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BIBLIOTHEQUE 
NUMÉRIQUE 



Académie des sciences (France). Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences. 1948. 



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COMPTES RENDUS 



HEBDOMADAIRES 



DES SÉANCES 



DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 



PAttlS. — IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLARS, QUAI DES GflANDS-AUGUSTIlSS, 55. 



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RENDUS 



HEBDOMADAIRES 



DES SÉANCES 



DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 



PUBLIES, 



CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE 

EN DATE DU 13 JUILLET 1835, 

PAR MM. LES SECRÉTAIRES' PERPÉTUELS 



TOME DEUX-CENT- VINGT-SEPTIÈME. 

JUILLET — DÉCEMBRE 194S, 



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GAUTHIER -VILLARS, IMPRIMEUR -LIBRAIRE 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE .L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Quai des Grands-Augùstins, 55. 

1948 



V. 



/ 



DES SÉANCES 



DE L'ACADÉMIE DES SCIE 




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asaSi^» D98iî 



SÉANCE DU LUNDI 5 JUILLET 1948. 

PRESIDENCE DE M. Charles JACOB 



MÉMOIRES ET COMMUrMICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le Président souhaite la bienvenue à M, IV. A. Halbertsma, Président 
de la Commission Internationale de l'Éclairage, qui assiste à la séance. 

M. le Président annonce à l'Académie que la prochaine séance annuelle des 
prix aura lieu le lundi 1 3 décembre 1948, ^ 

M. le Ministre de l'Éducation Nationale adresse ampliation du décret, en 
date du 22 juin 1948, portant approbation de l'élection que l'Académie a faite 
dé M. Raoul Combes pour occuper, dans la Section de Botanique, la place 
vacante par le décès de M, Pierre- Augustin Dangeard. 

Il est donné lecture de ce décret. 

Sur l'invitation de M. le Président M. Raoul Combes prend place parmi ses 

Confrères. 

PÉDOLOGIE. — Tendances actuelles de la pédologie dans les régions tropicales 
et subtropicales. Note de MM. Albert Demolon, Georges Aubert et 
Stéphane Hénin. 

Une conférence réunissant les pédologues des divers pays tropicaux et 
subtropicaux constituant le Commonwealth vient de se réunir en Angleterre. 



6 ■ ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ayant été invités à y prendre part, nous dégagerons une vue .d'ensemble des 
tendances qui s'y sont manifestées. *." i ' 

Dès l'origine, le point de vue nouveau apporté par la. pédologie a été de 
considérer le sol comme une entité résultant de l'évolution d'une même roche 
mère, le facteur actif de cette évolution étant le climat. Cette conception 
trouve une éclatante confirmation dans le fait que les latérites peuvent se 
former sous le climat tropical humide à partir de roches mères très variées et 
non pas seulement sur un substratum volcanique basique comme certains le 
prétendaient. 

L'unité du sol étant due à ce que ses divers constituants résultent d'une 
même dynamique, le type d'évolution doit être pris comme base d'une classifi- 
cation naturelle des sols. Ceci implique que l'on puisse déduire des caractères 
des divers horizons constituant le profil, l'histoire de celui-ci. L'appréciation 
de ces caractères est donc d'une importance fondamentale et en tout premier 
lieu, l'identification de la roche mère. Par ailleurs,. quel que soit le sens que 
l'on attribue aux particularités d'un profil, ilest essentiel que sa description 
soit strictement objective. A cet égard les pédologues américains ont proposé 
une é_chelle de couleurs d'un emploi particulièrement commode; d'autres cher- 
cheurs ont tenté de préciser les termes définissant la structure des horizons du 
sol. Ces caractères morphologiques sont malheureusement insuffisants pour 
reconstituer la genèse du sol, et il est nécessaire de recourir à une étude miné- 
ralogique et physico-chimique du milieu. 

Par ailleurs, la signification génétique des divers caractères et leur valeur 
déterminante peuvent être établies par la mesure de leur variation en fonction 
des facteurs de l'évolution, par exemple du climat, en recherchant des corréla- 
tions entre ces données. 

La détermination de la genèse du sol est d'autant plus délicate qu'aux 
facteurs climatiques agissant suivant la verticale sur une roche mère constante 
s'en ajoutent d'autres, en particulier l'érosion. Celle-ci, en provoquant des 
déplacements latéraux de substances peut, soit substituer d'une manière plus 
ou moins complète à la roche mère des éléments différents, soit" masquer par 
un remaniement des couches l'effet de l'évolution verticale. Aussi est-on 
souvent amené à distinguer sur le terrain trois zones localisées par rapport 
au relief : le plateau-, où l'évolution continue. à se produire de bas en haut; 
la pente, où l'érosion attaque le sol, parfois jusqu'au substratum géologique; 
enfin, la vallée, où s'accumulent les éléments arrachés à la partie supérieure 
et où la présence d'un plan d'eau élevé provoque la formation de types 
spéciaux tels que les sols tourbeux. L'application systématique de cette obser- 
vation conduit à l'emploi de la méthode dite des catena où l'on cherche à 
définir, pour chaque substratum initial, une séquence de sols liée à la topo- 
graphie. Ces principes ont été appliqués particulièrement dans l'Est africain 
et le Sud du Soudan anglo-égyptien. , * 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48. 7 

Sauf de rares exceptions, le sol porte une couverture végétale. Celle-ci est 
à la fois un indice de sa nature et un facteur de son évolution; en effet, elle 
créé un microclimat local particulier; elle agit. sur la composition du milieu 
par la production de matière organique; elle intervient également en créant 
dans le profil un régime hydrique variable qui modifié les mouvements de 
substances. Aussi de plus en plus phyfosociologues et pédologues associent-ils 

leurs efforts. 

Les différents aspects que prend ainsi la dynamique des sols créent de 
sérieuses confusions quand on cherche à les classer. Aussi voit-on s'opposer 
deux tendances : Tune visant à adopter une classification purement morpholo- 
gique, basée sur les caractères apparents du profil; l'autre, fidèle au principe 
génétique, tient compte avant tout du mode et du stade d'évolution, 

La première conception a l'avantage de permettre immédiatement une carto- 
graphie générale, mais les caractères apparents n'ont souvent qu'une valeur 
subjective et la classification est alors plus ou moins arbitraire; lorsque les 
caractères considérés ont une valeur utilitaire, en ce sens qu'ils sont liés à 
certaines propriétés agronomiques, on aboutit à une conception plutôt écolo- 
gique que pédologique. D'ailleurs, la présence d'un même caractère du profil 
peut correspondre à des dynamiques très différentes : ainsi, la présence de 
gravillons ou même de cuirasses ferrugineuses, à faible profondeur ou en 
surface peut être due à l'influence combinée de la végétation et de l'érosion, 
soit, au contraire, comme on tend de plus en plus à l'admettre, au dépôt de 
ces éléments à la surface d'une nappe phréatique élevée. 

Quant au concept d'évolution, le plus logique, il se heurte à la difficulté 

de caractériser la genèse du sol, ce qui implique des études de laboratoire 

poussées. Dans l'état présent des choses, les deux tendances coexistent sans 

• qu'on soit arrivé jusqu'ici à une classification et une cartographie de caractère 

universel. , 

La pédologie donne lieu de plus en plus à un travail extensif, imposé par 

les besoins économiques et alimentaires actuels. 

La prospection des sols s'impose en effet avant toute extension des surfaces 
cultivées dans les territoires d'outre-mer où des aires considérables sont 
impropres à la culture, notamment en Afrique. Les problèmes à envisager sont 
d'ailleurs assez différents selon qu'il s'agit de l'agriculture indigène ou de 
l'exploitation européenne. 

La première est en général destructrice de la fertilité; elle épuise en quel- 
ques années les réserves nutritives puisées en profondeur et ramenées en surface 
parla végétation forestière ou arbustive; elle nécessite alors un déplacement 
des cultures et même des populations. Il convient dans ce cas de tendre vers 
une agriculture permanente, conservatrice de la capacité productive du sol; 
une combinaison judicieuse de l' agriculture et de l'élevage en constitue l'un 
des éléments essentiels. 



8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

La seconde doit rechercher pour les mettre en valeur, des sols de qualité en 
s'appuyant sur l'observation des plantations existantes; une expérimentation 
bien organisée lui permet de fixer les techniques susceptibles de conduire à des 
rendements élevés. Comme elle est exportatrice, la fertilisation doit venir 
assurer les restitutions indispensables au maintien de la productivité dans des 
conditions rentables. V ^ 

D'une façon générale, si l'onrenconlre des sols renfermant des réserves miné- 
rales satisfaisantes, comme certains d'origine volcanique relativement jeunes, 
d'autres sont chimiquement très pauvres, en raison du lessivage intense et continu 
auquel ils sont soumis. Leur déficience phosphocalcique très accusée présente 
une importance particulière, non seulement par ses conséquences sur le déve- 
loppement des cultures, mais encore par ses répercussions sur l'élevage et les 
populations humaines. De nombreux exemples démontrent qu'on ne saurait 
trop s'en préoccuper en vue de l'amélioration des conditions alimentaires 
actuelles du bétail et des hommes. 

BIOLOGIE. — Sur un œstrogène radioactif '. Noie de MM. Pierre Sue, 
Jean Jacques, Alain I Joue au et Robert Courrier. 

Nous avons publié ici même, l'an dernier, les résultats de nos recherches sur 
un nouvel œstrogène artificiel : l'acide diméthyléthylallénolique ( i ). En intro- 
duisant dans la molécule de cette substance un atome de brome, il nous a été 
possible d'obtenir un œstrogène nouveau, encore très puissant, que nous 
pouvons rendre radioactif par l'halogène qu'il contient. Nous avons utilisé le 
brome à défaut du carbone 14 que nous ne possédons pas encore en France. 

Les essais entrepris pour rendre radioactive une substance à activité hormo- 
nale ne sont pas encore nombreux. Il y a plusieurs années, nous avons tenté 
sans résultat l'étude de l'iodacétate de testostérone avec du radioiode. Ensuite 
nous avons pu préparer, en collaboration avec F. Joliot, une thyroxinè radio- 
active dont i, atomes d'iode sur 4 étaient marqués (-). Depuis, P. et R. Daudel, 
M. Berger, Buu-Hoï et A. Lacassagne ont obtenu le bromotriphényléthylène 
radioactif au moyen du radiobrome( 3 )- R. D. Turner a préparé une testostérone 
radioactive avec du carbone 14 ( A ); enfin la Commission américaine de 
l'Énergie atomique a annoncé qu'elle fournirait bientôt aux chercheurs du 
sulfate d'œstrone marqué ( 3 ). 

Il faut, bien entendu, utiliser des substances qui retiennent sur leur molécule 
l'élément radioactif après leur introduction dans l'organisme. 

(*) Courrier, Horeau et Jagques, Comptes rendus, 22k, 194^ p- 1 4oi. 

( 2 ) Joliot., Courrier, Horeau et Sue, Comptes rendus, 218, 1944» P- 769. 

( 3 ) Eœperéntia, % 1946, p. 107. 

{*) Science, iQhj, p. 248. - : ■ 

( 5 ) Science, 9 avril 1948, p. 366. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 9 

L'acide diméthyléthylallénolique est un^œstrogène très actif et son sel de 
sodium est soluble dans féau. Il en est de même pour son dérivé brome. On 
peut ainsi l'utiliser en injection intraveineuse, ce qui facilite sa diffusion rapide 
et sa détection. 

L'éther méthylique de noire acide fixe un atome de brome sur le noyau 
naphtalénique. Il suffit de faire agir une solution de brome dans le tétrachlorure 
de carbone sur l'œstrogène dissous dans le même solvant. La réaction est très- 
rapide. L'acide bromhydrique formé est éliminé ensuite par évaporalibn à sec. 
On recristallise l'oestrogène brome dans l'alcool éthylique aqueux. Le 
rendement, même lorsque la synthèse est effectuée sur des quantités de l'ordre 
de 2 à io 1IÏS se situe aux environs de 80-90 % après deux recristallisations. Gel 
acide bromo-dimélhyléthylallénolique se présente sous forme de fines écailles 
nacrées et fond à i85-i86°, alors que le corps initial fond à 139-140 .' Analyse : 
C 18 H 21 3 Br. Trouvé, Br : 22,6; ; cale. , 21,9. 

L'atome de brome est solidement fixé sur la molécule de cet œstrogène 
artificiel. On l'a vérifié en essayant de provoquer un échange entre le brome 
organique et une solution ionique de radio-brome. Après séparation, l'œstro- 
gène brome n'est pas devenu radioactif. 

Celui-ci possède une activité physiologique intéressante. Nous avons déjà vu 
que Féther méthylique de Tacide diméthyléthylallénolique agissait à la dose 
de i,5 à 2 y sur nos Rates castrées. Le corps brome est actif entre 10 et 207 : 
les injections étant faites en une seule fois et en solution aqueuse (sel de 
sodium). Soulignons que les animaux utilisés pour nos dosages sont très peu 
sensibles aux œstrogènes. 

Ces conditions étant fixées, il devenait facile d'obtenir un acide diméthyl-, 
éthylallénolique brome radioactif en fixant sur le noyau naphtalénique du brome 
marqué. 

Le radiobrome est obtenu en irradiant du bromure d'éthylène par les 
neutrons produits par le cyclotron du Collège de France. La concentration des 
radiobromes, de périodes 4,4 et 34 heures, a été étudiée suivant différentes 
techniques dont nous rendrons compte ultérieurement. Le mélange des deux 
isotopes renferme une forte proportion du brome 4,4 heures. On comprend 
alors que l'activité décroisse très rapidement, puisqu'au bout de peu de temps 
elle n'est due qu'à l'isotope 34 heures qui est peu abondant. 

Nous pouvons cependant dès maintenant déceler, après plusieurs jours, 
des quantités d'œstrogène inférieures au y. Cette limite est beaucoup abaissée 
dans les expériences de plus courte durée où l'isotope de période 4,4 heures 
est prépondérant. 



I0 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

BIOLOGIE. — 'Sur la distribution spatiale des organes d'un groupe homéotype 

Note (*) de M. François Grand je an. 

Les cas difficiles ou douteux mis à- part, un groupe homéotype d'organes se 
présente à nous, dans une espèce ou une race, à un âge déterminé de 
l'ontogenèse, de l'une des trois manières suivantes : 

1. En orthotaxie lorsqu'il est toujours formé, quelque soit l'individu qui le 
porte, des mêmes organes en nombre n constant, occupant les mêmes places 
relatives. Mêmes organes veut dire qu'un organe quelconque du groupe, une 
fois défini' sur un individu, se reconnaît sans ambiguïté sur tous les autres 
individus, de telle sorte que l'on puisse employer, pour désigner cet organe, 
une notation (ou un nom) qui n'appartienne qu'à lui et à ses homologues. Faute 
d'un meilleur mot, j'appelle personnalité cette qualité d'un organe. 

Exemples, — Les dents d'un homme, les poils de presque tous les Oribates, 
les verrues génitales de presque tous les Acariens actinochitineux, les cellules 
en nombre fixe qui composent le corps d'un Rotifère, etc. 

Lorsque le nombre n est quasi constant, il peut, y avoir orthotaxie à 
condition que ce soit seulement une conséquence du caractère aléatoire de 
certains organes du groupe, ces organes aléatoires étant aussi personnels que 

les autres. 

2. En pléthotaxie quand les emplacements et le nombre n des organes 
qui le composent varient beaucoup d'un individu à l'autre, de telle sorte qu'il 
soit impossible de faire correspondre à chaque organe du groupe, quand on 
change d'individu, un organe homologue. Les organes pléthotaxiques ne sont 
pas susceptibles de recevoir des notations. Ils ne sont pas personnels. Ils sont 
en désordre, c'est-à-dire n'ont pas, sur l'ensemble des individus, une distri- 
bution spatiale déterminée et régulière. Leur nombre est d'autant plus 
variable, d'un individu à l'autre, qu'il est en moyenne plus grand. 

Exemples. — Les cheveux d'un homme, les poils d'un Trombidion, les verrues 
génitales d'un Arrhenurus, les cellules en nombre variable qui composent la 
plupart des organes des Vertébrés, etc. 

3. En cosmiotaxie ( 4 ) quand les organes du groupe, quoique en nombre 
variable, sont distribués d'une manière définie, la même sur tous les individus. 
Ordinairement les organes se touchent et forment des rangées régulières. 
A cause de cette régularité, un organe quelconque peut être désigné simple- 
ment, sur chaque individu, par des coordonnées de numérotage, mais ces coor- 



(*) Séance du 28 juin 1948. 

(*) Mot nouveau, de x^to; f en bon ordre, et to^ic arrangement. On pourrait dire 
pléthotaxie régulière, mais cette expression a des inconvénients. J'emploie. les termes 
orthotaxie et pléthotaxie depuis ig43 {C. R. séances Soc. phys. et hist. nat. Genève, 60, 
p. 118). ♦ 



SÉANCE DU 5 JUILLET IO,48. m 

données ne sont pas des notations. Elles ne désignent pas le même organe sur 
tous les individus. Comme en pléthotaxie il est impossible de faire correspondre 
à chaque organe du groupe, quand on change d'individu, un organe homo- 
logue. Les organes cosmiotaxiques ne sont pas personnels. 

Exemples. — Les rémiges d'un oiseau, les flagelles alignés (ou les cils) de 
nombreux grands Flagellés et d'Infusoires, les os dermiques d'un Ceralodus, 
certains épithéliums pavimenteux à cellules hexagonales, un massif de cellules 
disposées comme dùns la multiplication des bactéries du genre Sarcina, etc. 

Ce sont les rapports és'tflutifs^ entre Vorbho- la plétho- et la oosmiotaxie 
qui donnent son principal intérêt au classement que nous venons de faire. 

Comparée à la plétho- ou à la cosmiotaxie, l'orthotaxie est primitive. Toutes 
les fois que l'on saisit des passages, dans un phylum, à un niveau quelconque 
de l'évolution, pour un groupe quelconque d'organes homéotypes, entre une 
distribution ortholaxique et une des deux autres sortes de distribution, on 
est amené à conclure que rorthotaxie a précédé l'anorthotaxie dans le temps 
phylogénétique T (j'appelle anorthotaxie l'ensemble de la plétho- et de la 
cosmiotaxie). '--.'_ 

Cette règle n'a pas d'exception chez les Acariens que j'ai observés, et l'on 
verrait sans doute qu'elle s'applique aussi constamment ailleurs, à la seule 
condition d'être vérifiable, c'est-à-dire pourvu que le phylum étudié contienne 
encore des cas d'orthotaxie. Elle signifie qu'un phénomène multiplicateur du 
nombre des petits ( 2 ) organes agit dans tout le monde vivant et qu'il a frappé, 
frappe, ou frappera des organes extrêmement divers, à des époques du 
temps T qui dépendent à la fois de la nature des organes, de la place* occupée 
par eux, et des phylums. 

Le phénomène multiplicateur, un des plus importants de l'évolution, a 
détruit déjà l'orthotaxie primitive de presque tous les groupes de petits 
organes dans quelques phylums, chez les Vertébrés par exemple. Il a moins 
affecté d'autres phylums. En gros on peut le rendre responsable de l'augmen- 
tation de taille des individus dans certains rameaux phylétiques puisqu'il est 
capable de multiplier le nombre des cellules et que celles-ci, alors même 
qu'elles deviendraient plus petites à mesure qu'elles se multiplient davantage, 
ne peuvent pas descendre, dans chaque phylum, au-dessous d'une certaine 
dimension. 

Il faut considérer le phénomène multiplicateur, comme une orthogenèse 
progressive. Ses effets dans le temps l 1 ne sont pas réversibles. Ils augmentent 



( 2 ) Les nécessités de la vie s'opposent vraisemblablement à la multiplication des gros 
organes complexes. Cependant des Planaires ont acquis plusieurs pharynx. Pour les petits 
organes élémentaires, on constate ordinairement que la vieillesse dans le temps T, la force 
au sens de la priorité, ou une spécialisation antérieure, sont des obstacles à la multi- 
plication. 



12 



ACADÉMIE DES SCIENCES, 



depuis une époque initiale T jusqu'à une époque T ± où ils restent station- 
nâmes, laissant les organes en plétho- ou en cosmiotaxie. Cela ne veut pas dire, 
bien entendu, que la multiplication soit le seul avatar possible dans un groupe 
d'organes homéotypes. La réduction numérique est aussi fréquente, mais 
celle-ci ne produit jamais des résultats inverses de ceux que nous venons 
d'attrrbuer au phénomène' multiplicateur. Elle obéit à d'autres lois. A partir 
d'une anorthotaxie franchement accusée, c'est-à-dire à n grand et variable, 
elle est incapable d'engendrer une orthotaxie. Si elle s'exerce, ce qui extrê- 
mement commun, aux dépens d'une orthotaxie, elle en tire une autre 

orthotaxie. 

Dans le temps ontogénétique fia multiplication des organes est progressive 
également. On'ne passe jamais non plus, au cours du développement d'un 
animal, de F anorthotaxie à l'orlhotaxie. Chez les Acariens, par exemple, si un 
adulte est orthotaxique a l'égard d'un groupe homéotype d'organes, sa larve 
l'est aussi. Si un adulte est pléthotaxique, sa.larve est déjà pléthotaxique, ou 
encore orthotaxique. 

Ce dernier cas, qui est heureusement le plus commun, est précieux puisqu'il 
nous montre des étapes du changement. Chez certaines espèces les organes 
nouveaux apparaissent dans les rangées orthotaxiques et le nombre n augmente 
sans qu'il y ait désordre. En continuant on aurait directement une cosmiotaxie. 
Chez d'autres espèces les organes nouveaux ne s'alignent pas sur les anciens. 
Il y a pléthotaxie et le désordre est très apparent; mais à mesure que 
n augmente, ce qui uniformise les organes du groupe, les rapproche les uns 
des autres et diminue généralement leur taille, le désordre devient plus fin et 
par conséquent moins visible. 



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A 

Il doit même théoriquement disparaître si les n organes sont tous pareils et 
que, multipliés au maximum, ils ne laissent plus entre eux aucun jeu. 

Imaginons par exemple une boîte rectangulaire dans laquelle on met des billes 
identiques entre elles. La figure A schématise une distribution orthotaxique 
de ces billes, la petite croix qui est au centre de chaque bille voulant dire que la 
place de l'organe est déterminée (la bille est clouée au fond de la boîte, par 
exemple). La figure B schématise une distribution pléthotaxique que l'on peut 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48- l % 

supposer provenir de A. Les billes sont plus petites et plus nombreuses. Elles 
ne sont pas en nombre suffisant pour couvrir tout le fond de la boîte et elles 
sont libres. Elles pourraient se déplacer et réaliser une infinité d'autres distri- 
butions plélhotaxiques équivalentes. La figure C schématise la distribution que 
l'on obtiendrait à partir de B. si Ton augmentait au maximum le nombre des 
billes en leur imposant la condition de ne former qu'une seule couche. Pour 
que n ait sa plus grande valeur, il faut que les billes, leur taille étant donnée, se 
disposent en rangées régulières et parallèles; donc il faut que la pléthotaxié 
s'efface et devienne une cosmiotaxie. 

Ainsi, de A à G, on a passé indirectement à la cosmiotaxie. L'ordre initial, 
s'il existait (car des organes orthotaxiques n'ont pas toujours une distribution 
régulière ), a été d'abord détruit, puis areparu avec d'autres caractères. 

EMBRYOGÉNIE. — L'induction organisatrice hermaphrodite d& l'appareil 
reproducteur ; fonction essentielle des gonocytes primordiaux, chez les 
-Vertébrés. Note (*) de M. Paul Wintrebert. 

On distingue généralement dans l'œuf des Vertébrés deux.grandes régions, 
le germen et le soma, la première édifiant l'appareil reproducteur, la seconde 
le reste du corps; mais les embryologistes ne s'entendent pas sur la valeur 
respective de ces régions, la nature de leurs relations réciproques et le méca- 
nisme de leur activité. En ce qui concerne le développement de l'appareil 
reproducteur, les uns considèrent les gonocytes primordiaux, qui représentent 
le germen, comme des éléments passifs, ne prenant aucune part à l'organisation 
génitale et font dériver celle-ci du mésoderme latéral d'origine somatique 
(École américaine de Witschi, Humphrey, etc.) ( 1 ). Les autres, à l'opposé, 
exaltent la puissance du germen, qu'ils estiment indépendant du soma: ils en 
font un centre de vie autonome, générateur, à travers la descendance, d'une 
lignée continue, immortelle, vivant en parasite dans le soma périssable, sans 
en subir l'influence (Nussbaum, Weismann, Bounoure) ( a ). Entre ces deux 
thèses contradictoires, le débat est toujours pendant; pourtant, si l'on en juge 
par le résultat d'expériences qui paraissent décisives, aucune d'elles n'est 
valable. D'une part, en effet, la destruction, ou l'ablation des gonocytes pri- 
mordiaux, pratiquée chez les Oiseaux [V. Dantschakoff ( 3 )] et chez les Amphi- 
biens [L. Bounoure (*)], suffit à empêcher là formation de l'appareil génitaL 
D'autre part, l'échange, par ablation et greffe de volets latéraux de l'abdomen, 



(*) Séance du 28 juiïi 1948. 

C 1 ) R. R. Humphrey, Journ. exper. Zoology, 65, 1900, p. 262 et 2^6. 

( 2 ) L, Bounoure, Annales Soi. Nat. Zoologie, 17, 19^4, p. ao4 et 186. 

( 3 ) La cellule germinale, ig34, Paris. 
(*) Comptes rendus, 201, rg35, p 1228. 



l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

entre jeunes têtards d'Amphibiens (R. R. Humphrey) ( j ), révèle que le volet 
somatique greffé, étranger à l'hôte qui fournit les gonocyles primordiaux, 
impose à la gonade son sexe génétique et interrompt ainsi le destin sexuel des 
gonocytes primordiaux. Cependant l'élimination complète de ceux-ci reste à 
discuter. - 

On peut, en- effet, séparer la détermination sexuelle de l'état spécifique, 
arguer qu'en dehors de la sexualité la lignée germinale persiste et que les gono- 
cytes primordiaux, déchus de leur sexe, n'en continuent pas moins leur évolu- 
tion. On crée ainsi deux centres génitaux indépendants : un centre germinal, 
organisateur de l'appareil, et un centre somatique, différenciateur du sexe. 
C'est le point de vue qu'adopte Et. Wolff ( 5 ) à propos de l'expérience d'Hum- 
phrey, en attribuant à la glande interstitielle, somatique, la maîtrise sexuelle de 
la gonade et en la dotant du pouvoir d'inverser le sexe des gonocytes pri- 
mordiaux. 

Certes, la prévalence hormonale de la glande interstitielle ne fait pas doute et 
la précosité de son action est démontrée (Ancel et Bouin) (°); mais la question 
est tout autre. Il s'agit de savoir si cette glande possède une initiative sexuelle 
autonome, un pouvoir de détermination propre, si elle est capable non seule- 
ment d'effacer le sexe génétique, déjà engagé, des gonocytes primordiaux, mais 
de leur en imposer un autre. 

En principe, ce renversement de fonction est inadmissible: l'évolution 
cytologique, constructive est chimique, donc irréversible, comme l'est toute 
mutation. C'est la raison pour laquelle les changements de sexe se produisent 
à partir de nouveaux gonocytes corticaux et non par inversion des gonocytes 
préexistants. En fait, les injections d'hormones sexuelles antagonistes, 
pratiquées dans l'œuf de poule par Et. Wolff et Ginglinger ( 7 ), montrent 
nettement que les gonocytes, déjà déterminés sexuellement, dégénèrent, tandis 
que les gonocytes corticaux de nouvelle génération, encore vierges de toute 
détermination sexuelle, subissent, sans dommage, la loi de l'hormone injectée, 
avant que ne se déclenche leur induction sexuelle propre. Quant au facteur 
interstitiel, l'hypothèse d'Et. Wolff se heurte à la constatation formelle, qu'au 
cas d'une détermination génétique femelle, à l'état normal, l'ébauche tesli- 
culaire des cordons médullaires, née la première, dégénère tout entière, tissu 
interstitiel compris. Celui-ci ne possède donc pas une initiative sexuelle indé- 
pendante, une vie propre, autonome, lui donnant le pouvoir de prendre les 
devants dans l'établissement du sexe femelle, qu'il détient. 
. Le problème causal de l'édification génitale est donc loin d'être éclairci. 
Pour tenter de le résoudre, je l'envisagerai sous plusieurs aspects. 

( 3 ) Et. Wolff, Les changements de sexe, 1946, p. 181, Gallimard, Paris. 

(°) Ancel et P. Bouin, C. JR. Soc. BioL, 55, igo3, p. 1689,. 

( 7 ) Eu Wolff et Gingliger, Arch, Anat. Hist. EmbrjoL, 20, 1935. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. l5 

{.La fonction organisatrice des gonocytes primordiaux. — J'ai proposé 
en 1934 (*) de donner aux gonocytes primordiaux le pouvoir d'induire les 
cellules de la crête^ cœlomique en gonocytes secondaires organisateurs. 
Depuis 1934? des observations cytologiques précises sont, venues confirmer le 
bien-fondé de cette suggestion. Comme l'a bien vu Bounoure ( 2 ), les gonocytes- 
primordiaux des Amphibiens, tout au long de leur migration vers le .haut du 
cœlome) désagrègent et dissolvent progressivement le déterminant germinal: 
Ils élaborent, grâce à lui, une sécrétion dont la nature organisatrice, révélée 
par la formation même de la gonade, est inscrite sur les coupes de la crête 
germinative en prolifération, par la transformation progressive, in situ, des 
cellules cœlomiques en gonocytes secondaires, au contact des gonocytes 
primordiaux. ; 

II. La signification du germen. — Les partisans de la lignée germinale indé^ 
pendante et continue ont fait du germen un cytoplasme spécial, une entité. La 
réalité est tout autre. Trois groupes de faits en témoignent : i° Le déterminant 
germinal est une enclave lipoïde dont les particules, englobées et aussitôt éla- 
borées par les macromères vitellins du pôle végétatif, transforment les blasto- 
mères qui les ont captées, en gonocytes primordiaux. 2°.Le cœlome, terme 
du voyage des gonocytes primordiaux, est dérivé de la plaque mésodermique 
latérale, dont l'origine est somatique; sans lui, pas de gonade, ni d'appareil 
reproducteur. La formation de celui-ci est donc l'œuvre commune du soma et 
du germen. 3° L'expérience d'Humphrey ne laisse çTautre part, aucun doute 
sur l'intervention organisatrice et sexuelle du, soma. 

L'unité de l'œuf, ainsi rétablie, appartient au nucléoplasme, partout sem- 
blable à lui-même et dirigeant ses déterminations avec le concours des enclaves. 
La pluralité de celles-ci n'altère en rien son action; elles ne sont pour lui que 
des matériaux à élaborer, des moyens de construction, des éléments de déter- 
mination. L'enchaînement des inductions, élaborées grâce à elles, relie le 
germen au soma, dans une coopération étroite et ordonnée. 

III. Le caractère hermaphrodite de F induction organisatrice germinale. — 
L'hermaphrodisme de la première ébauche génitale est évident et d'ailleurs 
incontesté, tant au niveau des gonades que dans les tractus génitaux. La seule 
question qui se pose est donc de savoir pourquoi les auteurs s'obstinent à en 
chercher l'explication dans le cadre de la sexualité. Ils dénaturent celle-ci ; ils 
vont jusqu'à la déclarer indifférente, bipotentielle, bivalente, alors, que son 
caractère essentiel est d'être exclusive et unisexuelle. Ils réduisent ainsi à néant 
le facteur même qu'ils préconisent. Mais ils ont beau minimiser, ou déformer 
la sexualité, ils n'aboutissent pas à l'hermaphrodisme. Les deux facteurs sont 
d'origine et de nature différentes ; la sexualité signifie concurrence, antagonisme, 
conflit des hormones; même affaiblie, elle garde son caractère unisexuel; 



(*) P. WïntreberTj C. jft..Soc. BioL, 116, 1934? p. 694. 



l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. ' ' 

l'hermaphrodisme est, au contraire, la coexistence fonctionnelle et pacifique 
des deux sexes. Les hormones mâle et femelle se neutralisent, s'annihilent, 
auquel cas, sans hermaphrodisme, il n'y a pas de sexe,, et si Tune devient 
dominante, il n'y a qu'un sexe. 

Les hormones embryonnaires, imaginées par Witschi (°), ont le même 
caractère d'opposition que les hormones définitives et le fait qu'on ne saisit pas 
le substratum de leur origine, avant la naissance des formations qu'elles sont 
censées produire, empêche qu'on les tienne pour organisatrices. Au contraire, 
la sécrétion de l'induction germinale hermaphrodite est soulignée $>ar des 
signes cytologiques manifestes dans les gonocy tes primordiaux et secondaires. 

Sans doute, le maniement expérimental des hormones a-t-il concentré 
l'attention sur la sexualité et suscité l'espoir d'expliquer, par elle, le méca- 
nisme normal de l'ontogenèse génitale; mais c'est, avant tout, l'ignorance 
de l'induction organisatrice des gonocytes primordiaux qui a, dans la 
recherche des causes, forcé les embryologistes à se rabattre sur la sexualité. 



CHIMIE BIOLOGIQUE. — Les actions de la streptomycine sur les graines 
en germination des plantes vertes et sur les polynucléotides. Note (*) 
de MM. Hans von Eçler, Mario Bracco et Léo Heller. 

Quand on fait germer des graines de plantes vertes, par exemple d'orge, sur 
du papier à filtrer, imbibé de solutions de streptomycine plus concentrées que 
2 ms par millilitre,, les coléoptiles et les premières feuilles des plantes sont 
complètement blanches; à l'examen microscopique on observe, au lieu de 
chloroplastes, seulement des leucoplastes.. Quand les graines germantes sont 
en contact avec des solutions de streptomycine moins concentrées, les extré- 
mités des feuilles qui se développent sont vertes, tandis que la base et la partie 
centrale des feuilles sont blanches. Le même effet a été obtenu avec les graines 
de toutes les plantes étudiées : Secale céréale, Pkleumpratense, Lolium perenne, 
Festuca elatior, Festuca duriuscula, Raphanus radicicola, Lacluca sativa et Spinacia 
glabra. 

Si l'on soumet des plantules obtenues normalement à l'action de la streptro- 
mycine, la chlorophylle déjà formée ne disparaît pas, tandis que, si l'on fait 
germer les graines dans une solution de streptomycine, les feuilles se déve- 
loppent étiolées et incapables de verdir à la lumière. 

Nous pouvons retarder ou arrêter la chlorophyllogenèse dans les plastides 
dés feuilles étiolées; par exemple les feuilles incolores, détachées de l'intérieur 
d'une tête de Brassica Botrytis ou de Lactuca sativa, qui normalement verdissent 

(") Cold Spring liarbor Sympôsia, 10, iQ/ja, p. i/j5.- ■ ^ 

(*) Séance du 28 juin ig48. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. lf] 

à la lumière en quelques jours, restent blanches ou irès.pâles quand elles sont 
exposées à la lumière dans une solut ion de streptomycine. 

Quant au mécanisme de l'action anti-chlorophyllogènë de, la streptomy- 
cine, nous voudrions mettre en évidence la faculté que possède la streptomy- 
cine de précipiter la chloroplastine (- 1 ). ^ 

Les chloroplastes renferment de la chloroplastine ( 3 ). Celte substance se 
présente comme une combinaison de chlorophylle avec des protéines, des 
lipides et des acides nucléiques (*■). On peut donc conclure, que la précipi- 
tation de la chloroplastine et des autres composants des chloroplastes, qu'on 
obtient avec la streptomycine, est causée par leur teneur en acides nucléiques. 

La streptomycine précipite les acides ribonucléiques et désoxynbonucléiques 
et les nucléoprotéides correspondants. Elle ne peut pas être remplacée par 
une autre substance -connue d'origine naturelle, mais nous avons réussi à 
employer comme précipitant deux produits synthétiques, contenant, comme la 

streptomycine, deuxgroupesdeguanidineparmolécule( 4 ),àsavoirlasynthaline 
et la diméthylène-diguanidine-1.2. Les molécules de ce type, portant deux 
groupes de guanidine à une certaine distance l'un de l'autre, semblent posséder 
une affinité spécifique envers les dérivés des nucléotides. 

A quel point de la chlorophyllogenèse l'intervention de la streptomycine 
a-t-elle lieu? La chlorophyllogenèse peut être interrompue dans une phase de 
la synthèse chlorophyllienne, mais cette interruption peut aussi avoir lieu à un 
point antérieur àw développement de la chlorophylle. 

A. Guillermond ( B ) a montré le premier que les chloroplastes et les autres 
piastides se forment par différenciation des chondriosomes. Les chloroplastes 
ont une constitution très voisine de celle des chondriosomes, et elles sont, dans 
les végétaux chlorophylliens les plus évolués, le résultat de la différenciation 
de petits organites/ désignés sous le nom de leucoplastes. On peut attribuer à 
ces organites le caractère des liponucléoprotéides. Du moins, nous n'avons 
trouvé aucune différence dans les cellules animales entre les. précipitations des 
microsomes, des mitochondries et des piastides. 

On. peut donc supposer que la streptomycine influence déjà les premières 



( A ) M. Bracco et H. Von Euler, Kemiska Arbeten,ÏSy îô]jdll, 9 mai i 9 4 7î 10 novembre 
1947, 10 mars 1948. 

(*) A. Sto'll^Wi Congr. intern. di Chimica, -Rome, 1988, p. 206; la chloroplastine 
est désignée sous le nom de chloroplasten-substanz, par W. Menke (Z.. physioL Chem., 
257, 1938-1939, p. 43); sous le nom de chloroplast substance, par E. L. Smith (Journ.- 
Gen. PkysioL, 2Vi 9 4i, p. 565) et par G. L. Comar (Bot Gaz., 104, 1942-1943, p. 766). 

(') H. G. Duiïïjv et M. W.. Woods, Phytqpathology, 83, 1943, p. 766. ' 

( + ) Voir Sblman et A. Waksma-n,' Microbial Antagonisms and Antibiotic Substances. 
2 e édit., New- York, 19/17. ■ 

(«) Traité de Cytologie végétale, Paris,' i 9 33. ■',.. 

C. R,, 1948, 2* Semestre. (T. 227, N* 1.) 2 



ï8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

transformations des chondriosomes, qui sont accompagnées par des altérations 

histochimiques et morphologiques. 

Chez l'Orge nous trouvons des analogies entre les plantules blanches/obtenues 
par l'action de la streptomycine et les mutants déficiants de chlorophylle, 
obtenus par irradiation avec des rayons. X. Chetf.les mutants d'Orge du type 
Albina] Xantha et Alboxantha, Euler et Bergman (°) ont observé qu'un manque 
de chlorophylle est accompagné par une anomalie des chloroplastes, anomalie 
que nous avons considérée comme le premier et essentiel stade de cette 

mutation. 

Nous avons suivi aussi le développement des chloroplastes dans les feuilles 
d'Orge, traité par la streptomycine pendant la germination. Nous avons 
employé la méthode de l'observation vitale sur de minces coupes à la main et 
sur des couches mésophylliennes sous-épidermiqués, en solutions isotoniques 
de saccharose, où nous avons utilisé la fixation avec le réactif iodo-ioduré 
d'après Guiilermond ( 7 ). La coloration vitale par le vert Janus donne des ' 
"résultats trop inconstants dans ce type de tissu. Dans les feuilles, dont le 
sommet est déjà un peu vert (dans lesquelles l'effet de la streptomycine n'était 
donc pas maximum), on trouve, en partant de la base, tous les degrés de déve- 
loppement des chloroplastes. Mais, en comparaison avec les contrôles, les 
chloroplastes n'achèvent leur développement total qu'à une grande distance de 
la base; le nombre des chloroplastes mûrs par cellule est fortement réduit : à 
une distance de la base où, dans les contrôles, la paroi cellulaire est déjà 
complètement couverte de chloroplastes, on ne voit dans les feuilles traitées 
avec la streptomycine que deux à trois chloroplastes mûrs par cellule. La 
formation des granules d'amidon et le dépôt des pigments ont lieu aussi dans 
les feuilles traitées, mais ici lés chloroplastes sont souvent plus petits que les 
chloroplastes normaux. - 

Nous avons aussi suivi l'action de la streptomycine sur les plastides par une 
autre méthode : des couches épidermiques de AUium Cepa étaient mises dans 
des solutions de streptomycine (jusqu'à a ms par millilitre), rendues isotoniques 
avec du saccharose. Après deux heures, oh pouvait observer des agglomé- 
rations et de l'affaiblissement de la mobilité des chondriosomes, mais, à côté 
de ces cellules modifiées, il y avait toujours des cellules tout à fait normales. 

Nos expériences nous amènent à la conclusion, que c'est en réagissant avec 
les acides nucléiques et les nucléoprotéides des chondriosomes que la streptomy- 
cine modifie leur différenciation et leur division et influence le développement 
des chloroplastides. - 



( 6 ) Bot. Ber., 1, ig33, p. 283. 

( 7 ) /ta;. Gén. de Bot.,Z\, 1919, p. 38g. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. îg 

DÉSIGNATIONS. 

L'Union Inte «nationale d'Histoire des Sciences signale qu'elle a inscrit, 
dans son budget de 1949, une somme de 1 000 dollars pour la publication de la 
Correspondance de Lavoisier, et invite l'Académie à former un Comité qui sera 
chargé de diriger cette Publication. 

Ce Comité est ainsi constitué : le Bureau de l'Académie, la Section de 
Chimie, M™ de Chazelles, MM. Douglas Mac Kie, Jean Pelseneer, René 
Fric. 

Les Archives de l'Académie contiennent les minutes d'un assez grand 
nombre de lettres de Lavoisier, d'autres se. trouvent dans la collection de 
M me de Chazelles et dans diverses collections particulières. Un appel est adressé 
à toutes les personnes qui en détiennent pour qu'elles veuillent bien en faire 
connaître l'existence au Comité. 

CORRESP03VDAi\CE . 

M. le Secrétaire i»erpétuel signale parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

Association française pour l'étude du sol. Comptes rendus de la Conférence de 
Pédologie méditerranéenne (présenté par M. Demolon). 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Quelques propriétés et applications du balayage. > 
Note (*) de M. Marcel Brelot, présentée par M. Èlie Cartan, 

1. Rappel de quelques notions ( 1 )- ~ Si R T est l'espace euclidien à 
t^.2 dimensions, on raisonnera dans l'espace compact R T obtenu par adjonc- 
tion d'un point à l'infini. Soit le domaine O de complémentaire non polaire et 
de fonction de Green G P .( M) servant à définir des potentiels-G. Dans Û, 
l'extrémale ^ ou u de u sousharmonique ^o relativement à l'ensemble A c Ù 
est la plus grande fonction sousharmonique ^o égale à u quasi partout 
hors A. Notion analogue, pour v surharmonfque ^o(^ = — ^;) et pour une 
différence dont l'extrémale sera la différence des extrémales. L'extrémale est 
conservée par itération ou altération de A d'un ensemble polaire. Si 1/ est un 
potentiel-G, de même u et la nouvelle distribution de masses est dite obtenue 

par extrémisation relative à A ou balayage relatif à C a A (balayage extérieur 
de H. Cartan). 



(*) Séance du 28 juin iç>48- " . ^ r ' ' * ■ 

(\) Voir surtout Bremn, J. de Math., %k, i 9 45, p. i-3s et H. Camm*; Annales de V Univ. 
de Grenoble, section des Se. Math, et physiques, 22, 1946, p. 221-280. 



20 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Il est commode d'utiliser aussi sur Q la topologie fine de H. CarLan, telle que 
les voisinages d'un point P sont les ensembles contenant P et de complémen- 
taire effilé en P, et qui est la moins fine rendant continues les fonctions sous- 
harmoniques. Le qualificatif fin ou finement indique qu'une notion est prise 
dans cette topologie. On sait que, après une extrémisation relative à A, il n r y 
a plus de masses sur l'intérieur fin de A ( 2 ). 

2. Lemme. — Soient dans ù, u sous-harmonique ^K fini et kP ensemble 
ou u = K. Alors il n'y a pas de masses, associées sur V intérieur fin de A ( 3 ). 

Gomme il s'agit d'une propriété locale de R r , on se ramène (en diminuant ù 
puis altérant w au voisinage de la frontière et d'une constante partout) au cas 
de u^Oy polentiel-G ? venant s'annuler à la frontière, avec K<^o. Alors, 
relativement à l'ouvert co où « <^ K -h a (a ^> o assez petit) et dont l'adhérence 
est contenue dans Û, Pextrémale y vaut la solution du problème de Dirichlet H". 
Mais comme, l'ensemble des points-frontière où un domaine (de complé- 
mentaire non polaire) est effilé, est de mesure harmonique nulle pour ce 
domaine (■*), H" — K -h a d'où &f t = u sur A donc partout. 

3. -Soit A C O et la distribution £ P (masse i en P ). On sait que £ P ne charge P 

(et vaut alors £ P )que si GA est non effilé en P, que £ P -ne charge, hors E, ni les 
ensembles polaires, ni l'intérieur fin de A. De plus : 

Théorème. — £ P ne charge pas, hors P, V extérieur fin de A. Autrement dit le 
balayage de la masse unité en P relativement à un ensemble B, ri apporte pas de 
masses, hors P, sur l 'intérieur fih i de B. 

Considérons en effet t> = G P — G P sur un domaine co auquel P n'est pas 

adhérent. Il n'y a donc pas sur w de masses associées à v ou G sur l'intérieur 

fin de ensemble où G = G, donc sur l'intérieur fin de CA ( 5 ). 

Corollaire. — Soit u sous-harmonique ^o et A c£2; Vextrèmale & K a ne. dépend 
sur V adhérence fine de K que des valeurs de u sur la frontière fine de A. 

Cela résulte de u{ M) =/ udt u . 



( 2 ) Dire qu'un ensemble ne porte pas de masses, c'est dire qu'il est de mesure nulle pour 
la distribution des masses prise comme "mesure de Radon. 

Un énoncé plus précis est qu'il n'y a pas de masses sur le noyau de A, ensemble des 
points de £2 où CA. est effilé (et qui est la réunion de l'intérieur fin de A et de l'ensemble, 
d'ailleurs polaire, des points finement isolés de CA). 

( :î ) Identique ici au noyau de A. 

('<■) Voir de La Vallée-Poussin, Bull. Ac. Royale de Belgique (classe des*sciences), 
5 e série, 24, 1938, p. 685 (Note au bas de page) et une autre démonstration dans mon 
article du Bull. Soc. royale des Se. de Liège, 19,39, p. ^Z. On y suppose le domaine' 
borné, mais le passage à nos hypothèses est facile. 

( 5 ) La même méthode peut s'appliquera l'extrérnisation extérieure (balayage intérieur), 
mais le résultat s'exprime moins simplement. 



, SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 21 

4. Applications. — 1. Soient u la différence u 4 - — ih de deux potentiels -G de' 
masses ^o et À V ensemble où u est non définie ou nulle; alors &* = u quasi 
partout j et il n'y a donc pas de masses sur V intérieur fin de ' A ( a ) (intérieur qui 
ne dépend pas de la décomposition de u). 

Car on a« 4 = iu sur A, donc sur la frontière fine, puis u ] = u 2 sur A d'où 
«i — zi 3 = u x — « a quasi partout. 

Un peu plus généralement, si sur un ensemble/la différence de deux fonctions 
sous-harmoniqaes est non définie ou nulle., l'intérieur fin ne porte pas de 
masses de la distribution-différence. 

.2. Si u est un potentiel-G {de masses de signes quelconques) de même u + , u~ ? 
donc \-u\Ç' r ) ; u + , ir se déduisent de u par des extremis ations * 

Car si l'on décompose encore u — u^ — u % et si l'on prend pour A l'ensemble 
où u x <^ ù 2 (ou encore u A ^u^-) y on déduit u ± — u 2 sur la frontière fine, 

û û . " oc 

d'où a K = «2 sur A, puis (u x — 11^=11^ — w 2 quasi partout, et même par 
continuité fine, partout où les deux membres sont définis. 

Cette propriété de [ ï/ | permet d'améliorer un énoncé récent ( 8 ) affirmant la 
nullité d'une fonction harmonique satisfaisant à certaines conditions à la fron- 
tière; la condition pour la fonction? considérée d'être harmonique bornée 
pourra être remplacée par celle que v soit une différence de deux fonctions 
sous^harmoniques bornées (potentiel borné), et il sera entendu que le u de 
l'énoncé est nul là où v est nul. 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Remarque sur V interpolation newtonienne. 
Note de M, Gérard Kowalewski, présentée par M. Liie Cartan. 

Le théorème de Taylor peut être écrit de la manière suivante, dont je me 
sers depuis longtemps 

— j i ~_^\ [sgn(.r — m),— sgn(a? — u))f^(u)du. . 

Dans l'intervalle a.,, b contenant x et x , la fonction /(a?) est supposée 
continue jusqu'à sa dérivée d'ordre n 

1 (2; — u.) 71 — 1 r , , ' , ■ ., 

<&{œ, u) = — __ [ sgn ( x — u ) — sgn ( œ ^- u ) J ' 

(°) Bailleurs identique au noyau de A. • 

( 7 ) M. J. Deny à qui j'ai communiqué ce résultat en a obtenu une démonstration 
immédiate, seulement basée sur le fait que l'enveloppe inférieure de deux potentiels-G 
de masses ^o est de cette même nature. 

( 8 ) Comptes rendus, $26, 10,48, p. 1 499-1 5oo„ Application du théorème 1. 



22 ACADÉMIE DES SCIENCES, 

est un noyau de Fredholm que j'appelle le noyau taylorien. L'opération de 
Fredholm f 

®(x) = f ©(a?, u)y(u)'du 

conduit de <p(a?) à une fonction primitive d'ordre n 7 qui est déterminée par les 
conditions 

En se "servant de l'abréviation 

- /k) + ^-v'(-n) +■ • ■+ ( ^7_! o 1 ) ) " ! "' /"-' i (^) =■«*), 

on pourra écrire 

Fixons maintenant dans l'intervalle a. . .& les points ^, . . . , x n et formons 
avec ces points les polynômes de Lagrange 

et le polynôme d'interpolation 

■ 

Notre formule fondamentale (i) nous donnera une expression très remar- 
quable de la différence f{x) — <£(x). Nous en concluons d'abord 

Parce qu'on a%pour le polynôme t (x) du degré n — i 
on pourra écrire 

- ' r b - 

( 2 ) <Z(x)-t(x) = [^,£{x)%(x V) u)\f'*{u)du. 

En soustrayant (i) et (2) on trouvera 

(3) /(a?)-2A(j5)/(^).= f [$(;r, tt)- i 2J? p (a ? )©(^, «)!'/»!(«) rf M . 

L'écart entre /(a?) et le polynôme d'interpolation #(a?) s'exprime, comme on 
voit, par l'écart analogue formé pour le noyau %{œ, u\ regardé comme fonction 
de x, et par la dérivée /("'(a?). . 

Cette formule (3) subsistera encore, quand les points x ir , .., a?„ se 
confondent en 'quelques groupes. Toujours l'écart entre f(x) et son polynôme 
d'interpolation s'exprimera de la même façon par l'écart analogue formé pour 
&(à?, u) comme fonction de œ et par/» (2?). ; 



2. 



SEANCE DU 5 JUILLET 10,48. 23 

Remarquons enfin que dans la formule (3) on pourrait remplacer "£»■(#:, u) 
par ' 

fe O, «) — -— — -— _ S gn(^ — u), 

parce que la partie (i/a)|(;r— - u)"" 1 /^ — i) !]sgn(#v — «) de *fé(a?, «), poly- 
nôme du degré ;/ — r en œ 9 apporte à l'expression %(x, u) — E./^ v (^)^(^ v;? u) 
la contribution zéro. La formule (3) se réduira ainsi à 



(:n /(.,o-^A(^0/(^v)-/jr(.r W/ )^2A(^0^(^^01/'' l ..[^) 



du , 



L'interpolation newtonienne est de cette manière liée au noyau de Fredholm 

0C ( œ, t u) = S* ( .r , « ) — . 1 x\ ( # ) £* ('.r v , » ) , 

L'opération de Fredholm , ■ ' . 

<b(x)—i 'ûC(x; u)y(u)da 

conduit à une fonction primitive d'ordre n de ©(a?) déterminée par les conditions 

$ (^ ) ™ o, _. . . , <t> ( ;r n ) z= o. 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une méthode de calcul des images symboliques. 
Note (*) de M. Jean Norboh, présentée par M. Henri Yillat. 

13. van der Pol (*) a donné une méthode pour trouver, dans certains cas, la 
transformée de Laplace f(p) d'une fonction j(#?) solution d'une équation 
différentielle (E.) linéaire homogène ( 2 ). La méthode consiste à déduire de (E) 
une équation (F) de même type ayant f(p) pour solution, et son intérêt pro- 
vient de ce que si (E) est d'ordre n k coefficients polynômes de degré r en w, 
(F) est d'ordre r à coefficients de degré n en p. Si r<^ n f Tordre de l'équation 
est donc abaissé Çr solutions convenables de (E) donnent un système fonda- 
mental de solutions de (F). Il est naturel de se demander ce que sont devenues 
les (w — 7*) solutions de (E) qu'il faut adjoindre aux précédentes pour avoir un 
système fondamental de solutions. La réponse tient dans le fait que la trans- 
formée (F) de (E) n'est homogène que si l'on suppose. y et ses (n — /•— i) pre- 
mières dérivées nulles pour ce — o ; sinon (F) admet un second, membre linéaire 
et homogène en j(o), j'(o), . . . , j( /i - ? - 1 ' (o). On peut d'ailleurs éliminer ces .- 
quantités en dérivant (F), et Ton obtient.'une équation (F) de mêmes ordre et 
type que (E) qu'on doit donc considérer comme la véritable transformée de (E). 
L'intérêt de la méthode de van der Pol se présente alors comme étant de 

*_ . . _ 

iMl — ' ^— ■ " ■■■-■ ■" " ■ -. -- ■' " —■? " ' ' ' ■ ■ " ■ ' ' " " ■ " ~ " ' ' " "" ' " "- - "' — "' - " ' *** ■ " ' ' ' |P 

(*) Séance du 2i juin 1948. 

( 1 ) Phil. Mag,, 7 e série, 8, 1939, p. 86i;898. 

( 2 ). FI. V. Lowry (Phil, Mag., 7 e série, 13, igSa, p. 1048) et plus récemment P. Baudoux 
{Bull. Ac. Roy. Belg., Cl. des Se, 194^ p. 47 *. et 669; 1946? p. 127), ont montré que la . 
méthode supplique avec le même succès à des équations non homogènes. 



24 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

donner directement une intégrale première (dépendant de n — r constantes 
arbitraires) (F) de (F'). - 

La méthode de van der Pol permet donc d'obtenir, si elles existent, les 
transformées de Laplace de toutes les solutions de (E), en remplaçant y(o) et 
ses dérivées, soit par leurs valeurs, soit par une constante arbitraire (si ces 
valeurs, ou leurs coefficients, étaient nuls ou infinis). Cette extension de la 
méthode se justifie rigoureusement sans peine lorsque, comme dans les 
exemples suivants, j( ce) est développable en série absolument et uniformément 
convergente pour tout ce. 

Prenons par exemple l'équation de Bessel sous la forme 

Sa transformée est (2), d'où l'on déduit les relations (3) et (4) 
■00- P(P*+ 1)/'+ (aX^-i)/= 2X^(0)^= Ap\ - 

oÀ+l n P p 7 — 1 

(3) ^J_^0)D- 



r( - ? v 


, 1 / w j 
-f-l) " 


' ^ m 


p 




1 


(/>'-+ I) w = 


"d P) 



valables quel que soit A non enlier ^o. On a introduit la notion de 
M. Hadamard : partie finie d'une intégrale infinie (inutile si <R\ <^ o), 

Xp _ x ■ 

(p*+i) n ~*dp {n entier^ o). 

L'équation de Bessel sous la forme (5) conduit aux relations (6) et (9) 

(5) ^y' + ( I + ) > )y„ >r==0 . ■ . 

(7) 2x~ J Ki(2\fâ)DT(X)T(i~l)e~p'p^-T(i--î)e?'p* Ç" e ~p J^L, ' 

Jp P' 

valables si 61 A ^> o. 

Si dlA^o, les intégrales n'ont plus de sens, et l'on doit introduire des 

parties finies d'intégrales, d'où (en changeant X en — X) 

n. * - — ~ — — ~— 

( 6') ' ^uC^^D^^S a^^ + i^^-^/^'^W,. 



(7') a^K- A (2v/^)Drj(A +-ï)<?* 






2 (-) m * 1 

(1 — m)m \p m I 



— T(X-h i)p~ l eP 



/& 1 

p^e J>dp, 



valables pour CFlX^o (rc est le plus grand entier < (Kl). 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948, 2 5 

Pour a = n entier I^o ? (j f ) doit être remplacée par . 



(8) ^5K rt ( 2V /^)* D i_l! 



Logp -h ty(n + i) + nl > i i n 



m 

ni 



m = l 



?n ( n — m ) 



1 






/BO 1 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une propriété de V application quasi conforme 
d'une surface de Riemann ouverte. Note (*) de M. Albert Pfluger ? présentée 
' par M. Paul Montel. 

. Si deux surfaces de Riemann ouvertes et simplement connexes sont appli- 
cables l'une sur l'autre par une transformation quasi conforme, elles sont du 
même type (parabolique ou hyperbolique). Je donne ici une généralisation de 
ce théorème connu/Soient { une surface de Riemann ouverte quelconque et 
F cF d c . . .F„c . . . une suite emboîtée de surfaces partielles et compactes; 
qui engendrent f. Admettons que la frontière F n de F n soit formée par une ou 
plusieurs courbes suffisamment régulières. Considérons la fonction a)* uni-, 
voqùe et harmonique dans le domaine F„— F , nulle sur T et égale à 1 sur T n . 
La -suite co„(w = i ; 2, 3, ...) tend en décroissant ou bien vers la constante o 
ou bien vers une fonction harmonique positive ; lim &>„ est indépendante de la 

suite choisie {F„}. La classification très importante des surfaces de Riemann 
ouvertes, qui est due à M. R. Nevanlinna (') repose sur cette propriété de la 
suite û>„ : une surface de Riemann est dite de frontière nulle lorsque <ù n ^o\ 
elle est dite de frontière positive dans l'autre cas. Les surfaces de frontière nulle 
sont du type parabolique si elles sont simplement connexes. 

Théorème. — Deux surfaces de Eiemann ouvertes, qui sont applicables l'une sur 
l'autre par une transformation quasi conforme, sont en même temps de « frontière 
nulle » ou de « frontière positive » au sens de Nevanlinna. 

Démonstration. — Soient f et f -les deux surfaces, P et P' des points corres- 
pondants par la transformation quasi conforme. A la suite) F„} correspond alors 
une suite { F B }, qui engendre f. (o n se transforme en ù n défini dans F n — F' par 
l'équation Q„(P') = <o n (P). Par contre &>'„ désigne la fonction univoque et harmo- 
nique dans F y ?i — F' , qui est nulle sur r o et égale à 1 sur I^. La transformation 
quasi conforme possède par définition la propriété suivante: si z et z f sont des 
paramètres locaux complexes en P et P.', si dz et dz ! ainsi que da s et dv e , f 
sont des éléments d'arc et de surface correspondants, il existe une constante K 
telle que 



dz 
dz 1 



xr Ct(Jz 

< tv-T— presque partout. 



(*) Séance du 28 juin 1948. 

(*) R. Nevanlinna, Ann. Acad. Sci. Fennicœ, 1941'. 



26 ACADÉMIE DES SCIENCES 

On vérifie facilement que 



dz 



dz' 



d'où résulte, grâce à (i), 

/ [gradin | 2 du < K / j gradw„ |- du. 

Or, Ù n et M n prenant les mêmes valeurs sur la frontière de F^ ( — F',,, il.suit du 
principe de Dirichlet que • 



f | grad rW H I 2 du^i | grad Q n |* 



I in -- /t i i i « ' ■- 

On a donc 



-(2) 7 |grad&>' n \-du< K / | grad&>„ ] 2 ûTf (« = 1,2,3,....)-. 

''Pi, -Fi *^f„-f - 

Si t* est de frontière nulle, w rt ainsi que l'intégrale de Dirichlet correspon- 
dante tendent vers" zéro si n->ao. Grâce à (2) les.V B tendent aussi vers la 
constante zéro. La surface f est donc de frontière nulle et le théorème est 
. démontré. 

Il 

théorie DES FONCTIONS. — Sur V approximation des fonctions de plusieurs 
variables au moyen des fonctions polyharmoniques d" ordres croissants. Note (*) 
de M. Pierre Leloxg, présentée par M. Paul Montel. 

Cette Note étend aux fonctions de p variables une méthode d'étude donnée 
par S. Bernstein( 1 )dans le cas où p = 1 (approximation d'une fonction par des 
polynômes). Pour la comparaison, on remarquera qu'une fonction U /i-harmp- 
nique (solution de l'équation A (/,, U = o) se réduit pour p =-1 à un polynôme 
de degré in — 1 . L'espace desp variables complexes s k = x k -\- iy k sera désigné 
par 0=R p xR' p , où R p (x k ) et R'^/a) sont les espaces à p dimensions 
réelles; m dans R^ m ! dans R'^ sont les projections d'un point M de O. 

L Nous appellerons cellule d ] harmonicité associée au domaine D de R'' le 
plus grand domaine H(D) de O qui contient D, et dans lequel ne pénètre 

. aucun des cônes de sommet QOG) variable sur la frontière F de D, définis 

p 
par * ,a (M ? Q) = 5j(^ a — £*) a — °'- Une fonction polyharmonique dans D est 

hôlomorphe dans H(D). ' 



(*) Séance du 28 juin 1948. '.-*.. 

' (*). Leçons sur les propriétés extrèmales et la meilleure approximation des fonctions 
analytiques d^une variable réelle, Paris, 1926, p. i63. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48. 27 

On obtient une construction simple de H(D) dans O^R'^X R !p en asso- 
ciant à tout point 'm de D le domaine D'(m) de R^ dont la frontière résulte de 
F par la transformation apsidale T m de centre m, suivie de la translation qui 
reporte m à l'origine O' de R'/\ Cette construction simple -de la cellule 
d'harmariicïté montre que D f cD s , entraîne H(D 1 )cH(D 2 ) et fournit aussi 
une borne du diamètre de H(D) dans O connaissant celui de D dans R^. 

II. Le théorème suivant peut être rapproché d'un théorème de S. Bernstein 
relatif aux polynômes. bornés sur un segment de l'axe réel. - " ■ < 

Théorème 1. — Soient K. un compact pris à l'intérieur de la cellule d'harmoni- 
cité H(D), U rt une fonction n-harmonique dans D satisfaisant à 

(1) - |U„(/«.)|^A f -Dwe. 

Il existe un nombre positif t ne dépendant que de la position de K dans la 
cellule H(D) et tel quon ait pour toutes les- fonctions pofyharmoniques satis- 
faisant à (r) ; et quel que soit n : 



.U n (M) | ^ A (1 h- r)^- 2 ( n + £ Y <^(K) logn, 



pour Me K. Le coefficient a 7 ,(K) dépend seulement du nombre de dimensions p 
et de la position de.K dans H(D); pour les applications, il est à noter que le 
nombre t(K) tend vers zéro en même temps que le diamètre de K pour des 
compacts pris dans un domaine fixe intérieur à H(D). 

Soit D a l'ensemble des points de D à distance au moins égale à a de la 
frontière de D. Le théorème 1 entraîne ( 2 ) : 

Si une fonction f(x iy a? 2 , x 3 , . . . , x p ) est déiïmble dans D jusqu'à V ordre %n 
compris, et y satisfait à \f\^m et \A^ ] f\^m n , toute dérivée partielle de f 
d'ordre total k^l<in — 1 est bornée, sur D a , en valeur absolue, par un nombre qui 
ne dépend que deD } a, m 0} m nt 

En particulier, la classe des fonctions indéfiniment dérivables satisfaisant; 
pour tout n entier, à | À<" J / j ^Lm n sur D, a ses dérivées de tous ordres majorées 
sur D a en fonction de la suite m n . à 

III. Le théorème 1 conduit à une définition de classes quasi analytiques de 
fonctions dans un domaine quelconque de R^ ? selon le procédé de S. Bernstein : 
n u étant une suite d'entiers, p un nombre positif inférieur à 1, on dira 'que f(m) 
appartient à la classe { n /n p } si tout point de D est intérieur à un domaine qî' ! 
dans lequel est définie une suite .Vf de fonctions polyharmoniques, Vf étant 
W/rharmonique et telle que 

l/—USfc 3 'I^A..p** ■ dans' di*>, ' 
La classe { njc, p j est analytique dans D. Plus généralement, on a : 



( 2 ) Pour p — 2, n = i, cf. T. Cakleman, Les fonctions quasi analytiques, Paris, 1926, 
p. ï3. 



28 ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Théorème 2. — La condition nécessaire et suffisante pour que f(jn) soit analy- 
tique dans D est qiû il existe fine suite d'entiers n* et de nombres p A .(o^Tpx.<T i) 
avec 

limsup(p^) n * ^x — «<!,. 

tout point m deD ayant un voisinage (o (î] ^«/i^ lequel est définie une suite JJf(m), 
Uf étant n/-karmonique, qui satisfait à 

, |/-UÏ»|^App. - 

Le théorème 2. donne une précision sur le domaine d'frolomorphie de/: par 
exemple, si chaque point m de D est centre d'une sphère de rayon a contenue 
dans co ( '\ f est holomorphe dans le domaine balayé par les sphères S 2/J de R 2/ ' 

centrées sur D, de rayon a(lty { ij~ l , dès que h ^> 2 est assez grand pour qu'on 
ait(£ — 2) (5A:) -Î ^> i. — a. 

Dans le cas général, { n /i? p } est une classe quasi analytique dans D au sens 
suivant : 

Théorème 3. — Si f et g appartiennent à la classe { n /o p j dans D et coïncident 
sur un ensemble ouvert intérieur à D, f est identique à g dans D. 

L'ensemble E de détermination d'une fonction de la classe peut être précisé : 
le théorème 1 . montre en effet que si Ton associe aux fonctions polyharmo- 
niques XJ n (m) bornées supérieurement en module dans D les fonctions 

<P<M) = ilog|U„(M)|, . 

définies dans H(D), celles-ci y "forment une famille de fonctions pluri-sous-har- 
moniques ( 3 ) bornées supérieurement. On en déduit que : 

Pour que E soit un ensemble de détermination pour les fonctions de la classe 
{ n h} p } ? il suffit qii* il possède par rapport aux fonctions <ç(rri)pluri-sous-harmoniques 
définies dans un voisinage de E la propriété suivante : si a.= max ©(/n) ? l'inégalité 

mgE 

<p(j») *< a + £ définit pour tout £ positif un ensemble ouvert ( 4 ). 



THÉORIE DES FONCTIONS. — Sur un critère dé normalité pour les familles de 
fonctions al gébroïdes . Note de M. Jean Gombes ? présentée par M. Paul Montel. 

L'objet de cette Note est d'appliquer la méthode des familles normales à. 
l'étude des valeurs prises par les algébroïdes entières et d'étendre .ainsi les 

( s ) Cf. P. Lelong, Ann t Éc> Norm. sup., 62, ig45, p. Soi. _ 

(*) Pour p = 1 on retrouve les ensembles de capacité positive sur la droite. Cf. P. Lelûng, 
Comptes rendus ) 22k, 19^7 , 883. * - . 



SÉANCE DU 5 JUILLET Ï048. 20 

résultats déjà obtenus pour les algébroïdes de la forme . 

.«=7ë(F) h ; - . 

La méthode employée ne s'appliquera qu'aux algëbroïdes dont la surf ace 
de Biemann satisfait à certaines conditions. 

Nous considérerons des suites de fonctions qui, non seulement convergent 
vers une fonction limite, mais encore dont les surfaces de Riemann tendent 
vers une surface limite. 

Pour définir la convergence de fonctions à m déterminations, on- peut, soit 
employer les coefficients des équations qui les définissent, soit opérer direc- 
tement comme suit. 

Définition. — Étant donnés deux systèmes de m nombres complexes, 
«'Ou ? 2 , .--.,■<) et w(w i9 w a , ...',«*>,„), V ordre des y \ ou Wj n'important 
pas, on appelle distance de ces systèmes 

. O, w) = 2\f>i—WjU . " 

les indices i étant associés aux indicés j de manière à donner au second membre 
sa valeur minimum. 

On vérifie que (p, } p) est bien une distance, et l'on peut définir pour des 
fonctions à m branches la continuité, l'égale et l'uniforme continuité, la 
convergence.... 

Pour des algébroïdes méromorphes on prendrait sur la. sphère de Riemann 
des distances cordales [ v } — w, :. 

Théorème. — Les algébroïdes à m branches, méromorphes dans un domaine D 
borné, n'y prenant pas trois valeurs, a, b et à, et dont les points de ramification 
sont à une distance supérieure i aT > o, forment une famille normale . 

De toute suite infinie, on peut extraire une suite de fonctions dont les surfaces 
de Riemann tendent vers une surface limite, et qui tendent uniformément vers 
une aigébroïde, uniforme sur la surface limite. 

Par extractions successives, on assure d'abord la convergence des surfaces de 
Riemann, puis on fait une étude locale. 

Remarque. — Si pour chaque surface de Riemann les m feuillets communiquent 
à V intérieur de D (en ne tenant compte que des points de ramification situés à 
une distance supérieure^ </'> de la frontière), il en sera de même pour la 
surface limite. 

Dans ce cas, les m branches de la fonction limite seront bornées, ou seront 
la constante infinie. -" - * 

Application — Théorème : -Soit «=/(s) une aigébroïde entière dont la 
surface de .Biemann a la propriété suivante : il existe une infinité de couronnes 
G„(R nr aR„) '(cj>i) (R„->oo) ou les points de ramification sont à une 

{ l ) Comptes rendus, 226, 1948, p. 379-381. 



3o ACADEMIE DES SCIENCES. 

distance supérieure à 8R„(8>o) et où les m feuillets communiquent intérieu- 
rement (en ne tenant compte que des points de ramification situés à une distance 
supérieure à S'R„(S'>o) de la frontière). 

Dans ces conditions-, f{z) admet au plus une valeur exceptionnelle finie. 

On ramène par homothètie à une couronne unique et Ton applique le théo- 
rème précédent. . ■ » . 

Remarque. — Les cas de zéro ou d'une valeur exceptionnelle peuvent effec- 
tivement se présenter. v 

Zéro valeur : on prendra u = y/-E(ï), où É(s) est une fonction entière sans 
valeur exceptionnelle dont les zéros vérifient la propriété de l'énoncé. 

Une valeur : Myrberg a montré ( 2 ) l'existence de fonctions entières À et B 
vérifiant A 2 — B 2 E = D, E et D étant des fonctions entières données, E à 
coefficients et zéros réels. On prendra u = A + B y/E, avec D = i> les zéros 
de E vérifiant les conditions de l'énoncé. - ., 

Cercles de remplissage. —Dans les hypothèses du théorème précédent la 
famille des fonctions qu'on doit étudier dans Ci peut-elle être normale ? 

Voici deux cas où il ne peut en être ainsi : 
. : i° il y a une valeur exceptionnelle a [on utilise v.== i l(u — a)] ; 

2° l'ensemble des couronnes C n recouvre tout le plan z [dans ce cas u=f(z) 
tendrait uniformément vers l'infini avec *,'ce qui est impossible]. 

Dans ces deux cas, il existe donc des cercles de remplissage, vus de l'origine 
sous le même angle arbitrairement petit, où u prend toute valeur, sauf une au 
plus. Il existe par suite des directions de Julia. 

Algébroïdes méromorphes. — Avec les hypothèses du théorème, il existe au 
plus deux valeurs exceptionnelles finies. 

S'il y en a deux, ou bien s'il y en a une et si l'ensemble des couronnes G„ 
recouvre tout le plan s, il existe des cercles de remplissage et des directions 
de Julia. , 

CALCUL NUMÉRIQUE. — Sur la précision des solutions approchées d^un 
système d'équations linéaires. Note (*) de M, Louis Couffignal, présentée 
par M. Joseph Pérès. - 

1. La solution d'un système d'équations linéaires 

(i) ^aïvi-t-bj^o 



( 2 ) P. J. Myrberg, Acta Mathematica, *l§, 3-4, 19^* P- 22 3. 
(*) Séance du 28 juin 1948. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48. 3l 

peut s'écrire 

(2) . , Xi z=^aib h 



! 



aj étant l'élément correspondant à a[ dans le conjugué réciproque du déter- 
minant | a\ | ('). 

2. Quand on connaît seulement des valeurs approchées des nombres a et b, 
le système effectivement résolu est 

(3) ' ^ ■(«{-+• Afl{)-J? ( -+ (6y+A6y) = o, - ' 

î - 

les solutions obtenues Ç f sont des valeurs approchées des &} : £i^=a^-{- Aa? ( y 
et, par suite des chiffres négligés dans l'exécution des calculs, la substitution 
des Ç,' aux a?,- dans l'équation (3) donne un résidu 

(4). rj=^{à(+ba! i )l t +{bj+Abjy 

* ■'"'.. ■ ■ 

Ces mêmes racines approchées donnent dans l'équation (1) un résidu 



(5) . , ■ . 


R / =2«{^+ bj. 


De (4) et (5), il résulte 




(6-)' ■ ~ Ry= 


= ~2^A4--A^-H~r y -. 


De (3) et (4), il résulte 


i 



(7) Z(^ + Aff{)A^-/7-o; 

on peut déterminer les Aa? f - comme solutions de l'équation effectivement 
donnée (3),' où les constantes sont remplacées par les opposés des résidus. 
Les solutions ç,- diminuées des corrections A^- ainsi calculées deviennent de 
nouvelles solutions approchées Ç, qui donnent dans les équations (3) et (1) 
des résidus r f et R^ . D'après la relation (a) et la forme linéaire des équations, 
rjjrjr<Jrj]bj. Par suite, si Ton itère la correction précédente, en utilisant un 
nombre de figures suffisamment élevé, on atteint des résidus 77 négligeables par 
rapport aux R; correspondants. 

Or, si l'on connaissait la valeur des Ry, le raisonnement précédent montre 
qu'il y aurait lieu d'appliquer à £/ une correction 

(8) AaPï== — Vajtt/. 



Dans l'ignorance des Ry, les Aa?, évaluent l'erreur commise sur les racines* Leur 



♦ - 

( l ) Pour le calcul des a, voir : L. Couffignal, Rev. Scientij'., 3244. 



32 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

expression étant linéaire en Ry, qui sont eux-mêmes linéaires en Abj et >-y, 
l'erreur provenant de V exécution des calculs, 2 a / 7 '^ est négligeable dès que les 

résidus Vj sont négligeables devant les erreurs des constantes b,-. 

3. Désignons, dans ce qui suit, par a' les coefficients relatifs à l'équation 
réelle (3), et non plus à l'équation (i), et par ^ et /y les solutions et les résidus 
obtenus après les- calculs qui rendent négligeable l'erreur due aux calculs. 
Nous avons,, d'après (6) et (8) - 

(9) ■ ^=22^^ A ^ + 2^ A ^~2 a ^>- . «" . 

Cette formule met en évidence le résultat suivant : * 

i - 

Si dans un système d 'équations linéaires ^ a. a? t -4- bj = o, le coefficient af varie 

i 

de Aa$, la racine x- t varie de ^ a^ Aaf , et si la constante b^ varie de Ab^ la racine Xi 
varie de afAb^ les ï étant les valeurs des racines, et les .aj les éléments correspon- 
dant aux a[ dans le conjugué réciproque du déterminant \a[\. 

Si l'on suppose nulles les erreurs dues aux calculs, les £x sont remplacés par 
les valeurs exactes des racines x^ et les oty sont .ceux de l'équation (i) : 
l'équation (9) exprime alors la variation de la racine x\ .. ' ' . 

(10) èati — ^ ^^X^^x+^X^V 

4. Si l'on connaît seulement une limite supérieure des erreurs Aa{et Ahj, 
les signes de ces nombres, tous indépendants, peuvent être tels que tous les 
termes de la somme au second membre de (9) soient positifs. Donc : 

Si les données a[ et bj admettent des marges Dïla[ et J\lbj, les racines ont pour 
marges les nombres 

c 10) ■ 311^=2 2 1 & H 4 I Dyta \+^ ' 4 ! D]lb ^ 

les erreurs des calculs étant rendues négligeables. 

Ces marges sont les plus petites que l'on puisse définir. 



GÉOMÉTRIE. — Sur la géométrie intégrale du contour gauche. 
Note .(*) de M. Gdstave Gcillaumin, présentée par M. Élie Cartan. 

Une Note récente et substantielle de M. Eugène Cotton ( f ) m'engage à 
donner quelques indications sur un ouvrage actuellement à l'impression, écrit 

(*) Séance du 28 juin 1948. 

( 1 ) Comptes rendus, 226, 1948, p. Ï71. . .-■**' 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 33 

en collaboration avec" M. André Bloch, et intitulé La géométrie intégrale du 
contour gauche \ cet ouvrage traite d'un certain nombre de questions analogues 
à celle abordée aux trois premiers paragraphes de la Note précitée. 

Le point de départ de la géométrie: intégrale du contour gauche est l'étude 
des intégrales du type - - 

J^foo^x^VdcCi - {1=1,3,3), 

où les a sont des entiers positifs ou nuls, 'les 1 des constantes, l'intégrale étant 
étendue au contour. En approfondissant cette notion originelle, les auteurs se 
sont vite aperçus qu'elle était essentiellement dépendante de la géométrie tenso- 
rielle, les intégrales du type ci-dessus étant les composantes de tenseurs caracté- 
ristiques des divers ordres de multiplicité attachés au contour. 

Cette géométrie tensorielle peut d'ailleurs être développée, et l'a été effecti- 
vement, soit au point de vue de l'affinité,- soit dans le cadre, de la géométrie 
métrique; elle s'est révélée, en maint endroit, "comme liée à la géométrie des 
gerbes, des congruences et des complexes de droites. Elle a conduit également, 
en se plaçant sur un terrain peut-être plus élémentaire mais fort intéressant, 
à l'étude des volumes coniques et conoidaux (point de vue affine) et à l'étude 
des volumes engendrés dans des mouvements généraux ou particuliers (point 
de vue métrique). Cette dernière question forme la matière d'un chapitre de 
l'ouvrage, assez longuement développé, qui est comme un hommage à la 
mémoire de G. Kœnigs, fondateur, après Pappus et Guldin, de cette partie de 
la théorie. 

Le premier tenseur caractéristique est ce que Kœnigs appelait axe aérolaire 
et pour lequel nous avons adopté le nom de vecteur-aire \ c'est, en réalité, un 
être géométrique de nature bivectorielle, qui n'est réductible à un vecteur 
(axial) que parce qu'on se place dans l'espace à 3 dimensions. Le vecteur-aire 
a deux définitions géométriques. Il est d'abord le moment du système de 
vecteurs formé par le contour lui-même, censé orienté. Il est aussi la résultante 
générale de ce que nous avons appelé le système vectoriel cinétique, constitué 
par l'ensemble des pressions hydrostatiques unitaires appliquées à une portion 
de surface bilatère s'appuyant au contour. L'idée de ce système, due à 
M. Hadamard, s'est montrée très féconde et a joué un. rôle essentiel dans le 
mode d'exposition que nous avons adopté en ce qui concerne la théorie de 
Kœnigs dont il vient d'être question. On peut d'ailleurs trouver, pour le 
vecteur-aire, diverses représentations mécaniques et physiques dignes de 
retenir l'attention. Les contours d'aire nulle, c'est-à-dire dont le vecteur-aire 
est nul, jouissent de propriétés curieuses qui ont été énoncées et étudiées. 

Le second tenseur caractéristique du contour gauche, nommé par nous 
tenseur de gravité, est en quelque sorte le support des propriétés de la con- 
gruence de gravité attachée au contour, notion de nature affine introduite par 
l'un de nous dès 194 ij et étudiée avec quelque détail dans notre ouvrage. 

C. R., 1944, v Semestre. (T< 227, N* 1.) 3 



34 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



En géométrie métrique, le tenseur de gravité est réductible à un tenseur 
du second ordre de multiplicité; sa partie antisymétrique est le moment 
résultant du système vectoriel cinétique; quant à sa partie symétrique, que 
nous appelons tenseur orthaloïde, son étude géométrique et analytique nous 
a conduits à nous occuper de la géométrie d& certaines surfaces algébriques. 

On a eu incidemment à considérer également un certain bivecteur glissant, 
attaché à la surface décrite par le contour dans un mouvement quelconque 
(et non plus au volume décrit). ..'-.'.■„ 

Dans une prochaine Note, je parlerai des généralisations .tentées dans 
diverses directions. ^ 



MÉCANIQUE. — Un transformateur, de mouvement à équilibrage intégral. 
Note "(*) de M. René Devillers, présentée par M. Albert Caquot* 

M. Sinisterra a conçu et réalisé un mode de transformation de mouvements 
alternatifs en rotation ou vice versa, avec équilibrage total des forces et couple 
d'inertie. 

L'arbre moteur O entraîne à la vitesse angulaire ô) un maneton OP articulé 
en P au milieu d'une barre AB guidée suivant œod et y y par deux glissières en 
croix, dont l'une est dédoublée pour éviter leur croisement. On a 

AP = BP=rOP — e. 

Lçs pistons de moteurs, pompes ou compresseurs, au nombre d'un à quatre, 
se déplacent suivant xœ { et yy ! avec leurs bielles articulées en A et B. 





^ 




y 


„ 






I * 

1 X 

JCc f m ■ 

» eS ■ x 

1 >^ 


CL __ 


H 


\ 




ce 


L^fct 


°sN 


f 




X' 


- 


A 





y . 


sj^Yn. ■■■ 


■ -'. 



La barre AB, de masse m, tourne en sens rétrograde aux vitesses absolue <o 
et relative 2 co. 



(*) Séance du 1/4 juin ig48. 



SÉANCE DU D JUILLET 1948. 35 

Son centre de gravité G est à a et b de A et B, et son moment d'inertie 
est mP par rapport à un axe transversal passant par G. 

Elle équivaut à deux masses ponctuelles en A et B ? ajoutées aux masses 
alternatives, ayant même centre de gravité et même niasse totale que la barre, 
avec un couple d'inertie correctif 0*=' — m(ab — F) (dv/dt), nul en rotation 
uniforme. Généralement a = b = e. 

Les mouvements alternatifs, harmoniques simples de courses 4<? ? sont les 
projections de celui du centre instantané I parcourant à la vitesse co un cercle 
de centre O et de rayon ae 

Leurs accélérations ont donc même résultante que les accélérations centri- 
pète y„= 2*co 2 et tangentielle x t =ze{d<x>ldt) du point I, cette dernière étant 
transportée en O* 

Si les masses alternatives sont de même valeur M ou égalisées par une masse 
ajoutée en A ou B, on les équilibre par un contrepoids de moment zMe dans 
le prolongement du maneton. Une surcharge du contrepoids compensera enfin 
le maneton. 

Il ne subsiste alors qu'un couple en d(ùjdt dû aux masses tournantes et à la 
barre, sans résultante, du fait de la force d'inertie —M y, appliquée en O qui 
forme un couple avec celle du contrepoids correspondant. 

On a ainsi un cas digne de remarque d'équilibrage parfait, même avec mono- 
cylindre. 

La course étant '4e y encombrement et poids sont réduits, avec une grande 
diversité d'applications. Les cylindres peuvent être à double effet et permettre 
un deux-temps à balayage par l'air, avec une pompe d'alimentation par deux 
cvlindres moteurs. 

Les réactions latérales des pistons sont reportées sur les glissières qui, avec 
un léger jeu, ne travaillent qu'alternativement, si les cylindres sont, par 
exemple, suivant a?a?'.. 

Les forces d'inertie se transmettant sans réactions latérales, pour une poussée 
des gaz F, lorsque l'angle de rotation a est entre o et 45° ou entre i35 et i8o°, 
la réaction Ftga est prise en A comme par une bielle. Elle passe ensuite en B 
en gardant la valeur F, transmise par la barre AB formant levier autour de P. 

Le couple moteur est 2F x OH, H étant la projection de P sur yf . 

MÉCANIQUE RATIONNELLE. — " Sur la dynamique du point matériel de masse 
variable. Note de M. Giovanni^ Lampabiello, présentée par M. Jean 
Chazy. 

1. Lorsque la masse d'un corps (point matériel) en mouvement varie à cause 
du détachement ou de l'adjonction" de corpuscules, l'équation dynamique fon- 
damentale est, d'après Levi-Civita, 



.,*' 



§5 ACADÉMIE Î)Ë5 SCIENCES. 

où? est la vitesse du centre des masses des corpuscules, V est la vitesse du 
point P, m et & la force agissant sur P. Si l'on remarque qu'au premier 
membre de (i) figure la différence entre la quantité de mouvement 
(m-+ dm) ( V + 5V ) — vdmdu point P à l'instant r+ ^ et la quantité de 
mouvement mV à l'instant t, on voit bien que (i) est la traduction fidèle de la 
fameuse loi de Newton : Mutationem motus (variation de la quantité de mouve- 
ment) proportionalem esse vi motrici impressae et fieri secundum lineam rectam 

qua vis illa imprimùur. j 

2. Je me propose de développer ici une application de ( i) au problème de la , 

fusée qui a été étudié par plusieurs auteurs ( l ). 

Il est bien connu -que la propulsion de la fusée est réalisée par l'expulsion 

. d'un gaz dont la vitesse de décharge v est supposée constante (en module).. Je 

suppose aussi que la masse m de la fusée soit une fonction linéaire du temps 

■ m==mo — p,«. En désignant par O le centre de la Terre et en négligeant les 

forces d'inertie dues à la rotation terrestre, on a l'équation 

dz \ dz J ■ ■ ■ . r- 

où K est le produit de la constante de gravitation / par la masse M de la Terre, 
et où la variable indépendante t = j»/|* est liée à t par la relation "t = t — t. 

Il est évident <jue les mouvements de Pont lieu dans les plans passant par O. 
Silemomenten O de la vitesseinitiale Y a est nul, le mouvement est rectiligne. 

3. Je vais fixer les idées sur ce cas particulier en supposant de plus V = o, 
et je prends la droite du mouvement pour axe des x. Le problème est de 
caractériser la solution x (t) de l'équation (E) 

' ■ d { dx\ Kr 

4 - ■ 

telle que o?(To) = ^o = R ? ^yon de la Terre, (^/^) = o. 

En désignant par f(^x) le second membre de (E), on peut intégrer cette 
équation par la méthode d'itération de Picard, On a 

et la solution cherchée est représentée par la série 

qui est uniformément convergente dans un intervalle (o, h) de variation de t. 

■ ■ >> • — : — '. : ■ = — — - : — : : — : 

(i.) Notamment Robert Genty, Comptes rendus, 226, 1948, p. i5io et 1797. 



. SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. fy 

Pour n = i, en remarquant que le rapport K/R- est V accélération gravita- 
tionnelle g> on a 



V=-^ 



*v 



[*-(*.-l 



ayaatposéa^p — (1/2 )^t ,- ^ = (1/2)5-. 

La condition initiale de décharge du gaz est évidemment pvym g, 
c'est-à-dire (c>/t ) — g> o. On a alors t — (a/(3)<o, et Ton déduit que la 
vitesse V est toujours positive pour o<£<t ; donc la fonction x,{i) croît 
constamment de la valeur zéro pour t = o à la valeur infinie pour t -> ^ . 

Il n'y a pas de difficulté à calculer par des séries les fonctions successives œ^ 
x 3 , etc. L'expression x.it) suffit pour des valeurs de t suffisamment petites. 

■* 
RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX.' — Sur une nouvelle méthode de détermination de 
la dissipation d'énergie par frottement interne dam les corps solides. Note "(*) 
de M. Paul Le Rolland, présentée par M. Albert Caquet. 

Mécaniciens et métallurgistes sont aujourd'hui d'accord pour reconnaître 
l'importance du rôle joué par une propriété, d'ailleurs encore mal connue, 
des matériaux /solides : leur frottement interne (ou hystérésis mécanique), 
dans de nombreux domaines : phénomènes de résonance, fatigue des métaux; 
pertes diélectriques, anomalies de structure, etc. 

Cette propriété est mise en évidence de façon directe par l' amortissement 
des oscillations. D'où la notion de capacité d'amortissement et celle, plus 
précise, de perte spécifique d' 'énergie dont la définition est intuitive et simple : 
c'est le rapport * = AW/W de l'énergie dissipée par cycle de déformation, à 
l'énergie potentielle maxima mise en jeu dans ce cycle. 

Depuis Coulomb, c'est surtout l'observation de décroissance des oscillations 
de torsion qui est utilisée pour la détermination de la dissipation d'énergie par 
le frottement intérieur. Mats cette méthode, qui fait intervenir les vibrations 
propres, est nécessairement limitée à l'étude de fils ou de tiges peu rigides 
(micropendule de torsion de Chévenard par exemple). 

L'utilisation des vibrations forcées donne de plus grandes possibilités. et est 
beaucoup plus souple. Imaginons que le corps élastique à étudier soit mis en 
relation avec deux systèmes oscillants identiques, de période T. Ce sera, par 
exemple, une tige cylindrique encastrée à la partie inférieure et portant à 
l'autre extrémité une plate-forme servant de support commun à deux c pendules 

de gravité. 

Lançons ces deux pendules exactement en sens contraire et sous la même 

■ >.■',-,.. ...... ; " • ' - " "•• ' lj 

(*) Séance du 28 juin 1948, . 



3 



38 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

amplitude : ils restent en opposition de phase, et comme la tige n'a aucun 
mouvement, le décrément commun B t de leur oscillation n'est dû qu'à leur 
amortissement propre (résistance de l'air et frottement du couteau sur 
le support). 

Si maintenant nous mettons les pendules en mouvement dans le même sens 
et sous la même amplitude, ils sont constamment en accord de phase et la tige 
effectue des oscillations forcées de flexion : Je frottement intérieur intervient 
alors pour dissiper une partie de l'énergie des pendules, et à leur amortissement 
propre vient s'ajouter celui qui est du à cette dissipation. 

Soit S 2 le nouveau décrément observé; il est clair que la différence S == è i — è> a 
représente la variation relative d'amplitude d'une oscillation à l'autre, sous le 
seul effet du frottement interne de la tige, La détermination de S permet 
d'atteindre' immédiatement k, perte spécifique <T énergie. En effet la variation 
relative d'énergie de l'un des pendules AW/W due au frotttement interne, 
est égale à 2 S, et Ton peut écrire 



\ AW ' AW ' ,*W' - 

Mais le rapport 'W/W de l'énergie d'un des pendules à l'énergie élastique 
de la tige dépend évidemment de la rigidité de flexion de cette dernière. Or, 
nous, avons montré dans une Note précédente ( 4 ), que la durée t des battements 
entre les deux pendules, lorsque l'un d'eux partant du repos est mis en mou- 
vement par le lancement de l'autre, est en rapport direct avec cette rigidité, et 
par suite avec le rapport W/W. - 

Un calcul très simple conduit au résultat suivant : * 

W I T 

W""4T~ ' ..■"■-..„ 

N étant le nombre d'oscillations des pendules entre deux arrêts successifs de 
l'un d'eux. Finalement : 

k—m= (ii— d,)N.-. . 

Cette relation peut d'ailleurs se justifier immédiatement à Paidé des deux remarques 
suivantes : d'une part, dans l'expérience des battements, toute l'énergie W de l'un dès 
pendules est transférée à l'autre dans le temps t/a à raison de la quantité 2 Wj par 
période T; d'autre part, l'énergie potentielle maxima W if de la tige dans cette même 
expérience, est pour la même amplitude de lancement, 4 fois plus petite que l'énergie W' 
prise par la tige dans l'expérience où les pendules sont au synchronisme. 

La détermination de k nécessite donc 3 observations : 

i° celle du décrément S 4 de l'un des pendules quand ils sont lancés en 
opposition de phase ; 



(*) Comptes rendus, 192, 10,31, p. 336. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48, 3o, 

2° celle du décrément S a de l'un des pendules quand ils sont lancés en phase ; 
3° celle du nombre N d'oscillations qui sépare deux arrêts successifs d'un 
des pendules quand on lance l'un d'eux alors que l'autre est au repos. 

On peut se demander s'il est bien indispensable d'utiliser deux pendules. En effet, en 
immobilisant la tige on peut obtenir à^ et en la libérant on peut obtenir d 2 avec un seul 
pendule. Mais la connaissance de la rigidité reste nécessaire, et la méthode à la fois-la plus 
précise et là plus rapide pour la déterminer est certainement celle des pendules couplés. 

De nombreux essais, effectués dans les conditions expérimentales les plus 
variées, nous ont montré que S variait en sens inverse de N pour des tiges de 
même nature et de dimensions quelconques. C'est, du moins dans le domaine 
des périodes utilisées (de 0,2 à 5 secondes), la démonstration de l'existence 
d'une perte spécifique d r énergie caractéristique de la matière et indépendante de 
la vitesse de parcours de cycles de déformation. 

La méthode que nous venons de décrire est applicable, et c'est là son avan- 
tage principal, à tous les matériaux, pris sous forme de fils, de tiges, de barres 
ou de plaques. Elle est tout à fait générale et peut être utilisée à la détermi- 
nation des jeux, des frottements anormaux, de toute cause de dissipation 
d'énergie dans un ouvrage quelconque. 

PHYSIQUE THEORIQUE. — Les formes bilinèaires du champ de Maxwell. 
Notej(*) de M. Jean G. Valatin, présentée par M. Louis de Broglie. 

Les équations de Maxwell décrivant la variation des champs électrique et 
magnétique E et H dans le vide peuvent être écrites sous une forme 
opératorielle ( 1 ), ( 2 ). Cette forme opératorielle permet d'étudier quelques 
propriétés du champ de Maxwell, lorsqu'on tient compte des solutions 
complexes des équations et de la propriété simple des composantes du champ 
de se transformer comme celles d'un tenseur antisymétrigue $-='(îE, H) de 
l'espace à 4 dimensions. 

En utilisant pour <& — (7E, H) les notations d'un espace à 2 x 3 dimensions 
nous introduisons les opérateurs de l'espace à 3 dimensions 

(l) <T. V — 

avec les relations connues ( a ), ( 3 ) 






.3 



Gx — Gx) O'a:0*f-+-O' r «?*a7 = Cr.r> QxGyGz + O'zVyV.i; — 0, <J x Vy — Vy &x :=z * $z> etc., 

(*) Séance du 28 juin ig48 

(*) G. G. Darwin, Proc. Roy. Soc, A, 136, 1932, p. 36. 

( 2 ) G. PBTUUy Comptes rendus, 204>, 1937, p. 17 10. .. 

( 3 ) W. Heitler, Proc. Roy. Irish Ac, A, 49, ig43, p. 1. 



4o ' ,- , ACADÉMIE DES SCIENCES. 

et les opérateurs de l'espace à 2 dimensions 



(*) 



=U .-■)■' «=(:,'-:> -r.'i.)- 



avec les relations £ 2 = i, aY] — — Y]a — *£ ? etc. Les opérateurs de l'espace 
à 2 x 3 dimensions résultent de la composition des matrices (1) et ^2), et dans 
ce qui suit, a x> 'Gy, g z , s, a, tq sont considérés comme résultant de (1) et (2) par 
composition avec la matrice unité des espaces à 2 et à 3 dimensions. 
; Les équations d'évolution de Maxwell 



(3) 



s'écrivent sous la forme 



dE 

-r— ~crotH, 

ot 



m 

dt 



= — c rotE 



(Sa) 



â 1 / â à â 

i — <& = c rot £ $ — c-[ -r- (T, r £ -+- ryr oys -f- ^ o^e J $. 



Les composantes de <& doivent satisfaire aux équations de condition 
(36)- divE = divH:=o. 

Les expressions bilinéaires indépendantes en $*, <É> du champ de Maxwell 
sont données dans le tableau suivant : - 



(4 a.) 


<|>*<ï> 


(5a) •' 


$*£<& 




/ $*a- lX £0 




[ <b*(T x <l> 


(4*) 


! <Ê*oys0 


(5*) " 


«Toyfc 




( ŒV^êO 




( $*o^$ 




( fl*(aorJ— ijfl 


."- 


/ $*(2<7£S — £>$ 




i .<&*(ac£ — I)$ 




l 0*(aaj*e — e)$ 


(4'c) 


1 $*(2cr*— I)$ 


(5 C ) 


1 **(ao-*e — s)<& 

j ^*(«7o;a- r £4-<T r (T, r £)0 




F <I>* ( GyV z -+- ff* ffy ) <P t 




F <D*(oy «r* s -^ c* oy e ) O 




1 $*(ffjCT. l .-h<7 a? <r s )$ 






(6) 


0*yj<& 


.(7) - 


4>*a*& 




l <Fo x y)$' " 4 




1 $*O x 0£<I> 


(8a) 


] <&V r Y)<ï> 


■(86) 


{ OV r a$ 




( «DV^të 




( ®*(7 z a<î) 




f «*(2ff*13-^.)0 ■ ■ . 




7 fc*(2(r£a — a)0 




1 *"*(20-^Y3 — Tf))0 




l $*(2cr£a — a)fl> 


(9«) 


Y<J>*(2 0/*Y) — ï]).$ 

J 4>* ( cp x <j y ri h- oy & x n ) $ 


(9^) 


■1 **(2trîa — a)*" 

\ $*(<7. r oya -hayo^a)*.'" ' 




F <I>*(oy o* n -h ff s oy n) <& 




/ **{oyo- a a 4- <r z oy a)<I> 




( ^(^ff^Tg + ffarOTaï])* 




[ $*(<Tzff.r« + l7x^a)^ 



SÉANCE DU 5 JUILLET .1948. 4 1 

On a les relations 

(4rf) ; ^&® = — cdivfc*ere$, . ^«*oî^=l — cdiv**T*, 

Les expressions (4) correspondent aux composantes du tenseur énergie- 
quantité du mouvement dans le cas des fonctions réelles, (4 a) à la densité 
d'énergie, (46) au vecteur de Pointing, $*o-£# =.[E*, H] + [E, H*], (4c) au 
tenseur maxwellien. Dans (4a?) nous avons écrit symboliquement a pour les 
opérateurs de (4^) et T pour les opérateurs du tenseur symétrique (4c). 

Par, rapport aux rotations de l'espace à 3 dimensions (5#) est invariant, 
(56) donne les composantes d'un vecteur, (5c) les composantes d'un tenseur 
symétrique. Par rapport aux transformations de Lorentz les expressions (5) 
sont les composantes d'un pseudo-tenseur du second rang de l'espace à 
4 dimensions. Dans le cas des solutions réelles des équations de Maxwell 
les expressions (5) sont identiquement nulles, tandis qu'avec des fonctions 
complexés elles caractérisent l'état de polarisation des ondes. 

L'expression (6) est un invariant relativiste, l'expression (7) est un pseudo- 
invariant, correspondant respectivement aux quantités — (H a — E a ) et 
— (E.H) de la théorie réelle/ Les expressions (Sa) et (8 b) se transforment 
comme les composantes de deux vecteurs de l'espace à 3 dimensions et 
comme les composantes d'un tenseur antisymétrique du second rang de 
l'espace à 4 dimensions. Avec des fonctions réelles, les expressions (&) sont 
aussi identiquement nulles. Les expresssions (ga) et (96) sont les composantes 
de deux tenseurs symétriques dii second rang de l'espace à 3 dimensions, 
existant aussi dans le cas réel. Par rapport aux transformations de Lorentz 
les expressions (ga) et (96) se transforment ensemble comme les composantes 
d'un tenseur du quatrième rang de l'espace à 4 dimensions. 

ACOUSTIQUE. — Sur la vitesse; du son dam certains mélanges d'hydrocarbures. 
Note de M lle Nicole Utter et M. Roger Kxing, présentée par M. Jean 
Cabannes, 

Entre le volume molaire V d'un liquide et la vitesse du son a dans ce même 
liquide, M. R. Rao (*) a proposé la relation > - 

La constante R étant une fonction additive de la composition du liquide. 



( 1 ) Current Sei. t 9, 194°, P* 534* 



42 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ainsi dans un mélange à deux constituants la constante du mélange R 12 
serait 
(2) R 12 ±=^Ri-h(i — #)R 2 j 

a? étant la fraction molaire de l'un des constituants. 

Nous avons effectué des mesures de vitesse du son sur deux séries de mélanges 
d'hydrocarbures et nous avons vérifié à 5 % près une loi plus simple exprimant 
une variation linéaire de la vitesse du son dans le mélange en fonction de la 
concentration en volume X de Tun des constituants ' 

(3)' a=:lai-h(i — X)a 2 . 

La vitesse du son a été mesurée par la méthode de diffraction ultrasonore de 
Lucas et Biquard ( 2 ) avec une erreur inférieure au millième, pour des 
fréquences de 3 ? 9 et i5Mc/s. Dans ce dôfriaine aucune dispersion n'a pu être 
décelée pour les hydrocarbures étudiés. "-'.", 

Dans la première série de mesures, les constituants du mélange étaient de 
Fhexadécane utilisé pour la détermination des indices de cétane dans les 
moteurs, purifié par distillation (z = 285t287°C. sous la pression atmosphérique 
normale) et de l'heptane normal pur. Le tableau I donne les valeurs de la 
vitesse du son a mesurée à la pression atmosphérique et à i9°C. (la constance 
de la température était contrôlée au 1/100 de degré près); 'X représente ici le 
volume d'heptane par centimètre cube du mélange. . 



A. 
O. . . , 
0,32 

o,38, 





Tableau 


I. 


a m/s 


a m/s 




valeur 


valeur 




mesurée. ,. 


calculée. 


X.. 


i4i8 


1 4i8 


0;44 


1 35i 


1 35i 


0,60 


1 3a8 


i338 





a m/s 


a m/s 


valetir 


valeur 


trie s urée. 


calculée 


i3i7 


1 326 


■ 1 292 


1291 


1 207 


1 207 



Dans la seconde série de mesures, les constituants du mélange étaient le 
butylbenzène et le 2.2-diméthylbutane à l'état pur. 

Le tableau II donne les résultats de mesures effectuées à la pression 
atmosphérique et à la température de i5°C. X représente ici le volume de 
2.2-diméthylbutane par centimètre cube du mélange. 



o.. . 
o,3o 
o,36, 
o,4a. 





1 


Tableau II. 


a m/s 


a m/s 




valeur 


valeur 




mesurée. 


calculée. 


l. '. 


i38Ô 


i386 


' o,47 


1292 


1293 


0,52 


I 2Ô5 


1 273 


0,57 


1 256 


1258 





a m/s 


a m/s 


valeur 


valeur 


mesurée. 


calculée. 


1247 


I 24o 


I2l4 


I 225 


1207 


I 2IO 


1077 ■ 


I O77 



( 2 ) Biquard, Comptes rendus, 202, 1936, p. 117; Lucas, Comptes rendu,s } %&% 1936, 
p. n65; Lucas et Biquard, J. Phys. et Rad., 3, 1932, p. 464- 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 43 

D'autre part, Rao ( 3 ) indique, comme autre propriété de la constante R que, 
pour un corps pur elle serait une fonction additive de la composition chimique, 
indépendante de la position des divers groupements à l'intérieur de la molécule. 

Nous avons constaté que cette règle se trouve en défaut pour le diméthyl- 
butane puisque la vitesse du son dans cet hydrocarbure diffère d'une quantité 
supérieure aux erreurs de mesure suivant la position du groupement CH 3 , ainsi 
qu'il résulte du tableau IIL 

Tableau III. - '' . , . 

' " a m/s 

Hydrocarbure. p = ï alm i1 a C . 

H GH 3 H H 



2 . 2-diméthyIbutane H— G—G -G— G —H 

H GH ; 



1 068 



» H H 
H H H H 



2.3-dimëthylbutane H— G— C G C— H 1 o63 

■';■■ ' I ] l j 

H CH 3 CH 3 H 

Ce dernier résultat peut d'ailleurs se rapprocher des observations de 
Parthasaraty (*) qui a trouvé que dans le cas d'une cétone ou d'un alcool 
comportant des groupements méthyl substitués sur un noyau benzènique, 
c'est le composé ortho qui donne la vitesse du son la plus élevée. 

Dans les deux hydrocarbures précités, 2.2 et 2.3 dimétylbutane, les 
mesures ont été effectuées pour sept fréquences comprises entre 1 et i5Mç/s 
sans qu'aucune dispersion n'ait été deeelée. 

CHALEUR. — Théorie continue et théorie moléculaire des phénomènes 
thermocinétiques. Note de M. Pierre Vernotte, présentée par 
M. Aimé Cotton. 

La théorie continue de la thermocinétique, qui s'exprime par des équations 
différentielles, prévoit flux de chaleur infini, vitesse de progression d'un signal 
thermique infinie à l'origine, apparition instantanée du signal même à grande 
distance, conséquences que l'interprétation moléculaire des mouvements de la 
chaleur repousse comme non-sens. Précisons ces différents points. 

Un milieu illimité vers les a?>o étant initialement froid, si l'on crée à 
l'origine des temps une température T sur la face ce — o, pour les petites 
valeurs du temps t le signal T au point x aura l'ampleur 



x 



•? 



( 3 ) J. chem. Phys.,% t 5, 1941, p. 682. 

(*) Proc. Ind. Acad. y k, 1986» p* 5g et 2i3. 



/J4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

D étant la diffusivité thermique; ce qui -s'écrit, en explicitant le para-- 
mètre p = a;:2D/, 

: t~t ^ p, :2p^i 

quantité rapidement décroissante quand v croît. Considérons l'effet perçu 
comme négligeable quand il vaut le centième de T , ce qui correspond 
à f = V^9- Cela veut dire que le signal, au temps t, aura atteint la dis- 
tancé x = 3,4 v/E7, et la vitesse moyenne de progression sera 3,4 s/D/^ infinie 

à l'origine. . 

Mais une vitesse trop grande ne peut pratiquement se présenter, les vitesses 
moyennes correspondant aux durées accessibles à l'expérience étant énormément - 
inférieures à la vitesse de propagation des perturbations mécaniques qui est 
sans doute l'ordre de grandeur des plus hautes vitesses admissibles pour-la 
progression de la chaleur. Dans un métal comme l'aluminium, il faudrait 
descendre à des temps de l'ordre de io" 11 seconde pour que la vitesse moyenne 
théorique apparût comme absurde, à un temps extrêmement court de 
io- 6 seconde ne correspond que l'infime vitesse moyenne d'une trentaine de 

mètres/seconde. j* 

Quant à l'apparition instantanée d'une trace de signal à toute distance, 
l'ampleur en étant prodigieusement faible et pratiquement indécelable au bout 
d'un temps faible à une distance un peu importante, on pourrait convenir de 
n'y pas prêter attention, le résultat étant considéré comme dû aux imperfections 
d'une théorie seulement approximative; de même que l'on accepte cette consé- 
quence de la loi des erreurs, que la probabilité d'un grand écart expérimental 
est seulement extrêmement faible alors que physiquement elle est rigoureu- 
sement nulle. 

Reste évidemment la valeur infinie du flux de chaleur lorsque deux milieux 
de températures différentes sont mis en contact. La difficulté n'existe pas en 
réalité, parce que la mise en^contact n'est jamais parfaite : il subsiste toujours 
une manière de vernis- fluide de résistance thermique non nulle. Existât-elle, 
on remplacerait les dérivées par rapport aux coordonnées par des différences 
finies relatives à des mailles ayant pour dimension une sorte de libre parcours 
moyen. Notons d'ailleurs que le remplacement d'une équation différentielle 
par une équation aux différences, a des fins purement pratiques de calcul 
numérique, est un procédé d'intégration approchée fort utilisé aujourd'hui 

après un long oubli. 

On peut donc dire que, malgré ses insuffisances évidentes, la théorie continue 
permet de traiter pratiquement les problèmes de thermocinétique, sans que 
puisse être rencontrée de contradiction réelle avec l'expérience. 

Nous montrerons ailleurs que la théorie moléculaire ne ferait pas disparaître 
toute difficulté, et que les paradoxes classiques viennent avant tout d'une 
stylisation par trop contraire aux réalités physiques. - 



SÉANCE DU 5 JUILLET Iq48* 



DÉCHARGE ÉLECTRIQUE. — Production d 'une tension constante par une décharge 
excitée en haute fréquence. Note de M lle Madeleine Chenot, présentée par 
M. Camille Gutton. 

Au cours de recherches sur la décharge en haute fréquence, j'ai mis en 
évidence un nouvel effet : celui de l'apparition d'une différence de potentiel 
constante entre deux électrodes en contact avec le gaz ionisé d'une telle 
décharge. 

Le tube à décharge en pyrex est muni, d'une part, de deux électrodes 
externes cylindriques reliées à une bobine de quelques spires, elle-même 
couplée à un oscillateur à lampes, et, d'autre part, de deux électrodes, internes 
en aluminium, planes, parallèles, perpendiculaires à.ikm axe. J'ai utilisé 
successivement trois tubes de diamètres 25, 20 et a5 mia , avec des électrodes 
internes de diamètre i6 mm , distantes respectivement.de s35, 96 et ioo m?n . J'ai 
fait également quelques essais sur un quatrième tube dont les électrodes, en fil 
de tungstène de diamètre i mm , 2, étaient fixées à la paroi latérale et distantes 
de i34 mm - Un voltmètre à cadre mobile, en série avec des résistances addition- 
nelles convenables, est relié aux électrodes internés. 

Dans les premières expériences, la déchargé était excitée dans L'hydrogène 
pur, sous des pressions variant de quelques millièmes à quelques centièmes de 
millimètre de mercure, sur une fréquence voisine- de 100 mégacycles par 
seconde. Dans la suite, les essais ont porté sur la vapeur de mercure saturante 
à la température ambiante, avec une fréquence d'excitation plus basse, de 
l'ordre de 5o mégacycles, pour laquelle les tubes s'allumaient plus facilement. 
La décharge se présente sous la forme d'une colonne lumineuse de brillance à 
peu près uniforme, sans contour net, enveloppée d'une nébulosité diffuse. 

Si les électrodes externe^ sont placées sur le tube de façon symétrique par 
rapport aux électrodes internes, le voltmètre reste au zéro en présence de la 
décharge; mais, si on les déplace de manière convenable ? on peut déformer 
la colonne lumineuse et obtenir une décharge dont la région brillante s'approche 
de l'une des électrodes internes à deux ou trois millimètres et reste beaucoup 
plus éloignée de l'autre; le voltmètre accuse alors une différence de potentiel 
constante entre les électrodes internes, dont la valeur dépend du degré de 
dissymétrie de la décharge, de la résistance du circuit du voltmètre et qui croît 
lorsque l'intensité de l'excitation haute fréquence augmenté; avec un potentiel 
d'entretien en haute fréquence de l'ordre de 600 volts, elle était couramment 
de 200 à 3oo volts et a atteint 48o volts dans des cas particulièrement favorables. 
Dans lemontage simple utilisé, par attaque directe des plaques d'un oscillo- 
graphe cathodique, on voit qu'il ne s'agit pas d'une tension uniquement, 
redressée, mais bien d'une tension continue, à laquelle se superpose d'ailleurs y 
une tension alternative de haute fréquence. Pour éviter dans les mesures les 



46 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

difficultés résultant de cette tension alternative dans le circuit du voltmètre, 
il suffit de shunter les électrodes internes par un condensateur de capacité assez 
grande. C'est toujours l'électrode dont la décharge brillante est la plus, voisine 
qui fonctionné comme pôle positif du générateur continu ainsi réalisé. 

IL est facile de déterminer la caractéristique propre du tube en mesurant 
à l'aide d'un micro ampèremètre à cadre mobile l'intensité du courant continu 
débité par le tube dans une résistance variant de plusieurs mégohms à la 
résistance du microampèremètre utilisé seul (au minimum 900 ohms avec 
J'appareil en service); les courants atteignent dans certains cas un milliampère. 
On en déduit la courbe du courant en fonction de la différence de potentiel 
entre électrodes. Le tube peut aussi être monté en série ou en opposition avec 
une batterie d'accumulateurs. En particulier, ou peut mesurer la f. é, m. de 
la batterie montée en opposition pour laquelle le courant débité s'annule et 
obtenir ainsi la f. é. nu du tube en circuit ouvert. En outre, les valeurs de 
l'intensité du courant, qui traverse une résistance donnée sous l'action 
simultanée du tube et d'une batterie variable, permettent de prolonger la 
caractéristique propre dans des domaines où le courant et la différence de 
potentiel entre électrodes internes changent de sens par rapport à l'action 
propre du tube à décharge. Les résultats complexes déjà obtenus dans cette 
voie feront ailleurs l'objet d'un mémoire plus détaillé. 

Il faut remarquer que le passage du, courant perturbe la dissymétrie 
réalisée dans la décharge; la perturbation se traduit, lorsque l'intensité du 
courant est assez grande, par un déplacement visible de la colonne brillante au 
moment où l'on ferme le circuit, en sens inverse du sens dans lequel passe le 
courant. Il convient^ donc de distinguer un phénomène statique, corres- 
pondant à l'apparition d'une tension constante entre les électrodes au contact 
du gaz ionisé en haute fréquence, et un phénomène dynamique, lié au passage 
du courant continu à travers le gaz. 

Une explication du mécanisme de production de la tension continue, aux 
dépens de l'énergie de haute fréquence fournie au tube n'est pas immédiate. 
Elle devra évidemment faire appel aux différences de concentration des parti- 
cules chargées au voisinage des électrodes internes et peut-être à un champ 
électromoteur de diffusion des particules dans la colonne gazeuse. Le 
phénomène pourrait avoir des points communs avec le redressement par des 
tubes à électrodes principales dissymétriques. 

D'après des observations anciennes non publiées, il est probable que de tels 
champs constants jouent un. rôle important dans différentes formes de 
décharges excitées en haute fréquence. Leur considération s'imposera aussi 
dans l'application de la méthode des sondes de Langmuir à ces décharges. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. . £y 

magnétisme. — Aimantation initiale et champ coeixitif dun monocristal de 
cobalt, suivant les axes de facile et difficile aimantation. Note de 
MM. Charles Guillaud el Roger Bertrand, présentée par M. Aimé Cotton. 

Il était important, pour la connaissance des mécanismes de l'aimantation 
initiale, d'étudier les propriétés magnétiques de monocristaux ne présentant 
qu'un axe de facile aimantation, ce qui est le cas du monocristal de cobalt 
(l'axe sénaire étant de facile aimantation). En faisant l'étude de l'aimantation 
initiale suivant cet axe et suivant une direction perpendiculaire à celui-ci, nous 
n'aurons à faire, d'après les hypothèses actuellement admises dès domaines 
élémentaires, qu'à des déplacements de parois à 180 d'une part et à des 
rotations d'autre part. M. Néel (<); dans une étude théorique des lois 
d'aimantation de Lord Rayleigh, avait déjà envisagé ces processus élémentaires. 

Les mesures ont été effectuées à l'aide d ? un magnétomètre asiatique. 
L'échantillon, qui se présente sous la" forme d'un cube de 5 mm de côté, est placé 
au centre d'une bobine verticale magnétisante, à l'extrémité d'un support 
rigide à trois degrés de liberté; sa position est repérable à un demi-degré près. 
La bobine magnétisante porte également les enroulements nécessaires à la 
compensation du champ terrestre et à la démagnétisation de l'échantillon. La 
compensation de l'effet perturbateur de la bobine magnétisante, réalisée à 
l'origine par une bobine auxiliaire, est étendue à toute l'échelle par des 
formules de correction supplémentaires. Un dispositif classique avec vase 
Dewar permet des mesures depuis les basses températures. 

L'anisotropie magnétique et la forme non sphérique de l'échantillon 
conduisent à l'apparition d'une composante horizontale du moment. L'effet 
de celle-ci est éliminé par des mesures suivant divers azimuts qui corrigent 
également les erreurs d'excentricité. 

D'autre part un calcul statistique, portant sur plusieurs centaines de résultats, 
permet de diminuer l'influence des erreurs accidentelles, inévitables dans 
l'emploi du magnétomètre. 

Des études aux rayons. X et des mesures magnétométriques montrent que 
l'échantillon est un monocristal (») du système hexagonal et permettent de 
repérer, à un degré près, la position de l'axe sénaire par, rapport aux arêtes 
du cube. ' 

L'influence du champ démagnétisant, pratiquement impossible à connaître 
avec rigueur par suite de la forme cubique de l'échantillon, a été évaluée 
expérimentalement par comparaison avec des cubes de fer et de nickel dont les 

C) Séance du 21 juin 19^8. ., 

C 1 ) L, Néel, Cahiers de Physique, n°12, décembre 1942 et n° 13, mars i 9 43. 
H- Nous devons ce monocristal de cobalt à M. Gold, physicien au M. I T de 
Cambridge, IL S. A. 



48 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



caractéristiques magnétiques étaient au préalable déduites de mesures sur des 
tores de même origine. 

Les causes d'erreur, par suite d'une relation homographique entre les 
déviations du spot et l'aimantation de la substance, croissent avec rapidité 
quand l'aimantation augmente. 

Résultats,— A la précision de nos mesures, c'estlaloideRayleigh J=aH+&H a 
qui traduit le mieux nos expériences, aussi bien pour Taxe de faciïe que de 

difficile aimantation . ,-< 

a. Axe de facile aimantation. — a et b sont de l'ordre de grandeur de 2 et 
restent inchangés dans l'intervalle de température — io^Ç. à — 20 e C; le 
champ coereitifH c = o,55 œ; ','„'. 

b: Axe de difficile aimantation; à 20 C. :a = o,i4, 6 = o,oo3, H c =7,5œ; 
'à— i96°-C. :a = ii, & = o,ooi. 

Interprétation : a. suivant Vaxe de difficile aimantation. — Le processus 
d'aimantation^ par rotation des porteurs, conduit par la considération du 
minimum d'énergie libre, à la loi très simple a = Jj/aK^ où J, est l^iman- 
tatiôn spontanée et K, le facteur du premier terme angulaire dans l'expression 
de l'énergie magnétocrislalline. 

Nous avons déterminé J„ F A (énergie magnétocristalline) et K 1? d'où le 

tableau : 



F 



*.? 



t°C. 


■ * 
(en ergs/cm 3 ). 


K,. 


*'•' 


a — — ir ' 


■ a expérimental 


20° . . 


.. 5,9- I0 6 


5,o.io r> 


ll\10 


o,i9' 


o,i5 


-I96V. 


. .. 8,i.io«. 


7,5. 10*' 


i4io 


0, i3 


b, 11 . 



Nos valeurs de F A . sont supérieures à celles publiées jusqu'ici ( 3 ), de plus 
nous trouvons la même aimantation spontanée à âo°C. et à — io,6°C . 

'L'influence de K, apparaît donc prépondérante, devant une faible action 
probable due aux tensions et le mécanisme de rotation semble bien prouvé. 

b. Suivant Taxe de facile aimantation. — Dans ce cas. nous ne devrions 
avoir que des déplacements de parois à i8o°, nos mesures ne nous permettent, 
pour le moment, aucune conclusion. . . 



MAGNÉTISME. — Une détermination de la texture d*s poudres, de fer à grand 
champ coercitifpar la mesure de leur chaleur de mouillage. Note de M. Louis 
Weil, présentée par M. Aimé Cotton. 

Nous avons cherché à déterminer le diamètre moyen des poudres de fer à 
grande force coercitive obtenues par exemple par réduction à basse tempéra- 



(?) R. Becker et W. Doring, Ferromagnétismus, p. 127. 



SEANCE BU 5 JUILLET ig48. ^9 

ture de formiates (* ), en mesurant leur chaleur de mouillage dans des liquides 
organiques et en la comparant à celle d'un fer ex-earbonyle d'analyse granu- 
lométrique mesurable au microscope. Les deux poudres à comparer ont été 
l'une réduite, l'autre recuite dans l'hydrogène à la même température pour 
donner à leur surface la même nature chimique : on peut admettre que les 
chaleurs de mouillage sont alors proportionnelles à l'étendue de la surface, 

Les ampoules contenant les poudres sous hydrogène ont été cassées dans le 
calorimètre antérieurement décrit ( 2 ). Pour des bentonites> nous avions trouvé 
sensiblement la même marche de température avant et après mouillage. Sauf 
précautions spéciales, pour les poudres de fer, au contraire, le^brusque déga- 
gement de chaleur au cassage est suivi d'un dégagement plus lent; la marche 
de température n'est plus la même qu'avant l'expérience et n'est même pas 
linéaire en fonction du temps. Ces phénomènes sont dus à l'oxydation de la 
poudre que produit aussitôt après le cassage l'oxygène déjà dissous dans le 
liquide de mouillage et, plus lentement ensuite, le renouvellement de l'oxygène 
dissous dû à l'agitation* L'oxydation se traduit par une diminution de 10 à 
20% de l'aimantation. L'ordre de grandeur des chaleurs d'oxydation explique 
les anomalies observées. 

Nous avons rendu linéaire la marche de température après cassage, soit en 
additionnant l«f liquide mouillant d'un corps se combinant à l'oxygène dissous 
(hydroquinone dans le cas du benzène )^ soit en opérant sur des liquides 
bouillis dans lesquels nous avons fait barboter de P azote désoxygéné. Les deux 
méthodes donnent sensiblement le même résultat. Nous avons surtout utilisé 
la deuxième qui conserve au liquide sa définition chimique; les précautions 
ont été prises pour que le barbotage d'azote ne perturbe pas la mesure 
calorimétrique. 

Les conditions de préparation et granulome trie du formiate influent sur la 
chaleur de mouillage, sans corrélation avec le champ coercitif: un formiate 
réduit à 35o° donne une chaleur de mouillage de 6,7 calories par gramme avec 
un champ coercitif de 8i4 gauss, alors qu'un autre donne 22,5 cal/g avec un 
champ coercitif de 780 gauss. Nous avons pris des échantillons d'un même lot 
de formiate. Trois échantillons passant au tamis 3oo (diamètres inférieurs à 
quelques dizaines de microns) ont donné dans le benzène après réduction et 
mesure faite dans les mêmes conditions, avec des champs coercitifs de 880, 
777 et 745 gauss, des chaleurs de mouillage de 28,9, 28,6 et 27,9, soit en 
moyenne 2$, 5 calories par gramme. Deux échantillons passant entre les 
tamis 80 et i5o (plus de deux fois plus grossiers que les plus gros du groupe 



( 1 ) L.'Néel, L. Weil et J. Aubrï, Brev. Fiv ? Chambéry, 1942,-0° prov. 323. 

( 2 ) L. Weil, Comptes rendus, 226, 1948? p' 2ï3o. 

C.R., 1946, 2* Semestre. (T. 227, N° 1.) 



5o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

précédent) ont donné, avec des champs coercitifs de 774 et 906 gauss, des 
chaleurs de mouillage de 12,1 et i4>4> soit en moyenne i3,3 cal/g. 

Pour du fer ex-carbonyle d'un diamètre nioyen de 4 microns et d'une surface 
de o m *,2 par gramûie ? nous avons trouvé dans le benzène des chaleurs de 
mouillage dont la moyenne est de o,3 cal/g. 

Les poudres de fer à grand champ coercitif auraient donc, des surfaces qui 
pour les plus fines atteindraient 90 fois celle du fer ex-carbonyle, soit i8 mï par 
gramme; dans l'hypothèse de grains lisses et sphériques, leur diamètre moyen 
serait donc de l'ordre de 45 o Â. * 

Les expériences faites avec le xylène, l'éther et l'acétone ont donné pour les 
chaleurs de mouillage et pour leur rapport des résultats comparables. Dans les. 
huiles (anthracènique ou huile dé paraffine) les chaleurs de mouillage de nos 
poudres tombent à quelques calories et celles du fer ex-carbonyle à quelques 
centièmes de cal/g. - 

La théorie de leurs propriétés magnétiques ( 3 ) admet que les grains 
primaires ne sont pas ronds. Des examens au microscope électronique de cata- 
lyseurs montrent que leur surface est loin d'être lisse. Il est probable qu'à une 
surface de 18 m 2 /g correspond un diamètre moyen sensiblement supérieur 
à 45oÂ. Par contre, une détermination de la dimension du grain primaire faite 
aux rayons X ( 4 ) montre que son diamètre est de 3oo  environ. Il y a donc tout 
lieu de penser! que si là surface mouillée sur une poudre obtenue à partir d'un 
formiate à grain fin est deux fois "plus importante que sur celle obtenue à partir 
d'un sel moins divisé, elle ne représente pas non plus la totalité de la surface des 
grains primaires. Les grains primaires sont groupés en éponges. Aucun dès 
liquides étudiés ne pouvait en raison du diamètre des molécules^ pénétrer dans 
les interstices les plus étroits de celles-ci. Ces interstices peuvent donc n'avoir 
que quelques angstrôms d'épaisseur. Il suffit effectivement .d'une faible aug- 
mentation de température pour lés colmater, c'est-à-dire en définitive pour 
augmenter la dimension du grain primaire jusqu'à le faire passer au-dessus de 
la dimension critique où réapparaissent les parois de Bloch. Des réductions 
à 5oo° et 6oo° conduisent à des poudres dont les champs coercitifs ont été par 
exemple de 149 et 36 gauss respectivement et la chaleur de mquillage 
de 1,3 cal/g. Leur surface mouillée est donc plus de 10 fois plus petite : les plus 
petites des cavités externes des éponges se sont donc comblées en même temps 
que les fissures internes, tandis que, corrélativement, la couleur de la poudre 
est passée du noir au gris métallique. " 



( 3 ) L. Néel, Comptes rendus, 224, 1947? P- i55o. 

( 4 ) Résultat inédit communiqué par M. Bertaut. 



SÉANCE BU 5 JUILLET ig4^. 5t 

RADIOÉLECTRICITÉ. — Variation, avec la longueur d'onde, de la portée des 
atmosphériques et du flux d'impulsion par mètre correspondant au seuil de 
fonctionnement de récepteurs-enregistreurs du niveau moyen. Note ■(*) 
de M. Fernan» Carbenay, présentée par M. Camille Gutton, 

Dans une Note antérieure (') nous avons défini le seuil de fonctionnement 
d'un récepteur-enregistreur du niveau moyen des atmosphériques par le flux 
d'impulsion par mètre 

'"'■■ 1 i ^ 



If edt, 



provoquant le fonctionnement limite de l'appareil, d'une force électromotrice e 
de forme quelconque, induite dans l'antenne, mais de durée 6 suffisamment 
courte devant la période T du récepteur; h étant la hauteur effective de 
l'antenne. 

Des mesures du flux d'impulsion par mètre ont été effectuées, en application 
de la méthode exposée dans la Note précitée, au Laboratoire National de 
Radioélectricité, sur les appareils d'enregistrement du niveau moyen des 
atmosphériques. Les résultats de ces mesures sont indiqués ci-après. 

Chaque antenne a une capacité y égale à io^ 4 jxF environ et une hauteur 
effective h de l'ordre de 3 m . 

Longueur d^onde d'accord du récepteur 

. (en mètres) .. — ...... 2 5 000 uooo 5 000 2000 

Flux d'impulsion par mètre W D = y? 

(en maxwells par mètre) . . .■ 35o 65 à 127 43 5 à 10 

Le seuil de fonctionnement des récepteurs-enregistreurs a été réglé polir 
obtenir sur les différentes longueurs d'onde, des diagrammes ayant sensible- 
ment, en moyenne ( 2 ), le même niveau dans les conditions de propagation de 
jour. 

Il résulte du tableau ci-dessus que le flux d'impulsion par mètre W 0J corres- 
pondant au seuil de fonctionnement des appareils, croît avec la longueur 
d'onde d'accord. En d'autres termes, les valeurs de W caractérisent la répar- 
tition, dans le spectre, de l'énergie des atmosphériques à la réception : l'énergie 
reçue augmente, dans le domaine considéré, avec la longueur d'onde. 

On peut poursuivre davantage l'interprétation des résultats et établir un 



(*) Séance du i4 juin 1948. 

(*) Comptes rendus, 226, 1948, p. 1710. , 

( 2 ) En moyenne, parce que ces niveaux Varient avec la répartition et la distance des 
foyers. 



52 ACADEMIE DES SCIENCES. 

rapprochement entre les valeurs du flux par mètre W et les portées de jour 
des atmosphériques indiquées, il y a plusieurs années, par R. Bureau ( 3 ). 

Le tableau suivant indique, pour chaque longueur d'onde d'accord du récep- 
teur enregistreur : r 

i° Là portée de jour (jp); 

2 Le rapport sj^olp de la racine carrée du flux d'impulsion par mètre (en 
maxwells par mètre) à la portée exprimée en milliers de kilomètres. 

Longueur d'onde d'accord du récepteur 

(en mètres) 25 ooo ri ooo 5 ooo i ooo 

Portée de jour (p) (en kilomètres). ... > 3 ooo 2 5oo i 5oo i ooo 

'¥ — 2 ,' , <6,2 3,2à4»5 4>3 2.3à3,2 

P 

Les rapports de la racine carrée du flux d'impulsion par mètre à la portée 
sont du même ordre de grandeur, ce qui indique que le flux d'impulsion 
par mètre W 9 varie sensiblement, en fonction de la longueur d'onde, comme le 
carré de la portée. 

Le seuil de fonctionnement des récepteurs-enregistreurs varie donc approxi- 
mativement, en fonction de la longueur d'onde, comme la surface des sphères 
d'activité des atmosphériques définies par un rayon proportionnel à la portée 
indiquée par R. Bureau dans le domaine considéré.' 



SPECTROGRAPHIE. — Détermination spectro graphique de la solubilité 
du cadmium dans Tétain solide. Note (*) de M. Henri Triché, 
présentée par M. Paul Pascal. 

Au-dessous de i28°C. les alliages de cadmium et d'étain sont constitués par 
deux solutions solides, l'une a riche en étain, P autre (3 riche en cadmium. Si 
l'on attaque ces alliages par un acide, la phase (3 joue le rôle d'anode et se 
dissout, Xà phase a joue le rôle de cathode. Si la réaction n'est pas trop 
rapide, les grains apparaissant en relief sont tous des grains de la phase a. 

Pour connaître la teneur en cadmium de cette phase, on opère comme pour 
les dosages spectrophotographiques ordinaires. On choisit deux raies voisines, 
appartenant, l'une à l'étain 3283 Â, l'autre au cadmium 3466 Â; le rapport 
des noircissements de ces deux raies est une fonction de la concentration du 
cadmium. On construit une courbe d'étalonnage en prenant comme coor- 
données le logarithme déjà concentration en cadmium et le logarithme du 
rapport des noircissements. 

( 8 ) Comptes rendus, 219, 1944» P* 349- 
(*) Séance du 28 juin 1948. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 53 

Mode opératoire^ ). — L'étincelle éclate entre l'alliage et une baguette de cuivre 
pur. Pour analyser la surface attaquée on doit la déplacer pendant la pose 
pour que l'étincelle n'atteigne pas les grains [3 des couches profondes. Les 
alliages étalons doivent être enregistrés dans les mêmes conditions à moins que 
Ton vérifie que le déplacement n'a pas d'influence sur le rapport du noircis- 
sement des deux raies utilisées pour le dosage 5 c'est ce qui a été constaté. 

Influence du traitement thermique. — Cette influence n'est pas appréciable sur 
le tracé de la courbe d'étalonnage, mais l'analyse des surfaces attaquées donne 
des résultats très différents suivant le traitement thermique. Les alliages 
doivent subir un recuit suffisant avant l'attaque, pour que l'état d'équilibre soit 
atteint à une température bien définie et en particulier pour que les solutions 
solides soient homogènes. Pour les alliages bruts de coulée, le pourcentage 
atomique du cadmium était compris entre o,i et 0,64. Une partie de l'alliage 
pouvant se trouver dans l'état qu'il possédait au-dessus de i28°C. et la solubi- 
lité du cadmium dans l'étain étant beaucoup plus grande (5 % en poids), on 
s'explique les valeurs par excès de la teneur en Cd ; les valeurs par défaut sont 
expliquées par la structure hétérogène de la phase a dont les zones riches en 
cadmium sont attaquées. 

Après divers essais, toutes les plaquettes ont subi un chauffage de 12 jours 
à io5° G. et une trempe à l'eau à 20 G. 

Influence du traitement chimique préalable. — La surface est limée, puis 
attaquée par de l'acide nitrique concentré, l'attaque est violente mais ne 
modifie pas la composition de la surface; l'acide métastannique est éliminé par 
un jet d'eau distillée, la surface est alors traitée par de l'acide chlorhydrique ; 
on chauffe légèrement pour éliminer la phase (3. 

Le spectre de la surface doit être examiné attentivement, des raies nouvelles 
peuvent apparaître indiquant la présence d'impuretés. Nous. avons préparé 
des réactifs d'attaque très purs pour éviter cette cause perturbatrice; cepen- 
dant, malgré cette précaution, les raies 8282 et 3383Â(Ag) apparaissent si 
l'attaque est trop poussée, bien qu'elles ne soient pas visibles sur les spectres 
d'arc des alliages Sn-Cd. L'argent étant soluble dans le cadmium et insoluble 
dans l'étain, se concentre dans la phase p. Celle-ci étant détruite, l'argent se 
dépose à l'état métallique ou à l'état de Cl Ag sur la phase a et il est révélé par 
le spectre. Lorsque les raies de l'argent sont trop visibles, le spectre est 
inutilisable, il conduit à une concentration trop faible en cadmium (cette 
influence est connue sous le nom d'influence d'un tiers élément). Pour éviter 
cette erreur, il suffit que l'attaque ne soit pas trop poussée. 

Dosages. — La fente du spectrographe est suffisamment ouverte pour que 
les mesures au micropho.tomètre soient précises. Le fond continu n'ayant pas 
la même valeur pour les surfaces attaquées et pour les étalons, il est indispen- 



(*) Comptes rendus, 20^ 1937, p. 966. 



54 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

gable d'en tenir compte. Nous avons fait la correction. habituelle, qui consiste 
à retrancher la densité du fond contigu à la raie de la densité de cette raie. 
En évitant les causes d'erreur signalées, on trouve : 

<: Concentration atomique des alliages ... .. o,5 1,0 2,0 

Concentration atomique de la phase a. . . 0,29 0,2g o,4i 

soit en moyenne o,3i % Cd en poids. 

Comparaison avec les résultats antérieurs. — Nos résultats ne s'écartent pas 
trop de ceux qui ont été trouvés par d'autres méthodes, pour lesquelles les 
valeurs extrêmes sont comprises entre o et i,5 % en poids (*). Dans un travail 
plus récent, Hanson et Pell Walpole indiquent la valeur 1 % ( 3 ) obtenue par 
examen métallographique et au moyen de courbes de résistivité. On peut se 
demander si la valeur obtenue par examen direct n'est pas par excès, une phase 
pouvant être en trop faible proportion ou trop dispersée pour être visible, et si 
la valeur obtenue par l'étincelle n'est pas par défaut quand la solution solide a 
n'est pas homogène (un recuit de 12 jours n'étant peut-être pas suffisant pour 
la température relativement basse de io5°C). 

Il semble que la méthode spectrographique puisse fournir un résultat plus 
précis. que celui qui a été obtenu puisque l'erreur relative commise pour le 
dosage d'un alliage n'est que de 3,5 %.. Notons que Hanson et Pell Walpole 
ont obtenu dès courbes de dureté et de résistance à la traction en fonction de la 
concentration qui ont un point anguleux à o,^5 % Cd ( 2 ). - 

SPECTRES D'ABSORPTION INFRAROUGES. '— Spectres infrarouges des acides 
cinnamiques, de la chalcone et de quelques composés apparentés. Note (*) de 
MM, Jean Lecomtb et Jean Guy, présentée par M. Jean Cabannes. 

Dans les séries cinnamique et chalconique, nous avons mesuré, entre 4? 5 et 
t5 [xles spectres infrarouges de 9 composés cristallisés et de l'acide cw-cinna- 
mique dissous, soit dans le tétrachlorure de carbone (entre 4>5 et 8 \l) } soit 
dans le sulfure de carbone (entre 7 et i5 p.). Le tableau suivant indique les 
nombres d'onde observés eu absorption (en cm - ' ) : 

Acide phénylpropionique. — 670 (M); 685 (M); 699 (F); 725 (f); 764 (M); 
787 (M); 932 (tF); i2id(M); 1228 (M); i3o5 (tF); i3 7 3 (tF); 1419 (F); 
i46o(F); 1717 (tF). 

Acides cis-cinnamiques F fe°. — : 666 (M); 679 (M); 694 (F); 739 (M); 
755 (M); 798 (M); 836 (F); 879(0; 9^ ( tf )î 9? 8 ( tf )î 1061 (tf-?); 
1168 (M); 1234 (M); 1265 (tf — ?); 1280. (tf); i3o3 (f); i34o (tf — ?); 
i4o8(f); r462(F)ï i65o(F); 1709 (F). . 

( a ) Hanson et Pell Walpole, J. fnst. Metals, 56, io,35, p. 167-187. 
( 3 ) /. Jnst. Metals, 59, igSô, p. 28i-3oo. »' - 

(*) Séance du 28 juin 1948. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 55 

F 58°. —-669 (M); 683 (M); 697 (F); 7 5 7 (tF); 801 (M); 834 (F); 
919 (tF); 985(tf); i 2 43(M); i3ia (f); i349 (tf — ?); i3j5 (f); i4o5 (f); 
i447(F); i46 9 (M); r64r(F); 1702 (tF). 

F 68°. — 666 (M); 682 (M); 696 (F); 7 36 (f); 767 (M); 8o3 (F); 
82 7 (M);^38(tF); ia3i (f); 1260 (f); . i3o 2 (f); i34 7 (tf — ?); i3 9 6(M); 
i4o3(tF); ,1660 (F); 1707 (F). 

.Dissous. —.693 (M); 762 (F); 799 (f); 83 1 (F); 926 (tF); 1247 (M); 
1293 (M); i349 (f); i38i (f>; i4o3 (f); i447 (F); i468'(M); i658 (F)^ 
17*1- (iF). 

