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Full text of "Dictionnaire-Etymologique-Grec"

PIERRE CHANTRAINE 

Dictionnaire étymologique de la langue grecque. 
Histoire des mots 



Après les fascicules I (1968), II (1970), III (1974), 
paraît (1977) le fascicule IV-1, le dernier dont Pierre 
Chantraine, décédé en 1974, avait pu assurer la rédaction. 
En 1979 ou 1980, achevant l'ouvrage, paraîtra le fascicule 
IV-2, (*-n et Index), œuvre conjointe d'un groupe 
d'élèves et amis du maître disparu. 

Les Éditions Klincksieck 
Juin 1977 



Pierre CHANTRAINE 

MEMBRE DE L'IKSTITUT 
PROFESSEUR A tjL SORBONNS 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

DE LA 

LANGUE GRECQUE 

HISTOIRE DES MOTS 

TOME i 

A - A 



Ouvrage publié avec le concours du Centre National de U Recherche Scientifique 



PARIS 

ÉDITIONS KLINCKSIECK 

1968 



PRÉFACE 



C'est une entreprise bien malaisée que la composition d'un dictionnaire étymologique du 
grec. Elle n'a pas effrayé M. Hjalmar Frisk, dont le Griechisches elymologisches Wôrierbuch, bien 
accueilli par le public, poursuit une heureuse carrière. Lorsque je me suis engagé à écrire l'ouvrage 
que je présente aujourd'hui, je savais que le travail de mon prédécesseur me rendrait de grands 
services, mais je pouvais aussi craindre que mon hvre ne fît double emploi. 

A la vérité, je n'ai pas fait porter mon effort sur la partie comparative et étymologique de 
la recherche. Là où je ne trouvais pas mieux à dire que Hj. Frisk, je l'ai suivi d'assez près, tout en 
prenant une position différente de la sienne lorsque ma propre expérience ou une publication 
récente me conduisaient à prendre ce parti. Mais l'étymologie devrait être l'histoire complète 
du vocabulaire dans sa structure et son évolution et c'est pour l'histoire du vocabulaire, reflet 
de l'histoire tout court, que je me suis donné le plus de peine. ^ 

Mon ouvrage s'intitule Dictionnaire étymologique de la langue grecque, histoire des mots. Il saute 
aux yeux que j'ai voulu prendre comme modèle le Dictionnaire étymologique de la langue latine 
d'A. Emout et A. Meillet, qui reste après tant d'années une oeuvre de premier ordre. Même sans 
mettre en cause mes propres capacités, il apparaît que ma tâche était particulièrement lourde et 
cela pour deux raisons. L'une accidentelle : c'est que je n'avais pas pour la partie étymologique 
l'appui d'un savant de l'envergure d'Antoine Meillet, j'étais seul. L'autre résultait de la nature 
des choses. Le vocabulaire grec tel que nous le connaissons est incomparablement plus riche que 
le vocabulaire latin. Le grec remonte désormais pour nous au second millénaire, grâce au déchif- 
frement des tablettes mycéniennes, et son histoire s'étend jusqu'à nos jours sous deux formes, le 
grec démotique qui est le grec communément parlé et utilisé par la grande majorité des écrivains, 
et le grec puriste qui est la langue de l'église, de l'administration, et même de la presse. Au cours 
de son histoire, la langue grecque s'est répartie en divers dialectes, ionien, dorien, éolien, arca- 
dien, chypriote, etc., que nous connaissons surtout par le témoignage des inscriptions, des gloses, 
et d'œuvres littéraires qui d'une manière franche (par exemple celles d'Hérodote, Alcman, Alcée 
et Sapho, Corinne), ou bien vague et conventionnelle (par exemple Homère, Pindare, Théocrite) 
peuvent nous donner une idée des diversités dialectales. Aussi bien, la variété des œuvres litté- 
raires en prose ou en poésie et la multiplicité des traités techniques conduisent à une prolifération 
du vocabulaire dont nos dictionnaires ne donnent qu'une idée incomplète. 

Un problème se pose en ce qui concerne les gloses, notamment celles d'Hésyehius. Nous 
en avons accueilli un grand nombre, mais nous avons exclu celles qui étaient visiblement gâtées, 
et celles qui étaient attribuées par le glossateur à une langue autre qwe ie grec. 

En ce qui concerne l'étymologie, l'étymologie du grec mt dîfFicfte comme celle de toutes les 
langues indo-européennes ; cette difficulté se trouve peut-être aggravée par le fait que les enva- 
hisseurs grecs ont trouvé dans le monde méditerranéen des peuples parlant des langues connues 
ou inconnues, auxquelles ils peuvent avoir emprunté des mots divers. Quant à l'étymologie des 
termes indo-européens, elle a donné naissance à une bibliographie «ccaMante : examiner les 



^" PBÉrAcr 

multiples hypothèses qui sont venues à l'idée de savants d'ailleurs honorables et bien informés, 
c'est parcourir le plus souvent, comme on l'a dit, un cimetière d'enfants mort-nés. 

Dans ces conditions il n»e reste à expliquer comment ce dictionnaire se présente dans le 
cas de l'étymologie proprement dite, et pour ce qui touche à l'histoire des mots. 

I. L'ÉTVMOLOGIE 

Pour qu'une étymologie soit irréfutable, il est nécessaire d'une part que la structure du mot 
envisagé s'insère de manière évidente dans le système des alternances et de la morphologie indo- 
européenne, de l'autre que l'on trouve des correspondants nets dans plusieurs langues iQ<ïo- 
européennes bien attestées. La première catégorie de faits évidents se t«)uve illustrée par exemple 
par les familles de mots qui sont groupés autour de verbes archaïques comme dfxî « être », eîf« 
« aller », ziOT^ii « placer », olSa « savoir », et d'autres encore. 

La seconde catégorie peut fournir comme exemples de vieux mots qui appartiennent au 
vocabulaire se rapportant à la vie sociale ou à la vie matérielle des Indo-Européens : noms de 
parenté comme Tta-njp, (irjTTjp, etc., nom d'animaux comme Poûç «bovin » etc. ; cependant le nom 
ancien du cheval ÎTnroç qui répond à lat. equus, skr. àsva-, présente des singularités inexpliquées, 
cdi « chèvre » n'a de correspondant qu'en arménien ; les noms de nombre, parfois difficiles, 
constituent aussi un élément important de l'étymologie grecque, etc. Même dans ces séries 
privilégiées, il se pose des problèmes imprévus comme celui de la forme du nom du « frère » 
àSeXçoç, qui s'est substitué au vieux nom 'bhrâtér, lat. frâter. C'est à de telles étymologies que 
nous avons cru devoir consacrer l'exposé le plus long, d'abord parce que nous avions l'impressioB 
de nous trouver sur un terrain solide, d'autre part parce que ces termes essentiels ouvrent dea 
vues sur la vie matérielle des Indo-Européens ou sur la structure de leur société. 

Hors de ces cas privilégiés, il existe une multitude d'articles où l'auteur d'un dictionnaire 
se trouve fort mal à l'aise pour arbitrer entre des hypothèses diverses, mais également incertaines. 
En pareille situation je ne me suis pas senti obligé d'énuroérer des hypothèses auxquelles je ne 
croyais pas : j'ai avoué mon ignorance ou j'ai indiqué une ou deux analyses qui me paraissaient 
moins invraisemblables que d'autres. 

Il en résulte que sur ce point ce livre se trouve incomplet et que la bibhographie est une 
bibliographie limitée et choisie. J'indique une fois pour toute que des indications complémen- 
taires peuvent se trouver encore dans le Dictionnaire éigmalogique de la langue grecque d'E. Boisacq, 
naturellement dans le Griechisches eiymologisches Wôrierbuch de Hj. Frisk, dans Vlndogerma- 
nisches eiymologisches Wôrierbuch de J. Pokomy et autres ouvrages étymologiques connus. 

Trois obstacles restent à envisager : 

A) Un problème difficile se pose dans la recherche des étymolc^es. Le but idéal auquel d<Ht 
viser un étymologiste est de définir la racine d'où se trouvent issus les mois qu'il étudie. Qu'est-ce 
qu'une racine indo-européenne et quelle en est la structure ? Le problènoe a été examxtié par 
exemple au cours des années par Ferdinand de Saussure dans s«n Mémoire sur le système primiiif 
des voyelles dans les langues indo-européennes (1879), par Antenne Meillet dans son Irdroekiction 
à l'étude comparative des langues indo-européennes (l" éd., 1903), par H. Hirt dans son Indo- 
germanische Grammatik (1921-1937). Mais la connaissance du hittite a renouvelé les problèmes 
en mettant en lumière l'importance des laryngales. D'où l'article de J. Kurylowicz dans les 
Symbolae Aozwadowski (1927) sur » indo-européen et h hittite, et la smte de ses ouvrages, notam- 
ment Études indo-européennes (1935), L'apophonie en indo-européen (1^6). De son côté, dans une 
thèse de doctorat qui a fait époque. Origines de la formation éks noms en irtâo-europ^i (l^S), 
Emile Benveniste a posé le principe de racines indo-européennes trilifc^vs, qui éclairait le jeu 
des alternances jœur les grandes racn^s verbales de rmdo-e«!opéen : *%<•- de gr. ff p^ etc., 
'dheBi-ûts t{%u^ etc. Ces radnes ponvaknt être suffixées, on a par exeasple *hf^~ dam tépErpev et 
•fr-»i- dans Tpn^twa, etc. Ces analyses ne reiM^m^nt un plein succès que k»rsqu'en op^ avec des 



PBÊKMX .IX 

racines anciennes de conformation claire. Dans d'autres cas, eHes rfe^cat 4e conduire des 
novices à des combinaisons arbitraires. On s'explique donc que Hj. Frisk se soit refusé (avec 
beaucoup d'autres) à utiliser le jeu des laryngales. Il constate qu'il est malaisé de faire entrer 
tous 1^ exemples du LitUte & dans le système des laryngales et il estime que cette analyse n'est 
pas très utile pour l'étymologie : * l'identité de Srftù, l&t. agd, skr. djaii n'apparaît pas plus claire si 
l'on pose une racine *9^g- » (op. cit., p. vi). Nous ne le contredirons pas et nous n'avons présenté 
une analyse de la racine au moyen de laryngales que lorsque nous pensions y trouver un avantage. 
Dans la recherche étymologique nous pouvons suivant les cas pénétrer plus ou moins profon- 
dément dans le passé comme le géologue à qui des affleurements permettent de reconnaître des 
couches plus ou moins profondes. Ainsi sous Êpxojjuxi, il est possible de poser une racine *ser-, cf. 
skr. si-sarti, à côté de *ser-p- dans IpTtcù, lat. serpô, skr. sérpcdi, de *ser-gh- dans ëpxonat ; et. avec 
un autre vocalisme, on a *sr-ew- dans skr. srâvcdi, grec péco. Avec une laryngale on rendra compte 
du doublet aSÇ** (de *9^U'g-) et à(f )éÇM (de *9^u>-^g-). Il y a donc dans notre comportement des 
flottements qui s'e3q>Iiquent par les conditions dans lesquelles se présentent les problèmes éty- 
mologiques. 

B) Hj. Frisk pense que l'étymologie grecque tirerait le plus ^and profit de l'hypothèse 
« proto-indo-européenne » ou pélasgique si elle se confirmait. Mais il ajoute : « aussi longtemps 
que la morphologie du pélasgique reste inconnue et qu'aucun rapprochement étymologique sûr 
n'est établi pour définir des lois phonétiques incontestables, cette langue inconnue doit être mise 
hors de jeu pour l'explication des nombreuses énigmes étymologiques du grec ». Toutefois 
Hj. Frisk poursuit : « malgré mon scepticisme marqué à l'égard de cette recherche partiealière... 
j'ai cité dans une larçe mesure les travaux qui s'y rapportent» {op. cit., p. vi). Nous n'avons pas 
suivi sur ce point le savant suédois, à quelques exceptions près, notamment pour dcoru. Le pélas- 
gique est pour l'instant une vue de l'esprit et son cas diffère essentiellement de celui de l'indo- 
européen. L'indo-européen n'est pas attesté, mais c'est im système cohérent défini par des lois 
rigoureuses. Ce n'est pas le cas du pélasgique et cela ne le sera peut-être jamais. Le problème du 
pélas^que vient d'ailleurs d'être examiné de façon approfondie et objective dans un excellent 
article de Hester {Lingua 13, 1965, 335-384). Sa conclusion est que, parmi les nombreux mots 
que l'on a voulu rattacher à la langue indo-européenne supposée et dénommée pélasgique, un 
grand nombre n'admettent aucune étymologie indo-européenne ; quant à ceux qui pourraient 
en admettre une, il s'agit de termes empruntés par le grec à des langues indo-européennes voi- 
sines : ils ne peuvent d'aucune façon établir la preuve de l'existence d'un substrat ou d'un 
supenârat. 

C) En revanche et sans pouvoir toujours préciser, nous avons accepté l'hypothèse que beau- 
cmtp ée mots sont des termes d'empnmt. Par exemple des termes sémitiques comme xàSoç, 
«àxxoç, x'T<àv. Maœ aussi de nombreux vocables dont nous ignorons l'origine et que l'on dési^nie 
souvent par les termes d'égéen ou de «méditerranéen», qui dissimulent pudiquement nobe 
igncnvnoe. C'est ce parti que l'on adopte aujourd'hui encore pour des termes de civilisation 
comme PaoAniç ou SvetÇ, des termes techniques comme àcdt{iiv9o<, des noms de plantes ou de pro- 
duits méditeiranéens comme xuKdcptoooç, iXarov et èXoIa, olvoç, etc., mais pour ce dernier mot 
une origine indo-européenne n'est pas exclue. Il faut toutefois prendre garde que l'hypothèse 
de l'emprunt à ime langue inconnue est une soluUon paresseuse et qu'il faut tftcher de tiNar 
parti du témoignage des langues plus ou moins mal connues qui bordent leis rives de la Méditer- 
rai^. L'hypoUi^e d'un emprunt à un idiome égéen risque souvent de n'être pas autre^hose qu'un 
8v^ d'igBOTanee. 

II. L'hSSTOIIΠdu VOCABUUkXHE 

Notre effort dans la recfaercJie étymolt^ique se trouvant linùiè par l'incertitude de ce 
domaine, et le dé«r de ne pas encombrer le dictionnaire d'hypoUièses aventurées, fondées sur 
uBë bibiii^iraphie suralxmdante que l'on peut c<msulter dans d'autres ouvrages, nous nous sommies 
trottvé idm à rsÂw pmor bâte pOTtn* noire^bx-i pmKsp^i snr i'histMre dn vocatmlaire. 



PREFACE 



Nous pouvions bénéficier d'une situation privilégiée. Nous étions capable de suivre l'histoire 
de la langue grecque depuis le second millénaire avant J.-Chr., grâce aux tablettes mycéniernes 
de Cnossos, Pylos et Mycènes, jusqu'au grec moderne démotique ou puriste, sans que la langue 
maigre des différences importantes ait profondément changé quant à la structure. 

Il était donc important de tenir rompte des données mycéniennes. Sur ce point Hi Frisk 
s est montré très méfiant {op. cit.. y* vu). Tout au contraire, nous nous sommes apphqué de 
notre mieux a tirer parti d'une documentation aussi précieuse*. Nous avons renvoyé systémati- 
quement a l'article de J. Chadwick et L. Baumbach (Gloiia, 41, 1963, 157-271), mais bien entendu 
sans nous y attacher servilement. Les données mycéniennes confirment bien des faits homériques 
apapuux par exemple, ou révèlent des difTérences inattendues, par exemple amota valant àpaaxâ 
(probablement sans aspiration et désignant des roues), tandis que àpjxaTa (avec un esprit rude) se 
rapporte a un char chez Homère et dans le grec alphabétique. 

Notre étude du vocabulaire du grec classique a été aussi approfondie que possible. Nous 
avons tenu grand compte des faits homériques, souvent rendus singuhers en raison du caractère 
artificiel de cette langue poétique. Il fallait aussi préciser ce qui est la langue des lyriques celle 
des tragiques, celle des prosateurs, attiques ou non. 

Les données des inscriptions attiques ou dialectales méritaient d'être accueillies dans ce 
dictionnaire. Elles fournissent suivant les cas, soit des éléments du vocabulaire pohtique, soit 
des noms d'objets ou d'instruments plus ou moins clairs, mais qui sont dignes d'être relevés et 
précises le mieux possible. Un terme technique est susceptible d'être emprunté, mais il peut aussi 
être labrique de façon plus ou moms arbitraire, mais d'autant plus évidente. Rien de plus clair 
par exemple, que le nom de l'amidon ôcpiuÀov, « qui n'a pas été mouiu », tiré du (jlùXt) « meule » avec 
un alpha privatif, mais les étymologistes hésitent devant cette exphcation pourtant évidente. 
Il y a heu également de marquer les termes qui appartiennent au vocabulaire familier souvent 
caractérises par une gemmation expressive. C'est le cas de yùvviç « petite femme », terme de 
mepns adresse a un homme a côté de y^^r,, de tlt6/) en face de ^Sr,vr, « nourrice », de jxaïa « grand- 
mere, nourrice » a côté de uv;-r,p, d'a-a « grand-papa », etc., et de bien d'autres exemples. Il s'agit 
de mots hypocoristiques plus ou moins clairs et qui n'entrent naturellement pas dans le jeu 
normal des alternances vocaiiques. 

S'il y a lieu d'analyser les divers éléments du vocabulaire du grec de l'époque classique 
poétique ou prosaïque, noble ou familier, philosophique et technique, le même problème se posé 
pour le grec postérieur, notamment celui des papyrus ou de certains textes plus ou moins tardifs 
comme le Nouveau Testament. Des termes anciens disparaissent et sont remplacés par d'autres • 
entre beaucoup d'exemples, rappelons que vzi « il pleut » est remplacé par Ppéxet, è^/dcpiov prend 
deja ie sens de « poisson », xopéwuai « rassasier » est remplacé par xoprâ^Ico. A èaQicù se substitue 
Tpwyco, a -^ladôç « salaire » ô6tivtov, qui désigne originellement la somme destinée à acheter l'SiLov 
la nourriture de tous les jours. ' ' 

Nous avons pris garde dans notre analyse du vocabulaire de tenir le plus largement possible 
compte des composés. II arrive qu'un composé apparaisse beaucoup plus tôt que le simple 
correspondant, par exemple âcprjpœt^co avant Yjpwt^w. 

Certains articles sont surchargés de composés. Ainsi nous nous sommes efforcé de montrer 
les diverses fonctions de aùxoç en composition, ce qui présente une grande importance pour 

' Lorsque nous donnons un terme mycénien dans sa graphie ori^rmelle, il faut se souvenir qu'il s'agit d'une écriture 
syllabique. En conséquence, une graphie comportant une consonne douille comme y.Ti- s'écrit kiti- ; les nasales les liquides ou 
les sifflantes formant le premier élément d'un groupe ne s'écrivent pas, pas plus que la voyelle i d'une diphtongue en général 
A 1 mitiaic, dans ie groupe sifllante-K occlusive, la silTlante ne s'écrit pas. A la fm du mot, les éléments consonantiques -p -v -vç 
-ç ne sont pas notés. Le système même des signes se trouve simplifié : il y a un seul signe pour les syllabogrammes cômmen- 
'•ant par r et /. En ce qui concerne les occlusives, l'écriture possède un signe pour les labio-vélaires, ce qui est souvent instructif 
pour 1 étymologie. En revanche il n'existe qu'un seul signe pour les occlusives sourdes, sonores ou aspirées, donc pa = na, fia, 
?a, ka - >ca, ya, x»; exception pour la série dentale qui possède une sourde et une sonore. L'imperfection de l'écriture pré- 
sente de graves inconvénients pour l'identification des mots, «* donc pour leur étude étymologique : voir par exemple sous 
toxto à propos de akelirija que l'on a lu imehipwi, éyérptoe ou «beéorpux. 



PRÉFACX 3a 

l'interprétation du vocabulaire philosophique. Dans un tout autre ordre d'idAçs, l'article IpYov ne 
peut se concevoir sans une étude approfondie des composés dont le second terme est en -epYoç 
ou -opyoç : cette étude est aujourd'hui rendue aisée par la thèse de M™* F. Bader, Les composés 
grecs du type de demiourgos (1965). En ce qui concerne les composés, il y a lieu de distinguer entre 
ceux qui appartièiment au vocabulaire poétique et ceux qui sont de caractère technique. Là où 
rénumération des composés était impossible, nous avons donné des statistiques approximatives 
qui à elles seules donnent une idée de l'importance d'un système. 

On s'étonnera peut-être que nous ayons cité beaucoup de faits relatifs à l'onomastique. 
Ils présentent en réalité le plus vif intérêt, soit qu'ils nous livrent de vieux composés du vocabu- 
laire noble comme les composés en -OÉpmrjç, soit qu'inversement ils nous livrent des noms familiers 
et des sobriquets plus ou moins plaisants, tels que M. Louis Robert en a relevé un grand nombre 
dans ses recherches d'onomastique. Je citerai par exemple des anthroponymes comme nôtrôwv, 
nooeiwv, notrôocXltov et nooeoXtffKoç (Taillardat, Rev. Phil. 1961, 249-250). 

Le souci ne nous a jamais quitté de préciser autant que possible la signification des mots, 
ce qui nous a conduit à citer de brefs passages apparaissant caractéristiques. Certains articles 
ont ainsi pris une étendue qui, je l'espère, servira le lecteur sans l'embarrasser. L'article ààto traite 
nécessairement du substantif àaTY), &Tt) et de la déesse "Att]. Il a permis aussi de définir franchement 
l'emploi particulier de àTâ et de àfaTÔcoQai dans le monde dorien où ces mots ont pris le sens 
juridique de « dommage, amende », etc. Des termes comme fiCofiai, écytoç, àyoç, ou comme Uotç, 
ont exigé une longue analyse. Il en va de même pour le vocabulaire du sacrifice, notamment pour 
tout ce que l'on peut grouper autour de Oiito. 'Ayopâ, qui se rattache de façon évidente au verbe 
àfeiptù « rassembler », a fourni des verbes dénominatifs orientés de façon franchement différente 
en raison des fonctions diverses de l'agora, soit àyopsûto, àYopào[jiai « parler en public », d'où « par- 
ler, dire », soit àyopà^û) « acheter au marché », d'où « acheter ». 

Ailleurs nous avons cru utile de rassembler des termes divers, mais reposant tous sur une 
même base. C'est le cas par exemple de l'article ày,- où se trouvent groupés ôx^, àxiç, ébtwv, àxaiva, 
àxavoç, àxpoç, àxfxi^ : une telle accumulation se trouve justifiée par le fait que tous ces mots reposent 
sur le même radical et que les Grecs en avaient pleinement conscience. Des articles comme paîvto, 
pàXXû) ont pris une grand extension. 

Nous nous sommes appliqué de notre mieux à préciser le sens des mots, nous l'avons dit. 
Les éléments du vocabulaire appartiennent à un système et se définissent par opposition entre 
eux. Mais ils couvrent chacun un certain champ sémantique et peuvent dans certaines conditions 
s'employer l'un pour l'autre. Soit Séoç et ço^oç : <p6^0Q se dit de la peur qui envahit l'homme et le 
pousse à fuir, Séoç a un sens différent de (p6|3oç. Ce mot exprime une crainte réfléchie, une appréhen- 
sion, tandis que (pé^oç conserve quelque chose de son sens originel de « fuite » et s'applique à une 
peur subite qui donne envie de fuir. Cette distinction est ainsi marquée par Ammonios : 
Séoç 7toXuxP<ivtoÇ xocxoû ÔTCovoia, 96^0? Se f) Tcopaurixa 7CT(S7jotç. Il n'empêche que, soit chez Homère, 
soit chez les écrivains attiques, les deux termes peuvent être associés ou s'employer Tun pour 
l'autre. L'étude des noms de la force ne présente pas moins d'intérêt : pia désigne la force, mais 
plus précisément la violence faite à quelqu'un, Itr/ùç se dit surtout de la force du corps, ptufAï) 
de sens plus général s'emploie parfois comme iax'lx; par superposition des champs sémantiques, 
mais exprime de façon plus générale la notion de vigueur, peut se dire des forces armées, mais 
aussi de l'âme, etc. D'une façon différente, on peut montrer comment dansla famille de 6p«oùç, 
ÔapCToç, etc., l'attique s'est appliqué à répartir les formes entre les deux significations auxquelles, 
se prêtait le radical des formes en 6ap- : Sàpdo;, Oapcréco, etc., étant réservés au sens de « courage, 
confiance », etc., tandis qu'avec une vocalisation différente Opàcoç et 6p&oÛTif)ç s'appliquent à l'audace 
excessive et même à l'impudence. L'adjectif epaeni; participe aux deux emplois, mais tend au 
cours de son histoire à se spécialiser avec la valeur de « téméraire, arrogant », etc. 

Nous avons rappelé que le grec présente une histoire continue et que le grec d'aujourd'hui 
sous sa forme démotique ou puriste continue directement ie grec d'Homère et de Démosthène, 
la langue byzantine fournissant l'anneau qui unit les deux morceaux de la chaîne. Il va de soi 



3ni niÉFACE 

qu'il^ne pouvait être question de donner ici une idée de Tétymologie du grec mocteme, enrichi 
d'emprunts de toute sorte : slaves, turcs, italiens et autres. En revanche, il pouvait être l'tile 
d'indiquer à l'occasion comment un mot ancien a subsisté en grec d'aujourd'hui. Outre les cas 
classiques de xpaaî « vin » et de 4'ocpt « poisson », il est intéressant de saisir sous (bntpoç l'origine de 
l'adjectif signifiant «blanc », ou bien dans un autre domaine du vocabulaire, de voir comment 
xpàToç est devenu le terme propre pour désigner l'État, le gouvernement. 

Nous nous sommes donc appliqué à suivre l'histoire du vocabulaire en soulignant les conti- 
nuités et les déviations au cours d'une histoire qui avec des accidents divers s'étend sur quarante 
sièctes. Le grec a exercé, on le sait, une grande influence sur le vocabulaire européen. Ce diction- 
naire étiint déjà bien long, nous n'avons pas voulu insister sur cet aspect de l'histoire du vocabu- 
laire grec. J^ious avons pourtant signalé à l'occasion les mots qui ont été empruntés par le latin et 
soit par son entremise, soit directement, ont pénétré dans les langues indo-européennes. Un 
exemple typique est fourni par ttoiotyjç « qualité », mot créé par Platon, calqué ensuite par Gicé- 
ron dans le latin qualitas, passé enfin dans toutes les langues indo-européennes (A. Meillet 
Rev. Et. Lai. 3, 1925, 214 sqq.). 



Il me reste l'agréable devoir de remercier les amis qui m'ont particulièrement aidé dans ma 
tâche. M. Olivier Masson a lu le manuscrit et la première épreuve. Son érudition étendue m'a 
permis d'éviter des fautes et d'apporter d'innombrables améliorations. Il a établi de façon systé- 
matique la liste des abréviations bibliographiques. Je ne saurais dire tout ce que je lui dois. 
La seconde épreuve a été contrôlée par M. Jean-Louis Perpillou dont la contribution m'a été 
également précieuse. Enfin M^^ Lecco-Mandic a établi avec soin et souvent avec esprit critique 
la dactylographie du texte. 



ABRÉVIATIONS BIBLIOGRAPHIQUES 

Pour les auteurs anciens, on a utilisé généralement les abréviations du Greek-English Lexicon de 
Liddell-Scott-Jones. Ainsi, par exemple, Ar. = Aristophane, Arist. = Aristote, Arr. = Arrien, B. = 
Bacchylide, D. = Démosthène, D. H. = Denys d'Halicarnasse, E. = Euripide, Hérod. = Hérodas ou 
Hérondas, Hdt. = Hérodote, Hsch. = Hésychius, Hp. = Hippocrate, J. = Josèphe, Pi. = Pindare, 
PI. = Platon, S. = Sophocle, X. = Xénophon, etc. Cependant, on notera que ^sch. = Eschyle. 

Les éditions citées sont, en principe, celles qui font autorité. Pour les recueils de fragments, on notera : 
Alcée et Sappho, d'après Lobel-Page, Poet. Lesb. Fragm. (Oxford, 1955) ; Alcman, Anacréon, Simonide, etc., 
d'après Page, Poetae Melici Graeci (Oxford, 1962) ; d'autres lyriques d'après les recueils plus anciens de 
Bergk ou Diehl, mais Hipponax d'après Masson, Fragm. du poète Hipponax (Paris, 1962) ;. Eschyle, frag- 
ments d'après Mette, Fragm. der Tragôdien des Aischylos (BerUn, 1959) ; Sophocle, fragments, d'après 
A. C. Pearson, The Fragments of Sophocles, I-III (Cambridge, 1917) ; Calliraaque, d'après R. Pfeiiïer, 
Callimachus, î (Oxford, 1949) ; Aristophane, d'après le recueil de T. Kock ; Ménandre, d'après A. Koerte, 
Menandri quae supersunt, I-II (Leipzig). 

Pour les papyrus, on a reproduit d'ordinaire les abréviations qui sont énumérées chez Liddell-Scotfc- 
Jones (xliii-xlv). 

Pour les inscriptions, le grand recueil est celui des IG ou Inseriptiones Graecae (Berlin). En outre : 
Collitz-Bechtel = Sammlung der griech. Dialekt-Inschriften, par H. CoUitz et autres (Goettingen, 1884- 

1915). 
Epigr. Gr. = G. Kaibel, Epigrammata Graeca ex lapidibus conlecta (Berlin, 1878 ; réimpr. 1965). 
IQS = 0. Masson, Les inscriptions chypriotes syllabiques (Paris, 1961). 
/. G. Bulg. = G. Mihailov, Inser. Graecae in Bulgaria repertae, I-IV (Sofia, 1956-1966). 
/. G. Rom. = Jnscr. Graecae ad res Romanas pertinentes, I sqq. (Paris, 1911, etc.). 
Insehr. Magnesia = 0. Kern, Die Inschriften von Magnesia am Maeander (Berlin, 1900). 
Insehr. Priene = F. Hiller von Gaertringea, Die Inschriflen von Priene (Berlin, 1906). 
/n«T. Crrf. = M. Guarducci, /nacripiiones Crcitcac, I-IV (Rome, 1935-1950). 
IPE = B. Latyschev, Inseriptiones antiquae orae septerdrionalis Ponti Euzini, P,II et IV (Saîiit^ 

Pétersbourg, 1890-1916 ; réimpr. 1965). 
MAMA = Monumenta Asiae Minoris Antiqua, I-VIII (Manchester, 1928-1962). 
Michel = Ch. Michel, Recueil d'inscr. grecques (Bruxelles, 1900). 

OGl = Dittenberger, Orieniis Graeci Inscr. seleclae, MI (Leipzig, 1903-05 ; réimpr. 1960). 
Schwyzer = E. Schwyzer, Dialectorum Graecorum exempta epigraphica potiora (Leipzig, 1923 ; réimpr. 

1960). 
SEG = Supplementum epigraphicum Graeeum, I et suiv. (Leyde, 1923, etc.). 
SIG = Dittenberger, SgUoge inscr. Graecorum (Leipzig ; 2«> éd. 189&-1901 ; 3« éd. 1915-1924^ réimpr. 

1960). 



XIV ABBEVIATIONS BIBUOGRAPHIQUES 

Sokolowsid, Lois sacrées, I, II = F. Sokolowski, Lois sacrées de l'Asie Mineure (Paris, 1955] ; Lois sacrées 

des cités grecques, supplément [ibid. 1%2). 
Solmsen-Fraenkel = F. Solmsen-E. Fraenkel, Inscripiiones Graecae ad inluslrandas dialedos seledae 
(Leipzig, 1930; réimpr. Stuttgart, 1966). 

Pour les travaux de philologie et de linguistique, on doni;« jçi une liste des ouvrages et revues qui 
reviennent le plus souvent, mais pour ne pas alourdir cette énumération, on a omis un certain nombre de 
monographies dont les titres sont facilement reconnaissables, telle^ qye : Ç. Arbenz, Die Âdjektive aaf 
-ifjioç (1933) ; E.Bosshardt, Die Nominaauf-zûc; (1942) ; G. Redard, i^Uft^H^ÉCs en -t»)ç,-tu;... (1949), etc. 

I. Ouvrages 

André, Lexique = J. André, Lexique des termes de botanique en latin (Paris, 1956). 

André, Oiseaux =■ J. André, Les noms d'oiseaux en latin (Paris, 1967). 

Andriotis, *Et. Ae^. = N. P. Andriotis, 'ETU|j.oXoyixo Ae^txè -r^ç xoivriç NeoeXXTjvix^ç (Athènes, 1951). 

Bader, Composés du type demiourgos = F. Bader, Les composés grecs du type de demiourgos (Paris, 1965). 
Bechtel, Gr. Dial. = F. Bechtel, Die griechischen Dialekie, I-III (Berlin, 1921-1924 ; réimpr. 1963). 
Bechtel, H. Personennamen = F. Bechtel, Die histor. Personennamen des Griechischen bis zur Kaiserzeit 

(Halle, 1917 ; réimpr. 1964). 
Bechtel, Lexilogus = F. Bechtel, Lexilogus zu Homer (Halle, 1914). 

Benveniste, Noms d'agent = E. Benveniste, Noms d'agent et noms d'action en indo-européen (Paris, 1948). 
Benveniste, Origines — E. Beiivenistc, Origines de la formation des noms en indo-européen (Paris, 1935 ; 

réimpr. 1948). 
Bjôrck, Alpha impurum = G. Bjôrck, Das Alpha impurum und die Iragische Kuns/spracAe (Uppsala, 195t>.) 
Blass-Debrunner, Gramm. neuleslam. Griech. = F. Blass, A. Debrunner, Grammatik des neutestamerdlichéh 

Griechisch (9« éd., Goettingen 1954). 
Blass-Debrunner-Funk, Greek Gramm. oftheNeiv Tesiam. = F. Blass, A. Debrunner, R. W. Funk, A Greek 

Grammar ofthe New Testament (Chicago, 1961). 
Blumenthâi (v.), Hesychstudien = A. von Blumenthal, Hesyclistudien (Stuttgart, 1930). 
Bourguet, Le laconien = E. Bourguet, Le dialecte laconien (Paris, 1927). 
Buck, Gr. Dialects = G. D. Buck, The Greek Dialecls (Chicago, 1955). 
Buck-Petersen, Reverse Index = C. D. Buck-W. Petersen, A Reverse Index of Greek Nouns and Adjeciives... 

(Chicago, 1944). 

Casabona, Vocabulaire des sacrifices = J. Casabona, Recherches sur le vocabulaire des sacrifices en grec, 

des origines à la fin de l'époque classique (Aix-en-Provence, 1967). 
Chadwick-Baumbach = J. Chadwick-L. Baumbach, The Mycenaean Greek vocabulary (dans Gloita, 41, 

1963, 157-271). 
Chantraine, Études = P. Chantraine, Études sur le vocabulaire grec (Paris, 1956). 
Chantraine, Gr. Hom. = P. Chantraine, Grammaire homérique, I-II (Paris, 1948-1953). 
Chantraine, Formation = P. Chantraine, La formation des noms en grec ancien (Paris, 1933). 
Chantraine, Parfait = P. Chantraine, Histoire du parfait grec (Paris, 1927). 
Corlu, L'idée de prière = A. Corlu, Recherches sur les mois relatifs à l'idée de prière d'Homère aux Tragiques 

(Par! ., 1966). 

Detschew, Thrak. Sprachreste = D. Detschew, Die thrakischen Sprachresie (Schriften der Balkankommis- 

sion, XIV ; Vienne, 1957). 
Deubner, Atlische Feste — L. Deubner, Attische Fesle (Berlin, 1932 ; réimpr. 1956). 

Feist, Etgm. Wb. der g<d. Spraehe = S. Feist, Vergleichendes WÔrterbueh der gotischen Spraehe (3* éd., 
Leyde,1939). 



ABREVUTIONS BIBUOGRAFHIQUES XV 

Foumier, Verbes dire = H. Foumier, Les verbes « dire » en grec ancien (Paris, 1946). 
Fraenkel, Nom. ag. = E. Fraenkel, Geschichte der griechischen Nomina agentis auf --n^p, -rwp, -ttjç (Stras- 
bourg, 1910-12). 
Friedrich, Heth. Wôrierbuch = J. Friedrich, Heihitisches Wôrierbuch (Heidelbeiç, 1952). . 

Gil Femandez, Nombres de insedos = L. Gil Femandez, Nombres de insectos en griego aniiguo (Madrid, 
1959). 

Heubeck, Lydiaka — A. Heubeck, Lydiaka, Unlersuchungen zu Schrifl, Mprache und Gôliernamen der 

Lydcr (Erlangen, 1959). 
Heubeck, Praegraeca — A. Heubeck, Praegraeca (Erlangen, 1961). 
Havers, Sprachtabu = W. Havers, Neuere Literatur zum Sprachtabu (Vienne, 1946). 
Hoffmann, Gr. Dial. = 0. Hoffmann, Die griechischen Dialekie, I-III (Gœttingen, 1891-1898). 
Hoffmann, Makedonen = 0. Hoffmann, Die Makedonen, ihre S proche und ikr Volksium (Goettingen, 1906). 

Kalléris, Les anciens Macédoniens = J. N. Kalléris, Les anciens Macédoniens, étude linguistique et histo- 
rique, I (Athènes, 1954). 

Krahe, Sprache der Illyrier = H. Krahe, Die Sprache der Illyrier, I (Wiesbaden, 1955). 

Kretschmer, Einleitung = P. Kretschmer, Einleilung in die GeschiMe der griechischen Sprache 
(Goettingen, 1896). 

Kurylowicz, Apophonie = J. Kurylowicz, L'apophonie en indo-européen (Wroclaw, 1956). 

Latacz, Freude = J. Latacz, Zum Wortfeld « Freude » in der Sprache Homers (Heidelberg, 1967). 
Lejeune, Adverbes en -6ev = M. Lejeune, Les adverbes grecs en -0ev (Bordeaux, 1939). 
Lejeune, Phonétique = M. Lejeune, Traité de phonétique grecque (2^ éd., Paris, 1955). 
Lejeune, Mémoires = M. Lejeune, Mémoires de philologie mycénienne (Paris, 1958). 
Leumann, Hom. Wôrter = M. Leumann, Homerische Wôrter (Bâle, 1950). 
Lewy, Fremdwôrter = H. Lewy, Die semitischen Fremdwôrler im Griechischen (Berlin, 1895). 
Lex. Ep. = B. Snell et autres, Lexikon des frûhgriechischen Epos (en cours de publication, Goettingen, 
1955 et suiv.). 

Masson (É.), Emprunts sémit. = Émilia Masson, Recherches sur les plus anciens emprunts sémitiques en 

grec (Paris, 1967). 
Mayrhofer, Etym. Wb. des Allind. — M. Mayrhofer, Kurzgefassles etymologisches Wôrierbuch des Altindi- 

schen (en cours de pubhcation, Heidelberg 1956 et suiv.). 
Meister, Kunstsprache = K. Meister, Die homerische Kunstsprache (Leipzig, 1921). 
Monteil, La phrase relative — P. Monteil, La phrase relative en grec ancien, des origines à la fin du f* siècle 

(Paris, 1963). 

Nilsson, Gesch. Griteh. Bel. = M. P. Nasaon, Geschichte der griechischen Religion, I-II (Munich, 194i-19f>0 ; 
2e éd. 1955-1961). 

Onians, European Thoughi = R. B. Onians, The Origins of European Thought aboul Ihe Body, the Mind... 
(Cambridge, 1951). 

Palmer, Interprétation = L. R. Pàlmer, The Interprétation of Mycenaean Greek Texls (Oxford, 1963). 
Page, History and Iliad = D. L. Page, History and the Homeric Iliad (Berkeley, 1963). 
Peek, Grab-Epigramme == W. Peek, Griechische Vers-Inschriften, I, Grab-Epigramme (Beriin, 1955). 
Pokomy = J. Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wôrierbuch, I (Berne et Munich, 1959). 

Risch, Wortb. der hom. Sprache = E. Risch, Wortbildung der homerischen Sprache (Beriin, 1937). 
Robert, Hellenica = L. Robert, Hellenica, I-XIII (Paris, 1940-1965). 

Robert, Noms indigènes = L. Robert, Noms indigènes dans l'Asie Mineure gréco-romaine, I (Paris, 1963), 
Rohlfs, Hist. Gr. der unterital. GràzUài = G. Rohlfs, Historische Grammalik der unter-Ualienischen Grâzitài 



. Xyi .^ffiEVIATIONS BIBUOCRAPHIQCES 

Ruijgh, Élément achéen = C. J. Ruijgh, U élément aehéendans la langue épique (Amsterdam, 1957). 
Ruijgh, Éludes = Éludes sur la grammaire et le vocabulaire du grec mycénien (Amsterdam, 1967). 

Saint-Denis (de), Animaux marins = E. de Saint-Denis, Le vocabulaire des animaux marins en latin 

classique (Paris, 1947). 
Schrader-Nehring, Beallexikon — O. Schrader, A. Nehring, JReallexikon der indogermanischen AUertums- 

kunde, I-II (Berlin 1917-28). 
Schulze, Kl. Schr. — W. Schulze, Kleine Schriften (Goettingen, 1933 ; 2« éd. augmentée, ibid. 1966). 
Schulze, Q. Ep. = W. Schulze, Quaesiiones epicae (Gûtersloh, 1892). 
Schwyzer, Gr. Gr. = E. Schwyzer, Griechische Grammatik, I-II (Munich, 1939, 1950). 
Shipp, Sludies = G. P. Shipp, Sludies in the Language of H orner (Cambridge, 1953). 

Solmsen, Beitràge = F. Soimsen, Beilràge zur griechischen Wortforschung, I [seul paru] (Strasbourg, 1909). 
Solmsen, Uniersuchungen = F. Solmsen, Unlersuchungen zur griechischen Laul- und Verslehre (Strasbourg, 

1901). 
Sommer, Ahhijavafrage = F. Sommer, Ahhijavafrage und Sprachwissenschafî (Munich, 1934). 
Sommer, Laulstudien = F. Sommer, Griechische Lautstudien (Strasbourg, 1905). 
Sommer, Nominalkomposita = F. Sommer, Zur Gesehichle der griechischen Nominalkomposiia (Munich, 

1948). 
Specht, Ursprung — F. Specht, Der Ursprung der indogermanischen Deklinalion (Goettingen, 1944). 
Strômberg, Fischnamen = R. Strômberg, Siudien zur Etymologie und Bildung der griechischen Fisch- 

namen (Goeteborg, 1943). 
Strômberg, Prefix Sludies = R. Strômberg, Greek Prefix Sludies {ibid., 1946). 
Strômberg, Pflanzennamen = R. Strômberg, Griechische Pflanzennamen [ibid., 1940). 
Strômberg, Theophrastea — R. Strômberg, Theophrasiea, Siudien zur botanischen Begriffsbildung {ibid., 

1937). 
Strômberg, Wortstudien = R. Strômberg, Griechische Wortstudien {ibid., 1944). 
Szemerényi, Numerals = 0. Szemerényi, Sludies in the Indt»-£aropean System of Numerals {Heidélherg, 

1%0). 
Szemerényi, Syncope = 0. Szemerényi, Syncope in Gra^jifid Indo-European and the Nature of Indo- 

European Accent (Naples, 1964). 

Taillardat, Images d' Aristophane = J. Taillardat, Les images d' Aristophane, études de langue et de style 

(Paris, 1962). 
Thierae, Slud. Wortkunde = P. Thieme, Siudien zur indogermanischen Worikunde und Beligionsgeschichte 

(Berlin, 1952). 
Thompson, Birds = D'Arcy W. Thompson, A Glossary of Greek Birds (2« éd., Londres, 1936). 
Thompson, Fished = D'Arcy W. Thompson, A Glossary of Greek Fishes {ibid., 1947). 
Troxler, Sprache Hesiods = H. Troxler, Sprache und Worischatz Hesiods (Zurich, 1964). 
Trûmpy, Krieger. Fachausdriicke = H. Trûmpy, Kriegerische Fachausdrûcke im griechischem Epos (Baie, 

1950). 

Van Brock, Vocabulaire médical = N. Van Brock, Becherches sur le vocabulaire médical du grec ancien 

(Paris, 1961). 
Van Windekens, Le Pélasgique = A. J. Van Windekens, Le Pélasgique (Louvain, 1952). 
Van Windekens, Études pélasgiques = A. J. Van Windekens, Études pélasgiques {ibid., 1960). 
Ventris-Chadwick, Documents = M. Ventris, J. Chadwick, Documents in Mycenaean Greek (Cambridge, 

1956). 

Wackemagel, Kl. Schr. = J. Wackernagel, Kleine Schriften, I-II (Goettingen, 1953). 
Wackemagel, Spr. Uni. = J. Wackemagel, Sprachliche Unlersuchungen zu Homer {ibid., 1916). 
Wackemagel, Vorlesungen = J. Wackemagel, Vorlesungen gber Synlax, I-II (2* éd., Bâle, 1926-1928). 
Walde-Hofmann = A. Walde, J. B. Hofmann, Lateiniscbios ,elymologisches Wôrlerbuch, I-II (Heidelberg, 

1938-1954). 
Wilamowitz, Glaube = U. von Wilamowitz, Der Glaube der Hellenen, I-II (Berlin, 1931-32 ; réimpr. 1960). 



jABBéviATIONS BIBUOG8APHIQUES 3^™, 

IL Revues 

On n'énumère pas ici les revues dont les noms sont cités intégralement ou pour lesqueUes l'abréviation 
.ne prête pas à équivoque : 'Aeiriva, Byzaniion, Emerila, Eranos, Gnomon, Hesperia, Kadmos, Klio,Maia^ 
Mtnos etcoM Ant.class. (L Anliquilé classique), Beitr. Namenforschung (Beilràge zur Namenforschung) 
bpracne (Die Sprache), etc. ^^' 

ABSA = The Annual of Ihe British School of Archaeology al Athens. Londres. 

AJA = American Journal of Archaeology. Baltimore, etc. 

AJPh = American Journal of Philology. Baltimore. 

Ann. Isi. Or. Napoli = Annali, Islilulo Orienlale di Napoli, Sezione linguistica. Rome 

*Apx. 'Eç. ou Arch. Ephem. = 'ApxaioXoYixy) 'EçTjfiepIç. Athènes. 

Arch. Pap. = Archiv fur Papyrus forschung. Leipzig. 

ARW = Archiv fur Religionswissenschafl. Leipzig. 

Alh. MM. = Milteilungen des deutschen archàologischen Inslituts, Athenische Abieilung. 

BB ou Bezz. Beitr. = Beilràge zur Kunde der indogermanischen Sprachen, herausgegeben von A. Bezzen- 

berger. Groettingen. 
BCH = Bulletin de correspondance hellénique. Paris. 

BICS = Bulletin of Ihe Institule of Classical Studies of Ihe University of London. Londres. 
B. Ph. W. = Berliner philologische Wochenschrifl. Berlin. 
BSL = Bulletin de la société de linguistique de Paris. Paris. 

Cl. Quart. = Classical Quarlerly. Londres. 

Cl. Rev. = Classical Beview. Londres. 

CBAI = Académie des inscriptions et belles-lettres, Comptes rendus. Paris. 

GGA = Goettingische gelehrte Anzeigen. Berlin, Goettingen. 

GGN ou Gôtt. Nachr. = Nachrichlen der Gesellschaft derWmmschaften zu Goettingen^ B^rUn, Goettingen. 

GHA = Gôleborg hôgskolas àrsskrifl. Goeteborg. 

Gl. = Gloita. Goettingen. 

GLECS = Groupe linguistique d'éludés chamilo-sémiliques. Paris. 

IF = Indogermanische Forschungen. Strasbourg, Berlin. 

JfiS = The Journal of Hellenic Studies. Londres. 

KZ.^ Zeilschrifl fur vergleichende Sprachforschung auf dem Gebiete der indogermanischen Sprachen, 
b^i-ûndet von Ad. Kuhn. Berlin, etc. 

Lang^sm: J^^mguage, Jo^frnal of the Linguistic Society of America. Baltimore. 

Mnem. = Mnemosyne, Bibliolheca philologica Batava. Leyde. 

MSL = Mémoires de la société de linguistique de Paris. Paris. 

Miinch. Stud. Sprachwiss. = Mûnchener Studien zur Sprachwissenschafl. Munieb. 

Par. del Pass. = La Parola del Passato. Naples. 

Phil. = Philologus. Goettingen, etc. 

Ph. W. = Philologische Wochenschrifl. Leipzig. 

Bend. Ace. Lincei = Accademia dei Lincei, Rendiconii. Rome. 

Rend. Ist. Lomb. = Islilulo Lombardo di scienze e lettere, Rendiconii, Q. di Lettere. Milai» 

Reo. Et. Indo-Eur. ou REIE = Revue des études indo-européennes. Bucarest. 

Rev. Hitt. As. — Revue hittite et asianique. Paris. 

Rh. Mus. = Rheinisches Muséum. Bonn, etc. 



XVUI ABREVIATIONS BIBUOCRAPHIQUES 

R. Ph. = Reoae de Philologie. Paris. 

Riv. Fil. Class. = Rioisia di fUologia ed isiruzione classica. Turin. 

Sàchs. Beriehle = BeritMe iiber die Verhandlungen der kôniglick sâchsichen Gesellschafl der Wissenschaflen 

zu Leipzig, philol.-histor. Klasse. Leipzig. 
SMSR = Studi e Mcderiali di Storia délie Religioni. Rome. 
Si. IL Fil. Cl. = Sludi iialiani di filologia classica. Florence. 
Studi Micenei = Sludi Micenei ed Egeo-Anaiolici. Rome. 
Sgmb. Oslo. = Symbolae Osloenses. Oslo. 

UUÂ = Uppsala universitds àrsskrifl. Uppsala. 

W. u. S. = Wôrter und Sachen. Heidelberg. 

ZDMG — Zeiischrifl der deulschen morgendlàndischen Gesellschafl. Leipzig, etc. 

Ziva Ant. = Zioa Aniika. Skoplje. 



A 



ô- : préfixe négatif (privatif), i. <rrefn)Tix6v. La forme 
de la particule est en principe dt- devant consonne, àv- 
devant voyelle. Devant consonne : ^yvcoTOç, dSdtxpu-roç, 
48[i7)TOç, etc. Devant / c'est également la forme à- qui 
est usuelle : iar^ç, dceixT^i;, dtextàv, dœXTT^ç, àïjS^ç, à,,eViç, 
àiooç, àioToç, àotvoç, Sotxoç, etc., même avec une 
initiale de timbre o, cas où le F est tombé de bonne heure : 
àdpaxoç, à6pi<rroç. On peut se demander dans quelle 
mesure l'aspiration initiale a pu déterminer l'emploi 
de Yà- qui est de règle devant consonne : fia-roç « non 
rassasié », dt^-miToi; « invaincu •, àîSpuroç « non fondé », 
ào^tXoç t sans arme », âuSpo; « sans eau », Suicvoç « sans 
sommeil », fiwpoi; « prématuré i. Faits comparables dès 
le mycénien : an- dans anamota = *otv(xp[iOTa sans aspira- 
tion, anapuke = (ivâ[ijtuxeç, anowoto = dtvoiiaToç, anowe = 
dvca/'^ç, etc. Devant consonne akitito = âxTtToç, etc. 
Par hasard pas d'exemple devant F. Une particule priva- 
tive a- apparaît p.-ê. devant voyelle dans aupono, cf. 
litUTtvoç, et sûrement dans aeiiio, cf. sous IpTtç. Voir 
Lejeune, R. Ph. 1958, 198-205. 

L'état de chose ancien s'est trouvé brouillé par des 
analogies en sens divers. Un à- ancien, notamment devant 
/■ a pu être remplacé par iv- : .Xviaoç pour éciaoç, àvéX- 
moToç (ffisch., etc.) distinct de l'ancien SeX^roç, fivoocoç, 
ivolxrjToç (Hdt) disUnct de l'ancien écoixoç, etc. De 
même là où il s'agit, semble-t-il, d'une aspirée : àvtôpuToç 
(Ph.), àvoTtXoç (Hdt., etc.), écvuSpoç (Hdt., etc.), 
Svwpoç, etc. Malgré l'aspiration on a SvoSoç « inacces- 
sible ». Ces flottements ont pour conséquence qu'inverse- 
ment à- se trouve devant voyelle même si aucun tu- ou 
aucune aspiration ancienne ne le justifie. Le mycén. 
atteste peut-être le sobriquet anozo = àvoÇoç, mais 
Thphr. emploie à la fois àvoÇoç « sans branche » et àoÇo;. 
De même àvoSfioi; mais également àoSjjLoç et àciSYjç. L'd- 
privatif devant voyelle s'observe dans fioxvoç, fiopvoç, 
àojTToç, àkieut (Chrys.) ; déjà chez Hom. Soutoç t non 
blessé ». On observe que le préfixe négatif dév- pouvait se 
confondre avec le préverbe àv'(a]. 



Voir encore ôàaToi;, Sareroç, idttJxeToç sous ëx«o- 
Dans quelques composés la parUcule négative présente 
apparemment la forme àva-, à laquelle on a voulu trouver 
une correspondance indo-européenne en supposant un 
redoublement du préfixe et en rapprochant prakril ana- 
cf. Schwyier, Gr.Gr. 1,432 n. 2. Si l'on examine le dossier, 
àv-afvo(iai comporte le préverbe dbva- « en arrière » 
comme (ivaveiiw, cf. s.u. Mais cet emploi de la préposition 
àva- a pu déterminer par confusion l'emploi rare d'un 
àva- négatif. Seuls ex. àvàeSvoç «sans dot» (Hom.), 
voir ISvov, àvà-c>wrtTOç «inattendu» (Hés. Th. 660), 
àvàTtveuCTTOç «sans souflle » (ib. 797). 

Les composés privatifs les plus anciens sont principale- 
ment des adjectifs verbaux comme àSàxpurtx; ou des 
composés possessifs à<paoç « sans ami », lÏTtupoç « sans 
feu ». Mais déjà chez Hom. l'emploi de à-, àv- privatif 
s'est largement étendu : le type àaeSïjç, etc. remonte 
très haut. Déjà chez Hom. 1' à- privatif s'ajoute à un 
adjectif pour le rendre négatif : à-v6CTTi(jtoç tiré de v6<j- 
Ti(ioç se substitue à fivotrroç, la langue crée en foule des 
formes comme àveTtt-nfjSeioç, SxoiXoç, àvotxeioç, etc. 
Mais l'emploi de 1' à- privatif n'est pas admis pour des 
thèmes verbaux, v. pourtant àrUo. Sur ces problèmes, 
V. Frisk, Gebrauch des Privalivprâfixes, GHÂ 47, 1941 : 11, 
4 sqq., Subsi. Priv. ibid. 53, 1947 : 3, 8 sqq., Schwyzer 
Gr.Gr. 1, 431-432, Moorhouse, Sludie» in the Greek 
Négatives 41-68. 

Les composés négatifs donnent lieu à divers effets de 
style, p. ex. àSopa Sûpa (S. Aj. 665), "Ipoç fiipoç (Od. 
18,73). Certains subst. sont des créations littéraires : 
àooii-njç (Hés. Tr. 451), iSùrrfi [ibid. 355), etc. 

Le vocabulaire européen a emprunté la particul« négative 
a-: cf. fr. amoral, etc. 

Et. : Cette particule négative se retrouve dans la plupart 
des langues indo-européennes, skr. a(n)-, lat. in-, germ., 
got. un-, et i.-e. *p-. En alternance la négation */ie-, 
cf. lat. neseiO, nefas. Cette négation figure p.-fi. en grec 
dans vÉ-noSe^ ou contractée avec une voyelle dans vùis^ 



— 2 — 



(v. S.U.), vfyie[j.oç (cf. BOUS étve|xoç), vi)Xd)ç (v. s.u.), vrJYpe- 
Toç (v. hftip<ji et l'article wf)-.)- 

Certaines correspondances frappantes peuvent remonter 
à l'i.-e., mais aussi être des formations parallèles : £v- 
uSpoç = skr. an-udr-à-, S-y-vco-roç = slcr. àjtlàta, lat. 
ignôlus. 

à- ■■ (et à-) préfixe copulatif (à- à6poi«TTt>c6v) : âswcÇ, 
àirXoûi;, Sinon;, àTtXoU etc. ; la dissimilation d'aspirées 
a entraîné la forme à- dans àXo/oç, àSeXçéç, àx6Xou6o{;, 
(iÔpôoi;, etc. Cette forme s'est répandue analogiquement, 
notamment dans les dialectes à psilose, cf. hom. âxoiTiç, 
àoXX^ç ion. 'ATTOCTOupux, et même en attique ou en grec 
postérieur : dcTreSoç « uni, plan • (Hdt., etc.), S6101; « riche » 
(Antiphon Sophist.), àSoXioi « rencontrer» (A. R.),àYàoTaip 
«issu du même sein» (Lyc , Hsch.), à^àXa^Toi «frères 
de lait» (Hsch.), fiSpua (chypr., v. s.u.), àTâXavroç 
« équivalent », etc. 

Cet à- « copulatif » présente dans certains exemples 
une valeur intensive (à- èTriTa-rixàv), l'idée de « ensemble, 
pourvu de », etc. se prêtant à s'infléchir en ce sens, cf. 
déjà 1Ï610Ç : de même àÇuXoç «riche en bois » (//. 11,155), 
àêpofjioç, V. Ppéfxcj, aùtaxoç v. lixt^i àeSvov " TroXûçepvov 
(Ilsch.), âarrepxéi;. 

Il a dû se produire une confusion entre à augmentatif 
de sens banal et un à issu du vocalisme zéro de la préposi- 
tion èv, cf. en dernier lieu H. Seller, KZ 75, 1957, 1-23. 
Exemples : aTEVTjç « tendu, attentif », àXiytxt « compter, 
se soucier de », àXÎYxwç « semblable », cf. le doublet 
renforcé èvaXtyjctO!;, àfiOTOv « avec ardeur » cf. [iefiatsç, 
è(ji[iEfx,a<i(;, etc. Certains exemples restent discutables. 
On a évoqué aussi àcmâ^ofiai, àôpécù. 

El. : Identique à skr. sa- (cf. sà-nâman- « avec le 
même nom », etc.), lat. sem-, sim- (cf. sim-plex) vocalisme 
zéro de 'sem- cf. skr. sâm «ensemble», lat. semel, p.-ê. 
got. simU « autrefois ». Voir encore sic, ôfioç, â(ia. L'â- 
copulalif figure peut-être sous la forme ô dans quelques 
composés, voir sous è-. 

ââoTOç : trois exemples hom. : //. 14,271 à propos de 
l'eau du Styx, on traduit habituellement « l'eau inviolable 
du Styx » ; d'où dans VOd. 21,91 et 22,5 comme épithète 
de éWJXoç « une épreuve décisive où il ne peut y avoir 
d'erreur». — Repris par A. R. 2,77 «invincible» (?). 

On a rapproché la glose d'Hsch. àdtSaxToi • àêXaSetç qui 
se rattache clairement à àâco, (Îtt), etc. Subsistent des 
difflcultés : 

1) la forme du préfixe négatif à- pour àv-, mais cf. 
iâoxeToç (on a àvâaTOç en Élide, Schwyzer 424,5) ; 

2) le flottement prosodique ààaxoç (Od.) et ààâToç 
(IL). Cf. Lex. Ep. s. u. 

Autre hypothèse de A. C. Moorhouse, Cl. Quart. 11, 1961, 
10-17 : il lente de rapprocher le groupe de &cù «rassasier», 
àoT), etc., en posant 'i^i-asa-los, et en admettant la particule 
négative se 's la forme à- : il comprend donc « inépuisable, 
infini ». Mais la forme reconstituée est arbitraire. 

aaSa : ïvScia Aàxcùveç • o5t6>ç 'Api(TT09àvT]ç èv yXcùocaiç 
(Hsch.). — àoSeïv ■ ôx^'^» XuTceïoôai, àSixeïv ' àjtopeîv, 
ÂoiTetv (Hsch.). 

Ces deux gloses sont notamment examinées par H. Frisk, 
Subêtantiaa Privativa, GHÂ 53, 1947 : 3, 16. II voit dans 



la première un composé avec à. privatif répondant & £$t)v, 
dans la seconde la contamination d'un àoSeîv * dcnopeïv, 
àotTEÏv, apparenté à d«x8a, et d'un à/'aSeïv • ôxXeïv, 
XuTTEÏaOai, dcSixEÏv, apparenté à -^Sùç, àijSiQç (et qu'on 
mettrait en rapport avec dtSijxôreç selon l'explication bj, 
voir S.U.). 

En fait l'existence môme des termes ici glosés est dou- 
teuse. En ce qui concerne &a&oi, une lecture fiSSa est 
vraisemblable (cf. &Z,a. s.u. &Xja\ia.\.). En ce qui concerne 
dcoSsIv, la glose se trouve chez Apollon. Lex. 2,13 sous la 
forme àSeïv, et peut avoir été imaginée pour expliquer 
âSijxÔTeç. Cf. Hésychius, A lOet 11 (Latte). 

àâ^b> : «souffler avec la bouche grande ouverte » (Arist.) ; 
dérivé àaofjiéç (Arist.). Onomatopée, cf. fiÇ<ù. 

àdvOa : cïSoç èvwTEou irapà 'AXx(iâvi «âç 'ApioroçàvYjç 
(Hsch.). 

Et: W. Schulze Q. Ep. 38,1, tire le mot de *aù«iavea 
apparenté à o\ic,. Mais que représente la finale ? Est-ce 
le nom de la fleur &v6oç ? Voir Chantraine, Formation 
369, Bechtel, Gr. Dial. 2, 366. Szemerenyi, SI. Micenei 3,62. 

aairros : terme homérique qui figure seulement dans 
l'expression x^ïp^Ç àaTrrot « des bras invincibles » (cf. //. 
1,567) ou seulement « redoutables » (cf. //. 13,49 et 318). 
Chez Hésiode se dit Th. 649 à propos des Cents-Bras, Trav. 
148 au sujet de la redoutable race de bronze, toujours 
comme épithète de xEÏpeÇ- Innovation d'Oppien x^toç 
âcaTTTov pour un monstre marin. 

Les exemples homériques donnent à croire que pour 
les aèdes le terme est issu d'un adjectif verbal de àTtxo- 
fiat «toucher». Telle est probablement l'interprétation 
homérique. Mais, pour l'étymologie, la particule privative 
à- pour àv- fait difficulté. D'autre part, d'après les scholies 
//. 1,567 Ar. Byz. lisait àéirrouç. Si Aristophane a raison, 
àaTrroç serait une altération liée à une étymologie popu- 
laire. La forme originelle àerrroç signifierait alors « indi- 
cible », cf. écçaroç, à9étj(paT0ç, soit '&fsTrzoi; (voir pour cette 
famille inoç, etc.). L'explication qui vient de Wackernagel 
[B. B. 4,283) et Bechtel, Lexilogus, que Frisk trouve peu 
convaincante, se heurte à la difficulté que nous ne connais- 
sons pas d'exemple de 'femoç, soit dans un mot simple, 
soit dans un composé (pour un autre liceTrTOç, voir s.u.) ; la 
forme skr. de l'adj. verbal est, comme on l'attend, uklàh. 

En revanche elle peut trouver un appui dans l'hapax 
homérique à;rroe7ri)ç, épithète d'Héra //. 8,209 « qui dit ce 
qu'il ne faut pas dire » où Wackernagel a vu un composé 
de êreoç : ' à- Fztz-zo- Ftv:i\z (pour la contraction v. Gr. H. 1, 
33), tandis que les Anciens et peut-être déjà l'aède qui l'a 
employé y voyaient un composé de (X7rro|iai. "AaTcroç et 
àrtroETT/jç sont deux exemples de termes homériques dont le 
sens précis est perdu, et la forme même a pu être altérée par 
l'étymologie populaire. Voir sur ces mots Lex. Ep. 

H. Vos [Gl. 34. 1955, 292 sqq.) rapproche de lïaTrTOç des 
composés comme àdcaxsToç ou àâaToç pour expliquer la 
forme de la particule négative à-, p.-ê. justifiée par l'aspi- 
ration initiale de &iczo[Wii (au lieu de &va7rToi;, qui est 
d'ailleurs attesté dans le De Anima d' Aristote) et maintenir 
l'interprétation des grammairiens anciens «à quoi on ne peut 
toucher » ; en ce qui concerne àTCTonr^;, il rapproche àfxap- 
TOCTC^ç pour garder l'interprétation ancienne « qui attaque 



3 — 



avec des mots », mais on est surpris que le premier terme du 
composé soit le thème de présent suffixe, àmo-, même s'il 
est vrai que, comme l'indique H. Vos, nous avons ici un 
terme d'injure qui ne doit pas remonter à une très haute 
antiquité dans le formulaire homérique. 

Pour &x7tToç, voir aussi sous fieirroç avec la biblio- 
graphie. 



àâcrxcTos 



voir 80U8 i/oi. 



àâ(i) : « nuire à, égarer ». Verbe presque uniquement 
homérique (deux ex. chez les tragiques), mais important 
chez Homère. Il faut partir de l'aoriste moyen àdcvaro 
« commettre une faute, subir un dommage», cf. II. 11,340 
ààoaro (léya 6u[i(Ji « son cœur a commis une lourde erreur ». 
Mais l'égarement peut être causé par la déesse "Att), ou par 
Zeus lui-même, d'où le mélange du moyen et du passif en 
//. 19,136-137 : ... "Attj; f, nrpûrov àâarerjv • / àXX' èTtel 
àao(i|X»)v xal (ieu çpévixç IÇiXero Zeùç, « (je ne puis oublier) 
Erreur qui la première fois m'a fait errer ; mais puisque j'ai 
erré et que Zeus m'a ravi la raison ». Secondairement, sens 
transitif pour àâTai et aor. âoe. 

Nom verbal : ài-o) par contraction ôctt), Alcée olM-cu.. 
Chez Homère le mot désigne la faute, l'erreur, parfois 
rapproché de dtâû> (cf. //. 8,237) et en //. 19,91 on voit 
naître la notion de la déesse "Att) « erreur », cf. ci-dessus 
//. 19,136-137, Hés. Th. 230. Le mot est bien attesté 
dans la tragédie au sens de « erreur, malheur », et peut 
se dire de personnes marquées par le malheur, cf. S. Anl. 
533 Su' écxa « ces deux pestes ». La forme à-nr) avec a 
bref Archil. 73 doit être une réfection secondaire (cf. 
M. Leumann, Hom. W. 215), à moins que le texte ne doive 
être corrigé. Mais la prose attique ignore &t/). Le mot figure 
hors de l'attique également, dans le proverbe dorien sou- 
vent cité èyyua Tzapà S' &ra. « porte toi garant, et à toi le 
dommage ». Le terme présente en effet dans le monde dorien 
une valeur juridique définie et signifie dans les Lois de 
Gortyne (Schwyzer 179, XI 34, etc.) « dommage », d'où 
« amende » ; il équivaut à Î^Y)(i.ta en attique. 

De àdtTT), étTT) sont dérivés les dénominatifs : àTaoOat. 
« être frappé par le malheur » (tragédie) et au sens juri- 
dique dans les Lois de Gortyne « être condamné à une 
amende », cf. à Gythium IG V 1, 1155 â/'aTâxai, etc. 
et la glose àyarôcaBai (= ifx-) • ^'Ximzadai (Hsch.). Sur 
àréw voir s. u. 

Adjectif dérivé de àrij : dtTTjpdç « aveugle » en parlant 
de personnes, « funestes » en parlant d'événements 
(Théognis, tragiques), d'où à-njpta « malheur » (Platon le 
Comique, une fois chez Aristophane). 

A côté de àTT) il existe un adjectif verbal en -roç dans 
deux composés : àv-ôcToç « non atteint, non puni » ou 
« innocent » (tragiques), et, avec im6 privatif forôëToç 
< non exposé à une amende », dans le vocabulaire juridique 
Cretois (Lois de Gorlgne). Avec le suff. -tôc- -: ^àvtarâç 
«otage» (CoUitz-Bechtel 5015, Gortyne) > cehii Hftii paie 
pour autrui », cf. E. Kretschmer, Gl. 18,1929,91. 

Enfin il faut rattacher à ààco les composés homériques 
à premier terme en -ai du type Tep4(t(jiêpoToç, dcaolçpcov 
(//. 20,183, 23,603) «à l'esprit égaré», parfois employé 
comme épithète de 9u[a6ç, et le dérivé àaavfpoaùvTj 
{Od. 15,470) < égarement » ; ces leçons sont assurées 
par dee lexicogcaphes comme Hsch., Apollon., etc., et 



àCaXT) 

sont confirmées par la glose d'Hsch. : ixaufàpoz • pXdSijv 
çépwv. Elles sont pleinement satisfaisanteB. Toutefois 
les manuscrits d'Homère et d'Hésiode donnent toujours 
la graphie àeoi- glosée chez Hsch. et dans les schoUes 
par (xaTttidçptûv, xoûçaç lx«v Ta; çpévoç, ce qui suppose 
un rapprochement artificiel avec &rj[it, d'où la traduction 
« étourdi, tête à l'évent ». La forme dcaatçpwv c à l'esprit 
égaré » est la forme originelle. Quelle forme ont employée 
les aèdes homériques 1 Quand l'altération s'est-elle 
produite î On ne peut en décider sûrement ; mais le sens 
ancien « à l'esprit égaré » convient seul Hés. Th. 502 et le 
rapprochement avec &Aa est marqué Od. 21,302 (mais 
voir Verdenius, Mnemosyne, 10, 1957, 249). 

Rappelons qu'à côté de iuktù il y a trace d'un autre 
thème de présent dans la glose d'Hsch. dcâaxet ■ pxâTrrei. 

La famille de à.âo\iot.L, fir»), fort ancienne, exprime 
l'idée de commettre une faute, une erreur ou, à l'actif, 
causer un dommage. Il en résulte que dans des situations 
différentes les emplois ont franchement divergé. D'une 
part chez Homère et les tragiques, sens psychologique et 
moral d'erreur, d'égarement, avec, de plus, la création 
de la déesse "Atjj. De l'autre, dans le monde dorien, la 
valeur objective et juridique de « dommage, amende », 
Voir : Lex. Ep., s.u. ; Seller, Festschrift Debrunner, 409- 
417, K. Latte, ARW 20, 1920/21, 254 sqq. Sur ot-rr, 
Stallmad, Aie, Diss. Gôttingen, 1950. 

Havers, KZ 43, 1910, 225 sqq., attribue au mot le sens 
originel de « coup ». Cette hypothèse reste en l'air : il 
rapproche en grec Hsch. yaTe'-Xat (= FxxeiXai) ■ oùXaE, 
àTEtXT) (en posant *6-faxeOsâ). Hors du grec, lit. votif 
« abcès », lette wâls « blessure », v. si. vada « dommage », 
vaditi, qui supposent une racine 'wâ-. D'autre part got. 
wunds « blessure », arm. vandem « détruire » qui supposent 
une racine 'wen-. 

Et. : Les formes non contractées chez Homère, l'éoiien 
aùara, le laconien à/aTàrat prouvent qu'un digamma est, 
tombé à l'intervocalique. Mais l'étymologie est inconnue. 

àÇaKi^s, -iiz, -éç : probablement « silencieux », mais 
le mot et ses dérivés s'emploient toujours dans un sens 
dérivé : Sapho 120 Lobel, àêdbcTQv tAv çpév' ï/co «j'ai le 
cœur tranquille » ; cf. Et. M. fjoixwv xal Tcpœov. 

Dénominatif àëaxéco attesté aor. 3" pi. à6âK7)(rav Od. 
4,249 où les interprètes anciens et modernes hésitent 
entre trois explications : a) « sont restés silencieux )., 
ce qui concorderait avec l'étymologie probable ; b) « sont 
restés tranquilles », ce qui concorde avec le sens de àfiàxr^ç 
chez Sapho ; c^ « ne pas comprendre, ne pas reconnaître i, 
sens le plus convenable dans le contexte. Autre dénomi- 
natif à6axl!^o|iat Anacr. 65 D « être tranquille ». 

Hsch. connaît un doublet de àêax-^ç, à6aj<^(ji<ov et un 
adjectif dtêàxTiTOç ■ àvsTriçôovoç. 

Et. : Malgré la diversité des emplois, le plus probable 
est de tirer ces mots (avec une sourde !) de pà^w, etc. 
«parler», avec i- privatif, d'où- chez Sapho et Anacr. 
l'idée de tranquillité, chez Homère celle de « rester muet » 
parce qu'on ne comprend pas, de ne pas comprendre. 
Autre étymologie, cf. sous paxév. Voir Lex. Ep. s.u. 
&6oocéù>. 



Ôi^oAt] : dcxpeïov Aàxcdve; ' ci èk vcoOpàv (Hsch.). 
Voir Bechlel, 6fr. DiaL 2,366. 



à£âvTO<nv 



— 4 



àÇÂVToatv : dhw6à<nv (Hsch.). Datif pluriel à{(z)6<iv- 
Taooiv, cf. jroi6*twjotv {/G XIV, 645, I, 50, Schwyzer, 
Gr.Gr. 1, 567). 

âga|, -xoç : m. «planche* ou «tablette» pour dessiner, 
compter (Arist., Ath. 69,1), jouer; plat à découper (Gratin. 
86, etc.). Diminutifs : à6dxiov (Lys., etc.), àtoailaxoç,. 
Emprunt lat. abacus, fr. abaque. 

Terme technique qui risque d'avoir été emprunté, 
mais l'hypothèse de l'emprunt à hébr. 'âbâq « poussière » 
(on voit chez S. Emp. M. 9,282 les mathématiciens tracer 
leurs ligures et leurs chiffres sur une planche couverte 
de poussière ou de sable) reste indémontrable. 

âgapiirrâv : yuvatxi^ofiévrjv, xa6atpo(jiévj)v xaTafiT)- 
vioiç KÛTCpiot (Hsch.). Latte rapproche oa6apixT0 avec la 
chute du sigma initial qui s'observe en chypriote. 

âgST]ç : (làoTiÇ Ttap" 'iTnrtùvaxTt (Hsch.). 
Ei.: On a attribué sans preuve une origine asianique 
à ce nom du fouet, voir O. Masson, Hipponax, 170 (fr. 130). 

àScXTCpos, -ov : « sot, nigaud ». Attesté en attique 
chez les comiques, chez Platon, chez les orateurs. Superl. 
-ûxa-roç (Ar. Gren. 989). 

Dérivés : diêeXTépeioç (Hdn. Gr., Anaxandr.) avec le 
même suffixe augmentatif que (icyocXeloç ; àSeXrepLa 
« sottise > (parfois écrit à6eXT7)pta ; cette altération 
est-elle ancienne, d'après des mots comme àiTîpta ?) ; 
dénominatif àSeXTepeùoîxai « faire le sot » (Épicure). 

Ei.: Formation plaisante et d'abord familière sur le 
comparatif péXTcpoç. On pense d'abord à un à- privatif 
c celui qui n'a pas la bonne part » (Seiler, Steigerungsformen, 
93), mais l'a présente plutôt une valeur augmenlative 
«vraiment trop bon », quelle que soit la fonction originelle 
de l'a- (selon Wackernagel, G.G.N. 1902,745,1 «particule 
privative pléonastique », d'après écçptùv, etc.). 

ôÇiÎp, voir sous ài]p. 

àSXaSÉbi; : :f|Séû>ç (Hsch.), voir sous pXaSûç. 

àÇXTjxpôs. voir sous px-rixpâç. 

àgXoirés : â6Xa6éç, KpTJTeç (Hsch.), voir sous pXâ67!. 

àÇoXéu : « rencontrer », terme de la poésie alexandrine 
(A.R., Call.) généralement attesté à l'aoriste &66Xriaa. 

Dérivés : àBoXniTÛç « rencontre » ; àôoX'i^Tcop « celui qui 
rencontre », « témoin » (cf. Hsch. s.u.), attestés tous deux 
chez Antimaque, et comportant tous deux des suffixes 
« poétiques », non attestés en prose. 

Si le verbe est un dénominatif de *iï6oXoç « qui se 
rencontre », on évoquera èTrfjSoXoç « qui atteint » 
(Hom., etc.), mais cf. s.u. 

Et. : Le mot, qui équivaut à àvriSoXéû), est énigmatique 
comme il arrive souvent dans le vocabulaire alexandrin. 
Schwyzer, Gr.Gr. 1,433 pense que l'a- est « copulatif ». 

ÔSÔXXtis : m. ou à6oXXa (Pap., Peripl. M. Rabr.) 
« manteau ». Emprunt au l. aboUa. 



ô€pa|iîs : f- poisson, sorte de mulet (Opp.) ; aussi 
àêpa6iç (pap.). Voir Thompson, Fishes. 

ôSpos, -i, -ôv : « gracieux, délicat, joli ». Le premier 
exemple du mot apparaît chez Hésiode fr. 218 comme 
épithète de irapôévoç. Puis, sauf deux exemples de prose 
attique (X. Banquet 4, 44, PI. Banquet 204 c) et quelques 
emplois chez Hérodote (cf. plus bas), terme poétique 
largement attesté chez les lyriques et les tragiques. 
Épithète de jeunes filles ou de jeunes femmes (S. Tr. 
523, etc.), fréquente chez Sapho pour qualifier les Grâces, 
Andromaque le jour de ses noces, Adonis. Qualifie parfois^ 
le corps féminin, ou une partie du corps (Pi. O. 6,55, 
E. Tr. 506), ou encore une couronne (Pi. /. 8,65), etc. 
Comporte dans certains emplois la nuance d'une délica- 
tesse, d'un luxe excessif (Solon 24,4, etc.). D'où l'emploi 
du mot pour qualifier la mollesse asiatique, notamment 

Hdt. 1,71 ; cf. le comique Antiph. 91 : 'Iwvojv àêpèç 

ÔX^OÇ- Adv. : àêpôç, -o-zépaç. 

Nombreux composés expressifs, souvent des hapax 
créés par des poètes : â6po6iiTTr)(; « à la marche languis- 
sante » (iEsch. Pers. 1072), à6p66ioç « à la vie efféminée » 
(Bacchyl. 17,2), àêpàSatç « à la chère raffinée » (Archestr. 
61,1), àSpÔYooç «aux molles plaintes» (iEsch. Pers. 541), 
.àêpoStaiTOç « à la vie raffinée » (.Esch. Pers. 41, Th. 1,6), 
àêpoeîfxtov « aux vêtements luxueux » {Com. Adesp. 
1275), à6po)t6(ji7)ç «au feuillage luxuriant» (E. Ion 920), 
àêpoTtâpOevot « composé de jeunes filles délicates » (Lyr. 
Alex. Adesp. 22), â6po7té8iXoç « aux sandales délicates » 
(A.P. 12,158), à6p67tXouToç « à la richesse luxuriante» 
(E. I.T. 1148), àêpÔCTçupoç «aux chevilles déiicates » 
{Lyr. Alex. Adesp. 3,3), à6p<5TitJLO<; «d'un luxe coûteux» 
(^sch. Ag. 690), à6poxatTr)ç « à la chevelure luxuriante » 
(Anacreont. 41,8), àèpox'Ttùv «aux molles draperies» 
(^sch. Pers. 543). 

Dénominatifs : à6pilvo(xai « faire le délicat » et à6p\jvo 
« amollir », àrtaôpùvto ; d'où le dérivé â6puvTr)ç « freluquet » ; 
àêptÇeoôai ' xaXXoTrlî^saSai (Hsch.). 

Dérivés : à6p6Tï]ç « luxe, raffinement » (Pi., etc.), 
àêpocniwj (Sapho, E.) ; âêp<i>(ia " cttoXïîç YUvaixeUç 
eT8oç (Hsch.). 

Le féminin de à6p6ç, avec le déplacemutit de l'accent 
œ6pa, désigne la servante préférée de la maltresse de 
maison, voir Pausanias le grammairien 96 Erbse et Suid. 
S.U.. Le mot apparaît chez Ménandre {fr. 58, 371 et 453 
Ko.), il se trouve ensuite chez Luc, Plu. On observe 
que les exemples anciens sont tous au sing., le pluriel 
n'étant attesté qu'à partir de la LXX ; selon la plupart 
des lexicographes le mot comporterait un esprit doux. 

On a cherché à tort une étyra. sémitique pour ce mot 
en rapprochant aram. habra. Cette explication se heurte 
à diverses objections décisives : le sens du mot sémitique 
cornes, socius ne se prête guère à désigner une servante ; 
la forme araméenne supposée est un masculin, le féminin 
étant haberlla; enfin on s'explique mal un emprunt 
araméen apparaissant à l'époque de Ménandre. 

Le mieux est donc de voir dans âSpa la désignation 
de la jeune fille ou jeune femme qui est la femme de 
confiance de la maîtresse de maison ; Fick [KZ, 22,215) 
rapproche lat. delicàla, qui est p.-ê. un calque du grec. 
Voir E. Masson, Emprunt» aémit. 98. 



— 5 



àyaOîs 



Sur les dérivés de àtpàç dans l'onomastique pour les 
iiommes ("A6pwv, etc.) ou les femmes ('A6p(î>, etc.), v. 
Bechtel, H. Personennamen 6-7, L. Robert, Noms indigènes, 
232-233. 

Et. : Le mot à6p6ç semble être attesté d'abord en 
parlant de jeunes filles ou de jeunes femmes, ce que 
confirmerait l'emploi de fi6pa. Un rapport avec i^ê'») n'est 
pas pnriMble, mais cf Verdenuis Mnemosgne 1962, 392. 

àSporâ^u : « tromper (quelqu'un) ». Seule forme 
attestée, subj. aor. à voyelle brève àèpori^oyuev {II. 
10,65). Tiré de l'aor. i^M-êpoTOv avec chute de [x par nécessité 
métrique. Archaïsme p.-ê. artificiel caractéristique de la 
Dolonie. Noter la psilose (Schwyzer, Mél. H. Pedersen 70, 
suppose qu'il s'agit d'un arrangement métrique pour 
*i6poT«(xev). 

El.: Voir àfiapTàvw. 

ôÇpÔTOVOv (à- ou à-) : n. « santoline, petit cyprès » ; 
également r« armoise du Pont », cf. J. André, Lexique 
s.u. habroionum. , 

Dérivés : à6poTOvÎT7)ç (olvoç) vin parfumé avec cette 
plante ; à6poT6vtvov (iXaiov) (Dsc). 

Et.: Inconnue. P.-ê. terme d'emprunt, rapproché de 
éBpéz par étymologie populaire. 

ôSpuva (dé-) : n. p. « mûres » Parth. chez Ath. 2,51 f, 
cf. An. B. 224. 

Et.: Obscure. Probablement terme indigène rapproché 
par étymologie populaire de à6pùvco. Une dérivation de 
à6pùvco n'est toutefois pas impossible. 

àSpuTOÎ ; voir sous PpuTréç. 

ôgupTaKT] : f. espèce de ragoût avec des poireaux, 
du cresson, des grenades (comiques). 

Composés : àêupTaxoTtotéç, à6upTaxti>S7)ç. 

Et.: Est défini comme un Û7r6Tpt(i|ia Papêapwcàv 
(Suid. S.U.). Le mot est certainement emprunté. On a 
pensé qu'il était iranien, d'après le comique Théopompe 
qui dans un fragment cité par Suid. /. c. (=17 Kock) 
écrit : î^lei 8è Mif)S<dv y^tav, gvOa TroisÎTai àSupTâxr). 

ôva- : préfixe de renforcement attesté dans quelques 
composés archaïques et poétiques : àYaxXdjç « très 
glorieux » (Hom.) ; avec les doublets àydtxXEi-roç, i.y&yX\i- 
To; (Hom.), àyaxXu[iévy) (Antim.) ; àya>tTi(Aév7) « bien 
construite «ou « bien située » (P:.) ; déyàCTupToç « malpro- 
pre », cf. oûpo épithète plaisante de Pittacos chez Alcée ; 
àyàwifoç «très neigeux » (Hom.) ; àydppooç «au courant 
violent » (Hom.) ; àyaaOevi^ç « très fort » (tardif, mais 
ancien comme nom propre) ; àyritorovoç « aux violents 
grondements » (Hom.) ; àyàçOeyxxoç « très sonore » (Pi.). 
Avec allongement métrique de l'initiale hom. TjyàOeoç, 
dor. oyàOeoç « tout à fait divin ». 

A été remplacé plus tard en composition par (leya-. 

On rapproche immédiatement l'adverbe àyâv « trop, 
très » accusatif d'un substantif (cf. plus loin étyr)). Le mot 
est ignoré d'Homère, rare en ionien, assez rare en attique ; 
c'est surtout un terme éoiien, dorlen, ce qui explique son 



emploi dans la tragédie. Il s'emploie surtout en mauvaise 
part • trop > (à la différence du préfixe àya-). Le mot 
peut devoir son succès au précepte [XTjSèv £yacv attribué 
à Cbilon de Lacédémone. En attique c'est un terme 
d'emprunt, comme le dénonce l'alpha long (la scansion 
y.j\.j n'apparatt que dans des textes alexandrins et tardifs). 
Le terme proprement attique pour dire • trop » est 
Xtav. 

C'est également au radical de àya- que se rattache le 
présent athém. àyatiai, aor. àyàa(a)aCT6at, adv. tiré d'un 
participe, àyajjiévtoç, adj. verbal àyYjTÔç (fin de vers chez 
Hom., avec allongement métrique), avec les réfections 
thématiques àyàojxai chez Hom. dans des formules 
récentes ou altérées et chez Hésiode (àyào) Alcm.) àyatojiai 
(fait sur Tjyàaaaxo d'après le modèle vat6|jLai, vânaaTo), 
àyocî^ofiai (mais àyà^o) iEsch. Siippl. lOGl est 1,ir(' de 
ayav et signifie « trop exiger »), tous ces suiJSliliilB éUwX 
poétiques alors que àyajxai continue à vivre en attique. 
Le verbe âyafiai indique que l'on constate quelque chose 
de considérable ou d'excessif. Cette signification originelle 
conduit à deux valeurs différentes : 

a) Avec un complément à l'accusatif ou au génitif, 
« admirer », ou, parfois avec un complément au datif, 
« être charmé de » ; 

b) Avec un complément de personne au datif et parfois 
un complément à l'accusatif, pour exprimer l'idée d'un 
excès à contenir, à réprimer, d'où • envier, disputer quelque 
chose à quelqu'un, le lui refuser » ; ce dernier emploi qui 
est perdu en ionien-attique s'observe surtout chez Homère 
pour exprimer la jalousie des dieux qui reiuhcMi :>■■■■/ 
hommes un succès excessif (cf. //. 17, 71 sL y-i] ot àyiocaro 
4>oî6oç 'AttôXXcùv), ou qui mettent fin à leurs crimes (uf. 
Od. 23, 64 Gopiv àyaaoâtievoç ôujxoXyéa. . .). 

Dérivés nominaux : àyr) «admiration» (Hom.), « envie, 
jalousie » (Hdt., .ffisch.) : c'est l'ace, de ce mot qui doii. 
avoir fourni l'adv. &yâv ; àyacTTÔç « admirable », &-ya.rsua 
«adoration» (hapax, S. Fr. 971), ces deux mots se r:iUa- 
chant au présent àyàÇo[j.at ; àyaaiç • 6 çOôvoç Hsch et 
<jj,eT'> àyâaioç • (xeO* TjSovîji; ibid., cf. E.M. 9, 62; 
àyaariiç • pâoxavoç ibid. 

<4ya- et le radical d'étya(iai jouent un grand rôle dans 
l'onomastique, cf. Bechtel, H. Personennamen, 10 avec 
'AyaxXér)?, 'Aya[i7)8r)ç, etc. ; cf. 'Aya[jié[xv<dv, 'Aya[iT)87j, 
etc., et les composés du type 'Aya(ii-(xév7)<;, etc. Voir 
encore âyatoç et àyauôç. 

Il est possible que àyavay.Téco appartienne à la v]i:}-\^f 
famille de mots (voir s.v.), douteux que àyàW.oij.:' . ei^ 
s'y rattachent autrement que par étymologie populaiit. 
'Ay^vojp ne s'y rattache certainement que par étymologie- 
populaire. 

Et.: Incertaine. Deux voies ont été tentées. Le plus 
souvent on a rapproché (xéya en posant 'nig-, mais l'aller- 
nance supposée n'est guère satisfaisante (cf. pourtant sous 
àXéûj). Schwyzer rapproche avest. aé-aojah « très fort =, 
voir Gr.Gr. 1, 433 ; Frisk s.v. àya- avec la bibliographie. 
Pour l'avest. voir J. Duchesne-Guillemin, Composés de 
l'Avesta, § 157. 

àyaGîs, -tSoç : f. « pelote de fil ». Noter le proverbe 
àyaGûv àyaGtSeç « des masses de bonnes choses » ; glosé 
aussi par oTQnafiCç (Hsch.), cf. Diosc. 3,39. 

Diminutif : àyaOCSiov. 



àyaBos 



— 6 — 



Et.: Incertaine. Aucune des étynudogiee proposées ne 
s'impose. Voir en dernier lieu : GroSelj, Ziva Ant. 2 (1952), 
65. 

àYaOôSt -^. -^ '■ (lacon. dfcyaoôç Ar. Lys. 1301 ; chypr. 
à^aOiç, Schwyzer 680, 4 ; cf. Lejeuoe, B.IS.L., 50, 1954, 
70 ; Masson, ICS, 54 et 248) « bon ». L'àdjeçUf est employé 
partout en grec ancien avec les sens les plus divers 
qu'implique cette notion. Aussi importerait-il d'en saisir 
la signiflcation originelle. De l'article du Le». Ep. il ressort 
pour Homère que l'emploi du mot est relativement 
restreint par rapport à ses synonymes plus ou moins 
proches èaOXâç, â(xû(i.tijv, etc. : 

1) Employé pour qualifier des personnes, des hommes, 
non des dieux, et rarement des femmes. N'a pas en principe 
de valeur morale (cf. toutefois déjà //. 9,341). Exprime 
les qualités viriles de force, d'efficacité (épithète 
d'Agamemnon, d'Achille, etc.) du héros, ce qui entraîne, 
mais par voie de conséquence, le sens de « courageux » 
et de et noble «. Proche de èo6X6ç (voir ce mot), s'oppose 
à xaxéç, SeiX6ç. Noter des expressions relatives à la 
force physique comme ^o'Jjv iyoQàç, pt7)v àyaGâç ; 

2) Employé avec des termes qui se rapportent à 
l'activité de l'homme 9pévei; àyaSat {II. 8,360, etc.), 
PouXal dryaOat (//. 2,273) et avec un sens plus matériel 
surtout dans ï'Odgssée Satx' iyaOrjv (Od. 15,507), en 
parlant d'îles {Od. 9,27, etc.) ; avec la négation, oùx 
àyaW) est une épithète de l'alStiç dans l'Od. et chez 
Hésiode ; 

3) Le neutre, déjà dans VIliade, s'emploie de façon 
assez générale : au sens de « convenable, avantageux, 
utile > dans des expressions comme àyaOà ippovéuv (cf. 
//. 6,162), ou comme àyaôév èori (cf. //. 2,204 ; 7,282, etc.) ; 
signifie « bonheur » par opposition à xaxèv « malheur » 
(cf. Od. 4,237). Un sens moral n'apparaît nettement que 
chez Thgn. 438 et se continue en attique : PI. Ap. 41d 
oûx êoTtv dtvSpl àyaOçi xaxèv oûSév. Enfin la valeur sociale 
déjà entrevue chez Homère prend une grande importance 
dans l'expression xaXôç xàyaOdç (voir s.v.). 

Au neutre dtyaBôv désigne le bien de façon générale, 
d'où des tours comme iyoS6v Jtoicîv, dcyaOèv TtpdtT-reiv ; 
au pluriel neutre, rà àyaôdt désigne les qualités d'un 
homme, mais également, et le plus souvent, ses biens, 
ses richesses. 

Le comparatif et le superlatif sont tirés d'autres thèmes : 
à(iEtvtùv, àpettùv, peXTttùv, xpetootov, Xtotcov ; péXTepoç, 
XcotTepoç, cpép-repoç ; écpiaxoç, péXTio-roç, xpànoToç, 
ÀcôioToç, péXTaTOç. 'AyaOtiTepoç et àyaOtùTaTOÇ appa- 
raissent aux environs de l'ère chrétienne. 

L'adverbe correspondant àyaOûç est rare (Hippocrate, 
Aristote) : l'adverbe usuel est e5. 

En composition àycSàç est rare (on emploie générale- 
ment tH). Seuls composés attestés assez anciennement 
iya!^oel^t; (PI.) ; àya6oepY6ç (Hdt., terme laconien), 
puis -oupyôi; ; iyaQoepyir) « belle action • (Hdt.), puis 
-oupyta ; ma*' dyaOoupyéco n'apparaît que dans le N.T. ; 
àyaôoçavTji; « bon en apparence » (Democr.). 

Autres composés, tous tardivement attestés : dcyoOoyovta, 
iya6oSai)xovéca, terme d'astrologie, àyaBoSaifjiovicrrat et 
-viaorat « buveurs qui ne boivent qu'à la santé de l'dtyaôéç 
8at|ic*v», àyaOoSÔTrjç, -Sooia, àyaOoepyaata, àyaOcOeXTiç, 
-6é3«ta, àyaOoTtotéç, -noita, -jrotéw, -icoiiQoiç. Les 



composés en 'AyaOo- et -^ecOoç tiennent une grande 
place dans l'onomastique. 

Peu de dérivés, et ils n'apparaissent guère qu'à l'époque 
hellénistique : dcyoôéTKjç « bonté », qui est devenu un 
terme de politesse dans le formulaire byzantin, &fa!d<ù<Tlm). 
Mais on a déjà dans une parodie, Epich. 99 rà àyaOucdc 
« ce qui est bon ». 

Verbes dënominatifs à partir de la Septante : àyaSétù 
« faire du bien à », d'où dcydcOcoixa ; àyadùvo « faire du bien, 
honorer, parer » d'où dcyàOuvaiç. 

L'adjectif àya66ç s'est trouvé en concurrence avec 
des termes de sens voisin, notamment ^Pl^^^ï « utile, 
bon » et xaX6ç qui l'a progressivement supplanté. En. 
grec moderne àyaOôç existe encore, mais c'est xoXdç 
qui est usuel au sens de < bon ». 

Et.: Controversée et incertaine. D'après l'analyse des 
emplois homériques il semble que le sens originel ait pu 
être quelque chose comme « fort, puissant ». On a cherché 
à rapprocher la famille germanique de got. gops, ail. 
gui, etc., grec x^aioç (glose). On a aussi pensé à skr. 
gddhga- « ce qui doit être tenu » (cf. en ce cas àyaOtç de 
'sm-ghadhi- mais on attendrait *dcxa9-, cf. dxa66v chez 
Hsch.). On a enfin songé à &ya- préfixe augmentatif, avec 
un suffixe -6oç (voir Frisk et Lex. Ep. s.v.). Aucune de ces 
hypothèses ne peut se démontrer. 

àyaio; : épithète d'un veau de sacrifice dans le règle- 
ment de la phratrie des Labyades (Schwyzer, 323). 

Et. : Sens et étymologie inconnus. A été rapproché, 
soit de âyci), soit ce qui est peut-être plus probable de la 
famille de àyav, àyafxai : c'est ce qu'indiquerait la tradition 
des grammairiens anciens : cf. dtyaïov • èTtîçOovov (Hsch.), 
et surtout les textes cités par Buck, Gr. Dialects, 245. 

aYaXXîs, -ISoc; : t. iris nain (?) ; c'est une des fleurs 
que cueille Perséphone au début de l'hymne à Déméter ; 
cf. àyaXXtç • ûàxivôoç ^ ÔpuocXXlç, ï) àvayocXXtç. Nie. 
fr. 74,31 a àyaXXidtç mais Soping corrige 'Iptç 8' èv 
^tÇTjoiv àyccXXiSt •fjS' ûaxtvOtp | alaoT^ npoaéoats, ce 
qui remet en question et la forme àyaXXiàç, -iSoç, et 
l'identification avec l'iris. De toute façon VagaUit est 
une des fleurs diverses que l'on appelait ùdoavdo^. 

Hésychius cite aussi àvayaXXtç • 7r6a Tti; ■ Xéyerai 
Se xal àppevix&ç ; le mot est attesté chez Dioscoride, etc., 
espèce de mouron. Cf. André, Lexique s.u. anagallis. 

Et. : Premier mot grec en -aXXiç. Est-il créé sur àyàX- 
Xo(i.at, ou est-il rapproché du verbe par étymologie popu- 
laire î Sur les noms de plantes en -otXXlç, voir R. Strômberg, 
Griech. Pflanzenn. 78. Cf. Lex. Ep. s.u. 

àyâWoiiai : « exulter, ressentir une joyeuse fierté 
de », seulement au présent moyen chez Homère ; surtout 
à propos d'armes, de chars de guerre, de vaisseaux de 
guerre, puis de façon plus générale chez les poètes et en 
prose. L'actif factitif àyàXXto « glorifier, exalter » se trouve 
chez Pindare et en attique avec un futur dcYaXû, un aoriste 
15yT)Xa. S'emploie notamment pour des dieux, cf. Ar. Th. 
128 SyaXXe ©oïêov. 

Substantifs dérivés: lïyotXfta • jrâv èç' & tiç àyàXXerai 
(Hsch.) ; attesté à partir d'Homère, parure, joyau (//. 4, 
144 à propos d'une bossette de mors) réservé aux rois; 
ou aux dieux à propos des offrandes, or, tissus ; le mot 
équivaut parfois à àvàftT)|m (cf. Wilamowitz ad Eur. 



-_ 7 — 



H.F. 51). A partir d'Hérodote et en attique, sUtue offerte 
à un dieu, qui le représente généralement et est adorée 
Isocrate 9,57 distingue les statues d'hommes eljc6veç de la 
sUtue de Zeus &-xaX^. Le mot a Hni par signifier . statue . 
en général ou même image, cf. Plat. ««p. 517d. Dérivés 
de «yaXfia : àvaXtià-nov diminutif, drcoaixoctCoK;, -ou beau 
comme une statue ; (JYoXfxaTt-njç • Xtôou x6XXa (Hsch 1 • 
dénominaUf &>[a>j^un(M. ' 

Composés àTocXfxaTOYXiiçoç, àrfiXitoLTonoiôç, -Ttotéu, 
-TToita ; àY«X(*<rfoupY6(;, -oopyta ; àyçiKiiaro<p6ptK -çopéo ; 
iYaX|iaTo<ptipaç ou àyo^ixatéçtop pilleur d'objets sacrés 
(Ehde, Schwyzer 424,13). 

Autres dérivés : àyaXaiç {E.M. 9,52); iyaXfjMSç • Xoi«op(a 
(Hsch.), glose qui, si elle n'est pas altérée, se rapporte 
probablement au dialecte de Tarente (cf. plus loin à^oiX- 
XiàÇw) ; àydUiioyAi . exulter, jubiler . est un substitut 
hellénistique de àyAXKopjxi {actif rare) d'après la catégorie 
des verbes en -tàu, par ex. iyumàta de sens opposé. 
Dérivés iyoXXtatxa, -taoïç. 

C'est à ce même thème que doivent se rattacher des 
gloses du parler de Tarente prises en mauvaise part au 
sens d'injure, injurier, etc. : <4Y<ïXXt(£^ei • Xot&opeïwt 
(H^h.); âyàXkwç ■ XoCSopoç (Hsch.); enfin àyoXXt- 
ÇeoOott • XoiSopeïoôat Topavrïvoi {E.M. 7,8). 

£«.: Le verbe àyàXXoiiai pourrait être le dénominatif 
dun 'àyoXoç (Schwyzer, Gr. Gr. 1,725), mais le mot n'est 
pas attesté. Un rapprochement avec la famille de dya-, 
Syaiiat pourrait s'appuyer sur la signification de saUs- 
faetion complète, d'abondance qu'impliquent les plus 
anciens mots du groupe; mais c'est une possibilité, et 
elle n'est supportée par aucune démonstration. On pourrait 
aussi songer au groupe d'iyXaéi;. 

ÔYâÂoxov, -ou : n. . bois d'aigle » Aquilaria malaccensis, 
utilisé en médecine, bois d'aloès amer (Dsc). 

Emprunt probable à une langue orientale (Schrader- 
Nehring, ReaU. 1, 39 sqq.) 

ayciF^citi oyav, voir sous «ya-. 

àYovoicT€w : « s'indigner, se révolter, être irrité ., 
employé parfois dans un sens physique, cf. Hp. Liqu. 2 
rapproché de X,itii, mais en parlant de l'âme PI. Phdr. 251 c. 
Terme expressif, propre à la prose attique (2 ex. chez 
Ar. Guipes 287, Gren. 1006, qui garantissent que le second 
a est bref). Ignoré d'Hérodote, des poètes, mais bien 
connu dans la langue hellénistique et postérieure. 

Composés : Ttpoo-, ûjrep-, ouv-, Si-. 

Dérivés nominaux dyavax-ngTéç (PI.) ; -t)tix6ç (PI.) ; 
iyavaxTtKdç ; àyavàx-njOTç . irritation . au sens physique 
ou moral (Th., PI.). 

El.: non établie, ce qui ne surprend pas pour un mot 
expressif de ce genre, qui a été créé en grec même. 

Frisk (Eranos 50, 1952, 8-13) suppose une formation 
expressive en -axréto (comme ûXaxréto à côté de ûXâco et 
de plusieurs formations à gutturales, ÛXdtaocù, etc.) ; il 
pose dyaviû) (cf. àydtvTjfiat • dcoxâXXw, àyavaxTÛ Hsch.) 
qui serait finalement un dérivé de Sya!"". La combinaison 
est compliquée, et entre *àYav(£tû et àyavaxTéw, il n'y a 
pas le relais du thème en gutturale du type ûXiooco. 

On a aussi supposé sur le modèle de irXeovéx-rïjç 
lAtovexTétù, qui sont tirés de reXéov et îytù, un *ifaethtXT^, 



i.yé,triua 

♦dYavdx-njç, par aMimilaUon des voyelles et *vw»«WTéci 
de «Y«v et «x» : 1« composé ngniflemit . «i w^t troi». «â 
avoir par-dessus la tête . (F. MuUer, Grt«faeft iyo»W«î*«ik 



^avovos, -Tj, -dv : (Hom. Pi, Saph. et Ar. p.r parodie) 
«doux, aimable . se dit chez Homère de parole., des traite 
d Artémis ou d'Apollon qui donnent une mort douce et 
rapide (U 24 et 0<f.^. Comp. iY«v<i«po«. sup. -à^^oç. 

Composés : iyaviçptw, -^pw^; composés relaUfe 
aux yeux : AYavoeXiçopoç (Ibycus), *Y«v<Sn(*aT0ç (lyrique) 
<lY«v<omç (Marcell. Sid.). En outre èjcaYiv«a<«ç, cf. Et 
^ Et.: Formellement ce pourrait être un adjecUt en 

-no de «yai^ai. mais c'est impossible pour le sens Le 
rapprochement avec yi^voç est plus satisfaisant pour le 
sens, mais il faudrait expliquer l'« initial, et on attendrait 
plutôt un thème en «. On observe surtout que è^tayàvcoaiç 
dans une inscription du Ptoion (/G Vil, 4149) est dit 
du polissage des sUtues, ce qui semblerait trancher en 
faveur du rapprochement avec y^voç, etc. 

àYoïrâw et àYairà^w : chez Homère le présent usuel 
est iYaTTàÇw (actif ou moyen) ; «Yairio seulement en 
Od 21,289 et àyàirt^aa. en Od. 23,214. Au contraire le 
thème usuel en ionien-attique est dcYaTcd». 

Sens : . accueillir avec affection ., notamment en pariant 
d'un enfant, d'un hôte. Devient assez proche de çiXéto 
mais plus expressif. Avec un objet désignant une chose' 
aimer, désirer (des richesses, etc.) : sens non homérique' 
Dans LXX et N.T. se dit de l'amour de Dieu pour l'homme 
et de l'homme pour Dieu (cf. plus loin dcyàin)). 

Dans une direcUOn différente, avec le participe ou 
l'mfinitif, «se contenter de > (ionlen-atUque, un seul ex 
hom. Od. 21,289). 

Composés avec à^^i-, àrc-, &t-, xar-, 7«pi-, ouy>««t-, 

OUV-, ÔTT-, ÙTtep-. 

Adj. verb. dYonnjTéç «chéri», épithète chez Hom. 
d'Astyanax et de Télémaque; également en attique où 
on observe le sens de désirable, ou, dont on doit se 
contenter. Dans la koiné, cher, terme de politesse. Adv. 
àYajCTjTÛç, mais parfois sur le part, présent iYattivroiç. 
^ Composé hom. iyaTr^vcap, composé de dépendanc de 
aYa7tà- + âvop- (voir àw^p). Le contexte ne permet pas 
de préciser le sens. Ce doit être qui accueille bien, qui choie 
les héros (Mazon traduit courtois). Mais a dû déjà être 
compris dans l'antiquité dtYareûvTa -rijv dtvSpetav (voir 
Lex. Ep. avec la bibliographie) ; a fourni aussi un nom 
propre. 

Dérivés tardifs iyéjrruict, -ijaiç, -7jo(x6ç, -r)Ttx6<;. 

Dérivé inverse : àrfimi . amour ., et dans le vocabulaire 
chrétien « charité . = lat. earitàs. Noter l'emploi au sens 
de repas en commun des chrétiens, d'où fr. agape. Le mot 
est tiré du verbe et n'apparaît qu'un peu avant l'ère 
chrétienne, mais tous les emplois ne sont pas issus de la 
LXX et du N.T. (cf. Ceresa-Gastaldo, Riv. Fil., cl. 1953 
347-356 ; Georgacas, Gl. 36, 1957, 105). 'Ayivrn «t à-mn& 
subsistent en grec moderne. 

Et. : Inconnue. Il faut partir de iyanit^a et iyanàtù. 
Un rapprochement avec àya- n'est pas satisfaisant pour 
le sens et ne rend pas compte du n. 

Voir Frisk et Lex. Ep. avec la Mbliographie. 



— 8 — 



àyoputév : n. nom de divers cbamirignons (Dsc.), 
fr agwrie. voir J. André, Inique ».u. agaricum. 

Et ■ Probablement formé, avec le suffixe catégorisant 
-«6ç sur le nom de pays 'Aropta, en Sarmalie comme 
l'indique Dioscoride lui-même, cf. Strômberg, Pflanzm- 
namen, 122. 

àvoaoXXis, -tSoç : f. plante qui produit rà(X(itDVtax6v, 
Ferula marmarica, cf. aussi André, Lexique, s.u. agasglUs. 

àvauic : .admirable, noble» (Hom., Pi., ^sch. 
Perl 986, poètes tardifs) ne se dit chez Hom. que de rois 
de héros, parfois de peuples, etc. L'emploi pour un objet 
n'apparaît que dans les Hymnes Hom. 

El ■ Le rapport avec «raflai est certain, mais mal 
préciVé. selon Schwyzer, IF 30, 1912, 430-434 de*ar«/oç 
avec vocalisation éolienne. Selon Pisam, Lex. Ep., de 
♦àyaCT^oç issu de àydca-aaoôai. 

àvaopôs, -à, -6v : « «er, orgueilleux .. Épithète d'un 
Uureau (Hés. Th. 832). Superl. &ya.xjp6xix.xa. Hdt. 7, 
57 pour caractériser l'expédiUon de Xerxès. En ionien 
euphémisme pour désigner un mendiant selon Suid. et 
E.M. 6, 30. 

Verbe dérivé : àyaupiocw « être insolent ., LXX, avec le 

dérivé àyocuptaiia. 

El ■ Doublet de yaûpoç (voir ce mot). L'a initial pourrait 
être une prothèse, ou plus probablement le résultat d une 
contamination avec «yauéç, les deux groupes de mots 
avant fini par avoir des sens assez voisins. Les notions de 
noble, et fier, orgueilleux sont exposées à se confondre. 
Cf. Lex. Ep. s.u. avec la bibliographie. 

âwapos, -oo m. : courrier à cheval qui porte les 
dép^es royales en Perse par relais (voir description 
Hdt. 8, 98), X. Theopomp. ; iicYT=tP°^ '^P " courrier, 
signal de feu . (.Esch., Ag. 282). 

Dérivés : àvcapifioç = ^YTapoc P-^- Hdt. 3 126 
àYYap-^iov institution des «nr«PO'' (^dt. 8, 9») , ci. 
Bostowzew, Klio 6, 1906, 249-258. 

Cette famille de mots s'est développée en grec hellé- 
nistique pour désigner la réquisition de travail : àYr«P°Ç 
est un terme injurieux chez Mén. Fr. 186 389 (ou le second 
a semble long); v. dénom. &rr<^pcu<^ {Uén. Ev. Malt., 
pap., inscriptions) réquisitionner pour un travail une 
corv^ ; àrrapeta (pap., inscr., cf. Épict. IV, 1, 79), employé 
pour désigner le curam publicus (Dittenberger, S.LG., 
880) ; &rf<=^pso-zii<; (pap. vi« s.) ; àrrapix6ç (pap.). 

Un doublet a été constitué sous l'innuence des composés 

avec è^ : èrrapoito, déjà avant l'ère chrétienne [Pap. 

Tebl. 5,182), -écû -ta. Voir s.v. trfo-po^'^^- 

Le grec moderne a encore èrf^ptia «corvée», etc. 

Le lat. a emprunté angariu», angaria, angariô, -as 

(angarizô). 

El ■ L'emprunt à une langue de l'Orient, p.-ê. iranienne, 
est très probable, mais un modèle précis est inconnu ; en 
tout cas l'aickad. agru • hired man » est à écartej pour 
diverses raisons. Voir W. Eilers, Indo-Iran. Journ. 5, 1962, 
225 ; H. Happ, &. 40, 1962, 201. 



&YY«Xos, -ou : m. «messager. (Hom. où le mot se 
dit souvent d«8 messagers des dieux, notamment d'Iris, 
ion.-att., etc.), «ange» (LXX, N.T.), d'où l'emploi dans 
la philosophie tardive pour des êtres semi-divins. Attesté 
en mycénien, sous la forme akero, mais akera^e n'est pas 
sûrement à-yystlwxvTsç (Chadwick-Baumbach, Gl. 41, 

1963, 166). , , , , 

Composés : «JieuSàrreXoç (Hom.), aurà-nreXoç «qui 
annonce lui-même» (S., Th.), dtirft^oç «qui apporte 
une bonne nouvelle » (.flEsch.) d'où eùrrc^Xio^f (Hom., etc.), 
devenu le nom de l'Évangile, la bonne nouvelle; euay- 
veXt^oixat (Ar., etc.), evMX-n^«rrf)ç (tardif); x.a^ér(foç 
(iEsch.), avec -é«, -ta (tardifs). Avec préverbes è^., 
jtpo-, û:t-- Mais suffixe en -eùç, eloaneXeiiç «huissier 
qui annonce » (Hdt., etc.), xaT-. 

Dérivé : àryeXta « message » (Hom., Th., etc.) ; 4rre>^lTiç 
m. «messager. (//. 11,140, 13,252, 15,640), né d'une 
fausse interprétation de II. 3,206 (M. Leumann, Hom.W. 
168 sqq. et Lex. Ep. s.u.) ; d'où p.-ê. àrC^U-ri « messagère . 
Hés Th. 781, mais il y a une variante àrïeXlïlv 
. message ». De àyreXta sont issus des composés ànfsXia- 
<p6poç; (Hdt.), -çopico (tardif), et au second tarme notam- 
ment elaarr='^ta eisangelie, accusaUon avec procédure 
d'urgence que tout citoyen pouvait porter ; et des dérivés : 
àYYeXKÔTTiç, f. -Tiç « messager » (poétique et rare). 

Adj. dérivé de «YveXoç : àyYeXtxàç (tardif), dans les 
• textes chrétiens « angélique ». 

Verbe dénominatif àrf^XXcû «annoncer, transmettre 
un message ou un ordre » (Hom., ion.-att., eta.). Nom- 
breuses formes à préverbes : à:r- (plus fréquent que le 
simple en attique) ; en outre àv- àvrt-, Sia-, slo-, è^-, 
hn-, xar-, Ttapa-, Ttcpi- 7.po- Ttpoa-. Avec un double 
préverbe, surtout en grec tardif, Trpoaît-, Ttpoe^-, npoen-, 
rrpoxaT-, TcpoTTap-, TcpoaaTt-, ou|i7îap-, etc. , ,..,,^ 

•AvveXta fonctionne comme nom d'acUon de àyr"*» 
et de ses composés; on a toutefois créé &r(f^ 
(E., Th., etc.) et ses composés, npoirC^'KoiJ; (Th.) et 
quelques autres composés. ^ ,ou„,„ 

Noms d'agent rares (on a âtrreXoç) : àTcoYreX-nrjp (Phryn. 
trag., AP), èKOiT(^AP (S.I.G. 558) ; avec p.-ê. f. àn^X- 
Tïipa (Orph. H. 78,3). En outre xaTaYYéXTT)? (Glossj. 
L'adjectif verbal -a-n^TÔç figure dans des composés, 
notamment aÙTeTtàrveX-roç de soi-même, spontané, veir 
veXTOC nouvellement annoncé, .Esch., ete. 

De cet adjectif ont été tirés à date assez basse des 
dérivés en -Ttx6ç : àrreXTtxàç, èTtaYYe'^'~"^«' ®^- 

Le mot &rreXo<; au sens d'ange est passé en laUn sous 
la forme angélus et est ainsi devenu un terme européen 
fr. ange, angl. angel, ail. Engel. Bon exemple de 1 influence 
du christianisme sur le vocabulaire. 

Le grec moderne a encore «rire^oÇ. àyT^Aû), etc. 
Et • Le rapprochement avec skr. àftgiras- est univer- 
sellement abandonné. On suppose (cf. le cas d'SïW»?) 
que le mot est un emprunt à l'Orient, sans pouvoir préciser 
davantage. 

âwos -ouç : p. Terme général pour désigner un 
récipient qui peut contenir des liquides, du lait, du vin, 
des produits sL, etc. La forme, la dimension l'utihsaUon 
de l'Objet sont diverses. Peut désigner un berceau, une 
urne funéraire, eta. - Attesta en mycémen (cf. Chadwick- 
Baumbach 166, pi. n. akeat). 



— 9 — 



aycipu 



Composés tardifs : iyyoô^xij (Alh.) ; àyyonrf^la. • ta. tûv 
(leXuroûv )C7)pia (Hsch.). 

Dérivés : irfytîai, de s«iM également général {cf. PI. 
Pli. 287 e) ; peut s'employer de diverses parties du corps, 
notamment des veines. Ce dérivé s'est peu à peu substitué 
à &YT°( (chez Hdt. la graphie db^r^tov dans un dérivé de 
thème en s surprend). 

Dérivés de dy^elov : àyretStov, àYYewiSTjç. 

Composés dans le vocabulaire médical ÂYYetoXoYéco, 
ifftioiXxrflx, dbfifetOTOfxia. 

On a un verbe dénominaUf xaTaYY^^<<> * verser dans un 
vase». 

Et.: Inconnue. Le sens très général du terme et sa 
structure de thème en s autoriseraient à chercher une 
étymologie indo-européenne, mais laquelle 7 D'autre part 
les termes désignant des contenants sont volontiers 
empruntés. 

âyYoupa ' ^Ç oraçuX:^ (Hsch.). Grec tardif probable- 
ment. On rapproche gr. m. ^Ycapoi;, étyoupoç «vert, pas 
mûr, jeune >, àyouplSa • raisin vert >, etc., issus de £o>poi; 
avec un y spirant de transition. La nasalisation (expres- 
sive 1) se retrouve dans gr. m. crétois &-(yo\ipoz, « jeune, 
jeune homme », if^oupl « cornichon », cf. Kretschmer, 
Gl. 20, 1932, 239 sqq. Sur àYYOupoÇ • gâteau », v. s.u. 
foûpoç. 

àyeipu : éol. iyippoi, fut. iytpSi, aor. I^Y^ipa. etc-. 
présent en '-yej-yo-, sur un thème ày^p- « rassembler », 
d'où parfois « quêter » (Hom., ion.-att., etc.) ; le mot 
semble exister en mycén. au prés, et p.-ê. à l'aoriste, v. 
Chadwick-Baumbach, 166. 

Composés avec les préverbes àv-, dcvr-, eto-, èv-, 
ht-, OUV-. 

La langue épique a créé un doublet au moyen d'un 
morphème -6- qui marque l'aboutissement du procès 
(Chantraine, Gr. H. 1, 328), fjYepéOovro, -Ôovrai. Un 
seul exemple du présent TjyepéOovrai (//. 3,231), avec 
l'inflnltif ijyeplQeoQoLi, leçon d'Aristarque en //. 10,127, 
où I'y) est pris à l'imparfait pour des raisons métriques 
(Schulze, Q. Ep. 149, Wackemagel, Dehnungsgeseiz 38, 
Chantraine, Gr. H. 1,98). 

