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Full text of "Production et fixation des variétés dans les végétaux"

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PRODUCTION ET FIXATION 
















DANS LES VÉGÉTAUX. 








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MONTEREAU. 



IMPRIMERIE DE L. ZANQTE 


















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PRODUCTION ET FIXATION 



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DANS LES VÉGÉTAUX 



PAU 



E. A. CARRIÈRE 

Chef des pépinières au Muséum d'histoire naturelle de Paris 













La stabilité des formes, dans un groupe quelconque de 
végétaux, est, en général, en raison inverse du nombre d es- 
pèces qu'il contient, ainsi que de leur degré de domestication. 




















i 



PARIS 



CHEZ L'AUTEUR, RUE DE BUFFON, 53 



LIBRAIRIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE 



26, RUE JACOB, 26 

























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PRÉFACE. 



: 












La Société impér 
persuadée, d'une p 

i 



S 



rd 



pport 
part, voulant .remédier 



b o.mai une, tJblUïic au. x±aca±^, v,«, i / 

de choses décida qu'un concours serait ouvert dans ce but, et que les can- 



à fixer les 
s solides, à 



i est 
delà 



didatsqui r 

qui se rattachent à cette question, et poser certaines règles propre 
principes et à faire reposer les procédés dont ils découlent sur des ba: 
la fois pratiques et théoriques. 

Ayant pris part à ce concours, la brochure que nous publions auj 
en partie la reproduction du Mémoire que nous avons adressé au sec 
Société au commencement de l'automne 1862. Nous disons qu'il est en partie le 

même ; on verra plus loin pourquoi. 

ramme dressé par la Société impériale et centrale d'Horticulture, en 
ps qu'il indiquait les divers sujets que les candidats devaient traiter, 
disait que le mémoire couronné serait, seul, reproduit dans les Annales de la So- 
ciété; notre Mémoire n'ayant obtenu qu'un deuxième prix, il ne devait point 



pro 




paraître. Néanmoins 



pouvait rendre quelq 



qui nous a engagé à le publier 



La commission chavsèe d'examiner notre travail a trouve que 




que 



fermant des faits intéressants, la division en était confuse, et que 



pas 



netteté. D 
nous fait 1< 



part 



% point de vue de l'ordre et de le 
par l'organe de son rapporteur 



r 



de ne point conclure et de ne pas 



Ce reproche, selon nous, porte à faux, car pour conclure et nous resu 
aurait fallu nous répéter, et alors, tout en augmentant la confusion et le n 
d'ordre, la répétition n'aurait pu rétablir la netteté, qui,:d'après le rapport 
quait à notre Mémoire. 





















I 






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fui 




























■ 




II 



PRÉFACE 



N 



comprenons pas non pins cet autre reproche que la commission fait 



* * uu nuic& muâmes aans les jardins pf rhrK W 
hvres pendant plusieurs années.... (!) » Sans eonlester ces fai s q IZien 
presque a fiure noire éloge, nous trouvons néanmoins étrange .'obsem, on Z 
que le reproche qu'on nous adresse; car, puisqu'il s'agissait de choses rZ^r, 

jardtnage, ou fallait-!, aller chercher des exemples si ce n'est dans le ja n " 

Mais Tinns r^iAfnnc ™,™™„ /• „i * ,. jaiumo. 



d'avoir recueilli des notes dans les 



^ ^ b *" W d'après l'esprit du programme, nous en eussions le 
sommes d'autant plus surpris de ce reproche que le mémoire couronné est 
pose en partie de citations puisées dans différents ouvrages, dont Fauteur 

Cn-PIM nnnr. ^ M a« .1 ~ ~ _ _ r • ° y wv^i 



N 



s 



couronné est com- 

s'est 



Devons-nous ajouter que sur la médaille qu'on nous a décernée pour notre Mé- 
moire on a fait graver le mot Hybridation, chose dont il n'était pas question dans 
le programme et dont le rapport n'a pas parlé? Ce fait pourra paraître quelque 
peu singulier; car, si la commission a trouvé que la partie du Mémoire oui 
traite cte 1 hybndahon a une certaine valeur (ce que semble indiquer la légende 



qui se trouve sur la médaille), comment 

na<;9 



pas 

Q 



se fait-il que le rapport 



par 



en soit, nous admettons comme 



' • - r 



vrais et mentes 



repr 



que la commission nous a adressés, et nous ajoutons que, selon nous ner- 



sonne n en sera surpris lorsqu'on saura q 
notre rédaction, et que personne autre que 



ce travail est entièrement de 
nous n'y a mis la main. D'une 



autre part aussi, nous devons dire que nous avons mieux aimé être Ion- et 
nous répéter, sauf à être lourd, que de rester incompris faute de détails 
suffisants. 

■ 

Toutefois, nous aimons à croire que la commission a bien jugé, et surtout 



ju'cile 






igi avec impartialité. Du reste, nous n'avons rien a voir à 

publ 



sa d 



testation contre cette décision, ne doit pas non plus être mise en concurrence 



nous n'avons d'autre 



•T _ _ 

avec le Mémoire que la commission a couronné. 

En livrant cette brochure au public, nous le répétons, 
but que de faire connaître certains faits ignorés ou peu' connus, qui aous "out 
paru dignes d'intérêt, tant au point de vue 
tifîque. 

En recopiant notre manuscrit, qui est d 
impériale et centrale d'Horticulture, nous î 



pratique qu'au point 



de la Société 



que 



approchées l'une de l'autre qu'on n'aurait même pas dû 



pt3; nous ne les avons pas reproduites. Du 
ne changeaient en rien le sens des idées: m 



~J 



peu 



rendaient-elles un 





















!. *■■.. 



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* * » • 




t^É 



«OC 





PRÉFACE. 



m 



Q 




se rapportant 



d 



n avions pu sulhsam- 
rapporter à cause de 



présenter, ont été supprimés comme ne nous p 



par offrir de garanties suffisantes; mais p 



comme depuis que notre 




moire 



n 
^ 



a été déposé jusqu'au jour où il a été examiné, il s'est passé presqu 
deux ans, nous avons pu faire de nouvelles observations que nous avons cru de- 
voir ajouter, ainsi que des notes, lorsque cela nous a paru nécessaire. 

le la critique faite par le rapporteur de la 
longues notes ajoutées dans le texte viennent 
confus, nous avons rejeté ces notes à la fin 



D'une 



encore 



contribuer à le rendre 



de l'ouvrage, où on les trouvera sous un 



dr 



Enfin, pour mieux fixer 



t 

nous avons jugé nécessaire de le 



s 



qui, u api 
accompa 



ont une grande importance, 



• * 



appuy 



dire et à donner au travail que nous publions, un double intérêt : de 



P 



1er aux yeux en môme temps qu'à l'esprit. 



Mai 1865 












* 










1 
























1 





























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3^ 









































































L 






/ 






















\ 



PRODUCTION 








FIXAT! 











DANS LES VÉGÉTAUX 



La stabilité des formes, dans un 
végétaux, est en raison inverse du 
contient. 



groupe quelconque de 
nombre d'espèces qu'il 




. 






















! 










I /. 


















En 1862, la Société impériale et cen- 
trale d'Horticulture de la Seine a proposé 
et mis au concours la question sui- 
vante : 

« Exposer, en se basant soit sur des 
■« expériences nouvelles, soit sur des faits 
« connus, mais bien établis, les circon- 



« 



qui déterminent la prod 



« et la fixation des variétés dans les 
« plantes d'ornement. » 

Cette question est très-complexe ; pour 
la bien comprendre et la traiter conve- 
nablement, il faut d'abord la simplifier', 

la décomposer, pourrait-on dire, afin de 
deg; 

qui, bien 



tement, 



part 



n'en sont cependant que 
3s qui peuvent être traités 



des 



à 



la question 



En effet, il est facile de 
qu'on peut décomposer 
comme il suit : 

1° Comment se forment les variétés? 

2° Peut-on en provoquer l'apparition? 

3° Peut-on, lorsqu'elles sont produites, 
les conserver, et alors comment? 
. Mais comme dans la nature rien n'est 
^olé, qu'au contraire tout s'enchaîne, et 
cela d'autant plus étroitement que la 
Partie qu'on étudie est plus circonscrite, 
" s ensuit que la question proposée tou- 



» . 



che à beaucoup d'autres, auxquelles 
même elle est intimement liée. Aussi 
les divisions que nous venons d'établir 
sont-elles elles-mêmes tellement com- 
plexes qu'on reconnaît tout de suite que, 
comme conséquences, elles nécessitent 
de nouveaux développements qui em- 
brassent plusieurs ordres de faits. Malgré 
cela encore, en suivant cette voie, et 
quelles que soient les divisions et sous- 
divisions qu'on puisse établir, on con- 
state que, en définitive, il n'y a là que 
des effets divers d'une même cause. 
Cette cause, c'est ce que, dans les scien- 
ces naturelles, on est convenu d'appeler 
une espèce; c'est donc par celle-ci qu'il 
faut commencer. 

Or, qu'est-ce que l'espèce? 



Dans 



son acception la plus rigou- 
i mot espèce signifie type, c'est- 



d 



fondamental 



moins 



jamais donné de connaître l'origine des 
choses d'une manière absolue, l'espèce, 
quelle qu'elle soit, ne peut être Que re- 
lative, et plus on 

Mais comme en r 

principe, et que, à défaut de base ab- 
solue, on est forcé, lorsqu'on traite un 
sujet, de partir d'un point connu, qui 
devient alors l'origine (relative, bien en- 

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6 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



tendu) du sujet qu'on traite , on a dû 
aussi, afin de s'entendre sur la valeur 
du mot espèce, fixer des bases à ce 
terme, en donner une formule qui, 



en 



ppl 



pour 
préhensible 



qu 



nées de l'espèce, et qui, on peut le dire, 
varient suivant leur auteur, suffiraient 
déjà pour prouver que, comme nous 
l'avons dit, l'espèce est quelque chose 



— / 

Voici notre définition 
On nomme espèce 



P t 



représenté par un ensemble de carac- 
tères pouvant s appliquer à un nombre 
plus ou moins grand cV individus qu'ils 
relient, en revêtant chacun d'eux d'un 
cachet spécial qui lui donne un air 
de parenté, et qui permet alors de le 
rapprocher de certains autres avec les- 
quels il constitue un groupe particulier 
qu'on nomme genre. 

Les caractères auxquels nous venons 
de faire allusion, qui s'appliquent à l'es- 
pèce, et que pour cette raison on nomme 
caractères spécifiques, sont permanents 
ettransmissiblesparvoie de génération; 
ils peuvent se perpétuer tant que des 
influences d'un ordre supérieur ne vien- 
nent pas ou les modifier plus ou moins 



profondément 
paraître, et par 
l'espèce. 



dis- 
quent anéantir 



Mais, d'autre part, ce que nous venons 
de dire de l'espèce, nous pouvons le dire 
de presque tous les individus qu'elle 
comprend; car, bien que ceux-ci pré- 
sentent un certain nombre de caractères 
qui les relient au type commun et les 



pi 



pi 



individualisent. Ce sont ces derniers 
qui constituent les variétés *, les sous- 
variétés, les races, les sous-races, etc. 



D'autre par 



pou\ 



coup de cas, devenir permanents et trans- 
missibles, il s'ensuit que certaines va- 
riétés peuvent se fixer , devenir à leur 
tour le point de départ de nouvelles sér 



*. 



D'une manière générale, on nomme variété tout 
individu qui, par quelque caractère que ce soit, se 
distingue d'un ou de plusieurs autres avec lesquels 
on le compare et qu'on considère comme apparte- 
nant à un même type spécifique. 



des 



qui leur ressemblent, et qui forment 

particuliers qui gra- 



vitent autour des premiers auxquels ils 
se relient. C'est ce qu'on 



des 



races . 



Les termes variétés, races, sous-races, 
etc. , sont donc eux-mêmes complexes; ils 



peuvent aussi, par suite de leur exten- 
sion, former des sortes de cadres ou de 
sous-genres dans lesquels viendront éga- 
lement se ranger un nombre plus ou 
moins grand d'individus, de sorte qu'on 
peut encore, pour matérialiser cette idée 
afin de la rendre plus saisissable, com- 
parer l'espèce, la variété, la race, la sous- 
race, etc., à des sortes de boîtes qui en 
contiendraient d'autres à peu près sem- 
blables quant à la forme générale, et qui 
n'en différeraient que par les dimen- 
sions. 

Pour résumer ce qui précède et pour 
en faciliter la compréhension, nous al- 
lons tâcher d'en faire l'application, de 






l'appuyer de quelques 



pi 



parmi des plantes bien connues, telles que 

Pelargonium, Reine-Marguerite, Delphi- 
nium, Giroflée, Pivoine, etc. Ainsi, dans 
le genre Pelargonh 



nous citerons 



G 



grandi fi 



par bou- 
(note 1) 



7 ~"I 71 A 

une variété à feuilles panachées. 

Le Pelargonium grandi florurn, en rai- 
son des nombreux semis qu'on a faits de 



able de 



produit 



sont fixées et ont constitué des sortes de 
sous-types qui, à leur tour, comprennent 
un plus ou moins grand nombre d'indivi- 
dus qui sont autant de variétés. Ainsi par 
la culture, à l'aide de soins particuliers, 

comme sous-races, des Pé- 
i grandes fleurs proprement 



obtenu 



Odi 



puis les P 



nent chacune un nombre illimité d'indi- 



vidus. 



Le Pelargon 



est éga- 



lement devenu tête de série, a aussi 
produit un nombre considérable de va- 
riétés, qui, tout en conservant les carac- 



typ 



de 



qui les g 



Le genre Reine-Marguerite (Call 






[ 




■-■*jr 







DANS LES VÉGÉTAUX. 



phus) ne renferme qu'une seule espèce, 
qui, par les nombreux semis qu'on a faits 
de ses graines, a produit les variétés dites 
pyramidales, pivoines, à tuyaux, naines, 
grandes, etc., qui se sont fixées et ont 
constitué des races dans lesquelles on 
trouve des sous-races qui renferment un 
certain nombre de plantes distinctes, soit 
par les formes, soit par les couleurs, et 
qui, à leur tour aussi, tendent à former 

de nouveaux groupes. 

Il en est à peu près de même du 'genre 
Balsamine, vrai, qui ne renferme non 
plus qu'une seule espèce, la Balsamina 

* * s également 




■: 



horte 



nsis. Cette espèce a 



donné naissance à des variétés qui se 
sont fixées et ont formé des races diffé- 
rant les unes des autres, soit par la 
hauteur des plantes, soit par leur port 
ou faciès, soit par les couleurs des 
fleurs, etc., desquelles aussi sont sorties 
des sons-races qui se distinguent égale- 
ment par des caractères particuliers, et 
qui se reproduisent presque identique-* 

ment par graines. 
Le genre Camellia ne renferme guère 

qu'une espèce, le C. Japonica. Les va- 
riétés qu'il a produites sont innombra- 
s, mais aucune d'elles n'a encore 



ble 

formé de races) les différences qu'elles 
présentent sont toutes individuelles; 
elles portent soit sur la forme, soit sur 
la couleur des tleurs, soit sur ces deux 

choses, soit enfin sur la forme et sur les 
dimensions des feuilles. Ces différences 

* 

ne se transmettent pas par semis. 

Le genre Delphinium comprend un 
assez grand nombre d'espèces, la plu- 
part vivaces; quelques-unes sont an- 
nuelles. Parmi les premières» il en est 
une, le D. elatnm, qui, dans les cultures 
et d'après les nombreux semis qu'on a 
faits de ses graines, s'est tellement mo- 
difiée qu'aujourd'hui il est à peu près 
impossible de reconnaître le type. 

Une 

genre 



espèce annuelle de ce même 
le Delphinium Ajacis, tout en 
nous fournissant l'exemple d'une exces- 
sive plasticité, nous donne aussi celui de 
la formation de races et de sons-races 
qui, toutes, se reproduisent à peu près 



identiquement par leurs graines. Ajou- 



certains cas, c est a peine si on en ren- 
contre à fleurs simples. 

Il en est à peu près du Pied d'alouette 



s. 



(Delphinium Consol 



comme du D. Ajacis. Dès son introduc- 
tion, pour ainsi dire, dans nos cultures, 
il a donné naissance à de nombreuses 
variétés, qui bientôt se sont fixées et 
ont constitué des races très-différentes 
par leurs fleurs, et dont les caractères 
se reproduisent parfaitement à l'aide de 
graines. Toutes ces variétés sont à fleurs 
doubles (dans le sens horticole). 

La Giroflée commune (Cheiranthus 
Cheiri), 

nos murs, a produit aussi un grand 

nombre de 



qui croît si fréquemment sur 



P 



des 



, _, aires aussi dont les 

fleurs très-pleines sont également de 
couleurs diverses. 

Le genre Mathiola, qui comprend les 
plantes connues sous les dénominations 



Q 

quarantaine, de Cocardea 
ferme que deux espèces 



de Girofl 



pro 



duit un très-grand nombre de variétés ; 
celles-ci une fois fixées ont constitué des 
races qui, à leur tour, ont formé des sons- 
races, parmi lesquelles on trouve égale- 
ment des sous-variétés de toutes dimen- 
sions, d'aspect, de port et de coloris très- 
divers, qui se reproduisent à peu près 

raines, et qui par 



ide 



quivalent 



Le genre Pivoine renferme quatre es- 
pèces ou types; ce sont : le Pœonia pa- 
paveracea (d'où sont sorties toutes les 
Pivoines en arbre ou Moutan), le Pœo- 



■f 



fâcinalis 



Les trois premières espèces 



tons que, toutes, indépendamment du 
port des plantes, de leurs dimensions, 
ainsi que des coloris si divers et si con- 
stants que présentent leurs fleurs, celles- 
ci sont tellement modifiées que, dans 1 cifolium, bullatum, monstrosum 



ont produit un nombre considérable de 
variétés à fleurs pleines, semi-pleines, 

doubles, simples, etc., de formes et de 
couleurs très-variées. 

Tout ce qui vient d'être dit des végé- 
taux herbacés peut également s'appli- 
quer aux végétaux ligneux ; en voici quel- 
ques exemples pris parmi des plantes 
communes et bien connues. Afin d'abré- 
ger, nous ne ferons que citer les noms. 

Le Lilas commun a produit des varié- 
tés à fleurs blanches, rouges, violacées, 

semi-pleines, etc. 

Une espèce du genre Cytise , le Cytisus 
Laburnum, a produit les variétés quer- 






m 




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H 

fui 






* 

















































8 



*™a 3S P n ï es Rosier > ^alée, Rhodo- 
dendron, etc., les variétés sont innom- 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



brables. 



Or 



forestières, le R 



nom d'accidents, que nous nommons soit 



1) 



pi esentent également une quantité con- 
sidérable de variétés. Mais c'est princi- 
palement chez certains de no, „„,,-, 
fruitiers, tels que Poiriers, Pommiers^ 
Vignes, etc., que les variétés sont nom- 
breuses; elles sont incalculables 

Après ces explications, qui, bien que 
restreintes peuvent cependant donner 
une idée de ce qu'on doit entendre par 
espèces, variétés, races, etc., nous devons 
encore, afin d'être compris lorsque plus 
tard nous entrerons dans les détails 
d application , faire ressortir certaines 
particularités très-importantes 

Constatons d'abord ceci : que, puisque 
ce sont les mêmes sucs séveux qui, en 



1 une de 1 autre les diverses phases de la 
végétation, après avoir indiqué et donné 
quelques exemples de ce qu'on doit en- 



ques mots ce qu'on doit entendre par 



bres variation. 



On nomme variations des phéno 
menés qui se montrent parfois sur cer- 
taimw niâtes, mais qui sont tellement 



Pi 



stabi 



modifiant di\ 



les lois 



"anière différente, ou IvefS Î^.SÏISS. ? l ™ ou «*» et diver- 



se la vie constituent les herbes, les bois, 
les feuilles, les fleurs, les fruits, etc., i 
suffira — ' ,- ^ •• - ' 

d'une manière différente 

d'intensité dans 
pour donner naissance à des produits 
de nature et d'aspect très-variés. D'autre 
part, il ne faut pas oublier que la nature 
des plantes, quoiqu'en apparence sim- 
nl * est extrêmement complexe à tel 
point qu'on peut dire d'un végétal qu'il 
n est pas un, mais bien une infinité de 
végétaux. En effet, chacune de ses par- 
ties, lorsqu'elle est détachée ' 



User; tels sont, par exemple, ceux qui se 
montrentsurles Tulipes, chez lesquelles 
dans les plantes très-modifiées par la 
culture, les couleurs paraissent être 

(note < | ment en V ° ie de modific ation 

On trouve des faits sinon semblables 
du moins analogues, sur certaines varié- 
tés de Dahlias panachés, chez lesquels 
if n est pas rare de rencontrer, cà et là 
sur une même plante, des capitules ou 



ble 



peut 



appropriées à 



Pi 



sèment panachés. Tous ces faits sont 
des variations, non des variétés- celles 
ci peuvent se stabiliser et constituer des 
individualités permanentes; celles-là 
non. Ce" sont -des phénomènes qui ap- 
paraissent sans qu'on en connaisse la 
cause, m qu'on puisseen fixer les effets. 

aussi devoir indiquer 

°» 4" ii îciui emendre ■ 1 ■ 

si souvent emplové en 



Nou 



fi 



puisque chacune 



parties a une existence particulière 
qu elle peut vivre de son propre fonds 



lantde végétau 
ayant revêtu de 



d 



On 



ultipl 



sous 



de la plante dont 



pi 






en a aussi qui lui sont particulières, qui 



peuvent 



g 



senter sur l'une ou sur l'autre de 



a laide de graines; on doit donc, wus 
ce rapport, comme valeur organique le 
distinguer du mot dimorphùme, qui,'au 
point de vue pratique, sert à caractériser 
ces accidents ou ces faits exceptionnels 
qui, tout à coup et sans cause apparente 



parties 



ses 



qu'on boutur 



qu 



ront constituer des plantes nouvelles" 



parfois très-diff t 
tement différem 
proviennent. Ce 



de celles dont elles 



quels, en horticulture, on a donné 



^ "-h^h^ui un végétai quelconque, 

et qu en suite on perpétue à l'aide soit 
du bouturage, soit du greffage. Ainsi 
pour en citer un exemple, supposons 
que, sur une plante dont les feuilles 
sontvertes, il se soit développé une bran- 
che dont les feuilles soient panachées ■ si 
on prend cette branche et qu'on la bou- 
ture ou qu'on la greffe, cet accident 
pourra se maintenir; mais si la plante 

résultant de cet accident produit de 



s 



































^ sss 




fmn 



*--^^^^ ^ 



^■^■i 



DANS LES VÉGÉTAUX. 



9 



graines et qu'on les sème, on verra pres- 
que touj ours disparaître ce caractère , qui, 
comme son nom l'indique, n'était qu'ac- 
cidentel. Il n'y avait donc là rien de fixé, 
il y avait tout simplement un fait excep- 
tionnel, stabilisé et rendu permanent 
par un mode particulier de multiplica- 
tion. 

Faisons encore, relativement au mot 
fixé, l'observation suivante : qu'une va- 
riété ou une race quelconque pourra 



desquelles nous prenons une part plus 
ou moins grande; l'autre, au contraire, 
qui comprendra les variétés pour les- 
quelles nous ne pouvons rien ou à peu 
près, quant à leur apparition , qui sont 
le produit de faits auxquels nous sommes 
tout à fait étrangers, et que par consé- 
quent nous devons saisir lorsqu'ils se 
présentent afin d'en tirer le meilleur parti 
possible. Le premier groupe se rattache 
exclusivement aux semis; le deuxième a 




être fixée quant à ses caractères gène- rapport aux accidents. 



raux, sans pour cela l'être quanta ses ca- 
ractères particuliers, c'est-à-dire quanta 
certains détails qui tiennent à sa descen- 
dance. Par exemple, cette variété pourra 
produire constamment des plantes d'une 
même forme, ayant un même faciès, mais 
qui, néanmoins, différeront par des ca- 
ractères particuliers, soit par la couleur, 
soit par les dimensions des fleurs, etc. 
Dans ce cas, c'est le port ou l'aspect qui 
est fixé et qui constitue la race; mais les 
couleurs ou les dimensions des fleurs 
n'ont rien d'absolu; elles sont propres 
aux individus qu'elles caractérisent. 
D'autres fois, au contraire, c'est la cou- 
leur qui fait le fonds ou le caractère essen- 
tiel de la variété ; l'aspect, la forme, etc. , 
caractérisent les individus. 

Faisons aussi remarquer que les di- 
verses combinaisons faites pour perpé- 
tuer les variétés, ou pour en obtenir de 



Dans la pratique, les semis peuvent 
aussi se diviser en deux groupes princi- 



nouvelles, reposent sur cette loi générale 



paux : l'un dans lequel, en combinant 
les opérations préliminaires qui s'y rat- 
tachent de manière à obtenir certains 
résultats, on laisse néanmoins agir la na- 
ture en ce qui concerne la fécondation ; 
l'autre dans lequel, indépendamment 
des combinaisons particulières, on prend 
une part importante, en intervenant 
d'une manière directe, pour en quelque 
sorte contraindre la nature à donner 
des produits qui paraissent être un peu 
en dehors de ses lois, c'est-à-dire à 
suivre une marche différente de celle 
qu'elle aurait suivie si on l'eût aban- 
donnée à elle-même. On obtient ce ré- 
sultat à l'aide de certaines combinaisons, 
et tout particulièrement en pratiquant 
la fécondation artificielle. 

D'une autre part, comme il y a diver- 
ses séries de variétés, les moyens, soit 
de les provoquer, soit de les conserver, 
sont toujours relatifs et subordonnés à la 
nature des variétés qu'on veut obtenir. 
Ces séries, que nous examinerons suc- 
cessivement, peuvent être portées au 
nombre de six principales, ainsi ré- 
parties : 

La première comprendra tout ce qui 

a rapport aux dimensions soit des plan- 
tes, soit seulement des fleurs; 

La deuxième comprendra ce qui se 
rattache soit à la précocité, soit à latar- 
diveté ; 

La troisième comprendra ce qui se 
rapporte aux couleurs; 

La quatrième comprendra ce qui se 
rapporte aux panachures ; 

La cinquième comprendra ce qui a 

rapport aux formes; 

Enfin la sixième comprendra les plan- 
tes à fleurs dites doubles. 

Gomme dans la suite nous aurons sou- 
qui comprendra celles à la production I vent à parler des porte- graines, nous 



que, dans la nature, tout tend à se re- 
produire et même à s'étendre, que 
par conséquent les modifications peu- 
vent non-seulement devenir héréditaires, 
mais qu'elles peuvent encore servir de 
moyen pour arriver à d'autres modifica- 
tions, à étendre et à multiplier de plus 
en plus les séries typiques. 

Après cette sorte de préambule, qui 
peut-être pourra paraître un peu en de- 
hors du sujet, mais qui cependant nous 
a paru nécessaire afin de bien détermi- 
ner la valeur des termes, de manière 
à donner une idée nette et bien arrêtée 
du sens que nous y attachons, nous al- 
lons aborder la question au point de vue 
pratique, c'est-à-dire tirer les consé- 
quences des divers faits que nous avons 
tâché de faire ressortir. 

Constatons d'abord que, d'une ma- 
nière générale, nous pouvons partager 
les variétés en deux grands groupes : l'un 





















j. 


























' 













I J 



. 



■ 



■ 



^ *fe P*»** 



tfV« 



W. 







A 





















M 



. 



■ ; 









i 






























; 










v*o 




^v 




10 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



croyons devoir, en quelq 



Calceol 



ce qu'on entend par cette expression. . Callh 
On nomme porte-graines tout végé- Cla 



lai qui, quelle que soit sa forme 



ou 



sa nature, est particulièrement destiné Dete/ 



Coreopsis iinctoria nana (2 



à la product 
Ces considérations" générales étant éta- 




Taines. 



blies, nous allons entrer dans 
d'application, en suiva 
ries indiqué ci-dessus. 



1 er GROUPE. 



l re SECTION. 



Semis naturel, c'est-à-dire 



fécondation artificielle 



des^ fleurs, mais f 
préalables, relativement aux p 
nés, dans le but d'obtenir des 



Série A. — Dimensions. 

Lorsqu'on vise à obtenir des 



dans 



premier cas, choisir pour porte-graines 
les individus qui présentent les plus pe- 



de dis 



possible 



au but que 
deuxième < 



Dans le 
on choisit 



les individus qui ont une tendance à s'é- 
lancer et à dépasser les dimensions ordi- 
naires, tout en conservant, bien entendu 
encore, l'aspect général qu'on désire ob- 
tenir; en un mot, dans l'un comme dans 
autre cas, on doit récolter les graines 
sur les individus qui présentent au plus 
haut ^ degré les caractères que l'on re- 

Si, au lieu de viser aux dimen- 



fleurs 



des pi 



pr 



vient d'être dit, mais alors en 

pour guide, c'est-à-dire comme point 

de mire, les fleurs au lieu des plantes. 

C'est en partant de ces principes, et en 
les mettant en pratique à chaque géné- 
ration, qu'on arrive à créer des variétés 
ou même des races, c'est-à-dire à obte- 



nir 



q 



parlois, par 



stabilité, présentent sous ce rapport le 
caractère d'espèces. En voici quelques 

exemples : 

Variétés naines obtenues et fixées 

par les semis. 

Ageratum cœlestinum nanum; 
Agroslis cœli rosea nana ; 

Balsamina hortensis nana (variétés nom - 
foreuses") : 



brcuses) ; 
D tan thus S mens is nan a ; 

Giroflées quarantaines (variétés très- 
nombreuses) ; 
Helianthus annuus nantis; 
Helichrysum bracteatum nanum ; 
Leptosiphon densiflorum nanum; 
Lobelia^ gracilis erecta nana; 
Lupinus (plusieurs variétés); 
Nemesia clegans nana; 
Œnothera Drummondii nana; 

Papaver somniferum nanum (plusieurs 
variétés) ; 

Phaseolus coccineus nantis ; 

Polygonum orientale nanum; 

Reines-Marguerites naines (variétés nom- 
breuses) ; 

Salpiglossis sinuata nana; 
Salvia coccinea punicea nana ; 



variétés); 



(Pi 



s 



Senecio 
Tagetes 



7 

pakda nana ; 
signala nana ; 



Tropœolnm majus nanum (plusieurs va- 
n êtes); 

Viscaria oculata nana. 

Quant aux variétés grandes ou géantes 



pas 



du reste, par cette rai 
plutôt à diminuer qu'à augmenter les 
dimensions des plantes. Toutefois, si l'on 
voulait en obtenir, on agirait ainsi qu'il 
a été dit précédemment, mais en suivant 
une marche tout à fait opposée à celle 
qu'on devrait suivre si l'on voulait ob- 
tenir des plantes naines. Nous faisons 

les mêmes observations relativement aux 
fleurs. 



Série u.— Précocité et Tardivelé. 

Les bases posées dans la série précé- 
dente relativement au mode d'opérer 
étant semblables pour cette série et 
pour les séries suivantes, il n'y a donc 
clans chacun des cas, qu'à en faire di- 
versement l'application, c'est-à-dire â 
se conformer, dans la pratique des opé- 
rations, ainsi que pour le choix que 













• 






• - ' . - ■ • »(■ 






- : • 





Jfc^l^J 














DANS LES VÉGÉTAUX. 



11 



l'on fait des porte-graines, au but que 
l'on veut obtenir. 

Ainsi, lorsqu'on désire avoir des varié- 
tés hâtives, on doit surveiller avec soin la 
floraison des plantes afin de remarquer 
celles qui présentent les qualités qu'on 
recherche et qu'on désire améliorer, puis 
choisir parmi celles-ci les individus qui 
fleurissent les premiers, en récolter et 
semer les graines, puis choisir de nou- 



v 



parmi 



de ce semis, ceux qui, tout en fleurissant 
tes premiers, ont cependant aussi con- 
servé les autres caractères auxquels on 
tient également. Dans un grand nombre 
de cas on se trouvera bien aussi de ré- 



de 



pi 



pai 



ont parfois 
une tendance à donner des plantes en- 
core plus hâtives. 

Lorsque, au contraire, on désire obte- 
nir des variétés tardives, on agit absolu- 
ment comme il vient d'être dit, quant à 



la manière 
d 




de procéder 



sens inverse 



dire en 

prenant pour porte-graines , à chaque 
génération, les individus dont la florai- 
son est la plus tardive. 

Comme exemple de hâtiveté nous ci- 
terons particulièrement le Pyrethrum 

Sinense prœcox (note 3) . 



Série c . — Variétés portant sur les couleurs des 
fleurs, obtenues et fixées par les semis. 



Lorsqu 



des variétés qui 



drésentent une couleur déterminée, on 
choisit, parmi les plantes sur lesquelles 
on porte particulièrement son attention, 
les individus qui, avec un port et un 
feuillage convenables, se rapprochent le 



Pi 



celles qu'on 
pie, si on 
tient à avoir des fleurs'rouges, on prend 
pour porte-graines les individus dont 
les fleurs sont les plus voisines de cette 
couleur; si l'on désire obtenir des 
fleurs blanches, on clu " " 



x As la couleur est la plus atténuée. Si, 
au contraire, on désire obtenir des fleurs 
jaunes, on doit, tout en prenant pour 
porte-graines des individus dont les 



s'appuyer sur les principes 



nous 



porte 



graines en conséquence. 

En général on remarque que, pour 
qu'il y ait chance d'obtenir des fleurs 
jaunes, il faut que l'atténuation provienne 
de l'affaiblissement de couleurs plus ou 
moins foncées , par exemple , soit du violet , 
soit du lilas. Pourtant ici encore on ren- 
contre de remarquables exceptions, ainsi 



fénéral 




. 4 

encore on remarque aussi que le blanc 
(note 5) et le jaune sont les couleurs 
qui 



de 



On a d' autant pi 



dans les typ 



que 



modifier. Ainsi 



dans 



le type sauvage ( Viola arvensis) du jaune 
uni à du violet velouté , on pouvait 
être à peu près certain qu'en choisissant 

ses porte-graines avec discernement on 
arriverait à faire dominer telle ou telle 
de ces couleurs , à avoir des variétés à 
fleurs jaunes, lilas, violet plus ou moins 
foncé, ou même à peu près complètement 
noires, et telle est la variété qu'on nomme 



Faust (note 6). 



Q 



(Cheiranthus Grœca) semble contredire 
ce que nous venons de dire relativement 
à l'atténuation des couleurs; en effet, 
bien qu'à fleurs blanches, elle n'en a pas 
moins produit des variétés à fleurs 
roses,violettes,lilas,etc. , et même jaunes. 
Cette contradiction n'est qu'apparente^ 
en regardant avec attention, on reconnaît 
que les fleurs, loin d'être blanches, sont 
jaunes, ou à peu près, avant l'ouverture 
du bouton,etque, même lorsqu'elles sont 
épanouies, elles conservent la couleur 
jaune dans toute la partie inférieure des 
pétales. Du reste, la nature ne se prête 
point servilement à nos calculs, et il peut 
bien v avoir des cas où les faits contredi- 
sent nos théories et semblent se trouver 
en opposition avec la gamme chromati- 
que des couleurs que nous avons établie ; 
car, les couleurs résultant d'une combi- 
naison particulière des principes colo- 
rants, ces derniers ne peuvent-ils pas, 

d'après des 



fleurs soient très-pales, tâcher, s'il est comprendre, se séparer et se grouper 



possible, que cette teinte tire déjà un 
peu sur le jaune (note A). Enfin, et quelle 
que soit la couleur qu'on désire, on doit 



suivant une marche opposée à celle que 
nous considérons comme normale? Mais, 
d'autre part, rien ne nous prouve que 

















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I 
























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- 



12 



Q 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 




type spécifique ; le contraire même est 
très-probable, puisqu'il n'y a pas encore 

w temps (c'était vers 1 835) qu'elle 
a lait son apparition dans les cultures, 
et qua cette même époque il y avait 
aeja d autres variétés de Quarantaine 
ecque à fleurs de couleurs diverses 



dont 



fi 



Elle 



Toutefois, et quelle qu'en soit la cause 



égales d ailleurs, il est certaines espèces 



extrêmement 



astiq 



qui semblent 



cou- 



pouvoir revêtir les formes et les au- 
teurs les plus diverses, tandis qu'il 

en est d'autres au contraire qui, bien 

que cultivées en très -grande quan- 
tité et depuis longtemps, n'ont encore, 
pour ainsi dire, produit aucune variété- 

fuie PAnt Irx n^./ » 1 t -~ * 



Re 



seda, YEutoca viscida, le Cosmos bip,., 
nata, le RhodanteManglesii, etc. Comme 
exemples contraires nous pouvons citer 
le Dahlia, la Reine-Marguerite, la Bal- 
samine des jardins, la Rose trémière 



Rosiei 



Camell 
dendroi 



Œillet des fleur 



Azalées, etc., les Rhodo 



le 



Variétés à fleurs rouges, obtenues et fixées par les 



semis. 



An 

Alt 



Sinensis rubra: 



(pi 



Balsamin 
tés); 

Celosia cristata rubra; 
Centranthus ruberrimus ; 
Cosmos bipinnata purpm 
Giroflée quarantaine (plus 

Helichmisum rnarrnn ihom 



varié- 



Ipomea purpurea Kermesiana; 
Lathyrus odoratus rubra; 
Martynia fragrans rubra ; 
Mathiola annua rubra; 

incana rubra; 
Papaver somniferum ru brum ; 
Pentstemon gentianoides purpui 






Pou „«,„<,.„,„, 

Reine-Marguerite (plusïi 
Scabiosa atropurpurea ; 
Silène armer ia rubra; 
Verbena incisa rubra; 
Zinnia elegans coccinea ; 

multiflora rubra. 



variétés) ; 



Variétés à fleurs roses, obtenues et fixées par les se- 






nus. 



Agrostemma coronaria rosea ; 
Anagallïs grandi flora rosea •' 

Ralsamina hortensis (plusieurs variétés) : 
Celosia cristata rosea ; 

Clarkia elegans rosea • 

Delphinium 



constatons que, toutes circonstances G 



consolida 
Digitalis purpurea rosea; 



(idem); 



Girofl, 
brei 



7 

quarantaine (variétés nom- 



Godetia amœna rosea; 
Gomphrena globosa rosea; 
Ipomea purpurea rosea ; 
Lobelia erinits Lindleyana, 

-j- ramosa rosea; 
Lupinits hirsutus roseus; 
Lychnis Chalcedonica rosea ; 

Lymnanthes Douglasii rosea 
Maurandia nnrr.J.Pimv>n m™ 



somnif 



m 



Pentstemon gentianoides rosea : 
Reine-Marguerite (variétés nombreuses)* 
Scabiosa atropurpurea nana rosea; " 
Senecio elegans rosea. 

Variétés à fleurs Bas ou violacées, obtenues et 



fixées par les semis. 



variétés) 



Campanula spéculum lilaceum; 
Celosia cristata violacea; 
Delphinium Ajacis (plusieurs variétés); 

consolida violacea; 

Giroflée quarantaine (plusieurs variétés) • 
Iberis umbellata violacea; ' 

Mirabilis longiflora violacea; 
Papaver somniferum violaceum ; 
Reine-Marguerite (plusieurs variétés) ; 
Senecio elegans violacea; 
Verbena Drummondii; 
Zinnia elegans violacea. 

Variétés à fleurs jaunes, obtenues et fixées par tes 

semis. 

Antirrhinum ma/jus luteum; 
Amaranthus caudatus luteus: 
Celosia aurea pyramidalis 














Chrysanth 



cristata aurea; 




chift 
Ca lift 



Giroflée quarantaine (pi 
tés). 



■ 











••. I * ' 



■• ■ .- 















DANS LES VÉGÉTAUX. 



13 



Ipomea coccinea aurea; 
Leptosipho?i androsaceum aureum; 



Lotus Jacobeus luteus ! 



luteilm; 



Porttilacca grandiflora aurea; 

aurantiaca; 

Rose trémière (plusieurs variétés) ; 

Salpiglossis sulfurea; 

Thunbergia alata aurantiaca (orange ma- 
culé) ; 

Thunbergia alata Fryeri (orange sans 
macule). 

Thunbergia alata lutea immaculata; 

Tropœolum majus (plusieurs variétés) ; 

Zinnia elegans simplex aurea; 

flore pleno luteo. 

Variétés à fleurs blanches, obtenues et fixées par 

les semis. 

Agrostemma 



cœli rosa alba, 



Argemone Mexicana 
Balsamina ht 



B 



beridifolia alba 



Calceolaria Yunghii alba; 

Catananche cœrulea alba; 

Campanula pyramidalis alba ; 

Spéculum album; 
média alba; , 
Bocconi alba; 

Loreyi alba; 

pentagona alba; 
Centaurea moschata alba; 
Centranthus ruber alba; 
Clintonia pulchella alba ; 
Crépis rosea alba; 
Batura fastuosa alba; 
Belphinium grandiflorum album 

— Ajacis album; 

Consolida alba-, 
Bianthus Sinensis alba; 
Bictamnus albus ; 

Bigitalis purpurea alba; 
Escholtzia Californica alba; 
Galega officinalis alba; 
Gilia capitata alba; 

tricolor alba ; 
Giroflée quarantaine (plusieurs var 
Godetia rubicunda alba; 
Gomphrena globosa alba; 
Hedysarum coronarium album; 

Hesveris matronalis candidissima 



? 