Acides trans-cinnamiques a. — 668 (M); 698 (M); y35 (tf — ?); 759 (F); 
796 (tf— ?); 864 (M); 925 (F); 966 (tf); i234(f); ia85(F); ï3i 7 (F); 
t35i (f); i4o5(tf-?); i428(M); i46o(M); 'i65o(tF); i6 9 9(tF). ' 

{3. _ 670 (M); 699 (M); 760 (F); 797 (tf™?); 83 9 (t£— ?); 867 (M); 
932 (F); 97 3 (tf); io3o (tf—?); 1171 (tf_?>; 1287 (F); ï3ài (F); 
i352(tf— ?); 1428 (M); 1460 (M); 1662 (tF); 1699 (tF).' 

Acide benzalmalonique. — 671 (M); 689 (F); '764 (F); 781 (f); 821 (M); 
916 (tF); io53 (f);*. 1223 (F); 1262 (F); 1290 (F);' i3ag (f); i3 7 3 (f); 
i4o5 (f); i436 (M) r 14Ô0 (M); i52 7 (M—?); i56o (M — ?); i65i (M); 
i7o3(tF). 

Acide phénylpropioliqûe. -^ 667 (M); 678 (M); 716 (tf); 749 (F); 919 (F); 
ioo5 (tf — ?); 1194 (F); i3o 9 (tF); 1426 (tF); 1694 (tF); 2220 (M). ' ' 

Chalcone fondant à $y . _ 668 (M); 692 (M); 746 (tF); 787 (f); 862 (F); 
932 (f); 989 (tF); i2i5(tF); 1287 (M); i3i5 (F); i349 (tF); i4oa (tf); 
■1459 (F); i5i4(M); 1687 (M); 1618 (tF); t6 7 5 (F). 



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Comme dans le cas des spectres Raman ( H ), les deux acides trans-cirmar 
miques ont des spectres très semblables. D'importantes différences se mani- 



(*) M. Hahrand et J. Guy, Comptes rendus, 226, 1948, p* 43o à 432. 



56 ACADEMIE DES SCIENCES. 

festènt par contre pour les trois variétés cristallines de l'acide cw-cinnàmique. 
A titre d'exemple, la figure reproduit notamment les courbefs expérimentales- 
d'absorption, entre 10 et ifr-p (iooo à 716 cm" 1 ), des trois acides cw-cinna- 
miques de point de fusion 68°, 58° et 42° : en plus de divers déplacements et 
dédoublement de bandes, on constate la disparition presque totale, pour 
l'acide 42°, de la bande à 922 cm -1 ( 10^, 85), tandis que l'intensité d'absorption 
dans cette région est considérable pour les acides 68° et 58° (maxima situés 
respectivement à g38 et 919 cm" 1 ); à l'état dissous, quelle que soit la variété- 
cristalline de départ, on obtient toujours, pour l'acide cis, le même spectre 
extrêmement voisin du spectre de la variété cristalline de point de fusion 58°. 
Contrairement à ce qui avait été observé pour les spectres Raman des mêmes 
composés (*), on ne constate ici aucune anomalie en ce qui concerne les 
fréquences G = G et C = o : tous les composés étudiés présentent une forte 
absorption entre 1670 et 1720 cm -1 correspondant, en première approximation, 
soit à la vibration de valence C = o pour les cétones, soit à une vibration 
antisymétrique du pont carboxylique pour les acides à l'état dimère ; lés com- 
posés éthyléniques présentent bien de plus une autre bande ;forte distincte 
de la précédente, caractéristique de la fréquence G — C et qui varie ici de 
1Ô18 à 1660 cm" 1 . 



RAYONS X. — Quelques observations sur la nature des radiations émises par les 
tubes à rayons X. Note de M. Jean Mânockhine, présentée par M. Aimé 

Cotton. ' _ 

Il semble que jusqu'ici on n'ait fait, dans les applications, aucune différence 
entre le rayonnement émis par une ampoule à rayons X du type à air et celui 
émis par une ampoule du type Coolidge ; cependant, en 1922, j'écrivais O que 
les radiations des ampoules Coolidge ne sont pas comparables à celles des ampoules 
à air. 

Mes anciens travaux avaient démontré que l'irradiation de la rate par 
l'ampoule à air, à une dose d'environ 26-3pr (i3 cm d'étincelle au spintermètre 
à pointes, 1 mA, filtre de i mm d'aluminium, distance anticathode-peau : 25 cœ , 
durée d'application 5 minutes) provoque le passage dans le sang d'un ferment 
splénique (leucocytolysine) ( a ) et que, durant les premières 24 heures, la rate 
diminue de volume et par cela même provoque la diminution du volume du 
foie dans le cas où les dimensions.de ces deux organes étaient augmentées 
avant l'irradiation. 



(*) Le traitement de la tuberculose par la lëucocytolyse consécutive à V irradiation 
de la rate, Paris, 1922. " ' „ 

(■•) I. Manoukhine, La lëucocytolyse, Thèse, Saint-Pétersbourg, 191 1; Journal de Phy- 
siologie et de Pathologie générale, n os 1 et % 1926, p. 70 et 92; etc. 



./ 



SÉANCE DU 5 JUILLET 19,48. 67 

Lorsqu'en 1946 j'ai commencé, avec M. S. Silberstein, à appliquer la 
méthode thérapeutique dont il était question dans ces travaux anciens, 
l'ampoule à air était complètement abandonnée : nous avons donc jugé indis- 
pensable d'étudier Faction sur la fonction splènique des divers types 
d'ampoules modernes à rayons X f 

Nous avons observé 4 malades atteints de tuberculose osseuse chez lesquels 
les volumes du foie et de la rate étaient très augmentés ; ils ont été traités par 
irradiation de la rate (3o r par séance) en employant : pour le malade A, 
l'ampoule à air, pour B, la cuve Sécurix, pour C et D, l'ampoule Standard. 
On a observé une leucocytolyse et une diminution consécutive des volumes de 
la rate et du foie uniquement chez À irradié à l'ampoule à air, Chez les trois 
autres malades, au contraire, les irradiations provoquent dès le début une 
augmentation quasi régulière des deux organes, chez B, par exemple, le foie 
parti de 6 C4n a pu augmenter jusqu'à i2 cm en 7 séances; chez G, parti de 3 cm ,5, 
le foie a augmenté jusqu'à 1 i cm , etc. Ceci démontre bien que l'irradiation par 
la cuve Sécurix et par la Standard non seulement n'excite pas, mais déprime 
les fonctions splëniques. 

Ayant constaté ces résultats négatifs, nous avons commencé à étudier 
l'action sur la rate d'irradiations produites par différentes ampoules à rayons X 
et nous avons constaté les faits suivants : 

i° La cuve dite de sécurité (transformateur et ampoule dans la même cuve à 
huile) utilisée de 64 à 86 kV, à des doses allant de 3o à 1 r, n'a jamais montré 
d'action positive, mais à très faible dose déprime l'activité splènique et l'huile 
n'arrête pas ces radiations. 

2 L'ampoule Coolidge Standard sur bobine aussi, s'est montrée déprimante. 

3° L'action de l'ampoule classique du type Coolidge de diagnostic sur 
transformateur (la plupart du temps nous avons employé un Métallix), n'est 
pas absolument identique à celle de l'ampoule à air, et l'on n'obtient pas une 
production de leucocytolysine aussi forte ni aussi rapide. 

D'autre part, j'ai étudié la relation entre l'existence des rayons stimulants et 
le vide de l'ampoule à air; j'ai constaté qu'en utilisant des ampoules à air où le 
vide était moins poussé et où la tension appliquée descendait progressivement 
jusqu'à 3 cm d'étincelle, on observait un affaiblissement de l'action stimulante 
des rayons, mais dès que l'ampoule prend une couleur violette (avec arc ou, 
sans arc), vers 2 cm d'élineelle, leur action stimulante augmente promptement 
et atteint l'intensité obtenue avec l'ampoule normale; lorsque, encore plus loin, 
l'ampoule devient rouge, leur action diminue définitivement. Par exemple, '., 
l'ampoule avec i3 cm d'étincelle a produit une leucocytolyse de 3 1,9 % ; l'ampoule 
violette de 38,5 % et l'ampoule rouge de 18,7 % . Les observations cliniques ont 
confirmé ces constatations dans un grand nombre de cas. 

Les rayons stimulants et les rayons inhibiteurs sont arrêtés par 2 mm de plomb 
et traversent i mm d'aluminium. 



58 ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Toutes ces observations me laissent supposer qu'il se produit dans l'ampoule 
de Rœntgen des rayons que l'on peut qualifier de rayons sut getieris et qui 
doivent être encore étudiés. 

ATOMISTIQUE. — Nouvelle présentation du tableau périodique des éléments 
basée sur leur structure électronique. Note (*)' de M. Pierre Vallet, présentée 
par M. Paul Pascal. 

La principale critique adressée par les chimistes au tableau périodique des 
éléments, tel qu'il est présenté le plus souvent, est qu'il rassemble dans une 
même colonne des éléments souvent très différents. 

Depuis que les structures atomiques sont mieux connues, différents auteurs 
cmt essayé de remédier à cet inconvénient à l'aide de procédés typographiques 
variés. 

Le nouveau tableau que je propose est à double entrée comme celui de 
Mendelejeff, mais il est basé sur la structure électronique des éléments telle que 
nous l'imaginons actuellement. 

Horizontalement, le tableau comprend sept lignes correspondant aux sept 
premières valeurs du nombre qu antique principal n 7 définissant les niveaux 
énergétiques fondamentaux K, L, . .., Q. 

Verticalement, le tableau est d'abord divisé en quatre colonnes corres- 
pondant aux quatre premières valeurs du nombre quantique azimutal /. Les 
trois dernières colonnes ont été divisées en deux pour tenir compte des deux 
valeurs possibles du nombre quantique interne j==ldz 1/2. Chacune de ces 
dernières colonnes a été subdivisée en y'-\-i nouvelles colonnes (indiquées 
seulement par les éléments qui y figurent). 

Finalement, le tableau est divisé en cases énergétiques en nombre égal à 
2j -\- 1 pour chaque sous-niveau énergétique défini par trois valeurs particulières 
associées des nombres quantiques n, l, j\ 

En considérant seulement l'enveloppe électronique des différents éléments 
rangés par ordre de numéros atomiques croissants, on passe de l'un quelconque 
au" suivant, en lui ajoutant un électron. Celui-ci ne vient pas toujours occuper 
la case énergétique la plus voisine de celle qu'occupe le dernier électron de 
l'atome précédent, de sorte que si Ton écrit les symboles des différents éléments 
dans la case énergétique correspondant à son dernier électron, très souvent, 
les éléments se suivront dans l'ordre des numéros atomiques croissants, mais il 
pourra arriver que des éléments qui se suivent dans le tableau possèdent des 
numéros atomiques non consécutifs. 

Les deux, premiers éléments mis à part, on constate que les éléments rangés 
dans une même colonne sont alors chimiquement analogues, surtout pour /=o 

(*)* Séance du 28 juin 1948. 






SÉANCE DU 5 JUILLET ig48. 



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6o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

et l=i. Pour / = 2 déjà et surtout pour 1=3, l'analogie se manifeste aussi 
horizontalement. ' 

On sait que lorsque les nouveaux électrons viennent occuper des cases éner- 
gétiques situées dans les profondeurs de l'atome, un ré arrangement interne peut 
se produire et le nombre des électrons les plus extérieurs de l'atome peut 
être o, i ou 2. J'ai représenté schématiquement ce nombre par o, 1 ou 2 accents 
placés sous le symbole des éléments correspondants. 
* * 

ATOMISTIQUE.. — Sur la structure moléculaire des bioxydes de manganèse utilisés 
dans les éléments Leclanché: Note (*) de MM. Jean Amiel, Jean Brenet et 
Georges Rodier, présentée par M. Paul Pascal. 

, Dans une Note précédente l'un de nous ( 4 ) a montré que l'accroissement des 
propriétés dépolarisantes d'un bioxyde de manganèse au cours de son acti- 
vation correspondrait à la fois à une variation des dimensions de la maille 
élémentaire,, et à une diminution de la distance manganèse-oxygène dans la 
molécule MnO 3 . ' 

Nous avons mesuré la susceptibilité magnétique de deux échantillons de 
bioxyde, l'un étant le dérivé activé de l'autre. Nous avons trouvé une exal- 
tation du paramagnétisme de l'échantillon activé, dans lequel la distance Mn-0 
est plus faible. L'expérience donne les valeurs suivantes : 

échantillon ( 1 ) = 28,9.10-^ 

-échantillon activé (2) = 37, 9.1 o -6 

L'étalon de référence utilisé était le sulfate de manganèse hydraté, comparé 
à SO^Cu, 5 H 2 0, étudié précédemment par l'un de nous ( 3 ). 

La seule explication possible de cette différence considérable, compte tenu 
du taux d'impuretés, réside dans la modification de la forme de liaison Mn — O. 

Ces résultats pourraient éventuellement s'interpréter à partir de la détermi- 
nation des axes de valences selon la méthode de Pauling : 

Un des oxygènes dans la molécule Mn0 2 est lié à Mn par l'intermédiaire 
des deux électrons de la couche N de cet atome. . " ■ 

Le calcul théorique montre que la probabilité de présence de l'ensemble des 
deux électrons de cette couche N est la même sur toute sphère de rayon R; 
par suite nous ne pouvons caractériser de directions bien déterminées d'axes 
de valences* Dans ce cas, nous pouvons conclure que la liaison de Mn par les 
électrons N a surtout le caractère ionique. . ^ 

Le second oxygène de la molécule Mn0 2 est lié à Mn par l'intermédiaire 



(*) Séance du 28 juin 1948. 

(*) J. Brenet et A. Héraud, Comptes rendus, 226, 1948, p. 4*3. 

( 3 ) J. àmiel, Comptes rendus, 206, 1938, p. ni3. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 6l 

d'électrons de la couche M de l'atome Mn. Or, ces électrons se répartissent 
de la manière suivante : 2 pour /.= o, m = o\ 6 pour l=t } m = o, ±1; 
5 pour Z = i\ m = o, dz 1, ± 1. 

La liaison se fera donc par deux électrons de cet état 7=2, c'est-à-dire par 
des électrons d. 

La détermination des fonctions d'ondes associées montre comme possibles 
les deux liaisons de covalence par électrons (tf, S) et (</, ix). 

Dans le cas de la liaison {d, S), les directions d'axes de valences sont à 45° 
l'une de l'autre; dans le cas de liaison par électrons (d ? it), les directions d'axes 
de valences sont à 90 l'une de l'autre. En outre, les plans des axes de valences 
des électrons (d, S) d'une part, et (d, it) d'autre part, font entre eux un angle 
de 45°, 

L'ensemble de ces résultats peut être rapproché de l'évolution du pouvoir 
dépolarisant des deux formes de bioxyde. On pourrait voir là une possibilité 
d'explication des différences d'activité des deux bioxydes. 

Enfin, cette modification de la forme de liaison, nettement mise en évidence 
par les mesures magnéto- chimiques, provoque une perturbation des densités 
électroniques autour des atomes de manganèse et d'oxygène. Il en résulte un 
accroissement de certaines propriétés catalytiques du bioxyde de manganèse (*), 

Nous avons donc mis en évidence que les propriétés dépolarisantès, magné- 
tiques et catalytiques des échantillons de bioxyde de manganèse examinés 
varient dans le même sens. 

PHYSIQUE NUCLÉAIRE, — Sur la disparition de F image latente dans la 
photographie des trajectoires des particules a. Note (*) de M. René 
Coppens, présentée par M. Frédéric Joliot. 

L'étude par la photographie de l'émission des particules chargées a montré 
que l'image latente des trajectoires, de ces particules disparaissait en un temps 
variable. Yagoda et Kaplan (\) ont étudié la variation de la densité photogra- 
phique. M me Faraggi et M}^ Albouy ( 2 ) ont mesuré la disparition des grains. 
Nous avons évalué la variation du nombre des trajectoires avec le temps qui 
s'écoule entre l'impression et le développement. 

Méthode. — Des plaques sensibles, exposées au rayonnement d'une matière 
radioactive (pechblende pulvérisée ou dépôt électrolytique de polonium) sont 
développées dans des conditions identiques, l'une immédiatement, les autres 
avec des retards croissants. En observant les plaques avec un microscope de 



( 3 ) J. Amiel, G. Rodier et J. Brenët (en cours de publication). 

(*) Séance du 21 juin 194.8. 

:( 4 ) Phys. Rev. t 71, 19^7, p. 910. 

( 2 ) Comptes rendus, 226, 1948, p. 717-719. 



02 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

faible grossissement, on compte le nombre de trajectoires par champ, 
ioo examens au minimum donnent pour chaque plaque la moyenne des trajec- 
toires visibles inscrites sur une surface donnée. 



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Fig. i. 




JOURS 



Résultats. — i° Le nombre des trajectoires visibles reste pratiquement cons- 
tant pendant un temps variable avec la méthode de conservation des plaques, 
puis décroît plus rapidement et tend ensuite lentement vers zéro. Plusieurs 
expériences ont permis d'établir les courbes I donnant les variations du nombre 
des trajectoires en fonction du temps t qui sépare le développement de l'expo- 
sition (nombre de trajectoires d'une durée supérieure à t). 




15 JOURS. 



Fig. 3. 



2° A partir de ces courbes il a été possible de tracer les courbes, II donnant 
le nombre des trajectoires d'une durée comprise entre t — At et t-\-àt. Ces 
courbes sont du type de Gauss, avec maximum net pour un temps T (durée la 
plus probable). Pour un temps t l'écart par rapport à T est (t — T) et les 

courbes précédentes peuvent être représentées par une équation n — lLe p"~ 
sauf pour les écarts trop grands (p et K étant des constantes). Sur les figures 
les courbes en pointillé représentant les parties des courbes de probabilité qui 
s'écartent des courbes expérimentales. La courbe de Gauss étant définie par sa 
moyenne T et son écart quadratique moyen (qui dépend de p), on peut carac- 
tériser les plaques par ces deux nombres fonction de la nature des plaques et 
du moyen de conservation. Nous avons obtenu les résultats suivants ; 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 



63 



Nature 
des plaques. 



Ilford IV. 



Iïfor'd G. . 



Ilford G, 



ffîord C s 



Méthode 
de conservation. 

Près. Norm. 

12° 

Immidi té 
atmosphér. 

Près. Norm. 

17-18° 

humidité 

atmosphér. 

Près. Norm. 

humidité 
atmosphér. 

Prés. Norm. 

i4-i5° 

conservées 

au-dessus 

d'une 

couche d'eau 



Duré.e 
probable T 

(jours). 



8, 7 5 ■ 



Dispersion p. 

p. 



2,3 3,8 



%, i 



11,75 


7 


*i,68 


j et fig. 3 (Courbe A) 

* 


16 ,5 


j ■ 






(par extrapo- 
lation ) 


{ I0 


i- ? 65 


fig, 3 (Courbe B) 



5 



i,66 fig. 3 (Courbe C) 



3 Le rapport T/p est sensiblement constant pour un type de plaque donné 
(résultat confirme par d'autres expériences). - n'est donc possible de caracté- 
riser les plaques par un seul nombre R= (T/p) et de préciser les conditions de 
conservation par la durée probable T. Ces deux nombres suffisent pour tracer 
les courbesll et par suite les courbes I. Pour un type de plaque donné les 
courbes I obtenues avec des métbodes de conservation différentes se déduisent 
les unes des autres quand on connaît T. 

i'L 'humidité active considérablement la disparition de V image latente - 
Des plaques de même nature [Ilford C, (t/p)= (3/5)] exposées dans les mêmes 
conditions de température et de pression, mais conservées les unes en atmosphère 
normale et les ; auto* au-dessus d'une nappe d'eau, ont donné des durées 
probables de 1 6,5 et de 5 jours ( courbes B et C, fig. 3 ). 

CHIMIE PHYSIQUE - Étude de la stabilité de quelques thiosulfates complexes 
parla méthode des échanges isotopiques. Notef) de M»° 'Genève™ Scoff, B r 
présentée par M. Frédéric Joliot. ' 

Divers auteurs ont déjà utilisé les indicateurs radioactifs pour caractériser 
la stabilité de complexes minéraux, par la méthode des échanges isotopiques. 



(*) Séance du 19 avril 1948. 



64 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Il m'a paru intéressant d'appliquer cette méthode aux complexes formés par les 
thiosulfates de certains métaux pour lesquels les indications purement chimiques 

sont peu précises. 

Les expériences ont porté sur les systèmes : 

/ K 3 [As (S 2 3 ) 3 ], IsjO^HCL 2 N,. 

! K 3 [Sb (S 2 3 ) 3 1, Sb* C1 3 +HCL aN, 

K s [Bi .(S.O s )J, ■ Biî CU+HCL a'N, ' . . 

- Nài[Cu(S 1 Ô 3 )J, Cu*SO*+HCLo,5N. . 

( L'astérisque indique le composé contenant l'indicateur radioactif. ) 
La technique employée était la suivante. Le complexe a été préparé. par un 
procédé approprié ( 4 ), précipité par l'alcool et soigneusement lavé, afin 
d'éliminer tout excès de l'un ou de l'autre des composants, et séché, puis 
dissous dans ô"* d'eau. Une quantité équivalente en métal du sel simple, activé 
au cyclotron pendant un temps suffisant, a été dissoute dans ia cmI d'eau acidulée 
du titre indiqué. Les deux solutions mises en présence ont été immédiatement 
séparées par précipitation par l'alcool et filiation. Les essais ont montré que 
l'échange produit pendant ces opérations dont la durée était de dix à douze 
minutes était déjà pratiquement complet dans le cas du Bi, et très important 

dans les autres cas, 

Le complexe a été ensuite détruit par un acide fort et transformé d abord 
en sel simple, puis précipité en oxyde ou sulfure. La même précipitation a été 
opérée sur le sel du filtrat. Les activités des deux produits ont été mesurées 
en couche épaisse (*) sur porteurs identiques au compteur de Geiger-Muller. 

Les résultats de ces mesures ont été les suivants : 

Complexe d 1 As échange à 3° ( 5 ) de 5ô à 72 % 
» deSb » 3 ' ' « de 83 % 

w ' » Sb ' » / 17 9?% 

""» . Bi » 17 "'99.%. 

» : Cu - » 17 ■ 3o % 



La stabilité des complexes se présente donc dans l'ordre Bi < Sb < As < Cu. 
Pour les trois premiers, elle diminue donc avec l'augmentation du caractère 
métallique de l'atome central. 



(*) Les thiosulfates d'As et Sb ont été préparés suivant les indications de Von Szilagyi 
{Zeit AnorgChtm., 113, 1922, p. 69); ceux de Bi et Cu, selon le Mellor Comprehensive 
Treatisebf Inorganic and Theoretical Chemistry, vol. X. 

(*) Haïssinsky et Pullmànn, Journ. Phys., i$fô, F- 7\ 
' (*) La précipitation quantitative du complexe d'As n'a lieu qu'à 3°. . 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948/ 65 

CHIMIE PHYSIQUE. — Recherches sur l'origine des bandes qui accompagnent les 
discontinuités X d'absorption de certains métaux à Vétat de sels dissous. Note 
de M lle Yvette Cauchois, présentée par M. Jean Cabannes. 

L'analyse des spectres de rayons X qui constitue la meilleure méthode 
d'étude de l'électronique des solides, est applicable aux liquides et aux corps 
dissous. J'ai pu montrer {\ ) que la discontinuité K du nickel, fournie par des 
solutions aqueuses de sels du nickel divalent, est accompagnée par des bandes' 
d'absorption dues à plusieurs maxima et minima du coefficient d'absorption; 
elles s'étendent sur environ 3oo eV au delà de la discontinuité principale, vers 
les grandes énergies; leur allure générale est très analogue à celle des bandes 
d'absorption du nickel dans les composés solides correspondants. On pouvait 
se demander si les bandes avaient un caractère atomique ou si elles étaient une 
manifestation d'un arrangement pseudo-ordonné dans la solution . 11 est possible 
d'attribuer à des transitions de l'électron K vers des états d'excitation liés à 
l'ion (ici Ni ++ ), les fluctuations d'intensité observables à petite distance de la 
discontinuité ( a ). Mais les bandes lointaines dont j'ai signalé l'existence* me 
paraissent avoir une origine différente et devraient pouvoir donner des infor- 
mations sur l'organisation des ions et des molécules dans la solution. 

Pour mieux comprendre le phénomène, je l'ai recherché dans des circons- 
tances expérimentales différentes et sur d'autres éléments. 
r Avec les sels de nickel, les variations de concentrations réalisables, en pra- 
tique, modifient peu les structures d'absorption. Avec les sels de sine, il se pro- 
duit, semble-t-il, un léger déplacement avec la dilution. Mais, dans les deux cas, 
il s'agit toujours de solutions concentrées. Si l'on passe de la température ordi- 
naire à environ 70 C, à l'aide d'une cuve chauffante convenable, les structures 
persistent avec la même netteté. Comme la largeur des bandes sombres et 
claires successives dans le spectre est grande, de l'ordre de plusieurs dizaines 
d'électronvolts pour les plus lointaines, il est difficile de préciser leur position 
et de s'assurer de la réalité de leurs petites variations éventuelles. 

Des éléments voisins du nickel dans le Tableau périodique ont maintenant 
été étudiés. Leurs sels dissous donnent eux aussi des bandes d'absorption 
analogues à celles des composés cristallisés respectifs et d'aspect semblable à 
l'aspect des bandes des composés solubles du nickel. On obtient encore une 
raie blanche de très forte absorption (R. B.) et trois bandes sombres «, $, y sépa- 
rées par les régions de forte absorption A et B. La bande <x comporte 2 maxi- 
ma et un minimum secondaires. La résolution de a pour Gu et Zn est moins nette 
que pour Ni; mais il faut remarquer que le pouvoir séparateur dans l'échelle 
^ des énergies décroît avec la longueur d'onde. C'est peut-être aussi pourquoi les 



( j ) Comptes rendus, 224, 1947, p. i55ô. 
( 2 ) W. Bebman, et J. Beàrden, Phys. Rev., 61, 1^2, p. 455. 
C ,R, r 9 4S, 2* Semestre. (T. 227, M« 1.) 



66 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Tableau. 
Solutions saturées des chlorures de Ni, Cu et Zn. 

a ■ ■ 

dise. K. R. B. _rn. ,. min. max/ A. p.- B - . T« . 

„. (XUX i483i--i 3 . 1482,21 -'1480,7 ,,i479> 3 1-177,7. 473,2 1467,6 ' i46i,6 i45o,2 

.JAeV .'.-,.. "-... 5,1 i3,5 .31,71 3i^ 5 7 .88 i 2 3 190 

. QUX..... 1376,4,0 i375 ,3 8 - \i3 7 3,4 1372,11370, 6 ï366,7 i36i,5 i355,o -. i347>5 

Ca (AeV...... o 7,5 20,5 ' 28, v "?7,cj" 64 T)7 ' f4a igp ■ - 

UUX.'.-. .."' 1280,17 1279,6, i2 7 8,.3 1277,1 1275,9. 1272,8 1269,0 '1264,1 1267,5 

Zn JA e V....:. o ' 4,1 ' i4,9 ^3,ô.- 32,5 07 85 . : .-ia3 i 7 5-. 

(*■) La discontinuité tombe en deux temps; cette valeur indique sa position moyenne. 

bandes sombres du zinc apparaissent comme un peu plus étroites que celles des 
autres corps; on voit encore un minimum et un maximum au delà de t. . ^ 

Si les variations du coefficient d'absorption observées avaient leur origine 
dans un processus intra-atomique qui fasse intervenir un bilan d'énergie entre 
des niveaux attachés au nuage électronique/ elles devraient se manifester à peu 
près de même pour des atomes libres; or on admet que les vapeurs, celle de - 
zinc en particulier, ne montrent pas de structures d'absorption lointaines. De 
plus* les différences de fréquence entre les maxima d'absorption et la disconti- 
nuité devraient nettement augmenter avec le numéro atomique Z. On constate 
sur les nombres du Tableau, relatifs aux chlorures de Ni, Cu et Zn en solution 
saturée, qu'il n'en est pas ainsi. Les observations rapportées ici sont appuyées 
par d'autres ( 3 )j faites sur l'oxychlorure de zirconium (Z = fa) en solution : les 
bandes a, A, % B, y et la raie blanche qui accompagnent la discontinuité K 
de Zr sont très nettes; les séparations de A et de B à la discontinuité sont du 
même ordre de grandeur que pour Z = 28, 29 ou 3o. 

Il me semble probable que les bandes d'absorption lointaines observées 
prennent naissance dans l'interaction des électrons, libérés dans le processus 
d'absorption du quantum X incident, avec le milieu partiellement organisé 
que la solution constitue. Dans lés solides, on interprète schématiquement 
les variations du coefficient d'absorption à grande distance de la discontinuité, 
suivant le point de vue de Kronig, en recherchant quelles sont les réflexions 
sélectives possibles pour l'onde associée à l'électron expulsé de l'atome dans le 
milieu cristallisé; les directions correspondantes sont interdites à la propa- 
gation de l'électron qui aurait ( avec les notations habituelles ), la vitesse v telle 
que \—h\mv et n\ — 2</sin?; l'absorption dun quantum , qui donnerait 

1 ,1 , m 1 . . I I ■■! I 1^^*^——^^^ 

( s ) Au cours d'une étude spectrochimique, à paraître, effectuée en collaboration avec 
K. Mac Taggart, sur la spèctrochimie X et Zr de Hf. 



SÉANCE DU 5 JUILLET IÇ)48. g 

l'impulsion mv à l'électron est impossible. Si l'on considère tout l'espace de 
propaga ion des mmima d'absorption apparaissent à peu près pourT=l 
lorsque Ton donne à d les valeurs relatives aux plans^étiLaires It~„t 
densité. On peut interpréter les faits d'expérience analogues avec SÏS S 

ec Z ri T^T^ d6S r'f électr -^- associées aux p£ 2 
electrons X avec 1 édifice des molécules d'eau autour des ions métalliaues 
•polyvalents Mes résultats sont compatibles avec ceux obtenus, enTZ 

Î^ M Cl e 7n ri . ? r adme " re ' P ° Ur d6S S ° luti0ns concentrées 

J5~ d'ensemble des divers ions dans la sobSon. 5SÏ£S^S ' 
,1a même hypothèse à la suite d'études des spectres optiques d'absorp^nT 
ou des spectres Raman («) de solutions ioniques. On comprend "ins 
1 analogie entre le spectre d'absorption X de la solution et celui du soSe 
h y d ra t e> et ^ ^^^ ^^ dans q ^ <^ J so d 

anhydre, vu les diamètres des ions. e sollde 

GHIMIEJ.HYS.QUE. - Étude de la structure des fumées de chlorure Jartunonium 
r.llat et M Ablette Laeceup, présentée par M. Maurice de Broglie 

On sait que l'acide chlorbydrique et l'ammoniaque se combinent en donnant 
du chlorure d'ammonium avec production d'abondantes fumées • on réalïo 

guerre de 1914-1918 pour masquer des opérations navales. 

De telles fumées sont en réalité constituées départi cules solides extrêmement 
fanes en suspension dans l'atmosphère • elles snnt ^„„ „ extrêmement 

.( ) Séance du 28 juin 1948. * 



68 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

fique diagramme (fig. i) constitué d'une série d'anneaux extrêmement nets et 
fins; il ne.s' atténue et ne disparaît par dissociation du NH,Q dans le vide 
qu'après plusieurs jours. 



ÈSiïK 







«ts 



Fig. i. — NH 4 C1. 

Diagramme électronique, 4o kV; o,5 mA; pose une seconde. 
Diffractogr. électronique Trub Tauber. 

L'étude détaillée de ces diagrammes permetde calculer avec une grande pré- 
cision la maille cristallographique; on trouve que le réseau est cubique simple 
du type CsrCl, avec a = 3,863dzO,oo3 A. La valeur donnée par les r ayons X, 
pour des cristaux macroscopiques, est : 0=3 ? 86 6 A, en parfait accord avec nos 

résultats. .. " , 

Ainsi l'analyse électronique prouve que les fumées de NH*C1 sont constituées 
de très petits cristaux cubiques, se déposant au hasard sur les obstacles 
rencontrés. L'examen de ces dépôts de fumées de NH 4 G1 a été effectué égale- 
ment au microscope électronique, et confirme en les complétant les résultats de 
la diffraction électronique. La pellicule supportant le dépôt est ombrée dans le 
vide sous une incidence d'environ 3o° au moyen de vapeur d'or (méthode du 
« Shadow»), de façon à accentuer les contrastes; les clichés obtenus au gros- 
sissement 8000 (fig. 2 et 3) montrent une répartition très homogène des 

grains. 

Suivant les cas (durée de l'immersion dans la fumée, densité de 
celle-ci, etc.), les dimensions de ces grains varient entre 0,09p. et o,3[x; la 
mesure de l'ombre portée permet de montrer que leur hauteur est du même 
ordre de grandeur, et qu'il s'agit doncde particules sensiblement sphériques. 
Il apparaît parfois de place en place de gros agglomérats isolés d'environ un 



SÉANCE DU 5 JUILLET I 

micron de diamètre ou davantage, qui sont ceux que 
microscope ordinaire (voir plus haut et fig. 2). 



6 9 
Ton peut apercevoir au 



I — I 







Fig. 2. — Ntt 4 Cl. 

Gr. x 8000. 

Diam, moy. : 0,69 micron. 

(Microsc. électron. CSF.) 



H-^H 




Fig. 3. 



NH 4 CI. 



Gr, x 7 000.- 
Diam. moy. : o,3 micron, 
(Microsc. électron. CSF.) 



On voit donc que le dépôt est constitué de particules ".solides, de forme 
sphéroïdale et non cubique comme on aurait pu s'y attendre d'après les 
diagrammes électroniques. Cela signifie que ces particules sont elles- 
mêmes constituées d'une agglomération de très petits cristaux cubiques; 
le faisceau électronique utilisé pour la diffraction ayant un diamètre 
de 1 5/ioo de millimètre, le nombre de grains difïraetahts est donc considérable 
(au grossissement 8000; la section du faisceau serait représentée par un cercle 
de i ra 20 de rayon), ce qui explique la finesse remarquable des anneaux de 
difFraction et le haut pouvoir de résolution du dépôt. 

De telles préparations de NH 4 G1, très facilement reproductibles sans aucune 
précaution spéciale, sont particulièrement intéressantes pour l'étalonnage 
précis en longueur d'onde -ou en tension d'un dinractographë électronique, 
ainsi que pour le réglage et la mise au point d'un microscope électronique. 

Nous avons également employé cette technique des fumées pour l'étude 
d'oxydes de très nombreux métaux; ce travail sera publié ultérieurement. 



CHIMIE PHYSIQUE. — Propriétés de quelques solutions macromoléculaires 
ionisées. Note de M llie Panny Boyer-Kawenoki, transmise par 
M. Jacques Duclaux. 

La théorie des solutions colloïdales (ou macromoléculaires) non ionisées est 
relativement simple. À une dilution suffisante, chaque molécule est une unité 



7° ACADÉMIE DES SCIENCES. 

cinétique et les lois des solutions ordinaires non ionisées sont applicables. Au 
contraire, lorsque la particule colloïdale est ionisée, le fait qu'elle donne 
naissance à un très gros ion de valence élevée, neutralisé par de nombreux-ions 
de petite taille, interdit l'application des théories ordinaires des éléctrolytes, 
quelle que soit la dilution; il en résulte des difficultés qui, posées depuis 
quarante ans, ne sont pas encore résolues. , 

Pendant longtemps, les seules solutions colloïdales ionisées accessibles à 
l'expérience ont été celles des protéines et de quelques polysaccharides naturels 
dont l'a constitution est mal connue. La nature amphotère des protéines/ 
complique les phénomènes; on peut espérer qu'ils seront plus simples avec des 
macromolécules de synthèse ne donnant que des ions d'un seul signé. Celte, 
voie a été suivie déjà par Staudin^er ■(<") et Kern ( a ) qui ont étudié l'acide 
polyacrylique et les polyacrylates. 7 

J'ai d'abord retrouvé^ puis étendu leurs résultats. Les variations de la 
pression osmotique et de la viscosité aux grandes dilutions sont, pour ces 
corps, différentes de ce qu'elles sont pour des macromolécules non ionisées. 
Pour celles-ci, le rapport .(r, — ï] )/y| c qui fixe la viscosité intrinsèque, et le 
rapport P/c qui donne le poids moléculaire, P étant la pression osmotique et 
c la concentration, tendent vers une limite quand la concentration décroît 
indéfiniment.'Au contraire, pour l'acide polyacrylique en solution aqueuse, ce 
rapport augmente rapidement aux grandes dilutions et semble devenir sinon 
infini, du moins très; grand pour une dilution infinie. Les deux effets paraissent 
attribuables a la dissociation électrolytique croissante de l'acide, qui scinde 
une molécule en un nombre de plus en plus grand d'unités cinétiques; et peut- > 
être à l'effet électrocinétique de Smoluchowski. Mais il serait vain de vouloir 
interpréter les nombres par la théorie, les conditions qu'elle pose étant loin 
d'être remplies. 

La forme des courbes de pression osmotique et de viscosité interdit l'extrapola- 
tion pour une concentration nulle, et le calcul du poids moléculaire. Si l'anomalie 
est bien due à. la dissociation électrolytique, on peut espérer qu'on la fera * 
disparaître en supprimant cette dissociation. On peut y arriver de deux 
manières. Si l'on dissout l'acide polyacrylique dans de l'acétone contenant i3 % 
d'eau, dont le pouvoir dissociant est inférieur à celui de l'eau, l'anomalie 
s'atténue en effet beaucoup; mais on ne peut pas la faire disparaître de cette 
manière, le produit étant insoluble dans les solvants non ionisants. Par contre, 
elle disparaît si l'on emploie comme solvant une solution aqueuse d'acide 
chlorhydrique entre 1,2 et i,5 N. Les deux courbes de pression osmotique et 
de viscosité ont alors la forme normale que donne les molécules non ionisées, 
et le calcul du poids moléculaire devient possible. Il est même facilité par le 



(*) Slaudinger et Kohlschutter, Berickte, 64, 1931, p. 2091. 
( a ) Kern, Zeits. Phys. Chern., 181 A, 1938, p. 249. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 71 

fait que, dans ces solutions, l'acide polyacrylique est à l'état de précoacervation. 
Je rappelle que l'on désigne ainsi l'état d'une mâcromoléeule dans un solvant 
très voisin de celui qui amène la coaeervation ; la pression osmotique est alors, 
comme l'a montré Dobry ( 3 ), presque proportionnelle à la concentration, ce qui 
facilite l'extrapolation à l'origine. J'ai ainsi trouvé pour deux fractions d'acide, 
polyacrylique les poids moléculaires 66 000 et 180000. 

Pour réaliser le fractionnement, j'ai employé la coaeervation. Elle se produit 
dans des solutions aqueuses de HCÏ, P0 4 H 3 , PO,,K 2 H, SO /( (NH 4 ) 3 . En.addi- 
tionnant progressivement deHCl, on obtient des fractions de poids moléculaire 
de plus. en plus faible; la première se forme dans l'acide i,5 N et la dernière 
au-dessus de 4N. Gomme il est normal, la viscosité est d'autant plus grande à 
concentration égale que le poids moléculaire est plus élevé. 

Ces résultats, relatifs à l'acide polyacrylique, ont été étendus à la polyvinyl- 
amine de fonction basique. La viscosité et la pression osmotique du chlorhy- 
drate de polyvinylamine présentent la même anomalie de croissance rapide 
aux grandes dilutions. La solution coacervë par addition d'acide chlorhy- 
drique ou de soude. Dans l'état préçoaeervé l'anomalie disparaît et la mesure 
du poids moléculaire est possible; j'ai trouvé 490000. 

Ainsi l'acide polyacrylique et là polyvinylamine, de fonctions opposées, se 
comportent de la même manière, il est remarquable que les protéines, qui 
portent simultanément les deux fonctions, ne présentent d'anomalie analogue 
ni pour la pression osmotique ni pour la viscosité. La différence peut tenir aux 
interactions entre les éléments de la macromolécule. 

Aussi bien pour l'acide polyacrylique que pour la polyvinylamine, la rétro- 
gradation de la dissociation électrolytique est accompagnée d'un effondrement 
de la viscosité qui peut tomber au centième [chlorhydrate de polyvinylamine : 
(^ __ Y| )/y| c pour o, 1 % passe de 3o dans l'eau à p,33 dans HC1 i,5 N]. Cette 
variation est réversible : le pelotonnement des molécules en est la principale 
raison. La pression osmotique varie dans les mêmes proportions. Ainsi aux 
grandes dilutions la molécule se scinde en plus de 100 unités cinétiques; une 
macromolécule ionisée peut donc donner naissance à un ion de valence très 
élevée. s 

CHIMIE ORGANIQUE. — Voxy dation comparée des naphtols par le permanganate 
de potassium. Note ("*) de MM. Alfred Léman et Michel Delannot, présentée 
par M. Marcel Delépine. 

Nous avons appliqué à l'a-naphtol et à deux dérivés du (3-naphtol, le 
p-dinaphtol (dihydroxy-2 . 2 r -dinaphtyle--i . 1') et l'acide crocéique (acide 



( 3 ) Dobry, Journ. Chim. Phys>, 36, 1989, p. 102, 
(*) Séance du 28 juin 1948- 



72 '- ACADÉMIE DES SCIENCES. 

^ - ' ■ - 

hydroxynaphtalène-sulfonique-2.8), la méthode d'oxydation mise au point 
pour l'acide phtalique (*) et le (3-naphtol ( 2 ). - 

Nous faisons réagir en milieu sulfurique (pH initiaux : i ,8, i,4> o>8, o) un 
excès de Mn0 4 K 0,1 N., et arrêtons l'oxydation/ à des temps déterminés, 
par S0 4 Fe dans des essais à i4% par CaChHa dans des essais à 5o ou 8o\ 

1'. Oxydation à i^°. — En général les taux d'oxydation sont les mêmes pour 
le p-naphtol et le dinaphtol, inférieurs de 20 à 3o % pour l'a-naphtol: les taux 
de l'acide crocéique sont intermédiaires, proches de ceux de l'a-naphtol au 
début, plus élevés par la suite. " - - - 

Au début l'oxydation est ti m ès rapide ; en moins de 1 minute le taux atteint 3o % 
pour les deux naphtols, 25% pour l'acide crocéique. On arrive ensuite à un 
palier de résistance, dont la valeur est très différente suivant la position de 
Phydroxyle: 36% pour l'a-naphtol, 60 à 65 % pburje (3-naphtol et le dinaphtol; 
l'acide crocéique ne présente pas de palier, mais l'oxydation est très lente 
entre 4o (20 minutes) et 60% (120 minutes). Le palier est atteint plus 
rapidement, pour le (3-naphtol et le dinaphtol, en milieu fortement acide, 
eh 10 minutes au pH o, et 3o minutes au pH i,4; pour l'a-naphtol et l'acide 
crocéique, le palier'est atteint en 10 minutes quelle que soit Pacidité. 

Après 2 heures de réaction le taux est de 45 pour l'a-naphtol, 52 pour l'acide ■'■*' 
crocéique, 72 pour le (3-naphtol et le dinapiitol. 

2 Oxydation à 5o°. — La température est un facteur d'activation. Nous 
retrouvons l'identité des taux du (3-naphtol et du dinaphtol ; ceux de l'a-naphtol 
et de l'acide crocéique sont encore notablement inférieurs, mais la différence 
des faux augmente avec la durée de réaction pour l'acide crocéique, au 
contraire de l'a-naphtol. 

pHi,ir . . pHo 

À 50* ■ . -^— ■ , "■'.-' 

. Durée (min.) 0,75. 5.' 10, 20, .30. 60. 0,75. 5, 10. -20. 30. 60. 



'Taux % 



a-naphtol". 35 46 53 66 7$ 90 3i 3g 42 4 7 48 53,5 

ac. crocéique.... 35 55 60 65 68 78 3y 52 - 59. 62 73 ■' 

dinaphtol.. 32 - 7^ 77 82 94 4* . - 69 72 j£ 79 

[ (3-naphtol.. . 43 65 71 '81 82, 92 43 66 69 73 74 79 



■r 

V acidité freine V oxydation qui progresse rapidement en milieu faiblement 
acide, lentement en milieu fortement acide. Pour lé (3-nai>htol et le dinaphtol 
le taux de 65 % (palier à froid) est atteint en 5 minutes, mais en 60 minutes il 
est de 92 au pH 1,8 et 79 ail pHo. Pour l'a-naphtol, en 60 minutes, le taux 
égale 90 (pH 1,8), 65 (pH i,4), 61 (pH 0,8) et 53,5 (pHo); pour l'acide 
crocéique, aux pH extrêmes, 78 et 63. 



t 



fln^wnmwwp^^™»9 



t 1 ) A. Léman et M. Delannoy, Comptes rendus, 218, 1944, p- 322-324- 
(»)' M. Delannoy, ld.^% 1946, p. i4i-i43. 





pïl 0. 
5. 10. 20- 






0,75, 


30. 


.60. 


£6 


47 5 9 '63 


■74 


92 


5i 


6a 65 7 3. 


.77 


92 


45 


- 79-85 


1- . 


99 fi 


35 


77 .79". 8 4 


88 


100 



SÉANCE DU 5 JUILLET ig48. 78 

.3.. Oxydation à 8o°. — En milieu faiblement acide (pH i,8) la vitesse 
d'oxydation du .p-naphtol semble légèrement supérieure à celle du dinaphtol; 
elle lui est égale pour les pH 1 ,4 à o.~ 

. pH 1,8. 

A 80°. -r-- — — .-. 

Durée (ïn in ) 0,75. 5. 10, 20' 30. 60. 

/ a-naphtol. . . , . . . 3g 69 88 g3 96 100 

T . J acide crocéique... 45 74 82 89 92 97 

'° j dinaphtol 35 - 85 91 96 100 

' j3-oap!itol . . . . . . 43 88 96 100 - - 

L'acidité freine l'oxydation, mais davantage pour Ta- que pour le (3-naphtol; 
en milieu fortement acide les taux d'oxydation de l'a-naphtol sont inférieurs 
à ceux de l'acide crocéique, alors qu'ils sont plus élevés en milieu faiblement 
acide. 

Nos résultats permettent de déterminer les ; conditions d'une oxydation totale, 
donc du dosage de la fonction naphtol; par exemple, avec Mn0 4 K o,iN en 
excès, il faut chauffer pendant ôo minutes à 8o° en milieu faiblement acide 
(pH initial 1,8). 

L'ensemble de ces résultats peut s'expliquer par la formation, en quantité 
différente, de V acide phtalique intermédiaire, difficilement oxydable à chaud en 
milieu acide ( 1 ). L'a-nâphtol fournit une molécule par molécule. Le j3-naphtol 
passe vraisemblablement, au moins en majeure partie, par le stade dinaphtol 
au début de l'oxydation; le dinaphtol ne fournirait qu'une molécule d'acide 
phtalique pour deux cycles naphtaléniques. 

Conclusions. — i° L'oxydation .par MnO^K o,-iN du $~naphtol et du 
dinaphtol correspondant se fait sensiblement à la même vitesse, sauf à 8o° en 
milieu faiblement acide où le [3-naphtol s'oxyde plus rapidement. 

2° La vitesse d'oxydation de VoL-riaphîol est nettement inférieure à celle 
du p-naphtol; celle de V acide crocéique est généralement intermédiaire : la 
présence d'un groupe sulfo dans la molécule du [3-naphtol en position cala (2. 8) 
confère à l'ensemble une plus grande résistance à l'oxydation, 

3° Après une oxydation rapide au taux de 25 à ; 3o on rencontre un palier de 
résistance vers 36 pour l'a-naphtol, 5 2 pour l'acide crocéique, 65 pour le 
p-naphtol et le dinaphtol; ce palier n'est que faiblement dépassé à i4° 
après 3 heures de réaction. 

4° A chaud une acidité forte freine énergiquement l'oxydation. 

5° A 5o° le palier de résistance est dépassé en 5 minutes, mais la vitesse 
d'oxydation est ensuite beaucoup plus faible en milieu fortement acide pour les 
deux naphtols; celle de l'acide crocéique reste longtemps assez faible* 

6° A 8o° on aboutit, en 60 minutes, à l'oxydation totale à condition d'opérer 
en milieu faiblement acide. 



74 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

RADIOCRISTÀLLOGRÂPHIE — Mécanisme de la précipitation dans les alliages 
ternaire -Al-Si-M g et quaternaire Al-Cu-Si-Mg. Note de MM; André Guinier 
et Honoré Lambot, présentée par M. Charles Mauguin. 

Nous avons abordé l'étude du mécanisme de la précipitation de l'alliage 
ternaire Al-Si-Mg par Ja technique des diagrammes de diffusion des rayons X 
qui a été utilisée par l'un de nous pour l'étude de systèmes binaires à base 
d'aluminium (Al-Cu; Al-Ag, Al-Zn) ('). 

Le diagramme de cet alliage ternaire montre que le précipité stable est le 
composé Mg a Si, qui peut se dissoudre à' proportion maximum de ï ,85 % 
à 5py5 6 . Nous avons utilisé un alliage à o, 48 % Sieto,5o % Mg rendu homo- 
gène par chauffage à 5â5°. Des diagrammes de diffusion de rayons X ont été- 
faits sur un monocristal avec le rayonnement Mo K a monochromatique. 
Le cristal a été % soumis à des revenus progressifs jusqu'à précipitation 
complète. ^ 

D'après les résultats obtenus sur les alliages binaires, on prévoit que la 
première phase se produisant par vieillissement à la température ambiante est 
le rassemblement des atomes Si et Mg en petits amas aux nœuds du réseau. 
Mais, étant donnée la faible différence des pouvoirs de diffusion de ces deux 
éléments et de l'aluminium, il n'est pas possible de mettre en évidence ces 
amas. Pourtant leur présence est démontrée par l'augmentation de dureté de 
l'alliage par vieillissement à froid. 

La première apparition d'une diffusion anormale se produit au cours d'un 
revenu vers i5o\ Nous avons trouvé. un type de diffusion que nous n'avions 
pas encore rencontré. Les zones de diffusion dans l'espace réciproque sont 
les trois familles de plan ((100)), l'intensité étant sensiblement constante sur 
toute leur surface. Dans l'espace cristallin, cela correspond à trois réseaux 
linéaires, parallèles aux axes <^ 100 i> et ayant une période d'identité égale à la 
distance _d 100 de la. solution solide. L'épaisseur de ces zones planes de diffusion 
est très faible, ce qui prouve que ces réseaux linéaires ont une grande longueur 
(plusieurs centaines d'angstrqms). . 

Quand le revenu est poursuivi de aoo° à 25o°, les zones planes de diffusion 
subsistent mais l'intensité de la diffusion ne reste pas constante dans tout le 
plan! Les lieux de renforcement sont proches des rangées <^ 100 ^> de l'alumium 
sans leur être exactement confondus; il y a, d'autre part, des portions de 
plans comprises entre deux rangées consécutives sans diffusion. 

Enfin les taches de diffraction de Mg 2 Si apparaissent à partir de 3oo°. Elles 
sont situées en dehors des lieux de diffusion précédemment observés; elles sont 



(*) Journ. Phys., 8, 1942, p. 124; Métaux et Corrosion, 18, 1943, p. 209. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48. '■>■ .76 

nettes dès leur apparition et se renforcent progressivement quand on pousse le. 
revenu jusqu'à 35o°. Au-dessus de cette température, il y a commencement de 
redissolution du précipité. Même avec l'échantillon stationnaire, les taches de 
diffraction sont nombreuses, ce qui prouve 'que" l'orientation des nouveaux 
cristaux par rapport à la matrice n'est pas déterminée par une ëpitaxie rigou- 
reuse. Il semble que la relation générale satisfaite pour tous les cristaux du 
précipité est qu'un axe <^ 110^> Mg 2 Si soit confondu avec un axe <^ 100^> Al. 
Nous n'avons pas trouvé de taches de diffraction indiquant F apparition d'une 
phase intermédiaire à structure cristalline bien définie et différente de la 
structure classique de Mg 2 Si. 

Nous proposons l'interprétation suivante, encore partielle d'ailleurs/ Le fait 
caractéristique du système est que le précipité Mg 2 Si a un caractère ionique 
accusé, donc que les éléments s'y trouvent à l'état électronique d'ions Mg ++ et 

Si très différent de celui des atomes métalliques. Cette modification doit 

se faire quand les deux atomes se trouvent en présence dans les premiers amas, 
et immédiatement les liaisons électrostatiques ont tendance à les ordonner les 
uns par rapport aux autres. L'expérience montre que cet ordonnancement 
consiste en la formation de longues files. On remarque que la distance de 
deux voisins dans le réseau de Al (2,86 À) est proche de la distance Si-Mg de 
Mg 2 Si(2 ; 76Â), Si, dans le réseau de la solution solide on dispose une file 
d'atomes; Si sur une rangée <^100^> et deux files d'atomes Mg sur les rangées 
<^100^> contigués et eoplanaires, on reproduit sans grande déformation la 
chaîne des ions existant dans le cristal Mg 2 Si le Ion g de l'axe <^1 10 ^>. C'est donc 
là une disposition possible des atomes Mg et Si à l'état ionique, ceux-ci restant 
cependant aux nœuds de la solution solide. En réalité, dés perturbations se 
produisent certainement, mais en admettant que celles-ci laissent intacte seule- 
ment la périodicité le long de l'axe de la chaîne, on rend compte des diffusions 
observées dans les plans ((100)) de l'espace réciproque. Une fois les chaînes 
formées, elles s^ordonnent entre elles progressivement, ce qui se traduit par 
des variations d'intensité dans la surface des plans de diffusion» 

Mais l'état de ces amas n'est pas stable; à plus haute température, des germes 
du cristal Mg 2 Si à symétrie cubique apparaissent, point de départ de .-la 
croissance des cristaux du précipité. Tous ces germes ont leur axe <^110:> 
suivant <^ 100 > Al, ce qui explique l'orientation observée pour les cristaux du 
précipité. Il s'agit donc là d'une épiiaxie linéaire, alors que l'épitaxie classique 
est planaire. 

Dans l'alliage quaternaire Al-Cu-Si-Mg il semble qu'il y ait superposition 
de deux phénomènes : une précipitation analogue à celle du système Al-Cu et 
une précipitation du type Al-SI-Mg mais conduisant au composé quater- 
naire GuMg s Si 4 Al 4 au lieu de Mg â Si. 



76 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

GÉOLOGIE. — Anomalies de la pesanteur et tectonique profonde des Pyrénées, 

Note (*) de M. Henri de Cizancourt, présentée par M. Pierre Lejay. \ 

-i ~. ' • - ... 

, .L'existence d'un minimum gravimétrique caractérisé par une anomalie de 
Bouguer atteignant environ 12 o m ^ dans la partie centrale des Pyrénées est 
connue depuis longtemps., mais des travaux récents en territoire français entre- 
pris par la Compagnie Générale de Géophysique ont mis en évidence une 
perturbation positive, sensiblement rectiligne qui s'étend du Labourd à la 
Garonne en suivant le fossé nord-pyrénéen. 

L'anomalie de Bouguer observée est ainsi la somme de deux anomalies, l'une 
négative et l'autre positive, qui peuvent être envisagées séparément. L'inter-* 
prétation structurale a été conduite suivant une hypothèse générale que j'ai 
développée ailleurs (*) et qui conduit à envisager l'existence d'une tectonique 
profonde intéressant Tasthénosphère sur une épaisseur de l'ordre de ioo 1 *" 1 . 

L'anomalie négative correspond alors à un vaste synclinal sensiblement 
symétrique et limité par des dislocations dont la position, déduite des obser- 
vations gravimétriques, coïncide d'une façon satisfaisante, dans la partie cen- 
trale des Pyrénées, avec la limite sud dé la zone axiale et avec la limite Nord de 
la zone Nord pyrénéenne. Cette anomalie disparaît vers l'Ouest et vers l'Est. A 
l'Ouest, d'après les données encore trop sommaires du réseau espagnol, elle 
s'atténue progressivement; à l'Est, elle est interrompue en Méditerranée, par 
une zone d'anomalies positives de la pesanteur de direction NE-SW, corres- 
pondant à un élément structural anticlinal du type défini dans ma Note précé- 
dente ( 2 ). 

On ne peut donc pas à proprement parler envisager une prolongation des 
Pyrénées en Méditerranée, comme certains auteurs ont voulu le faire. 

L'anomalie positive Nord pyrénéenne atteint 60 à o/o mgais . Par son allure 
symétrique et régulière elle se prête parfaitement à une interprétation géomé- 
trique. Dans une hypothèse cylindrique elle correspondrait à un cylindre dont 
l'axe serait à une profondeur de 12 à i8 km suivant les régions et d'environ 7 kra 
de rayon pour une différence de densité de o,5. On obtiendrait d'ailleurs un 
résultat sensiblement analogue avec 'une forme prismatique centrée sur ce 
cylindre. Quelle que soit la forme exacte, on peut conclure en remarquant 
que cette anomalie, indépendante des conditions géologiques superficielles, se 
poursuit sans être influencée par eux, à travers le massif cristallin du Labourd, 
le synclinal de flysch crétacé de Mauléon, et la zone Nord pyrénéenne. Elle ne 



(*) Séance du 21 juin 1948. 

( i ) La tectonique profonde de la Syrie et du Liban, essai d"* interprétation géologique 
des mesures gravimétriques, Beyrouth (à l'impression). ^ 

(?) Comptes rendus, 226, 1948, p. 2164. 



SÉANCE DU 5 JUILLET I048. 77 

peut donc pas correspondre à une influence superficielle. La valeur élevée ( 3 ) 
de la masse perturbatrice suggérerait donc une intrusion batholitique profonde; 
enfin on connaît en surface dans la 2011e intéressée, .'des massifs de lherzolite ? 
des filons de théralite et des régions ayant subi un certain métamorphisme, 
qui confirment dans une certaine mesure l'interprétation précédente. 

Ces résultats sont fondés sur les hypothèses dont la vraisemblance résul- 
tera de la comparaison entre les conclusions que l'on peut en tirer et les obser- 
vations. On constate alors que l'équilibre isostatique déduit de ces hypothèses 
est réalisé d'une façon à peu près parfaite dans les Pyrénées. 

L'anomalie positive, de même que le fossé Nord pyrénéen, ont une allure 
rectiligne dont la direction générale correspond très sensiblement à une des 
directions privilégiées de fractures déterminées par les méthodes statistiques ( 4 ) ; 
on est donc amené à supposer que la zone Nord pyrénéenne a constitué, au 
moins à une certaine époque, disons au crétacé inférieur, qui a été la période 
de subsidence et de comblement, un véritable fossé qui ne devait pas être sans 
analogies avec certains fossés actuels du Pacifique, quoique à une échelle plus 
modeste. 

On peut donc penser que dans révolution structurale des Pyrénées, 
le synclinal de fond a commencé par se marquer en surface d'une façon très 
dissymétrique par l'ouverture du fossé Nord pyrénéen et par celui d'une zone 
Sud pyrénéenne généralement moins développée. Bullard a déjà montré 
comment ce mécanisme a pu se réaliser dans le cas des fossés africains. 

L'existence d'une dépression sur le front Nord des Pyrénées combinée avec 
la présence de l'une des surfaces de dislocation limitant le synclinal de fond a 
créé un affaiblissement de la croûte qui a facilité la montée et l'intrusion de 
roches venues de la profondeur* 

il est assez remarquable de constater que malgré leur allure tectonique si 
différente en surface, les Alpes et les Pyrénées montrent une disposition 
profonde très analogue : l'une et l'autre chaînes, correspondent à un vaste 
synclinal de fond intéressant les roches de rasthénosphère sur une épaisseur 
de 100 à i2o km . Les intrusions basiques correspondent aux passages des 
dislocations profondes et se marquent dans les Alpes par l'anomalie positive 
de la zone d'ïvrée, La principale différence réside dans le fait qu'en surface le 
synclinal de fond alpin a été plus déprimé et plus replissé tandis que les 
Pyrénées possèdent un bombement axial d'allure plus simple, mais ce sont là 
des différences superficielles n'intéressant que les premiers, kilomètres de la 
croûte et non des différences organiques. La distinction des chaînes 
géosynclinales et de plis de fond, au sens proposé par Argand et ses 



( 3 ) Mais néanmoins d'un ordre de grandeur beaucoup plus faible que celle des anomalies 
méditerranéennes, 

(*) H. de Cizancoukt, Rev. Inst. Fr. Pétrole, % 19^7, n 0s 1, % 3, .5. 



<t 



?8 ACADÉMIE DES SCIENCES. ; 

successeurs, demande donc à être sérieusement revisée et amendée, et par leur 
structure restée très schématique, les Pyrénées constituent une illustration 
particulièrement .claire du mécanisme dès plis et des intrusions. 

LITHOLOGIE. — Caractères pétro graphiques des laces miocènes des environs 
de filermont-Ferrand. Note (*) de M. Robert Michel, présentée par 
M. Charles Jacob. 

Dans une précédente Note (*) j'ai signalé que les coulées de lave qui 
couronnent le Plateau de Gergovia sont constituées par des roches assez rares : 
des basanites anâlcimiques à biotite. Il m'a semblé intéressant de comparer au 
point de vue pétrographique la basanite sup. de Gergovia et le basalte qui 
forme le sommet du plateau voisin des Côtes de Glermont, en raison de la 
similitude absolue de la position stratigraphique de ces deux coulées ( 2 ). La 
composition minéralogique de cette roche est la suivante : 

Phénocristaux. — Olivine : cristaux idiomorphes très nombreux et de petites, 
dimensions passant progressivement aux microlites; la mesure de l'angle désaxes montre 
. qu ? il s 1 agit d'une olivine à 3o% de Fe s Si0 4 . Augite : gros cristaux idiomorphes^ en très 
petit nombre. , 

Pâte. — Nombreux microlites de labrador à 44% d'aïbite. Microlites d'augite et 
d'olivine. Verre peu abondant, incolore. 

Minerais. — Très nombreux granules de magnétite, disséminés dans toute la masse et 
de dimensions variables. ' . - ■ 

Minéraux accessoires. — Quelques plages de calcite grenue remplissant secondairement 
les rares vacuoles de la roche. Très petites paillettes de biotite. 

Structure. — Porphyriquey à pâte microlitique doléritique et faiblement hyalopili tique. 

Cette roche diffère des basanites précédemment étudiées par l'absence 
d'analcirrie, d'augite titanifère, par la présence de labrador au lieu d'andésine, 
et par sa pauvreté en verre. 

Andésite labradorique téphfitique. — (Versant Sud du Plateau des Côtes de Glermont). 
An. nouv. Prugnard. II (III). 5 (6).4.3.[ r 2,4. i'-2 r ]. 

SijO. Al 3 O s . Fe 2 O s . FeO. MgO. CaO. Na 2 0. K a O. Ti0 2 . Pj0 5 . MnO. HO,+. H 2 0- Total. 
4i,4 19,9 tr. 7,7 9,0 11,2 i,5 2,3 3,3 o,8 0,2 1,7 0,2- 99,2 

Le calcul de la norme américaine à partir de l'analyse ci-dessus montre que 
la teneur en barylites est seulement de 35, 76% . D'après la nomenclature dé 
A. Lacroix, il rie s'agirait donc pas d'un basalte comme on le croyait jusqu'ici, 
mais d'une andésite dont l'apparence basaltique peut s'expliquer par la grande 

j m i-i m - 1 - -— ■ -^^— ^ .^ ^ — ^"^^^"^™ 

(*) Séance du 28 juin 1948. 
( J ) Comptes rendus ,22$, 1948, p. 2159. 

(*) J. Jung, [Mém. pour servir à V exploitation de la carte géologique détaillée de la 
France, 1946, § 119 et 120. 



SÉANCE DU 5 juillet 10,48. 79 

dissémination de la magnétile dans la pâte. En outre, le calcul met en 
évidence une quantité de néphéline atteignant 6,2,5 % ; mais ce minéral est 
resté à l'état potentiel dans le verre. Il s'agit donc d'une andésite labradoriquc 
lépkrinque. De telles roches, assez fréquentes dans le massif du Mont-Dore( 3 ), 
n'avaient pas été jusqu'à présent signalées en Limagne. 

Il est intéressant de constater que plusieurs coulées burdigaliennes des 
environs de Clermont-Ferrand sont constituées par des laves à déficit de silice 
plus ou moins accentué et que, pour certaines d'entre elles, ce déficit 
s'exprime par la présence d'un reldspathoïde peu fréquent dans de telles roches, 
l'analcime. De nombreuses coulées de lave à déficit de silice étant connues dans 
d'autres régions de la Limagne (basanites, téphrites, phonolites de la Comté 
d'Auvergne, néphélinites du Puy de Saint Sandoux^ etc.), on peut conclure 
que le volcanisme tertiaire de la Limagne appartient en gros à une série faible- 
ment alcaline, ce qui l'apparente magmatiquement au volcanisme du Mont- 
Dore et du Cantal, et non à celui de la Chaîne des Puys de tendance 
calcoalcaline. . - ' ■ 



PHYSIQUE ATMOSPHÉRIQUE. — Sur la localisation de la région ionisée dite E 
sporadique de la haute atmosphère. Note de M. Piebhe Ruvirieux, présentée 
par M. Pierre Lejay. . -. ■ " , 

D'intéressanteslnanîfestations de la couche E sporadique ont pu être notées 
durant le mois de juin: En Europe, de nombreuses communications radio- 
électriques bilatérales ont été réalisées à des dislances de i ooo km et sur des 
fréquences voisines de 60 Mc/s. (émissions effectuées par des amateurs dans 
1-a bande 58, 5-6ô Mc/s). 

i° Localisation de couches sporadiques limitées. — Le 27 juin, de i5 
à 19 h. T. M. G., il a été possible, pendant 4 heures consécutives, de corres- 
pondre sans interruption, à partir de la région parisienne, avec de nombreux 
amateurs tchécoslovaques situés dans la région de Prague, sans qu'aucune 
station d'aucune autre nationalité puisse être entendue. Les correspondants 
tchèques signalant une puissance H. F. de 5o W, étaient reçus avec des 
champs de 20 à 100 p.V; c'est-à-dire que l'absorption, au cours de la propa- 
gation, était excessivement réduite. Les émissions effectuées à Meudfon avec 
3o W étaient également reçues par ces correspondants avec une très forte 
intensité. 

Le lendemain, 28 juin, de 17 à;ig h T.M.G., les stations du Sud de la 
Norvège ont été reçues dans la région parisienne dans d'excellentes conditions. 



( 3 ) A. Lacroix, Comptes rendus, 164, 1917-, p. 58i. 



80 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Aucune station- d'une autre nationalité ne put être reçue le même jour entre 

ï4 et 22 h . 

Le 29 juin., de 17 à i8 h , le même phénomène se reproduisait avec le Sud de 

la Suède. - - 

Le 7 juin des liaisons remarquables avaient été établies avec l'Algérie, seule 
contrée dont les émissions pouvaient être reçues. 

Des résultats concordants ont été notés par différents amateurs situés dans 
une zone s'étendant jusqu'à ioo km de Paris. - ,-■ 

Lesj)hénomènes signalés correspondent à Fexistence de noyaux d'ionisation 
intense nettement localisés, se déplaçant lentement et permettant pendant 
plusieurs heures une communication stable. Les noyaux d'ionisation se 
situeraient à mi-distance entre Paris el les zones- indiquées où se placent lés 
correspondants. 

2 Étude de révolution d'E sporadique au cours d'une même journée. ..— On 
peut dire que. le 4 juin, tous les pays d'Europe ont été touchés, au départ de 
Paris, par l'intermédiaire de la couche E sporadique. Cette journée d'écoute, 
remarquable d'après tous les observateurs, a permis d'assister aux déplace- 
ments apparents des zones de forte densité ionique. t ' 

Les pays nordiques, Suède en particulier, ont été de iô h 3oà i8 h 3o, reçus 
avec une intensité considérable : plus tard, on a pu entendre le Danemark, 
puis la Tchécoslovaquie, la Suisse et l'Italie, des stations françaises de la côte 
méditerranéenne, enfin les stations algériennes, toute propagation cessant 

vers 2o u T. M. G. 

Il a été noté pour la première fois en France cette particularité que,, pour 
obtenir l'intensité de réception la plus favorable des stations suisses et 
tchécoslovaques, il fallait, à Meudon, diriger Y aérien vers le Nord, ces 
communications semblant être rendues possibles par une diffusion sur des 
noyaux d'ionisation intense. 

L'antenne rotative utilisée, du type Yagï, en polarisation horizontale, 
comprenait deux éléments demi-ondes distants de o,i5X; l'élément actif était 
alimenté en son centre; l'élément passif, couplé par rayonnement, jouait le 
rôle de réflecteur; le rapport de gain avant et arrière était de i4 décibels. 
. Dans ces conditions, la direction d'arrivée des ondes peut être appréciée 
grossièrement sur le maximum d'audition puis une estimation, aune dizaine 
de degrés près, peut être effectuée sur le minimum. En toutes circonstances 
les relèvements exécutés ont été trouvés corrects; le 4 juin est la seule journée 
où cette diffusion par une couche E sporadique nordique a. été notée. 

Les premières manifestations de E sporadique sur ces fréquences ont été, 
en 1948, constatées en mai, en retard sur ig47- De nombreuses communi- 
cations fugitives, ont été établies tout le long du mois dé juin, mais ne 
présentaient pas ce caractère de stabilité et de localisation nette que nous 
avons signalé pour les cas exceptionnels cités plus haut. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48. 8ï 

Remarques sur h Noie précédente, par M, Pierre Lejay. . 

Il est intéressant de comparer les résultats d'observation ci-dessus aux 
enregistrements de la station de sondages ionosphériques de Bagneux. On 
constate que la région E sporadique a été enregistrée au cours de juin 1948 
avec une particulière intensité en deux périodes qui coïncident précisément 
avec celles des liaisons exceptionnelles établies parles réseaux d'amateurs. Les 
fréquences limites supérieures à E sporadique ont dépassé, fait extrêmement 
rare, dans l'après-midi du 4 juin et la matinée du 5, les plus hautes valeurs ' 
que peut atteindre Témetleur de Bagneux, soit i3 Mc/s. Dans la période du 
24 au 39, si les fréquences limites n'ont pas été aussi élevées, par contre on a 
noté de nombreux échos multiples, notamment le 26 et le 27. 

Nous trouvons donc sur nos enregistrements une confirmation parfaite des 
observations de M. Revirieux. Mais il faut reconnaître que celles-ci nous 
fournissent de précieuses indications sur la localisation et l'étendue d'un 
phénomène dont les causes sont encore mal connues, indications que les 
sondages verticaux ne peuvent donner. C'est en réalité une méthode nouvelle 
d'investigation qui est, pour la première fois en France tout au moins, mise 
en œuvre. Mise au point et convenablement orchestrée, elle pourrait aboutir à : 
la détection de mouvements des noyaux d'ionisation auxquels il 'a été fait 
allusion. On conçoit comme possible l'organisation d'observations continues 
de stations fixes émettant en permanence et qui pourraient être, tout d'abord, 
surveillées par des observateurs bénévoles., 

EMBRYOLOGIE VÉGÉTALE. — Développement de l'embryon chez le Calandrinia 
procumbens Moris. Remarques embiyo graphiques sur quelques Porîulacacées. 
Note (*) de M. Pierre Crété, présentée par M. René Souèges . 

A la suite des travaux de R. Souèges sur les Portulaeacées, on sait que le 
développement de l'embryon appartient à la première période de la classifi- 
cation embryogénique pour le Claytonia perfoliata Donn; (*), à la deuxième 
période pour le Portulaca oleraceu L. ( 2 ) elle Calandrinia compressa Schrad. ( 3 ). 
Dans cette famille, évidemment hétérogène, peut-être intervient-il déjà des 
différences entre les diverses espèces appartenant à un même genre. C'est pour 
m'en assurer que j'ai entrepris l'étude du Calandrinia procumbens Moris. 

Les figures que j'ai observées se superposent de façon remarquable à celles que 
R. Souèges a rencontrées chez le €. compressa. La cellule apicale du proembryon-bicellu- 



(*) Séance du 21 juin 10.48. 

(*) R. Souèges, Comptes rendus, Z21, 1945, p. m, 

Ô) 7£wt, 206, i 9 38, p. 7 68. . 

( 3 ) /éù?.,226, 19*8, p. -207. ' 

C. R., 1948, ■*• Semestre. (T. 227, N'1.) 6 



82 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



.** 



laire, seule à intervenir dans l'édification de l'embryon proprement dit, fournit une 
tétrade seconde en T Çfig< 3), un embryon à huit cellules disposées en quatre étages (^ 6), 
puis à 16 cellules disposées en six étages (/z#._ 9 ). Plus neuement que chez le C. compressa, 
l'étage l donnerait, à lui seul, naissance à la partie cotylée {fig. i6); la partie hypocotylée 
provient des étages V et m et c'est au niveau de m, par segmentation transversale des 
quatre cellules circumaxiales isolées après séparation du périblème, que se différenciant 
les cellules initiales de Téçorce au sommet radiculaire {fig.~ 12). 




Fîg. 1 à \§.~ Calandrinia procumbens Morîs. — Principaux termes du développement de l'embryon. 
cb f cellules issues de la cellule. basale du proembryon bicellulaire ; ce et cd, cellules-filles de la cellule 
apïcale du proembryon bicellulaire; m, cellule-fille supérieure de cd ou portion inférieure de l'hypo- 
cotyle; ci, cellule-fille inférieure de cd; n, cellule-fille supérieure de ci ou primordium de la coiffe; 
o elp, cellules-filles de »% 'fille inférieure de ci\ l, octants supérieurs; /', octants inférieurs; de, der- 
4 matogene;^, périblème; pi, plérome; iec, initiales de l'écorce de la racine. 

Fig 17 à 19- - Claytonia perfùliata Donn. — Eq 17 et 19, coupes longitudinales de graines parallè- 
lement au plan de symétrie; en -18, coupe transversale d'une graine à peine plus âgée que celle qui est 
figurée en 17. 

Fig. 20 à 22- — Calandrinia compressa Schrad. - En 20, coupe longitudinale d'une jeune graine, per- 
pendiculaire à son plan de symétrie; en 21, coupe transversale de la graine adulte; en 22, coupe 
longitudinale de la graine adulte, parallèle au plan de symétrie. 

Fig. 23 à 25. - Calandrinia procumbens Moris! — En 23 et 24, coupes longitudinales de graines 
parallèlement au plan de symétrie, et, en 24, coupe transversale de la graine adulte, e, embryon; 
r, radicule; cot, cotylédon; nu, nucelle; al, gaine d'albumen. G. : 34o; a5 pour les figures 17 à 25. 

D'autre part, la description des formes adultes de l'embryon ou rembryo- 
graphie des Portulacacées dont R. Souèges et moi-même avons étudié 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 83 

l'embryogénie m'a conduit à des constatations intéressantes sur la disposition 
que peuvent prendre, par rapport à la radicule, les cotylédons d'un sporophyte 
incurvé. Déjà Th. Cook(*) avait signalé que, chez leClaytonia virginica, un des 
cotylédons seulement s'allonge fortement; l'autre cotylédon reste rudimentaire 
et l'embryon adulte prend un aspect monocotylédoné. Cependant, Th. Rocén ( 5 ) 
signale la présence de deux cotylédons chez toutes les Portulacacèes qu'il a 
étudiées. 

ïl existe bien deux cotylédons chez le Claytoniu perfoliata, le Calandrinia procumbens 
et le Calandrinia compressa, mais ces cotylédons, au Heu d'être incombants comme c'est 
le cas chez les Centrospermées en général, sont en position accombante chez le Claytonia 
perfoliata et le Calandrinia compressa, en position oblique chez le Calandrinia 
procumbens. Quand le plan' médian cotylédonaire se confond au début avec le plan de 
symétrie de la graine [jig. \ rm j et a3), il intervient plus tard une torsion, précoce chez le 
Claytonia perfoliata {fig. ï8), assez tardive chez le Calandrinia procumbens {Jig. 23); 
c'est en raison de ce retard dans la torsion, peut-être, que les cotylédons de cette dernière 
espèce n'atteignent jamais qu'une position oblique. Chez le Calandrinia compressa par 
contre, il semble que les cotylédons se placent très tôt en position accombante {fig. 20). 
Dans tous les cas étudiés, les cotylédons atteignent finalement, dans la graine, une épaisseur 
et une longueur sensiblement égales. . ■ *• 

Il est certain que Ton ne peut pas tirer, en ce qui concerne la systématique 
en général, d'importantes conclusions relativement à la disposition définitive 
des cotylédons par rapport au plan de symétrie de la graine, puisque ce carac- 
tère présente si peu de fixité dans les seules limites d'une famille qui comprend, 
en outre, un nombre très restreint de représentants. 

MYGOLOGIE. — A propos de la Bouille jaune des Graminées (Puccinia 
glu m arum). Note de MM. Lucien GrUYOT, Michel Massenot, Jacques 
Montègut et Àthanase Saccas, présentée par M. Roger Heim. 

Dans le cadre de l'espèce Puccinia ruhigo-vera créée par G. Winter en 1884 
et qui réunit les diverses formes de Rouille des Graminées à urédosores 
ponctiformes, épars ou groupés et à téliosores clos et ceinturés d'un massif 
paraphysaire épais et brun, I. Erikssortet E. Henning ont distingué, en 1896, 
une Rouille jaune {Puccinia giumarum) à urédosores minuscules, jaune citron 
(cadmium clair), disposés en longues séries linéaires sur les feuilles, souvent 
aussi à la face interne des glumes et jusque sur les grains, et une Rouille brune 
{Puccinia dispersa), à urédosores plus gros, bruns (ocre brun ou terre de 
Sienne), épars sans ordre sur les feuilles. 

Ce sectionnement spécifique, unanimement accepté par les urédinologues 
du monde entier, appelle toutefois les remarques suivantes : 

La disposition linéaire des urédosores n'est pas un caractère constant 

. (*)' Ohio Naturaliste, igo3, p. 34gr. 
( 5 ) Zur Embryologie der Centrospermen {Jnaug. Diss., TJppsala, 1927). 

• " ■ . • 6. 



84 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

chez P. giumarum, Ducomet et Foëx ont indiqué, en 1925, que les urédosores 
de cette espèce ne semblent présenter aucune tendance à former des raies sûr 
les feuilles des jeunes semis et ne sont distribués en séries linéaires que sur les 
feuilles des plantes plus âgées. En 1940/ G. Viennot-Bourgin, étudiant la 
Rouille jaune <ï Hordeum murinum et du Blé, note qu'au début de l'invasion des 
jeunes feuilles, la disposition urédosporifère est irrégulière et non en ligne, les 
sores secondaires formant seuls des séries linéaires régulières; il souligne par 
ailleurs que l'arrangement linéaire des téliôsores n'est pas davantage spécifique 
de P. giumarum. P^r contre, certaines Rouilles brunes (P. bromina parasite 
des Bromus, P. persistent parasite des Agropyrum, P. triticina parasite des 
Trîticum) offrent parfois des urédo- et téleutosores plus ou moins nettement 
disposés eh séries linéaires. . ; > 

La couleur des urédosores de P. giumarum est assez variable. G. Viennot- 
Bourgin a constaté que les urédosores primaires de P. giumarum {sur Hordeum 
murinum) sont orangé vif, les urédosores secondaires jaune orangé; sur Blé, 
leur couleur est jaune orangé vif chez les sores initiaux, jaune cadmium 
ensuite, jaune laiteux enfin. Nous basant sur le Code universel des couleurs 
de E. Séguy, nous avons reconnu, dans un cas, aux urédosores de P. giumarum 
les teintes suivantes : 196 ( — orange), 211 (= orange neutre) et 246 (—terre 
ocreuse); alors que la diagnose originale fait état seulement des teintes jaune 
citron (=272) et jaune cadmium (== 226). * 

La couleur des urédosores est également inconstante chez les Rouilles 
brunes : en général du type brun ferrugineux à brun orangé ou même brun 
jaunâtre, elle varié de 171 à 196 chez P. bromina, 172 a 187 chez P. persiste ns, 
172 à 196 chez P. triticina. La couleur des urédosores dépend, ainsi que leurs 
dimensions et leur disposition, de l'âge des tissus; dans un cas, nous avons 
reconnu, chez P. triticina, des sores assez gros (-> 2 mm ), irrégulièrement épars 
et de teinte 191 (= feuille morte) sur les feuilles vertes du support, et des 
sores petits (-> o, mm 5), plus ou moins groupés ou parfois même nettement en 
lignes et de teinte 196 (= orange) sur les feuilles jaunissantes ou desséchées 
du même support. Le pâlissement par le sec des urédosores a déjà été noté 
par G. Viennot-Bourgin dans le cas de P. giumarum (sut Hordeum murinum, 
Agropyrum et Triticum); ce phénomène survient aussi chez diverses formes de 
Rouille brune, à un degré moindre toutefois. 

Certaines formes de Rouille brune fructifient parfois, à la façon de 
P. giumarum, sur les pédicelles florifères, les glumes et les arêtes des glnmelles. 
Eriksson et Henning en ont fait mention pour P. bromina sur Bromiis mollis ; 
nous l'avons constaté souvent pour P. bromina sur Bromus sterilis. 

Le nombre des pores germin a tifs sur l'enveloppe des urédospores se 
comporte également comme un caractère variable, tant chez P. giumarum que 
cbez les Rouilles brunes. Eriksson et Henning (Die Getreide roste, p. 2o5) 
l'évaluent à 4-6 chez P. giumarum, Fischer à 8-10 (parfois 12), Arthurà io-i5, 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 85 

Allen à 10-16. G. Viennot-Bourgin l'estime, selon les supports, à 7-1 1 (par- 
fois 12) sur Blé, 5-12 sur les Eordeum spontanés, 7-1 1 (le plus souvent 9) sur 
les Eordeum cultivés, 5-j 2 sur Agropyrum. ? 6-1 1 à 7-18 sur Bromus, 6-1 1 (rare- 
ment i3.-i4) sur Dactylùy 9-10 sur Arrhenatherum, 10-12 sur Calamagrostis. 

De notre côté, nous avons reconnu les nombres suivants de pores germinatifs 
en divers cas : a. P glumarum: 9-11 ( 7-1 3) sur /Egilops^b. Rouilles brunes ; 
i° P. brornina : 7-8 (6~ 9 ), 74) (6-10), 7-10 (5-i3), 8-12 (6-1 3), 8-12 (5-i4) et 
8-12 (6-i4) sur feuille de Bromus sterilù, 7-9 (5-io) et 8-12 (7-18) sur gaine de 
B. sterïlis, 6-10 (5-n) et '6-1.0 (4-i3) sur pédieelle floral de B. sterilis, 
7-12(4-14) sur glume de B sterilis, 7-9(5-io)sur arête de glumelle de B. sterïlis \ 
2° 1\ hordei-maritimi : 7-9 (5-iq) sur feuille à? Eordeum maritïmum] 3° P. per- 
sistens : 7-8 (6-10) et 8-iO ( 7-1 3) sur feuille à'Agropyrum repens. 

Les dimensions des téleutospores offrent une variabilité aussi marquée dans 
le cas de P. glumarum que dans le cas des diverses Rouilles brunes. G . Viennot- 
Bourgin a noté que la distinction, au stade téleuto, entre />. glumarum (sur 
Bromus) et P. brornina est peu précise. Nous avons reconnu, de notre côté, que 
certaines formes de P. brornina (sur Bromus sterïlis en particulier) prennent 
parfois, tant au stade urédo qu'au stade téleuto, un faciès glumaroïde très 
accentué. P. hordei-maritimi est presque identique, au stade téleuto, au 
P. glumarum des Eordeum spontanés. 

En définitive, la distinction entre Rouille jaune et Rouille brune est, en dé 
nombreux cas, beaucoup plus subtile qu'il n'apparaissait jusqu'alors; certains 
faciès glumaroïdes de diverses Rouilles brunes se rapprochent étrangement de 
la Rouille jaune classique, et leur interprétation précise est parfois délicate. 
Une telle convergence de structure morphologique est plus évidente encore 
chez les Graminées spontanées que chez les céréales cultivées; parmi les 
Graminées spontanées, elle est particulièrement remarquable dans le cas de 
certains genres (Agropyrum, Bromus, Eordeum) qui hébergent des Rouilles 
brunes susceptibles de présenter une phase écidienne sur les Renonculacées 
appartenant au genre Clematis. 

CHIMIE VÉGÉTALE. — Sur la recherche des itols et du saccharose chez quelques 
Sapindales. Note de M. Victor Plouvier, présentée par M. Gabriel Bertrand. 

Dans une Noie précédente (') j'ai signalé la présence du québrachitol chez 
quelques Sapindacées et Acéracées ; je l'avais extrait par épuisement à l'acétone 
du matériel sec. Le présent travail a pour but de préciser l'utilisation de cette 
méthode et de l'appliquer à d'autres plantes du groupe des Sàpindales 
Engler-Diels. 



( '< ) Comptes rendus , 224-, 1 94 7 , p . 1 8/ ( 2 . 



86 ACADEMIE DES SCIENCES. 

L'épuisement d'une poudre végétale sèche par l'acétone dans un appareil de 
Soxhlet permet d'en extraire non seulement le québrachitol mais aussi des 
^substances cristallisables de solubilité analogue, à savoir d'autres itols : pinitol, 
mannitol, dulcitol, sorbitol et des sucres, en particulier le saccharose. Il suffit 
de décanter la liqueur acétonique, de laver à l'acétone bouillant et à l'éther le 
dépôt plus ou moins cristallisé qui reste et de le traiter à Fébullition, d'abord 
par l'alcool^à 96°, puis par des alcools plus faibles; les substances cherchées 
cristallisent en général sans difficulté. Après repos, la liqueur acétonique 
laisse parfois déposer une nouvelle quantité d'itol ou de saccharose assez pur. 
L'identification a été faite par le point de fusion, le pouvoir rotatoire, quelques 
solubilités, en comparant avec des produits de référence (en outre, le saccha- 
rose a été hydrolyse). : 

Après refroidissement, la liqueur acétonique présente souvent des grumeaux 
ou se prend en masse; la filtration en sépare des esters plus ou moins puri- 
fiables. Certains fondent vers 70-80 et font penser à la présence d'hexacosanol 
ou d'alcools semblables, libres ou estérifiés. Ceux-ci ont été rencontrés dans 
presque toutes les plantes examinées et sont très répandus chez les végétaux. 
L'acétone dissout en outre les hétérosides éventuels qui peuvent être recherchés 
par traitement convenable de l'extrait acétonique. 

Dans certains cas, l'acétate d'éthyle peut remplacer l'acétone. L'éther et le 
chloroforme ne conviennent pas, les itols y étant insolubles, mais ces solvants 
trouvent leur emploi pour débarrasser préalablement le matériel de sa chloro- 
phylle, de ses lipides et esters. * m ~ 

Pour être quantitatif, l'épuisement dans un appareil de Soxhlet doit être 
effectué en plusieurs fois, avec un nouveau broyage de la poudre avant chaque 
opération. Il a été remarqué que toutes les poudres ne s'épuisent pas avec une 
égale facilité et que des substances même très solubles tardent à être dissoutes. 

J'ai signalé ( 4 ) le pouvoir rotatoire fortement lévogyre des liqueurs d'essai 
chez les fruits d'une Sapindacée : Kœlreuterîa panîculata Laxm. Celui-ci n'est 
pas uniquement dû à la présence de québrachitol : après 5 épuisements, la 
poudre dépourvue de québrachitol présente encore une déviation lévogyre 
importante. Par traitement à l'eau, défécation plombique et concentration à 
consistance sirupeuse, j'ai obtenu une substance cristallisée non identifiée, 
insoluble dans l'alcool bouillant, et que je crois être le sel de calcium d'un 
acide organique lévogyre insoluble dans l'éther et sans parenté avec l'inositol. 

J'ai extrait le québrachitol des tiges et des feuilles de Paullinia pinnata L. 
(Sapindacée). Le matériel d'étude m'a été envoyé par M. P. Boiteau, Direc- 
teur du Jardin botanique de Tananarive. 

Aucune des Sapindales énumérées ci-dessous n'a fourni de québrachitol, 
mais d'autres substances en ont été extraites et identifiées. 

Le saccharose a été isolé des plantes suivantes : Staphyléacées : écorces et 
feuilles de Staphylea colchica Stev. ; écorces de S: elegans Zab., S. pinnata h. ; 



SÉANCE DU 5 JUILLET. 10,48. 87 

feuilles de S, Bolanderi Gray. Ilicacées : écorces et feuilles d'Ilex Àquijoliumh, 
var. variegata; ïzuïIYqs d7. Aquifolium var. nobilis, L Cassine L. 7 /. crenata 
Thunb., /. Pernyi Franeh. Anacardiacées : écorces de Mus Cotinus L. Balsa- 
minacées : feuilles d'Impatiens Noli-tangere L. Celastracées : écorces et feuilles 
de Celastrus Orixa Sieb. et Zuec. ; écorces d'Evonymus americanus L.., E. Hun- 
geanus Maxim., E. europmus L. var. aldenhamensis Gibbs et fructu alho Hort., 
E. Wilsonii Sprague, E. y eddœnsis Frœbel. Coriariacées : feuilles de Coriaria 
japonica Gray ? G. myrtifolia L. Les écorces et feuilles de divers Msculus, Pana 
(Hippocastanacées) et Buxus (Buxacées) n'ont fourni aucune cristallisation : 
cela ne prouve pas l'absence de saccharose dans ces derniers groupes, mais 
plutôt la coexistence d'impuretés extractives qui l'ont empêché de cristalliser. 

Le dulcitol a été isolé des Celastracées suivantes: écorces et feuilles de 
Celastrus angulatus Maxim., feuilles de C, orbiculatus Thunb., C. puhctatus 
Thunb. ? C. rosthornianus Lœs,, C. sirigillosus Nakaï; écorces et feuilles 
d'Evonymus Wilsonii ; écorces d'£. Bimgeanus ; feuilles à'E. americanus b 
E. europmus aldenhamensis et fr. albo, E. latifolius Scop. ? E. radicans Sieb. 
etZucc. ? E: y eddœnsis. Sa présence était déjà connue chez Celastrus obscurus, 
Evonymus atropurpureusj E. europseus, E. japonicus. Parmi les Celastracées 
examinées, seul le C. Orixa (écorces, feuilles) n'a pas fourni de dulcitol ? ce qui 
confirme la place de cette espèce à essence et à berbérine parmi les Rutacéés, 
sous le nom à? Orixa japonica Thunb. 

Les écorces des deux Coriariacées ont fourni une substance cristallisée dont 
je poursuis l'étude et que je crois être un suc réducteur nouveau. 

En résumé, le québrachitol a été extrait d'une Sapindacée, le dulcitol de 
plusieurs Celastracées, le saccharose de diverses Sapindales. 

TÉRATOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Sur P obtention expérimentale de monstres 
doubles chez les Oiseaux. Note (*) de M, Hubert Lutz, présentée par 
M. Maurice Caullery. 

J'ai montré qu'il est possible d'obtenir la polyembryonie expérimentale 
chez les Oiseaux en fissurant au stylet de verre le blastoderme non incubé de 
cane; le nombre d'embryons obtenus correspond au nombre de sections 
• faites (V), (»),(»),(*). _ ' _ . ; • _ ■- 

Il était dès lors à prévoir qu'une fissuration partielle du blastoderme entraî- 
nerait comme conséquence la formation de monstres doubles en Y ou en X. 



(*) Séance du 28 juin ig4&. 

(*) E. Wolff et H. Lut2 7 Comptes rendus, 224, 1947., p. i3oi-i3û2, 

{-) E. Wolff et H', Lutz, C. R. Soc. Biol. y 141, 1947^ p. 901-903, 

(;) H.XxiTz, C. R, Soc- BioLy \%% 1948, p. 384-385. 

( 4 ) If- Lutz, Comptes rendus, 226. 1948, p- 8qi-84a. 



> 



88 



ACADEMIE DES SCIENCES 



Dans les deux cas, l'œuf est orienté d'après la loi de von Baer et la fissuration 
est parallèle à l'axe présumé du futur embryon ( 5 ). 

Duplicitas posterior, —- 1. La partie postérieure du blastoderme est fissurée 
à l'aiguille de verre, puis les bords de cette fissure sont coagulés à l'électro* 
çoagulateur, afin d'évjter tout recollement. En aucun cas la section ne dépasse 
la moitié postérieure du blastoderme. 



Embryons 

vivants 

en fin 

d'expérience. 

32 



Duplicitas 

posterior, 

i8 



Jumeaux 
parallèles. 



Duplicitas 

anterior. 



Un seul 
embryon 
à orient, 
normale. 

4. 



Un seul embryon 

faisant un angle 

avec l'axe présumé. 



90°. 
5 



180°. 



Ainsi donc, sur 3a embryons vivants en fin d'expérience, 18 duplicitas 
posterior sont obtenus; il s'agit ici de duplications appartenant aux groupes des 
tératopages et des tératodelphes. Dans chacune des catégories, les degrés les 
plus divers se présentent pour les tératodelphes, la, duplication peut affecter 
une partie plus ou moins grande du corps; pour les tératopages l'accolement 
peut être plus ou moins fort, les deux jumeaux en sont. les termes extrêmes. 

Le cas de duplicitas anterior peut s'expliquer par un écart de i8o° par 
rapport à la règle de von Baer; il en est de même pour les 5 embryons 
faisant un angle de 90 et les deux embryons faisant un angle de 180 avec 
l'orientation présumée. - 

Enfin, dans 4 cas, un seul embryon à orientation normale se présente. 





Fig. 1. 



Fi"> o 



Duplicitas anterior (Jïg. i) et Duplicitas posterior {fig. 2) obtenus expérimentalement. 

*2. Dans une autre série d'expériences j'ai fissuré le blastoderme en 3 bandes 
perpendiculaires à l'axe présumé, puis supprimé complètement les bandes 



( 3 ) Id., 209, 19/io, p. 450-452. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948- &9 

antérieure et postérieure en les enfonçant dans le vitellus. Sur 54 embryons 
vivants en fin d'expérience, j'ai obtenu 29 monstruosités doubles postérieures ; 
là encore tous les degrés de lératopages et de lératodelphes se présentent. 
L'explication de la formation de monstruosités doubles par cette méthode n'est 
pas encore connue. 

Duplicitas ànterior*. — L'obtention des monstres en Y présente beaucoup 
plus de difficultés; en effet la loi de von Baer n'étant qu'une loi approchée, 
Taxe présumé du futur embryon ne correspond que rarement à la fissure faite. 
D'autre part il faut là aussi éviter le recollement, ce qui a été obtenu soit par 
la méthode de rélectrocoagulation, soit en introduisant une paillette de bois 
dans la fissure. Aussi les cas obtenus sont-ils beaucoup moins nombreux. 

La fissure est faite dans la partie "antérieure du blastoderme et atteint les 
3/4 postérieurs. Là encore les degrés les plus variés de monstres en Y sont 
obtenus, dont un cas sur le blastoderme de Poulet, présentant le croissant 
endodermique ( s ). 

Résumé. — On obtient* des monstres en X ou en Y en fissurant partiellement 
la partie postérieure ou la partie antérieure du blastoderme non incubé 
de Cane. 



PROtlSTOLOGiE. — Sur les vésicules pulsatîles d'un Ghlamydomonas. 
Note de M. Marius Chadefau», présentée par M. Roger Heim. 

L'espèce étudiée dans la présente Note, trouvée dans les bassins du Parc de 
Saint-Cloud, près de Paris, se rapprochait à la fois de Ghlamydomonas 
Eorschilcoffi Pascher et de C. platyrhyncka Pascher, mais n'était identique ni à 
Funej ni à l'autre. Sa papille antérieure était aplatie dans le plan de symétrie du 
corps. Au-dessous, celui-ci contenait deux vésicules pulsatiles, symétrique- 
ment disposées par rapporta ce plan. Ces vésicules ont donné lieu aux obser- 
vations suivantes : 

a. En général, elles battaient en quadrature, selon la règle, l'une étant en 
systole tandis que l'autre était en diastole. Mais en fait, leur différence de 
phase était variable, de sorte que chez certains individus elles en arrivaient à 
battre en conjonction, c'est-à-dire à être toutes les deux en systole ou en 
diastole simultanément. Cette remarque prouve qu'au cours de leurs batte- 
ments leur contenu ne passe pas alternativement de l'une dans l'autre, comme 
cela a J été parfois supposé. 

b. En diastole, elles étaient sphériques. Pendant la première. partie de la 
systole, elles conservaient cette forme, en diminuant lentement de diamètre. 
Mais ensuite elles prenaient la forme d'une lentille biconvexe, avec plan équa- 
torial perpendiculaire au plan de symétrie du corps, et quelquefois nettement 
gauchi.. A partir de ce moment, la systole s'achevait, non plus par diminution 



go " ACADÉMIE DES SCIENCES. - 

du diamètre, mais par aplatissement complet de la lentille, réduisant la cavité 
de la vésicule à une fissure indistincte. 

Pendant la diastole, s'observaient les mêmes aspects, mais en ordre inverse. 
La vésicule réapparaissait sous la forme d'une simple fissure, qui se transfor- 
mait en une lentille dé plus en plus épaisse, puis finalement en une sphère aug^ 
mentant de volume par accroissement de son diamètre. 

D'autre part, chaque vésicule présentait des caractères propres, qui se 
conservaient sans grands changements pendant tous les battements successifs, 
et par lesquels les deux vésicules d'une même cellule pouvaient nettement 
différer. Ces caractères portaient sur le plan équatorial de la lentille, qui pou-, 
vait être assez fortement gauchi, et sur son diamètre, quelquefois très petit. 
Dans ce dernier cas, naturellement, la phase lenticulaire durait peu, tandis que 
la phase sphérique prenait une importance considérable. 

Ces observations conduisent aux deux idées suivantes : 

1. Les vésicules pulsatiles ne sont pas de simples lacunes du cytoplasme, 
mais des organites à morphologie définie. On sait déjà, d'après les travaux de 
divers auteurs, notamment A. Haye (*) et moi-même ( 2 ), qu'elles sont 
creusées dans un cytoplasme excréteur différencié. On doit penser que, chez 
le Chlamydomonas ici étudié, ce cytoplasme constitue, pour chaque vésicule, 
une sorte de poche lenticulaire infiniment plate qui se gonfle d'eau pendant la 
diastole et se dégonfle pendant la systole. 

2. Cette poche.se comporte comme la vessie de caoutchouc, également 
lenticulaire, d'un ballon de foot-ball, qu'on gonfle d'air. Son gonflement 
diastolique doit être pareillement un phénomène passif, c'est-à-dire qu'il ne 
doit pas y avoir afflux d'eau parce que la poche s'agrandit, mais au contraire 
distension de la poche par suite de l'afflux d'eau. On "peut penser que ce 
dernier résulte de la pression osmotique de cristalloïdes, accumulés grâce à 
l'activité du cytoplasme excréteur, tout au début de la diastole, dans la cavité 
encore virtuelle de la vésicule pulsatile. L'eau qui afflue ainsi vient du 
cytoplasme; pendant la systole, elle doit être expulsée au dehors, entraînant 
avec elle les cristalloïdes qui l'ont appelée. 

Chez les Euglènes, cette expulsion s'effectue dans la fosse vestibulaire. 
Chez les Volvocales primitives, ou Pyramidomonadines, on retrouve L'équi- 
valent d'une telle fosse, sous la forme d'un infundibulum creusé dans le pôle 
antérieur du corps. Dans les genres Chlorodendron et Prasinocladus, j'ai montré 
récemment ( 3 ) que cet infundibulum s'oblitère, plus ou moins complètement, 
quand la cellule s'entotfre d'une paroi celluloso-pectiqué avec papille apicale. 
On passe ainsi à la disposition réalisée chez les Chlamydomonas, où la fosse- 

■■ ■ ii ■ i ! ■ ■ ■ J ■ ■ ! . ' i ■ n .^-i w ^— ■ ^ i i i il n i ■ wm*>*w m ■ i. n ■ i ■ i ■ i i H ■ »i ' >■ ' ' ■ ■ ' ^ ^ m i i ii ^i m i j w 

(*) Arch. f. Protistenkunde j70 7 i93o, p. i. 

( 2 ) Le Botaniste, 28, 1937, p. i35. 

( 3 ) La Revue scientifique, 85, 1947, P ; 862. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. - g! 

infundibulaire n'existe plus, mais où subsiste néanmoins le cytoplasme 
excréteur qui garnissait sa paroi, cytoplasme qui continue à constituer un 
organite excréteur morphologiquement défini. 

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Action comparée du 2 . 3-dimercaptopropanol sur la 
catécholoxydase .et sur la laccase. Note de M. Didier Bertrand, 
présentée par M. Gabriel Bertrand. 

Webb, R. van Zelma, B. Miller et G. Kalnitsky (1946) (*) ont étudié 
comparativement l'action du 2 . 3-dimercaptopropanol ( 2 ) sur 21 préparations 
de diastases diverses. Sept étaient inhibées par, le thioalcooL Parmi elles, 
quatre étaient connues pour avoir un coenzyme métallique et deux pour être 
activées par des métaux. Ils ont conclu de ces faits que l'inhibition était due 
au blocage par le DMP de la fraction métallique de la diastase. Ainsi, la 
catécholoxydase, qui est inhibée pour o/5 % en quinze minutes à 17* par 0,00 \ M 
de DMP, peut être réactivée presque intégralement par un excès de cuivre : 
o,oi M pour o,ooa5 M de DMP, La spécificité métallique du cuivre fut alors 
suggérée par les auteurs précités. 

Dans ces conditions, il était intéressant de voir quelle serait comparativement 
l'action du DMP sur la laccase et sur la catécholoxydase. On sait en effet que 
la préparation la plus pure de laccase renferme environ o,i5 % de Mn (dont le 
rôle en tant que co-laccase a depuis longtemps été mis en évidence par 
Gabriel Bertrand) et seulement o,o3 % de cuivre, alors que la catécholoxydase 
a un coenzyme cuprique (o,3 % de Gu). 

La préparation de catécholoxydase dont je me suis servi a été obtenue à partir 
de Psallîota campestris. Elle avait un Q ûa de 6290 sur le pyrocathécol, à 2D 
et à pH 7,3, pour une concentration diastasique C 02 de 3777 (soit un poids sec 
de 9,6 mg/cm 3 ). Tandis que la préparation de laccase provenant de Mus 
succedanea avait un Q 03 de 171 sur Thydroquinone, à a5 ô et à pH 6,3 et 
un C 02 de 5o5o (poids sec de 3i,4 mg/em 3 ).. Les mesures micromanométriques 
ont été faites dans un appareil de Warburg avec des témoins effectués dans les 
mêmes conditions, mais sans diastase. Le DMP ( â ) a été utilisé à partir d'une 
solution M/4 dans de l'êthylèneglycolmonoéthyléther. 

Avec les Concentrations diâstasiques employées, qu'il s'agisse de catécho- 
loxydase ou de laccase, la réaction d'inhibition évolue lentement (à 20°) même 
avec o,o25 M de DMP (soit 3,i mg/cm 3 ). Si on laisse l'incubation se faire 



( J ) La bibliographie et les détails expérimentaux seront donnés dans une autre 
publication. 

( 2 ) Par abréviation DMP au cours de la Note. 

( s ) Provenant du laboratoire de Pr Peters, à Oxford.. 



g 2 ACADÉMIE DES SCIENCES. ' 

dans un milieu tamponné M/i5, par des phosphates, l'évolution est beaucoup 
plus rapide à pH 6,3 qu'à pH 7,3 pour la catécholoxydase, alors que pour 
la laccase il n'y a que quelques pour cent de variation. Cette différence 
s'accentue encore à pH 5,5 en milieu non tamponné : l'inhibition, très accélérée 
pour la catécholoxydase, est ralentie pour la laccase. 

Quoiqu'il y ait un très gros excès de DMP vis-à-vis de la diastase réellement 
présente dans le milieu, la vitesse d'inhibition varie avec la concentration en 
DMP, suggérant que celui-ci ne puisse intervenir que sous une forme tautomère. 
En effet le Q 02 de la catécholoxydase la plus pure étant de l'ordre du million, 
il y avait certainement moins de o ms ,oo3 de celle-ci par centimètre cube de la 
préparation utilisée. De mê.me le Q 02 de la laccase la plus pure étant de l'ordre 
de 1 10000 à a5°, il y avait certainement moins de o ms ,o45 de laccase par centi- 
mètre cube. 

En outre, l'étude cinétique de la réaction montre que pour l'une et l'autre 
diastase, l'ordre de la réaction est supérieur à deux, fait qui est en opposition 
avec le schéma d'un simple blocage du cuivre pour la catécholoxydase. 

La réactivation par le cuivre, valable pour les deux diastases, n'est pas spéci- 
fique. Tout métal donnant avec le DMP des composés ou des complexes, per- 
met à des degrés divers de retrouver le même résultat, prouvant ainsi qu'il ne 
s'agit que du déplacement de la molécule de DMP engagée dans -unejiaison 
chimique. En particulier pour la catécholoxydase; le nickel permet une réacti- 
vation plus rapide que le cuivre. Ainsi après trente minutes d'incubation avec 
0,01 M de DMP à pH 7,3, de la préparation de catécholoxydase diluée au tiers 
(activité résiduelle zéro), 0,027 M de Ni permettent de retrouver, après 20 mi- 
nutes, 5o % de l'activité, alors qu'avec 0,027 M de Cu on n'en retrouve que 
17,5 % . Dans les mêmes conditions le Mg et même le Mn permettent d'en récu- 
pérer 8,3 %. Un temps plus long ou une plus forte concentration en métal 
donne une réactivation plus complète. Des résultats analogues sont obtenus 
avec la laccase; ici, toutefois, le nickel est moins actif que le cuivre. 

La différence d'action du DMP sur la catécholoxydase et sur la laccase se 
manifeste encore différement. La préparation de catécholoxydase possède une 
faible activité laccasique : Q 02 3ôo avec un C 02 , de seulement 600. Or après 
.deux heures et demie avec 0,01 M de DMP à pH7,3, l'activité résiduelle est 
de 80 % sur l'hydroquinone et presque nulle sur le catéêhol. Le. mélange des 
deux préparations diastasiques en modifiant légèrement ces vitesses relatives 
d'inhibition, sans doute par suite des différences d'impuretés, ne modifie pas le 

sens du phénomène. 

Conclusion^ — Le 2 . 3-dimercaptopropanol inhibe, d'Une façorîTelativement 
rapide l'action de la catécholoxydase et plus lente celle de la laccase. La 
vitesse d'inhibition est fortement modifiée par le pH dans le premier cas et peu 
dans le second (zone de 7,3 à 5,5), la variation ayant alors lieu en sens inverse. 
La réaction, qui est d'un ordre -supérieur à deux, conduit à un produit in actif 



SÉANCE DU 5 JUILLET IO^S. §3 

d'où Ton peut facilement récupérer l'activité par addition d'un excès de métal, 
tels que Ni, Cu, Mg, Mn ; donnant une combinaison avec le DMP. Mais il n'est 
pas possible de dire si l'inhibition a lieu par blocage d'un métal eo-enzyme. 



CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur deux antifongiques antagonistes de la vitamine IL* 
Note de M. et M me Jean Gueriixot-Vinet, présentée par M. Maurice 
Javillier. 

Nous avons étudié l'antagonisme entre deux antifongiques (2-méthoxy- 
1 .4-naphtoquinone et a-cbloro-i .4-naphtoquiiione) et la vitamine K (2-méthylë- 
i ,4-naphtoquinone) qui présente avec ces deux inhibiteurs une évidente 
analogie structurale. 

Le réactif, biologique employé est Fusarium solani cultivé en boites de Pétri 
sur milieu de Czapek gélose. Après ensemencement par. les conidies du 
Fusarium, les cultures sont placées à l'étuve à 26° pendant 16 heures.. Ce 
temps est nécessaire pour que le mycélium envahisse la surface de la gélose. 
De petits disques de papier filtre de 6 mnl de diamètre, imbibés chacun par une 
goutte (o cm Voi) de la solution -à essayer, sont alors disposés à la surface de 
chaque boîte. Après 24 -heures de séjour à a5% l'effet inhibiteur est déterminé 
en mesurant le diamètre de la surface claire, pratiquement circulaire, qui 
entoure le confetti et qui correspond à une lyse de mycélium. 

Voyons l'effet de chacun des deux antibiotiques précités, de la vitamine K 
seule et mélangée aux.antagonistes. 

; .. 

\— OCH: 

a. z-Méthoxy- 1 . /[-naphtoquinone : 




Little et ses collaborateurs (\) ont isolé ce corps à partir de Impatiens 
àalsamina L. et mon tré son action antibiotique pour différentes moisissures ou 
bactéries. Nous avons trouvé ce même effet sur Fusarium solani avec le composé 
préparé par synthèse (-). A la concentration de o,5. io~* (une goutte contient 
_alors o,5 y' de substance active) on obtient une zone lysée de 8 à io mq \ de 
diamètre \ à celle de o,5.io- 3 le diamètre d'inhibition est en moyenne 



^ 



( l ) Lïttle, Sproston et Foote, Journ. Biol. Chem., 174, '1^48, p. 335. 
( a ) Les deux antibiotiques ont été préparés et nous ont été donnés par MM. P. Meunier 
et Ch. Menlzer. 



g4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

de a5' 



.mm 



b. 2-Chloro-i .^-naphtoquinone : 



o 

jl . 

"~" —CL 



O 



Cette substance, isomorphe de la vitamine K (c/.-2), s'est également montrée 
inhibitrice du F. solani. A la dilution de io~ 5 l'action est encore nette. Aïo" 4 
le diamètre d'inhibition est de I2 mm environ. 

c. 2-Méthyle-i .A-naphtoquinone. — La vitamine K est un facteur de crois- 
sance pour divers Champignons inférieurs ou bactéries. L'un de nous ( 3 ) a 
montré son action dans ce sens pour Aspergillus Niger et le renversement de 
cette action si Ton en augmente la concentration. Dans le cas de F. Solani \t 
même phénomène se répète. S'il est difficile de mesurer l'effet excitateur de la 
vitamine K avec la méthode employée, on peut cependant noter une plus 
grande prolifération du champignon autour des confettis pour une concentra- 
tion de l'ordre de io~\ Par contre, à I0" 3 le mycélium est lysé sur une zone de 
8 à io mm de diamètre. 

d. Antifongiques et vitamine K. — La 2-méthoxynaphtoquinone qui, à la 
concentration de o,5 X io" 3 , inhibe le champignon comme nous l'avons vu, 
n'a plus qu'un effet à peine sensible sur le mycélium si, à la solution, on ajoute 
de la vitamine K à la dilution io~\ Pour la a-chloronaphtoquinone, l'action 
de la vitamine K est également très nette. A la concentration de iô~* Aie 
supprime l'effet de cet inhibiteur employé à io~\ - 

Pour les deux substances étudiées, la quantité de vitamine qui supprime 
l'action nocive est donc inférieure à celle de l'antifongique. W oolley (* ), étudiant 
l'antagonisme entre le 2.3-dichloro-naphtoquinoneet la vitamine K sur Saccha- 
romyces cerensim, a trouvé un rapport inversé. Il apparaît donc que les pro- 
portions relatives entre deux corps d'actions opposées et présentant une grande 
parenté structurale, sont variables suivant les composés et les microorganismes. 

Quoi qu'il en soit, les deux dérivés que nous avons étudiés se comportent 
nettement comme des antivitamines K pour Fusarium solanL Cet effet est à 
rapprocher des résultats obtenus avec ces corps dans l'étude de la coagulation 
sanguine [P. Meunier et ses collaborateurs ( 5 )]. Il se pourrait, en outre, que la 
2-méthoxy. i .4-n aphte- quinone et la 2-chloro-i .4-naphtoquinone présentent un 
intérêt pratique dans la lutte contrela fusariose des végétaux. 



( R ) A. Vinet, C.R. Soc. BioL, 138, 1945, p. i55. 

(*) Harvey Lectures Séries % ki, iQ^ : p. 189. 

( E ) Meunier, Mentzer et Buu-Hoi, Bull Soc. Chim. BioL, 27, 1945, p. 191 



SÉANCE DU 5 JUILLET 10,48, g5 

PHARMACOLOGIE. — De quelques actions pharmacologiques comparées des 
homologues inférieur et supérieur de la N-diétkyl-$~phênyléthylamine et des 
morpholines correspondantes. Note de M. René Hazard, M' Ucs Elisabeth 
Corteggiani et Simone-Hélène Renard, présentée par M. Léon Binet. 

Parmi les substances antagonistes des poisons nicotiniques dont nous 
poursuivons l'étude, la N-diéthyl~(3-phénylélhylamine se montre à la fois 
adrénolytique ( 1 ) et antinicotinique. 

Cette double action est-elle exereée'parla N-diéthylamine etlaN-diéthylpro- 
pylphénylamine et que donne le passage de ces trois corps à leur morpholine ? 

Les trois aminés tertiaires ont été préparées par action, en milieu chloro- 
formique, de l'halogénure d'alcoyle sur l'aminé secondaire correspondante 
(diéthyl-amine ou morpholine). Les composés obtenus ont été purifiés par 
rectification sous pression normale. Les aminés sont des liquides sirupeux, 
faiblement teintés en jaune, de densité généralement supérieure à celle de l'eau/ 
solubles dans l'alcool, l'acétone, le propylène-glycol, le chloroforme, le 
benzène, assez solubles dans l'éther, insolubles dans l'eau. Les morpholines 
ont un point d'ébullition plus élevé que les dérivés correspondants de la 
diéthylamine ; leur odeur est moins prononcée. 

Des chiens chloralosés, soumis à la respiration artificielle, et généralement 
vagotomisés, ont reçu d'injection intraveineuse, aux doses rapportées au kilo- 
gramme d'animal des différents produits dissous dans le propylène-glycol. 

Le tableau ci-après résume les effets produits sur la pression carotidienne 
et les modifications apportées à l'hypertension provoquée par l'adréna- 
line (i^ s ) ou la nicotine (i/20 mg ); il nous permet de nous borner aux conclusions 
générales que voici. 

La N-diéthyl-[3-phényléthylamine se distingue par l'ensemble de ses pro- 
priétés, surtout de son homologue inférieur; son homologue supérieur en est 
plus proche. La double propriété qu'elle possède de diminuer ou d'inverser les 
effets hypertenseurs de l'adrénaline et de supprimer ou d'inverser l'action de 
la nicotine sur la pression artérielle se retrouve, mais amoindrie, chez son 
homologue supérieur. Son homologue inférieur montre que Faction adrénoly- 
tique peut, dans la série, être distincte de l'action antinicotinique puisqu'il 
exalte les effets de l'adrénaline, tandis qu'il diminue l'hypertension nicoti- 
nique. La morpholisation des trois bases étudiées entraîne la diminution géné- 
rale de leur activité. 



(*) Raymond-Hàmet, C. /?. Soc. de Biol,, 136, 1942, p. 3^9- 



96 



ACADÉMIE DES SCIENCES, 



Formules- 

C G 11 5 -CH 2 -N<^|'; 
N-diéthylbenzylamine 

C c H 5 -CH 2 -N<™ : -«; : >0 
N-morpholylbenzylamine 

C 6 I1 5 -GII 2 -CH 2 -N<^||^ 

N-diéthyl-P phényïéthyl aminé 

-CHs— CH 
CH 2 -GH S 
N-morphoïyI-(3 phényléthylamine 

C 6 H,-CH a -CH«-CH ï -N<^; 



G H,-GM 2 -GH 2 -N<J 



! >o 



Point 
d'ébul- 
Iitiou. 

f .206 



25l 



226 



265 



229 



N-diéthylphénylpropylamine 

C G H s -CH 2 ^GH 2 -CH 2 -N<™ 2 2 ~^>0 } 270 
N-morpholylphénylpropylamine 



* Action 
sur la. pression 
artérielle 
(doses en g. p. k. j. 



Action 

sur l'hypertension 

adrënali nique 

(doses en g. p. k.). 



0,005. 0,02 à 0,05. " 0,005. 0,02 à 0,04. 



Sans Hyper- 
action tension 

» Hypo- 

tension 

Hyper- » 

tension 



Hypo- 
tension 



» 



)) 



» 
très 
forte 



^ Sans Hypo- 
action tension 



Sans Sensi- 

action bilisation 

» Légère 

sensi- 
bilisation 

Dimin., Inversion 
tendance 
à rinvers. 

Sans 
action 

Dimi- 
nution 



Pas de 
modifie. 



Dimi- 
nution 

Dimin., 
tendance 

à Finvers. 

Dimi- 
nution 



Action 
sur l'hypertension 
' nicotinique 

(doses en g. p. k..). 

0,02- 0,05-^ 

Dimi- Dimi- 

nution nution 

■ Sans » 

action 

Suppr,, Iriver- 
lendance sion 
à Finvers. 

Dimi^ Dimi- 

nution nution 

Suppr. Suppr. 



Dimi- 
nution 



Suppr. 



BACTÉRIOLOGIE. — Premières données sur la production d'une « Streptomy- 
cinase » par certaines souches microbiennes . Note (*) de MM. Emile Arquie, 
Bernard Sureau, Fernand Boyer et M» e Micheline Saviard, présentée 
par M. Jacques Tréfouël. 

Il y a tin an nous avons eu l'occasion d'isoler chez un malade de l'hôpital 
Pasteur une souche de B . pyocyanique capable d'inhiber les cultures à'Actino- 
myces grùeus; récemment nous avons étudié un entérocoque possédant, de 
façon marquée, la même propriété/Par la suite, nous avons observé, pour 
deux souches d' entérocoque de collection, la même action sur le développement 

d'^4. griseus. 

Les filtrats des cultures de ces souches, tant le B . pyocyanique que V entéro- 
coque, sont capables, même à faible concentration, d'inactiverla Streptomycine. 
Nous pensons être là en présence d'un enzyme, que l'on pourrait dénommer 
Streptomy cinase y et qui se définit par les caractères suivants : 

in Spécificité. — Ces filtrats in activent la Streptomycine; ils restent sans 
action sur la Pénicilline. Cette spécificité est telle qu'elle nous a permis de faire 



(*) Séance du 28 juin 1948- 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948, 99 

Action des filtrats de cultures d'Entèrocoque et de B. pyocyanique sur la Streptomycine. 

Filtrats entérocoques. ' . 

Témoin. jcmv i/2 cmS . .. l/4cm 3 . ' 1/1 om *. 1/20 cïn3 . 

unités pour 5 C) » 3 K W\ 48 h . 24 u . 48 u . HK ■ AH h . W. 48 h . 24'*. 48 h . 24 h . 48 h . 

* . "• ~ -+- +H — H + . + 4--t- — 4-4 — f- „ + + + — + + + 

■ ••.-. ■ - - — — 4-4-4.. -f. .f-_f. 4-4-4- 4-4-4- 4-+4- 

**•*•*•* »■.•■• H H + 4 — f- 4- 4- + +. + + + + + + 

• • • • ■ .- • — ' + + + 4- + t- ■ ^.4,4. -4- 4--+- 4-4-4- 4-4-4- 

......... +4-4- , — 4-4-4- +4-4- 4-4-4- . 4-4-4-. + + + 

le moins j 

! i > O. . , . 4-4-4- 4-4-4- 4-4-4- 4- -1-4- 4-4-+ +4- + 

tphylocoque) ) ■ + 

Pyocyanique. 

~ — ' 4-4-4- _ 4- + + + + + + + + + -t + + + 

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- — .'■ — + + + +++ 4.4.4. ■ ++4- ' + + + 

-....■•■ — 4- + 4- + + + - + + + + + + +++ ' + + 4- 

...... ■ 4- + + - + + + +++ + + + ,-,4-4-4- r 4-4- + 

Témoins ( ' 

il /■ O. . . . +~-+ _f-4-4- + 4- + + + + + + + a + + + 

phylocoque) j 

des dosages différentiels dans des sangs de malades recevant un traitement 
pénicillo-streptomyciné. 

Ces dosages ont été effectués de la façon suivante : 

A des tubes de 5 cm * de peptone glucosée additionnée de doses variables de 
streptomycine, on ajoute des filtrats d'entérocoque ou de B. pyocyanique 
à différentes concentrations; on ensemence avec une culture de 24 heures de 
staphylocoque Oxford (de façon à obtenir une concentration finale de io~ 4 ). 
Des. témoins montrent que les filtrats m'ont par eux-mêmes aucun pouvoir 
antibiotique et qu'ils sont stériles. 

2° Pas diction antibiotique propre. 

3° Comportement analogue à celui des enzymes. — Il n'y a pas de proportion- 
nalité emire la quantité de filtrat et son activité; il faut tenir compte pour 
définir l'activité des filtrats, de leur dilution, de la concentration de la Strepto- 
mycine en présence de la température, de la durée du contact, etc. 

5. Inhibition par le B. pyocyanique et par l'Entérocoque des cultures d 1 Acti- 
nomyces. 

On n'obtient pas de cultures d' Actinomyces lorsqu'on ensemence en même 
temps que les spores, le B, pyocyanique ou l'Entérocoque (5 gouttes de culture 



:$ 



98 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

de 24 heures par boîte de Roux 200*™*); lorsque le germe n'est apporté que 
12 à 24 heures après l'ensemensement de l'Actinomyces, on note une action 
empêchante suivie d'une régression de la culture (dissociation du voile en 
particulier). 

Préparation de la Streptomycinase . 

Les produits que nous avons étudiés ont été obtenus : 

«. Soit en filtrant sur bougie L 3 des cultures de 7 à 12 jours de B. pyocya- 
nique et d'Entérocoque; b. soit en filtrant sur bougie L3 des cultures ana- 
logues, surensemencées avec des spores d'Actinomyces. 

Nous nous proposons de poursuivre l'étude de cet enzyme. Cette Note n'a 
d'autre but que de signaler nos premiers résultats. Nous n'avons pas encore 
rencontré dans la littérature, l'indication de faits analogues. 

A i5 h 5o m l'Académie se forme en Comité secret. 



La séance est levée à iô h 3o ra . 



R. C. 



SÉANCE DU 5 JUILLET 1948. 99 



BUL LÉTIS BIB LIOGRAPHIQUE . 



Ouvrages reçus pendant- les séances de juin i 

Pubblicazioni delP Istituto ma tematico délia regia universita di Roma. Série, sistemi 
dequivalenza e cor 'rispondenze algebriche salle varietà algebriche, par Francesco Severi. 
Volume primo. Roma, Edizioni Çremonese, 1942, XX ; 1 vol. 25 cm . 

Pontificise academiœ scientiarum scripta varia. Funzioni quasi abeliane, par FrancÉsco 
Severi. Ex aedibûs academicis in civitate vatieana, 1 9^7 ; 1 vol, 24 cm ,5. 

Académie d'agriculture 'de France. Extrait du Procès-verbal du 17 mars 1948. Fermen- 
tations du vin à basse température) par M. de Boixo, 1 fasc. 2i cm ,5. 

Encyclopédie pratique du, naturaliste. XXV. Microscopie pratique, par Georges 
Deflandre. Deuxième édition. Paris, Paul Lechevalier, -194.7» 1 vol. ï6 t!m . 

Pour connaître la pensée de Marcelin Berthelot } par Albert Ranc. Paris, Éditions 
Bordas, ig48; i vol. 23 cm (présenté par M. M. Delépine). 

Société d'études historiques et géographiques de l'Isthme de Suez. Nouvelle carte des 
massifs cristallins culminants de la Péninsule du Sinaï, par Jacques Daumas ; 1 notice 29 e111 
et 3 croquis : Massifs cristallins eulminants.de la Péninsule du Sinaï; 1 pi. io cm x i6 ciu ,5 
à l'échelle de 1/100000. — , Bakts Plateaux granitiques et environs', i pi. 2i cm x 27°™. 
— Ecran montagneux méridional du gebel Katherine ; 1 pi, 27 e111 x 2i em . — Cartes du 
gebel Oum Shomer, gebel Serbal, Monastère de Sainte-Catherine; 3 ![pl, 2g cm X s8 cm au 
i/ïooooo. Péninsule du Sinaï. Massif de Freiàh; 1 pi. 3g cm x 29 e " 1 , 5 au i/5oooo. ' 

Que sais-je? La toxicologie, par René Fabre. Paris, Presses universitaires de France, 

1948 ; 1 vol.* i7 cm ,5. 

Vanaly se "dimension nette , par Robert Esnaïjlt-Pelterie. Lausanne, F. Rouge et G ie , 
■ 194% 1 vol; 23 cm ,5. • 

Les engrais phosphatés, par André Sanfourche. paris, Dunod, 1947 ; 1 vol. 2o cffi . 

Les instruments mathématiques de la statistique J Distributions à densité de proba- 
bilité continue avec une note sur les notions^e loi et d'hypothèse probabilistes ? par Lucien 
Féraùd. Lausanne, F. Rouge et O, et Paris, Gauthier-Villars, ig46 ; .1 vol, 23 cm ,5. 

Institut royal colonial belge. Mémoires. Tome XVL Fasc. 8 et dernier. A propos de 
médicaments antilépreux d'origine végétale. IX. Sur des espèces du genre Capsicum L. 
(Solanacées), par Emile De Wildeman et L. Pinaert. Bruxelles, Librairie Falk fils, 1948; 
1 fasc. 24 cm . r " .-■■.''■ 

Annales de la Société scientifique de Bruxelles. Extrait. La récession des nébuleuses 
extra- galactiques (3 e partie), par P. Driimaux, Louvain, Secrétariat de la Société scienti- 
fique de Bruxelles, 1948 ; 1 fasc. 24 cm j5. 

Ministère des travaux publics et des transports. Institut géographique national. Rappor f 
sur V activité de V Institut géographique national. (Années ig43 et 1944 )• Paris, Impri- 
merie de l'Institut géographique national, 1947; 1 vol. 26 Gm . 



100 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Traité d océanographie physique. T. \ll. Les mouvements de la mer, par Jules Rouch. 
Paris, Payot, 1948; 1 vol. 23 cm . 

Microscopie. Organe de la Société française de microscopie théorique et appliquée. 
T. I. N° 1. Paris, Editions de la Revue d'optique théorique et instrumentale/ 1948; 

1 fasc.24 cm . ■ . _ , . ■ . 

Centre international de synthèse. Revue d'histoire des sciences et de leurs applications. 
T. I. Fasc. i, 2 et 3. Paris, Presses universitaires de France, 1947 et 1948; 3 fasc. 25 cm ,5. 

Ensayo de una bibliograûa de los ingenieros industriales ■,' par Manuel de Foronda 
y Gômez. Madrid, Estades Artes grâfïcas, 1948; 1 vol. 28 cm ,5, 

Atvinnudeild Hâskôlans. Rit Landbunadardeildar. 

A. Flokkur/Nr 1. Rannsôkn à Vidnamsprôtti Islenzks Saudfjâr gegn Mœdiveikinni, 
par Hallbôr P^sson. Reykjavik, 1948; 1 fasc. 24 cm ? 5. v. 

Id.— B. Flokkur; Nr 1. Kornrœktartibraunir a sdmsstôdum og Vidar. Gerdar drin 
1923-1940, par Klemenz Kr. Kristjânsson. Reykjavik, 19:46; 1 vol. 24 cm ,5. 

Id. — A. Flokkur. Nr 2. Rannsôknir a Jurtasjûkdômum, 1937- 1946, par IngôlfUr 
Davïdsson. Reykjavik, 1947; 1 fasc. 24 cm , 5. . 

Id. — B. Flokkur. Nr % Studies on theorigin ofthe Icelandic Flora. I. Cylo-Ecological 
Investigations on cakile, par Askell Love. and Doris Love. Reykjavik, 10,47- 

Bulletin technique Japy. N» 1. Arcueiï, É ts Japy Frères, i 9 48 ; if as. 27™. 

Tables de butée, de poussée et de force portante des fondations, par Albert Gaquot et 
Jean Kerïsel. Paris, Gauthier-VMlars, 1948; 1 fasc. 25 cm . 

Mannel de paléontologie animale, par Léon Moret, Paris, Masspn/1948; 1 vol. 25 cm ,5 
(présenté par M. Ch. Jacob). 



S 



ACADÉMIE DES SCIENCES, 

SÉANCE DU LUNDI 12 JUILLET 1948. 

PRÉSIDENCE DE M. Henri VILLAT. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le Président annonce à l' Académie, le décès de M. Dimitri 
Priamchaikov, Correspondant pour la Section d'Economie rurale, survenu 
à Moscou, le 3o avril 1948 et de M. Louis Léger, Correspondant pour la 
Section d'Anatomie et Zoologie, survenu à Grenoble, dans la nuit du 6 au 
7 juillet 1948. 

Notice nécrologique sur M. Louis-Ukiîain-Eogène Léger { i866-rg48), 

par M. Maurice Caullerf. 

Louis Léger, Correspondant de l'Académie pour la Section d'Anatomie et 
Zoologie depuis le 3 décembre 1928, était né à Loches" le 7 septembre 186.6. 
Il est décédé à Grenoble dans la nuit du 6 au 7 juillet. Avec lui disparaît un 
des meilleurs zoologistes de sa génération, dont l'activité continue et ardente 
■s'est manifestée dans des directions variées, mais bien coordonnées, les prin- 
cipales étant la Protistologie et la Pisciculture. 

Il avait fait ,sa thèse de doctorat ''{Rechervhes sur les Grégarines, \ 1892) 
à Poitiers, dans le laboratoire d'Aimé Schneider, et s'était, par elle, révélé " 
comme un remarquable observateur. Sa carrière le conduisit bientôt à la 
Faculté de Marseille, comme chef dé travaux (1,894), puis à celle de Grenoble, 
comme chargé de cours (1898). et professeur titulaire ( 1902). Il ne devait plus 
la quitter. 

Léger a marqué sa place avant tout dans la Protistologie, en élucidant le 
cycle évolutif d'un grand nombre de types parasites de nombreux groupes : 
Grégarines, Coccidies, Myxosporidies, etc., à la période où cette partie de la 
zoologie a fait des progrès décisifs. Je ne puis entrer ici dans le détail de ses 
nombreuses et brillantes recherches, portant sur. des formes nombreuses et 
variées. Je citerai seulement, à titre d'exemple, pour les Grégarines, celles sur 
le cycle évolutif de Styhrhynchm longicollis (1904), où il a intégralement 
reconstitué, sur le vivant et sur matériaux fixés, toutes les phases et le détail de 
la reproduction sexuée (sporogonie) et, en particulier, de la fécondation. 

C. R., 1948, r Semestre. (T. 227,. N° S.) " 7- 



I02 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Il n'a pas tardé à entrer, dans cette voie, en collaboration durable avec 
O. Duboscq. Parmi leurs recherches faites en commun, je signalerai, pour les 
Grégarines, la remarquable découverte du cycle à deux hôtes des Porospora et 
des iïggregata, dont la multiplication asexuée (schizogonie) a lieu chez des 
Crustacés (Homards, Crabes, etc.), et ïa reproduction sexuée (sporogonie) 
. dans des Mollusques (Gastéropodes ou Lamellibranches, Céphalopodes). C'est 

* là un des résultats; à tous égards, les plus brillants obtenus dans l'étude des 

Sporozoaires. 

Léger a fait aussi de nombreuses et importantes recherches (souvent en 
collaboration avecDuboscq) sur les Coccidies, les Myxosporidies, les Actino- 
myxidies, les Microsporidies. Il a été ainsi un des principaux maîtres de l'étude 

des Sporozoaires. 

On lui doit beaucoup aussi dans l'étude des Flagellés parasites desJnsectes 
piqueurs, en particulier des formes plus ou moins voisines des Trypanosomes, 
De même il a apporté de fort intéressantes contributions à la connaissance des 

* Infusoires parasites de l'intestin des Batraciens et des Poissons. 

' Avec Duboscq, il a fait connaître tout un groupe de Protistes parasites de 
l'intestin des Arthropodes, les Éccrinides, qu'ils ont montré devoir être ratta- 
chés aux Champignpns. . ^ 

Ce ne sont là que des indications très sommaires. La recherche et 1 étude de 
ces divers parasites avait conduit Léger à explorer de façon approfondie la 
faune aquatique et terrestre du Dauphiné et, occasionnellement, de la Corse. 
Il a publié ainsi des travaux assez nombreux sur divers groupes de Crustacés, 

Insectes, Myriapodes, etc. , . 

Beaucoup de ces recherches se rattachent d'ailleurs à l'ensemble qui constitue 

le second grand champ de son activité, la Pisciculture. Il a rendu à celle-ci des 
services de premier ordre pour la mise en valeur des torrents et des lacs du 
Dauphiné. Il a étudié méthodiquement la valeur nutritive des cours d'eau de 

* montagne et les conditions d'alimentation des poissons qui y vivent, réalisant 
ainsi une documentation d'ensemble et des méthodes qui ont été sanctionnées 
dans la pratique, non seulement en France, mais aussi à l'étranger, notamment 
en Belgique. D'autre part, il s'est attaqué à la nocivité du déversement dans les 
rivières des produits résiduels de l'industrie et a tracé tout un programme pour 
y remédier. Ces recherches l'oiît conduit à créer, à la Faculté de Grenoble, un 
laboratoire de pisciculture très bien conçu, auquel il a donné une grande activité 
et où sont venus se former de nombreux travailleurs français et étrangers. Les 
Travaux du Laboratoire d> Hydrobiologie et de Pisciculture de V Université de 
Grenoble formaient, au moment de sa retraite, un ensemble important. 

Ces indications très sommaires donneront, je l'espère, une idée de l'ampleur 
théorique et pratique de l'œuvre de Louis Léger. Elle a largement honoré la 
zoologie française. J'ajoute que l'homme était hautement sympathique et il 
laisse le meilleur souvenir à tous ceux qui Pont connu. 



SÉANCE DU 12 JUILLET 10,48. ïo 3 

Au nom de la Commission des Poids et Mesures, M. le Président donne 

lecture du vœu suivant relatif au rattachement de l'unité monétaire au système 

métrique qui, adopté par l'Académie en Comité secret le 5 juillet, a été 

transmis aux pouvoirs publics : * 

« L'Académie des sciences. 

Considérant que l'unité monétaire française a été rattachée au système 
métrique tant que le franc a été défini par un poids de métal précieux, 
Emet le vœu : 

que, s'il était procédé à la stabilisation légale du franc ou à la définition 
d'uue nouvelle unité monétaire, le rapport entre la masse du métal précieux et 
sa valeur monétaire soit représenté par un nombre décimal simple, 

et exprime le souhait d'être consultée sur la meilleure solution à adopter 
pour atteindre ce but. » 

M. Georges Dabrieus rend compte de la Cérémonie qui a eu lieu à 
La Seyne-sur-Mer, à l'occasion du baptême du navire câblier d'ARsoNVAL et 
remet à l'Académie, de la part du Ministre des Postes, Télégraphes et Télé- 
phones qui lui en fait hommage, une réplique en bronze de la plaquette qui 
orne le salon des officiers de ce bateau. 

THÉORIE DES ENSEMBLES. — Sur Paddition vectorielle des ensembles 
• ' ■ ■ ' de mesure nulle. Note de* M. Emile Borel. 

Définitions. — La somme vectorielle de deux ensembles A et B est l'ensemble 
dont les éléments sont a -h b ? a étant un élément de A et b un élément de B. 

Un ensemble à définition numérique est l'ensemble de nombres dont le déve- 
loppement, dans un certain système de numération de base m, s'écrit au moyen 
de p chiffres seulement, p étant inférieur à m. 

La raréfaction logarithmique d'un tel ensemble est égale, par définition, au 
quotient de \®%p par logm. 

Théorème I. — Pour que la somme vectorielle de plusieurs ensembles à défi- 
nition numérique soit de mesure nulle il suffît que la somme des raréfactions loga- 
rithmiques de ces ensembles soit in férieuiv à V unité. 

Pour démontrer ce théorème, j'ai utilisé des méthodes analogues à celles de 
M. Marshall Hall Jr dans son intéressant mémoire ( 4 ), mais, tandis que 
M. Marshall Hall, pour définir un ensemble de mesure nulle non dense, 



H On tke sumand product of continuée fractions (Anna/s of Mathemalics, 2° série 
vol. 48, n« k, oct. i 9 4 7 , p. .966). Voir également : Mirimanoff,. Sur un problème de la 
mesure (Fundamentamathematicœ, 4, 1933, p. 118) et Sophie Picgard, Sur les ensembles 
de.distances d'un ensemble de points {Mémoires de P Université de Neuj 'chatel.iZ i 9 3 9 ) 



IG /J ACADÉMIE DES SCIENCES. 

procède par étapes successives, en introduisant à chaque étape un seul inter- 
valle contigu dans chacun des intervalles conservés, il m'a été nécessaire 
d'introduire simultanément plusieurs intervalles contigus dans le même 

intervalle. "■._■■■ 

Par exemple, pour définir ; l'ensemble, à définition numérique décimale, des 
nombres dont le développement décimal n'utilise que les chiffres 2, 5, 8, la 
première étape consiste à considérer l'intervalle 

0,2222; .. 7 0,8888.... 

A la seconde étape, on supprime les deux intervalles contigus 

0,28888.,., 0,02222... et -0,08888.. ., 0,82222..., 

ce qui laisse subsistera intervalles, dans chacun desquels on placera également 
deux intervalles contigus', ce qui en donnera 9, et ainsi de suite. 

L'exemple simple des ensembles décimaux définis, l'un avec les chiffres 
0,1, 2, 3, 4, l'autre avec les chiffres o et 5, montre qu'il n'est pas possible de 
remplacer dans l'énoncé le mot inférieure par inférieure ou égale. Mais, bien 
entendu, la condition suffisante de l'énoncé n'est pas nécessaire. 

