. 1847, p. 7 {E. i-si- 
gnaius Schh.) — Amp. ruficeps, melanurus, Mulsant, Opusc. entom. fasc. VI, 
p. 29 et 199. — Esp. de la Sibéila : Amp. suiuralis, Gebler, Bull. d. l'Acad. d. 
St.-Pétersb. III, p. 99. — Amp. basalis, Mannerh., Bull. Mosc. 1852, II, p. 291. 
— Esp. de l'Amer, du Nord : El. mixtus, Horbst, Die Kœfer, X, p'. 54. — 
ruhriais, Say, Ann. of tlic Lyc. of Now-York, I, p. 261. — areolatus , Say, 
Jouru. of tl.e Acad. of Phllad. IU, p. 167. - semicinclus , Randall, Boston 
Journ. of nat. Hist. II, p. 10. — humeralis, impolitus, hepaticus, fuscatus, 
ursulus, Melsheim. Proceed. of tho Acad. ofPhilad. Il, p. 159 et 213. — tur- 
bulentus, lœsus, Sayi {oblessm Say), vitiosus, luctmsiis, socer, moleslus, la- 
custrts, fusculus, deletus, miniipennis, palans, luteolus, prolervus, stigmosus, 
i. L. Le Conte, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 4G3. Suivant 
l'auteur, VAphamOiu^ Sturmii de Gcrmar (Zeifschr. V, p. 188) appartient aussi 
au genre. 

Les Ampedus suivants de la côte de Guinée sont douteux quant au genre : 
A. Savagei, cyanocephaltis, auripennis, [ris, cyanicolUs, auricolliSj Hope, 
Ann. and Mag. of nat. Hist. X, p. 365. - perpukher, Westw. ibid. VIII, 
p. 205. 

(1) Syn. Hypolitiius, Eschsch. in Thon, Entom. Arcbiv, II, 1, p. 33- olim; 
nom déjà employé par Dcjean pour des Carabiques. — Drastebius, Eschsch. 
ibid. — Oopiionus, Eschsch. in Silberm. loc. cit. — Hypnoidus, Steph. 111. of 
Brit. Entom. IU. — Monocrepidius pars, J. L. Le Conte, Trans. of the Amer. 
PliU. Soc. New Ser. X, p. 484. 



ÉLATËBIDES VaAIS. 191 

— Mésostcrnutn déclive. — Mentonnière du prosternum avancée, re- 
couvrant la bouche en dessous; sa saillie postérieure courte et robuste; 
sutures prosternales rectilignes ou légèrement convexes en dehors. 

C'est dans ce genre que se trouvent les plus petits Élatérides con- 
nus. Ses plus grandes espèces atteignent au plus et rarement quatre 
lignes de long, et parmi les petites il en est (par ex. minulissùnus, lili- 
fiulanus) qui n'ont pas plus d'une demi-ligue. Leur livrée est ordinai- 
rement d'un noir ou d'un fauve uniforme, mais il n'est pas rare qu'elle 
présente un mélange assez élégant de ces deux couleurs. 

Eschschoitz avait partagé le genre en trois, d'après des caractères de, 
trop faible valeur pour que cette division soit admissible. 

Il réservait le nom de Crvptohypnds aux espèces (i)dont le dernier 
article des palpes est distinctement sécuriforme et l'écusson en ovale 
Irès-courl et presque arrondi ; celui d'Oopnouus à celles qui, à des pal- 
pes seftiblables, réunissent un écussonun peu plus allongé (2); onGnses 
DBASTEnius étaient caractérisés par un écusson également oblongo- 
ovalc, le dernier article des palpes subovalaire et des jambes garnies de 
courts cils sur leur tranche externe (^), à quoi l'on peut ajouter que les 
angles postérieurs de leur prothorax sont plus longs que dans les es- 
pèces précédentes. Germar, qui a donné une monographie de ces in- 
sectes {*), me parait avoir eu raison de réunir ces trois genres en un 
seul, attendu qu'il y a des passages insensibles entre eux. 

(1) Types : El. riparius, érpustulatus ¥., rivularis Gyll. etc.; d'Europe. 

(2) Esctischoltï n'en a cité aucune espèce en particulier. On pont se faire 
une idée de l'étit dans lequel se trouve la classification des Élatérides dans les 
collections, tn voyant commont Dcjcan avait composé ce genre Oophorus dans 
la sienne (Cat. éd. 3, p. 105). Germar, qui l'a eue entre les mains, nous apprend 
(Zcitsclir. V, p. 136) que les 0. elegans et amœnus sont des /Eolus; les blan- 
dus, diledus, gentilis, des Monocrepidics ; le bistrigahis un Dolopids, le deli- 
catulus un Ampedus, enfin que les trinolatus et quadrilineattis appartiennent 
k un genre à faire. 11 en est à pou près do mémo pour la plupart des espèces 
exoti(iues de la famille dans toutes les collections qui me sont passées sous les 
yeux. 

(3) Type: D. bimaculaius F., d'Europe; triangularis Eschsch.; de Manille. 

(4) Zcitsclir. V, loc. cit. Ce travail contient 29 espèces, plus un certain nom- 
bre mentionnées dans les auteurs et que Germar n'avait pas vues en nature. 
11 divise le genre eu deux sections. 

A. Ecusson large; 1"'' article des antennes turbiné: C. hyperboreus Gyll. 
{planaius Eschsch.), riparius F., rivularius Gyll. {riparitis Panz.), curtus 
Gcrm., pukhellus L., i~pustulatus F. (quadrum Gyll.), tetagraphus Germ. 
{ir^ustulatus Payk., érguttatus Castoln.), dermestoides Herbst (A-pustulatus 
var. Gyll.), lapidicola, mit)utissimus, liliputamis Germ., d'Europe; UHoraUs, 
bicolor EscbscU., du Kamtschatcka; nocturnus Eschsch., de Sitlia; silaceipes 
Germ., de l'Amer, bor.; ochreatus, bilœsus Germ., du Brésil. 

B. Ecusson ovale ; 1»' article des antennes fusiforme : C. bimaaUotus F., 



192 ÏLATÈRIDES. 

Les Chyptohtpwds habitent plus particulièrement l'hémisphère bo- 
réal et ont des mœurs fort dift'érentes de celles des autres Ëlatérides. 
On ne les trouve que sous les mousses, les pierres et principalement 
dans le sable aux bords des eaux courantes. 

CARDIOTARSUS. 
EscuscB. in SasERU. Rev: entom. IV; Tableau. 

Mêmes caractères que les CAnDiopnoBus qui suivent, sauf les deux 
•(koints suivants : 

Pénultième article des tarses aussi grand que le précédent et cordi- 
forme — Saillie prosternale de longueur normale el fléchie. 

Tout le reste est semblable à ce qui existe chez les CAnoioPHOROs, y 
compris la disparition des bords du pronotum de chaque côlé ; seule- 
ment il n'y a aucune trace des sulures qui, dans le genre suivant, le sé- 
pare des parapleurcs prothoraciques. Le genre paraît propre, à l'Afri- 
que, où il est répandu depuis le Sénégal jusqu'au Cap. Ses espèces res- 
semblcnl beaucoup, sous le r;ippori de la forme, au Cardioplwrus equiseli 
d'Europe, mais elles sont beaucoup plus grandes, d'un brun noir ou rou- 

utricapillits Gcrm., d'Europe; Rossii Germ., de la Russie méi-.; figuratus, 
grisescens,mmculus Girm.,d'E,gypte; triangularis Eschscli., de Manille; cir- 
ciimscriplus Cicrm., dorsalis, bellus Say, de l'Amer, bor.; Saukii, Gaudichau- 
dit Guérin-Ménev., du Pérou. 

Ce sont les espèces de l'Amérique du Nord appartenant à cette section que 
M. J. L. Le Conte (loc. cit.) a reportées parmi les MoNOcnEPiDins, mesure que je 
ne saurais adopter. Ce savant entomologiste no laisse dans le genre actuel que 
les espèces qui ont les sutures prostcrnalcs un peu convexes en dehors et les 
tarses plus hérissés de cils que les autres. 

Aux espèces ci-dessus décrites par Germar, aj. Esp. d'Europe : C. flavipes. 
Aube, Ann. d. 1. Soc. entom. Sér. 2, VIII, p. 338. — C. pallipes, Kiister, Die 
Kfefer, Europ. XV, 19; crua;, quadrisignahis, X'VIII, 15, 16. — C. consobrinus, 
gracilis, Mulsant, Opusc. entom. fasc. Yl, p. 30. — Esp. africaines: Oophor. 
algirinus^ Lucas, Explor. de l'Algérie; Entom., p. 166. —Oophor. flavono- 
tatus, effitsus, Bohem. Ins. Caffrar. I, p. 407; Natal. — Esp. do la Sibérie : 
C. canalkulalus, Gcbler, Bull. Mosc. 1841. p. 583.— C. deprossus, gibbus, 
mfescens, Gebler, ihid. 1847, II, p. 412. — Esp. de l'Amer, russe : C. limbatus, 
Mannsrh. Bull. Mosc. 1852, I, p. 327. — Esp. de Californie et des Etats-Unis : 
C ptiberulus, Mannerh. ibid. 1843, p. 240. — El. exiguus {ptdchellux? L.), 
Randall, Boston, Journ. of nat. Hist, II, p. 35. — El. pectoralis, Say, Trans. of 
the Amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 173. — C. guttalulus, obliquatulus, 
Melshelm. Procced. of the Acad. of Philad. II, p. 214. — Jl/onocr. comis, li- 
vens, amabilis, lepidus, C. lacustris, piscescens, tumescens, squalidus, orm- 
tui, striatulus. futilis, inops, J. L. Le Contn, Trans. of the Amer. Phil. Soc. 
New Ser. X, p. 484 sq. — Esp. de la Nouvelle-Zélande : Drast. nigellus, 
A. 'Whitc, Voy. of the Ereb. and Terr.; Entom. p. 7. — Esp. de Taity : Ooph. 
jinsicdjilis, L. Fairm. Revue et Mag. d. Zool. 1849, p. 357. 



ÉLATÉRIDES VRAIS. 193 

geûlre uniforrae et revêtues d'une pubescence grise plus ou moins abon- 
dante. Mais il n'y en a jusqu'ici aucune de décrite, à ma connaissance ; 
une d'elles figure seulement dans le dernier Catalogue de Dcjean sons 
le nom de C. capensis. Les collections en contiennent cinq à six autres. 

CARDIOPHORIIS. 
EsoHSCH. in Thon, Enfom. Arch. II, 1, p. 34 (1). 

Tête légèrement convexe ; front paraboliquenietit arrondi chez pres- 
que tous, plus ou moins caréné; plaque nasale transversale. — Yeux 
médiocres.— Antennes assez longues, simples, rarement un peu dentées, 
de onze articles ; 1 médiocre, gros, ovalaire, 2 court, obconique, 4-11 sub- 
égaux, le dernier ovalaire. — Prothorax le plus souvent transversal, 
convexe, arrondi sur les côtés, avec les bords du pronotum complète- 
ment effacés et arrondis chez la plupart, bi-sinué en arc de cercle à sa 
base. — Ecusson en cœur régulier, acuminé en arrière, étroitement 
cchancré en avant. — Elytres assez courtes, rétrécics et arrondies à 
leur extrémité. —Hanches postérieures presque nulles en dehors, brus- 
quement et fortement dilatées au côté interne; 1er article des tarses pas 
beaucoup plus ou pas plus long que le 2», le 4" simple|^ez le plus grand 
nombre, légèrement cordiformc ou très-court chez les autres et alors 
muni d'une lamelle; crochets variables. — Mésosiernum vertical, ses 
bords parfois saillants en avant. — Parapicurcs du prosternum très-sou- 
vent séparées du pronotum par une Gne suture ; sa mentonnière assez 
saillanle; sa saillie postérieure très-courte, cunéiforme; sutures pros- 
ternâtes en général concaves. 

La brièveté delà saillie prosternale, combinée avccla forme de l'écus- 
son el celle des hanches postérieures, distingue essentiellement ces in- 
sectes des autres Élatérides. Ils présentent en outre plusieurs particularités 
qui , bien que souffrant quelques exceptions, leur sont exclusivement 
propres, à savoir la disparition de celle carène tranchante qui termine 
le pronotum sur les côtés dans la famille actuelle, et son remplacement 
par une suture qui limite ce dernier en dessous. Les crochets des tarses 
sont trcs-variables chez ces insectes, et si l'on n'avait égard qu'aux mo- 
difications qu'ils éprouvent, il faudrait diviser le genre en plusieurs, 
mais il est manifeste qu'ici ce caractère n'a qu'une valeur de sections. 

Parmi les genres cités en synonymie, deux seulement nécessitent un 
mol d'observation. 

Je ne connais pas plus qu'Erichson les deux espèces du Brésil (ephip- 
piger, libialis) sur lesquelles Eschscholtz a établi son genre Aptopus 

(1) Syn. Aptopds, Eschscli. loc. cit. p. 32. — Dichontchus, Briillé, Eipéd; 
a. Morée; Eutom. p. 138. — Caiodbrbs et ArtOTAnsus (pars), Stepli. 111. of 
Brit. Entom. lU. 

Coléoptèret. Tome IV. 13 



191 ËLATÉBIDBS. 

qu'il dit lai-méme êlre voisin de celui-ci et auquel il assigne pour tous 
caractères des crochets des tarses pectines , des angles postérieurs du 
prothorax très-courts et des éiytres munies d'une carène latérale. Je 
crois qu'Erichson a eu raison de le réunir à celui-ci. 

Quant aux deux autres espèces de Morée que M. Brullé a rapportées 
au genre DiCRONycnos d'EschschoItz (l), il n'y a pas à douter que ce 
sont de vrais Cardiophorus, comme l"a dit Germar (2), et qui n'ont rien 
de commun avec le genre en question, ainsi qu'on le verra plus bas. 

Les CAUDiopnoncs ont pour la pluparl, par leur forme générale, des 
rapports réels avec les CRYPtonTPnos. Ce sont presque tous d'assez pe- 
tits insectes, peu allongés et dont les élylres contrastent par leur faible 
eonvcxité avec le prothorax qui est toujours plus ou moins renflé en des- 
sus. Leur livrée est habituellement d'un noir ou d'un fauve uniforme, 
mais plusieurs (par ex. ihoracicus, ruficollis, discicollis) ont le prolho- 
ras en totalité ou en partie d'un beau rouge sanguin ; d'autres (par ex. 
higutlalus) ont des taches de cette couleur sur les éiytres. Dans nos ' 
climats ces insectes vivent principalement sur les fleurs. 

Le genre a une distribution géographique très-étendue, et le nombre 
de ses espèces décrites s'élève à près de 140 (s). 

• Noie. 

Les trois genres suivants, surtout les deux prenaiers, semblent apparte- 
nir au groupe actuel. 

(1) D. obesus, messenicus, BniUé, loc. cit. pi. 35, f. 7, 8. 

(2) Zeitschr. V, p. 249, note. Germar a en mémo temps donné les carac- 
tères du genre Dichonycuus sur une espèce du Brésil qu'il nomme apicalis. 
Erichson l'a rapportée également au genre actuel, et elle figure sous ce nom 
dans la note suivante. 

(3) Erichson (in Germar, Zeitschr. H, p. 279), dans une monographie, qui ne 
comprsnd que celles existant au Muséum d'Histoire naturelle de Berlin, en a 
décrit 109 qu'il répartit dans les sections suivantes : 

L Pénultième article des tarses simple. 

1. Crocluts des tarses simples : 54 esp. parmi lesquelles C. thoracicus F., 
discicollis Herbsl, ruficollis L., ulcerosus, argiolus Gcné, ^unctatws UUg. 
(signatiÀS 01.), bipunctatus, bigutlatus F. etc.; d'Europe. 

2. Crochets des tarses munis d'une dent médiane : 20 esp. : C. cinerew 
Herbst {pilosus Payk., W'eiert Waltl), equiseti Herbst {filiformis Rossi), nir 
bripes Germar (Ç Pollux Germar), testaceus Fab. (var. fugaxV.),6lc.; d'Eu- 
rope. 

3. Crochets des tarses fendus au bout (DiCRONYonns? Eschsch.) : 7 esp. de 
l'Amer, du Sud: C. effusus, oblitus, ligatus, relictus, du Brésil; dioptricus, 
exoktus, atiemiatus Er., de Colombie. 

4. Crochets des tarses tridentés : 5 esp. do l'Amer, du Sud : C. longicoUis, 
du Brésil; pJojfioto, du Para, cayennensis, de Cayenne; oxilioris, patrie non 
Indiquée. 

5. Crochets des tarses pectines (Aptopds Eschsch.) : 9 esp. américaines : 



ÉLATÉBIDES TBAIS. 19S 

CREPIDOPHORUS. 

MoLS. et Gdillei). in Mdls. Opusc. entom. Fasc. 2, p. 189. 

La formule assignée à ce genre par ses auteurs est excessivement 
longue et surchargée de détails sans valeur générique. Réduite à ses 
points essentiels, elle peut s'établir ainsi ; 

Mandibules simples au bout. — Tète concave à sa partie antérieure ; 
front obtusément arrondi et caréné en avant.— Antennes médiocres, de' 
onze articles : 1 obconique, à peineplus long que 4, 2 petit, globuleux, 
3-10 déprimés, fortement dentés. Il plus long que 10, subfiliforme, 
muni d'un faux article. — Prolhorax plus long que large, subparallèle 
dans ses trois quarts postérieurs ; ses angles postérieurs saillants et obtus. 

— Ecusson subcordiforme, plus long que large. — Elytres de moitié au 
moins plus longues que le prolhorax. — Hanches postérieures graduel- 
lement élargies au côté interne; tarses à articles 2-3 avancés chacun sous 

C. pruinosus,- concoloi; lateralis, basalis, spadiceus, decumanus, linearis, 
campylinus, du Mexique; agresiis, du Brésil. 
U. Pénultième article des tarses muui d'une lamelle. 

1. Crochets des tarses simples : 3 esp. africaines : C. dorsalis Et., du Cap; 
tabidus Er., vitettinm Klug, de Madagascar. 

2. Crochets des tarses munis d'une dent médiane : 9 esp. de divers pays . 
C. brunneicoUis Er., de l'ilo Maurice; dispilus Klug, de Madagascar; placidus 
troglodytes {Monocrepiditis id. Germai), hepaticus, prœcox, infimus, incons- 
picuus, i-vulneratus Er., do l'Amer, du Sud. 

3. Crochets des tarses fendus au bout : 2 esp. de l'Amér. du Sud : C. sordi- 
dus Er., de Bahia; debilis Er., de Colombie. 

Aj. : Esp. d'Europe : C. formosus, Curtis, Ann. and Mag. of nat. Hist. Y, 
p. 278; Angleterre. — pic<«i, Germar, Faun. Ins. Europ. XXIII, 6; Turquie! 

— curtulus, Mulsant, Opusc. entom. fasc. VI^ p. 197; de France. — Esp. 
asiatique : C. cyanipennis, Muls. et Wachanr, Mém. de l'Acad. de Lyon, Nouv. 
Sér.; Se. II, p. 2; Caramanie. — Esp. indiennes : C. vicinus, consenraneus , 
KoUar, u. L. Redtenb. in Hiigels Kaschmir, IV, 2, p. 507; Cachemire. — 

Esp. africaines : C. 6-maculalus, Lucas , E.xplor. d. l'Alger, p. 164. abdo- 

minalis, Aube, Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, YIU, p. 337; Algérie. — fulvicor- 
nis, Erichs. Archiv, 1843, 1, p. 225; Angola. — byssinus, convexicoUis, ve- 
tusfus, binotntvs, svturalis, prcemorsvs, seriesetulosvsj carinicotlis, Bohem. 
Ins. Caffrar I, p. 396; Natal. — fomiatm, vestitus, lateritius^ rufescens, Klug, 
Monatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 647; Mozambique.— Esp. de l'Amér. du 
Nord : El. cardisce, Say, Journ. of the Acad. of Philad. III, p. 169. — El. cu- 
riatus, Say, Trans. of the Amer. Pliil. Soc. New Ser. VI, p. 173 {areolatus 
Er.). — c. amiclus ( erythropns Er.) , Melsheim. Procecd. of the Acad. of 
Phil. II, p. 158. — c. saiurninus, Dejeanii {convexus Er.), tumidicoUis, con- 
vexulm, tenebrosus, obscums, robustus, sufflatus, inanus, tramfugus, 
i. L. Le Conte, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 497. — Esp. du 
Chm : C. elegans, palUpes, depressus, Solier in Gay, Hist. de Cliile; Zool. V, 
p. 16. 



196 iLATÊBIDCS. 

l'article suivant en forme de sole membraneuse (i). 'e l"' des postérieurs 
aossi long que les deux suivants réunis. — Cavité mésosternale pro- 
fonde ; ses bords parallèles dans leurs deux tiers antérieurs. — Men- 
tonnière du prosternum saillante, arrondie en avant. 

Le type du genre {C anlhracinus) est répandu dans diverses parties 
de la France, etMM. Mulsant et Guillebeau soupçonnent que c'est ri4ni- 
pedus anlhracinus de Dcjean ; mais ce dernier est beaucoup plus petit 
que l'insecte qu'ils décrivent et présente des caractères différents. Si 
celui-ci possède réellement des lamelles sous les tarses , il est probable 
qu'il doit rentrer parmi les Heterocrepidius. 

OEDOSTETHUS. 
J. L. Le Conte, Trans. of Ihe Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 489. 

~ Front plan, semi-circulaire et caréné. — Labre arrondi en avant. — 
Mandibules un peu saillantes, obtuses au bout. — Antennes assez lon- 
gues, à peine dentées, à articles I obconique, médiocre, 3 du double 
pins long que 2 et pas plus court que le suivant, 11 aigu au bout, sans 
faux article. — Prothorax plus long que large, convexe, arrondi sur les 
côtés: ses angles postérieurs petits, divergents. — Ilanches postérieures 
élargies presque subitement au côté interne ; tarses allongés, Irès-gréles; 
leurs articles 1-4 décroissant graduellement; crochets munis d'une forte 
dent médiane. — Mésosternum déclive. — Mentonnièr,e du prosternum 
très-courte, sa saillie postérieure droite; sutures prosternales un peu 
convexes en dehors. 

M. J. L. Le Conte place ce genre à la suite des Cuyptohypnus 
dont il parait en effet très-voisin. Il ne contient qu'une petite espèce 
(0. femoralis) de forme cylindrique , d'un noir brunâtre avec les deux 
1ers articles des antennes et les pattes fauves. Elle se trouve dans les 
parties boréales des Etals-Unis. 

COPTOSTETHUS. 
WoiLAST. Ins. Madtrens. p. 238. 

Dernier article des palpes maxillaires subfusiforme.oblifjuemetit tron- 
qué au bout. — Mandibules robustes, très-aiguës au bout, avec une dent 
avant leur sommet. — Antennesde la longueur destrois quarts du corps, 
à articles 1 robuste, 2 subglobuleux, 3-11 obconiques , subégaux. — 

(1) Ces expressions, que je copie textuellement, no sont pas suDisamment 
claires. Dans une foule d'Élatérides, les deux ou trois 1"" articles des tarse» 
empiètent un peu sur l'article qui suit chacun d'eux, sans qu'il existe pour cela 
des lamelles. Si peu d'espèces européennes possèdent de ces dernières, que Je 
douterais volontiers qu'il en existe dans le genre actuel. 



ÉLATÉBIDES TRAIS. 197 

Prothorax ample, transversal, rétréci en avant et à sa base, arrondi sur 
les côlés , convexe ; ses angles postérieurs très-saillants. — Elytres 
courtes, régulièrement ovales. — Pattes longues ; tarses filiformes , al- 
longés ; leurs articles 1-4 décroissant peu h peu, 5 très-long. — Pros- 
ternum saillant en avant; sa saillie postérieure très-aiguë, reçue dans 
une cavité du mésostornum. — Corps aptère. 

Ce genre, comme le dit M. Wollaslori , semble également voisin des 
Cbyptouypncs, quoique l'absence de détails sur la forme du front laisse 
dans le doute à cet égard. On ne voit pas non plus par la formule qui 
précède, ce qui lui a valu le nom qui lui a été imposé. 

Il a pour type une petite espèce de moins de deux lignes de long (i), 
de forme large et subovale, d'un noir brunâtre avec un léger reflet bronzé, 
et revêtue partout de longs poils redressés. Malgré sa petite taille , elle 
est très-intéressante au point de vue géographique, car c'est la seule 
espèce d'Élatéride découverte jusqu'ici à Madère, où elle est Itès-rare. 
M. Wotlaslon n'en a rencontré que deux exemplaires, sous des pierres, 
dans une caverne basaltique de l'île Porto-Santo. 

Groupe II. Ludiide». 

Front non caréné en avant et fortement déprimé chez presque tous ; 
plaque nasale nulle. 

I. Tête penchée, en général plane ou un peu coneave. 
A Tarses munis de lamelles. 

a Front dépassant à peine les cavités antcnnaircs; labre normal. 
Articles 2-3 des tarses »munis de lamelles : Asaphes. 

— 3-4 — — Dima. 

— 4 — — Penia. 

a a Front dépassant fortement les cavités antennaires; labre à peine dil- 
tinct; 3 lamelles aux tarses. 

Protliorax en carré (bg; ses angles antér. très-saillants : Allotrius. 
— normal ; — très-Courts : Hypodesis. 

B Tarses sans lamelles. 

4 Labre cordiformc, éehancré en avant : Cardiorhinus. 

ib — non cordiformc. 

c Front subvertical dans sa moitié antérieure : Tomicephalus. 

ce — déprimé et plus ou moins plan. 

d Prothorai muni de vésicules phosphorescentes : Pyrophorus. 

'^d — gans — 

, (1) C. femoralus, WoUasl. loc. cit. pi. lU, f. 8. 



198 ÉLATËBIDE9. 

e Mésosternum horizontal^ k bords saillants : Orthostethus. 
ee — déclive, & bords déprimés. 

f Hancbes poster, brusquement élargies en dedans : Ludius. 
ff — graduellement — 

Mésosternum déclive; ses bords déprimés : Corymbiies. 
— vertical; — tranchants : Crepidomenus. 

n. Tête courte, verticale, convexe ; bouche inférieure. 
g Dernier article des palpes max. sécuriformeS 
h Mésosternum à bords tranchants : Cosmesusi 
hh — — déprimés. 

t Crochets des tarses pectines : Synaplus. 
ii — simples; 

k Carène latérale du prothorax fléchie en avant : Agriotes. 
kk — — continue." 

Point de lamelles aux tarses : Sericosomus. 
Une — sous leur 4» article : Acroniopus. 

gg Dernier article des palpes max. acuminé : Adrastus. 

Genres lncert<c sedis : Ovipalpus, Nemasoma, Anacantha, Podonemaj 
Geno^necus, Somanecusj AmUygnathus, Dysmorphognathus, Pleono- 
m«s, Trkhophorxis. 

ASAPHES. 
KinBY, Faun. Bor.-Amerl p. l\& (1)1 

Tête carrée vue d'en haut, légèrement concave à sa partie antérieure; 
front assez épais, largement arrondi en avant au niveau des cavités an- 
tennaires ; celles-ci trigones, ouvertes. — Yeux gros et assez saillants. 
— Antennes longues, déprimées, de onze Mlicles : 1 en massue arquéct 
2 court, obconique, 3 de même forme, mais^« long, rarement trigone, 
4-10 allongés, non 'ou à peine Idenlés , Il muni d'un faux article. — 
Prothorax en général presque équilatéral, convexe ; ses angles posté- 
rieurs courts, robustes, dirigés en arrière, carénés ou non. — Ecussod 
oblongo-ovale. — Elytres assez allongées, médiocrement 'rétrécies et 
arrondies en arrière. — Hanches postérieures coupées obliquement en 
dehors, médiocrement| élargies en dedans, terminées par une dent 
robuste; 1°' article des tarses postérieurs aussi long que 2-3 réunis, 
ceux-ci subtrigones, spongieux en dessous et munis d'une courte lamelle, 
4 court, de même forme. — Mésosternum déclive. — Mentonnière du 

' (1) Syn. HEaiCRBPU)iu», Germar, Zeitschr. I, p. 212. — Ataons MelsheinU 



ÉLATÊBIDES TBAIS. 199 

prosternum avancée; sa saillie postérieure longue, fléchie; satures pros- 
lernales rectilignes. 

Kirby, en créant ce genre, n'en a fait qu'une division de ses Pedetbs 
qui appartiennent au groupe précédent par la fornne de leur tête, ainsi 
qu'on l'a vu plus haut, et Germar, ne l'ayant pas reconnu dans Kirby, 
l'a créé de nouveau sous le nom d'HEMicBEPioius. C'est, avec les Diua, 
le seul du groupe actuel qui ait deux lamelles sous les tarses, mais elles 
sont tout autrement situées chez ces dernières. Parfois (par ex. memno- 
nivs) il existe sous leur i"' article une pelotte qui simule une 3« lamelle. 

Ces insectes sont en général de taille un peu au-dessus de la moyenne, 
d'un faciès lourd et ont une livrée brunâtre uniforme, que relèvent 
rarement (œneolus) quelques reflets métalliques. Jusqu'ici ils paraissent 
propres à l'Amérique du Nord (i). 

DIMA. 

(ZttGL.) EscHSCB. in SttBERM. Rev. eniom. IV; Tableau. 

Tête carrée, très-légèrement concave ; son bord antérieur peu épais, 
arrondi au niveau des cavités antennaires; celles-ci petites. — Antennes 
assez robustes, de la longueur de la moitié du corps, de onze articles : 
1 assez gros et arqué, 2-3obconique5, presque aussi longs que les sui- 
vants, 4- 10 à peine dentés. Il sans faux article. — Prothorax transver- 
sal, assez convexe, régulièrement arrondi sur les côtés, avec ses angles 
postérieurs courts, très-aigus et divergents ou non. — Ecusson suborbi- 
culaire, horizontal. — Elytres ovales, rebordées sur les côtés, assez con- 
vexes. — Pattes assez longues ; hanches postérieures très-étroites en 
dehors, tantôt subitement et triangulairement (e/aterojrfM), tantôt gra- 

(1) M. J.L. Lo Conte (Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 212), 
& qui l'on doit une connaissance plus exacte du gcnre^ ; rapporte les espÈcei 
•uivantcs qu'il divise en deux sections. 

1. Angles postérieurs du prothorax carénés: El. mermonius, Herbst, Dis 
Kœfer, X, p. 29, pi. IGO, f. 10 [As. ruficornis, Kirby, loc. cit.). — El. hemipo- 
dus, Say, Ann. of the Lyc. of New-York, I, p. 254. — El. baridius {Hemicr, 
Thomasi, Germar, loc. yt.), dccoloratus, Say, Trans. of the Amer. Phil. Soc. 
New Ser. VI, p. 176, 180. — Alh. œneolus, Melsheim. Proceed. of the Acad. 
of Philad. II, p. 156 ( Ç œreus, Melsheim. ibid.). —A. morio, indistinctus, 
J. L. Le Conte, loc. cit. 

U. Angles postérieurs du prolhorax non carénés : El. bilohatus, Say, Trans; 
of the Amer. Phil. Soc. loc cit. p. 174. — Ath. meUmophthalmuSj cavifrons, 
Melsheim. loc. cit. p. 184. — A. lener, consentaneus, planatus, J. L. Lo Conte, 
loc. cit. 

M. Blanchard (in d'Orb. Voy.; Entom. p. 132, pi. VIII, f. 6) a décrit un 
Bemicrepidius ruflcollis de Bolivia qui m'est inconnu, mais qui , d'après la 
figure qu'il en donne, ne semble pas appartenir au genre actuel. 



200 ÉLATÉBIDES. 

duellement (da/wia<ma) dilatées au côté interne; tarses comprimés, à 
articles 1 assez allongé, finement tomentcux en dessous, 3-4 trigones, 
munis d'une petite lamelle (i), 4 de même forme, dégagé. — Mésoster- 
Dum très-court, subvertical ou déclive ; ses bords tranchants et très diver- 
gents. — Mentonnière du prosternum large et peu saillante-, sa saillie pos- 
térieure arquée; sutures proslernales reclilignes. — Corps court, large 
et convexe. 

Les deux espèces (2) de ce genre ont un faciès tout particulier, dû i 
leur forme plus courte relativement que celle d'aucun autre Élatéride. 
Elles sont de moyenne taille, glabres, sauf quelques poils fins et peu ap- 
parents en dessous, et d'un brun noirâtre assez brillant ; l'une d'elles 
{dalmalina) a la suture et les bords latéraux des élytres d'un fauve tes- 
tacé; elle ne parait pas avoir été rencontrée jusqu'ici hors de la Dalma- 
tie; l'autre (cl^teroides), découverte primitivement dans le môme pays, 
habite en même temps quelques autres parties de l'Autriche. 

PENL\. 
De Castel. io Silberm. Rev. entom. IV, p. 11. 

Tête des Diha. — Antennes de la longueur des deux tiers du corps, 
grêles, filiformes, de onze articles : 1 gros et arqué, 2 obconiqiie, de 
moitié plus court que les suivants, 4-10 égaux, non dentés, 11 sans faux 
article. — Prothorax subtransversal, médiocrement convexe, largement 
et fortement échancré en avant, régulièrement arrondi sur les côtés, 
échancré au milieu de sa base, avec ses angles postérieurs très-courts 
et un peu relevés. — Ecusson brièvement ovale, acuminé en arrière. — 
Elytres courtes, parallèles et assez convexes dans leurs deux tiers an- 
térieurs, rétrécies et déclives en arrière. — Pattes longues; hanches 
postérieures brusquement élargies dans leur moitié interne ; tarses longs 
et grêles, à peine tomenteux en dessous, à articles 1 long, 2-3 décrois- 
sant graduellement, 4 petit, muni d'une lamelle longue et grêle (s). — 
Mésosternum subvertical ; sa tranche inférieure dépassant un peu le ni- 
veau du métasternum ; sa cavité grande, à bords divergents. — Proster- 
nnm large ; sa saillie postérieure brusquement rétrécie et arquée ; sa 
mentonnière assez saillante ; satures prosternaks reclilignes. 

(1) Germar (Zeitsohr. I, p. 233), qui, le premier, a donné d'une manière dé- 
taillée les caractères du genre, n'assigne une lamelle qu'au 4* article ; le 3' en 

.a réellement une, comme l'a dit M. L. Redtenbacher (Faun. Austr.; Die Kaef. 
p. 293); elle est seulement très-petite et assez difficile à voir. 

(2) D. elateroides (Ziegl.), Toussaint-Charpentier, Horee entom. pi. 6, f. 8; 
cet auteur, à qui on attribue parfois la création du genre, n'en a pas exposé 
les caractères. — dalmatina, Kiister, Die Kscfer Europ. 1, 13. 

(3) M. De Gastelnau dit à tort que le S" article en possède également une; 
je n'en troufe aucune trace. 



ÉLATÈBIDEa VBAIS. 201 

Au premier coup d'oeil, l'espèce typique (P. Eschscholtzii Hope) de 
ce genre semble ne pas être un Élatcridc, mais bien un Carabique du 
genre Nebui a. Toutefois, malgré ce faciès trompeur, elle est voisine des 
DiMA, comme l'a très-bien vu M. lie Caslelnau. C'est un insecte de taille 
moyenne, d'un noir assez brillant, mais voilé par des poils roussàtres 
couchés, médiocrement abondants et caduques. Le maie, outre sa taille 
plus petite et sa forme un peu moins convexe, se distingue de la femelle 
par la présence sous le prolliorax de deux fossettes assez grandes, ovales 
et obliques. 

Cet insecte, peu répandu dans les collections, est originaire du Népaul. 
J'en ai vu d'assez nombreux exemplaires, et j'en connais une seconde 
espèce plus grande et qui provient du même pays. 

ALLOTRIUS. 
De Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p, 231 (1). 

Tête large, subverlicale, fortement rétractée dans le prothorax, plane; 
front déprimé, prolongé au-devant des cavités anlennaircs, rétréci par 
celles-ci, tronqué en avant. — Antennes peu robustes, de la longueur du 
prothorax, de onze articles : 1 gros et arqué, 2-3obconiqucs, celui ci un 
peu plus long, 4-10 dentés, plus longs que larges, 11 surmonté d'un faux 
article. — Prothorax en carré long, appliqué exactement contre la base 
des élytres, faiblement convexe sur le disque, carrément échancré en 
avant, avec ses angles saillants et arrondis au bout, les postérieurs non 
divergents et très-aigus. — Ecusson ovale. — Elytres allongées , rétré- 
cies graduellement dans leur tiers postérieur. — Pattes courtes, grêles; 
hanches postérieures étroites, peu à peu et faiblement élargies en de- 
dans; tarses médiocres, hérissés de longs poils, à articles l-2comprimés, 
celui-là le plus long, 3 trigone, 4 cordiforme, munis l'un cl l'autre, ainsi 
que 2, d'une longue lamelle. — Mcsosternum subhorizonlal ; sa cavité 
grande, évasée en avant. — Mentonnière du prosternum grande et ar- 
quée ; sa saillie postérieure longue et lléchic ; sutures proslernales rec- 
tilignes. 

Genre singulier, composé d'une seale espèce de Java (A. quadricoU.it 
Casteln.), allongée, subparallèle, sauf en arrière, et d'un fades qui ne res- 
semble à celui d'aucun autre Élatéride. Elle est assez grande, d'un brun 
rougeûtre brillant, marbré de noir, et la pubcscence grisâtre dont elle 
est revêtue, forme des bandes transversales et irrégulières sur les élytres. 

(1) Syn. Senodonia, Casteln. in Silberm. Revue cnlom. lY, p. 12; ollifl^ 
^près avoir proposé ce nom pour le genre , sans exposer les caractères do ce 
dernier, M. De Castelnau lui a substitué celui cI'Allotrujs. Il avait en m6me 
temps, dans rorigine, placé l'espèce, avec doute, parmi les Sebiotus. 



202 iLATËBlDE;. 



HYPODESISJ 
LATni Ann. d. l. Soci entom. lU, po 156. 

Tête presque plane ; front brusquement rétréci au niveau des cavités 
antennaires, se prolongeant fortement en avant de ces dernières, dé- 
primé, sans bord antérieur visible et recouvrant presque le labre ; ce- 
lui-ci très-court, transversalement linéaire et cilié en avant. — Antennes 
insérées à découvert, de longueur moyenne, de onze articles : I gros, 
médiocre, 2 ohconique, 3 de même forme, presque du double plus long, 
4-10 obtusément et faiblement dentés, 11 muni d'un faux article court. 
— Yeux médiocres. — Prothorax transversal, assez convexe; ses angles 
postérieurs un peu arq ués et carénés. — Ecusson oblongo-ovale. — Ely- 
tres médiocrement allongées , rélrécies flans leur tiers postérieur. — 
Hanches postérieures étroites, peu à peu et faiblement élargies en dedans; 
i" article des tarses postérieurs aussi long que les trois suivants réunis; 
ceux-ci décroissant graduellement, munis de lamelles longues sur le 3» 
et le 4«, courtes sur le 2°. — Mésosternum légèrement déclive. — Men- 
tonnière du prosternum très-prononcée, recourbée en dessous; sa sail- 
lie postérieure un peu fléchie ; sutures prosternales un peu concaves. 

Genre très-remarquable par la forme du front, celle des cavités anten- 
naires et la petitesse du labre, caractères qui lui donnent des rapports 
réels avec les Eucnémides(i), dont ses espèces s'éloignent, du reste, to- 
talement par leur facics qui est complètement pareil à celui dcsCARoio- 
BHimjs, avec cette seule différence qu'elles sont recouvertes en entier 
d'une pubescence couchée assez abondante. Il y en a un certain nombre, 
toutes du Mexique, dans les collections ; mais aucune n'est décrite en ce 
moment. Celle que Latreille a eue sous les yeux en fondant le genre et 
qu'il nomme H. sericea, est un insecte de moyenne taille, noir en des- 
sous, d'un beau rouge sanguin en dessus, revêtud'une pubescence soyeuse 
de même couleur, et qui paraît sujet à varier beaucoup sous ces deux 
rapports. 

(1) Au premier aspect, on croirait qu'il doit rcntrsr dans cette famille; mais 
en y regardant do près on voit que la tête n'est que celle des Corïmbites mo- 
difiée, lu front s'avançant plus que chez ces derniers, et les cavités antennaires 
manquant en dessus de cette saillie qui les recouvre ordinairement. Ces cavités 
ne sont pas fortement, mais très-faiblement transversales, et il y a des espèces 
oii elles sont complètement arrondies. Au total, cette forme n'est qu'une exagé- 
ration de celle qui existe chez les CinoioRuiNUS qui suivent. 



ÉLATÈRIDES TRAIS. 203 

CARDIORHINUS. 
EscHSCH. In TuoN, Entom. Arch. II, 1, p. 34. 

Labre saillant, cordiforme, arrondi et fendu dans son milieu en avant. 
— Tête plane ou très-lcgèrcmcnl convexe ; front rétréci, assez saillant, 
déprimé , plan et largement tronqué. — Antennes grêles, au moins de 
la longueur du prolhorax, de onze articles : 1 médiocrement gros, 2très- 
court, 3 subcylindrique, allongé, 4-10 faiblement dentés, 11 muni d'un 
appendice peu distinct, ou nul. — Prothorax un peu plus long que large, 
en général très-convexe, arrondi sur les côtés en avant; ses angles pos- 
térieurs robustes, carénés et divergents. — Ecusson oblongo-ovale, acu- 
miné en arrière. — Elylres allongées, graduellement et fortement ré- 
Irécies en arrière. — Pattes grêles; hanches postérieures peu à peu et 
faiblei«ent élargies en dedans ; tarses filiformes, finement ciliés ou ve- 
lus; leurs articles 1-4 décroissant graduellement. — Mésosternum verti- 
cal, terminé par un tubercule plus ou moins prononcé ; les bords de sa 
cavité très- divergents. — Mentonnière du prosternum très-saillante, 
arquée ; sa saillie postérieure fléchie ; sutures prosternales concaves. 

Indépendamment de la forme de leur labre et de leur mésosternum, 
ces insectes ont un facics particulier, constant , qui les fait reconnaître 
sans peine. Tous sont allongés, svcltes, finement pubesccnts et ont les 
élylres très-régulièrement et fortement striées, avec les stries occupées 
par des points enfoncés conligus, et les intervalles plus ou moins costi- 
formes. La plupart sont noirs, avec les bords du prothorax rouges ou 
fauves, et des bandes longitudinales de cette dernière couleur sur les 
élytres. Cet ensemble de caractères en fait un des genres les plus na- 
turels des Ëlatérides. 

Leurs espèces sont propres à l'Amérique du Sud et, à quelques ex- 
ceptions près, habitent le Brésil. La plupart multiplient beaucoup et se 
trouvent en abondance sur les plantes basses (i). 

(1) C. bilineatus, Fab., Herbst; do la Guyane. — rufUateris, Eschsch. En- 
tomogr. éd. Leq. p. 68 (\Aillineratus, contaminatus, Germar); du Brésil. — pla- 
giatus, circumcincbiSj frenatus, acuminatits, Germar, Ins. Spec. nov. p. 51; 
du Brésil. — seminiger, sagitlalis, attenmitus {ptngialus? Germ.), suturalis, 
bilineatus [circumcinclus Germ.), biguttatus, axillaris, humeralis, rufescens, 
testacens, Eschsch. in Thon, loc. cit.; du Brésil. — castaneipennis, piciventris, 
antemalis (tesiaceus? Eschsch,), Germar, Zeitschr. IV, p. 95; du Brésil. — 
hypocrita, Erichs. in Schomb. Guyana, III, p. 558; do la Guyane anglaise. 



304 iLATÉBIDES. 



TOMICEPHALUS. 

Latr. Ann. d. l. Soc. emtom. III, p. 146 (1). 

Tête petite; front tombant subrerlicalement dans sa moitié antérieure. 

— Antennes robustes, plus longues que le prolhorax, do onze articles : 
1 peu allongé, gros, 2 très-court, 3 trois fois plus long, obconique, 4-10 
forlement dentés, aussi larges que longs, 11 sans faux article.— Prothorax 
un peu plus long que large, régulièrement trapézoidc, peu convexe; ses 
angles postérieurs assez longs, dirigés en arrière, oblusément carénés. 

— Ecusson en ovale allongé, arrondi en avant, acuminé en arrière. — 
Elytres allongées, graduellement et forlement rélrécies en arrière, pres- 
que planes. — Pattes longues et grêles, les postérieures plus allongées 
que les autres ; hanches postérieures brusquement élargies dans leur 
moitié inlernc ; tarses cylindriques, finement ciliés en dessous: leurs 
articles 1-i décroissant gradticllemenl. — Mélaslernum s'avan<^l jus- 
qu'au bord antérieur des hanches intermédiaires ; mésosternum subver- 
tical ; sa cavité grande, à bords saillants et tranchants. — Mentonnière 
du proslernuin très- avancée ; sa saillie postérieure ûéchie; sutures pros- 
terna les rcctilignes. 

La forme delà tôle, celle du métasternum et du mcsosternum, l'allon- 
gement des pattes postérieures, rendent ce genre un des meilleurs du 
groupe actuel. Il ne comprend qu'une belle espèce (s) de l'Amérique dn 
Sud, de taille moyenne, à téguments très brillants et complètement 
glabres, d'un noir profond, avec le prolhorax d'un rouge sanguin clair 
en dessus. Elle est répandue dans la plus grande partie du Brésil et en 
Colombie. 

PTROPHORUS. 

luLiG. Mag. d. Gesellsch. mt. Freund. z. Beii. l, p. 141 (3). 

ïéle de grosseur variable, presque carrée en dessus et plus ou moins 
concave ; front tronqué ou un peu arrondi en avant, avec son bord an- 
térieur en général assez épais ; fossclles antennaires petites, subarron- 
dies. — Yeux très-gros. — Antennes de longueur variable, de onze ar- 
ticles : 1 assez long , en cône arqué, 2 court, obconique , 3 variable, 
4-10 dentés ou non, 11 muni d'un faux article.— Prothorax transversal 

(1) Et Germar, Zeitschr. IV, p. 50. — Syn. Mecacnemids, Esclisch. io Sll- 
berm. IV, Ul^eau; Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p. 239. 

(2) Ueg. sanguinkoUis, Casteln., Germ. loc. cit. 

(3) Syn. Stupnus, Belania, De Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p. 236. — Htï- 
siOPUTOALMus, Latr. Ann. d. 1. Soc. enlom. III, p. 145. — PHAMOPDonns, Soliar 
In Gay, Hist. de Chile; Zool. V, p. 26. 



ÈLATÊUIDBS TBAIS. 206 

et convexe chez la plupart ; ses angles postérieurs le plus souvent robastes 
et carénés, et présentant chacun à leur base une vésicule phosphorcg- 
cenle. — Ecusson ovale-oblong. — Elylres de forme variable. — Han- 
ches postérieures étroites, graduellement ou assez brusquement élargies 
au côté interne; tarses filiformes, cori Mp iés, garnis en dessous d'une 
courte pubcsccnce serrée ou lâche ; le T" arliclc des postérieurs aussi 
long que les deux suivants réunis; ceux-ci et le 4" décroissant graduel- 
lement. — Mésoslernum déclive ; sa cavité médiocre. — Mentonnière 
du proslernum avancée ; sa saillie postérieure fléchie ; sutures proster- 
nâtes reciilignes, obliques. 

Ce genre est, en apparence, l'un des plus tranchés de la famille, mais 
en réalité de ceux qui prouvent le mieux l'excessive variabilité des organes 
chez les Élalcrides. Il n'y a, en effet, rien de constant chez ces insectes, 
pas même l'existence des vésicules phosphorescentes (i), qui constitue 
leur caractère essentiel. Les uns figurent parmi les plus grands Élaté- 
rides, et par leur forme, leur couleur et leur vesliture, se rapprochent 
tellement des Ohtuostetiius, que, sans les vésicules en question et leur 
mésosternum, on ne saurait les en distinguer ; d'autres sont tout au plus 
de taille moyenne. Le reste varie dans la même proportion. On ne sau- 
rait dès-lors en rien dire de général, à moins d'entrer dans des délaits 
infinis. 

M. De Casteinau qui, à l'imitation de ses prédécesseurs, a divisé ces 
insectes en plusieurs groupes cl qui en admet trois, a cru devoir en 
même temps leur imposer des noms particuliers. Il suffira de dire ici que 
le dernier (Belania) correspond au genre Hvi'Sioi'utbalmds de La- 
trcilte. Ses espèces se font remarquer par la grosseur cl la saillie ex- 
traordinaire de leurs yeux, qui débordent fortement le protborax. Mais 
entre elles el les espèces chez lesquelles ces organes, quoique toujours 
très-gros, sont peu saillants, il y a les passages les plus insensibles. 

Quant au genre Phanopiiorcs de Solier, établi sur quelques petites 
espèces du Chili, son caractère essentiel consiste dans la simplicité des 
mandibules; mais déjà Germar (i) avait signalé qu'elles sont telles chez 
d'autres espèces du Brésil, et que ce caractère n'a aucune valeur. 

Les Pyropdorcs sont exclusivement propres à l'Amérique et répan- 
dus depuis les parties moyennes des États-Unis jusqu'à Buenos-Ayres 
et au Chili. Il y en a dans les collections au moins une centaine d'es- 

(1) J'ai sous les yeux deirx espèces inédites, Toisines par leurs caractères des 
HïPsioPHTiuLBUs do Latr«ille et qui sout complètement privées de ces vési- 
cules. 

(2) Zeilscli, ni, p. 4. Comme le fait remarquer Germar, ces organes sont très- 
rarement bifides }l leur extrémité. Celle-ci est ordinairement simple et présente 
en arriére une écliaacrure d'où résulte une dent submédianc qui disparaît par- 
fois complètement. 



306 ÉL&TÈBIDES. 

pèces, dont les trois quarts sont décrites (i). Ils sont surtout très-abon- 
dants au Brésil, où, à l'entrée de la nuit, on les voit souvent voler en 
grand nombre en même temps que les Lampyridcs, sur lesquels ils l'em- 
portent pour la plupart par l'intensité de la lumière qu'ils émettent (a). 



(1) UKger (loc. cit.), l'auteur ae la piemi6ie monographie dont ces insectes 
jiient été l'objet, n'en mentionne que 16 csp. qu'il n'avait même pas toutes vue* 
en nature. Celle qu'a donnée Germar (loc. cit. p. 1) en dernier lieu ne laisse 
rien à désirer et contient 69 esp. décrites ex visu, plus 10 qui lui sont restées 
inconnues. D divise ces insectes de la manière suivante : 

I. Antennes plus courtes que le prothorax; vésicules phosphorescentes sub- 
marginales. — 1. Vésicules phosphorescentes visibles seulement en dessus : 
P. nyctophanus Germ. (noctilucus Illig., Eschsch.), noctilueus L. etc. — 2. Vé- 
sicules phosphorescentes visibles en dessus et en dessous : P. pelhicem 
Eschsch., clams, phosphorescens Germ. etc. 

II. Antennes de la longueur du prothorax ou plus longues, distinctement en 
scie; leurs articles 2-3 courts; vésicules phosphorescentes submarginales ou an- 
gulaires. — 1.3° article des antennes égal au 2» : P. ignilm F., extincttis Illig. 
{igniius llerhsl), obscuratxts, fulgidus Germ., etc. — 3" article des antennes 
plus long que le 2" : P. Utminosus Illig. (phosphoretis F.), illuminans Germ., 
acuminalùs Eschsch. 

III. 2» article des antennes petit, -noueux, le 3" large, triangulaire, égal 
au 4» : P. parallelus, luculentus, ignifer, pyraustes, facifer Germ. 

IV. Antennes de la longueur du prothorax, brièvement dentées; vésicules 
phosphorescentes postérieures. — 1. Tète manifestement plus étroite que le 
prcthorax ; celui-ci arrondi antérieurement sur les côtés et échancré en avant : 
P. ocellatus Germ., Janiis Herbst, phosphoreus L., lampadion Illig., etc. — 
2. Tête assez grande, un peu plus étroite que le prothorax; celui-ci carré et 
tronqué ou bisinué en avant : P. diffusas Germ., speculator Illig., foveotatus, 
ohservaior Germ., otc. — 3. Tôte grande, saillante; yeux dégagés du protho- 
rax; celui-ci court; son bord antérieur saillant dans son milieu : P. boops 
Germ., buphihalmus Eschsch., microspilus Germ./ raninus Eschsch. (exoph- 
ihalmits Guérin-Ménev.). 

Aux esp. mentionnées dans ce travail aj. : P. elongaius, punctatissimus, lati- 
ooUis, angustus, fulvotomentosus, quadraticollis, rubripes, crassus, grossicol- 
Us, gibbicuUis, dcpressicollis, planicollis, cephaloles, Blanch. in d'Orb. Voy.; 
Entom. p. 137j de Bolivia et du Brésil. — Phanophor. parallelus, niger, di- 
latatus, Solier, loc. cit., p. 27; du Chili., 

(2) Pour les habitudes de ces insectes, voyez principalement : Palis.-Beauv. 
Ins. d'Afr. et d'Amôr. p. 77. — Curtis, Zool. Journ. III, p. 77. — Lacord. 
Ann. d. Se. nat. XX, p. 57, et Introd. à l'Entom. II, p. 140. — Perty, Del. 
anim. art. Brasil. p. 5. — Gosse, Ann. and Mag. of nat. Hist. Ser. 2, 1, p. 200; 
cotte notice est la meilleure de toutes. 



ÉLATÉBIDES VBAIS. 207 

ORTHGSTETHUS (1). 

Tête presque plane en arrière, fortement (mâle) on faiblement (fe- 
melle) concave à sa partie antérieure ; front déprimé, arrondi et dépas- 
sant notablement les cavités antcnnaires en avant. — Yeux gros. — 
Antennes au plus de la longueur du prothorax, de onze articles : 1 mé- 
diocre, gros et arqué ; 2 très-court, obconiquc ; 3 de même forme, plus 
long; 4-10 larges et fortement dentés ; Il muni d'un faux article. — 
Prothorax allongé, à peine rétréci en avant ; ses angles pos térieurs sail- 
lants, non divergents et carénés. — Ecusson oblongo-ovale. — Eljtres 
très-alIongées, fortement et régulièrement atténuées en arrière; leur 
angle suturai spiniforme. — Hanches postérieures coupées obliquement 
en dehors, formant en dedans une lame transversale, terminée par une 
forte dent; tarses garnis en dessous de poils Ans et denses ; le i" arti- 
cle des postérieurs aussi long que les deux suivants réunis ; ceux-ci et 
le 4° décroissant graduellement. — Mésosternum horizontal, puis coupé 
verticalement. — Mentonnière du prosternum avancée ; sa saillie posté- 
rieure longue, droite, brusquement atténuée à son extrémité ; satures 
prosternâtes subrectiligncs. — Corps allongé, assez convexe. 

Le type du genre est un grand insecte des États-Unis et du Mexique, 
placé par Germar parmi les Apdanobids d'Eschscholtz , sous le nom 
i'A.infuscalus, que lui avait imposé Dejean (2), mais qui diffère essen- 
tiellement des vrais Apdanobius par la forme de son mésostçrnum, et 
qui doit dès-lors recevoir un nom générique nouveau. Celui que je pro- 
pose est emprunté à cet organe. 

Cet insecte qui égale presque, sous le rapport de la taille, les plus 
grands Pvi iopnoBDS, leur ressemble également par sa livrée d'un noir 
uniforme e t voilée par des poils d'un jaune roussâtre, mais il est plus 
fortement atténué en arrière, ce qui lui donne un faciès différent. Je ne 
lui connais qu'un seul congénère (s). 

LUDIUS. 
L\TR. Fam. nat. p. 349 (4). 

Tète légèrement convexe ; front déprimé, plus ou moins prolongé au- 
devant des cavités antennaires, coupé obliquement de chaque côté ou 
subarrondi ; cavités antennaires trigones. — Yeux assez gros. — An- 

(1) Syn. Aphamobios, Germar, Zcitschr. V, p. 183, et J. L. Le Conte, Trans; 
of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 492. 

(2) M. Melsheimer (Proçoed. of tho Acad. of Philad. II, p.' 216) l'a placé 
avec doute parmi les Phistilophos, sous le nom de P. sordidusi 

(3) VAphanobius corvinus de Germar (loc. cit.), espèce de Colombie, pres- 
que aussi grande que Vinfuscaius. 

(4) Syn. Aphamobios pars, Eschsch. in Thon, Entom. Archiv, II, 1, p. 3. — 



SOS ÉLATÉBIDES. 

tcnnes rarement plus longues que le prolhorax, de onze articles : 1 en 
cône un peu arqué. 2 court, obcoiiique,3 de forme et longueur variables, 
4-10 plus ou moins dentés, It muni d'un faux article. — Prolhorax en 
général transversal, assez convexe; ses angles postérieurs robustes, 
subdivergents et carénés. — Ecusson oblongo -ovale. — Elylres gra- 
duellement et fortement rétrécics en arrière, obtuses au bout. — Hanches 
postérieures coupées obliquement en dehors, élargies dans leur moitié 
interne en une assez large lame sinuée et terminée par une forte dent; 
tarses filiformes, munis en dessous d'une fine pubesccnce spongieuse; 
le l'^"' article des postérieurs aussi long que les deux suivants réunis; 
ceux-ci et le 4° décroissant graduellement. — Mésosternum déclive ; sa 
saillie postérieure presque droite ; sutures prosternales concaves. 

La synonymie de ce genre est assez confuse. Latrcille l'a établi en lui 
donnant pour type VEl. ferrugineus d'Europe. Quelques années après, 
Eschschollz fonda son genre ApaANODics, en citant trois espèces, en 
tclc desquelles se trouve l'Et. hepalicus de Germar, dont les caractères 
sont absolument identiques avec ceux de l'espèce européenne en ques- 
tion (1). Germar, augmentant la confusion, a fait de ce genre Apha- 
NOBius un magasin d'espèces disparates, parmi lesquelles plusieurs ap- 
partiennent au genre actuel (i). Dans l'intervalle, Eschscholtz avait 
fondé sur le ferrugineus (s) son genre Steatodbrus qui correspond 
exactement aux Ludius de Latrcille. Enfin, en dernier lieu, M. J. L. Le 
Conte a pris VEL hcpaticus pour type de son genre Crigmus. Or, tous 
ces insectes, ainsi que ceux cités en note, présentent identiquement les 
mêmes caractères génériques. Us se distinguent essentiellement de tous 

Stbatoderus, Eschsch. in Silberm. Rcv. ent. IV, Tableau. — Cb|omus, J. L. Le 
Conte, Trans. of tlie Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 453. — CA.nDionHiNns^ 
Solier in Gay, Hist. de Cliile; Zool. V, p. 32. — Ectinus pars, Dej. 

(1) Des deux autres espèces que cite Esclischoltz , l'une, simplex Germ., du 
BrésiV, est un Cumonvcuus; l'autre, nouvelle, longicoUis , de Manille, m'est 
inconnue. 

(2) Des onze espèces que Germar y comprflnd, trois indiquées plus bas ren- 
trent dans le genre actuel; Yinfuscatm et le coroinus sont des Orthostethos; 
le Sturmii est un Ei.ater; le pubescens doit former un genre ^ part, son raé- 
tasternum étant saillant et soii mésosternum vertical; le flabellains de Java, 
Vaculipennis et le vunus de l'ilc Maurice, ainsi que le Thoreyi du Brésil, me 
sont inconnus; mais il est bien probable qu'ils constituent un ou deux types 
distincts. En résumé, le nom générique d'ApiiANOBius doit rester au longicoUis 
d'Esclischoltz cité plus haut et aux espèces qui lui ressemblent; mais je ne 
saurais en rien dire, n'ayant pas cet insecte i ma disposition. 

(3) Il avait omis primitiveminl, d/ins les Archive? do Thon, de citer cet In- 
secte parmi ceux qu'il comprenait dans les LuDics. Mais en lui donnant, dan» 
la Revue cnlomologique de Silbermann, le nom générique de Steatoderus, U 
détournait le genre Ludius de Latrcille de son acception primitive, ce qui M 
saurait être admis. 



ÈLATÉRIDES VRAIS. 209 

ceux qui précèdent el qui suivent, par la concavité de leurs sutures nro- 
sternales, combinée avec la forme des hanches postérieures 

Ainsi conçu, le genre est plus homogène sous le rapport des formes 
que ne le sont ordinairement les Élalérides. La plus massive de sei 
espèces est VEI. ferrugineus; les autres se rapprochent beaucouD 
sous ce rapport, àel'El. Thcseus. autre espèce d'Europe; quelques-nnj 
ressemblent complètement en petit aux OnTiiosTETuns 

Ces insectes sont tous au-dessus de la taille moyenne, sans devenir 
Ires-grands; leur livrée {decorus excepté) est uniforme, noire, brune ou 
ferrugmeuse. La pubescence qui revêt leurs téguments n'est assez serrée 
que chez ceux qu'on avait placés à tort parmi les Aphanobius 

Le genre est répandu en Europe, dans l'Amérique du Nord et dans 
celle du Sud, jusqu'au Chili inclusivement (i). 

CORYMBITES. 
LxTn. Ann. d. l. Soc. entom. III, p. 150 (2). 

Tête plane ou légèrement concave à sa partie antérieure ; front plus 
ou moms déprimé en avant, souvent sans trace de bord antérieur ar- 
rondi ou tronqué obliquement de chaque côté; cavités antennaires pe- 
tites, dislanles. - Yeux médiocres ou petits. - Antennes de longueur 
et de forme variables, de onze articles: le l»r médiocre, le 2» court 
obconique, le 11» muni d'un faux article plus ou moins distinct. - Pro- 
lliorax allongé ou transversal; ses angles postérieurs en général ro- 
bustes, non divergents et carénés en dessus. - Ecusson oblongo-ovale. 
-- tlytres de forme variable. - Hanches postérieures graduellement 
et laiblement élargies au côté interne, terminées par une courte dent- 
tarses filiformes, nnement spongieux ou ciliés en dessous dans toute leur 
longueur, ou seulement spongieux ,i leur sommet; le l'r article des 
postérieurs plus long que le 2». chez presque tous, celui-ci et les deux 

(1) Esp d'Europe : L. ferrugineus, Linn. Fab., etc. - Theseus, Germar. 
Ro.se n. Dalmat^p. 218, pi. 10, f. 5; de la Dalmatio; Dejean l'a pLé parnU 
les EcTiNus. - Esp. do l'Amer, du Nord : El. hepalicus, Germar, Ins. Spec. 
nov p.43._£i. abruplus [Lud. coracinus Germ.], atlenualus, Say Ann of 
TJ J^' "^^r-Y"'-''' ^' P' 233 et 257. - Crigm. t.xa„m, J. L. Lo Conte, 
Z: "'-P- «4-Esp. de l'Aœér. d.i Sud: Aphan. velutinus, du C.ésil; se- 
tosus de Colombie ; Germar, Zeitsclir. IV, p. 184. - Esp. du Chili : L. déco- 
^s, bormar, ibid. p. 48 [Cardiorhinus granulosus, Solicr, loc. cit. pi. 14. t. 8). 

U) Syn. LuDius, Eschsch. in Thon, Entom. Archiv, II, 1, p. 34. - Cteni- 
"N'carTl^""- '^^e"',*""»- é''- 2. IV, P- 454. - PuisTiLonius pars, Puoster- 

n 1 q '"-f "'•'^- Entom. III, p. 182. - Aphotistus, Kirby, Faun. Bor.-Amcr! 
V D M o!f "^^l'^s*"'"'*' ^^""«S'*. Olotelus, Solicr in Gay, Hist. de Cliile; ZooL 
Sor nT' c V ~ ^■'"^«■OÇTERI'S, J. L. Le Conte, Trans. of the Amer. Pliil. 
•'OC. i\ie\v Ser. X, p. 454. 

Cohnpiires. Tome IV. 14 



210 ÉtATÉniDES. 

suivants décroissant graduellement. — Mésosternum déclive. — Saillie 
prosteriiale plus ou moins Qéchie ; sutures prosternales recliligoes, très- 
rarement concaves. 

Genre le plus riche en espèces de toute la famille, qu'on a divisé 
en plusieurs sans limites appréciables, même quand on se borne aux es- 
pèces européennes, et qui ne supportent pas un instant l'examen lors- 
qu'on lient compte des espèces exotiques. Il me parait indispensable 
de le rétablir, comme l'a l'ail récemment M. J. L. Le Conte, tel que 
Eschsclioltz l'avait fondé dans l'origine sous le nom de Lonins. 

Plusieurs organes, notamment le front et les antennes, varient consi- 
dérablement chez ces insectes, ainsi que le facics général, mais toutes 
ces différences et d'autres encore s'effacent par degrés insensibles. Les 
genres cités en synonymie peuvent se répartir dans deux sections d'après 
la forme des sutures prosternales (i). 

Dans la première ces sutures sont reclilignes. Elle comprend tous les 
genres en question, moins un. 

Les auteurs les plus récents réservent le nom de ConYMiiiTES à des 
espèces de forme plus ou moins allongée el rélrécie en arrière, peu con- 
vexes et dont les antennes sont dentées à partir rlu 3" article, avec le 1 1° 
pourvu ou lion d'un faux article, peu apparent quand il existe. Les plus 
nombreux, ou les anciennes Ctbnicera de Latreille, ont ces organes en 
général assez longs, llabellés chez les mâles et dentés ou subpectinés 
chez les femelles, à partir du 4» article (-2) ; chez les autres ils sont sim- 
plement dentés dans les deux sexes (">). 

Les Pbisiilopuus ne diftèrçnl essentiellement des espèces de celte 

(1) Plusieurs de ces genres ni' figurent pas, pour plus do brièveté, dans 
le lexte qui suit. — Celui que Latreille a nommé Pristilopuus est absolu- 
ment incompréhensible. Des deux espèces qu'il y comprend, l'une, alter- 
nons Germar, est un MokocuepidiUs; l'autre, melancholkus F., est un 
DuCANTiuis. — Ses PiiosTEBNpN ne sont qu'un mélange do quelques-uns do ces 
mêmes Ducanthus avec des LuioNies. — Los Dhc/inthus omeus et cruciatus 
d'Europe constituent le genre Selmosomus de SUpluiis. — lîniin l'est encore 
sur un DuCANTiius de l'Amérique du Nord {œriiwimis) que Kirby a fondé son 
genre Aphotistus. 

(2) Types : Ml. aulicus Panz. (var. sigmfus Panz.), castaneus, pecUnicor- 
nis Liiui ., cup-eus, œrnginosuSj hœmatodes Fab. d'Europe et beaucoup d'autres 
étrangi-rcs ù ce iiays. Dans ce groupe le front s'abaisse obliquement, s'avance 
notablement aii-dcli des cavités antenuaires, cl son bord antérieur, qui est 
largement tronqué, ne présente aucune épaisseur, tandis que dans h- groupe 
suivant il est beaucoup plus court, arrondi presque au niveau des cavités od 
question cl un peu épais; mais ces deux formes passent Insensiblement de 
l'une à l'antre. 

13) Cette section est tri^s-nombreuse aussi, mais faiblement représentée en 
Europe parles El. tessellatiis Liun.,Fab. (var? assimilis GjW.), affinis Payk. 
et quercus Gy^l. {palUpes Payk.). 



iLATÉRIOES vnAis. 211 

seconde scclion qu'en ce que le 3° article de Ifeursanlennes est obconi- 
que comme le 2", mais sensiblcmenl plus long que ce dernier (0 

A leur suilc me parait devoir être placé le genre Olotelus de Solier 
qm n en diffère que par la forme parallèle de ses espèces, leurs an- 
tennes moins dentées et dont le 3« article n'eslguère plus long que le 2«- 
ses espèces sont du Chili (a). s w <= >- -s . 

Puis le genre Diacantua du même, fondé sur une petite espèce du 
même pays (..), de forme normale, et dont les antennes un peu plu, 
fortement dentées ont leurs articles 2-3 très-courts et égaux 

Latreiile donnait le nom de Diacanidus à des espèces do'nt les an- 
tennes, plus ou moins courtes, sont composées d-articles obconiques 
avec le 2» et le 3" plus étroit, celui-ci plus long que celui-là, et lé 
11» brièvement ovalaire, sans faux article distinct. Il en est dans le 
nombre qui se font remarquer par leur forme robuste (4)- mais chez 
les autres ce faciès s'aflaiblit et finit par ressembler à celui des Corym 
BiTES de la seconde section (;,). Plusieurs de ces dernières ont en outre 
les antennes manifestement dentées. 