I 



mari 



Lathyrus latifolius albus; 
Lavatera trimes tris alba; 
Lobelia syphilitica alba ; 
Lychnis Chalcedonica alba ; 
Lymnanthes Bouglasii alba; 
Mathiola annua alba; 

incana alba; 
Malcolmia maritima alba; 
Malope trifida alba; 
Maurandia antirrhiniflora alba ; 
Mesembrianthemum tricolorum album; 
Mirabilis Jalapa alba; 
Myosotis Alpestris alba; 

inter média alba; 
Nemophila insignis alba; 
Nolana grandiflora alba; 
Papaver somniferum album; 

rhœas album ; 
Pentstemon gentianoides album; 

Persica Sinensis alba; 

vulgaris alba; 
Phaseolus coccineus albus ; 

Platycodon grandiflora alba; 
Podolepis gracilis alba; 
Polemonium cœruleum album; 
Polygonum orientale album; 
Primula Sinensis alba; 
Reine-Marguerite (plusieurs variétés); 
Rhodante Manglesii alba; 
Rose trémière (plusieurs variétés); 
Saponaria Calabrica alba ; 
Scabiosa atropurpurea alba; 
Schizanthus retusus albus; 
Senecio elegans alba ; 
Silène Armeria alba ; 

pendula alba; 
Thun bergia a la ta alba; 
Trachelium cœruleum album'; 
Vinca rosea alba; 
Viola odorata alba ; 
Viscaria oculata alba; 
Xeranthemum annuum album; 

compactum album; 
bracteatum album. 







Série ». — Variétés à fleurs ou à feuilles pana- 
chées, obtenues et fixées par les semis. 



Les pi 



panachées 



sont relativement rares: la raison en 



des 

pi 



plupart des panachnre 
laux, qu'elles résultent le 
d'accidents, et qu'on en 



nomidium 



Ipomea Quamoclit 



obtient peu par les semis. Cependant si, 
comme tout semble le faire croire, les 
panachures sont dues à des sortes de ma- 
ladies (note 7) nepourra-t-il pas arriver que 






I 













I 





















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I*-, 



91 

n 




































I 









• . 









■■ 














ïSSi 




n 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



missibles par les g 



ît assez intenses pour affec- 
me , pour, ainsi qu'on le 
3 vulgaires, passer dans le 
devenir héréditaires, trans- 



de Caladiur 



Sans 
pour expliquer 



recours aux hypothèses 
la cause des panachures, 
que, dans le plus grand 
nombre de cas, les plantes panachées 
doivent cet état particulier à un dépla- 
cement des éléments colorants, déplace- 

de perturba- 



de 



ment fixe; ce qui expl 



pourquoi 



les panachures sont tellement constan- 
tes que non-seulement elles se repro- 
duisent par le moyen des graines, mais 
encore que les plantes qui les por- 
tent sont très-vigoureuses, ce qui a 
rarement lieu lorsque les panachures 
sont placées sur les fleurs. Dans ce der- 
nier cas, en effet, les plantes sont généra- 
lement délicates ; c'est un véritable signe 
d'affaiblissement; d'où l'on pourrait con- 
clure que, en général, on aura d'autant 

de chances de conserver cet état 
particulier que les porte-graines seront 




l'on voit si souvent les panachures s'ef- plus souffreteux, qu'on les laissera un 



facer 
reprendi 



partie 



présentaient peu pâtir. 



dont les éléments 



dominent, et alors des fleurs ou des 



Pour arriver à fixer les plantes à feuil- 
les ou à fleurs panachées on se fonde 



feuilles unicolores se montrer parmi sur les mêmes principes que ceux que 



plus ou moins panachées 
Les panachures ne sont pas exclusive- 
ment propres aux fleurs; le plus souvent 
même elles affectent les feuilles, parfois 

aussi les rameaux; quelquefois même 



indiq 



pour 



dire qu 




quelles que 



8 



par 



chez lesquels les panachures sont les 
plus prononcées, et dont la végétation, 
sans être trop vigoureuse, est néanmoins 



lesquelles elles se montrent, on con- 
state qu'elles sont d'autant plus stables 
qu'elles circonscrivent plus complète- 
ment l'organe qu'elles affectent, ou, ce 
qui revient au même, que, sans les cir- 



de cercle dans 



disp 



? 



zonale 



Oxalis) 



(Pela? 



qu'elles 




disposées par macules, et 



les panachures 



batides 



par 



dired 
qu'ell 




assez bonne ; car ce caractère n'étant, 
dans beaucoup de cas, aue le résulta! 
d 

disparaître, en grande partie 
lorsque les plantes sont très-vigoureuses. 
De même aussi, en se fondant sur les 
mêmes principes, il faut éviter de pren- 
dre pour porte-graines des individus qui 
soient trop affaiblis, car alors on pour- 
rait n'obtenir que des plantes chétives. 



Plantes à fleurs panachées obtenues elfixées par les 



semis. 



des 



pi 



appartiennent au 

monocotylédonés . 

\ On connaît pourtant quelques excep- 
tions à la règle générale que nous venons 



d 



à la fixité de 



panachures; une très-remarquable est 
fournie par le Chardon- Marie, qui, mar- 
qué sur toutes ses parties de nom- 
breuses et belles macules blanches très- 
régulières, se reproduit identiquement 
par ses graines. 

Reconnaissons toutefois que, en gé- 
néral, les panachures sont beaucoup 



Aquilegia vulgarisvariegata ; 
Balsamina hortensis (plusieurs variétés); 
Centaurea cyanus variegata; 
Convolvulus tricolor variegata ; 
Delphiniim 



Consolida 



Pi 



fleurs, que, dans qu 



Ipomea purpurea variegata; 
Lathyrus odoratus (plusieurs variél 
Lohelia Erifius marmorata; 
Dipiniis mutabilis Cruiksankii; 
Malcolmia maritima bicolore 
Mirabilis Jalapa variegata; 
Nemophila insignis alla variegata ; 
Phaseolus coccineus bicolor ; 
Phlox Drummondii Raditwitzii; 
Portulacca grandiflora alba striata 
Primula Sinensis .variegata ; 



par exemple chez certains Bégonias, de Reine-Marguerite (xA 
























- 




X 



. 








I 





DANS LES VÉGÉTAUX. 



15 



Tropœolum majus variegatum ; 



Série E. — Variétés à fleurs dites doubles (note 9), 

obtenues et fixées par les semis. 

Anémone coronaria (variétés nombreu- 
ses) ; 

Aquilegia vulgaris (variétés nombreu- 
ses); 

Calendula Bungei (note 10) ; 

hortensis; 



alba: 



Campanula n 

Centaurea cyt 

Chrysanthemum coronariarn (plusieurs 

variétés); 

Chysanthemum (Pyrethrum) Indicum 

(variétés nombreuses) ; 
Clarkia pulchella alba 



Convolvulu 
Datura fi 



elegans; 



violacea; 

alba; 
hitea; 

Delphinium Ajacis (variétés nombreu 

ses); 
Delphinium Consolida (variétés nom 

breuses); 

'anthus Sinensis (variétés nombreuses 

(note 11); 
Dianthusbarbatus (vàriètèsnombreuses); 

Giroflées diverses 
Helianthus 



D 



(idem) ; 



Helichrvsum 



annuus ; 
Califon 



bracteatum 



Matriearia parthenium (note 10) 
Papaver somniferum (variétés 

breuses) ; 
Papaver rhœas (variétés nombre 



nom- 



Persica S 



rubra; 
vulgan 



Pétunia (variétés l ,, 

Ranunculus Asiaticus (variétés nombreu 



R 



ses); 



Senecio elegans (note 10 ) (plusieurs va- 
riétés) ; 
Zinnia elegans (plusieurs variétés) . 

Il est inutile de dire que, dans la liste 
qui précède, toutes les fois qu'on cite le 
nom de l'une ou de l'autre des variétés, 
il faut ajouter à ce nom le qualificatif de 
flore pleno , que nous n'avons pas mis 
afin d'éviter les répétitions. 






donne 



ble une signification sinon fausse, du 
moins différente de celle qu'il a réelle- 
ment. En effet, dans le sens vrai, double 
signifie deux, c'est-à-dire deux fois l'u- 
nité, ce qui, logiquement, conduit à ceci 
que semi-double, étant la moitié de dou- 
ble, signifie simple. Ce n'est pas ainsi 
qu'on l'entend en horticulture en ce qui 

concerne la duplicature des fleurs; dans 
cette circonstance double, en parlant 
d'une fleur, signifie qu'elle 
grand nombre de pétales que, 
doit avoir normalement , mais" sans 
indiquer ce nombre, ni la nature, non 
plus que l'origine de ces organes. Se- 
mi-double, en parlant d'une fleur, indi- 
que également qu'elle a un nombre 



a un 




pétales pi 



que 



qu'elle devrait avoir normalement, bien 
que ce nombre soit toujours moindre 
que celui dont le mot double donne l'idée. 

Toutefois ces deux termes n'ont rien 
d'absolu; ils se prennent toujours d'une 

manière relative. 

La duplicature des fleurs peut être dé- 
terminée par des -causes diverses, soit, 
par exemple, par la multiplicité résul- 
tant de l'augmentation ou du dédou- 
blement des pièces florales (sorte de 
bourgeonnement) (Pivoine, Pavot); soit 



fleurs 



par la transiorrnation des organ 
xuels. Dans le premier cas les 
peuvent encore donner des graines; elles 
ne le peuvent plus dans le second, si la 
transformation est complète. 

Les fleurs tout à fait doubles, dans le 
sens qu'en horticulture on attache à ce 
mot, qui sont ce qu'on doit nommer des 
fleurs pleines, sont touiours stériles. 
Nous n'avons donc pas à nous en occu- 
per, puisque les plantes qui les portent 



propa 



que par 



parties, 
Teffes, 




par la séparation de leurs 
; par boutures, couchages, 
Cependant, dans certains 
cas, elles paraissent exercer une cer- 
taine influence (note 11). 

Les fleurs semi-pleines ou plus ou 
moins pleines peuvent au contraire don- 
ner des graines, ce qui permet de multi- 
plier à l'aide des semis les plantes qui 
présentent ce caractère. Constatons tou- 
tefois que le point de départ des fleurs 
doubles est en dehors de notre puissance 
comme de nos calculs; nous ne pouvons 
rien, ou à peu près rien, sur le fait ini- 



-* 
















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M 



• 



16 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



tial ; nous ne pouvons que le saisir lors- 
qu'il se présente ; nous ne pouvons pas le 
provoquer; c'est un effet dont la cause 
nous est inconnue (note 42). Lors donc 
que, par une circonstance quelconque, il 
se présente un de ces faits, il faut le sur- 
veiller avec soin, éloigner même du con- 




pi 



qui 



droit où elle est, soit, si cet enlèvement 
n'est pas possible ou qu'il présente quel- 
que inconvénient, en détruisant toutes 
lesplantes qui l'entourent lorsque celles- 
ci sont de nature à influencer la fécon- 



0n( 
part 



graines, on les 



■ 






individus qui en proviennent, pour, plus 
tard encore, choisir parmi eux ceux qui 
auront le mieux conservé les caractères 
qu'on cherche à fixer, et qu'on prend à 
leur tour pour en faire des porte-graines; 
ce qui ne doit pas empêcher de recueillir 
et de semer les graines qui proviennent 
du premier pied-mère, car il est toujours 
bon de multiplier les chances. 
C'est en a^ 

les variétés de Potentille du Népaul 
fleurs très-grandes 



On 



d'abord 



une à fleurs semi-pleines, jaunes, dont 
les graines ont donné des variétés àfleurs 



jaune clair ou pi 



mordoré 

Ce 

été 



rouge, rouge-orangé, etc. 




13) 



• 



complètement pleines, qui par 
quent ne donnent plus de 



■ 



qu'il faut 




rames et 



pi 



velles variétés. 



7 

is, qui donnent 
; desquelles on 

obtient de nou- 



fleurs dites doubles 



în- 




y a presque toujours quelq 
sexuels dont la transforma 
complète, on doit, pour au 
chances de succès relatives à la produc- 
tion des graines, rapprocher ces organes 

"es autres, de manière à ce qu" 



puissent se féconder entre eux; on doit 
même au besoin faciliter leur rappro- 
chement en écartant les difficultés. Mais, 
s'il arrivait que les étamines lissent 



sur d'autres fleurs de la 



prendrait 



que possible, de 



espèce 



pour 



qu 



se- 



propose, du pollen qu'on 

sur le stigmate de la fleur double afin 



apporterait 



d'en assurer la fécondation. Dans cette 
circonstance on a cru remarquer que 
l'influence de l'organe mâle est considé- 
rable, que l'opération est plus satisfai- 

l i. * 1 ? 1 j_ * * i ru 



santé, quant 
doubles 



des fleurs 
ces dernières 



pour pères, c'est-à-dire quand en enlève 
les étamines pour féconder serait-ce 
même des fleurs simples de plantes 
appartenant soit à la même espèce, soit 
à une autre espèce du même genre. 

Nous ferons aussi observer que les 
fleurs doubles ne se rencontrent guère 
que dans lesplantes cultivées; elles pa- 
raissent être la conséquence d'une modi- 
fication de tempérament due à la domes- 



les 



parfois 



de 



que 



accidentel 



lement, pour ainsi dire. 

Faisons aussi remarquer que, la du- 
plicature des fleurs étant déterminée 
par une modification organique des in- 
dividus qui les portent, il s'ensuit que, 

suivant la nature ou suivant l'intensité 
de cette modification, la plénitude ou 

is ou moins te- 



pi 



nace; elle peut même devenir perma- 
nente, ce qui explique pourquoi, lorsque 
certaines espèces se mettent à doubler, 
c'est parfois avec une telle rapidité que, 

au bout de peu de temps, il est difficile 

^ver les types à fleurs simples 



11 



Pour 



une idée de cette rapi- 



dité, nous allons citer quelques exemples 
de date assez récente. Ainsi le premier 
pied de Pétunia à fleurs doubles, dont la 
couleur était d'un blanc sale ou verdâ- 
tre, parut à l'exposition universelle en 
1855. Ce Pétunia, qui appartient à une 
race mixte (note 13), fut trouvé dans un 
semis de graines de Pétunia ordinaire 
fait par un employé de la Banque de 
Lyon. Malgré le peu d'années écoulées, 
le nombre des variétés produites par 
l'influence de ce pied unique est aujour- 
d'hui considérable. On en trouve de cou- 
leurs très-diverses ; il en est même beau- 
coup dont les fleurs panachées sont 



très-jolies. 
Le 



fleurs doubles, 



introduit dans nos cultures vers 1858 



remarque 



1854 






• 







* 
















DANS LES VÉGÉTAUX. 



17 



MM. Audibert, horticulteurs à Tarascon, 
qui en avaient reçu des graines du Mexi- 
que), a déjà produit une grande quan- 
tité de variétés également à fleurs dou- 
bles, de couleurs très-diverses; plusieurs 
tendent à se fixer et à former des sous- 



races. 
Le 



Fuchsia nous offre 



exemple très-remarquable de cette faci- 
lité àdoubler.Les premiers pieds à fleurs 
doubles ont apparu vers 1854. Bien que 
cette époque soit très-rapprochee, on 
en possède aujourd'hui une telle quan- 
tité qu'il est à peu près impossible de 
les énumérer. Il arrive parfois que, dans 



trement que par les couleurs , par les 
formes, par les dimensions ,soit des tiges, 
soit des fleurs. Vient-elle à produire un 
individu à fleurs doubles : on constate 
que, en général, très-peu de temps après, 
on en voit apparaître d'autres également 
à fleurs doubles, parfois même en grande 



quantité; 



prod 



les Pétunias, les Fuchsias, les Œillets 



de Ch 



les Œillets 
13, 14) 



poëte, etc. 

d'être en oppo- 
sition avec la loi fondamentale d'évolu- 



y 



confirme 



sias récoltées sur des pieds à flem 
blés, les trois quarts des individus qui 

en sortent ont conservé les mêmes ca- 



Fuch- nous avons déjà dit plusieurs fois, et 



On ne peut 



14) 



du reste que, par la 



culture ou parla domestication, le tempé- 



plant 



peu 



peu 



primitils pour 



prendre d'autres en rapport 



mat 



dans 



et constituent alors des races particu- 
lières; nos plantes soit d'ornement, soit 
potagères, en offrent de nombreux et 
très-remarquables exemples. 

Comme exemples, à l'appui de notre 
dire, nous pourrions citer les Reines- 
Marguerites, la Balsamine desjardins,le 
Pied d'alouette, les Dahlias surtout, 
qui, lors de leur introduction, et même 

temps encore après celle-ci, 
ne donnaient que très-rarement des 
plantes à fleurs doubles, tandis qu'au- 
jourd'hui c'est le contraire qui a lieu, 
et que c'est à peine si l'on en obtient à 

fleurs simples. 

Les plantes à fleurs dites doubles exer- 
cent-elles sur leurs congénères une in- 
fluence susceptible de modifier le pro- 
duit de ces dernières? 

Bien que cette question puisse peut- 
être paraître oiseuse si on l'envisage au 
point de vue scientifique, nous devons 
néanmoins en parler, parce que l'obser- 
vation d'une part, les faits d'une autre , 
semblent pencher vers l'affirmative. En 
effet que voyons-nous dans l'ordre 
ordinaire des choses? Une espèce 
est cultivée et multipliée par graines 
pendant très-longtemps sans varier au- 



péterons probablement 
core, que, dans la nature, tout individu 

produire 



tères, tendance d'autant plus grande 



que sa puissance vitale est plus considé- 



rable, et, sous ce rapport, les plantes à 
fleurs doubles, en général, sont bien 

partagées. 

Il est bien clair toutefois que , dans 
cette circonstance, nous considérons 
comme à peu près dépourvues d'in- 
fluence fécondatrice les fleurs entièrement 
pleines, c'est-à-dire celles chez lesquelles 



la transformation des organes sexuels 



est complète. Celles-ci sont des sortes 
d'eunuques végétaux. Mais, lorsqu'aucon- 
traire la duplicature est incomplète, qu'il 
reste quelques organes sexuels assez bien 

ss à la fécon- 



dation 



pour 



pt 



il est hors de doute que les 



plantes qui présentent 



C 



individus à fleurs 
comme il pourrait 



se faire que , par suite de la multiplicité 
des pétales, ces organes ne pourraient 
que difficilement exercer leur influence , 
on devra, dans certains cas, venir en aide 

à la nature en facilitant le rapproche- 
ment des sexes (note 15). 

De ce qui précède il résulte que, tou- 
tes les fois que dans un semis quelcon- 
que il se trouvera un ou plusieurs in- 
dividus à fleurs doubles, on devra les 
surveiller avec soin, et faire en sorte 



floraison 



pprochés 



auxquels 



on voudrait transmettre leurs caractères. 



Quelq 



au sujet des va- 



riétés qui présentent des formes parti- 



marche 



pour 
















































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18 



Par le mot û 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



l'aspect, 

ou, comme on le dit encore, le cachet 



entendre 
fi 



Variétés 



COLORÉES SE RE- 



PRODUISANT PAR SEMIS. 



ou le port d'un végétal quelconque; Hêtre à feuilles pourpres (partimV 

ci feuilles pourpres 



y 

sonneuse, tombante 



+ 



. . , etc. Les principes 
-»x lesquels on se fonde pour obtenir 
ces sortes de variétés sont exactement 
les mêmes que ceux que nous avons in- 
diqués pour les séries précédentes, c'est- 
à-dire qu'on doit choisir, comme porte- 
graines, les individus qui présentent au 



de 



que 



que nous l'avons dit lorsque nous nous 
sommes occupé des autres séries, il faut 
avoir soin d'isoler au besoin ces plantes, 
de manière à empêcher que, lors de leur 
floraison, elles puent avec d'autres qui 
ne présenteraient pas les mêmes carac- 
tères. Ces variétés de formes diverses 



fixées par 



sont 



assez nombreuses; on les rencontre 
chez les Reines-Marguerites, les Balsa- 



Œillets 



Q 



forme 



une sorte de 



La grande Capucine (Tropœolum ma- 
jus) nous en fournit surtout un exemple 
remarquable dans sa forme naine, qui, 
au lieu de produire une tige qui s'al- 
longe et grimpe comme sa mère, en pro- 
duit une pour ainsi dire nulle , de sorte 
que la - 1 - ' 

petit mm 

exemples^ analogues dans le Pois nain, 
dans la Tomate naine et dans le Pêcher 
nain, tandis que le Pêcher pleureur nous 
fournit un exemple contraire; chez celui- 
ci, qui se reproduit très-bien par noyaux, 
les branches retombent jusqu'au sol, sur 
lequel elles traînent. 
^Nous allons terminer cette série par 

rénumération de quelques variétés re- 
marquables par la forme ou par la cou- 
leur de leur feuillage, qui se reproduisent 
par semis, soit en tout, soit en partie seu- 
lement; puis nous en indiquerons quel- 
quesautres qui présentent des caractères 
anormaux (des monstruosi J li rA 
reproduisent également par 

Variétés a feuilles découpées ou la- 

CINIÉES SE REPRODUISANT PAR GRAINES. 



qui 



fi 



heterophyll 



Sambucus regia cannabifi 




(partimj 



Vinelte 



Variétés monstrueuses se reprodui- 



SANT PAR SEMIS. 



Papaver 
Sco lopend 



16) 



'ferum monstrosum; 
officinale monstro- 



1 er groupe (2e section). 

■ 

Semis fait après avoir opéré la fé- 
condation artificielle avec combi- 
naison, DANS LE BUT D'OBTENIR DES 

VARIÉTÉS. 

Précisons d'abord et indiquons ce 

qu'on doit entendre par fécondation; puis 
nous indiquerons ce qu'il faut entendre 



fécondation artificielle 



rands détails 



nous croyons cependant devoir dire 
quelques mots sur ce sujet, et rappeler, 
ne fût-ce que très- sommairement 

a m ér 



'g 



qui concourent 



à l'accomplissement de ces importants 



Pi 




Ceci 



peut 



pratiquer cette opération avec fruit que 
si l'on connaît bien les organes à l'aide 
desquels elle s'effectue, et même, jusqu'à 
un certain point, le rôle qu'ils jouent. 
La fécondation des végétaux, de même 

animaux, s'accomplit à 



que celle des 

l'aide d'organes particuliers que, 

manière générale, on nomme orqanes 
sexuels ------ *--* - -- -- 

Chez le 



ou 



organes de la génération. 

.a. M Lb 1 A _ a. 



nous occuper, ces organes sont contenus 
dans les fleurs, ou plutôt ils en font 



dans 



De 



pent 




nombre de 



que chez 



maux, ces organes, dans les végétaux, 



deux 



femelles 



ceux-ci ^ portent le nom de pistils; on 
donne à ceux-là le nom aétamines. 



complet, se compose de 



lorsq 



parties 
bas en 



ut, i ovaire, le style, etentmle stigmate. 
L'ovaire est la partie renflée, creuse 
l'intérieur, dans laquelle sont placés 

















, i 



. » 









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— ■ 

« ■». .-■ 






■■; . ;■ 






















..-s* 



DASS LES VÉGÉTAUX. 



19 



de petits corps nommés^ ovules (très- 
jeunes graines non fécondées). 



Le 



colonne qui re- 



suite du prolongement, du rétrécisse- 



Dans l'acception la plus rigoureuse 




pai 



dit 



delà soudure des pièces 



j 



réunies, constituent l'ovaire; il est creux, 
plus ou moins allongé, et se termine le 
plus souvent par une partie renflée sus- 
ceptible de prendre des formes très- 



G 



dernière qu on a 



dépourvu d'épiderme, laisse ordinaire- 
ment, à une certaine époque de son de- 



a lieu entre les organes d'une même 
fleur, indirecte ou médiate lorsque, 
s'opérant également d'elle-même, elle a 
lieu ,soit entre des fleurs différentes pla- 
cées sur la même plante, soit entre des. 
plantes différentes, avec le secours du 
vATit nn avec l'aide des insectes. 



La fécondation 



ne 



s plantes 
des deux 



veloppement, transsuder une 



de sortes d'organes sexuels, par conséquent 



liqueur épaisse, sirupeuse ou visqueuse 
De ces trois parties, qui le plus ordinal 
rement composent le pistil , deux , IV 
vaire et le stigmate, sont indispensables 



„ fleurs hermaphrodites. Q 

la fécondation naturelle indirecte, elle 



présenter 



manquer sans que cela nuise à la fécon- 



peut per ici, 



s pas a n 
fécondât 



à 



dat 



Vétamine se compose 



également de 



trois parties qui sont : le petit pied ou 
support, qui ordinairement s'insère sur 
le réceptacle ou fond de la fleur : on le 
nomme filet ; il est surmonté d'une par 



renflée 



de sac : c'est Y an- 



thère, qui, creuse à l'intérieur, renferme 
le pollen, qui, à cause de ses propriétés, 
de sa nature et de son aspect les plus 
ordinaires, est souvent aussi nommé 



espèces diverses, entre des plantes 
fleurs monoïques, dioïques, etc. _ 

Indépendamment de ce qui vient d e- 
tre dit, les fécondations, soit naturelles, 
directes ou indirectes, soit artificielles, 
peuvent parfois s'opérer entre des plan- 
tes qui occupent différents degrés dans 
la série végétale, d'où il résulte des in- 
dividus hybrides, des métis, etc. , à di- 
vers degrés. A 

Après avoir fait connaître les o: 
sexuels, disons quelques mots de l'en- 



g 



fécondant 




Le filet, qui 
longé, ténu 

pas non plus 
que le 
pour c 
pérer. 

Pour 
non-seulement 



plus ou moins al- 

son nom fil), n'est 

pensable; de même 

style, il peut manquer sans que 




semble des fleurs. 
Considérées 

les fleurs, qu; 

présentent, lorsqu'elles sont complètes 

quatre séries distinctes > d'organes , qui 



énérale, 
à leur conformation, 



puisse 



qu'il y 



fécondation 

y 



faut 
du 



pollen et du stigmate, mais il faut encore 



sont, en 
centre : 

4 



de 



. _3 calice, qui est le plus 
lement vert, de nature foliacée ; 

**. -m- "17 - - *■» /-* 4- I n V\OTtl 



rénera- 



pi 



que 



dans des 



que 



querons 

Lorsq 

fait 



. \J X JlA • 

approchement des 



brillante 



compose 



que soit la manière dont il s'accomplit, 
est désigné par le nom de fécondation, 



parfois 



féconda t 



qu'au contraire 



pour assurer purement et simplement formés d 



d'une, soit de plusieurs pièces ; 
3° Les étamines ; 

A Le pistil. 

Le calice, de même que la corolle, 
peuvent présenter des différences nota- 
bles, soit de forme, de couleur, ou 
d e nature , etc . ; 



_.. fécondation, soit, en opérant à l'aide 
de combinaisons particulières, dans le 



ils peuvent 
iux iu^ « — seule pièce , comme ils 

peuvent l'être de $f* e ™*;,^* )f } 
premier ' 3 ~" *™ o/nn 



but d 
sorte 



en qu 



ficielle 



— ' X 

de fécondât 



oppo 



s agit 
de la 



du calice, monopétales s il s agit 

dans le deuxième cas on 

it du calice, 




polypéiales lorsqu'on a affaire 






































































■ 



■ - 




c 








I 



I 







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, •: 



Sâ& 







- 

















































i 



l 






























- 






• • 



20 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



pourvues de ce: 
grand nombre 



pendant p 



des pi 



1 7 

fleurs 



sont réduites à un seul organe sexuel, 
chez les Conifères par exemple. 

Quelquefois aussi les organes floraux 
sont profondément modifiés, et présen- 
tent, soit dans leurs formes, soit dans 
leurs dimensions, les différences les plus 
grandes; d'autres fois encore la corolle 



présentelepl 



qu 



à des rudiments ou sortes d'appendices 
peu apparents, de sorte que, pour la re- 
connaître, il faut avoir une certaine ha- 
bitude d'observation, et dans quelques 
cas même il faut l'œil exercé d'un bota- 
niste. Ce sont là toutefois des exceptions 

dont nous n'avons pas à nous occuper 
ici. 

Considérées sous le rapport des orga- 
nes sexuels, toutes les fleurs ne sont pas 
non plus conformées de la même ma- 
nière ; ainsi il en est qui ne renferment 



que 



que des 



d'autres 



dites 



celles qui ne renferment que des étami- 



fleurs ma 



qui 



qui renferment ces deux sortes 



renferment que des pistils, qu'on nomme 
fleurs femelles ou fleurs vistillées. Les 
fleurs | 

d'organes sont dite , _ 

ou bisexuées. 

Il est aussi des espèces déplantes qui, 
sur un même pied, ne produisent des 
fleurs que d'une seule sorte, soit mâles, 
soit femelles : on les nomme fleurs 
dinïques; tels sont le Chanvre , le 
Pistachier, le Dattier, le Dioscorea 
Batalas, YAkebia quinata, etc. Il est au 
contraire d'autres espèces qui sur le 
même individu portent les deux sortes 



de fle 



unisexuees : on les nomme 



j 

Châtaig 



Noyer 



les Me- 



lons, les Potirons, les Concombre^, w 
Typhas, les Arum. 

Il est facile de comprendre que, pour 
toutes ces plantes dont les sexes sont 
séparés et placés à des distances plus ou 
moins grandes les unes des autres, s'il 
n'y avait point d'intermédiaires, il ar- 
riverait fréquemment que la féconda- 
tion ne pourrait s'opérer. C'est ce qui 



explique pourquoi les Melons, de même 
que la plupart des autres Cucurbitacées 
qu on cultive comme primeurs, ont par- 
fois tant de difficulté à nouer leurs fruits 

ou, comme on le dit dans la pratique à 
arrêter, fait qui résulte de ce que, quand 

les plantes sont en fleurs, il fait souvent 

tellement froid qu'on ne leur donne que 

peu ou point d'air, de sorte que, les 

fleurs n'étant pas agitées, la dissémina- 




du pollen 



tes, 



X 7 

fleurs femelles 
ause d'insuccès 
te raison que ] 
a fécondation i 



dans 



fleurs, ne le peuvent pas, les coffres 
étant presque constamment fermés. On 
pourrait jusqu'à un certain point remé- 
dier à cet inconvénient en pratiquant la 
fécondation artificielle (note 17). 



Nous 



détails 



dans 



au courant de certains faits qui, bien 
(me généralement connus, sont encore 
ignorés de plusieurs, de manière que, 
connaissant bien ces particularités, il 
puisse, guidé par ces explications, se 
rendre bien compte de la fécondation 



succès. 



ppliquer 



Voyons maintenant quelles sont les 

conditions les plus favorables pour pra- 
tiquer avec succès la fécondation artifi- 



bon 



que 



indisp 



dans des conditions parfaites de déve- 
loppement, et que les anthères puissent 
s'ouvrir pour donner passage au pollen, 
qui doit être bien conformé . Il faut, en 
outre, que le stigmate soit également 
dans de bonnes conditions pour rece- 
voir ce dernier, c'est-à-dire qu'il sé- 
crète cette sorte de viscosité dont nous 
avons parlé plus haut (note 18). 
La deuxième condition, qui n'est ni 



moins nécessaire ni 



portante 



que la première, c'est que les plantes 
qu'on veut féconder soient parentes, 
qu'elles appartiennent à la même es- 



pèce, 



19) 



g 



On a beaucoup discuté aussi sur le 
point de savoir quel est le moment le 
plus favorable pour pratiquer la fécon- 
dation. Ce moment ne peut être précisé 



• 



d. 









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* 









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: - . • '~ 




^—. 







DANS LES VÉGÉTAUX. 



d'une manière absolue; on ne peut que 
l'indiquer d'une manière générale, et 
dire que c'est depuis huit heures du matin 
jusqu'à environ midi, lorsque la chaleur 
solaire a déjà réchauffé les organes et 
distendu leurs tissus (note 20). Toute- 
fois ce n'est là qu'une indication rela- 
tive, car il ne peut être douteux que 
le moment le plus avantageux d'opérer 
varie suivant les conditions dans les- 
quelles sont placés les individus, sui- 
vant la nature de ceux-ci, et probable- 
ment aussi suivant l'état d'épanouisse- 
ment des fleurs; car, puisque, sur la 
plupart des plantes, les fleurs 
nouissent continuellement, leur état de 
développement , amoureux, pourrait 



'épa 



doit 



d'elles. 



différent pour chacune 



Le moment précis qui convient pour 
féconder les végétaux est peut-être ce 
qu'il y a de plus difficile à saisir, et c'est 



même peut 



cela qu'on 



échoue si souvent lorsqu'on pratique la 
fécondation artificielle. Disons encore 



qu'un certain de 



temp 



nécessaire, mais que ce degré, variable 
suivant les individus, est très-difficile à 
apprécier. Nous pouvons admettre qu'au 
dessous de 0° degré la fécondation ne 
peut s'opérer, mais qu'à partir de là la 
température pourra, suivant les plantes, 
s'élever jusqu'à 40 degrés et peut-être 
même au delà. D'une autre part encore, 
il est bien clair que le moment le 




. .. A devra 

en outre varier suivant que l'épanouisse- 
ment des fleurs aura lieu soit le jour, soit 
la nuit, soit à telle ou à telle heure de la 
journée. Il est hors de doiite, par exem- 
ple, qu'on ne pourrait féconder le Cereus 
grandiflorus le jour, puisqu'il ne fleu- 
rit que la nuit; que la Belle de nuit, 
qui épanouit ses fleurs vers le soir 
pour les fermer le matin, ne pour- 
rait non plus être fécondée dans le milieu 
de la journée. Il en est de même encore 



pour 

qui présentent 



Calystegia, etc., 
mêmes particula- 



Jusquici il ny 



observations 
dra à décou 



de tâtonnements et par des 

!S qu'on parvien- 
? une plante don- 



pi 



pour 



pour 



dix heures du 



du 



reste, paraît être le plus convenable 
pour la plus grande partie des 



vege- 



ne vienne 



déranger 



taux. Toutefois l'état de l'atmosphère 
(clair ou nuageux), une température éle- 
vée ou basse pourront encore détermi- 
ner des modifications dans l'heure 
d'opérer. 

Revenant aux conditions générales les 
plus avantageuses pour pratiquer la fé- 
condation artificielle, nous ajouterons à 
ce qui a été dit ci-dessus qu'il faut aussi, 
toutes circonstances égales d'ailleurs, 
lorsqu'on veut opérer, qu'il fasse sec et 
chaud, de manière que les organes soient 
dépourvus d'humidité et que leur action 
soit plus énergique (note 21). 

D'une autre part, comme la féconda- 
tion artificielle se pratique presque tou- 
jours en vue d'obtenir un résultat prévu, 
il faut, pour obtenir ce résultat, prendre 
certaines précautions pour que rien 

les combinaisons 

qu'on a faites. Pour cela, si la plante est 
hermaphrodite, on doit, avant que les 
anthères s'ouvrent, enlever avec précau- 
tion les étamines (les anthères surtout) 
des fleurs qu'on veut féconder; après 
quoi l'on attend, pour agir, que l'organe 
femelle soit arrivé à un état convenable 
de développement. 

Mais, comme il existe un certain nom- 
bre de plantes chez lesquelles la fécon- 
dation estante florale, c'est-à-dire chez 
lesquelles la fécondation se fait avant 
l'épanouissement des fleurs, on doit dans 
ce cas, pour obtenir un bon résultat 
opérer la suppression des étamines avant 
que cet épanouissement ait lieu. Nous 
pouvons citer comme présentant cette 
particularité les Gloxinias; cet exem- 
ple est d'autant meilleur qu'il est bien 
constaté, et que les nombreuses varié- 
tés de ce genre que l'on possède aujour- 
d'hui ne datent que d'un petit nombre 
d'années, précisément de l'époque où, 
ayant eu connaissance de ce fait, on a 
agi en conséquence. 

Bien longtemps auparavant, on avait 
essayé de pratiquer la fécondation arti- 
ficielle de ces plantes, mais toujours 
sans aucun succès; on obtenait bien 
des graines en quantité, mais celles-ci 
ne produisaient jamais que des plantes 
à peu près semblables à celles dont elles 
provenaient. Il ne pouvait du reste 
en être autrement, puisque, lors- 
qu'on opérait la fécondation artificielle, 



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22 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



fécondation naturelle, directe, était 

opérée par les propres organes des 
fleurs. 

Toutefois, relativement au moment 
où les organes sexuels semblent être dis- 
posés à exercer leur action, il peut dans 
certains cas se montrer des différences 
assez grandes, des sortes d'anomalies 
apparentes. (Voir plus loin comment une 
température et des conditions de milieu 
différentes peuvent, au point de vue de 
l'époque de développement des organes 



, — ~ __ profondes 

cations.) 

Pour les plantes dont la floraison est 
anté florale, voici comment il faut opérer : 

Lorsque le bouton est déjà très-gros 
on le fend longiludinalement sur l'un 
des côtés avec la lame d'un canif; puis 



duire une petite 



peu la rente pour y 



de la- 



quelle on enlève les étamines, bien en- 
tendu avant l'ouverture des anthères. 
On laisse ensuite les choses en cet 
état jusqu'à ce que le stigmate soit bien 

développé ; alors on apporte sur ce der- 
nier du pollen de la plante qu'on a 
choisie pour père et dont on veut pro- 
pager les caractères. 

Certains auteurs ont conseillé l'emploi 
d'un pinceau pour recueillir le pollen ; 
c'est là, suivant nous, un système 
grossier, très-bon lorsqu'il ne s'agit 
que d'assurer la fécondation simple, 
c'est-à-dire la production de graines 
telles quelles, mais insuffisant si l'on 



de 



par 



prévu. En 



prendre que, quelque soin que l'on 
prenne, il restera presque toujours dans 
le pinceau un certain nombre de grains 
de pollen; or, comme ce pollen, qui 
provient de diverses plantes, peut 
occasionner une confusion, qui exclut 
toute certitude, qui vient déranger les 
calculs et en rendre le résultat douteux, 
il faudrait donc, pour éviter cet inconvé- 
nient, se servir d'autant de pinceaux 
que l'on voudrait pratiquer de féconda- 
tions diverses. Ce qu'il y a de mieux à 
faire, lorsque la chose est possible et 
qu'on tient à avoir un résultat certain 
et précis, c'est de prendre les étamines 
par le filet, soit avec les doigts, soit à 



l'anthère sur le 



stigmate. 



ppl 






Si, au lieu d'être hermaphrodites, les 
fleurs qu'on veut féconder étaient soit 
monoïques, soit dioïgues, on veillerait à 
ce que les fleurs femelles ne soient point 
fécondées par d'autres que par les fleurs 
mâles des plantes dont on veut repro- 



duire 
L 



tificieîle 



pratique la fécondation 



des variétés nouvelles, on se fonde sur 
cette idée, vraie en principe, que, dans 
l'acte de la génération, tout être, en rai- 
son de la tendance qu'il a à reproduire 
ses caractères, peut aussi, en raison de 
cette même loi, en communiquer une 
partie plus ou moins grande à l'individu 
avec lequel il est mis en contact, d'où 
peuvent résulter et résultent très-sou- 
vent des intermédiaires qui participent 

à la fois des caractères que présentent 
deux individus dont ils pi 



Nous 



l'appui de notre 



dire, citer un nombre considérable de 
plantes qui, en effet, tiennent le milieu 

entre d'autres dont elles sont issues; 
nous citerons seulement les suivantes : 
Rhododendron Princesse Royale, pro- 
duit du Rh. Javanicum, Weitch, avec 
le Rh. jasminiflorum ; il est intermé- 
diaire entre ces deux plantes; ses feuilles 
rappellent le Rh. Javanicum, tandis que 
ses fleurs sont semblables à celles du 



Rh. w 
grandes. 



■fl 



mais un peu plus 



Catleya Dominiana, produit du C 



du C 



de 



dernier par 



des 



du C 



par son faciès général. 

Le Bégonia Dregei, plante caulescente, 
fécondé par une variété du B.rex, a pro- 
duit le B. Dregei à feuilles panachées, 
plante entièrement semblable à la mère 
par le port, au père par les panachures. 

Le Bégonia discolor, fécondé par \eB. 
rex ou par Tune de ses variétés a pro- 
duit en très-grande quantité des plantes 
semblables entre elles, qui ne diffèrent 
du B. discolor que parles feuilles, qui, 



c 

panachées 



Pi 



Pi 



précédents, la mère a conservé tous ses 
caractères comme végétation; le père 



Le Bégonia 



panach 
'scolor, fécondé par le 
produit en très-grande 










t*'"^ **r 



. ... 








DANS LES VÉGÉTAUX. 



2$ 




quantité des 



qui, semées, ont 



donné un très-grand nombre d'indi- 
vidus tout à fait intermédiaires entre les 



parents 



entre eux quon 
faire qu'une variété. 



n'en pouvait guère 
"■' Au lieu d'être 



B 



rméd 



aires sont couverts de poils, 
sur toutes leurs parties; mais ces poils 
au lieu d'être rouges et très-serrés, 
comme ils le sont chez le B. splendida, 
sont roux et moins denses. 



Le Mag 



Soulangeai 



résultat 



d'une fécondation artificielle du Magno- 
lia pvrpurea et du M. Yu-lan, est in- 
termédiaire entre ces deux espèces. 

Amaryllis formosissima hy brida. 

