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PRODUCTION ET FIXATION
DANS LES VÉGÉTAUX.
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MONTEREAU.
IMPRIMERIE DE L. ZANQTE
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PRODUCTION ET FIXATION
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DANS LES VÉGÉTAUX
PAU
E. A. CARRIÈRE
Chef des pépinières au Muséum d'histoire naturelle de Paris
La stabilité des formes, dans un groupe quelconque de
végétaux, est, en général, en raison inverse du nombre d es-
pèces qu'il contient, ainsi que de leur degré de domestication.
i
PARIS
CHEZ L'AUTEUR, RUE DE BUFFON, 53
LIBRAIRIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE
26, RUE JACOB, 26
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PRÉFACE.
:
La Société impér
persuadée, d'une p
i
S
rd
pport
part, voulant .remédier
b o.mai une, tJblUïic au. x±aca±^, v,«, i /
de choses décida qu'un concours serait ouvert dans ce but, et que les can-
à fixer les
s solides, à
i est
delà
didatsqui r
qui se rattachent à cette question, et poser certaines règles propre
principes et à faire reposer les procédés dont ils découlent sur des ba:
la fois pratiques et théoriques.
Ayant pris part à ce concours, la brochure que nous publions auj
en partie la reproduction du Mémoire que nous avons adressé au sec
Société au commencement de l'automne 1862. Nous disons qu'il est en partie le
même ; on verra plus loin pourquoi.
ramme dressé par la Société impériale et centrale d'Horticulture, en
ps qu'il indiquait les divers sujets que les candidats devaient traiter,
disait que le mémoire couronné serait, seul, reproduit dans les Annales de la So-
ciété; notre Mémoire n'ayant obtenu qu'un deuxième prix, il ne devait point
pro
paraître. Néanmoins
pouvait rendre quelq
qui nous a engagé à le publier
La commission chavsèe d'examiner notre travail a trouve que
que
fermant des faits intéressants, la division en était confuse, et que
pas
netteté. D
nous fait 1<
part
% point de vue de l'ordre et de le
par l'organe de son rapporteur
r
de ne point conclure et de ne pas
Ce reproche, selon nous, porte à faux, car pour conclure et nous resu
aurait fallu nous répéter, et alors, tout en augmentant la confusion et le n
d'ordre, la répétition n'aurait pu rétablir la netteté, qui,:d'après le rapport
quait à notre Mémoire.
I
, ■ .
. ■■• ■• .
fui
■
II
PRÉFACE
N
comprenons pas non pins cet autre reproche que la commission fait
* * uu nuic& muâmes aans les jardins pf rhrK W
hvres pendant plusieurs années.... (!) » Sans eonlester ces fai s q IZien
presque a fiure noire éloge, nous trouvons néanmoins étrange .'obsem, on Z
que le reproche qu'on nous adresse; car, puisqu'il s'agissait de choses rZ^r,
jardtnage, ou fallait-!, aller chercher des exemples si ce n'est dans le ja n "
Mais Tinns r^iAfnnc ™,™™„ /• „i * ,. jaiumo.
d'avoir recueilli des notes dans les
^ ^ b *" W d'après l'esprit du programme, nous en eussions le
sommes d'autant plus surpris de ce reproche que le mémoire couronné est
pose en partie de citations puisées dans différents ouvrages, dont Fauteur
Cn-PIM nnnr. ^ M a« .1 ~ ~ _ _ r • ° y wv^i
N
s
couronné est com-
s'est
Devons-nous ajouter que sur la médaille qu'on nous a décernée pour notre Mé-
moire on a fait graver le mot Hybridation, chose dont il n'était pas question dans
le programme et dont le rapport n'a pas parlé? Ce fait pourra paraître quelque
peu singulier; car, si la commission a trouvé que la partie du Mémoire oui
traite cte 1 hybndahon a une certaine valeur (ce que semble indiquer la légende
qui se trouve sur la médaille), comment
na<;9
pas
Q
se fait-il que le rapport
par
en soit, nous admettons comme
' • - r
vrais et mentes
repr
que la commission nous a adressés, et nous ajoutons que, selon nous ner-
sonne n en sera surpris lorsqu'on saura q
notre rédaction, et que personne autre que
ce travail est entièrement de
nous n'y a mis la main. D'une
autre part aussi, nous devons dire que nous avons mieux aimé être Ion- et
nous répéter, sauf à être lourd, que de rester incompris faute de détails
suffisants.
■
Toutefois, nous aimons à croire que la commission a bien jugé, et surtout
ju'cile
igi avec impartialité. Du reste, nous n'avons rien a voir à
publ
sa d
testation contre cette décision, ne doit pas non plus être mise en concurrence
nous n'avons d'autre
•T _ _
avec le Mémoire que la commission a couronné.
En livrant cette brochure au public, nous le répétons,
but que de faire connaître certains faits ignorés ou peu' connus, qui aous "out
paru dignes d'intérêt, tant au point de vue
tifîque.
En recopiant notre manuscrit, qui est d
impériale et centrale d'Horticulture, nous î
pratique qu'au point
de la Société
que
approchées l'une de l'autre qu'on n'aurait même pas dû
pt3; nous ne les avons pas reproduites. Du
ne changeaient en rien le sens des idées: m
~J
peu
rendaient-elles un
!. *■■..
.' ■ i •
* * » •
t^É
«OC
PRÉFACE.
m
Q
se rapportant
d
n avions pu sulhsam-
rapporter à cause de
présenter, ont été supprimés comme ne nous p
par offrir de garanties suffisantes; mais p
comme depuis que notre
moire
n
^
a été déposé jusqu'au jour où il a été examiné, il s'est passé presqu
deux ans, nous avons pu faire de nouvelles observations que nous avons cru de-
voir ajouter, ainsi que des notes, lorsque cela nous a paru nécessaire.
le la critique faite par le rapporteur de la
longues notes ajoutées dans le texte viennent
confus, nous avons rejeté ces notes à la fin
D'une
encore
contribuer à le rendre
de l'ouvrage, où on les trouvera sous un
dr
Enfin, pour mieux fixer
t
nous avons jugé nécessaire de le
s
qui, u api
accompa
ont une grande importance,
• *
appuy
dire et à donner au travail que nous publions, un double intérêt : de
P
1er aux yeux en môme temps qu'à l'esprit.
Mai 1865
*
1
1
rù
3^
L
/
\
PRODUCTION
FIXAT!
DANS LES VÉGÉTAUX
La stabilité des formes, dans un
végétaux, est en raison inverse du
contient.
groupe quelconque de
nombre d'espèces qu'il
.
!
I /.
En 1862, la Société impériale et cen-
trale d'Horticulture de la Seine a proposé
et mis au concours la question sui-
vante :
« Exposer, en se basant soit sur des
■« expériences nouvelles, soit sur des faits
« connus, mais bien établis, les circon-
«
qui déterminent la prod
« et la fixation des variétés dans les
« plantes d'ornement. »
Cette question est très-complexe ; pour
la bien comprendre et la traiter conve-
nablement, il faut d'abord la simplifier',
la décomposer, pourrait-on dire, afin de
deg;
qui, bien
tement,
part
n'en sont cependant que
3s qui peuvent être traités
des
à
la question
En effet, il est facile de
qu'on peut décomposer
comme il suit :
1° Comment se forment les variétés?
2° Peut-on en provoquer l'apparition?
3° Peut-on, lorsqu'elles sont produites,
les conserver, et alors comment?
. Mais comme dans la nature rien n'est
^olé, qu'au contraire tout s'enchaîne, et
cela d'autant plus étroitement que la
Partie qu'on étudie est plus circonscrite,
" s ensuit que la question proposée tou-
» .
che à beaucoup d'autres, auxquelles
même elle est intimement liée. Aussi
les divisions que nous venons d'établir
sont-elles elles-mêmes tellement com-
plexes qu'on reconnaît tout de suite que,
comme conséquences, elles nécessitent
de nouveaux développements qui em-
brassent plusieurs ordres de faits. Malgré
cela encore, en suivant cette voie, et
quelles que soient les divisions et sous-
divisions qu'on puisse établir, on con-
state que, en définitive, il n'y a là que
des effets divers d'une même cause.
Cette cause, c'est ce que, dans les scien-
ces naturelles, on est convenu d'appeler
une espèce; c'est donc par celle-ci qu'il
faut commencer.
Or, qu'est-ce que l'espèce?
Dans
son acception la plus rigou-
i mot espèce signifie type, c'est-
d
fondamental
moins
jamais donné de connaître l'origine des
choses d'une manière absolue, l'espèce,
quelle qu'elle soit, ne peut être Que re-
lative, et plus on
Mais comme en r
principe, et que, à défaut de base ab-
solue, on est forcé, lorsqu'on traite un
sujet, de partir d'un point connu, qui
devient alors l'origine (relative, bien en-
î
I
I
,;,
• ■ ■
tÙé
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6
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
tendu) du sujet qu'on traite , on a dû
aussi, afin de s'entendre sur la valeur
du mot espèce, fixer des bases à ce
terme, en donner une formule qui,
en
ppl
pour
préhensible
qu
nées de l'espèce, et qui, on peut le dire,
varient suivant leur auteur, suffiraient
déjà pour prouver que, comme nous
l'avons dit, l'espèce est quelque chose
— /
Voici notre définition
On nomme espèce
P t
représenté par un ensemble de carac-
tères pouvant s appliquer à un nombre
plus ou moins grand cV individus qu'ils
relient, en revêtant chacun d'eux d'un
cachet spécial qui lui donne un air
de parenté, et qui permet alors de le
rapprocher de certains autres avec les-
quels il constitue un groupe particulier
qu'on nomme genre.
Les caractères auxquels nous venons
de faire allusion, qui s'appliquent à l'es-
pèce, et que pour cette raison on nomme
caractères spécifiques, sont permanents
ettransmissiblesparvoie de génération;
ils peuvent se perpétuer tant que des
influences d'un ordre supérieur ne vien-
nent pas ou les modifier plus ou moins
profondément
paraître, et par
l'espèce.
dis-
quent anéantir
Mais, d'autre part, ce que nous venons
de dire de l'espèce, nous pouvons le dire
de presque tous les individus qu'elle
comprend; car, bien que ceux-ci pré-
sentent un certain nombre de caractères
qui les relient au type commun et les
pi
pi
individualisent. Ce sont ces derniers
qui constituent les variétés *, les sous-
variétés, les races, les sous-races, etc.
D'autre par
pou\
coup de cas, devenir permanents et trans-
missibles, il s'ensuit que certaines va-
riétés peuvent se fixer , devenir à leur
tour le point de départ de nouvelles sér
*.
D'une manière générale, on nomme variété tout
individu qui, par quelque caractère que ce soit, se
distingue d'un ou de plusieurs autres avec lesquels
on le compare et qu'on considère comme apparte-
nant à un même type spécifique.
des
qui leur ressemblent, et qui forment
particuliers qui gra-
vitent autour des premiers auxquels ils
se relient. C'est ce qu'on
des
races .
Les termes variétés, races, sous-races,
etc. , sont donc eux-mêmes complexes; ils
peuvent aussi, par suite de leur exten-
sion, former des sortes de cadres ou de
sous-genres dans lesquels viendront éga-
lement se ranger un nombre plus ou
moins grand d'individus, de sorte qu'on
peut encore, pour matérialiser cette idée
afin de la rendre plus saisissable, com-
parer l'espèce, la variété, la race, la sous-
race, etc., à des sortes de boîtes qui en
contiendraient d'autres à peu près sem-
blables quant à la forme générale, et qui
n'en différeraient que par les dimen-
sions.
Pour résumer ce qui précède et pour
en faciliter la compréhension, nous al-
lons tâcher d'en faire l'application, de
l'appuyer de quelques
pi
parmi des plantes bien connues, telles que
Pelargonium, Reine-Marguerite, Delphi-
nium, Giroflée, Pivoine, etc. Ainsi, dans
le genre Pelargonh
nous citerons
G
grandi fi
par bou-
(note 1)
7 ~"I 71 A
une variété à feuilles panachées.
Le Pelargonium grandi florurn, en rai-
son des nombreux semis qu'on a faits de
able de
produit
sont fixées et ont constitué des sortes de
sous-types qui, à leur tour, comprennent
un plus ou moins grand nombre d'indivi-
dus qui sont autant de variétés. Ainsi par
la culture, à l'aide de soins particuliers,
comme sous-races, des Pé-
i grandes fleurs proprement
obtenu
Odi
puis les P
nent chacune un nombre illimité d'indi-
vidus.
Le Pelargon
est éga-
lement devenu tête de série, a aussi
produit un nombre considérable de va-
riétés, qui, tout en conservant les carac-
typ
de
qui les g
Le genre Reine-Marguerite (Call
[
■-■*jr
DANS LES VÉGÉTAUX.
phus) ne renferme qu'une seule espèce,
qui, par les nombreux semis qu'on a faits
de ses graines, a produit les variétés dites
pyramidales, pivoines, à tuyaux, naines,
grandes, etc., qui se sont fixées et ont
constitué des races dans lesquelles on
trouve des sous-races qui renferment un
certain nombre de plantes distinctes, soit
par les formes, soit par les couleurs, et
qui, à leur tour aussi, tendent à former
de nouveaux groupes.
Il en est à peu près de même du 'genre
Balsamine, vrai, qui ne renferme non
plus qu'une seule espèce, la Balsamina
* * s également
■:
horte
nsis. Cette espèce a
donné naissance à des variétés qui se
sont fixées et ont formé des races diffé-
rant les unes des autres, soit par la
hauteur des plantes, soit par leur port
ou faciès, soit par les couleurs des
fleurs, etc., desquelles aussi sont sorties
des sons-races qui se distinguent égale-
ment par des caractères particuliers, et
qui se reproduisent presque identique-*
ment par graines.
Le genre Camellia ne renferme guère
qu'une espèce, le C. Japonica. Les va-
riétés qu'il a produites sont innombra-
s, mais aucune d'elles n'a encore
ble
formé de races) les différences qu'elles
présentent sont toutes individuelles;
elles portent soit sur la forme, soit sur
la couleur des tleurs, soit sur ces deux
choses, soit enfin sur la forme et sur les
dimensions des feuilles. Ces différences
*
ne se transmettent pas par semis.
Le genre Delphinium comprend un
assez grand nombre d'espèces, la plu-
part vivaces; quelques-unes sont an-
nuelles. Parmi les premières» il en est
une, le D. elatnm, qui, dans les cultures
et d'après les nombreux semis qu'on a
faits de ses graines, s'est tellement mo-
difiée qu'aujourd'hui il est à peu près
impossible de reconnaître le type.
Une
genre
espèce annuelle de ce même
le Delphinium Ajacis, tout en
nous fournissant l'exemple d'une exces-
sive plasticité, nous donne aussi celui de
la formation de races et de sons-races
qui, toutes, se reproduisent à peu près
identiquement par leurs graines. Ajou-
certains cas, c est a peine si on en ren-
contre à fleurs simples.
Il en est à peu près du Pied d'alouette
s.
(Delphinium Consol
comme du D. Ajacis. Dès son introduc-
tion, pour ainsi dire, dans nos cultures,
il a donné naissance à de nombreuses
variétés, qui bientôt se sont fixées et
ont constitué des races très-différentes
par leurs fleurs, et dont les caractères
se reproduisent parfaitement à l'aide de
graines. Toutes ces variétés sont à fleurs
doubles (dans le sens horticole).
La Giroflée commune (Cheiranthus
Cheiri),
nos murs, a produit aussi un grand
nombre de
qui croît si fréquemment sur
P
des
, _, aires aussi dont les
fleurs très-pleines sont également de
couleurs diverses.
Le genre Mathiola, qui comprend les
plantes connues sous les dénominations
Q
quarantaine, de Cocardea
ferme que deux espèces
de Girofl
pro
duit un très-grand nombre de variétés ;
celles-ci une fois fixées ont constitué des
races qui, à leur tour, ont formé des sons-
races, parmi lesquelles on trouve égale-
ment des sous-variétés de toutes dimen-
sions, d'aspect, de port et de coloris très-
divers, qui se reproduisent à peu près
raines, et qui par
ide
quivalent
Le genre Pivoine renferme quatre es-
pèces ou types; ce sont : le Pœonia pa-
paveracea (d'où sont sorties toutes les
Pivoines en arbre ou Moutan), le Pœo-
■f
fâcinalis
Les trois premières espèces
tons que, toutes, indépendamment du
port des plantes, de leurs dimensions,
ainsi que des coloris si divers et si con-
stants que présentent leurs fleurs, celles-
ci sont tellement modifiées que, dans 1 cifolium, bullatum, monstrosum
ont produit un nombre considérable de
variétés à fleurs pleines, semi-pleines,
doubles, simples, etc., de formes et de
couleurs très-variées.
Tout ce qui vient d'être dit des végé-
taux herbacés peut également s'appli-
quer aux végétaux ligneux ; en voici quel-
ques exemples pris parmi des plantes
communes et bien connues. Afin d'abré-
ger, nous ne ferons que citer les noms.
Le Lilas commun a produit des varié-
tés à fleurs blanches, rouges, violacées,
semi-pleines, etc.
Une espèce du genre Cytise , le Cytisus
Laburnum, a produit les variétés quer-
m
■ -.
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fui
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*™a 3S P n ï es Rosier > ^alée, Rhodo-
dendron, etc., les variétés sont innom-
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
brables.
Or
forestières, le R
nom d'accidents, que nous nommons soit
1)
pi esentent également une quantité con-
sidérable de variétés. Mais c'est princi-
palement chez certains de no, „„,,-,
fruitiers, tels que Poiriers, Pommiers^
Vignes, etc., que les variétés sont nom-
breuses; elles sont incalculables
Après ces explications, qui, bien que
restreintes peuvent cependant donner
une idée de ce qu'on doit entendre par
espèces, variétés, races, etc., nous devons
encore, afin d'être compris lorsque plus
tard nous entrerons dans les détails
d application , faire ressortir certaines
particularités très-importantes
Constatons d'abord ceci : que, puisque
ce sont les mêmes sucs séveux qui, en
1 une de 1 autre les diverses phases de la
végétation, après avoir indiqué et donné
quelques exemples de ce qu'on doit en-
ques mots ce qu'on doit entendre par
bres variation.
On nomme variations des phéno
menés qui se montrent parfois sur cer-
taimw niâtes, mais qui sont tellement
Pi
stabi
modifiant di\
les lois
"anière différente, ou IvefS Î^.SÏISS. ? l ™ ou «*» et diver-
se la vie constituent les herbes, les bois,
les feuilles, les fleurs, les fruits, etc., i
suffira — ' ,- ^ •• - '
d'une manière différente
d'intensité dans
pour donner naissance à des produits
de nature et d'aspect très-variés. D'autre
part, il ne faut pas oublier que la nature
des plantes, quoiqu'en apparence sim-
nl * est extrêmement complexe à tel
point qu'on peut dire d'un végétal qu'il
n est pas un, mais bien une infinité de
végétaux. En effet, chacune de ses par-
ties, lorsqu'elle est détachée '
User; tels sont, par exemple, ceux qui se
montrentsurles Tulipes, chez lesquelles
dans les plantes très-modifiées par la
culture, les couleurs paraissent être
(note < | ment en V ° ie de modific ation
On trouve des faits sinon semblables
du moins analogues, sur certaines varié-
tés de Dahlias panachés, chez lesquels
if n est pas rare de rencontrer, cà et là
sur une même plante, des capitules ou
ble
peut
appropriées à
Pi
sèment panachés. Tous ces faits sont
des variations, non des variétés- celles
ci peuvent se stabiliser et constituer des
individualités permanentes; celles-là
non. Ce" sont -des phénomènes qui ap-
paraissent sans qu'on en connaisse la
cause, m qu'on puisseen fixer les effets.
aussi devoir indiquer
°» 4" ii îciui emendre ■ 1 ■
si souvent emplové en
Nou
fi
puisque chacune
parties a une existence particulière
qu elle peut vivre de son propre fonds
lantde végétau
ayant revêtu de
d
On
ultipl
sous
de la plante dont
pi
en a aussi qui lui sont particulières, qui
peuvent
g
senter sur l'une ou sur l'autre de
a laide de graines; on doit donc, wus
ce rapport, comme valeur organique le
distinguer du mot dimorphùme, qui,'au
point de vue pratique, sert à caractériser
ces accidents ou ces faits exceptionnels
qui, tout à coup et sans cause apparente
parties
ses
qu'on boutur
qu
ront constituer des plantes nouvelles"
parfois très-diff t
tement différem
proviennent. Ce
de celles dont elles
quels, en horticulture, on a donné
^ "-h^h^ui un végétai quelconque,
et qu en suite on perpétue à l'aide soit
du bouturage, soit du greffage. Ainsi
pour en citer un exemple, supposons
que, sur une plante dont les feuilles
sontvertes, il se soit développé une bran-
che dont les feuilles soient panachées ■ si
on prend cette branche et qu'on la bou-
ture ou qu'on la greffe, cet accident
pourra se maintenir; mais si la plante
résultant de cet accident produit de
s
^ sss
fmn
*--^^^^ ^
^■^■i
DANS LES VÉGÉTAUX.
9
graines et qu'on les sème, on verra pres-
que touj ours disparaître ce caractère , qui,
comme son nom l'indique, n'était qu'ac-
cidentel. Il n'y avait donc là rien de fixé,
il y avait tout simplement un fait excep-
tionnel, stabilisé et rendu permanent
par un mode particulier de multiplica-
tion.
Faisons encore, relativement au mot
fixé, l'observation suivante : qu'une va-
riété ou une race quelconque pourra
desquelles nous prenons une part plus
ou moins grande; l'autre, au contraire,
qui comprendra les variétés pour les-
quelles nous ne pouvons rien ou à peu
près, quant à leur apparition , qui sont
le produit de faits auxquels nous sommes
tout à fait étrangers, et que par consé-
quent nous devons saisir lorsqu'ils se
présentent afin d'en tirer le meilleur parti
possible. Le premier groupe se rattache
exclusivement aux semis; le deuxième a
être fixée quant à ses caractères gène- rapport aux accidents.
raux, sans pour cela l'être quanta ses ca-
ractères particuliers, c'est-à-dire quanta
certains détails qui tiennent à sa descen-
dance. Par exemple, cette variété pourra
produire constamment des plantes d'une
même forme, ayant un même faciès, mais
qui, néanmoins, différeront par des ca-
ractères particuliers, soit par la couleur,
soit par les dimensions des fleurs, etc.
Dans ce cas, c'est le port ou l'aspect qui
est fixé et qui constitue la race; mais les
couleurs ou les dimensions des fleurs
n'ont rien d'absolu; elles sont propres
aux individus qu'elles caractérisent.
D'autres fois, au contraire, c'est la cou-
leur qui fait le fonds ou le caractère essen-
tiel de la variété ; l'aspect, la forme, etc. ,
caractérisent les individus.
Faisons aussi remarquer que les di-
verses combinaisons faites pour perpé-
tuer les variétés, ou pour en obtenir de
Dans la pratique, les semis peuvent
aussi se diviser en deux groupes princi-
nouvelles, reposent sur cette loi générale
paux : l'un dans lequel, en combinant
les opérations préliminaires qui s'y rat-
tachent de manière à obtenir certains
résultats, on laisse néanmoins agir la na-
ture en ce qui concerne la fécondation ;
l'autre dans lequel, indépendamment
des combinaisons particulières, on prend
une part importante, en intervenant
d'une manière directe, pour en quelque
sorte contraindre la nature à donner
des produits qui paraissent être un peu
en dehors de ses lois, c'est-à-dire à
suivre une marche différente de celle
qu'elle aurait suivie si on l'eût aban-
donnée à elle-même. On obtient ce ré-
sultat à l'aide de certaines combinaisons,
et tout particulièrement en pratiquant
la fécondation artificielle.
D'une autre part, comme il y a diver-
ses séries de variétés, les moyens, soit
de les provoquer, soit de les conserver,
sont toujours relatifs et subordonnés à la
nature des variétés qu'on veut obtenir.
Ces séries, que nous examinerons suc-
cessivement, peuvent être portées au
nombre de six principales, ainsi ré-
parties :
La première comprendra tout ce qui
a rapport aux dimensions soit des plan-
tes, soit seulement des fleurs;
La deuxième comprendra ce qui se
rattache soit à la précocité, soit à latar-
diveté ;
La troisième comprendra ce qui se
rapporte aux couleurs;
La quatrième comprendra ce qui se
rapporte aux panachures ;
La cinquième comprendra ce qui a
rapport aux formes;
Enfin la sixième comprendra les plan-
tes à fleurs dites doubles.
Gomme dans la suite nous aurons sou-
qui comprendra celles à la production I vent à parler des porte- graines, nous
que, dans la nature, tout tend à se re-
produire et même à s'étendre, que
par conséquent les modifications peu-
vent non-seulement devenir héréditaires,
mais qu'elles peuvent encore servir de
moyen pour arriver à d'autres modifica-
tions, à étendre et à multiplier de plus
en plus les séries typiques.
Après cette sorte de préambule, qui
peut-être pourra paraître un peu en de-
hors du sujet, mais qui cependant nous
a paru nécessaire afin de bien détermi-
ner la valeur des termes, de manière
à donner une idée nette et bien arrêtée
du sens que nous y attachons, nous al-
lons aborder la question au point de vue
pratique, c'est-à-dire tirer les consé-
quences des divers faits que nous avons
tâché de faire ressortir.
Constatons d'abord que, d'une ma-
nière générale, nous pouvons partager
les variétés en deux grands groupes : l'un
j.
'
I J
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W.
A
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v*o
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10
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
croyons devoir, en quelq
Calceol
ce qu'on entend par cette expression. . Callh
On nomme porte-graines tout végé- Cla
lai qui, quelle que soit sa forme
ou
sa nature, est particulièrement destiné Dete/
Coreopsis iinctoria nana (2
à la product
Ces considérations" générales étant éta-
Taines.
blies, nous allons entrer dans
d'application, en suiva
ries indiqué ci-dessus.
1 er GROUPE.
l re SECTION.
Semis naturel, c'est-à-dire
fécondation artificielle
des^ fleurs, mais f
préalables, relativement aux p
nés, dans le but d'obtenir des
Série A. — Dimensions.
Lorsqu'on vise à obtenir des
dans
premier cas, choisir pour porte-graines
les individus qui présentent les plus pe-
de dis
possible
au but que
deuxième <
Dans le
on choisit
les individus qui ont une tendance à s'é-
lancer et à dépasser les dimensions ordi-
naires, tout en conservant, bien entendu
encore, l'aspect général qu'on désire ob-
tenir; en un mot, dans l'un comme dans
autre cas, on doit récolter les graines
sur les individus qui présentent au plus
haut ^ degré les caractères que l'on re-
Si, au lieu de viser aux dimen-
fleurs
des pi
pr
vient d'être dit, mais alors en
pour guide, c'est-à-dire comme point
de mire, les fleurs au lieu des plantes.
C'est en partant de ces principes, et en
les mettant en pratique à chaque géné-
ration, qu'on arrive à créer des variétés
ou même des races, c'est-à-dire à obte-
nir
q
parlois, par
stabilité, présentent sous ce rapport le
caractère d'espèces. En voici quelques
exemples :
Variétés naines obtenues et fixées
par les semis.
Ageratum cœlestinum nanum;
Agroslis cœli rosea nana ;
Balsamina hortensis nana (variétés nom -
foreuses") :
brcuses) ;
D tan thus S mens is nan a ;
Giroflées quarantaines (variétés très-
nombreuses) ;
Helianthus annuus nantis;
Helichrysum bracteatum nanum ;
Leptosiphon densiflorum nanum;
Lobelia^ gracilis erecta nana;
Lupinus (plusieurs variétés);
Nemesia clegans nana;
Œnothera Drummondii nana;
Papaver somniferum nanum (plusieurs
variétés) ;
Phaseolus coccineus nantis ;
Polygonum orientale nanum;
Reines-Marguerites naines (variétés nom-
breuses) ;
Salpiglossis sinuata nana;
Salvia coccinea punicea nana ;
variétés);
(Pi
s
Senecio
Tagetes
7
pakda nana ;
signala nana ;
Tropœolnm majus nanum (plusieurs va-
n êtes);
Viscaria oculata nana.
Quant aux variétés grandes ou géantes
pas
du reste, par cette rai
plutôt à diminuer qu'à augmenter les
dimensions des plantes. Toutefois, si l'on
voulait en obtenir, on agirait ainsi qu'il
a été dit précédemment, mais en suivant
une marche tout à fait opposée à celle
qu'on devrait suivre si l'on voulait ob-
tenir des plantes naines. Nous faisons
les mêmes observations relativement aux
fleurs.
Série u.— Précocité et Tardivelé.
Les bases posées dans la série précé-
dente relativement au mode d'opérer
étant semblables pour cette série et
pour les séries suivantes, il n'y a donc
clans chacun des cas, qu'à en faire di-
versement l'application, c'est-à-dire â
se conformer, dans la pratique des opé-
rations, ainsi que pour le choix que
•
• - ' . - ■ • »(■
- : •
Jfc^l^J
DANS LES VÉGÉTAUX.
11
l'on fait des porte-graines, au but que
l'on veut obtenir.
Ainsi, lorsqu'on désire avoir des varié-
tés hâtives, on doit surveiller avec soin la
floraison des plantes afin de remarquer
celles qui présentent les qualités qu'on
recherche et qu'on désire améliorer, puis
choisir parmi celles-ci les individus qui
fleurissent les premiers, en récolter et
semer les graines, puis choisir de nou-
v
parmi
de ce semis, ceux qui, tout en fleurissant
tes premiers, ont cependant aussi con-
servé les autres caractères auxquels on
tient également. Dans un grand nombre
de cas on se trouvera bien aussi de ré-
de
pi
pai
ont parfois
une tendance à donner des plantes en-
core plus hâtives.
Lorsque, au contraire, on désire obte-
nir des variétés tardives, on agit absolu-
ment comme il vient d'être dit, quant à
la manière
d
de procéder
sens inverse
dire en
prenant pour porte-graines , à chaque
génération, les individus dont la florai-
son est la plus tardive.
Comme exemple de hâtiveté nous ci-
terons particulièrement le Pyrethrum
Sinense prœcox (note 3) .
Série c . — Variétés portant sur les couleurs des
fleurs, obtenues et fixées par les semis.
Lorsqu
des variétés qui
drésentent une couleur déterminée, on
choisit, parmi les plantes sur lesquelles
on porte particulièrement son attention,
les individus qui, avec un port et un
feuillage convenables, se rapprochent le
Pi
celles qu'on
pie, si on
tient à avoir des fleurs'rouges, on prend
pour porte-graines les individus dont
les fleurs sont les plus voisines de cette
couleur; si l'on désire obtenir des
fleurs blanches, on clu " "
x As la couleur est la plus atténuée. Si,
au contraire, on désire obtenir des fleurs
jaunes, on doit, tout en prenant pour
porte-graines des individus dont les
s'appuyer sur les principes
nous
porte
graines en conséquence.
En général on remarque que, pour
qu'il y ait chance d'obtenir des fleurs
jaunes, il faut que l'atténuation provienne
de l'affaiblissement de couleurs plus ou
moins foncées , par exemple , soit du violet ,
soit du lilas. Pourtant ici encore on ren-
contre de remarquables exceptions, ainsi
fénéral
. 4
encore on remarque aussi que le blanc
(note 5) et le jaune sont les couleurs
qui
de
On a d' autant pi
dans les typ
que
modifier. Ainsi
dans
le type sauvage ( Viola arvensis) du jaune
uni à du violet velouté , on pouvait
être à peu près certain qu'en choisissant
ses porte-graines avec discernement on
arriverait à faire dominer telle ou telle
de ces couleurs , à avoir des variétés à
fleurs jaunes, lilas, violet plus ou moins
foncé, ou même à peu près complètement
noires, et telle est la variété qu'on nomme
Faust (note 6).
Q
(Cheiranthus Grœca) semble contredire
ce que nous venons de dire relativement
à l'atténuation des couleurs; en effet,
bien qu'à fleurs blanches, elle n'en a pas
moins produit des variétés à fleurs
roses,violettes,lilas,etc. , et même jaunes.
Cette contradiction n'est qu'apparente^
en regardant avec attention, on reconnaît
que les fleurs, loin d'être blanches, sont
jaunes, ou à peu près, avant l'ouverture
du bouton,etque, même lorsqu'elles sont
épanouies, elles conservent la couleur
jaune dans toute la partie inférieure des
pétales. Du reste, la nature ne se prête
point servilement à nos calculs, et il peut
bien v avoir des cas où les faits contredi-
sent nos théories et semblent se trouver
en opposition avec la gamme chromati-
que des couleurs que nous avons établie ;
car, les couleurs résultant d'une combi-
naison particulière des principes colo-
rants, ces derniers ne peuvent-ils pas,
d'après des
fleurs soient très-pales, tâcher, s'il est comprendre, se séparer et se grouper
possible, que cette teinte tire déjà un
peu sur le jaune (note A). Enfin, et quelle
que soit la couleur qu'on désire, on doit
suivant une marche opposée à celle que
nous considérons comme normale? Mais,
d'autre part, rien ne nous prouve que
I
I
ra
"
■' ' --V .'
. • "•
r
^k
■
i
«..V-
i
:
: ■
5Sn
1
,
-
12
Q
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
type spécifique ; le contraire même est
très-probable, puisqu'il n'y a pas encore
w temps (c'était vers 1 835) qu'elle
a lait son apparition dans les cultures,
et qua cette même époque il y avait
aeja d autres variétés de Quarantaine
ecque à fleurs de couleurs diverses
dont
fi
Elle
Toutefois, et quelle qu'en soit la cause
égales d ailleurs, il est certaines espèces
extrêmement
astiq
qui semblent
cou-
pouvoir revêtir les formes et les au-
teurs les plus diverses, tandis qu'il
en est d'autres au contraire qui, bien
que cultivées en très -grande quan-
tité et depuis longtemps, n'ont encore,
pour ainsi dire, produit aucune variété-
fuie PAnt Irx n^./ » 1 t -~ *
Re
seda, YEutoca viscida, le Cosmos bip,.,
nata, le RhodanteManglesii, etc. Comme
exemples contraires nous pouvons citer
le Dahlia, la Reine-Marguerite, la Bal-
samine des jardins, la Rose trémière
Rosiei
Camell
dendroi
Œillet des fleur
Azalées, etc., les Rhodo
le
Variétés à fleurs rouges, obtenues et fixées par les
semis.
An
Alt
Sinensis rubra:
(pi
Balsamin
tés);
Celosia cristata rubra;
Centranthus ruberrimus ;
Cosmos bipinnata purpm
Giroflée quarantaine (plus
Helichmisum rnarrnn ihom
varié-
Ipomea purpurea Kermesiana;
Lathyrus odoratus rubra;
Martynia fragrans rubra ;
Mathiola annua rubra;
incana rubra;
Papaver somniferum ru brum ;
Pentstemon gentianoides purpui
Pou „«,„<,.„,„,
Reine-Marguerite (plusïi
Scabiosa atropurpurea ;
Silène armer ia rubra;
Verbena incisa rubra;
Zinnia elegans coccinea ;
multiflora rubra.
variétés) ;
Variétés à fleurs roses, obtenues et fixées par les se-
nus.
Agrostemma coronaria rosea ;
Anagallïs grandi flora rosea •'
Ralsamina hortensis (plusieurs variétés) :
Celosia cristata rosea ;
Clarkia elegans rosea •
Delphinium
constatons que, toutes circonstances G
consolida
Digitalis purpurea rosea;
(idem);
Girofl,
brei
7
quarantaine (variétés nom-
Godetia amœna rosea;
Gomphrena globosa rosea;
Ipomea purpurea rosea ;
Lobelia erinits Lindleyana,
-j- ramosa rosea;
Lupinits hirsutus roseus;
Lychnis Chalcedonica rosea ;
Lymnanthes Douglasii rosea
Maurandia nnrr.J.Pimv>n m™
somnif
m
Pentstemon gentianoides rosea :
Reine-Marguerite (variétés nombreuses)*
Scabiosa atropurpurea nana rosea; "
Senecio elegans rosea.
Variétés à fleurs Bas ou violacées, obtenues et
fixées par les semis.
variétés)
Campanula spéculum lilaceum;
Celosia cristata violacea;
Delphinium Ajacis (plusieurs variétés);
consolida violacea;
Giroflée quarantaine (plusieurs variétés) •
Iberis umbellata violacea; '
Mirabilis longiflora violacea;
Papaver somniferum violaceum ;
Reine-Marguerite (plusieurs variétés) ;
Senecio elegans violacea;
Verbena Drummondii;
Zinnia elegans violacea.
Variétés à fleurs jaunes, obtenues et fixées par tes
semis.
Antirrhinum ma/jus luteum;
Amaranthus caudatus luteus:
Celosia aurea pyramidalis
Chrysanth
cristata aurea;
chift
Ca lift
Giroflée quarantaine (pi
tés).
■
••. I * '
■• ■ .-
DANS LES VÉGÉTAUX.
13
Ipomea coccinea aurea;
Leptosipho?i androsaceum aureum;
Lotus Jacobeus luteus !
luteilm;
Porttilacca grandiflora aurea;
aurantiaca;
Rose trémière (plusieurs variétés) ;
Salpiglossis sulfurea;
Thunbergia alata aurantiaca (orange ma-
culé) ;
Thunbergia alata Fryeri (orange sans
macule).
Thunbergia alata lutea immaculata;
Tropœolum majus (plusieurs variétés) ;
Zinnia elegans simplex aurea;
flore pleno luteo.
Variétés à fleurs blanches, obtenues et fixées par
les semis.
Agrostemma
cœli rosa alba,
Argemone Mexicana
Balsamina ht
B
beridifolia alba
Calceolaria Yunghii alba;
Catananche cœrulea alba;
Campanula pyramidalis alba ;
Spéculum album;
média alba; ,
Bocconi alba;
Loreyi alba;
pentagona alba;
Centaurea moschata alba;
Centranthus ruber alba;
Clintonia pulchella alba ;
Crépis rosea alba;
Batura fastuosa alba;
Belphinium grandiflorum album
— Ajacis album;
Consolida alba-,
Bianthus Sinensis alba;
Bictamnus albus ;
Bigitalis purpurea alba;
Escholtzia Californica alba;
Galega officinalis alba;
Gilia capitata alba;
tricolor alba ;
Giroflée quarantaine (plusieurs var
Godetia rubicunda alba;
Gomphrena globosa alba;
Hedysarum coronarium album;
Hesveris matronalis candidissima
?