Les dérivés anciens comportent des alternances voca- 
liques. Vocalisme o dans fiyopoç et àyopà « assemblée du 
peuple, place de l'assemblée », etc. (voir s.v. àyopdc), qui 
s'est développé indépendamment et a donné naissance 
à de nombreux dérivés. 

Le vocalisme zéro est très bien attesté sous la forme 
àyop- (pour ce traitement, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,351, 
Lejeune, Phonétique 169) : lÏYupii; « assemblée » (Hom.) se 
dit de personnes ou de choses. Composés : ô(i:^piç (Hom.) 
avec le dénom. ô(X7)Yup£Co(""> l'adj. ôfjtâyup'i^ç (Pi.) ; et 
surtout 7ta\r^7Dpiç « assemblée, réunion » notamment 
pour une fête, des jeux, etc. (ion., att., etc.), d'où Tcavuryu- 
pix6ç (Xôyoç «av7)Yuptx6ç discours prononcé dans une 
fête de tous les Grecs), roxvi)-)fup£Çt«>, -a(x6ç, -cr-n^ç (ces 
mots subsistent en grec moderne). 

Le vocalisme zéro sous d'autres aspects se trouve dans 
diverses formes parallèles à àyupiç : il y a probablement 
u n suffixe -atç (i.-e. *-ii-) dans ion. fiyoppiç « rencontre » 
(/G XIV, 759 Naples) ; dcyoppiÇ ' iiYop(£. Sepoimç (Hsch.) 



qui doit être le même mot que £y«PPK <ivec un traitemsiit 
éolien ou arcadlen de la sonante. L'arcadien a, «n toat 
cas, avec ce traitement (et le maintien de -po-) le «ompoaë 
TcavdcYopat;, avec le dérivé mxvecYâpotO)* ^nom de moto) ; 
en outre, avec un sufilxe différent, navOYopia (S^wyier 
657). 

Le thème dcyup- figure également dans un enswnble 
de termes qui ont pris une orientation toute JilTérente : 
dcyùp'nr); « mendiant >, d'où « vagabond • (tragiques et 
PI.) avec les dénominatifs àyupTdcî^u \0d. 19,284 hapax) 
et ÂY^pTetko (tardif) d'où àYupreia ; l'a^j. dcyupmxéç 
(tardif) ; d'autre part 4-jvpT^p (tardif), mais ày'ipTpia 

< mendiante > figure déjà chez £sch. Ag. 1273 ; écY^p(i.a 
et àYup(xéç sont tardifs. 

Les dérivés à vocalisme e, plus étroitement associés 
au verbe, sont en principe secondaires et plus tardifs : 
âvepoi; (à opposer pour la forme à irfo^pvi, Âyoppu;) 

< rassemblement, concentration d'une armée » (Hdt.) ; «= 
7ta\r^ptç (SIG* 660, Milet) ; 4Y«p(i6ç « rassemble- 
ment >, mais aussi « quête », < collecte > (Halicarnasse, 
Aristote, etc.) ; àYep(ioo\iv») (Opp.) ; dor. ày^protç (/G 
XIV, 423) • encaisseur ». 

Composés hom. ôpLrjyepi^; (thème en s) et veçeXTjYcpéra, 
CTTepomjYepéra (cf. Chantraine, Gr. H. 1,199). 

Composé du type Tep^itfiêpOToç (cf. s.v.) : àfepoixtiêYjXiç 
« prêtre mendiant » (Cratin. 62), de àyepai- et xtiSijXit 
«hache, couteau», mais aussi allusion à la déesse Ku6éX7] 
et son adjectif dérivé KuSeXi; ; création comique. 

11 existe enfin une série de formes du type -aYpé-nrjç 
que leur sens engage à rapporter à la famille de àye^u. 
Les exemples les plus clairs sont des composés : i-KKa.ypixa.i 
« chef des hippeis à Sparte > (X., etc.), les chefs étant 
considérés comme des rassembleurs ; xoXoxpérai (par 
assimilation pour *x(oXaYpéTai) fonctionnaires financiers 
à Athènes probablement chargés à l'origine de rassembler 
les cuisses des victimes ; il existe enfin dans un fragment 
tragique un composé (laÇayp^Taç. Le simple deyp^'*? 
est attesté en Crète [BCH 1946, 588 sqq., n» 2) et semble 
désigner un héraut ; àYpé-njç au sens de « chef » semble 
attesté iEsch. Pers. 1002 (cf. Chantraine, Études, 51-53). 
Rappelons enfin le laconien dcYperetSoavra (IG V, 1,1346), 
qui semble indiquer qu'un fonctionnaire aurait porté le 
titre d'iypéTaç. Enfin Hsch. fournit la glose àypen^tiaTa • 
rà dcyopeuâiieva (dcYpeuéfxeva corr. Latte) tôv 7cap6évav. 

Ces diverses formes dont certaines sont peu claires 
ont conduit à poser un rapport entre la famille de dcyetpto 
et celle de àypéco. 

El.: Généralement rapproché de yépYcpa " noXKà 
(Hsch.) et yàpyapa «foule». Reste l'a initial à justifier : 

1) On peut y voir une prothèse, ce qui est une simple 
constatation sans explication ; 

2) On a supposé que Va.- initial serait un ofpAa iOpoto- 
Tixév, qui pourrait reposer soit sur 'trç- avec psilose, 
soit même sur iv- au vocalisme zéro (cf. Solmsen, Beiirûge 
16 sqq., H. Seller, KZ 75, 1957, 2). En ce cas un rapproche- 
ment avec dcYpé<a ne serait pas exclu (voir Schwyzer, 
Gr. Gr. I, 433, rem. 5 et 727, rem. 1, etc.) ; 

3) Ce rapprochement pourrait être tait en évoquant 
sur le plan de l'i.-e. la racine 'a^eg- de lierai et en posant 
'a^g-r- dans SyP». *•• *»ff-er- dans àyelpa (avec vocalisme 
initial aboutissant à dy-) ; vocalisme régulier dans yép- 
yepa - TcoXXi. Simple hypothèse. 



àycAt) 



— 10 — 



àyéAT), -Tjç : î- « troupeau de gros bétail », vaches (cf. 
//. 11,678), plus rarement chevaux (cf. //. 19,281), que 
l'on mène à la pâture. Le mot a subsisté dans le vocabulaire 
littéraire, en poésie et s'est dit de n'importe quel troupeau, 
cf. Hés. Boucl. 168(8anglier8sauvagesetlions), S. .Aj. 168 
(oiseaux), Pi. fr. 112 (jeunes flUes), etc., PI. Bép. 451c 
à propos de gardiens du troupeau dans sa république. 
DaHS le monde dorien, àyéXa désigne des troupes de 
jeunes gens à Sparte et en Crète. Enfin le vocabulaire 
astrologique utilise àvéXt) (et SrfsKoç). 

Dérivés : adv. àYeXY]86v, -TjSdt, -rfie\> « en troupe » 
(Hom., Hdt., etc.). 

Adj. dyeXaîoç « qui appfl^tient au troupeau », attesté 
depuis Homère (cf. II. iï,7p(> poûv àftXxbiM) ; noter 
aussi àyeXaïai à propos ciiBS JtiAents d'élevage qui restent 
ira vert chez X. £9. 5,8. Emploi figuré au sens de commun, 
PI. Pol. 264 d, etc. 'Ayé'kaïaç désigne en Crète les membres 
d'une àyéXa (Buck, Gr.Bictlects, n» 121). Dérivé dc^eXaitiv 
« pâture » chez Suid. Composés avec àye'kcâoi; comme 
premier terme : àyeXaioTpéçoç, -Tpoçta, -Tpoçtxôç (cf. 
PI. Pol. 261e, 2676), àreXaioxo^ixéç (PI. Pol. 275e). 

Autres dérivés : dcyeXàTâç, en pays dorien, « chef » ou 
parfois « membre d'une (4yé>.â de garçons ». A date plus 
ou moins tardive : àveXâÇofiat « se rassembler » (Arist.), 
àyéXaajxa, à^eXacrixôç ; âyeXixéç, dtYeXt^to, àyeXianài; ; 
enfin on lit chez Numen. un féminin poétique et artificiel 
de dcYeXaïoç, àyeXTjtç. 

Quelques composés tardifs avec àyekri comme premier 
terme : dtYeXâpX'^Ç (Luc, Plu.), -ta, -ix6ç, -éco, iyzXti- 
Tpéçoç (Poil.). 

En grec moderne : iyeXâSa « vache ». 

El. : Dérivé de àyto, comme le confirme le sens originel, 
précis et technique. Terme pastoral. Un suffixe en / se 
retrouve dans lat. agilis, skr. ajirà- qui sont loin pour le 
sens, mais aussi dans la glose latine agolum: pastorale 
baculum quo peeudes aguntur. 

àyépuxos, -ov : « fier, noble », chez Homère presque 
uniquement au pluriel, et en parlant de peuples qui 
appartiennent à l'armée troyenne (p.-ê. par hasard) ; 
quelquefois employé par Pi. pour qualifier des actes ou 
des objets. Archiloque le premier emploie le mot en 
mauvaise part; le mot disparaît en prose attique, mais 
reparaît en g^ tardif (LXX, etc.). 

Dérivé : àyçpwxîa Plb. 

Ce groupe de mots survit en grec moderne au sens 
d' « arrogant, etc. » : il donne un exemple de termes très 
anciens, qui semblent disparS(ttlE^ en gî»c classique puis 
reprennent vie. 

EL: Incertaine. La moins mauvaise explication est 
celle de Schwvzer, Gl. 12,9 et Gr. Gr. 1, 218, Rem. 1 : 
composé de répoç et ëx^w (Hom., etc.) avec un a initial 
copulatif. On a cité lacon. yeptox'œ i^'- ^0^- ^^0'' ""'^ 
voir Eous Yépwv. 

àycrpta, voir s.u. écypa. 

âyT), voir u^œ-. 

àYTJvwp, -opoç : dor. àyxi<ù^, adj. s'emploie surtout 
chez Homère avec 60(161;, mais parfois en parlant de 
héros; deux fois épithète d'Achille (II. 9,398 et 699); 
dans VOdgssie, épithète des prétendante. La structure 



du composé (cf. El.) conduit à attribuer au terme le sens 
de meneur d'hommes, donc courageux ; le sens défavorable 
d'arrogant apparaît deux fois dans Vil. (2,276, 9,699) 
et est bien assuré dans VOd. par l'emploi du mot pour 
les prétendante ; cf. aussi Hés. Th. 641, Tr. 7. Attesté 
en parlant des Sept contre Thèbes, ^scb. Sept. 124 ; 
enfin au sens vague de magnifique, qualifiant des objets 
chez Pi. — A fourni un nom propre "A-jTfjvwp. 

Dérivés : àYTjvopla « vaillance excessive, orgueil » 
(Hom.) ; iyâMpcioi; = àyVjvcap {.flEsch. Ptrs. 1026) est 
généralement corrigé en àyav âpeioç ; dénom. drpQvopéw 
(Nonnos). 

Et.: Composé d'un thème verbal àyt- (cf. 'Ayé-Xâeç) 
et de àw)p (avec allongement de la l'" syl). du sec. terme 
et voc. 0), même type que àyaTnfjvtop ; a été ensuite analysé 
par étym. pop. en écyâv et àv»)? (cf. eÙYjvwp etc.). Cette 
évolution s'observe déjà chez Hom. et a influé sur l'évol. 
semant, du mot (les deux sens de courageux et d'arrogant 
sont attestés, pour Achille). Voir Risch, IF 59, 1949, 
39 sqq. Interprétation différente moins vraisemblable, 
de àyafjiai et àW)p « admiré des guerriers », de Sommer, 
IF 55, 1937, 193, Nominalkomposita 169. Écarter l'expli- 
cation de Kuiper, Med. Ak. Wef. Nederland, 14,5 (1951) 
207. 

dyilpaTov, -ou : n. nom de plante « Origanum 
pnites » (?) selon certains (Diosc). Selon J. André, Lexique 
S.u. ageraton «Achillée agglomérée» (Achillea ageratum). 

Et. : Proprement « qui ne vieillit pas » cf. -y^paç, yTjpâaxtù. 
Développements sémantiques parallèles chez Strômberg, 
Pflanzennamen 103. 

àvnpaTOSi -ou : m. pierre employée par les cordonniers 
pour donner du poli aux chaussures de femmes (Gai.). 

Et.: Le rapport avec y^paç, yTjpàcrxco est difficile à 
saisir : « qui empêche de vieillir » ou « qui ne s'use pas ». 
A moins que le rapport avec y^potç ne soit qu'une étymo- 
logie populaire. 

'AYiIffîAâs, voir -îjYéojxai. 

âyioS) voir fiÇofiat. 

àvK- : Thème qui figure dans un grand nombre de 
formes nominales qui se rapportent toutes, mais dé façon 
variée, à la notion de courbure. 

1) écyxoç, -ouç n. «vallée profonde dans la montagne», 
notamment, chez Hom. comme lieu de pâture, employé 
au pluriel. Rares exemples après Hom., Hdt., E. Bacch. 
1051. Composés poét. : paÔuayxi^ç, eôayx:/)? ; ^luyyiywta 
. confluent de vallées » (//. 4,453, PI.), avec le thème de 
présent (iiiry-, cf. Sommer, Nominalkomp. 174 sqq.), 
eùàyxeia qui sont dérivés de thèmes en s. 

"Ayxoç a un correspondant exact dans skr. ânkas- ; 

2) Nombreux dérivés en / : àyxiiXri t., généralement 
attesté au pluriel, bras ouverts qui embrassent (Archil., 
Hdt., poètes) ; signifie dans les pap. « brassée, botte, 
gerbe ». Dérivés : àyxaXtç t., au plur. àyjcoXtS»;, préféré 
dans l'épopée ; d'où le dénominatif <iYxaXtÇo|iai « prendre 
dans ses bras » (Semon., A.P.) ; d'où irfx£Kiaya. (Tim. 
Pen. 91) ; àYxaXiaftà; «mise en gerbes* (pap.) ; doublet 



11 — 



de èpuOk, irfxamr, {Stud. Pontica 3,6) ; composés 
àYx<xXt8Y)(p6poç, àir>caXi8aYWY"k, -éco « porteur de 
gerbes., etc. (Gloss.). Enfin àyxdcXT) a un doublet fiyxaXoç 
ou -ov « brassée » {Hymne à Herm. 82) ; 

3) Dérivés en -uXoç, -liXi) : àYXÛXoç « courbé . (Hom.) 
épithète notamment de l'arc; d'où àyxilXXw (Aret.), le 
factitif àyxuXéu (com.) ; -«(xa, -coaiç, -otôç. Premier 
terme de composé dans ày^uXiToÇoç épithète hom. 
d'Apollon ; àYxuXoxetX-rjç, -ou « à la lèvre, au bec recourbé . 
épithète hom. d'oiseaux de proie, mais on s'étonne pour 
un composé de xeïXoç de ne pas avoir dans l'adjectif 
le thème en s attendu ; aussi a-t-on préféré souvent la 
variante faiblement attestée àvxuXox-»)Xï)ç «aux serres 
recourbées », cf. Ar. Cm. 204 (voir Lex. Ep. s.u. avec la 
bibliographie, en outre Shipp, Studies in the Language 
ofHomer 46) ; àyKuXofiTg-njç (Hom.) est également discuté : 
la traduction traditionnelle est « à l'esprit retors » (cf. le 
doublet postérieur àyxuXdfniTiç et le subst. [jl^tiç), mais 
la structure du composé surprend, et il est possible que 
àY)cuXo[iT)-niç signiHe originellement « à la faux recourbée » 
et se rapporte au mythe de Cronos et Ouranos (cf. Lex. 
Ep. s.u. et Nilsson, Gesch. Gr. Fiel. 1,483) il faut rapprocher 
en ce cas la base 'mê- de v. h. a. mâen, cf. aussi àjidcco). 
Autres composés tardifs et techniques : à-ptuXoêXéçapov, 
-yXcùaTOv, -xûiXoç, etc. 

A côté de l'adj. déy^ôXoç, subst. fém. à-ptiiXT) (B., Hp,, 
E., S.) qui a pris des sens très divers : « bandage, nœud, 
courroie d'une javeline, d'une sandale, crochet », etc. 
D'où à-pcuXéoixai, -yjréç, dyxiiXiov, -tç, -tÇtù, -CStùToç. 
Composé àfnvXé^iSs-coç » pourvu de courroies », épithète 
de la javeline (Tim. Pers. 23). 

La glose d'Hsch. dtyxXov est isolée, donc suspecte. 

Pour cette série de mots, cf. v. h. a. angul 
« hameçon », v. norr. 61 « courroie », p.-ê. skr. afikura- 
' jeune pousse ». 

4) Dérivé avec un suffixe en r : fiyxûpa f. « ancre » qui 
comporte, combiné avec le suffixe r, un suffixe '-yàj-yâ 
(Alcée, etc.) terme courant. Epich. emploie le mot pour 
désigner le pénis. D'où àYXÛpiov, àpcupcoTÔç, àyxupf-njç 
nom d'une pierre (Redard, Noms grecs en -ttjç, 51), 
àyxuptç nom de plante (Hsch.). Le dénominatif àyxuptÇw 
(Com. Ane.) signifie « faire un croche-pied ». Rares 
composés techniques et tardivement attestés : -poXéw, 
-j36Xwv, -Ei8:f)i;, -(x-:qXï) chez les médecins « sonde recour- 
bée . ; èv (iYxupovx'aiç (cf. ëx") chez .«Isch. Suppl. 766 
hapax, > au nMNullage ». 

Pourrait être rafprocbé de skr. ankura-, cf. aprte 
àYXiiXo;. 
Lat. ancora est un emprunt au grec. 

5) Dérivés en n : dtyxtiv, -ôvoç m. « courbure du bras, 
coude, bras, coin . (cf. //. 16,702 JLpctbv Tetxeoç), coude 
d'une rivière, bras d'un fauteuil, etc. (ion.-att., etc.). 

Dérivés rares et tardifs : -[J^tj et -tar(i6ç, sur IÇayxaivf^tù, 
terme relatif à la lutte, v. Lendle, Hermès 1957, 494 ; 
diminutifs : à-ptciviov, -tdxoç, -(oxiov ; il a été créé un 
féminin lirptotvat (Hom., poètes) «bras», parfois terme 
tecbn. ( drisse ». 

Composé probable èTnjyxevtSEÇ, voir s.u. 

Le subst. àyxûv où le vocalisme û est généralisé a pu 
présenter à l'origine des alternances vocaliques. C'est ainsi 
que s'explique le dat. pi. iyxâai, (vocalisme zéro de la 
prédés.) attesté tardivement (cf. Opp. H. 2,315, A.P. 
12,200). Or ce daUf est à l'origine de l'adv. àyxia' ou 



ôyÂttôs 

àYxàç «dans les bras, normalement employé devant 
voyelle chez Hom. {//. 5,371, 14,346, etc.) ; mais en II. 
23,711 létymologie n'est plus comprise, le mot étant 
devant consonne, et le térœç gauchement employé à côté 
de xepat ; l'adverbe Ayniç est repris par les Alexandrins 
Cî.Lex. Ep. s.u. D'iyxdç a été tiré le dénominatif (tpairoLuxi 
. prendre dans ses br*s . (U. 17,722 et Nonn.). La glo^e 
d'Hsch. iyxi,; • àyxàXaç résulte d'Une fausse inteipréUUon 
de l'adv. à-pcàç, cf. les scholiès citées Lex. Ep. s.u. 

Sur dyxàç (d'après le modèle éxàç, fxaeev ?) a été créé 
«Yxaôev « dans les bras . (.Ksch. Eum. 80) ; l'autre exemple 
Ag. 3 doit avoir le sens de . sur les coudes ., donné par 
Triclinius, mais les scholiès anciennes supposent une 
apocoBe teipossîble et voient dans le mot une forme de 
àvéxoçôev . de longue date .. Voir Ed. Fraenkel, édition 
d'Agamemnon, note au v. 3. 

Un dernier terme doit être rattaché à cette famille 
acYXtcrrpov (Od. 4,369, PI., etc.) . hameçon ., . crochet » •' 
le mot est formé avec le suffixe de nom d'instrument 
-rpov sur un présent *(iYx(!;(û non attesté. 

Dérivés : àrxiarpiov ; dénom. ifxiarpe^to «pêcher» 
d'où dYxiarpeta (PI.), -euTtx6ç ; autre dénom. &yy.J- 
Tp6o[iai . être pourvu de crochets » ou . être accroché » 
(Plu.), avec l'adj. verbal -wtoç. Composés rares : àyaLa- 
Tp6Seto«, -7r{î>X7)ç, -çàyoç, -oeiSifjç, -(ÔSt^ç, tous tardifs. 

Elmprunt lat. angistrum pour désigner un instrument 
de chirurgie. Rapproché par et. popul. de angô. 

Et. : Un thème 'ank- exprimant l'idée de courbure est 
bien attesté en indo-européen cf. skr. dncati «courber», 
et àùkas- que nous avons cité sous àyxoç. Le thème élargi 
par a skr. aûkuéâ- est à rapprocher des formes citées sous 
àYXÙXoç. Enfin le lat. ancus, -a, -um appartient à la même 
famille. L'étymologie est donc précise et certains termes 
(cf. lÏYXoç) se correspondent exactement. Mais les emplois, 
à l'intérieur même du grec, varient suivatat les besoins 
des vocabulaires techniques. 



ayAoés, -h, -6v : adj. des poètes épiques et lyriques 
(deux ex. dans la tragédie) . brillant . avec tous les échos 
que présente également le lat. splendidus; se dit d'abord 
chez Hom. d'objets de prix, armes, etc. (épithète de 
Sôpa, àrtoiva, etc.), mais aussi de l'eau, des feuilles d'un 
arbre, etc. Lorsque le mot s'emploie à propos de person- 
nages c'est dans la formule métrique à-xi^hci uléç et il 
prend finalement le sens de «fameux», d'où l'emploi 
ironique de II. 11,385 en pariant de Paris xépa ày\<xL 
Rarement au figuré, cf. //. 7,203, àyka.hw eiSxoç. 'ls mot 
est donné comme chypriote et crétois par Hsch. 

Composés : dyXaôç fournit le premier terme d'un certain 
nombre de composés de possession exprimant l'idée 
d'éclat, de gloire, et relatifs à des objets, des arbres, des 
personnes : deux dans la poésie hom., àYXaéStopoç (H. à 
Dém.), àYXoéeetpoç (H. à Pan) et dtYXaéxapTtoî ; Pindare 
aime les composés de ce type : iyÏjOLÔfMOZ, -SevSpoç, 
-Opovoç, -xoXttoç, -xoupoç, -)epâvoç, -)co)(xoç, -rpîaivav 
{01. 1, 40, noter l'a bref), -xatTaç. Sophocle a une fois 
iyXa.tl)il) épithète d'une torche, Œd. H. 214. La littérature 
tardive fournit quelques autres composés de ce type. 
Dans le vocabulaire scientifique àYXaoçiÛTiç, -tSoç est 
l'équivalent de yXu>cuo£8->) « pivoine ». 

Dérivés : ày^Mtci « splendeur, beauté, gloire, parure «, etc. 
(a fourni le nom d'un» des Chantes). Dénom. : dtYXatÇofMti 



(Hom.. poél. saut tragiques) «se glorifler de ., et i^\^ 
.parer orner. (lyriques) comp. : an-, en-, x«t-. ouv- , 

d'où àYXdïcfia, -ajiôç. 

nyXaupoç = (iYΫ6ç (Nicandre TA. 62,441) est une 
altération artificielle de l'adj. sous l'influence du nom 

"'T'on pose avec vraisemblance ày^xfà^. le suffixe 
0,0- est suggéré par l'absence de contraction et convient 
dal un adfde ce genre. On rapproche r^Xàco, qui exprime 
fa^Iliond éclat, vi^v,, ou bien àYàXXo,a, v. Szemerényï, 

:yyncope 155. 

-AvXoupos : fille de Cécrops, une des nourrices 
a.ÉnrhonTo! . qui donne de Teau fire ^d^esse de a 
véeétation) ; contiendrait avec àyXaôç un nom de 1 eau 
^ofr Cpoc). Cf. Frisk S.U. avec fa bibliographie. 

SvXX.: -Soc : f. -tête d'ail . (Ar., Hp.). Diminutifs : 

,,Xtt^' fxàUa (Hsch.) et àrX.Oàp.ov (Rut. ap. 

°^S''Ne''peut are séparé de yiXy., (v. ce mot)^ Des 
vaquons de formes n'étonnent pas dans un terme de 
Ie%enre, mais le détail ne peut être précisé sûrement. 



— 12 — 



àYXicaeat ■ pXàTtTsaôat (Hsch.; 
V. Bluraenthal, IF 49, 1931, 176. 



Hypothèse de 



Svvoç -ou:f. ou m. = Xùroç « vitex. agnus castus 
.artiller» Les femmes en jonchent leur Ut aux 
T emopi^ories, pour observer fa <^-"ne„ce On ne^sai 
que faire des homonymes *Ty°^. («" ,«->^,^ '' ^^^.oï 
poisson chez Athénée 356 a (voir D A.W Thompson 
J^.she^ su.), ce serait VUranoscopus scaber, la rascasse 
Liale et à-p,o, nom d'oiseau (Suid.) ; voir B AM . 

■'r;::or:^isIemotaétémisenrappc^l^ 
,.,vmolo-ae populaire avec la notion de chasteté, c . 
iuombe^g, Pflanzennamen 154. et la bibliographie du 
LCX. Ep. s.u. 

âyvos, voir S^oiiai. 

Xvvuui &?", i^'-^ et ion. ?,&a, p. inlr. gâya, aor. pass 
^ f,; .-i- r en fm de vers //. 11,559, qui s'explique 
::r;ru àug::Lnt long *^M.., son p.utôt par im 
. on'ement métr., voir Chantraine, Gr. Hom. 1,18) , les 
'"au "pe ^mpér. aor. à^ov, etc., avec a long, qm 
; a nseignèes par Hérodien 2,14, et qui ont pénétré 

ii:rr^e^=r«-\ve.e.r2ene 

nrbLrcrpoTsirtsAT:/^^^^^^^^^^^^ 

.rrHoml ^5-, -P^- (tardifs), «tc^ Quelques formes 

a double préverbe comme : ^^7J;J^ -^^.^ragment » 

■irrT^^ E.T P/"I^3 rr:: deux passes à- 
(iEsch. yers. t^o, Ht- ^^ niexam. 

peut être long ou bref , U est iong. au u ^ 
r . , Ko, A Pî 1 554 4 941, Numenius ap. Ath. Juo a 

bri«e • (et. Kupa-roY^l cnei Hai.) , Arai. » 



.repli.; iYOCvoç -cassé» (S. f>-. 231); sur /^«y«vo; à 
Th^pie;, voir Taillardat, R. Ph. 1966, 76. En outre 
àvoç -ouç chez Hsch. : «yoç • îtXàa|ia, Opaui«c, cf. E. M. 
418 2- avec les composés àô^Q {Od. 11,575, hapax), 
mplâyiic; (A. P.): àY|i6ç «fracture. (Hp.), .abîme. 
(E ) ; &Yt^a (tardif) ; mais déjà xàT7)Yti« .fracture, (ion, 
HP St. Byz. cite crét. &Çoç = àyiiàz s.u. Oa^oç (cf. 
Hdt 4,154), graphie pour faÇoç le digamma étant noté 
dans des inscriptions Cretoises pour le nom de la ville 
(Schwyzer 189, cf. Bechtel, Gr. Dial. 2.666). 

Sur ItùTÔ. voir s.u. 

El ■ Le digamma initial est assuré. On rapproche 
tokharien wâk- «éclater., caus. • réparer diviser .Le 
rapprochement de lat. uâglna (Pisam, Rev. Et. Ind.- . 
Eur. 3,59 sqq.) n'est pas établi. 

àvvilç -Oeoç : f. toujours au pluriel (pour l'accent voir 
Hdn Gr' 2 763) ; selon Pollux 7,36, pierres (appelées aussi 
XctaO suspendues à la chaîne pour la tenir verticale dans 
l'ancienne manière de tisser, cf. Plutarque, Mor. 156 b 

Et ■ Les Indo-Européens savaient tisser et uçatvo 
possède une étym. indo-européenne. Certains termes 
son de formation purement grecque, et claire, comme 
llr6,, .-rvisxcov. Mais àyvuesç est obscur ; un emprunt 
est possible, sans plus (cl. Chantraine, Formation, 366). 

• àvopà, -âç : t. (Hom., ion., att.) nom d'action du verbe 
àrïï^ a^ec le vocalisme o. Le sens et les P-nuers emplois 
rtopà rattachent le mot à àydpc. En mycénien le 
mot signifierait .collection. (Chadwick-Baumbach, 166 
Tis en grec alphabétique «assemblée du peuple, par 
oppositiof à la pouX^ (Hom., delph., thessal. mais en 
att^ue le terme technique est èxxXrjala) ; d'où « place de 
rassemblée . ; ce qui se passe sur cette place d'où .discours; 
Hom seulement pi.) ; « place du marché .enfin « provi- 
for et d'autre part «achat», quelquefois «vente., 
rces'derniers emplois le rapport a-c ^^^po. n^f pl- 
senti. Sur les emplois homériques, cf. Finley, The Woria 

^'cr;:::;': ïrLipalement àYop.v6.o. «surveillant 
des marchés ., « agoranome . ; -vo(xi<o, -vo(xi>coç, -v6[iioç, 
"traduit lat. aeéilis. Mais en Thessalie àYopavo^éco 
fSchwvzer 590, etc.) signifie «présider l'assemb ée . (sens 
Lo^maue de à^opà) - En laconien àyopaxoç (de «Yopa 
et -ovoç de êl , titre donné à une femme (Bourguet, 
Dial^Lacon. 130).'- En outre àyopaxo^et. • ^Y- BopuSecç 

'"composés masc. en -aY6paç qui lournissent notamment 
def noms propres et expriment l'idée «d'éloquence. 

ÏoUr?: îéj^aBpaY^p,. (^'- ^^/^^^^.SÏUri 
narie fort » {Od. 1,385, etc.) ; TtuXaYÔpaç député au conseil 
L'^lÏÏhictions ; Pylai ; -OpeaTàpa, est un nom propre 
qui fournit une plaisanterie à Ar. ^s.. 915^ Nombreux 
noms chez Bechtel. H. Personennamen 15-19. Pour (xav 

''^!^:ri^o, renéte les emplois ^^^^^^j;^ 
Attesté en mycénien avec un sens incertain (Ghadwick 
R.umbach l c). Épithète des dieux qui protègent les 
Semblées du peuple, mais aussi les marchés; sigmfle 
raTconcerne les marchés., ou .fréquente l'adora»; 
Parfois .vulgaire, (cf. lat. Iriviâlis). 'AYopjia nom de 
meTThlraVh-y-' ^^O) p.-é. Uré d'un *'A-rop^. 



— 13 — 



iyoarit 



Autres dérivés : 1) En rapport avec la notion d'assemblée 
où l'on parle, dcYopào{xai < parler à l'assemblée > (Hom., 
parfois Hdt., trag. qq. formes seulement) ; d'où àyop-rpr^ç 
épith. de Nestor (Hom.) ; iyoprixiç <don de parole < 
(Od. 8,168, hapax) ; àyoparpiç, avec le suffixe rare -Tpoi; 
f pylagore >, délégué au conseil de l'amphictionie à Delphes 
(cf. Beebtel, Gr.D. 2,151 et N. van Brock, VoeahaMre 
miâieal 35) ; 

2) D'autre part, dans la série des verbes en -eàm, i.yoçtà<)i 
chez Homère • discourir • mais aussi simplenmt * parler > ; 
le simple, rare en attique (Wackernagei, Vnt. 220 sqq., 
Fournier, Verbes dire, 41 sqq.) s'observe surtout dans le 
vocabulaire politique ou juridique, cf. les formules tIç 
àyoppieiv poiiXerai, ou 6 v6(jloç àyopeûsi. Composés 
avec préverbes àva-, àvr-, àno- « défendre », èÇ-, xax- 
« déclarer » ou « dénoncer », irpo-, «poa-, ctuv-, ùtt- 
I prescrire >, qui ont donné quelques dérivés nominaux 
assez peu usuels ; il y a quelques composés à double 
préverbe, généralement tardifs : àvrwrpoa-, TrpoaTto-, etc. 
Le verbe àyopsùb) et ses composés ne fournissent en 
principe qu'un thème de présent (aor. eÏTtov, fut. èpG, 
pt. eïpTjKa, etc.). Dérivés de àyopeixù rares et tardifs : 
-euoiç (Gloss.), -eun^ç {P. Oxy. 1590, etc.), -euTr|piov 
■ emplacement pour parler» (IG XIV, 742, Naples, 
I" ou II" s. ap. J.-C.) ; 

3) 'Ayopi. « marché » est à l'origine de nombreux 
dérivés, tous postérieurs à Homère : dtYopàt^o) « aller au 
marché » d'où « acheter ». Dérivés àyôpaotç (PI., etc.), 
béot. àyàpaaaiç (Buck, Gr. Dial. § 164,3), avec le doublet 
àyopaota chez les comiques (Chantraine, Form. 85), 
iY^plofia au pi. « marchandises » (D., etc.), àYopaa(iéç 
(tardif) ; àyopaaTéç est tardif, mais dyopatiTixéç chez 
)P1. Nom d'agent : àyopaoTriç nom de l'esclave qui va au 
marché ; fém. tardif àyopdtaTpux (pap.). Noter àyopyj-r^ç 
de hom. iyopy\Tr^(;, mais signifiant commissaire-priseur 
ou agoranome (Dittenberger, OGI 262). 

A côté de àyopcx, quelques exemples d'un masc. àyopoç 
« assemblée » dont l'antiquité n'est pas assurée, l'existence 
précaire (seult. Euripide). Ce qui importe, c'est la série 
des composés en -Syopoç, -Tjyopoç (premiers exemples 
chez Hdt., Pindare). Ils sont caractérisés d'une part par 
l'allongement de la voyelle initiale du second terme, de 
l'autre par le fait qu'ils ne se réfèrent jamais au sens de 
rassembler, mais à la valeur secondaire de parler. Le plus 
usuel est xa-t^yopoç « accusateur » avec les dérivés xa-rrjYO- 
pia, -ik6ç (qui ont pris aussi en logique les sens de 
catégorie, catégorique), xa-tT]i'opé<o, d'où -T]aiç, -7](ia, et 
le désidératif xaToyT]pT)(iEÎ<ij (tardif). A l'époque de la 
LXX une forme athématique xa-r^y'^P ^ ^^^ créée sur 
xaTf)yopoi; (Schwyzer, Gr. Gr. 1,458). 

Autres composés : àXXTjyipoç (tardif), p&uXTjydpo; 
(tardif), 87)(ii!)y6poç « orateur populaire », souvent en 
mauvaise part (PI. etc.), cùnjyipoç, toTjyipoç, xaxây6poç 
et xoxTjyôpoç (att.) « calomniateur », xuXixT)y6po<:, \xa.v.pâ.- 
yipo; (Pi.)> pisyo'Xi^yopoç, reapT^yopoç « consolateur », 
JtpooTjyopoç « qui adresse la parole » ou « à qui on peut 
adresser la parole », ouvTjyopoç « synégore », sorte d'avocat, 
ûi|;iQyopoç, t)'Eu8''lT°P°Ç> ^^'^- ^*^ plus importants de ces 
termes ont fourni des dérivés en -ém, -ta, etc. IluXâyépâç 
a un doublet 7tuXây6poç ; il y a aussi des noms d'homme 
comme Eùiyopo;, ©spaàyopoç, etc. 

Et.: Le rapport de àyopâ et de toute cette famille de 
fflots avec àyeipu est sûr, et senti originellement. Mais 



(tppdc a âmmé naissance à deux séries de termes distin^, 
les uns Miatifs à la notion de parole, les autres à celles 
de nutrché. 

Les deux séries, tout à fait Indépendantes l'une de 
l'autre, subsistent en grec modern« svec d'une nwt 
àyopeijci), xaT^yopoc, etc., de l'aotr* èyepdi^u etc. 

âyoç, -ouç : n. « consécration > d'où le plus souvent 
malédiction. Le terme, qui n'est pas hoEOtériqtit, exprime 
originellement la notion de sacré notammeal dans la 
glose d'Hscb. jEyca * TE^tévsa; même sens, S. Ant. 775, 
fr. 689 P., JSseh. Ch. 1» ftt peut-être en mycénien dans 
un toponyme (Chadvlck-Baumbaeh, 167). Toutefois le 
mot désigne généralement le sacré, pris en mauvaise part, 
en tant qu'il est na* possession, un interdit religieux qui 
frappe les coupables, ef. Th. 1,126 tô àyoç èXaûvetv -ri); 
6eoG ou Hdt. 6,56, èv àyei ivéxEoOat. 

Ce double aspect du terme « sacré » apparaît dans les 
adjectifs dérivés de type régulier en -iqç : eùayi^ç « en bon 
rapport avec le saCré, pieux » (employé aussi comme nom 
propre) d'où le dénom. e^ayiu ; rcepoty^ç « très saint » 
(Corinne). Avec un sens défavorable Suaoy^ç est tardif, 
car la notion est suffisamment exprimée par èvayriç « qui 
tombe sous le coup du sacré», maudit par les dieux. 
La double orientation de l'idée s'observe dans TcavocyY)ç 
« très saint », mais aussi « maudit » (cf. lat. saçer) ; le sens 
de àvayTiç d'ailleurs peu attesté est également ambigu. 
Enfin le simple, évidemment secondaire, àyT^ç signifie 
< maudit > (Hippon. 95, Masson) ; mais s'emploie égale- 
ment comme nom propre 'Ayi^i;, donc avec le sens favorable 
de « saint » (pour ayrjç chez Emp. et eiâyrjç chez Parm. 
qui sont des mots tout différents, voir s.u. aù-jT^). 

De ces thèmes sigmatiques ont été tirés des verbes en 
-(!^û> que la langue a ensuite associés à ayioç : âyt^to, 
xa9ayîÇcij, èvcxytÇto, èÇayî^o» voir sous âÇofiai. De èvay^ç 
ont été en outre tirés èvàyioç (cf. âyioç) et èvayix6ç. 
Composé avec l'adj. verb. de èXaiSvcd : àyTJXaTOç (Lycophr.) 
d'où àyrjXaTEÏv « chasser » un être souillé (Hdt., S.) parfois 
attesté avec une aspirée (S. Œd. ïi. 402). 

Et.: Tous ces termes s'associent aisément à la famille 
d'dËyioç. Ils présentent clairement la notion du sacré 
sous l'aspect d'un interdit, et comportent en outre une 
ambivalence du sacré qui apparaît dans le latin eacer. 
La difflculté est que nous attendrions dans ces termes 
une aspiration. En fait tous les composés en -ocyV;; 
admettent l'hypothèse de la forme à aspirée et deux en 
fournissent des exemples : Eùhxxfiç dans une inscription 
d'Eubée [IG XII 9,56) et TepàyElç (Corinne 5,86 D.). Seul 
àyoç fait obstacle au rapprochement, mais les grammairiens 
anciens qui ont hésité sur l'esprit l'ont parfois considéré 
comme une forme à psilose à rapprocher d'àytoç. La 
psilose s'explique par le caractère faible de l'aspiration, 
et par le désir, le mot Syoç se prenant en mauvaise part, 
de le séparer de Syioç « saint » et âyvdç qui finit par 
signifier « pur » (cf. le rapprochement de êvay:^ç et (icvayvoç, 
Sokolowski, Lois sacrées II, 91,4, Lindos). Cette analyse 
fondée sur le caractère ambivalent du sacré doit être 
préférée à l'explication qui rapproche fiyoç du skr. dgas-n 
« péché ». Voir P. Chantraine et O. Masson, Feslschrifl 
Debrunner 85-107. 

àvooTÔs, -où : m. Chez Homère seulement dans 
l'expression IXe yaîav àyoa-rqi (//. 11,425, etc.) employée 



à propos de la mort d'un guerrier; traditionnellement 
compris comme désignant le creux de la main ; attesté 

au sens de bras chez Tbeoc. et dans A.P. 

El.: Subsiste dans une formule hom. et repris avec un 
sens différent par les Alexandrins. Étymologie inconnue ; 
il a été proposé de» combinaisons plus ou moins vrai- 
semblables. Selon de Saussure (Mém. 53,1), cf. skr. hàsla- 
« main » avec une sonore au lieu de l'aspirée comme dans 
Èyû en faoe de ahàm. Selon Solmsen {Beiiràge, 1 sqq.) 
de *àrop-oTO;, en rapport iyelpw, cf. v. si. grûsll, avec 
un suff. -CTT- qui se retrouve dans TrocXacraj. 

âypa : t. « fait d'attraper, chasse (ou pêche), gibier » 
{Od. puis surtout poétique ; quelques ex. chez Hdt., PI., 
Xén.). 

"Aypa figure comme second terme dans un certain 
nombre de composés désignant des instruments divers : 
irupâypa « pince à feu • (Hom., etc.) ; xpeâypa « crochet 
pour attraper la viande » (Ar., eto.) ; paXavâypa « crochet 
permettant d'attraper la cheville qui tient un verrou 
fermé » ; noms de pièges ou de cages : noSâypa, yoû^ârpi^. 
jiuâypa; instruments de chirurgie : ôSovTdtypa, àari- 
ypa. etc. ; noms de maladies : îtoSâypa « goutte des pieds », 
XEipâypoc « goutte des mains i, etc. 

Composés en -aypoç : Ttdévaypoç, épithète d'un filet qui 
ramasse tout (Hom.), avec roxvaypiç «fait-tout» (/G 
IV, 1588,18), OifjpaYpoç, mioYpoç, aûaypoi;, TtoXùaypoç, 
eôaypoç. Sur MsXéaypoç voir Chantraine, Eludes 45 sq. 

Avec un suffixe -tov : ^oàyptov « bouclier fait de la 
dépouille d'un bovin » (Hom.), la dérivation de ^ûç 
àypioç parfois proposée n'est pas probable ; àvSpàypiov 
t dépouilles d'un guerrier» (Hom.). 

Sur î^oxiypta avec ^iùypito et Çwypeïov voir s.v. 

Dérivés : àypeùç « chasseur » épithète de héros et de 
divinités, avec le dénominatif àypEÙo proprement • attra- 
per • (Hdt., Xén., poètes, quelques ex. dans la koiné) ; 
d'où àypeuT7)<; «chasseur» (Selon, poètes), àypeu-nf)p 
(poêles alex.), et àyoeuTocôç (Xén.); ôcypeuixa «gibier» 
ou « filet de chasse » («sch. E., Xén.), mais voir aussi 
sous àypiç, de même que pour àypo-rrjç, àypaairrjZ. Le 
présent iypùaaa « guetter sa proie» (Od. 5,53, Opp. Hal.) 
semble entrer dans la série des verbes en -àtoat» qui 
contiennent la racine 'oh*'-' voir », qui a doimé àp.6Xu(daac>>, 
ÛTTvcbaaco, etc. 

Des termes comme àvaypta « temps où la chasse est 
défendue » (Xén.) et àypifiaîoç « gibier » (pap. ; pour le 
suffixe, cl. Chantraine, Études 59) sont également issus 
de àypa. 

A côté de écypa existe un verbe àypéw (sur ses rapports 
avec Sypa, voir El.). Ce verbe qui signinait originellement 
«attraper» est devenu un substitut expressif du verbe 
. prendre ». H est attesté en mycénieii (futur ou aoriste, 
cf. Chadwick-Baumbach 167), chez Homère (seulement 
à l'impératif adverbial &Ypei, «Ypetre (Chantraine, 
Gr. H. 1,350)) et a fourni sous des formes diverses le 
verbe « prendre . dans les dialectes éoliens. Le thessalien 
a un thèn.j à nasale dtyype- (^^- Vendryes, Mélanges 
Bouacq, 2, 331-334). Ce verbe a subi l'influence de otiplo 
noUmment dans la forme à aspirée èçavypevôew «= 
àçatpoûvrai ou le nom propre 'EÇatyperoç (voir Vendryes, 
/. c). 

A ce verbe iypéc» se rattache un adjectif en *-fo- dans les 



14 — 



composés homériques tdrdcfpvmç, < que l'on prend de 
soi-même », TRzXivdbYpero; < révocable ». 

Il existe un certain nombre de dérivés d'un thème 
àYpe- : dcYperai, nom de prêtresses à Cos doit être l'adj. 
verbal ; dripéri); apparaît dans des composés comme 
ôijpaypéTijc (Eur-, A. P.), TrupaypérTjç (A. P.); il exi'te 
à Gbios (Schwyzer 608) une épiklisis d'Apollon 'AyptvTfi 
qui signifie peut-être « Apollon chasseur », mais où l'on 
a vu aussi un équivalent de àypiv^Z) on encore un dérivé 
de àye^u < rassembler », comme il existe d'autres formes 
du type àypéTTjç qui semblent se rapporter à ce verbe 
(voir 8.V.). Le thème de àyprréç, àyP^Ç ** trouve 
indirectement attesté dans àypeaîa, ouaypeoia (Anih.) 
et dans èÇ acl>raffpcaiyi<; « par libre choix » (Call.). 

'Aype- figure également dans dcypéficov « épieu » ou 
« chasseur » (^sch., Hés., El. M.) et dans le terme tardif 
àypéfxiov « gibier ». Enfin la glose d'Hésychius àvayérpta • 
:r) Taïç Tueroôoatç ûinjpeToûera yuvij iropà Tapavrtvoiç 
oÛTtoXryofiév»)... doit être une dissimilation de *àvaYpeTpia 
(cf. Chantraine, o. c. 53 n. 1). Voir aussi àyprjvdc. 

El. : Gtroupe technique se rapportant à la « chasse- 
capture », qui a fourni à certains dialectes un verbe 
expressif signifiant « prendre ». 

Il faudrait fixer les rapports entre Sypa et déypéco. Le 
verbe semble être un dénominatif de àypa, mais cette 
dérivation ne s'impose pas avec évidence : le thème 
dtype- et non àyp-*)- du verbe n'est pas en faveur de l'inter- 
prétation du verbe comme dénominatif. Si l'on admet 
l'indépendance de &ypa. il faut rattacher le mot à écyo au 
sens de « ramener ». 

En ce cas, le présent àypé(o pourrait être issu des adjectifs 
en -ocypcTOî qui appartiendraient proprement à déyetpw 
(Me Kenzie, Cl. Quarl. 15,47 sqq. et 186 et voir sous 
àyetpco). Mais du point de vue grec âypa et dcypéca se 
trouvent étroitement associés, et licypa fonctionne comme 
un déverbatif de Âypéco. 

Il n'y 6 rien à tirer du védique ghâsé-ajra- « poussant 
à la consommation, éveillant l'appétit », pas plus que de 
l'hapax avestique azrôdaiSlm épithète d'une louve, et 
moins encore de v. irl. dr; etc. au sens de « carnage » ou 
« champ de bataille ». Aucun de ces rapprochements ne 
rend compte du sens précis d'« attraper » caractéristique 
. de diypéu et Srfpx. 

àYpcî^va, -•»]? : f. [A.P. 6,297) « râteau, herse ». 
Ce terme technique présente une forme inattendue, 
même dans le détail, la plupart des féminins en '-ya 
faisant généralement remonter l'accent le plus haut 
possible ; et àyptçT) (Hdn., Hsch.) est glosé ùnoSoxi, &m, 

CTXdtipY). 

Et. : On rapproche la glose d'Hsch. ypiçàcrôai • ypiiçeiv, 
ol Se Çiisiv >cal àfjuiaoeiv Adtxwveç, l'a- initial étant une 
prothèse non autrement expliquée. 

àypr\vâ. : StxTua xal ïvSufia (Hsch.) et àypii\)6\) • 
<8v8u(ia> StxTuoetSèç ô TtepiTtôevrai ol paxxeûovTeç 
Aiovûocjj. 'EpaTooeévuji; Si a.inb JtaXeï [yp^vuv ï)] yp^vov 
(Hsch.), cf. El. M. 14,2 drypTjvàv rtoutiXov èpeoûv SiKTUoeiSèç 
xal êvSufia 8è 7roi6v, cf. encore Pollux IV 116. 
Il s'agit donc d'un filet (de chasse 1) porté dans les fêtes 
de Dionysos. La forme d'Ératosthène ypïjvoç s'explique 
par la perte de l'initiale, cf. Strômberg, Wortaludien 45. 



15 — 



Syina 



On évoquerait aussi peut-être en raieoa de la broderie 

(cf. Et. M.) la ^ose ypijyyi ' âvôi) ou|X(UXTà (Hsch.)- 

EL: Tiré de Syp», db^pica avec un suffixe comparable 
à celui de mcfifn^. 

àypffOKtrax l Tcucpatverai (Hsçh.). Si la glose est 
authentique on lirait éypiaxerai de Srfpiaç, mais voir 
Latte s.u. 

àvpôs, -où : m. < champ, terrain >. Le mot est couram- 
ment attesté depuis Homère et flgure dans les tablettes 
mycéniennes (Chadwick-Baumbach 167). Il désigne origi- 
nellement le terrain de parcours, le champ non cultivé 
comme le skr. àjrah. Chez Homère même dcyp^C s'applique 
généralement à des terrairw de pâture, le terme propre 
pour les champs cultivés étant fipoupa. Le mot a pris en 
grec classique des sens diws, notamment celui de « ferme >, 
«domaine campagnards. Pour àYp6v8e Call. a &yP«^ 
d'après otxa$e. 

Composés de ifpéç : le mot figure comme premier 
terme de composé, notamment dans AfpovàyiOi «qui 
habite la campagne » (Hom., etc.), étypauXoç « qui couche 
aux champs» (Hom., etc.), dcYPoêiTÔtç «qui va aux 
champs • (trag.). 

Deux composés présentent un intérêt particulier : 

a) Sypoixoç (Ar., PI., etc.) signifie proprement «qui 
habite la campagne, campagnard » d'où, en mauvaise 
part, « rustique, grossier • ; de ce composé ont été tirés 
des dérivés àffoixlix (PI., etc.), à-fpoa(.l^o\uti (PI., etc.), 
àypotxtxiç ; le mot &Ypoixoç ayant pris le sens de • rustre, 
stuplde », il a donné en grec moderne naissance par fausse 
étymologie à yP»'"^ • intelligent », YPo»'", etc. (cf. 
Hatzidakis, Gl. 14, 208 sqq., Andriotis, 'Brun. A«Ç. s.v.). 

b) àYpuwvoç • Çui dort, passe la nuit dehors, qui veille » 
(Hp., PI., ionien-attique) (cf. J. Wackemagel, Verm. 
Beitràge, 3 sqq.) avec les dérivés ArfpwT*ia., éxp\nrtéS''i<l 
«qui tient éveillé» (Hp.), iypiiméa (Thgn., PI., etc.), 
àYpuiniTjT^p « qui veille » (Man.), AypMnwyixaiii « qui veille » 
ou « qui tient éveillé • (D. S., Plut., pap., etc.). Le passage 
du sens de « qui passe la nuit dehors > à celui de « qui 
veille» s'explique, mais les Anciens ont analysé, à tort, 
le terme en âyP^''+^'*^'<^- 

'ÀYpéi; flgure comme second terme d'un composé soit 
dans le type ^Ùioiypoi; « qui aime la campagne » (Luc, etc.) 
soit dans le type onioYptx; « sanglier », valant oûç Sypioç, 

piotYpoç, t7ntaYpo«- 

L'anthroponymle présente des composés en -«Ypoç et 
cela dès le mycénien (Chadwick-Baumbach 167 ; mais 
v. 0. Masson, Stadi Micenei 2, 1967, 29 sq.). 

Dérivés : dcYP^Tepoç, où lé suffixe -repoç assume la 
même fonction que dans ôrjXuTepoç, ôpéorepoç, etc. (cf. 
Chantraine, Études, 36) désigne les animaux sauvages, 
qui vivent dans l'^Ypéç ; le terme usuel (Hom. et grec 
classique) est écYptoç « sauvage », dit d'un animal, d'un 
homme, d'un sentiment et finit par prendre le sens de 
«féroce», etc. (cf. W. Nestlé, Herm. 77, 1942, 64). D'où 
les dérivés drcpié-rriç (PI-, Dém., Xén., etc.), iypk&Oiua 
et au sens facUUt liYP'^ (tragiques, etc.), dcYpuxtvcù, 
généralement intransitif (PI., etc.). L'adjectif «Ypioç 
Qgure dans quelques composés, soit comme premier 
terme : dtYpt6<p<i>vo<: (Hom.) et dans des termes botaniques 
comme dtYpteXoia < olive sauvage », irfpioicf!!f<i:vm « espèce 



â« nie *, «te. ; — soit comme second terme dans (tovocYpCa 

I ferme isolée » (tardif). De là dbypuc^ç comme épithète 

de la rue (cf. à->(pwniifYeNcM). 
L'évolution particulière de Sypwtz, devenu Impropr* 

à signifinr «campagnard», a entraîné la création de 

iypcîoc (Ar., etc.) avec le dérivé ^yP^^'X'^- 
Dérivés divers constitués avec le suffixe m. -ti}c : 
1] dYP<it7)ç «campagnard* (Hom. Od. 16,218, poètes) 

avec le féniinin dcYp^Tu; (poètes) et le doublet àYpo-r^p 

(E.); 

2) Le dérivé usuel est chez Homère dbYpou&tTjç dont la 
finale singulière s'explique, au moins en partie, par des 
raisons métriques (toujours en fin de vers) ; le mot signifie 
« campagnard » ; 

3) icxpàrrm « campagnard », avec le même suffixe que 
Staytévm (E.) ; 

4) êcxpitarrfi « campagnard » (E., S., poètes), < chasseur > 
(A. Rh. 4,175), «araignée» (Nie. Th. 734); le sigma est 
inexpliqué et le mieux est d'y voir un sigma inorganique 
(cf. Chantraine, Études, 58) ; le nom du < chiendent dit 
pied-de-poule » &ypo>tmç est le féminin de àypùan)z 
(Chantraine, /. c. et Frisk s.v.). 'Ayp«ot»)ç a deux doublets, 
&yp<ù(rciip < campagnard » chez S. et dcYP'î><''^^P ' pêcheur 
au filet » (Nicandre), ce qui illustre le rapprochement 
qui s'est opéré entre la famille de àYpôç et celle de dcYpa. 

Ce contact s'observe pour àfpeiç qui signifie « chasseur > 
et parfois « campagnard » ; àYpeu(jux (cf. sous £yP*) ^^ 
trouve également glosé ainsi dans les An. Bekker 340, 
àrfptùiuna. ta M. t^ç àYPOWtoc xTJjjiaTa )S6X<iiv elTte, 
et a donc pu désigner des bi^ns-fonds. 

Un des traits notables de l'histoire des dérivés de dcYpéç 
est que certains d'entre eux se sont trouvés en contact, 
avec écYpa < capture, chasse », qui les a influencés. 'AYpi;, 
itfpux;, etc,, subsistent en grec moderne. 

El.: Nous saisissons dans iypiç un terme qui était 
constitué dès l'indo-européen et que nous retrouvons 
dans skr. àJrah (avec un accent différent), lat. ager, got. 
akrs, arm. art. Le sens du mot a pu varier, mais la significa- 
tion originelle en est donnée par le skr. àjrah, et certains 
emplois hom. de ^Ypà; : il s'agit du tMrain en jachère 
et qui peut sM^r pour l'élevage. Cette interprétation 
rend probable rétymologie qui fait du mot un dérivé du 
verbe attesté par skr. àjati, gr. Spftù, lat. ag6, etc. 

âypuirvos, voir le précédent. 

ôyfHacms, voir àYP^ç. 

âyuiA : gén. datif -ôç, -^ ; au pi. l'accentuation finale 
semble attestée à tous les cas, mais les données des 
grammairiens anciens sont confuses (cf. Lex. Ep. s.u., 
Debrunner, G.G.A. 1910, 10, Wackemagel, GOtt. Nachr. 
1914, 118 sqq.) ; «rue» surtout au pluriel. Mot homérique, 
rare en prose, mais encore attesté dans des papyrus. 

Dérivés : *AYU(*ii<; épithète d'Apirilon (E., Com., etc.)^ 
d'où le nom de mois 'Afiitfiç (Argos) ; 'AfitàrtiC même 
sens, mais aussi àrcatàxitç habitant d'une me (/G IX 2, 
241, Pharsale), cf. iyw'fjxoLi. • xaii^tat (Hsch.) ; fém. 
iyiM&ru;, -i8oç ; adj. irfwaXoi, 

Composés au féminin seulement : t(>p\iàr(MUt (Hom.) 
épithète de villes, mais aussi de la terre [H. à Dem. 16) ; 
de la justice qui est rendue dehors, publiquement (Terp. 



a^uia 



— 16 — 



40), l'hypothèse de Schuize, Q.E. 326 n. 3 est arbitraire ; 
ùt^idcYuux (Bacch.). 

Emprunté dans le latin agea (qui suppose peut-être 
une forme tardive *Srfeia.), voir Emout-Meillet s.u. 

El.: P.-ê. part, parfait de Srfiù sans redoublement 
> celle qui va quelque part » ; il n'est pas sûr que 68é( 
est sous-entendu ; sens intransitif ; cf. pour la formation 
ÔpYuia, et voir Chantraine, Parfait, 45. Objections de 
Szemerényi, Syncope, 206-209. 



Ôyx^ • ' auprès » adv. homérique et poétique souvent 
accompagné d'un gén. Comp. : iaoov ou Sctoov (pour 
l'accent, voir Lex. Ep. s.v.) ; superl. (créé sur le compa- 
ratif) : àffatora ^sch. et dial. arcadien et éléen (Schwyzer 
57B et 424) ; d'où dcnooTépci (Hom.), àCTooTa-rco (A. P.), 
et àaa6Tepoç (Arat.), àaaà-nnot; (A.P.); superl. normal 
SyX'<"ov, Sy^iara (Hom., etc.) d'où fi^x'*"'»? P'^^ tardif 
et plus rare. 

Composés, surtout poétiques, assez nombreux avec 
ÏYX' comme premier terme dont voici les plus anciens 
et les mieux attestés : Scf/OMpoz « proche de l'aurore » 
(voir sous aOpiov), àYX'')p'')Ç. «TX'*^»'; (Hom.) qui se 
dit de villes et d'Iles, àx/}^^ç. • profond près du 
rivage» (Hom.), àYX'S«aî'») = à[jt.çiCTD-)f)'n)oiç (Héraclit. 
122], tfxirfzi-ztiiM, à^X^Q^oç (Hom.), aYxtOupoç, à^X'- 
xpTifjtvoç, àYX'^^exTflÇ, àYxilJtaX^'")? (Hom.l, seulement 
an pluriel, àrfV-V-^^'^'^ souvent avec èXOeîv (Hom.), 
c'j!iiposé de ày/i et [loXetv : -ov est comparé à l'absolutif 
.sk;. en -am, et èS, ix^mt-dkaio est un arrangement 
métrique secondaire pour *àYXi^oXo9Ev (Wackernagel, 
MuH. Htlv. 1, 1944, 226-228), à.xx}-KkaQC„ àYXtwoXiç, 
i-rfi<5Tioçoz, àyxwéptJttûv, èyx"6><0Ç- 

Trois composés sont employés en prose : àyxivooç 
«à l'esprit juste, vif» (Hom., PI., etc.) avec le dérivé 
à-yZtvoia, àYxitJTpotpoç, àYX'^tia^oÇ» ^^ ^YX'- ^^ ô(iaX6ç 
. presque égal », mot de Thucydide et de la prose tardive. 
Un composé homérique présente une structure inattendue : 
ày/épiaxoç qui semble formé sur le composé de sens opposé 
*T7)Aé(iaxoi; > Ti)Xé|juxxoç. 

Sur Srf/usta., &-fX}°''°^ *"''■ ^^ créés un certain nombre 
de dérivés : ày^iarlvoç (Hom.) avec un sufTixe inattendu, 
et surtout une série de termes qui se rapportent générale- 
ment à la parenté, àyxiOTcûi; (Hdt.),.àYXiaTeta (att.), et 
Ta àrf/j.ai:zïa., à-f/ioTeûco, àYX^'^'r'vS'rjv qui entre dans 
une série d'adverbes en -îvStjv (iptiTTwSTjv, etc.) avec le 
doublet locr. àYxi<ïT^Sav (Buck, Gr. Dialects, n" 59 A, cf. 
Fraenkel, Gl. 20,84) ; v. Szemerényi, Syncope 89 sqq. 

Trois dérivés d'àyX' apparaissent isolés : inf. aor. 
dcYx'^at ■ èvylaat Kpr^xeç (Hsch.), àyxi-oTi]p «celui qui est 
cause de » (S., Trach. 256) ; enfin otyx'M-oÇ (E-)- 

Sur &.yxi ont été constitués avec d'autres suffixes 
d'adv. de lieu : ày/oxi (Hom., etc.), avec le comp. ixjcà-Kpaç 
et le superl. àyx°^àT<ù, àyxà^i (Hom.), àyx^^^ (Hdt.), 
à-fX,(xK et le composé attique Ivayxoç « récemment » 
où l'on a voulu voir une forme de génitif (Schwyzer, 
Gr. Gr. .,633). 

El.: Le rapport avec Srf/^iù semble certain. Ou bien 
vieille forme de locatif d'un nom-racine disparu ; ou encore, 
si le mot ne remonte pas à l'i.-e. (en fait on ne connaît 
aucun correspondant), création grecque, de âfx*"», avec la 
finale de Tccpt, iyLfL On est de toute façon gêné par la 
Bnate -oc de ivorrxoc (et- d-dossus). 



^Yx'^H' ' '- Mp«ce de fistule qui boudie le canal 
lacrimal (Gai. 19,438). 

Et.: Galien analyse le mot en £yX^ et &^. Le X vient 
probablement du mot alyU^ij^ qui, entre autres sens, a pu 
également désigner une fistule lacrimale, et le premier 
terme du composé, malgré l'iota (qui peut venir ^e 
alY^Xoiji), doit peut-être être tiré d'à-^a (voir Prisk, et 
StrOmberg, Wort$tudien, 95 sqq.). 

âYXOu<''«' ' '- * Anchousa tinctoria, orcanète » (Thphr., 
Dsc.), dont la racine fournissait le rouge dont les Grecques 
se fardaient. Dérivé àyx'°^''^K°V^<- * ^^ mettre du rouge • 
(Hsch.). 

Composés xcc-rdcYX"^'*'* (P*- Dsc.) et 4'eu8àYxouoa (Pline). 

Enfin par contamination avec xijv(at{i on a fait &^y;!»ttùi^ 
(Dsc. 4,43) cf. StrOmberg, Pflanxennamen 159. 

Et. : Il est tentant de voir dans le mot un participe 
présent de SyX** (Schwyzer, Gr. Gr. 1,526), ce qui pourrait 
se compiiendre sémantiquement (cf. StrOmberg, o. c. 64). 

Mais l'eidstence de l'attique hfxowja (voir s.u.) fait 
plutôt croire à une déformation de tf/p^ooi par étym. 
populaire. 

âyXP^^v : [x<S(i>7ta Aoxpoi (Hsch.). Ce mot dialectal 
dont la forme peut être altérée et le sens incertain (taon ? 
ou myope 1) est étudié par Bechtel, Gr. Dial. 2,41, qui 
rappelle la vieille étymologie de Fick, cf. £xapov • tuflpXAv 
(Hsch.). L'initiale àyx~ serait-elle due, par étym. pop., 
à aéyx' t 

âyx*^ ; fut. àyÇtù, etc. « serrer, étreindre, étouffer » 
(Hom., etc.) ; le verbe simple est surtout poétique, mais 
le composé àTiàyxt^ ' étrangler > est usuel en prose ; le 
moyen imiYX.'^V^''"- signifie « être pendu, se pendre » ; 
d'autres composés avec àva-, 8ia-, xjxtol- sont rares. 

Composés de sens surtout technique ; le terme &yX')> 
qui n'existe pas comme mot simple, figure dans un certain 
nombre de composés : SepâYX») (-^P) désigne un « collet 
de chasse » et a fourni le dérivé Sepayx^î» -^ ; ôpoSdt'yx'î 
(quelquefois écrit èpoSdcxxiQ sous l'influence p.-ê. de &pé6c(x- 
}(ov) désigne la cuscute qui étouffe la vesce, cf. StrOmberg, 
Theophrastea, 194. — Il y a surtout une série de noms de 
maladies : auvàyx'')' xuvâ'YX''l sorte d'angine, emprunté 
dans le lat. cgnanche, puis le fr. esquinancie, avec les 
variétés XuxaYXY], ùdcYX''). XO'P^YX^ ! sur xuvdtyx'l Démade 
a plaisamment créé, à propos de Démosthène, àpYupiyx'i 
pour «ne prétendue angine qui l'empêche de parler, 
parce qu'il a reçu de l'argent. — Enfin la glose d'Hsch, 
xuSàyx'î'Ç ■ V^"^' Xoi8op(aç pourrait être tirée de xuSàCco, 
avec une finale plaisante en -àxïfJi- 

Les composés en -ayxoç présentent peu d'importance : 
on peut citer, outre orivavxoç doublet rare de ouvdcYX^i 
des mots de lexiques comme oûocyxo? ' ^^o- ^ ^ ol oGç 
ÔTipaiovrat Hsch. ; àvSpayXoÇ ' Syiiitoç, nom du bourreau, 
cf. .œiius Dionys., p. 106 Erbse, SvSpayxoÇ ' 8-^(*">«> 
à Toùç *v8p«ç &YX«*v- Composés en -aYxiÇ. -o» '■ xovdtYX^C 
ëpith. d'Hermès (Hippon.) ; XeovrdtYxiÇ (Gall.) ; Xona&&xïCK 
« tueur de plats » (com.). 

Dérivés : dryx^^ • '*'*• d'étrangler » ou « de pendre • 
et nom de la mandragore chez Ps. Dsc. ; avec le même 
suffixe que nep6v>), àx6vr), surtout chez les tragiques ; 
d'Où dcYX^v**^ *^ '^ dénom. tardifs irffmàm, iaacfjipNéuA, 



irfXpvl^fù, à?!-. Un (ragm. épique fournit àYXovtn)? (gén. 
tém., ou plutôt nom. masc. comme àyYsXt-jjç, voir Lex. 
Ep. S.V.). Leumann pense que lat. angina est tiré de ifX.^'^i 
[Die Sprache 1, 1949, 205). Doutes chez Emout-Meillet. 

Un autre dérivé tout différent àyxTfjp, constitué avec 
le suffixe -Tfjp fréquent dans les noms d'instruments, 
désigne dans le vocabulaire de la médecine (Gels., Plu.) 
un instrument qui sert à fermer les blessures (cf. BjOrck, 
U.U.Â. 1932, 5,82) ; d'où le dénom. dtYXTYiptàÇw. 

Ei.: Un présent exactement correspondant se trouve 
dans lat. angô. Ailleurs on connaît un thème en u: skr. 
atfihti-, arm. anju-k, v. si. ozù-kû, etc. Pour ce verbe 
expressif il est difficile de préciser la structure de la racine 
et la fonction de la nasale. 



àya, &^tù, fpfayov et rare ■^Ça (Tim. Antiphon), pf. ^x« 
en att. ; en dorien, iyà-^oxa., d'où dans la koiné àfrifixa. 
irfèaxa, etc. Sur àyo) en mycén. v. Chadwick-Baumbach 
167. A servi notamment dans la langue pastorale, à propos 
de bétail, mais aussi à propos d'hommes, esclaves, prison- 
niers, etc. : » pousser, mener » ; l'expression àyeiy xal 
çépeiv (cf. //. 5,484, etc.) répond au lat. ferre agere, 
« piller », lÏYEiv s'appliquant aux hommes et aux animaux, 
çépeiv aux objets. Toutefois, déjà chez Homère le sens 
est très élargi ; il se dit par exemple de ce qu'on emmène, 
êtres vivants ou choses, à bord d'un bateau (cf. //. 9,72) ; 
de soldats que l'on conduit au combat (cf. //. 2,580, 
10,79, également attesté chez les historiens) : le mot 
devient ici presque synonyme de ■rjYoûjiai ; il a ainsi 
perdu beaucoup plus vite que lat. agô le sens originel de 
«pousser» qui était assumé par èXaùvco. SpechtifZ63, 1936, 
225 et 270 suppose un supplétisme entre les deux verbes, 
ce qui est contesté à bon droit par A. Bloch, Z. Gesch. 
einig. suppl. Verba im Gr., 14 sqq. 

C'est au sens « mener, emmener » que se rattache 
l'sxpression au moyen de àyeadai yuvaïxa « prendre 
pour femme, se marier ». 

Le sens général du verbe s'est prêté à des développe- 
ments assez divers, soit dans des expressions particulières 
comme Sy^'''' ^k S(xt)v « poursuivre devant les tribu- 
naux », ou iScyEiv èopTTQv « célébrer une fête », ou àyeiv 
Hvàv « peser une raine » ; soit dans des extensions figurées 
Sys'v di; àpe-rrjv, etc. ; ou encore âyciv pCoTov « passer 
sa vie « ; ou ^trux^av ôéyeiv « se tenir tranquille », etc. ; 
enfin au sens de « considérer comme », p. ex. nzpl tcXeCcttou 
Sysiv, etc. 

Il existe un emploi absolu, àyeiv « se diriger vers », 
surtout attesté dans la langue militaire. L'impératif âyc, 
SysTE « va, allons, allez » (sens intransitif qui ne répond 
pas à l'emploi courant de àyto ; on peut se demander si 
l'emploi comme particule ne remonte pas à l'i.-e.) joue le 
rôle d'un véritable adverbe, et àye s'emploie en dehors 
de toute considération de singulier ou de pluriel 
(Wackernagel, Vorl. 1, 85 et 211). U existe un doublet en 
lesbien 2' plur. àyiTS que l'on croit tiré de la combinaison 
if' ht, et d'où serait issu le singulier àyt. 

Nombreux composés : àvâyt») « ramener, emmener, 
prendre le large », etc. ; an- « emmener, arrêter », etc. ; 
8i- ■ passer le temps », etc. ; elo- « introduire » ; èv- 
« persuader, être cause de », etc. ; £Ç- « faire sortir, exporter, 
causer », etc. ; ijt- « mener contre, proposer », etc. ; yuxr- 
• descendre, amener à la côte, débarquer » (opposé à iv-) ; 



17 — ' Sy** 

ftcT- « Changer de route, transférer • (ce composé est assez 
tardif) ; Ttap- sens divers • mettre en ligne, introduire, trom- 
per », etc. ; Ttepi- « mener autour, entourer » ; itpo- « faire 
avancer, avancer, marcher en avant, persuader », etc. ; 
TTpoff- « causer, appliquer, amener, app.ocher « (transitif 
ou non), etc. ; ouv- f rassembler •, etc. ; ûjtep- « sur- 
passer », parfois « passer au-dessus » (composé tardif) ; 
ÛTT- • atteler, conduire peu i peu » ou « en trompant, 
se retirer », dans le grec tardif « s'en aller » par opposition 
à ïpxojMtt : Hmxfe EaTotvâ, Ev. Matt. 4,10 (a donné naissance 
en grec moderne au verbe Trico/mjyalvo). 

II existe quelques composés à double préverbe comme 
ÔTceÇàyw, etc. 

Le verbe dcyto et ses composés reflètent bien avec des 
orientations diverses la valeur originelle du terme qui 
exprime un procès qui se développe « pousser » mais, 
très vite, « conduire ». Les ramifications sémantiques 
diverses sont, par ailleurs, franchement différentes de 
celles du lat. agô. 

Formes nominales : dtyôç « chef », employé chez Homère 
soit au nomin. pi., soit au nom. sg. à propos de certains 
héros ; notamment Idoménée, Ënée, Sarpédon ; rares 
exemples dans la tragédie. La question se pose de savoir 
quel est le second terme dans les composés du type 
orpaTâyôç/CT-rpaTiQyôç (d'où CTTpangyîa, aTpa-rrjyeîv, etc.). 
Il est probable qu'il s'agit bien de ày6ç, mais une influence 
de ^yéojxat n'est pas exclue (cf. Chantraine, Études de 
vocabulaire 88 sqq. et la bibliographie citée). Exemples : 
dor. Xo/âyôç, Çcvâyéç qui sont également des termes 
militaires. On a déjà chez Homère hyz-ny^dc, « qui trace 
une rigole » ; puis çop-niy6ç « trafiquant » (Thgn.), tTnrr)y6;, 
crir/]y6(;. Certains des composés constituent des doublets 
de formes en -Tjyé-n)!; (tirées de Tjyéofxat) : jcuvT}y6<; (d'où le 
dénominatif xuvTjyeïv), xopTjy6ç, âpxigy6i;. Autres exemples 
de -rjyôç, Chantraine /. c. (liste étendue dans Buck- 
Petersen, Reverse Index, 626). 

Le nom d'action féminin dcyf) « transport » existe à peine, 
dtyi) ÇûXojv «transport de bois» {Michel 1359, 17, Chics). 
Chez Aratos 668 et 688, au sens de repli, doit plutôt être 
rapproché de Syvufi: (voir s.u.). 

Le terme militaire dorien àyTjjia ou cScyrifia doit être tiré 
de âYéo(i.at avec a long, voir sous f)yéo{jtat. 

'Aytôv, -ôjvoç m. (éol. nom. écytovoç chez Alcée) désigne 
le résultat d'un àyetv et signifie proprement « assemblée, 
rassemblement ». Se dit chez Homère de l'assemblée des 
dieux (notamment II. 7,298 où il s'agit des statues 
assemblées des dieux de la cité, ce que l'on appellera 
plus tard àycoviot 6eoî), du rassemblement des navires. 
Mais le sens le plus fréquent chez Homère et qui devient 
usuel plus tard est d'assemblée pour des jeux, et par 
extension combat et procès. 

Dérivés «ytiviot 8eo[ « dieux assemblés » ; en outre toute 
une famille de mots issus de àyciv «jeu, lutte » ; dénom. 
ày<ov(^o> « chercher à gagner dans les jeux, combattre », 
le mot s'employant dans un sens général et notamment 
à propos de procès ; d'où dcycavioiç, àyxôviajxa, àytùvionQÇ 
« concurrent aux jeux, plaideur, acteur », àytovioTutcSç, 
àytùvianfjptoç ; enfin àycovCa qui ne présente plus aucun 
rapport avec le sens originel de cette famille de mots, 
« lutte, exercice », d'où à partir de Démosthène et Aristote 
« angoisse » (emprunté par le lat. ecclés. agonia d'où fr. 
agonie) ; d'où dcytoviâco, -dtTTQç. 

Composés de àytiv : àyuviipxiQç magistrat en Béotie 



ayu 



— 18 



(/G VII, 1817) avec !« sens de dcyàv assemblée ; àycdvoSlxriç 
«juge d'un procès» (Hsch.), àYwvoOémii; «président des 
jeux », employé parfois au flguré, -Ocrrip même sens 
{IG XIV 502, Catane), -ôeréw, Oenxéç, -6eota et -ftfjXT) 
S. fr. 975, bâti sur 6i^x-»), cf. PoU. 3, 141. 

En outre des dérivés isolés : fixTcop « chef » (Esch.) avec un 
sufnxe -Ttop qui se retrouve dans ce type de noms. N. propre 
"AxTtop, fém. 'AxToptç; èîtâx-ngp «chasseur» (Hom. 
2 ex.) ; >taT-àxTT)ç «visiteur» (Plb.). &yiia. • yOey.it.oc que 
l'on cite est issu d'une faute probable d'Hsch., voir Latte 
s.u. Mais on a xâT-aytia «peloton de laine» (att.), oùvaytia 
« concrétioa » (Hp.). 

Il existe un certain nombre d'autres dérivés, mais qui 
dès les premiers textes ne sont plus rattachés par aucun 
lien à àyw '■ c'^^t '^ '^^^ de iyé'kr), â-fuia, fiÇmv, lic^toç, 
àypôç, probablement ôyiioç, peut-être ôyavov. 

En revanche le lien avec âytù est nettement senti pour 
une série importante de formes à redoublement du type 
àYcavôç, àycûYTf) : pour ce type qui se retrouve dans àxtoxY) 
on a parfois posé '^ sg-/3,og- mais cf. Kurylowicz, 
Vapophonie, 186. En tout cas le système est vivant et 
cohérent : àyayàç qui conduit, àycùff} conduite, mouve- 
ment, avec les dérivés, àyaiyeùç guide, dcyciYifioç que l'on 
peut transporter, àytoyiov charge, àYoïyocà dépenses pour 
le transport {Cod. Just. 10,30,4). 

Ces dérivés ont été combinés avec divers préverbes : 
si(Tay<ijy6ç, -v), -sùç, -tov, ixôç ; de même avec è^-, in- etc. 

'Aycoyôç figure dans un nombre appréciable de véritables 
composés. Ainsi : TtatSaytoyàç, vu|X!payti)y6ç, [jLeiaytoyôç, 
(iuyayuyéç, SYifiaywyôç, qui a pris de l'importance, avec 
les dérivés 8T)fi.ayojyeîv, Svifxaytùyîa, etc. 

Enfin il faut rattacher à &ytû un déverbatif de structure 
remarquable àyîvéto {avec l'infinitif àyivé^evai chez 
Hom.) attesté dans les dialectes épique et ionien, au sens 
de «amener, apporter» (voir Schwyzer, Gr. Gr. 1,696). 
On trouve en dorien des variantes, lac. 8ie^ayv7)xévat, 
étol. dtxvïjxô-rai;. 

L'importance de cette famille de mots est évidente 
mais le développement en apparaît différent de celui que 
l'on observe en latin ou en sansJcrit. Outre que âyto ne 
recouvre pas dans ses emplois le latin agô à la fois parce 
que le mot est parfois proche de YjyéofJtai et que les emplois 
dans les vocabulaires techniques sont différents, beaucoup 
de termes ne sont plus mis en rapport avec le verbe. 

Ce qui est important en grec, ce sont les composés en 
-Y)y6ç, les mots redoublés du type àyojyéç ; surtout le 
groupe nouveau et original constitué autour de ày<iv : 
mais seul le sens originel de àytôv peut se rattacher à àyti, 
et le mot, en raison des significations particulières qu'il a 
prises, a donné naissance à des dérivés nouveaux se reliant 
à l'idée de « combat ». 

El.: ayo) est un vieux présent thématique qui a des 
correspondants dans skr. àjati, av. azaiti, arm. acem, 
lat. agô, v. irl. aik, tokh. âk-. On pose une racine *a,e5i- 
alternant avec 3tpg- dans Ôyfjioç, cf. aussi àycoyi^. 

àSaYuôs : xvTr)cj(i6ç (Hsch.), « morsure, démangeai- 
son » attrih'ié à S. par Photius. 

Les mss Trach. 770 donnent èSaY(x.6<;. Autres gloses 
apparentées : &8ctE,S) • Kvt)Qoii.a.i ; àSa^vjaai • xv^aai ; 
àSox? • xv^, xv^Oet xeçoX^v, 4"Q^9qt (cf- Ar. fr. 410). 



Les manuscrits d'Hippocrate ont àSdtÇerai Mal. 2,171, 
àSoÇôvta Mu!. 1,18, cf. Bechtel, Gr. D. 3,90. 

Et. : Expliqué par une assimilation phonétique de ôSa- 
cf. èSàÇ, etc. 

àSai^S, voir sous Saîjvai. 

àSâ|xaS) -avToi; : m. « corps dur ; fer le plus dur » ; 
attesté pour la première fois chez Hés. Th. 161 (pour la 
mutilation d'Ouranos), 188, 239, Trav. 147 (pour le cœur 
de la race de bronze), cf. Troxler, Sprache und Worlsehatz 
Hesiods, 19 ; volontiers employé comme terme de compa- 
raison ; chez PI. Tim. 59 b, Plt 303 e, métal très dur qui 
serait extrait de l'or ; chez Thphr., etc. « diamant ». 

Dérivé : àSajKxvTtvoç. 

Et. : Désigne le corps le plus dur, et que l'on ne peut 
dompter. Terme magique, puis technique tiré de Sifxvirjfn, 
comme àxâ[iaç de xâ(jivtù (cf. Chantraine, Formation 269). 
'ASàfiaç existe chez Homère comme un nom propre. 11 
n'y a pas de raison de supposer qu'il y ait un emprunt, 
arrangé ensuite par étym. populaire. 

àSâpKT), -Y)ç : f. ou àSàpxTji; -ou m., fiSapxoç -ou m., 
avec le dérivé àSâpxiov n. dépôt salé sur les roseaux d'un 
marais. S'appelle aussi selon Pline HN 32, 140 xaXajiéxvouç. 

El. : Identique au lat. adarca ; le mot vient en définitive 
du gaulois, cf. irl. adarc corne, et voir Pokorny, Zeitschr. 
f. celt. Phil. 14,273 ; 16,112. 

â55auov : Çi]p6v Adxuveç (Hsch.). Semble devoir être 
corrigé en àSSavov, cf. sous àÇofiai. 

âSSi^, -ixoç : ï- mesure de quatre chènices (hapax, 
Ar. fr. 709). 

Et.: Inconnue. La finale, sans être identique, ressemble 
à celle de x°'^'5> 1"' "^'^ P^^ '*'"' P'"^ d'étymologie. 
Le delta géminé n'est pas un phonème usuel en ionien- 
attique. Pourrait être emprunté, ce qui s'observe pour les 
noms de mesures. 

àSEaXru/iaie : optatif aoriste, 3« pers. sg. d'un verbe 
factitif en -6<û signifiant « effacer » avec le complément 
(TTaXav (inscription d'Élide, vers 350 av., Schwyzer 424, 
Buck, Gr. Dialecis, n" 65, Solmsen-Fraenkel 53. 

Et.: Obscure. On a posé un adj. *SeaXoç (cf. Séafxai, 
S^Xoç) d'où, p.-ê. par l'intermédiaire d'un verbe *8eàXXca, 
*8eaXTO(;, SeaXrôtù. Je préférerais l'hypothèse qui rapproche 
le verbe du substantif SéXroç « tablette » (cf. chypr. SàXTOç). 
Le scribe a-t-il hésité entre les graphies SeXt- et SaXr- î 
P.-ê. -ea- note-t-il la prononciation ouverte de e en éléen 
(Sittig, Gnomon, 14,484) ?. Voir aussi Buck, Gr. Dial. 263. 

àScX<l>Ô5, -où : « frère » (attique). Dans les dialectes 
autres que l'attique la forme du mot est généralement 
àSeX(pc6ç (Hom., Hdt.), béot. iSeXçtoç, crét. (iSeXtpioi;, 
àSeuTtioç. Hsch. cite une forme laconienne àSeXtç^^p 
(ou àSeXçTjp) qui serait une réfection du mot d'après 
jraT^p, etc., ou une forme à rhotacisme d'un thème en 
-s àSsXç':^!;. 

Terme usuel depuis Homère jusqu'au grec d'aujourd'hui 



19 — 



aSifKércs 



(sous la forme dcSepçéç). S'emploie parfois comme adjectif, 
rarement au figuré. Dans le grec tardif, parfois terme de 
politesse et d'amitié, mais surtout usuel entre membres 
d'une confrérie religieuse, et finalement a pris une grande 
place dans le vocabulaire du christianisme. Féminin 
ionien àSeXçeT), dor. àSeXtpeâ, attique &8ek<p■r^. 

Composés principaux : 1) type ouvàSeXfoç, àvàSeXtpoç 
(E.), ïtaxpâSEXçoç (Is.), [xâTpaSsX9e6<: (Pi.), etc. ; 2) çiXà- 
SeXçoi; (S., etc.) également comme anthroponyme ; 3) les 
composés avec àSeXtpéç comme premier terme sont surtout 
tardifs et assez rares : àSeXçeoxrévoç (Hdt.) ; àSeXçox- 
Tovta, -|iiÇCa, -waiç, -7toi6ç, -TrpeTtôç. 

Dérivés : àSeXçièéoç, attique -oûç « neveu » ; àSeX<pi8^ 
« nièce » (dans une inscr. tardive masc. àSeXçtSîiç, fém. 
àSeXtpîSiffa, I.G. Rom. 4,621); diminutifs : dtSeXçtSiov 
dès Ar. et àSéXçiov dans le grec tardif. En outre : àSeXçutéç 
(Aristote, etc.), àSeXçÔT»); « fraternité » (Septante, etc.) 
employé dans des lettres chrétiennes comme formule 
de politesse ; enfin ôSeXtptç, -tSoç est un nom de datte 
chez Pline HN 13,45. Dénominatif, ôSeXçt^to « considérer 
comme un frère » (Hecat., Isoc), avec le nom d'action 
àSéXiptÇu; au figuré « affinité • (Hp. Art. 57). 

Et.: Composé de i- copulatif (de 'sm-, la psilose 
s'explique ici par une dissimilation d'aspirées) et un 
terme qui désigne le sein de la mère, cf. Hsch. àSeXipot • 
ol èx -rijî aÙT^ç SeXçûoç YeyovéTEÇ, SeXçù; yàp -^ M-'ÔTpœ- 
Le mot signifie donc « issu du même sein ». Il ne peut 
être tiré d'un *(48eXçefoç, le traitement -loç du crétois 
s'y opposant (cf. Lejeune, Phonétique 209). Wackernagel, 
Spr. Uni. 52 pose le suffixe -eio- qui sert proprement pour 
les adjectifs de matière, cf. encore Risch, Mus. Helv. 
2, 1945, 22 ; on a pensé aussi à poser un thème sigmatique 
à-SeXtpea- constitué sur un substantif neutre *SéX9oç, mais 
skr. gàrbhah- est thémat. avec vocal, o, et voir s.u. SeXçùç, 
cf. Georgacas, G/. 36, 1957, 106-107. L'accent de àSeXçeéç 
est comparable à celui d'autres termes de parenté, cf. 
àvs<|;i6ç, fix.[t.tp6t;, etc. L'attique dtSsXçôç semble un 
arrangement de iSeXçeôç, facilité par l'existence de 
formes contractes comme ÂSeXfoû de -eoû, -ô de -e^, 
qui ont aisément donné naissance à à8eX96ç. La création 
de à8eX(p6ç en grec et sa substitution au vieux terme 
çpaTïjp posent un problème difficile. Dès les plus anciens 
textes, fpaTTjp a pris le sens de membre d'une grande 
famille qui se réclame bien d'un lien par le sang, mais qui 
ne constitue en fait qu'une association religieuse. Dès 
lors il a fallu créer des termes nouveaux. On a créé dans 
le monde achéen et éolien x.aciiyvriroç qui semble signifier 
à la fois frère et cousin du côté masculin suivant un vieux 
procédé de la famille patriarcale (voir s.v.). D'autre part 
i8cX(p6i; qui désigne le lien fraternel au sens étroit, et qui 
l'exprime par rapport à la mère. On a voulu mettre ce fait 
en relation avec l'existence de sociétés matriarcales dans 
les populations de l'Hellade avant l'arrivée des Grecs. 
Voir notamment P. Kretschmer, Gl. 2, 201 sqq. ; 27, 
25 sq. ; Lex. Ep. s.v. avec la bibliographie. J. Gonda, 
Mnm. 15, 1962, 390-392 expliquerait dcSeXçôç par la 
polygamie et l'existence de concubines (jnxXXoxat). 



&ScuKiîs, -ir)? -éç : adjectif homérique {Od. seulement) 
de sens incertain, épithète de CXcOpoç, 7t6T|jioç, ç^jxiç. 
Chez A. R. l'adjectif est employé avec fi-nj (1, 1037), aïoa 
(4,1503) etc., mais aussi avec otXç la mer (2,388), àeXXat 



(2,267). Le sens du mot est difficile à déterminer. On 
traduit, par exemple, • amer > en rapprochant SeOxoç = 
YXeûxoi; attesté notamment sch. A.R. 1,1037, mais le 
mot pourrait être imaginé par un scholiaste, précisément 
pour expliquer àSeuxTJç. Les scholies et les lexicographes 
anciens connaissent aussi un sens « inattendu » (cf. Apollon. 
Lex., Hsch.). AeuxT/)ç est p.-ê. attesté chez Nie', Al. 328. 
El.: Le sens du mot étant, en définitive, ignoré il est 
difficile d'établir une étymologie. Nous avons déjà dit que 
l'existence de 8eûxo; = y^^'^^t n'est par assurée, mais 
il y a aussi le n. pr. IIoXuSeiSxT]; et d'autre part un verbe 
attesté par les gloses Seûxco * ^Xénto Et. M. 260,54 et SetSxei ' 
9povT(^ei Hsch. ; enfin on rapproche l'adv. évSuxicdç 
qui semble signifier «avec soin» (voir s.u.); les gloses 
d'Hsch. SEUxéç * [Xa[XTcpèv] 5|xoiov et èvSsuxéç ° 6(ioiov 
sont inexpliquées. Le rapprochement de Seûxco et èvSuxécoç 
inviterait à donner à àSsuxi^ç la valeur originelle de « qui 
ne ménage rien ». Quant à l'étymologie indo-européenne, 
on n'en peut rien dire, cf. Bechtel, Lexilogus s.u., Frisk 
s.u. et Lex. Ep. s.u. 

dSnuovéw : dénominatif tiré par Eust. 833,15 d'un 
àSi^fiov qui existe comme variante chez Hp. Epid. 1,18. 
Ce verbe est bien attesté en ionien, mais ne semble pas 
avoir été proprem.ent attique. Il tient une certaine place 
dans le vocabulaire de la médecine et Platon l'emploie. 
Les glossateurs le rendent par 6au(jLà!^eiv, aTtopeïv, Xu;reta- 
Oat : à8Tri(xovetv exprime la détresse de l'âme ou de l'esprit. 
Ainsi chez PI. Phdr. 251 d à8if)(xoveï TJj àronlcf. toû jràGou? 
«elle est dans la détresse à cause de la bizarrerie de son 
état ». Démosthène emploie exceptionnellement le mot 
19,197 à propos de l'Olynthienne que l'on veut forcer 
à chanter. Le mot est encore attesté chez Hippocrate, 
Épicure, le Nouveau Testament, et dans des papyrus. 

Dérivés : dtSTitiovta (Épicure), àSiofioduvY] (Démocr.). 

Et.: On a rapproché le groupe de âSTjv (dont l'initiale 
est aspirée) en posant le sens d'» être dégoûté ». Cette 
explication est aujourd'hui abandonnée avec raison. 

M. Leumann, Hom. Wôrler 309, voit dans àSYj[jio)v un 
dérivé de *aSécij contracté de àTjSéoi, issu de dcTiSifiç ; le 
sens originel de à87)(xové<o serait alors « être triste ». Cette 
explication est peu naturelle et se heurte à la difficulté 
que dans le seul exemple poétique. Nie. fr. 16, l'a est 
bref. 

A. Debrunner, acceptant une hypothèse de T. W. Allen, 
rattache le mot à la famille de àSav)?, Saf,vai en posant 
le sens de « ne pas savoir » à l'origine ; 8ij- résulterait 
p.-ê. d'une contraction de 8a7)- ; cf. Mélanges Boisacq, 1,126. 
C'est l'explication la plus vraisemblable. 

uStikÔtes : dans la formule xaiiârto aSTixôreç 7)8è xal 
ÔTtvtf) {II. 10,98, Od. 12, 281), cf. formule comparable //. 
10,312 = 399, cf. 471 et Hym. Apoll. 460. 

Le terme surtout attesté dans la Dolonie s'emploie tou- 
jours avec le complément xajjtàTtj). Deux possibilités 
d'explication : 

a) Avec l'une des explications de Ap. Soph. 9,9 = 
Hsch. A 1082 on peut tirer ce parfait assez récent (cf. le 
X au participe) de &87]v et comprendre « soûlés de fatigue ». 
On rendrait compte de l'a long en rappelant ' que S8y)v 
comporte parfois un a allongé pour la métrique ; 



S8T,KÔr.S 



20 



b) Avec une autre e:q)licatioii attestée à la même place 
par Ap. Soph. (bjSwç Sui-cc6ct(Jtévoi «fâchés, soutirant 
de •, ce qui comporte une parenté avec la {amiHe de f|Sûç, 
ivSdkiNd, etc., et plus précisément du présent àoSeîv 
glosé Hsch. A 10 = Pbotius 3,21 par Iix'Keî-* (cf. aussi 
s.u. £a8a) à quoi il faudrait joindre àaSéç ' db)8£ç (Hsch.). 

àSéç - Êviot Se i-zepKéç ; iiSîfi à-reprnjç cf. Bechtel, 

Gr.D. 3,57. En ce cas on s'explique mal la contraction 
après chute du f (*à/a8if)x6Tgç), d'autant plus qu'on 
comiatt en ionien-atlique itiBi-fi, dhgSîa, etc. On penche 
donc pour l'explication a), bien que b) soit préféré par 
F. Bechtel, Lexilogus e' le Lex. Ep. 

L'Odyssée 1,134 o!'' un 8e(irvcp aSi^oetev où l'on 
pourrait voir un aoriste répondant à âSiQXÔTeç, et se poser 
les mêmes problèmes. Toutefois le texte est amélioré, 
notamment pour la métrique si l'on admet la variante 
iir)Sif)05i«v « trouver déplaisir à », cf. àTjSVjç, et voir s.u. 



ii&wàç ou à8p6ç qui ne reflètent plus guère le sens originel. 
Et. : dcSijv est évidemment issu de la racine de &(ù, &yxMon. 
Il y a un élément d qui se retrouve dans l'arm. at-ok', 
alors que les autres langues ont généralement un /, cf. lat. 
salit, etc. Voir Frisk Btyma Arm. 16 sqq. 

âSiavTov : n. et àStavroç m. « adiante, cheveux de 
Vénus » {Thphr., Theoc, etc.) ; proprement : qui ne peut 
pas être mouillé, cf. Strômberg, Pflanzennamen, 74 sqq. 

àSûcT] : f. « ortie », synonyme de dbcoXTjoTj (Ps.-Dlosc. 
4,93). ■" 

El.: La finale -btr, est comparable à celle de èXlyiti 
«saule», lat. salix (cf. A. Ernout, Philologica 151).- Le 
rapprochement étymologique avec v.h.a. nazza, etc., n'est 
qu'une possibilité assez douteuse qui obligerait à poser 
'pd-ikâ. 



àSi^v, -évoç : f. «glande» (Hp. etc.), parfois employé 
comme masculin dans le grec tardif. 

Et.: Depuis de Saussure {MSL 6, 53), on pose *pj"-en-, 
et on rapproche lat. inguen (neutre), d'abord attesté au 
sens cP« enflure, tumeur », puis « aine ». On évoqu^ aussi 
V. isl. Bkkr < enflure > et ekkvenn « enflé ». 

âST)v (épique âSiQv) : accusatif adverbial d'un subst. 
*â8if), dont le suffixe entre en même . :nip8 dans la série de 
pàSijv, etc., • à satiété », parfois avec l'idée de dégoût, cf. 
//. 13,315 iSSt)v èXécdoi ... TroXéfioio. La forme épique sans 
aspiration est bien attestée et s'explique par la psilose. 
p Alptia long par allong. métrique II. 5,203, etc. 

Dérivé : dtSaîoç qui cause du dégoût (Sophr. 137 selon 
Eust. 1394, 27, cf. Hsch. s.u. âSaîa). Composé : dtSifjcpaYoi; 
■ qui dévore, glouton» (comédie, Lysias, Soph.) volontiers 
employé au figuré ; avec les dérivés iS-rjipa.yéci, iBr^fayia. 
On observera que tous ces termes semblent écrits avec 
un esprit doux. Voir les gloses d'iEIius Dionysius, p. 90 
Erbse. 

Autres formations sur un thème a8- ou 58- : à8oç 
• satiété, fatigue » (hapax //. 11,88 — masculin ? ou thème 
inanlAe en s?); àSivôç signifie « serré » mais -s'emploie 
chez Homère à I# fois dans un sens local et temporel, 
d'où des formules comme àStvoO ... y6oio (//. 18,316, etc.) 
plainte pressée, répétée ; employé abusivement Od. 23,326 
comme épithète des Sirènes « sonores » ; le suffixe de 
à8iv6ç répond à celui de Tiuxtvéç, mais peut aussi être 
relié à celui de àSp6ç, cf. plus loin : â8péi; solide, robuste, 
violent (Hdt., etc.) ; peut faire poser, en liaison avec 
à8ivi;, un thème en 'r/n ; dérivés : àSpooùvï] (Hsd.), 
âSpiTiji; force (hellén. et tardif ; sur l'ace, hom. à(v)8po- 
T^ta, voir àvrjp) ; àSpûvofxai mûrir el âSpùvto faire mûrir 
(Hdl. etc.), avec le nom d'action à8pùvatç ; tardif à8péb> 
etôSpôofxat ; à8pcô8rj(; est un nom de plante, Ps. Dioscorfde 
4,128 (voir StrOmberg, Pflanzennamen 82 ; rares composés 
tardifs avec âSpo- comme premier terme, ainsi àSpofiepYJç 
opposé à X£7CT0fjiepr)ç. 

D'autres termes ont été à tort ou à raison rattachés à 
la lamille de i£8if)v par les Anciens bu par les Modernes : 
voir àSSa, è&r\Y.<}-xç„ ài&\iù'kt\ ; en outre S.(rr\. 

On observe déjà dans â87]v le passage de la notion de 
latlélé à celle d'abondance. C'est encore plus net avec^ 



ôlSivos : voir ijcStjv. 

ôSpAiXi^ : àiropta, 6XtYcapîa, fiyvoia, :r)ouxia (Hsch.) cf. 
Hdn. Gr. J,,324, etc. 

Autres dérivés divers àSfjiwXta ■ t) étYVota lîapà KoXXi- 
fxàx<p (Suid. = fr. 717 Pf.), avec la variante prob. fautive 
àStioX^T) Et. Mag. 17,49 ; en outre l'adverbe à8(jicoXe( • 
Xûjplç 86Xou (Suid.) et le dénominatif à8[X(oX£> • rè àxijSiôi 
(Suid.), cf. Et. Mag. 18,33 àSfxoiXetv ■ àyvoEÏv y; àyvoiioveîv 
7) àj«7)8iâv. ^ 

Et.: Le suffixe -(x<oXt) est clair, cf. H. Frisk, Eranos 41, 
1943, 52, mais le rapprochement avec SStjv (« dégoût, 
d'où indifférence « négligence ») reste douteux. 

â8|x<i>VES ou éc8(x.(deç : n. pi. poissons de mer, Oppien, 
Hal. 3,371, 380. Identification douteuse, voir Thompson, 

Fishes s.u. *• 

ôSvôv : àyvàv Hsch. 

El. : Bechtel, Gr. Dial. 2,777 constate que s'il y a des 
exemples de dn> gn, l'inverse ne s'observe pas. On 
pourrait à la rigueur admettre une graphie inverse (cf. 
Schwyzer, Gr. Gr. 1,215). Il est toutefois plus probable 
que nous avons dans àSv6ç un terme Actif inventé pour 
l'explication de 'ApiâSvr) (qui a inversement été altéré 
en 'Apidryvr), cf. Kretschmer, Vaseninschriften 171), cf. 
K. Latte, Philol. 80, 174. 

âSoXé(TXT)s, -ou : m. « bavard, beau parleur, fastidieux » 
(cf. P. Steinmetz, Theophraat Charaktere 2,53 sq.) ; le terme 
est attesté chez les comiques, à propos des sophistes ou 
de Socrate, cf. Eup. fr. 352, Ar. Nu. 1485, etc. ; et chez 
Platon, cf. H. 488 e, à côté de (iETewpooxôîroç, Pli. 299 b, 
comme épithète de aoçioTrjç, Tht. 195 b (cf. sous Et.), etc. 
Selon un procédé dont il existe d'autres exemples (cf. les 
composés en -àpxrjç et -apjçoç, le grec tardif (Alciphron, 
S. Emp., etc.) emploie une forme dtSéXeoxoç. 

Dérivés : iSaXtcr/^i"'^ (Ar. PI., Isoc, etc.), ii8oXe(JX»<éç 
(PI. Sph. 225 d, etc.) et le dénominatif dtSoXeoxéto 
« bavarder » (com., PI.) employé dans la LXX, au sens 
de « raconter », etc. A disparu en grec moderne. 

Et.: L'étymologie n'est pas sûrement établie, ce qui 



21- 



àcîSu 



ne surprend pas pour ce terme expressif. Le second terme 
du composé est yiaxt) {voir ce mot), qui doit être entendu 
ici, semble-t-il, au sens de « conversation », etc. Mais le 
premier terme, où l'alpha long est garanti par la métrique, 
a donné lieu à des interprétations diverses : 

!• On peut le rapprocher du thème de fiSijv en pensant 
que ce premier terme exprimé la notion de satiété, mais 
l'a long fait difficulté (cf. àSirjxéTe;, et W. Schulze, Quaest. 
Ep. 452-454) ; 

2» On préfère voir dans âSo- la contraction de à/'aSo- 
apparenté à la famille de ^SiSç etc., avec vocalisme bref 
et alpha privatif cf. W. Schulze, l. c. et Frisk s.u., qui 
pose *à!xSoXéox7)î, de àaSeîv ■ èxXeîv (cf. ici sous àaSa), 
c'est-à-dire de *à-CT/'aSeïv avec premier terme verbal (î). 
Le passage PI. Thl. 195 b, y.tvSuvEÛEi aTjSèç elvai àv^p 
àSoXéoxYlç, ne prouve rien pour l'étymologie. Enfin la 
correction souvent adoptée Thgn. 296 dtaSY)? pour iSa-^ç 
ne s'impose pas. 

àSpâ^a^us, voir dcrpà^a^uç. 
âSpôs, voir â8Y)v. 

aSpua : îrXoïa (xové^uXa KÛTrpiot. AéYovrai 8è xal ol 
èv T^ dtpâTptj) oTÛXoi. SixeXol 8è SSpua Xéyouat zà iirfjXa ■ 
îtopà 8è 'Arrixoîç àxp68pua (Hsch.). 

Cette glose concerne plusieurs termes dialectaux d'étymo- 
logie identique mais de significations franchement diffé- 
rentes. La tradition manuscrite d'Hésychius ne permet 
'pas de fixer si l'alpha initial comporte ou non une aspira- 
tion. Toutefois il doit s'agir de â- issu de *sm-. Le second 
terme est le nom de l'arbre 8p0ç. 

Le terme chypriote doit désigner des canots d'une seule 
pièce, des pirogues. 

La glose sicilienne attestée également chez Athénée 
3,83 a, qui l'explique par xoxy.ûfXïjXa, doit être une forme 
équivalent à âfxiiSpua, cité par Photius, avec une structure 
différente du premier terme. Athénée cite d'autre part 
une autre forme où la première syllabe a disparu (lâSpua. 
Le sens originel de ces mots serait donc : qui tient à 
l'arbre. 

Enfin l'emploi de dtSpua pour désigner des pièces de la 
charrue, doit s'accorder avec la même étymologie. Il se 
trouve confirmé par une glose voisine d'Hsch. iSSpua • ol 
OTÛXoi dpÔTpou 8t' tùv ô l(iTo6oeùç àpiiôÇeTai : pièces qui 
fixent le timon à l'âge ; le mot subsisterait en grec 
moderne, cf. Latte s.u. 

Bibliographie ancienne chez Boisacq. Pour les trois 
termes botaniques (£8pua, â|jiii8pua et (iâ8puœ, voir 
Strômberg, Worlsludien 44-46. 

"ASunaSi -'8oç (Sapho, etc.) et "ASeov (Théoc., etc.) 
Adonis. Emprunt probable au sémitique cf. hébreu àd6n 
«maître, seigneur». Voir W. Atallah, Adonis, 1966, 303- 
309. 

ac6Xos : m. et éceOXov n., issus de 5/e6Xoç, -ov 
(cf. IG V 2,75 «feeXa, arcadien). Hom., Hdt., et les 
poètes emploient des formes non contractes, l'attique 
i6Xo(, $6Xov contracté. 

"AfôXoç, SOXo; « lutte, combat, épreuve » (notamment 



à propcifdes Travaux d'Héraclès, cf. //. 8,363, Od. 11,622 ; 
ou à propos de l'épreuve de l'arc dans VOd., cf. Od. 
19,584, etc.) ; d'où «jeux, concours sporUfs > (en ce sens 
concurrencé par dy^veç qui est le terme usuel en prose). 
"AeflXov, iOXov, de genre inanimé signifie proprement 
le prix d'un concours (cf. II. 23,413 et 620, Pi., etc.). Ce 
sens est usuel en prose attique d'où des expressions comme 
àexa TiOévai ( PI. Leg. 834 c), àOXa X(X(i6<£veiv, çépeo- 
6ai, etc. S'emploie aussi métaphoriquement. Équivaut 
rarement à SeXoç « concours », seulement au pluriel, cf. 
Od. 24,89 ; Sophocle Ph. 508. 

Composés peu nombreux : ieXoeéTTjç, -Oeota (/G II «, 
1368), -ôeTéw, -Oen^p (IG V 1,456, Sparte) ; àeXoçépoç 
«qui remporte le prix. (Hom., etc.). 'AOXoç comme second 
terme dans quelques composés dont les plus anciennement 
attestés sont eSseXoç (Pi., etc.) et TtévrâeXo; (Pi., etc.). 

Dérivés : àéQXiov ép. et poét., arrangement métrique 
rare de àOXov « prix . ou de SÔXoç « concours », peut 
parfois s'entendre « instruments de la joute » cf. Od. 
21,4; 24,169; (iéOXio; «qui concourt _ pour un prix», 
(poét.) mais sous la forme^ontractée aÔXioç « qui luttj», 
malheureux, misérable » en parlant de personnes, de 
situations, parfois de choses, assez usuel en attique, avec 
l'adverbe àeXtoiç, àeXiÔTJiç, -n)Toç, et à date basse le 
factitif à6Xi6o(iai ; àOXocùvT) [AP 6,54). 

Verbe ^énominatif : dceeXEÛto (Hom. et poét., Hdt. 5,22), 
lieXeilo) contracté II. 24,734 et PI. Leg. 873 e « lutter 
pour un prix, peiner . (cf. //. l.c.) ; un seul ex. du mot 
chez les tragiques (^sch. Pr. 95). Le dénominatif usuel 
est àOXétù (chez Hom. seul part, aor., //. 7,453 ; 15,30) 
avec les dérivés àOXrjfjia, àeXir]atç (tardif), àeX7)Trjp (poét.', 
Od. 8,164), dtOXTjTTi!;, à6X7)Tt>t6i;. 

Le dérivé ôcôXioç a surtout fourni le composé ^ravâeXioç 
(trag., etc.). 

Et.: L'étymologie n'est pas établie, et, pour l'établir 
on est gêné par le fait que le sens originel n'est pas assuré. 
Trumpy, Kriegerische Fachamdrûcke, 150-151, estime que 
le sens originel est quelque chose comme « labor » en se 
fondant sur des formules comme Od. 4,170 èfiÔYTjoEv 
liéôXou?. Toutefois, l'examen des faits homériques incline 
à croire que le sens originel s'applique précisément à des 
épreuves en forme de concours, ou de jeux. 'AOXov ne 
signifie pas autre chose que « prix », et lorsque àôXoç 
est employé dans un sens général, les exemples se trouvent 
soit dans l'Odyssée, soit dans des parties « récentes » de 
l'Iliade (3,126 ; 8,363 ; 19,133, ces deux derniers passages 
à propos des Travaux d'Héraclès) ; de même lorsque 
Andromaque (//. 24,734) emploie àeeXeiicuv à propos de 
son fils, il semble qu'il y ait une image expressive. 

Si l'on admettait l'interprétation de Trumpy on pourrait 
rapprocher skr. vâgati, vâgate « être fatigué, épuisé », en 
constatant qu'en v. . si. irizna (apparenté à v.h.a. 
strïian, etc.) a signifié « combat, récompense du vain- 
queur », etc. 

Si comme semblent le suggérer les données philologiques, 
SeOXoç a d'abord signifié « épreuve, concours », il n'y a pas 
d'étymologie. 

Voir Trilmpy, Kriegerische Fachausdrûcke, l. c., et 
Lex. Ep. 8.V. 



âeîSu : att. par contraction i^8(i), fut. &e(ao(iai et 
(^ao(iai, aor. fisiaa (Hom.) et fjoa. (att.) «chanter». 



àciSb 



— 22 



employé avec comme complément le thème que l'on 
chante, ou le personnage que l'on célèbre ^composés 
avec» in-, ûir-, etc.). Formes nominales : nom d'agent 
àoi86ç « chanteur, aède •, mais la forme contractée 
àtSéç est assez rare en attique (PI. Com.). Le mot figure 
dans des composés dont quelques-uns sont fort importants : 
èrruSéç € magique », etc. ; BeamcùSàz, fieXcoSàç, aùXoiSéç, 
î)(iv<a86ç, xt6apto86ç ; et surtout rpaytoSôç (cf. s.v. rpotyoç), 
xa>uLû)S6ç (cf. s.v. jttôfioç), TpuytfjSé; terme comique créé 
comme équivalent de xa>fi.&>86ç sur le modèle de TpayciiSéç 
(cf. s.v. TpùÇ) ; enfin paiwSôç (cf. s.v.). Tous ces composés 
ont donné naissance éventuellement à des dénominatifs 
en -éo>, des dérivés en -îa ou en -txôç. 

Nom d'action, àoiBr, « chant » (Hom., poètes), par 
contraction, att. ùySrj (tragiques, PI., etc.) ; composés 
èTraotSi], trtbiBr] « incantation » ; dérivés àotSifxoç « chanté, 
illustre • (poètes), ûSizôç eî adv. ùSwûç (comiques, Arist.) ; 
enfin 6)8Etov « construction », notamment ô Athènes, 
'1 destinée à des concours musicaux » (pour le suffixe, 
Gtianlraine, Formation, 60). Dénominatif de àoiSrj : àoi- 
Siiiu [Od. 5,61 ; 10,227), cf. Ghantraine, Gr. Hom. 1,359. 

Enfin, du thème du présent àzlSco sont tirés les dérivés 
avec suflixe -ajjta : àeiufia (Hdt., Eup. 139), par contraction 
àofia «chant, poème lyri<jue » (PI., Alexis), avec le diminutif 
àaiiànov (PI. Com.) et le composé à^fjtaxoxàtJiTnf)? « tor- 
tilleur de poèmes » (Aristophane), et àofjtéç (PI. Com. 235). 

Les termes de la famille de àeCSo signifiant « chanter » 
en fënéral, s'emploient pour un choeur, pour un chanteur, 
un récitant, aussi pour un poète lyrique ou épique. Les 
composés avec èri- soulignent la valeur magique du 
chant ; voir E. Uiehl, Rh. M. 89, 1940, 91 sq. 

El.: Le rapport avec aùSiç est universellement admis : 
voir ce mot pour l'étymologie i.-e. En ce qui concerno 
les relations avec aùSiQ, Wackernagel {KZ 29, 151 sqq.) 
imagine que àetSEiv est issu d'un aoriste à redoublement 
et à vocalisme zéro *à.-Fz-Fh-zv^ qui aurait donné par 
dissimilation "■à-Z'e-tS-EÎv, comme (/"jeiTreiv pour 
*Fz-Fti-z\m. Cet aoriste aurait ensuite fonctionné comme 
un présent. Le redoublement serait différent de celui que 
l'on a dans àXaXxeïv (sinon on attendrait, *â/'a-u8£w, 
non *à-/'e/^8eiv). L'hypothèse de Specht {KZ 59, 119 sqq. ; 
Ursprung der indog. Deklination 281) qui pose une « racine » 
au- avec deux «élargissements» tji (>ei ou tj) et 8 d'où 
à/cîSo> et à/TjSciv, est arbitraire et peu vraisemblable. 
Sur le plan des alternances indo-européennes archaïques 
on serait tenté de poser, sur le type de ciùy-jàFtY- dans 
2'j^to, etc., 'QjCU-d- d'où kùSt), ' g^u-ed- ce qui donnerait 
*àFs&tù. Pourrait-on poser a^u-ei-d- > àFEiS-"! 

1 ceîpu : att. aïpto (une fois chez Hom. II. 17,724) 
peut-être fait sur le futur, fut. apû (avec alpha long, '•'aepû 
n'est pas attesté), aor. ép. Seipa et î^eipa, att. '^pa, inf . ipa.:, 
contracté de àFzp-, etc., pf. att. ffixa. ; éol. dtéppo (Alcée). 
Chez AIcman ptc. moy. aùeipôficva: (1,63 Diehl). Au 
moyen, àEÈpofxai et alpofxat, aor. sur le modèle de 
l'actif, etc. ; aor. passif pT.c. itpQtiç et att. àpÔEtç (égale- 
ment Hom. //. 13,63 ; Od. 5,393), indic. attique fip6y}v, etc. ; 
sens « élever, soulever, tenir suspendu », parfois « apporter 
un plat », avec des développements divers : au figuré 
• exalter >; expr. technique «mettre à la voile» (propre- 
qient «hisser les voiles »). ^ 

Composés Av-, dtvr- (a fini par prendre le sens de « se 



soulever, se révolter » avec les dérivés tardifs dcvrâpTT)?, 
àvrapoia), an- « enlever » et « mettre à la voile », 8ia-, ela-, 
èÇ-, en-, xaT- «s'abattre, aborder», (jter-, éol. dor. toS-, 
Ttepi-, Jrpo-, îtpoo-, ouv-, û^tep-, un-. 

Dérivés généralement tardifs : Sp(ia « ce que l'on prend, 
nourriture » (Hp. selon Hellad. chez Phot. 533 b ; p.-ô. 
chez Hes. Th. 639, Bouclier 84, cf. Solmsen, Gl. 37, 
1959, 127-130) ; cf. dans la glose d'Hsch. : vw^aXEÙfiaTa 
fi vcùyaXtoixaxa • Ta xa-à XeTr-rôv iSéajjiaTa ' ot 8è rà (i-f; 
eiç x°P'^*<ï'o'v iXkà rpuçepà âpjxaxa (pour une autre 
explication moins probable du mot, voir Frisk s.v.2 àpjjta) ; 
apfjia signifie aussi « charge » (Aquila) ; enfin on a comparé 
le grec moderne (Pont, Cappadoce) apfxaxa « parure » 
(cf. Frisk, /. c.) ; avec préverbe énoiÇ)[ia « plat » dans une 
inscription béotienne (Taillardat, li. Ph. 1966, 73 sq.) ; 
Trpoo- (Hp. Aph. 15). — Le dérivé le plus important est 
àpatç « fait de lever », d'où divers sens techniques comme, 
en métrique le levé (avec quelques composés assez tardifs 
comme ânapaiç, enapaiç, xàrapatç). Il faut rattacher 
à âpaiç ionien ^leràpaioç (Hdt., poètes) et le correspondant 
dor. TtESâpaioi;, terme équivalent à fjœrÉcopoç. 

Un thème àspai- (parfois âpai-) figure comme premier 
élément diuis des composés du type Tep4(î(i.6poTOi; (voir 
sous ce mot) ; généralement en poésie : àepatXo^oç 
(A.R.), -(xaxoç (Bacchyl.), -vooç, -ttùtt);, -uôttqtoç (Hés. 
Tr. 777), -TToSeç (hom.), -çptov ; cf. le nom propre 
'ApCTivÔY), etc. 

Adv. dérivé : àp8T)v c en l'air », d'où « complètement » 
avec des termes signifiant détruire, etc. (ion. -att.). 

'Astpoi a donné naissance à des déverbatils attestés 
tardivement dans la littérature alexandrine : aor. àéprrjcsz, 
présent àepTâCw (A.R. 1,738, etc.). 

Chez Homère, on a enfin 3 ex. de rjspéôovTai avec une 
longue initiale peu claire mais métriquement commode 
(cf. Ghantraine, Gr. Hom. 1,327) ; le dcepéeovxai d'Hsch. 
est une invention de grammairien. 

Comme composés, outre la série en ôepat- que nous 
venons ae citer, il y a peut-être la glose d'Hsch. àepo- 
Xécx^Ç ■ ûif^riXèç èv xcô Xéystv xofXTnjyàpoi;, et l'hapax 
homérique vjepôçojvoç si l'on croit la forme authentique 
et si on l'interprète avec Meillet {BSL 26,9) « qui élève 
la voix » (voir s.v.). 