Les plantes qui proviennent de ce 

semis, quoique très-âgées, n'ont pas en- 
core fleuri; elles proviennent de l'A- 
maryllis formosissima (père) et de l'A. 
longifolia (mère); par le port elles 
sont intermédiaires entre les deux pa- 



plus fortes dans 



plus vig 



parties que 



A 



fi 



sont moins fortes que l'A. longifolia, 
mais, de plus, elles tiennent du père par 
leur mode de végétation ; elles donnent 



beaucoup 



caïeux, tandis que leur 
longifolia, n'en donne pour 



ainsi dire j 

(Anémone Japonica hybrida. 

{Anémone elegans. 

Issue de la fécondation de Y Anémone 
Japonica et de l'A. vitifolia, cette plante 
est intermédiaire entre ces deux espèces. 
Toutefois elle se rapproche beaucoup 
plus de celle-là que de celle-ci. 

Crinum Meldense. 
Amaryllis Meldensis. 

Cette plante, obtenue en fécondant 



A 



/ 



Crinum 



Taitense, tient exactement le milieu 
entre ces deux espèces; mais, tout en 
conservant les caractères généraux des 
deux parents, elle a néanmoins conservé 
le tempérament de la mère, c'est-à-dire 
sa rusticité. 
Dianlhus hybridus Quetierii. 

Issue du B. Hedwigii et de l'Œillet 
Flon, cette plante est caulescente, très- 
ramifiée ; ses feuilles sont longues, rai- 
des, longuement aiguës. La lige ainsi que 
les ramifications sont noueuses. L'aspect 



■ 

glaucescent bleuâtre de toute la plante 



ppelle le B. Hedwigii, dont il a con- 
servé les fleurs. 

Bianthus barbato-superbus . 

Cette plante, issue an Bianthus barba- 
tus et dui). superbus, est intermédiaire 
entre ces deux espèces; ses tiges, plus 
ramifiées, sont plus dressées ; les fleurs 



subvivace. 



gement fimbriées 



Bianthus Hedwigii barbatus. 

Obtenus en fécondant le Bianthus 
Hedwigii par le B. barbatus, ces hybri- 
des sont tout à fait intermédiaires entre 



deux pai 



fleurs, un peu 



petites que celles du B. Hedwigii 
nlns grandes aue celles du B. bar 



sont à 



fleurs 



batus. Quelques pieds 
doubles. 

Spirœa Billiardii. 

Provenant de la fécondation du Spirœa 
salicifolia et du S. Bouglasii, le S. Bil- 
liardii est intermédiaire entre ces deux 
espèces ; ses feuilles, un peu plus longues 
et plus acuminées que celles du S. Bou- 
glasii , ne sont pas glauques comme 
celles de ce dernier ; l'inflorescence est 
intermédiaire ; les fleurs sont d'un beau 
rose foncé. 

Papaver hybridum Meldense. 

Cette plante, très-curieuse, est issue 
du Papaver bracteatum fécondé par une 
variété à fleurs doubles du P. rhœas; 
elle est naine, très-rameuse; ses feuilles 



rappellent celles 



P 



ppel 



lent ceux des Coquelicots ; ses fleurs, un 



s du 

pect 






- P l 

nier, sont moins grandes ( 

P. bracteatum dont elles 
général. 

Papaver somniferum bracteatum. 

Rien de plus curieux que la série de 
plantes que nous comprenons sous ce 
nom; elles proviennent du Papaver som- 
niferum fécondé par du pollen pris sur 
des hybrides issues de la fécondation du 
P. bracteatum par le P. somniferum. 
Aussi tous les individus résultant de cette 
deuxième fécondation étaient-ils à peu 
près stériles. Le caractère de faciès do- 
minant était celui du Papaver somnife- 
rum; néanmoins on pouvait partager 










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24 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



plantes en deux groupes 



d 

P. somniferum, mais avec cette diffé- 
rence que les tiges, au lieu d'être ra- 
mifiées comme chez ce dernier, étaient 



de 



■Pi 



bour 



blaient faire présager qu'elles seraient 
vivaces. Les plantes de l'autre groupe, 
beaucoup moins nombreuses , sem- 
blaient, par leur aspect général, se rap- 
procher davantage du Papaver bractea- 
tum; leur ovaire, au lieu d'être renflé 
et rond comme chez les précédents, était 
très-atténué à la base, qui se confondait 
avec le pédoncule ; les ramifications, au 
lieu départir du pied, sortaient de la 
tige, de sorte que, -sous ce rapport, il y 
avait renversement des caractères. 



Le fait 



Pi 



dans cette 



d'abord que 



individus, bien que x 

d'une plante annuelle, paraissaient être 

vivaces; de plus ils étaient rustiques. 
Ainsi, malgré un hiver rigoureux (celui 

de 1863-64), ils n'ont aucunement souf- 
fert, tandis mi'â oMÂ des plantes pro- 



de diverses variétés du P 



ferum 



tions, 



plétement détruites 



Gesneria Donkelariana. 

Cette plante, issue par fécondation 
artificielle du Gesneria discolor et du 
Gloxinia caulescens, a tous les carae- 



tères 



Gesneria 



seulement ses fleurs sont plus g 



des. M 



dont 



l'origine est la même, 
présente dans sa végétation la particu- 



arité suivante : 
par bouture 



muliplie 
boutures 



parties 



bulbilles; mais ces der 
îlles ne produisent iamai 



g 



sions. 



d'assez g 



Gesneria Miellezii. 

Issu, comme le précédent, du Gesne- 

neria discolor et du Gloxinia caulescens. 
le G. Miellezii est beaucoup plus rappro- 
ché du Gloxinia que du Gesneria ; se* 

fleurs sont plus petites que celles de et 



droites 



d'être penchées 



Gesneria pyrw, 

De même que 



deux précédents 
fécondation 



cielle du Gesneria discolor et du Gloxi- 
nia caulescens ; son port rappelle un peu 



Miellezii^ 

blables à celles des Gloxin 



sem 



ssi pi 

Nous 



d à temp 



3S les plantes du g 
des Gesnèriacées; aussi n'est-iî 
ainsi dire plus possible d'à 
caractères solides à aucun 




pour 
• des 



des 



presque 



d'hui, ont des caractères communs. 



Du pollen et de sa conservation. 



L 



lés fécond 

pi 



pendant un temps 

Q7 une année et même 

22), on peut facilement le 



plus (note 

transporter à d'assez grandes distances 
Pour conserver le pollen on doit le re- 
cueillir par un temps sec et lorsqu'il est 
dans de bonnes conditions de dévelop- 
pement, c'f~* x j: ~~ 1 ' -1 ' 



apier 



lis l'envelop- 
de soie qu'on 
boîte de car- 
ton. Si l'on doit s'en servir au bout de 
peu de temps il suffit de placer cette 

boîte dans un lieu sec, à l'abri du soleil, 
et, autant que possible, d'une très-forte 
chaleur. Si, au contraire, on veut conser- 
ver le pollen pendant longtemps, le faire 
voyager, par exemple, il faut, avant de 
le renfermer, le laisser ressuyer entre 
deux papiers; puis, lorsqu'il est bien sec 
et arrangé comme il vient d'être dit, 
renfermer le tout dans une petite boîte 
en carton qu'on place dans une boîte en 



bois 



Quelle 



de 



pour 



le pollen, on doit toujours le préserver 
avec le plus grand soin de l'humidité. Il 
faut aussi éviter de faire usage de boîtes 
métalliques; elles ont l'inconvénient de 
s'échauffer fortement, de sorte qu'elles 
pourraient faire subir au pollen une 
sorte de fermentation qui lui enlèverait, 



plus ou moins, 



propriétés fécon 



dantes. La fermentation, toutes choses 




hermétiq 



d'autant pi 

dansi 

fermé 



ce 



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DANS LES VÉGÉTAUX. 



2o 



cas il y a bientôt non-seulement altéra- 
tion, mais pourriture. Les corps poreux, 
tels que le papier, le carton et le bois, 



conserver le pollen. 
Lorsqu'on n'a en vue 



ix pour 
obtenir 



des variétés, sans tenir plutôt à tel ca- 
ractère qu'à tel autre, au lieu de prati- 
quer la fécondation, on peut se borner 
à rapprocher l'une de l'autre les plantes 
qui, avec des caractères organiques 
semblables, mais différentes soit par le 
port ou faciès, soit par la grandeur, 
par la forme ou par la couleur des 
fleurs, fleurissent néanmoins à la même 
époque. Dans ce cas ce sont les insectes 

en allant butiner dans les 



les flei 
portant 



qui, en anant nuimer 

font toute la besogne ; 

pollen d'une fleur, qu'i 

sur le stigmate d'une autre, il résulte 
des mélanges, et, comme conséquence, 



des 



plant 



jrandes 
distances les unes des autres. La plupart, 

;tés du 



d 



qu 



y 



d 



essentiel en ce 
qui concerne la fécondation artificielle, 
tous les soins qu'on doit avoir et toutes 
les précautions qu'on doit apporter pour 
assurer le succès de cette opération 
ayant été décrits, il reste à en faire l'ap- 
plication, ce qui, on doit le comprendre, 
n'est plus qu'une question de combi- 
naisons, dont les principes, qui sont re- 
latifs, doivent varier suivant les condi- 
tions dans lesquelles on se trouve placé, 
suivant la nature des plantes sur les- 
quelles on opère, et, surtout aussi, sui- 
vant le but qu'on se propose d'atteindre. 
Nous allons donc, mais seulement pour 
mémoire, pour ainsi dire, en indiquer 
quelques exemples, en les basant toute- 
fois surune hypothèse, ce qui, danscette 
circonstance, est bien suffisant, puisqu'il 
ne s'agit que d'indiquer la marche à 
suivre . 

Ainsi, supposons qu'on possède deux 



Pi 



q 



intermédiaires entre elles, soit faire do- 
miner tel ou tel caractère particulier à 
l'une d'elles; voici comment 

procéder. C'est une affaire t< 
tiq 



Au lieu de laisser leurs fleurs 



avant l'anthère, les étamines des fleurs 
qu'on destine à devenir mères; puis, 
lorsque leur stigmate est bien développé, 
on apporte et l'on dépose à sa surface 
du pollen qu'on a pris sur les fleurs de 
l'autre plante. 

Si par hasard les deux plantes qu'on 
veut féconder ne fleurissaient pas à la 
même époque, il faudrait, lorsque s'épa- 
nouiraient les fleurs de celle qui doit 
servir de père, en recueillir le pollen et 

le conserver jusqu'à l'époque où l'on en 
aurait besoin. 

Si, entre les plantes qu'on veut fécon- 
der, il y avait, lors de la floraison, quel- 
que obstacle matériel qui s'opposât à leur 
rapprochement, on devrait tâcher de le 
faire disparaître. Ainsi il est un certaine 
nombre de végétaux dans nos cultures, 
soit par la disposition des organes, soit 
par toute autre cause, qui ne peuvent se 
féconder d'eux-mêmes et pour lesquels 
il faut opérer la fécondation artificielle; 

telle est, par exemple, la Vanille, ainsi 
qu'à peu près toutes les espèces d'Or- 
chidées. 

Si l'on avait affaire à des plantes 
monoïques, et que leurs fleurs, uni- 
sexuelles, fussent trop éloignées les unes 
des autres pour qu'il y ait contact des 
organes fécondateurs, il faudrait inter- 
venir, et, au moment propice, appliquer 
du pollen des fleurs mâles sur le stig- 
mate des fleurs femelles; et, dans le cas 
encore où les combinaisons exigeraient 
l'emploi de pollen étranger à la plante, 
il faudrait supprimer toutes les fleurs 

mâles, ou du moins leurs étamines, avant 
leur complet développement.* S'il s'agis- 
sait de plantes dioïques, on prendrait 
les mêmes précautions ; on apporterait, 
puis on déposerait sur le stigmate des 
fleurs femelles du pollen qu'on aurait 
recueilli sur les individus mâles, en te- 
nant compte des caractères que l'on 

veut propager. 

Nous ne nous étendrons pas davantage 
sur ce sujet, les combinaisons qu'il com- 
porte pouvant varier à l'infini, et pouvant 

aussi porter sur les diverses parties des 
plantes. 

De tout ce qui précède il résulte que, 
doit I lorsqu'il s'agit d'obtenir des variétés, le 
pra- succès dépend principalement du choix 

des sujets porte-graines, choix qui, étant 



conder par elles-mêmes, on enlève, 




lié au but qu'on se propose d'atteindre, 
ne peut être indiqué, ni même prévu. 













































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26 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



dans un cas, l'on voudra faire dominer 
tel colons, telle forme, efc. ; dans un autre 
cas ce sera l'inverse. Parfois on portera 
son attention sur les dimensions des 
fleurs, d'autres fois ce sera sur celles des 
plantes qu'on voudra agir; parfois en- 
core on cherchera, soit des variétés hâ- 
tives, soit des variétés tardives, soit des 
variétés naines, grandes, élancées, py- 
ramidales , # buissonneuses , etc. Dans 
toutes ces circonstances on devra, pour 
obtenir ces différents résultats, combi- 
ner les opérations et les baser sur les 
principes que nous avons précédemment 
indiqués, en tenant compte aussi de ce 
que nous disons plus loin relativement 
à l'influence des sexes. 

étés obtenues à l'aidé de la 
fécondation artificielle sont excessive- 
ment nombreuses. Nous n'en citerons 
qu'un petit nombre des plus remarqua- 
bles, dont nous avons fait connaître ci- 
dessus les particularités. Nous allons 
seulement indiquer les noms des plantes. 

Variétés obtenues a l'aide de la 

fécondation artificielle. 

Amaryllis formosissima hy brida; 

< Amaryllis Meldensis; 

( Crinum Meldense; 

( Anémone Japonica hybrida; 

{ Anémone elegans; 

Bégonia discolor variegata ; 
— — ■ splendida; 

Dregei variegata; 



Les 



Catleya 

Dianthus Hedwigii barbatus ; 

hy bridus Quetierii ; 

barbato-superbus ; 
Bonkelariana ; 

Miellezii; 

pyramidalis ; 
Magnolia Soulangeana ; 
Papaver hybridum Meldense; 



Gesneria 



somniferum hybridum; 
Rhododendron Princesse royale ; 
Spirœa Billiardii. 

En pratiquant avec soin et avec dis 



fécond 

peut non-seulement modifier 1( 
les couleurs, les dimensions, 



des 



fleurs, soit des feuilles, soit même des 
plantes tout entières; on peut encore, à 
l'aide de combinaisons particulières, 
modifier leurs propriétés, changer plus 
ou moins le tempérament des indivi- 



dus. Pour 



dernier 



tat il faut, toujours en se fondant sur 



les principes 



pré 



demment, lorsqu'on possède une variété 
qui présente des qualités particulières 
qu'on tient à propager, mais qui offre 
aussi quelque inconvénient qu'on veut 



S 



* X. v -f v ' 1 - *-* ■*• * ^-^ '— ' • 

par exemple, d'une plante qui , 

mais qui est sensible au froid? Dans ce 

•in -i n 9 -x 



cas il faut la féconder avec 

dont les caractères généraux organiques 



une autre 



pas 



recherche, et qui en même temps est 



On en verra des exempt 







plus loin. 

Lorsqu'on a affaire à des 
dont les fleurs sont trop rapprochées 
les^ unes des autres pour qu'on puisse 
opérer facilement, on doit .en abattre 
un certain nombre et ne conserver que 
celles qu'on veut féconder; par la même 



raison, si les fleurs 
grappe 



disp 



on peut enlever toutes celles qui vien- 
draient gêner le travail, en ayant soin 
de conserver celles qui sont bien cons- 
tituées, dont le pédoncule, gros et bien 
nourri, atteste qu'il y a de la vigueur. 
S'il s'agit d'un grand arbre ou d'une 
plante dont le développement ne per- 
met pas de féconder toutes les fleurs, 
on choisit une ou plusieurs branches, 
selon leur force, et même, si celles-ci 
portent trop de fleurs, on en supprime 
un certain nombre, ainsi qu'il a été dit 



Pi 



Pour rendre l'opération pi 



peut envelopper d'une gaze fine les 
fleurs qui sont préparée 



ce qu 



ne 



pollen que 



dation, de 

puissent recevoir d'au 

celui qu'on a décidé d'y 

Observation au sujet de l'influence 
des sexes dans l'acte de la fécon- 
DATION. 

Y a-t-il dans la fécondation des êtres 
un sexe qui, par son influence, tend à 
l'emporter sur l'autre sexe ? 

Bien que cette question touche aux 
plus hautes considérations physiologi- 
ques, et que, par conséquent, on ne doive 
l'aborder qu'avec une très-grande ré- 
serve, nous croyons cependant, à cause 
de l'intérêt qu'elle peut présenter, de- 
voir en parler et hasarder quelques hy- 
pothèses à ce sujet. Disons d'abord que, 




















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DANS LES VÉGÉTAUX. 



27 



considéré d'une manière générale, cha- 



cun des sexes paraît avoir une môme 



puissance relative ; néanmoins, des ob- 
servations attentives semblent démon- 
trer que l'influence de chacun des sexes, 
dans quelques cas du moins, s'exerce dif- 
féremment, que l'un porte plutôt sur 
certaines parties que sur certaines au- 
tres; la pratique paraît même parvenue, 
dans une certaine mesure, à reconnaître 



général, l'influence que 




quelle est, en 
chacun d'eux exerce. 

D'après les remarques auxquelles nous 
venons de faire allusion,- on pourrait 
presque poser comme principe que, dans 
l'acte de la génération, la forme et la 

c'est-à-dire tous les 
s, y compris ceux des 



couleur du père, 



fleurs, tendent à l'emporter, tandis que 
la mère tend à dominer organiquement, 
c'est-à-dire en ce qui touche à la rusti- 
cité, à la vigueur, en un mot en tout ce 
qui constitue le tempérament. 

Ce sont là évidemment des données 
générales qui pourront présenter de nom- 



ques résultats qu 



pris 



quel 
obtenus 

considération. 



a déj 



Mais, en admet 

séquence devrait-on en tirer, et surtout 
qu'en devrait-on conclure? Ceci : que, 
lorsqu'on voudrait obtenir des plantes 

rustiques on devrait prendre pour mères 
celles qui présentent ce caractère, et 
pour^èm, d'autres qui, bien que parfois 
moins rustiques, présentent, par leur 
caractère extérieur, des qualités que 

une belle 



l'on recherche, par exemple une 
forme, un beau port, de belles et 
grandes fleurs de telle couleur ou de 
telle autre, suivant le but qu'on se 
propose d'atteindre. Peut-être pourrait- 
on, en se basant sur des principes ana- 
logues, lorsqu'il s'agit de fruits, obtenir 
des variétés qui présenteraient des qua- 



lités pour ainsi 



23) 



Bien 



ceci ne soit 



hyp 



thèse, elle ne nous paraît pas tellement 



dép 



de probabilité qu'elle ne 



doive attirer l'attention des horticul- 



Nous la signalons en passant 



de notre dire 



qui 



semblent démontrer l'influence diffé- 
rente des sexes sur les diverses parties 
des végétaux. 

Parmi les Rhododendrons on distin- 






gue, horticolement parlant, deux séries 
de plantes, provenant, l'une d'Angle- 
terre, l'autre de Belgique. Les plantes 

première série 
de la deuxième 



qui appartiennent à la 
sont rustiques ; celles 






gèlent parfois. Cette différence vient de ce 
que, dans le premier cas, on a pris pour 
mère une plante extrêmement rustique, 
le R. Catesbœi, et que, pour père, on a 
pris, parmi les variétés de R. arboreum, 
celles qui étaient les plus belles et les plus 
remarquables, soit par le coloris, soit 
parlesformes, soit parles dimensions des' 
fleurs. On a obtenu de ces fécondations 
de très-belles plantes, tenant du R. Ca- 
tesbœi par la rusticité et des R. arbo- 

reum par les fleurs. 

Pour créer la deuxième série, celle de 
Belgique, on a pris pour mère le 

R. Ponticum (espèce qui gèle parfois, 
soit en tout, soit seulement en partie), 
et pour père on a pris, comme dans le 
cas précédent, des variétés de R. arbo- 

reum. On a obtenu de ce croisement 
desplantestrès-variéeset très-méritantes 
par la beauté, la forme et le coloris des 
fleurs; mais ces plantes sont beaucoup 
plus sensibles au froid que celles de la 
série anglaise; elles tiennent de leur 
mère, le R. Ponticum, dont elles ont 
même un peu l'aspect (note 24). 

Les Glaïeuls d'une part, les Amaryllis 
de l'autre, nous montrent des résultats 
analogues à ceux qui viennent d'être rap- 
portés. Ainsi, quant aux Glaïeuls de la 
série dite Souchet, les expériences fu- 
rent commencées vers 1844 (note 25). 
Cette fois on prit pour mère une plante 

rustique, le Gladiolus Gandavensis, qui, 
fécondé par les hybrides de Gladiolus 
cardinalis, ramosus, floribundus, etc., 
produisit, entre autres, de ce premier 
semis, qsatre plantes regardées comme 
méritantes; ce sont Madame Rlouet, 
Madame Couder, Monsieur Georgeon 
et Mademoiselle Fanny Rouget. La pre- 
mière de ces plantes fleurit en 1847; les 
trois autres fleurirent en 1848. Ces di- 
verses variétés, qui tenaient de leur 
mère par le tempérament, c'est-à-dire 
par la rusticité , fécondées à leur tour 
par les G. blandus, cardinalis, floribun- 
dus, etc. , et, quelquefois entre elles, pro- 
duisirent des plantes qui présentaient 
les coloris et les formes les plus diverses, 
tout en ayant conservé la rusticité. Ce 

mode de procéder fut suivi avec soin 
















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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



pendant cinq à six ans; après quoi 
les modifications étaient telles qu'il a 
suffi de récolter des graines sur les va- 
riétés les plus méritantes pour obtenir 
des plantes très-remarquables. En effet, 
on trouve aujourd'hui, parmi les variétés 
qui sortent de ces semis naturels, pres- 
que toutes les formes et les couleurs 
de fleurs possibles. Dans cette circons- 
tance encore l'influence des sexes peut 
se constater, et Ton remarque que beau- 
coup de variétés ont conservé les ca- 
ractères généraux des types qui, primiti- 
vement ont servi de pères, mais avec 
cette différence toutefois qu'au lieu 
d'être délicates, grêles et élancées, ce 
sont, en général du moins, des plantes 
vigoureuses, trapues et assez rustiques; 
sous ce dernier rapport elles tiennent 
de leur mère, le Gladiolus Gandavensis. 
Quand aux Amary llis , on a pris pour 
mèreYA.vittata, plante assez rustique, 
mais à fleurs petites et étroitement ta- 
bulées, plus ou moins rosées et présen- 
tant des stries ou bandelettes blanches 
(vittata); l'ayant fécondée avec du pollen 

sec, c'est-à-dire avec du pollen conservé 

depuisun an de Y Amaryllis pulverulenta, 
espèce vigoureuse, mais sensible aux 
froids, à fleurs grandes, bien ouvertes et 



d'un beau rouge, on obtint, des graines 



provenant de cette première fécondation, 
des plantes en général rustiques et vi- 
goureuses comme leur mère, qui don- 
nèrent, les unes des fleurs à peu près 
blanches, les autres des fleurs rouges, 
généralement grandes et bien ouvertes, 
comme celles du père. 

Dans une deuxième expérience, où 
Ton avait également pris pour mère 
Y Amaryllis vittata, quel'on féconda en- 
core avec du pollen des A. pulverulenta 
et Brasiliensis (deux plantes à fleurs 
rouges qui ne sont que des formes 
d'un même type), mais, cette fois, avec 
du pollen fraîchement récolté, on obtint 
une très-grande quantité de plantes 
à fleurs rouges comme celles du père; 
quelques autres seulement étaient à 
fleurs à peu près blanches. 

Une troisième expérience, ayant été 
faite avec des graines provenant de ces 
diverses variétés fécondées entre elles, 
produisit des plantes rustiques comme 
la mère primitive, Y Amaryllis vittata, 



bien qu'en général elles fussent plus vi- 



goureusesque cette dernière. Les fleurs, 



de formes et de couleurs variées, étaient 
aussi beaucoup plus grandes. Ici encore 
l'influence des sexes s'était fait sentir. 

Un autre exemple qui semble démon- 
trer encore que l'influence des sexes 
dans la fécondation est sensible, et que, 
sous ce rapportée mâle influe plus par- 
ticulièrement sur le faciès des plantes, 
sur les couleurs et sur les formes des 
fleurs, tandis que la femelle influe plus 
particulièrement sur le tempérament, 
nous est fourni par les Rosiers dits hy- 
brides remontants. En effet ceux-ci, qui 
ont eu pour mère les Rosiers dits Indiens 
(Thés, Bengales, etc.), qui sont remon- 
tants, mais sujets à geler, et, pour père, 
les Rosiers Provins, qui sont rustiques, 
mais qui ne remontent pas, ont produit 



des 



f< 



général est 



celui des Provins, et dont les fleurs pre- 



foi 



les 



plus variées, et qui, pour la plupart/ re- 
montent comme leur mère, mais qui, 



cependant, gèlent parfois, qualité qu'ils 



tiennent de cette dernière (note 26) 
L'autre exemple de l'influence des diffé- 
rents sexesnous est fourni parle genre 
Gyneriam; mais, comme il ne présente 
encore aucun individu rustique, il est 
donc dépourvu d'influence sous ce rap- 
port ; mais il en est tout autrement au 
sujet de la couleur des fleurs ; le fait est 
d'autant plus facile à constater que les 
plantes sont dioïques et que les indi- 
vidus mâles que nous avons pu observer 
sont à fleur rose violacé, ou mieux d'un 
gris roux, plus ou moins poudreux ; aussi 
tous ceux qui proviennent «de semis 
ont-ils, pour la plupart, des fleurs de 
cette même couleur, plus ou moins fon- 
cée'; la couleur blanche est très-rare; 
c'est une exception. 

Sans rien préjuger, et en s'appuyant 
sur les divers faits qui précèdent, on peut 
en conclure que, dans certains cas, on 
pourrait, par le fait de la fécondation ar- 
tificielle, arriver, sinon à changer les 
types, du moins à les modifier sensible- 
ment dans leur descendance, de manière 
à les approprier à certains besoins par- 
ticuliers en faisant développer telle ou 
telle particularité (note 27). En effet, en 
poussant assez loin "les expériences, on 
peut affaiblir tellement la force d'ata- 



ces 



des 



qui 



sez forts pour rester permanents et 





















K. 



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DANS LES VÉGÉTAUX. 



constituer une race particulière, qui 
pourrait se conserver pour ainsi dire 
indéfiniment (note 28). 

Nous aurions pu, aux divers exemples 
que nous avons cités pour démontrer 
l'influence particulière des sexes sur les 
diverses parties des êtres qui résultent 
des hybridations, en ajouter un grand 
nombre d'autres, rappeler les exemples 
si remarquables que nous avons cités du 
Crinum Meldense, des Pavots, des Dzan- 
thus, etc. ; mais ce serait accumuler les 
preuves sans ajouter à la valeur de la 
théorie que nous émettons, théorie .qui, 
nous le répétons, pourra présenter de 
nombreuses exceptions, sans toutefois 

perdre sa valeur, sans cesser de pouvoir 
être prise comme guide. 



Quelques mots sur l'emploi du Pollen. 

En terminant sur la fécondation arti- 
ficielle, nous croyons devoir rappeler, 
relativement au pollen, qu'il ne faut pas 

l'employer lorsqu'il est humide, qu'il 

faut non -seulement qu'il soit sec, 
mais encore qu'il soit bien arrivé à son 

f)oint de développement. Il est donc bon, 
orsqu'on se sert d'étamines dont les an- 
thères ne font que commencer à s'ouvrir, 
de les laisser pendant quelque temps ex- 
posées à une chaleur sèche, de manière 

à ce que le pollen, devenu bien pulvéru- 
lent, s'échappe avec plus de facilité et 
que son énergie soit augmentée. On de- 
vra agir à peu près de même lorsqu'on 



pollen 
peu 



ce 



un rayon de soleil surtout, en relèverait 
la puissance fécondante, parfois un peu 
engourdie par le temps. On a cru re- 
marquer aussi que, lorsqu'on prend des 
étamines placées à l'intérieur de fleurs 
presque pleines, qui, par conséquent, 
n'ont pu être suffisamment insolées, il y 
a avantage à les exposer à une chaleur 
solaire douce avant de s'en servir. Dans 
toutes ces circonstances on doit éviter 
l'action desséchante de l'air et surtout 
du vent. 



OBSERVATIONS PARTICULIÈRES 

SUR LA FÉCONDATION. 

Il y a quelques genres de plantes chez 
lesquelles la fécondation présente certai- 
nes particularités qu'il est difficile d'ex- 
pliquer, et qui semblent ne pas concor- 



der avec les principes généraux que nous 
avons posés. Ces genres appartiennent 
au grand groupe désigné par le nom 
d' Amentacées . Nous en citerons deux 
exemples, pris parmi des plantes con- 
nues à peu près de tout le monde ; ils 
portent sur les Noyers et sur les Noise- 
tiers. Chez ces plantes, en effet, chez les 
dernières suriout, les fleurs mâles, ou 
chatons, s'ouvrent souvent bien long- 
temps avant qu'on ne voie de fleurs 
femelles, c'est-à-dire d'ovules; ceux-ci 
n'apparaissent que longtemps après que 
les fleurs mâles sont tombées *'. 




w 



Comment 



se 



dans 



fait-il gue 
des conditions en apparence si désavan- 



tageuses, ces 
condés? Poui 



pliqu 



puissent être fé- 



que le pollen, lorsqu'il s'échappe des 
anthères, tombe là où il y a des ovules 
et qu'il s'y conserve jusqu'au moment 
où les ovules sont aptes à être fécondés. 
Si ce fait est vrai, ce que nous ne nions 
pas, il démontre, ainsi que nous l'avons 



dit (note 22) 
de bien des nat 



qu 



y 



des pollens 



même dont les facultés fécondatrices se 
conservent lorsqu'ils sont exposés à l'air, 
où ils semblent avoir besoin de subir une 
sorte d'incubation. 

Ce que nous avons dit des Noyers et 
surtout des Noisetiers, nous pourrions 
le dire de certaines espèces de Conifères. 

REMARQUES A PROPOS DES CROI- 
SEMENTS . 



L'expérience a démontré qu'il arrive fré- 
quemment que, chez deux plantes qu'on 
soumet à la fécondation , la puissance 

fécondante est diverse, c'est-à-dire que, 
sous ce rapport, il ne paraît pas y avoir 
entre elles une complète réciprocité. 

Pour nous faire comprendre, et si nous 

représentons ces deux plantes par A et B, 
nous dirons qu'il pourra arriver que A 
ne puisse féconder B, tandis qu'au con- 
traire B pourra très-bien féconder A , et 
vice versa. On devra donc, toutes les 
fois qu'on ne réussira pas d'une manière, 
essayer l'autre. 

Rappelons aussi que beaucoup de 

» 

* L'année dernière (1864), nous avons observé 
certains pieds de Noisetier qui étaient en fleurs dès 
la fin de décembre, tandis que les ovules (fleurs 
femelles) n'ont été visibles et ne nous ont paru être 
aptes à la fécondation que plusieurs mois plus tard, 
c'est-à-dire en mars. Cependant ces Noisetiers ont 
donné des fruits qui, semés, ont très-bien germé. 

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30 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



d 



ganes 



parfaitement 
pas 



cela vient souvent de ce que les diffé- 



temps à rempl 



pas aptes 




tion. En général l'organe mâle est 
plus tôt disposé que l'oi * """ 

mais presque toujours aussi cette dis- 
position ne dure que très-peu de temps, 
de sorte que, si l'on ne saisit pas ce 
temps favorable, il n'y a point de fécon- 
dation 1 . Une plante qu'à peu près tout 

le monde connaît, le Cobœa, nous en 

manifeste ; chez 



lorsque le 



fournit une preuve 
celle-ci les anthères sont déjà vides, 

stigmate devient apte à la 
fécondation ; aussi n'en obtient-on que 
très- rarement des graines lorsqu'on 
abandonne les choses à elles-mêmes; si, 

mate est dans 

de bonnes conditions, on prend du pollen 
sur des fleurs qui ne font que commencer 
à s'ouvrir, onpeut être à peu près assuré 
d'avoir des fruits, puis 




de bonnes 




raines. 




de développement dans les 
ls du Cobsea est presque tou- 
jours déterminée par une température 
trop élevée ; aussi, lorsque cette dernière 
s'abaisse jusqu'à un certain degré, le dé- 



veloppement de l'organe mâle se trouve 



de 



l 



pour féconder l'organe femelle. C'est ce 
fait qui explique comment, à une cer- 
taine époque de l'été, presque toutes les 
fleurs de Cobsea nouent, et pourquoi en- 
core ces plantes sont abondamment char- 
gées de fruits non mû: 



«,« ^mières gelées. Une 

de 46 à 20 degrés environ, pendant 



période de 



est très-fa- 



vorable à la fécondation des fleurs des 
Cobsea; dans ces conditions, en effet, le 
développement des organes mâles et fe- 
melles a lieu très-régulièrement, de sorte 
qu'ils arrivent à propos pour se fécon- 
der. Lorsqu'au contraire la température 
est inférieure à 16 degrés pendant plu- 
sieurs jours, le développement des deux 
sortes d'organes sexuels ne se fait pas 
régulièrement ; l'un est prêt lorsque 
l'autre ne l'est pas encore. 

i Le lierre commun nous fournit un exemple de 
eette durée plus qu'éphémère ; chez cette plante, en ef- 
fet', à peine les anthères sont-elles ouvertes qu'elles 
sont déjà sèches ou cornées, ridées; aussi est-il très- 
difficile d'en recueillir le pollen. 



Ainsi qu'on le voit, une température 
trop élevée ou trop basse est nuisible 
à la fécondation des Cobaea, et dans l'un 
comme dans l'autre cas cette dernière 
n'a pas lieu si l'on n'intervient pour 
rapprocher les organes sexuels lorsqu'ils 
sont arrivés au point convenable d 
développement; et dans ce cas ce ne 

sont jamais 



e 



les 



organes 



d'une même 



fleur qui concourent à la fécondation, 
mais ceux de fleurs différentes. Ici la 
fécondation, bien quenaturelle, est donc 



page 19) 



part 



devons 



que 



se fécondent pas dans les mêmes condi- 
tions; sous ce rapport on peut même 
croire , puisque chacune a son tempé- 
ramentparticulier, qu'il doit y avoir pour 

elle des conditions spéciales où elle de- 



plus apte à être fécondée 
conditions, sans aucun doute 



C 



à l'infini, qu'il serait très-important 
de pouvoir déterminer. Mais, de ce 
côté, il faut en convenir, on n'a encore 
fait que bien peu d'expériences; c'est à 
peine si l'on y a pensé. 

Le rôle que joue la température dans 
la fécondation des plantes est très-im- 
portant; c'est à ce point que, dans cer- 
tains cas, la température peut modifier 
tellement le développement des organes 
sexuels qu'elle peut même changer du 

tout au tout le moment où ils sont aptes 
à la fécondation ; par exemple, elle peut 



florale 



fécondation 



devienne postflorale; c'est le cas pour 
les Pétunias. Pour ceux-ci, si, lorsqu'ils 
fleurissent, la température se maintient 
très-élevée pendant un certain nombre 



de 



raie; 



jours 
elle 



la fécond 



est 



fl 



se fait au contraire presque 



en même temps qu'a lieu l'épanouisse- 
ment des fleurs si la température est 
moinsélevée. Enfin, si la température est 
basse, la fécondation n'a souvent lieu que 
plusieurs jours après que les fleurs sont 
épanouies. 11 en est de même pour le 

nour les Mufliers , les 



blanc 



On doit 



29) 

que 



les condi- 



tions de climat, et surtout de milieu, 



appor 



des 



modifications aux faits que nous venons 



de citer; 



P 



reste comme absolus, mais comme des 
renseignements dont on devra tenir 



JL 







;' • ' 



















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DANS LES VÉGÉTAUX. 



31 



compte lorsqu'on pratiquera la fécon- 
dation artificielle. 



Observations générales relatives aux 
semis considérés au poiiït de vue de la 
production des variétés. — Particula- 
rités. 

Ainsi qu'on a pu le voir dans tout ce 
qui précède, un des points les plus im- 
portants relativement aux semis consiste 
dans un choix judicieux des porte- 
graines; on doit donc apporter à ce 
choix, une attention toute particulière. 
On doit encore, ainsi que nous l'avons 
déjà dit, lorsque les individus choisis 



appartiennent à 



qui s hy 



brident facilement, les éloigner de tous 
ceux avec lesquels ils pourraient jouer, 
ce qui n'est pas toujours facile à pré- 
voir (note 30). Il est certaines espèces 
qu'il suffit de rapprocher les unes des 
autres pour qu'elles se fécondent réci- 
proquement et que les graines qui en 
résultent donnent des individus plus ou 
moins différents de ceux dont ils sor- 



tent . C 



une prop 
profit 



met 






/ 



des variétés sans avoir recours à la fé- 
condation artificielle. l On remarque 
%i*6si que, en général, les plantes de 
vigueur moyenne sont celles qui con- 
servent le mieux leurs caractères 
(note 31). 

Il ne faut pas oublier non plus que, 
le point de départ de toute variété étant 
ordinairement en dehors de nos prévi- 
sions comme de notre influence, il faut 
avoir soin de visiter souvent les semis 
afin de voir si parmi les jeunes plantes 
il n'y en a pas quelques-unes qui, à 
certains points de vue, pourraient pré- 
senter quelques avantages, et, dans le 
cas où il s'en trouverait, on devrait les 
marquer pour en récolter les graines 
à part, et même, lorsque la chose est 
possible, on devra les éloigner, afin de 
les soustraire à l'influence de leurs voi- 
sines, si toutefois cela était néces- 

7 

saire. 

C'est en a^ 
veiHi à créer une multitude de races 




des 



Cep 



product 



qu'un type quelconque ne peut s amé- 
liorer indéfiniment, il faut, dans tous les 
choix, savoir s'arrêter à temps, et ne 
pas continuer à chercher là où il n'y a 



plus rien à obtenir. Ici l'observation 
seule peut servir de guide. Ainsi, on re- 
marque parfois dans une espèce quel- 
conque que certaine variété, quoique 
très-méritante, ne doit plus être prise 



comme porte-graines ni même comme 



mère à bouture (note 32) parce qu'elle 
ne donne plus rien de bon; elle semble 
épuisée. Il faut alors, pour obtenir de 
nouvelles variétés , prendre des graines 
sur des plantes qui proviennent d'elle, 
bien que parfois ces plantes paraissent, 
moins belles (note 33), à moins toute- 
fois, lorsque la chose est possible, qu'on 
ait recours àl'hybridation, et qu'à l'aide 
d'un pollen étranger on cherche de 
nouveau à apporter une perturbation 




dans son organisme. 

Faisons encore observer 
les espèces où les variétés 



que, 
sont 



dans 
nom- 



breuses, on remarque fréquemment 
chez certaines d'entre elles une tendance 
à s'affaiblir, à pousser moins ou à de- 
venir sujettes à des maladies particu- 
lières qui en rendent la culture très-dif- 
ficile, parfois presque impossible. 

Lorsque ^e fait se présente, il ne faut 
pas s'obstiner à conserver ces variétés ; 
ce qu'il y a alors de mieux à faire, c'est 
de les abandonner; on peut dire qu'elles 
sont usées. C'est un fait que la science 
théorique nie, mais que l'observation et 
l'expérience démontrent comme rigou- 
reusement vrai. Nous pourrions en ci- 
ter de nombreux exemples, nous en in- 
diquerons seulement deux. Ils portent 
sur les variétés de Pélargoniums connues 
sous le nom de Reine des Fantaisies et 

de Reine Hortense (note 32). 

LeV èl&r gonium Reine des Fantaisies a 

les fleurs grandes, un peu irrégulières; 

les deux pétales supérieurs sont d'un 

rose foncé, violacé ou lilas ;les pétales 

inférieurs, plus petits, n'ont du violet 
qu'à la partie supérieure ; la partie in- 
férieure est blanche. Aujourd'hui, ces 
fleurs n'ont plus de violet qu'au som- 
met, de plus elles sont plus petites et 
régulières. Le Pélargonium Reine Hor- 
tense a les fleurs régulières, d'un beau 
rouge foncé velouté au centre ; les péta- 
les, entiers, arrondis, ont, comme on 
dit, une bonne forme; ils ont l'onglet 
strié, velouté. Cette plante, qui date 
d'environ dix ans, présentait dès 1862 
des traces de dégénérescence; ainsi, on 
remarquait sur certaines ramifications, 
des fleurs dont les pétales, au nombre 



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3-i 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



de 6, étaient irrégulièrement laciniés, 
(déchiquetés comme l'on dit vulgaire- 
ment) ; les fleurs beaucoup plus petites 
qu'à l'état normal, étaient aussi dispo- 



sées 



bouq 




sépales, au lieu d'être au nombre de 5, 
étaient au nombre de 6, comme les 

pétales 

Il y a aussi des plantes dont l'épuise- 
ment ne se traduit que par une dimi- 
nution dans la vigueur et tout particu- 
lièrement dans la dimension des fleurs; 
telles sont certaines variétés de Ceanotus 
azuretis; ainsi, on en voit qui, après 
avoir eu des grandes fleurs pendant 



quelques années, n'en donnent plus 
que de très-petites, et cela quoi qu'on 
fasse et quel que soit aussi le soin qu'on 
donne aux plantes. 