I
mari
Lathyrus latifolius albus;
Lavatera trimes tris alba;
Lobelia syphilitica alba ;
Lychnis Chalcedonica alba ;
Lymnanthes Bouglasii alba;
Mathiola annua alba;
incana alba;
Malcolmia maritima alba;
Malope trifida alba;
Maurandia antirrhiniflora alba ;
Mesembrianthemum tricolorum album;
Mirabilis Jalapa alba;
Myosotis Alpestris alba;
inter média alba;
Nemophila insignis alba;
Nolana grandiflora alba;
Papaver somniferum album;
rhœas album ;
Pentstemon gentianoides album;
Persica Sinensis alba;
vulgaris alba;
Phaseolus coccineus albus ;
Platycodon grandiflora alba;
Podolepis gracilis alba;
Polemonium cœruleum album;
Polygonum orientale album;
Primula Sinensis alba;
Reine-Marguerite (plusieurs variétés);
Rhodante Manglesii alba;
Rose trémière (plusieurs variétés);
Saponaria Calabrica alba ;
Scabiosa atropurpurea alba;
Schizanthus retusus albus;
Senecio elegans alba ;
Silène Armeria alba ;
pendula alba;
Thun bergia a la ta alba;
Trachelium cœruleum album';
Vinca rosea alba;
Viola odorata alba ;
Viscaria oculata alba;
Xeranthemum annuum album;
compactum album;
bracteatum album.
Série ». — Variétés à fleurs ou à feuilles pana-
chées, obtenues et fixées par les semis.
Les pi
panachées
sont relativement rares: la raison en
des
pi
plupart des panachnre
laux, qu'elles résultent le
d'accidents, et qu'on en
nomidium
Ipomea Quamoclit
obtient peu par les semis. Cependant si,
comme tout semble le faire croire, les
panachures sont dues à des sortes de ma-
ladies (note 7) nepourra-t-il pas arriver que
I
I
*
■
■ ■'
I*-,
91
n
I
• .
■■
ïSSi
n
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
missibles par les g
ît assez intenses pour affec-
me , pour, ainsi qu'on le
3 vulgaires, passer dans le
devenir héréditaires, trans-
de Caladiur
Sans
pour expliquer
recours aux hypothèses
la cause des panachures,
que, dans le plus grand
nombre de cas, les plantes panachées
doivent cet état particulier à un dépla-
cement des éléments colorants, déplace-
de perturba-
de
ment fixe; ce qui expl
pourquoi
les panachures sont tellement constan-
tes que non-seulement elles se repro-
duisent par le moyen des graines, mais
encore que les plantes qui les por-
tent sont très-vigoureuses, ce qui a
rarement lieu lorsque les panachures
sont placées sur les fleurs. Dans ce der-
nier cas, en effet, les plantes sont généra-
lement délicates ; c'est un véritable signe
d'affaiblissement; d'où l'on pourrait con-
clure que, en général, on aura d'autant
de chances de conserver cet état
particulier que les porte-graines seront
l'on voit si souvent les panachures s'ef- plus souffreteux, qu'on les laissera un
facer
reprendi
partie
présentaient peu pâtir.
dont les éléments
dominent, et alors des fleurs ou des
Pour arriver à fixer les plantes à feuil-
les ou à fleurs panachées on se fonde
feuilles unicolores se montrer parmi sur les mêmes principes que ceux que
plus ou moins panachées
Les panachures ne sont pas exclusive-
ment propres aux fleurs; le plus souvent
même elles affectent les feuilles, parfois
aussi les rameaux; quelquefois même
indiq
pour
dire qu
quelles que
8
par
chez lesquels les panachures sont les
plus prononcées, et dont la végétation,
sans être trop vigoureuse, est néanmoins
lesquelles elles se montrent, on con-
state qu'elles sont d'autant plus stables
qu'elles circonscrivent plus complète-
ment l'organe qu'elles affectent, ou, ce
qui revient au même, que, sans les cir-
de cercle dans
disp
?
zonale
Oxalis)
(Pela?
qu'elles
disposées par macules, et
les panachures
batides
par
dired
qu'ell
assez bonne ; car ce caractère n'étant,
dans beaucoup de cas, aue le résulta!
d
disparaître, en grande partie
lorsque les plantes sont très-vigoureuses.
De même aussi, en se fondant sur les
mêmes principes, il faut éviter de pren-
dre pour porte-graines des individus qui
soient trop affaiblis, car alors on pour-
rait n'obtenir que des plantes chétives.
Plantes à fleurs panachées obtenues elfixées par les
semis.
des
pi
appartiennent au
monocotylédonés .
\ On connaît pourtant quelques excep-
tions à la règle générale que nous venons
d
à la fixité de
panachures; une très-remarquable est
fournie par le Chardon- Marie, qui, mar-
qué sur toutes ses parties de nom-
breuses et belles macules blanches très-
régulières, se reproduit identiquement
par ses graines.
Reconnaissons toutefois que, en gé-
néral, les panachures sont beaucoup
Aquilegia vulgarisvariegata ;
Balsamina hortensis (plusieurs variétés);
Centaurea cyanus variegata;
Convolvulus tricolor variegata ;
Delphiniim
Consolida
Pi
fleurs, que, dans qu
Ipomea purpurea variegata;
Lathyrus odoratus (plusieurs variél
Lohelia Erifius marmorata;
Dipiniis mutabilis Cruiksankii;
Malcolmia maritima bicolore
Mirabilis Jalapa variegata;
Nemophila insignis alla variegata ;
Phaseolus coccineus bicolor ;
Phlox Drummondii Raditwitzii;
Portulacca grandiflora alba striata
Primula Sinensis .variegata ;
par exemple chez certains Bégonias, de Reine-Marguerite (xA
-
X
.
I
DANS LES VÉGÉTAUX.
15
Tropœolum majus variegatum ;
Série E. — Variétés à fleurs dites doubles (note 9),
obtenues et fixées par les semis.
Anémone coronaria (variétés nombreu-
ses) ;
Aquilegia vulgaris (variétés nombreu-
ses);
Calendula Bungei (note 10) ;
hortensis;
alba:
Campanula n
Centaurea cyt
Chrysanthemum coronariarn (plusieurs
variétés);
Chysanthemum (Pyrethrum) Indicum
(variétés nombreuses) ;
Clarkia pulchella alba
Convolvulu
Datura fi
elegans;
violacea;
alba;
hitea;
Delphinium Ajacis (variétés nombreu
ses);
Delphinium Consolida (variétés nom
breuses);
'anthus Sinensis (variétés nombreuses
(note 11);
Dianthusbarbatus (vàriètèsnombreuses);
Giroflées diverses
Helianthus
D
(idem) ;
Helichrvsum
annuus ;
Califon
bracteatum
Matriearia parthenium (note 10)
Papaver somniferum (variétés
breuses) ;
Papaver rhœas (variétés nombre
nom-
Persica S
rubra;
vulgan
Pétunia (variétés l ,,
Ranunculus Asiaticus (variétés nombreu
R
ses);
Senecio elegans (note 10 ) (plusieurs va-
riétés) ;
Zinnia elegans (plusieurs variétés) .
Il est inutile de dire que, dans la liste
qui précède, toutes les fois qu'on cite le
nom de l'une ou de l'autre des variétés,
il faut ajouter à ce nom le qualificatif de
flore pleno , que nous n'avons pas mis
afin d'éviter les répétitions.
donne
ble une signification sinon fausse, du
moins différente de celle qu'il a réelle-
ment. En effet, dans le sens vrai, double
signifie deux, c'est-à-dire deux fois l'u-
nité, ce qui, logiquement, conduit à ceci
que semi-double, étant la moitié de dou-
ble, signifie simple. Ce n'est pas ainsi
qu'on l'entend en horticulture en ce qui
concerne la duplicature des fleurs; dans
cette circonstance double, en parlant
d'une fleur, signifie qu'elle
grand nombre de pétales que,
doit avoir normalement , mais" sans
indiquer ce nombre, ni la nature, non
plus que l'origine de ces organes. Se-
mi-double, en parlant d'une fleur, indi-
que également qu'elle a un nombre
a un
pétales pi
que
qu'elle devrait avoir normalement, bien
que ce nombre soit toujours moindre
que celui dont le mot double donne l'idée.
Toutefois ces deux termes n'ont rien
d'absolu; ils se prennent toujours d'une
manière relative.
La duplicature des fleurs peut être dé-
terminée par des -causes diverses, soit,
par exemple, par la multiplicité résul-
tant de l'augmentation ou du dédou-
blement des pièces florales (sorte de
bourgeonnement) (Pivoine, Pavot); soit
fleurs
par la transiorrnation des organ
xuels. Dans le premier cas les
peuvent encore donner des graines; elles
ne le peuvent plus dans le second, si la
transformation est complète.
Les fleurs tout à fait doubles, dans le
sens qu'en horticulture on attache à ce
mot, qui sont ce qu'on doit nommer des
fleurs pleines, sont touiours stériles.
Nous n'avons donc pas à nous en occu-
per, puisque les plantes qui les portent
propa
que par
parties,
Teffes,
par la séparation de leurs
; par boutures, couchages,
Cependant, dans certains
cas, elles paraissent exercer une cer-
taine influence (note 11).
Les fleurs semi-pleines ou plus ou
moins pleines peuvent au contraire don-
ner des graines, ce qui permet de multi-
plier à l'aide des semis les plantes qui
présentent ce caractère. Constatons tou-
tefois que le point de départ des fleurs
doubles est en dehors de notre puissance
comme de nos calculs; nous ne pouvons
rien, ou à peu près rien, sur le fait ini-
-*
I
I
I
*■ ;
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n
fr
■
i
M
•
16
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
tial ; nous ne pouvons que le saisir lors-
qu'il se présente ; nous ne pouvons pas le
provoquer; c'est un effet dont la cause
nous est inconnue (note 42). Lors donc
que, par une circonstance quelconque, il
se présente un de ces faits, il faut le sur-
veiller avec soin, éloigner même du con-
pi
qui
droit où elle est, soit, si cet enlèvement
n'est pas possible ou qu'il présente quel-
que inconvénient, en détruisant toutes
lesplantes qui l'entourent lorsque celles-
ci sont de nature à influencer la fécon-
0n(
part
graines, on les
■
individus qui en proviennent, pour, plus
tard encore, choisir parmi eux ceux qui
auront le mieux conservé les caractères
qu'on cherche à fixer, et qu'on prend à
leur tour pour en faire des porte-graines;
ce qui ne doit pas empêcher de recueillir
et de semer les graines qui proviennent
du premier pied-mère, car il est toujours
bon de multiplier les chances.
C'est en a^
les variétés de Potentille du Népaul
fleurs très-grandes
On
d'abord
une à fleurs semi-pleines, jaunes, dont
les graines ont donné des variétés àfleurs
jaune clair ou pi
mordoré
Ce
été
rouge, rouge-orangé, etc.
13)
•
complètement pleines, qui par
quent ne donnent plus de
■
qu'il faut
rames et
pi
velles variétés.
7
is, qui donnent
; desquelles on
obtient de nou-
fleurs dites doubles
în-
y a presque toujours quelq
sexuels dont la transforma
complète, on doit, pour au
chances de succès relatives à la produc-
tion des graines, rapprocher ces organes
"es autres, de manière à ce qu"
puissent se féconder entre eux; on doit
même au besoin faciliter leur rappro-
chement en écartant les difficultés. Mais,
s'il arrivait que les étamines lissent
sur d'autres fleurs de la
prendrait
que possible, de
espèce
pour
qu
se-
propose, du pollen qu'on
sur le stigmate de la fleur double afin
apporterait
d'en assurer la fécondation. Dans cette
circonstance on a cru remarquer que
l'influence de l'organe mâle est considé-
rable, que l'opération est plus satisfai-
l i. * 1 ? 1 j_ * * i ru
santé, quant
doubles
des fleurs
ces dernières
pour pères, c'est-à-dire quand en enlève
les étamines pour féconder serait-ce
même des fleurs simples de plantes
appartenant soit à la même espèce, soit
à une autre espèce du même genre.
Nous ferons aussi observer que les
fleurs doubles ne se rencontrent guère
que dans lesplantes cultivées; elles pa-
raissent être la conséquence d'une modi-
fication de tempérament due à la domes-
les
parfois
de
que
accidentel
lement, pour ainsi dire.
Faisons aussi remarquer que, la du-
plicature des fleurs étant déterminée
par une modification organique des in-
dividus qui les portent, il s'ensuit que,
suivant la nature ou suivant l'intensité
de cette modification, la plénitude ou
is ou moins te-
pi
nace; elle peut même devenir perma-
nente, ce qui explique pourquoi, lorsque
certaines espèces se mettent à doubler,
c'est parfois avec une telle rapidité que,
au bout de peu de temps, il est difficile
^ver les types à fleurs simples
11
Pour
une idée de cette rapi-
dité, nous allons citer quelques exemples
de date assez récente. Ainsi le premier
pied de Pétunia à fleurs doubles, dont la
couleur était d'un blanc sale ou verdâ-
tre, parut à l'exposition universelle en
1855. Ce Pétunia, qui appartient à une
race mixte (note 13), fut trouvé dans un
semis de graines de Pétunia ordinaire
fait par un employé de la Banque de
Lyon. Malgré le peu d'années écoulées,
le nombre des variétés produites par
l'influence de ce pied unique est aujour-
d'hui considérable. On en trouve de cou-
leurs très-diverses ; il en est même beau-
coup dont les fleurs panachées sont
très-jolies.
Le
fleurs doubles,
introduit dans nos cultures vers 1858
remarque
1854
•
*
DANS LES VÉGÉTAUX.
17
MM. Audibert, horticulteurs à Tarascon,
qui en avaient reçu des graines du Mexi-
que), a déjà produit une grande quan-
tité de variétés également à fleurs dou-
bles, de couleurs très-diverses; plusieurs
tendent à se fixer et à former des sous-
races.
Le
Fuchsia nous offre
exemple très-remarquable de cette faci-
lité àdoubler.Les premiers pieds à fleurs
doubles ont apparu vers 1854. Bien que
cette époque soit très-rapprochee, on
en possède aujourd'hui une telle quan-
tité qu'il est à peu près impossible de
les énumérer. Il arrive parfois que, dans
trement que par les couleurs , par les
formes, par les dimensions ,soit des tiges,
soit des fleurs. Vient-elle à produire un
individu à fleurs doubles : on constate
que, en général, très-peu de temps après,
on en voit apparaître d'autres également
à fleurs doubles, parfois même en grande
quantité;
prod
les Pétunias, les Fuchsias, les Œillets
de Ch
les Œillets
13, 14)
poëte, etc.
d'être en oppo-
sition avec la loi fondamentale d'évolu-
y
confirme
sias récoltées sur des pieds à flem
blés, les trois quarts des individus qui
en sortent ont conservé les mêmes ca-
Fuch- nous avons déjà dit plusieurs fois, et
On ne peut
14)
du reste que, par la
culture ou parla domestication, le tempé-
plant
peu
peu
primitils pour
prendre d'autres en rapport
mat
dans
et constituent alors des races particu-
lières; nos plantes soit d'ornement, soit
potagères, en offrent de nombreux et
très-remarquables exemples.
Comme exemples, à l'appui de notre
dire, nous pourrions citer les Reines-
Marguerites, la Balsamine desjardins,le
Pied d'alouette, les Dahlias surtout,
qui, lors de leur introduction, et même
temps encore après celle-ci,
ne donnaient que très-rarement des
plantes à fleurs doubles, tandis qu'au-
jourd'hui c'est le contraire qui a lieu,
et que c'est à peine si l'on en obtient à
fleurs simples.
Les plantes à fleurs dites doubles exer-
cent-elles sur leurs congénères une in-
fluence susceptible de modifier le pro-
duit de ces dernières?
Bien que cette question puisse peut-
être paraître oiseuse si on l'envisage au
point de vue scientifique, nous devons
néanmoins en parler, parce que l'obser-
vation d'une part, les faits d'une autre ,
semblent pencher vers l'affirmative. En
effet que voyons-nous dans l'ordre
ordinaire des choses? Une espèce
est cultivée et multipliée par graines
pendant très-longtemps sans varier au-
péterons probablement
core, que, dans la nature, tout individu
produire
tères, tendance d'autant plus grande
que sa puissance vitale est plus considé-
rable, et, sous ce rapport, les plantes à
fleurs doubles, en général, sont bien
partagées.
Il est bien clair toutefois que , dans
cette circonstance, nous considérons
comme à peu près dépourvues d'in-
fluence fécondatrice les fleurs entièrement
pleines, c'est-à-dire celles chez lesquelles
la transformation des organes sexuels
est complète. Celles-ci sont des sortes
d'eunuques végétaux. Mais, lorsqu'aucon-
traire la duplicature est incomplète, qu'il
reste quelques organes sexuels assez bien
ss à la fécon-
dation
pour
pt
il est hors de doute que les
plantes qui présentent
C
individus à fleurs
comme il pourrait
se faire que , par suite de la multiplicité
des pétales, ces organes ne pourraient
que difficilement exercer leur influence ,
on devra, dans certains cas, venir en aide
à la nature en facilitant le rapproche-
ment des sexes (note 15).
De ce qui précède il résulte que, tou-
tes les fois que dans un semis quelcon-
que il se trouvera un ou plusieurs in-
dividus à fleurs doubles, on devra les
surveiller avec soin, et faire en sorte
floraison
pprochés
auxquels
on voudrait transmettre leurs caractères.
Quelq
au sujet des va-
riétés qui présentent des formes parti-
marche
pour
*
:
*
VMVB ^^
'' ■
-, * '. ,• ..
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SSSS5
I
I
i
-;
18
Par le mot û
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
l'aspect,
ou, comme on le dit encore, le cachet
entendre
fi
Variétés
COLORÉES SE RE-
PRODUISANT PAR SEMIS.
ou le port d'un végétal quelconque; Hêtre à feuilles pourpres (partimV
ci feuilles pourpres
y
sonneuse, tombante
+
. . , etc. Les principes
-»x lesquels on se fonde pour obtenir
ces sortes de variétés sont exactement
les mêmes que ceux que nous avons in-
diqués pour les séries précédentes, c'est-
à-dire qu'on doit choisir, comme porte-
graines, les individus qui présentent au
de
que
que nous l'avons dit lorsque nous nous
sommes occupé des autres séries, il faut
avoir soin d'isoler au besoin ces plantes,
de manière à empêcher que, lors de leur
floraison, elles puent avec d'autres qui
ne présenteraient pas les mêmes carac-
tères. Ces variétés de formes diverses
fixées par
sont
assez nombreuses; on les rencontre
chez les Reines-Marguerites, les Balsa-
Œillets
Q
forme
une sorte de
La grande Capucine (Tropœolum ma-
jus) nous en fournit surtout un exemple
remarquable dans sa forme naine, qui,
au lieu de produire une tige qui s'al-
longe et grimpe comme sa mère, en pro-
duit une pour ainsi dire nulle , de sorte
que la - 1 - '
petit mm
exemples^ analogues dans le Pois nain,
dans la Tomate naine et dans le Pêcher
nain, tandis que le Pêcher pleureur nous
fournit un exemple contraire; chez celui-
ci, qui se reproduit très-bien par noyaux,
les branches retombent jusqu'au sol, sur
lequel elles traînent.
^Nous allons terminer cette série par
rénumération de quelques variétés re-
marquables par la forme ou par la cou-
leur de leur feuillage, qui se reproduisent
par semis, soit en tout, soit en partie seu-
lement; puis nous en indiquerons quel-
quesautres qui présentent des caractères
anormaux (des monstruosi J li rA
reproduisent également par
Variétés a feuilles découpées ou la-
CINIÉES SE REPRODUISANT PAR GRAINES.
qui
fi
heterophyll
Sambucus regia cannabifi
(partimj
Vinelte
Variétés monstrueuses se reprodui-
SANT PAR SEMIS.
Papaver
Sco lopend
16)
'ferum monstrosum;
officinale monstro-
1 er groupe (2e section).
■
Semis fait après avoir opéré la fé-
condation artificielle avec combi-
naison, DANS LE BUT D'OBTENIR DES
VARIÉTÉS.
Précisons d'abord et indiquons ce
qu'on doit entendre par fécondation; puis
nous indiquerons ce qu'il faut entendre
fécondation artificielle
rands détails
nous croyons cependant devoir dire
quelques mots sur ce sujet, et rappeler,
ne fût-ce que très- sommairement
a m ér
'g
qui concourent
à l'accomplissement de ces importants
Pi
Ceci
peut
pratiquer cette opération avec fruit que
si l'on connaît bien les organes à l'aide
desquels elle s'effectue, et même, jusqu'à
un certain point, le rôle qu'ils jouent.
La fécondation des végétaux, de même
animaux, s'accomplit à
que celle des
l'aide d'organes particuliers que,
manière générale, on nomme orqanes
sexuels ------ *--* - -- --
Chez le
ou
organes de la génération.
.a. M Lb 1 A _ a.
nous occuper, ces organes sont contenus
dans les fleurs, ou plutôt ils en font
dans
De
pent
nombre de
que chez
maux, ces organes, dans les végétaux,
deux
femelles
ceux-ci ^ portent le nom de pistils; on
donne à ceux-là le nom aétamines.
complet, se compose de
lorsq
parties
bas en
ut, i ovaire, le style, etentmle stigmate.
L'ovaire est la partie renflée, creuse
l'intérieur, dans laquelle sont placés
, i
. »
■ ■ i » • *
. * ■
'...:• • ■■ . \ . - ■; ; ,.-.-.*•
— ■
« ■». .-■
■■; . ;■
..-s*
DASS LES VÉGÉTAUX.
19
de petits corps nommés^ ovules (très-
jeunes graines non fécondées).
Le
colonne qui re-
suite du prolongement, du rétrécisse-
Dans l'acception la plus rigoureuse
pai
dit
delà soudure des pièces
j
réunies, constituent l'ovaire; il est creux,
plus ou moins allongé, et se termine le
plus souvent par une partie renflée sus-
ceptible de prendre des formes très-
G
dernière qu on a
dépourvu d'épiderme, laisse ordinaire-
ment, à une certaine époque de son de-
a lieu entre les organes d'une même
fleur, indirecte ou médiate lorsque,
s'opérant également d'elle-même, elle a
lieu ,soit entre des fleurs différentes pla-
cées sur la même plante, soit entre des.
plantes différentes, avec le secours du
vATit nn avec l'aide des insectes.
La fécondation
ne
s plantes
des deux
veloppement, transsuder une
de sortes d'organes sexuels, par conséquent
liqueur épaisse, sirupeuse ou visqueuse
De ces trois parties, qui le plus ordinal
rement composent le pistil , deux , IV
vaire et le stigmate, sont indispensables
„ fleurs hermaphrodites. Q
la fécondation naturelle indirecte, elle
présenter
manquer sans que cela nuise à la fécon-
peut per ici,
s pas a n
fécondât
à
dat
Vétamine se compose
également de
trois parties qui sont : le petit pied ou
support, qui ordinairement s'insère sur
le réceptacle ou fond de la fleur : on le
nomme filet ; il est surmonté d'une par
renflée
de sac : c'est Y an-
thère, qui, creuse à l'intérieur, renferme
le pollen, qui, à cause de ses propriétés,
de sa nature et de son aspect les plus
ordinaires, est souvent aussi nommé
espèces diverses, entre des plantes
fleurs monoïques, dioïques, etc. _
Indépendamment de ce qui vient d e-
tre dit, les fécondations, soit naturelles,
directes ou indirectes, soit artificielles,
peuvent parfois s'opérer entre des plan-
tes qui occupent différents degrés dans
la série végétale, d'où il résulte des in-
dividus hybrides, des métis, etc. , à di-
vers degrés. A
Après avoir fait connaître les o:
sexuels, disons quelques mots de l'en-
g
fécondant
Le filet, qui
longé, ténu
pas non plus
que le
pour c
pérer.
Pour
non-seulement
plus ou moins al-
son nom fil), n'est
pensable; de même
style, il peut manquer sans que
semble des fleurs.
Considérées
les fleurs, qu;
présentent, lorsqu'elles sont complètes
quatre séries distinctes > d'organes , qui
énérale,
à leur conformation,
puisse
qu'il y
fécondation
y
faut
du
pollen et du stigmate, mais il faut encore
sont, en
centre :
4
de
. _3 calice, qui est le plus
lement vert, de nature foliacée ;
**. -m- "17 - - *■» /-* 4- I n V\OTtl
rénera-
pi
que
dans des
que
querons
Lorsq
fait
. \J X JlA •
approchement des
brillante
compose
que soit la manière dont il s'accomplit,
est désigné par le nom de fécondation,
parfois
féconda t
qu'au contraire
pour assurer purement et simplement formés d
d'une, soit de plusieurs pièces ;
3° Les étamines ;
A Le pistil.
Le calice, de même que la corolle,
peuvent présenter des différences nota-
bles, soit de forme, de couleur, ou
d e nature , etc . ;
_.. fécondation, soit, en opérant à l'aide
de combinaisons particulières, dans le
ils peuvent
iux iu^ « — seule pièce , comme ils
peuvent l'être de $f* e ™*;,^* )f }
premier ' 3 ~" *™ o/nn
but d
sorte
en qu
ficielle
— ' X
de fécondât
oppo
s agit
de la
du calice, monopétales s il s agit
dans le deuxième cas on
it du calice,
polypéiales lorsqu'on a affaire
■
■ -
c
I
I
=*-wt«
, •:
Sâ&
-
i
l
-
• •
20
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
pourvues de ce:
grand nombre
pendant p
des pi
1 7
fleurs
sont réduites à un seul organe sexuel,
chez les Conifères par exemple.
Quelquefois aussi les organes floraux
sont profondément modifiés, et présen-
tent, soit dans leurs formes, soit dans
leurs dimensions, les différences les plus
grandes; d'autres fois encore la corolle
présentelepl
qu
à des rudiments ou sortes d'appendices
peu apparents, de sorte que, pour la re-
connaître, il faut avoir une certaine ha-
bitude d'observation, et dans quelques
cas même il faut l'œil exercé d'un bota-
niste. Ce sont là toutefois des exceptions
dont nous n'avons pas à nous occuper
ici.
Considérées sous le rapport des orga-
nes sexuels, toutes les fleurs ne sont pas
non plus conformées de la même ma-
nière ; ainsi il en est qui ne renferment
que
que des
d'autres
dites
celles qui ne renferment que des étami-
fleurs ma
qui
qui renferment ces deux sortes
renferment que des pistils, qu'on nomme
fleurs femelles ou fleurs vistillées. Les
fleurs |
d'organes sont dite , _
ou bisexuées.
Il est aussi des espèces déplantes qui,
sur un même pied, ne produisent des
fleurs que d'une seule sorte, soit mâles,
soit femelles : on les nomme fleurs
dinïques; tels sont le Chanvre , le
Pistachier, le Dattier, le Dioscorea
Batalas, YAkebia quinata, etc. Il est au
contraire d'autres espèces qui sur le
même individu portent les deux sortes
de fle
unisexuees : on les nomme
j
Châtaig
Noyer
les Me-
lons, les Potirons, les Concombre^, w
Typhas, les Arum.
Il est facile de comprendre que, pour
toutes ces plantes dont les sexes sont
séparés et placés à des distances plus ou
moins grandes les unes des autres, s'il
n'y avait point d'intermédiaires, il ar-
riverait fréquemment que la féconda-
tion ne pourrait s'opérer. C'est ce qui
explique pourquoi les Melons, de même
que la plupart des autres Cucurbitacées
qu on cultive comme primeurs, ont par-
fois tant de difficulté à nouer leurs fruits
ou, comme on le dit dans la pratique à
arrêter, fait qui résulte de ce que, quand
les plantes sont en fleurs, il fait souvent
tellement froid qu'on ne leur donne que
peu ou point d'air, de sorte que, les
fleurs n'étant pas agitées, la dissémina-
du pollen
tes,
X 7
fleurs femelles
ause d'insuccès
te raison que ]
a fécondation i
dans
fleurs, ne le peuvent pas, les coffres
étant presque constamment fermés. On
pourrait jusqu'à un certain point remé-
dier à cet inconvénient en pratiquant la
fécondation artificielle (note 17).
Nous
détails
dans
au courant de certains faits qui, bien
(me généralement connus, sont encore
ignorés de plusieurs, de manière que,
connaissant bien ces particularités, il
puisse, guidé par ces explications, se
rendre bien compte de la fécondation
succès.
ppliquer
Voyons maintenant quelles sont les
conditions les plus favorables pour pra-
tiquer avec succès la fécondation artifi-
bon
que
indisp
dans des conditions parfaites de déve-
loppement, et que les anthères puissent
s'ouvrir pour donner passage au pollen,
qui doit être bien conformé . Il faut, en
outre, que le stigmate soit également
dans de bonnes conditions pour rece-
voir ce dernier, c'est-à-dire qu'il sé-
crète cette sorte de viscosité dont nous
avons parlé plus haut (note 18).
La deuxième condition, qui n'est ni
moins nécessaire ni
portante
que la première, c'est que les plantes
qu'on veut féconder soient parentes,
qu'elles appartiennent à la même es-
pèce,
19)
g
On a beaucoup discuté aussi sur le
point de savoir quel est le moment le
plus favorable pour pratiquer la fécon-
dation. Ce moment ne peut être précisé
•
d.
■ -.
*
.'- ';.*'; -. • vi
•; »■ - ■
: - . • '~
^—.
DANS LES VÉGÉTAUX.
d'une manière absolue; on ne peut que
l'indiquer d'une manière générale, et
dire que c'est depuis huit heures du matin
jusqu'à environ midi, lorsque la chaleur
solaire a déjà réchauffé les organes et
distendu leurs tissus (note 20). Toute-
fois ce n'est là qu'une indication rela-
tive, car il ne peut être douteux que
le moment le plus avantageux d'opérer
varie suivant les conditions dans les-
quelles sont placés les individus, sui-
vant la nature de ceux-ci, et probable-
ment aussi suivant l'état d'épanouisse-
ment des fleurs; car, puisque, sur la
plupart des plantes, les fleurs
nouissent continuellement, leur état de
développement , amoureux, pourrait
'épa
doit
d'elles.
différent pour chacune
Le moment précis qui convient pour
féconder les végétaux est peut-être ce
qu'il y a de plus difficile à saisir, et c'est
même peut
cela qu'on
échoue si souvent lorsqu'on pratique la
fécondation artificielle. Disons encore
qu'un certain de
temp
nécessaire, mais que ce degré, variable
suivant les individus, est très-difficile à
apprécier. Nous pouvons admettre qu'au
dessous de 0° degré la fécondation ne
peut s'opérer, mais qu'à partir de là la
température pourra, suivant les plantes,
s'élever jusqu'à 40 degrés et peut-être
même au delà. D'une autre part encore,
il est bien clair que le moment le
. .. A devra
en outre varier suivant que l'épanouisse-
ment des fleurs aura lieu soit le jour, soit
la nuit, soit à telle ou à telle heure de la
journée. Il est hors de doiite, par exem-
ple, qu'on ne pourrait féconder le Cereus
grandiflorus le jour, puisqu'il ne fleu-
rit que la nuit; que la Belle de nuit,
qui épanouit ses fleurs vers le soir
pour les fermer le matin, ne pour-
rait non plus être fécondée dans le milieu
de la journée. Il en est de même encore
pour
qui présentent
Calystegia, etc.,
mêmes particula-
Jusquici il ny
observations
dra à décou
de tâtonnements et par des
!S qu'on parvien-
? une plante don-
pi
pour
pour
dix heures du
du
reste, paraît être le plus convenable
pour la plus grande partie des
vege-
ne vienne
déranger
taux. Toutefois l'état de l'atmosphère
(clair ou nuageux), une température éle-
vée ou basse pourront encore détermi-
ner des modifications dans l'heure
d'opérer.
Revenant aux conditions générales les
plus avantageuses pour pratiquer la fé-
condation artificielle, nous ajouterons à
ce qui a été dit ci-dessus qu'il faut aussi,
toutes circonstances égales d'ailleurs,
lorsqu'on veut opérer, qu'il fasse sec et
chaud, de manière que les organes soient
dépourvus d'humidité et que leur action
soit plus énergique (note 21).
D'une autre part, comme la féconda-
tion artificielle se pratique presque tou-
jours en vue d'obtenir un résultat prévu,
il faut, pour obtenir ce résultat, prendre
certaines précautions pour que rien
les combinaisons
qu'on a faites. Pour cela, si la plante est
hermaphrodite, on doit, avant que les
anthères s'ouvrent, enlever avec précau-
tion les étamines (les anthères surtout)
des fleurs qu'on veut féconder; après
quoi l'on attend, pour agir, que l'organe
femelle soit arrivé à un état convenable
de développement.
Mais, comme il existe un certain nom-
bre de plantes chez lesquelles la fécon-
dation estante florale, c'est-à-dire chez
lesquelles la fécondation se fait avant
l'épanouissement des fleurs, on doit dans
ce cas, pour obtenir un bon résultat
opérer la suppression des étamines avant
que cet épanouissement ait lieu. Nous
pouvons citer comme présentant cette
particularité les Gloxinias; cet exem-
ple est d'autant meilleur qu'il est bien
constaté, et que les nombreuses varié-
tés de ce genre que l'on possède aujour-
d'hui ne datent que d'un petit nombre
d'années, précisément de l'époque où,
ayant eu connaissance de ce fait, on a
agi en conséquence.
Bien longtemps auparavant, on avait
essayé de pratiquer la fécondation arti-
ficielle de ces plantes, mais toujours
sans aucun succès; on obtenait bien
des graines en quantité, mais celles-ci
ne produisaient jamais que des plantes
à peu près semblables à celles dont elles
provenaient. Il ne pouvait du reste
en être autrement, puisque, lors-
qu'on opérait la fécondation artificielle,
y
■
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m
î
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■ m
22
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
fécondation naturelle, directe, était
opérée par les propres organes des
fleurs.
Toutefois, relativement au moment
où les organes sexuels semblent être dis-
posés à exercer leur action, il peut dans
certains cas se montrer des différences
assez grandes, des sortes d'anomalies
apparentes. (Voir plus loin comment une
température et des conditions de milieu
différentes peuvent, au point de vue de
l'époque de développement des organes
, — ~ __ profondes
cations.)
Pour les plantes dont la floraison est
anté florale, voici comment il faut opérer :
Lorsque le bouton est déjà très-gros
on le fend longiludinalement sur l'un
des côtés avec la lame d'un canif; puis
duire une petite
peu la rente pour y
de la-
quelle on enlève les étamines, bien en-
tendu avant l'ouverture des anthères.
On laisse ensuite les choses en cet
état jusqu'à ce que le stigmate soit bien
développé ; alors on apporte sur ce der-
nier du pollen de la plante qu'on a
choisie pour père et dont on veut pro-
pager les caractères.
Certains auteurs ont conseillé l'emploi
d'un pinceau pour recueillir le pollen ;
c'est là, suivant nous, un système
grossier, très-bon lorsqu'il ne s'agit
que d'assurer la fécondation simple,
c'est-à-dire la production de graines
telles quelles, mais insuffisant si l'on
de
par
prévu. En
prendre que, quelque soin que l'on
prenne, il restera presque toujours dans
le pinceau un certain nombre de grains
de pollen; or, comme ce pollen, qui
provient de diverses plantes, peut
occasionner une confusion, qui exclut
toute certitude, qui vient déranger les
calculs et en rendre le résultat douteux,
il faudrait donc, pour éviter cet inconvé-
nient, se servir d'autant de pinceaux
que l'on voudrait pratiquer de féconda-
tions diverses. Ce qu'il y a de mieux à
faire, lorsque la chose est possible et
qu'on tient à avoir un résultat certain
et précis, c'est de prendre les étamines
par le filet, soit avec les doigts, soit à
l'anthère sur le
stigmate.
ppl
Si, au lieu d'être hermaphrodites, les
fleurs qu'on veut féconder étaient soit
monoïques, soit dioïgues, on veillerait à
ce que les fleurs femelles ne soient point
fécondées par d'autres que par les fleurs
mâles des plantes dont on veut repro-
duire
L
tificieîle
pratique la fécondation
des variétés nouvelles, on se fonde sur
cette idée, vraie en principe, que, dans
l'acte de la génération, tout être, en rai-
son de la tendance qu'il a à reproduire
ses caractères, peut aussi, en raison de
cette même loi, en communiquer une
partie plus ou moins grande à l'individu
avec lequel il est mis en contact, d'où
peuvent résulter et résultent très-sou-
vent des intermédiaires qui participent
à la fois des caractères que présentent
deux individus dont ils pi
Nous
l'appui de notre
dire, citer un nombre considérable de
plantes qui, en effet, tiennent le milieu
entre d'autres dont elles sont issues;
nous citerons seulement les suivantes :
Rhododendron Princesse Royale, pro-
duit du Rh. Javanicum, Weitch, avec
le Rh. jasminiflorum ; il est intermé-
diaire entre ces deux plantes; ses feuilles
rappellent le Rh. Javanicum, tandis que
ses fleurs sont semblables à celles du
Rh. w
grandes.
■fl
mais un peu plus
Catleya Dominiana, produit du C
du C
de
dernier par
des
du C
par son faciès général.
Le Bégonia Dregei, plante caulescente,
fécondé par une variété du B.rex, a pro-
duit le B. Dregei à feuilles panachées,
plante entièrement semblable à la mère
par le port, au père par les panachures.
Le Bégonia discolor, fécondé par \eB.
rex ou par Tune de ses variétés a pro-
duit en très-grande quantité des plantes
semblables entre elles, qui ne diffèrent
du B. discolor que parles feuilles, qui,
c
panachées
Pi
Pi
précédents, la mère a conservé tous ses
caractères comme végétation; le père
Le Bégonia
panach
'scolor, fécondé par le
produit en très-grande
t*'"^ **r
. ...
DANS LES VÉGÉTAUX.
2$
quantité des
qui, semées, ont
donné un très-grand nombre d'indi-
vidus tout à fait intermédiaires entre les
parents
entre eux quon
faire qu'une variété.
n'en pouvait guère
"■' Au lieu d'être
B
rméd
aires sont couverts de poils,
sur toutes leurs parties; mais ces poils
au lieu d'être rouges et très-serrés,
comme ils le sont chez le B. splendida,
sont roux et moins denses.
Le Mag
Soulangeai
résultat
d'une fécondation artificielle du Magno-
lia pvrpurea et du M. Yu-lan, est in-
termédiaire entre ces deux espèces.
Amaryllis formosissima hy brida.
Les plantes qui proviennent de ce
semis, quoique très-âgées, n'ont pas en-
core fleuri; elles proviennent de l'A-
maryllis formosissima (père) et de l'A.
longifolia (mère); par le port elles
sont intermédiaires entre les deux pa-
plus fortes dans
plus vig
parties que
A
fi
sont moins fortes que l'A. longifolia,
mais, de plus, elles tiennent du père par
leur mode de végétation ; elles donnent
beaucoup
caïeux, tandis que leur
longifolia, n'en donne pour
ainsi dire j
(Anémone Japonica hybrida.
{Anémone elegans.
Issue de la fécondation de Y Anémone
Japonica et de l'A. vitifolia, cette plante
est intermédiaire entre ces deux espèces.
Toutefois elle se rapproche beaucoup
plus de celle-là que de celle-ci.