Immédiatement à la suilc de ces Diacaistdos doit se placer le genre 
Bedbesia de Solier, qui ii'en dilTère qu'en ce que les 2° et 3» articles de 
ses antennes sont courte et égaux. Ses espèces sont chiliennes (e). 

(1) On assigne cncora k ces insectes un faux article très-distinct aux antennes 
et une mentonnière du proslernum très-saillante. Mais le premier n'est on 
réalité guère plus apparent que chez plusieurs Gorymbites, et il y a des Diacan- 
TBUS qui ont la seconde presque aussi prononcée. 

Le type du genre est VEl. insiliviis, Geimar, Ins. Spec. nov. p. 44 (El. de- 
pressus Fischer de Waldli.), de l'Eurojio orientale. Germar (Zoitschr IV p 82) 
a donné une monograpliie de oo genre dans lequel il a compiis, comme on l'a 
TU plus liaut (p. 144) les Melanactes. Les espèces décrites dans ce travail sont- 
P. sencans.servu^, pellos Germ., du Cap;./amt((KS Germ., do' Sicile- meso- 
chrous, mnrgmkoUis Germ., sagitlkollis (rAidnis), Esclisch., Silklia — Ai • 
/'. mouUmm, Rosenli. lieitr. z. Inselitenf. Europ. p. 15; du Tyrol — trisut- 
Mf«s,E>ichs. Arcliiv, 1849, I, p. 39; de la Tasmaflie; malgré son /aaM assez 
dillérent de celui des autres espèces, ce bol insecte me parait ne pas pouvoir 
ttre distrait du genre.— impunis, Gcimar, Linna?a entom. III, p. 180 • de l'Aus- 
tralie. — aUenmlus, rubripennis , lioliom. Ins. Calliar. I, p! 411; de Natal. 

(2) Solier en décrit deux : femoralis et angustus; je ne connais que le 
second. Dans cet insecte le front est très-plan, déprimé et la.gemcnl arrondi 
eii avant. Pour le surplus, il ressemble singulièrement i VEctims aterrimus 
(1 tuiope, lequel est de son célô tellement voisin du genre actuel, que je suis 
leiité de l'y placer, malgré la forme nu peu dilléninto de sa tête. 

(3) 0. nigra, loc. cit. p. 24; Col. pi. 14, f. 1. 

'^) Tels (|uo les El. œneus, ia<«s Fab. (germanus 01.), mgosus Germ. (con- 
flwns Ceblcr), etc., d'Europe. 

(o) £/. mekmchoUcus Fab., cruciatus Llnn., holosericeus Fab., et surtout 
metallicus Payk. et espèces voisines, d'Europe également. 

(6) û. impressicollis, punclalosukuta, loc. cit. p. 25; je no connais que la 



2{-2 ÈLATÊniDBS. 

La seconde scolion ne comprend que le genre ATKACTOPTEnus de 
M. J. L. Le Conle, auquel ce savant enlomologislc n'assigne que deux 
caractères essentiels : des sutures prosternalcs concaves et le l" article 
des tarses pas plus long que le 2». Le premier ne me parait pas avoir 
une valeur générique dans un genre tel que celui-ci; le second se re- 
trouve chez quelques-unes des espèces précédentes (1). 

Les ConvMBiTBS abondent dans les parties froides et tempérées de 
l'hémisphère boréal; hors de là il y en a fort peu, et les régions inler- 
Iropicales des deux continents paraissent en être presque dépourvues. 
En Europe ces insectes se trouvent sur les fleurs et les feuilles des 
plantes basses; beaucoup d'entre eux, notamment ceux du groupe des 
DiACAMinos, recherchent les graminées. Leurs couleurs sont assez 
variées et très-souvent métalliques. Les espèces actuellement décrites 
s'élèvent à plus de cent (2). 

première; elle a complètement le faciès des Ducamthus de la seconde sec- 
Uou. 

(1) Le Diac. cruciatus, par exemple, est dans ce cas, ainsi que le D. costalis 
Payk.; du nord de l'Europe. Ce dernier a en outre ses sutures prosternalcs con- 
caves. De plus, sa forme giin6rale, qui est large et déprimée, diffère complèto- 
ment de celle des Atbactopterus de l'Amérique du Nord, qui sont des insectes 
allongés et fusiformes, voisins par leur fades des Agiuotes du groupe des Do- 
LOPios. M. J. L. Le Conte comprend dans ce genre les espèces suivantes; 
SI. viridanus (sublucens Randall) , silaceus, Say, Ann. of the Lyc. of New- 
York, I, p. 250 et 260. — A. fusiformis, umbraticus, i. L. Le Conle, loc. cit., 
Pi. 454 et 505. 

(2) L'impossibilité où je suis de rapporter exactement à chacun des genres 
qui précèdent, les espèces décrites dans les auteurs, m'oblige i les réunir dans 
une seule liste. 

Esp. d'Europe; à. celles mentionnées dans les notes précédentes, aj. : El. cinc- 
fus Vayk. Faun. Suec. 111, p. 10. — El. hœmopterus , lUig. Mag. VI, p. 13.— 
El. gultatus, Germ. Faun. 1ns. Europ. XXI, 5. — El. pyrenœus, Toussaiat- 
Oiarp. Honccntom.p. 100. — Cor. sulfihuripennis, croatkus, Diac. chryso- 
oomus, gravidus, Milo, amplicolUs, Germ. Zeitschr. IV, p. 55 sq.— £(. Heyeri, 
Saxcsen, Isis, 1848, p. 808. — Diac. bifnsciatus, Kuster, Die Ka:fer Europ. 
X 38. —Diac. micans, Mulsant, Opusc. cutom. fasc. VI, p. 31. 

'esp. de la Russie mér. : El. sagimtus (latus var.), alpestris, caucasiens, 
Ménétr. Cat. rais. p. 155. — Lud. EschschoUzii, profngus, Fald. Faun. ent. 
Transcauc. I, p. 173. — Diac. nubilipennis, globicoUis, Germ. Zeitschr. IV, 
p. 69 et 79. 

Esp. de la Sibérie : El. sericeus, Fisch. d. Waldh. Entom. d. 1. Russie, ll« 
p. 203, pi. 23, f. 9. — Lud. uncinatus, altaic'is, Eschsch. in Thon, Entom. 
Archiv, II, 1, p. 34. — El. Bœberi (i-pustulatrts Fisch. d. W.), sibiricus {ery- 
thropu's Fisch. d. W.), Germ. 1ns. Spec. nov. p. 51 et 58. — El. atixius, 
Gebler, Bull. d. l'Acad. d. St.-Pétersb. 1843, 1, p. 38. — Cor. Pippingslcœldii^ 
Diac. 'spretus, punctatissimus, IcevicoUis, nigrita, singularis, Manuerh. Bull. 
Mosc. 1852, U, p. 285. 

Esp. de l'Amer, russe, de l'Orégon et de Californie : Lud. volitans, umOf*r 



ÉLATÉBIDBS TBAIS. 2t3 

CREPIDOMENUS. 
Eniciis. Arch. 1842, I, p. 140. 

Genre très- voisin des Corvubites proprement dits, et n'en différant 
que par les deux particularités suivantes : 

Articles 3-4 des tarses égaux, cordiformes, revêtus en dessous de 
poils courts et serrés, formant une pelotle (i); les deux le" fine- 
ment puhcscents dans toute leur longueur. — Mésosternum vertical, à 
bords saillants ; sa cavité large et occupant toute sa hauteur. 

Pour le surplus, ces insectes ressemblent complètement aux Cor. pec 

cola, resplendens, diversicolor, Esclisch. in Tlion, loc. cit., p. 34. — El.lo- 
batus, Eschsch. Entom. p. 69. — DIac. angusiicollis, serricornis, Manoerh. 
Bull. Mosc. 1843, p. 241. — Cor. spectabilis, Mannerli. ibid. 1852, 1, p. 328. 
— Diac. decoratus, parvicollis, Mannerh. ibid. 1853, n» 3, p. 229. — Cor. 
caricimis, rupestris, Diac. bombycinus, leucaspis, glaucus, Germ. Zeitsclir. 
IV, p. 63. — Cor. nubilus, carbo, lateralis, conjungens,nubilipennis, festivus, 
obscurus, cribrosin, mourus, telum, semilutmts, jaculus, angularis, J. L. Le 
Conte, Trans. of tho Amor. Pbil. Soc. New Ser. X, p. 438. 

Esp. des autres parties de l'Amer, du Nord : El. œthiops, cylindrifurmis, 
pyrrhos {pyrrhicus Haldem., Alhous vagans, œqualis Melsheim.), Herbst, 
Die Ka;fer, X, p. 70 sq. — El. vernalis, Hentz, Journ. of the Acad. of Philad. V, 
p. 374. — El. hamatvs, fallax, hyeroglyphicus, sulciCoUis, Say, Trans. of the 
Amer. Phi!. Soc. New Ser. VI, p. 170. — El. inflatus, rotundicollis, apressifrons 
{Cor. cylindriformis Germ.; 9 ^'- brevicornis Say, Cor. parallelopipedus 
Germ.), Say, Boston Jouru. of nal. Hist. II, p. 258. — El. œrarius (flacinet 
Chevrol.), appressus {mirificm Lee), iriundulatus, Randall. ibid. U, p. 7. — 
Ctenicerus Kendalli [El. anchorago Rand.), Aphotisius œripennis {El. appro- 
pinquans Rand.),Kirby, Faun. Bor.-Amcr. p. 149. — Diac. splendens, Ziegler, 
Procecd. of tho Acad. of Philad. Il, p. 44. — Cor. atropurpureus, birticoUis, 
intersiilialis , Diac. signaticoïlis, Campylus? biviilahis, Melsheim. ibid. D, 
p. 215. — Cor. rubidipennis, propoln, furcifer, nitidulus, aratiis, pulcher, 
crassus, trivittatus, divaricalus, spinosus, insidiosus, faîsificm, mendax, 
J. L. Le Conte, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 437. — Diac. 
aculipemiis, medianus, corporosus, submetallicus, sticticus, russicoUis, Gorm. 
Zeitschr. IV, p. 70. 

Esp. du Bengale : El fuscipennis, Blanch. in Jaquem. Voy. d. l'Inde. — 
Cor. viridis, Gcrmar, Zeitschr. IV, p. 61. 

Esp. de l'Australie : Lud. ramifer, Eschsch. In Thon, loc. cit. p. 34 {El. 
Hunteri, Boisduv. Faun. d. l'Océan. II, p. 107, pi. 6, f. 10). 

Esp. de la N. Zélando : Ctenicerus punctithorax, lœvithorax, A. White, 
Voy. of the Ereb. and. Terr.; Entom. p. 7. 

(1) Ericlison décrit ces pelottcs comme étant de courtes lamelles; mais comme 
elles ne se détachent nullement des articles qui les portent, on ne saurait, saoï 
abuser des termes, leur donner ce nom. 



214 ÈLATiHIDBS. 

Hnicornis d'Europe et espèces voisines ; seulement leurs antennes sont 
simplement et assez faiblement dentées. Ils paraissent propres à la Tas- 
manie, et jusqu'ici on n'a publié que les trois dccrils par Erichson(i). 

COSMESUS. 
EsciiscH. in Thon, Entom. Arch. Il, 1, p. 33. 

Tête courte, subverticale, régulièrement convexe; front arrondi en 
avant, caréné au-dessus des cavités antcnnaires ; celles-ci trigoncs, trans- 
versales (-2). — Antennes assez longues, grêles, de onze articles : 1 mé- 
diocrement robuste, subcylindrique, 2-3 obconiqucs, subégaux, 4-10 
plus longs, de même forme ou un peu déprimes, 11 ovalaire, sans faux 
article. — Yeux médiocres. — Prothorax allongé, subparallèle; ses 
angles postérieurs longs, rectilignes, carénés en dessus. — Ecusson 
oblongo-ovale. — Elylres allongées , graduellement rétrécics en ar- 
rière, échancrées ou isolément acuminécs à leur extrémité. — Pattes 
longues et grêles; hanches postérieures dilatées dans leur moitié interne 
en une assez grande lame Irapéziforme, échanerée au-dessus des tro- 
chanters; tarses longs; le l»"' article des postérieurs aussi long que les 
trois suivants réunis ; le ¥ court, dégagé. — Mésosternum déclive ou 
snbvertical; ses bords tranchants. — Mentonnière du prosternum assez 
saillante ; sa saillie postérieure llcchic ; sutures prosternales concaves. 

Ainsi que je l'ai dit plus haut, ce genre est très-voisin des Pomacdi- 
LiDS du groupe précédent, mais il appartient à celui-ci par suitt de l'ab- 
sence de la carène frontale. Ses hanches postérieures fortement dilatées 
et l'absence de lamelles sous les tarses le séparent du genre en question. 

Ses espèces sont, du reste, comme les Pomacbilius, de forme étroite, 
svelte, et leur système de coloration consiste également en bandes ou 
taches noires sur un fond testacé ou vice versa. L'espèce [bilinealus) 
des environs de lUo-Janeiro, que Eschschoitz a fait connaître, est en ce 
moment la seule décrite, à ce que je sache, mais il y en a un assez 
grand nombre d'inédites dans les collections. 

(1) C. fulgidus, decoratus, tœnialus, Erichs. loc. cit. 

(2) Eschschoitz ajoute aux caractères du genre, quo le labre est « grand et 
voûté. » Cela est vrai pour l'espèce qu'il a décrite et plusieurs autres (|uc j'ai 
sous les yeux. Les mandibules sont en même temps d'une épaisseur remar- 
quable à leur base : mais ces deux caractères s'affaiblissent chez d'autres, et il 
en est chez les(iuellcs ces deux organes sont h l'état normal. 



El ATÉBIDF.S VnAlS 21S 

SYNAPTU8. 
EscBSCii. iu Thon, Entom. Arch. U, 1, p. 32 (1). 

Tète pelite, assez convexe, subvcrlicale ; front plan, non caréné, 
rétréci et tronqué en avant; cavités antennaires grandes. — Yeux mé- 
diocres, non saillants. — Antennes grêles, assez longues, de onze ar- 
ticles : 1 assez long, gros, cylindrique, 2-10 en cône renversé, crois- 
sant graduellement, 11 ovalairc, atténué à sa base. — Prolhorax plus 
long que large; ses angles postérieurs médiocres, dirigés en arrière.— 
Ecusson oblongo-ovale. — Elytrcs allongées, graduellement rétrécles 
en arrière. — Hanches postérieures étroites, peu à peu élargies en de- 
dans, échancrées au-dessus des trochanters ; tarses filiformes; le l" ar- 
ticle des postérieurs aussi long que les trois suivants, le 3« muni d'une 
longue lamelle, le i" couri, le 5" très-long; crochets pectines dans pres- 
que toute leur longueur. — Mcsostcrnum déclive. — Mentonnière du 
prosternum médiocre ; sa saillie postérieure large, un peu lléchie ; su- 
tures prosternales rectilignes, un peu ouvertes en avant. 

Le type du genre, VEI. filiformis de Falirieins (2), est un insecte très- 
voisin, sous tous les rapports, de certains Ar.nioTES (par ex. A. pilosus), 
mais bien distinct par la forme des crochets de ses tarses. Il est ré- 
pandu dans toute l'Europe moyenne cl méridionale, et se trouve ordi- 
nairement sous les pierres. On en a décrit deux autres espèces (r.) des 
régions transcaucasiennes, qui n'en sont peut-élre que de simples va- 
riétés. 

AGRIOTES. 

EscHScn. in Tuon, Entom. Arch. II, 1, p. 34 (4). 

Télc courte, subvcrlicale, légèrement convexe; front rétréci par les 
cavités antennaires, un peu prolongé au-devant d'elles et coupe carré- 
ment. — Antennes médiocres, de onze articles : 1 gros, médiocre, subcy- 
lindrique, 2-3 obroniqucs, plus courts que les suivants, inégaux, 4-10 ob- 
coniques ou très-faiblement dentés, 11 sans faux article. — Yeux 

(1) Eschsclioltz a employé presque simultanément ce nom de SvNAPxes, d'a- 
bord pour le genre actuel, puis, avec la désinence féminine, pour un genre 
d'Ecliinodermes de la famille des Holothurides; je crois que dans cette der- 
nière acception il a la priorité. — Pour les caractères détaillés du genre, 
voyez Gcrmar, Zcitschr. I, p. 235. 

(2) Syst. El. II, p. 235 (El. cimreus IWig., unguUserris Schœnb.). 

(3) S. erimnus, gurgistanus, Faldorm. Faun. entom. Transe. I, p. 160. 

(4) Syn. EcriNts.Eschsch. loc. cit. — CATAPHiG08,Steph.Mll. ofBrit. Entom. 
ni, p. 185. — DoLopius pars, J. L. Le Conte. 



316 ÉLATÈKIDES. 

médiocres. — Prothorax au moins aussi long que large, en général as- 
sez convexe; ses carènes latériiles fléchies en dessous dans leur moitié 
antérieure et invisibles d'en haut (i); ses angles postérieurs médiocres, 
subreclilignes, faiblement carénés chez la plupart. — Ecusson oblongo- 
ovale.— Elylres plus ou moins allongées et rétréciesen arrière.— Han- 
ches postérieures coupées oblitiuement en dehors, médiocrement élar- 
gies au coté interne; tarses filiformes, finement pubescenis en dessous, 
leurs articles 1-4 décroissant graduellement. —Mentonnière du pro- 
sternum courte ; sa saillie postérieure fléchie; sutures prosternales recti- 
lignes ou subreclilignes. 

La plus grande confusion règne dans les auteurs récents au sujet des 
genres Agriotes, Ectinus, Sbkicos et Dolopios d'Eschschollz (a). Je 
crois, pour ce qui me concerne, qu'on peut les réduire à deux suffisam- 
ment distincts pour être conservés. Les Agriotes, réunis aux Ectinds, 
me paraissent constituer un groupe naturel, séparé des Sehicus réunis 
aux DoLOPius par la forme des carènes latérales du prothorax et la rec- 
titude des sutures prosternales. Je ne connais du moins aucune espèce 
qui fasse le passage entre ces deux formes, 

Eschschoitz et, à son exemple, les auteurs les plus récents ne distin- 
guent les deux genres en question que par les antennes ; celles des 
Agriotes (3) sont composées, à partir du 4" au 10° inclusivement, d'ar- 
ticles obconiques, tandis que chez les Ectinus (*), ces articles sont 

(1) Eschschoitz les indique à tort comme absentes dans leur milieu; elles sont 
telles que je l'indique. Latroille avait il6jà relevé cette erreur. 

(2) Les auteurs de Faunes locales européennes adoptent généralement ces 
quatre genres. Latreille (Ann. d. 1. Soc. eut. III, p. 159), après avoir dit que 
leurs caractères s'effacent tellement qu'il est presque impossible de fixer les li- 
mites de chacun d'eux, conserve les deux genres Ectinus et Agriotes en réunis- 
sant aux premiers non-seulement les Sehicus et les Dolopios, mais encore une 
espèce du second, VA. spuiator. Le dernier auteur qui se soit occupé de ce« 
insectes, M. J. L. Le Conte (Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, 
p. 455), réunit les quatre genres en un seul auquel il donne le nom de Doui- 
PIDS qu'il a remplacé plus tard (ibid. p. 505) par celui d' Agriotes. 

(3) Esp. d'Europe : El. pilosus {obscurus 01., vilis Illig.). — obscurus Gyll. 
{variabilis Payk., Fab.). — segetis Bierkand., Gyll. [lineatus h., sMaius F.). 
— graminicola L.Redtenb. {/'usculus,gilvellus))es.). — sputatorL. {variabilis 
Herbst). — flavicoi-nis Panz. — .4. nudus, piceolus, Kiister, Die KœferEurop. 
XXV. —Esp. de la Russie mér. : j1. Karabacliensis, Kolenati. Melet. cutom. 
V, p. 39. ' 

(4) El. aterrimus h. {atratus Illig., nigrinus Herbst); type du genre. — 
E. xanthodon, jucundus, Itorkel, Stcttin. Kntom. Zeit. 1847, p. 79.— subœneus, 
W. Redtcnb. Gêner, quœd. et Spcc. Archid. Austr. p. 12; tous d'Europe. 

Les espèces du genre actuel et du suivant, que possède l'Amérique du Nord, 
ayant été réunies par M. J. L. Le Conte, ainsi que je l'ai dit plus haut, il est 
dillicile d'en faire la répartition. Ce sont les suivantes : El. tmncus, Say,Prû- 



ÉLATÉniDBS VnAIS. 217 

Irès-légèrement triangulaires, différence sans aucune valeur. Dans les 
deax genres, les articles 2-3 sont obconiques, assez longs et subégaux. 
Il est vrai que les Aghiotes typiques (pilosus, segclis, sputalor) ont ua 
faciès assez différent de celui des Ectincs, par suite de leur forme plus 
convexe et plus cylindrique, mais des uns aux autres il y a les passages 
les plus insensibles. 

Le genre est médiocrement riche en espèces et parait propre à l'hé- 
misphère boréal dans les deux continents. Celles d'Europe se trouvent 
sur les fleurs et les plantes basses. 

, SERICOSOMUS. 

(Dej.) L. Redtenb. Fmn. Austr.; Die Kœfer, p. 311 (1). 

Genre très-voisin des Aghiotes et n'en différant qu'en ce que la ca- 
rène latérale des côtés du prothorax est rectiligne, visible d'en haut 
dans toute son étendue, et que les sutures prosternalcs sont assez forte- 
ment concaves. 

Eschschoitz a divisé le genre en deux d'après la forme des antennes 
et des hanches postérieures. Chez les Sericosomus, les premières sont à 
peine aussi longues que le prolhorax, faiblement dentées, avec leurs 
articles 2-3 très-courts, obconiques ei égaux, et les secondes faible- 
ment et peu à peu élargies au côté interne (2); tandis que chez les Dolo- 
nvs, les premières sont allongées, composées d'articles obconiques dont 
les 2= et 3" sont plus courts que les autres et subcgaux, et les secondes 
un peu plus brusquement élargies au côté interne (s). La forme da 
corps est en même temps un peu plus linéaire dans le second de ces 
genres que dans le premier. 

wod. of Iho Acad. of Philad. lU, p. 171 {El. obesus Harris; Agr. Irmcatus, 
striatulus Melsheim.). — El. bigeminatus , Randall, Boston Jouiu. of nat. 
Hist. II, p. 37. — Agr. pubcsccns, Dolop. oblongicollis, isahelHnus, Melsheim. 
Proceed. of the Acad. of Philad. 11, p. 217. — Dol. collaris, fucosus, avulsus, 
sordidus, stabilis, limosus, pauper, subustus, J. L. Le Conte, loc. cit. 

(1) Syn. Sericos, Esclisch. in Thon, Entom. Arcliiv, U, 1, p. 34; nom em- 
ployé antérieurement par M. Mac-Leay, avec la désinence féminine, pour un 
genre de Lamellicornes, do la tribu des Mélolonthides; voyez Tome III, p. 205. 
— DoLOMus, Eschsch. loc. cit. — Ectinus pars, Latr. — DoLOPins pars, J. L. Le 
Conte. 

(2) El. brumeus Linné, Herbst, Fab. —El. fugax Fab. Gyll. — S. Hbialis, 
L. Redtenb. loc. cit. Cet autour émet l'opinion que ces trois espèces n'en sont 
peut-être qu'une seule dont le tibialis serait le mllo et les deux autres la fe- 
melle. 

(3) El. marginatus Linné, Herbst [M. sticticus Pani.), d'Europe. — ru**, 
^ustor. Die Ka;fer Europ. XIV, 34; du même pays. — marg'mipemiis, Lucas, 
t-xplor. do l'Alger.; Entom. p. 168; de l'Algérie. — sellalus, Mannerh. Bull. 
Mo8c. 1852, U, p. 108; de Sitkha. 



218 ÉLATÈniDES. 

Je ne puis indiquer comme appartenant aulhcntiqnemcnl au genre, 
que les espèces européennes citées en note. Ce sont des insectes au plus 
de mojenno laillc, d'un fauve tcslacé passant au fuligineux ou au bru- 
nâtre, et revêtus d'une fine pubesccnce. On les trouve sur les fleurs. 

ACRONIOPUS. 

Erichs. Arch. 1814, II, p. 175 (1). 

Tète courte, subverlicale, convexe ou presque plane ; frot)t dépassant 
5 peine les cavités anlcnnaires, arrondi, parfois {furvus) faiblement ca- 
réné. — Yeux assez petits. — Antennes tantôt un peu plus, tantôt moins 
longues que le prothoras, filiformes, de onze articles : 1 médiocre, gros, 
subovalaire, 2-3 courts, obconiqucs, subégaux, 4-10 plus larges, sub- 
transversaux, 11 ovalaire, sans faux article. — Protborax transversal 
ou subcquilaléral, assez convexe ; ses carènes marginales régulières ; ses 
angles postérieurs courts, rectilignes. — Ecusson ovale. — Elytres al- 
longées, graduellement et régulièrement rétrécies en arrière, un peu 
arquées en dessus. — Hanches postérieures dilatées brusquement au 
côté interne en une lame presque carrée et échancrée ; tarses grêles ; 
le l»f article des postérieurs aussi long que tes deux suivants réunis, 
le 4'^ très-court, subéchancré, muni d'une courte lamelle. — Mésoster- 
num déclive. — Mentonnière du proslcrnum médiocre; sa saillie posté- 
rieure fléchie ; sutures prosternalcs subrcctilignes. 

Erichson a fondé ce genre sur quelques espèces de la Tasmanie (2), 
dont les plus grandes sont à peine de laille moyenne, et dont il a signalé 
l'analogie avec les Sericosomiis du groupe des Dolopids. Elles me pa- 
raissent, en efl'et, voisines de ce genre, mais se rattacher en même 
temps aux Adrastus par la présence d'une lamelle sous les tarses. Tou- 
tefois leur faciès est assez difl'crenl et se rapproche beaucoup de celui 
des EocsEMis. Leur livrée varie du noir au fauve uniforme. 

ADRASTUS. 
EscBscii. in TnoN, JSnlom. Arch. II, 1, p. 35 (3). 

Dernier article des palpes maxillaires ovalaire et acuminé, celui des 
labiaux sécuriforme. — Tête courte, subverticale, convexe; front dé- 
passant un peu les cavités anlcnnaires, tantôt tronqué, tantôt subacu- 
miné. — Yeux médiocres.— Antennes assez longues, en général grêles, 

(1) Syn. Atelopus, Erichs. ibid. 184», I, p. 142; olim. Erichson a changé ce 
nom appli(iué antérieurement à des Reptiles par MM. Duméril et Bibron. 

(2) A. furvus, lucidusjhumilis, in^mt/i, Erichs. loc.cit. 

(3) Syn. EsTHESOPUS, Eschsch. loc, cit. p. 32. 



ÉLATÉHIDES VH.11S. 219 

de ODze ariiclcs : t assez gros et cylindrique, 2 très-court, obconique 
ou subglobuleux, 3 plus loijg, obconique, 4-10 plus ou moins, en général 
faiblement dentés, 11 sans faux article.— Prothorax transversal ou non, 
assez convexe, ses carènes latérales llcchics près de leur base et invi- 
sibles d.'en haut; ses angles postérieurs médiocres, aigus, reclilignes, 
non carénés. — Ecusson oblongo-ovale. — Elytres graduetlement ré- 
Irécies en arrière. — Uancflcs postérieures coupées obliquement en de- 
hors, assez larges en dedans ; tarses grêles; le 1" article des postérieurs 
aussi long au moins que les deux suivants, le 3» et le 4" tantôt simples, 
lanlôl Irigoncs, tous deux ou celui-ci seulement munis d'une courte la- 
melle (I); crochets des tarses finement pectines. — Mésostcrnura déclive. 
— Proslernum convexe; sa mentonnière courte; sa saillie postérieure 
un peu fléchie ; sutures prosternales concaves. 

Petits insectes, semblables pour la forme aux SEnicosoMus du groupe 
des DoLonus et tenant aux Agbiotes par la forme des carènes laté- 
rales de leur prolhorax, mais très-distincts des uns et des autres par le 
dernier article de leurs palpes maxillaires et les crochets de leurs tarses. 
Ils se divisent naturellement en deux sections, selon que les tarses sont 
pourvus (2) ou non (s) de lamelles. Le genre Esthbsopus d'Eshschollz 
correspond très-probablement à la première, comme le pense Erich- 
SOQ {A). 

Jusqu'ici \es espèces décrites sont propres à l'Europe, à l'Amérique 
da Nord et au Mexique. 

(1) ErIchsoD, qui a donné (in Gormar, Zeitschr. Ill^ p. 117) une monogra- 
phie du genre, ne signale cette lamelle qu'au 4>' article des tarses. II y en a 
manifestemejit deux chez le tcrminalus d'Europe. M. J. L. Le Conte (Trans. 
of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 458) assigne également ce nombre 
aux espèces do l'Amérique du Nord. 

(2) Esp. d'Europe : A. terminants, Er. loc. cit.; Eur. or. — rutilipennis, 
lllig. Mag. Vl, p. 6; Portugal. — Esp. de l'Anu^r. du Nord : El. reclicoUis, Say, 
Journ. of tlie Acad. of Philad. III, p. 168 (/l. pumilus Er.). — ^. tesfaceus, 
Melsheim. Proceed. of tlic Acad. of Philad. II, p. 219, —Les El. inquinatus et 
tttieius de Say (Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. VI, p. 175 et 184) 
appartiennent aussi très-probablement au genre, selon M. Le Conte. — Esp. 
du Mexicpie : A.crmiellus, prœcox, Er. loc. cit. —Esp. des Antilles : A. fus- 
tvivs, de Cuba; frœvius, do Haïty; Er. loc. cit. 

(3) Toutes les espèces sont européennes, et Erichson mentionne les suivantes: 
A. axillaris Er. — limbatus Fab. — pollens Fab. (limbatus Herbst; var. (l'm- 
batus Payk., pusillus Herbst). — luleipennis, laccrtosus , humilis ^r. — late- 
raiis Herbst. — pusillus Fal). [mmus Herbst). 

i ignore h laquelle do ces deux sections appartiennent les deux esp. sui- 
vantes : ^. bicolor, Lucas, Explor. de l'Alger.; Entom. p. 169; d'Algérie. — 
A.piceus, Ménétr. Ins. rec. par Lehm. p. 35; de Turcoménie. 

(4) Esehscholtz n'en décrit qu'une espèce des environs de Rio-Janeiro, qu'il 
nomme £. castaneus. 



220 ÊLATiaiDES. 



Note. 



Dans la parlie entomologique de l'ouvrage de M. Gay, sur le Chili, 
Solier n'a pas établi moins de seize genres nouveaux parmi les Ëlaté- 
rides peu nombreux qu'il a décrits. Sur ce nombre, huit seuleqticnt me 
sont connus en nature, et je n'en ai trouvé gu'un seul (Tibionema) qui 
me parût mériter d'être conservé. Les huit autres fondés, comme les 
précédents, principalement sur les modifications des organes buccaux, 
sont absolument méconnaissables, comme on peut en juger par leurs for- 
mules que je traduis textuellement. Il est seulement probable qu'ils ap- 
partiennent au groupe actuel plutôt qu'à celui des Ëlatcrides vrais. 

OVIPALPUS. 
SoLiBR in GaYj Hist. de Chile; Zool. V, p. 9. 

Menton transversal, à peine trapéziforme, presque carré. — Dernier 
article des palpes ovalaire. — Mandibules bidentées à leur extrémité. 
— Antennes dentées, à articles 2-3 petits, nodiforraes. — Ecusson 
oblong, subovalaire. — Corps filiforme (i). 

NEMASOMA. 

SOLIER, loc. cit. p. 10. 

Menton suboblong, trapéziforme. — Mandibules bidentées à leur ex- 
trémité. — Dernier article des palpes oblong, sécnriferme. — Labre 
transversal, presque carré, arrondi sur les côtés. — Antennes subfili- 
for.nes, à articles 2 oblong, 3 beaucoup plus long, â-tO conico-ovalaires, 
sobégaux, 11 ovaiairé, aigu au bout (i). 

ANACANTHA (3). 
Soi.iEi\, loc. cit. p. 18. 

Menton transversal, trapéziforme, fortement tronqué en avant. — 
Mandibules bidentées au bout. — Palpes maxillaires allongés, leur der- 
nier article oblong, sécuriforme. — Labre transversal, rétréci et obtu» 
en avant. ~ Antennes larges, dentées; leur 2" article court, transver- 

(1) 0. pubescens, pi. 13, f. 3 a-jr. 

(2) N. sulcatwm, pi. 13, f. i a-g. 

(3) Nom employé antérieurement avec la désinence masculine, d'abord par 
par M. Ehrenbcrg pour dos Poissons, piis par M. Audinet-Servillo pour de» 
LoDgicorncs. 



ÉIATÉKIDES VnAIS. 221 

sal, le 3' oblong, conique, le dernier oblongo-ovaie. — Proihoras oblong, 
carré; ses angles postérieurs non épineux. — Ecusson suboblong, pa- 
rallèle, arrondi en arrière. — Corps parallèle, obtus postérieurement (i). 

PODONEMA. 

SouER, loc. cit. p. 19. 

Dernier article des palpes court, fortement sécariforme Mandi- 
bules bidentées au bout. — Antennes filiformes, à article 2 oblong, pres- 
que égal au 3" ; le dernier rétréci à son extrémité. — Prolhorax oblong, 
parallèle. — Corps plus ou moins rétréci en arrière. — Ecusson oblong, 
parallèle, arrondi en arrière ('2). 

GENOMECUS. 

SOLlERj loc. cil. p. 29. 

Menton subtransversal, Irapéziforme. — Mandibules simples à leur 
extrémité, aiguës. — Dernier article des palpes ovalaire, sécuriforme 
(sic). — Labre transversal, arqué en avant. — Antennes dentées, à ar- 
ticles 2-3 noueux ; le dernier fortement rétréci à son extrémité. — Ecus- 
son oblong, parallèle, arrondi en arrière. — Corps oblong, ovalaire (3). 

SOMANECUS. 
SoiiER, loc. cit. p. 33. 

Mandibules simples et aiguës au bout. — Palpes maxillaires allongés ; 
leur dernier article fortement sécuriforme. — Antennes subdenlées, à 
articles 2-3 oblongs, subégaux et égaux au 4" ; le dernier ovalaire. — 
Ecusson oblong, subovalaire. — Corps filiforme, parallèle (4). 

AMDLYGNATHUS (5). 
SoLiER, loc. Cit. p. 36. 

Menton transversal, trapéziforrte. — Mandibules entières et obtuses 
à leur extrémité.— Palpes courts ; leur dernier article fortement sécuri- 

(1) À. sukiooUis, pi. n, flg. 9. 

(2) P. impressum, pi. 13, fj 10. 

(3) G. ru/icoUis, pi. 15, f. 6. 

(4) S. parallelus, pi. 14, f. 9. 

(5) Nom déjà employé par Dejean pour des Carabiqucs; voyci Tomo I, 
p. 266. 



222 ÉLATÉllIDES. 

forme. — Labre transversal, rclréci en avant. — Antennes filiformes?; 
leurs articles 2-3 courts, coniques, suhégaux. — Ecusson ohlong, paral- 
lèle, aigu en arrière. — Corps déprimé, parallèle (i). 

DYSMORPHOGNATHUS. 

SoiiEB, loc. cit. p. 37. 

Menton transversal, rétréci et cchancré en avant. — Mandibules en- 
tières et fortement tronquées au bout. — Dernier article des palpes for- 
tement sccuriforme. — Labre transversal, arrondi en avant. — Antennes 
subdentées; leurs articles 2-3 plus étroits que les autres, petits, subcy- 
lindriques. — Ecusson subcaréné (â). 

Les deux genres suivants me sont également inconnus. 

PLEONOMUS. 
Ménétr. Ins. rec. par Lehm. p. 32. 

Labre très-court, largement et légèrement échancré. — Mandibules 
robustes, arquées, unidcntces en dedans. — Palpes filiformes, à articles 
égaux ; le dernier obliquement tronqué au bout. — Menton court, tron- 
qué. — Tète assez large, impressionnée sur le front; celui-ci non ca- 
réné en avant, abaissé sur le labre. — Yeux grands, globuleux, saillants. 
— Antennes un peu plus courtes que le corps, de douze articles : le 
l'"' gros, pyriforme, le 2" très-court, les suivants allongés, subcjlindri- 
ques, graduellement atténués. — Prothorax à peine plus long que large, 
subcylindrique, ses angles postérieurs très-petits, saillants en dehors, ai- 
gus; prosternum laissant la bouche à découvert. — Elylres très-longues, 
linéaires. — Pattes grêles, allongées ; tarses aussi longs que les jambes; 
leurs articles comprimés, dcnsémcnt ciliés en dessous, à articles 2-3 sub- 
égaux, 3-4 décroissant graduellement, le 5" de la longueur du 3»; cro- 
chets arques simples. 

Le type du genre (r.) est un insecte de taille moyenne, très-allongé et 
étroit, en entier de couleur lestacée et recueilli par Lchmann aux envi- 
rons de Bokhara. M. Ménétriés regarde le genre comme voisin des Cam- 
pvLos; toutefois je crois qu'il appartient à un groupe différent, représenté 
dans les collections par un certain nombre d'espèces inédites de l'Eu- 
rope australe, du Cap, de Madagascar et des Indcs-Oricntales, qui, toutes, 
ont perdu le faciès des Élalérides autant que les Cami'ilus, mais qui 
diffèrent de ce genre par la présence d'une mentonnière au proster- 

(1) A. abdominalis, ]il. 14, f. 11. 

(2) D. fusciis, pi. li, 1. 12. 

(3) P. teretkolUs, Ménétr. loc. cit. i)l. 2, f. G. 



CAsirvLiDES. 223 

num (0- ^^e sont des insectes trcs-AiflTieilcs !i classer, mais qui me pa- 
raissent cependant ne pas pouvoir être beaucoup éloignés des Atbocs. 

TRICHOPHORUS (2). 
MuLs. et GoD. in Muts. Opusc. eniom. Fasc. 2, p. 181. 

Epislome avancé en ogive obtuse. — Antennes plus longues que le 
protliorax, de onze articles : 1 assez gros, subcylitidrique, 2-3 très-courts, 
subégaux, 4-10 fortement dentés, plus longs que larges, 11 un peu plus 
long que 10, étroit et parallèle. — Protliorax plus long que large; ses 
angles postérieurs tressaillants, munis à leur extrémité externe d'un ap- 
pendice filiforme et corné, dirigé en dehors. — Ecusson oblongo-ovale. 
— Elytres rétrécies graduellement dans leur moitié postérieure. — Han- 
ches postérieures peu à peu élargies au côté interne ; tarses Tdiformes, 
à arliclcs 1-4 décroissant graduellement, le 3'' muni d'une courte pâlotte 
en dessous. — Mentonnière du prosternum obtusément tronquée ; sa 
saillie postérieure parallèle. 

J'extrais ces caractères de la longue formule consacrée au genre par 
MM. Mulsant et Goilart, qui se taisent sur ses analogies. J'ignore où il 
doit être placé et soupçonne seulement, par suite de la forme de l'épis- 
tomc, qu'il appartient aux Ludiides. 11 ne comprend qu'une espèce de 
taille médiocre, d'un fauve teslacé et découverte aux environs de Nar- 
bonne. 

TRIBU VIII. 

CAMPVLIDES. 

Dernier article des palpes maxillaires souvent ovalaire ou subcylin- 
drique. — Mandibules saillantes, droites à leur base et brusquement 
recourbées au bout chez le plus grand nombre. — Yeux le plus souvent 
dégagés du protliorax et saillants. — Hanches intermédiaires oontiguës 
ou subroiitiguës ; tarses finement pubescenls, dépourvus de lamelles. — 
Mi'lasternum acuminé en avant. — Mésosternum déclive, souvent en- 
foui. 

(1) C'est sur l'une d'elles, originaire du Portugal, que Dojoan (Cat. éd. 3, 
p. 106) a Établi son genre Macrodes [M. striatus). — Il faut probablement 
wssi y rapporter l'insecte de la Mongolie que Faldermann (Col. ab. ill. Bun- 
gio, etc., p. 78, pi. 3, f. 9) a décrit et figuré sous le nom do Senopalpus spi- 
nicoUis, et (pie M. De Motschoulsliy (Bull. Mo.sc. 1845, 1, pi. 35) a placé parmi 
lesAiiioos. M. Ménétriés (loc. cit.), qui a tu dans le Muséum de l'Académie de 
St-Pétersboiug l'exemplaire unique décrit par ces deux auteurs, regarde l'es- 
pèce comme pouvant rentrer dans le genre actuel. 

(2) MM. A. Serville et Temmincli ont déji appliqué ce nom, le premier à des 
Loncicornes, le second i des Oiseaux. 



224 ÈLATÉRIDES. 

Après avoir mis de côté les genres qui composent les groupes précé- 
dents, il en reste un certain nombre qui ne peuvent rentrer dans aucun 
de ces derniers et qui se rapprochent plus ou moins des Cébrionides, 
parmi lesquels la plupart d'entre eux ont été placés par plusieurs au- 
teurs. 

Les caractères qui les rattachent à la famille en question sont en pre- 
mière ligne le rélrccisscment du mctasternum en avant et la contiguïté 
des hanches intermédiaires qui en est la conséquence, deux particularités 
qui sont constantes ; puis l'absence complète de la mentonnière du pro- 
sternum dont on ne retrouve un vestige que chez les Hbhioi>s. Les autres, 
c'est-à-dire les mandibules on forme de tenailles, le dégagement des 
yeux et leur saillie, enfin la forme subcylindrique du dernier article de» 
palpes, sont tous sujets à des exceptions plus ou moins nombreuses. 

Bour tout dire, en uji mol, ces insectes seraient des Cébrionides s'ils 
avaient des jambes fouisseuses et armées d'éperons bien développés. 

Du reste, ils varient beaucoup sous le rapport du facics, et à ce point 
de vue constituent plusieurs types distincts; mais c'est inutilement que 
j'ai cherché des caractères qui |)ermissent d'ériger ces types en groupes 
à part. C'est dcs-lors arl)itrairenieiit que j'ai emprunté au genre Cam- 
pvLus le nom que j'ai donné à la tribu ; ce genre est, au contraire, un 
des plus isolés et n'a sur les autres que l'avantage d'être mieux connu. 

Les dix qui suivent sont disséminés au loin sur le globe, et aucun 
d'eux n'est riche en espèces. Il est digne de remarque que pas un seul 
d'entre eux n'a des représentants dans l'Amérique du Sud, si riche 
d'ailleurs en Ëlatérides. 

h Dernier arliclc des palpes max. distinctement sécuriforme. 
a Front caréné; plaque nasale distincte. 

Mandibules saillantes, brusquement arquées : Dicronychus. 

— courtes, graduellement — Campylus. 
aa Front déprimé; plaque nasale nulle. 

b Labre fendu ou échancré. 

Yeux médiocres, arrondis : Pleclrosternus. 
— petits, ovalaires : Hemiops. 
bb Labre entier : GEslodes. 
IL Dernier article des palpes max. ovalaire. 

Mandibules fissiles au bout : Cylindruderus. 

— simples — Macromalocera. 
ni. Dernier article des palpes max. subcylindrique. 

c Mandibules médiocres, assez robustes. 
Antennes de 11 articles : Pl(istoc,erus. 

— 12 — Euthysanius. 
ce Mandibules allongées, grélei : Aphricus. 
Genre incert<e sedis : Isosoma. 



CAMI'VLlnES. 226 

DICRONYCHUS. 
(EscBs'cH.) De CiSTBLN. Hist. nai. d. Col. I, p. 251. 

Dernier arlicle des palpes maxillaires sccuriforme. — Mandibules 
assez ou médiocrement saillantes, brusquement recourbées dans leur 
moilié antérieure, simples au bout. — Télé assez grande, un peu con- 
cave en avant; front largement arrondi, subtronqué, faiblement caréné; 
plaque nasale épaisse, transversale. — Yeux gros, assez saillants.— An- 
tennes longues, de douze (serraticornis) ou onze (senegalcnsis) arti- 
cles (1): 1 médiocre, gros, 2 très-court, obconique, 4-10 plus ou moins 
dentés, plus longs que larges. — Prothorax au moins aussi long que 
large, convexe, droit sur les côtés et un peu rétréci en avant ; ses angles 
postérieurs robustes, non divergents, carénés. —Ecusson oblongo-ovale. 
— Elytrcs allongées, assez convexes, rétrécies dans leur tiers postérieur 
et arrondies au bout. — Pattes assez robustes ; hanches intermédiaires 
subconligucs ; les postérieures graduellement et tantôt {scrralicornis) 
faiblement, tantôt [senegalcnsis] très-fortement dilatées au côté interne ; 
tarses filiformes, comprimés, à articles 1-4 décroissant peu à peu; cro- 
chets robustes, bifides au bout. — Mcsoslernum déclive ; sa cavité pe- 
tite, n'occupant que sa base. — Mentonnière du prosternum presque 
(serralicornis) oa tout-à-fait (senegalensis) nulle; sa saillie postérieure 
Irès-Oéchie ; sutures prosternales fortement concaves en dehors. — Corps 
allongé, assez convexe. 

Eschschoitz a fondé son genre Uicronvcdcs, ssns désigner les in- 
sectes qu'il y rapportait et en ne lui attribuant pas d'autres caractères 
que d'avoir les tarses privés de lamelles, et les crochets de ces organes 
bifides .î leur extrémité. Cette vague formule convient à des insectes 
très-différents ; aussi presque au même moment M. Brullé et Germar 
appliquaient le nom en question à des Élalérides du genre Cardiopuo- 
ntis(.2),ct M. DeCasteInauauxdeux espèces du Sénégal citées plus haut, 
et dont l'une [serralicornis) est mentionnée dans le dernier Catalogue de 
Dejcan. Dès-lors c'est incontestablement à ces dernières que le nom du 
genre doit rester. 

Le faciès as ces insectes se rapproche beaucoup de celui de certains 
CnATONvcuDS, tandis que par leurs mandibules, la contiguïté de leurs 
hanches intermédiaires, l'absence de mentonnière au proslernum, ils res- 
semblent aux Cébrionides. Le mâle de l'un d'eux {serraticornis} a 

(1) Chez le serraticornis le 12^ article est aussi long, mais beaucoup plu» 
prclc que le 11", et tout aussi séparé de lui que colui-ci l'est lui-même des pré- 
cédenls, tandis ([«o chez le senegalensis ce n'est plus qu'un ftuix article à peiM 
uistincl (lu 11". 

(2) Voyez pins haut, p. 191. 

Cnh'oplères. Tome IV. 15 



226 ELATERIDES. 

même, comme les Pbysodactvlcs du même sexe, le dernier segment 
abdominal fortement rétréci et siuué de chaque côté dans sa moitié pos- 
térieure. 

Les deux espèces en question sont de taille un peu au-dessus de la 
moyenne, noires, avec les téguments finement puhescenls et les ély- 
tres assez fortement striées. Je connais plusieurs insectes inédits de 
l'Afrique australe qui, avec des caractères semblables aux leurs, ont les 
crochets des tarses simples, ce qui dcmoiilre le peu de valeur générique 
de ce caractère. 

CABIPYLUS. 

Fiscs. dbWaidh. Entomogr. d. l. Russ. II, p. 453 (1). 

Dernier article des palpes maxillaires légèrement sécuriforme. — Man- 
dibules courtes, épaisses, arquées dès leur base, bifides au bout. — Tête 
large, légèrement rétrécie en arrière, cxcavéc à sa partie antérieure ; 
front plus ou moins fortement caréné et rebordé ; plaque nasale épaisse; 
cavités anlennaires arrondies (2). — Yeux globuleux, entièrement dé- 
gagés. — Anleimes en général médiocres, de onze articles : 1 peu al- 
longé, obconique, 2 très-court, 3-10 dentés ou pectines chez les màlcs, 
dentés chez les femelles, 11 sans faux article. — Prothorax petit, plus 
long que large ou transversal, un peu rétréci en avant ; ses angles pos- 
térieurs couris, aigus et divergents. — Ecusson ovale ou assez allongé. 
— Elylres allongées, linéaires. — Pattes très-grêles; hanches intermé- 
diaires coniques ; les postérieures étroites, un peu dilatées à leurexlré- 
mité interne; tarses filiformes; le 1°'' article des postérieurs presque 
aussi long que les trois suivants réunis, ceux-ci décroissant graduelle- 
ment. — Cavité mésosternalc plus ou moins enfouie, grande, rhom- 
boïdale. — Sutures prostcrnalcs reclilignes. — Corps allongé, linéaire. 

Ce genre, bien connu, se compose d'un nombre assez restreint d'es- 
pèces, dont quelques-unes (par ex. borealis) ressemblent beaucoup à 
certains Atuous, mais dont les autres ont un faciès particulier très-dif- 
férent de celui des autres Èlalérides et dû à leur forme linéaire et dé- 
primée. Les deux sexes ou l'un d'eux seulement, ordinairement le mâle, 
ont parfois un sixième segment abdominal distinct, et en outre, dans cer- 
tains cas (par ex. lincaris), diffèrent assez par leur forme et leur sys- 
tème de coloration pour paraître constituer des espèces distinctes. 

(1) Syn. ExopuTnAUins, Latr. Fam. nat. p. 249. 

(2) Cette forme de la léte se modifie assez fortement chez \'El. homidisinus 
d'Illiger (Magaz. VI, p. 14), petite espèce de l'Europe méridionale qu'on pren- 
drait, au [premier coup-d'aùl, pour un Ltcus. Les cavités antennaires, qui sont 
tfès-giandes, létrécisseut la iilaque nasale au point qu'elle est plus haute que 
large et que le front parait acuminé en avant. Malgré cela je no crois J)as que 
cet insecte doive être retiré du genre, 



CAMrTLIDES. 227 

On ne comprend pas bien qu'avec les caraclères qui leur sont propres 
ces insectes n'aient jamais clé placés parmi les Cébrionides, comme là 
plupart de ceux du groupe actuel ; ils le méritaient tout autant que ces 
derniers. 

Les Cami'vlds sont répandus en Europe, en Asie, dans l'Amérique 
du Nord et dans l'Afrique australe; on en connaît en ce moment une 
dizame d'espèces (i). Celles d'Europe se trouvent sur les feuilles et les 
fleurs, particulièrement sur celles de l'aubépine. 

PLECTROSTERNUS (2). 

Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme. — Mandibules as- 
sez saillantes, robustes, arquées dans leur moitié terminale et fendues 
au bout. — Labre en carré transversal, divisé par une étroite fissure 
dans son milieu. — Tête concave à sa partie antérieure; front peu épais 
et largement arrondi en avant.— Yeux médiocres, dégagés, arrondis et 
assez saillants. — Antennes plus longues (mâles) ou pas plus longues 
(femelles) que le prothorax, de douze articles : 1-cn massue allongée et 
arquée, 2 obconique, très-court, .3 de même forme, un peu plus long, 
4-11 pectines chez les mâles, fortement dentés chez les femelles, 
12 long et grêle chez ceux-là, ovale chez celles-ci. — Prothorax trans- 
versal, trapéziforme, convexe, déclive en arrière, carrément échancré 
au milieu de sa base et muni d'un court sillon assez loin de ses angles 
postérieurs; ceux-ci très-courts. — Ecusson oblongo-ovale. — Elytres 
allongées, rétrécies dans leur tiers postérieur. — Pattes assez robustes; 
hanches postérieures graduellement élargies en dedans; jambes com- 
primées, sublinéaires, planes sur U'ur tranche externe ; tarses munis en 
dessous d'une brosse continue de poils fins, à articles 1-4 décroissant 
graduellement, S long, muni d'un onychinm bien distinct; crochets ro- 

(1) Voyez la Monographie qu'en a donnée Germar dans la Linnaa entom. I, 
p. 147; elle contient huit cspt'ccs : C. tlcnticoUis Fab. Herbst, etc. {El. rubens 
Panz., pyrrhoptents Fal)., Oliv.); <le l'Enropo tempérée. — linearis t. ( $ me- 
somclas L.; var. Ç livens F.); de toute l'Europe; pour la synonymie trùs-cm- 
biouillée de cette espèce, voyez Schmidt, Stettin. ont. Zcit. 1840, p. 35; Alirsns 
ibid. p. 138; Erichs. ibid. 1841, p. 6; ctLepaige, Ann. d. I. Soc. entom. 1845' 
B»ll. p. XIII; Germar ne cite pas le livens. — denticornis Kirby [Camp, flà- 
wnasus, Mclslioim. Proceed. of the Acad. of Pliilad. II, p. 219); Amer, du Nord. 
— Snhlbergii, varions Gerra., variabilis Eschsch., flavipes Gcrm.; de la Si- 
bérie or — borealis Payk.; du nord do l'Europe. ' 

Aj. :Esp. de la MIngrélie : C. paraUelicollis, Aube, Ann. d. 1. Soc. cnt. Sér. 2, 
VUI, p. 336. — Esp. de Natal : C. longicornis, misellus, Bohem. Ins. Calfrar. 
1, p. 392. — Esp. de l'Amer, du Nord : El. productus, Randall, Boston Journ. 
of nat. Hist. II, p. g. 

Ci) Syn. OxvsTEUNus, Latr, Ann. d. I. Soc. entom. III, p. 164; nom déji em- 
ployé pour ua genre de la famille des Histéricns; voyez Tome II, p. 251. 



22g iLATÊRIDES. 

bustes. - Mésosternum court, évasé dès sa base. - Proslernum con- 
cave arrondi en avant; sa saillie postérieure droite, robuste, courte, 
comprimée, cunéiforme, terminée inférieurement par un mucro; su- 
tures prosternales concaves. 

Ce genre et le suivant ont perdu complètement le (acies des Élalérides, 
sans prendre toutefois celui des Cébrionides. parmi lesquels Latreille a 
placé celui-ci en le créant sous le nom dOxYSTERNOs. L'un ell autre 
sont privés des deux caractères essentiels de cette dernière famille, 
c'est-à-dire d'avoir des pattes fouisseuses et les jambes terminées par 
des éperons bien développés. Ces organes existent dans celui-ci ; ils sont 
même assez robustes, mais pas plus longs que chez le commun des Lia- 
tétid63 

Latreille a compris trois espèces dans le genre, dont une seule est dé- 
crite en ce moment, VEl. crassus de Schœnherr (i), que je ne connais 
pas et qui, d'après la description, me parait différer sensiblement de 
celle inédite que j'ai prise pour type, et que Latreille a nommée Oxyst. 
Tufus. C'est un grand insecte des Indes-Orienlalcs, rare dans les col- 
lections, d'un rouge de* laque brillant, avec les antennes, les jambes et les 
tarses noirs; ses élytres sont sillonnées, et les sillons occupés par de 
nombreux petits points noirs, disposés presque sans ordre. La femelle 
atteint parfois jusqu'à quinze lignes de long; le mâle est ordinairement 
de moitié plus petit. 

BEMIOPS. 

(Escnscn). De Casteln. in Silberm. Kev. entom. IV, p. 15. 

Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme. - Mandibules 
saillantes, droites à leur base, arquées et sinuées en dedans à leur ex- 
trcmilc. — l-abre transversal, échancrc ; ses lobes arrondis. — Télé 
plane ; front déprimé, rétréci, obtusément arrondi et dépassant forte- 
ment les cavités antciinaircs. — Antiennes plus longues que le prothorax, 
peu robustes, à articles 1 médiocre, en massue arquée, '2 très-court, 
3 allongé, 410 plus longs que larges, dentés en scie lâche et obtuse, 
11 en cône renversé, muni d'un faux article petit et conique. — Yeux 
petits, dégagés, ovalaircs. — Prolhorax transversal, très-convexe et lé- 
gèrement rétréci en avant, carrément échancré à sa base, muni d'une 
courte rarèiu-, en dedans et assez loin de ses angles postérieurs; ceux-ci 
très-ronrts et divergents. — Ecusson oblongo- ovale, échancré en avant. 
— Elytres allongées, assez convexes, rétrécies en arrière. — Pattes as- 
sez longues, peu robusles; hanches postérieures brusquement dilatées 
au côté interne en une lame subtriangulairc ; tarses longs ; leurs qualfe 
1"» arlicles décroissant graduellement, ciliés ou munis de pelottes en 

(1) Syn. Ins. III; Append. p. 135, 



CAMPVLIOES. 229 

dessous; lu 5° très-long, avec un onychium distinct; crochets grands. — 
Mcsoslcrnum assez long; sa cavité grande et profonde. — Prosternum 
large et convexe en avant, muni d'une courte mentonnière; sa saillie 
postérieure fortement déprimée en arrière des hanches postérieures et 
très-aiguë au bout ; sutures proslernalcs concaves. 

M. De Castehiau a placé ce genre parmi les Cébrionides, et Ger- 
mar (<) qui, depuis, en a donné les caractères avec plus de détails et 
d'exactitude, l'a mis dans le voisinage des ConvMDiTEs ou, en d'autres 
termes, dans le groupe des Ludiides. Ses rapports intimes avec le pré- 
cèdent ne me permettent pas d'adopter ni l'une ni l'autre de ces opinions. 
Les différences entre les deux genres portent principalement sur la tête, 
les antennes, les yeux qui ne ressemblent à ceux d'aucun autre Ëlaté- 
ridc, la saillie proslernale, etc. 

Ces insectes sont un peu plus petits que le PlecCroslernus rufus et 
plus cylindriques. Tous sont d'un beau jaune de brome médiocrement 
brillant, avec les antennes et les pattes parfois noires ou brunâtres. Une 
villosité très-fine et redressée revêt au moins leur tète et leur protho- 
rax, et leurs élytres sont assez régulièrement sillonnées. On en connaît 
en ce moment trois espèces originaires des Indes-Orientales (2). 

OESTODES. 
J. L. Le Conie, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 424. 

Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme. — Man- 
dibules courtes, arquées dès leur base, simples au bout. — Tête sub- 
verticale, plane; front déprimé, rétréci par les cavités antennaircs et 
tronqué en avant. — Yeux médiocres, un peu engagés dans le prolho- 
rax. — Antennes longues, déprimées, de onze articles : 1 gros, peu al- 
longé, 2 très-court, obconique, 3-10 falblcmeiil dentés, 11 plus long, 
acuminé. — Prothorax plus long que large, assez conveNC, légèrement 
arrondi sur les côtés; ses angles postérieurs aigus, reciilignes, finement 
carénés. — Ecusson oblongo-ovale. — Elytres allongées, réirécies dans 
leur tiers postérieur. — Hanches postérieures étroites; tarses assez longs, 
Gnement pubescents en dessous; le l'f article des postérieurs un peu' 

(1) Zeitsclir. IV, p. 51. Gcrmar a également décrit de nouveau les deux es- 
pèces déjà publiées par M. De Casteinau et sans citer cet auteur. 

(2) U. ftavus (luteus Gcrmar), nigripes, Casleln. loc. cit. M. De Casteinau a 
transposé la patrie do ces insectes; il indique le i)rcniier comme étant de la 
Chine cl la seconde de Java. C'est l'inverse qui est \iai, à moins, ce qui est pos- 
tible, que celui-là ne se trouve dans ces doux pays à la fois. Depuis (Hisl. nat. 
d. Col. I, p. 254), il l'a déciit de nouveau sous le nom de H. plana. — cAt- 
nensis, Germar, loc. cit. p. 53. 



230 ÈLAIÉRIDES. 

plDS long que le 2', celui-ci et les suivants décroissant graduellement, 
— Mésosternum subverlical. — Saillie prosternale repliée en arrière des 
hanches antérieures; sutures prosternâtes concaves. 

Ce genre ne comprend que deux petites espèces (1) de l'Amérique 
du Nord, dont le faciès n'a rien qui les éloigne beaucoup des Êlatérides 
ordinaires, mais qui cependant me paraissent devoir rentrer dans le 
groupe actuel par suite de l'absence complète de la mentonnière du 
proslernum et de la forme du métasternum qui est conformé comme 
dans les genres qui précèdent et qui suivent, quoique un peu moins 
acuminc en avant. Toutes deux sont allongées, grêles, d'un noir assez 
brillant; l'une d'elles (lenuicoHis) a les élytres testacces ; chez l'autre 
{gracitiformis) il n'y a que les pattes, le bord et les angles postérieurs 
du prothoras qui soient de cette couleur. 

CYLINDRODERUS. 

EscHscH. in SiLBEUM. Rev. aitom. IV; Tableau (2). 

Dernier article des palpes ovalairc et obtus au bout. — Mandibules 
médiocres, robustes, brusquement recourbées dans leur moitié termi- 
nale et fissiles au bout. — Labre en carré transversal. — Tête plane ; 
front déprimé, assez saillant au -devant des cavités anlcnnaircs et tron- 
qué. — Yeux assez gros et assez saillants. — Antennes de la longueur 
des trois quarts (mâles) ou des deux tiers (femelles) du corps, linéaires, 
déprimées, velues, de onze articles : 1 gros, ovalairc, 2-3 très-courts, 
subégaux, 4-10 croissant graduellement, 11 plus long. — Prolhorax al- 
longé, parallèle ; ses angles postérieurs aigus, divergents. — Ecusson 
ovale, acuminé en arrière. — Elytres allongées, parallèles, subdépri- 
mées. — Hanches postérieures brusquement élargies au côté interne 
en une lame presque carrée; tarses longs, filiformes, finement ciliés; 
leurs articles 1-4 décroissant graduellement. — Mésoslcrnum déclive; 
sa cavité sternale peu profonde, basilaiic; saillie postérieure du proster- 
num repliée verticalement et mucronée au bout ; sutures proslernalcs 
concaves. — Corps allongé, linéaire. 

Genre établi sur le Cchrin femnrnliis de Gormar, insecte du Brésil, 
remarquable par sa forme allongée, parfaitement parallèle, et la lon- 
gueur de ses antennes, surtout chez les mâles. Je l'ai souvent rencontré 
aux environs de Hio-Janciro, oîi il n'est pas rare ; il vit sur les plantes 
basses, cl se trouve communément en société avec d'autres espèces de 

(1) El. graciliformis , tennis, Randall, Boston Journ. of nat. Hist. II, 
p. 13, 14. 

(2) Syn. Cebrio^ Germar, Ins. Spec. nov. p. 61. 



CAMFYLIDES. 231 

la fnmille. Il est de moyenne taille, d'un noir bronzé, avec la base des 
élylres et les cuisses fauves (i). 

MACROMALOCERA. 
(Westw.) Uope, Trans. of the eniom. Soe. 1, p. 13. 

Dernier article des palpes ovalaire et tronqué au bout. — Mandibules 
simples, très-aiguës. — Labre en demi-cercle, saillant dans son mi- 
lieu. — Antennes plus longues que le corps, déprimées, de douze ar- 
ticles : 1 gros, 2-3 très-petits, égaux, celui-ci empiétant un peu sur la 
base du suivant, 4-10 allongés, égaux, munis d'une petite épine à leur 
sommet interne, 11 aussi long, subacuininé au bout. — Prolhorax; al- 
longé, parallèle; ses angles postérieurs courts, divergents. — Elylres 
très-longues, subparallèles, arrondies en arrière.— Pattes très-allongées; 
tarses plus longs que les jambes, liliformes; leurs articles !■♦ décroissant 
graduellement. — Saillie prosternale aiguë, reçue dans une cavité du 
mésosternum. 

Ce genre ne m'est pas connu en nature et j'expose ses caractères 
d'après M. Ilope, en y ajoutant quelques traits empruntés à la figure, 
accompagnée de détails, qu'il a donnée d'une des espèces. Ce sont d'as- 
sez grands insectes, propres à l'Australie, qui ressemblent beaucoup aux 
Cylindhodebcs de l'Amérique pour la forme générale ; mais dans la fa- 
mille actuelle cette ressemblance ne signifie absolument rien, et ce n'est 
que provisoirement que je les place près du genre en question. M. Uope 
en décrit deux espèces (a). D'après la longueur de leurs antennes, il 
est probable qu'il n'en connaissait que les mâles. M. Westwood (s) nous 
apprend en effet que celles des femelles sont excessivement courtes. 

(1) Latrcille (Ann. d. 1. Soc. entom. III, p. 163), qui a placé cot insecte parmi 
les C(!l)rionidcs, semble avoir eu une autre espèce sous los yeQx, tant la descrip- 
tion qu'il donne des antennes est peu conforme h. la réalité. Suivant lui, leur 
3" article est un peu plus court cpie le 2" (c'est l'invcrsî qui a lieu), et la plu- 
part des articles, surtout les derniers, seraient peu allongés. Us sont,au contraire, 
très-longs et croissent graduellement, comme je le dis dans le texte. 

(2) M. ceramboides, cœnosa, loc. cit.; le premier est figuré, pi. 1, f. 3 a-e. — 
Le Cylindroderus corrigioUiliis de Gcrmar (Linn, entom. III, p. 181), qui est 
également de l'Australie, appartient probablement au genre. 

(3) An latrod. to tlie mod. classif. of Ins. I, p. 241. 



232 ÊLATéiniDBS. 

PLASTOCERUS. 

(ScDAUM) J.L.Le Conte, Trans.of.the Amer. PMI. Soc. New Ser.X,p.502(l). 

Dernier arlicle des palpes subcylindrique, tronqué au bout. — Man- 
dibules courtes, arquées dès leur base, simples à leur extrémité. — La- 
bre nul (2). —Tête un peu concave; front déclive à partir de l'inser- 
tion des antennes, forlemcnt saillant au-devant d'elles et faiblement 
arrondi en avant. — Yeux dégasés, subglobuleux. — Antennes insérées 
au côté interne des yeux, longues, grêles, de onze articles : 1 médiocre, 
arqué, 2 très-court, 3-10 croissant peu à peu et émettant près de leur 
sommet un long et grêle rameau, 11 plus long que 10 et linéaire. — 
Prolhorax assez convexe, un peu rétréci en avant, légèrement arrondi 
au milieu de sa base, avec ses angles postérieurs aigus, très-divergents 
et un peu relevés. — Ecusson brièvement ovale. — Elytres allongées, 
flexibles, subparallèles, arrondies au bout. — Pattes grêles; les quatre 
hanches antérieures coniques, un peu saillantes, subcontiguês ; tarses 
longs, à articles 1-4 décroissant successivement ; crochets longs et grêles. 
— Mésosternum petit, enfoui; sa cavité presque nulle.— Proslernum 
tronqué en avant; sa saillie postérieure très-étroite, lamelliforme et flé- 
chie; sutures proslernales reclilignes et obliques. 

Le type du genre est la Callirhipis angulosa de Germar, insecte dé- 
couvert primitivement par M. Friwaldsky, dans la Turquie européenne, 
et retrouvé depuis dans l'Asie-Mineure. Le genre a paru pour la pre- 
mière fois, en 1852, dans le Catalogue des Coléoptères d'Europe, que 
publie annuellement la Société entomologique deStctlin, mais les carac- 
tères en ont été donnés seulement par M. J. L. Le Conte, d'après une 
espèce de Californie (P. Schaumii Lee.) qu'il avait reçue de M. Schaum, 
comme élant exactement congénère avec l'espèce typique. C'est sur celle- 
ci que j'ai rédigé la formule générique qui précède. L'unique exem- 
plaire que j'aie vu oaralt être un mâle ; la femelle n'a pas encore été 
décrite, et j'ignore coftiment ses antennes sont faites. 

Cet insecte n'a rien de commun avec les Calliruipis, parmi lesquels 
Germar l'a placé; il est, au premier coup-d'œil, voisin des Campylus et 
ressemble même assez au C. denlicornis. Néanmoins, par la forme de 
son front, l'insertion de ses antennes, la saillie de ses hanches antérieures 
et intermédiaires, enfin l'extrême petitesse de sa cavité slernale, ce 

(1) Syn. CALLinnins, Germar, Faun. Ins. Europ. XXIII, 5. 

(2) M. J. L. Le Conte décrit le labre comme étant soudé avec le front doat 
il est séparé par une suture transversale. On voit «n clTet cette suture, quoi- 
qu'elle soit peu apparente, mais je doute que la pièce qui se trouve en avant 
d'elle soit le labre ; chez aucune espèce do la famille cet organe n'a ni cett» 
forme ni cette dimension. 