_^ de dégénères^ 

puisement comme ceux dont 

de parler 



qui 




arrive assez fréquemment chez quelques 
espèces dont la culture a dépassé certai- 
nes limites, telles que les Glaïeuls, les 

Balsamines, les Reines-Mai 
Verveines, les Phlox, etc., on doit faire 
des semis de graines de ces plantes,* et 
rechercher parmi les individus qui en 
sortent s'il y en a qui présentent quel- 
que intérêt, et, s'il s'en trouve, on doit 
les prendre pour créer de nouvelles 
races. Parfois même les plantes dégé- 
nérées et qui présentent tout à coup 
des caractères insolites peuvent devenir 
le type de ces séries. 

■ 

Amélioration des plantes prises à l'état 

dit sauvage. 

Lorqu'on désire améliorer une plante 
qu'on a prise à l'état sauvage, on doit 
d'abord la mettre dans un milieu qui 
surexcite sa végétation et modifie sa 
nature ; puis récolter des graines sur les 
fleurs qui présentent déjà un peu les 
caractères qu'on recherche, s'il y en a; 
dans le cas contraire on les récolte sur 
les fleurs qui présentent le plus beau 
développement. 

Si on voulait arriver promptement à 
l'amélioration de ces types sauvages, on 
se trouverait bien de les soumettre à 
l'hybridation, c'est-à-dire de pratiquer 
sur eux la fécondation artificielle, ou du 
moins de rapprocher ces types sauvages 
de certains types cultivés avec lesquels 
ils ont de l'analogie. 



Encore un mot au sujet des 

porte-graines. 

Les soins généraux qu'on doit accor- 
der aux porte-graines sont en rapport 
avec le but qu'on cherche à atteindre. 



No 
Si 



nous revenons sur ce sujet, c'est 



d abord parce qu il est très-important, 

ensuite parce qu'il se rattache à d'autres 
phénomènes, et qu'il est la conséquence 
d'une grande loi qui relie tous les êtres 
les uns aux autres par leur affinité 



Nous savons, d une 
générale, que les individus 



placé 



s, 



près des portes - graines , lorsqu'ils 
ont quelque analogie avec ceux-ci 



exercent sur eux une influence plus 
ou moins grande, qui peut modifier 
leurs produits. Mais y a-t-il dans un vé- 

• -• -■ _ • • • ■» • # 

point 



les 



1 / 

plus d'influence 
' ou bien encor 



part 



exercent-elles une puissance d'action 
relative ? C'est ce qu'on ne peut affirmer. 
Mais ce qu'il semble le plus raisonnable 
d'admettre, c'est que toutes les parties 
doivent exercer une action, et que 

celle-ci est relative. Partant de ce fait, 
nous disons que, lorsqu'on ne pourra 



ou 



voudra pas prat 



fécondation artificielle, et que néanmoins 
on voudra obtenir des variétés, on devra 

faire en sorte que les porte-graines se 
trouvent placés près des plantes qui ont, 
des caractères semblables, ou du moins 
analogues, à ceux qu'on 



cherche 



a 



obtenir. 
Après 



observât 



quelq 




raines que 



sorte complémentaires, sur 
séries de variétés issues de 
renferme le premier groupe , nous 
allons aborder l'énumération d'un cer- 
tain nombre de variétés de plantes 
produites par accident; elles constituent 
notre deuxième groupe. 

* 

DEUXIÈME GROUPE. 

Variétés obtenues par accident'. 

Les végétaux, ainsi que nous l'avons 
dit ailleurs, étant composés d'un cer- 

1 Nous devons faire observer que, lorsque nous 
disons que telle ou telle variété est produite par 
accident (dimorphisme ou dichroïsme), nous ne 
prétendons pas dire qu'on n'a pu en obtenir d'ana- 
logues ou d'à peu près semblables, par semis, mais 
seulement qu'elle s'est produite de cette manière. 
Cette observation est générale ; elle s'applique à 
tous les faits accidentels que nous pourrions citer. 















V 


















DANS LES VÉGÉTAUX, 



3 






tain nombre d'éléments disposés aussi 
dans un certain ordre, et de plus ces 
éléments, sous l'influence de lois orga- 
niques , pouvant se séparer ou se 
grouper de différentes manières, il en 
résulte qu'une même plante peut, sur 
ses diverses parties , présenter des 
caractères et des propriétés particulières 
plus ou moins différents de ceux 
qu'elle présente normalement. C'est ce 
fait qui constitue ce que dans la pra- 
tique on nomme accident, et que, sui- 
vant les cas, nous nommons, soit dimor- 
phisme, soit dichroïsme (note 4). 

Mais comme, d'une autrepart, chaque 
partie d'un végétal, lorsqu'on la dé- 
tache et qu'on la place dans des condi- 
tions appropriées, peut constituer un 
individu, et, de plus encore, que, séparée 
de la mère dont elle conserve les ca- 
ractères principaux , elle en possède 
aussi qui lui sont particuliers, ainsi que 
des propriétés spéciales qu'elle est 
susceptible de transmettre, on pourra 
en obtenir un individu souvent très- 
différent de la plante dont elle provient. 
Gomme les causes qui déterminent la 
séparation de ces éléments peuvent 
aussi s'atténuer et même disparaître , et 
qu'alors, rentrant dans leur état normal, 
ces parties peuvent reprendre leurs 
caractères primitifs , il résulte de cet 
autre fait des variétés d'ordre et de 
valeur différents , les unes stables, les 
autres instables. 

Constatons que, dans cette circon- 
stance moins que jamais, nous ne pou- 
vons rien sur l'obtention première, c'est- 
à-dire sur l'apparition des variétés 



concerne les panaehures, rappeler ce 
aue nous avons dit au sujet des plantes 
issues de graines : que les panaehures 
se maintiennent d'autant mieux qu'elles 
circonscrivent les organes qu'elles 
affectent, soit que ceux-ci appartiennent 
auxfleurs, soit, au contraire, qu'ilsappar- 
tiennent aux feuilles. Aussi, lorsque sur 
une plante dont les panaehures sont 
disposées par stries ou bandes, il se 
montre une partie sur laquelle elles 
sont disposées circulairement, on peut 
être à peu près certain que, si on dé- 
tache, qu'on bouture ou qu'on greffe 
cette partie, elle conservera ce nouveau 
caractère. Ce phénomène est très-fré- 
quent sur les Camellias et surtout sur 
les Azalées; aussi la plus grande partie 
des variétés qui, chez ces dernières, pré- 
sentent les caractères qui viennent 
d'être indiqués, n'ont-elles pas d'autre 
origine. 

Certaines espèces sont aussi beaucoup 
plus que d'autres disposées à produire 
de ces faits, soit de dimorphisme, soit 

de dichroïsme; en voici un exemple 
fourni par le Chrysanthème de Chine. 

Vers 4836 on reçut d'Angleterre, à 
l'établissement d'horticulture de Fro- 
mont, trois variétés de Chrysanthème de 
Chine; l'une était à fleurs roses, l'autre 
à fleurs panachées, la troisième à 
fleurs blanc-carné. Plantées en pleine 
terre, on vit l'année suivante, sur l'une 
d'elles, apparaître les trois variétés ; ce 
qui semble démontrer que ces trois va- 



accidents 



que 



plus souvent naissent 



spontanément, pour ainsi dire, et que, 
sous ce rapport, notre rôle, purement 
passif, consiste à surveiller ces écarts I surprise 



même forme. 

Un phénomène tout à fait analogue au 
précédent, et qui, comme lui, se rattache 
à cette même espèce, s'est produit au 
Muséum en 1856 sur la variété nommée 



accidents, pour 



ensuite tâcher 
d'en tirer parti lorsqu'ils se présentent. 
Constatons encore que, dans cette série 
de variétés, nous trouvons une diversité 
considérable, soit dans le port ou le 

soit dans leur feuil- 



porte des fleurs 



fleurs 
foncé. Bouturée, elle' a 



d 



conservé tous 



faciès des pi 
lage, soit da 
parfois dans 



fleur 



fr 



et que les 



encore 



ses caractères, , et 

c'est l'une des plus belles de cette sec- 



aujourd'hui 



On l'a nommée Gain 



En 4862 



panaehures s'y rencontrent également 
très-fréquemment, beaucoup plus fré- 
quemment même que dans les plantes 
qui proviennent de semis. 

Nous devons aussi, relativement aux 
variétés issues d'accidents et en ce qui 



sur ce même G 



du 



Muséum il s'est développé un rameau 
qui portait des fleurs parfaitement 
blanches, à peu près de même gran- 
deur et de même forme que celles du 
type; puis, à côté, sur des rameaux dif- 
férents, s'en trouvaient d'autres qui por- 
taient des fleurs moitié roses, moitié 






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34 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



sortes de 



part ces deux 
ches on aurait donc 



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encore obtenu, de cette même surprise, 
des nouvelles variétés. 

Citons encore quelques exemples 
d'accidents produits par cette espèce de 
Chrysanthème de Chine; commençons 
par "la variété nommée Sophie, Celle-ci, 
qui est à fleurs blanc sale, très-légère- 
ment pieté rosé, à centre jaune, a pro- 
duit, par accident, une plante qui est 



Cette der 



fie 



a 



Mu 



qu 



rapport avec le Gain du 



11 



v avait aussi sur la môme branche, mais 
sur des ramilles différentes, des fleurs 
semblables à celles que portaient les va- 
riétés Trophée et Sophie, fait qui pro- 
duisait un certain contraste ; cette der- 



pétales 



plat 



Trophée a les fleurs bombées, les pétales 
larges et peu serrés. 

Le Chrysanthème Madame Richard, 
dont les fleurs sont blanchâtres, très- 
légèrement bordées de rose, a produit 
sur une de ses branches des fleurs viola- 
cées plus fortes que celles de la plante 
dont elle sort; les pétales sont aussi 

plus 



En 1863 



iétés 



Chine 



e Cedo nnlli, 
10), blanche 
a produit un 



poi 



larges et beaucoup plus étalées que 



Cedo 



Argentine 



petites, blanches, de forme pompon, a 



donné une branche 




vigoureuse 



quelle, dont les fleurs, étalées, très- 
larges, d'un beau jaune, rappelaient, 
jusqu'à un certain point, celles des 
Chrysanthèmes à grandes fleurs ; fait 



qui 



de 



En 



P 




64 nous avons vu sur un pied 
de la Chrysanthème Pompon Vesta, qui 
est à fleurs blanches, plusieurs branches 
qui portaient des fleurs entièrement 
jaune foncé. Les dimensions, ainsi que 
la forme des fleurs, étaient les mêmes; 
il n'y avait de différent que la couleur. 
Lés variétés obtenues par dimorphisme 



sont très-nombreuses ; il n y a même pas 
de genre parmi, ceux qui comptent un 
certain nombre d'espèces, qui n'en 



ait produit. Bien que nous devions 
indiquer plus loin un certain nombre 
de ces accidents, en les faisant suivre 
de quelques observations, il en est qui, 
à notre avis, sont tellement intéressants 
que, par anticipation, nous croyons 

l'un d'eux est re- 
Œillet qui, dans 



par 



latif à une 



le commerce, est désigné sous le nom 



Œillet FI 



Œillet Flon, qui par 

ix au an aaveMe ΠM 



Π



? 



foncé, à peu près pleines, de sorte qu'il 
ne produit pas de graines et qu'on est 



obligé de le multiplier par boutures. 



Œillet 



par 



dent, pi 



variétés, dont 



Pi 



bea blanc, s'est développée en 1858 ; 
depuis cette époque, elle s'est main- 
tenue avec tous ses caractères. Obtenue 
par M. Paré, horticulteur à Paris, bou- 
levard de la Santé, cette variété a été 



Marie P 



de l'un des 



enfants de cet horticulteur. D'autres 
variétés, présentant dans leurs fleurs 
des couleurs différentes de celle t dont 
nous venons de parler, se sont égale- 
ment développées, chez M. Paré, sur 

l'Œillet Flon. 

Le genre qui, probablement, a pro- 
duit le plus de faits de cette nature, est 




enre Rosier; aussi, et 



malgré le 



s 



le 

désir que nous avons d'abréger, le 

faits sont-ils tellement intéressants que 
nous croyons encore, à ce sujet, devoir 
entrer dans quelques détails. Nous 
allons donc en citer plusieurs très-re- 
marquables, en commençant par ceux 
qu'a fournis le Rosier Cent Feuilles. 

Les accidents qu'a produits le Rosier 
Cent Feuilles peuvent être rangés en 
deux séries : l'une qui comprend tous 
les individus qui s'éloigent relativement 
peu du type, qui n'en diffèrent que par 
le coloris, par la forme ou par la cou- 
leur, soit des fleurs, soit parfois des 
feuilles : ce sont les Rosiers Cent Feuilles 
ordinaires; l'autre série comprend 
tous les individus également issus par 



C 



mais 



qui 



que présentent 






précédents , ont de plus celui d'être 









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DANS LES VÉGÉTAUX. 



35 






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munis de sortes de petites bractées ou I de tout le monde, a produit les six faits 



poils glanduleux qui constituent 
qu'on nomme la mousse ; ce sont 
Rosiers Cent Feuilles mousseux. 



ce 
les 



Accidents ou faits de dimorphisme pro- 
duits par le Rosier Cent Feuilles* 



SECTION A. 



Rosier Cent Feuilles 
ordinaire. 



i. 



FLEURS PLUS OU MOINS GRANDES. 



Rosier Cent Feuilles à feuilles de Chou ou 

de Laitue, 

— — de Céleri ; 

— — Anémone; 

de Nancy ; 
des Peintres ; 

Flore magno ou foliacé ; 
sans pétales ; 
Unique blanche ; 
— panachée. 



ÎT. 



FLEURS PETITES. POMPONS. 



Pompon de Bourgogne ; 

— blanc ; 

— de Bordeaux; 

— de Kingston. 



SECTION R. 



Rosier Cent Feuilles 



mousseux (note 34). 



de dimorphisme suivants : 

Perpétuelle Bernard. Ce Rosier a les 
rameaux plus grêles que ceux du Rosier 
du Roi ; ses fleurs et ses feuilles sont 
aussi plus petites que celles de ce der- 
nier, et ses fleurs, en forme de Rose 
Pompon, son très-jolies, d'un rose beau- 
coup plus clair que ne le sont celles du 
Rosier du Roi. 

Rosier du Roi dit ci longs 'pédoncules. 
Celui-ci a les rameaux beaucoup plus 
longs que ceux du Rosier du Roi type ; 
les mérithalles sont plus distants, et les 
pédoncules sont aussi plus longs que 
ceux de ce dernier. Il n'est qu'une sorte 
de dégénérescence. 

Madame Tellier. Assez semblable à la 
précédente, cette variété ne s'en dis- 
tingue que par ses fleurs, qui sont 
moins colorées , d'un rose carné très-clair. 

Mogador. Ce Rosier diffère du Rosier 
du Roi par ses fleurs plus fortes, d'un 
rouée 




vif et 




foncé ; ses 



I. FLEURS PLUS OU MOINS GRANDES: 



-. • 



Rosier Cent Feuilles 



mousseux Cristata. 
ordinaire ; 

à fleurs blanches; 

à fleurs panachées; 

à feuilles de Sauge; 

unique de Provence; 
Zoé ou mousseuse, 
partout (note 35.) 



rameaux se colorent aussi plus que 
ceux du Rosier du Roi, ce qui permet 
de l'en distinguer même en hiver. Les 
horticulteurs n'aiment pas cette variété 
parce qu'elle est dure à forcer et qu'elle 
passe très-vite au violet sale. 

Capitaine Renard ou Rosier du Roi 
~ mrs panachées. Cette variété diffère 



ii. 



FLEURS PETITES OU POMPONS 



Rosier Pompon Mousseux. 

Il est à remarquer, et ceci suffirait 
souvent pour démontrer l'origine de 
ces accidents, qu'il arrive parfois que 
certains des individus qu'ils caracté- 
risent, retournent, sur quelques-unes I LeRosier de JaUeme, a, lui aussi, pro- 



à fl 

du Rosier Madame Tellier par ses fleurs 

panachées ou rubannées de blanc; elle 

a été trouvée à Orléans par M. Desfos** 

sé-Thuillier. 

CœlinaDubos. Trouvée par M. Dubos, 
horticulteur à Pierrefitte, près Saint-De- 
nis, sur le Rosier du Roi, cette variété 
à les rameaux plus grêles et les feuilles 
un peu plus petites que ce dernier; ses 
fleurs, assez semblables, pour la forme, 
à celle du/?, du Roi, sont d'un blanc lé- 
gèrement carné. 



de leurs parties, au type dont ils pro- 
viennent. Ainsi sur un Rosier Cent 
Feuilles mousseux nous avons vu se 
développer un rameau de Rosier Cent j 
Feuilles ordinaire. Nous devons cepen- 
dant faire observer que le plus sou- 
vent les parties qui semblent revenir au 
type présentent néanmoins des diffé- 



rences avec 



pas 



fait en avant, il est contre nature d'aller 



en arrière. 



Rosier du R 



? 



connu à peu près 



duitdeux accidents : l'un, Relie Norman- 
de, dont les fleurs, rose carné, rappellent 
celles du Souvenir de la Malmaison ;Y 'au- 
tre, Madame Cambel d'Isly ou Triomphe 
de Yalenciennes, qui ne diffère non plus 
de la Rose de la Reine que par ses fleurs 
panachées-marbrées . 

Le Rosier Duchesse de Cambacérès, 
dont les fleurs, unicolores, sont d'un rose 
foncé, a produit comme accident le Ro- 
sier Relie de printemps, qui a les fleurs 
roses, marbrées de brun. 










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36 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



Le Rosier Baronne Prévost a pro- 
duit, à notre connaissance, par accident 
~ :i *~~ dont deux à fleurs pana- 

marbrées. L'une 
panachées, Madame 




et une à 



des deux 



Désirée Giraud, a été trouvée, chez 
M. Désiré Giraud, à M 
ciennes; elle est peu 



vigoureuse. 



La 







qui a été remarquée pour la première 
fois à Orléans, est au contraire très-vi- 
goureuse; ses rameaux sont plus grêles 
que ceux du Rosier Baronne Prévost ; 
leur écorce, très-lisse et luisante, a peu 
d'aiguillons; en un mot, ses rameaux 
rappellent ceux du B. Cuisse de Nymphe 

(note 36). 

Le Rosier Baronne Prévost marbré ne 



par 



qui 



? 



par 



Pierre 



au lieu d'être unicolores, sont marbrées 
de brun. Une autre variété (4 
mise dans le commerce 

Oger, horticulteur à Caei 
la Baronne Prévost que par la couleur 
des fleurs qui est beaucoup plus pâle. 
Le 5 e accident produit par la Baronne 
Prévost , est tout récent; nous l'avons 
observé pour la première fois en 1864, 
à Vitry-sur-Seine, dans un jardin confié 
aux soins de M. Lachaume; nous avons 
nommé cette variété Madame Lachaume. 
Ce Rosier diffère de la Baronne Prévost 
par ses rameaux un peu moins épineux, 
mais surtout par son inflorescense, qui, 
longuement paniculée, très-ramifiée, rap- 
pelle celle de certains Rosier Noisettes. 
La fleur aussi est un peu moins forte que 
celle duRosier Baronne Prévost) mais un 



remarqu 



des 



ronne Prévost, très-régulièrement at- 



base y 
faire aucune saillie 
est brusquement 



pédo 



renflé 



puis rétréci et renflé de nouveau près 

du sommel 
sont aussi 



; les pédoncules des fleurs 
plus grêles et plus allongés 
que ceux du Rosier Baronne Pré- 



vost. 
Le 



fleurs sont de 



accident, 



Orléans, dont 
r rose-violacé, 



une 



1858, 
Cette variété 



a produit par 

variété Sœur 

diffère surtout de celle dont elle sort 

par la couleur des fleurs, qui est rose 



carné pâle, comme celle d 
Souvenir de la Malmaison 



fleu 



du 



Le Rosier dit des Quatre-Saisons a 
produit comme accidents : 

Le Quatre-Saisons blanc mousseux ou 
Bosier de Thionville (gravure coloriée) ; 

Le Quatre-Saisons pompon; 



et comme légèrement tomenteuses 



blanc. 

Ainsi qu'on le voit, le Rosier des Qua- 
tre-Saisons, comme le Rosier Cent Feuil- 
les, a produit deux sortes d'accidents : 
des fleurs petites ou pompons et des 
fleurs grandes, mousseuses 

Le Rosier Quatre-Saisons blanc mous- 
seux ou Bosier de Thionville fut observé 
pour la première fois à Thionville vers 
1 835; il diffère du Rosier des Quatre-Sai- 
sons, dont il sort, par des rameaux plus 
grêles et munis de poils hispides, glan- 
duleux (mousse). Ses feuilles-, d'un vert 
blond, sont aussi plus douces au toucher 

; de 

plus, ses fleurs sont d'un blanc pur. Il 

donne parfois de forts rameaux qui por- 
tent des fleurs roses. C'est alors le 
Rosier des Quatre-Saisons ordinaire, fait 
qui a été observé par M. Duval, horticul- 
teur à Montmorency, plus tard par M. Vie- . 
torVerdier, horticulteur à Paris, tout 
récemment (1864) au Muséum. 

Les Rosiers Provins ont également 
produit un certain nombre d'accidents. 
Parmi les plus connus on peut citer : 

Pompon Saint-François; 
— ■ Saint-Jacques ; 

Camaïeu ; 

Panaché semi-double ; 

Tricolore de Flandre. 

Ce dernier, qui s'est montré en Belgi- 
que il y a environ 18 ans, est remar- 
quable par ses fleurs panachées; il 
pousse peu, bien qu'il provienne d'une 
variété très-vigoureuse à laquelle il re- 
tourne parfois, qui donne des fleurs 

violacées. 

La variété Camaïeu est remarquable 
par ses fleurs striées, fort jolies et pres- 
que uniques dans leur genre. Son bois 
est maigre et ses folioles sont comme 
rongées sur les bords. 

Dans les Rosiers Damas, qui sont des 
sortes de Quatre-Saisons non remon- 
tants, on compte comme accidents : 

Damas York et Lancastre; 

à feuilles bullées. 



Le Rosier Bengale prdinaire a produit 
comme accident le Rosier Bengale à bois 
s trié ? dont les rameaux sont rubannés. 



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/. i les Quatre -Sais on$ ordinaire, 2, Rose des Citai -ôaîsmu mousseuse/ 

h nrhe on Rose de TJuo. f wiU.e-. 












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DAXS LES VÉGÉTAUX. 



37 



Ceux-ci sont parfois presque complète- I tif 



( 



ment jaunes. 

Un accident très-curieux produit par 

les Rosiers est la plante qu'on a appelé 

Rosier à feuilles de Chanvre. Par ses 

fleurs, et surtout par ses feuilles, cette 

variété diffère considérablement du Rosa 
ilba, dont elle sort; ses folioles, cucul- 
lées, longues et étroites, sont très- 
grossièrement dentées-serrées, parfois 
comme rongées sur les bords, fortement 
nervées, d'un vert sombre, rugueuses- 
scabres. Il arrive parfois aussrque ses 
feuilles sont opposées ; mais ce fait, dont, 
à tort, on a cherché à tirer des consé- 
quences, toujours rare, ne se montre 
guère sur chaque rameau que pour une 
insertion de feuilles. Les fleurs au Rosier 
à feuilles de Chanvre, plus petites que 

celles du Rosa alba, souvent irrégulières 
et comme un peu monstrueuses, sont 

toujours stériles. 

Les plantes dites d'ornement ne sont 
pas les seules qui présentent Ces faits 
d'hétéromorphisme ; les arbres fruitiers 
en fournissent également de très-remar- 
quables. Nous allons en citer quelques- 
uns, en commençant par ceux que nous 

fournit la variété de Cerisier dite Ceri- 



sier anglais hâtif. L'accident le plus cu- 
rieux que nous fournit cette variété est 
celui qu'on nomme Cerisier anglais hé- 

térophylle ou à feuilles de Saule. Voici 
comment le fait se passe. Sur un jeune 
arbre, dont toutes les parties sont nor- 
males, on voit parfois tout à coup, et 
sans que rien puisse en faire soupçon- 
ner la cause, se développer un bourgeon 
vigoureux, qui, au lieu d'avoir des feuil- 
les qui présentent la forme ordinaire, 
en porte qui sont très-longues et très- 
étroites, souvent un ppu falquées, et par- 
fois comme 



irrégulièrement 



erosees. 



Greffée, cette variété présente la parti- 
cularité assez singulière que voici : tant 
qu'elle conserve ses caractères excep- 
tionnels la plante ne fleurit pas, mais 
comme elle tend sans cesse à les perdre, 
on remarque, lorsque les feuilles ont 
repris à peu près la forme normale, 
que les arbres fleurissent et fructifient. 
Néanmoins cette variété ne reprend ja- 
mais identiquement les caractères du 
_| type dont elle sort; son faciès est tou- 
jours distinct; l'arbre n'est jamais fer- 
tile et son fruit n'est pas non plus tout 
à fait semblable à celui du G. Anglais hâ- 



! 






serventleur caractère accidentel, et cha- 
que année les feuilles qu'elles dévelop- 
pent sont à peu près semblables à celles 
qu'a montrées l'accident lorsqu'il s'est 
développé pour la première fois. 

Cet accident n'est du reste pas le seul 
que présente le Cerisier anglais hâtif. 
Ainsi, lorsque les arbres sont vieux, il 
arrive fréquemment qu'on rencontre sur 
le même individu trois sortes de fruits 
distincts par leur époque de maturité. Il 
y a d'abord l'Anglaise hâtive, dont les 
fruits deviennent noirs ; l'Anglaise tar- 



dive, d 



d'un beau 



rouge 



foncé, luisants et comme vernis, mûris- 
sent plus tard. Enfin on rencontre pres- 
que toujours une. autre variété, très-tar- 
dive, dont les fruits, un peu plus petits, 
sont encore tout verts lorsque les deux 
autres sont déjà ceuillis depuis long- 
temps. En général ces derniers se colo- 
rent peu. Dans ces trois sortes d'acci- 



dents, les différences ne portent 



uere 



que sur les fr 

Le Cerisier indule n'est non plus 
qu'un accident produit par le Cerisier 
anglais hâtif. 11 se distingue par son 
feuillage et par sa hâtiveté. 



La variété de 



A 



hâtive n'est pas non plus la seule qui sur 
un même individu fournisse des fruits 
dénature différente; ainsi, on trouve des 



par les C 



Pi 



analogues produits 



Reine Hortense. Ces variétés, en 
effet, ont donné sur un même individu, 
mais sur des branches différentes, des 
sous-variétés dont les fruits mûrissent 
une quinzaine de jours plus tard que 
ceux des variétés, dont elles sortent. 
Greffées, chacune de ces sous-variétés a 
conservé son caractère accidentel. 



précédents 
l Muséum 



dinaire à fleur 



se 

sur 
dites 



un Cerisier o: 

doubles. L'arbi „._ 

malie se développe, qui a' environ CK35 
de diamètre, est greffé sur Sainte-Lucie 
à m .70 du sol. A partir de là, sa tige 

le jusqu'à environ deux mètres. A 
hauteur se développe une grosse 
branche qui, tous les ans, se couvre de 
fleurs extrêmement doubles, c'est-à-dire 
pleines, tandis que les fleurs des autres, 
branches qui sépanouissent beaucoup 

' iines et 



cette 



Pi 



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38 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



* 

par conséquent rapportent des fruits. 
La Prune Coé violette , ou plutôt 
violacée-rosée 7 est un fait de dichroïsme 
(note 4) ; c'est un accident qui s'est 
montré sur la Coé à fniits blancs, et 
qui, greffe, s'est maintenu avec tous les 
caractères qu'il présentait lors de son 

apparition. 

Nous avons remarqué, très-souvent, 
sur la variété de Prunier Damas de 



Tours, un fait à peu près analogue au 



précédent. Sur un même arbre il y 
avait des branches qui portaient des 
fruits différents de forme et de couleur 
et dont la maturité présentait une 
quinzaine de jours de différence; ainsi, 
tandis que les fruits du type sont très- 
gros, allongés, d'une couleur rouge foncé 
qui rappelle ceux de Poiind seedling, 
marqués d'un côté seulement d'un très- 



sillon , les fruits 



léger 

variété tardive se 

tils, et leur forme 

ne-Claude ordinair 
herbacé qui passe 

rouée très-clair 



peu 



la sous- 
plus 



_ pe- 
est celle de la Rei- 



renflée 



plus ou moins au 
leur queue, arquée, 

base, s'insère dans une 



cavité assez large par Tévasement du 
sillon, tandis que la queue des fruits 



typ 



petit 




acee 



presque à la surface du fruit. 

Une autre variété de Prunier , le 

Prunier Puget, présente la particularité 

suivante : sur une même branche il 

arrive très-fréquemment qu'il donne des 

eâtres-violacés , pointillés ou 

striés de vert roux ; on en trouve aussi 
qui présentent toutes les nuances in- 
termédiaires et 



s 



colores. On voit même parfoi 
certaines branches ne porter des fruits 
que d'une seule couleur, de sorte que en 
les multipliant à part, on aurait chance 
de les stabiliser et d'obtenir ainsi, d'un 
même arbre, plusieurs sous-variétés. 

avons vu, sur un Groseiller à 
à fniits ronges une branche 



N 




fruits 



pied, i 
Groseill 



(i 



fait 
dite de Hol 




du Bru g 



peut pi 



doute ; des exemples récents sont venus 
appuyer, en les confirmant, ceux qu'a- 



vaient rapportés certains auteurs notam- 
ment Sieuile. 

Deux autres faits du même genre que 
les précédents, dont nous devons égale- 
ment parler, sont fournis par deux va- 
riétés de Chasselas, connues, l'une sous 
le nom de Chasselas panaché, l'autre 



sous 



Chasselas 



toutes 



deux semblent provenir d'une variété à 
fruits noirs, couleur qui domine chez 
l'une comme chez l'autre. Voici les par- 
ticularités qu'elles présentent : presque 

grappes portent quelques 
grains plus ou moins panachés ou striés, 

our le Chasselas Suisse, de 



toutes les 



de 



roux, pour le Chasselas panaché. Mais il 
arrive fréquemment que les éléments se 
séparent et qu'on a alors, sur des sar- 
ments différents, parfois sur les mêmes, 
des grappes de Raisin de couleur diffé- 

* peu près complètement blanche 



ppartiennent au Cha 



si elles 

Suisse,? _ 

Chasselas panaché. L'une de ces deux 
variétés n'est qu'une modification de 
l'autre, qui elle-même, n'est qu'un acci- 
dent d'une autre variété. 

Le Poirier Saint- Germain gris, dont 

les fruits, gris foncé, sont très-différents 
par l'aspect de ceux du Saint-Germain 
ordinaire, est le résultat d'un accident 
qui s'est montré sur une branche de ce 
dernier, et qui, multiplié par greffe, s'est 
maintenu avec tous ses caractères. 

Un fait tout à fait semblable au pré- 
cédent s'est produit sur le P. Messire- 
Jean, de sorte qu'aujourd'hui on possède 
dans les jardins un Messire-Jcan gris 
et un Messire-Jeanjaune. 

A ces quelques exemples nous en 
ajouterons deux autres analogues; ils 
ont été insérés dans le Bulletin de l'Aca- 



S 



du 17 



rappor 



pi 



.s 



de cette sorte très-bien caractérisés et 
d'autres « d'une forme complètement 



difft 



par M. Mourrière, professeur 



nay, a rapport à un Pommier qui, sur les 
mêmes rameaux, produisait des fruits 



qui 



Reinette 



rousse et d'autres qui appartenaient à 
une sorte de Reinette du Canada; ces 
derniers sont lisses, ponctués, et parfois 

i vif sur l'un des côtés. 









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DANS LES VÉGÉTAUX. 



39 



Trois espèces appartenant, les deux 
premières à la catégorie des plantes 
potagères, l'autre à la catégorie des Cé- 
réales, nous présentent des faits sinon 
identiques, du moins équivalents à ceux 
que nous venons de rapporter ; ce sont, 
d'une part, les Haricots et les Pommes 
de terre, de l'autre le Maïs. Chez les unes 
comme chez les autres, on remarque 
que certaines variétés sont beaucoup 
plus sujettes que certaines autres à pro- 
duire des "accidents (note 37). Certains 
de ces accidents se stabilisent, se fixent 
même, de sorte qu'on peut les repro- 
duire par semis; d'autres au contraire 
ne se reproduisent que pendant un très- 
petit nombre d'années, et partiellement, 
tandis que d'autres encore, passagères, 
ne paraissent être que des variations ou 
des formes transitoires. 

Cette tendance à produire des varié- 
tés chez certaines sortes de Haricots est 
nous le répétons, plus ou moins grande ; 
nous allons en citer quelques exemples en 
commençant par une sorte bien connue, 



par 



H 



Celui 



est 



c, aplati, non volubile, nous a donné 
des Haricots volubiles, renflés, presque 
cylindriques, et qui, encore, au lieu d'ê- 
tre blancs, étaient lavés ou maculés de 
bleu violacé, sur un fonds rougeâtre. Ces 
Haricots, au nombre de 27, semés à 

part, ont produit, en 1864, 754 Haricots. 
Sur ce nombre six seulement étaient à 
peu près semblables à ceux 



que 



semés 



rentrer dans sept à huit variétés, différant 
l'une de l'autre soit par la forme, soit 
par la couleur des grains, soit même 
par ces deux choses. 

Un fait à noter, c'est que toutes ces 
variétés se montraient non-seulement sur 

un petit nombre d'individus, mais que 
parfois il y en avait plusieurs dans un 
même fruit; ainsi, dans une gousse con- 
tenant six Haricots, nous avons compté 
quatre variétés différant par la couleur; 
deux différaient même nar la forme 



(note 38). 

Parmi les diverses 
duites le H. Flageolet 
core celle à grains n 



même par 



pro 



dont 



près semblables à ceux du typ 



peu 



quatre 



ricots semblables, presque cylindriques, 
assez longs, de couleur rouge orange, 



fortement striés, maculés de brun mar- 
ron, que nous avions semés, nous avons 
obtenu 70 Haricots différents parla forme 
et par la couleur, et pouvant rentrer dans 
quatre variétés. Sur un seul pieddes qua 
tre que comprenait la touffe il s'est trouvé 
dans une même gousse cinq Haricots, dont 
trois NOIRS VIOLET très-foncé, courts, 
comme tronqués aux deux bouts et com- 
primés sur les faces; les deux autres, 
plus petits, étaient tout à fait BLANCS, 

presque sphériques. 

Une série d'expériences suivies pen- 
dant plusieurs années sur un certain 
nombre de variétés de Haricots nous a 
donné, soit par dimorphisme, soit par 
dichroïsme, de nombreuses et très-re- 



H 



marquables variétés. Ainsi le 
James blanc, (qui lui-même est un acci- 
dent du Haricot noir de Belgique), dont 
le grain est petit, un peu aplati, nous a 

donné plus de 20 variétés très-diffé- 
rentes. 

Le Haricot bicolore de la Chine, qui est 
presque rond (sorte de H. boulot, comme 
on dit vulgairement) , qui est de cou- 
leur jaune pâle ou souffrée, nous a 
donné plus de 30 variétés de forme, de 
couleur, de grosseur et d'aspect très- 
divers. 

Des nouvelles expériences que nous 

avons faites, qui ont porté sur un assez 
grand nombre de variétés, nous ont 
donné des résultats semblables à ceux 
que nous venons de rapporter. 



Fa 



sontp 



tiques les unes que les autres , qu'il en 
est même qui varient très-peu 1 .Bien que 
ce soit en général les variétés unicolores 
qui soient les plus constantes, on ne peut 
pourtant rien préciser à cet égard, car on 
voitparfoisdes Haricots de plusieurs cou- 
leurs (panachés, maculés, etc.) se main- 

qued 



colores, blancs, rouges, noirs, iau- 



1 Que parmi les Haricols il y ait desvariétés beau- 
coup plus stables que d'autres, le fait n'a rien d'é- 
tonnant ; il est au contraire conforme à tout ce que 
nous connaissons. N'est-ce pas ce qui a lieu dans 
toutes les espèces qui présentent beaucoup de va- 
riétés? En effet, parmi celles-ci, s'il en est d'éphé- 
mères (relativement bien entendu) pour ainsi dire, 
n'en est-il pas aussi de tellement fixes, qu'on ne 
peut plus les affoler, qu'on ne peut plus faire reve- 
nir à aucun type et que par conséquent on pourrait 
considérer comme des types ! 

Nos plantes potagères, telles que Choux, Betteraves 
Navets, Chicorées, et surtout les Laitues, nous en 
fournissent des exemples très-remarquables. 












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40 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



parfoi 



et pour ainsi dire du toutau tout, c'est-à- 
dire du blanc au noir, au jaune, eic.,et 
vice versa. Mais ,d'un autre côté, on voit 
parfois aussi, suivant les années, les con- 
ditions de sol, de climat, etc., sepasserles 
faits les plus contraires; par exemple, 
que telle variété , après avoir été assez 
constante, devient variable, tandis qu'une 
autre qui jusque-là avait toujours été 
variable, devient stable. Parfois encore 
on voit, de ces variétés instables, sortir 
spontanément, pour ainsi dire, des for- 
mes particulières, qui se fixent très- 
bien. Il n'y a dans tout ceci rien de précis 



Le Maïs nous fournit des faits tout 
remarquables que ceux que pré- 



au ssi 



Tous 



semblent se 



sentent les Haricots; ainsi sur une même 
agrégation de fruits (sorte d'épi qu'à 
tort on nomme grappe) on voit sou- 
vent se développer des grains plus ou 
moins dissemblables, parfois complète- 
ment différents de ceux qu'on a plantés, 
qui sont unicolores ou de plusieurs cou 
leurs, etc. , qui diffèrent même de gros- 
seur, de forme, d'aspect, et qui parfois 
encore, indépendamment de la couleur 
et de la grosseur, ont des qualités très- 
différentes de celles que présentent les 
variétés sur lesquelles elles naissent. 



montrer au hasard ; mais, en réalité, ils 
sont régis par des lois que nous ne con- 
naissons pas. Dans notre ignorance de 
ces lois nous disons que les conséquen- 
ces qui en découlent sont dues au ha- 
sard) que ce sont des accidents 

Rappelons aussi que, pour toutes ces 
variétés, il n'y a pas de caractères abso- 
lus, que tous peuvent se modifier, se 
transformer et même disparaître, tandis 
que d'autres, plus ou moins différents, 
parfois même contraires, pourront ap- 
paraître. Ainsi, par exemple , d'un Haricot 
tardif qui rame, qu'on a semé, il pourra 
sortir un Haricot hâtif qui ne rame pas, 
de forme,- de couleur et de nature dif- 



Ainsi 



de 



nous avons vu se développer, à côté de 




Tains gros et jaunes, quelques grains 
plus petits, ridés, très^sucrés, à peu 
près identiques à ceux de la variété ap- 
pelée Maïs sucré du Mexique. Plantés à 

part ces grains ont maintenu leurs ca- 
ractères. 



L'année derniè 
Maïs dite Maïs 



864) 



sont allongés, coniques, pointus, 
sants, de couleur blanc 



lui- 



d 



OU 



fibreuses 



les cosses 



pourr 



indépendamment de ce qu'il pourra dif- 
férer par tous ses caractères de végéta- 
tion, les gousses, dépourvues de fibres 

et gorgées au conti 
pourront se mangt 
pourra se produir 

des mangë-tout. 
Nous avons dit 



nacre, nous a 
donné sur le même pied, parfois sur la 
même grappe, parfois encore sur des 

rrains sem- 




orange. 



En un mot, il 
e qu'on nomme 




que 



pouvaient 



difier quant aux grains, mais encore dues à des 



rappes différentes, 
blables à ceux du type, d'autres élargis, 
plats, d'un blanc mat ou jaunâtres, et 
d'autres encore plats et déprimés, qui 
étaient fortement striés de rouge - 

Cependant ces Maïs, éloignés 
les autres, avaient été soigneusement 
cas très . 

Les Pommes de terre nous fournis- 
sent des exemples de modifications tout 
aussi remarquables que ceux que nous 
venons de rapporter, soit pour les Ha- 
ricots,, soit pour les Maïs; nous ne 
craignons pas d'affirmer que beaucoup 
de variétés cultivées aujourd'hui sont 



que les gousses pouvaient subir des 



g 



notables ; en voici 
4863. un Haricot de i 



un 



presque boulot, fond blanc, portant 



qui se sont prod 

pendant 



macule 



ayant 



été semé, produisit un Haricot plus gros, 
fortement maculé de noir très-intense. 
Le Haricot qui a été semé provenait du 
H. noir de Belgique, qui a la cosse droite ; 
le produit qu'il a donné, indépendam- 
ment de ce qu'il était plus gros et de cou- 
leur différente, avait la cosse arquée et 
plus longue. 



végétation. Tous les ans, en effet, quand 
on arrache les tubercules et qu'on tient 
à conserver les variétés franches, on est 
obligé d'épurer, c'est-à-dire de faire un 
choix et de rejeter celles qui, comme on 
le dit, ont dégénéré. Cette dégénéres- 
cence, qui tend à éloigner constamment 
le produit du point de départ, a donc 
pour résultat de pousser à la division ou 

i\ c'est-à-dire à la 



de 



dutyp 





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DANS LES VÉGÉTAUX. 