Il existe d'autre part une série de formes thématiques 
anciennes qui expriment l'idée de « en l'air » et se trouvent 
avec âEÎpûj dans le même rapport que X6yoç avec Xéytù : 
ftETTjopoç «qui est en l'air» (Hom. cf. le rapprochement 
avec àvâsipE H. Hermès 135), att. ficxécopoç même sens 
avec des emplois techniques, « au large » au sujet d'un 
navire, ou en parlant d'astres ou de phénomènes « célestes », 
ou figurés, notamment en suspens, dans l'attente (cf. 
Th. 2,8, etc.). L'éolien possède la forme symétrique 
TreSiopoç. Mexéopoç a donné naissance à une famille de 
mots : [iSTEûjpta, fiexeopéû), -tStov, et surtout (lexewptÇo 
« élever, soulever » (ion.-att.), au figuré « exalter » (D., 
Plb.), avec ses dérivés -tat?, -lafia, -la-rf-fi. En outre des 
composés avec [xexEcopo- comme premier terme, techniques 
ou plaisants : -Grjpaç, -xottoç, -xojrétù (Ar. Paix 92), 
-Xéaxi)!^ (Pi-), -Xedxéco, -Xoyoç « astronome », -Xoyéto, 
-Xoyiœ, -7r6Xoç, -TtoXéto, -Tropoç, -Tcopéto, -trxéTroç (PI.), 
-CTx67riov, -CTOfpiCTTirjÇ (Ar. Nu. 360). Mexécùpoç au sens 
astronomique a été emprunté par le lat. scolastique 
meteora et est devenu le fr. météore (autres composés 
sous dœtpti>'2). 



— 23 



2 



acipw 



Il faut enfin rattacher à atfso) un certain nombre 
de termes remarquables par le redoublement expressif 
Fax- et le vocalisme radical ti>. Il faut sans doute 
partir du présent expressif alcopéto, intensif itératif de 
♦fai-Z'wp-éc» (cf. Schwyzer, Gr. Gr. l,647,a, et 720,2), 
employé surtout au passif « être soulevé, suspendu » 
(Hdt., PI.) à l'actif « soulever, brandir, balancer » (Pd., 
Dem., Hp.) ; al<.')pa (doit être une dérivation post-verbale 
de attopéco) « balançoire, hamac » (PI.), ou « action de se 
balancer» (PI.) ; écrit S. Œd. H. 1264, avec la prononciation 
vulgaire è- pour al-, èwpa (cf. p.-ê. èwpïjoaaa Œd. Col. 
1084) ; d'où altdptov p.-ê. élévateur de grain (pap.). 

Composés de altopéto : truv-, ÛTtep-. 

Dérivés : alûpriatç « balancement » (PI. et médecins) 
avec les composés cuv- (PI.) et ÛTtep-, alcùpr,[j.a ce qui 
sert à suspendre (E. Jlel. 353, lyr., Or. 984, lyr.). 

Ei.: La forme d'AIcman aùetp6(i.evai confirme qu'il 
faut partir de à.Fzp-. A l'intérieur du grec se posent 
deux problèmes, celui de la relation possible avec àEÎpci) 2 
(voir s.v.) et celui des rapports avec âvjp dont àcipto 
pourrait être un dénominatif (cf. déjà Butlmann, Lexilogus 
1,260; Bréal, MSL 15,149 sqq.) comme ail. laflen à côté 
de Lufi. La quantité longue de l'alpha dans àrjp fait 
difficulté, cf. Meillet, BSL 26,9 et Frisk, Eranos 32,55. 

En ce qui concerne l'étymologie indo-européenne, l'œ 
initial de àFtp- est une prothèse ou un Sj. Aucune étymo- 
logie n'est établie. Meillet, /. c. admet le rapprochement 
avec le verbe dérivé arm. gerem « je prends n. 

En ce qui concerne le présent a'tpto qui ne peut être 
une contraction de àeîpio (on aurait *&çhù), hypothèse de 
Heubeck, Orbis 13, 1964, 264-267, qui pose 'sêr- « haut » 
représenté en hittite, d'où 'sj-yô, et cf. piov. 

8 àcîph) : avec aûv « attacher » et notamment et atteler » : 
//. 10,499 cùv S' T^etpEV Lfjiàai ; 15,680 Trtaupaç auvaetpe- 
Tat 'iiuzoMç,, cf. encore la glose d'Hsch. ÇuvaLperai ■ 
(juvàuTETai. Cet emploi particulier semble issu, malgré 
Solmsen, Uni, z. gr. Laul und Verslehre, 289 sqq., qui veut 
poser deux racines distinctes, d'un emploi technique de 
àetpœ 1 (cf. Schulze, Quaest. Ep. 420). Autre emploi 
technique pi. q. pf. âwpTo « être pendu », dit d'une épée 
(//. 3,272 = 19,253) ; p.-ê. vocalisme éolien ou influence 
de Sop ? Ajouter p.-ê. l'adjectif verbal mycén. opawota 
bnaFop-za. avec le prév. ôtci = ènï (et vocal, o, ou zéro V) 
< plaques suspendues, pièces d'armure « cf. Chadwick- 
Baumbach, 167. 

Outre les emplois d'autres termes relatifs à l'attelage, 
se rapportent à dteiptù des composés en -âopoç : rerpScopoç 
«attelé à un quadrige» (Od. 13,81 ; Pi., tragiques) avec 
la forme contractée rérptùpoç, aussi le dérivé TCTpaopîa 
(Pi.) ; ouvaopoç, d'où la forme dérivée contractée ouvtoptç, 
-È8oç qui désigne un couple (cf. iEsch. Ag. 643, etc.), 
mais plus précisément un attelage de deux chevaux 
(Attique ; IG IV', 101, Épidaure, etc.) avec les dérivés 
tardifs auvûjpttTTr)?, auvcaptacrrrjç ( Lucien ) conducteur 
d'un attelage à deux bêtes. Ar. Nu. 15 emploie un dérivé 
ouv(opi>cetjETai « conduire un attelage de deux bêtes » 
qui semblejssu d'un adjectif auvû)ptx6ç non attesté, cf. 
RE Gr. 75, 1962, 384-393. Pour ouvtopia « service des atte- 
lages », V. L. Robert, Hellenica 10, 46-51. Mais ouvào- 
poç, (luvTJopoç qui a servi d'amorce à ces dérivés signifie 
d'une manière générale «associé à » {Od. 8,99, Pi. N. 4,5), 
au I époux, épouse * (E.). 



Enflar à ouvTjopoç s'oppose un terme Ttapaopo;, rap- 
-iQopoç « cheval de volée » (//. 16,471 et 474), d'où des 
emplois abusifs //. 7,156, à propos d'un mort étendu 
sur le sol et, d'autre part 23,603 « égaré, étourdi », cf. 
7tàpô^30ç Théoc. 15,8 (sur ces dérivations sémantiques, v. 
M. Leumann, Hom. Wôrter, 221-231) ; dérivés TrapTjopla 
«trait de ce cheval» (//. 8,87) mais «bras d'un fleuve» 
(Arat.), -opioç (AR) ; à côté de ce terme existe une forme 
verbale, aor. pass. TtapTjépQr) 8è y.àpT) «la têle s'est mise 
à pendre de côté » [II. 16,341, cf. M. Leumann, /. c. 
224). Ces emplois prouvent que le sens d' « atteler » n'était 
pas essentiel. Ce fait se trouve confirmé par des composés 
en -Tfiopoç de sens assez général : àTtaopoç (Pi. P. 8,861 
signifie «détaché de, éloigné», ÈTtriopûç (A. R.) «suspendu 
au-dessus de », xaTaopoç « suspendu 6 » (Eur. Tr. lOOOi. 
Un certain nombre de dérivés nominaux à vocalisiiic i 
expriment dans des vocabulaires techniques l'idf-f- rie 
« suspendre, altucher j> : àoprr;p m, « baudrier, porU>-C|" c - 
(//. 11,31 ; Od. 11,609), «corde de besace» (Od. 13,436!; 
le mot est refait dans la glose d'Hsch. àopTeûç • çopcJc 
Toû Çtçouç, si le lemme n'est pas fautif. 

Il y a une autre série de termes, qui concernent notam- 
ment l'anatoraie, et qui se réfèrent à la fois à la notion 
d'o attacher », et p.-ê. à celle de v suspendre » : àopTY; 
f. à vocalisme o désigne peut-être chez les comiques un 
sac que l'on porte pendu sur l'épaule, cf. Pollux 7,79 ; 
10,139; mais il faut peut-être lire àopTf,p' (v. Ménandre 
fr. 282 Koerte) ; àôpTT)!; « sac » (pap.) a été attribué au 
macédonien par Hsch. ; comme terme anatomique, en 
tout cas àopTT; désigne les artères issues du ca'ur, et 
notamment l'aorte (Hp., Arisl,;. et peul-ulre les bioiiciirj 
(Hp. Loc. Hom. 141, le mot s'expliquani, par la notioi; 
d'« attacher » ; (xoprpa pi. n. «lobes du poumon r., d'après 
les noms d'instrument en -rpov (Chantraine, Formation 
331 sqq.). Une dérivation verbale est attestée dans le 
part. àoçTTiQtlç AP 7,696. 

Enfin la liaison entre les notions de lier et de soulever 
se révèle dans un certain nombre de termes bâtis sur àp-. 
'ApT7)p désigne d'une part en grec tardif {L.XX, I\c!;. 
4,17) un instrument qui sert à soulever, ce qui fait peiiaer 
à àelpto 1, de l'autre une espèce de chaussure (Pherecr. 
38) ce qui ferait penser à dceipcù 2. Pour le détail de l'analyse 
on a posé*œ.FEp-TY)p, cf. àeipcù, ou pensé à une superposition 
syllabique de àpT7]TY)p, cf. àpxdcco, sans pouvoir décider. 

Le dérivé àpT7)pîa a été utilisé dans le vocabulaire de 
l'anatomie pour désigner les artères et aussi la traclK't- 
artère (Hp., PI., Arist., etc.) et a fourni dea di'rfvrs 
techniques : àpT7)piax6ç (médecins), àpT7]pt.c()8rj(; (Ga!., 
etc.), àpTTjptaatç «bronchite» (Isid. Etym. 4,7,14) dérivé 
d'un verbe de maladie *àpr;riptâto (Schwyzer, Gr. Gr. 
1,732) comme t\i(ùpiaaiç etc. 'ApT7)pta désigne une partie 
du corps accrochée et suspendue. 

De àeipo a été tiré un déverbatif àp-râco «lier, suspendre, 
pendre » (ion.-att.) avec les dérivés àpn^atç « suspension » 
(Pappus), àvâpTTjCTtç (Thphr.), &prrj[ia. «J^^jel suspendu, 
boucle d'oreilles» (Hdt.) ou «corde», notamment dans 
une balance (Arist., etc.), àp-nrjCTtiéi; {A.B.). Le dérivé le 
plus remarquable est âpTàvTj « corde, lacet », notamment 
à propos de pendaison (tragiques) cf. pour le suffixe 
jrXsxxdcvT), Chantraine, Formation, 197 sqq. 
Composés de àpràoij àv-, &-K-, il,-, etc. 
On pose généralement *à.Ftpxà<ù, en voyant dans àpTottù 



2 &cîpw 



24 — 



un déverbatif de dée(po>, mais le type n'est pas usuel en 
grec (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,705 sq.). . 

El. : il existe un certain nom de termes techniques 
suffixes ou non, tirés d'un thème ôsp-, dtop- ou àp-, qui 
s'expliquent bien par la notion d'< attacher, suspendre » 
qui s'observe dans dcelpco. Mais comme nous l'avons 
remarqué au début de l'article àeîpu, il ne semble pas 
nécessaire de distinguer à l'origine deux présents àeip<i> 
distincts, l'im signifiant « soulever «, l'autre « attacher, 
suspendre ». 

àeicpXios : hapax, //. 18.77 dans la lin de vers àexTjXia 
ïpva. Rapproché par les scholies soit de ëxTjXoç, soit de 
ÀÉK7)Tt. Mais le mot équivaut à àetxéa (//. 22, 395) et 
doit être une réfection de àei>téXtoç, peut-être d'après 
l'analogie de ëxijXoç pour destrraisons métriques. Le sens 
est «indigne, intolérable» cf. Bechtel, Lexilogus s.v. 

àéXioi : ot (x8eX(pàç yuvaïxaç èor}c»)x6TEÇ ^yowi aùyyay.- 
opoi (Hsch.) ; cf. alXiot • oÛYYafxSpoi, et etXi6veç chez 
PoUux 3.32 : oi Se àSeXqjàç y7)y.a\neç ô(ji6Ya(x6poi, Tj 
(jÛYYaM-êpoi, ï) (xôlXXov CTu-pCTjSEOTal xai (xôlXXov Ttopà toîç 
Ttovfjzalç EÎXiovEi:. "• 

Terme de parenté précis : désigne dans leurs rapports 
entre eux les hommes qui ont épousé des femmes qui sont 
sœurs entre elles, donc une certaine catégorie de beaux- 
frères. 

Et.: On a vu dans aïXioi une orthographe itaciste 
pour *iXtoi, dans àéXioi une forme du même terme avec 
;ni alpha copuiatif. dans eIXîoveç un dérivé en nasale 
avec allongement métrique à l'initiale qui confirmerait 
le *£Xioi supposé. Ces mots pourraient être ainsi rap- 
prochés de V. isl. svilar {masc. pi.) « beaux-frères dont 
les femmes sont sœurs ». On a expliqué ces termes comme 
des dérives en / du thème pronominal 'swe-, cf. Specht, 
llrsprung der indog. Deklination, 166 ; Mezger, Word, 
4, 1948, 99. 

âeXXa, voir àTjfxi. 

ôc^fia : n. «arc» ou «corde d'arc» (Call. Artem. 10, 
Ap. 33). 

El.: Probablement forme artificielle issue de àfifiœ (voir 
~ous âzTtd), ou l'alpha initial est faussement considéré 
comme une contraction de oe. Noter aussi la psilose. 

âc^ii>, voir aû^to, aû^àvto. 

oeiTTOS, ov : Il a dû exister deux adjectifs de cette 
forme : l'un, le mieux établi, a signifié « indicible », de - 
àreTCTOç ; il est attesté dans la glose d'Hsch. àETrrov • 
i(î)(up6v, dans la leçon d'Aristophane pour hom. àairroç 
(voir 8.U.), chez Eschyle fr. 213 N., Suppl. 908. Mais .flSsch. 
Ag. 141, &7CT0Ç qualifie les petits du lion dans un texte 
oraculaire et obscur. La scbolie interprète ËTreaOai toïç 
Yoveûoi (iT) SuvâfiEvoç : cette analyse artificielle peut être 
authentique si le mot été créé par Eschyle. Voir la note 
d'Ed. Fraenkel au passage, et la bibliographie, notamment 
J. Wttckemagel, Slud. liai. Fil. Cl. 5, 1927, 27 sq. Dans 



les deux passages à^Ag. et des Suppl. la tradition manus- 
crite donne la leçon fautive âiAirroi;. 

àcpo^ : nom de l'oiseau < guêpier • en béotien (cf. 
(xépoiji) selon la sch. à Aristopbaqe, Ois. 1354. On a d'autre 
part chez" Hsch. la glose 'AtpOTteç • Éôvoç, TpoiÇîjva 
xaTotxoOvTSi; • xal èv MaxESovL<(: yévoç ti • xal Ôpveâ Tiva. 
L'a doit être long ; en tout cas on lit chez Ant. 
Lib. 18,3 la forme thématique TjépoTcoç. Il n'y a rien à faire 
de la glose d'Hsch. àepoKéç • xoxXtaç qui doit être 
corrompue (voir K. Latte). 

Et. : Entre dans une série singulière de noms d'oiseaux 
en -ot]; comme TprjvéXoi}/, [liçio^, qui contient aussi des 
noms propres et particulièrement des noms de peuples.- 
La finale semble macédonienne, cf. Chantraine, Mélanges 
F. Cumont, 1936, 125-126, avec la bibliographie. Indica- 
tions assez confuses chez J. N. Kalléris, Les anciens 
Macédoniens, 1, 87-88. 

àcaîi^puv, voir dcàcd. 

àécTKU : Hdn. Gr. 1,436, Et. M. 20,11 cf. iéoxoVTo • 
àvETraûovTo, Èxoi[i.û>vTo (Hsch.). La forme importante est 
l'aor. (icEaa (Hom. Od. l'a initial est, suivant la sitMtion 
métrique long ou bref, cf. Lex. Ep. s.u., contraction de 
àe- en 5- Od. 16,367) « passer la nuit », toujours avec le 
complément vûx-ra. 

Et.: Il faut partir de 'au- ('d,eu-) « gîter ji, cf. arm. 
aganim; puis de 'aus- (9ieu-s-) qui se retrouve dans la 
forme redoublée Laù&i, cf. s.u. (il n'y a pas lieu, avec Schulze, 
Q. Ep. 71, de séparer &Eaa et iaûto). Avec le thème II 
'3,w-es-, on a hittite hwes- « vivre », grec &ftaaa., skr. 
vàsali « séjourner », got. "wisan, was. Cf. Benveniate, 
Origines, 156, Lex. Ep. s.u. 

â^eroç : ■ Hsch. fournit la glose âÇexov • àiriCTTov, 
EixeXoL d'où le dénominatif en -ôto i^t-ràtù dans un 
affranchissement de Delphes (Schwyzer 335,17) : eL 8é tî 
xa àÇETCùOétùVTi nepi NeoTcàxpav 7rETtov»]peu(jtévat « si elles 
sont convaincues de s'être mal conduites... ». 

Kaibel {Corn. Graec. Fr. 213) a proposé de corriger chez 
Hsch. &Ttiaxo\ en tticttôv et cette correction est adoptée 
par Latte. Elle semble vraisemblable si l'on entend 
Tncrréç au sens de « démontré, prouvé » (noter que 
la glose doit être au neutre). Opinion différente de 
Ed. Hermann, Mél. Boisaot, 1,467. Voir aussi Fraenkel, 
Gnomon 21, 1949, 39. 

Étymologie inconnue. 

à^TjxilS. -éç : « incessant », en parlant d'un bruit 
(//. 17,741, etc.), d'une douleur (//. 15,25). Terme propre 
à l'ancienne épopée, mais repris par les poètes alexandrins 
au sens de « dur, endurci ». 

Et. : L'étymologie la plus probable consiste à poser 
■"a-Sta-EX^lÇ (cf. ouvEX'^Ç) a^^c traitement Ç de 8ij et 
contraction de a et e ; on a observé que le texte homérique 
accepterait toujours la forme non contractée *aÇaEX*lç 
et qu'Hsch. cite les gloses àî^Ex^ç, i.'C.zyTl'i (iui> *' ®'l^* 
sont correctes, supposent l'élision de l'a) et àÇax^. Dans 
le mot homérique, l'élision de l'a de î^a fournirait une 
forme métriquement inutilisable, mais la contraction en 



— 25 — 



SSo|M» 



1) de oe est sans exemple. Chez Homère, on attendrait â et 
la contraction i] de os doit peut-être être admise en lesbien, 
thessalien et arcado-chypriote (Buck, Gr.DialecU, % 41); 
un tel traitement dans un terme isolé chez Homère serait 
étonnant. On peut se demander si le mot plusieurs fois 
attesté à propos de bruits n'a pas subi l'influence de 
^■^ « bruit •, et des composés en -ijx^C> comme 8uoTf)xy|i:, 
TroXuTjXT)';. otc- Cf. Frisk et Lex. Ep., qui n'envisagent 
pas la difficulté phonétique. 

o^ofuu : < être desséché, se dessécher » (Hom., Hes.), 
actif £t[co «dessécher! (Hés.) d'où le déverbatit moyen 
iZéioyiOU. (H. Aphr.) «se dessécher», actif factitif àl^aivco 
(Nie.) et déjà l'aoriste itératif xaTaÇTfjvaoxe {Od. 11,587). 

L'adjectif àîJaXéoç «sec» (Hom., poètes) peut morpho- 
logiquement être mis en rapport avec les formes verbales 
à nasales (alternances lin, cf. Benvenisle, Originet, 43 sq.) ; 
sémartiquement il s'insère dans un groupe, cf. laxaXéoç, 
aîioTocXéoç, et v. Chantraine, Formation, 253 sq. 

Un substantif SXjt « sécheresse, chaleur » est attesté 
chez les poètes hellénistiques ; c'est probablement le 
même mot qui est attesté Od. 22,184 dans l'expression 
oixxo; TctTcaXayfiévov fiÇf) où il est traditionnellement 
interprété par «rouille» (?). Il s'agit probablement de 
poussière et peut-être de cuir desséché et racorni ; il n'y a 
donc pas lieu de poser pour ce passage de l'Odyssée un 
autre mot &0x. (une opinion contraire chez E. Fraenkel, 
Gl. 32, 1953, 22, Lex. Ep. sous fi^-n), cf. la glose d'Hsch. 
filja • àa6oXoç xàviç, îtocXaiâ-nrjç ' x6npoç èv à-ffeLtj> Û7ro(itl- 
vaca (la glose âî^autoç doit être une altération de 4Ça, 
cf. Latte). 

Enfln le lacon. àS8au6v • ÇiQpôv (Hsch.) doit aussi être 
introduit dans cette famille. La finale -auoç fait difficulté : 
on a posé un composé de fiÇa et aSoç (cf. Benvenlste, 
BSL 50,39) ; aussi vaut-il peut-être mieux corriger en 
dcS$avév (cf. Latte), ce qui permet de poser un suffixe 
nasal qui se situe bien à cdté de dc^oXéoç, à!^aCvco, etc. 
Voir aussi Frisk s.v. àSSauév. 

El.: On pose généralement une racine 'as- de lat. arêo, 
sous la forme asd- qui ne se retrouve que dans le pol. 
ozd «malt torréfié». Mais Benveniste, /. c, propose un 
rapprochement plus probable avec le hitt. l^at- « sécher » 
qui permet de poser ad- de '9,ed-. 

â^o)iai, Syioç, âyvéç, etc. : Ces mots forment un groupe 
que l'on étudiera en prenant le verbe dt^o(xai comme point 
de départ. 

1. £![o|Uci : « éprouver une crainte respectueuse », souvent 
avec une nuance religieuse (cf. //. 1,21, Od. 9,200 ou 
Thgn. 748Tt<; Sifj xev SZon' àèavàTouç). Terme archaïque 
que la tragédie emploie encore. 

Pas de composés avec fiÇo(iai. Pas d'autre thème que 
le présent ; ce verbe n'est qu'une survivance. 

2. "Aytoç : « saint, consacré » n'est attesté ni chez Hom., 
ni chez Hés., ni chez les tragiques. Le mot exprime l'interdit 
religieux que J'on respecte ; qualifie parfois lep6v (cf. 
Hdt. 2, 41, etc.) ; à la différence d'à^véç, ne s'emploie 
anciennement qu'en parlant de lieux, de choses (les 
oiseaux, Ar. Ois. 522) ; le mot, suivant un usage qui 
s'explique par l'ambivalence du sacré, peut occasionnelle- 
ment signifier maudit (Crat. 373). Ce terme a été adopté 



par les JIHts et les Chrétiens pour exprimer l'idée de 
sainteté : 6 dcyioç IlaOXoc, etc. 

Dérivés tardifs : i3cyi6t»)Ç et surtout irpMoimj (LXX 
et NT) où ï'tà est peut-être analogique de Icpctoiivi). 
C'est également dans la Septante et le grec tardif qu'a été 
créé &Y"^^<>>> xix6(}CYt<i(Co>, avec les dérivés en -^a^ixoc, tm^Açi ; 
-aoT^jpiov. 

En grec classique il existe des dénoralnatifs en -{!^«>, 
qui sont sentis comme dérivés de Sr^mz, mais qui, «n fait, 
sont originellement tirés du thème en « attesté par £y<oc 
bttcft^ etc. (voir sous &x^) : ic^t* •consacrer» (poètes) ; 
xaOayl!^» « consacrer par le feu », parfois « donner la 
sépulture du feu à un défunt » ; ivay^ca • consacrer un 
sacrifice chthonien aux morts» (Hdt., Is., etc.) ; iÇayCl^u 
n'est connu que par Tadj. verb. i^drytoroç «complètement 
livré aux dieux », « maudit » (S., D.) et è^aYtoÔévraç (^sch. 
Ag. 641) « consacrés aux dieux infernaux ». Ces dénomi- 
natifs où la notion de sacré est parfois prise en mauvaise 
part (cf. i^àyioTo;) ont donné naissance à quelque.» 
dérivés tardifs : âytoiJiéi;, èvoytojjtéç, bti.-pa\ia. (Ar.), 
àyidniç (Call.), àyKJnfipiov {Ifischr. Perg. 255) et èvocyio- - 
-riiptov {IG IV 203). Sur l'adj. verbal -ecfurtài ont été 
créés de nouveaux dérivés : àyiOTCiîoi < consacrer > ou 
« observer la pureté rituelle » (PI., E.), Sc^untia. « céré- 
monie rituelle » (Isoc, PI. Ax.), icfiaztuiia, < sanctuaire » 
(Procop.). Tous ces termes expriment l'idée de sacré, 
consécration. 

3. 'Ayvéi;, adjectif qui se trouve en concurrence avec 
dcyioï) figure au sens de « sacré » dans le texte homérique 
qui ignore (Syio;. Qualifie des divinités, notamment 
Artémis, Perséphone, Déméter, Zeus, etc., aussi bien ^e 
l'ëther, des fleuves, etc. ; à la différence de âyio;, s'est 
prêté 'après Homère (cf. Ferrari, St. It. F. Cl. 17, 1940, 
33-53) à exprimer la pureté (le fr. 384 [Lobel] d'Alcée, où 
Sapho est dite âyva a donné lieu à de multiples discussions) 
et se trouve souvent rapproché de xaOopé; (Williger, 
Hagios, 52-58). Le mot a pris aussi le sens de « chaste » 
et de «non souillé» de sang. Thucydide 1 126 parle de 
âyvà 6ù(i.aTa, sacrifices non sanglants, opposés à lepeîa. 
Ne comporte jamais le sens défavorable que présentent 
parfois âyioç et les mots de ce groupe. Enfin, dans les 
inscriptions tardives &y\i6<; est employé pour désigner la 
rectitude, la probité de magistrats ou de fonctionnaires 
(Williger, o. c, 66-68). Le mot s'éloigne ainsi franchement 
de son doublet âyio;. 

Dérivés : 1) âyveûcù «être pur», etc. (^sch. Hdt., etc.) 
avec les dérivés àyveùx « purification », dcyvEuija (E. Tr. 
501), et dans le grec tardif à-pfeun^iov, àyveoTotiç, 
ÔTfVEUTpia ; 

2) ày^tJ^o au sens factitif « purifier » (trag., etc.) avec 
les composés à(p-, >ta9- (S. Ant. 1081 variante pour xaôa- 
ytÇû)), Ttepi-, et les dérivés £yvia(ia, plus tard âyvtCT(i6ç, 
àyvMTTQpiov, âyvKTt^fiç ; 

3) Les substantifs de qualité tardifs iftàv^ àyvoanîvi) ; 
aussi le dérivé très tardif oyvfnijç, -ou, donné par les 

- scholies comme variante II. 24,480 au sens de • qui doit 
être purifié » ; noter encore àyvstôv employé plaisamment 
pour un mauvais lieu (Clearch. 6). 

Composés : outre fivayvoç (avec les dérivés tardifs 
dtvayveta, àvâyvtoroç) on observe àyvo- dans des composés 
tardifs àyvoTtôXoç, -7toXéo|Xttt, -oroixoç, -t«X:()ç. 



â(o|iai 



— 26 — 



Il existe des nomt propres composés : 'Ayvayépaç, 
'A-fv^Tifioç, etc., ou simples : 'Ayviaç, 'A^và^ etc. Ces 
emplois confirment l'importance prise par le sens de « pur «. 

Sur la racine de àCofiai, qui exprime le respect du sacré, 
ont été constitués deux adjectifs. L'un àyioç « sacré », 
considéré comme redoutable et interdit, a fini par prendre 
le sens de « saint » et a été adopté par le grec byzantin 
et moderne pour désigner les saints du christianisme. 

L'autre àYvôç, signifiant d'abord «sacré », s'est spécialisé 
dans le grec post-homérique au sens de « pur •, parfois 
« chaste », etc. Le grec moderne l'emploie parfois de façon 
banale comme dans à-yov poÛTupov « beurre pur ». Sur 
ces problèmes difficiles v. E. Williger, Hagios, Unter- 
suchungen i. Terminologie des Heiligen..., Giessen 1922 ; 
M. Nilsson, Geschichle d. griech. Religion 1,61 sqq. ; 
L. Moulinier, Le pur et l'impur dans la pensée des Grecs 
d'Homère à Arislote, Parie 1952 ; Roloff, Gl. 32, 1954, 
114 sqq., etc. 

Pour le rapport avec âyo;, voir s.v. àyoç et la biblio- 
graphie. Pour un autre aspect de la notion de sacré, voir 
s.v. lepoç. 

El.: La correspondance frappante entre certains emplois 
de âyo!; avec lat. sacer, etc., a conduit A. Meillet è 
rapprocher les mots en gosant derrière adoptai un verbe 
alhématique qui rendrait compte de l'alternance k/g 
[MSL 12, 1903, 225-226 ; BSL 21, 126 ; Ernout-Meillet 
sous sanciô; voir aussi Kurylowicz, Apophonie 152). Je 
crois toutefois préférable de garder le rapport traditionnel 
avec skr. gàjati « honorer par des prières ou des sacrifices ». 
Ou observe que àyvéç trouverait un correspondant exact 
dans skr. i/ajfià-. 

âïu : " gémir » (Hés., S.), tire de l'interjection à. 

ànSûv, -6voç : f. « rossignol » (masculin rare, attique 
selon Eusl. .376,24). Le mol est attesté depuis VOd., 
Hésiode, etc. Autre forme ày)Sù, -oûç (Sapho, S. et Ar. 
dans des parties lyriques). 

Dérivés dcT^Soviç (E., etc.), àTjSoviSeùç « petit du 
rossignol » (correction certaine Theoc. 15,121), adj. 
dérivé aTjSôvtoç {lEsch., Ar.), se dit d'un sommeil léger 
(Nicocbares, 4 D.). 

El.: L'existence d'un digamma intervocalique est 
assurée par la glose d'Hsch. à67)86va. A propos de àeCSoi, 
nous avons noté la vraisemblance d'une forme à/'-cS- 
dans la racine signifiant «chanter», mais cette fois nous 
avons un élargissement long qui surprend. Le rapport 
avec àet8o) reste quand même probable. Le mot entre 
d'autre part, mais sembie-t-il secondairement, dans la 
série des noms d'oiseaux comme yeXiSù^, ou d'animaux 
comme TEvOprjStùv (cf. Chantraine, Formation 360 sq.). 
Voir aussi E. Fraenkel, Phil. 97, 1948, 161-176. 

âtjfii : «souffler» (Hom., poètes). Il n'y a qu'un thème 
de présent : &rjai, impf. lib), infinitif ài^fxevat, ptc. àeiç, 
moyen àT)Tai, litTjTO ; impf. thém. été, comme de Sxù (A.R. 
1,605; 2,1228). 

Dérivés : âY]-n) f. (cf. Hes. Tr. 645, 675) et à:r)-nQç m. 
[Od. 4,567 si on lit rrvetovraç, //. 15,526, à côté de Setv6ç 
et avec une variante àyjTr,), cf. Ed. Fraenkel, Nom. ag. 
2,134, Leumann, Hom. Wôrter 268. Il y a peut-être aussi 
un suffixe en l dans l'adj. à:(]aupoç • agile, léger comme 
le vent (?) », MexHa. Prom. 452 en parlant de fourmis, 



cf. aussi Callim. Fr. 311 avec la note de Pfeiffer, et la glose 
de Suidas àifjoupov ' t6 Xéirrov, t6 (xerécopov xal xoûçov 
:Tapà TÔ dcépi oûpsodai ènl àpvécov ; mais le rapprochement 
souvent répété avec slcr. vâtula- « venteux » et par consé- 
quent avec fiïjtit ne s'impose pas pour le sens et présente 
la difficulté que le traitement Tu>au n'est pas clairement 
établi en grec (cf. Lejeune, Phon. 56). Il existe enfin des 
dérivés rares et poétiques iÏTj(jta (.Esch.) et àigotç (E.). 

Un thème àe- s'observe dans dteT(i6v • tô 7tveO[ia 
(Hsch.) qui doit peut-être se rapporter à-ànjfxt, voir s.v. 
àTfjiéç. 

Surtout dans £eXXa « tempête » (Hom.), éol. aûeXXa 
(Aie). Le nom. sg. àéXXr) //. 16,374 est déconcertant, 
mais le mot ne peut s'expliquer que par *à/eXya et le 
nom sg. àeXXa qui ne semble jamais proprement attesté 
est assuré par l'accent proparoxyton du n. pi. àeXXat ; 
à/eX- peut d'autre part s'appuyer sur celt. awel. Dérivés 
de àeXXa : 'AeXXw nom d'une Harpye, dceXXaïoç et àeXXâç 
(S.), àeXXTjetç (Nonnos) ; nom d'oiseau àeXXôç (Hsch.) 
et âeXXov ■ raxû (EM) ; en outre Ï'EM 20,1 cite un 
verbe àéXXerai ■ Trveï. Il existe quelques composés : 
ôeXXÔTtoç « aux pieds rapides comme la tempête » (Hom.), 
dceXXo8p6(xâ? (Bacch.). 

Un autre dérivé plus éloigné qui appartient peut être à la 
même racine serait aûpa « brise », cf. Et. et voir s.v. aûpa. 

II est difficile d'apprécier la glose d'Hsch. &oç " irveOfia 
ï) à7](ia. L'authenticité pourrait toutefois en être confirmée 
par les composés du type de àxpôt'^ç àXtâTjç, Su(Tâif)<;, 
^âTf)ç, Û7tepâ7)ç (Hom.), eùây)i; (Hés.) : l'a long a été expliqué 
soit comme un trait archaïque en composition, soit comme 
un allongement métrique ; on pourrait aussi penser à 
l'analogie de âTjp, mais ce terme n'a rien à voir avec la 
notion de souffler ; dans la glose d'Hsch. sùaSrjç • eùàvefxoç 
il faut s.d. lire eùar)?. Sur toute cette famille archaïque 
et que la prose ignore, voir Ruljgh, Élément achéen, 
68-70. 

Aucun de ces mots n'a de rapport avec àifjp dont le sens 
est tout uiiférent. 

Enfin le verbe àT]|xi n'est qu'une survivance archaïque : 
l'ionien-attique emploie Trvéoj. 

Et. : Le verbe àTjfxi est apparenté à des mots de diverses 
langues indo-européennes notamment skr. vâli. Il faut 
poser '9,w-e»i- àfi)-, le a, initial se retrouvant dans la 
« prothèse » à- et dans hitt. humant- (ancien participe de 
'hwâ-) ; SieXka. reposerait sur *»8u;-e;- ; aiipa sur 'aicw- suivi 
d'un suffixe nominal en r. Voir outre Frisk, s.uu. &eK>M 
et étTjfit, Benveniste, Origines, 155. 

ài^p, T)spoç : t. chez Hom. et Hés. (excepté Tr. 549), 
m. en att., avec gén. Sépoç Le mot signifie toujours chez 
Homère le brouillard et notamment la vapeur qui s'élève 
du sol et reste en suspension dans la partie la plus basse 
de l'atmosphère (cf. p. ex. Hes. Tr. 549-553). Le sens de 
partie basse (et un peu brumeuse 7) de l'atmosphère se 
trouve //. 14,288. En attique le sens usuel est « air,atmo- 
sphère », et particulièrement partie basse de l'atmosphère 
par opposition à aL&?)p, ce sens d'atmosphère s'étant 
probablement affermi au temps d'Anaxagore de Clazomènes 
(voir P. Louis, JRev. Phil. 1948, 63-72). Nom. sg. âvjp par 
dissimilation préventive chez Hom. et en att. (mais 
non nécessairement un atticisme chez Homère), l'ionien 
Hippocrate a le nom. analogique des autres cas TjTjp. 
Inversement le gén. att. oépoç est analogique du nominatif. 



— 21 — 



'A^vi, 



Ëol. ocù-i^p. La glose d'Hsch. iS^p • oXxt\\ut crroàç iyav, 
Ta}uIov, A<ïx«i>vei; serait identique au mot kf-tip selon 
Frisk, cf. Eranos 32, 1934. 54 (11 compare suédois vind 1 
< Wind '>, 2 < Boden »). 

Dérivés -^epôeiç brumeux (Hom.), dcépioç brumeux 
(E. Phén. 1534) et qui se trouve dans l'air (pour hom. 
^épioç, voir s.u.). A date basse dccplnj; et iepïrtç ont 
divers sens techniques, cf. Redard, Noms grecs en -vrfi. 
Factitif tardif àep6o|xai. Aâpa ne semble pas appartenir 
à ce groupe (il faudrait entendre fraîcheur, brise qui 
s'élève 7), v. &)(xi et sous aSpa. 

Composés assez nombreux, -jjepoeiSi^ç est le seul usuel ; 
en outre, notamment des termes techniques, dupotuyi^ç, 
liepoTrâpoi;, ou expressifs et plaisants, dupoêàTT);, -^aréco 
(Ar., PL), -(lerplû) (Xénophon), -vtjXTIÇ, -éç (Ar.), etc. 

Et: Le rapprochement avec £7)1x1 est aujourd'hui 
unanimement abandonné, avec raison. Meillet, BSL 26, 
7 sqn. a montré que le mot signifie proprement « suspen- 
sion» et il y voit un nom-racine *é.frjp répondant à 
iFeipu. 

Cette étymologie séduisante présente certaines diffi- 
cultés, notamment la quantité longue de l'alpha (cf. 
Prisk, Eranos 32,51-56 qui n'aboutit pas à des conclusions 
nettes). On a pensé à poser un thème à redoublement 
*Fax-Ft\p, cf. alûpa, alci^peco, mais il n'y a pas trace de 
/^initial dans dc/Vjp, cf. Lex. Ep. 188. 

ài^vuXos : hapax, //. 5, 876 Â^ouXa Ipyix « des actes 
criminels ». 

EL: Probablement une altération de aïouXoç, peut-être 
pour des raisons métriques, d'après un modèle difTicile 
il fixer (àiQixt?). Hypothèses indémontrables énumérées 
chez Frisk et dans le Lex. Ep. ; en dernier lieu Fraenkel, 
Gl. 34, 1955, 307 sqq., propose de lire *à(/^)£oouXa, 
rapproche le mot de laoç « égal » (de *fi£ofoi ?) ; il 
équivaudrait donc à àeut^ç, iTrpsrofjç etc. Voir aussi 
alouXoç pour quoi Fraenkel tente de rétablir *à/'taauXoç (?). 

ài^vupos, voir &>)(xi. 

ÔTiros : aussi atij-roi; ; deux adjectifs attestés chacun 
une fois chez Homère, d'origine et de sens inconnus, 
mais que l'on croit être deux formes d'un même mot : 
II. 21, 395 6(4pooç Stjtov ëx°"°°' ! ■^'- 1^> ■*!*'> *" parlant 
d'Héphaistos rtéXwp alTjTov. 

Il n'est pas certain que les deux mots soient identiques 
comme le pensent généralement les Anciens. S'ils le sont, 
ou bien &i]toi; est phonétiquement issu de alTjToç, ou 
bien alrjToi; est tiré de £7)toç par allongement arbitraire 
de l'initiale. Pour le sens il est certain qu'Eschyle 
attribuait à l'adjectif le sens de < fort > cf. la glose d'Hsch. 
àfiToui; • (iryàXaç. Alox'iXoç *A6<i{iavTi. 

Les Anciens fourmssent des explications diverses, 
dbcépeoToç, SitXTjoroç et un rapprochement avec Snieveu, 
irai, Sa-roç. E. Risch dans le Lex. Ep. estime possible 
une étymologie par âi)|i.i. Voir Frisk et surtout Lex. Ep. 
où se trouvent rassemblées les données de la tradition 
ancienne. 

Hypothèse de L. R. Palmer qui se demande si dans 
l'emploi avec Héphaistos le mot ne signifie pas originelle- 
ment f artisan », en rapprochant mycén. ajameno • travaillé 
avec art », cf. InUrpreteaion 339. 



àOâpt) fTf. bouillie de farine (comiques) avec le doublet 
à&itpri (Hellanic, pap.) et iQr\pS. (Sophr.), cf. Bekker, An. 
351, 12 sqq., qui donne les diverses formes du mot 
(y compris une forme dorienne ÂOàpa pour àBipa). Phrya. 
14,11 explique que l'àOdcpa se distingue de l'itvoç, bouillie 
de pois chiches, parce qu'elle est faite avec du froment. 

Dérivés : à6ap<iÎ7)ç (Ruf.), àft^p«|Mc «tumeur qui res- 
semble à de la bouillie > (médecins). Composé dcOTjponcôXiji; 
(pap.). 

Et. : Pline NH 22,121 dit que le mot est égyptien, ce qui 
va avec le fait qu'il est attesté dans les papyfus mais ne 
prouve rien pour l'étymologie. Veta final du mot en attique 
garanti par Moeris, 184, conduirait à poser iQapFâ. L'éty- 
mologie ne peut être établie. Un rapprochement avec à6r,p 
ne convient pas (encore que les deux mots aient pu être 
associés par étymologie populaire). Pourrait-on penser 
à la famille de lat. ador? 

àGapi^s : fiçOopoç sTtl Ywvaixdç, èrrl 8è aiSiQpou oTepEé; 
(Hsch.) ; dc6àpEioi • al (xi) 8ia7re7rap6eu(jiévai (Hsch.). Hypo- 
thèse incertaine de Wackernagel, Kleine Schriflen 777. " 

àOéXyciv : àyii^yeiw (Hsch., EL M. 26,5), iBéXye-axt, 
(Hp. Hum. 1) glosé par Gai. SiTjôeÎTai, SiexXiierâi ; et 
(JôéX-pr/Tai • 6T()XàÇT)Tai tI^ 6X£67)Tat (Hsch.), cf. Erotian. 
20,1 àOéXYTj-rat * Baxxeîéç çyjoi ÔTjXâ^vjTai ^ ÈTrioTtâTai, 
xal èx6X(67)Tai <ôç xal NîxavSpoç (voir Hp. de med. off. 
11) ; — en outre àôéXêerai • 8tT)eetTai (Hsch., An. Bekk. 
353) avec le dérivé à0eX6dct^etv • SngOeîv (Hsch.), mais 
aussi àOéXSeraL • Sti^OEtTai AtoxJvTjç MeXicraa-.ç ... Diodes 
fr. 7 Kock (An. Bekk. 350). 

El.: termes obscurs que les glossateurs rendent par 
< teter, presser, filtrer », et pour lesquels il n'est pas possi- 
ble de déterminer un prototype. La finale de àOéXyeiv 
pourrait être due à l'analogie de àfxéXyeiv. Le rapport 
entre à6éX6rrai et ÂOéXSerai (si les deux formes sont 
authentiques) ne peut être établi que par des hypothèses : 
voir Frisk, avec la bibliographie, notamment Solihsen, 
Beitràge 9, n.l. 

àSepî^u : « mépriser, négliger •, chez Homère seulement 
le thème du présent, et toujours avec une négation ; un 
aoriste àOépicraa ou àdépi^a est attesté chez les poètes 
alexandrins ou les écrivains tardifs et peut s'employer 
sans négation (cf. A.R. 2,477). Dérivé : àOépidToç Zonar., 
^sch. fr. 128 N (corr. pour àôéptroç), épithète du bronze = 
àfppévTurroi; « qui ne tient compte de rien, implacable ». 
Rien ne prouve en revanche qu'on doive rapprocher les 
gloses d'Hsch. iQepéç • (4v6y]tov, àvôcnov, flbcpi6éç, ou 
à6epiQÇ • ô oiSripoç iteipi^i; ôrav OeptîJ'n, tJ 6epwm>t6ç, x.t.X. 

Et. : Deux positions sont possibles. Ou bien l'on 
rapproche skr. àdhara- «inférieur», etc. (cf. Frisk etc 
S.V.). En ce cas lé rapprochement fait par les anciens 
avec iOiip n'est qu'une étymologie populaire^ Ou bien le 
mot est bien tiré de i&^p «barbe de l'épi >(u. Lex. Ep.} , 
et vaut flocci facio. Cette seconde explication semblé., 
préférable. 

'A6i}VT) : ép., poètes ; 'A6àv5 (attesté en mycén., dial. 
non ioniens), déesse grecq[ue que l'on suppose une ancienne 
déesse minoenne, qui serait issue d'une déesse au serpent 



A9i|vi) 



— 28 



protégeant le palais. C'est probablement d'après la déesse 
qu'a été dénommée la cité attique 'AÔîjvai. ^ 

Le mycénien connaît le nom de la déesse dans l'expression 
atanapoUnija, cf. Chadwick-Baumb.ach 167. Dérivé : 
'A&T)vatoç t athénien », mais le fém. 'ASrjvaiT] sert aussi de 
nom à la déesse (88 ex. chez Hom.), att. 'AÔTjvata et par 
contraction l'usuel 'AOtjvôc. 

El.: Théonyme inexpliqué, cf. Nilsson, Grieeh. Rel. 1, 
405 sqq. Lex. Ep. 208. 

à9i|p, -époç : m. «pointe, barbe de l'épi, balle » (Hés. 
fr. 117, X., encore attesté dans pap.), pointe d'une arme 
(ffisch., Hp.), dard d'un poisson. Le mot se distingue de 
(jtàxoç qui signifie purement et simplement « épi ». 

Composé : àÔKjpTjXotYiç « destructeur des barbes d'épi » 
terme de type oraculaire pour désigner le van (Hom. 
Od. 11, 128 = 23,275), coH^posé de à67jp et Xoiyéi; (les 
deux y; du mot sont inattendus). 

Dérivés : àôcptvTj f., -îvoç m. athérine, éperlan, atherina 
hepselus (.^rist., etc.), pour le suffixe, voir Chantraine, 
Formation 204 ; àeeptàSïjç barbu comme un épi (Thphr.), 
àÔepTitç pointu (Nie.) : sur ce mot dilTicile qui ne peut 
signifier épineux, voir André, R. Ph. 1958, 227-228. 

Il existe un certain nombre de termes avec àv6- qui, 
au moins du point de vue grec, apparaissent comme 
apparentés à <i67)p : àvôépiÇ, -txoç valant à0r)p (Hom., 
Hés.j, àvôépixo; m. « tige de l'asphodèle, asphodèle » 
(Hp., Thphr., Gratin., Eup.), avec ;'r Ij. dérivé àvôepi- 
X(i8r,ç (Thphr.). On a l'habitude de faire entrer dans le 
même groupe, avec le suffixe de lieu -éojv (Chantraine, 
Formalion 164) àvôepécov menton (Hom., etc.) dont Hsch. 
donne, entre autres la définition suivante : àç' o^ (xépouç ô 
TTÛyuv àpysTai. Ces mots divers supposent probablement 
un thème àvôcpo- 

Pour àv9p7)vir) et àv6pT)8civ, voir s.u. 

Et.: Tout ce groupe présente une unité sémantique 
nette et se rapporte à la notion de pointe. Il ne semble 
donc pas que àOr;? doive être rapproché de lat. ador. 

Il reste à fixer les relations entre à&rip et dtvâep-. 
On a supposé un élément originel 'andh-l'çdh-, ce qui est 
indémontrable. L'autre hypothèse serait que àyQipŒ, etc., 
aurait subi par étymologie populaire l'influence de àv6oç. 
U n'y a donc pas, en définitive d'étymologie établie. Voir 
Frisk et le Lex. Ep. sous àOifjp. En outre Krogmann, 
Gl. 23, 1934, 220 sqq., Pokorny, 41, avec bibliographie. 

ôÔpaYtvTj : f. espèce de clématite, Clematis Vitalba 
(Thphr.). 

El.: Frisk s.u. estime que àGpa- (cf. âOpaç sous xàvva- 
6pov) qui exprime l'idée de « tresser », conviendrait pour 
cette plante. V. aussi StrOmberg, Pftanzennamen 108. 

àSpcu : t. -rjoûj, aor. -rjoa, « diriger le regard vers » 
avec la préposition èç, ou avec un complément à l'accu- 
satif «regarder avec attention» (Hom., etc.). Hom. 
n'emploie que le thème de l'aoriste. Nombreux exemples 
de l'impératif àôpet, àOpTjctov ; noter Ar. Ois. 1196 àOpei 
Ttôtç xûxXci) CTX07CÛV « ouvrBz l'œil tous en cercle et guettez ». 
Enfin le mot s'emploie en attique .au sens de « faire 
attention» à un raisonnement, etc. (Cf. Prévôt, Rev. 
Phil. 1935, 246 sqq.). 

Le verbe se trouve employé avec des préverbes, notam- 
ment àv-, 8i-, elç- (déjà chez Hom.), ht-, itept-. 



Peu de dérivations nominales : iQpyjyutTa. ■ Swpa Ttejjt- 
roSfxeva Ttapô tôv ouyybvûv Taîç yafxoufiivaiç TtapOévotç 
Trapà Aeo6biç (Hsch.); il s'agit des cadeaux faits à la 
mariée, cf. Snell, Gl. 37, 1959, 282-287. En outre deux 
dérivés à préverbe au sens d'examen : àv-, Si-à6pi]titi;. 

Et.: Obscure. A l'intérieur du grec on rapproche 
èvOpetv • (puXâdCTetv (Hsch.), Qpijmuù • voG (Hsch.), d'où 
6p7)axeÛ£i), etc.; l'a initial serait une prothèse, ou un 
représentant de la préposition èv, *p, cf. sous à-, ou 
encore un à eopulalivum. 

Quant à l'étymologie i.-e., si l'on pose une racine 'dher- 
« tenir » et un nom *a-6po<; le terme serait finalement 
apparenté à 6p6voç et à àOpéoç (voir sous ce mot). En 
tout cas, du point de vue grec, cette étymologie n,'esl 
nullement sentie ; voir Frisk, et Lex. Ep. s.u., avec la 
bibliographie. 

â6pôos : attique àOpéoç (avec l'esprit rude rétabli 
d'après aTraç, àixa, etc.), -a, -ov, et quelquefos la forme 
contracte âôpouç, âôpouv (pour l'accentuation voir 
Vendryes, Traité d'accentuation 177) « serré, rassemblé », etc. 
(Hom., attique, etc.) signifie parfois «en une seule fois, 
soudain, d'un seul coup ». Adv. à6p6coç. Comp. att. àdpéu- 
Tspoç ; grec tardif àôpoûirrepoi;, àOpouoraToç. 

Dérivés : à6po6T7)ç (Épicur.), et surtout le dénominatif 
à0potÇ<ù, -CTtù, -xa, -oÔTQv, -ojiat « rassembler » (Archll., 
ionien-attique), qui donne les dérivés Sôpoioiç, àôpoiofia 
àôpotCT[i6i; (tardif), àOpotcTTixéç, surtout terme de gram- 
maire « copulatif ». Le composé cruvaGpot^t» est usuel, 
avec les dérivés plus tardifs en -aiç, -(x6ç, -(xa, -t:^!; 
(peut-être chez Hsch. s.u. àypeTqc). 

Et. : Les étymologistes analysent généralement le mot 
comme composé de à issu de 'sm-, ce qui est sûr, et -ôpooç 
de la même racine 'dher- que l'on reconnaît dans âOpéo. 
On rapproche skr. sadhry-anc- « uni ». La structure du 
suffixe est ignorée (-/'oç?). 

L'expli( '-on de Risch, Hom. Wortbild. 179, qui évoque 
àXXoOpàoç qui parle une autre langue » n'est pas vrai- 
semblable. Voir Frisk, Gr. Et. W. et Lex. Ep. pour la 
bibliographie. 

àOupu : «jouer» (Hom., poètes, rare en prose, Hp., 
PI. Lois 796 b en parlant de danse), seulement thème de 
présent ; se dit parfois du jeu d'un instrument de musique. 

Dérivés : SGupfxa « jouet, jeu, amusement» (Hom. poètes) 
parfois pris au figuré ou au sens d'« ornements, parures » 
{Od. 15,416, Sapho), au pïhriel; avec le diminutif àôupfxâ- 
Ttov dans le grec tardif ; étOupaiç « fête » (Bacch. 12, 93) ; 
déverbatif à6upeûe(j6ai • TratÇeiv, (iiYvûetv, oxipTÔcv (Hsch.). 

Composé à6upov6p.oç • wç èzoxe xp^àf^'cvoç "rotç v6(xoii; 
(ibid.). Mais les termes du type àôupdyXtooooç, même si 
l'étymologie populaire a pu les rattacher à àOûpo), ont 
une autre origine, voir 60pa. 

Les termes usuels en prose sont mx[^o>, etc. 

Et.: Le verbe doit être un présent en *-ge-l-yo- ce qui 
suffit à rendre compte de l'upsilon long. 

Pour l'étymologie même on ne peut faire que des hypo- 
thèses en l'air, voir Frisk. L'origine de l'a initial est 
ignorée (prothèse ? préposition èv au vocal, zéro 1). 

aï : ou al, exclamation d'étonnement ou de douleur, 
souvent redoublée sous la forme alaï. 



29 — 



aiycipos 



Dérivés : verbe dénom. alàÇ<o, fut. -(iÇ<d, etc. • crier » 
alal, « se lamenter, gémir » (trag., etc.), adj. verbal àioxréç 
(Irag.) ; «.ïxyiia, (E.) et alaytxéç (Eust.). En outre alac'rfjç 
< le pleureur », épithète de la plante 6âxiv0o;, hgacinlhus 
Orientons sur les pétales duquel on croyait lire les lettres 
AI, et qui passait pour étxe né du sang d'Hyacinthos 
(Nie). 

El.: aï et alaî sont des onomatopées, cf. Schwyzer. 
Gr. Gr. 2,600. 

ala : f. « terre », employé par les poètes depuis l'Iliade. 
Chez Hom. semble utilisé pour des raisons métriques 
comme substitut de yaïa, cf. çucrLt^ooç aîa {II. 3,243), 
TtaTpfâoç aÎT)? {II. 2, 162, etc.). 

Le nom des deux héros homériques Âtaç est souvent 
tiré de ala, soit au sens de < terre > soit au sens de i mère » 
(cf. l'article suivant). Voir plus loin s.u. Aïaç. 

Et. : r est frappant que ala « terre » soit homonyme de 
ala ■ grand-mère ». On a donc pensé depuis longtemps 
à identifier les deux mots en rappelant la croyance dans 
la Terre Mère (Brugmann, IF 15,94 sqq., 29,206 sqq.). 
L'hypothèse de Jacobsohn {KZ 38, 295 sqq., Philol. 67, 
484 sqq.), qui évoque skr. soiyàm. t récolte », et gall. haidd 
lorgei est encore plus invraisemblable. II apparaît 
d'autre part que ala rime avec Ya'» (GOntert, Reimwort- 
bildungen, 126 sqq.), mais dans quel sens s'est exercée la 
contamination ? Voir sous yaîa. Enfin le fait que le mot 
s'emploie chez Hom. dans certaines conditions métriques 
doit prouver qu'il est un archaïsme (plutôt qu'une forme 
artificielle). Ces données ne permettent pas d'établir 
l'étymologie. 

ala : ÛTcè KupTjvaUâv tt)6U xai [uxla xal àSeXçr, 
Kp(ifn]ç ■ xal çut6v ti ' in 8è ô xapTcôç aÙT^ ô(xcî>vu[XOÇ 
(£1. M. 27, 24). 

Et.; Cette glose semble autoriser les étymologistes 
i poser un nom de la grand-mère équivalent à (lata (noter 
le parallélisme des finales), qui répondrait à lat. auia. 

alâvTJs, -T)?, -éç : il existe apparemment deux termes 
franchenient diffërents entre lesquels il est difficile d'établir 
une relation : 

1) alâvif]i; « affreux, cruel », attesté pour la première 
tois chez Archiloque, puis chez .£sch., p. ex. comme 
épithète de vécro; Eu. 479, 942, des Euménides, ibid. 
416 ; de gémissements. Perses 635, 939 - chez S. de la Nuit 
Aj. 672 ; chez Pi., épithète de xépoç (P. 1, 83), de xivrpov 
(P. 4,236), Xi(x6ç (/. 1,49) ; 

2) alâWji; « éternel » chez' £sch. Eum. 572 Iç rèv 
olavï XP^w^> ^'^^ l'adv. alavGç, ibid. 672. Ce sens 
s'observe en outre à Corcyre {IG IX, 1, 886) et dans la 
poésie alexandrine. 

Il existe parfois, au sens I, notamment Eum. 416, 479, 
Aj. 672, une variante médiocrement attestée, qui suppose 
un féminin alav;^ et les lexicographes connaissent une 
forme m. aLavôç. — 

El.: Le terme à la fois le plus ancien et le plus important 
est alîv^; 1, « cruel », mais l'étymologie en reste obscure. 
Il est tentant d'y voir un composé du type àTr/jv^ç, rTpoa7]vr)ç 
(dor. npooâviijç), repâv/jç, l'origine du second terme de ces 
composés étant d'ailleurs discutée, cf. sous àireivifi. Le 



premier terme du composé reste également énigmatique. 
J. Wackernagel pose*oat/- en rapprochant lat. saeuos, eus: 
{ Verm. Beitrâge 7). Autre bibliographie chez Frisk, s.u. 
Le rapprochement de «loèvifiç et de alaXTÔç JEsch. -i>. 931- 
939 est un simple jeu verbal. 

L'emploi de alâv^ç au sens d'« étemel » est en définitive 
peu attesté et semble secondaire. Il doit s'expliquer par 
l'étymologie populaire qui aurait rapproché le mot de 
aUt. On voit mal comment un alâvif)ç aurait pu être 
créé, directement dans la famille de aU!>v, alel, etc. Voir 
Degani, Helieon 2, 1962, 37-56. 

Aïas : nom de deux héros homériques, souvent rap- 
proché de ala. S'il est identique ou apparenté au nom 
de bœuf mycén. aiwa, il pourrait être un hypocoristique 
de AïoXoç « vif », Mûhlestein, Siudi Micenei 2, 1967, 41-52. 

alÇoî : exclamation de dégoût (Ar.), aussi avec 
redoublement at6oi6ot avec un rire (Ar. Paix 1066). 
Onomatopée, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 2, 600. 

alyavéri, -tjç : basta amentata, javeline pourvue 
d'une courroie qui renforce la détente ; employée à la 
guerre, à la chasse et dans les jeux, mot déjà rare chez 
Hom. repris dans l'A. P. Voir en dernier lieu Trûmpy, 
Kriegerische Faehausdrùcke 52, 57, Laser, Ggmnasium 60, 
1953, 115-121, Vretska, ibid. 61, 1954, 419 et Lex. Bp. 
s.u. avec la bibliographie. 

Et.: L'étymologie de ce très vieux terme reste obscure : 
1) Le suffixe semble faire entrer le mol dans la série des 
adjectifs de matière (cf. fiioXéiQ, îtTsXéT), etc.) ; on a donc 
cherché à y voir un dérivé d'un ""aLYavoç, où se trouverait 
le nom du chêne, cf. oi,lylX(ii<^, lat. aesculus (Schrader, 
KZ, 30, 461 sqq.). L'hypothèse est invraisemblable ; 

2) Au contraire Thumb {IF 14, 345) pose un subslaiiU!' 
■"■atYavov qui signifierait le « jet » et serait apparenté 
à skr. éjali p.-ê. alYeç « vagues », alYki etc. Laser, /. c, 
précise l'hypothèse que '*aÏYavov constitué avec le même 
suffixe que Spéreavov désignerait l'instrument avec ieque! 
on brandit, donc la courroie, et que l'alYavéT) serait la 
javeline, l'atxM-T) pourvue d'un *atYavov ; 

3) Enflii le rapprochement de atYavév) avec tàyj^r^ 
tenté par Bechtel, Lexilogus, est en l'air. C'est l'explica- 
tion 2, de Thumb puis Laser, qui est la plus ingénieuse, 
et paraîtrait donc plus probable. 

aîy^i'POS '• f- «peuplier noir», populus ntgra xHom., 
etc.) ; cf. H. Gossen, BE s.u. Pappel. 

La forme aÎYspoç se lit Com. Adesp. 1276 (Kock), 

Dérivés : aiYeipciv (Str.), aÎYeîpivoç, aÎYsiptTiQç, tous 
termes tardifs. Composé : alYeipoçôpoç. 

Et.: Discutée. On est tenté de rapprocher aiYÎXto^', 
qui entre autres sens désigne une espèce de chêne, mais ce 
rapprochement ne fournit pas une étymologie indo- 
européenne claire {alya.vtii, en tout cas doit •^re mis 
à part, cf. S.U.), cf. lat. aesculus, v.h.a. eih? 

n en résulte que, pour un nom d'arbre, on peut penser 
à un terme indigène et non indo-européen. De nombreux 
noms de lieux présentent une initiale AIy~ comme AlYa£, 
AÎY^v°' ainsi que des termes sans étymologie sûre comme 
aÏYiOoç, aÎYtOaXoç (cf. Sommar, IF 55, 260 sqq.) 1 Mais 
rien ne prouve que ces termes se rattachent à une même 



étymologie, et l'hypothèse que ctlyeipoii soit^un terme 
indigène reste donc en Tair. 

alviaXôs, -où : m. • côte, rivage • de la mer, doit se 
distinguer de dcxrô. Cf. Arist. HA 547a ; s'emploie chez 
Hom. avec les adjectifs fiéyaç, ttoXutix^ç, xoîXoç, eùpùç, 
cf. IL 14,34, où le mot désigne la grève où sont halés les 
vaisseaux des Achéens. Hsch. donne la déHnition : ô Tnxpa- 
8aXàaotoç êv TÔnu (j;a[i(i.tûSet tJ i})7)9ÎSaç gy."^- ^e mot se 
retrouve chez Hdt., Th., Arist., etc. Enfm il a fourni des 
noms propres de lieu, notamment depuis Homère le nom 
de la côte d'Achaie. 

Dérivés : mycén. aifria.ryo p.-ê. «habitants du rivage» 
à moins qu'il ne s'asrisse d'un anthroponyme (Chadwick- 
Baumbach, 168) ; noter que a, est la notation normale 
d'un alpha aspiré. En outre : AlviaXeûç nom des habitants 
de l'AlYiaX6; (Hdt., etc.) et des formes toutes attestées 
Lardivement : aLriâXeioç, -ix6ç (pap.), -tnrjç (Str., etc.), 
-a&rfi ' qui vit sur la côte » (Arist.), -ùttiç. 

Composé : alytaXoçûXa^ (pap.)- 

Grec moderne : ytaXôç « côte, bord de mer ». 

EL: L'hypothèse facile d'un emprunt égéen doit être 
écartée. Pour expliquer le mot par le grec on pose un 
composé dont le premier terme alyi- est rapproché de 
alyez • vagues » attesté chez Hsch. : alveç ' xà xùfxaTa 
Aupieï; et Artemid. 2,12, xal yàp Ta (J^aXa xùnara 
nlyac, èv rf) ouv7j9cLa Xh(oyLev. On rapproche ensuite 
aiyzc; de alyU, -atyiCw, skr. éjati. Ou emploi méta- 
phorique de atÇ ? 

Le second terme du composé serait selon Hirt {IF 
37,229 sqq.) le génitif du mot ôcXç, et le mot serait issu de 
l'expression tv atyl âX6i; « à l'endroit où déferle la mer ». 
KreUchmer {CL 27, 28 sqq.) suivant Bechtel {Lexilogus 
S.V.), voit dans -aXoç un élément apparenté à fiXXotiai 
(ef. (ixiiaXoç) « l'endroit où sautent les vagues », ce qui 
semble moins naturel. 

Le témoignage du mycénien enseigne que -aXoç doit 
être un second terme de composé, avec l'initiale aspirée. 

ctyiSos : avec la variante alytoBoç probablement 
la linotte (Arist., Call. fr. 469), aussi le dérivé (^) alyteoXXoç 
ou alylGaXoç « mésange » (Ar., Arist. etc.). 

EL: Inconnue, cl. Thompson, Greek birds s.u. 

alYÎXt<)f, -tTTOç : « escarpé », épithète de -rtéxp-f) dans 
Vlliade, employée dans des comparaisons ; également 
nom propre d'une île. Très rare chez les poètes postérieurs. 

Hsch. glose : atytXitj; - û4nf)X-») ité-rpa xal TtôXiç xal l-réa 
ûiti 0ouptû>v ; et d'autre part atyO-iTroç • ûiJntjXàç tôtcoç. 

EL: Expliqué par les grammairiens anciens comme 
composé de aîÇ et XeIttû», « abandonné même des chèvres ». 
Simple étymologie populaire. Le second terme du composé 
est maintenant rapproché de Ut. Upti « grimper ». Il faut 
citer aussi le gr. «Xtïl* • itérpa (Hsch.) qui signifie probable- 
ment i qu'on ne peut escalader • ; enfin Xî»)' " térpa àtp' 
^; 08ci>p OTdcCet (Hsch.) résulte d'une contamination 
entre ce groupe et la famille de Aetêtù. Quant »" premier 
terme, il est probable, mais non absolument sûr, qu'il 
8'agit du nom de la chèvre. 

Le rapprochement avec le lit. vient de Uljanov, cf. 
Sobosen, UnUrsaehangen, 73, n. 1. Voir maintenant Frisk 
«t le Ltx. Ep., avec la iubUograpbie citée. 



30 



alYÎXù*!'» -tû'TOÇ : ni- so''*^ <** chêne (Thphr.), également 
dit d'une graminée Aigilops ovaia (Thphr.), aussi fistule 
lacrimale (méd.). StrOmberg, Pflamennamen 87. 

Et. : On pense à aiyeipoç et on est embarrassé par la 
finale : -Xtoij^ est-il apparenté à Xcômi) « écaille, écorce ». î 
Strômberg pense que le premier emploi est pour la grami- 
née et tiré de aÏYtXoç (Théoc, Bab.), même sens, issu 
de aïÇ. 

alvîs, -tSoç : f. « égide, manteau, bouclier en peau de 
chèvre» brandi par Zeus et Athéna (Hom.); elle est 
décrite comme comportant en outre une tête de Gorgone, 
déjà //. 5,741, et une bordure de serpents. Le sens propre 
de peau de chèvre se trouve attesté Hdt. 4,189, E. CycL 
360. Autres emplois : espèce de cuirasse (laconien), 
vêtement porté par la prêtresse d'Athéna (Lycurg. fr. 23). 

Emploi tout différent au sens de « ouragan », terrible 
comme l'égide de Zeus (.ffisch. Ch. 593, Pherecr., etc.). 
Enfin divers sens dans des vocabulaires techniques, 
d'origine plus ou moins difficile à saisir : cœur de certains 
bois, tache dans l'œil. 

Composés : alybxoç «qui brandit l'égide», épithète 
de Zeus chez Hom., Aie, le second terme -/^oxoç appar- 
tenant à une rac. 'wegh-, voir sous Yati^oxoç. Avec une 
structure différente, mais le même sens, TteXéfiatyiç 
épithète d'Athéna chez B. 17,7, cf. TreXsixt^w. 

Verbes dénominatifs : alyîlicù « déchirer » (S. Fr. 984), 
mais surtout des composés avec préverbes : hzau.ylX,(>i 
«souffler sur» en parlant du vent (Hom.), xaraiYtCo) 
« se précipiter comme une tempête » {.ffisch. Sepi 63, 
Fr. 195N, grec tardif). Hp. emploie le mot en parlant de la 
souffrance et de la maladie ; au passif, « être battu par la 
tempête . (Str., Hld.)t 

De xaTatyli^w a été tiré un déverbal xaTaiytç « ouragan » 
(Démocr., Arist., etc.), employé métaph. par Phld. 

Dérivé xaTatYt8cù8Y)ç (tardif), et de xorraiytÇto, xa-raiYtc- 
u.6ç chez Épicure pour les accès de la passion. 

EL : Il apparaît probable, à moins d'admettre une 
étymologie populaire, que alytç au sens d'égide est le nom 
de la peau de chèvre, ce que confirment les exemples cités 
d'Hdt. et E., comme ve6ptç est tiré de ve6p6ç (cf. Locker, 
G/. 22, 1934, 71) : c'est l'Interprétation formellement 
admise par Nilsson, Griech. Bel. 1 409-411. Ceci permet 
d'écarter l'hypothèse qui voit dans Valylç un bouclier 
de bois (cf. alytXcùtJ;, aïystpoç, v.h.a. eih, voir Schrader, 
KZ 30, 1890, 461, Cuny, IF 26, 1909, 23, Loewenthal, 
W.u.S. 10, 1927, 15^, de même que celle qui pose comme 
terme originel alytç « tempête » associe les termes grecs 
au verbe skr. éjati « s'agiter », et à aîyeç cité sous alytoiXtç 
(Kretschmer, G/. 27, 1939, 28). 

Il subsiste une difficulté, précisément pour déterminer 
le rapport entre l'égide et le sens de tempête, lié aux 
verbes dérivés èTçatyfÇtiJ, etc. On peut toutefois admettre 
qu'il s'agit d'une métaphore, la tempête étant comparable 
au danger subit causé par l'égide. Faudrait-il supposer 
une influence du verbe ènalaatù, qui figure toujours chez 
Hom. comme variante à èTtatytÇoj 7 Voir aussi les considé- 
rations de Onians, Européen Thoughl, 421. 

aiyAT), -Tjç : f. «éclat» du soleil et de la lune, de 
l'Olympe, du bronze (Hom.), repris par les trag. et les 
lyr. parfois au figuré ; enfin une glose d'Hsch, semble 



indiquer que le terme sr pu désigner des objets brillants : 
dfXfi • xXtSwv, SoçoxX^ç Ttjpsï xal TtiSrj Tzttpà 'Ercixdtpixti) 
èv Bôbtxaiç ; cf. aïvXaç • àiiçiSéoç xal ^fkia. xtX., aussi 
alyXîSta • $a>t-ruX£Sia {ibid,). L'hypothèse de Lewy, KZ 
59, 188 sqq. qui cherche à voir dans ce terme un emprunt 
sémitique n'est pas défendable. 

Il existe aussi un nom propre féminin AïyX'yj ou AïyXâ 
cf. Isyllus Ep. 10 sqq., etc., elle composé A^yX^vcop typique 
en Cyrénaïque. " 

Dérivés : atyXrisiç (Hom., pot tes), dor. aÎYXàç, alYXTj-nrjç 
épithète d'Apollon, AR. 4, 1716; dor. aiyXaTâç, ÏG Xll, 
3, 259 (Anaphe), 412 (Théra). Dénominatif tardif alyXtiZa 
(Man. 4,264). 

El,: l^'étymologie est ignorée et le rapprochement avec 
skr. éjati « s'agiter » en l'air. Mais un problème précis est 
posé par le rapport entre 'A7c6>,Xwv A^yXôtTâç et 'Ajr6XXwv 
'Ao^eXâTâç (/G XII, 3, 248, Anaphe) avec le dérivé 
Ao^eXata. Ce peut être une simple rencontre ; sinon il 
faut Qéterminer le rapport entre les deux termes. On a posé 
*AffYXâ- en admettant d'une part une diphtongaison de 
a en ai devant a, et ensuite chute du a, cf. Schwyzer, 
Gr. Gr. 1, 276 où aucun des exemples ne s'impose avec 
évidence. Si l'on admettait le rapprochement de aïyXi], 
Al^XiTâç avec 'AoyeXâToti; il resterait à trouver une 
étymologie. Bechtel rapproche -veXâTôtç et -yy.ârâi; de 
YeXôv (on note que aïyXv) et yeXSv se trouvent rapprochés 
dans 1'//. 19,362). Outre Frisk et Lex. Ep. voir Bechtel, 
Ltxilogus S.U., Gr. D. 2,551 sqq. 

aiyuinôs, -où : m. «vautour» (Hom. poètes) p.-ê. 
le Gypaetus barbatus, souvent employé dans des compa- 
raisons ; on se demande si le mot présente un sens franche- 
ment différent de celui de yi<]). 

Voir Thompson, Birds s.u., J. Maclair Boraston, JHS 
31, 1911, 230. 

El.: Incertaine. On a tenté de rapprocher skr. fji-pgù- 
épithète de l'oiseau de proie éyend-, av. snzifga « aigle » 
(cf. chez Hsch. étpSiçoç ■ àsTèç Trapà Ilépaaiç). On suppose 
que l'initiale a été altérée par étymologie populaire d'après 
«IÇ et fti^. 

Voir le Lex. Ep., Pisani, Hend. Ui. Lomb. 77, 1943-1944, 
539-541. 

alyuAiôç : ou cdfùXioi;, -ou ; m. nom d'une espèce 
de chouette, p.-ê. slrix flammea, « chevêche », cf. 
Thompson, Greek Birds s.u. (alrtiXioç chez Arist. HA 
563a est fauUf). 

El.: Inconnue. En revanche on sait que le mot a survécu 
dans le grec de l'Italie Méridionale sous la forme agoléo 
(Rohlfs, HUiorUche Gr. der unUrital. Gràziiâl 25). 

àtST)Xos : adjectif chez Homère dans trois emplois : 
t) p.-être ■ odieux », dont on ne peut supporter la vue (?) 
épithète appliquée à Athéna, à Ares dans des contextes 
signiflcaUfs (cf. /;. 5, 880, 897), aux prétendants, en Od. 
16,29 et 23,303, rapprochée du verbe ôpâv ; b) mais 
même dans ces passages les Anciens donnent au mot le 
sens actif de « qui fait disparaître, qui détruit » (àçavi- 
imx6;, èXE6pEUTtx6ç, etc.), et c'est, en tout cas le sens 
qui s'impose lorsque le mot est épithète de TtOp, //. 2, 455, 
9,436, 11, 155 ; c) enfin le sens passif de « secret, obscur » 
, est attesté Hes. Tr. 756 (cf. aussi plus loin ài^-tjkoç). 



31 — aî8o|iai 

Ces BenB«de «odieux» «destructeur» et d'autre part 
«caché» sont plus ou moins clairement attestés dans la 
poésie postérieure, notamment les Présocratiques et lé» 
Alexandrins. Aussi chez S. AJ. 607, comme épithète d'Hadès 
(invisible î destructeur 1 abominable î). 

Au sens d'« invisible, disparu » on lit //. 2, 318 àlZ-tt^m 
(avec une variante dtptCrjXov), cf. Gr. hom. 1, 169 et Lex. 
Ep. s.u. ilSriKoi ; le ^ est une notation de la géminée 8, 

El.: Ce mot poétique, admet des emplois malaisés 
à réduire à l'unité : comme souvent en pareil cas, il est 
dilTicile de discerner ce qui est originel et ce qui est dû 
à l'étymologie populaire. Le sens premier semble être 
■ à la vue insupportable », mais dans certains contextes 
le terme a été entendu comme « qui fait disparaître, 
destructeur ». Enfin le sens d'« invisible » en attesté. Ces 
données autorisent à poser à- privatif et ISeïv avec le 
suffixe -ôtXoç, -i)Xoç. Voir Lex. Ep. 

"AiSi^s, -ou : att., 'AtSTjç, -eco (poésie ion.), 'AtSâç, 
-âo (dor.); la quantité de l'alpha initial est brève ou longue. 
Formes athém. "AtSoç, -i, ches Hom., voir Lex. Ep. s.u. 

Et. : Nombreuses hypothèses incertaines qu'il n'y a 
pas lieu de répéter, voir Frisk s.u. 

aïSofiai ; hom., plus ancien que alSéofiai (cf. Chan- 
traine, Gr. H. I, 310-311, avec la note sur alSeîo) qui est 
devenu usuel, t. al8éoo(iat, aor. f)8eaâ(iTr)v et f)8éa0T]v, et se 
conjugue comme un dérivé de thème en s. Sens : « crain- 
dre, respecter » (un dieu, un supérieur, les convenances 
sociales), parfois « ménager » (cf. Od. 3,96 = 4, 326) ; d'où 
en attique l'emploi juridique pour le pardon accordé à 
l'auteur d'un meurtre involontaire (Dém. 23, 77 ; 37, 59, 
etc.). 

Composés avec les préverbes àvr-, ht-, xa-r- (avec à date 
basse un actif factitif xaraiSéco « rendre confus »), npo-, 
Û7t-, ûirep-. 

De aïSojxai a été tiré un vieux thème en s alScfx;, -oûç 
f. (nom. alStô, Philétas 9) : chez Homère le mot exprime 
le sentiment de respect devant un dieu ou un supérieur, 
mais aussi, notamment, le sentiment de respect humain 
qui interdit à l'homme la Iftcheté, etc., cf. II. 5,787 — 
8,228. Cf. encore Jl. 13, 122 où afô<iç signifie le sentiment 
de l'honneur, et véfjLeou; la crainte du blâme d'autrui ; 
parfois la mauvaise honte du pauvre (Hés. Tr. 317, Od. 
17, 347). Le mot, chez Homère, n'est presque uniquement 
employé que dans le discours direct, non dans le récit. 
AlScùi; est personnifié et désigne une déesse Hes. Tr. 200. 
Encore usuel en attique. 

De alScôç ont été tirés : 1) alSoïoç (< -oertoç) Hom. et 
poét. surtout de divinités ou de personnes généralement 
« respectables », rarement au sens actif de « timide » ; subst. 
Ta alSoïa «parties honteuses» (Hom., prose, etc.), avec 
chez les médecins et les naturalistes les dérivés alSoiix6i; 
et «l8owî>8if)(; ; — 2) le composé dwaiS-^ç, -éç (Hom. 
poètes), avec son dérivé àvatSeia, ion. àvaiSeCil (Hom. 
Hdt., att.), d'où Ar. Cav. 397 àvai8eûo(JW«. 

3) AlSéoyuxi, qui s'est substitué à (xl8o(iai (voir plus 
haut) est un dénominatif de alSûç, ayant donné naissance 
à de nouveaux dérivés : adj. verbal alSsarôç (Plu.), et 
-Ttxéç (tardif) ; nom d'action atSeaiç « composition » 
après un meurtre (Arist., Dém.) ; en outre alSVj- 
{iojv «modeste, réservé"» (X., Arist.) avec les dérivés 



lardits ûd8T)[iovotà; et «IStjfMMJÛw) (Sloie.); — alSéotftoç 
I vénérable, respectable» (prose postclassique) pi*bable- 
mént tiré de alSéotxat (cf. aussi Arbenz, Die Adjetdive 
ouf -ifioç 95 sq.) avec le doublet poétique ot^Vt^oç 
(Orph.) ; alâioijioç est utilisé dans la tilulature byzantine 
et y a fourni le dérivé al8eotft6TJ)(; ; 

4) Enfln otlSocniv»], valant kIStjiiooûvti, est cité par les 
.4S 354 «t chez Phot. 

(.iiitiuosé : atSéçpov. 

Af^f/fiai, et surtout aWwç sont des termes importants 
poar la psychologie sociale des héros homériques : voir 
surtout von Ertfa, AlStiç und oerwandle Begriffe..., 1937, 
Verdenius, Mnemoagne, 1944, 47-60 et, sous une forme 
brève, B. Snell dans l'article alStô; du Lex. Ep. 

El.: Incertaine, mais on a l'habitude de poser 'aixd- 
et de rapprocher got. aistap ' avoir peur, respecter », et 
plus loin skr. îdi «louer, honorer», voir Frisk s.u. et la 
bibliographie citée. 

olcî, vmr aUî>v. 

aÎT|TOS, voir &Ttoç. 

aUXoupos : ainsi Hdt. 2, 66, Ar. Aeh. 879 dans un 
passage en béotien, Anaxandr. 39, S. lehn. 296 ; puis 
aîXoupoç (Arist., etc.) m. ou f. • chat . ; se dit proprement 
du chat sauvage, le chat domestique n'étant pas connu 
du monde grec, cf. Keller, Ant. ThierweU 1,75. 

Ouelques composés dans le grec tardif, notamment 
-rlXoupoSooxà; et alXoupoTdtçoç (pap.). 

El.: Incertaine. Toutefois le plus probable est d'accepter 
la vieille explication de VEM 34, 8 aîXoupoc iwtpà t6 
al6XX«v xal àvày^w t^jv oipàv xod xiveïv et de poser 
un composé de *aiïXoç et oùpà ; pour ""otieXoç voir sous 
«lôXoç. Pour la bibliographie et d'autres hypothèses, 
voir Frisk. 

oIcTÔS) -«> '• "*• «aigle», généralement écrit en attique 
àetéç (cf. Lejeune, Phonétique 216) ; cdiyzôç Aratos 522 
est une forme purement artificielle. Les diverses sortes 
d'aigles sont indiquées Arist. HA 618 b. Emplois figurés 
variés: «étendard» (des Perses, puis des Romains), cons- 
tellation Aquila, aigle de mer, raie ou royale (cf. De Saint- 
Denis, Vocab. animaux marins s.u. aquila), etc., mais 
le plus important, en architecture, pour désigner le fronton, 
la couverture à double versant évoquant l'aigle aux ailes 
déployées, cf. Pi 01. 13, 21. 

Dérivés : àertSeûç « aiglon » (cf. Chantraine, Formation 
364) ; adj. : dtinoç dans le prov. àénov x'^'-'^ ixrciata ; 
(irrcMiiç (tardif), otlcnSstç (Opp. C), ottmaïoç apparte- 
nant au fronton (inscr.), l'adjectif pourrait s'insérer 
dans les dérivés exprimant des mesures {Formation de» 
nom, 49) ; des «ubstanUfs, tous de SMis technique : iertTrjç 
jrterre trouvée dans les nids d'aigle (Redard, Noms grec* 
«B-ni«. -Ttç 51) et nom de la clémaUte (ibid. 68) ; enfin 
(iirtmitiiT«(>(ia «fronton» (Hp., inscriptions attiques, cf. 
rorm<dion 187), et dkéruaiç • couverture à double versant » 
qui couvre la machine appelée xs^'ivi), « tortue » (Ath. 
Meeb.), cf. pour la dérivation. Formation 279. 

.Compoaéa : iXiinoc» YpuJtArroç, (leXotviirTOi;, ûîttfcrcoç, 
Xpuo^wroç. Notez ègxoçàpoç -= tignifer chez Plu. 



32 — 



£X. : Repose certainement sur *al/rroc comme le 
prouve la glose alSerâç ' dccréç, IIcpYaloi (Hsch.). On 
s'accorde à rapprocher le mot de lat. oui* et des termes 
de la même famille (Emout-Meillet, s.u. aiif«), en posant 
un suffixe -eroç, comme dans viferàç, nuperéç (Sehwyzer, 
ar. Gr. IJBOl, Schulze, Kl. Sehr. 75). 



ol^ifôs et ccl!^7){0(; : adjectif épithète du seul àv^p 
chez Hom., ou substantif exprime, la vigueur, le courage 
physique du jeune homme à propos de chasseurs, de 
guerriers, etc. Deux exemples chez Hes. Th. 862, et surtout 
Tr. 441 avec l'expression originale leaaapaxovrocéTTjç i. 
« un robuste gars de quarante ans ». Un exemple parodique 
Gratin. 95. Quelques-uns chez les Alexandrins. 

Doublet aK^Tjeiç Theopomp. Com. chez Ath. 4, 183 b, 
cf. la glose d'Hsch. a.V^âcv ■ eùrpaçèç pXdtaTjjfxa. 

El.: Inconnue. Le mémoire détaillé de Danielsson, 
De uoce edÇy)6(; quaestio elymologica, Upsala 1892, n'a pas 
résolu la question. Les anciens voyaient ici un composé 
dont ils rapprochaient le premier terme de àsi et le second 
de ^7)v ou même J^eïv. Il ne s'agit que d'étymologies 
populaires. 

al6i^p, voir xtQa. 

' aïftw : seulement présent et impf., surtout employé 
au moyen au sens de « brûler », mais en impliquant aussi 
la notion de lumière, éclat et chez Hom. toujours au 
participe (cf. L. Graz, Le feu dans V Iliade, 78-88) ; l'actif 
aî6o> post-homérique est généralement factitif «faire 
brûler», rarement intransitif. Le mot est presque ignoré 
de la prose attique, qui e'mploie xalcù. Enfln, chez Hom. 
le part. fém. substantivé a(6ouea (scil. otoâ) désigne un 
portique extérieur, où l'on pouvait originellement faire 
du feu, ce .qui semblerait rendre mieux compte du t«rme 
que la notion qu'il était exposé au s<deil (cf. II. 9,472) : 
ce portique se trouvait en principe k l'entrée de la cour 
(aûX7|) ; le mot est rare au pluriel (cf. II. 6,243). Sur 
l'atôoooa voir Lex. Ep. et l'article de Palmer, Tr. Ph. Sœ. 
1948, 97 sqq. Le terme semble propre à Homère et aux 
poètes alex. qui l'ont imité, mais revit en grec moderne 
au sens de < salle, salon ». 

Composés de afSco avec àv-, xa-r-, etc. 

Au verbe aï6o> sont apparentés : alOoç, -ou « chaleur, 
feu » (Eur. Suppl. 208 ^t Bhis. 990), avec le doublet 
alôoi;, -ouç (alex.) ; et atôA; « brûlé, couleur de feu • 
en poésie, avec AIOt) nom d'une jument ; composé idrwuOoç 
«flamboyant» [II. 14,372) ; autres adjeeUfs atOuv, -«»voç 
(exceptionnellement -ovoç, cf. S. Aj. 223) « brûlant, 
couleur de feu » en parlant du bronze, d'animaux, etc. 
(Hom., poètes); AtOtov anthrop. en mycén. et en grec 
postérieur ; avec le doublet de valeur métrique difîér«»te 
aTOo^i seulement ace. et dat. sg., épithète du bronze, du 
vin chez Hom., cf. F. Sommer, Nominalkomposita, 119 
(sur la finale -oif dont la valeur a fini par s'effacer, cf. 
Hés. Tr. 363, voir Formation des noms 257 sqq., Buck- 
Petersen, Reverse Index, 382), deux ex. chez E. ; enfin 
aWwTcéç (Man.) ; autres adjectifs : al&jjeu; « couleur, feu » 
Nie, et Gratin. 88, par contr. alô^ç (ou thème en » otlô^ç 1)- 
En outre le nom d'oiseau de mer atOuioc, peut être le pétrel 
qui serait dénommé d'après sa couleur (cf. Thompson, 



33 



aLcXiov 



Gfttk Bird» s.v.) semble comporter un sufBxe de participe 
parfait; mais cf. Szeraerényi, Syncope 206. L'adjectif 
a?8ivoç n'est qu'une glose (Hsch., E. M.). Le tlièrae a 
servi à fournir des noms de peuples, p.-ê. AtOutsç tribu 
thessalienne (cf. Schulze, Kl. Schriften, 125 sqq., mais on 
a aussi voulu voir dans le mot un terme tillyrien», voir 
Lex. Ep. s.v. et surtout le composé n. pi. AlOCo^reç « au 
visage brûlé » avec une finale -i- diversement expliquée 
[Lex. Ep. s.v.) enfin l'hapax ho:r.. créé pour occuper 
la On de vers AtOioit^ei; (voir ibid. avec la biblio- 
graphie). Le mycénien a l'anthroponyme ailijoqo, dat. 
aitijoqe = Alôtoij*. 

Un groupe cohérent de dérivés présente un suffixe en l : 
alÔiXi) s.f. «suie» (Hp., grec tardif) avec le doublet 
aïôotXo; s.m. (Hp., E.) d'où divers dérivés : chez Hom. 
alOoXôeu; (qui prouve l'existence ancienne de aïOoXoi;, 
p.-ê. attesté en mycén. comme anthroponyme, avec en 
outre*A*')aXo5evç et *AieaXeuat, cf. Chadwlck-Baumbach 
S.V.) «noirci par le feu», parfois «brûlant» (Hés., E. 
Ph. 183) et alôoXioç (alex.) ; aieaXtov, -tcovoç (Théoc. 
7,138) épithëte de cigales « brûlées par le soleil » selon le 
sch. mais il s'agit plutât de leur couleur brune ; le suffixe 
est probablement un arrangement métrique en fin de 
vers; alOaXciSTjç (Arist., Gai.) ; alOoXlSeç • Ta èv t$ ofiTto 
Yiv6neva, ri toi!>ç inï r<^ 58aTi OTOtXayvtoùç toC èXatou 
(Hsch.) doit désigner rouille ou moisissure, comme en 
grec moderne xaTtvii (cf. éd. Latte avec bibliographie). 
Dénominatif al6aX6to «noircir de fumée» (E. El. 1140) 
et passif -6o(juxi (tardif); surtout le composé xa-raidcxXéco 
« réduire en cendres » (trag., Ar.) avec adj. verbal al6aX<ùT6<; 
(tardif) et le nom d'action, plur. alOaXclioEb; « nuages de 
fumée» (Max. Tyr. 41,4). 

Sur la dérivation en -oiX- qui peut alterner avec r et n, 
cf. Benveniste, Origines, 42-49. Une autre formation en 
I d'un type tout différent est attestée dans alOéXix»; 
n. pi. «ampoules causées par une brûlure» (Hp., Gai.), 
qui pourrait bien avoir été créé sur le modèle de 7ro|i<p6XoÇ 
de sens voisin (cf. R. Strômberg, Wotirtudien, 91-92). 

Un dernier groupe de dérivés présente une suffixation 
en r, le terme essentiel étant at&^p, 1., chez Hom. 
généralement masculin ensuite • la partie rayonnante, 
la plus pure et la plus élevée de l'atmosphère » (cf. //. 
17,425, etc., et plus tard, outre les ex. des trag., PI. Phéd. 
m 6, Tim. 58 d). 

Quelques dérivés : atOpr) et atOpa «ciel clair» (Hom., 
poètes); al6pta «ciel clair, beau temps» (Hdt., com.) ; 
aISpoç «air clair et froid du matin » (Od. 14,318 alOpcù 
xal xa(jiàT(p 8e8(i.T)fxivov, le mol figure également chez 
Aie). Adj. atOpioç « clair • dit du ciel (Hdt. S.) avec le 
composé ûicalOpioç en plein ^air (Hdt., etc.). D'où atOpiov 
cour intérieure de la maison {Pap. Zenon 59764, iii» s. 
»v., etc.) cf. Chantraine, Rech. de Pap. 3, 1964, 7-15. 

Gloses : alôpeî • x^l^^^'- (Hsch.) et atôpivov • jrpwivév 
(Hich.), qui, pour le sens, se rattachent à alOpoç de Od. 
14,318. De même alSpiàî^w, alOptdtw, êÇai6piàÇ« signifient 
chez Hp. « exposer à l'air frais ». 

Composés tirésjie aïOpa : aiepTjYevénf)? et alQpri,yeàn 
(Hom.). En outre composés StaiOpoç, ÛJtaiOpoç, « à l'air 
libre» (ait., hellén., pap., etc.). 

Dérivés plus tardifs, avec vocal, e du suffixe : alOépioç 
«qui se trouve dans l'al^p » (trag., etc.), alôeptôSirjç et 
■oniijii, (xietpiciST)!;, enfin «lôeptTTjç nom d'une pierre 
oréciwse (cf. Redard, Nom* gr«e* en -ttiç 51). 



AlOepo- sert de premier terme dans quelques composés 
assez tardifs, comme al6«po6aTé«, alOcpoSp^pioç (Cines.. 
ap. Ar. Ois, 1393 ; JG XII 5,891, Tenos), slQepoXéYoi;, 
etc. 

AiQi\p, comme l'a vu A. Meillet, BSL 28, 1925, 17, «t 
une création 8emi-artiflci«tle, faite par opposition à éiip. 
Le mot ne peut domi se rapprocher de Vktfiç, dont le 
sens est d'ailleurs assez dilTérent. 

Il faut enfin rattachw à aI6w le verbe poétique aI06ooai, 
surtout employé avoc des préverbes et dont le sens origind 
d'i enflammer > est Mttdble dans plusieurs exemples : 
cf. E. Tr. 344 àvatS-iwoeiv ^Xô^a, Pi. P. 5,11 xa-rottWacwv 
éortocv ; P. 4,83 xaTettSûeroeiv vw-cov (en parlant de 
cheveux blonds), avec une image ; l'image est également 
claire Ol. 10,89 'itapaCOuÇe 66pu6ov ; cf. encore P. 1,87, 
Bacch. 20 B, S. fr. 542, Sapho fr. 2 Lobel où il s'agit de 
l'agitation des feuilles. Présent expressif comme l'Indique 
le sufT. -iaaa> et qui s'emploie volontiers au figuré. Dérivé 
inverse du verbe, xoeraîduÇ ëfxëpoç Trag. Adesp. 216, glosé 
6 xaratOuocTuv par Hsch. qui rapproche également 
xaTaïfXeÇ : il s'agit de l'avarse soudaine qui s'abat. 

En outre, oitO jY(«c • éclat » (Pib.), alOuxr^^p < qui se meut 
rapidement > (Opp.). 

Et.: Ces termes se rattachent tous à la notion de 
« brûler ». Mais cette notion admet des applications 
diverses, d'où de grandes divergences dans les emplois^ 
qui peuvent aussi bien se rapporter à l'éclat du feu, et 
à la couleur noire de ce qui est brûlé, de la suie : ainsi 
alOàç signifie à la fois « brillant » et ■ brûlé ». En outre 
il s'est produit des développements particuliers : l'idée 
de fraîcheur et de froid qui dans alOpo; donne naissance 
à alOpeï ' x^if^'^^Ei ; alOuaaco exprimant l'éclat a fourni 
diverses images et s'emploie au sens d'agiter (Sapho, 
Sophocle), et surtout od&^p a constitué un groupe impor- 
tant et original. 

On rapproche skr. i-n-ddhi c il enflamme », édha - « bois 
à brûler », le latin aedês, aestàs, aestus, etc. 

Enfin le rapprochement avec t6ap6ç, lOaiveiv est plausi- 
ble, mais ces mots ne sont pas sentis comme apparentés 
à aï6o) : voir s.v. 



aùcôXXb) : seulement prés, et impf. < se frotter contre 
quelqu'un, le flatter >, se dit proprement d'un chien ou 
d'un animal, cf. Phryn. PS 36 B., Babr. 50,14, Epich. 263, 
Olivier! (trag., com. et prose tardive). Semble un dénomi- 
natif de atxocXo; • x6XaÇ <à7taTe<iv> (Hsch.), mais le 
substantif pourrait être à la rigueur un dérivé inverse 
du verbe. Cf. aussi oclxàXi] ' ÂTcdc-nj (Zonar.). 

Et.: Inconnue. Pas de racine discernable : évidemment 
un terme familier. 



aùci^S, voir ctxc*. 

atKXov : ou £txXov, n. (mais Hsch. cite xÊK forme 
masculine), repas du soir chez las Doriens (Alcio-, l^icb., 
cf. Athen. 139 b, 140 c). En outre eomposis : «ruvewiXia 
(Alcm.) écrit «ruvai-yXta à Cos (SJG 1106), ivfltUXcuc • 
(itSeiTtva (Hsch.), èreàïxXa, etc., cf. Bourguet. Le laeonien, 
148 n. 1. Enfin autre forme aTxvov (Hsch., Suid.). 

Et. : Inconnue. Un rapprortiement avec «bcà^et • ytaùueï 
(Hsch.) est peu probable et n'avancerait guère. 



aîXivoç 

aïXivoç, -ou : m. n cri funèbre » proprement rituel, 
cf. Ed. «Fraenkel, éd. de VAgam. au vers 121, P. Maas, 
BE 9, 131, etc., parfois redoublé (trag.) ; parfois employé 
comme épitUète {E. Hel. 171), d'où l'adv. aiXtva (Galï., 
-Mosch.). 

Et.: Inconnue. Selon Paus. 9,29,8 serait issu de aï 
Aîvov « hélas pour Linos », ce qui est une étymologie 
populaire. Bolsaoq suppose une origine phrygienne comme 
pour IXeyoç, sans preuve. Semblerait composé de aï 
« hélas » et /tvoç{ voir s.u.). 

aîjia, -Toç : n. «sang», terme usuel depuis Homère 
jusqu'au grec d'aujourd'hui. Fréquent dans II., notamment 
dans des descriptions de blessures ; noter //. 16,162 çovoç 
aCfxaToç ; plur. aîfiaTa « des^ots de sang • (.ffisch. Ag. 
1293). Employé dès la langue hom. pour désigner la 
parenté par le sang, cf. Od. 8,583 aljiâ -re xai yévoç ; 
Od. 4,611 aîfjLaTOÇ eiç àYaâoto. 

Le mot a tenu une place importante dans la composition, 
soit comme premier terme, soit comme second terme. 

Gomme premier terme les exemples les plus remarquables 
sont : 

lialfxaToXotxâç {JEsch.), -nérr)/; (Ar.), -ppéepoç (^sch.), 
-ppuToç (E.), -CTTayVjç (jEsch.) ; 

■2; at[xaxoupiai « offrandes de sang au mort >, le second 
terme étant apparenté à xépoç t ras.asiement > (Pi.) ; 
:lVJ.iAOi^l . épanchement de sang » {cf. pour le second terme 
(jbfcar iy/lAoiii, alyÙ.o>^), d'où le dénominatif aLptaXcoTnàco 
et l'adj. oilfixkâSrjc, (sic), selon Érotien 64,9 ; 

3) alr^oêaçTi; (S.), -pôpoç (Arist.), -Supov plante, 
ornbanche cruenta (Thphr.), -ppayT)?, -ppayéûi, -pparta, 
-ppayixéç, -ppa.yoi8rjC, (médecins) ; -ppavToç (E.) ; -ppooç, 
-ppoéo, -ppota, -ppoïç, etc. (médecins) ; -ppu-roç (^sch.^ 
IG XII 5,310) ; -CTTayT); (E.) ; -çàpuxxoç Od. 20,348, etc. 

Ces composés suggèrent deux remarques. D'une part 
quant à la forme : le type alfia- est le plus rare, mais 
ancien ; les types al|iaTo- et aljxo- se font concurrence, 
mais aiao-, déjà attesté chez Hom. pour des raisons 
métriques, tend à s'étendre aux dépens de aLptaTO-. D'autre 
part, pour le sens et l'emploi il y a deux catégories : l'une 
appartient au vocabulaire poétique et expressif, l'autre 
au vocabulaire technique des savants et des médecins. 

I es composés dans lesquels al^a figure au second terme 
se répartissent en trois types : 

a; Il y a d'abord un t>Tje en -(icjv, -(lovoç attendu 
dans les composés, d'un dérivé en *m{i, avec le vocalisme o. 
Ce type semble le plus ancien, et c'est le seul attesté chez 
Hom. : àvatfiûjv (Hom. //. 5,341), épiUjète des dieux; 
ÔLiaifAtov (trag., Hdt.) ; auvofxat|X6>v (.Ssch., E.), ouvatfitov 
(E. ; IG XII 8,441 Thasos) qui expriment la parenté par 
le sang ; en outre TroXoatfxcùv • sanglant • (.Sicb., Suppl. 
840) ; Èvat[xtûv, équivalent de ëvatfioç hapax douteux 
Hp. Oss. 19 ; enfin des gloses de lexicographes comme 
çù.aîfxov (Hsch.) et èiratfxovrç • dr.éyovoi (H»ch.) où 
l'on notera la psilose ; de ces composés a été tiré aïfiûjv 
«sanglant» (E. Hec^ 90), voir aussi s.v. at(«ûv ; è quoi 
il faut peut-être joindre le nom pr. ESatutov, d'où Aî^cov, 
cf. Bechtel, Gr. D. 1,203 ; Risch, Wortb. der hom. Sprachè 
205; 

b) Les composés en -ocifiioç, avec voyelle thématique, 
sont post-homériques, plus nombreux que les composés 
en -aîfuov et tiennent une certaine place dans le vocabulaire 



34 



techmque de la médecine, etc. : fivatfioç (surtout en prose) 
èvaifxoç jHdt., fréquent chez Hp.), gÇaifxoç (Hp.), ECaifxoç 
(Gai.) ; loxaifioç (médecins) est aussi le nom d'une planté 
hémostatique, VAndropogon ischaemona; Xiçaifioç (Emp.. 
Hp.) ; ÔXÉyatuoç (Hp.) ; Tcaxùaijxoç (Hp.) ; ,7oXôai(j.oç 
(Hp., etc.); 6(paifioç (Hp., etc.); outre ces termes tech- 
niques, des termes exprimant la parenté oy.aiy.oc, (Hdt., 
trag.), avec les formes renforcées aùeoixaijioç (S. OC 335)' 
cuv6|iai^oç {Pae. Delph. 3) et le doublet oiivaifioç (tra' 
giques) ; on rattachera au même groupe la glose étçaifioi • 
àTréyovoi, eùyeveïç (Hsch.). 

Les composés en -ai[ji.oç ont donné naissance à quelques 
dérivés en -atjxîa, -xi\jÂ(ù. 

c) Deux composés en -ai^axoç semblent occasionnels 
àvatfxa-roç (.ffisch., Eum. 302), çtXaijxaToç (lEsch. Sept 
45, E. Ph. 174, Rh. 932). 

Nombreux adjectifs dérivés : atjxaTàsiç (Hom., poètes). 
ai(i.a-nf)pôi; (trag.) avec le doublet aLfiY^pôç rare et tardif 
atfxaXioç (tardif), aljjLœTûjTréç composé (cf. 6(J>o(xai, eto 
dont le second terme n'est plus senti que comme suffixe 
(E.), avec le doublet aX^<s^n6ç, (tardif) ; la prose d'Arisi. 
use d'autres formations alfiaxixôç, aLfiàxtvoç, al|xaTo>87)ç, 
enfin chez Lucien alfxciS-irjç. Substantifs : a.i\jÂ(; -âSoç 
. not de sang . (S. Ph. 695) ; aLtiaxtr/jç f. -xïxiç désigne 
la pierre hématite, une plante, sorte de basilic, un vaisseau 
sanguin, etc. (Hp., Thphr.), cf. Redard, Noms grecs en 
•-TT^ç, 51,68,102; alfiâxiov diminutif, mais aussi nom 
d'une espèce de boudin (SIG 1002, Milet, 1025, Cos) ; 
aluaxîa soupe au sang à Sparte (Poil. 6,57). Pour aïpwov! 
voir à la suite des composés. 

Verbes dénominatifs : 1) alfiàoaco, fut. -Çco, ao. -^a 
«ensanglanter, (ion.-att., surtout tragiques), rare au 
sens intransitif ; part, alpcaxxàç d'où aljioxxixéç ; noms 
d'actions rares affiaÇiç, ai(xay(i6ç ; 

2) Selon le type connu des factitifs, aî(xax6tù (ion.- 
attique), avec le nom d'action MyAraoïç (Gai.), et le 
doublet a[|j.ôtù supposé par la glose d'Hsch. aliiôiOTj ■ 
■nfjtaxtbÔY) ; 

3) atfiaxî^cù « tremper de sang . (JF-sch. Supp. 662), 
« sucer le sang . (Arist.) ; p.-ê. attxaxàco (Alcm. 68 P.). 

Atfia subsiste en grec moderne. 

Et. : Il n'y a pas de nom du sang commun à tout l'indo- 
européen. On remarque que ces noms sont volontiers 
de genre inanimé. Il est probable que aljxa a remplacé le 
vieux nom fotp, également inanimé, par suite d'un tabpu, 
cf. W. Havers, Sprachtaba, 182 sqq. Le mot éUnt un 
substitut, diverses étymologies peuvent être proposées, 
mais lion démontrées. Depuis Fick on a souvent rapprpché 
«I(Mc de v.h.a. teim «miel vierge.. D'autres, avec Son^pjer, 
Lautstudien 26, pensent à skr. is- .sève, breuvage» 
Aucune de ces hypothèses ne s'appuie sur un oomfpen- 
cement de démonstration. 

«lij+ftffli : f- clôture d'un terrain {Od. 18, 359, 24, 224, 
Hdt. «te, exemples assez nombreux dans des inscription*). 
Terme du vocabulaire rustique désignant une ^ôtur( 
qui est décrite par les scholiastes tantôt comme étant en 
épine, tantôt en pierres sèches. En fait les témoignages 
donnent généralement à penser qu'il s'agit d'un mur en 
pierres sèches, cf. Od. 18, 359 aiiiaaiàç Xéycùv, Hdt. 2, 69, 
138, cf. encore I, 191 où il s'agit d'un mur de briques ; 
Theoc. 1, 47 ; 7,22, IG XII 3, 248 (Anaphe). Le mot 



— 35 — 



alvos 



a peut-être pu s'appliquer à des clôtures d'épines, mais 
oan'en trouve pas d'exemple net (cf. pourtant Od. 14,10 où 
un mur de pierre est couronné d'épines). Enfin dans 
d'assez nombreux textes épigraphiques, atfxaaidi désigne 
non la clôture, mais l'enclos, cf. L. Robert, Sanctuaire 
de Sinuri 79-81 avec la bibliographie, Hellenica 2, 137. 

Le sens supposé de clôture d'épine est justifié dans les 
scholies par un rapprèchement avec al(jiàao(d quF n'est 
qu'une étymologie populaire. En revanche on peut associer 
aï[iaatâ à la glosel ai(i.ol • Spufiot, AlaxûXoç Al-rvatatç 
(Hsch.l.Surl'accentde alfMcoià, voir Scheller, Oiyionierung' 
87 sqq. ; sur la structure du suffixe, Chantraine, Formation 
82 : -\mxs\Â doit reposer sur -[iaxia ce qui suppose peut- 
être un thème en -*mi}. 

Dérivé : alfJiaffwoSi^ç (PI.). Composé alfxaoïoXoYéu (com.). 

Et.: 11 serait surprenant qu'un mot de ce genre ait 
une étymologie indo-européenne certaine. Le rapproche- 
ment avec lat. saepes est lointain et ne se laisse pas 
démontrer. 

oifiûXos : adj. « trompeur », cette tromperie étant 
généralement réalisée par un langage flatteur, dit surtout 
de paroles, cf. Hes. Tr. 374 at(i6Xa xwTUXouoa à propos 
d'une femme ; plus rarement dit de personnes (S. Aj. 389), 
de renards (Ar. Lys. 1268), de l'amour (PI. Phdr. 237 b) ; 
avec le doublet métrique alfjuiXioç {Od. 1,56, H. Herm. 317, 
Hes. Th. 890). Mot poétique. 

Composés : al|jiuXo(jLi^T7)i;, épithète d'Hermès {H. Herm. 
13), -7cX6)to; (Gratin.), -ippwv (Gratin.). 

Dérivé : alfiuXta (tardif). 

Et.: Le suffixe -uXoç, qui se retrouve dans OTtojiùXoç, 
semble expressif et familier. L'étymologie reste incertaine. 
Souvent rapproché de al'fjuâv, ce qui n'avance guère. 
Risch, Wortbild. der hom. Spr. 113, suppose qu'une fin 
de vers alfiuXojxifjtTji; (cf. H. Herm. 13) a été créée par le 
woiseraent de aïfxova 6tjpt)ç et 7roixtXo(xi^T>)v. — L'autre 
explication qui rapproche v.h.a. seim « miel vierge » est 
encore plus en l'air. 

ai|u«8cu : « avoir mal aux dents > (Hp., Gratin.), d'où 
otlfUiiiSla < mal de dents >, engourdissement des dents 
(Hp., Arist., Dsc.) ; d'où le verbe de maladie aiptoiSiâcii 
(Hp. Arist., etc.), puis aîfitdSiaaiJLÔç (Hsch.). On admet 
que aliitiSiQ; (Gai.) est un dérivé inverse de alfjtcùS^a. 
On estime que aL(i(i>Siàa> a donné gr. m. [touSiû, (iouSià^tù 
« engourdir •. 

Et.: On a supposé que le mot est un composé dont le 
second terme serait apparenté à 6$<2>v. V. Solmsen, 
BeMge, 25 sqq. 

a*|iuv, -ovoç : hapax //. 5,49 Sxiz{ju£vSpiov alptova 
ft^pijç de sens inconnu. Les scholies comprennent « habile 
à la chasse » (en rapprochant Soci^ixcav et Sa([X(ûv !). Le 
contexte exige seulement que le terme convienne au 
complément 6iQpT)ç.— Cf. dans l'anthroponjTnie 'Iittratuov 
Atiiovoç (Bechtel, Gr. D. 1, 203). 

El.: La seule étymologie formellement vraisemblable 
consisterait à tirer le mot des composés en -atfxtov consti- 
tués avec alfuc, le mot a'î[x<<>v signifiant d'ailleurs sanglant 
cfaet E. (voir sous alfia, avec la mention des noms propres). 
Jiais il resterait a déterminer comment cet oclftov extrait 



des composés en -atjitov s'est inséré dans la formule de 
//. 5,49. Le rapprochement avec al|xûXoç, n'est satisfai- 
sant ni pour le sens, ni pour la forme. Voir Lex. Ep. 



alvôç, -1^, -6v : adj. «terrible»; dit chez Hom. d'un 
sentiment, de la bataille, du destin, de dieux et notamment 
de Zeus (cf. II. 1,552, etc., alvdmTe KpovtSîj). L'adjectif 
est presque uniquement hom.. Nombreux exemples de 
l'adv. alvtôi; « terriblement », quelquefois « excessivement, 
à l'extrême », cet adverbe étant encore employé chez 
Hdt. et les trag. ; sur l'expr. superlative atv66ev alvôç 
cf. Chantraine, Gr. H. 2, 151, et une hypothèse peu vrai- 
semblable de M. Leumann, Hom. Wôrter 258 ; noter 
l'emploi adv. de l'ace, neutre aîvà, cf. M. Leumann, 
ibid. 166. Enfin le composé singulier eTraivï), épithète de 
Perséphone chez Hom., semble résulter d'une mauvaise 
coupe de mots dans des formules du type ÈTt" (en outre) alvrj 
(M. Leumann, ibid. 72). 

L'adjectif n'a pas fourni de dérivés, mais sert de premier 
terme dans un assez grand nombre de composés poétiques 
dont voici les plus notables : chez Hom. alvapér») (vocatif) 
«à l'affreux courage» (//. 16,31),- aWjiopoç, alwna^z 
(voc. zéro dans le second terme pour des raisons métriques) ; 
on a en outre alvôyanoç (E.),_-8âxpuç (IG XII 7, 115, 
Amorgos), -Spuîrroç (Théoc. 15,27, leçon douteuse), 
-8pu9^ç (Antim.), -Xa(X7rfiç (.Esch.), -Xexrpoç (.Esch.), 
-Xéwv (Théoc), -irapti; (Alcm., E.), -Tzi-rrip (iEsch.), 
-TÔXaç (Call.), etc. La plupart de ces composés sont des 
hapax, ce qui en définit le caractère. 

Et.: Terme expressif sans étymologie, ce qui n'étonne 
pas : on a rapproché skr. énas- « crime ». Bibliographie 
dans le Lex. Ep. 

atvos : m. se dit d'abord de paroles, de récits chargés 
de sens, ainsi en //. 23,652 et 795 ; Od. 14,508 ; cf. encore 
.flEsch. Suppt. 534, Ag. 1483, notamment une fable instruc- 
tive (Hés., Tr. 202; Arch. 81,89), enfin un éloge {Od. 
21,110, puis grec postérieur) ; le mot est épique, ionien 
(Hdt.), poétique. Enfin, il signifie «décision» à Épidaure 
(/G IV» 1,71), cf. à Delphes, xar' aTvov opposé à xazà 
(J'rjçiCTjia {SIG 672). Le mot usuel en ion.-att. est 
^Ttaivoç « approbation, éloge », notamment « éloge écrit », 
distingué par Arist. do è-pc(0(xtov ; noXûaivoç, épithète 
d'Ulysse (Homère), peut signifier «illustre» ou «aux 
paroles pleines de sens » (cf. Bechtel, Lexilogus ji.v.). 
Enfin, Hdt. offre deux ex. du féminin : èv aïvY) ètôv 
(3,74; 8,112). Nombreux anthroponymes en -aivoç, 
comme IloXii-aivoç. 

Dénominatif : aLvéco, aLv/jau, fjvjjoa, etc. ; adj. verbal 
aîvijTOç, (Pi. ; IG IV, 1607) et -eroç (les formes en atve- 
sont postérieures à Hom., peut-être dues à l'analogie de 
veixéu ; cf. Wackernagèl, Spr. Vnlers. 180 sqq.), « affirmer » 
(cf. Midh. Ch. 192) < approuver, louer », etc. (noter le 
sens politique 6 Sôtfxoç alveï, IG IX 1, 119 Locr.). Il 
existe un présent athém. éol. alv7](jii (Hés. Tr. 683). Noter 
les anthroponymes du type ÂlvT)al8âc(;io;, etc. 

Composés : èrcaivéco (-éaco, -eaa., etc.) « approuver, 
louer », qui est la forme usuelle en ionien-attique ; en 
outre : Siauvéco « décréter > (Collitz-Bechtel 2642, Delphes), 
TCapawéb), ouvaivécâ, xaTatvéco ; enfin quelques composés 
à double préverbe : oi/veirauvéco, ou(inapauvé<o. 



atvos 



— 36 



Peu' de dérivés nominaux : atveciç (tardif), nraîveatç 
et surtout Ttopaivaitç (iEsch., Hdt., Thuc.) et aïvTjOtç 
(tardif), alvénjç et ènaivéïnrji; {Pl.)t roxpaivérijç. 

Autre dérivé verbal alv[!^o(xai «louer» (Hom.), doublet 
rare de atvéco (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,736). 

Présent constitué sur un thème en gutturale ahilc- 
aofjiat (fut. aiv(Ço(iai, aor. fjvi^âf^iTjv, au sens passif 
fivijrftrjv, fiwifyuxi] « dire des paroles significatives », donc 
diRidles à comprendre (c{, E. Ion 430), finalement « parler 
par énigmes I (non liom., mais Pi., trag., ionien-attique). 
Avec ce sens particulier, dérivés assez nombreux : aïvtyua 
(Pi., etc.), d'où -fjtaTcijSitjç (.^sch., PI.) et les termes tardifs 
-naç, -ou, -TttiTTjç, -Ttx6ç ; alvtyfiàç (ion.-att.) ; atvtÇiç 
(Plot.) ; atvtxT^p (S.), -xTJjptojç (^sch.) ; -xt^ç (Timon 
•13) ; alviXTÔç (S.). 

Sur le sens de alvoç, cf. E. Hofmann, Qaa raiione ëiroç, 
lâjfioz, aîvoç, Xoyoç in antiquo Graecorum sermone adhibita 
sint, diss. Gôttingen 1922 ; v. aussi Verdenius, Afnemosyne 
1962, 359. 

Les emplois divers des mots de celte famille se ramènent 
à la notion de dire des paroles chargées d'importance ou 
de sens, d'où le développement particulier de atvtaaoïxai. 

Aîvo; doit être une formation nominale répondant 
à un verbe *aîvoiJi.ai, comme aI9oç et aî66ç à côté de 
ftîôti). Ce verbe n'est attesté que par le composé àvatvofiai, 
impf. àvatv6îi.Tr)v et fjvaivôfXTîv, aor. àvTjvàjjnrjv « refuser » 
(Hom., poètes, rares ex. chez PI. et D.), cf. II. 9,679, etc. ; 
employé avec l'inf. 'IL 18,450 et 500, cf. Chantraine, 
/îr. H. 2,335, etc.), parfois avec le part. (.Esch., Ag. 583, 
etc.] Le mot s'explique au mieux si l'on pose un *aïvo(iai 
« atrirmer. accepter », rendu négatif par le préverbe àva-, 
d'après àvaveiiw, etc. (cf. aussi s.v. àvâ). 

Et.: Incertaine. On rapproche got. aif>s, v.h.a. eid 
«serment», cf. Pokorny, 11. 

aîvu^at : seulement thème de présent « prendre, 
saisir ». notamment en parlant de nourriture. Le mycénien 
a l'antliioponyme ainumeno = Alvutxevéç. 

Emploi avec àno-, avec quoi le verbe forme parfois un 
composé, • enlever • une armure, le retour, la gloire; èx-, 
notamment dans la. formule èÇatvuTo 6u(jl6v (//. 5,155, 
etc.) ; CTuv- rassembler . (//. 21,502). 

Terme archaïque, uniquement épique et, du point de 
vue grec, isolé. Mais il a donné un adjectif ïÇatxoç (Hom., 
.K. R., poètes tardifs) « enlevé du reste » donc « de choix, 
d'élite », épithète de rameurs, d'hécatombes, de vins. 
Autres termes plus éloignés appartenant à la même 
famille : oclréa qui est dérivé d'-atxoç, alaa, al-cia, p.-ê. 
SlatTa. 

El.: Racine 'ai- (ou *»,i-) ; cf. tokh. B ai- «donner», 
hitt. p-ai, et, d'autre part, aVec le même type à infixé 
nasal et suffixe u que le grec, skr. inàli (cf. Benveniste, 
Origine», 161). 

atvu : «battre ou vanner» le blé ou monder l'orge 
(Pherecr.) ; Inf. aor. -^vai (Hp.), avec le doublet àvé<o 
(Ar.j fr. 694, avec une variante alveîO', Paus. Gr., p. 162, - 
Erbse) et le composé i<pS.vét>i (Ar., Cav. 394 avec une 
var. àçaiiei). 