Crinum Meldense.
Amaryllis Meldensis.
Cette plante, obtenue en fécondant
A
/
Crinum
Taitense, tient exactement le milieu
entre ces deux espèces; mais, tout en
conservant les caractères généraux des
deux parents, elle a néanmoins conservé
le tempérament de la mère, c'est-à-dire
sa rusticité.
Dianlhus hybridus Quetierii.
Issue du B. Hedwigii et de l'Œillet
Flon, cette plante est caulescente, très-
ramifiée ; ses feuilles sont longues, rai-
des, longuement aiguës. La lige ainsi que
les ramifications sont noueuses. L'aspect
■
glaucescent bleuâtre de toute la plante
ppelle le B. Hedwigii, dont il a con-
servé les fleurs.
Bianthus barbato-superbus .
Cette plante, issue an Bianthus barba-
tus et dui). superbus, est intermédiaire
entre ces deux espèces; ses tiges, plus
ramifiées, sont plus dressées ; les fleurs
subvivace.
gement fimbriées
Bianthus Hedwigii barbatus.
Obtenus en fécondant le Bianthus
Hedwigii par le B. barbatus, ces hybri-
des sont tout à fait intermédiaires entre
deux pai
fleurs, un peu
petites que celles du B. Hedwigii
nlns grandes aue celles du B. bar
sont à
fleurs
batus. Quelques pieds
doubles.
Spirœa Billiardii.
Provenant de la fécondation du Spirœa
salicifolia et du S. Bouglasii, le S. Bil-
liardii est intermédiaire entre ces deux
espèces ; ses feuilles, un peu plus longues
et plus acuminées que celles du S. Bou-
glasii , ne sont pas glauques comme
celles de ce dernier ; l'inflorescence est
intermédiaire ; les fleurs sont d'un beau
rose foncé.
Papaver hybridum Meldense.
Cette plante, très-curieuse, est issue
du Papaver bracteatum fécondé par une
variété à fleurs doubles du P. rhœas;
elle est naine, très-rameuse; ses feuilles
rappellent celles
P
ppel
lent ceux des Coquelicots ; ses fleurs, un
s du
pect
- P l
nier, sont moins grandes (
P. bracteatum dont elles
général.
Papaver somniferum bracteatum.
Rien de plus curieux que la série de
plantes que nous comprenons sous ce
nom; elles proviennent du Papaver som-
niferum fécondé par du pollen pris sur
des hybrides issues de la fécondation du
P. bracteatum par le P. somniferum.
Aussi tous les individus résultant de cette
deuxième fécondation étaient-ils à peu
près stériles. Le caractère de faciès do-
minant était celui du Papaver somnife-
rum; néanmoins on pouvait partager
?
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24
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
plantes en deux groupes
d
P. somniferum, mais avec cette diffé-
rence que les tiges, au lieu d'être ra-
mifiées comme chez ce dernier, étaient
de
■Pi
bour
blaient faire présager qu'elles seraient
vivaces. Les plantes de l'autre groupe,
beaucoup moins nombreuses , sem-
blaient, par leur aspect général, se rap-
procher davantage du Papaver bractea-
tum; leur ovaire, au lieu d'être renflé
et rond comme chez les précédents, était
très-atténué à la base, qui se confondait
avec le pédoncule ; les ramifications, au
lieu départir du pied, sortaient de la
tige, de sorte que, -sous ce rapport, il y
avait renversement des caractères.
Le fait
Pi
dans cette
d'abord que
individus, bien que x
d'une plante annuelle, paraissaient être
vivaces; de plus ils étaient rustiques.
Ainsi, malgré un hiver rigoureux (celui
de 1863-64), ils n'ont aucunement souf-
fert, tandis mi'â oMÂ des plantes pro-
de diverses variétés du P
ferum
tions,
plétement détruites
Gesneria Donkelariana.
Cette plante, issue par fécondation
artificielle du Gesneria discolor et du
Gloxinia caulescens, a tous les carae-
tères
Gesneria
seulement ses fleurs sont plus g
des. M
dont
l'origine est la même,
présente dans sa végétation la particu-
arité suivante :
par bouture
muliplie
boutures
parties
bulbilles; mais ces der
îlles ne produisent iamai
g
sions.
d'assez g
Gesneria Miellezii.
Issu, comme le précédent, du Gesne-
neria discolor et du Gloxinia caulescens.
le G. Miellezii est beaucoup plus rappro-
ché du Gloxinia que du Gesneria ; se*
fleurs sont plus petites que celles de et
droites
d'être penchées
Gesneria pyrw,
De même que
deux précédents
fécondation
cielle du Gesneria discolor et du Gloxi-
nia caulescens ; son port rappelle un peu
Miellezii^
blables à celles des Gloxin
sem
ssi pi
Nous
d à temp
3S les plantes du g
des Gesnèriacées; aussi n'est-iî
ainsi dire plus possible d'à
caractères solides à aucun
pour
• des
des
presque
d'hui, ont des caractères communs.
Du pollen et de sa conservation.
L
lés fécond
pi
pendant un temps
Q7 une année et même
22), on peut facilement le
plus (note
transporter à d'assez grandes distances
Pour conserver le pollen on doit le re-
cueillir par un temps sec et lorsqu'il est
dans de bonnes conditions de dévelop-
pement, c'f~* x j: ~~ 1 ' -1 '
apier
lis l'envelop-
de soie qu'on
boîte de car-
ton. Si l'on doit s'en servir au bout de
peu de temps il suffit de placer cette
boîte dans un lieu sec, à l'abri du soleil,
et, autant que possible, d'une très-forte
chaleur. Si, au contraire, on veut conser-
ver le pollen pendant longtemps, le faire
voyager, par exemple, il faut, avant de
le renfermer, le laisser ressuyer entre
deux papiers; puis, lorsqu'il est bien sec
et arrangé comme il vient d'être dit,
renfermer le tout dans une petite boîte
en carton qu'on place dans une boîte en
bois
Quelle
de
pour
le pollen, on doit toujours le préserver
avec le plus grand soin de l'humidité. Il
faut aussi éviter de faire usage de boîtes
métalliques; elles ont l'inconvénient de
s'échauffer fortement, de sorte qu'elles
pourraient faire subir au pollen une
sorte de fermentation qui lui enlèverait,
plus ou moins,
propriétés fécon
dantes. La fermentation, toutes choses
hermétiq
d'autant pi
dansi
fermé
ce
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... ....
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■NTVX ..-:,.'
DANS LES VÉGÉTAUX.
2o
cas il y a bientôt non-seulement altéra-
tion, mais pourriture. Les corps poreux,
tels que le papier, le carton et le bois,
conserver le pollen.
Lorsqu'on n'a en vue
ix pour
obtenir
des variétés, sans tenir plutôt à tel ca-
ractère qu'à tel autre, au lieu de prati-
quer la fécondation, on peut se borner
à rapprocher l'une de l'autre les plantes
qui, avec des caractères organiques
semblables, mais différentes soit par le
port ou faciès, soit par la grandeur,
par la forme ou par la couleur des
fleurs, fleurissent néanmoins à la même
époque. Dans ce cas ce sont les insectes
en allant butiner dans les
les flei
portant
qui, en anant nuimer
font toute la besogne ;
pollen d'une fleur, qu'i
sur le stigmate d'une autre, il résulte
des mélanges, et, comme conséquence,
des
plant
jrandes
distances les unes des autres. La plupart,
;tés du
d
qu
y
d
essentiel en ce
qui concerne la fécondation artificielle,
tous les soins qu'on doit avoir et toutes
les précautions qu'on doit apporter pour
assurer le succès de cette opération
ayant été décrits, il reste à en faire l'ap-
plication, ce qui, on doit le comprendre,
n'est plus qu'une question de combi-
naisons, dont les principes, qui sont re-
latifs, doivent varier suivant les condi-
tions dans lesquelles on se trouve placé,
suivant la nature des plantes sur les-
quelles on opère, et, surtout aussi, sui-
vant le but qu'on se propose d'atteindre.
Nous allons donc, mais seulement pour
mémoire, pour ainsi dire, en indiquer
quelques exemples, en les basant toute-
fois surune hypothèse, ce qui, danscette
circonstance, est bien suffisant, puisqu'il
ne s'agit que d'indiquer la marche à
suivre .
Ainsi, supposons qu'on possède deux
Pi
q
intermédiaires entre elles, soit faire do-
miner tel ou tel caractère particulier à
l'une d'elles; voici comment
procéder. C'est une affaire t<
tiq
Au lieu de laisser leurs fleurs
avant l'anthère, les étamines des fleurs
qu'on destine à devenir mères; puis,
lorsque leur stigmate est bien développé,
on apporte et l'on dépose à sa surface
du pollen qu'on a pris sur les fleurs de
l'autre plante.
Si par hasard les deux plantes qu'on
veut féconder ne fleurissaient pas à la
même époque, il faudrait, lorsque s'épa-
nouiraient les fleurs de celle qui doit
servir de père, en recueillir le pollen et
le conserver jusqu'à l'époque où l'on en
aurait besoin.
Si, entre les plantes qu'on veut fécon-
der, il y avait, lors de la floraison, quel-
que obstacle matériel qui s'opposât à leur
rapprochement, on devrait tâcher de le
faire disparaître. Ainsi il est un certaine
nombre de végétaux dans nos cultures,
soit par la disposition des organes, soit
par toute autre cause, qui ne peuvent se
féconder d'eux-mêmes et pour lesquels
il faut opérer la fécondation artificielle;
telle est, par exemple, la Vanille, ainsi
qu'à peu près toutes les espèces d'Or-
chidées.
Si l'on avait affaire à des plantes
monoïques, et que leurs fleurs, uni-
sexuelles, fussent trop éloignées les unes
des autres pour qu'il y ait contact des
organes fécondateurs, il faudrait inter-
venir, et, au moment propice, appliquer
du pollen des fleurs mâles sur le stig-
mate des fleurs femelles; et, dans le cas
encore où les combinaisons exigeraient
l'emploi de pollen étranger à la plante,
il faudrait supprimer toutes les fleurs
mâles, ou du moins leurs étamines, avant
leur complet développement.* S'il s'agis-
sait de plantes dioïques, on prendrait
les mêmes précautions ; on apporterait,
puis on déposerait sur le stigmate des
fleurs femelles du pollen qu'on aurait
recueilli sur les individus mâles, en te-
nant compte des caractères que l'on
veut propager.
Nous ne nous étendrons pas davantage
sur ce sujet, les combinaisons qu'il com-
porte pouvant varier à l'infini, et pouvant
aussi porter sur les diverses parties des
plantes.
De tout ce qui précède il résulte que,
doit I lorsqu'il s'agit d'obtenir des variétés, le
pra- succès dépend principalement du choix
des sujets porte-graines, choix qui, étant
conder par elles-mêmes, on enlève,
lié au but qu'on se propose d'atteindre,
ne peut être indiqué, ni même prévu.
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26
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
dans un cas, l'on voudra faire dominer
tel colons, telle forme, efc. ; dans un autre
cas ce sera l'inverse. Parfois on portera
son attention sur les dimensions des
fleurs, d'autres fois ce sera sur celles des
plantes qu'on voudra agir; parfois en-
core on cherchera, soit des variétés hâ-
tives, soit des variétés tardives, soit des
variétés naines, grandes, élancées, py-
ramidales , # buissonneuses , etc. Dans
toutes ces circonstances on devra, pour
obtenir ces différents résultats, combi-
ner les opérations et les baser sur les
principes que nous avons précédemment
indiqués, en tenant compte aussi de ce
que nous disons plus loin relativement
à l'influence des sexes.
étés obtenues à l'aidé de la
fécondation artificielle sont excessive-
ment nombreuses. Nous n'en citerons
qu'un petit nombre des plus remarqua-
bles, dont nous avons fait connaître ci-
dessus les particularités. Nous allons
seulement indiquer les noms des plantes.
Variétés obtenues a l'aide de la
fécondation artificielle.
Amaryllis formosissima hy brida;
< Amaryllis Meldensis;
( Crinum Meldense;
( Anémone Japonica hybrida;
{ Anémone elegans;
Bégonia discolor variegata ;
— — ■ splendida;
Dregei variegata;
Les
Catleya
Dianthus Hedwigii barbatus ;
hy bridus Quetierii ;
barbato-superbus ;
Bonkelariana ;
Miellezii;
pyramidalis ;
Magnolia Soulangeana ;
Papaver hybridum Meldense;
Gesneria
somniferum hybridum;
Rhododendron Princesse royale ;
Spirœa Billiardii.
En pratiquant avec soin et avec dis
fécond
peut non-seulement modifier 1(
les couleurs, les dimensions,
des
fleurs, soit des feuilles, soit même des
plantes tout entières; on peut encore, à
l'aide de combinaisons particulières,
modifier leurs propriétés, changer plus
ou moins le tempérament des indivi-
dus. Pour
dernier
tat il faut, toujours en se fondant sur
les principes
pré
demment, lorsqu'on possède une variété
qui présente des qualités particulières
qu'on tient à propager, mais qui offre
aussi quelque inconvénient qu'on veut
S
* X. v -f v ' 1 - *-* ■*• * ^-^ '— ' •
par exemple, d'une plante qui ,
mais qui est sensible au froid? Dans ce
•in -i n 9 -x
cas il faut la féconder avec
dont les caractères généraux organiques
une autre
pas
recherche, et qui en même temps est
On en verra des exempt
plus loin.
Lorsqu'on a affaire à des
dont les fleurs sont trop rapprochées
les^ unes des autres pour qu'on puisse
opérer facilement, on doit .en abattre
un certain nombre et ne conserver que
celles qu'on veut féconder; par la même
raison, si les fleurs
grappe
disp
on peut enlever toutes celles qui vien-
draient gêner le travail, en ayant soin
de conserver celles qui sont bien cons-
tituées, dont le pédoncule, gros et bien
nourri, atteste qu'il y a de la vigueur.
S'il s'agit d'un grand arbre ou d'une
plante dont le développement ne per-
met pas de féconder toutes les fleurs,
on choisit une ou plusieurs branches,
selon leur force, et même, si celles-ci
portent trop de fleurs, on en supprime
un certain nombre, ainsi qu'il a été dit
Pi
Pour rendre l'opération pi
peut envelopper d'une gaze fine les
fleurs qui sont préparée
ce qu
ne
pollen que
dation, de
puissent recevoir d'au
celui qu'on a décidé d'y
Observation au sujet de l'influence
des sexes dans l'acte de la fécon-
DATION.
Y a-t-il dans la fécondation des êtres
un sexe qui, par son influence, tend à
l'emporter sur l'autre sexe ?
Bien que cette question touche aux
plus hautes considérations physiologi-
ques, et que, par conséquent, on ne doive
l'aborder qu'avec une très-grande ré-
serve, nous croyons cependant, à cause
de l'intérêt qu'elle peut présenter, de-
voir en parler et hasarder quelques hy-
pothèses à ce sujet. Disons d'abord que,
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DANS LES VÉGÉTAUX.
27
considéré d'une manière générale, cha-
cun des sexes paraît avoir une môme
puissance relative ; néanmoins, des ob-
servations attentives semblent démon-
trer que l'influence de chacun des sexes,
dans quelques cas du moins, s'exerce dif-
féremment, que l'un porte plutôt sur
certaines parties que sur certaines au-
tres; la pratique paraît même parvenue,
dans une certaine mesure, à reconnaître
général, l'influence que
quelle est, en
chacun d'eux exerce.
D'après les remarques auxquelles nous
venons de faire allusion,- on pourrait
presque poser comme principe que, dans
l'acte de la génération, la forme et la
c'est-à-dire tous les
s, y compris ceux des
couleur du père,
fleurs, tendent à l'emporter, tandis que
la mère tend à dominer organiquement,
c'est-à-dire en ce qui touche à la rusti-
cité, à la vigueur, en un mot en tout ce
qui constitue le tempérament.
Ce sont là évidemment des données
générales qui pourront présenter de nom-
ques résultats qu
pris
quel
obtenus
considération.
a déj
Mais, en admet
séquence devrait-on en tirer, et surtout
qu'en devrait-on conclure? Ceci : que,
lorsqu'on voudrait obtenir des plantes
rustiques on devrait prendre pour mères
celles qui présentent ce caractère, et
pour^èm, d'autres qui, bien que parfois
moins rustiques, présentent, par leur
caractère extérieur, des qualités que
une belle
l'on recherche, par exemple une
forme, un beau port, de belles et
grandes fleurs de telle couleur ou de
telle autre, suivant le but qu'on se
propose d'atteindre. Peut-être pourrait-
on, en se basant sur des principes ana-
logues, lorsqu'il s'agit de fruits, obtenir
des variétés qui présenteraient des qua-
lités pour ainsi
23)
Bien
ceci ne soit
hyp
thèse, elle ne nous paraît pas tellement
dép
de probabilité qu'elle ne
doive attirer l'attention des horticul-
Nous la signalons en passant
de notre dire
qui
semblent démontrer l'influence diffé-
rente des sexes sur les diverses parties
des végétaux.
Parmi les Rhododendrons on distin-
gue, horticolement parlant, deux séries
de plantes, provenant, l'une d'Angle-
terre, l'autre de Belgique. Les plantes
première série
de la deuxième
qui appartiennent à la
sont rustiques ; celles
gèlent parfois. Cette différence vient de ce
que, dans le premier cas, on a pris pour
mère une plante extrêmement rustique,
le R. Catesbœi, et que, pour père, on a
pris, parmi les variétés de R. arboreum,
celles qui étaient les plus belles et les plus
remarquables, soit par le coloris, soit
parlesformes, soit parles dimensions des'
fleurs. On a obtenu de ces fécondations
de très-belles plantes, tenant du R. Ca-
tesbœi par la rusticité et des R. arbo-
reum par les fleurs.
Pour créer la deuxième série, celle de
Belgique, on a pris pour mère le
R. Ponticum (espèce qui gèle parfois,
soit en tout, soit seulement en partie),
et pour père on a pris, comme dans le
cas précédent, des variétés de R. arbo-
reum. On a obtenu de ce croisement
desplantestrès-variéeset très-méritantes
par la beauté, la forme et le coloris des
fleurs; mais ces plantes sont beaucoup
plus sensibles au froid que celles de la
série anglaise; elles tiennent de leur
mère, le R. Ponticum, dont elles ont
même un peu l'aspect (note 24).
Les Glaïeuls d'une part, les Amaryllis
de l'autre, nous montrent des résultats
analogues à ceux qui viennent d'être rap-
portés. Ainsi, quant aux Glaïeuls de la
série dite Souchet, les expériences fu-
rent commencées vers 1844 (note 25).
Cette fois on prit pour mère une plante
rustique, le Gladiolus Gandavensis, qui,
fécondé par les hybrides de Gladiolus
cardinalis, ramosus, floribundus, etc.,
produisit, entre autres, de ce premier
semis, qsatre plantes regardées comme
méritantes; ce sont Madame Rlouet,
Madame Couder, Monsieur Georgeon
et Mademoiselle Fanny Rouget. La pre-
mière de ces plantes fleurit en 1847; les
trois autres fleurirent en 1848. Ces di-
verses variétés, qui tenaient de leur
mère par le tempérament, c'est-à-dire
par la rusticité , fécondées à leur tour
par les G. blandus, cardinalis, floribun-
dus, etc. , et, quelquefois entre elles, pro-
duisirent des plantes qui présentaient
les coloris et les formes les plus diverses,
tout en ayant conservé la rusticité. Ce
mode de procéder fut suivi avec soin
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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
pendant cinq à six ans; après quoi
les modifications étaient telles qu'il a
suffi de récolter des graines sur les va-
riétés les plus méritantes pour obtenir
des plantes très-remarquables. En effet,
on trouve aujourd'hui, parmi les variétés
qui sortent de ces semis naturels, pres-
que toutes les formes et les couleurs
de fleurs possibles. Dans cette circons-
tance encore l'influence des sexes peut
se constater, et Ton remarque que beau-
coup de variétés ont conservé les ca-
ractères généraux des types qui, primiti-
vement ont servi de pères, mais avec
cette différence toutefois qu'au lieu
d'être délicates, grêles et élancées, ce
sont, en général du moins, des plantes
vigoureuses, trapues et assez rustiques;
sous ce dernier rapport elles tiennent
de leur mère, le Gladiolus Gandavensis.
Quand aux Amary llis , on a pris pour
mèreYA.vittata, plante assez rustique,
mais à fleurs petites et étroitement ta-
bulées, plus ou moins rosées et présen-
tant des stries ou bandelettes blanches
(vittata); l'ayant fécondée avec du pollen
sec, c'est-à-dire avec du pollen conservé
depuisun an de Y Amaryllis pulverulenta,
espèce vigoureuse, mais sensible aux
froids, à fleurs grandes, bien ouvertes et
d'un beau rouge, on obtint, des graines
provenant de cette première fécondation,
des plantes en général rustiques et vi-
goureuses comme leur mère, qui don-
nèrent, les unes des fleurs à peu près
blanches, les autres des fleurs rouges,
généralement grandes et bien ouvertes,
comme celles du père.
Dans une deuxième expérience, où
Ton avait également pris pour mère
Y Amaryllis vittata, quel'on féconda en-
core avec du pollen des A. pulverulenta
et Brasiliensis (deux plantes à fleurs
rouges qui ne sont que des formes
d'un même type), mais, cette fois, avec
du pollen fraîchement récolté, on obtint
une très-grande quantité de plantes
à fleurs rouges comme celles du père;
quelques autres seulement étaient à
fleurs à peu près blanches.
Une troisième expérience, ayant été
faite avec des graines provenant de ces
diverses variétés fécondées entre elles,
produisit des plantes rustiques comme
la mère primitive, Y Amaryllis vittata,
bien qu'en général elles fussent plus vi-
goureusesque cette dernière. Les fleurs,
de formes et de couleurs variées, étaient
aussi beaucoup plus grandes. Ici encore
l'influence des sexes s'était fait sentir.
Un autre exemple qui semble démon-
trer encore que l'influence des sexes
dans la fécondation est sensible, et que,
sous ce rapportée mâle influe plus par-
ticulièrement sur le faciès des plantes,
sur les couleurs et sur les formes des
fleurs, tandis que la femelle influe plus
particulièrement sur le tempérament,
nous est fourni par les Rosiers dits hy-
brides remontants. En effet ceux-ci, qui
ont eu pour mère les Rosiers dits Indiens
(Thés, Bengales, etc.), qui sont remon-
tants, mais sujets à geler, et, pour père,
les Rosiers Provins, qui sont rustiques,
mais qui ne remontent pas, ont produit
des
f<
général est
celui des Provins, et dont les fleurs pre-
foi
les
plus variées, et qui, pour la plupart/ re-
montent comme leur mère, mais qui,
cependant, gèlent parfois, qualité qu'ils
tiennent de cette dernière (note 26)
L'autre exemple de l'influence des diffé-
rents sexesnous est fourni parle genre
Gyneriam; mais, comme il ne présente
encore aucun individu rustique, il est
donc dépourvu d'influence sous ce rap-
port ; mais il en est tout autrement au
sujet de la couleur des fleurs ; le fait est
d'autant plus facile à constater que les
plantes sont dioïques et que les indi-
vidus mâles que nous avons pu observer
sont à fleur rose violacé, ou mieux d'un
gris roux, plus ou moins poudreux ; aussi
tous ceux qui proviennent «de semis
ont-ils, pour la plupart, des fleurs de
cette même couleur, plus ou moins fon-
cée'; la couleur blanche est très-rare;
c'est une exception.
Sans rien préjuger, et en s'appuyant
sur les divers faits qui précèdent, on peut
en conclure que, dans certains cas, on
pourrait, par le fait de la fécondation ar-
tificielle, arriver, sinon à changer les
types, du moins à les modifier sensible-
ment dans leur descendance, de manière
à les approprier à certains besoins par-
ticuliers en faisant développer telle ou
telle particularité (note 27). En effet, en
poussant assez loin "les expériences, on
peut affaiblir tellement la force d'ata-
ces
des
qui
sez forts pour rester permanents et
K.
SS
«■■■■
W*B
DANS LES VÉGÉTAUX.
constituer une race particulière, qui
pourrait se conserver pour ainsi dire
indéfiniment (note 28).
Nous aurions pu, aux divers exemples
que nous avons cités pour démontrer
l'influence particulière des sexes sur les
diverses parties des êtres qui résultent
des hybridations, en ajouter un grand
nombre d'autres, rappeler les exemples
si remarquables que nous avons cités du
Crinum Meldense, des Pavots, des Dzan-
thus, etc. ; mais ce serait accumuler les
preuves sans ajouter à la valeur de la
théorie que nous émettons, théorie .qui,
nous le répétons, pourra présenter de
nombreuses exceptions, sans toutefois
perdre sa valeur, sans cesser de pouvoir
être prise comme guide.
Quelques mots sur l'emploi du Pollen.
En terminant sur la fécondation arti-
ficielle, nous croyons devoir rappeler,
relativement au pollen, qu'il ne faut pas
l'employer lorsqu'il est humide, qu'il
faut non -seulement qu'il soit sec,
mais encore qu'il soit bien arrivé à son
f)oint de développement. Il est donc bon,
orsqu'on se sert d'étamines dont les an-
thères ne font que commencer à s'ouvrir,
de les laisser pendant quelque temps ex-
posées à une chaleur sèche, de manière
à ce que le pollen, devenu bien pulvéru-
lent, s'échappe avec plus de facilité et
que son énergie soit augmentée. On de-
vra agir à peu près de même lorsqu'on
pollen
peu
ce
un rayon de soleil surtout, en relèverait
la puissance fécondante, parfois un peu
engourdie par le temps. On a cru re-
marquer aussi que, lorsqu'on prend des
étamines placées à l'intérieur de fleurs
presque pleines, qui, par conséquent,
n'ont pu être suffisamment insolées, il y
a avantage à les exposer à une chaleur
solaire douce avant de s'en servir. Dans
toutes ces circonstances on doit éviter
l'action desséchante de l'air et surtout
du vent.
OBSERVATIONS PARTICULIÈRES
SUR LA FÉCONDATION.
Il y a quelques genres de plantes chez
lesquelles la fécondation présente certai-
nes particularités qu'il est difficile d'ex-
pliquer, et qui semblent ne pas concor-
der avec les principes généraux que nous
avons posés. Ces genres appartiennent
au grand groupe désigné par le nom
d' Amentacées . Nous en citerons deux
exemples, pris parmi des plantes con-
nues à peu près de tout le monde ; ils
portent sur les Noyers et sur les Noise-
tiers. Chez ces plantes, en effet, chez les
dernières suriout, les fleurs mâles, ou
chatons, s'ouvrent souvent bien long-
temps avant qu'on ne voie de fleurs
femelles, c'est-à-dire d'ovules; ceux-ci
n'apparaissent que longtemps après que
les fleurs mâles sont tombées *'.
w
Comment
se
dans
fait-il gue
des conditions en apparence si désavan-
tageuses, ces
condés? Poui
pliqu
puissent être fé-
que le pollen, lorsqu'il s'échappe des
anthères, tombe là où il y a des ovules
et qu'il s'y conserve jusqu'au moment
où les ovules sont aptes à être fécondés.
Si ce fait est vrai, ce que nous ne nions
pas, il démontre, ainsi que nous l'avons
dit (note 22)
de bien des nat
qu
y
des pollens
même dont les facultés fécondatrices se
conservent lorsqu'ils sont exposés à l'air,
où ils semblent avoir besoin de subir une
sorte d'incubation.
Ce que nous avons dit des Noyers et
surtout des Noisetiers, nous pourrions
le dire de certaines espèces de Conifères.
REMARQUES A PROPOS DES CROI-
SEMENTS .
L'expérience a démontré qu'il arrive fré-
quemment que, chez deux plantes qu'on
soumet à la fécondation , la puissance
fécondante est diverse, c'est-à-dire que,
sous ce rapport, il ne paraît pas y avoir
entre elles une complète réciprocité.
Pour nous faire comprendre, et si nous
représentons ces deux plantes par A et B,
nous dirons qu'il pourra arriver que A
ne puisse féconder B, tandis qu'au con-
traire B pourra très-bien féconder A , et
vice versa. On devra donc, toutes les
fois qu'on ne réussira pas d'une manière,
essayer l'autre.
Rappelons aussi que beaucoup de
»
* L'année dernière (1864), nous avons observé
certains pieds de Noisetier qui étaient en fleurs dès
la fin de décembre, tandis que les ovules (fleurs
femelles) n'ont été visibles et ne nous ont paru être
aptes à la fécondation que plusieurs mois plus tard,
c'est-à-dire en mars. Cependant ces Noisetiers ont
donné des fruits qui, semés, ont très-bien germé.
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30
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
d
ganes
parfaitement
pas
cela vient souvent de ce que les diffé-
temps à rempl
pas aptes
tion. En général l'organe mâle est
plus tôt disposé que l'oi * """
mais presque toujours aussi cette dis-
position ne dure que très-peu de temps,
de sorte que, si l'on ne saisit pas ce
temps favorable, il n'y a point de fécon-
dation 1 . Une plante qu'à peu près tout
le monde connaît, le Cobœa, nous en
manifeste ; chez
lorsque le
fournit une preuve
celle-ci les anthères sont déjà vides,
stigmate devient apte à la
fécondation ; aussi n'en obtient-on que
très- rarement des graines lorsqu'on
abandonne les choses à elles-mêmes; si,
mate est dans
de bonnes conditions, on prend du pollen
sur des fleurs qui ne font que commencer
à s'ouvrir, onpeut être à peu près assuré
d'avoir des fruits, puis
de bonnes
raines.
de développement dans les
ls du Cobsea est presque tou-
jours déterminée par une température
trop élevée ; aussi, lorsque cette dernière
s'abaisse jusqu'à un certain degré, le dé-
veloppement de l'organe mâle se trouve
de
l
pour féconder l'organe femelle. C'est ce
fait qui explique comment, à une cer-
taine époque de l'été, presque toutes les
fleurs de Cobsea nouent, et pourquoi en-
core ces plantes sont abondamment char-
gées de fruits non mû:
«,« ^mières gelées. Une
de 46 à 20 degrés environ, pendant
période de
est très-fa-
vorable à la fécondation des fleurs des
Cobsea; dans ces conditions, en effet, le
développement des organes mâles et fe-
melles a lieu très-régulièrement, de sorte
qu'ils arrivent à propos pour se fécon-
der. Lorsqu'au contraire la température
est inférieure à 16 degrés pendant plu-
sieurs jours, le développement des deux
sortes d'organes sexuels ne se fait pas
régulièrement ; l'un est prêt lorsque
l'autre ne l'est pas encore.
i Le lierre commun nous fournit un exemple de
eette durée plus qu'éphémère ; chez cette plante, en ef-
fet', à peine les anthères sont-elles ouvertes qu'elles
sont déjà sèches ou cornées, ridées; aussi est-il très-
difficile d'en recueillir le pollen.
Ainsi qu'on le voit, une température
trop élevée ou trop basse est nuisible
à la fécondation des Cobaea, et dans l'un
comme dans l'autre cas cette dernière
n'a pas lieu si l'on n'intervient pour
rapprocher les organes sexuels lorsqu'ils
sont arrivés au point convenable d
développement; et dans ce cas ce ne
sont jamais
e
les
organes
d'une même
fleur qui concourent à la fécondation,
mais ceux de fleurs différentes. Ici la
fécondation, bien quenaturelle, est donc
page 19)
part
devons
que
se fécondent pas dans les mêmes condi-
tions; sous ce rapport on peut même
croire , puisque chacune a son tempé-
ramentparticulier, qu'il doit y avoir pour
elle des conditions spéciales où elle de-
plus apte à être fécondée
conditions, sans aucun doute
C
à l'infini, qu'il serait très-important
de pouvoir déterminer. Mais, de ce
côté, il faut en convenir, on n'a encore
fait que bien peu d'expériences; c'est à
peine si l'on y a pensé.
Le rôle que joue la température dans
la fécondation des plantes est très-im-
portant; c'est à ce point que, dans cer-
tains cas, la température peut modifier
tellement le développement des organes
sexuels qu'elle peut même changer du
tout au tout le moment où ils sont aptes
à la fécondation ; par exemple, elle peut
florale
fécondation
devienne postflorale; c'est le cas pour
les Pétunias. Pour ceux-ci, si, lorsqu'ils
fleurissent, la température se maintient
très-élevée pendant un certain nombre
de
raie;
jours
elle
la fécond
est
fl
se fait au contraire presque
en même temps qu'a lieu l'épanouisse-
ment des fleurs si la température est
moinsélevée. Enfin, si la température est
basse, la fécondation n'a souvent lieu que
plusieurs jours après que les fleurs sont
épanouies. 11 en est de même pour le
nour les Mufliers , les
blanc
On doit
29)
que
les condi-
tions de climat, et surtout de milieu,
appor
des
modifications aux faits que nous venons
de citer;
P
reste comme absolus, mais comme des
renseignements dont on devra tenir
JL
;' • '
-
W^av ■"•.» • ».
, .
DANS LES VÉGÉTAUX.
31
compte lorsqu'on pratiquera la fécon-
dation artificielle.
Observations générales relatives aux
semis considérés au poiiït de vue de la
production des variétés. — Particula-
rités.
Ainsi qu'on a pu le voir dans tout ce
qui précède, un des points les plus im-
portants relativement aux semis consiste
dans un choix judicieux des porte-
graines; on doit donc apporter à ce
choix, une attention toute particulière.
On doit encore, ainsi que nous l'avons
déjà dit, lorsque les individus choisis
appartiennent à
qui s hy
brident facilement, les éloigner de tous
ceux avec lesquels ils pourraient jouer,
ce qui n'est pas toujours facile à pré-
voir (note 30). Il est certaines espèces
qu'il suffit de rapprocher les unes des
autres pour qu'elles se fécondent réci-
proquement et que les graines qui en
résultent donnent des individus plus ou
moins différents de ceux dont ils sor-
tent . C
une prop
profit
met
/
des variétés sans avoir recours à la fé-
condation artificielle. l On remarque
%i*6si que, en général, les plantes de
vigueur moyenne sont celles qui con-
servent le mieux leurs caractères
(note 31).
Il ne faut pas oublier non plus que,
le point de départ de toute variété étant
ordinairement en dehors de nos prévi-
sions comme de notre influence, il faut
avoir soin de visiter souvent les semis
afin de voir si parmi les jeunes plantes
il n'y en a pas quelques-unes qui, à
certains points de vue, pourraient pré-
senter quelques avantages, et, dans le
cas où il s'en trouverait, on devrait les
marquer pour en récolter les graines
à part, et même, lorsque la chose est
possible, on devra les éloigner, afin de
les soustraire à l'influence de leurs voi-
sines, si toutefois cela était néces-
7
saire.
C'est en a^
veiHi à créer une multitude de races
des
Cep
product
qu'un type quelconque ne peut s amé-
liorer indéfiniment, il faut, dans tous les
choix, savoir s'arrêter à temps, et ne
pas continuer à chercher là où il n'y a
plus rien à obtenir. Ici l'observation
seule peut servir de guide. Ainsi, on re-
marque parfois dans une espèce quel-
conque que certaine variété, quoique
très-méritante, ne doit plus être prise
comme porte-graines ni même comme
mère à bouture (note 32) parce qu'elle
ne donne plus rien de bon; elle semble
épuisée. Il faut alors, pour obtenir de
nouvelles variétés , prendre des graines
sur des plantes qui proviennent d'elle,
bien que parfois ces plantes paraissent,
moins belles (note 33), à moins toute-
fois, lorsque la chose est possible, qu'on
ait recours àl'hybridation, et qu'à l'aide
d'un pollen étranger on cherche de
nouveau à apporter une perturbation
dans son organisme.
Faisons encore observer
les espèces où les variétés
que,
sont
dans
nom-
breuses, on remarque fréquemment
chez certaines d'entre elles une tendance
à s'affaiblir, à pousser moins ou à de-
venir sujettes à des maladies particu-
lières qui en rendent la culture très-dif-
ficile, parfois presque impossible.
Lorsque ^e fait se présente, il ne faut
pas s'obstiner à conserver ces variétés ;
ce qu'il y a alors de mieux à faire, c'est
de les abandonner; on peut dire qu'elles
sont usées. C'est un fait que la science
théorique nie, mais que l'observation et
l'expérience démontrent comme rigou-
reusement vrai. Nous pourrions en ci-
ter de nombreux exemples, nous en in-
diquerons seulement deux. Ils portent
sur les variétés de Pélargoniums connues
sous le nom de Reine des Fantaisies et
de Reine Hortense (note 32).
LeV èl&r gonium Reine des Fantaisies a
les fleurs grandes, un peu irrégulières;
les deux pétales supérieurs sont d'un
rose foncé, violacé ou lilas ;les pétales
inférieurs, plus petits, n'ont du violet
qu'à la partie supérieure ; la partie in-
férieure est blanche. Aujourd'hui, ces
fleurs n'ont plus de violet qu'au som-
met, de plus elles sont plus petites et
régulières. Le Pélargonium Reine Hor-
tense a les fleurs régulières, d'un beau
rouge foncé velouté au centre ; les péta-
les, entiers, arrondis, ont, comme on
dit, une bonne forme; ils ont l'onglet
strié, velouté. Cette plante, qui date
d'environ dix ans, présentait dès 1862
des traces de dégénérescence; ainsi, on
remarquait sur certaines ramifications,
des fleurs dont les pétales, au nombre
t
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3-i
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
de 6, étaient irrégulièrement laciniés,
(déchiquetés comme l'on dit vulgaire-
ment) ; les fleurs beaucoup plus petites
qu'à l'état normal, étaient aussi dispo-
sées
bouq
sépales, au lieu d'être au nombre de 5,
étaient au nombre de 6, comme les
pétales
Il y a aussi des plantes dont l'épuise-
ment ne se traduit que par une dimi-
nution dans la vigueur et tout particu-
lièrement dans la dimension des fleurs;
telles sont certaines variétés de Ceanotus
azuretis; ainsi, on en voit qui, après
avoir eu des grandes fleurs pendant
quelques années, n'en donnent plus
que de très-petites, et cela quoi qu'on
fasse et quel que soit aussi le soin qu'on
donne aux plantes.
_^ de dégénères^
puisement comme ceux dont
de parler
qui
arrive assez fréquemment chez quelques
espèces dont la culture a dépassé certai-
nes limites, telles que les Glaïeuls, les
Balsamines, les Reines-Mai
Verveines, les Phlox, etc., on doit faire
des semis de graines de ces plantes,* et
rechercher parmi les individus qui en
sortent s'il y en a qui présentent quel-
que intérêt, et, s'il s'en trouve, on doit
les prendre pour créer de nouvelles
races. Parfois même les plantes dégé-
nérées et qui présentent tout à coup
des caractères insolites peuvent devenir
le type de ces séries.
■
Amélioration des plantes prises à l'état
dit sauvage.