4-1 



de 



Les modifications chez les Pommes 



parties 



terrâmes; cest ce qui est arrivé pour 
la variété dite Pousse- debout. La qua- 
lification de Pousse-debout a été donné 
à cette variété parce que les tuber- 
cules qu'elle produit, au lieu .d'être 

près, dans le 




plat, ou à peu 
sol, sont dressés les uns contre les autres, 
à peu près comme le sont les morceaux 
de bois lorsqu'ils sont disposés pour être 
transformés en charbon. 

La Pomme de terre Marjolin n'est 
autre, pour nous, qu'un fait particulier 
de végétation ; ce qui le démontre, c'est 
que les propriétés qu'elle présente, de 



pas 



pas 



ment aussi à donner des plantes qui fleu- 
rissent et fructifient, et qui, par ce fait, 
sont aussi moins hâtives. C'est ainsi que, 
par le fait d'autres modifications souter- 
raines, elle a produit deux autres va- 



ces variétés nous ont donné des Pommes 
de terre de forme ronde comme le type, 
mais parmi lesquelles il s'en trouvait 
de complètement violettes à l'extérieur 
et à l'intérieur (quelques-unes avaient 
même la chair noire, légèrement fla- 



gellée de blanc). Cette 




couleur n'était pas la seule ; la qualité 
était aussi très-modifiée. Ainsi, au lieu 
d'être farineuse comme leur mère, la 



ces 



Pomme de terre jaune, la 
variétés était compacte, d'un goût peu 
agréable, pour ne pas dire mauvais. 
Les enfants, qu'on nous passe la com- 



et au moral. 



tiysique 



longue 



lée 



Mari 



Marjolin tardive, appe 



qu on vend parfois à la halle de Paris 
pour de la Hollande jaune ; elle est re- 
marquable d'abord par sa végétation, 
qui se prolonge plus longtemps que 
celle du type, ensuite parce qu'elle se 
couvre annuellement de fleurs, puis de 



_ 7 ^ _ __ 

fleurisse presque 



typ 



sort 



Voici encore, au sujet des Pommes de 
terre, deux exemples de ces modifica- 
tions souterraines ; elles sont toutes ré- 
centes ; nous les avons observé au Mu- 
séum en 1864. 

Une planche de terre ayant été plan- 
tée moitié avec de la jaune * 
lisse, dite Hollande, et l'autr 
avec de la rouge longue unie, appelée 

Vitelotte lisse, la première 
moitié donna des tubercules sembla- 
bles à ceux que nous avions semés ; la 
seconde, au contraire, la Vitelotte rouge, 
avait produit des tubercules également 
à peu près semblables pour la forme à 
ceux que nous avions semés, mais diffé- 



rents par la couleur, 
jaune-roux. La qualité 



forme, n'a plus de rapport 
avec là Marjolin, dont elle est pourtant 
une modification ; en effet elle est ronde, 
et ses yeux, enfoncés, lui donnent exac- 
tement l'aspect de la Pomme de terre 
jaune ordinaire. 

Lorsque nous cultivions beaucoup de 
Pommes de terre Marjolin, il n'y avait 
pas d'années où nous n'en obtinssions de 
rondes, bien que nous n'eussions planté 

que des longues, en apparence très- 
franches. 

Un exemple très -remarquable aussi 
de ces changements, qui nous a été I rouge foncé, 
fourni par la Pomme de terre jaune or- 



qui 

était 



était d'un 
restée la 



même, et, bien que dans certains cas 
on eût pu les confondre avec la jaune de 
Hollande, on les distinguait facilement 
lorsqu'elles étaient cuites, puisqu'elles 
restaient entières, tandis que la Hol- 
lande jaune tombait en poussière. 

Voici l'autre exemple. Dans un bout 
de planche où nous avions planté une 
cinquantaine de Pomme de terre jaune 
ronde ordinaire, l'un des pieds, dont la 
végétation tardive fut, vers la fin de la 
saison, différente de celle des autres, 

des Pommes de terre rondes, d'un 



dinaire, est le suivant : Dans un carré 
planté exclusivement avec cette variété 
de Pomme de terre, bien franche (en 
apparence bien entendu), nous en avons 
récolté un certain nombre dont la peau 
était plus ou moins foncée; les unes 
avaient la chair jaune, les autres l'a- 
vaient blanche. Plantées séparément, 



C 



même année 1864, dans un 



carré entièrement planté en Pommes de 



Chardon 



quelques pieds parfaitem 



nous avons remarque 



de l'aspect 



pport 



en • diiïé- 
uleur des 






fleurs qui était d'un blanc mat, un peu 
soufré, tandis que la Pomme de terre 












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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



Chardon a les Heurs rose-violacé ou vio- 
let-rosé. Les tubercules provenant de 
ces pieds à fleurs blanches ne différaient 
de ceux du type que parce qu'ils étaient 
plus arrondis et plus réguliers, et que 
les yeux étaient moins 
ipendamment de 



la 



prononcés. In- 
variété à fleurs 



blanch 



Char 



des variétés hâtives, tardives, et tout 
cela bien qu'on n'ait d'abord planté 
que des tubercules bien francs, qui pen- 
dant longtemps n'avaient produit au- 
cune variation. Ici, de même que dans 
les cas précédents, le semis n'ayant pas 
été employé, toutes ces différences sont 
doncduesà des transformations (note39). 
Un fait entièrement semblable à ceux 
qui précèdent, rapporté par M. Joi- 
gneaux dans le Journal de la Ferme et 
des Maisons de campagne, est le sui- 
vant : « Il y a neuf ou dix ans, on nous 
donna six beaux tubercules d'une Pomme 

de terre longue, d'un jaune pâle... Afin 
de multiplier les touffes nous divisâmes 
chaque tubercule en trois morceaux; 

nous les plantâmes nous-même; les sar- 
clages et les 
faits par nous 
erreur ni substitution. Voulez-vous con- 
naître le résultat? Le voici : quelques 
Pommes de terre, en très-petit nombre, 
ressemblaient au type; mais le plus 



k-^. _ , 



ni 



grand nombi 



sphériques, les 



unes jaunes comme la mère, les autres 
rouge assez foncé. » 

_ Tous les cultivateurs savent très- 
bien aussi que les Yittelotles unies, 
dont les yeux peu nombreux sont à 
peine sensibles, donnent souvent des 



tubercules 

les! 



formes div 



et dont 



yeux sont tellement enfoncés que 
c'est à peine si on peut les peler. A une 
certaine époque, nous avions obtenu 
une variété qui, indépendamment de la 
multiplicité et de l'enfoncement des 
yeux, produi 
rable, des ; 



agglor 
ensembl 



une 



une 



n s qui 
forme 
i table hyd 



don- 
mon- 



qui est une bonne Pomme 



strueuse. C 

Ajoutons que bien que 

Yittelotte, 

de terre, c „ _ 

même mauvaise. 

Tous ces faits démontrent sans aucun 
doute comment se forment une très- 



grande partie d 



de Pommes 



de terre, et prouvent qu'elles ne viennent 
pas de graines; on en sera convaincu 
le jour où, ayant observé la végétation 
des plantes, on marquera, puis on ré- 
coltera à part toutes celles aui, dans 
leur végétation , 



qui, 
présentent des 



dif- 



férences sensibles; une modification 
externe étant toujours la conséquence 
d'une modification interne. 

Les divers faits que nous venons de 
rapporter sont propres aune très-grande 
quantité de végétaux; au nombre de 



pouvons 



Canne 



pi 



donnent jamais de graines, on ne compte 
pas moins, dans chacune de ces deux 
espèces, un grand nombre de variétés 
très-distinctes par la vigueur, l'aspect 



port 



des 






ces variétés sont produites par dimor- 
phisme, c'est-à-dire par le développe- 
ment spontané de bourgeons spéciaux. 

Ce que nous disons de la Canne à 
sucre et du Bananier, nous pourrions 
le dire de beaucoup d'autres végétaux 
monocotylédonés, des Arundo, des Pha- 
lavis , des Bambous , des Bracœna, des 
Yucca, etc., etc. 

Après avoir cherché à faire ressortir 
certains faits de dimorphisme qui, par 
leur importance, nous ont paru dignes 
de fixer l'attention, nous allons conti- 
nuer par Fénumération d'un certain 
nombre d'autres, sans néanmoins, pour 
chacun deux, entrer dans d'aussi grands 
détails, en ne faisant même parfois 
qu'indiquer le nom des accidents à 
moins cependant qu'ils présentent un 
intérêt particulier, soit au point de vue 



pratiq 



point de vue scien- 



tifique; dans ce cas nous entrerons 
dans quelques considérations, relatives, 
soit à leur origine, soit aux particula- 
rités qu'ils présentent. 



ACCIDENTS OU FAITS DE DIMORPHISME, OU 
DE DICHROÏSME, PORTANT SOIT SUR LES 
FEUILLES, SOIT SUR LES FLEURS, SOIT 
SUR LES FRUITS, SOIT MÊME SUR LE 
FACIES GÉNÉRAL DES PLANTES. 

Nous devons *d'abord faire cette obser- 
vation : que, lorsqu'un nom n'est suivi 
d'aucune indication, c'est, d'une part, 
qu'il désigne une- plante connue; de 

























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DANS LES VÉGÉTAUX. 



l'autre, que l'énoncé seul du nom indi- 
que l'origine de la plante. Ainsi, lors- 
que nous écrivons Abricotier commun à 
feuilles 'panachées, Acorus gramineus 
variegata, Arundo donax variegata, As- 
pidistra elatior variegata, Eleagnus re- 
flem variegata, etc. , etc., il est facile de 
comprendre que les accidents désignés 
par ces noms sortent de l'Abricotier com- 
mun, de Y Acorus gramineus, de YA- 
rundo donax, de VAspidistra elatior, de 
VEleagnus reflexa, et que les plantes 
qu'ils ont produites ne diffèrent de ces 
dernières que par des panachures. 

Abricotier commun à feuilles 

panachées. 



Acer 



iocarimin 



Tres-remarquahie par ses rameaux largement 
fasciés, cette variété s'est montrée au Muséum, 
en 1857 sur une plante provenant de graines^ 
qui, pendant les deux premières années, n'avait 
rien d'anormal; ce n'est qu'à sa troisième an- 
née, lorsqu'elle a été rabattue, que l'anomalie 
est apparue. Depuis, elle s'est maintenue avec 
tous ses caractères. 

Cet accident est à Y Acer eriocarpum ce que 
le Sambucus nigra monstrosa est au S. nigra. 

Acorus gramineus variegata § 



/Escuî 



9 



athsea 




Agcratum Iffexicanum nanim, 

— Cette plante, qui est aujourd'hui employée 
avec tant d'avantage pour former des bor- 
dures, est le produit d'une branche qui s'est 
développée accidentellement sur le type A. 
Mmiccmum. Elle présente des capitules pres- 
que sessiles et un peu irréguliers, qui, à cause 
de la brièveté du pédoncule qui les supporte, 
s'élèvent peu au-dessus des feuilles, ce qui' 
à certains points de vue, est un inconvénient. 
Les plantes types, au contraire, qui viennent 
d abord beaucoup plus grandes, ont les capi- 
tules gros et réguliers, et ceux-ci sont portés 
sur un long pédoncule. 

Ageratiim Hexlcannm Interme- 

Alum. — Cette variété, qui est un accident de 
second degré, c'est-à-dire sorti d'un autre ac- 
cident de l'A. Mexicanum nanum, est intermé- 
diaire ; les plantes sont très-floribondes ; leurs 
capitules sont aussi beaux que ceux du type, 
et, comme ils sont portés sur de longs pédon- 
cules, les plantes sont propres non-seulement 
à l'ornement des jardins, mais à la confection 
des bouquets. Les dimensions qu'ellesprésentent 
sont également intermédiaires ; plus grande 
que YAgeratum Mexicanum nanum, la forme 
intermédiaire s'élève moins que le lyp3 f YAge- 
ratum Mexicanum. 



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Mexicanum variega- 

t um» — Celui-ci ne diffère guère du type que 
par ses feuilles, qui sont marginées-panachées 
de blanc-jaunâtre; son inflorescence est pour- 
tant un peu plus grêle et ses capitules sont 



aussi plus petits. En général 
élancée, maigre, comme on dit 
ture. 



43 

la plante est 
en horticul- 



Amandler commun à feuilles 
panacltées A — Feuilles bordées et satinées 
de blanc; végétation délicate. Revient parfois 
au type. 

Anémone Japonlca Honorine 

■ 

«foliert. — Très-vigoureuse et très-belle, 
cette variété, dont la fleur est blanche, est un 

accident de Y Anémone hybrida ou A. elegans, 
plante obtenue en Angleterre par M. Gordon 
en fécondant Y Anémone Japonica avec TA. 
vitifolia. Cet accident Anémone Honorine Jobert, 
s'est montré il y a quelques années chez M. Jo- 
bert, amateur à Verdun. 

^ Aralia Cool*ii. — Cette plante, dont en 
général les feuilles sont simples, longues et 
étroites, est une forme de Y Aralia trïfoliata. 

Arundo donax variegata argen- 

tea, et A f donax variegata aurea» 

— Ces deux variétés diffèrent du type par 
leurs feuilles bordées de blanc pour la pre- 
mière, de jaune pour la deuxième; elles sont; 
beaucoup plus délicates que le type. 

Aspidlstra elatior variegata* 

Aster bieolor. V Aster bieolor, qui n'est 
pas, comme on le croit, une espèce, mais tout, 
simplement une forme naine, très-probable- 
ment même un accident de Y Aster versicolor, 
a produit, au Muséum, en 1856, sur une de 
ses tiges, un bourgeon vigoureux qui pré- 
sente tous les caractères de Y Aster versicolor, 
si ce n'est qu'ildevient un peu moins grand. Cet 
accident, auquel nous avons donné le nom 
d'Aster bieolor major, multiplié d'éclats, a 
conservé tous ses caractères, et aujourd'hui 
encore c'est une des belles plantes vivaces 
d ornement. 

* 

Aster bieolor major*) Yoir As- 
ter bieolor). 



Azaiea Intlica Dleudoiuu' 



>* 




— Fleurs saumonées, marginées de blanc, 
un accident de Y A. formosa Ivery-> qui 
fleurs roses. 



A. Indica Beauté de l'Europe» 

— Cette variété a les fleurs fond blanc, pana- 
chées de rouge. Cest un accident de VA. deli- 
cata dont les fleurs sont saumoné foncé. 



A» Indica €riterion*— Plante à fleurs 

rosefoncé, bordées de blanc. C'est un accident 

de l'A. Iveriana, qui a des fleurs blanches, 
striées de rose. 



A* Itadica altoa rosea* - 



Plant 



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a 



fleurs rose tendre bordées de blanc. C'est un 
accident del 



A. Iceriana, 
blanches striées roses. 



qui a des fleurs 



■ 

A. Indica extiui&ita grandiflora* 

Variété a fleurs rose foncé, bordées blanc. 
C'est un accident de Y A. alba perfecta, qui est à 
fleurs blanches très-légèrement striées de rosé. 

Bananier (Voir page 42 Voir aussi 
plus loin, au mot Musa). 



Brugnonnièr (Voir page 38) 



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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉÎÉS 































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ISiixiis Balearica ciicullata 



Cette variété, qui est un accident du B. Balea- 

rica, diffère de celui-ci par ses feuilles plus 

petites, très-fortement convexes, arrondies sur 
le milieu. 

B u xu s semper virent argentea ; 



aurea; 
marginata* 

— Toutes ces variétés, qui sont des accidents 
du type, s'en distinguent parleurs feuilles, qui 
sont panachées ou bordées , soit de blanc, 
soit de jaune. 

Canicllla •fapofiilca Comte de 
Pari». — Cette 

variété, qui est 
à fleurs rose- 
carné fortement 
striées, est un ac- 
cident du C. Jap. 
Duchesse d'Or- 
léans , dont les 
fleurs sont blan- 
ches striées. Cette 
variété est non- 
seulement beau- 
coup plus vigou- 
reuse que la plante 
dont elle provient, 
mais encore elle a 
sur elle l'avantage 
de bien épanouir 
ses fleurs, ce qui 
n'a pas lieu chez 
le C. Duchesse 
tV Orléans dont les 
boutons tombent 
presque toujours 

avant de s'ouvrir. 



du G. Jap. Montironi, dont les fleurs sont très- 
légèrement striées de rose. 

CV Paolina Armarl. — ' Fleurs rose 
foncé. Cette plante est un accident du C. Miss 
Abby Wilder, qui est à fleurs blanches, lé- 
gèrement striées de rose. 



V 



C. 



Jap* 



Hontiro ni 



rosea — Cette 
•lante, dont les 
fleurs sont entiè- 
rement roses, est 
un accident du C. 
Montironi, qui est 
à fleurs blanches 

très -légèrement 
striées. 




Grav. 1. 



C. 



«Fa p • 



ftiardino Fraiicliet-li. 



Plante à fleurs 



rose foncé, bordées de blanc. C'est un acci- 
dent du Camellia Targioni, qui est à fleurs 
blanches, légèrement striées de rose. 

©• Jap. Comtesse WoronKoff. — 



Cette variété, qui est à fleurs rose tendre, est 
un accident du G. Centifolia alba, dont les fleurs 
«ont d'un blanc pur. 

C tfap. Ciardino Sclimitz. 

Plante àiïeurs rose tendre. C'est un accident du 
C. Jap. 'Elisa Centurion, dont les fleurs sont 
blanches très-légèrement striées de rose. 

C, «9ap« Impératrice Eugénie. 

Plante à fleurs rose-carné. C'est un accident 



C. Jap. Princesse Aldrovantlï* 

— Plante à fleurs rose, bordées de blanc. C'est 
un accident du C. Jap. Teutonia, dont les 
fleurs sont blanches, striées de rose. 

C Jap. Bicolor de la Reine. 

Fleurs roses, bordées de blanc. C'est un acci- 
dent du C. Jap. 
I de la Reine, qui 
est à fleurs blan- 
ches, très-légère- 
ment striées de 
rose. 

L'anné e der- 
nière nous avons 
vu sur un Camel- 
lia à fleurs roses 
des branches por- 
tantdes fleurs 

complètement 
blanches. 

Canne à 

sucre. (Voir 

page 42). 

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Ceplialota- 
xns pedmi- 

culata fasti- 
giata. (Grav. 

'1). Cette variété, 
qu'on a décrite 
et figurée comme 
étant une espèce 

dePodocarpus(P. 
Koraiana), est un 
fait de dimor- 
phisme du Ce- 
phalotaxus pe- 
dunculata. Nous 
en avons eu la 
preuve au Mu- 
séum en 1863 ; 
voici comment. 
Ayant bouturé un 

certain nombre de rameaux du soi-disant P. Ko- 
raiana, l'un deux, au lieu de donner des bran- 
ches simples et éparses, strictement dressées, 
et munis de feuilles éparses(Grav . 1 ) , produisit des 
branches horizontales, verticillées, portant des 
feuilles distiques (gr.2).Les deux plantes repré- 
sentées par les gravures 1-2 proviennent de cette 
même série de boutures. Ce sont deux frères. 
Le Cephalotaxus pedunculata fastigiata est 
au C. pedunculata ce que le Taxas baccata 
fastigiata est au T. baccata. 

Cerui Peruvianns nionstrosus. 

— Cette forme est un accident du Cereus 
Peruvianus, auquel elle revient parfois. 

Cerisier anglais a feuilles de 
Saule 



Cephalotaxus pedunculata fastigiata. — Forme ac- 
cidentelle du Cephalotaxus pedunculata. 



(Voir plus 'haut, page 37). 


















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Cerisier anglais hatif 

tardif. 




DANS LES VÉGÉTAUX. 



— à fruits blancs. 

(Pour ces trois variétés voir plus 
haut page 37). 

Chasselas à fruits panachés. 

(Voir page 38). 

Chasselas suisse- — (Voir page 38). 

Chasselas gros Coulartl. — - Cette 
variété, dont les grains, sphériqnes gros, cou- 
lent très-souvent , est le résultat d'un acci- 
dent qui se montre fréquemment sur le Chas- 



selas ordinaire; elle se distingue de ce dernier 
par ses sarments plus gros, à nœuds beaucoup 
plus rapprochés, par ses feuilles moins lobées, 
un peu plus longues et un peu plus épaisses, 
d'un vert luisant et comme vernies. Le Chas- 
selas gros Coulard diffère aussi du Chasselas 
ordinaire par son tempérament ; il a besoin de 
beaucoup de chaleur et d'être placé à l'abri 
des influences de l'air; aussi réussit-il généra- 
lement bien lorsqu'on le soumet à la culture 
forcée. 

* 

Chasselas de Demoiselles • — 

Cette variété, remarquable par ses grains, qui 
ne sont guère plus gros que des plombs de 
chasse, est un fait de dimorphisme ou une 





Grav. 2. — Ccphalotaxus pedunculata 



























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sorte de dégénérescence qui se montre parfois 
sur le Chasselas ordinaire. Ce phénomène paraît 
dû à l'avortement partiel des organes sexuels 
et tout particulièrement des anthères, d'où 
résulte la non-fécondation des fleurs, et, comme 
conséquence, l'avortement des graines. Bou- 
turée, cette variété conserve ses caractères. 

Chasselas à feuilles panachées. 

— Remarquable par ses feuilles largement pa- 
nachées de blanc (Voir plus loin, au mot Vi- 
gne, pour les accidents de quelques autres va- 
riétés.) 



Chrysanthème de Chine. 



plus haut, page 33). 



(Voir 



Clematis hicolor ou Sieboldli. 

— Cette plante, dont les fleurs, violettes à l'in- 
térieur, sont presque pleines par suite de la 
transformation des étammes, est un accident du 
Clematis florida, qui est à fleurs simples blanc 
verdàtre, fait que plusieurs fois nous avons 
été à même de constater: celle-là se développant 
toujours sur celle-ci. 

La variété Clematis bicolor flore pleno, 
qu'on nomme parfois aussi Atragene america- 

na > si remarquable par ses fleurs énormes, d'un 
blanc verdàtre est un accident direct du Cle- 
matis bicolor, par conséquent un accident de 
second degré du Clematis florida, fait que 
nous avons pu vérifier de nouveau cette année. 






























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46 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



Ainsi sur un pied de Clematis bicolor planté en 
pleine terre, il s'est développé, près de la base, 
une branche qui portait des fleurs tout à fait 
pleines, monstrueuses, de couleur vert jau- 
nâtre, de sorte que les deux accidents étaient 
reunis sur le même individu. • 

Clematis Ilelena mon^lro^e — 
Cette plante n'est autre que le Clematis 
Belena, qui, par dimorphisme , s'est trans- 
formé et est devenu à fleurs pleines, presque 
monstrueuses. — C'est un phénomène tout à 
fait analogue à celui qui s'est produit sur le 

Clematis bicolor. 

Clieiraittlius Clieirl varlegata . 

ore pleno. — Accident d'une variété à 




fleurs doubles de la Giroflée jaune des mu- 



railles. 



Cornus saiig-ulnea varlegata» 



Cornus mas varlegata» 

CyiisMs Adami. — (Voir plus loin 

p. 57.) 

Dactylls glomerata variegata» 



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EcMnocactus multiplet 



cris 



tata. Cette variété, qui est un fait de di- 
morphisme de Y Echinocactus multiplex, au lieu 
d'avoir une tige régulièrement méloniforme 
allongée, constitue une masse épaisse qui s'é- 
tend en formant des sortes de fascies disposées 
en éventail; et au lieu de sillons longitudinaux, 
larges et profonds, séparés par des saillies sur 
lesquelles sont placées des épines longues de 
Om.02 à Om.03, très-raides, YE. multiplex n'a 
que de très-petits sillons ou sorte de plis dis- 
posés transversalement à la direction des fascies, 
par conséquent en sens contraire de ceux que 
porte le type, sur les bords desquels on trouve 
des aiguillons disposés en étoiles; longs d'en- 
viron (K005. En un mot, l'accident est com- 
plètement différent de la plante dont il sort. 

fleagiius refflexa varies a ta ar- 

entea, et Eleagnu§ relïexa varie- 
gala aurea. — Ces deux variétés diffèrent 
de YEleagnus reflexa, dont elles sont des acci- 
dents, la première par ses feuilles bordées de 

blanc, la deuxième par ses feuilles bordées de 

jaune. 

■ 

Eleagmis pungcns variegata; 

Evonymus Japonica argentée 

et E. Japonica aurea* 
variétés résultent 



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Ces deux 



d'accidents produits par le 
Fusain du Japon (Evonymus japonica) auquel 
elles reviennent parfois, surtout la variété 
aurea. 

Evonymus Japonica flavlda» 

Cette plante qui est le résultat d'un accident qui 
s'est développé en 1862 sur un pied type à 
feuilles vertes, se distingue par ses feuilles 
bordées de jaune-verdàtre parfois blanchâtre. 
Elle est vigoureuse. 

Evonymus Japonlca fasciafa. 

Très-remarquable par ses rameaux largement 
fascies , cette variété s'est développée au Mu- 
séum en 1864, sur un pied type qui ne pré- 
sentait rien d'anormal 









LEvonymm Japonica a produit encore beau- 
coup d'autres accidents qui diffèrent par la 
panachure, parfois même par la forme des 
feuilles; telle est entre autres la variété cala- 
mislrata; celle-ci est issue de la variété ar- 
ejentea, dont elle diffère par ses parties plus 
grêles ; ses feuilles, plus petites, sont aussi plus 

tourmentées, crispées ou comme érosées 

Il est plus que probable queles diverses variétés 
qui ont été récemment introduites du Japon' 
ne sont non plus que des accidents de YEvo- 

nymiis Japonica. 

Ficus scanderas micropliyiia. 

Celte variété, que l'on rencontre parfois dans 
le commerce sous le nom de Ficus buxifolia, 
est un fait de dimorphisme qui s'est montré 
en 1856, au Jardin botanique d'Orléans, sur un 
pied de Ficus scandens planté dans une serre ; 
ses feuilles sont très-petites, un peu subor- 
Juculaires et légèrement bullées. Cet accident 
s est conservé, avec tous ses caractères, soit 
sur le pied où il s'est développé pour la première 
fois, soit sur toutes les multiplications au'on 
en a faites. * 



Fontanesla pliyllireoides 



Ta- 

rleffata Cette variété, très-jolie, s'est 

développée au Muséum d'histoire naturelle en 
1854 sur un pied de Fontanesia phyllireoides. 
Depuis son apparition cette plante n'a pas varié ; 
ses rameaux, d'un vert jaunâtre, sont effilés' 
et les feuilles qu'ils portent sont très-largement 
bordées de blanc-jaunâtre. 

Fraxinus Amerîcana variegata. 

Fraxlnus excelsior jaspidea 
Cette variété se distingue à son écorce striée 
ou un peu rubannée de jaune. 

- 

Fraxinus excelsior variegata, 

— Le Frêne commun a produit plusieurs acci- 
dents qui se distinguent par la panachure de 
leurs feuilles; celle-ci est jaune, blanche, dis- 
posée par bandes et bordant les feuilles' par- 
fois en macules sur toutes les parties du limbe 
comme elles sont sur les feuilles A'Aucuba par 
exemple. De là les diverses dénominations 

(Yargentea, aurea, striata, maculata, aucu- 
bœfolia, etc. 

Gardénia radlcans variegata 

(Grav. 4). — Cette variété, remarquable par 
la forme et par la panachure jaune de ses 
feuilles, est un accident du Gardénia radicans 
(Grav. 3). Ici l'accident est double; la pana- 
chure des feuilles a déterminé une modification 
dans leur forme. — Le dimorphisme (note 1) 
a déterminé le dichroïsme. 

Giroflée dite Savoyarde, a feuil- 
le» panachées. — C'est un accident de 
la Giroflée à fleurs doubles, brunes. 

Haricot (Yoir plus haut, page 39). 

■ 

Môtre a feuilles laciniées* dit ù 

feuilles de Fougère. — Cette variété 
qui est un fait de dimorphisme du Hêtre com- 
mun (Grav. 5), nous a présenté la particularité 
suivante : l'ayant greffée sur le H. commun, les 
branches se développèrent de chaque côté de la 
tige presque distiquement; toutes celles qui 



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DANS LES VÉGÉTAUX 








Grav. 3. 



Gardénia radicans 

























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48 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



étaient d'un côté portaient des feuilles sem- 

à celles du 



Hêtre 



tandis 



blables a cènes uu neire commun, 

que toutes les branches placées du côté opposé 

ne portaient que des feuilles laciniées (grav 6). 

JSihiscus Syrlacus flore pleno 

variegata. — Cette variété, dont les feuil- 
les sont panachées de blanc: jaunâtre, s'est 
montrée, en 1858, sur un pied dont les feuilles 
étaient complètement vertes. 

Hibiscus Syriacus vartegata. 



Remarquable par la panchure de ses feuilles, 
cette variété est un accident du type; ses 
fleurs sont semblables à celles de ce dernier. 
Elle est peu vigoureuse. 



Hydrangea Hortensia . 



Cette 



plante, toujours stérile, est un accident de 
YHydrangea Japonica, analogue à ceux qui se 
sont produits sur les Viburnum Keteleerii et 
Opulas . 

■lydrangea Japonica variegata. 

— Ne diffère du type que par ses feuilles pa- 
nachées, bordées de blanc. 

9 

Ilex aquifolium ealaniistrata 
variegata, — 



— Cette variété est un accident 
de VIlex calamistrata qui est une variété du 
Houx commun. 

Ilex aqiiil'olium fferox aureum; 

et I. aqiiifol. ferox argenté uni. 

— Ces deux variétés qui se distinguent à la 
panachure de leurs feuilles qui est jaune chez 



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Grav. 5. 



Branche de hêtre commun sur laquelle se développe un rameau 

à feuilles laciniées. 



la première, blanche chez la deuxième, sont 
des faits de dimorphisme de Y Ilex aquifolium 
ferox, qui n'en diffère que par ses feuilles 
vertes. 

Les très-nombreuses variétés de Houx com- 
mun que l'on cultive sont dues, pour la plupart, 
à des faits de dimorphisme stabilisés. 



Juniper us Virgin fana varie - 



gâta. 



«ïuniperus Virginiana 



mon 



strosa. 



Iris spectabilis . 

remarquable par sa couleur, 
de l'Iris Xiphium dont elle 
différente (note 2). 



Cette plante, si 
est un accident 
est pourtant si 



Jacinthe (Voir plus loin). 

«ïuniperus communis varie- 



ra ta. 



Juniper us excelsa variegata 



Cette variété, qui est due à des 
broussins (note 40), se montre assez fréquem- 
ment sur le Genévrier de Virginie. 

Laminm album variegatum. 

liauroceraSus vulgaris angustl- 

f'olia, — Cette plante qui, pendant long- 
temps, a figuré dans plusieurs Ecoles de bo- 
tanique sous le nom d'Hartogia Capensis, est 
un fait de dimorphisme du Laurocerasus val- 
garis fait que plusieurs fois nous avons pu con- 
stater et que démontre la gravure 7, sesfeuil- 









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DANS LES VÉGÉTAUX. 



49 



les, très-étroites, longues, d'un vert clair, sont 
plus fortement dentées que celles de la plante 
dont elle sort. Elle est très-constante; on n'a 
point d'exemple qu'elle ait varié. 

Iiaurocerasus vulgarls varie- 
gâta. 

Laurocerasns laisltanica varlc- 
xata. 



Iiierre en arbre à feuilles pana- 

allées. — Cette sous-variété est un fait de 
dichroïsme du Lierre dit en arbre, dont elle ne 
diffère que par ses feuilles panachées de blanc 
jaunâtre. 

Ce qu'on nomme Lierre en arbre est un 
Lierre commun, ou l'une de ses variétés, ar~ 
rivé à l'état adulte, et qu'alors il fructifie. Les ra- 
meaux sont gros, courts, arrondis et dépourvus 




Grav. G. — Hêtre commun obtenu de greffe, sur lequel tous les rameaux placés d'un côté de 



la tige sont à feuiltes laciniees. 



de crampons; les feuilles aussi, au lieu d'être 
lobées, sont cordiformes, plus ou moins allon- 
gées, parfois très-obtusément arrondies. 

De même qu'il y a plusieurs formes de 
Lierre rampant, il y a plusieurs sous-variétés 
de Lierre en arbre ; elles sont en rapport avec 
les variétés dont elles sortent, et se distinguent 
par la forme et par les dimensions des feuilles, 
par la grosseur des rameaux, toutes choses qui 
dépendent de la vigueur et de l'aspect des 
variétés mères *. 



* On obtient le Lierre en arbre, soit en boutu- 
rant, soit en greffant des rameaux adultes, cest- 
à-dire des rameaux qui ont été modifiés par le fait 



Le fait du Lierre en arbre rentre dans la 
3e série des faits de dimorphisme, que nous 
avons établie. (Voir note 1.) 

liigustrum «Paponlcum varlega- 

tum. — Le L. Japonicum paraît sujet à pro- 
duire des faits de dimorphisme ou plutôt de 
dichroïsme; on a déjà, de lui, produites de 



de la fructification. Ils se ramifient et forment 
alors de très-jolis buissons, d'où sortent parfois, 
surtout près de la surface du sol ou dans les par- 
ties mal aérées, des rameaux munis de crampons, 
portant des feuilles plus ou moins lobées, et qui 
rampent et s'enracinent dès qu'ils touchent le soh 



























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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



cette manière, plusieurs variétés distinctes par 
la couleur ou par la disposition des pana- 
chures, ce qui leur a valu des qualifications 
particulières. Il en est même une qui diffère 
un peu par la forme de ses feuilles. 



retint 



rum 

Cette va- 
riété, qui se distingue 
par ses feuilles bor- 
dées ou rubannées de 
jaune, s'est produite 
au Muséum en 1861 ; 
elle provient d'une 
branche qui s'est dé- 
veloppée spontané- 
ment sur un pied type 
dont les feuilles 

étaient vertes. Elle est 
instable. 

lilgiistriim 

vulgaire varie- 

gatum. — Cette va- 
riété, qui est un acci- 
dent du Troène com- 
mun, s'en distingue 
par ses feuilles pana- 
chées de jaune. Cet 
accident est assez fré- 
quent, même à l'état 

sauvage ; nous l'avons 
rencontré plusieurs 
fois dans des bois. 
Elle n'est pas stable. 

Ii lias com- 
mun à, feuilles 
panachées • 

JLÎlas die Per- 

* 

se à feuilles la- 
clnlées et lillas 



ovailfoliiim 



au- 



tle 



Perse 



a 



fleurs blanches 

— Bien qu'on ne puisse 
préciser l'époque à la- 
quelle se sont produits 
les deux accidents 

dont nous venons de 
parler, propres au Li- 
las de Perse, on ne 
peut douter qu'ils 
aient été produits de 
cette manière, le Lilas 
de Perse ne donnant 
jamais de graines. L'o- 
rigine de ce dernier N 
est même très-dou- 
teuse. L'un des deux 
accidents porte sur les 
feuilles ; l'autre porte 
sur les fleurs qui sont 
blanches, légèrement 
violacées. 




dont cette variété sort, forme un cylindre mélo- 
niforme c'est-à-dire légèrement renflé au som- 
met; il porte des épines disposées en faisceaux, 
longues de 2 à 3 centimètres, raides, très-aiguës, 
accompagnées à la base d'une série d'autres, 
plus petites disposés en étoile. La variété deda- 
lea, au contraire, indépendamment de sa forme 

qui est si différente 
^le celle que présente 
le type, n'a pas d'épi- 
nes; elle est revêtue, 
sur toutes ses parties, 
de poils soyeux, ar- 
gentés, et comme feu- 
trés, très-doux au tou- 
cher. La mère et l'en- 
fant — quant au physi- 
— n'ont rien de 



^O.hJTENl&R 



Grav. 7. — Laurocerasus vulgaris 
rie té angusifolia a, a, plante 
d'Hartogia Capenis. 



que - 
commun. 

Slentlia ro- 
tundlfolla va- 
riesrata* 



sur lequel s'est développée la va- 
qui a été cultivée sous le nom 



Mol S na cseru- 

lea var iega ta . 

Musa vittata. 

— Cette variété, qui 
se distingue à ses 

feuilles marquées de 
bandelettes blanches, 
est un accident du 
type Musa paradi- 
siaca ou sapientium; 
ses panachures ou 
bandelettes, qui sont 
bien marquées sur les 
jeunes plantes, dispa- 
raissent souvent avec 
le temps, de sorte que 

chez les vieilles plan- 
tes, on n'en retrouve 
parfois pas de traces. 

Myrte com- 
mun H feuille» 

panachées. 

Variété issue acciden- 
tellement du type com- 
mun, auquel elle re- 
tourne fréquemment. 

«Billet Flou. 

(Voir plus haut, 
Pag 34.)' 

Opuntia cy- 
linclrica cris- 

tata, — Cette va- 
riété, résultat d'un ac- 
cident de Y Opuntia 
cyUndrica, n'a, par 

ses caractères exté- 
rieurs,rien de commun 
avec la plante dontelle 






Haïi. (Voir plus haut, page 40.) 

Hamillaria nivea dedalea. 

■ 

Cette variété, qui est un accident du Mamilla- 
ria nivea, forme une masse compacte dont les 
plis et circonvolutions, disposés en une sorte de 
Labyrinthe — (dedalea), donnent à l'ensemble 
un peu l'aspect d'une fraise de veau. Le tvpe 



sort qui formé une colonne cylindrique régulière. 
L'accident, au contraire, est un composé de pièces 
élargies placées l'une contre l'autre en différents 
sens à peu près comme celles que présentent 

diverses sortes d'Opuntia, qu'on nomme vulgai- 



rement Semelles du Pape. 
Oranger turc» 



Cette variété, qui es 1 















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DANS LES VÉGÉTAUX. 






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Grav. 8. — Osmanthus Fortunei ovata. 



Forme accidentelle de Y Osmanthus Fortunei. 







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Grav. 9. — Osmanthus Fortunei portant des feuilles de différentes formes. 






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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



un accident d'une sorte de Bigarade (probable- 
ment de la Bigarade cornue), porte à la fois 
sur des branches diverses, des feuilles étroites 
et irrégulières (comme érosées), panachées ou 
plutôt satinées-bordées blanc, et sur d'autres 
branches, des feuilles vertes, larges et forte- 
ment auriculées , ainsi que des fruits qui 
rappellent ceux de la Bigarade cornue. 

Orontluni Japonicum varlega- 
tum. 



Osmantkus 



Fortune! 



ovata 



(Grav. 8). — Cette variété, qui provient de 
l'Osmanthus Fortunei (Olea ilicifolia du com- 
merce), est instable. Après l'avoir conservée 
pendant plus d'un an sans varier, elle a repris 
en grande partie son caractère primitif, qui 
est d'avoir des feuilles longues, fortement épi- 
neuses et grossièrement nervées, comme sont 
celles qui sont placées à la base (Gravure 9).. 
Quelquefois aussi, on trouve des rameaux 
portant des feuilles de forme diverse ainsi qu'on 
le voit sur la même gravure. 

» 

Osmantbus aquiffolium varie- 

gâta» — 



color). 



— Diffère du type, dont elle est un 
accident, par ses feuilles panachées de blanc 
jaunâtre. 

L'Osmanthus aquifolium, qu'on peut consi- 
dérer comme le réprésentant, au Japon, de 
notre Houx commun, paraît, comme ce dernier, 
très-apte à produire des accidents. On ne peut 
douter que les diverses variétés récemment in- 
troduites dii Japon n'aient été produites de 
cette manière. 

■ 

Pêcher à fleurs A 9 œillet. (Persica 
dianthiflora) et Pêclier a fleurs de 
plusieurs couleurs (Persica versi- 

— Ces deux variétés sont des formes 
accidentelles du Persica rosœflora dont les fleurs 

sont d'un rouge très-foncé. Gomme ce dernier, 
ces deux variétés sont à fleurs doubles mais de 
couleurs très-différentes de celles de leur mère # 
Le P. dianthiflora a les fleurs d'un rose carné, 
le P. versicolor, au contraire, a les fleurs 
blanches, striées ou rubannées de rose vif. 
Ce dernier est beaucoup plus délicat que le 
type, — Persica rosœflora, — sa mère; il l'est 
également beaucoup plus que son frère, le 
P. dianthiflora. 

Pëctoer Madeleine rouge à feuil- 
les de Saule. — Cette variété, remar- 
quable par la forme de ses feuilles, qui sont 
très-longues et étroites, planes, luisantes, très- 
courtement dentées, est le résultat d'un ac- 
cident qui s'est développé sur la variété dé- 
signée par certains horticulteurs sous le nom 

de Pêcher Madeleine de Courson (Madeleine 
rouqe) ; elle nous paraît avoir beaucoup de res- 
semblance avec celle très-anciennement connue 
sûus le nom de Pêcher à feuilles de Saule. 

Pêclier Madeleine r ou ge à feuil- 
les laciniées (Grav, 10). Cette variété 
dont les feuilles sont fortement et grossière- 
ment laciniées, est un fait de dimorphisme qui 

s'est montré sur le P. Madeleine rouge (Made- 
leine de Coursonj hort.) 