Des diverses gloses qui se rapportent â ce twme rare 



aident mal à en fixer le sens ; cf. âvsîv • Iv htzioei t/ei 
rà a Srikdî Se rè îmccew (Paus. Gr.) ; aîvuv • Tcrtaerov 
(Hsch.) ; àç^va • &coiJkx (Hsch.) ; içîjvai • xà ràç ÊTtTiofjiévaç 
xpCôaç raïç x^pol Tpîtpat (Hsch.) ; ^vaç • xétjratç {ibid.). 

Le terme semble comporter étymologiquement un f 
initial, cf. chez Hsch. yàvai (= /"âvai) • Tcepimlatx.i ; cf. 
Solmsen, Unt. 280. On rattache à ce groupe de façon 
plus incertaine le nom propre "Avtoç (Fick, KZ 42, 
146 sqq.) et surtout le patronyme argien /aviS/.ç (Bechtel, 
KZ 46, 1914, 374 ; Gr. Dial. 2,514). 

L'a long de xdxù est énigmatique : on a posé 'àfa.'viixi 
(avec prothèse ?) ; cf. Solmsen, o. c. 272. 

Et.: Incertaine. On pense à lat. uannus mais le rappro- 
chement est indémontrable. 

aï|, aciyàç : f. « chèvre », depuis Homère (où le mot 
est parfois masculin, selon les exigences de la métrique), 
mais le grec moderne dit xaTOÎxa (voir J. Psichari, Mélangts 
pour le Cinquantenaire de VÊcole des H.E., dans la Biblio- 
thèque de l'École des H.E., 1922, 303-345) ; désigne chez 
Homère tantôt la chèvre sauvage, prob. ibex, soit la chèvre 
que l'on élève en troupeaux. Le mot a en outre servi 
à désigner de façon certainement secondaire un oiseau 
aquatique qui est une espèce d'oie, enfin un météore 
. enflammé (Arist.), une étoile (Aratos), la Chèvre. — Sur 
l'emploi de alyeç chez Artémid. 2,12, voir sous alyuScXôi;. 
On a un composé très ancien, comme le montre le fait 
qu'aucune voyelle ne figure à la fin du premier terme, 
ce qui correspond à un type mycénien : aiTrdXoç, composé 
de aty- et d'un second terme qui se retrouve dans Pouxô- 
Xoç ; voir sous ttéXco. Pom- la chute du y, voir Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,398. Le mot signifie « chevrier » (hom., etc.) 
et a fourni le dénom. alTioXéo) {JEsch., Lys., etc.) ; le dérivé 
nominal ottiréXiov, généralement au pi. aÎTtéXia « trou- 
peaux de chèvres» (Hom., Hdt., etc.); enfin alrcoXtxôç 
(Théoc, Call.). 

Pour la glose d'Hsch., qui semble expliquer aljréXoç 
par xdcTtTjXoç Ttapà KuTtpîotç, deux solutions ont été pro- 
posées : a) M. Leumann, Hom. Wôrter, 271 sqq. pense 
qu'elle repose sur une mauvaise interprétation de Od. 
17,247 sqq. ; b) K. Latte corrige àlïtoXoç ■ xdcTnrjXoç, 
en posant àï = ôei et TroXoOvTot, cf. èiiTzoMj, èfxjtoXdto). 
On trouve dès le vocabulaire homérique des composés 
avec le premier terme eji alyi-, quelle que soit l'origine 
de l'iota : alyt6âT7)ç (Pi.), -poroç {Od. 4,606, épithète 
d'Ithaque), AJytxopetç nom d'une des quatre anciennes 
tribus en Attique (chevriers : on rapproche traditionnelle- 
ment le second terme de la famille de x6poç, etc.), AlyiTtav, 
AtytTTXayxToç (.ffisch. Ag. 303), alyi7c68T)ç, -Jtupoç (voir 
la note de Gow à Théoc. 4,25). Pour alytXitJj et aîytXo)»}», 
voir s.v. Voir aussi alyiocXôç. 

On admet qu'un composé de ce type est attesté en 
mycénien dans ai-ki-pa-ta que l'on traduit par «chevrier », 
cf. TraTtTatvoj ou TtaTéofxat pour le second terme ? cf. 
Chadwick-Baumbach, 168. Autre hypothèse de Heubeck, 
IF 68, 1963, 13-21. 

Sur les noms de lieu comme Alya£, Alyaïoç, Aïytva, etc., 
qui peuvent être indigènes, cf. sous atytaXâç, atyeipoç 
et Sommer IF 55, 1 937, 260. Mais ils doivent avoir été 
rattachés à aïÇ par étymologie populaire. 

Un certain nombre de composés présentent au premier 
terme la fonne alyo- ; ils sont généralement tardifs 



37 



aiirus 



et souvent techniques alyoèà-n^Q, -Po<jx6;, alYoOrjXaç 
« engoulevent », -xepaç • fenugrec », -aiptaz « Capricorne », 
-Tcpéatûitoç (Hdt. 2,46), alYéçOoXfioç nom d'une pierre 
précieuse. En outre oclycûRÔc signifie « aux yeux de chèvre ». 
AÏYaypoç « chèvre sauvage » est en réalité un juxtaposé, 
cf. Risch, IF 59, 1949, 287. 

Dérivés : aXfetoz et alycoç « de chèvre » avec le subst. 
(dytt) « peau de chèvre » (Hom., etc. cf. Formation 50) 
attesté en mycén. sous la forme aiza, cf. Chadwick- 
Batimbach sous aïÇ ; autres adj. tardifs : atyivoç (pap.), 
avec chez Ps. Dioscoride aï^ivov = xtiveiov, alyaiàz 
(pap.) avec chez le Ps. Dioscoride alyixàv pour désigner 
rSYpeùCTTiç. Dimin. : alyCStov (comiques) et xlfitmoz 
(Délos). Le mycénien a p.-ê. un dérivé de aïÇ dans aikeu 
pour la description d'un trépied ; p.-ê. décoré de chèvres, 
ou pouivu d'anses en têtes de chèvres, cf. Chadwick- 
Baumbach, l. e. Sur alyiXoç « folle avoine » (Théoc), 
cf. alY^Xoij;. Sur al-j-tç, voir s.v. 

Et. : Aît est identique à arm. agc, et c'est tout, ce qui 
n'étonne guère pour un animal qui n'est pas « noble » 
comme le cheval, le bovin. On notera aussi le vocalisme 
ai étranger aux alternances normales et que Meillet 
jugeait populaire. Aussi Specht a-t-il pensé, sans raison 
décisive, que le mot aurait été emprunté par les Indo- 
Européens à leur entrée dans la péninsule des Balkans 
[KZ 66, 1939, 13 sqq.. Die Ausbreitang der Indogermanen, 
10 sqq.). Toutefois, il est naturel de rapprocher de aï^ l'av. 
(à vocalisme zéro ?) izaina « de peau » (originellement 
■ de peau de chèvre»?). P. Thieme, Heimat der indog. 
Gemeinsprache (Abh. Akad. Wiss. Mainz 1953), 571, 
admet que la chèvre est l'animal bondissant, cf. skr. 
éjati, etc. Et il reste à se demander quel rapport le terme 
grec et arménien pourrait présenter avec l'autre nom de 
la chèvre de forme voisine, attesté par skr. ajd- « bouc », 
ajd « chèvre », etc. 



olôXoSi -•»), -ov : le sens premier est « vif, rapide » : se 
dit chez Hom. de guêpes, de taons, d'un cheval rapide, 
d'un serpent qui se tord vivement ; mais aussi de l'éclat 
scintillant des armes, du métal. Le nom de bœuf aiworo 
en mycénien peut signifier «vif», ou c lustré » (î), cf. 
M. Lejeune, R. El. Gr. 1963, 6-7 ; P. Chantraine, B. Ph. 
1963, 12-13 ; Muhlestein, Studi Micenei 2, 1967, 42 sqq. 
Les poètes postérieurs (trag., etc.) emploient le mot au 
sens de i scintillant » (épithète de la Nuit), tacheté, etc. ; 
il devient presque équivalent à 7routiXoç(cf. W. Schulz, 
Dos Farbenempftndangssgstem der Hellenen, Leipzig 1904 ; 
L. Parmentier, Bev. belge de phil. et d'hist., 1922, 417 sq.) ; 
dit (S. Phil. 1157) des chairs où la putréfaction met des 
tacbes. .\u figuré « divers, changeant, trompeur » (même 
évolution poiur jrotxtXoç). Terme uniquement poétique. 

AtoXoç proparox. est le nom d'Éole roi des vents (le 
rapide ?) et de l'ancêtre mythique des Ëoliens ; enfin 
d'une espèce de jcare. 

Composés assez nombreux, où aL6Xoç présente un des 
sens que nous avons définis, dont voici les plus importants 
et les plus anciens : xopuôatoXoç (incertitude des grammai- 
riens sur la place du ton ; sur ce mot, cf. Frisk, Eranos 
38, 1941, 39) « dont le casque étincelle » ou t qui agite 
son casque », épithète d'Hector, cf. Page, Historg and 
lliad 249 ; reavaloXoi; (Hom.). 

ÂiâXo; figure comme premier terme dans divers 



composés poét. : dloXoO^pT)^, "iit-rpKjç, -tïwXoç « aux 
coursiers rapides », tous chez Hom. En outre aloXo6p6vrâç 
(Pi.), -Seipaç (Ibyc), -Stopoç (Epimen.), -jxtjtiç « aux 
pensers subtils» (Hés., .Ssch.), -oro^ioç «aux paroles 
ambiguës > (.Ssch.), etc. 

Dérivés peu nombreux. Dénominatifs: ad6XX&> «remuer» 
(hapax, Od. 20,27) ; aloXCÇw « tromper » (S. fr. 912, mais 
• cf. plus bas), avec le dérivé al6Xta(ia « modulation d'une 
lyre » (S. Jchn. 319) ; aloXâo[jiai « être agité » (Hp. Mul. 
2,1746) avec le composé àTtaioXiiw (ou -éw) «troubler» 
(E. Ion 549), avec les dérivés ànoLiàXtuia. « fourberie • 
(iEsch., Ar.), à7tai6XT)ctç (Sch.), et àiraiéXTt), déverbalif 
(iEsch.), personnifiée (Ar. Nu. 1150) ; alo>ito = jtoixîXXto 
(PI. Cral. 409 a), avec le dérivé orEôXTicitç «mouvement 
vif » (sch. Pi. P. 4,412). 

Rares dérivés nominaux : aloXtSç sorte de poisson 
tacheté, cf. Strômberg, Fischnamen 23, Thompson, Fishes 
s.v. ; atéXeioç • ô ttoixIXoç {EM 33,32) ; aloXtSaç • 
TTouttXouç, Taxeîç (Hsch.) ; enfin^le nom propre AloXeùç 
« éolien » (idée de vivacité î ou de peuple mélangé î) avec 
des dérivés, notamment aloXî^w, jouer dans le mode 
éolien. 

Et. : Il est certain que le sens originel est < rapide, vif ». 
Deux explications ont été principalement proposées. 
D'après Fraenkel, Gnomon 22, 239, de ^Fa.i-Fo'k'oq, avec 
dissimilation du F initial, apparenté à eîX^u, avec le 
sens de « tourner », etc. Selon E. Benveniste [BSL 38,107), 
famille de skr. âgu- « force vitale », gr. œl/'cjv. etc. avec 
suit. -oXoç, ce qui peut paraître embarrassant, il reste 
la difficulté de définir le rapport probable entre aWXoç 
et aléXoupoç (cf. aussi Bechtel, Lexilogus s.v.). Voir en 
dernier lieu R. R. Dyer, Gl. 42, 1964, 127-129. 

alovâu : « baigner, humecter » terme médical surtout 
attesté chez Hp., etc. 

Composés avec èv-, 4Ç-, èrt-, xar-, [xer-, repoo-. 

Dérivés xiàvt^yxt, aldyijotç. 

Et.: Pas d'étymologie pour ce terme évidemment 
technique.- Bibliographie chez Boisacq et Frisk. 

aliréXos, voir aïÇ. 

alirûs, -£Ïa, -ù : « haut et escarpé » (Hom., lyr. rare danb 
la tragédie) se dit chez Homère de cités comme Troie, 
de montagnes escarpées, de murailles, plus tard du ciel. 
Assez fréquent au figuré, notamment dans la lanijue 
épique comme épithète, par ex. de Ttôvoç, SôXoç, yù'/sjc,, 
çôvoç, SXeOpoi; (traduit par Mazon « gouffre de la mort » 
mais cf. Verdenius, Mnemosgne, 1953, 115), employé seul 
au sens de difficile [II. 13,317). A almx; s'associent chez 
Homère des formes thématiques, évidemment secondaires : 
pi. n. cdrtà., dans la formule oùnà ^éeOpa (//. ^69 fin de 
vers) et ace. fém. alrrfjv (jréXtv ... aÎTti^iv, Od. 3, 130, etc. tou- 
jours fin de vers, cf. Gr. Hom. 1,252-253). Sur .d'autres 
doublets de alTuiç, voir plus loin. 

A alTniç correspond selon un type archaïque remontant 
à l'i.-e. un substantif neutre sigmatique aïjroç (iEsch. 
E., Hp.). 

De ce thème a été dérivé l'adj. aÎTceivéç « escarpé » de 
*ocl7teo-voi: (Hom., lyr., trag.). 

AbàfiUi (IL 21,87, puis A.R., 2,721, AJ'. 7,272) «qui- 



aiiruç 



38 



vaient de aLitûç peut à la rigueur s'expliquer en posant 
*afa»o-/evT- (cf. TsXiljeiç «t M. Lejeune, Phon&ique. 117, 
208), mais plus simplement comme analogique du type 
•iFcw- de (pwWjeii;, etc. (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,527,3 
et M. Lejeune, ibid. addenda). Six composés avec aîjcu- 
comme premier terme, dont les plus anciens et les plus 
remarquables sont aiTtùvco-roc (ffisch. Pr. 830) et alm>(x7)'n)<; 
(^sch. Pr. 1«)»:-- 

Bl.; Pas d'étymologie établie. Le rapprochement 
souvent indiqué avec~aï4'ix n'est pas absurde mais reste 
indémontrable. 

1 olpa : f. marteau de forgeron (Call. fr. 115,12). 
Ce mot rare est glosé p<)^ acpOpx dans VEi. Gen., et acpûpa, 
àÇtvj] chez Hsch. 

El.: Non établie. Le rapprochement avec àetptù, atpto 
est une possibilité, mais ne peut se démontrer. 

2 atpo : f. mauvaise herbe dans le blé, «ivraie», 
Lolium temuUntum (com., Arist., Theophr.) généralement 
employé au pluriel. ^ 

Dérivés : alpivoç (Dsc), alpcôST};, épithète du froment 
envahi par l'ivraie (Thphr.). Dénominatif èÇaipàofiai «se 
transformer en ivraie » (Thphr.). 

Composé aipoXoyiw « débarrasser de l'ivraie », employé 
au passif /G V 2, 514, ii" s. avant notre ère. Sur alp6;ri- 
vov, voir s.u. 

Et.: Non établie. Le rapprochement avec skr. erakâ- 
qui désigne une espèce d'herbe reste indémontré. Voir 
Specht, KZ 66,12. Contre le rapprochement P. Thieme, 
Die Heimal (1er indog. Gemeinsprache {Abh. Akad. Mainz, 
1953), 586. 

atpcu : fut. alp^^ooj,' pf. -j^piixa, et àpatpYjxa (Hdt.) ; 
!moy. alpéo|xat, etc., fut. et aor. passifs aipeOi^ooixai, 
■fipéôriv ; l'aor. Tipr^aa est rare et tardif (Q.S.) ; aor. usuel 
elXov, inf. èÀEÎv, tardif eIXa. — Enfin les formes Cretoises 
inl. pr. moy. (ivaiXr)66at, subj. aor. passif aîXeOT) (Lois de 
Gortyne) s'expliquent par une contamination entre le 
thème d'alpétù el celui d'eïXov. En pamphyl. àyXécjOto 
est une contamination de àypécd et éXeïv, cf. Vendryes, 
Mélanges Boisacq 2,331 sqq. Le futur tardif éXG (Théra, 
NT] est créé sur l'aor. eIXov. Adj. verb. aipExéç, alpt- 
Téoç, mais une fols éXeréç chez Hom. II. 9,409. Sens : 
prendre, enlever, saisir, convaincre, faire condamner ; au 
moyen, choisir, élire. Diffère assez franchement de Xafi6â- 
vciv « recevoir », etc. Sur le sens des verbes signifiant 
«prendre» il existe une dissertation inédite de Vienne 
de K. Waschira, cf. P. Kretschmer, Gl. 19, 1930, 207 sqq. 
Usuel depuis Hom. 

. Nombreuses formes à préverbe : àv- (entre autres emplois, 
au sens de « tuer, détruire » et à celui de. « rendre un oracle » 
[ion. attique], à cause de la cléromancie cf. Amandry, 
Mardique Apollinie.nne, 25-26), <i<p-, Si-, hmiXÈui (hapax, 
;tpi» Gori. 2,30), èÇ-, èç- (rare), y.a6- « descendre, abattre, 
s'emparer de » (pour l'emploi à propos des éclipses, v. 
Mugler, Terminologie optique s.u.), (xeO- (hapax, Od. 
8,376) Ttocp-, Tcept-, Ttpo-, Ttpoa-, cpjv-. 
"Dérivés: aîptaiç «prise», mais surtout «choix, éleci.. 
tlon », etc., puis « école philosophique • (d'où hérésie), 
avec de nombreux composés xa6a(peatç, Tcpoatpeaii; 
«choix», distinct de poûXijotç, etc., d'où alpéotfioç 



(X. Cyr. 5,2,4), -rà alpéoia « redevance pour le décharge- 
ment d'un navire . (/G XI 2, 203 Délos), et les composés 
tardifs alpeaiipxitjç chef d'une secte et alpeaiàftaxoç ; 
alperixôç « capable de choisir », etc. doit être tiré de 
l'adj. verb. alperéç ; le nom d'agent xaôaipéTTrj; «destruc- 
teur» est attesté une fois chez Th. 4,83, mais le simple 
alpETTj; est tardif, et désigne un bibliothécaire P. Oxg. 
1654 ; fém. alperlç « qui choisit » (LXX.). C'est probable- 
ment suralperéç (Schwyzer, Gr. Gr. 1, 706,4) qu'a été fait 
le dénominaUf aLpeTtÇw (Hp. et grec tardif, LXX., etc.) 
avec les dérivés alpericrrTjç « qui choisit, partisan », etc. 
(Plb., D.L.) ; enfin le subst. en -fjia n'apparaît que' dans 
des formes à préverbes et à date tardive (Septante, 
pap., etc.) : dévatpsixa, à9atpT)jxa et à(patpE(j.a, 8tatp7)(ia, 
èÇatp7)[xa, rrepiaîpefia, (ruvaiprîtia et ouvaipEfia. Sur les 
formes en -efia à côté du -ïifjta attendu, voir Buck-Petersen, 
Reverse Index, 222. 

EL: Pas d'étymologie établie. Hypothèses en l'air de 
Brugmann, IF 32, 1913, 1 sqq. ; de McKenzie, Cl. Quart. 
15,46 sqq. Voir aussi êXeîv. 

alpômvov : Ar. fr. 480 : ûoTtep alp67rivov xéoxivov 
TérpTjTai (cf. Poil. 10,114), le mot semble être un adjectif. 
Hsch. glose : alpéirivov • CTXoreivév, xal rè x6oxivov 
èv 5> Ttupol oifjôovTai. En outre : alp6irtvov • oxotsivôv, 
xal xétrxivov èv Si Jtupol aifiovrai Û7tèp.,-ToO ràç aïpoç 
SieX6ew (An. Bk. 359,24) et alpônivov • xà ipatàv 
xédxivov • Ttapà t6 xàç aipaç Troteïv dèTreîvat xal xtaçiXfiVi 
î) Stà rà aïpeiv xèv ttWov ô Ictti Tèv ^uttov [EM, 38,42). 

El. : L'explication de ce nom du crible reste incertaine. 
L'hypothèse d'une origine orientale (Grimme, Gl. 14,17) 
ne repose sur rien. Terme technique librement créé en 
grec et immédiatement intelligible ; il reste à choisir 
entre les deux explications données par les lexicographes. 
L'explication qui voit dans le premier terme le nom de 
r« ivraie » aîpa est inadmissible ; que faire de -Ttivov ? 
Il est plus naturel de voir dans le premier terme un thème 
du présent aîpu signifiant « enlever » (pour ce type secon- 
daire et populaire de composés, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 
1,442) et le second terme signifiant « saleté ». 

aîpb), voir àeîpco. 

ataa : f. «part» (de butin, etc.), «lot» (Hom., arcadien, 
cf. /G V 2,40, chypriote, argien, Cretois) d'où les expressions 
hom. xar' aïcrav, ûîrèp œTctov, Atàç aîda « la part accordée 
par Zeus » et finalement le sens de destinée, Od. 5,113 
où le mot est rapproché de [loïpa sans différence de sens. 
Semble attesté en mycénien, cf. Chadwick-Baumbach, 
169. Enfin, Alaa, comme Moîpa, est divinisée chez Hom. 
et JEsch. Mot dialectal, ép., lyr., trag. (mais seulement 
dans les parties lyr. pour S. et E.). Terme archaïque hom. 
et achéen, cf. Ruijgh, Élément achéen, 58-59 et 118-119, 
qui du sens originel de « part » est passé à celui de destin ; 
se distingue de [xoîpa qui ne peut se dire d'une part de 
butin, etc. (cl. Krause, Gl. 25, 1936, 145 sqq.). 

Dérivés : ataioç « favorable, heureux, de bon augure » 
(Hom., poètes, parfois en prose dans le vocab. oraculaire) 
avec les composés èv- (poél.), è^- « funeste », « de mauvais 
augure», «extraordinaire», «excessif» (Hom., X., PL), 
jtcrr- (.ffisch. Ag. 1598), Trop- « de mauvais augure » (Hom. 



— 39 



ouiv}ivau 



//. 4,381); d'où le dénominatif alaiéojjwci «admettre 
comme signe favorable » (Plu., App.) ; àv- tardif. 

Autre adjectif : atai(Ji.oç « marqué par le destin », en par- 
lant de paroles, etc. (Hom.) ; Je mot exprime plus nettement 
que aïawç lâ notion de part (Arbenz, Die Adj. auf -i|xoç, 
18 sqq.) cf. y.6pamaç ; en outre èv- « marqué par le destin, 
juste» (Hom., rare cliez trag.j, enfin dcva(ai(jLoç < qui ne 
convient pas » (Emp.), cf. Frisk, AdJ. Priv., Gôt. H. Ârs., 
47, 11, 1941, 14. 

Dernier développement important : la création en 
ionien du dénominatif àvatai|xà(i> avec le préverbe àva- 
(le simple seulement chez Suid.), le sens étant « 'appliquer 
comme il faut », d'où « dépenser » ( Hdt.), d'où àvaioifUi>(ucTa 
■ dépenses» (Hdt. 5,31); xaTaioi[xô(i> 'dépenser, boire 
complètement » (com., att.) tiré de xaTataijioç valant 
aî(îi(AOç (Hsoh.), constitué sur xax' aloav. Tous ces termes 
font concurrence à âvoXtoxtû, SaTravàw, etc. 

Abstrait pluriel aloifitai TtXoÛTOU « le fait d'avoir part 
à la richesse » (£sch. Eum. 996). 

Ce groupe a fourni divers noms propres : Aïatùv (déjà 
mycénien), Alai[x.(8i]ç, AÏCTi[ioç, etc., cf. Solmsen, Beiiràge 
71 sqq. 

Sur al<sufxvà<o, aLaifivàcd, etc., voir s.v. 

Le grec moderne emploie encore aïaioç « de bon augure, 
favorable heureux » avec èÇatotoç « excellent », aloiéSo^oç 
< optimiste », etc. 

Et.: Aloa vieux terme achéen signifiant, «part» d'où 
«destin», est tiré avec un suff. fém. -i/aj d'un thème en 
i attesté dans l'osque aeteis « partis » et que l'on retrouve 
dans gr. *alT0i; supposé par alrécù, aÎTioç, etc., cf. aussi 
aîvufiai. Voir encore Devoto, Mélanges Paoli, 253-258. 

Sur ïaCTTjç {?), ïacraoOai, voir s.v. 

aîcraKOS : ô t^ç Sitfvr^ç, xXàSoç ôv xa-réxovreç 
ûjivouv Toijç ÔEOiSç (Hsch.), cf. Plu. Mor. 615 b où il s'agit 
d'une branche qu'on se passe de l'un à l'autre dans un 
banquet; l'EM 38,49, d'autre part enseigne que ce mot 
sert à désigner l'oiseau appelé Iplôaxoç rouge-gorge. 

Et.: Inconnue. Mais le sens du mot, ses variations, 
comme sa structure inclinent à croire qu'il s'agit d'un 
emprunt. Cf. Nehring, Gl. 14,183, Krause, KZ 67,214. 

alo'âXuv, -ûjvoç : m. espèce de faucon, probablement 
Falco aesalon (Arist., Hist. An. 609 b, etc.) cf. Thompson, 
Birds s.u. Hsch. donne une forme alaàpcjv ■ eïSoç Upaxoç. 

Et.: Non établie. Hypothèses de Krause qui croit le 
mot thrace [KZ 67,214).; de Kretschmer, Gl. 11, 281, qui 
rattache alcràXtùv/alaâptov à un « pélasgique » *alCTapO(; = 
Upéç (cf. d'autre part lépaÇ à côté de [ep6ç ?). 



<ùorOâvop.at, voir ikù 1. 
à(a6(i)v, voir à[o> 2. 



àto'O'ii) (ép. Hdt., lyr. trag.) l'a est long chez Hom. 
saut dans ÛTtatÇet II. 21,126, cf. Gr. Hom. 1,110), également 
|a(j<i) chez Pi. et trag., enfin ^ttcû en prose att. où le mot 
est d'ailleurs rare. Futur àtÇtù et i^^u, aor. j^tÇa, ^Ça, 
jjixdrjv. Sens : « bondir » ; se dit également au figuré, de la 
lumière, de la pensée, etc. Rares emplois transitifs « mettre 
en mouvement > (S. Aj. 40, E. Or. 1430). 



Le verbe est combiné de bonne heure avec de nombreux 
préverbes, souvent déjà chez Hom. : àv-, irr-, 8i-, eio-, 
en-, xoT-, \iex-, itotp-, Trpoo-, ouv- (tardlf}.- 

Formes nominales apparentées : àïKQ (//. 15,709, 
Opp. H. 4,651) et les deux composés hom. jtoXvdtiÇ « impé- 
tueux » épithète dewôXeiioç et xôpuôiiÇ hapax. II. 22,132 
< au casque' bondissant *, qui semble un substitut de 
l'usuel xopu0ai6Xoç ; pour Tpixiiixeç voir s.u.; enfin le 
simple est attesté A.R. 4,820 àvépuov atxâç.. 

Et. : Incertaine. Depuis OsthofF on pose un présent 
à redoublement *fou.-fi->i-ya que l'on rapproche de skr. 
vevijyâte, qui signifie proprement « reculer ». Difficultés : 
le sens ; aucune trace de digamma (tombé par dissimila- 
tion [?] selon Solmsen, Uniersuchungen 189) ; l'a long peut 
s'expliquer par un traitement connu de ai/"-, cf. Sâ/jp 
et Lejeune, Phonétique § 238 ; pour la sourde au lieu df la 
sonore attendue on évoque le cas de tâCTcicù etc. ; — enfin 
la quantité longue de l'iota est inexpliquée. Au total celte 
explication est difficile. "^ 

Autre hypothèse : le mot serait apparenté à la famille 
de aiôXoç, (cf. xopu6a£oXoç et xopuOiiÇ : on pose odf-Xy.- 
avec le même suffixe que dans cpoiv-ix-). Cf. Elechtel, 
Lexilogus, 20, sous iïxf) avec la bibliographie à laquelle 
il faut ajouter Danielsson, IF 14,386 sq. Le présent àtoaoi 
serait un dénominatif de àtx-. Cette dernière hypothèse 
semblerait préférable à la première. 

aïaoXos : " criminel », adjectif hom. toujoui's au pluriei 
neutre, complément des verbes péÇciv, sLSévat, uuôïjaaaOai 
[II. 5,403, 20,202 et 433, 21,214, Od. 3,232; 5,10, en outre 
H. Htrm. 164, AP 7,-624). S'oppose à aïoifxa. 

Composé alouXo-epYÔç variante d'Aristarque en 11. 
5,403, Max Astrol. 368. 

Pour dc^CTuXoç voir s.u. 

Et. : Inconnue. Hypothèses sans valeur des anciens et 
des modernes dans le Lex. Ep. s.u. dhrjouXoç. 

aurufjivâo) : dor. alat(xvdc<>> (mégarien, Collitz-Bechtel, 
3052, 3054) commander, se dit en principe de certains 
magistrats élus à Mégare, à Téos (Collitz-Bechtel 5632), 
à Naxos (/G XII 9,223), à Milet du président du collège 
des molpes {SIG, 57,1) ; employé une fois par E., Mcd. 19. 

Dérivés : alCTU(ivr)Tif)p « prince » (//. 24,347 leçon 
d'Aristarque, avec une variante bien attestée alduTiT^O) ; 
aloufxvriTTiç «arbitre dans des jeux » (Od. 8,2587, magistrat 
élu dans certaines cités (sous la forme al<n(.iv^Tac; à 
Mégare, Chalcédoine) . Cf. encore Arist., Pol. i285a, 
1295 a, à propos d'un magistrat désigné par élection ; 
fém. alm)(xvY)Ttç " tj SéoTroiva (Suid.) ; d'où alau(ivir)Te£a 
Arist. ; aussi nom d'action aloutiv/jTiiç (Milet). Enfin 
selon Paus. 1,43,3 le ^ouXsuTTipiov était appelé à Mégare 
aloujjivtov (dérivé du verbe aîoujxvdw ? ou bien à cause 
d'un héros mégarien AÏCTU(ivoç, cf. Paus. Irc. Alajjiviov 
(iv^(xa). 

Et. : Terme administratif, propre à l'ionien et au méga- 
rien, où il constitue un élément de substrat ionien et 
achéen. En ce qui concerne la correspondance orthogr. 
ionien -u(i.vàco, dor. -tjAvàcû, on admet que la graphie 
ancienne est avec i, conservée à Mégare où l'upsilon se 
prononce u, passée à u en ionien, pour une raison mal 
déterminée (on suppose une assimilation à la labiale 
suivante), cf. Solmsen, Beiiràge 36 sqq., Fraenkel, 



aurufivou 



40 — 



Nom.% Ag. 1,172 sqq. ; doutes chez Schwyzer, Gr. Gr. 
1,275. Cela posé, on a tiré ces termes de adact, en passant 
par airriiioç, *alai(jLtov (?), *aÏCTt,fivoç p.-ê. indirectement 
attesté par le nom propre Alaxjjivoç chez Hom. et en 
mégarien (ci-dessus). Toutefois le suffixe -fiv&- (cf. 
fis/xuvov) est proprement un suffixe participial et ne 
fournit pas en principe des formations tirées de dérivés 
comme alaoc. 

Si l'on part non de atatfxv-, mais de atau(iv- (qui aurait 
pu être altéré en aLattxv-" en dorien, en raison de la pro- 
nonciation u de u en ionien où le mot est important), 
on pourrait penser qu'il s'agit d'une formation asianique, 
finalement rapprochée de aîaa par étym. populaire. 
Cette hypothèse rendrait compte de doublets, comme la 
var. hom. alouTj-nQp et le nom propre ALau7)Tr,ç. Sur 
AÏCT'jiivoç et le suiRxe -ufiv-, voir Benveniste, Si. Etruschi, 
7, 1033, 255 sqq. Cf. en outre Chantraine, Formation 216, 
V. Biuinenthal, Heaychsl. 33. Pour l'emprunt de termes 
de ce genre, cf. Meillet, Mélanges Glotz, 587. Voir aussi 
Lex. Ep. avec une riche bibliographie. 



causent de la honte (//. 3,38, etc.) ; il désigne une laideur 
repoussante et unit par signifier honteux (ion.-attique) ; 
pour la formation, cf. le groupe xûSoç, xuSîtùv, xu8p6ç. 
Le corap. et le superl. aloxpÔTepoç, atoxpàraTOç sont 
tardifs. 

Un grand nombre de composés présentent le thème 
d'adjectif alaxpo- au premier terme. Voici les plus anciens : 
aloxpoCTT)?, -ETté&i, -xepSTjç, -xepSétù, -tdpSsix, -Xdyoç, 
-Xoyéco, -Xoyta, -{nr)Tiç, -iroiàç, -Troiéw, -Tro'.îa, oup-féç, 
-oupyécû, -oupyta. 

Un dénominatif factitif aloxôtù, concurrent de aloxûvtù, 
est attribué à Eupolis par Hdn. Gr. 2,933, et blâmé par 
lui. 

Dérivés de aloxpéç : aloxpÔTT)? (PI.) et aloxpocruvT; 
tardif. 

Et.: Incertaine, mais on a l'habitude de rapprocher 
got. aiwiski, même sens, en posant d'une part 'aig'^zgh-os 
pour aîaxo;, de l'autre 'aig^hes-qi-yam, (?) avec Frisk ; 
cf. Feist, Wb. der got. Sprache, 30. Doutes chez Seller, 
/. c. Voir Pokorny 14. 



OICTXOS, -ouç : n. « honte, ignominie », employé à côté 
de >.(iSr, (Hom. //. 13,622) mais le plus souvent au 
pluriel chez Hom. ; le terme est poétique, quoique employé 
en prose attique pour indiquer la difformité, la laideur 
repouss.înte, cf. P!. Banquet 201 a où le mot est opposé 
à y.iWoç. 

Le thème en s xla'/_<^ç a fourni le second terme de 
ieiix composés en -oi'.<T/-q<; : àvaiayffi AB 207 et èTraLoxiQ; 
N'ic. Dam., termes d'aspect archaïque, mais qui sont 
peut-être des néologismes. 

A côté de odcr/oç, on pouvait attendre un vieil adjectif 
en *u. Il est indirectement attesté par le diminutif, nom 
propre AlaxùXoç, et par te présent atoxuvoj parfois employé 
chez Hom. dans un sens physique (TrpôatùTrov, x6(jL7jv, 
/;. 18,24 et 27) aussi au .sens de <> déshonorer » (Hom., etc.) ; 
souvent employé, au passif notamment, au sens de « rougir 
de ». Fut. alcrxuvtô, aor. j^o^rûva, pf . tardif 'flo/uyica. Se 
substitue a aîSeîoôai. Le participe moyen féminin 
alcr/uvonÉwi a fourni un nom de la sensitive. Mimosa 
asperata (Apollod. chez Pline HN 24,167). 

Peu de composés - surtout aTr-, sTr-, y.u--, ut:-. 

Passif : fut. alax'JVÉo(i.a!., aor. yiaxùvôijv, pf. t)crx'J(J.H-a!.. 

.\ atox'JVco se rattache l'adj. verbal àvaLO/uvToç 
(Alcée, etc.) avec les dérivés àvaiax'JVTia, -réa, --nrjp.a ; 
el secondairement le simple atoxuvréç (Ps. Phocyl.) ; 
c'est d'après ce thème cda/uvr- qu'ont été constitués 
aiox'JV-T-7)Â6? « modeste, qui a honte » (PI.) ou » qui donne 
honte « (Arist.) avec act(ix"VTY)Xta (Plu.), alaxuv-r-Tgpôç, 
au comp. (PI. Grg. 487 b), enfin selon un type connu 
aiox^vrixiç (Arist.). Nom d'agent altix'JVTV)p appliqué 
à Égisthe (ffisch. Ch. 990) et xaraicxu'^^P (^î^sch. Ag. 
1363). Par dérivation inverse a été tiré de atcF)(ûvtù le 
subst. aîcxijvv; ionien-attique, non attesté chez Hom.. 
< honte « avec les divers sens du mot français, parfois avec 
la valeur d'alSûç > sens de l'honneur», personnifiée à 
l'occasion f.ïsch. Sept. 409;. 

Dans le système de l'adjectif on a de vieux degrés de 
comparaison constitués directement sur le radical cday-, 
aloxiuv, aïaxLOToç (Hom., etc.) cf. H. .1. Seller, Die 
primâren griechischen Sleigerungsformen, 77 ; l'adjectif 
usuel est aLoxpéç qui se dit chez Hom. de paroles ^ui 



âîrâs : m. terme dorien pour désigner le jeune homme 
aimé, Véromène symétrique de eïorrvTjXoç ou eloTrvYjXâç 
qui désigne l'amant, celui qui recherche le jeune homme. 
' cf. AB 348 ; àsîxav ■ rèv CTaïpov. 'ApiaTOçdvTjç Se tÔv 
èpcôjjiEvov (= Ar. fr. 738) ; de même Theoc.-12,14 où le 
mot est donné pour thessalien. Se trouve encore chez 
Dosiadas, Cercidas et Lycophron (cf. Théoc, édition 
Gow ad 12,14); nom d'un poisson Pap. Tebt. 701,44. 
Féminin àÏTtç (Hdn. Gr. 1,105,2,296, Alcm. 34 Page). 

Et.: Incertaine. Selon 'l'hypothèse de Diels, Hermès 
31,372, acceptée par F. Bechtel, Gr. Dial. 1,203, dérivé 
de àî(j> « écouter ». 



aiTéb) : -Tîaw, etc., éolien aïin)p.i (Pi. Fr. 155, Théoc. 
28,5) «demander», etc. (Hom., ionien-attique). 

Souvent avec les préverbes : êm-, sÇ-, k-K-, fxcT-, Tcap- 
' demander » mais aussi « refuser, excuser », etc., jrpoa-. 

Dérivés : I) aÏTTjCTtç «demande» (Hdt., etc.) avec les 
composés â7t-, etc., et le dérivé atT7)atîj.oi; (cf. Arbenz, 
Die Adj. auf -ip.oç 88) hapax {Ath. Miil. 44,25 ; Samos) 
et TÔ àTtaiTTjCTtjxov « liste fiscale » (pap.) ; 

2) aÎT7)(jia « requête » (Çl., LXX, NT, etc.) au sens de 
postulat en logique et mathématique (Arist., etc.), avec 
les dérivés aÎTirj[xaTi.x6ç et aÎTir)p.aT(ii)8T)(; ; 

3) Le nom d'agent alTTiT»)? (aussi avec les préverbes 
à:ï-, jtap-) appartient à la langue tardive et aux papyrus ; 
pour StatTTj-nfiç voir s.v. Siai-râtù ; d'où alnjTCxéç ; 

4) Adj. verbal alT»)T6ç « demandé » (S.) et notamment 
reatpaÎT7)Toç «qu'on peut fléchir par des prières» (PI.), 
àîrapatTTjTOÇ « qu'on ne peut fléchir, inévitable », etc. 
(PI., D., Plb., etc.). 

Le verbe aÎTéo) est un dénominatif de *atTûç, attesté 
dans ë^aiToç, cf. sous atvup.ai, mais il y a un doublet 
épique atxtî^oj au sens de « mendier » [Odyssée, une fois 
Ar. Paix 120 dans un hexamètre dactylique), cf. Gr. Hom. 
1,340. 

Le grec moderne a encore atTÛ, -oOixai « demander », 
a'ÎTvjcrK;, etc., TrapaiTOÛfiat « se démettre, renoncer à », 
ànapalTTjTOi; < indispensable », etc. 

Et. : voir alvufjuzt et aÏTtoç. 



— 41 — 



amo; : « responsable, qui est cause de », souvent pris 
dans un sens juridique (Hom., ionien-attique). Noter ia 
maintien de t devant i, peut-être favorisé par le désir 
d'éviter une confusion avec aïaioç (Schwyzer, Gr. Gr. 
1,270). Avec un emploi différent, c'est comme ai-zia 
un dérivé de *alTOi: (cf. sous Et.). Composés principaux : 
àv- privatif (Hom., etc.), in- (Hom., etc.), (xet- et 
ou(ji(jLeT-, Trav- (^sch.), Tiap- (ffiscli., etc.), ouv- (PI., etc.), 
un- (Antiph.) ; d'autre part çiXaÎTtoç (ffisch., etc.) « qui 
aime à accuser ». 

A aÏTio; répond le subst. fém. al-rta « responsabilité » 
(Pi., trag., ionien-attique), d'où dans le vocabulaire 
juridique le sens de « accusation », dans la langue 
philosophique celui de « cause » ; dans le vocab. médical 
équivaut à « maladie » (cf. Bickel, Gt. 23,213 sqq. ; Bjôrck, 
Gl. 24,«ûl sqq.). D'où (aïxioç ou aÎTta) )e dénominatif 
ai-tdtofiai déjà homérique au sens d'« accuser » cf. II. 
11,654 xal, àvaÎTtov alTiétoTO, etc. ; usuel en ionien- 
attique au sens d'« accuser, mettre en cause, alléguer » 
aor. -fiTtaCTàfXTjv et au sens passif fjTiâGïiv. Adj. verb. 
ainaT6; • causé » (Arist., etc.) : to alTtarév « l'effet » 
par opposition à to aïriov « la cause », d'où a été tiré 
atTtaTixô;, notamment dans xi-ziarMi) rcTtôoiç « l'accu- 
satif» (ce qui est causé), terme peut-être créé par les 
Stoïciens, qui a servi de modèle è lat. accusativus 
(Wackernagel, Vorlesungen 1,19). Enfin alTta-ràov «que 
l'on doit accuser » (X.l ou « alléguer comme cause » (Pi.). 

AlTtâonai s'emploie avec quelques préverbes : àvr-, 
CTT-, xax-, TrpoCT-, etc. 

Altla (ou a'ÎTioç) a fourni en outre quelques dérivés 
nominaux : al-ricôS-»)? « causal » (philosophie hellénistique 
et postérieure). Enfin la prose tardive a constitué alTÎ<o(ia 
(pap., Ad. Ap.) équivalent de aWajJUX (pour la formation, 
cf. Chantraine, Formation, 186 sqq.) de même aÎTtwotç 
(Eust. 1422,21). 

Composés : aÏTtoXoyéu, -Xoyta, -Xoywéi; chez les 
philosophes hellénistiques. 

AWa, etc., subsistent en grec moderne. 

El. : Du thème *alTOi; attesté dans ëEatTOç, de a'tvuuai 
« prendre », rf. aussi alrax., ont été tirés d'une part alréw 
« vouloir prendre, réclamer sa part », d'autre part aïxioç 
« qui a part à », d'où « responsable » et le développement 
juridique et philosophique de càzia « cause » et « accusa- 
tion » (on cite un développement juridique assez différent 
dans av. aëta «faute, punition »). 

Le développement sémantique de akla a exeicn une 
innuence décisive sur celui de lat. causa, voir Ernout- 
Meillet s.v. 

aî(t>VT]ç, voir alifo.. 

alxniî, -^Ç • f- originellement « pointe », cf. Hom. 
/(. 16,315 êyxeoç «'XM-'Ô. -f'- 6,320 8oup6ç w-xv-r,, etc., d'où, 
usuellement «javeline» (Hom.); en ce sens attesté chez 
les poètes, chez" Hdt. en parlant de guerriers barbares, 
enfin au sens de « bataille » chez Hdt., poètes, parfois au 
nguré, cf. .^sch. Ag. 483. A l'exception d'Hdt. et de X., 
n'appartient pas à la prose ionienne-attique. 

Le mycénien a aikasama « pointes de lances ou de 
flèches » où l'on note le maintien de la sifflante entre 
consonnes (= aUafiâ î) ; v. Chadwick-Baumbach, 169. 

Peu de composés : alxfio-çtSpoç « garde » (Hdt.), équi- 



valent moins usuel de Sopuçdpoç ; et surtout alxii-âXtoroç 
« prisonnier de guerre > (ionien-attique, mais ignoré 
d'Homère) avec les dérivés fém. alxp-oAtùTtç (trag., 
I.XX), -Tixôç (E. Tr. 871) ; «IxixoXwaîa (tardif). Dénomi- 
natifs également tardifs : alxp.a>.o)TEÛco, et plus souvent 
alx(*aXûJTtÇto, -o(jtai. De alxHaXcûTtÇco ont été tirés les 
termes très rares et tardifs alx(AaXojTian6ç, alxnotXoj- 
TtCTTTjç. De alx[xâXcùToç : alx(iotX6<i> SEG 8,595 (Egypte). 

Dénominatif : alxi^iî^w «brandir la javeline» ou «armer 
d'une javeline » (Hom., poèL). 

Dérivés nominaux : atxH-''!'^? «guerrier» qui équivai!'. 
à fiaxï)TTji; (Hom., poét.) avec un hapax ai/iir.Ta [h. 
5,197), cf. Gr. Hom. 1,199, Risch, Festschrifl Debrutiner 
393 ; fém. a.îxP-'r,'^'-ç f«'c] (Et. Maq. Û9Û.39) ; tardif aixi^T;- 
T7)p (Opp., O.S.. Nonno^ ; ■x:yj.T,Tr,i.'jc (fin cio. vers. Lyr. 
454) ; enfin alx[iri£iç, dor. axyjj.az'.ç « armé d'une .i-ivch!)- ■ 
(iEsch.), aigu » épithète de otSripo; (Opp.j, 

Le substantif alxfiTÔ a donc signifié d'abord «poin!'- 
puis «javeline», puis « bataille f, mais n'a pas subbjslt, 
pas plus que ses dérivés, dans la prose attique. Le seui 
terme attique est le composé aLxixâXoToç. 

El.: On rapproche la glose d'Hsch. alxXot • aï y<jyii<xi 
ToG péXoui;. et on pose *at>c-ofJ.â, qui peut ainsi se supei- 
poser à lit. iêémas, v. pruss. aijsmis « broche ». 

Avec un autre vocalisme on rapproche des mois ^rcc 
plus éloignés, chypr. txfjLaixévoç «blessé» (liopax. l\'iv.^'^f' 
JCS, 217, 3) ; ticTÉa • àxôvTiov (Hsch.). îxrap. De taro,. 
encore plus douteuse ïySiç et tySr » morUe.r» : voir rc 
molf 



aî\|/a : «vite, soudain» (Hom., poètesj. Sur la liiuiJe 
adverbiale en a bref, voir Schwyzer. Gr. Gr. J,6V2 
Benveniste, Origines 89,93. 

Dérivé, a'njnjpoç «rapide, soudain» (Hom. l'i. Parth 
2,17), pour le suffixe cf. Formation des noma, 231-232 : 
l'exemple de Pi. donnerait à croire qu'il faut poser -êro~, 
non -âro-. D'où le composé a^l■lf)poxéXeu6ol; (Hés. Tti. 379). 

Il est naturel de rattacher à aTt^a un autre adv. de sens 
identique aï(pvY)ç (Hp. Int. 39, Ps. E. lA 1581) ; habi- 
tuellement et plus anciennement èS,ai(fvt)z (Hom., Pi. 
trag., ionien-attique, etc.) : le témoignage de Pi. f?; 
indiquerait que I't) est grec commun. L'antériorité probable 
de È^aîçvTjç donne à croire que cet adverbe est issu dune 
forme de génitif. 

Mdn. cite les formes suffixales al(pvr,StÇ: i>;ais aussi 
at(pv7)86v {Epim. 270). .\djectif dérivé at9vî8ioc : ! «fh.. 
Th., Arist.) et èÇaiçvtStoç IPl.. Gai.'. Pour le suffixe, 
cf. Formation des Nnms 39. 

Et.: Pour rapprocher al^'a et a'îçvY;; on pose dur». 
part *ai7T-c-â, de l'autre *at7T-a-vir)- (ou -va- ?). L'ongin. 
de la sifflante reste obscure. Plus loin on cherche un 
rapprochement avec almiç, etc. Il n'y a pas moyen, 
encore que le sens y invite, de rapprocher iié«pap, Sçvw, 
è^aTtCvr)?, mais les deux groupes ont pu agir l'un sur 
t'autre. 

1. àîui, aEc6âvo[iat : chez Hom. àltù est surtout 
attesté au participe. En outre un optatif, cinq imparfaits 
et cinq indicatifs présents -(Od. 1,298, 18,11 ; //. 10,160; 
15,130,248), dans la formule oùx àtetç ; les formes secon- 
daires semblent avoir un sens aoristique (cf. Gr. Hom. l. 
311 et 392). Il faut donc admettre l'interprétation die 



— 42 — 



Schuize, KZ 29,251 sqq. = Kl. Schr. 344 sqq., que le 
thème est originellement un aoriste. Le sens est « entendre, 
percevoir», de façon générale et abstraite, rarement 
« obéir ». Schulze, retrouverait un ancien thème de présent 
*àe{xù sous &t • àxoùet et îiceTe • dbcoûaiZTe (Hsch.), 
cf. ÔEtovTstJCTt (?) variante possible Od. 1, 352, enfin dans 
ÈTOsiv (E. HF 773, lyr.) où l'a suppose une contraction 
de -aci- ; toulefoi.s un sTraietv trissyll. n'est pas inimagi- 
nable bien que le mot soit normalement quadrisyllabique. 
On observe aussi quf- chez les tragiques l'a initial est 
long et on a voulu voir dans ^îoiv un arrangement de 
*âwv (cf. Bjôrck. Alpha Impurum, 149 sqq. et Schulze, 
QE 357 sqq., Bechtel, Gr. Dial. 3, 191 sqq.). 

Le verbe simple ne se trouve que chez les poètes depuis 
Hom. Les tragiques ne remploient que sans les chœurs 
'un ex. dans le dialogue S. Œd. Col. 304). 

Composés : sloatco, très rare êÇaîoj (Delphes) et surtout 
CTOcïo) «s'y connaître» (ionien-attique), aor. èTnfjioa (Hdt. 
9,9.3), adj. verbal èizaiaroç « connu, découvert » (Hdt.). 

Sur le thème d'àtu a été créé avec le morphème -9- 
indiq' ni l'aboutissement du procès peut-être cxXaQoyLai 
(exemple rare et douteux), mais surtout aor. f;crf)6pi7)v, 
fui. aîdÔTjaouat, pf. f^rsQripjxi, prés, à suffixe nasal odaQA- 
wymi «percevoir, s'apercevoir de »(ion.-atl.). 

('oraposés : Si-, ctt-, xax-, Ttap-, Trpoff-, ouv-, ûtt-, etc. 

Dérives nominaux : adj. verb. aiaÔTiTéç «perceptible», 
li'où xîa9-r,Tix6c. surtout termes scientifiques et philo- 
'Oplùques ; nom d'agent a.irjQriTTjÇ « qui perçoit » (PI. 
Th'. !'30 di. En outre alcj67]T7jpi.ov i organe- des sens» (Hp., 
.'uisl.:. Enfin aiCTÔr^atç « perception, connaissance », 
objet lie !a perception» (prose ionienne-attique), avec 
le uoubi'ît aîa97)CTÎ7) 'Aret. SD 1,1) et aïaôr]pt.a «sensation, 
objpl de la sensation » (E. lA 1243, Arist., Plot.). 

EL : La parenté de àtco t entendre, percevoir » et de 
aiaOivofiai « sentir, percevoir » est presque certaine et 
conduit à poser un thème a/'-tc- et à rapprocher skr. 
lïiiili < évidemment », gath. âvisya-, v. si. avë. Pour la 
tormation de atoflâvoixat, cf. lat. audiô. 

Pour d'autres termes plus éloignés, cf. Frisk sous àtto, 
Pokoriiy 78, etc. 

Toutefois on a mis en doute le rapport de àitù et alffOà- 
■JOfiai et tenté de voir dans âtto un dénominatif du nom 
le l'oreille en posant •ausigô (O. Szemerényi, Gl. 38. 

2. '*âî(i), *i'.rs()oi : un imparf. (plutôt qu'un aoriste ?) 
eH attesté chez Hom. IL 15,252 : èttcI tptXov âiov '^TOp. 
I.e sens est discute, l'interprétation la plus probable est 
oelle J'Fust. 10)4, .55 âiov • tô àTréTrvEOv : «je sentais 
s'exhaler mon cœur ». Mais une interprétation des sch. 
enterid «lov par r;af)ôa7)v et l'identifie à àtcù, cf. Lex. Ep. 
s.u. Une forme à suffixe -6û>. «t qui doit être un aor. 
U. 16.468 diaOùiv et 20.403. Oupièv &icsQe xai i^puY^v. 

Et.: On est amené à poser afin-. Mais il est difficile 
tl'aller plus loin. Le sens fait penser d'une part à àâÇw 
qui doit reposer sur une onomatopée, de l'autre à ôcCTÔpia 
qui n'est pas clair. 

Aucun rapport avec àtco. 

aiûv, -tivoç, olUI, etc., ; attov m., par exception féminin 
(par analogie avec i>x>xri î) « force vitale, vie, durée, éter- 
iitUte.(Hoin., ioii.-attique, etc.). Le sens premier est celui 



de « force vitale », comme le prouve le rapprochement du 
mot avec ^xh, cf. Hom. //. 16,453 litel S^ t6v ye Uirn 
<li\JXV _-^ '«ai ai"v, etc. ; ou //. 19,27 ht 8'alàv 7ré9aTai 
« sa vie a été anéantie « ; de tels emplois ont conduit à user 
du mot au sens de « moelle épinière », celle-ci étant 
considérée comme le siège de la vie (H. Herm. 42, Hp. 
Epid. 7,122, etc.). Du sens de «vie», altiv est passé au 
sens de « durée d'une vie » (tragiques, etc.), « génération, 
durée » (ionien-attique) et finalement chez - philosophes 
« éternité » (opposé à xP^voç PI. Tim. 37 d), considérée 
comme une vie durable et éternelle. Sur ce développement, 
outre l'article de E. Benveniste cité sous Et., ' voir 
A.-J. Festugière, Par. del Pass. 11, 1949, 172-189, qui 
pense que le sens d'éternité est issu du passage de la notion 
d'une vie de durée finie à celle d'une vie de durée infinie 
dans le cas spécial du Monde Dieu, enfin Degani, AEûv 
da Omero ad Aristotele, 1961, avec une riche bibliographie. 
Composés anciens : Suuaiciv, eùaîcùv, piaKpaCtov 
(.Esch., etc.). 
Composés très rares et tardifs : alàvcôtoç, etc. 
Dérivés : aLcbvtoç « qui dure, éternel » (PI... grec hell., 
N.T.), avec le dérivé alwviÔTTiç (Gloss.). Verbe dénomi- 
natif aloivî^w « être éternel » (Dam., Phot., Suid.) d'où 
aîcôviopia «monument éternel» (Wilcken, Ostr. 1148). 

ALûv (cf. Et.) est un thème en n, mais il y a trace d'un 
thème en s dans l'ace, a^tô (de *at/ocra) introduit .ffisch. Ch. 
350, d'après le témoignage de AB 363. Ce tSème en s doit 
être ancien, comme le prouvent les formes adverbiales 
qui sont diverses. 

L'adverbe le plus usuel est aUî (Hom., ion., poètes), 
de alj^'sl (Chypre, Masspn, ICS 217,31 ; Locride, IG IX 
1.334), la forme àei avec a long ou bref est attique (Lejeune, 
Phonétique. 216), 3 ex. chez Hom. (cf. Chantraine, 
Gr. //. 1,167). On a proposé de voir dans cette forme un 
locatif ti, ma tique répondant à lat. aeuum (cf. Lex. Ep. 
avec la bibliographie), mais il est au moins aussi vraisem- 
blable qu'il s'agisse du locatif de thème en s (cf. plus 
loin aléç). Le sens est « toujours » mais souvent avec la 
nuance de « chaque fois » (pour l'emploi de alei chez 
Hom. pour souligner l'expérience ou pour décrire un 
caractère, voir W. Marg, Der Charakter in der Spr. der 
fruhgr. Dichtung, 51 sqq., et H. Seller dans Lex. Ep., 
281-287). Le thème en s se trouve attesté dans la forme 
sans désinence servant de locatif aléç ou &ic, de *a.iFtc, 
(dorien, Ar. Lys. 1266,'Çchwyzer 62,134). Pour le thème 
en s cf. plus haut aîG. Avec un thème en n qui fait écho 
à attôv. on a de même aîiv de *al/'ev (Hom., poètes ; 
sur la répartition de alet et alév, voir Lex. Ep. s.v. 
aisL ; dans la tragédie Bjôrck, Alpha impurum, 91,97). 
Un nom racine en u non suffixe (cf. Et.) a fourni des 
adverbes en -l : ali(v), (icï(v) de al/t(v), donné comme 
éol. par Hdn. Gr. 1,497, cf. à Lesbos {Alcée et Sapho), 
Schwyzer 623 ; en arcadien, Schwyzer 657, à Milet, 
SIC, 58, etc., avec -v adverbial en thessaiien IG IX 
2,461 ; en chypr. u/'-atç « pour toujours » (Masson, ICS 
217,10) : dans cette formule u serait une préposition, F 
un phonème de transition, atç pour cdFic, probablement 
notre adverbe avec sigma adverbial, cf. Buck, Gr. Diaiects, 
§ 135,6; Lejeune, BSL 50, 1954, 75-78; Masson, ICS, 
240-241 (avec bibliographie). Enfin deux formes ne se 
laissent guère analyser : aîr) (tarentin selon Hdn., /. c), 
et àé (dor., leçon probable Pi. P. 9,88), peut-être extrait 
des composés fevàovra {Od. 13,109 ; Hés. Tr. 560), iévotoç 



— 43 



(Hés. Tr. 595) qui pourraient être des arrangements 
métriques de aev- (ou alsv-) -vaovTa, -vaoç. 

Composés avec àet- ou ses doublets au premier terme 
à toute époque : Hom. aleiYeve-rfjÇ, êtE^àxav ; Sapho p.-ê. 
alwâM (44 L.P.) ; alevaoïSdç (Alcm.), olévuwvoç (S.), 
alstyevT)? (ion.-att.), àtSaofioç (Schwyzer, ad 727, Cliios), 
ôeieoTt) (Antiph. Soph.), dcetÇtooç (poètes, etc.), àeottvrjToç 
(PL, etc.), dteiXoyta (Dèm.), àeifivTjffroç (ion.-att., etc.), 
àetvaÛTai (magistrats à Chalcis, cf. vaûoç), oetvtûç contr. 
de àstvaoç (att.), dcetaiToç (Épich., ionien-attique), etc. 

Un dérivé : àtSioç « étemel » (ionien-attique) cf. 
Chantraine, Formation, 39 ; d'où alStétT)? (Arist., liellén.). 

On doit supposer un thème de toute autre structure 
dans 87jvai6ç « qui vit longtemps » (//. 5,407), « de longue 
durée » (poètes), où l'adv. S7)v serait combiné avec -atoç, 
forme thématique répondant à lat. aeuus. 

Le grec moderne a perdu àei mais emploie alûvaç 
■ siècle », al(i!>vtoç « éternel ». 

EL: On pose un thème alf- à l'origine des divers 
dérivés en s, en n, ce thème étant assuré en grec par 
l'adverbe *alA, de indo-eur. 'ai-w- ('3tei-w-) qui exprime 
la force vitale et la durée. Dans les autres langues i.-e. on a 
un thème en u dans skr. âyu- « force vitale » (aussi en av.) 
avec une forme à nasale dans loc. àguni ; thème élargi en 
s dans le neutre skr. âgus- « durée ». Thème en i dans 
got. aiwins (ace. pL). Enfin, en latin thème en -e/o- aeuus, 
aeuum (sur aelas, aeiernus Emout-Meillet, s.v. aeuus). 
Pour les données dans les diverses langues voir Frisk s.v. 
alet, altbv et la bibliographie, mais surtout Benveniste, 
BSL 38, 1937, 103-112, qui associe au thème '3,ei-w- de 
akt, al(iv, le thème II *»,y-eu- qui figure dans av. yavâi 
t pour toujours » et par conséquent dans les formes en 
-en-, indo-ir. yuvan-, lat. iuvenis qui se sont spécialisées 
pour exprimer la force vitale de la jeunesse (voir déjà 
Danielsson, Gramm. und etgm. Studien 1,45 et Johansson, 
Beitrâgez. griech. Sprachkunde, 139). 

alûpa, voir àe^cd. 

OK-, dbcTJ, àxtç, àxtùv, àxaiva, àxocvoç, db<p6ç, ény-ii. 

Une racine 'ak- en indo-européen, exprimant l'idée de 
t pointe », représentée en grec par àx-, a fourni dans cette 
langue un nombre très considérable de dérivés, mais 
l'unité du groupe était sentie. 

1. La forme la plus simple est le f. àxi^ • alxM-'h ai87)pou 
(Hsch.) dans une glose où se trouvent également donnés 
des sens convenant à l'adv. àxTJv (voir s.v.) et au plur. 
neutre &«] (voir sous fixoç). Ce substantif a été remplacé 
par àxiç, -tSoç f. (ionien-attique) qui désigne toutes 
sortes d'objets pointus, aiguille, pointe de javelot, javelot, 
ciseau et par un développement difficile à justifier, un 
bandage ; parfois employé au figuré. Quelques dérivés : 
àxtôiov {BCH 29,572), àxiStàSiiç (Thphr.) à côté de 
àxiSoEiS?)? (Pracl.), àxiSûJxéç (Paul Mg., etc.), avec le 
nom de plante àxtStûxév nom de diverses plantes ; avec 
le part. parf. pass. Y)xiStûfiévoç pourvu d'une pointe, 
IG II» 1627 6, 338, opposé à dtvrjxtStùToç. D'autre part le 
gén. plur. àxtoxXcùv {BGU 1028, 12, 16, ii« s.) .petit 
ciseau » qui vient s'insérer dans la famille est en fait un 
emprunt au lat. acisculum. 

A côté de àx^ il existe une forme archaïque, àxoix:^ 
pointe d'un javelot, d'une épée, etc. (Hom,, Théoc., «tc- 



poét. et quelquefois en prose tardive), du même type 
que àyiùfi), cf. s.v. Syoï. Un exemple de thème à voyelle 
longue radicale, ■îjx';^ (ïa-n) xax' fjx-Jjv xû|iaT6ç xe xàvip.o\r 
Arch. 43 D., hapax), le mot est glosé par èÇûri);. Plutôt 
qu'une forme ancienne à voyelle longue, il faudrait y voir 
une forme analogique des composés en -ificrjç; 

2. Il existe des traces de thème en «, mais seulement 
sous la forme de composés : &y.<frfiaiz à < deux tranchants » 
(Hom., poètes) (àftçoxY); Sophron, PSI 1214) ; eÙTjXTjç 
(Hom.), vETQXTjç (Hom.), ÇupTjXTjç (E.), TrpoTjxTjç (Hom.), 
TTupti^xTjç (Hom.), Tavai^xiQi; (Hom.), xavu-^jXTiç (Hom.), 
voir sur ces formes Bjôrck, Alpha impurum, 173; en 
outre f)xéç • ôÇil (Hsch.) doit être une forme plus ou moine; 
réelle issue des composés en -Vjxtjç. 

Le thème *iicxoç que l'on pourrait attendre n'est pas 
attesté : cette série de formes a été gênée par un thème 
homonyme Sxoç et des composés en -tjxtjç exprimant, 
l'idée de « soigner » ; ,, 

3. Un certain nombre de dérivés sont des thèmes en /;. 
Cette série présente d'abord le féminin âxawa « aiguillon > 
(A.R., AP, Call. fr. 24 ; pour un terme homonyme ou un 
autre emploi du mot, voir sous âxatva) de 'ak-f^-gg, si la 
forme est ancienne. 

Elle s'appuie sur le masc. lïxtdv, -ovroç qui a reçu un 
élargissement t. Sens : «javelot» (le sens de «pointe» 
n'est jamais attesté) cf. Trùmpy, Faehausdriicke, 52 sqq. 
Le mot est attesté chez Hom., poét., parfois prose tardive. 

Dérivés : ixôvrtov {H. Herm. 460, Hdt., PI.) souvent 
au pluriel est un substitut de àxtov plus qu'un diminutif; 
àxovTÎaç, ou m. « serpent » ainsi nommé pour sa vivacité 
(Nie), météore (Plin.) avec l'équivalent àxovrtXoç (Hsch. 
sous ôxovTiaç et E. M. 50,52) ; en outre àxovndtç, -àSoç 
serait une herbe guérissant la morsure du serpent (Hsch., 
Et. M. l. c). 

Dénominatif dbcovrCÇo) « lancer des javelines » (Hom., 
usuel en attique à la différence de âx<ov, cf. Trùmpy, 
op. c, 108 sqq.). Dérivés : àxovTtorùç « tir au javelot » 
(hapax Hom. //. 23, 622) cf. Benveniste, Noms d'agent 70 ; 
iix6vTi(nç (X.), avec un doublet àxovTiaia {SIG, 
1060), dbcovTia[i6ç (X. etc.) de caractère plus concret ; 
àxovTtCTixa «portée de trait» (X.), «javelot» (Plu., 
Strab., etc.). Noms d'agents : dcxovTiaT»)ç «tireur de 
javelot » (Hom., Hdt., poètes), avec le doublet àxovriCTTTjo 
(E. Ph. 142) ; le mot est employé chez Oppien et Nonnos 
comme adjectif au sens actif et passif ; sur le sens de 
« fontaine », cf. Zingerle, Gl. 19,72 enfin àxovTicrT7ipi,o\ 
désigne une machine de guerre qui lance des traits (Agath.) 
et àxovTiCTTix6ç signifie « qui concerne le jet de javelots » 
ou apte à le jeter (X., Ps. PL). 

Composés rares et tardifs avec dtxovro- comme premier 
membre, en -^ôXoç, -Sàxoç, -96poç. 

'Ax6v7) qui entre dans la série de noms d'instrument 
comme peX6v7), TtepévTj (Chantraine, Formation, 207) 
signifie «pierre à aiguiser» (Pi., com., etc.). 

Dérivés àxovtaç, -ou nom de poisson (Numen. ap. 
Ath. 326 a) est très douteux, cf. L. Lacroix, Met. 
Desrousseaux, 253-260 ; àx6viov nom d'un remède pour 
les yeux, peut-être de la poudre obtenue avec l'dbcévi; 
(Dsc). 

Verbe dénominatif : dtxovàca « aiguiser » (ionien-attique), 
avec les dérivés tardifs dbcdvrjmc (Hsch., Suid. sous 
PpuYJwiç) <facovip% iEd. DUkL 7,38, d. Hdn.). 



44 — 



Une 8éri« de termes 8e rapportent â la notion d'< <f>ine » : 
iwwç sorte d'épine, Atraâylù gummifera (T) ou fruit 
épineux (Thplir.), voir André, Ltxiqut s.v. oeanus; la 
terme athématique ébcocv, -wx; n'est attestée qu'une loU, 
IXX, t Roi» 14,9. Rares dérivés chez Tlipbr. : «fatoevotà;, 
hméièrfi, dbeoviÇci) ; en outre dbcâvtov chez Hsch. Le 
mfflxe -ecvo- s'oliserve dans un certain noml>re de i^mes 
botanl(|ue8 comme ^ôXavoç, nXàTavoi; ; 

4. "Axpoç «pointu » (Hom., ion.-att., etc.). L'aspiration 
attestée à Corinttie et à Héradée est secondaire (Buck, 
ÏMiat, § 58 c). Diftère franeliement pour la tonne et 
pour le sens de lat. ôcer (cf. El.). Le mot exprime l'idée 
dt pointe, mai» surtout celle d'extrémité, de point le 
ploi «evé, soit au propre soit au figuré, p. ex. (Sxpoç -rà 
soXéitut «excellent guerrier • (Hdt. 7,111) ; emploi fran- 
ekement différent expriïaant la notion de surface, donc 
d« superficiel, lEsaU. Ag. 805 oùx an (ibtpocç çpevtSç 
«du tond du coeur ». 

L'aeemt de ibcpoç a fait supposer que l'emploi comme 
subttanUf est originel (Frisk, IF 56, 113). Le thème est 
«k tout cas substantivé dans àxpov « sommet, point 
«gclreme . (Hom., etc.), ébepi f . « cap, hauteur . ( Hom., etc.) ; 
aor l'expression hom. xor' dbtpTjç (ttôXioç î) «depuis le 
ktut de la cité » à propos de la destruction d'Uion, d'où 

• complètement ■ avec le doublet xar' ôtxpitjesv et itaxà 
xf^ par rapprochement avec xàpâ, v. Lejeune, Adverbes 
m -6e», 8 sqq., M. Leumann, Homerische Wôrter, 57 sqq. ; 
Chantraine, Gr. H. 2,113; yair' oxpaç se lit encore chez 
l«s tragiques. 

Composés du type dbtpdTtoXtç (à partir de l'Od. 8, 494, 
504 tandis que 1'//. dit encore étxpT] TtôXtç, cf. Frisk, 
IPbî, 282 sqq., Risch, IF 59, 20 sqq.) : composé déter- 
minatlf, où le premier terme, adjectif, détermine le second. 
On a en outre chez Hom. àxpo-KeXaivLàojv, -îco(ioç, 
■rcS^, -Tcdpoç, ennn déxpôrjç (Od. 2,421, et 14,253, 
Mis. rrou. 594) ; adv. dcxpasl TtXetv (Arr.) « qui souffie 
Violemment» (sens nouveau de àxpoç î), ou «qui souffle 
te hauteurs », ce que ferait attendre le sens des composés 
préeédenU (cf. aussi sous &t){ii), se dit d'un vent favorable, 
cf. Lex. Ep. s.v. 

Composés post-homériques : àxpeaTréptoç et àxpéoTtepoç ; 
dbt#>)i; et -Tiêoç; dbcpioxiov {SI G 1025) ; ôxpoêiTT]? 
[Imehr. Magn. 119); -pa-rétù «marcher sur la pointe 
4m pieds », -^Xoç « atteint de loin », c'est-à-dire par des 
tèehw, d'où -|îoXtÇo(jurt, -lotç, -taf^ôç, -t.<rri\z, etc., 
termes miliUires qui désignent les combats d'avant-garde 
ngagis par les archers, les escarmouches ; àxpoeuoTta 

• prépuce» serait une déformation de àxpoTroaeta d'après 
^iv (Kiltel, Theol. Wôrlerb. 1,226) ; àxp68pua, fruits 
qui se trouvent à l'extrémité des branches, d'où arbres 
buiUers; àxpiôîva, -Oivia ce qui se trouve au-dessus 
da l«8, prémices, d'où dbtpo6ivtàCo(Aat ; ôxpoOcôpat • un 
peu ivre » ; àxpoxvéçatoç « à la tombée de la nuit » (Hsd.) ; 
'Axpoxiptvôoç ; dbtpoxtùXtov ; àxpôvu/oç « à la tombée 
delanuil » ; dbcp67tXooi; « qui nage à la surface, superficiel » ; 
dpcpoRDoeia ; ftoxpooxipia hauteur couverte de taillis 
(Hènelée); dbtpooTïieiov, -OTtxk. -xeXeÛTiov, -rofioç, 
-n(ié(« ; -xeipov, d'où 0MpoyEt.ç>U^eaQcx.i., -xeîpioic. 
■;(npio)i6i; sorte de lutte où l'on serrait les mains de 
l'adversaire (opposé à au(ATrXixe<ieai) cf. Bulard, B. Et. 
Am. 1924, 193-215 ; (4xpt£i(jiiov, -o>|xta ; -wvoxta, -tipeta 
(Mmpoaé de 6po<;) ; etc. 

OiM CM composés, dont la liste pourrait 6tn sensible- 



ment allongée, ixpo- exprime l'idée dé hauteur, d'extré- 
mité, de surface, de début (cf. dbtpowx'«i •**•)• Le mot 
se prête donc mal à conférer au composé une va'eur 
superlative, ce qui n'est pourtant pas exclu : p.-é. dans 
hom. dbcpo^, dans dbcpéoo^oç « d'une grande sagesse », 
p.-é. dans dixpi&Tovo; « très musclé >. En revanche dbcpo6c&po(Ç 
signifie « un peu ivre ». 

Dérivés de ëxpoç : adj. dbcpatoç « qui se trouve sur la 
hauteur ou sur l'acropole », épithète de divinités (cf. Paton, 
Cl. Rev. 21,47 sqq.) ; 'Axpia est une épithète d'Athéna 
à Argos et de diverses autres divinités selon Hsch. 

Substantifs dérivés : (focpé-njç «point le plus élevé, 
point extrême» (Hp. Arist., Phi.); &cp«v -tovoç m. 
extrémité d'un membre {Hippicdr. 7), avec le dinUnutif 
àxpMvàpiov, et dbtpwvla « mutilation » (.Œlsch. Eu. 188), qui 
sert purement et simplement de substitut à ôxpwTijpiaaixâç ; 
dtxpwTTipiov sommet, cap, chûteau avant ou arrière d'un 
navire (Hdt., ionien-atUque), sUtues ou omemenU placés 
à l'extrémité d'un fronton (PI., inscr., etc.), enfin au pluriel 
àxpcûT^pia « extrémités des membres » (Hp., ionien- 
attique) ; dbcptorrjpiov a donné le dénominatif ixpuTTjpiàl^cd 
«couper les àxpoir^pta, amputer, mutiler», à propos 
d'hommes ou de vaisseaux (ionien-attique), employé 
parfois au figuré; attesté en grec tardif au sens tout 
différent de «former un promontoire» (Plb., Str.). Les 
noms verbaux Âxp<o-n}pi.ao|iô(;, dcxpcoT>ipia(T(i.a, àxpoJT»)- 
ptatan; sont tardifs. Enfin chez Hsch. àxpMTep^oai doit 
êtw lu àxpoiTrjpiâoocL (cf. éd. Latte). 

Deux formes nominales doivent être mises à part : 
àxptç, -loç f., « sommet d'une montagne » (Od., H. Dem.) ; 
toujours au pluriel ; sg. seul. Kaibel, Epigr. Gr. 1038,8 ; 
(le sufllxe -ri- doit être ancien cf. 6xpt<; et Chantraine, 
Formation, 113) ; aussi àxpe(ia>v « branche • (Simon. ; mais 
authenticité douteuse, E., Thphr.), qui pourrait être fait 
sur le modèle d*àYpe(J"iv « épieu de chasseur » (cf. 
Chantraine, Formation, 172 sqq.) ; pour le sens, branche 
plus grosse que le xXôSoç, cf. StrOmberg, Theophrastea, 
54, 141 sq. Dérivé dbtpejxovtxT) (à7t6<pu«nç) Thphr., cf. 
Strômberg, o.c. 98, note. Enfin la forme xpEjjiciv (Ératosth.) 
doit être due à un rapprochement d'étymologie populaire 
avec xpe|xàwu(jti. 

Rares dérivés verbaux et qui ne sont qu'à peine attestés : 
àxpl^^ « marcher sur la pointe des pieds » (hapax E. fr. 
570) ou Ta (Sxpa ènOteiv {Sch. II. 21,12) ; mais composés 
avec èÇ-, in-, ûreep- (trag.) ; àxptxract • ôxpoâTat, éx«!>v 
oùx 'JTOxxoûet (Hsch.) : la formation est claire, avec le 
suffixe -tâaatù qui exprime une maladie ou un état parti- 
culier du corps, mais l'explication confuse, cf. H. Frisk, 
GHÂ 56 : 3,22 et d'autre part l'édition Latte qui met 
oùx entre crochets droits et croit repotmotctrai corrompu. 

'AxftT) « pointe, tranchant », d'où le point culminant, 
la vigueur, le moment opportun (//. 10,173 ; ionien- 
attique) ; l'accus. iix(xi()v adv. «justement, encore » (Hyp., 
Xen., Plb., etc.) non atlique selon Phryn. 100 ; cet adv. 
subsiste aujourd'hui dans dcxV! " encore » (cf. Hatzidakis, 
'Ae7)vâ 41, 79, Kretschmer, Gl. 22,234). 

Dérivés : dbqxTiVfiç «dans sa première vigueur», en 
parlant d'un rejeton d'olivier (hapax Od. 23,191, puis 
Paus. 5,15,6) peut-être fait sur le modèle d' àfzevTjvéç 
mais cf. Lex. Ep. s.v. ; <i>i(jiiitïo<; même sens (surtout 
poètes et grec tardif) on grec tardif aussi au sens de « en 
temps voulu ». 



— 45 



Verbe dtnominaQf : dbtjiiJ^o «être dans toute sa force, 
tire juste au moment de • (ionien-attique) ; d'où ducjMtor^ç 
(Hdn.), ot dbc(ia«rrotC nom d'un club de gymnastique à 
ThyaUre {/G Rom 4,1234, etc.) ; -aarotôç terme médical 
tdans toute sa force » (Hp., Gai.]. Formes i préverbe : 
noter TRxpgoqiiiJ^uaee flétrit, s'affaiblir», etc. 

Le grec moderne emploie toujours ébcpoi;, mise de 
nombreux dérivés et -composés comme àxpo66XtÇo|Mn, 
ixpoYtaXt t rivage, plage », ixp67toXtç, etc. 

Voir encore £xav6a, hd/it-eitoz, dbcp6flcoixai. 

El.: Cette racine 'ak- ('»^-) qui exprime l'idée 
générale de «aigu», < pointu » est largement répandue 
en i.-e. mais les spécialisations de ce sens varient suivant 
les langues et à l'intérieur des langues, selon les suffixes. 
Pas d'alternance vocalique claire. On admet un vocalisme 
odans «xpiç, v. lat. ôerw, etc. (v. s.v.). Il y a d'autre part 
on vocalisme long dans lat âc«r (vieille forme à vfddbi ? 
Prisk, /F, 56,113 sqq.). 

Le type de àx^ ne semble pas attesté ailleurs qu'en grec. 

Les formes sigmatiques trouveraient un correspondant 
dans got. ahs. 

'Axûv est un thème en n, passé à la flexion en -nt. Forme 
comparable : skr. asdni- « pointe de flèche » ; âxatva 
teurnit le féminin attendu, mais avec le sens particulier 
d'aiguillon. Pour &cxvo(; voir plus haut. 'Axow^ « pierre 
i aiguiser» qui entre dans une série grecque particulière 
a pris un sens technique spécial et est isolé, mais pourrait 
p.-ê. être rapproché de sicr. aéan- « pierre », av. asan. 

Un suffixe en n se trouve naturellement alterner en 
i.-«. avec des formes en r (cf. Benvenisle, Origines, notam- 
ment 5 sqq.). Ainsi s'insèrent fixpoç, £xpi^ ; d'autres 
ternes en r dans d'autres langues i.-e. mais les faits sont 
franchement divergents : lat. dcer ne correspond à fijcpoç 
ni pour le vocalisme, ni pour la flexion ; quant au sens le 
BK>t a évolué de « pointu . à « pénétrant, vif, énergique » ; 
Iri. ir I haut » ; le skr. àéri- sigiiifle « coin », catur-aéra- 
«carré», le thème en i se retrouve dans (Sxpiç. Pour 
Jxopva voir s.v. 

Pour i>t(ZT) on ne trouve pas de formation parallèle. 
Le suédois dm- herbe des marais est loin à tous égards. 

On a voulu rattacher toute cette famille au nom de la 
^«rre •âk-, voir Beicheit, IF 32,23 sq., Benveniste, 
Origina, l. c. 

Du point de vue grec dbt-, et àxp- ont joué un grand rôle 
«t sont peut-être sentis dans divers mots, soit qu'ils 
y Igurent réellement ou par étymologie populaire, cf. 
keikiiifn, àxoûu, ixôoTr), &xopv<z, dtxpixoXoî, ixptêTfjç et 
Ih dérivés comme ipaXtcxp^:. 

4ic€uvo,.-iij; : f. mesure agraire de dix pieds (Thessalie, 
Smyme, cf. Bechlel, Gr. £).. 1, UG, 204) ; voir aussi Sch. 
Àp. Rhod. UI, 1323 âxaiva Se èoTi (jtirpov Sexdnouv 
ScsoaXûv E'jpejia, et Call. fr. 24, 6 ; en Egypte mesure de 
100 pieds carrés (Hero, pap.). 

.;I1 s'agit d'un emploi technique du nom de l'aiguillon 
(vrtr sous dbt-) utilisé d'abord comme mesure de longueur, 
pais comme mesure de surface correspondante, cf. certains 
•npiois de xâXnyiOi, lat. perlica, fr. perche. 

iKOKaXîsi -^oç : f. nom de divers plantes, fleurs ou 
Mt* : 1 = noix du tamaris {Dsc. 1,89) ; 2 r= yàpxiooo; 



âiCovOQ 

selon Euraach. chez Atb. 15,681 e, cf. (fatoxodAtç • SvOo; 
vapxtooou Hsch. ; 3 = «pxeuOoç r aévrier (Ps. Dsc. 1,76). 
Et.: Inconnue. Origine orientale, et spécialement 
égypUenne possible. Influence par étymologle populaire 
de dbcavOac, etc., possible. 

àicâKi)Ta : épithète d'Hermès {IL 16,185, Od. 24,10, 
Hés. fr. 23), et de Prométhée (Hés. Th. 614). Le sens lé 
plus probable est . bienveillant ». Le terme a été constitué 
dans le formulaire homérique d'après l'analogie de 
(iï)TteTa, etc. (cf. Risch, Festtehrifl Debrunner 395-39C) 
sur 5x(xxoi;, àxâxôç. Voir encore Ernst Fraenkel, Feslschrifl 
Snell 188. U. aussi dtxixxTjToç • 'Epfi-^; chei Suid. 
Les Anciens rapprochaient le mot soit de âxaxoi;, soit 
de dxeîoôai (1). 

Dérivé : ixoxrjotoç épithète d'Hermès chez Paosauias 
8,36,10, Call. jM, 143. 

Et. : L'explication que nous indiquons reste la plus 
vraisemblable. Le rapprochement avec les gloses d'Hsch. 
ôxaxîeiç • ouvietç et àxaxUi • ouvtet, avec l'interpréta lion 
par •intelligent», ne repose sur rien et ne peut donner 
satisfaction. 

Autres hypothèses et riche bibliographie dans le Ler 
Ep. 

OKCucîa : f. nom d'arbre, acacia arabica {Diosc, ,\ret.). 
Et. : Mot étranger, d'origine probablement orientale. 

âKaXavOîSi voir fixovOa. 
àKaXappcÎTî)s, voir sous hd). 

àKaXi)«|>T| : f. .ortie» (.\r., Dsc.) écrit àxoXilç») (Thphr. 
HP, 7,7,2) ; d'où actinie, anémone de mer, en raison do 
son caractère urticant (Eup., Ar., Arist-, etc.), cf. 
Thompson, Fishei s.u. 

El.: Inconnue. Lewy, FremdwOrttr, 50, suppose une 
origine sémitique (douteux). Il est possible que le mot 
ait subi l'influence d«s nombreux termes à initiale àx-, 
notamment &xcxv6a, Wtc. 

aKavOa : f . « épine » (Arist.), diverses sortes de plantes 
épineuses (Hom. Od. 6,328, etc.) cf. Strômberg, P/tanzen- 
namen, 17 ; secondairement fixavOtt est le nom des épines 
de certains poissons (Arist.), de l'arête dorsale des poissons 
(ffisch., Ar., etc.), de l'épine dorsale des animaux ou de 
l'homme (Hdt., etc.). On a le doublet fixavOoç, -ou m. 
« acanthe », Acanthut mollis (cf. André, Lexique, s.v.) qui 
a fourni un ornement dans les chapiteaux corinthiens 
(cf. JG IV« 1, 102, 241 Épidaure). 

D'(5cxav0a ont été tirés le dénominatif iix(xv6éo(tai « avoir 
des épines » (Thphr. HP 7,8,2) et un certain nombre de 
formes nominales. 

Adjectifs qui signifient « pourvu d'épines » ixavO^eiç 
(Nie), -7jp<Sç (Arist.), -ix6ç (Thphr.), -ivoç {N.T., de la 
couronne d'épine), -tiSrjç t couvert d'épines, épineux ■ 
(Hdt., etc.). 

Parmi les substantifs, les uns sont étroitement associés 
i la plante • épine» : dbcavOéa (pap.), iad.'Swt (Hp., 



ÔKOvfto 



— 4é — 



Arirt.). ixonOfe: (Cil,, Pi. Dtc.), i)«n««ç (teloo PoJhtx, 
uratt une tort» d'aspwg»), lous nom» de pitatae : iiwi^div 
et dbionâràw • buisson d'épines » (tardif). 

D'autres termes, qui désignent des enimaux, se 
«tUchent de façon diverse à la notion d'épine : hueMiti, 
-w déjà dté comme nom de plante, est une sorte de 
squale (Arist.), ainsi nommé é cause d'un dos épineux, 
cf. Strémijwg, Fùehnamen, 47, Tliompson, Fifties s.v. 
Hijualui oearOhia», • aifuiilat » ; c'est également la sauterelle 
(El. NA 10,44) parce qu'elle vivrait dans les épines selon 
StrOmberf, il^orWiidwn 17 ou bien le net semtt fabriqué 
«ur le modèle d'dwplç (cf. s.v.); (bcani6{<dv c bérisson . 
(Gai); ixmOic espèce de chardonneret ou de linotte 
(Arlst.) cf. Thompkon, Bird» s.v., ainsi Mmmés parce 
qu'ils vivent dans les épines, cf. Strtrtnberg, WorMndifn 
17, svee le diminuUf àxocvOvAXiç, et la forme équivalenU 
mais diltérwite dbtaXawetç (Ar.), lac. dbcaXdCMCftp chei 
HvilL . 'e mot est issu par dépiaeement de syllabe de 
•dbcoweaXiç, cf. Niedermann, G/. 10,8 sqq. Tous ces mot» 
présentent des emploia divers, parfois divers pow un seul 
terme et dont le rapport avec ftxav6a n'est qu'accidentel. 
Il n'y a rien A dire de éxx^M qu'Hdn. cite sans donner 
de sens. 

Va certain nombre de composés tardifs présentent 
ijbuneo- comme premier terme. Voici quelquee exemples : 
-piflK {AP 11.3»), -fOXac -X-iroç, -«rrrrw. -9*T^, 
•f ôfo;, -xoipo< nom du Mrisson chez tlseh. 

St.: La formation de dbcsvBa • épine • est mal élucidée 
et l'on > proposé diverses combinaisons. C'est le nom de 
.livetsss plantes épineuses, notamment {Od. 5,328) du 
chardon-Roland. Désiinw aussi l'épine dorsale d'un 
poiuoa, d'un serpent, d'un homme. En apparence le 
mot s'insère parmi les noms de plantes en -tS-, mais 
il «'agit d'une création grecque en liaison avec èxavoc, 
•t probablement le nom de la fleur Sv9oç. Les analyses en 
Jx-av8B trteur» d'épines» <Krelschmer, BinUitung, 403), 
ou en dbcav-6a( (Solmsen, Beitrage 264) ne sont guère 
vraisemblables. On pose habituellement ^aoucvan^ 
*«xow«veoç de «xavoç et SvOoç. avec superposiUon 
lylUbique. En outre on obsierve qu'dbcovOa est un thème 
en -« bref. U ne »a(iil pas d'un ancien dérivé en -gtt, mais 
4'un« création aecoodaire du type de celles qu'a groupées 
Sehwyier, Gr. Gr. 1,476. Ces dilHenltés ont conduit 
Belatdi (fleml. Aee. Lincei, 10, 1955, 309-331) * disjoindre 
ixsvfa de àxr et à poser un terme de substrat «indo- 
médilerranèen. (?) rapproché de skr. *3«t^-, koKifha- qui 
iigniflerait, entre autres, épine. Très douteux. 

ÔMOVos, vov sous ^-. 

àKopiis, -ic :"« petit, minusK-ule ., cf. D. H. /soc. 20, mate 
«n r.alité le mot est employé dans des expressions toutes 
faites : I» pour dire qu'il s'en faut d'un cheveu, cf. Com. 
Ad. 581 wxxttttaw ixàp^iç t^ Ste, et avec une négaUon, 
oùx ixopf, «Igniaant paa du tout (pas un poil) cf. Ar. 
Gaipti 701, D. 50,56; 2« souvent a« sens temporel iv 
dbcopci ou iatapfi • un instant • (Ar., etc.). On cite une forme 
Sxop attribuée à Antipbon [fr. I4ft Blasa). Voir Taiilardat, 
imafss 4'AFiM^phaiu i 248. 

Dérivés : éacôpuctoc • qui ne dure qu'on instant > (D., 
AiisL), -téïoc servant dans des adj. de mesitfe comme 
enlwïoc (Farmofiew 4»); ixcpt ». «nita» (Artet. BA 



5&7 b) : la flwt pmt^tn «m «MitandMtiMi et inapifi 
«A d'un tame eomnra x6pti; • punaisa t. 

£f.: Mol fanyiier, ce qui est en faveur de rélymol<^ 
ancienne qui rapproche xeipio, ixdcpTjv, comme ce qui ne 
peut être tondu, cf. Hseb. iautpi)Z • ... t6 ^poxù 6 oùSè 
xf tpau olév TC. 

WMVrv* t nom de poisson chez Ath. 356 b, probable- 
RMnt le loup, cf. ixép>M(Ç - >.é6ps^ (Hsch.) qui peut être 
soit une faute du ms., soit un arrangement de dbtdpvav 
d'après XAÉpaÇ, cf. Thompson, FisAe» s.u. 

Et. : A l'aspect d'un emprunt à une langue du substrat. 

4Kaf>«v : TufXév (Hsch.). Pas d'étymologie. A été 
rapproché sans raison valable de la glose d'ilsch. &x/,pooi. 

fincapos : (Ti}|ia{«ct -c^ iyxi9«Xov ?| -njv xeçoXi^ {BM 
4&.13). 

El.: cf. tpuipoç et tyxpoç, famille de x»p5. Ce pourrait 
donc être un des rares exemple» du préverbe 4v- vocalisé 
•n et (Schulze, A7. Sehr. 358 ; H. Seiler, KZ 75, 1957, 2). 

âKOOKa, voir dbcQ. 

&ca<rTOS : <J <rq>év8«pivoc (Hsch.), nom de l'érable. 

Et.: On rapproche àxapva • Sdtipv») (Hsch.) qui désigne 
un autre arbre, et surtout lai. acer, -rit « érable •, v.h.a. 
«torn et l'on pose *(ix«p-«rcK; (voir Frisl{, s.u. avec la 
bibliographie). Pour le suffixe, cf. TcXaTdtvurroç, Chanlraine, 
Formation 302, Niedermann, Gl. 19. 1930, 11-15. 

ÔKatvs : f. (m. Hdt. 7,186 et quelques autres exemples) 
« embarcation rapide », avec un mftt d'avant incliné vers 
la proue, de dimension variable, utilisée notamment par 
les pirates (Thgn., Pi., Hdt., Th., etc.) ; se dit par extension 
d'une coupe de même forme (com.). 

Dérivés : dbeiriov même sens (Th., Plb.), sorte de 
cbausaure de femme (Ar. fr. 739 b) cf. Hsch. s.u. àxixTta ; 
dimin. dbcomjvipiov (pap.). En outre àxàttioç (l<rr6c) 
met de l'avant, misaine ou beaupré (inscr. att.) ; t6 
êotàvtiov (IffTiov), la voilure de ce mât (X., ete.). Enfin 
iawnlç (Sleph. Med.) désigne le mille-pattes (d'après la 
forme de l'Sxa-roi;, cf. R. Strftmberg, Gr. Wortaludien 11). 

El. : Un emprunt est vraisemblal)le. Le rapprochement 
avec à»- exprimant la notion ût pointe, ne serait pas 
impessibie, aeaU eat indémontrable. 

iiMx^*^ voir ëjifii- 

&icax|t^v«s : partie, épique, prot>al>l. pttt. * aiguisé » 
en pariant d'armes (Hom.), de dente (Opp.). L'aspirée fait 
(UfflcttlU, cf. Bechtel, Lexilogus s.u. : ni l'hypotbèce qui 
pose dbcoxo-, ni celle d'une aspiration expressive ne sont 
démontrables. Le rapprochement avec Iyxo^ (Schwyzer, 
Gl. 12, 10 sqq.) est encore moins vraisemlrfable. 

im^voi : a^èce de l^^tmimeiHa (PMrwr.). 



voir ianAm et xoit». 



— «7^ 



4ki^ : f. • silence». PrMque uniquemenf li Tacc. : 
dbdivï-xw (Mosch. 2,18), ixijv îh*: " V«X^ ^Tf«« (H«sh.)- 
Ch^ Hom. le Unne est adverbial, surtout dans l'expression 
ècj}v iyiveyTO ete>n^ (//. 3,95, etc.), eette formule OMttant 
m «videoee que dbc^ ne dMgne pas pn^remeni lesilenoe, 
mais ia doueeur, l 'absence d'agitation. Instrumental hA 
ou ixf (Pi. P. 4,156). 

La {orme nom. iadw* est apparemment un parUeipe 
m. Bg. d'un présent en -inA {II. 1,34, 512, etc.), duel iattwnt 
[Od. 14,195), n. fém. sg. dxiouoa (//. 1,565, Od. 11,142), 
mais la forme dbciuv étant sentie comme adverMale peut 
Cire indéclinable : Jl. 4,22 » 8,459 'AO^ivab) àxitav ^v 
(db(iou0' était métriquement possible I) ; Od. 21,89 àx£(i>v 
talvuoOe. Le plus probable est que la forme est bien 
verbale, et qu'elle est devenue adverbiale et indéclinable 
plulét que l'inverse (cf. Leumann, Hom. Wiiier, 166 sqq.). 
La seule forme personnelle est tardive : dcxiotç (A.R. 
1,765). Sens : «en silence • ou «tranquillement* ^. 
M. 14,195, 21,89). 

Dérivés : àxiftwi • ■JJouxov (EM 48,1) ; fctaoxa glosé 
par Hseh..^<ràx<«< ; attesté chez Gratin, 126, mais dbcaexf 
eh« Pi., fr. 28; d'où dbcaiTxaïoç (.Ssch., Ag. 741); ne 
MmUe guère pouvoir être séparé de dbc^ malgré la bizarrerie 
de la formation, peut-être expressive. Un £xaX^ • tran- 
quille > est attesté au pluriel neutre employé adverbiale- 
ment (Hés. fr. 218, Sapho 43 L.P.) ; on a peut-être une 
forme ducaXav (Sapho 68,86 L.P.) ; cf. encore (i)c«X6v • 
Ijouxov, Jtp?ov, (iatXax6» (Hsch.) ; Eust. 1871, 54 connaît 
l'adverbe dixaXûi;. — Homère a le gén. ixaXqcppelTâo 
(IL 7,422 =■ Od. 19,434) ; composé de db(«Xa-pe/t-T«; 
^i eoule doucement ; on a d b caX i ppooç (Orph. A. 1187). 
Le premier terme doit être ici le plsriei neutre adverbial 
{«f. Bcehtei, Ltx. s.u., Wacitemagel, Spr. um. 87). 

Et.: Celte série de mots archaïques et rares exprime 
l'idée de «douceur», non de «silence». Ils peuvent donc 
eomportM- le vocalisme bref de ia racine qui est dans f^me, 
Ifuaxtx;, etc. voir ss.uu. Mais du point de vue grec les 
deux groupes se sont séparés de bonne heure. 

Pour &xi<ov pris comme une ancienne forme authen- 
Uquemenl adverbiale, voir Lex. Ep. s.u. 

ÂM^paros : • intact >, en ce sens deux fois citez Hom. 
SB parlant de biens, xXfjpoç, xr^tuerB (//. 15,498, Od. 
17,532). Autres emplois en parlant d'une prairie (Pr. ep., 
E. Hlpp. 73), de cheveux (E. Ion 1266). d'une coque de 
HVire (.Ssch., Ag. 661), d'un marehé inexploité (Hdt. 
4,153); avec èwwrrijftTj (PI. Phdr. 247 d), 1^ (PI. LoU 
735e) ; de personnes : dx^aetoc SX-(*ai (E. Hipp. 1113) ; 
BemlMeax exemples pour la puretA d'une jeune fille 
(E. Tt. 675, etc.). « Intact » et • pur » sont des notions 
q«i ont plus d'un rapport : ixifioxo^ signifie donc « pur » 
i propos d'« eau » (déjà II. 24 303, S. Œd. Col. 471, 690), 
i» vin pur (.Xseh. Pert. 614), d'<w (AreltiL, Alcm., Hdt., 
n., eu.). 

Dérivé : iaofiimoi dit de prairies (//. Hermea 72), mais 
è ftopiM de < vin pur » {Od. 9,205). Le terme courant 
csmqrandaat est dbcipeuo^ qui présente des empi<rfs 
MM comparables, v. sous ic«psi(C«- 'Ax^^ptoc est franche- 
■wt Afférent, v«lr sous x^. 

TtaM an eoBtean e s iay iii.fl «s^riBM d'iAord la 



notion dHaUgrité, paît «tOt et pmbL 8«r Mt 
sémantique, v^ Sefanlsa, Q. Ep. làê^t», BmààiA, Lié.: 
24-25. Il est naturel d'après le» doaBMlltom. de ek«<di«r 
une étymcrtogie du edté de xcpotl^ «lérraster, ntv«gv, 
coulw bas» (voir S.U.), xi)pa(vcii, mais ll'adiaettre dan* 
certains emplois, au sans d« « pur *, rinnueoH» é» xapéwuiu, 
ixpijTO^ etc. : dbofipdbtoc olvoc da Od., 9jm *iuivaat 
à dbq^i|t9C dfr Od. 9,341. 

Hypothèses hardies (paor cwtaiBs en^plsia Mi^molM)* 
ment avec xc(p«a), de Lee, Gl. S», 1961, 200-90& 

St.: Le rapprodierawit avec le thème Mcpa- de 
xcp«tÇ<i>, etc., «st difficile dans le détail. Le dérivé Mjpaivco 
(£sch. Sapfi.W^) Vil secondaire. Le doublet dbcépouoi;, 
dx^^pcTOi; teesemble è ft^tuAi, iy^paToc. Peut-être 
deK-en poser un thème en rin et en « & l'origine de 
dx^^pecTo; (thème en nf) et de àxépaio; (thème en $?), 
«Bai8«ela ne rend pas compte de la différence de quantité. 
Un ^UbcépocTOc présentait l'inconvénient d'une succession 
de trais brèves. La longue s'expliquerait à la fois par 
l'influence de xTJp et par ctile de &pi)-coç, mais A la diffé- 
rence de &(p7)T0( qui repose sur gr. com. £xpâTo^ dbc^paTO^ 
comporte un ê ancien, cf. Alcm. 

Qu'il s'arase des «oaplois ou de l'étymologie on est 
canduit è admettre des contaminations. Mais du p<dnt 
de vue grec il n'ejdste qu'un seul dx^roc, signifiant à la 
foia « intact » et < pur ». 

cuctSvôs : « faible, petit » (Od., toujours au comparatif) 
cf. Od. 18,130 oûSèv àxiSvérepov yaîa -rpéfci dcvOpcibRoto; 
mot ion. attesté chez Hp. et les poètes alexandrins. 
L'adjectif en ce qui concerne le suffixe entre dans une série 
définie (cf. Formalion des noms, 194), où figurent notam- 
ment dXflcmtSvé; de même sens, et quelques autres termes 
de type comparable. 

Si le -S- est sulBxal en pourrait rapprocher dbupé^ 
dans une idylle éolienne de Tltéoc., 28,15 (cf. Bechtal 
Gr. D. 1,116) au sens de «nonchalant» ; en outre Nie. Al. 
559 et var. Mes. Tr. 435 selon El. M, Hsch. fournit dxip^ - 
io6ev^, o&x iiTtTrTai(iiva et dcxtpë»^ * ei>ka&&ç, drpifjucc 
(mais d(>up6; * i ^oppccç doit être corrompu). 

Il pourrait y avoir une combinaison des deux termes 
dans àxiSp6ç • doOcv^ (Cyrille) et d'où le dérivé dxtSpto- 
w4î<ù • i(i6Xu<i>wû (Hsch.). Cf. NesUe, Hermès 77, 1942, 117. 

El.: Comme beaucoup de mots ayant ce sens, n'a pas 
d'étymologie. Wilamowitz (Sappho u. Sim. 97) fait aussi 
entrer dans le groupe xipetv * àSàwocroc itpàç ouvouoiov. 
(Hsch.). 

&iet«>&Ki|s, -ou : eorta de cimeterre des Perses et des 
Scythes (Hdt., X.,' Luc, etc.); l'iota d<dt être long comme 
l'indique la prosodie latine (Hor. Od. 1,27,5). Le terme 
est certainement emprunté à l'iranien; cf. Benveniste, 
Ma. Boisaeq 45, et r«cfet sogdieiu, 1940, ^02 (sogd. 
kgn'k). 

On a supposé que c'est sous l'influence de 4xnMbeqc 
qu'auraient été créés dbc(vgrf|xa (£>yr. Adetp. M B) <» ' 
TivacYiMC, et dbavorfl^ ' ttvoe^i^i&Cf xtM^otc (Hseh;). Mais 
*&)avioabi • rwéaisa n'eet pas attesté. 

Siavos : «basilie sauvage*, tkûamMka gravtolent 
(Dec), p'oji é»A»v»oç <Att.). 



OKipOS 

ÔNifws, voir ixtMc. 



— 48 — 



&KMÛ, -qQç : t. ' m o qvMB àUào» faiiMUe> (Phi. Mor. 
1040 b M rMérant à C^Tiippe, SVF 3^13), fenoM 
grimacière et miiMBdttoe (Zén. 1,53), cf. Suidas 1,87 
iatxé • yvfi) èrri (juapiqt StoSoXXofjiévT), 'l^v çccrtv ivoTcrpi- 
so)iévi]v T^ ISiqc sixÀvi ùx; ttipcf. iuùut ye aOai. 

Le terme s'insère parmi les noms de eroqufiiBitaiiies 
femelles comme Mopixcô, 'AXçiTcb, le personnage ^taat pro- 
bablement caractérisé par ses grimaces. Il a donné 
naissance au dénominatif àicxiZ^oftat qai doit dgnifler 
proprement < faire des grimacm, faire dee manières ». Cf. 
Pi. fr. 203 (correction de Boeckh) ; d'où «affecter la 
pruderie» (Philipp., Aleiplir.), • feindre» et notamment 
t feindre d'ignorer» (PI; Grp. 497a, Sien.. Luc.). D'où 
àxxierfxàç (Philem.. Lue.) dbcxtanx^ (Eust.t. 

£{.: Terme familier de la nursery (cf. la géminée inté- 
rieure), >ii se retrouve sous la forme akkà en ^r. ; cf. 
en latin Acca nom propre, notamment pour désigner 
Acca Lârentia, mère nourricière de Remolus et Rémus. 
L'originalité du grec est que le mot est pris en mauvaise 
part. 

ôiqii}, voir dbt-. 

àK)iT)VOs : • à jeun > {II. 19,207, 346 ; avec un comfrié- 
ment au génitif II. 19,163, 320), en outre cbez Call., 
Nie, Lvc. 

L'adjectif est donné par le sch. comme tiré «te l'éolien 
&(u.7) (sic). Cf. EM 49,39 qaj donne égateatent le mot 
comme énlien et Hsch. âxfia ' V7)(rcc^, ihiScia. 

El. : Pas d'étymoiogie établie : outre Frisic, vtrfr Beehtel, 
Lexilogui s.u. et Gr. Dial. 1,117, Pisani, An. Fil. Cl. 5,93. 

ÔKtiuv, -ovoç : m. le mot doit être originellement un 
nom de la pierre (cf. EL). Il est p088il>te qu'il y ait un 
souvenir de ce sens cliez Hés. TA. 722 où il est question 
d'un yoLknéoç ébt(«ov tombant du ciel, probablement, 
un mét(^ore, ainsi que dans la glose d'Hsch. ébc(t(ùv * 
...oùpavài; ii itîStjoov..., le ciel pouvant être considéré 
comme une voûte de pierre (cf. El.). 

Le sens habituel du mot est < enelunte » (Hom., ion.-att.) 
l'enclume pouvant être originellement en pierre (cf. 
Ux. Ep. $.u. avec la bibliograpiiie). Employé au figuré 
pour exprimer l'endurance (les sch. expliquant parfois 6 yti] 
xafiùv bà Toïç Sffkoiç I). Sens dérivés divers : • m<»Uer > 
en chypriote selon Hsch. ; tète de la machine appelée bélier ; 
en outre espèce de loup (Opp. Cgn.), espèce d'aigle (Hsch.). 

Composé : dbc(i.é-6e-Tov (composé en -roç de la R. de 
Tt&ii;u), pied de l'enclume (Hom.) ou dbcftoOé-njj;, même 
sens (Poil. 10,147). 

Dérivés : àxfxoviov (Ésope). 

£f. ; Vieux nom de la pierre, cf. skr. diman- < pierre, 
roclier, ciel > (considéré comme une voûte de pinre, 
cf. Reichelt, IF 32,23 sqq., E. Fraenkel, KZ 63,183 sqq.), 
av. aaman- « ciel », lit. akmuô, etc. ; avec alt«nance 
w r dans skr. asmara- c de pierre », p.-é. v. n<»T. hamarr 
■ mrteau de pierre» (cf. TTenveniste, Origines, 117 et 

m). 

Sbt le rapport possitde de ces dérivés avec un nom de 
la pierre, qtii sa troi<ve attesté notamment dans pers. m» 



appweaM ii la faaiUte do Saum, A^oc lat. àur, et. 
B W H fonteto, Ofifiim &,%*, n iiili tl t, XF 38^ gqq., Potes- 
SOB, Htt»r*Uiêit 2&. 



: f. >^|>iM dOTMlo*, iBoi rare (M. 1«,16I 
xmt' Saeffftnv», A.R. 4, 140S èw' ébcvi;<mv ). Hom de 
l'ortie (Nie. Th. 52). 

Et. : Le mot «st a rapprocher de xv^on; • rftpe à fro- 
mage », cf. sens -xvocU», et on admet que les deux tenaas 
sont identiques, cf. Bechtol, Gl. 1,72, Wackaitagel, Gl. 
2,1, Beehtel, LaeilofUê 27, enfin Leumann, Hom. Wmer 
49 : SoonfOTu; sarait né d'une coupure fautive, cbez 
Hom., de Mcsi x«^<rmr en xatx' dbtw}onv. Toutefois, 
il n'est pas absolument imposnble que abcvi)aT(ç ait été 
créé dès la langue hom. pour distinguer les deux mots, 
l'alpiia pouvant Mrs une prothèse. 



S, -to? : f. «crtle qui parUge le lit, femms », 
légitime ou non, peut être employé avec une valeur 
affective (Hom., trag.) ; le masculin correspondant ixoL-nfi; 
est beaucoup plus rare {II. 15,91, Od. 5 120; 21,88) ; il 
semble employé avec quelque intention ironique. Avec 
piéverlM Hem. a 16 ex. de itotpobtotnç, mais ■KttpeocoirrfÇ 
seulement II. 6,430 (dit d'Hector par Andromaque) 
8.156, Hés., Th. 928. 

Il apparaît que les formes originelles sont les formes 
de féminin qui sont aussi les plus fréquentes, l'idée de 
compagne de lit étant plus naturelle que celle de compagnon 
de lit (cf. d'ailleurs SlKoxoç qui se distingue de SxotTiç 
par son sens noble « femme légitime »). Voir Chantraine, 
n. El. Gr. 59-60, 1946-1947, 225-227. 

Et. : Ces mots sont issus de xol-n] < couche > avec à-copu- 
latif, où la psilose (pour à- de *#m-) peut être soit dia- 
lectale, s(^t due à l'analogie de SXoxoç. 

tmmkoi, -ou : m. « bouchée » {Od. 17,222 ; AP, Jos. ; mot 
béotien selon Strattis 47,7). 

Et. : Non établie. On suppose que le mot serait phrygien, 
cf. dans une inscription phrygienne ftexoç oxxoXoi; 
Friedrich, Kleina». Sprachdenkm. 133 1 Le rapprochement 
avec skr. aénali « manger » ne vaut certainement pas 
mieux, et le rapport éventuel avec SkuXoç est en l'air. 

ÔKÔXouAos, -oç, -ov : c qui accompagne », avec parfois 
la nuance de « qui sert, qui aide > cf. Ar. Ois. 73, d'où 
< qui s'accorde avec, qui résulte de > (mot de la prose 
ienittuie-attique et postérieure, et de la comédie) ; adv. 
êotokoxj&ùiç (D. et grec tardif). 

Dérivés : ^bcoXouOCa < suite, conséquence, conformité > 
(prose, surtout terme philosophique) ; dbcoXou6(axoç, 
diminutif, < petit valet » (Ptol. Everg. 6). Verbe dénomi- 
natif daco%ouOé(» « suivre >, souvent à propos de soldats 
ou d'esdaves, s'Muploie aussi au figuré (premier ex. chez 
Hippon. 79, 9 M., part. aor. avec à l'initiale un a long 
irréguliw), en prose attique ou tardive et chez Ar. ; il est 
substitué à txofiai en grec moderne et dès le AT ; éxo- 
XoÙTBt = dbcoXoiiÔei (Ar. TAesm. 1198) est un barbarisme 
d'un Scythe. Subst. vn-faal dbcoXosiÔTiotç (Arist.) ; adj. 
bbcoXou6>)Tix6<; (Arist., etc.). 

Et. : à copulaUf (la psilose pouvant s'expliquer ici par 
une diasimilaUon d'aspiraUon), et xtàjtiido<i «chemin», 
avec vocalisme o du emi^Msé (cf. Sdtwyaer, Or. Gr. 



&HOt 



I,35& Zm. V). Caftto Hyauio^ mt déjA indiqirte PI. 
Cnliri* 405 d, BMte, es fait, 1« mppwtt entre les deux mots 
«st vite devtMi très lAciie et peu senti. Combinaisons 
inUlei de E. Pnraiik^, Ai^angea Boimeq 1,375. 

iumvr\, voir sous iat-. 

àmvm, ma xâwc. 



«mÔvItov : désigne les plantes toxiques qui ne sont 
pas toutes des aconits, voir André, Lexique s.u., Wagler, 
RE, 1,1178. D'où àxovtTix6<:. 

El.: D'après les anciens issu de ducoviri « sans poussière, 
donc sans combat •, et. àxévtTOç (Q. S.), d'où t invincible ». 
Simple étymologie populaire, voir JUthner, Gl. 29,73 sqq., 
StrOmberg, Pflanzennamen 150 n. 1. 



M«(>vo, -i]ç : f. chardon (Thphr.). Pour le nom. en 
a bref, cf. Cbantraine, Formation, 101-102. StrOmberg, 
Worltludien 17, évoque xépvoc qui d'après Hsch. serait 
sicilien pour xcvrpofjiupoCvy) et sx6pvo; * [xupcrivT], th 
9UTiv. La flnale en -pv- fait penser à un mot méditer- 
ranéen et l'alpha initial s'expliquerait par un rapproche- 
menl d'étymologie populaire avec la famille de £xpoç, etc. 
Selon Slrômberg, ibid. 16-17, on aurait tiré de étxopva, 
&copvo; (Hsch.) et Sxopvoç (Hsch., Pholius) nom de la 
sauterelle, parce qu'eUe vit dans les chardons et est censée 
s'en nourrir. De même xépvoi{> sauterelle (Str.) pourrait 
être une réfection de 7r(zpvo4' d'après xépvo;, mais on 
tente généralement d'expliquer la forme phonétiquement. 

wcofMV : n. « Iris aquatique, Iris Pseudacorus > 
(Dsc., Gai.). 

EL: Les anciens rapprochaient le mot de xôpr) < pupille » 
(cf. Slrâmberg, Pflanzennamen, 98) et il passait pour 
soigner la pupille des yeux. 

,'' 

ôkos : n. • remède », au sens propre et très souvent 
au figuré (Hom., Hdt., Hp., trag.) ; le sens médical est net 
chez Hp., sous-jucenl Od. 22,481 ou dans des métaphores 
comme iEsch. Ag. 17. Les adj. composés àv»)x^ç (Soph.) et 
cùi)xi^; épithète de ^déÇiç (Emp.) sont des survivances, 
homonymes à l'accent près de composés en -"fixtjç se 
rapportant à ix- « être aigu ». En outre, avec l'a bref, 
kncxffz (Eup.), Tcavgcxij; (Epicor., Call.) et Ttàvaxti; nom 
4t diverses plantes curatives (StrOmberg, Gr. Pflanxen- 
mmm 37,98), d'Où les termes tardifs itattéaum, -dbcciov, 
-i»), et Tcovaxtnjç (olvo;). 

"Âxo; a donné naissance au dénominatif èxio\iax 
• s(Hgner, porter remède à ». Chez Hom. le terme est bien 
attesté au sens médical notamment avec êXxea, mais 
également avec un complément comme Sîtjjav (//. 22,2), 
ïr,ï; [Od. 14,383) ; ou également au Hgure //. 13,115 dcU' 
àxé(i)|X£6a Oâaoov ' àxeorai -rot f péveç iodXûv. Même 
variété d'emplois en ioqien-attique, l'emploi proprement 
médical ne se trouvant guère que chez Hdt. et Hp. ; en 
revanche assez fréquent à propos de tailleurs ou de répa- 
rateurs de vêtements (Luc, etc.), cf. les dérivés ; ou méta- 
fhoriquanent cf. Hdt. 1,167, PI. R. 364 e, «te. Passif aor. 



dMMdîiven (Pau*. 2,33,3), «fatécm au mm pasdt Ai«t. 
CA 1,1, acUf àxé«* Hp. Lœ. Harn. 1§. 

Composés à prévM^ avec £9- [aie] «payer une iadMÉ> 
nité» (Argos, Mntm. 57,208, vi» stècieav.), 4«a- « ré]>atw^ 
(Délos), bt- môme sens (Ihid,), èÇ- (Hom., Hp.) «t «ti 
sens de « réparer des vêtement* > <PI.), bf- [tic\, pour ua 
pont (/G II', 1126, 37,41, en dialeete ds Dolpbw). 

D'^céo(iat ont été Urées diverses {onnatiou nmaiatlMu 
Adj. verb. dbceorâç (//. 13,116, Hp., AnUphon), avae las 
composés négaUfs v^jcaotix; (Hès.), ivdcxccToç, èw^imnoc 
et Swr^xeoToç (Hp.), et le dérivé ixnmxi^ (t*X«l) « métier 
de tailleur» (Démoer., Platon). 

Noms d'action : àxioiJiaTB, n. pi. t remèdes » (//., Pi., 
iEsch., IG XIV 1750), cf. //. 15,394 çdtpixax' ixka\ULx' 
ërcaaoe (avec la variante àxi^iiocr' très bien attestée, et 
d'ailleurs possible) ; dbte(T|i6c < guérison » (Ps. Callim.), 
d'où dbcéa|xioc - tàoiixoc (Hsch.) ; &xcoic « traitement «, 
• guérison» (Hdt., IG II", 3575), «réparation» (IG IV 
1,102,276, Épidaure ; SIG 241 A) ; d'où (ix4oi(ioç « salu- 
taire » (PL), ixéotoç « guérisseur » épithète d'Apollon 
(Paus.), et Axcolaç • lorpéi; (Phot.). 

Noms d'agents : dbeéorup « sauveur > épithète d'Apollon 
(E. Andr. 900) avec le fém. ixeoroptç (hapax Hp. Fiai. 1) ; 
sur la fonction de -TUp dans àxéorup, voir Benveniste, 
Noms d'agent, 45, sur le féminin, Lejeune, R.Ph. 1950, 12 ; 
dérivé tardif àxeoropta (A.R., etc.) ; la formation parallèle 
en --r^p est également un hapax (Soph. OC 714), ixcor^p 
t qui a fonction de calmer » épithète du frein des chevaux ; 
sur mycén. akelere et Jakeiere qui peuvent être àxecrc^pe;, 
voir Lejeune, R. Ph. 1960, 17 ; d'où àxatm^ptoç (App.) ; 
aussi àxEOTiQpiov • échoppe de tailleur » (Lib.) ; les féminins 
sont dcxeoTptç ■ sage-femme » (Hp.) ; et ixéorpia « femme 
qui coud » (Sophron, Antiphane, Luc, etc.), le mot se 
dissimule peut-être sous Vakelirija mycénien mais voir 
sous Âoxéco ; enfin dbceirr^p • tailleur > (X. Alciphr.), le 
féminin dcxeorCç, -tSo; désignant des barres de fer dans 
un fourneau où l'on fond (Dsc.) est obscur. 

Noms d'instruments : dxéorpa « aiguille > (Luc., pap.) et 
£xe(TTpov < remède > (S.). Enfin si le féminin £xt) « guérison » 
(Hp. Môchl. 21) existe bien, ce pourrait être un postverbal 
de &xéo(juu ; d'où p.-ê. chez Cicéron &ci(io;, cf. Arbenz, 
.i4d/. au/°- 1(10 ç, 93. • 

Il existe de rares composés qui se présentent sous 
deux aspects : 

1) Composés progressifs (type T^i^liiSpoToç), comme 
(ixeotftSpoToç (Orph^ ou àxc(T(&3uvoç « qui calme les 
douleurs > (Hp.) ; 

2) Composés régressifs avec dcxco- (thème en «) comme 
premier terme, ainsi duccoçépoc « salutaire > (E.). 