Lorqu'on désire améliorer une plante
qu'on a prise à l'état sauvage, on doit
d'abord la mettre dans un milieu qui
surexcite sa végétation et modifie sa
nature ; puis récolter des graines sur les
fleurs qui présentent déjà un peu les
caractères qu'on recherche, s'il y en a;
dans le cas contraire on les récolte sur
les fleurs qui présentent le plus beau
développement.
Si on voulait arriver promptement à
l'amélioration de ces types sauvages, on
se trouverait bien de les soumettre à
l'hybridation, c'est-à-dire de pratiquer
sur eux la fécondation artificielle, ou du
moins de rapprocher ces types sauvages
de certains types cultivés avec lesquels
ils ont de l'analogie.
Encore un mot au sujet des
porte-graines.
Les soins généraux qu'on doit accor-
der aux porte-graines sont en rapport
avec le but qu'on cherche à atteindre.
No
Si
nous revenons sur ce sujet, c'est
d abord parce qu il est très-important,
ensuite parce qu'il se rattache à d'autres
phénomènes, et qu'il est la conséquence
d'une grande loi qui relie tous les êtres
les uns aux autres par leur affinité
Nous savons, d une
générale, que les individus
placé
s,
près des portes - graines , lorsqu'ils
ont quelque analogie avec ceux-ci
exercent sur eux une influence plus
ou moins grande, qui peut modifier
leurs produits. Mais y a-t-il dans un vé-
• -• -■ _ • • • ■» • #
point
les
1 /
plus d'influence
' ou bien encor
part
exercent-elles une puissance d'action
relative ? C'est ce qu'on ne peut affirmer.
Mais ce qu'il semble le plus raisonnable
d'admettre, c'est que toutes les parties
doivent exercer une action, et que
celle-ci est relative. Partant de ce fait,
nous disons que, lorsqu'on ne pourra
ou
voudra pas prat
fécondation artificielle, et que néanmoins
on voudra obtenir des variétés, on devra
faire en sorte que les porte-graines se
trouvent placés près des plantes qui ont,
des caractères semblables, ou du moins
analogues, à ceux qu'on
cherche
a
obtenir.
Après
observât
quelq
raines que
sorte complémentaires, sur
séries de variétés issues de
renferme le premier groupe , nous
allons aborder l'énumération d'un cer-
tain nombre de variétés de plantes
produites par accident; elles constituent
notre deuxième groupe.
*
DEUXIÈME GROUPE.
Variétés obtenues par accident'.
Les végétaux, ainsi que nous l'avons
dit ailleurs, étant composés d'un cer-
1 Nous devons faire observer que, lorsque nous
disons que telle ou telle variété est produite par
accident (dimorphisme ou dichroïsme), nous ne
prétendons pas dire qu'on n'a pu en obtenir d'ana-
logues ou d'à peu près semblables, par semis, mais
seulement qu'elle s'est produite de cette manière.
Cette observation est générale ; elle s'applique à
tous les faits accidentels que nous pourrions citer.
V
DANS LES VÉGÉTAUX,
3
tain nombre d'éléments disposés aussi
dans un certain ordre, et de plus ces
éléments, sous l'influence de lois orga-
niques , pouvant se séparer ou se
grouper de différentes manières, il en
résulte qu'une même plante peut, sur
ses diverses parties , présenter des
caractères et des propriétés particulières
plus ou moins différents de ceux
qu'elle présente normalement. C'est ce
fait qui constitue ce que dans la pra-
tique on nomme accident, et que, sui-
vant les cas, nous nommons, soit dimor-
phisme, soit dichroïsme (note 4).
Mais comme, d'une autrepart, chaque
partie d'un végétal, lorsqu'on la dé-
tache et qu'on la place dans des condi-
tions appropriées, peut constituer un
individu, et, de plus encore, que, séparée
de la mère dont elle conserve les ca-
ractères principaux , elle en possède
aussi qui lui sont particuliers, ainsi que
des propriétés spéciales qu'elle est
susceptible de transmettre, on pourra
en obtenir un individu souvent très-
différent de la plante dont elle provient.
Gomme les causes qui déterminent la
séparation de ces éléments peuvent
aussi s'atténuer et même disparaître , et
qu'alors, rentrant dans leur état normal,
ces parties peuvent reprendre leurs
caractères primitifs , il résulte de cet
autre fait des variétés d'ordre et de
valeur différents , les unes stables, les
autres instables.
Constatons que, dans cette circon-
stance moins que jamais, nous ne pou-
vons rien sur l'obtention première, c'est-
à-dire sur l'apparition des variétés
concerne les panaehures, rappeler ce
aue nous avons dit au sujet des plantes
issues de graines : que les panaehures
se maintiennent d'autant mieux qu'elles
circonscrivent les organes qu'elles
affectent, soit que ceux-ci appartiennent
auxfleurs, soit, au contraire, qu'ilsappar-
tiennent aux feuilles. Aussi, lorsque sur
une plante dont les panaehures sont
disposées par stries ou bandes, il se
montre une partie sur laquelle elles
sont disposées circulairement, on peut
être à peu près certain que, si on dé-
tache, qu'on bouture ou qu'on greffe
cette partie, elle conservera ce nouveau
caractère. Ce phénomène est très-fré-
quent sur les Camellias et surtout sur
les Azalées; aussi la plus grande partie
des variétés qui, chez ces dernières, pré-
sentent les caractères qui viennent
d'être indiqués, n'ont-elles pas d'autre
origine.
Certaines espèces sont aussi beaucoup
plus que d'autres disposées à produire
de ces faits, soit de dimorphisme, soit
de dichroïsme; en voici un exemple
fourni par le Chrysanthème de Chine.
Vers 4836 on reçut d'Angleterre, à
l'établissement d'horticulture de Fro-
mont, trois variétés de Chrysanthème de
Chine; l'une était à fleurs roses, l'autre
à fleurs panachées, la troisième à
fleurs blanc-carné. Plantées en pleine
terre, on vit l'année suivante, sur l'une
d'elles, apparaître les trois variétés ; ce
qui semble démontrer que ces trois va-
accidents
que
plus souvent naissent
spontanément, pour ainsi dire, et que,
sous ce rapport, notre rôle, purement
passif, consiste à surveiller ces écarts I surprise
même forme.
Un phénomène tout à fait analogue au
précédent, et qui, comme lui, se rattache
à cette même espèce, s'est produit au
Muséum en 1856 sur la variété nommée
accidents, pour
ensuite tâcher
d'en tirer parti lorsqu'ils se présentent.
Constatons encore que, dans cette série
de variétés, nous trouvons une diversité
considérable, soit dans le port ou le
soit dans leur feuil-
porte des fleurs
fleurs
foncé. Bouturée, elle' a
d
conservé tous
faciès des pi
lage, soit da
parfois dans
fleur
fr
et que les
encore
ses caractères, , et
c'est l'une des plus belles de cette sec-
aujourd'hui
On l'a nommée Gain
En 4862
panaehures s'y rencontrent également
très-fréquemment, beaucoup plus fré-
quemment même que dans les plantes
qui proviennent de semis.
Nous devons aussi, relativement aux
variétés issues d'accidents et en ce qui
sur ce même G
du
Muséum il s'est développé un rameau
qui portait des fleurs parfaitement
blanches, à peu près de même gran-
deur et de même forme que celles du
type; puis, à côté, sur des rameaux dif-
férents, s'en trouvaient d'autres qui por-
taient des fleurs moitié roses, moitié
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34
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
sortes de
part ces deux
ches on aurait donc
i
encore obtenu, de cette même surprise,
des nouvelles variétés.
Citons encore quelques exemples
d'accidents produits par cette espèce de
Chrysanthème de Chine; commençons
par "la variété nommée Sophie, Celle-ci,
qui est à fleurs blanc sale, très-légère-
ment pieté rosé, à centre jaune, a pro-
duit, par accident, une plante qui est
Cette der
fie
a
Mu
qu
rapport avec le Gain du
11
v avait aussi sur la môme branche, mais
sur des ramilles différentes, des fleurs
semblables à celles que portaient les va-
riétés Trophée et Sophie, fait qui pro-
duisait un certain contraste ; cette der-
pétales
plat
Trophée a les fleurs bombées, les pétales
larges et peu serrés.
Le Chrysanthème Madame Richard,
dont les fleurs sont blanchâtres, très-
légèrement bordées de rose, a produit
sur une de ses branches des fleurs viola-
cées plus fortes que celles de la plante
dont elle sort; les pétales sont aussi
plus
En 1863
iétés
Chine
e Cedo nnlli,
10), blanche
a produit un
poi
larges et beaucoup plus étalées que
Cedo
Argentine
petites, blanches, de forme pompon, a
donné une branche
vigoureuse
quelle, dont les fleurs, étalées, très-
larges, d'un beau jaune, rappelaient,
jusqu'à un certain point, celles des
Chrysanthèmes à grandes fleurs ; fait
qui
de
En
P
64 nous avons vu sur un pied
de la Chrysanthème Pompon Vesta, qui
est à fleurs blanches, plusieurs branches
qui portaient des fleurs entièrement
jaune foncé. Les dimensions, ainsi que
la forme des fleurs, étaient les mêmes;
il n'y avait de différent que la couleur.
Lés variétés obtenues par dimorphisme
sont très-nombreuses ; il n y a même pas
de genre parmi, ceux qui comptent un
certain nombre d'espèces, qui n'en
ait produit. Bien que nous devions
indiquer plus loin un certain nombre
de ces accidents, en les faisant suivre
de quelques observations, il en est qui,
à notre avis, sont tellement intéressants
que, par anticipation, nous croyons
l'un d'eux est re-
Œillet qui, dans
par
latif à une
le commerce, est désigné sous le nom
Œillet FI
Œillet Flon, qui par
ix au an aaveMe Œ M
Œ
?
foncé, à peu près pleines, de sorte qu'il
ne produit pas de graines et qu'on est
obligé de le multiplier par boutures.
Œillet
par
dent, pi
variétés, dont
Pi
bea blanc, s'est développée en 1858 ;
depuis cette époque, elle s'est main-
tenue avec tous ses caractères. Obtenue
par M. Paré, horticulteur à Paris, bou-
levard de la Santé, cette variété a été
Marie P
de l'un des
enfants de cet horticulteur. D'autres
variétés, présentant dans leurs fleurs
des couleurs différentes de celle t dont
nous venons de parler, se sont égale-
ment développées, chez M. Paré, sur
l'Œillet Flon.
Le genre qui, probablement, a pro-
duit le plus de faits de cette nature, est
enre Rosier; aussi, et
malgré le
s
le
désir que nous avons d'abréger, le
faits sont-ils tellement intéressants que
nous croyons encore, à ce sujet, devoir
entrer dans quelques détails. Nous
allons donc en citer plusieurs très-re-
marquables, en commençant par ceux
qu'a fournis le Rosier Cent Feuilles.
Les accidents qu'a produits le Rosier
Cent Feuilles peuvent être rangés en
deux séries : l'une qui comprend tous
les individus qui s'éloigent relativement
peu du type, qui n'en diffèrent que par
le coloris, par la forme ou par la cou-
leur, soit des fleurs, soit parfois des
feuilles : ce sont les Rosiers Cent Feuilles
ordinaires; l'autre série comprend
tous les individus également issus par
C
mais
qui
que présentent
précédents , ont de plus celui d'être
i
•■■'• - ■•• ' --.-.■ .
■ ■ • , - ,-■ ■ :. •- • -. •
■
- ■ .
«*v.
DANS LES VÉGÉTAUX.
35
i
munis de sortes de petites bractées ou I de tout le monde, a produit les six faits
poils glanduleux qui constituent
qu'on nomme la mousse ; ce sont
Rosiers Cent Feuilles mousseux.
ce
les
Accidents ou faits de dimorphisme pro-
duits par le Rosier Cent Feuilles*
SECTION A.
Rosier Cent Feuilles
ordinaire.
i.
FLEURS PLUS OU MOINS GRANDES.
Rosier Cent Feuilles à feuilles de Chou ou
de Laitue,
— — de Céleri ;
— — Anémone;
de Nancy ;
des Peintres ;
Flore magno ou foliacé ;
sans pétales ;
Unique blanche ;
— panachée.
ÎT.
FLEURS PETITES. POMPONS.
Pompon de Bourgogne ;
— blanc ;
— de Bordeaux;
— de Kingston.
SECTION R.
Rosier Cent Feuilles
mousseux (note 34).
de dimorphisme suivants :
Perpétuelle Bernard. Ce Rosier a les
rameaux plus grêles que ceux du Rosier
du Roi ; ses fleurs et ses feuilles sont
aussi plus petites que celles de ce der-
nier, et ses fleurs, en forme de Rose
Pompon, son très-jolies, d'un rose beau-
coup plus clair que ne le sont celles du
Rosier du Roi.
Rosier du Roi dit ci longs 'pédoncules.
Celui-ci a les rameaux beaucoup plus
longs que ceux du Rosier du Roi type ;
les mérithalles sont plus distants, et les
pédoncules sont aussi plus longs que
ceux de ce dernier. Il n'est qu'une sorte
de dégénérescence.
Madame Tellier. Assez semblable à la
précédente, cette variété ne s'en dis-
tingue que par ses fleurs, qui sont
moins colorées , d'un rose carné très-clair.
Mogador. Ce Rosier diffère du Rosier
du Roi par ses fleurs plus fortes, d'un
rouée
vif et
foncé ; ses
I. FLEURS PLUS OU MOINS GRANDES:
-. •
Rosier Cent Feuilles
mousseux Cristata.
ordinaire ;
à fleurs blanches;
à fleurs panachées;
à feuilles de Sauge;
unique de Provence;
Zoé ou mousseuse,
partout (note 35.)
rameaux se colorent aussi plus que
ceux du Rosier du Roi, ce qui permet
de l'en distinguer même en hiver. Les
horticulteurs n'aiment pas cette variété
parce qu'elle est dure à forcer et qu'elle
passe très-vite au violet sale.
Capitaine Renard ou Rosier du Roi
~ mrs panachées. Cette variété diffère
ii.
FLEURS PETITES OU POMPONS
Rosier Pompon Mousseux.
Il est à remarquer, et ceci suffirait
souvent pour démontrer l'origine de
ces accidents, qu'il arrive parfois que
certains des individus qu'ils caracté-
risent, retournent, sur quelques-unes I LeRosier de JaUeme, a, lui aussi, pro-
à fl
du Rosier Madame Tellier par ses fleurs
panachées ou rubannées de blanc; elle
a été trouvée à Orléans par M. Desfos**
sé-Thuillier.
CœlinaDubos. Trouvée par M. Dubos,
horticulteur à Pierrefitte, près Saint-De-
nis, sur le Rosier du Roi, cette variété
à les rameaux plus grêles et les feuilles
un peu plus petites que ce dernier; ses
fleurs, assez semblables, pour la forme,
à celle du/?, du Roi, sont d'un blanc lé-
gèrement carné.
de leurs parties, au type dont ils pro-
viennent. Ainsi sur un Rosier Cent
Feuilles mousseux nous avons vu se
développer un rameau de Rosier Cent j
Feuilles ordinaire. Nous devons cepen-
dant faire observer que le plus sou-
vent les parties qui semblent revenir au
type présentent néanmoins des diffé-
rences avec
pas
fait en avant, il est contre nature d'aller
en arrière.
Rosier du R
?
connu à peu près
duitdeux accidents : l'un, Relie Norman-
de, dont les fleurs, rose carné, rappellent
celles du Souvenir de la Malmaison ;Y 'au-
tre, Madame Cambel d'Isly ou Triomphe
de Yalenciennes, qui ne diffère non plus
de la Rose de la Reine que par ses fleurs
panachées-marbrées .
Le Rosier Duchesse de Cambacérès,
dont les fleurs, unicolores, sont d'un rose
foncé, a produit comme accident le Ro-
sier Relie de printemps, qui a les fleurs
roses, marbrées de brun.
•;
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36
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
Le Rosier Baronne Prévost a pro-
duit, à notre connaissance, par accident
~ :i *~~ dont deux à fleurs pana-
marbrées. L'une
panachées, Madame
et une à
des deux
Désirée Giraud, a été trouvée, chez
M. Désiré Giraud, à M
ciennes; elle est peu
vigoureuse.
La
qui a été remarquée pour la première
fois à Orléans, est au contraire très-vi-
goureuse; ses rameaux sont plus grêles
que ceux du Rosier Baronne Prévost ;
leur écorce, très-lisse et luisante, a peu
d'aiguillons; en un mot, ses rameaux
rappellent ceux du B. Cuisse de Nymphe
(note 36).
Le Rosier Baronne Prévost marbré ne
par
qui
?
par
Pierre
au lieu d'être unicolores, sont marbrées
de brun. Une autre variété (4
mise dans le commerce
Oger, horticulteur à Caei
la Baronne Prévost que par la couleur
des fleurs qui est beaucoup plus pâle.
Le 5 e accident produit par la Baronne
Prévost , est tout récent; nous l'avons
observé pour la première fois en 1864,
à Vitry-sur-Seine, dans un jardin confié
aux soins de M. Lachaume; nous avons
nommé cette variété Madame Lachaume.
Ce Rosier diffère de la Baronne Prévost
par ses rameaux un peu moins épineux,
mais surtout par son inflorescense, qui,
longuement paniculée, très-ramifiée, rap-
pelle celle de certains Rosier Noisettes.
La fleur aussi est un peu moins forte que
celle duRosier Baronne Prévost) mais un
remarqu
des
ronne Prévost, très-régulièrement at-
base y
faire aucune saillie
est brusquement
pédo
renflé
puis rétréci et renflé de nouveau près
du sommel
sont aussi
; les pédoncules des fleurs
plus grêles et plus allongés
que ceux du Rosier Baronne Pré-
vost.
Le
fleurs sont de
accident,
Orléans, dont
r rose-violacé,
une
1858,
Cette variété
a produit par
variété Sœur
diffère surtout de celle dont elle sort
par la couleur des fleurs, qui est rose
carné pâle, comme celle d
Souvenir de la Malmaison
fleu
du
Le Rosier dit des Quatre-Saisons a
produit comme accidents :
Le Quatre-Saisons blanc mousseux ou
Bosier de Thionville (gravure coloriée) ;
Le Quatre-Saisons pompon;
et comme légèrement tomenteuses
blanc.
Ainsi qu'on le voit, le Rosier des Qua-
tre-Saisons, comme le Rosier Cent Feuil-
les, a produit deux sortes d'accidents :
des fleurs petites ou pompons et des
fleurs grandes, mousseuses
Le Rosier Quatre-Saisons blanc mous-
seux ou Bosier de Thionville fut observé
pour la première fois à Thionville vers
1 835; il diffère du Rosier des Quatre-Sai-
sons, dont il sort, par des rameaux plus
grêles et munis de poils hispides, glan-
duleux (mousse). Ses feuilles-, d'un vert
blond, sont aussi plus douces au toucher
; de
plus, ses fleurs sont d'un blanc pur. Il
donne parfois de forts rameaux qui por-
tent des fleurs roses. C'est alors le
Rosier des Quatre-Saisons ordinaire, fait
qui a été observé par M. Duval, horticul-
teur à Montmorency, plus tard par M. Vie- .
torVerdier, horticulteur à Paris, tout
récemment (1864) au Muséum.
Les Rosiers Provins ont également
produit un certain nombre d'accidents.
Parmi les plus connus on peut citer :
Pompon Saint-François;
— ■ Saint-Jacques ;
Camaïeu ;
Panaché semi-double ;
Tricolore de Flandre.
Ce dernier, qui s'est montré en Belgi-
que il y a environ 18 ans, est remar-
quable par ses fleurs panachées; il
pousse peu, bien qu'il provienne d'une
variété très-vigoureuse à laquelle il re-
tourne parfois, qui donne des fleurs
violacées.
La variété Camaïeu est remarquable
par ses fleurs striées, fort jolies et pres-
que uniques dans leur genre. Son bois
est maigre et ses folioles sont comme
rongées sur les bords.
Dans les Rosiers Damas, qui sont des
sortes de Quatre-Saisons non remon-
tants, on compte comme accidents :
Damas York et Lancastre;
à feuilles bullées.
Le Rosier Bengale prdinaire a produit
comme accident le Rosier Bengale à bois
s trié ? dont les rameaux sont rubannés.
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DAXS LES VÉGÉTAUX.
37
Ceux-ci sont parfois presque complète- I tif
(
ment jaunes.
Un accident très-curieux produit par
les Rosiers est la plante qu'on a appelé
Rosier à feuilles de Chanvre. Par ses
fleurs, et surtout par ses feuilles, cette
variété diffère considérablement du Rosa
ilba, dont elle sort; ses folioles, cucul-
lées, longues et étroites, sont très-
grossièrement dentées-serrées, parfois
comme rongées sur les bords, fortement
nervées, d'un vert sombre, rugueuses-
scabres. Il arrive parfois aussrque ses
feuilles sont opposées ; mais ce fait, dont,
à tort, on a cherché à tirer des consé-
quences, toujours rare, ne se montre
guère sur chaque rameau que pour une
insertion de feuilles. Les fleurs au Rosier
à feuilles de Chanvre, plus petites que
celles du Rosa alba, souvent irrégulières
et comme un peu monstrueuses, sont
toujours stériles.
Les plantes dites d'ornement ne sont
pas les seules qui présentent Ces faits
d'hétéromorphisme ; les arbres fruitiers
en fournissent également de très-remar-
quables. Nous allons en citer quelques-
uns, en commençant par ceux que nous
fournit la variété de Cerisier dite Ceri-
sier anglais hâtif. L'accident le plus cu-
rieux que nous fournit cette variété est
celui qu'on nomme Cerisier anglais hé-
térophylle ou à feuilles de Saule. Voici
comment le fait se passe. Sur un jeune
arbre, dont toutes les parties sont nor-
males, on voit parfois tout à coup, et
sans que rien puisse en faire soupçon-
ner la cause, se développer un bourgeon
vigoureux, qui, au lieu d'avoir des feuil-
les qui présentent la forme ordinaire,
en porte qui sont très-longues et très-
étroites, souvent un ppu falquées, et par-
fois comme
irrégulièrement
erosees.
Greffée, cette variété présente la parti-
cularité assez singulière que voici : tant
qu'elle conserve ses caractères excep-
tionnels la plante ne fleurit pas, mais
comme elle tend sans cesse à les perdre,
on remarque, lorsque les feuilles ont
repris à peu près la forme normale,
que les arbres fleurissent et fructifient.
Néanmoins cette variété ne reprend ja-
mais identiquement les caractères du
_| type dont elle sort; son faciès est tou-
jours distinct; l'arbre n'est jamais fer-
tile et son fruit n'est pas non plus tout
à fait semblable à celui du G. Anglais hâ-
!
serventleur caractère accidentel, et cha-
que année les feuilles qu'elles dévelop-
pent sont à peu près semblables à celles
qu'a montrées l'accident lorsqu'il s'est
développé pour la première fois.
Cet accident n'est du reste pas le seul
que présente le Cerisier anglais hâtif.
Ainsi, lorsque les arbres sont vieux, il
arrive fréquemment qu'on rencontre sur
le même individu trois sortes de fruits
distincts par leur époque de maturité. Il
y a d'abord l'Anglaise hâtive, dont les
fruits deviennent noirs ; l'Anglaise tar-
dive, d
d'un beau
rouge
foncé, luisants et comme vernis, mûris-
sent plus tard. Enfin on rencontre pres-
que toujours une. autre variété, très-tar-
dive, dont les fruits, un peu plus petits,
sont encore tout verts lorsque les deux
autres sont déjà ceuillis depuis long-
temps. En général ces derniers se colo-
rent peu. Dans ces trois sortes d'acci-
dents, les différences ne portent
uere
que sur les fr
Le Cerisier indule n'est non plus
qu'un accident produit par le Cerisier
anglais hâtif. 11 se distingue par son
feuillage et par sa hâtiveté.
La variété de
A
hâtive n'est pas non plus la seule qui sur
un même individu fournisse des fruits
dénature différente; ainsi, on trouve des
par les C
Pi
analogues produits
Reine Hortense. Ces variétés, en
effet, ont donné sur un même individu,
mais sur des branches différentes, des
sous-variétés dont les fruits mûrissent
une quinzaine de jours plus tard que
ceux des variétés, dont elles sortent.
Greffées, chacune de ces sous-variétés a
conservé son caractère accidentel.
précédents
l Muséum
dinaire à fleur
se
sur
dites
un Cerisier o:
doubles. L'arbi „._
malie se développe, qui a' environ CK35
de diamètre, est greffé sur Sainte-Lucie
à m .70 du sol. A partir de là, sa tige
le jusqu'à environ deux mètres. A
hauteur se développe une grosse
branche qui, tous les ans, se couvre de
fleurs extrêmement doubles, c'est-à-dire
pleines, tandis que les fleurs des autres,
branches qui sépanouissent beaucoup
' iines et
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38
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
*
par conséquent rapportent des fruits.
La Prune Coé violette , ou plutôt
violacée-rosée 7 est un fait de dichroïsme
(note 4) ; c'est un accident qui s'est
montré sur la Coé à fniits blancs, et
qui, greffe, s'est maintenu avec tous les
caractères qu'il présentait lors de son
apparition.
Nous avons remarqué, très-souvent,
sur la variété de Prunier Damas de
Tours, un fait à peu près analogue au
précédent. Sur un même arbre il y
avait des branches qui portaient des
fruits différents de forme et de couleur
et dont la maturité présentait une
quinzaine de jours de différence; ainsi,
tandis que les fruits du type sont très-
gros, allongés, d'une couleur rouge foncé
qui rappelle ceux de Poiind seedling,
marqués d'un côté seulement d'un très-
sillon , les fruits
léger
variété tardive se
tils, et leur forme
ne-Claude ordinair
herbacé qui passe
rouée très-clair
peu
la sous-
plus
_ pe-
est celle de la Rei-
renflée
plus ou moins au
leur queue, arquée,
base, s'insère dans une
cavité assez large par Tévasement du
sillon, tandis que la queue des fruits
typ
petit
acee
presque à la surface du fruit.
Une autre variété de Prunier , le
Prunier Puget, présente la particularité
suivante : sur une même branche il
arrive très-fréquemment qu'il donne des
eâtres-violacés , pointillés ou
striés de vert roux ; on en trouve aussi
qui présentent toutes les nuances in-
termédiaires et
s
colores. On voit même parfoi
certaines branches ne porter des fruits
que d'une seule couleur, de sorte que en
les multipliant à part, on aurait chance
de les stabiliser et d'obtenir ainsi, d'un
même arbre, plusieurs sous-variétés.
avons vu, sur un Groseiller à
à fniits ronges une branche
N
fruits
pied, i
Groseill
(i
fait
dite de Hol
du Bru g
peut pi
doute ; des exemples récents sont venus
appuyer, en les confirmant, ceux qu'a-
vaient rapportés certains auteurs notam-
ment Sieuile.
Deux autres faits du même genre que
les précédents, dont nous devons égale-
ment parler, sont fournis par deux va-
riétés de Chasselas, connues, l'une sous
le nom de Chasselas panaché, l'autre
sous
Chasselas
toutes
deux semblent provenir d'une variété à
fruits noirs, couleur qui domine chez
l'une comme chez l'autre. Voici les par-
ticularités qu'elles présentent : presque
grappes portent quelques
grains plus ou moins panachés ou striés,
our le Chasselas Suisse, de
toutes les
de
roux, pour le Chasselas panaché. Mais il
arrive fréquemment que les éléments se
séparent et qu'on a alors, sur des sar-
ments différents, parfois sur les mêmes,
des grappes de Raisin de couleur diffé-
* peu près complètement blanche
ppartiennent au Cha
si elles
Suisse,? _
Chasselas panaché. L'une de ces deux
variétés n'est qu'une modification de
l'autre, qui elle-même, n'est qu'un acci-
dent d'une autre variété.
Le Poirier Saint- Germain gris, dont
les fruits, gris foncé, sont très-différents
par l'aspect de ceux du Saint-Germain
ordinaire, est le résultat d'un accident
qui s'est montré sur une branche de ce
dernier, et qui, multiplié par greffe, s'est
maintenu avec tous ses caractères.
Un fait tout à fait semblable au pré-
cédent s'est produit sur le P. Messire-
Jean, de sorte qu'aujourd'hui on possède
dans les jardins un Messire-Jcan gris
et un Messire-Jeanjaune.
A ces quelques exemples nous en
ajouterons deux autres analogues; ils
ont été insérés dans le Bulletin de l'Aca-
S
du 17
rappor
pi
.s
de cette sorte très-bien caractérisés et
d'autres « d'une forme complètement
difft
par M. Mourrière, professeur
nay, a rapport à un Pommier qui, sur les
mêmes rameaux, produisait des fruits
qui
Reinette
rousse et d'autres qui appartenaient à
une sorte de Reinette du Canada; ces
derniers sont lisses, ponctués, et parfois
i vif sur l'un des côtés.
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DANS LES VÉGÉTAUX.
39
Trois espèces appartenant, les deux
premières à la catégorie des plantes
potagères, l'autre à la catégorie des Cé-
réales, nous présentent des faits sinon
identiques, du moins équivalents à ceux
que nous venons de rapporter ; ce sont,
d'une part, les Haricots et les Pommes
de terre, de l'autre le Maïs. Chez les unes
comme chez les autres, on remarque
que certaines variétés sont beaucoup
plus sujettes que certaines autres à pro-
duire des "accidents (note 37). Certains
de ces accidents se stabilisent, se fixent
même, de sorte qu'on peut les repro-
duire par semis; d'autres au contraire
ne se reproduisent que pendant un très-
petit nombre d'années, et partiellement,
tandis que d'autres encore, passagères,
ne paraissent être que des variations ou
des formes transitoires.
Cette tendance à produire des varié-
tés chez certaines sortes de Haricots est
nous le répétons, plus ou moins grande ;
nous allons en citer quelques exemples en
commençant par une sorte bien connue,
par
H
Celui
est
c, aplati, non volubile, nous a donné
des Haricots volubiles, renflés, presque
cylindriques, et qui, encore, au lieu d'ê-
tre blancs, étaient lavés ou maculés de
bleu violacé, sur un fonds rougeâtre. Ces
Haricots, au nombre de 27, semés à
part, ont produit, en 1864, 754 Haricots.
Sur ce nombre six seulement étaient à
peu près semblables à ceux
que
semés
rentrer dans sept à huit variétés, différant
l'une de l'autre soit par la forme, soit
par la couleur des grains, soit même
par ces deux choses.
Un fait à noter, c'est que toutes ces
variétés se montraient non-seulement sur
un petit nombre d'individus, mais que
parfois il y en avait plusieurs dans un
même fruit; ainsi, dans une gousse con-
tenant six Haricots, nous avons compté
quatre variétés différant par la couleur;
deux différaient même nar la forme
(note 38).
Parmi les diverses
duites le H. Flageolet
core celle à grains n
même par
pro
dont
près semblables à ceux du typ
peu
quatre
ricots semblables, presque cylindriques,
assez longs, de couleur rouge orange,
fortement striés, maculés de brun mar-
ron, que nous avions semés, nous avons
obtenu 70 Haricots différents parla forme
et par la couleur, et pouvant rentrer dans
quatre variétés. Sur un seul pieddes qua
tre que comprenait la touffe il s'est trouvé
dans une même gousse cinq Haricots, dont
trois NOIRS VIOLET très-foncé, courts,
comme tronqués aux deux bouts et com-
primés sur les faces; les deux autres,
plus petits, étaient tout à fait BLANCS,
presque sphériques.
Une série d'expériences suivies pen-
dant plusieurs années sur un certain
nombre de variétés de Haricots nous a
donné, soit par dimorphisme, soit par
dichroïsme, de nombreuses et très-re-
H
marquables variétés. Ainsi le
James blanc, (qui lui-même est un acci-
dent du Haricot noir de Belgique), dont
le grain est petit, un peu aplati, nous a
donné plus de 20 variétés très-diffé-
rentes.
Le Haricot bicolore de la Chine, qui est
presque rond (sorte de H. boulot, comme
on dit vulgairement) , qui est de cou-
leur jaune pâle ou souffrée, nous a
donné plus de 30 variétés de forme, de
couleur, de grosseur et d'aspect très-
divers.
Des nouvelles expériences que nous
avons faites, qui ont porté sur un assez
grand nombre de variétés, nous ont
donné des résultats semblables à ceux
que nous venons de rapporter.
Fa
sontp
tiques les unes que les autres , qu'il en
est même qui varient très-peu 1 .Bien que
ce soit en général les variétés unicolores
qui soient les plus constantes, on ne peut
pourtant rien préciser à cet égard, car on
voitparfoisdes Haricots de plusieurs cou-
leurs (panachés, maculés, etc.) se main-
qued
colores, blancs, rouges, noirs, iau-
1 Que parmi les Haricols il y ait desvariétés beau-
coup plus stables que d'autres, le fait n'a rien d'é-
tonnant ; il est au contraire conforme à tout ce que
nous connaissons. N'est-ce pas ce qui a lieu dans
toutes les espèces qui présentent beaucoup de va-
riétés? En effet, parmi celles-ci, s'il en est d'éphé-
mères (relativement bien entendu) pour ainsi dire,
n'en est-il pas aussi de tellement fixes, qu'on ne
peut plus les affoler, qu'on ne peut plus faire reve-
nir à aucun type et que par conséquent on pourrait
considérer comme des types !
Nos plantes potagères, telles que Choux, Betteraves
Navets, Chicorées, et surtout les Laitues, nous en
fournissent des exemples très-remarquables.
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40
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
parfoi
et pour ainsi dire du toutau tout, c'est-à-
dire du blanc au noir, au jaune, eic.,et
vice versa. Mais ,d'un autre côté, on voit
parfois aussi, suivant les années, les con-
ditions de sol, de climat, etc., sepasserles
faits les plus contraires; par exemple,
que telle variété , après avoir été assez
constante, devient variable, tandis qu'une
autre qui jusque-là avait toujours été
variable, devient stable. Parfois encore
on voit, de ces variétés instables, sortir
spontanément, pour ainsi dire, des for-
mes particulières, qui se fixent très-
bien. Il n'y a dans tout ceci rien de précis
Le Maïs nous fournit des faits tout
remarquables que ceux que pré-
au ssi
Tous
semblent se
sentent les Haricots; ainsi sur une même
agrégation de fruits (sorte d'épi qu'à
tort on nomme grappe) on voit sou-
vent se développer des grains plus ou
moins dissemblables, parfois complète-
ment différents de ceux qu'on a plantés,
qui sont unicolores ou de plusieurs cou
leurs, etc. , qui diffèrent même de gros-
seur, de forme, d'aspect, et qui parfois
encore, indépendamment de la couleur
et de la grosseur, ont des qualités très-
différentes de celles que présentent les
variétés sur lesquelles elles naissent.
montrer au hasard ; mais, en réalité, ils
sont régis par des lois que nous ne con-
naissons pas. Dans notre ignorance de
ces lois nous disons que les conséquen-
ces qui en découlent sont dues au ha-
sard) que ce sont des accidents
Rappelons aussi que, pour toutes ces
variétés, il n'y a pas de caractères abso-
lus, que tous peuvent se modifier, se
transformer et même disparaître, tandis
que d'autres, plus ou moins différents,
parfois même contraires, pourront ap-
paraître. Ainsi, par exemple , d'un Haricot
tardif qui rame, qu'on a semé, il pourra
sortir un Haricot hâtif qui ne rame pas,
de forme,- de couleur et de nature dif-
Ainsi
de
nous avons vu se développer, à côté de
Tains gros et jaunes, quelques grains
plus petits, ridés, très^sucrés, à peu
près identiques à ceux de la variété ap-
pelée Maïs sucré du Mexique. Plantés à
part ces grains ont maintenu leurs ca-
ractères.
L'année derniè
Maïs dite Maïs
864)
sont allongés, coniques, pointus,
sants, de couleur blanc
lui-
d
OU
fibreuses
les cosses
pourr
indépendamment de ce qu'il pourra dif-
férer par tous ses caractères de végéta-
tion, les gousses, dépourvues de fibres
et gorgées au conti
pourront se mangt
pourra se produir
des mangë-tout.
Nous avons dit
nacre, nous a
donné sur le même pied, parfois sur la
même grappe, parfois encore sur des
rrains sem-
orange.
En un mot, il
e qu'on nomme
que
pouvaient
difier quant aux grains, mais encore dues à des
rappes différentes,
blables à ceux du type, d'autres élargis,
plats, d'un blanc mat ou jaunâtres, et
d'autres encore plats et déprimés, qui
étaient fortement striés de rouge -
Cependant ces Maïs, éloignés
les autres, avaient été soigneusement
cas très .
Les Pommes de terre nous fournis-
sent des exemples de modifications tout
aussi remarquables que ceux que nous
venons de rapporter, soit pour les Ha-
ricots,, soit pour les Maïs; nous ne
craignons pas d'affirmer que beaucoup
de variétés cultivées aujourd'hui sont
que les gousses pouvaient subir des
g
notables ; en voici
4863. un Haricot de i
un
presque boulot, fond blanc, portant
qui se sont prod
pendant
macule
ayant
été semé, produisit un Haricot plus gros,
fortement maculé de noir très-intense.
Le Haricot qui a été semé provenait du
H. noir de Belgique, qui a la cosse droite ;
le produit qu'il a donné, indépendam-
ment de ce qu'il était plus gros et de cou-
leur différente, avait la cosse arquée et
plus longue.
végétation. Tous les ans, en effet, quand
on arrache les tubercules et qu'on tient
à conserver les variétés franches, on est
obligé d'épurer, c'est-à-dire de faire un
choix et de rejeter celles qui, comme on
le dit, ont dégénéré. Cette dégénéres-
cence, qui tend à éloigner constamment
le produit du point de départ, a donc
pour résultat de pousser à la division ou
i\ c'est-à-dire à la
de
dutyp
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DANS LES VÉGÉTAUX.
4-1
de
Les modifications chez les Pommes
parties
terrâmes; cest ce qui est arrivé pour
la variété dite Pousse- debout. La qua-
lification de Pousse-debout a été donné
à cette variété parce que les tuber-
cules qu'elle produit, au lieu .d'être
près, dans le
plat, ou à peu
sol, sont dressés les uns contre les autres,
à peu près comme le sont les morceaux
de bois lorsqu'ils sont disposés pour être
transformés en charbon.
La Pomme de terre Marjolin n'est
autre, pour nous, qu'un fait particulier
de végétation ; ce qui le démontre, c'est
que les propriétés qu'elle présente, de
pas
pas
ment aussi à donner des plantes qui fleu-
rissent et fructifient, et qui, par ce fait,
sont aussi moins hâtives. C'est ainsi que,
par le fait d'autres modifications souter-
raines, elle a produit deux autres va-
ces variétés nous ont donné des Pommes
de terre de forme ronde comme le type,
mais parmi lesquelles il s'en trouvait
de complètement violettes à l'extérieur
et à l'intérieur (quelques-unes avaient
même la chair noire, légèrement fla-
gellée de blanc). Cette
couleur n'était pas la seule ; la qualité
était aussi très-modifiée. Ainsi, au lieu
d'être farineuse comme leur mère, la
ces
Pomme de terre jaune, la
variétés était compacte, d'un goût peu
agréable, pour ne pas dire mauvais.