Pelargohium Manglesii* 



Très- 



le P. Manglesii est un accident du P. zonale T 
dont il se distingué non-seulement par la pana- 
chure de ses feuilles, mais par ses rameaux, 
qui sont beaucoup plus maigres, et par ses 
feuilles plus profondément lobées. A son tour 
il a, par dimorphisme, produit plusieurs va- 
riétés. 



Pelargonium lieder&Dfollum va- 
riegafum» 

Pelargonium zonale et P« In- 
qulnans* — 



— Les variétés accidentelles pro- 
duites par ces deux types (qui en réalité n'en 
font qu'un), sont très-nombreuses; il en est 
parmi elles de tellement tranchées que, si l'on 
en ignorait l'origine, on pourrait les considérer 
comme des types, 

Plialarls arundinacea picta et 

■ 

Plialarls arundinacea aurea. — 

Issues par accident du Phalaris arundinacea, 

ces deux variétés diffèrent du type par les 
panachures qui sont blanches chez la première, 

jaunes chez la deuxième. — Elles sont le re- 
présentant, exact, du phénomène qui s'est pro- 
duit sur YArundo Donax, de même que sur la 
Canne à sucre. 

Plilox Croix de Saint-Inouïs blanc. 

— Cette variété, dont les fleurs sont complè- 
tement blanches, est un accident (fait de di* 
chroïsme) qui s'est montré en 1863 sur la variété 
de Phlox decussata nommée Croix de Saint- 
Louis, qui est rose strié de blanc, en croix, 
d'où son nom. 

Phragmites vulgaris varlegata» 

— Il se distingue du type, Phragmites vulgaris, 
dont il est un accident, par ses feuilles qui 
sont bordées ou marginées blanc. 

Plcea excelsa tabulaef ornais* — 



remarquable par ses feuilles panachées de blanc, 



— Cette variété, qui atteint à peine quelques 
décimètres de hauteur, et qui, au lieu de s'éle- 
ver verticalement, s'étend horizontalement et 
tend à former des sortes de tapis, est un fait 
de dimorphisme des plus remarquables, le 
résultat d'un broussin (note 40) qui s'est déve- 
loppé sur la tige d'un très-grand Picea excelsa. 
Ce fait des plus remarquables s'est produit 
dans le parc ae Trianon, à Versailles. 

Plnus sylvestris nana nions* 

trosa. — - Cette variété, naine et mons- 
treuse, résultat d'un broussin qui s'est développé 
sur la tige d'un grand Pinus sylvestris, est très- 
remarquable par ses feuilles longues et inégales, 
rapprochées et tourmentées ; elle l'est surtout 
par ses rameaux grêles, parfois presque fili- 
formes et irréguliers, qui naissent en quantité 
telle qu'ils cachent quelquefois complètement 
les branches et même la tige. 

Plnus sylvestris nana com- 
pacta. — Cette variété, qui atteint à peine 
quelques décimètres de hauteur, provient d'un 
broussin qui s'est développé sur un grand Pinui 
sylvestris. A peine haute de douze centimètres, 
ses ramifications, nombreuses et très-courtes, 
portaient déjà deux générations de cônes, les 
uns à peu près mûrs, petits, quoique bien con- 
formés; les autres, beaucoup plus jeunes, étaient 
encore herbacés. 
























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DANS LES VÉGÉTAUX. 



53 



Pittosporum toi» ira variega- 



Koraiana . 




tuni. 

Poclocarnus 

Cephalotaxus.) 

Poiriers A fruits panaches. — 

Les Poiriers Duchesse d'Angoulême panaché, 
Amanhs panaché, Guénette ou Madeleine pana- 
chée, Saint-Germain panaché, Bergamotte d'au- 
tomne panachée, Culotte de Suisse pana- 
chée, etc., etc., sont des accidents des Poiriers 
dont ils portent le nom. Ces variétés sont 
encore remarquables en ce que les panachures 
portent sur les rameaux et sur les fruits, mais 
non sur les feuilles, ce qui les distingue de la 
variété suivante, qui est également le résultat 
d'un accident. 



Poirier d'Ainanll* a écorce et 
a feuille» jaunes. — Cette variété, fait 
de dichroïsme du Poirier d'Amanlis, est très- 
remarquable; on pourrait même dire qu'elle 
est jolie; elle s'est développée sur la tige d'un 
Poirier d'Amanlis qui ne présentait rien d'anor- 
mal. Elle est très-vigoureuse -et produit un 
effet des plus singuliers par toutes ses parties 
qui sont jaunes, excepté l'écorce qui est pieté 
de gris blanc % Elle n'a pas encore fructifié. 

d'autres faits de dimorphisme, 



(Voir 



pour 
relatifs au Poirier page 387) 



Pomme de terre (dimorphisme 



nu m.) 

Pop 



40. Voir 



Sola 



rjeca peudula, 



I 




Grav. 10. — Forme accidentelle du Pêcher Madeleine rorâ. 



Nous ne pouvons dire d'où vient ni comment 
a été obtenu cette variété, qu'on possède de- 
puis longtemps dans les cultures; ce que nous 
pouvons affirmer, c'est que, en 1858, ayant 
greffé 15 sujets de Populus nivea avec du P. 
Grœca qui nous paraît être le même que le 
P. tremuloides, Mich., sur 7 individus qui ont 
poussé, il y en avait un dont les rameaux, 
grêles et pendants, étaient absolument sembla- 
bles au P. Grœca penâula du commerce ; ce 
fait est un des plus curieux que n ous connais- 
sions. L'individu qui nous le fournit est planté 
dans les pépinières du Muséum, à côté d'un de 
ses frères, auquel, physiquement, il ne ressem- 
ble pas, bien qu'ils proviennent de la même 
mère. Tous deux sont femelles et se couvrent 
chaque année de chatons. 

Précoce Malingre à grain» ronds. 

Cette variété diffère du type, dont elle est 
un accident, par ses grains ronds, gros, et par 
s es grappes très-compactes. (Voir, pour d'au- 



tres faits concernant les Raisins, au mot Vigne.) 

Prunier (voir plus haut page 38.) 

Prunus Mahaleh varlegata. — 

Indépendamment de cette variété, qui est très- 
jolie par ses rameaux allongés, très-grêles et 
par ses feuilles panachées de blanc, le Prunus 
Mahaleb a produit, par dimorphisme, plusieurs 
sous-variétés qui se distinguent par la forme 
des feuilles et surtout par la couleur de leurs 
panachures. Presque toutes ces variétés sont 
plus délicates que le type; leurs rameaux 
sont aussi plus grêles que ceux de ce dernier. 



Rheum Australe 



ni 



— Cette plante est remarquable par la pana- 
chure de ses feuilles qui est d'un très-beau 
blanc. 



Ri nés 



«un varlegatum 



Accident du type, qui n'en diffère que par 
feuilles panachées de blanc jaunâtre. 



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54 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



Bibes rubrum Tariegadim. — 
Boblnia bispitla arborea et 



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Ces deux variétés sont le résultat d'accidents 
qui se sont montrés sur le Robinia hispida, 
espèce dont Forigine est très-douteuse. Le 

Robinia hispida arborea, hort (R. macrophylla. 

D. C.) diffère du type par sa vigueur plus con- 
sidérable, par ses rameaux beaucoup plus gros, 
dont l'écorce, très-foncée, luisante, est lisse et 
non hispide, et enfin par ses feuilles plus épais- 
ses, coriaces, luisantes, et comme vernies. 
Quant auR. hispida macrophylla, hort. lia beau- 
coup plus de rapport 
que le précédent avec 
le type R. hispida; 
il en diffère néan- 
moins par sa vigueur 
plus grande et sur- 
tout par ses fleurs, 
qui, moins abondan- 
tes et un peu plus 
développées., sont 
aussi d'une couleur 
un peu plus pâle. 
Comme le type dont 
elles sortent, ces va- 
riétés ne donnent 
point de graines 

(note 41). 

Le fait de la pro- 
duction accidentelle 
du JR. hispida in er mis 
sur* le R. hispida est 
tout à fait hors de 
doute ; plusieurs ^ fois 
nous avons trouvé ces 
deux sortes de ra- 
meaux croissant les 
uns à côté des autres 
sur la même branche 
(grav. 11) ; il a donc 
suffi de les multiplier 
à part pour en obte- 
nir des variétés dis- 
tinctes. 
raoïiiiifa "Pseii- 



Dans beaucoup de terrains, cette variété 
revient plus ou moins vite au type dont elle 

sort; il arrive même fréquemment que, sur 
un pied, on voit des fleurs les unes rouges et 
les autres jaunes (voir la gravure coloriée) et 
parfois même on trouve des fleurs qui pré- 
sentent ces couleurs à peu près par moitié, ou 
bien encore des pétales qui sont moitié rouges 
et moitié jaunes. En général l'accident est 
moins vigoureux que le type, de sorte que, par 
l'effet d'une modification lente, on le voit quel- 
quefois disparaître peu à peu, et qu'au bout 
d'un certain temps on a un Rosier à fleurs 
complètement jaunes là où l'on avait planté un 

Rosier à fleurs rouge 

orangé. 

Rosier «le 

Vbionville OU 

Rosicrtles <t na- 

Saison 




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riée.) 



(grav. colo- 
Cette variété 



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do-Acacia um 

bracnlif era . 

Cette plante, si com- 
munément employée aujourd'hui, soit comme or- 
ment sous le nom vulgaire à' Acacia boule, soit 
comme arbuste nain et considérée alors comme 
plante fourragère et nommée pour cela Acacia 
à faucher, provient, d'après Turpin, d'un 
broussin qui se serait développé sur la tige 

d'un Robinia pseudo- Acacia. 

Ce fait qui, pour nous n'a rien de surpre- 
nant, nous montre toute l'importance que, dans 
certains cas, peuvent acquérir ces faits de végé- 
tation si singuliers, et que, ce qu'à tort nous 
considérons comme des accidents peut au con- 
traire devenir la source de très-grandes ri- 
chesses. 

Rosa Eglanteria punlcea. — Ce 
Rosier ne diffère du Rosier capucine ordinaire 
à fleurs jaunes (Rosa Eglanteria), dont il est 
un accîdp.nL que nar la couleur des fleurs, 



Grav. 11. — Forme accidentelle du Robinia hispida; — a, 
branche principale ;&, rameau hispide comme la branche a ; 
0, rameau complètement glabre. 



est le résultat d'un ac- 
cident quiparaîts'être 
montré pour la pre- 
mière fois, à Thion- 
ville, vers 1835. (Voir 
page 36. Voir aussi 
pour d'autres faits de 
dimorphisme du gen- 
re Rosier, page 34). 

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Saccbartim 
officinal* u ni 

violacenni (Voir 

page 42). 

Salix Raby- 
lonica annula- 

vis. — Cette variété, 
si remarquable par 
la forme de ses feuil- 
les, est un accident du 
Salix Rabylonica. 

Nous l'avons remar- 
qué, il y a bien long- 
temps déjà se déve- 
loppant chaque année 
sur un vieux pied. Les 
parties sur lesquelles elle se montrait, étaient, 
en général, peu vigoureuses, elles produisaient 
tout à coup des bourgeons qui, au lieu de 
feuilles longuement linéaires, planes, étaient 
un peu roulées sur les bords et contournées en 
anneaux. 
Le Salix Rabylonica annularis est très-cons- 
nous n'avons pas d'exemple qu'il 
revenu au type dont il est sorti. 11 est beaucoup 
moins vigoureux que ce dernier. 



tant, 



soit 



qui est d'un rouge orangé. 



Sambiicns nigra variegala an- 

rea et Sambiiciis nigra variegata 

argent ea. — Ces deux variétés diffèrent du 
type par les panachures de leurs feuilles qui 
sont jaunes chez la première, blanches chez la 
seconde. La dernière est aussi bien moins vi- 
goureuse que le type. 

Sambiicus ni&rra nionsfrosa. 



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Revue Horticole 






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DANS LES VÉGÉTAUX. 



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Accident produit par le Sambucus nigra, ana- 



Verjus « grain £ ovales fer av. 12) 

lugue a i wvwmnms jupuniw fasciata qui est — Cette variété s'est développée acciden- 
aussi un accident de l Evonymus Japonica. Ses | tellement , sur un sarment de Verjus qui 



fleurs sont égale- 
ment monstrueu- 



C'est 



ses, et, jusqu a 
ce jour, les grai- 
nes qu'il a pro- 
duites ont tou- 
jours été mau- 
vaises. 

Sol an u in 

dulcamara 

variegatum 

iSolanum 

tulierosum 

variegatnm 

— Cette variété, 
très - remarqua- 
ble par ses feuil- 
les et ses tiges 
panachées de 

jaune, est un fait 
de dichroïsme ; 
elle provient 
d'une Pomme de 
terre qui, l'année 
qui a précédé 
celle où s'est 
montré l'acci- 
dent, ne présen- 
tait aucune ano- 
malie dans sa vé- 
gétation, 
un accident qui 
s'est développé 
spontanément. 

Spirea Ul- 
niaria va- 
riegata. 

Symphi- 
tum offici- 
nale varîe- 
gatnm. 

Symplio- 

ricarpoi 
vulgaris va- 

riegata. 

Tluijopsis 

dolalirata 

variegata, 

— Cette variété, 
dont les feuilles 
sont panachées 
de blanc, est re- 
marquable par sa 
vigueur et par sa 
grande facilité à 
former des têtes lorsqu'on la multiplie de bou- 
tures. 

1 Imi5$ campestris variegata, 

argentea, aurea picta, etc. — 

Les variétés à feuilles panachées, de l'Orme 
commun, produites par accidents, sont nom- 
breuses ; elles se distinguent par la couleur 
et par la forme des panachures. 




Grav. 12. — Verjus à grains ovales.— Forme accidentelle qui 
s'est développée sur un sarment de Verjus ordinaire à grains 
ronds . 




Grav. 13. 



Raisin verjus. 



portait deux grap- 
pes dont , l'une 
dont on voit un 
grapillon (grav. 

13), était à grains 
ronds. 

(Voir ci-après 
au mot Vigne. 
Voir aussi Pré- 
coce de Malin- 
gre.) 

Yîliuriiuin 
Opulus sic- 
rllls ou 



Boule 



de 



neige — Cette 
variété est le ré- 
sultat d'un fait 
de dimorphisme ; 
c'est une forme 
accidentelle du 

Viburnum Opu~ 
lus. 

Vlliurnuni 

Opuluâ ste- 
rills varie- 
faillira. 
Vlliurnuni 

macroce- 

pli aluni 

C'est une forme 
accidentelle, sté- 
rile, du Vibur- 
num Keteleêrii 

tout à fait ana- 
logue à celle qu'a 
produite le F. 
opulus. 

Viburnum 

llnus varle- 
itum. 

Viola Ro- 
tlionia 

&ls pallida. 

■ — Cette variété, 

dont les deux pé- 
tales supérieurs 
sont lilacés pâle 

et mouchetés, 
tandis que les 

trois autres sont 

blanc-jaunàtre lé- 
gèrement striés, 
est le résultat 
d'un fait de di- 
chroïsme lent (note 1) qui s'est produit au 
Muséum '(note 45). 

'Vlgamlia Caracassana varle- 

Distincte par ses feuilles, et même 



gâta. — 

par ses branches panachées de blanc, cette va- 
riété s'est développée accidentellement, en 
1 862, sur une plante qui, mise en pleine terre 
au commencement de cette même année, ne 












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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 






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présentait alors d'autres caractères que ceux 
que cette espèce présente à l'état normal. 

Vigne. — Les faits, soit de dimorphisme, 
soit de dichroïsme, que présentent les \ignes, 
sont relativement nombreux. Ceci se comprend 
d'autant mieux que la Vigne est un des plus 
anciens végétaux, et aussi un de ceux qui ont 
été le plus cultivés, et, d'autre part aussi, 
comme on ne l'a jamais guère multipliée que 
de bouture, et que c'est par millions que chaque 
année on a fait de celles-ci, il a donc suffi que 
quelques accidents se produisissent pour qu'en 
peu de temps ils se répandissent dans beaucoup 

de pays. 

Il arrive encore assez fréquemment que, sur 
un cep, certains sarments donnent des Raisins 
soit de forme, soit de couleur différentes de 
ceux que présentent les autres, sarments de ce 
même cep (grav. 12-13); ajoutons que, presque 
toujours aussi, ces Raisins offrent des qualités 
qui leur sont propres. Voici quelques exemples 

de ces accidents. % 

Sur un pied de Raisin muscat a fruits noirs 
nous avons, pendant plusieurs années, remarqué 
que certains sarments produisaient des Raisins 

muscats à fruits blancs. 
Le Raisin Corinthe blanc, sans pépins, est 

un fait de dimorphisme d'une variété de Vigne 
dont les grains, beaucoup plus gros que ceux 
du Corinthe, contiennent des pépins. C'est un 
fait que nous avens constaté plusieurs fois sur 
des grappes où quelques grains s'étaient dé- 
veloppés outre mesure : ces grains renfermaient 

des pépins. ^ 

Le Corinthe blanc est l'analogue du Chasse- 
las de Demoiselles ; comme lui il est le résultat 
de Vin fécondation des fleurs. 

Un des grands propriétaires de Vignes du 
midi de la France, feu Cazalis Allut, écrivait 

il y a quelques années : 

« Un cep de Ter et produit chez moi, depuis 
plusieurs années, des Raisins noirs sur les 
coursons de deux de ses bras, et des Raisins 
gris sur les coursons des autres bras. 

<r Un cep KEpiran gris, taillé en cordons, a 
aujourd'hui environ 12 mètres de longueur. Les 
six premiers mètres produisent constamment 
des Raisin gris, et le reste du cep, jusqu'à son 
extrémité, produit des Raisins blancs. 

« Je possède dans un enclos un cep d Epiran 
noir ayant plusieurs bras; les coursons de 1 un 
d'eux donnent des Raisins dont les grains sont 
presque du double de grosseur de ceux des 
coursons des autres bras....» 

Un autre propriétaire du Midi, M. Henri 
Bouschet, de Montpellier, écrivait tout récem- 
ment : « J'ai eu l'occasion, pendant plusieurs 
années, de voir %ns ma collection du Lot-et- 
Garonne, uu cep àh Prunella gris, qui tantôt 
sur une tige, tantôt sur deux, portait des rai- 
sins noirs tandis que tous les autres coursons 
ne donnaient que des raisins gris. 

« J'ai eu l'occasion, depuis deux ans, de re- 
marquer dans ma collection de vignes, à la Cal- 
meltc un fait des plus curieux, sur 3 greffes 
d'une variété espagnole qui m'est venue de la 
collection du Luxembourg ou elle porte le nom 
Parrel del Reyno de Lorca et que j'ai reconnue 
pour être notre Morastel noir, un des trois 
ceps greffés a porté; à ma grande surprise, des 
raisins noirs d'un e&té tout à fait semblables à 



ceux de Morastel, et sur un courson opposé, et 
toujours le même, des grappes blanches ayant 
un aspect tout autre que celui qu'aurait pu pro- 
duire un Morastel à grainsblancs, et un feuillage 
de forme et de couleur très-différentes, qui m'a 
paru identique avec celui de Yoyo de Rey de 
Morada, dont les feuilles d'un vert jaune clair, 
présentent des lobes très-peu marqués , et 
arrondis, ainsi que des dents, tandis que la 
feuille du Morastel est d'un vert foncé avec de 
profondes divisions, des lobes aigus, et des. 
dents bien détachées et terminées en pointe. » 

Un passage que nous trouvons dans 
le Parfait Vigneron (édition de 1811) 
semble confirmer de tous points l'opi- 
nion que nous émettons ici au sujet 
des modifications qui s'accomplissent 
dans les variétés de Vigne ; le voici : 
« Les citoyens Vilmorin et Jumilhac ont 
vu , le premier, un cep de Meunier porter, 
sur des sarments particuliers, des feuilles 
et des fruits du Maurillon précoce. Le 
citoyen Jumilhac a vu de même le 
Meunier devenir Maurillon. » 

D'où il résulte que la variété de Vigne, 
appelée Madeleine, Juillet, Maurillon 
hâtif, etc., n'est qu'un accident de la 
variété appelée Meunier, ce qui démon- 
tre, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus, 
que les variétés issues d'accidents peu- 
vent présenter des qualités différentes 
de celles qu'offrent les variétés dont 



elles sortent. 

Sur un p 

développé 



Pinot 



il s'est 



il 1863, au Muséum, un 
sarment dont les feuilles sont bien pana- 
chées ou largement rubanées de jaune ; 
il produit du raisin à peu près semblable 
à la variété dont il sort ; néanmoins il 
paraît être beaucoup moins fertile. 

En 1863, nous avons observé deux 
autres faits très-remarquables sur la 
vigne; l'un porte sur la variété Précoce 



Maling 



Verjus. Ces 




des 



phé 



quences tout à fait con- 

„„, , tandis que la Précoce Ma- 

lingre a les grains longuement ovales, dis- 
tants, et que le sarment qui s' est développé 

accidentellement sur elle avait les grains 
ronds, très-serrés, plus gros que ceux 
du type, la variété dite Verjus, dont les 
grains sont légèrement oblongs ou 
presque ronds (grav. 13), nous a donné 
sur un sarment des grappes dont les 
grains étaient longuement ovales et atté- 
nués auxdeux bouts (gravure 12.) De plus, 
l'accident Verjus à grains longs nous a 








' 




II 














' A 

















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m 



Tl 






DANS LES VÉGÉTAUX 



57 



présenté celte autre particularité, d'être 
un peu plus tardif que le type sur lequel 



il s'est développé. 



Pour quelques autres accidents pro- 
pres à la Vigne, Voir ci-dessus les mots 
Chasselas gros Coulard. Ch. de Demoi- 
selles, etc., etc. 

Nous aurions pu de beaucoup aug- 
menter cette énumération de faits de di~ 
morphisme ou d'accidents; nous ne 
l'avons pas jugé nécessaire parce que, 
indépendamment de ce que cela nous 
aurait entraîné trop loin, l'intérêt réel 
du sujet n'y eut rien gagné. Nous 
avons donc cru devoir nous arrêter, et 
mettre des bornes à ce qui, disons-le, 
n'en a pas. Cependant, et malgré la lon- 
gueur de cette énumération, il est en- 
core certains faits qui, à cause de l'in- 
térêt particulier qu'ils présentent, nous 
paraissent dignes d'être cités; ils ont 
rapport aux Jacinthes ; les voici : 

La Jacinthe double bleue ou Globe 
terrestre est un accident de la Jacinthe 



Sultan Achmet 



La 



Jacinthe double blanche à cœur bleu ou 
Sphœra Mundi est un accident de la 
Jacinthe double blanche. — La Jacinthe 
rouge simple, nommée Acteur, cultivée 
pendant très-longtemps sans varier, a 
produit par dimorphisme, à Hemstede, 
près de Harlem, une variété ailleurs rou- 
ges, doubles, imbriquées. — La Jacinthe 



également 



fleur 



pendant très-long- 
produit, d'un même 



X 7 X 

oignon, deux hampes dont 1 
des fleurs de couleur lie de vin, tandis 
que sur l'autre les fleurs étaient de cou- 
leur rose carné tendre. 

qu'ils 



Ces 



faits, quelque étranges 



puissent paraître, n ont rien qui nous 
étonne ; nous en connaissons d'analogues 
chez d'autres plantes bulbeuses, notam- 
ment chez les Tulipes, et tout particuliè- 
rement chez les Iris Xyphium et /. 
xyphioides (note 2). 

Pour clore cette série d'accidents, 
rappelons le fait de dimorphisme que 



soit 



Cytisus Adami. Quelle 



l'origine 



de celte plante, que ce 
soit un hybride,, ainsi qu'on le croit gé- 
néralement, ou que ce soit une forme 
particulière, nous n'avons pas à nous 
occuper ici ; ce qui nous importe, 
de constater cette singulière 



en 



c'est 



particularité qu'il présente, de déve- 
loDDcr.très-frécmemm 



dire normalement, des rameaux de 
Cytisus Laburnum et aussi d'autres 
appartenant au Cytisus purpureus. 

Lorsqu'on greffe séparément ces 
deux sortes de rameaux, ces espèces 
restent invariables, quoique les greffons 



aient été pris sur le 



Adam 



En terminant ce qui a rapport aux 
faits de dimorphisme, faisons observer 
que, en général du moins, ces faits ne 
se montrent que sur des plantes dont 
les caractères fondamentaux paraissent 
avoir été plus ou moins ébranlés, par 
conséquent sur celles qui,, soumises 
depuis longtemps à la culture, ont été 
modifiées dans leur tempérament, ou 
bien qui ont subi l'influence d'autres 
plantes analogues. D'où, comme consé- 
quence, nous tirons cet aphorisme : la 

STABILITÉ DES FORMES DANS UN GROUPE 
QUELCONQUE DE VÉGÉTAUX EST, EN GÉNÉ- 
RAL, EN RAISON INVERSE DU NOMBRE d'eS- 
PÈCES QU'IL CONTIENT, AINSI QUE DE LEUR 
DEGRÉ DE DOMESTICATION. 

Faisons cette dernière observation 
que, dans tous ces faits de dimorphisme, 
il arrive fréquemment que les parties 
qui en sont la conséquence ne diffèrent 
pas seulement des plantes dont elles 
sortent par leurs caractères physiques 
ou externes, tels que la couleur, la 
forme, les dimensions, etc., mais qu'elles 
ont souvent un tempérament différent; 
leurs fruits peuvent également présenter 
des différences considérables dans leur 
aspect, dans leur forme, dans leurs qua- 
lités, dans leurs dimensions, dans leur 
couleur, être hâtifs, tardifs, etc., etc. 

Il en est de même des fleurs, et sous 
ce rapport nous avons de nombreux 
exemples de plantes à fleurs rouges qui 
ont développé des rameaux portant des 
fleurs blanches, et vice versa. 

Ces faits, dans certains cas, peuvent 
donc embarrasser les botanistes. En 
effet, | 



ignore 



comment pouvoir assigner une 
patrie à ces plantes si l'on 
comment elles se sont produites? etcom- 
ment aussi en faire le rapprochement et 
supposer qu'elles sortent d'individus 



de commun? 



par 



Ces faits produits, soit du dimor- 
phisme, soit du dichreïsme, si remar- 
quables et même si surprenants qu'ils 
soient, doivent-ils étonner lorsqu'on ré- 



fléchit qu'ils 



ph 



naturel qui détermine une transforma- 





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58 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



tion organique lente, mais incessante ! 

Mais, d'une autre part, ne peut-il 

pas se faire que cette modification se 

passe sans secousse, sans que son effet 



1)1 x 

qae, comme par une sorte d'incubation, 
elle modifie insensiblement l'organisa- 
tion des individus jusqu'à produire, sous 



presque 



des indi- 



vidus qui présentent des propriétés 
autres que celles qu'ils présentaient na- 
guère ? C'est ce que semblent dé 
certains faits observés sur des 




Vignes. 

Ainsi nous connaissons des champs 

exclusivement en Pinot noir, 
dans lesquels, néanmoins, chaque année 
on arrache un certain nombre de ceps 
dont les Raisins sont gris. Comme 
toujours , le fait est en rapport avec 
les conditions dans lesquelles il se 



passe ; il est donc 



de sorte que, 



dans des vignes voisines ,1c fait est plus 
rare, et que même dans d'autres pla- 
cées dans des conditions en apparence 
identiques, on ne le remarque pas. Ce 
phénomène, du reste, a son analogue, ou 
plutôt son équivalent, dans celui que 
présente le Rosier Capucin 



d 



ponœau 



phisme, 
Eglante 

ment d 



<) 




)rmafion de Ylris 
et dans celui du 



spectabilis (note 

viola Rothomagensis pallida page 55 et 

note 45. 

Toutes ces modifications sont la con- 
séquence de ce grand principe en vertu 
duquel tout se meut et se transforme 
continuellement afin de s'harmoniser 

ia 



et de 



de 



C'est, en un mot, le résultat de l'extension 
de la vie, ce qui n'a rien que de natu- 
rel; et si nous regardons ces faits comme 
des accidents, c'est que, oubliant notre 
nature et intervertissant les rôles, nous 
prenons nos décisions pour des règles 
absolues, et qu'alors tout ce qui s'en 



ord 



par 



de 



Les différents faits que nous venons 




nature 



à modifier les idées si absolues que 
beaucoup de naturalistes se sont faites 
sur la constitution des êtres, et à élargir 
les idées, en général si étroites, que 
nous avons de la puissance du Créateur. 
L'observation de ces faits pourrait peut- 
être être d'un haut enseignement pour 



Sci 



naturelles, en leur faisant reconnaître que 
d'une variété à une autre il n'y a qu'un 
pas, de même que de ce qu'on nomme 
espèce à une autre espèce la distance ne 
peut être appréciée. Si l'on refléchit, en 
effet, ainsi que nous l'avons démontré T 
que sur un même arbre la nature fait 
naître des rameaux velus et des rameaux 
glabres, des fleurs rouges et des fleurs 
blanches, des fleurs jaunes et des Heurs 
rouges, des feuilles entières et des 
feuilles très-profondément dentées, des 
fruits noirs et des fruits blancs, à peau 
lisse ou à peau velue, hâtifs ou tardifs 
etc, etc; pourquoi ne pourrait-elle pas 
aller plus loin, ou bien un peu différem- 
ment et dans un autre sens, par exemple 
faire une élamine, un pétale, un sépale, 



etc., de pi 



d'une au Ire 



forme? Et 

d'après ces caractères qu'on établit ce 
qu'on nomme une espèce et même un 
genre? N'oublions jamais que des unes 
aux autres de ces choses il n'y a qu'un 
très-petit pas ; et ce pas, qui donc serait 
assez insensé ou plutôt assez téméraire 
pour dire que la nature ne peut le faire ? 
Soutenir celte idée, ce serait soutenir 
que Celui qui a fait le tout ne peut faire 

la partie.... 

Mais, d'autre part, comme, en défini- 
tive, une modification externe n'est, ainsi 
quenousnepourrionstrople répéter, que 
la conséquence d'une modification in- 
terne, ne peut-il pas se faire que cette mo- 
dification soit assez profonde pour devenir 
héréditaire et constituer, par sa descen- 
dance, une variété permanente? Comme 
d'une autre part encore , on sait 
aussi que les variétés, suivant les lieux 
ou les conditions particulières dans les- 
quels elles sont placées, peuvent acqué- 
rir des caractères solides, qui, avec le 
temps, peuvent encore s'accroître, il en 
résulte que ce qui d'abord n'était qu'ac- 
cidentel, peut devenir permanent et 
constituer ce que plus tard on considé- 



On 



connaît 



quelques exemples très-remarquables; 
mais parce qu'ils sont rares, en ont-ils 
moins de valeur? Mais si ces faits nous 
paraissent aussi rares, n'est-pas la faute 
de notre imperfection, et est-il raisonna- 
ble de mesurer la puissance du Créateur 
à celle de nos moyens d'investigation? 

Nous ne le pensons pas. 

Aussi, comme conclusion sur le di- 

7 i 



"■" 












' 






DANS LES VÉGÉTAUX. 












i 



morphisme, nous disons : Si dans tous 
ces faits on persiste à voir des accidents, 
il faut donner à ce mot une autre signifî- 



qu 



Pi 



prendr 
3art à ( 

fi 



considérons comme devant être éternel, 
et non comme une chose calamiteuse, 
ainsi que le mot semble l'indiquer. Ce 
que nous disons se trouve du reste com- 



plètement justifié par 1( 
en effet l'examen de 



pi 



nous montre qu'ils sont pour nous un 



bien 



nouvelles jouissances 



d'orner 



physiques et morales. D 
trouvons de nouveaux mo] 

nos jardins ; dans les autres nous trou- 
vons de nouveaux aliments; dans les 
deux cas, ils varient nos jouissances; ce 
qui, disons-le en passant, estpeut-être le 
seul moyen d'augmenter ces jouissances, 
puisqu'elles ne sont telles qu'à la condi- 
tion de se nrésenter à nous sous des for- 



diverses, de 
de s'harmoni 



modifier sans 



à nos facultés si complexes, ainsi qu'à 
nos goûts essentiellement mobiles. 

Deux Bîîotls sur les accidents ait point de 

vue de leur conservation 

Les faits de dimorphisme, ouïes acci- 
dents, qui se montrent sur certains vé- 
gétaux, étant le résultat de caractères 
exceptionnels produits sous l'empire de 
circonstances particulières dont la cause 
nous échappe, il est rare qu'ils se perpé- 



tuent par graines ; il faut donc, pour les 



conserver, avoir recours aux boutures 
ou aux greffes. Mais alors il faut choisir 
les parties les plus convenables eu égard 
au but qu'on se propose d'atteindre, et 

prendre celles qui présentent au plus 
haut degré les caractères qu'on tient à 
conserver, en observant, s'il s'agit de 
panachures, que le meilleur moyen de 
les maintenir est d'employer la greffe, 
parce que, en général encore, les bou- 
tures produisant des individus relative- 
ment vigoureux, ces individus ont plus 
de tendance à reprendre la couleur 
verte, ou bien la forme normale si l'ac- 
cident est une déviation de celle-ci. 



Toutefois dans ce cas on doit 



s'il 



s'agit de panachure, prendre pour la 
multiplication les parties sur lesquelles 
ces panachures sont très-franches, 
sans cependant prendre celles sur 



lesquelles elles sont trop intenses, 
alors les plantes qui en résulteraient 
pourraient rester faibles et chétives; et, 
d'une autre part aussi, lorsque sur le 
même arbre il y aura des parties dont 
les panachures circonscriront le limbe 
des feuilles, on devra prendre de préfé- 
rence les parties qui présentent ce ca- 
ractère ; elles auront Ijeaucoup plus de 
chances de se stabiliser. Si au lieu de 
panachures il s'agissait de monstruosités, 
on prendrait les boutures sur les parties 
où elles sont le mieux prononcées. 

Moyen dVbtenir des variétés par le 
choix des parties employées pour la 

multiplication* 

Bien que ce procédé semble ne pré- 
senter que peu d'intérêt, nous croyons 
néanmoins devoir en dire* quelques 
mots, parce que, d'une part, il peut pré- 
senter certains avantages pratiques , de 
l'autre, parce qu'il touche à certains faits 






qui, tout en venant jeter quelqu 



lu- 



mière sur la physiologie végétale et en 
confirmant certaines théories pratiques, 
démontrent la justesse des prévisions 
qu'avaient fait naître ces dernières. 
Toutefois, pour les bien faire compren- 
dre, nous devons entrer dans quelques 
détails afin de faire ressortir certaines 
particularités dont la connaissance est 
sinon indispensable, du moins très- 
utile ; car si, comme nous l'avons dit 
précédemment, il est beaucoup de va- 
riétés à la production desquelles nous 



près 



est 



qui con- 
la 




pas de même de celles dont n( 
parler. Au contraire, en ce 
cerne celles-ci, nous avons 
large part, ou plutôt tout nous revient, 
pour ainsi dire, puisque le succès n'est 
dû qu'au choix des parties dont on fait 
usage pour opérer la multiplication. 

Pour se rendre compte de la forma- 
tion, nous dirions presque de la création 
des variétés que comprend la nouvelle 
série dont nous allons parler, il faut se 
rappeler que chaque végétal est une 
sorte de laboratoire vivant, qui, sous 

l'influence de ce principe mystérieux 
qu'on nomme force vitale, fabr que, on 
peut le dire de toutes pièces ies sub- 
stances les plus variées. En effet, si l'on 
analyse une graine, par exemple, on con- 
state que, en général, elle se compose 
d'oxygène, d'hydrogène, de carbone, et 
très-souvent aussi d'azote 



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60 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 










• 



L* 































* 

Néanmoins si on place cette graine j d'autant plus considérables que. sur 

l'une d'elles, on prendra pour en opé- 
rer la multiplication, des yeux placés 



dans un sol dont on a enlevé tous les 
principes organiques, et qu'on ne Far- 
rose qu'avec de l'eau soigneusement 
distillée, on pourra constater que, avec 
des éléments si simples et si peu nom- 
breux, cette graine n'en a pas moins 
fabriqué des substances très-complexes, 
renfermant des éléments que, primitive- 
ment, elle ne contenait pas. Mais oulre 
cela, comme effet physique dépendant 
de causes organiques, on remarque, à 
mesure qu'a lieu le développement des 
plantes, et quelles que soient les condi- 
tions dans lesquelles elles sont placées, 
que, à partir de leur base, les modifica- 
tions, qui deviennent de plus en plus 
profondes, donnent aussi aux divers or- 
ganes un aspect différent en rapport 
avec la place qu'ils occupent. On remar- 
que d'abord que toutes les parties pla- 
cées à la base d'un végétal, toutes cir- 
constances égales d'ailleurs, sont beau- 
coup plus résistantes que les supérieures; 
que celles-ci, de moins en moins solides, 
sont même tout à fait herbacées à leur 
sommet; on remarque de plus que toutes 
les parties sont aussi d'autant plus diffé- 
rentes d'aspect qu'on s'élève davantage, 
et que, en ce qui concerne les organes 
foliacés par exemple, on les voit se 
modifier, diminuer de grandeur, chan- 
ger de forme, de nature, ainsi que de 
couleur pour arriver à constituer ces 
parties si brillantes qu'on nomme fleurs. 
Là ne s'arrête point encore la transfor- 
mation, certaines parties des fleurs, par 
suite de modifications analogues à celles 
dont nous venons de parler, constituent, 
au centre des fleurs, les organes sexuels; 
puis, que deux parties très-importantes, 
Y. ovaire et les ovules, suivant les cas, 
prennent aussi les formes les plus va- 
riées; ce sont ces dernières parties qui, 
plus tard, reçoivent le nom de fruits. 

Puis donc que ce sont les mêmes sucs 
séveux qui, par suite de modifications 
successives, forment les tiges, les bran- 
ches, les fleurs, les feuilles, puis enfin 
les fruits, ces derniers, de même que 
les graines qu'ils renferment, ne sont 
donc que de la sève très-élaborée; d'où 
l'on peu!, comme conséquence, tirer 
cette conclusion: que les sucs séveux, 
dans une partie quelconque d'un végé- 
tal, étant d'autant plus modifiés qu'on 
s'éloigne davantage de leur point de 
départ, les modifications seront aussi I 



« 



beaucoup 



Gela est vrai, en gér 
les végétaux, bien que 
d'espèces les différence 
appréciables; il en est au contraire d'au- 
tres chez lesquels ces différences sont 
assez sensibles; tels sont particulière- 
ment les Rosiers, lorsqu'on les multi- 



plie par la greffe en écusson. Ainsi, si 



pour ceux-ci et pour exécuter cette 




end 



très- 



long rameau, comme il s'en trouve pres- 
que toujours, qui ne fleurisse point, 
on en obtiendra des plantes peu flori- 
bondes, qui, si elles appartiennent à 
une sorte dite remontante, pourront 
même ne plus remonter. Si, au contraire, 
et, sur lamême plante, on prend les yeux 
sur des rameaux courts qui ont fleuri, 
on obtiendra en général des plantes plus 



franches, 

7 



dont les rameaux s'allonge- 
ront moins pour produire leurs fleurs. 

On peut donc, en choisissant les ra- 
meaux avec soin, constituer ou des in- 
invidus très-floribonds, ou d'autres peu 
floribonds; on pourrait même, en pous- 
sant assez loin les choses, en obtenir 
qui ne fleuriraient plus du tout, ou du 
moins qui ne fleuriraient que excep- 
tionnellement, et cela tout en prenant les 
parties à multiplier sur lemême individu. 
Par contre et par les mêmes raisons, 



mais en agissant d'une 



manière 



con- 



traire, on pourrait obtenir soit des va- 
riétés à rameaux florifères très-courts, 
soit des variétés chez lesquelles ces ra- 
meaux seraient très-allongés. 

En règle générale, lorsqu'il s'agit de 
Rosiers à greffer en écusson, plus on 



prend les \ 



près des 



les bourgeons qui en résultent s'allon- 
gent et plus au contraire ils fleurissent; 
aussi les yeux qui sont placés dans le 
voisinage des fleurs sont-ils ceux qu'on 



préféi 



des 



plantes floribondes. Dans ce cas encore 
on doit toujours, autant qu'on le peut, 
prendre les écussons sur des rameaux 
terminés par des fleurs, qui eux-mêmes 
étaient poussés sur des rameaux qui 
avaient fleuri. De 

peut tirei 



ce qui précède on 



des Rosiers 



vra 



P 



des ra- 



qui présentent 












JE 



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■ •-.'.-; 



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% 



DANS LES VÉGÉTAUX. 



61 



Mais, d'une autre part, comme la 



nature est simple, une peut-être dans sa choisir les boutures ou les greffons sur 



â 



mères comme porte-graine on devrait 



d 



et que si, au 



dans ses effets, il s'ensuit que, ce que contraire, on voulait des sujets très-vi- 
nous venons de dire des Rosiers, nous goureux, on devrait les prendre sur des 
pouvons peut-être le dire de tous les | individus" qui présentent ces caractè- 
res, etc., etc. 

En culture on ne doit rien nédiçer. 



de 



donc 



séquences avantageuses si on les appli- 

lux arbres d'ornement, soit 



quait 



arbres 



voit-on pas, en 



effet, pour une même sorte, des indi- 
vidus qui donnent, ceux-ci de plus 
beaux, ceux-là de meilleurs fruits, les 
uns hâtifs, les autres tardifs, les uns 
sujets à telle maladie, tandis que cer- 
tains autres n'en sont jamais ou n'en 
sont que très-rarement atteints, les uns 
fleurissant peu, les autres fleurissant 
beaucoup ? 