CAHPfUDCS. 233 

n'est rccllcmcnt plus un Élalcride, et il doit èlrc considéré comme une 
des formes les plus aberrantes de la famille. Il est d'un noir assez bril- 
lant, avec les élylrcs d'un fauve tcstacc el sculptées comme celles des 
Campylus lincaris el dcnlicornis. L'espèce américaine m'est inconnue. 
M. J. L. Le Conte a placé ce genre, ainsi que les deux suivants, parmi 
les Cébrionides. 

EUTHYSANIUS. 

J. L. Le Conti, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 502. 

Dernier article des palpes maxillaires cylindrique. — Mandibules mé- 
diocres, simples et aiguës au bout, dentées dans leur milieu. — Labre 
court, subsinué en avant. —Télc presque plane; front subverlieal, non 
caréné. — Yeux saillants, dégagés. — Antennes villosules, de douze ar- 
ticles : l égal aux deux suivants, 2 court, 3 un peu plus long, 41 1 crois- 
sant graduellement, émettant près de leur sommet un long rameau 
grêle, 12 cylindrique, de moitié plus court que le rameau de 11. — Pro- 
thorax aussi long que large, un peu rétréci en avant, largement et si- 
nueuscment arrondi sur les côtés; ses angles postérieurs longs, aigus et 
très-divergents. — Elylrcs allongées. — Hanches postérieures étroites, 
graduellement élargies en dedans ; tarses longs, pubescenls, à articles 
1-4 décroissant successivement. — Proslernum à peine arrondi en avant, 
mucroné en arrière; sutures prosternales obliques, reclilignes. 

Ces caractères sont empruntés à M. J. L. Le Conte, qui a établi ce 
genre sur un assez grand insecte découvert par lui en Californie, et 
' qu'il nomme E. laulus. Ils sont, comme le dit ce savant enlomologiste, 
très-voisins de ceux des Plastocerus, dont le genre ne diffère essen- 
tiellement que par la structure des antennes, la forme du front et celle 
des mandibules qui sont plus saillantes. Cet insecte est en cnlier d'un 
brun marron, finement pubcsceiit partout, el ses élytres sont un peu 
rugueuses et vaguement sillonnées (i)- 

APHRICUS. 
J. L. Le Conte, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Snr. X, p. 501. 

Dernier article des palpes à peine dilaté. — Mandibules longues, 
grêles, falciformes. — Labre très-court, caché sous le front. — Télé 

(1) Il y a dans la collection de M. De Lafcrté-Senecterrc un insecte égale- 
ment de Ciilifornic, à qui tous ces caractères s'appliquent parfaitement, si ce n'est 
<ine le front est plan, déprimé, sans trace de plaque nasale, et que lo 12» ai^ 
ticlo des antennes est aussi long (|uo le rameau du 11'. La description que 
M. J. L. Le Conte donne do l'espèce, et qui a été faite d'après un seul exem- 
plaire, lui convient aussi très-bien. Serait-ce le mâle? 



231 ÉLATÉR1DE5. 

concave; front caréné en avant. — Yeux dégagés, médiocrement sail- 
lants. — Antennes h peine dentées ; leurs articles 2-3 réunis, égaux au 4e. 
— Prothorax aussi long que large, convexe, arrondi sur les côtés, sans 
carène latérale : ses angles postérieurs très-divergenls. — Ecusson échan- 
cré en avant, acuminé en arrière. — Elylres allongées, parallèles. — 
Hanches intermédiaires un peu distantes ; les postérieures très-obliques, 
graduellement élargies au côté interne ; tarses longs, pubescents, à ar- 
ticles 1-4 subégaux. — Mésosternum enfoui, légèrement concave. — 
Prosternum tronqué en avant; sa saillie postérieure arrondie en arrière 
des hanches antérieures. 

Je ne connais pas plus ce genre qee le précédent, mais, d'après les 
caractères qui précèdent, il est évident qu'il appartient au groupe actuel. 
M. J. L. Le Conte l'a fondé sur un petit insecte dont il n'a trouvé qu'un 
exemplaire en Californie, et qu'il dit ressembler à un CAnniornonus de 
forme grèlc et cylindrique. Il est en entier d'un brun marron, et revêtu 
d'une fine pabescence grise, avec les élylrcs ponctuées en stries. Ce sa- 
vant entomologiste le nomme A. californiens. 

Note. 

Faldcrmaim ayant placé le genre suivant, qui m'est inconnu, parmi 
les Cébrionidos, il est très probable qu'il doit rentrer dans la tribu ac- 
tuelle, et non dans la famille cei question, dont la forme de ses jambes 
l'éloigné complèlcraent. 

ISOSOMA. 
Falderm. Faun. enlom. Trnnscauc. \, p. 181. 

Palpes h articles égaux, suhcylindriques; le dernier un peu arrondi 
à son cxirémitc. — Mandibules robustes, non saillantes. — Tète subQé- 
chie, triangulaircmenl impressionnée sur le front. — Antennes courtes, 
à articles 1 plus grand que les autres, subcylindrique, 2 court, nodi- 
forme, 3-4 plus longs, suhcylindriques, 5-10 graduellement plus courts, 
comprimés, réniformes, le dernier subcordiforme. — Prothorax à peine 
plus large que long, un peu rétréci en avant, profondément bisinué à 
sa base, avec ses angles aigus. — Elytres quatre fois plus longues que 
le prolhorax, subatténuéos en arrière. — Pattes grêles; articles des tar- 
ses comprimée, cylindriques. — Prosternum tronqué en avant, sa saillie 
postérieure légèrcmenl proéminente entre les pattes antérieures. 

Le genre ne comprend qu'une assez grande espèce {I. elateroiite) de 
la Russie Transcaucasienne, subcylindrique, atténuée à ses deux ex- 
trémités, brunâtre et avec les élylres fortement sillonnées. Il me semble, 
d'après la description, qu'elle doit avoisiner de près ces Dicnoisycoos 
à crochels des tarses simples dont j'ai parlé plus haut. 



FAMILLE XXXV[. 



CÉBRIONIDES. 



Bouche rarement inférieure. — Languette sans paraglosses. — Un 
on deux lobes aux mâchoires, incrmes. ~ Mandibules saillantes, en te- 
nailles. — Labre distinct. — Tète penchée chez la plupart. — Antennes 
de onze articles, Dliformes, insérées sous un rebord du front, près des 
yeux. — Pattes fouisseuses ; cavités cotyloides des antérieures ouvertes; 
hanches antérieures et intermédiaires globuleuses, celles-ci subconti- 
gucs; trochaiilins nuls ; jambes dilatées, leurs éperons bien développés ; 
tarses pcntamères, parfois munis de lamelles. — Abdomen composé de 
dni] à six segments, tous distincts.— Prosternum sans mentonnière; sa 
saillie postérieure recourbée en arrière des hanches antérieures et plus 
on moins reçue dans une cavité mésosternale. 

Ces insectes peuvent se déflnir en deux mots des Élatérides privés de 
la faculté saltatoire et dont les pattes ont été organisées pour fouir. Au 
lieu d'être linéaires et pourvues d'éperons très-petits et sujets à dispa- 
raître, leurs jambes, surtout les quatre antérieures, sont plus ou moins 
larges, triangulaires et armées d'éperons très apparents. 

Celte détinition exclut de la famille tous ces genres d'Eucnémides et 
d'Èlatérides qu'on y a compris à tort et qui rendent impossible de pré- 
ciser ses limites. Si l'on met de côté cette forme particulière des pattes 
qui impliquent des habitudes autres que celles des deux familles en 
question, il ne reste plus rien qui distingue essentiellement ces insectes 
<^ ces dernières. C'est là, par conséquent, le caractère unique qui les 
sejwre de celles-ci, comme c'est la forme des cavités antennaires qui dif- 
férencie un Eucnémide d'un Élatéridc. 

Mais, pas plus que ces derniers, les Cébrionides ne forment, dansées 
hmites, un ensemble parfaitement homogène. Ils appartiennent à deux 
types distincts, l'un représenté par le genre Puysodaciïlds, qui les 
rattache atx Élatérides, l'autre par le genre Cebhio, qui a une tendance 
manifeste vers les Malacodermes. Les quelques détails nécessaires pour 



236 CÉBRIONIDES. 

compléter la formule inscrite plus haut, trouveront mieux leur place en 
tête de chacune des tribus que forment ces types, qu'ici môme. 

Abstraction faite des genres introduits mal à propos dans la famille, 
son histoire scientifique se réduit à peu de chose. Il suffira de rappeler 
que Lalreille, après avoir dans l'origine placé le genre Ckbiiio parmi ses 
Sternoxes (i), puis parmi les Malacodermes (a), a fini par revenir à sa 
première opinion, en lui adjoignant le genre Puvsodactïlus (3). M. De 
Castelnau (i) a fait de tous deux des Malacodermes. Enfin, le dernier 
auteur qui se soit occupe de ces insectes, M. J. L. Le Conte (s), n'a re- 
gardé la famille que comme une simple division des Élatérides. 

I. Abdomen composé de cinq segments. PiivsoBivcTYLiBES. 

II, gix — Cébrionues vrus. 



TRIBU I. 
PHYSODACTYLIDES. 

Sexes semblables. — Palpes courts et assez robustes. — Cinq seg- 
ments abdominaux. — Êpistcrnums mélathoraciques étroits, parallèles; 
leurs épimèrcs presque nulles. —Téguments solides. 

Ce groupe se compose d'un petit nombre d'espèces rares dans les col- 
lections, disséminées dans l'ancien (a) et le nouveau continent, et dont 
quelques-unes, appartenant à ce dernier, ont seules été décrites jusqu'à 
présent. Toutes ont des rapports intimes avec les derniers genres des 
Élatérides dont elles ne diffèrent que par leurs pattes qui sont encore 
plus fouisseuses que celles des Cebuio. 

Les organes buccaux de ces insectes (v) s'éloignent, à quelques égards, 

(1) Gêner. Crust. et 1ns. 1, p. 251. 

(2) Règne anim. éd. 1, 111, p. 234, cl Fam. nat. p. 350. 

(3) Ann. d. 1. Soc. entom. III, p. 164. 

(4) In Silbcrm. Revue entom. IV, p. 14, et Hist. nat. d. Col. 1, p. 252. 

(5) Trans. of tbe Amor. Phil. Soc. New Ser. X, p. 500. 

(6) Il y en a au Sénégal et dans l'Afrique australe. En Amérique également 
il Oïiste dos espèces inédites, voisines des Puïsodactylus et qui devront pro- 
bablement former des genres nouveaux. 

f7) Je n'ai examiné que ceux du Physodadylus Besckii. M. Pcrty, qui les a 
décrits d'après le eiauipes, n'a pas vu la languette qui est complètement sem- 
blable a celle des Ceiihio. Il assigne également deux lobos aux michoires; 
mais la figure qu'il donne de ces organes n'en porte qu'un qui est représenté 
comme contourné sur lui-même, ce qui n'est certainement pas » disposiUon 
normale. 



PnVSODACTYLlDES. 237 

de ceux de ces derniers. Le menton est fortement transversal ; les man- 
dibules sont moins saillantes, recourhèes à angle droit et ne circonscri- 
vent pas un espace vide entre elles; enfin les mâchoires n'ont qu'un 
seul lobe assez grand, arqué et nnemcnt cilié. 

On n'a aucun renseignement sur les habitudes de ces insectes; mais, 
d'après la structure de leurs pattes, il est probable qu'ils doivent vivre 
habituellement dans le détritus des arbres en décomposition (t). 

PHYSODACTYLUS. 

Fischer de Waldu. Lettre sur le Physodactyle ; in-18, Moscou, 1823 (2). 

Dernier article des palpes légèrement sécuriforrae. — Mandibules 
médiocrement saillantes, brusquement arquées. —Tête verticale, plane, 
carrée; cpistome tronqué en avant, arrondi aux angles, assez épais et 
caréné. — Antennes assez courtes, à articles 1 médiocre et gros, 2-3 
courts, égaux, pyriformes, 4-10 transversaux, subperfoliés, 11 ovalaire. 

— Yeux gros, arrondis, en partie engagés dans le prothorax. — Celui- 
ci transversal, légèrement rétréci en avant, assez convexe; ses angles 
postérieurs médiocres, dirigés en arrière. — Ecusson oblongo-ovale. — 
Elytres allongées, assez convexes, graduellement rctrécies en arrière. 

— Pattes courtes, robustes,- hanches postérieures dilatées en carré 
long au côté interne; trochaiilers de la même paire très-gros, ovalaires ; 
cuisses renflées, surtout les postérieures, canaliculécs en dessous; les 
quatre jambes antérieures comprimées et un pea arquées, les posté- 
rieures droites, plus longues, évasées au bout; tarses très-gréles; leurs 
trois 1"» articles triangulaires, irèsgréles a leur base, munis chacun 
d'une longue lamelle; le 4" très-pelil, cylindrique. — Abdomen présen- 
tant de chaque rôle, à sa base, une longue et large excavation pour la 
réception des pattes postérieures. — Saillie prosternale verticale en ar- 
rière des hanches antérieures, engageant sa pointe dans une fissure ba- 
silaire du mésosternum. 

Ces insectes sont de taille moyenne ou un peu au-dessus, presque 
glabres supérieurement, villeux sur la poitrine et l'abdomen, avec les 
pattes plus ou moins ciliées et épineuses. Des trois espèces connues, deux 
(Tlenningii, clavipcs) sont d'un noir brillant, avec le prothorax ferrugi- 

(1) J'ai vu des exemplaires de Vlienningii et du Besckii aux téguments des- 
iiucls adhéraient dos fragments de détritus ligneux, ce <iui vient fi l'appui de cette 
supiiosition. 

(2) Uu extrait de ce petit écrit, avec la reproduction de la planctio qui Vac- 
eompagne, a été donné dans les Ann. d. Se. nat. 111, p. 448, pi. 27, li, f. 1-6. 
Fischer de Waldlieim a, de son côté, reproduit les caractères du genre avec la 
planche en question dans les Mém. d. I. Soc. imp. d. nat. d. Moscou, VI, p. 301, 
pi. 25. — Syn. Duepaniu», Perty, Del. anim. art. Brasil. p. 24. 



238 CÉBRIONIDES. 

neux; la troisième (0««fit7), plus petite et plus voisine desËlatérides par 
son faciès, est en entier de celle dernière couleur ; toutes trois ont les 
élj'tres fortement et régulièrement striées. Elles sont propres au Brésil 
et fort rares dans les collections (1). 

Le genre Dkepanil's de M. Perty est identique avec celui-ci, comme 
lui-même l'a reconnu plus lard (2). 



TRIBU II. 
CÉBRIONIDES VRAIS. 

Sexes dissemblables. — Palpes longs, grêles et rigidulcs. — Six seg- 
ments abdominaux (r>). — Episternums métalhoraciques graduellement 
rétrécis et acuminés en arrière; leurs épimères plus ou moins grandes. 
— Téguments flexibles. 

En outre de la forme des palpes, la bouche présente une particularité 
plus importante et étrangère aux Puysouactyi.ds aussi bien qu'aux 
Élalérides. Son plafond est tapissé par une lame membraneuse qui dé- 
borde le labre en avani, recouvre même un peu la base des mandibules, 
et dont le bord antérieur est arrondi aux angles et plus ou moins échan- 
cré dans son milieu, ce qui le fait paraître bilobé (4). Pour le surplus, 
on n'observe dans l'appareil buccal rien qui ne se retrouve dans plu- 
sieurs genres de la famille en question. F.es mandibules ne sont pas tou- 
jours saillantes au point qu'il existe un vide entre elles et sont arquées, 
non à angle droit, mais presque en demi-cercle. Les mâchoires ont 
deux lobes, dont l'interne petit, Irigone, l'externe assez grêle, arqué et 
terminé par un pinceau de poils. Le menton est en carré transversal, 
arrondi aux angles et entier ou sinué en avant. La languette est fort pe- 
tite et dépasse à peine les supports des palpes labiaux; elle est carrée, 
avec son bord .intérieur fortement cillé. 

Parmi les autres particularités qui distinguent ces insectes des Élato- 

(1) P. nenningii, Fischer d. Waldh. loc. cit. — Dreip. clavipes, Peity, toc. 
cit. pi. 5, f. 13, avec des détails (Henningii?) — P. Beskii, Mannorh. Act. Soc. 
Scicnc. Fennic. 1840, p. 93. 

(2) Loc. cit. p. 213. Mannerlieim (loc. cit.) a émis l'opinion que ce genre de 
M. Perty dill'érail de celui-ci ; mais le doute à cet égard n'est pas possible. 

(3) Quelques auteurs en comptent sept ; mais il n'y en a réellement que six. 
Le soi-disant septième est le dernier arceau dorsal qui cngaino en partie la 
dernier arceau ventral chez les mâles et le recouvre simplement chez les fe- 
malles. 

(4) Celte lame, qui a échappé à tous les auteurs, correspond probablement 
à CCS deux lamelles qu'Erichson a signalées chez les Lamellicornes et auxquelles 
il a donné le nom de Parachilia. Voyez Tome III, p. 51, note. 



CÉOBIONIDES VBAIS. 239 

rides, les plus remarquables sont : la hrièvelc de leur proslernum en 
avant des hanches antérieures, la grosseur de celles-ci, la largeur de 
l'ouverture que présentent en arrière leurs cavités cotyloïdes, mais sur- 
tout la forte dissemblance qui existe entre les deux sexes et qui, dans 
l'origine, les a fait regarder comme appartenant non-seulement'à des 
espèces, mais à des genres disllncls. Les femelles sont plus robustes 
dans toutes leurs parties que les mâles, aptères, et leurs élytres ne re- 
couvrent qu'imparfaitement l'abdomen. Leurs antennes sont en même 
temps aussi différentes que possible de celles de ces derniers. 

Ainsi privées d'ailes, ces femelles ne pouvaient avoir les mêmes habi- 
tudes que les mâles (1). Olivier avait fait cor)naître depuis longtemps que 
ceux-ci n'apparaissent qu'à la suite des pluies, surtout le soir, et qu'on 
les voit alors voler brusquement et avec impétuosité de côté et d'autre. 
On sait maintenant que les deux seses, après avoir passé leurs premiers 
étals dans le sein de la terre, ont besoin, pour en sortir, après leur dé- 
veloppement définitif, que celle-ci soit humectée, après quoi les mâles 
apparaissent alors en grand nombre, tandis que les femelles restent 
dans le sol à la surface duquel elles ne présentent que la partie posté- 
rieure de leur corps, attendant dans celte position les approches des 
mâles qui volent à leur recherche et se précipitent en grand nombre 
dans les endroits où elles se trouvent. L'a|)paritioii de ces ingccles a lieu 
principalement en automne et varie, quant à son moment, selon l'état 
sec ou pluvieux de l'atmosphère. Ainsi que M. Graclls l'a démontré, 
lorsque la terre est ramollie par des pluies continues, ils se montrent 
successivement comme les autres insectes. 

Les mélamorphoses des CEimio n'ont été également dévoilées que 
dans ces derniers temps (-2). 
La larve du C. gigas, la seule connue en ce moment, est encore plus 

(1) Voyez : Olivier, Entom. II, n» 30 bis. — Farines, Mém. d. 1. Soc. Linn. 
11. Bordeaux, IV. — Audouin, Diction, classii]. d'Hist. nat. III, p. 292, et Ann! 
(1. I. Soc. entom. II; Bull. p. LXVI. — Mittro, Bev. Zool. 1839, p. 55. _ 
Graells,Ann. d. 1. Soc. entom. 1837, p. 93,et 18:il,p. 10. — M. Gu6rin-Méneïillo 
est le pi'emier qui ait observé, dès UVl, l'acouplomcnt du Cebrio gigas, et 
c'est d'après lui qu'Audouin, à qui il avait communinuô ses observations, en a 
parlé dans le Dict. classiq. d'Hist. nat. loc. cit., aiticlo Cébrion. 

(2) M. Lucciani (Ann. d. 1. Soc. entom. UHt; Bull. p. CXI) parait avoir lo 
premier découvert la nymphe d'une espèce indéterminée. La série complète des 
Jbvers étals du C. gigas a été ensuite observée par M. Lefébure do Cérisy dont 
le travail, remis entre les mains da M. Guériu-M4ne»ille, a été communiqué 
î's'-r ''''''".''^'' à ''Académie des Sciences de Paris (Comptes-rendus, XXXVI, 
1»j3, p. 22;t), puis, arec les matériaux qui l'accompagnaient, à MM. Chapuis et 
taiii. 020, (lui ont les premiers publié la description détaillée de la larve (Mém. 
a. 1^ S>oc. d. Se. do Liège, VIII, p. 488, p. V, f. 4, a-g). Depuis, M. Leféburo 

Ltrisy a donné au public son travail in extenso, sous le titre de « Observa- 
lions sur les MéUunorplioses du genre Cedrio.» Rov. et Magaz. d. Zool., 1853. 
p. il4, pi, 7. u 7 > 



240 CÈBRIONIDES. 

allongée que celle des Èlalcrides, parfaitement cylindrique et tout d'une 
venue. Sa Icte, enlièrement cornée, légèrement convexe, pericliée, par- 
tiellcmcnl enfoncée dans le prothorax, est dépourvue d'épistomc cl pré- 
sente en dessus deux carènes transversales, flcxueuses, en avant une 
saillie aiguë, et de chaque côté une autre obtuse et couverle de poil» 
d'un jaune doré. Le labre est absent. Les autres organes buccaux con- 
sistent en deux mandibules minces, larges, excavées en dessus, forte- 
ment arquées, munies en dedans dune dent médiane et à leur base de 
deux rangées de longs poils; deux mâchoires dont la pièce cardinale, al- 
longée, est soudée au menton dans toute sa longueur, terminées par deux 
lobes libres, l'inlerne simple, l'externe bi-articulé, et portant des palpes 
de quatre articles; enfin un menton corné, allongé, suivi d'une languette 
de même nature, munie de deux palpes bi-arliculés. Il n'y a point de 
stemmates. Comme celles des ftlatérides, les antennes sont insérées près 
des mandibules et peuvent se loger dans un canal du bord externe de 
ces dernières. Le prothorax est plus long que les deux segments tho- 
raciqucs suivants, tronqué obliquement en dessus, d'arrière en avant, et 
sa partie inférieure s'avance notablement sous la léle. La membrane 
qui le réunit dans ce point à celle-ci est susceptible de se gonfler quand 
la larve relève la tête, au point de former une sorte de goitre. En des- 
sus, le prothorax est revêtu presque en entier d'un écusson lisse, en 
dessous d'un écusson médian, ridé, étroit et séparé des bords latéraux 
par deux sillons. Le mésothorax et le métalhorax sont courts et revêtus 
en dessous d'écussons encore assez étroits ; en dessus l'écusson du pre- 
mier est lisse, celui du second muni de quatre carènes transversales, 
flexueuses. Les pattes sont rapprochées de la ligne médiane, très-épi- 
neuses et courtes, surtout la première paire qui est rapprochée du bord 
postérieur du prolhorax; elles se composent de quatre pièces dont la 
dernière est munie d'un crochet petit et simple. Les neuf segments ab- 
dominaux sont revêtus d'écussons résistants, un peu plus étroits en des- 
sous qu'en dessus ; celui du premier est caréné comme l'écusson dorsal 
da mélathorax. Ces segments sont égaux entre eux, sauf le dernier qui 
est beaucoup plus long que les autres, arrondi et dépourvu de prolon- 
gement anal. Les stigmates sont ovalaires et, comme de coutume, au 
nombre de neuf paires ; ils sont situés près du bord antérieur des écus- 
sons dorsaux, le premier sur le métalhorax, les autres sur les huit pre- 
miers segments de l'abdomen. 

Ces larves ont ainsi en commun avec celles des Èlatérides : l'absence 
de l'épistome et du labre, la soudure des mâchoires avec le menton, le 
lobe bi- articulé des premières, la privation des ocelles et la réception 
au repos des antennes dans une coulisse externe des mandibules. Elles 
en diflcrentpar la forme du prolhorax, la membrane exscrlile qui existe 
entre lui et la tête, l'insertion des pattes, l'atrophie de leur première 
paire, enfin l'absence de prolongement anal, sans parler d'autres carac- 
tères moins importants. 



CÉBBIONIDES VHAIS. 2*1 

des^Sé'ir'l'I'r '7 Tr' "" *=' P"^'^^«"' '« """-''• des racine, 

M. J. L. Le Conte en a récemment séparé, composent à eux seuls la tribu! 
1. Jambes antérieures entières : Cebrio. 

~ échancrées en dehors : ScaploUnus. 



CEBRIO. 
Olit. Entom. 11^ n» 30 bis (2). 



ovaTe S nTh ?" ^'T^^'' iégèrernenl sécuriforme ou oblongo- 

S n.~écLc? Ter' '" "" ''""■"""=• - ^«"^ -"""• - '- 
vexe ou nanë Li^H P'"''"" """ "" '^«^"'' légèrement con- 
- Yenxïr^! ' ^IT,^^'T '' """''"^ °" f''i'"'='"e"' «'•'ondi en avant 

dellToit T 'ut'p?"-' : ielesTm'éïo""" '" "'''"' '' '' '«"«"" 

Courts. ^.^:^^^'ioZS^:s::::l^::::z^:^^ S 

î oraxnr ' 'r '"""";'• *' "^""'^ d-un'faux'aK grl.''!" 

l rolhorax presque toujours fortement transversal, rétréci en avant -.vpo 

nbord antérieur saillant et arrondi dans son m lieu médocré.S 

convexe ; ses angles postérieurs de longueur variable, au plus rércres 
tr s-a,gus et d.vergents. _ Ecusson oblongo-ovale. - Ely^res n u à 
peu rétrcces en arrière, sinuéessur les côtés avant leur milieu arquée, 

c i" es ë r„^h' """"' ': """^ '•""" '^^"''^«'•^a'e, sinuée en arrK 
eu sses et jambes asscï robustes; les quatre antérieures de celles c 
g uellement e argies. avec leur angle apical externe sail an ; e ép«. 

ar..cles 1-4 graduellement plus courts. - 5» segment abdominal tron- 

-aïï£s£Zn ^/sf nSC'ïJl^' ""^ -"^ ""- "« '^^- 

Prfci "*' Broncmaitu, Leach, Zool. Journ. I, p. 35 sq ■ les rô^ 

>o lZ"ZZTriTT'''] "" "" "'"" ; '«' <^«- derniers/ai iTue 

»Wus,Clicvrol in rf, •' m! , '• ^°'- *""""• "'' P- 163. - Tuisono- 

Pieres par M. Gray, et des Hyménoptères par M. Westwood. 

Coléoptères. Tome IV. jç 



aia CÈBBIOWIDES. 

aué an boul, le 6» conique. - Saillie prosternale fortemenl Qéchie en 
arrière des hanches antérieures. - Corps oblong, aile, 
ï/lto Antennes plus courtes que la léte. y compris les mand.- 
FmWto . Amei p obconique. 4-10 déprimes, 

lrî:;rrsau grad élément plus'larges. perfoliés. 11 brièvement ova- 
tes et isol ment arrondies au bout. - Pattes beaucoup plus robustes 
nue ce le Tes n,âles; tarses plus courts que les jambes, ciliés en des- 
sus tTrtSs 14 irigones^écroissant peu à P- J-^"^ «' ^ 
buste - 6» segment abdominal triangulaire. - Corps aptère. 
Tes Cebbio sont des insectes de taille an moins moyenne, et dont le 

1 de vie cette vesliture eut été inutile, sont glabres ou peu s en au . 
^ Les ™s que Leach a établis sur ce dernier sexe ne nécessitent au- 
c„L oCvalion. Les autres sont basés principalement sur d insigm- 

Snésprrt'e^t'^/H^pÏpIs' qui sont plus courts et le prothora. qui 

"L'Srl'p-ait propre jusqu'ici J. la Faune niéditerranéenne. à rA- 
frinue aust aCà l'Amérique du Nord, y compris le Mexique, e a Aus- 

alie On en a déjà décrit vingt-cinq espèces (I ); mais comme elle son 
très-v'ofsine; les unes des autres pour la plupart, plusieurs devront sans 
doute être supprimées. 

(1) Esp. de l'Europe mér. : C. gigas (tf longicornis 01., P'-''^'»» ^c.! 

n T, 14 - testaceus, Castcln. Hist. nat. d. Col. I, p. 253 W^û'y ' ' 
S,^ra! , Boisduv. Fain. do l'Océan. U, p. 112. -^'^Vrtus'ti d l S^ . 
Sic. I, p! 17, Pl. I, f. 8. - C<'renoi[li^<^^Car—) Gra Us, Am.- d^ ^ 
ent 1847, p. 306, pl. 4, n» 1, f. 4 o", et ISal, pl. 1, f- 1 V- _^^ J^./'jiéni. 
GraeUs Ibid. 1851, p. 13, pl. 1, f- 2 cf. - Dj<^a„n^ ^^-^.^t i- 
d. l'Acid. de Madrid; Scienc. U, p. Ul, pL 8, f. 4-5 (f - Benedtctt, i^ 



CÉBBIONIDES TBAIS. 213 

SCAPTOLENUS. 
J. L. Le Conie, Trans. of the Amer. PhU.Soc. New Ser. X, p. 504. 

Mâles ; Palpes très-longs. - Mandibules circonscrivant un grand es- 
pace vide. - 3" article des antennes plus long que le 2o. - Angles dos 
teneurs du prolhorax prolongés en une longue épine aiguë. - Jambes 
antérieures largement et fortement cchancrécs en dehors, avec leur anele 
apical tres-saillant, ce qui les fait paraître bi-denlées; les éperons de 
toutes trcs-grands; tarses très-longs. - S» segment abdominal tronqué 
— Le surplus comme chez les Cebrio. ' 

Les caractères essentiels de ce genre sont la forme des jambes anté- 
rieures, la longueur des éperons qui les terminent, ainsi que les deux 
autres paires, et la forme du 5« segment abdominal; les autres ne sont 
que secondaires. 

Il est établi sur quelques espèces du Mexique, dont deux seulement 
sont décrites et qui affectent deux formes différentes : l'une le Cebrio 
femoralis de M. Chevrolal (1), ressemble au C. ruficoltis' d'Europe 
mais est plus rélrécic en arrière et hérissée de longs poils; l'autre lé 
C. Chevrolatii deM. Guérin-Ménevillc(a),ala forme parallèle cl laves 
liture peu abondante du C. bicolor des Etats-Unis. J'en connais deux au- 
tres espèces voisines du premier. Les femelles de ces insectes n'ont oas 
encore été découvertes. 

Ann. d. 1. Soc. ent. 1849, p. 420. — Moises, L. Fàirm. ibid. 1852 p 82 — 
neapoltianus o"?, fuscatmcf, A. Costa, Ann. degl. Aspir. natur. Ser l'il 
p. 137. — Esp. de l'Asie mineure : C. nigricollis, Casteln. in Silberm Rot' 
ent. IV, p. 16. — Esp. de l'Algérie : C. ahdominalis, Castcln. Ilist. nat. d Col 
1, p. 253. — Guyonii, Guérin-Ménev. Rev. Zoo4. 1844, p. 403. — barharus 
dimidiatus, attenuatus, melanocephalus , numidicus, nigrkans, Lucas Expier' 
d. l'Alger.; Entom. p. 170. — Esp. de l'Afrique mér. : C. fuscus, Fab Syst 
El. D,p. U. — pollens, Bohcm. Ins. Catfrar. I, p. 421.— Esp. des États-Unis • 
C. 6ico(or, Fab. Syst. El. II, p. 14, et Palis.-Beauv. las. d'Afrlq. et d'Amer". 
P 8, pi. 7, f. 2. — simplex, confusus, i. L. Le Conte, Trans. of Uie Amer 
Phil. Soc. New Ser. X, p. 503. — Esp. de l'AustraUe : C. rubripennis, Guérin- 
Wénev. Voy. d. 1. Coq.; Entom. p. 70. 

Dans cette liste ne figurent pas les espèces suivantes, décrites par Lcacli • 
toutes ont besoin d'être revues, notamment celles de l'Amérique du Nord, dont 
M- J- h. Le Conte n'a pas parlé : Analeslesa teslacea (patrie inconnue); Boscia 
Piceo, pmctata, olivacea, glabra, minuta, de l'Amer, du Nord; Cebrio morio, 
a Espagne; Dumerilia pulchra, du Cap; lirongniartia atra, d'Algérie. 

(1) Col. d, Moxiq. Cent. II, fasc. 8, n" 200; cette espèce est répandue ius- 
que dans le Texas. 

P) IVevue Zool. 1844, p. 255, et Mag. d. Zool.; Ins. pi. 145. 



FAMILLE XXXVn. 



CÉROPHYTIDES. 

Bouche inférieure. -Languette sans paraglosses.- Deux lobes aux 
mâchoires, inermes. - Labre indistinct. - Télc petite, penchée, relrac- 
lile - Antennes insérées sur une saillie du front entre les yeux, de 
onze articles. Uabellccs chez les mâles, dentées chez les femelles. - 
Cavités colvloïdes des pattes antérieures étroitement ouvertes en arrière; 
hanches antérieures et intermédiaires petites, globuleuses, leurs tro- 
Chantins nuls; les postérieures lamelliformes, planes, relrécies de de- 
hors en dedans, non canaliculécs en arrière; tarses pentameres. - Ab- 
domen composé de cinq segments, tous distincts. - Prosternum mum 
d'une mentonnière en avant ; sa saillie postérieure imparfaitement reçue 
dans une petite cavité mésosternale. 

Celte famille, la dernière de celles établies aux dépens des Sternoxes 
de Latreille, ne comprend que son genre Cebopdytum. 

On place généralement ces insectes parmi les Eucnémides; mais la 
form" de leur I6te et le mode d'insertion des antennes ne permettent 
absolument pas ce rapprochement. La première a la plus grande analo- 
gie avec celle des Rhipicérides et en particulier avec celle des i^ENOA ; 
les secondes ne sont insérées comme dans aucune des familles qui pré- 
cèdent. Un ca'ractère plus important encore se trouve dans la forme des 
hanches postérieures, qui sont de simples lames enfouies dans leurs ca- 
vités cotyloïdes.au niveau des segments de l'abdomen, et sur lesquelles 
se meuvent les cuisses de la môme paire, au lieu d'être reçues au repos 
dans un canal de leur bord postérieur. Cette structure est étrangère 
non-seulement aux Sternoxes, mais à tous les Malacodermes de Latreille, 
sans aucune exception. Elle suffirait à elle seule pour motiver Tétab.is- 
semenl dune famille à part. , ^ », a m,« nar 

Dun autre côté, les Cehophytom se rapprochent des Eucnémides par 
la réduction de leurs organes buccaux et l'absence du labre, mais s en 
éloignent par la présence au proslernum d'une mentonnière aussi dis- 
tincte que cheï beaucoup d'Élalérides. Us peuvent sauter comme ces 



cÉnopnvTiDES. 24S 

derniers, mais non à l'aide du mécanisme propre aux Slernoxes. C'est 
en rapprochanl du prolhorax les paKes anlérieures, puis les débandaot 
d'une manière subite, qu'ils sont lances à une plus ou moins grande hau- 
teur. Celle particularité, observée par M. Haldeman (1) chez l'espèce 
américaine du genre, doit se retrouver dans celle d'Europe, chez la- 
quelle on ne l'a pas encore signalée. 

Avec un assemblage aussi insolite de caractères, les CEnoPHVTDM ont 
dû naturellement causer quelques perplexités aux Entomologistes. La- 
treille, après les avoir d'abord placés parmi les Buprestidcs (a;, puis 
parmi les Élalcrides (.-,), a fini (4) par en faire un groupe de ses Ster- 
noxes équivalant tt ces deux familles et aux Eucnémides. On a vu plus 
haut les genres hétérogènes qu'il leur associait. En dernier lieu, 
M. J. L. Le Conte («) les a réunis aux Perotbops et en a fait une sectioQ 
des Eucnémides, groupe qui n'est pour lui qu'une sous-famille des Éla- 
térides. Antérieurement (c) il avait émis l'opinion que ces insectes doi- 
vent rentrer parmi les Cébrionides. 

CEROPHYTUM. 
LiTR. Gm. Cntst. et Ins. IV, p. 375 (7). 

Palpes robustes; leur dernier article plus grand que les précédents, 
fortement sécuriforme. — Tète petite, repliée verticalement presque 
dans sa moitié antérieure, avec une saillie carénée à la base du repli. — 
Yeux médiocres, subarrondis et saillants. — Antennes longues, à arti- 
cles t allongé, gros, subcylindrique, 2 transversal, 4-10 subégaux, en- 
voyant à leur base interne chez les màlcs un long rameau claviforme 
obtusément dentés chez les femelles, 11 très-allongé et dirigé en dedans 
chez ceux-là, oblongoovale et longitudinal chez celles-ci. — Prothorax 
transversal, convexe, arrondi et rétréci sur les côtés en avant; ses an- 
gles postérieurs courts et divergents. — Ecusson en triangle curviligne. 
— Elylres un peu plus larges que le prothorax, médiocrement convexes 
subparallèles et légèrement rétrécies en arrière. — Pattes assez longues, 

(l)Procecd. of the Acad. of Pliilad. III, p. 150. 

(2) Règne anim. éd. \, III, p. 229, et Fam. nat. p. 247. Dans ses ouvrages an- 
térieurs, où LatreiUe n'avait pas encore divisé ses Sternoxes en Buprestide» et 
fiiaiéridcs, le genre CEnor.iYTUB, associé aux Melasis, suit immédiatement les 
BUPBESTIS, ce qui revient au même. 

(3) Règne anim. éd. 2, IV, p. 453. 

(4) Ann. d. 1. Soc. entom. III, p. 133. 

(5) Trans. of the Amer. Pliil. Soc. NewSer. X, p. 420. 

(6) Procccd. of the Acad. of Philad. VI, p. 229. 

P) Syn. Chouea, Haldem. Procccd. of tlie Acad. of Philad. III, p. 150 — 
asusis, Latr. Hist. nat. d. Crust. et d. Ins. IX, p. 76. 



246 CÈROPUVTIDES. 

trochanters des intermédiaires et des postérieurs allongés, placés dans 
l'axe des cuisses; celles-ci assez robustes, linéaires; tarses médiocres, 
leur t" article allongé, surtout aux postérieurs, le 4° court, cordiforme ; 
crochets pectines. — Corps oblong, subparallèlc. 

Ce genre remarquable se compose en ce moment de deux espèces, 
l'une d'Europe (1) qui en forme le type, l'autre (2) de l'Amérique du 
Nord, toutes deux de taille médiocre, noires, presque glabres, ponc- 
tuées, avec les élytres rugueuses et régulièrement striées. Ce sont des 
insectes rares et qui se trouvent sur les troncs des arbres ou dans leur 
intérieur. 

C'est sur la femelle de la seconde que M. Halderaan a établi son 
genre CnonEA, qu'il a reconnu lui-même, plus tard (3), être identique 
arec celui-ci. 

(1) C. elateroides, Lalr. loc. cit.; figuré dans Guérin-Ménev. Icon. Ins. pi. 12, 
f.6. 

(2) C. ptdsator, Haldem. loc. cit., et J. L. Le Conte, ibid. VI, p. 230, et 
Trans. of the Amer. Phil. Soc. New Ser. X, p. 421. 

(3) Proceed. of the Acad. otPhilad. III, p. 348. 



FAMILLE XXXVIIL 



RHIPIGËRIDES. 



Menton corné. — Languette petite, sans paraglosses, dépassant fai- 
blement le menton. — Un seul, rarement deux lobes aux mâchoires, 
lamelliformes. — Mandibules en tenailles, plus ou moins saillantes. — 
Labre petit, en général soudé à l'épislome. — Antennes insérées au 
bord antérieur et interne des yeux, de onze articles, tiabellécs ou pec- 
tinécs chez les mâles. — Hanches antérieures et intermédiaires conico- 
cylindriques, saillantes; les cavités cotyloïdes des antérieures très-large- 
ment ouvertes en arrière; leur Irochantins grands et transversaux; 
hanches postérieures canaliculées postérieurement; tarses pentamères; 
leur S" article pourvu d'un onychium très-développé et sétigcre. — Pa- 
rapleures métathoraciques en général extrêmement larges. — Cinq, ra- 
rement six segments abdominaux, tous distincts. 

Famille très-naturelle, caractérisée par l'existence simultanée de han- 
ches antérieures et intermédiaires conico-cylindriques, de trochantins 
antérieurs très-apparents et d'un onychium au pénultième article des 
tarses. Cette combinaison de caractères lui est exclusivement propre et 
la sépare nettement des Malacodermes proprement dits, avec lesquels 
elle est généralement confondue. 

Les téguments de ces insectes présentent la même solidité que dans 
les deux familles précédentes. Leur tète est plus ou moins saillante, 
simplement penchée, cylindracée ou obconique et souvent renflée à sa 
base. Elle est généralement munie à la partie antérieure du front de 
deux tubercules servant à l'insertion des antennes et qui sont fréquem- 
nienl réunis entre eux par une carène transversale ; en avant l'épislome 
devient subitement vertical ou s'abaisse par une pente rapide. 

Le labre est soudé avec ce dernier dans la plupart des espèces et, par 
suite, peu distinct. Sauf chez les Callibiiipis et les Zenoa, les mandi- 
bules sont très-saillantes et ont beaucoup de rapports avec celles des 
Cébrionides, tout en présentant des différences essentielles. Elles sont 
plus larges, plus robustes, toujours brusquement recourbées à leur ex- 



248 naipicËBiDBS. 

Irémité qui est lisse, landis que la base est pubescente ou rugueuse; 
en dedans, près de leur base, il existe au moins une dent. Quant aux 
autres organes buccaux, les Callibuipis ont seules deux lobes aux mâ- 
choires; la languette ne varie pas, et le menton n'est guère plus stable 
dans sa forme que celui des Sternoxes. 

Les yeux sont constamment situés à une distance notable du prothorax. 
Les antennes sont de longueur en général médiocres, et il n'est pas sûr 
que dans tous les genres elles soient flabcllces seulement chez les mâles. 
Par une exception très-rare chez les Coléoptères, celles des Ruipicbba 
comptent plus de onze articles et en ont quelquefois près de quarante. 
Le prothorax est toujours transversal et obconique ou trapéziforme. Les 
élytrcs sont un peu plus larges que lui à leur base et de forme variable ; 
eJles recouvrent des ailes bien développées. 

Les pattes sont de longueur normale et ambulatoires. Les hanches an- 
térieures sont souvent contigucs et jamais notablement distantes. Les 
postérieures sont très-épaisses, fort étroites en dehors et brusquement 
dilatées au côté interne en une lame carrée. Les jambes sont terminées 
par deux éperons de longueur médiocre, mais robustes, sauf chez les 
Callibhipis où ils sont aussi réduits que ceux des Élalérides. Les 
mêmes et les Zenoa sont les seuls dont les tarses soient dépourvus de 
lamelles. Ces dernières existent en général aux quatre tarses antérieurs 
et diUerent de celles des Sternoxes en ce qu'elles sont doubles. 

Le métasiernum est ample et envoie entre les hanches intermédiaires 
une saillie assez prononcée et aiguë; ses paraplcures sont remarquables 
par leur extrême largeur et le développement de leurs épimèrcs. Le 
mésosternum varie assez, mais ne présente jamais aucun vestige de 
cavité pour la réception de la saillie prosternale qui manque d'ailleurs 
souvent et qui, môme à son maximum de développement, ne forme qu'un 
mince Glet enfoui entre les hanches antérieures. 

Les Ithipicérides sont tous exotiques et, pour la plupart, très-rares 
dans les collections. Le peu de renseignements qu'on a sur leurs habi- 
tudes trouvera sa place plus loin; on n'en possède aucun sur leurs pre- 
miers états. 

L'établissement de la famille est d'une date assez récente et dû & 
Latrcille dans son travail posthume sur les Serricornes (1), où elle figure 
comme une section de ces derniers équivalente aux Sternoxes. Anté- 
rieurement (-2), il avait constamment placé ces insectes parmi les Cé- 
brionides. M. De Casteinau en a donné une monographie (s) dont tous 
les genres et les espèces ont été revus avec soin par M. Guérin-Méne- 

(1) Add. d. 1. Soc. entom. m, p. 167. 

(2) Règne anim. éd. 1, III, p. 235; Fam. nat. p. 350; et Règne anim. éd. 2, 
IV, p. 459. 

(3) Ann. d. 1. Soc. entom. m, p. 225. 



BniPICÈBIDES. 249 

yjlle (1) dans ces dernières années. Ce sont les seuls travaux généraux 
dont ce groupe ait été l'objet. Il ne comprend que les six genres qui 
suivent. 

I. Tarses sans lamelles. 

Antennes flabellées chez les mâles : Callirhipis. 

— subpectinées — Zenoa. 

II. Tarses pourvus de lamelles. 

a Antennes de plus de onze articles : Rhipicera. 
oa — seulement do — 

Leurs articles 3-10 fortement transversaux : Sandalus, Chamoerhipis. 

— — obconiques : Plyocenis. 

CALLIRHIPIS. 
LwR. Règn. anim. éd. 2, IV, p. 459 (2). 

Menton de forme variable. — Deux lobes aux mâchoires subégaax, 
aigus et péniclllcs. — Palpes médiocrement robusles; le dernier article 
des maxillaires oblongo-ovale, acuminé, celui des labiaux ovalaire, plus 
obtus.— Mandibules courtes, très-épaisses, rugueuses, sauf à leur pointe; 
celle-ci précédée d'une dent. — Labre libre, fortement transversal, en- 
tier. — Tête de longueur variable, munie ou non d'une saillie transver- 
sale à la base de l'épistomc; celui-ci le plus souvent oblique. — Yeux 
gros et saillants, le plus souvent conijgus au prolhorax. — Antennes mé- 
diocres, de onze articles : 1 grand, en massue arquée, 2 très-court, 3-10 
obconiques, graduellement atténués, llabellés; leurs rameaux grêles, 
graduellement plus longs, 11 linéaire, très-long. — Prolhorax transver- 
sal, fortement rétréci d'arrière en avant, sans carène marginale, dé- 
primé en arrière, plus ou moins convexe en avant, faiblement bi-sinué à 
sa base. — Ecusson suborbiculaire. — Elylres plus ou moins allongées, 
en général subcylindriques.— Pattes assez longues; tarses cylindriques, 
ciliés, à articles 1 de longueur variable, 2-4 égaux, le plus souvent courts, 
5 très-long; crochets fortement arqués. — Parapleures mélalhoraciques 
médiocrement larges; leurs épimères petites. — Saillie prosternale 
presque nulle, rejoignant entre les hanches antérieures une saillie da 
mésosternum. — Six segments abdominaux. 

Indépendamment de l'absence des lamelles sous les tarses, ce genre 
diffère des suivants (Zenoa excepté) par un si grand nombre de particu- 
larités, notamment dans les organes buccaux, qu'il conviendrait peut- 
être d'en former une tribu à part. 

Je n'ai pas été plus heureux que M. De Caslelnau dans la délermina- 

(1) Spoc. et Iconogr. génér. d. Anim. artic. fasc. 1 et 2. 

P) Syn. SiBUMus, Blanch. Yoy. au Pôle Sud; Entom. texte, p. 82. 



260 nniPicÊHiDES. 

tion des sexes de ces insectes. Tous les exemplaires que j'ai vus, en assez 
grand nombre, avaient les antennes également flabellées (I) et six seg- 
ments à l'abdomen. Deux petites saillies cornées qu'on observe chez 
quelques espèces américaines, au bord antérieur du proslernum (2), et 
que cet entomologiste était porté à regarder comme propres à l'un des 
sexes, existent aussi bien chez les femelles que chez les mâles. 

Les CALLinnipis sont de beaux insectes, tous au-dessus de la taille 
moyenne, très-variables sous le rapport du facics, delà sculpture des té- 
guments et même des couleurs; cependant, sous ce dernier rapport, la 
plupart ne présentent qu'une livrée uniforme d'un noir tantôt foncé, 
tantôt brunâtre ou d'un brun ferrugineux. Le plus grand nombre égale- 
ment ont quelques lignes saillantes sur les élytres. 

Il y a de ces insectes aux Indes orientales, dans l'Australie et dans les 
régions intertropicales de l'Amérique ; on en a môme découvert récem- 
ment une espèce en Syrie. Tous sont plus ou moins rares dans les col- 
lections (ô). 

(1) Parmi les espèces citées plus bas, il en est deux (C. castaneus et Simianui 
Ucolor) dont les femelles sont indiquées comme ayant ces organes simplement 
pectines. 

(2) Ces saillies ne sont pas des dépendances du prostemum, mais bien ces 
deux piliers destinés .\ soutenir la tête en dessous et que M. Strauss-Durckheim 
(Anatum. du Melolonlha vulgaris, v- "'S) a nommés pièces jugulaires. Elles 
existent chez tous les Coléoptères, surtout ceux dont la tète est engagée dans 
le prothorax. Les seules espèces du genre actuel où elles deviennent ainsi ap- 
parentes, sont, à ma connaissance, les C. bicolor, scapularis, Hoodii et Laportei. 
M. Saundcrs, en décrivant le Hoodii, a également parlé de ces saillies, mais 
sans reconnaître leur véritable nature. M. De Castelnau (Hist. nat. d. Col. I, 
p. 256) a proposé pour les espèces qui présentent ce caractère, un genre à part, 
sous le nom de Celxuonia, genre parfaitement superflu. 

(3) M. De Castelnau (Ann. d. 1. Soc. entora. III, p. 244) en a décrltl4 espèces 
qu'il a divisées en deux sections, l'une comprenant celles de l'ancien, l'autre 
celles du nouveau continent. Mais les caractères qu'il assigne à ces sections sont 
assez vagues et médiocrement exacts. Depuis, on en a décrit quelques autres 
qui sont intercalées dans la liste suivante : 

Esp. de l'ancien continent : C. Dejeiinii,, Latr. Guérin-Ménev. Iconogr. Ins. 
pi. 13, f. 6, elVoy. d. 1. Coq.; Entom. pi. 2, f. 4; type du genre; Amboine et 
Java, —javanica, orientalis, Casteln. loc. cit.; Java. — ruficornis, Gray in 
Grimtli, Anim. Kingd. Ins. I, p. 3G6, pi. 39, f. 2; Australie. — Templetonii, 
Championii, Wcstw. Trans. of tlio entom. Soc. Sor. 2, U, p. 234, pi. 12, f. 4 
•t 2; CeylàD. — castaneus, Hombr. et Jaquin. Voy. au Pôle Sud; Entom. 
p. 81; Col. pi. G, f. f); Nouvelle-Guinée. — Dlanchei, Chevrol. Rov. et Mag. d. 
Zool. 1854, p. 396, pi. G, f. 4; Syrie (Beyrouth). 

Esp. du nouveau continent : C. Latreilki Casteln.; Brésil. — Lacordairei, 
Lherminieri j bnmnea Casteln.; Guadeloupe — vestiia Casteln.; Mexique.— 
Goryi, Guérin-Ménev. Icon. 1ns. pi. U, f. 5; Brésil. — Childreni, Gray in Grif- 
flth, loc. cit. p. 365, pi. 39, f. 1; Brésil. — bicolor, scapularis Casteln.; Brésil. 
— chiknsis Castebi.; ChUl. — Hoodtt, Saunders, Trans. of the entom.. Soc. I, 



RBIPICËBIDBS 251 

Je ne vois rien dans les caractères assignés par M. Blanchard à son 
genre Simiands, qui le distingue de celui-ci. La seule différence con- 
sisterait en ce que la tête serait presque droite et complètement dégagée 
du prothorax. Il y a d'autres espèces, surtout parmi celles d'Amérique 
(par ex. bicolor), où il en est de même. Ce genre a été établi sur an 
exemplaire femelle d'une espèce découverte dans l'Ile Céram (1). 

ZENOA. 

Say, Boston Journ. of nàt. Hist. l, p. 153. 

Antennes robustes, subpectinées chez les mâles, obtoséraent dentées 
chez les femelles à partir du 3» article. — Abdomen composé de cinq 
segments. 

Pour le surplus, ce genre ne diffère en rien des Calubdipis, et je 
ne l'adopte qu'en hésitant. Say l'a proposé en peu de mots pour un in- 
secte de l'Amérique du Nord, qu'il venait de rapporter avec doute au 
genre Sandalus, sous le nom de .S. brunneus, et qui n'est pas autre 
chose que le Melasis picea de Palissot-Beauvois (â). Ne connaissant pas 
les Callikuipis, Say le trouvait fort différent des Sandalus auxquels 
il le comparait, mais il est si voisin des premières qu'on pourrait sans 
inconvénient le leur adjoindre en en formant une section à part. 

Cet insecte a la forme assez courte de certaines Callikuipis in- 
diennes ; il est d'un noir brunûtrc assez brillant, et ses élytrcs, qui sont 
rugueuses, présentent quelques lignes élevées. Say dit l'avoir pris sous 
des écorces d'arbres en voie de décomposition. 

RHIPICERA. 

LiTB. Règn. anim. éd. 2, III, p. 235 (3). 

Menton triangulaire, arrondi ou acuminé en avant. — Palpes robuS' 
tes, leur dernier article ovalaire ou subcylindrique. — Mandibules rO' 

p. 151, pi. 14, f. 3; Montevideo. — Laporlei, Hope, ibid. IV, p. 181, pi. 13, f. I 
Colombie. 

(1) S. bicolor, loc. cit. Col. pi. 6, f. 3 ; la planche porte Callirhipis bicolor 
oe nom devra être changé, étant déjà employé, comme on vient do le voir. 

(2) Ins. d'Afriq. et d'Amer, p. 7, pi. 7, f. 1. Le Z. vulnerata de M. J. L. Le 
Conte (Journ. of the Acad. of Pliilad. Sor. 2, 1, p. 89) n'en est qu'une variétô 
a tache rougcMre sur le prothorax, comme ce savant entomologiste l'a, depuis 
(Procced. of the Acad. of Philad. VI, p. 229), reconnu lui-même. 

M. Gu6rin-Méneville m'a communiqué, sous le nom do Callirhipis unicosta- 
tus, une seconde espèce du genre, provenant de la Colombie. 

(3) Syn. PoLVTOMUs,Dalm. Nov. Act. Holmicns. 1, 1819, p. 120, et Anal, en- 
|on». p. 18. — Ptyocebus, Hoflinans. in Wiedem. Zool. Magaz. I, 1, p. 28. — 
aisPA Fab., Drury. — Ptilinus Fab., Herbst. 



252 BBIPICÉRIDES. 

bustes, saillantes, droites, puis arquées et simples au bout, munies d'uoe 
dent interne à leur base. — Labre peu distinct, soudé à l'épislorae. — 
Tête obconique ou cylindracée en arrière des yeux, carénée transver- 
salement au niveau (lu bord antérieur de ceux-ci; épistome vertical.— 
Antennes insérées sur deux saillies, médiocres, de plus de onze articles : 
1 grand et arqué , 2 très- court , simple; les autres très-courts aussi, 
flabcllcs en éventail chez les mâles, pectines chez les femelles. — 
Yeux assez gros et saillants. — Prolhorax transversal, rétréci en avant, 
plus ou moins convexe, bisinué à sa base. — Ecusson orbiculairc ou en 
triangle curviligne, très-court. — Elylres allongées, cylindracées, rétré- 
cies dans leur tiers postérieur. — Pattes assez robustes; tarses médio- 
cres, à articles 1-4 Irigoncs, échancrés, graduellement plus courts, mu- 
nis de lamelles, S allongé ; crochets robustes. — Métasternum rétréci 
et saillant en avant; ses parapleures très-larges, leurs épisternums ré- 
trécis d'avant en arrière. — Mcsosternum cl prosternum variables. — 
Corps épais, en général subcylindrique. 

Le nombre insolite des articles des antennes distingue éminemment 
ce genre du reste de la famille; il varie selon les espèces et est toujours 
moindre chez les femelles que chez les màlcs (i). Le mésosternum pré- 
sente aussi quelques différences, mais qui sont simplement spécifiques. 
De plus importantes existent dans d'autres organes, cl M. Guérin-Mé- 
neville s'en est servi pour diviser le genre en trois sections auxquelles 
il a donné des noms. 

Les RuipicERA proprement dites ont le corps subcylindrique, les ra- 
meaux antennaircs très-longs chez les mâles, le dernier article des 
palpes ovalaire et les lamelles des tarses loutes bien développées. Les 
espèces sont américaines (-i). 

Avec une forme générale et des antennes semblables, les Agatoo- 

(1) Ces articles sont si courts et si serrés, surtout les terminaux, qu'il n'est 
pas facile de s'assurer exactement de leur nombre. M. Guérin-Méneville (Speo- 
et Icon. d. Anim. artic. fasc. I), le seul auteur qui l'ait fait entrer dans la ca- 
ractéristique du genre, en assigne de 16 à 40 aux miles, et se borne à dire pour 
les femelles qu'elles en ont moins. Je trouve les chiffres suivants dans les es- 
pèces que j'ai sous les yeux : marginala : miie , 33, fcm. 23 (M. De Castclnau 
en assigne 35 au mâle, 21 à la fem.; Dalmann, 23 U cotte dernière) ; Dalmanni: 
mâle, 27, fem. 20; /emorafa; mile, 37, fem. 23; nij/stacina; mâle, 25; vetusta: 
mâle, 19. 11 est probable, du reste, que, do môme que chez les PniONUS, cal 
nommes sont sujets à varier un peu dans la même espèce, et que dès-lors Us 
ne sont pas rigoureusement spécifiques. 

(2) R. marginata, Kirby, Trans. of tho Linn. Soc. XII, p. 385, pi. 11, f. 3. 
M. Guérin-Ménevillo cite à tort Latreille (loc. cit.) au sujet do cette espèce; 
il n'en a pas parlé. — Dalmanni, Wcstw. in Drury, Ulustr. éd. 2, p. 74 {Pol 
femoralus Daim.). — cyanea, Guèrin-Ménev. Iconogr.; Ins. p. 44, pi. 13, f. 7- 
— abdominalis, Klug, Entom. Brasil. Specim. sec. p. 12. Toutes des dlTers*» 
parties du Brésil. 



RDIPICÉRIDES. 2S3 

BBiPis ont le dernier arlicle des palpes subcyliiidriquc, (ronqué au 
bout, et les lamelles du l'"' arlicle des larses beaucoup plus petites que 
les suivantes. La Nouvelle -IIollarKle est leur patrie (i). 

La troisième section, celle des Oligoiiiiipis, ne comprend qu'une es- 
pèce (2) également australienne et remarquable par sa forme courte et 
robuste, et la dilatation de ses tarses dont toutes les lamelles sont gran- 
des ; le dernier article de ses palpes est ovalaire comme dans la pre- 
mière section. 

Ces insectes sont par conséquent propres à l'Amérique du Sud et à 
l'Australie. Ils sont d'assez grande taille, de couleurs variées, et leurs 
habitudes sont peu connues. On n'a rien ajouté à ce que j'ai dit il y a 
déjà longtemps (.">) de celles de la marginala, l'espèce commune du Bré- 
sil, qu'on trouve çà et là sur les feuilles dans les bois et sur les plantes 
basses. Les femelles sont beaucoup plus rares que leurs mâles dans les 
collections. 

SANDALUS. 
KNOcn^ JVeue Beytr. z. Insektenk. p. 131 (4). 

Menton en triangle curviligne ou ovale. — Palpes très-robustes; der- 
nier article des maxillaires brièvement ovalaire, celui des labiaux 
obiongo-ovale. — Mandibules robustes, saillantes, brusquement ar- 
quées et lisses en avant, munies d'une dent obtuse à leur base interne. 
•— Labre très-petit, soudé à l'épislome. — ïcle subcylindrique et un 
peu renllée en arrière des yeux, munie de tubercules anteniiaires; épis- 
tome vertical. — Yeux gros et saillants chez les mâles, plus petits chei 
les femelles. — Antennes médiocres, de onze articles : 1 en massue ar- 
quée, 2 transversal, 3-11 très-courts, prolongés en un rameau large et 
aussi long que l'antenne chez les mâles, pectines chez les femelles. — 
Prothorax transversai, convexe, rétréci en avant, bisinuc à sa base, 
muni d'une carène marginale oblique cl excavé sur ses (l.incs. — Ecm- 
son suborbicalaire. — Elytres cylindrico-ovales. — Pattes robustes ; lar- 
ses déprimés, surtout chez les mâles, à articles 1-4 trigoncs, échancrés, 

(1) fi. femorata, Kirby, Trans. of the Linn. Soc. XII, p. 458. — Reichei, 
Guériu-M6nev., loc. cit. — mystacina {Hispa), Fab. Syst. Entom, p. 70. — 
Druryi, Westw.in Dniry, loc. cit. p. 72, pi. 48, f. 7 [Hispa mystiicina Drury). 
— aUemtata, pumilio, Weslw. Ann. and Mag. of nat. Hisl. XI, p. 66. 

(2) fi. vetusta, Gory, in Guérin-Ménev. Iconogr.; 1ns. p. 44 (fi. brunnea, 
Wcstw, loc. cit.). — Aj.: fi. tessellata, Westw. Trans. of Uie ent. Soc. Ser. 2, 
D, p. 236, pi. 12, f. 1 ord. 

(3) Ann. d. 1. Soc. entom. Ill, 232. 

(1) Syn. MiiLASis, Fab. Entom. syst. IV, p. 445. — Pttocerus, Tliunb. Nov. 
Act. Holmicus. XXVII, p. 5. — MicHonniPis, Guérln-Ménev. Mag. d. Zool. Ing. 
1831, pi. 1. _ llEGiinuiPis, Casloin. Ann. d. 1. Soc. entom. lII, p. 266, note. — 
UniPicERApars, Caslcln. ibid. p. 236, ot Newman, The entom. Magai. Y, p. 3S3. 



254 BBIPICÉniDES. 

munis de lamelles; celle du 1'^' très-courte; le 5» presque aussi long 
que les précédents réunis ; crochets robustes. — Mésosternum rétréci 
et prolongé en avant; saillie prosternale presque nulle. — Parapleu- 
res métathoraciqucs très-larges, leurs cpisternuros rétrécis en arrière. 
— Corps épais, oblongo-ovale ou cylindracé. 

Knoch n'a connu que les femelles des deux espèces (peCrophya, ni- 
ger) de l'Amérique du Nord, sur lesquelles il a fondé ce genre, qui a 
été dans la plus grande confusion jusqu'à ce que M. Gucrin-Méneville 
eût débrouillé sa synonymie dans une bonne monographie qu'il en a 
donnée (!)• 

Ces insectes ne diffèrent essentiellement des Rbipiceba que par leurs 
antennes. Leur taille et leurs formes générales sont les mêmes, mais 
leur livrée est plus modeste; tous sont d'un brun noirâtre, sujet à pas- 
ser au rufescent, rarement d'un noir à reflets bleus , et les deux sexes 
ne se ressemblent pas toujours sous ce rapport. Leurs mœurs ne sont 
pas mieux connues que celles des RnipicEUA, et, d'après le peu qu'on 
en sait (-2), paraissent semblables à celles de ces dernières. 

Jusqu'ici le genre est propre aux deux Amériques et à l'Afrique 
australe. On en a déjà décrit onze espèces qui sont toutes, sans excep- 
tion, extrêmement rares dans les collections (.i). 

CHAMjERfflPIS. 
Latb. Ann. d. l. Soc. entom. III, p. 169 (4). 

Menton subovale. — Palpes robustes; leur dernier article oblongo- 
ovale. — Mandibules saillantes, droites et pubescentes à leur base, 
brusquement arquées, glabres et simples à leur extrémité, sans dent 

(1) Spec. et Icon. d. Anim. art. fasc. 1, n« 2. 

(2) Say (Boston Journ. of nat. Hist. I, p. 152) rapporte avoir pris souvent le 
petrophya sur les fleurs d'une plante résineuse, commune dans les prairies dn 
Missouri. Melslicimer avait trouvé sous des pierres les deux femelles publiées 
par Knocb. 

(3) M. Guérin-MéneviUe (loc. oit.) n'en a connu que cinq. esp. de l'Amer, du 
Nord: S. niffer, Knoch, loc. cit. 9 {(fRhip. rufipennis Latr.; cf ? S. KnochU 
Guér.). — petrophya Knocli, 9 ( 9 RMp. fulva Casteln. Rhip. Proserpina 
Newm.)- — Esp. de Colombie : S. Goudotii, Guérin-Ménev. loc. cit. (f.— 
Esp. du Brésil : S. brunneus {Piyocerus et Megarhipis) Casteln. loc. cit. — 
Esp. du Cap : S. mystacinm [Melasis), Fab., loc. cit. {Piyocerus mystaci- 
fjusThunb. et Casteln.; Microrhipis mimeriUiGuéT.). 

Aj.: S. rubidus (niger o"), brevicollis [petrophya 9?) Melsbeim. Procoed. 
of the Acad. of Philad. II, p. 220 ; do l'Amer, du Nord. — scabricollis, Hal- 
dem. ibid. VI, p. 363; même pays. — Sichelii, L. Fairm. Ann. d. 1. Soc. en- 
tom. 1852, p. 693, pi. 11, n° 5; Brésil. — pnnctulatus, costipemis, Bohem. 
Insi Caffri. I, p. 423; Natal. 

(4) Syn. Edriupis, De Casteln. Ann. d. 1. Soc. entom. III, p. 258. 



HHIPICÊBIDGS. 255 

interne. — Labre triangulaire, soudé à l'épistome. — Télé renOée en 
arrière des yeux, sillonnée el munie de deux gros tubercules antennai- 
res; épislome vertical. — Antennes médiocres, de onze articles : 1 très- 
gros, en cône arqué, 2 forlenicnt transversal, plus large en dedans qu'en 
dehors, 3-11 extrêmement courts, envoyant au côté interne un long et 
large rameau à bords parallèles; ces rameaux égaux. — Yeux très- 
gros cl très-saillants. — Prolhorax transversal, un peu rétréci et arrondi 
en avant, sinué sur les côlés avec une carène marginale, bi-sinué à sa 
base. - Ecusson suborbiculaire. — Elylres oblongues, atténuées dans 
leur tiers postérieur. — Pâlies médiocrement robustes ; tarses assez 
courts, cylindriques, à articles 1-4 courts, subégaux, munis de lamelles 
rudimentaires, surtout sous les deux 1°" ; le S" presque aussi long qu'eux 
tous. — Mésoslcrnum rbomboldal ; saillie prosternale presque nulle. 
— Parapleures métalhoraciques très-larges; leurs épisternums de forme 
ovale. — Corps assez allongé. 

Ce genre est extrêmement voisin des Sandales et n'en diffère que 
par la structure des tarses, ta grosseur des yeux et les lamelles anlcn- 
naircs des mâles, qui sont plus longues et plus égales entre elles, carac- 
tères de peu d'importance. Il se compose en ce moment de deux es- 
pèces africames (i ), dé taille moyenne, d'un gris de fer uniforme, avec 
les antennes fauves, el donl les élylrcs présentent quelques côtes fines 
et saillantes. Elles sont tout aussi rares que les Sa^dalus el l'on n'en 
connaît que les mâles. 

PTYOCERUS. 

De Casteln. Arm. d. l. Soc. entom. 111, p. 260 (2). 

Menton carré, arrondi aux angles. — Mandibules robustes, saillantes, 
droites el pubescenles à leur base, brusquement arquées et glabres au 
bout, uni-ou bi-dentées au côté interne. — Labre petit, peu distinct. — 
Télé assez allongée, carénée transversalement, avec deux tubercules 
médiocres entre les yeux ; épislome vertical en avant. — Antennes de 
onze articles : 1 gros, en cône arqué, 2 transversal, 3-11 obconiques, 
graduellement allongés el atténués, émettant chacun un rameau beau- 
coup plus court que l'antenne ; ces rameaux à bords non parallèles, 

(1) C. smegalensis, Castcln. loc. cit.; figuré avec des détails par M. Guérin- 
MénevUle, Spec. et Icon. d. Anim. art. fasc. 2, n» 7 (C. ophthalmicus, Latr. 
loc. cit.; sans description); du Sénégal. — natalensis, lîohcm. Ins. Caffrai'. I, 
422; de Natal. 

