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Full text of "Relation d'une conspiration tramee par les negres dans l'isle de Saint-Domingue, 1758"

A propos de ce livre 

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J 



dbyGoogk 



5~a 
~~> - - * 

- & J2& AT1ÛN 

'tï'iwt confpiraùon trame par les Nègres} 
» fk/zr CJjleÂe S. Domïngut; défenfe que 
^fait le Jéfuiie Confejfeur* aux Nègre* 
. $iL*onfupucie 9 de révéler leurs fauteurs &. * 
complices. , . r 

; AVÏS DE t f ÉDITEUR. 

4 -pn mous a remis deux Lettres. L'une vient du 
Cap François , IJk S. Domingue , & Poutre de la pet* 
firme à qui cette lettre était adreffîe. Comme certâ 
•perfonne connoft parfaitement bien par die - mime 
IHutt aâluddecet Ifle, nous donnerons fa -Lettre 4a 
première t pour fervir d'introdutlionà lafuivante. Ce 
ifue contiennent ces Lettres efi trop important, dans 
tes circonfiances préfentes , pouf ne tes pas donner ait 
public. On y verra que les Nègres cherchent à fà 
<4inère Triait res du pafs, en faij ont pérît ceux $ii le 
font; que fe* Jêjvtàesfeuls font épargnés , &^quHh 
fr&tgent ouvemwtemves fôghs^ en défendant ti oeuts 
gtfoTLJait m4u%r yHe^évékr leurs fauteurs^ com* 
imites. U*ejt- t çejpas Je déclarer foi-méme complice* 
jùe dV&têr.le feul moyen d'txtitper cette détcjfabfo 
' confpiration ? 

Xettre de laperfoome À qui la Lettre du 
24 Jwi efi adreffec. 

VOÏCI M. \ï$é -pièce qui mérite Bien de 
voir le jW-, elle eft détonne mam 
&fûre. Vos fens en feront troublés. Ëft-i! 
'donc poffible qu'il ne fè commette plus de 
Scrime fur la terre où les" Jëïùites ïi'aient 

A 

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s ■■ 

Suelquè part. Pour conftrver leur Colonkf 
ans le Maragrian , ils conseillent à leurs 
Sujets d'affaffiher tous les Blancs, & de 
leur couper la tête , &ils leur en donnent 
4*abfolutiôh. Pour fe rendre maîtres dé celle 
du Cap, ils protègent les eîripoifonneurs, & 
menacent les coupables de la damnation 
éternelle s'ils révèlent leurs complices. On 
les ménage parce qu'on craint qu'ils n'exci- 
tent une révolte. On les foupçonne d'autant 
plus, que dans cette multitude effroyable 
tle Nègres qui ont péri par le poifoli , xm 
remarque qu'ils n'en ont pas perdu un feul. 
Eux & leurs Nègres font feuls en fureté. 
J,a conféquence n'eft pas difficile à tirer .- 

Extrait d'une Lettre écrite du Cap François , 
le 24. Juki ij$8* 

NO W S fommes ici , Monfieur , dans 
une confternation générale , perpé- 
tuellement entre la vie & la mort» Le récit 
•tle notre fituation vous fera horreur. An 
mois de janvier dernier on a arrêté au 
Quartier de Limbe, qui ëft à cinq lieues 
d'ici, François Maçandal, Nègre , efclàve 
de M. le Téllier* habitant de cette Colo- 
nie , qui étoit marron ( fugitif) depuis dix- 
huit ans. Le jour il iè re tiroir dans les 
'montagnes, & la nuit il venoit dans les 
'habitations voifines, où il avoir corres- 
pondances avec les Nègres. Ils compo- 
ibient enfemble difFérens* poifons , que 

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ceux-ci vendoient à leurs camarades. Of» 
lui a fait fen procès. Il a été condamné à 
faire amande honorable devant la princi- 
pale porte de cette Eglife , & à être brûlé 
vif y préalablement appliqué à la queftion 
ordinaire & extraordinaire. La fentence a 
été confirmée par le Confeil fupérieur du 
Cap. Ce fcélérat a révélé à- la queftion un 
nombre prodigieux de fes complices , quf 
font des Nègres •fctaves , appartenant à 
' différens Maures, que Ton a arrêté. Le 
nombre de ceux qu'il a fait mourir pendant 
les dix-huit ans de fon marronage eft in- 
nombrable. Enfin il a été exécuté le vingt 
janvier, à cinq heures après midi. 