En utilisant des bases de ; numération de plus en plus grandes, on peut 
définir une infinité dénombrable d'ensembles dont les raréfactions loga- 
rithmiques forment une série convergente. On pourrait aussi étendre la notion 
de raréfaction logarithmique aux systèmes de numération à base variable, tels 
que la numération factorielle. 

Les résultats précédents s'étendent à des ensembles de mesure nulle plus 

généraux. Nous dirons qu'une fonction positive croissante j \œ) est modérément 

discontinue dans un intervalle ouvert s'il existe un nombre positif A tel que., 

ce étant un nombre donné dans cet intervalle, on' puisse prendre h assez petit 

• pour que J' on ait \ • 

: • /<*>-<À et /^±±)<A. 

. f{co -A) . . • A*) 

La définition est analogue pour une fonction positive décroissante. ; . 

Soit E un ensemble de mesure nulle non dense défini dans l'intervalle o — 1 
par une infinité d'intervalles contigus. Plaçons tous les intervalles contigus, 
en nombre fini, de longueur supérieure ou égale à ;x: . Soit..N('a?) le nombre 
des intervalles restants et P<» leur longueur totale; nous supposerons que 
les fonctions N(#) et P(#) sont modérément discontinues pour toutes les 
valeurs positives (non nulles) de o? et nous poserons 

, ■ . ]QgN(g?) 

- PW — logN{^) — logP(#) 

Soient p< et,p s les limites inférieures et supérieures de p<» pour œ infini. 
Nous dirons que la raréfaction logarithmique de l'ensemble E est comprise 
entre pi et p 2 . On a alors le théorème, généralisant le théorème I. 



N 



SÉANCE DU 12 JUILLET 10,48/ io5 

- . - *■ 

Théorème II. — Si la somme des. limites supérieures p 2 des raie factions loga- 
rithmiques de plusieurs ensembles E ft est inférieure à V unité ^ la somme vectorielle de 
ces ensembles est démesure nulle. 

L'hypothèse que N(a?)et P(#)sont modérément discontinues est essentielle; 
elle doit ê Ire vérifiée pour tous les E rt (sauf peut-être un seul d'entre eux). 

,Si l'on a une infinité dénombrable d'ensembles de raréfaction p 2 égale à 
zéro, le théorème ne s'étend pas nécessairement à leur somme. Par contre, si 
l'on a une infinité d'ensembles E„ tels que pour E„, la valeur de p(a?) soit 
constamment-inférieure à z, l7 en dessous d'une valeur de x qui est la même pour 
tous les E n et si la somme des z n est inférieure à l'unité, la somme vectorielle 
des E n est de mesure nulle (la condition de discontinuité modérée étant vérifiée 
& une manière uniforme pour l'ensemble des E„). 

La notion de fonction modérément discontinue me paraît devoir jouer un rôle 
important dans beaucoup de questions. On. pourrait établir une classification 
des fonctions positives croissantes qui ne sont pas modérément discontinues en 
remplaçant A par une fonction croissante donnée de x. 

MÉCANIQUE DES FLUIDES. — Application de la théorie de la couche limite au 
problème des oscillations d'un fluide visqueux et pesant dans un tube en U. 
Note (*) de MM. Théodore de Karman et Jacques Valensi» 

En supposant le liquide très faiblement visqueux on peut admettre que le, 
frottement ne se manifeste qu'au voisinage même de la paroi et que le reste de la 
colonne oscille d'un bloc. ■ ..., 

Soient T la pseudo-période de ce mouvement oscillatoire (avec T = 2it/co) 
et AT le décrément logarithmique, La vitesse sur l'axe du tube peut s'écrire 

■ 1 '" * v = v Q e~^ 1 cos w t. ■ .'/■■ 

La variation de l'énergie cinétique au cours d'une pseudo-période est avec 
l'approximation ci-dessus 

(1)' ■ :■ AE^7TR^~^(i-er-r)#7TR^^AT, 

avec R rayon intérieur du -tube, p masse spécifique du liquide, /longueur de 
la colonne oscillante. ' 

Évaluons d'autre part le travail des 'forces de frottement pendant le même 
temps. Il est commode pour cela de supposer la paroi mobile avec une 
vitesse p = v cos<oî. On commet en négligeant l'amortissement une erreur 
relative de l'ordre de A/w. «Cette erreur, qui est.de l'ordre de 6 % pour 
R 2 (w/v)^2oo ? est évidemment une fonction décroissante de R a (w/v). 

* * 

(*) Séance du 5 juillet 19^8. 



IOÔ ACADÉMIE DES SCIENCES. 

On a 

* tri . . f — 

(2) A^ = 27rRM voTCOStùtdt avec t = — M-j-) 

et p donné par l'équation 

\ ' ' dv dïv 

(3) di= v dï->' 

et les conditions aux limites ■ 



(3') - '■ . 1 



j v^VçCOStxtt pour y = o, 

pour y -»■ oc 



La solution de (3), (3') est 



^ = i> e v- C os( «; — 77^ J\ avec y] — yl/- 



v/ 2 



L'épaisseur de la couche limite est donc de Tordre de ^v/<o. 
On a, d'autre part, 

T =-K$)o = ^V^ cos ( w ' + f)' 

d'où 



y 0.1/ 



2y2 



(5) 



Égalant AE et A'S, il vient 

A 1. /R'w 



& > \/s \ v 



Cette expression est très voisine de la loi expérimentale donnée pour 
le 2 e régime d'oscillation , dans une précédente Note ( 1 ), soit 






L'hypothèse d'une couche limite laminaire serait donc suffisante pour rendre * 
compte de la plus grande partie du frottement dans le 2 e régime et pour des 
oscillations de très petite amplitude. ' 

M. Gustave Riri au»' fait hommage à l'Académie d'un Mémoire publié en 
collaboration avec M. Edmond Brun dans le Mémorial des Sciences Physiques et 
intitulé La confection forcée de la chaleur. Fluide s* écoulant normalement à un 
cylindre. 



(*) Comptes rendus, 224-, ig47> p. 8o,3. 



. ^ SÉANCE DU 12. JUILLET 19^. ï0 7 

M. Roger Heim fait hommage à l'Académie du Catalogue àzV Algoihèque 
du Laboratoire de Gryptogamie du Muséum National d'Histoire naturelle-, 
publié par ses soins, avec la collaboration de M. Pierre Bourrelly, 

M Ue Simone De Wildemay fait hommage à l'Académie d'un Ouvrage 
posthume en deux volumes de son Père, Emile De Wildeman, intitulé Stérilité 
ou vieillissement et disparition des espèces végétales, paru dans les Mémoires de 
l'Académie Royale de Belgique. ■ - - . 

V 

DÉSIGNATIONS. 

MM. Gabriel Bertrand, Maurice Javillier, Robert Courrier, Jacques 
Tréfouél sont désignés pour représenter l'Académie au huitième Congrès que 
la Société de Chimie Biologique organise à "Paris., les 6 ; 7 et 8 octobre 1948. 

M. "Georges Poivilliers est désigné po/ur représenter l'Académie au 
sixième Congrès International de Photogrammétrie, qui se tiendra à La Haye, 
du i ei ' au 10 septembre 1948. 

CORRESPONDANCE. 

M. Waclav Sierpinski, élu Correspondant pour la Section de Géométrie, 
adresse ses remercîments à l'Académie. 

M. le Secrétaire perpétuel signale parmi les pièces imprimées de la 

Correspondance : 

i° E. Gàumann. Pfîanzliche I nfek lions le hre (présenté par M. Roger. Heim). 

a Godofredo Garcia. Une série de fascicules relatifs à ses travaux de mathé- 
matique, 

3° Mathematische Nachrichten, Publikationen des Forschungsinstituts fur 
mathematik der deutschen Akademie der Wissenschaften zu Berlin und ^der 
mathematischen Institute der Universitat Berlin. Tome I, n° \ , 

4° Annali di Geoftsica, Rivista delPïstituto nationale di Geofisica (Roma), 
Volume I, n° L . ■ ' 

THÉORIE DES ENSEMBLES • — - Topologie induite 'par un pseudo-diamètre ♦' 
Note de M. Alfredo Pereira Gqmes, présentée par M. Arnaud Denjoy. 

Cette Note fait suite à une Note récente ( 4 ) dont nous adoptons la termi- 
nologie. 

(*) Comptes rendus, 226, 19/î 8, p, 21 12, 



io8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Soit 3 un lattice complet, muni d'un pseudo-diamètre o(x) qui prend ses 
valeurs dans un système partiellement ordonné 2. Nous appelons sphéroïde 
fermé [resp, ouvert] de noyau a et rayon X ^> o la réunion V(û, X) [resp. U(a r \)] 
de a et tous les éléments x&& tels que x (\ a ^o, o(x)^l A [resp. .8 (a?) <Ç X"|. 
Nous appelons ferme tare d'un élément «€<£ l'élément a€& qui est l'intersec- 
tion des sphéroïdes fermés de noyau a et rayon ^> o : a = fYV(a, X). 



À>0 



On a o = o. a 3 a> a \J b 3 a \J b, quels 'que soient a, b € &* 

Nous disons que cette topologie est induite par 8(a?). Les pseudo-diamètresv 
"uniformément équivalents induisent la même topologie sur d>. 

-Nous disons qu'un élément f€& est fermé $if = f; et qu'un élément gG& 
est ouvert si g'fia? ^'o implique gÇ\x^é. o. . ■- . 

Nous avons démontré les théorèmes suivants : 

Si lé lattice £ est distributif, a — a. Si, de plus, le pseudo-diamètre est 
filtrant, a\jb = a\jb. Si, en outre, -S n'a pas un recoud élément, la fermeture 
de chaque élément a €<ê est égale à l'intersection des sphéroïdes ouverts de 

noyau a et rayon ^> o : a=f\U(a, X). 

Si & est distributif et atomique et si le pseudo-diamètre est séparatif, la 
fermeture x de chaque élément x € & est égale à la réunion des atomes a\ tels que 
pour chaque a ^> o, il existe un atome XiÇx tel que 8(<2;U^)^= a * 

Ce résultat, qui établit une liaison ■ de la topologie induite par un pseudo- 
diamètre avec la topologie des espaces écartisés, est un cas particulier de la 
proposition suivante : _ 

Si & est distributif et si la condition P 6 ( 2 ) est vérifiée, pour que bÇa il faut et 
il suffit que pour chaque oc ^> o et chaque b' tel que ùCb'Çb, 8(&')^<?(à), il 
existe a! tel que o C a! Ç a , o ( a! U b' ) ^L a . 

Soit maintenant ' 8(a?) un pseudo-diamètre filtrant vérifiant les deux 
conditions suivantes : (i) S est tel que si o^[3<^ a, il existe y pour lequel ; 
(3<^Y<C a i (.2.) si o<^p<^a il existe y^>o tel que icnj^o, 8(a?)^(3, 
8(j) ^ y impliquent 8 (a? U j)^ a- ■ ' 

Ces conditions impliquent d\ ( 4 ) et sont remplies, en particulier, par tout 
diamètre. Nous appelons 8 (a?) quasi-diamètre. 

Dans un lattice 3 complet et distributif, muni dhin quasi-diamètre véri- 
fiant PÔ, tout sphéroïde ouvert est un élément ouvert. Alors,, si l'ensemble des' 
éléments 7^0 de 2 possède un sous-ensemble dénombrable qui lui soit inclu- 



( 2 .) Dans la Note citée ci-ayant, E étant le dernier élément de 6, nous énonçons P6 : 
quelque soit a"> o, E = lla? avec à(œ)^ a. Si & est distributif, on peut renplacer P6" 

par la condition : quels que soient a^S et 3 ;> o, az= M x ayeç à(œ)^ a. 



SÉANCE DU 12 JUILLET ig48. 109 

swement équivalent ('), tout élément fermé de & est égal à V intersection d'un 
ensemble dénombrable d'éléments ouverts. 

Nous disons qu'une application $ d'un iattice complet pseudo-diamétré & 

dans un lattice complet pseudo-diamétré & est continue si $(5)ç3>(#) quel 
que soit ce € S. ' . • 

Si <ï> est un homomorphisme de réunion complète .(") tel que œ^éo implique 
$(a?)r^o, la continuité uniforme de $ en^aîne la continuité de <ï>. 

GÉOMÉTRIE. — Sur diverses applications de la géométrie intégrale 
du contour gauche, Note.(*) de M. Gustave Guillaumix, présentée 
par M. Élie Cartan. 

Ce que j'ai indiqué très brièvement, dans une précédente Note/ relative- 
ment à l'ouvrage, actuellement à l'impression, écrit en collaboration avec 
M. André Bloch, et intitulé La géométrie intégrale du contour gauche , concernait 
l'espace affine ou l'espace euclidien à trois dimensions et les tenseurs caracté- 
ristiques les plus simples attachés au contour. Les auteurs se sont efforcés de 
généraliser' la théorie dans diverses directions. 

Tout d'abord, ainsi qu'il a été observé dans j a Note précitée; il existe, 
attachés au contour gauche, des tenseurs caractéristiques de tous ordres. 
Il s'introduit alors tout naturellement lja notion de fonctionne lie caractéristique, 
attachée au contour, développante suivant les composantes des tenseurs carac- 
téristiques des divers ordres. Des fonctionnelles de ce genre se rencontrent 
d'ailleurs en physique et en hydrodynamique (potentiel-vecteur, angle solide, 
potentiel des vitesses, etc.) et quelques-unes d'entre elles ont été étudiées à titre 
d'application. A cette occasion les auteurs ont été amenés à établir un parallèle 
assez suggestif entre cette géométrie vectorielle considérée par eux et la géomé- 
trie des masses : par exemple, un multiplet a comme homologue, dans ce paral- 
lèle, un polygone gauche, de telle façon que la neutralité (nullité de la masse 
totale) correspond à ïa fermeture du polygone, la nullité du moment dipolaire 
à l'évanouissement du vecteur-aire, etc. ' * 

En second lieu, l'extension simple et naturelle de nos théories à des espaces 
généraux nécessitait l'existence, dans ces espaces, de déplacements possédant 
le même degré de généralité que ceux de l'espace euclidien, donc possédant la 
libre mobilité; cette condition limitait en conséquence l'extension aux espaces 
localement euclidiens et aux espaces localement elliptiques ou hyperboliques 



( ;î ) M. Frûchet, Port. Math., 5, 1946, p. laS. 
(^C'est-à-dire : * (\J x x \= JJ <&(*,)". 

(*) Séance du 28 juin ig48.. 



HO ACADÉMIE DES SCIENCES. 

à courbure constante. En fait ; nous avons été conduits à essayer d'étendre notre 
géométrie intégrale du contour gauche à l'espace non euclidien classique; ceci 
a nécessité, tout d'abord, le développement d'une théorie non euclidienne*des 
vecteurs glissants, question qui ne laisse pas d'être assez délicate. 

Enfin, l'un de nous a donné quelques indications sur l'extension à l'espace 
à n dimensions. Si l'on fait porter cette extension sur une variété linéaire 
fermée, on introduit un bivecteur-aire (bivecteur général, non simple) attaché 
à la variété considérée, et défini, comme dans le cas de trois dimensions, soit 
à partir d'une variété bilatère à deux dimensions appuyée au contour, soit à 
partir du système de vecteurs représenté par le contour.. Mais le mode d'ex- 
tension qui a paru le plus intéressant (du point de vue métrique) réside dans 
la considération d'une variété fermée à n — 2 dimensions, ce qui donne lieu à une 
assez large, généralisation des propriétés obtenues dans l'espace à trois dimen- 
sions, en raison de la possibilité, dans ce cas, de généraliser de manière simple 
le système vectoriel de M. Hadamard. • 

Le point de vue local des espaces à connexion affine, traité par -M. Eugène 
Gotton, n'était pas dans le cadre de notre étude et n'a pas été abordé par nous. 

PHYSIQUE THÉORIQUE. — La polarisation circulaire et l'opérateur rotationnel 
du champ de Maxwell Note (*) de M. Jean G. Valatin présentée par 
M. Louis de Broglie. 

Les équations de Maxwell du champ <ï> = (iE, H)' dans le vide s'écrivent 
sous la forme opératorielle ( 1 ) 

(1) 1 -r- <D = c rot£<I> 

v ' ât . 

avec les conditions diWE^= divH == o. L'opérateur rotationnel a la forme 
Considérons dans l'espace à 3 dimensions les champs 



-t?*; 



(3) 



(H,, H r , U z )=ae «" ~{i t - i, 0) rolH -4.- ^ [j. 

. jH - ■ C 



(H. r , H r , Yi^)—ae- c w (i, i, o) 



. (1) 

— i — z 



(H,, H r , H,) = fl« L '"(i, h o) rot H±=- -H. 



(4) ■ ^.»y.w«^ \^»«/, rot H 



i — s 



(ït,H y ,H < )=ffc- c "(i J -i,o) 

Les parties réelles et imaginaires des champs (3) représentent avec les deux 
facteurs de temps e^ itùt ou.e + '' wi des ondes planes monochromatiques de polari- 
sation circulaire gauche se propageant dans la direction ±5, tandis que les 



(*) Séance du 28 juin. 1948. ■ 

(*) Pour les notations, voir une Note précédente (Comptes rendus, 226, 1948, p. 39), 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. III 

champs (4) correspondent aux ondes de polarisation circulaire droite. On voit 
que le spectre positif et négatif de l'opérateur rotationnel est lié à la polarisation 
circulaire gauche et droite des ondes. 

Par décomposition de Fourier, un champ général peut être réduit à des ondes 
planes de cette forme et un champ général 'est, ainsi, la somme de deux champs, 
$ — *; l + *^ = E; t '*-hE!! t O, correspondant au spectre .positif et négatif 
de l'opérateur rotationnel et liés aune propriété de polarisation circulaire. Cette 
propriété est invariante par rapport à une transformation de Lorentz sans 
inversion. . ' ' . ' 

L'introduction des solutions complexes des équations de Maxwell double le 
nombre des solutions par rapport aux solutions réelles et toutes les ondes 
classiques peuvent être obtenues avec, le seul facteur e~ iCin . On peut alors se 
borner en général à des solutions appartenant au spectre positif de l'opéra- 
teur croît. 

L'opérateur z commute avec l'opérateur rotationnel. Ses valeurs propres =b 1 
correspondent à iE = ±H; Par restriction au spectre positif de l'opérateur 
rots, les valeurs =b 1 de l'opérateur e correspondent au spectre ± de l'opérateur 
rotationnel. On peut ainsi caractériser la polarisation circulaire des ondes par 
les valeurs propres dri du simple opérateur* algébrique e indépendant des 
variables d'espace-temps, La propriété z'E— ±H/et par suite les domaines 
spectraux de l'opérateur z, sont invariants par rapport aux transformations de 
Lorentz sans inversion. 

En introduisant/)^ {iji)djdœ. 9 ...//> = + sjpl -\-p; + pi , on peut transformer 
les fonctions de x, y, s, t en fonctions de p : „, p yy p zy p Q . Avec les cosinus 

directeurs %=p x ip, $ r =p y lp, % = pJp, fë+ ft s +.p = s = 1, on a dans l'espace 
à 3 dimensions l'opérateur 

/ O - ÎJ3- -+- iBy\ 

(5) A ~y = ( + 'P* ° —*&* ) a vec A S =A, A*=A a . 

La matrice À a des valeurs propres ±1,0 avec des vecteurs propres normes 

( 6 ) <*V.= (P*>Pr,'|W 



\ 



V 2 VPx+Pv 



Selon (5) et (6) l'opérateur 1 — À 2 est le projecteur des ondes longitudinales 

W- -P*Pr . Pi 



112 ACADÉMIE DES SCIENCES/ 

et À 3 représente ainsi le projecteur des ondes transversales. On obtient pour les 
différents domaines spectraux de Popérateur rot, les projecteurs 

Ey«=- (A s + A) = -( — + — -)>■■• 

rot*- E lr =E« rt H-EL«=A?=— ; -• 

(8) { Er^E ]0Dg =i-A 2 =i- -T-, . + - . P- 

É t ,+ E long = Ér+ E- 1 + E^=i-. ; 



^ • i , i- » v ï /-rot 2 rol\ 



Aux valeurs propres ± i de l'opérateur z correspondent les projecteurs (i-H)/2 
et (i — £)/2..Les projecteurs de Fppérateurretfs de l'équation (i) sont alors, dans 
l'espace des $ . ' 

E + =E^l±i + E^^^'=-(A 2 + A£) 5 - 

( 9 ) |E = EP==E 1 ^=i-A» i ■■ S eI+eI+K.= ï. 

E_= E™' — - -h Eï_ ot ^-^ = - ( A 2 - As), ■. 

■■■■■. + ■ 2 .2 2 - - ■ " ■ 

Les ondes longitudinales caractérisées par le projecteur E — E long sont exclues 
par la condition div iE = divH = O tandis que la restriction au spectre positif 
de Popérateur rota restreint les ondes transversales au domaine du pro- 
jecteur E + . La condition E + $ = <£ est invariante relatiyiste. 

PHYSIQUE THÉORIQUE. — Sur les moyennes et les lois de probabilité en mécanique 
ondulatoire. Note (*) de M. Jean Bass ? présentée par M. Louis de Broglie. 

Wigner a, le premier^construit une fonction /(a?, u, t) jouant formellement le 
rôle de densité de probabilité pour le syslème position-vitesse et compatible 
avec les principes de la mécanique ondulatoire. La démonstration de "sa formule 
a été donnée plus tard ( 4 ) en supposant la fonction d'onde indéfiniment àéru 
vable et en utilisant des développements en série. Je vais ici, en me servant d'une 
. .. formule démontrée par E. Arnous dans sa thèse, indiquer une démonstration 
plus courte et plus générale de la formule de Wigner, la discuter^ et étudier un 
cas particulier. Je me placerai dans un mélange ayant un noyau statistique 

ï. Pour former la fonction caractéristique <p de /, il suffit de connaître pour 
* = i la fonction ^=[exp*(ad?H- Pi>>] s - ^ est la solution de l'équation aux 
dérivées partielles 



(*) Séance du 5 juillet 1948. 

(.*) J. Bass, Comptes rendus, 221, 1945, p. tf. Pour le détail des calculs, voir,aussi le 
début d'une Note de J. Ville, Comptes .rendus, 221 ? iq45, p. 629. 



SÉANCE. DU 12 JUILLET 1948. Il3 

qui se réduit à S {x, y, t) pour * = 0. ( 1 ) s'intègre facilement. On trouve 

(*) ^=s(. : -^ s , 7) , )exp [ i - a ^^M£j] ) ^ = £ s ^_àÈ,^ùà; t j e ^ dlCi 

9 n'est pas, en général, une fonction caractéristique par rapport à a et (3. 

II. La fonction /permet de calculer la moyenne attachéeà tout opérateur A 
(par exemple self-adjoint ou unitaire).' Je vais donner de ce résultat une 
démonstration simple, qui conduit à une formule équivalente à celle qu'a le 
premier donnée J. Yvon <»). Pour faire apparaître la symétrie entre x et », 
il est naturel de remplacer S par sa transformée de Fourier, 



(3) 



-SiC^r, y } t)=.- ± -—-- e ~S(œ ! , r, i)dx'. 



A; v agissant sur les fonctions de ^ la variable aléatoire associée à A a pour 
valeur moyenne 

Or, d'après l'expression de 9, et par suite de/, on a ' 
ce qui permet d'écrire 

. ' . S = //'«(«, u)f(w,.u, t) due du, - . 



avec 



SI l'opérateur. A est /owtib» des opérateurs ^.p; il n'y a pas entre les 
variables aléatoires A, x, p de relation fonctionnelle. Cependant il existe bien 
une Jonction a(x, u) dont la moyenne relative à la densité de probabilité 
formelle /soit A, . ' 

III. Plaçons-nous dans un caspuroù Sf>, J,t)=^{x,t)f{y,t), etprenons 
pour A 1 operateur ex P [.(«a ;+ p / , + T H ) ] où H = V(*, + (i/iV est 
■1 operateur hamiltonien (la masse étant prise égale à 1), A est un opérateur 
unitaire fonction de x, p. Mais (5) ne donne pas de procédé pratique pour 
former A, qui es t la fonction caractéristique (formelle) <P de x, p et de r énergie 

(») Comptes rendus, 223, i 9 46, p. 34 7 . L'idée du présent mode de démonstration est 
aue a M. Arnous. 



H^ ACADÉMIE DES SCIENCES. 

(au moins si V ne dépend pas de t) 9 et ne met pas en évidence le fait que œ,p> 
Il sont ttok variables aléatoires distinctes. 

Théorème. — Pour calculer $, il su fit de savoir résoudre V équation de 
Schrôdinger pour l i hamiltonienU^= H '+ y.x (\l, paramètre quelconque). La déter- s 
mination de <ï> se ramène a celle de la fonction caractéristique {formelle) de x et H. 

Désignons par *g(x, ' t, s, » la solution dé l'équation aux dérivées, 
partielles (A/0 (^W- H ^q ui se réduit à $(x, t) exp [-(ijh)(^)xl 
pour s = o., On trouve 



(6) 



$ — f * e k V v T ^W*, *, A y, ^ j +*(«, <&?. 



Si H a un spectre discret, avec pour valeurs propres E*('[a) et pour 
fonctions propres normées g- n (^, [x, *), on a aussi 

Cas particulier. - Si a=(3 = o, «Dest la fonction caractéristique de 
l'opérateur H. g (où ne figure plus p.) est la solution de l'équation 
(hji)(âgiâs) = H#, qui se réduit à la solution ty de l'équation (A//)(4/^) = H Y- 
Ces deux équations ne sont pas identiques, jda/« V ne dépend pas de t.. Dans 
ce cas, H est l'énergie, et 

Bien entendu, '* ne dépend de t qu'en apparence. 

CHALEUR. —Application du mécanisme moléculaire à une théorie approchée des 
phénomènes thermocinétiques. Note (*) de M. Pierre Vernotte, transmise 
par M. Aimé Cotton. 

Nous avons indiqué, dans une Note précédente ('), que la théorie continue, 
bien qu'inadmissible, permettait cependant de rendre compte des aspects expé- 
rimentaux des mouvements de la chaleur. C'est un simple souci de correction 
intellectuelle qui pousse à l'édification d'une théorie plus satisfaisante. Une 
théorie moléculaire véritable (qui serait d'ailleurs actuellement prématurée) ne 
pouvant être qu'extrêmement compliquée, nous allons essayer de conserver le 
cadre continu en ndtas contentant de lui apporter les retouches simples 
qu'impose le mécanisme discontinu de la chaleur. 

Ce qui choque dans la théorie classique, ce sont les infinis et les instanta- 
néités, car, la progression d'un flux de chaleur signifie dans son mécanisme 

- 

(*) Séancedu 5 juillet 1948. v _ _ 

( l ) Comptes rendus, 227, 1948, p. 43. 



r 

SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. H 5 

profond, qu'une certaine quantité de mouvement désordonné ou de mouvement 
vibratoire atteint successivement de nouvelles tranches de molécules par le jeu 
des chocs intermolëculaires. Autrement dit, c'est par une nouvelle distribution 
de vitesses qui s'est créée dans le milieu que progresse la chaleur. Or, rétablis- 
sement de cette distribution, qui pourrait être suivie dans ses détails par les lois 
de la mécanique rationnelle, n'est pas immédiat. L'essentiel du mécanisme 
moléculaire c'est donc que la capacité du milieu à transmettre la chaleur 
n'apparaît que progressivement. La stylisation simple qui exprimera ce carac- 
tère très spécial, ce sera de considérer la difïusivité thermique D comme une 
fonction du temps partant de zéro et n'ayant sa pleine valeur D qu'au bout 
> d'un certain temps. Nous poserons par exemple 

- D = D n (i — e-w-)). 

Les conséquences de cette retouche n'étanL importantes qu'aux petites 

valeurs du temps V nous ne nous * occuperons que de telles valeurs en 
posant D = D ï/t. 

On trouve, dans ces conditions, que l'équation de la chaleur admet une 
solution ne dépendant que de la variable u ==■#//, et qui, appliqué à un milieu 
illimité vers les x > o initialement froid et dont on porte brusquement à 
l'origine des temps la face œ = o à la température T , se formule 

■■-■■ T -4? T » Pe~^du. 

. ■ ' ■ 7 ■ ■ ' 

On trouve alors. que le flux de chaleur initial est fini, et d'autre part que les 
distances atteintes par un signai d'une ampleur donnée sont proportionnelles 
• aux temps mis à les atteindre. Nous n'avons donc plus d'infini, et il y a une 
véritable vitesse de progression. 

Mais toutes les difficultés ne sont pas écartées, car nous trouvons encore un 
signal T ^ o à toute distance œ ? dès lors que t n'est plus nul. Or, en principe, 
c'est cette difficulté persistante de la théorie classique qui est le plus grave. 

Mais observons qu'une telle difficulté, qui a toujours été le scandale de la 
théorie, n'est pas réelle; c'est nous qui la créons par nos conditions aux limites : 
il est en effet impossible d'imposer -brusquement une nouvelle température sur 
la face d'un conducteur. ~ 

Avec la loi adoptée pour J}(*), l'équation de la chaleur ne comporte plus 
aucun non-sens physique, et par suite à des conditions aux limites physique- 
ment possibles doivent correspondre des conséquences physiquement possibles. 

L'apparition d'un signal non nul en tout point au bout d'un temps même très 
court, qui serait physiquement impossible si le signal avait été émis seulement 
sur la face œ-= o, n'est donc que la conséquence des dispositions très compli- 
quées qu'il aurait fallu prendre pour créer une signalisation ayant l'apparence 
d'un signal brusque localisé en x = o. 



M 6" ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Si l'on avait prétendu imposer en # = o, non une température mais un flux, 
ce qui, à un examen superficiel, ne, soulève pas de difficulté physique, .la 
théorie indique encore l'apparition instantanée d'une manifestation thermique 
en tout point. Mais observons que l'on est dupe d'une fausse conception sur le 
rayonnement : un flux d'énergie rayonnante ne se transforme en effet en flux 
de chaleur — XS(^T/to) qu'après l'absorption de l'énergie par le milieu maté- 
riel; le flux ne peut être considéré comme physiquement donné à l'entrée, sur 

la face a? — o. 

La stylisation du mécanisme moléculaire en une conductivité thermique fonc- 
tion du temps suffit donc à ôter tout paradoxe de la thermocinétique. 



RADIOÉLECTRICITÉ. — Nouvelles observations sur V effet Doppler dans la propa- 
gation des ondes radioélectriques décamétriques . Note (*) de MM. Bernard 
Decaux et Maurice Croczàrd, présentée par M. Camille Gùtton. 

Nous avons poursuivi durant tout l'hiver les mesures de fréquences entre- 
prises sur les émissions étalonnées du National Bureau of Standards, et qui ont 
fait l'objet d'une précédente Note (*"). Les résultats obtenus. ont confirmé les 
premières constatations, et au fur et à mesure de l'évolution de la saison, les 
heures auxquelles la fréquence reçue présente les plus grands écarts, ont suivi 
là variation des heures du lever et du coucher du Soleil. - '■;■_ 

A l'occasion des comparaisons internationales de mesures de fréquences 
organisées sous l'égide de l'Union Radioscientifique Internationale, des 
mesures ont été effectuées en très grand nombre pendant 4 journées consécu- 
tives, les iâ, i3, i4 et i5 avril, entre 8 h et 2 2 h T. M. G. Nous avons . 
récemment complété, par des mesures de nuit, les données ainsi recueillies. 
Il nous est ainsi possible de donner l'allure générale des phénomènes observés 
au cours d'une journée complète. 

Le graphique joint montre la variation moyenne des écarts de fréquences 
mesurés (exprimés en. io~?) en fonction de l'heure., pour" les fréquences émises 
de 5, io, i5 et 20 Mc/s. Nous avons porté en regard les heures du passage au 
méridien, du lever et du coucher du Soleil a Paris et à Washington. 

Les émissions de 5. et io.Mc/s n'ont été reçues que pendant les heures de nuit 
comme il était prévu, les ondes de i5 et 20 Mc/s ayant été au contraire reçues 

en permanence. 

On remarqué que la fréquence mesurée présente un maximum à variation 
rapide correspondant au lever du Soleil sur "le parcours des ondes, et un 
minimum correspondant au coucher. Maximum et minimum sont d'autant plus 



('*) Séance du ï4juin ig48. 

( 1 ) Comptes rendus, 226, 19^8 p. 328. 



SÉANCE DU 12 'JUILLET I048, ijh 

marqués que la fréquence émise est plus basse; on peut les estimer approxima- 
tivement en moyenne de tordre de 20 . 1 o" 8 pour 5 Me/s ; 1 5 . 1 o L * pour 10 Me/s; 
8.10- 8 pour 1 5 Me/s; Ô.Vo^ pour 20 Mc/s. Dans ;] es périodes où le trajet 

+20 




Washing ton 



16 




2 h 6 

T. M. G 



H 



s'effectue entièrement de jour ou entièrement de nuit, les fréquences reçues 
restent pratiquement égales entre elles (en valeur relative) et voisines de la 
valeur exacte. Néanmoins/ :el|es semblent présenter une légère baisse ^éoérale 
du matin au soir, et une montée du soir au matin. 

En conclusion, on peut affirmer que des mesures de fréquences effectuées 
en France sur les émissions américaines aux environs de -14 à i5 h T. M. G. où 
de a h T. M. -G,, permettent d'utiliser toute la précision de rémetteur, alors que 
des mesures effectuées le matin ou le soir peuvent comporter des erreurs 
importantes. 



SPECTROSCOPIE. — Détermination des courbes d'énergie potentielle de Tétai 
excité des molécules IH et BrH. Comparaison des coefficients tf absorption 
calculés mec les coefficients eœpérùnentausc. Note (*) de M. Jacques Romand, 
présentée par M. Jean Gabannes. 



►ans un travail précédent (*) nous avons montré comment on pouvait 
déterminer la courbe d'énergie potentielle de l'état excité de la molécule C1H, 
en utilisant la courbe d'absorption expérimentale. Il nous a paru intéressant 
d'entreprendre un travail identique sur BrH et IH, afin de compléter l'étude 
théorique de Mulliken ( 2 ) sur les acides halogènes. 



(*) Séance du 5 juillet 1948^ ' 

0) J- Romand et B. Votur; Comptes rendus, 226, i 9 48 ? p, 2062-3064." 

( a ) /. Chem. Phjs.,'8, 19^0, p, 382. (On trouvera dans cet article d'autres références- 
sur la question.) - 

G. R., ï 9 48, ?.« Semestre. (T. 227, N° Hr.) , 8 ~ 



Il8 ] ACADÉMIE DES SCIENCES.. 

Nous avons utilisé les résultats expérimentaux de Goodeve et Taylor ( 3 ) (*) 
pour l'ultraviolet proche, prolongés par les nôtres ( 5 ) dans l'ultraviolet 
lointain. Les calculsont été faits par la méthode de la réflexion (' ). 

Pour IH ? on ne peut pas représenter^correctement la courbe d'absorption 
expérimentale par une seule équation du type trouvé pour CIH. Il y a donc 
deux transitions différentes (au moins) qui interviennent. Nous avons effectué 
la décomposition et la figure i représente Iog l0 -£. en fonction de v, pour là 
courbe expérimentale [en (-4)] et pour les deux courbes ainsi obtenues par le 
calcul [en (2) et (3)], On a marqué par des 4- les points obtenus en faisant la 
somme des s correspondant à ces courbes théoriques. Les différences en, % 
(sur è) avec les valeurs expérimentales sont les suivantes : 



vcm 

As 



30000. 32500. 35000. 38000. 41000. 46500. 50000. 



10 



10 



1 



2,8- 



-6 



55000. 






57750. 



— 12 



Les maxiuia des deux courbes composantes sont distants de 65oo cm 4 et le 




Fig. i. 



rapport de leurs intensités est voisin de 3,6. Il est à remarquer que pour 
v)>5oooo cm~', la courbe expérimentale présente. d'autres bandes étroites et 
intenses ( B ). La correspondance que l'on observe entre ïa courbe théorique et 



( 3 ) P roc. Roy. Soc. tondon, 152, io,35, p. 2*ji-23o. 
[*) Proc. Roy- Soc. London, 154, ig36, p. 181-187. 
( 5 ) J. Romand et B. Vodar, Comptes rendus, 226, 19/48, p. 890-892, 



SÉANCE DU 12 JUILLET ig48. n g 

■* ■ 

les minima d'absorption situés entre ces bandes montre que pour ceux-ci 
l'absorption due aux bandes voisines est certainement faible. 

Les courbes d'énergie potentielle obtenues sont représentées en (a) et (3) 
(fig. 2); la courbe (1) étant la courbe de Morse de l'état de base. Nous pouvons 
remarquer dès à présent que les produits de dissociation de ces deux transitions 
ne peuvent être que des atomes neutres I( 2 P 3/S ) -h H( a S 175 ), comme il est facile 
de lé voir sur la figure, d'après le niveau des derniers points correspondant à des 
mesures expérimentales (trait plein) relativement aux niveaux correspondant 
aux énergies de dissociation en I( 2 P 3/2 ) et I( 2 P 1/S ). 

Pour BrH on peut représenter correctement la courbe d'absorption en 
utilisant une seule transition. Néanmoins certaines hypothèses théoriques 
prévoyant la possibilité d'existence de deux transitions," nous avons essayé de 
voir si la décomposition était possible. Nous avons pu l'effectuer (beaucoup 
plus difficilement que pour IH où la distance des maxima est importante) et 
nous avons obtenu deux courbes dont les maxima sont distants de 1 3oo cm"V 
le rapport de leurs intensités étant i,5 environ. La précision obtenue est à peu 
près la même par les deux méthodes. Le tableau suivant donne les différences 
en % (sur £), dans le cas delà décomposition. 

vcm" 1 . 37500. 40000. 45000. 50000. 55000. 60000. 65000. ,70000. 

■ As , n/ 

" y'% " 2 '4 3 ; 5 <>;3 10,6 1,7 7 —3 i3,4 - 

Les mênies rémarques s'appliquent au cas de BrH, comme à celui de IH, en ce 
qui concerne la région v^ôSooocm™ 1 , où apparaissent des bandes étroites 
et intenses. * \ 

La discussion théorique de ces résultats sera donnée ailleurs. 

PHYSIQUE NUCLÉAIRE, — Sur le mécanisme des deux modes de trioartitîon des 
noyaux lourds. Note • (*) de MM. Jan de Boer et Sybkbn R. de Groot, 
transmise par M. Frédéric Joliot* 

Différents auteurs ( 1 ) ont constaté que la tripartition des noyaux lourds sous 
l'action de neutrons se fait de deux manières nettement différentes. Dans le 
premier type (A) le troisième fragment m z , qui est émis à côté des fragments 
lourds m A et m 2i a une trajectoire L courte (L< 3 cm d'air), tandis que dans le 
deuxième type '(B) le troisième fragment est de long parcours (i o cm <^ L <^ 45 cni ). 
Tsien ( 4 ) a expliqué ce phénomène en s'appuyant sur la théorie de la tripar- 
tition ( 2 ), qui prévoit la possibilité de formation de trois gouttelettes colinéaires 
dans le noyau composé {fig: i). Tsien émet l'hypothèse de deux situations 



(*) Séance du 5 juillet iq^S, 

( J ) Pour la bibliographie voir : Tsien S. T., Pays, Rev., 72, 19^7, p. 1257. 

( ,J ) R. D, Presknt, Phys. Rev., 59, 1941, p. 



I20 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 

initiales A et B différentes (^2) et montre par le calcul que la répulsion 
coulombienne donne des parcours (et des angles d'émission) pour le troisième 
fragment qui soïit en accord avec ce qu'on trouve expérimentalement sur les 
deux modes de tripartition A et B respectivement. 

Il nous semble que cette hypothèse peut être justifiée de façon simple par la 
mécanique qu antique quand on se rend compte du fait que le fragment m 3? qui 
est d'abord relié à m K et m,{fig. ,' 1), subit une vibration quasi harmonique 
sous l'action des répulsions coulombiennes des fragments. La force entre ^et 




Fig. 1. — Forme possible du noyau composé, suivant Présent. 

'■■/■' ■■ , ■ . \ ' ' ■ 

m, Yarie parce que la distance entre m t et m, n'est pas constante au cours de 
l'oscillation. La constante de proportionnalité de la force de rappel exercée 
sur m 3 se calcul* facilement; elle est égale à $=(Zeyi*a\ oîrZ~45 est la 
charge moyenne de m, et m i et a = /-,+ 2r 3 H-r 2 =2o. 10 " cm (Jig.z). 





ttf< ff < 6. ly^tin' 



Fig. 2. — Modèles de Tsien pour rendre compte de la tripartition 
avec émission. d'un troisième fragment de court (A) et de long (B) parcours. 

(Le volume et la surface du noyau restent constants pendant celte vibration.) 
Or ; cette vibration est quantifiée et les maxima de la densité de probabilité de 
l'état fondamental et du premier état excité se trouvent/ à des distances x = o 
el ^^fi^pp^ai^CZe^flW^i^.io-" cm à l'écart de l'axe de 
symétrie du noyau composé si nous prenons -m, =.6, Il existe donc un accord 
entre ces nombres x et les distance H postulées par Tsien '{fig. 2), de sorte 
que les situations initiales A et B s'expliquent comme les deux états quantiques 

les plus bas d'un oscillateur harmonique. 

Les énergies de vibration du type A et B sont ■ 



- Tico 
2 



2 V m 3 



1/6 MeV et 



3*. ■ 

2 . y m-i 



/ï=4,8MeV, 



SÉANCE DU 12 JUILLET Iq48. 121 



des ordres de grandeur qui sont certainement disponibles une fois que le seuil 
de la situation critique de la tripartition est dépassé, ce qui est déjà légèrement 
le cas dans les modèles de la figure 2. Le temps d'oscillation 2tv/w= 2tî V^/P 
est de l'ordre de io~ 21 sec, et donc beaucoup plus petit que la vie moyenne du 
noyau compose , ce qui est au moins nécessaire. 

La tripartition avec émission d'une troisième particule de trajectoire courte 
(type À) est trouvée dans i , 1. à 1 ,4 %' de toutes les fissions dans les cas de 
23 "'U et 239 Pu (fissions par neutrons. thermiques) et dans ceux de 238 U et 233 Th 
(fissions par neutrons rapides). L'émission d'un troisième fragment de long 
parcours (type B) est constatée exclusivement dans le cas de la capture de 
neutrons lents : pour - 35 U dans o,3 à o y 4 % e t pour ?aô Pu dans 0,2 % de 
toutes les, fissions. .Tsien (*) suppose qu'une excitation E faible favorise le 
type B et. qu'une excitation E forte l'exclut. L'énergie d'excitation dans l'état 
critique de fission E = E cln + E^— E^ [E cin? énergie cinétique du neutron; 
E„, énergie de liaison du neutron dans le noyau composé, E /? énergie critique 
de fission supposée la même environ pour bi- et tripartition ( 2 )] est de 
+ 6,4 — 4 ? 9^i.,5MeVpour 236 U*etdeo4-6,8 — 3,8^3,0 MeV pour a/ \°Pu* 
(neutrons thermiques). Pour les deux cas de 239 U*(E / =r: 5 ; 5 ; E M — 5,i) et 
3:u! Th*(E/ __ g^ E„= .5,2) l'excitation E est forte quand E Gln est suffisamment 
grande. Cette explication de Tsien semble en contradiction avec la théorie de 
la vibration de m ?l , développée plus haut, parce que dans celle-ci on s'attendrait 
à une plus forte proportion du type B lorsque l'excitation est plus forte. Nous 
voulons faire remarquer qu'il serait possible qu'en réalité l'excitation E des 
noyaux 2:ï9 U* et a33 Th*, dont on a observé la tripartition, ne soit que très faible. 
Grâce au fait que pour ces noyaux E„ — E^<^o, cette possibilité existe 
lorsque E, M a une valeur appropriée. Pour les noyaux 236 U* et 2j10 Pu* on a, 
par contre, toujours au moins une excitation E de ï,5 resp. de 3^0 Me V parce 
que E,, — E/^>o. Pour trancher cette question, il nous semble très important 
d'effectuer des expériences avec des neutrons monocinétïques , dont l'interpréta- 
tion est plus sûre que celles avec des neutrons de plusieurs énergies. Nous propo- 
sons notamment lé bombardement de " 3fi U et 239 Pu par des neutrons rapides et 
aussi celui des différents noyaux lourds par des neutrons d'une telle énergie 
que E C j P -f-Ë/i ■ — E/- soit positive, mais très faible. 

PHYSIQUE NUCLÉAIRE. — Sur le rayonnement (3 du mésotkorïum % et du 
mésoihorium L Note de M. Maucel Lecoih, M ,ne Marguerite Perey et 
M. Jean TeiixaCj présentée par M. Frédéric Jolio t. 

Le schéma de la désintégration du thorium montre que la désintégration du 
mésothorium 1 doit se faire par le processus (3. Cependant,! la plupart des 
auteurs (') qui ont étudié ce radioélément ont conclu à la non-existence de ce 

1 *. r 

■"— ■ ■ ■ - ■ -^ ■ .. ■ .... - - ,...., — . . ... _ ■ ■ _ il ■■ ■ ■^^jh^jfc^. 

(*) Mëiîïser, Phys. Zeit,, 1% 191S, p. 257. 



I22 AGADÉMIE DES SCIENCES. 

rayonnement. Seuls Lee et Libby ( 2 ) ont signalé l'existence d'un spectre 
continu (i dont la limite supérieure serait de 67 ekV. - 

Nous avons repris l'étude de ce rayonnement par la méthode de la chambre 

de Wilson. 

L'obtention du mésothorium \ dans un état de pureté radioactive suffisante 
est un problème difficile à résoudre par suite de son isotopie avec lé radium et 
de la courte période de son. descendant immédiat mésothorium 2, qui se 
reforma en quantité appréciable dans MThi initialement pur au cours 
d'expériences de quelque durée. Nous nous sommes servis d'un produit de 
mésothorium 1 contenant une faible proportion de radium (0,8%). En 
extrayant régulièrement le radiôthorium qui se forme à* partir de mésothorium 1 
pendant un mois, nous avons obtenu MTh 1 contenant moins deo,5% de son 

isotope ThX.- 

-, La séparation chimique de MTh l.du MTh 2 est effectuée par précipitation 
par de l'ammoniaque parfaitement décarbonatée. 

Pour l'étude du rayonnement (3,- nous avons utilisé soit une chambre de 
Wilson à pression ordinaire, soit la chambre de Wilson à pression réduite cons- 
truite par M. F. Joliot ( 3 ). Les sources à étudier sont introduites directement à 
l'intérieur de la chambre. 

Avec la chambre a pression normale, nous avons successivement étudié le 
rayonnement (3 émis par MTh 2 pur, puis celui du MTh 1 en équilibre radio- 
actif avec MTh 2, enfin celui de MTh 1 initialement pur. Le spectre continu (3 
du MTh 2 avait déjà été établi par l'un de nous pour les énergies supérieures à 
60 ekV ( 4 ). Ces nouvelles expériences ont montré que le nombre d'électrons 
émis avec une énergie inférieure à cette valeur est approximativement le même 
que celui qui est émis avec une énergie supérieure dans les mêmes conditions 

d'angle solide. 

D'autre part, il ne semble pas y avoir émission simultanée d'un rayon (3 

rapide et^d'un rayon (3 de faible énergie. 

Le spectre (3 du mésothorium 1 + mésothorium 2 en équilibre radioactif 
est exactement semblable à celui de MTh 2 seul et semble uniquement 
attribuable à ce dernier radioélément. La présence d'une quantité parfaite- 
ment déterminée et invariable de radium dans MTh 1 permet de calculer le 
nombre de désintégrations du MTh 1 et MTh 2 dans un certain intervalle de 
temps, d'après le nombre de rayons a du radium émis pendant le même temps, 
et d'affirmer qu'il y a environ deux rayons ^ émis par désintégration de MTh 2. 

Le spectre du MTh 1 initialement pur à pression normale permet de voir 
qu'un certain nombre de rayons (3 (moins de 3% désintégrations) sont néan- 



(-) Phys. Revers, 55, 1939, p. 2Ô1. 

( :! ) /. Phys. et Radium, 5,. 1934, p. 216. 

'(*).' M. Lecoin, J. Phys. et Radium, 9, ig38, p. 81 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. ,'■ i 2 3 

moins attribuables à la désintégration de MTli î, l'énergie de ces rayons étant 
inférieure à i5 ekV. 

A pression réduite, le nombre d'électrons attribuable à MTb 1 est de i5 % à 
2o cin de pression initiale, et de 16% à ro em de pression initiale. Les conditions 
expérimentales permettent de voir des rayons j3 d'énergie aussi basse que 1 , 5 ek V 
qui ont un parcours de 5 mm à une pression initiale de io cm . Le nombre de ces 
rayons de très basse énergie ne semble pas augmenter lorsque le parcours des 
rayons [3 est doublé. 

La répartition spectrale de ces rayons en fonction de l'énergie est faite d'après 
la mesure du parcours projeté. Le spectre obtenu avec 20 cm de pression initiale 
coïncide, dans la limite des erreurs expérimentales, avec le spectre obtenu 
avec io cm de pression initiale : ce spectre débute vers 1, 5 ekV et présente deux 
maxima nets à 3 et 5 ekV et peut être un autre à 8 ekV. La limite supérieure 
du spectre étant approximativement de 12 ekV. 

La précision des déterminations de l'énergie des rayons par le parcours est 
trop faible pour qu'on puisse affirmer qu'il s'agisse de raie (3 d'origine secon- 
daire. On peut affirmer en tous cas, que si les électrons de désintégration de 
MThl sortent de l'atome, 85 % au moins de ces électrons ont une énergie infé- 
rieure à 1,6- ekV. Le problème, de l'existence ou non-existence de ces électrons 
de désintégration du MTh 1 est analogue à celui qui se pose pour ractinium( 5 ). 

CHIMIE PHYSIQUE. — Influence de la vapeur d-eau adsorbée et de la compression 
sur les réactions dans l'état solide. Note (*)- de MM. Charles Haasser et 
Hubert Forestierj présentée par M. Paul Lebeau. 

Nous avons déjà mis en évidence (*)? 0) l'influence des états de surface et 
de la vapeur d'eau adsorbée sur la vitesse de réaction entre oxydes métalliques 
solides. Ces expériences avaient été effectuées à une température (4r5°) à 
laquelle les phénomènes de diffusion sont négligeables. Il était intéressant 
d'examiner l'action de la vapeur d'eau dans un intervalle de température suffi- 
samment étendu et particulièrement dans le domaine où se manifestent les 
phénomènes de diffusion. 

L'ensemble de ce travail a été repris en étudiant ces réactions à des tempé- 
ratures échelonnées entre 3 oo° et 700 . 

Nous donnerons seulement ci-dessous les résultats obtenus sur les mélanges 
d'oxydes Fe 2 3 + NiO, précipités séparément, desséchés à ioo dans un vide 



■(*)■ M. Lecoin et M. Perey, Comptes rendus, 217, 1943, p, 106, 

(*) Séance du 5 juillet 1948. 

(*) H. Forestier et Ch. Haasser, Comptes rendus, 225, 1947, p. 188. 

( 2 ) H. Forestier et Gh. HaasseRj Comptes rendus, 225, 1947? p« ^4o. 



124 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



v de io~~ 5 mmHg, puis mélangés pendant \ heure dans un broyeur du type 
vibratome. 

Les courbes de la figure ci-dessous représentent les variations du pourcentage 
de ferrite formé en fonction de la température. Elles mettent en évidence les 
phénomènes suivants ; ~ ' ^ 

i° La courbe relative aux recuits dans l'air indique une faible vitesse de 
réaction à ioo° qui croît rapidement à partir de 45o°; cette vitesse diminue 
vers ôoo°j vraisemblablement par suite de l'épaisseur de la couche intermédiaire 
constituée par le produit de la réaction. 



100- 



FeANiO% 



90 






. -.. 




* 


80 






-■ 




s^*P 


70 










4 


60 










.- 


50 


- 




/ 




>^* 5k 


40 










^^ air sec 


30 


- • 










20 


/ 






f 




10 




„ 






i 


i 


I T"*" 

300 


400 


500 


600 


700 












Températures 



2° Pour les recuits en présence de vapeur d'eau, la courbe correspondante 
est nettement décalée suivant V axe des ordonnées par rapport à la précédente 
et possède à partir de 3 5o° un coefficient angulaire un peu supérieur; elle 
indique un accroissement marqué de la vitesse de réaction. Au delà de 626°, 
dans le domaine où apparaissent les phénomènes de diffusion à travers la 
couche intermédiaire, le coefficient angulaire des i courbes est pratiquement 
égal; la vapeur d'eau n'intervient plus que dans une faible mesure. Des résultats 
analogues ont été obtenus pour les ferrites de magnésium et de plomb; ils sont 
confirmés par l'étude- de ^variations de la vitesse de réaction en fonction du 
temps. * , . •■"'-.' 

Nous sommes donc conduits à admettre que l'influence de la vapeur d'eau se 
manifeste essentiellement sur la réaction proprement dite, plutôt que sur les 
phénomènes de diffusion. 

Cette influence importante de la vapeur d'eau nous a incités à reprendre ces 
expériences en effectuant les recuits dans un courant d'air rigoureusement 
desséché sur PoCh. 



SÉANCE DU J2 JUILLET 1948. - Iâ5 

La courbe air sec résume les résultats obtenus : ses ordonnées sont nette- 
ment inférieures à celles de la courbe relative aux recuits dans l'air; elle pos- 
sède également un coefficient angulaire un peu inférieur, indiquant ainsi une 
diminution de la vitesse de réaction dans l'air sec. On peut donc admettre que 
ces réactions entre solides peuvent être influencées par des traces de vapeur d'eau. 

Par ailleurs, nous avons étudié l'influence d'une variation de l'étendue des 
surfaces de contact,, par compression préalable. Son effet 'se traduit par une 
augmentation de la vitesse de réaction — entre oxydes rigoureusement dessé- 
chés—pouvant atteindre le double de la vitesse initiale pour des pressions 
égales à 8000 kg/cm '-. 

CHIMIE PHYSIQUE. — Sur les périodicités liées à la précipitation alcaline 
des sels de plomb. Note •■(■*) de M 110 Suzanne Veil, présentée par 
M: Charles Mauguin. 

Au cours d'un précédent travail ( 1 ) sur l'attaque des sels manganeux par les 
chromâtes alcalins, l'analyse plane dans la gélatine a discerné deux familles 
d'anneaux, correspondant respectivement aux deux composés en coexistence 
dans le précipité. La même méthode, présentement appliquée à la précipitation 
alcaline des sels de plomb, a mis en évidence un caractère rythmique de 
complexité supérieure encore. 

L'apposition d'un sel de plomb sur gélatine imprégnée de soude provoque, 
dans des conditions appropriées, la génération de plages successives d'anneaux, 
avec des anomalies de distribution. Surda figure qui reproduit une préparation 
agrandie concernant l'acétate de plomb, on aperçoit à l'œil nu les anneaux 
périphériques, marqués C. La zone compacte contiguë se borde d'anneaux 
intérieurs plus fins, marqués B. Puis, toujours en direction de la goutte, une 
seconde zone compacte, plus étroite que la première, se borde également 
d'anneaux intérieurs, ceux-là marqués A, plus opaques que les anneaux B. Les 
familles B et A ne sont guère visibles qu'à la loupe. 

Tandis que les anneaux B, trop peu nombreux pour la mesure, ne 
contredisent pas, a priori, la loi générale de distribution, il n'en est pas de 
même des deux autres familles. Les anneaux A se resserrent toujours davantage 
à mesure qu'ils s'éloignent de la goutte; et dans le système G, les écarts 
interannulaires commencent par décroître pour recouvrer, après un minimum, 
leur progression normale. La séparation des trois plages n'est pas toujours 
aussi tranchée. Aux anneaux A peuvent encore se superposer des anneaux plus 
larges et plus diffus, à la manière dont se superposent les anneaux principaux 
aux anneaux secondaires, dans la précipitation classique de Liesègang, 



(*) Séance du 5 juillet 19/48. 

( i ) Comptes rendus, 226., 1948, p. 336. 



12 6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les anomalies de distribution sont imputables à des interdépendances de 
phases provoquant, dans le gel, des gradients de concentration de la soude 
incorporée. En particulier, la persistance de T anomalie des anneaux C dans un 




• - ■ ■' A B C - . 

Apposition d'acétate de plomb sur gélatine sodée. (Agr. : x 3.) 

intervalle expérimental relativement étendu, conduit à rechercher l'origine de 
celle-ci dans des transitions déjà observées par voie chimique, telle que, par 
exemple, la transition de FhydroxydePb(OH) 2 , en l'hydroxyde Pb,0 2 (OH) 2 , 
décrite par Pleissner ( 2 ). 

Ce nouvel apport au chapitre du plomb, reconnu dès maintenant si riche 
en précipitations périodiques, vient à son tour militer en faveur des concep- 
tions de Stanfîeld ( 3 ) et de Me Guigan et Brough (*), qui n& regardent nulle- 
ment de tels processus comme exceptionnels. 

CHIMIE THÉORIQUE. ■— Sur les difficultés qui surgissent dans V étude des états 
excités des molécules aromatiques. Note (*) de M. David P. Cbaig, présentée 
par M. Louis de Broglie, 

Dans le cadre de la méthode de la mésomérie, les premiers états excités de 
certaines molécules ( l' anthracène par exemple) possèdent les propriétés de 

(*) Arb, K. Gesundheitsamt, 26, 1907/p. 834. 
( 3 ) AmeriJ. Sci^tâ, 1917, p. 1. 
(*) J. Biol. Chem. } 38, 192^ p. 4i5- 

(*) Séance du 26 avril 1948. 



SÉANCE DU 12 JUILLET 10,48. 127 

symétrie d'un vecteur dirigé selon l'axe des &(* ), tandis que d'après la méthode 
des orbites moléculaires ils possèdent la symétrie d'un vecteur dirigé selon 
l'axe des y — ( a ). 




^ V 



y 



■> X 



Cependant on observe un désaccord plus grave quand on compare les 
fonctions d'onde elles-mêmes et non plus seulement leurs propriétés de symétrie. 

Dans ce but la fonction orbitale doit être exprimée en termes représentant 
des structures telles que 



elc. 



Structures non polaires. 



ctc. 



Structures polaires. 

structures non polaires. 

Sous cette forme la fonction orbitale peut être aisément comparée à la 
■ fonction, de mésomérie qui, sous sa forme usuelle, ne contient que des termes 
non polaires. 

Dans l'état fondamental, et certains états excités, l'accord est satisfaisant. 
Mais, dans lé cas des molécules qui nous intéressent, il n'y a pas un bon accord 
entre les deux méthodes au sujet du premier état excité qui est cependant 
important dans l'étude des spectres d'absorption* 

Pour établir une corrélation pour le premier état excité décrit par la 
méthode orbitale, et pour les autres états qui dérivent d'orbites moléculaires 
complémentaires (*), les structures polaires doivent être introduites dans le cadre 
de la mésomérie. On observe alors une corrélation avec les états mésomères 
totalement polaires. 

Les états orbitaux considérés ne diffèrent pas seulement par leur symétrie 
des premiers états excités de la mésomérie. Ils sont d'un type entièrement 
différent. Ils ne peuvent pas du tout être calculés à l'aide de la forme usuelle 
de la mésomérie qui néglige les structures polaires. 



(i) D. P. Gràig, Xl ih International Congress of Chemistry, London, 1947. 

( 2 ) G. A. Goulson, Proc. Pkys. Soc, 60, 1948, p. 257. 

( 3 ) G, A. Goulson, H.-G. Longuet-Higgins, Proc Roy. Soc, 192 A } 19,48, p, 17. 

(■*) Les orbites complémentaires sont ceux qui dérivent des orbites atomiques à Taide 
de coefficients différant seulement par leur signe. 



ia8 , ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Pour voir en détail comment se fait la. correspondance entre les deux 
méthodes dans un cas particulier, on ajoute les structures polaires au système 
mésomère et les fonctions d'onde obtenues sont employées pour la comparaison. 



Totalement 




? ph.ci.rnns 
excités 


polaire 




'' 


Mélanoe polaire 
non polaire 


* • 


Btat non complé- 
mentaire 


Mélange polaire 
non polaJre 


;V 

■ / 
t 

t 


Totalement polaire 
Etat complément ™ 


ftatfnn fia mental 




Fiat fondamental 



Le diagramme résume le cas du butadiène. Les états trouvés sont classés par 
ordre d'énergie croissante et les lignes pointillées réunissent les fonctions d'onde 
les plus semblables. 



CHIMIE MINÉRALE. — V action catalytique de V humidité dans la préparation dû 
gaz ammoniac par lès sels ammoniacaux et la chaux* Note de M. Paul Rémy- 
Genneté et M lle Jeanne Bourbis, présentée par M. Louis Hackspill. 

* ■ * 

On sait qu'il suffit de mélanger intimement de la chaux vive ou éteinte avec 
un sel ammoniacal pour obtenir, dès la température ordinaire, un dégagement 
de gaz ammoniac. Les auteurs se sont proposé d'établir si l'humidité est néces- 
saire pour déclencher la réaction et, pour cela, ils ont fait deux expériences-: 

i re Expérience. — Action de la chaux sur le chloruré d'ammonium en f absence 
d'humidité. — Dans l'une des branches d T un appareil en verre pyrex, en forme 
de V renversé, ils ont introduit 5* de chlorure d'ammonium pur préalable- 
ment desséché à l'étuve. Ils ont fait ensuite un vide de l'ordre du i/ioo de 
millimètre et, tout en laissant marcher la pompe à vide, ils ont sublimé le sel 
dans l'autre branche du V pour éliminer toute trace d'humidité. 

Après avoir laissé rentrer de l'air bien sec dans l'appareil, ils ont mis rapi- 
dement de la chaux vive dans la branche libre du V (chaux obtenue par calci- 
nation au Méker de io g de marbre blanc); puis, l'appareil est scellé à nouveau 
et le vide rétabli; la chaux, qui, lors de la manipulation, aurait pu fixer des 
traces d'humidité, est chauffée au moyen d'un petit four électrique sous un bon 
vide, le tube en V étant relié à un condensateur plongé dans la neige carbo- 
nique et à un tube à anhydride phosphorique ; ensuite l'appareil est abandonné 
plusieurs jours dans le vide phosphorique. 

Le tube en V est isolé par un robinet; ce tube en V, ; dans lequel règne 
toujours un bon vide, est alors séparé dé la pompe; par un mouvement de 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. j 2 q 

bascule, on mélange chaux et chlorure d'ammonium ; puis le tube à anhydride 
phosphorique étant supprimé, le tube en V est soude à nouveau à la canali- 
sation à. vide ; quand celui-ci est f établi on remet le tube en V en circuit; Le 
manomètre et une pompe de Sprengel n'indiquent aucun dégagement gazeux; 
pendant plusieurs jours, on constate un vide excellent de 1/100 de millimètre; 
donc aucune réaction à la température ordinaire. 

Si Ton chauffe le mélange, le dégagement d'ammoniac commence vers 
i25-i3.o°. 

2 e Expérience, — Influence de P humidité sur la réaction. — Même dispositif; 
même expérience jusqu'à la chauffe exclusivement 

Le tube en V étant isolé de l'appareil, on introduit, en dérivation sur la 
canalisation, un tube horizontal contenant du sulfate de cuivre S0 4 Cu, 5 OH 2 . 
On fait le vide, remet le tube en V en circuit, puis chauffe le sulfate de cuivre 
tout en plongeant le mélange chaux-chlorure d'ammonium dans un vase bewar 
contenant de la neige carbonique; ainsi, on condense de l'eau de déshydra-. 
tation du sulfate de cuivre sur le mélange et l'on neutralise l'action thermique 
de l'eau sur la chaux. 

On enlève ensuite le vase de Dewar et, presque aussitôt, on constate le dégage- 
ment d'ammoniac et par l'augmentation de pression et par l'apparition d'une 
coloration violette dans le tube à sulfate de cuivre. (dérivé complexe aminé). 

Conclusion. — La réaction chaux-chlorure d'ammonium, qui donne de 
l'ammoniac et de l'eau, se fait dès la température ordinaire sous la pression 
atmosphérique avec des produits non desséchés; elle ne se fait pas, même dans 
un vide de 1/100 de millimètre, à la température ordinaire, sauf si l'on ajoute 
un peu d'eau comme catalyseur. 

En l'absence d'humidité, il faut chauffer jusque vers 1 20-1 3o° pour déclencher 
la réaction. 

Comparer avec la combinaison hydrogène-oxygène. 

CHIMIE DES COMBUSTIBLES. — Fractionnement des asphàltènes par précipitation 
graduelle. Note (*) de MM. Michel Bestougeff et Robert Barmois, pré- 
sentée par M. Paul Pascal, - 

•Dans une Note précédente (*) nous avons exposé une méthode de fraction- 
nement des asphàltènes par extraction aux solvants à chaud. Ce procédé nous 
a permis de réaliser une première séparation de ces mélanges. 

Cherchant à pousser plus loin cette séparation, nous avons essayé d'autres 
procédés pouvant conduire, soit seuls, soit combinés avec la méthode d'extrac- 
tion, à des fractions asphalténiques plus homogènes. 



( A ) Séance du 5 juillet 1948. 

i 1 } Comptes rendus, 224, 1947? p. i365. 



]3o ACADÉMIE DÈS SCIENCES. 

-" La présenté Note expose les résultats encourageants obtenus par précipi- 
tation progressive des asphaltènes à partir de leur solution benzénique et ceux 
obtenus en combinant cette méthode ayec le fractionnement par extraction 
à chaud. 

Méthode. — On dissout, par exemple, 2p g d' asphaltènes dans 5oo cm3 de 
benzène, à chaud. La solution est refroidie, centrifugée (\ heures environ et 
décantée pour éliminer les paraffines de poids moléculaire élevé, les poussières 
et impuretés qui se trouvent parfois dans les asphaltènes bruts. 

La précipitation fractionnée est réalisée en remplaçant graduellement dans . 
la solution, le benzène par l'heptane normal d'abord, puis Theptane par 
l'alcool propylique normal. La séparation des précipités s'effectue par 
centrifugation de la solution tiède (4o° environ) pendant une durée de 4 heures 

au moins. . . . 

Le mode d'introduction des agents précipitants est essentiel pour la bonne 

marche de l'opération. 

On ajoute un mélange heptane-benzène (5o-5o % par exemple) ( 2 ) et l'on 
distille le benzène pour amener ce solvant à la proportion de 60% dans la 
solution. On refroidit à 4o° environ et l'on centrifuge le dépôt qui se forme 
lentement. L'opération est répétée en ramenant successivement la proportion 
de benzène à 40,20 et 10% . . 

Quand tout le benzène est pratiquement éliminé, on continue la précipitation 
par addition d'un mélange propanol-benzène à 5o % , suivie de la distillation 
d'un volume de solvants supérieur à celui du mélange 'ajouté; à chaque 
nouvelle distillation, le pourcentage d'heptane diminue et l'on arrête l'opé- 
ration lorsque les précipités deviennent trop peu abondants. Pendant toutes 
ces précipitations, il faut faire en sorte que la concentration de la solution traitée 
soit à peu près la même avant chaque précipitation nouvelle, pour que le dépôt 
ne se forme pas par suite d'une concentration trop poussée. 

Le tableau donne quelques exemples de fractionnement réalisés sur des 
asphaltènes A et B, tous deux obtenus à partir de résidus de distillation 
d'origines différentes, par précipitation à Phexane normal. 

Les fractions obtenues à partir d'un même échantillon se distinguent non 
seulement par leurs poids moléculaires et leurspoints de fusion, mais aussi par 
leurs compositions élémentaires et leurs rapports C/EL Ce rapport et la pro- 
portion de soufre augmentent avec le point de fusion, c'est-à-dire que les 
substances moins fusibles sont plus pauvres en hydrogène et plus riches en 
combinaisons soufrées. D 1 ailleurs si ces caractéristiques varient dans le sens 



(»-) Ceci afin d'éviter la précipitation brutale qui se produirait si Ton ajoutait 
l'heptane pur. 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. 



l3l 



Liquide précipitant. 



Poids en % Fusion 
par rapport instan- 
à l'asphalte ne. tanée. 



» 



heptane. . 



* * • * » 



» * * ■ • 



20 , 2 » 



01,7 » 

18,98 » 

9,72 » 

4,o6 » 

11 ,43 » 

5,6 » 



précipitation fractionnée : 

ane i5 % -h benzène . ."■._. 4,6^(«) 

60 

80 

90 

100 

mol n - 

» 
mol n 100 % ..,,,! ....... , 

opérations combinées :' 

action, 1 précipitation.. 

Id. 

Id. 
action, 2 précipitations. 
■> 1 précipitation.. 

ipitations 

Id. 



4,6 

o>9 
i,63 

1 5 63 

6,47 

7--.0 
2,6 



Poids 

moléculaire 
apparent (b). C. 

ASPHALTÈNES À. 



97° 
325 

3 2 5- 

3oo . 

247 

9° 
195 

100 



(à) 



1880 



.1 660 

1290 

990 
85o 



80,1 '. 
84,i 

83, 56 
85,47 

83,77 
83,34 



ASPHALTÈNES B. 

45oapp. 3 000 
365 



332 
3 3 6 
290 
280 
i65 



1470 
i55o 



77,35 
79,06 
80, 23 

79» 7 
79>45 

80,42 
81,1 



H. 



i4,5 

.8,42 
8,64 

9v° 8 

9,12 



7,12 
7,3o 

7,48 

6 >79 

7,54 

7.7^ 
8,86 



G 
H 



5,5 

10,0 

9,8 

9> 3 
9> 3 



9>°3 9> 2 

■8,02- 8,2 



10,9 
10,8 

*o*7 
11,7 

10,5 

io,4 
9, 16 



s. 



1,6 

'3,85 

3,4 
3,38 

3,i5 
3,o 



«,79 

8,88 

8, ,56 
8,62 
9v3ss 
8,5 



y> 



22 



par 
diff. 



3,8 

3 , 62' 
-3 , 22 
4fo3 
2,26 



2,29 4,19 



6,77 

3,76" 

3,7-3 

4,89 
3,69 

3,34 
2 , 82 



Gendres. 



1,2 
3,5 
1 ,6 

ï.9 



Fractions successives; (6) Calculé à partir du coefficient viseosirnctrique de Stàudinger K, M = 4,°-*cT 3 ; (c), (d) Paraffines 
alement- • 



indiqué pour un premier stade de fractionnement (asphaltènes A), remarquons 
que ce n'est plus exact après des séparations suffisamment poussées 
(asphaltènes B). 

Dans ce dernier cas, certaines fractions isolées après plusieurs opérations 
sont de l'ordre de 1 % par rapport à l'asphaltène brut de départ, soit 2 à 
3 dix-nHlIièmes par rapport au pétrole brut initial. , 

En effectuant des séparations aussi poussées sur les hydrocarbures du 
pétrole, on arrive couramment à isoler, soit des espèces chimiques à partir des 
essences, soit des mélanges de quelques isomères à partir des huiles. 

Pour les asphaltènes, les résultats obtenus (voir le tableau) montrent qu'un 
tel fractionnement est encore insuffisant pour isoler des familles de corps bien 
caractérisées. 



l32 ACADÉMIE DES SCIENCES.' 

CHIMIE ORGANIQUE. — Nouvelle méthode de synthèse des sulfénamides primaires . 
Note (*) de M. Louis Peybon et ■M" 8 Jacqueline Laplaine, présentée par 
M. Jacques Tréfouël. , 

Par analogie avec les amides, nous .appellerons sulfénamides primaires, 
secondaires et tertiaires les composés répondant aux formules suivantes : 

' ' ' H,S.N<^1 (*.S) a N-R' . (R-S^N 

R' et R" étant H ou des radicaux hydrocarbonés. . > 

Nous étudierons dans ;cette Note les primaires, en réservant les secondaires 

et tertiaires pour une publication ultérieure ( 1 ). - - 

La plupart des méthodes de synthèse de la liaison-S-N< partent de dérivés 

d' acides sulféniques, mais étant donné leur faible stabilité, et par là même leur 

nombre restreint, en série aliphatique en particulier, nous nous sommes proposé 

deux buts : éviter leur préparation, étendre le nombre et la nature des substi-. 

tuants fixés sur l'atome de soufre des sulfénamides. 

Plusieurs schémas réactionnels sont théoriquement possibles, mais nous avons 

utilisé les suivants : , 

■ .^>N-S-CKH-H~S-R ■'-> ^>N-5.-Hh-HS-GN : 

* - ^ _. 

HS — GN étant éliminé par un adjuvant alcalin, ou 

: ^> N _S_GN + MI-S-R ■==■' MI-S-CN+^>N' T S-R" . 

Ml étant un métal 

; Les thiocyanoamines découvertes en 1919 par Sôderbâck( 2 )ne sont que peu 
connues dans la littérature ( 5 ). Leur stabilité est étroitement liée à la nature des„ 
substituants de l'azote. Notamment en série arylique où les méthodes habituelles 
de synthèse de ces dérivés ne conduisent qu'à des composés p-thiocyano- ou 

benzothiazols. 

.' En série aliphatique la basicité de l'aminé semble jouer un rôle important. 

Les mercaptides utilisés sont ceux de mercure et, de plomb faciles à isoler. 

Du point de vue expérimental nous avons cherché à préparer, selon le 
deuxième schéma réactionnel, des sulfénamides déjà connues, puis à utiliser 
des mercaptides et des aminés diversement substitués. 



(*) Séance du 6 juillet 1948. - ' 

(- 1 ) Peyron, Thèse ( en préparation, Paris), ,. ■ 

( 2 ) Sôderback, Liebigs Ann.~k¥d, 1919, p. 217. 

(3) Lécher, Ber. der deutsch.' chem. Ges. t 56, 1923, p. iio4; Jones-Fleck,, J. dm. 
Chem. Soc., 50, 1928, p. 2018. -■ 



SÉANCE DU 12 JUrLLET 1948. l33 

Comme adjuvant alcalin susceptible d'éliminer' HS-CN produit dans le pre 

'SwtTVT T" 8 emP ï 0yé raraine de dé P art de la thiocyanoamine: 
D autres agents alcalins pourraient être utilisés (aminés tertiaires, etc. ) 

utilisé : eDt thi ° C y anoaraines a é té évité et le mode opératoire suivant 

(^lSl nÛ0 A t hérée , de ,bioc y an °gène préparée à partir' de (SCN).Pb 
Lrt e i de . br0 / me i ( oml '°3°) (") est mise en réaction avec une solmion 

^lî suToi;? 3 ^' ' fr0id - ° n déCame ° U fiI ^ ^ à V ™*"* 

r^^^-z:ssr de mercapiide (orai '° 25) dans 

solutru'rth' 61 ^ 018 libreS , ° n V6rSe ' peU à P eU et ^^nativement dans la 
solution de thiocyanoamine, le thiol et l'aminé. * 

Les résultats expérimentaux sont mentionnés dans le tableau suivant : 



Produits rcactionnels. 



** lin/min , 

HidesouLhioIs. Amincs.^ ' t«r\ ■ '„, Rdts 



1 J "-' 1 * .cale. tr. Conclusions- (%). R c f. 

\ / m 7°' '. s ' '8,09.8,01 tBn-S-Hi(~\ 69 : (») 

3n-S),Hff ) M e^n 55/8o .0,52 ,o,65 <Bu_S-NMéT~ ' '65 m 



82/65 9j 52 9)7 o «Bu-S-NIIisoPr 

>-CH,-AH ' { 5«ci I' 7 > l8 7.07 ïJ3u-S-NH-CIl,/"~ N 



72 



B "- SH ■ ' Ibï™ ' .«0/80' 8,69 8, 7 8 nBa-S-NÊ/.'. 55 

:(CH,-S)»Hg .; \__>H 6o/3c 8,00 7 ,8S HOOC-CH 2 -S-N<~"> l5 

à cÏ^sS^S" ^ C3S k f ° rmati0n deS diS " lfUreS 6St P référentielle 
(HOOC-CH,~S),I] e 



CI-I,0-/ \_ 



SH 



/ V 



et 


NH, -iso Pr 


et 


NH.-isoPr 


et. 


V " / 


et 


Et, NO ou 



\ :: / Glïi — SH .ei m 2 i\JtJ ou ( ^NH 

à ÙZuZ^. >He ^ Et2 N CH2 tH2 NHa ' 1>huile rationnelle se décompose^ 



(*) Wood, Or ganic Réactions, fil, 255. 

(*) Rheimboldt, ^r ^r ^«^cA chem; Ges., 7% igSg, p. 65 : 

C R., i 9 48 j a » Semestre. (T, 227, N* 2.) 



9 



j34 académie des sciences. 

CRISTALLOGRAPHIE. — Emploi de la méthode. de Laue en retour pour la rechei-che 

de t orientation des axes cristallo graphiques des blocs de quartz. Note (*) de 

M" Marthe Hcot de Longchamp et M. Henri Martin-Savary, présentée 

par M. Paul Pascal. 

' 'La détermination classique de l'orientation des cristaux parla méthode de 

Laue par transmission ■(') n'est pratiquement utilisable que pour des lames 

minces de quelques millimètres au maximum. 

Pour les lames dé plus grande épaisseur, par suite de l'absorption, les temps 
de pose sont beaucoup trop élevés, et, si le diamètre du limitaleur es^petit 
par rapport à l'épaisseur de l'échantillon, il se produit un élargissement des 
taches, et même leur division en deux ou trois parties (.»). Le pointé se fait 
alors sur le bord extérieur de la tache. ' 

- La recherche des axes cristallographiques d'un bloc de quartz épais par la 
méthode de transmission nécessite donc le prélèvement d'un échantillon sous 
forme.de lame mince. Après en avoir obtenu les radiogrammes, l'échantillon 
doit être reporté sur le bloc/dont l'orientation est déduite des mesures faites 
sur la lame mince, d'où d'importantes causes d'erreur. '" . 

L'emploi de la méthode dite en retour, utilisant le rayonnement réfléchi 
aux grands angles de Bragg, permettra les mesures directes sur le bloc de 
quartz dont une face aura été dressée (face de référence), le calcul restant 
le même que pour la méthode par transmission. , . 

Le rayonnement réfléchi par la méthode en retour étant divergent, et cette 
divergence fonction de l'ouverture angulaire du faisceau incident, on doit 
utiliser un limitaleur long et de faible diamètre intérieur. L'extrémité de ce 
limitateur, du côté de l'échantillon, doit être extérieurement conique afin que la 
foce dressée du bloc de quartz soit placée aussi près que possible de cette 
extrémité, sans que celle-ci fasse écran aux rayons réfléchis aux très grands 

angles dé Bragg. 

Le pointé est plus difficile que dans les diagrammes par transmission. 
Il doit être effectué sur le bord intérieur assez net des taches, le bord extérieur 
étant flou et faible, car il provient des rayons diffraclés en profondeur dans 
l'échantillon, donc fortement absorbés. Ce bord intérieur étant dû aux rayons 
les plus inclinés sur l'axe du limitateur, il est nécessaire de tenir compte, de 
l'ouverture angulaire du faisceau incident, la correction à effectuer étant 
d'autant plus faible que l'angle, d'ouverture est plus petit, • 

(*) Séance du 28 juiû 1948. . m .; , . 

(•) Foir par exemple; E. ' Scbibbold, Méthode pour la. détermination de la symétrie 

cristalline par les rayons X, Leipzig, ig32. 

(«) C G Barkla et G. H. M.rtyn, Nature, 90, i 9 i3,.p. 64 7 ; E. Bupka et W. Sthsham, 
Nature, 91, i 9 i3, p. 10; M. de BrogliE, Comptes rendus, 156 191 3, p. n55-n55; 
M. de Broglie et F. Av Lindemann; Comptes rendus, 156, 1913, p. 1461-146*.. 



SÉANCE DU 12 JUILLET ig48. i35 

Le centre du diagramme étant percé, il n'y a pas de trace du faisceau 
incident. Pour trouver la distance v de chaque tache au centre, on utilise 
l'artifice suivant : on effectue sur le même.fïlm deux clichés correspondant à 
deux positions de l'échantillon, déduites Tune de l'autre par une rotation du 





a. 





a. Radiogramme d'un échantillon de quartz : 

face naturelle p doucie, légèrement corrodée. 

h. Superposition. sur le même film de dejix 

. radiogrammes de l'échantillon utilisé pour« 

et correspondant à deux positions de cet 

. échantillon décalées de 180°. 



d. 



c. Radiogramme d'un échantillon de quartz : 

face naturelle c 1/2. 
d. Superposition sur le même. film de deux 
radiogrammes de l'échantillon utilisé pour c 
et correspondant à deux positions de cet 
échantillon décalées de 180 . 



Ces clichés. ont été obtenus dans les conditions suivantes avec des échantillons préparés par le labora- 
toire de M. A. de Grammont : Anticathode de tungstène; fenêtre de béryllium; générateur à'tension 

. constante; tension : 3o kV; intensité : ï5 mA; temps de pose 1 heure 3o minutes; distance cliché- 
face de référence de l'échantillon : ?>"*; limitateur : longueur 4o^ m , diamètre */,'„ de millimètre. 

bloc de quartz de-i8ô° autour d'un axe confondu avec Taxe du limitateur; la 
distance cherchée est fourme parla moitié de la moyenne des dislances de 
taches symétriques correspondant aux deux clichés. Cet artifice, d'au Ire part, 
élimine les erreurs dues au défaut de perpendicularité sur Taxe du [imi- 
tateur de la face dressée de l'échantillon et du film ( 3 ). 

Notons que la rotation de i-8o° à faire subir au bloc n'a pas besoin d'être 



( 3 ) J. Barraud, Comptes rendus, 217, 1943, p. 683-885. 



jgg ACADÉMIE DES SCIENCES. 

rigoureuse, et qu'une erreur Aa de celle rotation n'entache la mesure de la 
dislance entre deux taches que de i - cos (A«/ a ). Il y a même intérêt à commettre 
systématiquement cette erreur pour mieux dissocier les taches correspondant 
à chacune des deux positions du bloc «,'■', 

D'une façon générale, les clichés ainsi obtenus ne sont pas touffus et restent 
très lisibles. Malgré l'imprécision relative des pointés, cette méthode permet,, 
d'une part, d'orienter rapidement les blocsde quartz, àquelques minutes d arc 
près, ce qui est suffisant pour les applications piézoélectriques, et d autre 
part, d'opérer aux rayons X et sur le banc de sciage avec un même dwpositrf, 
si celui-ci est muni d'un support goniométrique spécial portant le bloc de 
quartz. 

CRISTALLOGRAPHIE. - Sur ^interprétation, par les fluctuations et orientation 

de F état de polarisation de la lumière diffusée par les cristaux liquides. Note 

de M. Pierre Châtelain, présentée par M. Charles Mauguin. 

Dans des Notes antérieures (') j'ai montré qu'une préparation de para- 

azoxyanisol orientée parallèlement à l'axe, diffuse, dans une direction faisant 

l'an/le « avec la direction de la lumière polarisée incidente, un faisceau. intense 

fortement polarisé, la vibration diffusée la plus intense étant perpendiculaire a 

la vibration incidente. Cet état de polarisation est, en apparence, anormal; 

cette Note a pour but de montrer qu'if est, au contraire, normalement la 

conséquence des fluctuations d'orientation qui se produisent dans le cristal 

llq SoUun milieu constitué par des molécules mobiles et de révolution, de 
réfractivités principales A = B et C, l'axe C oscillant par suite de 1 agitation 
thermique autour d'une direction fixe Qz, seul axe dhsotropie du milieu. Si 6 
est l'angle que fait C avec Oz à un instant déterminé, le nombre de molécules 
dont les axes font, avec cette direction, des angles compris entre et .0 + <iï est 
donné par une direction de la forme /(0). 2 *sin9.A indépendante du temps, 

avec rV(0)2'sm0rf0 = ^« étant le nombre de molécules contenues dans 

l'unité de volume. "',«."*■" 

Nous définisspns ainsi' un milieu dans lequel s'effectuent^ des fluctuations 

d'orientation autour dé la position moyenne Os; si a, est amplitude de la 
vibration diffusée par la molécule i arrivant en un point P éloigne, 1 intensité 
totale de la lumière diffusée arrivant en P est proportionnelle a la quan- 
tité n \¥- foVl, relation dans laquelle «,• désigne la valeur moyenne de a, et 
a] celle de a) (0; ceci à condition que les fluctuations d'orientation des diverses 

(») Comptes rendus 218, i 9 44 , P- 65a; ffla/istf, p. 229; 224,'. 9 47, P- '3q.- 
(-) JeanCabanms, La diffusion de la lumière, p. 211. . - .. 



^ SÉANGE DU 12 JUILLET 1948. 187 

molécules «puissent être considérées c©mme indépendantes les unes des autres, 
et en négligeant les fluctuations de densité. 

Appliquons ce résultat au cas l flf c'est-à-dire au cas où la lumière incidente 
vibre dans le plan de diffusion i plan perpendiculaire à O^, axe optique du 
milieu anisotrope; la lumière diffusée dans la direction cp peut être décom- 
posée en une composante d'intensité S od vibrant dans le plan de diffusion et une 
composante d'intensité r ç cd perpendiculaire à ce plan; nous trouvons : 



tod=A 



lai- — k 



. 3 ) S 

./*;+ a\ 2 ' (C-A)* 



- 2 cos- o ( — 






% I: 

n 






avec 



1 = 



/(0)2 7rsm :! 0ûT0, 






L = 



0)27r shrO d$, 



et k une constante ne dépendant que de la longueur d'onde utilisée. 

J'ai montré ( 3 ), d'autre part, que n e et-n étant les indices principaux du 
cristal liquide, ces diverses grandeurs sont liées par les relations ' 



iij, — 1 . 4x 



n 



n: 



C — (G-'A) 



ï-, 



n 



et 



n, 



l\T< 



n 



n\ 



■A 



A I ;i 
n 



et que les relations correspondantes pour le cristal solide de para-azoxyanisol, 
dans lequel les molécules sont parallèles les unes aux autres, donnent G et A. 
Nous pouvons donc calculer 1$/»; pour calculer .ï 3 /n, il faut expliciter la 
fonction de répartition /(6); -prenons ■ /(O) == oc e^\ par des intégrations 
graphiques, les constantes a et p peuvent se calculer connaissant ï 3 et n pour 
diverses valeurs de la température, et par conséquent ï 5 //i; d'où finalement les 
valeurs du facteur de polarisation p = Ç erf /E orf . Ces résultais sont réunis dans le 
tableau ci-dessous, p étant calculé pour <p égal à xo°, 



t, 
h 

n 

h 

n 

P. 



110°. 


122», 


132°, 


0,2Q 


0,25 


o,34 


0,07 


0, II 


-û,i8 


4 


â >7 


2, 1 



Nous trouvons des facteurs de polarisation très supérieurs à un, conformé- 
ment aux résultats expérimentaux; des résultats analogues étant obtenus dans 
les autres cas étudiés (l lt , II„ et II /; ) ? il paraît légitime de conclure que Pétai de 
polarisation de la lumière diffusée par les- cristaux liquides {type némàtique), 
résulte normalement des fluctuations d'orientation qui se produisent dans .ce 
milieu. ~ 



( :i ) Bulletin de la Société française de Minéralogie, 60, 1937, p. 335, 



l38 ACADÉMIE DES SCIENCES. * ' 

L'accord quantitatif avec l'expérience n'est pas parfait. Il faudrait sans 
doute, pour arriver à une meilleure concordance, serrer de plus pies la réalité 
en traduisant mathématiquement le fait que les fluctuations de deux molécules 
distantes de r et dont lés axes C font entre eux un angle <|> dépendent d'autant 
plus l'une de l'autre que r et ty sont plus petits. Ceci reviendrait à généraliser 
dans le cas desfluctuations d'orientation (dépendant de deux variables r et ù) 
la théorie qu'Ornstein et Zernicke(') ont donnée pour expliquer la diffusion 
de la lumière par les corps au voisinage du point critique à partir des fluctua- 
tions de densité (ne dépendant que de la seule variable r)>- 

GÉOLOGIE. — Plissements pliocènes supérieurs, et ^ mouvements quaternaires 
en Tunisie. Note de MM, Robert Laffitte et Etienne Dumon, présentée 
par M. Charles Jacob. 

I. Dans le Nord de la Tunisie/aux environs de Bizerte/près de Ferryviile, 
sur le bord Nord du Lac de TIchkeul ou Lac Tseldja, on peut observer des 
sables, grès et conglomérats incontestablement d'âge pliocène supérieur, 
d'après lès restes de Mammifères caractéristiques que nous y avons recueillis. 

Ces couches sont plissées". 

Dans le détail, voici la coupe que Ton peut relever : 

A la base, près de la tuilerie, affleurent, sur Taxe d'un anticlinal dont la terminaison 
disparaît sous le Lac, d^es marnes bleues à Foraminifères avec une faune de Mollusques du 
Pliocène inférieur : c'est là le Plaisancien. - 

Au-dessus, se voient vers l'Ouest des bancs à Çrassostrea marquant l'apparition d'un 
facièè littoral et peut-être même lagunaire : ils occupent la place de TAstien. 

Enfin, viennent des sables, grès et conglomérats bien visibles au voisinage du marabout 
; de Sidi bou Guêndoula et dont les affleurements se poursuivent, plus ou moins continus, 
sur environ 4 kra vers l'Ouest, disparaissant simplement çà et là sous les eaux du Lac. Ces 
couches fournissent de très nombreux ossements de Mammifères dont le sol apparaît par- 
fois comme jonché, et, parmi les dents qui leur sont associées, nous avons entré autres pu 
reconnaître les genres Hipparion et Elepkas dont l'association he laisse aucun doute sur 
l'âge villafranchien du gisement. Il est peut-être possible de préciser davantage; le genre 
Elephas étant représenté par E. planifrons, que Depéret considérait en Europe et dans le 
bassin méditerranéen comme caractéristique du Villafranchien inférieur, il. est vraisem- 
blable que l'on a à faire à ce niveau, indication corroborée par le fait que le gisement se 

trouve dans des couches immédiatement superposées au Pliocène inférieur et en apparente 

"■.■■' * 
continuité de sédimentation C 1 ). 

Un caractère remarquable du nouveau gisement est le fait qu'il est constitue 
par des couches qui, plissées en concordance a*éc les assises sous-jacentes, ont, 



(*) Pkys. Zeits.j 27, 1926, p. 761. 

.( i yM, Solignac a signalé Mastodon arvernensis à Ferryviile, à quelques kilomètres à 
peine du nouveau gisement que nous venons de découvrir, et il a attribué les sables qui 
contenaient ce fossile à FAstien {Et, gèoL de la T^/us^, Tunis, 1927, p.. 397), 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948.. l3o/ 

sur plusieurs kilomètres, un pendage compris entre 3o et 6o°. Ce fait démontre 
péremptoirement l'importance dans cette région d'une phase de plissement 
datant de la fin du Pliocène. 

IL Dans l'Est du Sahel tunisien, près de Monastir, localité éponyme du 
Monastirien, on peut, en outre des plissements postérieurs au Pliocène inférieur, 
observer des déformations certaines du Quaternaire. 

Le Miocène, et le Pliocène, affectés de pend âges nets, forment. Je substratum de la 
presqu^île de Monastir. Ils sont visibles surtout dans les falaises du. Nord et de rOuest, 
étant ailleurs recouverts presque partout par des dépôts quaternaires de plage caractérisés 
par Tabondance du Strombus bubonius Lmk. Ces dépôts se trouvent à des altitudes 
diverses, depuis les environs de la cote 39 jusqu'au voisinage de la mer. Pour de Lamoth.e ( 2 ) ■ 
il s'agit de deux plages distinctes situées aux environs de 1 5*" et de 3o m , la plage inférieure . 
étant Ja plage type du Monastirien. Contrairement aux idées de cet auteur, et avec à peu 
près tous les géologues qui ont étudié sur place la région, notamment Pomel ( 3 ), Pervin- 
quière et Flick ( 4 )-et plus récemment Solignac ( s ), enfin Denizot (' J ), nous ne voyons à 
Monastir qu'une seule plage à Strombes, s'inclinant plus ou moins rapidement suivant les 
endroits de la cote 39 jusque, en certains points, au voisinage de la cote 0. 

Denizot a expliqué ces variations d'altitude en considérant ces dépôts comme 
ceux d'une mer en régression, tandis que Flick .et Pervinquière les considé- 
raient comme dues à des mouvements du sol. Gomme les couches sont conti- 
nues et ne présentent pas "le caractère de cordons littoraux successifs, nous 
abandonnons l'explication de Denizot,; Celle de Flick et Pervinquière, que 
nous acceptons en gros, peut être nuancée. Lorsqu'on étudie le faciès paléon- 
toîogique-des couches de la cote 39 jusqu'à l'extrémité Est de la presqu'île/ 
c'est-à-dire vers le large, on constate la raréfaction, de certains Mollusques 
littoraux tels que les GéritheSj remplacés par des Turrit elles. Au contraire 
quand on se déplace de la cote 39 vers le Sud, c'est-à-dire en gros parallèle- 
ment à la ligne de rivage, on ne constate aucun changement important: du 
caractère bathymélrique de la faune, ce qui prouve que l'inclinaison des couches 
dans cette direcliôn est due à des mouvemenls du sol postérieurs à leur dépôt. 

De pareils mouvements ont d'ailleurs pu être décelés en de nombreux autres 
points delà Tunisie. Des graviers à silex paléolithiques sont plissés en plusieurs 
points du Sud tunisien près de Metlâoui et Redevenu ainsi qu'aux environs de 
Gafsa ( 7 ) et, tout récemment, en bordure des chotts, Castany et Domergue ( 8 ) 



p) BulL Soc. Géol. Fr. } 1905, p. 537-559. ■ . - 

( ;i ) Bull. Ec. Sup. Se. Alger, 1884, p. 92. ■ ■ 

(*) BulL Soc. Géol. Fr., 1904, p. 195-266. 

( s ) Description d'une nouvelle carte géol. de la Tunisie^ Tunis, 19-3 1 ; p. 56. 

( 6 ) Bull. Soc. Géol. Fr. 7 igBS, p. 565-Ô67. ; 

( 7 ) Houx, BulL Soc. Géol. Fr.,j.Q'^i } p. 267.; et Vaufrey, ' liev. géogr. phys, et géol.. 
dyn., Paris, 1934, p, 299. _ ■ , 

( 8 ) G. B, S, Soc. Géol> Fr. , 19^7? p- 167-168.. 



* l4o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

ont signalé des couches quaternaires plissées. II faudra donc désormais 
admettre l'existence et la généralité de ces mouvements dans l'interprétation du 
Quaternaire tunisien. 

III. En résumé, en Tunisie septentrionale, nous avons découvert un nouveau 
et riche gisement de Vertébrés d'âge vil] afranchien, dans des couches nette- 
ment plissées, ce qui démontre l'importance dans cette région d'une phase de 
plissement tardive, datant de l'extrême lin du Tertiaire. 

A Moriastir, le Quaternaire, caractérisé par la faune à Strombus bubonius, ne 
s'étage pas en deux niveaux distincts, mais constitue un seul niveau déformé 
"par des mouvements récents, déformations peu étonnantes dans un pays où le 
Pliocène supérieur est parfois plissé. Il n'y a donc pas lieu de parler d'un él âge 
Monastirien qui, présentant la même faune que le Tyrrhénien, ne serait carac- 
térisé que par son altitucle. 

GÉOLOGIE . — : Les formations glaciaires et fluvio-glaciaires de la feuille de Tarbes* 
Note de M lle Henriette Alimen, présentée par M. Charles Jacob. 

Dans l'impossibilité actuelle d'appliquer les termes dé Wùrm, Riss, Mindel 
en dehors des lieux où ils ont été définis, je désignerai les formations glaciaires 
pyrénéennes par des noms locaux. : 

. I. Vallée du gave de Pau. — II y a lieu d'y distinguer deux cortèges morai- 
niques (* ). Les blocs erratiques, v,estiges du premier (moraines externes 
anciennes ou du Château de Mourle), non encaissés dans les vallées actuelles, 
sont situés à l'origine du Cône de Ger. Elles se raccordent non seulement avec 
les dépôts fluvio- glaciaires de 46o-47o m signalés précédemment, mais encore 
avec une série de dépôts dessinant divers paliers sur les flancs du Cône de Ger, 
y compris les plus élevés/, comme l'a suggéré récemment F. Tallefer( 2 ). Tout 
cet ensemble a eu une longue durée. Les moraines externes récentes, celles du 
deuxième cortège, ceinturent les extrémités de 4 langues glaciaires encaissées 
dans les vallées (W. du Lac de Lourdes, Poueyferré, Sauœ, Bénac). Leurs 
terrasses fluviatiles, bien conservées seulement dans les deux vallées sèches de 
Loubajac et d'Adé, s'abaissent progressivement depuis leur origine (428-43o m ) 
pour constituer, la première la Lande de Pont-Long (65 m au-dessus du Gavé 
de Pau, à Pau), la seconde la terrasse d'Ossun (i5 ra seulement au-dessus de 
l'Adour). Ainsi la hauteur relative d'une terrasse est une donnée de portée 
essentiellement locale. Au stade dlarrêt dans la décrue qui a donné la moraine 
de Marcadau-Sarsan, avec l'arc plus avancé à'Anclades, les deux émissaires 
- septentrionaux étant abandonnés, une terrasse s'est édifiée dans la vallée 
d'Orincles-Bénac (4-i2 m près de la moraine), qui devient plus loin la terrasse de 



( a ) H. àumen, Comptes rendus, %%!*> 1947* P- 1170. ^,. 

( a ) Les Bassins glaciaires d'Arudy et de Lourdes {Mélanges géographiques ojferts a 
D. Faucher, 1948)- ' . ■ 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. i4i 

Juillan, inférieure de io m à la terrasse d'Ossun. Le recul s'accentuant, un lac 
s'est établi entre Aspin et les arcs morainiques les plus avancés des vallées. Ses 
dépôts constituent, à l'altitude de 4io-4i2 ol ,'-un palier horizontal qui. s'insinue 
également sur l'emplacement de l'actuelle vallée du Gave, presque jusqu'à 
Peyrouse. 

Moraines internes, ou moraines d'Argelès. — De couleur gris clair, à granités 
très frais, elles marquent le dernier épisode important des glaciers du Gave 
de Pau. Bien que leur passage aux formations fluviatiles soit presque 
totalement détruit, il semble qu'elles se raccordent aux terrasses moyennes. En 
effet, celles-ci .traversent Lourdes en demeurant au dessous des moraines 
externes (lambeau du Carmel à 388 ffi ). En amont, j'en ai retrouvé des vestiges 
à Aspin, 4io et 4oo ,n , au pied du Pibeste et à Geu, 4io~4i5 m . En aval de 
Lourdes, entre Peyrouse et Saint-Pé, .ces terrasses/ comprennent plusieurs 
éléments qui s'échelonnent jusqu'à 4o ra au-dessus du Gave, et qui s'abaissent 
vers l'aval (terrasses de Montaut, 3o m ^t deLestelle-Igon, i5 m ), pour finalement 
converger vers Pau en une terrasse unique de i5 m . En amont d'Argelés, on ne 
voit plus dans les hautes vallées que les arcs morainiques des stades de retrait 
récents, qui ne sont plus en rapport qu'avec les terrasses.de 2-5™. 

IL Vallée de FOuzoum. —Des moraines s'observent au Nord-Ouest d'Asson, ' 
au lieu dit Castell.a, # et près du village, installé lui-même sur le fluvio-glaciaire 
correspondant (34o m ). L'émissaire du glacier se dirigeait directement vers le 
Nord^sans emprunter le cours actuel de POuzoum en aval d'Asson. Ses allu- 
vions* surmontent le Gave de Pau de 6o~65?\ Get ensemble paraît se 
paraliéliser avec les moraines externes de Pouey ferré- Saux . En outre toute la 
vallée de l'Ouzoûm est emplie de dépôts glaciaires. Arthez-d'Asson est perché 
ti6 m plus haut que le torrent actuel, dans un vaste fond d'auge couvert d'une 
moraine de fond, qui est sans doute conlemporaine des moraines terminales 
d'Asson. En amont d'Arthez, des vallums plus encaissés^jalonnent le cours de 
l'Ouzoum, stades divers du dernier glaciaire de vallée (moi-aines internes). 

III. Vallée de VAdour. — J'y retrouve une succession analogue à celle du 
Gave de Pau. Les blocs erratiques de MérilHeu, Cieutat, Loucrup {moraines 
externes anciennes) proviennent d'un glacier non encaissé; ils sont situés sur 
lés racines du Cône de Lannemezan. Leurs dépôts fluvio-glaciaires s'échelonnent 
sur les flancs des plateaux depuis les abords de leur sommet (Visker). Les 
moraines externes récentes {moraines de Bagnères) se voient sur les pentes de la 
vallée, à l'Est de la ville, notamment de 556 m à 6-1 o m (Adour à 543 m ). Le fond 
d'auge de ce glacier domine l'entrée du vallon de Salut à 570'*. Les formations 
fluvio-glaciaires, à quartz rubéfiés, de cette phase ne subsistent plus que 
fragmentées dans la vallée de l'Adour :■ Montgaillard 472™, route de Visker 
46_9 m , terrasse d'Odos 375 m ; elles équivalent à la terrasse d'Ossum (i5 ra au- 
dessus de l'Adour). Les moraines .internes (moraines de Sainie-Marie-de-Campan 
et de PEsponne) ont un beau développement, comparable à celui des moraines , 



ife ■ ■ ' . ACADÉMIE DES SCIENCES. 

d'Argelès, avec un état aussi frais. Elles passent à une terrasse de io m que l'on 
suit tout le long de l'Adour en aval dé Sainte-Marie, et sans doute aussi à des 
vestiges dlalluvions, de io m plus hautes, à granités frais qui existent à Bagnères. 
Enfin, plus en amont que Sainte-Marie, les terrasses de a-5 1 ' 1 se prolongent 
seules et se raccordent avec des vallums de retrait récents (la Séoube, Payolle, 
Gripp). ' 

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — La boutonnière du Richat en Adrar mauritanien. 
Note (*) de M. Jacques Richard-Mojlard, présentée par M. Emmanuel 
de Martonne, 

Au Nord-Est de Ouadane, le haut plateau dé grès ordoviciens (?) est affecté 
d'un accident qui semble unique en Afrique occidentale : une cuvette anticli- 
nale rigoureusement circulaire, d'une cinquantaine dekilomètres de diamètre, 
où dés affleurements successifs, durs et tendres alternativement,, donnent nais- 
sance à des côtes et des dépressions subséquentes, rigoureusement circulaires et 
concentriques, de diamètre régulièrement décroissant jusqu'en un centre 
déprimé. Imparfaitement reconnue par le Commandant Lauzanne (1920-21), 
le Richat fut signalé par M. Th. Monod (19.37) et reconnu par F. Jacquet (jnéd.). 

Tous les itinéraires, de l'extérieur, vers le centre, révèlent une structure 
homogène. Venant de rOuest-Sud-Ouest, j'ai recoupé : * 

i° la tranche du dhar de Ouadane, d'une centaine dé mètres de haut,* comprenant 
3 étages durs : grès quartzites en haut, grès durs, au tiers inférieur, calcaires à sile* près 
de la base, reposant tous sur des couches tendres etsçhisteuses, tantôt vertes, tantôt pour- 
pres. Les couches, concordantes, sont redressées dé 10 à 1 5° vers le centre; ■--■- 

2° sur 12 à i5 km une grande auréole déprimée,; ouverte dans les schistes tendres, acci- 
dentée de 6 petites côtes correspondant à des grès plus durs relevés vers le centre; 

3° la côte d° 8 ; de grès-quartzites, beaucoup plus puissante; le penclage s'accentue 
jusqu'à 25°; le sommet est nettement tranché en biseau par une surface d'érosion; ell« 
m'a paru très continue faisant du Richat central une cuvette fermée; 

4° la côte centrale, dite guelb Richat constituant un ovale très ébréché, formé, 
de 4 reliefs dissymétriques affrontés, dont le versant interne donne naissance à des falaises 
vives. Les sommets sont à la même altitude que. la côte n° 8. Ce guelb est formé d'une 
brèche à calcédoine, reposant en concordance sur des calcaires bleus dolomitiques cam- 
briens (?), qui affleurent au fond de la dépression centrale. Les pendages, périclinaux, 
sont de Pordre de 25 à 3o<\ 

En aucun point n'apparaît de discordance dans la structure du Richat 
quoique les pendages augmentent vers le centre. La brèche à calcédoine n'est . 
pas d'origine tectonique. On n'observe aucun phénomène de métamorphisme; 
aucun affleurement cristallin n'a été repéré, quoique j'aie relevé un petit bloc 
de diorite (non en place) entre les côtes 7 et 8. Cette roche est inconnue dans 
TAdrar sédimentaire. 



(*) Séance du 28 juin 1948. 



SÉANCE DU 12 JUILLET IO,48. lt\3 

Le Richat semble résulter d'une poussée laccolithique ; probablement pas 
doléritique car les dolérites dérangent peu en Afrique occidentale les roches 
encaissantes. On songe plutôt au rejeu possible de quelque intrusion ultime de 
granité du Précambrien moyen comme c'est le cas dans le plateau Bauchi de 
Nigeria et dans l'Aïr (G. Arnaud). 



zy'$o\ 



tl'io' 




2t e 30' 



Ûuadone 



'11°30* 



Interprétation de la vue aérienne du Richat par la Carte aéronautique préliminaire américaine. 
(Preliminary flight aiart Dakar- Casablanca 1 : 1000 000 printêd by the Ù. S. geolQgical Survey, 1943). 

L'âge de l'accident est incertain. Il est du moins post-ordovicieri. Mais on 
observe qu'il porte les traces d'une pénéplanation, suivie d'une reprise 
d'érosion, celle-ci pouvant être rattachée aux rajeunissements tertiaires (?) de 
la structure hercynienne de l'Adrar, tandis que la pénéplanation peut être 
contemporaine de celle antérieure au continental intercalaire . Le rejeu du. môle 
hypothétique de granité ultime pourrait donc être contemporain de l'oro- 
genèse hercynienne. 

MORPHOLOGIE VÉGÉTALE. — Fleurs dimères de Papaver setigerum, et leur 
interprétation diagr aromatique dans le cadre des Rhœadales. Note (*) de 
M. Jean Motte, présentée par M. Louis Blaringhem. 

Le réensemencement spontané de Papaver setigerumT* . C. en, terrain pauvre, 
a donné, après, plusieurs années, dans les dépendances de l'Institut Botanique 



(*)'■ Séance du 5 juillet. 19/48. 



i44 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



de Montpellier, une série de formes progressivement dérivées du type normal 
qui, d'ailleurs, se perpétue parmi elles. Ces formes manifestent un curieux 
' retour au type dimère fondamental des Rhœadales, qui s'exprime ici, de la 
façon la plus évidente, au niveau de la corolle généralement réduile à deux 
pétales alternisépales (fig. i). ' 

Les deux pétales du cycle interne ne sont pas, pour autant, absents. Ils 
existent, mais transformes en deux étamines, régulièrement épisépales, dont 
l'homologie ne saurait être méconnue. Dans certaines fleurs, en effet, existent 
concuremment, et se faisant face, une étamine et un pétale, tous deux parfai- 
tement définis {fig. 2). 

Dans les cas de réduction extrême, ce cycle dimère d'étamines existe seul 
(fig* 3). Plus souvent, quatre étamines disposées en diagonale s'y surajoutent; 
ces dernières sont toujours réparties en deux paires, opposées l'une à l'autre, 
insérées à l'intérieur et à la base des pétales du cycle externe (fig. 1 et 2). 




Un tel androcée répond de façon évidente au type réalisé chez les Cruci- 
fères. Il s'apparente également, et de façon tout aussi impérieuse, au plan 
floral des Fumariacées. 

Quant au gynécée, il se réduit rarement au delà de quatre carpelles en 
croix, correspondant, selon nos vues, à deux cycles dimères alternés. Exception- 
nellement l'un des carpelles, épipétales, avorte (fig. 3). Je n'ai pu trouver, dans 
le matériel dont je disposais, la forme bic.arpellée épisépale dont on est en 
droit de supposer l'existence. 

Sur ces bases on peut fonder quelques .considérations : 

La disposition diagonale des quatre étamines internes corrobore et confirme, 
en s'expliquant par elle, la théorie de la valeur préfoliàire de certaines pièces 



SÉANCE DU 12 JUILLET IO,48. i£$ 

florales dont les Crucifères sont le meilleur exemple (<). Chaque paire, épipé- 
lale, dérive ici, comme dans ce dernier groupe, de deux éléments foliaires 
dépendant d'un bourgeon axillé par les pièces de la corolle ' (jig. 2) Ainsi 
s'affirme, aussi bien chez les Papavéracées que chez les Crucifères, la dimérie 
parfaite du schéma fondamental. 

Ainsi s'explique aussi, par le même mécanisme, la disposition en triade.de 
certains éléments floraux qui se manifeste exceptionnellement chez les Papa- 
véracées, dans le cas étudié ici, et se retrouve constamment chez les Crucifères, 
et les Fumariacées. Dans ce dernier groupe, Vllypecoum doit être considéré, non- 
pas comme la forme archaïque tétrostémone donnant, par fissuration longitudi- 
nale des étamines épisépaies, le type héxostémone fixé chez les Crucifères, mais, 
au contraire, comme l'aboutissement d'une évolution qui entraîne la coalès- 
cence, par paire, des pièces diagonales de Tandrocée. 

BOTANIQUE. — Sur un genre nouveau de Moracée-Moroïdée des 
Philippines {Chevalierodendron) et sur sa structure nodule. Note de 
M. Jean-François Leroy, présentée par M. Auguste Chevalier. 

Un arbre dioïque endémique aux îles Philippines a été classé par 
E. D. Merrill, d'après des rameaux fructifères (Merrill, iâo5), parmi les 
Ulmacées-Geltidoïdées, et nommé par lui Gironniera glabra sp. nov. (<).' 
Quelques années plus tard, Elmer décrivait un échantillon ç? de la même 
espèce, sous le binôme Avhananthe negrosensis (Celtidoïdée) ( a ) et notait son 
étroite ressemblance avec l'espèce identifiée par Merrill (*). Enfin, en 1923, 
Merrill (■') réunissait L'une et l'autre espèce sous l'appellation initiale. 

La plupart des spécimens connus de cet arbre — dont en particulier un 
cotype (Merrill, i2o5) — se trouvent dans notre Herbier National au Muséum 
de Paris et nous avons pu en reprendre aisément l'étude. Les résultats 
auxquels nous sommes parvenu divergent considérablement de ceux de nos 
devanciers et méritent, pensons-nous, une attention particulière. 

Incontestablement cette plante n'est ni xmGironnierq, ni un Aphananthe . Qui 
plus est, elle ne peut avoir sa place dans les Ulmacées. Nous estimons qu'un 
caractère tel que celui de Imposition renversée des anthères dans le bouton, 
lequel caractère paraît avoir échappé aux descripteurs sus-nommés, représente 
un critère fondamental pour situer la plante dans les Moroïdées-Morées. 

- ' " ■ - ■ - - — ■ 

(*) J. Motte, Rec. Trav. Bot., Fasc. % 19^6, p. io-'i3. 

_(*) Philipp. Journ. Sri., \, suppl. 4a, 1906. 
H Leafl. Philipp. Bot., 2, 1909, p. 57a. ' 

H An Enumeraiion of Philippine Plowering Plants, % 1933, p. 3a-35. 
(*) Nous a-vons indiqué par ailleurs les invraisemblables confusions qui se sont établies 
entre ces deux genres pourtant bien distincts. 



^6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

De plus, la texture coriace ou subcoriace des feuilles, leur nervation 
çamptodrome constituent un ensemble detraits que l'on ne retrouve nulle part 
chez les Ulmacées, mais qui sont par contre fort fréquents chez les Moracées.^ 
Par ailleurs, par les stipules' terminales intrapétiolaires connées, par le cahce ' 
des fleurs 9, probablement persistant, les stigmates non filiformes, mais 
subulés, les fruits glabres, non comprimés, sessiles, en cymes courtes, les poils 
lecteurs lisses, cette plante s'éloigne sensiblement des Gironniera, Nous la 
nommons Chemlierodendron. glabrum, faisant d'elle ainsi le type d'un genre 
nouveau de Moroïdée ( 5 ). . . 

Si l'appareil conducteur foliaire des Gironniera est assez voisin de celui de. . 
certains genres de Moracées, établissant, à cet égard, un terme de passage de 
plus entre cette dernière famille et les Ulmacées, il n'en est pas moins assez 
particulier pour être distingué. Cette observation garde sa valeur dans la 
comparaison des structures foliaires des genres Gironniera et Chevalierodendron. 
Il faut d'ailleurs prendre garde quant à l'interprétation de la structure nodale. 
Pour nous, de façon générale, le nœud tel qu'il est déterminé par le raccord 
pétiole-tige, n'a qu'une valeur bien relative. Dans le cas précis qui nous 
occupe- une coupe transversale du pétiole de Chemlierodendron, si près soit-elle 
de la base, ne donne qu'une fausse indication sur la structure de la trace 
foliaire. De même une section de tige, au niveau du nœud, peut occasionner 
une lecture inadéquate aux faits. Avant même qu'aucune différenciation nette 
du bourgeon axillaire, avant aussi- que les ébauches stipulâmes soient saisis- 
• sables, 4-5 faisceaux pétiolaires sont déjà visibles dans une coupe au ^ 
•sommet du segment foliaire. Ce n'est qu'un peu plus bas encore dans la tige 
que le raccord stèle-faisceaux pétiolaires se définit nettement. A ce niveau 
3 faisceaux, i médian et 2 latéraux, sont en relief par rapport à. la stèle 
et forment une trace foliaire de type trilàcuhaire . On peut suivre le processus 
d'organisation nodale par l'étude du développement du ménstème terminal. 
Initialement, dès que s'ébauchent dans le primordium foliaire les cordons 
procambiaux, ils sont au nombre de 3 et constitueront le faisceau médian et. 
les deux faisceaux latéraux. Rapidement deux autres faisceaux apparaissent se 
raccordant aux deux latéraux; ils irrigueront les ébauches stipulâmes. Ulle-, 
rieûremént, d'autres anastomoses se manifestent : mais ontogémquement, le- 
stade premier de différenciation est trilacunaire. Il semble bien qu'il y ait une 
certaine liaison entre la présence de stipules et la structure trilacunaire, 
comme l'avait déjà noté E. W. Sinnott (1914)- r / 

Chez Gironniera par contre la trace est plurilacUnaire. L'étude seule de la 
base du pétiole induirait donc en erreur et conduirait à admettre à cet égard 
des rapprochements trop accentués. Chez les deux-genres en cause la stèle est 



(«) Nous dédions ce genre à M. le Professeur Auguste Chevalier. 



\ 



SÉANCE DU 12 JUILLET ig48. ' i^n 

d'ailleurs profondément différente; la sclérifieation, d'apparence plus cauli- 
n ai re que foliaire, étant accélérée chez Gironniera et déjà fort importante au 
nœud le plus rapproché du bourgeon terminal est encore nulle à ce même 
niveau chez Chemlierodendron. Comment se retenir dénoter au passage qu'une 
accélération de même ordre chez ce dernier genre pourrait peut-être conduire, 
par saut de la première phase, à une trace plurilacunaire? Il peut y avoir là 
une indication phylogénique. '..■■.- 

L'étude morphologique que nous avons faite de ces deux genres Gironniera 
et Ckemherodendron, évolués par rappel aux Ulmacèes dans leur ensemble 
et assez voisins, nous impose de considérer l'un ctl'autre comme appartenant 
respectivement aux Ulmacèes el aux Moracées. 



ALGOLOGIE. - Sur l'emploi du photomètre dam r étude de la sédimentation des 
Algues. Note (*) de M"' V.ugi.i BeneSova, présentée par M. Roger Heim. 

Les cultures d'Algues unicellulaires ou cénobiales se développent sur le fond 
des flacons de culture. C'est uniquement au moment où se produisent des 
formes flagellées que le milieu de culture se trouve peuplé dans toute sa masse. 
Les Algues, mises en suspension dans le milieu, se sédimenlent avec une 
vitesse variable suivant leurs caractères spécifique^ et le stade auquel est parve- 
nue la culture. Ce phénomène peut être étudié d'une manière simple à l'aide du 
photomètre de Meunier. Sur le trajet d'un faisceau de lumière parallèle est 
disposée une cuve, où l'on place la suspension d'Algues qui se sédimente. Les 
Algues absorbent une partie de la lumière du faisceau et la mesure photomé- 
tnque s'effectue grâce .à un dispositif, qui égalise l'intensité lumineuse ayant 
traversera cuve et celle d'un faisceau mécaniquement réglable. Si l'écran cons- 
titué par les Alguesest modifié parce que la sédimentation les fait sortir du 
champ lumineux, le réglage se trouve changé et ce changement fournit une 
mesure de la lumière que ces organismes absorbaient. 

Lorsqu'on trace les courbes photométriques en fonction du temps, pour des 
suspensions d'algues diverses, on obtient, des courbes comprises entre deux 
types extrêmes, l'un fourni par Scenedesmus obliquas par exemple, l'autre par 
Hœmatococcus pluvialis sous sa forme non flagellée. 

Le type de graphique le plus net se rapporte à la sédimentation d'une 
culture d Hwmatococcus comportant de grosses cellules au repos (kystes ou 
zygotes) et, d'autre part, de petites cellules sans flagelles (aplanospores) La 
courbe de sédimentation (1) comporte deux parties : l'une correspond à la chute 
des grosses cellules; c'est une droite à pente très forte: ainsi, une suspension 
qui détermine une absorption de 58 divisions du photomètre de Meunier 
tombe en i5 minutes à 16 divisions seulement. A ce moment se produit une : 

(*) Séance du 5 juillet 1948. 



!^3 ■ ' ACADÉMIE DES SCIENCES. 

rupture de pente, et c'est une nouvelle droite, extrêmement peu inclinée, qui 
traduira en plusieurs heures la sédimentation des petites cellules. 

Dans Vautre type, Scenedesmus obliquus, on distingue encore deux parties 



' COUHSZ {1, S)~ HAEMATOCÔÇCUS PLU)/. 
COVRBL(Z) SCENEDESMUS OBL. 




1&0 (Tanps; 



dans la courbe (2), mais les deux droites, beaucoup moins inclinées que 
chez Emmatococcm, sont presque dans le prolongement l'une de l'autre. Par 
exemple, une absorption de 92 divisions tombe en 160 minutes à 3o,5. Un 
changement de pente se produit alors et la sédimentation s'effectue très 
lentement pour les cellules qui demeurent en suspension . 

Lorsque les types cellulaires mêlés dans une même culture sont plus 
nombreux et fournissent des transitions entre les formes extrêmes, la courbe 
expérimentale (3) présente un raccord continu entre la pente correspondant à 
la sédimentation des cellules les plus denses, et celle relative aux cellules les 

plus lentes à tomber, 

Ufaut remarquer, toutefois, que la régularité des courbes n'est pas toujours 
aussi parfaite que dans les cas étudiés ici. D'une manière générale la première 
partie de la courbe, se rapportant à la chute rapide des particules denses, est 
régulière. Mais ensuite des irrégularités peuvent se produire : après une heure 
de sédimentation avec Scenedesmus, le contenu delà cuve est totalement clair 
el incolore dans sa partie supérieure, vert dans sa partie inférieure. La limite 
entre ces deux zones est souvent un plan parfait. La mesure totalise l'absorption 
très faible de la partie supérieure et celle encore importante de l'inférieure. 
Parfois, la zone traversée par les rayons lumineux devient plus claire que les * 
zones voisines. L'absorption a corrélativement baisse. Enfin, la zone éclaircie 
peut être traversée par une sorte de nuage de particules vertes qui remontent 
vers la surface, et, traversant le champ lumineux, augmentent nécessairement 

l'absorption. 

Les irrégularités ainsi créées sur la courbe sont au total moins importantes 



.SÉANCE DU .12 JUILLET 1948. \fa 

que ne le laisserait redouter l'apparence extérieure du phénomène. Elles ne 
retirent rien à l'intérêt que présente dans l'étude de la sédimentation l'emploi 
du photomètre, qui.complètë les méthodes d'examen microscopique. 

BIOLOGIE VÉGÉTALE. - Culture des Myxomycètes et production de substances 
( antibiotiques par ces champignons. Note de M. Marcel Locqu.x, présentée 
' par M. Roger Heim. >f 

. I. On a jusqu'ici essayé de priver les plasmodes de Myxomycètes du cortège 
bactérien qui les accompagne naturellement : a. par stérilisation de l'enve- 
loppe des spores ayant germination; b. par germination de spores en suspen- 
sion dans un grand volume de liquide, en se fiant au hasard pour obtenir des 
cultures pures; c. Par migration des plasmodes sur milieux stériles et non 
nutritifs ( ) : Toutes les espèces ne supportent pas de tels traitements, soit 
qu elles scent trop sensibles aux antiseptiques utilisés dans la première 
.méthode, soit que les plasmodes meurent d'inanition au cours des dix à 
méfcodT tS habitUellement Iléce ^ aire « lors de l'application de la troisième 

Nous avons, de notre côté, essayé la germination des spores et la culture des 
P • , °ï/ T SU ^ Iosé -^uco S é préalablement irradié parles rayons ultra- 
vio ets. Malheureusement les substances toxiques développées par l'irradiation 
si elles respectent les champignon filamenteux, tuent les Myxomycètes aussi 
bien que les bactéries. ,•'•'. 

Nous avons ensuite essayé l'action d'antibiotiques dilués sur les spores en 
germination, sur les simblospores, les myxamibes et les plasmodes. La 
penicdbne la streptomycine ( I0 à 5o U. par .cm'.) et la tyrothricine 
(o,5-i mg/om') ajoutées au milieu liquide, ou utilisées pour des- lavages 
quotidiens de la culture sur milieu solide, se sont révélées d'une innocuité 
absolue pour les plasmodes, tandis que la patuline, la furacine et l'acide 
nngulinique offraient une toxicité trop grande pour être employés. Dans le cas 
des plasmodes, en combinant le lavage avec la solution d'antibiotique et la 
migration sur agar lavé, on abrège de beaucoup la purification qui ne nécessite 

P 1 T ?V L ° U i Uatre transferts en moyenne, au lieu de dix selon la 
.méthode .de Cohen. De plus les plasmodes traités (surtout à la tyrothricine) 
poussent en général plus vigoureusement que les témoins. La germination des 
spores, 1 entretien des simblospores et des myxamibes dans des solutions de 
ces antibiotiques renouvelées quotidiennement pendant les premiers jours se 
lait aisément et conduit à des cultures aseptiques dans 8o % des cas 

Les plasmodes purs ainsi obtenus ont pu être entretenus plusieurs mois sur le 
milieu synthétique nouveau suivant : eau : IO oo; gélose : 3o; NaHCO, : o,i; 

(') A. L. Cohen, Bot. Gaz., 101, i 9 3 9 , p. 2 /,3. 

C. R., 1948, 2' Semestre. (T 227. Jf« 2.1 

10 



j5 académie dès. sciences. 

NaCl ■:■ 0,6; Cad,' : 0,1 ;' KC1 : 0,1; KH.PO* : 2; thiourée : 0,2; ergo- 
stérol : o ? 5; aneurine : o, 1 ; acide paraminobenzoïque : 0, 1 ; acide indoîy lacé- 
tique. : o,i - r xylose : 3; lévulose : 6; tyrosine : 0,2; leucine : 0,2; "alanine : 0,2; 

glycocolle : o, 3 grammes. ; 

IL L'action antibiotique des extraits aqueux de différents plasmodes a déjà 
fait l'objet d'une étude de. M lle J. Sobels ( 2 ). Nous pouvons préciser que les 
plasmodes étudiés par nous (n souches se rapportant aux : Fuligo septica j . 
Badhamia utricularis, Trichamphora pezizoidea) produisent chacun deux classes 
de substances antibiotiques : Tune thermolabile, fongistatique et baclériosta, 
tique, présentant en suspension aqueuse une biréfringence d'écoulement 
positive et révélant, après purification, une structure grillagée au microscope 
électronique, l'autre plus précisément fongistatique et plus stable. 

Dans les sporanges de sept espèces : Lycogala flavo-fuscum et epidendrum, 
Stemonitîs fusca, Tuhifera ferruginosa, Mucilago spongiosa, Reticulana 
Lycoperdon et Fuligo septica nous avons reconnu la présence de substances plus 
ou moins actives vis-à-vis des anaérobies classiques lestés par la méthode 
de A. R. Prévôt (*) au vert Janus. L'extrait de L. fia vo-fuscum contient au moins 
" deux antibiotiques dont l'un, insoluble* dans l'eau, présente en solution 
benzénique 3 bandes d'absorption : 444-4ôo m ^ 47M9° mE S 5o 7 -523^. 

De F. septica nous avons retiré des produits de dégradation des mélanines 

(inactifs) et deux acides actifs, jaunes en milieu réducteur, incolores à l'état 

oxydé," adsorbables sur alumine, présentant des propriétés chimiques et 

biologiques très voisines, que nous nommons Fuligoïque E (épiphasique) et 

. Fuligoïque H (hypophasique) 

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur la présence du chrome chez les végétaux. 
Note de M. Louis de Saint Rat, présentée par M. Gabriel 
Bertrand.. 

Au cours de ces dernières années, on a souvent signalé la présence de traces 
de chrome dans le sol de différentes régions du globe, ainsi que dans les 
cendres d'espèces végétales poussant dans ces mêmes contrées ( 1 ). 

L'accumulation anormale de chrome serait même pour A. Keiller ( 2 ), ainsi 
que pour A. J. van der Merwe et F. J. Anderssens ( 3 ) la cause de deux, 



H Comptes rendus, 226, 1948, p. io3o, ..■ _ 

(■■■>) Cf. M. Locquik, J. Locquin et A. R, Prévôt, Rev. de Mycologie, 13, 1948, p. d. 

(i) A. Dingwall, Andrew et H. T. Beans, J. Am. Chem. Soc, 56, 1934, p. 1666; 
R. A. Carrigan, Proc. SoilSc. Soc. Florida, % . i 9 4o, p. 92-^; Ws.. Hodgkis et 
B, J. ËRRiNGTON, Trans. Kentuoky Àcad. Sci,, 9, 1941, P- 17-20. 

( 2 ). Tea Quart., 12, 19%, p. 96-97. ■ 

(3) FarmingS. Africa, 12, 1937, p. 439~44o. . 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948, - I $ l 

maladies atteignant spécialement, dans certaines régions, les plantations de thé 
et de citronniers. 

- Les recherches sur la diffusion du chrome ayant généralement été conduites 
par la méthode spectrale, les données quantitatives que l'on retrouve dans la 
littérature scientifique sont trop peu nombreuses pour nous permettre de nous 
faire une idée précise de l'importance de cet élément. 

Pour étudier la répartition du chromé dans les organes végétaux, nous 
avons utilisé une méthode coiorimélrique basée sur la réaction à la diphényl- 
carbazide de Cazeneuve ('"'). . 

L'élimination des ions gênants, Cd, Mg, Hg, A g, Pb, Ni, Co et plus parti- 
culièrement Fe et Va, se fait en combinant ces éléments avec le cupferron dans 
la solution chlorhydrique des cendres préalablement débarrassée de SiO 
(Pinkus et Martin) ( 5 ). 

Les complexes insolubles sont extraits par le chloroforme à pH-i 8 

(P. Meunier) («). ' P ' 

Les complexes solubles de chrome et de manganèse restant dans la solution 
acide, sont minéralisés par le mélange sulfo-nitrique. La solution des sulfates 
est ensuite oxydée par l'acide persulfurïque, en présence de nitrate d'argent 
selon la technique mise au point à propos du manganèse par Gabriel 
Bertrand ( 7 ). r 

La couleur jaune de l'acide chromique formé est alors plus ou moins masquée 
par la coloration rose de l'acide permangamque. La réduction de ce dernier 
est obtenue par addition de nitrure de sodium qui ne touche pas à l'acide 
chromique. * 

La solution acide est alors additionnée d'une solution alcoolique de diphény I- 
carbazide, qui donne avec l'acide chromique une matière colorante violette 
dont la temte est suffisamment pure pour permettre une bonne mesure à l'élec- 
Irophotomètre. 

La relation entre la concentration et la densité optique, en lumière mono- 
chromatique, est pratiquement linéaire. ' 

^ En travaillant avec soin avec des réactifs purifiés, nous avons pu facilement 
apprécier des quantités de chrome de l'ordre de ï,i. Ce qui permet de réduire 
la prise d'essai aux environs de 5o s . 

Notre travail représente i35. dosages portant sur des plantes appartenant à 
29 familles botaniques. Nous avons dans toutes retrouvé du chrome sauf dans 
la levure de boulangerie, dans laquelle nous n'avons pu le caractériser, tout au 
moins avec une prise d'essai normale de 5o-, 



(*) Bull. Soc. Chim. Fr.\ 23 ; 1900/p. 701 et 25, 1901, p. 7 6i. 

(/') /. Chim. Phys.,%k, 1927, p. 83 et i'3 7 . 

(") Comptes rendus, 199 7 i 9 34, p. i 2 5o. 

( 7 ) Bull. Soc. Chim., 4° série, 9, 1911, p. 36i. . ■ 



x 5 2 académie des sciences. 

Si nous dressons le tableau des fréquences pour des teneurs comprises entré o 
et ioooot par kilogramme de matière sèche, nous obtenons les groupements 
suivants: 

Intervalles en T par kg Fréquences ^ 

de matière sèche. groupées. cumulées. 



o i 



i a jo. 



6 7 

ii à 5o.. .■'■•*- 2I 

5i à ioo...... -•*. l l - ' 4 5 

101 à 5oo ■ . * • & 2 ■ 97 

5oi à'iooo ;..-. 22 ii9' 

i oo i à 5 ooo • l 5 * l y(i 

5ooi à ioooo • 

;> ioooo. * . . . ....-• 



i i35 



L'examen de ce tableau nous montre que la majorité des échantillons 
examinés se classe entre 10 et ioooT avec une densité maxim a entre ioo 

et 5oo*f. "■-■'■ . # .■ , 

Lé Cresson présente une teneur exceptionnelle de 12 690"^. 

Les céréales panifiables et les légumineuses, qui jouent un rôle prépondérant 
dans l'alimentation de l'homme, se rangent dans la 2 e série (10 à 5oï). 

La Pomme de terre se signale par sa pauvreté, 2^ seulement. 

Parmi les fruits, la Cerise et la Poire sont les moins riches : 32? ; tandis que 
le péricarpe de la Pomme en contient 5oo? et la pelure 85o?. 

Le Champignon de couche contient i35? et le Cèpe 58t. Nous voyons donc 
que, comparativement aux* oli^o éléments les plus 'anciennement étudiés 
Fe, Mn, Zn, la teneur en chrome des végétaux est relativement faible. 

PHYSIQUE DU SOL. — Profil hydrique d'un sol de limon en période de non-drai- 
nage; possibilité de le définir par l'humidité moyenne d'une couche quelconque 
du sol. Note de M. Marc Hai^ire, présentée par M. Albert Demolon. 

Dans l'étude des'profils hydriques d'un sol, on part habituellement des 
déterminations faites, à un instant donné, sur des échantillons moyens prélevés 
à la sonde, et se rapportant à des couches successives de terre d'égale épaisseur,- 
depuis la surface du sol jusqu'à une profondeur donnée. Nous nous proposons 
de montrer, qu'en période de non-drainage (soit 1 à 4 jours après une pluie, 
suivant l'importance de celle-ci), le profil hydrique est pratiquement défini, 
tout au moins pour le type de sol étudié et sous le climat de la région pan- 
sienne, à partir du moment où l'on connaît l'humidité moyenne d'une couche 

quelconque du sol. 

Le graphique par « points » ;de la figure I a été établi en partant de près 
de 140 séries de déterminations de l'humidité effectuées depuis 1935 à la 
Station Centrale de Bioclimatologie agricole à Versailles, * dans une terre de 



SÉANCE DU 12 JUILLET ig48. l53 

limon, diversement travaillée ou cultivée. Pour chaque série de déterminations; 
on a porté en abscisses, l'humidité moyenne œ de la couche o-45 cm de pro- 
fondeur, définissant l'ensemble du profil considéré, et.en ordonnées, respec- 
tivement, les humidités moyennes y, y f } y' ! de chaque couche o-i5 cm , i5-3o cm ; 
3o-45 cm correspondantes. On voit que, dans chaque cas, il est possible de 
définir une courbe d'ajustement caractéristique, exprimant l'humidité- moyenne 
de chaque couche du sol j, y ou y n r en fonction de l'humidité moyenne 
du profil x, choisie comme paramètre commun. Inversement, les courbes 
d'ajustement trouvées, calculées par la méthode des moments, permettent de 
définir x en 'fonction- de l'humidité, d'une couche quelconque du sol. 



y» prélevemmfs 
" en *ola 1 



couche 
cultivés corresp^ 



fiG.I 




y= QOs^X-c^x+^/y^ojrx-ctfS;)^— o/osh- x +,a,i/x_6,82 



Pour expliquer la dispersion des points observée autour de chaque courbe 
d'ajustement, on doit attacher une importance particulière kV erreur expéri- 
mentale, liée au mode d'échantillonnage utilisé, l'humidité de chaque. couche 
de terre ayant été effectuée sur un seul échantillon moyen prélevé sur le mélange 
de terre correspondant à trois coups de sonde seulement. L'expérience montre 
que, dans ces conditions, l'écart quadratique moyen a de l'erreur commise 
sur y, y r ou y" est voisin de o,3, d'où une valeur maximum, de l'erreur 
de ±0,6, soit ±2a, si l'on se fixe o,o5 comme seuil de probabilité» Graphi- 
quement, ceci revient à dire que les limites de l'incertitude qui peut être admise 
dans la position relative d'un point expérimental quelconque, par rapport à sa 



l54 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

position vra*V A/telle que celle-ci serait déterminée si le nombre d'échantillons 
et de coups de sonde était théoriquement infini, peuvent être représentées 
par le parallélogramme a(3y8 (fig- I). 

Compte tenu de l'erreur expérimentale ainsi définie, les résultats obtenus 
montrent que la forme du profil hydrique du sol considéré est relativement 
indépendante non seulement des variations de structure du sol/ mais encore de 
la nature et de "l'état de développement du couvert végétal. Les courbes d'ajus- 
tement trouvées permettent en outre de préciser comment varie la répartition 
verticale de l'eau en fonction de l'humidité moyenne oc correspondant à 
l'ensemble du profil (fig. . II). -L'allure de cette variation montre que les 



Mumiàtt ê p. cent cte t *rre aèche 
10 15 20 



Fi&.l 




ic ie. 20 22 24 2a 



Variation de U forme du profil nvec X-Rum.rnou.de toute 
La couche de çot étudiez ?ù.i i .s e y 



pertes en eau subies parle sol, au fur et à ^mesure qu'il se dessèche dans sa 
masse, intéressent des couches de plus en plus profondes; On constate cepen- 
dant que, quel que soit le profil, celui-ci semble tendre asymptotiquement vers 
une constante qur n'est autre vraisemblablement que^la capacité de rétention 
du sol pour l'eau (environ 3i % de terre sèche dans le cas actuel). 



PÉDOLOGIE. — Sur certains caractères des croûtes calcaires en rapport avec 
leur origine. Note '(*) de M. Gilbert Gaucher, transmise par M. René Maire. 

I. Dans leur Note Sur la formation de la croate calcaire superficielle en 
Algérie, MM. J. Flândrin, M. Gautier et R. Laffitte ont contesté diverses 
observations que j'avais relatées dans une Note antérieure ( d ), notamment sur 
la genèse de ce dépôt et sur ses relations avec une hydrologie en rapport avec 
les massifs calcaires. ■ 

D'après la théorie de Pomel, qui, selon l'avis de MM* Flândrin, Gautier et 
Laffitte, expliquerait d'une façon satisfaisante leur formation, les croûtes 
calcaires et les croûtes gypseuses résulteraient d'une sorte d'incrustation 



(*) Séance du i4 juin 19^8. 

( a ) Confptes rendus, 226, 1948? P- 4*6 el 225, 19^7? P- *33. 



SÉANCE DU 12 'JUILLET 1948. x 5 5 

stalagmitique superficielle par suite des eaux plus ou moins salées et séléniteuses 
qui remontent par capillarité Ç 2 ! ). 

On admit tantôt qu'il s'agissait des eaux des nappes phréatiques, tantôt 
simplement des solutions du sol, ce qui ne suppose pourtant pas les mêmes 
conditions. Les croûtes se rencontrent dans les régions dubassinméditerranéen 
actuellement steppiques et désertiques où un rôle important était accordé à 
l'évaporation* par capillarité, les termes de croûte steppique et de croûte 
désertique connurent ainsi une certaine vogue. V 

IL Pourtant la puissance et l'extension des croûtes impliquent nécessai- 
rement la mise en œuvre de grandes quantités d'eau, ce qui s'accommode assez 
mai de climats steppique ou désertique même en faisant intervenir le facteur 
temps. D'autre part, le phénomène de la capillarité ne paraît pas capable 
d'engendrer de pareils dépôts : expériences et mesures montrent qu'il n'atteint 
pas l'ampleur qu'on lui supposait jadis ■(.*'). Aussi plusieurs géologues et 
pédologues ne se conformèrent-ils point àla théorie de Pomel et l'on rie peut 
pas prétendre que celle-ci fut unanimement adoptée. 

^ En i865, Fraâs considérait que les croûtes calcaires de Palestine, analogues 
à celles d'Afrique du Nord, étaient, au moins en partie, des dépôts traver- 
tineùx ( * ). Plus récemment D . Jaranoff attribuait la même origine aux croûtes 
du Maroc dont il avait étudié avec soin les Caractères pêtro graphiques ( 3 ). 
J. Bourcart fut aussi de cet avis( 9 >. D'autre part, après les pédologues russes 
(Glinka, Drauitzine) divers pédologues français Erhart ( 7 ), Oudin ( 8 ), 
Yankovitch ( 9 ), assimilèrent ces formations à des ortsteins de décalcification. 
Enfin pour Del Villar ( 10 ), les croûtes seraient des dépôts gleïgènes formés* la 
partie supérieure des nappes phréatiques. 