Les enfants, qu'on nous passe la com-
et au moral.
tiysique
longue
lée
Mari
Marjolin tardive, appe
qu on vend parfois à la halle de Paris
pour de la Hollande jaune ; elle est re-
marquable d'abord par sa végétation,
qui se prolonge plus longtemps que
celle du type, ensuite parce qu'elle se
couvre annuellement de fleurs, puis de
_ 7 ^ _ __
fleurisse presque
typ
sort
Voici encore, au sujet des Pommes de
terre, deux exemples de ces modifica-
tions souterraines ; elles sont toutes ré-
centes ; nous les avons observé au Mu-
séum en 1864.
Une planche de terre ayant été plan-
tée moitié avec de la jaune *
lisse, dite Hollande, et l'autr
avec de la rouge longue unie, appelée
Vitelotte lisse, la première
moitié donna des tubercules sembla-
bles à ceux que nous avions semés ; la
seconde, au contraire, la Vitelotte rouge,
avait produit des tubercules également
à peu près semblables pour la forme à
ceux que nous avions semés, mais diffé-
rents par la couleur,
jaune-roux. La qualité
forme, n'a plus de rapport
avec là Marjolin, dont elle est pourtant
une modification ; en effet elle est ronde,
et ses yeux, enfoncés, lui donnent exac-
tement l'aspect de la Pomme de terre
jaune ordinaire.
Lorsque nous cultivions beaucoup de
Pommes de terre Marjolin, il n'y avait
pas d'années où nous n'en obtinssions de
rondes, bien que nous n'eussions planté
que des longues, en apparence très-
franches.
Un exemple très -remarquable aussi
de ces changements, qui nous a été I rouge foncé,
fourni par la Pomme de terre jaune or-
qui
était
était d'un
restée la
même, et, bien que dans certains cas
on eût pu les confondre avec la jaune de
Hollande, on les distinguait facilement
lorsqu'elles étaient cuites, puisqu'elles
restaient entières, tandis que la Hol-
lande jaune tombait en poussière.
Voici l'autre exemple. Dans un bout
de planche où nous avions planté une
cinquantaine de Pomme de terre jaune
ronde ordinaire, l'un des pieds, dont la
végétation tardive fut, vers la fin de la
saison, différente de celle des autres,
des Pommes de terre rondes, d'un
dinaire, est le suivant : Dans un carré
planté exclusivement avec cette variété
de Pomme de terre, bien franche (en
apparence bien entendu), nous en avons
récolté un certain nombre dont la peau
était plus ou moins foncée; les unes
avaient la chair jaune, les autres l'a-
vaient blanche. Plantées séparément,
C
même année 1864, dans un
carré entièrement planté en Pommes de
Chardon
quelques pieds parfaitem
nous avons remarque
de l'aspect
pport
en • diiïé-
uleur des
fleurs qui était d'un blanc mat, un peu
soufré, tandis que la Pomme de terre
a
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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
Chardon a les Heurs rose-violacé ou vio-
let-rosé. Les tubercules provenant de
ces pieds à fleurs blanches ne différaient
de ceux du type que parce qu'ils étaient
plus arrondis et plus réguliers, et que
les yeux étaient moins
ipendamment de
la
prononcés. In-
variété à fleurs
blanch
Char
des variétés hâtives, tardives, et tout
cela bien qu'on n'ait d'abord planté
que des tubercules bien francs, qui pen-
dant longtemps n'avaient produit au-
cune variation. Ici, de même que dans
les cas précédents, le semis n'ayant pas
été employé, toutes ces différences sont
doncduesà des transformations (note39).
Un fait entièrement semblable à ceux
qui précèdent, rapporté par M. Joi-
gneaux dans le Journal de la Ferme et
des Maisons de campagne, est le sui-
vant : « Il y a neuf ou dix ans, on nous
donna six beaux tubercules d'une Pomme
de terre longue, d'un jaune pâle... Afin
de multiplier les touffes nous divisâmes
chaque tubercule en trois morceaux;
nous les plantâmes nous-même; les sar-
clages et les
faits par nous
erreur ni substitution. Voulez-vous con-
naître le résultat? Le voici : quelques
Pommes de terre, en très-petit nombre,
ressemblaient au type; mais le plus
k-^. _ ,
ni
grand nombi
sphériques, les
unes jaunes comme la mère, les autres
rouge assez foncé. »
_ Tous les cultivateurs savent très-
bien aussi que les Yittelotles unies,
dont les yeux peu nombreux sont à
peine sensibles, donnent souvent des
tubercules
les!
formes div
et dont
yeux sont tellement enfoncés que
c'est à peine si on peut les peler. A une
certaine époque, nous avions obtenu
une variété qui, indépendamment de la
multiplicité et de l'enfoncement des
yeux, produi
rable, des ;
agglor
ensembl
une
une
n s qui
forme
i table hyd
don-
mon-
qui est une bonne Pomme
strueuse. C
Ajoutons que bien que
Yittelotte,
de terre, c „ _
même mauvaise.
Tous ces faits démontrent sans aucun
doute comment se forment une très-
grande partie d
de Pommes
de terre, et prouvent qu'elles ne viennent
pas de graines; on en sera convaincu
le jour où, ayant observé la végétation
des plantes, on marquera, puis on ré-
coltera à part toutes celles aui, dans
leur végétation ,
qui,
présentent des
dif-
férences sensibles; une modification
externe étant toujours la conséquence
d'une modification interne.
Les divers faits que nous venons de
rapporter sont propres aune très-grande
quantité de végétaux; au nombre de
pouvons
Canne
pi
donnent jamais de graines, on ne compte
pas moins, dans chacune de ces deux
espèces, un grand nombre de variétés
très-distinctes par la vigueur, l'aspect
port
des
ces variétés sont produites par dimor-
phisme, c'est-à-dire par le développe-
ment spontané de bourgeons spéciaux.
Ce que nous disons de la Canne à
sucre et du Bananier, nous pourrions
le dire de beaucoup d'autres végétaux
monocotylédonés, des Arundo, des Pha-
lavis , des Bambous , des Bracœna, des
Yucca, etc., etc.
Après avoir cherché à faire ressortir
certains faits de dimorphisme qui, par
leur importance, nous ont paru dignes
de fixer l'attention, nous allons conti-
nuer par Fénumération d'un certain
nombre d'autres, sans néanmoins, pour
chacun deux, entrer dans d'aussi grands
détails, en ne faisant même parfois
qu'indiquer le nom des accidents à
moins cependant qu'ils présentent un
intérêt particulier, soit au point de vue
pratiq
point de vue scien-
tifique; dans ce cas nous entrerons
dans quelques considérations, relatives,
soit à leur origine, soit aux particula-
rités qu'ils présentent.
ACCIDENTS OU FAITS DE DIMORPHISME, OU
DE DICHROÏSME, PORTANT SOIT SUR LES
FEUILLES, SOIT SUR LES FLEURS, SOIT
SUR LES FRUITS, SOIT MÊME SUR LE
FACIES GÉNÉRAL DES PLANTES.
Nous devons *d'abord faire cette obser-
vation : que, lorsqu'un nom n'est suivi
d'aucune indication, c'est, d'une part,
qu'il désigne une- plante connue; de
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J. '»
*•
DANS LES VÉGÉTAUX.
l'autre, que l'énoncé seul du nom indi-
que l'origine de la plante. Ainsi, lors-
que nous écrivons Abricotier commun à
feuilles 'panachées, Acorus gramineus
variegata, Arundo donax variegata, As-
pidistra elatior variegata, Eleagnus re-
flem variegata, etc. , etc., il est facile de
comprendre que les accidents désignés
par ces noms sortent de l'Abricotier com-
mun, de Y Acorus gramineus, de YA-
rundo donax, de VAspidistra elatior, de
VEleagnus reflexa, et que les plantes
qu'ils ont produites ne diffèrent de ces
dernières que par des panachures.
Abricotier commun à feuilles
panachées.
Acer
iocarimin
Tres-remarquahie par ses rameaux largement
fasciés, cette variété s'est montrée au Muséum,
en 1857 sur une plante provenant de graines^
qui, pendant les deux premières années, n'avait
rien d'anormal; ce n'est qu'à sa troisième an-
née, lorsqu'elle a été rabattue, que l'anomalie
est apparue. Depuis, elle s'est maintenue avec
tous ses caractères.
Cet accident est à Y Acer eriocarpum ce que
le Sambucus nigra monstrosa est au S. nigra.
Acorus gramineus variegata §
/Escuî
9
athsea
Agcratum Iffexicanum nanim,
— Cette plante, qui est aujourd'hui employée
avec tant d'avantage pour former des bor-
dures, est le produit d'une branche qui s'est
développée accidentellement sur le type A.
Mmiccmum. Elle présente des capitules pres-
que sessiles et un peu irréguliers, qui, à cause
de la brièveté du pédoncule qui les supporte,
s'élèvent peu au-dessus des feuilles, ce qui'
à certains points de vue, est un inconvénient.
Les plantes types, au contraire, qui viennent
d abord beaucoup plus grandes, ont les capi-
tules gros et réguliers, et ceux-ci sont portés
sur un long pédoncule.
Ageratiim Hexlcannm Interme-
Alum. — Cette variété, qui est un accident de
second degré, c'est-à-dire sorti d'un autre ac-
cident de l'A. Mexicanum nanum, est intermé-
diaire ; les plantes sont très-floribondes ; leurs
capitules sont aussi beaux que ceux du type,
et, comme ils sont portés sur de longs pédon-
cules, les plantes sont propres non-seulement
à l'ornement des jardins, mais à la confection
des bouquets. Les dimensions qu'ellesprésentent
sont également intermédiaires ; plus grande
que YAgeratum Mexicanum nanum, la forme
intermédiaire s'élève moins que le lyp3 f YAge-
ratum Mexicanum.
esiîi
Mexicanum variega-
t um» — Celui-ci ne diffère guère du type que
par ses feuilles, qui sont marginées-panachées
de blanc-jaunâtre; son inflorescence est pour-
tant un peu plus grêle et ses capitules sont
aussi plus petits. En général
élancée, maigre, comme on dit
ture.
43
la plante est
en horticul-
Amandler commun à feuilles
panacltées A — Feuilles bordées et satinées
de blanc; végétation délicate. Revient parfois
au type.
Anémone Japonlca Honorine
■
«foliert. — Très-vigoureuse et très-belle,
cette variété, dont la fleur est blanche, est un
accident de Y Anémone hybrida ou A. elegans,
plante obtenue en Angleterre par M. Gordon
en fécondant Y Anémone Japonica avec TA.
vitifolia. Cet accident Anémone Honorine Jobert,
s'est montré il y a quelques années chez M. Jo-
bert, amateur à Verdun.
^ Aralia Cool*ii. — Cette plante, dont en
général les feuilles sont simples, longues et
étroites, est une forme de Y Aralia trïfoliata.
Arundo donax variegata argen-
tea, et A f donax variegata aurea»
— Ces deux variétés diffèrent du type par
leurs feuilles bordées de blanc pour la pre-
mière, de jaune pour la deuxième; elles sont;
beaucoup plus délicates que le type.
Aspidlstra elatior variegata*
Aster bieolor. V Aster bieolor, qui n'est
pas, comme on le croit, une espèce, mais tout,
simplement une forme naine, très-probable-
ment même un accident de Y Aster versicolor,
a produit, au Muséum, en 1856, sur une de
ses tiges, un bourgeon vigoureux qui pré-
sente tous les caractères de Y Aster versicolor,
si ce n'est qu'ildevient un peu moins grand. Cet
accident, auquel nous avons donné le nom
d'Aster bieolor major, multiplié d'éclats, a
conservé tous ses caractères, et aujourd'hui
encore c'est une des belles plantes vivaces
d ornement.
*
Aster bieolor major*) Yoir As-
ter bieolor).
Azaiea Intlica Dleudoiuu'
>*
— Fleurs saumonées, marginées de blanc,
un accident de Y A. formosa Ivery-> qui
fleurs roses.
A. Indica Beauté de l'Europe»
— Cette variété a les fleurs fond blanc, pana-
chées de rouge. Cest un accident de VA. deli-
cata dont les fleurs sont saumoné foncé.
A» Indica €riterion*— Plante à fleurs
rosefoncé, bordées de blanc. C'est un accident
de l'A. Iveriana, qui a des fleurs blanches,
striées de rose.
A* Itadica altoa rosea* -
Plant
e
a
fleurs rose tendre bordées de blanc. C'est un
accident del
A. Iceriana,
blanches striées roses.
qui a des fleurs
■
A. Indica extiui&ita grandiflora*
Variété a fleurs rose foncé, bordées blanc.
C'est un accident de Y A. alba perfecta, qui est à
fleurs blanches très-légèrement striées de rosé.
Bananier (Voir page 42 Voir aussi
plus loin, au mot Musa).
Brugnonnièr (Voir page 38)
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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉÎÉS
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ISiixiis Balearica ciicullata
Cette variété, qui est un accident du B. Balea-
rica, diffère de celui-ci par ses feuilles plus
petites, très-fortement convexes, arrondies sur
le milieu.
B u xu s semper virent argentea ;
aurea;
marginata*
— Toutes ces variétés, qui sont des accidents
du type, s'en distinguent parleurs feuilles, qui
sont panachées ou bordées , soit de blanc,
soit de jaune.
Canicllla •fapofiilca Comte de
Pari». — Cette
variété, qui est
à fleurs rose-
carné fortement
striées, est un ac-
cident du C. Jap.
Duchesse d'Or-
léans , dont les
fleurs sont blan-
ches striées. Cette
variété est non-
seulement beau-
coup plus vigou-
reuse que la plante
dont elle provient,
mais encore elle a
sur elle l'avantage
de bien épanouir
ses fleurs, ce qui
n'a pas lieu chez
le C. Duchesse
tV Orléans dont les
boutons tombent
presque toujours
avant de s'ouvrir.
du G. Jap. Montironi, dont les fleurs sont très-
légèrement striées de rose.
CV Paolina Armarl. — ' Fleurs rose
foncé. Cette plante est un accident du C. Miss
Abby Wilder, qui est à fleurs blanches, lé-
gèrement striées de rose.
V
C.
Jap*
Hontiro ni
rosea — Cette
•lante, dont les
fleurs sont entiè-
rement roses, est
un accident du C.
Montironi, qui est
à fleurs blanches
très -légèrement
striées.
Grav. 1.
C.
«Fa p •
ftiardino Fraiicliet-li.
Plante à fleurs
rose foncé, bordées de blanc. C'est un acci-
dent du Camellia Targioni, qui est à fleurs
blanches, légèrement striées de rose.
©• Jap. Comtesse WoronKoff. —
Cette variété, qui est à fleurs rose tendre, est
un accident du G. Centifolia alba, dont les fleurs
«ont d'un blanc pur.
C tfap. Ciardino Sclimitz.
Plante àiïeurs rose tendre. C'est un accident du
C. Jap. 'Elisa Centurion, dont les fleurs sont
blanches très-légèrement striées de rose.
C, «9ap« Impératrice Eugénie.
Plante à fleurs rose-carné. C'est un accident
C. Jap. Princesse Aldrovantlï*
— Plante à fleurs rose, bordées de blanc. C'est
un accident du C. Jap. Teutonia, dont les
fleurs sont blanches, striées de rose.
C Jap. Bicolor de la Reine.
Fleurs roses, bordées de blanc. C'est un acci-
dent du C. Jap.
I de la Reine, qui
est à fleurs blan-
ches, très-légère-
ment striées de
rose.
L'anné e der-
nière nous avons
vu sur un Camel-
lia à fleurs roses
des branches por-
tantdes fleurs
complètement
blanches.
Canne à
sucre. (Voir
page 42).
r
Ceplialota-
xns pedmi-
culata fasti-
giata. (Grav.
'1). Cette variété,
qu'on a décrite
et figurée comme
étant une espèce
dePodocarpus(P.
Koraiana), est un
fait de dimor-
phisme du Ce-
phalotaxus pe-
dunculata. Nous
en avons eu la
preuve au Mu-
séum en 1863 ;
voici comment.
Ayant bouturé un
certain nombre de rameaux du soi-disant P. Ko-
raiana, l'un deux, au lieu de donner des bran-
ches simples et éparses, strictement dressées,
et munis de feuilles éparses(Grav . 1 ) , produisit des
branches horizontales, verticillées, portant des
feuilles distiques (gr.2).Les deux plantes repré-
sentées par les gravures 1-2 proviennent de cette
même série de boutures. Ce sont deux frères.
Le Cephalotaxus pedunculata fastigiata est
au C. pedunculata ce que le Taxas baccata
fastigiata est au T. baccata.
Cerui Peruvianns nionstrosus.
— Cette forme est un accident du Cereus
Peruvianus, auquel elle revient parfois.
Cerisier anglais a feuilles de
Saule
Cephalotaxus pedunculata fastigiata. — Forme ac-
cidentelle du Cephalotaxus pedunculata.
(Voir plus 'haut, page 37).
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Cerisier anglais hatif
tardif.
DANS LES VÉGÉTAUX.
— à fruits blancs.
(Pour ces trois variétés voir plus
haut page 37).
Chasselas à fruits panachés.
(Voir page 38).
Chasselas suisse- — (Voir page 38).
Chasselas gros Coulartl. — - Cette
variété, dont les grains, sphériqnes gros, cou-
lent très-souvent , est le résultat d'un acci-
dent qui se montre fréquemment sur le Chas-
selas ordinaire; elle se distingue de ce dernier
par ses sarments plus gros, à nœuds beaucoup
plus rapprochés, par ses feuilles moins lobées,
un peu plus longues et un peu plus épaisses,
d'un vert luisant et comme vernies. Le Chas-
selas gros Coulard diffère aussi du Chasselas
ordinaire par son tempérament ; il a besoin de
beaucoup de chaleur et d'être placé à l'abri
des influences de l'air; aussi réussit-il généra-
lement bien lorsqu'on le soumet à la culture
forcée.
*
Chasselas de Demoiselles • —
Cette variété, remarquable par ses grains, qui
ne sont guère plus gros que des plombs de
chasse, est un fait de dimorphisme ou une
Grav. 2. — Ccphalotaxus pedunculata
T«
* i
I
i
sorte de dégénérescence qui se montre parfois
sur le Chasselas ordinaire. Ce phénomène paraît
dû à l'avortement partiel des organes sexuels
et tout particulièrement des anthères, d'où
résulte la non-fécondation des fleurs, et, comme
conséquence, l'avortement des graines. Bou-
turée, cette variété conserve ses caractères.
Chasselas à feuilles panachées.
— Remarquable par ses feuilles largement pa-
nachées de blanc (Voir plus loin, au mot Vi-
gne, pour les accidents de quelques autres va-
riétés.)
Chrysanthème de Chine.
plus haut, page 33).
(Voir
Clematis hicolor ou Sieboldli.
— Cette plante, dont les fleurs, violettes à l'in-
térieur, sont presque pleines par suite de la
transformation des étammes, est un accident du
Clematis florida, qui est à fleurs simples blanc
verdàtre, fait que plusieurs fois nous avons
été à même de constater: celle-là se développant
toujours sur celle-ci.
La variété Clematis bicolor flore pleno,
qu'on nomme parfois aussi Atragene america-
na > si remarquable par ses fleurs énormes, d'un
blanc verdàtre est un accident direct du Cle-
matis bicolor, par conséquent un accident de
second degré du Clematis florida, fait que
nous avons pu vérifier de nouveau cette année.
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1
46
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
Ainsi sur un pied de Clematis bicolor planté en
pleine terre, il s'est développé, près de la base,
une branche qui portait des fleurs tout à fait
pleines, monstrueuses, de couleur vert jau-
nâtre, de sorte que les deux accidents étaient
reunis sur le même individu. •
Clematis Ilelena mon^lro^e —
Cette plante n'est autre que le Clematis
Belena, qui, par dimorphisme , s'est trans-
formé et est devenu à fleurs pleines, presque
monstrueuses. — C'est un phénomène tout à
fait analogue à celui qui s'est produit sur le
Clematis bicolor.
Clieiraittlius Clieirl varlegata .
ore pleno. — Accident d'une variété à
fleurs doubles de la Giroflée jaune des mu-
railles.
Cornus saiig-ulnea varlegata»
Cornus mas varlegata»
CyiisMs Adami. — (Voir plus loin
p. 57.)
Dactylls glomerata variegata»
<
■
EcMnocactus multiplet
cris
tata. Cette variété, qui est un fait de di-
morphisme de Y Echinocactus multiplex, au lieu
d'avoir une tige régulièrement méloniforme
allongée, constitue une masse épaisse qui s'é-
tend en formant des sortes de fascies disposées
en éventail; et au lieu de sillons longitudinaux,
larges et profonds, séparés par des saillies sur
lesquelles sont placées des épines longues de
Om.02 à Om.03, très-raides, YE. multiplex n'a
que de très-petits sillons ou sorte de plis dis-
posés transversalement à la direction des fascies,
par conséquent en sens contraire de ceux que
porte le type, sur les bords desquels on trouve
des aiguillons disposés en étoiles; longs d'en-
viron (K005. En un mot, l'accident est com-
plètement différent de la plante dont il sort.
fleagiius refflexa varies a ta ar-
entea, et Eleagnu§ relïexa varie-
gala aurea. — Ces deux variétés diffèrent
de YEleagnus reflexa, dont elles sont des acci-
dents, la première par ses feuilles bordées de
blanc, la deuxième par ses feuilles bordées de
jaune.
■
Eleagmis pungcns variegata;
Evonymus Japonica argentée
et E. Japonica aurea*
variétés résultent
«V
Ces deux
d'accidents produits par le
Fusain du Japon (Evonymus japonica) auquel
elles reviennent parfois, surtout la variété
aurea.
Evonymus Japonica flavlda»
Cette plante qui est le résultat d'un accident qui
s'est développé en 1862 sur un pied type à
feuilles vertes, se distingue par ses feuilles
bordées de jaune-verdàtre parfois blanchâtre.
Elle est vigoureuse.
Evonymus Japonlca fasciafa.
Très-remarquable par ses rameaux largement
fascies , cette variété s'est développée au Mu-
séum en 1864, sur un pied type qui ne pré-
sentait rien d'anormal
LEvonymm Japonica a produit encore beau-
coup d'autres accidents qui diffèrent par la
panachure, parfois même par la forme des
feuilles; telle est entre autres la variété cala-
mislrata; celle-ci est issue de la variété ar-
ejentea, dont elle diffère par ses parties plus
grêles ; ses feuilles, plus petites, sont aussi plus
tourmentées, crispées ou comme érosées
Il est plus que probable queles diverses variétés
qui ont été récemment introduites du Japon'
ne sont non plus que des accidents de YEvo-
nymiis Japonica.
Ficus scanderas micropliyiia.
Celte variété, que l'on rencontre parfois dans
le commerce sous le nom de Ficus buxifolia,
est un fait de dimorphisme qui s'est montré
en 1856, au Jardin botanique d'Orléans, sur un
pied de Ficus scandens planté dans une serre ;
ses feuilles sont très-petites, un peu subor-
Juculaires et légèrement bullées. Cet accident
s est conservé, avec tous ses caractères, soit
sur le pied où il s'est développé pour la première
fois, soit sur toutes les multiplications au'on
en a faites. *
Fontanesla pliyllireoides
Ta-
rleffata Cette variété, très-jolie, s'est
développée au Muséum d'histoire naturelle en
1854 sur un pied de Fontanesia phyllireoides.
Depuis son apparition cette plante n'a pas varié ;
ses rameaux, d'un vert jaunâtre, sont effilés'
et les feuilles qu'ils portent sont très-largement
bordées de blanc-jaunâtre.
Fraxinus Amerîcana variegata.
Fraxlnus excelsior jaspidea
Cette variété se distingue à son écorce striée
ou un peu rubannée de jaune.
-
Fraxinus excelsior variegata,
— Le Frêne commun a produit plusieurs acci-
dents qui se distinguent par la panachure de
leurs feuilles; celle-ci est jaune, blanche, dis-
posée par bandes et bordant les feuilles' par-
fois en macules sur toutes les parties du limbe
comme elles sont sur les feuilles A'Aucuba par
exemple. De là les diverses dénominations
(Yargentea, aurea, striata, maculata, aucu-
bœfolia, etc.
Gardénia radlcans variegata
(Grav. 4). — Cette variété, remarquable par
la forme et par la panachure jaune de ses
feuilles, est un accident du Gardénia radicans
(Grav. 3). Ici l'accident est double; la pana-
chure des feuilles a déterminé une modification
dans leur forme. — Le dimorphisme (note 1)
a déterminé le dichroïsme.
Giroflée dite Savoyarde, a feuil-
le» panachées. — C'est un accident de
la Giroflée à fleurs doubles, brunes.
Haricot (Yoir plus haut, page 39).
■
Môtre a feuilles laciniées* dit ù
feuilles de Fougère. — Cette variété
qui est un fait de dimorphisme du Hêtre com-
mun (Grav. 5), nous a présenté la particularité
suivante : l'ayant greffée sur le H. commun, les
branches se développèrent de chaque côté de la
tige presque distiquement; toutes celles qui
r
**
.
_ — m — *<
DANS LES VÉGÉTAUX
Grav. 3.
Gardénia radicans
I
I I
I
ss
48
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
étaient d'un côté portaient des feuilles sem-
à celles du
Hêtre
tandis
blables a cènes uu neire commun,
que toutes les branches placées du côté opposé
ne portaient que des feuilles laciniées (grav 6).
JSihiscus Syrlacus flore pleno
variegata. — Cette variété, dont les feuil-
les sont panachées de blanc: jaunâtre, s'est
montrée, en 1858, sur un pied dont les feuilles
étaient complètement vertes.
Hibiscus Syriacus vartegata.
Remarquable par la panchure de ses feuilles,
cette variété est un accident du type; ses
fleurs sont semblables à celles de ce dernier.
Elle est peu vigoureuse.
Hydrangea Hortensia .
Cette
plante, toujours stérile, est un accident de
YHydrangea Japonica, analogue à ceux qui se
sont produits sur les Viburnum Keteleerii et
Opulas .
■lydrangea Japonica variegata.
— Ne diffère du type que par ses feuilles pa-
nachées, bordées de blanc.
9
Ilex aquifolium ealaniistrata
variegata, —
— Cette variété est un accident
de VIlex calamistrata qui est une variété du
Houx commun.
Ilex aqiiil'olium fferox aureum;
et I. aqiiifol. ferox argenté uni.
— Ces deux variétés qui se distinguent à la
panachure de leurs feuilles qui est jaune chez
»• t*
-
•j
■if
i
» L
■ ■
Grav. 5.
Branche de hêtre commun sur laquelle se développe un rameau
à feuilles laciniées.
la première, blanche chez la deuxième, sont
des faits de dimorphisme de Y Ilex aquifolium
ferox, qui n'en diffère que par ses feuilles
vertes.
Les très-nombreuses variétés de Houx com-
mun que l'on cultive sont dues, pour la plupart,
à des faits de dimorphisme stabilisés.
Juniper us Virgin fana varie -
gâta.
«ïuniperus Virginiana
mon
strosa.
Iris spectabilis .
remarquable par sa couleur,
de l'Iris Xiphium dont elle
différente (note 2).
Cette plante, si
est un accident
est pourtant si
Jacinthe (Voir plus loin).
«ïuniperus communis varie-
ra ta.
Juniper us excelsa variegata
Cette variété, qui est due à des
broussins (note 40), se montre assez fréquem-
ment sur le Genévrier de Virginie.
Laminm album variegatum.
liauroceraSus vulgaris angustl-
f'olia, — Cette plante qui, pendant long-
temps, a figuré dans plusieurs Ecoles de bo-
tanique sous le nom d'Hartogia Capensis, est
un fait de dimorphisme du Laurocerasus val-
garis fait que plusieurs fois nous avons pu con-
stater et que démontre la gravure 7, sesfeuil-
f
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DANS LES VÉGÉTAUX.
49
les, très-étroites, longues, d'un vert clair, sont
plus fortement dentées que celles de la plante
dont elle sort. Elle est très-constante; on n'a
point d'exemple qu'elle ait varié.
Iiaurocerasus vulgarls varie-
gâta.
Laurocerasns laisltanica varlc-
xata.
Iiierre en arbre à feuilles pana-
allées. — Cette sous-variété est un fait de
dichroïsme du Lierre dit en arbre, dont elle ne
diffère que par ses feuilles panachées de blanc
jaunâtre.
Ce qu'on nomme Lierre en arbre est un
Lierre commun, ou l'une de ses variétés, ar~
rivé à l'état adulte, et qu'alors il fructifie. Les ra-
meaux sont gros, courts, arrondis et dépourvus
Grav. G. — Hêtre commun obtenu de greffe, sur lequel tous les rameaux placés d'un côté de
la tige sont à feuiltes laciniees.
de crampons; les feuilles aussi, au lieu d'être
lobées, sont cordiformes, plus ou moins allon-
gées, parfois très-obtusément arrondies.
De même qu'il y a plusieurs formes de
Lierre rampant, il y a plusieurs sous-variétés
de Lierre en arbre ; elles sont en rapport avec
les variétés dont elles sortent, et se distinguent
par la forme et par les dimensions des feuilles,
par la grosseur des rameaux, toutes choses qui
dépendent de la vigueur et de l'aspect des
variétés mères *.
* On obtient le Lierre en arbre, soit en boutu-
rant, soit en greffant des rameaux adultes, cest-
à-dire des rameaux qui ont été modifiés par le fait
Le fait du Lierre en arbre rentre dans la
3e série des faits de dimorphisme, que nous
avons établie. (Voir note 1.)
liigustrum «Paponlcum varlega-
tum. — Le L. Japonicum paraît sujet à pro-
duire des faits de dimorphisme ou plutôt de
dichroïsme; on a déjà, de lui, produites de
de la fructification. Ils se ramifient et forment
alors de très-jolis buissons, d'où sortent parfois,
surtout près de la surface du sol ou dans les par-
ties mal aérées, des rameaux munis de crampons,
portant des feuilles plus ou moins lobées, et qui
rampent et s'enracinent dès qu'ils touchent le soh
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PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
cette manière, plusieurs variétés distinctes par
la couleur ou par la disposition des pana-
chures, ce qui leur a valu des qualifications
particulières. Il en est même une qui diffère
un peu par la forme de ses feuilles.
retint
rum
Cette va-
riété, qui se distingue
par ses feuilles bor-
dées ou rubannées de
jaune, s'est produite
au Muséum en 1861 ;
elle provient d'une
branche qui s'est dé-
veloppée spontané-
ment sur un pied type
dont les feuilles
étaient vertes. Elle est
instable.
lilgiistriim
vulgaire varie-
gatum. — Cette va-
riété, qui est un acci-
dent du Troène com-
mun, s'en distingue
par ses feuilles pana-
chées de jaune. Cet
accident est assez fré-
quent, même à l'état
sauvage ; nous l'avons
rencontré plusieurs
fois dans des bois.
Elle n'est pas stable.
Ii lias com-
mun à, feuilles
panachées •
JLÎlas die Per-
*
se à feuilles la-
clnlées et lillas
ovailfoliiim
au-
tle
Perse
a
fleurs blanches
— Bien qu'on ne puisse
préciser l'époque à la-
quelle se sont produits
les deux accidents
dont nous venons de
parler, propres au Li-
las de Perse, on ne
peut douter qu'ils
aient été produits de
cette manière, le Lilas
de Perse ne donnant
jamais de graines. L'o-
rigine de ce dernier N
est même très-dou-
teuse. L'un des deux
accidents porte sur les
feuilles ; l'autre porte
sur les fleurs qui sont
blanches, légèrement
violacées.
dont cette variété sort, forme un cylindre mélo-
niforme c'est-à-dire légèrement renflé au som-
met; il porte des épines disposées en faisceaux,
longues de 2 à 3 centimètres, raides, très-aiguës,
accompagnées à la base d'une série d'autres,
plus petites disposés en étoile. La variété deda-
lea, au contraire, indépendamment de sa forme
qui est si différente
^le celle que présente
le type, n'a pas d'épi-
nes; elle est revêtue,
sur toutes ses parties,
de poils soyeux, ar-
gentés, et comme feu-
trés, très-doux au tou-
cher. La mère et l'en-
fant — quant au physi-
— n'ont rien de
^O.hJTENl&R
Grav. 7. — Laurocerasus vulgaris
rie té angusifolia a, a, plante
d'Hartogia Capenis.
que -
commun.
Slentlia ro-
tundlfolla va-
riesrata*
sur lequel s'est développée la va-
qui a été cultivée sous le nom
Mol S na cseru-
lea var iega ta .
Musa vittata.
— Cette variété, qui
se distingue à ses
feuilles marquées de
bandelettes blanches,
est un accident du
type Musa paradi-
siaca ou sapientium;
ses panachures ou
bandelettes, qui sont
bien marquées sur les
jeunes plantes, dispa-
raissent souvent avec
le temps, de sorte que
chez les vieilles plan-
tes, on n'en retrouve
parfois pas de traces.
Myrte com-
mun H feuille»
panachées.
Variété issue acciden-
tellement du type com-
mun, auquel elle re-
tourne fréquemment.
«Billet Flou.
(Voir plus haut,
Pag 34.)'
Opuntia cy-
linclrica cris-
tata, — Cette va-
riété, résultat d'un ac-
cident de Y Opuntia
cyUndrica, n'a, par
ses caractères exté-
rieurs,rien de commun
avec la plante dontelle
Haïi. (Voir plus haut, page 40.)
Hamillaria nivea dedalea.
■
Cette variété, qui est un accident du Mamilla-
ria nivea, forme une masse compacte dont les
plis et circonvolutions, disposés en une sorte de
Labyrinthe — (dedalea), donnent à l'ensemble
un peu l'aspect d'une fraise de veau. Le tvpe
sort qui formé une colonne cylindrique régulière.
L'accident, au contraire, est un composé de pièces
élargies placées l'une contre l'autre en différents
sens à peu près comme celles que présentent
diverses sortes d'Opuntia, qu'on nomme vulgai-
rement Semelles du Pape.
Oranger turc»
Cette variété, qui es 1
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DANS LES VÉGÉTAUX.
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Grav. 8. — Osmanthus Fortunei ovata.
Forme accidentelle de Y Osmanthus Fortunei.
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Grav. 9. — Osmanthus Fortunei portant des feuilles de différentes formes.
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5 U 2
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
un accident d'une sorte de Bigarade (probable-
ment de la Bigarade cornue), porte à la fois
sur des branches diverses, des feuilles étroites
et irrégulières (comme érosées), panachées ou
plutôt satinées-bordées blanc, et sur d'autres
branches, des feuilles vertes, larges et forte-
ment auriculées , ainsi que des fruits qui
rappellent ceux de la Bigarade cornue.
Orontluni Japonicum varlega-
tum.
Osmantkus
Fortune!
ovata
(Grav. 8). — Cette variété, qui provient de
l'Osmanthus Fortunei (Olea ilicifolia du com-
merce), est instable. Après l'avoir conservée
pendant plus d'un an sans varier, elle a repris
en grande partie son caractère primitif, qui
est d'avoir des feuilles longues, fortement épi-
neuses et grossièrement nervées, comme sont
celles qui sont placées à la base (Gravure 9)..
Quelquefois aussi, on trouve des rameaux
portant des feuilles de forme diverse ainsi qu'on
le voit sur la même gravure.
»
Osmantbus aquiffolium varie-
gâta» —
color).
— Diffère du type, dont elle est un
accident, par ses feuilles panachées de blanc
jaunâtre.
L'Osmanthus aquifolium, qu'on peut consi-
dérer comme le réprésentant, au Japon, de
notre Houx commun, paraît, comme ce dernier,
très-apte à produire des accidents. On ne peut
douter que les diverses variétés récemment in-
troduites dii Japon n'aient été produites de
cette manière.
■
Pêcher à fleurs A 9 œillet. (Persica
dianthiflora) et Pêclier a fleurs de
plusieurs couleurs (Persica versi-
— Ces deux variétés sont des formes
accidentelles du Persica rosœflora dont les fleurs
sont d'un rouge très-foncé. Gomme ce dernier,
ces deux variétés sont à fleurs doubles mais de
couleurs très-différentes de celles de leur mère #
Le P. dianthiflora a les fleurs d'un rose carné,
le P. versicolor, au contraire, a les fleurs
blanches, striées ou rubannées de rose vif.
Ce dernier est beaucoup plus délicat que le
type, — Persica rosœflora, — sa mère; il l'est
également beaucoup plus que son frère, le
P. dianthiflora.
Pëctoer Madeleine rouge à feuil-
les de Saule. — Cette variété, remar-
quable par la forme de ses feuilles, qui sont
très-longues et étroites, planes, luisantes, très-
courtement dentées, est le résultat d'un ac-
cident qui s'est développé sur la variété dé-
signée par certains horticulteurs sous le nom
de Pêcher Madeleine de Courson (Madeleine
rouqe) ; elle nous paraît avoir beaucoup de res-
semblance avec celle très-anciennement connue
sûus le nom de Pêcher à feuilles de Saule.
Pêclier Madeleine r ou ge à feuil-
les laciniées (Grav, 10). Cette variété
dont les feuilles sont fortement et grossière-
ment laciniées, est un fait de dimorphisme qui
s'est montré sur le P. Madeleine rouge (Made-
leine de Coursonj hort.)
Pelargohium Manglesii*
Très-
le P. Manglesii est un accident du P. zonale T
dont il se distingué non-seulement par la pana-
chure de ses feuilles, mais par ses rameaux,
qui sont beaucoup plus maigres, et par ses
feuilles plus profondément lobées. A son tour
il a, par dimorphisme, produit plusieurs va-
riétés.
Pelargonium lieder&Dfollum va-
riegafum»
Pelargonium zonale et P« In-
qulnans* —
— Les variétés accidentelles pro-
duites par ces deux types (qui en réalité n'en
font qu'un), sont très-nombreuses; il en est
parmi elles de tellement tranchées que, si l'on
en ignorait l'origine, on pourrait les considérer
comme des types,
Plialarls arundinacea picta et
■
Plialarls arundinacea aurea. —
Issues par accident du Phalaris arundinacea,
ces deux variétés diffèrent du type par les
panachures qui sont blanches chez la première,
jaunes chez la deuxième. — Elles sont le re-
présentant, exact, du phénomène qui s'est pro-
duit sur YArundo Donax, de même que sur la
Canne à sucre.
Plilox Croix de Saint-Inouïs blanc.