On l'avoh attaché , avec des chaînes de 
fer, k un poteau qui étoit planté au milieu 
du bûcher. Auffi-tôt qu'il a fenti le feu , il 
a fait des hurlemens effroyables; mais il a 
fait des efforts fi prodigieux & fi fupérieurs 
a»x forces de l'homme , que le collier 8c 
la chaîne fe font détachés du poteau ; en 
forte qu*il s'eft fauve du feu le corps en; 
partie brûlé. La Maréchauffée & les habi- 
tans ont eue la prudence de faire auffi-tôt 
retirer les Nègres qui envirpnnoientla place. 
Tous ces malheureux , en fe retirant , 
crioient à haute voix que François Ma* 
candal étoit forcier & incombuftible ; qu'il 
avoit eu raifon de leur dire que perfonne 
n 'étoit capable de l'arrêter, & qu'auffi-tôt 
qu'on mettroit la main fur lui, il fe chatt» 

Ai) 

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geroiten Maringuoin. Le boureai*!uî-t!i4-* 
me ne pouvoit croire ce qu'il voyait. II £e 

1*etta cependant fur le criminel i, on . lui lia. 
es pieds & le» mains & on le rejAtta dans: 
le brafier. Tous les habi tans firent rêve nie 
Içurs Nègres^ qui , en le voyapt brûler ,, 
{émirent le faux de ce qu'il le&ir avoit fait 
croire. Depuis cette exécution, on en b^ûle* 
quatre ou cinq tous les mois : il y a déjà élit 
vingt- quatre Nègres ou NegrefTes efcjaves* 
$c trois Nègres libres , qui ont fubi le même ' 
fort. Mais à rnefure qu'on les met à la que f-^ 
tion * la Matéchauflee en arrête neuf à dtxi 
autres qiu'ils déclarent être leur complices*; 
Ainfî le nombre des prifonniers augm,eme, 
4 rnefure qu'on exécute un criminel. Jugez' 
quand finira cette terrible affaire.: il y a ac- 
tuellement 140 aceuf^s en prifon. > 

Des Negxes qui ont été exécutés , les uns* 
Ont déclaré avoir fait périr par le poifon 
30 & 40 blanc s, même leurs Maîtres , leurs* 
femmes & leurs enfans; d'autres 200 & 300 
Nègres appartenais à différens maîtres. 

Il y a des, habitans qui avoient fur leur 
habitation 50 & 60 Nègres travaillant à la 
place. En moins de 15 jours il ne leur en 
refloit que quatre ou cinq, & quelquefois 
pas un. J'en connois. beaucoup qui ont eu 
ce malheur. On ne favoie à quoi attribuer 
cette mortalité » as on ne pouvoit leur don- 
ner de feooufs convenables 3 parce qu'on» 
çç ioupçonnoit pas le poifon*. . . 

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5 .. 

^Bbfcears mit avoue qu'ils à voient empoî* 
fonné des Nègres à qui ils avoient offert du 
poifira y mais qui leur paroifl*>ient êtretrop 
affeétionnés à tet» Maître & qui auraient 
pu le? découvrir. 

i François Mancadal a découvert trois e& 
pèces depoifôns , dont il y en a ë& fi dan- 
gereux & de fi violens , que des chiens à 
qui k* Médecins & Chirurgiens en ont fait 
prendre , ont crevé fur le champ. Il y en a 
d'autc» dont l'effet eft plus lent , qui font; 
languir cinq 8c fix mois , mais dont il faut 
toujours nécefîairement périr. 
: Nous femmes effrayés de voir qute pref* 
que tous les côu-pables , font ceux qui tra- 
vaillent à la grande caze , & en qui Ton a 
le plus de confiance , le cocher , leemfinier,' 
de les autres domeftique? dont nous nous 
iervoas. 

Ils prenoient précifément îe temps oit 
leurs Maîtres avoteôtf t$ ou 26 Blancs à 
table & donnoient dfcsfetèins. Ils mettoienc 
te poifondans le thé, dans îa foiupe ou 
d'autres mets; fans s'embarraffer de faire 
périr dés hàbitans à qui ifs nVn vooloient 
pas y pourvu que ceux à qui ils en vouîoient 
périffait. 

• Nous tremblons d'aller lés uns chez les 
autre*, & nous ne lavons à qui nous fier x 
étant impoffible dé fe paffer du ferrice de. 
*es miférables. 
< O0 a obtenu & quelques* un* la edmpo- 

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6 

fition d'un remède , qui eft un fur contre* 
poifon, & c'eft un très- grand biem. 