Ces mots présentent pludeurs traits originaux : 

1) Us ne jouent en attique, notamment au sens médical, 
qu'un rôle secondaire : ils ont été victorieusement concur- 
rencés par la famille de tiio|jtat, etc. ; 

2) L'emploi s'eu est surtout conservé au sens général de 
<: réparer, arranger >, particulièrement à propos du tailleur ; 

3) La racine se rapporte originellement à la notion de 
remède, mais ne s'applique pas à celui qui soigne, au 
médecin ; elle n'a fourni aucun terme répondant 4 locrpéc : 
dcxear^p, àxeorpt;, àxiorpuc, àxc<m^, tous ces termes 
ont des emplois divers mais qui ne répondent jamais 
à ceux de la.rp6ç. Voir aussi N. van Brœk, V^eabiUaire 
médieal, 75-110. 



xucos 



— 50 



El.: Potir établir une étymologié, on peut aussi bien 
considérer ie sens de c guérir » comme une spécialisation 
de < réparer >, ou • réparer > comme une extension de 
• guérir». Il semble toutefois que àxcïoOai soit bien un 
terme médical, mais il se distingue de lâoOai parce que 
le mot ne se rapporte pas au nom du médecin, et d'autre 
part, a pour complément, non comme lâoOai un nom de 
personne, mais ie nom de la souffrance ou de la blessure 
à laquelle il est remédié. Enfin les mots dialectaux èçoxeïa- 
âai. âtpax£Ïadixi semblent indiquer que les formes du 
type £xoç. etc.. sont des formes ioniennes à psilose (cf. 
Buck. Greek Dialects, § 58 c). 

Il faut donc trouver une étymologie qui admette une 
aspiration initiale. On pourrait se demander si nous n'avons 
Das une spécialisation au sens d'» apaiser » de la racine 
qui figure dans àxécov. àxi), yjxa, etc., ou bien, ce qui serait 
plus plausible, si nous avons un terme vraiment technique 
'iifk-ltj. '■-, que l'on pourrait rapprocher d'irl. hlcc «guéri- 
son «, gali. iach. 

ÔKoomî : « orge » (Nie. Al. 106). Selon Hsch. chypriote, 
selon les sch. ABT, //. 6,506 thessalien, p.-ê. comme équi- 
valent de ffÏToç. cf. Bechtel, Gr. Dial. 1,204. 

En outre verbe dénominatil au part. aor. îjnroç àxocTTjaaç 
ixi cfiiTVT) un cheval bien nourri à sa mangeoire (//. 6,506, 
15,2GJ!. 'AyoaTêtj, dcycaTai. (sic) dans AB 213. 

Enlln Hsch. fournit la glose xodrat ' 3tpt6ai. Comme 
l'a de àxocr-rr n'est pas une prothèse et qu'il n'y a pas de 
nison pour qu'il soit tombé, xoarai résulte p. -fi. d'un 
accidiînt Dhiiolositiue. Le mot usviel pour orge est xptfr^. 

E\. : ( )n voit dans ce mot un dérivé du thème en s attesté 
dans lai. acus « balle », cf. aussi got. ahs, v.h.a ahir « épi ». 
Ce serait un substantif féminin formé à l'aide du suffixe 
'■lo-l-lâ-. L'ensemble pourrait se rattacher à âx- 
(ïKpoç. etc.l. Cf. encore HyyT! et àj^upov. 

aKoûtii : f. àxoùaoïxai (tardif àxoùcrto), aor. ijxoutjœ, 
pf. àxT)xoa (tardif àxouxa Plu., p.-é. laconien) ; ijxouxa 
ipap.l ; àxYjxouxa (Hérod.) ; au passif àxoùo^tai, tjxoùctGtjv, 
motjauai, « entendre, entendre dire, comprendre » et après 
iloniire « avoir telle ou telle réputation ». Le mot est 
attesté durant toute l'histoire du grec depuis IHomère. 
L'adjectif verb. est âxoudToç (H. Hermès, ion.-attique), 
d'où àxouCTTéoç (ion.-atl.) et àxouarixéç (tardif). Quelle 
que soit l'étymologie du mot (cf. Et.) le thème de présent 
semble reoosor sur *àxoua!/a», cf. i^xouafiai, y)xoùa97]v, 
mais le parfait àxrixoa doit représenter *àx5ûco/a (sur le 
problème phonétique, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,348, Lejeune, 
Phonétique '217',. 

Un premier nom d'action est ôxouy) (Hom., Sapho) 
et ixor. fion.-attique) ; pour le traitement phonétique, cf. 
Schwyzer et Lejeune. l.l.c.e. ; sens : «fait d'entendre, 
r.uie, nouvelle recueillie » ; sur un emploi particulier du 
mot â Êpidaure (/G IV' 1,126), à propos d'un lieu où se 
trouveraient les oreilles du dieu, cf. Wolters, Hermès, 
49, 1914. 149 saq.. Weinreich. ibid. 51, 1916, 624 sqq. 

Diminutif. ixotStov «petite oreille» (Gloss.). 

Dénominatif 0x01x^7; • àxouE'.ç (Hsch.), d'oii àxoaa- 
TÎjpei; • àpxT) Ttç uaoà Au vaTrovTtotç (ibid.): il s'agit 
pour les citoyens d'apprécier l'importance des acclama- 
tions, cf. Th. 1,87 ; pour àxouâÇofiai qui pourrait être un 
dénominatif, cf. plu^ laiu. 



Dérivé en -mç : (ibeouaiç « fait d'entendre » (Arist. etc.) ; 
avec le dérivé inaùaiyux; « fait pour être entendu » (S.). 
Dérivé en -[ta, : &KO»apM « ce que l'on entend », 
« musique », etc., « rumeur », enseignement oral dans 
l'école pythagoricienne (S., X., Arist., etc.), cf. 
Radermacher, Festsehrifl Krelsehmer, 162 sqq. D'où 
diminutif dcxouafxdTiov (Ps.-Luc. Philopatr. 18) ; adj. 
àxouafMtTtxà; «novice dans l'école pythagoricienne» 
(Jambl.). 

Nom d'agent (outre à)co6ç = (bcouorixôç PI. Com. 226) : 
dbtoixmî)? « auditeur, disciple » (Mén., D.H., etc.) qui tend 
à se substituer à dbcpoa-rôç. Nom de lieu : ixouffT^piov 
« salle de conférences », « auditoire » (Gai., Them.). 

Quelques formes verbales dérivées : àxoudÇofiai « tendre 
l'oreille» (Hom.), «ausculter» (Hp.) est un déverbatif 
expressif plutôt qu'un dénominatif de dtxouYj (cf. Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,735 et Mélanges Pederscn 69). Désidératif ; 
àxouaeitJ (Soph. fr. 991). EnOn àxouTtÇco LXX Ps. 50 
(51) 8, Cani. 2,19 «faire entendre, enseigner» présenté 
une structure étonnante. La forme est confirmée par 
AB 365,3 ; chez Hsch. les manuscrits hésitent entre 
àxouTÎCto et ôxoutiTÎÎ^to : c'est évidemment cette dernière 
forme que l'on attendrait. 

Le verbe àxoùo> se combine avec de nombreux préverbes : 
Sipc- « entendre jusqu'au bout », ou « apprendre par 
quelqu'un » (ion.-alt.) ; elo- (Hom., etc.), èv- (Hp., 
koiné) ; il- (iou.-alL), bn- (Hom., etc.), xar- (ion.-att.), 
TCpo- (Hdt.), Û7t- (Hom., etc.), urrcp- (hapax, Com. Adesp. 
1175). Le substantif thématique ancien répondant à ces 
composés comporte un allongement à l'initiale du second 
terme (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,397, en dernier lieu 
Kurylowicz, Apophonie 264 sqq.). Exemples : hzijy.ooz 
« qui écoute » (ion.-att.) et ÈTràxooç au sens de « témoin » 
(dorien, etc.) avec la forme de duel athém. èTrâxoe, lacon. 
(cf. Buck, Greek Dialects. n"' 72 et 73), xarYjxooç (ion.- 
att.), ÛTTifjxooi; «sujet » (ion.-att.), et ûtttjxoov cumin cornu, 
Hijpeeoon praecumbens. En outre dtvrjxooç qui « n'écoute 
pas », EÙ- (Hp-, Ar.), ôçu-, ttoXu-, ctuv-, çtX-, etc. 

Quelques formes secondaires et divergentes se présentent 
sans allongement : soit dans le féminin issu de àxoY) : Tiap- 
(Plat.), elç- (Phil.), Ott- (LXX, NT), soit dans les 
composés tirés du thème de présent : èTtâxouoç (Hés. 
Trav. 29, Call.), Û7t- (A.R.). L'allongement de la première 
syllabe du second terme s'observe également dans âv/jxoua- 
Toç, d'où âvrjxouCTTéto (Hom., Hdt.) et àvTjxouaTux. 

Un composé tardif avec àxouai- comme premier terme : 
àxouotÔeoç « qui se fait entendre de dieu • {AP 6,249). 

Le verbe àxoûto qui s'est trouvé à l'origine en concur- 
rence avec des thèmes aoristiques, mais ayant fourni 
des présents, œlo- et xXuo-, s'est imposé rapidement dans 
le vocabulaire grec (le sens d'àxpoàojjiat « tendre l'oreille » 
est un peu différent). 11 subsiste en grec moderne. 

Et. : Deux voies ont été explorées pour l'étymologie : 

1) On a vu dans àxoiwo un composé *iy.-ouc-y(i> 
« tendre l'oreille », de àx- (cf. sous àx-) et o5ç cette 
étymologie pouvant s'appuyer sur le parallélisme du 
composé dcxpoâofxai. ; 

2) On a rapproché le mot de got. hausjan « entendre » ; 
dans ce cas à peut être le degré zéro de 'en « dans • 
(Prellwitz), ce dont on n'a que fort peu d'exemples sûrs 
en grec ; ou bien un alpha augmentatif (de *sip-? cf. 



— 51 



iicTatvw 



Scbnider, KZ 30,465) ; ou encore une prothèse (Benveniste, 
BSL 32,76; Meillet, BSL, 36,107). Si l'on admet cette 
seconde explication, on considérera V» flnal du thème 
comme un morphème verbal p.-ê. désidéralif. II devient 
dès lors possible de rapprocher dxetjei • T»)p«ï. Kiinpioi 
(Hsch.), qui sinon resterait isolé : le mot est en outre p.-8. 
attesté en crétois Loi» de Gorlynt 2,17, au sens de 
«surveiller» {?). Et enfin, sans prothèse, xoéw, dor. xoàu 
qui signifie « entendre, comprendre • (voir b.v.). 

C'est la seconde explication qui est généralement donnée 
aujourd'hui. 

èucpEi^S, voir £if)(ii et &cpo<;. 

cucpau^viîs : «intact, inviolé, pur > [tragiques, grec 
tardif, mais Th. 1,19,52 emploie le mot au sens d'intact). 
Dérivé tardif dbcpaKpvô-njç {Bh. Mus. 47,614 dans un 
commentaire du Parm.). 

Et.: Le sch. de Th. 1,52 analyse le mot en dc-xepato- 
9av^ç = àxépatoç ce qui est absurde. Pas d'étymologie. 
On serait tenté, plutôt qu'une forme à a privatif, d'y voir 
un compost de ébtpoç ; le second terme semble identique 
i l'adverbe a£çvr,ç, mais qu'en faire 1 

ÔKpaxoXos : « irasciblp, passionné » (Ar., PI. etc.). 

Dérivé : âxpSxoXta, ion. àxpTixoXtT) (Hp.). Verbe 
dénominalif àxpâxoX£(o (PI. Lg. 731 d). Le sens étymo- 
logique est « à la bile non mél.ingée, intempérée ». 

Ces mots ont été altérés par rapprochement avec àxpo- 
d'où la graphie dtKpo- dans dbcpoxoXlot (Plu.) et comme 
variante, notamment chez PI. 

EL: La relation avec xpî- «mélanger» de xpân^p, 
SxpâTOç, etc., est plausible. On pose '*à-)tp5T-xoXoç en 
rapprochant cùxpâç, -xpàro?. Mais ce type de composé 
sans voyelle de liaison est insolite : on attendrait dcxpâ- 
té/oXo; qui est d'ailleurs attesté sous la forme àxpTjTéyoXoç 
chez Hp. Selon F. Solmsen, Untersuchungen 30 sq., l'adj. 
serait tiré de l'expression fixpa X°^'h- 

Mpcfiûv, voir dcx-. 

àicpTSiîSi -Éî : « exact, précis », d'où parfois « avec 
parcimonie », terme surtout attesté en prose attique, 
il a tenu une place dans le vocabulaire scientifique (cf. 
Lu. Ep. s.u.) ; le mot s'emploie aussi dans la théorie du 
style (WessdOrler, Die <tn\oao<pLa des Itokrate», 95 sqq.). 

Dérivé d(xp(6eta exactitude, d'où parcimonie (ion. 
itt.). 

Plusieurs verbes dénominatifs : 1. dxp(66cd, d'abord 
factitif « rechercher ou exprimer exactement » (ion.-att.) 
chez Arist. au sens intransitif «être exact». D'où àxpt- 
6«ok; (Joseph), âxptôwfia (Épicure, Phid.) ; 2. dxpi6ât<o 
m(me sens (tardif), au passif « être exigeant, fier » 
(LXX), blâmé par Pollux 5,152 ; d'où ixpiêaanéç 
■ recherche exacte, ordre donné » (LXX), àxptSaojia 
«ordre donné» (Aq.), àxpiôaCTTrji; «enquêteur, personne 
qui fait la loi » (Aq.) ; 3. àxpi6£'J<o et âxpi6eûo|jiai « user 
d'exactitude, expliquer exactement » (S. E. ; au passif 
P. Amh. 2,154). 

Le mot, sous la forme àxpt6o-, sert de premier terme 
i quelques composés dont le plus usuel figure dans le 



groupe de dbtptSoXoYéoiuu tdiseutw «vee pridsioo» 
(PL, etc.), -XoTfta (ArisU), -X6fo<: (Timon de PUionte). 

La famille a subsisté en grec moderne et sous la foriM 
ixpt66ç l'adj. du sens de < parcimonieux > est passé A oetui 
de < coûteux, cher >. 

El. : On est tenté par l'hypothèse de Schwyzer qui voit 
dans le mot un composé de jûpo; et de ép. et6«» « verser •, 
avec l'image d'un récipient rempli à ras bord, et iotacisme 
(i pour Cl comme dans îjidc-nov) cf. Schwyzer, Gl. 12, 
1922, 12 sqq. et Gr. Gr. 1, 193. L'existence d'un premier 
terme de composé dbcp- est probable. 

dKpîsi -t8oç : f. « sauterelle » (//. 21,12. Ar., Arist., etc.)- 
Dim. dcxpCSiov. 

Composés : ixptSoOiîpa ou -9ï)xa t cage à sauterelles » 
(Theoc. 1,52) ; -çôyoç. 

El,: La scholie d'Hom. /. c, explique le mot 
parce que l'iSxpiç est -rà &cp« ioOiouoa, ce qui n'est 
pas admissible. Parmi les explications modernes eitons 
celle de R. StrOmberg, Worlslitdien, 15 sqq., qui rapproche 
le mot de xp(2[co, l'animal étant nommé d'après le bruit 
qu'il fait ; l'a- initial résulterait alors soit d'une prothèse, 
soit d'un rapprochement fautif avec &cpoi;. Discussion 
des autres hypothèses chez StrOmberg, f. e. 

àKpoâo|MU : < écouter avec soin, attentivement », 
quelquefois < obéir > (ion.-att., etc.). Se dit aussi du disciple 
d'une école philosophique, ou d'un lecteur (puisqu'on 
se faisait lire les textes). C'est un composé de *xpoç et de 
o5ç : àxpov ouç ne pouvant signifier autre chose que la 
pointe de l'oreille, le terme équivaudrait en définitive à 
« tendre l'oreille » (Frisk, GHÀ 56 : 3,21). Mais cf. Szeme- 
rényi, SI. Micen. 3, 69 sqq. 

Dérivés : êatpàotaiç « le fait d'écouter, conférence, salle 
de conférences » (Plu.) ; âxp6apux « ce que l'on entend », 
notamment « récitation, pièce de musique », parfois 
« acteurs » ou « chanteurs », cf. L. Robert, Hermès, 1930, 
116, etc. (X., Arist., Plb.) ; d'où ixpoa(iaTix6; «destiné 
à l'audition », donc < ésotérique » (Plu.) ; AxpottTi)^ «audi- 
teur, disciple» (ion.-att., etc.) «lecteur» (Plu., cf. plus 
haut) ; d'où ixpoa-rixâi; (tardif) ; ducpoôcT^piov, avec le 
suffixe de sens local « salle d'audience », etc. {Ad. Ap., 
Ph., Plu.). 

A côté de àxpoioiuti, àxpodcCo[jiai en syracusain (Epich.). 

Le grec moderne continue d'employer àxpoûfxai 
« écouter », « suivre un cours », • ausculter », avec i)tp6aaiç, 
etc. 

aKpos, voir èx-. 

à,Kxaivu : « redresser ». .Ssch. Eu. 36 àxTalveiv 
oriciv se tenir droit, cf. Trag. Adesp. 147 avec le complé- 
ment iiévoç, et la glose d'Hsch. dfcxTatvetv • (irreoptÇtiv ; 
une variante ÛTroaxTatvovro semble avoir existé Od. 23,3, 
cf. la glose d'Hsch. ÙTroaxTalvovro • {rpcfiov, et Ludwich, 
N. Jahrbacher f. Phil. 1895, 1-8. 

Il existe un doublet refait sur le modèle des factitifs 
en -du, qui a fourni un aoriste àxTaiv&oai attesté Anacr. 
137, PI. Corn. 180, cf. encore PI. Lg. 672 c Stœv ixTatvûoTj 
èauT& Tâ}(taTa < dès qu'il se dresse sur ses pieds 'cf. 
Immisch, Phil. Woch. 48,90S). 

Enfin chez Hsch. une glose assez confuse : dbcTodCcov ' 

àoCT^^tà)), 7rpo6u(10ti(UVOÇ, fj ipiXTJf RXl)pÛV, ^ (iCTCMptCcM. 



aKTatvu 



— 52 — 



Et. : On rattache habituellement ces mots à Ayto avec des 
intermédiaires *ixr6ç, *dbtTâû>, cf. pour cette formation 
Schwyzer, Gr. Gr. 1 705. Mais le type ne peut se comparer 
immédiatement avec la série claire de dbcoXaoTalvcd tiré 
de ixôXamroç, etc. Le sens fait diiBculté et ia glose d'Hsch. 
btTraxTatvtov • ô xiveïotfat art SuvâfjMvoç pourrait donner 
à croire que le sens oriftinel serait « se mouvoir ». Autre 
èlymologie qui ne vaut pas mieux (cf. àx-, àx-c^j) chez 
Bechtel. Lex. 175 sous iXTatvm. 

ÔKTéa : (B., Luc. Trag. 71) et par contr. àxrfj (Emp., 
Hp., Thphr.l. une lois dbcréoc m. (Thphr. HP 3,4,2) 
Samhucus niqra, « sureau». Dérivés àxTeCvoç et àxTivoç 
(Simon. 147,1, Thphi.i « en sureau ». 

El.: Inconniie, mais le snflixe entre dans un type 
usuel, cf. Chantraine, Formation, 91-92. Le mot a été 
emprunté par le lat. soiHS'ia forme aclë. 

1 àicnî : f. « cap, pointe, côte escarpée » avec des épi- 
thètes comme -,:poftxouaa (Od. 24,82), Tpïjxeîa [Od. 5,425), 
Û(|(tiXt] (/i. 2,395). Usuel chez Hom., Hdt., les Tragiques. 
Rare en prose attique (X., Lycurg.). Comme terme géogra- 
phique le mot a survécu pour désigner des caps ou des 
péninsules. 

Dérivés : àxTaïoç, -a, -ov qui se trouve sur la côte 
(Th., Hp., Gall., etc.) ; fém. dbcTaUc est un nom de plante, 
actéeen épi, Aelaea Spicata, cf. StrOmberg, Pflanzennamen 
115 ; nom d'un mortier de marbre (Cléarch.), cf. àxTÎTT)ç. 

"Axtioî; n'est allesté que comme épithète de Pan 
i'Theoc). d'Apollon (A.R.) ; àxTiov = dcx-nr) (,3il.) ; àossi 
la piaule jJoùvtov, terre-noix (Dsc), cf. Strômberg, ihid. 
Celte plante porte aussi le nom d'àxTtvY) (Dsc), cf. 
Strfimberg ; àxT^T»)!: habitant de la côte (A.P.); le 
mol est surtout employé pour désigner le marbre que l'on 
appelle aussi Ilsipaixôç finscr. ait.), cf. le nom d'àxTï) 
donné à la péninsule du Pir6e : S. (fr. 68) emploie le mot 
pour le marbre de l'àx-rn d'Argolide : au f. Ttérpoç àxTÎTtç 
lAlh. Milt. 31,143). Enfln. Plu. 668 b explique dans le 
proverbe a:f)(iepov àxTotaùifiEv le verbe àxTctÇeiv comme 
sisriiiflant « banquetons (sur la note ?) » et étant dérivé de 
ix-Dt); aucune raison de ne pas accepter cette explication. 

Le mot àxni qui signifiait proprement «côte escarpée» 
a donc pu désigner soit la côte en général, soit dans le 
vocabulaire géographique le cap, la péninsule. 

El.: Pas de 'digamma initial. Le mot doit appr.iienir 
à la grande famille de' Stx-, mais a pris un bens spécial. 

2 ÙK-rq : f. vieux terme traditionnel presqu»»- unique- 
ment attesté dans l'épopée, en fln de vers, dans les"foTmules 
AriuTjTEpo; àxTif]v {il. 13,322, 21,76), ôXeptTou lepoO àx-nfiv 
^Il. 11,031), ou dXiptTOu àx-nfj {Od., 2,355; 14,429). Ces 
exemples prouvent que le vieux mot est lié au culte de 
Démêler nourricière et qu'il ne peut signifier proprement 

• farine » puisqu'il a àXçtTou comme complément. Chez 
Hés. le'fiwt est employé à propos du battage Tr. 597 
et 805 Ariur,TeBQÇ tepèv âx-nfjv, ou dans le Bouclier 290 à 
propos d'épis sur pied. Hsch. le glose par Tpoçï). 

El.: Inconnue. Aucune ne s'impose. Cf. skr. asndii 

• manger > 7 

ttKTijpis, -Boç : f. « nerche » (Achae. 21), plus précisément 
fourche qui soutient li iimon d'une voiture (Poil. 10,157). 



Et.: Le sens technique donné par PoUux invite à voir 
dans le mot un composé dont le second terme serait 
apparenté à èpetôo> < soutenir ». Le premier, qui devrait 
exprimer l'idée de « droit », fait penser au verbe obscur 
àxTalvb). 

âKTts, -ïvoç : f. (Hdn. cite uit'^WMn. ix-rlv) trayon de 
lumière, notamment rayon du soleil > (Hom. toujours au 
pluriel, poètes) ; parfois métaphor. chez Pi. ; rayon d'une 
roue (AP 9,418). 

Quelques composés techniques'et'Jlaati^ où âxtL; sert 
de premier terme de composé : db«ivo66Xoç, -^\ktù, 
-|3oXta : "Ypaipla, -etSTjç, -xpixMp. 

Dérivés : àxTivco-réç « orné de rayons > (Délos, iv* g, av., 
d'une çiàXï), Ph., etc.) ; àxTivûST)? « en forme de rayons » 
(Philostr.) ; adv. ôxtivtjSôv (Luc). 

Et. : 'AxtIi; entre dans la série des quelques termes du 
type SeXçiç, yyjny/iii, «àStç qui semblent fournir des dérivés 
de noms. On a l'habitude de rapprocher skr. aklù- qui 
signifie à la fois « rayonnement » et « nuit ». Sur les 
problèmes philologiques que pose ce terme, voir Renou, 
Monogr. Sanscrites 2,6. On évoque aussi got. uhlwo (germ. 
'unxlwôn-) «aube» et avec un autre phonétisme lit. anktll 
« tôt ». Voir Frisk, avec la bibliographie. 

âKuXosi -ou : m. (f. Theoc 5, 94), le fruit comestible 
de l'espèce de chêne appelée Quercus Ilex (Hom., Pherecr,, 
Arisl., Theoc, Thphr., etc.) voir p. ex. la note de Gow 
à Théoc. 5,94. Désigne parfois un'i&tnement en forme d« 
gland: en ce sens, /G I', -313, 62 fi"M-i, 69. Dérivé : 
àxuXtùToç « avec un orWMnent en forme de gland », 
IG IP, 1427, 93. 

Et. : Obscure. Les rapprochements avec £xoXoi; et 
avec skr. aéndli « manger • restent en l'air. 

âKtdv, voir dtx-, etc. 

âXôSa : (JiéXav & ypicpoiicv (Hsch.), iXâÔTt) • Xivvôç, 
<T7to86<;, xapxivoç, Û7r6 8è KuTrpttov (laptX-»] (Hsch.), dtXà&>j • 
SvOpaxeç (Hsch.). Sauf xapxLvoç toutes ces gloses se 
rapportent à l'idée de « cendre, charbon, noir », et le 
mot serait chypriote (?). 

El.: Ignorée. Hypothèse de Petersson, IF 34,241. 

àXâSacTTOs ou -OTpoç : m. « vase à parfum sans anses 
en forme de sphère, souvent fait en albâtre ». Chez Hdt. 
3,20, Cambyse envoie jxûpou àXâ6ac!Tov. En outre attesté 
chez les com. La forme ancienne est ôXâSacrroç, cf. SI G 
103 et IE\. Dion. 102 Erbse. Le neutre àXa6â<jTpov se 
trouve attesté à Délos au «i« siècle av. J.-Chr. et chez 
Theoc. 15,114. Les formes en -rpo- peuvent s'expliquer 
par l'analogie des dérivés en -rpoç, et surt^ft des noms 
d'instruments en -Tpov. 

Composés principaux : àXaSaoTo&rjxYj (Ar. Fr. 548, 
IG IV 1425), àXa6a<iTO<p6pO(; (:Esch. Fr. 715). 

Dérivés : dimin. ôXaââaxiov (Eub. 100) ; — àXaSàorpiov 
carrière d'albâtre (pap.) ; — ôXaôâcTpiva ëpya (pap.) 
et àXa6aoTpîv») se. XtOoTOfxla (pap.) ; — àXa6aaTptTr)i; 
se. Xt6oç (Thphr.) et àXaêaormç Trérpa (Callix.) ; (iXa6dtff- 
Tptov carrière d'albâtre (pap.), d'où dcXaêaarpcivtTT); ouvrier 
d'une carrière (pap.) cf. Redard, Noms en -ttji; 35. 



— 53 



&Xci6s 



Et.: Emprunt probable. On évoquera l'hypothèse de 
Selhe, Sb. Berl. Ak. 1933, 887 sqq. qui tire le mot de 
l'égyptien "a-la-basle « vase de la dôesse Ebàste » (?). 

àXôSilS : ou àXXiê-Tjç, -tjtoç, t. « poisson du Nil, labeo 
Niloticas • (Str. Ath., pap.). Vient de l'égyptien repi ou 
lepi, voir Thompson, Fishes s.u. 

âXa^ûv, -6voç : m. et f . « charlatan, vantard » (com. et 
pros. ion.-all.), opposé par Arist. Eth. Nie. 1108 a à etpcav. 
La glose àXa!^<ôv • ô àXûfjLevoç oûtmç 'AXxaïoç (Fr. 31 
Kock) ne doit être qu'un jeu de mot du comique. 

Dérivés : àXaî^ovtxâç (Hp., X., Arist., etc.) ; àXa^ovtaç, 
-ou vantard (Hdn.), pour le suffixe, cf. Chantraine, 
Formation 92 sqq. ; dtXa^ocrJv») (Aq.). 

Verbe dénominalif àXaCovEÙo|iai faire le vantard (Com., 
PI., orateurs), d'où àXaî^oveta (Ar., PI., orateurs), àXaÇ6- 
VEU(ia (Ar., orateurs). 

Composé poétique àXat^ovoxotuvoçXuapoç « au bavardage 
vide el vantard » (.\rchestr.). 

El.: Bonfante {BSL 37, 77 sqq.) a supposé de façon 
vraisemblable que le mot n'est autre chose que l'emploi 
comme nom commun du nom de tribu thrace légèrement 
modiné, 'AXaCtôve; (Hdl. 4, 17,52). Cf. avec une coloration 
différente vandale ou ostrogolh en français. 

àXaXâ : cri violent, particulièrement « cri do guerre », 
interjection devenu substantif au ssr. (Pi. N. 3,60, /. 7,10, 
pcrsoniiillé "AXaXa Pi. Fr. 78), t,'énéralement au plur. ou 
adverbial xXaXxl Ir] Ttaiwv {.\t.]. 

Dérivés ; àXaÀTjTÔ: « cri de guerre, de victoire, 
parfois d'angoisse » (//. liés. Pi., etc.). L'hypothèse de 
M. Leumann, Hnm. W'ôrler 211, que àXaXTjTé:; est propre- 
ment tiré du pf. àXàXrjfjtat el a été rattaché à àXaXâ par 
fausse interpriHalion d'il. 16,78, est invraisemblable. 

Verl)e dénoniinatif àXaXâ^w, futur et aor. en Ç (poétique, 
en outre X. qui emploie le mol pour le cri de guerre) ; ce 
type de présent avec la conjugaison en ^ est caractéristique 
des verbes exprimant un cri ; nombreux composés, notam- 
ment avec àv-, àv--, èTi-. — Dérivés : àXaXayfxôç (Hdt., 
E., Plu., .\rr.), -(-aa (Call.. I.XX. Plu. ; déverbal en -5 
àXdXïyrj (h-ipax, Sopli. Tr. 206). 

El.: Interjection reposant sur une onomatopée que l'on 
rapproche du comp. skr. alalâ-bhàvanl-, encore que les 
deux termes puissent avoir été créés indépendamment. 
Cf.Theander, Jîranoi 15,98 sqq., Kretschmer, G/. 9,228 sqq. 
L'important est que l'interjection a servi de cri dQ^Vuerre. 
La coloration de èXeXcD, ôXoXûî^cù, etc., est différente. 

âXâXuy^t -u-pcoç : f. « hoquet sanglot •, (Nie. Al. 18). 
El.: Contamination expressive de XijyÇ avec un autre 
mot ; p. ex. iXo^Xà 1 

àXâo|iai : f. âXT;oo(i.ai ; aor. ép. à).f,67)v, pf. homérique 
(un seul ex. Irag. E. Andr. 306 lyr.) âXâXT,CT6at, dcXaXTjficvoç, 
qui équivaut à un présent intensif (pour l'accent p.-ê. 
éolien, cf. Chantraine, Gr. Hum. 1,190, Wackernagel, 
GiiH. Nachr. 1914, 117 sqq.). Sur l'origine du présent qui 
n'est pas un dénominatif, cf. El. Sens : « errer, aller çà et là, 
s'écarter des, parfois » être exilé ». Le thème de présent 
subsiste en ion.-att. (outre les tragiques. Th. et orateurs). 



Un doublet probablement secondair» diXadvu m trouve 
attesté rarement chez les Tr. (.Ssch. Ag. 82, etc.)- 

Formes à préverbe : dor-, èÇ-, fcp- (Hom.)i ow-. 

Substantif déverbal £Xt) {Od., Hp., rare dans trag., prose 
tardive) ; àXela {AB, Hscb.) pourrait faire poser un verbe 
àïKsûtù. 

Noms d'agent : dX^-n); m. t errant, vagabond >, Hom. 
seult. Od., toujours de mendiants, parfois d'exilés dans la 
tragédie ; se trouve, outre les poètes, chez Hdt. et en prose 
tardive ; sur dor. dcXâTÔtç, cf. BjOrclc, Alpha impurum 165. 
Fém. dcX^Tiç, -i8oç (tardif, employé notamment pour 
une fête d'Athènes appelée aussi al<dpa • balançoire >, 
cf. Ath. 618 e). Dérivé iXTjTixéç (D. Chr.). Verbe déno- 
minatif àXTQTEÛoj {Od., trag. prose tardive) qui met l'accent 
sur l'idée d'un état durable (vagabonds, chasseurs, 
exilés) ; d'où àXïjTeta (.ffisch. E., grec tardif). 

Le doublet attendu de iOàjTtjç est àXij-nijp selon Aristox. 
à Ithaque et à Sicyone. — Quant à la glose d'Hsch., 
àXrgTCdp ' tepeùç, v. Masson, R.Ph. 1963,215-218 et v. aussi 

XTJTCOp. 

Enfin àXT)|jLtùv terme épique rare « vagabond », à côté de 
7CTt<>x6ç (Od.), repris par AP 9,25 à propos de planètes. 
D'où àXT)(ioaùvir) (Man.). 

Noms d'action : SX-»)|ia • ô8oi7topla (Hsch.) avec un 
sufllxe apparenté à celui d'dX'i^(Xb>v ; àXT)TÛc (Call. Man.), 
sur le sufTixe, voir Chantraine, Formation 291, Benveniste, 
Noms d'action 67-74. 

'AXâXays ' ''1 TrXâvT) (Hsch.) peut-être une forme expres- 
sive comme le montrent le redoublement et le suffixe à 
nasale. 

Toute la famille de àXàofiai a été victorieusement 
concurrencée par celle de 7tXav(io(xai. 

El. : On admet un vieil intensif, en -dto(xai (cf. avec 
un autre vocalisme 7toTào|iai, etc.), auquel on trouve un 
correspondant dans lelte aluôt < errer ». La série de lat. 
ambulô, etc., est beaucoup plus loin. 

En grec le rare :^Xâaxb> (v. s.u.) doit être senti comme 
apparenté. Mais àXéa, àXéo|xai, àXûcd sont loin pour le sens 
et il n'est pas profitable de tenter un rapprochement. 



àXaôs : «aveugle» (Hom., trag. dans les parties 
lyriques, A.R.). Le mot, qui est rare, est donné comme 
chypriote dans les A.B. 1095, cf. Ruijgh, Elément achéen 
160. Chez Hom. le terme est attesté dans VOd. (8,195, et 
10,493 = 12,267, dans la formule [jiâvnoç àXaoû au début 
d'un vers métriquement difficile, même si on lit (idtvn)oi;). 
En outre dans la formule àXaiç oxo7tf})v cîxe • ■! montait 
la garde en aveugle .(/Z. 10,515; 13,10; 14,135; Od. 8,285), 
avec la variante, également bien attestée, àXaoaxo:ciT)v 
(composé). Enfin l'adjectif iXa6ç se trouve également 
attesté chez les tragiques ; et p.-ê. au sens d'invisible 
chez Hp. 

Dérivés : dénomihatif factitif dlXaéu, « aveugler », à 
l'aoriste (Od.) avec le composé ê^- ; cf. Wackernagel, 
Untersachungen 127. Nom d'action dcXacoTÙç (hapax Od. 
9,503). 

Rares composés. Outre dtXaoaxoret^, variante homérique 
citée plus haut, on a àXaÔTnç, -i8oç f. (Emp. 49), et 
-U7t6ç (Nonn.). Le mot usuel est -lufXd; (une fois cnoz 
Hom.) qui a remplacé iXaéç. Si l'on en croit les A.B., 
àXaàç pourrait appartenir au fond archaïque achéen de 
l'épopée. 



àXao; 



— 54 



El.: Les termes désignant des infirmités, notamment 
la cécité, sont difiiciles. obscurcis par des tabous ou des 
substitutions. 

L'explication de dcXaôç comme adject. privatif bâti sur 
le thème d'un verbe Pwxm « voir », dont l'existence a d'ailleurs 
été. contestée (cf. s.u.) se iieurte à la difficulté de l'accen- 
tuation irrégulière (cf. âSixoç !) et au fait qu'une telle 
construction logique étonne pour un adj. de ce sens. 

On a cherché aussi à rapprocher lat. luscus « borgne ». 

âXairoÇu : f- -Hc», aor. -Ea «enlever» {Od. 17,424), 
• vider, piller une cité» (//. 2,367), détruire les rangs de 
guerriers [H. â,160 ; 11,503) ; en un seul passage « récent », 
récit des exploits de Nestor, //. 11.750. le mot est employé 
avec comme objet le nom d'une ou deux personnes : 
'AxTootojvE MoXiove TraïS" dcXaTraÇa. Terme très rare après 
Hora. cf. Thgn. 951, iEsch. Ag. 130: chez Panyas. 14, 
! enipi;.. d'un oompléme-t avec êx- est conforme au sens 
oriirinel du terme. 

C(impoâés : Èï- (Hom., notamment Od. 4.176 d'une ville 
que l'on vide de ses habitants pour y installer des colons, 
aussi avec comme complément Teïxoç,- vTJaç) ; ouveE- 
BCH 21.599, Delphes 

Adj. dérive : àXaTraSvôç, proprement «vidé» d'oii 
nfaihle » surtout dans la formule oùx œXaTraSvoç cf. cTTt/eç 
oùy. àÀa-aSvai (//. 4,330), correspondant à àXaTtàÇeiv 
srivac: "Oévoç oi>y. àXœrraSvôv (//. 5.783, etc.). Le mot 
tïL cr.pio-.r sau.^ oùx //. ■2.(i75 et au coinpar. //. 4,305. 
Mot de ': Iliade, Hés. La finale -Svôç ne répond pas à la 
coniupilson en -Eco, -ta, mais le mot entrait ainsi dans 
une Série eu -ovoç, cf. àxtSvoç, auepSvoç. 

Dérivé tardif àXaTraSvoaùvï) (Q.S.). Des formes sans 
a initial sont attestées dans XaTtâCetv ■ éxxevoùv, àtp' o\i 
■al t6 opuyiLo., fut. XaTràÏE'.v .'.'Esch. Sept 47,5311 et 
et. lEich. Ag. 130. LJno forme XaTtaSvôv imanuscrits 
Àcrr-! = âXarcœSvov est très pronable chez JEsch. Eum. 
662. Voir aussi Aarrapoç, A'XTràaaoj. 

Et.: Ces faits convergent pour indiquer que le sens 
oripn.^ e.^i «vider», que l'y. initial est prothétique et que 
ces 1 . appartiennent à la famille de Xârcaôoç, Xa^rdcpr;, etc. 

àXcKTTijjp, àXacTTOç, à.Aaatéui : Le terme central est, 
du point de vue grec. àXà<TTCop et nous l'examinerons 
d'abord. 

'.\Xâ(TTwp, quelle qu'en soit l'étymologie, est un vieux 
terme en -Tœp. -Topo;, suffixe qui désigne l'auteur d'un 
acte par opposition à -tyjd pour l'agent d'une fonction 
(Benveniste. j'Voms d'agent, notamment 45-62). Ce suffixe 
convient il un terme qui d'une part a fourni un nom 
d'homme (cf. //. 4.295, etc.), de l'autre désigne une divinité 
à l'action iniprévi.^iljle et personnelle. Le sens courant 
est «démnu vendeur >• et le mot qui, à l'exception du nom 
propre, n'est pas chez, Hom.. se trouve attesté en ce sens 
4 fois chez IEsch., 2 fois chez S., plusieurs fois chez E. La 
notion de vcns-eance, de châtiment de Vhybris est souvent 
sensible, cf. .l-sch. Pers. 354, Aç. 1501, Eur. Or. 1669. 
Le terme s'observe dans un contexte magique et médical, 
Hp. Morb. Sacr. 1 àXàaTopoç ë/ew, cf. S. Trach. 1235 
ôoTiç [à] Es àXaoTôptov voctoï. Enfin par une participation 
explicable (cf. Gernet, Développement de la pensée juridique 
à morale en Grèce 320) le terme s'applique secondairement 



à un criminel, soit parce qu'il attire le démon de vengeance, 
soit parce qu'il est assimilé lui-même à un démon mauvais. 

Exemples de cet emploi : .ffisch. Eum. 236, S. Aj. 374 ; 
en outre chez D. et Mén. Ajoutons que Chrysipp., Stoic. 
2,47 rattache le mot à àXdwiiai. Il s'est établi autour du 
terme une sorte de halo religieux qui le situe à côté de 
èv6u|xioç, àXiTTjptoç, etc. (voir en dernier lieu 
Ed. Fraenkel, Ag. v. 1501 avec la bibliographie). 

Un adj. dérivé ôXâcropoc; se lit .ffisch. fr. 753, S. 
Ant. 974, et est donné par Pherec. comme épitbète de 
Zeus ; d'où àXaoropta vengeance du ciel (Joseph.). 

A dtXàoTCûp répond un adjectif verbal (SXaoToi;, attesté 
quatre fois chez Hom. comme épithèto de 7rév6oç et de àxoç 
et qui admet aisément le sens d'inoubliable (comme àXâo- 
T6>p signifierait « celui qui n'oublie pas »), les deux composés 
étant constitués sur le thème Xa6- « oublier ». Emploi adver- 
bial àXacîTov ôSùpofjiai {Od. 14,174). Même signification 
chez B. ou chez les trag. (lyr.). Mais on trouve déjà //. 
22,261 l'expression "ExTcp .. . litXatrre «Hector maudit», 
ce sens pouvant à la rigueur se tirer d'« inoubliable » (?). 
Même emploi ou comparanie S. OC 1482. 

On a tiré de âXatiToç un dénom. àXaa-réco {//. 15,21) 
avec l'aor. àXaoTTjaaç (//. 12,163) ou èTraXacmfjCTaoa {Od. 
1,252) ; dans tous ces passages dont aucun ne semble très 
ancien, le verbe exprime la profonde émotion d'un person- 
nage ou son indignation. Mais le lien qui unit le dénomi- 
natif à àXaoToç semble artificiel : « juger que la situation 
est écXatTTOv » n'est pas très naturel, et ne répond pas à la 
fonction habituelle des dénominatifs en -éco. 

Cet ensemble de termes est ainsi rendu difficile par la 
variété des emplois déterminés par le caractère religieux 
de cette famille, qui évoque la vengeance divine ou la 
malédiction. 

Ei. : L'étymologie des Anciens (cf. Ghrysippe cité 
ci-dessus) qui rattache ces mots à àXàoixai. n'est qu'une 
étymologie populaire inacceptable. 

Une autre étymologie ancienne que beaucoup de 
modernes ont accentée consiste à tirer àXâCTTOjp et àXaoTo; 
du thème du verbe XaOetv, ce qui va à merveille avec les 
passages où àXdtdrtùp signifie «vengeur, qui n'oublie pas», 
et ceux où âXatïTOç est l'épithète de &xoç ou de T:év6oc. 
Mais il faut admettre aue ce terme religieux s'est trouvé 
employé dans des contextes où l'idée de dieu vengeur 
n'était plus sentie : les usages de àXaCTTéo> notamment 
sont peu clairs. Aussi a-t-on tenté une autre voie en 
cherchant à retrouver dans cette famille la notion du 
mauvais œil, cf, surtout MuUer, Don. nat. Schrijnen 
649 sqq., Mnemosi/nc, 1929, 116 sqq.. Prévôt, R. Ph. 1935, 
249 sqq., et de façon plus vague Vurtheim, j^schylos 
Schulzflehende, 224 sqq. Cette interprétation admet que 
(itXaoTOç correspond à lat. inuîsus, donc en définitive à 
« maudit » ; àXaarécù signifierait « qui se sent âXaaroç, 
maudit », enfin dtXœCTTop « qui jette le mauvais œil ». Une 
telle explication qui ne se fonde sur aucune tradition 
antique trouverait apparemment un appui chez S. Ant. 
974 dtXaùv àXaorTÔpoiCTiv ô[i(xàTCùv xùxXoiç, mais le rappro- 
chement de àXaôv et àXaaTÔpoioi ne doit être qu'un jeu 
de mots, et àXàcrropoç signifie « qui crie vengeance ». L'éty- 
mologie proposée rapproche âXaCTToç, âXàtTxcop de Xà<o 
« voir » : àXàcTTiûp « qui jette le mauvais œil », etc. En ce 
cas l'a initial serait selon MuUer le représentant de èv- 
au vocalisme zéro (cf. inuîsus), ce qui est presque sans 
exemple; on l'a aussi expliqué par une prothèse. 



55- 



Cette étymologie est artificiell6 et, d'autre part, l'emploi 
de 'AXàorrcop comme nom propre ne lui est pas favorable. 

Je me rai^e à l'explication par le thème de Xav6dcvetv, 
et j'admets lé sens originel « vengeur ». 

ttAyos ; n. « souffrance physique », ou > souffrance » 
en général (Hom., Hp., poètes) ; le mot est donné comme 
chypriote AB 1095 avec la glose ôSûvif). 

Sur le thème àXy- ont été constitués de vieux comparatif 
et superlatif àXytwv, 4Xyiotoç (Hom., trag. ; au comp. 
Hom. n'a que le neutre ^Xyiov). 

Le thème àXyoç flgure dans plus de 20 composés en 
-akfiii dont voici les plus anciens et les plus importants : 
àvoXyT); (Hp., etc.) avec àv^XyilTOç, etc. ; Si- (iEsch.), 
8uo- (iEsch.), ôuji- (Hom., etc.), xapSt- (Hp., etc.), 
xeçoX- (X., etc.), [xer- (iEsch.), îrepi- (PI.), ôoçu- (JHsch., 
Hp.), ÎOTEp- (S.) ; pour des dérivés thématiques, voir 
yXuosapYà; et aTOjiapyôç sous yXûcTaa et aTÔfjia. 

Enfin p.-ê. un composé en s ancien constitué sur un 
thème *àXeYEa-, cf. âXEYEtvéç, avec un allongement de 
la syllabe initiale du second terme dans SucnrjXeYT)? épithète 
de la bataille (//. 20,154), de la mort (Od. 22,325), de liens 
(Hés. Th. 652), du gel {Trav. 506), de citoyens (Thgn. 
795), si l'on traduit par « douloureux » et si on situe le 
mol à côté de âXyoç, àXEYei.v6<; (cf. Leaf ad //. 20,154) ; 
mais cf. les autres composés en -ttjXe-itjç sous liXéybi : 
il est probable que SuoTjXeyr)? signifie originellement 
• impitoyable ». 

Dans àXyEatSopoç « qui donne de la peine » (Sapho) le 
premier terme, qui a en apparence l'aspect du type 
Ttpij/lfiêpoToç, est objet du second terme ; inversement 
àXye(j[6u(xo(; (tardif) est pour le sens comparable à 
TcpijjtfxÊpoToi;. 

Adjectifs dérivés : àXyetvôç « douloureux » (ion.-att. 
assez rare, avec les degrés de comparaison en -éxepoç, 
-6TaTo;), avec le doublet hom. àXEyEivéç créé sur le 
modèle de 8ua7)XEyr,; qui appartient en réalité à àXéyco ; 
il s'est produit une contamination entre les deux familles 
deàXéycû et de àXyoç (Seller, KZ 75, 1957, 8-10) ; âXytv6eiç 
(Hés., Mimn., Xénoph., alexandrins) semble une création 
poétique d'après àpyiv^Etç (?) et métrique (cf. Formation 
des noms 271) ce que confirme le sulfixe -ôeiç ; àpyaXéoç, 
dissimilé de "'àXyâÀEoç, pour le suffixe, voir Formation 
des noms 253 sqq. et Debrunner, IF 23,10 sqq., le mot est 
surtout épique, rare dans la tragédie, très rare en prose ; 
il prend dans l'épopée le sens général de « terrible », 
s'applique à des personnes, et arrive à signifier « dange- 
reux»; dérivé de l'adj. dtpyaX£6T»)ç (Ph., Eust.) ; enfin 
àXyY)p6i; (LXX) entre dans la série des adj. en -Yjpéç et 
se trouve en liaison avec dtXyrjStûv, âXy)Qa<i), etc. 

Verbes dénominatifs : 

a) àXyéoj, -ifjau, etc. (avec t) dans la flexion malgré la 
dérivation d'un thème en s) « souffrir » (Hom., ion.-att.) ; 
d'où SXyi)oi; (S., Ar.) et iïXy7)[i.a (Hp., S., E., Men., etc.) 
le premier terme exprimant la souffrance comme active, 
le second, iMus usuel, comme un état, cf. J. Holt, Les 
noms d'action en -atç 148, et opposer S. Ph. 792, à Ph. 
340 et 1170 ; àXyijSûv, f. (Hdt., Hp., S., E., PI.) entre 
dans une série où la valeur active du suffixe (noms d'ani- 
maux, de maladies, etc.) est apparente, cf. Chantraine, 
Formation 361 ; 

b) déXyùvd) « faire souffrir » (surtout mot des trag. et de 



la prose tardive) entre dans une catégorie de présents 
facUtifs (Schwyzer, Gr. Gr. 1,733) ; d'où les dérivé» tardifs 
SX-fv*mi et àXyovT^. 

"ÂXyo^, dcXyû subsistent en grec moderne. -. 

El. : On rapproche habituellement fiXyt>Ç> àXeyeivéç, etc. 
de iXiyco ce qui est techniquement possible en posant 
'»tel-g- pour SXyoç, à côté de 'aji-eg- pour dcXiyta (cf. 
Benveniste, Origines 152). Mais le sens fait franchement 
difilcH^té, &XéYo> signifiant < tenir compte de > (cf, s.u.). 

Deux attitudes sont possibles. Ou bien on s'en tiendra 
à cette étymologie généralement acceptée, qui rend 
compte notamment de la forme àXeyetv6;. Il faut alors 
admettre que la notion de « tenir compte, se soucier de » 
a pu aboutir à celle de « souffrir » par un développement 
imprévu (euphémisme ?). 

Ou bien on séparera nettement les deux groupes de 
fiXyoç et de dXiyto (en admettant éventuellement un 
contact entre les deux, notamment dans les composés 
en -TjXeyVjç, cf. 8u(jT)Xey:?)ç). Pour la difficulté sémantique 
du rapprochement (ïXyoi;, àXéyw, voir H. Seiler, Griechiaehe 
Steigerangsformen 85 et Word U, 1955, 288. 

En ce qui concerne àXyéu, àXylcov, fiXyioTo;, SXyoç, 
H. Seiler défend la vieille étymologie par lat. algeô, aigus, 
en s'appuyant sur l'évolution comparable de ^lyéco, 
piyttdv, ftytCTToç, mais l'évolution « froid > frisson > effroi», 
s'explique mieux que « froid > douleur ». 

Voir encore Szemerényi, Syncope, 148 sqq., qui s'efforce 
de maintenir pour la forme et pour le sens le lien entre 
àXéycû et àXyoç. 

àXSaîvu, dtXS:^CTx<o, etc. : Il y a chez Hom. un prétérit 
i^XSavs {Od. 18,70 = 24,368) proche pour le sens d'un 
aoriste, mais en réalité, imparfait d'un thème en -àvto. 
Sens « donner de la force, faire grandir » ; présent secondaire 
àXSatvco (ffisch.). D'autre part àXS^oxcù « croître » {II. 
23,599), avec élargissement ê et suffixe -axt») ; « faire 
croître » (Théoc.) ; prétérit itératif àXSr)aaaice (Orph. L. 
370). Un autre présent, ÂXSioxâvco (du type de 69X10- 
xâvco, etc.) est cité par Hdn. 2,716. 

Le substantif SxSt) t croissance » est cité par Hdn. 1,311 
et est probablement postverbal ; àXSYjciç (Max. Astr.) est 
tiré, soit de ce substantif, soit directement du verbe ; de 
même àX8r)(itoç (Method. ap. EM 58,20) « qui fait croître», 
épithète de Zeus (finale analogique de çuTâXpLioi; ?). 

Les composés en -Vjç semblent plus anciens : àvaXSî^i; 
« qui ne pousse pas » (Hp., Ar., Arat. 333), vcaXSifjç (Opp.) 
et veoaX8:^i; (Hsch.). Famille de mots rares et archaïques 
qui tendent à disparaître. 

Et. : Outre les verbes dérivés, il a pu exister un présent 
à suffixe d, peut-être attesté Q.S. 9,475. Tous ces termes 
seraient tirés de la racine qui figure dans fiv-oX-Toi; 
(cf. S.U.), d'où serait également issu déXOaivcd. 

1 àXÉa, aç : f., ion. ôXéi) «chaleur» {Od. 17,23 de la 
chaleur du feu, Hp., PI., Arist.), terme suiitout ionien 
qui désigne la chaleur en général. 

Dérivés : àXeetvàç «exposé au soleil, chaud» (Hdt., 
Hp., X., Arist.), dont le suffixe peut s'expliquer par 
l'analogie de t^xjxeivôç, çoetvàç, à moins de p».-er un 
neutre *dcXEoç, que l'on pourrait déduire de l'adj. àXe^ç 
attesté S. Phil. 858 : Oitvoç àXeif)ç « le sommeil au soleil > 
(la correction âSciq; ne s'impose pas). 



àXèo 



56 



Sur bzSXéa, voir èTrocXT)?. 

Autres adj. : àXu)tp6ç «tiède» (Nie, Al. 386, Epie. ap. 
Et. M. 71,31), cf. àXuxptSv • ev8iv6v (Hsch.) : le mot 
serait créé d'après C J.uxp6ç (ou bien serait issu d'une 
fausse coupe de ce mot en 0"àXu)cp6ç, mais on serait 
oblieé à admettre que le mot présente une aspirée initiale, 
Debrunner, GGA 1910. 6) ; enfin dtXeâv • Oepfjtiv îj 
XXiap6v (Hscii.). 

Verbes dénominatifs àXeœtvo « être chaud » ou 
• chauffer» (Hp., Ar., Arist., Mén.), d'où àXeavrtxôç 
(S.E.l ; Eust, 1636 enseigne que ôXeaivto comporterait 
un esprit rude en attique ; dtXeàî^o « être chaud » ou 
«chauffer» {Arist., Gai., Hsch.). 

Cette famille de mots concurrencée par le groupe de 
ôeppioç a rapidement perdu son importance et subsiste 
surtout dans le vocabulaire médical et technique. Elle 
appartient p.-ê. au vocabulaire ionien. 

Ei.: 'AXéa semble comporter un suffixe -éa (cf. 
Chautraiii. Formation 91). Si l'indication donnée par 
Eust. est exacte, le mot pourrait avmr possédé une aspira- 
tion initiale, la psilose étant ionienne ; et bien qu'il n'y ait 
pas trace d'un F initial en grec on pourrait rapprocher 
a.-sax. siveian « Drûler lentement », v.h.a. schwelen et 
avec le même vocalisme que le grec. lit. svilii. 

2 àXéa. V. âXéofjtat. 

àXéyo) : « tenir compte de », <t se soucier de », <! s'occuper 
de >. généralement avec une négation « ne pas tenir compte 
(le » l'Hom.. Hes.. iyr. une seule fois chez iEsch.) ; s'emploie 
avec ^in., ace. ; et aussi avec év et le datif au sens de 
«compter parmi» (Alcm. 1,2 Diehl, Pi. O. 3,78). Attesté 
seulement au présent. 

I! existe un groupe de composés sigmatiques en -Y)XeyTf)ç 
(avec allongement de la voyelle initiale du second terme) : 
àwiXeyTjç « sans ménagement » épilhèie de 7t6Xeaoç 
O.S.), cf. àvïjAEvéç ■ àqjpOvTisTOV {Hsch.l ; le même 
terme se trouve p.-ë. caché sous l'énigmatique TavTfjXeyTgs 
'■nithèle de la mort (//. 8,70; 22,210; Od. 6 ex.), cf. 
M. Leumann, Hnmerische. Wôrler 45, avec la bibliographie 
citée, mais voir s.u. ; à7r7jXEy^,ç (Nic.1, avecl'adv. àTr/)Xryé<j3ç 
-\ns monagmiient » iHom. //. 9,309, Od. 1.373), et le 
■.■,;-!'0 i-TrrXz-^iuj (.\.R.) ; èvTjXeYïjç " èv Ê7ti.âujxta ûv 
Hscli.) ; enfin SuovjXsyrjç (voir les exemples sous &Xyoc,), 
dont le rapprochement avec àXyoç doit être secondaire, 
et dont le sens originel serait plutôt « qui ne se soucif^ oas 
!c impitovable ». 

^'■•yW.6 dcri'/és. tous deux seulement au présent et à 
' iii!|)iirtait ; iÀ^viLco avec une négation et complément 
iii.irén. (//'., liés,, alex.l : âXsyljvtù, avec le compl. Saïra. 
nv.-.i.- presque toujours, et jamais avec une négation 
''id.. II. Hermès ), d'après èvrùvco. 

El. : Il semble difficile de rattacher pour le sens 
oclte famille de mots à (ÏXyoç, encore que les deux séries 
lient pu agir i';:ne s.iir l'autre (cf. sous (itXyoç). L'étymologie 
d Hermann 7^35,171, admise par Seller, Worcf, 11, 1955, 
■;S8 et surtout KZ 75, 1957 8-10 pose Xi-fto « énumérer, 
I impter « et le préverbe èv au vocalisme zéro. Elle est 
■éiiuisante, mais les exeiiiple.s de èv- au vocalisme zéro sont 
rares en grec. Mais voir, notarrrr'ont pour l'interprétation 
de aktym Szemerényi, Syncope 149-150. 

âXeuTov : n. «coupe ùlioire à deux anses » glosé Séizccç 



par Ath. 783 a, cf. Brommer Hermès 77, 1942, 356 sqq". 
363 sqq. (Hom., Call., Ath.) ; fiXeiaoç m. (Ar., fr. 623). 

Et. : Une hypothèse ches Schulze, KZ 29,255 = Kl. 
Schr. 358. Mais il est probable qu'il s'agit d'un terme 
méditerranéen emprunté. 



ôiAeÎTT]s, ■ijXiTov, &XiTa(v<o, dXoiTàv etc., : groupe 
difncile qui se rapporte à l'idée de la faute, du péché. 

'AXel-njç, -ou « celui qui est en faute » (3 ex. : //. 3,28 
de Paris, Od. 20,121 des prétendants, A.R.) ; fém. àXeÎTiç 
cité par Hdn. 2,67 avec le composé n. pi. f. vTjXetTiSeç 
« innocentes » {Od. 16,316, etc.) ; dérivé âXeiTeia • i) âfxapTta 
(Suid.). Le mot est apparemment un nom d'agent en 
-T7)Ç. Avec un vocalisme o, un exemple de àXoi-n)ç épithète 
de Odcvaroç (Emp. 10), le sens semblant être « criminel » 
d'où « cruel » ; f. 'AXoïtiç épithète d'Athéna (Lyc. 936), 
mais voir aussi sous àX67) ; àXoiréç signifie « criminel » 
(Lyc. 136) ; citons enfin les gloses àXoÏTai ■ xotval 
àiiapTCùXat, Troivat (Hsch.), àXotTrjEtrdav • koivjjv àvav- 
8pov ; àXoiTEÙciv ■ àXtTr)pi.oç eTvai (EM ). 

Avec le vocalisme zéro, aor. ép. également attesté chez 
iEsch. dans des parties lyriques -S^Xitev, vjXtTeTo avec un 
complément de personne » commettre une faute à l'égard 
de»; en outre parf. (?) ôXittjjxevoç «coupable» (noter 
l'accent) dans Od. 4,807 ; prés. àXiTaivo(xai (Hés. Trav. 
330) ; enfin aor. tardif àXtr/joe (Orph. Arg. 644). Le thème 
d'aor. sert de premier terme de composé dans àXtTÔ^evoç 
•< qui commet une faute contre un hôte » (Pi.), àXiToçpooùvT) 
(AP); avec allongement métrique de la première syllabe 
(cf. Gr. Hom. 1,98) tjXitojjltjvoç « qui manque son compte 
de mois» d'où «né avant terme» [II. 19,118, à quoi le 
mot a été emprunté par des écrivains tardifs) cf. Vos, 
Gl. 34, 1955, 290 sqq. ; -epyoç (AP 7,210), -fiTjvi.ç (Epie, 
in Arch. Pap. 7,5). 

Autour de àXiTÉoôai se groupent des dérivés nominaux, 
notamment avec l'élargissement ê: âXt-nfjficov « criminel » 
(//. 24,157 = 186, Call., A.R.). avec le dérivé âXtT7)(i.ocTÙV7; 
(Orph.), et le neutre correspondant àXtriQfjta (AP). 

D'autres dérivés sont plus importants, mais aussi plus 
difficiles quant au sens comme quant à la structure. 
'AXi-nfipioç «criminel» (Ar., etc., cf. Th. 1,126 à propos 
des Alcméonides) mais le mot signifie « maudit » en général 
(Dém., etc.) et même les génies malins (Antiphon 4,1,4 
4,2,8) le terme venant à équivaloir à àXàaTOip ; d'où àXi- 
TT^pWùSiQç (PI., D.C.) ; enfin xàÇ àXiT7)poG (S. OC 371) 
qui suppose un àXtxi^pôç est douteux. 

Autre dérivé important : àXirpéç « coupable, injuste » 
(Hom., Iyr. alex., parfois prose tardive), avec les dérivés 
àXiTpîa (S., Ar.), âXiTpoCTÛvr] (A.R., AP). 

Verbes dénominatifs : àXtxpatvw (Hés. Trav. 243, AP) 
substitut d'àXtTatvto créé sur âXiTpàç pour des raisons 
métriques ; àXixpûv (.ffisch. Eu. 316), qui supposerait un 
àXtTpécd, doit être lu àXixtùv ; àXiTpeuu (MAMA 1,235). 
Composés rares et tardifs : àXirpo-pioç, -vooç. 
Les relations morphologiques entre dtXiTatvco, ijXiTov 
d'une part et àXel-rrjç, àXixTiptoç, dcXtTp6ç de l'autre 
posent un problème. Le groupe -i^Xtrov, àXt-aivo (où le 
présent semble un hapax secondaire et ne peut donc se 
rapprocher sûrement de àXiTp6ç en posant une alternance 
rin) supposent un thème àXtr-. En revanche le second 
groupe présente, du point de vue grec, des suffixes -tt)?, 
-TTQpioç (cf. 9eXx-nf)pioç, IxeTQpioç, XuTfjpioç, etc.), -Tpoç 



— 57 — 



^aAc|w 



fcf. taTp6ç, Sairpéç), ce qui se trouve confirmé par la 
flose iXkpta • ■{) ôfiaprwXéç (Et. Gud.), que l'on ne peut 
analyser qu'en iXt-Tpia avec le suffixe -rpta, tôminin 
de -TQp ou -Ttùp. Il semble toutefois plus naturel que le 
thème originel soit dcXix-, qui rend mieux compte des 
formes verbales, les dérivés du type àXetTTjç, àXi-rfjpioç 
étant secondaires. 

Pour le sens, ces termes archaïques se rapportent à la 
notion de faute morale ou religieuse, mais le sens originel 
doit être celui de faute en général et même d'offense, 
de tort, cf. H. Vos, Gl. 34, 1955, 285-292. 

Et : Pas d'étymologie établie. Depuis Fick, on a l'habi- 
tude de rapprocher le groupe de v.h.a. leid « odieux », allem. 
Leid, ce qui suppose une prothèse initiale en grec, et une 
dentale sourde finale à l'origine. Le sens général que 
suppose H. Vos va bien avec cette étymologie. 

àXeî^fa) : « oindre », employé également au sens de 
■ frotter de • en général (déjà Od. 12,47, eLu. à propos de 
cire pour boucher les oreilles), mais, le plus souvent, il 
s'agit d'huile, notamment pour le gymnase, d'où l'emploi 
métaphorique « préparer à la lutte » (Démade, PI. ap. 
D.L. 4,6). Le terme est hom. et ionien-attique. Temps 
primitifs : àXeiiJ^to, etc. ; pf. dtÀYjXupa et àXTjXt[X(jtai, adj. 
verb. àXetTtTÔç (Hdn., Hp.), qu'il faut p.-ê. lire dcXiTtràç. 
Le mycén. a p.-ê. enaripoto = èvaXiTrréç. 

Nombreux composés à préverbes : àv-, in-, ela-, èv-, 
il-, t-K-, etc. ; aTTaXetçcd et iltxkt'iipu s'emploient avec le 
sens général d'« effacer » (des lettres, etc.). 

Formations nominales : âXctcpap, -axoç « huile pour se 
trotter», «onguent» (Hom., Hdt., Hp.) avec le doublet 
SXEi9a, thème en n (var. Hés. Th. 553, .ffisch. Ag. 322, 
SIC 57,34, .Milel vi^-v» s. av. J.-Chr), cf. Benveniste, 
Origines 93 ; I.-i forme ocÂEipai nVsl j-!r;i,jis- iiiétriquement 
nécessaire; le my-jcnic:' a dal. areiialf ■ de K/Eiçara est 
tiré àXElqjœTiTTiç {ipz'jz: • p.-iiri h i'iiiaic > ;F,picl).). 

Composés d'un thème en s <|ui répond bien à (ïXctçap : 
mycén. wearepe, cf. Chadwick-Baumbach 170, qui vau- 
drait «bien oint » : en grec postérieur Str)XtçT]Ç (S.), (IiXt- 
(Hdl.), VE- (Arist.'], avec vocal, zéro, el allongement de 
la première syllabe. Sur 8L90EpaXo[.9Ôç, voir sous SiçO^pa. 

Au premier terme d'un composé te mycén. a arepazoo 
"bouilleur d'onguent», cf. L,écù, et le grec postérieur le 
composé com. àXeiçô-ptoç « qui gagne sa vie en oignant, 
masseur» (Ar. Fr. 740), cf. Taillardal, Images d'Arislophane 
§547. 

Noms d'action, etc. : àXett}"-? • fait d'oindre » (Hp., 
Hdt., etc.) ; (ïXei[i(xa « onguent » (ion.-att.), avec dcXEifjifjiâ- 
Twv (Diog. ap. D.L. 6,52), àXetfX(xaTa>8Kîç (Hp. Sieril. 
235) ; àXtTTTra glose éolienne {EM 64,40) avec iotacisme 
plutét que vocalisme zéro, peut présenter un traitement 
ïïTt de 9(1 (Schwyzer, Or. Or. 1,301 et 317) ; àXEi<piiç, 
-iSoç f. «fait d'effacer, rature » (pap.), cf. êÇaXetçco, etc. ; 
àXeiçiov • & yj^Si'jii.t. ot dXEÎTrxai (Hsch.). 

Un vieux nom d'action à vocal, o : àXotçr) «graisse, 
onguent» (Ilom. mycén.), .peinture» (PL, IG II' 463), 
«rature » (Septante, Plu.) ; d'où âXotçaîoç ,'Lyc.), àXotçEÏov 
• salle où l'on àXzit^ti » (Eust.), pour le suffixe cf. Fnrm. 
des Noms, 60 sqq. ; enfin le verbe dénominatif àXotçàco 
«enduire» (.Aq.) ; àXoifiéç « badigeonnage » (S. Fr. 69, 
cf. IG II' 463,85) est considéré comme un traitement de 
*iiXoiipn6ç (3chwyzer, Gr. Gr. 1,280, 492). 'AXotç^ a un 



doublet iXiipi^ . peinture . (IG IV 1682) ; vocalisme xéro (î) 
ou plutdt faute d'orthographe (T). 

Noms d'agent : le mycén. a peut-être aropo = *(iXoi9ot 
«hommes qui frottent, peintres (î) ». En grec alpha- 
bétique, dXetîmf)? désigne usuellement l'entraîneur des 
athlètes qui les frotte d'huile (Arist., grec tardif, inscr.), 
avec le dérivé iXetTrrixà; (Plu., etc.) ; le doublet iXeiTtr^p 
ne se trouve que chez Man., mais le féminin àXetTtrpwt 
est attique (Lys., Com.) ; à cet ensemble se rattache 
àXei7rrf)piov «lieu où l'on s'enduit d'huile dans les 
gymnases . (Alex., com., inscriptions) ; mais le suffixe 
-TTjpiov s'observe également dans des noms d'instruments, 
d'où la glose d'Hsch. àXeiïtriQpiov • ypaçsiov Kurepioi, 
mais èÇâXeiTTTpov « boite à onguent •. Enfin il existe un 
équivalent rare de àXetTTTTjç avec suffixe -eti;, dtXeiçEÙç 
{Inschr. Priene 313, 716). 

Et.: On admet généralement que nous avons avec 
alpha initial (a?) un thème 'lei-bh-, à côté de 'lei-p-, 
cf. "klna, skr, limpàli, etc., thèmes tirés de 'Iti-, cf. àXtv<o, 
lat. linô, etc. 

On hésiterait a poser la racine 'lei-, sans labiale finale, 
pour àXoi(x6î, généralement expliqué comme reposant 
sur *<iXoiip-tt6ç (voir plus haut). 

Quel que solt,le sens originel de la racine, tous les termes 
grecs se rapportent à l'idée d'« enduire, frotter» en général, 
d'où le sens de < peindre ». 

à\É^, àXExxpucôv, àXx[, àXaXxEÎv, etc. : Cas caracté- 
ristique d'une famille de mots constituée sous les aspects 
d'un thème I et d'un thème H, cf. Et. 

1. Les formes du thème I apparaissent en grec sous 
l'aspect d'un thème âXx-. Ce thème a fourni l'aor. à red. 
àXaXjcEtv « repousser un danger, un ennemi » (Hom., 
Hés., Pi., alex.) d'où le futur âXaXjfy)(ifù (A.R.), le présent 
àXàXxûj (Q.S.). Composé hom. dcTT-. Surleparticipea été fait 
le nom de ville 'AXaXxopiEvat, l'épithète d'Athéné 'AXaX- 
xoixlv») (Chios), -[XEVïjîç (Hom.) qui devrait signifier 
d'Alalcomènes (cf. Paus. 9,33,5), mais qu'Aristarque 
comprend « protectrice », ce qui risque d'être secondaire ; 
le masculin correspondant est 'AXaXxofxevEÙç, nom d'un 
héros béotien et épithète de Zeus (El. M. 56,10) ; rappelons 
encore 'AXaXxojxévioç nom d'un mois béotien. 

Il existe un nom racine qui n'est attesté qu'au datif 
àXxi dans la formule àXxi nsKoSâç « confiant en sa 
valeur . ; d'où àXxig f. (Hom., trag., Hdt., Th.) . force 
qui permet de se défendre ». 

Composés : rares composés du type àXxiêioç « buglosse 
de Crète », antidote contre la morsure de serpents (m. à 
m. protecteur de la vie), i'kv.l^axoz, et surtout dans des 
noms propres 'AXxi(i£Siov, 'AXxtvooç, 'AXxtuivTjç, *AXxt- 
ëioç, 'AXxtêiâSTjç (d'où àXxt6£a8eç espèce de chaussures (?), 
(mais àXxtêiàSEiov désigne la plante t-xw^)- 

Comme second terme de composés, on trouve d'une 
part un thème en i dans àva?jtiç, -i8oç « incapable de 
se défendre » (Hom., .Esch. Ag. 1224) cf. Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,450. avec le dérivé hom. dat. pi. dcvaXxElTjac 
(issu d'un thème en s? ou -si- note-t-il un allongement 
métrique pour àvaXxiTjoi ?) ; d'autre part un thème e.. s 
(ancien ? ou résultant d'une innovation) dans érepoXx^ç 
«favorisant un parti» (Hom., Hdt., trag.), àvaXx^ 
(Hp., Arist.), àpianxXx^^ç (Bacch.), jnxvaXxi^ç (.ïsch.) ; 



àXé^iD 



— 58 — 



erifln feotXStç « action de défendre » d'où « rempart, para- 
pet > (Hom., ion.-attique) de *è7t(xXxat-, cf. Benveniste, 
Noms d'agent 75. 

Divers d ' "ivés : îXxVjeK; « valeureux » (épopée tard've), 
dor. contr. àXxSç (Pi.), arrangé en âX>t7)<ïT^(; (Opp.), 
d'après àXor\(jrr,ç, w(i7)aTT)ç ; dcXxaîoç (hapax E. Hel. 1152), 
mais le nom propre est bien connu, et àXxaLa « queue », 
spécialement du lion, cf. sch. A.R. 4,1614 (a servi aussi 
à désigner une espèce de verveine). Autres dérivés : 
flcXxt)i.o? surtout poétique, depuis Homère ; enfin deux 
aloses obscures d'Ksch. : àXxfiatoç ■ veavCoxoç (d'après 
ix\ia.îo<; 1) ; et àXxfiapéç • écXxtfxov où Frisk voit une 
forme analogique d'eù(iapéç (î). 

Parmi les formes nominales, outre àXxT) et ses dérivés, 
neutre écXxap, seul. n. ace. «défense, protection» (Hom., 
Pi., alex.) d'un type fort ancien. 

Nom d'agent : àXxrrjp (Hom., Pi.), d'où àXxrrjpioç 
«qui guérit» (Nonnos), dcXxT^piov «remède » (Nie). 

Nombreux noms' 'le personne: outre 'AXxaïoç, 'AXxfxauv, 
'.A.Xx(ii(i)v. 'AXxjiôcv (mais 'AXxfjtattùv est une orth. fautive, 
ef. Bjùrck, Alpha Impurum 111), 'AXxfxrjvT), "AXxijjioç. 
Pour le mycén. v. Chadwick-Baumbach 170. Voir aussi 
les composés. 

Deux thèmes verbaux dérivés : dcXxaOsïv faisant fonction 
d'aor. {.Esch. fr. 754, S. fr. 996) bien que les grammairien* 
byzantins y voient un présent ; àXxdcî^o) «montrer sa force »• 
{EM 56,11; 66,10) est un dénominatif banal; avec le 
dérivé àXxàafiaTa (hapax, S. Ichn. 247). 

2. Thème II, sous la forme àXsx-: généralement affecté 
d'un s p.-ê. désidératif. 

Présent ôXi^w, fut. -Tja&i, aor. -Tjaa (Hom., Hdt., S., X.) 
« défendre, repousser » ; il y a d'autre part au moyen des 
termes sans t), cf. aor. àXsEacrôai (Hom., Hdt., X.), fut. 
ixljoixat (S., X.). 

.\vec préverbe : àTroXeSoi (Hom., trag.) et -o\ji.a.i, -Ça, 
-çâ(i7)v. Enfln p.-ê. sans s prés. àXixoj AP 6,245. 

Le thème du présent àXé^a figure dans un certain nombre 
de composés du type Tépc{;t(jL6poTOi;, oi'i le premier terme 
a une valeur verbale : notamment àXeÇiâpY) (Hés.), aKeE,l- 
/Laxoç (Hom., poètes), -(x.6poToç (Pi.), -(iopoç (S. OB 164), 
-v v';ç ipoctes), -çapfzaxoç, -ov « antidote » (Hp., PI., 
Nie.) ; avec élision de l'iota final àXeÇàvefxoi; (Od., écriv. 
tardifs), dor. àXe^ivMp, cf. àYotmfjvtop, dcYÔvop, etc. (Paus.). 

Nombreux anthroponymes comme 'A>.:ÇÎ-pioç, etc., 
d'où des hypocoristiaues comme "A.XeÇiç et aejè en mycén. 
Arckeseu = 'AX-sErui;, cf. O. Masson, Studi Micenei %, 36 
sqq. Pour 'AXéïavSpoç, voir sous dtWjp. 

Dérivés sur le thème élargi en -y; : ôXiÇTjcTK; (rare, Hdt., 
Ilp.) ; àXéç7)(xa « défense, remède » (^sch., Hp.). Nom 
.l'ugeut, ôXe^Tj-rrip « défenseur » (Hom., poètes tardifs, 
une lois chez X.), fém. àXeÇ^^retpa {AP, Nonn.) et les 
dérivés àXsÏTiTTjptoç (iEsch., E.), âXeE-»!T7|piov «remède, 
protection» (Hp., X., Thphr.) ; àXsÇ-i^Tûjp hapax, épithète 
de Zeus (S. OC 143). Enfln àXeÇTjTixiç (Alex. Aphr.). 

Dérivés sans èlargia-Siement i : SXcEtç « secours, défense » 
(Aristide), &'Hîm\t « remède » (Nie). 'AXéxrtop, qui est 
à l'origine d'un développement imprévu, est proprement 
un nom d'agent eq -~<.)o (oe qui est conforme à la fonction 
du suffixe, cf. Benveiiiste, Noms d'action, 54-55) et repose 
sur àXéx-TCùp, cf. dtXéxto ou àXéÇu. Le terme est un nom 
propre chez-"nmère. D'autre part le mot a servi, comme 



une sorte de sobriquet, à désigner le coq, considéré comme 
le défenseur, le combatif (Pi., iEsch., Ar., N.T., etc.). 
Doublet àXixTopov (P. Lond. 3,1259). Féminin àXex-ropiç 
(Epich., Hp.), cf. Lejeune, R. Ph. 76, 1950, 12. 

Autres dérivés dcXcxrâpeioç (Act.), àXexToptoxoç (Babr., 
etc.); àXsxTopiSeùç «poussin» (Élien), cf. Chantraine, 
Formation, 364 ; àXexTéptov « basse-cour » (tardif). 

Sur àXixTcop, a été constitué le nom usuel du coq, 
àXexTpuôv (Thgn., ion.-att.) employé aussi au féminin 
au sens de « poule ». Déjà en mycén, comme nom d'homme. 
La finale inattendue s'explique par l'analogie (de àXxutiv ? 
mais on a pensé aussi à ri)pu<âv ?). Fém. ôXex-^piSaiva 
créé par Ar. Nuées 666 ; dcXsxTpuovtç est cité par le sch. 
ad locum. Autres dérivés rares : âXexxpuévtov, diminutif 
(Ephipp. le com.) ; àXexxpuôveioç « de coq », en parlant 
de viande (Hp.) ; àXexTpuovtoSvjç (Eunape). 

Composés également rares : àXexTpuovoTpôçoç et 
âXexTpuoTpéçoç (/G V 1, v"?!), àXEXxpuovoTrtdXT]? et 
-TTtdXiov. Enfin IrnraXEXTputiv «griffon» (.SIsch., Ar.) ; v. 
Taillardat, Images d'Aristophane, § 266. 

Et. : Cette famille de mots a pu être répartie ci-dessus 
suivant la distinction en thème 1 (racine pleine -|- suffixe 
à vocal, zéro) et thème II (racine au degré zéro -f suffixe 
à vocal, plein). 

Thème I : *aje/-fc- dans àXx-, etc., ne se retrouve pas 
sûrement dans d'autres langues i.-e. 

Thème II : '3j.-ek- dans àXéÇta, etc., se retrouve dans 
skr. raks- de ràksali « protéger », etc. 

âXÉop.ai, ciX£a, etc. : présent rare àXéofxai de *àXé- 
foitoLi « fuir, éviter » : //. 18,586, Hés. Trav. 535 (àXEu6(jte- 
vot) mais aor. bien attesté chez Hom. sous la double 
forme àXeûaoÔœi et àXéacQoa, etc. iEsch. et S. emploient 
dans de rares passages le factitif àXeùtù (fut. àXeûatû aor. 
îJXEuaa) « repousser, chasser », évidemment une innovation. 
Composés : avec IÇ-, ûtts^-. Substantif verbal ôX^a, 
ion. âXé-T) «moyen d'échapper, fuite» (rare, II. 22,301, 
Hés. Trav. 545, Hp.). 

Autre nom d'action, pourvu d'un suffixe, àXeoipif) (att. 
-pâ) «moyen d'échapper, protection» (Hom., Hdt., Ar. 
[parodie], Arist.). On l'explique généralement par un 
suffixe -wXS avec dissimilation (Chantraine, Formation 
des noms 243, Schwyzer, Gr. Gr. 1,521), mais l'hypothèse 
d'un suffixe en r n'est pas exclue. 

En tout cas le grec a possédi un thème neutre archaïque 
en -ap : licXeap ' àXscoptav 9) reoXuûjptav (Hsch.). On peut 
donc supposer un thème en n alternant avec ce thème en r 
pour rendre compte du prés, épique aXeeiviù • éviter ». 

Dénominatif de àXéa, ou déverbatif de àXéofxai : làXeâ- 
Î^Etv ■ xpÛTTTEtv t) TTpoSàXXeiv, xal etpyeiv, àçaviÇeiv 
(Hsch.) ; sur àXsâî^wv • 8txa^6(iEvoç voir Latte ad loc. 

On a l'habitude de rattacher à la même base àXiiaxo 
« fuir, échapper » (Hom., Hés., Pi., .ŒIsch., S.) ; fut. àXiiÇtù, 
aor. j'i^XuÇa avec gutturale non étymologique (Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,708, n. 5 ; Debrunner, Mélanges Boisacq, 1,252). 
Noms d'action àXuÇiç (^sch.), ÛT'îi.uStc (Hom.). Déver- 
batifs homér. àXuoxdcî^cii et àXuoxàvtd (hapax, Od. 22,330, 
cf. Gr. Hom. 1,316). 

El.: On rapproche àXéoptai de àXtico, mais ce dernier 
terme a pris une direction sémantique très différente ; 
de plus dcXàofxai, qui a un sens également assez éloigné. 



— 59 — 



aXiîs 



àXcu), àXeCa-ro, fi>eupov, etc. : présent àXéo», aor. -tfjoL, 
pf . dûiVjXexa, pass. iiX:^X£(iat et -eofjuxi (avec l'aor. TJXé(j9T)v) 
t moudre» (Hom., ion.-alt.) ; composé avec xar-. Verbe 
radical *iûizFti>, p.-ê. issu d'un présent athématique 
ce que confirmerait I't) de àXY|6<ù (Hp., Thplir.), cons- 
titué avec le même suflixe que <r^6<i>, «t qui subsiste en 
gr. moderne. 

La forme nominale la plus archaïque est pi. n. HKLetta. 
[Milet 3, 163, n» 31) et dtXeiaToc (Od. 20,108), avec le sg. 
SXeuxp et fiXatp cité par Hdn. 2,472,12, qui pense que 
SXetop est issu de âXsap ; i) s'agirait donc d'un allongement 
métrique, comme l'admet Schulze QE 225-226, et on 
poserait SXcfap (inversement E. Benveniste, Origines 
111, pose SXTjFap). Sens : « farine de blé », par opposition 
il (ïX9tTa, cf. Od. l. c. 

Dérivé thématique de ce thème : n. pi. dcXeupa même 
sens (ion.-att., cf. p. ex. Hdt. 7,119, PI. B. 372 b), sg. 
ïXEupov rare (Ar., Arist.). Dérivés de fiXeupov : àXeupwoç, 
àXEupci>Sï]ç (médec), iXeupt-r»)!; (àpTOç), cf. Redard, 
Noms grecs en -"njç 88. 
Composés : dcXeupéfiavriç, -itoiéw, àXeup6-rn]aiç. 
"ÂATjTov, pi. -Ta « farine de froment » (Hp. et dor. chez 
Sopnr., Rhinth.) semble issu d'une contraction de àXéara, 
cf. Bechtel, Gr. D. 2,226, mais s'insère dans les dérivés 
nominaux créés sur àXTj- cités plus loin. Dérivés : àXrjaiov ■ 
icSv Tè àXi^Xeafxévov (Hsch.), lac. àXi/itov (Schwyzer 55) 
qui serait un mot de substrat, puisqu'il suppose t ><j 
devant iota. 

Rares noms d'action ou d'état : (ÏXectiç et &Xrj<7iç (Gp.j, 
àXeTci; (Plu.) et àXrjxôq (Babr.), àXeCT(i6ç (J.) et àXEa(za 
(EM), avec un suff. en sigma qui ne doit pas être ancien 
(cf. aussi àX7)Xea(iai), SXi]y.a « farine fine », d'où « malin » 
(S. Aj. 381,390). 

Noms d'agent : le mycén. pi. areiere est des plus douteux 
(Lejeune, R.Ph., 1960, 18) et Homère ne fournit qu'une 
terme de fém. àXETptç (Hom., poètes tardifs; en outre chez 
Ar. Lys. 643 à propos d'une jeune fille qui broie le grain 
dans une tèLe religieuse athénienne), les femmes étant 
à l'origine chargées de broyer le grain ; d'où le dénominatif 
àXerpcùtù {Od. 7,104 à propos de servantes, Hés. fr. 264, 
A.R.). Le dérivé en -râ;, -tt,;, àXéTr,i ne désigne pas 
une personne, mais la meuii; snnéricure, accompagné de 
6voç (Gortyne, v» siècle av., X.), avec, un dérivé en ■ ûv, 
-ûvoç (Chantraine, Formation 164) dans 6voç à/eTtov 
(Alexis) de àXÉTTjç, à'Xs.-ziy.oç « relatif à la mouture » (pap.) 
Nom d'instrument employé pour indiquer un paiement 
[Formation des Noms 332) : a>,eTpov et lïXEOTpov « frais de 
mouture » (pap.). 

La glose de Phot. àXUco valant Xeimivo (= S. fr. 995), 
dont on rapproche la glose d'Hsch. dcXivôv • àjjiuSpév, 
KpîJTEi;, ne se rattachent pas immédiatement à àXéto ni 
pour le sens, ni pour la forme (cf. Giintert, IF 45, 345). 

Et.: Le caractère archaïque de cette famille est rendu 
évident par des formes comme SXeia.p, âXeiarc: et la 
Structure de àXéco, ancien athématique. A âXe/ap répond 
immédiatement arsin. alewr « farine » ; l'arm. a comme 
verbe aiam. La racine se retrouve dans l'i.-e. oriental, 
cl. hindi âtâ « farinç », persan ârd « farine », av. aSa- (issu 
de 'aria] « moulu », cf. Bailey, Tr. Cambr. Philol. Soc. 
1933, 60. 
Une autre racine, celle de lat. mol6, est employée dans 
/: l'indo-européen occidental; elle est attestée en grec avec 



(juSXi) et maintenant dam le mycéniea mtrdirija, mereurOf 
cf. Chadvirick-Baumbacb, 170, qui proposent déposer *ml- 
alternant avec *mel- pour expliquer àXéo, etc. Mats I« rap- 
prochement de SXeop avec arm. alewr est quasi évident. 

ôiXt|6i^S> 'voir «oas )Mcv6dcvu. 

aXi^Si -^^i -H '• * rassemblé », terme ionien qui répond 
à l'attique à0p6oi; (Hdt, Hp., Call. fr. 191,9 qui confirme 
l'alpha long). 

Verbes dérivés : ôXICto, ^Xioa, pass. •J)XI<j6t)v, part. pf. 
àXiofiivo; chez Hdt., « rassembler », notamment en parlant 
de forces militaires (Hdt., Hp., E., rare en prose altlque). 
Surtout employé dans le composé ouvaXtî^to (Hp., Hdt., 
Xén.). 

Dérivés nominaux : âXla • assemblée », notamment 
dans les pays doriens (Hdt., Schwyzer 63,10 Hëraclée ; 
136,5 Gorcyre ; Delphes, etc.) ; *àXtxÇo(iai tfest pas attesté, 
mais auv5lXià!^o>, aor. ouviXla^e (Ar. Lys. 93). D'où les 
noms d'action : àXlaaaiç (Schwyzer 78,5 Argos) « décision 
de l'assemblée » ; àXiaa[i.a « décret » (i6id. 306, 307, 
etc.. Gela). 

Noms d'agent : àXtaoTâç « membre de l'âXla » à Tégée 
(/G V 2, 6,24) ; ■A>iaxTTf)p ■ xÔTtoç èv & àOpolÇovTat 
SijceXoî (Hsch.) où Fraenlcel, Nom. ag. 1,161 veut voi;- 
un nom de héros (le rassembleur ?). 

Le substantif ôXia a fourni les dérivés àXiaîoi;, nom 
d'un mois à Dréros (Schwyzer 193,107) et àXiata « assem- 
blée » [ibid. 83, B, 24 et 90,2 Argos, etc. ; 660,6 Drcjjo- 
mène ; Arist. Pol. 1301 b pour .Épidamne). Peut-être 
TCpoâXitûTâç «président de l'ôXia » {SIG 295,14 Delphes, 
si cette leçon est correcte). 

Nous avons écrit ces formes avec esprit rude, conformé- 
ment à l'étymologie et d'accord avec les manuscrits 
d'Hdt. Mais Schwyzer et Bechtel les écrivent sans aspira- 
tion (psilose). 

Le terme attique correspondant est ■fjXtata, qui désigne 
le principal tribunal d'Athènes et plus souvent le lieu où 
siège ce tribunal (Ar., etc.). Mais la forme fait difllculté : 
l'a long initial résultant d'une contraction (cf. Et.) et qui 
est constant en ionien dans &Xy)ç, àXtÇco, etc., se présente 
en attique sous la forme tj-, ce qui est phonétiquement 
impossible : I't) et p. -6. l'esprit rude s'expliqueraient par 
un iL'ux icnisme el surtout, une étymologie populaire qui 
auraient rapprocné le moL dorien de -i^Xtoç « soleil » : lieu 
ensoleillé (cf. Ed. Meyer, Ptiii. 48,187)7 

Dérivés : verbe dénominatif T)XtâÇo[xai « siéger à ce 
tribunal, à l'Héliée » (Ar.) d'où -fjXtaatç « fonction de 
juge à l'Héliée» («serment» chez D.), rjXiaa-nfji; «juge à 
l'Héliée » (att.), fjXtaoTtxdç (att.). On a dans tout ce 
groupe de mots un développement particulier lié aux 
institutions d'Athènes. 

A l'ionien àXrfi répond une forme probablement éolienne 
àoXX-)Qç (Hom., Aie, Sapho, S.) avec une vocalisation 
oX de {; d'où les verbes dënominatifs doXX(!^co (Hom., 
al ex.) et âoXXeï • awtiyei (Hsoh.) ; d'où àôXXTjotç {EM 
68,31, donné comme étym. de &XXÔÛ; I), et àoXX-^^Srjv adv. 
(Opp., Mosch.). 

//. 3,13 se lit l'hapax de même sens àeXX:^- "jvec voca- 
lisme e, qui a embrmssé les Anciens : Aristarque a lu 
xovtadÉXou d£XXi]<: (nom. masc. -» âcXXal). Voir Lex. 
Ep. s.v. 



â«t)ç 



— «D_ 



On a l'habitude de rattacher à ce groupe l'adv. a/^avéoç 
.enUérement » (Schwyzer 412, Olympie, vi« siècle), cf. la 
giosB d'Hsch. àXavéûjç • ôXoaxepôç, Tapavrïvoi, etc. 
Voir aussi Buck, Greek Dialecls, § 55. 

El.: Le rapprochement de Èkfjç, àoXXTjç et de l'adv. 
arXavéôç conduit à poser i-^J-vrjç avec des traitements 
a>.-, -oX- ou -Xa- de la sonante ; pour le traitement de 
Xv cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,283, Lejeune, Pho.iélique 133 ; 
toutefois l'ionien àXTjç peut reposer aussi sur *â-^EX-VTjç. 

La racine feK- est la même que l'on retrouve dans le 
verbp eïXeiv, aor. &krfva.i, l'adv. SXtç, voir ces mots. 

L'a initial s'explique bien comme a copulatil reposant 
sur 'sm-. Toutefois l'aspiration initiale est attestée irrégu- 
lièrement : elle semble normale dans la tradition gramma- 
ticale pour èXffi, mais fort douteuse pour la famille des 
mots doriens groupés autour de àXta (cf. la vieille inscrip- 
tion d'Argos, Schwyzer 78, où l'A est généralement noté, 
mais non pour àXîaffoioç). Tour l'aspirée de l'attique, 
l'anaioeie d'i^Xt-, n pu jouer un rôle. 

Le sufFi-xe -v»iç que l'on a dû poser conduit à l'hypothèse 
dun substanUf */eX-voç, cf. ëô-voç, K-rij-voç, ff(i^-voç, etc. 

àXti^aTO [corr. de Laite pour iXttpaTa] : SXtpiTa t. 
ïXeupa iHsch.l, cf. la var. àXEÎçaxa Od. 20, 108 et surtout 
iÀviça-rov àvOoç iAair,ç {Peek, Grab-Epigramme 1897, 
Hermoupolis) : probablement tiré de àXéto d'après uuX't)- 



ùÀBaivù), etc. : Les f!>rmes les plus anciennes sont au 
movcn. et à î'aoïistf! ;'?'■ ou au futur : âXôexo x^^P f^'- 
S, 11 7" « le bras se iruérit. se cicatrise » ; ëXxe' àTraXOrjaeoÔov 
1/1. 8,40.^) ; plus tard aor. pass. nuvaXGeoOTJvai (Hp. en 
parlant d'une blessure ou d'une fracture) ; présents 
dXSïivoiJLai (Hp.), auvœXOàaoofjiai (f) ou -scXÔEotxai 
(Hp.i ; le fut. âXôéçofiai (Aret.) serait fait d'après rrupÉ- 
Mjiat (le nupéano) (le nom verbal correspondant oO.ôeÇii; 
esidéift chez Hp.) mais l'hypothèse reste en l'air. Formes 
actives qui semblent secondaires de sens transitif : àXOsiv • 
•miCeiv (Hp. ap. Gai. 19,76) ; àX6atv<ù (Timae., Lyc), 
■rtr/.ty ou -icKiù (Hp.), fut. -r)cru (Nie), aor. -riaa. (Nie). 

iiurcs substuntii's probablement tirés du verbe : &X6a • 
ikfficcaia ï) Hepac-KsLct (Hsch.) ; 5X9oç • çâpfxaxov (EM) 
avec les composés àvaXft^ç, SuootXôVjç ; d'où ôXOeuç 
IjTpé; (Hsch.); àXÔTjaç «salutaire» (Nie); àxeaîa 
(qui a fourni le nom de la mère de Uéif-ngrc) est un nom 
lie la eiiimauvc (althaea ofT.cinalis) on de la mauve 
;= îi3;)âyrK évidemment pour ses propriétés médicales 
el èmouii'utcs notamment pour guérir les blessures, cf. 
StrOniberg. Pflanzennamen 81 : doublet de ce mot : 
jXfao; (Ps. Use), cf. le synonyme IStcxoç. 

'AXÛetmipia «remède. (Nie), cf. pour le suffixe xapi^- 
■:*;p;i, IXacniptov et pour le thème l'aor. passif àXôea- 
«^w. i>o\iT diXBs;'?. cf- plus haut ài>Si^o[iai. 

Le ttieme ;i fourni des noms propres : outre 'AXSotla, 
l'Kt^foç, etc., cf. Bechtel. Hermès 56, 1921, 228. 

Et.; De même que àX8atv«, repose sur la racine attestée 
dans Tj-aX-TOç (voir ce mot), mais avec un morphème 6, 
cf. Benver.istH, Ori/jiries 190. 

Les emplois anciens du verbe prouvent qu'il s'applique 
proprement à la croissance des tissus abîmés. 

ôXîÇav, - -avToç : m. « mort » employé par Platon 



à côté du terme poétique £vepoç à propos des aspects 
effrayants de l'autre monde {Rep. 387 c) cf. IPE !• 519 ; 
en outre les gloses d'Hsch. diXiSoc ' vocpàt; ^ ^poûxoç ^ 
jroTOftài; ^ fi^oç et àXfêocvreç • ol Mexpol • 8tà t6 ^Tipol 
civai xal olov ûypoui^ccv Ttvâ (jct) tx^"*- Sophocle emploie 
le mot à propos du Styx (fr. 790, cf. 994). Enfin iXlSoç 
a désigné le vinaàgpe (considéré comme an vin mort ?), 
ex. chez Hipp«D- et Call. fi: 216 où Pfeifter a réuni les 
gloses et indiqué que l'a initial -semblerait loi^. 

Le sens attesté le plus anciennement est «vinaigre» mais 
ce doit âtre par hasard et les Anci«Mi6 pensent que le sens 
originel est « mort », le vinaigre étant un « vin mort ». 

Et. : Les Anciens donnent une explication qui n'est 
qu'une étym. populaire : parce que les morts sont secs 
(wapà TÔ jAY) Xi&iéa ëx^iv). Pour l'idée que les morts sont 
desséchés, cf. Palmer, Interprelation 252 sqq., Vemant, 
Mythe et Pensée 260. 

Les hypothèses des modernes ae valent guère mieux : 
Immisch ARW, 14, 1911, 448 sqq. (reprend une idée 
ancienne *àXt-6àvTeç, « les âmes des morts errant sur 
les flots». J. C. I^awson, Class. Rev. 40 (1926) 52 sqq., 
116 sqq., pensant que les morts noyés ou sans sépulture 
ont l'air d'être desséchés ou momifiés, défend l'étymologie 
des Anciens, voir Wilamowitz, Hermès 54,64. Autre 
hypothèse chez Peiersson, Gr. und lai. Wortsluditn, 3 sqq. 

En fait, le caractère singulier du mot avec la finale 
-(îavT- conduit à deux types d'hypothèses. 

Ou bien on cherche à rapprocher cette finale de patvw, 
avec une formation évidemment bizarre, cette hypothèse 
étant plus ou moins appuyée par des mots comme ô>cpt6aç, 
xiXXtôaç. Mais cette voie n'a jusqu'ici mené à rien. 
Ou bien on pense à d'autres termes qui n'ont aucune 
étymologie comme KopuSovrcç, XuKaêaç. On suppo- 
serait alors que àXtêaç aurait été emprunté : d'où 
le rapprochement avec la déesse latine des morts 
Libitina, l'étr. lupu « il est mort » cf. Kretschmer, 
Gl. 28, 1940, 269. 

ôJ^igSûfa) : « plonger, couler dans la mer », au sens 
transitif ou intransitif dans un fragment énigmatique de 
• Call. (645 Pf.) conservé par la sch. de Lyc. 351 et Tzetzes 
ad locum t aï v^aai àXiSûouaat t- Tz. écrit al v^eç, Bergk 
al vTJCTcrai. La scholie de Lyc. glose par èv àXl SiaçGapTJvat 
r)Yoûv àXl SOoai, mais VEt. Gen. B = EM 63,13, etc., 
dit TÔ xaxaSùeiv et? 6!*.XaaCTav, ixeTaçopiHÔiç Se -r6 
)Cpù:tTew xal àçavl^eiv. D'autre part les glossateurs 
écrivent généralement àXiêSôeiv (Tzetzes explicitement 
àXuêS^oai). Enfin VEM donne àXiôSùu comme un 
composé de ôXt- et d'un éolien pSùo pour 8ùcd. 

Lyc, l. .c, emploie l'aor. âXt6Sûc7a(ja. Voir Pfeiffer ad 
Gall. fr. 645. 

Et.: L'existence d'un éolien pSûtù ne trouve aucune 
confirmation ni dans les faits, ni dans l'étymologie. Il est 
difficile de tirer de pareilles données quelque étymologie 
plausible. Il est seulement clair que le terme conduisait 
les grammairiens anciens à rapprocher ôXç, le nom de la 
mer, et Sùo. Étymologie populaire 7 

âXiYKios, -ov : «semblable à» {II. 6,401, Od. 8,174, 
Emp. 23,5, lEsch. Pr. 449). 

Le composé hiakifMoa (Hom,, poètes) est plus fréquent. 



— 61 — 



âXts 



le préverbe h> y marque la permanence et prend ainsi 
une valeur de renforcement (cf. Sohwyzer, Gr. Gr. 1,436, 
voir aussi StrOmberg, Greek Preftx Siudies 120 sqq.). 

El. ; Hypothétique. On a rapproché v. si. lice « visage •. 
U reste à expliquer la « prothèse > à : c'est un des cas 
où l'on a pu supposer qu'il s'agissait de iv au vocal, zéro 
(voir pour ce type Schwyzer, Gr. Gr. 1,433). Le préverbe 
èv- aurait été ajouté ensuite, l'étymologie du mot n'étant 
pas sentie ; cf. Seiler, KZ 75, 1957, 11-16. 

âXi^a : fi XeùxTfj, to SévSpov MaxsSiSveç (Hsch.), « peu- 
plier blanc ». P. Krelschmer, Gl. 15, 305 sqq. a rappro- 
ché v.h.a. élira, got. 'alisa passé dans esp. alisa, russe 
ollcha « aune ». Hatzidakis, Gl. 23, 268 pense que le mot 
serait pris à une langue du nord. Voir discussion chez 
Kallcris, Anciens Macédoniens 1, 90-94. 

âXiKdKKaSos : ou -xixaèoz ? ou -xâxaôov ? chez 
Dsc. 4,71, papyrus BGU 1120,.^7 et ôXtxâxxaSa • ô toû 
XuToû xap:r6ç • xal Tréaç elSoç (Hsch.), espèce de morelle, 
Phgsalis Alkekengi. Voir sur cette plante StrOmberg, 
Pfianzennamen 114 qui analyse le mot en àXi-xdbcxa6oi;. 

à\iKÛpKT)S : çûXXa lirjxcùvoç (lerà S^ouç XeiavÔévra ' i^ 
ij:6Tpt[i(i,a èx TtXeiôvtov xpeûv (Hsch.). 

Et.: Ce nom de plat caractérisé par des graines de 
pavot et du vinaigre est inexplicable. K. Latte propose 
de lire àXtxùxYjv, composé dont le premier terme ferait 
songer à âXç et le second serait une forme parallèle à 
xujtecôv. Toutefois le second terme peut être en rapport 
avec le verbe xupxavâv. 

âAi|iupi)cis, voir |xiSpo[xai. 

àXîvSu : présent en -tù (Nie.) ou -ita (Call., etc.) ; ces 
lormes toutes deux tardives ne sont attestées qu'au passif 
■ se rouler dans le sable ou la poussière comme un cheval ». 
Les thèmes les plus anciennement attestés sont, à l'actif, 
aor. èÇ-i^Xtoa, thème àXivSa- > aXtva- (Ar. Nuées 32) et pf. 
È^tiXîxa {ibid. 33), de chevaux que l'on fait rouler dans la 
poussière pour sécher leur sueur. Quelques formes verbales 
enlin présentent un élargissement ë : f|XtvSt)CTe (Hsch.), 
ÛivS7)6etç (Nie), ïjXtvSTjfiévoç (Din., Call.). 

Formes nominales : âXivSov ■ Spô(xov <âptiâT<ov> 
(Hsch., cf. EM 64,22), qui semble un déverbatif. 

Avec l'élargissement ë ôXivSyiOpa « lieu où l'on fait 
rouler les chevaux • (Phryn.), métaph. àXwSTJOpai èttôv 
(Ar. Gr. 904) ; ôXtvSiQaiç exercice dans lequel des lutteurs 
te roulent sur le sol (Hp.). 

Enfln on doit se demander si la glose d'Hscb. Xi\i^za- 
fei ■ âjiiXXôéaOai n'est pas en définitive une faute pour 
iUvSeoOai. 

Terme technique de l'élevage des chevaux et du sport. 

H.; La formation du verbe est identique à celle de 
xuXlvSti), xuXivSé<ii, de sens très voisin, sans qu'on puisse 
déterminer si l'un des présents est analogique de l'autre 
ni lequel : toutefois xuXîvSu est épique, et antérieur 
d'autre part à xuXivSéu. On peut donc présumer que 
WvScj» est antérieur à àXivSéo et à â>.ivSov. Le présent 
iUvSu, bien que le digamma ne soit pas attesté, doit 
appartenir à la famille de. clXécd • rouler >, etc. ; on a 



rapproché également avec le même vocalisme que diX(v8«* 
la glose d'Hsch. ûaXi} (= /(iXi)) -oxàXijÇ. ' 

On peut partir d'une racine 'uiel- eufflxée en i, cf. 
'wel-d- dans a.s. wealtan, v.h.a. walzan. ' 

Présent à inflxe nasal 'wl-n-ed-mi thématisé avec 
anaptyxe d'un -i- comme dans xuXlvSu 7 V. Taillardal, 
R. El. A. 58, 1956, 191 n. 3. 

àXtvciv : àXelçeiv (Hsch.) ; dOiivat • è7raXeîiJ<ai (ibid.^, 
ô quoi répond le pf. passif lv-aXaXi8|xévo; (Chypre, 
ICS, 217,26, cf. Bechtel, Gr. D. 1,449) . écrit, inscrit ». 
Nom d'action fiXivotç toû içyctart^ploM «le badigeonnape 
de l'atelier . (Épidaure, IG IV» 1, 102, 39). Le fait que ce 
groupe n'est attesté qu'à Chypre et Épidaure peut faire 
penser qu'il appartient au vocabulaire achéen. 

EL: On rapproche le prés, latin linô, skr. linâti (gram- 
mairiens). Autres -correspondants plus lointains chez 
Walde-Pokorny 2,389, Pokorny 662, et Ernout-Meillet 
s.u. linô. 

Ces mots appartiennent à la même racine que l'usuel 

aXi§, -xoç : m. gruau d'épeautre (Chrysippe Tyan., 
écrivain culinaire du i" siècle ap. Ath. 647 d) ; désigne 
également chez Dsc. 4,148, etc., une sauce de poi8s,'j;i 
appelée en lat. hallëc. 

El.: Correspondant exact pour le sens et presque 
exact pour la forme dans lat. alica: il s'agit d'emprunt, 
mais dans quel sens ? Walde-Hofmann, suivi par F/isk, 
pense que le latin a emprunté le mot au grec et 
explique fiXiÇ comme dérivé de dcXéw, cf. pour la formation 
x6XiÇ, etc. 

Autre hypothèse chez Bertoldi, Si. il. di fil. class. 7, 1929, 
251 sqq. qui rapproche la glose d'Hsch. SXtÇa (?) 

âXioSi -a, -ov : « vain, inutile », se dit de paroles, d'un 
trait (Hom. II.), d'un voyage ôS6ç (Od.), d'une personne 
(seulement //. 10,324). S. emploie adverbialement (2Xiov 
et âXl(i>;. 

Verbe dénominatif factitif (xXi6û>, seulement au f. 
(xXicôau et aor. -rjXîûJoa, ép. à.Xl<xt(sa « rendre vain » ou 
« utiliser vainement » (Hom., S.). 

Vieux terme tombé en désuétude, remplacé par [idcTaioç. 

El.: Le rapprochement avec TjXîetoç souvent répété 
ne repose sur rien. 

Le rapprochement de Schwyzer, Gr. Gr. 1, 461, n. 5, 
avec elç ûStop ypi^çeiv, qui identifierait notre terme avec 
l'adj. dérivé de iStXç, semblait trop vague. Mais l'emploi 
fréquent avec péXoç peut-être originel, évoque l'idée d'un 
trait qui manque son but et tombe à la mer. Explication 
ingénieuse de B. Snell, Feslschrifl Eugen v. Mercklin 172- 
173. 

âXis : « en masse », cf. II. 2, 90 (ïXu; TTSTCo-r^aTai ((iéXw- 
cai), ou avec un substantif Od. 16,231, xaXxév te xpuo^v 
TE ôXiç ; d'où « suffisamment ». Mot d'Homère et des 
poètes, attesté parfois chez Hdt. PI. et Arist., cf. PI. 
PU. 287 a, pour conclure un développeme"* xal toiStwv 
{iiv âXiç. 

Dérivé : àXiStoiç • txovôç, iisTpUùç (Hsch.), cf. pour 
le sufflxe (Mi<J;tôio;, et âXiS£<)i; aussi avec Latte le nom 



âXi; 



— 62 — 



foXCSwç SI G, 524 3. "AXiç ne figure jamais en compo- 
sition et la glose d'Hsch. âXiippotruvr) est suspecte. 

Vieux mot. Le dlgamma initial est garanti par la glose 
d'Hsch. yàXi ■ ixavôv, par le nom propre /aXtSioç, et 
par la métrique homérique. Finale adverbiale en -iç 
comme dans [làyiç, \i6Xu;, xûptç, où l'on a souvent voulu 
voir un ancien nominatif. 

La forme vâXt d'Hsch. donne à croire que le sigma est 
adverbial et mobile. En outre une autre forme àXiaç 
chez Hippon. 133 (Massou). 

El. : Le sens originel « en masse » et le digamma initial 
assurent le rapprochement avec aXi)ç, àoXX7)ç, eïXo). 

àXiCTY"*^*-^ souiller ». notamment à l'aoriste passif 
«Xiayïje^vat {LXX) ; composé auv- {Lettre d'Arislée 142). 
Dérivé àXtcrprifia {Ad. Ap. 15,20). 

Et.: Terme rituel, apparaissant chez les Septante et 
dont l'étymolojie est inconnue. 

aXîaKOfiai : impf. -fjXiaxôfjiTiv (jamais éoX-), f. àXcôtronai, 

aor. èaXGJv, mais, aux modes autres que l'indicatif, 

àXûvat, etc. avec alpha bref (sur //. 5,487 voir Gr. Hom. 

1,18), l'alpha long de l'indicatif s'expliquant à partir de 

*rraXoiv avec augment long, pf. éâXuxa. Le digamma 

initial est assuré tant par la métrique homérique que. par 

des témoignages dialectaux (Schwyzer, 608, thessalien ; 

IG V 2, 351, arcadien). Le suflixe de présent est -loxo- 

qui marque raboulissemenl du procès ; le futur, l'aoriste 

et le parfait comportent un ô exceptionnel en grec, mais 

qui est en alternance avec le morphème bien connu è. 

Sens : « être pris », notamment « tomber dans les mains 

de l'ennemi » (Hom., ion.-attique), avec un participe 

ou un prédicat substantif ou adjectif, « être pris à, 

convaincu de », en ion.-att., d'où, également en ionien- 

attique, « être convaincu au tribunal, condamné ». 

Composés rares : àv6-. èv-, Ttapa-, Ttpoa-. 

Dérivés nominaux peu nombreux ; àXto-rôç (S., Th.) et 

surtout les comp. àvàXoixoç « imprenable » (Hdt., etc.). Sua-, 

alyu- (cf. sous oLixm) ; âXucjiç «capture» (Pi., iEsch., 

Hdt., PL), àlùai[ioc, " aisé à saisir . ou « à conquérir », 

de villes ou de personnes (Trag., Hdt., Th., Xen.) ; àX&jtxa 

.frais, dépenpes» (béotien SIG 1185; IG VII 2426), 

cl. plus loin âvà>.td(x.a ; enfin Hsch. fournit la glose fautive 

àXovàxï) • àvâXtofJta XaXxiSeîç où K. Latte propose de 

corriger le lemme en àXtoiiaotT) (cf. àvoiJ-tair^) . 

Thème en s dans SoupioAT)? et eùaXr;;; (Hsch.), voir 

aussi vEoa?^r;ç 1 

L'actif factitif correspondant à àXîoxo^at n'est attesté 
que tjès rarement et à date basse, àX:(ix<ù « prendre . 
(Aq. Ps. 21(22) 14). En revanche l'attique possède un 
fâctiUtàvâXîojttû (Th., Ar., PL, parfois trag.). On explique 
r« long comme une contraction de àMafaXîoxtù, ce qui 
implique que le mot aurait été créé bien avant ses premières 
attestations. Temps primitifs : àvâXtiao), àvrjXtoaa, âvTiXtùxa, 
passif dcvâXcofrfitrofiai, àvT)X&>6ifiv, àvïjXojfiat. Les formes 
avec T) à la seconde syllabe, qui caractérisent proprement 
le parfait ou l'indicatif des temps secondaires, se sont 
parfois étendues abusivement, cf. subj. àvTQXtôoT) (P. Strasb. 
92, m' s. av. J.-'";iir.) ; de même àvTf)Xaj[ia (P. Teb. 212, etc.). 
Enfin il a été créé parallèlement à àvâXiaxw un présent 
lactitif àvôXâtû (Hp., Th., Ar., etc.) ; dans les inscriptions 
aUique.3 les deux présents sont attestés au v siècle, mais 
seulement àvôeXtaicw à parUr du iv siècle. 



Le sens propre semble être « détruire, consommer », 
le préverbe soulignant le départ de l'action et contribuant 
à donner aux formes actives une valeur faclltive (cf. 
àvatpètù et Humbert, Syntaxe grecque § 588). Les formes 
passives sont anciennes et nombreuses et ont pu servir 
d'amorce à la création du factitif. 

Quant à la valeur générale du terme, elle apparaît dans 
des expressions comme ania, àvaXioxsiv (Hp. VM 20), 
àvocXi(Txofi.Évoii; les animaux qui sont dévorés (PI. Pri. 
321 b), d'où le sens de « détruire, faire disparaître » comme 
euphémisme pour « tuer » (Th. 8,65), au passif (.Esch. Ag. 
570, etc.). Mais en attique, le terme est devenu le mot 
usuel pour dire « dépenser » ; il figure en ce sens dans les 
textes littéraires et dans les inscriptions (également à 
Amorgos, Délos, etc.). 

Dérivés : àvâXotatç « dépense » (Thgn., Th., PI ., etc.) 
mais èyxeçâXou âvâXwatç « consomption du cerveau » 
(Hp. Epid. 6,3,1); àvàXcùfxa «dépense» en tant qu'elle 
est réalisée (ionien-attique, surtout au pluriel), opposé 
à X^fXîia (Lys. 32,20, etc.), pour la forme àvTjÀcofxa voir 
plus haut ; avec le dérivé tardif àvaXcofiâTiov, pour 
àvàXoifia, le thessal. a ôvdXa, thème en S {IG IX 2,517) ; 
àvaX(ùT7)ç « dépensier, dissipateur » (PI. R. 552 b, c, hapax) 
d'où àvaXtùTixéç (ibid.). 

Le terme ionien pour dire « dépenser » est àvaiaifjLooj. 
D'autre part en attique le mot a été concurrencé par 
Sanavâto . 

Et. : La présence d'un digamma initial est sûre ; on 
rapproche le nom des hilotes sïXcùteç. Hors du grecf on 
évoque got. wilwan « dérober » arm. golanam « voler », et, 
encore plus douteux lat. vellô « arracher ». Un rapproche- 
ment avec grec éXcïv est possible en posant 'sel-jswel-. 

âXuT^a : «plantain d'eau» (Dsc. 3,152); n'a pas d'éty- 
mologie et ne peut être rapproché de SCkc, (Strùml)erg, 
Gr. Pflanzennamen 115). 

àXî(}>aXos : T^oç Spu6ç (Hsch.), probablement glose 
fautive pour àXîçXoioç, cf. eùÔutpXoioç. 

aXixj/ : iréxpa (Hsch.), voir alyîXnJ;. 

àXK'q, voir sous àXi£<o. 

aXKT] : f. «élan. (Paus. 5,12,1 ; 9,21,3). 

Et.: Mot germanique emprunté par le grec comme 
il l'a été par le latin {alcê ou alcês chez César). En partant 
de v.norr. elgr on pose germanique commun 'alzi-, à côté 
de quoi une forme à accent initial *dlx- rendrait compte 
de gr. SXxY) et lat. alcê. Pour les autres formes germaniques 
voir Frisk et Walde-Hofmann. 

âXKUCdv, -6voç : f. (souvent écrit avec esprit rude par 
faux rapprochement avec fiXç) oiseau auquel diverses 
légendes sont rattachées, luais qu'on pwt identifier 
comme l'alcyon Alcedo ispida {II. 9,563, Alcm. 93 Diehl, 
Ar. Ois. 251, etc.). On racontait notamment que la femelle, 
séparée du mâle, poussait continuellement un cri doulou- 
reux (cf. //. /. c), ou qu'elle portait sur son dos le vieux 
mâle (Alcm. l. c.) ; pour la ponte, cf. plus loin. Sur ces 
légendes, voir Thompson, Birds s.u. 



— 63 — 



D6nvés : àÀJcuovîç, -ÎSoç même sens (A.R.). mais on a 
surtout à/.icuovESeç (ïj^épati, jours d'hiver durant lesquels 
I «Icyon construit son nid. et où la mer reste très calme 
flou, proverbialement, d'une profonde tranquillité (Ar 
Oi»^ 1594, Luc, Suid., etc.); au même sens àXxoôvcta; 
1)(itpai. (Arist.) ; enfin àXx^j6veio^>, éponee bâtarde espèce 
4e zoophyte qui ressemble au nid de l'alcyon (Hn 
mAdecins). * ^'' 

Fournit des noms propres : 'A-axocov, 'AXkuÔvt). "AXxuo- 

Vtuç qui figurent soit dans la mythologie, soit dans l'usage 

AXxutov a été altéré en àXxuScôv (Hdn. 2,285) d'après 

I analogie des noms d'oiseaux ou d'animaux en -Sciv (cf 
XCAtStôv, etc.) ; un terme comme iXyrjSciv a pu également 
exercer une inHuence, en liaison avec la douleur de l'alcyon 

lit.: Inconnue. L'étymologie populaire, en accord avec 

II légende du nid de l'alcyon, analyse le mot comme un 
composé de âXç « mer» et de x.jtov du verbe xuetv - porter 
un enfant ou des petits ... Ce peut être un terme méditer- 
ranéen emprunté. Le latin a de son côté alcëdô (y. Ernou«- 
Meiliet s.u.!. 

àUâs, -àvToç : m. . hachis, saucLsse . (Hippon., corn.'. 
Composés : àXXavroTtco/ï-; .. marchand de saucisses .. ( \r ; 
flou -TTOiXêco (ibid.): -TTotoç (tardif. -eiSt); (tardif). 