III. On ne peut expliquer la genèse» des croûtes calcaires sans tenir compte 
de plusieurs considérations d'ordre chimique et pétrographique. 

L'étude de la réaction chimique qui rend compte de la solubilisation ou 
de la précipitation du calcaire (") révèle que, sans qu'il y ait évaporatïon, 



( a ) Pomel, Description stratigraphi^ue générale de T Algérie, '1889. Cette théorie avait 
déjà été émise par Pomel en 1877, elle reprenait celle qu'avait* suggérée Picard en 1868. 

( 3 ) Papadakis, Écologie agricole, 1 9 38, p . 87 et Demolon, Dynamique du Sol, i 9 44, p. 1 82 ". 

(*) Voir historique des théories relatives à Ja croûte in Miège, Première Étude sur lès 
sols du Tadla, 194* .' 

( 5 ) Rêv. Géog. Phys. et Géol. Dyti., i$3y, p. i3o. " \ 

( 6 ) Bull. Soc. Géol. France, 1^38,. p.. 421. 

( 7 ) Traité de Pédologie, i, i 9 35, p. 186. 

( 8 ) Bull. Ass. Mar. Élude du sol, Rabat, 1939. 

. .(»), Etude pédoagro logique de la Tunisie, 1985. 

( 10 ) Rapport entre Teau souterraine et la typologie des sols Glei et croûtes Rabat 
1938. . 

. (") GO i+ CO :{ Ca^H 2 0^(CO s H)^Ca. 



ï56 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

ce 'dépôt' peut être provoqué par différents facteurs ; changement de tempé- 
rature ou de pression," dégagement de C0 2 ou simple phénomène d'interface 
résultant d'un changement de milieu. Il est donc bien probable que toutes les 
croûtes ne reconnaissent pas un seul et même processus de formation. Les phéno- 
mènes d'interface provoquent dans les conduites d'eau des dépôts de calcaire 
dont ïa morphologie rappelle assez certaines croûtes : on ne saurait évoquer 
dans ce cas l' évaporation ! 

Un examen pétrographique des croûtes montre l'existence constante de 
deux couches très différentes : la supérieure toujours mince et à structure 
zonaire, l'inférieure à structure et à puissance variables. Là première paraît 
bien être formée par la décalcification des horizons supérieurs, la deuxième 
est généralement trop épaisse (jusqu'à . à m j pour être due au même processus. 
La distinction entre ces deux couches est à mon avis fondamentale ( ia ). 
- La teneur élevée en carbonate de chaux, couramment 85 a o,5 %, d'un 
très grand nombre de croûtes, implique l'absence de tout horizon préexis- 
tant, a travers lequel révaporation se serait produite (théorie de Pomel) ou 
dans lequel le calcaire se serait accumulé per descens um (théorie assimilant 
là croûte à un ortstein). Ces croûtes de calcaire presque pur se sont vraisembla- 
blement formées à V air libre. .■'■■-■ 

La croûte se trouve parfois^immédiatement superposée à une roche imper- 
méable, sur un basalte par exemple, dans la région d'Qujda (Maroc), 
dans ce cas également il est impossible de faire intervenir tout processus dé 
formation par évaporation. , r 

On observe aussi, fréquemment, la succession suivante : une croûte de calcaire 
presque pur, épaisse de plusieurs décimètres, un banc de galets consolidés par 
la croûte, enfin, dans un sous-sol sableux ou limoneux, des traînées verti- 
cales de concrétions calcaires pouvant se poursuivre jusqu'à une dizaine de 
. mètres de profondeur. L'encroûtement par le calcaire est continu d'un horizon 
à l'autre et ne peut s'expliquer par évaporation superficielle; il s'agit d'un 
ancien thalweg encroûté et les concrétions du sous-sol sont dues à l'inféro-flux. 

(Théorie de delVillar.) 

Certains de ces caractères, notamment la .puissance de nombreuses croûtes, 

leur extension, leur teneur élevée en C0 3 Ca, leur formation à l'air libre, 

incitent à penser qu'elles ne résultent pas d'un processus pédologique, mais 

bien d'un phénomène géologique. Si la cause ^déterminante de la précipitation 

du calcaire n'est sans doute pas la même pour toutes les croûtes, l'apport de ce. 

calcaire n'a pu être opéré que par une activité hydrologique. 



( 12 ) J'ai relaté et commenté cette observation pour la première fois le i4 décembre ig/^S 
au cours d'une communication à là Section Algérienne de l'Association Française pour 
l'Étude du Sol. 



SÉANCE DU 12 JUILLET 10,48. 



57 



ZOOLOGIE. — Epitoquie expérimentale chez deux Polychètes : Perinerêis 
cultrifera Grube et Nereis irrorata Malmgren. Note de M. Maurice Du-rchox, 
présentée par M. Louis Fage. 

Ces deux Néréidiens présentent dans l'es deux sexes une forme héléronéréi- 
dienne avec développement, aux parapodes moyens et postérieurs, de lames 
foliacées et de soies natatoires qui remplacent les soies néréidiennes. L'épitoquie 
coïncidé toujours avec la période finale de maturation des produits génitaux, 
la métamorphose commençant environ un mois avant la date de reproduction 
pour s'achever quelques jours avant lés essaimages qui marquent la fin de la 
vie de ces Polychèles. Perinerêis cultrifera, bien étudiée par Herpin, vit trois 
ans et se reproduit, en Manche, au mois de mai de sa troisième année. Nereis 
irrorata, qui vit au moins deux ans, a sa phase hétéronéréidienne en août et 
septembre. 

Au cours d'expériences destinées à rechercher le déterminisme de l'épitoquie, 
j'ai pu déclencher la métamorphose, en dehors des périodes normales de 
reproduction chez des exemplaires de ces deux Néréidiens récoltés à la station 
de Luc-sur-Mer. 

Des individus jeunes, dont les produits génitaux n'étaient pas encore tombés 
dans le cœlome, et des adultes pris cinq à trois mois avant la maturité 
sexuelle, ont été sectionnés en deux tronçons, par une ligature située à peu près 
au milieu du corps. Un m'ois environ après cette opération, toutes les parties 
postérieures ont subi un commencement très net de métamorphose/ tandis que - 
les parties antérieures n'ont montré aucune transformation et que les individus 
témoins sont restés complètement atoques. Plusieurs tronçons postérieurs ont 
pu être maintenus vivants jusqu'au stade de la poussée des soies natatoires. 

Ces recherches préliminaires montrent donc que l'épitoquie peut être 
provoquée expérimentalement en dehors de la maturité sexuelle et même en 
l'absence de produits génitaux dans le cœlome. 

Les causes de cette épitoquie précoce ne sont pas à rechercher dans 
l'influence de l'inanition à laquelle se trouvent évidemment soumis les tronçons 
postérieurs, .puisque des Perinerêis cultrifera intactes, soumises, à un jeûne de 
cinq mois, ne se sont métamorphosées qu'à la. période normale. Mais d'autres 
expériences, actuellement en cours, semblent indiquer que l'épitoquie est, chez 
certaines espèces, un phénomène spontané, ne dépendant directement ni de 
l'état de maturité génitale, ni de l'âge de l'individu. Ce phénomène demeu- 
rerait longtemps inhibé, très probablement par quelque action de la région 
prostomiale, comme je me propose de le montrer dans une communication 
ultérieure. 



58 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



BIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. : — Le couvain,- estomac de la ruche. * 
Note de- M. Maurice Mathis, présentée par M. Emile Roubaud. - 

' Réaumur a défini le couvain : l'ensemble des stades, embryonnaires larvaires 
et nymphaux des abeilles. Le. nid à couvain est la partie des gâteaux de cire 
occupée par les œufs, les larves et les nymphes. Pour nous, le nid à couvain est la 
zone isotherme stable, présentant le degré de chaleur et le degré hygrométrique 
constants, correspondant à l'optimum du développement des jeunes, de l'œuf 
. à l'imago. Cette zone de développement avait été bien observée, puisque Délia 
Rocca en 1789 écrit : « On doit encore observer, une particularité que tous les api- 
culteurs savent ? c'est que les abeilles ne remplissent jamais en entier un rayon de 
couvain : il ne se trouve que dans le milieu; sa partie supérieure, dans deux ou 
trois pouces de largeur et les bords des rayons sont vides, ou ne contiennent que 

du miel. » ■ 

De la naissance au troisième jour, les larves reposent sur une espèce de 
bouillie ou gelée blanchâtre (gelée royale des apiculteurs). Si l'on colore avec 
du bleu de méthylène ou du rouge neutre le sirop de sucre qui est donné aux 
abeilles, on peut constater la présence de ce sirop coloré dans certaines 
cellules, mais jamais la bouillie ne présente la moindre coloration; ce qui 
démontre expérimentalement que cette bouillie n'est pas une régurgitation, 
mais un produit véritablement élaboré et sécrété par les glandes pharyn- 
b giennes des abeilles-nourriee> 

Du troisième au cinquième jour, on trouve dans le tube digestif des larves 
une grande quantité de grains de pollen. Cette nourriture a été donnée aux 
larves de la bouche même des abeilles-nourrices. 

Au stade prénymphal, le tube digestif des larves se trouve vidé de cet amas 
de pollen en partie digéré. Gomme on ne le trouve pas dans le fond des 
cellules, c'est qu'il a été repris par les abeilles elles-mêmes. 

On peut donc considérer comme un fait établi expérimentalement que les 
échanges trophobiotiques de E. Roubaud se font dans les deux sens: abeilles- 
larves, larves-abeilles. 

Le couvain (larves de 3 à 5 jours) que nous disons actif représenterait donc 
V estomac de la ruche. C'est lui qui posséderait les sucs, digestifs les plus 
capables de digérer le pollen et les sucres du nectar. Cette conception nouvelle 
s'appuie sur l'ensemble des faits suivants : \ 

i° Au cours de la période hivernale, alors que le couvain n'existe plus, la 
consommation de miel est à peu près nulle. 

2° A Toute colonie qui est privée de couvain depuis un certain temps ne 
récolte plus ni pollen ni nectar. 

3° Des abeilles isolées, sans reine et sans couvain, ne transforment jamais le 
nectar, ou le sirop de sucre coloré, en miel operculé. Elles négligent le sirop 



SÉANCE DU 12 JUILLET igfô. 1 5g 

de sucré mis à leur disposition., ne sécrètent plus de cire et tombent dans une 
inaction complète. Elles meurent en moins de i5 à 20 jours. 

4° Des abeilles isolées dans une ruchette avec une reine vierge et sans 
couvain transportent le sirop de sucre distribué dans les cellules de cire, mais 
ne le tranforment jamais en miel opercule. 

5° Des abeilles nées d'un cadre de couvain opercule isolé, malgré la 
présence de pollen dans les cellules, de nectar et de miel operculé, ne tardent 
pas à mourir, après être tombées dans la plus parfaite inaction. 

6° Des abeilles isolées avec une reine vierge peuvent récolter du pollen sur 
les fleurs, mais ne le consomment jamais. Au contraire, dès qu'on leur donne 
du couvain, elles . l'absorbent immédiatement et en grande quantité. 

Comme preuves inverses nous avons les faits suivants ; 

i° C'est à l'époque du grand élevage du couvain que les abeilles déploient la 
plus grande activité, récoltent le plus de pollen et de nectar/qu'elles amassent 
les plus grandes quantités de miel operculé. .'. ■ 

2 La présence de couvain de larves destinées à donner des mâles ou faux- 
bourdons donne à la colonie uae activité débordante. Cette activité serait liée 
aux grandes quantités de diastases digestiyes sécrétées par ces grosses larves, 

3° Un essaim nouvellement établi, et qui possède une grande quantité dé 
larves, travaille avec une activité considérable ; dans le cas' d'une reine inféconde^ 
ou qui disparaît au cours de son' vol" nuptial, l'essaim qui ne possède pas de 
couvain tombe très rapidement dans l'inaction la plus complète et toutes les 
abeilles périssent en quelques semaines. 

En résumé, _cet ensemble d'observations nous amène à considérer les abeilles 
comme des insectes non seulement atrophiés au point de vue sexuel (ce que 
tout le monde reconnaît), mais encore comme des insectes atrophiés au point 
de vue des sucs digestifs. * 

Ces faits éclairent d'un jour nouveau la physiologie de la ruche. Us 
permettent de bien comprendre les rapports trophobiotiques réciproques qui 
unissent les abeilles à leurs larves ainsi que le rôle considérable joué par les 
mâles dans la colonie, rôle qui n'est pas simplement réduit à celui d'un vol 
nuptial hypothétique; par ailleurs, ils ouvrent des horizons d'une grande 
portée sur la digestion du pollen et du nectar, sur la formation des essaims 
naturels et par répercussion, sur certaines maladies des abeilles, maladies qui 
frappent les larves et qui sont connues sous le nom de loques. L ; 

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur V assimilation du 2,.3-butanediol et de A' 'acétoïne 
par les bactéries. Note de MM. Maurice Lemoigne et Michel Hooreman, 
présentée par M. Gabriel Bertrand. 

Le 2 . 3-butanediol ( CH, — CHOH — CHOH — CH 3 ) . et l'acétoïne 
(GH 3 — CHOH — GO — CH 3 ) sont des produits presque constants du meta- 



160 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

bolïsme bactérien des glucides. Existant parfois à l'état de traces, ils peuvent 
aussi s'accumuler dans les milieux de culture. Le problème de leur utilisation 
par les bactéries a donné lieu à des travaux nombreux et contradictoires que 
nous exposerons ultérieurement. Pour les uns, ce sont des produits intermé- 
diaires du métabolisme glucidique, pour les autres, au contraire, ce sont des 
substances finales. On peut en conclure que l'assimilation ou la non-assimi- 
lation de ces produits est une question d'espèces et même de souches micro- 
biennes. 

Des recherches déjà anciennes, reprises grâce à des techniques nouvelles de 
dosage, nous conduisent à admettre que si le rôle de la souche est indéniable, 
celui des conditions de nutrition de l'organisme est au moins aussi important. 

Nous avons utilisé un bacille du -groupe de Bacillus Subtilis dans un milieu 
synthétique contenant, pour ioo cmi , i* de N0 3 K et 3 S ,5 de glucose (essai I) ou 
des doses variables d'azote ammoniacal et i g ,i de glucose (essai H). 

Les résultats sont exprimés en milligrammes pour ioo cia3 pour la somme 
(B + A) du bùtanediol (B) et de l'acétoïne (A), pour le glucose et la matière 
sèche et en jours pour les durées d'incubation correspondantes. Les analyses 
ont été faites au moment où la somme (B H- A) atteint son maximum et à la fin 
de l'essai. - 

Résultats correspondant au maximum dé (B H- A) Résultats finaux ; 

Durée , Matière sèche Durée • 

- "j ■ ■ delà Glucose des delà 

; culture (j). restant. (B.+-A). bacilles. culture (j). (B -h A) 

_ " ■ Essai I. 

i° Aération faible.,,.. .. . 9 4<>o 770 170 17 276 

2 » moyenne . 4. *oo 319 5i5 5 122 

3° », forte 2 o . 124 5/J3 '4 7 • 

Essai II. * - 

!69,i... 20 182 ' 236 ' 4 3o 

i4,6,i.... 3 35. 208. 70 i4 106 

5,9 7 ". .0 3i3 58à55 .16 290 

D'autre part, même avec une alimentation azotée et une aération suffisantes, les 
produits en C\ s'accumulent s'il y a dans le milieu un^excès de glucides (teneur 
initiale en saccharose : 10 à ao g . pour ioo cm3 ). 

Ainsi, suivant qu'ils sont en quantités insuffisantes ou en excès, l'oxygène et 
l'azote assimilable provoquent soit l'accumulation du bùtanediol et de l'acétoïne 
soit leur utilisation dès que les glucides ont disparu. 

En milieu minéral glucose, B, megatherium produit très peu de bùtanediol et 
d'acétoîne. Mais si l'on ajoute ce glycol au milieu, il est à peine attaqué tant 
qu'il reste, du glucose, alors qu'il est détruit ensuite complètement, ainsi que 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. jg t 

l'acétoïne qui se forme transitoirement. Dans un milieu sans glucide, le butane- 
diol peut être utilisé par ce bacille comme seule source de carbone. Dans les 
mêmes conditions, B.polymyxa qui donné beaucoup de ces composés en C, 
paraît incapable de les attaquer. . - *> 

D'après ces essais, le butanediol et l'acétome apparaissent non pas comme 
des produits intermédiaires nécessaires de la glycôlyse, . mais comme des 
produits «latéraux» dérivant de' produits intermédiaires'. Leur non-toxicité 
rend leur accumulation dans le milieu inoffensive. Mais quand les conditions 
de la croissance microbienne restent favorables, et que les glucides ont disparu, 
ils peuvent les remplacer comme source de carbone et d'énergie. 

Ainsi ces produits, dont l'ubiquité montre l'importance biologique, jouent, 
dans certains cas, le rôle de substances de réserves extracellulaires. Mais nos 
essais ne prouvent pas que ce rôle soit unique. " 

CHIMIE BIOLOGIQUE. _ Les antipodes optiques de V alanine , de la valine, 
de la leucine et de Jisoleucine comme source de carbone pour diverses 
bactéries (»),. (>). Note (*) de M. Jacques Nicolu et M"° Yvohke Joyeux 
présentée par M. Jacques Tréfouël. ' ■ 

Nous publions cette Note pour fixer dès' maintenant certains points d'une 
étude générale sur l'isomérie. " 

Nous avons utilisé notre milieu synthétique habituel (>■), (*) dans lequel 
la source carbonée était constituée par l'un des antipodes optiques des 
armno-amdes figurant au titre de la présente Note (huit combinaisons). 

Nous donnons çi-après un tableau résumant les résultats de nombreuses 
expériences réalisées chacune avec diverses souches de plusieurs espèces 
microbiennes. Ëtuve 37°C. . , 

Plusieurs cas se présentent : 

A. Les espèces 1, 2, 3, 4 utilisent (mais avec des vitesses décroissantes) 
/(+) alanine, /(—) alanine et /(—) leucine. 

■ B .Les .espèces 6, 7, 8, 9 utilisent (avec des vitesses décroissantes) 
/ ( -+- ) alanine et / ( — ) alanine, et seulement ces deux antipodes. - 

C. Les espèces 10, i 1, 12, 13, 14 n'utilisent aucun dés corps étudiés. 

D. L'espèce 5 (pyocyanique) utilise avec des vitesses décroissantes les deux 
antipodes de l'alanine et de la valine. 

Aucune espèce envisagée n'utilise les antipodes de la valine (sauf 5), ceux de 
1 isoleucine et l'antipode droit de la leucine. ' 

■(*) Séance du 5 juillet 1948. 

( ! ) Produits de la Maison Hoffmann-Laroche, Paris. 
(0 Souches de l'Institut Pasteur de Paris. 
" ( 3 ) J.Nicolle, Comptes rendus, 218, 1-944, p. 482, 

(*)■ À. Lwoff, F, Nitti et M- Tréfoubl, Ann. Inst. Pasteur, Paris, 67, i 9 4i, p. I77 . 



IÔ2 



-ACADÉMIE DES SCIENCES 



Sources de carbone (*). 



Alanine. 




96 +i44 

48 +120 

192 -4-216 

4'8 4- 72 

72 -4-' 80 

192 -+-2o5 

-h *48 -f- 96 

h-i44 +168 




Isoleucine. ' 



o 

o 




o 

o 

o 



o 

o 

o 

o 
o 



o 
o 
o 
o 





Espèces bactériennes. 

1. Typhi murium. . 

2. E. Goli 

3. Gartner ........ 

%. Paratyphique B. 

5. Pyocyanique . . . .^ 

6. Friedlànder. . 

7. Subtilis . 

8. Protéus ........ 

9. Morgan II 

10. Morgan I. ..... . 

11. Paratyphique A.. 

12. Eberth.. 

13. 7 Flexner . ....... 

14.. Shiga 

Nota _ + indique une croissance totale et le chiffre placé à droite, le nombre d'heures pour 
ratteindre.- indique qu'il n'a pas été constaté de croissance, o indique qu'il n'y a pas eu d expérience 

réalisée dans ce cas. ^ " 

(*) Dans chaque colonne, l'antipode naturel'est inscrit; en premier. . . 

Nous donnons ici les courbés comparatives de croissance d'une souche de 
Typhi murium Danitz avec les sources de carbone indiquées. Mesures des 
densités optiques en raie verte à Pélectrophotomètre /Meunier. Ces courbes 
précisent l'allure des phénomènes. 



o 

.0 



o 
o 



o 
o 



o 
o 



ZOO- 



450 




.13"J0 



Ai Jour) 5 



4&» <f1 H 1B»3Q 



44 -f4 



4, rf-glucose; 2, l(-) alanine; 3, l( + ) alanine; 4; £ ( — ) leucine; . 
5, milieu sans source de carbone; 6, eau bidistillée. 



IL Nous avons vu que les amino.acides tels que /( + ) leucine par exemple 
ne sont pas utilisés comme sources de carbone. Nous avions pensé depuis long- 
temps à rechercher si ces corps n'avaient pas une action empêchante. Nous avons 
depuis peu entrepris des études à ce sujet et il semble d'après les premiers 



SÉANCE DU 12 JUILLET 1948. ■' ^3 

résultats que dans certaines proportions [quand le rapport '/( + ) l euc ine 
a la source carbonée utilisée est supérieur à l'uniié] une action empêchant la 
croissance se manifeste et que l'on peut même arriver à interdire complètement 
toute croisssance. 

Nous espérons donner prochainement des résultats plus précis dans ce sens 
et également présenter l'utilisation des amino-acides objet de cette Note comme 
source d'azote et aussi dé carbone et d'azote ( 5 ). 

Conclusions. — i" Certaines espèces bactériennes utilisent les deux antipodes 
d un même corps mais avec des vitesses différentes; a» d'autres n'udiisent que 
1 un des antipodes- 3° certains corps sont utilisés par des espèces et non par 
d autres; 4° certains antipodes non utilisés semblent avoir une action 
empêchante; 5» dans tous les cas la vitesse d'utilisation est plus grande pour 
1 antipode naturel que pour l'autre. . 

MÉDECINE. - Résultats statistiques de la réaction sérologique de diagnostic 
du cancer. Note de MM. Max Aeos, René Fontaine et Paul Buck 
présentée par M. René Leriche. , ' 

Depuis de longues années, l'un de nous (M. Aron) a consacré de nom- 
breuses- pubbcadons à la mise au point d'une réaction sérologique de dia- 
gnostic du cancer, dont on trouvera la description détaillée dans ses travaux 
antérieurs. 

Pour éprouver la valeur pratique de celte méthode nous ~avons procédé 
comme suit : v 

Des échantillons de sang furent prélevés sur des malades de la Clinique 
Chirurgicale A de Strasbourg, atteints d'affections diverses, néoplasiques et 
autres. Ces échantillons furent confiés, à l'auteur de la méthode sans aucun ' 
renseignement autre qu'un simple numéro d'ordre. Après io 7 examens suc- 
cessifs, nous avons procédé au dépouillement de nos observations : 

En voici les résultats : 

Les 107 analyses faites appartenaient à 102 malades parmi lesquels : 

, r . • Malades. Analyses. 

Anections cancéreuses diverses '34 3g 

» ' non cancéreuses diverses. 68 . 68 

iotaux ■■,, 102 107 

A. Parmi les 3 9 réactions faites sur 34 cancéreux nous avons obtenu : 

y 

34 réactions franchement positives. . ; 85 3 

2 réactions douteuses mais plutôt positives... 5 ; q. 

■ ■ 1 réaction douteuse mais plutôt négative 2 ^5 

1 réactions négatives. .... .- x ^ 



~w 



( 3 ) J. Nicojjue, Comptes rendus, 220, 1945, p. 863. 



jflA ' ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ce qui fait, en ajoutant aux cas franchement positifs ceux où la réaction 
demeura douteuse, mais plutôt positive, approximativement 91 % de résultats 

exacts/ 

Voyons maintenant la contre-épreuve : . 

B, 68 remuons faites sur autant de malades souffrant d'affections indiscuta- 

blement non cancéreuses, nous ont donné : 

•61 réactions négatives. 9*, 4 % 1 réact. douteuse, plutôt positive. 1 5 % 

2 réactions douteuses......... 3,o 2 réactions posu.ves 3,o() 

En somme, sur une série de- io« malades, choisis en toute indépendance par 
les deux chirurgiens signataires de cette Note, et soumis par eux à un contrôle 
diagnostique, opératoire et anatomopathologique, minutieux, 107 réactions 
sérologiques de diagnostic du cancer, faites par l'auteur de la méthode lui- 
même tenu dans l'ignorance du diagnostic clinique/que nous avons enregistre : 

C 85 ; 3 % de réponses exactes 
Pour les affections cancéreuses .......... j . - y ' erron ées. 

■ ' , ; j 92 ,4 % » exactes 

et pour les affections non cancéreuses... .. . V3 „ erronées. 

Nous pensons que ces chiffres, particulièrement favorables, témoignent; de 
l'intérêt qui s'attache à cette méthode et pensons que celle-ci mériterait d être 
contrôlée sur une plus large échelle. 



A 16^ l'Académie se forme en Comité secret, 
La séance est levée à iô h 5o m . 



L. B. 



(i) On trouvera les détails de cette statistique dans un article sous presse de la. 
Schweizerische Medizinische Wochensckrift. 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 

SÉANCE DU LUNDI 19 JUILLET 1948. 



PRÉSIDENCE DE M. Charles JACOB. 



MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L 1 ACADÉMIE. 

M, le Président souhaite la bienvenue à M. Edward Hindle, Membre de la 
« Royal Society », qui assiste à la séance. 

Au nom de la Commission des Éditions scientifiques, M. le Président donne 
lecture du vœu suivant relatif à la publication des ouvrages scientifiques fran- 
çais,qui, adopté par l'Académie en Comité secret le 28 juin 1948, a été soumis 
aux pouvoirs publics : 

« L'Académie des Sciences, 

préoccupée des difficultés que rencontre la publication des ouvrages scienti- 
fiques français et du retard apporté à la publication de beaucoup d'entre eux, 
attire l'attention : 

^ a. des éditeurs et imprimeurs sur la nécessité des aménagements et des amé- 
liorations techniques qui conduiraient à une plus rapide réalisation de certains 
ouvrages; 

b. des grands groupements professionnels sur l'urgence qu'il y aurait à ce 
qu'ils veuillent bien soutenir l'expression de la pensée scientifique française; 

c. des grands Services de l'État sur l'opportunité de leur appui pour l'amé- 
lioration des conditions matérielles d'exploitation des imprimeries, la for- 
mation des apprentis, éventuellement le financement de certains 'travaux 
d'édition. » 

^ M. Albert Pérard, l'un des délégués de l'Académie à l'Assemblée de 
I'Union Internationale de Physique Pure et Appliquée qui s'est tenue à 
Amsterdam du 8 au 11 juillet, rend compte des travaux accomplis à cette 
Assemblée. 



C. B., 1948, a» Semestre. (T. 227, N» 3.) 



*!! 



!(# ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Notice nécrologique suri). N. Priainichnikov, 
par M. Albert Démo lon. 

C'est tardivement et indirectement que nous avons appris la mort le 
3o avril dernier dé Dimitri Nicotaïevitch Prianichnikov que l'Académie 
avait élu comme correspondant pour sa section d'Économie rurale en 

novembre 1946. 

La plupart d'entre nous ont encore présents à la mémoire les titres de ce 
savant qui laisse une œuvre considérable dans le domaine de la chimie agricole. 
Pendant plus d'un demi-siècle, entouré d'une pléiade d'élèves enthousiastes, 
Prianichnikov poursuivit à l'Institut Timiriazeff de Moscou, avec une méthode 
et une continuité remarquable, un ensemble d'études qui le classent parmi 
les grands agronomes contemporains. L'Académie des Sciences d'U.R. S. S. 
l'avait depuis longtemps appelé à elle et récemment le Gouvernement lui 
avait attribué sa plus haute distinction, la croix de héros du travail. 

Au début de sa carrière, à la fin du siècle dernier, Prianichnikov avait 
travaillé en France, notamment à l'Institut Pasteur; il y avait subi l'influence 
de nos maîtres de la Chimie agricole; cette influence se reflète dans toute son 
œuvre. Il a d'ailleurs donné d'incontestables gages d'amitié à notre pays. Non 
seulement certains de ses travaux qu'il estimait particulièrement importants 
ont paru dans les Comptes rendus de l'Académie ou dans divers autres pério- 
diques scientifiques de langue française, mais encore il a souvent mis en lumière 
le rôle de nos compatriotes qu'il considérait comme les fondateurs de la science 
agronomique. C'est ainsi que dans un article des Izvestia paru en 1936 et 
consacré à Boussingault, on le voit, dans un parallèle avec Liebig, opposer les 
découvertes expérimentales du premier aux inductions romantiques du second. 

A la fois physiologiste et agronome, Prianichnikov associa toujours 
étroitement le laboratoire et le champ. En tant que physiologiste il utilisa et 
perfectionna la méthode de culture en solution constamment renouvelée que 
Schlœsing avait créée. En 19^ il pouvait encore nous montrer à l'Institut 
Timiriazeff une série de 4ooo vases d'expériences destinés aux recherches 
diverses qu'il poursuivait en collaboration avec ses élèves. Prianichnikov 
s'est surtout attaché au mécanisme de la nutrition végétale. Sa thèse qui date 
de 1 896 avait pour titre Dégradation des matières azotées pendant la germination ; 
elle annonce l'intérêt que son auteur ne cessera de porter au rôle de l'azote. 
L'un des premiers il montra que les sels ammoniacaux constituent une excel- 
lente source d'azote pour la plante. En i 9 i3 il donnait à la Revue générale de 
Botanique un mémoire sur La synthèse des composés amidés aux dépens de 
F ammoniaque absorbée par les racines. Plus tard il précisa le rôle de l'absor- 
ption ionique élective; anion et cation ayant en général une vitesse de 
•pénétration» différente, il s'ensuit que, suivant le pH initial du milieu, un 



SÉANCE DU 19 JUILLET ig4&, IÔ7 

même sel peut manifester une réaction physiologique acide, neulTe ou alcaline. 
Signalons enfin que Prianichnikov a mis en évidence la possibilité "d'une 
excrétion d'ammoniaque par les racines. 

D'autres travaux ont porté sur la nutrition phosphatée. Nous ne rappellerons 
que ceux relatifs à la faculté qu'a le système radiculaire de certaines plantes, 
du Lupin en particulier, de solubiliser les phosphates naturels. 

Lorsqu'on parcourt les 20 volumes renfermant l'exposé des recherches effec- 
tuées au laboratoire de Prianichnikov, on mesure l'ampleur de vues et l'acti- 
vité de ce chef d'école à qui aucun grand problème de la chimie agricole ne 
demeura étranger. Ces travaux exercèrent une influence considérable sur le 
développement de l'industrie des engrais en U.'R. S. S. 

Prianichnikov laisse de nombreux ouvrages dont deux sont rapidement 
devenus classiques : un traité d'agrochimie qui eut quatre éditions et un autre 
intitulé Cultures spéciales qui fut traduit en allemand. En 1945 il avait consacré 
son dernier livre au rôle de l'azote dans la nutrition des végétaux. 

Il est certain que le souvenir de ce maître de grand renom restera longtemps 
vivace dans son pays. Nous nous associons aux regrets laissés parla disparition 
d'un savant distingué qui, en raison de son œuvre scientifique et de ses affinités, 
avait rallié l'unanimité des suffrages de l'Académie. 

THÉORIE DES ensembles. — Sur V addition vectorielle d'une 
infinité dénombrable d'ensembles de mesure nulle. Note de M. Emile Borel. 

Les résultats énoncés dans ma Note précédente^ 1 ) sur l'addition vectorielle 
d'ensembles de mesure nulle non denses s'étendent sans difficulté, dans le cas 
d'un nombre limité d'ensembles, à des ensembles de mesure nulle denses dans 
tout l'intervalle o — 1, C'est ainsi que, pour les ensembles à définition numé- 
rique, on peut substituer à l'ensemble E des nombres décimaux qui s'écrivent 
avec les seuls chiffres 2, 5, 8, l'ensemble F des nombres décimaux dans 
lesquels les chiffres autres que 2, 5 et 8 ne figurent qu'un nombre fini de fois, 
ce nombre fini n'étant pas limité. Cet ensemble F est partout dense. Sa raré- 
faction logarithmique est la même que celle de l'ensemble E. 

II en est tout autrement lorsque l'on considère une infinité dénombrable 
d'ensembles .E„. Il est possible de définir une telle. infinité dont la somme 
vectorielle est de mesure nulle, mais il est évident qu'il suffit d'ajouter à chacun 
des E n le nombre o et un seul autre nombre a n convenablement choisi, pour 
que la somme vectorielle des E„ comprenne tous les points de l'intervalle 0-1. " 

Désignant par log/i le logarithme vulgaire de n (dont la partie entière 
augmentée de un est le nombre de chiffres de l'entier n), nous poserons 



t 1 ) Comptes rendus, 227, 1948, p. io3. 



168 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

(en convenant que ces fonctions sont égales à zéro lorsque la formule donne 
une valeur négative ou imaginaire) et nous définirons l'ensemble E k comme 
l'ensemble des nombres décimaux illimités (inférieurs à un) dans lesquels le 
nombre des chiffres significatifs (différents de zéro) dont le rang après la vir- 
gule est inférieur à n, est au plus égal à iog k n. Il est aisé de montrer que les E k _ 
sont des .ensembles de mesure nulle (ayant la puissance du continu) et que 
leur somme vectorielle est aussi de mesure nulle. Mais si Ton définissait les F* 
par la condition que le nombre des chiffres ^significatifs de rang inférieur à n 
est au plus égal à i-}-log A w, chacun des F* comprendrait le nombre zéro et 
tous les nombres décimaux comportant un seul^chiïïre significatif et, par suite, 
la somme vectorielle d'une infinité dénombrable quelconque des F A - compren- 
drait tous les points de l'intervalle o-i. * 

On voit ainsi comment des propriétés asymptotiques fort intéressantes 
d'une infinité dénombrable d'ensembles peuvent être entièrement masquées 
par l'addition à chacun de ces ensembles d'une infinité dénombrable d'élé- 
ments, ou même d'un seul élément convenablement choisi, cet élément 
pouvant être parfois le nombre zéro. Cette remarque permettrait d'éclairer 
d'un jour nouveau les propriétés paradoxales de certains ensembles non mesu- 
rables qui peuvent être définis au moyen de l'axiome du choix. 

D'une manière plus générale, dans toute étude portant sur une infinité 
dénombrable d'ensembles, on doit considérer à part le cas particulier où 
chacun des ensembles comprend un nombre fini d'éléments, auquel cas 
Pinfmité dénombrable d'ensembles se réduit- à un ensemble dénombrable. 
Les seules propriétés de l'infinité dénombrable d'ensembles qui soient vrai- 
ment intéressantes sont celles qui ne sont pas des propriétés banales 
des ensembles dénombrables. 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. . — Sur des systèmes de vecteurs généralisant 
les systèmes orthonormaux. Note (*) de M. Gaston Julia. 

On peut, de plusieurs manières, donner des propositions corrélatives de 
la proposition donnée dans ma précédente Note ( 1 ). Dans son principe, cette 
Note étudie une propriété d'isométrie d'un opérateur linéaire A*X, lorsque 
A*X est défini par ses coordonnées covariantes. Corrélativement, on a des 
propriétés analogues lorsque AX est donné par des coordonnées contravariantes, 
et dans un problème mixte où interviennent à la fois les coordonnées contra- 
variantes et covariantes de X relativement a un système ( A*). 

1. Dans un espace unitaire E„ à n dimensions, q vecteurs, (q^ln), A*,..., A, 



(*) Séance du 12 juillet ig48l 

(*) Comptes rendus, 226, 1948, p. i485-i487- 



SÉANCE DU 19 JUILLET ig48. 169 

ne peuvent satisfaire à la condition d'isométrie 



(0 



q 



2^*A* =2 



xk\\ 



quels que soient les nombres complexes x /t , que si les A* sont Un système ON 
de E„. Pour q — n, la propriété (1) caractérise les systèmes ONG. Pour ?>n, 
la condition (1) ne peut être réalisée pour tous les (x k ) possibles car, les A x 

étant indépendants, il existe des (a?*) non tous nuls tels que ^à? k A k =o. 

Mais l'analogie avec la Note, signalée ci-dessus suggère le problème corrélatif 

suivant. , 

2. Soient A . .'., A n+P des vecteurs de E„, dont n sont indépendants. Les 
déterminer de façon que 

n-hp 2 n-k-p 

2 a?* A* rr=2i^ ,S 



(2) 



pour tous les x k complexes vérifiant p relations linéaires indépendantes. 

Dans un espace E n + P , à n-{-p dimensions, contenant E nf et de base ONC(^), 
(k = i, 2, . . ,, n+p) 7 le problème revient à déterminer n-{-p vecteurs A*, 
sous-tendant E„, et tels que, X = Y*x k e k décrivant un sous-espace V à n dimen- 
sions, on ait \Hx k A I( |.= ] X|. On peut toujours choisir la base (e k ) de façon que 
lesp relations entre les ^déterminent précisément E„:V = E n = [ Ai , ..., A^J. 

■4. * 

Considérons l'opérateur linéaire A défini, dans E n+P , par AX=2a? A A A -, 

les x k nombres complexes quelconques. Par hypothèse A conserve isométrique- 
ment Y = E n . La variété V des zéros de A est à p dimensions, évidemment 
disjointe de V. U étant un opérateur unitaire de E n+p convenable (lel que U* 
réalise la même transformation de V que A), UA conservera chaque point 
de V et s'annulera sur V : UA est égal à 1 sur V, à o sur V . C'est donc la 
projection, orthogonale ou oblique, sur V parallèlement à V . UA = P donne 
jV = U*P = P 1 U*, Pi étant la projection sur Y parallèlement à V, — U*(V ). 
Les A k = Ae k — V ± U*(e A ) sont donc les projections sur E fl , parallèlement à \ l} 
de la base ONC^= U*(^) de E n + P . Cette propriété caractérise toutes les solu- 
tions du problème posé, car la réciproque est immédiate. Supposons, en effet, 
A 4 =P <5;,"P projection de E^/sur V~E n , parallèlement à V t (disjointe 



n- 



de V et à'ja dimensions mais.par ailleurs quelconque) : pour tout X. = Sx k e' lc 



n-\-p 



de E^p on aura ^x k A k — P X, et pour tout Xe V, P X "= X, d'où s'ensuit, 
dans tout V, la propriété d'isométrie [ X | = 1 2a? A A k |. 

3. Un cas mixte a été étudié par M. Hadwiger( 2 ) sous une autre forme. Il 



( 2 ) Commentant ' Malhematici Helvetici, 13, 1940-1941, p. 90-107. 



% 



170 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

consiste à déterminer tous les systèmes A k (k = i , 2, . . . , n -h p) de 'E„ te& #«<? 

(3) v . _X=2(' A *'" X > A * ' ' , ' 

po«/' to«if X€Ë„. Donnons des résultats de M. Hadwiger une autre démonstra- 
tion, qui les explique, et les relie à ceux donnés dans la Note( 1 ). (e h ) étant 
une base ONC de E n+P contenant E„ et A l'opérateur linéaire défini dans E n+P 

par ■ A*= Ae k , l'opérateur hermitien TX=^(A*, X)A A n'est autre que AA*, 

car A*X — S(A A , X)^. A* et AA* étant nuls sur E p = E fl+P e E„, la relation (3) 
exige que T soit nul sur E p , égal à i sur E n , donc AA* — P, P projection ortho- 
gonale sur E„. On en déduit aisément A*= U*P (U*. unitaire de E n+P ) et 
A = PU ; les A k = PUé* sont donc les projections orthogonales sur E n du système 
ONG e' k ='Ue k de E n + P . La réciproque est évidente, car pour XeE„, on a 
alors (A*,X) = (<?' A ,X) et 2(A k , 'X)A A =PS(<?' ft , XK=PX = X. D'autre 
part, (3) entraîne, pour X^E^ (4), (X, X) = 2|(A A? X)| 2 , qui est la relation 
exigée de A k dans notre Note ('); réciproquement, la relation 

(4) - (X,TX) = (X,X) 

vérifiée dans E„, sous-espace de E n+P , entraîne, par un raisonnement classique, 
T = i dans : E n9 c'est-à-dire (3); le problème de M. Hadwiger équivaut au 
problème d'isométrie étudié dans la Note ( l ). Enfin, suivant une idée de 
M. E. Stiefel ( 3 ), M. Hadwiger montre que les A A , solutions du problème qu'il 
envisage, sont aussi ceux pour lesquels la matrice de Gram ||(A ( *, A ft ) | n'admet 
que les valeurs propres o et i (condition nécessaire et suffisante). Cela résulte 
immédiatement de notre démonstration, car la matrice de Gram est identique 
à celle de A* A, laquelle admet l^es mêmes valeurs propres que AA*— P, 
c'est-à-dire o et i (avec les ordres de multiplicité respectifs p et /i). 

4. Nous ferons ultérieurement l'extension des propriétés précédentes à 
l'espace hilbertien. ' 

BOTANIQUE. — Une plante remarquable disparue (Humbertia madagascariensis 
Lamk.) et d\autres espèces menacées de disparition. Urgence d 'une protection 
efficace de la nature. Note (*) de M. Auguste Chevalier. 

En 1786, Lamarck décrivait dans V Encyclopédie botanique (2, p. 356), sous 
le nom <T Humbertia (nom emprunté à Commerson) un remarquable genre 
végétal monotypique, endémique de Madagascar. Presque tous les auteurs 

( z ) Ibid.j 10, 1937-1938, p- 208-225. , * ■ . ■ 

(*) Séance du 12 juillet 1948.' 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 17 1 

ont classé ce genre dans les Convolvulacées, H. Bâillon, au contraire, en a 
fait une Solanacée. Depuis plus d'un siècle les botanistes recherchent sa place 
dans la classification, mais ils manquent de documents pour en fixer la 
position. À. -Laurent de Jussieu en a fait le g. Endrachium (1789), 
J. F. Gmelin le g. Smithia (1791); Smith le g. Thouinia (1789). Ces quatre 
genres basés sur les mêmes spécimens sont, synonymes. Hallier f., en 1893, 
plaçait le g. Humbertia dans la tribu des Erycibem caractérisée par le g, Ery- 
cibe, Roxb. de l'Inde, mais les Erycibe sont bien des Convolvulacées. 

M. Pichon, du laboratoire de Phanérogamie du Muséum de Paris, dans 
une Note intéressante {Notulm systematîcse, XIII, juin 1947) vient de montrer 
que le g. Humbertia n'ayant pas de liber interne ne peut être une Convolvu- 
iacée; ce ne peut être non plus une Solanacée. Il propose donc d'en faire une 
famille à part, celle des Bumbertaciées ne comprenant qu'un unique genre 
et une seule espèce. L'embryon de V Humbertia n'est pas connu et il est 
impossible de fixer les affinités de la famille. Hélas, il est peu probable qu'on 
soit jamais éclairé à cet égard. H, madagascariensis est en effet une espèce 
probablement disparue. L'herbier du Muséum en possède quatre exemplaires, 
un venant d'Etienne de Flacourt qui explora Madagascar vers i65o et publia 
Y Histoire de la Grande Ile en i658, un de Philippe Commerson qui étudia la 
flore de Madagascar et y herborisa en 1770, un de Bojer récolté au début du 
xix e siècle, enfin un d'origine anonyme de la même époque (avec -fleurs et 
fruits). Depuis, aucun collecteur ne l'a plus retrouvé, H. Perrier de la Bâthie 
dit avoir recherché sans succès V Humbertia tout spécialement, notamment dans 
les forêts de l'Est que son port semble lui assigner pour habitat. En vain. 
La forêt détruite par les feux de brousse est réduite actuellement à des îlots 
épars et plusieurs autres espèces de phanérogames peuvent être considérées 
aussi comme disparues ( 1 ). 

Y? Humbertia n'était pourtant pas une plante sans intérêt au point de vue 
des services qu'elle pouvait rendre. 

On sait, d'après les notes de Flacourt, rapportées par Pichon, que c'était 
un gros et grand arbre, au bois incorruptible, jaune et dur et pesant comme 
le fer, sentant comme lé Santal citrin. Or, le Santal citrin (Santalum album L.) 
ou Santal de Mysore est une plante des Indes orientales devenue très rare 
et qui aurait probablement disparu si le Service forestier des Indes n'en avait 
commencé la culture depuis près d'un siècle. On sait l'intérêt du Santal 
en médecine et en ébénisterie fine. 

Il existe deux plantes de la famille des Convolvulacées, donnant également 
un bois parfumé, le «Bois de rose des Canaries {lihodorhiza scoj>aria^N . et B. 

(*) Au moment de la correction des épreuves M. Pichon m'informe que quelques 
exemplaires à" Humbertia viennent d'être découverts aux environs de Fort-Dauphin par 
M, H. Humbert. 



172 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

et R. virgata W. et B.) en voie de disparition parce que saccagées pour 
la distillation. Dès 1908, J. Pitard constatait que, bien que vivant dans des 
rochers quasi inaccessibles, à Ténériffe et à la Grande Canarie, elles étaient 
devenues rarissimes et elles avaient disparu des localités où des botanistes 
les avaient observées cinquante ou cent ans plus tôt. Nous avons montré ( a ). 
le vrai Bois dé rose, que cette plante en voie de disparition fournissait, 
le Bois de rose de V Antiquité que l'on brûlait dans les temples. 

De même le Bois de rose, du Mexique ou Linaloë {Bursera delpechiana 
Poisson \ était presque entièrement disparu il y a environ cinquante ans 
par suite d'une exploitation irraisonnée. Le Silphîum des Anciens qui se 
vendait au poids de l'or chez les Grecs et chez les Romains et venant de 
l'Afrique du Nord, avait déjà disparu du temps de Pline ( 3 ). 

Tous ces exemples montrent combien il est devenu nécessaire d'organiser 
la protection de la nature, afin de préserver de la disparition complète 
des espèces animales ou végétales qui non seulement constituent des existences 
(au sens que Michel Adanson donnait à ce terme dès 1^63) ayant leur rôle 
à jouer dans l'harmonie de la nature, mais qui peuvent être aussi d'une grande 
utilité pour l'homme. Il en est même sans doute dont les propriétés anthro- 
poïques, c'est-à-dire utilitaires pour l'humanité, ne se sont pas encore révélées. 

M. Waclaw Sierpinski fait hommage à l'Académie d'une série de Notes 

relatives à ses travaux de mathématique. 

k ■ ■.'.,'•■. 

M. Théodore Monod fait hommage à l'Académie d'une brochure émanant 

de l'Institut français d'Afrique Noire, publiée par ses soins et intitulée Conseils 

aux chercheurs. 

M. Maurice Rouly.de Lesdain fait hommage à l'Académie d'un Mémoire 
intitulé Écologie (Phanérogames] mousses , lichens) de quelques sites de Paris. 

M. Julian Huxley fait hommage à l'Académie d'une collection des Ouvrages 
qu'il a publiés : V Homme, cet être unique; Essais d'' un biologiste ; Nous Européens 
(en collaboration avec MM. A. G. Haddon et Alexander Morris Carr-Saunders); 
Scientific Research and social needs; Évolution, The Modem Synthesis; Problems 
of relative Growth; Man in the modem World; Évolution and ethics 1 893-1945 
(en collaboration avec M. T. H. Huxley); TVA, adventure in planning; On 
living in a révolution. 



(*) Revue de botanique appliquée^ 13, p. 347. 
( 3 ) Revue de botanique appliquée^ 26, p. 72. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 10,48. 173 



DESIGNATION. 

M. Philibert Guinier est adjoint à la délégation précédemment désignée 
pour représenter l'Académie à la Conférence constitutive de FUnion Inter- 
nationale pour la protection de la Nature, qui aura lieu à Fontainebleau, 
du 3o septembre au 7 octobre 1948. 



PLIS CACHETES. « ' 

M. Pierre Lapostolle demande l'ouverture d'un pli cacheté reçu dans la 
séance du 10 décembre 1947 et enregistré sous le n° 1*2.366. 

Ce pJi ? ouvert en séance par M. le Président, contient un Mémoire intitulé 
Électronique, Méthode expérimentale pour V essai a priori des lignes à retards pour 
amplificateur à ondes progressives. 

(Renvoi à l'examen de M. Louis de Broglie.) 



CORRESPONDANCE. 

M. Frédéric Riesz, élu Correspondant pour la Section de Géométrie, 
adresse ses remercîments à l'Académie. 

M. le Secrétaire perpétuel signale parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

i° Robert Hardouïn. La vie des Abeilles solitaires. 

2 Solange Duplaix. Détermination microscopique des minéraux des sables. 
Préface de M. Jacques Bourcart. 

3° Murex Review, published by Murex Ltd. Rainham, Essex. Volume i, n°-i. 
4° Bureau d'études géologiques et minières coloniales. Carte géologique 
internationale de P Afrique. Feuille 2 (présentée par M. Charles Jacob). 

GÉOMÉTRIE algébrique. — Structure des points unis des involutions cycliques 
appartenant à une surface algébrique. Note (*) de M. Lucien Godeaux, 
transmise par M. Élie Cartan. 

Soit F une surface algébrique contenant une involution cyclique 1^ d'ordre 
premier p. On peut prendre, comme modèle projectif de la surface F ? une 
surface normale d'ordre pn, de S n sur laquelle ï p est déterminée par une 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 



i 7 4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

homographie cyclique H possédant/? axes ponctuels <7 0? <J y , . . . , Gp-i, dont le 
premier seul rencontre F et détermine sur celle-ci les points unis de I p ( 4 ). Si e est 
une racine primitive d'ordre p de l'unité, on attache aux axes a , G i} \ . . , G p _ i 
de H les quantités i, e, e 2 , . , .,■ £ P_ S invariants projectifs de H. On désigne 
par |"G,-'| le système de courbes découpé sur F par les hyperplansde S r passant 
par a , . . ., aj_ l9 cj f+l , . . ., g p _,. | C 1 est dépourvu de points-base. 

Soit A un point uni non parfait de I p . Le plan tangent a à. F en À est uni 
pour H et s'appuie en un point sur deux axes de H; on peut toujours supposer 
que. ces axes isont <r 4 et <v Soient a i} a x les tangentes à F en A s'appuyant 

sur à A , a x . 

Appelons C' les courbes C passant par A; elles ont la multiplicité p*<j> 
en A, les tangentes étant confondues avec a ly a x . Appelons CJ les courbes C 
assujetties à toucher en A une droite de a distincte de a i7 a x \ elles ont en A soit 
la multiplicité pi<p ? les tangentes étant confondues avec a i} a x , soit la multi- 
plicité p, les tangentes étant variables. Dans le premier cas ? .on appellera C m les 
courbes C„ touchant en A une droite distincte de a i} o Z7 et ainsi de suite. 
Déterminer la structure du point uni A équivaut à déterminer le comportement 
des courbes G' 0J G„, ...en A. 

Les courbes C 4 ont un point simple en A et y touchent la droite a x \ les 
courbes C r ont un point simple en A et y touchent a x . 

Soient ~k, [x deux entiers positifs satisfaisant à 

(i) - À-hT/jL = o (modp), l^(j.<p. 

Les courbes XCi+-[i.C T ont la même multiplicité en A que les courbes de 
l'un des systèmes |C' |, |CJ|, .... Réciproquement, si* les courbes G* ont la 
multiplicité X -f- f/. en A, X tangentes coïncident avec a z et [i. avec a i} les entiers X, 
pi satisfont aux conditions (i). 

Les courbes G 1 *' ont en commun au moins deux suites de points fixes, 
infiniment voisins successifs de A; ces points sont unis non parfaits pour I p , 
sauf les derniers de chaque suite qui sont unis parfaits. Ces différentes suites 
appartiennent à des branches des courbes C^, d'origine A, tangentes à a^ ou 
à Oc. 'Une courbe d et une courbe G- rencontrent chacune une courbe C^ enp. 

points réunis en A. 

La détermination des suites de points est basée sur la remarque suivante : 
Soient P* , P 2 , P 3 trois points consécutifs d'une suite, s ly s 2 , s 3 leurs multiplicités 
pour les courbes Cf\ On a Jj^Js^^. Si ^>^ 2 , les courh.es C^ ont en 
commun un certain nombre de points infiniment voisins successifs de P 2? dont 



(}) Voir notre exposé sur Les involutions cycliques appartenant à une surface algé- 
brique (Paris, io,35). Voir aussi deux . mémoires parus dans les Mémoires in-8° de 
l'Académie de Belgique, 1938. et dans les Annales 'Scientifiques de l'École Normale 
Supérieure, 10,38* . ' . 



SÉANCE DU 19 .JUILLET IÇ48. -j„$ 

le premier P; est distinct de P 3 ; la somme des multiplicités de ces points est 
égale a j, - .y 2 et la multiplicité de P' 2 est au plus égale à s, - s, 

Pour chaque valeur de p et de t, on peut ainsi déterminer la structure du 
point uni A. 

^Aérodynamique. ~ Sur les jets supersoniques plans. ' 
Note (*) de M. Frédéric Zermsii, présentée par M. Joseph Pérès. 

' l. Si après avoir appliqué la transformation de Legèndre à l'équation du 
potentiel de vitesse d'un fluide compressible, on introduit les caractéristiques 
de la nouvelle équation comme coordonnées, on obtient 

' \ 2 / - a du J fo 

où les fonctions/[(À + f,)/ 2 ] et ST(X + |x) sont connues. 
_ La surface hbre, où «»+?» = const., est alors représentée par fa droite 
A + p. = const. et la condition sur cette limite du régime demande qu'elle soit 
une ligne de courant 




àfSj J \dl du 



- . X — u 
sin £ 



2 

1 



da> a & * 7T TÂîZ âTt~, n ; — ~ J- r / J 



cos 



M» - 



3 ■ /^_^ZV ,r(à X . àX 



à^J- f \àl -d^l_ 



A — U. 

cos { — 

2 



. A — u. 
sm £- 



(4) ■ .**_ / <>X ' ' . 

^ ; àn^—~Tf>àï avec * + F=A ^-^ = m 

et par intégration le long de À + p. = / — const. 

2. L'équation .(,) étant hyperbolique, , son intégration se fait dans des 
domaines découpés par des caractéristiques. De ces domaines il y en a nui ne 
sont limités que par des caractéristiques. Le régime étant donné à la sortie du 
jet, on y retrouve un problème classique. Les autres sont du type représenté 
dans la figure a savoir limités de la surface libre et de deux caractéristiques, 
X étant donnée sur l'une des deux(X = « + 2y ). Po ur déterminer X sur la 

(*) Séance|du 21 juin 1948. 



* . • 



■g ' ACADÉMIE DES SCIENCES. 

surface libre, nous appliquons d'abord la méthode des approximations 

successives 

(5) 



^'=$a + & (%^ + %f ) - G <^> ^ G ° (X ' *> = °- 






ot +2ot 




Pour déterminer X „ en A'„ nous intégrons (5) sur le triangle A, A' A', 



t&dm. Tous les termes 
dm 



à quoi s'ajoute {Abu) et x^( A »). == 3ô*(^ L| ) + J^ 
variables étant des fonctions de A'„ donc de m, nous obtenons 

z* n ^ if dm ? XK ; f\àmJ At J/^a'm 

équation qui permet de déterminer^ sur lesegmentA, A, Tous les coefficients 
éunt bornés, Xo l'est aussi, ainsi que ses deux premières dérivées par rapport 
à m et l'on peut, tout comme dans les cas classiques, construire une majorante 
convergente" pour S X „, IW), S (<^) = -(*/'//) *KX«- ^ 
problème est ainsi réduit au problème de Cauchy, seulement comme nous 
connaissons aussi X „ sur X = «„ + af, * semble ^déterminé. Cependant en 
écrivant les équations déterminant X „ dans un point A" du domaine et en 
rapprochant ce point de A',. on obtient la même équation qn avant, donc les 

valeurs de y n prescrites en A'. «.!*-*•' 

5. On peut également appliquer la méthode de Riemann. Soit 9 la fonction 

de Riemann. Le théorème de Green conduit alors à 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. ^ 

Les intégrales étant prises le long de 1 + ^ = 1=1,+ ^ changeons les 
variables comme avant 

A l'aide- de (4) nous changeons j\%dm ** -*£ f\*£dm et, en 
intégrant deux fois partiellement, nous obtenons l'équation integro-différentielle 

•A, L àl f dm\ 



+ 27 

Ai A 



Xdm, 



X et ^«te étant données à A„ _ v et ses dérivées étant sur /==X,-t-i des 
fonctions de m seulement, comme l'est yj,, cette équation n'admet qu'une seule 
solution. Gomme le problème de Cauchy, auquel nous arrivons de nouveau, 
n admet également qu'une seule solution, et qu'à chaque régime supersonique 
continu correspond une solution de (,) continue ainsi que ses premières 
dérivées, il ne peut en avoir qu'un seul. 

physique THÉORIQUE. - Le double aspect des équations de Maxwell dans la 
théorie quantique du rayonnement. Note (*) de M. J EAK G. Valatin, présentée 
par M. Louis de Broglie. • 

Dans le formalisme de l'électrodynamique quantique on retrouve les équa- 
tions du champ classique dans le vide, qui restent en même temps les équations 
du champ quantifié, comme les équations décrivant l'état des quanta du rayon- 
nement ('), (»). Si l'on suppose la validité exacte des équations du champ de 
1 electromagnétisme classique et si l'on caractérise le champ par un quadri- 

P noton e /'w4 éqUali0n D ^ = S ' illter P rète comme équation d'onde du 

Il semble naturel d'essayer dans le même ordre d'idées, en supposant la' 
vahdne exacte des équations classiques pour les champs quantifiés, d'inter- 
préter les équations différentielles du premier ordre de Maxwell sous la forme 
operatonelle comme l'équation d'onde de l'état du photon ( 3 ). 

' (*) Séance du 28 juin 1948. 

m p" ^n' PkjS ' ZeitSchr ' d ' Soviet-Union, 6, i 9 34, p. 4^8. 
( ) V. A. Dirac, Comm. Dublin Institute, n° 1, 1943 pi 

R (, Pk ( ^s Tf C pf' ^T' P :° C - ^ S ° C - Vl36,' I9 3 2 , p. 36; L. L ANDiD et 
K. Fimu, Z.f. Phyuk, 62, x 9 3o, p. 188 ; J. R. Opp SÎ( he IM br, Phys. Êev., 38, i Q 3i 
P. 7 25; L- de Brogue, Une nouvelle théorie de la lumière, 1, io4o; 2, lq i 2 Pour les 



1( -8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les équations de Maxwell pour le champ <& = (ÏE, H) peuvent s'écrire sous 
la forme 



/j\' m--® = 3t® avec 3C = ^crotg— jo^^+^j^r + P 3 ^' 

% à % à n — n â d î— ««+»*+•»* = — S 2 A; 

( I£ >) ^=7 5» .^=7 3^ *—7S\ P-Px+Pr+P* 

(ib) V X =C(T X Z, .VyZ^CGyZ, V Z =C(T Z E, - 

et avec l'équation de condition E^O» = o ou «»* F =-(»c)'A* = cV*. 

Le champ longitudinal peut être exclu d'une façon invariante relativiste. 
Dans le domaine transversal l'opérateur X a un spectre continu ±.Av et l'on 
peut se borner au spectre d'énergie positive -pour caractériser toutes les 
possibilités d'onde du champ classique. Les projecteurs des domaines corres- 
pondants de SI ont été donnés par (H-9):' 1 * nouvelle restriction est E_$ = o 

ou #e* = cp$, avecp = + vV- 

Un simple calcul direct donne les relations 

(2) \yz= l ^{Xy~yX)z=c<! r t — v r r 

Les opérateurs de vitesse (ii)', (2) ont les valeurs propres ±c,.o. 

Les opérateurs £a x , Sa r ; Sa, avec les valeurs propres ±*, o et les relations 
de commutation a»a r -a y a x =i<r„.-. .., peuvent être interprétés comme les 
composantes du spin du photon, vu que ni ces opérateurs, ni les operateurs 
de laforme-U = (#') [j(<#0 - *(*Mr)] ne,eommutent avec l'hamiltonien 3C, 
tandis que les sommes L x +X<*„ h r + S«„ U+ £<r s commutent. L'opérateur t 
avec les valeurs propres =b 1 caractérise la polarisation circulaire,- mais il joue 
ce rôle seulement si l'on se borne au spectre positif de ae. 

En cherchant une métrique dans l'espace fonctionnel des *, 

aveo dx r^ dx dy dz, on peut partir de la condition^ 

(3) ê = (*, 3e*)= C<l>*p3t<I>dx = JQ?®dx, alors p3e = i. 

En se bornant au sous-espace transversal, on peut définir l'opérateur p 
comme l'inverse de l'opérateur St. Mais afin que la valeur moyenne d'un 
opérateur U, (*, U$) = f&çUQdx, soit définie même dans le cas où U$ a 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 17g 

une composante longitudinale, on doit prendre par définition ' 

(4«) p^irot-^eE,,. 

Le projecteur du champ transversal E t , est donné par (II. 8). Pour 
E lons $ = o, rot- 1 $ peut être défini d'une façon unique. La condition de norma- 
lisation des états <D est, ainsi, avec (4 <z) 

iW {<$,<!>)= f<ï>*p<t>dx = i. 

Par cette définition, par exemple, les expressions (i/c)#*^ £ $ correspondant 
au vecteur de Pointing, sont des expressions de densité de l'opérateur (pi\c*)v x . 

La partie réelle de l'expression complexe <I>*p# peut prendre des valeurs 
négatives et, ainsi, elle ne peut pas être, considérée comme une densité de 
probabilité des photons dans l'espace. Mais en se bornant aux états d'énergie 
positive, l'intégrale (46) est toujours positive. Par rapport aux transformations 
de Lorentz, i'in^grale (46), le nombre des photons dans la théorie quantifiée, 
reste invariante. 

On peut introduire la partie paire des opérateurs, d'une fapon analogue au 
procédé de Scbrôdinger pour l'électron de Dirac, en définissant les opérateurs 
(U) + — E^UE_ formés avec le projecteur E + = (1/2) (A 2 + Ae), À^rot/pdu 
spectre d'énergie positive. Les valeurs moyennes de U et de (U)+. sont iden- 
tiques. Avec les cosinus directeurs ^=p^p 7 ^= Pr jp 9 %^p s jp, on déduit 
simplement les identités 

1(5-).='- (3*)>*. &À=> 



C ' -V- 



- Le fait qu'on ne peut pas localiser le photon, peut être lié aussi au fait que 
les coordonnées x, 7, z ne sont pas des opérateurs pairs. 

PHYSIQUE THÉORIQUE. - Sur les notions d'espace physique et de quasi-espace . 
Note (*) de M lle Florence Abschumann, présentée par M. Louis de Broglie. 

1. Le problème de l'espace (<) présente des aspects variés.' Nous examine- 
rons ici une des faces* de son aspect physique. Un espace abstrait (&) devient 
un espace physique sitôt que ses éléments ont été mis en relation avec des 
résultats d'expériences de type spatial ; pour cela il faut : 1 ° indiquer par quels 
ensembles de l'espace (%) les éléments physiques sont susceptibles d'être 



(*) Séance du ia juillet 1948. 

H F. Gonsiîth ; La géométrie et le problème de V espace, Neuchatel, i 9 46. 



l8o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

représentés; 2° définir des voisinages pour ces éléments physiques en termes 
de résultats de mesures. Il faut alors que la topologie de l'espace (31) respecte 
l'organisation définie par les deux conditions précédentes. C'est ce dernier 
terme qu'il faut préciser. 

Un espace abstrait (21) au sens de M. Fréchet ( 2 ) est défini par un ensemble % 
d'éléments et une opération de fermeture. La condition i° revient à définir 
une famille I de sous-ensembles de % et la condition 2 revient à définir 
une fermeture î sur la famille S. Alors (21, S 9 f) constitue un quasi-espace ( 3 ), 
car tout point de % doit appartenir à un élément de I au moins, un élément 
physique laissé quelconque étant susceptible d'être n'importe où dans l'espace 
physique, et deux éléments de S ne peuvent être inclus l'un dans l'autre, • 
puisqu'ils représentent des éléments physiques non morcelables avec les 
procédés dont on dispose, donc non susceptibles d'être inclus l'un dans l'autre. 
Il en résuite que si E, et E 2 appartiennent à J, alors E, uE 2 et E t flE 2 n'y 
appartiennent pas, et si e^KJe^ ou si e h n<? 2 appartient à S alors ni e x ni e 2 
n'appartiennent à S . 

2. Si l'on considère un ensemble % et une famille I de sous-ensembles de % 
telle que tout élément de % appartient à au moins un élément de S 9 et que deux 
éléments de S ne sont pas inclus l'un dans l'autre, alors on peut définir sur % 
différentes topologies à partir de S. Tout d'abord à chaque point a de % on peut 
associer l'ensemble & f intersection des ensembles E de J qui contiennent a. De 
cette façon 21 devient un espace à caractère fini( 3 ), la fermeture d'un ensemble e 
étant la réunion des fermetures de ses points. On obtient la topologie duale en 
posant que l f est le premier voisinage de a. Une topologie plus fine peut être 
définie en remarquant que si un ensemble e est contenu dans au moins un 
ensemble EdeJ on peut associer à e l'ensemble e* obtenu comme intersection 
des ensembles E de J qui contiennent e. Un ensemble e quelconque peut 
toujours être décomposé en une réunion d'ensembles e a contenus chacun 
dans au moins un ensemble E a de 1. Soit $ cette' décomposition, on peut 
associera un e a l'intersection e a , A des ensembles E de S qui contiennent e a ; à e 
on peut alors associer e, défini comme la réunion des e a ,,. Mais la décomposi- 
tion JD peut être faite de différentes façons; on peut alors définir la fermeture 
de e comme l'intersection de tous les ensembles e x obtenus selon les différentes 
décompositions JB : ■ ' . 



0! u (.0 



é a = r\\\ if r\E 

d 



(avec (a).3E a . e a CE d et E«€*). 



On voit que si e CE, alors e Ç E et que E*= E, les ensembles de j sont 
fermés relativement à cette topologie. 



( a ) Les espaces abstraits, Paris, 1928, p. 167. 

'(*) J. L. Destouches, Corpuscules et systèmes de corpuscules, ig4i, p- 9 3 * 



SÉANCE. DU 19 .JUILLET 10,48. ï8i 

■3. D'autre part, la fermeture f sur S induit une topologie sur % de la façon 
suivante : soit & une sous-famille de J r , à S on peut associer R(&), ensemble 
de % constitué par la réunion des éléments de S. La fermeture R(£) dans % 
sera définie comme la réunion des éléments de &. Pour un ensemble e 
quelconque de 21, on peut considérer l'intersection des ensembles R(ô) pour 
toutes les familles & telles que eCR(^) et l'on définira la fermeture de e induite 
de f comme l'intersection des fermetures des R(&) satisfaisant à la condition 
précédente, soit 

nri>" 



d 



4. Deux quasi-espaces (51, i : A; f A ) et (», JF B , f B ) sont dits physiquement 
équivalents si les familles d'ensembles i r A et J- B liées aux éléments physiques 
sont des espaces abstraits homéomorphes. On vérifie que cette équivalence est 
bien réflexjve, symétrique, transitive. La correspondance biunivoque établie 
entre les ensembles de £ A et ceux de J B ne s'étend pas d'une manière biuni- 
voque à d'autres ensembles de (21) et (fjî). 

Soit alors un quasi-espace (%,, S, f) et une fermeture î a définie sur %\ on 
dira que la topologie f a respecte l'organisation du quasi-espace (%, J, f ) si pour 
tout ensemble e de % on a f rt eÇ/. 

A partir des résultats d'expérience on peut définir un quasi-espace à l'équi- 
valence définie ci-dessus près. Pour qu'un espace soit acceptable comme espace 
physique, il est nécessaire que sa topologie respecte V organisation du quasi-espace 
défini par les résultats d'expériences de type spatial, <m donnant au terme respecte 
le sens que nous venons de définir. - 

Si l'on ne tient compte que des expériences géométriques à l'échelle 
humaine, avec leur précision limitée, on constate que l'espace euclidien à trois 
dimensions respecte le quasi-espace défini par ces expériences. Mais ce respect 
n'a plus lieu si l'on tient compte de l'ensemble des expériences physiques, 

THERMODYNAMIQUE. — Sur la réalisation d'une mesure du rapport des chaleurs 
spécifiques des vapeurs hydrocarbures. Note de M™ Jacques Huetz, transmise 
par M. Jean Cabannes. 

Parmi les mesures du rapport y des chaleurs spécifiques des gaz, la méthode 
indiquée par Assmann (') présente l'avantage d'être simple et de permettre 
des déterminations de y en fonction de la température et de la pression.- Le 
principe en est le suivant : si l'on fait osciller un liquide, du mercure généra- 
lement, dans un tube en U dont les extrémités sont terminées par deux 



(*) Ann. Pkys., 85, 1802, p. 1. . x 

C. R., 1948, vfi Semestre. (T. 227, N* 3.) I2 



x 8 2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

récipients contenant le gaz à étudier ? le y de ce gaz est donné par la formule 



K 

(i) V=p 



1 

T 



•■-]■ 



où K est une constante de l'appareil, .P la pression de remplissage du gaz, 
T et T les périodes propres d'oscillation du liquide lorsque les récipients sont 
respectivement remplis, du gaz à étudier et ouverts à l'air libre. Cette formule 
suppose nul l'amortissement des oscillations et surtout adiabatiques les détentes 
et compressions du gaz. 

Une des rares applications de cette méthode a été faite par Mûller ( a ) qui 
communiquait un ébranlement à l'appareil, mesurait la période propre 
d'oscillation du mercure, de l'ordre de o s ,7 dans ses expériences, sur la durée 
d'une période seulement, et tirait y de la formule (1). En plus des défauts 
inhérents à la méthode (amortissement, manque d'adiabatisme), l'application 
qui en était ainsi faite entraînait une très grande imprécision sur la mesure 
de T et T . Or un calcul d'erreur fait sur la formule (1) montre que Terreur 
absolue sur 7 était alors environ 3ô fois celle sur la période, soit o,o3 au 

minimum. 

Nous avons également cherché à mettre au point une mesure de y basée sur 
le même principe, mais en éliminant ou en corrigeant les causes d'erreur 
signalées ci-dessus. Nous avons tout d'abord vérifié que l'importance, du reste' 
faible, de l'amortissement était encore atténuée du fait que ce facteur modifie 
les deux périodes T et T dans le même sens et par conséquent influe peu sur 
le rapport T /T. D'autre part on diminue encore l'erreur en déterminant K 
expérimentalement au moyen d'un gaz de y connu, Pair par exemple. 

Pour améliorer la précision sur la période, nous avons utilisé une méthode 
de résonance indiquée par M. Parodi ( 3 ). L'appareil est animé d'un mouve- 
ment dé translation horizontal harmonique et de période variable; en faisant 
varier cette dernière et en mesurant l'amplitude des oscillations du liquide dans 
le tube, on peut tracer une courbe de résonance et déterminer la période propre 
du système sur une durée aussi longue qu'on le juge nécessaire. Cette façon 
d'opérer permet d'obtenir une précision bien supérieure à celle que pouvait 

atteindre Mûller. 

Pour ce qui est de l'adiabatisme, nous avons remarqué et vérifié que, con- 
trairemenrà l'opinion généralement admise au sujet de la méthode d'Assmann, 
il était possible d'une part de se placer dans des conditions où le phénomène 
est suffisamment adiabatique pour donner de y une valeur correcte el^d'autre 
part d'employer, si besoin est, un terme correctif que l'on peut calculer. Il 
apparaît que, pour une paroi donnée des récipients, trois facteurs interviennent 



(*)■/<*.,■ 18, i883, p. 94- 

( u ) Comptes rendus, 218, 1944, P* 3n. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. iS3 

dans les échanges possibles de chaleur avec l'extérieur : le rapport S/V de la 
surface au volume des récipients contenant le gaz, les valeurs moyennes T des 
périodes et les amplitudes des oscillations. L'expérience nous a montré qu'un 
rapport S/V correspond à des récipients de forme sphérique de ro cm de diamètre, 
des périodes voisines de£o s ,8 et des amplitudes de 3 à 4 cm étaient suffi- 
samment faibles pour donner des valeurs correctes de y. Ces résultats expéri- 
mentaux se trouvent confirmés par le travail de Clark et Katz( 4 ); ces auteurs 
ont de plus calculé un terme qui tient compte du manque d'adiabatisme et 
par lequel ils corrigent le y mesuré. Mais, dans le cas de nos expériences et 
avec les conditions numériques mentionnées ci-dessus, la correction calculée" 
est alors de Tordre des erreurs d'expérience. 

Les valeurs numériques de y obtenues par cette^ méthode pour les gaz 
connus tels que, l'air servant uniquement à l'étalonn*age de l'appareil, l'oxy- 
gène, l'azote, le gaz carbonique, l'acétylène, Péthylène et même l'hydrogène, 
que son pouvoir conducteur, environ 7 à 8 fois supérieur à celui des gaz 
précédents, rend plus sensible à un manque d'adiabatisme du phénomène, 
concordent avec celles généralement admises. 

Nous avons utilisé ces résultats préliminaires pour mettre au point un 
appareil en métal supportant des pressions et températures de l'ordre de 
10 kg/cm 2 et 35o° C. au maximum- il est muni d'une fenêtre pour observer les 
oscillations du liquide et placé dans une étuve. Un émaillage intérieur réduit 
le pouvoir conducteur de la paroi et la protège des corrosions. Nous avons 
effectué une série d'expériences avec le benzène pour mettre au point l'appareil, 
ce qui nous a donné comme résultat moyen : y =1,07 à ioo° C. sous la 
pression atmosphérique, le y de l'air, dans les conditions ordinaires de tempé- 
rature et de pression étant pris égal à i,4o. Cette valeur est en bon accord 
aveccelle de Yatkar ( 5 ) qui emploie la méthode des ultra-sons. 

Actuellement nous construisons un système d'entraînement destiné à donner 
la période à 2.10- 4 près. Les mesures seront ensuite étendues à des hydro 
carbures particulièrement utilisés et à des températures et pressions élevées 
qu'il faudra connaître avec précision. 

ÉLECTRICITÉ. — Présence d'harmoniques de rang impair dans le courant 
alternatif traversant certaines résistances non métalliques. Note ('*) de 
M. Pierre Seviiv, présentée par M. Camille Gutton. 

I. On sait que les résistances constituées par des corps semi-conducteurs 
agglomérés ne suivent pas rigoureusement la loi d'Ohm. Leur température 



('') Çan. J. of Research, 18, 19/, o ; p. 24/. 
(*) /. hid, Jnst. Sci. } 22 ; ig^ h p. 19. 

(*) Séance du 5 juillet 1948. 



i84" 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



étant maintenue constante, on rémarque que la valeur de leur résistance varie 
en fonction de la différence de potentiel qui leur est appliquée. Cette variation 
est du reste indépendante du sens du courant et se distingue ainsi de l'effet de 
rectification des redresseurs à couche d'arrêt. On peut en conclure qu'en 
appliquant à une telle résistance une différence de potentiel sinusoïdale, il 
apparaîtra dans le courant traversant la résistance une certaine proportion 
d'harmoniques de rang impair, en particulier de l'harmonique 3. C'est ce que 
nous avons vérifié. 

IL Notre méthode de mesure de la distorsion était la suivante : on appli- 
quait à la résistance à étudier R une différence de potentiel alternative pro- 



' 


fr ^ 








i 


R 1 






v^ 


< 


« 







r S 


— « . •— 






» 












Amplificateur 


Dtet ors f omet re 



venant d'un générateur dont la distorsion était négligeable et dont la fréquence 
était de i ooo HZ. Le courant résultant traversait une seconde résistance r dont 
la valeur très faible (de l'ordre du i/i ooo de la résistance étudiée) ne risquait 
pas de perturber la mesure. La différence de potentiel engendrée aux bornes 
de cette résistance auxiliaire était amplifiée environ i ooo fois par un amplifi- 
cateur de distorsion négligeable et analysée à l'aidé d'un distorsiomètre. 
Celui-ci était constitué par une série de cinq amplificateurs sélectifs accordés, 
le premier sur îooo HZ, le second sur 2000 HZ, etc. Dans chaque amplifi- 
cateur, un appareil de mesure indiquait le taux de l'harmonique correspondant . 



Valeur en ohms 
de la résistance étudiée, 

v6 



10' 



10* 



Tension appliquée Puissance dissipée 
en volts efficaces. 

. . . . 100 

4o ■ 
..'... 100 

100 



5.. 



10' 



2 . 1 o* 

IO : 



4o 

10 

-80 

10 

5 



en milliwatts. 

10 

i,6 
100 

16 

200 

3o 

2 

320 ' 

100 

25 



Distorsion en, % 
par harmonique 3. 

0,85 
<o,i 

o,5 



0,2 



o,8 
o,4 

<0,I 

o ? 56 

o,44 
0,26 



ÏÏL Nos essais ont porté, sur deux types de résistances : les unes étaient 
constituées par un bâtonnet de matière agglomérée (type A), les autres par un 



t 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. i85 

tube de stéatîte recouvert d'une couche plus ou moins épaisse d'un produit 
-conducteur (type B). La puissance nominale de ces résistances, c'est-à-dire la 
puissance maximum qu'elles peuvent dissiper, était d'un quart de watt. La 
distorsion apportée par les résistances du type B était inférieure ào,i % et n'a 
pu être mesurée avec exactitude. Par contre la distorsion apportée par les 
résistances du type A était beaucoup plus élevée; le tableau ci-contre résume 
les résultats. . ' 

IV.. D'après ces résultats, on constate que les résistances non métalliques 
utilisées couramment en radio technique peuvent produire une distorsion non 
négligeable dans le courant qui les traverse lorsqu'on les soumet à des diffé- 
rences de potentiel alternatives. 

Nous avons d'ailleurs vérifié qu'en courant continu, la valeur de la résistance 
diminué lorsqu'on augmente la différence de potentiel appliquée et que cette 
diminution est plus grande pour les -résistances du type A que pour celles du 
type B. .-■■■" 

1 ^ 

ÉLEGTROMAGNÉTISME. — Sur l'interprétation des anomalies des ferromagné- 
tiques aux ondes hertziennes. Note (*) de M. Israël Epelboiw, présentée par 
M. Aimé Cotton. 

La répartition non -uniforme de la perméabilité dans l'épaisseur du métal 
indiquée dans une récente Note faite en collaboration avec P. Abadie est vérifiée 
pour l'ensemble des ferromagnétiques massifs usuels,. et ceci confirme l'hypo- 
thèse que nous avons déjà utilisée : celle qui relie la grandeur anormale des 
pertes par courants de Foucault aux forts courants parasites induits à la surface 
par les couches intérieures de perméabilité plus élevée. L'importance de l'ano- 
malie des pertes par courants de Foucault constitue donc une indication de la 
répartition des propriétés magnétiques dans l'épaisseur du métal. Voici à ce 
sujet deux exemples concernant des noyaux annulaires en ruban, constitués 
d'une seule spire pour éviter l'action parasite entre spires, et mesurés parla, 
méthode des bobines démontables. Le premier noyau en Fe 17 % , Ni 76% , 
Cu 5 %, Cr ï,5 % présente des pertes par courants de Foucault deux fois supé- 
rieures aux valeurs théoriques. Après deux opérations de polissage anodique 
qui diminuent sa section respectivement de 8 et de 44%', la perméabilité initiale 
mesurée aux fréquences acoustiques et. séparée de l'influence des pertes par 
courants de Foucault passe de 3700 respectivement à 43oo et 5700. Le deuxième 
noyau en Fe, Ni 76 % longuement recuit dans le vide à 45o°, présente des pertes 
par courants de Foucault à peine supérieures de 20% aux pertes théoriques. 
La perméabilité initiale déterminée dans les mêmes conditions que pour le pre- 



(*) Séance du 11 juillet 19^8. 



l86 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

mier noyau est de 370, mais elle augmente à peine avec le polissage anodique, 
par exemple de 8 % lorsque la section du ruban diminue déjà de 26 % . 

Les alliages de haute perméabilité, comme ceux étudiés par K. Six'tus, pré- 
sentent des pertes par courants de Foucault dépassant plusieurs fois les pertes 
théoriques ; il est donc à présumer d'après ce qui a été montré plus haut qu'ils 
possèdent une texture magnétique particulièrement hétérogène* Contrairement 
à cet auteur nous avons constaté que de tels matériaux obéissent à la loi d'ai- 
mantation de Rayleigh, et qu'il n'y a pas lieu dans les champs faibles de cher- 
cher de nouvelles lois d'aimantation. L'anomalie de la variation de la perméa- 
bilité avec, l'amplitude du champ magnétique n'apparaît que pour des 
accroissements de perméabilité dépassant de 10% la perméabilité initiale. 
Mais dans ce domaine et dans le cadre même de la loi de Rayleigh, on ne peut 
plus négliger l'influence' des harmoniques qui agissent comme un accrois- 
sememt de la fréquence et perturbent d'autant plus la variation de la perméa : 
bilité et des pertes avec l'amplitude du champ, que le phénomène de l'aiman- 
tation n'est pas réparti uniformément dans l'épaisseur de l'échantillon par 
suite de sa texture magnétique hétérogène. Cette dernière permet d'expliquer 
la dispersion anormale des coefficients de la loi de Rayleigh avec l'accrois- 
sement de la fréquence, où l'effet de peau fait intervenir des couches superfi- 
cielles ayant des coefficients plus faibles. 

Enfin le phénomène de relaxation des pertes magnétiques par cycle, qui existe 
déjà aux ondes kilométriques dans le cas des tôles de transformateurs et seule- 
ment aux ondes centimétriques pour certains mélanges de ferromagnétiques et de 
diélectriques, peut s'interpréter également sans faire appel à des lois de varia- 
tion de la viscosité magnétique, et uniquement par l'influence des courants de 
Foucault qui déphasent l'induction et le champ d'un certain angle de perte* 
En effet la perméabilité dynamique (rapport entre l'induction et v la composante 
du champ en phase avec celle-ci) est reliée à la perméabilité consomptive fx 2 
par une relation que nous avons démontrée par ailleurs 

p., — yj siri a cos a , 

et la condition de relaxation des^pertes magnétiques par cycle, c'est-à-dire 
de [jio, donne 

tga du! 

1 

Comme â\sJ\doL est négatif aussi bien pour les métaux massifs aux ondes 
kilométriques que pour les ferromagnétiques divisés aux ondes centimétriques, 
on déduit que le phénomène de relaxation se produit toujours pour un angle 
de perte inférieur à 4^°- Remarquons que cet angle de perte n'est pas une 
caractéristique ferromagnétique : il dépend de la forme du conducteur et non 
pas de ses propriétés électriques et magnétiques. D'après les calculs développés 
par V. Arkadiev delà propagation des champs alternatifs dans les conduc- 



SÉANCE DU 19 JUILLET 10,48. 187 

teurs massifs d'après les équations de Maxwell, nous avons trouvé que cet angle 
esL de 32° pour les conducteurs cylindiques et de 37 pour les conducteurs plais. 
Nous avons vérifié expérimentalement cette dernière valeur pour l'ensemble 
des rubans ferromagnétiques étudiés avant et après le traitement par le polissage 
électrolytique, bien que la fréquence de la relaxation varie dans un large 
domaine. 

En résumé, la connaissance de la texture magnétique réelle des métaux 
permet d'interpréter les anomalies du comportement des ferromagnétiques 
aux ondes hertziennes sans faire appel à des hypothèses supplémentaires sur le 
traînage ou la viscosité magnétique souvent discutéesdans la littérature. Il 
en découle également des procédés nouveaux d'utilisation des métaux en radio- 
électricité. (Brev. Fr./P. V.'. 551 537; 557905; 557906; et étrangers. 1948, 
pris en collaboration avec le Centre National de la Recherche Scientifique.) 



RADIOÉLECTRICITÉ. — Sur la courbe d'amplitude associée à une caractéristique 
de phase linéaire dans un quadripôle à déphasage minimum. Note (*) de 
M. Jacques Lapluhe, présentée par M. Louis de Broglie. 

Il est bien connu que, dans un système de transmission en modulation de 
fréquence, les distorsions harmoniques proviennent exclusivement du défaut 
de linéarité de phase. Il est donc essentiel, lorsqu'on utilise ce type de modu- 
lation-, de réaliser des circuits dont le déphasage soit une fonction linéaire de 
la fréquence sur une étendue suffisante. Nous nous proposons de calculer la 
courbe de réponse en amplitude d'un quadripôle à déphasage minimum dont 
le déphasage soit rigoureusement linéaire entre deux limites finies et constant 
à l'extérieur de ces limites. 

■M. Bayard (*) a explicité la relation qui existe nécessairement, dans un tel 
quadripôle, entre la phase cp et la fonction H(/>) qui définit en notation opéra- 
toire, le rapport de la tension de sortie à la tension d'entrée. Cette relation 
peut se mettre sous la forme suivante : 

v - 

(I) ^HTÏÏ)-^ p*TT*T- 

Examinions -d'abord le cas où la phase est linéaire entre les pulsa- 
tions o et \ r : 

kl pour 1 ^ }..,, 
pour /. ^ À,. 




(*) Séance du i2.juillet 1948. 

(*) Revue générale aT 'Électricité, .37, n° 21, 1935, p. 669. . 



l88 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

La formule (i) conduit alors à l'expression 






La courbe d'amplitude s'obtient en remplaçant p par j e*> et en prenant la 
partie réelle. En exprimant le gain (ou l'affaiblissement) A en népers, on 
trouve ainsi : 

(a) A(M)=Â(0)+ ^ F g), • ■ 

où 

(3) - . F(œ) = (œ-hi)Log(œ-hi)-—(à—-i)Log\&—i\. 

Dans le cas plus général, et aussi pratiquement plus intéressant, où la carac- 
téristique de phase est linéaire entre deux valeurs X f et X 2 de la pulsation w 
(X s >Xi): ' ^ ' 

iû pour A ^ /•!, 

■>(Â —/-i) pour Âj^Â^/o, 
A-(À 2 — Xi)- pour À ^A s . ■ 

On peut poser f (X) = <p 2 (X) — ©i(À), avec : 

j H pour ÀZ). 2j r x (^ pour X^ Ai, 
■ ( £X 2 pour Â^?. 2j . ■ ^' ^™ ( £Ài .. pour /^V 

La formule (2) fait correspondre à <p,(X)..et .<p 2 (X) respectivement des 
gains À 4 et A 2 , et, en raison de la linéarité de la relation ( 1 ) entre le gain en 
népers et la phase, le gain correspondant à <p est A 2 — A lB On en déduit : 

(4) A( w ) = A(p)+^[x 2 f(|)->,f(J) 

L'étude de cette fonction fait apparaître les particularités suivantes : ■ 

a. La" courbe de gain possède un maximum à une fréquence égale à la 
moyenne géométrique de X t et X 2 ; 

b. Le gain tombe plus rapidement vers les' fréquences élevées que vers les 
fréquences basses ; 

c. La courbe de gain présente dans l'intervalle X 1? X 2 une allure assez 
arrondie, qui contraste avec les courbes à fond plat que l'on s'efforce parfois 
de réaliser. On peut en conclure que celles-ci ne correspondent pas à la 
linéarité de phase optimum. ■ ■ ; - 



^ 



SÉANCE DU 19 JUILLET I948. 



189 



CHIMIE PHYSIQUE. — Sur deuoc lois expérimentales reliant V indice de réfraction 
et la concentration a" une solution. Note (*) de M. Antoine Merland, 
présentée par M. Aimé Cotton. 

I. Dans un travail récent ( 1 ) j'ai montré que les indices de réfraction n des 
solutions aqueuses de chlorure et de nitrate de néodyme suivaient la loi 



n-—n< 



a( i 



•er>% 



où n représente l'indice de réfraction de l'eau pour la radiation considérée et 
la. température donnée, où G représente la concentration de la solution en 
molécules-grammes par litre, et où a et b sont des constantes caractérisant le 
sel dissous, a dépend de la longueur d'onde de la radiation considérée, b est" 
indépendant de cette longueur d'onde, dans la limite des erreurs d'expérience. 

Je me suis proposé de vérifier si cette loi s'applique à d'autres solutions 
salines, en utilisant notamment les résultats des mesures, très complètes, de 
Chèneveau ( 2 ). Voici, par exemple, les nombres relatifs à une solution de 
chlorure de sodium, à la température de i5 ù et pour la radiation jaune (58o,3 Â). 



n — n n 



n — lia 



c. 


mesuré. 


calculé. , 


G. 


mesuré. 


calculé. 






, o464 






0,0248 


4,729** •< 




0,0423 




, . 0,0199 


0,0199 




. . 0,0379. 


o,o38o 


i,582...-. 




o,oioi5 


4,i4i — 




■ 0jô337 




o,oio4 


0,01025 






0^0292 






o,oo5i • 



Les nombres de la dernière colonne ont été calculés en prenant 

«z^o,22io6j b = 0,04478- 

Comme, les indices de réfraction ont été mesurés avec une incertitude 
absolue de 0,0001, les différences n — n sont déterminées à 0,0002 près. La 
loi est donc vérifiée, dans la limite des incertitudes expérimentales, pour les 
concentrations utilisées et le sel cité. Elle est vérifiée, avec la même approxi- 
mation, pour les solutions des sels qui figurent dans le tableau suivant, 
donnant les valeurs des constantes a et b. Les indices sont toujours relatifs à la 
radiation jaune et à la température de i5°C. • 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 

H Thèse, A 2211, n» 3.082, Paris, 1948. 

( 2 ) Thèse, A 542, n° 1 266, Paris, 1907. 



190 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Foririule Formule 

«lu sel dissous, a. b. du sel dissous. a, b. 

Cl, Mg .-;.:... ■ o,35o6. 0,0661 ' N0 2 K o,i323 o,o653 

(iNO a ) â Mg. . ... o,66Gr o,o3o5 N0 3 Na> -.0,1534 0,0.599. 

, SO*Mg o,i65o o,i4o.- S0 4 Na 2 o,io64 0,1938 * . 

CIK 0,1691 0,0082 S 2 O s Na 2 . . . . . 0,4537. 0,0649 

BrK 0^3206 0,044! CUBa i,43oi 0,0206^ 

IK 1,292 o,oi65 ' CUCa o,4i4o o,o584 

N0 3 K:.. 0,0902 0,1077 SO^Gu.. o,3i39 0,0886' 

SO^Ka o,o5ê8 0,4170 " GINH 4 0,6779 o,oi45 

Pour certains sels, la loi paraît s'étendre jusqu'à la concentration C m qui 
correspond à l'état cristallisé. Elle -donne, pour l'indice du sel cristallisé, une 
valeur assez voisine de la valeur mesurée, et dans la limite résultant des 
approximations sur a et b. Voici quelques chiffres : 

Indice n à l'état solide Indice n k l'état solide , 

du sel. mesuré. calculé. du sel. ' mesure." calculé. 

IK 1*667 1,674 CIK 1,490 -1,467 

BrK... 1,559 ï»53o GINa ...... ., 1 , 554 • i,5i3 

L'interprétation théorique de cette loi sera l'objet d'un autre travail. Elle 
montre que la constante b est généralement égale à (^H-^)-, v< et v 2 étant les 
volumes des ions dissous, volumes évalués en litres par ion-gramme. Elle permet 
de retrouver, en certains cas, le degré d'hydratation des ions obtenu par 
d'autres méthodes. 

IL J'ai montré, dans le travail cité, qiï'onpeut aussi écrire, pour les solutions > 
aqueuses de nitrate et de chlorure de néodyme, l'invariance du quotient 
(^ n — 1) j Y 2 / 3 quand la concentration G varie. V représente le volume moléculaire, 
c'est-à-dire le volume propre d'une molécule- gramme de sel à l'état dissous. 

Cette loi n'est pas générale. Elle est vérifiée pour les solutions aqueuses des 
sels suivants : ' 

CIK (concentration: 1 à 4 inoléc. gr/litre), Cl 2 Ba {0,26 à i,34)> NO n K 
(o,45 à 2), Cl 2 Ca (rà 5), N0 3 Na (0,6 à j6), IK (i à 2,5), INa (o,5 à 2>,BrNa 
(o,5 à 2), N0 3 K(o,6ài,5). \ 

Elle ne s'applique pa's aux solutions de : BrK (o,5 à 4)? GlNa(o,5 à 5), 
SO,K 2 (o',07 à o,5), S0 4 K 2 (0,1 à 0,9), GINH 4 (1 à 5). . 

CHIMIE PHYSIQUE. — Sur un état rnétastable de la gélatine obtenu par séchage 
à température élevée. Note (*) de MM. R. Ptnoir et J. Poûradiek, 
présentée par M. Paul Pascal. 

Il est bien connu que les propriétés physiques et mécaniques d'un échantillon de gélatine 
dépendent des conditions dans lesquelles il a été séché. Mais toutes les études qui ont été 

{*) Séance du 5 juillet 1948.'. 



SÉANCE DU 19 JUILLET. 1948. iqi 

faites à ce sujet, à noire connaissance, ont porté sur des gélatines qui avaient été 'fixées 
avant séchage ; suivant le mode opératoire habituel, c'est-à-dire que ces gélatines étaient 
restées durant tout le séchage à une température inférieure à 4o°, température de fusion des 
gels les plus concentrés. 

. # 

il nous a parti intéressant d'étudier les propriétés de gélatines sèches obtenues 
à partir de bouillons de diverses concentrations, par séchage à température 
supérieure à 4o°, c'est-à-dire par séchage sans figeage préalable. 

Dispositif expérimentai. — La méthode employée consistait à évaporer len- 
tement, dans un thermostat contenant 'un déshydratant,, la solution de gélatine 
placée en couche mince dans le fond d'un récipient plat. L'évaporation durait 
de 2 à 4 heures. 

.Résultats expérimentaux. — i° La surface d'une gélatine séchée à 70 est 
beaucoup plus brillante que celle de la même gélatine séchée après" figeage. 

2 Si Ton plonge dans de l'eau assez froide (18 , par exemple) un morceau de 
gélatine séchée à. 70% il gonfle et il faut ensuiteélever la température jusqu'à la 
température de fusion normale (35° dans le cas considéré) pour obtenir la 
liquéfaction du gel. 

Si l'on plonge cette même gélatine dans de l'eau à température de plus en plus 
élevée, à partir de 2'5 à 26° on voit, grâce à la différence d'indice, que la surface 
se dissout directement, tandis que la masse continue à gonfler. Si l'on continue 
à élever la température, la dissolution devient de plus en plus rapide, et le 
gonflement intervient de moins en moins dans le phénomène. 

3° Si la gélatine séchée à 70 est broyée très finement, son comportement 
reste sensiblement le même que dans le premier cas lorsqu'elle est mise au 
contact de l'eau à basse température. Par contre, si on la met dans de l'eau à 
température plus élevée, la dissolution est considérablement accélérée à cause 
de la grande surface d'échange et le rôle du gonflement devient négligeable 
même à 25°. On obtient ainsi, par dissolution directe, une solution d'aspect 
homogène. Cette solution, se gélifie d'ailleurs spontanément au bout de 
quelques heures en donnant un gel homogène et rigide. La gélatine séchée 
normalement, traitée de la même façon, gonfle, mais conserve un aspect tout 
à fait hétérogène. 

Analyses aux rayons X. ~ Il est intéressant de comparer ces résultats avec 
ceux obtenus par Katz et ses collaborateurs ( 1 ) sur la diffraction des rayons X 
par la gélatine. 

Ces auteurs ont montré que si un sol de gélatine est évaporé à une tempe- 
rature supérieure à 65°, la gélatine obtenue donne un diagramme de substance 
amorphe, alors que la gélatine séchée à basse température donne un dia- 



H Katz, Derksen et Bon, Rec. Trav, Chim., 50, 1931, p, 726 et n38; 51, 1982, p. 835 
et 5i3, cité par Heymann. The sol-gel transformation, Paris, 1936. 



IQ2 , ACADEMIE DES SCIENCES. 

gramme représentant des lignes distinctes caractéristiques d'une substance 
organisée* , 

Explication. — Il semble que Ton puisse expliquer ces anomalies, et en parti- 
culier; Pexistence de deux points de fusion, en admettant que la gélatine 
séchée à haute température subit une espèce de trempe et qu'elle reste sous la 
forme stable à chaud, c'est-à-dire sous la forme sol qui correspond à une dis- 
persion moléculaire; l'organisation en gel ne se produirait que s'il y a figeage 
de la gélatine avant le séchage. 

. Autrement dit, les molécules, libres dans le sol, qui s'orientent et s'as- 
semblent partiellement lors du figeage pour .donner un système organisé, 
restent dispersées durant le séchage à température élevée et, une fois l'eau 
évaporée, ne peuvent plus s'orienter et s'assembler. La gélatine ainsi obtenue 
ne peut donc donner aux rayons X qu'un spectre de substance amorphe. 

Les études de Knaggs, Manning et Schryver ( a ) et celles de Goddard ( 3 ) 
sur la solubilité de la gélatine à froid, ont montré que la fraction soluble, en 
équilibre avec un gel gonflé, est constituée par des molécules libres, alors que 
dans le gel les molécules sont liées les unes aux autres par des forces 
secondaires. 

On conçoit donc que si dans la gélatine séchée à haute température les 
molécules sont indépendantes, le point de fusion dans l'eau soit abaissé. Mais 
si l'on plonge cette gélatine dans de l'eau froide pour la disperser complè- 
tement, elle s'imprègne d'eau, gonfle et se réorganise en gel pour reprendre 
toutes les propriétés de la gélatine ordinaire. 

Cette hypothèse est confirmée par l'évolution de la solution, obtenue 
à 26°, de la poudre de gélatine séchée à température élevée. Puisque cette 
solution évolue lentement à 26° pour donner un gel homogène et que, pour 
obtenir un tel gel, il est absolument nécessaire de passer par l'état sol, ceci 
prouve que cette solution est bien un véritable sol, c'est-à-dire que la gélatine 
y est dispersée à l'état moléculaire et désorienté. Et, de même que lorsqu'on 
refroidit brutalement à 25° une solution de gélatine, on obtient une solution 
instable évoluant vers la forme gel, de même la solution ainsi obtenue évolue- 
t-elle pour se réorganiser en gel. 

Conclusions: — Par séchage de la gélatine au-dessus de 65°, on maintient 
celle-ci sous sa forme sol, stable à chaud et soluble dans l'eau à plus basse 
température que la gélatine ordinaire. En broyant finement cette gélatine, 
on obtient une poudre directement soluble dans l'eau, qui donne, sans qu'il 
soit nécessaire de chauffer, une solution homogène qui prend ensuite en gel à 
la même température. 



(*) Biochem. </., 17, 192?, p. 4?3. 

( 3 ) ,/. Soc, Chem. IndusU, 61, 1942, p. 176. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. Ig3 

CHIMIE PHYSIQUE. - Sur un type de transformation commun au* protoxyde, de 
^^ fer, cobalt et nickel. Note (*) de M. Mu. 'An, présent par 



Un certain nomBre de travaux ont montré l'existence, à basse température 
de transformâtes des protoxydes de manganèse, de fer et de cobalt se 

Mn^w-r f partlc f er ' P ar u r aximura ai * u de Ia chale - s P^"fi\u 

M.llar) ( ) et une forte anomalie magnétique (phénomène d'antiferroma- 
gnetisme) (Bizette, Squire et Tsaï) ( 2 ), (*), («) oma 

Je me suis proposé ici d'étudier parallèlement, à l'aide d'une méthode dila- 
tometnque, différents protoxydes de structure cubique, appartenant au même 
groupe, c'est-à-dire les protoxydes de manganèse, fer, cobalt et nickel 

Les oxydes sont obtenus comme suit :'MnO par réduction de l'oxyde salin 
dans 1 hydrogène à topo-C; FeO par traitement sous vide à là J? d'un 
mélange en proportions stœchiom étriqués de sesquioxyde et de fer métallioue 
(le produit est ensmte trempé pour éviter la transformation, -.„ «£ l^u 

vMe°f I S ""r nt H Pr ° t0Xyd ; €n fCT 6t ° Xyde Salin >' CoO parfaitement sous 
vide a I20 o"C. du sesquioxyde; Ni O par calcination à l'air du nitrate 

- Les produits sont agglomérés par compression et cuisson et leur dilatation 
est enregistrée au moyen d'un dilatomètre Chenevard à haute sensib li é en 

rTure o ^ atm ° SP " î d ' aZ ° ^ P ° Ur ^ 6SSaiS 6ffeCtués «"*»•« ^ la tempé- 
rature ordmaxre avec les trois premiers oxydes. Dans le cas du protoxyde de 

ferles essais ont été limités à 20 o»C. afin diviter sa transformât! en fÎo! 

Les valeurs des coefficients de dilatation des différents oxydes étudiés sont 

sont t es sensiblement réversibles sans inertie thermique appréciable II e 
possible de faire les remarques suivantes : ewanie. u est 

ratureÎriT* 6 /, 03 ?, 6 ^ '""r* anaI °^ e; de P uis les ba ^ tempé- 
ratures, le coefficient de dilatation augmente d'une façon progressive de plus 

e^imXr: 1 ' p t; e r un ma « ^ A ***>*: S 

extrêmement vite, pour atteindre une zone à évolution lente 

2° L anomalie dilatométrique présentée par chaque oxyde est située à une 
temperatnre d'antant plus élevée que le numéro atomique de l'élémen cLes 

P F o : s* p r f ;? v°r n t les t r suiVames : Mn0 > * *«•*■ ^ : ^ 

U ' l8b K - (- 8 7° C -); CoO, 2 92 «K. ( + i 9 °C); NiO, 5 2 3°K. (+ 3 5o°C.). 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 



R. W Mu**., J Amer. Chem. Soc, m, , 9a8) p. lB7 5 et 51, x 929 , p. ai5 
H. B.zette, C. F. Squibe et B. T SAI , Comptes rendus, 207, I9 38, p L 
H. ta,» et B. Tba,, CW^ rendus, 217, I94 3, p! 890! ? ^' 

{ ) H. Bizette, Annales de Physique, 1, I94 6, p. a3 3. • 



, ACADÉMIE DES SGIEflCES. 

' 3» L'intensité du phénomène est d'autant plus importante que la température 
de transformation est plus basse. Les valeurs maxima des coefficients de il.- 

4» Les différents oxydes possèdent au-dessus de leurs points de transtor- 




-1ÛO°c 



mation, des coefficients de dilatation du même ordre ; aux basses températures, 
nar contre, il existe de très nettes différences, les coefficients observes 
augmentant beaucoup de l'oxyde de nickel à l'oxyde de manganèse. 

L'analyse aux rayons X ne mettant pas en évidence de changement de la 
forme cristalline, il s'agit de transformations du deuxième ordre, appartenant, 
d'après la forme des courbes, au type X; Notons que les chaleurs spécifiques 
donnent des courbes d'allure très semblables à celles obtenues ici- pour les 
coefficients de dilatation. . . ■ , 

En résumé, les essais précédents ont permis de mettre en évidence pour 

chacun des oxydes étudiés (MnO, FeO, Co.O, NiO) la présence d un même 

vpe d'anomalie dilatométrique; la température et l'intensité ..à* l phénomène 

évoluant progressivement en fonction de la position de l'oxyde dans la série. 

GHIMIF PHYSIQUE. - Sur la préparation de nouvelles magnéutes par substitution 
aZZ/erriçues d'autres rons talents. Note (*) de MM. Asnné M.chkl 
et Emile Pouillard, transmise par M. Pierre Jolibois. 
Dans un travail sur la magnétite, Chaudron et Bénard <•) ont montré ^il 

était possible de substituer au x Fe~ d'autres ions divalents comme Mg 

(*) Séance du 12 juillet 1948- 

,( l ) Comptes rendus, 214, 1987, p. 766. . 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. r g5 

et ■Cu ++ en chauffant simplement la magnétite et l'oxyde métallique corres- 
pondant. Cette méthode n'a pas permis à. ses- auteurs de réaliser un rempla- 
cement des ions ferriques par des ions trivalents comme Al^ + + ou Ci 



,+ ~i- -i- 



Nous avons pu réaliser cette substitution par réduction à 4oo° par l'hydrogène 
d'oxydes mixtes (FeAl) 2 3 (-*). On sait que ces solutions solides sont beau- 
coup plus difficiles à réduire que le sesquioxyde de fer ( 3 ). 

Nous avons éLudié les magnétites substituées ainsi obtenues par les rayons X 
et par l'analyse thermomagnétique. Les diagrammes de la figure résument 



Point de Curie 




.1 Paramètre 




•*- 



10 



20 



30 
m.ot. AUO5 % 



40 



nos expériences. Ils indiquent la variation du point de -Curie, et de l'arête du 
cube de la magnétite en fonction de la teneur en alumine du cristal mixte. 

On constate une variation continue de la valeur du paramètre a qui passe 
dea = 8,4i3Â à #=r= 8,365 Â pour la solution solide limite, tandis que le 
point de Curie s'abaisse de 576° à 535°. La substitution des ion,s Al- ++ aux 
ions Fe^ ++ s'arrête lorsqu'un ion Fe^+ sur 7 environ a été remplacé. 

Il y a .lieu de remarquer que les sesquioxydes substitués, dont la teneur en 
alumine est inférieure à 10%, donnent par réduction une phase homogène qui 
est la magnétite substituée correspondante, tandis que les sesquioxydes plus 
riches en alumine donnent un mélange à deux phases, l'une étant la magnétite 
substituée au maximum et l'autre de l'alumine cubique. 

Nous ayons constaté que Ton pouvait préparer d'une manière analogue des 
magnétites dans lesquelles les ions ferriques sont remplacés par des ions Cr 



-H-h-H 



(-) H. Forestier et G. Cacdron, Comptes rendus, 180, 1935, p. 1164. 
('■'') F, Olmer, Comptes rendus, 204, 1937, p. 1197. 



iqQ ACADÉMIE DES SCIENCES. ^ 

La solution solide limite correspond dans ce cas au remplacement d'environ 

iion Fe+^sur 6. 

L'oxydation à basse température de ces magnétites substituées conduit à une 
nouvelle famille de sesquioxy des cubiques de fer dont nous avons déterminé 
les paramètres cristallins et les points de Curie. Nous indiquerons ces valeurs 
dans une publication plus détaillée. - 

CHIMIE PHYSIQUE. — Action des ultra-sons sur les suspensions aqueuses 
. de sulfate de baryum. Note (*) de M lle Agnès Mathieu-Sicaud et 
M. Gustave Levavasseur, présentée par M. Charjes Mauguin. 

Quand on examine au microscope électronique des précipités très fins, on 
. observe que les particules sont agglomérées en amas plus ou moins volumineux. 
Nous avons cherché à disperser ces précipités à l'état de particules élémentaires 
à l'aide des ultra-sons (U.-S.) produits par un quartz piézoélectrique. Nous 
avons opéré sur des précipités de sulfate de baryum en particules cristallines 
d'environ 1000 Â en étudiant les trois facteurs : durée d'exposition aux U. S. ; 

puissance, fréquence. '".-,, 

Les suspensions sont observées avec un néphélomètre muni d un galvano- 
mètre enregistreur. ■-,-■-, 

La dispersion est définie par la différence entre les déviations du galvanomètre 
observées sur la solution initiale d'une part et sur la solution après passage aux 
U.-S. Les résultats obtenus ont été contrôlés au microscope électronique. Les ondes 
stationnâmes nous ont donné une dispersion meilleure que celle obtenue parles 
ondes progressives. Les dispersions observées sont respectivement dé 126 et 
de 5i (fréquence ~ 9 4o Kc). Les expériences ont donc été poursuivies avec des 

ondes stationn aires. 

1° Influence du temps cP exposition. - Les courbes de la figure 1 donnent les 
résultats relatifs à là fréquence 1600 Kc.Les préparations sont soumises au 
rayonnement par des expositions répétées de 1 minute (courbe a), de 3 minutes 
(courbe *y ou de 25 minutes consécutives (point c), séparées par des temps de 
repos. Après un repos de i5 heures on observe une réagglomération partielle. 
Après nouveau passage aux U.-S. par période de 3 minutes, on obtient les 
courbes a 1 et b' qui montrent une meilleure dispersion. 

Avec les solutions fraîches (courbes a et b) et avec un mode opératoire 
déterminé, il est impossible d'améliorer la dispersion après un certain temps. 
C'est en opérant par périodes d'irradiation de 3 minutes que la dispersion est 
* maximum ; v c'est le mode opératoire adopté par la suite. 

2 Influence de la puissance. — En utilisant une fréquence de 2880 Kc, on a 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. ; -'' 

vérifié que la dispersion est, pour un temps donné d'autant WilU T 




Fig. 



de i, 2 5 A ? 1,60 A; i,85 A, 
33 et 5i ; 5. 

■ U . 



on note 



au néphélomètre des dispersions de a6, 




W® ""SoôS TS« ç$2Ô" 

F*g. 2. 



/Jeywnce en i«/ cyck* 



3° Influence de la fréauencp r^ « l • • 

» minutes (correspondant TL JsJ x tT 7 ^l d ' ex P osi ^ de 

dispersion en foncfion de uZ^ÙJ^^^^}^^ L * 

irequence est représentée par la courbe 2. 

i-.K M 1946, a* Semestre. (T. 227 t N- 3 ) r» 

l3 



g ACADÉMIE DES SCIENCES. 

maximum de dispersion est déplacée vers lès fréquences plus basses. 

CH IMIE THÉORIQUE. - V étude ^«^f^l^^^^t 
dinaphiyléne .par la méthode des orbuaks molecula^. Note ( ) 
M «Lit* Sâhdomt', présentée par M. Louis de Broghe. 
Récemment, nous avons étudié ces trois corps (0( 2 ) ^ l'aide .de la-méthode 
de 'Zis moléculaires de mésomérie (>)• Nous avons msxste sur le 
d fie tS auxquelles se heurte l'emploi rigoureux de da method^ ^ur*ut 
à cause de l'impossibilité de choisir une série canomque de formules mesomere 

La métbode'des orbitales moléculaires («) fournit un autre procède pour 
l'étude de ces corps. ' « . 



2 3" 



2 3 



. 2 3 



6 8 




?* 3 



?■ 3' 



Le tableau I renferme les charges (CH) et les valences libres (F ) pour 



les 



Tableau I. 



1. 



Cil ' 0,030 

F °>^ 

F» O' 1 ^ 

Cil./...- o ; q6o- 

F 0,/lib 

F M ...... °,23 

GU. °,9 68 

Fa °> 23 



î , 008 
o,350 
o, io 



i , ooo 

0,3^7 
o, II 



i , 004 
o,3 7 8 
o, 12 ■ 



3.- 



0,907 
0,427 



o 



6. 



8. 



9- 



I. 



16 



o,$44 
o,-465 

0,22 



o , 96 1 
o,4oo 

0,22 



0,071 
0,08 



I ,020 

0,111 

O, II 



1 , 026 
0,100 

0,09 



Acénaphtylène. 

1,009. 

0,428 
0,20 

Fluoranthène* 



1 ,o.3o 
o, 100 
o, 16 



0,999 
o,38i 



o, 1 



7 



Dinaphtylène. 



1,029 
o , 09a 
o, i5 



0,992 

0,445 

0,21 



1,012 

0,347 
0,16 



1 ,00a 
o,o56 
0, i3 



o,o/l 6 
0,07 



1,000 



0,11 



o,99 & 

o,4o4 

o, 16 



1 ,000 
0,357 
0,10 



0,997 
o,o5i 

0,09 



(M Séance du 12 juillet 1948. 

(!) Comptes rendus, 22^ i 9 47> P- 1288-1290. 

/M Comptes rendus, nS, IQ48, p. i6ii-i6i3. 

(*) .Fb*V par exemple C. A. ^oulson et n. \->* ^^ 
i9i7» P- 4°* 



IL 



o,99 G l > ^ 



o, lï 
o, 1' 



I,Oi 



o,o48 o,r 



0,2 



.1,0 

o, 1 
o,ï 



SÉANCE DU 19 JUILLET 19,48. 
divers sommets de ces molécules T p= F e * ï • i- '" 

-ésomérie obtenus précédemment'. * ^ ""^ de ValenCe Iib ™ de 

Le Tableau II permet la- comparaison des ordres de liaison (Ti n \\ a 
indices de liaison de mésomérie.(f). . (B ' a > et des 



1-2. 2-3. 3_4, 



5-5'. 



T-T". 9-9'. 



Tableau II. 

4 " 5 -" • ^ 6 ~ 7 ' ^- 8-9- l-I: I.-II. 4-I. 

Acénophtylène. 
• 0,700 0j 6ig ,634 o/ + 63 - _ 

' °^ b °i-4a 0,42. , 2I _ __ ' ' ~ r°>™£ 0,53a - o,5t-3 0/789 - 

o,33 o,a 7 0,29 ,5 9 

Fluoranthène. 

°s\ 0S 2 :$? - : : ïr :$? %$> '-_ - of3 , 5 , 0)3l9 0]563 _ 

- °' 32 : °^5: 0,28 0î i 9 0,39 - - 
Dmaphtylène. 
o>7 10 0,622 o,658 o,4oo ofi^ n ^o r — 
0.44 o, 4 , ,34 - 7 .$ 3 ^ o ; - o|. , f 4 9 0,53, 0f ^:.o,5„ o /5 o 7 0)6o2 

O • '^ • ? ' °' 28 °' ïô 0^6 o 36 

P^lffi^ emre leS ^ de S^eor obtenus ' 

satisfaisant. m ° leCulaires et P ar Papproxunation de mésomérie est très 

restent les plus réacuïs mat e^ t 7 " ^ n ° yaUX de «galène - 

La déformation du n^yau de „T, ^"e ^P "* * P S ' aSSOcie a ««■ 

cor?i P : nd r à ~ ; s ;r :„ t re ^r-r ^ la ^ d w 

semi-localisation C Ti^l^ *%£*? ^" - tel état permettrait une 
pouvaient être trouvés chez de 7 ^T d lm P ortance si de tels états 
partiellement indépendants ^ ^^ ^^ deux P a *ies 

paS:: rr^^s^.™? partie de ] r ° iécuie ^ ~ *»*»- * 

tions. Ce serairle inZrétl • Cr ° 1SSe T t * 1& Pr ° babilité de ces tra ^i- 
certains complets mét S es 4 °n U ^ K*" ^^ d ' abso ^on de 
par suite de la forma o ^ iJ T T * ^ ^ Pr ° pre du métaI se *»»« 

C) A. K:s S et D. Gmm*,,, ;,. ^, a% , Chem ■ ^ ^ ? _ ^. _ - 



. ACADÉMIE DES SCIENCES. 

ztUU 

CHiMmA^TiQUE. - .Sur, Vhydrolyse du M ^^^ de 
MM. MaxGelosô et Jacsuks Faccherke, présentée par M. I aul 1 ascal. 

Nous nous proposons d'exposer ici le résultat de nos recherches sur la 
constitution des ions basiques qui prennent naissance au cours de 1 hydrolyse 

"iLtnf untn simple A- susceptible de former, par hydrolyse, un 
ion basique n fois condensé { A(OH) m }7, et désignons cet K>n par ; le 
symbole '■&?+. L'hydrolyse s'écrit : _/.-■. . 

et obéit à la relation: ' _ ■ ]Ar][H +Y> _ t 

(i) . [k^f ■ ■ " ^. • ' ' ' 

où les quantités entre crochets représentent les activités de chaque espèce 
Son A force ionique constante et suffisamment élevée, on est en droit- de 
cendre activités et concentrations. La relation (,) fourmt alors une 
constante apparente K de l'hydrolyse, pour la force lomque p considérée. . 
Soit c la concentration du sel à l'origine. Par nn- rayonnement analogue a 
celui établi par P . Souchay {'); on P eul P oser ' à ré <I ulllbre . 

ou encore' - . ■ 

Par dilution, une variation de la concentration eu ions H se produit, qui 
s'exprime par la relation différentielle 

(2) dlogV~? + i 

Des recherchesrècentes (» ) et(>) sur l'hydrolyse du nitrate de plomb conduisent 
à des rÏultats dont la divergence peut être attribuée auxcondmons operato.res. 
Dans ces mesures, en particulier, une impureté de to-.ion H par litre est du 
même ordre de grandeur que l'effet de l'hydrolyse. . ' . 

Nous avons constaté quUl convient de porter toute son attenUon.ur la puri- 
fication des sels emplovés, sur l'attaque possible du ver* des reciptents et tout 
spécialement sur les perturbations dues à la dissolution du gaz carbomque de 

(*) Séance du 28 juin 19^8. , . " ■ 

(M Bull. Soc. Chim:, 3-4, i948 ? .p- 463. • 

m Granston-Brown, J. Roy, Techn. Coll. Glasgow, k, .i 9 3 7 , p^4- 
>) K. J. Pedersen, D. KgL Danshe. Vid., V, 22, i 9 45, p. io. 



SÉANCE DU 1-g JUILLET 1948. a0I 

l'air Du nitrate de plomb pur pour analyse est dissous à chaud (') dans une 
faible quantité d'acide nitrique N/xoo et filtré. La cristallisation est produite 
rapidement par refroidissement et avec agitation afin d'obtenir des micro- 
cristaux. Cette opération est recommencée au moins cinq fois jusqu'à obtention 
a un se qui en solution aqueuse de concentration M/io, accuse un P H iden- 
Uque-(4,/ f 3), après deux cristallisations successives. Le produit essoré, lavé ou 
non a 1 alcool, est séché sur chlorure de calcium. Pour une première série de 
mesures on prépare en flacon paraffiné et sous azote une solution 2 . IO - M de 
nitrate de plomb. La liqueur de dilution est une solution de même concentra- 
tion de nurate de baryum, purifié avec les mêmes précautions et séché à 5o° 
ans ces conditions, toutes les dilutions ont la même force ionique a* o,6 
Une seconde série d'expériences est effectuée sur des solutions de force ionique 
u«o,oô Les mesures sont prises à l'électrode de verre sous barbotage 
a azote, a 20° C. ■ , 6 



pH 



/ 



y 




/Y 




$ 



r# 



pH d 'hydrolyse du nitrate 
de pfomb en fonction (de 
la dilution et à force 
ionique constante 
— ± — force ionique #0,6 
" » « #0,00 



— hg V 

Les point» figuratifs se situent, en première approximation et pour chacune 
des séries d'expériences, sur" deux droites concourantes dont les pentes sont 
très voisines de o ? 8 et o/5, ce qui d'après la relation (i) correspond à n = 4 

C L f 1/ — — — l # 

L'hydrolyse du nitrate de plomb "donne donc lieu à deux équilibres distincts 
suivant la concentration . ' . 



(A) 



C\ Pb+-»--4- 4H 2 G ^ f PbOU }t ++ ++ 411% 

PbH-h_L_ "lf j0 „. Pb'OlT++"ll+. 



Four c>i. 10 % il y a prédominance en solution -des ions tétracondemés 
correspondant -à l'équilibre (a). 

Pour c <5.io- a prédominance des ions monomères correspondant à l'écrui- 
hbre (b). ; l ^ 



« La température ne doit pas e.xcéder 7 <y> pour éviter la formation partielle d'i 



basiq 



ons 



202 ACADÉMIE des sciences. 

Pour io" 2 >c> 5..IO- 1 il est à préjuger que les ions tétra et mono existent 
à des concentrations du même ordre de grandeur. 

Ces résultats montrent en outre que l'état de condensation des ions basiques 
est indépendant de la force ionique de ,1a solution et confirment les résultats 
que l'un de nous a obtenus, en collaboration avec R. Schaal ( 5 ), par une 
méthode différente d'investigation. 

MÉTALLOGRÀPHIE. — Discontinuité d'absorption K. de rayons X du cuivre dans 
les alliages aluminium-cuivre aux différents stades de précipitation. Noie (*) 
de M me Adrienne R. Weill, présentée par M. Pierre Chevenard. 

Le mécanisme de la précipitation dans les alliages Al-Cu à 4% Cu a été 
étudié par M. A. Guinier (♦) qui a précisé les différents stades de ce phéno- 
mène : 

i» Phase tù : durcissement à la température ordinaire survenant quelques 
jours après la trempe de l'échantillon [formation d'amas plans de cuivre 
parallèlement aux faces ( ioo) du cube élémentaire ]. 

2° Phase w ordonnée : après recuit à 182 pendant environ M heures, les 
amas grossissent et s'organisent avec alternance, dans le précipité, de plans 
chargés de cuivre et de plans d'aluminium. 

3° Phase G' : après recuit à 2z}o û pendant environ i'8 heures, il apparaît une 
nouvelle phase, instable, de composition Al 2 Gu et dont la structure cristalline, 
égèrement quadratique, est du genre CaF 2 , 

4° Phase ô (Al a Cu) : après recuit à 38o° pendant environ 17 heures, il se 
forme une nouvelle structure quadratique stable. 

L'environnement de l'atome de cuivre est bien différent dans chaque cas: 
dans les amas plans, les atomes de cuivre n'ont de voisins cuivre que dans leur 
propre plan; dans la phase 0', les plus proches voisins des atomes de cuivre 
sont des aluminiums (distance Cu - Al : 2,49 A); dans la phase 0, les atomes 
de cuivre se rapprochent jusqu'à 2,43 A suivant Taxe [001], tandis que les 
aluminiums les plus proches sont, à 2,32 À des atomes de cuivre. 

Le but de ce travail était de suivre la variation des franges au voisinage de, 
la discontinuité d'absorption du cuivre au cours de ces modifications. Malgré 
la faible proportion de cuivre présent dans l'alliage (4 % en poids, soit 1,74% 
en atomes), il a été possible d'pbserver très nettement les systèmes de franges 
des divers précipités au moyen du spectrographe à focalisation (méthode de 
M 11 * Y. Cauchois). Le spectrographe était équipé avec une lame de quartz 
mince taillée perpendiculairement à Taxe optique et courbée sur un rayon 



\ 



(*) J. Fàucherre, Bull. Soc. Ckim., 9, 10, 1947, P : 9 2 7< 

(*) Séance du 28 juin 1948. 

(^ Journal de Physique, VIII, 3, i94vp- I2 4- 



SÉANCE DU 19 JUILLET 10,48. 



2o3 



de 2o cm . Les franges ont été observées en deuxième ordre sur la réflexion 10 10. 
Chacune des phases w, 9' et 8 présente un système de franges particulier, 
différent de celui du cuivre (voir tableau). 



Tableau. — Distance des franges a.n seuil et* absorption (en éleclron-volts).. 



Prange 

A.. 

B.. 

3... 

P'.. 

C. 



r- 

a. 

E. 
E' 



C 1 



<i>. 


(0 ordonné 


l8 


18 ' 


■3o 


3o 


Oï 


o3 


7* 


76 


83 


8-1 


98- 


io4 


120 


128 


i36 


— 


14.5 


i43 


162 


1/Ï8 


17 i 


• 1 7' / f 



•210 



'2 r 



V, 



[9 

9° 

n4 



^79 
210 



0. 

16 

-34 

114 



i53 
i74 



207 
226 



Cuivre. 


j8 


33 


/,5 


59 


9a 


19. 1 


16 I 


,i8;> 


202 


. 2 1 5 


226 



A, 13, ..., maxirna d'absorption (blancs du cliché); oc, 3, ..,, mini ma d'absorption (noirs du cliché). 



Le seuil de la discontinuité a été déterminé par la position du point d'inflexion 
de la chute d'absorption. Celle-ci semble s'opérer en deux temps comme celle 




Cuivre pur 




w ordonné 




25 50 75 100 125 150 175 200 225:235" 
Seuî} Volts 

Représentation schématique des franges 
au voisinage de la discontinuité d'absorption du cuivre. (Phases Al a Cu.) 



204 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

du cuivre, mais dans cette première série d'expériences la brisure n'est pas 
toujours très nette; toutefois, il n'a pas été noté de déplacement du seuil excé- 
dant la limite de précision des observations (±2 électron-volts), sauf peut- 
être un léger décalage vers les petites énergies pour 0'. La largeur totale de la 
discontinuité d'absorption est du même ordre que celle du cuivre; elle 
semble s'agrandir légèrement pour la phase .8'. 

Le premier minimum d'absorption A est peu marqué dans le cuivre, il est 
mieux indiqué dans les phases 6 et 8', et nettement plus creusé dans les phases 
co, sans qu'il s'agisse là à proprement parler d'une raie blanche. Mais ce qui 
est remarquable, c'est que, dans tous les cas la position de ce minimum A et 
celle du maximum suivant a ne varient pas, aux erreurs expérimentales près. 
On note donc pour toutes les phases la même disposition de structure que pour le 
cuivre jusqu'à environ 35-4o électron-volts du seuil. 

Si l'on examine la position des maxima et minima successifs jusqu'à environ 
220 électron-volts du seuil (Tableau), on voit que les structures fines de co et 
co ordonné ont encore quelque ressemblance avec celle du cuivre, tandis que le 
système de franges de phase 8 est presque en opposition avec celui du cuivre. Les 
franges de ô' sont en quelque sorte intermédiaires entres celles de 8 et celles de 
co, plus proches dans l'ensemble de celles, de 8. Il y a peu de différences entre 
co et co ordonné, l'ordre à petite distance étant en somme le même dans les 
deux cas. 



CHIMIE ORGANIQUE. — Absorption et fixation de la soude caustique des lessives 
par la cellulose régénérée de viscose. Note(*) de MM. André B réguet, Robert 
Vïatte et Henri Perra, présentée par M. Gabriel Bertrand. 

Dans une précédente Note nous avons exposé les phénomènes de gonflement 
de la cellulose native dans des lessives de soude de concentration croissante. 
Présentement, la méthode de eentrifugation a servi à l'étude du gonflement 
des fibres cle cellulose régénérée de viscose. La matière utilisée était un fil à 
haute ténacité, ayant subi un fort étirage en filature. La cellulose de ce fil 
provenait de la même pâte de linters que celle étudiée dans notre première 
Note, 

La cellulose régénérée gonfle beaucoup plus et absorbe davantage de soude 
caustique que' la cellulose native, dans une lessive de concentration déterminée. 
La courbe de gonflement par l'eau accuse un maximum très aigu pour une 
concentration de lessive de 10, 25 % ,NaOH en volumes, soit 9,3% en poids. 
A ce point, le fil se désagrège complètement et une partie de la cellulose se 
disperse dans la lessive. La courbe de la soude absorbée présente deux maxima. 

(*) Séance du 5 juillet 1948, 



SÉANCE DU Tg" JUILLET- 1948. _. 20b 

Le premier correspond au maximum de gonflement; le second se situe à la 
concentration 2 7 ,i5% NaOH en volume de la lessive (environ 21,90% en 
poids). Entre les deux, il existe un minimum pour une concentration de lessive 
de 16/10% NaOH en volumes (i3, 97 % en poids). II devient possible de 
distinguer trois zones de gonflement délimitées par les deux maxima de soude 
absorbée. 

On constate que le phénomène est réversible dans la première zone, ainsi 
qu'entre la deuxième et la première zone; mais il devient irréversible à 
l'intérieur de la troisième zone et entre la troisième et la deuxième zone. 
Autrement dit, la fibre régénérée, d'abord traitée par une lessive de soude de 
concentration supérieure à 21,90 % , gonfle ensuite moins et absorbe moins de 
soude qu'elle ne le ferait normalement, lorsqu'on la replonge dans une lessive 
de concentration plus faible en NaOH. ' "' , "" 



S*ûô. iSo 



"•■■ "■ •** ~ ™ — 1 - , - çy 








iO 



£1- J^To-OH? % CC-Zicj^cs^ zb- tlCw.f>CLat- 



Un tel comportement confirme la différence profonde entre la structure 
surmoléculaire des fibres cellulosiques régénérées de viscose et celle des fibres 
natives. Pour expliquer l'allure de ce phénomène de gonflement, on est obligé 
d'admettre avec Neale ( 1 ) que : i« certains groupes hydroxvles de la molécule 
cellulosique se comportent comme un acide faible, en donnant avec une base 
forte telle que la soude un sel de sodium ionisable. C'est une réaction équilibrée 



(*) J. Tean. fnsj., 20, 1929, p. 3 7 3; 21, i 9 3o, p. 225. 



2Q 5 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

2° Dans la lessive sôdique, la cellulose fonclionne comme une membrane 
perméable à l'eau et à l'alcali. On a un équilibre de Donnan. 

Enfin, il faut considérer que la soude absorbée par la fibre représente la 
somme : a. de celle qui forme le sel cellulose-sodium ionisé; b. de la quantité 
excédentaire déterminée par l'équation de Donnan. 

La première zone des courbes correspond probablement à la partie amorphe, 
très accessible de la fibre où la pression osmolique à l'intérieur de la fibre croît 
très vite et entraîne un fort gonflement qui, vers la concentration de 10 % 
NaOH, devient suffisant pour rompre les liaisons secondaires entre chaînes 
moléculaires, et déformer les régions cristallines. Dans la 2* el la 3 e zone il y a 
une augmentation de la pression osmotique de la solution extérieure plus 
rapide que dans le gel de cellulose : d'où résulte un dégonflement. 

Nous avons calculé, pour chaque concentration de la lessive de trempage, la 
quantité de NaOH fixée par la méthode de Vieweg. Elle présente un palier net 
entre les concentrations i â? 3 et-ao,4 % NaOH. Ce palier correspond sensi- 
blement au composé de formule (C 6 H 10 O 3 ) 2 .NaOH. Il s'amorce de suite après 
le maximum de gonflement. La cellulose régénérée est donc apte à fournir une 
combinaison sodique dans des lessives de concentration moindre (1 2,3 % ) que 
celle exigée par la cellulose native ( i4?4 % )• ■ 

Il est intéressant de constater que les paliers des courbes Vieweg se 
terminent à la même concentration de lessive (20,4 % NaOH) tant dans le cas 
de la cellulose native que dans celui de la cellulose régénérée. 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur la véritable formule de V axérophtène . 
Note (*) de M. Paul Meunier, présentée par M. Maurice Javillier. 

On a longtemps désigné du nom impropre de cyclùatwn,\a transformation 
que subit la vitamine A (axérophtol) sous l'influence des acides. 

C'est en i 9 43 (juin) qu'a été établie la structure de cette vitamine A 
dite «cyclisée»( 1 )> en réalité déshydratée. Nous avons proposé le nom 
tf axérophtène pour désigner ce nouveau carbure d'hydrogène C, H 28 , très 
voisin de l'axérophtol G 2û H 30 O. La même année, les Américains Shantz, 
Cawley et Embree ( 2 ) ont réussi à faire cristalliser ce même produit qu'ils ont 
très justement appelé anhydro-vitaminë A, sans toutefois faire un choix entre 
trois formules de constitution, donnant leur préférence à une formule à 
cumulène terminal, donc différente de la nôtre. 

Récemment, Karrer et Schwyzer ( 3 ) ont adopté pour représenter Fanhydrp- 

(*) Séance du 5 juillet 1948. • ■ . 

(*) P. Meunier, R. Dulou et M 1,e à. Vinet, Comptes rendus, 211, 1943, p. 9°7 ï voir 
aussi BulL Soc. Chim. bioL, 25, 1943, p. 371-378. 
( 2 ) J. Amer, Chem. Soc., 63, 1943, p. 901. 
{') Helv. Chim, Acta, 31, 1948, p. io55-io62. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. ' 207 

vitamine A la formule de structure que nous avions établie en 1943. Malheu- 
reusement, ces derniers emploient notre expression d'axérophtène, non pas 
pour Fanhydro- vitamine A elle-même, comme nous l'avions fait, mais pour son 
produit d'hydr%génation à 5 doubles liaisons conjuguées seulement, le dihydro- 
axéropbtène. Selon nous, cela entraîne une confusion qu'il importe de ne pas 
laisser s'établir, d'autant que l'anhydro-vitamine A a été reconnue active au 
point de vue biologique [cf. ( 2 ) et (*)], au même titre que son produit" d'hydro- 
génation, comme l'annonce Karrer ( 3 ), 

^" CH * GTl ;i Gif* 

[C = CHCH = CCH=CHCH=CCH = CII, . 

J ' ~ . 

Axérophtèna des auteurs français (lîHSJ^ 
appelé anliydro-vilaminc A par les auteurs américains en 1913 et par Karrer eu I9Î8. 

<*^ GH => GH 3 GH 3 

G~GH = GHG=GIIGH = GH— G=CHCH :; 

S GII:> 

Axérophtfciiô de Karrer (1948). 

^ Il nous faut faire remarquer aussi que nous avons, dès ig43, préparé 
l'anhydro-vitamine A à partir de la vitamine A sans employer le traitement 
acide, comme il était courant de le faire. avant nous. Notre procédé par bromu- 
ration, puis substitution de l'iode au brome, puis enlèvement de l'iode paraît 
plus simple que le passage par l'ester paràtoluol sulphôné selon Karrer ( 3 ), 

Quant au caroténoïde qui se forme en même temps que l'anhydro-vitamine 
dans le procédé utilisé par Karrer, et qui est considéré par ce dernier comme 
probablement identique au ^-carotène, il nous paraît plutôt identique au corps 
obtenu par Ender ( 5 ) en i 9 32 à l'état cristallisé, après traitement de la vita- 
mine A par lé trichlorure d'antimoine. Nous, avons eu l'occasion nous-même 
de reprendre l'étude du composé d'Ender : nous avons établi en 1944 (•) qu'il 
ne pouvait s'agir que de l'éther-biaxérophtiJique, résultant de l'élimination 
d'une molécule d'eau entre deux molécules d'axérophtoL 



(*),P. Meunier, M™ Guérillot-Vinet, J. Jouanneteau et iMighel Gourevitch, Comptes 
re/iûfttjj 226, 1948, p. '128-1 3o. - 

(») Biochemical Journal, 26, 1982, p. 11 18. 
(°) P. Meumer et M 11 * A. Vinet, Comptes rendus, 219, i 9 44, p. t fa. 



208 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Chimie ORGANIQUE. — Quinols méso a-furylés de Vanthracène. 
Attaque du noyau furannique chez le dérivé mésophénylé a-furylé. 
Note (*) de MM. André Étiknke et Raymond Buisson* présentée 
par M. Charles Dufraisse. 

Dans une Note précédente (') nous avons déjà indiqué, pour deux quinols 
méso.a-furylés dihydroanthracéniques, que les alcools méthylique et éthylique 
en présence de la solution chlorhydrique concentrée du commerce ne donnaient 
pas les éthers-oxydes correspondants, mais des produits jaunes à structure 
purement anthracénique. Cette anomalie avait été constatée en particulier sur 
le monoéther méthylique (II) du diquinol mésophénylé a-furylé (I). Nous 
avons voulu généraliser la réaction au diquinol (I) lui-même, que nous avons 
préparé à cette occasion, et à quelques autres de ses éthers-oxydes, puis 
déterminer la structure des produits obtenus. 

Ce diquinol, le phényl-9 furyl-10 dihydroxy-9.10 dihydro-9.10 anthracène, 
C 2/ ,H 18 3 , cristaux incolores, F inst 204°, s'obtient facilement par action du 
bromure d'a-furylmagnésium sur la phényl-9 hydroxy-9 anthrone-10. Les 
éthers-oxydes méthylique et éthylique ont été préparés à partir du diquinol (I) 
par action de l'iodure de méthyle ou d'éthyle, en présence de potasse pulvé- 
risée; on obtient un seul stéréo-isomère, F iIlsl 249 , pour le diéther-oxyde 
méthylique, C 2 eH 22 3 (III), mais les deux diélhers-oxydes éthyliques stéréo- 
isomères C a8 H ao 3 (IV), F llwl 186* et 246-. 

L'action de l'acide chlorhydrique aqueux a été essayée à froid sur le 
diquinol (I) et ses éthers-oxydes (II, III, IV) dissous dans l'éther ordinaire 
(débarrassé d'éthanol), mélangé respectivement avec les alcools méthylique, 
éthylique et benzylique; l'éther ordinaire ne. prend pas part à la réaction : il 
n'intervient que comme diluant. 

D'après les essais, qui sont détaillés ci-dessous, -on arrive à la conclusion 
qu'il y a départ des oxhydryles en méso, pour le diquinol, ou des alcoxyles, 
pour les éthers-oxydes, avec apparition de la structure anthracénique et 
ouverture simultanée. du cycle furannique. Quel que soit le produit de départ, 
on aboutit aux éthers-sehr d'un acide .{3-y énolique : le '.(phénd-9' anthranyl)- 
4 butène-3 ol-4*oïque (V). Ces éthers-sels, colorés en jaune, correspondent à 
P alcool (méthylique, éthylique ou benzylique) au sein duquel s'est faite la 
réaction. Ester méthylique, C 23 H 20 O 3 (VI), -F^iôg ; ester éthylique, 
C a6 H 2a 3 (VII), F inst i36°; ester benzylique, Cà/H^Os (VIII), F 1Ilsl i45°. 

Les structures proposées s'accordent avec les faits suivants : 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 

( l ) A. Etienne et R. Brisson, Comptes rendus, 22fc, 1947, p. i77 5 ' 



SÉANCE DU ïg JUILLET 1948.. 



209 



II n'y a pas eu de migration sur les benzos extérieurs de Panthracène et seul 
le reste furylique en méso a été affecté par la réaction; en effet, d'oxydation 
chrornique des produits, obtenus -'donne, avec de bons rendements, la phényl-9 
hydroxy-9 anthrone-10. 

Les résultats de l'analyse centésimale et fonctionnelle (H mobile et alcoxyle) 
et l'allure anthracénique du spectre d'absorption sont bien conformes aux 
structures proposées. . 