(2) Syn. DEMODOCns Klug; nom de collections. M. Guérin-Ménevillo l'a ap- 
pliqué i l'une des deux sections qu'il a établies dans le genre sur une espèce 
[capensis) qui a les palpes un peu plu8 grêles que les autres; mais la diffé- 
rence est bien peu do chose. 



256 , BOIFICÉBIDES. 

disposés en évenlail. — Yeux gros, très-saillants. — Prothorax trans- 
versal, obconiquc, faiblement bisinué à sa base. — Elytres allongées, 
rétrécies dans leur quart postérieur. — Pattes longues et grêles ; tarses 
à articles 1-4 obconiques, munis de doubles lamelles médiocres; le 5« de 
longueur moyenne. — Mésosternum incliné en arrière; saillie proster- 
nale presque nulle. — Parapleures métathoraciques très-larges ; leurs 
âpisternums rétrécis en arrière. — Corps allongé, médiocrement ro- 
buste. 

Ce genre n'a rien de commun avec ceux établissons le même nom par 
Hoffmansegg et Thunberg (i). Il ne comprend également qu'une partie 
des espèces qu'y avait fait entrer M. De Castclnau; en un mot, il est 
exposé ici tel que l'a constitué M. Guérin-Méneville(-2). Les quatre es- 
pèces du Cap (3) qui le composent en ce moment, se distinguent sans peine 
de tous les autres Rhipicérides à tarses l:*nellés, par leur forme plus 
svelle, la gracilité plus grande de toutes leurs parties et leur système 
de coloration. Toutes sont revêtues en entier de poils blanchâtres ou 
jaunâtres, et la plupart ont leurs élylres ornées de lignes longitudinales 
brunes, interrompues par des espaces blancs. Ces lignes sont situées 
sur les côtes dont les elytres sont pourvues, comme chez les CaAMJinm- 
pis. Les femelles de ces insectes ne sont pas encore connues. 

(1) Voyez plus haut, p. 251, note 3, et p. 2M, note 4. 

(2) Spcc. et Icon. d. Anim. art. fasc. 2, n" 5. 

(3) P. attenualus, Goryi, Casteln. loc. cit. — nebulosvs, eapensis, Guério- 
Ménev., loc. cit. 



FAMILLE XXXIX. 



DASGYLLIDES. 



Menton corne. — Languellc grande, membraneuse. — Deux lobes 

aux mâchoires, inermes (Edcinetus excepté). — Mandibules courtes. 

Antennes insérées immédiatement au-devant des yeux, de onze articles. 
— Hanciies antérieures et intermédiaires variables ; les cavités coty- 
loïdcs des premières ouvertes en arrière ; les postérieures transversales, 
canaliculées sur leur bord postérieur; des trodiantins diversement si- 
tués, rarement nuls ; tarses pontamèrcs ou subpentamères. — Mésoster- 
num et prosternum variables. — Cinq segments ventraux à l'abdomen, 
tous distincts. 

Après avoir mis de côté les Rhipicéridcs qui précèdent, il reste en- 
core, avant d'arriver aux Malacodermes, proprement dits (Lycides, Té- 
léphorides, etc.), un certain nombre de genres qui n'ont que des rap- 
ports douteux avec ces insectes, et qui doivent par conséquent en être 
séparés. On a déjà proposé de les répartir dans trois familles distinctes, 
celles des Atopides ou Dascyllides, des Cyplionides et des Colobodéri- 
des (I). Mais quand on étudie de près leur organisation, surtout celle 

(1) La famille des Atopides est de la création de M. Do Castelnau dans la 
Revue cntom. de Silbertn. IV, p. 21, puis dans son Hist. nat. d. Col. 1, p. 257. 
Dans le premier de ces ouvrages, il n'y comprenait que les Atoi'a et les Peta- 
toj; a.ins le second il ajoute à ces genres les Ptilodactvla dont il avait fait 
précédemment (in Silberm. loc. cit.) une famille distincte. M. Guérin-Méneville, 
(pli a adopté (Revue Zool. 1813, p. 193) ce groupe des Atopides, sous le nom 
de Dascyllides, y comprend tous les genres de la famille actuelle dont la lèvre 
Inférieure est laciniée. Ils sont au nombre de sept, parmi lesquels deui seule- 
ment (D,vscYi.LUs, Clabotoma) étaient déjà connus. — La famille des Oypbo- 
nides a été établie^ dés 1829, par Stepliens (Syst. Cat. of Crit. Ins. p. 128) pour 
recevoir les genres Ctphon, ScipTEs, Ei'cinetus et Eubria. Elle est générale- 
nenl adopti'ie, bien que quelques auteur!!, notamment M. L. Redtenbacher 
ffaun. Austr.; Die Ka'fer, p. 314), la réunissent à la précédente.— Quant i la 
famille des Oolobodérides, fondée on 1847 par Erichson (Arcbiv, 18 17, 1, p. 174), 
CoUopières. Tome IV. 17 



2q8 dascvllides. 

de leurs segments Ihoraciques cl de leurs pattes, on voit que ces trois 
familles sont loin de sulFire, et qu'il en faudrait davantage pour expri- 
mer convenablement les divers types d'après lesquels ont été construits 
ces insectes. Néanmoins, la création de nouvelles familles étant une me- 
sure ii laquelle on ne doit recourir qu'à la dernière extrémité, je crois 
devoir les réunir provisoirement en une seule. 

Les téguments des Dascyllidcs sont en général de consistance nor- 
male, et non pas très-minces et presque membraneux comme ceux de 
la plupart des vrais Malacodermes. Leur forme générale ne ressemble 
pas non plus à celle de ces derniers; elle est au plus oblongue, souvent 
ovale, elliptique ou naviculairc. 

Leur tête est au plus médiocre, libre, penchée et rétrécie au-devant 
des yeux en un museau plus ou moins court, rarement (Euctnetus) cu- 
néiforme. Dans le plus grand nombre d'entre eux, l'épislome est séparé 
du front par un sillon recliligne. 

Parmi les organes buccaux, le labre ne manque que cb'ez les Ame- 
UATOPDS; il recouvre ordinairement la plus grande parlie et parfois 
(Ckeoglossa) la totalité des mandibules. Les deux lobes des m;1choires 
et la languette présentent ce caractère singulier d'être souvçnt divisés en 
plusieurs lobes allongés, grêles, aigus au bout et ciliés. Ces lobes peu- 
vent aller jusqu'à quatre aux mâchoires, et jusqu'à huit (Octoglossa) à 
la languette. Mais quelque remarquable que soit cette structure, elle ne 
conduit pas à un arrangement naturel de la famille (I). 

L'insertion des antennes ne varie pas. Ces organes sont généralement 
très-longs et très-gréles, mais il y a quelques exceptions à celte forme ; 
ils sont par exemple pareils à ceux des Èlatérides chez les Licdas. Ja- 
mais ils ne sont munis d'un faux article terminal. Les yeux sont mé- 
diocres et arrondis, sauf chez les Eubria, où ils s'agrandissent et sont 
transversaux. L'écusson ne manque jamais. 

Sous ces divers points de vue, ces insectes sont assez homogènes. C'est 
dans la structure des pattes que se trouvent en premier lieu les diffé- 
rences notables qui distinguent entre eus leurs divers types. Ainsi les 
hanches antérieures d'abord (Ai\tematoi'iis, I.icuas) fortement transver- 
sales et complètement enfouies dans leurs cavilés cotyloïdcs, commen- 
cent (Dascyllbs, etc.) par devenir saillantes dans leur moitié iiUerne, 
puis finissent (Buadvioma, Tuekids, Cneoglossa, etc.) par cire tout- 
à-fait conico-cylindriques, en présenlant des passages entre ces diverses 

qui l'a placée onlre les Chrysomélines et les Érotylicns, jo renvoie à ce que 
j'en ai dit prùcedummenl (Tome II, p. 488, note) il propos du genre Chelona- 
niuH. 

(1) On la retrouve en cil'et chez les Dascyllides vrais, les Plilodactylides et 
les EuBKiAj et, si on la prenait pour point do départ, il faudrait réunir tous ces 
groupes en un seul, après avoir exclu des deux premiers plusieurs genres chez 
lesquels elle u'existo pas et qu'on serait obligé de réunir, contre toutes les ana- 
logies, dans un groupe commun. 



DASCYLLIDES. 259 

formes. Les intermédiaires subissent des modifications analogues Les 
postérieures, de leur côté, sont construites d'après trois types différents 
Elles sont ou étroites dans toute leur étendue (Artematopus Lichas)' 
ou linéaires dans plus de leur moitié externe, puis brusquement dilatées 
en une lame carrée (la plupart des espèces), ou enfin (Eucinetus) con- 
verties tout entières en une très-grande lame trigone. Quant aux tro- 
cliantins, il y en a un aux hanches antérieures dans la majorité des cas 
et il est le plus souvent trè«-apparent. Les Eucinetos n'en ont qu'aax 
hanches intermédiaires, et je n'ai pu en découvrir nulle part chez les Eo- 
BBiA. Les EcciNETus sont également les seuls qui aient des éperons 
bien développés aux jambes. Quant aux tarses, outre les variations 
nombreuses qu'ils présentent, il y a un groupe entier, celui des Plilo- 
dactylides (les Golobodcrides d'Erichson) où le pénultième n'est pas plus 
grand que chez les Coléoptères subpentamères. L'onychium de l'article 
onguéal est très-apparent dans le seul genre Licdas, mais il difTcre de 
celui des Rhipicérides qu'il égale en longueur, en ce qu'il n'a que deux 
soies terminales (i). 

Le mésosternum et le prosternum varient tout autant que les pattes. 
Le premier, notamment, conserve encore pendant longtemps une ca- 
vité distincte. Sous ce rapport, comme sous celui du proslcrnum, les 
ARTEMATOros ressemblent aux Buprcslides, et les Liguas .i une foule 
d'Elatcridcs. Enfin les parapleures métalhoraciqucs sont assez larges et 
plus ou moins parallèles, mais leurs épimères sont petites, sauf chez les 
Lichas. 

Il résulte de ces détails que la famille devra probablement plus lard 
être divisée en plusieurs. Il le faudrait même dès ce moment si l'on 
n'avait égard qu'aux trois larves qu'on en connaît, car elles appartien- 
nent à trois types bien distincts, tant sous le rapport des formes que 
sous celui des habitudes ; ce sont celles des Dascyllus, des Elodes et 
dcsEcciNETCs. On ne saurait, par conséquent, en rien dire de général 
et l'on trouvera leurs descriptions plus loin. ' 

A l'état parfait, ces insecles ont également des mœurs différentes, 
comme on le verra par la suite. A l'exclusion d'une seule espèce de 
Dascyllds qui est indienne, ils paraissent propres à l'Europe, l'Afrique 
et l'Amérique. 

Pour ce qui concerne leur histoire scientifique, il y a peu à ajouter 
aux détails qui figurent en tète de ces généralités. Depuis Latreille, leur 
élude était restée presque slationnairc, ot c'est à M. Guérin-Méneville 
que sont dus en grande partie les progrès qu'elle a faits dans ces der- 

(1) Les très-petits ODychiums des autres espèces de la famille sont également 
terminés par doux soies. C'est une preuve do plus que les Lichas, malgré la 
longueur de cet appendice, ne sont pas dos Rhipicérides, comme j'étais d'abord 
wnlé do le croire. Ils s'en éloignent, du reste, complètement par la forme de 
leurs hanches antérieures et intermédiaires. 



260 - DASCVLLIDE9. 

nières années (i). Plos récemment, M. J. L. Le Conle (2) a consacré 
on travail intéressant à celles de leurs espèces qui habitent l'Amérique 
do Nord. 

Les cinq groupes dans lesquels ils me paraissent devoir être répartis 
sont les suivants : 

I. Mésosternum plan, recevant il poste fixe le prosternum. Artématopides. 
n. — incliné, souvent concave, ne^ecevant pas 

ou que très-imparfaitement le prostornum. 
a Hanclies postérieures de grandeur normale. 

Pénultième article des tarses très-distinct. Dascyludes vrais. 

_ — rudimentaire. Ptilodactylides. 

aa Hanches postérieures extrêmement grandes. Eucinétides. 

in. Mésosternum carré, plan, rejoint par le prosternum. Eubrudes. 

TRIBU I. 
ARTÉMATOPIDES. 

Languette et lobes des mâchoires non lacinics. — Labre et épistome 
indistincts. — Hanches antérieures transversales, enfouies; leurs tro- 
chantins très-grands ; les intermédiaires globuleuses, les postérieures 
très-étroites, faiblement élargies au côté interne. — Prosternum com- 
primé latéralement, plan sur la ligne médiane; sa saillie postérieure 
reçue à poste Oxe dans une profonde cavité du mésosternum. — Celui- 
d horizontal ; ses branches larges et divergentes. 

Le genre Artematopds de M. Perty rentre seul dans ce premier 
groupe. C'est un des plus anormaux de la famille, surtout par la struc- 
ture de son proslcrnum et de son mésosternum, qui ressemblent com- 
plètement h ceux des Buprestides. C'est le seul également chez lequel 
le labre soit iridisliuct. La forme des hanches des trois paires de pattes 
Ini serait également propre s'il n'y avait pas quelque chose de sembla- 
ble chez les Licbas, placé en tête de la tribu suivante. 

(1) Voyez son Mémoire intitulé : « Note sur un groupe naturel ou une pe- 
tite tribu de la famille des Malacodermcs. » Revue Zool. 1843, p. 193; et son 
Spec. et Icou. des Anim. artic., passim. 

(2) « Synopsis ot tho Atopida;, Rliipicerida; and Cyphonidœ of thc Unitod 
States. » ProceeJ. of llio Acad. of Pbilad. VI, p. 350. 



ARTËUATOPIDES. . 261 

ARTEMATOPUS. 
• Pertï, Del. anim. artic. Brasil., p. 115 (1). 

Menton transversal, tronqué en avant, avec ses angles arrondis. — 
Languette transversalement cordiforme, bilobée ; ses deux lobes large- 
ment arrondis. — Lobes des mâchoires grêles, pénicillés. — Palpes 
maxillaires à 2» article long, 4 obliquement sécuriforme; le dernier des 
labiaux légèrement triangulaire. — Mandibules courtes, dentées avant 
leur extrémité. — Tète courte, plane, formant en avant un museau ud 
peu plus étroit que le front, anguleux sur les côtes à sa base, arrondi à 
son extrémité. — Yeux grands, à moitié engagés dans le prothorax. — 
Antennes très-longues, grêles, velues, à articles 1 médiocre, assez gros, 
2 très-court, 3-10 subégaux, iiliformes ou un peu anguleux à leur som- 
met, 11 aussi long. — Prolhorax fortement transversal et rétréci en 
avant, subrcctiligne sur ses bords latéraux, faiblement et largement 
lobé à sa base. — Ecusson triangulaire. — Elytres elliptiques ou 
brièvement ovales, convexes. — Pattes médiocres et assez robustes ; 
éperons des jambes obsolètes ; tarses plus courts que les jambes, ciliés, 
à articles 1 aussi long que les trois suivants, 2-3 subégaux, en cône 
renversé, 4 court, tous trois munis d'une grande lamelle, S très-long et 
grêle. 

Ces insectes, propres à l'Amérique, sont pour la plupart de la taille 
desDASCYLLns d'Europe, et d'une aussi diOicile étude que les Eludes 
du même pays, leur livrée étant, comme chez ces der.iières, d'un brun 
noirâtre ou d'un fauve testacé uniformes, sujets à varier dans la même 
espèce et à prendre les nuances intermédiaires entre ces deux cou- 
leurs. Leurs téguments sont aussi résistants que chez le commun des 
Coléoptères et entièrement revêtus d'une villosité redressée et entre- 
mêlée de poils plus longs. Tous ont les élytres régulièrement striées, 
avec les stries ponctuées. Il y en a un assez grand nombre dans les 
collections, dont très-peu seulement sont décrits (2). 

(1) Syn. Lairus, De Càstela. Hist. nat. d. Col. I, p. 258. — Epicïrtus, Dei. 
Cat. éd. 3, p. 109. 

(i) A. longkornis, Perty, loc. cit.; pi. 22, f. 16; du Brésil. — Lair. suka- 
<«t, du Brésil; marmoralus, affinis, do Cayenne; Casteln. \qc. cit. — Art. 
tenukornis, Enchs. iu Schomb. Guyana, III, p. 559; do la Guyane anglaise. 



262 DASCYLLIDES 

TRIBU II.' 
DASCYLLIDES VRAIS. 

Languette et lobes des mâchoires souvent lacinics. — Labre et épis- 
tome distincts. — Hanches antérieures et intermédiaires variables; les 
postérieures (Lien as excepté) brusquement élargies au côte interne; 
pénultième article des tarses très-distinct. — Saillie prosternale très- 
ètroite, souvent visible en arrière des hanches antérieures. — Méso- 
Sternum concave chez la plupart. 

Celte tribu correspond à la fois aux Atopides et aux Cyphonides des 
anteurs. Je ne trouve entre ces insectes aucunes différences qui aient 
une valeur plus que générique. Aussi est-ce bien moins d'après des ca- 
ractères solides qu'on les a séparés que d'après leur faciès, les premiers 
étant de forme plus ou moins oblongue, tandis que les seconds, outre 
leur taille plus petite, sont plus courts et plus ovales. 

On reconnaîtra, du reste, sans peine les espèces de cette tribu aux 
caractères négatifs que voici. Ils dilTèrent des Artématopides et des Eu- 
briades par la structure de leur prosternum et de leur mésosicrnura; 
des Ptilodactylides par leurs tarses distinctement pentamcres; enlin des 
Eucinélides par leurs hanches postérieures de grandeur ordinaire. 

Deux des trois larves connues de la famille appartiennent à ce 
groupe. Elles sont aussi différentes que possible, malgré les analogies 
que présentent entre eux les insectes parfaits. C'est à Erichson qu'on 
doit la connaissance de toutes deux. 

Celle du Dascyltus cervinus (1) est remarquable par sa forme courte 
et déprimée, et sa tête pareille à Celle des larves de Lamellicornes, mais 
plus grosse, relativement au corps, et dépourvue d'un épistome distinct. 
Le labre est soudé à sa partie antérieure et ferme la bouche en avant. 
Les mandibules, qui le débordent un peu, tant sur les cotés qu'antérieu- 
rement, sont robustes, un peu arquées et armées de deux dents internes, 
l'une subterminale, l'autre médiane, très-saillante et bifide. Les mâ- 
choires se composent d'un cardo transversal et d'une tige portant à son 
extrémité deux lobes coriaces, assez longs, crochus, bifides au bout, et 
un palpe triariiculé. La lèvre inférieure, coriace également, consiste en 
nn menton transversal et une languette carrée qui parait formée par la 
réunion des supports des palpes qui se seraient soudés ensemble; ces 
palpes eax-mémes comptent deux articles. Les stemmates sont absents. 

(1) Erichs. Arcliiv, 1841, I, p. 88; description reproduite par MM. Chapuis 
et Cand6ze daus lo Mém. d. 1. Soc. d. Se. de Liège, VIII, p. 492. On n'a pas de 
figure de cette larve. 



DASCVLLIDES VBAIS. 263 

Les antennes, qui sont insérées immédiatement à la base des mandi- 
bules, comptent quatre articles, dont les deux intermédiaires sont allon- 
gés. Il n'y a pas de différence sensible entre les segments thoraciques 
et ceux de l'abdomen. Les pattes qu'ils portent sont assez longues; 
leurs hanches sont dirigées en dedans, et leur extrémité terminée par 
un seul crochet. Les segments abdominaux sont très-courts et protégés 
en dessus par des écussons cornés ; le dernier seul est plus allongé, ar- 
rondi en arrière et sans prolongement anal. Les neuf paires ordinaires 
de stigmates sont situées, la première à la face inférieure du mésotho- 
rax, les autres sur les côtés des écussons des huit pfemlers segments 
abdominaux. Le corps est hérissé de poils très-longs, distants et disposés 
en rangées régulières. 

Cette larve vit en terre et se nourrit sans aucun doute des racines 
des plantes, que ses organes buccaux la rendent très-apte à ronger. On 
ne sait rien de ses transformations ultérieures. 

Celles des Elodes (1) sont ovales, graduellement atténuées en arrière 
et ressemblent beaucoup à celles des Silpba. Leur tête est un peu incli- 
née, arrondie, rétrécie au niveau des antennes, avec l'épistome séparé 
du front par une carène transversale. Le labre est échancré en avant et 
muni de deux saillies spiniformes dirigées l'une vers l'autre. Les man- 
dibules sont triangulaires, arquées en dehors, ciliées en dedans, sauf à 
leur extrémité, et munies à leur base d'une dent molaire membraneuse. 
Les mâchoires sont coriaces et terminées par deux lobes fixes, forte- 
ment ciliés et dont l'Interne est très-petit; leurs palpes se composent de 
quatre articles filiformes. Le menton, très-grand et en triangle curvi- 
ligne, recouvre presque en entier la tète en dessous. La languette, si- 
tuée derrière lui, est large, échancrce en avant et munie, au milieu de 
l'échancrure, d'une petite pièce cornée terminée par quatre épines ; ses 
paraglosses sont soudées latéralement avec elle, et les sutures sont in- 
diquées par deux rangées de cils. Les palpes labiaux comptent deux ar- 
ticles. Les antennes sont insérées sur les côtés de la tète, sétacées et 
presque aussi longues que la moitié du corps; leur !"'■ article est pyri- 
forme, le 2° plus long et cylindrique; celui-ci porte une tige formée 
d'une quarantaine de petits articles. Le prothorax est plus grand que 
les deux segments tijoraciques suivants, lesquels sont pareils à ceux de 
l'abdomen. Les pattes sont assez courtes; leurs hanches sont transver- 
sales, logées dans des dépressions, et le tarse est représenté par un cro- 
chet simple. Les segments abdominaux sont revêtus d'une peau coriace 
qui les déborde fortement sur les côtés ; le dernier est dépourvu de pro- 
longem."nt anal. 

Ces larves, qui sont aquatiques, rampent lentement sur les pierres et 

(1) Erichs. Archiv, 1847, I, p. 281; description générale. MM. Cliapuis et 
Candèzo ont donné une figure accompagnée do dôtails de la larvo de l'Ehd, 
pallidus, loc. cit. pi. 5, f. 5. 



26i DiSCYLLIDES. 

les plantes ; leur nourriture parait être exclusivement végétale. Erichson 
n'a pas pu leur découvrir de stigmates; il pense qu'ils sont remplacés 
par une rangée de sept lamelles membraneuses disposées en arc de cer- 
cle sur le bord de l'ouverture anale. Une bulle d'air enveloppe cet appa- 
reil, dont la fonction n'est guère douteuse. Les métamorphoses de ces 
larves n'ont pas encore été observées. 

Cette tribu est la plus nombreuse de la famille ; l'Europe possède trois 
(Dascyllus, Elodes, Scimes) des treize genres qui suivent : 

I. Tarses filiformes, sans lamelles; leur 4" article entier. 
a Onycliiums des tarses très-grands : Lichas. 

aa — très-petits. 

b Antennes fortement dentées : Stenocolus. 
bb — filiformes. 

c Mandibules arquées, bidentéos et dépassant le labre. 
Crochets des tarses simples : Anchytarsus. 
— pectines : Odontonyx. 

ce Mandibules lamelliformes, cachées sous le labre : Cneoglossa. 

II. Tarses pourvus de lamelles. 

d Ces lamelles existant sous leurs trois 1«" articles. 
Mandibules simples : Octoglossa. 

— dentées près de leur sommet : Dascyllus. 

dd Des lamelles au 4» article des tarses seul : Therius. 
ni. Tarses sans lamelles, leur 4" article bilobé. 
Pattes postérieures ambulatoires : Elodes. 

— saltatoires : Scirtes. 

Genres incertae sedis : Eclopria, Eurea, Atopida. 

LICHAS. 
Wbstv»'. Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, II, p. 237 (1). 

Menton transversal, demi-circulaire en avant. — Languette grande, 
évasée et cchancrée; ses lobes arrondis et divergents. — Lobe interne 
des mâchoires arqué et aigu ; l'externe subarticulé, large et tronqué au 
bout. — Dernier article des palpes maxillaires obliquement acuminé, 
celui des labiaux subsécuriforme. — Mandibules courtes, arquées et 
obliquement tronquées au bout, dilatées à leur base interne. — Labre 
transversal, faiblement arrondi en avant. — Télc médiocre, plane, épis- 
tome rétréci par les cavités antennaires à sa base, triangulaire. — An- 

(1) Le nom de Lichas devra être changé, Dalman (K. Vetensk. Acad. Hand- 
Ung. 1826, p. 278) l'ayant déjà appliqué à un genre do Trilobites. 



DASCYLLIDES VDAIS. 26S 

leiines plus longues que la moitié du corps, robustes, à articles t mé- 
diocre, déprimé et arque, 2 très-court, 3-10 fortement dentés, plus 
longs que larges, 11 un peu échaneré. — Yeux grands, arrondis, en 
partie engagés dans le prothorax. — Celui-ci court, rétréci en avant, 
légèrement bisinué à sa base. — Ecusson arrondi en arrière, tronqué h 
sa base. — Elylres de la largeur du prothorax en avant , allongées, 
obiongo-ellipliques et arquées en dessus. — Pattes médiocres; hanches 
postérieures peu à peu élargies en dedans; tarses comprimés, à articles 
1-4 décroissant graduellement, S très-grand, muni d'un long onychium. 
— Parapleures métalhoraciques larges, parallèles; leurs cpimères gran- 
des. — Mésosternum oblique, présentant une cavité assez profonde, à 
bords divergents. — Saillie prosternale fléchie, lancéolée el reçue dans 
la cavité mésosternale. 

M. Westwood a placé ce genre parmi les Élatérides, en ajoutant qu'il 
le regardait comme plus voisin des Atopides et des Cébrionidcs. Il tient 
en effet aux premiers par ses antennes, sa saillie prosternale et sa ca- 
vité raésosternalc, et aux Hhipicérides par l'onychiuni très-apparent 
dont le dernier article de ses tarses est muni ; mais par l'ensemble de 
ses caractères il appartient manifestement à la famille actuelle qu'il rat- 
tache aux deux qui viennent d'être indiquées. 

L'espèce unique (1) dont il se compose est un assez grand insecte ori- 
ginaire de Hong-Kong, d'un brun rougeâtre el revêtu d'une pubescence 
grisâtre, dénudée par places sur les éljtres qui sont faiblement sillon- 
nées; ses antennes sont d'un noir profond. Les exemplaires examinés 
par M. Westwood avaient été pris sur une espèce de Camélia. J'ai vu 
les deux sexes et n'ai trouvé aucune différence entre eux ; la femelle est 
seulement plus grande et plus massive que le mule. 

STENOCOLUS. 
J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 228. 

Je ne connais pas ce genre en nature ; les caractères qui suivent sont 
empruntés à la formule générique que lui assigne M. J. L. Le Conte, 
combinée avec la description qu'il donne de l'espèce typique. 

Palpes maxillaires assez courts, cylindriques. — Mandibules entières 
à leur extrémité. — Labre transversal, arrondi en avant. — Epistome 
distinct, membraneux antérieurement. — Antennes allongées, fortement 
dentées chez les mâles, faiblement chez les femelles; leur 2° article 
très-petit. — Yeux arrondis. — Prothorax fortement transversal, très- 
rétréci en avant, subanguleux sur les côtés, bisinué cl transversalement 
impressionné à sa base ; ses angles postérieurs aigus. — Ecusson ar- 

(1) L. funebris, Westw. loo. cit. pi. 12, f. 3 a-g. 



266 DASCVLLIDES. 

rondi. — Elytres allongées, rétrécies en arrière. — Tarses longs et 
grêles; leur 1°' article un peu allongé, le 5» aussi long que les trois 
précédenis réunis; crochets médiocres et simples. — Mésoslcrnum con- 
cave. — Saillie prosternale prolongée en arrière. — Corps allongé, at- 
léDué à ses deux extrémités, parallèle dans son milieu. 

M. J. L. Le Conle signale l'affinité de ce genre avec les Ancbytab- 
sos; il me paraît encore plus voisin des Liguas. L'unique espèce {scu- 
tellaris) qui le compose est longue de plus de six lignes, d'un brun 
noirâtre, rugueuse sur les élytres, et revêtue d'une tîne pubescence d'un 
brun sale partout, sauf sur l'écusson où elle est blanche. Elle a été dé- 
couverte en Californie dans la vallée du Sacramenlo. 

ANCHYTARSUS. 
Guémn-Mênev. Spec. et Icon. d. An. artic. n» 15 (1). 

Menton transversal, trapéziforme. — Languette large, divisée en qua- 
tre lobes aigus, ciliés, médiocres, subégaux et disposés par paires. — 
Lobes des mâchoires arrondis au bout ; l'cxlerne plus long que l'interne. 

— Dernier article des palpes, surtout celui des maxillaires, fortement 
sécuriforme. — Mandibules arquées, bidentées au bout. — Labre sail- 
lant, arrondi en avant. — Tote enfoncée dans le prothorax jusqu'aux 
yeux. — Antennes allongées, filiforincs, à articles 1 médiocre, assez 
gros, 2 court, 3 plus long, 4 plus grand que les suivants; ceux-ci dé- 
croissant légèrement. — Prothorax transversal, arrondi sur les côtés, 
coupé presque carrément en arrière. — Ecusson en triangle curviligne. 

— Elytres oblongues, parallèles, arrondies en arrière. — Pattes peu ro- 
bustes; tarses médiocres, filiformes, à articles 1 allongé, 2-4 courts, dé- 
croissant successivement, 5 aussi long que le l"'; crochets simples. — 
Mésoslernum très-étroit, présentant une fissure. — Saillie prosternale 
très-gréle, dépassant un peu les hanches antérieures. — Corps oblong, 
parallèle, médiocrement convexe. 

La seule espèce connue (2) est un insecte de l'Amérique du Nord, 
très-voisin des Dascvllcs par sa forme générale, mais de moitié plus 
petit. Il est entier d'un noir brillant, revêtu d'une fine pubescence de 
même couleur, avec les pattes et les antennes sujettes ;\ devenir d'un 
fauve plus ou moins clair; le dessous du corps passe aussi quelquefois 
au rouge obscur. M. Guérin-Méneville n'a pas connu ces variétés et a 
donné l'espèce comme nouvelle, bien qu'elle eût déjà été décrite deux 
fois par MM. Mclsheimcr et Ziegler. 

(1) Syn. Atopa, Melsheim. Proceed. of tlie Acad. of Philad. II, p. 221. — 
Eludes, Zicglor, ibid. p. 269. 

(2) Atopa bicolor, Melsheim. loc. cit. (Elod. debilis Zicgl., Anch. aier, G.U.)- 



DA8CVLUDES VBAIS. 267 

ODONTONYX. 

Guébin-Ménev. Spec. et kon. d. An. artic. n» 14 (1). 

Languette divisée en quatre lobes aigus et ciliés ; les externes plus 
longs que les internes. — Lobe externe des mâchoires divisé en deux 
lobes semblables, l'interne simple. — Palpes maxillaires beaucoup plus 
longs que les labiaux; le dernier article de tous fortement sccuriforme. 

— Mandibules arquées, bidcntccs au bout. — Labre arrondi en avant. 

— Tête médiocre, fortement penchée. — Antennes allongées, à articles 
1 médiocre, assez gros, 2 très-court, obconique, les suivants allongés, 
subégaux, très-légèrement en scie. — Yeux saillants, médiocres, too- 
chant presque le prothorax. — Celui-ci transversal, fortement rétréci 
en avant, faiblement bi-sinué à sa base. — Ecusson en triangle curvi- 
ligne. — Elylres oblongues, parallèles, arrondies en arrière. — Pattes 
assez robustes; tarses filiformes, à articles 1 notablement plus long que 
les suivants, 2-4 courts, décroissant graduellement, 5 aussi long que les 
trois suivants réunis; crochets dentés en scie dans toute leur longueur. 

Ces caractères sont empruntés à M. Guérin-Méneville. Le genre est 
établi sur un insecte (a) assez commun dans la Pcnsylvanic, de la taille 
des Dascillds, noir, avec l'écusson et le prothorax d'un rouge sanguin 
rosé ; celui-ci présente deux grandes taches noires. Le corps entier est 
revêtu d'une fine pubescence grise. La structure des crochets des tarses 
distingue essentiellement ce genre de tous les autres Dascyllides. 

CNEOGLOSSA. 
GuÉniN-MÉNEV. Spec. et Icun. d. An. artic. u» 36. 

Menton trapéziforme, largement échancré en avant. — Languette di- 
visée en deux lobes grêlie, longs, aigus et ciliés. — Lobe interne des 
mâchoires (rès-court et grêle, l'externe divisé en deux lobes pareils à 
ceux de la languette. — Dernier arliclc des palpes labiaux allongé, tron- 
qué obliquement dans sa moitié interne; les maxillaires graduellement 
atténués, à articles 2 long, 3 court, 4 plus long que 2, fusiforme et acu- 
miné. — Mandibules rudimentaircs, lamelliformes, ovales, cachées sous 
le labre. — Celui-ci arrondi en avant. — Tête petite, fortement rétrécie 
antérieurement en un museau grêle. — Yeux relativement assez gros. 

(1) Il y a déjà un genre Odontonyx de Stepliens parmi les Carabiques 
(Voyez tome I, p. 343), mais comme il est synonyme des Piustodactyla , ce 
nom est disponible. — Syn. Dasytes, Germar, Ins. Spec. nov. p. 76. — Atopa, 
MelsUcim. Pioceod. of the Acad. of Philad. II, p. 220. 

(2) 0. trivHlis Germar, loc. cit. {At. ornata Melfhcim.; Od. ornata G. M.; 
Aiopa ornaticollis Dej.). 



268 UASCYLLIDES. 

— Antennes allongées, légèrement dentées à partir du 4» article ; le 
2e très-court. — Prothorax transversal, demi-circulaire en avant, blsJDué 
à sa base, avec ses angles postérieurs aigus. — Ecusson en triangle rec- 
tiligne. — Elytres assez courtes, subparallèlcs, arrondies en arrière. — 
Pattes médiocres ; hanches postérieures très-saillantes au côté Interne, 
étroites et arrondies en dehors; les quatre antérieures conligucs; tarses 
Gliformcs, à articles 1-4 décroissant graduellement ; crochets simples. — 
Mésostcrnura à peine distinct. — Saillie prosternale nulle. — Corps 
ovale, subparallèle. 

L'un des genres les plus remarquables de la tribu par la structure de 
ses organes buccaux, la petitesse et la forme de sa léle. Il ne comprend 
qu'une petite espèce {C. collaris) de Colombie, à téguments minces et 
flexibles, finement velue et noire, avec les bords du prolhorax large- 
ment fauves. Au premier coup-d'œil on la prendrait pour une Bbadv- 
TOMA ou une Aploglossa, genres de la tribu des Plilodactylides, avec 
lesquels elle n'a que des rapports généraux. 

OCTOGLOSSA. 
Guérik-Ménet. Spec. et Icon. d. An. artic. n» 11. 

Menton grand, irapéziforme. — Languette divisée en huit lobes iné- 
gaux, aigus et ciliés. — Mâchoires allongées, terminées par quatre 
lobes décroissant de dehors en dedans, l'externe surmonté d'un appen- 
dice grêle. — Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux, 
à articles 2 très-allongé, 3 4 subégaux, sccuriformes, celui-ci sinué en 
dehors; le 3° des labiaux très-large et comme bifurqué. — Mandibules 
saillantes, droites, puis arquées, simples au bout, dilatées à leur base 
interne. — Labre transversal, arrondi en avant et acuminé dans son mi- 
lieu. — Tête médiocre, assez saillante, plane. — Yeux dégagés, globu- 
leux. — Antennes presque de la longueur des deux tiers du corps, à 
articles 1 médiocre, gros, en cône arqué, 2 très-court, 3 plus long que 
4-11, ceux-ci subégaux, un peu déprimés, avec leur angle terminal in- 
terne légèrement saillant. — Prothorax très-court, fortement rétréci en 
avant, avec ses côtés paraboliquemcnt arrondis, bi-sinué à sa base; ses 
angles postérieurs très-obtus. — Ecusson suborbiculaire. — Elytres un 
peu plus larges que le prothorax, allongées, parallèles, rélrécics posté- 
rieurement. — Pattes longues; tarses médiocres, hérissés de cils, à ar- 
ticles 1 trigonc, aussi long que les trois suivants, 2-3 dilatés, très-rétrè- 
cis à leur base, fortement échancrés en avant et munis d'une grande 
lamelle, 4 de même forme, enchâssé dans le 3», S" long et robuste. — 
Mésuslernum étroit, présentant une longue fissure. — Saillie prosternale 
très-gréle, dépassant les hanches antérieures. — Corps allongé, parallèle, 
médiocrement convexe. 

La division de la languette est portée à son maximam dans ce genre, 



DASCVI.L1DES VBAIS. 269 

le plus remarquable de la famille par ce caraclère, la forme de ses 
palpes et la taille de l'unique espèce (1) qui le compose. Elle alteinl 
jusqu'à près de dix lignes de long; sa couleur est d'un jaune fauve, pas- 
sant au roDSSâIre sur lesélylrcs, avec des rellels violacés; les antennes, 
les jambes et les tarses sont noirs. Une flnc pubescence la revêt en en- 
tier. Les mâles se distinguent des femelles par leur 5" segment abdomi- 
nal échancré et laissant voir dans l'èchancrure une portion du G« seg- 
ment. 

J. Goudot a découvert cet insecte remarquable aux environs d'Ibague, 
dans la Nouvelle-Grenade. On le trouve, mais peu communément, vo- 
lant, à l'entrée de la nuit, aux alentours des plants de maïs en fleur. 

DASCYLLUS. 
LAin. Préc. d. car. génér. d. Ins. p. 43 (2). 

Menton allongé, rétréci et tronqué en avant. — Languette large, di- 
visée en quatre lobes aigus et ciliés. — Lobe externe des mâchoires di- 
visé en deux lobes semblables, l'inlerne simple. — Dernier article des 
palpes labiaux subsecuriforme, celui des maxillaires légèrement trian- 
gulaire. — Mandibules assez saillantes, arquées et simples à leur extré- 
mité ; celle^i précédée d'une petite dent. — Labre arrondi en avant. — 
Tête penchée ; épislome arrondi en avant. — Yeux médiocres, assez 
Baillants. — Antennes de la longueur de la moitié du corps, filiformes, 
à articles 1 court, assez gros, cylindrique, 2 très-court, obconique, 
3-11 allongés, égaux. — Prothorax transversal, légèrement rétréci en 
avant, largement et faiblement lobé à sa base. — Ecusson en triangle 
curviligne. — Elytres oblongues, parallèles, arrondies en arrière. — 
Pattes médiocres; tarses médiocres, à arliclel triangulaire, épais, pres- 
que entier, muni d'une lamelle rudimcntaire, 2-4 déprimés, trigones, 
bifides, pourvus d'une lamelle bilobée. S médiocre, robuste. — Mcsoster- 
num allongé, très-étroit, présentant une lissure dans toute sa longueur. 
— Saillie prosternale très-étroite, dépassant un peu les hanches anté- 
rieures. — Corps oblong, parallèle, médiocrement convexe. 

Je restitue à ce genre, avec Laniarck et MM. Curtis et Guérin-Méne- 
Ville, le nom que lui a imposé Latrcille et qui est antérieur à celui 
d'AioPA de Paykull, qu'ont adopté la majorité des entomologistes. 
Il se compose d'un petit nombre d'espèces (s) disséminées dans les 

(1) 0. femoralis, Guérin-Ménev. loc. cit. avec une figure et de nombreux 
détails. 

(2) Syn. Atopa, Payk. Faun. Suce. II, p. 116. — Petalon^ Scliœnh. Gen. et 
Spec. Curciil. I, p. 102; sans caractères. — Chuysomela Llnni. — Ptini's 
De G6or. — Cistela Fab.; olim. — Cryptocephalus Petagna. — CniocEws 
Marsh. — Bnuciius Wiedcm. 

(3) Voyez lamoDOgrapliieqii'cDadOBDéoM. Guério-Ménevillo, Spec. etlcoo. 



270 DASCVLLIDBS. 

parties froides et tenipérécs de l'ancien et du nouveau continent, de 
taille moyenne, brunâtres ou ferrugineuses, et dont les téguments sont 
entièrement voilés par une fine pubescence couchée, grise ou fauve. 
Celles d'Europe sont des insectes printanniers qui se trouvent sur les 
Ceurs cl les feuilles des buissons, parfois à la racine des plantes dont 
leurs larves ont vécu, mais qui ne sont jamais bien communs. Les mules 
se distinguent des femelles par leur dernier segment abdominal légère- 
ment atténué en arrière, tandis qu'il est largement arrondi chez ces 
dernières. 

II existé une espèce de Java, le liruchns fulvulus deWiedemann (i), 
qui, avec un faciès complètement semblable à celui des espèces typi- 
ques, s'en éloigne par son menton régulièrement triangulaire, ses man- 
dibules dilatées supérieurement en un disque assez grand et ses tarses 
beaucoup plus larges. Schocnhcrr a proposé d'en former un genre à 
part sous le nom de Petalon, genre qui a été adopté par M. De Castel- 
nau. Mais je crois, avec M. Guérin-Méneville, qu'il suffît d'en faire une 
simple section dans le genre actuel. 

THEHIUS. 
GiiÉniN-MÉNEV. Spec. et Icon. d. An. artic. n'vBé- 

Menton trapéziforme.— Languette grande, évasée, bilobée; ses lobes 
arrondis. — Lobes des mâchoires inégaux; l'externe un peu plus long 
que l'interne et fortement cilié au bout. — Dernier article des palpes 
maxillaires obliquement, celui des labiaux transversalement sécuri- 
forme. — Mandibules larges, bidentées au bout, la dent terminale 
biflde. — Labre plus ou moins saillant, arrondi en avant. — Tète pen- 
chée, courte. — Yeux médiocres, subarrondis, un peu saillants. — An- 
tennes allongées, filiformes, à articles 1 médiocrement gros et long, 2 très- 
court, 3 tantôt beaucoup plus, tantôt pas plus long que le précédent, les 
suivants égaux.— Prothorax transversal, régulièrement convexe, un peu 
rétréci en avant, arrondi sur les côtés, faiblement bisinué à sa base. — 
Ecusson en triangle curviligne.— Ely très allongées, parallèles.— Pattes 

d. Anim. art. fasc. 4, n" 13. Elle contient cinq espèces : D. cervinus Linnô, 
ei'nercKS Fab., de toute l'Europe; elongatus Y aXAfirm., de l'Europe or.; mela- 
nophthalmusi.'i. M., de l'Amer, du Nord; longicornis (Westw.) du Népaul. Les 
trois espèces europ6cnnes sont excessivement voisines les unes des autres, sur- 
tout les deux premières, et je doute beaucoup que celles-ci puissent être sépa- 
rées. Quant à Vdongata, dont j'ai plusieurs exemplaires sous les yeux, sa lé- 
gitimité spécifique me parait plus probable. — Esp. douteuse : Atopa livida 
Fal). Syst. El. Il, p. 16; de la Terre de Feu. 

(1) Zool. Magaz. I, 3, p. 173 ; figuré par M. De Castelnau, Hist. nat. d. Col. 
1, pi. 17, f. 1. Il est bien possible que le disque des mandibules soit un carac- 
tère propre au mâle. 



DASCVLI.IDES TBAIS. 271 

assez robustes; tarses médiocres, à arlicles ohconiqucs: 1 plus long que 
les suivants, 2-3 subcgaux, 4 court, hilobé, muni d'une grande lamelle 
tronquée. —Mésosternum présentant une petite fissure. — Saillie pros- 
ternale presque nulle. — Corps oblong ou oblongo-ovale, peu convexe. 

Genre bien distinct par la structure de ses tarses et dont les espèces, 
asscï pareilles aux Uascylius sous le rapport de la forme, sont de 
moitié plus petites. Le fond de leur livrée est d'un noir assez brillant, 
avec les élytres, les antennes et les pattes sujettes à devenir fauves; 
une très-fine pubescence couchée revêt leurs téguments. Elles sont pro- 
pres à l'Afrique australe. M. Guérin-Méneville, qui en a fait connaître 
quatre espèces, les répartit dans deux sections : 

Les TuEitius proprerhent à corps parallèle , 3» article des antennes 
beaucoup plus long que le 2°, et dernier article des palpes labiaux trian- 
gulaire (1); et les Theiuobius à corps en ovale allongé, 3° article des 
antennes pas plus long que le 2°, et dernier article des palpes labiaux 
semilunaire (7'. rugalus). 

ELODES. 
Latr. Prée, d. car. génér. d. Ins. p. 44 (2). 

Menton en carré long, tronqué ou arrondi en avant. — Languette 
étroite, assez saillante, arrondie en avant, parfois sinuée dans son mi- 
lieu. — Lobes des màclioires lamelliformes, étroits, tronqués et ciliés 
au bout, l'externe plus long. — Palpes assez robustes; les maxillaires 
assez longs ; leur 4" article oblongo-ovoïde, acuminé ; les labiaux courts, 
à article 2 trois fois plus long que 1, obliquement acuminé, 3 implanté 
vers le milieu du précédent, subovalaire et tronqué au bout. — Mandi- 
bules simples, arquées et très-aiguës. — Labre assez grand, transver- 
sal. — Tête courte, penchée, rétrécie antérieurement. — Yeux médio • 
cres. — Antennes grêles, de la longueur au moins de la moitié du corps, 
à articles 1 gros, médiocre, 2-3 de longueur variable, 4-1 i subégaux, 
obconiqucs on légèrement en scie. — Prolhorax fortement transversal, 
rétréci en avant, arrondi sur les côtés, semi-circulaire ou bisinué à sa 
base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres plus larges que le 
prothorax, ovales ou elliptiques. — Pattes au plus moyennes; hanches 
postérieures réduites à une grande lame interne en triangle curviligne; 
tarses médiocres, un peu déprimés, :\ article 1 plus long que les autres, 

(1) T. suturalis, luridipennis, fulvipes, loc. cit.; lo premier est figuré avec 
des détails. 

(2) Syn. Cyphon, Payk. Faun. Suec. II, p. 117; nom postérieur de deux ans 
à celui de Latreille. — Sacodes^ J. L. Lo Conte, Proceed. of the Acad. of Phl- 
lad. VI, I). 356. — CunYSOMEL\ Linnô. — Galleruoa Fab. — Cistela Fab., 
01., Panz. — Canthahis Ttiuub. — Chyptocepualus et Cbioceris Marsh. 



272 DASCYLLIDES. 

2-3 décroissant graduellement, 4 fortement bilobé, 5 robuste, assez court. 
— Mcsoslernum très-éiroil, présentant une cavité linéaire. — Saillie 
proslernale grélc, dépassant les hanches antérieures. — Corps ovale ou 
elliptique, pubescenl. 

Les Elodes sont de petits insectes à téguments minces et flexibles, 
dont la couleur est sujette à varier du brun noiriktre au jaune testacé 
dans la même espèce, et qui changent en outre d'aspect selon que leur 
pubescence, que le plus léger frottement fait disparaître, est intacte on 
non. Aussi la plus grande confusion régnait-elle dans les auteurs an 
.sujet de leurs espèces, avant que M. Guérin-Méneville établit leurs ca- 
ractères distinctifs sur la longueur relative de quelques-uns des articles 
des antennes, et non sur la forme générale du ■corps, comme on l'avait 
fait jusque-là (i). 

Depuis son travail, M. J. L. Le Conte a séparé du genre, sous le nom 
de Sacodes, quelques espèces de l'Amérique du Nord (-2) dont le pro- 
thorax, arrondi en avant, recouvre la tête. Mais, comme cette partie do 
corps varie beaucoup dans sa forme et que pour tout le reste ces es- 

(1) Spo.c. et Icon. d. Anim. art. fasc. 3, n» 9; pour la synonymie tri"S-com- 
piiquée de la ]ilupart des espèces, voyez cet ouvrage. M. Guérin-MOuevillo di- 
vise le genre de la manière suivante : 

I. Article 3 des antennes aussi long que 2. — A. Ces deux articles d'égale 
grosseur: E. livklafab., d'Europe; marginicolUs [Lampyris ruficoUis Say, 
Elod. frogilis Zicgl.), coUaris, obscura G.-M., de l'Amer, du Nord. — B. 3" ar- 
ticle plus griMc ([uc le 2" : E. varinbilis Thunb., d'Europe et de l'Amer, du 
Nord; cortrclata Payli., dos mômes pays; comiMi/aG.-M., duCap; brasiliensis 
G.-M., du Brésil; padi Linn., d'Europe. 

U. Article 3 dos antennes plus court que lu 2= : El. marginataFib., d'Eu- 
rope; fuscipennis G.-M., discoidea Say, do I'Am6r. du Nord; serricornis 
V. W. .T. Miiller, PaykuUii G.-M., defcxicoUis P. W. J. Muller, pallida Fab., 
Genei G.-M., d'Europe. 

L'auteur cite en outre les espèces suivantes qu'il n'a pas vues : EL australis 
Er., de la Tasmanic; paingonica Curtis, de Patagonie; fuscipes Rirby, do 
l'Amérique du Nord; africana Castclnau, du Sénégal; ochrmea, angulosa, 
dubia Stephens, d'Angleterre. 

Aj.:Esp. européennes: Cyph. Bo/iemanm, Mannerh. Bull. Mosc. 1844, I, 
p. 196; de F'mla.i>de.—pallidubis Bobem. K. Vetensli. Acad. Handling. 1850, 
p. 240; de Suède.— Esp. du Caucase : Cyph. gratiosus, Kolenati, Melet. entom. 
V p. 40.— Esp. do Natal : El. caffer, marginipennis, Boliem. Ins. CafTrar. I, 

p' 426. Esp. du Chili : Cyph. lunatnm, obliqualum, collare, macMcorne, 

testaceum, parmm, ohscurum, maculatum, luteolineatum, El. liousseUii, ve- 
lufinus, Solier in Gay, llisl. de Chile ; Zool. IV, p. 455. — Esp. de l'Amer, du 
Nord : El. concinm, puUipes, picea, punctata, nebulosa, modesia, pusilla, bi- 
colur, 1. L. Le Conte, Procecd of the Acad. of Pliilad. VI, p. 353. 

(2) E. pulchetta, fuscipennis (Nycteus? ihoracicus Molshoim), (horacica, 
Guérin-Ménev. loc. cit. 



DASCYLLIDES VBAIS. 273 

pèces ne présentent rien de particulier, celle coupe générique me pa- 
rait superflue. 

Ces insectes vivent sur les plantes qui croissent au bord des eaux et 
dans les prairies humides; ils recherchent l'ombre, et leur démarche est 
en général peu agile. Il y en a probablement dans la plupart des ré- 
gions du globe, mais jusqu'Ici les espèces connues appartiennent à l'Eu- 
rope, à l'Afrique et aux deux Amériques. 

SCIRTES. 
iLLiG. Magaz. yi, p. 301 (1). 

Mêmes caractères que les Elodes, sauf les différences suivantes : 
Dernier article des palpes labiaux conique. — Mandibules lamelli- 
formes, triangulaires, subobluses à leur extrémité. — 3» article des an- 
tennes plus court et plus grêle que le 2». - Lames des hanches posté- 
rieures médiocres; cuisses de la même paire très-larges, brièvement 
ovales et très-épaisses ; jambes postérieures terminées par deux éperons, 
dont l'interne presque aussi long que le l" article du tarse. 

Ces insectes sont, à proprement parler, des Eludes pourvues de pattes 
postérieures pareilles à celles des Altica ; ils sautent avec autant de force 
que ces dernières. On les trouve sur les feuilles des plantes et des ar- 
brisseaux, dans les mêmes lieux que les Elodes. Leurs espèces sont 
moins nombreuses et ont une distribution géographique, à peu de chose 
près, aussi étendue (2). 

Noie. 

M. J. L. Le Conle place parmi les Atopides les deux genres suivants, 
fondés par lui. Je ne puis que me conformer à son opinion, ne les con- 
naissant pas en nature; mais l'insertion des antennes et la forme du 
front me font douter que leur place soit dans la tribu actuelle. 

(1) Syn. ScYRTEsLatr. — Ciirysomela Lliin6. — Galleruca Fab —Altica 
Panz. — Cypiion Payk., lab. 

(2) M. Gu6rin-M6neville (Spec. ot Icon. d. Anim. artic. n» 3) en a publié une 
Monographie qui contient 10 espèces vues par lui, plus quelquos-inies dou- 
teuses. Les premières sont : S. hœmisphœrims Linn., orbicularts Panz., d'Eu- 
ropo; Hbialis, suturalis G.-M., de l'Ainér. bor., varicgatus G.-M., de Cayenno ■ 

«ÊWmBlanch., de Bolivia; picla Fab., des Indes or.; prœusius G.-M., de Bo- 
liviii; senegalmisis, Dremei G.-M., du Sénégal. — Les esp. douteuses : S. lividus 
l^--W., de l'ile Maurice (décrit d'après un exemplaire privé de ses pattes posté- 
noures) et les Cyphon orbiculatus, compressicornis, fasciatus, testaceus de- 
pressus, Fab. Sysl. El. I, p. 503; de l'Amérique. 

Aj ; Esp. do l'Amer, du Nord : S. c««/brn!CMS, Motsch. Bull. Mosc. 18«, 1, 
p. àiy. -- lateralis, J. L. Le Conte, Pioceed. of tlie Acad. of Pliilad. VI, p. 3ô6 
[suiuruhs Ziegler). _ Esp. de la Guyane : S. pollens, adspersus, fascialellus, 
Enchs. m bcliomb. Guyuna, III, p. 559. 

Coléoptères. Tome IV. 18 



274 DASCVLLIDES. 

EOTOPRIA. 

J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 351 (1). 

Antennes rapprochées à leur base, allongées, à articles 1 gros, 2-3 très- 
petits, 4-10 triangulaires, graduellement atténués, 11 ovalaire. — Front 
étroit, allongé. — Labre arrondi, recouvrant les mandibules. — Palpes 
filiformes; les maxillaires longs, les labiaux assez courts. — Prothorax 
transversal, trapézifornie, avec tous ses angles aigus. — Patlcs grêles; 
éperons terminaux des jambes obsolètes; tarses filiformes; leurs arti- 
cles 1 et 5 allongés, égalant 2-4 réunis, ceux-ci décroissant graduelle- 
ment. — Mésosternum concave. — Saillie proslernale prolongée posté- 
rieurement. — Corps court, convexe et rétréci en avant. 

Ce genre a peut-être quelque analogie avec les Cneoglossa et de- 
vrait alors être placé à leur suite. Il a pour type VEubria Ihoracica de 
M. Ziegler, petit insecte pubescent, noir, avec les bords latéraux du 
prothorax et les pattes fauves, qui vit sur les plantes, au bord des 
eaux, dans la Géorgie et la Pcnsylvanie. M. J. L. Le Conte en décrit 
deux autres espèces [libialis, larsalis). 

EUREA. 

h L. Le Conte, loc. cit. p. 354 (2). 

Antennes rapprochées à leur base, à articles 1 cylindrique, 2 petit, 
arrondi (s). — Front rétréci, lléchi, échancré à son extrémité. — Labre 
arrondi, cachant les mandibules. — ' Palpes cylindriques, les maxillaires 
allongés. — Tête petite et penchée. — Prothorax très-court, foi-lement 
rétréci en avant, largement arrondi sur les côtés, avec ses angles posté- 
rieurs aigus. — Pattes grêles; éperons terminaux des jambes obsolètes; 
tarses à articles 1 allongé, 2-4' courts, munis de courtes lamelles en 
dessous, 5 aussi long que les trois précédents réunis. — Mésoslernum 
à peine concave. — Saillie proslernale prolongée en arrière. — Corps 
très-large, presque carré et médiocrement convexe. 

M. J. L. Le Conte place ce genre immédiatement i la suite des Da.s- 
cvLLvs, dont il se rapproche en effet par ses tarses. La seule espèce 
qu'il contient est de petite taille, revêtue d'une pubescence cendrée, 
noire, avec les tarses fauves et le proslernum teslacé; elle est originaire 
de laPensylvanie,où elle parait très-rare. M. Meisbeimer l'avait placée, 

(1) Syn. EusniA, Ziegler, Proceed. of the Acad. of Pliilad. II, p. 269. 

(2) Syn. EuBRiA, Melslieimer, Proceed. of the Acad. of Philad. II, p. 222. 

(3) Les articles suivants manquaient dans l'exemplaii'e examiné par M. J. L. 
Le Conte. 



rTILODACTrUDBÏt 27S 

avec doule, parmi les Eubhu, sous le nom Û'E. nervosa, emprunté à 
que.ques lignes saillantes, subréliculées, que présentent ses élylres. 

Le genre suivant, de M. A. White, n'étant basé que sur des carac- 
tères incomplets, on ne saurait non plus lui assigner sa place déOnilive 
h auteur dit qu'il est très-voisin des Atopa. 

ATOPIDA. 

A; WiiiiE, Voy. of ihe Ereb. and Titr.; Entom. p. 8. 

Mandibules saillantes, graduellement arrondies au dehors.-Antennes 
très-longues, filiformes, à arlicles 1 un peu épaissi et déprimé, 2 petit et 
arrondi; les suivants subégaux, légèrement renUés à leur sommet — 
Yeux assez gros et saillanls.-Téle presque aussi large que le protho- 
rax. — Celui-ci un peu plus large en avant qu'en arrière, mais non 
aussi large que les élylres, transversal, avec ses angles antérieurs aigus 
et les postérieurs arrondis. - Ecusson arrondi, acun.iné en arrière. - 
Klylres tres-allongées, parallèles, arrondies aux épaules et à leur extré- 
mité.— Pattes médiocres; bord externe des jambes tranchant. 

L'espèce typique {A. Caslanea) est de la taille des Dascïllds, d'un 
brun marron foncé, avecles antennes et les pattes teslacées; la Nouvelle- 
Zélande est sa patrie. 

TRIBU III. 
PTILODACTYLIDES. 

Languette et lobes des mâchoires laciniés ou non. — Labre et épis- 
lome distincts. — Hanches antérieures et intermédiaires variables, les 
postérieures brusquement dilatées au côté interne; pénultième article 
des tarses très - petit. — Saillie prosternale et niésosternum variables- 
la première toujours très-étroilc, parfois nulle. 

Celte tribu ne diffère de la précédente que par la structure des tar- 
ses, qui sont, comme je l'ai dit plus haut, ceux des Coléoptères subpen- 
tamercs, quant à l'atrophie de leur i' article, mais non toutefois quant 
â la forme du 3", qui, tout en étant bilobé, n'est pas construit sur le même 
plan que chez ces derniers. 

On a vu aussi précédemment (1) qu'Erichson est le fondateur de ce 
groupe, et que se basant à la fois sur les tarses et sur les premiers états 
de ces insectes, il les avait placés dans le voisinage des Érotylieiis. Mais, 
dune part, il y a déjà tant d'exceptions à la structure des tarses parmi 
les I cntamères, que celle-ci ne me parait pas avoir plus de valeur que 
celles qui ont déjà passé sous les yeux du lecteur; et, en second lieu, les 

(1) Supra, p. 257, note. 



276 , DASCVLLIPES. 

larves connues des Dascyllides sont si différentes les unes des autres, 
que provisoirement du moins, i\ n'y a aucun parti à en tirer. Pour ce 
qui est du nom de Colobodcrides, imposé à ce groupe par Enchson, il 
ne saurait être conservé, le genre Colobodera de Klug étant relègue 

dans la Synonymie. „ ., . . i-j 

Sauf les D EMON, qui sont propres à Madagascar, les Ptilodaclylides 
habitent l'Amérique. Erichson semble avoir connu quelques-un» de 
leurs larves ; mais, jusqu'ici aucune n'a été décrite. 

I. Languette laciniée. 

Tarses sans lamelles; antennes flabellées : Cladotoma. 
— lamellôs; — filiXormcs : Bradi/<oma . 

II. Languette non laciniée. 

a Tarses lamelles : Aploglossa. 
aa — sans lamelles. 

Leurs crochets simples : Dœmon. 

— appendiculés : Ptilodactyla. 

CLADOTOMA. 

Westw. Mag. of Zool. and Bot. IV, p. 254 (!)• 

Menton Irapéziforme. - Languette divisée en quatre lobes aigus, ci- 
liés et inégaux. — Lobe interne des mâchoires lancéolé, l'externe divisé 
en quatre lobes pareils à ceux de la languette, décroissant de dehors en 
dedans.— Palpes labiaux à articles 2-3 égaux, celui-ci oblongo-ovale , 
tronqué au bout ; les maxillaires à articles 2 et 4 allongés, ce dernier 
sécuriformc. tronqué très-obliquement. — Mandibules arquées, biden- 
lées au bout. — Labre assez saillant, transversal et tronqué en avant. 
—Tète courte, Irès-penchée, engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux. 

— Ceux-ci gros et saillants.— Antennes assez longues, à articles 1 mé- 
diocre, 2 très-court, 3-10 filiformes, égaux, émettant chacun à leur base 
un rameau aplati, dilaté et arrondi au bout, 11 simple. — Prolhorax 
fortement transversal, rétréci et très-convexe en avant, faiblement bi - 
sinué à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elylres oblongo- 
ovalcs, rétrécies en arrière. — Pattes médiocres ; tarses médiocres, à 
articles 1 allongé, subcylindrique, 2 de même forme, beaucoup plus 
court, 3 large, forlcmenl bilobé, 5 aussi long que le 1"; crochets simples. 

— 5« segment abdominal échancré de chaque côté {ovalis) ou à son ex- 
trémité (Ihoracica). — Mésosternum concave. — Saillie prostcrnale de- 
passant un peu les hanches antérieures. — Corps oblongo-ovalc. 

Ce genre et le suivant reproduisent dans celle tribu la forme de la 

(1) Syn. Cladon, Dcj. Cat. éd. 3, p. 109. 



PTIUODACTYLIDES. Sfî 

languette si commune chez les Dascyllidcs vrais. Les deux espèces (1) 
dont celui-ci se compose sont propres à l'Amérique du Sud, de la taille 
des Dascyllus, finement pubescentes et noires, avec le prothorax cl les 
pattes fauves chez l'une d'elles {ihoracica). Toutes deux sont très-rares 
dans les collections. Leurs femelles ne sont pas encore connues ; il est 
probable que, comme celles des Ptilodaciïla, elles ont des antennes 
filiformes ou légèrement dentées. 

BRADYTOMA. 
Gdérin-Ménev. Spec. et Icon. d. An.artic. n" 10 (2). 

Menton transversal, arrondi en avant. — Languette divisée en qna- 
Ire lobes aigus et ciliés ; les externes plus courts que les autres. — Deux 
lobes aux mâchoires : l'interne très-large, tronqué et muni en dedans 
d'une rangée de cils raides, l'externe étroit, bi-arliculé, tronqué et cilié 
en avant. — Dernier article des palpes maxillaires légèrement triangu- 
laire, celui des labiaux sécuriformc.— Mandibules médiocres, arquées, 
bifides au bout. — Labre grand, arrondi en avant. — Tète médiocre, 
assez courte. — Antennes de la longueur des deux tiers du corps, fili- 
formes, à articles 1 médiocre, arqué, 2 très-court, 3-10 égaux, obconi- 
ques, 11 oblong (s). — Yeux assez gros, arrondis et saillants, à peine 
dégagés du prothorax.— Celui-ci fortement transversal, rétréci en avant, 
avec ses côlés antérieurs rabattus, un peu convexe en avant, plan en 
arrière, largement lobé au milieu de sa base. — Ecusson brièvement 
cordiformc, tronqué en avant. — Elytres un peu plus larges que le 
prothorax, obloiigo-ovalcs. — Pattes assez longues ; tarses médiocres, 
à articles 1 plus long que les trois suivants, 2-3 fortement triangulaires, 
nnjnis d'une grande lamelle, 5 assez grand. — Saillie proslernale pres- 
que nulle, rejoignant, entre les hanches antérieures, une saillie analogue 
du mésosternum. — Corps oblongo-ovale. 

Genre établi sur VAlopa aurila de Dejean, insecte de la taille dfes 
Dascyi.los, répandu depuis la province de Rio-Janeiro jusque sur les 
bords de la Plata. Il est d'un noir assez brillant, avec le prothorax 
jaune et orné en dessus d'une grande tache noire médiane. Ses légu- 
nienls, un peu plus flexibles que ceux des Dascyllus, sont revêtus 
.partout de poils courts et redressés. Les deux sexes sont semblables. 
M.Guérin-Méneville en a donné une bonne figure accompagnée de détails. 

(1) C. ovalis, Westw. loo; cit., pi. 7, fig. 3, et Guérin-Ménev. Spec. et Icon, 
d. Anim. art. n» 12, avec des détails ( Cladon flabellicome De^.) ; du Brésil. 
— Wioracico,Gucrln-MinoY. loc. cit.; de Cayenne. 

(2) Syn. Aiopi, Dej. Cat. éd. 3, p. 109. 

(3) M. Giiérin-Méneville indl(|uc ces organes comme étant en scie; la figure 
•lu'il CD doDDo est plus exacte et les représente tels nue je les indique. 



378 DASCVLLIDES. 

APLOGLOSSA. 
Guérin-Ménev. Spec. et Icon. d. An. artic. n» 33 (1). 

Genre très-voisin des Bradytoma et n'en différant que par la forme 
de la languette et les faibles particularités suivantes : 

Languette large, simple, présentant deux courtes saillies dans son 
milieu. — Lobes des mâchoires tous deux larges et arqués au bout ; 
l'interne ayant sa partie recourbée très-large et ciliée, celle de l'externe 
plus étroite. — Télé un peu plus dégagée du prolhorai. — Corps un 
peu plus allongé. 

La texture et la vestitare des téguments, ainsi que le système de co- 
loration, sont pareils. M. Guérin-Méneville en décrit trois espèces (2), 
découvertes par M. Salle, en Colombie et à Guatimala. Ces insectes se 
trouvent cachés pendant le jour sous les feuilles des plantes basses dans 
les forêts et semblent être crépusculaires. 

Le genre Bbitovcera d'Erichson est, sans aucun doute, identique 
avec celui-ci ou avec les Bradytoma, question qui ne pourra être dé- 
cidée que lorsqu'un connaîtra ses organes buccaux dont Erichson n'a 
pas parlé (s). L'espèce [B. hjciformis) du Pérou, sur laquelle il a été 
fondé, a complètement le facics et le système de coloration indiqués 
plus haut. 

DjEMON. 
De Casteln. in Silberm. Rev. enlom. IV, p. 24 (4). 

Menton en carré transversal. — Languette grande, évasée et étroitement 
échancrée en avant; ses lobes largement arrondis. — Lobes des mâchoi- 
res subovales, égaux et ciliés. — Palpes maxillaires à articles 2 très- 
long, 4 sécuriforme, ainsi que le 3» des labiaux. — Mandibules arquées, 
simples et aigul-s au bout. — Labre transversal, arrondi en avant. — 
Télé penchée, courte. — Antennes au moins de la longueur du corps, 
filiformes, grêles, à articles 1 médiocre, assez gros, 2 court, 3-11 allon- 
gés, subégaux. — Yeux médiocres, assez saillants. — Prolhorax Irans- 

(1) Syn.? Brithycera, Erichs. Archjv, 1847, 1, p. 175; depuis (ibid. 1848, D, 
p. 102), Erichson a ajouté quelques détails, mais pas encore sulllsants, aux ca- 
ractères très-brefs ((u'il avait assignés à ce genre. 

(2) A. Saillei, marginata, des environs de Caracas; la première est figurée 
avec des détails. — coUaris, de Guatitnala(lzabal). 

(3) La création de ce genre d'Ericlison est antérieure (1847) à celle du genre 
actuel et postérieure à celle du genre Bradytoma. Il est, par conséquent, sy- 
nonyme do celui-ci et a la priorité sur celui-là. 

(4) Syn. CoLOBODBRA, Klug in Wicgm. Archiv, 1838, 1, p. 67. 