— Cette variété, dont les fleurs sont complè-
tement blanches, est un accident (fait de di*
chroïsme) qui s'est montré en 1863 sur la variété
de Phlox decussata nommée Croix de Saint-
Louis, qui est rose strié de blanc, en croix,
d'où son nom.
Phragmites vulgaris varlegata»
— Il se distingue du type, Phragmites vulgaris,
dont il est un accident, par ses feuilles qui
sont bordées ou marginées blanc.
Plcea excelsa tabulaef ornais* —
remarquable par ses feuilles panachées de blanc,
— Cette variété, qui atteint à peine quelques
décimètres de hauteur, et qui, au lieu de s'éle-
ver verticalement, s'étend horizontalement et
tend à former des sortes de tapis, est un fait
de dimorphisme des plus remarquables, le
résultat d'un broussin (note 40) qui s'est déve-
loppé sur la tige d'un très-grand Picea excelsa.
Ce fait des plus remarquables s'est produit
dans le parc ae Trianon, à Versailles.
Plnus sylvestris nana nions*
trosa. — - Cette variété, naine et mons-
treuse, résultat d'un broussin qui s'est développé
sur la tige d'un grand Pinus sylvestris, est très-
remarquable par ses feuilles longues et inégales,
rapprochées et tourmentées ; elle l'est surtout
par ses rameaux grêles, parfois presque fili-
formes et irréguliers, qui naissent en quantité
telle qu'ils cachent quelquefois complètement
les branches et même la tige.
Plnus sylvestris nana com-
pacta. — Cette variété, qui atteint à peine
quelques décimètres de hauteur, provient d'un
broussin qui s'est développé sur un grand Pinui
sylvestris. A peine haute de douze centimètres,
ses ramifications, nombreuses et très-courtes,
portaient déjà deux générations de cônes, les
uns à peu près mûrs, petits, quoique bien con-
formés; les autres, beaucoup plus jeunes, étaient
encore herbacés.
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DANS LES VÉGÉTAUX.
53
Pittosporum toi» ira variega-
Koraiana .
tuni.
Poclocarnus
Cephalotaxus.)
Poiriers A fruits panaches. —
Les Poiriers Duchesse d'Angoulême panaché,
Amanhs panaché, Guénette ou Madeleine pana-
chée, Saint-Germain panaché, Bergamotte d'au-
tomne panachée, Culotte de Suisse pana-
chée, etc., etc., sont des accidents des Poiriers
dont ils portent le nom. Ces variétés sont
encore remarquables en ce que les panachures
portent sur les rameaux et sur les fruits, mais
non sur les feuilles, ce qui les distingue de la
variété suivante, qui est également le résultat
d'un accident.
Poirier d'Ainanll* a écorce et
a feuille» jaunes. — Cette variété, fait
de dichroïsme du Poirier d'Amanlis, est très-
remarquable; on pourrait même dire qu'elle
est jolie; elle s'est développée sur la tige d'un
Poirier d'Amanlis qui ne présentait rien d'anor-
mal. Elle est très-vigoureuse -et produit un
effet des plus singuliers par toutes ses parties
qui sont jaunes, excepté l'écorce qui est pieté
de gris blanc % Elle n'a pas encore fructifié.
d'autres faits de dimorphisme,
(Voir
pour
relatifs au Poirier page 387)
Pomme de terre (dimorphisme
nu m.)
Pop
40. Voir
Sola
rjeca peudula,
I
Grav. 10. — Forme accidentelle du Pêcher Madeleine rorâ.
Nous ne pouvons dire d'où vient ni comment
a été obtenu cette variété, qu'on possède de-
puis longtemps dans les cultures; ce que nous
pouvons affirmer, c'est que, en 1858, ayant
greffé 15 sujets de Populus nivea avec du P.
Grœca qui nous paraît être le même que le
P. tremuloides, Mich., sur 7 individus qui ont
poussé, il y en avait un dont les rameaux,
grêles et pendants, étaient absolument sembla-
bles au P. Grœca penâula du commerce ; ce
fait est un des plus curieux que n ous connais-
sions. L'individu qui nous le fournit est planté
dans les pépinières du Muséum, à côté d'un de
ses frères, auquel, physiquement, il ne ressem-
ble pas, bien qu'ils proviennent de la même
mère. Tous deux sont femelles et se couvrent
chaque année de chatons.
Précoce Malingre à grain» ronds.
Cette variété diffère du type, dont elle est
un accident, par ses grains ronds, gros, et par
s es grappes très-compactes. (Voir, pour d'au-
tres faits concernant les Raisins, au mot Vigne.)
Prunier (voir plus haut page 38.)
Prunus Mahaleh varlegata. —
Indépendamment de cette variété, qui est très-
jolie par ses rameaux allongés, très-grêles et
par ses feuilles panachées de blanc, le Prunus
Mahaleb a produit, par dimorphisme, plusieurs
sous-variétés qui se distinguent par la forme
des feuilles et surtout par la couleur de leurs
panachures. Presque toutes ces variétés sont
plus délicates que le type; leurs rameaux
sont aussi plus grêles que ceux de ce dernier.
Rheum Australe
ni
— Cette plante est remarquable par la pana-
chure de ses feuilles qui est d'un très-beau
blanc.
Ri nés
«un varlegatum
Accident du type, qui n'en diffère que par
feuilles panachées de blanc jaunâtre.
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1
54
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
Bibes rubrum Tariegadim. —
Boblnia bispitla arborea et
maci'
Ces deux variétés sont le résultat d'accidents
qui se sont montrés sur le Robinia hispida,
espèce dont Forigine est très-douteuse. Le
Robinia hispida arborea, hort (R. macrophylla.
D. C.) diffère du type par sa vigueur plus con-
sidérable, par ses rameaux beaucoup plus gros,
dont l'écorce, très-foncée, luisante, est lisse et
non hispide, et enfin par ses feuilles plus épais-
ses, coriaces, luisantes, et comme vernies.
Quant auR. hispida macrophylla, hort. lia beau-
coup plus de rapport
que le précédent avec
le type R. hispida;
il en diffère néan-
moins par sa vigueur
plus grande et sur-
tout par ses fleurs,
qui, moins abondan-
tes et un peu plus
développées., sont
aussi d'une couleur
un peu plus pâle.
Comme le type dont
elles sortent, ces va-
riétés ne donnent
point de graines
(note 41).
Le fait de la pro-
duction accidentelle
du JR. hispida in er mis
sur* le R. hispida est
tout à fait hors de
doute ; plusieurs ^ fois
nous avons trouvé ces
deux sortes de ra-
meaux croissant les
uns à côté des autres
sur la même branche
(grav. 11) ; il a donc
suffi de les multiplier
à part pour en obte-
nir des variétés dis-
tinctes.
raoïiiiifa "Pseii-
Dans beaucoup de terrains, cette variété
revient plus ou moins vite au type dont elle
sort; il arrive même fréquemment que, sur
un pied, on voit des fleurs les unes rouges et
les autres jaunes (voir la gravure coloriée) et
parfois même on trouve des fleurs qui pré-
sentent ces couleurs à peu près par moitié, ou
bien encore des pétales qui sont moitié rouges
et moitié jaunes. En général l'accident est
moins vigoureux que le type, de sorte que, par
l'effet d'une modification lente, on le voit quel-
quefois disparaître peu à peu, et qu'au bout
d'un certain temps on a un Rosier à fleurs
complètement jaunes là où l'on avait planté un
Rosier à fleurs rouge
orangé.
Rosier «le
Vbionville OU
Rosicrtles <t na-
Saison
ire
blanc m
riée.)
(grav. colo-
Cette variété
•
;-
do-Acacia um
bracnlif era .
Cette plante, si com-
munément employée aujourd'hui, soit comme or-
ment sous le nom vulgaire à' Acacia boule, soit
comme arbuste nain et considérée alors comme
plante fourragère et nommée pour cela Acacia
à faucher, provient, d'après Turpin, d'un
broussin qui se serait développé sur la tige
d'un Robinia pseudo- Acacia.
Ce fait qui, pour nous n'a rien de surpre-
nant, nous montre toute l'importance que, dans
certains cas, peuvent acquérir ces faits de végé-
tation si singuliers, et que, ce qu'à tort nous
considérons comme des accidents peut au con-
traire devenir la source de très-grandes ri-
chesses.
Rosa Eglanteria punlcea. — Ce
Rosier ne diffère du Rosier capucine ordinaire
à fleurs jaunes (Rosa Eglanteria), dont il est
un accîdp.nL que nar la couleur des fleurs,
Grav. 11. — Forme accidentelle du Robinia hispida; — a,
branche principale ;&, rameau hispide comme la branche a ;
0, rameau complètement glabre.
est le résultat d'un ac-
cident quiparaîts'être
montré pour la pre-
mière fois, à Thion-
ville, vers 1835. (Voir
page 36. Voir aussi
pour d'autres faits de
dimorphisme du gen-
re Rosier, page 34).
■
w
Saccbartim
officinal* u ni
violacenni (Voir
page 42).
Salix Raby-
lonica annula-
vis. — Cette variété,
si remarquable par
la forme de ses feuil-
les, est un accident du
Salix Rabylonica.
Nous l'avons remar-
qué, il y a bien long-
temps déjà se déve-
loppant chaque année
sur un vieux pied. Les
parties sur lesquelles elle se montrait, étaient,
en général, peu vigoureuses, elles produisaient
tout à coup des bourgeons qui, au lieu de
feuilles longuement linéaires, planes, étaient
un peu roulées sur les bords et contournées en
anneaux.
Le Salix Rabylonica annularis est très-cons-
nous n'avons pas d'exemple qu'il
revenu au type dont il est sorti. 11 est beaucoup
moins vigoureux que ce dernier.
tant,
soit
qui est d'un rouge orangé.
Sambiicns nigra variegala an-
rea et Sambiiciis nigra variegata
argent ea. — Ces deux variétés diffèrent du
type par les panachures de leurs feuilles qui
sont jaunes chez la première, blanches chez la
seconde. La dernière est aussi bien moins vi-
goureuse que le type.
Sambiicus ni&rra nionsfrosa.
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Revue Horticole
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DANS LES VÉGÉTAUX.
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Accident produit par le Sambucus nigra, ana-
Verjus « grain £ ovales fer av. 12)
lugue a i wvwmnms jupuniw fasciata qui est — Cette variété s'est développée acciden-
aussi un accident de l Evonymus Japonica. Ses | tellement , sur un sarment de Verjus qui
fleurs sont égale-
ment monstrueu-
C'est
ses, et, jusqu a
ce jour, les grai-
nes qu'il a pro-
duites ont tou-
jours été mau-
vaises.
Sol an u in
dulcamara
variegatum
iSolanum
tulierosum
variegatnm
— Cette variété,
très - remarqua-
ble par ses feuil-
les et ses tiges
panachées de
jaune, est un fait
de dichroïsme ;
elle provient
d'une Pomme de
terre qui, l'année
qui a précédé
celle où s'est
montré l'acci-
dent, ne présen-
tait aucune ano-
malie dans sa vé-
gétation,
un accident qui
s'est développé
spontanément.
Spirea Ul-
niaria va-
riegata.
Symphi-
tum offici-
nale varîe-
gatnm.
Symplio-
ricarpoi
vulgaris va-
riegata.
Tluijopsis
dolalirata
variegata,
— Cette variété,
dont les feuilles
sont panachées
de blanc, est re-
marquable par sa
vigueur et par sa
grande facilité à
former des têtes lorsqu'on la multiplie de bou-
tures.
1 Imi5$ campestris variegata,
argentea, aurea picta, etc. —
Les variétés à feuilles panachées, de l'Orme
commun, produites par accidents, sont nom-
breuses ; elles se distinguent par la couleur
et par la forme des panachures.
Grav. 12. — Verjus à grains ovales.— Forme accidentelle qui
s'est développée sur un sarment de Verjus ordinaire à grains
ronds .
Grav. 13.
Raisin verjus.
portait deux grap-
pes dont , l'une
dont on voit un
grapillon (grav.
13), était à grains
ronds.
(Voir ci-après
au mot Vigne.
Voir aussi Pré-
coce de Malin-
gre.)
Yîliuriiuin
Opulus sic-
rllls ou
Boule
de
neige — Cette
variété est le ré-
sultat d'un fait
de dimorphisme ;
c'est une forme
accidentelle du
Viburnum Opu~
lus.
Vlliurnuni
Opuluâ ste-
rills varie-
faillira.
Vlliurnuni
macroce-
pli aluni
C'est une forme
accidentelle, sté-
rile, du Vibur-
num Keteleêrii
tout à fait ana-
logue à celle qu'a
produite le F.
opulus.
Viburnum
llnus varle-
itum.
Viola Ro-
tlionia
&ls pallida.
■ — Cette variété,
dont les deux pé-
tales supérieurs
sont lilacés pâle
et mouchetés,
tandis que les
trois autres sont
blanc-jaunàtre lé-
gèrement striés,
est le résultat
d'un fait de di-
chroïsme lent (note 1) qui s'est produit au
Muséum '(note 45).
'Vlgamlia Caracassana varle-
Distincte par ses feuilles, et même
gâta. —
par ses branches panachées de blanc, cette va-
riété s'est développée accidentellement, en
1 862, sur une plante qui, mise en pleine terre
au commencement de cette même année, ne
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56
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
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i I
I
\
présentait alors d'autres caractères que ceux
que cette espèce présente à l'état normal.
Vigne. — Les faits, soit de dimorphisme,
soit de dichroïsme, que présentent les \ignes,
sont relativement nombreux. Ceci se comprend
d'autant mieux que la Vigne est un des plus
anciens végétaux, et aussi un de ceux qui ont
été le plus cultivés, et, d'autre part aussi,
comme on ne l'a jamais guère multipliée que
de bouture, et que c'est par millions que chaque
année on a fait de celles-ci, il a donc suffi que
quelques accidents se produisissent pour qu'en
peu de temps ils se répandissent dans beaucoup
de pays.
Il arrive encore assez fréquemment que, sur
un cep, certains sarments donnent des Raisins
soit de forme, soit de couleur différentes de
ceux que présentent les autres, sarments de ce
même cep (grav. 12-13); ajoutons que, presque
toujours aussi, ces Raisins offrent des qualités
qui leur sont propres. Voici quelques exemples
de ces accidents. %
Sur un pied de Raisin muscat a fruits noirs
nous avons, pendant plusieurs années, remarqué
que certains sarments produisaient des Raisins
muscats à fruits blancs.
Le Raisin Corinthe blanc, sans pépins, est
un fait de dimorphisme d'une variété de Vigne
dont les grains, beaucoup plus gros que ceux
du Corinthe, contiennent des pépins. C'est un
fait que nous avens constaté plusieurs fois sur
des grappes où quelques grains s'étaient dé-
veloppés outre mesure : ces grains renfermaient
des pépins. ^
Le Corinthe blanc est l'analogue du Chasse-
las de Demoiselles ; comme lui il est le résultat
de Vin fécondation des fleurs.
Un des grands propriétaires de Vignes du
midi de la France, feu Cazalis Allut, écrivait
il y a quelques années :
« Un cep de Ter et produit chez moi, depuis
plusieurs années, des Raisins noirs sur les
coursons de deux de ses bras, et des Raisins
gris sur les coursons des autres bras.
<r Un cep KEpiran gris, taillé en cordons, a
aujourd'hui environ 12 mètres de longueur. Les
six premiers mètres produisent constamment
des Raisin gris, et le reste du cep, jusqu'à son
extrémité, produit des Raisins blancs.
« Je possède dans un enclos un cep d Epiran
noir ayant plusieurs bras; les coursons de 1 un
d'eux donnent des Raisins dont les grains sont
presque du double de grosseur de ceux des
coursons des autres bras....»
Un autre propriétaire du Midi, M. Henri
Bouschet, de Montpellier, écrivait tout récem-
ment : « J'ai eu l'occasion, pendant plusieurs
années, de voir %ns ma collection du Lot-et-
Garonne, uu cep àh Prunella gris, qui tantôt
sur une tige, tantôt sur deux, portait des rai-
sins noirs tandis que tous les autres coursons
ne donnaient que des raisins gris.
« J'ai eu l'occasion, depuis deux ans, de re-
marquer dans ma collection de vignes, à la Cal-
meltc un fait des plus curieux, sur 3 greffes
d'une variété espagnole qui m'est venue de la
collection du Luxembourg ou elle porte le nom
Parrel del Reyno de Lorca et que j'ai reconnue
pour être notre Morastel noir, un des trois
ceps greffés a porté; à ma grande surprise, des
raisins noirs d'un e&té tout à fait semblables à
ceux de Morastel, et sur un courson opposé, et
toujours le même, des grappes blanches ayant
un aspect tout autre que celui qu'aurait pu pro-
duire un Morastel à grainsblancs, et un feuillage
de forme et de couleur très-différentes, qui m'a
paru identique avec celui de Yoyo de Rey de
Morada, dont les feuilles d'un vert jaune clair,
présentent des lobes très-peu marqués , et
arrondis, ainsi que des dents, tandis que la
feuille du Morastel est d'un vert foncé avec de
profondes divisions, des lobes aigus, et des.
dents bien détachées et terminées en pointe. »
Un passage que nous trouvons dans
le Parfait Vigneron (édition de 1811)
semble confirmer de tous points l'opi-
nion que nous émettons ici au sujet
des modifications qui s'accomplissent
dans les variétés de Vigne ; le voici :
« Les citoyens Vilmorin et Jumilhac ont
vu , le premier, un cep de Meunier porter,
sur des sarments particuliers, des feuilles
et des fruits du Maurillon précoce. Le
citoyen Jumilhac a vu de même le
Meunier devenir Maurillon. »
D'où il résulte que la variété de Vigne,
appelée Madeleine, Juillet, Maurillon
hâtif, etc., n'est qu'un accident de la
variété appelée Meunier, ce qui démon-
tre, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus,
que les variétés issues d'accidents peu-
vent présenter des qualités différentes
de celles qu'offrent les variétés dont
elles sortent.
Sur un p
développé
Pinot
il s'est
il 1863, au Muséum, un
sarment dont les feuilles sont bien pana-
chées ou largement rubanées de jaune ;
il produit du raisin à peu près semblable
à la variété dont il sort ; néanmoins il
paraît être beaucoup moins fertile.
En 1863, nous avons observé deux
autres faits très-remarquables sur la
vigne; l'un porte sur la variété Précoce
Maling
Verjus. Ces
des
phé
quences tout à fait con-
„„, , tandis que la Précoce Ma-
lingre a les grains longuement ovales, dis-
tants, et que le sarment qui s' est développé
accidentellement sur elle avait les grains
ronds, très-serrés, plus gros que ceux
du type, la variété dite Verjus, dont les
grains sont légèrement oblongs ou
presque ronds (grav. 13), nous a donné
sur un sarment des grappes dont les
grains étaient longuement ovales et atté-
nués auxdeux bouts (gravure 12.) De plus,
l'accident Verjus à grains longs nous a
'
II
' A
<?
m
Tl
DANS LES VÉGÉTAUX
57
présenté celte autre particularité, d'être
un peu plus tardif que le type sur lequel
il s'est développé.
Pour quelques autres accidents pro-
pres à la Vigne, Voir ci-dessus les mots
Chasselas gros Coulard. Ch. de Demoi-
selles, etc., etc.
Nous aurions pu de beaucoup aug-
menter cette énumération de faits de di~
morphisme ou d'accidents; nous ne
l'avons pas jugé nécessaire parce que,
indépendamment de ce que cela nous
aurait entraîné trop loin, l'intérêt réel
du sujet n'y eut rien gagné. Nous
avons donc cru devoir nous arrêter, et
mettre des bornes à ce qui, disons-le,
n'en a pas. Cependant, et malgré la lon-
gueur de cette énumération, il est en-
core certains faits qui, à cause de l'in-
térêt particulier qu'ils présentent, nous
paraissent dignes d'être cités; ils ont
rapport aux Jacinthes ; les voici :
La Jacinthe double bleue ou Globe
terrestre est un accident de la Jacinthe
Sultan Achmet
La
Jacinthe double blanche à cœur bleu ou
Sphœra Mundi est un accident de la
Jacinthe double blanche. — La Jacinthe
rouge simple, nommée Acteur, cultivée
pendant très-longtemps sans varier, a
produit par dimorphisme, à Hemstede,
près de Harlem, une variété ailleurs rou-
ges, doubles, imbriquées. — La Jacinthe
également
fleur
pendant très-long-
produit, d'un même
X 7 X
oignon, deux hampes dont 1
des fleurs de couleur lie de vin, tandis
que sur l'autre les fleurs étaient de cou-
leur rose carné tendre.
qu'ils
Ces
faits, quelque étranges
puissent paraître, n ont rien qui nous
étonne ; nous en connaissons d'analogues
chez d'autres plantes bulbeuses, notam-
ment chez les Tulipes, et tout particuliè-
rement chez les Iris Xyphium et /.
xyphioides (note 2).
Pour clore cette série d'accidents,
rappelons le fait de dimorphisme que
soit
Cytisus Adami. Quelle
l'origine
de celte plante, que ce
soit un hybride,, ainsi qu'on le croit gé-
néralement, ou que ce soit une forme
particulière, nous n'avons pas à nous
occuper ici ; ce qui nous importe,
de constater cette singulière
en
c'est
particularité qu'il présente, de déve-
loDDcr.très-frécmemm
dire normalement, des rameaux de
Cytisus Laburnum et aussi d'autres
appartenant au Cytisus purpureus.
Lorsqu'on greffe séparément ces
deux sortes de rameaux, ces espèces
restent invariables, quoique les greffons
aient été pris sur le
Adam
En terminant ce qui a rapport aux
faits de dimorphisme, faisons observer
que, en général du moins, ces faits ne
se montrent que sur des plantes dont
les caractères fondamentaux paraissent
avoir été plus ou moins ébranlés, par
conséquent sur celles qui,, soumises
depuis longtemps à la culture, ont été
modifiées dans leur tempérament, ou
bien qui ont subi l'influence d'autres
plantes analogues. D'où, comme consé-
quence, nous tirons cet aphorisme : la
STABILITÉ DES FORMES DANS UN GROUPE
QUELCONQUE DE VÉGÉTAUX EST, EN GÉNÉ-
RAL, EN RAISON INVERSE DU NOMBRE d'eS-
PÈCES QU'IL CONTIENT, AINSI QUE DE LEUR
DEGRÉ DE DOMESTICATION.
Faisons cette dernière observation
que, dans tous ces faits de dimorphisme,
il arrive fréquemment que les parties
qui en sont la conséquence ne diffèrent
pas seulement des plantes dont elles
sortent par leurs caractères physiques
ou externes, tels que la couleur, la
forme, les dimensions, etc., mais qu'elles
ont souvent un tempérament différent;
leurs fruits peuvent également présenter
des différences considérables dans leur
aspect, dans leur forme, dans leurs qua-
lités, dans leurs dimensions, dans leur
couleur, être hâtifs, tardifs, etc., etc.
Il en est de même des fleurs, et sous
ce rapport nous avons de nombreux
exemples de plantes à fleurs rouges qui
ont développé des rameaux portant des
fleurs blanches, et vice versa.
Ces faits, dans certains cas, peuvent
donc embarrasser les botanistes. En
effet, |
ignore
comment pouvoir assigner une
patrie à ces plantes si l'on
comment elles se sont produites? etcom-
ment aussi en faire le rapprochement et
supposer qu'elles sortent d'individus
de commun?
par
Ces faits produits, soit du dimor-
phisme, soit du dichreïsme, si remar-
quables et même si surprenants qu'ils
soient, doivent-ils étonner lorsqu'on ré-
fléchit qu'ils
ph
naturel qui détermine une transforma-
jh**
P
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f
I
58
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
tion organique lente, mais incessante !
Mais, d'une autre part, ne peut-il
pas se faire que cette modification se
passe sans secousse, sans que son effet
1)1 x
qae, comme par une sorte d'incubation,
elle modifie insensiblement l'organisa-
tion des individus jusqu'à produire, sous
presque
des indi-
vidus qui présentent des propriétés
autres que celles qu'ils présentaient na-
guère ? C'est ce que semblent dé
certains faits observés sur des
Vignes.
Ainsi nous connaissons des champs
exclusivement en Pinot noir,
dans lesquels, néanmoins, chaque année
on arrache un certain nombre de ceps
dont les Raisins sont gris. Comme
toujours , le fait est en rapport avec
les conditions dans lesquelles il se
passe ; il est donc
de sorte que,
dans des vignes voisines ,1c fait est plus
rare, et que même dans d'autres pla-
cées dans des conditions en apparence
identiques, on ne le remarque pas. Ce
phénomène, du reste, a son analogue, ou
plutôt son équivalent, dans celui que
présente le Rosier Capucin
d
ponœau
phisme,
Eglante
ment d
<)
)rmafion de Ylris
et dans celui du
spectabilis (note
viola Rothomagensis pallida page 55 et
note 45.
Toutes ces modifications sont la con-
séquence de ce grand principe en vertu
duquel tout se meut et se transforme
continuellement afin de s'harmoniser
ia
et de
de
C'est, en un mot, le résultat de l'extension
de la vie, ce qui n'a rien que de natu-
rel; et si nous regardons ces faits comme
des accidents, c'est que, oubliant notre
nature et intervertissant les rôles, nous
prenons nos décisions pour des règles
absolues, et qu'alors tout ce qui s'en
ord
par
de
Les différents faits que nous venons
nature
à modifier les idées si absolues que
beaucoup de naturalistes se sont faites
sur la constitution des êtres, et à élargir
les idées, en général si étroites, que
nous avons de la puissance du Créateur.
L'observation de ces faits pourrait peut-
être être d'un haut enseignement pour
Sci
naturelles, en leur faisant reconnaître que
d'une variété à une autre il n'y a qu'un
pas, de même que de ce qu'on nomme
espèce à une autre espèce la distance ne
peut être appréciée. Si l'on refléchit, en
effet, ainsi que nous l'avons démontré T
que sur un même arbre la nature fait
naître des rameaux velus et des rameaux
glabres, des fleurs rouges et des fleurs
blanches, des fleurs jaunes et des Heurs
rouges, des feuilles entières et des
feuilles très-profondément dentées, des
fruits noirs et des fruits blancs, à peau
lisse ou à peau velue, hâtifs ou tardifs
etc, etc; pourquoi ne pourrait-elle pas
aller plus loin, ou bien un peu différem-
ment et dans un autre sens, par exemple
faire une élamine, un pétale, un sépale,
etc., de pi
d'une au Ire
forme? Et
d'après ces caractères qu'on établit ce
qu'on nomme une espèce et même un
genre? N'oublions jamais que des unes
aux autres de ces choses il n'y a qu'un
très-petit pas ; et ce pas, qui donc serait
assez insensé ou plutôt assez téméraire
pour dire que la nature ne peut le faire ?
Soutenir celte idée, ce serait soutenir
que Celui qui a fait le tout ne peut faire
la partie....
Mais, d'autre part, comme, en défini-
tive, une modification externe n'est, ainsi
quenousnepourrionstrople répéter, que
la conséquence d'une modification in-
terne, ne peut-il pas se faire que cette mo-
dification soit assez profonde pour devenir
héréditaire et constituer, par sa descen-
dance, une variété permanente? Comme
d'une autre part encore , on sait
aussi que les variétés, suivant les lieux
ou les conditions particulières dans les-
quels elles sont placées, peuvent acqué-
rir des caractères solides, qui, avec le
temps, peuvent encore s'accroître, il en
résulte que ce qui d'abord n'était qu'ac-
cidentel, peut devenir permanent et
constituer ce que plus tard on considé-
On
connaît
quelques exemples très-remarquables;
mais parce qu'ils sont rares, en ont-ils
moins de valeur? Mais si ces faits nous
paraissent aussi rares, n'est-pas la faute
de notre imperfection, et est-il raisonna-
ble de mesurer la puissance du Créateur
à celle de nos moyens d'investigation?
Nous ne le pensons pas.
Aussi, comme conclusion sur le di-
7 i
"■"
'
DANS LES VÉGÉTAUX.
i
morphisme, nous disons : Si dans tous
ces faits on persiste à voir des accidents,
il faut donner à ce mot une autre signifî-
qu
Pi
prendr
3art à (
fi
considérons comme devant être éternel,
et non comme une chose calamiteuse,
ainsi que le mot semble l'indiquer. Ce
que nous disons se trouve du reste com-
plètement justifié par 1(
en effet l'examen de
pi
nous montre qu'ils sont pour nous un
bien
nouvelles jouissances
d'orner
physiques et morales. D
trouvons de nouveaux mo]
nos jardins ; dans les autres nous trou-
vons de nouveaux aliments; dans les
deux cas, ils varient nos jouissances; ce
qui, disons-le en passant, estpeut-être le
seul moyen d'augmenter ces jouissances,
puisqu'elles ne sont telles qu'à la condi-
tion de se nrésenter à nous sous des for-
diverses, de
de s'harmoni
modifier sans
à nos facultés si complexes, ainsi qu'à
nos goûts essentiellement mobiles.
Deux Bîîotls sur les accidents ait point de
vue de leur conservation
Les faits de dimorphisme, ouïes acci-
dents, qui se montrent sur certains vé-
gétaux, étant le résultat de caractères
exceptionnels produits sous l'empire de
circonstances particulières dont la cause
nous échappe, il est rare qu'ils se perpé-
tuent par graines ; il faut donc, pour les
conserver, avoir recours aux boutures
ou aux greffes. Mais alors il faut choisir
les parties les plus convenables eu égard
au but qu'on se propose d'atteindre, et
prendre celles qui présentent au plus
haut degré les caractères qu'on tient à
conserver, en observant, s'il s'agit de
panachures, que le meilleur moyen de
les maintenir est d'employer la greffe,
parce que, en général encore, les bou-
tures produisant des individus relative-
ment vigoureux, ces individus ont plus
de tendance à reprendre la couleur
verte, ou bien la forme normale si l'ac-
cident est une déviation de celle-ci.
Toutefois dans ce cas on doit
s'il
s'agit de panachure, prendre pour la
multiplication les parties sur lesquelles
ces panachures sont très-franches,
sans cependant prendre celles sur
lesquelles elles sont trop intenses,
alors les plantes qui en résulteraient
pourraient rester faibles et chétives; et,
d'une autre part aussi, lorsque sur le
même arbre il y aura des parties dont
les panachures circonscriront le limbe
des feuilles, on devra prendre de préfé-
rence les parties qui présentent ce ca-
ractère ; elles auront Ijeaucoup plus de
chances de se stabiliser. Si au lieu de
panachures il s'agissait de monstruosités,
on prendrait les boutures sur les parties
où elles sont le mieux prononcées.
Moyen dVbtenir des variétés par le
choix des parties employées pour la
multiplication*
Bien que ce procédé semble ne pré-
senter que peu d'intérêt, nous croyons
néanmoins devoir en dire* quelques
mots, parce que, d'une part, il peut pré-
senter certains avantages pratiques , de
l'autre, parce qu'il touche à certains faits
qui, tout en venant jeter quelqu
lu-
mière sur la physiologie végétale et en
confirmant certaines théories pratiques,
démontrent la justesse des prévisions
qu'avaient fait naître ces dernières.
Toutefois, pour les bien faire compren-
dre, nous devons entrer dans quelques
détails afin de faire ressortir certaines
particularités dont la connaissance est
sinon indispensable, du moins très-
utile ; car si, comme nous l'avons dit
précédemment, il est beaucoup de va-
riétés à la production desquelles nous
près
est
qui con-
la
pas de même de celles dont n(
parler. Au contraire, en ce
cerne celles-ci, nous avons
large part, ou plutôt tout nous revient,
pour ainsi dire, puisque le succès n'est
dû qu'au choix des parties dont on fait
usage pour opérer la multiplication.
Pour se rendre compte de la forma-
tion, nous dirions presque de la création
des variétés que comprend la nouvelle
série dont nous allons parler, il faut se
rappeler que chaque végétal est une
sorte de laboratoire vivant, qui, sous
l'influence de ce principe mystérieux
qu'on nomme force vitale, fabr que, on
peut le dire de toutes pièces ies sub-
stances les plus variées. En effet, si l'on
analyse une graine, par exemple, on con-
state que, en général, elle se compose
d'oxygène, d'hydrogène, de carbone, et
très-souvent aussi d'azote
■ .
■
i
&
W-Cv
^SS
60
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
•
L*
*
Néanmoins si on place cette graine j d'autant plus considérables que. sur
l'une d'elles, on prendra pour en opé-
rer la multiplication, des yeux placés
dans un sol dont on a enlevé tous les
principes organiques, et qu'on ne Far-
rose qu'avec de l'eau soigneusement
distillée, on pourra constater que, avec
des éléments si simples et si peu nom-
breux, cette graine n'en a pas moins
fabriqué des substances très-complexes,
renfermant des éléments que, primitive-
ment, elle ne contenait pas. Mais oulre
cela, comme effet physique dépendant
de causes organiques, on remarque, à
mesure qu'a lieu le développement des
plantes, et quelles que soient les condi-
tions dans lesquelles elles sont placées,
que, à partir de leur base, les modifica-
tions, qui deviennent de plus en plus
profondes, donnent aussi aux divers or-
ganes un aspect différent en rapport
avec la place qu'ils occupent. On remar-
que d'abord que toutes les parties pla-
cées à la base d'un végétal, toutes cir-
constances égales d'ailleurs, sont beau-
coup plus résistantes que les supérieures;
que celles-ci, de moins en moins solides,
sont même tout à fait herbacées à leur
sommet; on remarque de plus que toutes
les parties sont aussi d'autant plus diffé-
rentes d'aspect qu'on s'élève davantage,
et que, en ce qui concerne les organes
foliacés par exemple, on les voit se
modifier, diminuer de grandeur, chan-
ger de forme, de nature, ainsi que de
couleur pour arriver à constituer ces
parties si brillantes qu'on nomme fleurs.
Là ne s'arrête point encore la transfor-
mation, certaines parties des fleurs, par
suite de modifications analogues à celles
dont nous venons de parler, constituent,
au centre des fleurs, les organes sexuels;
puis, que deux parties très-importantes,
Y. ovaire et les ovules, suivant les cas,
prennent aussi les formes les plus va-
riées; ce sont ces dernières parties qui,
plus tard, reçoivent le nom de fruits.
Puis donc que ce sont les mêmes sucs
séveux qui, par suite de modifications
successives, forment les tiges, les bran-
ches, les fleurs, les feuilles, puis enfin
les fruits, ces derniers, de même que
les graines qu'ils renferment, ne sont
donc que de la sève très-élaborée; d'où
l'on peu!, comme conséquence, tirer
cette conclusion: que les sucs séveux,
dans une partie quelconque d'un végé-
tal, étant d'autant plus modifiés qu'on
s'éloigne davantage de leur point de
départ, les modifications seront aussi I
«
beaucoup
Gela est vrai, en gér
les végétaux, bien que
d'espèces les différence
appréciables; il en est au contraire d'au-
tres chez lesquels ces différences sont
assez sensibles; tels sont particulière-
ment les Rosiers, lorsqu'on les multi-
plie par la greffe en écusson. Ainsi, si
pour ceux-ci et pour exécuter cette
end
très-
long rameau, comme il s'en trouve pres-
que toujours, qui ne fleurisse point,
on en obtiendra des plantes peu flori-
bondes, qui, si elles appartiennent à
une sorte dite remontante, pourront
même ne plus remonter. Si, au contraire,
et, sur lamême plante, on prend les yeux
sur des rameaux courts qui ont fleuri,
on obtiendra en général des plantes plus
franches,
7
dont les rameaux s'allonge-
ront moins pour produire leurs fleurs.
On peut donc, en choisissant les ra-
meaux avec soin, constituer ou des in-
invidus très-floribonds, ou d'autres peu
floribonds; on pourrait même, en pous-
sant assez loin les choses, en obtenir
qui ne fleuriraient plus du tout, ou du
moins qui ne fleuriraient que excep-
tionnellement, et cela tout en prenant les
parties à multiplier sur lemême individu.
Par contre et par les mêmes raisons,
mais en agissant d'une
manière
con-
traire, on pourrait obtenir soit des va-
riétés à rameaux florifères très-courts,
soit des variétés chez lesquelles ces ra-
meaux seraient très-allongés.
En règle générale, lorsqu'il s'agit de
Rosiers à greffer en écusson, plus on
prend les \
près des
les bourgeons qui en résultent s'allon-
gent et plus au contraire ils fleurissent;
aussi les yeux qui sont placés dans le
voisinage des fleurs sont-ils ceux qu'on
préféi
des
plantes floribondes. Dans ce cas encore
on doit toujours, autant qu'on le peut,
prendre les écussons sur des rameaux
terminés par des fleurs, qui eux-mêmes
étaient poussés sur des rameaux qui
avaient fleuri. De
peut tirei
ce qui précède on
des Rosiers
vra
P
des ra-
qui présentent
JE
; f
■. :: -
■
■ •-.'.-;
' : • «
%
DANS LES VÉGÉTAUX.
61
Mais, d'une autre part, comme la
nature est simple, une peut-être dans sa choisir les boutures ou les greffons sur
â
mères comme porte-graine on devrait
d
et que si, au
dans ses effets, il s'ensuit que, ce que contraire, on voulait des sujets très-vi-
nous venons de dire des Rosiers, nous goureux, on devrait les prendre sur des
pouvons peut-être le dire de tous les | individus" qui présentent ces caractè-
res, etc., etc.
En culture on ne doit rien nédiçer.
de
donc
séquences avantageuses si on les appli-
lux arbres d'ornement, soit
quait
arbres
voit-on pas, en
effet, pour une même sorte, des indi-
vidus qui donnent, ceux-ci de plus
beaux, ceux-là de meilleurs fruits, les
uns hâtifs, les autres tardifs, les uns
sujets à telle maladie, tandis que cer-
tains autres n'en sont jamais ou n'en
sont que très-rarement atteints, les uns
fleurissant peu, les autres fleurissant
beaucoup ?
Ne remarque-t-on pas parfois aussi
des différences analogues sur les diverses
branches d'unmêmearbre, que certaines
de celles-ci se couvrent de fleurs, puis
d
peine
Ne voit-on pas aussi dans la Vigne
certains pieds dont les raisins coulent
presque toujours tandis que d'autres
ne coulent presque jamais ?
Nous pourrions, à l'appui de ce qui
précède, rappeler le fait des diverses
variétés de Cerisiers dont nous avons
déjà parlé, sur lesquels on trouve par-
fois, sur un même individu, des branches
qui donnent des fruits hâtifs et d'autres
quiendonnent de tardifs, les uns colorés,
les autres presque dépourvus de
couleur.
Citons comme exemple analogue à
celui qui précède le fait suivant. Deux
Negundo fraxinifolium issus du même
semis, placés près l'un de l'autre dans
des
conditions identiq
pi
néanmoins cette différence que l'un
produitp
de
1 ce n est que très-exceptionnellement
et encore
abondent
peu
personne qui n'en connaisse.