La présence d'une fonction éther-sel est démontrée par la saponification des 
trois dérivés en un seul et même acide; le (phéno-9' anthranyl>4 butène-3 ol- 
4oïquc, C 2/i H 1K 3 (V), F^.^'217 , titrable à la pbtaléine. Le retour aux 
trois éthers^sels iniLiaux, méthylique, éthylique et benzylique (VI)-, (Vil), VIII) 
se fait également par estérification à la manière habituelle. De plus, chacun 
des trois esters, traité par un alcool en présence de HG1, subit l'alcoolyse en 
l'ester correspondant à l'alcool utilisé. «'''.' 

La présence d'une fonction oxhydryle décelable par les magnésiens (un II 
mobile pour les esters et deux pour l'acide) oblige à admettre l'existence d'une 
forme énolique; celle-ci semble stable et ne paraît également pas réagir sous la 
forme çétonique tautomère avec les" réactifs habituels des cétones (semi-carba- 
zide, dinitrophénylhydrazine). . ' ■ ' " 




OU 



OR 



■G 

% / 

CH-CH, 



G = 



Gg II 'j — .1 



(V) H 

(VI) R 

(VII) R 

(VIII) R 



II 

Cil» 
G 2 H a 
CII 2 G 6 1-I S 



\ 



Oïl 



G G ll 5 

I i 

-C = GII~CIL,-C-~01I 



Hi 



i—cm 



t)- 



-0- 



1=0 



G fi II, 



6 JX S 



TX). 



(Xa). 



Xb). 



L'action des magnésiens s'accorde également avec l'existence d'une fonction 
éther-sel d'acide (i-y-énolique; ainsi le bromure de phénylmagnésium donne 
avec les trois éthers-sels considérés un seul et même corps : le (phéno^' 

anthranyl>4 àiphényLi . i-butène-3 diol-1.4, C 3 ,H 28 2 - (IX), cristaux 
jaunes, F Inst 229 . 

Une autre vérification de la structure (V) proposée pour l'acide est la 



2io ACADÉMIE DES SCIENCES. 

transformation de ce corps par le bisulfate de potassium, en (phéno-9' 
anthranyl)-2 hydroxy-5 ïuranne, C 24 H 16 2 (X), cristaux jaunes, F lnst 248 : 
il y a cyclisation par élimination d'eau avec formation de la lactone (X 6), 
tautomère du dérivé hydroxyfurannique (Xfl). Il est à noter que ce dernier 
corps a été obtenu également par l'action de HC1 aqueux, sans alcool, sur le 
quinol (I), dans une étude en cours. 

L'acide (V) peut être comparé à un acide lévulique o-substitué, mais dans 
lequel le carbone terminal serait inclus en méso dans un enchaînement anthra- 
cénique. Cette particularité pourrait être la cause de la stabilité inattendue de 
la forme énolique en p-y par rapport à la forme y-cétonique tautomère. 



RADIOCRISTALLOGRAPHIE. — Structure cristalline du piazthiol. 
Note (*) de M. Victorio Luzzati, présentée par M. Charles Mauguin. 

Après avoir déterminé la structure cristalline du piasélénol ( 1 ), nous avons 
entrepris l'étude du piazthiol, dont la formule chimique est représentée sur la 
figure ci-contre. 

Le piazthiol, comme le piasélénol, nous a été remis par M. Louis Peyron, 
de l'Institut Pasteur de Paris. 

Les cristaux de piazthiol sont isomorphes de ceux de piasélénol, avec les 
paramètres suivants 

(Système orthorhombique, groupe de symétrie P^-C^-4 molécules dans la 
maille élémentaire.) 

La projection de la densité électronique p(ar, y) a été calculée par synthèse 
de Fourier, et les coordonnées z des atomes par la méthode d'essai et erreur. 
La molécule est plane, à quelques degrés près- elle possède un plan de symé- 
trie perpendiculaire au plan xOy> et l'angle entre le plan de la molécule et le 
plan xOy est très- voisin de 23°. La précision des calculs est ici supérieure à 
celle obtenue dans le cas du piasélénol, et l'on a pu observer une déformation 
très sensible de l'anneau benzénique. Les distances interatomiques sont portées 
sur la figure ci-contre. En raison de l'incertitude dans les coordonnées z r la 
valeur absolue des distances interatomiques peut comporter une erreur attei- 
gnant quelques centièmes d'angstrôm, mais les rapports des distances entre 

elles sont corrects. 

La figure qui accompagne la Note sur la structure cristalline du piasé- 
lénol (*) peut servir pour le piazthiol, dont la maille élémentaire est presque 



(*) Séance du 12 juillet 1948- 

(*) Comptes rendus, 226, 1948, p. 738. 



21 I 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 

identique. [Dans cetLe figure oii a tracé par erreur les plans œ = 1/4 etœ = 3/4 
comme des plans miroirs avec glissement 1/2 h : il s'agit en réalité de plans 
miroirs avec glissement 1/2 (b-^c).] 




Dans le tableau suivant sont portées les coordonnées des atomes 



X 

a 

l 
b 



r « « ■ 



s. 
0,446 

o,36i 



o ; 388 
0,476 



N 2 . 



G i- G =- <V c 4 . c,. 



<v 



o,356 .0,214 ci, iao 0,107 0,178 0,280 
0,274 0,020 0,483 o,36o 0,294 o,33 2 



0,297 

0)449 



GÉOLOGIE. — Sur l'existence de lOxfordicn dans la zone des collines sous- 
vosgiennes de la Basse-Alsace. Note de M. Jules Scmbamhh, présentée 
par M. Charles Jacob. ' 

J'ai signalé^ ) l'existence d'une série complète d'assises du Callovien dansla 
Basse-Alsace. Dans cette même région, notamment dans lé Champ de fracture 
de Barr, j'ai constaté la présence d'autres affleurements d'âge oxfordien 
indiscutable. 11 s'agit d'un certain nombre de gisements isolés, masqués par 
des a luvions et des déblais de pente, dont il n'est toujours pas facile d'établir 
les relations stratigraphiques. 

Ils se rangent sans difficulté dans l'Oxfordien inférieur et moyen. Les uns 
comprennent les zones à Quenstedticeras prœlambertiT)oMx. et à Quenstedticeras 



(*) Comptes rendus, 226,' 19^8, p. zji». 



2I2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

lamberti Sow. D'autres, à la partie supérieure de la série reconnue, se 
rapportent aux zones à Quenstedticeras marim d'Orb. et à Cardwceras prœcor- 
datum Douv. Par contre les zones de l'Oxfordien supérieur à Cardwceras 
suessi Siem. et à Cardioceras cordatum Sow. n'ont pu être observées jusqu'à 

maintenant. , ,. •- 

La limite inférieure est nette : après le fort développement des faciès marno- 
calcaires du Gallovien, la base de l'Oxfordien marque en effet un' retour à la 
sédimentation argileuse dominante. 

OxFOTtn.EN inférieur. - Purement argileuses à la base, les assises se chargent 
de plus en plus de calcaire et deviennent au sommet des marnes pétries de 
nodules marno-calcaires. Deux faciès alternent dans les parties inférieures, 
celui des argiles et marnes à Foraminiféres et un autre avec des marnes 
à fossiles pyriteux (faciès des marnes à llenggeri du Jura). Le deuxième faciès 
apparaît encore plus haut alternant avecTes formations marno-calcaires du 
sommet. Le détail des couches est, de bas en haut, le suivant : 

I. Zone à Quenstedticeras pnelamberti Douv.: 

,» Argile kNucula; argile gris foncé _ayec Nucula inconstant Rœder, cxcilia d Orb., 
Dacrvomya, acuta Merian et des Foraminiféres. 

2 ° Alternance d'argiles marneuses gris foncé à Foraminiféres et de marnes grumeleuses 
arises à- Ammonites pyriteuses. Les marnes renferment Quenstedticeras prmlamberU 
H Douv., brasili R. Douv.; henrici var. cailleli V. Maire, Creniceras renggerr Opp., 
Peltoceras ait. athletoides Lah., Ilecticoceras bonarellii de For., suevum. Bonar., 
Perisphincleï bemensis de Ur, Hostiles kastalus Blainv. et Aulacothyris bernar- 

diana d'Orb. * 

II. Zone à Quenstedticeras lamberti Sow. : j, 
V Argiles marneuses à Foraminiféres et Balanocrinus penlagonalis Goldf. 

/[• Marnes argileuses grises avec de rares uodules calcaires, foss.les en calcaire : 
Hastites hastatàs Blainv., Belemhopsis lalesulcatus d'Orb., sauvanadsus dOrb., 
Aptychus sp,, Pecten subûbrosus d'Orb., vitreus Rcem., Aulacothyns impressa Bronn. 
•Ce niveau alterne avec des Marnes à Ammonites pyriteuses qui renferment Quensted- 
ticeras lamberti Sow., Creniceras renggeri Opp., Hecticoceras bonarellu de Lor 
chatillonense de Lor., Perisphinctes bernensis de Lor., girardoti de Lor., Taramel- 
liceras richei dehot., Arca concinna'PinU. 

5" Marnes grises riches en nodules marno-calcaires, fossiles en calcaire, intercalation de 
niveaux à fossiles pyriteuK. Quenstedticecas lamberti Sow., lamberti var^ macer Quenst., 
pseudolamberti SinUow, . aff. intermissum S. Buekman, Peltoceras eugenu Rasp., 
Hostiles hastatus Blainv., Belemnopsis lalesulcatus d'Orb., Rhynchonellasp., Uogryphxa 
dilatata Sow. et Ostrea sandalinoides de Lor. 

Oxfordien moïek. -Les assises de l'Oxfordien moyen, fortement masquées, 
sont moins faciles à observer, mais leur .existence est affirmée par la décou- 
verte d'une faune suffisamment caractéristique. 

La base, marneuse, a fourni Millericrinus horridus d'Orb. Plus haut se 
placent des marnes sableuses avec intercalation de quelques bancs de calcaire 
gréseux avec Millericrinus echinatus Schloth., horridus d'Orb., Ltogryplava 



SÉANCE DU ig JUILLET ig48. 2I 3 

dilatata Sow. Le niveau le plus caractéristique est au sommet: ce sont des 
marnes gnses avec nodules calcaires gris blanchâtre et rognons de game 
complètement décalcifiés. Cette gaize est une roche jaune brunâtre, poreuse 
souvent hématisée et contenant des veines de calcédoine. Les rognons ont 
fourni surtout Trigonia perlata Ag. Plus rarement on y trouve Trigonia 
momhfera Ag. , Nucula inconstant Roed. , Leda rœderi de Lor. , Isocyprina 
cyrenjormis Buv Trigonia densicostata Roed., Rhynchronella silicicola 
Rolliep, hxogyra bruntrutana Thurm . Cette faune de ce niveau a la plus 
grande analogie avec celle du Terrain à Chailles du Jura, mais celui-ci ne s'est 
pas montre. S'il existait quelque part, ce- serait juste au-dessus du niveau 
a Irigoma perlata. 

Résumé et conclusions. - Dans la zone sous-vosgienne^de Basse-Alsace on 
connaît maintenant une série stratigraphiquè continue depuis le Callovien 
inférieur jusqu à l'Oxfordien moyen inclus. En ce qui concerne l'Oxfordien 
sa partie inférieure se rattache assez étroitement, comme faciès, aux marnes à 
C. renggen du Jura franco-suisse. Sa partie plus élevée (Oxfordien moyen) 
avec son faciès à rognons de gaize se rapproche plutôt de l'Oxfordien marno- 
ealcaro-gaizeux du Nord de la France. 

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. - Le cratère, d'explosion de Tenoumer et V existence 
probable d une grande fracture rectiligne au Sahara occidental. Note (*) de 
M. Jacques Richakd-Molard, présentée par M. Emmanuel de Marlonne. 
Au Sahara occidental, par 22 ° 55' 3o" latitude Nord et io° 2 5' longitude 
Ouest de Greenwich, émerge, comme un îlot au-dessus de la pénéplaine 
cristalline du Karet, un relief vif, d'une centaine de mètres d'altitude relative 
connu sous le nom de guelb Tenoumer. ' 

C'est un cratère, très frais, ceinturé d'une arête très vive, parfaitement 
c.rculaire; le diamètre intérieur mesure 1 800- environ. Le fond est une 
cuvette fermée, plate, colmatée de sables, cailloutis et anciens dépôts lacustres 
doucement relevée vers les bords. L'arête circulaire est très déclive (plus 
de 45°) et dun seul jet sur tout le versant intérieur. Le versant extérieur 
présente^ deux aspects très différents de part et d'autre d'une faille qui coupe le 
cratère du Nord-Est au Sud-Ouest. Sur le quadrant Est, l'arête principale est 
tapissée d une croûte hamadienne de quelques mètres d'épaisseur, redressée 
au sommet jusqu'à 3o V mais non décrochée par rapport à la plaine extérieure 
a laquelle elle se raccorde par une déclivité régulière. Par contre, sur le 
secteur Ouest du Nord jusqu'au Sud, l'arête principale domine un sillon 
externe périphérique,- concentrique au cratère, large de plusieurs centaines 
de mètres, ferme vers l'extérieur par un bourrelet de reliefs périphériques 

(*) Séance du 28 juin 1948. ''■"-■', 

G. R., 1944, 2* Semestre. (T. 227, N° 3.) 1 Â 



21 / ACADÉMIE DES SCIENCES. 

de 20 à 3o"\ d'altitude relative, présentant une pente douce vers le sillon, un 
versant raide au-dessus du niveau de base extérieur. 

Les roches constituant le guelb sont : a. du matériel cristalhn appartenant 
à la pénéplaine (dorsale ariticlinale Tiris-Karet-Eglab), notamment des granités 
porphyroïdes orientés; b. le calcogréséux hamadien, à silex, représentant 
seulement la croûte supérieure récente (Éogène?). de la hamada ; c. des laves, 
basaltes et ponces, rares et sporadiques, tous à l'extérieur du cratère, notam- 
ment dans le sillon; d. le Quaternaire (sables, regs de dissociation, croûtes 

calcareuses lacustres). " . . , .,. 

L'arête principale est entièrement cristalline. Aucune coulée de matériel 
volcanique n'a été observée. Les rares roches volcaniques reconnues sont 
semées sur le socle. Sur l'arête Sud la coupe montre le cristalhn recouvert 
de hamada et celle-ci surchargée d'un chaos de roches cristallines diverses. La 
même coupe se retrouve, dans le raVin qui tranche en cluse le bourrelet péri- 
phérique Nord-Ouest. Si l'on retient la , dissymétrie qui apparaît entre le 
quadrant Est et tout le secteur Ouest, on peut admettre que : i° le cratère de 
Tenoumer n'est pas un volcan, mais une chaudière d'explosion; 2» 1 explosion 
s'est produite à la faveur d'une fracture orientée Nord-Est-Sud-Ouest préexis- 
tante; 3° elle a été dissymétrique sensiblement dirigée Est-Ouest puisque : 

a le quadrant Est est moins dérangé, ce qui lui a permis de conserver sa couverture 
hamadienne. Il est complètement dépourvu de matériaux volcaniques éjectes ; b. le secteur 
Oues,, au contraire, est encombré de matériaux éjectés; le sillon ne peut s exphquer que 
par un affaissement consécutif à des, cassures et au soulèvement dû a 1 explosion. 

L'âze du cratère est difficile à préciser. Cependant il ne peut être antérieur 
aux formations de hamada qui sont relevées. L'existence sur la hamada perchée 
de l'Est d'une croûte calcareuse analogue à celles qui tapissent souvent les 
dayas peut donner à penser que l'accident est pléistocène, à tout le moins de la 

. fin du Tertiaire. . , , „ 

Mais l'intérêt du Tenoumer n'est pas seulement celui d un accident local, lin 
prolongeant vers le Nord-Est sa faille, on rencontre à i 9 5- de distance 
par 2 4°i5'o5" de latitude Nord et 9 °3û' 17" de longitude Ouest un cratère sem- 
blable, le guelb de Temimichat-Ghallamam. ■ 

En prolongeant la même ligne pendant 220"» vers le Sud-Ouest, on ren - 
contre la boutonnière du Richat que nous avons récemment décrite (). 

Ces trois accidents se trouvent presque exactement alignés sur 1 axe de da 
grande vallée magnétique dont A. Lasserre et J. Dubief disaient en i 9 38 : « Un 
devra rechercher s'il existe une relation entre ces vastes anomalies et. . . de 

grandes failles ». ' „.,,.,.' 1 „ 

Il semble donc que nous touchons ici une pareille faille, jalonnée par les 

trois accidents cités. ' - ^ 

(!) Comptes rendus, 226, 1948, p- t42. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. * '. 2 l5 

PÉDOLOGIE^— Sur quelques conditions de formation des croûtes calcaires. 
Note (*) de M. Gilbert, Gaucher, transmise par M. René Maire. 

L Dans leur Note sur la formation de la croûte superficielle ('), MM. Flandrin, 
Gautier etLaffitte citent des exemples qui impliquent l'intervention d'une acti- 
vité hydrologique. La zone de piedmont de l'Atlas Saharien et le plateau du 
Sersou, sont des régions aquifères (nappes ou résurgences), et elles le furent 
certainement davantage à une époque plus humide, comme celle qui vit se 
former la croûte. Quant au troisième exemple, il fait précisément mention de 
puits et de nappes. Par ailleurs, ces exemples n'établissent pas que la croûte 
se soit formée par évaporation : le fait qu'aucun autre processus n'a paru plau- 
sible n'est pas une démonstration; 

Si les croûtes résultent d'une activité hydrologique, on ne peut s'étonner de 
leur extension en Afrique du Nord où les roches calcaires abondent et où 
pratiquement la totalité des eaux sont, encore actuellement, calcaires. Le rôle 
de roches réservoirs, joué. vis-à-vis de l'eau par les massifs calcaires, y est un 
fait incontestable et d'ailleurs bien connu. Aussi ne doit-on pas être surpris des 
relations des croûtes avec les affleurements de roches calcaires, ni de leur 
importance au contact des massifs calcaires; ce terme étant pris dans son sens 
pétrographique, c'est-à-dire englobant non pas seulement les calcaires massifs 
comme semblent le croire MM. Flandrin, Gautier et Laffîtte, mais les « roches 
calcaires » diverses, y compris les roches détritiques calcaires : grès, conglo- 
mérats, etc. Les encroûtements calcaires ne représentent pas seulement des 
dépôts d'émergence, mais aussi des dépôts d'accumulation d'eau d'étendue 
diverse (marécages, lacs, etc.) : « calcaires lacustres, boues lacustres, dépôts 
de nappes phréatiques », etc. ( 2 ); ils ont pu se former assez loin de la roche 
réservoir originelle, aussi cette relation génétique peut échapper à première 
vue et poser un problème d'hydrologie. Les aspects variés de la pétrographie 
des croûtes sont en rapport avec les divers processus de précipitation du C0 3 Ca : 
le polymorphisme des dépôts calcaires de surface, spécialement des travertins* 
est d'ailleurs un fait bien connu des pétrographes. 

Dans une région envahie par la croûte, celle-ci devient d'autant plus épaisse 
et plus riche en CO,Ca que l'on s'approche des dunes d'anciennes émergences 
localisées aux pieds des affleurements de roches calcaires. Cette relation constante 
n'est pas une coïncidence mais exprime un rapport génétique. * Notamment 
dans les régions de Relizane et de Perrégaux auxquelles j'ai fait allusion anté- 
rieurement ( 2 ), la croûte prend par exemple un développement remarquable 

(*) Séance du 14 juin 1948. 

(*) Comptes rendu?;, 226, 1948, p. 416. 

(.-) Comptes rendus, 225, 1947, p. i33. 



2I 5 ACADÉMIE DES SCIENCES. ' 

au pied d'un affleurement calcaire, d'où sort encore une source ( 3 ), et sur le 
pourtour du Massif gréso-calcaire de Bel Hacel (*). Au Maroc, une zone de 
croûtes remarquablement typiques et épaisses longe le pied du puissant massif 
calcaire du Moyen-Atlas, au sud de la ligne Fès-Meknès, région où, à une 
époque antérieure, une activité hydrologique analogue avait déposé le calcaire 

lacustre du Sais. 

II. Gomme je l'ai mentionné précédemment ( 2 ), l'activité hydrologique qui 
provoqua la formation généralisée de la croûte fut antérieure au Pluvial 
Wurmien. La localisation ^de cette formation au Sud d'une certaine latitude 
implique que des conditions climatiques particulières étaient nécessaires pour 
provoquer dans de pendes proportions la dissolution du calcaire dans certaines 
zones et son dépôt en d'autres ; les eaux furent sans doute plus riches en carbo- 
nates, leur débit fut plus important, le niveau des nappes plus élevé, les accu-, 
muiations d'eau stagnante plus nombreuses et plus durables. Ce climat delà 
croûte ( 5 ) ne fut pas général à toute l'Afrique du Nord : en Algérie il épargna 
le Tell Algérois et Gonstantinois, le Massif de Miliana jalonne sa limite. Une 
réplique très atténuée de ces conditions, qui s'étaient sans doute déjà produites 
au Pliocène, s'est peut-être renouvelée au Flandrien. Actuellement les condi- 
tions hydrologiques sont loin de reproduire naturellement de pareils dépôts, 
surtout dans les régions steppiques et désertiques, mais partout où l'homme - 
fait circuler de l'eau d'une façon continue (conduites, bassins, lavabos), il 
constate qu'elle entartre et encroûte, .et cela sans qu'il y ait évaporation mais 
simple phénomène d'interface. 

III. Par sa nature de roche superficielle et par les conséquences agricoles 
de sa présence, la croûte se trouve aux confins de la géologie et de la pédologie. 
Les pédologues, très attentifs aux mouvements per ascensum et per descensum, 
mais volontiers oublieux de la notion d'amont et d'ami, ont négligé l'étude des 
conditions de gisement des croûtes, ce que j'ai appelé leur étude géologique. 
Les géologues, parfois strictement stratigraphies et peu avertis des phénomènes 
physicochimiques spécifiques aux sols, n'ont souvent pas considéré l'aspect 
hydrologique des croûtes ni certains de leurs caractères .pétrographiques, 
d'autant que, jusque-là, en Afrique du Nord, leurs observations n'avaient 
porté que rarement sur les terrains quaternaires. 

Un accord ne pourra survenir sur les conclusions que s'il est précédé d'une 
entente sur les méthodes d'observation de la croûte. Sans doute l'accumula- 
tion d'exemples, les descriptions de cas particuliers ont leur intérêt, intérêt 



(=>) Carte Topographique de l'Algérie. Feuille au 5o ooo", Zemmora, Source de 
Si Uàrrai8(oî = 3ao,35o et/ =±268,750). _ 

(*) Ibid., Feuille de Debrousseville, source de Sidi Gherf ed Djimei (a?. = .a 7 2 î bî)o et 
y = 272, i5o) et source de THaciane Mengoub 0=269,500 et y — 274 ? 7 5 °)- 

( 5 ) Brysswe et Choubert, Comptes rendus, 223, 1946, p. 863. 



SÉANCE DU 19 JUILLET l$48. 217 

d'argument statistique qui empêche dans une certaine mesure de prendre 
l'exception pour la règle. Mais il semble plus rationnel de choisir des régions 
où la croûte se présente d'une façon typique, sous des aspects variés, et de 
l'étudier comme un affleurement géologique sans omettre ses caractères pélro- 
graphiques ni ses conditions de gisement. 

PÉDOLOGIE. — - Sot tourbeux r/'Eriospora- dans les Monts-Loma, en Afrique 
occidentale, Note (*) de M. Georges Dubois, M me Camille Dubois et M. Paul 
Jaeger, présentée par M. Emmanuel de Margerie. 

Dans les massifs montagneux ouest- africain s, entre autres les Monts-Loma ( J ), 
les affleurements rocheux et en particulier les parois des pitons granitiques en 
pain de sucre, si fréquents dans la région de la source du I^iger, sont colonisés 
par une Cypéracée cespiteuse, Eriospora pilosa Benth. (— Calagyna pilosa 
Hutch.). Cette plante forme de gros touradons isolés les uns des autres, hauts 
de 20 à 5o cm ou davantage, et constitués par les rhizomes dressés côte à côte, 
perpendiculairement à la roche et entourés des gaines foliaires calcinées par les 
feux de brousse. Le tout est coiffé d'une touffe de feuilles flasques, d'un gris 
cendré. Au cours de leur croissance très lente, ces plantes édifient un sol tour- 
beux noirâtre dont M. A. Chevalier a signalé, dès 1909, l'importance dans le 
reboisement de ces régions ( 2 ). 

Le sol tourbeux & Eriospora qui fait l'objet de la présente étude fut prélevé 
par l'un de nous (P. ,J.) dans les dépendances du Sérelen Konko (montagne 
de i652 ra d'altitude, sise dans la région centrale des Monts-Loma), à la base 
d'une touffe végétant sur une paroi rocheuse granitique exposée au Sud, vers 
l'altitude i3oo m ( 3 ). 

Le sol examiné comportera matière tourbeuse et les racines à' Eriospora. 

La matière tourbeuse est franchement noire, aisément pulvérulente à l'état 
sec, rapidement peptisable à la cuisson potassique. Elle est riche en particules 



{*) Séance du 12 juillet 1948. ' " 

(*) Les Monts-Loma sont un vieux massif granitique usé par l'érosion, orienté SSW- 
NNE, d'environ 3o km de long sur io^ de large, situé dans la région Nord orientale du 
Sierra-Leone, et compris entre les branches du cours supérieur de la Bagbé. Ils surgissent 
brusquement au-dessus de basses collines (35o à 5oo m ) pour former un haut plateau aux 
contours mous sur lequel se dressent des pics en pyramide ou pain de sucre. Tel est le cas 
du pic Bintumane (1947™), véritable bastion septentrional^ pyramide à sommet plat, pro- 
tégé dans sa région supérieure par une coulée doléritique. Tel est également le cas du 
Sérelen Konko mentionné ici. 

( 3 ) A. Chevalier, Comptes rendus, 149, 1909, p. i34 et 220, 1945, p. 633. 

( 3 ) P. Jaeger et J. G. Adam, Aperçu sommaire sur la végétation de la région occiden- 
tale de la dorsale Loma-Man. La galerie forestière de la Source du Niger {Bull. Soc. 
Bot. *V\,94,'i947, p.' 323-33.7). 



21 g ACADÉMIE DES SCIENCES. 

minérales de quelques microns seulement de diamètre, atteignant rarement io^ 

très rarement davantage, fines, anguleuses, d'apport éolien. 

Les restes organiques sont abondants (à l'exception toutefois des organismes 
siliceux qui font défaut). Sans pouvoir apporter pour la plupart d'entre eux 
de détermination, nous avons" remarqué des corps polliniques de 20 à 3op., 
des spores de Fougères de 35 [i, des capsules pédonculées ou non de 80 à 1 20 p., 
des corps allongés sétiformes de 4oo>, des Thécamœbiens, notamment une 
capsule de type Arcella de xUp de diamètre et une autre longue de ôo^qui 
nous paraît identique h Assulina muscorum Greeff (Rhizopode fréquemment 
sphagnicole des régions tempérées froides européennes). 

L'échantillon examiné se présente en résumé comme un humus très ana- 
logue aux humus montagnards d'Europe, établis en milieu très humide, au 
moins par nébulosité. 

PALÉONTOLOGIE. — Examen -des nacres actuelles et fossiles en lumière de Wood. 
Note (*) de MM. Paul-Henri Fischer et Jean Saï>dy, présentée par 
M. Charles Jacob. 

Plusieurs auteurs ont souligné l'aide précieuse que pourraient apporter à la 
Paléontologie les techniques d'examen en lumière de Wood (<). Quelques 
observations de détail ont été publiées sur la fluorescence des fossiles; cepen- 
dant, à notre connaissance, aucune étude suivie n'a été effectuée dans ce 
domaine. Elle devrait du reste se compléter de recherches correspondantes 
chez les animaux actuels. 

Pour notre part, nous avons entrepris une étude systématique de la fluorés^ 
cencedutest chez les Mollusques vivants et fossiles. Les faits constatés inté- 
ressent la distinction des diverses parties du test (couche interne ou nacre, 
couche prismatique, impressions musculaires, périostracon) et la différen- 
ciation de certains pigments coquilliers. Voici de premiers résultats concernant 
la fluorescence des nacres. 

En lumière de Wood, les nacres. jsQnt nettement fluorescentes, fait déjà 
constaté dans des études à caractère d'application pratique plus que de 
recherche biologique. 

Nous avons examiné de nombreuses nacres actuelles de Gastéropodes (Trochus y Mono- 
donta, Cantharidus, Haliotis, Padollus, Gêna), de Lamellibranches (Nucula, Trigonia, 
Meleagrinà, Mutela, Unîo) et de Céphalopodes {Nautilus, Spirula). Les nacres fraîches 
manifestent une- fluorescence allant du blanc bleuté (Trochus niloticus, Meleagrinà 
margaritijera) au mauve vif ( Unio reflexas) et au violacé {Cantharidus badius, Mutela 
exotica). Exceptionnellement, nous avons observé des tons de fluorescence grisâtre ou 



(*) Séance du 12 juillet 1948. ... 

(') Voir notamment : G. G. Simpson, Science, 63, 1926, p. 548; H. Miethe et A. Born, 
Paldontol.Zeitschr., 9, 199.8, p. 343 ; A. Boni, Rwista ital.di PaleontoL, k6, 19.40, p,6ï. 



~m 



SÉANCE BTJ IQ JUILLET 1948. . 219 

jaune verdâtre, notamment chez certaines Hallotis. Pour des nacres actuelles, visiblement 
usées ou altérées par des intrusions de pigments ou d'impuretés, nous avons noté des 
fluorescences (lie-de-vin, brun), probablement non imputables à la nacre elle-même. En 
somme, nous pouvons dire que les nacres fraîches ont, le plus souvent, une fluorescence 
blanc bleuâtre, mauve ou violacée ( 2 ), et ceci quelle que soit la couleur dominante, à la 
lumière du jour, de la nacre étudiée. Pour la nacre de Trochus^niloticus, par exemple, la 
spectrographie fait apparaître une bande de fluorescence allant du violet au bleu vert. 

Pour les fossiles, on sait que dans bien des cas la structure primitive du test a été altérée 
ou détruite et souvent remplacée par des cristallisations secondaires de calcite. Cependant, 
on peut trouver, soit dans les sédiments tertiaires, soit exceptionnellement à des époques 
plus anciennes, des fossiles qui ont conservé la structure feuilletée et Pirisation de 
la nacre. 

Nous n'avons pas retrouvé la fluorescence de la nacre chez les fossiles marmorisés, dont 
le test ne possède plus sa première structure (exemple : Nautilus intermedius du Lias). 
Chez des fossiles dont la nacre a perdu son aspect irisé ^exemples : Nucula et Trinacria 
du Bartonien), les fluorescences bistre, jaune, orange ou rouge sombre observées ne nous 
semblent pas devoir être imputées à la nacre originelle; elles rappellent les couleurs ordi- 
naires des sédiments calcaires en lumière dé Wood. Nous avons noté, d'autre part, des 
fluorescences bistre (Attira Aturi du Miocène), brune, orange ou jaune (Ammonites du 
Secondaire) chez des fossiles dont la nacre avait gardé un aspect irisé, mais semblait néan- 
moins altérée. Enfin, nous avons rencontré une fluorescence bleutée ou violacée chez 
certains fossiles nacrés : Nautilus umbilicaris du Lutétien, Trigonia Bronni du Rau- 
racien. Sur un exemplaire de cette dernière espèce (• 1 ), la nacre était particulièrement bien 
conservée; la spectrographie nous a révélé une bande étroite dans le violet. 

Ainsi, chez certains fossiles d'une conservation exceptionnelle, la fluores- 
cence habituelle de la nacre s'est maintenue depuis une époque aussi ancienne 
que le Rauracien et nous pouvons penser que, dans ces cas, les constituants de 
la nacre n'ont pas éyolué chimiquement. Dans ceux, bien plus nombreux, où 
la nacre fossile donne des teintes de fluorescence différentes, nous avons de 
bonnes raisons de croire que les éléments responsables de ces fluorescences 
sont d'origine extérieure à la coquille. 

PALÉOBOTANIQUE. — Analyse pollinique de tourbières de VAriense. 
Note de (*) M lle Jeanne Becker, présentée par M. Emmanuel de Margerie. 

L'Artense est, au point de vue paléosilvatique, une région de transition entre 
les Montagnes d'Auvergne et les Plateaux limousins, contrées dont l'histoire 
forestière est bien connue déjà par les travaux de M, et M 1 " 6 Dubois et de 
M. G. Lemée. 

( 2 ) Pour le moment, nous ne précisons pas si cette fluorescence est due à la matière 
organique ou au carbonate de calcium; rappelons que les fluorescences de la calcite ont été 
attribuées à des traces de métaux tels que le manganèse (fluorescence rouge) ou le bismuth 
(fluorescence violette). Voir \*. Pringsheim, Handbuch der Physik, 23, 1,0,33, p. 317. ■ \ 

(- 1 ). Appartenant à la collection de l'École Nationale Supérieure des Mines de Paris. - 

(*) Séance du 12 juillet 19/48' 



220 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Entourée des massifs du Mont-Dore, du Cézallier, du Cantal et du rebord oriental du 
Plateau de Millevaches, la région considérée eit un plateau cristallophyllien de 700 à 
$ùo m d'altitude, recouvert de place en place dans sa partie Est par des basaltes. Ce plateau 
est drainé par des affluents et sous-affluents de la Dordogne, notamment la Rhue, la 
Tarentaine et la Santoire. 

Les tourbières de ce territoire ont été prospectées en 1942 par les soins du 
Comité d'Organisation de l'Industrie des Combustibles Minéraux solides 
(Section Tourbe). Ce sont des échantillons récoltés au cours de cette pros- 
pection que M. G. Dubois a bien voulu me confier en vue de leur analyse 
pollinique dont les résultats me permettent de préciser les caractères paléo- 
silvatiques de la région. Les échantillons proviennent de sept tourbières 
avoisinant Bort-les-Orgues, et toutes sises dans le département du Cantal : 
Lac de Madic (43o m ) à Madic, Lac de Lapignol (86o in ) à Marchai et Champs, 
la Vergne Rousse (85o m ) à Marchai, la Grange (86o in ) à Marchai, Cous-, 
teix (872™) à Trémouille-Marchal, Chaussider (93 i m ) à Trémouille-Marchal, 
Mànicodie (1089 111 ) à Saint- Amandin. (Feuilles 1/80000, 174 Mauriac et 
176 Brioude). 

Leurs tourbes sont sphagneuses, donc généralement peu cendreuses ; à 
Madic cependant les Carex sont prédominants à la base. Dans l'ensemble elles 
sont riches en pollens. 

L'histoire paléosilvatique qui se dégage de l'examen des diagrammes polli- 
niques permet de distinguer les phases suivantes : . 

i° Pin-Bouleau dans son stade termm al décroissant, uniquement présente 
dans la tourbière de Madic ; 

2 Coudrier (première poussée) et Chênaie mixte; 

3° Chênaie mixte (avec parfois deuxième poussée du Coudrier) les deux 
poussées étant bien épanouies à Madic ; 

4° Fagabiétaie : Hêtre-Sapin; 

5° Phase terminale de la forêt diversifiée marquée par une recrudescence du 
Pin; elle n'a pas pu être étudiée entièrement en raison de l'abscence d'échan- 
tillons de surface. . 

Cette histoire correspond au point de vue climatique aux périodes : 
préboréale terminale (phase i°), boréale et atlantique (2 et 3°), subboréale, 
subatlantique et actuelle (4° et 5°) du Flandrien. 

Les détails de l'histoire de la Fagabiétaie méritent attention. 

Aux tourbières du Lac de Lapignol et de Cousteix, le Hêtre est dominant. 
Aux autres (La Vergne Rousse, La Grange, Chaussider, Mànicodie), le Sapin 
devient prédominant après une poussée appréciable de Chênaie mixte 
(28 à 39 % ) et de Coudrier (1 5,9 à 5o % ) qui se situe approximativement au 
tiers inférieur de la Fagabiétaie. Cette poussée, fruste dans les tourbières du 



SÉANCE DU 19 JUILLET 10,48. 22 1 

versant Sud des Monts Dore ( 4 ) est en Artense bien caractérisée par des pour- 
centages de Tilleul parfois supérieurs à ceux du Chêne. 

AMadic, l'histoire de la Fagabiétaie est quelque peu différente.: le Chêne 
s'est maintenu comme essence dominante, le Sapin ne jouant qu'un rôle 
très effacé. 

Cette interpénétration de la Chênaie et de la Hêtraie est d'ailleurs un dispo- 
sitif du paysage forestier actuel voisin du Lac de Madic. Elle s'observe 
également dans le Cantal ainsi que dans les zones de basses altitudes de la 
Montagne Limousine ( 2 ). 

En résumé sur les sept tourbières étudiées, six d'entre elles, dont l'altitude 
dépasse 85o ra (Lac de Lapignoï, La Vergne- Rousse, La Grange, Cousteix, 
Chaussider et Manicodie), sont du type paléosilvatique montagnard auvergnat, 
tandis que celle de Madic (43o m ) présente le type paléosilvatique limousin de 
basse altitude. 

L'altitude paraît ici dominante dans la séparation des deux faciès. 

Il est possible que la poussée de Coudrier et de Chênaie mixte qui se 
manifeste durant la phase Hêtre-Sapin, soit due à des influences océaniques 
qui se sont fait sentir dans l'Àrtense. 

ANATOMIE végétale. — Position phylo génétique de /'Hydrastis canadensis L. 

* et du Crossosoma californicum Nutt., d'après les particularités histologiques 

du xylème. Note (*) de M. Robert Lbmesle, présentée par M. René Souèges. 

Précédemment (*), nous avons signalé, dans le bois secondaire ânPmonia, la 
présence de trachéides aréolées du type cycadêen, lesquelles se joignent aux 
perforations scalariformes des vaisseaux pour séparer ce genre des Renoncula- 
cées et en faire Je représentant de la famille des Pœoniacées. 

Il y a lieu d'examiner au même point de vue Y 1 Hydrastis canadensis classé le 
plus souvent dans la tribu des Paeoniées. Aucune indication n'ayant été donnée 
jusqu'à présent sur la nature des fibres et les perforations des vaisseaux ligneux 
de cette plante, de nouvelles recherches s'imposaient à ce sujet. Dans ce but, 
nous avons entrepris l'élude structurale de la tige aérienne ainsi que du rhizome 
de cette espèce médicinale connue surtout par la localisation de la berbérine et 
de l'hydrastine dans ses parenchymes. 

Les portions ligneuses des faisceaux de la tige aérienne se composent de files d'éléments 
de parenchyme sclérifié et de vaisseaux; ceux-ci se font remarquer par la coexistence des 



( 1 ) G. Lemée, Rev. Se. JVat. Auvergne (N. S.), 5, i 9 3 9î p.' 3 7 -6i;"-7Wtf. (N. S.), 8 ; 
1942, p. 84-125. 

.(■ a ) G. Dubois et M-» G. Dubois, Comptes rendus, 219, r 9 44, p. 465; Bull. Soc. Géol. 
Fr., (5), 14, 1944, p- 35, 

(*) Séance du 12 juillet 1948. 

(*) Comptes rendus] 226, 1948, p. 2172. 



222 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

perforations simples et dès perforations scalariformes; le nombre des barreaux de ces 
dernières, ordinairement de 3 à 10, s'élève parfois jusqu'à 18; de temps en temps, on 
observe quelques anastomoses enLre les barreaux, indice d'évolution vers la perforation 
réticulée; mais le type scalariforme prédomine. Les parois latérales de ces éléments 
conducteurs sont munies.de ponctuations aréolées elliptiques très rapprochées, à fentes 
Horizontales et parallèles entre elles, rarement obliques et entrecroisées. 

Le bois secondaire du rhizome est constitué de vaisseaux, 'd'amas de parenchyme cellu- 
losique et de petits paquets de fibres sclérifiées. Vues en coupes longitudinales, Ces 
dernières réalisent le type de fibres librîformes en raison de la disparition presque 
complète des aréoles longuement dépassées par les fentes entrecroisées en X. Ici, les vais- 
seaux se distinguent par la constance de la grande perforation simple, circulaire ou ellîp- 
' tique; sur leurs faces latérales/ on observe toujours des ponctuations aréolées fortement 
.étirées dans le sens transversal. 

La fréquence de la perforation scalariforme des vaisseaux des tiges aériennes 
nous oblige à écarter YHydrastis des Renonculacées et à le rapprocher des 
Pœoniacées. Ce genre diffère toutefois du Pœonîa par la coexistence delaperfora- 
tion simple, laquelle se montre même exclusivement dans le xylème des rhizomes, 
puis par la présence d'amas de fibres librif ormes dans les portions ligneuses des 
faisceaux de ces mêmes organes souterrains. Si Ton examine la morphologie 
externe, YHydrastis se distingue par le périanthe simple formé de trois pièces, 
les nombreux carpelles biovulés, puis la nature du fruit (baie multiple); on ne 
retrouve pas ici la transition graduelle entre les feuilles et les sépales, bien , 
connue chez le Pmonia. Il nous semblerait donc logique de retrancher YHydrastis 
non seulement des Renonculacées, mais aussi des Pœoniacées pour en faire le 
représentant unique de la famille des Hydrastidéacées. 

Il restait à examiner le Crôssosoma califortiicum, arbuste placé par Bâillon ( 2 ) 
dans la série des Pivoines; les fleurs de ces deux genres présentent en effet 
plusieurs caractères identiques. L'étude structurale des tiges de cette espèce 
révèle la formation précoce d'un anneau libéro-ligneux continu; comme chez 
le Pœonîa, les rayons médullaires du boïs- secondaire s'avancent jusque sur le 
bord interne du xylème, tandis que chez les Renonculacées, ils n'apparaissent 
.que dans la portion externe du bois des faisceaux. Mais les vaisseaux ligneux 
du Crôssosoma se distinguent par la- grande prédominance de la perforation 
simple. De plus, les fibres du xylème sont pourvues, sur leurs faces, de petites 
ponctuations aréolées (3|x), à ouvertures obliques et croisées atteignant le 
bord de l'aréole; ces éléments doivent être considérés comme des fibres- 
trachéides. Enfin ces deux genres diffèrent aussi par l'origine du périderme : 
sous-épidermique chez le Crôssosoma, përicyclique chez les Pmonia frutescents. 
En nous basant sur ces particularités anatomiques, nous serons amené à 
écarter le Crôssosoma autant des Paeoniacées que des Renonculacées;. nous 
adopterons l'opinion d'Hutchinson ( 3 ) qui faisait de ce genre le représentant 



( 2 ) Histoire des Plantes, 1, 1867-1869, p. 66., 

( s ) The familles of flowering plants, 1, 1926, p. i55. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 2 23 

unique de la famille des Crossosomatacées. Par la coexistence de la perfo- 
ration scalariforme et de la perforation simple des vaisseaux ligneux, VHydrastis 
doit être placé, au point de vue phylogénétique, entre les Fœoniacées et les 
Renonculacées. Quant au Crossosoma, par la perforation simple des vaisseaux, 
il réalise un degré de perfectionnement égal à celui des Renonculacées; mais il 
occupe un rang plus primitif par la présence constante à* fibres trachéides dans 
le xylème; ces dernières constituent en effet, dans le cycle évolutif, un degré 
intermédiaire entre les trachéides aréolées du type cycadèen, caractéristiques du 
Pœonia et les fibres librij ormes, éléments prédominants du bois des Renoncu- 
-lacées frutescentes. 

Il résulte de l'ensemble de ces recherches que les Renonculacées dérivent 
des Pœoniacées par ^intermédiaire des Hydrastidéacées et dés Crossoso- 
matacées. 

r 

BIOLOGIE VÉGÉTALE. — Réactions histologiques du pétiole de la feuille de Vigne 
isolée en suivie prolongée. Noie (*) de M lle Germa™ Debraux, présentée par 
M-. René So.uèges. 

La feuille isolée, c'est-à-dire séparée de la tige et placée dans des conditions 
où elle est susceptible de se conserver, a déjà fait l'objet de diverses obser- 
vations. Je rappellerai seulement celles qui sont relatives au développement, 
dans le pétiole, de formations secondaires de bois et de liège [Mer ( l ) 
de Vries ( 2 ), Schwarz ( 3 )], à la production encore d'un cambium interfascicu- 
laire et d'un périderme [Lôhr (*)", Mathuse ( 5 ), Winkler («)]. 

J'ai repris l'étude de la feuille isolée en survie dans le but de rechercher : 
i° les modifications histologiques se produisant dans le pétiole et le limbe 
(feuille conservée entière ou en fragments), soit normalement, soit sous des 
influences diverses (en particulier celle des acides aminés et des hétéro-auxines); 
2 le mode de formation, l'accumulation ou de la disparition, au cours de la 
survie, de certaines substances élaborées par la feuille en liaison ou non avec 
la photosynthèse. Aussitôt après leur séparation de la plante, les feuilles de 
Vigne sont placées, soit en culture sans sol selon la méthode que j'ai déjà fait 
connaître ( 7 ), soit en culture aseptique selon une méthode qui sera ultérieu- 
rement décrite. De petits fragments (1^) conservés aseptiquement depuis plus 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 

{'Y Bail. Soc. bot. Fr., 33, 1886, p. i36~i4i. 

(-) Jahrb. wiss. Bot., 22, 1891, p. 35-72. 

( :i ) Jahrb. wiss. Bot., 78, 1933, p. 92-155. 

( l ) Inaug. Diss. } Bonn, 1908. 

(*) Beit. bot. Zentralbl., 20, 1906 (174.), p. 1-44. 

( B ) Jahrb, wiss. Bot., 45, 1907, p. 1-82. 

( 7 ) G. Debraux, Gall. biol. Acta., 1, 1948. 



22 A ACADÉMIE DES SCIENCES. 

de 4 mois à la lumière et à l'obscurité, en excellent état, sont le siège de modi- 
fications sur lesquelles je reviendrai, me bornant ici à exposer les réactions 
histologiques des pétioles de feuilles normales conservées non aseptiquement. 

Les premières modifications (5' jour) ont lieu, par place, dans l'assise sous-épider- 
mique, puis (8* jour) dans le collenchyme sous-jacent, dont les cellules s a longent 
radialément, ce qui donne au pétiole un aspect crénelé et blanchâtre par suite delà dispa- 
rition des chloroplastes dans les cellules en voie d'allongement. Le cambium entre ensuite 
en activité (io° jour) et produit 6-8 assises de cellules qui se différencient en bois et en 
liber (i4° jour); les faisceaux vasculaires sont allongés radialément, le parenchyme 
ligneux secondaire comprend 3-4 assises de cellules sans vaisseaux; le parenchyme ibenen 
secondaire, formé de 3-4 assises de petits éléments, n'a pas de tubes cribles; entre les fais- 
ceaux libéro-ligneux, les cellules du parenchyme médullaire se d.v.sent par des cloisons 
tangentielles et constituent un cambium interfasciculaire d'origine secondaire Le, cellules 
de l'assise sous-épidermique commencent, par place, à se dmser par des çlo.sons 
tangentielles et produisent une ébauche de périderme. A ce stade, 1 amidon, localise 
normalement dans l'endoderme, s'accumule dans les cellules du parenchyme corttcal, 
radial et médullaire entourant chaque faisceau : c'est un amidon a petits grains 
semblable à celui des feuilles témoins. 

Après Ç semaines de survie, le pétiole a produit un abondant système 
radiculaire; le bois secondaire comprend io-i a assises de cellules parmi 
lesquelles se trouvent de gros vaisseaux; le liber secondaire est formé de 12- 1 5 
assises de cellules libériennes et de tubes criblés bourrés de matières pro- 
téiques: le cambium interfasciculaire produit des faisceaux conducteurs 
surnuméraires d'origine tertiaire et contribue, en outre, à l'accroissement en 
labeur des faisceaux préexistants, par Indifférenciation, sur le bord radial de 
ceux-ci, de certaines de ses cellules en trachéides et en éléments libériens; le 
périderme sous-épidermique s'est développé. L'amidon, dont es grains 
augmentent de taille, est accumulé dans l'écorce, les rayons médullaires une 
partie dé la moelle. Après deux mois, dans la moelle, à la pointe du bois 
primaire de chaque faisceau, s'organise un tissu d'irrigation constitue par 
de jeunes vaisseaux prenant des épaississements réticulés ou scalariformes, 
coupés en fascicules anastomosés en réseaux; le tout constitue un système de 
faisceaux conducteurs à bois centrifuge, parfois relié au bois primaire de la 
stèle, et à liber centripète. Dans le parenchyme cortical, on observe les mêmes 

formations aberrantes. 

Après plusieurs mois de vie à l'état isolé, le pétiole de la feuil e de Vigne a 
pris L'aspect d'une tige, conservant une certaine symétrie bilatérale; le xyleme 
et le phloème forment un anneau continu; celui-ci est entouré d un périderme 
d'origine péricyclique qui laisse en dehors de la partie vivante. du pétiole un 
rhytidome, formé par l'ancien parenchyme cortical et les restes du collen- 
chyme dont les cellules se sont étirées, déchiquetées et subenfiees; ce rhyti- 
dome s'exfolie ensuite normalement. L'amidon est accumulé dans le liber, 
dans le parenchyme ligneux et dans toute la moelle; c'est un amidon dont les 



SÉANCE Dl] 1 9 JUILLET 1948. 22 5 

grains atteignent parfois sis ou sept fois le diamètre des grains normaux. 
Winkler (l) a signalé la transformation du pétiole en tige chez cerl aines 
espèces, mais il n'a pas mentionné l'apparition remarquable des tissus d'irri- 
gation corticaux, radiaux et médullaires, qui se développent par' suite de 
l'adaptation de la feuille à des conditions de vie nouvelles. Il semble y avoir 
une certaine analogie entre ces phénomènes d'adaptation et la présence de for- 
mations semblables chez certaines plantes parasites. 

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur la recherche du quêbrachitol et de tallarctoïne 
chez les Érables et le Platane. Note de M. Victor Plouvier, présentée 
par M. Gabriel Bertrand. 

J'ai signalé récemment ( 4 ) que l'épuisement d'une poudre végétale par 
l'acétone conduit à l'obtention d'itols, de saccharose et d'esters. Lorsqu'on 
se propose d'extraire uniquement les itols, la présence des autres substances 
est un inconvénient. Aussi, pour avoir d'emblée un itol exempt de saccharose, 
et pour traiter les plantes à l'état frais, j'utilise la technique suivante. : 

Le matériel est stabilisé et épuise par deux traitements à l'eau bouillante. 
Les liqueurs aqueuses réunies sont soumises à l'action de la levure de bière 
pour éliminer les substances fermentescibles. Après défécation au sous-acétate 
de plomb, l'excès de plomb est précipité par H 2 S; le filtrat concentré sous 
pression réduite à un faible volume peut présenter des cristallisations après 
repos "(itols peu solubles, allantoïne). Il est ensuite incorporé à du sable fin; la 
masse séchée et broyée est épuisée par l'acétone dans un appareil de Soxhiet. 
L'itol cherché (quêbrachitol) ne tarde pas à cristalliser dans la liqueur 
acétonique. Il peut être purifié par addition d'acétone ou d'alcool à sa solution 
aqueuse filtrée et concentrée; il cristallise aussi dans l'acide acétique. Je l'ai 
identifié par son point de fusion, son pouvoir rotatoire et la réaction au 
nitroprussiate de sodium. 

Par cette méthode, j'ai pu extraire le quêbrachitol des écorces d'Acer cam- 
pestre L., A. monspessulanum L., Negundo aceroides Moench qui avaient été 
traitées sans succès l'an dernier par simple épuisement du matériel sec à 
l'acétone ( 2 ). En appliquant l'une ou l'autre de ces deux méthodes, je l'ai 
également isolé des écorces et des feuilles des espèces suivantes : Acer circin- 
natum Pursh, A. colchicum Hartw. var. riihrum, A. grandïdentatum Nuit., 
A. Hersa Rehd . , A.japonicum Thunb. , A. opulifoliumVill . , A .palmalum Thunb . , 
A. pennsylmnicum L.. A. saccharophorum K. Koch (A. saccharum Marsh.) 4 , 
A. tataricum L., Negundo californicum Torr. et Gr. Les feuilles de ce dernier 
(ou du Negundo aceroides) constituent une bonne matière première pour 



« 



(*) Comptes rendus ; 226, i()48 3 p. 85. 

(-) V. Plouvier, Comptes rendus,, 22k, 194.7, p. 1842.' 



22 5 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

l'extraction du québrachiiol (rendement pour ioc g sec, en août : brut 2^5; 
pur i g ,a, sans traitement des eaux mères). , 

Parmi toutes les espèces examinées, seul Y Acer carpinîfolium Sieb. et Zuee. 
n'a pas fourni de québrachitol (écorces de 2 pieds différents , traitées par les 
deux méthodes ; feuilles en mai et octobre ; après fermentation, liqueurs d'essai 
de feuilles optiquement inactives). Cette espèce se distingue nettement des 
auires Acer par ses feuilles ovales, indivises, marcescentes qui la rapprochent 

des Carpinus.. 

En outre, le québrachitol a été extrait de tous les organes examinés, autres 
que les écorces et feuilles ; racines d'Acer platanoides, fleurs d'A. platanoides, 
A. Pseudoplatahus, Negundo aceroides, fruits à' A., campestre, A. Hersti, A. pla- 
lanoides, A. Pseudoplatanus, A. saccharophorum, Negundo aceroides, graines 
d'A. Pseudoplatanus. Ces dernières ont également fourni du saccharose. Obtenu 
en juin avec les fruits verts d'A. Pseudoplatanus , le québrachitol se trouve 
encore en novembre dans les fruits mûrs secs (rendement i,3ô brut pour 
100* sec) : son extraction est facile par épuisement à l'acétone à condition de 
séparer préalablement les graines qui introduisent des impuretés gênantes. 

Ainsi, le québrachitol existe dans presque toutes les espèces du genre Acer, 
dans tous les organes, à toutes les périodes de la végétation : il apparaît comme 
un élément constant de leur chimisme. Il n'a pas été trouvé dans les feuilles 
d'une autre Acéracée : Dipteronia sinensis Oliv. 

Les fruits de Negundo aceroides épuisés par l'acétone ont fourni, avec le 
québrachitol, des cristaux différents beaucoup moins solubles dans l'eau et dans 
l'alcool; il s'agit de l'allantoïne, identifiée par son point de fusion (avec décom- 
position), son dérivé xanthylé et l'action du réactif de Nessler. La méthode au 
sable a permis d'en extraire bien davantage (cristallisation en liqueur aqueuse 
déféquée : rendement 1,1 brut, pour ioo* sec, en août). D.es fruits prélevés fin 
novembre, peu avant leur chute, étaient dépourvus de québrachitol mais ont 
encore fourni de raliantoïne. 

Celle-ci a également été isolée, en faible quantité, des racines et écorces 
à' Acer platanoides, des écorces à' A. campestre, A. circinnatum, A, palmatum, 
A. pennsyhanicurn, A. pseudoplatanus, A. sacchorophorum, A. tataricum, 
Negundo aceroides (méthode au sable, cristallisation en liqueur acétonique). 
Sa présence était déjà connue chez A. campestre et A, pseudoplatanus. 

Si le xPlatanùs ' acerifolia Willd. présenté quelque analogie avec les 
Érables par la forme de ses feuilles et la présence des mêmes substances azotées, 
il s'en distingue par le fait que ses écorces et ses feuilles n'ont pas fourni de 
québrachitol. Par contre, raliantoïne a été extraite de, ses rameaux prélevés 
'fin février avant la reprise de la végétation et lin mars après enlèvement des 
jeunes pousses (rendement : de o,32 à 0,47 P°nr 1.00* frais, suivant les pieds). * 
Sa présence était déjà connue dans les jeunes pousses et les feuilles, non dans 
les écorces. ■ ' ■ 



SÉANCE DU 19 JUILLET ïg48. 221. 

En résumé, le québrachitol a été extrait de presque tous les Acer examinés ; 
l'allantoïne a été isolée plusieurs fois à l'état cristallisé, notamment des- fruits 
du Negundo et des rameaux du Platane. 

Chimie BIOLOGIQUE. — La fermentation alcoolique des vins doux naturels. 
Note de MM. Louis Genevois, Emile Pjgynaud et Jean Ribéreau-Gayon, 

présentée par M. Gabriel Bertrand. 

On a procédé à l'analyse chimique complète de huit échantillons de vins 
doux, des communes de Tautaveï, Tuchan et Frontignan, des années ig45 et 
1946. Ces vins sont préparés par mutage à l'alcool de moûts très riches en 
sucre, vinifiés en blanc ou en rouge. L'addition d'alcool se fait soit avant un 
départ de fermentation : cas des mistelles (Muscat de Frontignan), soit en une 
ou plusieurs affusions, après la fermentation d'au moins la moitié du sucre. La 
fermentation alcoolique se poursuit dans un milieu très sucré, et très alcoolisé 
dans le cas du Muscat. 

Ces analyses ont montré les faits suivants : 

i° Teneur élevée en alcool, de i5°,6 à i8°,5, et teneur élevée en sucres, de 
92 à 196* par litre, généralement voisine de 120. 

2 Rapport glucose sur lévulose voisin de o,5, sauf dans le cas du Muscat de 
Frontignan. Ce rapport permet de différencier les vins doux naturels fermentes 
des mistelles. 

3° Teneur, en acide malique notable, allant de 6 à i5,5 millièquivalents par 
litre pour le cépage Grenache et de 22 millièquivalents pour le cépage Muscat, 
montrant une combustion toujours incomplète de cet acide dans les raisins à 
complète maturité. 

^ 4° Teneur en acide lactique faible, de 0,8 à 5. milUéquivalents, montrant 
l'absence de fermentation malolaclique. 

5- Teneur en acide acétique (a) faible, de 5 à 10 millièquivalents ; rapport 
de l'acide acétique à l'acide succinique (s) généralement voisin de 1 / 

6° Butylèneglycol (b) en proportion élevée par rapport au glycérol (g); 
1000 bjg est, dans 7 vins sur 8, nettement supérieur à 100. 

7 Acide sulfureux libre pratiquement égal à 0. Éthanal libre souvent 
dosable (jusqu'à 2,3 millimoiécules), conditionnant le caractère j-ancio de ces 
vins. L'éthanal total (A) est toujours notable. 

8° Le bilan des produits secondaires de la fermentation 

2 — 5a- + 2 a -+- b 4-7t — 0^9 , 

se vérifie aussi exactement que dans toutes les fermentations étudiées jusqu'ici 
par nous ('), ( 2 ). ... 



(*) Comptes rendus, 226, 1948, p. /j3g. . 

( 2 ) Ibid y 223, i 9 46, p. 6g3; 224,. i 9 4 7 , p.,762 et i388; 226 ; i 9 48 } p. 126.. 



228 ACADÉMIE DES SCIENCES. ' 

Le tableau donne l'alcool, les sucres en grammes par litre, les anions et 

cations en milliéquivalents pour io l , dans 5 échantillons; il donne également, 

en millimolécules pour io l , les bilans des produits secondaires " de la 

fermentation. , ' ■ 

Tuchan lautavel 

.1946.- 1945- • 1946. 1946. 

A l coo l -....:.... i6?o i-6?5" i6?4 *8?5 i5?6 

Sucres réducteurs... 120 i23 i3o 9 2 l 9 Q . 

Glucose 4i 4i : & 3l - 9^ 

Lévulose 79 *> 88 * 6l ' Io3 

Acidité de titration 610 53o 53o . 63o 020 

Alcalinité des cendres..'. 19 5 l6 ° *^7 I0 ° I '^° 

Ammonium... '6 6 6 6 ; 18 

Somme des cations 811 696 683 736 708 

Acide lartrique... -...:... 3 2 -3 . 260 197 291 ^ 8l 

Acide malique.. i53 9* io 7 6 7 22 ° 

Acide citrique 45 28 32 26 3s 

Acide acétique 66 5g. 99" 9° . 53 

Acide lactique .......... 25 34 36 46 $ 

Acide «uccinïque... ■...".. 129 *'»o i4* ^9 3a - 

Esters acides 25 24 12 18 .21 

Acide phosphorique 33 3o 33 20 33 

Acide sulfureux o ' ° 3 8 ? 

Acide aldéhyde sulfureux. 6 - 8 35 36 i4 

Somme des anions.... 806 675 696 751 694- 

Différence -5 -21 +i3 +i5 -i4 

Glycérol (g)..: . . • 5go 600 ^ : 770 7 3o a5u ■ 

Acide acétique ( « ) 66 ' 5 9 99 9° ^> 3 

Acide succinique {s) 65 70 7 1 74 l6 

2,3-buthylèneglycol(6).. 64 73 9 'i 9^ 3a 

Éthaaal(/0.. ï6 2I 35 36 I7 

2 /. 537 563 682 678 235 

^ 0,91 0,94 o,88 0,93 0,94 ■ 

g ■ 

<± i,o o,84 *>4 i»2 3 > 3 

•*- ■ ■ 

Èxioob *• 108 121 122 126 128 



s 






CYTOLOGIE. — La garniture chromosomique de quelques Crustacés amphi- 
podes. Note (*) de RM. Raymond Poisson et Jean Le Calvez, présentée 
par M. Louis Fage. 
Dans le but de rechercher les rapports pouvant exister entre les Crustacés 

Amphipodes et les autres Péracarides, nous avons déjà pu déterminer la 

(*) Séance du 12 juillet 1948. 



SÉANCE DU 19 JUILLET ig48. 329 

constitution chromosomique de quatre d'entre eux appartenant au grand 
groupe des Gammariens,. d'une part à la famille des Gammaridm : Gammarus 
pulex pulex (L.), Gammarus locusta (L.); d'autre part, à la famille des 
TahtndsB : Talitrus saltator saltator (Mont.), Orchestia gammarella (Pallas) 
(=0. liuorea Sars). Ces quatre espèces réalisent des adaptations à trois 
milieux différents : la première espèce étant dulcaquicole, la seconde marine 
et les deux dernières subhalophiles. 

Les dénombrements ont été effectués sur les éléments de la lignée germinale 
mâle : divisions spermatogoniales, diakinèses, métap'hases I et II. Chez des 
individus à maturité génitale convenable, la technique de l'acéto-carmin 
fournit des mages nombreuses, nettes et décisives quant au nombre des 
chromosomes, puisque tous les éléments de toutes les cinèses restent obliaaloi- 
rement voisins. 

1» Gammarus pulex pulex (L.). - Les figures prémétaphasiques de divisions sperma- 
togomales montrent (fig. ,) „ ne garniture de 5 2 chromosomes subégaux à centromère - 



«■«•^^■■^■■ïk^^™*' ; <S) 






••#■■• 

Chromosome, de Crustacés Amphipodes, lignée germinale mâle : 1, Gammarus pulex pulex pro.né 
t phase .pem.togoni.tej 2, Gammarus pale, pulex, mêUphu. I; 3, Ga m Lrus icZa ZZ 
phase 1; 4 rofc( ™, ^ faî0 métap!iase I; 5> 0rcheMa gamma ,.J ^ ^'«lll; 

l à 5 :x 2800; aceto-carmm.) ^ '' 

intercalaire. Ils se retrouvent à la diakinèsc sous forme de 26 tétrades cruciform 
commuent, à la métaphase I, une plaque équatoriale serrée de 26 éléments très cond 
et tous égaux (fig. 2). Diamètre de la plaque équatoriale métaphasique I • i&v- 

^Gammarus locusta (L.). _ Le caryotype est identique à celui de l'espèce précédente 
l :7of (fig™™ chromos(M «s »* plus petits. Diamètre de la plaque métaphasique 

3» Talitrus saltator saltator (L.). _ On trouve ici « = a 5; les bivalents sont encore 
Plus petits de taille subégale (fig. 4 ); aucun ne" se signale par un calibre dépassant 
franchement celui des autres. Diamètre de la plaque métaphasique I • 7 V 

celΫ°obt^ g TTfï (PaliaS) - ~ US ****** f ° UrnieS ^ 5 >> sont «"WMe. à 
celles observées chez le Talitre („ = 2 5), bien que les chromosomes soient un peu plus 

gros. Diamètre de la plaque métaphasique I : qK ' 

C. R., 1948, a- Semestre. (T. 227, N- 3.) K 



es et 
ensés 



2 3 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Au voisinage, ou même dans la plaque équatoriale de toutes ces espèces, on 
peut déceler parfois un résidu nucléolaire, correspondant peut-êlre au corps 
chromatoïde décrit dans les cinèses de certains Isopodes. Enfin, comme on 
pouvait le prévoir, il n'y a pas trace d'hétérochromosomes différenciés, soit 
par leur taille, soit par leur comportement au cours de la méiose- 

Si l'on compare ces numérations chromosomiques à celles déjà publiées à 
propos des Amphipodës, on constate qu'elles présentent seulement des analo- 
gies avec le type caryologique de Gammarus annandalei où Niiyama (^ compte 
27 chromosomes haploïdes. Par contre, comme l'a déjà signalé Vandel (*), les 
nombres et figures donnés par Palmer (>) pour Gammarus chevreuxi Sexton 
( 27l===:2 6), sont pour le moins singuliers et il est souhaitable que l'étude de 
cette espèce soit reprise en utilisant une méthode donnant toute sécurité. La 
même remarque vaut peut-être- pour Talorchestia longicornis où Nichols (*) a 
compté 18 chromosomes haploïdes chez le mâle. 

- S'il- n'est pas possible de tirer de ces observations préliminaires des conclu- 
sions d'une portée générale, on peut néanmoins constater que les 4 espèces 
d' Amphipodës examinées par nous, ainsi que celle étudiée par Niiyama, ont 
des nombres chromosomiques haploïdes variant de a5 a 27. Ces chiffres sont 
très voisins de ceux trouvés pour les- groupes -primitifs des Isopodes marins 
actuels (Valvifera, Ly giidœ...) r où ils se situent entre 28 et 3i. Certains pour- 
raient trouver là un argument en faveur de l'hypothèse selon laquelle un des 
caractères basaux des Grustacés Péracarides serait la possession de nombres 
chromosomiques élevés. 

HISTOGENÈSE SEXUELLE. — Ébauches prostatiques des souris femelles nouveau- 
nées^ Essai d'interprétation du développement des caractères masculins observés, 
à F état spontané, chez les Mammifères du sexe femelle. Note de M. Albert 
Ratnaud, présentée par M. Maurice Caullery. 

Il est très vraisemblable que la présence de glandes annexes de type mâle 
chez les femelles des Rongeurs, et les diverses anomalies intersexuelles 
observées à l'état naturel, chez de nombreux Mammifères femelles, résultent 
de l'action d'une hormone androgène sur l'embryon femelle (ou dans certains 
cas sur l'adulte); ceci découle des expériences de masculinisation du fœtus 
femelle de Mammifère, sous l'influence des hormones androgènes [voir C), 
p 35 1] L'étude que je viens d'effectuer, chez des Souris nouveau-nees 



(i) Jap. Joum. Genetics, 11, 1935, p. 34-35. 

(?) Bull Biol. Fr. et Belg., 81, 1947» P- 154-176. 

X 3 ) Quart. Journ. Micr. Se, 70, 1926, p. 54i-55i. 

(*) Journ. Morph,, 20, 1909, p. 46i-47 8 * 

(i) A. ÏUynàud, Bull. Biol., 1% ig38, p. 297. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 2 3 x 

normales appartenant à deux lignées sélectionnées, montre l'existence très 
fréquente (chez i3 des i/ { Q étudiées) de courtes (20-100*) ébauches 
prostatiques chez les femelles d'une de ces lignées (XVII) et leur absence 
(chez ii des 12 Ç ., nouveau-nées et fœtus étudiés) dans l'autre lignée .(XXX). 
Ces nouvelles constatations et les expériences de castration des Mulots gravides ( 2 ) 
me conduisent à interpréter aujourd'hui, de la façon suivante, les diverses 
modalités de masculinisation observées à l'état spontané chez les Mammifères 
de sexe femelle. 

^ En laissant de côté les cas de masculinisation sporadiques dus à une anomalie du fonc- 
tionnement ovarien ou surrénalien, on peut envisager les divers cas suivants • 

a. Chez certaines espèces de Mammifères, les- caractères- masculins ne s'observent pas 
chez tous les individus femelles de l'espèce : toutefois, leur présence constante chez les 
femelles de certaines lignées conduit à admettre que des facteurs héréditaires sont à l'ori- 
gine de .leur développement (par l'intermédiaire probable d'une sécrétion hormonale 
masculinisante dé -l'ovaire de l'embryon). .C'est le cas des ébauches prostatiques des 
souns de la hgnee XV II étudiées ci-dessus, et de celles des femelles de rats de certaines 
lignées étudiées par Witschi et ses collaborateurs ( 3 ).- 

-.*. Chez certaines espèces de Mammifères, la présence d'une glande annexe de type 
maie (ou de plusieurs) ou de divers caractères masculins, est constante chez tous' les indi- 
vidus femelles de l'espèce (cas des glandes prostatiques des mulots de sexe femelle par 
exemple (*), etc.). Dans ces espèces, il est vraisemblable que des facteurs héréditaires 
présents chez tous les individus de. l'espèce, agissent en faisant sécréter par l'ovaire de 
tous les embryons femelles, une hormone masculinisante .(androgène sans doute), qui 
masculinise le soma de l'embryon, à des degrés divers suivant l'espèce considérée Ici la 
sécrétion masculinisante' ovarienne embryonnaire présumée, est vraisemblablement un 
facteur constant qui provoque le développement constant d'un caractère anatomique 
maies chez- les femelles de l'espèce ( 5 ). 

c. Chez un individu femelle donné, ou dans une espèce donnée, on constate quelque- 
fois qu un seul caractèw mâle est développé chez les femelles', tandis que, chez d'autres 
individus .femelles ou chez les femelles d'autres espèces, il existe, en outre, d'autres 
structures masculines, ou une masculinisation plus complète du tractus génital. Diverses 
interprétations de cette masculinisation élective ont été suggérées [voir ■(*)].* Mais il est 
également possible qu'une seule et même hormone masculinisante (androgène) agisse dans 
ces divers cas : ses effets différents seraient dus à ce que, chez les. embryon* femelles de 
ces divers individus ou de ces différentes espèces, elle serait sécrétée, par l'ovaire em 



(-) A. Raynaud, Comptes rendus, 224, 19,47, p. n 8 7 . 

( 3 ) E. Witschi, J. J. Mahoney et G. M. Risley, BioL Zentr., 58, ig38, p 1^5 • 
(*) A. Raynaud, Bull. Soc. zool. France, 70, iq45, p. 162. ' " : 

V) Cette masculinisation constante, (à des degrés divers)'des individus femelles qui se 
rencontre dans plusieurs ordres de Mammifères paraît atteindre son maximum d'intensité 
chez la Hyène {Crocuta crocuta Erxleben) (voir Harrisson Matthews, Philos, trans. Roy. 
toc. B., 1 1909, p. 3 3o). Je considère que, chez les Hyènes femelles, la formation 
constante d un canal uro-génital indivis, de glandes de Cowper, l'absence de vagin et la 
présence d un clitoris péniforme, sont dus à l'action d'une hormone androgène sur le 
tractus génital des fœtus de sexe femelle. 
( 6 ) A. Raynaud, Bull. BioL France et Belgique, 80, x 9 46, p. 1. - 



2 3 2 ACADÉMIE DES SCIENCES. ' 

bryonnaire, à des stades diiïérents du développement, à des concentrations différentes et 
peut-être même pendant une durée différente. Les différences observées dans le degré de _ 
développement et la structure analomique des parties mâles du tractus génital des femelles 
d'espèces différentes, seraient ainsi explicables ('). (Les résultats d'ablation ou de destruc- 
tion des glandes génitales, réalisées par différents auteurs, chez, divers embryons de Mam- 
mifères, font penser à une telle possibilité chez les femelles.) 

Ainsi, trois groupes principaux de facteurs paraissent intervenir dans la 
réalisation de la masculinisation spontanée des femelles des Mammifères : 
a. Des facteurs héréditaires, qui sont à l'origine de la masculinisation (et qui 
se manifestent chez un individu/ dans une lignée,' ou- dans l'espèce entière); 
h. Des facteurs hériditaires constitutionnels, déterminant le type de la structure 
anatomique de l'appareil génital caractéristique du mâle de l'espèce; c. Une 
sécrétion hormonale masculinisante, produite par les ovaires de l'embryon 
femelle (ou dans quelques cas, par la mère gravide). Les facteurs héréditaires 
du premier groupe agissent vraisemblablement en provoquant cette sécrétion 
hormonale masculinisante de l'ovaire de l'embryon femelle (l'intensité de cette 
sécrétion, le^moment de la -sécrétion et sa durée étant fixés héréditairement). - 
Cette hormone masculinisante agissant sur le soma de l'embryon femelle, le 
masculinise à des degrés divers, en le modelant plus ou moins profondément 
dans le sens mâle, mais toujours suivant le type du soma du mâle de l'espèce 
(ce type de réaction du soma, à l'hormone, étant déterminé par les facteurs 
constitutionnels qui régissent la stucture anatomique du tractus génital de 
l'espèce). 

PHYSIOLOGIE. — Hormones stéroïdes et aimphie musculaire. Sur un effet 
catabolique de la testostérone sur le muscle en voie <T atrophie. Note de 
MM. Gborggs Scuapirâ et J ban-Claude Dreyfus, présentée par M.. Léon 

Binet. 

Les hormones stéroïdes mâles exercent un effet anabolique protéique chez la 
femelle et le mâle castré, et peuvent provoquer une hypertrophie musculaire ( ' ). 

On peut se demander" si un phénomène du même type est susceptible d'être 
provoqué sur un muscle dont le nerf est sectionné; il se traduirait par un 
ralentissement de l'évolution de l'atrophie. 

La technique consiste en l'injection depropionate de testostérone, à raison 
de i ms pour ioo* de poids, tous les deux jours, à des rats blancs pesant de 126 



(M 11 existe, bien entendu, entre les espèces, des différences de structure anatomique 
spécifiques du tractus génital, qui ne sont pas soumises au contrôle hormonal (et qui 
s'extériorisent chez les mâles), mais qui sont déterminées par des facteurs constitutionnels, 
héréditaires, 

■ " (<) G. N. PAPASicoLàOU, E. A. Falk, Science, 87, i 9 38, p. *38 ; C. D. Kochaksan, Mag.. 
cong. Métal., 5, icjP, p. i34* 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 2 33 

à 160*. Le traitement est institué hait jours avant la section sciatique unilatérale, 
et est poursuivi jusqu'au dixième jour après l'opération, date à laquelle on 
sacrifie l'animal. Le muscle gastrocnémien de chaque côté, soigneusement 
disséqué, est pesé après dessiccation à io5° jusqu'à poids constant. 
Les résultats sont exprimés en pourcentage d'atrophie : , 

roo< poids du muscle sain — poids du muscle atrop hique 

poids du muscle sain 

Ils sont rassemblés dans le tableau I 



Moyenne. 





. Tableau ï. 






Témoin cf. 


TestosLérone q*. 


Témoin Q. 


Testostérone Q 


35,0 


39,4 


34,9 




34,5 


35,3 


38,4 


3 7 ,6 




4o,3 


38,8' 


47 ,0 


4i, 4 




38,5 ' 


4o,6 


37,1 


4o,8 . 




38,6 


35,o 


4 1 , 3 


36, 1 




3i,4. 


.40,7 


38,8 


JL\ f O 




34 , •à 


34,2 


'■8, 7 


35 , 2 




36, 1 


35,4 


3 9>7 ■ 


3 9 ,o 




3o,9 




. hrï 


38, 




50,0 




43,6 . 


- 39,3 . 




4o,/, 










3a , 5 . 

34,* 


36 ; 9=ti j0 


f\L,t\±I/2 


3-,4± ,7 


35 


,6=bi,o 


(7 = 2,6 


<j~3, 9 


<7=2,4 


a- 


= 3,3 



o- = dispersion (standard déviation) 



Dans ces conditions, on constate que la vitesse d'atrophie s'est montrée 
différente chez les mâles et les femelles. Chez le mâle, l'atrophie est accélérée 
de façon notable. L'application du test statistique (test t de Student-Fischer) 
donne une probabilité ■ de signification dépassant g5 % . . Chez les femelles, 
l'atrophie paraît au contraire ralentie, mais la différence est trop faible pour 
pouvoir être affirmée avec certitude. 

Ces modifications ne sont pas dues à des variations du rapport du poids du 
muscle au poids total du corps, car il est le même chez les animaux témoins. 
Elles ne traduisent pas non plus un effet anabolique général de la testostérone, 
auquel ne participerait pas le muscle en voie d'atrophie, car les animaux 
traités n'ont pas augmenté de poids par rapport aux témoins. Elles ne sont 
enfin pas dues à l'huile d'olive dans laquelle la testostérone est dissoute, 
puisque d'autres hormones stéroliques dissoutes de la même façon et que nous 
avons essayées, se sont montrées inactives (tableau Iï). Toutefois le benzoate 
d'œstradiol paraît, chez la femelle, accélérer légèrement le processus d'atrophie, 
mais Ja différence n'est pas statistiquement significative, 



2 34 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



■ 




Tableau II. 

Corti- 








Témoin cf. 


Témom 9- eostérone cf. 


Progestérone cf. 


Œstradiol Ç. 




35 y 


34,9 32 >7 


4i,5 


37,1 




35,3 


3 7 ,6 . 3 9 , 7 


35,8 


34,3 




38,8 


4M 33,8 


3 9 ,5 


44,3 . 




4o,6 


4q,8 43,9 


3 7 ,8 


4o,o 




35,o - 


36,i 33,i 


4i,5 


39,6 




4°>7 


34,-8 34,5 


.33,0 


43,0 




34,2 


35,2 37,7. 


** .'■' 

3JT[2 


35,5 




35,4 -_ 


39,0 .38,4 
38, . 39,3 
39,3 




38,6 
39,8 
38,2. 


Movenne... 


36.q ± i,o 


3 7 ,4 ±0,7 37,3-±.i,4 


37,7 ±: i,4 


39 , zh 1 , 






_ a = 4 , 2 


<r — 3,3 


(7=3,0 



1 Corticostérone 

Doses injectées (en mg) ) P , ogestérone _ 

pour ioo* de poids j Benzoate d ^ strad i Q 1 



o,5 tous les deux jours 

1 » 

1 deux fois par semaine 



Peut-être des doses différentes de testostérone, ou des composés voisins, 
seraient-ils susceptibles de modifier ou d'inverser cette action. 

On est amené à conclure que le muscle en voie d'atrophie réagit "d'une 
manière tout à fait spéciale à la testostérone dans lès conditions où nous l'avons 
administrée. L'effet est catabolique, d'une part, il porte sur le mâle non 
castré, et non'sur la femelle, d'autre part. 

OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE, — Au sujet de faculté visuelle aux •■ 
éclatements crépusculaires. Note (*) de M. Alexandre Ivanoff, 
présentée par M. Jean Becquerel. 

L'observateur étant adapté à un éclairement diurne, de l'ordre de quelques 
bougies par mètre carré, on fait l'obscurité dans la pièce, et lui fait fixer un 
tableau d'acuité dont Téclairement est de Tordre de i/io e à i/ioo' de bougie 
par mètre carré. On pourrait s'attendre à ce que son acuité visuelle, très faible 
à l'instant où l'on établit l'obscurité dans la pièce, augmente progressivement 
au fur et a mesure que les cônes de la fovéa s'adaptent au faible éclairement du 
tableau, en tendant vers une limite imposée par ce dernier. L'expérience 
montre qu'il n'en est pas exactement ainsi. 

L'obscurité étant. établie à l'instant * = o {fig. i), l'acuité augmente rapi- 
dement, et atteint une valeur a ± k un instant t if variable entre i et 4 minutes 
suivant le niveau d* adaptation préliminaire (plus celui-ci est élevé, plus- h est 



(*) Séance du 5 juillet 1948- 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. . ^35 

grand). Ensuite le tableau d'acuité apparaît de plus en plus voilé et en quelque 
sorte granuleux, et l'acuité diminue jusqu'à une valeur a 2 plus ou moins faible 




Fi g. i; 



suivant les observateurs, et atteinte à un instant * 3 compris entre 5 et 9 minutes. 
Le tableau d'acuité retrouve ensuite progressivement sa .netteté, et l'acuité 
augmente, en tendant vers une limite a n légèrement supérieure à # t , et atleinle 
au bout de 20 minutes environ. 



10 



A 

10 



1 
10 



10 



a 



ObservateurS 



K X 







Niveau de pré adaptation : 2 bouqies/m s 
Eciairem ent - du tables u : 0,02 b ougies/ m 2 

! 1 , t 







10 
Fig. ■?.. 



1 5 minutes 



Le phénomène de baisse d'acuité est plus ou moins prononcé suivant l'obser- 
vateur {fig. 2). Il est sensiblement indépendant du niveau d'adaptation 
préliminaire. Il diminue lorsqu'on augmente Téclairement du tableau d'acuité, 
et disparaît si cet .éclaireraient atteint 1/ 10 de bougie par mètre carré. Enfin je 
signale que pour un sujet particulièrement sensible au phénomène, celui-ci est 



236 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

apparu comme étant récurrent : deux autres baisses d'acuité, plus faibles que 
la première, furent observées, Tune au bout de 9 minutes (la première étant 
^ à t = 5 min.), et l'autre au bout de 12 minutes. 

Le phénomène semble être d'origine photochimique, ou d'origine nerveuse. 
Étant donnés les éclairements utilisés, ilfaut l'imputer aux cqnes. Mais il est 
fort possible, et même probable, que l'on soit en présence d'un phénomène 
d'interaction de la périphérie de la rétine sur la fovéa, d'une inhibition pro- 
voquée par l'adaptation des bâtonnets à l'obscurité. 

Il est curieux de signaler que, selon les mesures faites par B. -H. Crawford ('), 
la pupille d'un sujet plongé dans l'obscurité se dilate, mais subit une contrac- 
tion passagère environ 5 minutes après l'obscurcissement. Il est possible que 
ce phénomène, ainsi que celui faisant l'objet de la présente Note, aient une 
origine commune. 

BIOMÉTRIE LEUCOCYTAIRE. — Essai d'interprétation cinématique des 
courbes en cloche de Gauss. Note (*) de M. Emile Pipjel, présentée par 
M. Hyacinthe Vincent. 

On sait que j'ai réussi à - préciser les numérations de la formule 
leucocytaire simplifiée (') de telle manière que les erreurs entachant les 
numérations des pourcentages de polynucléaires sont de l'ordre de 1 à 2%. 
Cette précision m'a permis d'étudier, par les voies statistiques, les dia- 
grammes leucocytaires obtenus en portant, sur des graphiques, les temps en 
- abscisses et les pourcentages de polynucléaires en ordonnées. Cette étude a 
montré que l'on obtient un ajustement aussi continu et régulier que possible 
de ces diagrammes, lorsque les prélèvements sanguins, se sont succédé à 
intervalles de 1 à 10 minutes au plus. On sait que, à cette échelle de temps, 
les diagrammes leucocytaires se décomposent en séries de portions de courbes 
en cloche de Gauss limitées à leurs bases par leurs points d'inflexion ( 2 ). Ceci 
étant, je donne les définitions suivantes : 

J'appelle phase leucocytaire l'ensemble des processus de libération des 
polynucléaires dans le sang circulant, qui engendrent une courbe en cloche. 
La durée d'une phase est mesurée par l'intervalle de temps t compris entre les 
points d'inflexion de la courbe en cloche correspondante. 

J'appelle période d'incubation de la phase leucocytaire la durée T des pro- 
cessus polygénitiques qui ont abouti à cette phase. 



!■ J P 



(*) Proc. Roy. Soc. London, 8^3 B., 1936, p. 376-395. 

(*) Séance du 5 juillet 1948. 

(!) Société d'Hématologie, 16 février 1945; Le San§,'n Q k, 1947. 

(*) Comptes rendus, ]%%*, i§bj, p- 23i. _ 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 2 3^ 

Entre la phase et cette période il existe nécessairement une correspondance 
qui s'établit comme suit : les instants des N + i prélèvements sanguins 
partagent l'intervalle de temps IA 1 (figure ci-dessous), compris entre les 
abscisses I et A des points F d'inflexion et S marquant le sommet de la courbe 
en cloche C, en N intervalles de temps partiels, dont les positions par rapport 
aux unités de temps attachées aux processus de libération des polynucléaires 




sont tout à fait arbitraires. Dans ces conditions, le pourcentage démontré à 
l'extrémité de l'un i d'entre eux a pu apparaître dans le sang circulant dans cet 
intervalle. Supposons que les processus polygénétiques correspondants soient 
attachés à t unités de temps de la période d'incubation T; il est évident que la 
correspondance entre t et 1 n'est que probable. De plus, étant donné le carac- 
tère discontinu des comportements au cours du temps des pourcentages de poly-. 
nucléaires, les t unités de temps constituent l'une des combinaisons t à t des 
T unités. Il existe donc une probabilité P pour que les t unités de temps de T 
correspondant. a /et les'T — t unités de temps restantes aux N — I intervalles 
de temps autres que i. Les premières ont i/N'chancesiie correspondre à i et les 
secondes (N — i/N) T- ' chances de correspondre aux N — ï intervalles restants. 
La probabilité P s'écrit 

1 '( N — i y-t T! 



P = i 



N 



{T — t)\ t 



Nous supposons qu'à l'échelle des minutes, T et t sont suffisamment grands 
pour que Ton puisse lui appliquer la formule approchée de Stirling, d J où, 

/N— -i\ T -'/ T Y 1 '-' 1 



P^k 



[n* 



(.JY ■ 



v/ï 



N 



V/T 



■]> 



A - z= coost 



produit de deux probabilités/l'une attachée à i et l'autre aux N —I intervalles 
de temps autre que i. En posant m=TjH } X = #»*-*; m 1 = [T(N — i)/N], 
À' = m' — T + t; 'd'où X -f- X' = o, m H~ m f = T ; effectuant, dans la première ( 3 ), 



( 3 ) L'une se déduit de l'autre, à une constante multiplicative près, en changeant A en )/, 



m en m 



238 ACADÉMIE DES SCIENCES* 

la substitution logarithmique bien connue, et supposant \jm suffisamment 
petit pour que l'on puisse se borner au second ordre dans le développement du 
produit 



im \ 2m j \ im) . ^2itm 



ou 



P~ - p?™\ S »W A *'n) t avec /w>-, 

\f27cm 



2 



qui représente une famille de courbes en cloche de Gauss, dépendant des 
paramètres K et m, . _ 

Or, d'une part, l'écart entre les points d'inflexion nous est donné par la for- 
mule ^ = 2mv'i2o/(2m — i), où m est exprimé en heures et % en minutes; d'autre 
part t est essentiellement positif par définition; de ce fait, la seule branche de 
courbe acceptable correspond à l'inégalité m^>3/2, c'est-à-dire ^> ^3 min., 
c'est précisément celle qui est comprise entre les points d'inflexion. 

L'expérience, maintenant basée sur plus de 4ooo observations cliniques 
faites (*) chez l'Homme, a prouvé que dans tous les cas où le système leucocy- 
taire est perturbé par une cause extérieure à l'organisme, % est supérieur à 
22 minutes ( s ). Cette concordance entre la présente interprétation et l'expé- 
rience nous permet d'admettre la proportionnalité entre la probabilité calculée 
et les pourcentages de polynucléaires rapporlés au niveau de l'asymptote dans 
le temps t continu. * 

Toutes ces considérations et ces vues présentées dans cette Communication ainsi que 
celle qui la suivra ont des conséquences pratiques relatives au traitement efficace d'un 
certain nombre d'infections morbides rebelles de type aigu ou chronique. 

BACTÉRIOLOGIE. — Conditions biochimiques de multiplication d'un hactério- 
phage. Mise en évidence par la microscopie électronique. Note (*) de 
MM. Boris Rybak, Pierre Lepine et M llft Odile Croissant, transmise 
par M. Joseph Magrôu. 

W. H. Price ('), travaillant sur Staphylococcusmuscx, a été amené à supposer 
que Fadénosine triphosphate (ATP) et en général les substances organiques 
énergétiquement riches, phosphorylées, étaient nécessaires pour la synthèse 
du p-h-age de cette bactérie. C. B. Fowler et S. S; Cohen ( 2 ) ont, d'autre part, 
signalé que des préparations dépolymérisées d'acides ribo- ou désoxyribo- 



( v ) Chacune de ces observations comprend en moyenne 7 diagrammes leucocytaires. - 
( 3 ) Acad. Médecine, n os 25 à 27, 131, 1947, p. 5o8. 

. ■ - ' i . ' 

(*) Séanoe du 5 juillet 19/48 - 

(*) J. Gen. Pkjs., 31, 194.7 > p* i35. ■ 

(*) J. Escp. Med., 87, 1948, p. 259. . '-' 



SÉANCE DU 19 JUILLET ig/\S, 239 

nucléique ainsi que la guanosine et la désoxyguanosine avaient un effet 
stimulant sur la multiplication du phage Ta du Colibacille. Étudiant les agglu- 
tinations de Phytomonas tumefaciens Sm. et Town. ? l'un de nous a montré 
récemment ( 3 ) que dans certains cas celles-ci étaient dues aune bactèriophagie. 

C'est ainsi que pour la souche s.môoth « 42/4 » de Phytomonas tumefaciens, 
on obtient des agglutinais filamenteux ou en fins grumeaux en se plaçant dans 
les conditions suivantes : . 

A o mot ,5 d'une suspension en eau physiologique de bactéries âgées de 
24 heures on ajoute o raol ? 5 soit d'acide adénylmonophosphorique (i mg/ml),' 
soit d'acide cytidylique (1 mg/ml), soit d'acide adénylmonophosphorique ou 




d'acide cytidylique à 1 mg/ml en présence de 1 mg/ml de glucose, soit surtout 
d'ATP provenant de muscles de Lapin (1,7 mg/ml); pH 7. Après un repos 
de 12 heures à 20°G.> on constate au fond des tubes un dépôt bactérien indisso- 
ciable par agitation. Par microscopie électronique, en utilisant la technique 



( 3 ) B. Rybak^ Ann. Jnst. Pasteur (sous presse). 



2 4o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

des ombres portées ( 4 ), le floculat montre des bactéries vidées ainsi que des 
bactéçiophages de 0^,21 de longueur (fig. i, cliché grossissement i4ooo, 
agrandissement x 2 d'un cliché électronique pris avec un appareil G. S. F., 
tension 42 kV, v préparation métallisée à l'or; les flèches a, b, c 9 d, e indiquent 
les phages les plus visibles.) 

Les phages sont surtout bien visibles après 2-3 x 24 heures, ce qui est sans 
doute imputable à ce que le titre initial du phage était extrêmement bas et que 
sa multiplication avait pu commencer à l'intérieur même de la bactérie. 

Par ces résultats, nous avons à la fois : i° révélé une bactériophagie occulte 
existant dans une souche de P. tumefaeiens. Nous ne pensons pas encore, en 
effet, qu'il y ait eu synthèse totale du phage; 2 démontré le rôle indispensable 
de l'ATP ou encore des nucléotides puriques ou pyrimidiques dans la synthèse 
d'un phage et 3° mis au point un test facile pour l'étude de la multiplication du 
bac tèriophage, grâce à notre souche bactérienne agglutinogène. . 



BIOCHIMIE BACTÉRIENNE. — Synthèse d'un pofysaccharide du type amidon 
aux dépens du maltose, en présence d'un extrait enzymatique d'origine 
bactérienne. Note (*) de M. Jacques Mono» et M" c Anne-Marie Towuani 
(avec la collaboration de M. Vuillet), présentée par M. Jacques 
Tréfouël. 



Le métabolisme du maltose chez les bactéries du groupe coli est généra- 
lement assuré par un système enzymatique adaptatif (*)(*)• ° n a observé 
d'autre part des mutations spontanées ou induites portant sur l'utilisation du 
maltose ( 3 ). Un intérêt particulier s'attache donc à l'identification du ou des 
enzymes impliqués dans le métabolisme de ce disaccharide. 

' Utilisant des bactéries de la souche ML (*) cultivées en maltose, nous avons 
obtenupar la technique résumée ci-dessous des extraits actifs. 

i° Broyage des bactéries par le sable, extraction par un tampon phosphate 

(M/10, pH 6,8). 

2 Centrifugation pendant 2 heures à 12600 tours. 

3° Précipitation du liquide surnageant par le sulfate d'ammoniaque à ?5 % 

de saturation. 

4° Reprise du précipité par un tampon phosphate (M/10, pH 6,8), suivi de 



(*) R, C. Wiluams et R. W, G. Wyçkoff, /, Applied Physics, 15, 1944* P* 7 12 ' 

(*) Séance du 12 juillet 1948- - 

(*) ICarstrom, Erg, Enzymforsch.\ 7, 19^7, p. 35o, 

(-) Monod, Recherches sur la croissance des cultures bactériennes, Paris, 1942. 

( 3 ) Monod, Arch. Se. PhysioL (sous presse). 

(*) Monod, M lle Torriani et Gribetz, Comptes rendus, 224, ig^^p. i844- 



S 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. ^1 

deux précipitations successives par le sulfate d'ammoniaque à 5o % de 

saturation. . ■ * _ ■ 

5°. Dialyse pendant 5 heures à io° contre de l'eau distillée avec agitation. 
Il se forme un précipité, qui est séparé par centrifugalion, et redissous dans 
du tampon. 

Mise en présence de maltose, cette préparation libère rapidement du glucose. 
La réaction peut être suivie manométriquement par la méthode à la Notatine 
mentionnée dans une précédente publication (*), et décrite d'autre part par 
Keilin et Hartree( B ). Nos meilleures préparations libéraient 660 p M de glu- 
cose par heure, par milligramme d'azote Kjeldahl, à 28° et pH 6,8. L'étude 
cinétique de la réaction (en présence de notatine) montre que celle-ci s'arrête 
lorsque 1 mol. de glucose a été libérée par mol. de maltose mise enjeu. En lin 
de réaction, le liquide donne avec l'iode une intense coloration bleue, indiquant 
la formation d'un polysaccharide du type amidon. L'hydrolyse par l'acide sul- 
furique N à ioo°pendant 3 heures, libère une quantité de glucose équivalent à la 
moitié du maltose mis en jeu. Le polysaccharide ne se forme qu'aux dépens du 
maltose, à l'exclusion de tout autre substrat, y compris le glucose- 1 -phosphate. 
La réaction ne s'accompagne d'aucune estérification décelable de phosphate 
minéral. Elle est d'ailleurs quantitativement la même en présence ou en absence 
de phosphate minéral. Les préparations ne présentent pas d'activité mesurable 
en présence des substances suivantes : lactose, saccharose, mélibiose, cellobiose, 
a-méthylglucoside, [3-méthylglucoside. 

• Ces observations indiquent que la réaction catalysée est conforme à l'équation: 
n maltose -> n glucose 4- [glucose] n. "Elle est analogue aux réactions condui- 
sant à la formation de dextranes ou de lévulanes à partir du saccharose («), ( 7 ). 
Mais il se forme ici, semble-t-il, un polysaccharide du type amidon, dont la 
synthèse in vitro n'avait été obtenue jusqu'à présent qu'à partir ou par l'inter- 
médiaire de glucoses -phosphate ( 8 ). Lorsque la réaction a lieu en l'absence de 
notatine (c'est-à-dire en présence de glucose) le polysaccharide formé ne donne 
pas de teinte bleue avec l'iode. Tout au plus obtient-on une teinte rouge très 
pâle. Nous ne pouvons encore offrir d'interprétation de cette observation. 
Il est probable que l'activité de nos préparations est- due à un seul enzyme, 
car la réaction observée est sensiblement la même que l'on utilise des extraits 
purifiés, des extraits bruts ou des bactéries traitées par le toluène. 11 semble 
qu'il s'agisse d'un enzyme d'un type nouveau pour lequel nous proposons le 
nom & arnylomaltase . . " . 



( s ) Keilin et Hartrée, Blochim Jr\ f k-% 19,48, p. a3o. 

( e ) Hestrin, AviNERi-SHAmRO et Asrner, Biockem. J., 37, 1943, p. 45o. 

( 7 ) Heure, J. Blol. Chem., 163, 19^6, p. 321. 

( s ) Cori, Fédération Proc, k } 19^ p. y,3a. 



2 42 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Gel enzyme n'est présent que dans les extraits de bactéries cultivées en 
maltose. Les extraits de bactéries cultivées en glucose se montrent dénués de 
toute activité . 

ÉPIDÉMIOLOGIE. — Réceptivité du Lapin au virus de la poliomyélite épidémique . 
Note (*) &e MM. Georges Blanc el Louis-André Martin, présentée par 
M. Jacques Tréfouël. ' • 

L'étude expérimentale du virus de la poliomyélite a débuté en 1909 avec les 
travaux de Landsteiner et Popper qui ont réussi à infecter le Singe. Dès 1910 
le prix élevé de ces animaux incite les chercheurs à expérimenter sur des 
animaux de laboratoire moins coûteux, en particulier le Lapin. Alors que les 
uns. obtiennent des résultats positifs, d'autres n'accusent que des résultats 
négatifs ( 4 ). Après les échecs de Newin et Bittmann en 1924 et de Fairbrother 
en 1929, le Lapin est rejeté comme animal d'expérimentation pour l'étude de 

la poliomyélite. 

Nous avons été amenés, à la suite -d'expériences sur des rongeurs, à tenter 
à nouveau d'infecter le Lapin, soit avec diverses souches de virus> les unes 
adaptées au Singe, d'autres aux rongeurs,. soit directement à l'aide de produits 
pathologiques humains.. . 

Nos expériences ont porté sur environ 600 lapins. Bien que ce rongeur ne 
présente pas de phénomènes paralytiques, quel que soit le mode d'inoculation, 
nous le considérons comme réceptif au virus de la poliomyélite. - _ " 

Voici, en résumé, les faits sur lesquels nous étayons cette opinion : 

1 La transmission en série au Lapin d'un agent infectieux filtrable, isolé de mcfelles de 
singes morts de poliomyélite ou de produits virulents humains est possible. 
Cette transmission a été réalisée avec six souches différentes de virus : 

— Quatre souches constituées par des moelles de singes 

Virus North Caroline (37 passages); 
Virus Hartford (10 passages) ; 
Virus S. K.( 16 passages); 
*.'■_• Virus P. S. J. (21 passages). 

— Une souche constituée par des moelles de souris 

Virus Lansing (10 passages). 

— Une sixième souche, virus Y. B. a été isolée directement sur lapin des selles d'une 
enfant de 20 mois atteinte de poliomyélite clinique (1 3 passages). 

2 Le Lapin traduit son infection par une réaction thermique. Après une période d'incu- 
bation d'une durée variable (de 2 à i5 jours) suivant la quantité de virus inoculé et suivant 
la voie d'introduction, la température, qui oscille normalement autour de Z^°,5, atteint 4i°. 



(*)" Séance du 12 juillet 1948. 

(.*) La place nous manque pour donner ici la bibliographie importante de ces travaux. 



SÉANCE DU 19 JUILLET 1948. 243 

et plus et s'y maintient 3 ou 4 jours. Le plus souvent le Lapin résiste et la température 

retombe a la normale. Parfois cependant le Lapin meurt sans qu'à l'autopsie on puisse 

relever de lésions macroscopiques caractéristiques.' Le virus se retrouve dans le 'sang la 

moelle épinière, là rate, etc. Il peut être inoculé par les. voies intramusculaire, intrapéri- 

toneale, intratrachéale, nasale, intra cérébrale, intrarachidienne, intraoeulaire. 

3^ Les lapins ayant subi une atteinte -de virus-Lapin ou de virus-singe ne réagissent pas à 

une inoculation seconde de virus-singe ou de virus-lapin, indifféremment. 

4° a. Les singes ayant subi une atteinte du virus de la poliomyélite ne réagissent pas au 
virus lapin ; . 

b. Les singes neufs qui reçoivent du virus lapin réagisses différemment suivant le mode 
d inoculation et suivant des facteurs individuels de réceptivité.. La réaction thermique 
plus ou moins rapide, plus ou moins marquée, ne manque jamais. Jusqu'à présent un seul 
singe inocule par voie rachidienne et péritonéale avec du virus-lapin de onzième passa-e 
lut paralysé, le aS-jour, L'examen histologique de sa moelle montra les lésions de polio- 
myélite. Le virus a été réisolé sur le Lapin à partir de la moelle de ce singe. 

5° Le virus-lapin est neutralisé in vitro par le sérum humain de convalescent de polio- 
myélite, par Je sérum du singe convalescent, par un sérum dW ayant reçu de nom- 
breuses inoculations intraveineuses de virus singe. 

Conclusion. — Le virus de poliomyélite détermine chez le Lapin une maladie 
transmissible en série. Le virus-lapin ne détermine ni paralysie ni lésions 
histologiques de la moelle. Le seul symptôme; constant, est. la réaction ther- 
mique, suivie, parfois,- de la mort de l'animal. 

La possibilité de neutraliser le virus-lapin par le sérum simien ou humain de 
convalescent de poliomyélite, la possibilité de proléger le Singe dans certaines 
conditions à l'aide du virus-lapin contre une atteinte ultérieure de virus-singe 
nous amène à admettre l'identité antigénique du virus-singe et du virus-lapin 
dérivé du premier. 

Le fait que le virus-lapin inoculé par une voie différente de la voie cérébrale 
ne provoque chez le Singe aucun trouble nerveux, incite à rechercher s'il sera 
possible d'utiliser un tel virus dans un but prophylactique. 

La séance est levée à i5 h 45 m . • R C 



2 44 ACADÉMIE DES SCIENCES 



ERRATA, 



(Séance du 29 janvier ig45.) 

Note de MM. Buu-Hoï et Hîong-Ki-Wei, Isologues oxygénés et soufrés 
d'hydrocarbures de la série du stilbène : 

Page 177, ligne 8, au lieu de C' 22 H 15 S: fines, lire C 22 H Ifj S : huile visqueuse E 1& 262" 
à côté du dinaphtyléthane : fines. t 

(Séance du 1 3 novembre 1946.) 

Note de MM. Buu-Hoï et René Roy -er, Sur des isostères soufrés du tétrophan 

et de ses homologues : 

Page 806, ligne 20/ au lieu de céto-7, lire céto-4; . ■ ■ 

» » » a3, au Heu de (2'. 3'), lire 3'. 2'.). 

(Séance du 2 février 194&.) 
Note de M, Nachman Arônszajn, Les noyaux pseudo-reproduisants : 

Page 458, ligne 20, au lieu de (ou 7) appartenant à F, lire appartenant à F (ou une 
fonction de j, conjuguée d'une fonction appartenant à F). 

(Séance du 9 février 1948.) 

Note de M. Nachman Arônszajn, Noyaux pseudo-reproduisants et com- 
plétion des classes hilbertiennes : 

Page 53;, ligne 38,. au lieu de N(a?, y)'g(œ)g(y\ l ire N(a?, y)g(x)g(y)\ 
» 538, • » 23, au lieu de rel. 3L, lire rel* %\ 
» ' 539, » 2, au lieu de h(&), lire h (a;). 



ifl9à< 



ACADÉMIE DES SCIENCES, 

SÉANCE DU LUNDI 26 JUILLET 19.48. 

PRÉSIDENCE DE M. Maurice CAULLERY. 



MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

r V 

M, le Ministre de l'Education Nationale adresse ampliation du décret, 
eh date du 1 5 juillet i 9 4&, portant approbation de l'élection que l'Académie a 
faite de M. André 1>anjon pour occuper, dans la Section d'Astronomie, la 
place vacante par le décès de M, Henri Deslandres. 

Il est donné lecture de ce décret. 

; Sur l'invitation de M. le Président, M. André Dan jon prend place parmi ses 

Confrères. 

M. le Président souhaite la bienvenue à. M. Carlos Ah naldo Krug, profes-. 
seur de génétique à l'Institut agronomique de l'État de Sao Paulo. 

CHIMIE ANALYTIQUE. : — Dosage du méthanol en présence d'alcool ordinaire, 
Note de MM. Gabriel Bertrand et Lazare Silberstein. 

Il est à présent démontré qu'une certaine proportion de méthanol ou alcool 
méthylique aisément libérable par hydrolyse entre dans la composition du bois (< ) 
et que cette proportion varie avec l'âgé ( a ). Il résulte de ces faits que lorsqu'on 
prépare de l'alcool ordinaire ou éthylique par hydrolyse, puis fermentation 
du bois, mode d'obtention industriel dont on se. préoccupe de plus en plus 
depuis l'avant-dernière guerre, on doit s'attendre à rencontrer dans l'alcool 
produit une certaine proportion de méthanol. Or, il peut être des emplois de 
l'alcool pour lesquels cette présence n'est pas indifférente. Il faut alors pouvoir 
en effectuer l'analyse. Nous avons été conduits ainsi a déterminer les conditions 
dans lesquelles on doit se placer pour appliquer la méthode de recherche et de 

' ■ •—,! - 

. "^™* I ■■— P1^^— Mh^^M | H 1^ . ^ 

H Gabriel Bertrand et G. Brocks, Comptes rendus, 210, i 9 4o, p. 77 3 et mémoire : 
Ann. Ferment., 5, ig4o, p. 53 7 ou Ann. agr. 10, 1940, p. 34g. 

( a ) Garriel Bertrand et L. Silberstein, Comptes rendus, 223, i 9 46, p, 7 65. 

C R., i 9 48, 2 « Seme$tre. (T. £27, N« 4.) ■' , * ■ 16 



2 46. - ACADÉMIE DES SCIENCES. 

dosage que nous avons décrile récemment ,( 3 ) au cas d'un mélange des deux 

alcools. . ^ 

Nous avons d'abord préparé de l'alcool éthylique pur en hydrolysant 
du sulfovinate de sodium cristallisé et répondant exactement à la, for- 
mule SChC 2 H 5 .Na + H 2 0. Le sel a été dissous dans le double de son poids 
d'eau additionnée d'un excès de soude; on a fait bouillir quatre heures au 
réfrigérant ascendant, laissé refroidir jusqu'au lendemain, séparé le dépôt de 
sulfate de sodium, enfin libéré l'alcool par distillation et rectification à la 

colonne. ' 

Soumis à l'action de l'acide permanganique dans les conditions que nous 
avons fixées pour le dosage du méthanol, l'alcool éthylique purifié ci-dessus ne 
donne que de très faibles quantités de substances aldéhydïques susceptibles 
d'agir en fin d'opération sur le réactif de Schiff. 

Nous avons réalisé les expériences quantatives sur des poids d'alcool éthy- 
lique allant de i à ioo ra Vce qui représente dans le volume de i cia3 sur lequel on 
effectue les dosages; des teneurs de 0,1 à ïo % d'alcool.- En exprimant les 
colorations produites avec le réactif de Schiff en milligrammes de méthanol, 
nous avons obtenu, comme moyenne de cinq séries d'expériences, les chiffres 
suivants- : 

alcool Divisions Méthanol 

éthylique - de correspondant 

employé. l'éleçtrophotomètre. (en mg). 

o (ré.aclifs seuls). .' -. -"3a, 2 .— 

\m S _. 34,2 o,oo3o 

2 5....- 35,6 o,oo55 

" 5,0 • '•• "36,8 ; 0,0070 

io,o '..-■ '.-•• 3 9,4 ■ «,° 115 

20 s o., - 4^9 o,oi55 

5o,o. '...>' '■;■•. • 4 7» 8 °' 0245 

ioo,o - 5a,5 ■ o,o32o 

Ces chiffres, comparés à ceux qui ont été rapportés au sujet du dosage du 
méthanol montrent nettement que l'alcool éthylique est loin de donner une 
réaction colorée aussi intense que le méthanol. Tandis que 100 microgrammes 
de l'alcool dérivé du méthane produisaient parallèlement, avec les mêmes 
réactifs ( 4 ), une déviation de l'éleçtrophotomètre de g8,5 — 32,2 = 66,3 divi- 
sions, la même quantité d'alcool éthylique n'aboutissait qu'à une déviation 
voisine de 0,2 division, soit environ 33o fois plus petite. 

Une aussi grande différence donne à supposer qu'il doit être possible 



■' (») JMrf, 226, 1948, p. 365. -' _ . 

("*-)■ Nous nous sommes servis dans ces dosages d'une autre préparation de réactif de Schifi 
que dans ceux de la Note citée en ( 3 ). 



SÉANCE DU 20 JUILLET IO,48. 2 ^n 

d'obtenir, dans l'analyse d'un mélange d'alcool éthylique et de méthanol, le 
dosage de ce dernier avec une bonne approximation. C'est en effet ce qui 
arrive, mais à la condition de tenir compte dans le mode opératoire de la 
remarque suivante, La quantité de permanganate de potassium ajoutée pour 
l'oxydation de la substance alcoolique est, pour des raisons qui ont été données 
antérieurement, aussi limitée que possible : seulement de 3 rag pour la prise 
d'essai amenée, on s^en "souvient, au volume d'un centimètre cube. Théori- 
quement, cette quantité pourrait transformer \i m *, 62 de méthanol en aldéhyde 
formique et 2 ms ,i8 d'alcool éthylique en acétaldéhyde, s'il n'y avait pas de 
réactions, secondaires. ' 

Quand on fait agir ce permanganate sur un mélange des deux alcools, une 
partie est prise par l'oxydation de l'alcool éthylique et le méthanol n'en a plus 
à sa disposition qu'une proportion inférieure à celle dont il disposerait s'il était 
seul. On se trouve dans des conditions nouvelles pour transformer le méthanol 
en aldéhyde formique et la courbe des rendements obtenue est d'autant plus 
modifiée qu'il y a davantage d'alcool éthylique. Réciproquement, la transfor- 
mation de ce dernier est aussi modifiée et l'on ne peut dans le cas de mélanges 
appliquer par un simple calcul les courbes de rendements établies avec les 
alcools séparés. 

Nous avons, en conséquence, effectué l'oxydation permanganique, suivie de 
la réaction de Schiff, directement sur des mélanges de méthanol et de pro- 
portions croissantes d'alcool éthylique pur. Voici les chiffres que nous avons 
alors obtenus comme moyenne de cinq séries d'expériences : 



Quantités 
d'alcools employées 

Mcthyl. Éthyl. 

o ( réactifs seuls) 



0% 100 






OjOOO 
Illlï 



I 

2,5 

5,0 
10,0 

20,0 

5o,o 
100,0 



Déviations 
de 
l'électrophotomètre, 

3 2 , 2 

98,5 ' 

96,1 

97-> 5 

97> 2 
83,5 

64,5 

57,8 
56,9 



Quantités 

de méthanol 

retrouvées. 



100,0 

97>° 
9 8,5 

98,0 

78, 

4g, 

4o,o 

39,0 



D'après ces chiffres, la présence de l'alcool éthylique diminue, comme il 
fallait s'y attendre, le rendement du méthanol en aldéhyde formique, mais 
cette diminution est assez faible : elle ne dépasse pas 2% tant qu'il n'y a pas 
plus de 5o parties d'alcool éthylique pour une de méthanol; elle atteint 
environ 5o% lorsqu'il y en a 200 fois plus, et l'on peut encore retrouver 
aisément et doser le méthanol quand ce dernier est en présence de 1000 fois 
son poids d'alcool ordinaire. 



■4 



2^8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Dans les cas où le méthanol n'existe qu'à des dilutions inférieures au 
millième du mélange alcoolique, il est recommandable de le concentrer par 
distillation à la colonne et de le doser dans les premières fractions ( 5 ). 

MÉDECINE. — V action défatigante de V oxygène chez V Homme. 
Note de MM. Léon Binet et François Contamin. 

Des études poursuivies sur le Rat nous ont montré, dans des recherches 
réalisées avec DT Bargeton et G. Laroche, à quel point l'inhalation d'atmo- 
sphère suroxygénée agissait sur les processus de fatigue. 

D'abord, nous avons étudié l'influence de l'inhalation de mélanges gazeux 
enrichis en 2 sur la capacité de travail et la fatigue du muscle gastrocnémien 
stimulé électriquement chez le'Rat anesthésié à l'éther (*) : dans ces conditions, 
Faction dé fatigante de l'oxygène inhalé à une concentration, plus élevée que 
"dans l'air atmosphérique, se manifeste nettement chez le Rat normal. Elle est 
encore plus marquée chez le Rat surrénalectomisé et parvenu à un degré 
suffisant, mais pas trop accentué, d'insuffisance surrénale. Ensuite, grâce 
à l'épreuve de course à vitesse forcée, nous avons pu enregistrer les effets de 
^inhalation d'oxygène sur la performance générale de l'organisme au cours 
d'un exercice mettant en jeu un grand nombre de muscles ( 2 ). L'animal épuisé 
récupère, par inhalation d'un mélange riche en 2 , et cela très rapidement, 
une capacité de course toujours plus importante que lorsqu'il inhale de 

l'air ordinaire. 

Il importait de reprendre le problème chez l'Homme. A. V. Hill et ses colla- 
borateurs ( 3 ) ont en effet montré que l'inhalation de mélanges à taux élevé en 
oxygène n'avait pratiquement pas d'action sur la rapidité du processus de 
récupération après l'exercice chez l'Homme (ce processus était apprécié dans 
leurs expériences par la mesure de l'oxygène consommé); que la rapidité de 
paiement d'une dette d'oxygène donnée était indépendante de la teneur en 
oxygène (dans les- limites de leurs expériences) et qu'ainsi, aucun avantage 
sérieux ne devait résulter pour un homme ordinaire et sam de l'administration 
d'oxygène pendant la récupération. M. Nielsen et O. Hansent/) ont étudié plus 
récemment l'action de l'inhalation de mélanges gazeux riches en oxygène sur la 

( 5 ) On trouvera d'autres détails dans un mémoire qui paraîtra prochainement. 

(i) L. Binbt et D. Bargeton, C R. Soc. BioL, 135, i 9 4i, p- i5a3; 7. Physiol. Pathol. 

gén. } 38, 1941-1943, p. 26. 

( 2 ) L. Binet, D. Bargeton etG. Laroche, Comptes rendus, 220, 1945, p. 840; Congrès 
national de » Aviation française, ig45, sous-section n° 37, rapport 8/37. 

( 3 ) In Proçeedings Roy. Soc. London, série B., 96, 97, 98; en particulier A. N. Hill, 
G. N. H. Long et H. Lbpton, 97, 1924» p- i^5. 

( 4 ) Skand. : Arch. filr physiol. , 76, 1937, p. 37. r 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. %^ 

capacité de travail de l'Homme. D'autres travaux ( 5 ) ont porté sur le travail en 
atmosphère sous-oxygénée. Dans une revue générale récente ( 6 ), Hellebrandt 
et Karpovich concluent que l'action de l'oxygène semble nulle dans la plupart 
des cas; si son administration à des nageurs de ioô m peut améliorer leur perfor- 
mance, c'est par la prolongation du temps d'apnée possible et non par augmen- 
tation des combustions; ces auteurs concluent que ce n'est qu'au cours d'efforts 
exceptionnellement intenses et lorsque les besoins en oxygène dépassent les 
possibilités d'absorption que l'administra tion d'oxygène peut être efficace. 

Remarquons tout d'abord que le' but de ces dernières expériences est assez 
différent du nôtre : elles étudient l'action de l'oxygène sur des performances, 
nous nous proposions d'étudier son effet défatigant 

C'est donc le travail de A. V. Hill et collaborateurs qui devait nous servir de 
base dedépart; et pour nous placer dans les conditions qu 11 envisageait (dette 
d'oxygène donnée), nous avons limité l'inhalation d'oxygène à; la phase de 
récupération consécutive à un travail donné, de valeur fixe. 

Pour apprécier ce rôle défatigant, nous avons, comme chez le Rat, étudié la 
valeur d'une deuxième performance effectuée après cette phase de récupération. 
Divers auteurs ont en effet montré ( 7 ) que la mesure de la performance était 
encore le moyen le plus sûr d'apprécier la fatigue, plus que celle des diverses 
fonctions physiologiques concomitantes.(pouls, quotient respiratoire, consom- 
mation d'oxygène, ventilation, acide lactique, dette d'oxygène, etc.). 

En somme, notre méthode est analogue à celle qu'ont décrite E. Foltz et ses 
collaborateurs (*) pour l'étude de l'influence de la caféine sur la récupération; 
mais notre épreuve était fixe et non poussée jusqu'à épuisement, et la période 
de repos intermédiaire de récupération pendant laquelle était inhalé l'oxygène 
était de cinq minutes seulement; la deuxième épreuve, elle, était menée jusqu'à 
épuisement : c'est sa valeur qui exprime dans notre travail le degré de récupé- 
ration. 

Précisons quelques points de la méthode que nous avons personnellement 
utilisée : le sujet a été le même pour toutes nos expériences : c'est un étudiant 
en médecine bénévole, Pierre Roux, âgé de 21 ans. Toutes nos expériences ont 
été faites au laboratoire, à une température moyenne de 18 , deux heures 
environ après le repas de midi. Le travail effectué consistait en pédalage sur 
une bicyclette ergométrique, à rythme constant (déterminé par la synchroni- 
sation d'un déclic produit à chaque tour de roue avec les battements d'un 
métronome) et à résistance constante (obtenue par graissage et réglage 

( 6 ) P. Bergeret, P. Giordan et M. V. Strumza, Le travail humain, n os 2/5, 1937. 
. ( 6 ) War Medicine, 6, n°l, 1941, p, nlfi. 

( 7 ) On trouvera les références à ce sujet dans deux revues des Ânnual Reviens of 
Physiology, l'une de E, 'Simonson,. 6, i 9 44, p. 543- 7 p; l'autre de C. L. Taylor, 7, i 9 45, 
P- ^99-, • 

(») E. Foltz, A. G. Ivy et G. J. Barborka, Am. J. PhysioL, 136, n° 1, 1942. 



200 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



continuels du frein). Ce rythme était de 90 tours de roue par minute (soit un 
peu moins de 4o coups de pédale pour notre bicyclette). Le travail était dans 
les conditions où nous nous étions placés de o,3o kgm/min. La durée" de la 
première épreuve était de 10 minutes, épreuve hautement fatigante puisqu'en 
la poursuivant le sujet était épuisé au bout de 2 à 4 minutes. Pendant le repos 
intermédiaire, dont la durée avait été fixée à 5 minutes, le sujet inhalait tantôt 
de l'air, tantôt de l'oxygène pur. Ces gaz étaient contenus dans de grands 
spiromètres de 100 1 et inhalés par l'intermédiaire d'un masque à gaz d'élan- 
chéité vérifiée. 

Après le repos, on effectuait une deuxième épreuve analogue à la première 
mais menée, celle-là, jusqu'à épuisement. 

C'est en comparant les valeurs de cette deuxième épreuve suivant la nature 
du gaz inhalé lors du repos intermédiaire que nous avons cherché à apprécier 
l'action de l'oxygène sur la fatigue déterminée par la première épreuve. 

Les résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous. 

Double épreuve avec repos intermédiaire. 
Inhalation tantôt d'air pur, tantôt d'oxygène pur pendant ce repos. 

Valeur de la deuxième épreuve. 



Dates. 




Air. 






Oxygène 


• 


28 janv. iç)46- . . 


II' 


95-O0O** 1 " 


(-hi5 000) 






, 


25 »' . . . 








i5' 


142 55o k s m 


( + 24950) 


3o >> . . . 


9>" 


88800 


(4-8800) 






• 


i er fév. 1946.-. ■ 








1 3' 3o" 


121 900 


(H- 4200J 


■6 » 


■ i 


66600 


( — 13 4°°.) 








8 » 








i4'3o' 


i4i 5oo 


( H- 1 3 900 ) 


i3 » 


ii ! 


u3 6oo 


(h- 33 600) 








i5 » . . . 


7 '3o" 


64 000 


( — 16 000 ) 








22 » 






. 


i4'3o" 


1 37400 ■ 


( + 19 800) 


27 »■ 








io'3o" 


97 100 


( — 20 5oo) 


5 avril 1946. • - 


' i ■ 


58 900 


( — 21 100) . 








10 » 


9'3o" 


89900 


"(H~ 99°°) 








12 » 


i 


65 100 


( — 14.900) 








i3 mai 19146. . . 


. 8'3o" 


69 700 


( — 11. 3oo ) 




. 




i5 - » ' 






- 


11' 3o" 


99 5oo 


( — 18 100) 


20 » 








n'3o* : 


102 800 


( — 14800) 


22 » - 








i3'3o ff 


118 3oo 


(-4- 700) 


29 » 








• i4'3o ff 


128 100 


( + 10 000) 


3 juin 19/46. . 




s 




12' 


109 5oo 


(— 8 100) 


19 » 


. . 8'3o" 


77 5oo 


( — 2 5oo) 








2J » 


. 9' 3o" 


86a5o 


(+ 6 25o) . 








28 » 


.' 10' 


89900 


{•+- 9 9°°) 








19 001. 1946. • 








11' 


95 o5ô 


(—22 55o) 


22 » 


. 8' 45" 


76 4'5o 


(- 3 55o) 










Moyenne de i3 


épreuves 


Moy 


enne de 11 


épreuves 




s r 5y 


80 OOO k Sm 


12' 53" 


117600^ 


» 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948 25 1 

La comparaison des performances physiques sur bicyclette ergométrique 
effectuées après un repos de cinq minutes soit à l'air., soit sous oxygène, 
et menées jusqu'à épuisement chez un étudiant, cela pendant une période 
de dix mois allant de janvier à octobre chez un sujet, conduit aux conclusions 
suivantes : . 

i° au cours d'épreuves pratiquées pendant une même période de l'année, 
le repos sous oxygène augmente de façon significative la valeur de la perfor- 
mance consécutive et en augmente la régularité ; 

2 au cours d'épreuves pratiquées après repos sous l'oxygène, la période 
de Tannée influe de façon significative sur la valeur de la performance, 
celle-ci étant plus élevée en janvier et février que durant la période allant 
de mars à octobre. On peut donc supposer que soit l'élévation de la tempé- 
rature ambiante, soit la préparation d'examens de fin d'année diminue 
la capacité de travail physique. 

VOLCANOLOGIE. — Éruption strombolienne du volcan Kafthala , 

(22 avril-4 niai io,48). Note (*) de M. Charles Poisson. 

A. Lacroix a décrit ( 4 ) avec ses principaux détails, l'éruption d'août 19 18 du 
volcan Karthala (ou Karatala, d'après la prononciation indigène) de la Grande 
Comore. Depuis cette date l'activité s'était manifestée par l'émission continuelle 
de fumerolles tant au cratère qu'au-dessus de fissures connues, sur les flancs 
Nord et Sud-Est du cône, à différentes altitudes. L'un de ces dégagements de 
vapeur d'eau légèrement sulfureuse porte le nom créole de Çà qui fume. 
Parfois on avait signalé un accroissement du volume des vapeurs et fumées, et 
un réchauffement significatif du sol en un point du cratère. Quelques observa- 
teurs disent aussi avoir aperçu temporairement des lueurs au-dessus .du cratère. 

Le 22 avril 1948 on commença à voir, lorsque les nuages ne cachaient pas la 
cime, une colonne de fumée dense pendant le jour ; la nuit, cette colorine s'éclai- 
rait de lueurs rougeâtres. Ces phénomènes prirent rapidement de l'importance. 
Vue de Moroni, capitale de l'île, à 12 kilomètres environ à l'Ouest-Nord-Ouest 
du cratère, cette colonne lumineuse sous-tendait un angle de i°3o' à 2 , corres- 
pondant à une hauteur de 3oo à 4oo m au-dessus du sommet. 

Le paroxysme se produisit les I er et 2 mai ig48, et l'activité notable prenait 
fin le 4 niai. Au moment de la phase maximum, deux volontaires firent l'ascen- 
sion du Karthala, et purent pénétrer sans danger jusqu'au premier palier à 
l'intérieur du grand cratère. La description qu'ils ont pu nous faire correspond 
exactement aux manifestations stromboliennes. Une seule cheminée (diamètre 



(*) Séance du 7 juin i§($. 

(* ) Comptes rendus, 171, 1920, p. 5. 



252 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

approximatif iSo" 1 ) était active dans le cratère. Une nappe de lave bouillon- 
nante la remplissait. Cette nappe effectuait une ascension un peu tumultueuse, 
à intervalles de temps réguliers. La période d'ascension durait approximative- 
ment une minute, et était suivie d'une petite explosion avec dégagement de gaz 
et de poussières, projetant verticalement des débris solides, vitreux, jusqu'à 
une altitude d'une centaine de mètres. Ces débris arrachés à la lave étaient de 
grosseur moyenne, de la largeur du poing a celle de la tête d'un homme, avec 
quelques blocs plus gros. La retombée s'effectuait sur le fond du grand cratère. 
On décrit l'pdeur comme un mélange de pierre brûlée, de soufre, quelque peu 
alliacée. A une distance de 5 à 6oo m du point d'émission, les observateurs notent 
qu'ils n'étaient pas' sérieusement incommodés par ces émanations. Ilsstation- 
n aient évidemment au vent du petit cratère. 

Envoyé en mission d'étude à la Grande Comore, je n'ai pu atteindre Moroni 
par avion que le 10 mai pour descendre dans le cratère le i4 mai. A ce moment 
le calme était revenu, et du cratère actif s'échappait seulement un rideau de 
vapeurs blanchâtres, très mélangées de vapeur d'eau. 

Aucune coulée de lave n'a été signalée pendant la période du 22 avril au 
4 mai. Une personne qui, pour les besoins de son service forestier, a parcouru 
au Nord-Est, entre le village de Kombani et les pentes supérieures du volcan, 
un itinéraire longeant les coulées basaltiques de 1904 et 19 18, déclare avoir 
constaté des marques d'activité sur une petite fissure, d'où s'échappaient aussi 
des fumées et quelques projections solides. Un échantillon de ces projections, 
examiné sommairement, consistait en une scorie de verre basaltique légère, 
noire et très brillante; j'ai cru y voir un verre formé aux dépens de l'ancienne 
lave. 

La description du cratère dans la Note de A. Lacroix (qui n'a pu visiter 
la Grande Comore) ne semble pas répondre à l'aspect actuel. 

Le volcan Karthala, vu à distance, a l'aspect d'une masse conique, surmontée 
d'un plateau. Il se trouve dans la partie Sud de l'île de la Grande Comore, 
le sommet est à égale distance (12, à i4 km )de la mer en direction Est-Ouest, 
un peu plus près (io km ) de la côte Sud, et *se prolonge vers le Nord sur 
une longueur de 45 km par une croupe chaotique, semée de petits cratères 
adventices, et dont l'altitude varie de, 800 à 4°o m en moyenne. Les bords 
du cratère, à l'altitude 2 4oo m , sont formés de lave basaltique, et entourent 
un cratère elliptique d'environ 4^ en direction Nord-Sud sur 3 à 3 km ,5 en 
direction Est-Ouest. Au Nord-Est cette ellipse est rétrécie par un angle 
rentrant au-dessus duquel se dresse un piton rocheux qui formé le point 
culminant de l'île (2 56o m ). 

A l'Ouest et au Sud, entre les bords du cratère et la montagne, se creusent 
deux dénivellations à fond sableux plat; quelques petites mares où vont boire 
les cabris sauvages, ont fait donner à ces plaines le nom exagéré de lacs, 
lac Marguerite, à l'Ouest, étroit et long, lac Alice, au Sud, notablement plus 



SÉANCE DU 20 JUILLET 1948. 2 53 

vaste. Le fond dé ces lacs se trouve vers 2200 111 d'altitude, c'est-à-dire sensi- 
blement au niveau du fond du grand cratère, dont ils ont probablement fait 
partie à une époque très éloignée de nous. 

Dans le grand cratère on peut descendre en pente relativement douce 
jusqu'à un premier niveau, où l'altimètre marquait a35o mètres. Le sol y est 
formé de sable vitreux, de verres palagonitiques noirs ou jaune brun, et de 
petits blocs de lave balsatique à cristaux microlithiques. 

Ce premier niveau était, avant l'éruption de 1918, creusé vers son centre 
d'une cheminée à parois verticales de 80 à ioo m de haut. Les explosions 
vulcaniennes des a5 et 26 août 1918 ont complètement modifié cette cheminée. 
Elle n'occupe plus le centre du cirque, et a fait disparaître le premier palier 
au Nord, au Sud et à l'Est. 

Ce qui reste du premier palier au Sud-Ouest est une surface plane, entiè-. 
rement recouverte par les produits de projection, où poussent de 'hautes 
bruyères (2 à 3* de haut). Ce palier est coupé vers l'intérieur par une 
falaise à pic, à 'dessin irrégulier, rocheuse. Laissant tomber une pierre à la 
verticale j'ai obtenu pour cette falaise une hauteur de 85 à 90 mètres. 

Le fond de ce cratère intérieur ou deuxième niveau est lui aussi recouvert 
de sable en petites dunes et de blocs rocheux disséminés, ou en amas. Dans ce 
cratère intérieur les explosions de. 1918 ont creusé deux cheminées à parois 
verticales. Celle du Sud, complètement inactive, traverse les couches hori- 
zontales de tufs mal consolidés; elle est de plus en plus dégradée et élargie 
par des éboulements causés par l'érosion des eaux pluviales. Au fond de 
cette cheminée, ordinairement sèche, existait au moment de ma visite une 
petite mare de quelques dizaines de mètres de diamètre. 

Dans la-partie Nord-Ouest du deuxième niveau, partie étranglée par l'angle 
rentrant du piton culminant, est creusée une deuxième cheminée à parois 
verticales d'environ i5o ra de diamètre, et dont l'intérieur est ordinairement 
voilé par des émissions de fumée. 

M. Frédéric Riesz fait hommage à l'Académie d'une collection de Notes 
relatives à ses travaux de mathématique. 

DÉSIGNATIONS. 

M. de Chabrol est adjoint au Comité, précédemment constitué, qui sera 
chargé de diriger la publication de la Correspondance de Layoisier. 



2 -54 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CORRESPONDANCE. 

THÉORIE DES GROUPES. — Un théorème concernant le nombre des bases d'un 
sous-groupe transitif et primitif ; à base du second ordre, du groupe symétrique . 
Note de M llc Sophie Piccard, présentée par M. Paul Montel. 

Soit n un entier ^,4, soit & n le groupe symétrique d'ordre n formé des 
substitutions des éléments i, 2, . . . , n et soit % n le sous-groupe alterné de 0„. 

S'il existe une substitution non identique R du groupe «„ permutable avec 
toutes les substitutions d'un sous-groupe transitif G de & n , la substi- 
tution R est régulière et G est le groupe cyclique engendré par R, si R-est 
circulaire, ou bren, si R se compose d'un nombre ^2 de cycles, G est un 
groupe imprimitif qui a pour système d'imprimitivité les r ensembles formés 
des éléments des différents cycles de la substitution R. 

Il s'ensuit que, quel que soit le sous-groupe transitif et primitif G du 
groupe &n, il n'existe aucune substitution non identique R.du groupe & n qui 
soit permutable avec toutes les substitutions de G. 

Soit, à présent, G un sous-groupe transitif et primitif de '0 n , à base du 
second ordre, c'est-à-dire tel qu'il existe des couples de substitutions de G, 
générateurs de ce groupe, alors que G ne saurait être engendré par une seule 
de ses substitutions. Alors, quelle que soit la base S, T de G, il n'existe 
aucune substitution non ^identique R du groupe & n qui soit permutable aussi 
bien avec S qu'avec T. En effet, si une telle substitution existait, elle serait 
permutable avec toutes les substitutions de G, ce qui est impossible. Et s'il 
existe une substitution R^i de & n qui transforme S en T et T%n S, cette 
substitution - R est du second ordre et elle est unique. En effet, si R est une 
substitution de *„, telle que RSR- = T et que RTR-' = S, la substitution R 2 
est alors permutable aussi bien avec S qu'avec T, doncR 2 ^i, et, si R' est 
une seconde substitution du groupe Ô n qui transforme S en'Tet T en S, 
alors R'-'R est permutable aussi bien avec S qu'avec T, donc R' 'R = i et 
R' = R s i t encore S, T une base quelconque de G et soit U une substitution 
quelconque du groupe Ô,, Posons USLJ"' = S', UTU<=T'. Si S'€G et 
si T'€G, S', T' est aussi une base de G, nous l'appellerons la transformée de 
la base S, T par la substitution U. La condition nécessaire et suffisante pour 
qu'une substitution U de n transforme une base S, T de G en une base de G, 
est que UGU- 4 = G. Donc, l'ensemble des substitutions de B„ qui trans- 
forment une base de G en une base de G se confond avec le sous-groupe T 
de & n formé de toutes, les substitutions de on qui sont permutables avec le 
groupe G, groupe dont G est un sous-groupe distingué. Soit m l'ordre de T. 
Quelle que soit iâ base S, T de G, s'il existe une substitution R de T qui 
transforme la base S, T en elle-même, d'après ce qui précède, cette substi- 



SÉA1NCE DU 26 JUILLET 1948. a 55 

tution R est du second ordre, elle est unique et transforme S en T el T en S. 
Si une telle substitution R n'existe pas, nous dirons que la base S, T est du 
type 1; nous dirons qu'elle est du type 2 dans le cas contraire. 

Soit S 4 , T 4 ; S a , T 9 ; .... : S N , T N une suite (1) formée de bases de G, telle 
que, quels que soient les indices ietj (i^^N, i^/^N, i^éj), il n'existe 
aucune substitution U du groupe F qui transforme la base S,, T,- en la base S y -, 
T y et que, quelle que soit la base S, T de G, il existe un indice i(i^i^N) et 
une substitution U de T, telle que la base S,T est la transformée de la base S/, 
T f - par la substitution U. On détermine aisément une telle suite (1) par induc- 
tion. Chacune des bases S,-, T,(i^'^N) possède soit m soifro/a transformées 
distinctes au moyen des substitutions de T. En effet, soit i un indice quel- 
conque, tel que i^^N. Supposons d'abord que la base S,, T, ; soit du 
type (1) et soient U et V deux substitutions distinctes quelconques de T 
Posons US,U-< = S', UTfU-'^t', VS.V- 4 =.S", VÏ7V- 1 = T". S', T'et S", T" 
sont deux bases de G. Montrons que ces bases sont distinctes. En effet, suppo- 
sons le contraire. Deux cas sont alors possibles : \a) S'=S", T'=T".-Maiâ 
alors la substitution V~ ! U du groupe T est permutable aussi bien avec S/ 
qu'avec T /? ce qui implique que V 4 U = 1, donc V = U, ce qui est contradic- 
toire. Le cas (a) ne saurait donc se présenter. Ou bien (b) S'=T" T' = S". 
Mais alors la substitution V- 1 U ^ 1 du groupe T transforme là base S*, T,- en 
elle-même, ce qui est contraire à notre hypothèse que cette base est du type 1. . 
"Le cas (b) ne saurait donc également se présenter. 11 s'ensuit que la 
base S if X- possède bien m transformées distinctes au moyen des substitu- 
tions de T. 

Supposons maintenant que la base S,-, T, soit du type 2. Il existe donc une 
substitution et une seule R=^ 1 de F, telle que R 2 = 1 et RS,R- 1 .= T,-. Soit U 
une substitution quelconque de T et soit USitH = S, UT f LH = T.On voit 
alors aisément qu'il existe une -seconde substitution V^U de T et une seule, 
notamment V = UR, qui transforme, elle aussi, la base S ( -, T, de G en S, T 
(elle transforme S,- en T et T, en S), Donc le nombre total des transformées 
distinctes de la base S,-, T\ par les substitutions de T est m/2; Soit E, l'ensemble 
des bases distinctes de G, transformées de la base S,, T,- par les substitutions de T, 
i = i,2, ...,N.Oa voit sans peine que, si «et y sont deux nombres distincts 
de la suite 1, 2, . . ., N, les ensembles E, et E, sont disjoints. L'ensemble E, 
est de puissance m ou m/2, quel que soit i~i, 2, . . ., N, et l'ensemble 
E 1 + E,+ . . . + E N comprend toutes les bases de G. Soit N £ le nombre de 
bases de la suite (1) qui sont du type 1, soit N 2 =N-N, et soit u, le 
nombre total de bases de G. Si N 2 = o, on a u = mN et, si N 2 >o, on a 
u — (2N, + N 2 )m/a. On a donc la proposition : quel que soit le sous-groupe 
transitif et primitif G du groupe g,„ à base du second ordre, le nombre total de 
bases de G est un multiple de m ou de m/z, m désignant le nombre des substi- 
tutions du groupe B n qui transforment le groupe G en lui-même. 



256 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



Exemple 1. — Soit G = 3U.' Alors T=.% } 'm = n\ % N 4 >o, N 2 >o et le 
nombre total de bases de % n est toujours multiple de yi.!/2-.' 

Exemple 2. — Soit n = 2 n' — i un nombre premier ^ 5 et soit G le groupe 
d'ordre zn composé des substitutions S l T- / (»"=i, 2, ,, . . , n, j = 1, 2), 
où S.= (i, 2,'...,.»), T==(&B)(3n — 1) ".., (Vra-M). Ici r est le S r0U P e 
métacyclique d'ordre n(n— 1) formé des substitutions de 0„qui transforment S 
en S'(i = i ; 2, '..., ra — 1). Le groupe G admet pour bases les n{n — 1) 

. . , ra — 1, y = i, 2, . . ., n) et 



i, 2,. 



couples de substitutions S*, S J T(i 

les 'n(n — i)/s couples si S% S^T(i^^n ? -i-^/.-^ti, i^y), soit au 

total 3re(rc — 1)/2 bases de ce nombre est bien un multiple de n{n — i)/2. 