PTILODACTYLIDES. 279 

versai, rétréci en avant, arrondi sur les côlés, finement denticalé cl bi- 
sinué à sa base, avec ses angles postérieurs aigus et un peu arqués. — 
Ecusson en triangle curviligne. — Elytres oblongues ou ovales, graduel- 
lement rélrécics en arrière, parfois (mucronala) acuminées. — Pattes 
très-longues, surtout les postérieures, grêles ; tarses médiocres, à arti- 
cles 1 cylindrique, allongé, 2 de même forme, court, 3bilobé, 5 long; 
crochets simples.— Mésosternum plan.— Saillie prosternale très-étroite. 
— Corps allongé ou oblongo-ovale, peu convexe. 

Les espèces de ce genre ont la plus grande analogie, sous le rapport 
au faciès et de leurs principaux caractères, avec les Ptilodactvla amé- 
ricaines qu'elles représentent manifoslemenl à Madagascar, leur patrie. 
Elles en diffèrent principalement par leurs organes buccaux, leurs an- 
tennes, qui ne sont jamais Dabellées, et leurs crochets des tarses simples. 
Comme les Ptilodactyla , elles sont pubescentes et ne présentent 
pour tout syslcnie de coloration que le noir brunâtre et le fsuve testacé 
diversement combinés et sujets à varier dans chaque espèce. Ces in- 
sectes sont peu communs dans les collections, et n'ayant pu en dissé- 
quer aucun, j'ai emprunté ce que je dis des organes buccaux, à Klug, 
qui a aussi créé le genre, sous le nom de Colobodera, mais deux ans 
après M.Pe Casteinau. Des cinq espèces qu'il a décrites, plusieurs font 
double emploi avec les trois publiées par ce dernier (t). 

PTILODACTYLA. 
(Dej.) Latb. Règne anim. éd. 2, IV, p. 461 (2). 

Menton transversal, arrondi et tronqué en avant.— Languette grande, 
évasée, fortement bilobée ; ses lobes arrondis. — Lobes des mâchoires 

(1) C'est après avoir décrit ces trois' espèces sous les noms de Ptilodactyla 
madagascariensis, gigas et linearis, que M. De Casteinau a proposé d'en faire 
un genre à part, dont il a donné assez longuement les caractères. Celles dé- 
crites par Klug sont : C. ovala {gigas Casteln.), ehngata (iinean's ? Casteln.), 
mucronata, nilida, strinta. — Erichson a passé sous silence ce genre D,£Kon 
dans le « Nomenclator zoologicus » de M. Agassiz. 

(2) On attribue généralement la création de ce genre à Illiger (Mag. VI, 
p. 342) . Erichson seul (in Agass. Nomencl. zool.; Coleopt. p. 139) a fait remar- 
quer que les caractères ([u'assigne l'auteur allemand à ses Ptilodactvla ne 
conviennent nullement aux insectes que Dejean, Latrcille, M. Do Casteinau, etc., 
appellent ainsi. Voici en effet comment Illiger s'exprime : « Corps pareil à 
celui des Elateb, y compris le prothorax et la tête; antennes munies au cétô 
Interne de huit longues saillies velues, diriigées extérieurement en forme de 
queue; dos lamelles sous les tarses. » Il est certain que ces caractères ne peu- 
vent s'appli(inei- aux insectes dont il s'agit ici, et d'un autre côté que peut être 
cotte Ptil. eUitcrina du Brésil, que cite Illiger sans la décrire, et que l'on ad- 
met presque généralement comme étant la même que la Pyrochroa nitida de 



280 DASCYLLIOBS. 

subégaux; l'externe linéaire, l'interne lancéolé. — Dernier article des 
palpes maxillaires obliquement subsécuriformc, celui des labiaux ova- 
laire et accuminé. — Mandibules fortement arquées, simples au bout. 
— Labre transversal, tronqué ou arrondi en avant. — Tète courte, en- 
gagée dans le prolhorax jusqu'aux yeux. — Ceux-ci assez grands, mé- 
diocrement convexes. — Antennes très-allongées et trcs-grcles, filifor- 
mes, à articles 1 gros et médiocre, 2 très-court, 3-tO allongés, égaux, 
émettant chacun à leur base un rameau cylindrique ou ovalaire et mé- 
diocre chez les mâles; simples et légèrement dentés chez les femelles, 
11 simple dans les deux sexes.— Prothorax transversal, fortement ré- 
tréci et un peu convexe en avant, avec son bord antérieur largement 
saillant et arrondi, faiblement bisinué à sa base. — Ecusson brièvement 
cordiforme. — Elytres assez courtes, ovales, peu convexes. — Pattes 
longues et grêles; hanches postérieures dilatées au côté interne en une 
lame trigone ; tarses beaucoup plus courts que les jambes, à articles 
1 allongé, surtout aux postérieurs, 2-3 courts, bilobés, 5 médiocre ; cro- 
chets appendiculés. — Alésostcrnum caréné sur la ligne médiane. — ' 
Saillie proslernale très-courte. — Corps ovale, peu convexe. 

B^Les Ptilodactyla sont des insectes américains de taille assez petite 
et dont la livrée n'a rien de remarquable, toutes étant d'un brun noirâtre 
ou d'un fauve testacé, avec les nuances intermédiaires. Leurs espèces 
sont nombreuses, surtout dans l'Amérique du Sud, mais jusqu'ici peu 
ont été décrites (i). Ainsi que je l'ai fait connaître (2), elles vivent sur 
les feuilles, à la surface desquelles elles marchent lentement, cl d'où elles 
se laissent tomber à la moindre apparence de danger; mais elles volent 
assez bien. Quand on les saisit, elles simulent la mort en fléchissant leurs 
antennes et ramenant leurs pattes contre le corps. 

De Géer, type du genre actuel? Erichson regarde le genre d'Illiger comme sy- 
nonyme des PiEnoTARSUs de la famille dos Eucnémides, opinion qui mo parait 
avoir besoin de preuves avant d'être adoptée. 

(1) Esp. de l'Amer, du Sud : P. nilida, De Géer, Mém. V, p. 227, pi. 13, 
f. 6; de Cayenne. — ornota, du lîrésil; sericen, castanea, nitens, Lacordai- 
rei, de Cayenne; elongata, de Colombie; Casteln. in Sitberm. Rev. ent. IV, 
p. 21. — decumana, obcsa, Erichs. Arcliiv, 1847, I, p. 175; du Pérou. — Esp. 
de l'Amer, du Nord : Ptil. cUiterina, Guérin-Méncv. Icon. Ins. p. 45, pi. 14, 
t. 9. — .4/opa fusca, Melsbeim. Proceod. of tlio Acad. of Philad. Il, p. 221; 
de l'Amérique du Nord. 

(2) Ann. d. Se. nat. XX, p. 243. 



EDCINÉTIOeS. 281 

TRIBU IV. 
EUCINÉTIDES. 

Languette et lobes des mâchoires non lacinics. — Labre et cpistome 
distincts. — Hanches antérieures transversales, les intermédiaires ova- 
laires, toutes enfouies ; les premières dépourvues de trochanlins, les se- 
condes en ayant un ; les postérieures formant une très-grande lame 
triangulaire, recouvrant en partie les cuisses et soudée en avant au mé- 
tasternum. — Celui-ci très-étroit, rhomholdal dans son milieu, rétréci de 
chaque côté. — Saillie prostcrnale nulle. — Mésoslernum déclive, sans 
cavité. 

C'est bien moins la grandeur insolite des hanches, que la situation des 
trochantins et la forme du mctasternum qui m'engage à former un 
groupe à part avec le genre Eocinetus de Germar. Le métasicrnum est 
des plus remarquables, et rappelle complètement celui des Dyliscides 
vrais, à quelques difl'érences de détail près. Il est assez singulier que 
cette analogie n'ait frappé jusqu'ici aucun des auteurs qui se sont oc- 
cupés de ces insectes. 

On connaît une de leurs larves, celle de VEuc. mcridionalis, qui a été 
décrite par M. Ed. Perris (0- Elle constitue un type particulier, tout 
en étant plus voisine des larves des Atopa que de celles des Elodes, 
et elle diffère notablement de ces dernières par ses habitudes. 

Elle vit en effet sous les écorces, les souches ou les pièces de bois gi- 
sants sur le sol, partout, en un mot, où se développent des byssus et au- 
tres cryptogames inférieures dont elle fait sa nourriture et dans lesquel- 
les elle ne s'enfonce pas, bien qu'elle craigne la lumière. C'est dans les 
mêmes lieux que l'insecte parfait dépose ses œufs à l'automne ; leur 
éclosion n'a lieu qu'au printemps. 

Cette larve est allongée, atténuée à ses deux extrémités, surtout en 
arrière, et assez convexe en dessus. La tête, séparée du premier seg- 
ment thoracique par un étranglement très-sensible, est presque triangu- 
laire et présente deux fossettes sur le front; l'épistome est distinct de ce 
dernier. La bouche se compose : d'un labre assez grand, légèrement 
échancré ; deux mandibules courtes, larges et bidentées au bout; deux 
mâchoires munies d'un seul lobe court, en dehors duquel se trouve un 
palpe Iriarticulé; enfin d'une lèvre inférieure assez allongée, échancrée 
en avant et pourvue de palpes composes de deux articles. Sur les côtés de 
la tète, sous l'insertion des antennes, se voit de chaque côte un groupe 
de sept ocelles, disposés sur trois rangs irréguliers. Les antennes se 

(1) Ann. d. 1. Soc. entom. Sér. 2, IX, p. 48, pi. II, n» 5, f. 26-36. 



282 DASCVLLIDES. 

composent de quatre articles, dont les trois premiers sont courts et le 
4» très-long et fourchu à son extrémité. Le prolhorax est plus allongé 
que les autres segments qui vont en se rétrécissant graduellement jus- 
qu'au dernier de l'abdomen qui a la forme d'un mamelon. Les pattes 
sont formées de quatre articles et terminées par un crochet en cône 
droit. Tout le long du corps, en dessus, régnent six rangées de mame- 
lons, quatre dorsales et deux latérales, d'où partent de longs poils re- 
dressés. D'autres poils très-courts, sauf sur les quatre pénultièmes seg- 
ments abdominaux, où ils s'allongent et deviennent plus nombreux, 
revêtent le dessous du corps et facilitent la progression de la larve. Les 
neuf paires de stigmates sont très-difficiles à voir et situées, la première 
près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des 
huit premiers segments abdominaux. 

Cette larve est du nombre de celles qui, avant de se changer en 
nymphe, se fixent au plan de position par leur dernier segment auquel 
reste attachée leur peau ramassée en un paquet chiffonné. La nymphe 
elle-même est hérissée, sur presque toutes les parties de son corps, de 
longues soies épaisses, charnues et qui présentent, au microscope, de 
petites épines dirigées vers leur extrémité (1). 

EUCINETUS. 
(ScnuEPP.) GERMAn, Magaz. d. Entom. III, p. 255 (2). 

Menton en carré légèrement transversal. — Languette large, arrondie 
aux angles antérieurs, largement sjnuée dans son milieu. — Lobes des 
mâchoires saillants, subégaux, arrondis et ciliés au bout; l'interne ter- 
miné par un fort crochet corné. — Dernier article des palpes labiaux 
ovoïde, celui des maxillaires cylindrique, puis fortement atténué au bout.' 
— Mandibules courtes, élargies à leur base, grêles, arquées et bifides à 
leur extrémité, munies d'une lamelle médiane en dedans. — Labre trans- 
versal, arrondi en avant. — Tête verticale, prolongée en un museau 
conique. — Yeux médiocres, peu saillants. — Antennes médiocres, fili- 
formes, à articles 1 assez couft, 2 plus long que les suivants; ceux-ci 
subégaux. — Prolhorax très-petit, fortement rétréci en avant, large- 
ment arrondi à sa base, avec ses angles postérieurs aigus.— Ecusson en 
triangle rectiligne. — Elylres amples, naviculaires ou ovales, assez con- 
vexes. — Pattes médiocres; jambes graduellement élargies, leurs épe- 
rons assez longs ; tarses aussi longs qu'elles, graduellement atténués, à 

(1) M. 3. L. Le Conte (Proceed. of the Acad. of Phllad. VI, p. 357) rapporte 
avoir trouvé en Californie, sous des écorces, quelques nymplics de l'espèce qu'il 
a nommée infumaïus; elles étalent hérissées de longues épines sur lo thorax, 
le long de la ligne médiane de l'abdomen et sur ses bords latéraux. 

(2) Syn. Nycteus, Lalr. Règne anim. éd. 2, IV, p. 462. — HiMAXomoM, 
Duascbm. Faun. Austr. III, p. 79. 



EDBniADBS. 283 

articles 1-4 décroissant régulièrement, 6 médiocre; crochets grêles et 
simples. — Corps naviculaire ou ovale-elliptique. 

Ces insectes remarquables, malgré leur petite taille qui ne dépasse 
pas celle des Elodes et des Scirths, se trouvent dans les mêmes lieux 
que leurs larves, et sur les haies dans les prairies humides. Leur sys- 
tème de coloration et leur vesliture ne diffèrent pas de celles des espè- 
ces des deux genres cités plus haut. On en connaît en ce moment cinq 
espèces d'Europe, de Madère et de l'Amérique du Nord (1). 

TRIBU V. 
EUBRIADES. 

Languette laciniée.— Lobes des mâchoires simples. — Labre et épis- 
lome distincts. — Hanches antérieures et intermédiaires transversales, 
enfouies, sans IrOchanlins; les postérieures peu à peu et faiblement 
élargies au côté interne. — Mésosternum plan, carré. — Saillie pros- 
ternale plane, large, graduellement rétrécie en arrière, rejoignant le 
mésosternum. 

La forme du mésostcrnum et du prosternum, combinée avec l'absence 
des trochanlins, distingue essentiellement celte tribu, qui ne comprend 
que le genre suivant, lequel jusqu'ici parait être exclusivement euro- 
péen. 



(Dahl) Germab, Mag. d. Entom. \lï, p. 239. 

Menton transversal, subtrapéziformc. — Languette divisée en qua- 
tre (2) lobes grêles, aigus et ciliés ; les deux externes plus courts 
que les autres. — Lobes des mâchoires très-petits, ciliés, l'interne à 
peine distinct. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire; le 2o 

(1) Esp. d'Europe : E. hœmorrhoidalis, Germar. loc. cit. et Fjun. 1ns. Europ. 
V, 11; Guérin-Ménev. Spec. etlcon. d. Anim. art. n» i, avec des détails {Nycf. 
tuBmorrhous tatr., Casleln.); se trouve aussi aux États-Unis.— meridionalis, 
Casteln. in Silborm. Rev. ent. IV, p. 25 {S'yct. hispanicus et teslaceus Dej.).— 
Esp. do Madère : E. omm, Wollasl. Ins. Madcrens. p. 242. — Esp. de l'Amer, 
du Nord : £. infumatus ,. do Californie; morio, dol'Alabama; J. L. Le Conte, 
Procced. of tlie Acad. of Pliilad. VI, p. 356. 

(2) M. L. Rpdtenbaclier (Fauna Austr.; Die Kaefer, p. 317), lo seul auteur 
qui ait décrit les parties de la bouclie, dit que la languette est trilobée, mais 
u ajoute en note qu'il croit avoir vu le lobe médian fendu chez un exemplaire. 

''O's cet organe distinctement quadriDde dans les deux préparations que j'a 
sous les yeux; 



284 DASCYLUDES. 

des maxillaires aussi long que les deux suivants réunis, le 4o cylindri- 
que el tronqué au bout (i). — Mandibules triangulaires, cornées en de- 
hors, coria>ces intérieurement, obtusémcnt acuminées au bout. — Labre 
cachant les mandibules, arrondi en avant.— Tête courte, trcs-penchée, 
rélrécie antérieurement en un petit museau triangulaire.— Yeux grands, 
transversaux, saillants. — Antennes presque de la longueur des deux 
tiers du corps, à articles t médiocre, cylindrique, 2 très-court, 3-10 
triangulaires, dentés, Il oblong. — Prolhorax fortement transversal, 
rétréci en avant, arrondi sur les côtés, coupé presque carrément à sa 
base. — Ecusson en triangle curviligne, — Elytres brièvement ovales, 
largement arrondies à leur extrémité. — Pattes grêles, longues, con- 
tractiles ; tarses médiocres, filiformes, à articles 1 assez allongé, 2-4 dé- 
croissant graduellement, S médiocre ; crochets simples. — Corps briè- 
vement ovale, convexe. 

On voit, d'après ces caractères, que ce genre forme un type tout-à-fait 
à part, qui ne peut être associé à aucun des précédents. Il ne comprend 
jusqu'ici qu'un petit insecte {») qui vit sur les plantes aquatiques dans 
la plus grande partie de l'Europe, mais qui parait assez rare partout. 
Ses téguments sont plus solides que ceux des autres espèces de la fa- 
mille et revêtus d'une fine pubcscence grise; sa couleur est d'un noir 
assez brillant, passant souvent au rougcàtre, surtout sur les élytres, qui 
présentent quelques sillons fortement marqués, imponctucs et dont le 
plus interne est très-court. 

(1) Il existe au sommet du dernier artiolo des quatre palpes, trois petites épl^ 
nés signalées également par M. L. Rcdtcnbachcr, qui se demande si elles ne 
seraient pas mobiies. C'est une question dillicilo à décider sur des exemplaire» 
morts. 

(2) E. palustris, Germar, toc. cit. etFaun. 1ns. Europ. IV, 3; Guérin-Ménev. 
Iconogr.; Ins. pi. 13, f. 12 ai. 



FAMILLE XL. 



MALACODERMES. 



Menton souvent peu distinct. — Languette coriace ou membraneuse, 
sans paraglosses. — Deux lobes aux mâchoires lamelliformes et ciliés ; 
l'interne manquant parfois. — Palpes labiaux de trois, les maxillaires de 
quatre articles. — Mandibules courtes. — Veux presque toujours en- 
tiers.— Antennes do onze, rarement de dix ou douze articles, de forme 
très-variable. — llanches antérieures et intermédiaires conico-cylindri- 
ques ; les trochanlins des premières toujours distincts, ceux des secon- 
des quelquefois invisibles; les postérieures transversales, prolongées au 
côté interne en une saillie conique, non recouvertes au repos par les 
cuisses de la même paire ; jambes presque toujours sans éperons ter- 
minaux; tarses pentamèrcs, les antérieurs tctramères chez quelques 
mâles, tous sans lamelles en dessous. — Sept ou six segments ventraux 
à l'abdomen, libres. — Téguments en général minces et Ucxibles. 

Après avoir retiré des Malacodcrmes de Latreille, les Dascjllides, 
Rhipiccrides, Cébrtoiiides et même plusieurs Élatéridcs qu'il y avait 
compris, il y reste encore un nombre très-considérable d'espèces qui me 
paraissent pouvoir rester associées ensemble, bien qu'il y ait quelques rai- 
sons plausibles à faire valoir pour les répartir dans des familles distinc- 
tes, comme l'ont fait les auteurs les plus récents (O- 

Le nom de Malacodermes convient très-bien à l'immense majorité 

(1) Ils varient beaucoup entre eux sur le nombre de ces familles (|u'ils ad- 
mettent. Ainsi Erichson (In Agass. Nomencl. zool.; Coleopt. et in Wicgm. Ar- 
cliiv, 1817, I, p. 79 sq.) en reconnaît quatre, celles rtcsLampyrides, Lycides, 
Téléphoridcs et Mélyrides. M. L. Redtenbacher (Faun. Auslr.; Die K«fcr, 
p. 33) réunit les trois premières on une seule et conserve la dernière. Enfm 
M. J. L. Le Conte associe les Lampyrides aux Tôlùpliorides (Procccd. of llio 
Acad, of Philad. V, p. 331) et maintient à l'état de familles A part les Lycides 
(Journ. of thc Acad. of Philad. Ser. 2, 1, p. 73) et les Mélyrides (Procecd. loc. 
cit. Vl, p. 163). Ces divergences d'opinion prouvent combien ces insectes sont 
voisins. Ce sont elles et les passages qui existent entre ces familles qui m'ont 
décidé, après quelques hésitations, à fondre ces dernières en une seule. 



^6 HALACODEBHES. 

de ces insectes, mais non à tous. 11 on est un certain nombre, sortout 
parmi les Mélyridcs (par ex. MELïnis), dont les légumcnls, sans être 
très-solides, sont de consistance normale ; ce sont surtout les organes 
buccaux en partie, les élytrcs cl l'abdomen qui sont sujets à devenir 
ainsi submcnibraneux. et il en résulte parfois pour les premiers et le 
troisième quelques difficultés d'observation. 

C'est à cela qu'est due la grande tendance que le menton et la lan- 
guette ont à perdre la limite qui les sépare. Le premier parait souvent 
composé de deux parties, dont l'antérieure correspond sans aucun doute 
à l'une de ces deux pièces intermédiaires entre lui et la languette, qui 
ont été signalées précédemment chez les Stapliyliniens et dans quelques 
autres familles. Les palpes labiaux sont insérés au-devant de la lan- 
guette, à laquelle leurs supports sont accolés. Des deux lobes des mâ- 
choires, l'interne est constamment plus court et plus grêle que l'externe : 
il disparait même complètement chez la plupart des Lycides, des Lam- 
pyrides et des Drilides ; son absence n'est qu'accidentelle dans les autres 
groupes. Les mandibules sont toujours courtes et ne débordent que fai- 
blement, ou pas du tout, le labre au repos. Elles sont remarquables par 
leur gracilité dans les deux premiers des groupes qui viennent d'être 
nommés, et plus souvent bifides à leur extrémité que simples dans le 
reste de la famille. Le labre est indistinct dans presque tous les Télépho- 
rides,et sa présence n'est constante que chez les Mélyrides. 

La tête est très-sujette à être recouverte, soit en totalité (Lampyrides), 
soit en partie (Lycides, la plupart des Télcphorides), par le prolhorax qui 
s avance plus ou moins au-dessus d'elle. Sa forme est très-variable, et, 
jusqu'à un certain point, caractéristique des diverses tribus. Les yeux 
ne deviennent très-volumineux que chez la plupart des Lampyrides et 
les Prionocéridcs; ces derniers sont les seuls qui les aient échancrés. 

Les antennes éprouvent de nombreuses modifications et, en général, 
ne fournissent pas de bons caractères génériques. Elles peuvent en effet 
être flhlormes, dentées, pectinécs et même flabellces dans un même 
genre, et souvent elles diiïèrcnt selon les sexes. Leur mode d'insertion a, 
au contraire, une grande importance et sert en partie de base à la classi- 
fication de la famille, selon qu'il a lieu sur le front (Lycides, Lampyri- 
des, Télcphorides) ou sur les côtés du museau, en avant des yeux (Dri- 
lides, Mélyridcs). Leur plus ou moins d'écartement, dans le premier de 
ces cas, est également un caractère d'une assez grande valeur. 

Outre la saillie qu'il envoie fréquemment au-dessus de la tête, le pro- 
notum du prolhorax se prolonge au-delà des parapleures de celte partie 
du corps qu il déborde par conséquent de chaque côté, sans en être ja- 
mais séparé par une suture. Chez les Mélyridcs et quelques Télépho- 
ridcs et Lycides, cette arête est très-courte, parfois môme (Calochbo- 
MDS, quelques Silis) complètement nulle. Mais, chez les Lycides vrais 
et les Lampyrides, les bords Jaléraux du pronotum sont saillants, au 
point de paraître foliacés, et les parapleures prothoraciques forment de 



HALACOOERMES. 287 

chaque côté une lame verticale qui s'applique assez lâchement sur les 
hanches antérieures. C'est ainsi que se forme, chez beaucoup de Lam- 
pyrides, celte cavité close latéralement dans laquelle leur tcle se loge ea 
entier. Chez plusieurs Malthinides, le pronolum se recourbe en dessous 
et entre immcdiatcmcnten contact avec les hanches antérieures. Partout, 
à une seule exception près (Uomalisds), le prosternum est réduit à uu 
mince filet transversal qui envoie une courte saillie médiane, laquelle ne 
s'interpose pas, ou que très-imparfaitement, entre les hanches en ques- 
tion. 

Les élytres n'embrassent que faiblement l'abdomen ou le recouvrent 
simplement, en le débordant plus ou moins. Par suite de leur mollesse, 
elles sont sujettes à se déformer chez quelques Lampyrides, presque 
tous les Téléphorides et un petit nombre de Mélyridcs. Dans les mêmes 
groupes, il se trouve plusieurs genres (Lajupviiis, Puengodes, les Mal- 
thinides, etc.) dans lesquels elles sont plus ou moins abrégées, soit dans 
les deux sexes, soit chez les màlcs seulement. Les ailes inférieures ne 
se replient pas alors sous elles, mais continuent à recouvrir le dos de 
l'abdomen, à moins que ces organes ne soient absents, comme il y en a 
quelques exemples chez les Téléphorides et les Malachiides. 

Les pattes des Malacodermes sont en général assez longues. Les han- 
ches antérieures sont toujours contiguos, et leurs trochantins très-appa- 
rents; les intermédiaires sont couchées et conligucs également, sauf 
chez les Lycides ; mais leurs trochantins semblent manquer dans uo 
certain nombre d'espèces des divers groupes. Comme dans les familles 
précédentes, les hanches postérieures sont prolongées au c6té interne, et 
pendant leurs mouvements en avant, les cuisses de la même paire s'ap- 
pliquent contre leur bord postérieur, qui n'est jamais catialiculé et ne 
peut dès-lors les loger. Les trochanters sont placés dans l'axe des cuisses 
chez les Lycides seulement. Dans ce même groupe, ainsi que chez les 
Lampyrides, les cuisses et les jambes sont comprimées et plus ou moins 
canaliculées sur leurs deux faces. Les dernières sont privées d'éperons 
terminaux, à l'exception de quelques Lampyris (notamment Pyoglam- 
Pis) chez lesquels il y en a d'assez distincts. Quelques miles de Mala- 
chiides sont les seuls où le nombre des articles des tarses éprouve une 
réduction aux pattes antérieures. Chez plusieurs Dasytides {Cualcas, 
AsTYLiis, surtout Pelecophorus), le premier à toutes les pattes se rac- 
courcit considérablement et fournit un caractère important pour la clas- 
sification de ces insectes. Ces organes, sauf un seul genre (Condvlops) 
qui m'est inconnu en nature, ne sont jamais munis de lamelles en des- 
sous; ceux des grandes espèces de Lycides et de Lampyrides le sont de 
peloltes ; partout ailleurs ils sont simplement velus ou ciliés. Leurs cro- 
chets sont tantôt simples, tantôt bidentés à leur extrémité; entre ceux 
des Malachiides il existe deux appendices membraneux et libres; ceux 
des Dasvtes sont munis chacun en dessous d'une lamelle de même na- 
ture, sujette toutefois à disparaître chez quelques espèces. 



288 MALACODEnMES. 

L'abdomen se compose en dessous de sept segments, sauf chez les 
HoMALiscs, les Dasytides et çà et là dans les autres groupes (i). Les 
deux derniers varient h un degré extraordinaire, selon les sexes et les 
espèces, particulièrement chez les Lampyrides elles Téléphorides. Chez 
ceux-là il est presque de règle que la plupart d'entre eux débordent la- 
téralement ceux qui les suivent, et que leurs angles postérieurs soient 
saillants, ce qui fait paraître l'abdomen comme frangé et même laciniè 
sur ses bords. 

C'est au grand développement de celte partie du corps et des élytres, 
que les Malacodcrmes doivent l'ampleur de l'arrièretronc, relativement 
à la tête et au prothorax pris ensemble, qui les caractérise presque tous. 
Leur mctathorax est en effet assez court, et leur mésosternum l'est au 
point que les pattes intermédiaires touchent les antérieures. Les épis- 
ternums du premier sont larges, fortement rétrécies en arrière et flan- 
quées en dehors par les épimères qui remontent fort loin en avant. 
Quant au second, ce n'est que chez les Lycides que sa portion centrale 
ou le mesopcctus s'interpose plus ou moins largement entre les han- 
ches intermédiaires. 

Les stigmates prothoraciques sont visibles chez presque tous les Ly- 
eides et les Lampyrides; ils sont même très-fréquemment tubuleux et 
saillants chez les premiers. On les aperçoit encore chez un certain 
nombre de Téléphorides, puis ils disparaissent dans le reste de la fa- 
mille. 

Les différences sexuelles sont très-prononcées chez un grand nom- 
bre de ces insectes et portent sur les deux derniers segments abdomi- 
naux, les antennes, les élytres, les ailes inférieures et les tarses de la 
première paire de pattes. Les femelles des Lampyris et des DniLUS 
vont encore plus loin ; elles ont été comme frappées d'un arrêt de dé- 
veloppement et ont conservé la forme de larves. 

A moins qu'ils ne soient aptères, les Malacodcrmes sont essentielle- 
ment (loricoles ou se trouvent sur les feuilles. Leur régime passe pour 
être carnassier, mais on a certainement trop généralisé cette assertion 
en l'étendant à toutes les espèces. r>eur distribution géographique varie 
selon leurs tribus, et les détails à ce sujet seront mieux placés en tête 
de ces dernières. 

Sous leurs premiers états, ces insectes ont entre eux des rapports de 
même nature qu'à l'état parfait, c'est-à-dire que, tout en ayant un air de 

(1) M. L. Rcdtenbaclier (Faun. Auslr.; Die Kacfer, p. 33 et 34) ne lui assi- 
gne que six segmonts chez tous les Malacodcrmes en général. J'en trouve par- 
tout sept, à quelques rares exceptions près, chez les Lycides, les Lampyrides, 
les Téléphorides et les Drilides, sans garantir toutefois ce chiffre d'une ma- 
nière absolue, la déformation que subit souvent l'abdomen, en se desséchant 
après la mort, ou les poils abondants dont il est revêtu, étant deux causes d'er- 
reur diûlciles à éviter. 



LTCIDES. 289 

parenté, leurs larves présentent des différences assez sensibles. Il est 
dès-lors plus convenable de décrire à part celles de chaque tribu. 

L'établissement de la famille remonte aux premiers travaux de La- 
trcille (t) qui, jusqu'à la fin de sa carrière, a varié sans cesse sur les 
éléments qu'il y faisait entrer. Dans l'origine (2), il y avait compris jus- 
qu'aux Lyméxylones et au genre Cdpes, et, quant à l'étal où il l'a laissée, 
il ressort assez de ce que j'en ai dit, à diverses reprises, en traitant les 
familles précédentes, pour que j'aie à y revenir en ce moment. Jusqu'ici 
elle n'a été l'objet d'aucun travail d'ensemble. C'est un groupe d'une 
étude très-ardue et dans lequel tout est à faire, sauf pour les Malachiides, 
qu'ErichsoM a débrouillés avec sa supériorité accoutumée. Dans l'étal ac- 
tuel des choses, ses espèces ne paraissent devoir être réparties que dans 
les cinq tribus suivantes : 

I. Antennes insérées sur le front ou à, la base du rostre en dessus. 
a Hanches intermédiaires distantes. Lïcides. 
01 — — contiguës. 

Antennes plus ou molDS contiguës. Lampyiiides. 

— — distantes. Téléphckides. 

II. Antennes insérées latéralement au-devant des yeux. 

Epistome indistinct. DniUDES. 

— distinct. Méltiiides. 



TRIBU I. 
* LYCIDES. 

Antennes insérées supérieurement entre les yeux ou en avant, pres- 
que toujours subcontiguës. — Mandibules inermes. — Trochanlers pla- 
cés dans l'axe des cuisses. 

Celte tribu serait très-homogène sans deux genres qui obligent de 
réduire sa définition au petit nombre de caractères qui précèdent et 
qui sont les seuls qui ne disparaissent jamais. L'un de ces genres, qui 
est cxolique (CALocnnoMus), se rapproche des Téléphorides; l'autre 
(HoMALisus), européen, est tellement aberrant, qu'il devrait former une 
tribu à part et s'éloigne même, à quelques égards, de tous les Malaco- 
dermes. 

Les Lycides présentent par conséquent trois types très-distincts et 
doivent être répartis dans autant de sous-tribus. 



(1) Hist. nat. d. Crnst, et d. Ins. IX, p. 77. 

(2) Loc. cit. et Gêner. Crust. et Ins. 1, p. 252. 
Coléoptères, Tome IV. 



290 MALACODEBliBS. 

I. Tète recouverte par le prothorax.. Lycides vrais. 

II. — dégagée du — 

Abdomen de sept segments. Calocbromides. 

_ - six HOMALISIDES. 

Sous-TniDu 1. Lycides vrais. 

Mandibules Irès-grêles, petites. — Labre distinct. — Tête rccou^verte 
par le prothorax. — Antennes plus ou moins larges, très-souvent den- 
tées ou llabellées. — Prothorax petit, rétréci en avant, foliacé sur les 
côtés, fovéolé ou aréole en dessus. — Pattes comprimées ; hanches in- 
termédiaires distantes. — Prostcrnura très-court. — Abdomen de sept 
segments en dessous. 

Les Lycides vrais sont de beaux insectes, d'un faciès particulier dû 
à la petitesse de leur tète et de leur prothorax, l'ampleur de leurs élytres 
et la sculpture de ces deux dernières parties. 

Leur tête affecte deux formes différentes qui inQuent sur les organes 
buccaux et l'insertion des antennes. Dans la moitié des genres, elle est 
plane, ou peu s'en faiit, sur le front et prolongée en un rostre, cylindrique 
ou conique, tantôt grêle, tantôt plus ou moins robuste. Dans le reste 
des genres, le front est vertical, très-souvent convexe ou renllé à sa par- 
lie supérieure, et au-devant des yeux, on ne voit qu'un court et large 
museau qui est même le plus souvent réduit presque à rien. 

Quand il existe un rostre, les organes buccaux qui occupent son 
extrémité sont nécessairement très-réduits, surtout les mandibules, dont 
on a même nié l'existence chez les Lycus, comme on le verra plus loin. 
Mais, même lorsque ce rostre n'existe pas, ces organes sont peu déve- 
loppés. Le menton varie un peu ; la languette est très-petite et semble 
Uanquée par les palpe? labiaux; ceux-ci, ainsi que les palpes maxillai- 
res, sont généralement très-épais, et leur dernier article est plus ou moins 
sécuritorme ; les mandibules sont très-grêles, arrondies et dépassent à 
peine le labre; celui-ci ne manque jamais. 

Les antennes, quand le rostre manque, sont insérées sur le front, 
entre les yeux ; dans le cas contraire, tantôt comme dans le cas précé- 
dent (PoiiROSTouA, Metbiobhyhchds), tantôt en avant des yeux, à la 
base même du rostre. Ces organes sont généralement contigus ou peu 
s'en faut (i). 

Les élytres sont très -minces et recouvrent lâchement l'abdomeD 
qu'elles débordent toujours latéralement; elles vont presque toujours en 
s'élargissant de la base à leur extrémité et prennent des formes bizarres 

(1) Je ne connais qu'une espiïcc du Sénégal, dépourvue de rostre, que je crois 
inédite et être le Lyctis apicalis de Dejcan (Cat. éd. 3, p. 111), qui ait ces orga- 
nes insérés tout prés des yeux et, par suite, trés-écartés. i 



LVCIDES. 2^J 

chez les mâles de quelques Lvci-s africains. Leur sculplure affccle en 
outre une disposilion dont il n'y a que deux autres exemples (Elatto- 
dei.es. Oontelus) dans le reste de la famille. Elle consiste en ligries 
saillantes, peu nombreuses, régulières et accompagnées d'un réseau 
interstitiel, ou très-serrées, avec leurs intervalles ponctues ou fovéolés 

Les hanches antérieures et intermédiaires sont moins allongées aue 
dans la plupart des autres Malacodermcs. L'écartcment des secondes 
est du en partie au niésosternum, en partie au métastcrnum, qui s'in- 
terposent entre elles. Les cuisses et les jambes sont constamment caoa- 
hculees sur leurs deux faces. Les tarses sont courts, déprimés, et leurs 
quatre 1»" articles sont pourvus en dessous de pclottes dont on retrouve 
des vestiges chez les plus petites espèces; le 4e est bilobé; quant aux 
crochets, ils sont toujours simples. 

L'abdomen ne présente ricrl de particulier et semble peu varier selon 
les sexes; son dernier segment est allongé ou largement arrondi, et ces 
deux formes me paraissent être plutôt spécifiques que sexuelles 

Les Ltcus se trouvent sur les fleurs, les broussailles et se plaisent 
pour la plupart dans les bois. Tous ceux exotiques et indigènes que i'ai 
eu I occasion d'observer, simulent la mort lorsqu'on les saisit en con- 
tractant leurs pattes et fléchissant leurs antennes. On na pas de ren- 
seignements précis sur leur régime, qui probablement est de nature 
végétale ; la faiblesse de leurs organes buccaux semble du moins l'in- 
diquer. 

Une seule de leurs larves, celle du Diclyoplerus sanguineus (. ) d'Eu- 
rope, est connue en ce moment. 

Elle est allongée, très-déprimée cl revêtue de téguments coriaces La 
lele est cornée, très-petite, saillante, transversale et sans aucune trace 
depistomc m de labre. Les mandibules sont extrêmement grêles légè- 
rement arquées, très-acérées et prennent naissance sous le chaperon 
ircs-près l'une de l'autre, de sorte qu'elles peuvent se porter en dehors' 
mais non se rapprocher. Les-màehoires sont libres et consistent en une 
lige cylindrique, dépourvue de lobes et terminée par un palpe de trois 
articles. Là lèvre inférieure est petite, d'une seule pièce et porte des 

moï o!!'!' ""f ^^r ■''"""; '''• ^^ ^^'' P- "") '^" "' '« P'-'='"i«'-^ "i' -l.a.l,|„es 
7,l\,l? a dcuibonno.<î descriptions dues à Erichson (Arcl.iv, 1811, 1 „ 93) 

MM Chapu.s e Caudè^o (Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VI 1, p. 500, pi 5 
I- 8) ont reproduit cette dernière. *^ " , P'- •', 

de^M^"™- '"■ ^^"' '^ P- 279) a décrit, en outre, longuement une larve 
ttl E Ûe .yI'"' '"PP"'-"^» P*-- m- ^'^'^^ •■* 1»'" croit appartenir au grouneac! 
parles Liw'f??'"^''"*,''''''"""'P "^^ ''"' **" Dictyoptcrt^ sangûineus 
aue l7 •* ^°"''^'^' '"' P»"^ ^°°'- •'"« est hérissée, et surtout en ce 

on sailli?.,' P°'"^"™''« ''« «■■«""'< ^-entraux do son abdomen se prolongent 

-•os ï es'!'" j;''^' "'"'''' "' "■■''■••= '' *^" """' ^'''•"" ""' r--'isscnt être 
"■faanes passifs du mouvement, comme le dit Erichson. 



292 MALACODEBMES. 

palpes de deax articles. Les antennes sont insérées snr les côtés anté- 
rieurs de la léle et composées de deux articles, le 1" trcs-courl, le 
2e allongé et obtus au bout. En arrière d'elles, il existe de chaque côté 
un uclil ocelle. Le prolhorax est un peu plus long que les deux autres 
segments ihoraciques. Les pattes sont composées de quatre pièces et 
terminées par un onglet. Les segments abdominaux sont trapéziformes 
et présentent de chaque côté un bourrelet, sauf le dernier qui est plus 
long que les autres et terminé par deux crochets un peu recourbés en 
dedans; sous lui se trouve un prolongement anal charnu, conique et rè- 
tractile. La première paire de stigmates est située près du bord anté- 
rieur du mésothorax, les huit autres paires un peu plus en arrière de ce 
bord, sur les huit premiers segments abdominaux. 

Le dessus du corps et les pattes sont d'un beau noir mat, le dessous 
d'un blanc livide, avec cinq rangées de 'petites taches noires : une mé- 
diane, deux de chaque côté situées sur les bourrelets latéraux, qui sont 
également blanchâtres. Celle larve vit sous les ccorccsdes chênes morts 
où ejle fait la chasse aux diverses larves qui s'y trouvent. On n'a pas 
encore observé ses métamorphoses. 

Ainsi que le fait observer Erichson, elle a beaucoup de rapports avec, 
celles des Lampyrides, mais en diffère essentiellement par sa tète non 
réiractile, la structure de ses mandibules, ses mâchoires privées de lobes 
et la fusion de la languette avec le menton. 

Les Lycides vrais sont très-peu nombreux en dehors des régions 
chaudes du globe; dans ces dernières il y en a partout; mais, sous ce 
rapport, l'Amérique et l'Afrique occupent le premier rang. Un seul de 
leurs genres (Dictvopteros) existe en Europe. 

Linné n'avait pas distingué ces insectes des Lampvris. Dès ses pre- 
miers travaux, Fabricius les en sépara sous le nom de Lycos. Latreille, 
à son tour, en retira le genre Dictvoptbbus. En 1830, M. Guenn- 
Méneville a publié un tableau synoptique des genres qu'il admettait dans 
ce groupe (i), tableau qui devait être sufvi d'un mémoire delaillc dont 
la publication n'a pas eu lieu. Depuis celte époque, il n'a paru sur ces 
insectes qu'un seul travail de quelque importance, une Monographie 
des espèces de l'Amérique du Nord, par M. J. L. Le Conte (2). 

l. Tète prolongée en forme de rostre. 

a Antennes insôrées à la base de ce dernier. 

Leurs derniers articles aussi longs que les précédents : Lycus^ 
Dielyo},<erus. 
Il) Voy. d. 1. Coq.; Entom. p. 71. La plupart des genres mentionnés dans 
ce Ubleau sont établis sans indication d'aucune espèce, et dans le m"» ^ 
s'en trouve trois (Temnostoma, Coptorhinus, Odoktocerus) dont je ne sauia.» 
rien dire. Philad 

(2) Dans ses «Fragmenta entomologica. » Journ. of the Acad. ot tm 
Ser. 2, 1, p. 73. 



LVCIDES. 293 

Leurs derniers articles plus courts que les précédents : Celiasis. 
aa Antennes insérées sur lo tvonl: Porrosloma, Metriorhynchus. 
II. Tête terminée par un très-court museau : Catopteron. 
m. — sans museau. 

b Antennes flabcUées : Cœnia, Cladophorus. 
bb — dentées. 

4» article des palpes max. OYalaire : Emplecttts. 
— — sécuriforme : Eros. 

LYCUS. -, 

* " •':f4 Fab. Mant. Ins. l, p. 163. 

Tête prolongée en un rostre grêle, plus ou moins conique et plus 
long que le vcrlex et le front réunis. — Menton linéaire. — Palpes assez 
grêles : leur dernier article médiocrement sécuriforme. — Mandibules 
courtes, parfois rudimenlaires, droites ou légèrement arquées au bout (1). 
— Labre grand, arrondi en avant. — Antennes insérées à la base du 
rostre, à articles 1 médiocre, gros, cylindrique, 2 très-court, transver- 
sal, 3 du double au moins plus long que le suivaift, 4-10 larges, décrois- 
sant peu à peu, faiblement dentés, 11 plus long. — Yeux médiocres. — 

(1) Suivant Erichson (Arcliiv, 1842,1, p. ÎOO, note), le genre se distinguerait 
des autres Lycides par les mandibules qui seraient complètement atrophiées 
comme chez les Lépidoptères. Cette assertion ne me parait pas exacte. Ces or- 
ganes sont en effet très-petits chez beaucoup d'espèces, surtout celles dont les 
mâles ont les élytres dilatées; mais ils ne manquent jamais en réalité, et il y 
en a beaucoup chez lesquoJles ils sont aussi longs que le labre, ou peu s'en faut. 
Ils existent aussi très-distinctement chez le Dictyoplerus cardinulis auquel 
Erichson les refuse. 

11 ajoute dans cette note que la longueur relative du rostre n'est pas un ca- 
ractère générique dans ces insectes, et que les trois genres <iui on possèdent un 
se divisent chacun en deux sections, dans l'une desquelles cet organe est long 
tandis que dans l'autre il est court. En conséquence il dispose ces genres de la 
manière suivante : 

Lïcus: Mandibules atrophiées. A. Rostre long; les Lïcds proprement dits. 
B. Rostre court : Lygisloplerus cardinalis Doj. etc. 

LvciSTOfTERUs : Mandibules distinctes; antennes insérées à la base du rostre. 
A. Rostre long : I.yc. siiccincius Latr. B. Rostre court : L. sanguineus F. 

PonuosTOMA : Mandibules distinctes; antennes insérées sur le front. A. Rostre 
long : Lyc. rufipennis F. B. Rostre court : genre Meiriouuynchus Guérin-Mé- 
neville. 

Le caractère emprunté aux mandibules étant sans valeur, comme on vient de 
le von-, il n'y aurait, dans les idées d'Erichson, aucune raison pour ne pas réu- 
nir les Lïcus aux Dictïoi-teiius. D'un autre côté, je ne trouve pas de passages 
entre les espèces à rostre long et colles à rostre court. Je ne saurais dès-lors 
Mopter la faijon de voir de cet émiiient entomologiste. 



294 MALACOOEttMES. 

Prolhorax trapéziforme ou presque carré, rarement aréole en dessus ; 
ses tords latéraux relevés. — Ecusson iriangulaire, arrondi en arrière. 
— Elytrcs variables. — Hanches inlermcdiaircs fortement séparées ; 
cuisses et jambes larges; articles 1-2 des tarses triangulaires, 3-4 échan- 
crés, égaux. — Stigmates prothoraciques plus ou moins tubuleux. 

La forme du rostre, le mode d'insertion des antennes et la longueur 
de leur 3" article constituent les trois caractères essentiels de ce genre. 
La sculpture des élytres est moins constante que dans la plupart de ceux 
qoi suivent. Mais, sous le rapport de la forme, elles permettent de di- 
viser le genre en deux sections. 

Dans un groupe assez nombreux et qui parait jusqu'ici exclusivement 
propre à l'Afrique, elles se dilatent chez les miles et alïectent souvent 
des formes bizarres, tandis que les femelles les ont siiflplcs. 

Dans la seconde section, elles sont semblables dans les deux sexes, pa- 
rallèles ou plus souvent encore élargies en arrière (i). 

(1) Les espèces de ces deux sections soDt dans la plus grande confusion, sur- 
tout celles de la première, dont les mMcs varient beaucoup tant sous le rapport 
do la forme que sous celui des couleurs, tandis que les femelles sont beaucoup 
plOJS constantes sous ces <\çm points de vue. M. Guèrin-MènoviUo (Revue Zool. 
1847, p. 220 et in Lefebvrc, Yoy. en Abyssin.; Zool. p. 287) a commencé à dé- 
brouiller la synonymie de plusieurs et en a décrit en mémo temps (luclques- 
unes de nouvelles, savoir : P. trabealus, G.-M. Icon.; Ins. pi. 15, f. 1 o", et in 
Lefcbvr. loc. cit. pi. 3, f. 14 cT? (Var. /.. ftuvicans, africunus Casteln.; ap- 
pendkulatus Sturm ; amplissimHS , snttellaris, dilalatus, distinctm, dUtingtien- 
dus Dej. Cal.); du Sénégal et d' Abyssinic. —/oKaccws, Schcsnh. Syn. Ins. III; 
Append. p. 26, pi. 5, f. i(f {senegalensis Oasteln.; a" trabealus, oblitus, di- 
verms, 9 adusius, Dej.); des mômes pays. — Bremei, G.-M.Uev. Zool. loc. 
cit. et in Lefebvr. loc. cit. pi. 3, f. 7-9 c>"9 ; d'Abyssinie. — lalissimtis, Lin. 
Syst. nat. cd. 12, l. p. 616; Oliv. Entom. Il, 29, pi. 1, f. 2 (non dans le texte); 
du Cap.— Fabricii, G.-M. loc. cit. [Uitissimus F.); de Sierra Leone. — prœ- 
morsHS, Schœnh. loc. cit. p. 2r)o" (9 laiissimus Schienh.; Var. 9 melanurus 
Schœnh.); de la Sénéganjbie. —hamatus, ekvatus, G.-M. in Lefcbvr. loc. cit., 
pi. 3,f. 12. 13; d'Abyssinie. 

Aj. : i. humerosus,ampliatus, co7istriclus, scrobicoUiSj Boliem. 1ns. Caffrar. 
I, p. 429; de Natal. — cuspidntus, Klug, Monalsbcr. d. Berlin. Arad. 1855, 
p'. 618; de Mozambique. — dissimilis, Bertoloni, Comment. Acad. Bonon. X, 
1849, p. 413, pi. 9, f. 5, A B (fÇ ; même pays. — l- melanurus, Honibr. et 
Jaquin. Voy. au Pôle Sud; Enlom. p. 74; pi. 6, f. 2; de Singaporc. — iMCciKC- 
tus,UlT. in Humb. et Bompl. Observ. d. Zool. 1, p. 177, pi. 17, f. 2; de Co- 
lombie et du Pérou {Didyoplerus rcgalis, Buquet, Uev. Zool. 1842, p. 6) ; De- 
jean l'a placé à tort parmi ses Lvgistopteuds; c'est un véritable Lvcns. •— 
L. semiustus, Sclmnherri, loripes, Çhevrol. Col. du Mcxiq. Cent. II, fasc. 5, 6,7. 
— Lygislopierus lateralis, Melsheim. Procced. of tho Acad. of Philad. U, 
p. 302; des Èt.ats-Unis moyens et du Sud. 

Les Lampyris roslrata Linné, Lycus pHUiatus,cnstalus Fab., L. cormger, 
xanihomelas, palliolatus, dentipes, sinuatus, terminalus Scliœnb., des diverses 
parties de l'Afrique, paraissent appartenir aussi, du moins pour la plupart, 
au genre. 



LYCIDES. 295 

La plupart (les Lvcds sont africains ; il y [en aj aussi, mais peu, aux 
Indes Orientales et en Amérique, depuis la Colorabieinclusivement jus- 
que dans les parties moyennes des Etals-Unis. 

DICTYOPTERUS. 
Lath. Règne anim. éd. 2, IV, p. 461 (1). 

Tête rctrécie en un museau robuste, de forme variable, au plus de la 
longueur du vertex et du front réunis. — Organes buccaux des Ltcds, 
avec les mandibules d'autant plus arquées que le rostre est plus court, 
— Antennes insérées àjla base de ce dernier, plus ou moins larges et 
légèrement dentées ; leurs articles 2-3 de longueur variable. — Pro- 
Ihorax aréole ou non. — Elytres graduellement élargies en arrière, 
rarement linéaires. — Hanches intermédiaires tantôt fortement, tan- 
tôt médiocrement écartées à leur base. — Le reste comme chez les 
Lycds. 

Latreille, en fondant ce genre, lui a donné pour type le Lyc. sangui- 
neus d'Europe, et c'est tout-i-fait à tort que les auteurs mentionnés dans 
la synonymie ont adopté le genre Lygistopteros, établi par Dejean sur 
la même espèce. Mais à côté de cette espèce européenne viennent se 
placer plusieurs exotiques, dont un pelit nombre seulement sont décrites 
et qui obligent de diviser le genre en deux sections. 

La première, ayant pour type le Lyc. lineicoUis Chevrol. (4), du 
Mexique, a pour caractères : Rostre assez long, conique ; palpes ro- 
bustes; antennes assez larges, à articles 2 fortement transversal, 3 no- 
tablement plus long que i ; hatiches intermédiaires fortement séparées. 
Elle fait manifestement le passage aveclesLYcos, et pourrait constituer 
on genre à part. 

La seconde, ou les Dictyopteiiùs vrais, peut se caractériser ainsi : 
Rostre court, subparallèle, tronqué au bout; palpes grêles; antennes 
médiocrement larges, à articles 2 obconique, plus long que large, 3 pas 
beaucoup plus grand que 4; hanches intermédiaires médiocrement sé« 

(1) Latreille a écrit Dictyoptbr\; mais il vaut mieux, je crois, donner à ce 
nom la désinence masculine, comme l'a fait M. Guérin-Ménovilie (Voy. d. 1. 
Coq.;Entom. p. 71).— Syn. Lyoistoptebus, Dej. Cat. éd. 3, p. 111; Mulsant, 
Ann (1. Se. phys. et nat. do Lyon, I, p. 79; Ericbs., L. Redlenbach. 

(2) Col. (1. Mexiq. Cent. Il, fasc. 7 [Lygistopt. cardinalis Klug. Dej. Cat.); 
M. Duquel, qui donne au genre Dictyoptebus le sens qu'il a ici, en a décrit 
(ncT. Zool. 1812, p. 6) cinq esp. de l'Amérique du Sud; l'une d'elles (regalis) 
est, comme on l'a vu plus haut, le Lyc. siiccinctus Latr., et il est bien possible 
que parmi les quatre autres, quelques-unes soientégalement des Lvcus; ce sont : 
D. trifascialuSj imperialis, humeralis, de Colombie; quadricoslatus, du Brésil. 



296 HÀLACODEnMES. 

parées. Outre le Lyc, sangvineus d'Europe, elle ne comprend, à ma 
connaissance, qu'une espèce de l'Amérique du Nord (1). 

Ainsi composé, le genre ne se distingue des Lïcbs que par la briè^ 
veté relative et la forme robuste du rostre. 

CELIASIS. 
De Casteln. Hist. nal. d. Col. l, p. 263. 

Tête comme dans la première division des Dictyoptebos.— Antennes 
insérées à la base du rostre, un peu écartées à leur base, très-longues, 
comprimées, à articles 2 obconique, presque aussi large que long, 3 aussi 
long que 4, subtriangulairc, 4-6 allongés, allcnués à leurs deux extré- 
mités, 7-11 notablement plus courts, subégaux, contournés.— Prolhorax 
en carré transversal, un peu rétréci en avant, distinctement lobé au 
milieu de sa base; ses angles postérieurs obtus. — Jambes antérieures 
fortement arquées, un peu contournées, subdifformes ; tarses plus longs 
que dans les deux genres précédents, du reste semblables, — Segments 
abdominaux assez fortement dentés sur les côtés. 

Genre établi sur une grande et rare ^spèce (mirabilis Casteln.), de 
Colombie, remarquable par la forme de ses pattes et surtout celle des 
antennes. Je n'ai vu que le mâle. M. De Caslelnau dit que la femelle est 
assez courte et grêle ; il se tait sur les pattes dans les deux sexes. Le 
mâle que j'ai sous les yeux a les élytres graduellement élargies en ar- 
rière el elles enveloppent lâchement l'abdomen comme une sorte de 
fourreau; celles de la femelle seraient parallèles, selon M. De Caslelnau. 
Ce bel insecte est d'un noir assez brillant, avec les élytres d'un rouge 
de cinabre el tachetées de noir bleuâtre. J'en connais une seconde es- 
pèce an peu plus petite, du même pays. 

PORROSTOMA. 
De CikSTELW. in Silberm. Rev. entom. IV, p. 26. 

Tête prolongée en un rostre grêle, cylindrique, plus long que le ver- 
tex et le front réunis. — Organes buccaux des Lycds. —Antennes in- 
sérées sur le front, assez larges, à artirles 2 à peine distinct, 3 un peu 
plus long que le suivant, 4-10 subpectincs chez les mâles, dentés chei 
les femelles. — Prolhorax Irapéziforme, aréole en dessus. — Ecusson 
carré, échancré en arrière. — Elytres subparalièles. — Hanches inter- 
' médiaires fortement écartées ; tarses des Lycns. 

Le genre a pour type une espèce de l'Australie que M. De Castclnaa 

(1) D. subslriaius Dej., i. L. Le Conto, Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, 
. I, p. 74. 



croyait, à tort, être le Lyc. rufipennis de Fabricius, et qui, depuis, a été 
décrite par Erichson, sous le nom de Por. erylhroplcrum (i). Elle est 
de moyenne taille, très-plane, noire, avec les élylres d'un rouge fauve; 
ces dernières présentent des lignes élevées, dont les intervalles sont 
gauffrés. 

Ces insectes ne difTërent essentiellement des Lvciis que par le mode 
d'insertion de leurs antennes, qui est frontal et non préoculaire. 

METRIORHYNCHUS. 
Gdémn-Ménev. Voy. d. l. Coq.; Entom. p. 72. 

Ces insectes sont aux PonnosToiiiA ce que les Dictvoptebds sont aux 
Ltcds, en d'autres termes ils n'en diffèrent que par la brièveté relative 
de leur rostre. Il est probable qu'ils présentent entre eux quelques dif- 
férences analogues à celles qui existent parmi les Diciïoptebos; mais 
je ne puis entrer dans aucun détail à cet égard, attendu qu'ils sont rares 
dans les collections, et que je n'en ai vu qu'un seul, le rufipennis Fab. 
Les espèces décrites soûl propres à l'Australie et à la Nouvelle-Gui- 
née (2). 

Avec ce genre finissent les Lycides qui ont la tête prolongée en un 
rostre. 

CALOPTERON. 
(De Casteln.) GnÉnm-MÉNEV. Voy. d. l. Coij.; Entom. p. 72 (3). 

Tête en partie recouverte par le prothorax, verticale en avant, ei 
prolongée au-devant des yeux en un très -court et large museau. — 
Menton carré, transversal ou oquilatcral. — Palpes plus ou moins ro- 
bustes, leur dernier article sécuriforme. — Mandibules fortement ar- 
quées.— Labre transversal, légèrement échancré. —Antennes insérées 

(1) Archiv, 1842, I, p. 144. — Les Lyc. septemcavus et rhipidium de 
M.Mac-Lcay (in Klng's Narrât, of a Surv. of tho CoastsofAustral.il, Append. 
p. 442) appaitieniicut probablement aussi à ce genre, quohiue dans leurs d«s- 
criptions il ne soit pas fait mention de la présence du rostre. 

(2) Esp. de la Nouvelle-Guinée : Lyc. thoracicus, Fab. Syst. El. II, p. 117 (an 
haj. gêner?) — iV. parallelus, ephippiger, funeslm, Guérin-Ménev. loc. cit.— 
Esp. de l'Australie : Lyc. rufipennis, Fab. loc. cit. p. 114. — Jlf. marginatus, 
discoideus, Ericlis. Arcbiv, 1842, 1, p. 145. 

Les Lyc. atratus Fab. de l'Australie; analis, pallidus, ochracem Schœnh. 
(Syn. 1ns. III; Append. p. 30 sq.), des Indes Orientales, me paraissent appar- 
tenir également au genre. 

(3) Syn. DiGRAPUA, Newm. Tlie entom. Mag. V, p. 380. — Charactus, Dej. 
Cat. éd. 3, p. 111. — DlCTïOPTEi\A Perty. — Uomalisus Germar. 



^S HAI.ACODERMES. 

sur le front, longues, plus ou moins larges et dentées, s' élargissant gra- 
daellement à leur extrémité; leur 2« article fortement transversal, pea 
distinct, le 3» plus court que le 4°, parfois presque aussi long. — Pro- 
thorax rétréci et arrondi en avant sur les côtés, avec son bord antériear 
souvent saillant dans son milieu ; ses angles postérieurs aigus et sail- 
lants. — Ecusson et élytres variables. — Hanches intermédiaires plus 
ou moins largement séparées ; articles 1-2 des tarses trigones, 2-3 cor- 
diformes, égaux. 

Ce genre est le plus nombreux de la sous-tribu. Ses espèces abon- 
dent surtout en Amérique et varient beaucoup sous le rapport de la 
taille et de la forme, les unes égalant en grandeur les plus grands Ly- 
cus, les autres étant aussi petites que les Enos d'Europe, avec les passa- 
ges intermédiaires. Beaucoup sont remarquables par la forte dilatation 
de leurs élytres en arrière, qui a lieu tantôt brusquement, tantôt peu à 
peu; mais, celte forme s'affaiblit graduellement, et un assez grand nom- 
bre de petites espèces sont presque parallèles. 

Le prothorax de ces insectes est divisé par une carène médiane lon- 
gitudinale et n'est jamais, à ma connaissance, aréole. Leurs élytres pré- 
sentent toujours, au contraire, des lignes élevées, avec un réseau 
interstitiel. Leur dessin consiste ordinairement en bandes jaunes trans- 
versales, sur un fond noir ou bleu, cl vice vcrsd. 

Le genre exisle aussi dans l'Afrique australe et en Australie; il y en 
a plus de cent espèces dans les collections, mais dont la plus petite par- 
lie sont décrites (i). 

(1) Esp. de l'Ainér. du Nord : Lyc. rciictilalus, Fab. Syst. El. II, p. 111. — 
Lyc. terminons, Say, Journ. of Ihe Acad. of Pliilad. III, p. 178. — ûigr. ty- 
pica {Char, nobilis Dcj.), dorsalis [Char, dupiicatus Haldem., inquinatus Dej.), 
Newm. loc. cit. — Digr. affinis, apicalis, J. L. Le Conte, Journ. of tlie Acad. 
of Philad. Ser. 2, I, p. 75. — E.sp. des Antilles : Lyc. bicolor F.ib.; Oliv. Entom. 
II, 29, pi. 1, f. 9; Haity, Cuba. — Esp. de l'Amôr. du Sud : Ca?itharis serrata 
Linné, Syst. nat. éd. 12, U^ p. 649 {Lyc. serratus Fàb., Oliv.); dcCayenne.— 
Lyc. fasciatus, Iriculor, de Caycnne; limbatus, du Drésil; Fab. Syst. El. II, 
p. 112 sq. —C. brusiliense, Oasteln. Hist. nat. d. Col. I, p. iGi.— Dict. picipeti- 
nis, Perty, Del. anim. ail. Brasil. p. 27, pi. f. 4; Brésil. — Homal. apicalis, 
Germar, Ins. Spec. nov. p. 62 (an polius Enos?); Brésil. — Cal. pavipes, 
Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 126; BoUvia. —Esp. africaines : Cal. notor 
bilis, ruficollis, Bohem. Ins. Caffrar. I, p. 437. —Esp. do l'Australie : Lyc. aits- 
tralis,tio\sauv.. Faune de l'Océan. II, p. 119. — Esp.de la Nouvelle-Guinée : 
lyc. dorycus, dichroma, Boisduv. ibid. p. 118 sq. — I/yc. Bremii, Goryt, Le 
Guillou, Rev. Zool. 1844, p. 221. 

Ces espèces australiennes et de la Nouvelle-Guinée sont douteuses ((uant au 
genre. — Le Lyc. militaris Schœnh. (Syn. Ins. III; Append. p. 30), de patrie 
inconnue, rentre peut-être ici, ainsi que son L. canaliculaltis de Sierra-Leone; 
son flabellalus du même pays pourrait bien être une Coenu. — Je suis dans 
la même incertitude sur les espèces suivantes décrites dans le Voy. au Pôle 
Sud; Entom. p. 76, pi. 9 : L. rufoslernalis, de la Nouvelle-Guinée; ftavicans, 
des îles Arrow; latipes, de l'ileCcram; pilosicornis de Mindanao. 



2^ 



CiCNIA. 

Newm. The entom. Magaz. \, p. 381 (1). 

Télé sans museau. — Organes buccaux des Calopteron, avec le 
dernier arlicle des palpes faiblement sécuriforme. — Antennes insérées 
sur le front, longues, plus ou moins larges, à articles 2 très-court, peu 
distinct, 3-10 subégaux, triangulaires et Dabellés. — Les autres carac- 
tères comme chez les Calopteron. 

Ce genre ne diiïère du précèdent que par ses antennes Oabellées ; il 
varie également sous le rapport de la forme générale, et, d'après ce ca- 
raclère, ainsi que d'après la manière dont naissent les rameaux des an- 
tennes, M. Newmann, qui l'a établi uniquement sur des espèces do 
l'Amérique du Nord, l'a divisé en deux. 

Il réserve le nom de Cjenia aux espèces dont les élylres sont forte- 
ment élargies en arrière et dont les rameaux anlennaires sont grêles et 
naissent du milieu des articles (2), tandis que les Celbies sont de forme 
linéaire el ont les antennes flabellées à la base des ramcaus (3). 

11 y a à Madagascar des espèces (4) les unes larges, les autres linéai- 
res et chez lesquelles les rameaux en question naissent du sommet des 
articles. Elles prouvent que ce caractère n'a aucune valeur et ne peut 
servir qu'à diviser le genre en sections. 

Ces insectes sont d'assez petite taille pour la tribu et ont la sculpture 
des élylres et le système de coloration des Calopteron. 

CLADOPHOKUS. 

Guébin-Ménev. Voy. d. l. Coq.; En%>i. p. 76. 

Antennes très-longues, très-grêles, filiformes, velues, à articles 2 très- 
court, 3-10 égaux, émettant chacun à leur base {ru/icollis), ou à leur 
extrémité (suturalis), un rameau beaucoup plus long qu'eux, linéaire et 
velu, It au moins aussi long que les deux précédents réunis. — Pro- 
Ihorax aréole. — Corps linéaire, très-allongé. 

Ces insectes pourraient être définis des CiBisiA, ayant des antennes 
pareilles à celles des Phengodes de la tribu des Téléphorides. Ils sont 

(1) Syn. Celetes, Newm. loc. cit. p. 381. — Dictyopteha Klug. 

(2) Lyc. dimidiatus, Fab. Syst. El. Il, p. 111 (Cœii. scapularis Newm.). Il 
y en a dans les (nllecUons quelques espèces inédites du Brésil. 

(3) C. basalis (M. Newman l'a pris pour le marginellus Fab., qui appartient 
au genre Enos), mystacina, tabida, i. L. Le Conte, Journ. of the Acad. of 
Philad. Ser. 2, I, p. 76. 

(4) Dict. angutata, torqmla, Klug, Ins. von Madag. p. 68, pi. 3, f. 4-5. 



30O HALACODERMBS. 

de taille médiocre et propres à U Nouvelle-Guinée. On n'a encore pu- 
blié que les espèces décrites par M. Guérin-Méneville (i). 

EMPLECTUS. 
Emeus. Ârchiv, 1847, I, p. 82. 

Ce genre ne diffère des Enos qui suivent, que par ses palpes maxil- 
laires allongés, très-robustes, et dont le dernier article, très-large à sa 
base, se rétrécit en une pointe aiguë et plus ou moins arquée en de- 
dans. 

Il se compose de quelques petites espèces (2) de l'Amérique du Sud, 
plus ou moins linéaires, à prothorax non aréole chez celles qui me sont 
connues et dont les élytres sont, comme dans les genres précédents, 
manies de lignes élevées et gaurrées dans les intervalles. 

EROS. 
Newm. The entom. Magas. y,% 382 (3). 

Télé en partie recouverte parle prothorax, sans museau. — Antennes 
filiformes ou plus ou moins comprimées et dentées; leur 2" article obco- 
nique ou pyriforme, au moins au^si long que large, le 3" de longueur et 
de forme variables, les suivants égaux. — Prothorax aréole en dessus, 
tantôt presque carré, tantôt rétréci et arrondi en avant, ses angles pos- 
térieurs en général non saillants. — Elytres linéaires chez la plupart. 
— Hanches intermédiaires médiocrement ou peu écartées ; tarses de 
longueur variable, à articles 1-3 plus ou moins triangulaires, 4 échancré. 

D'après celte déOnitiûn, ce genre se dislingue des trois précédents, 
qui sont, comme lui, dépourvus de museau, par la structure de ses an- 

(1) C. formosus {dimidiatus loc. cit. Ins. pi. 11, f. 9), suturalis, ruflcoUh 
{Lyc. crockoUis Boisduv.), Guérin-Ménev. loc. cit. 

Le geure Cladophouus de M. Gray n'a rien de commun avec celui-ci; il ap- 
partient à la tribu suivante des Lampyridcs et correspond au genre Etbri 
CastelD. 

(2) Erichson y rapporte les Lyc. diaphanus, limbatus (regardé par tous les 
auteurs comme un Calopteron), peclinalus, flabeUicornis de Fabricius, et en 
a décrit deux espèces noHvcUes : i. bimaculdtus loc. cit., du Pérou; et E. des- 
mocerus, in Scbomb. Guyana, 111, p. 560, de la Guyane anglaise. 

(3) Syn. Anaiiuvncuus, Guérin-Ménev. Voy. d. 1. Coq.; Eûtom. p. 72. M. Gué- 
rin-Méneville ne cite aucune espèce à l'appui de ce j*enro;taais, d'après le» 
caractères qu'il lui assigne, il est manifestement identique avec celui-ci. — 
PïnoPTEiius, Mulsant, Ann. d. Se. nat. et phys. de Lyon, I, p. 81. — DicTTO- 
PTEBA ou DiCTVOPTEKus Latp., Muls., Ericlis., Blancb., L. Redtenb., Mannerh. — 
OxALisus, Germar, Say, Randall, etc. 