Ce qui nous allarme davantage, eft de 
voir combien peu ces malheureux font tou- 
chas du fort de ceux que l'on exécute , & 
combien peu leur fupplrce fait d'impreffion 
fur eux. En voici un exemple : entre les Nè- 
gres exécutés , il s'en eft trouvé du Limbe £ 
le maître à quiils appartenoient a obtenu du 
Juge que l'exécution fe fit fur le lieu pour 
contenir les autres. Trois jours après l'exé- 
cution, M. de Gpndy, commandant corn* 
me Officier la garde que les Bourgeois, ai* 
nombre de quinze Blancs, montent audit 
lieu , trois Nègres de M. de Gondy trou- 
vèrent le ffecret de les empoifonner-tous. 
Comme les vomiffemens fe déclaroient, on 
recourut promptement au contre-poifon & 
on les a îauvés : ces trois Nègres ont été 
arrêtés &.fuppliciés. 

Il faut maintenant vous dire comment la 
Providence eft venue au fecours de Ja Cô~ 
lonie , qui étoit menacée d'une deftruélioa 
totale. 

Au mois de décembre dernier le Confeil 
étoit affemblé pour jugerle procès de fix 
ou fept Nègres qui étoient arrêtés comme 
empoifonneurs. On en condamna quatre 
au feu , & de ce nombre étoit une jeune 
ffegreffe qui appartenoit à un habitant de 
la Souffriere , nommé M. Yatelle : on la 
réferva pour être exécutée kt dernière» 

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Comme on àïloït rappliquer à la queftion ; 
A qu'on àppfochôk les mèches , elle dit 
qu'elle ne vouloir pas fouffrir deux fois 
ie feu,& qu'elle àlloit tout dire. On né 
fauroit trop louer la prudence de M. 
Courtin , Sénéchal du Cap. Il a paffé deux 
jours & deux nuits avec le Procureur du 
«.oi & le Greffier , à recevoir les déclara- 
tions qu'elle a faites. Elle a noitimé 50 tant 
;N egresque Negreflfes comme complices, qui 
ont été pris tant dans la ville du Cap qu'à la 
rpleine. Elle* donné les moyens d'arrêter 
François Macandal qui étoit leur chef: elle 
a avoué qu'elle avoit empoifonné trois en* 
fans de fon maître , qui les lui avoit donné 
à allaiter ,& quantité de fes Nègres, Elle 
a déclaré que le Père JÉSUITE, qui étoic 
•venu quelque temps auparavant la confef* 
:fer en prifon , lui avoit défendu ,fous peinç 
de damnation éternelle, de révéler fes complices, 
& de fouffrir plutôt tous les tourmehs qu'oip 
pourroit lui faire endurer ,• mais que comme 
les Blancs ne lui avoient fait aucun mal, elle 
rvouloit bien contribuer à leur furetéé 

M." du Confeil touchés des aveux de 
fcette petite Negreffe, ont fufpendu fon 
exécution. Elle eft toujours dans la géoîe, 
les fers aux pieds : mais malgré fes crimes * 
.elle montre tant de fïncérité , donne de« 
.avis fi juftes , qu'on lui doit le falut de la 
Colonie, & qu'on penfe que la peine fer* 
commuée en une prifon perpétuelle* 

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M. le Côuyerneur averti Je ht çoiïén&fk 
du P. Jéfuite, lui a fait interdire l'entrée<<ïâi 
priions. On î*a également iaeerdkà to*rtl« 
autres Révérends Pères (JéCmtcs), & on 
Veille de fort près fur -cet article. Maâsia 
Colonie murmure de ce qu'on les en quitte 
pour cela : car on ne dit pas tout. 

Voilà , M.»l*ecat de notre Colonie. Les 
empoifônneurs au refte demeurent beau- 
coup plus dans la plaine que dans la yiUe* 
parce que François Macandal n'y é&mstm 
que trois fois , au lieu qu'il paffoit toutes les 
nuits dans les habitations de la plaine. Mais 
un des malheureux qu'il a inftruits pevt en 
inftruire cent , & vous ne voyez que trop 
le progrès que ce mal a fait. - 

Noïez que tous ces coupables foret des 
Nègres de prix, & de 4a çoôoliv. on neies 
épargne pas pour cela. Mais leurs Maîtres 
font d'amant plus malheureux > que le Roi 
pe leur accorde que êoo liv. par tête de 
Nègre fiippUcié. * 

Nota. Par une autre Lettre écrite du même lieûi 
le S novembre ijâ8 , on apprend « que les Nègres cher* 
» chcmÀfi tendre maîtres du pays y en faifant petit 
f> tou* tes Blancs ; qu'on a étalé les principaux Chefs 
a> de ces Jedimux , & que huit ont été arrêtes depuis 
^ peùà La fout ce qui fournit l\eau aux carêmes^ Uar 
» dejfeînétoit d'introduire dupoifon dans le canal qui 
;« conduit Veau à la fontaine 9 & par-là , faire périt 
»> lesTrwpes qui flûtes les retiennent^ & les empêchent 
jUfaiïe-fiw €bu$ ks Blancs^ ». 

"•• FIN. 

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