/?(..• Obscur, comme beaucoup de termes culinaires 
l.e sulhxe semble être le suMixe -/svt- non usuel en 
ail. que: U se serait contracté avec une vovelle oc 

Kretschmer. Gi.l .?■'''( •! r-ninrapi.i. i-, ,>i,. ,. — - - • 

, • -I''-' •< KijJiJiociic id glose ccAATiV ' Aa/avov 

IxaAot. y.xi è-i ToO àpruvOÉvroç ncç.iy.à'^.ii'xroc, è' ry, 

iXXavTQTTwXr,; (Hsch.;. 11 faut admettre que le dérive 

serait d'oriirine non ia:iienne, occidentale fllalie ou Sicile, 

et l'on pose àXXa/EVT-. Le mot iXXâ- repondrait à l'osque 

atlo- (messupien selon v. Biumenthal. Hes,,chsiudien ]5> 

et correspondrait rt lat. âlium .ail». 1! saeirait d'une 

snucisse à l'ail. Le nom grec de l'ail est, on le sait. ay.ôpoSo.-. 

àXXi^, -Lxo; : f, espèce de manteau d'homme avec 
des manches, mot the^salieIl selon Et. M 68 '« Hsch 
à recueilli le., gloses a^Lxa • yXauuSa, È;.TrôpTr7;',xa ■ ol 
«E TOc-TiSa -/AaîiuSoç àXÂTiXo/Eipou et àXXt^ • -/'t^v 
XC'P'-SwToç, rtapà EOoopicovi,. La glose de Et. M. 68,34 'est • 
«XXi.^ aru.^ivti xara ^E-aXoù.: "^v x>-a!i'JSa. Le mot 
ngure à l'époque hellénistique chez Euphorion et chez 
Call., cf. fr. 253. il aXÂixa "/puaEtTia.v ÈEOYOuévrjv év£t?civ 
El.: Pas d'étymoioE-ie. Peut-être emprunte par le latin 
sous la forme alicula (Ernout-Meillet et Walde-Hofmann 

S.U.). 

aÂAo(iai : aor. hom. àXTo (aLhém. et avec psilose cf 
Gr. Hom. 1,383. Schwyzer, Gr. Gr. 1,751 qui constate 
que la quantité longue [augmcnt d'une forme éolienne "' 
n'est indiquée ijue par l'accent), àXfiEvo;, subj. àX^-xu 
mais aussi ciXT,-xi; forme sigmatique v-aTo (Hom., ion - 
att.) ; en outre aori,-,te Ihem. rare f,X£To (.^sch., X.) 
Sens .sauter, surtout en parlant de personnes ou 
d animaux. 

Nombreuses formes à pré-erbes : àv-, à?- St- do- 
h>-, if-, xaO-, (xe6-, -po-, rrpoa-, <rjv-. ÛTTEp-, Û9-. Un 
aoriste ô--aATo, àv-ÉTt-aXTo a été mis chez Hom. en rapport 
avec ..àXXciv, -àXXEoOat qui signifie proprement «brandir 
secouer.., d'où un aor. poétique raXro «bondir» (cf' 
H. Fraenkel, Fesischr. Wackernagel 278-281, M. Leumann 
Homerische Wôrter 60-641. 



âXXoç 



Noms verbaux 5Xfia «saut. (Hom.. poètes), employé 
aussi comme terme sportif, ou pour la pulsation du coM.r 

(Hp.), aXoiç (Hp. Arist.). 

les athlètes tenaient en mains . pour sauter (Corn 
Arist., etc.); d'où àX-rr^pta, àXT7)po6oXCa. 

Adj. en -Ttx6; (comme de *aXToç ou *aXT7ic • âX-ix/-- 
« apte a sauter, ou qui sert pour sauter . (X. Arist ) " " ' 

Adj. comp. rrpoœXi^ç dit d'un terrain elissant (Il 21 
-62;, comme d'un thème en s. S'emploie^dans Ap R ,s' 
1 eau qui se précipite, dans LXX au sens de témcrair. 

Voir aussi sous èçiàX-rrî. 

Concurrencé en attiquepar 7rr,Sào.. au. a triompl,. 

El.: Pas d'autre correspondant sur que lai sal'„ (-,,,,■ 
d autres rapprochements plus douteux voir Pok,..;-,,-! 



ctXXos, -r,. -ov : «autre», chypr. aîXo; (Masson, ICS. 
21. ,14. Lejeune, Phonétique 135). Attesté depuis Hom 
jus^ju «n erec moderne. Donne lieu à un crand nom!,, c 
didioiismes comme SXXoç àXXa XéyEt fXén. An "IV. 
ou au sen^ . d'autre part ., ôcfxa tt; yc (Nausicaa' V.a. 
auotTTOAoi xtov ôcXXai {Od. 6,84,, etc. Le neutre $>>.v 
a fourni la conjonction àX>,à (Schwvzer Gr Gr "^•-,. 
Moorhouse, Cl. Quart 46, 1952, 100 sqq., Lcx. £nTu ' 
Adv, àAAwç «autrement, souvent empiové au sen'. a.- 
«autrement qu'il ne faut, en vain.. (Hom.. Ira- corn 
att.,. '^ 

Le thème d'SXXoç a fourni un grand nombre dadverbt". 
dont certains présentent un caractère dialectal défini • 
à-AXr„_ àXXo6ev, «XXoOl, rA>.oa., more, éol. à>.>o-a' 
dor. àXXoxœ, hom. àXXuSiç, éolien àXXui. 

Le thème àXXo- tient une certaine place comme premier 
terme de composés (une trentaine d'exemples en majorité 
tardifs), dont voici les plus anciens et les plus caracte-.- 
tiques : -yXcoaao; (Hdt., etc.), -yv.>; (Emp.), -yva,To; 
(Od.) «inconnu, étranger», -^'^ia (PL), -SoEé<o «se 
méprendre. (PL), -SoÇict (PL), -etSU (Od. ' 13 194 
tr.ssyllabique, on a proposé de lire àXXoiSéa cf. Lcx Ep 
s.u. qu, évoque tScTv), -Opoo;, -Gpouç «qui paHe une 
langue étrangère» (Hom., etc.), -xûtoc «étrange, fcf 
sous xoToçî, àXXoTToXîa = &AloSr,pLix (Crète), -/.Pc-o:, de 
_ Deux groupes de composés présentent une difricullé • 
aXAoçpcov (tardif), (iXXoçpcveuv (Hom., Hp.. Hdt.l «perdant 
la raison ., . hors de soi « est identifié depuis Fick à l'éolien 
a/.Aoç valant i,Xz6:: (voir sous ^Xe6; et Bechtel. LexiloguK 
S.V.), mais 11 n'est pas impossible que le mot contienne 
aX>,o; (cf. Od. 10,374, Hdt. 7,205 où le sens . autre » es' 
net), d'où au sens fort de . autre qu'il ne faut ., cf. aussi 
Lex. Ep. qui suppose que deux termes se sont confondus • 
même problème pour àXXoçàaaco «délirer. (Hp ) pour 
le second terme, cf. aatçâ^co (?) : le mot doit être ionien 
Enfin deux composés sont issus de groupements syn- 
tactjques : àXXoTtpoaaXXoç «inconstant. (//. 5,830 et 889) 
qu'on a tiré d'une formule comme aXo Tipàç SUov Uyo^ 
cf. Beciitel, l.exilogus ; l'usuel gén. i'0.■h;A(.^^,, etc. «les uns 
les autres, issu de la répétition de iXXoç (Schwyzer 
Gr. Gr. 1,446, n. 8) d'où, tardif, àXXr;.;"co, et divers 
composés. 

Un seul subst. dérivét ardif : àXXé-rrj; . altérité . (Simp 
in Ph. 862,13). Adj. dér. àXXoïoç .différent. (Hom 
lon.-att.) ; pour le sufHxe, cf. toîoç, ttoïoç, oÎo; ; d'où 



îXAo; 



— 64 — 



àXXoiérj)!; {Hp., PI.), dcXXoKÔSrjç (tardif), -torcéç (Emp.), ; 
le dénominatif factitif dc^oiàco ion.-att., avec les dérivés 
àXXot<ooiç « cliangement, différence » (PI., Arist.), àXXol(0(xa 
(Damox. 2 hapax), àXXoicoTâç (Arist.), -nxdç (Arist., 
Gai.). Rares composés -axï)fiû>v, -xpooç et quelques autres. 

Autre adj. dérivé : ôXXÔTpioç (Hom., ionien-attique), 
éol. dtW.ÔTeppoç [EM 529,24) « étranger, qui appartient 
 autrui » ; semble constitué avec le suffixe distinctif qui 
a fourni le comparatif en --repoç au degré zéro, combiné 
avec -loç- ; on a également rapproché l'adverbe skr. 
angàtra « ailleurs > (Pokorny 25). D'où àXXoTpiàriQÇ 
(PI., Arist.), àXXoTpiàw (ion.-att.), -Tpttixiiç (Tu. 1,35, 
écrivains hellénistiques,, et une douzaine de composés 
dont les plus__anCiens sont (xXXoTpiovo(xétù (PI.), àXXo- 
TpiortpayfioaOvT) (PL), àXXoTpiâçayoç (Soph.). 

Les grammairiens enseignent enfin que les Éoliens 
disaient ôXXcdvioç pour àXXoïoç (pour le suffixe v. 
Ghanlraine, Fn::na!ion 42). 

'AXXoSocTtoç (Hom., etc.) «étranger, appartenant à un 
autre peuple » est difficile et présente l'aspect d'un 
composé. Il entre dans la série de TT)Xe8a:r6ç, 7tavTo8a7r6ç, 
TtoSa:t6ç, :î)(xeôaTCâç. On explique souvent le mot comme 
issu du neutre *cùXoB- (cf. lat. aliud) et d'un élément 
répondant au lat. -inquos (i.-e. *^k "o-), ce qui ferait remon- 
ter le composé très haut (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,604 ; 
doutes motivés de Meillet, BSL 28,42 sqq.). 

Un groupe particulier de dérivés de SXXoç s'est constitué 
avec un élément à gutturale -ax-, -ay-, -a/-. Il existe 
des adverbes dtXÀaxoû « ailleurs », àXXax'fij àXXax<i6ev 
{Formation des noms, 403). On a d'autre part une autre 
âéhe d'adverbes : dîXXaÇ • sviQXXaYpiivtoç (Hsch.) et avec 
préverbe, èv-, en-, Ttap-, îfiç-âXXaÇ (Hp., Th., S., 
Xén., etc.), qui expriment tous l'idée d'échange. 

C'est sur ce thème qu'a été fait le verbe àXKicsacù 
• changer, échanger » (Hom., ion.-att.), avec les formes 
à préverbe 8ta-, èv-, èE,-, ÈTti-, xaxa- ; le locrien a 
àXXàÇu {Berl. Silzb. 1927, 8, du v« s. av. ) ; l'aor. pass. 
est iXXayriMa.1 avec une sonore y. Même sonore dans la 
(orme nominale àXXayr), « échange, changement, change » 
jattique et grec tardif) d'où le byzantin àXXaY'ov. 

Les autres dérivés sont affectés de suffixes divers : 
âXXayixa «ce qui est donné en échange, prix» (Hp., 
LXX, etc.) ; fiXXa^iç « échange » (Arist.), àXXâÇL(ia (s.e. 
IfiÎTia) «vêtement que l'on change, 'iuge » {P. Oxy. 
1728,2, cf. Arbenz, AUJektive ruf -ipioç 97), d'où àXXaÇt- 
[iâptov (pap., Slud. Pal. 20,245), avec Je suffixe de dimi- 
nutif -àptov ; dtXXaxTixôç « qui concerne l'échange » 
(PI., Arist.); enfin l'adverbe àXXdtySYjv «en changeant» 
(Ildn.). - 

Le présent àXXtiutrw est issu de àXXoç au moyen d'un 
suffixe guttural qu'il est difficile de préciser ; le sens et 
les emplois ne sont pas en faveur d'un rapprochement 
avec àXXœxïi, etc. ; si l'on pose àXXax- on se trouve en 
wntradiction avec àXXay^, àXXayîivai. qui semblaient 
secondaires : aXkéX,iii ne peut guère être antérieur à àXXdcCToco. 
Problème du même genre pour îrpiaata. Voir Debrunner, 
IF 21, 1907, 218 sqq., 227. 

Ei.: Tout le t^T-Miina est constitué autour de àXXoç qui 
«tmble déjà affecté d'un suffixe -yo-, qui remonte à l'i.-e. : 
cl.arm. ayl, lat. alius, got. aljis, irl. aile, etc. Sur le rapport 
de ce tbèmii avec skr. angâ-, voir Debrunner, Bev. Et. 
Indo-Eur. 3, 1943, 1 sqq. 



à\ôt) : f. « aloès, Aloe vera » (Dsc. Plu.). 

Dérivé : àXoinç «gentiane amëre » (Redard, Noms en 

-TTIÇ, 68). 

Et.: Comme àydtXoxov qui désigne une notion voisine, 
doit être un emprunt au vocabulaire oriental. Cf. 
Schrader-Nehring, Reallexikon 1,39 sqq., Lewy, Fremd- 
ϙrter 36. 

âXo^, voir aSXaÇ. 

âXoaûSvT] : f., épith. de Thétis {II. 20,207>, cf. Od. 
4,404 çûxai vé7ro8eç /CotXîiç àXoaû8vif)ç ; enfin Ap. R., 4, 
1599, épithète des Néréides. 

Sens et étymologie incertains. Les grammairiens anciens 
comprennent fille de la mer, mais la glose d'Hsch. û8vai • 
lyyovoi, CTiivTpocpot est considérée généralement comme 
tirée de àXocrù8vr) ; à uSvai il faut joindre le dénom. 
ùSveïv • rpéipeiv, xpû6etv, aîiÇetv qui en serait issu ; 
pour 5SvT)ç. sLScjç, ë[jt7rEipoç cf. ûSy)ç, et voir sous ûSeîv. 

Écartant donc l'interprétation des Anciens, les étymo- 
logistes voient dans -oSvt) une dérivation à nasale attendue 
du thème de uStùp, et interprètent le mot « eau, vague de 
la mer ». 

Cette étymologie trouverait un appui sérieux en mycénien 
si en PY Ta 642 a^roudopi doit bien être lu âXoou8o(T)çi 
« avec des aigues-marines » cf. Documents, 339. 

Remarques : d'une part les gloses 08vaL et ùSveïv 
peuvent, après tout, être anciennes ; d'autre part 
Callimaque a employé un composé 'YSaToauSvï) comme 
nom d'une Néréide, ce qui prouve que le poète n'inter- 
prétait pas le second terme comme apparenté à û8<op 
(voir Fr. 545 et les commentaires chez Pfeiffer), 

àXiTViOTOS) ëTtoXTTvoç, àoTTaXéoç etc. : Groupe archaï- 
que altéré ensuite par l'étymologie populaire. "ErtaX- 
TTvoç « aimable, désiré » (Pi. P. 8,84), avec le superlatif 
àXirviaxoç (Pi. /. 5(4), 12) que Wackernagel {KZ 43,377) 
veut lire SXniaxoç, comme un superlatif régulièrement 
constitué sur la racine au vocalisme zéro sans suffixe, 
la forme "AXtiicttoi; se trouvant attestée comme nom 
propre (.ffisch., Pers. 982), cf. encore Seller, Sleigerungs- 
formen 79 sqq. Un autre dérivé est fourni par le nom 
propre *AX7rovlSy)ç issu de "AXTrwv. 

Enfin Hsch. fournit la glose àXTcaXéov ■ àyaTrrjTév, 
à rapprocher du nom propre 'AXjraXî), qui se placent à côté 
du thème en n comme TriaXéoç à côté de ictuv. Cette forme 
a dû être dissimilée en àpivxXéoç aimable, désirable (Od. 
8, 164, Thgn. 1353), Debrunner, IF 23, 1908, 17. Mais le 
terme a été rapproché de àpTrâî^cù et a reçu en même temps 
l'esprit rude (Wackernagel, l. c, Debrunner, GGA 1910, 
14). Chez Homère l'adverbe àpTraXécoç employé avec le 
verbe manger {Od. 6,250,14, 110) est déjà ambigu : « avec 
plaisir », ou « avec avidité » ; l'adj. âpiraXéoç peut signifier 
• avec avidité, avec violence » (Ar. Lys. 3.31, A.R., AP, etc.). 
D'où âp7tâXi(xa • àpnay.Ti., 7rpotT9iX^ (Hsch., la glose 
indique la double valeur du -.rme), cf. xaprr'rXtiioç. et 
voir Arbenz, Adj. auf -i;toç 29. Un thème en -aX- figure 
encore dans des noms propres comme 'Ap;rœX((i)v 
(Hom., etc.) et dans le dénominatif âpTraXito» «se 
complaire à » (iEsch. Sept 243) » réclamer » (iEsch. Eum. 
983) ; Hsch. glose àpîtaXtÇojiai • ào(jiév6jç Bt/piia.i. 
Enfin àpTràXayoç qui désigne un instrument de chasse 



— 65 — 



ôXv^a 



(0pp. Cgn. 1, 153) est une combinaison des thèmes àpnoX- 
et àpitcTf-. 

Dans cet ensemble, outre la déviation de forme et de 
sens de àpTcocXéoç sous l'influence de ipiti^at, on observe 
un système archaïque d'alternances de thèmes en -v- et en 
-otX- (cf. Benvèniste, Origines, 15 et 46). E. Benveniste 
postule Hgitimeinerit un thème inanimé en cep (r) ; ce 
thème est peut-être attesté en Crète si l'on admet la 
lecture SXmtp « chose agréable » (inicr. Crel. 1, 127, n» 6, 
IV a, Lato, ii* siècle av.). 

Et. : On pose avec vraisemblance àkn- de faXn-, degré 
zéro répondant à (/"jéXTtoiJuxi, {fjekTtL;, etc. 

âXs, è>.oç : m. «sel. (1^9,214, Hdt. 4, 185, etc.) mais 
employé généralement ^en ce sens au pi. (ion.-att., etc.), 
d'où à partir d'Arist. le n. ê^Xau;, -aroç issu de l'ace, pi., 
cf. Leumann, Hom. Wôrter, 160 sqq. avec bibliographie ; 
désigne aussi en poésie la mer comme étendue salée, au 
féminin (exception àXiç itoXioïo //. 20,229 ; Od. 5,410, 
9,132) ; en ce sens chez Hom., parfois trag., etc. Chez Hom. 
désigne surtout la mer vue de la terre ; s'il s'agit du large 
on précise par jréXayoç, tovtoç. Le genre féminin s'explique 
soit parce qu'il s'agit d'un collectif, soit plutôt par 
l'analogie de OdtXacaa. Sur la signification de âXç, v. surtout 
Lesky, Hermès 78, 1943, 258 sqq., avec son livre Thalassa, 
1947 ; Kopp, Das phgs. Weltbild d. frûhen griech. Dichtung, 
Diss. Fribourg, Suisse 1939. 

Nombreux composés sur lîXç « mer », avec âXt- comme 
premier terme (cf. El., mais senti en grec comme datif), 
p. ex. àXt-âiQ;, -yciTtùv, -8ovoç, -T)p7)ç, -jcXucttoç, -jcrurtoç, 
-|xé8o>v, -(jiupTjstç (v. (lûpofiai), -vatéTT)?, -TrXayxTOç, 
-TtXooç, -TOp<pupoç, -crrovoç. Le premier terme àXo- figure 
essentiellement à date basse au sens de < sel », p. ex. dans 
àXo-7ta)Xi()i; (pap.) et surtout ôXoupYifjç « fait avec le pro- 
duit de la mer, c.-à-d. de pourpre véritable (ion.-att.), cf. 
sous êpyov. Pour àXocLiûvy) v. s.u. 

Second terme de composé -aXoç au sens de mer : àva^î- 
oXo; (B.), p.-ê. (ôîcu- (Hom.) ; surtout avec des préverbes 
ou adverbes àyx'- àfiçi-, èç-, Ttap- (avec dérivés), etc. ; 
au sens de sel, dv-, v.a.Q-. Déjà en mycénien opiotra « région 
côlière » avec le préverbe opi, cf. ïçoXoç, v. Chadwick- 
Baumbach 170. 

Noms d'hommes : 'AXippéSioç, 'AfiçiaXoç, mycén. 
apia,ro; toponyme 'AXCrtéSov. 

Dérivés : 1) Un premier dérivé, centre de tout un groupe, 
se rapporte à la fois aux notions de sel et de mer : âX(i.ï) 
■ eau de mer, saumure » (Od., ion.-att., etc.), d'où âXiiupôç, 
isalin, salé»(0<i., etc.) avec âXfiuptç f. «saumure, sol gâté 
par le sel », etc. (att., Thphr., etc.), l'adj. âXiiuptôSt);, les 
verbes âXfiupî^to (Arist.), àX(Aup6co (tardif) : la finale -upoç 
a été expliquée par un *àXupoç supposé, cf. en tout cas 
plus loin àXuxoç (Schwyzer, Gr. Gr. 1, 482). Autres 
dérivés de âXjiT] : âXfxata f. «saumure» (^r., Nie); 
àXfiviEtç « salé, marin » dit de l'océan (hapax iEsch., 
Sappl. 844) ; en outre des termes relatifs à la saumure : 
àXiiiç f. (èXda) « olive conservée dans la saumure » 
(Ar., etc.) ; âXptia conserves salées (Mén. 397) ; verbe 
àXjieûco • mettre dans la saumure » (Dsc.), d'où âXjieuaiç, 
àXjisu-rrjç; 

2) Un dérivé rare comme âXi-nji; m. signifie selon les 
gloses, à la fois « marin », « salé » et « pêcheur • ; 

3) Un certain nom de terme se rattachent à iJcXç « mer » : 



o; âXinoç, «mariai (trag. adtep. LXX), d'où SkiyLvt 
plante, Atriplex Hedimu», pourpier 4e mer, cf. Strfimberg, 
Pflanzennamen, 97,114, P. Foumier, R.Ph., 1950, 172} 
b) fiXioç « marin » (Hom., ion.-att., etc.) avec des composés 
comme èvôXto;, elviXioç (Hom., etc.) ; d'où àXiaç f. 
« canot de pêcheur » (Arist., O.S.) qui se rattache étroite- 
ment au nom du pêcheur àXieiiç {Od., ion.-att., etc.) avec 
àXi«io|x«i (Com., ete.) àXteiSoj [LXX, NT, Plu., etc.), 
àXieuTixiç « qui concerne la pêche » (PL, X., etc.), àXieuT^î 
« pêcheur . (Alex.), aXiso[ia. « pêche » (Str.), àXiela id. (Arist. 
Str.), et le mot poét. àXtdt8T)ç « pêcheur . (S. AJ. 880) ; 

4) Une série de dérivés se rattache à la notion de sel : 
àXta f. « pot à sel • (com., hellén.) ; les adjectifs âXivoç 
«de sel» (Hdt., Str.); àXiapôç (Eust. 1506, 61). Verbe 
dénominatif àXl^tù « saler • (Arist., etc.), avec âXiajioq 
(tardif), mais il n'est pas probable que dEXiafia « plantain 
d'eau » soit apparenté, cf. s.u. ; 

5) Un radical ôXu- a fourni l'adj. àXux6ç « salé » (Hp., 
Arist., ete.) dont l'u est obscur (cf. plus haut âX[iup6ç), 
avec ôXuxÔTTQç f. (Arist.), âXuxtç, f. «saline. (Str.), 
àXuxûiSïjç (Hp.) ; en Thphr. HP 9, 11,2 on corrige àXix.ûSriç 
en àXux- ; aX\ixeia. « fait de saler » (Ptol.) ; toutefois une 
graphie àXix6ç se lit dans les pap. ; 

6) Du neutre fiXaç ont été tirés dans le grec tardif 
âXàriov, ôXaTivoç, ôXaTutôv, et le v. dénominatif àXaTÎÇcj. 

Le grec moderne emploie ôXart « sel », d'où ôXaTiJ^to 
• saler », etc. 

Et.: Vieux nom-racine du sel, cf. lat. sâl (avec allonge- 
ment secondaire) ; lett. sais; thème en -i qui. peyt ôti-o 
un ancien neutre dans lat. sale, v. irl. sait-, grec âXt-, 
V. si. soit, arm. al; tokh. A sale; thème en -d dans gol. 
sali, arm. ait. L'existence d'un thème en -n est douteuse. 
V. Benveniste, Origines, 8,78. 

âXo-os : n. « bols sacré » (Hom., poètes, Hdt., PI.) ; 
les passages où le mot semble comporter le sens général 
de « bois » figurent tous dans un contexte religieux (cf. 
//. 20,8, Od. 10,350). Peut désigner aussi toute enceinte 
sacrée, même sans arbres (//. 2,506, S. Ant. 844). Parfois 
employé dans des images poétiques (ffisch., Pers. 111, 
Eleg. 4). 

Le mot se trouve peut-être en mycénien dans le topo- 
nyme asee (datif), cf. Heubeck, Kadmos 1, 1962, 60. 

Dérivés àXoûSTjç « qui ressemble à un àXaoç, boisé . 
(E. lyr., Thphr.), âXotv>) plante, Parielaria laailanica 
(Thphr. Dsc), les équivalents d'&Xaoç, àXaupta, àXoûv 
(Aq.), et àXfxa (Lyc. 319) ; enfin A.R. 1, 1066 emploie 
ôXcTKjtSeç viifiçat, le suffixe étant emprunté à NTrjpTi'CSeç. 

El.: Obscure. Pausanias, 5,10,1 affirme que le nom du 
sanctuaire d'Olympie "AXtiç équivaut à àXcroç, ce qui 
conduirait à poser *iXr-yo!;, combinaison d'ailleurs 
bizarre. Un rapprochement avec àX- « nourrir » de àX8atv<o, 
àXOaîvtù, ne rend pas bien compte du sens précis du mot. 
Voir Lex. Ep. s.u. et K. Foibes, Gl. 36, 1957, 257. 

âXu^a : àXuTTov (Hsch.) c'est-à-dire la Globularia 
algpum, voir sous X'jTtïj. Le terme a dû donner naissance 
au toponyme 'AXuǣa. 

Et. : Pour étab'ir un développement sémantique parallèle 
à celui de oO.uttov (cf. sous Xû;r/]), IJlumenthal, Hesychsl. 34 
tire le mot de *à-XuY-i/a qui serait issu avec alpha privatif 
de XuYpéç, XeuyocXioç. 



àXuKToiréST] 



— 66 — 



ôXuicTOTréSTi : « entraves, liens » d'abord employé au 
pluriel : Hés. Th. 521 Sï^oe 8' dcXu^TOTréSnot, où P. Mazon 
traduit «liens inextricables •. Le mot se retrouve chez 
A.R. et dans l'AP. Les poètes tardifs attribuent au premier 

terme le sens de n indissoluble », cf. fiXuToç. 

El.: Composé expressif. Le second terme est TréSir] 
< entrave 1 mais le premier est obscur, Schulze, KZ 
28,280 (= Kl. Schr. 3G0) l'a rapproché de skr. raj- « briser ». 
Mais Frisk préfère avec raison y voir une contamination 
de SXuToç et étppTfjxroç (cf. //. 13,36 sq. TréSaç...] àppyjy.- 
Touç âXuTouç), sous l'influence de àXùoxfo, dcXûÇ<d, etc. 

â.Xuttiç : f. (aspiration initiale garantie par Hdn. 
1,539) «chaîne» (Hdl., Thuc, Dém., Plb.); se dit aussi 
d'un bijou féminin, notamment d'une chaîne portée au 
cou (Ar. fr. 320, IG IF 47. etc.) ; le mol se trouve à 
propos d'ime cuirasse faite de mailles (Arr.j. 

Composé : à^-jotSïToc" à'Xùati SeSEfiévoç (Hsch.), la 
correction de Latte àXuo'.Std-ûç ne s'impose pas. 

Dérivés : àXûoiov (Mén., Philippid., Schwyzer 462, B, 
Tanagra, pap.), àX'jatSiov (hellén., pap.) ; en outre 
iXuaiMTôç « fait de mailles (V) » (Pi. fr. 169,28) et plus tard 
àXumScoTéç, même sens, (Plb., D.S., etc.) sur un thème 
iXuaiS- ou analogique de tpoXiSoToç ; adv. àXuarjSôv 
<eu forme de chaînes » (Man.), constitué sur le type des 
adverbes comme 7tup/r)Sôv, açatprjSôv, etc. 

El. : Dérivé en -otç. ce sufTixe se prêtant à fournir 
parfois lies noms d'olijets. Selon Frisk. Eranus 43, 1945, 
2'2â-i28, du thèiai; 'wclfuj- de ÈXuxpov. EiXùfo, ëXtÇ, etc. ; 
l'esprit rudo qucllt-, qu'en soit l'explication se retrouverait 
6a tout cas dans ïXiÇ. 

âXuCTCTOv, voir Xùcrra. 

àXÙTÔç : m. dositrtic un fonctionnaire de police en 
Élide, cf. EM 72. U) -iXJTaç 'HXeïoi toùç ^a6Soo6pouç 9) 
lUOTiYoçopo'j; xaÀoijo'.. Inschr. Olymp. 483 ; ils ont 
probablement jou(î un rôle aux Jeux. 

Composés : àXu-ràp/vjç chef de la police aux Jeux Olym- 
piques {ihid. 240, l.uc.) d'où -apyéco {ibid. 468), -œpxta 
(Col Just. 1,30,15. 

Hsch. offre la ?lose âXOTa-rat (c.-à-d. àXuTâraL ?) • :rapa- 
Ti]pEÏ. Mais Schmidt corrige àXuTdcpxixt ' Trœpà 'HXetot;... 

Et.: Bechtel pose */'aXu-Tâç «l'homme au bâton» 
et rapproche çot. walus «bâton», etc. '. Gr. Dial. 2,863, 
GJIt î^achr.. 1920. 247! : simple hypothèse. Krahe 
pense à une orijjine iilyrienne, Gl. 22, 1923, 123 sqq. (?). 

àXùu : ail. âX'JO) scion Sui<i., éol. à>,uiù> selon EM 
S4,16. seuleriienl thème de présent, à l'exception de la 
glose d'Hsch. àXaXÙCTÔai ' çooetcrOat., àXùsiv. Poétique 
depuis Hom., assez rare dans la comédie, attesté en outre 
te les m(^(iecins et dans la prose tardive. Sens : « être 
hors de soi » (cf. //. 24,12 à propos du désespoir d'Achille), 
arement à propos d'un sentiment de joie {Od. 18,333 
to un développement qui présente des bizarreries). 
Peut se dire d'un homme qui est hors de lui parce que 
pion jé dans le désespoir, la mélancolie, etc., sans que cela 
implique de l'agi -.ion fllp., \lén., etc.). 

Dérivations nominales : surtout dans le vocabulaire 
DMica! àXuaiiôç «angoisse, agitation» (Hp.)avec le dérivé 
ita(i[iti)Si,; ; icXuatç id. (Dsc); àXuç, -uoç agitation (Hp.), 
fflilancolie (Zenon, etc.) est probablement un dérivé inverse. 



Un petit groupe de mots présente un élément x dans 
iiXû(TCT<o (Hom. //. 22,70, employé à propos de chiens, 
Hp.), fut. àXiiÇw : on pourrait se demander si la création 
de ce terme expressif n'a pas été favorisé par l'existence 
de XÙCTCTa ; àXûxT) = àXuofiôç (Hp.), présentant un suffixe 
-X7) anomal, s'explique mieux comme postverbal de 
dcXûaacd ; en outre àXu/^ (Gai., Hsch.) et ôXuxà • àSirjfiovta, 
àxT]Sia (Hesch.). 

Cet élément x- se retrouve dans àXuxTsto qui présente 
l'aspect d'un dénominatif de *àXuxTâç, même sens que 
àXÙGoui et àXùûj (Hp., Érot. Hsch., etc.) avec le participe 
aor. transitif àXux-nfjaaç = 6opo6r)caç (Hsch., EM 71,39), 
et le pf. àXaXiI)XTif)p.ai (//. 10,94, Dolonie, hapax); avec le 
déverbatif àXuxrâC" même sens fB., Hdt.) ; voir pour ce 
suffixe, Schwyzer, Mélanges Pedersen 70, et pour le groupe 
àXucd, àXuaau), àXuxTÉo), àXuKTâî^u, Bechtel, Lexilogus 
33 sq. 

Les lexicogi'aphes fournissent encore des formes àXuaTaCco 
(Hsch., EM) cf. Schwyzer, /. c. ; àXuaralvsiv ■ àaOeveîv, 
àSuvaTEÏv (Hsch. cf. EM 70,46) ; àXuCTOaivEt (corr. pour 
àXuaOévei) ' àaOEveî, àviœrat (Hsch.), cf. EM 70,45, 
en outre Nie. Ther. 427 où la graphie avec -at- est garantie, 
et Hp. Morb. 2,54, etc. ; enfin on lit EM 70,45 àXuaQéveia • 
àaôévEia : il est possible que àaOevrjç, etc., ait exercé une 
influence non seulement sur les graphies fautives comme 
àXuaOévEia, mais aussi sur àXuaOaivco. Chez Call. H. Del., 212 
un pap. écrit àXuoOEvéouaa, qu'il faudrait p.-ê. corriger en 
âXuaOaîvo'joa ; les manuscrits écrivent àXuaOfiaîvouaa ; 
c'est aussi un dérivé en -pLaîvcù qui figurerait dans le leinine 
d'Hsch. àXuSM-aivEW. 

Et.: Le mot àXum est généralement considéré comme 
un thème élargi en ii de àX-, que l'on retrouverait dans 
àXàofxai et àXéo(iai. Mais les sens de ces divers termes ont 
franchement divergé. 'AXûto s'est spécialisé avec une 
valeur plutôt médicale. Pas d'étymologie indo-curupcjeime 
établie, cf. Pokorny, 27, n. 2. L'aspiration initiale que 
pose Suid. reste inexpliquée. 

â\<{>a : n. (indéclinable, pi. Ta aXça Arist. Mél. 10S7 a) 
premier exemple attesté PL Cra. 431 e. Noter la formule 
Tè àXça xa'i xè & Ap. 1,8. 

Dérivé : àXçâpiov n équerre, fil à plomb » (Théo. Sm. in 
Ptol. 228 H). 

Composé àX9(x6-)r)Toç m. (prem. ex. chez Irénée de Lyon) 
et plus tard féminin. Mais on trouve aussi le pluriel gén. 
TCùv àXcpaoïiTCùV à quoi répondait p.-ê. un nom. zà àX<pi6ï]Ta. 
Enfin le copte àX<pa67)-ra m. repose p.-ê. sur gr. *Tà ôXçd- 
ÔTjTa. Voir pour le détail Schwyzer, KZ 58, 1931, 199-201. 

El. : Emprunt sémitique, cf. hébreu 'aleph. Les termes 
grecs se terminent par un -oc emprunté à certaines inter- 
jections comme trlrra, lorsque le terme sémitique 
comportait une finale que n'admettait pas la phonétique 
grecque (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,140 et KZ, l. c. 177-183). 

àA<t>âva> : prés, chez E. Méd. 297, Ar., fr. 326, Eup., 
avec l'aor. ^Xçov seule forme attcctée chez ï!o"i.. ce qui 
peut s'expliquer par des raisons métriques. 11 existe un 
doublet tardif &\<po!.iv(ù {EM 72,33, Aét. 13,123). Sens : 
«procurer, gagner», etc., cf. Jl. 21,79 éxaT6(x6otov ^Xcpov 
«je t'ai rapporté le prix de cent bœufs » ; ou /G V 94, 15 
Ô7ï6a7jv âv <ÏX9Y) fitaOcoaiv -ri répLevoç. Il semble que l'em- 
ploi de dtXqpatvcû au sens de à(xet6w, attesté chez Aét., 



— 67 — 



âXuiî 



l. c, s'explique par la valeur d'échange (vente de captif, 
etc.), cf. Benveniste, Annie sociologique 1951, 19-20. 

Très peu de formes nominales : dtXip^ « gain, produit » 
(Lyc.) est un déverbalif tardif ; fiXçTiciç (Gloss.). 

Un composé .: àXçeotSo:©? « qui valent beaucoup de 
bœufs » épithète fie jeunes filles (Hom.), probablement 
allusion à la dot versée au père, cf. Lex. Ep. s.u. et Finley, 
Rev. Int. Droits Ant. 1955, 167 sqq., 181 n. 44; aussi 
épithète du Nil qui fait pousser les pâturages (ffisch. 
Suppl. 855) ;composédu type repïl'tiJi.SpoToç pour *àX<pYjat6- 
avec le môme abrègement de la seconde syllabe que dans 
éXxcCTÎTreTcXoç. 

Et.: L'aoriste thématique dtXçeîv répond, à l'accent 
près, au skr. àrhati « gagner ». II faut aussi rapprocher lit. 
algà «récompense ». On doit donc poser à la finale du thème 
une labio-vélaire. D'autre part le vocalisme est en grec 
un vocalisme zéro, mais en skr. et lit. un vocalisme e ou o. 

Voir aussi àXçT)CTTr)ç. 

àX4>TicTTiîs, -oO : m. {Od., Hés., //. Ap., lEsch. Sept 769, 
S. Ph. 709). La tradition ancienne donne des équivalences 
assez vagues, cf. Hsch. àXçTjOTaf • &v6pto7rot, PatnXeîç, 
ïv-t(ioi et àXçTjaTfjtii • toîç eûpETiKotç xal ouvctoïç. 
On a pensé que dans VOd. (1,349; 6,8; 13,261) le mot 
désignait les hommes comme entreprenants. L'emploi 
d'Hés. Trav. 82 n'oriente vers aucune signification précise. 
On a interprété le terme comme un dérivé d'àXçàvto en 
expliquant la finale -ir)aTif)ç, ainsi que dans Teux'n'''"lÇ' 
épiTïiiTTT);, T£ux7)o-r^ç, comme une analogie fautive 

d'ÙfiTjaTTjÇ. 

Mais c'est précisément <î)jjL7)<7-nf)ç qui ferait penser à une 
autre iiiUTririHcsllon. ce mot contenant dans son second 
terme '.\i nriiii 'iri- . yn.ir.sar '■; on a donc compris depuis 
le XIX' <i, 'le il m;inffiViir de farine » avec &X91- comme 
premier Icnrii', ■'•■ii.-inr; de- 1ioI.-î s '(.'xpiiquanl par des 
raisons métriques (FraeiiKcfi. A'o/n. ag. 1,38). P. Mazon 
pense que les doux significations ont coexisté, estimant 
que S. Phil. 709 le sens est « mangeurs de pain • mais 
iEsch. Sept 769 « entreprenants ». 

Autre diiTicuUé dans l'emploi du mot, dor. dcXçi^axotç 
désignant un poisson, le Labrus cinaediis (Epich. 44, 
Sophr. 63, Numen. ap. Ath. 320 e). Athen. 281 e citant 
Apollodore d'Athènes explique que ces poissons sont pris 
en couples et que l'un suit l'autre par la queue. Ce poisson 
est également appelé xîvat.So(;. V. Thompson, Fishes 
«.u., StrOraberg, Fischnamen 56. Aristote emploie le dérivé 

âX<|ii : n. « gruau » surtout d'orge {H. Dem. 208), chez 
Hom. plur. éc).9iTa associé et opposé à àXetaTO (Od. 
20,108, Schwyzer 725, Milet) ; on en saupoudrait peut-être 
la viande (//. 18,560, Od. 14,77 et 429) ; le mot est fréquent 
tu ionien-attique (opposé à fiXsupa, Hdt. 7,119). Le 
singulier thématique secondaire iSXçtTov ne se lit que chez 
Hom. dans l'expression àXçt-rou Sxttjv (//. 11,631, Od. 
î,355; 14,429) et chez les médecins. Employé dans un 
uns général &XçiTa Trûpiva (Hp.), ou pour désigner le 
ipain quotidien » (Ar. Nu. 106). 

Composés : àXçpiTaiioiSôç « négociant en àX^tra » (Ar.), 
fiupiTosiSôç, àXçiTéixavTtç • qui rend des oracles d'après 
1(1 SXçiTa », àXçiTOTtoidç, -Jtoita, -ittiXT)?, -TtwXtç, 
iwX'^Tpia, -rtwXix6;, -çôyoç, -XP»? (AJ-) «n parlant de 



la tête blanche d'une vieille, cf. Taillardat, Images 
92-93. 

Dérivés (iX<piTf]p6ç (Antiph., Hérod.) ; àXçireûç 
« meunier qui fait des àXçiTa » (Hyp.), d'où àXiptTriw 
«moudre de l'orge • (Hippon.), puis àXçirela (Hyp., 
Poil.), dXipiTeîov «moulin» pour faire dos àXçiTa (Poil., 
AB 261) ; àX(piTta(j.6i; qui a l'aspect d'un dérivé de *àXipi- 
T(^b> et signifie le fait de mettre du gruau d'orge < dans 
du vin > (otvou), se trouve attesté dans une inscription 
de Délos [BCH 6,26) ; adv. àXçi-nrjSôv (Dsc.) ; enfin 
'AXçiTw croquemitaine femelle (aux cheveux blancs) 
chez Chrysippe. 

El. : Le terme désigne une sorte de farine d'orge ; distinct 
du nom de l'orge (xpiSif)) et du nom de la farine (âXeupov). 
"AXçi doit être un vieux nom athématique dont le génitif 
ancien pouvait être *àX9aT0ç avec une alternance ijn 
comme dans le type skr. àsthilaslhnùh, forme corroborée 
par la glose. d'Hsch. dcXlçara ■ SXtpiTa ïj iSXsupa, cf. 
Benveniste, Origines 1, avec la bibliographie citée. "AXçi 
peut correspondre exactement à alb. eVp, el'bi (de l'indo- 
européen 'albhl ?) cf. Frisk. On serait tenté de rappro- 
cher le mol de la famille de àX<p6i;, lat. albus, cf. aussi 
des formules hom. comme Xeûx' âtXçiTa (//. 18,560, etc.). 
L. A. Moritz, Cl. Quart. 43, 1949, 113-117, pense que 
âXcpiTa signifie proprement gruau, ce qui semble jujle, 
et tire le mot de dcXçàvu, ce qui est très douteux. 

àX4>ôs : m. « tache blanche de la peau, lèpre » spéciale- 
ment sur la face (Hés., Thphr.), au pluriel (Hp., î>lat.). 

Dérivé àXçwST); « lépreux » (Gai., Vett. Val.). 

Un sens général est attesté dans la glose d'Hsch. àXçoûç • 
Xeuxoûi;, avec le doublet àXoxpoûç • Xeuxoiiç. 

Enfin le thessalien fournit un dérivé au sufilxe singulier 
àXçivta • ■}) XeéxT), ITeppatêot, nom du peuplier blanc. 

Et. : Le terme usuel pour dire « blanc » est Xeuxôç. 
'AX96Ç, qui doit désigner un blanc mat, ne subsist» que 
dans des gloses et des emplois techniques. Le mot répond 
à lat. albus, ombr. alfu « alba » ; une forme pourvue 
d'un suffixe en d a fourni le nom du cygne en germa- 
nique et en slave : v.h.a. albiz, v. si. lebedî. On évoque 
aussi divers noms de fleuves : gr. 'AXçeiôç, lat. Albula, 
en outre lat. Albis = n.h.a. Elbe (cf. aussi W. Schulzo, 
Kl. Schr. 120 sqq., Pokorny 30, Krahe, Beitr. z. Namen- 
forschung 4, 1953, 40 sqq.). 

La forme d'Hsch. àXioçôç peut-être rapprochée de l'arm. 
alawini « pigeon » (i.-e. 'ah-bh-n-) (cf. Frisk sous àXçiç 
avec la bibliographie). 

L'élément -bh- (grec ç) figure volontiers dans des adjec- 
tifs de couleur (cf. àpyuçoç) et -çoç risque d'avoir été à 
l'origine un second terme de composé — sur lequel on ne 
peut faire que des hypothèses. 

àXioiî : f. désigne chez Hom. un « terrain aplani, et 
travaillé, jardin, verger, vigne » (cf. //. 18,561, 566, etc.), 
noter les expressions yoûvw è^Ktar^z (II. 18,57, etc.), mais 
aussi « aire à battre le grain » [II. 5,499, etc.) ; pour le sens 
de halo du soleil ou de la lune chez Arat. cf. plus loinâXcoç. 

Le chypr. emploie une forme de génitif alawo que l'on 
transcrit àX/'w (/CS, 217, 9, etc.) et qui désigne un verger 
ou une vigne, à quoi répond la glose d'Hsch. licXoua ■ x-7)7rot( 
KÙTtpioi, qui peut se lire àXco/ôê féminin ou plutôt SX<ùFd 
pluriel neutre (cf. Journal des Sav., 1962, 224). On trouv* 



àXbn^ 



— 68 — 



en Sicile nne forme thématique étXoç au sens de «jardin > 
(Schwyzer. 313,28 sqq.). 

La forme attique est iSXom;, gén. SXu et é&AOoç, ace. âX<o, 
jXuv et (xXcaoe, etc. : les formes de la seconde déclinaison 
sttique semblent plus anciennes que les formes athéma- 
tiques, mais Schwyzer pose un type athématique (Gr. 
Sr, 1, 479). Il a été créé également à date rulativement 
lar(li\'e à partir du iv s. un thème en n, gén. SXutvoç, etc., 
arcadien (cf. Bechtel, Gr. D. 1,355), Arist. LXX, etc, le 
nom. 6cX<ov étant rare. Sens : « aire », en outre, surface 
circulaire (bouclier, £sch. Sepl 489), surface de la lune ou 
du soleil, halo, etc..' Toutefois le sens de jardin subsiste 
en Arcadie. 

Dérivés : àÎKinehc « paysan » (A.R., déjà chez Hom. 
comme nom propre), àX<aeiv6ç (AP), àXùtioc, (Nie.) « qui 
concerne l'aire » ; 'AXtoiàç, épithete de Aïjà (Nonnus). 

Un groupe cohérent de dérivés est issu du thème iXcov- : 
iXuvta « aire », jéréaies sur l'aire (pap., Ath., etc.) ; 
iXtdviov (Gp., Hdn.) ; àX<ovix6ç (pap.). Verbes dénominatifs 
iXtoveùofiat (App.), àXtavîi^oi (Hsch.) « battre sur l'aire ». 

Une autre série est constituée autour du verbe dénomi- 
aalif àÂO(i<i>, épique ôXoiâco, dénominatif de àXcoY). L'o 
peut s'expliquer par un abrègement en liiatus, la graphie 
épique étant une fausse graphie attique pour ôXt.)- (cf. 
itotéw à côté de iméa) : « battre le blé » (X., etc.) au figuré 
«battre, détruire» (Hom., etc.). 

Dérivés : àCKor\i:6ç, « battage », aK<yr\(s\i.6c, fait de battre 
le bl6, àXoTr)-ri)ç batteur, àXÔTjTpa n. pi., salaire pour le 
battage, tous termes attestés dans des papyri. 

Composés : de àXwT), àXtùéçuroç « poussé dans un 
vignoble » (Nonnos) ; de iSXûjv : àXti>voci8';r]ç, -Tpi6é<ù, 
-ipùXaÇ, -ipuXoocia tous termes tardifs ; — enfin l'attique 
possède les composés (expressifs ? ou euphémismes ?) 
TOTpaXotôcç, gén. -â et -ou « parricide » (Ar., Lys., PI.) 
avec la forme parallèle (XTjTpaXoîaç (iEsch., Lys., PL). 

EL: Inconnue. 'AXmt) repose sur àXtafâ- comme le 
prouverait le chypr. gén. àX/to. Schwyzer {Gr. Gr. 1,479) 
pose 'uoalôw- de "wdfa)-, cf. àXuatç, eIXûcù, en admettant 
le sens originel de « rond », etc. Cette explication l'oblige 
à disjoindre chypr. àX/to « jardin » (cf. Schulze, Kl. S. 673), 
et par conséquent les emplois hom. de dcXuir) en ce sens. 
En fait, il faut trouver un sens originel qui rende compte 
des deux emplois « gjre » et « jardin », celui-ci étant au 
moins aussi important et ancien que celui-là. V. encore 
Lex. Ep. s.u. 

àXûcn-T)|, -exoç : f, « renard », le genre féminin s'expli- 
quaut bien pour un animal à la fois craint et méprisé 
(Arctiii., ionicn-attique), employé au figuré pour désigner 
ane personne rusée, etc. Doublets secondaires dtXcùTréç m. 
(Hdn., employé comme adj. chez S., d'où hypothèse hardie 
chez Sommer, Nominalkomp. 5, n. 5) et dcXtiiTrà f. (Aie, 
Hsch.), voir Schulze, Kl. S. 399. 

Composés rares : àXtoTrexo-eiSiQi; (Gai.), ôXcdTtéxoupoi; 
• queue de renard », nom de plante, soit Polgqon monspe- 
limsis, soit « Canne à sucre cylindrique » et d'autre part 
xuvotXtùJnjÇ, ci. sous xucov. 

Dérivés : âXwi.;:^ov (Ar.) ; dtXwTcsxta «alopécie », chute 
des cheveux, comparée à la chute des poils du renard 
(S., médec,! avec le doublet àXtaTtcxiaoïç (cf. les noms de 
maladies ^<;!:mme èpu6ptacK;, etc.) ; dXtùTtExtaç, -ou m. 
I marqué d'un renard > (Luc.) espèce de chien de mer, 



aqaalùa volpes (Arist.) ; pour le sufllxe, cf. Formation 
des noms 92 sqq. ; dÉXuirexiç, -tSoç f. se prête à des sens 
divers : « métis de chien et de renard » = xuvotXtiTnrjÇ (Xén.), 
« chapeau en peau de renard » (Xén.), « grappe de raisin » 
ainsi nommée pour sa couleur ou par allusion à la fable 
du renard et les raisins, cf. StrOmberg, Pflanzennamen 139 
(Plin.) ; d^<>>7re)ct8eijç «renardeau» (Ar.), cf. Formation, 
364 ; àXùiTréxeox; • fifjtJteXoç oOrw xacXou|xévT) xal ô dcTc' 
aÙT7)ç oîvoç (Hsch.) : le suffixe fait penser à celui de ion. 
lépecûç, etc. (Bechtel, Gr. D. 3,114), et cf. plus haut 
àXuTuexii;. 

Adjectifs : àXcâTTexcttSY]!; (Hsch. sous ikaicài;, EM 75,5) 
àXtoTtéxeioç « de renard » (Gai.), avec la forme substantivée 
àXtoTtExéTj (Hdt.) et àXtoTTcx^ (attique) « peau de renard ». 

Verbes dénominatifs : àXto7rexî^a> « faire le renard, 
être rusé » (Ar., etc.) ; àXcoireûei ■ àvtxveûei (Hsch.), cf. 
àXcùTtoç. 

El.: A la finale près, répond à l'arm. aluës (où l'ë est un 
allongement secondaire, gén. -esu). On a évoqué également 
lit. lapé, lett. lapsa ; le skr. lopâsa- « chacal » et m. perse 
rôpâs « renard » présentent une diphtongue. Le sufflxe 
en gutturale du grec n'étonne pas. Les variations de 
formes du terme dans les diverses langues i.-e. s'expliquent 
par des déformations volontaires dues à des interdictions 
de vocabulaire et des recherches d'euphémisme. Pour la 
bibliographie, voir Frisk, et ajouter W. Havers, Neutre 
Literatur z. Sprachtabu, 16, 47-49. 



a|io : « ensemble, en même temps » (Hom., ion.-attique) 
joue le rôle de préposition avec le datif ; très rarement de 
conj. avec le subj. et àv ou xâ (PI. Lg 928 c ; Collilz- 
Bechtel 2160, Delphes). A côté de âyjx existe un dorien 
à(jiâ (Pi., Ar. Lys. 1318, probablement inscr. laconiennes), 
que l'on considère comme un instrumental ; loc. àpiei 
(Schwyzer 323 d, Delphes). Autres formes adverbiales : 
à[jLatStç Hdn. gr. 1,512, 8 ; àfiuSiç, éol. selon sch. D.T. 
281, H. (Hom., Hés., A.R.), psilose, pour le vocalisme 
u et le suffixe, cf. dtXXuSiç ; âfiàxiç ■ ôtJtaÇ KpîJTeç (Hsch.), 
cf. TToXXàxtç, et tarentin à|/(XTiç (Hsch.), voir Bechtel, 
Gr. D. 2,402. — Dérivé verbal éventuellement à(jtdto[jiai, 
voir s.u. 

Composés peu fréquents et généralement dans des 
termes techniques, en particulier botaniques : p.-ê. â(ia8éov, 
espèce de figue, en Crète (Hermonax ap. Ath. 3,76 f) ; 
àfiâSpua ' xoxxù|XT)Xa Sixuûviot (Hsch.), d'où [xàSpua 
(Séleuc. ap. Ath. 50 a), cf. Strômberg, Gr. Worlsludien 
43 sqq. ; 'A|xa8puà86ç ; — âfiaÇavcSeç • ai (nr)Xéai (Hsch.), 
cf. î^âvr) et Strômberg, ibid. 44 ; â(Aa[iy)Xiç, -tSoç, p.-ê. 
« néflier », plante qui fleurit en même temps que le pom- 
mier, comme èTti(X7)Xtç, Strômberg, ibid. 32 ; il y a aussi 
une forme ôfxofXTjXtç ; àfjtdtouxov (Strômberg, ibid. 43). 

Le composé le plus important est iï|iaÇa, attique a[j.aÇa, 
proprement le châssis d'un char à quatre roues et deux 
essieux (dcTDrjvrj), sur lequel est montée la carrosserie jtctpivç, 
cf. II. 24, 266 sqq.; d'où «chariot à 4 roues» (Hom., 
ion.-att.), par opposition au char ùe gucire ou de îcurse 
à deux roues (Sîçpoç, apjia) : le mot est composé de 0^1.0. et 
âÇtov « essieu », avec le suffixe de féminin -j;a, (cf. Adrados, 
Emerila 17, 146 sqq.) ; voir aussi Frisk s.u. â[xaÇa pour 
la bibliographie. "A|iaÇa a fourni un assez grand nombre 
de dérivés : à[iaÇato<; épithete de la constellation de 
rOurse (avec le chariot), -ata -= SfiaÇa (A.D., Hdn) ; 



— 69 — 



â|taXSdv<i 



àpwtÇlç, -I80Ç t. (Hdt., Ar.), à(X(iÇtov {Arist., Plu.), tous 
deux diminutifs; ÂfjtaSiaïoç «assez grand pour devoir 
être transporté par un chariot •, d'où • énorme > parfois 
employé au figuré {X., Com., D., Arist,, insor.), pour le 
suf&xe, cf. Formation de* noms 49 ; â(xaÇuc6ç • qui concerne 
une voiture. (Thplir.) ; àn«Çl-n)ç (AP); àixaÇtriç = 
Srfçxàanç (cf. Ps. Dsc. 4,29) ; i|iaÇeiiç cocbw {D. Clir.), 
mais aussi bête de somme (Plu. Philoslr.) ; le dënominatif 
à.yM^zù(ù « traverser en voiture », est attesté plus ancienne- 
ment (passif Hdt. 2,108) ; voyager en voiture (Philostr. 
AP), être cocher (Plu.), clairement dérivé de àjxaÇeà; 
en ce dernier sens ; d'où â(iaÇeta (Suid. ; JG IV, 823). 

"A[xaÇa terme usuel a fourni, à son tour, un assez grand 
nombre de composés généralement tardifs. On observera 
que le premier terme présente les formes àfiaÇa-, àfxa^o- 
ou même àfxa^T)- : àfia^âpxïjç {BCH 33,67) ; àjjux^VjXaToç, 
-TTjç, -Té<o ; à(xaÇ:^jtouç pièces q.ui tiennent les essieux (Poli., 
inscr.) ; â(iaÇ:Qp;QÇ, voir àpaptaxto ; ônâÇiToç, avec ôS6ç 
exprimé ou s.e. «route de chars < (Hom., ion.-att., inscr.), 
le second terme étant l'adj. verbal de Uvai ; â|xaÇo- 
JcuXÎCTT-ai, nom d'une famille de Mégare ; â(i.aÇorn)Y<Sç, 
-rnjyia, -Tntjyéw ; -7ïX:n0ri; {Eu. Ph. 1158); -tpoxià trace 
d'un chariot (Call. Com. 10) ; âfxa^oupYÔç (Ar. Cav. 464), 
-oupyta ; àtiaÇoçôpTjToç (Pi. fr. 104). 

Et. : Vocalisme zéro de la racine i.-e. 'sem- 'som- qui 
figure dans eïç, é(i6?, etc., sur l'-a final qui est obscur, 
voir Schwyzer, Gr. Gr. 1,550. Georgacas, GI. 36, 1957, 109, 
voit dans l'adverbe à|xa le plur. neutre de à|x6ç. 

a^âSa : t})v vaûv ànb toû àfiâv ttjv ôXa. Alo/ûXoç 
ITpojTeî aarjpixôi (Hseh.) ; cf. Solmsen, Beilrâge 182 sq., 
Latte s.u. SuaXa.. ^sch. fr. 8 Mette. 

'Apâ^uv ; surioui au pluriel 'Afiâî^ovcç (Hom., etc.), 
peuple légendaire de femme? guerrières qui auraient vécu 
sur le fleuve Thermodon, avec le dérivé 'A^aJ^ovCSeç 
(Pi. Call.), les adjectifs tardifs 'AfxaÇôvioç et 'A(i.a!^ovtx6ç. 

El.: L'étymologie populaire admise dans l'antiquité 
analysait le mot en à- privatif et (xa!^6ç « sein », ces 
guerrières étant censées s'être fait enlever le sein droit 
qui pouvait les gêner pour tirer à l'arc. Elles sont souvent 
représentées avec le sein gauche découvert. 

L'étymologie véritable est évidemment toute différente. 
D'après Lagercrantz, Xenia Lideniana,'ilQ sqq., le mot 
serait tiré d'un nom de tribu iranienne 'ha-mazan, propre- 
ment « guerriers », hypothèse en l'air, malgré les combi- 
naisons de Pokorny, 697. 

â^iaOos : f. 5 sable, poussière » (//. 5,587 seul ex. hom., 
avec une variante iJ/a(idtGoto plutôt meilleure pour la 
métrique, H. Ap., A. R.). 

Dérivés : à|ia6t-riç « qui vit dans le sable », épith. de 
xiYX°î (Eplch. 42), égaiemeut nom de pays (Redard, 
Noms grées en -nji; 164) à côté des noms de lieu "AjiaOo!;, 
et 'A(jta6oûç, -oOvTOç (sufTixe -o-'^evr-) ; r,(jLa66eiç « sablon- 
neux » {Od., A.R.) ; àjiaôwSTjç (Str.). — Verbe dénomi- 
natif à;jiaOiji«o « réduire en poudre » (Hom., iEsch.), « cou- 
vrir de poussière » {H. Jlerm. 140). 

Enfin il a été créé une forme Sujxoç f. «sable» (PI.), 
• piste pour la course » (X.) ; d'où les dérivés ii(Ji(/.<dS7]<; 
(Hp., Arist.), (£|X(uvoç (Per. M. Rubr.), à|xfxt-nji; et 



dÈlxjitÎTiç, s.e. W6<; (Plin., ïsid.), 'Ajziif-njç, nom de neuv«, 
cf. Redard, Noms grecs en -tïjç, 130 sqq. ; aussi et les 
composés àfiiXTjyta « transport de sable • (pap.), àjxfioeittjç, 
-SiSttjç, noms d'une espèce de serpent ; -xovta espèce do 
ciment; -axonlx; -Tp<Sçoç, -xp»o(K pierre qui ressemble 
à du sable mêlé d'or; la plupart de ces composés sont 
Urdifs. 

Et.: Où explique StiaOoç en rapprochant m.h.a. sampt 
d'où avec assimilation md>nd, Sand, et supposant une 
dissimilation d'aspiration de •AoqxaOoç. Cette étymologie 
ne se fonde que sur le rapprochement entre deux langues 
et ne permet pas de poser une racine indo-européenne. 

En revanche, il est clair qu'il s'est exercé une influence 
réciproque entre la famille de &|xa6oç et celle de <j«4(X(xoç 
apparenté à 4^v. C'est ainsi que i}(à(ia6oç est analogique 
de âjxaOoç, mais fifiiioç est dû à l'analogie de iJ(â(i(xoi;. 

àiiaifxdiKCTOs, -■») -ov : ou parfois -oç, -ov, épitbète 
de la Chimère (//. 6,179, 16,329), du mât d'un navire pris 
dans la tempête {Od. 14,311). Le terme est ensuite employé 
de façons diverses chez Hés., les lyr. et dans les chœurs 
trag. : se dit du feu vomi par la Chimère (Hés. Th. 319), 
du feu. en général (S. OT 177), de la mer (Hés. Bnucl. 207, 
Pi.), des Furies (S. OC 127) ; du trident de Poseif^-cn 
(Pi. /. 8[7],37) : de notions comme l'ardeur ou l'agitation 
(Pi., B.). 

Terme poétique traditionnel et expressif dont le sens 
originel est ignoré de ceux qui l'utilisent. Les poètes 
semblent rapprocher le mot de (xàxofxat en l'interprétant 
par « invincible », et c'est ce que font avec raison la plupart 
des traducteurs. Mais ce rapprochement ne possède aucune 
valeur étymologique. 

Et. : On a po^ un rapport avec yMniim, qui a un doublet 
fixuLiaaci, en interprétant l'a initial comme intensif. 
D'autres, se fondant sur l'emploi dans VOd. avec Ictt6ç, 
ont vu dans -(laxeroç l'équivalent avec un vocalisme bref 
de -yd)XEroi; dans îTepifnfJKEToç, le sens étant « long, 
grand » et [xai- un redoublement. Cette hypothèse est 
encore plus invraisemblable, et l'emploi de àiiauyiixeTOÇ 
avec laréç est sûrement secondaire (sens «invincible, 
solide »). Voir Bechtel, Lexilogus s.u., Debrunner, 
GGA, 1910, 12, et Lex. Ep.. 

à(iaXSuvw : apparemment dénominatif factitif d'un 
*àftaXSûç, cf. Et.; attesté dans l'//iade (7, 463; 12, 18,32) 
toujours à propos du mur des Achéens, et au sens de 
« détruire, effacer » (par l'effet de l'eau et du sable). Le 
terme est en outre attesté chez B., Ar. Paix 380, Démocr., 
Hp., les Alex. Dans VH. Dem. 94, se dit de Deméter qui 
efface sa jeunesse et sa beauté ; chez Q.S. 1,73 est employé 
pour l'espoir qui adoucit la souffrance. 

Le terme est à la fois ionien et poétique, et utilisé dans 
des emplois variés. 

Et. : Quelle que soit l'interprétation de l'ot initial (schwa 
i.-e., prothèse grecque, cf. aussi àîxaX6ç), le terme est 
proche de pXaSûç, pXaSapéç qui comportent un autre 
traitement phonétique de { (voir s.u.). Doit appartenir en 
définitive au grot'pe de àfxaX6ç, avec un sens particulier 
àjxêXiji;, enfin (jKxXoxdç, (iocXOocxôi;. Hors du grec il existe 
un rapprochement précis avec lat. mollit, skr. m^dù- 
« tendre ». Voir Emout-Meillet s.u. mollis, Pokorny 718. 



'A(iâX8cia 



— 70 



'A|xâX6eia : f-, avec les fomes ioiiiennes -eir) (7) 
Il -tT) (?) (Ar., Anacr., Call., etc.), nom de la chèvre qui 
I nourri Zeus (c'est parfois une nymphe). La come 
d'Amallhée a été transformée par Zeus en come d'abon- 
dance. 

Nous avons un dérivé féminin d'un thème en a : le nom. 
doit être 'Aiiôxeeia (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,469), la forme 
'AfiaXÔtTiç .d' Anacr., fr. 16. Page peut être corrigée en 
'k\i.iûSsrfi. 

Dérivés : àfiaXeeûw = -rpé(po) {S. fr. 95), 'AftaXeetov 
maison de campagne d'Atticus en Épire. 

El.: On pose un thème neutre *pL&:>Soz qui répond & 
>kr. mfdhas- « nègUgence, faute, manque », en admettant 
un à- privatir. Msis cf. Fraenkel, Feslschrifl Krahe 38 : 
I. de *'Au(r7Stùç « le généreux ». Voir [iaXGaKéç. 

â|iaAXa, voir àfidotiau. 

ànaXôç, -7), -ôv : = tendre, faible », épithèle de jeunes 
animaux chez Hom.. d'un vieillard E. Iléracl. 75, d'un 
enfant Call. ; compar. (i<i«Xe<rtépa 6<\iiç Adam. 2,2. 

Dérivés probables : àftaXrXJoî • àçavi^et, «iS7)Xoî> 
(Hscu.j; àfxoXâTTTei (Hsch., S. fr. 465, Lyc. 34, prob. 
Esch. Prom. 899), sur le modèle de pXàTCTco, SopSàrrrw 
(Debrunner, IF 21, 1907, 212) ; il est possible qu'il faille 
évoquer ici la glose d'Hsch. -^nàXiî^ • ftàipei, htviyw i 
autrement Latte. 

El.: Appartient au groupe étendu, expressif ; et de for- 
mes variées de àaaXSûvw, àfiêXoç. 

4(10(1 a|us : f-i géf- -^Ç <*" '^^^^ Sapho -uSo; 
ivigne soutenue par des échalas » (Epich. 24, Sapho). 
Le mot est cité par les lexicographes, expliqué par Hsch. 
JIfficXoc ?! t^wç (rraçuXïiç; cf. Suid. ertxpyXf,? ysvoç, 
oi SE "rijv àvoSevSoiBa o'j-rco ytaXEÏff^lx'.. 

Et.: Inconnue. Le raDî/iochcmeni. avec âtua. qui pourrait 
venir à l'esprit malgré î auscnce d'aspiration, ne serait 
qu'une étymologie populaire. 

àjiau'nXts, voir sous ôcixa. 

àiiôvav : âjiaçav (Hsch.). Glose peut-être corrompue. 
Vaines hypothèses de Blumonthal, Hetychsi. 34, Bànàteanu, 
ll.£i. /ndo-£ur. 3,14u. 

ô(iâv5aXov : glosé par tô àçavéç roxp' WXy.aiui {Et. 
Ge/i. A p. 20 Heitzenslein ; Et. Maq. 76,51) rapproché par 
Hdn. de àaaXS jvco détruire ; on admet une dissimilation 
4e *âa.aASc'->.o;, cl'. Schwyzer, Gr. Gr. 1,258. 

Dérive; ; verbe dénominatif à(jiocv8aXôc>> attesté par 
ifiavSoAoï • àcpavli^Ei, pXiTrrsi (Hsch.). 

ôfiâvvTai : m. p.. nom d'un champignon, cf. fr. ama- 
«ile (.Nie, Gai.). Voir Redard, Noms en -ttjç 68. Noter la 
quantité longue du second a. Le terme pourrait être tiré 
d'un nom de lieu où ces champignons abondaient (cf. le 
mont "Atiavoç en Asie Mineure, mais il a pu y en avoir 
d'autres, et. Koiikoule?. Ep. El. Bgz. Sp. 17, 1948, 75; 
Chantraine, R. Ph., ,i^S.,, 201-203). Il faut citer d'autre 
pirt la glose d'Hsch. à(iâ\wpEÇ • ôoCÛjvï^, 'F'^^oi qui 
i'telaire rien. 



â|i.a|a, voir sous dL(MC. 

â|i.âpa, -«ç : f-, ion. àtidcpi], -i)? « canal, tranchée d'Irri- 
gation » (//. 21,259 ; è* Û7to(Jiv:^naTi LoJtçoôç, fi". 174 
Lobel- Page ; Alexandrins, pap). 

Dérivés : i[iapeùu < couler, faire couler dans un canal > 
(Aristaenet., Hsch.), dtpwrpTjioç épithète d'CdcDp (Nonnos), 
àftâpsofia • àOpotofwcw ^opêépou (Hsch.). Mais il n'y a rien 
à tirer de à(juxp£a • Vo", naparfàrftùç (Hsch.). 

Composé tardif : àfuxpijoxaorr^ (Manll.). 

Terme technique peu attesté, mais qui a dû survivre 
longtemps. Hsch. en donne l'explication suivante : f) tt 
toïç xTjnoiç ùSpoppÔT), napà rè Sjia xal ïowç xal ôfJUxXôç 
^EÏv, ÏJ olov à[jt(xp67) Ttç o5aa. 

Et.: 1" On peut voit dans i\iÀpa. un dérivé de 8i-, 
èï,-apiÀ<ù au sens de « ouvrir une coupure, un conduit », en 
rapprochant également Sjxtj «pelle»; le terme serait 
comparable à Taçpoç tiré de Odcîrrto, et à x^paSpa. Telle 
est l'explication de Schulze Q. Ep. 365-366, de F. Solmsen, 
Beitràge, 194 sqq., mais le verbe àpuico présente lui-même 
diverses difflcultés, et la glose d'Hsch. ferait penser à 
l'homonyme àjjLàopuxi « rassembler • ; 

2° On a dans une toute autre direction souligné l'étroite 
ressemblance du hittite amiyar(a) < canal » (G. Neumann 
chez Friedrich, Heth. Wôrterbuch s.u.). Serait-ce un terme 
technique oriental ? C'est aussi l'opinion de E. Laroche, 
BSL 51, XXXIII, et elle semble vraisemblable ; 

3» Enfin Krahe, Beitr. Namenforschung 4, 1953, 52 sqq. 
évoque alb. amê « lit d'un fleuve » et les noms de fleuves 
Amana. Amanlia, etc. 

â(i.!!ïpaKov : n. et àtiapoocoç m. (genre incertain chez 
Pherecr., Theophr. a les deux genres) « marjolaine, Origa- 
num Majorana ». Dérivés : dqiocpâxivoi; « de marjolaine » 
(Antiph., etc.), àfiSpoocéciç « semblable à la marjolaine » 
(Nie. Th. 503). — On rapproche la glose d'Hsch. à6apû • 
ôplvavov MaxeSôvEÇ, mais l'étymologie de cp terme 
macédonien reste obscure (cf. la glose ^opû chez Hsch. 
et en dernier lieu Kalleris, Les anciens Macédoniens 1,75). 

Et. : Quoi qu'il en soit de la glose macédonienne, il est 
probable que le mot est un emprunt oriental. On l'a 
rapproché de skr. maruvafka)-. Le latin, de son côté, a pris 
le mot grec : amaracum, -us. Examen ingénieux de l'étymo- 
logie chez Bertoldi, Riv. Fil. Class. 60, 1938, 338-345. 
L'hj-pothèse de l'emprunt se trouve confirmée par l'a 
long en ionien-attique (qui pourrait également indiquer 
un terminus post quem). 

ôfiapcîv : àxoXouôeïv, Tzti.QtaQa.1 (Hsch.) doit être un 
dénominatif, à côté de 'Atiôpto;, épithète de Zeus et 
d'Athéna en Achale, avec le nom de sanctuaire 'Ajxtipiov 
(à côté d'une forme 'Ojiàptov chez Plb.); voir pour les 
problèmes que posent ces formes diverses A. Aymard, 
Mélanges Navarre 455-470. Il apparaît que l'épithète 
désigne Zeus comme « rassembleur » et protecteur de la 
fédération (cf. l'autre épithète 'Oy.ây<ipioc, Paus. 7, 24, 7). 

On doit faire entrer dans le système l'adverbe àixap-n] 
(ainsi accentué par Aristarque, cf. Wackernagel, G. Nachr. 
1902, 742), écrit à(i.apT7) ou -rfi dans les manuscrits, 
et parfois remplacé dans la tradition par l'atticisme 
ô;iap-ri) (Wackernagel, Hom. Unt. 70). Sens « ensem- 
ble, en même temps ». Instrumental d'un adjectif 



— 71 — 



a(iaupos 



*5(uxpT0Ç < assemblé •, qui a donné le dénominatif à;iixpT£(<> 
(variante faiblement attestée chez Hom., mais cf. 
Wackernagel, /.c; Bacch,, E.). Voir Bechtel, Lexilogas 

Autre adverbe dérivé : âfxapT^Yjv (Sch. II. 21,162, 
Hsch., peut-être à lire //. 13,584 pour ôjiapTTQSTjv, cf. 
Wackernagel, l.c). 

Et. : Le groupe de (^liopTéto, à(iapT:^, 'fittap-roç s'explique 
bien en posant un composé de fi(jut et àpapicncco ; pour 
inapréw, voir s.u. *A[iapeïv, dont le second alpha est de 
quantité indéterminée, mais qui peut être un terme occi- 
dental à a long, pourrait être un dénominatif de *à(xâpt)ç 
(cf. les composés de Apaptcxto en -TjpiQç) ou de fijxâpoç, 
cf. la gl. fi[iT)pot ■ ÔfiTipoi (Hsch.) et d'autre part ô[iiripoi;, 
è|ii)péû) (V. S.U.). 

à^aprâvii) : fut. --rrjaotxai, aor. {^piapTov (éol. {^(iSpotov 
chez Hom. et Sapho, cf. (i6f,0T(iÇtù), ■^(jidtp'n)xa ; passif 
-f]8T)v, -TjtJuxi. Sens : « manquer le but (en tirant, etc.), 
se tromper, commettre une faUtt » (Hom., ion.-att., etc.). 

Nombreux composés avec préverbes : à<p-. Si-, èÇ- 
(usuftl), Ttpo- (tardif). 

Composés : Le thème figure comme premier tsrme dans 
àfiapTOETOJç (Hom.), et àjiapTÎvooç (Hés., Sol., iEsch.), 
Cf. Lex. Ep. 

Au second terme de composé il y a un thème en -s (le 
type est-Il ancien ou secondaire pour ce mot î) dans 
l'adjectif vTKxep-rfji; (dor. vâiiEpTTjç), adjectif avec particule 
privative (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,431) et contraction de 
vE-a-. Attesté chez Hom. surtout Od., et les poètes. 
Le sens est <■ qui ne trompe pas, véridique ». S'emploie 
généralement comme qualificatif d'un énoncé ou de 
paroles dans des formules du type vriixepTéi; (-éa, -ioiç) 
elrcEÏv. Rarement comme épilhète de personnes, notam- 
ment comme épithète de Prêtée (Od. 4,349, etc.) et comme 
nom d'une Néréide (//. 18,46 catalogue des Néréides). 
Voir W. Luther, Wabrheil und Luge im àlteslen Griechentum 
33-43. Dérivé vâiiépreia (Soph. Tr. 173, hapax). 

'AvafiapTTiç, avec une forme plus récente de la particule 
privative, n'est qu'une glose d'Hsch., mais àvafj.(xpTr)Toç 
■ sans faute, sans reproche, innocent» est attesté Chez 
Hdt., Pi., Xén., etc. ; avec le dérivé tardif àvafxap-nioia. 

Dérivés : àjXotpTta (.ï:sch., ion.-att., etc.), (4(jiap-ttov 
au pi. (iEsch., Perses 676, Ag. 537, prix de la faute? cf. 
Fraenkel, ad locum), â(jiâpT»)(i.a (Soph., ion.-att., etc.), 
d'où â(xâpT7)tJ.ov (neutre d'un adj. *ânapTr)(x<i)V (?), PI. 
[Com. 1] chez Phot. 88 B.). 

Ces termes ont en commun de désigner une erreur dans 
le jugement, dans un geste ou dans la conduite, et c'est 
un problème dans le droit ancien de déterminer quelle 
responsabilité elle engage (cf. Antiphon 3,3,8) ; Aristote 
{EN 1135 b) situe àfxàpTfjfia à mi-chemin entre à-nix^lixa 
et àSixr)(xa. Sur ce problème. Hey, Philol. 83, 1928, 1-17, 
137-163. Le sens de faute morale est bien attesté chez 
PL, p. ex. Phd. 113 e. 

Autres dérivés plus rares : âfiapràç, -âSoç équivalent 
de âfiapTia en ionien et dans le grec tardif (Hdt., etc.). 

11 existe d'autre part un groupe de termes non attiques 
en -o)X6ç, -wXrj. On admet, sans que ce soit absolument 
certain, que le nom d'action â(i.apTcoXT; « erreur, faute » 
(Theogn., Rhian., etc.) est à l'origine du système, cf. 
Frisk, Indogermanica (G.H.Àrs. 44 : 1, 1938) 15. 
D'où ôfiapTtoXîa (Hp., Eup. indirectement attesté Ar. 



Paix 415) et AjxaproiXà; « erroné • (Airlst. BAT 1109») 
mais déjà au sens de « fautif, en faute > chez Eup. et Ar. 
Tft. 1111, cf. PUld. Ira, 73 W; la valeur «qui commet 
une faute religieuse, pécheur» s'observe dès le tu* sléele 
av. (OGIS 55,31); le mot adj. ou subst. est usuel au 
sens de < pécheur » dans la LXX, le NT, et encore en grec 
moderne. 

Notons sur le thème à(juxpT- le déverbatif tardif ncpuc- 
(iapT(Çc>> < faire un sacrifice expiatoire >. 

'AiucpTdcvu, àtitipTiituc, àfiop-ria subsistent en grec 
moderne. 

Et. : Inconnue. La combinaison la plus ingénieuse est 
celle de F. Sommer qui essaie de rapprocher le mot de la 
racine 'smer- de |ie(po(xai avec a privatif, ce qui présente 
de graves difDcultés phonétiques (Cr. Lauttludien 30-38). 
Autre hypothèse Schwyzer, Gr. Gr. 1, 704, n. 7. 

à|xapTi^, voir sous àfjLoipeïv. 

à)j.apûotTb> : • étinceler », en parlant notamment des 
yeux (M. Herm., Hés., ëp. alexandrine et tardive), parfois 
au sens d'« allumer » {H. Herm. 415). Seul le thème de 
présent est attesté. 

Dérivés : (i(X(4puYl^« (Hés., B., Théocr.) ou Ajiàpuxiia 
(Sapb.) c éclat » ; se dit parfois d'un mouvement rapide ; 
ifxapuY^ [H. Herm. 45 avec allongement métrique de 
u; Ar. Ois. 925, A.R.) ; AfiipuY^ (Hdn., Hsch.) suffixe 
certainement expressif, cf. Chantraine, Formation des 
noms 399-400 ; — le sufflxe nasalisé se retrouve aussi 
dans le nom propre dérivé 'A[iapMfi'sùi; (//. 23,680) ; 
— quant à la glose d'Hsch. àptapuYxuola • pooTpûxta, 
K. Latte la corrige en (i[iotpuY(xàTta, voir sa note ad. 1. 

Enfin la glose d'Hsch. àfiopurra • toùç ÔJp©aXfioiiç 
a été interprétée comme un duel crétois (en raison du 
traitement de -xt-) = dcfiapiSKTa « les étincelants » (voir 
Frisk s.u.) ; mais les édit. d'Hsch. corrigent généralement 
en àiidcpu-y-focç. 

Et. : Le terme est certainement apparenté à |xap(j.a(p(d, 
l'a initial est une prothèse, quelle que soit la date et 
l'origine de cette prothèse ; sur le suffixe -iaaiù souvent 
expressif et qui dans ce verbe est sûrement d'origine 
grecque, voir Schwyzer, Gr. Gr. 1,733. Il n'y a pas lieu 
d'évoquer lit. mérkli, etc. 

âfxaTa : dans un traité entre Étoliens et Acarnaniens 
(SIG 421, A = Schwyzer, 381) : SjiaTa jràvra xP^vov ; 
on a d'abord admis fi(iaTa = fiixtixa. ; mais on incline à voir 
dans le mot un composé de la racine 'men- (cf. aùrôfia- 
Toç, etc.) = (iS6X<ùç. Schwyzer (o. c. 309) retrouverait le 
même terme dans un texte oraculaire de Dodone ifuiTat 
réxvoti (les éditeurs précédents âpia raï Téxvai). Voir 
Baunack, Philol. 65, 317 sqq. ; Schwyzer, Rh. M. 72, 
434 sqq. ; mais retour à « ^\xa.-za. » (formule figée) chez 
Leumann, Hom. Wôrter, 276. 

â^aupô;, -à, -6v : attesté pour, la première fols 
Od. 4,824 et 835 comme épithète d'un fantôme, « sombre, 
difficile à distinguer », épilhète des morts chez Sapho. 
Se dit d'une trace difficile à distinguer (E. HP 124), de la 
nuit, de la vue, cf. chez Hp. àptaupà pXé/v.-iV ; signifie 
« aveugle, sans défeisc » (S. Œd. Col. 182, 1639 d'Œdipe, 
mais 1018 de Créon) ; exprime de façon générale l'obscu- 
rité (voir sur ce mot Wilamowitz, note à HF- 12 i A. . 



a^euipos 



— 72 



Composés : (i[iaup66toç « qui vit dans l'ombre » ( Ar. Ois. 
685, épithète de litvSpeç) ; -qjaw^ç, de la lune (Stoic. Fr.). 

Dérivés nominaux rares : àfiaupÔT»)? «faiblesse, manque 
de netteté (Gai.) ; àfiaupia • caligo, dans les glossaires. 

Verbe dénominatif àjxaupào, et surtout au passif àfiau- 
p6o(iat (Hés., Sol., Hdt., Hp., grec tardif) « rendre sombre, 
trouble, affaiblir, détruire » ; d'où âfxaûpwfjia « obscurcisse- 
ment du soleil » (Plu.), àfiaùptoatç «affaiblissement » de la 
vue (Hp.), de l'esprit (Arist.), etc. 

Le présent à[iaupiox£ù même sens (Démocr. 177) n'a 
pas eu de succès. 

A côté de à(zaup6ç existe le rare (xaûpoç ou iiaupoc; 
(Hdn., Gai., Hsch.), probablement formation ix^verse 
de [iaupéofiai et fiaupôeo (Hés., Thgn., .Œlsch.) qui doit 
être issu de àu-ocupàbi par chute de l'initiale (cf. Strômberg, 
Griechische Worlsludien 44 sqq.). 

I! apparaît que le terme exprime la notion de « peu 
visible, effacé, faible » et nexprime pas proprement une 
luleur (cf. McKinlay, Anl. Class. 26, 1957, 12-39, avec la 
bibliographie et Neugebauer, ibid., 27, 1958, 373-374). 
En grec moderne «a'^pé; signifie « noir ». 

Et. ; Il n'est pas surprenant qu'un terme de ce genre, 
pris en mauvaise part et de sens assez mal défini, ne 
possède pas d'étymologie. En grec il fait penser à àpiuSpûç. 

1 à^xâu : n moissonner, couper » (Hom., Hés., trag.,- 
etc.). Hom. présente dans le verbe simple une initiale 5 mal 
expliquée (Chanlraine. Gr. H. 111 avec la bibliographie) ; 
Hés. fournit d'autre part {Trav. 3921 un àptaeiv où l'on 
croit voir un béotisme ; avec un sens plus général //. 24,451, 
k/_v/]£v-' ôpoçov XEificovùGsv à[ji.-/)cravTEÇ. 

Composés : àv:-. au figuré, du nez, des oreilles, etc. 
{Od. 21,300, Hés. Th. 181 ; p.-ê. II. 18,34, Xa.iy.6v), é£- 
îiïsch.. S.), xaT- (S. Ant. 601) ; — mais Stœjidtco tait 
difficullé : le verbe est employé avec les termes yucov 
[II. 3,359 = 7,253) au sens de « déchirer », Trapyjtç (E. El. 
1023), yOtiv (E. Bacch. 709 à propos de Bacchantes ouvrant 
la terre de leurs doigts), xâ.yXrtl (Th. 4,26, pour chercher 
de l'eau), yioiv (Plb. 3,55, la neige où l'on s'ouvre un 
chemin) : malgré les doutes de W. Schuize, Q.Ep. 365, 
il est possible qu'il s'agisse toujours du même verbe. Sur 
çuXafiàùj, etc., voir sous £ûXov. 

Dérivés : &ixriTo^ (avec a long) « temps de la moisson, 
moisson» (Hom., Hés., Hdt., Thphr. ; sur les variations 
de l'accent, voir LSJ s.u.), iifj,7jTÛç (H. Isis) ; œ(i.ï)-rr)p 
(avec a long) «moissonneur» (Hom., Théoc), f. àyuri-czipaL 
(EM 83,2), âfX7)-rp(ç (Poli. 1,122) ; doublet àtirjTTiç (Porph.). 
Nom d'instrument àjiTjTrjptov « faucille » (Max. Tyr.). 
Enfin àfXTjTtxôç (Élien). 

L'étym. populaire a pu rapprocher de ànâcù à^aXXa, qui 
semble toutefois se mieux rapporter à àfiâofiai. 

Famille archaïque, victorieusement concurrencée par 
le groupe de eeptî^tù. 

El.: cf. germ., n.h.a. mâen, m.h.a. mal, lat. metô, p.-ê. 
hitt. ham(esha) « été, saison de la moisson ». On posera une 
racine '3,em-, et, pour le latin metô, 'a^m-et- (Benveniste, 
Origines 157). Voir aussi F. Bechtel, Lexilogus et Lex. 
Ep. s.u. où J. Irigoin disjoint Siafiâw qu'il rattache à un 
'yàm- creuser (?), cf. Pokorny 502. 

2 à|xdci), dcfiâojxai : verbe quasi homonyme du précé- 
dent, mais employé presque uniquement au moyen (Hom., 



Hés., A.R., prose tardive) «rassembler, recueillir» (lait 
Od. 9,247). Surtout attesté dans des composés à préverbes : 
èÇ-, éclats de pierre (/G 1I« 244), entrailles (Ar., E.) ; 
è7t-, de feuilles, de la terre (Hom., Thgn., Hdt., part, 
aor. act. èçaiiVaÇ Hld. 2,20); mlt- «ramasser. (Hom., 
Pherecr.). 

Dérivés nominaux rares, techniques et dont l'analyse 
n'est pas évidente : à(iaXXa f. «gerbe» (S., Plu.) issu 
d'un dérivé en / comme lat. simul (voir Solmsen, Beitràge 
193 sqq.) d'où à(jtaXXeùû3 {EM 76,6), àfioXXeïov (Call. 
Gom. 3 D). 

Composés : àfxaXXoSeTi^p « botteleur » (II.) qui confirme 
l'antiquité du mot ; -t6xoç, -<p6poç (tardifs). Il est naturel 
de rattacher à àfxaXXa le composé àfxaXoyta (Alciphr. 
4,10,10) et d'y voir une haplologie de *àfiaXXoXoY£a. 
Latte indique ingénieusement (G/. 32,35-38) que le mot 
s'applique chez Alciphr. (de même àii.aXnyrjGtxi chez Hsch. 
s.v. Mavépfoç) à la chanson chantée lorsque l'on rassemble 
les gerbes. D'où les sens dérivés de bavardage, etc., pour 
àfiaXoyta, -Xôyoç, -Xoyéu dans les glossaires. 

Outre afxaXXa, il est naturel de rattacher à àfiâouat 
le substantif rj &iiri qui désigne un instrument qui permet 
de ramasser. Le terme dénomme dans la Paix d'Ar. 426 
l'instrument (pelle ?) avec lequel on emportera les pierres, 
Ois. 1145, celui avec lequel on transporte le mortier (cf. 
IG V 313,38, etc. ; R. Ph. 1966, 74) ; désigne un seau (Plu. 
963 c). C'est au sens de « seau » que le mot a été emprunté 
par le latin sous la forme ama ou hama. — Dérivé iu-lc. 
-[Soç f. « pot de chambre» (Hp., Ar., etc.) avec le dérivé 
àfitSiov, qui confirme le sens de âji-zj. Il est vraisemblable 
que dc(iT) soit un dérivé postverbal de ànàofxai plutôt que 
l'inverse. Il n'y a pas de raison de séparer à[xr) de à[xdcofxai, 
avec Schuize, Q. Ep. 365, n. 3 et F. Solmsen, Bcilrdge 
195, qui évoque v.sl. jama « fosse ». 
Voir aussi àfxvîov. 

EL: On a rapproché àjj,dconat de â[j.a, sans que ce soit 
nécessairement un dénominatif. L'absence d'aspiration 
n'est pas un obstacle dirimanl (cf. éçajxriaaç et H. Pti., I. c). 
Il est possible d'évoquer plus loin lit. semià « puiser », 
sàmlis « grande louche » qui présenteraient une évolution 
sémantique voisine. Voir aussi sous iïvtXo;. Mais 
Benveniste, Origines 157, évoque plutôt "ajern- « recueillir 
un liquide » en rapprochant skr. àmatra-n. « vase » et 
àfjiéXyti). 

Les termes de cette famille sont techniques et ont pu 
s'orienter dans diverses directions. Ils ont pu également 
subir l'influence de la famille voisine de à(j.â<o « moissonner ». 
"AuaXXa a peut-être été senti comme apparenté à àpiotco 
« moissonner » ; de même è^aiiàio quand il s'agit chez E. 
Cycl. 236 ou Ar. Lys. 367 d'extirper les entrailles (cf. 
chez Hom. àçûoatù). Voir notamment F. Bechtel, Lexi- 
logus s. V. à(j.ào(jLai. 

afig-r], à[ji6tijv : « bordure, protubérance », (Hp., Gai.) 
discussion du terme chez Erotien 23 (Nachmanson) olov 
-àvâ6ir) Ttç ouaa pour la jante d'une roue (Democr.) ainsi 
■gtosé par Hsch. : rj -rijç ïxuoç ôçpûç tûv xuXXûv 
àcnrtStùv ; selon Gai. 18,1,340 terme ionien. 

Attique (ic(i6ojv : « bordure, protubérance», d'une coupe 
(Eup., etc.), d'une articulation (Gai.), du sexe féminin 
(Eust.), crête de montagnes {.SEsch., Call.), cf. Hsch. 

s. V. l5È(x6tiiVEÇ. 



— 73 



à(icî€<i) 



Faute de connaître la disposition de l'objet, on ne sait 
comment rattacher à £(ji6(ov le mot 5[x6iÇ, qui semble avoiî' 
reçu la finale de xùXiÇ et désigne une coupe qui est décrite 
comme ço^tx^'^oÇ <>" s^ °^^ àvTfjyfxévTj (voir les textes 
dans l'anthologie de Diehl au fr. 24 de Sémonide), le fnot 
désigne aussi chez les chimistes un alambic ; il existe un 
doublet &ji6ixoç (Pcadon. 25, CJG 3071 Téos). Sur la 
survie de £(x6cdv en grec byzantin et moderne, voir 
Tsopanakis, Al yk&Trccii, Rhodes, 1949,25 ; le mot signifie 
notamment « chaire ». 

Et.: Terme technique d'élymologie obscure. Si on 
n'admet pas un emprunt, ce qui serait possible mais reste 
indémontrable, on serait tenté de rapprocher le mot de 
àvaSaCvw : dans tous les emplois il y a l'idée de hauteur ; 
ce rapprochement était en tout cas senti par les Anciens. 
Il serait confirmé par la glose d'Hsch. : àvâê&jvEç ■ paôfxoû 
eISoç. Voir Hesler, Lingua, 1965, 368. ■ 

à|x£XîaKti> : prés, chez PL, av v'c le doublet à(i,êXtciKâv<o 
« faire avorter ». Autres thèmes verbaux : à(x6X6tù, f . -fitrto, 
-<>)aa, -coxa ; au moyen plus rare, et avec le sens d'« avorter», 
à}i6X6o|iai, -côcofiat, -o)67)v, -ujjiai. Terme technique surtout 
employé chez les médecins, chez Thphr., etc. Surtout 
employé avec le préverbe kx, au sens propre et figuré 
(E. Andr. 356, Ar. Nu. 137, PI., etc.). 

Il y a trace de présents àfiSXtûaxetv • -ri ÔTeXèç yeWfjaoii, 
tè çOetpai ppÉçoç (Suid.) et chez Hsch. à[i6Xû)ooeiv ■ 
ùfiOToxxîv (mais avec la variante àfxêXcôoxeiv chez Cyrille) ; 
la forme en -otacziv comporterait le sufTixe -(iiaa<x> des 
verbes de maladies (mais cf. sous à(x6Xùç) ; môme type 
de variante chez Dsc. 2,164. Enfin la glose d'Hsch. 
à|i6X'jaxEt • È;au6Xoî • xupiwç Se ètzI àfji7r£Xou • xal 
èxTiTptîxTxet " HocpoxXîjç 'AvSpofiéST) peut n'être qu'une 
faute d'iolacisme, mais peut aussi résulter d'un rapproche- 
ment que la langue aurait fait avec àsioXiS;. 

Formes nominales : (S^6X&>!Jtç « avorlement » (Lys., 
Arisl., etc.) avec le dérivé tardif àfiôXtôottzoç ; âjiêXcofxa 
lavortement» (Anliph. Soph,, Arét.) ; àfi6X(oa(x6ç (Arét., 
.Man.). Nom d'instrument, àfiêXto-nîpiov (Orib.) ; adj. 
(qualifiant des çâpjxaxa) àfxêXtoTtxôç. Dim. à|ji6Xcù9ptSiov 
■ fœtus, avorton» (Ph., cf. Hsch.), «drogue abortlve » 
(Poil.), à quoi répond l'adjectif à(x6Xcij6pîStoç « abortif » 
(Arét.), -tSioç ou -tStov s'élant ajouté à un suffixe -6po-. 

Il existe une forme singulière et isolée à[j.6Xca7irr)<; «qui 
avorte » en parlant des fleurs de la vigne (Thphr. CP 
3,15,2), le terme ayant subi l'influence de àfiêXu^rôç (voir 
sous (i(i6Xûi;). 

Cette famille de mots a été victorieusement concurrencée 
par le groupe clair de IxrxTptiaxtù. 

Et.: Ces mots font penser, avec une autre coupe sylla- 
bique, à y.\)\rj qui semble signifier « avorton » chez Hp., si ce 
terme n'est pas un emploi métaphorique de (lûXig « meule» ; 
et à œ[j.6Xijç à quoi les Anciens devaient les associer, 
mais quel serait le lien sémantique exact ? Noter l'emploi 
de à}i6Xûr7)ç à proisos de semences qui ne peuvent germer. 

àfiS^ûs, -eïa, -li : « émoussé », s'oppose à èÇûç et se dit 
d'une pointe ou d'un instrument émoussés ; en géométrie, 
désigne l'angle obtus ; d'où, en parlant de la vue « affaibli, 
trouble » (s'opposant également en ce sens à ôÇûç) ; 
signifiant i faible > à propos de sens, de sentiments, etc. 
Terme ionien-altique, mais noa homérique. Adv. dè(i6Xi(0Ç. 



Adj. dérivé de la poésie tardive f. à[ji6Xuoéaaa (ijtixX^), 
« sombre, qui empoche de voir » (Man.). 

Subst. dérivé : àfiôXii-ojç f. « émoussement, faiblesse i 
(chez Max. de Tyr 16,4 de semences incapables de germer). 
Terme hellénistique et tardif. 

Verbe dénominatif : à[A6XÙvti) « émousser, affaiblir ■ 
(ion.-att., Ar., etc.), d'où àjjLSXuvaiç (commentateurs 
d'Arist.) ; dtfiêXuvTfjp « qui affaiblit la vue » (Poét. de herb. 
65) ; dt(ji6XuvTix6ç « propre à affaiblir la vue » (Dsc). 

Les composés sont assez nombreux, mais constitués 
pour l'essentiel de termes relatifs à la vue : dt[i6Xuwoau 
« avoir la vue faible » (PL, Hp., Plu., Luc.) qui entre dans 
la catégorie des verbes en -cicrocù désignant des inalnilies, 
mais se trouve précisément à l'origine du système, et k 
second terme est issu de 'ôk"- » voir ». Dérivé à[i6X'j(0Ynôc 
(Hp. Prog. 24). Autres composés de la même série ; 
à|i6Xu<07c6ç (E., Hp., Arist.), -<ù7r[a (Hp.), -cotttqç (Dsc), 
-toTTÉtù (Hp., Mén., non attique selon Harp.), -tùmanéç (ap. 
Aet. 6,7). Enfin un groupe moins usuel présente une 
élision irrégulière de l'u final : âjxSXcôoatù (Nie. Thér. 33), 
iii6X(ô4/ (E. m. 737, S. fr. 1001), à(i6X&>7r6ç «sombre», 
épithète de dix'^tiç (Critias 6), de ptoç (/Esch. Eu. 955). 

El.: àjjLëXûç repose certainement sur *à(jiXûç : on pense 
donc à rapprocher àyLoXàç, (iaXaxéç, et probablement 
à|i6Xtaxta, (jiûXt), etc. 

àixÉOuaros, voir sous [léOu. 

àp.€Îg(>) : f. -i}i<i), -ijja et à(xefêo(j.at, -({(Ofiai., -tJciixTyV et 
-ç07]v, hom., poétique et ionien, avec des ex. isolés chez 
PL et X. Sens : à l'actif « changer, échanger, changer 
de Heu », -«te, au participe ol dcjxetêovreç désigne des 
chevrons qui se correspondent (//. 23,712) ; au moyen 
« faire en échange, donner en échange » (notamment des 
paroles chez Hom.) « changer de lieu, franchir», etc. 

Composés avec les préverbes Sia-, tic- (hapax, iEsch., 
Sept 558), èÇ-, ht-, jxet- (et rrep-), nxp-, etc. 

Formations nominales : nom d'agent àfiotSéç chez Hom. 
de soldats qui font la relève, et surtout des formes 
composées : avec allongement de l'initiale second terme 
àvTTjfxotSôç (CalL), èÇ- « de rechange » (Hom.), en- (Hom.) ; 
ou sans allongement, àXçtx- (Ar.) ; àpyup- « changeur » 
(PL); îepdcjioiêoi • Tcpo9^Tai Oeûv (Hsch.); XP""" (./Esch. 
Ag. 437, Hsch.). 

Le nom d'action correspondant est &yLoi.ë-}) « don en 
retour, récompense (rarement châtiment), réponse, alter- 
nance » {Od., poètes, Hdt., PL) ; sur corinth. i^xoiFa où 
f est une graphie pour p, voir Buck, Gr. Dialedi § 51, 
Fraenkel, KZ, 43,208. D'où divers dérivés : à[ioi6aîoç « qui 
s'échange, réciproque» dit d'un dialogue (Pi., Hdt., PL), 
avec le féminin à(ioi6dç, -dtSoç dit d'un manteau {Od. 
14,521), d'où le dérivé tardif dé(Xoi6âSioç (Opp., Q.S., AP) ; 
aussi les dénominatifs tardifs àyuoièéXfii (SEG, 4,515) 
et àjjLoiêaSt^to (Dosith. p. 430 K.), En outre d'assez 
nombreux adverbes comportent la dentale : (ijj.ot6aStç 
(Théoc), -S6v (Parm.), i4(iot67)8£ç (Hom.), -tiS6v (Hp.), 
-iqStjv (A.R.), cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1, 631. Il existe encore 

quelques dérivés isolés de ipiotêiQ : àjjioiêii 'oç « qui est 

en échange » (/G lîom. 4,138, pour le suffixe, Chantraine, 
Mélanges Maspéro 2,219 sqq.) ; à|ioi6eûi; épithète de 
Poséidon (Lyc. 617.) 



â(i«îë(*> 



— 74 — 



Sur le thème à voc. e de à(jisl6<a ont été créés tardivement 
âfienjdç (Plb., LXX) et à(x«tjmx6ç {/G V 1,18). II est 
enfin difficile d'apprécier àjAstâw, -oGç = à(xoi6T) chez 
Eust. 1471 30. 

Ces mots sont concurrencés par les termes plus usuels 
qui appartiennent au groupe de àXXàocw, etc. 

El.: On cherche à dégager une racine 'met- qtie l'-tfn 
retrouverait dans skr. ni-mâyaie, lat. mûnus, mi'tfrô. 
On poserait donc *a"m-ei-^*-, mais un morphème g" serait 
exceptionnel ; voir Pokorny 713. 

à^eîvwv, -ovoç « qui vaut mieux », notadifflsnt 
dans des tours comtile //. 1.274, ItteI mLQed&ou. Spcnvov, 
ou Hdt. 4,156 sqq. lïfletvov Ttprjaagiv. Lorsqu'il s'agit 
de personnes on a souvent la nuance implicite de « plus 
fort», cf. //. 15,641 àueivcùv TtavTOÎoç àperàç t)U^ TtôSotç 
TjSè (jidéxeiOai- C'est l'un des comparatifs de àyaOéç chez 
Hom. et en ion.-att., prose ou poésie. Mais le grec tardif 
"6 l'emploie plus, et il ne se trouve jamais dans le NT. 
b.i comparatif àptEivÔTEpoç se Ut chez Mimn. 

El.: Voir Seiler, Die prim. griechischen Steigm^ngs- 
formen 120. Le terme présente bien la valeur de (|uaiité 
intrinsèque et intensive que comportent les comparatifs 
en -tcûv. Mais rien ne prouve qu'il possède un suffixe 
'-ffov- de comparatif. Le témoignage de l'onomastique 
attique, où 'Afxeiv- figure, semble prouver qite àptew- 
comporte une vraie diphtongue ei et ne saurait donc 
reposer sur àpuevg-. Le mot peut donc être un <t positif » 
entré dans le système du comparatif. Hypothèses indé- 
montrables citées par Seiler. /. c. 

à(ieîp<>>, voir sous àpiépSu. 

àucXvu : t. -Z,<ù, etc.. «traire» (Hom., ion.-att., etc.), 
parfois employé avec le complément yâXa., cf. Hdt. 4,2. 
L'emploi figuré est exceptionnel et douteux (Ar. Cav. 326 ; 
la bonne leçon doit ôtre àuApyEic,)- 

Peu de dérivés nominaux : outre"' AjjloXyôç (voir plus 
loin), ày.oAyi) «traite» (Hdn.), àfiokysii<; et du-ôXytov 
«seau à lait » fThéocj. 

Avec le suff. fém. -aS-, àyioXyoiSeq, pôeç « vaches qui 
donnent du lait » (S. Ichn. 5). Sur le thème du présent 
ilâKytù, àficÀ^tç «la traite» (Pi., LXX), d'où à(jieX|Cv>) 
constitué comme àuepaiw] et êXÇlvr) et qui doit désigner 
une plante pariétaire (Ps. Dsc), cf. Strômberg, Pflanzen- 
namen 160. 11 n'y a rien à tirer de la glose d'Hsch. 
ipoofrijpa ■ à(jieXxTT;pa. 

Nous n'avons pas mentionné le dérivé thématique, nom 
d'action ou nom d'agent àfxoXyéc;. Ce mot est attesté 
tomme second terme de composé dès Homère dans 
iinn]|ioXYoi « trayeurs de juments », dénomination de 
peuplades scythes, etc. [II. 13,5 ; Hés., Call.) et poufioXyéç 
(iP 6,255) : avec perte de la voyelle initiale ? ou forme 
uœienne de la racine sans prothèse ? 

Le terme difficile est à\j.Q\y6ç„ toujours employé chez 
Hom. dans la formule (èv) vuxtôç à^oXyû (//. 11,173; 
15,324; 22,28 et 317, tous les ex. de 1'//. dans des compa- 
nlsons; Od. 4,841, H. Herm. 7). Deux exemples chez les 
tragiques : iEsch. fr. 103 à l'accusatif, et comme adjectif 
E.ff. 104 àjioXYÔv vû-/.Ta (voir plus loin). Terme poétique 
Il traditionnel, toujoui-s employé à la même place du vers 
4tt Hom. avec un sens mal défini. Le problème est 
tothement posé dans deux gloses d'Hsch. : dcjxoXv^ ' tû 



fxeoovuxTica, ^toi èv htslvjj -r^ &pc(. èv ^ àixèXyouotv et, 
dciioXyèv vùxta • EùptTtCSvjç 'AXxijltjvî) î^oçepàv xal oxotei-, 
VT)v ■ ol 8è (iipoç rfjç vuxtôç, xa6* 6 àfiéXyouoiv. Une 
partie des exemples homériques sont en faveur de Tinter-' 
prétation « cœur de la nuit », i nuit profonde », notamment 
lorsqu'il s'agit d'animaux attaqués par un fauve {II. 
11,173; 15,324, etc.) mais en 11,173 ou peut penser au 
début de la nuit, avec BoUing. Les deux ex. de //. 22, s'ils 
évoquent une constellation resplendissante dans une nuit 
étoilée, sembleraient se rapporter soit au début, soit à la 
fin de la nuit, notamment 22,28 où il s'agit du lever d^ 
Sirius à la canicule, au début de la nuit. Si l'on admet ce 
second sens, à(xoXY<iç (malgré l'accent oxyton) signifie 
la « traite » et est le nom d'action répondant à àfAéXyto : 
il s'agirait de l'heure de la traite du soir et de la nuit,( 
le terme ayant été ensuite employé en poésie pour exprimer 
une nuit profonde et brillante. 

SI l'on estime que l'idée de plénitude de la nuit est 
essentielle, on peut admettre qu'àîioXyéç, moment de la 
traite, moment où les pis sont gonflés, exprime la notion 
de plénitude et c'est la voie suivie par P. Wahrmann, 
Glotta 13, 1923, 98 sqq., aussi P. Krelschmer, ibid. 
166 sq. Elle trouverait une confirmation dans certaines 
traditions étymologiques des Anciens, cf. EM s.v. [xâ^a : to 
yip àuoXyôv r»)v àxtxïjv qjani et Eust. 1018,21 'Axociol 8è 
xarà ToOç yXtoaaoypiçouç àuoXyèv Tr)v âx[XT)v çaoï. Mais 
ces explications risquent d'être tirées du texte homérique 
et de n'avoir aucune autorité (M. Leumann, Hom. Wôrler, 
274). 

Une forme à voyelle initiale o (éolienne ?) figure p.-ê., 
dans la glose d'Hsch. ôfxoXyû ■ Çocpôi (ms. ôfxoXoyû). 

Les dérivés n'apportent pas grande lumière : à[xoXyaïoç 
dans l'AP 7,657 (Léon.), est dit pour la mamelle 
gonflée de lait d'une brebis ; auparavant Hés. Trav. 590 
[iâÇoc à(jioXyat7), diversement compris par les Anciens et 
par les modernes : les deux interprétations principaleS| 
sont (làî^a àxfxaîa » bien gonflée » et ôXupa pcâpEyixévT), 
yôXotxTt. Cette dernière interprétation est la plus naturelle, 
entre autres raisons parce que la (xâÇa est une pâte plate, 
non levée. Mais l'interprétation « bien gonflée » est ancienne, 
cf. Ath. 115 a, Eust. 1018,21, Proclus. ^ 

Un dernier dérivé énigmalique figure dans la glose 
d'Hsch. àu-oXydc^et • |iEOï]tx5pîC" d'origine inconnue ; le 
verbe (jiea7)jjt6pîs'û ou -làî^to signifie « faire la sieste », mais 
selon Pollux 4,157, aussi «être au zénith en parlant du 
soleil et des étoiles ». 

En ce qui concerne àfxoXyôç, terme formulaire et poétique,! 
si nous devons prendre parti entre les deux hypothèses 
« heure de la traite » et « plénitude », nous pensons que le 
sens originel « traite du soir », ou « de la nuit tombée » 
est le plus probable, cf. en dernier lieu, BoUing, Am. 
Journal of Phil. 79, 1958, 165-172. , 

'Autres interprétations : J. Charpentier, Symb. philol., 
Danielsson 12-42, qui suppose une allusion à la voie lactée 
et aux troupeaux des dieux, en se fondant sur des traditionsj 
orientales (combattu par Kretschmer, Gl. 22, 1934, 262 sq., 
il n'y a pas trace de pareilles croyances dans le monde. 
grec) ; G. Devoto, Fesischrifl Debrunner 22-27, pense quC] 
âjjtoXyôç désigne le ciel nocturne comparé à un récipient, 
à un réceptacle. 

Autres interprétations encore : Jacoubet, R. El. Gr. 
37, 1924, 399-404 ; T. A. Sinclair, Cl. Rev. 39, 1925, 100 sq. ; 



75 



â|iiXX« 



Kretechmer, Gl. 11,1921,108 et M...-i»mimann, Hom. 
Wôrter 164; voir enfin Lex. Ep.'.iM. 

EL: La notion de traire s'exprim» par un présent thém. 
de 'miltf-, 'mlg- dans un certain nombre de langues : 
lit. méliu (supposant 'mëlg-), v. si. mlùzç (vocal, zéro) ; 
un vocalisme comparable au grec dans v.h.a. melchan, 
ags. melcan (mais les formes grecques et germaniques 
pourraient à la rigueur admettre un vocalisme ë). Enfln 
le dérivé lat. mulgeô peut comporter un vocalisme zéro 
ou un vocalisme o. Ces données conduisent à poser un 
présent athém. 'mêlg-mi, 'mlg-enli. Cela dit, on est tenté 
d'évoquer skr. mdrjmi, m^j-ànli signifiant « enlever en 
frottant, essuyer •. Mais ce sens conduit à rapprocher le 
mot skr. de ôjiôpYvufxi, àyLÈpya et exclut par conséquent 
àjxéXYCù (voir Frisk s.u.). Enfln Benveniste, Origines 157, 
pose un thème '»,m-el-g- qui conduit à retrouver la racine 
*»,em- « recueillir » (cf. sous àfxdtco), ce qui convient parfai- 
tement pour le sens et écarte le groupe skr. 

â^€VT]vos, voir (iévoç. 

à|i€pY(>> : « cueillir » en parlant de fleurs (Sapho 
122 L.P.), de fruits (E. lier. F. 397) ; au moyen en parlant 
de feuilles, de fleurs chez les poètes alex. Le mot est 
attesté une fois dans un fr. d'Aristophane (= />. adesp. 
437 K.), cf. àfxépyetv • xapïroXoYeïv. 'Apicroipâvr^ç, NifjCTOtç : 
6 (xÉv Ti; àiiTréXouç xpuytjv av, ô S' «(iépytùv êXâaç (Erbse, 
Uni. z. d. AU. Lexika, 159). Enfln Hdn. glose (î(ji.£pycù ■ 
Èy.TTiéî^co. Cf. encore Poil. 1,225, qui cite à(i.épYeiv et 
KaranipYEtv. 

Terme technique tombé en désuétude, qui exprime 
l'idée de cueillir, non en tant que récolte, mais comme le 
fait d'arracher, etc. ; il a dû se dire notamment des olives. 

Il est naturel de rattacher à àfjLépyco le substantif àyLàpyri 
spécialisé au sens de marc d'olive (Hp., Thphr.), malgré 
certains doutes exprimés à tort ; sur l'emprunt lat. amurca, 
voir Ernout-Meillet s.u. Doublets de àfxopY^ : ày.6pYrjç, 
-ou (ArisL.), oiyiopyiç, -etoç, (ï(xopyoç. Le grec moderne 
a conservé [xo'jp^a, [zoOpyoç, cf. Psaltes, 'Aipi.£p{o|jia elç F. 
Xarî^iSaxtv 66 sqq., Kapsomcnos, Bgz. Z. 36, 316 sqq. 

Le nom d'agent àjxopyoî, au figuré, est glosé Tr6Xetoç 
ô)x6poi, KpaTÏvoç Sepioîotç par Pausanias (p. 160 Erbse) 
qui signale aussi une forme [xopyéç. 

Autres dérivés : àuopyEuç « presscur d'olives » (PoUux) ; 
cf. peut-être encore â[iopy[ia • oûXXeyfia, àpTupia (Ilsch.). 

Pour des termes homonymes du type ày.opy6i;, à(j.opytç 
etc., voir sous ,A(iopyôç. 

Sur l'emploi figuré de âfxépyo), àptopy6ç voir Taillardat, 
R.Êl. Gr. 64, 1951, Il sqq. 

EL: On pense à la racine qui figure avec un autre 
vocalisme dans ô(ji6pyvujxi, cf. la glose à[jL6pÇat • à7toij;^oai 
t) èjiàpÇai et on évoque skr. ath. mdrjmi « frotter, effacer ». 
En ce cas mdrjmi ne doit pas être relié avec àjxéXyoj, ce 
qui n'est d'ailleurs pas nécessaire. Mais en grec àjj.épya> 
se distingue franchement de iftépyvufii pour le sens. 

à|iÉp8(i> : t. tardif dcfjiépcjcd, aor. âiiepaa et ijiiepoa, aor. 
pass. 7)(.tép6Y)v. Terme épique, parfois attesté dans la 
tragédie. Sens : « priver », notamment de ce qui est dû, 
légitime (cf. //. 16,53), avec le complément ôçOaXpiGv 
[Od. 8,64) ; d'où //. 13,340 6aaz S' étjxEpSsv aûy^ • l'éclat 
aveuglait les yeux » et Od. 19,18 Êvrea xdtjtvoç dftépSet 



« la fumée ternit les armes». Diverses gloses d'Hsch. SficpotSi 
Sfioipov è7rot7)(Tsv, èaTépT)oev ; èfjiépdat • dfiaupûoai, fi|*oip* 
rtoiTJoat. Cf. Fraenkel, Phil. 97, 1948, 172 sqq. 

Peu de dérivés : «jiepaii; (Eusl.), àptepolv») =» iXÇlNB 
liseron (Dsc), cf. StrOmberg, Pflanzennamen 65. 

Composés tardifs : à(xep<i(ya(xoç. -vooç, -çpwv. Hsch 
offre un doublet sans a initial (forme ancienne î ou altéra 
tion secondaire ?) : pipSeï • vuàXxœi, pxàjrrsi et (xepOeïo* 
<TTepT)6eïoa. 

Enfin il existe un présent de même sens à[xe(p<>> (Pi 
P. 6,26) et àTtafietpw (A.R.), au passif « être privé de » (Hés 
Th. 801, avec la variante àTtoiistperai, cf. Tr. 578, vai 
Od. 17,322) : le présent a été constitué sur iyLspoE d'aprè 
le type xetpco : Ixepaa. Voir Solmsen, KZ 29,354, Beitràg 
11 ; Bechtel, Lexilogus s.u. à(iépSco ; M. Leumann, Home 
rische Wôrler 162 sqq. 

Et.: Pas d'étymologie assurée, v. Frisk et Lex. Ep 
avec la bibliographie. 

afxeûiraaSai : aor. et àfj.E(iaeaOat fut., «valoir, dépasser 
surpasser» (Pi. P. 1,45, fr. 23, Euph.) mais le verbe sembla 
attesté en crétois au sens d'« échanger » (Bechtel, Gr. Dial 
2,778). 

Composés chez Pi. : i^isnaiercrfi « qui surpasse les mots 
indicible », à(ieuabropoç « où les pistes se confondent ». 

Dérivé : ijiEÛCTinoç « franchissable » (A.R. 4,297, cf 
EM 82,11) ; cf. encore les gloses d'Hsch. SiafiEucrrâç 
àXaÇ6vaç et Sia[ieuTTJç • (J'eûa-ngç, àTtareûv. 

Terme dialectal et dorien dont les emplois se trouviraien 
justifiés si l'on posait le sens originel de « mouvoir, cKang'er 
échanger, valoir ». 

Et.: On n'a pu faire que des rapprochements assei 
vagues, notamment grec â[xûvw (voir s.v.) ; lat. moueô 
lit. màuju, skr. mïvaii « pousser ». 

â)XT)St -rjTOZ : m. «gâteau au lait » (Ar. PI. 999, Antiph 
89, Mén. 425). Dérivé ii[j.YîTtaxoi; (Tolecl. 1,12), avec ur 
suffixe qui n'est pas fréquent. 

On rapproche -de àjiif)? quelques termes de sens voisir 
et de structure comparable : écjiiOa (à(xt6âç [thème ei 
-aS-] Latte) • g8e(j[i.a 7tot6v xal àpTujia, <âç 'Avaxpéo» 
(= Anacr. 467 Page). Un pap. (P. Ilamb. 90, 18) offre 
la forme ace. pi. &y.idixz, ce qui va contre la correction d« 
Latte. Enfin on pourrait évoquer àfiafitOâScç • rjS\>c!\jà 
Ti oiEuaaTdv Sià xpEÛv elç [xixpà XEXofjtfjivuv Si' àpTUfidt- 
T<ùv (Phot. 86 R.). 

El. : Obscure. Si l'on s'en tenait à &yur]!;, on remarquerait 
que licpfirjç pourrait se trouver par rapport à &(!■/] (voir sous 
dtfxdtofiai), comme yii(iv>]ç par rapport à yupiv6ç, ou par 
rapport à dttiâofiai comme TrXivtjç par rapport à rtXavà<o. 

à|jiîa : t. sorte de thon qui remonte les rivières (Com., 
Arist.) ; le mot est parfois attesté au masculin iy.lau;. 
Le poisson n'est pas sûrement identifié, cf. Thompson, 
=(irvtk Fishes ; de Saint-Denis, Animaux maria» s.Ui, p.-£. 
la bonite. 

Et.: Thompson a fait l'hypothèse que le mot serait, 
emprunté à l'égyptien mhgt: invraisemblable, car il 
s'agit d'un terme collectif signifiant < les unissons ». 