LYCIDGS. 301 

tennes, dont le 2« article est fait comme il est dit plus haut. Pour le sur- 
plus, CCS organes varient beaucoup ; complètement filiformes chez les 
espèces européennes et quelques-unes de l'Amérique du Nord, ils s'é- 
largissent peu à peu et dans quelques-unes du ce dernier pays (lascivus, 
sollicilus, vilis) finissent par devenir très-larges et fortement dentés. 
Leur 3° article ne varie pas moins ; dans le plus grand nombre des cas, 
il est beaucoup plus court que le 4» et du double plus grand que le 2«; 
une seule espèce d'Europe (affinis) ne l'a pas plus long que ce der- 
nier, et c'est sur ce seul caractère que M. Mulsant en a fait un genre à 
part, sous le nom de PyiiopTBUus. 

Ces insectes sont au plus de taille moyenne; quelques-uns sont très- 
petils. Leurs clytres présentent chacune de quatre à neuf lignes éle- 
vées, avec des points enfoncés intermédiaires, sur un simple ou double 
rang. 

A en juger par les collections, le genre serait répandu sur la plus grande 
partie du globe, mais nulle part mieux représenté que dans l'Amérique 
du Nord. C'est à ce pays qu'appartiennent le plus grand nombre des 
espèces décrites (i). 

Sous-'Tribu il Calochromides. 

Mandibules assez robustes et assez saillantes. — Labre indistinct. — 
Tête entièrement dégagée du prothorax; son épistome saillant. — An- 
tennes filiformes et déprimées. — Prolhorax non foliacé latéralement. 

— Pattes comprimées ; hanches intermédiaires médiocrement distan- 
tes. — Prosternum très-court. — Abdomen de sept segments en des- 
sous. 

(1) Esp. europ6ennes : Lyc. aurora, mînutus, Fab. Syst. El. II, p. 116 sq. 

— affinis, Payk. Faiin. Suec. II, p. 176. — Dicl. ruhens, (lavescens, L. Red- 
tcno. Fauii. Auslr. p. 318. — nid. hyhrida, Manneih. Bull. Mosc. 1813, p. 88. 

— Dict. Cosnardi, Clievrol. in Guérin-Mônev. Icon.; Ins. texte, p. 4G.— Esp. 
des États-Unis : Lyc. humeralis (Ornai. oUiquus Say, llwracicus Rand.), mar- 
ffineito, Fab. Syst. El. Il, p. 111 et 118.— Om. crenaius, Gormar, Ins. Spec. 
nov. p. 61 {Om. cruciatun Rand.; Er. alnltis? Ncwm.). — Lyc. mode.sius, ca- 
nalindiihts, Om. coccinatus (var. mundus Say), sciUptilis, Say, Boston Journ. 
of nat, llist. 1, p. IbS.—Er.prœfechts, Uctor, alatus,'ohUtus, Nowm. loc. cil. 

— nkt. poralis,nanus, trilinenfus, Melsliuim. Procccd. of tlie Acad.of Philad. 
U, p. 302. — Er. obUtus {obHlu.i? Newm.), incerlus, timidus, œger, socius, 
mollis [Uctor? Newm.), mimUus, Inscivus, soUicitus, vilis, J. L. Le Conto, 
Journ. ofthe Acad. of l'iiilad. Scr. 2, 1, p. 78.— Esp. de l'Ile Sitklia : /)ic/./ia- 
malvs, simplicipes, Mannerh. Bull. Mosc. 184,î, p. 243. —Esp. du Mexique : 
Luc. oUiqmis, Say, Boston Journ. of nat. Hisl. I, p. 154. — Esp. de l'Amer, 
du Sud : Dicl. phalerata, mclanura, Blaucli. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 125; 
Bolivia. — Dict. crocalus, decorutus, Eiiclis. Arcliiv, 1847, I, p. 82; Péroo. 

— Esp. de la Polynésie : Dict. woodlnrkinmi.i , Monlrouz. Ann. d. 1. Soc. d'A- 
gric. d. Lyon, S6i-. 2, VII, p. IC; de l'Ile Woodlark (Océanio). 



302 M^LACODBBMES. 

Le genre Calocbbomds de M. Guérin-Méncville, genre peu connu 
des entomologistes, forme à lui seul ce groupe. Ses caractères sont à 
la fois ceux d'un Lycide et d'un Téléphoride. Il tient aux premiers par 
l'insertion des antennes, leur forme et la structure des pattes; aux se- 
conds par son épistome, ses organes buccaux et la forme du prolhorax 
qui laisse la tête à découvert. Il est par conséquent assez difficile de 
décider dans lequel de ces deux groupes il doit être placé. Néanmoins 
je crois que ses rapports avec celui-ci doivent avoir la prépondérance. 
C'est un de ces genres de transition qui m'ont engagé à conserver la fa- 
mille des Malacodermes de Latreille. 

CALOCHROMUS. 
Guérin-Ménev. Ann. d. l. Soc. entom. U, p. 158. 

Palpes courts et médiocrement robustes; leur dernier article légère- 
ment triangulaire et obliquement tronqué au bout.— Mandibules assez 
saillantes, déprimées, élargies à leur base en dedans, arquées, iner- 
mes, très-aiguës au bout. — Tète courte, entièrement dégagée ; front 
vertical, bituberculé; épistome coupé carrément, avec une saillie mé- 
diane, quadrangulaire et arrondie en avant (I). — Yeux médiocres, 
arrondis, saillants. — Antennes insérées sur des tubercules frontaux, 
contiguës, à articles 1 très-grand, très-épais, en cône renversé, 2 très- 
court, 3-6 allongés, déprimés, égaux (2). — Prothorax en carré transver- 
sal, non-foliacé cl un peu renflé latéralement, tronqué en avant, faible- 
ment échancré à sa base. — Elytres très-allongées, légèrement élargies 
en arrière, vaguement sillonnées. — Pattes assez longues ; tarses à arti- 
cles 1-* décroissant graduellement; celui-ci cordiformc, entier; cro- 
chets simples. 

Le faciès de l'onique espèce (s) qui compose le genre est ambigu 
comme ses caractères. Par ses formes, elle se rapproche des Télépho- 
rides; mais son système de coloration est plutôt celui d'un Lycide. Elle 
est en effet d'un bleu d'acier foncé, avec le prolhorax en dessus et le 
quart antérieur des élytres d'un rouge fauve. Elle est de taille moyenne 
et originaire de la NouTelle-Guincc. 

(1) M. Guérin-Méneville a pris cette saillie pour le labre; mais elle appar- 
tient incontestablement à l'6pislome dont il n'y a pas le moindre vestige de 
suture qui l'on s^iiare. 

(2) Les autres articles manquent dans l'exemplaire que j'ai sous les yap et 
qui est le même que cebii figuré par M. Guérin-Méneville, à l'obligeance^ (ju 
J'en doisia communication. ,^ , 

(3) C. glaucopterus,GaénD-nÈnev. loc. cit. p. 159, pi. VII, B. f. 1-5. 



LVCIDES. 303 

Sous-TniBU III. Ilomalisides. 

Mandibules très-oourles, assez épaisses à leur base.— Labre distinct. 
— Tête dégagée du prolhorax.— Antennes filiformes.— Prolhorax non 
foliacé ; son pronolum simplement terminé sur les côtés par une arête 
tranchante. — Pattes grêles; jambes arrondies; hanches intermédiaires 
presque eontigucs. — Proslernum du double seulement plus large que 
long. — Abdomen de six segments. 

Le genre Homalisus des auteurs est un des plus anormaux de la fa- 
mille, et devrait, à la rigueur, y former une tribu distincte. Il s'éloigne 
notamment de toutes les espèces connues de cette dernière, sans aucune 
exception, par la grandeur de son prosternum qui, en se développant, 
a rétréci beaucoup les cavités cotyloïdes des pattes antérieures et rendu 
leurs trochantips presque invisibles. Le surplus de ses caractères est 
un mélange de ceux de la plupart des autres tribus qui suivent. Ainsi, 
il appartient aux Lycides par la forme de la tête, la conliguité des an- 
tennes, la position des trochanters dans l'axe des cuisses et la sculpture 
des élytres ; aux Téléphorides par sa tête dégagée du prothôrax et la 
forme des jambes ; enfin, aux Mélyrides par le nombre des segments 
abdominaux. J'ajouterai de plus que ses espèces, surtout 1'//. suluralis, 
ont le faciès de certaines Hisi'a. 

HOMALISUS. 
Geoffb. Hist. d. Ins. d. envir. d. Paris, l, p. 179 (1). 

Tête petite, découverte, horizontale, avec le front vertical et très- 
court, sans museau. — Palpes labiaux très-courts; leur dernier article 
brièvement ovalalre, celui des maxillaires sécuriforme. — Antennes 
insérées sur le front, subcontiguës, longues, grêles, filiformes; leurs 
articles 2-3 très-courts, obconiques, égaux, les suivants allongés, de 
même grandeur. — Prothorax presque carré; ses angles postérieurs 
aigus, légèrement saillants.— Elytres parallèles, très-planes, débordant 
faiblement l'abdomen. — Pattes médiocres; tarses grêles, à articles 1-3 
filiformes, décroissant graduellement, 4 cchancré. — Stigmates protho- 
raciques indistincts. — Corps allongé, parallèle, trcs-déprimé. 

Ces insectes sont de taille médiocre, noirs, avec les élytres d'un rouge 
sanguin plus ou moins vif. Ils sont propres à l'Europe, et l'on en connaît 
en ge moment trois espèces (2). 

(1) GoolTroy a écrit Oualiscs: ce nom a été rectifié par Illieer, Macraz. VI, 
p. 341. f , ë > 

P) 0. suturalis auctor.; type du genre. — sanguinipennis, Kûster, Die Kaïfer 
turop. VI, 31. — Victoris, Mulsanl, Opusc. entom. fas* I, p. 79. 



304 MALACOnERMES. 

TRIBU II. 
LAMPYRIDES. 

Antennes insérées sur le front, subcontiguës ou peu distantes. — 
Palpes en général très-robustes. — Mandibules Irès-gréles et simples. 

— Tète recouverte chez presque tous par le prothorax. — Celui-ci fo- 
liacé sur les côtés, très-souvent prolongé et arrondi ou ogival en avant. 

— Pattes comprimées ; hanches intermédiaires conliguës ; trochanters 
placés au côté interne des cuisses ; 4° article des tarses bilobé. — Ab- 
domen de sept, très-rarement de six segments, pourvu d'un appareil 
phosphorescent chez la plupart. 

Avec un faciès fort différent de celui des Lycides, les Lampyrides ont 
conservé un grand nombre des caractères de ces insectes, mais avec 
certaines modifications qui n'existent pas chez ces derniers. 

Leurs organes buccaux varient aussi sous le rapport du développe- 
ment, non parce que la tête est sujette à s'allonger en un rostre, mais 
selon le volume des yeux. Ils sont fort réduits quand ceux-ci envahis- 
sent la tète presque en entier {Lampvbis, etc.) ; dans le cas contraire, 
ils forment un court museau qui a beaucoup d'analogie avec celui des 
Calopteron, mais qui est généralement plus étroit et un peu plus sail- 
lant, La lèvre inférieure et les mâchoires ne diffèrent pas de celles des 
Lycides. Les mandibules afl'eelenl la mémo forme que chez ces derniers 
(sauf chez quelques PnoTunis); elles sont seulement sujettes à s'allon- 
ger un peu, mais rarement. Le labre est également distinct (I), à l'excep- 
tion des PuoTURis, où il est caché sous l'épistome, et d'un très-petit 
nombre d'espèces où son existence donne lieu à quelque doute. Les 
palpes seuls diffèrent notablement de ceux de la famille précédente. 
Les labiaux sont fort courts, bien moins robustes que les maxillaires, et 
la règle est que leur dernier article soit très-fortement transversal et 
plus ou moins échancré sur son bord antérieur. Les maxillaires sont 
presque toujours extrêmement épais; leurs 2= et i" articles sont plus 
longs que les autres, surtout celui-ci, qui est arqué en dehors, plan ou 
concave au côté interne et acuminé au bout. 

La tête, sauf chez les Lucioliiles, est fortement recouverte par le pro- 
Ihorax. Sa forme dépend, en grande partie, du volume des yeux, qui 

(1) M. I. L. Le Conte (Proceod. of tlio Acad. of Philnd. V, p. 331) assigpe ^ 
ces insectes entre autres caractères, celui d'avoir le labre recouvert; mais je ne 
saurais partager l'opinion de ce savant entomologiste. Les Lampyrides ontlé- 
pistomc confondu avec le front, comme les Lycidos et les Téléphoridcs, et la 
pièce très-distincte dans l'immcnso majorité du cas, qui existe en avant do ce 
dernier, ne peut être que le labre dentelle a complètement l'aspect. 



LAUPVBIDES. 305 

sont généralement plus gros que ceux des Lycides, surtout chez les 
mâles. Elle est presque globuleuse lorsqu'ils sont Irès-développés {Pno- 
TiNus, AspiDosoMA, surtout Lamprigeua cl Lami'yris), plus ou moins 
déprimée lersqu'ils sont médiocres, mais toujours fort courte. Celle des 
Puori'Bis, qui est un peu plus allongée et rétrécie en arriére, a une 
ressemblance assez prononcée avec celle des Telepoords. 

Les antennes sont insérées tout près des yeux, dans des cavités géné- 
ralement fort grandes, et leur plus ou moins décarlcment ou do conti- 
guilé dépend de la largeur du front, qui elle-même est subordonnée au 
volume des yeux. Ces organes varient beaucoup et all'ectcnl souvent des 
formes trcs-èlégantes. Ils jouent un rôle important dans la classification 
de la tribu. 

Sauf dans le cas où il ne recouvre qu'imparfaitement la tête (Lucio- 
lides),le prothorax a la forme d'un bouclier demi-circulaire ou elliptique 
en avant et largement foliacé dans cette direction et sur les cotés. Il 
n'est pas rare qu'il présente à sa partie antérieure deux espaces vitrés 
et transparents, tantôt nettement limités, tantôt à bords mal définis (i). 
L'ccusson ne varie pas; il est toujours assez grand et en triangle allongé, 
tronqué ou arrondi en arrière. 

A l'exception des Puospn^cNcs, les mâles sont toujours ailés; mais 
dans un groupe entier, celui des Lampyrides vrais, les femelles sont 
complèleinctit privées d'ailes et ne possèdent que des rudiments d'ély- 
Ires qui manquent même chez plusieurs. Ces femelles, qui ont l'aspect 
de larves, présentent en outre plusieurs particularités dont il sera ques- 
tion plus loin. Les élylres, quand elles existent, affectent deux formes 
principales : celle d'un bouclier elliptique ou ovale, débordant plus ou 
moins l'abdomen, ou bien elles sont parallèles comme celles de la gé- 
néralité des 'féléphoridcs. De même que chez ces derniers, elles sont 
finement rugueuses. 

Les pattes ne diffèrent de celles des Lycides que par la contiguïté des 
hanches intermédiaires, la présence accidentelle de courts éperons à 
l'extrémité des jambes (i), et la grandeur du 4« article des tarses, qui 
est, sauf quelques rares exceptions, divisé jusqu'à sa base en deux lo- 
bes, entre lesquels le pénultième article est assez souvent presque com- 
plètement enfoui. 

(1) M. Goureau (Ann. d. 1. Soc. entom. Sér. 1, III, p. 350) a émis l'opinion 
qu'ils ont pour but de permettre à ces insectes de voir en dessus. Mais comme 
ils mantiucnt lo plus souvent et qu'on observe tous les passages entre ceux qui 
sont suffisamment transparents, pour admettre le passage de la lumière et ceux 
qui sont presque opaques, cette façon de voir, empruntée aux causes finales, 
serait dillicile à justifier. Assez souvent les lames qui limitent latéralement la 
cavité dans laquelle est logée la tête, lames formées par les paraplcures pro- 
tlioraciqucs, sont à demi-translucides. 

(2) Les PuoTunis sont les seuls, et encore pas tous, chez lesiiuels cqux des 
jambes postérieures deviennent assez longs. 

Coléoptères. Tome IV. 20 



306 MALACODBRMKS. 

Le nombre typique des segments abdominaux est de sept (excepté 
chez les Luciola qui n'en ont que six), auxquels s'ajoute presque con- 
stamment chez les màlcs un huitième segment plus ciroit et en général 
très-distinct. Chez les femelles, ce segment supplémcnlai're n'existe que 
Irès-exceplionncllement. Dans les deux sexes, surtout chez les mâles, le 
dernier arceau dorsal subit de nombreuses modincalions et déborde sou- 
vent en arrière les segments ventraux (i). Enfin, toujours chez les mAles, 
l'abdomen est Iréciuemment dentelé ou lacinié latéralement. 

On a coutume de placer au premier rang, parmi les caractères des 
Lampyrides, l'appareil phosphorescent dont leur abdomen est le siège, 
et qui leur a valu de tout temps une sorte de célébrité. Mais, si son im- 
portance est grande, physiologiqucment parlant (-2), l'élude de ces in- 
sectes prouve qu'au point de vue systématique il ne peut servir qu'à 
très-peu de chose. Non-seulement il manque complètement chez un 
assez grand nombre d'espèces (par ex. Ellycoma) ; mais, dans une foule 
de cas, suit dans les deux sexes, soit chez l'un d'eux seulement, ses li- 
mites sont si vagues et si incertaines qu'il est impossible de préciser avec 
exactitude les segments abdominaux qu'il occupe (3) ; à quoi il faut 
ajouter qu'il varie beaucoup dans les espèces d'un même genre mani- 
festement naturel. 

(1) Les modincations de ces segments sont principalement sexuelles et assez 
souvent spécifiques. Elles pourront servir i grouper les espèces d'un mdme 
genre, mais je ne crois pas qu'elles aient la valeur générique que leur ont ré- 
cemment donnée M. De Motsclioulsky et M. J. L. Le Conte. Je ne les ai pas fait 
entrer dans les formules des genres. Lorsque j'en parle, j'appelle, pour plus de 
brièveté, dans les deux sexes : le dernier en dessous, arceau anal; le pénul- 
tième, arceau pré-anal; le dernier en dessus, arceaupygidial; enfin le huitième 
segment des mâles, arceau génital. 

(2) Les recherches sur cet appareil sont nombreuses. On en trouvera une ana- 
lyse bien faite dans Westwood, An Introd. to the mod. class. of 1ns. 1, p. 249. 
Parmi celles non mentionnées dans cet ouvrage, les plus importantes sont 
celles doMatteuci sur le Lampyris ilalica, consignées dans ses « Leçons sur I. 
phénom. phys. d. corps vivants», p. 151, et eu extrait dans les Comptos-rnndus 
de l'Acad. d. Se. 1843, X'V11,\). 309. Pour la structure de l'appareil en ques- 
tion dans le même insecte, voyez aussi Pcters in Milliers Arcliiv, 1841, p. 229. 

(3) On éprouve cette difDculté même en étudiant ces insectes à l'état vivant, 
ainsi que j'en ai fait souvent l'expérience sur les nombreuses espèces que j'ai 
observées eu Amérique. Elle est encore plus grande après leur mort, surtout 
chez les espèces dont l'abdomen est d'un blanc jaunâtre comme l'appareil lu- 
mineux lui-môme. Aussi dans la pratique est-on à chaque instant dans l'em- 
barras. J'insiste sur co point, parce que le dernier auteur qui s'est occupé do ces 
insectes, M. De Motsclioulsky, a précisément pris ces organes pour point de dé- 
part de sa classification, après la tète et les élytrcs, co qui l'a conduit d'abord à 
multiplier les genres au-delà de toute mesure, puis i disperser souvent très- 
loin les unes des autres, des espèces évidemment congénères, sans parler des 
erreurs matérielles qu'il a commises sur la position ou l'existence de l'appareil 
en question. 



lAMPVBIDES. 2(n 

Personne n'ignore que les Lampyrides sont des insectes crépuscu- 
laires ou nocturnes (0, et que, pendant le jour, ils se tiennent en repos 
caches sous les feuilles ou dans le gazon. L'illumination brillante qu'ils 
produisent, surtout dans les régions intcrlropicales, lorsqu'à l'entrée de 
la nuit ils sortent en grand nombre de leurs retraites, pour voltiger dans 
les airs ou se disperser sur les plantes, a été cent fois décrite, et a même 
inspiré les poètes. Sous leur dernière forme, ils vivent de substances 
végétales et, comme pour les Lycides, il est bien possible que plusieurs 
d'entre eux ne prennent aucune nourriture. On a cru pendant longtemps 
que leurs larves étaient également phytophages ; mais il est avéré au- 
jourd'hui qu'elles sont.au contraire, extrêmement carnassières et qu'elles 
se nourrissent particulièrement de Mollusques terrestres (2). 

Quatre d'entre elles, dont une seule exotique, sont connues en ce 
moment {s), et leurs caractères généraux peuvent se résumer ainsi: 

Leur corps, toujours très-déprimé, mais de forme et de largeur va- 
riables, est recouvert, tant en dessus qu'en dessous, de plaques cornées 
qui deviennent très -solides par la dessiccation. Les supérieures sont par- 
courues par un sillon médian superGciel ; celles de l'abdomen (sauf par- 
fois sur les deux derniers segments) sont partagées en trois parties pres- 

(1) Le Phosphœmis hemipterus d'Europe fait cependant exception à cet 
égard, comme on lo verra plus loin. 

(2) Maille est le premier qui ait fait connaître les véritables liabiludcs de ces 
larves, dans un Mémoire anonyme publié dans le Bullct. d. 1. Soc. philomat. 
février 1826, et en extrait dans les Ann. d. Se. nat. VII, p. 353, etFérussac' 
Bullet d. Se. nat. VII, p. 296. ' 

(3) Lampyris noctiluca, De Géer, Mém. d. l'Acad. d. Se. d. Paris; Mém. d. 
Sav. étrang. II, 1755, p. 621, pi. 9; il a reproduit cetio description dans ses 
M6m. IV, p. 36, j)l. 1, f. 21-33. — Lnciola italica, De Gécr, Mém. IV, p. 55; 
très-courte description. — Phosjjhœnus hemipterus, P. W. J. MuUcr in lUig! 
Magaz. IV, p. 182. — Âspidosoma candelaria, Goureau, Ann. d. 1. Soc. eutom. 
Sér. 2, III, p. 345, pi. 7, II, f. 1-C. — Pour une description générale, voyez 
Erichs. Arcliiv, 1841, 1, p. 90, et Cliapuis et Candèze, Mém. d. 1. Soc. d. Se d 
Liège, Vlll, p. 497. 

Il existe en outre dans les collections ou dans les auteurs plusieurs larves qui 
apparlienuonl plus ou moin.i certainement à cette tribu. — J'en ai sous les 
yeux une de Ceylan, de forme trcs-gréle, qui me parait être colle de quelque 
LucioLA. — M. Westwood (An. Introd. etc., I, p. 247, f. 26, n" 1) en a figuré une 
dû Valparaiso, qui est certainement aussi celle d'un Lampyride. — Doux autres 
très-singulières, de Java, dont l'une a été figurée depuis longtemps par M. Perty 
(Col. iDdiif or. pi. 1, f. 8, 9; voyez aussi Westwood, loc. cit. p. 254, f. 27, no 1), 
et l'autre publiée par M. Westwood (loc. cit. p. 259, f. 28, n» l),sont plus dou- 
teuses. M. Westwood pense que ce sont des laives de Lycides; suivant Erichson, 
co serait colles de quelques Lampyrides. Toutes deux présentent une anomalie 
remarquable : au lieu de neuf paires do stigmates seulement, elles en ont dix, 
dont une est sitséo sur le raétathorax; mais celle-ci est-elle réellement une dé- 
pendance de l'appareil respiratoire? 



308 MALACODEBMES. 

que égales, par deux sillons très-prononcés. La tête est très-petite, 
horizontale, complètement retirée dans le prolhorax et, en outre, comme 
invaginéc dans un repli membraneux qui cache les organes buccaux. 
Ceux-ci sont privés de labre et se composent : de deux mandibules 
grêles, arquées et très- aiguës; deux mâchoires terminées par un lobe 
grêle, cilié, bi-articulé et portant des palpes de trois articles, dont le 1" 
est gros, cylindrique, le 2° très-court, le 3° court et Irès-grcle; enfin, 
d'un menton sans languette, Qanqué de deux pièces palpigères portant 
les palpes labiaux de deux articles, dont le second est aciculé. De chaque 
côté de la tcte, se voit un ocelle arrondi et assez gros, en avant duquel 
sont insérées de courtes antennes dirigées en avant et composées de 
Irois articles, dont le dernier est très-court. Les trois segments thoraci- 
ques ne sont pas plus larges que ceux de l'abdomen, mais plus longs, 
surtout le prolhorax qui s'avance au-dessus de la tète cji un bouclier 
arrondi antérieurement, comme à l'état parlait. L'abdomen s'atténue 
graduellement en arrière, cl son dernier segment, qui varie, est pourvu 
d'un prolongement anal peu saillant (i). Les pattes sont très-robustes et 
composées d'une grande hanche transversale et appliquée contre le 
corps, d'un trochanter court, d'une cuisse assez longue, d'une jambe 
courte et d'un onglet représentant le tarse. Les neuf paires de stigmates 
sont situées inférieurement, à quelque dislance des bords latéraux (i), 
la première sur le mésothorax, les autres sur les huit premiers seg- 
ments abdominaux. 

En Europe, ces larves passent l'hiver sous cette forme et achèvent 
leur développement au retour de la belle saison. De Géer a fait connailrc 
une particularité intéressante de la mue qui précède leur transformation 
en nymphe. Leur peau, au lieu de se fetidrc supérieurement sur lu li- 
gne médiane du thorax, comme cela est de règle, le fait de chaque côté 
de cette partie du corps, cl c'est par la large ouverture qui en résulte 
que la larve extrait sa tcte et son abdomen. La durée de l'état de nym- 
phe est fort courte et ne se prolonge pas au-delà d'une huitaine de jours. 
Les nymphes des mâles ne présentent rien de particulier, tandis que celles 
des femelles aptères conservent la forme de la larve (3). 

(1) Maille (loc. cil.) a fait connaître que la larve du Lampyris noctiluca ftiit 
sortir à volonté de ce prolongement unohoupo do sept à huit filets blancs dont 
elle se sert pour nettoyer ses pattes et les parties antérieures do son corps lors- 
qu'elles sont souillées par les débris des Mollus(|ues dont elle vit. M. Goureau 
(loc. cit.) a retrouvé cet appareil cheï la larve do VAspidosoma candelaria, et 
il est probable (|u'il existe chez toutes celles de la tribu. 

(2) Suivant M. Goureau (loc. cit.), chez la larve do VAspidosoma candelaria, 
ils sont situés au sommet des angles des segments abdominaux qui font saillie 
sur les côtés. 

(.1) ■Voyez la figure que De Géer (Mém. IV, pi. 1, f. 2C) a donnée de la nym- 
phe femelle du L. noctiluca. 



LAMPYBIDE8. 309 

L'Amérique est particulièrement riche en Lampyrides ; elle en pos- 
sède à elle seule plus que toutes les autres régions du globe prises en- 
semble. En Europe, la tribu n'est représentée que par les trois genres 
LAMi'vnis, Puosi'UyENus et LucioLA. L'Afrique, les Indes orientales et 
l'Australie ne sont guère mieux partagées qu'elle sous ce rapport. 

Geoffroy est le premier qui ait isolé ces insectes sous le nom de Lam- 
pynis, mais en les associant à des Téléphorides et des Mélyridcs du 
groupe des Malachiides, confusion que Linné conserva et que ût cesser 
Fabricius. Sauf la création d'un petit nombre de coupes génériques 
pour des espèces exoliques par Uoffmanscgg (Amydetks) et M. K. Gray 
(CALVi'TocEpnAi.us, Megaloputualmus), Ic genre était resté intact, 
lorsqu'en 1833 M. De Caslelnau en fit l'objet d'un travail spécial (1), 
dans lequel il porta à vingt le nombre des divisions, tant génériques que 
sous-génériques. Récemmcnl, M. De Moischoulsky a repris ce sujet et 
augmenté considérablement le nombre des genres (2); quelque temps 
auparavant, M. J. L. Le Conte avait publié une Monographie des espè- 
ces d'une partie de l'Amérique du Nord (5). 

La classification de ces insectes présente de grandes difficultés, et, 
sauf ses bases, que je crois bonnes, la suivante ne peut être considérée 
que comme un essai tout-àfait provisoire. 

l. Tôle comijlètemont recouverte par le protliorax. Lampykides trais. 

n. — imparfaitement — Lociolides. 

Sods-Tribu I. Lampyrides vrais. 

Tête très-courte, sans aucune trace de col en arrière, fortement re- 
couverte par le prolhorax et en général entièrement rétractile dans la 
cavité de ce dernier. 

La majeure partie des espèces appartient h cette sous-tribu. Elle se 
divise en deux groupes naturels, selon que les deux sexes sont ailés ou 
non, caractère qui est accompagné d'une différence prononcée dans la 
forme des antennes. 

L Des ailes et des 61ytres complètes dans les deux sexes. Lccidotides. 
n. Ailes nulles et 6Iytres rudimcntaircs chez les femelles 

au moins. Lampyrues viiaus. 

(1) « Essai d'une révision du genre Lampyius. » Ann. d. I. Soc. cntom. II, 
p. 122. 

(2) Etud. entom. Ann. I, p. 25. Le nombre des genres admis par M. De Mot- 
schoulsky s'f lève i 64. Je n'ai pu conserver que deux (Cratosomus^ Lamimuceiu) 
de ceux qu'il a créés, et parmi les autres il en est quatre (Sïroncylomokpbos, 
Lyciinacbis, Cassidohobphus, Platylaupis) dont je ne saurais rien dire. 

(3) B Synopsis of tlio Lampyrida; of temperate Nortli-Ainorica. » Proceed.of 
Uie Acad. of Philad. V, p. 331. 



3t0 



MALACODEHHES. 



Groupe I, Luoidotldes. 



Des ailes et des élylres complètes dans les deux sexes. — Antennes 
au moins de la longueur du prolhorax, en général beaucoup plus lon- 
gues. 

Ce groupe est entièrement exotique, plus riche en espèces que les au- 
tres réunis, et c'est à lui que s'applique spécialement ce que j'ai dit plus 
haut des diflicullés que présente la classilicalion des I.ampyrides. La 
majeure partie de ses genres sont remarquables par le développemeut 
de leurs antennes, qui sont ou très-larges ou Oabellées, au moins dans 
l'un des sexes et souvent chez tous deux. Mais, dans les derniers genres, 
ces organes s'affaiblissent considérablement, en même temps que les yeux 
grossissent, surtout chez les mâles, double caractère qui est un ache- 
minement manireste vers ce qui existe dans le groupe suivant. 

Les antennes forment dès-lors le point de départ naturel pour l'ar- 
rangement des genres qui suivent. 

I. Antennes tiabellécs, pectinées ou au moins subdentées ; leur 2» article très- 
court, transïcrsai. 

a Antennes de onze articles. 

6 — flabellées, en général dans les deux sexes. 

c Leurs rameaux plus ou moins largos, droits. 

d Antennes biflabellées (o") ou bidontécs (?) : Lamprocera. 

dd — uniflabcllées. 

Élytres non subulées : Hyas, Cladodes. 
— subulées presque dès leur base : Dryptelytra. 
ce Rameaux antennalres très-grôlcs, contournés. 

Antennes biQabellées : Calyplocephalus. 

— uniflabcllées : Elhra. 

b b Antennes larges, dentées ou pcctinées, parfois flabcUécs : Lwernuta, 
Lueidota. 

aa Antennes de douze articles. 

Le 1" beaucoup plus grand que le 2" : Alecton. 
— petit ainsi que le 2° : Phausis. 
n. Antennes grêles, jamais dentées ni flabclléos ; leur 2» article an moins aussi 
long que large, obconique : Photinus, Cratosomus, Aspidosoma, 



LAUPTUIOES. 311 

LAMPROCERA. 
De Càsteln. Ann. d. l. Soc. entom. II, p. 129 (1). 

Palpes maxillaires Irèsrobasles; leur dernier arlicle plus long que les 
précédents réunis. — Têle entièrement rétraclile dans la cavité protho- 
racique; front large et plan. — Yeux médiocres. — Antennes subcon- 
liguës, de longueur variable, de onze articles : 1 très-gros et très-renflé, 
2 très-court, 3-10 bi-flabcllés chez les mâles, bi-pectinés chez les fe- 
melles, à rameaux assez larges, 11 plus long que les précédents, lamel- 
liforme. — Prothorax transversal, triangulaire, plus ou moins acuminè 
cl saillant en avant, rebordé partout, sauf à sa base ; celle-ci coupée 
carrément, avec ses angles arrondis. — Elytres très-amples , oblongo- 
ou ciliplico-ovales, présentant en avant, à quelque dislance de leur bord 
latéral, un sillon droit ou arqué. — Pattes robustes; jambes larges, ca- 
naliculées sur leurs deux faces ; tarses munis de peloltes en dessous ; 
Ici" article de la longueur des deux suivants réunis, le 4» très-robuste, 
recevant complèlemcnt le 5e entre ses lobes ; crochets courts, forts et 
très-arqués.— Abdomen faiblement lobe latéralement à son extrémité, 
chez les mâles. — Appareil phosphorescent peu développé. 

Grands et beaux insectes, propres à l'Amérique du Sud et remarqua- 
bles par la structure de leurs antennes. Les deux rangées que forment 
leurs rameaux sont parfois (Lalrciltei) presque d'égale longueur, mais 
en règle générale l'interne est beaucoup plus courte que l'externe, et, 
dans certains cas, fort réduite- 
Dans les deux sexes l'arceau pygidial est grand, presque carré et plus 
ou moins échancré au bout ; l'anal est fortement échancré également 
chez les mâles et triangulaire chez les femelles; le génital des premiers 
est petit. 

M.DeCaslelnau a reparti dans deux genres qu'il a fortement séparés, 
les deux seules espèces qu'il ait connues et qui doivent, à mon avis, ne 
former que deux sections d'un genre vraiment naturel, comme Dejean 
l'avait pensé. 

Ses LAMpnocEuA, ayant pour type le Lamp. Lalrcillei de Kirby (2), 
ont le corps moins large et moins court que dans la section suivante, 
les antennes nolablemenl plus longues que le protliorax(5), Irès-longue- 
mcnl Babel lées chez les mâles, avec les rameaux égaux. L'espèce typique 

(1) Syn. Lucio, CastcUi. loc. cit. p. 135. — Selas (L/iMPROCER*etLucio) Dej. 
Cat. éd. 3, p. 113. — HoMAMsns Perly, Sturm. 

(2) Trans of the Linn. Soc. XII, p. 387, pi. XXI, f. 4,cf (Homal. grandis, 
Sturm, Catal. 6d. 1826, p. 58, pi. 1, f. 5 d'I- 
IS) Ce caractère est purement spécifique ; j'ai sous les yeux la femelle d'une 

espèce inédite clicz laquelle ces organes sont à peine aussi longs que chez les 
Lvcio du même sexe. 



312 MALACODEBUES. 

a une tache lumineuse sur le milieu du 5» segnienl abdominal chez les 
mâles (1); deux peu apparentes et parfois invisibles existent sur les côtés 
du segment anal chez les femelles. Les espèces qui me sont connues 
ont des taches ou des bandes longitudinales fauves sur les éljlrcs, avec 
le prothorax fauve et diversement maculé de noir (2), 

M. De Castclnau a fondé son genre Locio sur la femelle d'une es- 
pèce (3) dont l'abdomen est fauve en entier, mais dont l'appareil phos- 
phorescent est en réalité pareil à celui des femelles de la section précé- 
dente. Dans les autres espèces, inédites ou non (4), l'abdomen est noir. 
Aucun mâle de cette section n'a encore été décrit ni figuré. Les an- 
tennes de ce sexe ne diOèrent de celles des LAniraocEnA, qu'en ce que 
leurs rameaux sont plus courts (quoique toujours très-dèveloppés) et 
plus ou moins inégaux. Son appareil lumineux consiste en deux taches 
latérales situées sur l'arceau anal ; le bord postérieur du pré-anal sem- 
ble être phosphorescent dans certains cas. Ces insectes sont plus larges 
que les Lamphocera et scutiformes. Tous ceux connus sont d'un noir 
profond, avec le bord antérieur du prothorax fauve dans son milieu. 
L'espèce décrite par M. De Casteinau présente seule, au milieu do 
chaque élytre.unc très-petite bande maculaire et transversale de même 
couleur. 

(1) Cette tache est très-apparente cl nettement limitée dans les nombreux 
exemplaires que j'ai sous les yeux. On no s'explique pa» dès-lors que M. De 
Motschoulsky ail placé le genre dans sa secUon des Lampyridos sans appareU 
phosphorescent. 

(2) Une seconde espèce de cette section est la Lamproc. trimacvlata, Molsch. 
Etud. entom. 2» ann. p. 2, 9 ; du Brésil comme la Lalreilki. J'en connais deux 
autres nouvelles du même pays. — Les Lamproctra flavofasciata cl ftavoqua- 
drata de M. Blanchard (in d'Orb. Voy.; Entom. p. 123, pi. 7, f. 1, 2) sont très- 
probablement, d'après leur fades, des femelles du même genre, et c'est par mé- 
garde, sans doute, que cet auteur décrit leurs antennes comme étant unidon- 
tées; elles sont visiblement bideutécs dans les ligures citées. 

(3) i. ahdominalis, Casteln. loc. cit. ; j'ai so«s les yeux l'exemplaire môme sur 
lequel le genre a été londè. La descripliou (pic donne des antennes M. De Cas- 
teinau est inexacte. 

(4) La seule décrite est VHomal. blattinus, Pcrly, Del. anim. art. BrasU. 
pL 26, f. 1. M. Perty n'a connu que la femelle; je l'ai, ainsi que son mâle, en- 
tre les mains. — Le Selas testudinaria de Dejoan (loc. cil.) doit être rapporté 
ici. — Je soupçonne également que c'est sur une femelle do ce groupe qu'a 
été établi le genre Lyciinacius do M. De Motschoulsliy (Etud. entom. 1" ann. 
p. 33), qui ne comprend qu'une espèce (L. triguUula, ibid. 2" ann. n. 11): du 
Brésil? »- » V h 



LAJtPVRIDES. 313 

H\AS. 

De Casteln. Ann. d. l. Soc. entom. Il, p. 134 (1). 

Genre trcs-voisin des Lahpbocf.ba et n'en difl'éranl que par les deux 
caractères qui suivent : 

Articles 3-10 des antennes triangulaires cl énaeltant chacun un assez 
long et large rameau chez les mâles, fortement dentés ou subpcctinés 
chez les Temelles. — Dernier article des tarses moins robuste et en 
partie dégagé du lobe du pénultième. 

Ces insectes ont les plus intimes rapports de forme avec les Lahpbo- 
CEBA du groupe des Lucio; ils sont seulement encore plus larges, plus 
scutiformes et moins convexes. Les anneaux terminaux de l'abdomen 
et l'appareil lumineux sont construits d'après le même type que chez ces 
derniers ; le second est de même habituellement invisible chez les fe- 
melles. 

Les IIyas sont également propres à l'Amérique du Sud. Leur taille 
est un peu inférieure à celle des Lasiproceba, et la plupart sont assez 
difliciles à distinguer entre eux. Tous sont en cfl'et d'un jaune testacé 
en dessus, avec des taches noires sur le prothorax et les ëlytrcs, ou 
vice versa. Il n'y en a encore, à ma connaissance, que quatre de dé- 
crits (a). 

CLADODES. 

SoiiEit in 6at, Hisl. d. ChUe; Zool. IV, p. 444 (3). 

Palpes maxillaires assez robustes; leur dernier article de forme nor- 
male, plus court que les précédents réunis. -^ Tête rentrant en grande 
partie dans l'intérieur du prothorax; front large. — Yeux médiocres. — 
Antennes subcontiguos, médiocres, de onze articles: i rende en massue, 
2 très-court, 3-10 subcylindriques, llabellés en éventail, leurs rameaux 
plus ou moins larges, subégaux, 11 allongé, lamelliforme. — Protho- 
rax aussi long que large chez la plupart, ogival et parfois saillant et acu- 
luiné en avant, largement rebordé sur les côtés ; sa base légèrement 

(1) Syn. Avec, DeJ. Cat. éd. 3, p. 113. 

(2) Lamp. flahellata {Auge Olivieri Dej.), gultata {flabellata var.?) Fab. Syst. 
El. II, p. 106; Cayenne. — L. denticornis {A. Panzeribc).), GcTma.T, lus. Spec. 
no?, p. 67; Brésil. — /.. scissivcnlris, Perty, Del. Anim. art. Brasil. p. 26, pi. 6, 
f. 2; mémo pays; M. De Casteluau (Uist. nat. d^ Col. I, p. 266) le confbnd i 
tort avec le précédent. 

(3) Syn. RiiipiDOPHsnus, Solier, loc. cit. p. 442. — Nïctocbepis, Motsch. Etud. 
cntom. l'o ann. p. 33; nom postérieur d'environ trois ans à ceux do Solier. — 
NuciocBAius, Dej. Cat. éd. 3, p. 113. 



314 MAI,ACODBBMES. 

échancrée en arc de cercle, avec ses angles aigus, mais non saillants.— 
Elytres oblongo-ovales ou graduellement élargies en arrière. — Pattes 
mcdiocrcmcnl robustes ; tarses munis de peloltes en dessous; le 1" ,ir- 
ticle des postérieurs au moins aussi long que les suivants réunis, le 4" ne 
recevant qu'à moitié le S». — Ahdomen fortement lobé sur les côtes, 
tantôt dans toute sa longueur, tantôt k son extrémité seulement. 

Solier, qui n'a connu que deux espèces chiliennes de ce genre, les a 
placées dans deux genres distincts basés sur la forme du dernier article 
des palpes maxillaires. Il réservait le nom de Cladodes à celle chez qui 
cet article est conique, et celui de RnipiDornonus à celle chez qui il est 
sécuriformc (1), tout en convenant que ces deux genres devraient à la 
rigueur n'en former qu'un. Cet article, en elTet, varie presque dans 
chaque espèce et ne saurait à lui seul avoir une valeur générique. 

Quoique j'aie vu un assez grand nombre de ces insectes, je n'ai ren- 
contré parmi eux aucun exemplaire qui parut être femelle, de sorte que 
je ne saurais rien dire de ce sexe. Mais je suis Irès-porté à croire que 
ses anteiHics ne difl'èrcnt pas de celles des mâles et qu'il ne se distingue 
de ces derniers que par la forme des segments terminaux de l'abdomen 
et, peut-être, par les organes de phosphorescence. 

Ceux-ci, dans tous les individus mâles que j'ai sous les yeux, consis- 
tent en deux petites taches latérales situées sur l'arceau anal. Ce der- 
nier est court et muni d'une longue et étroite saillie médiane ; le géni- 
tal est conique et allongé, le pygidial plus ou moins trilobé. 

Ces insectes propres, comme les précédents, à l'Amérique du Sud, 
sont d'assez grande taille, de forme variable, et leurs couleurs se bor- 
nent au noir, au fauve et au blanc testacé, mais combinés d'une manière 
différente dans chaque espèce. Leurs antennes sont fortement llabcllées, 
sauf dans une seule espèce {Demoulinii) chez laquelle leurs rameaux 
sont de longueur médiocre. En ce moment cinq espèces seulement sont 
décrites (2). 

DR-yPTELYTIU. 

De C/iSTEi,N. Ann. d. l. Suc. entom. II, p. 128. 

Palpes courts et peu robustes ; leur dernier article médiocrement sé- 
cariforme. — Tète courte, entièrement rélractile dans le prolhorax ; 
front assez large. — Yeux assez gros. — Antennes conliguës, courtes, 

(1) Solier se trom|iait; cot article n'est pas sécuriforme, mais seulement plus 
large que de coutume et tronqué inférieuromont au lieu do l'être sur son bord 
interne. 

(2) Cl. flabeUatus, Solier, loc. cit. p. 445, Col. pi. 11, f. 2; du Chili, ain«l 
que le suivant. — Rhip. atifr, Solier, ibid. p. 44.1, Col. pi. 11, f. 1. — Nyct. 
Demoulinii, flabellicornis, lamellicornis [Nyct. Lacordairoi Doj ,) , Motscli . Elud. 
entom. 2' aon. p. 10; du Brésil. J'en connais trois autres espèces inédites. 



LAHPyaiDES. 31S 

graduellement et fortement atténuées, de onze articles : 2 h peine dis- 
tinct, 3-10 transversaux, puis s'allongennt peu à peu, flabellés en éven- 
tail ; leurs rameaux larges, égaux, aussi longs que l'antenne entière. — 
Prolhorax transversal, arrondi cl un peu anguleux en avant, coupé car- 
rément en arrière, avec ses angles postérieurs arrondis, largement fo- 
liacé et relevé sur les côtés. — Elylres linéaires, subulécs à peu de dis- 
tance de leur base et laissant les ailes inférieures à découvert entre 
elles. — Pattes longues et grêles; lof article des tarses aussi long que 
les suivants réunis; le 4o recevant en partie le 5»; ses lobes grêles. — 
Les trois pénultièmes arceaux dorsaux de l'abdomen très-fortement lo- 
bés sur les cotés. — Corps allongé, parallèle, plan. 

La forme des élytres suflit à clic seule pour faire reconnaître ce genre, 
voisin, du reste, des Cladodes par l'ensemble de ses caraolères. Il ne 
comprend qu'une rare espèce (1) deCayenne, dont j'ai, le premier, rap- 
porté dans le temps quelques exemplaires. Cet insecte est de taille 
moyenne, d'un beau jaune, avec le somiçct des rameaux antennaires et 
les élytres d'un noir brunâtre; celles-ci sont rugueuses, sans lignes sail- 
lantes et étroitement bordées de jaune dans toute leur longueur. Les 
deux exemplaires que j'ai sous les yeux sont des mâles. 

Leurs organes lumineux occupent les bords latéraux des arceaux pré- 
anal et anal. Celui-ci est court, bisinué; l'anal très-allonge et conique; 
le pygidial assez court et fortement trilobé. Tous, par conséquent, res- 
semblent à ceux des Cladodes. 

CALYPTOCEPHALUS. 

Gray in GniFFiTir^ Anim. Kingd,; Ins. l, p. 370 (2). 

Palpes médiocrement robustes; Icnr dernier article assez court, ovale 
cl acuminé ou légèrement sécuriformc. — Tête cnlièrenirnt rélractile 
dans le prolhorax^ front large. — Yeux assez grands, peu saillants. — 
Antennes conliguës, longues, très-grêles, graduellement atténuées, de 
onze articles : 1 en cône renversé, 2 très-court, 3-10 allongés, émettant 
chacun, dans les deux sexes, deux très- longs rameaux grêles et contour- 
nés sur eux-mêmes, 11 pareil à ces rameaux. — Prothorax plus long 
que large, fortement rétréci et souvent acuminé en avant, faiblement 
rebordé sur les côtés, i peine échancré à sa base, avec les angles de 
celle-ci obtus, — Elylres allongées, subparallèles. — Pattes longues et 

(1) n. cnyennensis, Castcln. loc. cit.; c'est le Nyctocharis phyllogasier de 
Dejean, Cat. 6d. 3, p. 113. 

(2) Syii. PsiLOCi.*i)us, BlttDCh. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 121. — Poliacla- 
sis, Newm. Tlio entom. Magaz-V, p. 382. M. J. L. Le Conle (Proceed. of tha 
Acad. of Pliilad. V, p. 322) a remplacé ce nom mal fait par celui de Poiici*- 
sis. — AcTENisTA pars, Dej. Cat. éd. 3, p. 113. 



316 HALACODERMES. 

grêles, mais toujours comprimées: 1" article des tarses aussi long que 
les suivants réunis; le 4° petit, recevant complètement le 5«; crochets 
petits cl simples. — Abdomen fortement lobé latéralement chez les 
mâles. — Corps allongé, subparallèle. 

Ces insectes diffèrent de tous les précédents, non-seulement par leur» 
antennes, mais par leur forme générale qui est très-voisine de celle des 
Telephoros. L'arceau génilal chez les mâles est subcylindrique et très- 
allongé ; l'anal est tronqué dans le même sexe, p( triangulaire chez les 
femelles ; le pygidial largement échancré dans les deux sexes. L'appa- 
reil lumineux est nul ou occupe les côtés de l'anneau anal (i), dans les 
espèces qui me sont connues. 

Le genre Psilocladus de M. Blanchard est complètement identique 
avec celui-ci. M. Newman a établi celui qu'il a nommé Poixaclasis 
sur le Lamp. bifaria de Say (a), qui ne s'éloigne des espèces ordinaires 
qu'en ce que ses rameaux antennaires sont beaucoup plus courts, 
caractère qui n'est manifestement pas générique. 

Les Calyi'tocepualiis sont américains cl, sauf l'espèce dont il vient 
d'être question, propres à l'Amérique du Sud. Leur taille est moyenne, 
el le noir, diversement combiné avec le fauve, forme leur livrée (.%). 



De Casteln. Ann. d. l. Soc. entom. II, p. 133 (4). 

Ce sont des Calyptocephalus dont les rameaux antennaires ne for- 
menl qu'une seule rangée au côté interne. 

Tout le reste est semblable, sauf quelques différences spécifiques 
dans la forme des derniers segments de l'abdomen. Ainsi, l'anal des 
mâles est parfois échancré, leur génital est plus court, et le pygidial, 
dans les deux sexes, est tantôt tronqué, tantôt légèrement trilobé, par- 

(1) Jo n'en vois aucune trace dans les deux sexes du foseiatus, du Goryi et 
du thoracicm. Il est^ au contraire, très-apparcnl chez le mile Uu stipulicornis 
où il occupe, sauf un étroit espace médian, le segment indiqué. 

(2) Boston Journ. of nat. Hist. 1, p. 157 (PoUacl.ovata Newm.). 

(3) C. fasciaius, Gray, loc. cit. pi. 39, f. 5; Guyane anglaise. — Goryi {Aclm. 
unifasciata Dej.), Ihoracicus {À. mclanoplera Dej.), Casteln. Ann. d. 1. Soc. 
entom. II, p. ];)0; Gayenne. — Psil. miltoderus, Blanch. loc. cit. p. 122; du 
pays des Chiquitos. — C. stipulicornis {Ad. fcstiva Dej.), Motsch. Etud. en- 
tom. Ann. U, p. 9; Brésil. 

(4) Syn. Cladopiiouus, Gray in Griffltli, Anim. Kingd.; Ins. I, p. 371; nom 
employé antérieurement par M. Guérin-Ménevillo pour un genre de Lycide»; 
Voyez plus haut, p. 299. — Eucladisus (Cudopuorus), Westw. an Introd. to 
the mod. classif. of Ins. I, p. 257. — Actenisia pars, Dej. Cat. éd. 3, p. 113. 
— Vesta, Casteln. loc. cit. p. 132. 



LAMPVBIDES. 3t7 

fois même arrondi. L'appareil lumineux manque de même assez fré- 
quemment. 

Les espèces typiques sont propres à l'Amérique du Sud (1); mjis il 
existe à Java une espèce (2) de plus grande taille qui n'en diffère 
que par ses rameaux antennairés de moitié plus courts, et en ce que 
l'arceau anal des mâles est muni d'une longue épine médiane. M. De 
Casteinau en a fait, sous le nom de Vesta, un genre à part, qui ne me 
parait bon qu'à former une section dans celui-ci, comme les Pollacla- 
sis de M. Newmann le font parmi les Calyptocei-dalus. Depuis, 
M. Blanchard a appliqué ce nom de Vesta à des espèces américaines ; 
mais celui d'ETBUA doit avoir la préférence, M. De Casteinau l'ayant 
proposé pour les espèces du même pays. 

LUCERNUTA. 
De Casteln. Ann. d. l. Suc. entom. II, p. 143. 

Palpes robustes; leur dernier article de forme normale. — Tête en- 
tièrement rélractilc dans le prothorax; front large et plan. — Veux as- 
sez gros chez les mâles. — Antennes subcontiguës, de la longueur de la 
moitié du corps, robustes, de onze articles : 1 gros, obconique, 2 trans- 
versal, S-10 allongés, larges, un peu anguleux à leur sommet, tl de 
même longueur, arrondi au bout. — Prolliorax transversal, demi-circu- 
laire en avant, fortement rebordé, sauf à sa base qui est coupée presque 
carrément, muni en avant de deux taches vitrées, nettement limitées. — 
Elytres régulièrement ovales, rebordées latéralement. — Pattes robus- 
tes; l''' article des tarses aussi long que les deux suivants réunis, le 4» 
grand, recevant en grande partie le 5"; crochets simples. — Abdomen 
fortement iobé sur les cùtés en arrière. — Corps large, ovale. 

M. De Casteinau n'a fait de ce genre qu'une division des Puotinds 
qu'on trouvera plus loin, et y a compris <les espèces qui ne sauraient 
rester associées. Je n'y laisse, avec M. De Moischouischy (3), que les 
deux qu'il a placées en tête (4). Ce sont de grands insectes du Brésil, 
très-voisins des Ldcidota, mais qui en dilTcrent par leur abdomen lobé 

(!) Clnd. marginatus, Gray, loc. cit. pi. 39, f. 4{Acten. mystacina Dej.); 
Brésil. — E. lateralis, interrupta, Castoln. loc. cit.; Brésil. — Vesta chicti- 
coUis, du Chili; grntiosa, du pays des Chiquitos; Blaiich. iii d'Orb. Voy.; 
Entom. p. 122, pi. Vil, f. 4, 5. — E. axillaris, Motscli. Etud. entom. Ann. U, 
p. 8 ; Brésil. — VActenisla cacica de Dcjean (loc. cit.) appartient aussi au genre. 

(2) Vesta Chevrfilatii, Casteln. loc. cit. p. 13it. L'exemplaire mMe, qui a servi 
h M. De Custulnau, m'a été obligeaœuienl communiqué par M. Chevrotât. 

(3j Etud. eatom. Ann. I, p. 39. 

(4) Lamp. Savignyi, Kirby, Trans. of tho Linn. Soc, XU, p. 388. — L. fe- 
nestratu, Germar, 1ns. Spoc. nov. p. 66 [Savignyi var'?). 

U existe daus les collections quelques espèces inédites des Indos-Oricotales et 



318 MALACODERMES. 

latéralement, les taches vitrées de leur proihorax et, caractère qui n'a 
qu'une faible importance, par leurs antennes plus courtes. Ces deux 
espaces sont noires, avec les bords latéraux du prolhorax cl une bande 
marginale sur chaque éljtre, blanchâtres, système de coloration très- 
commun chez les Lucidota. 

Les organes lumineux occupent les trois derniers segments abdomi- 
naux. L'arceau génital des mâles est conique, leur anal étroit et légère- 
ment échancré, celui des femelles triangulaire; dans les deux sexes, le 
pygidial est largement et faiblement échaneré. 

LUCIDOTA. 

De Casteln. Ann. d. l. Soc. eniom. Il, p. 136 (1). 

Palpes rof)ustes ; leur dernier article de forme normale. — Télé des 
LocEnNUTA. — Yeux médiocres dans les deux sexes. —Antennes très- 
longues, surtout chez les màlcs, de onze articles : 1 gros, arqué, 2 très- 
court, 3-10 larges, triangulaires, assez souvent Qabcllés, au moins den- 
tés. — Proîhorax de longueur variable, en général rétréci et saillani, 
parfois semi-circulaire en avant, rebordé latéralement, légèrement 
échaneré en arc de cercle ou bi-smué à sa base, rarement muni de ta- 
ches vitrées en avant ; celles-ci jamais nettement limitées. — Elylres 
presque toujours allongées et parallèles. — 1er article des tarses de la 
longueur des deux suivants réunis, le i" recevant plus ou moins com- 
plètement le 5". — Segments abdominaux simples ; leurs angles parfois 
aigus et un peu saillants, mais à proprement parler non lobés chez les 
mâles. — Gtrps allongé et parallèle, rarement oblongo-ovale. 

Genre riche en espèces et essentiellement caractérisé par la longueur 
et la forme plus ou moins large des antennes, qui sont, du reste, extrê- 
mement variables, même à ces deux points de vue. Il y a des espèces 
(par ex. (labellicornis) chez qui elles sont fortement llabellées, tandis 
que chez d'autres elles sont faiblement dentées ; mais, entre ces deux 
extrêmes, on trouve les passages les plus insensibles, de sorte que ces 
modifications sont presque spéciliqucs. Les femelles ne semblent diffé- 
rer nullement ou que très-peu de leurs mâles à cet égard, du moins chez 
les espèces qui me sont connues. 

de la Chine, beaucoup plus petites que les précédentes, do couleurs autres, 
mais qui en présentent tous les caractères essentiels et qui devront leur étro 
associées. Aucune no liguro, à xna connaissance, dans le catalogue de Dejean, 
ni n'est décrite. 
(1) Syn. LYCHNunis, Dcj. Cat. éd. 3, p. 113. — Lyciinubis, Trilycunia, Di- 

LYCHNl*, MeSOLAMI'IS, LïOe^0GASTEB, PsEUBOLYCIINUmS, PaCHVLÏCHNIA, LdCU)0TA, 

Motsch. Etud. entom. 1'» ann. p. 28 sq. — Lucerhdta J. L. Lo Conte. — Pï- 

RACTOHENA SoUor. 



LAHPYBIDES. 3)9 

Tout le reste ne varie pas moins chez ces insectes, el les huit genres 
dans lesquels les a répartis M. De Moisclioulsky sont loin de suffire pour 
exprimer toutes les modifications que subissent leurs organes de phos- 
phorescence et leurs derniers segments abdominaux (1). De tous ces 
genres, doux (Lycunuris, LvciiNOGASTun) dont les espèces ont l'abdo- 
men assez l'orlcmcnt lobé latéralement chez les mâles, pourraient seuls 
être conservés, en les fondant en un seul, s'il n'y avait pas des transi- 
lions à cet égard entre eux el les autres. 

Les LuciDOTA paraissent être répandues dans presque toute l'étendue 

(1) Jo no saurais donner l'analyse de ces genres, faute d'une précision suffi- 
sante dans les caractères qui leur sont assignés. Six d'entre eux sont placés dans 
une division caractérisée par la présence de faibles taches pliosphoresccntos sur 
le premier segment abdominal ou sijr le prothorax (jo no conuaiii aucun Lam- 
pyride qui soit dans l'un ou l'autre de ces deux cas), et partagée en sous-sec- 
tions de la manière suivante : 

A. Prothorax pourvu de taches translucides. 

Lycunubis. Type: L. Klugii, Motsch. loc. cil. Il, p. 104; du Brésil. — Le 
Lamp. atra Fah. (Entom. Syst. II, p. 101; lalicornis Fab. Syst. El. II, p. 100; 
Lychn. morio Mclsheim.),de l'Amérique du Nord, que M. de M. lui donne pour 
congénère, avec doute il est vrai, n'a aucune trace de taches translucides sur 
le prothorax. 

B. Prothorax sans taches translucides. (Sur les cinq genres qui suivent, deux, 
les Mesolampis et les Lycnogasteh, en possèdent.) 

a. Des taches phosphorescentes sur le milieu du 5" segment abdominal, au 
moins dans l'un des sexes. 

Trii.ychnia. Type : Homalisus mœstm, Perly, Del. Anim. art. Brasil. p. 27, 
pi. 6, f. 5; du Brésil. — î". ruficoUis, du Brésil; flavipes, do Cayenne; Motsch! 
loc. cit. Il, p. 6 

DiLYCUNiA : D. basalis, ruficoUis , Molsch. loc. cit. II, p. 7; du Biésil. 

Mesolami'Is. Type : L. flabellicornis, Fab. Syst. El. II, p. 107; du Brésil.— 
pectinicornis, Motscb. loc. cit. II, p. 7; du môme pays. 

LvCHNOGASTEU. Type : Lamp. appendkulala, Geimar, Ins. Spec. nov. p. 65; 
du Brésil. — cinctus, dUaticornis, anrjuslaliis , Motsch. loc. cil. Il, p. 8; du 
même pays. Les caractères de ces espèces ne s'accordent pas bien avec ceux de 
l'espèce typique. 

aa. 5" segment abdominal sans taches phosphorescentes; un vestige de ces 
taches sur le dernier seulement. 

PsEUBOiYciiNunis. Types : P. viWflia, SMfuraii.ç, Motsch. loc. cit. II, p. 9; de 
Colombie. J'ai sous les yeux dix exemplaires de ces esijèces et ne leur vois 
aucun vestige d'appareil lumineux. 

Les deux genres qui suivent sont séparés des précédents par dix-sept autres 
genres, et l'un de l'autre par les Puotinus. Ils sont placés dans une division ca- 
ractérisée par la présence de taches phosphorescentes sur les deux derniei-s 
segmcftls abdominaux. 

Pacuvi.ïchnia. Type : P. lunata, Motsch. loc. cit. U, p. 41; du Brésil. 

LuciDOTA. Type : L. Banonii {depressicornis Dej.), Casteln. Ann. d. 1. Soc. 
eut. 11, p. 137; do Cayenoe. 



320 HALACODEniHE;. 

de l'Amérique. Leur taille varie beaucoup, mais est, en général, au- 
dessus de la moyenne. La grande majorité d'entre elles sont noires, avec 
les bords latéraux fhi prolhorax el une bande submargiiiale, sur chaque 
élytre, de couleur blanche (i). 

ALECTON. 

De Casteln. Ann. d. l. Soc. entom. U, p. 135. 

Palpes maxillaires courts et très-robustes, leur dernier article briève- 
ment conique, acuminé. — Tète entièrement rétractile dans le pro- 
thorax; front large, plan, — Yeux médiocres. — Antennes courtes, 
Irès-robusles, de douze articles : 1 très-gros, obconique, 2 fortement 
transversal, 3 plus long que 4-10; ceux-ci transversaux, serrés, subim- 
briqués, fortement dentés au coté interne, 11 plus long, en cône ren- 
versé, 12 petit, obtus au bout. — Prolhorax aussi long que large, rétréci 
et saillant en avant, légèrement échancré en arc de cercle à sa base. — 
Elytrcs à peine plus larges que le prothorax, très-régulièremenl ovales, 
largement arrondies en arrière. — Pattes courtes el robustes; le 1"'' ar- 
ticle des tarses presque aussi long que les trois suivants réunis, le 4o 
court el étroit, recevant inconiplètemcnl le S". — Abdomen médiocre- 
ment lobé sur ses bords chez les mâles. — Corps régulièrement ovale, 
à téguments assez solides. 

L'un des meilleurs genres de la tribu. Il ne comprend jusqu'ici qu'une 
rare espèce de l'Ile de Cuba {A.dorsalis Casteln.), de taille moyeinie et 
voisine pour la forme de certaines Casstda européennes (par ex. C.mur- 
rœa). Elle est d'un beau jaune orangé, avec une grande tache commune 
eldiscoïdale, d'un noir profond sur les élytres, et qui occupe en entier la 
base de ces organes. Les quatre derniers articles des antennes sont de 
la même couleur. 

Je n'ai vu que l'exemplaire mâle de la collection de M. Chevrolat, sur 
lequel M. De Castelnau a établi le genre. Son appareil lumineux est 
nul (-2). 

(1) Aux espèces mentionnées dans la nolo précédente, aj. : Esp. de l'Amer, 
du Sud, : i. compressicornis,Fà)i. Syst. El. U, p. 103. — L. thoracica, Oliv. 
Entom. Il, 28, p, 27, pi. 3, f. 29 ai (an liuj. gêner?). — L. pliylloccra, 
Wiedcm. in Germar, Mag. IV, p. 22; Brésil. — Lucid. thoracica (noc Oliv.), 
de Cayenne ; (imf/ato, modes(o, (inleiinatu, du Brésil; Casteln. Ann. d. 1. Soc. 
entom. II, p. 137. — Lucid. elomjata, Blancli. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 121, 
pi. 7, f. 3; du Brésil. — Esp. de l'Amer, du Nord : Lucernuta tarda, punc- 
tafa, J. L. Le Conte, Procood. oftlie Acad. of Pliilad. V, p. 332. 

Solier (in Gay, Hist. do Cliile; Zool. IV, p. 446) a décrit neuf espèces dePï- 
iiACTOMENA, du Chili, sous les noms de compressicorne^ vicinumj lugubre, ài- 
notatum, fissicoUe et brevicotle; toutes me sont connues et appartiennent au 
genre actuel. 

(2) Je n'en vois du moins aucune traec ; mais comme l'abdomen est entière- 



LAMPVniDES. 331 

PHAUSIS. 
J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. V, p, 337. 

Je n'ai pas vu ce genre en nature et ne peux que reproduire les ca- 
ractères que lui assigne M. J. L. Le Conte. 

Antennes de douze arliclcs, courtes, dentées, comprimées; leurs ar- 
ticles 1-2 petits, le dernier subulè, très-petit, à peine distinct. — Palpes 
très-courts. — 4" article des tarses court, bilobé, le S* long ; crochets 
simples. — Les trois derniers articles de l'abdomen phosphorescents. — 
Le dernier arceau dorsal échancré. 

Il me paraît, d'après cette formule, que le genre est voisin du précé- 
dent, quoique Dejcan ait placé parmi les LAMPvnis l'unique espèce qui 
le compose, le Lamp. rcliculala de Say (1). Aucun Lamptiiis propre- 
ment dit n'a des antennes faites comme il est dit plus haut. Cet insecte 
se trouve dans la Géorgie où il est rare, à ce que dit M. J. L. Le 
Conte. 

PHOTINUS. 

De Casteln. Ann. d. l. Soc. enlom. II, p. 141 (2). 

Palpes robustes ; leur dernier article de forme normale. — Tète en 
entier rétraclile dans le prothorax ; front plus ou moins large, plan. — 
Yeux souvent plus gros chez les mules que chez les femelles. — Anten- 
nes un peu distantes, généralement médiocres, subGliformes ou com- 
primées, atténuées h leur extrémité, de onze articles : 1 peu robuste, en 
cône renversé, 2 aussi long que large, obconique, 311 subégaux. — 
Prolhorax tantôt demi-circulaire, tantôt anguleux en avant, en général 
faiblement rebordé sur les cotés, rarement muni de taches translucides 
en avant; ces dernières jamais neltomont limitées. — Elytres de forme 
variable. — Pattes plus ou moins robustes, comprimées; 1'"' article des 
tarses postérieurs au moins aussi long que les deux suivants réunis; le 
8" presque entièrement reçu entre les lobes du précédent. 

mont fauve, il est possible que leur invisibilité après la mort soit due à cette 
circonstance. 

(1) Journ. of the Acad. of Philad. V, p. 163 [Lamp. brevicornis Dcj.). 

(2) Syn. EnvTnnoLYCUNiA, Ei.i.ipolampis, Mackoi.ampis, Lamtoodes, Piiotinus, 
RoBOPDs, Caixopisma, Pycoi.ampis (Dej.), Motscli. Etud. cntom, Ann. I, p. .'iC 
sq. — Eluchnia (Dcj.), J. L. Le Conte, Procecd. of tho Acad. of Philad. V, 
p. 333. — PvKOPYGt (Ellycunia), Motsoh. loc. cit. p. 28. — Ptrectomena (Dej.), 
J. L. Le Conte, loc. oit. p. 336. — Ptm.ctosoha (Pvbectobena), Motsch. loc. 
cit. p. 38. 

Coléoptères. Tome IV. 21 



322 MALACODBnMES. 

Ce genre, tel qu'il est établi ici. correspond non-seulement aux Pao- 
nnes Caslcln., mais encore aux Ellychnia et Pïhactomk«a de Dejean, 
ne parvenant pas, abstraction faite de l'appareil phosplioresccnt et des 
derniers segments de l'abdomen qui varient comme de coutume, à trouver 
entre ces insectes autre chose que des dilîcrcnccs dans la forme géné- 
rale qui passent insensiblement les unes dans les autres. Ainsi constitué, 
il se distingue de lous les genres qui précèdent, par la forme des anten- 
nes dont le 2° article n'est pas transversal, et des deux suivants par 
l'absence d'une dent à la base des crochets des tarses. 

Les huit4)remiers genres cités dans la synonymie ont clé créés par 
M. de Molschoulsky, aux dépens des Pygolampis de Dejean, et disper- 
sés par lui, pour la plupart, à de grandes distances, d'après leurs organes 
lumineux. On peut les disposer d'une manière plus naturelle dans l'or- 
dre suivant. 