Tous ces faits démontrent l'impor-
tante nécessité qu'il y a à bien choisir
les parties lorsqu'il s'agit de multiplier
devra
à
en raison du but qu'on cherche
atteindre. Ainsi il est bien clair que, si
on voulait obtenir des plantes pour
parti de
observerbeaucoup
; car là, peut-être
petites
grands effets.
parfois produire de
sons
Résumant ce qui précède nous di-
is : Lorsnu'il s'agira d'arbres dits
d'ornement, on devra, pour les multi-
plier, choisir les rameaux sur les indi-
vidus les plus floribonds, dont les fleurs
plus parfaites, ou plus grandes, s'épa-
nouissent le mieux, etc., etc. ; si, au con-
traire, il s'agit d'arbres fruitiers, il faut
prendre les greffons sur les branches qui
sont les plus hâtives, les plus tardives,
les plus ou les moins vigoureuses, dont
lesfruits sontles plus beaux, les plus gros,
ou enfin les meilleurs, etc., etc., suivant
le but qu'on veut atteindre. Mais on ne
devra jamais, à moins d'y être absolu-
ment forcé, prendre pour greffons ces
gros rameaux qu'on nomme gourmands,
dont les yeux sont mal constitués, et qui,
"forgés de sucs séveux peu élaborés, ont
grande tendance à pousser beaucoup
une
pour cette raison a ne pro-
duire que peu de fleurs. Les rameaux
très-faibles pouvant avoir l'inconvénient
contraire doivent également être rejetés;
le mieux est donc de choisir, parmi les
rameaux de moyenne vigueur, ceux qui
ont les yeux assez rapprochés, dont le
bois, sans être très-gros, est, comme on
dit dans la pratique, bien nourri; en
outre, et autant que possible encore, il
faut les prendre sur des individus sains.
(qui produisent beaucoup), et
fi
exempts de certains caractères
n'aurait pas
qu
Observations et Particularités.
pro
posons d'appeler l'attention sur certains
faits qui, bien que pouvantpeut-être pa-
raître un peu en dehors de notre sujet,
s'y rattachent néanmoins assez étroite-
ment, et qui l'éclairent même sur plu-
sieurs points.
ce
*
de ces faits se rapporte
dit précédemment, q
C
■
'• - *
." - - ■' .
:v
f
*mm$à
^ s
x
§s
f "'
T
62
PRODUCTION ET FIXATION DES VARIÉTÉS
confirme même, savoir : que toutes les
propriétés que possède une plante ten-
dent à se reproduire et même à s'aug-
menter dans une certaine mesure, en un
mot, que, de même que tous les autres
êtres, les plantes semblent pouvoir con-
tracter certaines habitudes, acquérir des
propriétés particulières qu'elles peuvent
transmettre, mais quelles peuvent éga-
lement perdre si on ne les cultive pas.
Ainsi, par exempl
pi
tipl
constamment par tout nuire
moyen que par graines, auxquelles
même on n'en laisse jamais produire,
peuvent, avec le temps, devenir stériles.
Mais, par contre, on remarque que celles
qui sont constamment multipliées par
graines tendent au contraire à devenir
de plus en plus fécondes.
A l'appui de ceci, nous pouvons citer
le Penistemon g enlianoides , les Verbena
pulchella
et decussata, le Gaura Lindhemcri, et
même le Pétunia ph&nicea, etc., qui,
lors de leur introduction dans nos cul-
tures, et même quelques années encore
après cette introduction, ne donnaient,
certaines d'en treelles, surtout, que rare-
ment et encore peu de graines, tandis
qu'aujourd'hui ces plantes en produi-
sent en grande quantité.
Que conclure de ces faits? Ceci : que
lorsqu'une plante ne donne point de
graines (mais que, bien entendu, les
organes sexuels des fleurs sont bien
conformés), on doit faire tous ses efforts
pour lui en faire produire, ne serait-ce
que quelques-unes, dût-on même, pour
)arvenir, faire intervenir la féconda-
__n artificielle. Une fois qu'on a obtenu
des graines, on remarque, si on les
sème, que les plantes qui résultent de
ce semis sont déjà plus fécondes que
celles dont elles proviennent; de
que, si l'on suit cette marche pendant
y
sorte
pi
générations, on peut arriver
à avoir des plantes qui donnent beau
coup de graines, bien qu'elles provien-
d
peu
Nous pourr
qui n en donnaient que
a même rarement,
ons, à l'appui de ce que
nous venons d'avancer, citer un fait qui
le confirme de tous points; nous le
pouvons d'autant mieux que ce f; "
particulier : il a rappor
alif
Ligus
Tous les horticulteurs savent qu
cette espèce, qu'on multiplie toujours
par bouture, qui fleurit considérable-
ment et dont les fleurs, au point de vue
de la génération, sont bien conformées,
ne produit cependant que peu et même
rarement de graines; pourtant, au Mu-
séum, cette plante est devenue très-fé-
conde, aussi féconde même que l'est
l'espèce commune, le L. vulgare. Voici
comment lui est venue sa fécondité.
Ayant récolté quelques graines de
cette espèce vers 4854 et les ayant se-
mées, nous avons obtenu, parmi un cer-
tain nombre depieds,une quinzaine, qui,
chaque année, se couvrent plus ou moins
de graines. Nous disons plus ou moins,
parce qu'en effet toutes n'en produisent
pas également; il en est qui en donnent
en très-grande quantité, tandis que d'au-
tres en donnent beaucoup moins. De
plus, les unes sont hâtives, les autres
relativement très-tardives. Dans celte
circonstance, il faut donc choisir comme
mères les plantes les plus productives, et
comme d'une autre part la maturité des
graines a lieu assez tardivement, il fau-
drait aussi donner la préférence aux
pieds les plus hâtifs.
Le deuxième fait sur lequel nous
voulons appeler l'attention est relatif à
la conservation des types. À ce sujet
nous ferons d'abord remarquer qu'il est
une chose très-importante que cepen-
dant on pratique peu, presque pas
même, en horticulture proprement dite,
bien qu'on l'observe très-fréquemment
dans la culture maraîchère ainsi qu'en
: c'est de changer de temps
à autre ses graines, c'est-à-dire de les
agriculture
renouveler
en
les faisant venir de lo-
calités différant par le sol et par le
climat, des conditions dans lesquelles
on se trouve placé, dans lesquelles par
conséquent les
végétaux
acquièrent
ou du moins conservent des propriétés
particulières tandis qu'ils les perdent
langage
dans d'autres (note 44).
C'est ce fait que, dans le
vulgaire, on rend pas cette expression
impropre peut-être quoique bien signi-
ficative : « que les plantes se retrem-
pent », ou, comme on le dit encore :
« qu'elles font un nouvau sang . »
Mais s'il en est ainsi des graines
des plantes, il pourait bien en être de
même des parties de celles-ci; par
conséquent, on devrait de temps à
autre, lorsque le besoin s'en fait sentir,,
•
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DANS LES VÉGÉTAUX.
63-
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tirer soit les greffons, soit les boutures,
des localités où les végétaux que Ton
eut multiplier, semblent acquérir la
ll -~ : *- J ~ J ~- propriétés que Ton re-
ferons encore observer que
cherche.
Nous
On
plus grand
g
lesquels il se fait sentir sont cultivés
depuis plus longtemps, ou bien qu'ils
ont été multipliés en plus grande quan-
tité, ou bien encore qu'il appartiennent
à une espèce plus améliorée, nous di-
rions même plus domestiqué. Par con-
séquent il est bon, ainsi qu'on le dit
avec raison, de
autre les type
rajeunir de temps à
dont l'affaiblisement
s'annonce par une végétation plus faible
des individus ainsi que par une tendance
à être attaqués par des maladies particu-
lières contre lesquelles il est souvent im-
possible de lutter, sinon avec désavan-
i balancer, il n'y a
de recourir aux
tage.
pas
Il n'y
qu'un moyen
semis, parce q
vidus qui naissent de ces semis paraî-
pi
semblables à ceux
dont ils proviennent, ils n'en constitue-
pas
qu
pro
spéciales. (Note 33).
Toutefois, on remarque dans cette
sorte de dégénérescence ou d'affaiblis-
sement organique des différences très-
grandes dans les résultats ; par exem-
puisqu'il est dans l'ordre général que
toute chose, lorsqu'elle a acquis son
apogée de développement, aille cons-
tamment en s'affaiblissant, plus ou
moins vite suivant sa nature, il en ré-
sulte ce fait que, quoiqu'on fasse, un
type ou une variété quelconque perd peu
à peu les propriétés qui primitivement
les faisaient rechercher; en d'autres ter-
pie, que certaines variétés durent très-
longtemps tandis que d'autres passent
très-vite. On constate de plus qu'il
n'y a pas de marche régulière, par
exemple que telle variété s'use plus
vite que telle autre ; de plus encore que,
lorsqu'elle ne vient plus dans un endroit,
elle vient encore très-bien dans un autre.
Pourtant ce ne sont là que des inci-
dents, pourrait-on dire : le cercle du
mal va toujours en s'agrandissant, et,
conformément à cette grande et univer-
selle loi qui veut que tout ce qui a
commencé finisse, les espèces, de même
que les variétés qui en sortent, doivent
disparaître! C'est une question de
temps.
Le besoin d'éclairer les diverses ques-
tions que nous avons successivement
traitées nous a fait entrer dans des dé-
tails plus étendus peut-être que ceux
dans lesquels, d'après le programme,
nous eussions dû nous renfermer ; mais
cet écart, dans cette circonstance, était
peut-être inévitable, car tout sujet com-
plexe ne peut être traité simplement, et
celui qui nous occupe l'est au plus haut
degré. En effet, ses conséquences sont
infinies, et le champ dans lequel elles
s'accomplissent est tellement vaste, les
parties qu'il comprend sont tellement
enlacées qu'il n'était guère possible de
toucher aux unes sans remuer quelque
peu les autres. D'une autre part il est
certainesquestionsquenous devions trai-
ter, qui, bien que très-importantes, ne
sont que la conséquence d'autres, et
qui par cette raison ne pouvaient être
abordées qu'après que celles-ci avaient
été expliquées. Nous avons pensé du
reste que, dans une question de la nature
de celle dont nous nous occupons, il va-
lait mieux augmenter que restreindre
les faits, et pécher plutôt par l'abon-
dance que par l'insuffisance des détails.
Avons-nous eu tort?
RÉSUMÉ.
Les conclusions, que l'on peut tirer de notre Mémoire intitulé Production étf fixation
des variétés dans les végétaux, sont de deux sortes; les unes se rapportent à la science, les
autres, tout en s'appuyant sur celle-ci, sont plus particulières à la pratique, à laquelle elles
peuvent servir de guide.
Au point de vue scientifique, les faits que nous avons rapportés démontrent que les phé-
nomènes vitaux se développent d'une part en raison des milieux dans lesquels ilss'exer-
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64
:
RÉSUMÉ.
cent et, de l'autre, qu'étant en rapport avec les traitements auxquels on soumet les végé-
taux, il peut, sous cette double influence, se manifester des phénomènes très-divers, de sorte
que lesindividus qui y sont soumis peuvent parfois présenter les caractères les plus étranges
si on les compareà ceux que présentent ceux dont ils proviennent. Non-seulement leur faciès
peut être différent, mais leur organisation même peut être sensiblement modifiée. On a pu
voir, aussi que tous les végétaux sont plus ou moins plastiques, que les formes, la plupart,
transitoires et locales, ne sont que des modes, que prennent les individualités végétales,
pour se mettre en harmonie avec les conditions dans lesquelles elles croissent.
nière absolue ce qu'on nomme ESPÈCE.
fait
On savait déjà qu'une plante quelconque étant donnée, on pouvait, à l'aide de ses graines
et sans • qu'il y ait eu d'autre fécondation que celle qui s'est faite entre ses fleurs, obtenir
des variétés, mais on croyait que les limites des variations étaient très-bornées, ce qui n'est
pas, tant s'en faut. Mais ce qu'on ne savait peut-être pas assez, c'est qu'un végétal peut,
sur ses diverses parties, émettre des productions très-différentes de celles qu'il présente
normalement, et, comme d'une autre part, ces productions peuvent se multiplier et conser-
ver les caractères exceptionnels qui se sont montrés, on peut, par le seul fait du sectionne-
ment, obtenir des individus qui présentent des particularités parfois très-différentes de
celles qu'offrent les individus dont ils proviennent. Ces faits, nombreux, sont aujourd'hui
hors de doute.
Quant aux conséquences que la pratique horticole peut tirer des faits que nous avons
rapportés, elles sont très-importantes. En suivant la marche que nous avons indiquée pour
les différentes opérations, si l'horticulteur ne peut, à sa volonté, faire naître les variétés,
il peut du moins en provoquer l'apparition, et conserver ces variétés lorsqu'elles se sont
produites. Mais une fois qu'un ébranlement spécifique a eu lieu, qu'un affolement s'est
produit, l'horticulteur pourra, en s' emparant de ce mouvement, le diriger dans le sens le
plus propre ci satisfaire ses vues, et obtenir, pour ainsi dire à sa volonté, telle ou telle
forme qu'il désire.
A l'aide des données que nous avons indiquées, l'horticulteur pourra aussi, dans cer-
tains cas, distinguer les variétés dont, très probablement, il n'a plus rien à attendre et en
même temps apprécier celles sur lesquelles il doit tout particulièrement porter son atten-
tion. D'une autre part encore, en se basant sur les principes que nous avons indiqués, il
pourra, à l'aide de la fécondation artificielle, modifier les individus, extérieurement et in-
térieurement, de manière à les approprier à ses besoins.
Nous osons donc croire que notre opuscule sera doublement utile, d'abord à cause des
faits qu'il renferme, ensuite et surtout, à cause de la nouvelle voie qu'il ouvre aux inves-
tigations, et des recherches qu'il provoque.
Le champ est vaste, nous avons essayé de le déblayer et d'y planter quelques jalons, es-
pérant que de hardis explorateurs ne craindront pas de s'y aventurer. Les fruits qu'ils en
retireront pourront avoir l'écorce dure et amère, mais les sucs que contiendront ces
fruits, succulents et doux, procureront la force et la santé au corps, le calme et la jouis-
sance à l'âme! but que doit avoir tout travail humain, conformément à cette belle parole
du Christ : « L'homme ne vit pas* seulement de pain... »
NOTES.
Note 1. — Nous nommons dimorphisme : 1° le
phénomène qui fait que, sans cause connue, il se
développe sur l'une ou sur l'autre partie d'un végétal
un bourgeon dont la forme et l'aspect diffèrent de
ceux que porte ce végétal. Ainsi le Hêtre commun
produisant un rameau à feuilles laciniées, le Podo-
carpus Koraiana produisant une branche dont les
ramifications sont verticillées et étalées, au lieu
d'être éparses, et dont les feuilles sont distiques au
lifcu d'être disposées alternativement autour des bran-
ches, ainsi qu'elles le sont normalement, sont des
faits de dimorphisme. 2 u Nous nommons également
dimorphisme tout changement qui se produit sur un
végétal, quel que soit le temps qu'il mette à s'accom-
plir. Ainsi des Pommes de terre longues, produisent
des pommes de terre ronde ou bien des longues
en produisant des rondes, et vice versa; des Haricots
longs, cylindriques, produisant soit des Haricots plats,
soit des Haricots subsphériques et vice versa; des
Haricots nains produisant des Haricots volubiles, sont
des faits de dimorphisme. D'une manière générale,
dimorphisme signifie forme différente sur un même
individu, que le changement de forme soit complet
ou partiel.
Pris dans son sens le plus absolu et considéré dans
l'ensemble de tous ses caractères, le dimorphisme
peut, d'après les particularités qu'il présente, être
partagé en deux sections, l'une qui comprend tous
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NOTES.
65
les faits qui se manifestent brusquement : c'est le
cas du Hêtre à feuilles de Fougère, du Rosier à
feuilles de Chanvre, du Cerisier anglais à feuilles
de Saule, du Verjus à grains longs, etc., etc.; l'autre
qui comprend toutes les transformations lentes : c'est
le fait du Rosa eglanteria, des Tulipes, des Iris
Xiphium (Note 2), du Viola hothomâgemis
palhda (note 45). etc. A la rigueur on pourrait
établir une troisième section qui comprendrait toutes
les transformations dues à l'âge des individus, qui
sont les conséquences de leur adultilité. Toutefois,
cette dernière série de phénomènes ne se montre
que chez les espèces polymorphes, qui changent
d'aspect, de forme et de nature lorsquelles vieillissent,
et surtout lorsqu'elles fructifient ; telles sont les Lierres,
le Ficus stipulais ou scandens, les Eucalyptus, etc.
etc. L'horticulture profite souvent de cette propriété
propre aux végétaux, et, multipliant à parties par-
ties qui présentent ces caractères exceptionnels,
elle obtient alors des individus qui présentent un
aspect tout autre que celui des individus dont ils
proviennent.
Les végétaux ne sont pas les seuls qui nous four-
nissent des faits de dichroïsme ; ils abondent chez
les animaux. Mais ici ce sont, dit-on, des faits dûs
à l'âge. Nous l'admettons pour beaucoup de cas,
mais il n'y en a-t-il pas aussi qui sont le résultat
d'une modification organique, l'analogue de ce que
nous nommons accident ? L'exemple suivant semble
le démontrer. Voici : Un jeune Bouvreuil pris
au trébnchet, lut mis en cage; il resta deux ans
rouge comme le sont les Bouvreuils. La troisième
année, il devint noir, et aujourd'hui il est d'un
noir très-foncé partout. C'est un mâle; il chante.
Supposons, ce qui est très-possible, que le fait
se soit passé à l'état libre, ne pourrait-Il pas arriver
que, en raison de cette grande loi, qui fait que
tout tend à se reproduire, qu'il se forme une race
noire. Le cas étant, supposons qu'un natura-
liste découvre cette race, il est très-probable qu'il
n'hésiterait pas à en faire une espèce. Aurait-il
tort! Nous n'oserions le dire.
Nous nommons dichroïsme un phénomène exacte-
ment analogue au précédent par le fond, mais qui ,
au lieu de porter sur la forme des objets, porte sur
leur couleur. Ainsi l'Œillet Flon, qui est à fleurs rou-
ges, développant un rameau d'aspect et de forme
semblables, mais donnant des fleurs blanches, le
Troëneà feuilles ovales, le Fusain du Japon produisant
des bourgeons portant des feuilles panachées, au lieu
de feuilles vertes ; des Haricots blancs en produisant
des noirs, et vice versa, sont des faits de dichroisme.
En horticulture les divers phénomènes, soit de
dimorphisme, soit de dichroïsme, sont désignés par
le nom général d'accidents.
Note 2. — Le fait de modifications permanentes
des Tulipes, qui n'est guère connu que des véritables
amateurs de ces plantes, ou bien de ceux qui en ont
fait une étude spéciale, est des plus curieux. En
effet, toutes ces nuances si délicates, toutes ces cou-
leurs si brillantes qu'on remarque dans la plupart
des fleurs de Tulipes, ne* sont que passagères; ces
plantes sont constamment en voie de changement.
De sorte que les fleurs qui sortent d'un oignon quel-
conque de Tulipes diffèrent presque toujours, plus ou
moins, de celles qui en sont sorties les années précé-
dentes ou qui en sortiront les années suivantes.
Ce phénomène, dans beaucoup de cas, se continue
jusqu'à ce que les fleurs soient revenues kl'unicolo-
rite, ou du moins jusqu'à ce qu'elles ne présentent
plus que des couleurs plus sombres ou moins com-
plexes. Toutefois l'on constate que la constance ou
la ténacité des couleurs est très-différente suivant les
variétés qu'on observe; que, fugace, pour ainsi dire, .
chez certaines, elle est relativement fixe chez d'au-
tres.
Les Iris Xiphium et xyphioïdes nous offrent des
phénomènes absolument semblables à ceux que pré-
sentent les Tulipes; toutes ces couleurs si délicates
que Ton remarque chez certaines variétés ne sont
que passagères; elles se modifient continuellement,
de sorte que, en plantant les caïeux de telle ou telle
)
variété, on n'est pas sûr d'obtenir la même variété,
souvent même on obtient des plantes à fleurs com-
plètement différentes. Un exemple très-remar-
quable nous est fourni par 17m spectabilis, Spach.
Cette plante, très-ornementale, dont les fleurs sont
d'un violet bronzé, est un accident de 17m Xiphium
à fleurs bleues, à laquelle elle revient très-vite,
fait des plus faciles à vérifier en plantant séparément
les caïeux qui en sortent et en en surveillant avec
soin le développement, afin qu'il n'y ait pas de mé-
îi a -^ ge ' Cette P rétendue espèce n'est 'pas seulement
différente de 17ra Xiphium par la couleur de ses
fleurs, celles-ci sont beaucoup plus grandes, la forme
en est légèrement différente, et la plante, plus forte
dans toutes ses parties, devient aussi beaucoup plus
grande. On constate des faits analogues dans les Iris
xyphioïdes, et on remarque aussi'que les modifica-
tions sont d'autant plus rapides que les fleurs pré-
sentent des couleurs plus variées et plus tendres, ou-
comme on dit, plus fondues.
Toutefois, il n'y a rien de fixe; comme chez les
Tulipes, on remarque chez les Iris Xiphium et xi-
phioides des variétés plus constantes les unes que
autres, et que les changements, qui n'ont non plus
rien de fixe, montrent les plus grandes dissemblan-
ces dans leur apparition.
m Toutes ces modifications, loin d'être des anoma-
lies, sont conformes à celles qui se passent chez
beaucoup d'autres plantes. Pour le comprendre il
suffit de se rappeler que la multiplication des Tuli-
pes, de même que celle des Iris Xiphium et xyphioi-
des, est une sorte de bouturage ; car un caïeu n'est
autre qu'un bourgeon caduc qui se détache d'une
plante mère, et qui, par conséquent, peut différer de
celle-ci, de même que cela arrive fréquemment sur les
bourgeons de certaines plantes, soit ligneuses, soit
herbacées, tels que Chrysanthèmes, Rosiers, Œillets,
etc., Ces faits qui n'ont rien de forcé, expliquent
comment des Jacinthes à fleurs blanches, ont pu donner
des fleurs bleues, et vice versa, et comment aussi
un même bnlbe a pu produire à la fois deux hampes
dont les fleurs, sur chacune, étaient de couleur
différente.
b Note 3. — Un exemple de hâtiveté est l'appa-
rition spontanée des Chrysanthèmes de Chine pré-
coces. Aussi , relativement à ces dernières, qui
forment une race particulière , on pourrait même
presque dire une espèce tout à fait distincte,
croyons-nous devoir entrer dans quelques détails
sur leur origine.
La première cause d'apparition de cette race est
et sera toujours inconnue. Pourquoi est-elle venue?
Nous n'en savons et n'en saurons jamais rien. Ce
que nous pouvons, c'est constater son apparition,
prendre la plante là ou elle s'est montrée, puis la
suivre dans sa marche.
Voici comment les faits se sont passés. Vers
1844, époque où l'on ne possédait encore, en fait
de Chrysanthèmes de Chine, que des plantes à flo-
raison tardive (qui fleurissaient en novembre), un
horticulteur, qui alors s'occupait tout particulière-
ment de ces plantes, remarqua, dans un semis qu'il
avait fait, un pied qui fleurit dès le commencement
d'aout ; Les graines que donna cette plante, qui
était si précoce et presque naine, récoltées et semées
avec soin, produisirent, entre autres, un individu
dont la floraison fut encore plus hâtive que la
variété dont il sortait. L'ébranlement était donc
produit; aussi, à partir de cette époque, en récol-
tant constamment des graines sur ces individus à
floraison hâtive, est-on parvenu à avoir une race de
plantes tellement précoces que certaines variétés
qu'elle comprend fleurissent en juillet; on pourrait
même, en les soumettant à une culture particulière
et raisonnée, avoir des plantes en fleurs presque
toute l'année. Elles sont remontantes.
De même que chez le type, on trouve dans cette
race des plantes à fleurs blanches, jaunes, roses,
lilas, etc., toutes de grandeur moyenne, c'est-à-dire
intermédiaires entre celles qu'on nomme pompons
et les anciennes, qu'on dit h grandes fleurs. Notons
que cette précocité semble acquise aux dépens de
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NOTES.
la rusticité ; que toutes ces plantes précoces sont plus
délicates et surtout plus sensibles au froid que ne
sont les anciennes, ce qui, du reste, s'explique faci-
lement par cette raison qu'elles sont presque tou-
jours en végétation. Ajoutons que cette race se re-
produit de graines:
Note 4. — Le fait assez singulier qui se montre
chez certaines variétés de Giroflées Quarantaines, re-
lativement à la couleur de leurs fleurs, semble dé-
montrer que, dans quelques cas du moins, du
jaune au blanc il n'y a qu'un pas. En effet on
possède aujourd'hui diverses variétés de Quaran-
taines à fleurs jaunes doubles, et jusqu'à présent
on n'a pas encore eu de Quarantaines à fleurs jaunes
simples. Toutes ces variétés à fleurs jaunes, doubles,
sont produites par des Quarantaines à fleurs simples,
à peu près complètement blanches , si ce n'est
l'onglet des pétales, qui est d'un blanc verdâtre
ou très-légèrement jaunâtre.
Note 5. — La couleur blanche semble être le
dernier degré d'atténuation; c'est une sorte d'albi-
nisme, un affaiblissement organique. On part, en
effet, de toutes les autres couleurs pour arriver à
celle-là; mais, lorsqu'on y est arrivé, on n'en sort
en général que difficilement, ce qui, pourtant, ne
veut pas dire qu'on ne peut y parvenir, mais seu-
lement que la chose est relativement rare.
L'observation pratique, en établissant ce fait,
semblerait démontrer que la plupart des plantes à
fleurs blanches sont des provenances de types ana-
logues à fleurs colorées. Il est, en effet, "bien peu
de types qui n'aient pas fourni quelques variétés à
fleurs blanches.
"Voici, en général, comment s'effectue la marche
dans l'atténuation des couleurs. Sur une plante à
fleurs unicolores rouges, roses, lilas, etc., on voit
parfois apparaître, dans ces fleurs, de petites stries
ou lisérés blancs. Lorsque ce fait se présente, c'est
un signe à peu près certain que,
donnaient des graines et qu'on les
obtiendrait des plantes à fleurs
blanches, et que, d'autre part encore, lorsque ce
fait se montre sur des plantes très-améliorées par
la culture (très-domestiquées), on peut également
être assuré que non-seulement on obtiendra bientôt
du blanc, mais encore que la race qui l'a produit
tend à disparaître. C'est ce que nous démontrent
particulièrement les Reines-Marguerites. Dans ces
dernières la marche d'atténuation chromatique ,
pour arriver au blanc, s'effectue ainsi : partant des
fleurs violet foncé par exemple (ce qui est le cas
le plus fréquent), on remarque que les graines qui
en proviennent donnent principalement des plantes
à fleurs rouges, que celles-ci en donnent soit à
fleurs roses, soit à fleurs lilas ou gris de lin, qui,
très-souvent, se reproduisent à peu près identique-
ment pendant plusieurs années. Puis on voit les
fleurs se strier ou se lisôrer de blanc, puis la cou-
leur carnée, très-souvent même la blanche, appa-
raît. Quelquefois cependant on passe brusquement
soit de la couleur violette, soit de la couleur rouge
plus ou moins foncé, à la couleur blanche.
Lorsque des stries blanches se montrent sur des
fleurs de végétaux ligneux, il arrive souvent qu'elles
se fixent et donnent lieu à un fait dedichroïsme qui,
stabilisé par la multiplication, constitue une va-
riété particulière. Le plus grand nombre des Azalées
à fleurs panachées qu'on cultive aujourd'hui, n'a
pas d'autre origine. (Voir à rénumération des faits de
dimorphisme, page 43.)
i
Note 6. — Plusieurs fois nous avons fait l'ex-
périence, nous avons transformé à peu près com-
plètement la Pensée des champs {Viola arvensis);
nous en avons, par le seul fait de la culture, telle-
ment modifié les feuilles, les fleurs, en un mot l'as-
pect général, qu'elle ne différait pour ainsi dire
plus des Pensées cultivées pour l'ornement des jar-
dins. Trois , parfois quatre générations ont suffi
pour obtenir ce résultat, en opérant ainsi que nous
l'avons dit précédemment, c'est-à-dire en choisis-
si ces fleurs
semât, on en
complètement
sant avec soin nos porte-graines, en prenant
tels, à chaque génération, les individus les
modifiés.
pour
plus
Note 7. — Les plantes panachées provenant de
graines sont relativement très-rares; en général
aussi elles sont délicates et poussent peu. Lorsque
les panachures sont très-prononcées, il arrive même
fréquemment qu'elles ne peuvent vivre. Il y a pour-
tant à cela quelques exceptions; elles sont fournies
par certains Bégonia, par YAucuba Japonica, par
le Farfugium grande, par le Chardon-Marie, etc.
Ce dernier, si élégamment et si régulièrement mar-
qué de taches blanches, est d'une très-grande vi-
gueur, en même temps qu'il est très-constant dans
sa panachure. On ne connaît même pas de type à
feuilles vertes.
Note 8. — Un fait digne de remarque relative-
ment aux panachures , c'est que, lorsqu'elles se
montrent sur l'écorce, elles portent également sur
les fruits, et dans ce cas il est rare que les feuilles
soient panachées. Nous en avons des exemples dans
les arbres fruitiers à fruits panachés, tels que Y A"
mardis panaché, la Duchesse d'Angoulême panachée;
le Saint-Germain panaché, la Culotte de Suisse, la
Bergamotte d'automne, la Madeleine ou Guenette pa-
nachées, etc., en fournissent d'autres exemples. Nous
connaissons même une variété A'Amanlis dont l'é-
corce est entièrement jaune, légèrement strié, et dont
les feuilles sont complètement vertes; elle provient
d'un accident.
Note 9. — Les fleurs complètement doubles,
c'est-à-dire pleines, sont rares; on en voit, en effet,
bien peu qui n'aient pas conservé quelques éta-
mines, ou bien un pistil, ou, tout au moins, des
rudiments de ces organes; et dans ce cas, bien
qu'incomplets ou plus ou moins modifiés, ces or-
ganes ne sont souvent pas tellement transformés
qu'ils ne puissent encore concourir à la féconda-
tion. Mais, lors même que les fleurs sont complète-
ment pleines, il ne faut pas désespérer d'avoir des
graines; car il arrive parfois que certains individus,
vers la fin de la saison florale, et lorsqu'ils sont
affaiblis par la végétation, produisent des fleurs
semi-pleines qui alors donnent des graines. C'est
pour ces raisons et de cette manière que les Camel-
lia albaplena, incarnata, etc., ont produit des grai-
nes avec lesquelles on a obtenu de très-belles va-
riétés.
Des effets particuliers de végétation dus à des
circonstances soit locales , soit atmosphériques ,
pouvant .aussi déterminer de notables différences
ùans la duplicature des fleurs. G'est ainsi que dans
certaines années, nous avons vu le Prunus spinosa
flore pleno, dont les fleurs sont ordinairement très-
pleines, se couvrir de fruits qui atteignent toute
leur grosseur.
Note 10. — La duplicature des Soucis, de même
que celle de toutes les plantes du groupe des Com-
posées, telles que Dahlia, Zinnia, Helianthus, Ta-
getès, Matricaria, Séneçon, Ilelichrysum, Soleil,
Reines-Marguerites, Chrysanthèmes, etc., etc., n'est
pas due à la transformation des organes sexuels,
mais simplement à la métamorphose des fleurs cen-
trales tubulées en fleurs ligulées pétaloïdes. Aussi
ces fleurs, quoique souvent très-grosses (très-dou-
bles), sont-elles toujours plus ou moins fertiles.
Note 11. — Le Dianthus Sinemis nous fournit
encore un exemple de ce que nous avons déjà rap-
porté, que, lorsque dans certaines espèces de plantes
il se montre un individu à fleurs semi-doubles ou
presque complètement doubles, il ne tarde pas à
exercer son influence et à déterminer des duplica-
tures plus ou moins nombreuses pour le peu qu'on
laisse cet individu fleurir près d'autres de la même
espèce, dont les fleurs sont simples. En effet, par-
tout aujourd'hui où l'on cultive l'Œillet de Chine à
fleurs doubles, il est assez rare qu'on trouve le type
à fleurs simples.
L'Œillet de Poète et les Pétunias à fleurs doubles
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NOTES.
67
nous fournissent aussi un exemple de l'influence
que peut exercer sur ses congénères une plante à
fleurs doubles.
Note 12. — On pourrait admettre, comme une
hypothèse toutefois, que la première cause de du-
plicature résulte d'un trouble apporté dans les fonc-
tions des organes sexuels. Le fait suivant semble le
démontrer.
En 1862 nous avons pris comme mère un Œillet
hybride, le Dianthus barbato-superbus, issu du croi-
sement des D. barbalus et* 1). superbus. Cet hy-
bride, dont les tiges florales, peu nombreuses, très-
ramifiées., dressées, et dont les pétales roses sont
profondément fimbriés, a été notre point de départ.
Des graines qu'il nous a données, nous avons obtenu
un certain nombre de plantes dont quelques-unes
avaient conservé le caractère de l'hybride, leur
mère; mais les autres, beaucoup plus nombreuses,
étaient à fleurs doubles, et leur faciès était complè-
tement changé. Ces nouveaux produits, par l'en-
semble de leurs caractères, constituaient un type
particulier différent des plantes dont il était issu. Il
y avait aussi parmi ces plantes des individus très-
ramifiôs de la souche, de laquelle partait une très-
grande quantité de tiges florales. Il est à remarquer
que les plantes qui présentaient ce dernier carac-
tère fleurissent beaucoup plus tardivement; certaines
n'épanouissent leurs fleurs que dans la dernière
quinzaine d'août, de sorte qu'avec toutes ces plantes
hybrides on peut obtenir des fleurs pendant plus
de trois mois.
Un fait qui semble justifier l'hypothèse que nous
avons émise en tête de cette note : « Que la pre-
mière cause de duplicature des fleurs pourrait bien
être due à un trouble apporté clans les organes
sexuels », est fourni par la fécondation, soit des
Dianthus Sinensis, soit des Dianthus Hedivigii entra
eux, ou bien avec D. barbalus, fécondation de
laquelle sont sorties plusieurs variétés à fleurs
doubles.
Note 13. — Les Pétunias à fleurs doubles que
l'on cultive actuellement n'appartiennent à aucune
des deux;; espèces anciennes, (Pétunia violacea et
P. nyclaginiflora) ; ils appartiennent à cette race de
création récente qu'on nomme mixtes ou à grandes
fleurs, qui s'est montrée spontanément dans les cul-
tures. Toutes les variétés qui en sortent diffèrent
des deux types indiqués ci-dessus par l'ampleur et
par la consistance particulière de leurs feuilles et
de leurs fleurs, par la grosseur de leur tige, qui est
charnue, de même que par leurs feuilles, qui sont
épaisses, comme grasses. C'est en un mot une race
tout à fait différente. Toutes ces plantes ont un as-
pect particulier et un caractère de végétation qui
leur est propre; elles s'allongent moins, sont en
général plus délicates et ne vivent pas aussi bien
en pleine terre que les P. violacea et nyctaginiflora.
Note 14. — Les Fuchia à fleurs doubles ,
offrent souvent ce singulier phénomène : qu'ils
présentent des sortes d'intermittences pendant les-
quelles ils donnent des fleurs doubles, et d'autres
pendant lesquelles ils donnent des fleurs semi-
doubles ou même presque simples. Mais, quelle que
soit la duplicature, il est rare qu'elle entraîne la
stérilité. Aussi ces plantes, en général, donnent-
elles beaucoup de graines.
■
Note 15. — Nous pouvons tout particulière-
ment citer comme exemple d'infertilité plus ou
moins grande', parfois même presque complète, occa-
sionnée par la duplicature des fleurs, les Reines-
Marguerites à fleurs très-grosses, particulièrement
celles dites Pivoines. Dans celles-ci il est rare qu'on
obtienne des graines ailleurs qu'au centre des fleurs,
précisément là où la transformation des fleurs est
moins grande, mais aussi où les organes sexuels
sont moins bien conformés, ce qui explique pourquoi
on obtient peu de graines et pourquoi aussi ces
graines sont si mauvaises. Il faudrait, pour rendre
ces plantes fertiles, couper avec précaution, avec
de petits ciseaux, la plupart des fleurs centrales
( ligules), de manière à dégager les organes sexuels
qui s'y trouvent, et à favoriser ainsi leur rapproche-
ment.
Note 16. — Les monstruosités se reproduisant
par graines, comme cela arrive chez certaines plan-
tes, démontrent, delà manière la plus nette, la vé-
rité de ce que nous avons dit au commencement de
ce livre : « Qu'un végétal est un être très-complexe,
qui non-seulement peut se multiplier, en tant qu'ê-
j tre, tout en reproduisant ses caractères essentiels,
mais que toutes ses parties, susceptibles d'acquérir
des propriétés spéciales , peuvent aussi , étant mul-
tipliées à part reproduire à leur tour les particula-
rités qu'elles présentent.» Le Scolopendrium officinale
monstrosum nous en offre un exemple bien remar-
quable. Cette plante qui, sur un même pied, pré-
sente des parties normales et d'autres qui sont anor-
males ou monstrueuses, peut, suivant qu'on récolte
les sporules (sortes de graines propres aux végétaux
cryptogames) sur les unes ou sur les autres de ces
parties, produire des plantes normales ou des plantes
monstrueuses. ,
Ce fait des plus importants vaut toute une théo-
rie; il démontre, lorsqu'il s'agit de végétaux, com-
bien il faut apporter de soins dans le choix des
parties qu'on prend pour les multiplier, puisque
de ce choix dépendent les résultats, qui seront bons
ou mauvais suivant qu'on aura bien ou mal choisi.
Mais, comme d'une autre part aussi ce choix nous
démontre que dans certains cas tout peut devenir
héréditaire (même les monstruosités), il peut expli-
quer la transmission de certaines particularités
soit normales soit anormales , et comment , de
simples accidents peuvent devenir permanents, se
transmettre même et caractériser des races. Les
exemples ne manquent pas dans les végétaux ; ils
abondent dans les animaux.
Note 17. Si, lorsqu'on cultive soit des Melons,
soit des Concombres de primeur, on pratiquait la
fécondation artificielle aussitôt que les fleurs des
deux sexes apparaissent, on n'aurait pas, comme on 1 a
si souvent, l'inconvénient d'être très-longtemps sans
obtenir de fruits; on en obtiendrait, au contraire, de
très-bonne heure, et assez près du pied, au heu de
les avoir tardivement, et souvent aussi a l'extré-
mité des branches. Il ne peut guère être douteux
non plus qu'en pratiquant la même opération sur
les différents végétaux qu'on force dans le but d'en
obtenir des fruits on en retirerait de grands avanta-
ges car si, en général, ils donnent peu de fruits;
c'est parce que la plupart des fleurs ne sont pas
fécondées.