THÉORIE DES FONCTIONS/ — Étude dé la surface de Riemann de 

f{z) = e hz ¥^-, A>o. Note (*) de M ,Ie ' Lucette Cuement, 

présentée par M. Henri Yillat, 

Les zéros de f(z) ont pour images les H,(a? = o, y = &î% 9 1=^0). Soit 
-^w)^* la fonction inverse de ■/(*). Elle admet pour points critiques algé- 
briques les images des zéros de f(z) et pour point critique logarithmique 
l'origine. Les zéros de/' (z) sont situés dans la bande Log[A/(A+ 1)] < a? <Q-et il 
y en a un et un seul A n d'affixe z n dans, le rectangle <i%n </< (2/1+ 1/2)11 
sauf pour n==o. Pour j<o on rit>te *_„==: — *«. Quand ■»->■■«, |w a |-->o 
et Argfv B -^2.icnA — 11/à. Pour décomposer le plan des 5 en domaines d'uni- 
valence, on y trace d'abord les deux branches T n et F n images des demi-droites 
Arg/(*)=Arg/(* B )==fy= const. sur lesquelles |/(*)| croît en tendant 
vers l'infini. F n et r' n entourent H„ et ont chacune une asymptote parallèle à Ox. 
L'allure de ces courbes est donnée par la figure 1 . 

y 



A 3^ 



Ha. 



Hz 



dk 





■ J 
< 


k « 




<ï> 




± - 








r t 

C 


k ' 






4> 


t- 


- 










1 


♦ 









o 



ce 



Fig. 1, 



Fig. 2. 



Soit A le domaine extérieur à ces courbes. On doit tracer, en outre, dans le 
plan des z l'image située dans A de la coupure 

Argw == 8 7^ fn quel que soit n 



(*) Séance du 1% juillet ig48. 



% 



SÉANCE DU 26 JUILLET 19,48. 2 5n 

on peut toujours trouver 6 puisque les A, sont seulement en infinité dénoni- 
brable. Soit $ l'ensemble des courbes ainsi obtenues. Un arc de $ image de 
Argw = 8avec |^| croissant de o à- +00 a 2 asymptotes parallèles à Ooc, 
lune pour ip. -5.-00, l'autre pour œ "-* -f- 00 . ' Entre les arcs ainsi obtenus 
viennent s'intercaler les coupures (r n , T B ). Leur alternance dépend des 
valeurs de h : 

Si h ■= n entier, entre 2 courbes consécutives F, il y a n arcs de $. 

Si A == i/n, entre 2 arcs de # consécutifs il y a n courbes (Ff-f-F;. ) (fig. 2, 

fl ■ — 1/2 j. , . - 

Si k=plq,.p et ? entiers, l'alternance des F et $ se reproduit périodi- 
quement. Et entre 2 courbes F consécutives, le nombre d'arcs de $ est égal 
à l'entier immédiatement inférieur ou immédiatement supérieur à h, tandis 
qu'entre. 2 arcs de * consécutifs, le nombre de (F,4-r;.) est ég*r à l'entier 
immédiatement inférieur ou immédiatement supérieur à ijh % 

Si h est irrationnel, l'alternance n'est plus périodique, mais les autres 
propriétés subsistent. - 

La surface de Riemann a l'allure de l'hélicoïde obtenu pour logs. Mais des 
feuillets S, correspondant aux À„ 1=^0, s'encastrent sur ceux de l'hélicoïde le 
long des coupures joignant les w t au point à l'infini de w. Pour ces feuillets la 
seule ligne de passage est cette demi-droite. ' 

GÉOMÉTRIE JNFINITÉSIM4LE. - Un cas de congrue nces doublement stratiftables. 
Noie de M. Feknajvd Backes, présentée par M. Paul MonteL ■■ 

i.,Nous conserverons les notations de notre Note précédente .('). Le cas 
examiné où X £ = X est le seul possible si l'on veut que les plans osculateurs 
aux courbes (P t )„, (P, ) p passent par P 2 et que ceux relatifs aux courbes (P 9 ) tt , 
(P à ) P passent par P<. Les congruences, lieux des droites telles que P 4 P„. sont 
très spéciales, car la droite P t P 2 appartient au plan u représenté par 
1 équation x, çp + œ 2 X^ = œ % + \œ\< En vertu des équations (3) et (4), ce, plan 
est fixe, car ses coordonnées m, sont proportionnelles, aux quantités dm^âu, 
dmijdv (1 = 1, 2, 3, 4), que fournit la théorie du tétraèdre mobile. 

Les formules (3) et (4) permettent d'étudier : la congruence engendrée 
par la droite joignant les points de coordonnées (1, o, — 9, o), (o, .1 , o, — dA; 
celle, lieu de la droite représentée parles équations œ A + x z ? , W+W^ = o;' 
la surface, lieu du pôle du plan % relativement au tétraèdre mobile N* N 2 N 3 N 4 ' 

Pour obtenir toutes les congruences W («,> n'étant pas nécessairement le's 
paramètres des asymptotiques'des nappes focales) dont la droite génératrice 
s appuie sur N.N, et N 2 N 4 , on disposera de deux fonctions ? , ty de manière 

j 1 ) Comptes rendus, 226, 1948, p. ig52. 



2 58 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

que les équations différentielles des asymptotiques des nappes focales soient 
équivalentes. On est ainsi conduit à deux équations aux dérivées partielles 

en <p, ty. - , 

2. La congruence (N^) étant toujours supposée W w , examinons s'il est 
possible que les droites telles que 1WN 3 , N 2 N, engendrent des congruences 
doublement stratifiables.. 

A cet effet, désignons encore par (i, 0/9, o) et (o, 1, o, <J>) les coordonnées 
d'un point P de N ± N, et d'un point Q de N a N*. Les plans tangents aux 
surfaces (P) et (Q) contiendront respectivement les- droites N 2 N 4 et NiN 3 si 
l'on a les égalités 

et les congruences seront doublement stratifiables si le système précédent est 
complètement intégrable. Pour qu'il en soit ainsi, il faut et il suffit que l'on ait 
la relation 

On démontre alors que u, 9 sont tes paramètres des asymptotiques des sur, 
faces (P) et (Q) et que l'équation de. Laplace à laquelle satisfont les coor- 
données d'une droite telle que PQ admet l'invariant k nul. 

Pour interpréter la condition obtenue ci-dessus, nous formons l'équation de 

Laplace * ' 

dudv au ôv 

vérifiée par les coordonnées p ls = i, p± 3 ='- : .=p s * = o de la droite N 4 N a , 
génératrice de la congruence W U(J donnée. 

En faisant usage des formules de la théorie du tétraèdre mobile qui donnent 
les variations, des coordonnées de droites, nous obtenons les expressions 
de À, B, G, lesquelles entraînent l'égalité 

rJz + AB — C = au b K1 + a 43 ô 32 . 

Ainsi, la condition (G) exprime que l'invariant A de l'équation de Laplace 
relative à la congruence (N 4 N 2 ) est nul. On obtiendra une propriété analogue 
si l'invariant k de cette même équation est nul. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 2 5û 

RÉSISTANCE DES matériaux. — Sur la comparaison du fluage et de la 
relaxation. Note (*) de MM. Pierre Laurent et Michel Eudier, 
transmise par. M. Albert Portevin. 

Une des méthodes de comparaison les plus anciennes du fluage et de la 
relaxation dérive du principe de superposition de Bolzmann; elle a été 
appliquée récemment par "Gross ( 1 ) en partant de l'expression : 

. Ê =|[i'+S(>)]* . . 

(dans laquelle £ est la déformation de fluage, E le module d'élasticité, \(t) une 
fonction du temps et a la charge appliquée). 

Cette expression n'est pas conforme à l'expérience puisqu'elle indique que 
pour un temps constant la déformation est proportionnelle à la charge 
appliquée; il nous semble préférable d'écrire : \ 

:. e = J5J + +0» 0- ' 

Dans ces conditions si o(g, = 4/^ l'équation de la relaxation s'écrit : 
d'après le principe de Bokmann 

o-(O = Es — E / o((J>l — r)dr. ; ' 

Nous avons déterminé à la température ordinaire les courbes de fluage d'un 
alliage AIGu à 9,7 % de cuivre. Partant de ces courbes nous avons calculé 
plusieurs courbes de relaxation par la formule ci-dessus. On constate qu'il n'y 
a superposition avec les courbes expérimentales que pour, des charges infé- 
rieures à la limite élastique et pour des temps faibles (inférieurs à 10 heures.) ( 2 ),. 

D'autres procédés ont été proposés; nous citerons : 

a. La comparaison de la vitesse de fluage pour un temps et pour une charge 
donnés avec la vitesse de relaxation lorsque l'éprouvetle supporte la même 
charge pour le même temps. 

h. La comparaison des vitesses pour un temps et une déformation visqueuse 
donnée. En effet, au cours du fluage, la déformation est la somme de la défor- 
mation élastique et de la déformation visqueuse, tandis qu'en relaxation la 
déformation visqueuse est la différence entre la déformation initiale et le 
produit de la charge instantanée par i/E. 



(*) Séance du .19 juillet 1948. 

(*) 7. o/Appi. Phys.y février i 9 4 7 , p. 212. 

(*) P- Laurent et M. Eudier, Communication à la Société de Métallurgie, octobrl rc,4 7 . 



2Ô0 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



c. La comparaison des vitesses pour la même déformation visqueuse et la 
même charge appliquée ( 3 ) r 

La figure montre les résultats de ces différents procédés [sur cette figure 



10* °/ heure 



30 . 






& 






10 . 




eu ne 



10 2p to" jfK 

v^essc </e re?a,x*ttôn X f£ [$0* m * heure.) 



nous avons porté non pas <fo/<fc mais {i\E){dajdt) pour la relaxation]. On 
constate que les méthodes (a) et (6) donnent sensiblement les mêmes résultats 
et que la méthode (c) est meilleure sans être entièrement satisfaisante. - 

Le principe de Bolzmann et les méthodes précédentes admettent implicite- 
ment qu'il existe une équation d'état pour la déformation,, c'est-à-dire que la 
vitesse de déformation ne dépend à- un instant donné que de la déformation et 
de la charge à cet instant. Ce fait est en contradiction avec les théories actuelles 
de la plasticité cristalline (*), dans lesquelles la vitesse de fluage est fonction 
non seulement de l'état du métal à l'instant considéré, mais encore des états 

antérieurs. ■ * ' ' ' . 

Une méthode empirique donne de meilleurs résultats pour la comparaison ' 
envisagée. Dans tous les cas pratiques la vitesse de fluage tend vers une 
limite u h \ en comparant la vitesse de relaxation quand la charge extérieure a la 



(3) Voir à ce sujet Dayenport, J. ofAppL Mech., 60, 1938, p. A 56. 
(*-) P. Laurent, Revue de Métallurgie, h% 194a, p. 79- 



SÉANCE DU, 26 JUILLET 1948. z Q t ' 

valeur a et la déformation visqueuse une valeur s avec la vitesse de fluage pour 
cette même charge quand la déformation a la valeur ê + «,,*, on obtient les 
points marqués'.©;- Dans la limite des expériences faites, cette comparaison est 
satisfaisante. 



MÉCANIQUE ONDULATOIRE. — Correspondance mécanique classique- 
mécanique ondulatoire. Intégrale du deuxième ordre indépendante 
du temps. Principe d "éxtrémum. Formation des opérateurs du 
deuxième ordre. Note (*) de M. Robert Faure, présentée par 
M. Louis de Broglie. 

Nous avons dans une Note antérieure (^étudié la correspondance entre les 
opérateurs intégrales premières du deuxième ordre et les intégrales premières 
quadratiques dans un cas particulier et'nous avions pu en déduire la forme de 
l'ensemble dés termes différentiels de l'opérateur. 

Nous étudions ici le cas général où l'hamiltonien classique H et la fonction 
intégrale première F sont : H = (r/2)2 rt ^^ Jt 4- tti ïr=S | . A P rt/ )^+R, p,,; 
g tk , u, R fonctions des q i? g*, q n - 

F satisfait à (EO^(^F/^)^ a . leg 

relations 

(I)-. : . .Z iPrt fcp± + P^^-^c>^ ■' 

. â 9* - - d 9k nk àq k , * dq k _. g \. âq k g ~d^ ~-°- 

(au nombre de CJ), 

H) iP^ t P-^^-^.=...- (aun 0mbred eCIV . 

( Il I ) 2, Pmt -JL_ -sr*^ = (au nombre de Q ) 

L'équation de commutation delamécanique ondulatoire E 3 définit A à partir 
deFetdeH;:-(E a )AH — HA==o .. " 



(*) Séance du 19 juillet 1948. 

■( 4 ) Comptes rendus, 224, 1947, p. 797. 

C, R., Ï9f8,'„à- Semestre, (T. 227, N° 4.) -..-..■- 



2 ft 2 ACADÉMIE DES SCIENCES;' 

elle fournît outre les équations (I), (II), (III) Wéquations aux dérivées partielles 

as*™' ,àQ ni ■ ^'v D à^ m ■■ p àG, ' .'. 

Z ^ 1 dqt r àg t * agi lL lk d qi dq k im dq t 

Gi=4=2jt^(^V^) (au nombre de Ci). 



- _y..^^£^4.Gi^2i==o (au nombre" de Ci): . 

. Wfe -dgtâgk àgt 

Ces relations définissent les Q, : . - ' 

On peut remarquer dans le cas étudié dans notre Note (') que les fonctions Q, 
sont telles qu'une solution F de l'équation aux dérivées partielles 

.■• i ' P ^ + «% = - ■■.■ . 

donne un extremum de l'intégrale 



/«■(S 



-j- V y/t, dx~sfg: dq t dq* dq n . 



1 C'est une propriété intrinsèque, quand la fonction F = X iVl P/^^a-- 
Le même procédé donne 

On montre effectivement à l'aide des équations (I), (II), (III) que les équa- 
tions (IV) et (V) sont compatibles et admettent pour solutions les fonctions Q, 
fournies par le calcul des variations. On peut donc énoncer le théorème suivant : 

Théorème. — Quand une intégrale première classique ■S K P H jjf J p A + R donne 
lieu à V intégrale quantique , 

on a 

( V 'g capacité tensorielle de V espace de configuration^ . 

L'analyse des calculs montre qu'il n'est pas nécessaire pour les Q*,. -comme 
pour le cas des intégrales du premier ordre, que g soit défini à partir des g$ 
pourvu que les équations (I), (II), (III) soient satisfaites; le choix de g est 
arbitraire, c'est celui de la capacité tensorielle de l'espace où a lieu la quantifi- 
cation. Le procédé est- général. Il donne en particulier Thamiltonien quantique. 



SÉANCE DU 2Ô JUILLET Io48. 2 63 

Nous sommes donc conduit à la suite de cette étude à l'admettre comme 
procédé de construcdon des opérateurs du deuxième ordre indépendamment 
de toute considération d'intégrale première, on a alors le principe. 

Les opérateurs du deuxième ordre correspondant à une fonction quadratique 
des moments de Poisson F = t ik V ik p i p fi +- R sont de la forme 



h> 



4^. 



& 1 'à /.. ô-v à 



sfg étant la capacité tensorielle de l'espace de quantification. ." .' ' 

MÉCANIQUE ONDULATOIRE. — Sur V équation d'ondes non relativiste des corpus- 
cules de spin hj4n dans un champ nucléaire général. Note de M.. Gérard 
Petiau, présentée par M. Louis de Brogiie. 

Nous considérons un corpuscule de Dirac de spin .h/4%, de masse propre m a 
en interaction avec an champ de forces nucléaires général caractérisé par un 
scalaire I 1? un vecteur U 0? U, un tenseur antisymétrique du second ordre P, M, 
un pseudo- vecteur S 0? S, un pseudo-scalaire I 2 . 

L'état de ce corpuscule est représenté par les fonctions d'ondes W /i? 
(£ = i ; 2, 3, 4) } solutions de l'équation d'ondes 

<Ô f>o-+-<P-*)H-?w 6-'a i H-I 1 a t -4-[U + -(U.a)] 

ou ■ . . 

ff =«a t a s a 3 ; a,=r <*, a.a.a, ; . a^aV-h a^a^— 2 ^ v . (jut,_ v = r, 2,- 3, 4), 

-., *■ à ' ■ , d ■ ']} 



Avec la représentation usuejle des matrices g^ écrivant o w pour ^, ^ a , 
?->,/ pour <L 3? ^ 4? -(y = Ij . 2 )^ l'équation (1) se décompose en donnant le 

système 

(a)" [>„ + m c -h U«4- (S.*) H- I, + (M.T)]cp t -fi j <p,cr) + (U.<r)"+S H- i[ 1, - (P.cr)] } ?2 =r , 

Nous introduisons L'approximation non relativisLe en posant />„=/>; ■+■ m^c, 
[>>W/c non relativisa] et en supposant [jt>' + 'U +(S.aj + l/+ (M. g)] 
négligeable devant nm^c. L'équation (2) nous donne alors 

et en reportant dans (3). 

(5) }/»;.+. Û„- I t + (S.<7) - (M.cr) 



2 /n ft c 



x[.(p + U)^+P^S^I^([[ 2 EA(p + U)] + 3 S (p+U)-2l 2 P].<7) 

+ fc(divP + ([rotU - ivoiV h- /gradSo - gradl 2 ].cr))] j cp 2 r= a. 



2 54 ACADÉMIE DES SCIENCES; 

Définissant une impulsion généralisée II pair 

(6) " '' n = p-hU-[P^vi4-s a, 

'l'équation (5) s'écrit encore - 

(7)" {/>o+Ub-I 1 +(S^)-CM : .cr)- 7 ^ ... ■■ -, " 

■ x[n»4-[I s -(P.<0P-a(P s ^ 

Introduisant le' champ électromagnétique (A , A, E ; H) et les champs 
mésiques scalaire (Jo K % Cl'),' vectoriel (&„, & ? ô,- 2t), pseudoveçtoriel 
"(& 0t' ■& "S ! , pseudoscalaire (# , $, #0 correspondant à des mesons de 
inaUs mf- »*ÏV < = »*?, <°= »i?^, «r =**TP te les relatioiïS ' 

■X 1 = ^iJi.ï' (l T o, U) ==£.(<, eX).+ / 1 (ai î cV)'+e(A a? A), " 
(P,M) — :'M&, 3C)V #>(«', 3e') + ^ (E, H), 

„. ^ y/ o- / A /•,, / 4 étant des constantes d'interactions mésiques, 
es = e une charge électrique, ^ un moment magnétique propre, le terme en A 
de l'équation (7) s'écrit encore 

(8) ■ : _K[-;/ a («)^ H-([^3C-+-sH+^S].<r)].- ■ 

L'équation (1) fait correspondre le flux (p, v) à l'opérateur — ca dont la 
densité s'écrit •■■_■'■■ 

Introduisant l'expression (4) de.c? 1? nous en tirons 

( 9) - ** ' (py) ==^[^('<pî grad<p.— ■grad?Î9.*)Hh«Rot(<pîff90^ 

■;.'. . '• H-2c P *[(S ( ,;cr). + U-[P A <ï-]]^' 

et intégralement ■ 

(10) f(?y)^=^J^ + l)^=f.^h^- 

L'équation (7) compte tenu de (8) généralise l'équation de l'électron de 
Pauli ou ù nous négligeons le terme (8) l'équation de Schrôdinger pour un 
corpuscule de spin A/4* en interaction avec un champ nucléaire -mélange de 
champs électromagnétiques et mésiques. Les équations (9) et (10) montrent 
notamment l'influence du spin dans les phénomènes de diffusion nucléaire, 
l'expression (9) devant remplacer le ûux (inl2m )[f (gradv)-(gradf )?J 
généralement considéré. 



SÉANCE DU 26 'JUILLET ig48, 



2Ô5 



ASTROPHYSIQUE. — 'Sur le spectre de Nova Cygni 1948. Note (*■) de M [le Marie 
Broc h et M. Charles Fèhrenbach, présentée par M. Bernard Lyot. 

Cette nova de 10 e magnitude a été découverte le 2 juin 1948, à l'observa- 
toire de l'Université de Oklahoma. Nous Pavons observée régulièrement, à 
partir du 4 juin, avec lé spectrographe à un prisme de flint monté sur le télescope 
de i2û <m d'ouverture de L'observatoire de Haute-Provence, 

Nous donnons ci-dessous la reproduction d'un spectre obtenu le 4 juin. II est 




«ig. 1. 




Fig. 2. 



caractérisé par de larges raies d'émission à structure complexe superposées à 



(*) Séanree du %i juin 1948. 



2Ô6 ■_'.*' ACADÉMIE DES SCIENCES, 

un fond continu. Les raies les plus intenses appartiennent aux éléments suivants : 

H de Ha à Hy]; Call, H et K; Nal le doublet D, D à non résolu; Fell, 
spectre très intense avec de très nombreuses raies à structure complexe; [01], 
les trois fortes raies 5577, 63oo, 6364 A. .". 

Les éléments suivants donnent des raies moins intenses : 

01, 3947, 46 7 3, 6968, 6046, 6 158, 6454 A; Till, 3gor, 3'9i3, 43o8-43i2- 
43i5, 4395, 4443, 4469Â; Gril, 4^42, 4275, 4558, 4588, 4824, 56 7 8, 
6090 A; Sill, 3863, 4128, 4*3i A; Cil, 4267 A. Des raies plus faibles 
proviennent de : 

NI, 4i5i, 4935, 5829 A; Nil, 4447, 463o, 4780, 568oÀ; [S II], -le doublet 
4o68, 4^7^ A. L'absence des raies de l'hélium est à signaler. 

Les raies de l'hydrogène, de Gall et de Fell sont très larges et présentent la 
structure suivante : a. une absorption très forte correspondant à une vitesse 
radiale de — 1 175 km/s; b. une émission fine à — 800 km/s; c. une absorp- 
tion assez forte à — .626 km/s; d. une émission large légèrement déplacée 
vers les petites longueurs d'onde, pour les raies de CatI cette émission est 
découpée par les raies d'absorption interstellaire H et K très marquées; e. une 
absorption faible à + i35 km/s; /.' une émission étroite à + 3oo km/s. 

Cette structure est visible sur l'enregistrement que nous reproduisons, 
obtenu avec le microphotomètre de Chalonge, entre 3goo et 4*5o A. 



PHYSIQUE THÉORIQUE. — Notions métriques liées à une vibration moléculaire en 
quatrième -puissance. Note (*) de M. Gabriel Vigûier, présentée par M. Louis 
de Broglie. 

Nous avons dans de précédentes études (*) montré qu'il était possible de lier 
une équation différentielle aussi ancienne que l'équation de Riccati à des notions 
de quanta et ainsi de faire correspondre divers états énergétiques à des notions 
métriques classiques, telles que celles des courbes isométriques ou isoradiiques 
liées à ce type d'équation. ^ 

Nous allons, dans la présente Note, nous attacher à certains types d'anneaux 
plans dans lesquels l'énergie potentielle, pour de petits déplacements, est 
proportionnelle à la quatrième puissance du déplacement ( a ). 

Nous prenons donc l'oscillateur .unidimension'nel pour lequel V(a?) = ax k ; 
l'équation de propagation, après un changement de variable et utilisant des 



(*) Séance du 19 juillet 19/18. 

(*).G. Viguier, Comptes rendus, 226, 19^ p- 19^^; Enchaînement et quantification : 
L'oscillateur harmonique linéaire et le rotateur sphérique (mémoires sous presse). 

( 2 ) R, P. Bell,, Proc. Roy. Soc. } Londres (fév. 4o); Phil. Magazine . ( 19$^ ) ; 
J. L. DuniO.Nj Phys. Heview, 1932, p. 713-721. 



SÉANCE DU 26 JUILLET ig48. 267 

notations appropriées, s'écrit 

(1) ^-f-(^-^) 7/ -o. 

Pour la mesure des niveaux d'énergie on utilise, comme nous le dit 
H. R. P. Bell, la méthode d'approximations Brillbuin-Kramérs-Wënlzel qui 
fournit la relation 

( a ) 2 A.! » ?» * — 8 /'(.2 w + i) A,* -~ A/i — <> aveo A , = * 3,-98 ; A s .= ■;>. ,636. 

Ainsi, suivant l'approximation adoptée, nous aurons 'soif : 



(3) ? Vi — 0,342 (2/1 + i) :i .. 

soit 



o,?.33 

2 ' 



(2/r+Ty 



(4) ' '>.„= 0,867(2/* H-i) :; . ■ . ■ f - 

Reprenons l'équation (1) qui, par un changement immédiat de fonction, se 
met sous la forme canonique d'une équation de Riccati 

(5) ' ". i£±^yl+l k -u^ . ■ 

Associons à ce problème la théorie des développantes généralisées. La courbe- 
base (M) étant donnée par £(u)r\(u) (avec tga = Y)7£') la' courbe adjointe (L) 
par F(«) G(«), si nous désignons par a' k l'élément d'arc de (M), nous avons 

c^ = Xi -^ u\ F — r~— a ; * — - — -, G— .y) = a' T 



Il est remarquable de constater qu'ici encore il est possible d'aborder le 
problème oscillatoire de la vibration moléculaire quatrième puissance à partir 
de courbes planes isométriques dont la fonction d'arc q[ est égale k\ k — u\ 

Dans ce problème, si nous faisons choix de deux niveaux voisins <T> et (A* + i) 
suffisamment élevés, nous avons pour une même valeur du paramètre u la 
relation géométrique 

Si nous associons maintenant à l'équation, (5) la théorie des développées 
généralisées ( 3 ) qui revient à considérer la normale, et non la tangente, à la 
courbe-base (M). Nous obtenons les égalités 

( s ) G. Viguier, Comptes rendus, 226, 1948, p. i$58\' Annales Fac. Se, Toulouse, 
(L) IX, 59, 1945 (sous presse).. 



2Ô8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



Et nous voyons qu'il est également possible d'aborder la vibration moléculaire 
quatrième puissance à partir de courbes planés isoradiiques pour lesquelles le 

rayon de courbure p* a la valeur V« 4 — A*. 

Faisant dès lors choix, comme précédemment, de deux niveaux voisins (k) 
et (Je H- i), nous avons les relations. 



cV l 



Ainsi donc, après l'oscillateur harmonique liaéaire et le rotateur sphérique, 
la vibration moléculaire en quatrième puissance vient confirmer et appuyer les 
possibilités d'analogies entre notions de quanta et notions métriques liées à 
une même équation dé Riccati. 



OPTIQUE. — Sur la variation de la biréfringence du verre dans le domaine 
de transformation. Note (*) de M me Aniuta Winter- Klein, transmise par 
M. Frédéric Joliot. 

L'existence dans le verre du domaine de transforma lion y c'est-à-dire d'une 
région de température dans laquelle les propriétés du verre subissent un chan- 
gement abrupt, a été montrée par l'étude des constantes telles que l'indice de 
réfraction et le coefficient de dilatation ('). 

On obtient des résultats particulièrement frappants en cherchant a mettre 
en évidence l'existence du domaine de transformation par l'étude de. la biré- 
fringence. Pour ce faire, chauffons à une vitesse constante un échantillon en 
forme de parallélépipède de 20 x 20 x 5o nmi et mesurons la biréfringence en fonc- 
tion de la température par la méthode de la lame quart d'onde ( 2 ). Au début 
de la chauffe un gradient de température s'établit dans la masse du verre et la 
biréfrigence augmente; elle diminue ensuite un peu lorsque réchauffement 
atteint le milieu de l'échantillon (le gradient de température diminue), pour 
devenir à- peu près constante lorsqu'une vitesse régulière de chauffe s'établit 
dans toute la masse de l'échantillon (voir courbe de \&fig. i ). Telle est l'allure 
du phénomène jusqu'à ce que le domaine de transformation soit atteint. 

Au début de ce domaine se produit un accroissement subit de la biré- 
fringence qui passe par un maximum et diminue de nouveau. Cette pointe de 
biréfringence peut être expliquée très simplement : comme un gradient de 
température existe dans la masse du verre, l'extérieur atteint la température 
du domaine de transformation plus tôt que l'intérieur; la transformation est 

(*) Séance du 19 juillet 1948.. 

(*) LebbdëfFj Revue d'optique, 5, 1926, p. 1 à 3o; A. Winter Journal of American 
Ceramic Society, (6), 26, 1943, p. 189-199. 
( 2 ) 1 Lebedeff, Transactions o/the Optical //urrôutej II, u° 10, igar. 



SÉ ANGE DU 26 JUILLET 1948. 2 Q g 

accompagnée d'un changement de volume spécifique de la partie extérieure 
de 1 échantillon et des tensions naissent. Quand la transformation atteint 
le milieu de l'échantillon, les volumes spécifiques commencent à s'égaliser 




"Toô 



â 




fiOO?C 



et les tensions diminuent. Lors du refroidissement (la branche en pointillé 
de la courbe I), on superpose d'abord aux tensions existantes des tensions 
de S1 g„e contraire et la biréfringence diminue ; quand le refroidissement 
s établit dans la masse entière les tensions augmentent de nouveau, pour 
aboutir, a la température ambiante, aune valeur plus grande qu'avant lé début 
de toute chauffe. ' 

L'augmentation des tensions est un fait normal lorsqu'on refroidit 
le verre après l'avoir chauffé au-dessus d'une certaine température; mais il est 
a souhgner qiuci 1 apparition des tensions a eu lieu non pas au refroissement, 
mais a réchauffement. 

Le phénomène d'accroissement de la biréfringence dans" le domaine de 
transformation est doublement intéressant : i° il apporte une nouvelle preuve 
quun changement intime se produit dans le verre, dans ce domaine de 
températures ; 2 » il montre la possibilité d'existence dans le verre de tensions 
autres que celles expliquées par la solidification des couches extérieures du 
verre, alors que l'intérieur reste encore plastique (et qui, par conséquent, 
iw peuvent être engendrées que lors du refroidissement). Nous voyons ici 
qua part ces tensions qu'on peut appeler mécaniques, il existe dans le verre 
des tensions dues aux différents volumes spécifiques des parties transformées 
a un degré différent, et que ces tensions peuvent naître aussi bien au refroi- 
dissement qu'à l'échaufffement. 

Un traitement thermique peut donc introduire dans un verre trempé des 
lensions de signe contraire de celles qui existaient avant ce traitement II en 
résulte un verre ayant peu ou pas du tout de tensions sans que sa qualité soit 
bonne car un traitement thermique pareil ne supprime ni l'hétérogénéité, ni 
1 instabilité dans le temps. 



» 



aP . - ACADÉMIE DES SCIENCES. 

SPECTROSCOPIE. ,— Phosphorescence de V azote dans une atmosphère d'hélium. 
Note (*) de M.. Louis Herman, présentée par M. Jean Cabannes. 
D.« nombreuses tentatives ont été faites pour reproduire, au laboratoire, 
l'émission aurorale de la molécule d'azote. Kaplan (i 9 38) a réussi, le premier, 
à exciter les bandes négatives en phosphorescence. La composition spectrale 
de cette phosphorescence varie avec les conditions expérimentales (Herman 
iq45 iq48) Toutefois, le premier système positif a une intensité bien plus 
grande dans les spectres émis par l'azote pur que dans les aurores de haute 
altitude ' La faible intensité relative de ce système a permis d'observer la raie 
interdite 5ïqq Â( 4 S — 2 D) dans les aurores (Dufay et TchengMao Lin, iq4i)- 
La présence de molécules non dissociées à des altitudes de plusieurs centaines 
de kilomètres semble contraire aux théories admises et le mécanisme de leur 
excitation est encoee obscur. . . . „ 

L'obiet du présent travail est d'essayer d'obtenir une meilleure reproduction 
de ce snectre auroral et de rechercher l'origine de l'émission prépondérante du 
premier système négatif. J'ai utilisé dans ce but un tube rempli d'hélium sous 
une pression de deux millimètres de mercure, portant deux fenêtres en quartz, 
l'une en bout, permettant de viser suivant l'axe du tube, l'autre, au milieu, 
pour'l'observation transversale afin de pouvoir déceler une autoabsorption. 
L'azote pur est préparée par décomposition thermique de l'azotehydrate 

de sodium. . , '....■ 

Pour des pressions allant de un millimètre de mercure environ aux valeurs 
les plus basses, probablement inférieures à 10- millimètre de mercure,_ aucun 
effet d'autoabsorption n'a pu être décelé- sur la distribution d'intensité des . 
bandes dans les séquences du premier système négatif. Par contre, pour 
une faible pression partielle d'azote, on a un effet d'autoabsorption important 
pour les raies d'hélium à niveau inférieur métastable. 

La phosphorescence de l'azote, très intense dans mes expériences, subit 
d'importantes modifications lorsque la composition du mélange gazeux varie. 
Pour une pression partielle d'azote de l'ordre du dixième -de millimètre de 
mercure, on obtient, après la rupture du courant, un spectre de phospho- 
rescence illustré de la reproduction a de la figure fil ressemble à celui observe 
dans l'azote pur, à côté des bandes négatives très développées figurent les 
bandes positives et les bandes de Goldstem-Xaplan. Lorsque la pression baisse 
et devient probablement inférieure au centième de millimètre de mercure, 
l'intensité du premier système négatif est prépondérante; Les spectres obtenus 
pendant et après la décharge sont représentés sur la reproduction b de la 
foure. Dans ce spectre remarquable, l'intensité des bandes positives, surtout 
celle du système B'ïï- A S S, situé dans le rouge et le vert, est très faible, 

(*) Séance du 5 juillet 1948. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 2 n L 

contrairement à tous les spectres auroraux de l'azote obtenu précédemment 
au laboratoire. En -phosphorescence, les raies Hel sont faibles, leur intensité 
augmente et devient prépondérante lorsque la pression partielle de l'azote 
diminue encore, mais les bandes négatives sont toujours présentes. 



fPhospho- 
Dëcharge " 

{Phosphp- 
Décharge- 



2SW U278 U709 5228 Système 

,.. Jl , .)J.._Jll, Ts .,.^Z~ né 9 at,P 



a 




j™ 1 Systèmes 
~ posfti'fs 



Au cours de ces expériences, j'ai constaté que l'émission des bandes néga- 
tives et leur développement anormal dans les séquences peuvent être observés 
aussi bien dans l'azote pur que dilué dans l'hélium. On ne peut donc retenir 
1 interprétation de Duffendack, Revans et Roy (19-34) attribuant cet effet à 
1 excitation de N 2 (X'2 e + )' par choc avec un atome métastable He(IS). L'émis- 
sion ci-dessus, qui s'effectue en l'absence de tout choc électronique, peut 
rendre illusoire la recherche de l'énergie électronique dans les aurores par 
1 étude de l'évolution des intensités relatives des bandes négatives et positives 
en fonction- de l'énergie des électrons excitateurs (Bernard, i 9 4o). Il semble 
que l'interprétation la plus probable soit la recorabinaison des ions N ++ avec les 
électrons lents. Le rôle de l'hélium consisterait simplement en une protection 
contre 1 effet destructeur de la paroi. Cet effet cause l'extinction de la phospho- 
rescence de l'azote pur sous faible pression alors. que, dans une atmosphère 
d hehum, on peut observer le phénomène sous des pressions partielles très 
faibles. La recombinaison des ions Nr s'opère avaiit celle des ions He + . Ceci 
montre que le potentiel d'ionisation du premier est plus élevé. Des données de 
Walson et Koontz (i 9 34) on peut déduire que ce potentiel dépasse 26,1 eV, 
alors que celui de l'hélium est de 24,5 eV. 

La recombinaison non perturbée des ions NJ, sous faible pression partielle 
d azote, n'est pas accompagnée d'émission des bandes positives mais s'effectue 
probablement par transition directe vers l'état normal et émission des bandes 
de la série de Rydberg dans l'ultraviolet extrême (Worley et Jenkins rb38) 
11 n est pas aisé d'indiquer la nature de l'agent ionisant, tant dans mes 
expériences que dans les aurores de haute altitude. S'agit-il d'une ionisation 
par choc électronique ou par absorption de rayonnement par la molécule 
normale ? Au laboratoire, le rayonnement pourrait être fourni pendant la 
décharge par le spectre continu à la limite de la série principale du parhélium 
Dans les aurores, il faudrait admettre un rayonnement solaire de longueur 
d onde inférieure à 474 A. . . 



'» -:v . 



2 H2 ACADÉMIE DES SCIENCES. ■" 

SPECTROPHOTOMÉTRIE. — Absorption de l'ozone dans le spectre visible. 
Note (*) de M. Ernest Vigkoux, présentée par M. Bernard Lyot. : 

Gomme application, en photométrie photographique, d'une source fluo- 
rescente, préparée par "M. Sérvigne et présentée dans les Annales 
d'Astrophysique en 1942, nous avons déterminé, dans le spectre visible, 
les coefficients d'absorption de l'ozone à ' i8« et leurs variations avec la 
température. Ces sujets ont été déjà traités : Golange et M ] " e Vassy ont donné 
les valeurs des coefficients à 18°, Vassy a traduit, par des courbes, les 
variations des' coefficients en fonction de la température, G. L. Humphrey 
et R. M. Badger, dans une publication récente ('), ont infirmé les résultats 

de Vassy. ■ . . 

Mesure/des coefficients à i8°. — Nous les avons raccordés aux valeurs les 
plus récentes dans TU. V. publiées, par Barbier et Chalonge ( 2 ), par remploi 
bien connu du tube en croix : la longueur de la branche courte (52 m, % 7) 
diffère aussi peu que possible du diamètre (4o mm ) du tube. Après avoir préparé 
un gros excès d'ozone" liquide, avec de l'oxygène ilectroïy tique, on peut 
balayer le tube d'absorption par un courant lent d'ozone et réaliser 
rapidement un mélange homogène et concentré en ozone. On attend toujours 
un certain temps avant la prise du premier spectre destiné à la détermination 
des coefficients les plus faibles. Pour les coefficients plus grands, on laisse 
l'ozone se dissocier lentement, ce qui favorise encore l' homogénéité ; j'ai 
attendu en moyenne . 4o heures entre la première et. la dernière série des 

spectres. .'.■"'.. 

Le faisceau lumineux fourni par la source fluorescente traverse le tube, 
d'absorption parallèlement aux génératrices, et on le reçoit sur un spectro- 
graphe ouvert à //g (dispersion, 4% 26 entre 4358 et 6790 A). Pour les 
longueurs d'onde supérieures à 65ooÂ, nous avons remplacé la lampe fluores- 
cente par une lampe à incandescence alimentée par une batterie de- 1000 AH. 

Le "faisceau U. V. est obtenu avec un tube à. hydrogène et analysé dans un 
spectrographe à U. V. ouvert à- //g. 

Variation des coefficients d'absorption avec la température. — L'étude a été 
faite de 80 a — 93°, à l'aide du premier spectrographe. 

a. Au-dessus de Ï8% on chauffe le tube électriquement; nous avons fait des 
mesures à 5o et 8o°. L'oxygène, utilisé pour l'alimentation de l'ozoniseur. était 
préparé avec de roxylithe et desséché par de l'acide sulfurique concentré, une 
colonne d'anhydride phosphoriqne de 8o* m et un piège à oxygène liquide. On 
déduit l'épaisseur réduite à 5o ou à. 8o« de sa valeur à i.8° par un procédé 
indiqué par Barbier et Chalonge (toc. cit.). 

("*) Séance du 19 juillet 1948, 
■ '(*) Journal of chemical Physics, vol. 15, 1947, p- 794* 
(*) Annales de* Physique,^!, p. 272. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 



273 











1 


Tableau 












.(en À)- 
4421... 


■■40*K I8 . i(p £ 
a3 2 




U>'- p 5o; 


10 3 f_ w 


A 

r (en Â). 
5783.,'. v 


10«K I8 , 
620'M 


■l(Ps. 

.5 


+ 3 


— 3 


+ 9 
+ 6 


■*■ 444o--- 

4475... 
45 16... 
455i... 
4585... 
4620... 
^667... 
471.0.... 

473 1... 

4770... 
483 "1... 

48 7 4.,. 
4928... 
4969... 


- 26 M » . 


— . 


— 


— ' 


5842... 


592 


. » 


+ 4 


4-10 


20m . » 
26M » 
25 m » 
4o 3 

■ ■ 56 M », 

44 ffi » 

58 M .». 
55 /n » 

*-• 


- 


— 


— ■' 


5872... 

5934... 

5968... 

602.0... 

6075... 

6108... 

6180... 

6256:.. 


585 m 
612 
645, 
689 M 
655 
620 
547 
5 16 


• » ' 

6 

» 

5 

» 
» 


— 2 

— .- 3 

-h l 

— 7 


■ +,--3 

H- 6 
+ io' 


+ 10 

+ 9 

+. 7 

-h 10 

. .+ ,6 

.+ ? 

-4- 8 


4-14 

4-ï4 
4-12 

4-10 

4- I 
4-3 
4- 3 


70 » 
118 M 4 

1 03 /?7 . » 


—. 


— ■. 


-32 

—26 


6335... 
6376.., 
6458... 


46o • 
43o ■ 
370 


4 

» . 


+ 6 ' 

H- 9 
+ 8 


4-6 

■+- 7 
. 4- 5 


+ I • 

— 7 

— 13 


n4 ..» 
i35 . » 


— 


j' 


— 20 

'.— 9 


65 00... 
654 4-. • 


345 
3ig 




+ 8 


4-8 


— 10 


0.01-2.... 


190 5 


■ — 


— 


H- 7 


6634... 


280 


» 








5o6o... 


23a M .» 


■ — 


— 


— 6 


-. 6681... 


253 


3 








5n8... 


225 W » 


— 


— 


— 13. 


6727... 


225 


» . 








"5i48.:.' 


235 ■ » 


— 


— 


-i3 


6777... 


2o3 


» 






- 


5ig6.., 


263 ■ , . » 


. „ _ . 


— 


— 11 


6828... 


i85 


» 








5245... 


3o5 » 


— 


— 


+ 1 . 


6876... . 


1 7° 


» 








5296... 


368 6 


+ 7" 


4-i 3 . 


4- 3 


6925... 


i48 » 


» 








534 0... 


3.86 M » 


+ 9 


4-io . 


/ 


6981... 


127 
ïi5 


>> 








5365.., 


38om. » 


tII 


4-- 10 


— a 


7o36... 


» 








54o5...... 


4oo » 


4- 4' 


4-12 


— 


7089.,. 


io5 


» 


JT 






546i... 


43o . » 


— 5 


-b 6 


.— 


7122. ., 


100 


- » 


^ 






55i2... 


458 ..» 


-h- 5. . 


4- .2 


■ — . 


7168... 


96 
85 :■ 


» 








5564... 


485 5 





4- 2 


-h 7 


7,207... 


» 








5617... 


55o » 


— 2 


+ 9 


+ 12 


7264... 


y5 


» _ 




. 




5670.,. 


5g5 » 


-6 


' + 7 


+ 12 


7328.,. . 


-65 ■ 


» 


_^_ 






0735... 


632 M » ■ 


■— 5 


— 6 


+ 9 


7392... 


55 


» 








5754... 


63 » 


'4- 1 


— 2 


+ 10 















b. Au-dessous de i8<Von refroidit le tube -d'absorption avec de la glace 
carbonique. Nous avons préparé l'oxygène par décomposition de l'eau oxygénée 
et du permanganate de potassium eu milieu sulfurique. Le refroidissement est 
extrêmement rapide et.la dissociation de l'ozone, au cours de cette période 
négligeable. On peut s'en assurer en appliquant le procédé de Barbier e't 
Chalonge, ou simplement en vérifiant qu'après retour à i>, l'épaisseur de 
1 ozone a très sensiblement la même valeur qu'au départ. Les concentrations en 
.ozone étaient de 3o % environ, 

Résultats - Tous les clichés ont été enregistrés au microphotomètre 
Ujalonge. Les moyennes des mesures faites sur un grand nombre de clichés 
sont condensées dans lé tableau. L'erreur probable sur la moyenne a été calculée 



2 «4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

par la formule t = 0,68 ^(A^M 7 *^ 1 ); où £ ( A ^) 2 désigne la somme des 
carrés des résidus et n le nombre de mesures. p t = (S 8' -^ £ S)/S 8, 8' et 8 dési- 
gnant les densités optiques à «° eL à 18°, relatives à la même épaisseur d'ozone. 
Les valeurs à 18 s'écartent très peu de celles qu'a données M me Vassy, sauf 
aux extrémités du spectre, où j'ai pu employer des épaisseurs réduites de 

l'ordre de 6o cm . 

Le minimum à 5365 A et le maximum voisin à 5346À sont nets- sur tous 

les enregistrements. 

• Les variations trouvées aux. diverses températures .ne. dépassent pas les 
erreurs des mesures photométriques. Ces résultats confirment ceux de 
Humphrey et Badger. M me Lefebvre ( 3 ) l'avait d'ailleurs signalé. 

PHQTOÉLECÏRICITÉ. — Influence de la pression et de la résistance d'entrée 
sur les courbes de réponse des compte.- photons à Cul/alcool. Note (*) 
de M me Solange Lormeau, présentée par M. Louis HackspilL 

Influence de la pression.. — Pour chaque cellule on a tracé les courbes de 
réponse (courbes donnant le nombre de décharges en fonction de l'intensité 
lumineuse), correspondant à des pressions différentes de l'atmosphère d'alcool 

qu'elle contenait. . - 

Au-dessous de 5 mtn de mercure, il est exceptionnel d'obtenir des cellules 

sensibles. • "' . ; 

Pour des pressions comprises entre 5 mm et ro 11 ™ on obtient de bonnes cellules 
à caractéristiques vérifiant la formule I = G (V — 1 ) ( ' ). (N différence entre 
le nombre de décharges par minute et le nombre de décharges à l'obscurité.) 
Si l'on augmentera pression, il y a apparition entre 1 i rom et i5 mm , suivant les 
cellules, d'un point d'inflexion à tangente verticale. Pour de faibles variations 
de l'intensité lumineuse la courbe est nettement concave vers le haut ; ensuite 
elle remonte brusquement, puis s'incurve normalement, la convexité vers le 

haut. ' 

A mesure, que l'on fait croître la pression et pour des mêmes variations 
d'intensité, ce point d'inflexion est de plus en plus marqué. Au début de la 
courbe, la cellule est très peu sensible aux variations du flux lumineux puis 
démarre brusquement pour une certaine valeur de ce flux. Cette brusque 
remontée est probablement due à des réactions en chaîne qui s'effectuent à ce 
moment dans l'atmosphère gazeuse. 

On peut atténuer et même faire disparaître ce point d'inflexion en 
augmentant suffisamment la tension. Nous avons vu en effet qu'une tension 



( 3 ) Comptes rendus, 200, 1935, p. 653. 

(*) Séance du 5 juillet 1948. 

(*) S. Lormeatj, Comptes rendus, 225, 19/I7, p. 865-86^7. 



SÉANCE BU 26 JUILLET 1948, ^ 2? 5 

élevée aplatissait les courbes en provoquant ..probablement un recouvrement 
des décharges ( 2 ). 



H00 



1200 



>'*.p:20 



mm 



T000 



600 



600 



<0 

«s 

tb 

'■*■ 



y 

s p.: 15 mm 



/ 



/ 



/ 



/ 



/ 



/ 



p :11m m 



/ 



/ 



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/ 



^00 
300 




■' <'y 

if 




200 


t 






100 
20|j 


// 

A* 


i 


Variât for 

i 



ïe.ux 



10 



50 



100 



150 



Déformation des courbes de réponse des cellules avec la pression 
_ . Courbes rapportées à une même sensibilité de la cellule. - 

? Nous avons étudié des pressions variant de 5 à 28- de mercure et nous 
n avons pu dépasser cette limite, car à mesure que la pression s'élève la cellule 
fonctionne a des tensions de plus en plus élevées. Au point de vue pratique 
c est une pression de 8™ qui donne les meilleurs résultats .- 

Influence de la résistance d'entrée: - La résistance d'entrée influe sur l'incur 
vation des courbes. Celles-ci sonfde plus en plus aplaties à mesure que la résis- 



( 2 ) S. Lormbah, Comptes rendus, 225, i 9 4 7 , p. /J53-455. 



g ACADÉMIE DES SCIENCES. 

tance croît. Onpeutl'expliquerpar l'augmentation de la constante de temps du ■ 
circuit avec la résistance, ce qui allonge la deuxième phase de la décharge 
pendant laquelle la tension de la cellule diminue. Pour de grandes résistances 
les impulsions se recouvrent et les décharges sont de grandeurs inégales ( .). 

Pour R = 1 5oo G on a une courbe presque à angle droit, la cellule n a plus 
aucune sensibilité après multiplication .par 10 du flux lumineux. , 

A haute pression ( ? ^ 2 q»"») le point d'inflexion est d'autant plus marque 
que R est faible. Pour R = 3 û on a des points d'inflexion très élevés chez ^ 

certaines cellules. . , • , 

■A basse pression même, une résistance très faible donné heu a un point 

d'inflexion. .'•."■■• ...■", 

En résumé, les cellules les meilleures doivent avoir des. pressions voisines de 
8"™ et être mises en circuit avec des résistances comprises entre 200 et 600 Ll. • 

PHYSIQUE NUCLÉAIRE. - Explosion nucléaire provoquée par te rayonnement 
cosmique au niveau de la mer. Note (*) de .M- Henb.bttb Faragg. et 
M"" Geobgbttb Albouy, présentée par M. Frédéric Johot. 

Nous avons observé, dans une plaque Rlford C2, au niveau de la mer, 
la désintégration en. neuf fragments d'un noyau lourd sous l'action du rayon- 
nement cosmique. Ce type de phénomène, très peu probable, a été rarement _ 
observé jusqu'à présent ('). . ■ 

i; L'étoile de désintégration (fig. 1) comporte 9 branches visibles. 



A 



/ 




/> 



se 



Les traèes de deux protons (262 et 5 7 8 p.) et de deux rayons a (160 et io5 f.) 
terminent dans l'émulsion et font avec la surface un angle très petit, ce qui 



(•••) TrOst, Zeits. F. Physik, 105, 1937,. p. 399. 

(*) Séance du 12 juillet 1948- . , „„ 

• Evans et G*,™, Nature, 159, ! 9 4 7 , P- «79 ('. <«.); Yagoda, f*'-*''-™' 
, 9 48, p. 363 (1 cas); Morand, COer, Edmond et Modchàrafyeh, Comptes rendus, 22b, 
i 9 48' p. 71.3 et 1008 (12 cas étudiés systématiquement). 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 27-7 

STU* tT T aVeC ^^ l6S C ° UrbeS nombre ^ grains-fc-cours restant, - 
et d évaluer le parcours résiduel des traces sortantes, identifiées- par leur 
granulation Une trace très courte et très ionisante est due au noyau de recul. 
11. Le tableau I donne les énergies cinétiques des protons et des hélions 

kSin? lC^M 9' ^^ Tf° n ^ Pr ° f0ndeUr 6t de -traction d 
la gélatine. L ensemble des particules de z < 2 totalise , 3 charges et a3 nucléons : 

;. v . Proton | mIion 26 8 .,;,-. ^ ^ W 60 * 

<»••• a Emulsion i.o3±i 14 ±o,5 S „ ' a- ~io,& 

>-.. * Verre ~ I20 „ l5 . 9 " R L /î'. ~9°- ~ I2 > 5 

5... a Emulsion l6 o± 2 , 7 ,5±o,5" Emnls.on ,4±. I0 ±3 

le noyau touché ne peut être qu'un des noyaux lourds de l'émulsion, brome ou 
argent Le noyau de recul a un numéro atomique voisin de celui du tilâôe ou 
dn seîemum : on peut connaître son énergie en comparant son parcour à celui 
des produits de fission dans les plaques (■). L'énergie cinétiq Ue P totale des par 
ticules visibles dans l'émulsion est ainsi 1 i 2 =fc i 2 Me V 

La proportion protons/neutrons dans Ag et dans Br étant \y I} 3 on peut 
supposer l'eimssion de 3 à 8 neutrons, invisibles dans l'émulsion et don 
1 énergie moyenne serait égale à celle des protons ( ~ h Me V V En tenan ' 

compte des énergies de liaison on trouve que l'énergie minimum cède au 
noyan Rest de 3o± 2 5 MeV s'il s'agit d'un noyau d'Ag, ,5b± 2 oMeV 
pour Br Ce bilan ne comprend pas les quantités d'énergie qu'on ne peut 
déceler dans l'émulsion sensible (protons rapides, neutrons, 8, y) P 

novau deTelf t deS VIT r ^ direCd ° n P™%-e opposée à celle du 
noyau de reçu la répartition des protons, elle, est sensiblement isotrope. Si 
lon^suppose xmpulsion des neutrons répartis de façon isotrope, on trouvé 
pour 1 ensemble des particules un moment résultant peu incliné par rapport a 
lasurface^de l'émulsion, d'intensitéSoiro.io-C. G. S., et ayanUa dTrect on 
générale du noyau en recul et des rayons a. ' airection 

IV. Le bilan des énergies et des impulsions indique que la masse de i a 

rïïtnwr - omprise e r °* « ^^^z 5 :^ 

du rayonnement cosmique, et plus probablement d'un neutron, dont la 

fréquence est pins grande aux faibles altitudes. Or le calcul mont e Je les 
noyaux :<mt un effet de transparence pour les nucléons de grande énergie etn 
peuvent lui emprunter plus de i 7 5 à soo MeV (*). L'énergie dégage ici es 
nettement supérieure, de plus ^proportion d'à par rapport l celle'dfs p^ton, 

, A ,ll ^ at ™ F owler et COer, Proc. Phys. Soc, 59, , 9 4 7 , p. 883. ' 

,2 J lm ' 6l Fabagoi > Comptes rendus, 224, iq/j 7 , p . 835 ' 

■ (*) Pkrkins, Nature, 161, 1948, p. 486. 



C. R., Tg48, a» Semestre. (T. 227, IV* 4.) 



l8 



g ACADÉMIE DES SCIENCES. 

est grande (1,6), leur énergie est relativement faible ?ar rapport à la hauteur 
de la barrière de potentiel de Br ou de Ag, et ils ont une direction générale 
apposée au noyau de recul : ces différents faits suggèrent le schéma suivant en 
accord avec les observations de Penkins à haute altitude (•) : 1 impact d un 
nucléon de grande énergie provoque la rupture du noyau -en deux morceaux 
' d'excitation différente; le plus lourd revient à l'état fondamental en émettant 
principalement des neutrons et des protons, et le plus léger s'évapore complè- 
tement avec émission principale de rayons « (grande énergie de liaison); ces 
derniers franchissent aisément la barrière de potentiel avec une direction préfé- 
rentielle opposée à celle du noyau lourd. 

chimie PHYSIQUE. - Étude de l'oléate de cholestéryle à Vétat mésomorphe. 
Action du champ magnétique. Note (*) de M.M A «rice Lévï, transmise 
par M. Jean Cabannes. 

Parmi les esters du cholestérol étudiés par Friedel à l'éta't mésomorphe ('), 
deux font apparemment exception : l'oléate et le stéarate de cholestéryle. 
Friedel signale que ces deux corps ne possèdent qu'une phase mésomorphe, 
la phase smectique, sans pouvoir rotatoire de structure ni couleurs réfléchies. 
Nous avons entrepris l'étude de l'oléate de- cholestéryle (le stéarate se prête 
mal aux mesures, sa phase mésomorphe étant très fugitive) en espérant, 
puisque les substances smectiques peuvent être orientées complètement par 
un champ magnétique intense (•), mesurer la rotation naturelle des molécules 
orientées parallèlement les unes aux autres. Nos expériences ont donne des 
résultats très différents : l'oléate de cholestéryle possède entre 3 7 et 42 
une phase nettement cholestérique. Le pouvoir rotatoire de structure, quoique 
plus faible que celui des autres esters du cholestérol, est encore notable. 
Les couleurs réfléchies sélectivement (bleu ou violet) sont nettement visibles. 
Ge résultat prouve que la viscosité du milieu, qui augmente^ avec la niasse 
du radical acide, tout en gênant progressivement la formation de la structure, 

ne l'empêche pas tout à fait. .„.„,„„,.; 

Nous avons disposé de.divers échantillons de la substance, prépares et puri- 
fiés avec beaucoup de soin au moyen de méthodes différentes. Nous donnons 
ci-dessous un bref aperçu des résultats que nous avons obtenus : 

1» Étude générale et dispersion rotatoire.- Celle-ci étant notable, on peu 
l'étudier rapidement en plaçant la préparation entre glazebrooks et en pointant 



( s ) Gûer et Morand, Comptes rendus, 226, 19/48, p. 65g. 

(*) Séance du 19 juillet 1948' ; 

(*) Ann. de Phys., 18, 1922, p. 273. 

(<) Foëx, Trans. ofthe Farad. Soc, .29, 1933, p. 968. 



SÉANCE DU 20 JUILLET 1948. 279 

au spectroscope la cannelure correspondant à une rotation déterminée de l'un 
des glazebrooks à partir de la position d'extinction. A la température de 87% 
la rotation par millimètre varie de 5° dans le rouge à ioo° environ dans le violet. 
La couleur réfléchie sélectivement se déplace du violet au bleu par refroidis- 
sement. Pour la raie verte du mercure, la rotation naturelle et I'ellipticité sont 
représentées en fonction de la température par les courbes I et Y de la figure 1. 




A ?/mm 

.4 




Fi 



g. 2, 



2° Action du champ magnétique.— Nous avons tracé, pour différentes valeurs 
absolues du champ, les courbes représentant la variation de la rotation natu- 
relle en fonction de la température en l'absence de champ et en présence de 
deux champs en sens inverse. Ce procédé est rendu nécessaire par le fait que le 
champ n'agit sur la structure que s'il est établi dans la phase liquide, la sub- 
stance étant ensuite refroidie très lentement. Les rotations et ellipticités étaient 
mesurées au moyen d'un analyseur de Chaumoht. La préparation se trouvait 
dans un four spécial, différent suivant que le champ était longitudinal ou 
transversal, et n'ayant que io mm d'épaisseur. Les températures étaient mesurées 
au moyen d'un couple euivre-constantan relié à un galvanomètre sensible. 
Le repérage précis des températures (à 1/200 de degré près) est d'une grande 
-importance dans ces mesures : nous avons apporté à nos résultats les correc- 
tions destinées à tenir compte du fait que la température de la soudure chaude 
n'est pas exactement celle de la préparation. La substance était contenue dans 
une cuve de 3 mm d'épaisseur : il est nécessaire d'utiliser une épaisseur de ce; 
ordre en raison de la valeur relativement faible de la rotation naturelle, La 
structure à plans s'établit spontanément par refroidissement. On ne peut pas 
cependant éviter une dépolarisation partielle de la lumière transmise due au 
fait que les axes optiques des éléments uniaxes qui constituent la préparation 
ont une orientation partiellement désordonnée. Cette dépolarisation reste 
cependant assez faible et ne gêne pas l'exécution des mesures. 



/ 



2 8g: académie des sciences. 

ja. Action du champ longitudinal. — La figure i représente, pour X =±= o,546 [x 
et un champ maximum de 24600 Gauss, en fonction de la température, la rota- 
tion globale observée en l'absence de champ (courbe I) et en présence de champs 
de sens inverses (II et III). En raison de la variation de la rotation naturelle 
dans le champ, les courbes II et III sont situées, à partir de 4i v ^ r à\x même 
côté de la courbe L 

La courbe IV représente la variation correspondante Ap de la rotation natu- 
relle. Nous avons représenté sur la courbe I de la figure 2 la variation en fonction 
du champ de la valeur maxima de Ap. 

b. Action du champ transversal — Les courbes II et III de la figure 2 repré v 
sentent la variation de Ap max en fonction du champ pour des orientations de la 
vibration incidente respectivement parallèle et perpendiculaire aux lignes de 

force. ~ 

Nous rie pouvons ici que dire un mot de Faction du champ sur l'éllipticité de 
la vibration transmise : : celle-ci diminue (assez faiblement) sous Faction du 
champ longitudinal, et augmente plus nettement sous Faction du champttàns- 
versal, l'effet étant maximum quand la vibration incidente est parallèle aux 
lignes de force. 

Les résultats précédents peuvent s'interpréter dans le cadre des idées que 
nous avons développées sur Fanisotropie du pouvoir roiatoire naturel ( 3 ). 

On peut étudier théoriquement Faction du champ magnétique sur la base 
de la théorie proposée par Oseen ( A ) Nous, reviendrons ultérieurement sur ce 
point. . v 

CHIMIE PHYSIQUE. — Variation de la vitesse de cémentation du fera la 
température du point de Curie. Note (*) de MM. Hubert Forestier 
et Georges Nury, présentée par M. Paul Lebeau. 

L'existence d'un maximum dans l'activité chimique des oxydes ferromagné- 
tiques à la température du point de Curie (') nous à conduits à reprendre 
l'étude de ce phénomène "dans le cas dé la cémentation du fer. 

Cette cémentation était effectuée pendant une ; heure par le gaz d'éclairage, 
ou Foxyde de carbone. Les échantillons étaient des fils de fer électrolytiqué 
de 26/100 de millimètre de diamètre, ou des cubes defer pur A. R. M. C. O. 
de i5 mm de côté, polis spéculairement. sur une face. 



(*) Comptes rendus, 226, .1948;, p. 652. - 

(*) Trans. of the Farad. Soc., 29, 1933, p. 883. 

(*) Séance du 12 juillet 1948. 

(*) H. Forestier et R. Lille, Comptes rendus, 20k, 1987, p. 265; 204, 1937, p. 1254; 
205,. 1937, p. 848; R. Lille, Comptes rendus, 208," 1989, p. 1891, et R. Lille, Thèse, 
Strasbourg, 1943. 



, SÉANCE DU 26 JUILLET IQ48. 2 gj 

d^rj^f i0nS ., 6 Vi - 6SSe ^ réaCli ° A ° M été SuiYies ' sur ]e ûl > Par la variation 
de a résistance électrique, snr les cubes, par la variation de la dureté superfi- 
cie mesurée au moyen d'une machine de Vickers sur la- face polie 

Les deux courbes température-variation de la résistance électrique (fig ! ) 




600* 



700* 



1. Gaz d'éclairage 



600* 

Temperahures 

2. Oxyde de carbone 



présentent un maximum très aigu et particulièrement net dans le cas de la 

cr d ^;:rL de ^ -^*r *« . *. «ssz 

L'allure générale des courbes température-dureté varie suivant la profondeur 
demp t comme on pouvait le prévoir. Pourvue pénétration trè^ faible de 
1 ordre de 1/100 de millimètre, la dureté est uniforme sur tous les blocs queUe 
que «»t la température ce qui montre que nous avons une même coucS si 
fidelle sur tous nos échantillons. Pour des pénétrations plus élevées £". 

vo yons apparaître maximum de d . ,/ alur / du S™™™ ; 

du fer, maximum qui devient de plus en plus net, à mesure que la péStradon 
augmente, jusqu'à une profondeur de 7 à 8/zoo de millimètre, à par* de 
laquelle le maximum décroît, puis finit par s'effacer, pour U n profondeur 
d emprunte de l'ordre de 20 / IO o de millimètre; la couche cémentfe esTaTor 
traversée etnous obtenons la dureté du fer A R M Ç O O 

Ainsi les résultats des deux méthodes employées concordent entièrement; ils 



2 g 2 ACADÉMIE DES , SCIENCES. , . 

indiquent avec une remarquable netteté un maximum de la vitesse de cémen- 
tation du fer à la température du point de Curie. 

iX^en de ce Maximum confirme les résultat, oblenusanténeurement par 
l'un dïnous en collaboration avec M. R. Lille (<), sur les réactions entre oxydes 
nïïSqT et certaines réactions catalysées par les oxydes ferromagnet^ue. 

Ce maximum d'activité chimique, qui paraît être un phénomène gênerai n a- 
pu être encore interprété d'une manière satisfaisante ; tout au plus. pourrait*». 
rLoclrïla variation de la dérivée de la courbe aimantation-température, au 
voisinage du point de Curie des corps ferromagnétiques. 

CHIMIE MINÉRALE. - Préparation et étude- par diffraction des^ons X 
d'un oxyde de plomb pseudo-cubique de .composition vanable. Note ( ) de 
M Théo K.tz ,V M*».— S,^ et M. Ho* Pa.vhe, transmise par 
M. Pierre Jolibois. 

De nombreux auteurs ont étudié, soit d'un point de vue purement chi- 
miaue (M ( 3 ), ( s >> soit du point de vue cnstallographique (*), un oxyde de 
Imb dont 1 composition varie, suivant sa préparation .ou les traitemen s 
: Sa subis depuiï la composition du minium Pb,0 4 3 us qu'un peu au delà 
Te t composa Pb,0, Nous nous sommes proposé d'aborder simulta- 
nément les aspects chimique et cristallographie de ce problème 

Te produit de départ de nos expériences est une phase unique orthorhomb.que 
de c mpoÏdl Pb!o 3 que nousVnons, ^^^^^^ 
uniforme et cliché- de Debye-Scherrer à raies fines) en décomposant 1 oxalate 
de plomb à 3oo« à l'air et'en le maintenant à cette température pendant un 

, paSiation thermique jusqu'à la composition Pb O f ,., sort par reduc non 
à l'aide d'un mélange d*ydfogène et de vapeur d'eau jusqu a la teneur en 
xygt dePb 3 4 (minium). On peut également ™hn ^- ^ 
eène iusqu'à la composition PbO/, B , par action d'un mélange d oxygène e de 
Speur dlau; Il îJ insister sur le fait curieux que ces mécamsmes de réduction 
ou d'oxydation relativement rapides ue sont possibles à dWi basses tempe- 
ratures au'en présence d'une forte proportion de vapeur d eau. 

S action! de réduction et d'oxydation sont accompagnées d'une vanaUgn 

^7b« Arcni,. for Kern. Miner, och G ^, Band 20 A, »» 11, ^- 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. . 2 83 

continue de coloration allant du noir (Pb0 1>B7 ) au brun roux à l'ocre (PbO^,), 
et d'une déformation progressive du cliché de Debye-Scherrer dont les raies 
restent fines. Nous analysons la déformation du cliché de rayons X de la façon 
suivante : il se produit d'une part/ un déplacement d'ensemble des raies qui 
traduit les variations de l'arête a de la maille pseudo-cubique (voir figure); 




■*,4Q 1.45 



1,<30 



d* autre part certaines raies très voisines se déplacent les unes par rapport 
aux autres. Ces déplacements relatifs peuvent être définis, comme l'un de 
noss a déjà eu l'occasion de le montrer ( & ), par les variations de deux para- 
mètres indépendants £ et )l qui définissent l'écart. à la symétrie cubique de la 
maille orthorhombique de la phase PbO„. 

Si les paramètres a et p varient de façon régulière avec la composition entre 
les deux limites PbO< ( „ et Pb0 4 >67 , il n'en est pas de même pour le paramètre s 
qui passe par un minimum pour la composition Pb 2 3 . Nous nous proposons 
de revenir sur ce résultat important qui permet de considérer la phase de 
composition Pb 2 3 comme une solution solide ordonnées - " 



CHIMIE ORGANIQUE . — Recherches sur les dikydrofurannes. 
Note (*) de M. Henri Nobmant, transmise par M. Marcel Delépine. 

Le dihydrofuranne et ses dérivés peuvent présenter les structures a et [3 selon 
la position de la liaison double par rapport au pont oxydique. 



( 5 ) Faivre, Bull. Soc. Franc. Minéralogie, séance du i5 avril 19/48. 
(*) Séance du 19 juillet 19/48. 



284 - ACADÉMIE DES SCIENCES. 

La déshydratation, soit des y cétols ou des y aldols, soit des hydroxytétra- 
hydrofurannes qui en constituent d'ailleurs les formes cycliques, conduit; sans 
ambiguïté, aux composés a. De même, celle des y glycols éthyléniques cis, 
notamment quand Tune au moins des fonctions alcools est tertiaire, fournit 

l'époxyde (3. \ 

t Mais, l'obtention exclusive de l'isomère (3* à partir des bromo-tétrahy dro- 
furannes (I), comme semblent l'indiquer divers travaux [R = R ; =H (*); 
R — H et R' ( 2 ) ; R et R' ( 3 )], paraissait toutefois moins certaine 

ISc.CH.CHBr.CH, R.CH.CHCLGH^CIl/ 

.- R . y L—o—l. L__o_J/ 

(i) (ni . 

Parmi les dérivés halogènes du tétrahydrofuranne, les chlorés (II) sont 
maintenant faciles à préparer (*). Par enlèvement de C1H à NH a Na il a été 
possible d'isoler les deux isomères prévisibles 

R.CH.CH^GH.CH, R;C=rGH.GH 2 .CH 2 

o i i — o— j; 



Les résultats ont été ensuite généralisés à quelques bromures hétéro-cycliques; 
on a utilisé HOK, comme dans les travaux antérieurs et obtenu 



Rv C.*CH=CH.CH, ' *>C.CH 2 .CH=C 

l_o_J . RX l_o_J 



R 



L'enlèvement d'hydracide aux tétrahydrofurannes halogènes a conduit, dans 
tous les cas examinés, non à des composés définis de structure [3, mais à des 
mélanges où, au contraire, r isomère a prédomine. La séparation des isomères 
repose sur la propriété des composés a d'être hydrolyses, à froid, par les acides 
dilués, en cétols ou aldols y bouillant à une centaine de degrés plus haut que 
les isomères (3 qui sont inaltérés. Inversement, ces cétols ou aldols par distil- 
lation sous pression ordinaire, se déshydratent et régénèrent les isomères a. 
..Avec R— C 2 H 5 [form. (II)] le rendement est de 5o % . Le mélange ren- 
ferme 66% environ d'Mj/-2 dihydro±4-5 furanne (C 6 H 10 O), É 109 , 
^ 13 o ? 9io et 33 % iïéthyl-z dihydro-i . 5 furanne, É io5°, d^o^go. Avec 
R = 7iC 4 H 9 Rdt. 74 %, dont 58 % environ en n^butyl-i dihydro-l\.§ furanne 
(C 8 H^O), É 13 5o°, û? 15 o,884 et 42% en n-butyl-z dihydro-z.5 furanne, 
É 13 46% ^0,869. .....-■ 



(*) Pariselle, Ann. de Chimie, 24, 191 r, p. 372. 

( 2 ) Ou Kiun Houo, Ann. de Chimie, 13, 19^0, P- 23o, 

( 3 ) Colonge et Garnier, Bull. Soc. Chim., mars-avril 1948, p. 4^4* 
(*) H. NormanTj Comptes rendus, 226, 1948, p. i85. 



SÉANCE DU 20 JUILLET 1948. . ' .. . 2 85 

Si R^R'^CHg [form. '(I)], il se forme 60% de diméthyl-2.2 dïhydro-'2.3 
Juranne (C 6 H 10 O), É 77-78 , tf,eO,854 et 4o % de diméthyl-i .2 dîhydro-2.5 
/o7«»na,É85-86v5 M o.,855. 

Enfin dans le cas du (3-bromo tétrahydrofuranne, on. obtient, le dihydro-2.5 
furanne, É 65° et le dihydro-z .3 furçinne, É 56-57°. " 

Les y cétols se décomposent, même par distillation sous le vide de la trompe. 
On a obtenu : 

Hexanol-i one-l\ [R^C 2 H 5 form. (Y)] É M 1.07 (déc); phényluréthane 
F.85-86 ; Wolgemuth indique F 84° "("). ' 

( v ). R.C=CH.CH 2 .CH 2 ~^> R.CO.CH..GII..CH.OH 



L_ - 



— H„0 



<-~ 



-> 



OH 
1 .. 
R . G . CH a . CH 2 . CH 2 

O 1 



( Vl > ; 5>C.CH tf GH=GH ~^t *>C:CH 1 .CH 9 ,CHO 

W I I -H,0 R /X | 

L T—0 ' OH 

' — v ^>C.CH 2 .CH 2 .CH.OH 



^- 



R 

■O 



«* 



Octanol-i one-4 (C 8 H 16 O s ), É lg i3o° (déc.); phényluréthane F 86-87°; 
2,4-dinitrophénylhydrazone, F8o°; ester acétique, É 13 i3o°, ^,0,972. Les 
yaldols ont été caractérisés, avant distillation et après, par hydratation des 
dihydrofurannes a correspondants, par leurs 2 . 4-dinitrophénylhydrazones. 
Celle du méthyl-2. pentanol-2 al-i (R= R'=CH 3 , form. VI), fond à 122°, et 
celle de Yhydroxybutanal à 1 18 ( 6 ). 

Les dihydrofurannes a et (3 présentent des différences "très nettes de pro- 
priétés. Les composés a se comportent comme des oxydes vinyliques. Ils fixent 
l'eau, en présence d'acide, avec retour aux cétols ou aldols-y. A chaud, les 
acides dilués les résinifïent, tandis que les £ supportent un long chauffage 
sans altération sensible. Ils réagissent sur le méthanol additionné d'une trace 
de C1H sec en donnant des dérivés méthoxylés : 

(- VII > . - ; GH3 o>G.CH 2 .GH 2 .CH 2 

. . 3 I -O, — J 

< Vm ) ~ qh^C.GH ï .CH 1 .CH.OCH 3 - " ■ 

L — o— J. 



(*) Wohlgemuth., Ann. de Chimie, % 1914, p. 4^4. 

( G ) Paul et Tchelitchbff, Bail. Soc. Chim., janvier-février i 9 48, p. 201. 



2 g5 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ont été préparés : 

Vèthyl-i méthoxy-i tétrahydrofuranne (R = C 2 Hs, form. Vil), C,Ii 14 U a 

.Éi38vÉ u 34° ? </ 13 o,94o; ■ " ^ TT • r % vu\ r u n 

n.butyl-% méthoxy-2 tétrahydrofuranne (R = CJI*, iorm. ,VU) ? L.,n, 8 L> a 

É 14 69-70°, rf 14 o,923; ; _ • p „ n "■ ^ «. 

diméthyl^^ méthoxy^ tétrahydrofuranne (foriii. VIII) C,H 14 U 2 L 120- 

124°, di5° 5 9 0! 7- -,-.'' 

Les isomères a ou [3 sont hydrogénés en tétrahydrofurannes, sans reactions 

secondaires, en présence de Ni Raney dans les conditions ordinaires. 

CHIMIE ORGANIQUE. - Mécanisme de la scission des benzhy dry lamines 
^-substituées. Note (*) de M. Roger Cantarel, présentée par M. Charles 
Dufraisse. 

Si l'on considère la scission des benzhydrylamines N substituées en présence 
d'eau comme le résultat d'une hydrolyse (' ), il est difficile d'expliquer 
comment la N-phénylbenzhydrylamine (C. H 6 ) 2 >CH-NH-C 9 H peut 
donner naissance au p-aminotriphénylméthane (I) et au N-dibenzhydryl 

p-aminotriphénylmétbane (II) : 

~- , , T /CH<(C«H,), - 
(C.H.^CH-C.H.-NHi '» (C.H,),>CH-G,H,-N\ C g <{C|Hi)t . 

■.'■'■ m '-•'■■,;.' .("i. • 

En admettant en effet la libération intermédiaire de benzhydrol à côté de 
l'aniline, il faudrait, pour aboutir aux composés (I) et (II), envisager des 
réactions de déshydratation, pour lesquelles l'intervention d'un déshydratant 
énergique est nécessaire (»),■ (*), (*) et qui ne sont guère possibles .en présence 
d'un excès d'eau. Il est donc vraisemblable que ces composés prennent 
naissance, en milieu aqueux, sans qu'intervienne la formation préalable de 
benzhydrol. La transposition éventuelle de la N-phényl benzhydrylamines 
p-aminotriphénylméthane (I) n'a, d'autre part, été réalisée jusqu ici qu en 
milieu anhydre et par chauffage avec du chlorhydrate d'aniline ( 6 ). 

■Le problème de la genèse de ces composés se trouve donc posé. Dans les • 



(*) Séance du 19 juillet rg48. . 

(«) R. Cantarel, Comptes rendus, 226, 1948, p- 9^1 • 

(?) O. Fischer et Roskr, Ann. der Chèmie, 206, 1880, p. l55. 

('*) R. CANTiREL, Comptes rendus, M^, 1.947. p. 638. . .,'•■•' 

I ) Toutefois, j'ai pu constater qu'eu chauffant du benzhydrol et du chlorhydrate d aniline 
anhydre vers i5o° pendant plusieurs heures, en vase ouvert, il était possible doblemr a 
la fois des traces des corps (I) et (II). 

(») Bosch et Rinck, Ber. dtsch. chem. Ces., 38, igo5, p. 1767. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 19^8. 287' 

réactions de condensation qui leur donnent naissance à partir du benzhydrol, 
on admet généralement une élimination d'eau entre l'oxhydryle alcoolique et 
un atome d'hydrogène provenant de la base réagissante. Ce processus n'est 
peut-être pas exact. Lorsqu'on essaie, en effet, de fixer l'ammoniac sur le benz- 
hydrol en présence d'un catalyseur de déshydratation, on obtient surtout du 
tétraphényléthylène ( 6 ); l'élimination d'eàu a donc lieu, dans ce cas, aux 
dépens du benzhydrol seul. Il est fort possible que, dans les condensations 
envisagées, le benzhydrol, en présence d'un déshydratant, perde d'abord 
une molécule d'eau, par un mécanisme analogue, pour donner un radical 
diphénylméthène (C 6 H,) 2 >C<. Ce radical peut ensuite se combiner soit à 
l'aniline (en para), soit aup-amino triphénylméthane (sur l'azote), en donnant 
naissance aux composés (I) et (II) : ■ ' 

.(I) (C.H s ) î >C<ch-H-C 6 H- 4 -NH, "-► (C 6 H 5 ) 2 >GH-^C 6 H 4 -NH 2J . 

. ' 2(G.H B ) a >C< + H t N-C 6 H 4 -CK<(G 8 H B ) l 
< JI > ' ,. ~> [(■O.H B ) a >GHJ a >]V~C,H 4 -CH<(C 6 H 1( ) 1 . 

Cette conception permettrait d'interpréter d'une façon convenable la forma- 
tion f de tous les composés qu'engendrent les benzhydrylamines N-substituées 
quand on les chauffe en présence d'eau. Il semble en effet que la scission de ces 
bases aboutisse, dans un premier stade, à la libération d'une aminé primaire et 
du radical diphénylméthène. Ce dernier, qui prend ainsi naissance en dehors de 

(C 6 H 5 ) 2 >CH-NH~R -> R-NH 3 +(C G H 5 ) :2 >G< 

toute action déshydratante, peut ensuite réagir, soit sur l'eau, soit sur l'aminé 
libérée. Si R est un noyau phényle, on obtient lep-amino triphénylméthane (I) * 
et le N-dibenzhydryl^amino triphénylméthane (II), comme ci-dessus. Si R est 
un alcoyle, il n'y a pas d'hydrogène labile susceptible d'entrer en réaction, 
l'hydrogène du groupement aminé étant lui-même peu mobile : le radical 
diphénylmélhènene peut doncfixer que les éléments de l'eau, et laseule réaction 
secondaire observée est effectivement la formation de benzhydrol. 

Si ce mécanisme est exact, puisque l'eau n'intervient pas directement pour 
la scission initiale, celle-ci doit aussi se produire en milieu anhydre, ainsi que 
les réactions secondaires qui l'accompagnent éventuellement, autres que la for- 
mation de. benzydrol. L'expérience, tentée à cette fin, a pleinement confirmé 
ces prévisions. Le chlorhydrate de N-phényl benzhydryiamine anhydre, 
chauffé à i5o° comme précédemment, donne naissance à dujo-amino triphényl- 
méthane (I), à du N-dibenzhydryl p-amino triphénylméthane (II) et à du 
tétraphényléthylène. L'obtention de ce dernier composé constitue une nouvelle 
et importante justification du mécanisme proposé. 



( 6 ) P. Sabatier, Comptes rendus, 153, 1911, p. ï2 o4. 



2 38 ' ACADÉMIE DES SCIENCES. 

D'autre part, la formation du p-amino triphénylméthane (I) dans ces condi- 
tions, apporte quelque lumière sur le rôle, du chlorhydrate d'aniline dans les 
transpositions des bases secondaires N-arylées ( 5 ). L'addition d'un excès de ce 
sel, au sein de l'équilibre qui s'.établit nécessairement entre les divers composés 
pouvant résulter de la fixation du résidu méthénique, a seulement pour effet de 
favoriser la formation du dérivé para, par simple action de masse. , 

La scission des beiizhy dry lamines N-substituées en présence d'eau n'est donc 
pas le fait d'une véritable hydrolyse, les éléments de l'eau n'intervenant que 
pour des réactions secondaires. Cette décomposition est cependant facilitée 
par la présence d'eau, milieu ionisant. C'est là un résultat sur lequel nous 
aurons l'occasion de revenir. 

' ■ ' m ■ ~ ï s : ' 

CHIMIE ORGANIQUE. — Dérivés mésou-fùiylés de llanthracène. Actions, 
comparées de l'acide chlorhydriquë sur le mono et le diqmnoV mésophénylé 
K-furylé. Note de MM. André Etienne et Raymond Buisson, transmise par 
M. Charles Dufraisse. 

Il a été montré précédemment (') q ue le diquinôl mésophénylé a-furylé, 
le phériyl-9 furyl-io dihydroxy-9 . 10 dihydro-9. ioanthracène(I)etseséthers- 
oxydes méthylique et éthylique (II) (III) (IV) se transformaient par F acide 
chlorhydriquë aqueux, en présence de divers alcools, en éther-sels de l'acide 
(phéno-9' anthranyl)-4 butène-3 ol-4-oique (Y), provenant de l'ouverture du 
cycle furannique. 

Nous avons pensé qu'il était peut-être possible d'obtenir directement cet 
' acide, en opérant sans alcool, à partir .du. diquinol (I) dissous dans l'étjier 
ordinaire (privé d'alcool) ou dans le benzène. A froid, le produit formé n'a pas 
été le corps attendu, mais le (phéno-9' anthranyl>2 hydroxy-5 furanne, 
C 2 ,H 16 2 (Via), cristaux jaunes, F inst 248 , en relation de tautométrie avec le 
(phéno-9' anthranyl)-2 céto-5 dihydro-4.5 furanne (VI6), correspondant à la 
- forme lactonique de l'hydroxy furanne. Il n'y a donc pas eu, comme cela fut 
observé en présence 4' alcool, scission du Cycle furannique. Il est à remarquer, 
cependant, que si l'on opère avec les diéthers-oxydes méthylique et éthylique 
(III) et (IV) du quinol on obtient, dans les mêmes conditions, presque exclu si-, 
vement les éthers-sels méthylique et éthylique de l'acide (V J; les alcoxyles des 
diéthers-oxydes jouent donc le même rôle que ceux qui sont apportés par. 
l'alcool au sein duquel se faisaient les réactions décrites antérieurement. 
Comme on pouvait s'y attendre, avec le monoéther-oxyde méthylique (II), 
on obtient un mélange de l'ester méthylique de l'acide (V) et du composé 

furannique (VI a. b). 

■ ~ ' --.'- ■ . ' ■ ' 

. (^ A. Étibnne et R. Brisson, Comptes rendus, -227, 1948,. p. 208. 



«g: SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. . 280 

; Les structures (VI a.b), proposées pour ce dernier corps, se justifient par les 
résultats suivants : ' J f al ":s 

Le spectre d'absorption est d'allure anthracénique 

L'analyse permet de déterminer, outre la composition centésimale, la 
présence de o 8H mobde par molécule (méthode de Zérewitinoff), résultat oui 
peutsWrpréte^ 

plus dec.srve de IWence de cette.forme lactone, en équuibre, est fournie Z 
la cychsauon par élimination d'eau, au moyen de S0 4 KH, de l'acide 

J.y-enohque (V en le dérivé (VI «.è) lui-même. Inversement; on peut pas er 
de ce dermer à l'acide (V) par ouverture de l'hétérocyele. • Ainsi î poï e 
ethyhqne et les alcools méthylique ou éthylique en prése/ce d'HCU iSZ 
du solvant transforment le dérivé hydroxyfurannique en le sel de potassium e" 
en les esters de Fac.de (V). Ces esters sont précisément les mêmes quece^ 
ont ete ob e» us anteneurement à partir du diquinol (I) avec les alcools méthy- 
lique et ethyhqne en présence d'HCl à froid. Dans cette dernière réaction, il ne 
nous p.™ pas possmle cependant d'envisager la formation transitoie du 
J-efuranmqne (VI a. 6) puis la scission ultérieure de l'hétérocyele, car on a 

~;; e f r du n , y9u exigeait un chauffa « e - re «- de ï'-cooi, et 

n avait heu a froid que très lentement. . 



C e H 5 OR 5 



^ 




""^ 



-OR, 



O 



^e, H s — . 



(I) .^ = ^=11 
(H) R li= H; R 2 =CH 3 
(III) R, = R 2 =CH 3 
(ÎV) Rj .= R Ï= 'G 2 H B 

Ljfî H;; 




X)H IKK u 



\ 



■V) 



■OH 



H. 



O 



O 

(VI a) 



O 

(VI b) 



II 



6 H; 



^ 



^ 



OR 



(VII) R = H.-. 

(VIII) R^GH 3 

(IX) R = C 2 H, 



O 



^ 




Nous avons^ voulu voir si ces faits anormaux se produisaient aussi avec 
des corps vdsins. On a étudié, pour cela, l'action de l'acide chlorhydrique 
en présence ou non d'alcool, sur le monoquinol phénylé a-furylé le 



2go ACADÉMIE DES SCIENCES. » 

phényl-q furyl-io hydroxy-io dihydro-9.10 anthracène C„H 1S 0, (VII), 
pnenyï y j _j j r; elui . c i se prépare en condensant le bromure 

cnstaux incolores,. 1W 109 .. *-*iuici se piepa , 

dVfurylmagnésium sur la phényl-9 anthrone-10. Traite en solution dans le 
alcVméthylique, éthylique, benzylique ou dans léther anhydre par un 
solution aqueuse concentrée d'acide chlorhydrique, n donne un seul etmeme 
produit qui n'est autre que le mésophényl a-furylanthracene L„H„U (JL), 
Eaux'aunes, F,. i"o°. H y a bien, en effectivement «^£^J£/ 
élimination d'H- et d' OR- des carbones ™\^ h ™ C ™^l™ £ "*"*£ 
s'obtient également avec un déshydratant, tel que SO.KH. L allure anthra 
cÏÏue au Ïectre U. V.; l'absence d'hydrogène mobile et le manque de 
rïcdv te, à froid, vis-à-vis des alcalis, des alcools et des magnésiens s'accordent 
égalemenl avec la structure proposée. Quant aux < f^^^f^ 
T H O ( VIII) F, , 204°, et éthylique, C 26 H 22 2 (IX), F*. 168 , prépares 
£±£i«i ^par action des iodures de méthyle et d'éthyle en présence de 
potasse sur le monoquinol (VII), ils donnent également naissance au phenyl-9 
furyl-io. anthracène (X) par HC1 aqueux. ■ ^ 

Contrairement à ce qui se passe avec le diqmnol (I), 1HC a faoïd ne 
provoque pas l'attaque du noyau furannique. On retrouve par la une méthode 
glnlrale de préparation des anthracènes mésosubstitués, à partir des mono- 
quinols correspondants. 

PÉDOLOGIE - Sàr la notion d'o^^^^^^l/^^ 
pédologique. Note (*) de M. G.lbbkt Ga.cbk, transmise par M- René Maire. 

A différents niveaux de la série quaternaire, certaines «™^^'' 
rubéfiés, croûtes calcaires, sols salés, connurent une extension caractéristique 
qui implique des conditions de milieu spécialement favorables. . . . v 
" Dan! le Bas Chélif et les Basses Plaines Oranaises ces dépôts ont avantage 
' de se présenter associés et juxtaposés (<); leur élude, qui relevé a la fois de la 
géologie ei de la pédologie, a parfois révélé des analogies remarquables quant 
aux modalités de lithogénèse et de pédogénese. _• ■ 

l L'étude des sols salés est particulièrement instructive. J'a, observe que 
pendant les années très pluvieuses les sources situées au contact des terrains 
salure qui affleurent sur le pourtour des dépressions marquent un regain 
d'acUvité; leurs eaux salées s'écoulent superficiellement ou B°uterrainemen 
vers ïï vallées et les plaines où le ruissellement avait déj à entra ne des alluvion 
" Cément ! salifères (?). L'insuffisance du drainage naturel et la discontinuité 

.) G.SU Observations hydrogéologiques sur la Plaine de Perregaux, .988, 



■* 



SÉANCE DU 26 JUILLET ig48. 391 

de la circulation des eaux due au régime -torrentiel, et à l'importance de la 
saison sèche provoquent l'accumulation et la 'persistance des dépôts salés dans 
les régions basses. Ces phénomènes rie se produisent pas au cours des années 
à pluviométrie faible ou normale. # " 

■Les années à fortes pluviométries donnent une réplique atténuée des con 
ditions climatiques qui présidèrent pendant une péTiode plus humide, 
vraisemblablement du Flandrien, à la formation des horizons salés à faciès de 
fond de sebka du Bas Ghélif et des Basses Plaines Oranaises. On est ainsi - 
xonduit à la notion d'un Optimum climatique résultant d'une sorte* d> équilibre 
qui serait établi entre la circulation et la stagnation des eaux et qui aurait 
réalisé la dissolution de diverses substances en certaines, zones et leur dépôt 
en d'autres. . r 

IL Les croûtes calcaires admettent sans doute dans le détail des processus 

de dépôts variés suivant leur nature pétrographique et leur mode de gisement, 

mais leur formation répond dans son ensemble à une activité hydrologique 

liée à un climat spécial sans lequel il serait impossible de rendre compte de 

leur extension généralisée, climat engendrant un équilibre du même ordre 

et réalisant en particulier une mobilisation et une mobilité extrêmes du calcaire. 

On pourrait invoquer, pour expliquer l'accumulation et l'extension de ces 

formations, la prédominance des bassins fermés dans les régions où elles sont 

fréquentes et dans toute l'Afrique du Nord en général. Mais si la topographie 

fut un élément favorable, en supposant au drainage naturel, son action reste 

cependant secondaire. Il est incontestable que les conditions climatiques 

prédominèrent; ce sont 'elles qui réglèrent la nature des éléments entraînés 

et reprécipités : le calcaire dans un cas, le sel dans l'autre. Par ailleurs 

l'extension des croûtes et des sols salés ne furent que des épisodes à L'intérieur 

des cycles sédimentaires quaternaires. 

III. -De même que plusieurs étages ou systèmes de la série stratigraphique * 
(Dévonien, Permien, Trias, Oligocène, etc.), le Quaternaire a connu une phase 
de climat rubéfiant. Cependant pour les sols rubéfiés, la définition de l'optimum 
climatique ne repose plus sur des migrations de substances comme dans les deux 
cas cités ci-dessus où la stratification des formations était, avec leur nature 
chimique, un caractère important; l'optimum climatique se définit alors par 
les conséquences d'ordre minéralogique qu'il entraîna etqui sont d'ailleurs mai 
connues dans le détail: processus d'altération portant surtout sur certains 
minéraux, métabolisme particulier des évolutions minéralogiques donnant 
naissance à des espèces minérales remarquablement stables et dont l'identifica- 
tion n'est pas encore acquise. L'optimum climatique se caractérise en somme 
par la prédominance d'un processus d'altération, en l'espèce, la rubéfaction . 
"■ IV. La notion à' optimum climatique d'une formation avait déjà été pressen- 
tie ( 3 ), mais il ne semble pa s qu'elle ait été définie par un équilibre dans une 

. ( 3 ) H. Ebhart; Traité de Pédologie, 1, p. i5 7 . 



2Q2 . ACADÉMIE DES SCIENCES. '. 

migration de substance* minérales soit.par la prédominance a" un processus d'allé- ' 
ration, ni que son importance ait été soulignée. Pourtant, dans certains cas, 
notamment dans l'étude de la pédogénèse des sob fossile., elle devient d un 
intérêt comparable à la notion si importante de climax.L* méthode du pedo- 
Wue consiste -alors à étudierles conditions dans lesquelles se reproduisent 
actuellement et localement les processus générateurs des formations qui prirent 
une extension généralisée à certains niveaux de la série quaternaire. 

BIOLOGIE VÉGÉTALE. - Sur U élaboration de substances de croissance par 3 types 
de cultures de tissus de Scorsonère : cultures normales, cultures de Crown-Gall 
et cultures accoutumées à Vhétà-o-auxine. Note O de M"« Zom Kulescha et-. 
M. Rogeh Gautherbt, transmise par M. Joseph Magrou. 

L'un de nous a montré qu'il est possible d'obtenir 3 types de cultures de 
tissus de Scorsonère : des cultures normales, en partant de fragments de racines, 
des cultures de Crown-Gall en prélevant des tissus de tumeurs provoquas par 
le Phytomonas tumefaciens et, enÛn, des cultures accoutumées aux hetero- 
auxines qui résultent d'une modification permanente des colonies normales sous 
l'action prolongée d'une substance.de ce type. ; • . . 

On sait également que les cultures de tissus de Crown-Gall et de tissus 
accoutumés sont capables de proliférer indéfiniment sans hétéro-auxine, tandis 
que les tissus normaux ne peuvent se développer d'une manière durable en 
Pabsence d'une substance de ce type. En outre, les tissus de Crown-Gall et- es 
tissus accoutumés sont insensibles. à l'action excito-formatrice de 1 acide indole- 

. acétique, tandis que les tissus normaux prolifèrent intensément sous 1 action de 
cette substance. Enfin les tissus de Crown Gall et les tissus accoutumespossedent 

■ des propriétés tumorales, car si on les greffe sur des tronçons de racines nor- 
males on obtient la. formation de tumeurs. _ 

Ces résultats peuvent être interprétés soit en admettant que es tissus accou- 
tumés et les tissus de Crown-Gall possèdent vraiment la faculté de proliférer 
sans hétéro-auxine, soit en supposant qu'ils élaborent eux-mêmes les facteurs 

. de croissance qui leur sont nécessaires, tandis que les tissus normaux n en syn- 
thétisent qu'une quantité insuffisante. . ■ 

Dans le but de rechercher laquelle de ces deux hypothèses est exacte, nous 
avons entrepris de doser les substances de croissance élaborées par les trois 

types de tissus. .,. y 

Les tissus de Crown-Gall et les tissus accoutumés utilises pour ces dosages 
provenaient de souches ayant subi de nombreux repiquages dans un mdieu 
dépourvu d'hétéro-auxine. Quant aux cultures normales, elles. consistaient en 

'(*) Séance du 19 juillet 19^8. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 293 

fragments de racines également maintenus sur un milieu dépourvu d'hétéro- 
auxine. Ces fragments produisaient au bout de quelque temps des cals insi- 
gnifiants et des bourgeons ; ces derniers étaient éliminés périodiquement afin 
d'éviter que l'auxine qu'ils élaboraient ne s'accumulât dans les explantats et ne 
troublât les résultats. ; 

Les substances de croissance contenues dans les tissus furent extraites par de 
l'éther en suivant la technique classique de van Overbeek ( 4 ), et leur dosage 
fut effectué au moyen du- test avoine. Nous avons effectué de très nombreux 
dosages sur des cultures d'âges divers afin d'éliminer toute possibilité d'erreurs 
individuelles; ces dosages nous ont fourni les résultats suivants : 

i ô Les tissus d'une racine entière de Scorsonère renferment au moment de 
leur repos végétatif,, c'est-à-dire en janvier, une dose de substances de .crois- 
sance très faible qui, évaluée en acide indole-acétique, représente une concen- 
tration de l'ordre de o,5. io~ 8 par rapport au poids frais et de 3,8. io~ 8 par 
rapport au poids sec. Si l'on isole un fragment de racine et qu'on le place dans 
un milieu dépourvu d'hétéro-auxine, on constate que les substances décrois- 
sance qu'il renferme s'épuisent; au bout de 7 jours, il n'en contient plus qu'une 
quantité insignifiante qui, évaluée en acide .indole-acétique, correspond à une 
concentration de l'ordre de. 0,1 . io~ 8 par rapport au poids frais et 0,7. io~* 8 
par rapport au poids sec. Au bout d'une dizaine de jours de culture les 
explantats produisent des bourgeons; ceux-ci élaborent de l'auxine et la con- 
centration en substances de croissance contenues dans les tissus remonte 
jusqu'aux environs de 1 , 5. io~ 8 {évaluée en acide indqle-acétique par rapport 
au poids frais). Mais si on élimine alors ces bourgeons, la teneur en substances 
de croissance diminue de nouveau jusqu'à 0,2 à o,3,io~ 8 par rapport au 
poids frais. 

3 Dans les cultures de tissus de Crown-Gall, nous avons trouvé une quantité 
de substances de croissance très supérieure à celle contenue dans les tissus 
normaux et qui, exprimée en acide indole-acétique, représente une concentra- 
tion de l'ordre de 5,3 à 5,5.io~ 8 par rapport au poids frais, et de 2,7 à 5,5. io~ 7 
par rapport au poids sec. 

3°. Enfin, les colonies ajant manifesté le phénomène d'accoutumance à 
l'hétéro-auxine contiennent une dose de substances de croissance légèrement 
plus faible, correspondant à une concentration de 1, 5 à 2,3. i8~ 8 d'acide indole- 
acétiquepar rapport au poids frais ou 1,1 à 2,3. io~ 7 par rapport au poids sec. 

L'examen de ces résultats nous a permis de constater que les doses d'auxine 
ainsi décelées dans les tissus de Crown-Gall et accoutumés, correspondent pré- 
cisément aux concentrations d'acide indole-acétique susceptibles de provoquer 
une prolifération active des tissus ; nous croyons donc pouvoir affirmer que les 
tissus de -Crown-Gall et les tissus ayant subi le phénomène d'accoutumance 
effectuent eux-mêmes la synthèse des facteurs de croissance dont ils ont besoin. 

C. R., 1948, V Semestre. (T 227, N e 4.)' TÛ 



3C ^ ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ceci explique qu'ils puissent être cultivés sanshétéro-auxine et permet de com- 
prendre également la signification de leur caractère tumoraL C'est en effet 
simplement leur faculté d'élaborer une dose notable de substances de croissance 
qui leur permet de proliférer, si on les greffe sur un fragment de racine normal, 
malgré le faible apport d'auxine qu'ils reçoivent de la part de ce dernier. 

Toutefois, nos interprétations ne sont pas irréprochables. En effet, nous 
avons formulé des conclusions relatives à des phénomènes de prolifération en 
nous basant sur des résultats obtenus avec le test aminé qui est un test de sub- 
stances de croissance et non de substances de division. D'autre part, nous 
n'avons obtenu aucune indication sur la nature du facteur de multiplication 
élaboré par les tissus et nous avons postulé implicitement, mais sans aucune 
preuve, qu'il devait être analogue aux auxines et auxhétéro-auxines. 

Nos expériences ne sont donc pas définitives? elles orientent le problème de 
la croissance tumorale vers une voie nouvelle dans laquelle nous ne pourrons 
progresser désormais qu'avec le concours de la Biochimie et l'utilisation de 
nouveaux tests biologiques permettant, un dpsage spécifique des substances de 

division. 



PHYSIOLOGIE. — Action comparée des adrénoly tiques et du curare sur ta rigidité 
de décérébration. Note de M. Bruno Minz et M^Cathemne Veil, présentée 
par M. Robert Courrier. 

Dans une série de travaux antérieurs (') nous avons tenté d'élucider . le 
phénomène de la rigidité de décérébration. Nous avons, en particulier, observé 
un effet inattèndu'des adrénoly tiques qui, d'une façon absolument analogue au 
curare, font disparaître cette manifestation musculaire. Nous avions été amenés 
à faire agir ces corps parce que certains aspects de la rigidité de décérébration 
nous avaient fait penser à'Tintervention possible d'une substance du type de 
l'adrénaline. Les résultats obtenus avec les adrénolytiques posent le problème 
du rôle éventuel du système adrénergique, 

Nous avons ainsi montré dans une première série d'expériences que 1 élimi- 
nation des surrénales chez: le Lapin ne modifie en rien une rigidité de décéré- 
bration déjà existante ou n'entrave pas son apparition après section de Taxe 
cérébrospinal au niveau des tubercules quadrijumeaux, pas plus d'ailleurs que 
ne le fait la section de la chaîne sympathique -abdominale des deux côtés. Au 
contraire, la section 'd'un coté seulement de la chaîne nous a permis de 



m n t ra—r ' - — - 



rnB Minz et G. Veu,, C. R. Soc. Biol.,1%0, i^% p. 466; Comptes rendus, 
i. 9 4 7 .P* "Sî C ' *> Soc BioL; itt,-t9S7* P- «7 5 -« *?** Cong. internat. PhysioL, 

Oxford, 1947. 



\ SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 3 q5 

constater que la rigidité apparaît plus précocement et avec une hypertonie 
encore plus grande dans le membre postérieur du côté où le sympathique est 
coupé. ' 

Si Ton injecte dans la veine marginale de l'oreille du Lapin en rigidité de 
décérébration et à sympathique coupé d'un côté une dose active d'un adrénoly- 
tique (933 F, corynanthine), la relaxation musculaire de l'animal est totale, 
sauf dans .lé membre postérieur du côté où la chaîne sympathique est sectionnée. 
Néanmoins, dans un deuxième stade s'établissant après un certain temps, ce 
membre se relâche lui aussi, mais sans jamais atteindre la résolution complète 
des autres muscles de l'animal. Au fur et à mesure que le poison s'élimine, la 
rigidité réapparaît peu à peu, mais beaucoup plus rapidement et avec plus 
d'ampleur du côté de la section. 

Vu la similitude d'action entre les adrénolytiques et le curare, nous avons 
refait exactement les mêmes expériences avec le curare et constaté un parallé- 
lisme frappant dans les effets observés : même retard dans une disparition 
incomplète de la rigidité et même réapparition précoce après, élimination de la 
drogue du côté. où le sympathique est coupé. Dans le but d'approfondir 
l'analyse de ces actions, nous avons essayé de les dissocier par l'emploi de la 
prostigmine connue pour abolir les effets du curare. Or, en injectant lentement 
à un animal dont la rigidité de décérébration a disparu sous l'action du curare, 
une dose de prostigmine (o™*, 76 par kg d'animal), suffisante pour compenser 
la respiration profondément ralentie et superficielle et pour provoquer les 
fibrillations et les mouvements cloniques classiques, nous n'avons jamais 
pu rétablir la rigidité. Ce résultat négatif a été retrouvé en touspoints pour les 
adrénolytiques. 

Ces constatations posent une série de problèmes dont nous passerons rapi- 
dement en revue quelques-uns. D'après, la théorie classique une section du 
sympathique doit entraîner \me vasodilatation. Si l'action des adrénolytiques 
et du curare était uniquement périphérique, on devrait donc s'attendre à une 
résolution plus rapide de la rigidité dans le membre à sympathique coupé. Or 
nous avons constaté l'inverse. 

D'autre part, cette même section interrompt les influx venant d'un centre 
sympathique; on peut donc émettre l'hypothèse que le centre envoie des influx 
inhibiteurs du tonus, ce qui serait contraire à toutes les théories connues jusqu'à 
présent. Les adrénolytiques aussi bien que le curare agiraient donc au début 
par inhibition de ce centre, inhibition qui ne peut se manifester quand la chaîne 
sympathique abdominale est coupée. 

Dans le cas spécial du curare, très discuté à l'heure actuelle à propos de 
l'application pratique du curare à l'anesthésie chirurgicale (L. Lapicque), son 
action périphérique a toujours été interprétée comme étant due à un biocage 
pour les influx moteurs des cellules effectrices, et ce blocage est connu pour 
ê^tre aboli par la prostigmine. Le fait de la non-existence d'un antagonisme de 



a ■ 



2 û6 ACADÉMIE DES SCIENCES. _ 

la prostigtnine et du curare dans le phénomène de la rigidité de décérébration 
nous semble enfin un appui nouveau pour la conception, d'une première action 
centrale de cette substance. 

PHYSIOLOGIE, .-r- L'adaptation au froid et la résistance à la dépression atmo- 
sphérique. Note de M. Jean Giaja et M llc Leposava Mahkovic, présentée 
par M. Léon Binet. • 

A une température donnée du milieu extérieur, il y a une tension liminaire 
d'oxygène au-dessous de laquelle la consommation d'oxygène de l'homéotberme 
commence à baisser avec la tension. Expérimentant comparativement sur deux 
*■ groupes de rats, dont l'un avait séjourné plusieurs semaines dans une pièce 
chauffée" à a8-3o°, c'est-à-dire dans' les conditions de neutralité thermique, 
tandis que l'autre avait été exposé au froid des mois d'hiver dans une pièce 
sans chauffage, dont ia température variable était la plupart du temps peu 
au-dessous de o°, on constata que leur sensibilité envers la dépression de 
l'oxygène était très différente. Les rats des deux groupes étaient nourris de 
la même manière et les uns aussi bien que les autres étaient dans un bon état 

de nutrition. ... 

En cherchant à la température ambiante de 1 3- 1 8° quelle est la tension limi- 
. naire pour ces rats/c' est-à-dire à quelle dépression de l'oxygène de l'air, en 
partant de la tension normale de ibtf**, leur consommation d'oxygène com- 
mence à baisser, on trouva une différence nette à ce sujet entre les deux 

groupes mentionnés. j .' ■ ■ 

La moyenne de la tension liminaire de 7 rats adaptés au chaud était de 
I 3i raffl , tandis que celte du même nombre de rats adaptés au froid était de roô 11 " 3 .. 
Ces pressions partielles de l'oxygène correspondent aux pressions, baromé- 
triques, altitudes atmosphériques et baroquotients suivants :, 

Tension Pression ..''■■' 

liminaire* barométrique. Altitude. Baroqùotient, 

Rats adaptés au chaud i3i m "' - 6 2 3 m - '-i,5oo™ i3 ; ,S 

Rats adaptés au froid. . .... 106™ : 5o4 mm ' . . 3,3oo™ * -19,7 ■. 

' On voit que la consommation normale d'oxygène des rats adaptés au froid 
n'est affectée que par une dépression correspondant à une* altitude double de 
celle correspondant à la tension liminaire des rats adaptés au chaud. D'autre 
part, la consommation d'oxygène par kg/h étant plus, élevée chez, les rats 
adaptés au froid', il en résulte que leur baroquotient (rapport entre la consom- 
mation d'oxygène et la tension d'oxygène) s'eri trouve augmenté ; l'organisme 
homéotherme adapté au jroid peut subvenir à sa plus forte consommation 
d'oxygène par une tension d'oxygène moins élevée, en comparaison avec 
r organisme adapté au chaud. -L'adaptation au froid augmente le rendement de 
la tension d'oxygène au point de vue des oxydations, intraorganiques. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 297 

. On constaté égalemeiit en ce qui concerne la valeur de la dépression baromé- 
trique mortelle une différence entre les rats des deux milieux thermiques 
d'adaptation, comme le montre l'expérience suivante. 

Nous plaçons dans notre chambre pneumatique, à la température de 17 ,* 
quatre rats, deux adaptés au chaud, deux adaptés au froid. Oa procède à la 
raréfaction progressive de l'atmosphère de la chambre, dont la pression atteint 
en l'espace de 10 minutes 25o mm . A ce moment les quatre rats sont en 
proie à une forte agitation et une dyspnée intense. Cependant les deux rats 
adaptés au chaud ne tardent pas à expirer, la pression dans la chambre étant 
maintenue à a5o mm , tandis que les deux autres rats, couchés sur le flanc, res- 
pirent difficilement. On attend encore quelques minutes avant de rétablir la 
pression normale. Les deux rats survivants se rétablissent promptement. 

Ces expériences ont été suggérées par l'observation fortuite que les rats 
étaient moins sensibles envers la dépression de l'oxygène en hiver qu'en été. 

Les profondes modifications énergétiques produites par le milieu thermique 
d'adaptation, mises en évidence surtout par les travaux de S. Gelineo ( 1 ), côn- 
: cernent donc également, comme on vient de le voir, les oxydations intraorga- 
niques dans leur dépendance de la tension de l'oxygène. Il ne semble pas s'agir 
de modifications dans le transport sanguin de l'oxygène, la teneur en hémoglo- 
bine n'étant pas notablement différente chez nos rats de différents milieux 
thermiques. 

EMBRYOLOGIE EXPÉRIMENTALE* — Les variations topo graphiques, au cours 
de la vie post-embryonnaire des territoires d'origine sinusaire et mûllérienne 
appartenant au canal utéro-vaginal de la Taupe. Note de M, René Godet, 
présentée par M. Maurice Caùllery. 

Dans une Note récente ( 1 )nous admettons que le vagin de la Taupe de 
quelques jours (canal utéro-vagirfal) est constitué par les canaux de Mùller en 
majeure partie, auxquels se trouvent associés un court tronçon d'origine 
sinusaire et une extrémité postérieure épithéliale. Ceci, contrairement à 
J. Wood ( 2 ), F\ Krasa (* ) et W.-A. Mijsberg ( 4 )'qui nient toute participation 
du sinus ùrogénital à l'histogenèse vaginale. 

D'un autre côté, au point de vue physiologique, les auteurs qui ont étudié le 
cycle œstral chez la Taupe, F. Tourneux ( 5 ), R. Courrier ( 6 ) et H. Harrison- 

( ] ) A finales de Physiologie et de -Physico-chimie biologique, 10, 1934^ p. io83-in5. 

(') Comptes rendus, 226, 1948,. p. 1748. \ 

Ç l ) Proc. Z00L Soc. London, 15, 1914? p- 191. - 

C s ) Anat. Hefte, 55, 1918, p, '443. 

(*) Zeitschr. Anat. Entw. gesch., 77, 1935, p. 65g. ■ , . 

( 5 ) C. M. Ass. Anat., 5,. 1903, Liège/ p. '5g. 

( 6 ) Thèse de médecine, 53, 1924^ Strasbourg. 



298 académie des* sciences. 

Matthews ( 7 ) décrivent tous une métaplasie épidermoïde avec kératinisation 
et desquamation précédant un stade muqueux, au niveau des parois vaginales 

pendant l'œstrus. .* " , 

■* Or, les hypothèses de S. Zuckerman ( 8 ) largement vérifiées chez -de nom- 
breux mammifères,. notamment par R. Raynaud.( 9 ), chez f la Souris et par 
A. Jost ( l0 ) chez le Lapin, n'accordent la possibilité d'une réaction métapla^ 
sique aux œstrogènes qu'aux dérivés du sinus urogénital. 
* Il est donc évident que les travaux^ mentionnés ci-dessus sont en contra- 
diction, au moins apparente, avec les hypothèses de Zuckerman. Des 
recherches 'sur la Taupe, on peut, en effet, déduire, que la métaplasie épider- 
moïde peut affecter indifféremment les tissus d'origine sinusaire et mûllérienne 
(ou les tissus mùllériens seuls si l'on admet les vues de Wood, Krasa et 
Mijsberg). Mais de telles conclusions, aussi opposées aux résultats acquis 
chez les autres Mammifères, ne pouvaient être accueillies sans nouvel 
examen des faits. Ce sont les résultats de ces nouvelles observations que nous 
rapportons ici. 

Deux questions se posaient, dont la solution devait éclairer ce problème., Le 
canal utéro-vaginal de la Taupe est-il constitué des mêmes éléments que le 
vagin de la Taupe de quelques jours et la topographie de ces territoires d'ori- 
gine différente reste-t-elle inchangée au cours de la vie post-embryonnaire? 
• Est-ce que la totalité du canal ut£ro-vaginal"subit une métaplasie épidermoïde 
au cours de L'œstrus? 

Nous avons examiné des taupes âgées de i, 2, 3, 4? 5 semaines et 2, 4, 
6, 8 mois et des taupes adultes primipares et multipares. Une partie de ces 
individus a été soumise à un traitement œstrogène. v 

Nous avons constaté que le canal utéro-vaginal était constitué, chez tous 
ces individus, de territoires mùllériens et sinusaires. Les limites territoriales 
sont difficiles à mettre en évidence chez les individus en anœstrus. Par contre, 
chez ceux qui ont été soumis à l'action des œstrogènes, ou qui étaient en œstrus 
naturellement, les contacts' des éléments niûllériens et des éléments sinusaires 
sont d'une netteté remarquable. En effet, seule la portion d'origine sinusaire 
réagit aux œstrogènes (et en cela l'hyppthèse de Zuckerman se trouve une fois 
de plus vérifiée) par une rapide et importante métaplasie épidermoïde, tandis 
que la portion d'origine mûllérienne reste constituée de très hautes cellules 
unistratifîées. En général, les éléments sinusaires s'insèrent en pointe entre le 
mésenchyme et les éléments mùllériens, sous forme de coin. Dans certains cas, 
surtout chez les taupes très jeunes, nous avons pu observer la substitution de 



( 7 ) Proc. Z00L Soc. Lqndon, ig$5, p. 347- 

( 8 ) Biol. Rev., Cambridge , 15, ïg4o, p. a3i. 

( 9 ) Act> Scient et Industr., n os 925 et 926, 1942, Paris, 

( 10 ) Ann. Endocrin., h-, 1943, p- 221. 



SÉANCE DU 20 JUILLET ig48. 299 

l'épithélium mullérien par des éléments de type sinusaire. Les cellules mullé- 
riennes se trouvent soulevées et isolées du mésenchyme sous-jacent par la poussée 
des cellules sinusaires et tombent dans le lumen vaginal. On peut même voir des 
cellules mûllériennes, groupées en îlots, encore adhérentes à l'épithélium 
sinusaire métaplasié, quelques centaines dé a. en arrière du point de contact des 
deux types d'épithéliums. 

Au point de vue topographique, nous avons suivi l'évolution des territoires 
sinusaire et mullérien au cours des différents âges. Pendant toute la vie post- 
embryon)iaire, les éléments sinusaires s'accroissent considérablement, repous- 
sant le tronçon mullérien et se substituant partiellement à lui. Chez £ adulte, ce 
dernier occupe moins dun dixième de la longueur totale du canal utéro-vaginal, 
alors qu } il occupait la presque totalité du vagin chez la Taupe de quelques jours. 

De ces observations il faut conclure que la topographie des territoires consti- 
tuant le vagin chez l'adulte n'est pas obligatoirement calquée suri ^topographie 
de ces territoires chez le nouveau-né. D'autre part, il faut être prudent dans 
l'interprétation de la topographie des territoires soumis à une œstrinisation 
prolongée, lès rapports normaux des épilhéliums en présence .peuvent en effet 
être modifiés par le traitement qu'on applique. , 

lin conclusion, nous avons constaté que la plus grande partie du canal utéro- 
vaginal, chez la Taupe adulte (portion postérieure), était constituée par des - 
éléments issus du sinus et réagissant à l'action des œstrogènes par une méta- 
plasie épidermoïde. La portion antérieure de ce canal est de type mullérien et 
reste unistratifiée après œstrinisation. Or, chez la Taupe âgée de quelques 
jours, le canal utéro-vaginal est principalement constitué d'éléments mùllériens. 
Cette variation dans la répartition des. divers territoires s'explique par la crois- 
sance considérable, et à peu près exclusive, des éléments d'origine sinusaire et 
par la substitution/partielle de l'épithélium mullérien par l'épithélium sinusaire, 
au cours de la vie post-embryonnaire. Ces observations vérifient, chez la Taupe, 
les hypothèses de Zuckerman et confirment les conclusions d'une Note précé- 
dente sur l'origine du vagin chez cet insectivore (' ). 



ZOOLOGIE, — Les éléments glandulaires du gastrozoïde J'Abylopsis tetragona 
(Siphonophore calycophoridé). Note (*) de M. Maurice Rose, M Ues Mabyvonne 
JTamon et Madeleine Mette*, présentée par M* Maurice Gaullery. 

La bibliographie concernant la cytologie des Siphonophores est très pauvre 
et relativement ancienne, puisque le travail le plus récent que nous ayons pu 
trouver sur le sujet est celui d'Iwantzoff (1928). C'est pourquoi nous avons 



(*) Séance du 19 juillet 194$- 



3oo 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



entrepris des recherches nouvelles, en appliquant les techniques modernes de 
la science histologique. Nous nous bornerons ici exclusivement "a l'exposé de 
nos résultats dans l'étude des cellules glandulaires du gastrozoïde à'Abylopsis 
ieiragona. 6n sait qu'il représente un polype adapté aux fonctions digestives. 
Il est constitué par un ectoderme et un endoderme séparés par une lame de 
mésoglée anhiste. , • 

Dans l'endoderme, on trouve plusieurs types de cellules glandulaires, qui 
semblent dériver d'un élément fondamental, ;dont voici la structure. 

C'est une cellule allongée ' (fig. 2), qui s'appuie' sur la lame mésogléenne 




£f 



1, cellule endodermique du canal; 2, cellule sécrétrice endodermique active; 3, cellule endodermique 
âgée; 4, cellule endodermiqpe buccale; 5, cellule endodermique jeune; 6, cellule eclodermique 
glandulaire; 7, cellule ectodermique buccale. N, noyau; m, mésoglée,; /. m., fibres musculaires en 
coupe transversale; b. s., boules de sécrétion; !p, lépidosomës; v, vacuoles; l, lacunes; me, mito- 

> chondries;/. #., fibrilles nerveuses; c, cils avec leurs, grains basaux; n, nucléole; c. d., [cytoplasme 
péi'inueléaire dense; f/?, sphérulescQnfluentes d'aspect in ucoïde* 
• •■,'.. 

par un de ses pôles aminci; l'autre, cilié, étant libre 'dans la cavité digestive. 
Le noyau, ovoïde, ; se trouve au centre. Il contient un gros nucléole et de 
grandes plaquettes de chromatine. Le cytoplasme environnant, plus dense, très 
colorable, forme une zone bien individualisée. Ce cytoplasme est beaucoup 
plus lâche et plus lacuneux aux deux extrémités de la cellule. Le chondriome 
est représenté par des mitochondries de taille variable, isolées ou groupées en 
amas. Dans la zone périnucléaire, on observe des lépidosdmes, au sens deParat 
et Filhol et qui sont de taille variable. Ils semblent contribuer à l'élaboration 
des produits de sécrétion, qui se présentent finalement comme de grosses 
boules au-dessus du noyau, ou comme de petits grains disséminés dans les 
régions lacuneuses. De nombreuses vacuoles se voient vers le pôle libre, qui 
est couvert de cils fins, longs et nombreux, insérés sur des grains basaux 
allongés. Des fibrilles nerveuses viennent de la mésoglée et parcourent la 
cellule sous la membrane; elles s'infléchissent sous la ciliature et deviennent 

horizontales. 

L'élément ainsi décrit est en pleine activité., Quand il vieillit {fig. -3), sa 



SÉANCE DU 26 JUILLET 19,48. 3oi 

structure dévient très lacuneuse; les mitochondries se gonflent et se groupent, 
en -donnant souvent des anneaux granuleux. Les produits de sécrétion ne se 
voient plus que vers le bord libre, sous forme de petits grains. 

La cellule sécrétrice jeune (fig. 5) est caractérisée par son cytoplasme 
homogène très colorable et l'absence de produits : élaborés. 

Les éléments glandulaires de ce type se trouvent surtout dans la région 
moyenne du gastrozoïde. 

Dans la région buccale (fig. 4), ils sont remplacés par des cellules à grosses 
boules de sécrétion vers leur bord libre et qui sont enchâssées dans un réseau 
cytoplasmique. Les fibrilles nerveuses sont bien visibles. 

Dans le canal qui joint la cavité gastrique et le slolon, les cellules (fïg. 1) 
sont toutes semblables, ciliées, courtes et trapues, très laçuneuses, Bien que 
nettement glandulaires, elles sont de nature plus franchement épithéliale. 

Toutes, les cellules endodermiques montrent, contre la mésoglée, la section 
transversale de fibres musculaires. 

Les cellules ectodermiques (fig. 6-7) sont plus petites, ciliées, à cytoplasme 
homogène, mais plus ou moins lacuneux. Le noyau est moins colorable; le 
chondriome est formé de mitochondries isolées, plus nombreuses vers la 
mésoglée. Les vacuoles sont abondantes; la sécrétion est figurée par des boules 
dans la zone moyenne et vers le bord libre. 

Dans la région buccale,; la cellule devient parfois très étroite; son pôle libre, 
étalé en éventail, est bourré de sphérules confluentes, d'aspect muçoïde. 

A la base des cellules ectodermiques, on voit la section de fibresmusculaires > 
entre lesquelles s'insinuent des fibrilles nerveuses, qui se comportent comme 
dans l'endoderme. 

» ■ 

ZOOLOGIE^ — Un organe endocrine chez Idole* (Crustacea iso.poda). 
Note (*) de M. Raymond Amar, présentée par M. Louis Fage. 

Les travaux d'Hanstrôm et de sop école ont révélé l'existence et l'impor- 
tance physiologique des organes endocrines (glande du sinus, organe X) chez 
les Grustacés. Chez les Isopodes, ces formations sont encore mal connues. On 
sait seulement que l'organe pseudofrontal des Isopodes terrestres est l'homo- 
logue de la glande du sinus des Décapodes et que Ligia exolica -possède 
vraisemblablement, d'après Sawaya<*), un organe X. Les Isopodes marins 
n'ont fait l'objet d'aucune étude à cet égard. 

Il existe cependant chez les Idothées un organe en relation étroite avec les 
ganglions cérébroïdes, et- qui présente les signes d'une activité sécrétrice 

(*) Séance du 19 juillet 1948. 

(V) Proc. 8 th. Amer. Se. Côngr.,3, 1942/ p. 487.' .:■■■' 



3 02 ACADÉMIE DES SCIENCES. • 

indiscutable. Le schéma (fig. A) indique la structure générale du système 
nerveux supracesôphagien d'Idotea baltiea Basteri (Audouin) et ses rapports 
avec l'organe endocrine (gl.). 







A 



B. 4î 




Fig A. -Schéma des ganglions cérébroïdes à'Jdotea baltiea BatteH, vue postérieure, gl. glande ' 
"endocrine; a,,, annexe; l. o., lobe optiqne; prot., protocerebron; ; **>. d t Ut 1 ? " eb ™ n ' b f : U j;Zr 
.serebron. Fig. B. - Coupe suivant a-b de la figure A, perpend^ula.re à laxe du lobe optique- . 
Fig C°- Coupe verticale de la glande endocrine, c. g., cellules ganglionnaires; g., globules fuach,- 
nopîiiles; ni, n2, rc-3, noyaux. 

Celui-ci, relativement volumineux, de 'forme, ovoïde et de couleur blanchâtre 
sur le frais, est situé, de chaque côté du protocerebron, au bord antéro- 
supérieur dé la moite interne dp lobe optique; il s'étend en avant de la medulla 
eoterna, bien développée, et: de la medulla interna,- souvent peu chstincte. 
Distalement, il atteint donc le chiasma externum, alors que, proximalement, il 
vient au contact dé la medulla terminalis, intégrée, au protocerebron. Une 
coupe perpendiculaire à l'axe du lobe optique (a-b, fig, A) montre, que 
l'organe est logé dans une dépression, eh forme de coupe, du système nerveux 
■(fig, B). Enfin, il est innervé postérieurement par un faisceau nerveux 
originaire de la medulla terminalis. 

Cette nouvelle glande endocrine a une structure histologique relativement simple. Elle 
est enveloppée par l a - même membrane capsulaire, à noyaux allongés et aplat.s, qui enve- 
loppe le système nerveux central. Une sorte de coagulum.metachromat.que, ret.cule.. 
d'aspect souvent fîbroïde, délimitant des espaces vides parfois importants, en occupé la 
plus grande partie. Les corps cellulaires, mal délimités et assez irrégulièrement reparus, 
v sont peu nombreux. Leursnoyaux présentent des aspects variables, correspondant peut- 
être à des phases différentes d'évolution. Les uns, clairs, à granulat.ons chromauques 
nombreuses^ont analogues («,) à ceux des grandes cellules ganglionnaires ordinaires de la 
partie antérieures du protocerebron. D'autres, plus sombres, à contours moins arrondis, 
possèdent encore un nucléole central bien distinct, mais les granulaUons chromatiques, 
sont nettement périphériques ■(■«,). D'autres enfin, plus petits, d'allure pycnot.que, pré- 
sentent un amas chromatique central rétracté et intensément coloré .(■»,). De très nom- 
breux globules fuscbiuophiles, de toutes tailles, le plus souvent groupés et doutant plus;, 
foncés qu'ils sont plus petits, constituent le produit de l'activité sécretnee. Ces globules 
«ont .énéralemerit disposés le long des travées fibroïdes qui parcourent 1 organe, mais on 

en trouve également un peu partout. 

Le bord proximal de cet organe est, ventralement, en relation, par un fin Canahcule 
antéro-postérieur qui va en s'ékrgissant, avec une. formation, postérieure (an.) qu, m a 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. g o3 

paru close en examinant dp<i fmmac «« d a b : a t . - - 

dans la lumière du ^Z^^Z^^T T* * l °™" ^t*'*™» 
lWane .imip »„„„ /- i ,' • attester I existence d'une communication entre 

■zsr™ r: a £ e t i^:;:: 1 ^^ 2? u!um granuleux iimité ^ r »- 

■termfao/ù, qulinnerve l'organe decrT, ? ^ nerVeUX ' ISSU de ,a m ° dulla 

.L'homalogie de cette glande endocrine, présente également chez Idotea 

Mit ^ 7 )f aVe ° J , leS f ° mati0nS décrites ch - 1- autres "dreT t 

Malacostraces, demeure d'une interprétation délicate et ne pourra être prïisée 

avec quelque certitude, qu'après l'étude comparative des divers Loupe 

d Isopodes. Notons déjà, toutefois, que l'organe de l'Idothée offre ïe tre 

et qui, par sa position, semble correspondre à l'organe psendofrontal de^ 
Isopodes terrestres, c'est-à-dire à la glande du sinus. ? eudotron tal des 

Enfin, on sait que les extraits de tête d'Idotea contiennent d'après Okay (>) 
Suneson (*) et Amar (non publié) une substance qui détermL la contrac 
tmn des chromatophores bruns de ces I sopod es. On peut donc peu e Z 
ana, ogle aVec les résultats obtenus che Z les Cru.^.npériel^'cJÏ 
substance est sécrétée par un organe contenu dans la tête d 7^ pent-Ïre 
par I organe décrit ici. Des expériences, plus précises que I£ "réa is 
jusqmci, permettront de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse. 

entomologie. - Bimorphùme sexuel des glandes odorantes métathoraclaues 

i ez iT:^ émtptères - Note r) de m - jacooes c — . préis p i 

L'appareil glandulaire, qui existe dans le métathorax des imagos che 2 la 

ctendlnf ^V™ E ^™> «'* »'°^ de nombreux r^ux 
cependan , sa s.gmficauon physiologique est à peu près inconnue. On tend à 

oxSu! r" C ° mme r am UU rÔle Pr ° teCteUr P ar raCtion ré P"l-e, voi 
toxique, qu exercerait la sécrétion odorante qu'il produit. Cette hypohèse 

bten que entrée à plusieurs reprises et ne reposant aucun fait cSSa, r 

la plus généralement adm.se. L'hypothèse d'une relation entre les glandes 

métathoracques et l'activité sexuelle a été également avancée, sans qu'fl y sÏ 

SStS^nf mre argument que v T*r «"*-£ - 7 «S 

dfï7Z^' ^T SU ' é Ch f ° mainS Hémi P tèr <* ™ dimorphisme sexuel 
de 1 appareil glandulaire métathoracique, surtout marqué en période d'activité 

(*-) Rev. Fac. Sci. Vniv. Istanbul, B, 10, 1945, n IIO 
■(») KuKgl, Fysiogr. Sàllsk. Handl. N. F., 58, i 9 4 7 , p . IO ,' 
(*) Séance du 19 juillet 1948. 



3o 4 . ACADÉMIE DES SCIENCES. 

génitale. La dissection et l'étude biologique de Lygéidés V**g&™> 
Ichnodemus, Scolopostelhus, Tropidothorax et genres vomns) ^T^dE' 
chez les mâles, les glandes tubuleuses de part et d'autre du réservoir ™d an 
très développées, occupent un volume important dans le metathorax et la 
'Son aULrl de /abdomen; le tronc collecteur de chacune ^des deux 

glLdes, fortement dilaté, r^^^TS^S^ a--" 
volumineux que le réservoir médian (fig. i> i^nez les iwuci c ? 




i, chez le mâle (glande droit, écartée pour montrei le g ^^ ^ gUnde . 

.-secondaire; st. 1 et st. 2, ." et »• sternites abdommaux. ^ 

ces glandes tubuleuses-sont très réduiteset dépourvues de réservoir «con- 
■dSrfofe a): leur activité sécrétrice paraît.nulle. Le réservoir médian e les 
o^efini formes qu'il porte sont surtout sujets à des variations individuelles ; 
Sque ^fréquemment P L développés chez les ^J^^"** 
Dimorpkopierus, ils ne présentent en général que peu de différence d un sexe 

^^z les imagos immatures, les gl andes tubuleuses sont moyennement déve- 
lop^s ÏsSement de même façon chez les mâles « les •£^*£fe 
les réservoirs secondaires, encore peu vo nmineux nai^J «£ 
mâles A l'approche de la maturité sexuelle, les glandes des maies se deve 
^nnent considérablement pour- atteindre en période d'activité génitale, 

SP^t^ Pi- ^ ^ glandeS ^ femeUeS " même m ° ment 
paraissent au contraire régresser. 



¥ï . . : . rt lA r * e ^ n A P a e ces réservoirs secondaires chez le* Lygéide 

/i\ H Hpnnn a sien&Ie 1 existence uc ^c» î^ow TV . ,., ..♦„„* 

JeLocoZ^s a loLou'a t us sans .nentionner le dintorphisnte sexué, qu'.H présentent 

(Zool. Jahrb.; 66, 1940, p- 38o). 



SÉANCE DU 26 JUILLET ig48. 3o5 

Dans l'ensemble des Hétéroptères, l'existence d'un dimorphisme sexuel des 
glandes odorantes paraît limitée à certains groupes ; je ne l'ai pas observée chez 

de ceux des genres précédemment cités, non plus que chez les représentants 
des Pentatom.des, Coré.dés;, Anthocoridés, Cimicidés que j'ai pu examiner 
jusqu ici. r 

Par contre un cas extrême de différence sexuelle portant sur l'appareil 
glandulaire métathoracique se rencontre chez les Héricocéphalidés. Ces 
Hémiptères possèdent/une glande odorante impaire, dont l'orifice est situé au 
bord antérieur du quatrième tergite abdominal. Dans les deux sexes, cette 
glande persiste fonctionnelle durant toute la vie ïmaginale comme aux stades 
larvaires Une glande métathoracique comparable à celle d'autres Hétéroptères 
quoique d un type particulier, n'apparaît que chez les imagos mâles; impaire et 
médiane, elle s .étend sur une grande longueur dans l'abdomen et débouche 
yentralement a 1 extérieur par un petit orifiœ dont les bords sont en continuité 
avec une pièce sclérifiée, qui est un prolongement médian du bord postérieur 
du metasternum (fi g .3). Un sclérite, vestige du premier éternité abdominal, 
et qui n exaste que chez les mâles, recouvre normalement comme d'un capuchon 
cet orifice. . l 

eeltuhire'de^ne T^T' ^ ^' eCl ° d °^*> <" - ^ fermé par une assise 
2'™t ÎP ' h . y P0der raIq ue, bordée intérieurement d'une couche de chitine très 
p issee, et entourée exteneurement d'un manchon de hautes cellules glandulaires à cyto 
plasme plus ou moms fortement vacuolisé. Peu avant l'orifice, les cellules Lnd»K, 
disparussent brusquement et la paroi- prend l'aspect de ceHe du réservoi Ïs Ï nde 
odorantes chez d'autres Hémiptères. b'anues 

-' Les faits rapportés ici n'établissent pas la preuve d'un rôle joué par les 
glandes metathoraciques dans l'activité sexuelle; ils montrent qu'il existe 
dans certmnscas une relation nette, mais de nature encore inconnue, entré 
.^tl^r 6 dé ^" d'-e P-ie. de l'appareil glandulaire 

m l^ V ^A~™JT eUrr y° maMe de r^P^de d u Maïs à ta croissance, 
Nota ( ) de M Ja N1ne CebtMcx-Bouhgbat, M- Thérèse Tehbo INE et 
M. Katmokd Jaccbot, présentée par M. Robert Courrier. 

Des travaux récents ont montré que l'arrêt de croissance et les accidents 
provoques par adjonction du maïs à un régime équilibré pouvaient être 
corriges indifféremment par le tryptophane ou la niacine (Krehl et col. 
notamment). Ces faits tendraient à laisser croire que l'action dépressive du 



(*) Séance du 19 juillet 1948. 



3 g ACADÉMIE DES SCIENCES; 

mais et ses propriétés -pellagrogènes relèvent d'une carence en tryptophane et 
en vitamine PP. Or, dernièrement (! 9 48), Jacquot et Blaizot ont. signalé que 
cette denuère était incapable d'améliorer la croissance défîcit^re de rais 
exclusivement nourris avec un pain mixte maïs-blé. Une telle divergence «tait 
à expliquer, car elle laissait supposer que- l'inaptitude du maïs à la croissance 
relevait de carences autres que celles en tryptophane ou en macine. C est ce que 

nous avons essayé d'éclaircir par les deux expériences suivantes . : . 

Dans un premier temps le régime de base était constitué par un mélange 
à parties égales de farine de maïs et de farine blanche de blé, uniquement 
enrichi en riboflavine (4 mg/kg) et en sels minéraux (16 g/kg du mélange 
deMcCollum); les vitamines liposolubles étaient administrées séparément. 
Une telle ration, dont la teneur protidique était voisine de 10 % ^couvre 
théoriquement les besoins énergétiques, vitaminiques et minéraux du Rat. 
L'expérience a porté sur une centaine de rats mâles, pesant de 4°a 5 Q g 
répartis en lots homogènes de 10 animaux! Selon les lots, le régime de base, 
enrichi ou non en vitamine PP ( 200 mg/kg), était complément par trois amino- 
acides différents : tryptophane (o,3o % ), lysine (i,a4 % ) et cystine (o,36 %). 
Le tableau I rapporte les gains de poids moyens journaliers observés avec les 
différents régimes pendant 35 jours. 

r „,„ Gai" 

, de 

- ■ . de . ' ^ . ... 

• ■ . , poids moyen 

poids moyeu r T.. 



Régime de base seul........... o,55 Régime de base avec PP. ...„.-. o,6i 

■• + tryptophane. o,56 » + Iryptopbane . 0,54 

, •• T „/, » + lysine. i,74 

-f- lysine - 1,74 J . K ^ 

J ,- a A z n » -h cystine o>oo 

-j- nvRline. . . » . . 0,07 J 



» 
» 



-h cysline.. . . . .. 0,07 



On voit, d'une part, que ni le tryptophane ni la cystine ne supplementent 
le mélange maïs-blé, alors que l'action supplétive delà lysine est très démons- 
trative et, d'autre part, que la niacine n'agit en aucun cas comme facteur de 
croissance. Il est à noter en outre que, du point de vue état général, seuls les 
rats recevant de la lysine avaient un aspect normal ; tous les autres présentaient 
des anomalies de la fourrure (massives pertes de poils) et ces symptômes, loin 
d'être améliorés, étaient surtout marqués et précoces chez les animaux recevant 
du tryptophane avec ou sans niacine. Ces observations, en opposition formelle 
avec les faits rapportés par les auteurs anglo-saxons, pourraient-elles s -expliquer 
par certaines différences dans les conditions expérimentales Ï^En effet, les 
chercheurs américains utilisent un régime contenant toujours de la caserne, 
alors que notre ration renferme uniquement des protides végétaux. 

Pour étendre nos investigations et nous mettre, autant que possible^ en 
parallèle avec.ces auteurs, nous avons modifié, comme suit, l'expérience ini- 
tiale Les lots de 10 animaux furent scindés en deux :. 4 rats étaient' maintenus. 






SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 3 „ 

au régime initial-, les 6 autres recevaient en outre 2,5 % d'hydrolysat de caséine 
compléments Les gains de poids moyens et journaliers en grammes pendant 
28 jours sont rapportés ci-dessous : 

3 Hégimc initial. Régrmc complémenté. 

Régime de base -.. rt _q 

» +PP *, 7 8 '. ,,3 ' 

» ' -h tryptophane .. . 0,89 . ■- ■ . Àfl 

+ tryptophane + PP.,,... .. 0j?7 ' " y'i 

+ 1 ^ ine -- ,- 2,1 : 2 /, 

-hlysine + PP. . .......... I; 6 . y J? 6 

.^cystîne,.: .... - 0f7 . ^ 

» ■■ . .H-cystiné + PP. ,6i. 2,2 ' 

Les observations relatives aux animaux maintenus au régime initial 
confirment les conclusions précédentes quant à l'efficacité de la lysine, en 
opposition avec l'inaptitude du tryptophane ou de la niacine. D'autre part, 
tous les rats recevant un supplément azoté sous forme d'hydrolysat de caséine 
témoignent d'une reprise de croissance identique et atteignant un taux normal 
avec une amélioration très nette de l'état de la fourrure. L'adjonction d'un 
acide aminé, quel qu'il soit n'apporte plus alors de bénéfice significatif. 
Il apparaît que l'addition de 2, 5 % de caséine suffît à suppiémenter le mélange 
mais-blé. Or, on sait que la caséine est pauvre en tryptophane, mais riche 
en lysine. ïl semble donc que c'est à celle-ci qu'il faille attribuer l'action 
supplétive très marquée d'une faible addition de caséine. 

Jïn résumé, l'inaptitude du maïs à la croissance peut s'expliquer en premier 
chef par sa déficience en lysine, qui joue d'ailleurs le rôle de facteur limitant 
pour la majorité des céréales. Par contre, dans nos conditions expérimentales, 
m le tryptophane ni la vitamine PP ne semblent jouer le rôle primordial que 
certains leur attribuent (M. 

CHIMIE physiologique. - Antagonisme chrowximétrique des vitamines. 
iNote ( )de MM. Raoul Lecoq, Paul Chauchard et -M"» Henriette Mazoué 
présentée par M. Emmanuel Leclainche. ' 

Déjà, nous avons eu l'occasion d'étudier Faction réciproque d'avitaminoses 
ou de déséquilibres opposés dans leurs effets chronaximétriques et nous avons 
pu enregistrer la neutralisation plus ou moins prolongée de .ceux-ci. De même, 



H -Ces recherches nW-été possibles que grâce à la coopération du Dr King de la 
INutntion Foundation et à Plnterchemical Corporation. 

(*) Séance du 19 juillet 1948. 