A part quelques exceptions, ses MAcnoLAMPis comprennent les plus 
grandes espèces du genre (1). Elles ont, sous le rapport de la forme et 
des couleurs, la plus grande analogie avec les Lucidola [labellicornis, 
dilalicornis, etc. En règle générale, leurs deux pénultièmes segments 
abdominaux sont phosphorescents dans les deux sexes. 

Les Ellipolami'is n'en dilTcrcnl que par leur taille beaucoup plus pe- 
tite. Leur appareil de phosphorescence occupe les mêmes segments et 
est sujet aux mêmes variations (a). 

Les Lamprodes (3) sont des Ellipolamfis qui ont les trois derniers 
segments abdomitiaux phosphorescents, caractère illusoire, car il se re- 
trouve chez quelques espèces des deux groupes précédents. 

L'espèce unique (-i) à laquelle M. de Molschoulsky réserve le nom 
«Je PuoTiPius ne diflcre de ces Ellipolampis que par des antennes plus 
longues que de coutume. 

(1) Type : M. longipennis, Motscli. loc. cit. Ann. Il, p. 37; grande espèce de 
la Colombie, très-alloiigôe et iusciitu dans quelques coUeclioiis do.Paris, sous le 
nom do Pygol. angustissima Uuq. M. de M. décrit encore : M. ciucta, velutina, 
de Colombie; inpmcata, longxdn, du Brésil. — Les Lamp. lunifera kI truncata 
d'Eschschollz (Entomogi . 6d. Leq. p. 52) originaires du Brésil, appartiennent 
aussi à ce groupe, ainsi que les l'yg. infuscala, lœniata [lunifera? Esclisch.), 
ftUiginosa, con finis, Umbalis, {truncata? Esclisch.), etc., de Dejean. — Les trois 
derniers segments abdominaux sont souvent phosphorescents clicz ces insectes; 
Il est plus rare que l'antépénultième seul le soit, et plus particulièrement chei 
les femelles; le lœniata Dej. en offre un exemple dans ce dernier sexe. 

(2) Type : Lamp. pyralis Linné (centrata Say, rosata Germai), des Etats- 
Unis. — E. elongata, litluralis, des Antilles; impressicoUis, cinctella, suturella, 
de Colombie; laleralis, limbata, du Brésil; Motsch. loc. cit. p. 35. 

(3) M. de M. ne rapporte i ce groupe que le Lamp. fusca, Germar, Ins. Spec. 
noT.p. 63; de Buenos-Ayres; et lo L. lincaris, Latr. in Humb. ctBompl., Obs. 
d. Zool. 1, p. 205, pi. 22, f. 3. Le premier seul m'est connu. 

(4) Lamp. vittigera, Schœnb. Syn. 1ns. lU, Append. p. 21; des Antilles. 



LAHPrniDES, 323 

Les Irois groupes qui suivent, composés, comme les deux précédents, 
d'espèces de taille médiocre ou pelile, auraient ceci de commun, qu'un 
seul (le leurs segments abdominaux serait phosphorescent. 

Chez les PvGOLAMPis(i)et lesEnyinnoLYcuNiA (2),ce segment serait 
ranlépénullicmc, et chez les Hobopus (3) le dernier. 

Les plus grands de ces insccles reproduisent la forme générale et l« 
système de coloration des Lucidota ; les plus petits varient sous ces deux 
rapports. Ils sont encore plus nombreux que les espèces du genre en ques- 
tion (4). Leurs derniers segments abdominaux varient comme l'appareil 
lumineux lui-même. Néanmoins, dans la grande majorité des cas, l'ar- 
ceau pygidial est arrondi et sinué chez les mâles, largement arrondi et 
bisinué chez les femelles; l'anal court et échancré chez les premiers, 
triangulaire et échancré chez les secondes; enOn, le génital des mâles 
petit et conique. 

^ (1) M. (le M. a placé ces insectes jirès des MECAr.OPnTn\LHus et des Amydetes, 
c'est-à-dire parmi les Lampyridcs qui ont In tùte imparfaitement recouverte. Û 
est vrai (juc cliez certaines espèces (par ex. i-macuUila), le protliorax est un 
tant soit peu moins saillant que de coutume, mais chez les autres (par ex. ful- 
gida), il est sons ce rapport parfaitement à l'état normal. Ce groupe parait propre 
aux Antilles, notamment k Cuba et à Haity. Ses espèces sont toutes de forme 
assez large et d'uu roub'C fauve en dessus, avec la partie postôrieure des élytres 
et souvent une tache à la base de ces organes, noires. Les types sont : les Pholin. 
fi-notatusvl i-maculatus, Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p. 209; Lnmp. fulgida 
Oliv. Enlom. 11, 28, p. 16, eiPyg. inierrupta, Molsch. loc. cit. H, p. 24, 

Le Pyg. hlunda de Dejean, petite espèce du Brésil que M. do M. place dans 
ce groupe, a les deux derniers segments abdominaux phosphorescents et le fa- 
ciès d'une Ellii'olamms. 

(2) Je no vois absolument pas en quoi ce prétendu genre dilfère des Pïco- 
lAMpis, quoique M. de M. l'en ait fortement séparé; il n'en décrit (Qu'une es- 
pèce dont je crois qu'il n'a vu que la femelle : E. dimidiatipemùs Mannorh.; 
dos Antilles. 

(3) Type et unique espèce : R. roseicoHis, Motsch. loc. cit. p. 42; do Porto- 
Rico. 

(4) Outre les espèces citées dans les notes qui précèdent, les suivantes et 
probablement d'autres encore mentionnées dans les i\uteurs,mc paiaissent ap- 
partenir au genre : Esp. de l'Amer, du Sud : L. margimfa Linné, Fab. Oliv.; 
Brésil. — i. (jb.icura Fab., Oliv.; Terre de Feu. — i. caliginosa^ livida, occi- 
dentalis, Oliv. Entom. II, 28, p. 20 sq.; Cayenno.— L-. albilatera, Schffnh. Syn. 
Ins. lU; Append. p. 21; Brésil. — L. roseimacuUxta, pallidicoUis, signaliciil- 
Ks, fulvipes, ornât icoUis,roseicolliSj litiearis,parallela, lineola,futiginosa, tris- 
tis, parva, rjracilis, Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 112.— Esp. des Antilles: 
L. dorsalis, Schrenh. loc. cit. p. 24. — Esp. de l'Amer, du Nord : L. scinlillans, 
Say, Journ. oftlic Acad. of Pbilad. V, p. 163; M. de Motscboulsky en a fait un 
Macbolampis ; mais l'espèce qu'il a décrite sous ce nom ne me parait pas la mémo 
que colle de Say. — phot. ardens, casia, margineUa, punctulata, consangui- 
nea, obscuretla, lineella, vittigera, J. L. Le Conte, Proceed. of tho Acad. of 
Philad. V, p. 33e. 



324 MALACODEDMES. 

Les Ellychnia de Dejean, telles que les a restreinles M. J. L. Le 
Coule, seraient cssenlicllcmeni caractérisées par l'absence de l'appareil 
phosphorescent (1); mais ce caractère se retrouve cà et là chez quel- 
ques espèces inédiles des groupes précédents. Leur abdomen ne diffère 
de ce qui vient d'être dit plus haut qu'en ce que l'arceau pygidial des 
màlcs est largement tronqué. Quelques espèces sont courtes, elliplico- 
ovales cl assez convexes {-!), les autres allongées {.->). Les premières sont 
seules des Ellycunia pour M. de Motschoulsky; les secondes sont ses 
PyROPYGA. Ces insectes sont au plus de taille moyenne. 

Enfin, les Pvkectomena (4) de Dejean et de M. J. L. Le Conte com- 
prennent quelques petites espèces de l'Amérique du Nord et des An- 
tilles, de forme déprimée et régulièrement oblongo-ovales, à téguments 
assez solides, et dont les deux pénultièmes, parfois les trois derniers seg- 
ments abdominaux, sont phosphorescents. L'arceau pygidial estéchancré 
chez les mâles, arrondi chez les femelles, l'anal des premiers court et 
échancré. celui des secondes en triangle très-allongé. Toutes les espèces 
sont d'un brun noirâtre sur les élytres, avec la suture et une étroite 
bande marginale d'un blanc jaunfttrc'; le prolhorax est de cette dernière 
nuance, plus ou moins bordé de noir, avec une tache médiane de même 
couleur et teintée de rougn pâle latéralement (k). 

Le genre Pyrectosoma de M. de Motschoulsky, en supposant exacts 
les caractères qui lui sont assignés, ne diffère du précédent qu'en ce 

(1) Les espèces que Dejean y avait comprises (Cat. éd. 3, p. 114) sont les 
unes privées, les autres pourvues de cet appareil, et forment un assemblage hé- 
térogène auquel il est impossible d'assigner aucun caractère précis. 

(2) Lamp. corrwsca Linné, Fab., Oliv. (Pyrnclomena feneslralis , Ue\she\m. 
Procced. of the Acad. of Philad. il, p. .Î04). — El. autumnulis, Mclslicim. ibid. 
p. 303. — lacusMs, i. L. Le Conte, ibid. V, p. 334. — El. californica, lati- 
pennis, lulcralis, albilatera, Notsch. loc. cit. II, p. 3. Toutes des diverses par- 
ties de rAmérique du Nord. 

(3) Lnmp. nigricans, Say, Journ. of the Acad. of Philad. III, p. 179. — a 
L. decipietis, Harris, Trans. of tlio nat hist. Soc. of Hartford, I, p. 74. — ^ 
El. minuta, i. L. Lo Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. V, p. 333. 

Pyr tarda, Motscli. loc. cit. II, p. 4. Également do l'Amérique du Nord, sauf 
la dernière qui est du Brésil. 

(4) Erichson, dans sa Faune des Coléoptères du Pérou (Archiv, 1847, I, 
p. 80), dit que les crochets des tarses sont hilides dans ce genre. Chez toutes 
les espèces que j'ai vues, ces organes étaient simples. Celle (interrupla) que 
décrit Erichson paraît, par sa forme et ses couleurs, appartenir réellement au 
genre où elle formerait dès-lors lo type d'une section i part, à moins qu'on 
n'en fasse un genre nouveau. 

(0) Esp. des Etats-Unis : Lamp. ungulnta, Sày, Journ. of the Acad of Phi- 
lad. V, p. 162 {L. lucifera Melshoim.). — L. borealis, Uandall, Boston Journ. 
of nat. Hist. H, p. 16. — P. anguslata, linearis, J. L. Le Conte, Proceed. of 
tbe Acad. of Philad. V, p. 336. — Esp. du Mesique : P. dorsalis, Motsc •. 
loc. cit. II, p. 38. —Esp. des Antilles : P. vittkollis {bilineata Dej.), MolscU. 
ibid. 



LAHPVBIDB9. i'a 

qne l'arceau pygidial de l'unique espèce {versicolor Metsch.} de l'Amé- 
rique du Nord, qui le compose, serait arrondi au bout. 

Les PuoTiNus sont tous américains et forment l'un des genres les 
plus riches en espèces de la tribu actuelle. Il y en a beaucoup d'inédits 
dans les collections. 

CRATOMOMORPHUS. ^ 

De MoTscn. Elud. enlom. Add. I, p. 25 (1). 

Palpes robustes; leur dernier article de forme normale. — YeuK très- 
gros, envahissant presque toute la Icte chez les mâles. — Antennes un 
peu plus longues que le prothorax, grêles, atténuées ù leur extrémité, 
légèrement comprimées, de onze articles : 1 allongé, médiocrement ro- 
buste, en cône renversé, régulier, 2 obconique, plus long que large, 34 
de longueur variable, les suivants subcgaux. — Prothorax ample, aussi 
long que large, demi-circulaire ou elliptique en avant, coupé presque 
carrément à sa base, rebordé en avant et sur les côtés, muni à sa partie 
antérieure de deux taches vitrées, subréniformes et nettement limitées. 
— Elytres de forme variable, largement foliacées sur les côtés à leur 
base. — Tarses médiocres, à articles 1 aussi long que les deux suivants 
réunis, 4 long, robuste, recevant presque en entier le 5°; crochets ro- 
bustes, fortement arqués, munis d'une courte denl à leur base. — Les 
(rois ou quatre arceaux de l'abdomen lobés latéralement. 

Ce genre ne peut être confondu qu'avec les Aspidosoma qui suivent, 
dont il est voisin par la grosseur des yeux dans les deux sexes. 11 s'en 
distingue par l'abdomen lobé latéralement, au moins chez les mâles, la 
présence d'une dent courte, mais bien distincte, aux crochets des tarses, 
dans toutes les espèces qui me sont connues ; enfin, mais secondaire- 
ment, par la forme et la netteté des taches vitrées du prolhorax. 

Ses espèces sont les unes (par ex. spicndida, diaphana) de très-grande 
taille, les autres au moins de grandeur moyeime. Leur appareil de 
phosphorescence ne varie pas et occupe les deux pénultièmes segments 
abdominaux. On peut les diviser en plusieurs sections d'après la forme 
des arceaux terminaux de l'abdomen chez les mâles (â). Le genre est 
propre à l'Amérique du Sud. 

(1) Syn. Photinds pars, Casteln. — Ptcolabpis et Nyotophanes pars, Dej. 

(2) 1. Arceau pygidial fortement trilobé dans les deux sexes; le lobe médian 
très-large; arceau anal profondément écliancré chez les mAles, coupé presque 
carrément chez les femelles, muni chez les uns et les autres d'une tige médians 
grêle et très-longue : Lamp. spktidida, Drury, Ulustr. III, p. 75, pi. 50, f. 2 
(i. gigantea Schœnh.; Phot. Fabricti Casteln.); du Brésil. — t. diaphana, 
Germar, 1ns. Spec. nov. p. 64 [Pygol. imneiDej.); de Buonos-Ayres. Le Phot. 



326 MALA.C0DBBMB9. 

ASPIDOSOMA. 
De Castelr. Ann. d. l. Soc. entom. II. p. 145 (1). 

Palpes robustes; leur dernier arlicle de forme normale. — Yeux des 
mâles très-gros, sans élre subconligus sur le front; ceux des fetnelles 
de grandeur ordinaire. — Antennes Irès-rarement de la longueur de la 
moitié du corps, filiformes, un peu atténuées à leur extrémité, de onze 
articles:! allongé, peu robuste, en cône renversé, 2 obeonique, aa 
moins aussi long que large; les suivants subégaux. — Prothorax trans- 
versal, fortement rétréci el plus ou moins acuminé en avant, convexe 
sur le disque à sa base; celle-ci presque toujours un peu saillante dans 
son milieu cl oblique sur les côtés; muni à sa partie antérieure de deux 
taches translucides diffuses, peu distinctes, souvent nulles. — Elytres 
plus ou moins convexes, tantôt dilatées à leur base et fortement rétré- 
cjes en arrière, tantôt ovales. — Pattes courtes et assez robustes; l^'ar- 

alhomargimtus Castcln. (Ilist. nat. d. Col. 1, p. 268), du même pays, ne paralf 
pas, d'après la description, en dill'ércr. 

II. Arceau pygidial bisinué ; l'anal grand, allongé, rétréci h. son cxtiémité on 
une saillie large et assez longue. Une espèce inédite du Brésil, le Pygol. dis- 
iincta Dej. ou Dejcanii Gory, de quelques collections. Je uc connais que l'un 
des sexes, sans être sûr que ce soit le mâle ou la femelle. 

m. Arceau pygidial des mâles fortement et presque carrément échancré, 
ses lobes larges et arrondis ; celui des femelles bisinué ; arceau anal des premiers 
largement et triangulairement écbancré, celui des femelles triangulaire et acu- 
miné au bout. Une espèce inédite de Colombie, connue dans les collections sous 
le nom de pallescens Guérin-Méncv. [Cralom. fvscipennis ? Motsch. Etud. en- 
tom. Ann. II, p. 33). 

Les espèces de ces trois sections sont toutes de grande taille. Celles de la 
suivante ont le faciès et le système de coloration de certaines Aspidosoma 
(Nyctopuakes Dej.), avec lesquelles on les trouve on général confondues dans 
les collections. 

rV. Arceau pygidial trilobé dans les deux sexes; l'anal grand, trilobé cheï 
les miles, tronqué cbez les femelles. Je n'en connais que des espèces iné- 
dites parmi lesquelles figurent les Nyctophanes chrysophthaima et fuscata de 
Dejean. — Les Lamp. concolor et cossyphina de Perty (Del. anim. art. Brasili 
p. 27, pi. 6, f. 7, 8), du Brésil, doivent peut-être venir ici, quoique l'auteur ne 
parle pas des taches vitrées du prothorax et dise qu'ils no possèdent pas d'or- 
ganes de phosplmrescenoe. J'en dirai autant du Lamp. dorsalis Scliœnh (Syn. 
Ins. III; Append. p. 24), de l'île St-Barthélemy, aux Antilles. 

(1) M. De Casteinau a écrit Aspisoma; je crois devoir modifier légèrement ce 
nom pour le mettre d'accord avec les règles de l'étymologie. — Syn. NïCio- 
PBANES, Dej. Cat. éd. p. 114. M. Do Motschoulsky (Etud. entom. Ann. I, p- 3<) 
a adopté ce nom, celui de M. De Casteinau ayant, selon lui, déjà été employé, 
ce qui n'est pas à- ma connaissance. 



LAMPVBIDES, 3S7 

ticle (lc9 tarsp.s aussi long que les deux suivants réunis, le 4'-' recevant 
presque en entier le S»; ses lobes en général assez larges. — Segments 
abdominaux non lobés latéralement. — Corps scutiforme. 

Les esj)èces typiques (par ex. maculata, hespcra), c'est-à-dire qai 
ont les clylres Irès-dilatces à leur base et forlemeiil rélrécics en arrière, 
ont un faciès qui les fait recoimaître aisément. Mais, insensiblement, 
cette forme s'altère, devient oblonsço-ovale, et l'on finit par arriver à des 
espèces simplement oblongues qui ressemblent complètement à certai- 
nes Cassida (1). 

L'appareil de phosphorescence, qui occupe en général la totalité des 
deux pénultièmes segments abdominaux, semble s'étendre quelquefois 
beaucoup plus loin, surtout lorsque l'abdomen est d'un blanc jaunâtre, 
et il y a dans certaines espèces (par ex. hcspera) des individus chez les- 
quels il parait remonter jusqu'au premier segment. Les bords latéraas 
de l'arceau anal des mâles et ceux du dernier des femelles présentent, 
en outre, très-souvent deux taches qui ont toute l'apparence d'apparte- 
nir à l'appareil en question. 

Quanta l'abdomen, l'arceau pygidial est tronqué ou sinué dans les 
deux sexes ; l'anal court et échancré chez les mâles, triangulaire et ar- 
rondi au bout chez les femelles. 

Ces insectes descendent rarement au-dessous de la taille moyenne et 
ne la dépassent jamais beaucoup. La plupart sont de couleur testacée 
ou brunâtre et ont leurs élytrcs ornées de lignes lonsiludinalcs plus 
pâles que le fond ; une tache de même nature existe souvent au bord 
externe de ces organes; elle est quelquefois remplacée par une ou deux 
taches brunâtres. Une autre, plus ou moins brunâtre et teintée de rouge, 
occupe ordinairement la base ou la totalité du disque du prolhnrax. 

Le genre est riche en espèces et répandu depuis le Mexique jusqu'à 
Buenos-Ayres (2). 

(t) Aucune espèce no devient oblonguo et parallèle, et il faut retrancher du 
genre quelques-unes ainsi faites que Dcjean y avait comprises à tort, par ci. ses 
Nyd. hypocriia ot subhyalina. Ce sont des PiiOTiNos faisant partie du groupe 
des Ellu'olampis de M. De Motsclioulsky. 

(2) Esp. de l'Amer, du Sud : Lamp. hespera, ignita, Linné, Syst. nat. éd. 12, 
D, p. 644. — L. maculata, lateralis, Fab. Syst. El. II, p. 106. — X. pallida, 
Oliv. Enlom. II, 28, p. 16, pi. 2, f. tO. — L. lineata, Schœnh. Syn. 1ns. lU; 
Appcnd. p. 23 (Var. Nyct. elongata Dej.). — i. signifera, E^chsch. Entom. 
éd. Lequien, p. bb. — Asp. dilalatum, Casteln. Hist. nat. d. Col. l, p. 260. — 
L. concoloripennis, Blancli. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 110. — A.candelaria, 
Reiche, Ann. d. 1. Soc. entom. Sér. 2, III, p. 353. — A. grossa, Ericlis. Ar- 
chiv, 1847, 1, p. 81. — Nijct. vilula, pellucidu, lineolata, bisignaia, 6-puiM>- 
tata, impressipennis, Bremei, palliaia, niiida, cassidea, Motscli. Etud. entom. 
Ann. II, p. 11. _ £gp. du Mexique : A. polizona, Chevrol. Col. d. Mcxiq. 
Cent. I, faso. 3. 



? 

328 MALACODEBHBS. 

Groupe II. Lampyrides vraii. 

Ailes inférieures et élytres nulles ou rudimentaires chez les femelles, 
et parfois chez les mâles. — Antennes (PnospnaîNus excepté) grêles et 
plus courtes que le proihorax. — Yeux des mâles envahissant presque 
toujours la plus grande partie de la tète. — Femelles larviformes. 

L'absence des ailes chez les femelles et l'atrophie plus ou moins com- 
plète de leurs élytres ne souffrent aucune exception. L'existence des 
prçmières et le développement normal des secondes en éprouvent une 
dans les mâles du genre PaospUiENDS, qui s'éloignent en outre forte- 
ment des autres Lampyrides vrais par la longueur de leurs antennes et 
la petitesse de leurs yeux. 

Quand on a mis de côté ce genre exceplionnel, qui ne comprend, da 
reste, que deux petites espèces, il ne reste plus, pour ce qui concerne 
les mâles, que des insectes d'un facics parfaitement homogène et qui, 
même lorsque leurs femelles sont inconnues, se distinguent sans peine 
des Luciolides par la brièveté et la gracilité de leurs antennes, ainsi qu'à 
l'énorme volume de leurs yeux. Tous sont de taille moyenne, subpa- 
rallèles et revêtus d'une livrée uniforme d'un tcstacé ûavescent ou bru- 
nâtre, avec une teinte générale plus ou moins livide. 

Quant aux femelles, leur ressemblance avec les larves de la fa- 
mille est telle que les auteurs s'y sont quelquefois trompes et les ont 
confondues avec ces dernières, cl réciproquement (i). Elles ont, en 
effet, outre la forme générale, conservé ces deux sillons qui partagent 
en trois aires les écussons ventraux de l'abdomen; mais elles sont 
très-faciles à reconnaître aux proportions différentes de leurs segments 
thoraciques et à la structure de leurs pattes, de leurs antennes et de leurs 
yeux, qui ne ressemblent en rien à ceux des larves. Ces organes sont 
faits comme ceux des mâles, à l'exception des yeux, qui sont beaucoup 
plus petits qttc chez ces derniers. Jamais ces femelles n'ont aucun vestige 
d'ailes, et les rudiments d' élytres qu'elles possèdent peuvent disparaître 
complètement (2). J'ajouterai enfin, qu'en règle générale, elles jouissent 
à un plus haut degré que leurs mâles de la faculté phosphorescente. 

Sauf une ou deux espèces inédites, ces insectes sont propres à l'an- 
cien continent. Tous rentrent dans les trois genres qui suivent : 

(1) Une erreur plus forte est celle commise par Panzer (Faun. Ins. Germ., 
XÙ, pi. 7 ed), qui a figuré une larvo de Silphides comme étant la fomellfl du 
Lampyris noctiluca, 

(2) Je ne connais les femelles que des Lamp. noctiluca, splendida et Zeri- 
keri. La iiremière n'a aucun vestige d'élytrcs, ainsi que P. W. J. Muller (lllig- 
Blagaz. IV, p. 188) l'a fait connaître il y a longtemps; il y en a un rudiment 
dans les deux autres. Ce caractère^ du reste, n'a aucune importance. 



LAHPYBIDBS. 



I. Ailes et élytres entières cliei les mâles. 

Articles terminaux des antennes lûgèremcnl en scie : Lâmprigera. 
_ — Cliformes : Lampyris. 

II. Ailes nuUes et élytres incomplètes chez les mMes : PTiosjihœnus. 

LAMPRIGERA. 
HoTSCB. Etud. mtom. Aon. I, p. 47. 

Malet : Palpes robustes ; leur dernier arlicle glabre et de forme nor- 
male. — Mandibules trcs-saillanles. — Front profondément canaliculé. 

— Yeux très-gros, contigus en dessous, faiblement séparés sur le front. 

— Antennes plus courtes que la tèlc. de onze articles : t très-gros, ob- 
conique, 2 aussi gros et aussi long, cylindrique, 3 plus court que 4, ob- 
conique, 5-10 peu à peu plus courts et atténués, légèrement en scie, 
11 de forme variable (i).— Prothorax transversal, convexe sur le disque, 
demi-circulaire en avant, largement rebordé, sauf à sa base ; celle-ci 
largement cchancrée, avec ses angles saillants et arrondis. — Elytres 
allongées, subparallèles, arrondies en arrière. — Pattes grêles ; 1»|- ar- 
licle des tarses aussi long que 2-3 réunis, 4 court, non bilobé, 5 lorig, 
entièrement libre. — Abdomen très-fortement et largement lobe sur les 
Côtés. - Corps allongé, large, subparallèlc, légèrement convexe. 

Quoique les femelles me soient inconnues , comme à M, de Mot- 
scboulsky,je n'hésite pas à rapporter, avec lui, ce genre au groupe ac- 
tuel. Il est principalement, et même presque uniquement, caractérise par 
la forme singulière de ses antennes, mais ses espèces sont beaucoup 
plus grandes et proporlionncllement plus larges que toutes celles des 
Lampyris qui suivent. Leurs téguments sont également moins flexibles, 
et elles ne présentent ni nervures sur les élytres, ni taches vitrées a la 
partie antérieure du prothorax. 

Je suis dans l'incertitude sur les organes lumineux; ils semblent oc- 
cuper tous les segments abdominaux, sans exception, chez quelques 
exemplaires, cl seulement les deux avant derniers et les trois derniers 

L'arceau pygidial est grand, caréné en dessus, et bilobé, avec ses lo- 
bes larges et arrondis; l'anal triangulaire et sinué de chaque côte ; le 
génital court et bifide. . . 

Ces insectes sont propres aux Indes orientales; j'en connais trois es- 
pèces dont deux seulement sont décrites en ce moment (2). 

(1) Chci le -Boyei, type du genre, il est terminé par deux pointes aiguës; 
une espèce inédite, ([uc j'ai sous les yeux, n'en a qu'une seule, accompagnée 
d'un trcs-couit appendice cylindrique; <Axn le nepalensis les deux sadlies sont 
très-courtes, droites et subôgales. Ce caractère est par conséquent à la lois gé- 
nérique et spécifique. 

(2) L. Boyei, Motsch. loc. cit. III, p. 23; de Sumatra. - Lam$. nepaisMW, 



^'® MALACODERMES. 

LAMPYRIS. 

Geoffr. Hist. d. Ins. d. envir. d. Paris, l, p. 165 (1). 

Mâles : Palpes couris et robustes; leur dernier article brièvement co- 
nique oi: ovalaire. - Yeux très-gros, conligus en dessous, faiblement 
Séparés sur le front. - Antennes au plus de la longueur du prothorax, 
légèrement allrnuces à leur cxirémilé cl un peu moins à leur base, de 
onze articles : 1 assez gros et obeonique, 2-3 de longueur relative va- 
riat)le. 4-11 subégaux. - Prolhorax rarement transversal, demi-circu- 
laire et avec ou sans taches vitrées en avant, rebordé, sauf à sa base; 
celle-ci. coupée carrément ou légèrement échancrée, avec ses angles 
postérieurs saillanis ou non. - Elylrcs flexibles, allongées, parallèles, 
planes. - Pattes grêles; 1" article des tarses de longueur variable, le 
* court, non bilobé, le 5" plus ou moins libre ; crochets simples.- Ab- 
aomen fortement lobé latéralement chez presque tous.-Corps allonKé, 
subparallele. i e > 

Indépendamment des modificatijns que ces insectes bien connus pré- 
sentent, comme les autres Lampyrides, dans la silualion de leurs orga- 
nes lumineux et la forme de leurs derniers segments abdominaux il y 
en a quelques autres dans leurs antennes, la présence ou l'absence de 
taches vilrécs sur le prothorax, etc. M. de Molschoulsky s'en est servi 
pour diviser le genre en six, qui ne me paraissent tout au plus avoir 
qu une valeur de sections. 

Dans la plupart, le 2" article des antennes est beaucoup plus court que 
le 3°, lequel est un peu plus long que le 4". 

Les DiAPUANES se reconnaissent aux deux taches vitrées que présente 
leur prothorax ; à leur abdomen à peine lobé latéralement el à leur ap- 
pareil lumineux occupant les deux pénultièmes scsmcnls abdominaux. 
Leur arceau pygidial est largement arrondi au bout, l'anal à peine sinué, 
le génital long et subcylindrique, ils paraissent propres aux Indes 
orientales (2). ' 

Les LycHNEnius me sont inconnus, mais semblent n'en différer que 
par leur abdomen lobé laléralcment el leur arceau anal échanrré (3). 

Les Lamphonetes sont privés de taches prolhoraciques translucides ; 

Hope in Gray, Zool. MIscell. fasc. I, p. 26; de Java et du Bengale. M. De Mot- 
schoulsky, qui n'u pas connu cette espèce, l'a rapportée, avec doute, à son 
genre Diaphanes que j'ai réuni aux Lampthis. 

(1) Syn. Diaphanes, Lkciinedius, Lampronetes, Lamprotokos, Lampyris, Lah- 
PR0H12.A, Molsch. Etud. cntom. Ann. I, p. 41 

(2) D. luniger [L. parallela Dej.), indiens, Motsch. loc. cit. UI, p. 15; d» 
îngale. ' 

<3) L. adustus, Molich. loc. cit. UI, p. 16; de Java. 



LAHPVniDES. 331 

leur abdomen est fortement lobé latéralement et comme lacinié; leur 
arceau pygidial arrondi ou subtronqué, l'anal tronqué et le génital à 
peine distinct. Quant à leur appareil lumineux, il ne saurait se reconnaî- 
tre après la mort; il semble occuper la plupart des segments abdomi- 
naux (I). 

M. de Motschoulsky n'en distingue ses Lamprotohds que par leur 
forme plus courte, leur abdomen moins lobé latéralement et leur arceau 
pygidial un peu échancré (-3). 

Il réserve le nom de Lampybis aux L. nocliluca d'Europe et espèces 
voisines, qui ont deux petites taches vitrées à la partie antérieure du pro- 
thorax, l'abdomen lobé, l'arceau pygidial faibicitrent trilobé, ainsi que 
l'anal et le génital. Suivant lui, la plupart de leurs segments abdominaux 
seraient phosphorescents, mais je ne leur trouve de taches lumineuses 
que sur les deux derniers. 

La deuxième section, caractérisée par la longueur du 2» article des 
antennes qui égale presque le 3», ne com|)rend que le genre Lam- 
pnouizA, ayant pour type le L. spkndidula d'Europe. Ces insectes ont 
une grande tache vitrée à la partie antérieure du prothorax, l'abdomen 
lobé à son extrémité, l'arceau pygidial échancré, l'anal sinué et le géni- 
tal assez saillant. Deux taches phosphorescentes se voient sur leurs deux 
derniers segments abdominaux. 

Les Lampybis décrits appartiennent tous à l'ancien continent, dans 
toute l'étendue duquel ils paraissent être répandus ; mais ils ne sont pas 
absolument étrangers à l'Amérique ; j'en possède une cs|)ècc inédite de 
Colombie. Tous sont très-homogènes sous le rapport du (acies et du 
système de coloration, qui sont pareils à ceux des espèces ^ropéennes. 
On en connaît une quarantaine (ô). 

(1) Types :iamp. mauritanica et /enr/fen des auteurs. Dans la première de 
ces espèces, l'appareil phosphorescent semtile n'exister que sur les côtés de l'ar- 
ceau anal; dans la seconde, sur les bords de tous les segments abdominaux. C'est 
un de ces cas nombreux où, comtnoje l'ai dit plus haut, on ne sait à quoi s'en 
tenir sur cette question. 

(2) Type : L. orientalis , Falderm. Faun. entom. Transe. I, p. 184, pi. 6, 
f- 6) '7 o"9 ; d*! la Russie mér. 

(3) Esp. d'Europe : L. noctiluca, splendidula Linné, Fab., Oliv., etc. — 
Zmckeri, Germ. Reise in Dalnial. p. 211, pi. 10, f. 1-3. — antigua, Brullé, 
Expéd. d. Morée; Entom. p. 143, pi. 35, f. 12. — Germari, Kiister, Die Kaef. 
Europ. I, 17. — Scncki, Foulq. de Villar. Ann. d. 1. Soc. entom. II, p. 352. — 
Mulsantii, Kiesenwelt. Stettln. entom. Zeit. 1850, p. 2'24; et Ann. d. 1. Soc. 
entom. 1851, p. 587. — lusitanica, longipennis, Motsch. loc. cit. 111, p. 19. — 
Esp. asiatiques : L. libani, Casteln., Aun. d. 1. Soe. eutom. 11, p. 139; Syrie. 
— sibirico, Geblcr, Bull. Mosc. 1847, II, p. 429. — Lampronet.es memhranacea, 
angustala, caspica, Lamprotomus caucasicus, Lampyris depressiuscula, cos- 
ialis, cincta, Umbata, brevicoUis, Motsch. loc. cit. p. 16; Russie mér. — Lamr- 
pronetes lobata, Lampyris thoracica, obscurella Motsch. loc. cit. p. 8; Mon- 



HALACODEDHES. 



PHOSPBiENUS. 

De Casteln. Ann. d. l. Soc. entom. II, p. 138 (1). 

lUàles ; Palpes courts et très-robustes ; le dernier article des maxil- 
laires très-gros, subtriangulaire. — Yeux petits. —Antennes de la lon- 
gueur de la moitié du corps, robustes, filiformes, un peu comprimées, 
de onze articles : 1 ohconique, 2 très-court, 3-11 subégaux. — Prothorax 
plus long que large, subogival en avant, très-légèrement échaneré à sa 
base, avec ses angles postérieurs non saillants. — Eljtres courtes, UD 
peu atténuées, arrondies et déhiscentes à leur extrémité; ailes nulles. 
— Pattes robustes; tarses courts, à articles 1-3 décroissant graduelle- 
ment, 4 non lobé, 5 gros, en partie dégagé ; crochets petits et simples.— 
Abdomen légèrement lobé sur les côtés en arrière. — Corps allongé, 
subparallèle. 

• 

La femelle de l'espèce typique (2) du genre est extrêmement rare et 
n'a encore été décrite, à ma connaissance, que par P.W. J. Muller (3), 
qui a publié d'excellentes observations sur cet insecte. Elle est notable- 
ment plus grande que le mule et en dilïère par l'absence complète des 
élylres, dont elle ne possède pas Iç plus léger vestige, et ses 'antennes, 
qui sont à peine de la longueur du prothorax et dont les articles sont 
encore plus serrés. 

Par suite de l'impossibilité où il est de voler, les habitudes du mâle 
ne sont pas les mêmes que celles des autres Lampyrides européens. Il 
se tient en repos la nuit et se met en quête de sa femelle pendant le 
jour. On !e trouve à terre ou sur les plantes basses à la surface des- 
quelles il chemine lentement. La lumière qu'il émet provient de deux 
points phosphorescents situés sur le pénultième segment ab.lominal qui 
est jaune, ainsi que le dernier arceau ventral et le pygidial; celui-là est 

golie. — Esp. (les Indes or. : L. marginella, Hopo in Gray, Zool. Miscell. fasc. 
I, p. 26; Bengale. — Esp. de l'Australie : L. Bremeri, Lo Guillou, Revue Zool. 
1844, p. 223 (an liiij. gêner?). — Esp. nlricaincs : L. mauritanica Linné, Fab., 
OUv. — Dyluatia, Casteln., HIst. nat. d. Col. I. p. 267; ligure in Lefebvr. Voy. 
en Abyssin. Ins. pi. 3, f. 14, 15; d'Abyssinie et du Cap. — marginipennis, 
nigripennis, discicoUiSj natalensis, fuscipennis, troglodytes, Bobcm. Ins. 
Calliar. I, p. 439; de Natal. — /Mjo'penmï, Guérin-Méncv. in Lefebvr. loc. cit. 
p. 300; 1ns. pi. 3, f. 16; d'Abyssinie. — phospborea, Rotli in Wiegm. ArchiT, 
1851,1, p. 120 {Dyluatia?]; môme pays. — Lampronetes nigripennis, Motsch. 
loc. cit. m, p. 17; du Cap. 

(1) Syn. Geopïkis, Doj. Cat. éd. 3, p. 116. 

(2) Lamp. htmiptera, Fab. Entom. Sysl. 11, p. 103; Oliv. Entom. U, 28, 
pi. 3, f. 25. 

(3) « Beitrœgo zur Naturgeschichte d«s lampyris hemiptera Fab. » lUig- 
' i. IV, p. 175. 



LAMPVRIDES. 333 

légèrement trilobé, celui-ci tronqué ; le reste du corps est d'un noir bru- 
nâtre. On ne sait pas si la feqnelle possède un appareil de phosphores- 
cence. 

Cet insecte est répandu dans la plus grande partie de l'Europe. M. de 
Molschoulsky a décrit une seconde espèce du genre (i). 

Sods-Tribu II. Luciolides. 

Tête imparfaitement recouverte par le prothorax. — Des ailes et des 
élytres complètes dans les deux sexes. 

La visibilité de la tète en dessus chez ces insectes tient à deux causes 
essentiellement difl'èrentes : chez les Amydetes, Megalophtualmds et 
LccioLA, A la brièveté du prolhorax ; chez les PnoTonis, à ce qu'elle 
s'allonge postérieurement en un col plus ou moins long, tandis que le 
prothorax est resté à peu près à l'état normal. 11 n'y aurait pas là on 
motif suffisant pour partager la sous-tribu en deux groupes ; mais il s'y 
ajoute un caractère plus important emprunté au labre qui, dans les trois 
premiers genres nommés plus haut, est distinct, comme de coutume, 
tandis qu'il a disparu dans le dernier par suite de l'agrandissement de 
l'épisloiiie. 

I. Tête courte, sans col; labre distinct. Ldcioudes vrais. 

U. — allongée, munie d'un col; labre indistinct. Photurides. 

GROOPB I. Luciolides vraii. 

Tête courte, sans col en arrière. — Labre distinct. 

Sauf la brièveté du protliorax, qui laisse la tête en partie à découvert, 
ces insectes ont conservé tous les caractères essentiels de la sous-tribu 
qui procède. Seulement, sur les trois genres qu'ils constituent , deux 
présentent chacun une particularité dont il n'y a pas d'exemple dans cette 
dernière ; l'un (Amydites) ayant environ quarante articles aux antennes, 
l'autre (Lcciola) ne possédant que six segmonls abdominaux, sans comp- 
ter l'arceau génital chez les mâles. 

Le genre nommé en dernier lieu est propre à l'ancien continent; les 
deux autres sont américains. 
I. Antennes nabcllées; sept segments à l'abdomen. 

— composées d'environ 40 articles : Amydeles. 

— - — de 11 articles : Megalophthalmus. 
!1. — niiformes; six segments h l'abdomen : Luciola. 

(i) P. irachypterus, Motsch. Etud. entom. 111, p. 23; de la Pologne et de 
la Russie occidentale. 



33« 



MALACODEBUES. 



AMYDETES. 
(HoFFBANS.). UxiG. Mogai. VI, p. 342. 

Palpes médiocrement robustes; leur dernier article ovalaire. — Tête 
à moitié découverte ; front large , plan. — Yeux gros et saillants. — 
Antennes médiocres, composées d'au moins quarante articles, flabellées 
en éventail à partir du 3» ; leurs rameaux longs, étroils et fuiement 
Tilleux. — Prothorax fortement transversal, plus ou moins rétréci et 
saillant en avant, bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs arqués. 
— Elylres submembraneuses, allongées, subparallèlcs, munies de ner- 
vures saillantes. — Pattes grêles ; l" article des tarses plus long que 
les trois suivants réunis, le 4« couri, le 5» en grande partie libre. — Ab- 
domen non lobé sur les côtés. — Corps subparallèle. 

Les espèces de ce genre sont au reste de la tribu ce que les Knipi- 
CERA sont aux autres Hhipicérides. Le nombre des articles de leurs an- 
tennes est encore plus dilFicile à déterminer d'une manière eiacte que 
chez ces dernières, et je n'ai jamais pu réussir à le faire ; mais il ne pa- 
rait pas être au-dessous de ce qui est dit plus haut. Je ne connais pas 
bien les deux sexes ; les exemplaires assez nombreux que j'ai vus étaient 
tous pareils dans chaque espèce, tant sous le rapport des antennes que 
sous celui des segments terminaux de l'abdomen. 

Parmi ces derniers, l'arceau pygidial est tantôt tronqué, tantôt ar- 
rondi et faiblement bisinué, l'anal tronqué et parfois muni d'une faible 
saillie dans son milieu, le génital assez saillant. L'appareil lumiceux oc- 
cupe en entier les trois derniers segments abdominaux. 

Les Amvdetes sont propres à l'Amérique du Sud et peu communs 
dans les collections. Leur taille est moyenne, et leurs couleurs n'ont rien 
de remarquable ; tous sont d'un tcslacé fuligineux ou d'un noir brunâtre. 
On en connaît en ce moment quatre espèces (i). 

(1) Lamp. plumicorms,Uilv. in Iliimb. et Bompl. Obs. d. Zool. I p 156 
pl. 16, f. 4; do Colombie et du Mexi(,,ie. - Am. apicalis, Germar, In«. Spec! 
uov. p 67; du Brésil.— ^m. Vifforsii, Weslw. Zoot.Journ. V, p 64- pl d. 
hTk V ' ''• l (P'"""»"'-""? Latr.); du Pérou. -^m. prœusia, Blanch. ia 
dOrb Voy.; Entom. p. 124, pl. 7, f. 8; do Montevideo [opicalis? Germ.). - 
Am fucata^UoM^. Etud. entom. Ann. Il, p. 25; du Brésil; Sto-Cathonne. 

1 liger avait fondé le génie sur uno espèce du Brésil qu'il nommait fasti- 
gtata, mais qu'il n a pas décrite. 



LAHPTBIDBS. 33S 

MEGALOPHTHALMUS. 
R. Graï in GniFFiTu's Anim. Kingd.; Ins. 1, p. 371 (1). 

Palpes assez robustes; leur dernier arlicle brièvement ovalairc. — 
Tèlc imparfaitement découverte; front large et plan. — Yeux médio- 
cres. — Antennes courtes, de onze articles : 1 grand, très-gros, forte- 
ment élargi au bout, 2 à peine disliiicl, 3-11 très-courts et très-serrés, 
émettant chacun un rameau beaucoup plus long que l'antenne et ré- 
tréci à sa base; ces rameaux égaux. — Prothorax fortement transver- 
sal, un peu saillant dans son milieu en avant, bisinué à sa base, avec ses 
angles postérieurs arqués, largement rebordé antérieurement et sur les 
côtés. — Elytrcs allongées, subparallèles, à nervures très-saillantes. — 
Pattes grêles; l" arlicle des tarses au moins aussi long que les deux 
suivants réunis, le 4° ne recevant que la base du 5°; crochets simples. 

— Abdomen fortement lobé latéralement. — Appareil de phospho- 
rescence occupant les deux derniers segments abdominaux. — Corps 
tubparallèlc. 

Le nom imposé à ce genre par M. Gray est à regretter, car ces in- 
sectes n'ont pas les yeux plus développés que le commun des Lampyri- 
des. Ils sont pour la plupart moins grands que les Amydetes avec les- 
quels ils ont beaucoup de rapport. Ue tous les Lampyrides, ce sont ceux 
qui ont les nervures des élylrcs les plus prononcées; chez quelques-uns 
elles forment de véritables côles, qui sont minces, tranchantes et en- 
tières, ou peu s'en faut. La plupart sont d'un brun noirâtre mat, sauf 
sur le prolhorax qui est sujet à devenir jaune ou blanchâtre. 

Je ne connais que des mâles; leur arceau pygidial est trilobé ou 
simplement bisinué, l'anal trotiqué ou légèrement échancré, le génital 
court. Les espèces connues, au nombre de sept (3), sont de l'Amérique 
du Sud. 

LUCIOLA. 

De CàSTELN. Ann. d. l. Soc. entom. \\, p. 146 (3). 

Palpes courts, assez robustes; leur dernier article de forme normale. 

— Télé en grande partie découverte; front plan ou concave. — Yeux 

(1) Syn. Rabdota, Doj. Cal. éd. 3, p. 113. 

(2) M. lienneti, Gray, loc. cit.; do Colombie. — melanurus, du Pérou; cos- 
/ate, de Colombie; Casteln. Anu. d. 1. Soc. entom. II, p. 131. — coUaris, 
Guérin-Méuev. Rev. Zool. 1843, p. 17; de Co\omhie. — gentilis, obsoletus, 
Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 123, pi. 7, f. G-7; de Corriontes.— ctsc^ttî, 
Motsch. Etud. entom. Ann. II, p. 25; do Colombie. 

(3) Syn. Delopyrus, Delocledrus, Cuhtos, Colophotu (Doj.), Luciou, 
Motsch. Etud. eutom. Ann, I, p. 50 sq. 



336 HALACODERMES. 

gros et saillants chez les màlcs, sans envahir le front, médiocres chez 
les femelles. — Antennes plus ou moins courtes, grêles, Gliformes, gra- 
duellement atténuées, de onze articles : 1 peu robuste, en cône ren- 
versé, 2 obconique, plus long que large, 3-11 de même forme, subégaux. 
— Prothorax fortement Iransversal, en général arqué et étroitement 
reborde sur les côtés, rétréci et tronqué ou arrondi en avant, bisinué et 
largement déprimé à sa base, avec ses angles postérieurs saillants et ar- 
qués; rarement quadrangulaire. — Elytres allongées, oblongo-ovales 
ou parallèles. — Pattes courtes; 1°"^ article des tarses au moins aussi 
long que les deux suivants réunis, 4 assez court , recevant plus ou 
moins le 5" ; crochets petits, simples, très-rarement (par ex. mehadien- 
sis) munis d'une très-petite dent médiane. — Abdomen composé de sis 
segments (plus un segment anal chez les mules), non lobé sur les côtés. 
-^ Corps allongé, parallèle ou oblongo-ovalc, légèrement convexe. 

Insectes aisément rcconnaissables à la brièveté do leur prolhorax qui, 
h de rares exceptions près, est en même temps d'une forme particu- 
lière décrite plus haut. La tête, dont il ne recouvre qu'une faible partie, 
ne diffère pas de celle des Lampyrides précédents et s'éloigne par con- 
séquent beaucoup de celles des PnoTunis, qui est tout aussi dégagée du 
prolhorax. Je ne leur trouve que six segments abdominaux, dont le pre- 
mier est même en général très-court et visible seulement sur les côtés. 
L'arceau pygidial et le pré-anal varient un peu, comme de coutume, et 
M. de Molschoulsky s'est servi non-seulement de ce caractère et des 
modifications de l'appareil de phosphorescence, mais encore de quelques 
insignifiantes variations dans la (orme générale, celle du prothorax, 
la longueur relative des articles des tarses, des antennes, etc., pour 
diviser le genre en cinq, dont les caractères, réduits à leurs points es- 
sentiels, seraient selon lui, les suivants : 

Chez les deux premiers l'appareil phosphorescent occuperait seule- 
ment les deux derniers segments abdominaux. 

Les Delopykos sont caractérisés par leur prolhorax en croissant, et 
leur arceau pygidial triangulaire et arrondi; ils se réduisent à une es- 
pèce de l'Afrique australe (i). 

Une seule également (.!), originaire de Mozambique, compose le 
genre Delopleubcs qui ne diffère essentiellement du précédent qu'en 
ce que le prolhorax est en carré transversal, et l'arceau pygidial prolongé 
dans son milieu en une lame obtuse. 

Dans les trois genres suivants, les trois derniers segments abdomi- 
naux seraient lumineux (s). 

(1) D. Di-eget Doj., Motsch. loc. cit. lU, p. 26. 

(2) D. fuscuSj Motsch. ibid. p. 47. 

(3) Cela est exact pour les Colopiiotu, telles que les entend M. de M.; j'i- 
gnore ce qui en est pour les Cuktos quimo sont inconnus j quant aux Luciola, 



LAMrVRlDES. 337 

Les CcnTos ont le prolhorax transversal, canaliculc sur la ligne mé- 
diane et l)i-impressionn6 à sa base, l'arceau pygidial arrondi cl l'anal 
fortement échancré dans son milieu. La seule espèce connue (i) est de 
la Mongolie. 

Les CoLopHOTiA sont cssenliellemenl caractérisées par leur arceau 
pygidial échancré et l'anal Irifide, avec la division médiane plus longue 
que les latérales et fendue presque jusqu'à sa base; leur prothorax est 
presque carré et inégal en dessus. Elles se bornent également à une 
seule espèce (u) de Manille. 

Enfin les Luciola ont le prothorax à l'état normal, l'arceau pygidial 
arrondi et l'anal échancré dans son milieu. M. de Motschoulsky y com- 
prend tout le reste des espèces du genre en leur donnant pour type la 
L. pedemontana. 

Ces insectes sont au plus de taille' moyenne, et leur livrée se réduit à 
deux couleurs, le noir brunâtre et le fauve testacé ou le jaune ferrugi- 
neux ; l'une ou l'autre de ces deux nuances en forme le fond. Sauf une 
espèce indiquée comme de l'Amérique du Nord et qui n'eu est peut-être 
pas, ils sont étrangers à l'Amérique cl répandus dans toutes les parties 
chaudes de l'ancien continent, y compris l'Europe australe. Les espèces 
décrites s'élèvent déjà à près d'une cinciuantaine (s). 

cela n'est vrai (lue pour les mâles qui ont un segment anal additionne!, lequel 
est phospliorescent comme les deux qui le précèdent; chez les femelles il n'y 
a que les deux derniers segments qui soient lumineux. 

(1) C. mongolkus, Motsch. loc. cit. p. 47. 

(2) Lanvp. prœusta, Escliscli. Entomogr. éd. Lequien, p. 57. 

(3) Aux espèces précédentes, aj. celles qui suivent : plusieurs d'entre elles 
ont un kibitit très-étcndu qui empêche de préciser exactement leur patrie. 
Esp. de l'Europe mér. et or. : Lamp. italica Linné, De Gécr, Toussaint-Char- 
pent. Hor. entom. pi. 6, f. 5 cT, 6 9 . — Lamp. lusitanica, Tonssaint-Char- 
peiit. loc. cit. pi. 6, f. 4 [italica Fab.). — Col. mehadiensis, Falderm. Faun. 
entom. Transe. I, p. 185. — Col. illyrica, Kiister, Die Ka-fer Europ. IX, 29.— 
lue. minuta, obtusangiUa, suluralis. pedemontana, Motsch. Etud. entom. III, 
p. 51 sq. — iuc. grœca, Casteln. loc. cit. p. 147. — Esp. de la Russie mér. : 
Luc. collaris, mingrclica, caucasica, jionlica, Motsch. loc. cit. p. 51. — Esp. 
de l' Asie-Mineure : Col. macuUcollis, Muls. etWachanr. Mém.dcl'Acad. d. Lyon, 
Sér. 2, II; Scienc. p. 3. — Esp. africaines : Lamp. capensisV3.h., Oliv. Entom. 
II, 28, pi. 2, f. 17. — Luc. discicoUis, puncticollis, melnnura, Casteln. loc. cit. 
P- 148; Sénégal. — Col. bimac.ulicoUis, ca/fra, fusctUa, pumila, Bohem. Ins. 
Caffrar. 1, p. 445; Natal. — Luc. exolela, Motsch. loc. cit. III, p. 49; Mozam- 
bique. _ iyg, obscuripennis, cisteloides, bimaculata, cincticollis, exigtia, Klug, 
Monatsbcr. d. Berlin. Acad. 1855, p. 648; même pays. —Luc. lucernula, 
Reiche in Galin. Voy. en Abyssin.; Zool. p. 285; Abyssinic. — Esp. de Mada- 
gascar : Lnmp. madagascariensis , Guérin-Ménev. Mag. d. Zool.; Ins. 1831, 
pi. 22. — Luc. Gotidolii, Casteln. loc. cit. p. 150. —Esp. de Chine : inmp. 
chinensis, Linné, Syst. nat. II, p. 645 (vespertina?Vah.). — Col. flavida, Hope, 
Trans. of the entom. Soc. IV, p. 10. — Esp. du continent indien et des lies de 

Colcoptèrcs. Tome IV. 2-2 



338 HALACODEHMBS. 

Groupe n. Photuridei. 

Tête rétrécic en arrière. — Labre indistinct. 

Ces deux caractères ne se rencontrent que dans le seul genre Pnoio- 
Bis, et comme tous deux sont des caractères do ïcléphorides, il s'ensuit 
que ce genre forme le trait d'union entre ceux-ci et les Lampyrides. 
§es espèces ont en outre les antennes longues, sctacécs, les pattes grêles, 
non comprimées, et le faciès général des premiers. U'un autre côté, leurs 
yeux en général volumineux, et leurs organes buccaux, sont comme chez 
les seconds. Je ne parle pas de leur appareil lumineux, attendu que ce 
caractère n'est pas absolument étranger aux Téléphorides. 

PHOTURIS. 

(Dei.) J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. V, p. Z31 (1). 

Tête médiocrement allongée ou courts, rétrécie en arrière, penchée; 
front plus ou moins large, plan. — Yeux de grosseur au moins médio- 
cre. — Antennes assez longues, le plus souvent trcs-gréles et sélacées, 
de onze articles : 1 en cône renversé, 2-3 de longueur relative variable, 
4 souvent plus long que les suivants, ceux-ci suhégaux. — Prolhorax 
transversal ou non, demi-circulaire en avant, largement foliacé, sauf à 
sa base; les angles de celle-ci plus ou moins saillants. — Elytrcs molles, 
subparallèles chez la plupart, plus rarement ovales. — Pattes longues et 
grêles; hanches postérieures Irès-saillanlcs au côté interne; l»' article 
des tarses postérieurs au moins aussi long que les deux suivants réunis, 
le 4° très-long, profondément divisé en deux lobes grêles, le 5" long, 
en partie libre ; crochets simples ou bifides au bout. — Abdomen non 
lobé sur les côtés. — Corps allongé, parallèle ou ovale, plan. 

la Sonde : Luc. vittata, Casteln. loc. cit. p. 150. — Luc. iestacea, circumdata, 
indica, cruciata, Motsch. loc. cit. lll, p. 48 sq. — Esp. du Japon : Lamp. ja- 
ponica Tliunb., Fab., OIW. Entom. Il, 28, pi. 2, f. 18; elle se trouve aussi à 
Java, à Madagascar et au Cap. — Esp. des îles Philippines : Lamp. npicalis, 
Eschsch. Entomogr. éd. Lequien, p. 58. — Esp. de la Papouasie et de la Polyné- 
sie : Luc. nuslralis (Nouvelle-Irlande), marginipennis (Ollak), ruficollis (Nou- 
velle-Guinée), Guérin-Ménev. Voy. d. 1. Coq.; Entom. p. 74. — Luc. limbata, 
plagiata, Hombr. et Jaquin. Voy. au PAle Sud; Entom. p. 73, pi. 16, f. 1, et 
pi. 5, f. 15; des lies Salomon. — Esp. de l'Australie : Lamp. striata, australis, 
Fab. Syst. El. 11, p. 103; Fabricius indique à tort la première comme de la Po- 
lynésie. — Esp. de l'Amer, du Nord: /.MC.macu/t'eoiiis, Casteln. loc. cit. p. 148. 
(1) Syn. Telephoroides, De Casteln. Ann. d. 1. Soc. entom. II, p. 144; nom 
mal fait et que M. i. L. Le Conte me parait avoir repoussé avec raison; M- De 
Castelnau l'a d'ailleurs écrit en français. — Piiotdkis, Pïkocasteb, Bicem-oiiy- 

CHA, TniPI.ONVCHA, BlATTOMORPHA, TkLEPH0110U)ES , Pl.ATYSTES, DnVPTOMOnPHA , 

Motsch. Etud. entom. Anu. I, p. 53 sq. — Tetbalïchku, Motsch. Ibid. p. 38. 



LAMPTRIDES. 339 

Ces insecles sont de (aille au moins moyenne, de couleurs très-variées 
et, comme les Telepuords, dont ils sont les reprcsenlanis parmi les 
Lampyrides, présentent dans la structure des crochets de leurs tarses, 
des dillërences qui ne me paraissent pas plus que chez ces derniers avoir 
une valeur générique. En prenant les modifications de ces organes pour 
base, on obtient trois sections. 

Les uns ont les crochets en question simples, les yeux médiocres, les 
antennes un peu plus robustes que dans les deux groupes suivants, avec 
le 2° article de moitié ou d'un tiers plus court que le Z". Ceux qui ont 
les deux pénultièmes segments abdominaux lumineux, sont seuls des 
Pbotbbis (1) pour M. de Motschoulsky ; quand l'appareil de phospho- 
rescence occupe les trois derniers segments, ce sont pour lui des Pybo- 

GASTEn (2). 

Dans une seconde section, la plus nombreuse de toutes, le crochet ex- 
terne de tous les tarses est fendu à son extrémité et l'interne simple. 
Tous ont les antennes très-grcles, avec le 2» article de ces organes pres- 
que aussi long ou aussi long que le 3", et les yeux plus développés que 
dans la seciion suivante. Plusieurs les ont même très-volumineux, et 
dans ce cas le front devient plus ou moins concave, tandis qu'il est plat, 
comme de coutume, dans les autres. 

Il y en a qui ont les trois pénultièmes segments abdominaux lumi- 
neux ; ce sont des TniPLONvcnA (.-î), Blattomorpha (4) et Telepho- 
BoiDES (ri) pour M. de Motschoulsky, genres établis sur le facics plutôt 
que sur des caractères réels et qui ne se prêtent que difficilement à l'a- 
il) M. de M. (loc. cit. III, p. 56) place en tète de ce genre le Lamp. lunifera 
d'Eschscholtz que j'ai rapporté au Photinus; voyez plus haut, p. 322, note 1. 
— Lamp. filicornis,mœsla (amirg'ua Dej.), Gcrmar, 1ns. Spec. nov. p. 64; du 
Brésil. La seconde n'a qu'une taclio pliospliorescente sur l'antépénullième seg- 
ment abdominal et devrait par consétiucnt, dans la méthode de M. do M., for- 
mer un genre à part. — Homalisus lekphorinm, Perty, Delect. anim. art. 
Brasil. p. 27, pi. C, f. 3, du Brésil. — columbina, de Colombie; hectica {bigut- 
to(aDfj.),duBrfcil;Motsch. loc. cit.— Les Phot. decorata, cervina, limùata, 
consentanea, etc. de Dejean, appartiennent à ce groupe. 

(2) P. grylloides, dilataius, Motsch. ibid. p. 57; du Brésil. — Le Phot. in- 
termedia de Dejcan vient ici. 

(3) T. viitipennis, de Colombie; despecta, de l'Amer, mér.; Motsch. ibid. 
p. 59. 

(i) B. lateralis, Motsch. ibid. p. 59; du Brésil. 

(5) Le type de ce genre est le Lamp. pcnsylvanica, De Géer,Mém. IV, p. 53, 
pl- n, f. 8 [Lamp. verskolur Fab.), do l'Amer, bor.; M. de M. (loc. cit. p. 59) 
ne décrit que la variété que Dcjean a nommée Phot. lineatocollis. — Tel. vit- 
tigera {pensylvanica var.?), do l'Amer, bor.; occidentalis (nec Oliv.), de Cayenne 
et du Brésil, [ruHcola, pallida, du Brésil; Motsch. loc. cit. — Phot. frontalis, 
divisa, congener, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of PhUad. V, p. 337; des 
Etats-Unis. 



340 malacoderhes. 

nalyse. Il en est de même de ses Platystes (i) et de ses Dbyptomoii- 
PHA (2) qui comprennent les espèces dont les deux pénultièmes seg- 
ments abdominaux sont phosphorescents. 

Enfin, dans la troisième section tous les crochets des tarses sont fen- 
dus à leur extrémité. Ses espèces sont peu nombreuses et ont les trois 
derniers segments abdominaux phosphorescents et les antennes faites 
comme dans la section précédente; ceux qui me sont connus ont les 
yeux fort gros. Ces insectes sont les Bicellonycha (ô) de M. de Mols- 
choulsky. 

Quant au dernier genre mentionné en synonymie, celui des Tbtba- 
LYCDNiA, il est fondé sur le Telephoroides blatloides de M. De Castel- 
nau, que M. de Molschoulsky dit n'avoir pas vu, et l'unique caractère 
qui lui est assigné consiste en ce que, d'après M. De Casteinau, les qua- 
tre derniers segments de l'abdomen seraient phosphorescents. 

L'appareil lumineux varie peu chez ces insectes et occupe les deux 
pénultièmes ou les trois derniers segments abdominaux. L'arceau pygi- 
dial est triangulaire ou arrondi dans les deux sexes, l'anal triangulaire 
chez les femelles, tronqué chez les mâles, le génital de ceux-ci peu dé- 
veloppé et plus ou moins conique. 

Les Photdbis sont propres à l'Amérique, et il parait y en avoir dans 
toute l'étendue de ce continent. Les collections en renferment on grand 
nombre d'inédits (4). 

Noie. 

Je ne me fais aucune idée de ce que peut être le genre suivant ot ne 
vois même pas bien s'il appartient à la tribu actuelle ou à celle des Ly- 
cydes. 

(1) P. axillaris, Motsch. loc. cit. p. 61; du Brésil. 

(2) D. lalefasciata (Phot. annuUventris Dej.) Motscli. loc. cil. p. Gl; de Co- 
lombie. L',intép6nultième segment est seul lumineux dans cette espèce, et non 
pas les deux pénultièmes, comme le dit M. de M. — Le Tel. lycoides Castelu. 
(Ann. d. 1. Soc. eutom. 11, p. 145), du Brésil, qu'il rapporte avec doute k ce genre, 
a les crochets des tarses simples, les deux pénultièmes segments abdominaux 
lumineux et est par conséquent un de ses PnoTunis. 

(3) Le Lamp. albilatera Schœnli. (Syn. Ins. 111; Append. p. 21) du Brésil, 
que M. de M. met en tête du genre, ligure plus haut parmi les Piiotinus, aux- 
quels je crois qu'il appartient. Voyez p. 323, note 4. — B. deieta, do Co- 
lombie; UvidipenniSjmelanura, du Brésil; Motsch. loc. cit. p. 58. 

(4) Indépendamment de celles mentionnées dans les notes précédentes, je ne 
connais d'espèces décrites que les suivantes : P. cinclicoUis, Erichs. Archiv, 
1847,1, p. 81; du Pérou. — rubicunda, Erichs. in Schomb. Guyana, 1U> 
p. 559; de la Guyane anglaise. 



TÉLËPHORIDBS. 341 

LYCOIDES. 

MoMTRouz. Ann. d. l. Soc. d'Agric. d. Lyon, Sér. 2, VU, p. 78. 

Caractères généraux des Lampyrides. — Corselet convexe, presque 
globuleux. — Antennes ayant le 2» el le 3» articles beaucoup plus courts 
que les suivants; ceux-ci en dents de scie. — Aspect général des Lvcos. 

La forme du prothorax est tellement étrangère à tous les Malaco'der- 
mes connus, qu'il est bien possible que le genre n'appartienne pas à 
cette famille. M. Montrouzicr l'a établi sur un insecte {L. chrysomelas) 
dcl'ile Woodiark (Polynésie), d'un jaune doré, avec la léle et l'exlrérailé 
des élytres noires. 

TRIBU m. 

TÉLÊPHORIDES. 

Antennes insérées sur le front, plus ou moins distantes. — Labre in- 
distinct. — Tcte découverte; épistorae confondu avec le front. — Pattes 
grêles, non comprimées; hanches intermédiaires conliguL's; trochanters 
situés au côté interne des cuisses; 4e article des tarses bilobc chez pres- 
que tous. — Abdomen de sept segments. 

Ainsi qu'on l'a vu plus haut, la plupart des auteurs récents ne sépa- 
rent pas ces insectes des Lampyrides. Le genre Pbotdbis, dont il a été 
question en dernier lieu, établit en effet une transition presque insen- 
sible entre les deux groupes; mais si l'on en fait abstraction, il reste dans 
celui-ci une masse considérable d'espèces trop différentes des Lampy- 
rides par leur faciès, pour leur rester associées. 

La léle des Téléphorides, quelle que soit sa longueur, conserve tou- 
jours ses deux caractères dislinclifs, à savoir son rétrécissement en ar- 
rière des yeux et son épistome semblable à une sorte de bouclier qui 
recouvre plus ou moins les mandibules lorsqu'elles sont au repos. Dans 
la plupart des espèces, notamment chez celles où son col est fort al- 
longé (Phengodes, Cuauliognatuds, Pouabuds, etc.), elle est riiom- 
boïdale et simplement penchée. Dans un petit nombre de cas où elle est 
ion courte (par ex. IcnTnvcnus), son front tombe verticalement en fai- 
sant un angle presque droit avec le verlex. L'épislome de son coté varie 
assez ; il est môme sujet (PsiLonoTNCuts) à s'allonger au point de former , 
une sorte de rostre, comme cliez certains Lycides. '' 

En outre de l'absence du labre, les organes buccgiux diffèrent de ceuif^, 
des Lampyrides par quelques parlicularitcs. Les mandibules n'ont plu» 
celle formç gjfclc cl arrondie qu'elles affectent chez ces derniers. Elles 
sont toujours déprimées à leur base, plus longues el parfois bifides au 



342 MALACODEKUES. 

bout ou dentées au côté interne. Les palpes sont plus ou moins grêles, 
et dans aucun cas leur dernier article ne prend cette forme caractéri- 
stique qui est de règle dans la Iriliu précédente. Les mâchoires sont sou- 
vent remarquables par la grandeur et la grosseur de leur tige. Chez les 
espèces où cela a lieu, la lèvre inférieure a en morne temps de la ten- 
dance à s'allonger. 

Le point d'insertion des antennes et leur plus ou moins d'écarlement 
sont très-variables. Ces organes sont assez longs et généralement grêles 
et filiformes ou sélacés ; les exceptions à cet égard sont médiocrement 
nombreuses (Phengodes et genres voisins, Polemius, Dysmorphocerus, 
Pacdymesia). 

Le prolhorax n'est presque jamais foliacé sur les côtés ; son pro- 
notum est simplement séparé des parapleures par une carène tran- 
chante, qui est trcs-émoiissée chez la plupart des Silis et manque com- 
plètement dans un petit nombre de genres (par ex. Icotuvuhus) chez 
lesquels le pronotum se recourbe latéralement pour embrasser les flancs 
du prothorax. 

Sauf chez un petit nombre de Cuacuocnathcs du Brésil, les élytres 
ne débordent jamais notablement les côtés du corps. Mais il n'est pas 
rare (Phengodes, Maltuinus, etc.) qu'elles soient plus ou moins cour- 
tes, et dans ce cas, subulées. Les pattes et l'abdomen ne présentent 
rien de parliculier ; ce dernier n'est dans aucun cas lobé ou lacinié laté- 
ralement. Ses deux derniers segments, dans lesquels résident principa- 
lement les caractères sexuels, afieclent des formes très-variées et par- 
fois (ftlALTHODEs) très-compliquées (i). 

Les Téléphorides fréquentent les fleurs et les feuilles; leur livrée, as- 
sez insigniflatilc chez la |)lu|inrt, présente quelquefois des nuances mé- 
talliques inconnues chez les Lampyrides. A quelques exceplioiis près 
qu'on signale chez cerlains CnAoï.ioGNAïuus, ce sont, du moins les Te- 
lEPDORns, des insectes très-carnassiers qui s'attaquent même aux indi- 
vidus de leur propre espèce. 