Note 13. — Les différents états favorables à la
fécondation ne présentent pas toujoursles mêmes
caractères physiques externes ; il est même un cer-
tain nombre déplantes chez lesquelles ces carac-
tères favorables ne peuvent être apprécies a la sim-
ple vue et qui présentent des particularités qui
semblent déroger à la loi générale et être en oppo-
sition avec certains principes que nous avons poses.
Tels sont les Novers, et tout particulièrement les
Noisetiers. Chez ceux-ci, en effet, les fleurs maies
apparaissent bien longtemps (quelquefois deux mois)
avant qu'on ne puisse apercevoir les fleurs femelles»
de sorte que lorsque celles-ci apparaissent, celles-là
sont passées il y a déjà longtemps. Maigre cela la
- fécondation s'opère très-bien; il y a production de
fruits.
Note 19. — Comme il est toujours très-difficile,
ou plutôt qu'il est impossible, de fixer la délimitation
d'une espèce, et que par conséquent on ne peut
préciser le dernier point d'analogie entre deux indi-
vidus donnés où la fécondation entre eux cesse
d'être possible, on doit, lorsqu'on a une plante a
féconder et que parmi celles qu'on possède il n en
est aucune que la science indique comme pouvant
organiquement s'unir à elle, on doit néanmoins,
disons-nous, essayer et choisir, dans ces dernières,
celle qui paraît avoir le plus d'analogie avec celle
qu'on veut féconder; en un mot, on doit tâter. Sou-
vent l'expérience a démontré possibles des faits dont
la science avait douté, qu'elle avait parfois niés.
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Si, dans ces circonstances, on doit, sans aucun
doute, ^appuyer sur la science, il ne faut cependant
pas oublier que celle-ci n'est point infaillible, qu'é-
tant le résultat d'observations traduites en règles
elle ne peut être absolument vraie, que la nature,
qui nous montre son travail, nous cache beaucoup
de secrets, secrets que, sans les dévoiler ouverte-
ment, elle laisse parfois entrevoir à ceux qui la cul-
tiventet vivent avec elle.
On ne peut, du reste, nier que, dans ce qu'on
nomme une espèce, il y a des individus qui ont plus
de tendance à s'unir, entre lesquels il semble qu'il
y a plus de sympathie, pourrait-on presque dire,
toujours on remarque des affinités dont la science
ne peut rendre compte, qu'elle ne peut que con-
stater.
Après tout, pourquoi n'en serait-il pas ainsi? Les
végétaux ne sont-ils pas des êtres qui, comme tels,
doivent éprouver une sorte d'attraction ou de répul-
sion en rapport avec leur nature organique intime
que nous ne connaîtrons jamais? N'oublions pas
que, clans cette circonstance peut-être plus que
dans toute autre, la science ne doit intervenir que
comme un point d'appui, comme une sorte de flam-
beau à la lumière duquel on doit marcher et tâcher
de pénétrer dans ce sanctuaire où les mystères s'en-
chaînent, ou plutôt où tout est mystère !
Mais, d'une autre part, ne peut-il pas se faire que
e climat, les conditions dans lesquelles sont placés
es individus, et surtout les traitements auxquels on
les soumet, puissent modifier les lois d'analogie or-
ganique, et faire que, dans certaines conditions,
telles ou telles alliances soient possibles qui ne
l étaient pas dans certaines autres (Note 27). C'est là
une hypothèse, sans doute, mais qui pourtant semble
n avoir rien d'impossible, qui, au contraire, paraît
s accorder avec certains faits. Nous voyons, en effet,
dans la pratique des greffes, se montrer des faits
sinon semblables, du moins analogues à ceux que
nous venons de rapporter ; par exemple, que dans
tel pays, parfois même dans telle localité particu-
lière, on peyt greffer avec succès telle espèce sur
telle autre, tandis qu'on ne peut le faire dans des
conditions différentes; qu'ici on peut, môme avee
avantage, employer tel mode de greffe, lorsque
la ce mode ne réussit pas, ou qu'il ne donne
que de très-mauvais résultats. Ces particularités sont
■
Note 20. — Il ne peut y avoir rien d'absolu
quand il s'agit d'indiquer le moment le plus favora-
ble pour opérer la fécondation des fleurs, ce moment
étant subordonné à la nature et au tempérament
des individus, ainsi qu'aux conditions dans les-
quelles ils sont placés. Ainsi, par exemple, pour les
Yuccas (sous notre climat du moins), l'observation
a démontré que, généralement, les fleurs s'ouvrent
vers le soir, et que le moment le plus favorable
pour en opérer la fécondation est, suivant la tempé-
rature, depuis 5 heures jusqu'à environ 8 heures
au matin. Il est bien entendu, dans cette circon-
stance, que nous parlons de la floraison qui a lieu
pendant le printemps ou le commencement de l'été.
Pour favoriser la fécondation des Yuccas on se
trouve bien de les tenir à l'eau, c'est-à-dire de bien
tremper la terre dans laquelle ils sont plantés, quel-
que temps avant l'épanouissement des fleurs et
même de maintenir cette humidité pendant tout le
temps de la grossification des fruits.
Note 21. — En général on se trouve bien,
quelques jours avant de pratiquer la fécondation,
d activer un peu la végétation de la plante qu'on
veut féconder, d'exciter ses fonctions vitales, ce à
quoi 1 on parvient soit à l'aide de copieux arrose-
ments si la plante est vigoureuse, soit, si la plante
est délicate et qu'elle soit en pots, en la plaçant
pendant quelque temps dans une serre dont" on
pourra au besoin élever la température. Si, au con-
traire, les plantes étaient en pleine terre et qu'elles
aient à redouter l'humidité, on les garantirait à
1 aide d'abris.
Note 22.
En ce qui a rapport à la vitalité du
pollen, c'est-à-dire au temps pendant lequel il peut
conserver ses propriétés génératrices, on :est loin
d être suffisamment éclairé ; on peut, en effet, se
demander si la nature du pollen n'est pas en rap-
port avec la plante sur laquelle il a été recueilli, et
si par conséquent les diverses sortes récoltées sur
des espèces appartenant soit à un môme genre, soit
a des genres différents, soit à une même famille,
soit a des familles différentes, ont une durée vitale
semblable, ou bien si, sous ce rapport, ils ne pré-
sentent pas de très-grandes différences. Cette der-
rière supposition nous paraît certaine, bien que
jusqu'ici nous ne puissions rien affirmer.
Quoi qu'il en soit, l'exemple suivant démontre
que le pollen de certaines espèces peut conser-
ver pendant longtemps ses facultés fécondantes; ainsi,
du pollen de Ceratozamia Mexicana, récolté de-
puis trois ans, ayant été employé pour féconder les
fleurs femelles d'une autre espèce de Ceratozamia,
a donné de très-bons résultats. Tous les ovules se
sont bien développés; les jeunes plantes qu'ils ont
produites ne laissent rien à désirer. Il nous est ar-
rivé aussi de nous servir de pollen de diverses espè-
ces de Gesnériacées récolté depuis deux ans pour
féconder d'autres espèces de ce même groupe • le
résultat a également été des plus satisfaisants. '
Les résultats obtenus dans ces expériences prou-
vent que le pollen conservé n'avait nullement perdu
de sa vitalité; ils autorisent à croire que celle-ci
n'était même pas affaiblie.
Note 23. — Dans le cas où l'on voudrait tenter
des expériences sur la fécondation des arbres frui-
tiers en vue de modifier les produits, il faudrait
agir diversement et combiner les opérations de ma-
nière à atteindre le but qu'on se propose ; ainsi, si
l'on voulait modifier la forme ou l'aspect tout en
conservant la qualité des fruits, il faudrait prendre
du pollen sur les fleurs d'une variété dont les fruits
soient très-beaux (lors même qu'ils seraient d'une
qualité inférieure), sur la Belle Angevine, par exem-
ple, et le porter sur le stigmate des fleurs d'une va-
riété dont les fruits pourraient même être petits,
pourvu qu'ils fussent de bonne qualité. On pourrait
aussi, afin de multiplier les chances, faire en même
temps l'opération inverse, c'est-à-dire prendre du
pollen sur les fleurs de la variété dont les fruits
sont de bonne qualité et le porter sur le stigmate
des fleurs de la variété dont les fruits n'ont guère
d'autre mérite que d'être beaux et gros. Il est sou-
vent bon de faire le croisement d'une manière in-
verse, parce que l'expérience a démontré que dans
certains cas une plante pouvait en féconder une
autre, mais qu'elle ne pouvait pas être fécondée
par elle, et vice versa. (Voir, page 29, l'observation
relative aux croisements.) Peut-être aussi qu'en
prenant du pollen sur les fleurs de variétés soit
hâtives, soit tardives, et en l'appliquant sur les
fleurs de variétés qui présentent des qualités con-
traires, on arriverait à modifier les époques de ma-
turité par exemple, à reporter sur des variétés
tardives les qualités que présentent certaines varié-
tés hâtives. Tout ceci n'a rien d'improbable, au
contraire; aussi engageons-nous fortement tous
ceux qui s'intéressent à ces sortes de questions, à
tenter des expériences dans ce sens.
Note 24.
devoir faire
Une comparaison que nous croyons
quoiqu'elle soit bien triviale, parce
qu'elle rend bien notre pensée, est la suivante : sup-
posons qu'une paysanne très-vigoureuse et forte
mais mal vêtue soit unie à un homme très-bien
couvert, à ce qu'on nomme undandy, d'un tempéram-
ment délicat et faible. Les enfants qui naîtraient de
ce rapprochement, d'après notre théorie (et en
écartant toute comparaison analogique, bien en-
tendu), devraient avoir un extérieur (un faciès),
sinon très-beau mais au moins convenable, et de
plus, être vigoureux et robustes.
Note 25. — Longtemps avant cette époque,
c'est-à-dire avant 1854, on avait opéré des croi-
sements entre les Gladiolus ramosus, cardinalis.
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NOTES.
69
florihundus , etc., croisements desquels étaient
sorties des variétés très-remarquables par la gran-
deur, par la forme et par le coloris des fleurs ;
mais aucune de ces variétés n'était modifiée sous
le rapport du tempérament ; toutes étaient sensibles
au froid,— ce qui devait être, — les deux parents
présentant ce caractère.
Note 26. — On pourrait, de ces faits et de beau-
coup d'autres analogues que nous pourrions citer,
tirer cette conclusion que plus une plante est flori-
bonde, plus elle est délicate (relativement, bien en-
tendu) et que la floribondité est le fait d'une modi-
fication organique qui tend à affaiblir le tempérament;
en d'autres termes, que la floribondité s'exerce aux
dépens de la rusticité. On en a un exemple dans les
Chrysanthèmes de Chine précoces. (Note 3.)
Note 27. — Nous pourrions, a l'appui des mo-
difications de tempérament des végétaux déterminées
par le croisement, citer le fait d'accouplement de
î'ânesse avec le cheval ou celui de l'âne avec la ju-
ment. Si l'on nous objectait que pour obtenir, ce
résultat, et pour faciliter ces rapprochements, on est
obligé de soumettre les individus qu'on veut faire
unir à un traitement particulier qui modifie leur
tempérament, nous répondrions que c'est précisé-
ment le cas dans lequel se trouvent les végétaux
d'ornement, et que, par suite des traitements aux-
quels on les soumet, de la nourriture abondante,
substantielle et variée, qu'on leur donne, ainsi que
des conditions toutes spéciales dans lesquelles on
les place, on est arrivé à modifier très-notablement
leur nature intime, ce qui par suite peut les ame-
ner à s'unir à d'autres végétaux qui ont des carac-
tères et un tempérament particuliers différents des
leurs, et avec lesquels, primitivement, il n'y aurait
pas eu de rapprochement possible. On remarque,
en effet, en général que les plantes s'hybrident
d'autant plus difficilement qu'elles sont moins do-
mestiquées et surtout qu'elles sont représentées par
un plus petit nombre d'individus. On remarque très-
souvent aussi que les individus qui naissent de ces
fécondations paraissent non-seulement très-disposés
à s'allier à d'autres qui ne pouvaient s'unir avec
ceux dont ils proviennent. Il semble que les en-
fants soient destinés à resserrer les liens et à com-
bler les lacunes laissées par leurs parents. Métapho-
riquement, on pourrait dire que les parents étaient
ennemis mais que les enfants sont amis.
L'état de domesticité, disons nous, peut, sinon
intervertir les goûts et les attractions naturelles
mais il peut les modifier par suite du changement de
vie et d'habitude que contractent les êtres soumis
à ce régime de séquestration, et, par suite, rendre
possible des rapprochements jusqu'à les regardés
comme impossibles. Par exemple il est douteux que
le Tigre et le Lion s'unissent à l'état de liberté; à
l'état domestique le fait a eu lieu plusieurs fois.
Ainsi, à Nancy en 1841 un Lion et une Tigresse se
sont accouplés ; ce n'était pas la première fois
puisqu'ils avaient déjà produits: leurs petits étaient
auprès d'eux, déjà forts. Que sont-ils devenus?
Il en est à peu près de même des Poules com-
munes et des Faisans comme du tigre et du lion;
on peut douter qu'a l'état de liberté, ils s'unissent.
A l'état de domesticité le fait est certain; nous en
connaissons de très-beaux et de nombreux exemples.
Dans cette circonstance nous avons pu aussi cons-
tater que la théorie que nous avons émise de l'in-
fluence particulière des sexes, s'est réalisée. Les in-
dividus issus de ce rapprochement, sont très-
allongés, élancés, et d'une forme qui rappelle com-
plètement celle des faisans, qui étaient les pères ,
mais en même temps ils sont beaucoup plus rus-
tiques, d'un tempéramment beaucoup plus robuste
que ne sont les Faisans; ils sont aussi beaucoup
plus faciles à élever. Tous ces avantages ils les te-
naient des Poules, leurs mères. Quant à la chair,
elle était à peu près celle du Faisan. Qu'y aurait-il
donc d'étonnant que, unis à 4'autres races ces sortes
de méti^puissentleur communiquer certaines qualités
ou en recevoir d'elles certaines autres, d'où naîtraient
de nouvelles séries d'individus?
Note 28. — Pour arriver à créer des races par-
ticulières à l'aide de l'hybridation il faut tâcher
d'affaiblir, d'annuler, autant qu'on le peut, la force
d'atavisme des deux types que l'on hybride. On a
chance d'y parvenir en fécondant les enfants d'hy-
brides par des espèces autres que celles dont ils
proviennent, ou bien en recourant de temps à
autre à celui des deux types qui semble perdre
en importauce, de manière à rétablir l'équilibre*
mixte que l'on tient à conserver.
Si les exemples des races mixtes, c'est-à-dire de
races obtenues en fécondant l'un par l'autre deux
types spécifiques, ne sont pas encore bien connus,
on ne peut guère douter qu'il y en ait; on en recon-
naîtra, on en créera même, lorsque, observant avec
attention la vie des êtres, on connaîtra mieux leur
tempérament, leurs sympathies osons-nous dire, et
qu'alors on saisira le moment où l'attraction l'em-
porte sur la répulsion, ou bien que par des traite-
ments particuliers on affaiblira celle-ci au profit de
celle-là. * (Voir la note précédente).
Note 29.— On doit comprendre que, pour que
deschangementsaussiconsidérables dans le dévelop-
pement des organes sexuels puissent se pro-
duire, il faut que la température sous laquelle ils
s'exercent se maintienne à un certain degré pen-
dant quelque jours, afin que le travail organique se
fasse, que les tissus se distendent et se modifient,
toutes choses qui ne peuvent s'accomplir lorsque la
température est très-variable ; car dans ce cas le dé-
veloppement, au lieu d'être uniforme et progressif,
est irrégulier, de sorte que les modifications sou-
mises à cette variabilité ne présentent rien de
constant dans leur apparition.
Note 30.— Rien, si ce n'est l'expérience, n'in-
dique si telle ou telle plante est facile à s'hybrider
avec telle ou telle autre ; sous ce rapport on voit
parfois, dans une même famille, des différences
considérables. Nous en citerons deux exemples pris
parmi les Cucurbitacées et les Crucifères. Ainsi les
Melons etles Concombres, si voisins l'un de l'autre
par leurs caractères, ne s'hybrident pas, tandis que
les diverses races de ces plantes, si différentes
parfois l'une de l'autre, se fécondent avec la plus
grande facilité. Il en est absolument de même des
Courges, des Choux, des Navets.
Les Giroflées dites Quarantaines, Cocardeaux,
etc., bien qu'appartenant à cette même famille des
Crucifères, ne se fécondent pas ou ne se fécondent
que très-rarement entre elles; aussi peut-on cul-
tiver près l'une de l'autre les diverses races ou
sous-races de ces plantes, sans qu'elles éprouvent
de ce contact aucune modification.
A côté de cela nous voyons dans d'autres familles
des variétés très-constantes dans leur reproduction,
et cela quelles que soient les conditions dans
lesquelles elles sont placées. Ainsi, parmi les plantes
de la famille des Rosacées, dont les fleurs sont si
abondamment pourvues d'organes sexuels , nous
trouvons des faits de fixité, de ténacité, on pourrait
dire, des plus étonnants • chez les Pêchers, par
exemple. Ainsi les Pêchers à chair et à fruits blancs,
bien que cultivés au milieu de variétés qui fleurissent
à la même époque, dont les fleurs roses et même
rouge foncé, sont suivies de fruits de couleur et de
nature si variées, ne varient ni par leurs fleurs ni
par leurs fruits, de sorte que, lorsqu'on sème leurs
noyaux, on obtient à peu près les mômes variétés.
Il en est absolument de même du Pêcher nain
et du Pêcher pleureur; ils se reproduisent de
noyaux jusque dans leurs moindres caractères.
Note 31.
La nature du sol, celle du climat,
et surtout celle du milieu dans lesquels sont placés
les porte-graines, exercent sur le produit de ceux-ci
une influence souvent considérable. Ainsi, dans
certains terrains riches et substantiels, là où les
plantes sont très-vigoureuses , on remarque, pour
certaines espèces qu'on y cultive, que les graines
« Nous avons dans le Chabin (hybride de la Chèvre et du
Mouton) l'exemple d'une race mixte fertile.
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qu'elles produisent ne donnent en général que des
individus à fleurs simples, tandis que d'autres
plantes de cette même espèce cultivées en pots ne pro-
duisent presque que des individus à fleurs doubles.
C'est un fait que , dans quelques endroits, on met
à profit pour certaines espèces de plantes, notamment
pour les Giroflées-Quarantaines. Pour celles-ci, on
remarque parfois que, dans des conditions iden-
tiques, les mêmes variétés cultivées en pots pro-
duisent des graines qui, semées, doflnent presque
toutes plantes à fleurs doubles, tandis que cultivées
en pleine terre les graines qu'elles produisent ne
donnent que des individus à fleurs simples.
Note 32. — Les faits de dégénérescence du Pé-
largonium Reine des fantaisies et du P. Reine Hor-
tense présentent, dans la manière dont ils se compor-
tent, une marche tout à fait opposée et donnent lieu
à un phénomène entièrement inverse. Ainsi, tandis
que chez le premier les fleurs diminuent de gran-
deur tout en se régularisant et que leur couleur
change, chez le deuxième (P. Reine Hortense) les
fleurs deviennent au contraire irrégulières, et les
pétales, au lieu de rester entiers se découpent très-
profondément (se lacinient). De plus ces fleurs de-
viennent monstrueuses ; le nombre des pièces du
calice et de la corolle, au lieu d'être de cinq, est de
six. , r. .
Une chose que nous devons encore taire remar-
quer relativement à cette dernière variété, c'est la
[promptitude avec laquelle la transformation s'est
opérée. Comme exemple de cette promptitude nous
pourrions citer un cultivateur des plus habiles qui,
sachant que cette variété était très-avantageuse pour
le commerce, en fit en 1863 un très-grand nombre de
boutures, qui, bien que prises sur des individus qui
paraissaient très-francs, n'en présentèrent pas moins,
lorsqu'elles fleurirent l'année suivante, les carac-
tères de dégénérescence que nous avons indiqués
ci-dessus.
Les exemples de dégénérescence ou de modifi-
cations que nous venons de rappeler, de même que
tant d'autres analogues que nous pourrions faire
connaître, ne suivent pas une marche uniforme;
non-seulement ils peuvent se manifester chez un
cultivateur bien longtemps auparavant que de se
montrer chez un autre, mais ils peuvent présenter
entre eux des différences et des variations plus ou
I moins grandes, en rapport avec les conditions dans
lesquelles elles se montrent : ici d'une manière, là
d'une autre, ailleurs encore d'une autre.
Note 33.— On ne saurait trop se bien pénétrer
de cette idée que chaque plante, chaque graine (on
pourrait peut-être dire chaque œil) , quelque semblable
qu'elle soit avec une autre, n'en n'est pas moins orga-
niquement distincte; c'est une individualité qui
présente des qualités particulières, des caractères qui
lui sont propres. Mais, ces qualités étant organiques,
rien parfois ne les indique; elles ressortent de
l'expérience ; d'où il suit que, lorsqu'on a fait un se-
mis, si l'on a beaucoup de terrain, il ne faut pas se
presser de jeter les individus qui en proviennent ;
car parmi ceux-ci il peut s'en trouver qui, comme
on dit dans la pratique, aient de l'avenir, soit par
eux-mêmes, soit comme mères, et qui pourraient par
la suite, produire des plantes très-intéressantes à
divers points de vue. Le Dïiïnthus barbât o-superbus
(note 12) nous en offre un exemple bien remar-
quable.
Cette plante, qui, lors de l'épure, avait été arra-
chée et jetée comme n'étant pas franche (elle avait
joué avec des Œillets de Poète), ramassée, plantée et
soignée par nous, nous a donné les résultats remar-
quables que nous avons rapportés dans la note 12.
Deux faits, sinon semblables, du moins analogues
aux précédents, qui nous sont particuliers, sont les
suivants. En 1847, ayant récolté des graines sur
deux pieds de Balsamine Camellia à fleurs doubles,
ponctuées et en apparence tout à fait identiques,
nous avons semé ces graines à part. De chacun des
lots nous avons choisi 120 plantes qui nous ont
donné: le n° 1,13 Balsamines ponctuées à peine semi-
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doubles ; toutes les autres étaient à fleurs simples
de diverses couleurs. Dans les 120 plantes du lot n° 2,
95 donnèrent des fleurs ponctuées, très-pleines,
17 furent à fleurs semi-doubles également ponc-
tuées, les autres étaient à fleurs simples de couleurs
diverses. Une expérience de même nature que nous
fîmes sur 2 pieds d'une variété de Quarantaines
nous donna des résultats encore plus remarquables :
85 plantes provenant de l'un des pieds furent toutes
à fleurs très-doubles, tandis qu'un même nombre
de pieds provenant de l'autre plante, qui avait été
cultivée dans des conditions tout à fait semblables
à la précédente, dont elle ne différait pas, ne don-
nèrent que des fleurs simples.
Note 34. — Il ne faudrait pas croire que tous les
Rosiers mousseux qu'on rencontre aujourd'hui dans
le commerce sont le résultat d'accidents. La plus
grande partie, au contraire, provient de graines.
C'est une race qui tend à se créer, et déjà des
graines qu'on recueille sur les Rosiers Mousseux on
obtient, lorsqu'on les sème, un certain nombre d'in-
dividus qui ont conservé les caractères généraux
des plantes dont ils proviennent ; ils sont plus ou
moins mousseux. Constatons toutefois que ce carac-
tère mousseux n'est particulier à aucune section
deFiosiers et qu'on le retrouve au contraire à peu près
dans toutes ; en effet, les Cent-Feuilles, les Quatre-
Saisons, les Hybrides remontants, etc, en fournis-
sent des exemples.
Le fait de la reproduction de la mousse des
Rosiers à l'aide de graines,prouve une fois de plus,
ainsi que nous l'avons déjà dit plusieurs fois , que
tout, dans un végétal, tend à se reproduire, et que
les particularités, les propriétés, les monstruosités
même peuvent devenir héréditaires (note 16).
Note 35. — Le Rosier Mousseuse Zoé est un des
accidents les plus remarquables qu'ait produits le
Rosier Cent-Feuilles ordinaire. Cette variété, au
lieu d'être mousseuse soit sur le pédoncule, soit
sur les feuilles calicinales, ainsi que sont la plu-
part des autres variétés de ce groupe, est mous-
seuse sur toutes ses parties, d'où sa qualification
de Mousseuse partout.
L'accident Mousseuse Zoé s'est reproduit de nou-
veau l'année dernière (1864), chez M. Jamain, horti-
culteur, rue de la Glacière, à Paris, où nous avons
pu en suivre le développement. Ce que nous avons
pu constater aussi chez cet horticulteur, c'est que,
dans deux planches plantées en Rosiers mousseux
ordinaires, indépendamment de l'accident Mousseuse
Zoé, il y avait plusieurs pieds qui tendaient égale-
ment à se modifier, quelques-uns par leurs feuilles,
d'autres parleurs fleurs.
Note 36. — Il arrive parfois que le Rosier Pana-
chée d'Orléans donne des rameaux gros, vigoureux,
assez fortement épineux, un peu moins pourtant que
ceux du R. Baronne Prévost, dont il sort; ses fleurs
aussi, bien que ressemblant beaucoup à celles de ce
dernier, en différent néanmoins. C'est encore, un
intermédiaire produit par le seul fait de la végé-
tation.
Note 37.— Dans toutes ces circonstances, il ne
faut pas oublier que toutes les plantes ne sont pas
également modifiables, et que les conditions dans
lesquelles elles sont placées exercent sur elles des
influences très-diverses. Ainsi, tandis que dans
certains sols et sur la même variété, les modifications
sont à peine sensibles, dans d'autres au contraire
elles sont considérables. Quelquefois ces faits se
montrent dans le même terrain et dans des condi-
tions identiques, de sorte que, dans deux planches
eontiguës plantées avec la même variété de plante
il pourra se faire que l'une présente de nombreux
accidents, tandis que l'autre n'en présentera pas
un seul. D'où il résulte que, de ce que sur certaines
plantes qu'on cultive on n'obtient pas de modifica- /
tions on n'est pas en droit d'en conclure que ces
modifications sont impossibles. Tous ces faits sont
complexes, et dépendent de causes qui nous sont
inconnues.
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NOTES.
71
Il en est de même des quantités : ainsi, dans cer-
tains cas, on pourra parfois, d'un très-petit nombre
de plantes, obtenir des modifications ou des trans-
formations relativement considérables, tandis que
dans d'autres, et sur des milliers d'individus, on
pourra n'obtenir aucun changement appréciable.
Tous ces faits démontrent, ainsi que nons l'avons
déjà dit (note 33), que chaque graine est une in-
dividualité particulière, qui, bien que provenant des
mêmes parents que d'autres avec lesquelles elle
était, peut présenter des caractères différents, non-
eulement de celles-ci, mais même de leur mère
commune. Elle est parente, à des degrés plus ou
moins rapprochés, mais elle n'est pas eux.
Mais, d'une autre part, qu'arriverait-il si chacun
ne croyait que ce qu'il a constaté? Qu'on pourrait
nier à peu près tout, car, ce qu'on a vu, un autre
ne l'a parfois jamais observé, et certains faits très-
communs pour l'un sont souvent complètement in-
connus à d'autres. Ainsi, par exemple, le Podocarpus
Koraiana, produisant des branches verticillées et
des feuilles distiques, est un fait que peut-être seul,
jusqu'à ce jour, nous avons constaté. Malgré cela
on ne peut le nier. Il en est de même de beaucoup
d'autres accidents ; ainsi , il est tel Rosiériste qui a
cultivé par milliers des Rosiers Baronne Prévost
sans jamais avoir remarqué la moindre variation ;
pourtant il n'est pas en droit de nier que certains
de ses confrères ont obtenu de ce Rosier quelques
accidents. Ce que nons avons dit du P. Koraiana,
ce que nous disons des Rosiers, nous pouvons le dire
d'un très-grand nombre de végétaux, soit ligneux, soit
herbacés, ce qui, du reste, ressort clairement de
l'énoncé des faits de dimorphisme dont nous don-
nons Fénumération. Ceux-ci, pour la plupart, sor-
tent de plantes cultivées en grande quantité par
beaucoup d'horticulteurs qui n'ont jamais eu l'occa-
sion de les remarquer. Pourtant ils ne peuvent les
nier.- Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est de dire qu'ils
n'ont jamais vu ces faits.
Note 38. — Four expliquer toutes ces variations,
on a cherche à faire rentrer le phénomène qui les pro-
duit dans la formule ordinaire, qui, si elle n'explique
rien, a au moins cet avantage qu'elle tient lieu de
toute explication; on a dit, par exemple, qu'elles
sont dues à des fécondations faites entre diverses
variétés. Mais il suffit d'y réfléchir pour se con-
vaincre que cette hypothèse est tout à fait gratuite ;
car, une tige de Haricot étant le fait d'un seul ovule,
dès l'instant où elle produit des fruits de forme,
de couleur et de qualités diverses, et de plus que
cette tige est volubile bien qu'elle provienne d'une
plante non volubile, il faudrait admettre que cet
ovule a été tout à la fois fécondé par plusieurs
grains de pollen appartenant à des variétés très-
diverses, qui présentent des qualités et des carac-
tères les plus opposés. Mais encore ici le fait n'est
guère admissible, car dans les Haricots de même
que dans la plupart des légumineuses la fécondation
directe (voir pag. 19), seule, esta peu près possible
(Il est même plus que probable que la fécondation est
anieflorale.)
*"~*Pour vouloir expliquer un phénomène inexplica-
ble on est obligé d'admettre comme vraies des hypo-
thèses que la raison condamne, et qui sont en
même temps contraires à certaines lois scientfi-
ques admises.
Note 39. — Les faits, soit de dimorphisme, soit
de dichroïsme, que présentent les Pommes de terre
nous démontrent que leur cause d'apparition n'est
pas due, ainsi qu'on le croit généralement à des
croisements, c'est-à-dire aux fécondations des fleurs,
puisque la fécondation ne peut agir que sur les
graines, et que ce n'est que très-rarement et pour
ainsi dire exceptionnellement qu'on multiplie les
Pommes de terre par ce procédé, bien que ce soit
par centaines qu'on compte les variétés, Mais il y a
plus, et il arrive parfois que les rameaux aériens,
lorsqu'on les bouture, produisent des variétés dilïô-
rentes de celles de pieds dont ils proviennent. Du
reste les variétés nombreuses de certaines plantes
qu'on cultive, provenant d'espèces qui ne donnent
jamais de graines prouvent, surabondamment que,
en dehors de la fécondation, il y a d'autres causes
qui poussent à la diversité.
Note 40. — On nomme broussin la réunion de
nombreux petits bourgeons qui naissent soit sur
des tiges, soit sur de grosses branches d'arbres où
ils constituent des aggloméra tions parfois considéra
blés que de loin on pourrait prendre pour des Guis.
Ces productions, qui prennent rarement un grand
développement, conservent leurs caractères particu-
liers, de sorte que, si on les multiplie, elles forment
des plantes buissonneuses, souvent très-différentes
de celles sur lesquelles elles se sont montrées. Dans
certains cas, cependant ces plantes peuvent acqué-
rir de plus grandes dimensions, et. bien qu'en con-
servant leurs caractères particuliers et constituant
des formes bien distinctes, elles peuvent, par leurs
propriétés spéciales, rendre d'importants services.
Note 41. — Rien que, à l'exemple de tous les bota-
nistes, nous considérions ici le Robinia hispida
comme type, nous n'oserions garantir que c'est uue
espèce ; nous pensons même le contraire. Nous
appuyons nos doutes, d'abord sur ce fait que nulle
part on ne Fa encore rencontré, si ce n'est cultivé,
et, d'une autre part encore, que, partout en Europe,
où cette plante est très-fréquemment cultivée pour
l'ornement, de même qu'en Amérique où elle est
très-employée au même usage, elle ne donne jamais
de graines.
Note 42.
-
Nous
pouvons, afin de nous repré-
senter le double effet (l'effet lent et l'effet brusque)
sous lequel se montre le dimorphisme, supposer
une horloge à secondes dont on ne verrait que le
cadran. Dans ce cas l'effet continu, mais Zen£,nous
serait représenté par le balancier, qui, bien que-
nous ne le voyions pas, ne s'arrête cependant ja-
mais, et l'effet brusque ou intermittent, par cha-
que saut que feraient les aiguilles, saut qui est
la résultante d'une action incessante tellement
lente, qu'elle n'est point appréciable à nos sens,
et qui ne se manifeste d'une manière sensible
que lorsqu'il y a une certaine quantité de force
acumulée.
Note 43. — Cette hypothèse, loin d'être con-
traire aux règles soit de la physiologie, soit de
la pratique, y est conforme; elle s'appuie sur
ce fait que, aucune partie d'un végétal quelconque
ne pouvant être exactement semblable à aucune
autre, mais que possédant, au contraire, ses pro
priétés particulières, il peut en résulter que, bien
qu'on ait pris, soit des boutures , soit des greffons
sur un même individu, on pourra parfois, de ces
parties , obtenir des individus qui présenteront
des caractères différents de celui dont ils sortent
(Le Cerisier anglais et certains autres arbres
fruitiers dont nous avons parlé en fournissent des
exemples). Nous ne sommes même pas éloigné de
croire qu'un certain nombre de nos variétés d'arbres
fruitiers n'ont pas d'autre origine; cela paraît d'au-
tant plus probable que jamais, ou presque jamais, on
ne conserve les arbres types; que presque toujours,
au contraire, on prend les parties à multiplier sur
des individus de 2% de 3^ génération, * parfois
même plus, qui ont été placés dans des milieux
très-différents, où, à leur tour, ils ont pu acquérir
des qualités spéciales. Or, comme nous savons
que toutes les propriétés que possède un végétal
sont susceptibles de pouvoir se transmettre, il peut
" résulter qu'au bout d'un certain temps on puisse
en
parfois trouver sous un même nom des arbres
fruitiers différant les uns des autres, bien qu'origi-
nairement ils proviennent d'un même arbre. Pour
le Pêcher le fait ne nous paraît pas douteux. Nous
pourrions même l'appuyer par des exemples. Ainsi,
cette année, sur un Pêcher à grandes fleurs roses
*
1 Le mot génération dont nous nous servons ici doit
être pris comme indiquant un sujet ou une série de sujets
provenant d'une partie qui avait été prise sur un individu qui
lui-même provenait d'un autre que le pied mère. Pour noui
faire comprendre, supposons une plante-mère A ' de laquelle
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72
NOTES.
très-foncé, nous avons trouvé des fleurs rose carné
très pâles et d'autres presque blanches. Sur le môme
arbre il y avait aussi des branches dont toutes les
fleurs étaient mouchetées absolument comme le sont
celles de la variété de Rosier qu'on nomme Reine
à fleurs panachées.
Si l'on réfléchit, qu'une modificaticn externe est
toujours la conséquence d'une modification interne,
et que d'autre part, chaque œil, chaque bourgeon
peut être considéré comme un végétal qui a ses
caractères propres, on comprendra facilement com-
ment, dans certains cas, en prenant des bour-
geons sur un même arbre on peut obtenir des ré-
sultats différents.
Toutes ces modifications, parfois si profondes,
qui se montrent sur des végétaux qui ont été pro-
duits par bouture, par couchage, par greffe, etc.,
en un mot par division de leurs parties, démontrent
de la manière la plus nette que l'idée qu'on a géné-
ralement que, par ces procédés, on multiplie indé-
finiment le même individu avec ses particularités,
n'est vraie, non plus, que relativement , et qu'en
ceci comme en toute autre chose la nature ne se
prête pas servilement à nos combinaisons pour justi-
fier nos théories. Si parfois nous le croyons, c'est
parce que nous ne voyons jamais au delà d'un cer-
tain horizon qui limite et indique la mesure de
nos connaissances, parfois même celle de notre in-
térêt, mais presque toujours celle de notre amour-
propre.
Note 44. — Comme preuve de ce fait, que
les plantes peuvent conserver, acquérir ou même
perdre certaines propriétés particulières en rapport
avec le milieu dans lequel elles vivent, nous pou-
vons citer d'abord l'Epine-Vinette à feuilles pourpres,
qui dans les terres fortes, argileuses, là surtout où
l'air est vif, conserve ses feuilles rouge foncé et se
reproduit à peu près telle par ses graines, tandis
q'uà Paris, au Muséum, par exemple, dans des ter-
on a détache une branche avec laquelle on a fait un individu
J5; c'est la première génération. Si nous supposons encore que
de ce dernier on a pris une branche dont on a fait un indi-
vidu C, nous aurons, dans celui-ci, un exemple de deuxième
fénération.
rains calcaires et secs, non-seulement cette variété
ne se reproduit pas par graines, mais elle eu
conserve même pas ses caractères; la couleur
rouge va constamment «n diminuant de sorte, qu'en
quelques années cette plante a repris les carac-
tères du type ; elle est revenue à feuilles vertes.
Nous pourrions encore, à l'appui de notre dire*
citer la plupart de nos plantes potagères dont il
faut renouveler si souvent les graines, en les ti-
rant des localités ou elles conservent les qualités qui
les font rechercher.
Le Hêtre à feuilles pourpres présente, au point
de vue de sa multiplication par graines, un fait ana-
logue à celui que nous venons de rapporter. Ainsi,
à Ris-Orangis, où cette variété vient pourtant très-
bien, où ses feuilles sont d'un pourpre très-foncé,
presque noir, les graines qu'on y récolte ne don-
nent néanmoins que très-rarement et pour ainsi'
dire exceptionnellement (parfois 4 à 8 pour 100)
de plantes à feuilles pourpres, tandisque les graines-
de cette même variété récoltées dans différents-
endroits, notamment à Mortefontaine, donnent
50, parfois 75 pour 100 d'individus à feuilles
pourpres.
Note 45. — Nous avons dit ailleurs (Note 1),.
que les faits soit de dimorphisme, soit de dichroïsme
pourraient être partagés en deux catégories: ceux qui
se manifestestent brusquement et ceux dont l'appa-
rition est lente. Le Viola Rothomayensis pallidœ
rentre dans cette dernière catégorie, Voici le fait:
En 1863 nous avons fait venir des coteaux de
Vernon, un certain nombre de pieds de Viola Rotho-
magensis. Plantés au Muséum ils conservèrent à peu
près tous leurs caractères sauf toutefois la villosité
qui disparut en grande partie dès la première année.
Pendant cette année 1863 et toute l'année 1864,
ils donnèrent abondamment des fleurs bleues. Dans
l'hiver de 1864 à 1865 tous les pieds, excepté un,
périrent, le pied qui resta , au lieu de se couvrir
de fleurs d'un beau bleu ainsi qu'il avait fait
les deux années précédentes, produisit des fleurs
presque blanches. Cette couleur se maintiendra-
t-elle ? Il y aura-t-il formation d'une race jardi-
nique? C'est ce que l'avenir nous apprendra.
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