âfiiXXa : f. < combat, rivalité > notamment à propos 
ci* courses, mais aussi avec des compléments commo 



â|iiXXa 



— 76 — 



X&Y<>>v, dcpenjç, (inconnu d'Homire^ bien attesté dans la 
poésie et la prose attlques). 

Forme à préverbe SiàfiiXXa. 

Verbe -''inoininatif : (xmXXào(juci (avec SiafiiXXdtayjti), 
f. -^ojiac, aor. --iT&ijv, puis -TjoôiiTjv «rivaliser» dans, une 
course, un débat, etc.; d'où c faire des efforts » (ionien- 
atUque). D'où àixiXXrjT^p, épithète de Tpox6ç (S. Ani. 
1065), à[uXXi]TT)pioç épithète d'un cheval, d'un char 
(tardif), avec le subst. àtiOXTjTTipiov (Suid. et SI G 57), 
à(iiXXT)Tix6ç (hapax PI. Sph. 225 a), àjjilXXrjixa dans une 
inscr. de Cyrène, et chez S. El. 493 pour les luttes de la 
passion. 

Un doublet de (£(uXXa, (SpiiXXoç est mentionné .,jMtr 
Doroth. chez Phot. p. 92 R (cf. surtout Sokolowski, 
loi» sacrées 2,19,61, inscr. d'Athènes, iv« s. av.) et Hsch. 
fournit la glose ;.«fMXXÔTEpoi • ètrl TrXéov èptÇovreç. 

Enfin on lit chez Ar. fr. 42 D. un à(itXXo96poç qu'il faut 
corriger soit en àtitXXdrepoç, soit en àfzotXXoçôpoç. 

Cette famille de mots exprime l'idée de rivalité et 
s'emploie volontiers à propos des jeux, courses, etc. 

El.: Il serait tentant de voir dans le mot un composé 
avec âfia comme premier terme. Adrados (Emerila 17, 
1949, U9 sqq.) tente de retrouver dans le second terme 
(avec un suffixe -ya.) tXir) « troupe », la difficulté étant 
peut-être que {Xtj comporte un f initial, et que le sens 
s'est pas 'rassemblement». On préférera donc supposer' 
un suffixe '-il- combiné avec -g», (sur un suffixe -il- en 
indo-européen, voir Benveniste, Origines 41 sq.). 

àfUrxSciXoEis : adj-. plutôt au féminin (i(jiix9aX6eoaa, 
épithète de Lemnos (//. 24,753, H. Ap. 36, Call.), avec 
daa».,ie passage de 1'//. une variante d'Antim. (jtixOixXéea- 
im, d'ailleurs moins satisfaisante pour la métrique. C'est 
Itstype tnêine.de l'épithète homérique dont ni le sens ni 
rity(Bologi« ne peuvent être tirés au clair. 

Voici les principales interprétations, qui ne s'appuient 
ji|B>ù« sur une étymologie démontrable : 

1) Le sens de « brumeux », qui se fonde sur un rapproche- 
aaaltavec b\ti-/X-t\ indiqué dans les scholies, ferait allusion 
iiii.volcan de Lemnos et aux forges d'Héphaistos. C'est 
pt^blement l'interprétation de Call. qui écrit dcfxix^a- 
X6é<iCTav...Tj4pa {fr. 18,8) ; sur *<i(xtx9aXoç = hyiyXii, 
wir m dernier lieu Ruijgh, Élément achéen 145 ; 

2);.Autre interprétation des scholies : le terme équi- 
wulrait à dc7tp6a[xi>cTOi; et signifierait < inhospitalière » ; 

3) Les scholies BT glosent àfX(x6aXâE<TCTav par eùSaijAova 
tt donnent le mot pour chypriote, ce qu'accepte Bechtel 
[Gt.D. 1,444) et conteste M. Leumann. Cette glose a donné 
[liiiMQce à une étymologie de Lagercrantz, IF 50, 1932, 
W-280, qui analyse le mot en *à(xiîc-ro-6(xX6caaa « d'une 
impérité sans mélange », interprétation acceptée autrefois 
Jw H. Frisk, IF 52, 1934, 282 et 295. 

AutfMKinterprétations citées chez M. X«Hinann, Hom. 
Wiii»f^H n. 8, qui se rallierait à une vieille hypothèse de 
SNdMMh, évoquant dcpiÛYSaXov, -7) « amande, amandier >. 
% Leumann rappelle que â(iû-f$aXov doit êt^e égéen, ce 
|d expliquerait les variations de forme, et remarque 
■l'une telle épithète convient â un nom de lieu. Voir 
EH» Ltx. Ep. s.v. 

i|i|tâ : t. ainsi défini Et. Mag. 84,22 : xpoçài; xal 



yâprtjp x«6* ù-Ttoxopioftâv. Ce terme familier a donc pu 
désigner la mère, mais il se rapporte en général à la nounice 
(cf. SIC* 868 et des pap.). 

DoubleU : ii{ji(zâç, -ôSoç {El. Mag., Hsch., pap. BGV 
449); aussi àfifita (Hérod. 1,7). Voir Cbantraine, R. Et. Gr. 
59-60, 1946-1947, 242 sqq. 

Et. : Terme typique de la nursery, cf. lat. amma. 

â}i{ti| : (myxoiiioTÔç (ïp-roç Totpavrtvot (Hsch.), maie 
ce texte est une correction de Kaibel. 

94«(ios> voir iya.Qoi;. 

â)ivâ|xos : ou &|jtvaii[ioç, « petit-flls, petite-fille » (Call. 
fr. 338, inscr. Crei. 1,212, Lyttos ; SEG, 18,744,9, Cyrène, 
cf. L. Robert, Hellenica 13,34, n. 1 avec renvois). Chez 
les lexicogr., v. Poil. 3,19, qui donne le n. pi. à|xvi(xovei; ; 
la glose d'Oros chez Reitzenstein, Gesch. Gr. Et. 27,5 : 
àfivanot • ol àTTÔYOVot ■ xupUoç Ttapà t/jv tûv KupiQvattùv 
StâXsKTov ol TÛv â^vcdv (i[ivol à(xva(xot XÉYov^at • toutéctiv 
TÛv àpvûv âpveç • Trpà yàp toû xepaToçuTJoat... • ànb toû 
iï(ivèç (ic(jtva(Jt.o<;. 

Il pourrait s'agir d'un terme (d'éleveur ?) cyrénéen 
avec composition par gémination comme dans 7taLS6jtatç. 
L'emploi pour des petits-enfants d'un composé issu 
d'â(iv6ç s'explique bien en tout cas. 

à|xv{ov : vase pour recueillir le sang du sacrifice (Od. 
3,444, hapax). Sur ce type de vase, cf. Brommer, Hermès 
77, 1942, 357 et 364. 

Et. : On est tenté de rattacher le mot à ifxacô, à(iâo[iat 
«recueillir». Solmsen, Beitràge 183 pose comme intermédiaire 
*&(i.<ùv. Hypothèse impossible de Schulze, Kl. Schr. 260. 

On pourrait penser qu'au moins pour l'étymologie 
populaire le mot se trouve en rapport avec àfjLvôç, qui 
désigne l'agneau de sacrifice. Mais, dans le seul passage 
.9Ù àfivtov est attesté, il s'agit d'une vache. Le mot n'a 
apparemment rien à faire avec àjtvtov, àfjtveîov, etc., 
terme médical (v. sous àjjivéi;). 

à|jivôs : m. « agneau », terme relativement rare ; Irripaç 
àn-voùi; ëpcÇa (S. fr. 751) ; autres ex. chez Ar., Théoc, 
LXX, et dans diverses inscriptions relatives à des sacrifices 
(Myconos, SI G 1024,9 ; Gorlyne, etc.). Les lexiques 
atticistes (cf. Erbse, Unlersuchungen, 159) indiquent 
qu'àti.v6ç désigne l'agneau de sacrifice âgé d'un an. 

A la différence de l'autre nom de l'agneau àpV. à|xv<5ç 
comporte un féminin, ce qui va avec le fait que le mot 
désigne un animal assez âgé : àfxva (Cos, Gortyne), àjxvtç, 
-t8oç (Théoc), àfjLvdcç, -âSoç (p. -ê. Théoc, LXX). 

Autres dérivés : diminutif à[i.vîov (com.), les adj. àpiveîoç 
(Théoc.) et àpivatoç (pap.). Pour désigner la poche des 
eaux, la membrane qui entoure l'enfant ou le petit porté 
par sa mère on a àjivstéç ou Sjxvtoç (Sor. 1,58, Gai.), 
dc^veîov (Hippiatr. 14). Rufus cite d'Empédocle le mot 
dtuvbv (= Emp. fr. 71) : celui-ci a-t-il mis le mot en 
relation avec àfxvtov de Od. 3,444 ? 

Que faire de dc^vetiç, vent du sud-est (Arist., Vent. 
973 b) î 

Pas d'autre composé que le composé com. d^xvoxûv 



77 



â)iiTeXoç 



ibête comme un agneau », cf. xoéu et TalUardat, Images 
tArislophane § 453 (Ar. Cav. 264) ; et p.-ê. à(jivoH6[io(: 
Icorrection de Latte) pour àjxvojtéTtoç • 7toi[i-ôv (Hsch.). 

Le mot àjjivàç a désigné dans la langue de l'Église 
l'Agneau mystique. 

Voir Chantraine, Fesischrift F. Sommer 12-19. 

En grec moderne àpivôç ne subsiste que dans la langue 
puriste, notamment dans celle de l'Église. 

Ei.: Le grec possède deux noms de l'agneau : àpT;v et 
«|iv6i;. 'A|xv6ç doit être rapproché de lat. agnus en posant 
'ag'nos. L'irlandais ùan suppose un o- initial, le v. si. 
ign( une voyelle longue initiale â- ou ô-, l'anglo-sax. ëanian 
lagneler » demande un fe* ou un gh" intérieur, mais exclut 



â(ioiva : IGV2, 4,22 (Tégée. iv» s. av.) ; hapax qui 
reste obscur. 

0(10105 : icay-ôç, StxeXoL Selon Blumenthal, Hesych- 
iniien 15 sqq. serait illyrien •'?). On peut comparer 
foiTo; = xâptç, cf. S.U., l'a étant privatif. Mai? d'autres 
tvoquenl la glose (ioTo;; • c^'jQpwr.ôc, (Hsch.). Obscur. 

à^iopa : CTô[xîSaXiç èçGr] <jùv \i.iXi-i (Hsch.). Le mot 
se trouve aussi chez Philétas cité par Ath. 14,646 d. 

Dérivé àpiopiTir)Ç &p-oi; {LXJC), écrit à[j.opStTï)ç et donné 
comme sicilien par Ath., l. c, enfin confu-mé par la glose 
dHsch. àfiopytrai; • TrXaKoùvTaî ; avec le suOixe -t-ngç 
|ui sert notamment à former des noms de pains. 

Ei.; Les graphies ài^opôt-nQ; et àfjiopYLTaç prouvent 
qu'il faut poser *ày.opfa.. Inexpliqué. 

à|iopgôs : • compagne » (Call. //. Artémis, 45), « gardien 
in bétail » (Call. fr. 301, Nie. Opp.). Fém. àiJiop6â<;, 
êpilhèle de Nymphes (.\.R. 3,881). Dérivé à.y.op&eûç 
(Opp.), peut-ôlre issu par dérivation inverse de àjxopSeûco. 
Verbes dénominalifs : àixopSéu (Antim.) et à(xop6Eij<o 
(Nie.) «suivre», au moyen «donner» (Nie). 

Adj. àaopSaïoç épitliète de x^pâSpai «combes, ravins» 
(Nie. Th. 489 -= 28) que les scholies glosent par rzoïiLcvixal 
■ où se tiennent les pâtres -, ce qui va avec les emplois de 
4|iopôô;, mais aussi avcoTSivcôSsiç « obscurs » : cf. pour 
tedeniier sens F.M 85, 20 i\xoprj-i)c xal àixopSéç " ar^'^aivei 
:o lisaovJxTLOv ruaicà xtiV ôp9vr)v ■... a7)natvei xal xàv 
izoÀouOov. L'origine du sons « obscur » est inconnue ; il 
peut être issu du passage de Nicandre. 

Groupe lypiquemenl aloxandrin, de structure apparem- 
ment archaïque, mais de sens mal définis et divergents. 

Et.: Inconnue. En dernier lieu Pisani, B. Isl. Lomb. 
n, 1943-1944, 541-547, pose une forme éol. à(iop66ç 
pour *àuLap-5o!; « allant ensemble » (cf. p-îjvai et âfiap-rr) 
qui serait issu de âiiapanf) [?]). Indémontrable. 

Aiiopvôs : Qu^l's 1"^ ^"''- l'origine du nom de l'Ile 
d'Amorgos, il a donné naissance à divers termes qui 
méritent d'être examinés : i^iop-flz, -tôoç, f. plante textile 
qui est utilisée comme le lin. Il s'agit probablement d'une 
Bpke de mauve (Malva silvestris) qui poussait à Amorgos 
(cf. Poil. 7,74) ; âsxopyCç désigne également une tunique 
laite de cette élofïe : àfxopytç • xaXâij.15 xt;, èÇ -^ç ëvSu(xa 
yivETat, Y) fjçacTjjLa, ïj x^'^v (Hsch.). Pour désigner cette 
tonique fine, on a également employé l'adjectif de matière 
i|i6pYivoç (Ar. Lys. 150). 



D'autre part, le nom de l'Ue lui-môme -Jj àpopyiç semble 
désigner également le vêtement {Cratln. fr. 96). On doit 
se demander si les XafiTrrfjpaç à(iopYoi!)ç d'Emp. [fr. 84 
Dlels) ne désigneraient pas des lanternes enveloppées de 
mousseline (cl. la liniea lanterna des Latins, PI. Bacch. 
446). Pour la métonymie supposée dans ces emplois 
d'à[i.opY6i;, cf. à(J.ùxXat, etc. Faits comparables en français 
où jersey, tiré du nom d'une lie, désigne une étoffe et un 
vêtement. Cf. Taillardat, Images d'Aristophane, § 262 
avec la note. 

*â^i.éç : thème d'adjectif indéfini « quelque », qui 
subsiste dans les adverbes àp.Ti, en attique dans la formule 
à(x9) ys Try) (Ar., PI.), à(x66cv avec psilose (Od. 1,10) et 
àixdBev yt ttoÔev (PI.), âptoiyéTuoi {AB 204), âptoû yé ttou 
(lecture prob. Lys. 24,20), âfiôiç yé ttcùç (Ar., Lys., PI,, 
etc.). 

C'est surtout avec les adv. négatifs oùSè et iirfii que ce 
thème est resté usuel : où8a[i6ç et [ir^Saixè:; seulement 
attestés au pluriel et en ionien-attique avec les adverbes : 
où8a[j.d>. et (i.r]Sa;xà (ionien), oùSa(x^ et (xïjSafjLf) (ionien), 
[XYjSajxEÏ (Delphes, Schwyzer 323), où8a[x66ev et |iy)8a[xôOEv 
(ionien et attique), oùSa(i66i et [xr|Sa[x60t (ionien), oûSœjioî 
et fi.Y)Sa(ioï (ionien-attique), où8aîxôae et (xYjSajxûaE (ionien- 
attique), oùSauoû et (i7j8a(xoû (ionien-attique), oùSajxô'- 
et p,iri8a!JLciç (ion.-attique). 

La langue tardive a créé oûSœjjiivo; « bon à rien ». 

Forme plaisamment créée sur val d'après oùSa|j.côç : 
vatSanôJç «certes » \Com. Adesp. 1086). 

A l'époque hellénistique ont été créées les forincs'' à 
dentale aspirée [iTjÔocfxâ (Épidaure), -ôôev (Céos), -oO, 
oûOa|j.et (Épidaure). En dehors des formes négatives, qui 
ne sont elles mêmes pas toutes attiques, l'indéfini â(j.ôç 
n'est que médiocrement attesté, dans des formules toutes 
faites. 

El.: On rapproche avec raison skr. sama- (enclitique), 
got. sums, etc. Sur le plan de l'indo-européen ce groupe 
est apparenté à (X|jta, elç « un ». L'expression de l'indéfini 
peut être issue de la notion de l'unité, cf. fr. un, grec m. 
Ivotç, etc. 

SuoTOV : « avec ardeur, sans relâche », principalement 
dans l'expression iÏjxotov ueiiaûç (//. 4,440, etc.), mais 
parfois fijxoxov xExoX(i(j.Evoç « animé d'une colère implaca- 
ble » [II. 23,567) ou (r)|atovoi) HyLOXov xavJovTO {Od. 6,83) ou 
(iày.T]? àfxoTov (xeveaivov (Hés. Bond. 361). Terme de l'épo- 
pée et des Alex, chez qui il équivaut seulement à «violem- 
ment », etc. (Théoc, A.R.). 

L'emploi de àjioTOç comme adjectif semble 6econd;iiri! 
(Simonide 37,16 douteux; Théoc.) le sens étant «furieux, 
sauvage », etc. 

Terme uniquement poétique. 

Et.: Obscure, d'autant plus que le sens originel ne se 
laisse pas fixer. Hypothèses de Bechtel, Lexilogas s.u. ; 
de Pisani, Rend. Ist. Lomb. 77, 1943-1944, 547 sqq. qui 
pose à- cop. et (iôôoç « ardeur belliqueuse ». H. J. Seiler, 
KZ 75, 1957, 17-20, de façon plus vraisemblable voit 
dans à[jioTov un adjectif en -to- de [zsv-, (xéjxova, avec 
préverbe èv- au vocalisme zéro et traitement o de p, 
éolien ou achéen. Voir Lex. Ep. s.u. 

âuirEXos : f. « vigne », avec ses diverses variétés (non 



âiiircAos 



78 — 



attesté dans 1'//., mais cf. à|jHrçX6eiç, Od., ion.-att., etc.), 
parfois employé avec une épithète distinctive pour désigner 
des plantes qui ressemblent à la vigne (cf. LSJ). A pu 
désigner une machine de guerre et une mesure de longueur. 
Selon hach. équivaudrait à aifiaXàç â CyrèoB (î). 

'AjXTreXo- figure comme premier terme daas un certain 
nombre de composés généralement techniques : à[jt:teXàv67] 

• floraison de la vigne» = olvivOn), à(i7tsX68ecr(xoç, sicilien, 
sparte dont on faisait des liens pour la vigne (cf. J. André, 
Lexique 28), à(msX6>cap;rov = àTtaptv»), àfXTceXiTrpacrov 
poireau des vignes (cf. J. André, /. c), àfiTteXoçàyoç, 
-çépoç, -çuToç. On lit chçz B. à(XrteXoTp6çoç ; dans l'A. P. 
àjizeXgçp'itûJp épithète de Bacchus, etc. 

Deux composés verbaux isolés : àurteXocTaréto (Collitz- 
Bechtel 3632, Cos) «planter des vignes », et àjiTtEXoTéfivto 
■ tailler la vigne . (P. Lond. 1,131,375). 

Un seul groupe important est constitué autour de 
à[iTCsXoupY6ç « vigneron • (Ar., ion.-att.), d'où àfiTreXoupyta, 
àiiiTeXoupyucôç (PI-, Tables d'Héraclée), à(X7teXov)pYEÏov 

• vignoble» {variante ^schin. 2,156, Suid.), àfJtTTeXoupyéco 
(ion.-att.), à(jL7tEXoùpY7)[ji.a (Poil.). 

Dérivés : diminutifs àfXTréXiov (Ar., etc.), àf;.7reXtç, 
-iSo5(Ar. Ac/i. 995), également employé comme équivalent 
du nom d'oiseau àiiTreXtcùv (Ar. Ois. 304). 

Adjectifs : àfXTtsXàetç «riche en vignes» (//., Thgn., 
Pi.); àfiTTÉXivoç «de vigne» (Hdt., etc.); àfXTteXixiç «de 
vigne » (p.-ê. Hp., tardif), avec -rà à.\t.TzzKi.yA. ou r] à[A7reXi>tYl 
pour désigner une taxe (pap.) ; àuTcéXioç (Ph., Ach. Tat.) ; 
i|i7tsXa)S»)ç «riche en vignes» (Poil., Hsch. s.v. oLvàSsç) ; 
àHiieXiTiç (tô, xéptîoç) « terre à vignes, vignoble » (pap.), 
aussi « terre bitumineuse » employée notamment pour 
traiter une maladie de la vigne (Posidon., etc.), avec 
l'adjectif àiiTteXiTixéi; (pap.). 

'AjXTreXtôv «vignoble» (iEschin. 2,156, Thphr., pap.) avec 
la forme àfiTreXitov (Théoc.) et le diminutif àfireeXcùviSiov 
(PSI 4,375). 

'AixTreXsta hapax peut-être occasionnel, attesté à côté 
deqjoTeîa (IPE l' 418). 

'AfiTteXtcùv, cf. plus haut àfiTreXiç, désigne un oiseau 
mal identifié (Dionys. Av.), cf. Thompson, Birds s.v. 

Le grec moderne a encore àjjLTteXL « vigne », etc. 

Et. : Terme qui appartient typiquement, en raison de 
son sens, au substrat méditerranéen. 

Sur un pré-ioman 'ampaa et ses rapports éventuels 
avec àfXTreXoç (?), voir Hubschmid, Zeitschr. f. rom. Phil. 
66,15 sqq. 

à^irXaKcîv : inf. aor. ; indic. funikay-a^ ou ■i^fi.SXoxov 
(cette dernière forme semble attestée Archil. 73 et Ibyc. 22) ; 
on a parfois, notamment au part. àTrXoxcdv (E. Aie. 242) : 
Hsch. présente les deux orth. à(i6Xaxeïv ■ àfxapTEÏv et 
itœXaxeïv • àtxapxeïv, à(iTcÀàx7)tJLa • à(iâpT7i[xa. Le thème 
de présent à[ji6XaKicrxû) ou àfiTiXaxÎOTctû est certainement 
secondaire, attesté par des écrivains dor., Théages chez 
Stob. 3,1,117 et Phintys, ibid. 4,23,61. Le thème d'aoriste 
n'est pas attique (Archil., Pi., trag.) ; .Œlsch. Suppl. 
916 a le parfait ïjn.7rXâxT)[Aat. Sens : « manquer, être privé 
de > avec le génitif ; absolument « commettre une faute ». 

Dérivés : àfxTrXoxda « faute » (Hp., Pi., trag., poètes) avec 
le dérivé àfiTrXaxiÛTtç (vôooç), « mal sacré » (Poèt. de herb. 
174); àfXJtXàictov (l'i. P. 11,26), à[i7tXâKT)(jia (trag., Plu.). 

L'adjectif en -toç figure dans le composé négatif 
àwt(«tXdbcYjToç (trag.). 



Et.: Inconnue. En supposant que la forme originelle 
était à{AêXajteïv, on a voulu rapprocher le groupe de 
â(jt6XÎCT>co>, etc., ce qui ne convient ni pour le sens ni 
pour la forme, et de pXâÇ. 

àfiirpôv : n. « câble qui sert à tirer » cf. l'explication 
d'Hsch. rà Terafxivov (j^oivlov S> sxpûvro ôvtI pu(jLoO ; 
l'accent sur la finale est donné par l'Èt. Gen. s.u. àjiTrpôv. 
Terme attique attesté épigraphiquement ('Eç. 'Apx- 
1895, 59 ; 1899, 179 ; IG IP 1425, 410). 

Le verbe dénominatif àfiTipetito a été employé par E. 
dans son Proiesilas selon Photius 95,15 R., Callim. fr. 
272 (voir Pfeiffer ad locum), Lyc. D'où àfxTrpeuTQç (Svoç) 
chez S. fr. 820. 'EçafiTTpeûstv « tirer, traîner » (Ar. Lys. 
289) et p.-ê. par dérivation inverse ëÇafjircpov, « attelage 
de bœufs» (Gloss.). Enfin Aristote emploie ouvajxTipeucù 
{HA 577 b). 

El. : Terme technique sans étymologie. 

â^iiru^, -uxoç : m. ou f., « diadème » de métal porté sur 
le front des femmes {II. 22,469, trag.) ou des chevaux 
(Q.S. 4,511), thessalien selon Sch. Pi. O. 5,15 ; l'antiquité 
de l'emploi est garanti par le composé homér. xpuaà^TU)^ 
appliqué aux chevaux dans 1'//. et surtout par le mycénien 
qui fournit apuke dans un contexte de harnachement 
de chevaux, cf. Chadwick-Baumbach 171. 

Verbe dénominatif à(j.Ta)xâ^a) (AP, EM). 

"A|X7ruÇ figure dans de nombreux composés comme 
second terme : notamment, outre XP'J'^^!-^'^";, àv- (Cali., 
déjà en mycén. mais comme épithète de -JjvLat), éXix- 
(Pi.), su- (Pi.), Ifisp- (B.), xuav- (Pi.), XiTcap- (Pi., Ar.) ; 
jjtov- (E.) à propos d'un cheval, avec |j,ovà(jL7îuxoç (E.) et 
|xova(X7U)Kta «attelage d'un seul cheval» (Pi.). 

Le mycénien a apukowoko = à(i7ru/CO-/'opYOi ou plutôt 
à(i7rux-/^opYOt, probablement femmes qui font des têtières 
de chevaux, cf. F. Bader, Composés du type demiourgos 
§ 22. 

Dérivés poétiques : àfXTCuxT^pEÇ « têtière d'un cheval » 
(iEsch. Sepf 461), --rripiov (S. OC 1069), pi. àjiTcuxcùiiaTa 
(S. fr. 1002). 

Et.: Nom racine composé de àva- avec apocope et de 
roiS qui se retrouve dans Ttùxa, etc. Lidén rapproche 
av. pusâ «couronne» {Symbolae Danielsson 148-151). 
Il est approuvé par Benveniste {BSL 34 : 2, 1933, 41) 
qui ajoute, outre le sogd. 'ps'k l'emprunt tokh. psak ; 
l'arm. a également emprunté psak. 

â^trcoTis : f. gén. -euç, ion. -lo; « reflux de la mer » 
par opposition à 7tX7)(ifiupîç ou paxta (Hdt. 2,11, etc., 
Aristote, grec tardif) ; employé chez les médecins (Hp., etc.) 
pour « le reflux des humeurs ». La forme sans apocope 
àvdcTtciiTLç est une leçon de Triclinius favorable à la métrique 
chez Pi. O. 9,52 et parfois dans des écrivains tardifs. 

Dénominatif à(j.7t<oTtÇco (Ph., Eust.). 

El. : Semblerait être un nom d'agent féminin de àvaîrtvtd : 
âjiiTttOTiç (ôôXaocra) = resorbens unda ; toutefois on notera 
que le nom d'agent répondant à ttivco est plus habituelle- 
ment 7rÔT7)ç que TrcùTirjç, et d'autre part que la flexion de 
àfXrttoTtç est du type des noms d'action comme Trocrtç, non 
pas des noms d'agent qui ont un élargissement en -S-, 
-TtS-, cf. W. Schulze, KZ 56, 287 et 57,275 (= Kl. Schr. 
361). 



— 79 



On peut également se demander pourquoi le terme 
présentait une apocope dans la préposition et on a émis 
l'hypothèse qu'il serait dorlen : mais de quel dialecte 
dorien î et pourquoi î Voir G. Pasquaii, Festschrifl 
Wackernagel 328 sqq., qui pense à Corinthe. Voir encore 
Georgacas, GZ. 36, 1958, 110. 

àfiUYSâXT] : «ara:iii.ie» (Com., Hp., Thphr. etc.), aussi 
àpulySoXov (Com., Hp., Arist.), et dtiiûySaXoç t. (Luc. 
Ap. 5). 

E>érivés : àiiuySaXtç, -îSoç f. = àtiUYSâXifj (Philox., 
Plu.), à|jLUYSàXiov (Hp. Morb. 2,64) p.-ê. diminutif. 

Adj. àfxuYSâXivoç «consistant en amandes» (X., Thphr.), 
à(iUYSâXtoç «en forme d'amande » (pap.), àj^uySaXàeiç 
même sens (Nie), iyMySa.X<i>8rjç même sens (Thphr.). 

En outre àpwySacXÉa, contr. -y) « amandier » Prunus 
Amygdalus {E.\ip. Thphr., etc.), et àjjLuySaXiTTjç, qui est 
un nom de l'euphorbe (Ds:. 4,164), appelé également 
TiOufiaXXoç, cf. Redard, Les noms grecs en -ttjç 69. 

Rares composés : outre à(iuvSaXoEi8Y)<; (Dsc), le terme 
àfiuySaXoKaTaKTT)!; (Ath. 53 b) « casse-amandes ». 

Une forme dtfi.uayéXa et àjxuayuXa semble attestée à 
Cyrène {SE G, 9,32 à 43). 

El.: Terme étranger sans étymologie. Emprunté par 
le latin sous les formes amygdala mais aussi amidula, 
amyndala, amandala. 

àfiuSpô; : « difficile à distinguer » notamment pour les 
yeux, en parlant de lettres, etc. (Archil. 138 B., Th., etc.) 
d'où «vague, indistinct, imparfait» (Pi., Arist., etc.). 
Doublet tardif et poétique âu,u8pif)Eiç (Nie). 

tfom de qualité : à(i.uSp6T7iç «vague, faiblesse», etc. 
(Ph., Gai., Plot.). 

Verbe dénominatif à[j.uSpéou.at « devenir indistinct », 
J|iu8p6ci)« rendre indistinct» (Ph., commentateurs d' Arist.); 
d'où à[xuSpû>aiç (commentateurs d'Arist.). 

El.: Prellwitz évoque v. si. izmûdili «s'affaiblir». Mais 
du point de vue grec le mot est parallèle à âfxaupôç. On 
n'ose risquer l'hypothèse que le mot soit apparenté à 
i|»aupôç et ait subi l'influence de çaiSpéç. — Cf. aussi 
à|iu8âvai ■ xpûifiai (Hsch.). 

'AfiuK^ai : nom d'un bourg de Laconie (Hom.). Outre 
'AfiujcXaïoç, "AfiuxXacûi;, il a donné naissance au dénomi- 
natit àfjtuxXatÇto «parler dans le dialecte d'Amyclées » 
(Tliéoc.) ; ôftujcXàSs; nom d'une espèce de chaussures 
ilégantes (com.), et aussi en ce même sens àfi'ixXai 
(Ihéoc. 10,35), cf. pour ces faits s.u. 'Ajiopyéç. 

ôfiuXos : espèce de pain (Poil. 6,72). Le terme est 
attesté chez les com. (Ar. Ach. 1092, etc.) comme nom 
di gâteau. "AptuXov au neutre est compté par Ath. 647 f 
parmi les espèces de gâteaux. Ce neutre âjiuXov signifie 
umidon » ou « fécule » extrait du grain non moulu, trempé 
hns l'eau puis desséché (Diosc. 2,101, cf. SIG 1171, 
hOxy. 1088). Voir J. André, Cuisine à Rome 59. 

Dérivés : à(i.ûXiov « petit gâteau » (Plu. 466 d), • amidon, 
fcule» (Hp. Mul. 2,197); à[iuXtStdT<iiv ■ x'^ûvoç elSoç 
(Hsch.) = Hermipp. /r. 2 D : « tunique empesée à l'ami- 
ta > ? cf. dtXuCTtStùTÔç et x^^ptS^f 6Çi v- Chantraine, 
hmalion 305 ; enfin à(xuXâ-rov < gâteau », formation 
tardive (Sch. Ar. Paix 1195). 



'AptuXov est emprunté dans le lat. arnilum (v. Ernout- 
Meillet s.u.) puis le français amidon. 

El. : Terme technique d'étymologie évidente, de à- 
privatif et (lûXir) «meule» = pon moulu, cf. Diosc. 2,101. 



à|iu)i(i)v, -ovoç : épilhète épique; signifie proprement 
« irréprochable » mais sert en fait de titre honorifique, 
de valeur sociale pour les héros homériques ; aucune 
signification morale, et le terme est appliqué à Égisthe 
{Od. 1,29). Se dit aussi de femmes. Parfois épithète de 
oIjcoi;, êpya. Voir Lex. Ep. s.u. 

Une glose d'Hsch. et de Cyrille donne la variante 
àjxuixoç • i4ya96ç, àn<ô[iT)Toç, SfXEjxTtToç xal à(iL)(xa>v. 

El.: Composé d'un à- privatif et d'un thème que Ton 
retrouve dans la glose d'Hsch. (xûjxap • alaxoç, 9660;, 
']i6ya(;, avec le dérivé (AuiiopIÇei • yeXoiâÇei : on observe 
l'alternance d'un sufilxe -(iov- avec un sufiixe -(xap 
(Benveniste, Origines 22), cf. l'alternance -r, -n dans 
Tceïpap, àTCEÎpcav. Quant au thème, il faut le rapprocher de 
(xcô|jLap, (xâifioç. Plutôt que d'une alternance vocalique de 
'môu-, 'mû-, on penserait à la fermeture de w en û compa- 
rable à celle mieux attestée de o en u, notamment en 
éolien. Les dictionnaires donnent (jtû(ji.ap comme éolien, 
ce qui est vraisemblable, mais Hsch. ne dit rien de tel. 



à|xuvtd : présent à sufllxe nasal (cf. El.) suivi de 
'-ye-l-yo-, dont la nasale s'est étendue à tous les thèmes 
temporels : f. à(iuvcô, aor. ijjxuva, aor. en -6ov rjU'jvaOov 
(trag., Ar.) cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,703 avec la biblio- 
graphie. Sens : suivant le cas du complément « repousser » 
avec l'accusatif, « défendre » avec le datif ou le génitif ; 
au moyen « écarter, se défendre » d'où après Hom. « se 
venger, payer de retour » (mot attesté chez Hom. et en 
ion.-att.). 

Attesté avec les préverbes dcTt- (Hom., etc.), è7r- 
(Hom., etc.), xaT- (rare et tardif), Trepi- (rare et tardif), 
Trpocr- (Hom., etc.), auv-. 

Noms d'agent : àjxùvTmp et êreajjuivriap « défenseur, 
vengeur» (Hom., Simon., E.), existe aussi comme nom 
propre ; mais â|jt.uvT7)p désigne les défenses du cerf, les 
andouillers (Arist.), sur cette opposition voir Benveniste, 
yoms d'agent 45, etc. ; â(i.ûvT]f)ç «défenseur» (Phot., Hdn.), 
ancien .comme nom propre 'Afiûvrôcç, et xrjpafxùvTTjç 
(Lyc.) ; en revanche ijiuvtâç plutôt qu'un nom d'agent 
est un dérivé de àfxuva avec le suffixe caractérisant -tâç 
(Formation 93) ; le terme s'emploie normalement comme 
nom propre, aussi plaisamment comme qualificatif chez 
Ar. Cav. 570. 

Avec le suff. -Tpov, fifxuvTpov probablement « prix de 
la défense apportée» (^sch. ap. Photius 96,15). 

"Aixuvoc « défense » est un nom d'action issu du thème 
verbal (Theopomp. com., hell. et tardif), cf. Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,475, Chantraine, Formation lOl. D'où le composé 
Xeinâ(iuva «manteau d'hiver» (.Esch. fr. 711, S. fr. 1112). 
Il existe deux adjectifs : dc(xuvr:Qpioc «défensif », épithète 
d'armes, etc. (PI. Lois et grec plus tardif) est probablement 
tiré de àjxuv-r^p, et a donné naissance au subst. ifiuvriiptov 
• défense, protection » (Pi. PU. et grec postérieur), mais 
à(i.uvTi>c6i; «apte à défendre, protéger» (Pi. PU., Arist.) 
doit être directement issu du thème verbal (cf. 
Ammann, -uc6c bei Plalon 20). 



ajiuvu 



80 



Le composé àfxuvdcvSpox; figure chez .^ch. selon Photius 
96,15 et *A[iûvavSpoç est un nom propre (cf. S. />. 1003). 

El. : Ce présent à sutllxe nasal combiné avec '-yel-yo- 
(cf. TtX'jvto) suppose un thème àfAU-. On rapproche donc 
à[jieOoa<jOa. lo sens originel étant « mouvoir, repousser ». 
Avec une autre forme de la racine, on doit rapprocher 
l'aor. (iôvifievoi; « prétexter, remettre à plus tard » et 
n. pi. (xûvai « prétextes pour remettre à plus tard, pour 
repousser •, cf. s.u. [xûvo(xai. 

àp.Û9, -û8oç : f. « tortue d'eau douce > (Archigène chez 
Gai., hapax). R. Strômberg, l. c. veut retrouver le mot 
dans 7rr)Xa(j.uç, cf. s.u. 

Et. : D'après R. Strômberg, Fischnamen 81, contamina- 
tion de ètiûç, même sens et àptia, sorte de thon qui remonte 
les fleuvei. 

à]iù<Tai3) : fut. -E,(o, aor. -Ea, etc. ; « égratigncr, griffer, 
iiquer » (Hom., ionien, hellén., etc.). 

Noms d'action : à\xuy_r) « égralignure » (Hp.), «scarifi- 
cation » (Gai.), rarement employé au figuré en grée tardif, 
d'où àfiuxtocïoç « superficiel » (Ps. PI. Ax. 366 a) ; pour le 
suflixe, cf. Chantraine, Formation 49, pour le sens, cf. 
àiiuxïjSôv «légèrement» {EM 88,5); à\i\)-/û)Sir)c; (Hp.) ; 
àiiuXl^ôç «blessure» (Théoc. 24,126); àyL<jy\x6z, cf. chez 
£sch. Cit. 24 ; aiiuypia (S., E.) ; le dérivé en -ctiç est tardif : , 
àp^tç (Orph., Ach. Tat.). 

L'adv. dtfzu^, tiré du verbe, est tardif : « en écorchant » 
(Nie), = (i6Xtc fEuph. MG). 

Adj. en -ixoç : oiit.\)y.Tiy.6:, « qui déchire, qui irrite » 
(Plu., médecins'. 

.\utour de ces formes claires se groupent àjxuy.âXai ■ ai 
ixiSîç TÎôv SeÀGiv 7;apà to àfiÛGosiv (Hsch.) et la glose 
p.-è. altérée àLtùa^ecrOai " ro Çéetv ràç câpy-aç toîç ôvuÇiv 
(Hsclî.). 

El.: Un terme de ce genre n'admet pas d'étymologie 
précise et la dorsale finale se présente sous forme sourde 
et aspirée. On rapproche notamment lat. mucrô. 

àuuo'xpô?, -a, -ôv : « non souillé, pur » (Parth., Hsch., 
EM 87,26) ; àn^jypài^ (Phot. 97 qui attribue cette forme 
à S.); Suici. enfin cite les formes àixxjyyôv (attribué à S.), 
àjjtuoxapov. àiHDfvi-j (attribué à S., avec influence de 
àyvov ?). Hsch. donue âuQu/â ' xœôapcûouoa, Aày.covEÇ 
(lire à(XouaxP* '') ^^ àfxucx^i'ai " xaOâpai, àyvîaixi. 

Et.: Adjectif expressif; présente des vuiiantes qui ne 
doivent pas être toutes des fautes. Pour le caractère 
expressif de -xpoç, cf. [îSeXuxpôç et Chantraine, Formation 
225. Constitué avec uu â- privatif et un thème qu'on 
retrouverait dans jxÛctj'.ck; • fxtaajxa, y.rjSoz (Hsch.), p.-ê. 
[iiiaoç. — Mijça et dtTtouûacf&j que l'on a parfois évoqués 
sont plus loin pour la forme et le sens. 

àjuj)aar{r|, voir çTjfjiL 

â|i({>T]v, -svoç ; m. (Théoc. 30,28, éolien) = aûx'Ôv 
'COU». Jean le Grammairien 3,16 (vi« s. apr. J.-Chr. !) cite 
une forme éolienne au97)v. 

EL: Schulze, GCA 1807, 909, n. 1 pose *àYx/7)V de 
♦iyjju = skr. anihù- « étroit », cf. àx/<^. Très douteux, 
d. sous aùx'^v ; voir Pokorny 43. 



â|u|>î : adv. et prép. « de part et d'autre », « autour » 
(adverbe dans l'épopée où il est parfois associé à nzçti, 
cf. //. 21,10), comme préposition, avec gén., dat., ace, 
attesté dans l'épopée, et en ionien Hdt., X., 2 ex. chez Th., 
dans la prose tardive ; voir pour les emplois Schwyzer, 
Gr. Gr. 2,436 sqq. Attesté dans des composés en mycénien, 
v. Chadwick-Baumbach 171. 

En composition la voyelle finale de àjjLcpt peut s'élider, 
comme dans à(i<payelpofAai., ou non, comme dans à[i(ptaXoç. 
L'aspirée peut être dissimilée comme dans à(X7réx<^, 
àfXTtiaxco. C'est sans doute d'après ces formes qu'Hdn. 
a posé un éolien (?) â[xrtt (2,376). 

Le mot a été concurrencé par nzpl qui l'a éliminé. 

'Afiipi- a joué un certain rôle en composition, voir les 
ex. à la place du second terme, sauf s'il s'agit de termes 
nettement isolés. Le sens y est : 1) «des deux côtés » ou 
« double », ce qui répond à la valeur originelle, p. ex. dans 
àfxçtaXoç, à[j.cpL<T-ro[i.o(;, àpLoioioç ; 

2) « tout autour », p. ex. àfiçtêâXXcd ; 

3) « au sujet de », p. ex. à[i(p<.y.(i.xoy.oi.i, àjxçi-rpofxÉoi, etc. 
Il existe dans l'épopée (un ex. chez Pi., un chez E.) une 
forme avec s adverbial àpupî;, parfois employée comme 
préposition, mais surtout comme adverbe. Sens : « des 
deux côtés », d'où « autour », mais aussi « séparément » 
(voir Chantraine, Gr. 11. 2,88-89). 

Naturellement attesté dans l'onomastique : mycén. 
ap'ià,ro = 'A[xçtaXoç, 'AfiçîScopoç (mycén. apidora), 'Afitpi- 
[iifjSTjç (égal, mycén.), ' A[i.(fL\(xoç (égal, mycén.), 'Afiçtojv 
(égal, mycén.), et bien d'autres. 

Et. : Quel que soit le vocalisme en i.-e., le terme est bien 
défini par îa correspondance de lai. ambi-, aib. mbi~, et 
d'autre part gaul. anib-, v. irl. imb-, v.li.a. umbi, skr. abhi- 
qui supposent i.-e. *mbhi. 

Un rapport avec àyirfcû, etc., est probable. 

dp.({>iâ^(i> : f. -àoco, r)[i9Îaaa, etc., avec formes moyennes 
parallèles ; il y a généralement une variante àatpt£î^(i), etc. 
(cf. An. Ox. 2,338 qui donne àfiçid^co pour dorien). Sens ; 
« vêtir, revêtir ». 

Réfection du grec hellénistique et tardif pour àjxcptév- 
vufxi d'après son aor. à(i.!pÎE:oa ; pour la forme en -i^<ù, 
cf. Schwyzer. Gr. Gr. 1,244, et l'analogie de àvTidéÇco. 

Dérivés : àpiçtaoL;;, àjiçtaafxa, àji.<piaa(xôç. 

àp.({>îâs, -"^ : nom d'un vin médiocre attesté chez les 
com. Voir Suid. qui glose (xé-pioç olvoç, NiKÔaxpaTOç 
OlvoTtotiô xal ScdciixpàTrjÇ, et -A.th. 31 e (avec la note de 
Desrousseaux). 

Le mot est fait sur à^ifl ou â;j,(pco avec le suffixe -iâç 
qui a fourni des noms de vins : « entre deux » donc 
piquette (?), ou «vin mélangé» (?). Baunack, Philol. 70, 
1911, 356 croit que le mot est issu de à(i<p6x£pot. 

à^<{>iXa(|>'qs> voir Xiçupa. 

ôiud>iov ; forme abrégée de dtjxçteafjta « vêtement » 
(S. fr. 400, D.H., IG II' 2775, 4). Selon la sch. D.T. 196 H. 
l'accent serait àfiçiov. 

Voir Coulon, Philol. 95, 1942-43, 45 sqq. ; Grégoire et 
Goossens, Byzantion, 13,396 sqq. : Grégoire, Link 1, 1938, 
16-20, où il propose de lire àfiçîoiv Ar. Thesm. 910. 

âfi<{>îtroXoSi voir 7c£Xo[Uci. 



81 — 



a(ji(i)Tov 



04t<|>i<7€aiva : serpent dont la tête et la queue se 
ressemblent et qui paraît ainsi se diriger aussi bien en 
avant et en arrière. Identifié avec le Typhlops vérmicularis 
(Gossen-Steier, RE II A 524), mais p.-ê. animal fabuleux 
(ffisch. Ag. 1233 avec la note de Fraenkel, Ar. fr. 18 D,, 
Nie). 

El.: Librement formé sur paîvco, d'après le modèle 
des noms d'animaux féminins fjtùpaiva, Spàxaiva, etc. 



àn<}>i<j-ÊTjTéw : aor. ■yj(ji9E(T6i^T»)CTa avec double augment, 
aor. pass. 7i^çEa6if)Tï)0ï)v, etc., ase mottre-à part, se séparer 
de, n'être pas d'accord » (attique, parfois chez Hdt.) ; 
terme juridique « revendiquer un héritage •, etc. 

Dérivés : âpLçiCTorjTTjotç « controverse » (attique et 
grec postérieur), terme juridique « revendication d'un 
héritage », etc. ; d'où â(ir?'.oGi;T/;ai(jto(; « discutable » (att.) ; 
de l'adj. verbal àjxçraêTjnjTÔL; est tiré à[i.9icj6r)T7)TL>c6ç 
• qui concerne la discussion, la dispute» (PI.); àfjiçia- 
6T]-n)na « point qui est en discu sion » (PI., Arist.) avec 
le dérivé â(jLçia6T]TTr)[iaTi>c6i;. 

A côté de àfiçiCTOT^Tétij est attesté dtfxçiaâaxéto (deux fois 
chez Hdt., Schwyzer 733, ionien; en revanche en ne peut 
savoir si l'a est bref ou long en rhodien, ibid. 263 et en 
lesbien, ibid. 620). L'a bref se retrouve dans â[xçtcj6aTOÇ 
(Hellanic. 193 J.) et dans àîJi9iaôaaÎ7) (Hdt., Inschr. Priene 
37,129), peut-ôtre issu de à[içîcr6aT0i;. 

Et.: La composition, de à[L(flz « à l'écart » et Paivsiv est 
évidente; mais dans le détail, pour expliquer àfjtçiaÔTjTÉto 
8t àiiçiaSaxiaj il faudrait poser "''àfiçtaDTi-njç (cf. èfiTrupi- 
êriniç) et *à,!.t9ta€ârif)ç (cf. :tapai6âDrjç). 

à)i(|>opeûs : • jarre à deux anses » où l'on mettait du 
m, etc. (ion.-atl.). Le terme désigne également une unité 
démesure pour les liquides. 

Dérivés : diminutifs àiiçopetStov, plus correct que la 
variante àjxçopîSiov, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,471, n. 4 
(Ar. Paix 202, etc.), à,u.9opta>coç (D.), et à[i9Ôpiov 
(Gloss.); on a en outre la glose peu claire d'Hsch. dt(X9opet(p ' 
ifopTto). Dérivé en -f-rr,;, àurfOpiTr,!; qualifie un dtywv, 
«ne course dont une amphore est le prix ou plutôt dans 
laquelle on porte une amphore (voir Pfeiffer, Coll. 1, 
11.195, Dieg. VIU 23-25) ; le terme est également attesté 
ivec sens douteux PSI 5,535,31. Une forme à(X9t9optT7)ç 
trt attestée EM 95,3. 

Formes tardives : à[i.90ptx6î (Schol.), adv. &[i(p6pi^ 

leomme une amphore » (Eust. 1924, 13), d'où Eusl. tire 

un verbe à[i9optCû> (?). 

Noter le composé avec premier terme à l'accusatif 

à[ji90pEâ96po<; « porteur d'eau • (com.), d'où à(X9opea9opéto 

(Ar.). 

La forme hom. est à|x9t9op£Ûç. Elle indique l'étym. de 
ànfopciç, issu par superposition syllabique de à[X9i90peùi;. 
Mais àiJt9i9op£Û(; ne subsiste chez Hom. que pour des rai- 
sons métriques. Les documents mycéniens connaissent à la 
fois à[X9t90p£Ûç à Cnossos et à[X9opE'jç à Pylos et Mycènes 
(voir Chadwick-Baumbach 171 avec la bibliographie). 

Et. : Proprement « instrument porté des deux côtés » 
de àti9t et çépoç, mais avec le suffixe -eûç qui carartérise 
des instruments. 

Le latin a emprunté le mot sous la forme amphora, 
avec le diminutif ampulla. 



àtu{>ouSîs : hapax Od. 17,237 irpiç y^v èXdcasie 
xàpif) àjxçouSti; <islpaç (avec une variante àjxip' oCSaç). 

L'interprétation ancienne « près Uu sol » (cf. oijSaç 1) 
est absurde, cf. Hsch. «.u. : nepl xà ëSa9oç . ô Se 'HXtôSw- 
poç à;i.90Tépatç xaïç x^P^^v elç t6 oùSaç ^(rtxwv. LSJ 
dérive <x(i90uStç de iki>.(^l, cf. lïXXuSiç et traduit « en le 
prenant des deax côtés, à bras le corps» (d'où vient le 
ou ?). — On «e ralliera à l'interprétation de Bechtel 
[Lexilogas s.u.), qui cherche dans le second terme le nom 
de l'oreille suivi du suffixe adv. -Si;. Il écrit après Fick 
àfjiçwStç qu'il tire de ♦àfxçw/'aSiç en rapprochant è|tù6a- 
Sia • lvc>TLa Aâxwveç (Msch.). Le détail de la reconstruc- 
tion est douteux, mais le rapport avec le nom de roroillo 
tentant. Bechtel interprète « en le prenant par les oreilles », 
ce qui serait une expression comique, possible (i.ms ce 
contexte. Bolling, Cl. Ph. 23, 1928, 65, pose une expression 
technique de la palestre « en faisant une clef à la tête » (?). 
Enfm Tsopanakis 'EXXTgvixâ, 12, 1951, 79-93, choisit les 
variantes faiblement attestées à^^' ouSaç et èpEtoraç. 

â)X(f>fa) : duel, avec le cas oblique Ô(jl9oïv « les deux 
ensemble » (Hom. notamment pour les parties du corps, 
parfois en ait. chez PL, p. ex., et en grec tardif littéraire, 
mais non dans NT). 

Généralement remplacé par à|ji96TEpoç, locr. â|X96Tapoç ■ 
le sg. est rare (chez Hom., seulement à[jL96TEpov), mais le 
duel et surtout le pluriel sont usuels depuis Hom. 

'A[x90Tepo- figure comme premier terme de composé 
dans quelques mots généralement tardifs : ainsi àuçoTs- 
péoXsTTTOç, -yXtùocroç, -zXouç pour un voyage aller et 
retour, etc. 

Adverbes dérivés : à[i90TÉp«<)aE (Hom.), à(X90Tépo)OEv 
(mycénien, cf. Documenls 388, Chadwick-Baumbach 172, 
Hom., ion. -att.) ; puis à[X90TÉpY; (Hdt.), -TEpei (argien 
Mnemos. 47,160), -TEpâxiç (Arist.). Jul. emploie un 
dénominalif à(j.90TEp£Çto, mais àTra[X90T£pt^(d « être doul)le, 
ambigu » est déjà attique. 

EL: Identique au lat. ambô; même initiale dans tokh. 
A âmpi. D'autres langues ont une syllabe sans nasale : 
skr. ubhâu, av. uva, v. si. oba; pas de voyelle initiale en 
germanique, cf. got. bai. Ces faits ont conduit à analyser 
le terme en 'am+'bhô, cf. Pokorny 34 sqq., Ernout- 
Meillet s.u. ambô. La ressemblance de grec a^irpcù avec 
à[i.9Î ne peut être due au hasard. 

âfiuiiov, -ou : n. «amome», plante aromatique d'origine 
extrême-orientale (Hp., Arist., Thphr., etc.), voir J. André, 
Lexique s.u. amômum, et RE (Judeich). 

Dérivés : à[i(<j(ji.[ç, -£8oç plante d'Arménie peu odorante 
qui est un faux amome (Diosc, Plin., Ed. Diocl.) ; à(xtù[iiTï)i; 
• épithète de Xîôavoç encens (Dsc). 

Et.: Mot d'emprunt oriental; cf. aussi Kiwâjzcùiiov, 
et v. E. Masson, Emprunts sémil. 50. 

âfiûcras : xps^-/caç, Tapavrîvot (Hsch.). 

El.: Le mieux est de corriger en àaixtôuaç et de poser 
un verbe œ[iji<Sto tiré de S.[x\lx (voir Latte s.u.). Autres 
hypothèses, voir Frisk s.v. 

â|j.fa)Tov, -ou : n. signifie jcaaxdtvciov « châtaigne • 
selon Agelocbos ap. Ath. 54 d. 



— 82 — 



âv : particule modale qui s'obwrve dans les propositions 
principales et subordonnées, mais originellement avec les 
modes c'est-à-dire le subj. et l'optatif. L'emploi avec 
l'indicatif, bien qu'il soit homérique, est secondaire, et à 
plus forte raison l'emploi avec l'infinitif et le participe. 
S'est combiné avec des conjonctions : on a par exemple 
en ionien-attique : Mv, &v et 'i^ (voir sous et, etc.). En 
grec tardif la conjonction èàN et la particule dcv se 
confondent, et finalement le grec moderne emploie &v 
pour la conjonction cl. 

Les emplois de la particule £v sont très divers. Chez 
Hom. la syntaxe n'est pas encore fixée, et la particule 
% trouvé d'autre part en concurrence avec la particule 
atone xe (voir Chantraine, Gr. Hom. 2, passim), sans qu'il 
sût possible de marquer une différence d'emploi nette. 
Voir sur âv, outre Schwyzer, Gr. Gr. 2,305 et 558, le détail 
(les emplois dans LSJ s.u. 

L'emploi de &v, xe, ou y.ôt constitue une isoglosse assez 
nette dans les parlera grecs. "Âv est attesté chez Hom. 
,en concurrence :;vec xe), «hez les lyriques, en ionien et 
en attique, enfin en arcadien. Mais on peut se demander si 
l'usage de &v en arcadien est ancien ; en tout cas le 
chypriote apparenté à l'arcadien n'emploie que xe, et 
l'autre part l'arcadien lui-même emploie elx &v où le 
•X pare à l'hiatus. Dès lors diverses hypothèses s'affron- 
taient : ou bien l'arcadien a possédé xe dont la valeur 
s'est effacée et lui a substitué écv (pris à l'ionien 7) ou' 
bien le x de l'arcadien n'a rien à voir avec xe (analogie de 
é et oùx). Voir Bechtel, Gr. Dial. 1,372 et Buck, Greek 
Didecls, § 134. 

Une hypothèse ingénieuse admet que l'arcadien doit 
être lu e'i xâv et dégage ainsi une particule *x(xv qui serait 
une forme de xev au vocalisme zéro devant voyelle : par 
fausse coupe etxav aurait donné elx Scv et créé ainsi la 
particule àv en arcadien et en ionien-attique (seuls dialectes 
pi utilisent cette particule) ; on pourrait imaginer égale- 
ment que oùx (ïv fréquent dans le dialecte homérique 
«poserait sur *ou xav, cf. sous xe, selon K. Forbes, 
61. 37, 1958, 179-182, Palmer dans Companion to Homer 
90-92. Cette analyse reliant àv à xe permet de renoncer 
à l'étymologie traditionnelle qui rapproche dîv, particule 
Jropre à l'ionien-attique et à l'arcadien seulement de lat. an 
et de got. an, dont les fonctions sont d'ailleurs différentes. 
CriUque de Lee, .1. J. Ph., 1967, 45. 

àv : adv. et préposition. Dans les dialectes qui 
admettent l'apocope (éolien, parlers occidentaux, arcad.), 
la préposition peut prendre la forme àv- (avec par assimi- 
Itâon k la consonne suivante les variantes àX-, à(i.- et 
èf-). Une forme ôv- pour àvà se trouve en lesbien, 
ttessalien, arcado-chypriote ; l'arcadien a également ûv 
4an8 (wÉOuoE, ùvtspôcet et le chypriote ûv£6exe. 

En mycénien àva- est attesté daxks des composés, cf. 
Chadwick-Baunibach 172. 

Employé seul et accentué, âva adverbial chez Hom. 
lignilie I debout I ». 

Comme préposition avec le gén. (3 ex. dans VOd., un 
tans une inscription d'Halaesa), le dat. (Homère, poètes), - 
tKX,. (Hom., ion.-att.) âvâ présente des emplois issus de 
lanotion de « de bas en haut », d'où « à travers » notamment 
awe un sens ten.p^^rel, enfin une valeur distributive 
«liaison de » àvà éxaxèv âvSpa; ou « proportionnellement 
à»è)à xpÔTOÇ, àvà Xéyov. 



Dans d«6 textes tardifs et exceptionnellement èotà 
se trouve avec un nom de nombre et un substantif au 
nominatif. 

Préposition déjà très rare en grec tardif. 

En composition les emplois sont divers et variés : 
sens de < de bas en haut » dans iya6a[>Mi>, dcva6Xiic(>), 
àvocvcùu, etc. ; c'est peut-être d'après un verbe comme 
dwavsùt* « lever la tête », qui exprime le refus, que s'est 
développé le sens négatif d'arrêt, etc., dans dcvoc86o(uu, 
-xXiv<>>, -x6jrr<a, -TcetSco, -xoipée», etc. Sur dwo- privatif 
voir sous i-. Le préverbe souligne souvent l'effort pour 
faire aboutir le procès ou pour le mettre en train : dcva- 
q>aiveadai « se découvrir », àveupioxetv « découvrir >, 
dcvaopâTTeiv « mettre à bouillir », àvepo>T«v « interroger », 
dtvaêoâv « pousser un cri ». 

Certains emplois particuliers apparaissent ainsi dans 
àva6Xa(TTàv(d où àva- signifie < de nouveau ». Noter &va- 
aqsôXXu < se remettre », en parlant du malade, où tout le 
sens est dans le préverbe. 

Certains verbes s'empiètent avec le préverbe exprimant 
des notions divergentes, cf. àvocy'yvtôro'.ci) sous Yiyvciaxcii. 

Enfin dans certains adjectifs, àva- > d'un bout à l'autre » 
équivaut à < complètement » dans àvàiieoroç, àvaTrXiciiç, 
àvàituoTOç, àvâinjpoç (cf. J. Wackemagel, Vorletungen 
2,299). 

La forme usuelle d'adverbe est écvu « en haut » {Od. 
11,596 ; //. 24,544 ; ion.-att., etc.) ; pour ce type d'adverbe, 
cf. oÛTtù, xàrcù, etc. Formule &v<ù xà-rto « sens dessus 
dessous ». Employé avec un complément au génitif et 
valant ainsi une préposition (Hdt., Call., Thphr.). 

Degrés de comparaison : àvco-répco, --rà-rco. 

Dérivé : SvcûOev, àvcoôa (Tab. Herael.), et p.-ê. lïvwSa 
en arcadien (cf. M. Lejeune, Adverbes en -6ev 327). 

Composé àvûyaiov, voir sous yaïa. L'emploi de fivco 
en composition est rare et tardif. On hésitera donc à le 
reconnaître dans des anthroponymes mycéniens, mais 
cf. Chadwlck-Baumbach 172. 

Et.: Seuls rapprochements sûrs : av. ana, v. perse anâ 
« le long de », got. ana < contre », etc. 

àvayaXXîs, voir àyoXXlç. 

àvâyicT), -Tjç : s. f. « contrainte, nécessité ». Le terme 
est bien attesté chez Hom. au singulier et signifie propre- 
ment la contrainte, cf. l'emploi de l'adj. xpaTep-rj (//. 
6,458 à propos d'Andromt.que réduite en esclavage, 
Od. 10,273), ou //. 9,429 àv^yx-ji] S' oô -n (xiv fiÇco « de force », 
Od. 14,272 èpyâCeaOai àvâyXT) pour le travail forcé, 
II. 15,345 àvàyxf) « bon gré mal gré », etc. 

Les emplois ion.-att. sont variés : on observe le sens de 
force matérielle, à propos de châtiments corporels et de 
torture (Hdt. 1,116, etc.), d'opérations chirurgicales (Hp. 
fr. 15). 

Nom d'une plante utilisée dans les philtres xaTavàyxT) 
« pied d'oiseau » (Dsc). 

Autres composés : xeC-avàyx'») « emplâtre purgatif » 
(méd.), 7tei6-avâYX7) «contrainte» (Plb., etc.). 

Dès la langue homérique àvàyxTj peut signifier 
« nécessité », cf. //. 24,667 ; ce sens figure en ionien-attique 
dans des expressions comme àvàyxY) (èari), Ûtt' àvàyxYjç, 
àvàyxY), etc., parfois avec un sens logique. Le sens de 
fatalité est relativement exceptionnel, cf. àvàyxTi Sai(x6v(dv 



— 83 — 



à.VOKÛÇ 



(E. Ph. 1000). La personniflcstCoa "Avày^Tj « la Fatalité » 
a|»paratt épisodiquement dans la philosophie ou la poésie 
(Parm. 8,30; Emp. 116, Msoh. Pr. 105) mais il ne s'agit 
pas d'une divinité qui sMf l'objet d'un culte. Surtout en 
grec hellénistique et tardif, àvayxat peut signifier « la 
peine, la détresse ». Pour Lys. 32,5, voir plus loin 
dtvaYxatéTTjç. 

Adj. dérivé dcvayxaîoç, -a, -ov, parfois -oç, -ov (Hom., 
ion.-att., etc.). Exprime comme àvdtYXT) la notion de 
contrainte soit activement : //. 16,836 ^jjtocp àvaYxaïov 
« le jour de la contrainte «, c.-à-d. de la captivité ou de la 
violence, 8,57 XP"°' àvaYxatif] « beswn impérieux», soit 
passivement, Od. 24,210 S[i.côeç àvayxaîot « les serviteurs 
condamnés au travail », 24,499 àvaynaïoi TToXefjiioTaC. 
Dans le grec postérieur êNayT-xioç signifie « nécessaire, 
indispensable ». Enfin l'atlique emploi àvayxxxXoc, pour 
désigner les parents d'une façon générale, soit par le sang, 
soit par alliance (E. Aie. 533 en parlant d'Alceste, Antipho 
1,4, PI., X., D., encore Acl. Ap. 10,24 et dans pap.). Ce 
sens se retrouve dans àvaynaié-n,.; * lien de parenté » (Lys. 
32,5, plur., avec une variante àvày>tai;) mais le mot signifie 
«nécessité» chez S.E. 

En liaison avec àvayx.aîoi; a été constitué un abstrait 
àvayxalT) (Hom., Hdl.) valant àvâyxT) «nécessité»; au 
sens de lien de parenté (Hdt. 1,74). 

Un subst. âvaY>caîov « prison » est attesté X. Hell. 
5,4,8 et 16 ; terme probablement béotien mais les lexico- 
graphes indiquent des variantes moins vraisemblables : 
Harp. s. v.: préfère après Callisthène àvcoyeiov ; Suid. cite 
àvàiteaov en l'attribuant à un passage d'Isée {fr. 9, Roussel) ; 
cf. aussi AB 98. 

Enfin Suid. et d'autres lexiques connaissent àvaY>caîov 
au sens d'atSoïov. 

L'adjectif àvaYKaïoç figure encore dans le composé, 
nom d'une coupe, àvayxato7c6-nr)ç {SIG 588,209 Délos, cf. 
PI. Bud. 363). 

' A\>xyy.ciLic>S-r)ç est très tardif. 

Composés issus de &-jiyy.T) avec préverbes : thématiques 
èTtâvavxoç « obligatoire, forcé » (Schwyzer 179, IV, 28, 
Gortyne) ou « qui contraint » (pap. magique) ; avec 
passage aux thèmes en s ènoLvoLfuéç (neutre seulement) 
lil est nécessaire» (ion.-att.), ou adv. «de force», etc. 
(Hdt., etc.). 

De àvi-f^TT) a été tiré le dénom. àvayicâJ^cd « contraindre, 
forcer» (ion.-att.), avec l'adj. verbal àvaynaaTàç, -réoç ; 
d'où àvayxaaTixéç (PI., etc.) ; en outre àvxyyiaaTrjp «qui 
contraint » en parlant de la quenouille du destin {IG 
XII 7,447, Amorgos), d'où àvayj'.aCTTTjptoi; (D.H.) ; enfin 
àvâY*'^"^^* «contrainte» (J. AJ 19,2,5). 

Le verbe a fourni divers composés avec un ou plusieurs 
préverbes : à7r-, 8t-, sla-, è^-, èrr-, xa-r-, Tiap-, :rpo-, 
TrpoCT-, cjuv-, Û7t-. .\vec préverbes, noms d'action en 
-aie, : Si- (Hpc), xax- (Hpc, Gai.). 

La grande majorité des emplois d'iva.yy-'') ^^ ^^° dérivés 
se rattachent à la notion de contrainte, parfois sous son 
aspect le plus matériel. D'autre part dans un certain 
nombre d'emplois àvayxatoç dé5içne des liens de parenté. 
La notion de fatalité, etc., ne s'est développée que 
secondairement. 

Ces vues sont exprimées avec vigueur dans le livre récent 
de H. Schreckenberg, Ananke, Munich 1964 : il montre 
que le mot et ses dérivés s'appliquent souvent à l'escla- 



vage ; il soutient non sans arbitraire que certains passage» 
hom. évoquent des captifs enchaînés par le cou (p. ex. 
Od. 9,98) et propose finalement une étymologie impossible.' 

Grec moderne : àvdcYxrj, àvacyxixjiaj;, etc. 

El.: On a rapproché des mois «eltiqueB qui signifient 
«nécessité, destin» comme v. irl. Icen, gall. angen. 
Benveniste, Origines 154-155 pose un thème I *»,en-fc- 
qui se retrouverait aussi dans hitt. Jenfc-an « mort fatale » 
(cf. déjà Kurylowicz, Sj/mb. Hozwadowski 1,101). Le 
thème II serait '3,n-ek- attesté dans skr. rac. naé-, lat. nex, 
noxa, etc. 

Hypothèses de GOntert, WellkOnig 185 (êvryxeîv), de 
H. Grégoire, Mil. Desrousseaux, de àv- privatif et d'un 
mot signifiant « bras », cf. àY>«ôv (invraisemblable malgré 
l'appui de J. Deny, Mél. Boisacq 1,295). Schwyzer enfin, 
Gr. Gr. 1,734, n. 8, pense que àvàYXT) serait un dérivé 
postverbal de dcvaYxâÇu, proprement « prendre dans ses 
bras ». 

Aucune des étymologies ne rend compte du sens propre 
deiŒvdcYXT) et de ses dérivés : «contrainte» et d'autre 
paît « parenté ». La notion qui pourrait justifier ce double 
développement sémantique serait celle de lien : il faudrait 
la retrouver dans ivây^ti)- Toutefois l'idée proche de celle 
de Schwyzer que <iv-àY>''»î (avec àv- de àva-) exprimerait 
l'idée de « prendre dans les bras » (cf. ày^tiv, p. -6. Ay> /> 
chez Hsch.) d'où « étreinte, contrainte » trouverait quelques 
appuis, cf. S. Tr. 831-832. Étymologie sémitique impos- 
sible de Schreckenberg, o. c, 165-176. 

àvdYupos : ïn. (Ar. Lys. 68) et àvdcyupvç f., gén. -loç 
et -ewç (Gai. Dsc); aussi ôv6yupoç (Nie, Ps. Diosc), 
étymologie populaire d'après 6vo; î StrOmberg, Pflanzen- 
namen 155 (ou variation du vocalisme?); Anaggris foetida 
« bois puant ». 

Le terme a donné naissance au nom de dème attique 
"Avayupoûç, avec l'adverbe 'AvotyupouvTÔOev, etc., l'adj. 
'Avayupioioç (Ar., PI., etc.). 

Et.: Inconnue. Existe-t-il un rapport avec yûpoç 7 



àvaîvo|iai, voir aTvoç. 
àvaicifiôb), voir alaœ. 

àvaKÛç : toujours dans l'expression àvaxcôç ^X^^"^ 
Ttv6ç «surveiller, guetter» (des marins Hdt. 1,24, les 
semailles Hdt. 8,109, des bateaux Thuc. 8,102, une porte 
PI. Com. 202) ; en outre dtvaxcôç Qepantùeiv (Hp. Carn. 
19). Le mot est dor. selon Érot. s.u. qui le glose par 
9uXaxTt)cô>i;, mais il apparaît qu'il est attesté en ionien et 
en vieil attique. 

Plutarque Thés. 33 rapproche le mot de SwaÇ, ou plutôt 
"Avaxeç cf. AB 391, Photius 113. 

Et. : Deux possibilités. Ou bien l 'étymologie des anciens, 
en constatant que l'adverbe est fait sur le thème iva.y.- 
(non àva-xT-), et que âvaÇ signifie «celui qui veille sur», 
sens accepté par M. Leumann, Jlom. Wiirle.r 42. C'est 
l'étymolof?ie de W. Sehuize, QE 505, Kl. Sc'-'fien 674 et 
Ernsl Fraenkel, Nom. ag. 1,96, Gnomon 23, 1951, 373. 

L'autre explication pose *àva-)c6cùç de *àva-x6oç 
supposé par un verbe *àva-xoécù, composé de xoéu. On 



avoKus 



84 — 



évoque dcftvox&v qui reposerait sur à(xvox6cov (voir xoéci>). 
C'est l'opinion de Debrunner, GGA 1910, 6, avec Baunack 
et Meister. Hypothèse compliquée et on attendrait chez 
Hdl. une forme non contractée. 

àvaXeatvci : axoXiZ,ei. Tapacvftîvot (Hsch.). Lecture 
de K. Latte pour àvaXéet, cf. l'èrcotXéa Xéoj^Kjv d'Hés. 
Trao. 493. 

àvâXiaKU, voir àX(oxo[jiai. 

SvaXTos : • insatiable », épithëte du ventre vaa-n^p 
[Od. 17,228, 18,364), d'un homme (Od. 18,114), repris 
par Gratin, fr. 382. 

On peut évoquer d'autre part âXrpov • (xiaOôç (Hsch., 
voir l'éd. Latte) « ce qui assure la nourriture ». 

Et.: On admet qu'il s'agit de formations isolées de 
'al- « nourrir » disparu en grec (cf. pourtant àXSaivco, 
ao'.8aîvcol, mais «tlesté dans l'i.-e. occidental, cf. lat. 
fl/ô, V. irl. no-l-ail, v. angl. alan. V. Ernout-Meillet s.u. 
alô. Voir aussi vcaX'/jç. 

âva^, -XToç : m. • sire, seigneur, maître », souvent avec 
la nuance de « protecteur, sauveur ». Le digamma initial 
de /âva^ est attesté dans la métrique homérique et . 
diverses inscriptions dialectales (Schwyzer 79,123 sqq., 
680), et déjà dans les tablettes mycéniennes. Wanaha = 
motï, avec un dat. wanakale = /avâxTct, se lit dans 
les tablettes de Pylos et de Cnossos, mais toujours au 
singulier. Le mot, dans les tablettes mycéniennes, désigne 
d'une part le souverain politique de l'État pylien, d'autre 
part un dieu du panthéon pylien, sans qu'il soit toujours 
possible de choisir entre l'une et l'autre interprétation. 
Il sert aussi d'anthroponyme (v. Lejeune, B. El. Ane, 
1962, 14). Ces données vont bien avec l'emploi du mot 
Chez Homère. Le terme est plus souvent attesté au sg. 
qu'au pi. (en ce dernier emploi en parlant des dieux, 
p.-ê. déjà les Dioscures, Od. 12,290) et au sens vague de 
maître d'un esclave, d'un chien, d'un cheval. Au singulier 
laformule la plus remarquable est àvaÇ àvSpôv « protecteur, 
suzerain de ses peuples » presque uniquement pour 
Agamemnon (cf. Totpiévt XaGv). Les autres emplois sont 
vagues : « sire » comme terme de politesse, « maître » 
«D parlant du maître de la maison dans l'Od., enfin comme 
qualillcatif de divinités (notamment Apollon) considérées 
comme protectrices ou préservatrices : le vieux vocatif 
hn (généraleiTaent remplacé par âvaÇ) ne se trouve que 
pour Zeus dans VIL et dans l'Hymne à Ap. pour Apollon. 
le sens propre semble impliquer l'idée de protecteur, 
auvcur, comme il ressort de l'étymologie d'*AcTÛavaÇ 
[11. 6,403). 

Ne survit en attique qu» comme épithète d'un dieu 
que l'on invoque {Apollon, p. ex. chez Ar.) ou dans des 
Images littéraires de la tragédie, voir J. Waclcernagel, 
Spr. Unt. 211, M. Leumann, Hom. Wôrler 42 sqq., Ruijgh, 
ÊUmenl achéen, 112-116, enfin Hemberg, "AvaE, "Avœaoa, 
'Avaxc:, Uppsala 1955. 

En dorion le plur. /"âvaxeç (avec un thème sar.s tau 
Unal) est usuel j. ■_.■ désigner les Dioscures sauveurs 
^wyzer, 79, etc.), avec le dérivé /"avâjcetov temple 
du Dioscures (ibid. 350) et 'AvctxEiov (Th., etc.), aussi 



pi. n. 'Âvdbccia fête des- Dioscures, enfin àvocxcÎKTtoç selon 
le sch. de D.T. 542 à Rhegium, cf. pour le suffixe 
Chantraine, Formation des nams, 42. Le témoignage des 
tablettes mycéniennes preuve que la forme sans lau final 
est probablement secoadair« (d'après (pûXaÇ ?). 

Le nom. pi. "Avoocot chez Hdn. 1,647 doit être tiré 
faussement du du«l 'Avobtoiv. 

Enfin on trouve en chypriote (Schwyzer, 680) fiva.% 
au sens de « fils de roi, prince >. 

Féminin (/■)âvœaa« dit chez Homère seulement d'une 
déesse ou de Nausicaa prise pour une déesse {Od. 6,149), 
très rare après Hom. ; princesse, reine à Chypre. Le 
mycénien a le mot au duel wanasoi • aux deux souve- 
raines », formule religieuse s'appliquant à deux déesses 
associées. De wanasa le mycén. a tiré un adj. wanasewijo 
dont le gens est obscur, f. wanasewija dans la description 
de vases, p.-ê. vases ornés de wanasai (?) ou destinés à 
des wanasai (?). 

Le mycénien possède encore un adjectif tiré de /avaÇ : 
wanakatero ' relevant du souverain, appartenant au 
souverain », dit d'objet ou de personnes, emploi typiq»e 
du suffixe -Tepoç comme terme marquant une opposition 
binaire. Sur les faits mycéniens voir Chadwick-Baumbach 
172, avec la bibliograjJhie, et ajouter M. Lejeune, K. Et. 
Ane. 1962, 11-19. 

Autres dérivés : àvaÇla «fait de régner» (Pi., JEsch.) ; 
l'adj. dtvâÇioç n'est attesté que dans une sch. II. 23,630 ; 
àvaKTi-rrjç « pierre » (qui protège ?). 

Dénominatif à^iaaui « régner sur » (Hom., trag.) avec 
le complément au datif et parfois au génitif. D'où 
àvdtXTwp en parlant de dieux (/Esch., E.), àvàxTopov 
«temple» (S., E., Hdt.), àvaxTÔptoç «qui appartient au 
roi » {Od. 15,397, dit de porcs) ; àvaxTÔptov désigne parfois le 
glaïeul, et àvaxTéptoç l'armoise. Enfin àvaxTopta « fait 
de conduire » {H. Ap. 434). 

Dans l'onomastique 'AvaxTopda est le nom d'une amie 
de Sapho. 

Dans la composition l'usage de àvaÇ se présente ainsi : 

a) Un premier terme àva^i- figure dans quelques 
composés poétiques comme àva^taXoç (B.), -Ppévraç 
I maître de la foudre • (B.), -(xoXttoç (B.), -çopiityÇ (Pi-)- 
Donc type rep<]ilfj.êpOToq, et cf. àvàaaoi. Nombreux noms 
propres de ce type : 'AvaÇayôpâi;, 'AvàÇavSpoç, 'Ava|î- 
SSfioç, etc. ; 

b) D'autres composés présentent SvaÇ comme second 
terme. Un seul adjectif rare mais remarquable : xeipûvaÇ 
«artisan, qui commande à ses mains » (Hdt., S.), avec les 
dérivés x^'p^vaÇta (Hdl., .SEsch.) et x^'-P'^'^°'-^'-°'^ • taxe 
payée par les artisans » (pap.) ; d'où XEiptovàxTTjç et 
-vaxTéfù (tardifs) ; cf. Chantraine, Mélanges A. Diès 
41-47 ; olxGvaÇ dans l'explication de êariâxoi; chez 
Hsch. doit être une vieille épithète religieuse de Zeus. 

Ce type de composés est fréquent dans l'onomastique 
en des points variés du monde grec : 'Epfxoiva^, 'I^iTtiôva^, 
etc. L'exemple le plus connu est bien entendu 'Aarûava^, 
ainsi nommé parce que son père Hector protège la ville. 

Les emplois de Svaç, comme rimporlance du mot dans 
des noms propres de type ancien, confirment q-je c'est un 
terme archaïque en voie de disparition. 

El. : Inconnue. On admet que c'est un terme d'emprunt 
(pour les raisons de l'emprunt, voir Meillet, Mél. Glotz 
2,587 sqq.). Mais le phryg. wanaklei doit être pris au grec. 



— 85 — 



5v5ivos 



Voir Frigk s.v. avec la bibliographie. En outre J. Puhvel, 
KZ 73, 1956, 202,-«n soulignant avec raison l'importance 
du'sèiis de «protecleurj sauveur. >i'|>j^nse qu'il s'agit d'un 
tan^ religieux et cherche dans cetteiàirection une étymo- 
l^e isido-europôenne sans vraisemblance. 

àva|upîSes : f. « larges braies » que portaient les Perses, 
les Scythes, les Saces (ildt., X.). 

Et.: Dérivé par Eust. 22,8, de àvaenjpeaôai, ^fki? en 
tait emprunt perse : voir Pisaai ZDMG, 96,: 1942, 82 sq. 

àva|upîs, -îSoç : t. =» ô^ocXiç • oseille » (Dsc). Pas 
d'étyraoïibgie. Pas. 4* rapport' avec le précédent. Cf. àva- 

ttvâpÎTTjs, -OU : ou dcvaptrâç, forme du grec occidental 
(Epich.) f)dur v7)pe[-niç, VTjpt-nrjç, cf. Magnien, MSL 21, 59. 

àvapptxâo^ai : pour les formes à augment la tradition 
hésite entre àvspp- et àvTjpp-, cf. i'hot. p. 120 Reitzenstein, 
EM 99 ; « grimper en s'aidant des mains et des piods » 
|Ar. Paix 70, Hellanic, Aristaenel., parfois en grec tardif, 
mais considéré comme désuet par Luc. Lex. &). Dérivé 
ivappi/rjOtç (Arisl.). Un présent àppt/âojxat est attesté 
chez Hippon. 137 M., Arisl., Hsch. 

El.: Verbe itératif intensif à la fois technique et vieilli 
dont l'étym. est peu saisissable. Si la forme àppixâaOai 
est ancienne, nous avons un composé ; on a pu supposer 
qu'un verbe àvx-p<.y_ârsQxi ou àva-pptx^'îO?"' ^aurait fourni 
avec apocope la forme ippi-j^ioiioii. Si l'on pose un simple 
'pi);io(iai. on n'est pas plus avancé pour établir une 
tlymologie (cf. F. Solmsen, IF 13, 132 sqq., Ehrlich, 

M. iiber die Natur der gr. Belonung, 33). 

ivacTTaXû^iiJ : « éclater en larmes, en sanglots » 
(.\nacr. 39.ô,7 Page). Le même thème verbal se retrouve 
dans la glose d'Hsch. àaTaXiiÇeiv (-ûxeiv cod.) • àvaSX'Jî^civ, 
xlikiv ; et aussi dans vô6cJTaXuÇ = vEoSâi'.puToç (Hsch.). 
Enfin on lit oTaXuÇ (aTâXï)E cod.) chez Zonar. = axa- 

El.: Cf. aTaXâoaco, -â^u «couler goutte à goutte, 
jonlter ». Pour la dérivation, cf. ypùî^fo, hjZ,b:i, ciXoXû^w. 

ovacruprôXis '• épithèle d'une prostituée (Hippon. 
135 M.). 

.Formation féminine d'un nom en -oXtjç de àvacnipofjiat 
iq»i se retrousse » ; même suffixe dans oîçéXyjç, 0196X1?, 
lype (iatv6X7]<;, cf. Meillet, BSL, 33, 130; E. Schwyzer, 
fc Helv. 3, 1946, 49-58. Le -t- qui surprend vient 
p.4 d'un nom en dentale *àvaaûpTT)i;, -Tiç cf. F. Bechtel, 
ÏZ49, 1920, 118. 

ivaTEt : ou àvaxt, adv. « impunémout » (trag., etc.) ; 
ihxTOç, sous àico. Voir Mette, Gl. 40, 1962, 42-43. 

Ivaupos : m. « torrent » (Mosch., Nie, Lyc. ; IG 
ÏIV, 1089) ; également nom de .ivière en Thessalie (Hés. 
htl. 477, etc.). Le terme est glosé EM 101, ô éÇ ûexwv 
muri^LiEvo; TzoTafxôç. P. Persson, IF 35, 199 sq. et 
t.Kretschmer, GL 10,51 sqq. en concluent qu'il s'agit 
It torrent desséché en été. 



El.: On analyse le mot en àv- privatif et un terme 
signifiant « eau », dont la forme simple n'est pas attestée, 
mais que l'on croit retrouver dans fiY^owpoç et O^aaopoç. 
On évoque aussi dans l'hydronymie le nom de source 
ACpa (Nonnos), le nom de fleuve thrace ACpaç, et des 
noms de fleuves d'Italie considérés comme illyriens 
Metaurus, Pisaurus (Krahe, IF 58, 216, n. 5) ou encore 
Isaurus (Pisani, Beiir. Namenforschung 1, 1950, 65 sqq.). 
Si l'on pose comme second terme aOpa on cherche à y 
retrouver tokh. A wâr, B war, skr. vàr-. Autre combinaison 
de Krahe, Beilr. Namenforschung i, 1953, 49 et 115 : noms 
de fleuves Avara, Avantia, skr. avala-. 

De toute façon fivaupoç attesté chez des poètes tardifs, 
apparaît d'abord dans l'hydronymie (Hés.) et serait ainsi 
fort archaïque, mais n'appartient pas proprement au 
système du vocabulaire grec. 

àvSdvu) : impf. ■^vSavov et édcvSavov (Hom., Hdl.), 
f. âSTfjCTû) (Hdt.), aor. gaSov, ép. euaSov, pf. ptc. éaScôç 
(Hom.), âSiQxa (Hippon.), /E/aS7)?6Ta (Schwyzer 362,38, 
locrien) ; « plaire, être agréable » (Hom., Hdl., dialectes), 
le sens du mot est souvent général et équivaut à quelque 
chose comme « agréer », cf. //. 1,24 oùx 'Arpe^T) 'Ayix\j.i\j.- 
vovt TJvSave Oufxtp ; d'où l'emploi pour exprimer l'opinion 
d'une cité ou d'un corps politique, p. ex. Hdt. 7, 172, 
ou açt ^ySaiœ jraÛTK, etc. ; emploi également attesté e.; 
locrien, /. c. et .en crétois, cf. xâS' S/'aSe roîç rop-ruvtoii; 
TTcaTctSovcrt (Schwyzer 175) qui fournit une attestation 
du digamma, cf. aussi fcfaSriqà-va. et euaSe. 

Composés : diç- « déplaire » (cf. àçâStoç, àçaSta), è<p-, 
auv- (A.R.). Substantifs dérivés : âSoç «décret» {SIG 
45, Halicarnasse, IG, XII 8, 263, Thasos) ; àS7](jia, cf. la 
glose d'Hsch. (ïS7)(xa, ôSoç • ^ifiayM, Sàyyux.. 

Il existe enfin un substantif en -aiç : ydéStÇiç (= ^âSi- 
Çtç) • ôjjioXoyta et fiSiÇtç ' ôfioXoyta Ttapà TapavxLvoiç (Hsch.), 
le terme apparaissant comme un dérivé de */'aSL^o(jiai, lui- 
même dénominatif de /^dcSoç, cf. Bechtel, Gr. Dial. 2,419. 

En composition on a probablement du thème de àSoç 
aûGaSïjç (voir s.u.) et àçaSta (v. s.u.). 

Un thème en -ocSt); se trouve p.-ê. à l'origine de certains 
anthroponymes en -âSijç passés secondairement à la 
flexion du type -ESt)?, -ou : AT)jj.âSï](;, gén. -dcSouç, mais 
plus souvent -àSou, cf. aussi le vocatif SxpEil'îœScç (Kijhncr- 
Blass, 1,513). Tous les termes recueillis dans cet article 
sont archaïques et dialectaux, peu usuels en altique. 

Et. : Aucun présent du même type hors du grec, mais 
le skr. a suàdati, svàdale « plaire, se plaire à » et le latin 
le factitif suâdeO. Le tout appartient évidemment à la 
famille de T^Sofjtai, ^Sûç, etc. 

â.vST|pa : pi. n. « côte, levée » (le sg. àvSTîpov est rare) ; 
le mot est attesté chez B. 1,54 à propos de la mer, et à 
propos de rivières, Hyp. fr. 113, Call. fr. 814, etc.; 
« bordure » dans un jardin (Théoc. 5,93, etc.). — Dérivé : 
àvSijpïuxTjç '■ ouvrier qui travaille sur une levée » (pap.). 

El. : Obscure. Est-ce un composé de àvà 1 

âvSivos : -EpLTraTûç (Hsch.). — En outre le verbe 
dérivé àvaSivtw " TisptTïx-ôi (ibid.), que sa f>,. .ae dénonce 
comme dorien. 

El. : Hypothèses illyriennes et messapiennes rappelées 



avOivos 



— 86 



par Frisk 3.u. A la rigueur, p.-ê. composés dialectaux 
de Sïvoç, 8ivéo>, avec âvâ. 

àvSpâiro8ov, voir ôvi^p. 

àvSpâx^n • '"''" ^^ diverses plantes, notamment 
du pourpier (Thphr., Dsc.), mais aussi de l'Euphorbe 
Péplide, du Sedum stellatum, du telephion (cf. J. André, 
Lexique sous andrachne) ; aussi étvSpaxvoç f. (Paus.) ; enfin 
par dissimilation ivSpâyXri (attique selon Phot. Bibl., 
p. 533 B., cf. S. fr. 823 et Thphr. H. PI. 1,5,2) ; et atvSpaX" 
Xoç (EM). 

Et.: Inconnue. Mais les Grecs voyaient certainenent 
(in composé de àviQp et (ïj^vn. 

àvSp6Ï(|>6vTT]ç, voir àvTjp. 

àv8p6|iTjTov : oudTcaoTàv èyx^ipiSw* Tpayiy.éy (Hscb.) 
» ; lignard à lame rentrante », mot tarentin jÇf. tatte. 
El. : Composé de àva- et thème de 8p6(ioi;, etc. 

âv€(i09 : m. «vent» (Hom., ion.-att.). Sert aussi 
^ désigner les aires du vent. On connaît à Cnossos en 
pycénien une àvÉjiOv lépeia {Documents 200, 387, etc.). 

Composés : aveuoç figure comme second terme, avec la 
première syllabe longue, dans une trentaine d'adj. composés 
dont les plus importants sont : àv^vejxoç (S.), Si- (S.), 
tw- (S.), eu- (S., E.), Ko8- (Hom., etc.), npo- «exposé 
(tu venl » [Miletl (avec le f. Trp07)V£|.itSeç [Délos]), Ttpoa- 
(X.), Ù7i- (S., X.) ; sans allongement de la voyelle initiale 
iktlixvsij.o<; (Hom.), èrr- (Hp.), ia- (E.), Xâ9- (Simon.), 
fvjn- (/Esch.). Aussi 'EùSâvepioç nom d'un héros. 

Avec sufT. -loç, ÛTtYjvéfxioç (Ar., etc.) équivaut à 
^Defiiaîoç et se dit des œufs clairs. 

Comme premier terme de composé, àvefxo- se trouve 
surtout à date ancienne dans àve^oux.ETCTjç (IL), -oçàpayoç 
(Pi.),-Tpecfir)ç(Hom.l. En outre notamment 'Ave|xo5coÏTat ■ 
ol hi\io'j^ xoLfiî^^ovTE!; • yévoç 8è toioQt6v çacriv ÙTrâpxEtv 
èv Kopiv6<o (Hsch.) ; àvE[xoùptov «moulin à vent» (Her. 
Spir. 1,43), cf. oupoç. 

Adjectifs dérives : YjvefX^K;, dor. À«e[x6eiç « exposé 
auvent, rapide comme le vent » (Hom., poét.), allongement 
métrique à l'initicle ; àveucôXioç seulement au figuré 
• vain, vide », cf. àveutôXia ^âî^etv (Hom., alex.), serait 
dissimilé de *àv£fAtdvtoç éol. d'après Eust. 1214,27, cf. 
Chantraine, Formation 43 et voir s.v. [is-rajûvioç, mais 
Riseh, Wortl>. der hom. Spr. 113 rapproche àrraxrjXtoç et 
àiroçûXtoç ; àvî^foSïjc " venteux » (S., Hp., Arist., etc.). 

Substantifs ; àveuia « flatulence, vent » (Hp.), d'où 
l'adjectif plus fréquent àvsyuoùoq « qui ne contient que 
du vent », c'est-à-dire « clair, sans germe » en parlant d'un 
œuf (cora., cf. Ath. 57 f), au figuré et opposé à y6vi(xov 
PI. Thi. 151 e (cf. ibid. 161 a) ; àvefiMTâç " Ôvoç lïçeTOç, 
itp6ç, TOiç àMiyLOiQ 6uciuEvoç iv Tapavxivoiç (Hsch.) ; 
<ne)uâTi( épithète d'Athéna en tant qu'elle calme les 
vents (Paus.) ; pour àvenfôvT) voir s.v. 

Verbes dénominatifs : àvE(AÔotiai « être rempli de vent » 
(Hp., PI.), àvE|iiÇo(xai « être poussé par les vents » (NT). 

"Aveixoi; subsiste en grec moderne avec de nombreux 
ttrivés et composés. 

Et.: "AvEtioç présente une forme identique à lat. animus, 
PK un sulllxe de genre animé caractéristique ; le skr. 



ànila- « souflle » a un sufllxe différent, à moins que la 
formé ne soit dissimilée de 'anima; le gall. a anadl; 
l'arm. holm. pourrait reposer sur 'on3-mo-, cf. MeiUet, 
BSL 26,11. Tous ces dérivés se rapportent à la racine 
qui se trouve dans le skr. âni-li « souffler ». 

àveptdvt) : t. « anémone » (Com., Thphr., etc.) avec 
diverses variétés ; l'expression àvejxûvai. Xâywv « fleurs 
du langage » (Luc. Lex. 23) comporte aussi une allusion 
à la notion de « vide », cf. àvE(j.a>Xioç. 

Dérivé : àvE(itùviç, -tSoç f. = àvefxtivj] •î)(xepoç (Nie, 
Nonnos). 

El.: Deux hypothèses : 1) Ou bien dérivé de gvejjioi; 
comme le soutient R. Strômberg, Pflanzennamen 77 
(parce que le vent reffeuille ? autre expl. douteuse de 
Carnoy, B. El. Gr., 1958, 89) ; 

2) Mais le rapprochement peut n'être qu'une étymologie 
populaire. On a songé à une origine étrangère, et plus 
particulièrement sémitique, mais avec des points de 
départ invraisemblables ; ainsi Lagarde, et Lew^y, 
Fremdworter, 49. 

cLvEu : « loin de, sans », puis « excepté », employé avec 
un complément au génitif (ace. à Olympie, Schwyzer 410), 
mais doit être un ancien adverbe et ne peut servir dans 
la composition comme préverbe. Autres formes : iveuç 
(Olympie, /. c), Sveuv à Épidaure (Schwyzer, 108 g), 
&VIÇ mégarien ap. Ar., Tauromenium (Schwyzer 309 g), 
puis chez les poètes alex. p.-ê. d'après x^^pk 'f 

Dérivés : les adv. avec ou sans compl. ocveuOe (Hom., 
lyr.) et àTtàvEuOE (Hom.). 

Et.: DeuK hypothèses : 1) On rapproche le groupe 
germanique de got. inu (<'ena), v.h.a. âmi «sans» 
(<'èn.u) et skr. ànu «le long de», etc. ; 2) Ou bien skr. 
sanu-tàr « de côté », lat. sine, ce qui suppose une psilose 
dans la forme grecque. 

àvE^'iôs : m. «cousin germain » (Hom., ion.-att., etc.). 
On peut se demander quel est le sens propre du terme 
dans la famille i.-e. et homérique. On a supposé que dans 
un système de parenté classificaloire, le terme s'appliquait 
non au fils du frère du père, mais au fils de la sœur du 
père (cf. Benveniste, BSL 46, 1950, XX-XXII) : on 
trouve de tels emplois p. ex. And. 1,47. Mais déjà à partir 
d'Hom. (cf. //. 15,422, iEsch. Pr. 856, Hdt. 7,82) cette 
distinction n'est pas observée. 

Fém. : âvEijJiâ (X., Isoc). 

En outre, avec un suffixe typique désignant des enfants 
à l'intérieur des noms de parenté (Chantraine, Formation 
363) : àvEtJ/taSo'jç m. « fils du cousin » (Com., Is., D.), 
avec le doublet àvE^'iâSn)!; -ou (lamb.. Poil., pap.), et le 
féminin à'jzifioMi (Ar.). 

Nom de qualité : àveij;t6-niç, surtout dans la formule 
Juridique èvràç àvEi^tônriTOÇ « à l'intérieur du cousinage » 
(PL, Loi ap. D. 43, 57). 

' A.•^e•\l'.6c, subsiste en gi'cc moderne au sens de « neveu ». 

Et. : Le mot repose sur *àve7rTioç ; l'a initial présente 
l'ambiguïté habituelle, mais semble devoir être inieipiélé 
comme une prothèse (ou un 9^ ?) ; alpha « copulatif » 
selon Schwyzer Gr. Gr. 1,434. Il est en tout cas propre 
au grec. 

On rapproche ev. naptya- « descendant », v. si. netîjî 



87 — 



OVTlJp 



♦ neveu », tous mots dérivés d'tift terme comme skr. ndpât 
«neveu », lat. nepôs « petlt-flls, neveu », etc. 

Terme l.-e. désignant la parenté indirecte par les 
femmes. D'où le flottement entre les sens de «neveu, 
petit-fils, descendant ». 

âvEU, Svsûi : avec iota souscrit selon Hérodien, mais 
selon Àp. Dysc. De aàu. 554, Arislarque verrait dans la 
forme un adv. et l'écrirait sans iota ; « en silence » (Hom.). 
Le terme est généralement employé avec un verbe au 
pluriel, ce qui explique l'interprétation comme nom. pi. 
avec l'iota souscrit. Mais il se trouve avec un verbe au 
sg. Od. 23,93, et la forme doit être un instrumental en -<o, 
cf. Chantraine, Gr. Hom. 1,249. 

Et.: Inconnue. Cf. Bechtel, Lex., Walde-Pokorny 
1,114 ; en dernier lieu Groselj, Ziva Anl. 4, 1954, 168. 

âvTiOov : ou &wrfio\ (ion.-att.), iicvT)TOv {Aie, Saph.), 
àwTjTov (Thphr. HP 9,7,3) « Aneth, Faux-Anis, Fenouil 
bâtard» (Anelhum Graveolens) L.. utilisé pour la cuisine 
comme parfum et tressé en guirlandes. 

Dérivés : àvY)6ivoç «fait d'aneth » (Théoc, Dsc, etc.), 
àv7)eiTi]ç épith. de olvo? à propos d'un vin aromatisé 
(Gp. 8,3). 

El. : Inconnue. Mol d'emprunt probable. Il y a d'autres 
noms de plantes en -Bov ou -Ooç, cf. Chantraine, Formation 
368. 

àvnvoOev : pi. q. pf-, «jaillissait» en parlant du sang 
(fi. 11,266), du fumet des viandes [Od. 17,270), mais 
avec les préverbes è7r-Ev- : È7r-£v-r)vo6e pi. q- pf- i^'- 
2,219; 10,134) au sujet de poils {Xi'/yri), le second vers 
étant peut-être inspiré du premier ; pf. {Od. 8, 365) en 
parlant de l'huile dont un corps est enduit ; en outre 
■/o(T-Evr)vo02v dit de la poussière (liés. Bouclier 269), 
de cheveux, avec y.ôfiai au plur. (//. Dem. 279) ; enfin 
jiap-ev-rjVoOc avec le sujet iXT,Tiç (A.R. 1,664). 

El.: Ensemble de mots poétiques dont le sens est vague 
elles formes peu claires. Les alleslalions les plus anciennes 
sont apparemment celle de àvïjvoOev et celles de ÈTOvifivoOE 
, dans yjliade, l'idée exprimée él.anl celle de « s'élever, 
monter à la surface ». Toutes les formes ont l'aspect de 
parfaits ou, plus souvent, de plus-que-partails thématiques. 
On a pensé à poser un parfait -r,vo6£ (-âvoôe) qui serait 
apparenté à iicv9o;, cf. V. Pisani, R. Ist. Lomb. 77, 1943- 
1944, 548, Aitchison, Cl. 41, 1963, 273-274. En ce cas 
on notera les nombreuses formes à double préverbe. 
11 n'est pas mieux de rapprocher Èv6etv (mais est-ce un 
thème verbal véritable, ou un traitement de èXÔEÏv ?), 
dont le sens est vague, en posant -èvtjvoOe. Que faire alors 
de àvrjvoôe 1 

âvr|p : g. àvSpÔ!;, ace. àvSpa, etc. (ép. aussi ace. àvépa, 
n. pi. àvÉpEç, d'où une flexion sur un thème ivep-, avec 5 
dans l'épopée, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,568) ; le nom. 
JévSoaç apparaît à l'époque rom. ou byzant. Depuis 
Homère, désigne l'homme par opposition à la femme 
(cf. PL Leg. 877 e -rûv àvSpôiv ccTCatç), mais parfois par 
opposition aux dieux (cf. l'hom. r.i.rr,p âvSpôiv te 6eûv te). 
Emplois particuliers : nom du mari (Chantraine, B. Et. 
Gr. 59-60, 219 sqq.) ; désignation de l'âge d'homme ; 
homme au sens de « viril, courageux », cf. àvSpeïoç, etc. ; 



formules comme hom. lirjTpèç àvrjp et en attique û &v$peç 
«messieurs», 5> fivSpeç 'A6T)vaïot, etc. Voir Vock, 
Bedeutang und Verwendung von àvî)p und fivOpojTCoç, 
Dlss. Fribourg, Suisse, 1928. 
Le rôle du thème &^i-i)p en composition est considérable : 
A. De nombreux composés présentent àv8p- comme 
premier terme : 80 environ, et à tous les niveaux de langue ; 
p. ex. àvSpo6â-c7); paedicâlor et àv8po6aTéto (tardifs), 
-PouXoç (iEsch.), -Pptbç (E.), -yéveia «descendance par 
les hommes » (Hp.), -yàvoç « favorable pour mettre au 
monde un garçon» (Hés.), -yuvoç «efféminé, herma- 
phrodite», etc. (Hdt., PL, etc.), -SàixTo; «meurtrier» 
(JEsch.), -8â|iaç (PL), -Qvi]ç (JEsch.), -)tâ7T7)Xo; « marchand 
d'esclaves » (Gai., Orib.), -xaTtpaiva « femme débauchée » 
(Phérécr.), -xfiïiç « qui abat les hommes » (trag.), -x|j.r,Toç 
«fait de main d'homme» (II.), -XTaaîa «massacre» 
(Hom., Hés.), -xt6voç (Hdt., trag.), -xtovéu (ffisch. 
Eu. 602), -X7)iJ(iov « droit de saisie d'un homme » (D.), 
-my.y)Z « de la hauteur d'un homme » (X.), -y.T,y.i.câoç 
(pap.), -Ttatç «homme-enfant» (^sch., S.); -lù.rfieia. 
« multitude » (.Esch.) ; -oçixyeiov (jEsch.), -oçiyÇ « sphinx 
avec le buste d'un homme » (Hdt.), -tux^Ç " 1"' donne 
un époux » (.Esch.), -çàyoç (Od.), -çôopoç et -çGopoi; 
(PL, S.) ; -96VOÇ (Hom., ion.-att.), mais àvSpetpovtxôi; 
(Berf. Silzb. 1927, 8 Locride) ; -çpcov (S.) ; -çut)? (Emp.) ; 
-ipuxTtç nom d'un mollusque (Epich.), Cf. Strômberg, 
Fischnamen 41. 

Lorsque l'initiale du second terme est vocaliqUe, il n'y a 
pas, bien entendu, de voyelle de liaison. Il faut couper 
àvSp-oXÉTEipa (iEsch.). On a de même àvSpaYaÇla 
(Hdt., Th.), àvSpayaOttoixai, etc., issu de &vSp- et àyaOév, 
àvSpxYP'* (Hom.), àvSpEpdtcrTpia «femme folle des 
hommes » (Ar.), etc. ; 

Le I"^ terme est au gén. dans àvSp6(jai[iov composé 
avec aljxa, qui désigne diverses variétés du mille-pertuis ; 
et peut-être dans àvSp6aaxEç « coralline » qui a des pro- 
priétés curatives (le second terme viendrait-il de &xoç 1 
cf. Ttâvaxeç, etc.) ; 

Deux termes méritent un examen particulier : 

a) dat. 'EvuaXiw àvSptufovrji «meurtrier» (Hom.) en 
fin de vers, créé d'après àpYEttpévTT) pour àvSpotpévTV) : 
sur les problèmes métriques que pose la formule voir 
Chantraine, Gr. H. 1,84 et 110, J. 'Wackernagel, Spr. 
Unt. 172 ; 

b) àvSpàTToSov, employé originellement au pluriel 
àv8p(XTCo8a, formé d'après le modèle de TETpaTToSa, cf. 
Foed. Delph. Pell. I, B, 7 xETpaTtéStov TrdcvTtûv xal àvSpoc- 
TtôScov. Désigne proprement l'ennemi fait prisonnier et 
vendu comme esclave (Hom., etc.), parfois employé 
comme terme de mépris (PL, etc.). Un exemple chez 
Hom. II. 7,475 sous la forme ath. àv8paTr6Seooi, mais le 
vers est condamné par Zén., etc., et Aristarque écrit 
probabl. à tort àvSpa7r6Sot(ji. Le sg. thém. àvSpâ7to8o\ 
est de toute façon secondaire. Sur l'extension du mol 
voir E. Kretschmer, Gl. 18, 1929, 76. 

Dérivés : àv8pa7n5ïiov, péjoratif (Hyp., Diph., pap.) ; 
àvSpa7ro8tdSï)ç souvent pris en mauvaise part (PL, Arist.) ; 
d'où àvSpaKoStoSta «servilité, nature d'esclave» (Arist., 
Plu.). 

Verbe dénominatif àvSpâKoStÇtù et -Çofiat .-éduire en 
esclavage », notammonl lorsque des vainqueurs réduisenl 
en esclavage les habitants d'une cité, «vendre comme 



avT^p 



esclave» (Hdt., Th., ion.-att.) ; d'où dtvSpaJc6Siaiç «mise 
en esclavage • (X.), -icy-éç (atl.) id. ; àvSpaTroSitJTTQi; 
I marchand d'esclave » (attique), toujours injurieux, 
groupé avec ispoauXoi, xaTtipu^oi, etc. 

Adjectifs dérivés : àvSparroStaTixT) (réxvT)) «chasse 
è l'esclave» ;P1. Sph. 222c, hapax), àvSpaTroSiCTT^ptoi; 
(tardif, Tz.). 

Rares composés : àvSpaTcoSoKdtTtTjXoç, -xXéTTn]?, -xXÔTtoç, 
àvôsiTToScov/];, -ovia. 

B. Le mot àvTjp figure aussi au second terme de composés. 
Les composés les plus anciens, et les seuls qui soient 
attestés comme appellatifs chez, Hom. sont en -Tjvcùp, une 
trentaine d'exemples, tous poétiques ; chez Hom, p. ex. 

àvaTTïjvwp, àYYjvûjp (cf, s.v.), àvrjvcop, eÙ7)vcùp, pTjÇv'top, 
çOEttnfivcjp. 

Le type apparaît également dans un grand nombre 
de noms propres hom. : 'AYajnîvup, 'AyTjvcop, Bmvcop, 
etc. Ce type de noms propres est également attesté 
en mycénien, Atano = 'Av-Tjvoip, etc., cf. Chadwick- 
"'umbach 173. 

ijuelques féminins en -avs'.pa : hom. àvriivaipa, ji(ùTi.a- 
vsipot, yuS'.aveipa. 

A ce type archaïque s'opposent des composés théma- 
tiques en -avSpoç, une qii.-irantainu, dont les plus anciens 
sont TjfitavSpoç (Hippon.), avavSpo;, âp:îà5avSpoç, êXavSpoç, 
rîavSpoç, xlvctvSpo;, TtoX'JotvSpoç, (pîXavSpoç (iEsch.), etc. 

U y a aussi Deaucoup Ut; noms propres de ce type, surtout 
à Chypre et en Asie Mineure : 'EzéfxvSpoç, 'H-j-rjoavSpoç, 
TspravSpoç et chez Hom. 'AXéïavSpoç. En mycén. on a 
dcjii jreieasiKlara ■=- 'AAsïivSpa, kesadara, cf. Chadwick- 
Bsur'iiipxh, .'. c. 

Pour ie nom de Paris 'AXfÇavSpoç, il s'agit de savoir si 
c'est un ternir- grec transcrit dans hittite Alakèandaè, 
ou si c'est un nom asianique auquel on aurait donné 
une forme grecque, ce que pensait Sommer. Il est certain 
en tout cas que tes «oni= en -avSpoç sont fréquents en 
àomaine oriental, et il reste que le développement de 
l'onomastiquo en -avSpoç pourrait s'expliquer par 
l'e-xistcnce do noms indigènes en -and-. Sur cette polé- 
mique voir Kretbcliiner (Gl. 1.3,205 sqq., 21,244 sqq., 
24,242 sqq., 3.S,22 sqq.) qui croyait au caractère hellénique 
û"AA£;av5po;, avec iioflm.ann, GL 28, 1940, 21-77, et 
ta sens cnntr.iire !•'. Sommer, IF 55,187 sqq., Nominai- 
komposita, j86 sqq. Voir encore Bjôrck, Alpha impurum 
333 sqq. 

Dérivés. Diminutif : àvSpîov, rare (Ar. Paix 51, E. ap. 
Phot. p. 127, Théoc.), d'où le dérivé àv.i-^iç, -dvxoç 
«imase'd'un liomme », plus précisément «statue », parfois 
d'une femme o;i d'un dieu ; le mot est attesté en mycémen 
cf. Dociiiuen!:. 'Z-Xz, puis Pi. et ion.-att. ; suffixe obscur, 
cf. Schwyzer. Gr. Gr. 1,.S26, et Szeraerényi KZ 71,215. 
U'àvSsLx? sont t.ijés des diminutifs en -tov, -îaxoç et 
piii5 tardivement en -iSiov, -âpiov, et des composés pour 
désisjner le scilj.tciir de statues, dont le plus ancien est 
ivSpiavTo-'j-.o:, nv'e.- les dérivés -tzq\.zu>, -Tzoacn, -tcouxt). 

Féniinui taruii à'jSpi?, -tSoç «femme» [!] (Sm. Ge. 
123). Nom de lieu àvSosùv et àvSptôv «chambre des 
hommes » (ion.-att. ), avec les dérivés âvSpôviov (Délos) 
etàv&ovlTL.: (Lys., X., Délos) f., ècTta étant s.e., opposé 
a Yuvccixojvît::. 

Abstrait ancien C'^-^-ic,, -Tr,To? avec la variante 
métriquement nécessaire àSp6in]ç « force du corps que 



quitte l'âme du guerrier mourant » Xittoûo' àSpcnÎTa xal 
^56i]v (Jl. 16,857 ; 22,363, cf. 24,6) ; pour la forme, la 
question est de savoir s'il s'agit d'un arrangement métrique 
ou d'une altération de XiTroOcra SpoT^-a, cf. Spcôiji, mais 
l'existence même de ce terme est très douteuse, cf. El. 
(voir pour cette hypothèse Schwyzer, Gr. Gr. 1,214 
avec la bibliographie). Dernière mise au point : pour le 
sens « force du corps, corps », pour la forme àSpov/)ç, non 
àSpoTTjç ou *Spo-rT)ç V. Latacz, Gl. 43,1965, 62-75. 

Ep outre, au sens de «courage» ï;vopÉTj (Hom., A.R.), 
transcription ionienne de l'éol. *âvopÉa (de -pta) forme 
métriquement commode, probablement issue d'un composé 
comme eùSvopta, lui même dérivé de ExioiV(iyçt (Pi.), cf. 
M. Leumann, Homerische Wôrler 109 sq. ; d'où l'adjectif 
secondaire àvopeoç épilliète de -6Xe|j.oi; (S. fr. 436) ; pour 
àvSpeta voir ci-dessous. 

Adjectifs : àvSpstoç (ion. -att., etc.) ; les mss d'Hérodote 
présentent sauf au comparatif et au superlatif la forme 
àvSpifji.oç (sur le suffixe, cf. Chanlraine, Formation 52, 
Schwyzer, Gr. Gr. 1,468). Sens : parfois « masculin » en 
parlant notamment de vêlements (Ar.), des banquets 
d'hommes à Sparte ; mais généralement « viril, courageux » 
(ion.-att.), d'où l'abstrait àvSpsta (att.), àvSp7;trj (ion.) ; 
la graphie àvSpîœ est sans autorité, la métrique admet 
ou exige àvSpeta comme la morphologie ; seule exception 
E. IIF 475 (mss), où il faut lire sùavSpîa. De àvSpcîoç 
sont encore dérivés œvSps'.iTTjç (X., Ti. Locr.l, le dénom. 
tardif àvSp£t6oj « remplir de courage » (Septante), -éoiiai 
«devenir un homme •■> (Proc!.), d'où !ivSpc«j(j.a (Metrod.). 

L'adjectif àvSptxoç plus récent signifie soit « turiné 
d'hommes» en parlant d'un chœur (Lys.;, soit «relatif 
à l'homme » (maladies, Hp.) et fin.-ilemeni « viril », propre 
à l'homme, avec une valeur spécifique et parfois expressive 
(Ar.), cf. Chautraine, Études 141-145. 

Autres adjectifs ; àvSpôi/soç « humain » (Hom., alex.) 
contient le second terme de composé -maiia on sUr. (où il 
joue également le rôle de suflixe) : s'emploie surtout avec 
des substantifs comme aî,!j.a, xpéa, XP^'J? mais chez Hsch. 
on a àvSpôfiEOV " luccriov Kpîj-Ei; ; en outre àvSpûSriÇ 
(Emp., Isocr.) ; àvSptooç » qui appartient à riiomnie » 
(tardif, Muson., Gai.), fait sur le modèle de TraTpôoç. 

Verbes dénominatifs : àvSp'jofiat « devenir un homme, 
atteindre l'âge d'homme » (Hdt., Hp., E., etc.) ; composés 
avec art-, è;-, aussi le factitif tardif àvSpocj « transformer 
en homme» (Lyc.) ; àvivSpcoToç (S. Tr. 110) signifie 
« dépourvu d'homme » ; moyen àvSpîÇouai. « devenir un 
homme », mais surtout « se conduire en homme » (P!., 
X., etc.), avec le factitif âvSp'C" " donner une vigueur 
virile « (X. Œcon. 5,4 hapax), d'où (xvSpiGjj.a (Max. Tyr.), 
àvSptauoç (Poil.) «conduite virile», et l'adv. àvSpiaxi 
« comme un homme » (.A.r. Ass. 149, etc.) ; âvSp6vo[ji,aL 
«devenir un homme» (Ps. Gallisth. 1,13). 

El.: L'a initial qui ne peut s'expliquer de façon sûre 
(prothèse ? ou alternance ?) se retrouve dans arm. aijr, 
gén. arn. Le thème d'àvinp figure dans skr. nâ (thème 
nar-), ital. ner- de l'osque, gén. pi. ner-um, lat. sab. nom 
propre Nerô : en celtique, gall. ner, etc. 

Le terme i.-e. désignait l'homme en évoquant ses qualités 
les plus marquantes, le guerrier, tandis qu'un autre mot 
uïr que le grec n'a pas conservé désignait seulement 
l'homme, le mâle. Voir Ernout-Meillel s. v. Nerô et uîr, 
G. Dumézil, jR. Et. L. 31, 1953, 175 sqq., Ernout, 
Philologica III, 90-92. 



— 89 — 



âv9os 



âv8e{tov, voir fivOoç. 
âv6Épi|, voir àO-i^p. 

ovOos : n. «pousse, fleur» {Hom., ion.-att., etc.), et. 
Aitchison, Gl. 41, 1963, 272 sqq. ; d'où . éruption » (Hp.), 
« broderie, éclat, fleur de la jeunesse », etc. (ion.-att.). 

En composition, le th^me de SvOoi; figure comme second 
terme dans divers composés en -avG^ç comme àv-, eu-, 
Xeux-, TtoXu-, XP^*'"» ^tc, cf. Aitcliison, /. c, qui insiste 
8ur le sens de « bien poussé >, etc. 

Lorsqu'il s'agit du premier terme, peu de traces du 
thème en s. Seul e.vemple net dcv6ea-ç6po<; (Eur., Poil.), 
avec 'AvOEO-çopta « fête des fleurs » (Poli.) ; en outre 
àvâsai-oupYÔç (Orph.), -Tz6x5.-nc, (Antiph.), -xpoiç (Matro), 
où le premier terme évoque soit le datif pluriel ivOeai-, 
soit le type de composé Tep'](î(x6poToç. Partout ailleurs, 
composés du type âvOo- (une trentaine), p. ex. : àvOôSoXoç, 
•^olitù, -poax6ç, -xé(jtoç, -xojiéco, -xpoxoç « tissé de fleurs 
ou de broderies > (E. Hec. 471) ; -Xéyoç, Xoyéti), -Xoyta 
se rapportent à la cueillette des Heurs ; sens d'Anthologie 
pour àvOoXoyiov chez Suid. ; -v6(j.oi;, -vo^Éto « se nourrir 
de fleurs • (TEsch.) ; àv9oafiîaç, nom d'un vin parfumé ; 
àvôtTpoçoç ;-(pâpoç ; -çu-^ç, etc. 

Dérivés : àvÔùXÀiov (M. Ant., Dsc.) constitué avec un 
suffixe diminutif -ùXXiov, cf. M. Leumann, Gl. 32,214 sqq. ; 
le mot sert aussi à désigner diverses plantes, notamment 
la Cresse de Crète et rive, l'Ivette musquée, également 
dénommées àvOuXXtç, -£Soç t., ou lïvOuXXov. Autres dérivés 
en -/- : àvOiXiov « souchot comestible », àvOTjXir) « touffe 
soyeuse qui couronne certaines plantes, roseaux », etc., 
cf. chez Hsch. àvOrjXT; " Trtôytov ; également p.-ê. àvOrjXiov 
var. pour àvO'i>.>.iov chez Dsc. 3,156 ; 4,121 (pour àvGrjXia • 
itEpiScpua chez Hsch., cf. Charax 21, PoUux 10,54, voir 
sous fjXtoç) ; d'où à date basse àvOYjXâç, prob. « marchand 
de fleurs » (P. Lond. •3,387,21); pour le sufTixe, cf. p. ex. 
Bjôrck, Alpha impuram 268. 

'AvOoaûvT) « floraison » (AP) est tardif. 

Suffixe à nasale désignant un lieu : âvOÉoiv «plate-bande 
de fleurs » [OGI 365, Amasia) et àvGa>v (gloss.). 

'AvO£a-rr;pia « fêle des fleurs » (à Athènes et dans des 
cités ioniennes), ffite de Dionysos et des morts (Nilsson, 
Qtsch. der Gr. Rel. 1,561, etc.) ; pour le suff. -xrjpiov, 
cf. Chantraine, Formation 63) ; d'où le nom de mois 
'AvGEa-Oîpttov. 

'AvOâpiov avec un suffixe diminutif « éruption » glosé 
èpj9iii[ia'(Hsch.). 