On ne connaît encore bien de leurs larves que celles de plusieurs 
Telephorus (-2). Elles ont beaucoup d'analogie avec celles des Lampy- 
rides par la présence d'un seul stemmate de chaque côté de la têle, la 

(1) Ces segments n'ayant pas été employés, comme chez les Lampyrides, 
pour établir des genres, il m'a paru inutile de parler de leurs modifications. 

(2) T. fuscus, De Géer, Mém. IV, pi. 66, pi. 2, f. 5-9; Blanchard in Guérin- 
Ménev. Magaz. d. Zool. Ins. 1836, pi. 168, f. 3; Westwood. Ar. Introd., etc. I, 
p. 256, pi. 27, n»» 16-19. — lividus, Blanch. loc. cit. f. 1, 2. — rufus, Waterh. 
Trans. of Ihe entom. Soc. I, p. 31, pi. 3, f. 3. — Pour une description géné- 
rale, voyez Erichson, Archiv, 1841, 1, p. 94, et Chapuis et Candèze, Mém. d. 1. 
Soc. d. Se. de Liège, VIII, p. 501. 

Une description sommaire a été donnée par M. Hammerschmid (De Ins. 
Agricult. damnos. p. 25) de la larve du Malthinus biguttalus. Elle ressemble 
pour tous les points essentiels aux précédentes. 



TÉLÈPDOBIDBS. 343 

fusion de i'épis(ome avec le front et l'absence du labre; mais leurs for- 
mes sont plus normales, leurs téguments au plus coriaces et revêtus 
(l'un très-lin duvet velouté, qui ne manque que sur la partie antérieure 
de la lête; enfin, leur couleur est d'un noir profond que relèvent quel- 
quefois des taches rouges ou blanchâtres. 

Leur corps est allongé, subparallèle et assez épais. La tête est cornée, 
plane sur ses deux faces, avec la bouche dirigée en avant. Les mandi- 
bules sont longues, en forene de tenailles et armées d'une forte dent 
médiane au côté interne. Les mâchoires flanquent la languette et sont 
articulées avec elle dans une écharicrure du dessous de la tcle ; leur 
lige est bien développée et terminée par un seul lobe articulé. Les pal- 
pes maxillaires se composent de trois articles : le i'^' grand et épais, le 
2e très-petit, rélraclile dans l'intérieur du précédent, le 3» grêle et aci- 
culé. La lèvre inférieure semble réduite à un menton carré et charnu, 
accompagné de deux pièces membraneuses soudées entre elles à leur 
base, et qui portent les palpes labiaux. Ceux-ci n'ont que deux articles, 
dont le 1" est gros et le dernier pareil à celui des palpes maxillaires. 
Les antennes sont articulées sur les côtés de la tête, immédiatement en 
arrière des mandibules; leurs articles sont au nombre de trois, dont le 
2« porte à son sommet une petite pièce articulaire, placée à côté du 
dernier article qui est grêle et aciculé. En arrière, et tout près de ces 
organes, se voit un ocelle assez gros et transversalement elliptique. Les 
segments Ihoraciqucs ne diffèrent pas de ceux de l'abdomen ; le dernier 
de ceux-ci est muni inférieurement d'un prolongement anal en forme 
de cupule. Les pattes sont médiocres cl composées : d'une hanche trans- 
versalement dirigée en arrière, d'une cuisse et d'une jambe pluS longues 
et subégales, et d'un article tarsal terminé par un onglet. La première 
paire de stigmates est située en dessous entre le prolhorax et le méso- 
Ihorax ; les huit autres le sont à la partie inférieure et latérale des huit 
premiers segments abdominaux. 

Les habitudes carnassières des insectes parfaits se retrouvent chez 
ces larves. Elles vivent sous terre; mais on les rencontre parfois hors de 
leur retraite, se jetant avec avidité sur les insectes, les larves, les lom- 
brics et autres petits animaux qui se trouvent à leur portée. Elles pas- 
sent la mauvaise saison sous celle forme, et l'on a signalé depuis long- 
temps leur apparition accidentelle en grand nombre, à la surface de la 
neige, principalement dans le nord cl dans les régions montagneuses de 
l'Europe. Il est probable, comme l'a dit De Géer, que ces apparitions 
sont dues à des tempêtes pendant lesquelles des vents violents auraient 
enlevé ces larves et les auraient transportées au loin (1). 

(1) M. Blanchard (loc. cit.) rejette celte explication et attribue l'apparition 
de ces larves h la nécessité où elles sont, lorsque la neige couvre la terre, de 
venir chercher à la surface du sol, l'air qui leur manque. Mais s'il en était 
Mnsij ces apparitions devraient être un phénomène régulier qui se reproduirait 



344 MALACODERHES. 

Cette tribu est aussi riche en espèces que les deux précéflentes réu- 
nies, et de toutes celles des Malacodcrmes elle est la mieux représentée 
en Europe. Quant aux genres qui la composent, l'Amérique a de beau- 
coup la supériorité sur les autres régions du globe. 

Elle n'a encore été abordée dans son ensemble par aucun auteur, et 
tous ses genres, à l'exception des Telepoords, Phengodes et Malthi- 
ncs, sont de création plus ou moins récente. Bien qu'ils soient aussi nom- 
breux que ceux des Lampyrides, ils ne se prêtent pas à cire répartis 
dans des groupes secondaires. 

I. Antennes bi-flabelléesj élytres plus ou moins courtes et subulées. 
a Abdomen pliosphorescent : Phengodes. 

aa — non — 

Rameaux antennaircs distiques : Bœoscelis. 

— unilatéraux : Mastinocerus. 

II. Antennes non llabellées. 

& Elytres recouvrant on entier l'abdomen. 

c Antennes insùi-écs sur des tubercules frontaux : Tylocerus. 

C — — directement sur le front. 

d Tète prolongée en un long et étroit museau : Psilorhyiichus. 

dd Museau court et large. 

e Dernier article des palpes sécuriforme. 

f Prothorax non échancré latéralement. 

Articles 2-5 des antennes de longHour normale : Chauliognathus, 

Podabrus, Telephorus. 
Articles 2-5 des antennes très-courts : Dysmorphocerus. 
ff Prothorax échancré latéralement. 

Antennes plus ou moins dentées : Silis, Polemius. 
— robustes, fusiformes : Pachymesia. 
ee Dernier article des palpes ovalaire. 

Celui des antennes de longueur normale : Oontelus. 

— très-petit, en forme de bouton : Elattoderes. 

bb Elytres recouvrant imparfaitement l'abdomen. 
g Dernier article des palpes sécuriforme. 

Mandibules dentées : khthyurus, Lobetus. 
— iuermes : Trypberus. 
gg Dernier article des palpes ovalaire et acuminé. 

chaque hiver, tandis qu'elles sont peu communes. Le dernier auteur qui ait si- 
gnalé un fait do ce genre, M. Tynenhaus (Revue et Mag. d. Zool. 1849, p. 72), 
adopte l'opiuion de De Géer. 



TËLËPUOBIDES. 345 

/i Des ailes inférieures. 

« Antennes déprimées et dentées : Tytthtmyx, Molychnus. 

i i — filiformes. 

' Mandibules dentées : Malthinus. 
— inermes : Malthodes. 

hh Point d'ailes inférieures : Podistra. 
Genres incertse sedis : Malthesis, MaUliopterus, Biurus (1). 

PHENGODES. 
(HoFFMANs.) IiUG. Maguz. VI, p. 341. 

Menton très-petit, cii carré transversal. — Languette un peu évasée 
et échancrce en avant. — Mâchoires robustes, cylindriques, surmontées 
d'un article plus court et plus étroit. — Palpes grêles ; les labiaux beau- 
coup plus courts que les maxillaires, ayant leurs supporls libres; leur 
dernier article fusiforme ; les maxillaires insérés bout à bout sur les 
mâchoires, parfois aussi longs que la tête; leur dernier article subcylin- 
drique et Ironqué au bout. — Mandibules assez longues, grcics. arquées 
dès leur base et aiguës au bout. — Tôle pclile, cnlièrcmciit découverte; 
front bituh(:rculeux,subvcrlical en avant; épislome rétréci et couvrant les 
mandibules au repos. — Yeux très-gros, globuleux. — Antennes très- 
grêles et très-longues, de onze arlicles : 1 gros et long, en cône ren- 
versé, 2 Irès-court, 3-10 envoyant de leur base tUnix rameaux linéaires, 
opposés, villeux, contournés sur eux-incines(-2), Il pareil à ces rameaux, 
mais plus long. — Prothorax transversal, rétréci dans sa moitié anté- 
rieure, sinué au milieu de sa base, assez convexe sur le disque. — 
Ecusson carré, arrondi aux angles postérieurs, échancré en arrière. — 
Elylres h peine aussi longues que la moilié de l'abdomen et subulées 
dans leur moilié postérieure.— Pâlies grêles, assez longues; tarses sub- 
cylindriques, aussi longs que les jambes; leurs articles 1-3 décroissant 
graduellement, 4 petit, entier* crochets grêles. — Les deux derniers seg- 
ments abdominaux phosphorescents. 

Ce dernier caractère a engagé tous les auteurs, sans exception, qui 
se sont occupés de ces insectes, à les placer parmi les Lampyrides. Mais, 

(1) Solier (in Gay, Hist. de Chile; Zool. IV, p. 430) a placé dans celte tribu, 
qu'il confond avec celle des Dasytides, deux insectes du Chili sur lesquels il a 
établi son genre Mecopselapiius. Ces insectes sont des hétéromères du groupe 
des OEdéméiides. Plus tard, dans le même ouvrage (V, p. 252), eu traitant les 
Hétéromères, Solier a fondé sur une autre espèce, congénère avec les précé- 
dentes, son genre Cycloderus qu'il a placé dans un groupe nommé par lui 
Lcptodéroldes. 

(2) J. Goudol (Revue Zool. 1843, p. 17) nous apprend que pendant la vie, 
lorsque ces insectes volent, ces ramcauxsont étalés en ligne droite, et que leur 
rocoquevillement est l'effet do la dessiccation. 



346 MALACODERMES. 

la forme de leur tête, le mode d'insertion de leurs antennes, leurs orga- 
nes buccaux, surtout la gracilité et la longueur de leurs palpes maxillai- 
res, prouvent, de la manière la plus évidente, qu'ils appartiennent au 
groupe actuel. De même qu'il y a des Lampyrides non lumineux, rien 
ne s'oppose, en sens inverse, à ce qu'il y ait des Téléphorides qui le 
soient. Quant aux antennes, qui sont très-semblables à celles des Lam- 
pyrides du genre Calïi'tocephalds, elles se retrouvent dans le genre 
suivant, qui n'est pas lumineux, et, dès-lors, il n'y a rien à conclure de 
leur forme. 

A en juger par les exemplaires que j'ai sous les yeux, les femelles 
ont les antennes aussi rameuses que les mâles, mais pins courtes, leurs 
yeux plus rapprochés en dessous, et leur dernier segment abdominal est 
étroitement échancré, tandis qu'il l'est largement chez les premiers. 
Mais peut-être ces deux caractères sont-ils spécifiques et non sexuels. 

Olivier a, le premier, fait connaître, sous le nom de Lampxjris plu- 
mosa (I), une espèce originaire des parties moyennes et australes des 
Etats-Unis, où elle est commune pendant un court moment de l'au- 
tomne, et pénètre souvent, le soir, dans l'intérieur des maisons oii l'at- 
tire la lumière (2). On en connaît six autres espèces de l'Amérique du 
Sud (.-5). 

BOEOSCELIS. 

Spinola in Osculati, Exploraz. del. Région, equator. éd. %, p. 203. 

Menton plan, en carré transversal.— Palpes filiformes; les maxillaires 
du double plus longs que les labiaux, de cinq articles (4), le dernier 
très-court, globuleux ; les labiaux de quatre articles (4), les deux derniers 
moniliTormes. — Mandibules presque de la longueur de la tête, grêles, 
très-aiguës au bout, en forme de tenailles, ne se touchant au repos que 
par leur sommet. — Tête moyenne, découverte, horizontale ; épistomo 
déclive, sillonné longitudinalemeni, avec son bord antérieur subéchancré. 
— Yeux ircs-gros, globuleux, saillants. — yftitennes distantes, insérées 

(1) Entom. II, n» 28, p. 17, pi. 3, f. 27 (P. testaceus, Lcach, Zool. Journ. 
\, p. 44). 

(2) Vcyez Say, Boston Journ. of nat. Hist. I, p. 157. 

(3) P. flavicolliSj Lcach, Zool. Journ. I, p. 45; Pérou, —pulchella, Roulinii, 
Guérin-Ménev. Revue Zool. 18i3, p. 17; Nouvelle-Grenade.— Orhignyi, Blanch. 
in d'Orb. Voy.; Entom. p. 125, pi. 7, f. 9; Bolivia. — cincinnata, floccosa, 
Ericlis. Archiv, 1857,1, p. 79; Pérou. 

(4) M. Spinola compte, sans aucun doute, parmi les articles des palpes 
maxillaires, cette pièce que j'ai dit surmonter la tige des mâchoires chez les 
Phencodes; je crois qu'il vaut mieux la considérer comme la polpigére ([ui a 
été déplacée de sa situation ordinaire au côté externe do la lige. L'article 
supplémentaire qu'il assigne aux labiaux n'est évidemment pas autre chose que 
les supports de ces organes, qui sont libres ici comme chez les Phehgobbs. 



TéL^.pnoRiDES. 347 

au milieu du front sur des tubercules, de onze articles : 1 court, épais, 
2-10 subégaux, grêles, émettant chncun à leur extrémité deux longs 
rameaux filiformes, 11 beaucoup plus long que les précédents, pareil 
aux rameaux en question. — Prothorax Irapcziforme, convexe dans son 
milieu, dilaté en arrière, avec ses bords latéraux foliacés et plans. — 
Ecusson en triangle allongé. — Elytres ne couvrant que le dos du thorax, 
subulces presque à partir de l'écusson. — Pattes grêles, de grandeurs 
inégales; tarses filiformes; les quatre postérieurs plus longs que leurs 
jambes respectives; leurs articles l-o décroissant graduellement. 

D'après ces caractères, ce genre est manifestement voisin des Pdeîc- 
coDES, comme le dit M. Spinola. Il semble même n'en difTérer que par 
les articles terminaux des palpes, les mandibules plus saillantes et l'ab- 
sence de la propriété lumineuse. Il prouve, en outre, que les Puen- 
GODES appartiennent au groupe actuel et non aux Lampyrides. L'unique 
espèce qui le compose {B. Osculalii)a clé recueillie par M. Osculati sur 
les bords du Rio Napo ; elle est de la taille des Phengodes, et d'un tes- 
tacé rougeàtre, avec les antennes, les élytres et les tarses d'un brun 
foncé. 

MASTINOCERUS. 

SouER in Gay, Hist. d. Chile ; Zool. IV, p. 440. 

Palpes courts ; le dernier article des labiaux cylindrique, celui des 
maxillaires ovalaire; tous tronqués au bout. — Mandibules médiocres, 
simples, arquées et aiguës.— Tête petite, entièrement dégagée, rétrécie 
en arrière, terminée en avant par un court museau obtus. — Yeux mé- 
diocres, arrondis et asse^ saillants. — Antennes insérées en avant et au 
niveau de leur bord interne, assez longues, filiformes, de onze articles : 
lassez gros et court, turbiné, 2-3 courts, obconiqucs, 4-9 allongés, 
égaux, émettant chacun, au côté interne et h leur base, deux longs ra- 
meaux lamelliformes et ciliés, 10 court, renflé en dehors et échancréau 
bout, Il divisé jusqu'à sa base en deux rameaux pareils aux précédents. 
— Prothorax en carré transversal, avec ses angles, surtout les posté- 
rieuTs, arrondis. — Ecusson allongé et arrondi en arrière. — Elytres 
recouvrant les trois quarts de l'abdomen, subulces et déhiscentes dans 
leur tiers postérieur, convexes à leur base, avec leur portion rétrécie 
déprimée. — Pattes assez robustes; tarses presque aussi longs que les 
jambes, à articles 1-3 décroissant graduellement, 4 petit, cordil'orme, non 
bilobé; crochets simples. 

Je n'ai à ma disposition, de ce singulier insecte (1), qu'un exemplaire 
mutilé des antennes, et je décris ces organes d'après Solier ; leur forme 
est d'une des plus bizarres qui existent parmi les Coléoptères. Ils sont 

(1) M. brevipennis, Solier, loc. cit. p. 441, pi. 9, f. 11 ad. 



348 MALACOOEBMES. 

insérés très-près des côtés du museau, et, par suite, plus distants que 
chez les autres Téléphorides. Cet insecte, découvert au Chili, par 
M. Gay, est de taille médiocre, d'un noir brunâtre mat, avec la tête 
ferrugineuse, et finement velu partout. 

TYLOCERUS. 
Dalm. Anal, entom. p. 57 (1) . 

Menton allongé, tronqué ou arrondi en avant. — Languette Irès- 
courte. — Deux lobes aux mâchoires courts, assez épais et ciliés. — Der- 
nier article des palpes labiaux triangulaire, subéquilatéral, celui des maxil- 
laires en triangle allongé. —Mandibules simples. — Tête dégagée, un peu 
rétrccie en arrière, munie de deux tubercules antennaircs subcontigus 
ou distants sur le front, terminée par un large cl assez long museau. — 
Yeux do grandeur variable. — Antennes au moins de la longueur du 
corps, plus ou moins robustes, selon les sexes, de onze articles : 1 long, 
très-gros, ovalairc ou en cône renversé, 2 au moins aussi long que 3-10 
pris isolément; ceux ci obconiques, grossissant peu à peu, 11 plus grand 
et plus épais, arrondi au bout. — Prothorax transversal, marginé en 
avant et sur les côtés; ses angles postérieurs distincts, les antérieurs 
arrondis. — Ecusson en triangle tronqué au bout. — Eljtrcs allongées, 
flexibles. — Patics longues ou médiocres ; tarses plus courts que les 
jambes, à articles 1-2 décroissant graduellement, 3 plus court, triangu- 
laire, 4 cordiforme, entier; crochets simples. — Corps allongé. 

Les antennes, qui forment le caractère le plus apparent de ces in- 
sectes, varient dans chaque espèce et sont plus robustes chez les mâles 
que chez les femelles. On peut, d'après ce caractère et quelques autres, 
diviser le genre en deult sections dont on a fait autant de genres dis- 
tincts : 

Les TYi.ocEnDs vrais qui ont les tubercules frontaux prononcés, 
assez distants, les antennes médiocrement robustes, parfois môme pas' 
plus fortes que celles des Telepiioiius, et les yeux comme chez ces der- 
niers. L'espèce typique est des Antilles, les autres habitent les In9es 
orientales {■*-). 

(1) Syn. Anisotfxus, Hope in Royle's Himalaya; Ins. — CoRDYiocEnA, Guérin- 
Ménev. Voy. d. 1. Coi(.; Eutom. pi. 2, f. 6, et Icon. d. Règne anim. pi. 14, f. 12; 
le texte dans ces deux ouvrages porte le nom de Dalman. — Xanthesta, Dej. 
Cat. éd. 3, p. 118. 

(2) T. crassicornis, Daim. loc. cit.; l'exemplaire de Dalman provenait de la Ja- 
maïque; celui que j'ai sous les yeux et qui correspond exactement à la descrip- 
tion de cet auteur, est do l'Ile Sl.-Barthélemy. — antennatus, Guérln-Ménev. 
Voy. d. 1. Coq.; Entom. p. 77; de l'ilo Bourou. — Canthar. pectoralis, Fab. 
Syst. 1, p. 302; de Java et Sumatra. 



TÉLÉPUOniDES. 349 

Et les Anisotelds Hope, qui ont les luberculcs Tronlaux Irès-saillants, 
subcontigus, les anlennes très-robustes, terminées par un article très- 
gros chez les mâles, et les yeux petits et peu convexes. On n'en con- 
naît qu'utie espèce du continent indien (i). 

Ces insectes sont de la taille des Tei-ephorus de moyenne grandeur, 
et l'espèce décrite par Dalman ressemble tout-à-fait au T. fuscus d'Eu- 
rope ; toutes les autres sont d'un fauve testacc, avec les antennes, les 
tarses et une tache sur chaque èiytre, d'un noir brunâtre. 

PSILORHYNCHUS. 
Blanch. in d'ÛRB. Foi/.; Entom. p. 104 (2). 

Je n'ai pas vu ce genre, caractérisé on peu trop brièvement par 
M. Blancharil, qui s'exprime dans les termes suivants : 

Tête une fois plus étroite à sa base que le prolliorax, rélrécie en un 
long museau au-dessous des yeux et au-dessus de l'insertion des anten- 
nes. — Mandibules longues et très-élroilcs, ainsi que les mâchoires. — 
Palpes maxillaires assez longs, à dernier article ovoïde ; les labiaux courts 
et terminés par un article de même forme.— .\ntennes très-rapprochées 
à leur insertion (s), grêles, filiformes, un peu moins longues que le 
corps. — Prolhorax presque conique, beaucoup plus étroit en avant 
qu'en arrière. — Elytres flexibles.'— Pattes un peu aplaties; leur pé- 
nultième article très-court et profondément bilobé. 

M. Blancliard n'en décrit qu'une polilc espèce (P. bifascicalus) dé- 
couverte par M. d'Orbigny dans la province de Corrientes. Elle est d'un 
jaune roussâlre, avec la tète, les antennes, la base et l'extrémité des 
élytres d'un noir brunâtre. 

(1) A. bimaculatus, Hope, loc. cit.; décrit et figuié par KoUar u. L. Ued- 
tonb. in Hiigels Kaschmir, IV, 2, p. 511, p. 24, f. 1; du nord du Bengale. 

(2) II faudra changer ce nom de Psilorhynchhs, M. Mac-CIelland l'ayant im- 
posé plusieurs années auparavant à des Poissons. 

(3) Le rappiochcmcnt des antennes semblerait devoir exclure le genre du 
groupe dos Télépliorides. Mais comme elle n'est qu'une conséquence do leur 
Insertion sur le museau même, il n'y a pas li une exception réelle. J'ai rapporté 
autrefois de Cayonne un insecte inscrit dans le Catalogue de Dejean (éd. 3, 
p. 118) sous lo nom do CalUanthia rostrata, qui a beaucoup de rapport avec 
celui-ci par la longueur de sou rostre; les antennes sont insérées à sa base et 
également Irès-rapprocliées. Toutefois il ne saurait rentrer dans lo genre ac- 
tuel, dont il s'éloigue pur plusieurs caractères importants. 



350 MALACODBRUBS, 

CUAULIOGNATHUS. 
Hentz, Trans. of ihe Amer. Phil. Soc. New Ser. III, p. 460 (1). 

Menton irès-allongé, sul)parallèle, arrondi en avant et souvent con- 
fondu avec la languette; celle-ci saillante, plus ou moins ogivale.— Mâ- 
choires allongées, terminées par deux lobes cliariws; l'externe grêle, 
l'interne gros et arrondi au bout {:).— Palpes labiaux courts, robustes; 
leur dernier article plus ou moins dilaté ; les maxillaires beaucoup plus 
longs ; leur 4e article en fer de hache allongé, à bord interne paraboli- 
que. — Mandibules simples, arquées et fortement croisées au repos.— 
Tête en partie recouverte, atténuée en arrière; cpistome prolongé en 
un museau de longueur variable, assez souvent coriace et fendu dans 
son milieu en avant. — Yeux médiocres, subarrondis, assez saillants. — 
Antennes de la longueur au moins de la moitié du corps, grêles, filifor- 
mes ou un peu déprimées, de oiize articles : le 2° très-court, le 3" en 
général moins long que les suivants. — Prothorax presque toujours trans- 
versal, carré, arrondi en avant, souvent largement cchancrc à sa base, 
avec ses angles postérieurs arrondis. — Ecusson en triangle rccliligne, 
tronque au bout. — Elytres de forme variable, le plus souvent parallè- 
les, souvent isolément arrondies à leur extrémité et un peu déhiscentes. 
— Pattes longues; tarses plus courts que les jambes, à articles 1 allongé, 
4 divisé en deux grands lobes tronques au bout ; crochets simples, par- 
fois munis d'une dent très-obtuse à leur base. 

D'après cette déflnition, ce genre ne diffère essentiellement des Te- 
LEPBOBus que par la tête plus allongée, pourvue d'un museau plus sail- 
lant, ce qui a entraîné, comme conséquence, l'allongement des organes 

(1) Syn. Callunthu, Dej. Cat. éd. 3, p. 19. — CASiinAnoDEMA, Oastcln. Hlst. 
nat. d. Col. I, p. 276. — Telei-iiouus Latr., Germar, Pcrty, Clicviol. 

(2) M. Hcntz (loc. cit.) a signalé clie?. deux espèces de l'Amérique du Nord 
mentionnées plus bas, les Canihar. marginata eibimaculata F., une particu- 
larité curieuse ipii iHoh^iblemcnt se retrouve A des degrés divers cliez les au- 
tres espèces. Elle consiste en ce que le lobe externe des mâchoires est suscep- 
tible de s'allonger sous la forme d'un filet charnu, sétiforme et velu, qui chez 
la bimaculata esi deux fois plus long que le corps de la miclioire. En outre, ces 
deux espèces ne sont nullement carnassières, mais vivent exclusivement sur les 
fleurs. M. Weslwood (An Introd. etc., I, p. 259, f. 28, n»» 2, 3) a Ilguré la tête 
et une miclioire grossie de la marginala. — M. Hentz ajoute que cette espèce 
possède, comme les Malachius, une paire de vésicules sur les côtés du second 
segment abdominal. 11 est probable d'après cela que le genre Cbauliocnathus 
devra être limité à ces deux espèces, auquel cas les autres pourront porter ce- 
lui de Gau.iantiia proposé par Dejean. Je dois dire cependant que j'ai sous les 
yeux des exemplaires de plusieurs espèces brésiliennes chez lesquels les deux 
lobes des màclioires, tout desséchés qu'ils sont, dépassent notablement l'épi»- 
tome. 



TÊLfiPIIOniDES. 351 

buccaux, notamment de la lèvre inférieure et des mâchoires (i). On peut 
ajouter oonime caractère secoiiclaire, des téguments plus solides en gé- 
néral que ceux des Telepiiouus, souvent glabres, cl une livrée plus va- 
rice que celle de ces derniers, quoique formée presque cxclusiveraeot 
de deux couleurs. 

Il contient, du reste, des formes assez variées et dont plusieurs de- 
vront probablement en être exclues (-2). 

Le genre Canthauodema de M. De Castclnau doit, au contraire, lai 
être réuni. Il a été établi sur une espèce de l'Amérique du Nord (C.wior- 
ginipcnnis Casteln.), très-voisine de celle {Telephor. pcnsylvanicus De 
Géer) du même pays, qui a servi de type à M. Hentz. 

Ces insectes paraissent exclusivement propres à l'Amérique; il yen 
a peu dans celle du Nord, tandis qu'ils abondent dans les régions inter- 
Iropicales de celle du Sud. On n'a, jusqu'à présent, à peine décrit que 
la sixième partie de celles qui existent dans les collections (s). 

(1) D'après mon savant ami, M. J. L. Le Conte (Procced. of tlie Acad. of 
Pliilad. V, p. 338), il y aurait un caractère plus positif entre les deux genres. 
11 diTise les T616pliorides en deux sections basées sur la longueur relative du 
2« article des antennes. A la première, dans laquelle il est très-petit, appar- 
tiennent les C11AU1.10CNAT1IUS ; à la seconde, où il est plus développé, les Telb- 
PHORUS. Mais ce caractère est illusoire. 11 existe une foule de ces derniers, sur- 
tout parmi les exotiques {par ex. tous ceux du Chili décrits par Solier), qui ont 
cet article aussi petit que dans le genre actuel. 

(2) Parmi celles qui s'éloignent le plus da type, on remarque surtout cer- 
taines espèces brésiliennes (par ex. dilatipennis Dej.) dont les élytres sont très- 
fortement dilatées sur les ciMésdans leur milieu et épineuses il l'angle suturai 
chez les màleô; d'autres, inédites, qui ressemblent il des Lycds; enfin d'autres 
(par ex. scripius Germar) dont les cuisses, surtout les postérieures, sont très- 
grosses, et parfois denticulées en dessous, dans le mémo sexe, caractère qui 
semble coïncider avec un développement extraordinaire du 7" arceau ventral 
de l'abdomen qui affecte la forme d'une grande valve convexe en dessous. Dans 
les autres espèces, les caractères sexuels sont moins apparents et très-variables. 

(3) Esp.de l'Amer, du Nord: Teleph. pensylvanicus, DeGéer,Mém.lV, pi. 17, 
f. 15 (Canth. bimaculata F.) — Canth. marginata, Fab. Syst. El. 1, p. '298. — 
Chaul. Henlzii, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Pbilad. V, p. 338; des 
Etats atlantiques de l'Union américaine, ainsi que les deux précédentes. — 
Chaul. discus, scutellaris, J.L. Le Conte, ibid. VI, p. 230; Nouveau Mexique. — 
Tel. tripartiius, Clievrol. Col. du Mexiq. Cent. II, fasc. 5. — Esp. de l'Amer, du 
Sud : Tel. scripius, de Buenos-Ayres, rhombicus, fallax, du Brésil ; Germar, 1ns. 
Spoc. nov. p 08. — Tel. luctuosus, Latr. in Humb. in Bompl. Obs. d. Zool. 1, 
p. 222, pi. 23, f. 4; Pérou. — Tel. xnnthomelas, fenestratus, Perty, Del. Anim. 
art. Brasil. p. 28, pi. 6, f. 9, 10; Brésil. — Canth. inuneta, Ericlis. Nov. act. 
Acad. nat. Cur. XVI, Suppl. I, p. 357; Pérou. — Chaul. plagiatus, du Brésil; 
signaiicollis, ochraceus, de Bolivia; pallens, circumdattis, sulcaiicollis, graci- 
lis, du Brésil; Blancb. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 103. — Ca«. cinguliventris, 
tabidn,ia'iuis, liamata, implicita, Erichs. Arcbiv, 1847, 1, p. 83; Pérou. — 
Chaul. magellanicus, bi-ocuhitus, Blanch. Voy. au Pôle Sud; Entom. p. 69, 
P'- 5, f. 6, 7; Détroit de Magellan. 



3fe2 



UALACODERMES. 



PODABRUS. 

(FiscH. DE Waldh.) Westw. An. Introd. etc., II; Goner. Synops. p. 27 (1). 

Menton en carré transversal. — Languette de même forme ou arron- 
die en avant.— Deux lobes aux mâchoires subégaux et charnus.— Der- 
nier article des palpes sécuriforme ou triangulaire. — Mandibules iner- 
mes. — Tète entièrement découverle.rhomboïdale.très-rétrccie eu arrière, 
terminée par un large museau; épistome largement arrondi. — Yeux 
médiocres, arrondis, assez saillants. — Antennes filiformes, assez lon- 
gues ; leur 2° article aussi long, ou peu s'en faut, que le S».— Prothorax 
carré, presque toujours transversal, entier et souvent arrondi sur les 
côtés, en généra! largement échaiicré à sa base, plus ou moins foliacé et 
relevé latéralement. — Ecussoii triangulaire. — Elylres flexibles, allon- 
gées, recouvrant l'abdomen. — Pattes grêles ; tarses plus courts que les 
jambes, a articles 1-4 décroissant graduellement, 5 bilobé ; crochets fen- 
dus au bout ou dentés à leur base. — Corps allongé, flexible. 

Ces insectes ressemblent complètement aux Telepbouus, mais s'en 
distinguent facilement à la forme de leur tête, sur le col de laquelle le 
|ir(ilhorax applique exactement son bord antérieur, comme chez les 

PUENGODES. 

La grande majorité des espèces ont les crnchels des tarses fendus 
à leur extrémité (a). C'est sur l'une d'elles (r,) que Kirby avait fondé son 
sous-genre Bracuynotus, auquel il n'assignait pas d'autres caractères 

(1) Fischer de Waldlicim n'a fait que mentionner le nom du genre dans son 
Enlomogr. d. 1. Russie, I; Genres d. fns. p. 36. M. Westwood en a le premier 
exposé les caiactties, mais très-biii!vement. Us l'ont été depuis avec im peu 
plus de détails par M. J. L. Le Conte, Procced. ot tlio Acad. of Pliilad. V, 
p. SK. — Syn. Mai.tiiacus, Rraciiynoti;s, Kirhy, Faun. Bor.-Amer. p. 247 et 
2'19. — RiiAcoNYCHA Eschscli.— Canthaiiis Linné, Payl{., Gyllenh. Fab., Say, etc. 

(2) Esp. européennes et asiatiques: Canthar. alpina, Paylf. Faun. Suec. I, 
p. 259 (Canth. rubemVaSi.; Vai? C. Udernlis Linné, sec. Ericlis. in Germar, 
Zeitschr. IV, p. 367. — P. nigriventris, de VoUiynie; vitlatus, de la Grande Tar- 
tarie; lunulatus, de la Russie mér.; flavipes, deTurcoménic;Fisclier de Waldh. 

, Bull. d. Moscou, t844, I, p. 33. — banalicus, Rosenh. Beitr. z. Inselitenf. Eu- 
rop. p. 17. — Esp. de l'Amer, du Nord : Canlh. diadema, brunnicoUis, Fab. 
Syst. El. 1, p. 298. — flhajro». piniphila, Eschscli. Bull. d. Moscou, 1830, p. 65; 
Sitkha. — Canth. modesta, basilari.i, Say, Journ. oftheAcad.of Philad. III, 
p. 179 sq. — C. tome.ntosa, Say, ibid. V, p. 165 [Pod. rufiolus Mcisheim.).— 
C. tncostata, Say, Boston Jouin. of nat. Ilist. I, p. 158. — /'. rugosttlus, 
J. L. Le Conte in Aguss. Lal<o Super, p. 229. — P. flavicolUs, discoideits, prui- 
nosus, cornes, frater, punctkoUis (nomcn mutand.) J. L. Le Conte, Proceed. of 
thc Acad. of Philad. V, p. 343. 

(3) B. Bennetii, Kirby loc. cit.; c'est la Canth. tricosiata Say, citée plus 
haut. 



lÈLÉPnORIDBS. 3S3 

qne d'avoir le prolhorax transversal et échancré, tant en avant qu'en 
arrière. 

Chez les autres, ces crochets sont dentés à leur base, on plutôt appen- 
diculés. Kirby en avait également séparé quelques-unes, en en formant 
son genre Malthacos, dont l'unique caractère résidait dans le dernier 
article des palpes moins dilaté que de coutume (i). 

Les PoDABBcs paraissent être confinés dans les régions froides et 
tempérées de l'hémisphère boréal ; ceux d'Europe habitent plus parti- 
calièrement les régions montagneuses. 

TELEPHORUS. 
ScEfiFFER, Elem. entom. Tab. 123 (2). 

Menton en carré subéquilaléral ou non. — Languette épaisse, ciliée, 
tronquée ou arrondie en avant. — Deux lobes aux mâchoires, charnus ; 
l'exlerne gros, arrondi au bout, l'interne plus grêle et acuminé. — 
Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires 
obliquement sécuriforme. - Mandibules inermes, arquées, aiguës au 
bout. — Tête presque entièrement dégagée, rétrécie en arrière, termi- 
née par un large museau plus ou moins saillant, — Yeux médiocres. — 
Antennes de longueur variable, (informes ou un peu déprimées; leur 
l"' article en cône arqué, médiocrement gros, le 2» de longueur varia- 
ble, tantôt très-court, tantôt plus long que le 3«, avec tous les degrés in- 
termédiaires. — Prothorax de forme variable, le plus souvent transver- 
sal, marginé sur ses bords latéraux, avec ses angles plus ou moins 
arrondis. — Elytres un peu plus larges que le prolhorax, allongées, 
parallèles. — Pattes longues ; tarses plus courts que les jambes, fili- 
formes ou déprimés (r>); leur i" article bilobc; crochets très-variables. 
— Corps allongé, déprimé. 

De tous les genres de Malacodermes, celui-ci est le plus riche en es- 
pèces. On l'a divisé en trois, basés exclusivement sur la forme des cro- 

(1) Mallh. puncticMis [Pod. marginellus, 3. L. Le Conte in Agass. loc. cit.), 
kBvkollis, Kirby, loc. cil. Kirby en décrit une troisième espèce (mandibularis) 
qu'on trouvera plus loin parmi les Telephobos. — Pod. punctattis, puberitlus, 
y L. Le Conte in Agass. loc. cit. p. 229. — cavicollis, J. L. Le Conte, Proceed. 
of the Acad. of Philad. V, p. 3J5; do Californie. — Les espèces européennes 
de la première section ne m'ètant pas toutes connues, il est possible que (piel- 
ques-unes appartiennent à celle-ci. 

(2) Syii. C*NTUABis, Linné Syst. nat. éd. 1, 1735. — Cicindeia pars, Geoffroy, 
Ins. d. envir. d. Paris, I, p. 169. — Rhagonycua, Eschsch. Bull. d. Moscou, 
1830, p. 64. — Ancystuonvciia, Mœrkel, Ann. d. I. Soc entom. Sér. 2. K, 
p. 589. 

(3) Ils le sont i un très-haut degré cliez la C. nepalensis Hope, surtout aux 
pattes antérieures; leur 4" article est cordiforme et fortement échancré. 

Coléoptères. Tome IV. 23 . 



3a4 HALACODBRHES. 

chels des tarses dont l'armature varie beaucoup, et qui n'étant appuyés 
sur aucun autre caractère sérieux ne me paraissent, comme à M. J. L. 
Le Conte (1), propres qu'à le répartir en sections. Une révision cona- 
plèle des espèces est en outre nécessaire pour s'assurer de l'exactitude 
des formes assignées à ces organes, exactitude qui donne lieu à quelques 
doutes. 

Les auteurs les plus récents réservent le nom de TELEPuonus aux es- 
pèces qui ont l'cxlerne de ces crocliels à toutes les pattes fortement 
denté à sa base chez les femelles, plus faiblement chez les mâles (2). 

Le genre Ancvstbonycua de M. Ma;rkel n'en diffère qu'en ce que, 
dans le premier de ces sexes, cette dent est très-forte et spiniforme (3). 

Longtemps auparavant, ËschschoUz avait séparé, sous le nom de 
RnAaoNYcuA, les espèces dont tous les crochets sont appendiculés et 
paraissent comme fendus à leur extrémité (4). 

Les Tklei'hohus sont répandus sur toute la surface du globe, mais 
plus nombreux dans les régions froides et tempérées de l'hémisphère 
boréal que partout ailleurs. On en a décrit déjà plus de 230 espèces, mais 
avec d'assez nombreux doubles emplois (s). 

(1) Proceed. of the Acad. of Philad. V, p. 340. M. Le Conte partage le genre 
en trois sections : 1» crochets externes des tarses postérieurs dentés à leur 
base : C. rotundicoUis , bilineala Say, etc. Cotte division (jui, d'après cela, est 
privée de dents au crochet externe des tarses antérieurs, ne parait pas avoir de 
représentants en Europe; 2" crochets simples à tous les tarses : T. brevicoUis, 
undulatus Lee; 3° tous les crochets des tarses dentés, le plus souvent presque 
fendus. Elle correspond au genre Riijlgonycua d'Esclischoltz. 

(2) Types : Canthar. obscura, laieraliSj fusca, livida Linné ; C. tristis, dis- 
par, pellucida, nigricans, rufa Fab.; Teleph. Ihorackus Oliv.; C. pilosa, as- 
similis Payk.; C- clypeala [nivea Panzer), etc.; tous d'Europe. 

(3) M. Ma;rkel n'y rapporte que les Canthar. nbdominalis Fab., violacea 
Payk. et une nouvelle espèce de la Corinlhie, Tel. consobrinus Mo-'rk. loc. cit. 
Suivant lui, laC. occipitalis de M. Rosenhauer (Bcitr. z. Insektenf. Europ. I, 
p. 18) doit être rapportée à l'une ou à l'autre des deux premières de ces 
espèces. 

(4) Les types sont : Canthar. testacea, atra Linné; C. melanura, pnllida 
{pallipes F.) Fab.; Tel. fuscicornis Oliv. (C. melanocephala Panz.), C. paludosa 
Falléu, etc.; d'Europe. 

(5) Aux espèces mentionnées dans les notes précédentes, aj. : Esp. euro- 
péennes : Canth. analis, liœmorrhoidalis, ruficollis, pulicaria, Fab. Syst. El. 
I, p. 295 sq. — C. (o/)/7ontco, Gyllcnh. Ins. Suec. 11, Addend. p. XV. — C. »*mj- 
tica (T. fuscus 01.), elongata, paludosa, flavilabris, liturata, Fallén, Mon. 
Canttiar. p. 9 sq. — C. discoidea, Alircns^ Nova Act. Halons II, 2, p. 12, f. 2 A- 
— C. unnulata, Manncrh. in Hûmmcl, Essais entom. IV, p. 28. — Tel. opu- 
cus, fulvipennis, ovalis, nivalis, Germar, Ins. Spcc. nov. p. 68. — T. oyaneus, 
Curtis, Bril. Entom. pi. 215. — T. affinis, ater (nec Linné), flavilabris {aec 
Fallén), marginatus, oc/iropus, cantianus, conflnis, Stcpli. 111. of Biit. Entom. 
III, p. 294; nigrifrons, maculiculUs, griseipennis, V, p. 415. — T. œthiops 



TÉIÈPUORIDBS. 3SS 

DYSMORPHOCERUS. 

SoiiEi» in Gay, Hist. d. Chile; Zool. IV, p. 451. 

Jl/(î/e ; Menton carré, largement, mais faiblement cchancré sur ses 
côlcs et en avant. — Languette saillante, carrée, entière. — Dernier ar- 
ticle des palpes labiaux triangulaire; celui des maxillaires en fer. de 

{paXudosa? Gyllenh.)^ unicolor {pilosa? Payk.) Curtis, Ann. and Mag. of nat. 
Hist. V, p. 279.— C. nigriceps, Wattl, Isis. 1838, p. 270. — C. prœcox, Gêné, 
Ins. Sardin. fasc. I, p. 18, pi. 1, f. 9; Cenei, inculla, chlorotica, fasc. Il, p. 15, 
pi. 1, f. 9-11. — niutgon. fugax, C. Schœnherrij figurata, Mannerh. Bull. 
Moscou, 1843, p. 89. — C. mclanoceros (harbara? Vais.], denticoUis, Schum- 
mol, Arbeit. d. Schleslsch. Gesellscli. 1843, p. 193. — C. rufolesfacea, Letzner, 
ibid. 1844, p. 72; sudelica, rufescens, 1816, p. 75.— C.nigripes,V/. Rod- 
tcnb. Qiiœd. Gen. et Spec. Arch. Auslr. p. 13. — C. hospes, pagana, Hosenb. 
Boltr. z. Inscl(tenf. Europ. p. 17. — Rhag. atricapilla, Kiescnwct. Stettin. 
Entom. Zcil. 1850, p 244. — T. xanlholoma, albomarginatus , fibulatus^ li- 
neatus, brevicornis, ustulatus, prolixuSj sukifrons, fîssicollis, Rhag. puncti- 
pennis, loops, Redtenbacheri {nivalis Redt.), planicollis, concolor, Mœrkelii 
maculicoUis, quadricolUs, morio, Kiesen-wot. et Martel, Ann. J. 1. Soc. entom. 
1851, p. 590. — C. cordicoUis, semiflava, viduata, Kùster, Die Ka;fer Europ. 
XVIll, Cl, 69, 71. 

Esp. de l'Europe or. et de l'Asie occ. : C- oculata, translucida, Sleven, Bull. 
Moscou, éd. Lcquien, p. 172; Russie mér. — C. rugicoUis, xanlholoma, Ge- 
bler, ibid. p. 252; Russie mér. — C.rufimana, fœtida, pygmea, viiiicoUis, Mé- 
Détr. Catal. rais. p. 161; Russie mér. — C. signala, brevipennis, funesta, 
putchra, cyanipennis, terminala, unicolor, Falderra. Fauu. entom. 'Transe. I, 
1>. 186; Russie mér. — T. discicollis, nigritarsis, tibialis, sulcicollis, bicolor, 
decolorans, ephippiger, femoralis, Brullé, Expéd. d. Morée; Entom. p. 144 
pi. 36; Grèce. — C. melanoscelis, Kolenati, Mclet. entom. V, p. 41; Russie 

mér. — ï". fttscipes, Lucas, Revue ot Mag. d. Zool. 1853, p. 569; (Candie. 

T. apicalis, mehspis, Chcvrol. ibid. 1854, p. 399; Syrie. — T. nigritarsis, 
Muls. et Waclianr. Mém. d. l'Acad. d. Lyon; Se. Nouv. Sér. Il, p. 3; Turquie 
d'Asie. 

Esp. de la Sibérie : C. Bylonii, Mannerh. Bull. Moscou, 1849, 1, p. 231. — 
C. daurica, Mannerh. ibid. 1852, II, p. 294. 

Esp. du continent et des archipels indiens et de Chine : C. lugubris, Am- 
•boine; flavicoUis, Sumatra; flavipes, Chine; melanocephala, Bengale; dimi- 
dta(a,Ceylan; Fab.Syst. El. I, p.297sfi. — C. basilaris, Wiedom. Zool. Magai. 
II, 1, p, 70; Java. — C. nepalensis, Hopo in Gray, Zool. Miscell. I, p. 28; Né- 
paul. — T. prœustus, Nouv. Guinée ; acuiipennis, ile liourou ; SchoeD'eri, Nouv. 
Irlande; Guérin-Ménev. Yoy. d. 1. Coq.; Entom. p. 76.— C. cœruleomaculata, 
KoUar u. L. Redtenb. in Ilugels Kaschmir, IV, 2, p. 509, pi. 23, f. 8; Cache- 
mire. — T. insularis, Bornéo; flavifemoralis, Mindanao; Blanch. Voy. au 
P61eSud; Entom. p. 66, pi. 5, f. 2, 3. 

Esp. de l'Australie et de la Polynésie : T. pulchellus, Mac-Lcay in King's 
Survcy of the coasts of Austral. II; Append. p. 442. — C. austraUs, vaniko- 



366 MALACODEnMES. 

hache allongé. — Mandibules arquées, bifides h leur extrémilé. — Tête 
assez courte, dégagée, un pou rétrécie en arrière ; é|)isiomo arrondi en 
avant. — Yeux pciils, arrondis, assez saillants. — Aniennes .nssez lon- 
gues, de onze articles : 1 roliuste, assez long, suhpyriforme, 2-3 trans- 
versaux, très serrés, à peine distincts, s'clargissanl graduellement et for- 
mant par leur réunion un cône renversé plus épais que le l"' article, 

rendis, Boisduv. Faune do l'Océan. II, p. 133. — T. Mcolor, pictus, Casloln., 
Hist. (t. Col. I, p. 275. — C. nobililala, Eiiclis. Arcliiv, 1842, I, p. 146. 

Esp. africaines : C. viridescens, Cap ; C. barbara, Algérie; Fab. Syst. El. I, 
p. 29.5. — C. picla, Wledem. in Gormar, Mag. IV, p. 126; Cap. — C.CO- 
lona, Ericlis. in Wagners Algier. III, p. 169. — T. sculellaris^ mauritanicus, 
fossulalus, geniculalus, Lucas, Explor. d. l'Alger. Entom. p. 186. — T. deus- 
tus, IVoichc in Galin. Voy. en Abyssin. Zool. p. 247, pi. 17, f G. — C. cmar- 
ginala, apicalis, vilticolUs, ca/fra, verticalis, circumdata, nigrina, Boliom. 
Ins. Calfrar. I, p. 451; Natal. 

Esp. do l'Amer, du NonI : C. curuUna, vittata, Fab. Syst. El. I, p. 296; Etats- 
Unis. — C. angulida, fraxini {Tel. nigrilus, Lo Conte in Agass. Lal<e Super, 
p. 229; Malthacus mandibularis, Kirby, Faun. Bor.-Amor. p. 248), bilineuia, 
Say, Journ. of tlie Acad. of Pbitad. lit, p. 180 sq. — C. rotundicoUis, ligota, 
jactaia {T. nigriceps, Lee. loc. cit.), Say, ibid. V, p. 165 sq. — C. invalida, 
Say, Boston Journ. of uat. Hist. 1, p. 158. — T. luteiooUis, Germar, Ins. Spec. 
nov. p. 70. — T. Curtisii, Westwoodii, Samouellii, Kirby, Faun. Bor.-Amer. 
p. 246. — T. tibialis, consors, lauius, grandicollis, de Californie; fidelis, du 
Nouv. Mexique; collaris, du Missouri; divisas, de Californie; imjn'ossus, tu- 
berctdatus, brevicotlis, undulaius, Sayi, cruralis, marginellus, excavalus, 
imbecillis, longulus, pusilhis,vilis,dcs Etats-Unis atlantiques ; J.L. LeConto, 
Procced. of tho Acad. of Pliilad. V, p. 340. — T. reclus, Melsbeim. ibId. Il, 
p. 305. — T. tripartilus, Cbevrol. Col. d. Mexiq. Cent. II, fasc. 5; Mexique. 
— C. ccmin'cofa, Escliscb. Entomogr. éd. Lcquicn, p 63; Amer, russo. — 
Rhag. sericula, binodula, Mannerh. Bull. Mosc. 1846, n" 2, p. 511; Sitkha. — 
Rhng. aiiWDvicmn, Manncrli. ibid. 1853, n" 3, p. 233; Amer, russo. 

Esp des Antilles et de l'Amer, du Sud : C. limhata, ,Tamiii(iue; smaragdula, 
nigripennis, Brésil; Fab. Syst. El. I, p.296. — T. sinuaius, Brésil; nigricomis, 
Buenos-Ayres; Germar, Ins. Spec. nov. p. 67. — C. transversa , Escbsch. 
Entomogr. 6d. Lcquicn, p. C2; Brésil. — T. cyanomelas, Porty, Del. Anim. art. 
Brasil. p. 28, pi. 6, f . 11. — T. aduslus, interruptus, cinclus ,marginicoUis , clialy- 
bœus, ierminalis, marginipennis, rubrosignatus, Gaudichaudli, Castcln. Hist. 
mit. d. Col. I, p. 271; Brésil; quelques-uns sont probablement dos Chauuo- 
CNATiius. — T. chilensis, dilaticornis , du Chili; Iransversalis, du Brésil; Gu(?- 
rin-Ménev. Voy. d. 1. Coq.; Entom. p. 76. — T. luteus, flaviventris, du Bré- 
sil ; rufîceps, janthinipennis , do Bollvla; denticornis, de Montevideo; Blanch. 
in d'Orb. Voy.; Entom. p. 105. — T. magellanicus. Le Guiilou, Revue Zool. 
1844, p. 223. — C. bimaculicoUis, marginicoUis, abdominalis, variabilis, ni- 
gripennis, pyroctphaln, crassicurnis, nodicornis, collaris, longicornis, scutel- 
laris, Solier in Gay, Hist. d. Cbile; Zool. IV, p. 434; Cbili. — C. macroptera, 
hyacinihina, cur/«(o, Ericlis. Arcbiv, 1847, I, p. 83; Pérou. 

Pour des détails sur les espèces do la collection do Fabricius, voy.SulfHan, 
Stettin. ontoin. Zeit. 1856, p. 248. 



TÉLKpnoniDES. 357 

6 aussi long que ce cône, plus large, difTorrnc. cxcavé au colé externe, 
7-Jl allongés, subégaux et graducllciuenl allénués. - Prolhorax irans- 
vcrsal, arrondi sur les cùlcs, y compris ses angles. - Elytrcs molles, 
allongées, parallèles, planes. — Pâlies médiocres; tarses un peu plus 
courts que les jambes, à articles 1-3 décroissant graduellement, 4 bilobé; 
crochets médiocres, simples. 

Femelle : Elle ne diffère du rnAle que par ses antennes à articles 1 
moms gros que chez ce dernier, 2-5 très-distincts, courts, en coiie ren- 
versé et grossissant graduellement, 6 cylindrique, un peu plus court et 
plus robuste que les suivatits; ceux-ci sont comme chez le mâle. 

Solicr s'est mépris complètement sur la place de ce genre remar- 
quable en le plaçant parmi les Lampyrides, avec lesquels il n'a rien de 
commun. L'espèce unique (i) qui le compose a complètement le faciès 
et les caractères des Telepuoiics, sauf pour les antennes qui sont des 
plus singulières, surtout chez les mâles. Cet insecte est de taille moyenne 
et tout noir, avec deux grandes lâches d'un blanc jaunâtre sur le pro- 
lhorax. 

SILIS. 
(Megerle) Latr. Règne anim. 6d. 2, IV, p. 471 (2). 

Dernier article des pnipes médiocrement ou à peine séeurifornie. — 
Deux lobes aux mâchoires ; l'interne très-petit. - Mandibules grêles, 
très aiguës, parfois {nilidula) munies, vers leur milieu, d'une petite 
cchancrure. — Tôle enfoncée dans le prolhorax jusqu'aux yeux, rélré- 
cic en arrière; épistomc Irès-court. — Veux médiocres, arrondis, assez 
saillants. — Anicmies de l'ingueur cl de forme variables, faiblement ou 
fortement dentées, ou filifurniivs; leur 2'' article beaucoup plus petit que 
le 3", souvent très-court. — Prothorax de forme très-variable, diverse- 
ment denté ou échancré sur les côtés, surtout au voisinage des angles 
postérieurs, en général muni sous ces derniers, chez les màlcs, d'un ap- 
pendice corné; celui des femelles inermc ou faiblement sinué.— Elytrcs 
molles, allongées, recouvrant en entier l'abdomen. — Pattes grêles; 
tarses plus courts que les jambes, leur dernier article bilobé; crochets 
Simples ou légèrement dilatés à leur base. 

(1) D. Blanchardii, Sol. loc. cit. Col. pi. 11, f. 4; cette figure no donne 
qu ma idée Irèâ-fausso do l'insocto dont les élytres, Étant molles, sont sujettes 
» 80 déformer comme colles des Telepiiouus. C'est d'après un oxomplairo où 
«Mes étaient telles que Solicr a fait cette figure. Celle (rf) qui représente une 
sntenno du mâlo grossie n'est pas plus satisfaisante. 

(2) Ou allribne assez volontiers à Toussaint-Cliarpontier l'exposition des ca- 
ractères do ce goure, qui a Cté mentionné, pour la première fois, tn 1821, par 
«ojean duns son Catalogue éd. I, p. 37; mais à tort; l'auteur atlomand en a 
seulement décrit deux espèces citées plus bas. 



3S8 MALACODBRMBS. 

Le caractère dislinctif de ce genre réside essentiellement dans la 
forme du prolhorax chez les mfties (i) ; les femelles, chez qui celte partie 
da corps est simple ou ne présente qu'un faible vestige de ce qui existe 
chez ces derniers, sont de véritables Tklkpuokus. Parmi celles actuel- 
lement connues, une seule (nitidula) se distingue en outre de son mâle 
par sa forme beaucoup plus courte, son système de coloration différent 
et l'atrophie de ses ailes inférieures (2). Mais, en général, à part le pro- 
thorax, les deux sexes ne paraissent pas différer l'un de l'autre. Quant 
aox antennes de ces insectes, ce n'est qu'exceplionncllenient qu'elles 
sont fortement dentées en scie (s) ; le plus souvent elles le sont à peine 
ou simplement liliformes. 

Sauf quelques espèces exotiques, qui sont aussi grandes que lesTs- 
lEPBonus de moyenne taille, les Silis sont généralement assez petites. 
A en juger par les collections, qui en contiennent plus d'une trentaine, 
il y en a dans la plupart des régions du globe ; mais toutes les espèces 
décrites jusqu'ici appartiennent à l'Europe et aux deux Amériques {*). 

(1) 11 faudra dès-lors y rapporter quclcpies Telephobus des auteurs, tels que, 
par exemple, les Caniharis madagascariensis et senegalensis de Dejean, Cat. 
éd. 3, p. 119 8(1. 

(2) Voyez sur cet insecte qui passe pour assez rare, une notice intlSrcssanto 
du docteur Schmidt dans la Stettin. cntom. Zcit. 1830, p. 130. Il vit exclusi- 
vement sur le myrtille et parait de la fin de mai au 10 juin. Les femelles, qui 
sont apttres, ne peuvent que grimper lentement sur cet arbrisseau, tandis que 
les mMcs, qui sont six fois plus nombreux, s'y abattent en grand nombre pour 
s'accoupler avec elles. 

(3) Je ne connais que la bidentata de l'Amérique du Nord qui soit dans ce 
cas. Il existe dans les collections une espèce inédite {S. pectinicornis Guérin- 
Ménev.) du Bengale chez laquelle ces organes sont fortement flabellés. 

(A) Esp. européennes : Canih. ru/icolUs, nitidulu Ç, {(f SU. spinicollis, 
Touss.-Charpent. Hora; entom. p. 191; rdephor. excisus, Germar, 1ns. Speo. 
nov p. 71), F;ib. Syst. El. I, p. 299, 303. — Canth. torqmta, Gyllenh. Ins. 
Suec. IV, p. 340. — S. ruhricoUiSj Touss.-Cliarpent. loc. cit., p. 195, pi. 6, 
f. 7. — Esp. do la Sibérie : S. sexdenlala, Manneih. Bull. Mosc. 1852, II, 
p. 295. — Esp. de l'Amer, du Nord : S. paUida, Mannerh. Bull. Mosc. 1843, 
p. 246; Sitliha. — Canth. bidentata, Say, Journ. of tbe Acad. ot Pliilad. V, 
p. 109 (SU. lepida Dej.). — S. longicornis, difflcilis, J. L. Le Conte in Agass. 
Lake Super, p. 230. — S. pullens, J. L. Le Conte, Procecd. of tlio Acad. of 
Philad. V, p. 3,19. — Esp. do l'Amer, du Sud : ,S'. marginalis Guérin-Ménev. 
Voy. d. 1. Coq., Entom. p. 77; Brésil mér. — S. plana, armatieoUis, simplici- 
«oUw, de Bolivia; piMens, Usta, amœna, du Brésil; Blanch. in d'Orb. Voy.; 
Entom. p. 107.— S. tricolor, Guérln-Ménev. Icon. d. Règn. anim. p. 47, pi- i*> 
l. 10; Brésil. — La Canthar. incisa de Wiodemann (Zojl. Magaz.ll, 1, P- 'î)> 
espèce du Cap, appartient probablement aussi au genre. 



TÈLÈPnOniDES. 3S9 

POLEMIUS. 
J. L. Le Conte, Proceed. ofth» AcaA. ofPhilad. V, p. 338. 

Dernier article des palpes triangulaire. — Antennes comprimées, en 
scie ; leur 2» article très-petit, le 3" pas plus court que les suivants. — 
Bords l.itéraux du prolhorax incisés dans leur milieu. — Crochets des 
tarses simples; les externes des postérieurs dilatés à leur base. 

Je n'ai vu aucune des espèces de l'Amérique du Nord (i) sur les- 
quelles ce genre a été établi; mais j'en connais une demi-douzaine 
d'autres inédites, originaires de la Colombie, et qu'on peut y faire en- 
trer en modifiant un peu ses caractères. Au premier coup-d'œil, toutes 
ressemblent étonnamment à des Lvcus sous tous les rapports. La plu- 
part ont le prothorax incisé latéralement, mais chez quelques-unes on 
ne voit aucune trace de ce caractère. Chez aucune les crochets des tarses 
ne sont faits comme le porte la formule qui précède ; ils sont dentés à 
leur base à toutes les pattes. Si ces insectes ne peuvent rentrer dans le 
genre, ils doivent du moins en former un toul à côté. 

PACHYMESIA. 
Westw. in Goékin-Ménev. Icon. d. Anim. artic. fasc. 8, n» 35. 

Menton et languette arrondis en avant. — Deux lobes aux mâchoires, 
lamelliformes, courts et ciliés.— Dernier article des palpes sécuriforme, 
surtout celui des maxillaires. — Mandibules grêles, arquées et aiguës. 
— Tète petite, un peu penchée, enfoncée dans le prothorax jusqu'aux 
yeux; épislome saillant dans son milieu et légèrement échaiicré. — An- 
tennes un peu moins longues que le corps, fusiformes, de onze articles: 
2-3 plus courts que 1, subégaux, 4-8 plus gros et plus longs qu'eux, 
9-11 grêles et filiformes. — Prolhorax transversal, arrondi en avant, 
profondémeiit incisé sur les cOtés dans son milieu, avec une échancrure 
plus petite aux angles postérieurs. — Ecusson arrondi. - Elytres allon- 
gées, subparallèles, tronquées au bout, avec une petite épine à l'angle 
suturai. — Pattes médiocres; tarses plus courts que les jambes, h arti- 
cles 1-3 subégaux, légèrement cordiformes, 4 plus court, de même forme, 
excavé en dessus el arrondi à son extrémité, 5 presque aussi long que les 
précédents réunis; crochets simples. — Corps allongé, assez épais et mou. 

Genre manifestement voisin des Sins, comme le dit M. Westwood, et 
jqui n'en diffère essentiellement qiTe par la structure de ses antennes et 

<1) Canihar. laticornis, Say, Journ. oî tho Acad. of Philad. Y, p. 168 (ï"»- 
tefhor. dubius, Melslioim. Proceed. of the Acad. of Pllilad. H, p. 304). — 
P- limbatta, inoitus, J. L. Le CodIc, loc. cit. Tous des parties allanUques dw 
Etats-Unis. 



360 MALACODGBHES. 

de ses tarses. Il a pour type un petit insecte (P. incisa) du Brésil, d'un 
rouge fauve, avec les élytres jaunes et les antennes noires dans leur 
moitié terminale. 

OONTELUS. 
SoLiEix in Gay, Hist. d. Chile; Zool. IV, p. 428. 

Dernier article des palpes labiaux brièvement, celui des maxillaires 
longuement ovalaire et acuminé.— Mandibules arquées, aiguës, munies 
d'une dent triangulaire avant leur milieu. — Tète engagée presque jus- 
qu'aux yeux, rétrécie en arrière, terminée par un très-court museau.— 
Yeux médiocres, arrondis, assez saillants.— Antennes longues, filiformes, 
de onze articles : le 2° beaucoup plus court que les suivants, ceux-ci 
subégaux. — Prolhorax fortement transversal, avec ses angles, surtout 
les postérieurs, arrondis.— Elylres allongées, parallèles.— Pattes grêles; 
tarses beaucoup plus courts que les jambes, quoique assez longs ; à ar- 
ticles 1 long, 2-3 plus courts, 4 bilobé ; crochets simples. 

Ce genre ne comprend que deux très -petites espèces (1) du Chili, 
mais très-distinctes par la structure de leurs palpes et celle des mandi- 
bules('^). L'une d'elles (rw(j(os?pc»mà) a les élylrcs (Inemcnt rugueuses; 
chez l'autre (rc(icu/a(us) leur sculpture ressemble à celle de beaucoup 
de Lycidcs de petite taille, c'est-à-dire qu'elles sont comme gauffrécs. 
Malgré cela, elles sont réellement congénères. Ces insectes ont le même 
système de coloration que la plupart des Tglepuorus. 

ELATTODERES. 
Blancq. Voy. au Pôle Sud; Eniom. p. 71. 

Palpes médiocres ; leur dernier article ovalaire et obtus au bout. — 
Mandibules très-petites, arquées et aiguës. — Tète très-petite et extrê- 
mement courte. — Antennes de la longueur des deux tiers du corps, 
filiformes; leur l«f article rcnllé en massue, le 2° très-court, les suivants 
allongés, subégaux, sauf le dernier, qui est extrêmement petit et en forme 
de boulon pointu.— Prothorax très-pclit, plus étroit que la Icle, trans- 
Tersal, avec ses bords latéraux arrondis et formant un petit angle ren- 
trant près du bord postérieur. — Ecusson étroit, allongé. — Elylres une 
fois plus larges que le prothorax, parallèles et arrondies au bout.— Pattes 

(1) .retiGuWus,rugosifpenn%s, Solie'r, loc. cit.; le premier est figuré pi. 9, 
f. 6 ah. 

(2) Elles ne le seraient pas moins par celle de leurs miVchoires, si la figure 
que donne Solier (loc. cit. f. 6 d) de l'une de celle du reliculatus était exacte. 
Ces organes ressembleraient complètement aux mâchoires des Gau-ablques en 
général, ce qui n'est nullement admissible parmi les Malacodermes. 



lËLÉPHOniDES. 361 

grêles, médiocrement allongées; 1"' article des tarses presque aussi long 
que les quatre autres réunis; le 3° et le 4" extrêmement courts et 
échancrés. 

J'emprunte ces caractères à M. Blanchard, qui a établi ce genre sur 
un petit insecte () ) du Détroit de Magellan, que je n'ai pas vu. C'est en- 
core une forme voisine des Silis, mais bien distincte par la structure des 
palpes, du dernier article des antennes et des deux pénultièmes articles 
des tarses. D'un autre côté, cet insecte se rapproche des Oontelds de 
Solicr par la sculpture de ses élytres, qui ressemble complètement à cslle 
des Lycides du genre Enos. Il est brunâtre, avec le prothorax d'un 
rouge fauve et orné de trois taches noires. 

ICHTHYURUS. 

'Westw. The Cabin. of or. Entom. p. 83. 

Palpes robustes ; leur dernier article aussi grand que les précédents 
réunis, en fer de hache fortement transversal et inséré sur le pénultième 
article par une de ses extrémités.— Mandibules grêles, arquées, aiguës, 
bidentées au côté interne. — Téie courte, rétrécie en arrière ; front 
vertical; épislome largement arrondi. — Yeux grands, transversaux, 
médiocrement saillants. — Antennes insérées tout près de leur bord in- 
terne, assez longues, sélacées, de onze articles : 1 le plus grand de tous, 
en cône arqué, 2 très-court, 311 allongés, subégaux. — Prothorax trans- 
versal, forlement arrondi en avant et sur les côtés; ceux-ci verticaux, 
embrassant les parapicurcs avec une carène limitant ce repli. — Ecus- 
son assez grand, en triangle allongé et tronqué au bout. — Elytres re- 
couvrant à peine la base de l'abdomen, isolément rétrécics et arrondies 
à leur extrémité. — Pattes longues, surtout les postérieures ; tarses 
beaucoup plus courts que les jambes, à articles 1 assez long, 2 plus 
court, 3 très-petit, 4 bilobé, S assez court; crochets verticaux, très-for- 
tement appendiculés (-2). — Dernier segment ventral ampullacé; le der- 
nier des dorsaux grand, avec ses angles prolongés en deux fortes sail- 
lies coniques dans les deux sexes. 

Les mâles diffèrent des femelles par leurs pattes intermédiaires, dont 
les cuisses sont plus ou moins bizarrement difformes cl les tibias rac- 
courcis ; celles des femelles ne présentent rien de particulier. 

Avec ce genre commence une suite d'espèces toutes voisines des an- 
ciens Maltoinds de Latrcille, et qui, ainsi que l'a dit M. Kiesenwetter, 

(1) JE. macuUcûUis, loc. cit.; {Silis mac. sur la pi. 5, f. 8). 

(2) M. Westwood so tait sur ces organes, et M. do Motschoulsky (Etud. en- 
t»m. Ann. i, p. 14) les ludique comme étant simples. Peut-être varient-ils 8«- 
lon les sexes ou selon les espèces. 



dW MALAC0DEBMB8. 

aotear d'an bon travail sur ces insectes (i), sont des Teléphorides dégra- 
dés, sans présenter aucun cnraclère qui auloriso à en faire un groupeà parte 
Les IcoTUYUBDS sont les plus grands de ces insectes, et leur système 
de coloration se réduit au jaune et au noir diversement combinés selon 
les espèces. M. Westwood en décrit quatre (2) des Indes orientales et 
de la cote occidentale d'Afrique. Toutes sont fort rares dans les collec- 
tions ; je n'en ai vu aucune, et la formule générique qui précède a été 
rédigée, en partie d'après la femelle d'une cinquième espèce originaire 
de Singapore, en partie d'après le texte du savant entomologiste an- 
glais. 

LOBETUS. 

KissEirWET. Linnœa entom. VII, p. 244 (3). 

Mdle : Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des ma- 
lillaires en fer de hache parabolique. — Mandibules grcics, arquées, 
aiguës et inermes en dedans. — Tête débordant le prothorax, fortement 
rétrécio en arrière, concave sur le front et ter