Ne remarque-t-on pas parfois aussi 
des différences analogues sur les diverses 
branches d'unmêmearbre, que certaines 
de celles-ci se couvrent de fleurs, puis 



d 



peine 



Ne voit-on pas aussi dans la Vigne 
certains pieds dont les raisins coulent 
presque toujours tandis que d'autres 
ne coulent presque jamais ? 

Nous pourrions, à l'appui de ce qui 
précède, rappeler le fait des diverses 
variétés de Cerisiers dont nous avons 
déjà parlé, sur lesquels on trouve par- 
fois, sur un même individu, des branches 
qui donnent des fruits hâtifs et d'autres 
quiendonnent de tardifs, les uns colorés, 
les autres presque dépourvus de 
couleur. 

Citons comme exemple analogue à 
celui qui précède le fait suivant. Deux 
Negundo fraxinifolium issus du même 
semis, placés près l'un de l'autre dans 
des 



conditions identiq 



pi 



néanmoins cette différence que l'un 



produitp 



de 



1 ce n est que très-exceptionnellement 



et encore 



abondent 



peu 



personne qui n'en connaisse. 

Tous ces faits démontrent l'impor- 
tante nécessité qu'il y a à bien choisir 
les parties lorsqu'il s'agit de multiplier 



devra 



à 



en raison du but qu'on cherche 
atteindre. Ainsi il est bien clair que, si 
on voulait obtenir des plantes pour 



parti de 



observerbeaucoup 
; car là, peut-être 

petites 



grands effets. 



parfois produire de 



sons 



Résumant ce qui précède nous di- 
is : Lorsnu'il s'agira d'arbres dits 



d'ornement, on devra, pour les multi- 
plier, choisir les rameaux sur les indi- 
vidus les plus floribonds, dont les fleurs 
plus parfaites, ou plus grandes, s'épa- 
nouissent le mieux, etc., etc. ; si, au con- 
traire, il s'agit d'arbres fruitiers, il faut 
prendre les greffons sur les branches qui 
sont les plus hâtives, les plus tardives, 
les plus ou les moins vigoureuses, dont 
lesfruits sontles plus beaux, les plus gros, 
ou enfin les meilleurs, etc., etc., suivant 
le but qu'on veut atteindre. Mais on ne 
devra jamais, à moins d'y être absolu- 
ment forcé, prendre pour greffons ces 
gros rameaux qu'on nomme gourmands, 
dont les yeux sont mal constitués, et qui, 
"forgés de sucs séveux peu élaborés, ont 



grande tendance à pousser beaucoup 



une 




pour cette raison a ne pro- 
duire que peu de fleurs. Les rameaux 
très-faibles pouvant avoir l'inconvénient 
contraire doivent également être rejetés; 
le mieux est donc de choisir, parmi les 
rameaux de moyenne vigueur, ceux qui 
ont les yeux assez rapprochés, dont le 
bois, sans être très-gros, est, comme on 
dit dans la pratique, bien nourri; en 

outre, et autant que possible encore, il 
faut les prendre sur des individus sains. 



(qui produisent beaucoup), et 



fi 

exempts de certains caractères 
n'aurait pas 



qu 



Observations et Particularités. 



pro 



posons d'appeler l'attention sur certains 
faits qui, bien que pouvantpeut-être pa- 
raître un peu en dehors de notre sujet, 
s'y rattachent néanmoins assez étroite- 
ment, et qui l'éclairent même sur plu- 
sieurs points. 



ce 



* 

de ces faits se rapporte 
dit précédemment, q 









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62 



PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS 



confirme même, savoir : que toutes les 
propriétés que possède une plante ten- 
dent à se reproduire et même à s'aug- 
menter dans une certaine mesure, en un 
mot, que, de même que tous les autres 
êtres, les plantes semblent pouvoir con- 
tracter certaines habitudes, acquérir des 
propriétés particulières qu'elles peuvent 
transmettre, mais quelles peuvent éga- 
lement perdre si on ne les cultive pas. 



Ainsi, par exempl 



pi 



tipl 



constamment par tout nuire 



moyen que par graines, auxquelles 
même on n'en laisse jamais produire, 
peuvent, avec le temps, devenir stériles. 
Mais, par contre, on remarque que celles 
qui sont constamment multipliées par 
graines tendent au contraire à devenir 
de plus en plus fécondes. 

A l'appui de ceci, nous pouvons citer 
le Penistemon g enlianoides , les Verbena 



pulchella 







et decussata, le Gaura Lindhemcri, et 
même le Pétunia ph&nicea, etc., qui, 
lors de leur introduction dans nos cul- 
tures, et même quelques années encore 
après cette introduction, ne donnaient, 
certaines d'en treelles, surtout, que rare- 
ment et encore peu de graines, tandis 
qu'aujourd'hui ces plantes en produi- 
sent en grande quantité. 

Que conclure de ces faits? Ceci : que 
lorsqu'une plante ne donne point de 
graines (mais que, bien entendu, les 
organes sexuels des fleurs sont bien 
conformés), on doit faire tous ses efforts 
pour lui en faire produire, ne serait-ce 
que quelques-unes, dût-on même, pour 
)arvenir, faire intervenir la féconda- 
__n artificielle. Une fois qu'on a obtenu 
des graines, on remarque, si on les 
sème, que les plantes qui résultent de 
ce semis sont déjà plus fécondes que 
celles dont elles proviennent; de 
que, si l'on suit cette marche pendant 



y 



sorte 



pi 



générations, on peut arriver 



à avoir des plantes qui donnent beau 
coup de graines, bien qu'elles provien- 



d 
peu 



Nous pourr 



qui n en donnaient que 
a même rarement, 
ons, à l'appui de ce que 
nous venons d'avancer, citer un fait qui 
le confirme de tous points; nous le 
pouvons d'autant mieux que ce f; " 



particulier : il a rappor 
alif 



Ligus 



Tous les horticulteurs savent qu 



cette espèce, qu'on multiplie toujours 
par bouture, qui fleurit considérable- 
ment et dont les fleurs, au point de vue 
de la génération, sont bien conformées, 
ne produit cependant que peu et même 
rarement de graines; pourtant, au Mu- 
séum, cette plante est devenue très-fé- 
conde, aussi féconde même que l'est 
l'espèce commune, le L. vulgare. Voici 
comment lui est venue sa fécondité. 

Ayant récolté quelques graines de 
cette espèce vers 4854 et les ayant se- 
mées, nous avons obtenu, parmi un cer- 
tain nombre depieds,une quinzaine, qui, 
chaque année, se couvrent plus ou moins 
de graines. Nous disons plus ou moins, 
parce qu'en effet toutes n'en produisent 
pas également; il en est qui en donnent 
en très-grande quantité, tandis que d'au- 
tres en donnent beaucoup moins. De 
plus, les unes sont hâtives, les autres 
relativement très-tardives. Dans celte 
circonstance, il faut donc choisir comme 
mères les plantes les plus productives, et 
comme d'une autre part la maturité des 
graines a lieu assez tardivement, il fau- 
drait aussi donner la préférence aux 

pieds les plus hâtifs. 

Le deuxième fait sur lequel nous 
voulons appeler l'attention est relatif à 
la conservation des types. À ce sujet 
nous ferons d'abord remarquer qu'il est 
une chose très-importante que cepen- 
dant on pratique peu, presque pas 
même, en horticulture proprement dite, 
bien qu'on l'observe très-fréquemment 
dans la culture maraîchère ainsi qu'en 

: c'est de changer de temps 
à autre ses graines, c'est-à-dire de les 



agriculture 



renouveler 



en 



les faisant venir de lo- 



calités différant par le sol et par le 
climat, des conditions dans lesquelles 
on se trouve placé, dans lesquelles par 



conséquent les 



végétaux 



acquièrent 



ou du moins conservent des propriétés 
particulières tandis qu'ils les perdent 



langage 



dans d'autres (note 44). 

C'est ce fait que, dans le 
vulgaire, on rend pas cette expression 
impropre peut-être quoique bien signi- 
ficative : « que les plantes se retrem- 
pent », ou, comme on le dit encore : 
« qu'elles font un nouvau sang . » 

Mais s'il en est ainsi des graines 
des plantes, il pourait bien en être de 
même des parties de celles-ci; par 
conséquent, on devrait de temps à 
autre, lorsque le besoin s'en fait sentir,, 









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DANS LES VÉGÉTAUX. 



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tirer soit les greffons, soit les boutures, 
des localités où les végétaux que Ton 
eut multiplier, semblent acquérir la 
ll -~ : *- J ~ J ~- propriétés que Ton re- 

ferons encore observer que 



cherche. 
Nous 



On 



plus grand 



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lesquels il se fait sentir sont cultivés 
depuis plus longtemps, ou bien qu'ils 
ont été multipliés en plus grande quan- 
tité, ou bien encore qu'il appartiennent 
à une espèce plus améliorée, nous di- 
rions même plus domestiqué. Par con- 
séquent il est bon, ainsi qu'on le dit 
avec raison, de 
autre les type 



rajeunir de temps à 
dont l'affaiblisement 
s'annonce par une végétation plus faible 
des individus ainsi que par une tendance 
à être attaqués par des maladies particu- 
lières contre lesquelles il est souvent im- 
possible de lutter, sinon avec désavan- 

i balancer, il n'y a 

de recourir aux 



tage. 



pas 



Il n'y 
qu'un moyen 
semis, parce q 
vidus qui naissent de ces semis paraî- 



pi 



semblables à ceux 



dont ils proviennent, ils n'en constitue- 



pas 



qu 



pro 



spéciales. (Note 33). 

Toutefois, on remarque dans cette 
sorte de dégénérescence ou d'affaiblis- 
sement organique des différences très- 
grandes dans les résultats ; par exem- 



puisqu'il est dans l'ordre général que 
toute chose, lorsqu'elle a acquis son 
apogée de développement, aille cons- 
tamment en s'affaiblissant, plus ou 
moins vite suivant sa nature, il en ré- 
sulte ce fait que, quoiqu'on fasse, un 
type ou une variété quelconque perd peu 
à peu les propriétés qui primitivement 
les faisaient rechercher; en d'autres ter- 






pie, que certaines variétés durent très- 
longtemps tandis que d'autres passent 
très-vite. On constate de plus qu'il 
n'y a pas de marche régulière, par 
exemple que telle variété s'use plus 
vite que telle autre ; de plus encore que, 
lorsqu'elle ne vient plus dans un endroit, 
elle vient encore très-bien dans un autre. 
Pourtant ce ne sont là que des inci- 
dents, pourrait-on dire : le cercle du 
mal va toujours en s'agrandissant, et, 
conformément à cette grande et univer- 
selle loi qui veut que tout ce qui a 
commencé finisse, les espèces, de même 
que les variétés qui en sortent, doivent 
disparaître! C'est une question de 

temps. 

Le besoin d'éclairer les diverses ques- 
tions que nous avons successivement 
traitées nous a fait entrer dans des dé- 
tails plus étendus peut-être que ceux 
dans lesquels, d'après le programme, 
nous eussions dû nous renfermer ; mais 
cet écart, dans cette circonstance, était 
peut-être inévitable, car tout sujet com- 
plexe ne peut être traité simplement, et 
celui qui nous occupe l'est au plus haut 
degré. En effet, ses conséquences sont 
infinies, et le champ dans lequel elles 
s'accomplissent est tellement vaste, les 
parties qu'il comprend sont tellement 
enlacées qu'il n'était guère possible de 
toucher aux unes sans remuer quelque 
peu les autres. D'une autre part il est 
certainesquestionsquenous devions trai- 
ter, qui, bien que très-importantes, ne 
sont que la conséquence d'autres, et 
qui par cette raison ne pouvaient être 
abordées qu'après que celles-ci avaient 
été expliquées. Nous avons pensé du 
reste que, dans une question de la nature 
de celle dont nous nous occupons, il va- 
lait mieux augmenter que restreindre 
les faits, et pécher plutôt par l'abon- 
dance que par l'insuffisance des détails. 
Avons-nous eu tort? 





















RÉSUMÉ. 



Les conclusions, que l'on peut tirer de notre Mémoire intitulé Production étf fixation 
des variétés dans les végétaux, sont de deux sortes; les unes se rapportent à la science, les 

autres, tout en s'appuyant sur celle-ci, sont plus particulières à la pratique, à laquelle elles 
peuvent servir de guide. 

Au point de vue scientifique, les faits que nous avons rapportés démontrent que les phé- 
nomènes vitaux se développent d'une part en raison des milieux dans lesquels ilss'exer- 












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RÉSUMÉ. 



cent et, de l'autre, qu'étant en rapport avec les traitements auxquels on soumet les végé- 
taux, il peut, sous cette double influence, se manifester des phénomènes très-divers, de sorte 
que lesindividus qui y sont soumis peuvent parfois présenter les caractères les plus étranges 
si on les compareà ceux que présentent ceux dont ils proviennent. Non-seulement leur faciès 
peut être différent, mais leur organisation même peut être sensiblement modifiée. On a pu 
voir, aussi que tous les végétaux sont plus ou moins plastiques, que les formes, la plupart, 
transitoires et locales, ne sont que des modes, que prennent les individualités végétales, 
pour se mettre en harmonie avec les conditions dans lesquelles elles croissent. 



nière absolue ce qu'on nomme ESPÈCE. 



fait 



On savait déjà qu'une plante quelconque étant donnée, on pouvait, à l'aide de ses graines 
et sans • qu'il y ait eu d'autre fécondation que celle qui s'est faite entre ses fleurs, obtenir 
des variétés, mais on croyait que les limites des variations étaient très-bornées, ce qui n'est 
pas, tant s'en faut. Mais ce qu'on ne savait peut-être pas assez, c'est qu'un végétal peut, 
sur ses diverses parties, émettre des productions très-différentes de celles qu'il présente 
normalement, et, comme d'une autre part, ces productions peuvent se multiplier et conser- 
ver les caractères exceptionnels qui se sont montrés, on peut, par le seul fait du sectionne- 
ment, obtenir des individus qui présentent des particularités parfois très-différentes de 

celles qu'offrent les individus dont ils proviennent. Ces faits, nombreux, sont aujourd'hui 
hors de doute. 

Quant aux conséquences que la pratique horticole peut tirer des faits que nous avons 
rapportés, elles sont très-importantes. En suivant la marche que nous avons indiquée pour 
les différentes opérations, si l'horticulteur ne peut, à sa volonté, faire naître les variétés, 
il peut du moins en provoquer l'apparition, et conserver ces variétés lorsqu'elles se sont 
produites. Mais une fois qu'un ébranlement spécifique a eu lieu, qu'un affolement s'est 
produit, l'horticulteur pourra, en s' emparant de ce mouvement, le diriger dans le sens le 
plus propre ci satisfaire ses vues, et obtenir, pour ainsi dire à sa volonté, telle ou telle 
forme qu'il désire. 

A l'aide des données que nous avons indiquées, l'horticulteur pourra aussi, dans cer- 
tains cas, distinguer les variétés dont, très probablement, il n'a plus rien à attendre et en 




même temps apprécier celles sur lesquelles il doit tout particulièrement porter son atten- 
tion. D'une autre part encore, en se basant sur les principes que nous avons indiqués, il 
pourra, à l'aide de la fécondation artificielle, modifier les individus, extérieurement et in- 
térieurement, de manière à les approprier à ses besoins. 

Nous osons donc croire que notre opuscule sera doublement utile, d'abord à cause des 
faits qu'il renferme, ensuite et surtout, à cause de la nouvelle voie qu'il ouvre aux inves- 
tigations, et des recherches qu'il provoque. 

Le champ est vaste, nous avons essayé de le déblayer et d'y planter quelques jalons, es- 
pérant que de hardis explorateurs ne craindront pas de s'y aventurer. Les fruits qu'ils en 
retireront pourront avoir l'écorce dure et amère, mais les sucs que contiendront ces 
fruits, succulents et doux, procureront la force et la santé au corps, le calme et la jouis- 
sance à l'âme! but que doit avoir tout travail humain, conformément à cette belle parole 
du Christ : « L'homme ne vit pas* seulement de pain... » 







NOTES. 




Note 1. — Nous nommons dimorphisme : 1° le 

phénomène qui fait que, sans cause connue, il se 
développe sur l'une ou sur l'autre partie d'un végétal 
un bourgeon dont la forme et l'aspect diffèrent de 
ceux que porte ce végétal. Ainsi le Hêtre commun 
produisant un rameau à feuilles laciniées, le Podo- 
carpus Koraiana produisant une branche dont les 
ramifications sont verticillées et étalées, au lieu 
d'être éparses, et dont les feuilles sont distiques au 
lifcu d'être disposées alternativement autour des bran- 
ches, ainsi qu'elles le sont normalement, sont des 
faits de dimorphisme. 2 u Nous nommons également 
dimorphisme tout changement qui se produit sur un 
végétal, quel que soit le temps qu'il mette à s'accom- 



plir. Ainsi des Pommes de terre longues, produisent 
des pommes de terre ronde ou bien des longues 
en produisant des rondes, et vice versa; des Haricots 
longs, cylindriques, produisant soit des Haricots plats, 
soit des Haricots subsphériques et vice versa; des 
Haricots nains produisant des Haricots volubiles, sont 
des faits de dimorphisme. D'une manière générale, 
dimorphisme signifie forme différente sur un même 
individu, que le changement de forme soit complet 
ou partiel. 

Pris dans son sens le plus absolu et considéré dans 
l'ensemble de tous ses caractères, le dimorphisme 
peut, d'après les particularités qu'il présente, être 
partagé en deux sections, l'une qui comprend tous 



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NOTES. 



65 



les faits qui se manifestent brusquement : c'est le 

cas du Hêtre à feuilles de Fougère, du Rosier à 
feuilles de Chanvre, du Cerisier anglais à feuilles 
de Saule, du Verjus à grains longs, etc., etc.; l'autre 
qui comprend toutes les transformations lentes : c'est 
le fait du Rosa eglanteria, des Tulipes, des Iris 
Xiphium (Note 2), du Viola hothomâgemis 
palhda (note 45). etc. A la rigueur on pourrait 
établir une troisième section qui comprendrait toutes 
les transformations dues à l'âge des individus, qui 
sont les conséquences de leur adultilité. Toutefois, 
cette dernière série de phénomènes ne se montre 
que chez les espèces polymorphes, qui changent 
d'aspect, de forme et de nature lorsquelles vieillissent, 
et surtout lorsqu'elles fructifient ; telles sont les Lierres, 
le Ficus stipulais ou scandens, les Eucalyptus, etc. 
etc. L'horticulture profite souvent de cette propriété 
propre aux végétaux, et, multipliant à parties par- 
ties qui présentent ces caractères exceptionnels, 
elle obtient alors des individus qui présentent un 
aspect tout autre que celui des individus dont ils 
proviennent. 

Les végétaux ne sont pas les seuls qui nous four- 
nissent des faits de dichroïsme ; ils abondent chez 
les animaux. Mais ici ce sont, dit-on, des faits dûs 
à l'âge. Nous l'admettons pour beaucoup de cas, 
mais il n'y en a-t-il pas aussi qui sont le résultat 
d'une modification organique, l'analogue de ce que 
nous nommons accident ? L'exemple suivant semble 
le démontrer. Voici : Un jeune Bouvreuil pris 
au trébnchet, lut mis en cage; il resta deux ans 
rouge comme le sont les Bouvreuils. La troisième 
année, il devint noir, et aujourd'hui il est d'un 
noir très-foncé partout. C'est un mâle; il chante. 

Supposons, ce qui est très-possible, que le fait 
se soit passé à l'état libre, ne pourrait-Il pas arriver 
que, en raison de cette grande loi, qui fait que 
tout tend à se reproduire, qu'il se forme une race 
noire. Le cas étant, supposons qu'un natura- 
liste découvre cette race, il est très-probable qu'il 
n'hésiterait pas à en faire une espèce. Aurait-il 
tort! Nous n'oserions le dire. 

Nous nommons dichroïsme un phénomène exacte- 
ment analogue au précédent par le fond, mais qui , 
au lieu de porter sur la forme des objets, porte sur 
leur couleur. Ainsi l'Œillet Flon, qui est à fleurs rou- 
ges, développant un rameau d'aspect et de forme 
semblables, mais donnant des fleurs blanches, le 
Troëneà feuilles ovales, le Fusain du Japon produisant 
des bourgeons portant des feuilles panachées, au lieu 
de feuilles vertes ; des Haricots blancs en produisant 
des noirs, et vice versa, sont des faits de dichroisme. 

En horticulture les divers phénomènes, soit de 
dimorphisme, soit de dichroïsme, sont désignés par 
le nom général d'accidents. 

Note 2. — Le fait de modifications permanentes 
des Tulipes, qui n'est guère connu que des véritables 
amateurs de ces plantes, ou bien de ceux qui en ont 
fait une étude spéciale, est des plus curieux. En 
effet, toutes ces nuances si délicates, toutes ces cou- 
leurs si brillantes qu'on remarque dans la plupart 
des fleurs de Tulipes, ne* sont que passagères; ces 
plantes sont constamment en voie de changement. 
De sorte que les fleurs qui sortent d'un oignon quel- 
conque de Tulipes diffèrent presque toujours, plus ou 
moins, de celles qui en sont sorties les années précé- 
dentes ou qui en sortiront les années suivantes. 

Ce phénomène, dans beaucoup de cas, se continue 
jusqu'à ce que les fleurs soient revenues kl'unicolo- 
rite, ou du moins jusqu'à ce qu'elles ne présentent 
plus que des couleurs plus sombres ou moins com- 
plexes. Toutefois l'on constate que la constance ou 
la ténacité des couleurs est très-différente suivant les 
variétés qu'on observe; que, fugace, pour ainsi dire, . 

chez certaines, elle est relativement fixe chez d'au- 
tres. 

Les Iris Xiphium et xyphioïdes nous offrent des 
phénomènes absolument semblables à ceux que pré- 
sentent les Tulipes; toutes ces couleurs si délicates 
que Ton remarque chez certaines variétés ne sont 
que passagères; elles se modifient continuellement, 
de sorte que, en plantant les caïeux de telle ou telle 






) 






variété, on n'est pas sûr d'obtenir la même variété, 
souvent même on obtient des plantes à fleurs com- 
plètement différentes. Un exemple très-remar- 
quable nous est fourni par 17m spectabilis, Spach. 
Cette plante, très-ornementale, dont les fleurs sont 
d'un violet bronzé, est un accident de 17m Xiphium 
à fleurs bleues, à laquelle elle revient très-vite, 
fait des plus faciles à vérifier en plantant séparément 
les caïeux qui en sortent et en en surveillant avec 
soin le développement, afin qu'il n'y ait pas de mé- 

îi a -^ ge ' Cette P rétendue espèce n'est 'pas seulement 
différente de 17ra Xiphium par la couleur de ses 
fleurs, celles-ci sont beaucoup plus grandes, la forme 
en est légèrement différente, et la plante, plus forte 
dans toutes ses parties, devient aussi beaucoup plus 
grande. On constate des faits analogues dans les Iris 
xyphioïdes, et on remarque aussi'que les modifica- 
tions sont d'autant plus rapides que les fleurs pré- 
sentent des couleurs plus variées et plus tendres, ou- 
comme on dit, plus fondues. 

Toutefois, il n'y a rien de fixe; comme chez les 
Tulipes, on remarque chez les Iris Xiphium et xi- 
phioides des variétés plus constantes les unes que 
autres, et que les changements, qui n'ont non plus 
rien de fixe, montrent les plus grandes dissemblan- 
ces dans leur apparition. 

m Toutes ces modifications, loin d'être des anoma- 
lies, sont conformes à celles qui se passent chez 
beaucoup d'autres plantes. Pour le comprendre il 
suffit de se rappeler que la multiplication des Tuli- 
pes, de même que celle des Iris Xiphium et xyphioi- 
des, est une sorte de bouturage ; car un caïeu n'est 
autre qu'un bourgeon caduc qui se détache d'une 
plante mère, et qui, par conséquent, peut différer de 
celle-ci, de même que cela arrive fréquemment sur les 
bourgeons de certaines plantes, soit ligneuses, soit 
herbacées, tels que Chrysanthèmes, Rosiers, Œillets, 
etc., Ces faits qui n'ont rien de forcé, expliquent 
comment des Jacinthes à fleurs blanches, ont pu donner 
des fleurs bleues, et vice versa, et comment aussi 
un même bnlbe a pu produire à la fois deux hampes 
dont les fleurs, sur chacune, étaient de couleur 
différente. 

b Note 3. — Un exemple de hâtiveté est l'appa- 
rition spontanée des Chrysanthèmes de Chine pré- 
coces. Aussi , relativement à ces dernières, qui 
forment une race particulière , on pourrait même 
presque dire une espèce tout à fait distincte, 
croyons-nous devoir entrer dans quelques détails 
sur leur origine. 

La première cause d'apparition de cette race est 
et sera toujours inconnue. Pourquoi est-elle venue? 
Nous n'en savons et n'en saurons jamais rien. Ce 
que nous pouvons, c'est constater son apparition, 
prendre la plante là ou elle s'est montrée, puis la 
suivre dans sa marche. 

Voici comment les faits se sont passés. Vers 
1844, époque où l'on ne possédait encore, en fait 
de Chrysanthèmes de Chine, que des plantes à flo- 
raison tardive (qui fleurissaient en novembre), un 
horticulteur, qui alors s'occupait tout particulière- 
ment de ces plantes, remarqua, dans un semis qu'il 
avait fait, un pied qui fleurit dès le commencement 
d'aout ; Les graines que donna cette plante, qui 
était si précoce et presque naine, récoltées et semées 
avec soin, produisirent, entre autres, un individu 
dont la floraison fut encore plus hâtive que la 
variété dont il sortait. L'ébranlement était donc 
produit; aussi, à partir de cette époque, en récol- 
tant constamment des graines sur ces individus à 
floraison hâtive, est-on parvenu à avoir une race de 
plantes tellement précoces que certaines variétés 
qu'elle comprend fleurissent en juillet; on pourrait 
même, en les soumettant à une culture particulière 
et raisonnée, avoir des plantes en fleurs presque 
toute l'année. Elles sont remontantes. 

De même que chez le type, on trouve dans cette 
race des plantes à fleurs blanches, jaunes, roses, 
lilas, etc., toutes de grandeur moyenne, c'est-à-dire 
intermédiaires entre celles qu'on nomme pompons 
et les anciennes, qu'on dit h grandes fleurs. Notons 
que cette précocité semble acquise aux dépens de 





































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NOTES. 



la rusticité ; que toutes ces plantes précoces sont plus 
délicates et surtout plus sensibles au froid que ne 
sont les anciennes, ce qui, du reste, s'explique faci- 
lement par cette raison qu'elles sont presque tou- 
jours en végétation. Ajoutons que cette race se re- 
produit de graines: 

Note 4. — Le fait assez singulier qui se montre 
chez certaines variétés de Giroflées Quarantaines, re- 
lativement à la couleur de leurs fleurs, semble dé- 
montrer que, dans quelques cas du moins, du 
jaune au blanc il n'y a qu'un pas. En effet on 
possède aujourd'hui diverses variétés de Quaran- 
taines à fleurs jaunes doubles, et jusqu'à présent 
on n'a pas encore eu de Quarantaines à fleurs jaunes 
simples. Toutes ces variétés à fleurs jaunes, doubles, 
sont produites par des Quarantaines à fleurs simples, 
à peu près complètement blanches , si ce n'est 
l'onglet des pétales, qui est d'un blanc verdâtre 
ou très-légèrement jaunâtre. 

Note 5. — La couleur blanche semble être le 
dernier degré d'atténuation; c'est une sorte d'albi- 
nisme, un affaiblissement organique. On part, en 
effet, de toutes les autres couleurs pour arriver à 
celle-là; mais, lorsqu'on y est arrivé, on n'en sort 
en général que difficilement, ce qui, pourtant, ne 
veut pas dire qu'on ne peut y parvenir, mais seu- 
lement que la chose est relativement rare. 

L'observation pratique, en établissant ce fait, 
semblerait démontrer que la plupart des plantes à 
fleurs blanches sont des provenances de types ana- 
logues à fleurs colorées. Il est, en effet, "bien peu 
de types qui n'aient pas fourni quelques variétés à 
fleurs blanches. 

"Voici, en général, comment s'effectue la marche 
dans l'atténuation des couleurs. Sur une plante à 
fleurs unicolores rouges, roses, lilas, etc., on voit 
parfois apparaître, dans ces fleurs, de petites stries 
ou lisérés blancs. Lorsque ce fait se présente, c'est 
un signe à peu près certain que, 
donnaient des graines et qu'on les 
obtiendrait des plantes à fleurs 
blanches, et que, d'autre part encore, lorsque ce 
fait se montre sur des plantes très-améliorées par 
la culture (très-domestiquées), on peut également 
être assuré que non-seulement on obtiendra bientôt 
du blanc, mais encore que la race qui l'a produit 
tend à disparaître. C'est ce que nous démontrent 
particulièrement les Reines-Marguerites. Dans ces 
dernières la marche d'atténuation chromatique , 
pour arriver au blanc, s'effectue ainsi : partant des 
fleurs violet foncé par exemple (ce qui est le cas 
le plus fréquent), on remarque que les graines qui 
en proviennent donnent principalement des plantes 
à fleurs rouges, que celles-ci en donnent soit à 
fleurs roses, soit à fleurs lilas ou gris de lin, qui, 
très-souvent, se reproduisent à peu près identique- 
ment pendant plusieurs années. Puis on voit les 
fleurs se strier ou se lisôrer de blanc, puis la cou- 
leur carnée, très-souvent même la blanche, appa- 
raît. Quelquefois cependant on passe brusquement 
soit de la couleur violette, soit de la couleur rouge 
plus ou moins foncé, à la couleur blanche. 

Lorsque des stries blanches se montrent sur des 
fleurs de végétaux ligneux, il arrive souvent qu'elles 
se fixent et donnent lieu à un fait dedichroïsme qui, 
stabilisé par la multiplication, constitue une va- 
riété particulière. Le plus grand nombre des Azalées 
à fleurs panachées qu'on cultive aujourd'hui, n'a 
pas d'autre origine. (Voir à rénumération des faits de 
dimorphisme, page 43.) 

i 

Note 6. — Plusieurs fois nous avons fait l'ex- 
périence, nous avons transformé à peu près com- 
plètement la Pensée des champs {Viola arvensis); 
nous en avons, par le seul fait de la culture, telle- 
ment modifié les feuilles, les fleurs, en un mot l'as- 
pect général, qu'elle ne différait pour ainsi dire 
plus des Pensées cultivées pour l'ornement des jar- 
dins. Trois , parfois quatre générations ont suffi 
pour obtenir ce résultat, en opérant ainsi que nous 
l'avons dit précédemment, c'est-à-dire en choisis- 



si ces fleurs 
semât, on en 
complètement 









sant avec soin nos porte-graines, en prenant 

tels, à chaque génération, les individus les 
modifiés. 



pour 
plus 



Note 7. — Les plantes panachées provenant de 
graines sont relativement très-rares; en général 
aussi elles sont délicates et poussent peu. Lorsque 
les panachures sont très-prononcées, il arrive même 
fréquemment qu'elles ne peuvent vivre. Il y a pour- 
tant à cela quelques exceptions; elles sont fournies 
par certains Bégonia, par YAucuba Japonica, par 
le Farfugium grande, par le Chardon-Marie, etc. 
Ce dernier, si élégamment et si régulièrement mar- 
qué de taches blanches, est d'une très-grande vi- 
gueur, en même temps qu'il est très-constant dans 
sa panachure. On ne connaît même pas de type à 
feuilles vertes. 

Note 8. — Un fait digne de remarque relative- 
ment aux panachures , c'est que, lorsqu'elles se 
montrent sur l'écorce, elles portent également sur 
les fruits, et dans ce cas il est rare que les feuilles 
soient panachées. Nous en avons des exemples dans 
les arbres fruitiers à fruits panachés, tels que Y A" 
mardis panaché, la Duchesse d'Angoulême panachée; 
le Saint-Germain panaché, la Culotte de Suisse, la 
Bergamotte d'automne, la Madeleine ou Guenette pa- 
nachées, etc., en fournissent d'autres exemples. Nous 
connaissons même une variété A'Amanlis dont l'é- 
corce est entièrement jaune, légèrement strié, et dont 
les feuilles sont complètement vertes; elle provient 
d'un accident. 

Note 9. — Les fleurs complètement doubles, 
c'est-à-dire pleines, sont rares; on en voit, en effet, 
bien peu qui n'aient pas conservé quelques éta- 
mines, ou bien un pistil, ou, tout au moins, des 
rudiments de ces organes; et dans ce cas, bien 
qu'incomplets ou plus ou moins modifiés, ces or- 
ganes ne sont souvent pas tellement transformés 
qu'ils ne puissent encore concourir à la féconda- 
tion. Mais, lors même que les fleurs sont complète- 
ment pleines, il ne faut pas désespérer d'avoir des 
graines; car il arrive parfois que certains individus, 
vers la fin de la saison florale, et lorsqu'ils sont 
affaiblis par la végétation, produisent des fleurs 
semi-pleines qui alors donnent des graines. C'est 
pour ces raisons et de cette manière que les Camel- 
lia albaplena, incarnata, etc., ont produit des grai- 
nes avec lesquelles on a obtenu de très-belles va- 
riétés. 

Des effets particuliers de végétation dus à des 

circonstances soit locales , soit atmosphériques , 
pouvant .aussi déterminer de notables différences 
ùans la duplicature des fleurs. G'est ainsi que dans 
certaines années, nous avons vu le Prunus spinosa 
flore pleno, dont les fleurs sont ordinairement très- 
pleines, se couvrir de fruits qui atteignent toute 
leur grosseur. 

Note 10. — La duplicature des Soucis, de même 
que celle de toutes les plantes du groupe des Com- 
posées, telles que Dahlia, Zinnia, Helianthus, Ta- 
getès, Matricaria, Séneçon, Ilelichrysum, Soleil, 
Reines-Marguerites, Chrysanthèmes, etc., etc., n'est 
pas due à la transformation des organes sexuels, 
mais simplement à la métamorphose des fleurs cen- 
trales tubulées en fleurs ligulées pétaloïdes. Aussi 
ces fleurs, quoique souvent très-grosses (très-dou- 
bles), sont-elles toujours plus ou moins fertiles. 

Note 11. — Le Dianthus Sinemis nous fournit 
encore un exemple de ce que nous avons déjà rap- 
porté, que, lorsque dans certaines espèces de plantes 
il se montre un individu à fleurs semi-doubles ou 
presque complètement doubles, il ne tarde pas à 
exercer son influence et à déterminer des duplica- 
tures plus ou moins nombreuses pour le peu qu'on 
laisse cet individu fleurir près d'autres de la même 
espèce, dont les fleurs sont simples. En effet, par- 
tout aujourd'hui où l'on cultive l'Œillet de Chine à 
fleurs doubles, il est assez rare qu'on trouve le type 
à fleurs simples. 

L'Œillet de Poète et les Pétunias à fleurs doubles 



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NOTES. 



67 



nous fournissent aussi un exemple de l'influence 
que peut exercer sur ses congénères une plante à 
fleurs doubles. 

Note 12. — On pourrait admettre, comme une 
hypothèse toutefois, que la première cause de du- 
plicature résulte d'un trouble apporté dans les fonc- 
tions des organes sexuels. Le fait suivant semble le 
démontrer. 

En 1862 nous avons pris comme mère un Œillet 
hybride, le Dianthus barbato-superbus, issu du croi- 
sement des D. barbalus et* 1). superbus. Cet hy- 
bride, dont les tiges florales, peu nombreuses, très- 
ramifiées., dressées, et dont les pétales roses sont 
profondément fimbriés, a été notre point de départ. 
Des graines qu'il nous a données, nous avons obtenu 
un certain nombre de plantes dont quelques-unes 
avaient conservé le caractère de l'hybride, leur 
mère; mais les autres, beaucoup plus nombreuses, 
étaient à fleurs doubles, et leur faciès était complè- 
tement changé. Ces nouveaux produits, par l'en- 
semble de leurs caractères, constituaient un type 
particulier différent des plantes dont il était issu. Il 
y avait aussi parmi ces plantes des individus très- 
ramifiôs de la souche, de laquelle partait une très- 
grande quantité de tiges florales. Il est à remarquer 
que les plantes qui présentaient ce dernier carac- 
tère fleurissent beaucoup plus tardivement; certaines 
n'épanouissent leurs fleurs que dans la dernière 
quinzaine d'août, de sorte qu'avec toutes ces plantes 
hybrides on peut obtenir des fleurs pendant plus 

de trois mois. 
Un fait qui semble justifier l'hypothèse que nous 

avons émise en tête de cette note : « Que la pre- 
mière cause de duplicature des fleurs pourrait bien 
être due à un trouble apporté clans les organes 
sexuels », est fourni par la fécondation, soit des 
Dianthus Sinensis, soit des Dianthus Hedivigii entra 
eux, ou bien avec D. barbalus, fécondation de 
laquelle sont sorties plusieurs variétés à fleurs 
doubles. 



Note 13. — Les Pétunias à fleurs doubles que 
l'on cultive actuellement n'appartiennent à aucune 
des deux;; espèces anciennes, (Pétunia violacea et 
P. nyclaginiflora) ; ils appartiennent à cette race de 
création récente qu'on nomme mixtes ou à grandes 
fleurs, qui s'est montrée spontanément dans les cul- 
tures. Toutes les variétés qui en sortent diffèrent 
des deux types indiqués ci-dessus par l'ampleur et 
par la consistance particulière de leurs feuilles et 
de leurs fleurs, par la grosseur de leur tige, qui est 
charnue, de même que par leurs feuilles, qui sont 
épaisses, comme grasses. C'est en un mot une race 
tout à fait différente. Toutes ces plantes ont un as- 
pect particulier et un caractère de végétation qui 
leur est propre; elles s'allongent moins, sont en 
général plus délicates et ne vivent pas aussi bien 

en pleine terre que les P. violacea et nyctaginiflora. 

Note 14. — Les Fuchia à fleurs doubles , 
offrent souvent ce singulier phénomène : qu'ils 
présentent des sortes d'intermittences pendant les- 
quelles ils donnent des fleurs doubles, et d'autres 
pendant lesquelles ils donnent des fleurs semi- 
doubles ou même presque simples. Mais, quelle que 
soit la duplicature, il est rare qu'elle entraîne la 
stérilité. Aussi ces plantes, en général, donnent- 
elles beaucoup de graines. 

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Note 15. — Nous pouvons tout particulière- 
ment citer comme exemple d'infertilité plus ou 
moins grande', parfois même presque complète, occa- 
sionnée par la duplicature des fleurs, les Reines- 
Marguerites à fleurs très-grosses, particulièrement 
celles dites Pivoines. Dans celles-ci il est rare qu'on 
obtienne des graines ailleurs qu'au centre des fleurs, 
précisément là où la transformation des fleurs est 
moins grande, mais aussi où les organes sexuels 
sont moins bien conformés, ce qui explique pourquoi 
on obtient peu de graines et pourquoi aussi ces 
graines sont si mauvaises. Il faudrait, pour rendre 
ces plantes fertiles, couper avec précaution, avec 
de petits ciseaux, la plupart des fleurs centrales 
( ligules), de manière à dégager les organes sexuels 



qui s'y trouvent, et à favoriser ainsi leur rapproche- 
ment. 

Note 16. — Les monstruosités se reproduisant 
par graines, comme cela arrive chez certaines plan- 
tes, démontrent, delà manière la plus nette, la vé- 
rité de ce que nous avons dit au commencement de 
ce livre : « Qu'un végétal est un être très-complexe, 
qui non-seulement peut se multiplier, en tant qu'ê- 
j tre, tout en reproduisant ses caractères essentiels, 
mais que toutes ses parties, susceptibles d'acquérir 
des propriétés spéciales , peuvent aussi , étant mul- 
tipliées à part reproduire à leur tour les particula- 
rités qu'elles présentent.» Le Scolopendrium officinale 
monstrosum nous en offre un exemple bien remar- 
quable. Cette plante qui, sur un même pied, pré- 
sente des parties normales et d'autres qui sont anor- 
males ou monstrueuses, peut, suivant qu'on récolte 
les sporules (sortes de graines propres aux végétaux 
cryptogames) sur les unes ou sur les autres de ces 
parties, produire des plantes normales ou des plantes 

monstrueuses. , 

Ce fait des plus importants vaut toute une théo- 
rie; il démontre, lorsqu'il s'agit de végétaux, com- 
bien il faut apporter de soins dans le choix des 
parties qu'on prend pour les multiplier, puisque 
de ce choix dépendent les résultats, qui seront bons 
ou mauvais suivant qu'on aura bien ou mal choisi. 
Mais, comme d'une autre part aussi ce choix nous 
démontre que dans certains cas tout peut devenir 
héréditaire (même les monstruosités), il peut expli- 
quer la transmission de certaines particularités 
soit normales soit anormales , et comment , de 
simples accidents peuvent devenir permanents, se 
transmettre même et caractériser des races. Les 
exemples ne manquent pas dans les végétaux ; ils 
abondent dans les animaux. 