3 8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

nous avons souligné l'action neutralisante que manifestent quelques vitamines 
vis-à-vis de certains troubles . chronaxiques de carence qui ne sont pas sous 
leur dépendance directe. Il nous a. semblé logique de rechercher, toujours 
dans cette voie, l'action antagoniste que les diverses vitamines peuvent exercer 

entre elles. . . , j u,o^ 

Les vitamines utilisées pour ces travaux furent injectées, aux doses habi- 
tuellement mises en œuvre dans nos précédentes recherches, a des rats blancs 
adultes ou .préadultes, par voie sous-cutanée, en solutions aqueuses ou huileuses 

.selon les cas. „■„;„« *n 

L'action chronique dé petites doses répétées permet, «omme nous- avons eu 
déjà l'occasion de le montrer, de séparer en deux .groupe» les substances a 
propriétés vitaminiques : celles qui diminuent les temps d excitation nerveuse 
et traduisent ainsi leur effet excitant (vitamine A, acide hnole.que, chohne, 
adrénochrome) et celles qui augmentent au contraire les chronaxies nerveuses 
et dont l'effet est dépressif (vitamines du groupe B, vitamines G, D, L, (, ou B., 
H ( etH 2 , K., inositol, acide folique, épicatéchine. et rutoside). _ 

Qu'advient-il donc si l'on pratique conjointement des injections de deux des 
substances précédentes ? Ne pouvant mettre en œuvre toutes les #f»™™\ 
possibles, nous nous sommes contentés d'opposer, a titre prevenuf ou cnratd, 
les principales vitamines connues aux quatre chefs de file : staminé A com- 
plexe B (■'), vitamines C etÛ. La mesure des chronaxies nerveuses était effec- 
tuée chaque fois selon notre technique percutanée habituelle et portaxt sur les 
nerfs extenseurs et fléchisseurs des orteils. • ; '■ 

L'infection d'une vitamine faite simultauément ou secondairement a une 
autre n'entraîne parfois aucun changement sur la perturbation chronax.que 
produite par la première(açUon nulle); mais elle provoque ; aussi parfm, un 
retour plus ou moins rapide des chronaxies à la normale (actmn neutral ante) 
cette neutralisation pouvant apparaître d'emblée ou plus W^^j£«J 
après quelques jours. Quand on n'observe pas de neulralisauon, c est 1 une pu 
l'autre des vitamines injectées dont la réaction l'emporte ; il n'y a pas ^augmen- 
tation d'amplitude, même quand lès deux substances exercent sur la chronaxie 

une action de même sens. .'■'", ■ v * „' A«or 

II. ressort très nettement de nos déterminationsque les vitamines se repai- 

tissent en deux groupes : ' ■ . . R ' 

I Celles qui neutralisent les effets chronaximétriques des vitamines A et B , 

,:' \ .. •'■.'■„ r r» F la biotine ' (U,\, 1 acide paraamino- 

telles sont les vitamines C, 1>, r-, la moune ^n,;, r 

benzoïque(H a )etlacholine; , ■. ■ ■ . . , 

II Celles qui neutralisent les effets des vitamines C et D, telles sont la. 
vitamine À, les S vitamines du groupe B séparées ou réunies, les staminés E 



'(») Aneurine, riboflavine, nicotinamide, adénine, acide mmtothém a ue. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 1948. 3 oq 

rl^dêf^^wF? ^ (G ° U Bs); racide f ° H< I Ue > ^Picatéchine, le 
rutoside(Pou C 2 ) et l'adrénochrome. ' 

Comme on peut s'en rendre compte, la répartition des vitamines en Ire ces 
deux groupes n est pas liée au sens de leur action isolée sur les chronaxies 
nerveuses La cholme, gui diminue ces chronaxies, neutralise aussi bien les 
eflets de la Yïtamme A qui sont de même sens que ceux des vitamines du 
groupe B qui sont de sens opposé, et elle partage son action avec les vitamines C 
et D qui augmentent les chronaxies. Celte répartition se montre plutôt en 
accord avec nos observations antérieures sur l'effet des vitamines sur l'équi- 
libre acido-bastque : la vitamine A et le complexe B sont, en effet, connus 
pour leur action alcalosique, alors que les vitamines CetD sont acidosiques 
On trouve dans le premier groupe, à côté des vitamines C et D • la vita- 
mine b qui est normalement acidosique et s'oppose effectivement à l'activité 
chronaximetrique des vitamines dé l'autre groupe : nicotinamide ( B.) 
acide pantothenique (B.) et pyridoxïne ( G ou B.)- bien que par ailleurs 
1 avitaminose F soit acidosique et que la vitamine F puisse s'opposer aux effets 
de l acidose expérimentale, ee qui rend l'interprétation de cette action diffi- 
cile—, la cholme qui se montre acidogène dans la lutte contre l'alcalose 
expérimentale et dans son action sur le sujet normal lorsqu'elle est introduite 
par voie intraveineuse, et enfin la biotine et l'acide paraaminobenzoïque ce 
dernier étant incontestablement doué de propriétés acidosiques M 

Dans le groupe II, on trouve à côté des vitamines A et B, les vitamines E, 
l* ou B„ K et P, qui ont une action alcalinisante sur le sujet normal- reste 
1 inositol sans influence sur la réserve alcaline, mais qui s'oppose aux effets 
des vitamines H, et l'acide folique d'action acidifiante, mafs'qui se trouv 
vraisemblablement rangé ici en raison de l'action vie ariante qu'il exerce 
vis-a-vis des vitamines Bj et B 2 . • 4 

Doit-on pratiquement éviter ou rechercher l'association de vitamines des 
deux groupes? On serait tenté de croire qu'elles , 'opposent et risquent de 
perdre ainsi toute activité. En réalité, la réponse est pluVnuancée et iLutrÎ 
lisation des effets chronaximétriques nous paraît laisser subsister l'action 
vitaminique spécifique et de telles associations sont habituellement souhaitables 
en thérapeutique. 

Conclusions. - Les antagonismes chronaximétriques permettent de classer 
les vitamines en deux groupes : celles qui neutralisent les effets chronaxi- 
me riques des vitamines A et B et celles qui neutralisent les effets chronaxi- 

car 1W/ • ^r 1 " 68 C ^ D ' H De S ' agit ^ id d ' un -tagonisme total, 
car 1 association de vitamines opposées ne les rend pas forcément thérapeu- 

iquement inactives, et l'on est conduit à penser que leur neutralisation 

chronaxique réciproque peut permettre aux vitamines d'exercer plus 

efficacement leurs effets spécifiques en inhibant leurs effets non spécifiques 



C. R., 194$, 2 » Semestre (T. 227. N* 4.) 



20 



3lo . , ACADÉMIE DES SCIENCES. 

BIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. - Recherches préliminaires sur la culture en masse 
du virus de la fièvre aphteuse, inoculé au fœtus de Vache, entretenu en survie 
par perfusion aseptique. Note de MM. J Andr^ Thomas, Louis Salohon et 
M™ Leone Salomon, présentée par M. Robert Courrier. 

La production de virus en quantité massive est nécessaire à la lutte biolo- 
gique contre les viroses, Le virus de la fièvre aphteuse, comme pratiquement 
tous les virus, ne peut être obtenu que par l'infection des animaux sensibles ou 
la culture en présence de cellules vivantes. D'après l'opinion des spécialistes, 
'la source de virus de la fièvre aphteuse doit être fournie par les animaux sujets 
à la maladie naturelle. Les vaccins préparés à partir de virus inocules a des 
espèces spontanément réfractaires, mais expérimentalement affectées, ne sont 
pas satisfaisants par suite des adaptations que subissent les souches virulentes 
Toutefois, l'utilisation des Mammifères réceptifs (principalement Bovins) est 
onéreuse: elle entraîne d'habitude leur sacrifice, pour une recolle limitée 
souvent à quelques divines de grammes d'aphtes, ou iout au moins une dimi- 
nution notable de leur valeur économique. D'autre part, les nombreux travaux 
poursuivis sur la multiplication du virus de la fièvre aphteuse par différents 
procédés in vitro, a particulièrement en culture" de tissus, n ont pas^ donne 
Lqu'ici de résultats utilisables en pratique. Dans leurs.importantes recherches 
récentes, M. E. F. Fogedby et E.'.Michelsen (<) et H. S. Frenkel (-) montrent 
les grandes difficultés auxquelles on se heurte. Ce dernier auteur, par culture 
sur l'épithélium. de la langue de Bovins, parvient à obtenir un virus infectant a 
la dilution de i/i oo ooo. . . 

Le Ministère de l'Agriculture, sur l'initiative de M. le.Chef des Services 
Vétérinaires P. Vignardoux et de M: le Directeur du Laboratoire des Recher- 
ches J.-P. Thiery, a bien voulu nous charger, il y a prèsde 2 ans, delamission 
d'étudier les conditions de la culture massive, in vitro, du virus de la fièvre 
aphteuse. Nous avons pensé que les gros organes, entretenus en survie expé- 
rimentale prolongée par perfusion physiologique aseptique selon les procèdes 
de l'un de nous (•), pourraient peut-être permettre la culture massive de ce 
virus. Nous avons obtenu, de cette façon, la survie des fœtus de Bovins ( ) et 
nous nous sommes servis de ceux 7 ci comme milieu vivant. 



(>) Bull. Office inter. Epizoolies, 27, ig47> P- 201-220. 

( 2 ) Ibid., 28, 19^7, p. i55-i62. . , 

(.) J. André Thomas, Comptes rendus, 225, I9 4 7 , P- -90^.092, et J. Physiologte, W, 

10A8 (sous presse). ' no „ /Q 

>) J.. André Thomas, Loms Salomon et Leone Sat.omon, Comptes rendus, 226, ,948, 
p. 966-968 et J. Physiologie f hdi 19^8 (à paraître). 



SÉANCE DU 26 JUILLET I948. 3j, 

Ces recherches ont été difficiles et longues, car les conditions normalement 
favorables au fœtus et au virus sont quelque peu différentes : à l'agent de la 
fièvre aphteuse, d'ailleurs très sensible à de légères variations physicochi- 
miques, convient un milieu légèrement alcalin et faiblement réducteur 

Le virus^de passage récent (types O et C, collection du Laboratoire des 
Recherches Vétérinaires), dilué à ,/ ao , filtré sur appareil Seits, est inoculé 
par voie intradermique ( a ~ par exemple) au fœtus en survie. Quelques 
loyers sont faits à la seringue, une grande surface de peau est infectée par 
tatouage et gnffades avec Vinoculateur de l'un de nous. Après 3o à 48 heures 
de survie, la peau inoculée est prélevée et le virus qu'elle renferme injecté 
dans la muqueuse linguale de vaches, aux fins de titrage (lorsque cela est 
matériellement possible), par rapport au virus témoin . 

Nos essais préliminaires portent sur ai expériences de culture sur fœtus 
'de ôo a 5o cm , et sur l'inoculation* de 38 vaches. - : - . 

Le milieu de perfusion (5 à 10 litres, pH 7 ,6, 36-C.) a été lepius souventdu 
sang de Vache adu te, défibriné, dilué à 5o % par le liquide tamponné de l'un 
de nom ; ( ) <•), p l us ou mo ins glucose (jusqu'à 4o •/..), souvent enrichi de 
tryptophane, de cystéine, d'acide ascorbique, additionné soit de pyruvate de 
sodium soit de réductose et de ioooooTJ de pénicilline. Quelques autres 
sources de protéines paraissent moins satisfaisantes que celles du sérum 

Ln dépit de certaines irrégularités et lors des primo-inoculations, le virus 
maintient sa virulence ou même l'accroît; il cultive non seulement dans les 
muqueuses de la région buccale, mais dans la peau du corps. Certaines de nos 
expériences montrent qu'il peut rester infectieux à la dilution de i/.oooooo 
ou devenir actif à celle de i/5ooooo, alors que le témoin l'est à 1/100000, enfin 
qml peut se multiplier 4oo fois. Dans la peau de fœtus témoin isolé, non 
perfuse, le vmis se conserve parfois ou disparaît. Dans nos essais, nous avons 
inocule un peu moins de la moitié de la peau fœtale : nous avons récupéré, dans 
ces conditions, jusqu'à i 4 i* de peau virulente pour un seul fœtus, c'est-' 
a-dire notablement plus qu'une vache ne fournit d'aphtes. Indiquons que les 
gros talus que nous avons perfusés sont susceptibles de donner qmelaues 
centaines de grammes de peau. " ■ ' 

. " ™ U à meUre dé "ni^ement au point la composition du milieu de perfu- 
sion. Des maintenant, nos recherches paraissent très encourageantes. 

( 5 ) J. André Thomas, Comptes rendus, 225, i 9 /i 7 , p. 148-1S0. 



3l2 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CHIMIE BIOLOGIQUE. — Action anticonmlsivante et structure moléculaire de 
quelques composés hétérocy cliques pentagonaux (III). Diméthyldithiohy- 

- dantôïne : influence de la méthylaîion et de V iodométhylation au soufre. 
Note (*) de MM. René Hazard, Jean Cheymol et M Ue Klacdia 
Smarzewska ( i ) î présentée par M. Léon Binet. . 

L'étude des propriétés anticonvulsivantes vis-à-vis du choc cardiazolique 
d'un certain nombre de molécules isostères nous a conduits à retenir la 
diméthyldithiohydantoïne ©, comme possédant au plus haut degré l'action 

protectrice recherchée ( 2 ). 

Afin de déterminer le degré de spécificité de cette molécule vis-à-vis du test 
choisi, nous nous sommes attachés à étudier un certain nombre de composés 
qui en dérivent directement par modification de l'encadrement du soufre ou par 
modification de la valence de cet élément. Le schéma suivant présente les 
composés étudiés, le principe de leur obtention et quelques-unes de leurs 

propriétés. 

* NH CS 

(CH 3 )*C<(® 



NH CS nh s 



NH CS 



(CH 3 )*C<(© 



OHNa ICH 
Y 



CS NH 



C1H 



\ éther 

\ 

ICH S \ 



cm 

— »- 



(CH^C^® 



NH 



CO NH 



\ 



N CS— CH ; 



(CH 3 ) 3 C<f (21 



OHNa 

< 

ICH, 



NH CS 



(CH 3 )*C<; (20 



(CH 3 )2C<^@ 



NH 

N JL_? s< \f 



CH ; 



CO a NaH 



> -(CH 3 )*C\ 



NH CS 



/ 



■CH, 



C N 
1 
S — CH3 

cui 

Y 

NH CO 
(C.H,)»C<(© 



N 



C 

I 

S-.CH 5 



ICH, éiher 

Y 



CS NH 



CS N 



Y 



ci 11 



/ 



/ 

/ 

/' C1H 



C1H 



(CH 3 )2C<^(23 



NHC=S( 



I 

CH? 



NH CO 
/ 



(CH 3 )»GCÇKJ 



CO NH 



N 



S-CH; 



CS NH 



Les propriétés des dithiohydantoïnes que ces transformations supposent n'ont 
pas encore été signalées. Tous ces corps dérivent les uns des autres par des 
réactions d'alcoylation directe, de fixation ou d'hydrolyse. Le comportement 
respectif des monothioéthers en 2 et 4 isomères de position et du dithio- 
éther 2-4 est remarquable. Alors que le monothioéther 2 (compose ©) 
s'hydrolyse sous l'action des acides minéraux avec lib ération de méreaptan, le 

(*) Séance du 21 juin 19/48. 
(.») En collaboration avec M. Pierre Charrier. 
' ( a ) Comptes rendus, 226, 19/48, p. i85o et 2018, 



SÉANCE DU 26 JUILLET 10,48. 3ï3 

thioéther 4 (composé @) redonne le corps générateur Q et le dithioéther 2-4 
(composé @) subit une hydrolyse totale conduisant à la diméthyl- 
hydantoïne 0. 

Le tableau résume les propriétés physiques et les résultats pharmacologiques 
obtenus avec les différents composés nouveaux étudiés Les corps 0, 0, 0, 

et @ portés sur le schéma ayant été étudiés dans les Notes précédentes n'y 
figurent pas. 



N os ' 
du corps. 

7.;. 
19... 
20... 
21... 
22... 
23.:. 

2'+... 
25... 



. * Constitution. 

5-5 diméthyl, 2-4 dithiohydantoïne 
2 éther metbylique de la » 

4 éther méthylique de la » 

2-4 diéther diméthylique de la » 
4 iodométhylate de la .» 

4 iodométhylate du 

2 éther méthylique delà » 

5-5 diéthyl 2-4 dithiohydantoïne 
2 iodométhylate de la » 



Point 
fusion 

(OC). 

Iq2 
Ï68 
138 

35 
i85 

i44 - 
i5i 

huileux 



Crise eardiazolîque. 



Nombre 
d'animaux. 

'61 

3 
3 

■7 « 
7 

3 
5 
3 



Protection 

(%)- 

100 

o 

o 

. o 

60 


100 

o 



Action anticonvulsivante. — Alors qu'elle est de 100 % pour la diméthyl- 
dithiohydantoïne donnée à des doses égales ou supérieures à 5 cg/kg, la 
méthylation portant sur les atomes de soufre, soit en 2 @, soit en 4 ®, soit 
en 2 et 4 @( 3 ), conduit à des corps inactifs. 

L'iodométhylation sur le soufre placé en 2 @ ramène l'efficacité de 100 
à 60 % ; si cette opération chimique se conjugue avec une méthylation sur le 
soufre en 4 (§), l'action sédative disparaît complètement. 

Dans la série voisine de la diéthyldithiohydantoïne @, on constate un 
phénomène du même ordre, l'iodométhylation portant sur le soufre 2 @, sup- 
prime la grande efficacité du corps initial et augmente même la sévérité des 
crises cardiazoliques. 

En résumé, nos déterminations montrent, d'une part, que la diméthyldithio- 
hydantoïhe agit sous sa pseudo-forme (thiolique) vis-à-vis des réactions in vitro 
d'alcoylation, de fixation et d'hydrolyse. Les atomes d'hydrogène dans ce 
noyau hétérocyclique apparaissent doués d'une grande mobilité. 

L'action anticonvulsivante vis-à-vis du choc eardiazolique de la diméthyldi- 
thiohydantoïne paraît spécifique dans sa série. Toute modification apportée 
dans l'hétérocycle, soit par substitution d'hydrogène, soit par modifications 
de la valence des atomes de soufre, conduit à des corps qui, bien que dérivant 
directement de la diméhyldithiohydantoïne, ne possèdent plus la propriété 
anticonvulsivante de ce composé. 



( 3 ) A signaler l'attitude bizarre que prennent les animaux au cours de la crise eardia- 
zolique après (g); ils restent parfois dressés, figés sur leurs pattes raides, dans des positions 
extravagantes. 



3i4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

MICROBIOLOGIE. — La nécrose cutanée adrénalinique . Ses caractères et son 
mécanisme. Note de M. Albert Delaimay, M™ s Marcelle Delaunay et 
Jacqueline Lebrun, présentée par M. Gaston Ramon. 

L'adrénaline en solution dans l'eau physiologique, injectée sous la peau des 
Mammifères, est capable de déterminer à certaines, concentrations une nécrose 
tissulaire. Ce fait, déjà connu, est parfois observé accidentellement en 
Clinique chez les sujets traités par cette hormone. Il a -fixé notre attention et, 
compte tenu de nos recherches antérieures sur les lésions tissulaires dénature 
allergique ('*), nous avons même jugé nécessaire de lui consacrer toute une 
étude expérimentale. Cette étude, dans ses détails, fera l'objet d'un Mémoire 
ultérieur ( a ). Nous exposerons simplement ici nos principales observations. 

Production locale de lésions nécrotiques par injections sous-cutanées d'adrénaline 

chez le Cobaye. . „ . ' v , 

Nous avons employé l'adrénaline Clin (Sempa), en solution dans l'eau physiologique 
(pH 7,5). Diverses dilutions ont été préparées qui renfermaient par centimètre cube 
iooo( l/ 200^ IO of*, 5ot« 33^, 25^ r , 20f* et io^s d'hormone. Ces diverses dilutions 
ont été injectées, aussitôt après leur préparation, sous la peau rasée de l'abdomen 
de cobayes bien portants, sous le volume de o cm %5; La réaction locale, secondaire à ces 
injections a été observée à la fois macroscopiquement et au moyen de coupes biologiques 
pendant 12 jours. Voici nos résultats. 

Dés doses d'adrénaline de Tordre de 5oo\?*, ioot", 5oP* et 2 5^ ont produit dans le tissu 
cutané du Cobaye des nécroses nettes, visibles à l'œil nu. Avec les dosés les plus fortes, 
la nécrose apparaissait au bout de 6 heures et atteignait en 24 heures une large surface 
du tégument. Il s'agissait d'une nécrose humide, violette, peu œdémateuse au début. 
L'œdème se formait secondairement mais il était souvent, au bout de 48 heures, consi- 
dérable. Histologiquement, a4 heures après l'injection, le foyer nécrotique se trouvait 
entouré par une quantité énorme de polynucléaires. Plus tardivement, la nécrose humide 
se transformait en nécrose sèche, les polynucléaires disparaissaient et cédaient la place 
à une réaction macrophagique et fibroblastique également intense. Cette dernière rétro- 
cédait à son tour lentement. Des doses d'adrénaline plus -faibles, en général, n'ont pas 
déterminé de nécrose apparente macroscopiquement, mais sur coupes des tissus injectés 
(même avec la dose de 5^), on trouvait néanmoins d'importantes réactions tissulaires, en 

particulier monocylaires. 

Mécanisme des lésions observées. - En principe, la nécrose cutanée adrénalinique peut 
avoir deux causes, ou bien elle traduit une nocivité particulière du produit pour les diffé- 
rents constituants du tissu conjonctif, ou bien elle n'est que la conséquence de troubles 
vasculairès déterminés par l'hormone: 

1. Nous avons^recherché en premier lieu si l'adrénaline, du moins à fortes doses, jouis- 
sait d'un pouvoir toxique direct à l'égard des cellules et des tissus. 

a. Nous avons placé des polynucléaires de cobaye dans du sérum de cobaye renfermant 



(*) Comptes rendus, 225, 1947, P- i54; 226, 1948, p. i33 et 11 10. 
( 2 ) A paraître dans la Revue d'Immunologie, 1948. 



SÉANCE DU 26 JUILLET 19^8. 3i5 

par centimètre cube looot** d'adrénaline. Dans ce milieu, les cellules observées pendant 

plusieurs heures ont conservé leur vitalité et toutes leurs propriétés (tactisme," phagocytose). 

b. Nous avons pu faire des observations analogues avec des lymphocytes de cobaye isolés. 

- c. D'autre j)art, nous avons déposé, pendant 1 heure, dans une solution d'adrénaline en 

eau physiologique ( 1 000 fXg/cm') de petits fragments de rate de cobaye adulte ou de cœur 

embryonnaire de poulet, puis nous avons mis ces' fragments en culture par la méthode 

de CarreL Bans ces conditions, les fragments ont tous donné lieu à de belles cultures, 

absolument comparables aux témoins (culture de fragments simplement déposés au préa- 

. lable dans de l'eau physiologique). ' . 

d. Enfin, nous avons pu nous assurer que l'adrénaline n'a aucun pouvoir collagë- 
nasique. Ainsi, toutes nos expériences concordent pour démontrer que cette hormone n'est 
pas directement toxique pour les tissus et que la nécrose cutanée adrénalinique résulte 
plutôt de diverses perturbations vasculaires, comme le pensaient déjà Leriche et Reilly. 
2. Mais quelle est la nature exacte de ces perturbations"? Nos recherches, qui seront 
développées ailleurs ( 2 ), nous permettent' maintenant de mettre en cause à la fois des 
troubles vasomoteurs et des troubles de la perméabilité. Les premiers (expériences person- 
nelles sur l'oreille du Lapin et le mésentère du Cobaye), entraînent la mort des tissus en 
réduisant, par une constriction artériolaire, la quantité de sang, donc d'oxygène, norma- 
lement fournie à ceux-ci. Les seconds ont' le même effet en diminuant notablement, dans 
la région soumise a l'action hormonale, la perméabilité des capillaires aux liquides et aux 
cellules. En particulier, la diapédèse des polynucléaires peut se trouver complètement 
inhibée pendant les quelques heures, qui suivent l'injection de fortes doses, d'adrénaline. 

Ainsi, la nécrose cutanée adrénalinique n'est-pas due à une action toxique 
directe de l'hormone sur les tissus, mais- elle résulte d'importantes pertur- 
bations du. système circulatoire (troubles vaso-moteurs et diminution de la 
perméabilité). On peut donc expérimentalement reproduire avec l'adrénaline 
des lésions qui ont seulement pour cause des modifications vasculaires. Nous 
aurons prochainement l'occasion de revenir sur l'intérêt de cette observation, 
à propos de nos recherches sur les altérations cellulaires de nature allergique. 

BIOCHIMIE BACTÉRIENNE. — Sur une lactase ext?mte d'une souche d'Escherichw 
çôli mutabile. Note (*) de M. Jacques Mokod, M lle Anne-Marie Torriam et 
M. Jokl Gribetz ( 4 ), présentée par M. Jacques Trefouël. 

- On sait que la forme lactose-positive (L + ) de la souche ML iïEscherichia coh 
mutabile est génétiquement stable, mais que Pat.taque du lactose par ces 
bactéries est de caractère adaptatif ( 2 ). A partir de bactéries L+ cultivées en 
lactose, nous avons pu obtenir un extrait enzymadque actif. Cet extrait a été 
partiellement purifié par centrifugation et précipitations fractionnées par le 
sulfate d'ammoniaque. Les techniques employées sont brièvement résumées 
ci-dessous : 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 

(*) Avec la collaboration technique de M. Vuillet. 

(*) Mônod et Auduueàu, Ann. lnst. Pasteur, 72, 1946, p. 1868. 



3i6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

i° Broyage des bactéries par le sable, extraction par un tampon "phos- 
phate (M/io, pH 6,8). 

2 Centrifugation de l'extrait pendant deux heures à is5oo tours. 

3° Précipitation par le sulfate d'ammoniaque à 43 % de saturation. Précipité 
redissous dans un tampon de pH 6, 8. 

4° Deux précipitations à 33% de saturation. Précipités repris par le même 

tampon, . / v 

5° Dialyse contre de l'eau distillée courante. 

Pour mesurer l'activité de ces préparations, en présence de lactose, nous 
avons mis au point une méthode qui utilise la glucose oxydas.e du Pénicillium 
(notatine), enzyme qui catalyse l'oxydation du glucose en. acide gluçonique 
4- eau oxygénée, avec fixation. d'une molécule d'oxygène. Les. mesures sont 
faites manométriquement, dans l'appareil de Warburg, et en présence de 
catalase afin de détruire l'eau oxygénée formée. Une méthode semblable ayant 
été tout récemment décrite par Keilin et Hartree ( 3 ), il est inutile que nous en 
apportions la justification. 

Les préparations catalysent l'hydrolyse du lactose en glucose et galactose : 
le glucose est identifié par la réaction de la notatine qui est absolument spéci- 
fique. Le galactose a été identifié par son ôsazone caractéristique. Lorsque le 
substrat est suffisamment concentré (M/ioo ou plus) ^intensité de la réaction 
est proportionnelle à la concentration de l'enzyme. L'activité étant défiinie 
comme le nombre de micromolécules de substrat hydrolyse en i heure à 28°, 
pH 6,8, par une quantité d'enzyme contenant i ms d'azote Kjeldahl, nos meil- 
leures préparations présentaient une activité de 2000-2600. 

Les préparations se montrent dépourvues de toute activité décelable en 
présence des substances suivantes : saccharose, mélibiose, cellobiose, maltose. 

Les extraits de bactéries L" ou de bactéries L + non adaptées (cultivées en 
glucose) sont dépourvus d'activité en présence de lactose. Les extraits de bac- 
téries L+ cultivées en galactose présentent une activité marquée, mais non 
ceux de bactéries L" cultivées dans les mêmes conditions. 

Le détail de nos observations, ainsi qu'une discussion des résultats, seront 
publiés ailleurs ( 4 ). 

A i5 h 25 m l'Académie se forme en Comité secret. 

La séance est levée à i6 b r5 m . 

L..B. 



( 3 ) Biochem. Jr. } 4.2, 1948, p. 23o. 
(*) Ann. Inst. Pasteur (sous presse). 



■» 9QQ«"gS 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 

SÉANCE DU LUNDI 2 AOUT 1948. 



PRÉSIDENCE DE M. Maurice- CAULLERY, 



MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES. MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE, 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Les systèmes orthonormaux complets 
et leurs généralisations dans V espace hilbeitien. Note de M. Gaston Juli a. 

Les propriétés signalées dans deux Notes précédentes (< ) s'étendent à l'espace 
hilbertien Bt, de base ONC (è k ). 

1. Déterminons d v abord dans &t tous les systèmes infinis de vecteurs (A*) 
pour lesquels 






xp=2i( A * x )i*' 



quel que soit Je vecteur X de St. Nécessairement « = [ A, , A», . . .], sans quoi 
un vecteur 9 é 0> orthogonal^ [A A a , . . .] mettrait (i) en défaut. L'opé- 
rateur BX ; défini par BX =2 c *( A i> X )> est linéaire/borné, isométrique dans 

tout &t. De plus A,= B%-A^ en posant A == B*. Ce type d'opérateur B 
est bien connu. On a B*B == i et BB*= P v? c'est-à-dire AA*='i et A*À'= P v , 
où V = A B , domaine des valeurs de B = A* ; est 8t ou un. sous-espace quel- 
conque de 9t\ deux cas sont possibles : 

i° Si V = $t, B est unitaire,, ainsi que A = B* et (A,) est un système ONC 
* 9t. Ce cas se produit toujours lorsque le système (A,) admet un rfWetla 
démonstration donnée au n° 1 de la première des deux Notes précédentes (*) 
est identiquement valable ici. 

2° Si V c &t,B est unitaire à gauche, A = B* est nul sur ZteY et trans- 
forme isométriquement V en 3Z. On a AA* = i avec A* A = P 

Soit h = ëteST. Construisons, orthogonalement à 3£, un espace hilbertien ou 



(- 1 ) Comptes rendus, 226, i 9 48, p. i485-"i4S 7 ; 227, 1948, p, 168-170. 

C. R., 1948,. a* Semestre. (T. 227, N° 5,) 21 



3i8 ACADÉMIE DÈS SCIENCES, 

unitaire h i} de même dimension que h- Considérons un opérateur U^ de 
gt^gCshi, qui transforme isométriquement h en h lr qui prend les mêmes 
valeurs que A dans V,.et qui s'annule dans k< . U ± transforme isométriquement 3€ 
en %l K et V en $t. Ilest clair aussi que, dans #£ 1; on aura U 4 P v Uî = P,, e , donc 

U.Pv^P^U,. Or A*= Atfi= AP v e,= TJ.Pv^-^ P, e Ui^ et U ^- est un 
système ONC de 0C t . Le système- des (A k ) est donc la projection sur &t d'un 
système ONG de 8£<. 

Réciproquement, si 3Z K est un espace hilbertien quelconque contenant BC, 
et (E*) un système ONG quelconque de 9t ±> - on aura (P a E*,-;"X)==(E*, X) 
pour tout Xe^C; donc (i) est satisfaite dans tout $t. (i) caractérise donc les 
projections sur BC de tous les systèmes ONC de $Z A contenante. Pour 8t x = 9t 
on à les systèmes ONG de 2C lui-même. 

•2. Corrélativement, on peut déterminer dans 81 > lieu du point X=2jX k e k , 



A--1 



i ■ 

tous les systèmes (A*), tels que : i° ^ A k cc k converge fortement dant tout 3£ et 

, - ■ ■ . ' , ta ' . 

y définisse dès lors un opérateur linéaire borné AX=2 A * aÎA ' 2 ° on 

ait | ÀX | = [ X } lorsque X décrit un sous-espace VC#e ? et AX==o dans un 
sous-espace V , de façon que2Z = Y+N„ c'est-à-dire que tout vecteur de 0t 
puisse se décomposer en la somme d'un vecteur de V et d'un vecteur de V ; 
[ceci implique que V et V ne sont pas asymptotique§ l'un à l'autre]. Alors 
la décomposition X = X v ,+ Xv est unique, car /V et Y sont disjoints. 
L'hypothèse 2° donné alors A*À = i sur Y et A*A = o sur V 0J c'est-à-dire 
A* A = P dans 3£, P désignant l'opérateur linéaire borné qui est \z projection, 
orthogonale, ou oblique^ sur Y parallèlement à V . 

' i? Si V = Bt (alors V = o), A est unitaire à gauche dans 3Z, les A /f == Ae k 
sont un système ON de $1, qui peut être complet ou non'. 

2° Si V C BC, la décomposition unique X— X Vo +X v donne AX=AX V =AP X; 
A isométrique dans Y, qu'il transforme dans le sous-espace Y ^ 4 =A A =[A 1? A 2? ....]. 
Envisageons h — $t.eV et construisons sur V d un espace 8t i =Y 1 @h i où K, 
orthogonal à V 1? aura même dimension que h. Il existe un U l9 identique 
à A dans Y, transformant isométriquement h en h t , donc 3t. en Bl K ( 2 ) + 
A»= AP 8 «*= U.Po**. Or, V; = UiCVo) est un sous-espace de8t t) transformé 
isométrique de V ; on aura, dans 2t x , U^U^Po, P' étant \& projection sur 
Y t parallèlement à Y' . Alors A k =P' (j ï] i e k et les A k sont la projection sur 
V 1 = [A,, A 2 , '.;...], parallèlement à V' oî du système ONC(U t ^) de Bi,. 



( 2 ) Si X 9 Y* a moins de dimensions que 3t e.Y, &C ± contient 9C. 

Si &CB\ X a au moins autant de dimensions que 3£ eV, 3e t est contenu dans 2C. 



SÉANCE DU ù. AOUT 1948. - : '3iq 

La réciproque est vraie. Si A* = P' 0? i, (e' k ) étant un système ONG quelconque 
de SfC i} et P' la projection, orthogonale ou oblique, sur V 4 parallèlement à V' o; 

(f \=y*+' V '*)> on aura J ■p'P urt outX=.Za; A ^de^ 1 ,2A ft i A ==P;2;a; ft<î i=P l û X, 
'd'où P' ff X = X si XeV 1; donc |2îA ft a? A .| = |Xj dans V^ Une transformation 
isométrique U, de SC, en 2C(ë k = V, e*) 9 de V, en V [V, == U^V)], de V' en 
V 0; conservera la propriété précédente ; pour tout X = Zx k e k % V on aura 

3. Soit enfin à déterminer dans 2C tous les systèmes (A*) tels "que, pour 
tout X de 2t> la série £(A /o 'X)A A . converge fortement et donne 



Évidemment #e = [A 1; A 2; . . .]. La convergence forte de la série (3) exige 
la convergence de 2| (A,, X) f pour tout X^êt. Lorsque ceci a lieu, on a 



2l(A Aj Z)p^M, 



/;~1 



pour tout Z de [ Z| = 1, (théorème d'Osgood généralisé). Puis X étant fixé, 
quelconque, et N pris tel que 2|(A„, X)f< e , on aura, pour tout/»>o, pour 

TV 



71 ^ N'(e), et uniformément sur] Z 



'rt -I- p 



2(A*,X)A 4 ,Z 



« 



n~\-p 



2(A iÈ ,-X)(A jfc , Z.) 



« + /> , -«-T-// 



^ 2 ! tA. ? X.) [^ ï C^, Z) p < £ M. 



Ceci montre, par un théorème établi antérieurement ( 3 ), que 2(A*,~X)A* 
converge fortement au point X considéré. . 

Alors l'opérateur AX défini, pour tout X^j^'o par AX^o^A* est 

• • A. ~~ 1 

OC 

un opérateur linéaire ôome,. dont l'adjoint est A*X^=2( A *; X)<? ft . Il en 

. « £=1 . ■ 

résulte que TX=2(A t , X)A* définit un opérateur linéaire borné qui n'est 

au tue que T = AA*. Pour que (3) soit réalisée pour tout Xe "^ il faut et il 
suffit que T = AA*=i dans St. Ceci exige que A* soit identique à un opé- 
rateur U isométrique dans tout 2t r c'est-à-dire tel que U*U = iy et nous 
ramène au n° i . Deux cas sont possibles, comme au n 6 1 : 



(') Voir Julu, Comptes rendus, 218, kj44, p. 3 7 6~a8o et Unwersidad Nacional del 
Litoral, Hosano, G, 1945. Sur les convergences faible et forte dans V espace d'Hubert, n° 7. 



£ 20 ÀâADÉfelE DÉS SCIENCES. 

x o Si V=^=A A . = #6, A et -A* solit unitaires dans #e et le système des À*— À e* 

est un système ONG de Bt\ .."*■■■ 

2 o s j y _ a a , ç 8C, on aura en raisonnant comme au 2° du n° 1, A* A — P Y , 
puis A^l^Pv^P^U*, Ui isométrique dans 9t u et Ai= P^U'i'^. Les A* 
sont comme au n° 1 (2 ) les projections sur âC d'une base ONC(E A -== U^) 
dèV espace 3l K qui contient 2t. ; 

La réciproque est évidente, car A*= P ae E /c donne ( A*, X) = (E A , X) pour 
toutX€^eet£(À A ,X)Â A = P^(Ë*,X)E*=P iK X = X.- ,. 

On voif d'ailleurs, par (3), que (X, X) = (X, TX) potfr tout Xe#€, ce qui 
montre que les problèmes étudiés aux n os 1 et 3 se ramènent l'un à l'autre. 

4. La condition A*A = P V , que doit vérifier A, équivaut à dire que la 
matrice de Gram [\{K A*)[|, qui est celle de A* A relative à la base (e k ) de 2t; 
doit avoir un spectre simple composé des seules valeurs propres oëti. 

Réciproquement, si cette condition est vérifiée, on a A*A = P v ou 
'AX|=s=|PvXJ pour tout :X. Donc A s'annule sur 0e eV, est isométrique- 
dans V, et À A . = V. Puisque 9t = [k„ &*, . . . ], on aura A A = 2i. Un tel A 
est bien connu, c'est un unitaire à droite, et l'on a A A*= 1 , avec A*A = P v , 
c» qui ramène au n° 3. 

ASTRONOMIE, h- Sur un nouveau type d'astrolabe impersonnel. 

Note de M. André Dan jon. 

L'astrolabe à prisme, instrument fort remarquable quant à son principe, 
présente, sous sa forme usuelle, deux défauts souvent signalés. 
■ ■ " i° Les pupilles d'entrée des faisceaux correspondant aux deux images ne 
coïncident pas. En conséquence, tout changement de la mise au point, tout 
changement de l'accommodation, ont les mêmes effets qu'une variation de l'angle 
du prisme. On ne bénéficie donc qu'incomplètement de la constance de cet 
angle, propriété essentielle de l'instrument. * 

2 Le mode d'emploi préconisé par les inventeurs, et qui consiste à noter 
l'instant de la conjonction des deux images, se prête mal à l'élimination <ies. 
erreurs d'observation. D'une part, ce mode n'est pas impersonnel. Chaque 
observateur peut, il est vrai, déterminer son équation personnelle, mais au 
prix de sérieuses complications, avec des résultats aléatoires. D'autre part, 
chaque passage ne donne lieu qu'à une seule détermination de temps. Pour 
obtenir 100 inscriptions de temps en vue de la détermination d'une correction 
de pencTule (ce nombre est largement dépassé dans les observations méri- 
diennes), il faudrait observer 100 étoiles. En supposant que l'on s'en tienne 
aux étoiles fondamentales, ce qui paraît indispensable pour une détermination 
de haute précision, il faudrait poursuivre les opérations pendant plus de 
4 heures, sous nos latitudes, et se livrer à des calculs de réduction fastidieux. 
Divers dispositifs. ont été imaginés en vue de porter remède à chacun de ces 



SÉANCE DU 2 AOUT 10,48. 3a t 

deux inconvénients séparément, je me suis proposé de les éliminer simultané- 
ment, grâce au mode d'observation que je vais décrire. 

Un prisme biréfringent, dont le plan de section principale est vertical, est 
placé sur le trajet des faisceaux lumineux, au voisinage du foyer principal de 
l'objectif. Son angle de dédoublement est choisi de telle sorte que, si Ton 
regarde l'objectif à travers ce biréfringent, l'œil étant situé près du foyer, on 
voit superposées deux images des .pupilles d'entrée, polarisées à angle droit. 
La coïncidence des images stellaires correspondantes cesse < alors d'être 
influencée (au premier ordre) par les fluctuations de l'accommodation ou les 
changements de la mise au point. Pour mettre l'observateur à l'abri d'une 
confusion, les deux autres images stellaires sont éliminées comme on le dira 
plus loin. 

Lorsqu'une étoile traverse le champ de la lunette, l'observateur peut'mettre 
ses deux images en coïncidence, où, plus exactement, en conjonction sur une 
ligne horizontale, en plaçant la face d'entrée du prisme biréfringent à une dis- 
tance convenable du foyer. Gela fait, il pourra conserver la coïncidence en 
.donnant au prisme biréfringent un mouvement de translation sensiblement * 
uniforme, parallèlement à Taxe optique de la lunette. Le contrôle visuel de la 
coïncidence est très aisé et ne demande pas un long apprentissage, pourvu ( 
que l'on fasse usage d'un grossissement suffisamment élevé. 

Le prisme biréfringent est entraîné par un chariot mû par une vis micromé- 
trique dont la tête porte une roue de contacts. Un différentiel permet de 
corriger à la main le mouvement communiqué à la vis par un moteur à vitesse 
réglable. On enregistre automatiquement un certain nombre de contacts. La 
moyenne des temps inscrits donne le temps du passage de l'étoile à une. 
distance zénithale bien déterminée, pourvu que la distance de la face d'entrée 
du prisme au foyer principal, lors de la fermeture (ou de Couverture) de 
chacun des contacts, reste, invariable pendant toute la séance d'observation. 
A cet égard, la fidélité de l'instrument peut être contrôlée grâce à des pointés 
d'autocollimation sur l'image d'un fil horizontal (virtuel, cela va de soi), situé 
dans le plan focal, la face arrière du prisme èquilatéral servant ici de miroir 
plan. On déplace le prisme biréfringent de manière à faire coïncider les deux 
images réfléchies et polarisées du fil, et on lit le tambour gradué de la vis micro- 
métrique. Soit ? cette lecture, et soit v m celle qui correspond à la moyenne 
des contacts enregistrés. Il suffit de s'assurer que la différence v — ç m reste 
constante au cours de la séance. Si elle variait, il serait facile de tenir compte 
de ses variations dans les calculs de réduction. Sous cette réserve, il n'y a pas 
lieu d'apporter de correçtioiîs instrumentales aux temps observés,- ils peuvent 
être utilisés tels quels. On remarquera qu'ils sont obtenus par un mode d'enre- 
gistrement impersonnel. 

Le prisme biréfringent est un prisme de Wollaston double et symétrique en 
quartz. Ce choix est dicté par la condition que les deux champs polarisés de ce 



V 



322 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

prisme soient géométriquement normaux, la présence du biréfringent ne devant 
introduire ni aberrations, ni distorsion. Le prisme est suivi d'un véhicule de 
grandissement 3, qui fournit une image réelle de l'objectif. Ceite image est 
dédoublée, et deux volets en suppriment les parties inutilisées, éliminant ainsi 
les images stellaires parasites. Dans le plan conjugué du plan focal de l'objectif 
par rapport au véhicule, est disposé un. fil fixe horizontal sur lequel on met au 
point l'oculaire destiné à l'observation des étoiles. Ce fil servant aussi aux 
pointés par autocollimation, on l'observe alors avec l'oculaire autocollimateur 
à fond noir que j ? ai décrit ailleurs. 

Le micromètre impersonnel qui vient d'être sommairement décrit a été 
d'abord adapté à un astrolabe Jobin de grand modèle. Sous cette forme impro- 
visée, il a été essayé à l'Observatoire de Haute-Provence, au cours dtf mois 
d'octobre 1947- Plusieurs séries d'observations, portant 'chacune sur 18 étoiles 
en moyenne, ont été obtenues. Les coordonnées trouvées pour le pilier de l'ins- 
trument s'accordent à o s ,oi en longitude, et à o",2 en latitude, avec celles que 
M. Duhamel, ingénieur géographe, a obtenues en employant un théodolite de 
Wiid du typé T4, muni d'un micromètre impersonnel.et d'un niveau de Talcott. 
pour l'application de la méthode des hauteurs égales, et qui appartient à l'Ins- 
titut Géographique National. Ces premiers résultats ayant paru suffisamment 
probants, j'ai mis en construction un instrument définitif, spécialement 
conçu pour l'application du mode d'observation exposé ci-dessus, soit à poste 
fixe, dans un observatoire permanent, pour la détermination du temps et l'étude 
de la variation des latitudes, soit en campagne, pour des opérations géodésiques. 

"■ • ' ■ . -'■■'' ,'"-'" ■ ■ 1 

1 -' ■■ ■ . ■ x 

-;.■■■ BOTANIQUE, — Les Czàvel^s des rues de Pans et V irrégularité . 

.die leur floraison. Note de M. Auguste Chevalier. 

Le Cedrela sinensis A. Jussieu ou Toona sinensis Rœm. est un des plus beaux 
arbres de Chine introduit chez nous; il est répandu sur les avenues et boulevards 
de Paris; il y fleurit certaines années, au mois de juin, en laissant pendre des 1 
panicules de fleurs blanches et odorantes, visitées par les abeilles et de nom- 
breux autres insectes, longues, parfois de 5o cm et donnant à l'automne de 
petites capsules déhiscentes d'où sortent de nombreuses graines ailées qui 
germent au printemps sur les terrains vagues de notre ville. 

L'arbre provient du Sud-Est et du Centre de la Chine. C'est une Méliacée; 
cette espèce est proche parente des arbres qui fournissent les plus beaux acajous 
d'Amérique tropicale et d'Afrique. Bien qu'originaire de régions dé la Chine 
où existent des étés très chauds, le Cedrela s'est assez vite acclimaté chez nous 
et il a supporté les plus durs hivers sans souffrir. Il fut introduit à Paris en 1862 
par.Eug. Simon. L'unique plant d'où sont sortis tous les exemplaires cultivés 
en France fut semé dans un terrain annexe du Jardin des Plantes, rue Poliveau, 
et y vit toujours, bien qu'il soit demeuré chétif. A l'origine, on le multiplia de 



SÉANCE DU 2 AOUT IQ48. 323 

boutures de racines (Carrière). Il fleurit au Muséum pour la première fois 
en 1875 à l'âge de 12 ans et l'on put à partir de ce moment le multiplier de 
graines. Le premier plant introduit était sans doute homozygote car tous les 
plants qui vivent chez nous sont semblables et ne diffèrent que par la charpente 
de l'arbre. J'ai nommé cette forme bien fixée yavIncaivilleiChev. (1944)* Dans 
les Herbiers il existe d'autres variétés provenant de Chine. En .1891, divers 
exemplaires plantés dans Paris fleurissaient déjà et donnaient des graines. On 
a commencé à en planter en grand dans Paris à partir de 1896 et l'espèce n'a 
commencé à se répandre sur nos boulevards que vers 1905 ou 19 10, quand on 
l'a substituée au Vernis du Japon (Ailanthus glandulosa) qui commençait à 
décliner. 

Le Cèdre la existe aujourd'hui le long des boulevards et dans les parcs 
de Paris à des dizaines de milliers d'exemplaires dont la plupart âgés de 20 
à 3o ans. Dans les journées historiques de la révolte contre les Allemands 
du 1 5 au 23 août 1944 on en coupa quelques dizaines d'exemplaires pour faire 
des barricades, notamment dans le quartier du Jardin des plantes, Ces plants 
n'ont pas repoussé du pied bien que l'on constate souvent au pied des arbres 
vivants, sous les grilles, de jeunes brins garnis de petites feuilles réduites qui 
ne sont pas des semis, mais des rejets issus de drageons. 

J'ai commencé à.m'intéresser à ces arbres à partir de 1935 et je les suis 
depuis cette date. Au début de mes observations très peu de Cedrelas fleuris- 
saient sur les boulevards et l'on ne voyait de grappes en fleurs en juin que de 
loin en loin et sur quelques branches seulement, toujours celles tournées vers 
la lumière. Par contre l'exemplaire de la rue Poliveau, âgé alors de. près 
de 80 ans, fleurissait presque tous. les ans, ainsi^qu'un fort et bel individu, 
âgé de 5o ans environ planté dans le Jardin des Plantes près de la Galerie 
de Botanique qui se couvre fréquemment d'inflorescences nombreuses. 
Toutefois il y a dix ans J'avais déjà constaté que même ces deux exemplaires 
ne fleurissaient pas tous les ans. Ils présentent le phénomène d'alternat. 
Ainsi, en 1943, à ma connaissance, aucun Gedrela n'a fleuri à Paris, pas 
même les exemplaires du Muséum. En 1944? ils fleurirent et il y eut des 
floraisons assez nombreuses sur les boulevards; l'année suivante de nombreuses 
germinations spontanées existaient autour des arbres ou dans les squares; 
en 1945 et 1946 quelques floraisons eurent lieu ça et là mais elles .n'étaient pas 
très nombreuses; 1947 fut une année de floraison abondante ; une bonne partie 
des arbres des boulevards âgés de 20 ans au moins avaient, surtout sur les 
branches tournées vers la rue et près des carrefours, c'est-à-dire ensoleillés au 
long de la journée, de nombreuses panicules. En 1948, par contre, je n'ai pas 
vu une seule floraison, ni sur les vieux exemplaires du Muséum, ni sur aucun 
boulevard de mon quartier. Pour m' assurer si le fait était général, j'ai prié 
M. Toussaint, conservateur en chef des Parcs et Jardins de Paris de faire une 
enquête à ce sujet. Il m'écrit qu'effectivement aucun Cedrela n'a fleuri cette 



3^4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

année dans Paris. Un seul arbre, d'après son enquête, a fait exception, c'est 
celui qui se trouve dans le square Paul Painlevé à droite de la statue de 
Montaigne, Il portait du reste seulement deux panicules florales sur. une 
branche située du côté de la rue de la Sôrbonne. 

La non-floraison, certaines années, des arbres de nos forêts est bien connue. 

Notre confrère M. Guinier m'informe que le fait est classique notamment 
pour le Hêtre. Les faînées ne s'observent que tous les 4 à 6 ans. Il y a même 
des années où il ne se montre aucune fleur sur les Hêtres et les Chênes. 
La floraison dépendrait de certaines conditions climatiques de l'année 
précédente et aussi de l'absence de réserves de glucides et de substances 
minérales, notamment d'aluminium, dans l'arbre épuisé par une abondante 
fructification précédente (A. Hartig et Gaumann). 

Dans une Note publiée en 1944 (*)? j a * montré, me référant aux travaux 
de Hickel, de Chouard et de Ghadefaud, que des facteurs hormonaux 
intervenaient aussi pour provoquer la floraison. Quand l'arbre est parvenu 
à l'âge de maturité sexuelle vraie, si l'année qui précède l'année de floraison 
a réalisé des conditions favorables (printemps chaud et humide), la floraison 
aura lieu l'année suivante, mais il s'écoulera de longs mois avant le déblocage 
de l'hormone de floraison. Les conditions écologiques de l'hiver seraient sans 
importance su moins que les bourgeons à fleurs ne soient gelés. Mais les gelées 
de l'hiver 1947-19,48 n'ont pas été rigoureuses. Ce n'est pas non plus 
la fatigue des arbres et l'absence de réserves d'aliments qu'il faut incriminer, 
puisque malgré les floraisons et fructifications copieuses de iQ47> il existait 
cependant sur les boulevards un assez grand nombre d'exemplaires en état 
de nubilité sexuelle et qui n'avaient cependant pas encore fleuri, ni 
fructifié. Ils n'avaient donc pas de réserves à reconstituer. 

Nous pensons que l'action des phytohormones agissant dès le printemps de 
l'année précédente est évidente, et c'est sans doute parce que le printemps 
de 1947 fut froid et humide, peu ensoleillé, que ces phytohormones de floraison 
n'ont pas pris naissance. Cette espèce, bien qu'acclimatée chez nous et très 
résistante aux froids hivernaux, est encore dépaysée et ne s'est pas encore 
adaptée à nos rythmes saisonniers; les printemps chauds et lumineux ne sont 
pas fréquents et la phytosynthèse du carbone est déficiente. 

C'est sans -doute la principale raison pour laquelle le Cedrela sinehsîs fleurit 
et fructifie irrégulièrement chez nous, alors que l'Ailante provenant des mêmes 
régions, mais introduit et répandu chez nous depuis au moins 25o ans, donne 
presque chaque année des graines fertiles nombreuses, qui se réensemencent 
abondamment dans les jardins et sur les lieux vagues de Paris. Contrairement 



(*) Comptes rendus, 219, 194^ P> 227-229. 



SÉANCE DU 2 AOUT ig48. ^ 3 2 5 

auCedrela il est parfaitement acclimaté dans la région parisienne. Le problème 
de l'acclimatement tant pour les plantes que pour les animaux et même pour 
l'homme pose encore beaucoup de problèmes à résoudre. 

cytologie. — Étude au microscope de phase, à l'état vivant, des cellules 
alvéolaires du poumon de Mammifère. Note de M. Albert Policàrd. 

De très petits fragments de parenchyme pulmonaire de Rat (zone périphé- 
rique, plèvre exclue) sont rapidement dissociés dans du liquide de Tyrode et 
examinés au microscope de phase (type Cooke, de York). Les constatations 
suivantes ont pu être faites en ce qui concerne les cellules du revêtement 
alvéolaire. 

Les noyaux de ces éléments, de 6 à 8 ja, sphériques avec une face plus aplatie, 
montrent une limite périphérique nette/ un gros nucléole homogène (rarement 
deux), plus réfringent que le suc nucléaire ambiant (dimensions 1 à i,5^) et 
un contenu nucléaire homogène, offrant seulement quelques rares masses plus 
ou moins étoilées ou filamenteuses, assez peu réfringentes, isolées les unes des. 
autres et semblant représenter les éléments chromatiniens. 
. Dans le cytoplasma des plus petites cellules (8 à 12^) se trouvent de très 
nombreuses granulations très réfringentes, de forme sphérique ou polyédrique. 
Leurs dimensions très régulières sont de o,3 à o,5jjl environ. Ces granulations 
se montrent spécialement nombreuses en certains points où elles forment des 
amas. Dans la plupart des cellules les plus petites/un tel amas se trouve plaqué 
contre la face plane ou excavée du noyau. Dans les cellules alvéolaires fusi- 
formes, on peut constater deux amas granuleux opposés. Par contre/dans lès 
cellules alvéolaires plus, grandes (plus de 12^), les granulations sont disper- 
sées dans tous le protoplasma d'une façon à peu près régulière; elles sont 
isolées et paraissent relativement moins nombreuses. 

Aucune cellule ne montre moins d'une soixantaine de granulations sur une 
coupe optique. - - . - . 

Ces granulations apparaissent toujours beaucoup plus réfringentes que 
le cytoplasma environnant. En aucun point, on ne constate de vacuoles 
c'est-à-dire d'enclaves de même forme mais à contenu moins réfringent que 
le milieu ambiant. 

Entre les granulations ^e trouve un cytoplasma fondamental homogène 
dans lequel on n'a pu constater d'autres enclaves, en particulier pas de mito- 
chondries filamenteuses. Il faut remarquer que l'accumulation de granulations 
réfringentes n'est pas favorable à leur détection. Cependant, dans les grandes 
cellules sans granulations en amas, aucune mitochondrïe n'a pu être décelée. 

A la périphérie des cellules, la limite est marquée par une ligne très fine, 
mais très nette dans les petites cellules, beaucoup moins dans les grandes. 

Autant qu'il est possible d'en juger dans des préparations d'un tissu aussi 



3 2 6 ' ACADÉMIE DES SCIENCES. 

difficile à dissocier que le parenchyme pulmonaire, les cellules septales ne 
paraissent pas différer^ des cellules alvéolaires. Les cellules endothéhales 
au contraire ne montrent pas de granulations. Il en est de même des cellules 

du revêtement bronchiolaire. . 

Ces observations au microscope à contraste dé phase sur des cellules 
vivantes, n'ayant subi aucun traitement par des réactifs coagulants, tendent 
à confirmer ta notion soutenue depuis longtemps par maints histologistes 
que les cellules alvéolaires du poumon des Mammifères renferment des 
granulations. La nature exacte de celles-ci reste à préciser. 

..'..- CORRESPONDANCE. 

M. le Secrétaire perpétuel signale parmi les pièces imprimées de la 

Correspondance : *, ■ ' 

i° Augustin Boutaric. Pierre Lecomte du Noùy. 

a* ïïomenajeal Profesor Pedro Belou en el 28 ano de su ejerciciodocente en la 

catedra universitaria (Buenos Aires). 

* . '. "•■-"■. ■■-'.'..' * .. ■ . . 

.■--". ■ ■ •■ ■ * 

MÉCANIQUE RATIONNELLE. - Sur l'invariance des équations de la Mécanique 
dans un changement du système dei-éférence.Kotede M. Jean Masdel, 
présentée par M. Jean Chazy. . : ■ . 

La question posée est la suivante. Gn considère un système matériel S et 
deux systèmes de référence S, et.S 2 . Une même proposition de Mécanique 
peut être appliquée, soit dans le mouvement de S par rapport à S, (mouve- 
ment 1), soit dans le mouvement de S par rapport à S, (mouvement 2); 
il doit être entendu que dans les deux cas on utilise les mêmes variables pour 
définir la position de S. Dans ces conditions obtient-on dans les deux cas les 

mêmes équations? ; 

Par exemple, si le système matériel S dépend d'un nombre fini » de para- 
mètres q, les variables devront être dans les deux cas les mêmes paramètres q. 
Formons les n équations d'Appell (ou de Lagrange) dans le mouvement 1, 
puis les n équations d'Appell (ou de Lagrange) daifc le mouvement 2. L'équa- 
tion relative au paramètre q t dans le second système est évidemment une 
combinaison des équations du premier système. Mais il n'est, pas évident 
qu'elle coïncide avec l'équation relative au même paramètre q t dans le premier 
système. On peut établir ici que la coïncidence a lieu, en observant -que, dans 
l'énergie d'accélération, la partie homogène du second degré par rapport aux 
dérivées secondes f des paramètres, ou, dans la force vive, la partie homogène 
du second degré par rapport aux dérivées premières q', sont invariantes. Alors 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. * , 827 

les termes en q" dans les équations relatives à un même paramètre et aux mou- 
vements 1 et 2 coïncident, et ceci entraîne la coïncidence des équations. 

Le principe des travaux virtuels, dont on peut faire dériver toutes les propo- 
sitions de la Mécanique, fournit une réponse générale à la question posée. 
. Il s'écrit ' -.■■.' 

M désignant le centre d'un élément matériel de masse m, SM le déplacement 
virtuel de M, F la force appliquée à l'élément M,' y l'accélération de M (force 
et accélération relatives aux axes choisis). Gomme la diïférence my— • F est 
invariante dans un changement d'axes, une équation fournie par le principe 
des travaux virtuels sera elle-même invariante, si le déplacement virtuel corres- 
pondant SM est invariant, c'est-à-dire est le même dans S, et dans S 2 . 

En conséquence une équation d'Appeil, ou de Lagrange pour un système 
holonome, relative à un paramètre q t est invariante. Car on obtient cette 
équation en appliquant le principe des travaux virtuels au déplacement 
$M.-=(.àMldqi)oqi correspondant à la variation du seul paramètre q t * cette 
; variation, effectuée à t constant, ne fait pas intervenir le mouvement des axes, 
de sorte que le déplacement virtuel est le même dans S f et dans S 2 . . 

De même, les théorèmes de là quantité de mouvement ou du moment 
cinétique appliqués en projection sur une droite A invariante, la même dans le 
mouvement 1 et dans le mouvement 2, fournissent des équations invariantes : 
le déplacement, virtuel à considérer étant une translation parallèle à A, ou une 
rotation autour de A, donc un déplacement invariant. 

Le "théorème de- la force vive, au contraire, ne donne pas une équation 
invariante, car on obtient ce théorème en prenant pour déplacement virtuel le 
déplacement réel çh>. Or, la vitesse v dépend du système de référence utilisé. 
Mais, pour les systèmes à liaisons holonomes dépendant d'un nombre fini 
de paramètres., la relation de Painlevé donne une équation invariante, puis- 
qu'elle est une combinaison linéaire invariante des équations de Lagrange/ On 
obtient d'ailleurs cette relation en prenant comme déplacement virtuel, non 
pas le déplacement réel , 

qui n'est pas invariant parce que àM/àt ne l'est pas, mais le déplacement compa- 
tible avec les liaisons à t constant, donc invariant 

Ces deux déplacements peuvent coïncider dans un système de référence S< par 



3 2 8 * ACADÉMIE DES SCIENCES. 

rapport auquel les liaisons sont indépendantes du temps; dans ce cas, l'équation 
de Painlevé et l'équation des forces vives coïncident dans le mouvement ï. Mais 
la coïncidence des deux déplacements, et par suite la coïncidence des deux / 
équations, n'ont plus lieu dans le mouvement 2 ; seule la relation de Painlevé 
est invariante. 

HYDRAULIQUE. — Sur les changements de régime dans les canalisations. Proba- 
bilités d'existence des régimes et corrections. Note (*) de M. Louis A. Sackmann, 
présentée par M. Henri Villat. 

Dans une précédente Note (*) nous avons publié une étude statistique de la 
transition entre les régimes laminaire et turbulent dans un tube, en faisant 
appel aux probabilités d'existence des régimes participant au phénomène. 

Nous allons à présent justifier cette notion de probabilités, à l'aide d'hypo- 
thèses simples sur la nature physique de l'écoulement non permanent, pour 
établir les lois linéaires qui lient les grandeurs moyennes, mesurables, aux 
grandeurs instantanées,' variables en fonction du temps. 

Hypothèses sur V alternance des régimes et les" probabilités d'existence. — Le 
changement de régime s'effectue dans une canalisation lisse, alimentée par un 
réservoir de charge, et débitant en jet libre (dispositif de Reynolds). Le tube, 
relativement court, mesure cependant plusieurs fois la longueur du parcours 
d'entrée', ainsi l'on pourra réaliser et observer aisément les oscillations du jet 
au cours du passage classique d'un régime à l'autre. 

Des mesures quantitatives avaient montré, antérieurement, que les régimes 
alternants limites, correspondant aux portées extrêmes du jet oscillant, sont du 
type laminaire ou turbulent nettement établi (la vitesse de débit moyenne U 
est encadrée par les vitesses de débit instantanées U L et U T ). 

L'expérience montre de plus, qualitativement, par le mouvement saccadé du 
jet libre, que la portée de ce dernier oscille alternativement entre deux limites 
extrêmes et fixes, en s'y stabilisant temporairement, au hasard des alternances, 
mais sans jamais" s'immobiliser à une position intermédiaire. 

Nous pouvons donc admettre, en première approximation, que les régimes 
participants se succèdent brutalement l'un à l'autre, avec des durées irrégulières 
certes, mais de nature laminaire ou turbulente seulement, ce qui revient à 
assimiler le régime 4u moment au régime extrême qui le limite. 

Dès lors, pour une durée de mesure t comprenant un grand nombre d'alter- 
nances de durée Aï, nous pouvons attribuer aux régimes alternants (laminaire 
et turbulent) les probabilités d'existence ce et 1 — a?, nombres complémentaires 
intervenant dans le calcul des moyennes de toutes les grandeurs variables : les 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 

(*) L. A. Sackmann, Comptes rendus, 226, 19/^8, p. 1887, 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. 320, 

vitesses et les pressions. Nous aurons ainsi les deux équations : 

Or la perte de charge linéaire A/>/A/ se déduit de la perte de charge totale AP 
par l'intervention de la correction' de force vive Ap' : 

m A ^ — AP V - A , 7 pu 2 ■ 

\ 6 ) tt=t7— rr avec- Ao /! r=^.J- 



(2) 



Â7 = A7~Â7" avec L P'~ k - 



2 



Le coefficient A a des valeurs différentes k L et £ T en régime laminaire et en 
régime turbulent; celles-ci sont donc valables, définitivement à l'extérieur de 
la transition, et d'une manière intermittente à l'intérieur selon la nature du 
régime du moment; nous calculerons la valeur moyenne de k y fonction de ce. 
Calculée la correction moyenne en force vive. — "Sa valeur moyenne sera 

'(4") A y=^[^A/ tj Ai + 2A^A^^^A^+(i-^)A;?i>. 

D'où l'identité suivante, en tenant compte de l'équation (3) 

(5) ' ' k^ = xhjM + ^-^k^: . 



* Ce qui donne l'expression, provisoire, du coefficient h " * 

(6)* . fr_ a?'* L U£+(x^a;)* T Uj _ 

» ^ ■■;... 

Introduisons la variable auxiliaire de l'écart des vitesses U L — U T =^AU. 
L'expression (6) deviendra, après une transformation facile, à l'aide de ( 1 ) 

(7) . *= [xk L -h-(i — x)k T \ + s, . " - 

L'expression du coefficient k est linéaire, au terme correctif t près, dont le 
maximum ne représente que- quelques % du terme principal. 

Conclusions. — Il s'agit de déterminer les probabilités d'existence. 

Nous pouvons d'abord déduire les valeurs de x indirectement, par le calcul, 
à partir des données expérimentales du phénomène moyen. Tel était l'objet de 
la précédente Note ('), fournissant du reste le nombre de Reynolds critique. 

Nous pouvons ensuite chercher à les trouver directement, par des mesures, à 
partir de l'enregistrement du phénomène. Tel sera l'objet de travaux futurs. ' 



33o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

MÉCANIQUE CÉLESTE. — Un projectile issu d un astre peut-il devenir 
le satellite de cet astre? Note de M. Constantin Popovici, présentée 
par M. Jean Chazy. 

I. La réponse est négative, si le projectile n'est pas autopropulsé, et si l'astre 
est obscur, et cela quelles que soient la loi d'attraction et la distribution des 
couches atmosphériques. - 

II. La réponse est affirmative, û Fastre est lumineux, avec une loi d'attrac- 
tion et une atmosphère convenables. 

III. Un photon peut devenir le satellite d'un astre obscur ou lumineux, et 
circule sur une orbite intérieure à l'atmosphère de cet astre. 

M. Esclangon et M, Chazy ont traité ('*) le problème d'un satellite artificiel 
de la Terre, soumis à l'attraction newtonienne. Notre but est de retrouver en 
partie leurs résultats, et d'étendre ces résultats à une loi d'attraction et à une 
distribution des couches atmosphériques quelconques, enfin d'indiquer que, 
lorsque l'astre est lumineux, il est possible qu'il engendre un satellite perma- 
nent. Dans notre étude, nous considérons des lois d'attraction et de répulsion ■ 
arbitraires en une certaine mesure, et nous obtenons sans calculs des résultats 

qualitatifs. 

I. Si l'astre fixe, attractif ou répulsif, est formé de couches sphériques 
homogènes, quelle que soit la. force radiale qui s'exerce entre deux points, les 
forces exercées par l'astre sur un satellite admettent une résultante centrale 
par symétrie. Mais l'expression de cette résultante pourra avoir une forme 
analytique différente delà force qui s'exerce entre deux points. D'ailleurs la 
résultante statique de la pression de la lumière est aussi newtonienne, et 
proportionnelle à la surface du grand cercle de l'astre. . 

Quelle que soit l'expression d'une loi de force continue en fonction de la 
distance, les trajectoires sont réversibles. Supposons qu'une trajectoire 
présente un axe de*symétrie passant par le centre- et partons d'un sommet situé 
sur un tel axe. La trajectoire peut se fermer après un nombre entier de demi- 
révolutions, et le mouvement est périodique. Ou bien elle se compose de deux 
branches infinies symétriques; ou enfin elle passe une infinité de fois au 
voisinage de tout point d'une certaine région du plan. Si nous partons d'un 
sommet de distance périastre minima, une autopropulsion dans le vide pourra 
donner un satellite permanent. . 

. Une trajectoire ne peut être fermée que si, avec une vitesse initiale conve- 
nable, l'attraction est en général prédominante. Si l'attraction agit seule, la 
trajectoire est partout concave vers le centre, de forme ovale ; si la force attirante 
varie dans un sens constant le long de l'axe, l'ovale est allongé dans le sens de 



(*) Comptes rendus, 225, i^, p. 161, 5i3 et. 46g. 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. 33l 

cet axe. Si une trajectoire est une ellipse,, une propulsion dans le vide, limitée, 
fournira un satellite permanent circulant sur une ellipse bitangente à la surface 
de l'astre. - 

Si l'astre obscur présente une atmosphère, et si le satellite sort de cette 
atmosphère, il pourra y rentrer une ou plusieurs, fois, et finira par tomber sur 
l'astre. 

IL Si L'astre est lumineux, quelles que soient l'attraction et la pression de 
lumière, celle-ci fonction linéaire de la vitesse radiale, et moindre que 
l'attraction, il existe ( 2 ) une valeur de la vitesse initiale pour laquelle l'orbite 
est circulaire. Si un mobile est lancé avec une vitesse un peu supérieure, hori- 
zontale ou légèrement inclinée, le grand axe osculateur croît. 

Conséquence curieuse : il peut se former comme de petits nuages qui se 
stratifîent dans le vide et restent immobiles. En effet, les particules dont le 
rapport de la masse à la surface est tel que l'attraction et la répulsion se fassent 
équilibre, et lancées verticalement, se meuvent comme une bille de billard 
roulant avec frottement sur un plan horizontal. 

III. Un photon peut devenir le satellite d'un astre, en particulier, dans le 
cas où le rayon de courbure de la trajectoire lumineuse est égal au rayon d'une 
certaine couche de l'atmosphère. 

ASTROPHYSIQUE. — Étude polarimê trique de la lumière réfléchie par la 
surface du sol de la planète Mars. Note (*) de M. Audouin Dollfus, présentée 
par M. Bernard Lyot. 

i° La polarisation de la lumière des grandes régions de la planète Mars a 
été étudiée de 1922 à 1929, par B. Lyot, à l'observatoire de Meudon, avec 
un polarimètre à franges perfectionné ('). La stabilité de l'atmosphère à 
l'observatoire du Pic du Midi permet d'étudier des régions delà planète 
beaucoup plus petites. J'ai entrepris cette étude en février-mars 194&, avec 
la lunette de 6o cm et le même polarimètre (35o mesures). 

2 La polarisation d'une région de la planète voisine du centre du disque 
varie avec l'angle de vision V en définissant la courbe de polarisation observation 
normale. Elle varie légèrement avec l'obliquité de la région (distance au centre 
du disque dans le plan passant par le Soleil) en définissant la courbe de pola- 
risation par diffusion oblique, lorsque V = o. La polarisation de Mars résulte 
de quatre effets : le sol, l'atmosphère, les nuages blancs, les nuages violets. 
J'examine ici la polarisation du sol seulement, en sélectionnant les mesures 



( 2 ) Comptes rendus, 226 ? 19.48, p. 1200. 

(*) Séance du 19 juillet 1948. - 

{ l ) B.-Lyot, Thèse, 1929; Ann. Obt. Meudon, 8 ; i, p. 46 et 61. 



332 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



X 



dépourvues de nuages. Dans une Noie suivante j'examinerai la polarisation 
des nuages et de l'atmosphère ( 2 ). 

3° Polarisation observation normale du sol. — Les régions claires orangées 
ont une courbe de polarisation représentée par la figure i . Les régions sombres se 
divisent en 2 groupes : les régions equatorial.es (Syrtis May . , A urorm -S. , Yapigia, 
Cimmérium M.) ont une courbe de polarisation analogue à celle de la Lune 
(fig. 2). Les régions Nord (Boreosyrtù, Panchaia, Niliacush. y AcidaliumM.), 



KEttONS CLAIRES *« SOL. 




• RtfrlONS SOMBRES EOUATOaiAltS 
O UtlOMt 40MSR.EJ BOfUME* ; 



14 H 1$ 3ù « H* 




, 5 .4 »v*«w* 



**% < 



Fig. 1. 



U «6 « *» « M *+ "»« 

Fig. a.- 



situées au voisinage de la calotte polaire en fusion, ont une polarisation négative 
beaucoup plus forte, difficilement attribuable à l'atmosphère sus-jacente ou à 
l'obliquité de ces régions, mais à rapprocher des' modifications saisonnières 
d'intensité et de couleur de ces taches au printemps martien ( 2 ) {fig. 2). 



o 



CAUOTTÉ POt-AIM 





p 














* 




-A 




•y 


m 




- > 


■ \*\_ 


* ^s 






-a 


0" 
\ 


' — -■■"-« 


• 




-H 


* 

\ 
■\° 


• * 






•£i> 











-î; 








V 



Fig. 3. 



%> polarisation de la calotte polaire. — Cette polarisation est variable et les 
mesures sont dispersées. Là courbe moyenne est négative (^.3). Les taches 



. ( 2 ) G, Fournieb, L'Astronomie, août 1939, p. 348. 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. 333 

sombres visibles dans la calotte ont une polarisation presque. nulle. Le contour 
montre par places, pendant la fusion, une bordure très brillante, dont la polari- 
sation, très anormalement forte, dépasse 22 «/„„ pour V = 12°. 

5° Polarisation du sol par diffusion oblique. - J'ai mesuré/à de nombreuses 
reprises, la .polarisation des régions claires à des distances croissantes du centre 
du disque (obliquité croissante), sélectionné les mesures non entachées par des 
nuages, et corrigé l'influence faible de la polarisation atmosphérique (*) I es 
régions claires de Mars manifestent alors, du centre au bord, une variation de 
la polarisation qui diffère sans doute peu de la polarisation par diffusion 
oblique et qui atteint - , •/., pour une obliquité de 65<V Ce résultat révèle une 
diflerence importante entre les structures des sols de Mars et de la Lune (') 

On retrouve qualitativement ce résultat en oriehtant-le polarimètre à 45» du 
plan de polarisation pour annuler la polarisation directe et en observant en 
1 absence de nuage, au bord du disque, à ±45° du plan passant parle Soleil 

Appliquées aux régions sombres, ces méthodes n'ont pas permis de conclure 
a cause de l'importance accrue des effets atmosphériques. De telles influences 
ne sauraient toutefois être fortes. ■ ■ -. 

ASTROPHYSIQUE. - Sur le spectre de Nova Serpentis 1948 
Note (.*.)_ de M"« Habib Bloch, présentée par M. Bernard Lyot. '.... 

Le spectre de Nova Serpentis, un peu plus d'un mois après sa découverte 
(9 avril), a ete décrit sommairement par M™ Herman ('),- d'après ses 
observations des 12 et 14 mai. Nous l'avons photographié -à l'Observatoire de 






fgi2 C3-, "S 1 



£• ^ « ugï ESC? t« S S JS r^ t2 S3oR « ?£ K 10 U) tDWirt M>LOOJ- 

'il' il 11! t 1 11 11 Iff ^-^7 ^^ 'SKS-SsSS 1 



! ! ' i I J ! ! Ml 




Spectre de A r ot;# Serpentis 1948» le j" juin iq48. 



Haute-Provence à partir du 3o mai, avec le spectrographe à ud prisme de fïint 
monte sur le télescope de 1 20- d'ouverture, dont la dispersion est plus grande 
( 7 5 À/mm vers H T? i2oÂ/mm vers H 3 , 35o Â/mm vers H a ). Nos clichés 



( 3 ) Note aux Comptes rendus à paraître prochainement. 
O Séance du 28 juin 1948. 
C 1 ) Comptes rendus, 226, 1948, p. 1800. 
C. R,, 1948, 2» Semestre, (T, 227, N* B,) 



22 



334 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

obtenus sur plaques Eastman io3 a C montrent, de 3 800 à 6Ô00Â environ, 
un plus grand nombre de raies et permettent des mesures plus précises, 

L'aspect général du spectre n'a pas varié de façon appréciable du 1 2 mai au 
12 iuin Des raies d'émission, dont quelques-unes très intenses, sont visibles, 
sur un fond continu très faible, décelable seulement dans la région rouge ou la 
plaque est particulièrement sensible.' Nous donnons ci-dessous la liste. des 
éléments identifies, en commençant par ceux qui donnent les raies les plus 

fortes : . ' 

H, de H. à H ? ;.' 

[OUI], 5oo 7 ,4959, 4363 A; ^Vq/kk/k l fi« 

N III, 464o très brillante, 6466, 4546 et le groupe 45i8-45i5-45ii À (îe^ 

autres raies importantes sont blend avec H p , H Y et Hell 4aoo A); 

Hell, 4686 A très forte ; • . , '„ 

[N II], 5^55 Atrèsbrillante;les raies 7J<?6^aîmnepeuventetresepareescleU«;: 

Hel, 58?5 intense, b-jià, 447 1 » 3888 A '" . It . ' , 

NV 46o5 A, très forte (NU y contribue par les raies 4607 et 4601 A; 

[01], montre les deux raies tabulaires €3oo et 6364 A, non la raie auromk 

IFe VH1 donne une forte raie à 6o85Â et d'autres à 5719, 5i58, 4893, 
4.940 A;la contribution de [CaV] à la raie 6o85 A est peu probable, puisqu'on 

n'a pas caractérise la.raie 53o8 A; v 

[FeVI] présente des raies importantes à 5678A (blend avec Nil) et 5177.A; 

N IL avec le groupe 494a-6 9 32 A qui donne une raie forte à 5 9 3 7 À et avec 

la raie 3 99 5 A; les autres raies principales de N II sont blend : 5679-5676- 

5667 avec [Fe VI], 5oo7-5oo5-5ooi avec [O III], 46oi avec N V; 

[S II], 4o68, 4076 À; 

rNelII], 3868 et 3968 A (cette dernière superposée a H e ); 

O VI, à qui l'on peut attribuer une large raie vers 5 2 8 9 A, correspondant 
au groupe 5279-5289-5291-5292-5298 A; 

CIV, le doublet non résolu 58i2-58o2 A donne une raie importante à 

5807 A; . 

C II, représenté par 4267 A ; ,?,,/%. 

IFe II], caractérisé par ses plus fortes raies 44i4, 4287, 4a7°> 4a 44 A. 

Des raies faibles à 4229, 4t79> 4i36 A pourraient être attribuées à [Fe V j. 

Une raie assez intense à 6195 A n'a pu être identifiée. ^ ,._ 

Par suite de la largeur des raies, la raie coronale [Fe X] 63 7 4 A, signalée 
par Wellmann (»), est partiellement superposée à [O I] 6364 A, qui présente, 
par rapport à [0 I] 63oo A, une intensité et une largeur anormales. Les enre- 
gistrements à grande échelle font d'ailleurs apparaître- un maximum a 
63 7 4±i A. 



( 



>) Circulaire de l'Union Astronomique Internationale, n° 1153, 



SÉANCE DU 1 AOUT 1948. 335 

En résumé, le spectre de Nom serpentis est bien celui d'une nova au début 
dû stade nébulaire, avec la raie aurorale 4363 Â plus forte que les raies 
nêbulaires 6009 et 4969 Â ( 3 ). Il est en outre caractérisé par la présence 
simultanée de degrés d'ionisation très différents des mêmes atomes : [Fell] en 
même temps que [FeVI], [FeVII] et [FeX], [01] avec [OUI] et [OVI], 
NIIavecJNIIIetNV, ClIavecCiV. Mais les plus fortes ionisations prédominent, 
et l'on comprend que, dans ces .conditions, NUI puisse donner son spectre 
complet de recombinaison (4-7,â.eV), au lieu des quelques raies sélectionnées, 
par le mécanisme de fluorescence de Bowen, qu'on avait seules trouvées dans 
Nova Heroulis 1 934 ( 4 ) et Nova T Coronse Borealîs 1 946 ( 5 ). 

MÉTROLOGIE. — Instruments de mesures, division sur verre de limbes > 

* ■ - » ■ 

d'instruments. Note de MM. François Delhomme et Jacques 

Martin, présentée par M. Georges Poivilliers. 

Certains instruments de géodésie réalisés à l'étranger doivent leur supériorité 
à la division de leurs limbes en verre. La graduation est obtenue par gravure à 
l'acide fluorhydrique : elle est observée par réflexion à travers le limbe à l'aide 
de dispositifs appropriés. Ce mode d'observation exige, d'une part le noircisse-, 
ment des traits après morsure par l'acide, d'autre part une argenture chimique 
de la surface gravée, suivie d'un cuivrage et d'un vernissage. 

La largeur des traits, est de l'ordre de quelques microns et certains limbes de 
moins de io cm de diamètre peuvent en comporter plusieurs milliers. On conçoit 
qu'il s'agisse d'une technique particulièrement délicate. 

Des essais effectués depuis plusieurs années dansJes laboratoires de l'Institut 
Géographique National ont fait ressortir la possibilité d'éviter l'attaque à l'acide 
tout en simplifiant les opérations de protection de la division. 

. La technique en repose sur le fait que certaines couches métalliques très 
minces, obtenues par distillation dans le vide moléculaire, sont très adhérentes 
au verre, épousent la dilatation ouïe retrait du support, peuvent avoir un grand 
pouvoir réflecteur et se laissent entamer facilement par l'outil d'une machine à 
diviser. La charge de l'outil doit être calculée pour découvrir le verre sans 
l'entamer. Après la chiffraison des traits par le même procédé, il suffît de 
recouvrir la métallisation d'un vernis noir spécial ; ce vernis joue le double rôle 
de protéger le métal contre la corrosion et de faire ressortir la graduation dans 
les microscopes de lecture. 

Les laboratoires ont mis à profit le développement de la science du vide pen- 
dant ces dernières années, pour réaliser une installation d'étude donnant un 

( 3 ). J. Dufay et M. Blocii, Zeits. fur Astrophysik, 13, 1937, p/36. 

( 4 ) M. Bloch et J. Dufay, Comptes rendus, 201, 1935, p. i463. 

( 5 ) M. Bloch, Comptes rendus, 224, 1947, p. 802. 



336 ACADÉMIE DÉS SCIENCES. 

vide poussé, qui a permis la volatilisation de nombreux métaux et leur conden- 
sation en couches homogènes sur les limbes à diviser. L'homogénéité de la 
couche a été obtenue au début par des séries de sources disposées circulairement ; 
actuellementlarotationdelapiecearecouvrirestprefer.ee. 

Deux métaux ont été spécialement retenus : le plomb et l'aluminium. 

Division sur plomb. - Le plomb est volatilisé sur ruban (molybdène, - 
tungstène, tantale). Les couches obtenues sont tendres et se laissent entamer 
facilement par l'outil sous faible charge. En couches, assez épaisses (plus que 
l'opacité totale), il y à adhérence remarquable au verre. La couche se révèle 
résistante à la corrosion et son pouvoir réflecteur, bien que faible, suint à la 
visibilité de la graduation, . '; . 

Par contre la forte densité du plomb rend son évaporation difficile. Four que 
les particules'évaporées aient une énergie suffisante, il doit être porté à i5oo» 
environ. D'autre part, il convient d'assurer un vide poussé tel que le libre 
parcours moyen des molécules soit supérieur à la distance de la source a la 
pièce à métalliser. On sait que ce libre parcours moyen,! est donné par 



.jr|o , -t-'V"J*n 



où a est le diamètre des molécules du gaz ambiant en équilibre; ■ • 

V est le diamètre des molécules du métal projeté ; . 

n est le nombre de molécules par centimètre cube. -,,,-. - 

Si -la vapeur de plomb était monoatomique comme il serait normal à l'équi- 
libre il suffirait de pousser. le vide à lo-'mm de mercure; mais l'évaporation 
étant un phénomène essentiellement irréversible, les particules projetées sont 
poiyatomiques; en outre, il est apparu que le faisceau de ces. particules 
entraîne des molécules du gaz ambiant, ce qui augmente la pression au voisi- 
nage de la pièce à métalliser. Des irrégularités ont été constatées ; il-a été alors 
fait appel à une installation où il était possible d'obtenir- un vide plus pousse 
et surtout un débit suffisant pour combattre les dégazages des rubans 
chauffants; ceux de molybdène ont par ailleurs tendance à se sublimer avant . 
volatilisation du plomb, ce qui compromet souvent l'adhérence du. métal sur 

le support. „ ., n j 

Division sur aluminium..- L'aluminium s'évapore facilement sur fil de 

tungstène sous un vide de-io"' mm de mercure. La tensicm de sa vapeur au 
point triple (970» absolus) est de 5. io-°mm de mercure; elle croît très rapi- 
dement avec la température, et il suffit de porter le métal à 900° environ pour 
obtenir une bonne évaporation. Mais pour que la métallisation permette une 
coupe franche de l'outil, on ne doit pas dépasser le stade d'une semi-aluminure 
(densité optique de 1,2 environ). 

La couche d'aluminium résiste mal à la corrosion, et il est nécessaire de 
l'enrober assez rapidement sous le vernis protecteur. Moyennant cette pré- 



SÉANCE DU 2 AOUT 10^8. 337 

caution, les surfaces ne présentent aucune altération après être demeurées 
5o jours en étuve dans une almosphère saturée de vapeur d'eau de mer à 5o°. 

Le pouvoir réflecteur de l'aluminium, particulièrement élevé, assure un fond 
très brillant sur lequel les traits se détachent en noir intense avec un maximum 
de contraste. 

La division sur aluminium présente un inconvénient qui a paru dirimant de 
prime abord : l'usure rapide des, outils, produit tant par la présence dans la 
couche d'alumine anhydre formant abrasif, que par la très faible épaisseur de 
. la couche elle-même, qui fait que l'outil n'est pas protégé dans sa chute sur le 
verre, comme c'est le cas avec le plomb ou le vernis. Les outils en carbure de 
tungstène ont permis d'éviter cette difficulté; ils se stabilisent à 6 ou 7 microns, 
et un limbe de 4ooo traits est divisé sans variation de l'épaisseur des traits. 

Dès à présent, des limbes ont été divisés en utilisant la nouvelle technique 
exposée çi-dessus. Certains ont même été montés sur des appareils en service. 
Les utilisateurs ne les différencient pas de- ceux provenant de l'industrie étran- 
gère dont la France était jusqu'ici largement tributaire dans ce domaine. 

Ce procédé est susceptible d'applications plus générales telles que réglettes 
divisées linéaires, mires photographiques de précision, etc. 

RADIOÉLECTRICITÉ. — Extension, aux radio goniomètres d'atmosphériques, de 
la définition du seuil de fonctionnement par un flux d'impulsion. Note de 
M. Fernand Carbenat, présentée par M. Camille Gutton. 

'Nous avons défini, dans une Note antérieure ( 1 ), par le flux d'impulsion par - 
mètre, le seuil de fonctionnement des récepteurs-enregistreurs du niveau 
moyen des atmosphériques et nous avons interprété, dans une Note précé- 
dente ( 2 ), le résultat des mesures de flux d'impulsion par mètre effectuées sur 
les appareils du Laboratoire National de Radioélectricité, 

La présente Note a pour objet d'étendre aux radiogoniomètres d'atmosphé- 
riques la définition du seuil de fonctionnement par un flux d'impulsion. 

Les - radiogoniomètres d'atmosphériques comportent généralement des cadres 
fixes ou mobiles accordés et combinés ou non avec une antenne de lever de 
doute, et le seuil de fonctionnement peut êlre défini par l'impulsion d'une force 
électromotrice induite de forme déterminée dans un cadre de l'appareil (de 
N spires de surface S) convenablement orienté : 

en désignant par H l'intensité du vecteur magnétique horizontal du champ et 6 

^ ■■■iM m i-^. . — *■.» il ■■■«! ■ m il, i. m i ■ —1 !-■ ■■■ ■ 1 1 il 1 ■ ■ 11 n il 1 ■ pi ■■ . 1 1 ■|in il p. i i ■ 1.1.11 H t ■■ ■■■ ■ w 4-1 — ■.■■■ ■ .?■■■*■ i..tH ■ 1 * n 1 III t ■ I i^.—.imim 

C 1 ) Comptes rendus, 226, ig48, p.1710. 
( 2 j Comptes rendus, 227, 1948, p. 5i. 



333 ACADÉMIE DES SCIENCES.' 

la durée de l'impulsion suffisamment petite devant la période d'accord T de 

l'appareil. 

Avec un champ H =H<> -exp(— */t ) dont la constante de temps t 6 est une 
fraction inférieure à 0/5, le flux d'impulsion $, sensiblement égal à NSH , . 
peut être facilement constitué par la variation exponentielle d'un courant 
d'intensité i dans un circuit, de constante de temps <r , couplé au cadre par une 
inductance mutuelle M . En réglant l'intensité * à la valeur I s exp (- */* ) corres- 
pondant au seuil de fonctionnement, le flux d'impulsion est 

* c =NSH s =:MI s , 

et l'intensité du champ magnétique H S = MI S /NS définit le seuil de fonctionne- 
ment du radiogoniomètre, si une antenne de lever de doute ne participe pas à 

ce fonctionnement. 

Les radiogoniomètres à secteur étroit ( 3 ), utilisés pour la localisation des 
atmosphériques, comportent un circuit d'entrée accordé soumis, en ce qui 
concerne le dispositif inscripteur, à l'action : - 

i° d'une force électromotrice — -NS(</H/rf*) induite dans le cadre inscripteur\ 
2° d'une différence de potentiel u aux bornes d'une résistance R intercalée à 
la base de l'antenne de lever de doute ( 4 ), siège d'une force électromotrice e 
proportionnelle à l'intensité F du vecteur électrique vertical du champ 

« — R T ^ —zjix~^ (avec t a — Ry), , 

h k et y étant respectivement la hauteur effective et la capacité, par rapport à la 
terre, de l'antenne de lever de doute. 

Pour une onde plane, de vitesse de propagation c, la force électromotrice 
induite dans-le cadre est réglée à une valeur égale à la différence de potentiel «, 
afin d'obtenir le diagramme de la cardioide, ce qui implique de satisfaire 

à l'égalité . ^ TC , . 

h t a A a c = NS. 

Le seuil de fonctionnement du radiogoniomètre peut alors être défini soit 
par le flux d'impulsion # c d'une force électromotrice induite dans le cadre 
inscripteur par un champ H s exp(— ï/%), soit par le flux d'impulsion $ R d'une 
différence de potentiel u, aux bornes de la résistance R, provoquée par une 
force électromotrice e = h A F s exp(— tfa) induite dans l'antenne 

$ C =NSH S , ®r= / udt=zr A h A F s . 

-^0 



( 3 )-R. Bureau, Lès foyers d'atmosphériques (Mémorial de l 'Office National Météo- 
rologique de France, n° 25, ig36). F. Carbenay, Radiogoniomètre à secteur étroit pour 
la localisation des atmosphériques (Note préliminaire n° 101 du Laboratoire National 
de Radioélectricité). 

(*) Comptes rendus, ,222, 1946, p. 63. . 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. 33o, 

Les flux d'impulsion $ e et $ R sont égaux ( 5 ), d'après l'égalité précédente, 
si F s — cH s , et le seuil de fonctionnement du radiogoniomètre sera défini par 
l'intensité H s ou F s du champ magnétique ou du champ électrique divisée 
par 2 pour tenir compte de la composition, en fonctionnement normal, de 
l'antenne et du cadre. 

m. 

Les flux <b c ou $ R se mesurent aisément par Tune des méthodes exposées dans 
une Note antérieure ou dans ce qui précède en réalisant, par exemple, avec un 
cadre fixe faisant partie de l'appareil, le circuit inducteur de constante de 
temps t couplé au cadre inscripteur par l'inductance mutuelle M". On a ainsi 
trouvé pour un radiogoniomètre à secteur étroit du Laboratoire National de 
Radioélectricité, avec t compris entre o,5 et 1 microseconde : 

Mis— 3 maxwellsj H s ^z 0,57. 1er- 6 gauss, F s zzr 17 millivolts par mètre. 

ÉLEGTROGHIMIE. — Sur V osmose électrique. 
Note de M. Eugène Darmois, transmise par M. Aimé Cotton. 

Helmholtz a fait l'hypothèse qu'une couche double d'électricité, analogue à 
celle que l'on admettait au contact de deux métaux, existait au contact de 
deux corps quelconques. Dans une Note récente, j'ai montré que l'idée 
d'Helmholtz était inexacte pour les contacts métal-isolant et isolant-isolant; le 
développement de l'électricité de, frottement est dû, non pas au simple contact, 
mais réellement au frottement qui détruit, une pellicule superficielle de l'un des 
deux corps au moins, avec mise en liberté des charges qui assuraient les liaisons 
dans la surface. 

Quand l'un des deux corps est liquide, la couche double d'Helmholtz est 
invoquée pour expliquer l'osmose électrique. Un liquide est placé dans un 
tube capillaire en U et Ton établit une tension continue entre les deux branches 
du tube; on constate que le liquide prend une dénivellation fixe H qui dépend 
de la tension V, du rayon du tube r, de la nature du liquide. Si une couche 
double existe au contact du verre et du liquide, le verre étant par exemple 
chargé — , le liquide chargé + subit de la part du champ une traction super- 
ficielle qui l'entraîne de proche en proche par viscosité. Le liquide monte donc 
du côté du pôle négatif jusqu'à une hauteur H telle que le reflux dû à Técoule- 



( 5 ) Aux flux d'impulsion <D C ou <I>r correspond un flux d'impulsion de la f. é. m. induite 
par unité de hauteur effective h A de l'antenne 

ou par unité de hauteur effective h c du cadre (A c =NS/ct ) 

Oc 



34o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

ment à'ia Poiseuille compense le flux dû au champ électrique. La théorie 

* 

montre que H = A(V/V 2 )Ao.* A est une constante, Ay est le potentiel de la 
double couche; il varie avec la nature du liquide et de la paroi. Le nombre des 
Mémoires où Aç a été calculé à partir de H ou de la vitesse du flux est considé- 
rable (*). La théorie d'Helmholtz est généralement admise; quelques critiques 
ont été exprimées ( 2 ), mais elles ne semblent pas avoir trouvé une audience. 

Depuis plusieurs années, soit seul, soit avec mes élèves, je me suis attaché 
au problème* de la solvatalion des ions. J'ai montré que les ions, grâce à leur 
champ électrique, peuvent agir à une distance assez grande sur les molécules 
polaires du dissolvant. L'étude de l'absorption de la lumière ultraviolette par 
les ions Cl~ montre que^ dans une solution o,oo5N de ClNa, le nombre -des 
molécules d'eau liées électriquement. à un ion Cl~ est de l'ordre de iooo. 

Or, si le courant passe dans un liquide, c'est grâce aux ions, lesquels peuvent 
entraîner avec eux une partie de cette eau; les ions se déplacent, non 
dans un sens, mais dans les deux sens et dans toute l'épaisseur du liquide. En 
général les anions et les cations n'entraîneront pas la même quantité d'eau; on 
observera donc une montée du liquide du côté des ions qui entraînent le plus 
d'eau. La montée s'arrêtera quand le reflux hydrodynamique sera égal au flux. 
Cette nouvelle conception se met très facilement en équation. 

Nous supposerons l'électrolyte binaire du type Cl Na. Soient h le champ 
électrique, U + et LL les mobilités des deux ions, n+ et rc_ les nombres de 
molécules d'eau de volume v qu'ils entraînent, N le nombre des ions d'un signe 
par centimètre cube. Dans la section S du tube, les ions -h passent par seconde 
au nombre de SNU+.A, amenant SNU+At^Pq d'eau vers la cathode; formule 
analogue pour l'anode. En supposant par exemple que les cations sont les plus 
hydratés, le volume arrivant en trop à la cathode est 2 SNAp,, (U+tz + — U_n_), 
Quand une dénivellation H s'est produite, le reflux est proportionnel à Hr*//Y], 
où / est la longueur du tube, r\ le coefficient de viscosité; S = 11/*% h=Vjl, 
on voit que 

On retrouve la formule de Helmholtz avec une signification complètement 
différente du terme Ay. , 

L'interprétalipn que nous proposons repose sur l'entraînement de l'eau dans 
les deux sens par les ions; nous avons mis cet entraînement en évidence par 
une expérience très simple. Une solution de CINà 0,01 M environ est contenue 
dans une cuvette où plongent deux tubes verticaux fermés au fond par une 
membrane de cellophane de i cml environ, contenant la même solution et les 



( 4 ) Voir par exemple Pauli et Valko, Ëlectrochimie des colloïdes. 
( 2 ) Swyngedauw, Thèse, Paris, 1938. 



SÉANCE DU 2 AOUT Îg48. 34l 

deux électrodes; les trois niveaux sont au début dans un même plan. On met 
une tension de 3o volts; on règle le courant à 2-3 mA; au bout de quelques 
heures le liquide monte dans les deux tubes d'une quantité de l'ordre du centi- 
mètre. Nous développerons ailleurs les conséquences de cette explication, 

EFFET RAMAN. — Résultats expérimentaux de V étude d'un monocristal de 
phosphate d'ammonium à température ordinaire. Note (*) de M. Jean 
Chapelle, transmise par M. Jean Cabannes. 

* * 

1. Renseignements cristallo graphiques. — Le groupe spatial de ce cristal est 
Vd n . Il dérive du groupe fini'S 4tt = Vd. La maille, tétragonale centrée, con- 
tient 4 molécules de P0 4 H 2 (NH 4 ), maïs il est possible d'en choisir une plus 
petite ne contenant que 2 molécules de phosphate. L'ion NH 4 et l'ion- PO* pos- 
sèdent la symétrie S 4 . 

Dans la suite nous appellerons OZ l'axe quaternaire, OX et OY les deux 
axes binaires qui lui sont perpendiculaires. Nous utiliserons les notations em- 
ployées par J. -P. Mathieu (*). 

II. Spectre de basse fréquence. 

Facteurs de dépolarisation 
.Intensité en lumière incidente naturelle. 

Fréquences caracté- Faisc. incid. , .■ i OZ. x OZ. Il OZ. 

(en cm- 1 ). - ristiques. Faisc. diffusé.. |j OZ. j. OZ. x OZ. Type. 

68. F étroite i? i? oo E 

• 97*-- /étroite i? i? oo? E? 

**7 „ j? I? . oo? E? 

i?5±i3 F - 0f9 8 oo E 

28o±5o j^trèsdiff. r? i? oo E 

A la raie 170 ±z i3 se superpose vers 180 cm~ l une raie fine et faible; L'étude théorique 
du spectre conduit à 3 fréquences de translation de type E; les résultats obtenus semblent 
prouver l'existence de raies de pivotement, 

III. — Fréquences internes attribuables à PO* (ou P0 4 H ? ). 

Facteui's de dépolarisation en lumière incidente polarisée- 

Faisc. incid... xOZ. iOZ. j. OZ. J.OZ. jl OZ- || OZ. 

Intensité Champ clectr. 

Fréquences et incident.. .. J.0Z. j] OZ. . |] OZ- j. OZ. x OZ. j. OZ. 

(en cm 1 ). caratér. Faisc. diffusé. ||0Z. j] OZ. x OZ. x OZ. x^Z. x OZ. Type. 

342 »r large 0,2 inv. o inv. o o A 

398 F étroite ■' 2,2 » inv. 00 o o B 

477 •"•*'•*-■ ■ / diffus o,3 >> inv. inv. 0.0 B 

537 m étroite invisible 1 '? co 00 co E 

545=b3o.... ff très diff. o . inv. inv. 00 ? 

569 / large invisible inv. co o inv. inv. *E? 

927 FF large o,38 1? o 1? o A 

n3ozb3o... / diff. ? ? co 00 . 00 . E ■ 

(*) Séance du 19 juillet 1948. 

(*) J.-P* Mathieu, Spectres de vibration et symétrie des molécules et des cristaux, 
Paris, 1945. 



342 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

On notera les anomalies de polarisation de la raie 927 cm-' et celles des 
deux fréquences 545 et 569 cm- 1 , qui semblent ne pas être représentâmes par 

un tenseur. 

IV. Fréquences internes attribuables à NH t . 



Faisc incid. . . 


lOZ- 


lOZ. 


- //OZ. 




Faisc. diffusé.. 


//oz. 


±oz. 


xoz. 


Type 







9 


- 


B"? 




o,3 


o,o4 


0,23 


A 




•> 


00 





B 




•) 


1 


00 


E 










0,27 


A 




ce 


00 





B 



Facteurs de dépolarïsatîon 
en lumière incidente naturelle. 
Intensité 
Fréquences et 

(en cm- 1 ). caractéristiques. 

i4oo //"diffus 

1661. -..- F étroit 

1696.... / » 

3090 -h i5o... . .- F 

3170 ±i5o..:.. F 

323o±-i7o ... . . F 

' CHIMIE PHYSIQUE. — Les spectres d'absorption ultraviolets de coumarone, 
cPindène et dHndol à F état de vapeur. Caractérisation de solvents naphta. - 
Note (*) de M. Alain Bertos, présentée par M. Paul Lebeau. 

Si Ton examine, suivant la technique indiquée d'autre part (*), les spectres 
d'absorption ultraviolets de vapeurs de solvents naphta, produits de distillation 
de la houille, du type 90-1 80* (90 % passant à 180°), on observe avec plus ou 
moins d'intensité des bandes très étroites d'absorption entre 2879 et 25ooA. 
Ces bandes sont produites principalement par la coumarone ou benzofurane et 
par l'indène ou benzoeyelopentanedièrie contenus dans les solvents et permettent 
de caractériser ces derniers dans les peintures, vernis, encres d'imprimerie, 

solvents, etc. 

Il est à remarquer qu'aux bandes de la coumarone et de l'indène se super- 
posent les bandes bien connues des xylènes et plus rarement du toluène, les 
autres constituants des solvents naphta, cumènes principalement, ne possédant 
que des bandes d'absorption très peu intenses. 

J'ai pu, grâce à M. le professeur Sommelet de la Faculté de Pharmacie, me 
procurer 'de l'indène (É i32°) et d'autre part, MM. Quieret et Marty, du 
Gaz de Paris, m'ont remis de la coumarone. Celle-ci avait été préparée par 
synthèse, à partir de la coumarine, suivant la méthode de Perkin ( 3 ), par 
M lle Dennos du Laboratoire d'Études et de Recherches gazières. J'ai pu 
également en produire par pyrogénation ménagée à 88o° de vapeurs de 
coumarine, suivant la technique préconisée par Orloff et Tichtchenko (*'.). 

Les longueurs d'onde et les intensités relatives des bandes étroites 



(*) Séance du 26 juillet 1948. 

(!) A. Berton, Ami. Chim., 19, 1944, P- 394-4o4- 

( 2 ) Zeits. Chem., 187 1, p. 178. 

(3) /. Soc. Chim. Russe, $% 1930, p. 2243; Bull. Soc. Chim., 52, i 9 32, p. 817. 



SÉANCE DU 2 AOUT ig48. 343 

d'absorption, caractéristiques de. la coumarone et de Pindène, sont indiquées 
dans le tableau ci-dessous. Nous y avons ajouté, comme termes de compa- 
raison, celles de-Pindol, car le spectre de ce dernier est très voisin de celui de 
la coumarone, ce qui était à prévoir, en considérant la similitude de la consti- 
tution de ces deux composés. 



CH 



CH 



GH 



GH 
GH 



'G- 
-G 



GH O 

C Coumarone) 



GH 

CH 



GH 
GH 



G- 



-G- 



iCH 

■'gh 



CH, 

i 

CH 



CIL 



NH 



< ^ 






CH 
CH 



(Indol 



GH CH, 

( Indène } 



Le groupement NH semble avoir comme seule influence principale, par 
rapport à celle de l'oxygène, de décaler tout le spectre de 56 Â environ vers 
les grandes longueurs d'onde. Il est à remarquer que les spectres d'absorption 
infrarouges de la coumarone et de Pindol sont aussi très proches .(*). 

Dans le cas de Pindène, le groupement CH 2 apporte des perturbations plus 
grandes que NH ou O sur les bandes observées. 



Différences/Indol.. > 
Indène . . 



2858 ttf 



a854 tf 
2797 f 

*9 



Indol 

Coumarone 2801, 5 tf 

Différences/Indol. . 56, 5 

Différences/Indol. . ■_ 

Indène 2892 ttf 2854 tf 

Indol 

Coumarone - 

Différences/Indol.. 

Différences/Indol. . - 

Indène — 

Indol 2779,8 tf 

Coumarone. ...... - 

Différences/Indol. . - 

Ind.ène ■. . . 2802,5 tf 

Indol 2744 tf 



2795 ttf 

2739 tf 
56 

60 
2835 f 

2775 tf , 

2719 f 
56 

2798 tf 
2740 tf 



42 
2892 ttf 

285o f 

2795 f 
55 

60 
285o f 

2790 ttf 

2734, 8-f 
55,2 

58,5 
2829 tf. 

2770,5 tf 

2714,5 m 
56 

2787 mf 

2736 tf 



. 4i,5 
2888 tf 

2846,5 m 

2790,5 F 

56 

59 . 
2844,8 m 

2785 f 

2730 mF 

55 

58 
2824 f 

2766,3. f 

2710 F 

56,3 

2781 mf 
2733 f 



4i,'8 
2883,8 m 

2842 F 

2786 . m 

56 

5 9> 2 
2840 m F 

2780,8 m 

2726 F 

54,8 

2818 f 
2761 ,5 tf 



4i 

2879 mF 
2838 TF 

2781. 3 TF 

56 j7 A 



2779,8 tf 



2770 
2729 



mf 
m 



2814 mf 
2760,5 tf 



2771,5 m 
2726 m 



En outre, pour la coumarone, on observe de nombreuses bandes très faibles 
entre 2704 et 2620 Â environ, et une absorption continue pour des À < 2480 Â. 
Pour Pindène, de nombreuses bandes très faibles existent encore pour des 
longueurs d'onde comprises entre 2770 et 2610'À, cette dernière valeur 
correspondant au début d'une absorption continue. 



( 4 ) P. Lambert et J. Lecomte, Comptes rendus, 208, 1939, p. n 48. 



344 ACADÉMIE DES- SCIENCES,. 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur Valstonine. J 
Note (*) de M. Raymond-Hamet, présentée par M. Gabriel Bertrand. 

T. M. Sharp ( H ) qui, le premier, a préparé à l'état cristallisé l'alstonine et 
quelques-uns de ses sels, a attribué à cet alcaloïde de VAlstonia consîricta 
F. Mueller la formule C 21 H 20 N 2 O 3 et a signalé son analogie avec la yohim- 
bine. En outre, à partir de l'alstonine, le chimiste anglais a obtenu, par hydro- 
génation, la tétrahydroalstonine C^H 24 N 2 3 , par traitement au sélénium, 
Taistyrine dont la formule serait C 19 H 22 ]N2 ou C 18 H 20 N 2 . , 

Plus récemment, il a été constate ( 2 ) que, pour ce qui est des spectres 
d'absorption dans l'ultraviolet, l'alstonine s'éloigne considérablement de la 
yohimbine, tandis que la trétrahydroalstonine s'en rapproche beaucoup et que 
l'hexahydroalstonol, qui provient de la réduction de la tétrahydroalâtonine 
par le sodium dans l'alcool butylique, n'en diffère aucunement. 

Puisque le spectre d'absorption de la tétrahydroalstonine ressemble beau- 
coup à celui de la yohimbine, il convenait de comparer à celui de l'alstonine 
celui de la tétradéhydroyohimbine ou de son dérivé, l'acide tétradéhydroyohim- 
bique. Cette comparaison {fig.i) a révélé la- presque identité de ces deux 
. spectres. On peut donc admettre que Ualstonine et l'acide tétradéhydroyohim- 
bique comportent le même groupement chromogène. Malheureusement on 
ignore encore la véritable formule de constitution, de l'acide tétradéhydro- 
yohimbique, . celle qui a çté proposée par Witkop ( 3 ) étant contredite. non 
seulement pas nos observations pharmacoLogiques, mais encore par le fait que 
le spectre d'absorption de cet acide s'éloigne beaucoup de celui de la yobyrine 
(fig. 2), alors qu'il devrait n'en différer que fort peu si la formule de Witkop 
était exacte. . . .. 

Mais puisque l'analogie des spectres d'absorption de l'alstonine et de l'acide 
tétradéhydroyohimbique ne peut nous révéler actuellement la nature du 
groupement chromogène de la première de ces substances, nous avons été 
amené à comparer spectrographiquement l'alstonine et les deux dérivés. non 
oxygénés du traitement au sélénium de la yohimbine : la yobyrine et la 
tétrahydroyobyrine, dérivés auxquels B. Witkop ( 3 ) a attribué des formules 
de constitution dont l'exactitude est certaine pour la première, et paraît l'être 
pour la seconde. La figure 3 révèle une telle similitude des spectres d'absorp- 



(*) Séance du 26 juillet 1948, 

( 4 ) Journal ofthe chemic. Soc, 1934, p. 287 et 1938, p. i353. 

( 2 ) N. J. Léonard et R. C. Eloerfielp, Journ. of org.chem.j 7, 1942, p. 556, 

( 3 ) Liebig's Ann. d. Chemie, 554, 1943, p. 83. 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. 345 

tion de l'abtyrine et de la tétrahydroyobyrine qu'on est en droit d'admettre 
que ces deux substances possèdent le même chromogène et qu'en conséquence 
leurs formules développées sont étroitement apparentées. 




Fig 



— — Sulfate d'alstonine(*). 
Maxima : 8r5 979 120a 
Minima :■ 909 io;5 

- t Acide télradéhydro- 

yonimbique. 
Maxima : 827 979 1187 
Minima : 926 1012 



S- a. 

- — — Acide tétradéhydro- 
-.yo.h imbique. 

Yobyrine ( 5 ). 

Maxima : 856 . 891 926 it>38 

■1060 11 17 1190 ia3a'' 1272 

Minima : 864 917 i QO o wS3 

1107 li2 4 1207 i25o 



b 




/>'" 


* ^VN, 






k 




f i 




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S 




h 






- 












4 








•o 




f* 












$ 


j 










< 




* 





























•J00 300 jjoo 4000 *00 Hoa iioa 

V-ifl-**- 

Fig. 3. 

Alstyrine ( 4 ). 

Maxima : 928 i23o 
Minima : 1099 

Tétrahydroyobyrine ( s ). 

Maxima : 938 i25o 
Minima : 1099 



CHIMIE ORGANIQUE. - Sur les produits de 'condensation de la ^chloro- 
quinaldine avec quelques composés à groupement mêthy Unique actif. 
Note de M. André Meyer et M lle Geneviève BoucïfET, présentée 
par M. Marcel Delépihe. 

Poursuivant nos recherches sur la 4-ehloroquinaldine (*), nous avons 
étudié ses réactions avec les molécules possédant un groupe ^CH,— GO— , 
à H labile ? notamment des composés hétérocycliques. 

On chauffe molécules égales des constituants, en solution acétique ou dans 
1 anhydride acétique, en présence de pyridine, ou simplement en milieu 
pyndique, suivant le cas.' ■ ^. ' - 

En premier lieu, nous avons obtenu des produits de condensation colorés en 
jaune ou orangé avec Vanthranol, les pyrazolones, la phénylisoxazolone . 

Avec V anhydride homophtalique , V homophtalimide et ses dérivés N substitués, 
on obtient des matières colorantes rouge foncé ou violet foncé. 



{\) Préparés par T. M. Sharp. 
( 5 ) Préparée par Wibaut. 

( 4 ) Comptes rendus, 225, 1947, p. 63-65. 



346 . ACADÉMIE DES SCIENCES; 

Par contre, Y acide barbiturique, la rhodanine ; la pseudo-thiohydantoïne ne 
réagissent pas dans diverses conditions. 

On peut expliquer ces réactions en admettant la formation transitoire d'un 
chlorhydrate incolore (ï)> qui a pu être isolé dans quelques cas, mais qui> le 
plus souvent, se transforme spontanément' en dérivé coloré non saturé delà 
quinaldone (II), par perte de C1H. Celui-ci doit sa coloration au chromophore 

• - • ~ C \ l r_ 

quinonique a doubles liaisons conjuguées ^0=0 — G= 



/ G0 \ 
R<* >GH S 



CH _C— CH 3 

Cl— OC J)>N 



/- 



->■ 



> 



co ' CH C-CH 



"%N. 



Cl 






/\ 



~> 



CH C-CH, 

^ y/ 

'-■■-■■ ' . - . ■ -' . ■ ( n ) 

Le mécanisme de cette condensation rappelle ainsi la synthèse des colorants 
indigoides de Friedlœnder (action du chlorure d'isatyle sur les composés 
méthyléniques). Nos colorants sont intermédiaires entre les cyanines et les 

indigoides. 

Mais contrairement aux cyanines et isocyanines, ils sont décolorés en milieu 
alcalin ou ammoniacal et se recolorent en milieu acide. Par exemple, les 
dérivés des homophtalimides sont solubles en jaune dans les alcalis et recolorés 
en rouge ou violet par les, acides acétique ou chlorhydrique, le virage du 
jaune au violet s'effectuant entre pH?,4 et pH7,6; Un excès d'acide (pour 
pH4 ? 4 environ) décolore totalement la solution, par rupture hydrolytique 
de la chaîne hétérocyclique, mais la couleur réapparaît par modification 
convenable de la réaction du milieu. 

Dans le cas de Vanthranol, les solutions restent jaunes, quel que soit le pH, 

Les solutions alcooliques des dérivés pyrazoloniqùes, jaunes ou orangées, 
deviennent incolores en milieu alcalin on avec un excès d'acide minéral. 

Les composés préparés possèdent les formules suivantes, dans lesquelles Q 
représente le radical quinaldique (II bis) : 




...N(C 6 H 4 — CH 3 ) 



(VIII) 



SÉANCE DU 2 AOUT 10,^8. 3^ 

Phényl-^méthyl~3-pyrazohne^-quinaldone-4-â l ' C 20 H 1? ON a ; (form. III). 
Cristaux jaune orangé, sublimables vers 3oo°, F320°. 

P. tofyi~i-mélhyl-3-pyrazolo7ie-5-qumaldone~4~4 ! : C 21 H 19 ON 3 ; cristaux 
jaune orangé, F 3o2°. 

Diphényl-i-3-pyrazolone-5-qumaldone-4-4 f : C 9 »H l9 ON 8 ; " cristaux jaune 
clair, F207 . 

Phényl-3-uoxazolone-h-quinaldone-^ : C, 9 H l4 2 N a ; (form. IV), cristaux 
jaune pâle, Fig5°. 

Anthrone-quinaldpne^ 1 : C 24 H< 7 ON; (form. V), cristaux jaune orangé, 
peu solubles alcool, F 266° (déc). 

Homophtalyl-quinaldone-A-A 1 : C 19 H 13 3 N; (form. VI), cristaux rouge 
rubis, sublimables vers 2Ôo°, F vers 32o°, facilement hydrolysables en milieu 
acide ou alcalin. . - 

Homophtalimide-qmnaldone~4-4 ' : C 19 H 14 2 N 2 ; (form. VII), cristaux rougè 
foncé, sublimables, F'294 .* 

Pkényl-N-homophtaiïmîde-qumaïdone-4-4 ! : C 2B H 18 2 N 2 ; cristaux violet 
foncé, F208 . ' . . 

La p. toîyl-Whomophtalimide fournit un mélange de colorant violet et de 
chlorhydrate incolore, C 26 H 2o 2 N 2 ClH, Fa65°, ce dernier, en solution acé- 
tique tamponnée par de l'ammoniaque, se transforme en colorant violet, ou 
p. tolyl-n-homophtalimide-qmnaldone-^ 1 : Ç 26 H 2fl 2 N 2 ; (form. VIII), F 2 46°. 

Avec lamétkyl-N-komophtalimide, on observe la même particularité. Méthyl-ïï- 
homophtalimide-quinaldone-4-4' : Ç ao H 4fl Ô 3 N a ; cristaux violet foncé, F17Ô . 

Ij^naphtyl-N-homophtalimides ne se condensent-pas avec la chloroquinal- 
dine; la réactivité atténuée du CH 2 dans ces composés a été déjà observée 
(Meyèr et Vittenet, Ann. Chim., ig32, X, 17, p. 346/366 etpassîm). 

Nos essais de condensation d'une quinaldone, telle que la N-méthylquinal- 
done, avec une pyrazolone ou une homophtalimide, ont échoué. 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur la condensation de la benzalacétone açec Vacide 
phénylpyrurique. Note (*) de MM. Paul Cordier et Hakim Maximos, 
transmise par M. Marcel Delépine. 

L La benzalacétone se condense avec l'acide phénylpyruvique en milieu 
hydroalcoolique à la température ordinaire; la réaction est totale au bout de 
48 heures en présence d'un large excès d'alcali (soude ou potasse); la conden- 
sation a lieu également dans des conditions d'alcalinité beaucoup plus faible, la 
réaction est plus lente et n'est totale qu'au bout de 5 jours. Le produit principal 
formé, précipité après dilution et acidification, est purifié par traitement benzé- 
nique et par plusieurs cristallisations dans l'alcool à 5o°, Rdt 60% environ. 



(*■) Séance du 12 juillet 1948. 



348 ACADEMIE DES SCIENCES. 

Le corps obtenu cristallisé en aiguilles incolores est un acide alcool cétonique 
C< a H i6 4 , F 220° (déc)î il provient de l'union équimoléculaire de la cétone et 
de l'acide cétonique. Il est insoluble dans l'eau, insoluble dans le benzène même 
bouillant, soluble dans l'alcool à 90V 

Par analogie avec les observations antérieures faites par l'un de nous (*) sur 
l'action de l'acide phényîpyruvique avec l'acétone, l'acétophénone et la benzyl- 
méthylcétone, nous avons songé à expliquer la formation du corpsen question 
par une réaction de cétolisation aboutissant au corps (I) 

C 6 H 5 -GH=rC:H-CO-CH 2 -C(OH)-CH 2 -C G H 6 



GOOH 



Or nous avons constaté que l'acide alcool T cétonique supposé est très stable 
en milieu alcalin, même à chaud; iln'y a nullement décomposition en cétone et 
sel alcalin de l'acide phényîpyruvique comme pour les corps précédemment 
étudiés. Cette stabilité confère un caractère irréversîble àïa réaction initiale de 

condensation. ■ ■ . " 

D'autre ^art le produit obtenu ne présente aucun pouvoir réducteur 
immédiat vis^à-vis d'une solution diluée de permanganate de potassium en 
milieu alcoolique ou bicarbonaté, ce qui exclut la présence d'une double liaison. 
Ces considérations nous ont ïait rejeter la formule (I) comme ne répondant 
pas aux propriétés du corps et -nous ont conduits à examiner, une autre 
structure. La présence de la double liaison activée par le carbonyle, ainsi que 
la' situation du groupement > CH 2 au voisinage du phényle, permettent d'envi- 
sager en milieu alcalin la migration d'un hydrogène du groupement méthylé- 
nique sur le .carbone en a du carbonyle en même temps que se crée un cycle 

bexanique selon le schéma 

CoH^tH^CH-CO-CH.-ClOH)"^-^^, 

. + | i 

~ GOOH H 



-+ -C 6 H 8 -CH^CH î -CO T CH 1 -C(OH)-CH-G.H, 

GOOH 



~\ 



(ii 



La formule (II) (5.6-diphénylcyclohexane one-3 ol-i carboxylique-i) permet 
de comprendre la stabilité du composé et la disparition de la double liaison. 
Elle rappelle des réactions similaires déjà signalées par différents auteurs au 
sujet de la condensation de la benzalacétone avec certains composés [malonate 
d'éthyle ( a ), phénylacétate d'éthyle ( 3 ); ben zoylacétate d'éthyle (*)]. , 

<*) P. Gomm/Comptes rendus, 205, .1987, p. 9185202/1936, p. i44o; 225, i 9 4 7 , p. 338. 
(■) Vorlander, Ber., 27, 1894, p. 2054; Mighael, Ber. t 27,.i8 9 4, p. 2126; Knoevenagei, 
Ber., 27, 1894, p. 2343. 

(*)' Borsche, Ber. y h% 1909, p. 449 8 - 

(*) Dieckmann et V. Fischer, Ber., 44, 1911, p. 971. 



t .-".-.. SÉANCE DU .a AOUT l 9 4 7 . 3Ao 

La position de la fonction alcool en a du Carbon ' w : . 

formation de complexe cuivrique bleu ^^^ZT^Z^ 
de semmarbazone F 22 6° et de ^4-àMtropkénjmjS^^^ 1 ^ 
confirme la présence de la fonction carbonylée ( } 

II. Les réactifs déshydratants (C1H en milieu acétique à chaud anhydride 
acétique + acétate de sodium Sn H >, t -j\ i M ua ' anûydnde 

éthylique cétoninue C H G *l* J™^ d « a**™ à un acide 
j 4 tunique L-.sH.jU, b i55° [semicarbazone F afin» (Aèn V 

2.4-dimtrophénylhydrazoneF 2 85^ 29 o«(déc)l ( -) ' 

L'hydrogénation de l'acide alcool cétoniqne fin nar l' ama l„ amo a a- 
. nous a donné un acide dialcool C H O J i ^ , S S ° dlUm 

L anhydride acétique en présence d'acétate de sodium réajrit sur ce dernier 
corps en donnant un mélange d'acide diester acétim,. P . . Y 
acétique lactonique F i 2 5°. q Fm 5 Ct dè «^^ster 

. III. A côté du composé (II) nous avons isolé une faible auantité H',,n 
dérive alcalin qui, après traitement chlorhydrique, a donné un c^rp F i65» 
auquel les propriétés (faible acidité/ légère colora ion verte avec FeCI f 1 

phenylpyruvique«avec la benzalaeétone par migration d'nn hlT de / aC1 J e 
groupement • ^> PR ^ iwJ " i - , mi graiion d un hydrogène du 

ë upement > CH 2 de ! acide sur le carbonyle de la cétone Nom lnï 
proposons la structure (III) ^eione. i\ ou s lui 



T .£ 



C 6 H B -GH=GH- C ( CH 8 )-CH- C c H 3 



O 'GO 

(III) 



qui en fait IVoxo fi-phényl ^tyrylméthylbutvrolactone. 



( B ) Ann. Chem., 333, I9 o-4, p. i63 " 

H M». Hbowil*, TW/to*. W„ v Paris, I9I7 . W cw ne /. „ 
p. 261. ' . ' 'y x 7> ann. ottim., 9 e série, 7, 191-;, 

( s ) J. Jahoubbe,' Thèse JDoct. es Sciences, Paris, i 9 3 7 . •■'.'" 



C. R M 1948, 2' Semestre. (T, 227, I\° 5.) 



35o ACADÉMIE DE£ SCIENCES. 

CHIMIE ORGANIQUE. — Synthèse de dérivés du dimêthoxy-$& octyne^. 
Note de MM. Raymond Quelet et René Golse; présentée par 
M. Marcel Delépine. 
Les éthers a-halo gériés réagissent sur le dimagnésien de F acétylène en 
donnant les diéthers- oxydes symétriques > 

' * R-CH<L, + BrMg-^C-Mg Br -». R-ÇH-G-O-CH-R + Br,Mg + XJ/tg. 
^OR i ■ ' 

. OR' OR' 

C'est ainsi que D. Gauthier (') a préparé une série de diéthers acétyléniques, 

par mise en œuvre des éthers chlorométhyliques. et a-chloroéthyhques ; 

■ Lespieau( 2 ), avec divers collaborateurs, a étudié l'action de l'oxyde d'éthyle 

a.p-dichloré et a.p-d*romé; il a obtenu les dichloro et dibromo diéthoxy 

, hexynes attendus. ■ 

Nous avons cherché à étendre cette réaction à-divers éthers oxydes 

halogènes dérivant du propanai, en vue d'étudier la réactmte des éthers 
acétyléniques halogènes que l'on pouvait ainsi préparer. Les résultats obtenus 

sont les suivants, : ' _' . 

!» L'oxyde de méthyle et. d'*-chloro propyle (I) réagit a froid sur le 
dimagnésien de l'acétylène; un seul produit a. été isolé, même en utilisant un 
excès M magnésien : le diméthoxy-3.û octyne-4 (II). qui, par hydrogénation 
partielle, en présence de palladium, colloïdal de Bourguel, fournit le 
diméthoxy-3.6 octène-4 (III) et par saturation complète, en présence de nickel 
de Raney, le diméthoxy-3.6 octane (IV). 

CH 3 -0_CHCL-CH î -CH 5 J£^^=î!^ CH a -CH 1 -GH_feC-ÇH_CH s -CH 3 . 

lI) O.CH, OCH, ;■ * 

■ ■ ,• ' ■'■ ' . |U| > - -, • ■ • '•' - 

H - '•> C.H 6 -CH-CH=CH-CH-C 2 H S -%■■ C.H,-ÇH-CHi-CH,-CH^-CH v 

' • (Pdcoll) " i ! ' ini ' | I 

ÔGH, OCH, '-' OGH 3 OGH, 

(m) . (IV| 

2 » L'oxyde de méthyle et de propyle_a. T -dichloré (V) (dichloro-i.3 
méthoxy-i propane), obtenu par le procédé indiqué par Dulière ( 3 ) en satu- 
rait par G1H sec un mélange d'acroléine et d'alcool méthylique, donne, avec le 
dimagnésien de l'acétylène, la réaction de double décomposition attendue 



(M D. Gauthier, Ann. de Ckim., (8), 16, 1909, p. 334-343. 

(>) Lespieao et Brbsoh, Comptes rendus, 156, i 9 i3, P- i7°; Lespiew el Guillbmosat, 
Comptes rendus, 195, 1932, p.. ia4S- 
{') Bull. Soc. CKim., 33, 1923, p. i65i. 



SÉANCE DU 2 AOUT 1947. 35 t 

et fournit avec un rendement de 45 % , le dichloro-1.8 diméthoxy-3 6 
octyne-4 (VI). . . .- . 

Hydrogéné sur Ni de Raney, en présence de potasse, le dichloro-i . 8 dimé- 
tnoxy-3.6 octyne-4 conduit, comme les composés précédents, au diméthoxy-3 6 
octane. . J ■ ' 

CICH,-CH J -^H_C* C _(i_cH,-Ce,q A. CH,-CH,-GH-CH,-CH,-CH-CH,lcH, ' 

° CH ' ! 0CH = OCH, .'. 0CH S 

Il présente peu d'intérêt comme produit intermédiaire pour la réalisation 
de nouvelles synthèses. 

Les atomes de chlore sont peu mobiles : le cyanure de potassium, le 
malonate d ethyle sodé et dans les conditions habituelles les alcoolates alcalins - 
reagissent difficilement; nous avons échoué également dans les tentatives de 
dechlorhydratation : les réactifs habituels (KOH alcoolique, bases tertiaires, 
KOH solide) ou bien ne donnent rien ou conduisent à des produits résineux 
maistillables. , ,, -.'.-. 

3° L'oxyde de niéthyle et de propyle -a.y-dibromé (dibromo-i-3 méthoxy-i 
propane), obtenu par action du brome à o° sur l'éther a-chloré (*) réagit vive 

h^médTate 16 ma§:ûéSien ^ FaCétylène ' mais " ? a résinification presque 

Avec l'éther «.p-dibromé y-chloré : dibromo-i . 2 chloro-3 méthoxy-i propane 
(actmn du brome à froid sur l'éther a.y-dichloré), la condensation semble 
normale, mais le produit qui en résulte n'a pu être isolé à l'état pur • il ne 
cristallise pas et se décompose à la distillation. 

Parue expérimentale. - Diméthoxy-3. 6 octyne-à (H) C, H, 8 2 : Obtenu par 
acuon de i molécule de dimagnésien de l'acétylène sur a molécules d'oxyde de 
m ^I Jl ^bloropyle dilué dans 3 fois son volume d'éther, rendement 
20^ (5 7 %): liquide incolore, É 20 8i°; < 1,4337; ^»o;88i. 

Analyse - T^ %> C 70, OI ; H I0)4 2; calculé % , pour C 10 H, 8 O 2 ; 
070,59; H 1.0,59. . ' 

Dichloro-1.8 diméthoxy-3. 6 octyne-4 (VI) G (0 H <6 O 2 Cl 2 . Obtenu avec un 
rendement de 4 5 % : liquide jaune clair, É 20 l5l »; <i,4 7 3 9 , ^ I;I2 5 - 

Analyse. -Cl %, trouvé %, . ag , t7; calculé %, pour G, H )e fJ 2 CI 2 29,,:. 

Dichloro-ii dtbromo-i^ dimétkoxy-3 .6 octène-A (C 10 H, »0 2 Gl 2 Br 2 ) obtenu 
Par action du brome en solution chloroformique sur le précédent, prismes 
incolores (alcool) F 69°. v ■ 

analyse. -Trouvé Cl % t 7tl &, Br % 4 I; oo; calculé pour C 10 H 16 O 2 Cl 2 Br 2 , 
u % 17,79, Br% 40,10. 



(*) W. Lauer et A. Spielman, /. Amer. Chem. Soc, 53, 193!, p. i533. 



35a 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



ï>iméthoxy^Jo octène-4 (III) C 10 H 20 O 2î par hydrogénation dé (II) sur 
palladium colloïdal ; liquide incolore, É, 6 <]$% n™ i,43i2, d\« 0,869. 

Analyse. -TrouyéC % 69,1^, H % 1 1,76; calculé pour C, H 2rt 2 C % 69,77, 

H % ii,63. /-'.' . ' 

Dimétkoxy-3.6 octane (IV) C 10 H„pi, hydrogénation totale de (II) et 

de (VI), liquide incolore É 18 77% <° 1,420g, <C 0,861. 

Analyse. — ' Trouvé C % 68,26, H % 12,^4; calculé' pour C 40 H 22 O 2 , 
G % 68,96, H % 1.2,64. , 

CHIMIE ORGANIQUE. — Contribution à V étude de V isomérie de quelques composés 

éthyléniques. Note '(*) de M. Alexandre Laforgue, transmise par M, Charles ^ 

Dufraissè. , 

On sait qu'un p-glycol primaire-secondaire fournit par déshydratation les 
2 alcools a-éthyléniques correspondants et qu'un alcool a-éthylénique primaire 
ou secorïdaire fournit par chloruration au trichlorure de phosphore 2 chlorures 
oc-éthyléniques synioniques. '. 

Nous avons mis en évidence que : ■, / . 

■" i° Le glycol primaire-tertiaire le plus simple, le méthyl-3 butanediol-i.3 
(GH 3 ) 2 ÇOH—GH 2 -GH 2 OH fournissait en plus des méthyl-3 butène-2 ol-i 
et méthyl-3 butène- 1 ol-3 attendus, un troisième alcoool' p-éthylénique, le 

méthyl-3 butène-3 ol-i. 

2 L'alcool tertiaire a-éthylénique méthyl-3 butène-2 pl-3 fournit en plus 
des 2 chlorures attendus, le chloror3 méthyl-3 butène-i et le chloro-2 méthyl-3 
butène- 1, uîi troisième chlorure éthylénique, le chloro-i méthyl-3 butène-3. 
..' 3° Les 3 mêmes chlorures se retrouvent quand on éthérifie une fonction 
alcool avant de déshydrater. 

1° Déshydratation du méthyl-Z butanediol-i,3. - Le glycol tombe dans une 
solution sulfurique à 5 % en ébullition. On isole 4 corps en proportions 

comparables : - , - 

Hydrocarbure : É 34" isoprène. 
Alôool : É97 méthyl-3 butène-i ol-3 Raman 1662 n i& i,4i8i, ^0,8279. 

, (CH 3 r-GOH-CH=GH 2 . 

. R; M. : tr. 26,o5 ; -cale. 26,34 (attendu). - , 

Alcool : É i3o° méthyl-3 butène- iol-i Raman i64i n i6 r,4354, d^ o,855i. 

. CH 2 r=C(CH 3 )-CH 2 -CH a OH. 

R. M.: tr. 26,26; cale. 26,34 (pas attendu). 

Hydrocarbure : É i-8o° et au-dessus : Dipentène et autres terpènes. . 



(*) Séance du 26 juillet. 19^8. 



-# 



SÉANCE DU 2 AOUT 1947. 350. 

Enfin, la fraction voisine de 140° donne la raie Raman ,676 correspondant 
au methyl-3 butène-2 ol-i attendu, en traces, 'espondant 

D'ailleurs on le prépare aisément à partir de l'isoprène obtenu pur par déshv 
moS Sdfu 7 Ue , dumé ^-3 butène, ol-, On fixe de l'acide broiyd Sue 
molécule a molécule, puis on traite par l'acétate de sodium en soludon 
acétique. Il distille l'acétate de méthyl-3 butyl-i ène-2. • solution 

É.iS..; *, i,434 7 r*, 0,934. .(GH,)« C=GH,_CH,OCQGH, R. M. ,r. 3 5 ,8o; cale. 3S, 7 ,. 
Par saponification : 
Alcool : É l4 r« méthyl-3 butène-2 ol-: Raman : ,676; « 17 M4 8o; ^0,8717; 

, ' . (CH^C = CH 2 _CH 2 OH; 

R. M. :ir. 26,42; cale. 26,34. 
■ Les trois alcools sont identiques aux corps déjàpréparés par d'autres procédés 
2 Chloruratton du méthyl-3 butène-, ol-à. _ L'alcool réagit au-dessou7d e 5o» 
sur le trichlorure de phosphore en quantité calculée. Le mélange de chotres 
est^istdle au-dessous de 5c,. .on spectre Raman comporte un tript!™ 

Rama» : 1645. Intensité, o,'i 7 chlo.-o-: méthyl-3 butène.3 CH.-=±C(CH,)-CH,-CH Cl 
» !&.,_ » ,o, a 6^1opo.3m<thyWbuièi.e-i(CH,).CCl-G=CH. 

71 " °' 5 7 ehloro-i méthyl-3 butène-2 (CH 3 )*C=CH—CH,C1 



Les intensilés donnent une idée des proportions des trois chlorures que nous 
n avons qu'incomplètement séparés. . ■ - . H 

3» Éthénjication du méthyl-3 butanedîol-x-l et déshydratation. - Le dycol 
absorbe un courant d'acide chlorhydrique sec avec dégagement de chaleur mal 
sans phénomènes vis.bles. Dès qu'on chauffe pour distiller, il y a démixln d 
deux phases; ,ly a probablement eu formation d'un mono- ther chlorh^dlue 
se deshydratant en chlorure éthylénique. «iiornyanque 

Après élimination de l'eau on obtient 4 fractions. Le spectre Raman de la 
fraction 100-109' comporte un doublet éthylénique. 

too" Î6x';;;:;;;;;v;"""- ' s , oprè ° e ,;.,,' 

m «,V '",'" •" Chor °- 3 méthyl-3 butène-i 

100-109° 3 9 % " am . an '°43 Intensité o, a .. Choro-i méthyl-3 butèné-3 

ioa-zS,» 23 0/ ' l67 ' IntePSité °' 8 - Chor ^ 1 mé %l"3 butène-, 

™ * Dichlorure 

' /0 ••■•■■•■•■■•■•; résidu- 

Les proportions des 3 isomères" sont donc grossièrement : 
Chloro-i méthjl-3butène-3... ......... 0;l5 cf \ 

Chloro-3 raéthyl-3 butène-i ' * " "o' ? fi ( é & ales dans 

Chloro-i méthyl-3 butène-2 ' 56 °''l \ les d ^ux cas 

Interprétation. - La troisième expérience montre que la déshydratation du 



35A - ACADÉMIE DES SCIENCES. 

mono-éther chlorhydrique est plus facile en a qu'en (S conformément aux 
résultats classiques sur la mobilité de l'hydrogène. 

On peut comprendre l'absence presque complète, de méthyl-3 butène-2 ol-i • 
si Ton fait intervenir, un mono-éther sulfurique. Fixé dans la position qui 
l'éloigné le plus du deuxième oxygène, le, radical S0 3 H capterait un atome 
d'hydrogène des carbones primaires. 

La formation du chlorure p-éthylénique s'explique commodément en 
passant par l'ion quadripolaire analogue à l'isoprène activé. Les probabilités 
de fixation du chlore seront les mêmes que pour le glycol. Lorsqu'il se fixe en 
bout de chaîne les probabilités de désactivation de l'ion tripol aire restant 
seront les mêmes que celles de déshydratation de la molécule de mono-éther 
chlorhydrique (CH 3 ) 2 COH-CH 2 -CH a CL 

SÉISMOLOGIE. — Les ondes séismiques des explosions d'Raslach (Forêt-Noire): ■ 
Note (?) de MM. Jean-Piekke Rothé, Élie Peterschmïtt et Pierre Stahl, 
transmise par M. Charles Maurain. 

Le Général de division Humbert et le colonel d'Anselme ont bien voulu 
autoriser l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg à entreprendre une 
série d'expériences sur la propagation des ondes séismiques engendrées par 
d'importantes explosions ( 7 3 et n tonnes) faites les 28 et 29 avril 1948 dans la 
carrière souterraine d'Haslach, au cœur dm massif granitogneissique de la 
Forêt-Noire (48°iô'N, 8"07'E). Prévenu par nos soins, le docteur Fraser a 
invité les docteurs Bartels et Schulze à, participer à ces expériences ( r ). Les 
séismographes portatifs ont été installés sur un profil NW-SE du Rhin aux 
contreforts des Alpes suivant une ligne Strasbourg-Hàslach-Rottweil-Ravens- 

bourg-Kempten. . _ t • n . 

Grâce à un réseau téléphonique spécial, quatre des séismographes .installes 
sur le profil Haslach-Rhin à 2, 10,-22 et 3o- du point d'explosion inscrivaient 
synchroniquement l'instant de l'explosion et les signaux horaires donnés par 
une pendule directrice. Les séismographes installés par l'Institut géophysique 
de Gœttingen inscrivaient par l'intermédiaire de postes récepteurs les signaux 
horaires émis par Radio-Munich, suivant un dispositif déjà mis à l'épreuve à 
l'occasion de l'explosion d'Héligoland. En outre les ondes séismiques furent 
enregistrées dans lés observatoires fixes de Strasbourg, Messtetten, Stuttgart, 
Bâle, Zurich, Neuchâtel et Goire._ 

Un bref résumé du dépouillement des séismogrammes est indiqué ci-après, 

1° Les débuts des inscriptions obtenues dans les cinq stations les plus 

proches (situées sur le massif granito-gneissique de la Foret-Noire ou à son 

(*) Séance du 26 juillet 19,48. 