Note 17. Si, lorsqu'on cultive soit des Melons, 

soit des Concombres de primeur, on pratiquait la 
fécondation artificielle aussitôt que les fleurs des 
deux sexes apparaissent, on n'aurait pas, comme on 1 a 
si souvent, l'inconvénient d'être très-longtemps sans 
obtenir de fruits; on en obtiendrait, au contraire, de 
très-bonne heure, et assez près du pied, au heu de 
les avoir tardivement, et souvent aussi a l'extré- 
mité des branches. Il ne peut guère être douteux 
non plus qu'en pratiquant la même opération sur 
les différents végétaux qu'on force dans le but d'en 
obtenir des fruits on en retirerait de grands avanta- 
ges car si, en général, ils donnent peu de fruits; 
c'est parce que la plupart des fleurs ne sont pas 
fécondées. 

Note 13. — Les différents états favorables à la 
fécondation ne présentent pas toujoursles mêmes 
caractères physiques externes ; il est même un cer- 
tain nombre déplantes chez lesquelles ces carac- 
tères favorables ne peuvent être apprécies a la sim- 
ple vue et qui présentent des particularités qui 
semblent déroger à la loi générale et être en oppo- 
sition avec certains principes que nous avons poses. 
Tels sont les Novers, et tout particulièrement les 
Noisetiers. Chez ceux-ci, en effet, les fleurs maies 
apparaissent bien longtemps (quelquefois deux mois) 
avant qu'on ne puisse apercevoir les fleurs femelles» 
de sorte que lorsque celles-ci apparaissent, celles-là 
sont passées il y a déjà longtemps. Maigre cela la 
- fécondation s'opère très-bien; il y a production de 

fruits. 

Note 19. — Comme il est toujours très-difficile, 
ou plutôt qu'il est impossible, de fixer la délimitation 
d'une espèce, et que par conséquent on ne peut 
préciser le dernier point d'analogie entre deux indi- 
vidus donnés où la fécondation entre eux cesse 
d'être possible, on doit, lorsqu'on a une plante a 
féconder et que parmi celles qu'on possède il n en 
est aucune que la science indique comme pouvant 
organiquement s'unir à elle, on doit néanmoins, 
disons-nous, essayer et choisir, dans ces dernières, 
celle qui paraît avoir le plus d'analogie avec celle 



qu'on veut féconder; en un mot, on doit tâter. Sou- 
vent l'expérience a démontré possibles des faits dont 
la science avait douté, qu'elle avait parfois niés. 



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NOTES. 



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Si, dans ces circonstances, on doit, sans aucun 
doute, ^appuyer sur la science, il ne faut cependant 
pas oublier que celle-ci n'est point infaillible, qu'é- 
tant le résultat d'observations traduites en règles 
elle ne peut être absolument vraie, que la nature, 

qui nous montre son travail, nous cache beaucoup 
de secrets, secrets que, sans les dévoiler ouverte- 
ment, elle laisse parfois entrevoir à ceux qui la cul- 
tiventet vivent avec elle. 

On ne peut, du reste, nier que, dans ce qu'on 
nomme une espèce, il y a des individus qui ont plus 
de tendance à s'unir, entre lesquels il semble qu'il 
y a plus de sympathie, pourrait-on presque dire, 
toujours on remarque des affinités dont la science 
ne peut rendre compte, qu'elle ne peut que con- 
stater. 

Après tout, pourquoi n'en serait-il pas ainsi? Les 
végétaux ne sont-ils pas des êtres qui, comme tels, 
doivent éprouver une sorte d'attraction ou de répul- 
sion en rapport avec leur nature organique intime 
que nous ne connaîtrons jamais? N'oublions pas 
que, clans cette circonstance peut-être plus que 
dans toute autre, la science ne doit intervenir que 
comme un point d'appui, comme une sorte de flam- 
beau à la lumière duquel on doit marcher et tâcher 
de pénétrer dans ce sanctuaire où les mystères s'en- 
chaînent, ou plutôt où tout est mystère ! 

Mais, d'une autre part, ne peut-il pas se faire que 
e climat, les conditions dans lesquelles sont placés 
es individus, et surtout les traitements auxquels on 
les soumet, puissent modifier les lois d'analogie or- 
ganique, et faire que, dans certaines conditions, 
telles ou telles alliances soient possibles qui ne 
l étaient pas dans certaines autres (Note 27). C'est là 
une hypothèse, sans doute, mais qui pourtant semble 
n avoir rien d'impossible, qui, au contraire, paraît 
s accorder avec certains faits. Nous voyons, en effet, 
dans la pratique des greffes, se montrer des faits 
sinon semblables, du moins analogues à ceux que 
nous venons de rapporter ; par exemple, que dans 
tel pays, parfois même dans telle localité particu- 
lière, on peyt greffer avec succès telle espèce sur 
telle autre, tandis qu'on ne peut le faire dans des 
conditions différentes; qu'ici on peut, môme avee 
avantage, employer tel mode de greffe, lorsque 
la ce mode ne réussit pas, ou qu'il ne donne 
que de très-mauvais résultats. Ces particularités sont 

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Note 20. — Il ne peut y avoir rien d'absolu 
quand il s'agit d'indiquer le moment le plus favora- 
ble pour opérer la fécondation des fleurs, ce moment 
étant subordonné à la nature et au tempérament 
des individus, ainsi qu'aux conditions dans les- 
quelles ils sont placés. Ainsi, par exemple, pour les 
Yuccas (sous notre climat du moins), l'observation 
a démontré que, généralement, les fleurs s'ouvrent 
vers le soir, et que le moment le plus favorable 
pour en opérer la fécondation est, suivant la tempé- 
rature, depuis 5 heures jusqu'à environ 8 heures 
au matin. Il est bien entendu, dans cette circon- 
stance, que nous parlons de la floraison qui a lieu 
pendant le printemps ou le commencement de l'été. 

Pour favoriser la fécondation des Yuccas on se 
trouve bien de les tenir à l'eau, c'est-à-dire de bien 
tremper la terre dans laquelle ils sont plantés, quel- 
que temps avant l'épanouissement des fleurs et 
même de maintenir cette humidité pendant tout le 
temps de la grossification des fruits. 

Note 21. — En général on se trouve bien, 
quelques jours avant de pratiquer la fécondation, 
d activer un peu la végétation de la plante qu'on 
veut féconder, d'exciter ses fonctions vitales, ce à 
quoi 1 on parvient soit à l'aide de copieux arrose- 
ments si la plante est vigoureuse, soit, si la plante 
est délicate et qu'elle soit en pots, en la plaçant 
pendant quelque temps dans une serre dont" on 
pourra au besoin élever la température. Si, au con- 
traire, les plantes étaient en pleine terre et qu'elles 
aient à redouter l'humidité, on les garantirait à 
1 aide d'abris. 



Note 22. 



En ce qui a rapport à la vitalité du 



pollen, c'est-à-dire au temps pendant lequel il peut 
conserver ses propriétés génératrices, on :est loin 
d être suffisamment éclairé ; on peut, en effet, se 
demander si la nature du pollen n'est pas en rap- 
port avec la plante sur laquelle il a été recueilli, et 
si par conséquent les diverses sortes récoltées sur 
des espèces appartenant soit à un môme genre, soit 
a des genres différents, soit à une même famille, 
soit a des familles différentes, ont une durée vitale 
semblable, ou bien si, sous ce rapport, ils ne pré- 
sentent pas de très-grandes différences. Cette der- 
rière supposition nous paraît certaine, bien que 
jusqu'ici nous ne puissions rien affirmer. 

Quoi qu'il en soit, l'exemple suivant démontre 
que le pollen de certaines espèces peut conser- 
ver pendant longtemps ses facultés fécondantes; ainsi, 

du pollen de Ceratozamia Mexicana, récolté de- 
puis trois ans, ayant été employé pour féconder les 
fleurs femelles d'une autre espèce de Ceratozamia, 
a donné de très-bons résultats. Tous les ovules se 
sont bien développés; les jeunes plantes qu'ils ont 
produites ne laissent rien à désirer. Il nous est ar- 
rivé aussi de nous servir de pollen de diverses espè- 
ces de Gesnériacées récolté depuis deux ans pour 
féconder d'autres espèces de ce même groupe • le 
résultat a également été des plus satisfaisants. ' 

Les résultats obtenus dans ces expériences prou- 
vent que le pollen conservé n'avait nullement perdu 
de sa vitalité; ils autorisent à croire que celle-ci 
n'était même pas affaiblie. 

Note 23. — Dans le cas où l'on voudrait tenter 
des expériences sur la fécondation des arbres frui- 
tiers en vue de modifier les produits, il faudrait 
agir diversement et combiner les opérations de ma- 
nière à atteindre le but qu'on se propose ; ainsi, si 
l'on voulait modifier la forme ou l'aspect tout en 
conservant la qualité des fruits, il faudrait prendre 
du pollen sur les fleurs d'une variété dont les fruits 
soient très-beaux (lors même qu'ils seraient d'une 
qualité inférieure), sur la Belle Angevine, par exem- 
ple, et le porter sur le stigmate des fleurs d'une va- 
riété dont les fruits pourraient même être petits, 
pourvu qu'ils fussent de bonne qualité. On pourrait 
aussi, afin de multiplier les chances, faire en même 
temps l'opération inverse, c'est-à-dire prendre du 
pollen sur les fleurs de la variété dont les fruits 
sont de bonne qualité et le porter sur le stigmate 
des fleurs de la variété dont les fruits n'ont guère 
d'autre mérite que d'être beaux et gros. Il est sou- 
vent bon de faire le croisement d'une manière in- 
verse, parce que l'expérience a démontré que dans 
certains cas une plante pouvait en féconder une 
autre, mais qu'elle ne pouvait pas être fécondée 
par elle, et vice versa. (Voir, page 29, l'observation 
relative aux croisements.) Peut-être aussi qu'en 
prenant du pollen sur les fleurs de variétés soit 
hâtives, soit tardives, et en l'appliquant sur les 
fleurs de variétés qui présentent des qualités con- 
traires, on arriverait à modifier les époques de ma- 
turité par exemple, à reporter sur des variétés 
tardives les qualités que présentent certaines varié- 
tés hâtives. Tout ceci n'a rien d'improbable, au 
contraire; aussi engageons-nous fortement tous 
ceux qui s'intéressent à ces sortes de questions, à 
tenter des expériences dans ce sens. 



Note 24. 

devoir faire 



Une comparaison que nous croyons 
quoiqu'elle soit bien triviale, parce 
qu'elle rend bien notre pensée, est la suivante : sup- 
posons qu'une paysanne très-vigoureuse et forte 
mais mal vêtue soit unie à un homme très-bien 
couvert, à ce qu'on nomme undandy, d'un tempéram- 
ment délicat et faible. Les enfants qui naîtraient de 
ce rapprochement, d'après notre théorie (et en 
écartant toute comparaison analogique, bien en- 
tendu), devraient avoir un extérieur (un faciès), 
sinon très-beau mais au moins convenable, et de 
plus, être vigoureux et robustes. 

Note 25. — Longtemps avant cette époque, 
c'est-à-dire avant 1854, on avait opéré des croi- 
sements entre les Gladiolus ramosus, cardinalis. 



















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NOTES. 



69 



florihundus , etc., croisements desquels étaient 
sorties des variétés très-remarquables par la gran- 
deur, par la forme et par le coloris des fleurs ; 
mais aucune de ces variétés n'était modifiée sous 
le rapport du tempérament ; toutes étaient sensibles 
au froid,— ce qui devait être, — les deux parents 
présentant ce caractère. 

Note 26. — On pourrait, de ces faits et de beau- 
coup d'autres analogues que nous pourrions citer, 
tirer cette conclusion que plus une plante est flori- 
bonde, plus elle est délicate (relativement, bien en- 
tendu) et que la floribondité est le fait d'une modi- 
fication organique qui tend à affaiblir le tempérament; 
en d'autres termes, que la floribondité s'exerce aux 
dépens de la rusticité. On en a un exemple dans les 
Chrysanthèmes de Chine précoces. (Note 3.) 

Note 27. — Nous pourrions, a l'appui des mo- 
difications de tempérament des végétaux déterminées 
par le croisement, citer le fait d'accouplement de 
î'ânesse avec le cheval ou celui de l'âne avec la ju- 
ment. Si l'on nous objectait que pour obtenir, ce 
résultat, et pour faciliter ces rapprochements, on est 
obligé de soumettre les individus qu'on veut faire 
unir à un traitement particulier qui modifie leur 
tempérament, nous répondrions que c'est précisé- 
ment le cas dans lequel se trouvent les végétaux 
d'ornement, et que, par suite des traitements aux- 
quels on les soumet, de la nourriture abondante, 
substantielle et variée, qu'on leur donne, ainsi que 
des conditions toutes spéciales dans lesquelles on 
les place, on est arrivé à modifier très-notablement 
leur nature intime, ce qui par suite peut les ame- 
ner à s'unir à d'autres végétaux qui ont des carac- 
tères et un tempérament particuliers différents des 
leurs, et avec lesquels, primitivement, il n'y aurait 
pas eu de rapprochement possible. On remarque, 
en effet, en général que les plantes s'hybrident 
d'autant plus difficilement qu'elles sont moins do- 
mestiquées et surtout qu'elles sont représentées par 
un plus petit nombre d'individus. On remarque très- 
souvent aussi que les individus qui naissent de ces 
fécondations paraissent non-seulement très-disposés 
à s'allier à d'autres qui ne pouvaient s'unir avec 
ceux dont ils proviennent. Il semble que les en- 
fants soient destinés à resserrer les liens et à com- 
bler les lacunes laissées par leurs parents. Métapho- 
riquement, on pourrait dire que les parents étaient 
ennemis mais que les enfants sont amis. 

L'état de domesticité, disons nous, peut, sinon 
intervertir les goûts et les attractions naturelles 
mais il peut les modifier par suite du changement de 
vie et d'habitude que contractent les êtres soumis 
à ce régime de séquestration, et, par suite, rendre 
possible des rapprochements jusqu'à les regardés 
comme impossibles. Par exemple il est douteux que 
le Tigre et le Lion s'unissent à l'état de liberté; à 
l'état domestique le fait a eu lieu plusieurs fois. 
Ainsi, à Nancy en 1841 un Lion et une Tigresse se 
sont accouplés ; ce n'était pas la première fois 
puisqu'ils avaient déjà produits: leurs petits étaient 
auprès d'eux, déjà forts. Que sont-ils devenus? 

Il en est à peu près de même des Poules com- 
munes et des Faisans comme du tigre et du lion; 
on peut douter qu'a l'état de liberté, ils s'unissent. 
A l'état de domesticité le fait est certain; nous en 
connaissons de très-beaux et de nombreux exemples. 
Dans cette circonstance nous avons pu aussi cons- 
tater que la théorie que nous avons émise de l'in- 
fluence particulière des sexes, s'est réalisée. Les in- 
dividus issus de ce rapprochement, sont très- 
allongés, élancés, et d'une forme qui rappelle com- 
plètement celle des faisans, qui étaient les pères , 
mais en même temps ils sont beaucoup plus rus- 
tiques, d'un tempéramment beaucoup plus robuste 
que ne sont les Faisans; ils sont aussi beaucoup 
plus faciles à élever. Tous ces avantages ils les te- 
naient des Poules, leurs mères. Quant à la chair, 
elle était à peu près celle du Faisan. Qu'y aurait-il 
donc d'étonnant que, unis à 4'autres races ces sortes 

de méti^puissentleur communiquer certaines qualités 
ou en recevoir d'elles certaines autres, d'où naîtraient 
de nouvelles séries d'individus? 



Note 28. — Pour arriver à créer des races par- 
ticulières à l'aide de l'hybridation il faut tâcher 
d'affaiblir, d'annuler, autant qu'on le peut, la force 
d'atavisme des deux types que l'on hybride. On a 
chance d'y parvenir en fécondant les enfants d'hy- 
brides par des espèces autres que celles dont ils 
proviennent, ou bien en recourant de temps à 
autre à celui des deux types qui semble perdre 
en importauce, de manière à rétablir l'équilibre* 
mixte que l'on tient à conserver. 

Si les exemples des races mixtes, c'est-à-dire de 
races obtenues en fécondant l'un par l'autre deux 
types spécifiques, ne sont pas encore bien connus, 
on ne peut guère douter qu'il y en ait; on en recon- 
naîtra, on en créera même, lorsque, observant avec 
attention la vie des êtres, on connaîtra mieux leur 
tempérament, leurs sympathies osons-nous dire, et 
qu'alors on saisira le moment où l'attraction l'em- 
porte sur la répulsion, ou bien que par des traite- 
ments particuliers on affaiblira celle-ci au profit de 
celle-là. * (Voir la note précédente). 

Note 29.— On doit comprendre que, pour que 
deschangementsaussiconsidérables dans le dévelop- 
pement des organes sexuels puissent se pro- 
duire, il faut que la température sous laquelle ils 
s'exercent se maintienne à un certain degré pen- 
dant quelque jours, afin que le travail organique se 
fasse, que les tissus se distendent et se modifient, 
toutes choses qui ne peuvent s'accomplir lorsque la 
température est très-variable ; car dans ce cas le dé- 
veloppement, au lieu d'être uniforme et progressif, 
est irrégulier, de sorte que les modifications sou- 
mises à cette variabilité ne présentent rien de 
constant dans leur apparition. 

Note 30.— Rien, si ce n'est l'expérience, n'in- 
dique si telle ou telle plante est facile à s'hybrider 
avec telle ou telle autre ; sous ce rapport on voit 
parfois, dans une même famille, des différences 
considérables. Nous en citerons deux exemples pris 
parmi les Cucurbitacées et les Crucifères. Ainsi les 
Melons etles Concombres, si voisins l'un de l'autre 
par leurs caractères, ne s'hybrident pas, tandis que 
les diverses races de ces plantes, si différentes 
parfois l'une de l'autre, se fécondent avec la plus 
grande facilité. Il en est absolument de même des 
Courges, des Choux, des Navets. 

Les Giroflées dites Quarantaines, Cocardeaux, 
etc., bien qu'appartenant à cette même famille des 
Crucifères, ne se fécondent pas ou ne se fécondent 
que très-rarement entre elles; aussi peut-on cul- 
tiver près l'une de l'autre les diverses races ou 
sous-races de ces plantes, sans qu'elles éprouvent 
de ce contact aucune modification. 

A côté de cela nous voyons dans d'autres familles 
des variétés très-constantes dans leur reproduction, 
et cela quelles que soient les conditions dans 
lesquelles elles sont placées. Ainsi, parmi les plantes 
de la famille des Rosacées, dont les fleurs sont si 
abondamment pourvues d'organes sexuels , nous 
trouvons des faits de fixité, de ténacité, on pourrait 
dire, des plus étonnants • chez les Pêchers, par 
exemple. Ainsi les Pêchers à chair et à fruits blancs, 
bien que cultivés au milieu de variétés qui fleurissent 
à la même époque, dont les fleurs roses et même 
rouge foncé, sont suivies de fruits de couleur et de 
nature si variées, ne varient ni par leurs fleurs ni 
par leurs fruits, de sorte que, lorsqu'on sème leurs 
noyaux, on obtient à peu près les mômes variétés. 
Il en est absolument de même du Pêcher nain 
et du Pêcher pleureur; ils se reproduisent de 
noyaux jusque dans leurs moindres caractères. 



Note 31. 



La nature du sol, celle du climat, 



et surtout celle du milieu dans lesquels sont placés 
les porte-graines, exercent sur le produit de ceux-ci 
une influence souvent considérable. Ainsi, dans 
certains terrains riches et substantiels, là où les 
plantes sont très-vigoureuses , on remarque, pour 
certaines espèces qu'on y cultive, que les graines 

« Nous avons dans le Chabin (hybride de la Chèvre et du 
Mouton) l'exemple d'une race mixte fertile. 



















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70 



NOTES. 



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qu'elles produisent ne donnent en général que des 
individus à fleurs simples, tandis que d'autres 
plantes de cette même espèce cultivées en pots ne pro- 
duisent presque que des individus à fleurs doubles. 
C'est un fait que , dans quelques endroits, on met 
à profit pour certaines espèces de plantes, notamment 
pour les Giroflées-Quarantaines. Pour celles-ci, on 
remarque parfois que, dans des conditions iden- 
tiques, les mêmes variétés cultivées en pots pro- 
duisent des graines qui, semées, doflnent presque 
toutes plantes à fleurs doubles, tandis que cultivées 
en pleine terre les graines qu'elles produisent ne 
donnent que des individus à fleurs simples. 

Note 32. — Les faits de dégénérescence du Pé- 
largonium Reine des fantaisies et du P. Reine Hor- 
tense présentent, dans la manière dont ils se compor- 
tent, une marche tout à fait opposée et donnent lieu 
à un phénomène entièrement inverse. Ainsi, tandis 
que chez le premier les fleurs diminuent de gran- 
deur tout en se régularisant et que leur couleur 
change, chez le deuxième (P. Reine Hortense) les 
fleurs deviennent au contraire irrégulières, et les 
pétales, au lieu de rester entiers se découpent très- 
profondément (se lacinient). De plus ces fleurs de- 
viennent monstrueuses ; le nombre des pièces du 
calice et de la corolle, au lieu d'être de cinq, est de 

six. , r. . 

Une chose que nous devons encore taire remar- 
quer relativement à cette dernière variété, c'est la 
[promptitude avec laquelle la transformation s'est 
opérée. Comme exemple de cette promptitude nous 
pourrions citer un cultivateur des plus habiles qui, 
sachant que cette variété était très-avantageuse pour 
le commerce, en fit en 1863 un très-grand nombre de 
boutures, qui, bien que prises sur des individus qui 
paraissaient très-francs, n'en présentèrent pas moins, 
lorsqu'elles fleurirent l'année suivante, les carac- 
tères de dégénérescence que nous avons indiqués 

ci-dessus. 

Les exemples de dégénérescence ou de modifi- 
cations que nous venons de rappeler, de même que 
tant d'autres analogues que nous pourrions faire 
connaître, ne suivent pas une marche uniforme; 
non-seulement ils peuvent se manifester chez un 
cultivateur bien longtemps auparavant que de se 
montrer chez un autre, mais ils peuvent présenter 
entre eux des différences et des variations plus ou 
I moins grandes, en rapport avec les conditions dans 
lesquelles elles se montrent : ici d'une manière, là 
d'une autre, ailleurs encore d'une autre. 

Note 33.— On ne saurait trop se bien pénétrer 
de cette idée que chaque plante, chaque graine (on 
pourrait peut-être dire chaque œil) , quelque semblable 
qu'elle soit avec une autre, n'en n'est pas moins orga- 
niquement distincte; c'est une individualité qui 
présente des qualités particulières, des caractères qui 
lui sont propres. Mais, ces qualités étant organiques, 
rien parfois ne les indique; elles ressortent de 
l'expérience ; d'où il suit que, lorsqu'on a fait un se- 
mis, si l'on a beaucoup de terrain, il ne faut pas se 
presser de jeter les individus qui en proviennent ; 
car parmi ceux-ci il peut s'en trouver qui, comme 
on dit dans la pratique, aient de l'avenir, soit par 
eux-mêmes, soit comme mères, et qui pourraient par 
la suite, produire des plantes très-intéressantes à 
divers points de vue. Le Dïiïnthus barbât o-superbus 
(note 12) nous en offre un exemple bien remar- 
quable. 

Cette plante, qui, lors de l'épure, avait été arra- 
chée et jetée comme n'étant pas franche (elle avait 
joué avec des Œillets de Poète), ramassée, plantée et 
soignée par nous, nous a donné les résultats remar- 
quables que nous avons rapportés dans la note 12. 
Deux faits, sinon semblables, du moins analogues 
aux précédents, qui nous sont particuliers, sont les 
suivants. En 1847, ayant récolté des graines sur 
deux pieds de Balsamine Camellia à fleurs doubles, 
ponctuées et en apparence tout à fait identiques, 
nous avons semé ces graines à part. De chacun des 
lots nous avons choisi 120 plantes qui nous ont 
donné: le n° 1,13 Balsamines ponctuées à peine semi- 



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doubles ; toutes les autres étaient à fleurs simples 
de diverses couleurs. Dans les 120 plantes du lot n° 2, 
95 donnèrent des fleurs ponctuées, très-pleines, 
17 furent à fleurs semi-doubles également ponc- 
tuées, les autres étaient à fleurs simples de couleurs 
diverses. Une expérience de même nature que nous 
fîmes sur 2 pieds d'une variété de Quarantaines 
nous donna des résultats encore plus remarquables : 
85 plantes provenant de l'un des pieds furent toutes 
à fleurs très-doubles, tandis qu'un même nombre 
de pieds provenant de l'autre plante, qui avait été 
cultivée dans des conditions tout à fait semblables 
à la précédente, dont elle ne différait pas, ne don- 
nèrent que des fleurs simples. 

Note 34. — Il ne faudrait pas croire que tous les 
Rosiers mousseux qu'on rencontre aujourd'hui dans 

le commerce sont le résultat d'accidents. La plus 
grande partie, au contraire, provient de graines. 
C'est une race qui tend à se créer, et déjà des 
graines qu'on recueille sur les Rosiers Mousseux on 
obtient, lorsqu'on les sème, un certain nombre d'in- 
dividus qui ont conservé les caractères généraux 
des plantes dont ils proviennent ; ils sont plus ou 
moins mousseux. Constatons toutefois que ce carac- 
tère mousseux n'est particulier à aucune section 
deFiosiers et qu'on le retrouve au contraire à peu près 
dans toutes ; en effet, les Cent-Feuilles, les Quatre- 
Saisons, les Hybrides remontants, etc, en fournis- 
sent des exemples. 

Le fait de la reproduction de la mousse des 
Rosiers à l'aide de graines,prouve une fois de plus, 
ainsi que nous l'avons déjà dit plusieurs fois , que 
tout, dans un végétal, tend à se reproduire, et que 
les particularités, les propriétés, les monstruosités 
même peuvent devenir héréditaires (note 16). 

Note 35. — Le Rosier Mousseuse Zoé est un des 
accidents les plus remarquables qu'ait produits le 
Rosier Cent-Feuilles ordinaire. Cette variété, au 
lieu d'être mousseuse soit sur le pédoncule, soit 
sur les feuilles calicinales, ainsi que sont la plu- 
part des autres variétés de ce groupe, est mous- 
seuse sur toutes ses parties, d'où sa qualification 
de Mousseuse partout. 

L'accident Mousseuse Zoé s'est reproduit de nou- 
veau l'année dernière (1864), chez M. Jamain, horti- 
culteur, rue de la Glacière, à Paris, où nous avons 
pu en suivre le développement. Ce que nous avons 
pu constater aussi chez cet horticulteur, c'est que, 
dans deux planches plantées en Rosiers mousseux 
ordinaires, indépendamment de l'accident Mousseuse 
Zoé, il y avait plusieurs pieds qui tendaient égale- 
ment à se modifier, quelques-uns par leurs feuilles, 
d'autres parleurs fleurs. 

Note 36. — Il arrive parfois que le Rosier Pana- 
chée d'Orléans donne des rameaux gros, vigoureux, 
assez fortement épineux, un peu moins pourtant que 
ceux du R. Baronne Prévost, dont il sort; ses fleurs 
aussi, bien que ressemblant beaucoup à celles de ce 
dernier, en différent néanmoins. C'est encore, un 
intermédiaire produit par le seul fait de la végé- 
tation. 

Note 37.— Dans toutes ces circonstances, il ne 
faut pas oublier que toutes les plantes ne sont pas 
également modifiables, et que les conditions dans 
lesquelles elles sont placées exercent sur elles des 
influences très-diverses. Ainsi, tandis que dans 
certains sols et sur la même variété, les modifications 
sont à peine sensibles, dans d'autres au contraire 
elles sont considérables. Quelquefois ces faits se 
montrent dans le même terrain et dans des condi- 
tions identiques, de sorte que, dans deux planches 
eontiguës plantées avec la même variété de plante 
il pourra se faire que l'une présente de nombreux 
accidents, tandis que l'autre n'en présentera pas 
un seul. D'où il résulte que, de ce que sur certaines 
plantes qu'on cultive on n'obtient pas de modifica- / 
tions on n'est pas en droit d'en conclure que ces 
modifications sont impossibles. Tous ces faits sont 
complexes, et dépendent de causes qui nous sont 
inconnues. 



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NOTES. 



71 



Il en est de même des quantités : ainsi, dans cer- 
tains cas, on pourra parfois, d'un très-petit nombre 
de plantes, obtenir des modifications ou des trans- 
formations relativement considérables, tandis que 
dans d'autres, et sur des milliers d'individus, on 
pourra n'obtenir aucun changement appréciable. 

Tous ces faits démontrent, ainsi que nons l'avons 
déjà dit (note 33), que chaque graine est une in- 
dividualité particulière, qui, bien que provenant des 
mêmes parents que d'autres avec lesquelles elle 
était, peut présenter des caractères différents, non- 
eulement de celles-ci, mais même de leur mère 
commune. Elle est parente, à des degrés plus ou 
moins rapprochés, mais elle n'est pas eux. 

Mais, d'une autre part, qu'arriverait-il si chacun 
ne croyait que ce qu'il a constaté? Qu'on pourrait 
nier à peu près tout, car, ce qu'on a vu, un autre 
ne l'a parfois jamais observé, et certains faits très- 
communs pour l'un sont souvent complètement in- 
connus à d'autres. Ainsi, par exemple, le Podocarpus 
Koraiana, produisant des branches verticillées et 
des feuilles distiques, est un fait que peut-être seul, 
jusqu'à ce jour, nous avons constaté. Malgré cela 
on ne peut le nier. Il en est de même de beaucoup 
d'autres accidents ; ainsi , il est tel Rosiériste qui a 
cultivé par milliers des Rosiers Baronne Prévost 
sans jamais avoir remarqué la moindre variation ; 
pourtant il n'est pas en droit de nier que certains 
de ses confrères ont obtenu de ce Rosier quelques 
accidents. Ce que nons avons dit du P. Koraiana, 
ce que nous disons des Rosiers, nous pouvons le dire 
d'un très-grand nombre de végétaux, soit ligneux, soit 
herbacés, ce qui, du reste, ressort clairement de 
l'énoncé des faits de dimorphisme dont nous don- 
nons Fénumération. Ceux-ci, pour la plupart, sor- 
tent de plantes cultivées en grande quantité par 
beaucoup d'horticulteurs qui n'ont jamais eu l'occa- 
sion de les remarquer. Pourtant ils ne peuvent les 
nier.- Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est de dire qu'ils 
n'ont jamais vu ces faits. 

Note 38. — Four expliquer toutes ces variations, 
on a cherche à faire rentrer le phénomène qui les pro- 
duit dans la formule ordinaire, qui, si elle n'explique 
rien, a au moins cet avantage qu'elle tient lieu de 
toute explication; on a dit, par exemple, qu'elles 
sont dues à des fécondations faites entre diverses 
variétés. Mais il suffit d'y réfléchir pour se con- 
vaincre que cette hypothèse est tout à fait gratuite ; 
car, une tige de Haricot étant le fait d'un seul ovule, 
dès l'instant où elle produit des fruits de forme, 
de couleur et de qualités diverses, et de plus que 
cette tige est volubile bien qu'elle provienne d'une 
plante non volubile, il faudrait admettre que cet 
ovule a été tout à la fois fécondé par plusieurs 
grains de pollen appartenant à des variétés très- 
diverses, qui présentent des qualités et des carac- 
tères les plus opposés. Mais encore ici le fait n'est 
guère admissible, car dans les Haricots de même 
que dans la plupart des légumineuses la fécondation 
directe (voir pag. 19), seule, esta peu près possible 
(Il est même plus que probable que la fécondation est 

anieflorale.) 

*"~*Pour vouloir expliquer un phénomène inexplica- 
ble on est obligé d'admettre comme vraies des hypo- 
thèses que la raison condamne, et qui sont en 

même temps contraires à certaines lois scientfi- 
ques admises. 

Note 39. — Les faits, soit de dimorphisme, soit 
de dichroïsme, que présentent les Pommes de terre 
nous démontrent que leur cause d'apparition n'est 
pas due, ainsi qu'on le croit généralement à des 
croisements, c'est-à-dire aux fécondations des fleurs, 
puisque la fécondation ne peut agir que sur les 
graines, et que ce n'est que très-rarement et pour 
ainsi dire exceptionnellement qu'on multiplie les 
Pommes de terre par ce procédé, bien que ce soit 
par centaines qu'on compte les variétés, Mais il y a 
plus, et il arrive parfois que les rameaux aériens, 
lorsqu'on les bouture, produisent des variétés dilïô- 
rentes de celles de pieds dont ils proviennent. Du 
reste les variétés nombreuses de certaines plantes 



qu'on cultive, provenant d'espèces qui ne donnent 
jamais de graines prouvent, surabondamment que, 
en dehors de la fécondation, il y a d'autres causes 
qui poussent à la diversité. 

Note 40. — On nomme broussin la réunion de 
nombreux petits bourgeons qui naissent soit sur 
des tiges, soit sur de grosses branches d'arbres où 
ils constituent des aggloméra tions parfois considéra 
blés que de loin on pourrait prendre pour des Guis. 
Ces productions, qui prennent rarement un grand 
développement, conservent leurs caractères particu- 
liers, de sorte que, si on les multiplie, elles forment 
des plantes buissonneuses, souvent très-différentes 
de celles sur lesquelles elles se sont montrées. Dans 
certains cas, cependant ces plantes peuvent acqué- 
rir de plus grandes dimensions, et. bien qu'en con- 
servant leurs caractères particuliers et constituant 
des formes bien distinctes, elles peuvent, par leurs 
propriétés spéciales, rendre d'importants services. 

Note 41. — Rien que, à l'exemple de tous les bota- 
nistes, nous considérions ici le Robinia hispida 
comme type, nous n'oserions garantir que c'est uue 
espèce ; nous pensons même le contraire. Nous 
appuyons nos doutes, d'abord sur ce fait que nulle 
part on ne Fa encore rencontré, si ce n'est cultivé, 
et, d'une autre part encore, que, partout en Europe, 
où cette plante est très-fréquemment cultivée pour 
l'ornement, de même qu'en Amérique où elle est 
très-employée au même usage, elle ne donne jamais 
de graines. 






Note 42. 



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Nous 



pouvons, afin de nous repré- 
senter le double effet (l'effet lent et l'effet brusque) 
sous lequel se montre le dimorphisme, supposer 
une horloge à secondes dont on ne verrait que le 
cadran. Dans ce cas l'effet continu, mais Zen£,nous 
serait représenté par le balancier, qui, bien que- 
nous ne le voyions pas, ne s'arrête cependant ja- 
mais, et l'effet brusque ou intermittent, par cha- 
que saut que feraient les aiguilles, saut qui est 
la résultante d'une action incessante tellement 
lente, qu'elle n'est point appréciable à nos sens, 
et qui ne se manifeste d'une manière sensible 
que lorsqu'il y a une certaine quantité de force 
acumulée. 

Note 43. — Cette hypothèse, loin d'être con- 
traire aux règles soit de la physiologie, soit de 
la pratique, y est conforme; elle s'appuie sur 
ce fait que, aucune partie d'un végétal quelconque 
ne pouvant être exactement semblable à aucune 
autre, mais que possédant, au contraire, ses pro 
priétés particulières, il peut en résulter que, bien 
qu'on ait pris, soit des boutures , soit des greffons 
sur un même individu, on pourra parfois, de ces 
parties , obtenir des individus qui présenteront 
des caractères différents de celui dont ils sortent 
(Le Cerisier anglais et certains autres arbres 
fruitiers dont nous avons parlé en fournissent des 
exemples). Nous ne sommes même pas éloigné de 
croire qu'un certain nombre de nos variétés d'arbres 
fruitiers n'ont pas d'autre origine; cela paraît d'au- 
tant plus probable que jamais, ou presque jamais, on 
ne conserve les arbres types; que presque toujours, 
au contraire, on prend les parties à multiplier sur 
des individus de 2% de 3^ génération, * parfois 
même plus, qui ont été placés dans des milieux 
très-différents, où, à leur tour, ils ont pu acquérir 
des qualités spéciales. Or, comme nous savons 
que toutes les propriétés que possède un végétal 
sont susceptibles de pouvoir se transmettre, il peut 
" résulter qu'au bout d'un certain temps on puisse 



en 



parfois trouver sous un même nom des arbres 
fruitiers différant les uns des autres, bien qu'origi- 
nairement ils proviennent d'un même arbre. Pour 
le Pêcher le fait ne nous paraît pas douteux. Nous 
pourrions même l'appuyer par des exemples. Ainsi, 
cette année, sur un Pêcher à grandes fleurs roses 

* 

1 Le mot génération dont nous nous servons ici doit 
être pris comme indiquant un sujet ou une série de sujets 
provenant d'une partie qui avait été prise sur un individu qui 
lui-même provenait d'un autre que le pied mère. Pour noui 
faire comprendre, supposons une plante-mère A ' de laquelle 



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72 



NOTES. 






très-foncé, nous avons trouvé des fleurs rose carné 
très pâles et d'autres presque blanches. Sur le môme 
arbre il y avait aussi des branches dont toutes les 
fleurs étaient mouchetées absolument comme le sont 
celles de la variété de Rosier qu'on nomme Reine 
à fleurs panachées. 

Si l'on réfléchit, qu'une modificaticn externe est 
toujours la conséquence d'une modification interne, 
et que d'autre part, chaque œil, chaque bourgeon 
peut être considéré comme un végétal qui a ses 
caractères propres, on comprendra facilement com- 
ment, dans certains cas, en prenant des bour- 
geons sur un même arbre on peut obtenir des ré- 
sultats différents. 

Toutes ces modifications, parfois si profondes, 
qui se montrent sur des végétaux qui ont été pro- 
duits par bouture, par couchage, par greffe, etc., 
en un mot par division de leurs parties, démontrent 
de la manière la plus nette que l'idée qu'on a géné- 
ralement que, par ces procédés, on multiplie indé- 
finiment le même individu avec ses particularités, 
n'est vraie, non plus, que relativement , et qu'en 
ceci comme en toute autre chose la nature ne se 
prête pas servilement à nos combinaisons pour justi- 
fier nos théories. Si parfois nous le croyons, c'est 
parce que nous ne voyons jamais au delà d'un cer- 
tain horizon qui limite et indique la mesure de 
nos connaissances, parfois même celle de notre in- 
térêt, mais presque toujours celle de notre amour- 
propre. 

Note 44. — Comme preuve de ce fait, que 
les plantes peuvent conserver, acquérir ou même 
perdre certaines propriétés particulières en rapport 
avec le milieu dans lequel elles vivent, nous pou- 
vons citer d'abord l'Epine-Vinette à feuilles pourpres, 
qui dans les terres fortes, argileuses, là surtout où 
l'air est vif, conserve ses feuilles rouge foncé et se 
reproduit à peu près telle par ses graines, tandis 
q'uà Paris, au Muséum, par exemple, dans des ter- 



on a détache une branche avec laquelle on a fait un individu 
J5; c'est la première génération. Si nous supposons encore que 
de ce dernier on a pris une branche dont on a fait un indi- 
vidu C, nous aurons, dans celui-ci, un exemple de deuxième 
fénération. 






rains calcaires et secs, non-seulement cette variété 
ne se reproduit pas par graines, mais elle eu 
conserve même pas ses caractères; la couleur 
rouge va constamment «n diminuant de sorte, qu'en 
quelques années cette plante a repris les carac- 
tères du type ; elle est revenue à feuilles vertes. 

Nous pourrions encore, à l'appui de notre dire* 
citer la plupart de nos plantes potagères dont il 
faut renouveler si souvent les graines, en les ti- 
rant des localités ou elles conservent les qualités qui 
les font rechercher. 

Le Hêtre à feuilles pourpres présente, au point 
de vue de sa multiplication par graines, un fait ana- 
logue à celui que nous venons de rapporter. Ainsi, 
à Ris-Orangis, où cette variété vient pourtant très- 
bien, où ses feuilles sont d'un pourpre très-foncé, 
presque noir, les graines qu'on y récolte ne don- 
nent néanmoins que très-rarement et pour ainsi' 
dire exceptionnellement (parfois 4 à 8 pour 100) 
de plantes à feuilles pourpres, tandisque les graines- 
de cette même variété récoltées dans différents- 
endroits, notamment à Mortefontaine, donnent 
50, parfois 75 pour 100 d'individus à feuilles 
pourpres. 

Note 45. — Nous avons dit ailleurs (Note 1),. 
que les faits soit de dimorphisme, soit de dichroïsme 
pourraient être partagés en deux catégories: ceux qui 
se manifestestent brusquement et ceux dont l'appa- 
rition est lente. Le Viola Rothomayensis pallidœ 
rentre dans cette dernière catégorie, Voici le fait: 

En 1863 nous avons fait venir des coteaux de 
Vernon, un certain nombre de pieds de Viola Rotho- 
magensis. Plantés au Muséum ils conservèrent à peu 
près tous leurs caractères sauf toutefois la villosité 
qui disparut en grande partie dès la première année. 
Pendant cette année 1863 et toute l'année 1864, 
ils donnèrent abondamment des fleurs bleues. Dans 
l'hiver de 1864 à 1865 tous les pieds, excepté un, 
périrent, le pied qui resta , au lieu de se couvrir 
de fleurs d'un beau bleu ainsi qu'il avait fait 
les deux années précédentes, produisit des fleurs 
presque blanches. Cette couleur se maintiendra- 
t-elle ? Il y aura-t-il formation d'une race jardi- 
nique? C'est ce que l'avenir nous apprendra. 












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