(i) Le lieutenant Degianpetro, chef de l'équipe de destruction, a été pour nous un pre- 

cieux. collaborateur. .;■■- ~. .. ' ; ' 



SÉANCE DU 2 AOUT 1947. , ' „ 355 

voisinage immédiat) définissent une onde longitudinale P, très nette dont 
l'hodochrone a pour équ ation t 4 = D : 5 ,"63 + o , i£. 

La valeur de la vitesse ainsi mesurée (563o m/sec.) est en bon accord avec 
celles généralement admises pour la propagation des ondes P. ou Pg dans la 
couche dite granitique. Cette valeur ne justifie pas la distinction faite par 
certains auteurs entre les vitesses de propagation des ondes 'd'explosions et 
celles des séismes naturels. 

2 Pour les stations situées dans le fossé rhénan (Griesheim, D— Bo^oi; 
Zierolshoffen, D=4i*v 9; . Strasbourg, D = 43 te ,58), les ondes P t arrivent 
avec un léger retard : o%s5 à Griesheim, o%4i à Zierolshoffen, o%2 à 
Strasbourg. Ce retard est dû à la grande épaisseur de terrains quaternaires et 
tertiaires du fossé rhénan ; cependant ce retard est relativement faible. 

3° A partir d'une distance de 80** les débuts des inscriptions sont en avance 
systématique sur les temps de propagation des ondes ï\. Ces débuts défi- 
nissent une onde longitudinale P 2 de vitesse 6 4i o m/sec. dont l'équation 
est ? 2 = D:6 ? 4i +2,8. Cette onde a dû se propager dans la première couche 
intermédiaire (basaltique?) dont la mise en évidence est ici très nette, contrai- 
rement aux observations faites lors de l'explosion d'Héligoland. 

Un calcul classique de prospection séismique fournit l'épaisseur k t de la 
couche granitique. On trouve h L = 16 zb o 1 "*, 5. 

4° L'examen des inscriptions a montré que la surface de discontinuité 
granité-basalte forme un bon miroir de réflexion. Des impetus caractéristiques 
ont été observés en 4 stations : 5% 904 à 10^,32; 6% 56 à 22^,56; 7% 64 
à 26^,67 ; 12% I2 à 55 tm , 56. L'épaisseur de la couche granitique qui en résulte 
varie de façon continue entre 14*% 6. à l'Ouest de la Forêt-Noire et 19*% 8 sous 
le plateau Souabe. 

La couche basaltique qui paraît ne pas exister sous l'Allemagne du Nord 
forme au contraire entre l'Alsace et la Souabe le réservoir qui a alimenté les 
éruptions tertiaires de Kaiserstuhl, du Jura souabe, du Ries, etc. 

5° Aux stations les plus éloignées (i4o à igo km ) l'onde parvenue la première 
et dont l'énergie est faible a une vitesse de 8i3o m/sec. définie par l'équation 
f 8 = D:'8, 13 + 7,0. Le calcul basé sur l'intersection des droites définies pâl- 
ies deux dernières équations ci-dessus conduit à admettre une épaisseur A 2 de 
la couche basaltique de Tordre de 14 à i5 km . 

La profondeur de la surface de discontinuité de Mohorovicic dans l'Alle- 
magne du Sud .serait, donc seulement de 3o à 32 km , valeur notablement plus 
faible que celle généralement admise, So**, par l'étude des séismes naturels. 
Elle est cependant un peu plus forte que la valeur calculée, à l'occasion de 
l'explosion d'Héligoland, sous l'Allemagne du Nord : 26 Iua ±2 km , British 
National Committee for Geodesy and Geophysîcs ( 2 ); 2 6* m , J.'P. Rothé ( 3 ). 

( 2 ) Report of seismic Work on the German Explosions, 1946-1947. 

( 3 ) Comptes rendus, 22i, i 9 4 7 , p. i572-i5 7 4 et Note complémentaire ronéotypée. 



356 ACADÉMIE DES SCIËNCfcS 

6 9 L'étude des ondes transversales est plus délicate; seules les ondes S f 
sont bien définies dans les stations rapprochées; leur vitesse est d'environ 

3 3oo m/sec. 

Il est probable que la division de l'écorce en deux couches est trop schéma- : 
tique et certaines phases observées dans le dépouillement des séismogrammés 
de l'explosion d'Haslach semblent indiquer l'existence; au moins lenticulaire, 
de plusieurs zones à l'intérieur de la couche intermédiaire. 

PHYSIQUE DU GLOBE..— Recherches sur la radioactivité d'un granité des Vosges 
par la méthode photographique. Note"(*) de M me Aruette Hee, transmise 
par M. Charles Maurain. 

La méthode photographique préconisée par M me I. Joliot-Curie (*) a été 
récemment utilisée par J. H. Poole et J. W. Bremner ( 2 )pour étudier la radio- 
activité d'un granité 'finnois. L'étude d'un granité des Vosges a été également en- 
treprise par la même méthode. Un des premiers buts poursuivis a élë l'essai de 
la localisation précise des substances actives dans les trois principaux éléments 
," constitutif s r d' un granité. 

L'échantillon choisi provient de la carrière de Bonne-Fontaine, près du Tholy 
(Vosges). Ce granité devait être particulièrement propice à de telles recher- 
ches, ses biotites étant farcies de halos pléochrpïques et de zircons supposés, 
d'après la théorie de Joly ( 3 ), en relation étroite avec F uranium et lé thorium, 
contenus dans la roche. ■■ ■ / 

Un contact serré fut maintenu, entre une lame mince du granité (3/ioo de 
" millimètre cube d'épaisseur) et une plaque Ilford, du 1 6 avril au 7 mai. Après 
ce temps, et avant le développement, la moitié de la préparation fut éclairée 
pendant quelques secondes afin de délimiter les surfaces des biotites. Celles-ci 
sont moins transparentes que les autres substances formant la roche. Elles 
donnent, en négatif, les stries blanches et sombres correspondant aux plans de 
clivage. Les zircons qu'elles contiennent forment des taches noires, et les halos, 
des taches blanches. Le quartz et le feldspath, totalement transparents, donnent 
de grandes surfaces noires. La substance radioactive, dans ces conditions, ne 
peut être identifiée par les trajets des rayons a que dans les parties claires cor- 
respondant aux biotites. L'autre moitié de la préparation, roche-plaque Ilford; 
qui n'a pas été exposée à la lumière, sert pour l'étude dé la répartition des trajets 
dans toute la gélatine et, par conséquent, pour l'étude de la radioactivité dans 
tous les éléments du granité. 

De plus, la photographie directe de la lame à un assez fort grossissement et 



('*) Séance du 26 juillet 1948. 

( 1 ) /. de Phys. et ftad., '1946, p. 3i3. 

(«) Nature, 161, 1948, p. 884. 

( 3 ) Nature, 109/ p. 617 et 678. 



. '■ SÉANCE DU 2 AOUT 1947. 35^ 

l'utilisation d'un quadrillage à échelle appropriée permettent de repérer 
rapidement les biotites dont les, formés sont très souvent caractéristiques. 
Leurs coordonnées dans le plan sont ainsi facilement déterminées. Il en est de 
même pour leurs images négatives qui gardent, approximativement, leurs 
formes symétriques par rapport à un plan. On comprend que cette façon 
d'opérer puisse permettre d'identifier, sans hésitation, telles parties d'une 
biotite correspondant â tels trajets photographias. Toutefois, il est utile de 
faire la comparaison des trajets obtenus dans les deux parties de la plaque 
pour être certain que les biotites, plus ou moins opaques, ne troublent pas la 
photographie de ces trajets. L'examen des diverses reproductions montre, en 
général, que les traces des particules a ne sont pas perturbées. 

Les zircons ont pour forme cristalline un prisme bipyramidé à base carrée. 
Dans la lame mince, ces cristaux présentent, principalement, deux sortes de 
sections. Les unes sont polygonales, parce que les faces du prisme sont plus 
où moins érodées, elles se rapprochent d'un cercle; les autres, parallèles à Taxe 
quaternaire, ont une fornie elliptique très allongée. 

Un certain nombre.de sections allongées de zircon se sont révélées très 
actives. Elles ont fourni, dans les deux parties de laplaque Ilford, de véritables 
buissons de trajets, dont les longueurs, en général, correspondent aux parcours, 
dans la gélatine, compte tenu de l'absorption des divers rayons a émis parles 
corps de la famille de l'uranium. Cependant, au contact immédiat du zircon, 
des traces importantes n'ont pas encore été identifiées. 

Des étoiles complexes ont été également obtenues, elles semblent provenir 
de zircons dont les sections sont perpendiculaires à l'axe quaternaire. Les 
trajets sont beaucoup moins denses que dans le cas précédent. 

Tous les zircons ne montrent pas une grande activité, certains semblent peu 
actifs ou même inactifs. Toutefois, on doit dire que l'intensité des pboto-~ 
graphies joue un rôle important dans cette étude. Les trajets, près des bords 
des zircons, se révèlent plus facilement que ceux qui en sont éloignés et il est 
donc nécessaire de faire des développements très poussés. 

J'ai vérifié que les halos pléochroïques non accompagnés de zircon, dans la 
lame mince, ne sont pas radioactifs et j'admets que deux centres actifs impor- 
tants, localisés dans deux masses noires, sans forme précise, masquant les 
stries de la biotitè, sont dus à la présence de tranches minces de zircon. 
Celles-ci seraient en surface et rendues invisibles par le. halo qui accompagne 
chaque cristal actif. 

L'examen des trajets dans la partie ne portant pas la roche en surimpression, 
conduit à penser que le quartz et le feldspath ne contiennent que de rares 
traces isolées de parcours. Cependant une étude quantitative précisera ce 
point. Les étoiles et les buissons ne doivent se trouver que dans les biotites et 
plus spécialement associés aux zircons. Cette constatation confirme les résultats 



358 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



> 



trouvés par Piggot (*). L'existence, dans la plaque négative, d'une plage 
blanche entourant un zircon actif, est en accord avec l'idée de Joly que les 
halos dans la roche sont dus à l'ionisation de là substance par les rayons a. 
Mais les halos eux-mêmes ne sont pas actifs. 

Des reproductions de photographies accompagneront une publication plus 
étendue de ce travail. Ces premiers résultats, surtout qualitatifs, justifient des 
recherches plus poussées qui^ont en cours. 

CYTOLOGIE VÉGÉTALE. — Sur le comportement des satellites, au cours de 
la cinèse, dans un noyau de type euchromocentrique : l'Echium 
asperrimum Lamk. Note (*) de M. Edmond Doulat, présentée par 
M. René Souèges. 

Dans une Note récente .(*) nous avons signalé la particularité des satellites 
iïÈchium aspemmum, d'être indépendants du nucléole à l'interphase. Nous 
décrivons ici leur comportement au cours de la mitose ( 2 ). :. * 

Les quatorze euchromocentres dénombrables à l'interphase comprennent douze petits 
corpuscules punctiformes ou ovoïdes sensiblement égaux et deux gros euchromo- 
centres arrondis ou' ovoïdes., ellipsoïdaux ou allongés comme un gros cordon épousant 
exactement ïe contour du noyau. Toujours Feuïgen-positifs, d'une teinte rouge violet 
intense, ils présentent une structure chromonématique avec chromonéma et matrix bien 
distincts. Placés l'un à côté de l'autre {fig. i) ou s'éloignant jusqu'à être diamétralement 
opposés (jig. 2), ils occupent toujours la périphérie du nucléoplasme et n'ont, de ce fait, 
aucun contact avec le nucléole. Ces deux corpuscules dérivent des deux gros chromosomes 
satellifères, 'à bras inégaux, visibles à la métaphase (fîg. 5) et à région d'insertion 
fusorialè subterminale. . 

A l'interphase, la présence d'un satellite xlâns le voisinage de chacun d'eux, 
plus ou moins dans le prolongement de leur grand axe, prouve que les gros 
euchromocentres correspondent au petit bras (partie proximale) du chromo- 
some et que cette dernière région subsiste seule après les phénomènes de 
catachromase. On vérifie ainsi avec une certitude, à notre avis jamais atteinte, 
l'hypothèse de Grégoire (1907, 1932) ( 3 ). L'observation des satellites est 
malaisée du fait de leur petitesse. Ces corpuscules arrondis sont situés près des 
gros euchromocentres et en ont la coloration après la réaction de Feulgen. Le 
plus souvent, ils sont reliés à ces derniers par un filament ténu et court, 



(*) Am. J. Se., 17, 1939, p. 27. 

(*) Séance du 12 juillet 1948. ' -, 

(*) Comptes rendus, 226, 19^8, p. 1999. , . , 

v ( 2 ) Le matériel (extrémités méristématiques de jeunes racines) mis à notre disposition 
par R. de Litardière, provient de la Pointe du Plomb, prés La Rochelle. 
' ( 3 ) Les euchromocentres résultent de la déchromotinisation des chromosomes téiopha- 
siques «à laquelle n'échappe que la région d'insertion ». 



SÉANCE DU 2 AOUT 1947. 359 

toujours Feulgen-posùif quand il est observable , incliné par rapport au grand 
axe de Teuchromocentre. Ils paraissent ainsi se diriger vers le centre du 
noyau, mais restent cependant toujours à une certaine distance du nucléole/ 
et cela même chez les noyaux où l'auréole périnucléolaire est -à peu près 
inexistante (fîg- 1 et 2). L'éloignement du nucléole et des satellites ne peut 




Les structures chromonénjatiques ri'ont pas été représentées. 

donc être imputé à la contraction du nucléoplasme sous l'action des agents 
fixateurs. Le comportement des satellites et des filaments de PE. asperrimun 
se présente donc comme une exception au cycle évolutif tracé notamment par 
Fernandes en 1937 ( 4 ). " 

Les relations entre satellites et nucléole sont évidentes au cours de la cinèse 
et, dès le début de la prophase, des contacts paraissent s'établir. Le filament 
satellifère ne repose pas à la surface du nucléole; seul lé satellite, placé à sa 
périphérie, est en relation avec lui. Celle-ci est rendue possible par une incli- 
naison plus ou moins prononcée du filament tandis que le grand axe de 
reuchromocentre demeure à peu près parallèle au contour du noyau. De très 
bonne heure, le gros euchromocentre évolue rapidement en un volumineux 
chromosome satellifère, presque entièrement constitué quand les ébauches*des 
autres chromosomes ont encore des formes en: virgule. Une bipartition des 
satellites est visible à cette période. Elle est impossible à observer chez les fila- 
ments, mais on la retrouve indubitablement dans le. corps du chromosome 
satellifère. Les relations entre celui-ci et le nucléole, à .l'exclusion de tous 
autres chromosomes, paraissent persister pendant la prophase par l'intermé- 
diaire du satellite (fîg\ 4)* Nous avons cependant observé (fig- 3) des aspects 
dans lesquels satellites et nucléole ont perdu tout contact. 

Le processus de la télophase ne correspond pas à nos descriptions anté- 
rieures. Au lieu d'apparaître sous forme de nombreuses gouttelettes qui 
confluent peu à peu en un corpuscule unique, la substance nucléolaire se trouve 
condensée, dès le début, en deux globules entourés par un amas de chromo- 



'(*).« ... il (le filament) restera pendant la télophase et Finterphase. comme un filament 
très mince, à la surface du nucléole, relié d'un côté au satellite et au corps chromosomique 
de l'autre » {Bull. Soc. Bot. } 2 e série, 1% 19,37, p. i35). 



36p ACADÉMIE DES SCIENCES. 

somes. Chacun d'eux contient un chromosome satellifère bien reconnaissàble à 
sa grande taille et à sa forte chromaticité. L'évolution est rapide; quand les 
deux corpuscules nucléolaires sont décelables par leur teinte verdâtre (au 
Feulgen-vert lumière), les gros chromosomes ont déjà subi les phénomènes de 
catachromase, et il est impossible de préciser les relations pouvant exister entre 
tous les éléments. Les deux corpuscules fusionnent ensuite pour former un 
volumineux nucléole central qui n'a aucun contact avec les euchromo centres*. 

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. —, Sur l 'évolution du contenu glucidique des tubercules 
de Topinambours et de leurs germes à la fin. de la période de conservation . 
Note de M. Paul Hanower, présentée par M. Raoul Combes. 

Au cours des recherches poursuivies depuis trois ans sur l'évolution des 
glucides dans plusieurs variétés de Topinambours, j'ai remarqué que le pouvoir 
rotatoire évoluait en général en devenant plus lévogyre qu'il n'était indiqué 
dans les travaux antérieurs. Cette évolution est particulièrement active au 
printemps, au moment où le tubercule commence à pousser. 

En effet, les recherches antérieures ont relativement peu porté sur cette 
période finale de la vie du tubercule, et d'autre part les observations ontété 
faites d'ordinaire sur les tubercules entiers tandis que mes* mesures étaient 
pratiquées sur la partie proprement tubérisée du tubercule, en éliminant les 
nodosités qui se trouvent à sa .surface au voisinage de chacun des germes. 

J'ai mesuré systématiquement le contenu glucidique de ces nodosités et du 
germe qui fait corps avec elles, et j'ai constaté- que cette portion du tubercule 
possède constamment un contenu glucidique très différent du reste du-tubercule, 
beaucoup moins lévogyre ou beaucoup plus dextrogyre. Quelques chiffres 
portant sur 5 variétés différentes permettent d'illustrer ces deux remarques. 

De l'examen de ce tableau, il résulte que, quelle que soit la variété, les 
nodosités et les germes ont constamment un" pouvoir rotatoire plus positif ou 
moins négatif que le reste du tubercule. D'autre part, au fur et à mesure que 
la poussée des germes se développe, l'hydrolyse naturelle avançant dans le 
tubercule aux dépens de l'inuline, fait apparaître des sucres solubles et réduc- 
teurs en quantité croissante et d'un pouvoir rotatoire de plus en plus négatif. 
Les germes, en poussant, suivent la même évolution, mais restent constamment 
moins lévogyres que la portion tubérisée du tubercule au même moment. 

Ces indications sont à porter comme un complément aux nombreuses 
recherches déjà accomplies sur le Topinambour; elles permettent de lever 
certaines contradictions entre différents résultats où la nature exacte de 
l'organe ou de la portion de l'organe analysée n'avait pas été clairement 
définie; elles permettent également de comprendre une des raisons pour 
lesquelles les variétés de topinambours à surface relativement lisse presque 
dépourvue de nodosités ont, pour l'ensemble de leur tubercule, un pouvoir 



SÉANCE DU 2 AOUT 1947. 36l 

Tableau, — Contenu glucidigue des différentes parties du tubercule 
chez diverses variétés de Topinambours 

(en % de matière fraîche). 

Variété Daniel. 

Sucre Saccha- Sucre 

Date. Organe analyse. [a]. réducteur. rose. total. 

6 janvier { Tubercule \ '— 3° o 5 o68~ 2,44 19, 99 

I 94?« I Germes... +4i° traces 3,6 11, 8.3 

18* avril ( Tubercule C 1 ) ./ — & 0,98 - i, 7 5 i5 ; a6 

1947. [ Tiges-de 25 ( ™ (\) . + i8 y 1,62 . i,3r -4,93 

18 avril ( Tubercule (*) \... ,— 27°" 2 f 4i 3/ 4 i i4,85 

- 1947. ■ (Tiges de 3^5« m ( 2 )..... ..... 0° 0,6 1,21 3, 9 4 

8 mai \ Tubercule •■"■•-. : "=" 43° 3, 08. 4, 60 8,12 

, | Tiges de 38-5o cm , apex ... .» — 24° ..1,68 2,-o 4,36' 

■ ( ». - base..... •— 8° 1,26 2,71 8,55 

Variété Moscou. . 

6 janvier ( Tubercule. .. . .' ... .. -+- .2° traces 2,89 18,7 

1947. ( Germes................... -+- 17 . traces . 3, 01 i3,44 

3o mai ('Tubercule . . . -. . . —34° 3,3i ' 3,65. ' 8,5i 

19^7.. | Tiges. de 6o cm ., . .■■'. + 34 e - o f 58 " 3y65 4,64 

Variété Patate. 

3 mars 1 Tubercule •••••• > +6° *o- 3,26 . i6,i3 . 

/_ j Germes .4-36° traces 3,96 8,74 ' 

f Tubercule + Germes; .... . + 12 . traces 4, 16 .17,11 

2 mai l ïubercule " •••• -"° ^35 3 j9 o n,55. 

'i947.' Ti ^ esde 7- IlCm <'••<• H~ S» 1,09 .2,17 3,92 

'* ( Germes moins développés. —33° 0,8 i,53 3,35 

Variété Piédallu 19. 

24 mars ( Tubercule . — 7 0,0^2 1,87 20,18 

1947.' (Germes -i~ io° . ô,3a - 1,98 4,48 

Variété Piédallu 17. 

5 mai 1 TuberCule ;.'...:...■.. -38°/ 3,-64 4,36 9,1. 

. \ Germes peu développés .. . — 20 0,01 i,46 - 2 6o 

yy .;f Tiges de 2o.-4o cm -.; o° i.,o3 i,56 4,o 

Nota. — [a] est le pouvoir rotatoire avant hydrolyse; sous le nom de tubercule on désigne l'organe 
dépourvu des germes et des nodosités; sous le nom de germes ou de tiges on comprend aussi les 
nodosités superficielles du tubercule qui leur sont accolées. 



( 1 ) Spécimens conservés en silos en terre depuis la récolte. 
( 2 ). Spécimens laissés en place et récoltés le jour de l'analyse.. 



e . 



362 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

rotatoire toujours -plus lévogyre que les variétés à tubercule irrégulier et 
rugueux en raison de la faible part que prennent les nodosités dans les pre- 
mières et du fait que des sucres plus dextrogyres et moins lévogyres prédo- 
minent constamment dans les germes et les nodosités. * 

CHIMIE VÉGÉTALE. : — Sur les substances de réserve et leurs transformations 
pendant la germination chez quelques graines de Légumineuses. Note (*) de 
M. Raymond Quilichini, présentée par M. René Souèges.' 

Dans une "Note précédente (*), faisant suite à un- travail de P. Dangeard, 
nous avions entrepris l'étude cytologique des réserves de quelques graines dé . 
Légumineuses pendant leur germination. Nous nous proposons actuellement, 
sur le même matériel, de faire l'étude chimique, et nous essayerons de retrouver, 
donc de contrôler, l'évolution que nou» avions suivie au microscope. 

Les réserves étudiées sont : les protides, lès lipides totaux, les glucides 
(amidon, sucres hydrolysables, sucres réducteurs. initiaux). Elles n'ont pas fait * 
jusqu'à présent l'objet d'études complètes et comparées. La germination a été 
conduite dans une étuve électrique réglée à a3°. Les dosages ont été effectués 
sur les graines avec leurs téguments et au bout de r, 3, 6, 9 j purs de germi- 
nation. Le tableau qui suit donne en grammes les résultats obtenus, rapportés 
à 100 graines. • .- . 

L'aleurone dans ces trois graines représente bien la matière protéique de 
réserve; au fur et a mesure* de sa transformation en vacuoles, la dilution 
augmente, PN protéique diminue et l'N soluble augmente lentement; quand le 
stade univacublaire est atteint, vers le neuvième jour chez \e Cytisus alpinus et 
le Cercïs siliquastrum, vers le sixième jour chez le Dorycnium suffruticosum, on 
note une augmentation nette du rapport N soluble/N total qui correspond à la 
fin de l'hydrolyse des protides de réserve. Nous avons constaté que les préci- 
pités vacuolaires, préformés chez le Cytisus alpinus, provoqués par le rouge 
neutre chez les deux autres graines, disparaissaient complètement à ce même 
moment : nous pouvons doncbien les considérer comme les dernières substances 
azotées de -réserve en voie d'hydrolyse. 
» L'évolution des lipides est facile à suivre au microscope; nous avons noté 
leur présence dans les trois graines, abondante chez le Cytisus alpinus, puis leur 
lente disparition; chimiquement nous avons vérifié ce résultat. ^ 

L'amidon est le seul glucide dont nous ayons suivi P évolution au microscope ; 
nous avons noté sa présence abondante chez le Dorycnium suffruticosum, son 
absence chez le Cercïs siliquastrum et le Cytisus alpinus, nous avons contrôlé ce 
résultat; nous avons noté chez le Dorycnium su ffruticosum, la disparition pro- 



(*) Séance du 26 juillet 1948. 

(*) Comptes rendus, 226, 1948, p. 690. 



-..'.' SÉANCE DU 2 AOUT 1947. 363 

Kg? 

gressive de l'amidon : vers le premier jour un arrêt momentané, puis une lente 
augmentation et vers le sixième jour une stabilisation. Chez le Ce/vis siliquas- 
trum, l'amidon apparaît vers le neuvième jour, chez le Cy'tùas alpinus après le 
sixième jour. L'apparition de eet amidon transitoire coïncide nettement avec la 
mise en marche de la photosynthèse chez ces graines dont les cotylédons 
deviennent ainsi des feuilles assimilatrices. On ne doit pas la considérer, ici, 
comme liée aux produits d'hydrolyse des autres substances de réserve : cette 
formation est nettement indépendante de toute autre transformation chimique. 



„ Graines 

non germées. 
Doryçnium suffrulicosum Vill, - 

Variation de la- teneur en matières sèches. . . 0,202 

» des lipides totaux OjOi9 

» des glucides. ,'.... - 

Totaux. o,o5a 

Sucres réducteurs initiaux. ......... o 

Sucres hydrolysables. ..,..,' o , o4o 

Amidon ......... 0,012 

Variation des protides : N total 0,012 

Rapport N soluble/N total. 



Graines 
non germées. 
Cytisus alpinus Mill. 

Variation de la teneur en matières sèches ... 2 , 260 

'» des lipides totaux. o,4go 

» des glucides - 

Totaux..... .. . 0; 36i 

Sucres réducteurs initiaux 0,016 

Sucres hydrolysables.. o,345 

Amidon 

Variation des protides : N total '.. o, 16 

Rapport N soluble/N total ...... - 

- .Cercis Siliquastrumlu. 

Variation de la. teneur en matières sèches ... 1 , 616 

» des lipides totaux ..;.... o',22i 

» des glucides — 

Totaux r . . . . '. o , 35o 

Sucres réducteurs initiaux. . 0,009 

Sucres hydrolysables , o,34i 

Amidon ...... .^ o 

Variation des protides : N total o, 344 

Rapport N soluble/N total. 



Germination 



1 er jour. 3 e jour. 6 e jour. 



0,190 


o ? i84 


o,i48 


o ? oi4 


o,oi3 


0,008 


o,o5i 


, 048 


0,044 


0,010 


0,020 


0^02ï 


o,o38 


o,oi 5 


0,012 


0,oo3 


0,01 3 


0', i 1 


0,012 


0,011 


-o,oo5 


0/080 


** 0,088 
Germination 


0,139 



3 e jour. 6 e jour. 9 e jour. 



2, 180 


2 , 1 60 


i,65o 


o,48o 


0,278 


0,268 


0,290 


0, 200 


0,210 


o,o5o 


0,060 


0,070 


, 24o 


, i4o 


0, 100 








o,o4o 


o,i5 


0,14 


0,08 . 


0, i3 


0,14 


o,4i 


1 ,611 


1,590 . 


1,807 


0, 182 


. 0,178 


o,i59 


0, 33o 


0,390 


0,280 


, 060 


0,079 


0,088 


0,270 


0,21 1 


0,192 











o,o53 


0,047 


0,020 


0, i5 


0,17 


o,4ô- 



364 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

GÉOBOTANIQUE. — Sur la flore. des Algues marines du Maroc occidental: 
Note de M* Pierre Dangeard, présentée par M. René Souèges. 

Les Algues marines citées au Maroc sont le plus souvent des Algues obser- 
vées à Tanger dont la situation est assez exceptionnelle» Ayant réuni au cours 
de nombreux séjours répartis sur quinze années une collection étendue des 
Algues de la région atlantique marocaine (environ 290 espèces sans compter 
les Gyanophycées), nous pouvons établir une comparaison avec les régions 
voisines. 

Parmi les Algues de nos récoltes, 120 environ sont nouvelles pour le Maroc 
occidental ("■). Nous ne citerons que les plus caractéristiques ou les plus coïn- 
munes d'entre elles et parmi les Chlorophycées : Chsetomorpha œrèa Kûtz. et 
Ch. paehynema Mont., libella Setchellii 1? . Dang., Enteromorpha Linza(\j.) J. 
A g., Derbesia LamourouxiiÇS . A g.) Solier, Bryopsù Balbisiana L amour.; parmi 
les Phéophycées : Bachelotia fuhiescens (Thur.)Ham,, Feldmannia globifera 
(Kùtz.) Ham.,.F. Rallsiœ Vickers, Streblonema deformans (P . Dang.) Ham ? , 
Leathesîa difformis (L.) Aresch., Cutleria adspersa (Roth) De Not., Dilophus 
Fasciola (Roth) Howe; parmi les Floridées : Bangia fusco-purpuréa (Dillw .) 
Lyngb., Erythrùtrichia Welwitschii (*Rupr.) Batt., Acrochaetium Daviesii ' Nâg., 
Rhodocorton Rothii (Turt . ) Nâg. , Asparagopsis arrnata Harvey , Gelidiella tenuis- 
sima (Thur.) Feldm., Gelidium spathulatum (Kûtz.) Born., G. pûsillum 
(Stackh.) Lie Jol., Rildenbrandia prototypus Nardo, Solieria chordalis J. Ag., 
Rhodophyllis appéndiculata J. Ag., Gracilaria armata Ag., Cordylecladia cohferta 
Schousb., Gigartina faleata J. Ag., Ghampia parvula (G. Ag.) -Harv;, Anti- 
thamnion pliimula (EU.) Thur., Crouania attenuâtà (Bonn.) J. Ag., Ceramium 
echionotum J . 'Ag..., Spyridia aculeata (Schimp.) Kûtz., Spermothamnion capita- 
ium (Schousb.) Born., Ptilothamnion Pluma (Dillw.) Thur. , Pleonosporium 
flexuosum : (Ag.) Born. Nepmonospora pedicellàta (Sm.) G, Féldm^ et M. 
Griffithsia opuntioides 3. Ag., Qphidocladus Schùusbœi (Tur.) Falk., Pterosi- 
phoniathuyoides Schm./P. parasitiça : (Huds.) Falk;, Ctenosiphônia hypnoides 
(Welw.) Falk., Myrio gramme minuta Kyl., Heterosiphonia Wurdemanni 
(Bailey) Falk, 

Si l'on compare cette flore à celle de Tanger, on voit qu'environ une centaine 
d'espèces tangéroises ne se retrouvent pas sur l'a côte atlantique marocaine : 
Algues de profondeur, épaves favorisées par les courants du détroit, mais aussi 
Algues atlantiques ou méditerranéennes ayant leur limite; à Tanger, ou bien 
encore Algues méditerranéennes et canariennes dont l'absence sur la côtemaro- 



(') Nous prenons comme base le catalogue de Gattefossé et Werner {BulL Soc. Sc'nat. 
Maroc, 15, 1935 ).. . 



SÉANCE DU 2 AOUT 1947. * 365 

caine occidentale.peut s'expliquer sans donlepar la température de l'eau moins 
élevée en ete que dans la Méditerranée ou aux Canaries - 

La flore du Maroc atlantique ne manque pas de ressemblance avec celle des 
Canaries, cependant beaucoup d'espèces subtropicales de cetteflore font défaut 
au Maroc en tout [?4 espèces, parmi lesquelles les Caulerpa et la plupart des 
Siphonocladales, les Liagora,. les Galaœaura. Réciproquement beaucoup 
d Algues qui comptent parmi les dominantes de la flore marocaine manquent aux 
Cananes Nous citerons : Sacohorha bulbosa (Huds.) la Pyl., PhylLia reni- 

c'Zofa ci i-/ e nomhr r c r seira dom c - W^L sJL 

t .Jibiosa C. Ag., Bifurcana tuberculata Stackh., Gelidium attenuatum ( Turn ï 
Ag., Giganma marnillosa (Good. et W.) J. Ag., G. Teedii Lam. , Gymnogon- 

palrmtta Grev. var. KIuub Lam., Pterosiptionia complanala (Clem.) Falk 
Tenarea toHuosa Esp. ) Lam. Certaines Algues communes au Maroc sont même 

ceZ e t a(Tl e Tn me T C * narIeS : GemUm "W9«** Thur., Scinda fui 
c^(Turn,) Biv., Cysio^ra ericoides (L.) Ag., Gracilana multipanUa Ag. 
Ln .tout 4o espèces marocaines manqueraient aux Canaries. On voit donc eue 
la flore algologique canarienne est relativement très différente de la flore maro 
came voisine et que les espèces de grande taille et communes sont en général 
différentes d'une région à l'autre. . gênerai 

La flore algologique marocaine renferme toutefois un "certain nombre 
d espèces de mers chaudes ou tempérées dont les plus proches stations connue! 
son fort éloignées. De ce nombre sont Callyrnenia schiophylla (Harv ) j Z 
del Afrique du Sud et des îles du Cap-Vert, Hypoglossun LuifoU^lLt"] 
Kulz d Amérique septentrionale, Chondria arcuata Holl., de la Californie du 
Sud, Gracdana cervicornù (Turn.) J. Ag. et HypneaspiJlaKUz. de Si" 
Platynp honia rninia^ (Ag.) Bôrg. de Cadix et de FAfrique „.£^ÏÏ£ 
glossum A.eschougn J. Ag. elGelidieUaSanctarumFeldm. et Ham. des AntE 
enfin une Delessenacée, encore non classée, dont l'espèce la plus voisine pa S 
être le BartomeUa crenata (Ag.) Kyl. du Cap de Bonne-Espérance ? 

Quelques espèces sont nouvelles et ne sont connues jusqu'ici qu'au Maroc ■ 

H«c^ P. Dang., Graoilaria ver mi cuLa nob^ ^Ir^nia 

delœatula nob., Enteromoipha tuberculose nob. Les espècesencor non^aï « 

seront décrites prochainement. signalées 

La répartition des Algues sur la côte atlantique marocaine trouve sans doute 

en pâme son explication dans la température relativement basse des eau X d 

urface jusqu'à la latitude d'Agadir, et même plus au Sud, les venu sïeau 

tl;:Jz-L îr?ï \ entre des eaux plus chaJes à te ^- 

a 20 ainsi que I ont établi les travaux encore inédits de M. Furnestin. 

C. R., 1948, a* Semestre. (T. 227, JV° 5 ) , 

24 



366 • ACADÉMIE DES SCIENCES. 

PATHOLOGIE VÉGÉTALE. - Différents aspects cliniques de la mosaïque 
du Tabav en rapport avec l'existence de plusieurs virus de cette maladie, 
. ' Note (*) de M. Eugène DscmwKowéKY, transmise par M. Joseph 
Magrou. .. ■ . . '•*-.... 

L'étude de la mosaïque du Tabac a permis de déterminer en Amérique toute 
une série de caractères à l'aide desquels on a pu distinguer plusieurs virus 
différents de cette maladie. . n 

C'est ainsi qu'on connaît maintenant Nicotania virus i (Meyer) Allard 
avec ses variétés! A, i.B, iC, et iT> elNicotania virus i-i5. 

Il est, difficile de dire actuellement si ces virus forment des espèces bien 

différentes. _ ■ ' ■ ■ ■ / a\ 

En plus de ces virus, on connaît également le groupe Lyeopersicum (i-b) 

qui est commun au Tabac et à la Tomate. „ . 

On ne peut encore dire lesquels de ces virus existent en Europe, mais 

en tout cas la' mosaïque est une des maladies dû Tabac lés plus répandues 

en Yougoslavie. * , ,. ■ ■ \ .•' •) • 

Ayant été chargé par le Monopole d'Élat de l'étude de cette maladie, j ai pu 
pendant plusieurs années l'observer dans les plantations de Tabac en même 
temps que l'étudier dans mon laboratoire (') (Service de Parasitologie a 
l'Institut d'Hygiène de Belgrade). ■_ 

En Infectant les jeunes plantes de Tabac élevées au laborato.re et appartenant 
a plusieurs variétés par les virus de provenances différentes, j ai pu suivre 
l'évolution de la maladie à partir de ses premiers symptômes. 

Les résultats de mes observations ont été en partie exposés dans une com- 
munication au XIV e Congrès International d'Agriculture à Bucarest en 1929. 
Les résultats déHnitifs peuvent être. résumés ainsi : 

1» Il existe un virus de la mosaïque (que j'ai dénommé virus G) qui ne peut 
être transmis que par des insectes. Tandis que la maladie provoquée parce 
virus est très répandue dans certaines plantations, sa transmission parles 
méthodes usuelles est impossible au laboratoire. . . , 

Les plants de Tabac dans les plantations yougoslaves sont parasites, d après 

M"" A Braguine, ma regrettée collaboratrice, par les insectes suivants : Thnps 

tabacï Lind., Aphis sp., et les jeunes plantes, en plus de ces espèces, le sont 

encore par des espèces appartenant à la famille de Cwadelhdœ. 

■ 3 ° Un autre virus (désigné par moi comme type D) n'est pathogène que 

pour N. rustica. ; - ■ ' 

(M Séance du 26 juillet 1948* n ■. _'". ' ,.,.,„ 

. E. Dschonkowsky, Veber einige in Spmmer i 9 ,5 in Sudserbun beobachtete 
Krânkeiten und Schâdlinge ■ des Tabaks (Glasnik Cent. Hyg. Jnst., B. KV, .9*7, 
p. 67-92), 



SÉANCE DU 2 AOUT 194-. 3g. 

3- La grande variabilité des signes cliniques de la maladie est frappante 
1 andis que chez certaines plantes les modifications ne portent que sur quelques 
feuilles et consistent dans le changement de la coloration (image typique de la 
mosaïque) et dans la formation des foyers nécrotiques séparés, la croissance 
d autres plantes est complètement arrêtée et leurs feuilles déformées présentent 
des aspects étranges. 

Si la maladie devient chronique, on peut observer au bout de quelques mois 
sur les plantes malades, mais encore complètement vertes, de petites néofor 
mations (voir figure) qui se localisent sur les tiges à proximité de l'insertion 
des feuilles. 




On admet maintenant que certains aspects cliniques de la maladie sont 
spécifiques pour les virus différents (par exemple pour Nicotiana virus 12, 
id, 14 et Lycopersicum 5, 6). 

Mon herbier des tabacs malades de Macédoine contient des exemplaires qui 
présentent des aspects non encore signalés. ' 

Gela fait supposer l'existence en Macédoine d'agents particulièrement viru- 
lents. Un de ces derniers, mentionné plus haut, rappelle le virus de la 
mosaïque de la Tomate (Lycopersicum S. Samuel). 

PHYSIOLOGIE. - Effets physiopathologiques provoqués, chez le jeune Bat blanc, 
par l ingestion de fortes doses d'amide nicotinique (vitammePP). Note (*) de 
M m ° Lucie Rahdoin et M. Jeax Cacseret, présentée par M. Robert Courrier. 

^On sait que l'excès d'amide nicotinique peut provoquer de graves troubles 
chez certains animaux supérieurs (Souris, Rat, Chien). 

Pour certains auteurs ('), l'hypervitaminose PP entraîne un arrêt de crois- 



(*) Séance du 26 juillet 1948. 

ein a' 'fS- J T n ' f P i arma D coL Ex P- Thé ™P" «V .939, P . 9 s; F. G. Br.azda 
et R. A. Goclsos, Proc. Soc. Exp. Biol. Méd., 62, i 9 46, p. i 9 . 



368 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

sance, puis une dénutrition qui peut aller jusqu'à la mort, mais sans symptômes 
externes, ni lésions internes spécifiques; pour d'autres ( a ), au contraire, elle 
provoque des troubles- digestifs et des lésions portant sur le foie et le système 
nerveux; enfin, d'après des recherches très récentes ( â ), elle se manifeste surtout 
par des lésions spléno-hépatiques (infiltration de lymphocytes et de plas- 
mocytes dans les canalicules biliaires, hypertrophie de la rate sans lésions 

systématisées). 

En raison <Je ces divergences et de l'intérêt que présentent en physiologie les 
phénomènes d'hypervitaminose, nous avons repris l'étude de cette question en 
employant, comme animal réactif, le jeune Rat blanc. 

Nos premières recherches ont porté sur 80 jeunes, rats mâles pesant de 35 
à 5o 5 , répartis en 6 lots (dont 3o 'témoins) et soumis à un régime équilibré 
dont la composition centésimale est la suivante : caséine, 21; graisse de beurre, k\ 
amidon, 66 ; mélange salin d'Osborne et Mendel, 4 ; levure sèche Bylà, 5 ; papier 

filtre; à volonté (*). '' 

Ce régime a été donné seul (Lot I, témoin) ou complété par des doses 
croissantes d'amide nicotinique, allant de o*,i à 2* pour ioo s de régime : - ., 

Lot IL - Rég. de base + 0,1% d'amide nicotinique (• io»« environ par rat et par jour). 
Loi 1II-- : » H-o.a.% » ( d ° mS » >' 

Lot IV. - » +o,5% - » ( 5o™- » )• 

Lot V.- » +i'- % •- » / C 1 . 00 "*' " ■ } - 

Lot VI- _ » +a .% ' » ( 20 ° m ' » } ' 

Alors que les animaux des lots II et III se sont, à tous points de vue, 
comportés normalement comme les témoins du loi I, les rats des lots IV, V 
et VI ont présenté, non seulement des troubles de croissance, mais aussi des 
troubles cutanés, nerveux, osseux, digestifs et des atrophies d'organes. 

Troubles de croissance. - A partir du lot IV, il s'est produit un ralentis- 
sement delà croissancé^de plus en plus accentué, puis un arrêt du développement 
suivi de dénutrition, et la mort au bout de 4 à 12 semaines. 

Troubles cutanés. — Nous avons observé i des croûtes sèches sur le dos et 
sous le menton, de petites zones dénudées le long des pattes et autour des 
oreilles; dans l'ensemble, une fourrure peu fournie, terne, hérissée, à «texture 
de duvet » sur le dos et les flancs. Assez souvent s'est produite une abondante 
excrétion cutanée, -et aussi nasale, de porphyrinés, qui souillaient en parti- 
culier le front, le nez et les moustaches; cette excrétion, intermittente dans 



(*) K, K.'Chbn, C. L. Rose et E; B. Robbins, Proc. Soc. Exp. Biol. Med., 38, 1938, 

p. a4 l * • a 

(») A. Aschkenasy et M. Mignot, C. R. Soc. BiûL, 14-0, 1946, p- 201. 
(*) Ce régime renferme environ 0,002 % d'amide nicotinique (dans la levure). 



SÉANGS DU 2 AOUT 1947. 36g 

bien des cas, a eu lieu également, mais avec une intensité et. une fréquence 
nettement moindres, chez quelques rats témoins du lot I. 

Troubles 'nerveux. — La démarche devenait, en général, sautillante; parfois, 
au contraire, F arrière-train était affaissé et les pattes postérieures écartées et 
traînantes. Nous n'avons noté que rarement, dans la période prémortelle, les 
convulsions signalées par Chen, Rose et Robbins. 

, Troubles respiratoires. — Ces troubles (respiration saccadée, toux, rhinite 
exsudative), inexistants ou légers à la température de 18 , devenaient très 
intenses lorsque nous placions les rats dans une enceinte de 10-12 , tempé- 
rature qui ne provoquait aucun trouble chez les témoins du lot I. ' 

Troubles osseux, — Peu avant la mort, la plupart des animaux ont présenté 
une très forte incurvation de la colonne vertébrale (dessinant un U). 

A V autopsie, nous avons observé, dans plus de 90% des cas, de notables 
altérations du tube digestif: présence de sang dans les intestins, et de gaz dans 
la région cardiaque de l'estomac, dans le jéjunum et le Ccecum. Le thymus 
était fortement atrophié, ainsi que la rate (poids inférieur de 4o à 70 % à celui 
de la rate des témoins ayant le même poids corporel); sur ce dernier point, . 
nos observations ne concordent donc pas avec celles d'Aschkenasy et Mignot, 
pour qui l'hypervitaminose PP entraîne de la splénomégalie. La glande 
adipeuse était aussi très atrophiée, et sa teinte, au lieu d'être d'un rose beige 
pâle comme à l'état normal, était devenue rouge sang. Enfin, les organes 
génitaux de nos rats (mâles) avaient subi également une atrophie très nette 
portant principalement sur les épididymes, les vésicules séminales et les 
glandes de Cowper. 

En résumé, avec le régime que nous avons utilisé, nous avons réalisé, chez 
le jeune Rat blanc, une hypervitaminose PP typique, déterminée par l'ingestion 
supplémentaire de fortes doses d'amide nicotinique (de o,5 à 2% de la 
ration), et caractérisée par : des troubles de croissance, de la dénutrition 
allant jusqu'à la mort, des troubles cutanés, nerveux, respiratoires, osseux 
et digestifs, enfin des atrophies très accentuées d'organes tels que le 
thymus, la rate, la glande adipeuse, les organes génitaux. 

On ne peut s'empêcher d'être frappé par le fait que beaucoup de ces 
symptômes d ' hypervitaminose VV h , alopécie, dégénérescence du pelage, excrétion 
cutanée et nasale de porphyrines, rhinite exsudative, incurvation de la colonne 
vertébrale, présence de gaz dans l'estomac, de sang et de gaz dans les intestins, 
ressemblent étrangement aux symptômes que provoquent certaines avitaminoses 
du groupe B, en particulier la carence en acide pantothénique . 

Nous reviendrons très prochainement sur cet aspect de la question. 



37° 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



NUTRITION. — Tryptophane et teneur des tissus en niacine. Niacine et rétention 
du tryptophane. Note (*) de M Iie Thérèse Terroine, M me Janine Greveaux- 
Bourgeat, MM. Jean Adrian et Raymond Jacquot, présentée par M. Robert 
Courrier. 

* - . . 

Plusieurs auteurs américains ont signalé les interrelations qui leur paraissent 
exister entre le tryptophane et l'acide nicotinique. D'après eux, l'acide aminé 
jouerait un rôle de précurseur de la vitamine et sa présence dans la ration con- 
ditionnerait la teneur des tissus en niacine (Kréhl et col. dès ig45 ; Rosen 
et col. 1946; Hundley 1947; Sirigal et col. 1947? etc.).. Par ailleurs, la richesse 
en niacine du régime réglerait l'utilisation métabolique du tryptophane (Krehl, 
de La Huerga et Elvehjem 1946). Le tryptophane serait donc d'une part le 
précurseur de la vitamine PP ; d'autre part, cette dernière améliorerait la 
rétention- de l'acide aminé. 

Il nous a paru intéressant de vérifier ces hypothèses en expérimentant sur les 
animaux qui nous avaient servi pour l'étude des facteurs limitants du maïs. 
Certains lots avaient en effet été soumis plus de deux mois à des régimes 
pauvres en tryptophane, d'autres en recevaient un supplément (o ? 3 % de 
/-trypiophane) et de même pour l'acide nicotinique ajouté en certains cas 
à raison de 20 ms par ioo s de régime. 

Niacine (y) par g frais. 



Régime maïs-blé. 



Foie. Muscle. 



Régime maïs-blé 
-+- caséine. 

Foie. Muscle. 



73 
Régime de base . \ 70 

68 

M........ 70 

«7 

» H- PP. ^ 7 ? 

94 

102 
M....,.....;..... 90 

, f 112 

» -f- tryptophane. . < „ 

M \. 109 

» -^ PP -h tryptophane I 

M 100 



67 

79- 
78 

75 

77 
84 
84 
84 
82 

79 
81 

80 

70 

117 

93 



i4i 
100 
108 

i63 
130 

i38 

i4o 



91 

76 

66 

75 
77 



70 
90 



139 80 



120 
142 
131 

io5 

«9 
112 



94 
60 

,77 

7 1 
76 

7^ 



(*) Séance 4u 19 juillet 1948, 



SÉANCE DU 2 AOUT 1947. 3^ 

Nous avons tout d'abord étudié l'influencé du tryptophane alimentaire sur la 
teneur en niacine du foie et des muscles des pattes postérieures. Les dosages 
ont été effectués par la méthode microbiologique de Krehl, Strong et Ëlvehjem 
après extraction par HC1 N (3o min. à 120 ). Le tableau ci-dessus rapporte les 
résultats obtenus avec deux types de régimes de Base : simple mélange de maïs 
et farine blanche, ration identique enrichie avec 2,5 % d'hydrolysat de caséine 
complémenté. 

5ÉMe cas du simple mélange de maïs et blé, l'adjonction de tryptophane 
ou d'acide nicotinique semble effectivement augmenter la richesse en niacine 
des tissus, notamment du- foie; cependant le bénéfice est de faible amplitude et 
-. ne dépasse pas 3o % . Il ne saurait être très significatif étant donnée la marge 
des variations à l'intérieur d'un même lot. En présence de caséine et avec un 
régime voisin de celui des américains, les résultats sont par contre très nets : 
ni l'addition de tryptophane, ni celle de niacine ne modifient le taux tissulaire 
de vitamine PP. 

Dans un second essai, nous avons étudié l'influence de la niacine sur l'utili- 
sation biologique du tryptophane : le tryptophane retenu était calculé par 
différence entre le tryptophane ingéré et le tryptophane urinaire (dosages par 
la méthode colorimétrique d'Eckert). Voici les résultats moyens se rapportant 
à des périodes de trois jours : 

, tryptophan e retenu 

tryptophane ingéré 
Régime maïs-blé. Régime maïs-blé -h caséine. 
. Régime de base (4 rats) ; 0,69- o 6q 

+ PP(3rats) v o,6 7 ; 0^9 

H- tryptophane (4 rats) .. . 0,90 0,90 

+ PP + trypt. (2 rats) ... o )9 4 ' / 9 3 

La rétention du tryptophane alimentaire augmente notablement lorsque 
la ration est enrichie avec cet aminoacide en nature, mais la présence d'un 
supplément de niacine n'a pas de répercussions démonstratives sur l'utilisation 
métabolique du tryptophane. 

En résumé, dans nos conditions expérimentales, nous n'avons pu retrouver 
de façon, évidente les interrelations entre tryptophane et niacine signalées par 
les auteurs américains : l'addition de tryptophane aux régimes de base n'aug- 
mente pas la teneur en vitamine PP des tissus, et inversement le taux alimen- 
taire de niacine n'influence pas l'efficacité du tryptophane ingéré. 

NUTRITION. — Polymérisation et digeslibiliiè : influence du broyage sur la diges- 
tîbilité de la fécule. Note (*) de M me Jeanine Lèvy et M.. Raymond Jacquot, 
transmise par M. Jacques Duclaux. 

La valeur alimentaire de certaines substances végétales peut être améliorée 
par broyage intensif. C'est notamment le cas pour le son dont la digestibilité 

1 '** • " " * • " ■ — - — . _ .i ■ ._ 1 . - 11 1 ■ - m . 1 . ■ ' ■ - . 

(*) Séance du 36 juillet 1948. 



» 



3n2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

et l'efficacité prôtidique sont considérablement plus élevées après passage au 
broyeur à marteaux (*). On est en droit dé: considérer le bénéfice ainsi réalisé 
comme résultant de la dilacération des membranes cellulosiques : celle-ci 
faciliterait l'attaque "du protoplasme alimentaire par les enzymes digestifs. 
Dans ces conditions, les effets du broyage porteraient uniquement sur la . 
structure morphologique. Pour fondée /que soit cette hypothèse, il semble 
qu'on doive la compléter et que, parfois, le broyage intervienne directemmï 
sur la digestibilité des principes nutritifs eux-mêmes. Un exemple noflS^st 
donné dans le cas de la fécule. L'amidon 4e Pomme de terre présente la carac- 
téristique d'être très peu digestible à l'état cru; contrairement aux amidons 
de céréales, il exige une cuisson préalable pour être assimilé. Ce comportement , 
singulier échappait à l'analyse : ni les spectres de diffraction, ni les teneurs 
supposées en amylose et amylopectine ne pouvaient l'expliquer. Or, un travail 
récent de Sutra ( 3 ) nous en propose une interprétation. D ? après cet auteur, un 
simple broyage à sec permet d'obtenir une fécule solubie, se gélifiant à froid et 
donnant le bleu d'iode caractéristique. Avec la fécule ordinaire, on sait, que 
" ces propriétés ne se manifestent qu'après chauffage ; d'après l'expérience de 
Sutra, il semble qu'une action mécanique ou thermique aboutisse aux mêmes 
effets. Il nous a semblé intéressant de rechercher si ce parallélisme s'observe 
également dans le domaine alimentaire. Autrement dit Je broyage améliore-t-il 
la digestibilité de la fécule, comme le fait la cuisson ? ^ 

L'expérience a été poursuivie sur rats nourris avec des régimes à base de 
fécule ordinaire crue ou de fécule passée pendant trois jours au broyeur 
a boulets. Nous nous sommes assurés- que ce dernier produit présentait bien 
les caractéristiques signalées par Sutra. Les animaux furent successivement 
placés à un régime à 55 % puis à 70 % de fécule. Les résultats moyens que 
nous rapportons concernent ; la digestibilité de la ration totale mesurée par 
différence entre les poids secs ingérés et les poids secs des fèces — la digesti- 
bilité propre des deux types de fécule — la teneur en réducteur total des fèces. 
Chaque chiffre correspond aux valeurs moyennes calculées par rat. 

Digestibilité (%) ; Teneur (%) 

. __ | MI » ■ — des fèces 

totale - des fécules en réducteur 

Régime. 0(*). B("). O. B. O. B, 

48 93 24 99 87 ... 5 



55% fécule.. 64 ' 9 3 45 99 85 5 

f 58' 91 45 9 8 . 7 6 6 

■ l 70 94 7 6 99 , 5 9 5 

7 o % fécule 68 9 4 7° ■ 99 65 4,5 



93 84 99 ' . 5 4 5 

(*) O fécule ordinaire (**) B fécule broyée 



(-*) R. JxcqvoTj Comptes rendus;21% 194^ V- II0Ï 
(*■) Bull. Soc. Chim., 7-8, 1947, p. 7 38 - 



SÉANCE DU H AOUT 1948. 3 ? 3 

Malgré l'accoutumance dont témoignent les animaux vis-à-vis de la fécule 
ordinaire, il n'en subsiste pas moins une différence énorme entre la digestibi- 
lité des deux produits : après broyage la fécule s'avère entièrement assimilable, 
alors que le même produit non traité occasionne un déficit parfois considérable, 
toujours sensible. L'importance relative des pertes fécales ressort surtout 
de la teneur par gramme des fèces en réducteur total. 

Nos investigations in vivo s'accordent parfaitement avec les données 
physicochimiques de Sutra. Comme ce dernier suggère que le broyage 
produit une dépolymérisation au même titre que" le chauffage, nous adoptons 
son point de vue provisoirement. Mais cela nous conduit à formuler une 
hypothèse qui est loin d'être démontrée. La différence de digestibilité qui 
existe à l'état cru, entre les amidons de céréales qui sont digestibles et la fécule 
- qui ne l'est pas (ou peu), s'expliquerait par des degrés de polymérisation 
différents. < 

Par ailleurs, signalons que nos recherches actuelles sur un amidon vont de 
pair avec les faits observés par Cohen qui expérimente sur un matériel entière- 
ment différent : la kératine, qui est rendue soluble et digestible par broyage ( 3 ). 

est remarquable, dans tous ces exemples, qu'une simple action mécanique 
puisse modifier une propriété aussi fondamentale que la digestibilité. 

chimie BIOLOGIQUE. - Un effet de V acide para-aminobenzoïque sur 
Aspergiilus niger : production de substances réduisant le 2.6-dichloro- 
pkénol indophénol. Note (*) de MM. Joseph IVeumann et Jeax Lavollay 
transmise par M. Maurice Javillier. ' 

L'un de nous a montré que l'acide para-aminobenzoïque, de même que la 
para-amino-phénylsulfamide, introduits à concentrations convenables dans le 
milieu de culture d' Aspergiilus niger, suppriment, au moins partiellement, les 
effets inhibiteurs que la para-quinone exerce sur le développement du mycé- 
lium (<). Nous avons admis que l'action anlitoxique de l'acide para-amino- 
benzoïque ou de la para-aminophénylsulfamide résultait d'une condensation 
de la para-quinone avec la substance utilisée. La disparition de la toxicité de la 
paraquinone intervient, en fait, lorsque la quantité de substance introduite 
suffit à neutraliser le pouvoir oxydant conféré au milieu de culture par la 
paraquinone ( 2 ). Deux ensembles de faits conduisent d'ailleurs à penser que la 



(') Arch. Biochem., k, 1944, p. 145. 
(*) Séance du 26 juillet 1948. 

(»■). J. Neumann, Assemblée annuelle de la Société Suisse de Microbiologie (Schweiz 
Ztsch. Path. Bakt., 9, 1946, p. 419. 

H Tel qu'il peut être mis en évidence par la libération de l'iode à partir de l'iodure 
de potassium en solution acétique. 



3?4 ' ACADÉMIE DES SCIENCES. 

toxicité de cette substance est due à ses propriétés oxydantes : a. la parfaite 
tolérance du mycélium pour l'hydroquinone aux concentrations correspon- 
dantes; b. la simultanéité de la disparition du pouvoir oxydant et de la sup- 
pression des effets fungostatiques dans les milieux renfermant seulement de la 
para-quinone et ensemencés de spores 6? Aspergillusniger. 

On aurait donc pu penser aussi bien que l'action antitoxique de l'acide parà- 
aminobenzoïque et de la para-aminophénylsulfamide pouvait résulter d'une 
action indirecte : la production par le mycélium d'une substance réductrice 
capable de neutraliser l'action de la quinone. Nous avons effectivement trouvé 
que les milieux de culture à'Aspergîllus Niger, développé à 34° G sur différents 
liquides nutritifs renfermant des quantités d'acide para-aminobenzoique 
variées, acquièrent, en plus d'une pigmentation jaune, un fort pouvoir réduc- 
teur (coloration bleue avec le réactif de Bezssonoff; réduction à froid de la 
liqueur de Fehling ou du nitrate d'argent en solution acétique). Ces liquides 
sont notamment capables dé réduire, à pH4, le 2.6-diçhlorophénol-indophénol 
• aussi rapidement que l'acide ascorbique. On peut ainsi faire le dosage des 
substances réductrices par la technique de décoloration cinétique ( 3 ), et en 
exprimer arbitrairement la concentration en acide ascorbique. Cette coifcen- 
tration est, dans certains cas, considérable et peut atteindre 49 ms P our \°° 
en 196 heures de culture. Elle augmente avec la concentration en acide para- 
aminobenzoique, au moins jusqu'aux doses toxiques; elle augmente aussi avec 
la durée de la culture. A titre d'exemple, voici les résultats obtenus en 48 heures 
sur le liquide Raulin-Javillier : 

Substances 
réductrices 
Acide. Poids sec exprimées Microg 

para-amino- du mycélium en microg de substances 

benzoïque obtenu sur îfc* 3 d'acide ascorbique ... réd. par mg 

(mg pour 100cm 3 ). de .milieu (mg).' pour 25**'. de mycélium sec. , 

o...... ....... 538 i56 v 0,29 

•102,75 : 4*4 . l3.I75 ■ 3l,8a 

i3 7 ...', 3 7 3 i44oo 38, 61 

171,35...*.,. 354 i 7 5a5 ' 49> 5 * 

ao5,5...".: i56 ■ - 10840 69^,43 

".-"339,75 ....... v . '92. ' :. 9 120 '■ 99' l3 ' 

Le pouvoir réducteur est d'autant plus élevé que la teneur en glucose du 
milieu est plus basse, mais il ne semble pas affecté par la valeur du rapport 
C/N du milieu nutritif. La nature de l'aliment azoté, ammoniacale ou nitrique, 
ne semble pas non plus intervenir. Le glucose peut être remplacé par le glycérol 
ou par l'amidon et le mycélium se comporte toujours de la même manière. ^ 

Cependant la production de substances réduisant rindopbénol aussi rapide- 
ment que l'acide ascorbique est spécifique de l'acide para-amino-benzoïque, les 

( 3 ) P. Meunier, Bull. Soc. Chim. Biol., 19, 1937, p. 877. 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. 3^5 

acides ortho- et méta-amino-benzoïque étant inactifs. En outre la para-amino- 
phénylsulfamide ne provoque pas l'apparition du pouvoir réducteur. Il s'agit 
donc d'une intéressante propriété de l'acide para-arnino-benzoïc[ue ? mais il est 
improbable que l'action antitoxique de cette substance vis-à-vis de la para-qui- 
none doive lui être rapportée. L'antagonisme de l'acide para-aminobenzoïque 
et de la para-quinone peut être suffisamment expliqué par la simple conden- 
sation des deux substances ( x ) ( 4 ). , 

Nos expériences montrent que l'acide para-amino benzoïque exerce sur 
YAspergillus niger des effets considérables, révélés par : a. l'apparition, déjà 
décrite, de pigments jaunes ( 5 ); b> la formation d'une ou plusieurs substances 
aussi fortement réductrices que l'acide ascorbique, mais dont la nature est 
encore inconnue ( 6 ). 

ÉPIDÉMIOLOGIE. — Comportement du virus de la pneumopathîe du Cobaye chez 
quelques arthropodes piqueurs . Note de MM. Georges Blanc et Jean Bruneau, 
présentée par M. Maurice Caullery. 

La pneumopathîe expérimentale du Gobaye est une infection qui est toujours 
mortelle comme l'a montré Lépine ('■) et comme nous Pavons constaté nous- 
mêmes sur un très grand nombre d'animaux (plusieurs centaines). La maladie 
spontanée peut rester latente mais n'en est pas moins de haute gravité, et la 
question se pose de savoir si le virus de cette pneumopathie se maintient uni- 
quement sur cobayes ou s'il peut y avoir, dans la nature, un réservoir de virus. 
Nous présentons brièvement le résultat d'un premier groupe d'expériences 
faites sur quelques Arthropodes piqueurs', 

Bhipicéphales. — i° Des larves de Rhipicephalus sanguineus, provenant 
d'élevage, sont gorgées sur un cobaye infecté, en pleine période fébrile. Quinze 
jours plus tard, après la mue, les nymphes sont nourries sur un cobaye neuf, qui 
meurt pendant que les tiques sont encore fixées. Vingt nymphes sont broyées, 
et inoculées à un cobaye qui ne s'infecte pas et réagit à l'épreuve. 



( 4 ) A. E. Oxford, Biochem J. } 36, 1942, p. 438. 

( 5 ) W.'W. Spink et J. J. Vïvino, Science, 98, i 9 43, p. 44;. R- L. Mayer, Science, 98, 
1943, p. 207; J. o/Bact., 48, 1944, p. 9 3 et 33 7 ; R. G. Mills, G. M. Briggs Jr., T. D. 
Luckey et D. C. Elveïijem, Proc. Soc. exp> BïoL Med., 56, 1944, p. 240; L. J. Sciarini et 
F. F. Nord, Arch. Biochen., 7, 1945, p. 36 7 ; G. W. K. Cayill et J. M. Vincent, Nature, 
155, 1945,, p. 3oi. 

( 6 ) Le pouvoir réducteur pour l'indophénol des milieux de culture exempts d'acide 
/?-amido benzoïque a fait l'objet de plusieurs travaux et d'interprétations contradictoires : 
K. Bernhauer, B. GoRLrcn et E. Kocher, Biochem. Zisch., 286, 1936, p. 60; J. Lavollay 
et F. Laborey, Comptes rendus, 205, 1937, p. 179; I\ Manceau, A. A. Policard et 
M, Ferrand, Bull. Soc. Chîm. BioL, 20, 1938, p. 82; M. Geiger-Huber et N. Galli, Verh. 
Nat. Ces. Bàsel, 56, 1945, p. 37, Ilefr: Chim. Acta., 28, 1945, p. 248; A. Galli, 
Dissertation Basel, 1946. 

,'(*) P. Lépine, Annales Jnst. Pasteur y 71, 1945, p. 104. 



376 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

2° Des larves d'élevage, de Rkipicephalus sanguineus, sont gorgées sur un 
cobaye infecté; après la mue, les nymphes sont nourries pendant 3 jours sur 
un autre cobaye infecté. Le lendemain du jour où ces tiques ont quitté le 
cobaye, 6 d'entre elles sont broyées et inoculées à un cobaye qui fait une 
infection mortelle. Dix jours plus tard, ces nymphes qui s'étaient infectées sur 
le cobaye le sont encore. ÎJn cobaye inoculé avec six d'entre elles meurt de 
pneumopathie. Dix-huit jours après le repas infectant, six autres tiques sont 
inoculées à un autre cobaye- Ces tiques sont des adultes, la mue s'est faite la 
veille ; l'expérience est négative, l'animal réagit à l'épreuve. 

Les jeunes tiques adultes sont nourries sur un hérisson. Deux 9 gorgées 
sont inoculées à un cobaye qui ne s'infecte pas. 

Donc les Rhipicéphales s'infectent sur le cobaye, mais le virus ne se conserve 
pas plus de 10 jours et n'est pas retrouvé après la mue de larve à nymphe, ou 

de nymphe à adulte. 

Ryalomma. — Des larves gorgées sûr cobaye infecté se montrent non viru- 
lentes 3 jours et 10 jours après la piqûre. - ■ 
* Ornithodorus erraticus. — 35 Ornithodores adultes sont mis à piquer sur un 
cobaye infecté. Dès qu'ils sont gorgés, 2 sont inoculés à un cobaye qui 
s'infecte; 6 jours plus tard, 2 autres Ornithodores du même lot, infectent le 
cobaye auquel ils sont inoculés; même résultat positif, 20 jours après le repas 
infectant, avec 2 Ornithodores. Puis le virus disparaît entre le 20 e et le 
3o e jour. L'expérience est poussée jusqu'au 45 e jour. * 

Le virus persiste une vingtaine de jours dans le tube digestif de l'Acarien, il 
ne s'y multiplie pas et ne s'y maintient pas, il a disparu avant que son hôte 
fasse un nouveau repas sanguin. 

Puces (Xempsylla cheopù). — Dans une cuve contenant plusieurs centaines 
de Xenopsylla cheopis nouvelles écloses, 8 cobayes infectés sont introduits 
successivement dans un laps de temps de 4,5 jours. Vingt-quatre heures après la 
mort du dernier cobaye, 5o puces sont broyées et inoculées à un cobaye qui 
s'infecte; 4 jours plus tard, un cobaye neuf est mis dans la cuve; il restera 
indemne; suivi pendant plus de 3o jours, il n'aura aucune poussée thermique. 
1 1 jours et 2 1 jours après le dernier repas infectant, des lots de 5o puces sont ino- 
culés à des cobayes sans résultat. Les puces nourries sur cobayes infectés du 
virus de pneumopathie s'infectent elles-mêmes, mais le virus ne se multiplie ni 
ne se maintient chez l'insecte. 

En conclusion, l'étude du comportement du virus de la pneumopathie des 
cobayes chez les Ixoxidés et les Pulicidés montre qu'il n'y a que survie courte 
sans multiplication. Ces Arthropodes piqueurs ne peuvent jouer un rôle de 
réservoir de virus. 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. Snn 

CHIMIOTHÉRAPIE. — Sur V exaltation du pouvoir bactériostatique des sulfamides 
par V association avec les anti-thyroïdiens. Note (*) de MM. David Libermann 
_. et Feunand Boyek, présentée par M. Jacques Trefouël. 

. L'un de nous a déjà signalé à plusieurs reprises (' ) que les mélanges purs et 
simples des sulfamides avec les anti-thyroïdiens possèdent un pouvoir bactério- 
statique nettement supérieur à celui des sulfamides seules. Sans chercher pour 
l'instant à approfondir les causes de cette influence (l'abaissement du métabo- 
lisme basai de l'hôte aurait peut-être son rôle à jouer dans le mécanisme de 
l'exaltation des sulfamides)/ nous avons d'abord voulu vérifier si l'interaction 
mutuelle de ces deux catégories de corps se limitait à quelques cas particuliers/ 
ou si, au contraire, elle pouvait être considérée comme une règle générale! 
Le but de ce travail était ensuite de déterminer la proportion -des deux consti- 
tuants la plus apte à réaliser un effet bactériostatique maximum. 

Nous avons choisi deux sulfamides types : le p-aminophénylsulfamide 
(1 162 F) et le sulfathiâzol, et nous les avons étudiés en association avec chacun 
des deux anti-thyroïdiens suivants : le 6-benzyl-thiouracile et le 5.6-tétrarné- 
thylène-lhiouracile ( 2 ). Nous avons préféré ces deux derniers corps aux. autres 
anti-thyroïdiens à cause de leur action plus régulière et plus sélective. 

Les .expériences furent effectuées sur des souris, les agents pathogènes 
employés étant le streptocoque hémolytique et le pneumocoque. 

Nous avons d'abord vérifié que les anti-thyroïdiens seuls n'ont aucune action 
bactériostatique dans les conditions de nos expériences : 

Streptocoques hémoly tiques, Digonnet 7, Culture en bouillon ascite, iS heures. 
Dilution lyrode, i/iooôpo, 1/2 coi 3 intrapéritonéal. 

Ws '■■■••' !"• 2 e -'- . Jours..., 1-, 2 .. ' ■ 

Tétraméthylène-thiouraciie , Tétraméthylène-thiouraciie 

*** par voie bue. par jour. 9/10 ô/io 2o«*parvoiebuc.parjour. 3/io 0/10 

La virulence des souches utilisées, a été chaque fois vérifiée sur les témoins 
qui succombaient invariablement le premier jour avec le streptocoque et le 
deuxième jour avec le pneumocoque. 

Les tableaux suivants résument les résultats de nos expériences. 

I. — Pneumocoque ï Til. Culture bouillon sérum, 18 heures. - 
Dilution tyrode, 1/100000, 1/2 cm 3 intrapéritonéal. 

v 
. j0U r S -. 1er. 2e< 3c> ^ ^ 6e . ^ 

Sulfamide 20^, buccale 4 jours.... ' 10/10 7 /io , 3/io 3/ I0 3/io 2/10 2/10 

Sulfamide 20 m ^ buccale + 6-benzyl- 
thiouracile 10% buccale 4 jours. . . 9/10 .8/10 . 6/10 6/10 4/10 3/io 2/10 

Sulfamide 2o m ^ buccale + 6-benzyl- 
thiouracile 5^, buccale 4 jours... ïo/io 10/10 8/10 7/10 .4/10 3/io 3/10 



(*) Séance du 12 juillet 1948. 

(*) Libermann, Nature (London), 158, i 9 46, p. 55 7 ; C. B. Soc. BioL, 140, 1046 p 861 

( 2 ) Polonovski et Libermann, Bull., 5 e série, 14, i 9 4 7 , p. 1073, 



3^8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

■H. _ Streptocoques hémoly tiques. 

Jours ,..' i«.'.. . ' 2'. " 3 e . 4". 5*. 6". 7'. . 8« ; 

Sulfamide io^ buccale, i jours io/io . 8/io 8/io 6/io 5/io 5/io 5/io 4/io 

Sulfamide ib^s buccale H- létramé-r . ' ' r 

thylène thiouraciie 2 m Va jours... 10/io io/ro . io/io 9/10 8/10 7/10 7/10.0/10- 

III. — Pneumocoques. 

Jours..... 1«. 2*, . 3v -K 5'. 6 e . .'T. 

Sulfathiazol 2o ms buccale, 4 jours... 10/10 10/10 10/10 10/10 ■ 7/10 5/io 3/io 

Sulfathiazol 20 ms bue. + 6 benzyl- . .- 

thiouraciie io m «, 4jours.... . .. . 10/10 10/10 10/10 . 9/10 9/10 8/10 8/10 

■Sulfatniazol 20 ms H- 6 betfzylthiou- . r 

racile 5 m S 4jours., 10/10 ; 10/10 10/10 10/10 9/10 7/10.7/10 

Sulfathiazol 20 ro s bue. -4- 6 benzyl- 

thiouracile. 2 m «, 4 jours.... . ■ 10/10 10/10 9/10 9/10 7/10 7/10 - 7/10 

Il ressort de ces expériences que le 6-benzylthiouracile et le 5.6-tétramé- 
thylène thiouraciie ont une action exaltante très nette" sur le pouvoir bacté- 
riostatique du sulfamide ou du sulfathiazol. Succédant aux expériences 
exécutées précédemment avec le ô-m éthyl- thiouraciie ( l ) ? - ces résultats 
permettent de conclure qu'au delà d'une certaine dose, une nouvelle augmen- 
tation de la quantité d' anti-thyroïdien mise eh œuvre n'influe presque pas sur 
les. résultats finaux et n'augmente, plus l'activité. Ainsi 2 mg de 6-bënzylthiou- 
racile ont sur 20 ms de sulfathiazol la même action exaltante que 5 m * et presque 
la mêmeque io ms . 

IMMUNOLOGIE. — Trois fonctions humorales de V immunité et les trois fractions^ 
globuliniques qui les supportent dans le sérum de Cheval. Noté (*) de 
M. Georges Sandor, présentée par M. Jacques Tréfouël, 

Nous avons montré antérieurement combien la méthode de fractionnement 
par dialyse, condamnée, pourtant par les physico-chimistes,, est intéressante du 
point de vue immunologique, tout au contraire ( 4 ), ( 2 > Les euglobulines 
supportent les activités antibactériennes des sérums de Cheval pour la plupart 
tandis que les antitoxines sont exclusivement pseudoglobuliniques ( 3 ) et une 
corrélation s'établit ainsi entre la solubilité aqueuse des globulines du sérum 
de Cheval et la nature des anticorps dont elles sont les supports. La présente 
Note rend probable que cette corrélation admet une raison causale réelle. 

La technique de fractionnement définitive des sérums de Cheval s'établit 
comme suit : Les sérums sont dialyses pendant 24 heures à volume constant à 



(*) Séance du 28 juin 1948. , ...■'"'■. 

.(*) G. Sandor, Bull. Soc. Chim. BioL, 29, 10,47 ? p.. i64- 

(*) G. Sandor, Rivista delV ln$tituto Sieroterapico Italiano, 22, io,47> p."ap5-. 

( 3 ) G. Sandor, P. Lemétayer et Nicol, Ann. Institut Pasteur, 73, 1947; p. io43. 



SÉANCE DU 2 AOUT 1948. 3™ 

la glacière contre un excès d'eau distillée. Le précipité formé est recueilli et 
constuue 1 euglobuline I. La dialyse est poursuivie pendant trois jours encore ; 
puis le sérum est dilué dans l'eau distillée jusqu'au quart de son volume initial 
enfin ,1 est anfené à P H6 à l'aide d'acide acétique dilué. Le précipité obtenu 
constitue 1 euglobuline II A. Aux eaux-mères on ajoute encore de l'acide 
acétique dilué jusqu'à ce qu'un nouveau précipité se sépare entre pH 5,2 et 5,4 
(euglobuline IIB). Les pseudoglobulines sont obtenues, enfin, en présence du 
sulfate d ammonium à 34 % . 

Pour quatre sérums de Cheval du type antibactérien un lien clair s'établit 
entre la nature des anticorps et la solubilité de la fraction euglobulinique qui 
les supporte. Les sérums antiménihgococciques de Cheval et les sérums de 
Cheval obtenus après l'injection intraveineuse de bacilles pesteux vivants sont 
agglutinants à des taux élevés, en général, et contiennent une proportion 
relativement considérable d'euglobuline I. Cette fraction passe^ en effet 
de 2 / en moyenne, son taux normal, à 10 •/.. et même au-dessus. Or, toutes 
les agglutinines se retrouvent pratiquement avec cette euglobuline I précisé- 
ment (*) Dans le sérum antigonoccique de Cheval il n'y a pas d'augmentation 
sensible des taux euglobuliniques. Ce sérum n'est ni agglutinant, ni précipi- 
tant d une manière appréciable, mais, par- contre, il fixe le complément en 
présence de 1 antigène gonococcique. Or, présentement. les sensibilisatrices se 
concentrent sélectivement dans l'euglobuline IIA (•). Nous avons montré 
antérieurement qu'il en est de même pour les hémolysines des sérums anti- 
Mouton de Cheval ( 6 ). 

, X1 "iPP»™tt donc qu'avec l'augmentation de la solubilité des globulines^du' 
sérum de Cheval se modifient les caractères des anticorps. Les agglutinines et 
les precipmnes supportées par l'euglobuline I, fraction la moins - solùble 
agissent en 1 absence de complément. Les sensibilisatrices, supportées par 
1 euglobuline IIA, de solubilité intermédiaire, ne semanifestent qu'en présence 
de complément. Une explication rationnelle s'impose ainsi qui devra être 
contrôlée par des expériences ultérieures. 

f L'agglutinaùon n'étant qu'une réaction de précipitation spécifique à la sur- 
face bactérienne (Heidelberger et Kabàt), on conçoit aisément que le pende 
solubilité de la globuline puisse conditionner son activité agglutinante. Mais, 
fort probablement, agglutinines, f.récipitines et sensibilisatrices se relatent aux 
opsomnes et aux bactériotropines en dernière analyse. Or, l'absence de solubi- 
lité aqueuse et mouilJabilité par la surface leucocytaire peuvent être fort bien 
en lien. ■ L 



M. ( E. kLT™ d ' agëIUtinati ° n aVeC le sérum anti-méningococcique ont été effectués par 

cffel^:^ i0 L n e S MLS: iati0n ^ C ° mPlément 8VeC ranti ° OTpS ^«^ «"■« 
. . C) J.-J- Prrez, G. Sandor et M»' C. Sergent, Comptes rendus, 228, i 9 4 7 , p. 9 66. 



38ô ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Si, dès lors-, l'anticorps qui s'est fixé à la surface bactérienne est très peu 
soluble, comme dans le cas de l'euglobuline I, la phagocytose s'ensuivra 
immédiatement et nous aurons les opsonines. Si, par contre, l'anticorps est 
relativement soluble, comme dans lecasdereuglobulineïIA/unemouillabilité 
convenable nécessitera une tierce pièce très peu soluble encore, La phagocytose 
ne se fera dans ce cas que si l'anticorps a fixé le complément, en outre, et nous 
aurons les bactériotropines, partant. Les antitoxines, enfin, dont le rôle 
immunologique s'épuise dans la neutralisation humorale de la toxine dissoute, 
sont supportées par des pseûdoglobulines très solubles. Aussi elles n'inter- 
viennent jamais dans le jeu entre phagocytes et bactéries. 

La séance est levée à i5 h 45 m . . 

R. C. 



ERRATA. 



(Séance du i6 février 10,48.) 

Note de M. Nachman Aronszajn, Gomplétion fonctionnelle de certaines 
classes hiibertiennes : 

Page 6i8, ligne 20, au lieu de classe jl, lire classe %°; 



6i9> » 19, au lieu de n = i, 2, lire n=i, 2,* 3; 
20, au lieu de n^.3, lire «>3; 
„ » 27, au lieu de {n — 3 -h e), lire (n — 4 + «)■ 



» » » 

» » 



(Séance du 21 juin 1948.) 

Note de MM. Gaston Berthier et Bernard Pullman, Sur la décomposition 
thermique des hydrocarbures : 

Page 2 1 47 , ligne 8, au lieu de p t _„ ~ 2 p C -c> • lire Pc— 11 — 2 Pc=c ; 
» » .» io, au lieu de (3 C _ G = 0,6(^-0 lire p C -c== 0,6 (3 c== o 



ACADÉMIE DES SCIENCES 

SÉANCE DU LUNDI .9 AOUT 1948. 

PRÉSIDENCE DE M. Gabriel BERTRAND. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET CORRESPONDANTS DE L 'ACADÉMIE. 



M. le Président souhaite la bienvenue à M. John Hasbrouck Van Vleck 

membre de l'Académie nationale des sciences des États-Unis, professeur à 
1 Université Harvard/ qui. assiste à la séance. 

■ - M... le Président informe l'Académie qu'à l'occasion de la fête de 
1 Assomption, la prochaine séance hebdomadaire aura lieu le mercredi 18 août 
au lieu du lundi 1 6. 

_ M. Thomas Wallacb fait hommage à l'Académie d'un fascicule intitulé • 
Soil conditions and minerai deficiencies of plants, with spécial référence là 
deficiencies of the trace éléments iron, manganèse, boron, zinc, copper and 
molybdenum, extrait des Comptes rendus du Congrès de Pédologie {Montpellier- 
^W) Çr2o mai 1947. •• ' 

DÉSIGNATIONS. 

Le Pressent et le Secrétaire perpétuel de I'Académie Royale des 
sciences exactes, PHTsiecEs et naturelles de Madri» invitent l'Académie à 
se faire représenter aux fêtes de la commémoration du centième anniversaire 
de sa fondation. 

MM. Gabriel Bertrand et Gaston Julia sont délégués. 

M. Pierr^Prcvost est désigné pour représenter l'Académie, en rempla- 
cement de M. Charles Jacob, précédemment délégué et empêché» à la 
XVIII Session du 1 Congrès géologique international,^ se tiendra à Londres, 
alaim d'août 1948. ' 



■ j 



C. R., i 9 48, 2 « Semestre. (T. 227, N* 6.) 25 



gg 2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CORRESPONDANCE. 

» ■ _ - •-•'■»-■ ■" -. • ■ . 

Le Président de la Société d'Étude du XVII siècle invite l'Académie à se 
faire représenter aux cérémonies qui auront lieu, en septembre i 9 48, à 
Clermont-Ferrand et à Paris, pour commémorer le trois-centième anniversaire 
des expériences barométriques de Blaisb Pascal. 

■ M. le Secrétaire perpétuel signale parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance': 

P,er R e Sizaire'. Le suide des étoiles (présenté par M. Georges Durand-Viel). 

■ THÉORIE.DÈS FONCTIONS. — V itération des fonctions entières. . 
Note de M. Paul Charles Rosenbloom, présentée par M. Gaston Julia. 

Les travaux classiques de Julia, Fa tou et'Ritt nous donnent des connaissances 
assez complètes sur l'itération des fonctions rationnelles. Il y a en outre,, 
quelques résultats* sur l'allure des itérées d'une fonction entière /(^ dans un 
voisinage d'un point fixe [ce*qui veut dire une racine de l'équation /(*) = * J, 
en particulier, lin article récent de Cremer et une thèse encore non publiée 
d'un jeune mathématicien, Tôpfer, à Cologne. Je me propose dans cette Note 
de traiter la question de l'existence de points fixes. ;i . 

Il est possible qu'une fonction entière n'ait pas de points fixes. C est k cas 
pour les fonctions.de la forme /( S ) = ^+^. Bien au contraire, literée 
f( f(z)) d'une fonction entière a toujours dés points fixes sauf dans le cas dune 
translation s + c. La démonstration se faît par l'application du théorème de 
Picard, en premier lieu à la fonction ■ 

en second lieu à la fonction dérivée /'(*)• n'est facile de démontrer par la 
même méthode, qu'au moins une des trois fonctions entières /(z), g^z) 
etf(giz)), a. des points fixes, à moins que toutes les trois ne soient des 

translations. .. ■' ■ ■ AT ' v V i 

Si l'on applique la deuxième inégalité fondamentale de Nevanlinna a la 

fonction méromorphe ' . 

en supposant que toutes les fonctions entières /0),£0) et/(«(a))n'ont qu'un 



' séance d.u 9' août 1948. 38$ 

nombre fini de points fixes, on obtient facilement l'inégalité 

où S(r) est très- petit sauf sur un ensemble d'intervalles exceptionnels démesure 
totale finie, et K est une constante. Pour trouver une limitation inférieure du 
membre gauche, on se sert de la relation bien connue 

■'■■ .. \o^M(p, y}< L±ÎT(r, y) (o< p<r) , 

pour une fonction entière [y, et d'une inégalité de Bohr 

M (p>/(^)))>M(^(i4r^M(a )on ) ; /) (o< CT<P ), •- 

oùMÇr, f ) signifie le maximum du module de la fonction <p sur le cercle o =,• 
On obtient le coefficient de M(a, g) au moyen du théorème de Schottky sous 
fa forme précisée qu'a donnée Robinson. Or, en appliquant les méthodes de 
Boref pour traiter les fonctions croissantes, on obtiendra le théorème suivant • 
_ Si toutes les fonctions entières /(,), g( 3 ) et f (g{s)) „ W qu>un mmbrefini 

4e points fixes, toutes les trois sont des polynômes. 

Avec la même méthode,- on peut aussi démontrer le théorème : 

Si f et g sont des fonctions entières permutables' (f(g(s)) = g(f(z))), et 

sif(z)etf{g (,)) n'ont qu'un nombre fini de points fixes ,' alors fet g sont toutes 

les deux des polynômes. 

En prenant ^)=/L„ la („_,)»» itérée de la fonction /(,), on en 
déduit le corollaire : 

Sif( s y n 'a qu'un nombre fini de points fixes pour une valeur de n > i f est 
un polynôme. ' .-• ' J 

Ainsi, si P( S ) est un polynôme et F(*) une fonction entière non constante, 

foncdonnÏ P ° Urn>1 ' de fonctions entières /(s) satisfaisant à l'équalion 

ASTROPHYSIQUE. _ Étude polarimétrique de la lumière réfléchie par les nuages 
et P atmosphère de la planète Mars . Note (*)de M. Audoiu* Doives, présentée 
par îyl. Bernard Lyo t. r 

©ans une Note précédente (<) j' a i exposé les résultats, obtenus au Pic du 
Midi, de 1 étude polarimétrique des différentes, régions du sol de la planète 
Mars. J expose «a les résultats de l'étude des polarisations produites par les 
nuages et l'atmosphère. F CB 



(*) Séance du 26 juillet 19*48. 

(i) Comptes rendus, m>, 1948, p. 996. 



384 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

; ï° Observation des nuages/— On reconnaît sur Mars au moins 2 types de 
nuages : les nuages blancs, localisés, qui participent à la rotation de la planète, 
dont l'opacité s'étend depuis la transparence totale jusqu'au voile brillant, et 
les nuages violets, pratiquement inobservables en lumière totale, mais décou- 
verts par la photographie ( 2 ) parce qu'ils possèdent une réflexion sélective 

violette et ultraviolette. 

J'ai pu observer ces derniers en utilisant leur réflexion sélective; pour 
augmenter leur contraste visuel, la lunette de ôo cm était munie d'un grossissement 
très faible (équipupillaire) et d'un filtre Wratten : .43 (X max. == 4700 Â). 
Le pouvoir séparateur, limité par la tache d'aberration chromatique, était 
celui d'une lunette de 8 cm , La même méthode m'a permis de repérer des nuages 
blancs très légers, avec filtre rouge 25 À. 

.2° Polarisation des nuages blancs. ■■— . Si le nuage est assez opaque pour 
masquer le sol, sa lumière est polarisée négativement (pour les angles de 
vision V^20°), généralement plus fortement que le sol. Si le nuage est trop 
transparent pour être visible, il se décèle néanmoins par une forte augmentation 
de la polarisation négative des plages sombres du sol ( 3 ). Ces phénomènes 
s'expliquent en supposant les nuages en question formés de cristaux de glace (*). 

& Polarisation et aspect des nuages violets. — Bien qu'inobservables en 
lumière jaune, ces nuages produisent dans ce domaine spectral, pour V< 23° et 



+ 6 

+■-«■ 

P 
-6 h 



P-P* 



\NT%HS\tï tu NÛAfrEf VIPUtTt (t«Hlut A*»iT*M«eJ 
_j 1 1 1 . I 





> 

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3 

l 

r •> 


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V KteviOJtTf 


+ 6 




-♦4 


* 
j 


14,* ««'AfrÇ tctr 

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^j.. ^iLipr-j^. ~*-«^ i 




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-4 


- 


■ *•*' 


S-V 4,6 


-(, 


• 




, ^ É^î Tft*j rua 




__ 


■ ■ ' ' *' 


__i : 1 ,,— ,, , i 



n 



O A' . ' * C '■- .* - * ' ÎO ^0 30 40 50 «0 

Fig. 1. F 'g- 2 - . . *'. 

Fig. i, — Corrélation entre la différence de polarisation au centre et au bord du disque, 
et la nébulosité au bord du disque (nuages «violets»). 
Fig. 2. — Variation de polarisation des régions claires avec la distance au centre, 

sur le borddu disque, une polarisation positive d'autant plus forte que le. nuage 
est plus marqué et qui se retranche de la polarisation négative du sol (fig. i et 2). 



(*)■ Ai, de la Baume Pluvinel et F. Baldet, Comptes rendus, 149, 1909, p. 838. 

( 3 ) ^//figure IIj : référence (*). 

(*) B. Lyot, .Thèse de doctorat, pc i3i. 



SÉANCE DU 9 AOUT 1948. - , 335 

Ces nuages existent presque en permanence aux bords levant et couchant de 
la planète et n accompagnent pas la rotation diurne. Observés plusieurs fois 
pendant., heures consécutives, ils présentent de rapides fluctuations de forme 
et d intensité qui se traduisent également par des fluctuations de la polarisation 
dépassant S. /„ en ,*3o. Leur structure serait à rapprocher de celle des nuage, 
nacres -.que Ion observe et photographie facilement en bleu dans l'atmosphère 
errestre polaire à 3o- d'altitude, dans des conditions analogues de températu 
et de pression, « - r 

4" Dénation duplan de polarisation. - Si l'on oriente le polarimètre kA5° du 

plan de polansat.on moyen, on observe souvent, sur des régions généralement 

■voilée» de nuages, une polarisation résiduelle de quelques millièmes très 

variable en orientation et grandeur, à rapprocher de certaines polarisations par 

diffusion oblique ( 5 ). - r F 

M-' P °! a f a ^ n de l'atmosphère.'- h* figure 2 montre la polarisation par 
obliquité de Mars, mesurée pour différents angles de vision V. Celle-ci résulte 
de la polarisation par diffusion oblique du sol A(<o-co a ), de la polarisation 
des nuages et de celle de l'atmosphère rin»V/( I + cos*V). J'ai vérifié au 

aboratoire sur 8 échantillons différents que A(co- Wo ) est pratiquement 

Y-T™U JrJ^- S1 Vm admet *" IeS 'observations avec 
."y ' ?,. , l8 ' 8 &*• *> sont effectuées en l'absence totale de nuages 

martiens, 1 écart des mesures est donc attribuable à l'atmosphère seule, et leur 
comparaison fournit la brillance de celle-ci (•) : la brillance de l'atmosphère 
serait, au -centré du disque, 0,06 fois celle des régions claires du sol, ce gui 
correspondrait (') à une pression atmosphérique de 6 cm de Hg. Ce résultat 
n est- toutefois qu'une simple indication. 

\ \ - 

astronomie STELLAiRE. - La concentration des vitesses des étoiles A et F 
autour du mouvement du courant de lu Grande Ourse. Note (*) de 
M. Jean Delhatb, présentée par M. André Danjon, 

La grande dispersion spatiale des membres du courant de la Grande Ourse (^ 
pourrait suggérer l'existence parmi les étoiles des premiers types spectraux 

( 5 ) B. Lyot, Thèse de doctorat, p. 124, 

- « Si I, et I 2 sont les intensités du sol et de TatmospKère au centre du disque on écrit 
pour les deux valeurs de Y l'équation 4 ' on ecnt 



[P(V, 0) + A(a>-co û )]I j 



sin^V h 



P(V, W — d) )#_^ • , I-4-C0S 2 V cps^ — ç^) 



h 



, . -, COS(Gi) — co ) ., 

On tire I 2 et A ( w — w ) par élimination 

( 7 ) G. de VAUCOULEûRs/aWef Terre, i 9 tf, sept.-ocL 

(*) Séance du 2 août 1948. 

H Voir par exemple la Note de Miss N. G. Roman dans Astronom. J., 53/.i 9 48, p. 116. 



386 * ACADÉMIE DES SCIENCES. 

d'un mouvement préférentiel dans une direction Voisine de celle du courant, 

comme cela ressort aussi d'un mémoire de Strômberg ( 2 ). 

Au cours d'un séjour à l'Observatoire de Leyde, M. le professeur J. H. Oort 
m'a suggéré d'étudier dans ce sens un matériel de vitesses spatiales, non encore 
publiées, et calculées par M. le baron J. E. de Vos Van Steenwijk. La descrip- 
tion de ce matériel pourra être trouvée dans un article qui paraîtra prochaine- 
ment dans un autre recueil et dont la présente Note ne constitué qu'un résumé 
succinct. 11 comprend les composantes galactiques des vitesses spatiales par 
rapport au Soleil d'environ 2oûo étoiles plus brillantes que 6*, 5. 

Pour la vitesse du courant/ on a adopté des résultats (non publiés et aima- 
blement communiqués par l'auteur) obtenus dans une étude récente par 
Miss N. G. Roman, soit relativement au Soleil : 

A^3o 7 J 3, D=-37°,7 V= i5,8 kïmsec- 1 . 

Le matériel de vitesses spatiales dont il a été question plus haut et dont 
on a considéré seulement les étoiles A( Ao - A 9 ) et F(Fo - F 9 ) indique effec- 
tivement l'existence d'une concentration autour de cette vitesse. Pour l'étudier 
d'une façon plus précise et pour éliminer en particulier les erreurs qui affectent 
les parallaxes, on a simplement utilisé ces vitesses pour sélectionneras étoiles 
dont les points-vitesses se trouvent dans une sphère de iokm.sec l de.rayon 
et centrée au point-vitesse du courant (en tout 35 étoiles pour les 2 types); 
on est ensuite revenu aux angles de position des mouvements propres et aux 
vitesses radiales séparément, c'est-à-dire qu'on a calculé pour chacune 
des étoiles sélectionnées, l'angle de position du mouvement propre , et la 
vitesse radiale théoriques qu'elle doit avoir si elle suit rigoureusement 
le mouvement qui correspond à l'apex et à la vitesse indiqués. Les distri- 
butions des résidus obtenus par comparaison de ces valeurs théoriques aux 
valeurs observées peuvent être comparées aux distributions théoriques qu'on 
obtiendrait dans l'un ou l'autre de quelques cas hypothétiques. Trois hypo- 
thèses ont été considérées : 

a. les points-vitesses sont distribués, uniformément dans la sphère de 

10 km. sec -1 de rayon; ' _ 4 

b. les points sont distribués comme il suit : dans une sphère de 10 km, sec 
de rayon située dans la région de l'espace des vitesses opposée à la vitesse de 
la Grande Ourse, on trouve 8 étoiles; *on suppose donc 8 étoiles acciden- 
tellement présentes dans la sphère considérée et les étoiles restantes distribuées 
moitié dans une sphère de 5 km .sec" 1 dé rayon et moitié entre cette sphère et 
la sphère précédente ; * ■ . _ 

c. les points sont distribués comme dans le cas b, mais la sphère de 5 m 
est remplacée par une sphère de 3 km de rayon. 

( 8 ) Astropkys. /., 57, 1923, p. 77. , 



. . . SÉANCE DU 9 AOUT .1948. 387 

Sur les deux figures les points représentent la distribution observée des 
valeurs absolues des résidus, ■ respectivement pour les angles de position du 
mouvement propre etles vitesses radiales, et les courbes représentent les distri- 
butions théoriques correspondant aux trois cas indiqués. 



1S _ 



-is _ 



c 



A n çfej ,c/ e p os [fa n __ 



Vi-fgj^e-i P&cfttfee 




lû «m -*«-■» 



Le matériel considéré ne permet pas de préciser davantage les conclusions 
de ce travail, mais ces deux figures indiquent l'existence d'une concentration 
réelle des vitesses autour de la vitesse du courant; elles indiquent en même 
temps que les vitesses des étoiles appartenant à ce groupe présentent une 
dispersion d'environ 2 ou 3 km .sec -1 dans une coordonnée. 
( Le grand nombre des membres trouvés parles différents auteurs trouve ainsi 
une confirmation, mais aussi cette grande dispersion dans les vitesses, jointe à 
la grande ^dispersion spatiale, permet d'émettre l'hypothèse de l'existence parmi 
les étoiles étudiées d'un mouvement préférentiel qui, par le nombre de ses 
membres, la dispersion de leurs vitesses et l'étendue du volume occupé dans 
l'espacé, né rentrerait pas dans la notion classique d'amas en mouvement. 
L'amas de la Grande" Ourse au sens strict verrait ainsi ses dimensions nota- 
blement réduites. 

Une étude en cours d : un matériel plus important permettra sans doute de 
préciser ces conclusions. 



388 ACADÉMIE DES SCIENCES. . 

ÉLECTRONIQUE. — Méthode expérimentale pour V essai à priori des lignes 
à relards pour amplificateur à ondes progressives (*). Note de M, Pierre 
Lapostolle. 

Les théories sur P amplificateur à onde progressive conduisent à étudier 
l'interaction entre un faisceau électronique et une onde progressive ( 2 ). Or, on 
peut montrer ( 3 ) que, .pour le calcul du gain de Fonde amplifiée dans le 
phénomène d'interaction, toute la partie de la ligne à retard extérieure au 
faisceau n'intervient que par un seul coefficient P; ce coefficient caractérise 
donc, pour un rayon de faisceau donné, l'action de la ligne à retard utilisée et 
son efficacité pour l'amplification. 

Je me proposé d'indiquer une méthode permettant de déduire P de mesures 
de propagation effectuées sur la ligne seule et en l'absence de faisceau. On peut 
alors, sans avoir besoin de construire un tube et d'y faire le vide, prévoirie 
gain qu'il sera susceptible de fournir. Le coefficient P dépend du rayon r du 
faisceau ; il est possible d'introduire un autre coefficient A indépendant de r 
et permettant de calculer P(/\>). A caractérisera alors la ligne à retard seule. 
1 . Principe de la mesure de P. — On peut déduire P de l'expérience suivante : 
on remplace exactement le faisceau électronique par une tige cylindrique de 
matière diélectrique. Son introduction a pour. effet de ralentir la propagation 
des ondes. Ge ralentissement se calcule très facilement en "fonction du coeffi- 
cient P. On connaît en effet la distribution des champs à l'intérieur d'un 
diélectrique; des relations du type (i) permettent de calculer sur sa surface 

a H ÔE p __ dy E ■ ~ 

* (IO) - ~**-jzij r o-ïïzy.^~'dï-'- 

pour une onde du type E de l'ordre de celle excitée dans la ligne, 

Si l'on a affaire à une ligne ou une onde du type E peut se propager seule 
(par exemple onde E dans une ligne à retard diélectrique), les relations (10) 
donnent P sans difficulté. . 

Si, au contraire, les conditions aux limites sur la ligne sont telles que des 
ondes E et H coexistent nécessairement (hélice, ligne diélectrique en symétrie 
de répétition d'ordre n), il y a lieu de vérifier que les ondes H ont une distri- 



(*) Document retiré du pli cacheté n° 12366, déposé le ro décembre 1947, ouvert à la 
demande de l'auteur le 19 juillet 1948, et inséré après rapport favorable de la Commission. 

(*) J'ai étudié, en collaboration avec A. Blane-Lapierre, un modèle d'amplificateur avec 
ligne à constantes localisées (Comptes rendus, 224, 1947, p.' io4). J'ai d'autre part déve- 
loppé l'étude d'un amplificateur à guide diélectrique et généralisé ces résultats à une* ligne 
à retard quelconque dans trois Notes (Comptes rendus, 224, 1947, p. 268, 558, 8i4) auxquelles 
je renvoie pour les notations et le numéro des formules. 

( 3 .) Comptes rendus, 224, 1947, p. 559, et Thèse de Doctorat è$ Sciences physiques, 
Paris, 1947. 



SÉANCE DU 9 AOUT 1948. 3g Q 

<bution analogue dans le faisceau et dans le diélectrique qui le remplace- or 
pour une onde H ?1 ' / 

(11) 






B, 



où h s a, dans le diélectrique, la valeur h', et, dans le faisceau la valeur k' 2 . 



(*') 



« 5 



A '---^( I+K ^> 



(2') /4^-^fj + J 



t») J 



^2 C S 



On voit que la méthode s'applique encore simplement si. K^/c 2 <i 
(K constante diélectrique de la baguette introduite); cette condition est 
aisément rialisée en pratique. 




IL Détermination de K. — Il .est d'autre part possible de relier théori- 
quement la valeur du coefficient P, et, par suite, du gain, au rayon r Par 
exemple, pour des ondes E 0? entre la ligne et le faisceau-, les champs sonï de la 
forme 

(12) E^A 4 [I (/i;>) H -ÀK (A;r)]e/-^- ,.H 9 = R,[l,{ti,r) -h 7^{h!,r)]^^:. 

Le coefficient X est déterminé par la condition aux limites sur la ligne. A partir 
de ces expressions, il est facile de calculer les variations de P en fonction de r 



(i3) 



w 1 



£ 2 C S 



p P=A * £i*ii>l 



KiO^o) , KoiKro)- 



■À 



~r l i(K r o){ 1 



_, _^_ Iif^o) _ IotA^o)' 

Io-.( à' % r Q ). \ À' 2 r . 2 L I ( h\ r Q ) I, ( k\ r Q ) j 



1 

2 



A, indépendant de r , dépend seulement des conditions aux limites, c'est-à-dire 
uniquement de la ligne, il permet de prévoir le gain que l'on obtiendra en 
associant cette ligne avec un faisceau de caractéristiques arbitraires. 

On a donné (voir fig. 1) un exemple des variations du gain en fonction der . 

III. .Résultats expérimentaux.— Des expériences déjà réalisées vérifient bien 
les résultats théoriques exposés en I et IL 



390 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CHIMIE PHYSIQUE. — Étude cinétique par dilatométrie isotherme de la trans- 
u formation de Varagonite en calcite.' Note (*) de MM. Matei Pruna, René. 
Faivre et Georges Chaudron, transmise par M. Pierre Jolibois. 

Le passage de l'aragonite à la calcite s'effectue avec une forte expansion 
(2,5% environ). Nous avons songé à utiliser cette propriété pour étudier la 
cinétique de cette transformation. . 

Nous avons utilisé un dilatomètre différentiel de Ghévenard avec enregistre- 
ment du temps. L'étalon était constitué par un barreau d'aluminium dont la 
longueur était calculée de telle sorte que sa dilatation pût compenser très 
exactement la dilatation pure de l'échantillon. Nous avons préparé Varagonite 
microcristalline par double décomposition à ôo°( 1 ) des solutions de chlorure 
de calcium et de carbonate de sodium. Ce corps était ensuite aggloméré à la 
presse ". en utilisant comme liant' quelques gouttes d'une solution très diluée de 
silicate de sodium ( 2 ). On obtient ainsi des éprouvettes qui après un recuit 
de 24 heures à i5o° ne subissent qu'un retrait négligeable; en effet, l'expansion 
observée au cours de la transformation est , en bon accord avec celle qui peut 
être calculée à partir des données cristallographiques ( 3 ). 




560 



330. 



400 



». t*fnpénatwe 



Fig. i. — Variations eii fonction de la température. 
A, de la durée de la période de formation 'des germes; B, de la vitesse maximum de transformation. 

Nous avons tracé des courbes de dilatation isotherme à différentes' tempéra- 
tures comprises entre 35o et 4iô°. Ces courbes montrent que la transformation 
de faragonite est toujours précédée d'une période d'induction d'autant plus 
. longue que la température est plus basse (courbe A de la figure 1). Au cours 
de cette période on ne constate aucune dilatation appréciable. Ensuite la trans- 



(*) Séance du 12 juillet 1948. ■ 

(*) R. Faivre, Comptes rendus, ■%%% 19^, p- i4°- 

(*) Soit 2/10000 du poids de C0 3 Ca. 

( 3 ) YVyckoff, Ara: J. Se, .9, 1925, p. i45. ■ 



SÉANCE DU 9 AOUT 1948. 

formation s'effectue avec une vitesse croissante; celle-ci passe par un maximum 
que l'on peut déterminer d'une façon précise (courbes de la figure 2). Celte 
vitesse maximum croît avec la température de l'expérience (courbe B de la 
figure 1). 

4t. 




FLg. 2. — Influence d'additions. de calcite sur la vitesse de transformation isotherme de l'aragonite (38o°). 

A, aragonite pure; B, aragonite plus 5 pour 100 de calcite grossière; 
. C, aragonite plus 5 pour 100 de calcite fine. ' 

Un certain nombre d'expériences nous ont montré que la cinétique de la 
transformation est réglée par la formation de germes de calcite pendant la 
période d'induction; c'est ainsi que si l'on mélange aussi intimement que possible 
de F aragonite avec de la calcite, on constate que la durée dejapériode d'induc- 
tion est diminuée et que la vitesse de transformation est accrue (courbes de la 
figure 2). Cet effet accélérateur est fortement augmenté par la finesse de cris- 
lallisatiôn de 3a calcite. ■;'.'. 

Le nitrate de sodium, isomorphe de la calcite, peut jouer le même rôle. Au 
contraire, des corps comme la magnésie, le chlorure de sodium, le carbonate de 
baryum, ne jouent pas ce rôle de germes. D'autre part, si l'on interrompt à 
plusieurs reprises l'expérience de dilatométrie isotherme au cours de la période 
d'induction, en effectuant des refroidissements rapides de l'éprouvette, on 
constate que la durée totale des périodes d'induction est considérablement 
accrue et que la vitesse de transformation est très diminuée. Au contraire, des 
refroidissements très courts de l'éprouvette effectués au cours de la transfor- 
mation elle-même: n'ont aucune influence sur sa vitesse. Cette observation 
montre bien que la formation de germes cristallins a lieu uniquement pendant 
la période d'induction. Celle-ci pourrait donc être appelée période de germi- 
nation. Il est intéressant de signaler qu'elle devient beaucoup plus" courte 
lorsque l'expérience est effectuée dans une atmosphère riche en gaz carbonique. 



} 



3g 2 académie des sciences. 

CHIMIE PHYSIQUE. — Influence de traitements thermiques sur la texture et la 
structure d'une montmorillonùe. Note (*) de M. Stanislas Teichner, 
présentée par M. Paul Pascal. 

Dans une précédente Noje ( 4 ) nous avons décrit une méthode simple de 
traitement par le vide permettant d'évaluer le nombre de molécules d'eau de 
constitution de là montmorillônite. Grâce à cette x technique, il nous a été 
possible de mesurer la surface d'une montmorrillonite naturelle calcique et de 
k même terre rendue sodique par un lavage acide suivi d'une neutralisation à 
la soude. Nous avons ainsi montré que la surface d'une terre peut varier avec 
les conditions du traitement sous vide. / 

Nous avons poursuivi ces expériences sur la même montmorillônite, calcique, 
sodique ou acide suivant le cas, en faisant varier la température et la durée de 
l'évacuation sous vide élevé. Après chaque traitement, la surface a été mesurée 
par adsorption d'azote à - io,5° et éventuellement de butane ào°. Ces surfaces, 
exprimées en mètres carrés par gramme de produit calciné dans l'air à 900 , 
sont données dans le tableau ci-après sous les' symboles S N pour les mesures 
faites avec l'azote et S c pour celles utilisant le butane. Il est admis avec 
Brunauer ( a ) que l'aire occupée par une molécule adsorbée est de 16,2 A 2 pour 
l'azote et de 3a A 2 pour le butane. La température T et le temps t en heures 
définissent le traitement préalable sous vide; le nombre n de groupements 
hydroxyles par maille caractérise l'état actuel du produit examiné. 

'. . Traitement État Surfaces. 

sojis vide. cristallin. ^ — — »^_^— *- — -• 

Produit examiné. : , T. t. ' - n. Sn, Se- 

1-montmorillonite calcique 20 180 4,o 48 ~ 

2-montmorillonite calcique. . . 180 80 4,o' . 52 35 

3-montmorillonite sodique. ..... . 20 4 i5o 4,o i3,5 

^montmorillônite sodique... .... 180 100 . .4,0 8 7 3 4 

5-montmorillonite sodique....... 45o 24/2,6 6 ^ 27 ? 5 - 

6-montmorillonite sodique, . . . . . . 45o 48-2,25 . 6ï . - 

7-produit précédent réhydraté. .. : 20 240 . \- . 4o - 

8-produit 6 réhydraté....... ..... 180 4o , 3,o 87 -- : . 

9-montmorillonite acide ..... 20 24q ^'° 68 

lO-montinorillonite acide .... . ' no 100 4,o ' ?4. 

11-montmorillomte acide ./...■ 180 100 4,o 78 

12-montmorillonite acide ....... .. 45o 24 i,3 ,_■ - 71 _■ c 

Toutes les isothermes d'adsorption ont une forme en S, tournant leur conca- 
vité tout d'abord vers Taxe des pressions puis vers Taxe des volumes adsorbés. 

- - 1 1 1 m. ■ —— _^»^m^m 

(*) Séance du 2 août 1948. 

(^ Comptes rendus, 225, 1947? P- l3 ^7- 

(*) Adsorption of G as es and Vapors, I, i 9 44, p. 287, Oxford University Press. 



t 



SÉANCE DU 9 AOUT 1948. * 3q3 

Elles correspondent au type II de la classification deBrunauer(/oc. câ., p . i5o) 
et révèlent une adsorption multimoléculaire exempte de condensation capillaire. 
Les résultats précédents montrent, que le chauffage sous vide à 45o° de la 
terre sodique ou acide entraîne le départ d'une partie de l'eau de constitution. 
La surface n'est pas accrue mais légèrement diminuée par ce départ d'eau qui 
n'a donc pas pour conséquence la création de lacunes dont l'existence aurait 
- été décelée par une augmentation de surface. 

La terre sodique traitée sous vide durant 48 heures à 45o° (échantillon n° 6) 
a été réhydratée par introduction d'eau à 100- dans l'ampoule contenant cet 
échantillon. Elle gonfle et se désagrège complètement au contact de l'eau 
Désorbée ensuite sous vide à i8o« jusqu'à poids constant, elle accuse la même 
surface de 8 7 m 2 /g que l'échantillon n° 4 dont elle diffère pourtant par la perte 
du quart de l'eau de cristallisation. Mering ( 3 ) signale que la même terre 
sodique chauffée sous la pression atmosphérique ne peut plus se désagréger 
dans l'eau dès qu'elle a perdu environ o, 35 groupement OH par maille, bien 
qu'aucun changement ne soit observé dans le diagramme de diffraction des 
rayon X. Il ne s'agit donc sûrernent pas du même processus de dégradation 
que celui provoqué par 48 heures de chauffage sousvide à 45o°. 

L'échantillon réhydraté n«. 7 conserve une molécule d'eau par ion sodium 
quand il est traité sous vide à 20% fait déjà signalé pour le produit n° 3 dans 
notre précédente Note (loc. cit.). Mais la surface est ici de 4o et non 
de i3/5m 2 /g. 

La surface de la terre acide dépend très peu du traitement sous vide. La 
fragilité de structure de cette terre est mise en évidence par le fait qu'un 
chauffage à 45o* durant 2I heures lui enlève les deux tiers de son eau de 
constitution. Mais à l'opposé de ce qui se passe avec la terre sodique/ cet 
important départ d'eau n'entraîne qu'une faible diminution de la surface. 

CHIMIE physique. _ Propriétés diélectriques des T gly cols et de leurs dérivés. '" 
Note de M. jVguïen Qoang Trinh, transmise par M. Paul Pascal. 

Nous avons étudié les y-glycols- et quelques-uns de leurs dérivés, les 
premiers en solutions diozaniques et les seconds en solutions benzéniques' Les 
travaux de Williams (<) et de Smyth et Wals (*) ont en effet dissipé les 
craintes d'association entre les glyçols et le dioxane, surtout dans l'échelle des 
concentrations molaires que nous avons adoptée et qui va de 8.io~ 3 
à 3. io~ 2 . 



( 3 ) Mémoire à paraître aux Transactions ofthe Faraday Society. 
(*) Journ. Am. chem. Soc,, 52, 1981, p, i838. 
( 2 ) Journ. Am. chem. Soc.., 53, 1931, p. 2ii5. 



N 



3g^ ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Éh utîlW la formule de' Sugden P, = M,[p,-+(p |V '-p.)/W] avec 

■ a-indice i désignant le solvant et l'indice ,2 dés.gnant le corps dissous) en 
admettant directement comme valeur de-P A +P E (polarisations atomique et 
électronique) la valeur de la réfraction moléculaire pour la raie D, nous ayons 
obtenu les résultats suivants pour la polarisation totale e t le moment polaire, 
celui-ci étant donné par la formule io' 8 . [a = o' 01273 \/[P ! „^(E a +Pe)]T- 

. ■' . . „■•■■■'■"■ * ■'■ Formule. P.«- Rmo- 10i>„,-. 

Corps. , , : - tf 

;--;' C0 2 CH 3 . 

Si dans l'ensemble les moments sont très voisins, leurs différences dépassent 
les erreurs d'expérience (qui sont de l'ordre de .o-"xo,o3) et permettent 

quelques remarques : . . ' ; - '■ , , 

Les valeurs 2,5 du moment du butane-diol et 2,45 du moment de 
sa diacétine sont en accord avec les déterminations connues faites sur quelques 
: diols CH,OH('CH>.CH 1 OH et quelques diesters, comme le malonate et 
' le succinate d'étbyle. Comparées avecla valeur moyenne 1 , 7 des monoalcools, 
(nous awis obtenu avec des solutions dans le dioxane 1,69 pour 1 alcool 
. étnylique et 1 , 68 pour l'alcool butylique) et la valeur moyenne 1,9 du groupe 
CO l5 ces déterminations connues justifient le principe de la libre rotation, 
elles montrent que les groupes ÔH ont une implantation^ quasi 
à la enaîne carbonée et que le moment des groupes G0 2 doit faire un angle 
de -70° avec la ligne des carbones. . 

La double liaison dans les deux butène-diols impose certainement 
deux positions privilégiées stables; la différence est nette entre les isomères 
géométriques, et le moment diélectrique serait ainsi un^qutd precieuxpour 
l'étude dés comportements cù-trans des dérivés CH a XLH = t.tlun 3 A 

" (Prévost et Valette) ('). '■•'',-',' '■',,.'',' , 

La dépréciation de la résultante des moments locaux des formes as (diols et 

diacétines) est ici assez faible ; les groupes OH et CO, n'étant pas ltés direc- 

(3) Comptes rendus, W&, i 9 46,.p.3a6; 223, .i 9 46, p. 9°7- ^ 



SÉANCE DU 9 AOUT I94&', %5 

tement aux carbones éthyléniques, l'interaction éîeeta^a^e cfe ces? âméks 
assez éloignés doit être négligeable. La position relative en a des deux CO 
dans la diacétine du butène-diol-i .2 introduit une dépréciation plus marquée- 
Plusieurs séries de mesures donnent toujours pour le moment du butyne 
diol-1.4, la valeur moyenne de 2,6.10--. Il faudrait y voir sans doute un 
effet propre de la triple liaison; mais, seule une étude systématique des liaisons 
multiples permettrait des interprétations plus avancées. En tout cas, dans les 
corps étudiés aujourd'hui, à cause de la position relative en y des groupes OH ■ 
ou C0 2? la présence des doubles ou triples' liaisons n'a pas grand effet sur le 



moment résultant-. 



CRISTALLOGRAPHIE. — Sur un appareil permettant le calcul approché 
4e certaines intégrales définies dans les problèmes de structure: 
Note (*) de M. Georges Rodier, présentée par M. Paul Pascal. 

En étudiant la distribution des intensités dans" les spectres de rayons X 
des molécules à longues chaînes (*), (»), nous avons été amené à calculer 
des intégrales de la forme 

I= / /(^)cos^^f + Adœ, 

dans lesquelles d est la longueur de la molécule, f(x) le pouvoir dif raclant de 
1 élément dx, et 7- 1 ordre de diffraction, essentiellement entier. De telles inté 
grales se rencontrent fréquemment et ce problème est un cas simplifié du calcul 
plus général des facteurs de structure ( 3 ). 

Nous avons réalisé un appareil automatique d'une très grande simplicité 
permettant d'obtenir avec une très bonne approximation la- valeur de I ( ')' 
Cette Note a pour but de préciser certains détails d'exécution. : 

^Principe. ^- On dispose de deux résistances AB et ED sur lesquelles se 
déplacent deux curseurs; l'ensemble est monté comme l'indique le schéma 
Sur AB se déplace le curseur C de façon que la distance AC soit proportionnelle 
a/O), En circuit ouvert, la différence de potentiel V, entre les points Afrelié 
a la masse) et Gest aussi proportionnelle à ■/(*); nous admettrons pour sim- 
plifier que le coefficient de proportionnalité est égal à i . 

V, est appliqué aux bornes de la résistance ED de valeur convenable, sur 
laquelle se déplace le curseur F, de façon que la distance MF soit proportion- 
nelle a ««(aiwar/rf+ç). Supposons que le coefficient de proportionnalité soit 

1 " — ■ 

" ™" ' n - , , r - .. 

(*) Séance du 2 août 19/48. " 

'Ml £" ^ 0I,IER ' ^P L Ét - Su P' Sciences Physiques, Poitiers, 12 juillet i 9 4 7 . '. 

( 2 ) G. Rodier, Bull Soc. Chim. Fr„ i 9 48, p. 63 7 et suiv. . 

( 3 ) J. Brenet, J. de Phys., 5, ig46, p. 139-144. : 



3û6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

de nouveau égal à i .La différence de potentiel V(i) entre M et le curseur 
est approximativement égale à 

On reporte les valeurs de V(a?) sur un graphique ; il suffît alors de faire la 
différence des surfaces comprises au-dessus et au-dessous de l'axe des abscisses 

* pour obtenir la valeur de I. 

Réalisation. — Dans le modèle 'que nous avons réalisé, les résistances sont 
des fils de maillechort de o ram , 5 de diamètre; en R, on dispose d'une résistance 
supplémentaire de ioo ohms environ et en R 2 d'une résistance de 400,00 ohms 
environ. Ces résistances sont variables. 



£ 



e 



F & 



A 





La réalisation de la différence de potentiel proportionnelle à f(x) n'offre 
pas de difficultés ; il suffit de dessiner f{x) sur un tambour de rayon conve- 
nable, de le faire tourner devant le curseur G qui se déplace sûr la résistance 
correspondante. Pour la deuxième partie, au moyen d'un jeu d'engrenages, le 
tambour entraîne une roue qui fait r tours pendant que le tambour en fait un. 
La rotation d'un point de la périphérie de la roue donné en projection sur un 
axe un déplacement proportionnel à cos(2iiTO/rf+ç). Une came transmet le 
mouvemeht-cherché à F. La différence de potentiel est finalement prise entre M 
et F, donnant directement sur l'appareil de mesure les surfaces avec le sens 
convenable, a condition que celui-ci soit construit de manière à avoir le zéro 
au milieu de l'échelle. Ri et R 2 permettent alors d'amener l'aiguille de l'ap- 
pareil au maximum de déviation quand G est en B et F en E ou en D . 

Précision. — Avec les valeurs données plus haut, l'appareil nous a permis 
d'atteindre une précision de 2 à 3 % , ce qui .est très suffisant pour les casque 
nous avions à examiner. Un calcul simple donne les valeurs optima des divers 
éléments (*). Nous avons ainsi étudié la distribution des intensités dans les 



(*) G. Rodiez Dipl. Poitiers, p. 52-55. 



SÉANCE OU 9 AOUT 10,48. 3on 

spectres de rayons X des laurate, myristate, palmitate et stéarate de G-chlo- 
reknyle, étendus en eouehe mince. Les résultats montrent quel* divergences 
ne proviennent pas de l'appareil que nous venons de décrire. 

Un modèle plus perfectionné, entièrement électrique, est actuellement en 
cours de montage. 



VOLCANOLOGIE. — Sur les éruptions ' quaternaires de la région de 
Clermont-Ferrand. Note (*) de M. Loms Glatoeaud, transmise par 
M. Albert Michel-Lévy. F 

Les éruptions de la région de Clermont-Ferrand ont été étudiées, notamment 
par A. Michel-Lévy et Ph. Glangeaud ('). Ayant levé, au 1/20000, la carte 
de cette région, de 1927 à i 9 38, j'ai pu reconstituer la succession des phases 
.eruptives et les relier aux variations locales du niveau de base .des rivières 
Le Quaternaire (>) comprend ici trois cycles de creusement-remblaiement • 
ante-wurmien (thyrrhéno-monastirien ?), wurmien. et flandrien. 
^ Les premières éruptions quaternaires de cette région coïncident avec 
le maximum de creusement anté-wurmien, caractérisé par Elephas antiauus. 
Les dernières sont antérieures au remblaiement wurmien contenant la faune 
Ironie du Renne. Dans cet intervalle*; huit phases d'activité et de repos 
volcanique peuvent être distinguées. 



w 



7 oo 
600 
S 00 

4 °o . 

5 00. 



■ 822 



C le i*mo nt -Terra twt 



L&. Gantière 




* Tt 



La première phase (') a donné des conglomérats et des tufs fortement 
cimentés qui occupent le fond des vallées et des dépressions anté-volcaniques. 
Une dépression, de direction N-S, passait à l'Est du cimetière de Royat. Elle 
correspondait au. faisceau de fractures secondaires qui accompagne la faille 
principale de la Limagne (Jig. i). Plusieurs vallées Est-Ouest étaient, par 



(*) Séance du 2 août 194$. . 

n A. Mïchel-Lévy, Bull. Soc. géoï. Fr., 3e série, 18, p. 887-1890; Ph. Glangeaud, 
Bull. serv. carte, geol. Fr., n° 82, 1900; n° 123, 1908, n° 155, i 9 i3. 
( 2 ) L. Glangeaud, C. R. S. G*. F., 5° série, 10, i 9 4o, p. 5 2 -54. 

C.R., t 9 48, v Semestre. (T. 227, N° 6.) 26 



3 Q 8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

contre, perpendiculaires à cette dépression. L'une d'elles aboutissait à la 
Gantière près de Grouelle. Le long de cette vallée anté-volcanique, a 1 Ouest 
de Beaumont, et à la Gantière, au milieu des tufs de lapillis sont intercales, des 
alluvions à gros galets de quartz, de gneiss et de granité. Ils contiennent des 
débris dé basalte miocène à gros cristaux de pyroxène et d'olivine. 

Les conglomérats formant la butte de Clermont-Ferrand appartiennent a 
cette série inférieure 1. Ils reposent, comme Ph. Glangeaud l'a .montre \ ), 
sur des alluvions fluviatiles visibles dans les caves de l'Hôtel-Dieu. Des frag- 
ments anguleux provenant du substratum oligocène y sont mélangés avec des 
roches du socle primaire et des débris volcaniques. UElephas antiquus, cite 
parLecoq et Pomerol, a été trouvé à la base de cette formation, à une altitude 
voisine de Scelle des tufs de la Gantière. Ph. Glangeaud (•)! considérait ces 
conglomérats comme un faciès de ramonage. Ils ressemblent aux produits des 
explosions initiales ou ides caldeiras, observés en Italie, en Allemagne, dans les 
Indes Néerlandaises. Ces débris qui sont nommés, dans la littérature étran- 
gère, clastic ejectamenta, accidenta éjecta, etc., ont été repris par les eaux et 
sédimentés dans les vallées pré-volcaniques E-W descendant de la chaîne 

■ des Puys. , i 1. • m c 

Le lieu de Vexplosion initiale paraît correspondre a la dépression N-&. sur 

laquelle est actuellement installé le volcan de Gravenoire. Après cette ou ces 
explosions, des effusions laviques très fluides ont formé, dans le vallon du 
- cimetière de Royat, au moins trois coulées séparées par des bombes et scories 
stromboliennes (n° 2 de la figure). „'• .',"', -,|- a 

La série 1-2, ainsi définie, fut recouverte par un cône 3 forme de lapillis de 
dimensions assez régulières. Pendant la phase 4 qui a suivi des couches de 
scories et de sablesvolcaniques bien .stratifiés et calibrés se sédimenterent a la 
base de ce premier cône volcanique. La présence de plusieurs sols de végé- 
tation dans cette formation 4 indique un repos assez prolongé et une obturation 
probable de la cheminée principale F,. A ce moment des vallées furent creu- 
sées dans les tufs de la phase 1. _ ; ; 

L'activité volcanique se manifeste ensuite par des intrusions latérales 5 
décrites dans une Note précédente (*). Ces effusions fissnrales accompagnées de 
projections stromboliennes, donnèrent les coulées de St-Jacques et de 1 Obser- 
Gloire. La cheminée principale F s redevint, de nouveau, active en émettant une 
coulée latérale 6. La région fut recouverte ensuite par des projectionsvalca- 
niennes 7 dans lesquelles des blocs provenant des éruptions précédentes sont 
mélangés avec un peu de matériel neuf probablement dû à de courtes phases 
stromboliennes. Pendant un repos probablement assez bref, l'érosion remania 
ces scories vulcaniennes en bancs bien stratifiés. Ces d erniers furent, recouverts 

(3) Ph. GusGBumrBuîl. ser. carte géol. Fr,, n» 123, 1909, p. 7 4-75- 
(*) L: Glangeaud, Comptes rendus, 227, 1948, p. 2088. 



SÉANCE DU 9 AOUT 1948. 399 

par une ultime, coulée 8. Elle déborda du cratère existant au sommet du 
volcan et s'étendit seulement sur la partie haute de celui-ci. * 

Les éruptions de Gravenoire et de Clermont-Ferrand présentent donc une 
complexité beaucoup plus grande qu'il n'avait été prévu dans les travaux 
antérieurs. Nous décrirons ultérieurement les variations magmatiques côrres^ 
pondantes. 

PHYSIOLOGIE.. — Action curatwe du foie et du complexe acide pantothénique- 
acide folique vis-à-vis de certains effets physiopathologiques pïoçoqués, 
chez le jeune Rat blanc, par F ingestion de fortes doses d'amide nicotinique 
{vitamine PP). Note (*) de M me Lucie Randoiiv et M. Jean Çauseret, 
présentée par M. .Robert Courrier. 

Dans une Note antérieure .(*) nous avons . décrit les effets physiopatho- 
logiques provoqués, chez le jeune Rat blanc, par l'ingestion de fortes doses 
d'amide nicotinique données en supplément d'un régime équilibré, dont nous 
rappelons là composition : caséine, 21; graisse de beurre, 4; amidon, 66; 
mélange salin d'Osborne et Mendel, 4 ; leçure sèche Byla, 5 • papier filtre. 

Certains de ces effets : alopécie, dégénérescence du pelage, excrétion 
cutanée et nasale de porphyrines, rhinite exsudative, incurvation extrêmement 
marquée de la colonne vertébrale, présence de gaz dans l'estomac, de' gaz 
et de sang dans les intestins, rappellent d'une manière frappante les 
symptômes caractérisant certaines avitaminoses du groupe B, en particulier 
la carence en acide pantothénique. Aussi avons-nous eu l'idée d'essayer 
de faire disparaître ces troubles, d'une part en donnant aux rats du foie, 
organe dont on connaît la richesse en tous les facteurs du complexe vitami- 
nique B, d'autre part en leur administrant de l'acide pantothénique; 

Technique. — Nos recherches ont porté sur 64 jeunes rats blancs pesant de 35 
à 5o s , répartis en 8 lots. Au cours d'une première période expérimentale, tous 
les animaux ont reçu le régime de base seul (lot I) ou complété par 2 % d'amide 
nicotinique (lots II à VIII). A l'exception de ceux du lot I, qui se dévelop- 
paient normalement, les rats ont présente, après quelques semaines, un ralen- 
tissement de la croissance déplus en plus accentué, puis un début d'amaigris- 
sement; en même temps, apparaissaient les troubles cutanés et digestifs que 
nous avons décrits dans notre première Note ( 2 ). 

Au cours d'une seconde période expérimentale commençant quelques jours 



(*) Séance du 2 août 1948. 

(V) Comptes rendus, 227, 1948, p. 867. 

( 2 ) A ce stade, les troubles nerveux et osseux n'étaient pas encore apparus; quant aux 
troubles respiratoires, ils étaient inexistants ou légers, en raison de la température exté- 
rieure assez élevée (18-20 ). 



4oo ACADÉMIE DES SCIENCES. 

après le début de l'amaigrissement, nous avons administré aux animaux des 
lots III à Y ill* qui continuaient à recevoir de Vamidë nicotinique : soit du foie 
de bœuf séché sous vide à basse température et réduit en poudre (lots III 
et IV), soit du pantothénate de calcium seul (lots V et VI), soit du panto- 
thénate de calcium accompagné d'acide folique (lot VII), soit de l'acide folique 
seul (lot VIII) (voir les doses quotidiennes sur lé tableau). 

1 Àmide Poudre Pantothénate Acide 

nicotinique de foie de calcium folique , 

(per os) (per os) (inj.s.cut.) ■"' (per os) ■ Résultats 

Lots. (mg). . (g). <mg|. '■ -(mg). obtenus. 

I (tém.) ..... - . .'" ' . "" ■ ~ ~ 

II (tém. ).!... 200 - - - hypervitaminose PP 

( III..... . ....200 1 -* ' - '.•■.. guérison 

' A {lV....:-....- 200 3.. - - guérison 

/y 200 " - o,5 - hypervitaminose PP 

^ < yj 2 ^ _ j _ hypervitaminose PP 

C VII.......... 200 . ". - * 1 o ? o25 guérison 

D ■ vlll 200 ■ - - b,025 hypervitaminose PP 

Résultats. — A. Sous l'effet de la poudre de foie, la croissance des animaux a 
immédiatement repris, à une vitesse moyenne pour ceux du lot III,. 4 un rythme 
bieri plus rapide pour ceux du lot IV. Le poids des animaux, compris entre 60. 
et 8o s au début de la seconde période, est ainsi remonté entre 120 et i5o s ; mais 
ensuite, il n'a plus varié pendant 3 mois, ce qui nous a amenés à interrompre 
l'expérience. En même temps, la fourrure des rats est redevenue très fournie et 
l'excrétion de porphyrines a disparu peu à peu, de même que la rhinite exsu- 
dative et les troubles digestifs. 

Il existe donc, dans le foie, un ou plusieurs facteurs qui s'opposent en partie 
à l'arrêt de croissance, à la dénutrition et à certains effets physiopathologiques 
provoqués par l'ingestion. de fortes doses d'amide nicotinique. 

B. L'injection d' acide pantothénique seul auxrats des lots V et VI n'a entraîné 
ni reprise de croissance, ni régression des troubles d'hypervitaminose PP. 

G. Par. contre, l'administration simultanée, aux rats du lot VÏI, d'acide 
pantothénique et d'acide folique, — ce dernier corps étant peut-être nécessaire 
à la bonne utilisation de l'acide pantothénique ( 3 ) —, a donné des résultats 
identiques à ceux qu'a fournis l'administration du foie : reprise de la crois- 
sance, disparition des troubles cutanés, respiratoires "eWiigestif s. 

D. Enfin, l'administration d'acide folique seul aux animaux du lot VIII n'a 
donné aucun résultat positif. 

Conclusion. — Le complexe acide pantothénique-acide folique, de même que 



/-■ 



(3) L. D. Wright et A. D. Welch, Journ. o/Nutr.,21, 1944» P- 55. 



. SÉANCE DD 9 AOUT Ig48. ^ 0l 

la poudre de foie, fait disparaître certains effets physiopathologiques provoqués ' 
chez le Rat, par l'ingestion de fortes doses d'amide nicotinique. ' 

Sommes-nous fondés à en conclure que l'hypervitaminose PP peut exercer 
m vwo, chez le Rat, One sorte d'action antivilaminique se traduisant par une 
avitaminose pantothénique?Nou S ne voulons pas être aussi affirmatifs. Cepen- 
dant, du fait même que c'est la similitude de certains effets physiopatholo- " 
giques de l'hypervitaminose PP et des symptômes d'avitaminose pantothënique 
qui nous a amenés à effectuer les recherches décrites dans la présente Note 
nous considérons comme vraisemblable V existence dune carence indirecte en acide 
pantothénique chez le Rat soumis à un régime très riche en amide nicotinique . 

CHIMIOTHÉRAPIE. —Sur une augmentation de V activité des antibiotiques par 
une association avec les antithyroidiens. Note (*) de MM. David Libehmam et 
Fernand Boter, présentée par M. Jacques Tréfouël. . 

■ Nous avons déjà fait ressortir dans une Note précédente (') l'influence 
qu exercent les antithyroïdiens sur l'activité bactériostatique des sulfamides 
On ne peut guère admettre que deux hypothèses pour expliquer ce fait expé- 
rimental. Selon la première, les antithyroïdiens prendraient part au méca- 
nisme d action des sulfamides en catalysant leur activité bactériostatique- 
selon la seconde, les antithyroidiens agiraient par le mécanisme qui leur est 
habituel les effets de ce mécanisme s'ajoutant à l'action bactériostatique des 
sulfamides. ' ^ 

Afin de contribuer à la solution de ce problème, nous avons étudié l'in- 
fluence des antithyroïdiens sur les antibiotiques tels que la pénicilline et la 
streptomycine. Le mécanisme d'action des antibiotiques étant différent du 
mécanisme d action des sulfamides, la constatation d'une influence favorable 

h oThè^ S dCVait d0DC f ° Urnir dCS argUmentS à ra PP ui de la seconde 

Les expériences ont été effectuées sur "la Souris, les agents pathogènes 
employés étant le streptocoque hémoly tique (souche Dig. 7 ) et le bacille de 
Fnedlander (souche Dumas). Les antibiotiques étaient administrés par 
injections sous-cutanées, tandis que les antithyroidiens étaient introduits par 
voie buccale. ^ 

Les tableaux suivants résument les résultats de nos expériences. La viru-^ 
lence des souches utilisées a été vérifiée chaque fois sur des témoins qui 
succombaient invariablement le premier jour. 



(*) Séance du 19 juillet 1948. 

(*) David Libermann et Fernand Boyer, Comptes rendus, 227, i 9 48, p. 3 77< 



4oa ACADÉMIE DES SCIENCES. 

I. Streptocoques hémoly tiques, ' Dig. ■ 7. Culture en bouillon ascite, 
dilution tyrode 1/100 000, 1/2 cm 5 intrapéritonéal. 

, Nombre de souris survivantes 

Jour,. 1«- : 2-- 3-; 4«.~>T~6«. 7s _ 8-. 9s 

(10 souris). • 

Pénicilline : 56 U. par jour en 2 inj. S/c, a j... 1 . .10 9 ' 4 . 3 . 2 22 2.3 

Pénicilline : 5o U. + Tétraméthylènethio- . ^ - 

uracilêia^/j, 2j 7 ..,;,../ 10 9. 7 6 6 5 4 4. * 

Pénicilline :5oU. par jour, 2 j. + Tétraméthy- # o o e q s 

lènethiouracile : a^/j , 6j ........ 10 10 88 8 S « H 

IL FHedlander Damas. - Culture en bouillon sérum, 18 heures, 
dilution dans le tyrode 1/100 000, i/2^ s intrapéritonéal. 

Nombre de souris survivantes. 

' jo-fcrs..." ,.. 1«. 2 e - 3 e . 4*. ■ 5«. 6*. 7". 8s 9'. 

,10 souris. 
Streptomycine : 5oU. parjour en 2 inj. s/c, 2 j. 10 10 9 8" 5 21 1, * 
Streptomycine : 5o U. par jour en 2 inj. s/c 

-h Benzykhiouracile : 2<"s, 2 jours .7. ■ 10 9 9 9 9.9-4 2 

Streptomycine : 5o U, par jour en 2 inj. s/c 

+ Tétraméthylène-thiouracile : 2^ 2 jours.. 10 10 8 8 8. 5 42 

III. Friedlander Dumas, Cuit. B. S., i8 h , 
dilution dans le tyrode 1/100 000, 1/2 cm» intrapéritonéal. 

Nombre de souris survivantes 

jours;.;.;..' 1 er -- 2'. 3*. 4«: 5% 6v 7-. 8*. 9«. _ 

(10 souris). . 

StreptomycinerSoU/parjourainj.s/c^j.... 10 10 96 5 2 1 11 

Streptomycine : 5o U. par jour 2 inj. s/c, • y 

."ij. + Benzylthiouracile a™* bue. aj..... .. 10 9 .9 "9 994 2 1 x 

Streptomycine : 5o U. par jour 2 inj. s/c, ' . -, 

2 j. -4- Benzylthiouracile 2 m * bue. 5j....... 10. 9 8 8 7 5 .4 3 2 

H ressort nettement des tableaux précédents une exaltation de l'activité des 
antibiotiques par leur association avec les antithyroïdiens. On voit également 
sur le tableau I qu'un prolongement, de l'administration de Tantityroidien 
seulement permet d'augmenter de façon considérable la protection contre le 
streptocoque hémolytique exercé sur la Souris par la pénicilline. 

Nous espérons avoir ainsi apporté un argument en faveur de l'hypothèse 
selon laquelle l'action exaltante des antithyroïdiens proviendrait de leunnfluence 

habituelle sur l'organisme de l'hôte (abaissement du métabolisme basai). Nous 
estimons que le champ de nos investigations sur ce sujet est susceptible d'élar- 
gissement. 



SÉANCE DU 9 AOUT 1948. 4o3 

IMMUNOGHIMIE."- — Mise en évidence d'anticorps antihojTnonaux précipitants 
et non précipitants dans le sérum de Lapin antigonadotrope. Note (*)' de 
MM. Pierre Grabar et Alain Bussard, présentée par M. Jacques Tréfouël. 

D'après la définition classique un anticorps .est caractérisé par la réaction 
spécifique qu'il donne avec son antigène. Cette réaction est généralement 
accompagnée de phénomènes visibles in vitro, par exemple d'une «précipitation. 
De nombreux auteurs ont obtenu des sérums ayant une activité physiologique 
antigonadotrope sans activité précipitante spécifique; aussi nombre d'endocri- 
nologistes n'ont pas admis l'identification complète entre antihormones et 
anticorps (*)• 

Ayant montré que Ton peut obtenir des sérums de Lapin précipitant 
spécifiquement l'hormone choriale humaine ( 2 ), ( 3 ), nous nous sommes 
demandé si l'absence- de précipitation spécifique signalée jpar les autres 
auteurs ayant étudié des sérums antigonadotrophine choriale, n'était pas due 
au fait que les anticorps obtenus étaient du type non précipitant. Au cours des 
dernières années on a ? en effet, décrit des. anti