Quelques noms de plantes ou d'animaux se rattachent 
4 SvOoç : àv6-)^Stdv f. terme rare pour désigner l'abeille 
(cf. àv9p:QS<dv, et Chantraine, ibid. 361), désigne aussi 
l'Épine blanche, cf. André, Lexique s.v. ; àvOtâç m. nom 
de poisson Labrus anlhias, ainsi dénommé à cause de ses 
riches couleurs (?), cf. StrOmberg, Fischnamen 26, mais 
Thompson, Fishes s. v. propose une toute autre étymologie. 

U a été tiré de âvOoç un certain nombre d'adjectifs : 
Mivoç (et non comme on pourrait l'attendre *àvO£tvo(;) 
(M. 9,84, pour la nourriture des Lotophagcs, en accord avec 
te sens de matière du suffixe, cf. encore àvOivoç xuxétov 
(Hp. Int. 12), &. ÏXatov (Hp. Mul. 1,35) ; le sens dérivé 
de «brillant, coloré comme des fleurs» est tardif; àvOr^pôç 
iSeuri » épithète d'une prairie, du printemps, etc. (Ar.), 
M au flguré « frais », « brillant », etc. (Ar., S., E., Isocr., 



X-, etc.) employé aussi en parlant du style ; ^ àvOrjpd 
a servi encore à désigner une pommade ; dvOjjpiç peut 
aussi bien se rattacher à iïvOoç et à àvOlu ; de là àvOïipérnç 
(tardif). 

Autres adjectifs plus rares : àvOi^eii; «aux couleurs 
vives», (iv0:^[iojv (Nie), qui peut aussi être rapporté à 
àvOétù, àv6ix6ç « qui porte des fleurs », opposé à çpuYavixiSç 
(Thphr., IIP 6,6,2), «vOiptoç « fleuri . (Orph.). 

Verbes dénominatifs : àvOéu «pousser, fleurir» (Hom., 
ion.-att.), dans le seul exemple hom., Od. 11,320 à propos 
de la barbe naissante, également au sens d'être brillant, 
de fleurir, de prospérer, etc. ; Sveigaiç «floraison» (Thphr. 
Plu.), àvOTjjjia (tardif) ; formes à préverbes, surtout xt:-, 
kit-, èÇ- « fleurir », souvent au flguré (notamment en 
parlant d'ulcères), parfois-aussi «perdre sa fleur, sa couleur, 
dégénérer », avec les substantifs en -Tjaiç et -Y)[i.a ; on 
rattache aussi à dcvôétoio dérivé inverse écvOi] f. « floraison » 
(PI., alex., forme spécialement attique selon Moeris) ; 
sur livOéco a été également fait AvOTjTixéç (Thphr.) = 
àv9ix6ç. 

Le verbe àvOîî^to est factitif : « fleurir, colorer, parfumer 
de fleurs» en parlant d'un vin; avec èÇavOî^w (lldt., 
Arist., etc.); dérivé àv0i<j(i6ç «éclat» (P. Holm. 18). 

Tous les termes examinés peuvent se rapporter à dtvOoç, 
mais il existe une autre formation parallèle àvOeixov 
« fleur » (Saph., Pi., com., Tab. Heracl. 1,96) ; s'emploie 
souvent pour désigner des ornements dans des bijoux, de^ 
vases, etc. (cf. IG 1« 286,160, etc.). Sert aussi à désigner 
diverses plantes, cf. LSJ s.v. Le terme présente une 
structure insolite, et apparaît notamment dans le vocabu- 
laire technique. Hypothèse douteuse de E. Risch, 
Worlbildung 141 sq., M. Leumann, Hom. Wôrter 249 sqq. : 
serait issu de l'adjectif àvOefxéevra, -6evTL, qui aurait été 
créé comme ftn de vers, sur le modèle de r)vc[jt6ïVT!ï, puis 
aurait donné naissance d'abord à 7roXuâv6e(jioi; (Sapho, 
etc.), puis à àvee(jtov (cf. Ruijgh, L'élément achéen, 102). 

Outre àvOEfjiôetç « fleuri », surtout employé pour des 
œuvres d'art ornées de fleurs (Hom., poètes), et TrcXuâvOs- 
[xoç, on relève un certain nombre de dérivés et composés. 

Dérivés : dcvOejxfûSTj; (poét., depuis Sapho), iivOE[jitdT6ç 
épithète de tuiles (IG II' 1627), àvGéfxiov motif en forme 
de fleur dans une colonne ionique {IG 1» 372), fréquent 
à Délos à côté de iïv6e;jiov pour des ornements divers : 
« palmette », etc. ; à propos d'un tatouage X. An. 5,4,32 ; 
rare au sens de fleur, cf. AP 4,1,36 ; f. àvOEfiCç, -t8oç, 
rare au sens général de fleur, désigne diverses plantes, 
notammanl la camomille sauvage (Malricaria Chamomilta) 
qui s'appelle également XeuxàvOcjjiov et XeuxavOepitç ; 
on a aussi àv6c(i[criov. Enfin âvOcfiov figure dans des 
noms propres comme 'AvGefiCtov, 'Av6c|i£87iç ou des noms 
de lieux comme 'Av6e(jio0ç, -oûvroç. L'anthroponyme 
mycén. Alemo, si c'est "AvOefioç, va contre l'hypothèse 
de M. Leumann. 

Verbe dénominatif : àvOsjiCî^ofiai « cueillir la fleur de », 
au figuré (.ï:sch. Suppl. 73) et éTravOeixCCto (S. Ichn. 323). 

En composition, outre TroX'jdvÔEjxoç et EÙdtvOEjxoî, une 
quinzaine de composés désignant surtout des variétés 
de plantes comme XEuxâvOc|j.ov, xpucrdvOsjjtov, etc. De 
plus àv8E[io- sert de premier terme dans quelques composés 
poétiques : àv9£jj.oppuT<5<;, -aTptor^ç (E.) ; <àvO£[xoupY<5ç 
épithète de l'abeille (iEsch.) ; en outre àvi/t^oçépov = 
pouvtov (Dsc). 



âvOof 



90 — 



"Avôoç et (icv6e(Aov ont tenu une grande place dans 
l'onomastique, v. Bechtel, H. PeiWnennamen 54-57, etc. 

'AvOoç ne subsiste plus qu'en grec ^puriste et au figuré 
surtout. Remplacé par XouXoùSi. 

El. : On a l'habitude de rapprocher de étvôoç skr. dndhas- 
«herbe, plan' -, plante du soma ». Mais le sens propre de 
plante est mal assuré eii skr. Les rapports éventuels avec 
Jh^ptÇ, àv6epéci>v peuvent être dûs à l'ét. pop. Une 
p«renté avec le verbe àvi^voOe serait plausible, si le sens 
d» àv9oç est bien « pousse », etc. 

âvOpaÇ, -axoç : m. « charbon de bois », généralement 
•mployé au pluriel (ion.-att.) ; rarement « houille » (Thphr. 
Lap. 16), d'où nom de certaines pierres précieuses de 
couleur rouge, escarboucle, etc. ; chez les médecins, 
• furoncle», etc. 

Dérivés nominaux ; àv6pâxiov ; dcvOpaxtâ « tas de 
etiarbon » {sens collectif, cf. Ghantraine, Formation 82, 
Scheller, Oxgtonierung, 66 sqq.) ; àvOpaxtâç -ou « char- 
bonnier > (Lucien); àv6paxtTT)i; m. sorte de pierre (Plin., 
cf. -îedard, Noms en --noç 52) ; àvôpaxÏTiç f. « espèce de 
charbon » (Plin., cf. Redard, l. c.) ; àvôpaxcbv m. « tas de 
charbon » (Hdn.), àvâpâxtofia « amas de charbon de bois » 
(Dsc.) ; àvôpajceùç « charbonnier, fabricant de charbon 
de bois » n'apparaît qu'assez tard, mais çiXavôpaxsûç 
déjà chez Ar. prouve que le mot est ancien ; d'où àvOpaxsùo) 
(Ar., Thphr.), -euT7)ç (And., ^I.) et l'abstrait àvôpaxeia 
(Thphr.). — 'Avôpaxâpioç chez des gloss. a reçu le suffixe 
tardif -ipioi; pris au latin. 

Adjectifs : àv6pax7)p6ç « qui concerne le charbon » 
jDélos, III» s. av., SI G 975) : àvOpâxtvoç « d'escarboucle », 
OU < de la couleur de l'escarboucle » {LXX, pap.) ; 
i»9pay.(ii>8T)i; « semblable à du charbon » (Hp., Arist.). 

Verbes dénominatifs : àv6pax6o|jiai «être carbonisé» 
(Ssch., E., Thphr.) ou «former un furoncle» (méd.), 
d'où àv6pâxti)(Tiç «carbonisation» (Dsc.) ou «furoncle» 
(Paulffig., Gai.); pour àvOpâxwjxa qui semble indépendant 
du verbe, voir plus haut; àv6paxtÇto «faire griller» (Ar.) 
il btotvOpaxtCw (Oral.), d'où, par dérivation inverse 
fcSpoxiSeç et èTtavÔpaxtSeç, f . « petits poissons à griller » 
(Ar.). 

Rares composés : âvÔpocxoEiSyji;, -Qrjxt], -ttcùXt]?. 

Ei.: Obscure. On rapproche arm. ani-'el «charbon 
Wdent », ce qui semble être le sens originel du terme grec. 

âv9pi^ : f. « frelon », variété de guêpe, il ne s'agit 
fMdu mâle de l'abeille (Ar., Arist. HA 628 b). Dérivés 
Mpijvtov « nid de frelons» (Ar., etc.), d'où ivôpTjvitiSTjç 
'Constitué comme un nid de guêpes » (Plu.). De dbvôp'i^vj] 
te composé àv6p7jvoEt8i^ç « qui ressemble à un frelon » 
(Thphr.). 

Le mot a un doublet àvôpTgSuv, f. attesté plus tardive- 
wnt (D.S., Hsch.). Les deux termes entrent dans une 
»We de mots variés qui ont pu influer les uns sur les 
Mires, et qui semblent désigner le même animal ou une 
miété proche : rsvôp^^vif), TevQpi^Scov, 7cepi(pp^S«v ; àvÔT^oiv 
fait sur SvOoç d'après ivÔprjSov. 

En ce qui concerne le couple èvGp-^vTj/dcvOp-iQStûv, les 

tonnées philologiques amènent à penser que la forme 

h plus ancienne est àvSpyjvr; (cf. Et.), dtvOp'i^Swv ayant 

ilè créé ensuite sur If. modèle des noms d'animaux en 

-Swv (cf. sur ce suffixe, Ghantraine, Formation, 360-361). 



Et. : On a tenté de mettre àvOp:^ et dtvOpi^Stov en rapport 
avec le groupe de dcÔTrjp, àvOépiÇ en partant de la notion 
de « être piquant » (cf. Pokorny, 41). Toutefois si la forme 
àvôpTpn) est la plus ancienne le terme pourrait être un 
emprunt « égéen » ; cf. sur la finale -if)vï) dans des termes 
d'emprunt et des toponymes, Bertoldi, Mélanges Boisacq 
1, 47-63. Voir encore Gil Fernandez, Insectos 73-75. 

ôvdpuvKov : Seandix australis « cerfeuil » (Sapho, 
Gratinos) avec l'orth. prob. secondaire ïvôpuoxov (Pherecr., 
Thphr.), forme qui se retrouve dans lat. entbrgscum. 
Autres déformations : dcvôptoxoç (Poil.), d'après le sufT. 
-toxoç, d'où dbvepiaxtov • Xàxavov ëxov àvôoç d)ç fiv»)6ov, fj 
xà liéwyjoov (Hsch.). 

El. : Il est probable que la forme la plus ancienne est 
fivôpuoxov. On a proposé de rapprocher àO^p, dtvOépiÇ. 

âvOpuiros : m. et parfois f., « homme, être humain », 
au sens de lat. homô (depuis Hom. durant toute l'histoire 
du grec jusqu'à nos jours). Attesté une fois en mycén. 
sous la forme atorogo pour indiquer la représentation d'un 
homme sur un objet (Chadwick-Baumbach 173). S'oppose 
d'abord à 6e6<; et s'emploie surtout au pluriel chez Hom., 
désigne l'homme comme espèce ; s'emploie parfois surtout 
au vocatif avec ton de mépris. Au féminin, désigne la 
femme (attique), parfois avec ton de mépris. Emploi 
exceptionnel LXX 1 Es. 9,40 àiz' àvOpcùTrou l<oç yuvaix6ç. 
Le mot litvGptoTroç figure dans un assez grand nombre 
de composés. Une cinquantaine de fois comme premier 
terme de composés, généralement techniques et plus ou 
moins tardifs : àvOptùTtoêôpoç, -popéu (Stoic), -Sat|jt<ov 
« homme déifié » (E.), -eiSïjç (Hdt., etc.), -Qripia. (PI. 
probablement créé par le philosophe) ; -xt6voç, etc. 
(E., etc.) ; -Xé^oç (Arist.) ; -(iâyeipoç (Luc.) ; dtvépcoTro- 
vofjttxr; « l'art de paître les humains » (création occasion- 
nelle PI. Pli. 266e); -7ta07)ç, etc. (Ph.) ; -Troiéç «sculp- 
teur » (Luc.) ; -(Kpayiû) (E.) ; -(pâyoç, -<fayibi, -<fayLa. 
(Hdt.), -çuTjç (Hdt.). 

Une quarantaine de composés où -âvQpcoTroç constitue 
le second terme, notamment in- « désolé, désert» (.Esch.), 
« misanthrope », avec des dérivés dtjravôpuîrla, dcTravôpoj- 
jréo[iai ; ôXty- (X., etc.), jcoXu- (Thuc, etc.), et avec 
un premier terme verbal, (iiaâvOptijrcoç, etc. (PI., com.) 
et surtout (piXdévdpûJTroç « bienveillant » (ion.-att.), terme 
très usuel qui a donné naissance à toute une famille, 
-eut, -la., -eûofiat, -eufia. 

Diminutifs généralement employés de façon péjorative : 
dtvôpÛTtiov (E., com-, X., D.) ; ivQpcùKiax.oi; (E., Ar., 
PI., etc.) ; livôpuTcixptov (com., Dém., Épict.). 

Féminin : àvGptûTcci • î) y\yvi) Trapà Adcxtùoiv (Hsch.). 
Autres substantifs : àvÔptûTrd-nj; «fait d'appartenir à la 
nature humaine » (Ph., S.E., Plot.), ne prend pas le sens de 
« humanité, bienveillance » cf. çtXav6ptù7rîa ; àvôpcoTnjîi), 
àvQpunéyj et àiSptùTVT) «peau humaine» (Hdt., Poil., Eust.), 
cf. XcovT^, etc. (Ghantraine, Formation 91), en fait féminin 
de àvÔpciiTretoç, avec 8opi s.e. 

Adjectifs : att. ivOpcjnrEioç, ion. àvCpuTn^ioç (cf. 
Ghantraine, Formation 52) « humain », opposé à eeîoç, 
de sens très général et surtout dans le s'tyle élevé ; noter 
àvôptoTreiouç :^nipaç • xàç àrtoippâSaç 'P6Sioi (Hsch.), 
ce que Latte explique en indiquant que étvOpoTroç a pu 
désigner un défunt, cf. à Gyrène Buck, Greek Dial. 115,21 ; 



— 91 — 



Svra 



le tonoe uraftl pour dire *buiBaiii>, «de Ut nature à» 
l'homme » est éSpémwoç depuU l'ion.-att. jusqu'au 
grec tardif (cf. Chaatraine, FomuAion 201-203) ; enfin 
dçvôpwitucà; (Pliilolaos, PL, Arist.) est un terme de 
fonction catégorisante (cf. Chantraine, Êîudea 145-146). 

Vert>es dénominatits : &v6po>7rUÎ(D et dcv&p(>McQ^o(i«a «se 
comporter comme un liomme » (rare, Archytas, Ar., 
Luc.) ; d'o& &^fuiman6i (Aristippe) ; àvdptatteùinMi 
1 86 conduire comme uu bomne > (Arist.) ; (iv6pc»ic6ofxai 
• avoir en soi l'idée d'un tioaune >, création pour les 
besoins du raisonnemmt (Plu. 1120 d). 

Et.: Ignorée. Nombreuses étymologies que l'on trouvera 
inumérées chez Frisk. Voir aMSl Seiler, Gl. 32, 1953, 
225 sqq., qui souligne que l'étymologie devrait partir 
de la fonction du mot, qui est d'opposer la classe des 
humains à celle des dieux. 

Le mycénien aioroqo rend quasi-certaine l'existence 
d'un second terme -OlCo- (exprimant l'idée de visage ou 
d'aspect î), cf. 6if, Trpéowrcov, etc., et apporterait un petit 
appui par ex. à l'explication par *(iv8p-cù7roç. 11 resterait 
à justifler la sourde aspirée : Devoto, IF 60, 1949, 63 a 
une explication compliquée par l'hypothèse d'une origine 
illyrienne, 6 pour 8 d'après alSôiooa • aïôouCTa ; la glose 
d'Hsch. 8ptà(}( • àvOpcùTcoç ne peut être évoquée qu'avec 
réserve, cf. Latte s.v. P. Kretschmer, Gl. 27,1939,246, 
a pensé que l'aspiration de -coTtoç était due à l'analogie 
de ôpâu ; cf. Georgacas, Gl. 36, 1958, 112 sq. On hésitera 
aussi à admettre que les Grecs aient désigné les humains 
par un terme signifiant « au visage d'homme ». Les données 
du problème sont donc précisées sur un point, mais il 
n'est pas résolu. 

âvio : ion. àvlTj, éol. èvta (Sapho) « chagrin, peine • 
[Oi., ion.-att., etc.). 

Dérivés : àvtctpéç, ion. àvtj)p6ç « pénible, douloureux » 
[Oi., ion.-att.) ; sens passif «peiné » chez X. ; pi. n. &na. 
«des peines. (Bîsch. Perses 256) est probablement un dérivé 
Inverse d'après <piXia : qtlXio;. 

Verbes dénominatifs : dtviiw « peiner », àviàoiiai • être 
peiné» (Hom., jon.-attique) ; avec le doublet àviàJ^w 
(Hom., épique) • peiner • et parfois « être peiné ». Ces 
mots ont toujours un iota long chez Hom., ce qui ne doit 
pas s'expliquer par des raisons métriques. 

Subsiste en grec moderne. 

El : Pas d'étymologie sûre. On accepte souvent celle' 
de L. Meyer et Wackernagel (Gl. 14. 1924,54 sqq.) qui 
rapproche skr. àmipâ- « Iléau », en supposant la dissimilation 
de-mw- en -nui- (?). Autre combinaison de F.B.J. Kuiper 
{Ann. Inst. Or. Napoli 1, 1959, 157-164) qui pose 'an- 
u-gS cf. skr. anifla- « funeste », le radical * is- étant 
apparenté à î(iepo<;, etc. 

ôviYpôs : ' pénible », etc. (Nie, Call., 0pp.), cL 
btYpiv • àjtâSapTov, çaûXov, xax6v, SuaûSeç, dcoeSéi; 
(Hscb.). Terme alexandrin. 

El.: Ce mot alexandrin est-il archaïque ou récent ? 
Voir des hypothèses chez Baunack, Rh. M. 37, 1882, 474, 
eu Ehrlich, Indog. Sprachgeschichle 61. 

àwîs : MTpèç ^ TzoL-pbi; [xr,Tr,p (Hsch.) ; le terme est 
attesté IG VII, 3380 (Béotie). Sans géniination et avec 
te sufTixe -oi/-<j de fémiiiiu àv<i dans l'accusatif àvtiv 
[IG IX 2, 977 Larissa). 



Sur Ms mots, ainsi que tur "Aw»), "Awa etc, duM 
l'onomastique, v. L. Robwt, Sftiet de fijrzaiu» 138>141. 

Et : Comme le eonflrme la géminée, appartient A là 
série des noms de parenté de caractère familier. Le MU. 
a annai «mire» et bannai «grand-mère», l'àim. Aon 
«grand-mère» (avec un ft hystérogène), v. h. «. oim 
< aïeule > ; lat. anna < nourrice »' est douteux (cf. GmouW 
MeiUet S.U.), mais antu doit finalement appartenir tm 
même groupe. 

àvoKUX^, voir sous lx«. 

âvôirata : hapax hom. (Od. 1,320 fipvu; 8' &ç à-tdivjxa. 
SiéirraTo) terme obscur que discutaient déjà les Anciens, 
avec les interprétations suivantes : 1) selon Hdn. 2,133, 
qui écrit âvoTtaïa, adverbe (composé de àvâ, *6uT0(iai, 
ôicTÔç) < de manière invisible » ; 2) selon Eust. ad loc. 
=c &v(d, àvoçepé; «en l'air » ; 3) selon Aristarque àvénaia 
ou 7Tav6naux espèce d'aigle, cf. Thompson, Birds s.u. ; 
4) selon un gramm. dans An. Ox. 1,83, « par le trou dans 
le toit », c.-à-d. par le trou de fumée. 

On rapproche naturellement àvéïtaioç épithète du feu, 
Empéd. 51, au sens probable de « qui s'élève vers le haut 
par le trou de fumée a. 

Enfin 'AvÔTcata nom de la montagne et de la passe ou 
« cheminée » par où les Perses ont tourné la passe des 
Thermopyles (Hdt. 7,216). 

Et. : En raison de l'a bref iinal, hom. ivÔTtatoc doit être 
considéré comme un adverbe (pluriel neutre), plutôt que 
comme un adjectif féminin, ce qui exclut l'explication 
d' Aristarque. Pour l'étymologie, l'explication la plus » 
vraisemblable est celle de WOmer, Curt. Stud. 6,349 sqq. | 
reprise par Bechtel, Lexilogus s.u. : le terme serait >ss«| 
de dcvà t^ ërrn « en haut par le trou (du toit) », ce qui ' 
confirmerait l'explication 4 « par le trou de fumée » et 
convient à VM>nawç d'Empédocle. Les sens de « en l'air » 
est un équivalent vague, et « de façon invisible » serait 
issu de l'étymologie populaire. Contre une hypothèse 
sémitique inutile, E. Masson, Emprunts sémit. 99 sq. 



âvra, fivnjv, fivn : Il y a toute une série de termes 
bfttis sur un thème 4vt-. 

I) "AvTcc « en face », notamment dans £vTa (xàxeoOou, 
parfois « contre », adverbe épique, accompagné à l'occasion 
d'un génitif, cf. pour l'emploi Bolling, Language 27,223-225. 

Combiné avec des préverbes : âvavra (//. 23,116), eto- 
(Hom., Pi., trag.), èv- (Hom., trag.), xa-r- (//. /. c), Ttap- 
(II. l. c), Jtpoo-, \m- (cf. sur ces combinaisons Schulze, 
Kl. Schr. 669, Wackernagel, Vorlesungen 2,225). 

Forme d'ace. Svttjv « en face, contre, en présence de 
tous » (Hom., ép. tardive). 

Dérivés : àv-raeu; « hostile » (Pi. P. 9,93 hapax), àvraïoç 
« opposé », et « à qui on adresse des prières (poètes). 
Dénominatif : Âvràco « rencontrer, obtenir, participer à » 
(Hom., Hdt., trag.) ; en outre les dérivés àvn^fTetç • ; 
IxeoCat, XtToveîat, Uereiai (Hsch.) ; ivr^oei • XiT«velaiç, 
dcvT^aeoi (ibid.) ; il faut p.-ê. corriger Avn^ei en âvrijoi 
d'où la conj. Sv^atç (S. El. 139); avec un morphème 
adverbial àvr/jStç • ty-e-reu-ticûç (Hsch.). Ces termes 
se rapprochent mieux pour le sens avec av-ojiat (cf. 
plus loin) ; le composé àTcxvTxu est usuel en ion.-att. 



avta 



— 92 — 



• rencontrer >, parfois au combat ou au tribunal, etc. ; 

dérivés rares : dbïdbrrjotç (S., Arist., etc.), imkvrtnia 
(E., LXX), àroxvT») {LXX), dronrrijptov t auberge » (byz.) ; 
autres composés de Âvrâca avec jtaT-, ouv-, Û7t- ; enfin 
4vT0(i.ai «rencontrer, combattre» (II.) et «aborder, 
supplier » (trafiques) ; ce présent (sans aoriste ni parfait) 
n'est primaire qu'en apparence et est dérivé d'un thème 
ivT- avec une simple voyelle thématique ; 

2) 'Avrt est le préverbe et la préposition usuelle qui 
a triomphé de àvra, employée avec le génitif ; parfois 
chez Hom., en crétois, etc., «en face de » ; parfois au sens 
temporel, distributif dans certains dialectes, cf. delph. 
àvrl Fixeoç (voir Buck, Greek Dialects, § 136); enfin 
chez Hom. et en att. « au lieu de, au prix de, en échange 
de, valant, etc. » et en composition « en face de » (àvrt- 
Wvw, etc.), c contre» (àvrOéyw, etc.), «en échange de» 
(àvTiôoijôécii) ; dans des composés nominaux « égal à », 
miiraiç, àvriSouXoç, déjà chez Hom. dtvTÎÔeoç, àvriâ- 
wipoç épithète des Amazones, hypostase de àvrl et àvTjp 
(Snmmer, Nominalkomposila 171, etc.) «qui vaut un 
hoiume », mais parfois compris « ennemie des hommes » 
d'où Pi. Ol. 12,16 oTdtatç àvruivetpa «la discorde qui 
met les hommes aux prises » ; « substitut de », dans àv6u- 
TOTOt. etc. ; «qui correspond à » dans àvrlTUTtoç, àvTÎtpopToç 
t conlre-poids », etc. Les composés de <*vti- sont nombreux 
durant toute l'histoire du grec. Dès le mycénien on a 
àvTi- notamment dans des anthroponymes, cf. atano = 
'AvTTjvûjp, Cliadwick-Baumbach 173. 'A\nL figure comme 
second terme de composés dans les adverbes ëvavri. 
(tardif), crétois ïvav-ri., àTcévavTt, xaTÉvavri. 

Dérivés : àvTÎoç « en face, opposé à ». avec les adverbes 
ivria, àvTLOv mais Milel 7 p. 64, dcvxia eïvai. en parlant 
d'un dieu « aider, favoriser » ; ces mots sont propres aux 
poètes depuis Hom. et à la prose ionienne ; la prose attique 
n'emploie que èvavTÎoi; (depuis Hom. jusqu'au grec le 
plus tardif) ; ce mot ligure comme premier terme dans 
des composés tardifs, déjà PI. èvavTioXoYécj, etc. ; le subst. 
ivTÎov désigne l'ensouple du tisserand. De àvrtoç est 
dérivé àvTiâSec; f. pi. «amygdales, (méd.). 

Verbes dénominatifs : àvriàu terme épique (presque 
uniquement attesté chez Hom. avec les formes à distension 
àvTiàav, âvTiôo), etc.) «rencontrer, affronter, aller au 
devant de, recevoir, accepter ». L'aoriste dtvrtxoa et le 
(ut. àvTtdttici) avec a bref répondent à un présent àvTiàî^to, 
tythmiquement exclu du vers épique mais attesté chez 
Hdt. et en poésie au sens de « rencontrer, supplier ». 
'A»ti6o|juri « rencontrer, résister à » (Hdt., JEsch.) et 
«rtout èvctvTiéofjtai (ion.-att.), avec des dérives en -<o[ia, 
■«sic; 

3) Enfin il a été constitué sur àvr- un thème en s dans 
ivirojç « montant, escarpé » (ion.-att.), èrtàvryjç, id. 
(Th. 7,79 hapax), KaTàv-n)ç « qui descend, incliné », è^dtvnfjç 
iBors de danger » terme médical (Hp., PI.) : on part du 
MUS de 1 détourné de, libéré de » cf. iÇâv-nfjç voûaou (Hp. 
Morb. 1.14) ; :rpoaavT7)ç « escarpé, rude, hosUle » (ion.- 
jtt.) sur l'origine du thème en s, Schwyzer, Gr. Gr. 2,441, 
«t voir, H. 

'Avrt subsiste en grec moderne comme préposition 
it comme préverbe. Noter aussi dutotvrô «rencontrer, 
rtpondre >. 

Et.: Un thème av.- s'observe dans une forme d'ace. 
im, cf. got. and{a), etc. ; dans une forme de locatif 



àvrt, dans (£vt»)v (accusatif d'un thème en -5 î). A dtvrt 
répond skr. ànti, lat. anie, hitt. Ifanti. Le nom. est attesté 
dans hitt. ttanza {= 'hant-s). Enfin on a supposé qu'un 
adverbe comme xàxavmç serait un ancien génitif atfaém. 
qui aurait servi d'amorce au thème en s. 

Le sens originel de 'ant- est < en face » mais le grec s'est 
prêté à des développements divers : «s'opposer, rencontrer, 
supplier », etc. 

âvTOi : Svefiot et àvrdtç • nvodtç (Hsch.). A corriger 
en àTJrai, àV)Tocç. 

L'hypothèse de Sturtevant (Long. 19,308) qui considère 
âvTai comme un dérivé de 'an-, cf. &ve(xo(;, n'est pas 
vraisemblable. 

àvraKato; : m. espèce d'esturgeon (Hdt., Lync, El.) ; 
employé aussi comme épithète de TÔpixoç (Antiph.). Voir 
Thompson, Fishes s.u. 

El.: Probablement arrangement d'un mot d'emprunt, 
cf. Hdt. 4,53 xi)Teâ xs (jtsyàXa àvôxavôa Ta àvTaxalouç 
xaXéouaiv (il s'agit de poissons que l'on trouve dans le 
Borysthène = Dniepr). 

âvrap : àeràç ÛTtà TuppTjvôv. Eù<popUûv Si SiadjAK 
(Hsch.). 

Cette glose mélange l'explication de deux termes. L'un 
étrusque. L'autre équivaut à àvrîov « ensouple », cf. sous 
âvxa, àvTi, etc. : dérivé de âvx- avec suif, inanimé -ap, 
ou composé de àvT- et rac. de àpapîoxw, cf. Sà^ap. 

dvTâTâs : « otage » (crétois), cf. sous à&ut. 

àvTTfpîg, -tSoç : f. « étai » (E., X., hellén.). Diminutif 
àvT7)pî8tov (hellén.) ; on a aussi àvnfjpioç " cmfjjxtùv xai 
xàv<ov ô TCpoaxctiievoç Tf) ôûpqt (Hsch.) «montant d'un 
métier, barre d'une porte », cf. Tcâyioç à côté de Ttay^ç, 
pcdfxioç à côté de ^(ù\J.iç. 

Et.: Dérivé inverse de àvT-spsîScù avec allongement 
de l'initiale du second terme de composé ; on a, au lieu 
de -TjpetS-, -■»;pi8- d'après le suffixe -i8- : cf. èyxXtç 
de hpOJ.\)a>, èfiTttç de èfiTcivtù, et même èYxpiç (cf. s.u.). 
V. StrOmberg, Wortsludien 14 sqq., Szemerényi, Syncope, 
143. 

âvrntms : seulement dans l'expression xa-e' av-njomv 
. en face » (Od. 20,387 hapax). 

EL: Composé issu de àvnjv laxacrôai. Premier terme 
àvT»)- (il n'est donc pas indispensable de poser une forme 
ancienne du composé *&vn-<nii). Comme second terme, 
radie, -ax- de ïoxaoôai au vocalisme zéro, avec suffixe 
-t-, cf. ëÇaoTiç de *l^-av-CTX-iç, cf. Schwyzer, IF 30, 
1912, 434 sqq., Bechtel, Lexilogus s.u. 

àvTÎ, voir ivra. 

àvTucpû : « droit en face de, contre », à côté d'un gén. 
{II. 8,301), d'un datif (//. 5,13o) ; adverbe . tout 
droit », etc., souvent suivi d'une préposition ; enfin 
« tout à fait, franchement », etc. Terme propre à Homère 
où l'u est long. En outre les composés en attique dbncvxucfii 



— 93 



avu^ii 



(avec l'altération phonét. ànavrpPKÛ, IG IV, 1672, 25) 
• en face de » et xaxavrtxpû chez Hom. et en att. (avec 
xaravTpoxû IG U' 1668, 88) t tout droit, en face de », etc. 
Avec un s adverbial on a en attique écvrocpui;, avec finale 
brève comme l'indique l'accent (cf. Vendryes, Accentuation 
grecque, § 100) : « tout droit, ouvertement, tout de suite, 
en face de » (ce dernier sens plus tardif). 

Les grammairiens anciens distinguent entre àvTUcpû 
= èÇ èvovrta; et àvrn'.puç = cpavepûç, SuxppïjSTjv, mais 
ivTixpu a les deux sens chez Hom. 

Et.: Composés dont le premier terme est àvrt-. Pour 
le second terme, deux étymologies ont été proposées : 

1) On a rapproché la famille de xépaç, xàpâ, etc. ; 

2) On a évoqué xpoûu (Kretschmer, Gl. 4, 356). Aucune 
ne se laisse démontrer. 

âvTXoç : m. « fond du bateau, fond de cale » (Hom.), 
mais désigne proprement l'eau de la sentine (ion.-atl.) et 
donne lieu à diverses métaphores, cf. ^sch. Sept 796 
cîvtXov SéxeaOai. « faire eau » ; d'où « flot » (Pi.) ; au figuré 
■ las de blé non encore vanné» (Alex.); Pollux cite le 
neutre àvTÀov déjà attesté en mycénien comme nom de 
récipient (Chadwick-Baumbach 173, cf. Chadwick, Mycenae 
Tablets II, 111). Mais il n'y a rien à tirer de atereetejo. 

Dérivés : àvxXta « sentine, eau de la cale », etc. (S., Ar.), 
dans les papyrus « réservoir ». 

Verbe déiiominalif : àvTXécù «vider l'eau de la cale», 
d'où «vider de l'eau » (ion.-att.), avec des emplois figurés 
à propos du malheur dont on • épuise » les épreuves, cf. 
ffisch. Pr. 375, E. Hipp. 898. Nombreux composés à 
préverbes : àv-, an-, Si-, eia-, èv-, è5- (assez fréquent, 
et parfois avec double prév. ÛTCE^avTXéco, etc.), ètt- « puiser 
pour verser », xar-, [iet-, ouv-. 

Noms d'action : àv-XT)aiç « fait d'arroser ou de vider », 
aussi avec zE,-, etc. (tardif), œjrXriay.6ç (hapax, Pap. Ftor. 
16); ccvT>,r,!xa (tardif) sert en fait de nom d'instrument. 

Dérivés avec sufTixc de nom d'agent : à\ixkr\TT)ç désigne 
un instrument, cuiller à pot chez Ath. 10,424 a ; mais le 
fém. àvTX-rjxpia est le nom d'une prêtresse (Sch. Luc. 
D. Deor. 2,1); d'où àvTX7)-nf)pto; (tardif); doublet de 
àvTXri-rrip : àv-lr^-TjÇ, (pap.) ; d'où àvT>.T)Tiy.(iç • propre à 
irriguer » (pap.). 

Composé singulier àv-ûXiavTXT]-r/ip « ôcope, seau » (Mén. 
269) p.-ê. une création comique. 

"AvtXo; apparaît dans les premiers exemples littéraires 
comme un terme maritime relatif à la sentine et à l'écope, 
maisles exemples mycéniens montrent que le sens est général. 

El: On est souvent parti de *a(i-OXoç (Solmsen, 
Beitràge 189, etc.) ce qui permet de rapprocher lat. 
sentina, lit. semiù « puiser » et d'autre part grec à(iào|xat 
(mais cf. s.v.). 

*â[i-9Xoi; aurait subi une dissimilation d'aspiration 
et une assimilation de (x à v d'où *(itv-TXoç, puis par psilose 
îvtXoç le mot devant être ionien. É. Benveniste, BSL 50, 
1954, 39 préfère évoquer le verbe hittite Ifan- « puiser de 
l'eau ». Le témoignage du mycénien atara est en sa faveur, 
la graphie a- (et non Oj) excluant une aspiration initiale. 
Mais un suffixe -tXoç serait exceptionnel : il repose géné- 
ralement sur une dissimilation de -6Xoç. 

âvTO|AOS : « chemin dans la campagne » {Tables 
i'Hiraclée 1,12, etc.) ; il s'agit peut-être d'un chemin 



creux, ce qui justifierait l'étymologie àvà-TOfioç, cf. 
àvaréfzvco. Hscli. donne d'autre part àvréjjtouç • oxâXoTcou; 
EixeXol, le terme admettant également l'étymologie par 
àva-Té[xvo>. Le même terme aurait pris des significations 
techniques diverses. La traduction de £vto^o; dans la 
table d'Héraclée par palissade ne semble pas probable. 
Le rapprochement de àvré^ouç ' oxàXonaç avec lat. 
antemna (v. Blumenthal, Hesychstudien 16) est k écarter. 



âvToov : n. « caverne, antre > {Od. 9,216, pour la 
caverne du Cyclope), etc., en poésie surtout. 

Dérivés : àvTpcbSTj; « riche en cavernes » (X., Arist., etc.), 
àvTpaïoç « qui habite dans des cavernes » (E. fr. 13 hapax), 
àvxpidtSeç « habitantes de cavernes » [AP 6,224, cité par 
Phryn. PS 27), cf. pour le suft. xpTtjvtâSEç, opeo-viàSzc, ; 
âvTpTjtç, -ISoç t. « habitante de cavernes » (Antip. Sid.) 
avec un suffixe de féminin analogique de formes comme 
PaaiXTjtç issu de PaatXeûç (Chantraine, Formation 345- 
346). Adv. âvxpoee (Pi). 

Rares composés tous tardifs : àvxpoStaixoç, -eiSTji;, 

-ÇuiQÇ. -XapîÇ- 

Et. : Probablement identique à l'arm. ayr « caverne » 
(Pisani, KZ 68,161) sqq., mais le lat. antrum est, bien 
entendu, un emprunt poétique et littéraire au grec. 
Rapprochement avec la rac. indo-eur. de àvcfxoç, skr. 
aniti, etc., au sens de «lieu d'où sortent des émanations », 
repris par Schwyzer [Met. Boisacq 2, 234, n. 1, KZ 68, 
222, Gr. Gr. 1, 532). 

âvTuÉ, -yoç '■ f. « bordure d'un cercle », notamment 
d'un bouclier rond (II.), plus souvent « rampe » de la 
caisse du char (Hom., trag., PI. Tht. 207 a), cf. Delebecque, 
Cheval, 177 sq. ; plus tard exprime la notion de cercle en 
général, notamment l'orbite des planètes, etc. 

Et.: Composé comparable à â(i7tuÇ (voir s.u.), de àva- 
et d'un nom racine *xijÇ, cf. xexu>c£Ïv, xeiiytû ; même 
formation dans xaxaîxu^, v. s.u. 

âvûui : rares formes athématiques {Od. 5,243, Théoc. 
2,91 ; 7,10) ; àvûw (Hom., ion.-att.), mais la prose attique 
préfère, avec un suffixe -xoi marquant l'achèvement, âvùxo 
qui comporte l'aspiration étymologique ; sur àvu- qui est 
en réalité un thème de présent a été constituée une conju- 
gaison avec àvûaco, -î^vucîœ, -î^vucrjiœi, ■i^vuxa (cf. d'ailleurs 
les dérivés et les composés). Il existe en revanche une 
forme latérale (icvo de *S.vfo> (Hom., Hdt., poètes, cf. chez 
Hsch. xaaâvEiç • àvûeiç Aâxuve; = jcaOâvEtç). Sens : 
« achever, aller au bout de la route, mener à son terme, 
réaliser • ; donne lieu à divers héllénismes où le verbe 
exprime l'idée de hâte, etc., notamment au participe, cf. 
.\.r. Nu. 181 àvoiy' âvoiy' doriCTOcç. 

Les préverbes les plus souvent attestés sont : àn- 
{Od. 7,326), Si- {Od., ion.-att.), èÇ- (//., ion.-att.), èir- 
(Hés. BoacL, S.), xax- (ion.-att.), Ttpo-, cruv-. 

Dérivés nominaux tous constitués sur le thème de 
présent àvu- ou àvu- : àvuaiî «accomplissement» (Hom., 
Thgn., Plu.), àvûaiptoç « efficace » (X., PL, etc.). 

Un anthroponyme Anuto = "Avuxoç atteste p.-ê. le 
radical de lïvufii en mycén. (Chadwick-Baumbach 174). 
Cf. en attique "Avuxoç ; et mieux a,numeno (P\ jn 389), 
qui doit avoir une aspirée = âvùuevoA^ 



avufu 



94 — 



Divers dérivés comportent un sigma inorganique : 
àwaiJta (tardif) ; àwoTÔç « qui peut être accompli » (ion.- 
att., etc.), avec le composé p.-ê. plus ancien àv^vucroç 
(avec une var. àv7)vuToç, mais la forme avec sigma est 
déjà homérique) ; d'où àvutrrtxôç et àvutixéç « effectif, 
efficace » {X , Arist., etc.) ; àvuTTjç trad. du lat. exa^dor 
(Just. Nov. 163). Enfin ^orpov « quatrième estomac 
des ruminants, caillette • (Ar., Arist.) doit être considéré 
comme un nom d'instrument en -Tpov construit sur le 
thème àvua- d» àvu<o, avec allongement de l'initiale. 

Un composé : àvuakpyoç « efflcace » (Théoc. 28,14). 

Sur le thème àv- (de àv«) rar.es. dérivés : âyrj « achève- 
ment » (Alcm., .Esch., Call.), dçavéç ' où TcXeo67)<i6|i»K)y 
(Hsch.).' 

El. : Le présent (ïvu(xi répond à skr. sanàti « gagner » ; 
cf. aussi hitt. sanh-zi «il recherche », etc. 

Thème 's^-nu; racine 'sen-, cf. Schuize, QE 158, 
Sehwyzei, Gr. Gr. 1,696 pour d'autres rapprochements 
et voir s.v.v. èvTEaiepyôç, o^Ôcvtiqç. 

'ivioya : vieux parfait épique, impér. àvojxôi- Au 
prétérit on a une forme dtvtùyov qui est également 
altesléfc en chypriote {ICS. 217,2). Mais les aèdes ioniens 
prenant cette forme comme imparfait ont créé un présent 
àvûyto, surtout dans la formule èrroTpùvei wxX àvcoyet. 
Enfln il a été créé également un pl.-q.-pf. Tjvâyza, ijMÛiyei ; 
dans la vulgale hom. le présent àvùysi se trouve en 
concurrence avec le pf. àvioye et le pl.-que-pf. àvcôyst, 
avec le prétérit écytoyE- Le subj. àvûyT), l'optatif àvtôyoi, 
peuvent à la rigueur être attribués au pf., mais l'inf. 
àvuYÉixEv et l'imp. ÔMtùyériù sont des présents. Enfin il a 
été constitue secondairement un fut. àvw£a) [Od. 16,404), 
unaor. avcoça (//. 15,295. Od. 10,531). Après Hom. le terme 
se retrouve chez Hdt., les trag., etc. Sens : «ordonner». 
Vieux terme achéen, cf. nuijgh, Élément achéen 128-130. 

Rares formations nominales : àvtoy^ (A.R. ; Argos, 
?hiM. 76,0), àvtoÇtç (Hsch.). 

El.: Préverbe âva et thème de pf. 6iy- que l'onrapproche^ 
de Y) «il dit (de 'ëgl) et avec un vocalisme a bref lat. aio, 
adagio, arm. ar-ac « proverbe », prés, asem « je dis » avec. 
un s secondaire de i.-e. k. Voir Pokorny 290. 

àitvx] : f. " hache », chez Hom. « hache de combat », 
(//. 13,612 ; 15,711. cf. Hdt. 7,64) glosé par Hsch. Stcrofioç 
séXcxu; « hache à djux tranchants » ; « hache pour fendre 
do bois» (X., N.T.]. 

Diminutifs : àÇtvapiov et àÇivlSiov (J.). Composés 
rares et tardifs : "àÇtvoxpa-njfia « manche dune hache », 
èçivoTTÀ/jx-oi;, àçLvàipuE • acisculus, ligô (Gloss.). 

EL: On rapproche lat. ascia (?) et des mots germaniques 
comme gol. agizi qui traduit àÇivT). La métathèse des 
consonnes qu'il faut supposer n'est pas invraisemblable 
dans un terme technique de ce gei^re. La dérivation en 
■•inô est elle-môme peu usuelle (voir Frisk s.u., Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,465, n. 4). 

â|ios, -«> -ov : « qui contrebalance, équivaut à la valeur 
dei, cf. 11. 23,885 ^o6ç a^ioç ; d'où «de grande valeur» 
ou, au contraire « à un juste prix » (cf. Ar. Cav. 672, 895). 
Après Homère s'est développé le sens « de valeur, qui vaut, 
qyi mérite », souven' avec une signification morale. Le 
Ml est fréquent depuis Hom. jusqu'au grec tardif. 



Nom de qualité : ÂÇ(a < valeur, mérite » (ion.-att.), 
de *àS,i-ux selon Frisk, £ranos 43, 1945, 220. 

En composition il existe un adj. àvàÇioç (ion.-att.), 
avec p.-ê. un nom abstrait àvaÇta (PI. Pii. 356 a). 

'AÇio- figure dans une cinquantaine de composés 
comme premier terme avec le sens « qui vaut la peine de «. 
Cet emploi n'est pas homérique et il est plus fréquent 
en prose qu'en poésie. Ex. : di^ioêUûToç (X.), -epyoç 
(X.), -CtjXoç (tardif), -eaûfjuxaroç (X.), -Béaroç (Hdt., X.) 
avec de rares doublets tardifs : dcÇiéOsoç, àÇtôeoç, àÇtôéto- 
poç, àÇiàOpTjvoç (E.) ; -xoivwvtjtoç (PL), -xtijtoç (X.), 
-XoYoç (ion.-att.), -(jux6V|<; (X.), -(loxoç (Hdt., Th.), 
-(iiofoç (.ffisch.), -|XKr)f)ç et -|i,len)Toç (tardifs), -vîxoç 
(Hdt., X.), -tou6t)ç (E.), -jtiCTTOç (PL, X.), -Tcpemf)?. (X.), 
-oxercToç (X.), -(TTtouSaoTOi; (X.), -CTTpiTrjYOç (X.), 
-auXoç « qui peut être saisi » (Élis, Schwyzer 418), -Ttixoç 
(X.), -ipîXTjToç (X.), àÇtéxpetoç (ion.-att.) et -xpeoç 
(Hdt.) avec connue second terme du composé le substantif 
X(jioç, le sens esV «, important, considérable » (fréquent en 
ion.-att.). 

Verbe dénominatit factitif en -6<o : à^iéco, -6o\ia.i 
« juger digne de, agréer » (ion.-att.), d'où à^îcùfia « estime, 
dignité » et plus rarement « décision, exigence, demande » 
(ion.-att.), d'où « axiome » à partir d'Arislote avec les 
dérivés ; aussi le diminutif à^wjjfxdcTiov (Arr.) et l'adj. 
à^iwiiotitxà; «qui est élevé en dignité» ou « a un air 
digne », « qui concerne une requête » ou « un axiome > 
(hellén. et tardif) ; enfin àÇtcoaiç « fait de juger digne », 
« dignité », « demande fondée sur le mérite » (Th. 1,37), 
«maxime, sens d'un mot»; terme d'Hdt., Th. (12 ex.), 
du grec tardif. 

Le verbe cÇi6cù a un doublet àÇiàoj en lesbien (Bechtel, 
Gr. Dial. 1,87) ; influence de Tifxctco 1 

Le grec moderne a conservé ét^ioç, à^tû, àÇîcùtJta 
«dignité», àÇtcofiaTtxàç «officier», etc., et de nombreux 
composés. 

El. : Rapproché avec raison du verbe àyu au sens de 
« peser », cf. lat. agina, exagium. Il faut partir de '•'àx- 
Tt-o;. Faut-il poser un nom d'action *àx-Tiç = S^iç t 

â|fi>v, -ovoç : m. «axe d'une roue» (Hom., ion.- 
attique) ; divers emplois en ion.-att. au sens d'axe : canon 
du mors, tablettes des lois à Athènes montées sur un axe, 
axe du monde, etc. Le mycénien a le nom. pi. ahosone 
âÇoveç «des essieux» (Chadwick-Baumback 174). 

Diminutifs : à^éviov, -ta^p.; (hellénistiques) ; TrapaÇéviov 
(Ar. Gren. 819) tait difficulté, voir Taillardat, Images 
d'Aristophane, § 510. Adj- âÇévioç «relatif à l'axe» 
(AP). Composé : â(xœÇa, voir sous a(xa. 

El. : Vieux terme technique qui se retrouve avec des 
suffixes dilïérents dans diverses langues indo-eur. : suffixe 
'-en-l-on-, cf. v.h.a. ahsa ; suffixe *-o- dans skr. àksa-, 
av. aia-; suff. i dans lat. axis, v. pruss. assis, v. si. 
osl. Le thème 'aks- se retrouve dans &yuxS,-a. et lat. àla 
de 'aks-la. Voir Benveniste, Origines 7,24,121. 

Un rapport avec iicy<o est possible, mais non évident. 

âo^os, voir sous fi^oç. 
àoXXTJs, voir sous ôXyjç. 



— 95 — 



airaTT| 



ôofi : a. * épie » dans une quinzaine d'expressions 
formulaires de Vil. et de VOd. [Od. 17,222, lire àopdt y' et 
comprendre c des épées >). Dans l'épopée tardive dit d'un 
trident (Call. Dtl. 31), de la corne du rhinocéros (Opp. 
C. 2,553), V. Trtimpy, Faehausdrûcke 60 sqq. 

En composition, xpucrâ<<>p (employé é^Ieraent comme 
tnthroponyme) et XP>'°'^°P°? ^^^^ attestés //. 5,509, 
15,256, H. Ap. 123, Hés. Trav. 771, Pi. P. 5,104, comme 
épithète d'Apollon ; dit aussi de Déméter, H. Dem. 4, 
d'Artémis (Oracl. ap. Hdt. 8,77), d'Orphée (Pi. fr. 139). 
On s'est demandé si la traduction < au glaive d'or > 
convenait également à tous ces personnages. 

Ei. : L'étymologie qui rattache &op à dceipco, &<opTO, etc., 
en tant qu'objet suspendu (par un baudrier) aiderait 
i mieux accepter les sens divers de xP'J°'''<*P> ^^'^- > 
vocalisme o ou vocal, zéro éolien. Le mot n'a rien à faire 
avec mycén. wao. 

âopov : |xoxX6v, rcuX&voc, Oupcopév Kû;rpioi (Hsch.). 
Le mot est-il confirmé par le n. pr. mycénien aworo? 

El.: On pose 'sm-woros, composé de *«m- (cf. elç, 
ifto, etc.) et -woros; cf. v. si. za-vorû «verrou ». Formes 
verbales, v. si. za-vrëii « fermer », lit. au-virti « fermer », 
iltr. api-vrnàU • fermer », cf. Schulze, Kl. Schr. 672, Bechtel, 
Gr. Dial. 1,445. Pour lat. operiô, dont l'étymologie est 
discutée, voir Ernout-Meillet s.u. 

àopnî, àopTÔP, voir dceipu. 

àoa<rc(i> : « aider, porter secours », employé seulement 
i l'aor. àoccr^oai (Mosch. 4,110), mais le substantif 
ào(j(jr)Tï[p « chargé de secourir » est bien attesté chez 
Hom. (Jl. 15,254, 735 ; 22,333, Od. 4,165, etc.) et se trouve 
chez A.R. On a en outre les gloses d'Hsch. ôatnjT^pa ' 
^tpàv et èoaOTQTrjp " èTrtxoupoç, Tt(i<op6ç, dtvrl toû 
àoaoTiTTjp (cf. E. Fraenkel, KZ 42,128 sqq.). 

Voir en outre Lejeune, Minos 6, 1958-1960, 95. On 
s'explique mal par quel hasard le verbe àoaaéco n'est pas 
attesté avant Mosch. Du point de vue grec le groupe se 
trouve p.-ê. en rapport avec ào^oç, etc., cf. sous Ôî^oç. 

Et.: 'Aaaaé<xt peut être un déverbatif, ou un dénominatif 
de "'lïoaaoç. On pose 'sm- (cf. elç, S.yux) et 'sok''-yos dont 
on rapproche lat. socius et en grec ÔTtâtùv et éTré-ojç (cf. 
sous Irrotxai). 

âiraXôs, -''). -6v : « tendre, délicat, mou » (Hom., ion.- 
ïttique, etc.) se dit d'abord du corps humain, de la chair, 
parfois d'un fruit. Rare- au figuré, mais déjà à7taX6v 
fàâaoLi. {Od. 14,465). 

Dérivés rares : àmtlLct « douceur [de l'air] » [Gp. 1,8,2) ; 
iraXlaç, -ou m. « cochon de lait » (D.L. 8,20) ; àTtôXiov • 
(lû|ia, SeXçdbciov (Hsch., texte douteux) ; âwxXÔTTjç, --njToç, 
1. 1 délicatesse, mollesse» (PL, X.). 

Verbe dénominatif rare de sens factitif âTroXùvû» « atten- 
drir, assouplir» (X., Hp.), d'où â7ta)»ua(x6ç (Hp.) et 
ijuocXuvrijç « tanneur, corroyeur » (Zonaras). 

Composés, où le sens physique du terme est souvent 
sensible : àTrôXoOpiÇ (E.) ; -TrXàicajxoi; (des tentacules de 
la seiche î Philox.) ; -tcouç ; -aapxoç (Hp.) ; -oÙYxptTOç 
lOrib.) ; -atàtxaTOç [.\t. fr. 54 D.) ; -Tpeçr,; (II. 21,363 à 
propos d'un porc gras); -(ppwv (AP); -xpooç (Hés. Tr. 
U9, poètes). 



'AnoiK6z subsisté en grec moderne. 
Bl.: Pas d'étyraologie. Pour le sufQxe, cf. &{jioiX6c, 
àToXiç, etc. 

diravrâw, voir &wTa. 

âira|, voir jî^i"»u(jit, to4Ç. 

âirapYÎa : f. nom d'une plante dont les feuilles ee 
traînent & terre (Thphr. HP 7,8,3), identifiée avec Crépis 
Columnae pa.T LS.J en raison de ses feuilles blanchâtres (T). 

Et.: R. StrOmberg, Gr. Worlstudien 30, pense que le 
mot signifie < blanc brillant », cf. Stpysy.w, ipyeyuâvri. 
Pourrait être aussi < plante qui efface les taches blanches 
sur les yeux > (?). Rien de clair. 

àirapiVT) : f. nom de plante, notamment du gratteron, 
Galium aparine (Thphr., etc.). 
Dérivé : à;capîv;fj; de Vaparine (Nie). 
El.: Pas d'étymologie. 

âiras, voir tcôû;. 

àirârn : f. « tromperie », plus rarement t ruse, arti- 
fice » ; le terme s'emploie de façon très souple, cf. W. Luther, 
Wahrheil und Luge, 97-100 (Hom., ion.-att., grec tardif). 
Personnifiée (Hés. Th. 224). Sens hellénistique : • illusion » 
d'où «passe-temps, plaisir» (L. Robert, Ilellenica 11-12, 
5-15). Composé èÇaTràTT). / 

Dérivés : dcTra-njXéç «trompeur» (Hom., ion.-att.), avec 
le doublet métrique à7raTf)Xioç {Od. 14,127, 157 et 288, 
Nonn.) ; dcTtaTeciv, -ôvoç m. « trompeur » (Hp., Démocr., 
PI., X.) est d'un type morphologique rare en ion.-att., 
mais cf. Xu[iE<ôv, àpystitv ; àTtà-cuXXa douteux chez Cerc. 
fr. 39 serait un diminutif plus ou moins artificiel de àTtdcTïj 
d'après èÇaTta-niXXto (M. Leumann, Gl. 32, 1953, 219 n. 3). 

Verbes dénominatifs : iiccnitù (Hom., ion.-att.) mais 
à partir d'Hdt., et de la prose att. on emploie surtout 
IÇaTtaTato (parfois combiné avec un second prév., cf. 
ù^TEpEÏajtaxâoj) ; autres formes à préverbes comme 8ta-, 
Ttap-, CTUV-. Le N.T. a le composé çpevaTtaTâco d'où çpeva- 
7taTr)Tir)ç. Dérivés nominaux peu usuels : inàTqcn; {LXX, 
Phld.), àrcâTif)(jia (Gorg., .flEn. Tact., A.P.) ; àTraTYjfitov 
se lit dans un Orac. ap. Zos. ; àTca-nQ-nf)!; est un terme de 
gloss. ; mais àTca-nfiTixôç « apte à tromper » se lit chez 
PI. et Arist. — 'ATtaToco a deux doublets occasionnels : 
dcnaTEÙio (Xénoph. 10 Diehl, en fin de vers), et è^aTCaxùXXco 
(Ar.) qui comporte une valeur plaisante et diminutive, 
cf. la série familière de ppOXXoi, pSûXXto, SepjiûXXtù, et 
ci-dessus le substantif dcnâTuXXa. 

Le grec moderne a conservé àTtiT»), àîrarû. 

El.: Inconnue : 1) Kuiper, Gl. 21,283 évoquant ■^Ttepo- 
Tteuç pose un thème *dîrtap, *dc7tvoç qui lui permettrait de 
partir de ""anT-y-Tâ. ; 2) Moorhouse, Cl. Qu. 35, 1941, 
96-98 voit dans à-Tcà-nQ un composé avec alpha privatif 
sur jraréû), 7r6vToç « région sans chemin, erreur » ; 3) On 
pourrait penser à couper en àît-â-n) sans que le second 
terme puisse être identifié à a-n) dont l'alpha est long, 
encore que les deux termes soient rapprochés p . ' JEsch., 
Suppl. 111. Faudrait-il poser in-onâ à côté de if-uxâ. 1 
Voir sous àiia. Mais que serait le second terme ? 



'AiraToûpia 



— 96 



'Airaroûpia : n. pi. i Ap4|Ml^ies >, fête ionienne et 
altique au cours de laquelle les nou^veaux membres étaient 
inscrits dans les phratries (Hdtjj ien.att.). 'AwaToupta 
t. eât une épithète d'Aphrodite, à Tréïène (Paus.), de 
même "ATraToupiâi;, -dtSoç à Phanagoria, 'ÀTraToùpT) à 
Panticspée (_érivation inverse) ; 'Ajritoupov désigne un 
sanctuaire d'Aphrodite à Phanagoria. Enfln le mot a 
fourni dans diverses, cités, italiennes un dérivé qui désigne 
an mois répondant à i'attique Pyanepsion : 'ATta-roupsàv, 
-ûvoç à Cyzique et Olbia, 'ATrarouptcàv à Délcs, etc., 
'ArtaToptcôv à Amorgos. 

Et.: On s'accorde à partir d'un a copulatif (psilose 
ionienne?) et du thème de 7Ta-nf|p. On pose un ionien 
*àràToupoç dont àitaToûpia serait dérivé, et on tire ce 
tlièrae de ''°à7raTOp/'6ç = ô^iOTrâroip « du même père n. 
Pour rendre compte du digamma on rapproche skr. 
pH[uya- 1 oncle paternel », lat. palruus, etc. 

àira4>îviov : Aânûiveç xâpSonov XtOivrjv èv ^ ^\iÀMmiaw, 
\\ ^^xT/j-ti /-.aXoûaev flïsch.). Latte rapproche un lemme 
probable d'Hscli. àçiviâi^Ei., dont l'explication est mal- 
iieureuseijent perdue. 

El. : Inconnue. 



àira(|>îaK(>) : aor. aTracpEtv (mais Hymne à Apoll., 
Nonn. et Q.S. à7ia9?jaai,), le thème de présent en -icntto 
doit être créé sur le thème d'aoriste. Sens : « tromper » en 
usant de ruse, cf. W. Luther, Wahrheit und Luge 101-103. 
Formes à préverbes : èÇ- qui exprime l'idée de « complète- 
ment », et Tiapa- qui souligne la nuance de tromperie 
insidieuse. Le simple et ses composés ne sont attestés que 
racement, et seulement chez Hom., Hés. et les poètes 
aUxandrins. 

EL: Peut-être apparenté à ià7toip<iXi.o<;, cf. s.u. Pas 
d'élymologie. 

aira<j>os : ëTTOif, TÔ opvEov (Hsch-.). Nom de la huppe 
ruposani sur une onomatopée qui se combine avec le 
suffixe de noms d'animaux -açoç. 

àtraèouAîoTuip : (TTaçuXïyoç AÔMiwec <Hsch.). Obscur 
et probablement cor-ompu. Latta pose : « (i<p-uX£aTCùp 
cam u.l. à7c- ». 'AçuXtaxcop pourrait signifier « filtre », cf. 
àfuXîi^av. Mais ce sens peut-il s'accoraer avec l'explica- 
lion «TToçuXïvoç « carotte » ? 

àiKiXÉco : ' se faire fort de », d'où exceptionnellement 
• promettre. (II. 23,863, cf. 872) ou «se vanter de» (//. 
8, 150, Od. 8,383) ; le sens habituel,..»st « menacer » (Hom., 
ion., att.), avec quelques formes à- préverbe : Sia-, 
te- (Hom., ion. -ait.), xax-, ÛTt-. Dérivés : àîtetXTjisjp 

■ menaceur, bravache » {II. 7,96, alexandrins) avec le 
fém. àîtsiXTiTEtpa (Nonn.) et l'adj. dtreeiXïpTjptoç (Hdt.) ; 
en outre dbteiXTjTiQÇ (tardif), mais l'adj. àiteiXiriTixéç 

■ menaçant » se lit chez PI. et X. 

Noms d'action : à7reU.T)<nç (Phld.) ; pi. àittiX-tuLcna 
(S. OC 660) ; surtout àTreiXYj, principalement au pluritl 

■ vsatardises c (//. 20,"". cf. pour le mouvement, mais 
oon pour le sens du mot 13,219); mais sens habituel 



• menaces» {Hom., ion.-attijque). Dérivation inverse de 
àirsiXéoi ; il semble moins probable que àitetXiti» soit un 
dénominatil de êmeik}^. 

'AiretXô et àireiXij subsistent en grec moderne. 

Et. : Inconnue. La diphtongue -ei- doit résulter d'un 
traitement phonétique ('In?). L'a- initial est-il une 
prothèse ? Ou faut-il couper àjt-etXéo ? Hypothèses et 
bibliographie chez Frisk s.u. Il faut partir en tout cas du 
sens d'« engagement, affirmation vigoureuse », etc. 

âireip£<nos, àTrepstcioç : «infini, immense, innom- 
brable », employé au sg. et au pi. (Homère, alex., S. Aj. 
928) : les deux formes comportent un allongement métrique 
dont la place varie suivant la situation du mot dans le vers. 

Doublet àîreipiToç, épithète de Ttévroç (Od. 10,195, 
Hés. Th. 109) parfois employé avec d'autres termes dans 
la poésie tardive. 

El.: On admet que àrretpéatoç est tiré avec un sufllxe 
-loç de *à-7tsp-eToç qui serait un adjectif verbal « non 
attesté » avec a privatif de Tteiptù (voir Bechlel, Lexllogus 
s.u. et la bibliographie). 'AnreîptToç pourrait avoir une 
origine toute différente et signifier « dont on ne peut faire 
le tour » de à-Trepi-iToç, avec le même adj. verbal *itoç 
de EÎ(xi. que dans â[iâÇiT0i; (Bechtel, Lexilogus, s.u.). 
Enfln combinaison obscure et peu satisfaisante de 
Schwyzer, Gr. Gr. 1,106, n. 3. 

âiréXXai : f. pi. dans des inscriptions laconiennes du 
i" siècle av., èv raïç (xeyàXaK; âTtéXXaiç, cf. la glose 
d'Hsch., àTtéXXai • otjkoî, èxxXrjaîai., àpxatpeaîai. Bien 
que le mot ne soit pas attesté dans des inscriptions 
archaïques et que nous ne connaissions pas sa valeur 
précise dans le vocabulaire politique laconien, il est 
certainement ancien. Dérivés : 'ATreXXaïoç nom de mois 
à Delphes, Ëpidaure, 'ATteXXawiv, -ûvoç, nom de mois 
à Tenos ; àreeXXaïa pi. n. sacrifice célébré lors de la réunion 
d'une phratrie à Delphes (Lois des Labyades, Schwyzer 
323 A) ; et Hsch. fournit la glose àTtsXXajtâi; • lepûv 
xoivûjvoùç, cf. Solmsen, Beitràgc 19. Verbe dénominatif 
àreeXXâî^ûj, laconien pour èxxXTjcrtâî^tù (Plu., Hsch.). 

Et.: On a l'habitude avec Solmsen, /. c, de poser *p 
(de èv, ce qui est très rare), et 'pel- que l'on rapproche 
de pellô: àreéXXai signifierait « le fait de pousser dedans ». 
Autre hypothèse qui ne vaut pas mieux de Lagercrantz, 
Mélanges Boisacq 2,57. 

âireXos : « blessure » (Call. fr. 660). 

Et.: Les Anciens rapprochaient le mot de TiEXâ^fw 
(cf. Pfeilfer). Les modernes ont cherché à retrouver tm 
à- privatif et un nom de la peau, cf. èpuot-TtsXaç, TcéXXa, 
lat. pellis. 

àir-epâii}, voir è^-epà<o. 



avep«(orios, 



aTceipeaiQi;. 



àingXtWTlls, voir ^^Xtoç. 

fljTr^>r»] : voiture à quatre roues généralement attelée 
de mules (Hom., poètes) ; équivaut à âjiaÇa (cf. //. 24,266 
et 324), mais le mot n'appartient pas en principe au 



— 97 



vocabulaire de la prose. On serait tenté de rattacher à iin]vr\ 
mycén. g. pi. apenewo d'un *à7njvsûç, bête de trait pour 
voiture à quatre roues (Pylos Sb 1315) cl. Lejeune, 
Mémoires 335 ; en ce cas l'êta de la seconde syllabe serait 
grec commun. La glose d'Hsch. Tîrjva • ànr^vY) s'expliquerait 
par une apocope de l'initiale, cf. B. StrOmberg, Gr. 
Wortstudien 45 ; ou bien une fit u te de la tradition ? 

Et.: Pas d'étymologie établie pour ce terme technique, 
voir Frisk s.v. L'hypotliose de Banateanu, Rev. Et. Indo- 
Eur. 3, 1943, 141, qui y verrait un terme égéen, n'est pas 
Invraisemblable en raison de l'existence du doublet 
purement grec âfiaÇa et de la finale -ttjv»). 

On remarque en outre le doublet thessalien xaTtâvâ 
(voir 8.V.). 



4irr|viîs, -iç ■ « rude, hostile • épithète d'une personne 
{II. 1,340), de euiidç, (xOGo; (Hom.) ; rare en attique, 
jamais dans la tragédie, mais subsiste en grec tardif 
et moderne. Dérivé dnn^veio « rudesse, dureté » (Thphr., 
A.R., etc.) ; gloses àTnjvaïoç et àrtrjvr^z (Hsch.). 

Et.: Appartient certainement à une série de composés 
01 -i()V7)ç : JtpâvTjç et ïtpTivTji;, repomfjvïj;, oaçTQvrji; (dor. 
•ifTfi), voir tous ces mois. Pour le thème en s qui fournit 
leiecond terme Benfey pose *Siyoç, ion.-att. *5)voç « visage », 
tt skr. 'ânas- même sens, cf. dnana- n. t bouche, visage ». 
Kais l'hypothèse est ruineuse. 



(nrriupuv, voir aîroupaç. 

âiriov : n. « poire » (PI., etc.) une fois au sens de poirier 
(Thphr., C. PI. 1,15,2); distinct de &x^pBo!; «poirier 
Buvage » ; — à~toç f. «poirier» (Thphr., Dsc, Gai.) 
parfois au sens de poire ; le mot a été employé par extension 
jour VEuphorbia Apios, Euphorbe de Crète à racines 
tubéreuses. Sur la confusion entre l'emploi du neutre et 
celui du féminin, voir Wackernagel, Vorlesungen, 2,17. 

Composé àmoeiSi)(; «semblable au poirier» (Thphr.). 

Et.: Doit être emprunté à la même langue qui a fourni 
piram et pirus. Il faut admettre un thème 'piso, l'a initial 
bit difliculté comme souvent (prothèse ?), voir Kretschmer, 
a. 21, 1932, 89 ; Winter, Studien Prothet. Vokal. 13 

âvios, voir ànà. 

SirXeTOS ! «infini, immense» (Emp., Pd., S. et en prose 
Hdt, X., PI., Arist., Plb.), dit de la hauteur, de l'air, du 
ttfflps, d'or. 

Et.: a- privatif et le second terme se rapprocherait de 
«iXc6pov/TCXé6pov, si ce mot est bien bâti sur un radical 
lignifiant « mesurer » (î). 

âirXôoS) -■»! -ov ■■ contracté en attique sous la forme 
mkaôç, -î), -oûv ; s'oppose à 8iitX6oç, SirtXoûç. Sens : 
•ttmple », qui n'est pas double, dans tous les emplois 
«mcrels du mot « simple », parfois au sens moral de 
adroit, sans détour », mais celui de « simple (d'esprit), 
Mlf» est tardif et exceptionnel (Arist.). L'adverbe àizXZi; 
i fini par prendre la valeur de « tout simplement, absolu- 
Mat», etc. 'AnXàoç appartient à l'ionien-attique et au 
|nc tardif, mais est déjà supposé chez Hom. par le 



dérivé âTtXotç. La forme àTrXéç (cf. Brugmann, IF 38, 
128 sqq.) n'est attestée que An. Ox. 2,23L 

Dérivés ; àreXotç, -tSoç, f. épithète d'un manteau 
(opposé à xXaïva ShtXî)) que l'on portait sans le plier 
(//. 24,230, Od. 24,276), avec le diminutif à:tXotSiov 
(pap.) ; adj. àTcXotxôç « simple, naturel » (hellén. et tardif) ; 
nom abstrait ÔLTzkôvrfi « simplicité », d'où « franchise » 
(PI., X., hellén.), rarement «générosité» {N.T.), avec le 
doublet àîtXomlv») [LXX). 

Verbes dénominatifs ànXoC^o(ji.ai < agir avec simplicité > 
(X., grec tardif), àreXôto « étendre, étaler » (grec tardif), 
d'où âreXuaiç, âTTXujjia, àTiXorixà;. 

Composés tardifs et très rares àTrXoeiSVjç, -OpiÇ, -iraOïfjç, 

-OX'rjiiWV, -TOJJLécù. 

Les emplois figurés de cette famille de mots, soit au 
sens moral, soit au sens de « déplier, étendre », sont 
tardifs mais se développent en grec moderne. 

Et.: Composé que l'on rapproche Immédiatement de 
lat. simplus, simplex, et on reconnaît dans £- initial le 
traitement de *<i{i-, cf. S.\tsx., elç, etc. 

Le second terme, qui n'est attesté chez Hom. qu'indirecte- 
ment dans àicXot;, est garanti déjà chez Hom. par 8i7tX6oç, 
SmX^v, etc. Il est donc difllcile de poser comme forme 
originelle SmXâ; et àriXô; tardivement attestés, en rappro- 
chant lat. duplus, simplus, got. tweifls « doute », où se 
trouve une racine pi- qui figure dans simplex, grec TtXéxu, 
lat. plecto, etc. (cf. aussi Pokorny 802 sous 3a 'pet-, 
Benvemste, Origines 154). C'est l'explication de 
Kretschmer, Gt. 12, 1923, 218 qui pense que -nXooç 
est issu d'une étymologie populaire et d'un rapprochement 
avec ttXôoç, de TtXéto « naviguer » : -tiXoç serait soit un nom 
racine, soit un dérivé d'un verbe (cf. St-çpoç). L'antiquité 
de à7tX6ç, SiTtXâç pourrait s'appuyer sur le locatif crét. 
et héracl. SiTtXet, et Cretois SitvXi). Autres hypothèses 
encore chez Brugmann, IF 38, 128 sqq., Persson, Beitrâge 
750 sqq., et McKenzie dans le LSJ. 



àirô '. préposition et préverbe, rarement employée dans 
une phrase nominale = àTcsoTi (Semon., Timocr.). Sens : 
« loin de, séparé de » différent de èx « hors de » (Hom., etc.) ; 
au sens temporel « depuis » (ion.-att., mais un seul ex. chez 
Hom.) ; pour désigner l'origine, la cause, mais à la différence 
de lat. ah ne sert pas pour exprimer le complément d'agent. 

Le cas employé est le génitif-ablatif ; mais en arcado- 
chypriote le datif-locatif (Buck, Greek Dialects § 136). 
La forme est àTuii en arc.-chypr., éol. et également en 
mycénien, surtout comme préverbe, cf. apudoke, apedoke, 
voir Vilborg, Tentative Grammar § 53,2. La préposition 
àit6, avec l'accusatif en démotique, subsiste en grec 
moderne. 

'An6 tient une grande place en composition pour 
exprimer l'idée d'< éloigner, écarter », cf. àsoSalvu, dnco- 
6(4X>.û>, etc., d'où celle de « payer, rendre », dans des 
verbes comme àiToS(S<i>|xi ; en composition àTro- comme èx- 
marque l'aboutissement du procès: à7cepYàCo(uu, ànocvSpdco, 
àîtavOpoottÇto, etc. ; cet aboutissement peut être une fin, 
une cessation, àTroXysto, àneeSica, etc. ; enfin le sens peut 
devenir privatif, négatif, inorfopeùa « défendre », inapéaxci 
« déplaire », &na.uSà<ù « refuser » et dans des formes nomi- 
nales âTroxp^^liaToç, à7t6Tt(ioç, àitôciToç, etc. Dans quelques 
formations nominales âreo- semble exprimer la notion 
«une espèce de», avec nuance péjorative, aiosi dans 



°^?y 



— 98 



à7t65vtypv, àTcoXàvTiov, êm6\uki... p.-^, àf dtpxT), cf. Strômberg, 
Wortsiudien 26. 

Dérivés : àTtcoôev (Th., Ar., etc.) semble déjà mycén. 
cf. Chadwick-Baumbach 174 ; la variante! àcTroôev est mal 
attestée mais semble garantie par les glfts^s d'Hsch. 
àrtoôev et dcituôcv ; Tco s'explique par l'analogie d'une 
part de ïiopptijôev, d'autre part de àizbixépti), àrtCiixâTû) 
qui servent de comparatif et de superlatif à &7ccd0ev 
(Lejeune, Adverbes en -6ev 332). 

Un adjectif écTrio; « lointain » se lit dans la formule 
homérique (roXéSEv) èï, àTttTjç yataç (//. 1,270 ; 3,49 ; 
Od. 7,25; 16,18), formation singulière, mais cf. (4vt(oç ; 
même sens avec a long initial dans ÔTrlav yaîav (S. OC 
1685). Influence de 'ATtia avec a long initial, désignation 
du Péloponnèse tirée du nom du roi mythique d'Argos 
'Athç (iEsçh., etc.). 

Et. : Vieille préposition qui se retrouve dans skr. dpa, 
V. irl. apa, lat. ab, got. af, etc. Une forme 'apu peut 
égfalement avoir existé en indp-e,Hropéen, cf. skr. anu à 
côté de gr. àvâ. 

àiToSiSpacTKW, voir SiSpôcoxco. 

àirôcpac, voir àreoûpôtç. 

àirôôccTTOS, voir GéacaoGat. 

âtroiva, voir Troîvrj. 

àirÔKUvov, voir xûov. 

àiroXâvTiov : probablem.ent nom de plante cf. P. Mag. 
Lond. 1, 121, 20a, iii« siècle après, ajràpTa àicoXavTÎou. 

EL: Inconnue. Hypothèse de Strômberg, Wortstudien 
11, qui rapproche XévTtov « toile fine », et d'autre part 
iit6-Xivov. 

àiroXauu : -Xaùoofjiai., -éXauoa, -XéXauxa, pf. pass. 
-XéXaurai et -XeXaucr!J.£voç « profiter de, jouir de », parfois 
employé ironiquement : chez Hp., PI., avec des complé- 
ments désignant une nourriture « tirer profit », mot de la 
prose ion.-attique, qui n'était p.-ê. pas « distingué » à 
l'origine (cf. Wackernagel, Spr. Unt., 229) ; terme 
ignoré des poètes sauf E. 

Avec deux prép. : èvaTc-, ènart-, -apaTt-, npaait-, 
ipoooot-, ouvaTT-. Le verbe simple Xaûd» n'est pas attesté. 

Dérivés : adj. verb. âîtoXaucTÔç, avec dntoXauonxàç 
Ihellèa,, etc.) ; noms d'actioii : dbr6XauCTiç « jouissance, 
plaisir» (io«,-att.), àTv6Xoi\>Q^ {i^rdit). 

Ei.: On rapproche à l'intériaur <iu grec att. Xeta, dor. 
'ér-lâ. " butin », p.-ê. Xôlpoç « délicieux », d'où l'on tire 
un thème 'Jaw- ou 'lâw- qu'on retrouve df«|.j^t. laun, 
ï. si. lovû « prise, chasse », etc., qui supposcHxt a bref et 
d'autre part avec u bref lat. lucrum. Cet ensemble ne 
permet pas de fixer des alternances vocaliques claires et 
l'a du grec est anomal. Meillet a pensé que le groupe 
était originellement populaire. Cf. Xetâ. Voir Emout- 
lleillet s.v. lucrum ; Pokorny, 655. 

OTToXeîva : àTroarpécpeiv Adéxoiveç (Hsch.). 
Glose nianifestement corrompue d'où Thurneysen, 
H. 12, 1923, 145, tkcii-un àTroTOXeïv ; cf. ausai iTruXtôvai. 



'AirôXXsiiv, -wvoç : voc. "AkoXXov, ace. parfois 'AtcôXXw ; 
nom d'un des dieux principaux (Hom., etc.), mais non 
attesté jusqu'ici en mycénien. Autres formes : 'AnéXkmv 
(dor., Amyclées, Crète, etc.), 'ATteîXtov (Chypre), "AtiXouv 
(thessalien, Larissa, etc.). On a supposé que 'AtuôXXwv 
viendrait du vocatif "A^XXov issu lui-même de "AtteXXov 
par « harmonie vocalique ». Les rapports entre ces diverses 
formes ne sont pas é^u(û<lé3. 

Dérivés : "ATcoXXtimoi; « qui concerne Apollon » (Pi., etc.), 
également nom d'un wois. A Élis ; 'A7roXXti>vtov « temple 
, d'Apollon » (Th.) ; f. 'ÀjioXXcj.viâç, -àSoç dit de Délos 
(Pi.) ; 'ArtoXXc4viax6ç (Ph., etc.). Diminutif 'ATtoXXojvtaxoç 
(Délos, Ath.) ; 'AwoXXtovwiv nom de mois (Ilalicarnasse). 
Enfin 'AjtoXXûivtaffrat «société d'adorateurs d'Apollon » 
(Rhodes), cf. Ch^ntraiite, Bormalion 317. — Nombreux 
anthroponyraes tirés de 'ArtéXXtùv ou 'AiréXXtùv. 

El. : Inconnue. Voir la bibliographie ancienne chez 
Frisk, Nilsson, Gr. Rel. 1, 558-559. On a pensé p. ex. 
à àTréXXai " criQîtol (Hsch.), mais en ce cas il faudrait voir 
dans Apollon le dieu berger, plutôt que de s'engager dans 
l'analyse déraisonnable de Solders, Arch. fteligions- 
wissenschafl 32, 1335, 142 sqq. Autre hypothèse de 
Prellwitz reprise par Kretschmer {Gl. 13,242 et n. 1 ; 
18,205 ; 27,32 ; 31,102) qui part d'un nom de la force 
*&7teXoç, cf. sous ôXiyTîTreXtï). Comme Apollon est un dieu 
asiatique, on a cherché légitimement une origine du nom 
en Asie Mineure. Mais le terrain se dérobe. Le rapproche- 
ment avec Appaliuna du hittite est des plus douteux, cf. 
Sommer, IF 55, 1937, 176 sqq., Laroche, Recherches sur 
les noms des dieux hiltiles 80 ; celui avec un prétendu 
Apulunas du hittite hiéroglyphique, ruineux, cf. Laroche, 
Bev. mit. Asian., 1953, 51 ; Sijria 31, 1954, 113. Enfin pour 
lydien P\dânS que l'on évoque le plus souvent, la lecture 
même du mot est mise en doute par Heubeck, Lydiaka 
16-21. 

àirôfieXi, voir (xéXl. 

âiro)xûa<T<i), voir yàicaoïiai. 

âiroûpâç : participe aor. t enlevant, dérobant » (9 ex. 
dans VIL, 1,356, etc. ; en outre Od. 13,270 et Pi. P. 4,149). 
Repose sur *à7ro-/'p5ç. Sur la vocalisation du digamma 
V. Lejeune, Phonétique, 154. Un ex. du part, moyen 
secondairement, formé àitoupâfievoç avec alpha bref, et 
de sens passif «privé de » (Ps. Hés., BourÂ. 173). Le participe 
àTTOûpoç répond à l'aoe. indtc. athématique àTrrjûpâ, avec 
augment long devant w-, la barytonèse s'expliquant 
soit par l'analogie de l'aoriste sigmatique, soit comme 
un éolisme (Wackernagel, Coll. Nachr. 1914, 119). L'indi- 
catif àrappa. se trouve en fin de vers 15 fois dans VIL et 
3 fois dans VOd. La quantité longue de l'a est établie, par le 
sentiment des Anciens (cf. plus loin dtjnjûpov) et par 
Od. 4, 646, devant la coupe bucolique. Il faudrait donc 
poser un thème 'wrà- (cf. ërXâ, etc.). 

Sur àjnjùpâ a été constitué déjà cliez Hom. l"'* sg. 
iarrppbàM (5 ex.), 3« pi. (X7t7]iipcùv (IL, 1,430), sur le modèle 
de l'impf. èxlficov, qui ne semblent attestés que dans 
des passages «récents» (Ghantraine, Gr. Hom. 1,356). Enfin 
après Hom. emplois inattendus du terme : Hés. Trov. 240 
<L tirer profit de », mais àm^it^^ Mimble une faute pour 
èTcaupeï que connaissent des' msMiiscrits byzantins ; 



— 99 



même emploi E. Andr. 1030 qui semble s'inspirer d'Hés. 

Il existe un f. dtTroupTjoouai ou àjroupiaffouai (//. 22, 
489) ; le rapprochement avec oGpoç « 'Irotwe » est moins 
plausible (cf. Strunk, cité ci-dessous). 

Enfln, aor. sigmatique àK6{f )spàs ««rracha » (II. 
6,348 ; 21 283, 329) d'un thème "mer-. 

Ei.: On posera 'wer- avec un thème îï *t»r-e9,-. Voir 
Chantraine, Gr. Hom. 1, 356, 379, Sinclair, Ctass. Bev. 39, 
1925, 99 sqq. et surtout Strunk, Gl. 37, 1958, 118-127. 
Celui-ci souligne que 1» sens propre est « prendre de force, 
arracher » et rapproche 'wer-u- de èpucù, etc. 

àvoèpâs, -âSoç : généralement féminin, épithète de 
i|Hépa «(jour) néfaste», où ne peuvent pas se tenir 
d'assemblée, politique ou judiciaire, par opposition à 
MÔapà (PI., Lys., Plu., etc.) ; chez Plu. 2,518 b àTioippâSEÇ 
miXat = portae nefastae. Rarement employé au masculin : 
fcoçpàa écvOpcdTTOç (Eup. 309), ptoç (Luc. Pseudol. 32). 

El.: Clairement apparenté à çpâ^cù, etc. Probablement 
dérivation inverse issue du présent çpâ^oj (Chantraine, 
Fomaiion, 351, Schwyzer, Gr. Gr. 1,507). 

àiro4>pâaT] : terme crétois pour SoûXt], Séleuc. ap. 
Ath. 6, 267 e ; Eust. 1090, 57 écrit -cppâTY). 

àiro^wXios : glosé par les Anciens àvsjxcbXioç, 
liiraioç ; mol de VOd. employé de façons diverses : 8,177 
véov ârtoçûXioi; ; 14,212 oùk àTtoçûXtoç -^a «je n'étais 
pas sans valeur»; 5,182 inotfôù.KX elSciç ; 11,249 oôx 
faroçiùXtat eûval àeavàxuv ; E. fr. 996 à propos du 
Minolaure. Rares ex. en poésie tardive. Man. 4,316 a 
inàçuXo;. 

Ei.: On a rapproché 09EX0; (Schulze, QE 243) ce qui 
n'est guère satisfaisant pour la forme. Il vaut mieux 
penser à àTracpEÏv et avec un vocalisme éolien ou achéen 
feoçEÏv (v. s. àTtaip(tTxco) ; le suffixe serait à rapprocher 
ie celui de à(iapTCùX6;, etc. V. encore Pedersen, Festskrifi 
Hammerich, 190-192. 

àiroYcipoêîoTOS : « qui vit du travail de ses mains » 
(Hdt., X.), composé de ptoTOç et àTti x^'P"^ "> ^"*^' 
èroxeipôôioç (Poil., Hsch., Suid.). 

ôinra : « papa, père ». h'EM 167, 32 semble donner 
le mol comme macédonien (cf. Kalléris, Les anciens 
Macédoniens, 1,100), ce qui est douteux et Hsch. a la glose 
fawç • ô TpoçEÛç. "Arrrra est attesté chez Call. (H. Art. 6) 
au sens de « papa » ; le mol se retrouve dans des pap. 
[BGU 714). Le sens de « père nourricier » est net dans 
m hŒOL y.al èTtirpértou (Inscr. of Cos 352). 

La forme étrora; désigne un prêtre de Dionysos (O. Kern, 
Imhr. V. Magn. 117, avec l'interprétation de Buresch, 
Âus Lydien 131); àinrai; s'emploie également pour un 
prêtre chrétien dans de nombreux papyrus. 

El.: Terme hypocorislique, cf. nà-nna., S-rra, S^ça. 
On a rapproché tokh. B appakke « père ». 

âirpiySa : • en tenant solidement, à pleines mains » 
(ffisch. Perses 1057, 1063, lyr.) ; àTrpiÇ au sens propre 
S. A]. 310 k6[xy;v dcrrpl; ôvuït ou/J.aoùv x^P-- '^^- ^- f''- 
354 ; PI. Théél. 155 e ; encore attesté dans le gr. alex. 



et tardif. D'après EM 132,53, désignerait en chypriote 
une plante, eTSoç (bcàv97)ç le terme convenant à ce genre 
de plante. Mais Hsch. donne aussi Spm^ • elSoç à>càv&T)Ç 
KÙTipioi, et il est dilïlcile de trancher laquelle des deux 
formes est authentique ou originelle. 

Composé probable sur fi^ptySa, à7rpiY86itXir)XT0Ç, ou 
sur àrtpixTOÇ, dcTrpt/CTduXirixTOÇ « frappé sans relâche » 
(ffisch., Choéph. 425). 

Ei. : Terme expressif où l'on admet un composé de a 
intensif sans aspiration et le thème de Ttpto « scier » ; 
on comprend « en tenant solidement comme les dents 
d'une scie». Le verbe irptw a, à date basse il est vr.'ii. 
un doublet Tipt^oi. 

àirpo^îs, -tSoç : f. plante en buisson mal idenlifléu 
à laquelle on attribue des propriétés merveilleuses, yi.-v. 
didamnus albus (Pythag. ap. Plin. 1, 24, 101, 24,158). 

El. : Inconnue. 



aTrTepéwç, voir irrEpâv sous TtéTOfjiat. 
âirToeirqs, voir sous âaTtroç. 

aiFTW : f. St];», aor. lfi<\ta. ; pf. passif ■^(Xfxai., ion. &ii\i.a.i 
(Hdt. 1,86) ; «joindre, attacher », au moy. âTtTOfjLai « s'atta- 
cher à» avec le génitif, «toucher, se mettre à» (Horn 
ion.-atl.) ; s'emploie aussi à l'actif dans le sens d'« alhuncr 
enflammer » (ion.-att.) pour (Sttteiv Ttûp, au médio-passif 
«être allumé, s'enflammer» (Hom., clc). 

Formes à préverbes : àv-, à(p-, èv-, èç-, >ca6-, Trap-, 

TtEpi-, TTpOa-, CTUV-, Û9-. ' 

Adj. verb. àiz-ràc; • tangible » (PI.) d'où ànTiy.àç. « qui 
concerne le toucher» (Arist.) ; noter xa6-a7tT6ç «attaché 
à » (E. fr. 752), d'où KiOaTr-nf) récipient porté avec dos 
courroies attachées aux anses {PSI 4,480, in« s. av.), 
cf. Bonner, Am. J. Ph. 62,453 ; en outre èçaTrxîç nom de 
vêtement (tardif). 

Nom d'agent ÈJpàTcxcop « qui saisit, qui touche » (iEsch. 
Supp. 312, 535, 728). 

Autres dérivés nominaux : âtj^u;, -etùç « le toucher » 
(Hp., PI., Arist.) ; fitj/oç n. « nœud » (Opp.), « articulations 
des membres », au pi. (Od.), suffixe -ooç, entre dans une 
série de termes en -ctoç, quelle que soit l'origine, de .5, 
cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,513, Chantraine, Formation 421 ; 
âfi^a «nœud, lien» (Hdt., X., E., grec tardif), avec le 
diminutif â[i(ji.[XTtov (Gai.), le v. dénorii. tardif âjifiaTÎrto 
« attacher, nouer » (Gai., etc.) avec le dérivé à(iixaTi(TiJ.6ç ; 
en outre la glose d'Hsch. &y.yA^ai • alcùpEÏaQat Kcd 
xpéfxatîOai ï) àTroTtvî^ai. ; à^iç, -ïSoç, terme tecluiique 
aux emplois divers : «maille d'un filet», ce qui \'ri m^ 
avec écTr-roi^ai (Hom., Ap. R.), «jante de roue, rouo >• 
(Hés., Hdt., etc.), «cercle, voûte» (cf. fr. abside), etc. 
cf. Kretschmer, Gl. 10, 1920, 233 ; dérivé en -îS- d'un 
thème àt{)- cf. 5ij;o; ; dénominatif â^^iSôtù (AP) avec 
âtJitStoTÔi; ; composé àtJ<iSoEi8r)ç (D.C., Eudoxe). 

A date basse on a les dérivés : àrrrûSiov «broche pour 
fermer un vêtement » (P. Oxy. 1273) ; comporte un suffixe 
-ûSiov peut-être d'après èviôStov = èvfiTtov et semble 
fait sur &tzt6c, plutôt que sur ôcTTro) ; aTi-pa, avec le diminutif 
ôcTT-rptov « mèche d'une lampe » (Sch. D.T. 195), issus 
d' âTrrcù « allumer ». 



avTW 



— 100 — 



A côté de Snnfù existe le nom d'action àç^ « toucher, 
tait de toucher* (lon.-att.) et aussi «fait d'allumer» 
(Hdt., grec tardif) ; avec tmvfrr^ « fait de toucher, saisir », 
d'où dtv&raçoç « intact, non soumis » ; dénomin. itfitu 
• palper» (//. 6,322, poètes tardifs) avec le composé 
|U|Xaç(io) et le doublet expressif iç âoacd {Hp., A.R., etc.), 
aoler Hdl. 3,69 l'imp. aor. éûpasov ; enfin àçàCei " dtvotSé- 
ima. inb -rij; àçTJç (Hsch.). Quelques composés sigma- 
tiques en -a<p^ç, notamment ànanfifi (PI.). ouvaçYjç (Arist.). 

Rares composés tardifs où le thème âipt- constitiie 
le premier terme (type Teptj/tixêpOToç) et exprime aèVL la 
notion de contact, cf. à'^lfuxx.'^'i' -(JWtxétù, -(juxxta « «**«- 
mouche », àiJpucâpStoi; « qui touche le cœur » au sens 
moral (M. Ant. 9,3) ; soit la rapidité, cf. ât|<btopoç « qui se 
dégoûte vite », et àtjjixopia. 

Voir encore â<p6a et aùai|nfl qui appartiennent peut-être 
à cette même famille de mots. 

Le grec moderne a encore notamment àtfii • le toucher », 
èvàoo « allumer », &<\iz a6ùae « allume-éleins » = « en un 
clin d'oeil », àt|'i->topoç « qui se dégoûte vite », etc. 

El.: Obscure, cf. Kretschmer, Gl. 7, 1916, 352. Terme 
bxpressif et concret. 

Il Jaut poser un thème àtp-, et écarter l'explication de 
V. Pisani par (Ï7t!F<a avec -nf/in, cf. av. âfante {Rend. Isl. 
Lomb. 73, 1939-1940,' 512). 

àvuXiûvai : infinitif, terme financier à Tégée au 
IV siècle (Schwyzer 657, Buck 22) dans un passage ' 
malheureusement obscur, A été compris «vendre» et 
Tliurneysen, Gl. 12, 1923, 145 y voit le résultat par 
superposition syll.abique de àTcu-TcoXiôvat (?) en rappro- 
diant àTcoXeïv. Buck qui comprend n régler, annuler » 
trouve ainsi une élymologie plus facile en posant un verbe 
ètoXeidtû (l'iotaclsme et l'infinitif en -<ovai s'expliquant 
Meni, cf. àitoXeiôw, béot. àTtoXiirjvcù et voir sous Xeïoç 
(cf. Buck, Greek Dialects % 162,10). 

âv^a : terme de tendresse dont on se servirait entre 
frères et sœurs et entre amoureux (Eust. 565,23), avec 
les diminutifs émtpLov (ibid.J, dcTtçtSiov (Schol. de Luc, 
Calapl. Vi), àjrçdcptov (Xenarch. 4). 'ATtyâpiov est aussi 
un nom propre de femme {CIG 3277, Smyrne). 

On a encore àTrçta • àSeXç-jj? ?| àScXçoû <Û7rox6pt(TtAa > 
(Hsch.), cf. Poil. 3,74, enfin à^ttpOç » papa » (Théoc. 15,14 ; 
cf. aussi L. Robert, Noms indigènes 154) dont la finale 
-u; est expressive mais peu expliquée. 

H.; Série de termte hypoeoristiques à géminée aspirée 
expressive, et de sens mal défini. Voir Kretschmer, Gl. 16, 
1928, 184, Chantraine, È. El. Gr. 59-60, 245 et pour la 
phonétique, Lejeune, Phonétique 61. 

ôpa : épique aussi Sp, avec également ép. enclit. ^a 
(avec élision f) après les monosyllabes % ôç, yip, etc., 
et èiteL Dans l'épopée le mot est extrêmement fréquent 
pour marquer la progression : « ainsi, alors » ; et la plupart 
du temps, il n'a pas besoin d'être traduit. Voir pour 
l'emploi homérique J. Grimm, Gl. 40, 1962, 3-41 : la 
particule sert à établir un contact entre le poète et l'attente 
dfl l'auditeur : elle n'a pas de valeur logique. En atUque 
cet emploi est exceptionnel ; en revanche la particule 
l'wnploie pour exprimer la découverte ou la surprise 



dans certains tours idiomatiques comme l'interrogation, 
le verbe à l'imparfait, [xiXXco &pa, el &pa. Chez Platon 
et Aristote Spa prend un sens conctusif. La particule se 
combine avec d'autres particules, dans fdtpi aùtip, dtrâp, 
voir s. w. "Apa pouvant s'employer dans l'interrogation 
s'est associé avec ^ dans une interrogation d'impatience : 
ép. et lyr. Ji ^a ; ion.-att. par crase àpa (l'emploi de àpa 
non interrogatif pour &pa. est propre à la poésie). 

Le chypriote semble avoir connu, avec un vocalisme 
différent, une particule Êp ou Ipa (cf. Bechtel, Gr. Dial. 
1,437-438) d'après les gloses d'Hsch. xax* Ip ê^eai • 
xdt6v)(Tai ndcçiot, etc. 

Èf.: Apparenté à dcpap[axci>, &pTi, p.-ê. àpi-. 

Ôni rapproche en outre lit. if, lett. jr « et, aussi », qui 
supposent également un degré zéro ; avec un vocalisme o 
la particule interrogative lit. af, lett. ar. 

àpâ : i«K; api), repose sur àpFi, cf. xàrap/oç (pour 
l'a long final de l'attique qui fait difficulté, cf. Lejeune, 
Phonétique 137, n. 2). Sens : « prière » que l'on demande 
aux dieux d'exaucer (Hom., Hés., Pi., Hdt. 6,63), d'où 
« vœu » (chypriote) ; enfin, au pluriel « imprécations, 
malédications » (Hom., trag., iHh.-alL, inscriptions). 

'Ap(4 est personnifiée dans la tragédie comme la déesse 
de la malédiction et de la vengeance. 

Composés au sens de « malédiËtiOn » èTrapT) (//., ion.), 
xaràpa (ion.-att., grec tardif). 

Composé thématique s'appUquant à une personne 
xdtTKp/'oç « maudit » (arcadien, Schwyzer 654). Kalawo 
anthroponyme mycén. = p.-ê. KaTap/'oç, cf. Chadwick- 
Baumbach 174. 

Noter les anthroponymes du type 'Apaa£-Sâ[xoç (Bechtel, 
H. Personennamen 63). 

Dérivé àpaîoi; «que l'on prie» (hapax, S. Ph. 1182), 
généralement « maudit » ou « qui apporte une malédiction, 
funeste . (trag., 1 ex. ; PI. Lg. 931 c). 

Verbe dénom. àpâofiai (seule forme active inf. àpijixaiai 
Od. 22,322), presque uniquement poétique « demander 
par des prières », d'où « lancer des imprécations contre ». 
Ce dernier sens est constant dans les formes à préverbe 
è7rŒpâo(xat (ion.-att.), >caTapâo(xai (ion.-att., grec tardif). 

Adjectif verbal : àpôtTÔç, ion. apTjTÔç «maudit» (//. 
17,37 ; 24,741, avec une variante étppTjToi; ; S. Ant. 972), 
mais aussi «désirable, souhaité» (Sapho ; SIG 656,17 
Abdère), d'où les noms propres "ApaToç, 'Ap^-ng ; composé 
TToXuapTjTOç (Od.) et une fois jroXoépôt^oç (PI. Tht. 165 e) 
mais avec les préverbes èir- et xara-, èTtâparoç, xa-ràpaToç 
(ion.-att.) « maudit ». Également dans l'onomastique cf. 
ATjfxdcpaToç, etc. ; — d'où àpa-nxôç dans t6 àparoeév 
« déprécatoire », type de proposition (Stoïciens). 

Dérivés : ôpTjT^p « prêtre », poétique pour lepeûç selon 
Arist. (Hom., aiisil' dans des inscriptions métriques, 
Épidaure, etc.) ; f. àp:^T6ipa (Callim., A.R.) ; d'où 'Apa- 
TTjpiov nom d'un lieu où des imprécations ont été 
prononcées (Plu. Thés. 35). 

Ce groupe exprime la notion de « demander aux dieux 
par une prière », mais s'est spécialisé (cf. les préverbes 
employés) pour l'imprécation, la malédiction contre 
quelqu'un. Voir T. Bolelli, Ann. délia Seuolo Norm. Sup. 
di Pisa 15, 1946, 75-93 ; Corlu, Vidée de prière, 260-288. 

Et: Incertaine. Meillet a rapproché àpùei «crier». 



101 



apapiaKW 



ifiiio\Mi, ami. aHinàm « nier » (où ur peut reposer sur 
f ou sur ôr-), lat. 6rS, hitt. ariga- « interroger l'oracle ». 
Il s'agirait d'un groupé de mots désignant le fait de 
prononcer des paroles de façon Solennelle :, Meillet, BSL 26, 
1925, 19-20, et Ernout-MeîW6t s.y. ôrô. V. encore Pokorny, 
781. 

ôpaÇoç : m- «bruit» d'obi^« qui s'entrechoquent, 
notamment des dents ( //. 10,375, Hés. Boucl. 404, Hld. 5,3), 
en parlant d'un bouclier (CaU. J3|«i. 147). Verbe dénomi- 
natif dtpaêiw « retentir » : aor. dcpifejoe en parlant d'armes 
(Hom.), prés, en parlant de dents (Épich.), trans. (Épich., 
A.R.). 

Et.: Même suffixe que dans 66pu6oç, xdvaêoç. Onoma- 
topée, cf., pour le thème, àpaSoç et àpàÇw. 

âpaSoç : m. terme de la médecine ionienne ; « trouble » 
p.-ê. à l'origine « borborygme », cf. les emplois Hp. Aeut. 
10, VM 15 ; V. encore More. 4,56 ; « palpitation » du cœur 
(Nie. Th. 775) ; cf. encore Plu. Mor. 654 b tèv èx -ri); 
ouvouataç fipaSov xal 7caX{i6v. 

Traces d'un verbe dénominatif dans des gloses d'Hsch. : 
ipaST) • eopuSrjoY), raçxxEji et àpâSif)Tai • xsJtdvtTat, 
mfKéyyvxi. 

Et. .-Malgré les emplois techniques particuliers, probable- 
ment onomatopée, comme Spaëoç, et cf. àpà^u. • 

àpâtfa) ou àppâ^ti) : « gronder » en parlant d'un chien 
(D.H., JEl., Poil., Plu.) ; cf. encore àpà^ouoiv • 
èfcetÇouoiv (Hsch.). En outre àppiC,<j> {AB 1452) et 
ipapîÇu[7] (Amm. s.u. çcùveïv). 

Et.: Onomatopée. Malgré la divergence des emplois, 
apparenté à SpaSoç et ftpaSoç. 

àpaiôs : une aspiration initiale est enseignée par 
Hdn. 2,108, et souvent notée dans les mss d'Hom. ; « mince, 
sans soliiUté » (Hom., dit de jambes, d'une entrée, etc.), 
dit d'une ligne de bataille (X.), de nourriture (Arist.) ; 
sens technique de « lâche, lacunaire » par opposition à 
wxvôç en parlant de tissus, matières, etc. (Anaximen., 
Anaxag., Emp., Hp., Arist.) parfois «intermittent» 
(Hp.) ; enfin «rare» (Arist.). Dérivés : àpaiéTiijç, -TrjToç 
opposé à Ttuxvé-nrjç (Hp., Arist., etc.), àpaicôSriç adj. 
(Gai.). Verbe faclllif opatécù « rendre lâche, raréfier » 
(Hp., Arist.), avec les dérivés àpatufia (Hp., Plu., etc.), 
àpaUùotç (Hp., Épicure, etc.). 

Il faut peut-être lire àpaidbtiç = ôXiYàxiç dans Hsch. 
t.uu. àSpàxiç, àpëàxiç. 

Composés rares, techniques et tardifs : àpai6Sooç (Arist.), 
^iÇ (Hsch. S.U. (fieSwQ), -ÔTropoç (Alex. Aphrod.), 
•éwpKoç (Hp.), -ÔCTTuXoi; (Vitr.), -àçOaXpioç (Gp.). 

Le grec moderne a gardé àpaidç « clairsemé, rare », avec 
avers dérivés. 

EU: Inconnue. La présence d'un digamma initial est 
aaturée par la métrique homérique. 

ôpoKiv (corr. pour àport]) : çiâXTjv xal àpdbc-niv (Hsch.), 
et. la gl. è^ dtpaxtStov et Ath. 502 b, AloXeîç -rijv «piâX-Jiv 
ipcDuv xoXoOoiv. 

Les données philologiques invitent à poser une forme 
ipcDU( plutôt que àpdbo). 

£2.: Inconnue. 



âpoKOS : m. espèce de gesse, genre Lathyrus (Ar., 
Gai., pap.) ; au neutre àpotxov (Thplir. HP 8,8,3), variété 
qui pousse comme mauvaise herbe parmi les lentilles. 
Peut-être attesté en mycén. comme anthroponyine. 
Aussi sous la forme d'un thème consonanUque, £p«^ 
(pap.). 

Dérivés ; diminutifs àpaadz, Âpocxloxo; (Gai.), ipàxiov 
(Gai., pap.). Adjectifs àpaxc!>$7]ç «qui ressemble à la 
gesse » (Thphr.) ; àpoxtxé; • qui consiste en gesse • (pap.). 
Composés : àpax6(T7cep|xov, -oiropo;, -%ep<Toc (papO- 

La forme à aspirée fipaxoç (Gai.) désigne p.-Ô. la vesce 
sauvage ; mais le dérivé ÂpàxiSva « gesse à double fruit > 
(Thphr.) est nettement tiré d'£p<xxo;. Le suflixe fait 
penser à celui de tx.'i^woi. 

Et.: Inconnue. Le rapprochement avec lat. arinca 
sorte d'amidonnier est improbable. Mot d'Asie Mineure 
selon Nehring, Gl. 14, 1925, 182. 

âpa^a : plante fabuleuse qui pwus» près de l'Araxes 
(Ps. Plu., Fluv. 23,2). 

àpapÎ9K(i> : usité uniquement en poé6i«4epuis l'Iliade; 
le présent est rare créé sur l'aor. Vtpafmt «aisfi? A*%uooi«n 
poésie, que concurrence mal un aor. si|^. %aak Un «^fe 
thème important est le parfait Sipr^a, att. âpâpo, au 
participe àpriptôç, àpâpcbç, àpapuîot (sur le vocaHaiiiC ^ 
V. hypothèses de M. Leumann, Celtica 3, 1955, 241-248) ; : 
ce participe est attesté au nom. pi. neutre et au fém. en 
mycénien (cf. Chadwick-Baumbach 174) ; ce parfait est' 
de sens intrahsitif. 

Rares formes moyennes, dont la plus diflieile est le subj. 
transitif 7tpooap7)peTai (Hés. Trav. 431), aor. plutôt que 
parfait. Au passif Hom. a l'aor. i5p6ï)V, les Alexandrins 
le part. pf. àpijpetxévoç ou -a(iivoç. Le sens des formes 
transitives est « adapter, construire, pourvoir de » ; les 
nombreuses formes Intransitives signifient « être adapté, 
pourvu de, convenir », etc. 

Sur le participe pf. àpôptii; a été créé un adv. àpôtpÔTtûç 
« fermement, solidement » (.flEsch., E., PI. Phdr. 240 d, 
grec tardif) avec le comp. àpSpÔTEpov (Them.). 

Participe athém. qui ne se rattache à aucun de ces 
thèmes : iicp[xevoç « adapté, préparé, convenable, agréable • 
(Hom., Hés., poètes) ; d'où le subst. rà éép;jieva «agrès» 
(Théoc, ffin. Tact., IPB 1" 32 B, mais Hés. Trav. 808, 
le mot est plutôt ad].), « équipement » (Aie), « instruments » 
(Hp.), «nourriture» (Numen. ap. Ath. 306c); pour ce 
dernier sens y aurait-il influence de fipiia cité sous atpto f 
ou d'une interprétation de Hés. Th. 639, Bouclier 84 7 — 
"ApyLCvoç, p.-ê. anthroponyme en mycén. (Lejeune, 
Par. d. Pass. 98, 1964, 326), connu en tout cas à l'époque 
classique. 

Dérivés : àp(AevtÇta « mettre à la voile » (Gloss.), de 
&ptJ«vov « voile » (Gloss.), employé parfois au figuré en 
grec moderne (Papageorgiou, *A67)vâ 24,459 sqq.). L'hypo- 
thèse qui voit l'origine de £p(xevov dans des formules 
hom. (M. Leumann, Hom. Wôrter 311) n'est pas vrai- 
semblable : ces formes verbales se trouvent au cœur d'un 
ensemble de mots importants issus de àp-, exprimant 
l'idée d'adapter, accorder. 

Noms d'agent : composés rares, TtuXdcp— ç (Hom.), 
XiÔdtpTi)? (inscr.). 

Noms d'action : àp6p.6( « lien, union, amitié », rare 



opapicrKU -inn 

{H. Herm. 524, ffisch., Call.) ; d"où fipe|jtioç .Ué, uni» 
[Od., Hdt., Emp.) ; et le v. dénominatif àpôfléûj . se lier, 
3'unir . (intransitif //. 7,302, forme passive A.R. 1,1344) ; 
Spîiâ f. « amour physique », Aphrodite à Delphes selon 
Plu. 769 a (pour àp|i7j, voir plus loin s.u. àpfjta). 

'Ap-ràç n'est connu que par des gloses : àp-ràç • (TÙvraÇtç 
et àp-rûv ■ çtXîav xal cnj[i6aatv fj xpiaiv (Hsch.). Le mot 
est certainement ancien, cf. arm. ard, gén. ardu « ordre », 
lat. m. artus, -ûs, skr. rtù- « moment Hxé, ordre », etc. Ce 
thème a servi de point de départ à deux verbes dénomi- 
aatifs : 

»> àp-nit» «arranger, préparer» (Hom., ion.-att.) ; 
l'alUque emploie ce verbe (surtout avec les préverbes 
&.- et >&»»-) au sens culinaire d'« assaisonner» avec les 
dérivés a.pwau;, éép-rufia, d'où -(laTcôSTjç et dans Ijs pap. 
-liâTtov,^ (ipTUfiâç et -fiarâç «épicier», -(xaroTroita, 
■lucTOTtwXvjç ; àpTUTixdv « assaisonnement » (pap.) ; dans 
d'autres dialectes àp-nico signifie « administrer » (crétois, 
arcadien), cf. àp-ruaiXaoç nom d'un fonctionnaire à Délos 
(Ath. 173 a), àp-TUTT^p fonctionnaire à Théra (Schwyzer 
227), et la glose d'Hsch. àTtap-nleiv • àTrojtTjpùoaeiv 
TapavTÎvoi ; 

b) àoTÛvtù (-uvétû, -uva, -ûvÔtjv) « disposer, préparer » 
(Hom. seulement), pour la formation, cf. Schwyzer, 
6r. Gr. 1,727, d'où àp-rùvâç magistrat à Argos (Th. 5,47) 
ASp-ruvoç (Hsch., Plu.), cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,491. 

Dérivé avec suffixe de nom d'instrument -Ôpcy : àp9pov 
«articulation, membre» (Emp., Hdt., Hp., etc.), comme 
terme grammatical « particule » dans un sens large (Arist. 
Po. 1457 a), et surtout « article » (Arist., stoïc, etc.). 
Dérivés techniques : àp6pmç (voooç) «goutte» (Hp.), 
avec àpôptTiKÔç qui se rapporte à la fois à àpOptriç et 
à âpOpov, « qui concerne les articulations ou la goutte » 
(Hp.) ; àp6pLx6ç «qui concerne les articulations» (Gai.) 
ou l'article (A.D.) ; àpBpûSrjç «articulé, ajuste» (X., 
Arist.), avec le dérivé àp9p<oSîa «articulation»; verbe 
dènominatif àpÔpoco, -ofxai surtout au passif « être articulé » 
(Hp., Hermip., etc.), «articuler des sons» (X. Mém. 
1,4,12) ; aussi avec les préverbes Sia-, IÇ-, souvent au 
figuré « décrire, expliquer » ; d'où fipôpcofftç (Phld., Str.), 
aussi avec Sta-, èÇ-. 

Composés : âvapOpoç < non articulé > d'où parfois « débile », 
?;ap9poç « désarticulé, luxé », d'où è^acpOpécù, -tnut, -ïjotç. 
D'autre part àp6pi[ji6oXov, -^oXi<i>, etc., àpôpoxTjSVjç, 
ipôpOTtéSif). 

D'un dérivé de la racine àp- en t (àpr- 1 *<ipTOÇ ? cf. 
l'adv. (icpTi, mais voir aussi Schwyzer, Gr. Gr^ 1,705 sqq.) 
a été tiré le présent assez rare àpTéo[xai « être préparé » 
(Hdt.), avec des composés dtv- (Hdt.), Ttap- (Hdt., ArTi) ; 
probablement xar-, cf. Hdt. 3,80 ; nom d'action étpTTjmç 
(Hdt. 1,195) avec une variante (ïprMTtç ; aussi doubW. 
àpTÎ^tù « arranger, préparer » (Théoc, D.S., etc.) et 
xaTapxiÇco (Hdt., etc.), avec les dérivés xotTipTioiç, 
-lojxa, -ia(x6ç, -ioTr)p; èTcotpT^Çû) (Hp.) ; pour le rapport 
entre àpTÉti et dtpTtî^tù, cf. aEréw et aW^w- Le thème en s 
STtapTTjç « équipé, préparé » [Od., A.R.) est une dérivation 
secondaire. 

Certaines formes de ce groupe se sont trouvées en 
conflit homonymique avec la famille de àp^6uà (voir sous 

Pour les dérivés en -(xa, -(loç, -[tTj, etc., avec ou sans 
aspirée, voir sous ôcp(Aa. 



Autres termes qui pourraient être apparentés : «pn, 
àfMtpTiQ, Sap, p.-ê. àpen^, àpéoxcù, âpeiwv, àpie^ôç. 

"Apôpov «membre», àp-njvw «assaisonner» subsistent 
en gfrec moderne. 

El.: On trouverait un correspondant à -ijpapov dans 
arm. arari . j'ai fait . (présent arnem), cf. Pokorny 55. 

àpâaau : f, ^^u, etc. ; « heurter, frapper » (des chevilles, 
la terre, une porte, etc.) ; le verbe simple est utilisé en 
poésie (Hom., etc.), une fois chez Hdt., en prose tardive. 
Formes à prévwpbe : àTt- « arracher d'un coup » (Hom., etc.), 
8i- (Hés.), èÇ- (Hom., etc.), xa-r- (ion.-att.), ouv- (Hom! 
ion.-att.) « mettre en pièces ». 

Noms d'action: àpaytiéç «heurt» (trag., Lyc, Hellanic); 
aépaYfia (E., Sor.), àpa^iç (tardif) ; adv. àpocySyiv « avec 
un cliquetis » (Luc). La glose àpâyeiv • OTtapccoCTeiv 
(Hsch.) risque d'être fautive. 

El. : Reposerait sur une onomatopée, cf. àpa6oç, SpaSo;. 
L'hypothèse reprise par Bechtel, Lexilogus s.u. ^Tjaacùj 
que le mot alternerait avec ^â-rrco/pTjaatù est difTicilé 
phonétiquement. 

dpacrxâSES : rà Ttepuaivà xXY)fi.*Tft (Hsch.). En outre 
àpeoxai • xXV)[xaTa, pérpusç (Hscli.), et èpsaxâç ■ t6 oùv 
Toïç pÔTpuow à(pa.tpe0èv xXTJfxa (Hsch.) ; voir en outre 
aùpoCTxâç, et oXooxoç. Termes botaniques qui concernent 
des branches ou la queue d'une grappe, cf. R. StrOmberg, 
Woristudien 53-54. On lui accordera que le second 
terme de ces composés probables est apparenté, soit à 
ëxtù, soit comme il le veut à Ôaxoç « rameau de vigne » 
(dont l'orthographe la plus usuelle semble, il est vrai, 
être &axoç). Il resterait à expliquer le vocalisme a ou e 
de -xayccStç et -zuxo^'-, enfin le premier terme dp-, ou àp-. 

'ApÔTUos : m. nom de mois en locrien équivalant 
à peu près à décembre [SIC 855). On suppose d'abord un 
pi. n. ""'Apa-ruia « fête des labours » qui serait issu de 
*iipaTÙç nom d'action répondant à àpôm (cf. le crét. 
atparpov, etc.), voir Schwyzer, Gl. 12, 1923, 1. *'ApaT0ç 
signifierait « temps propre au labour », cf. Benveniste, 
Noms d'agent 73. 

àpdxiSva, voir sous écpaxoç. 

àpdxvT] : f. « araignée » (.Œ:sch., AP), . toile d'araignée » 
(Hp., etc.), pour désigner l'animal «Ml a plutôt dcpûc^VT)?, 
-ou m. (Hés., Pi., etc.); hapax «pocxvoç (jEsch., Supp. 
887). 

Dérivés : ôpdcxviov « toile d'araignée » [Od., com., X., 
Arist.) ; le mot est également employé par Arist. comme 
diminutif de ipixvTjç ; d'où ûtpoxvicoSTjç « qui ressemble 
à une toile d'araignée » (Hp., Arist., Dsc.) et le dénomi- 
natif factitif &paxvi6(i> (Hp., Arist.) «tisser une toile 
d'araignée », au passif « être couvert d'une toile d'araignée ». 
En outre ont été tirés de ipi^yr) les adj. dcptxxvaïoi; 
« qui concerne l'araignée » (AP),- àpaxv^etç (Nie), dépocx- 
vmSijç «semblable à un fll . ou «une toile d'araignée» 
(Arist., Nonn.). La glose àpéxyr,yj:t; ■ àpK^vai (Hsch.), 
si elle est authentique, s'expliquerait par l'analogie de 
CT(p^xcç, (iiipjxijxeç, etc. Dénominatif attesté très tard 
AooYvàouat « tisser une toile d'araignée » (Eust.). 



— ■ 103 



Rares composés : àpaxvoetSi^ç, dépaxvou9^ç. 

Et.: Nom d'animal petit et déplaisant qui n'a pas 
grande extension en i.-e. : cf. toutefois lat. arânea. On 
pose 'arak-sn- (cf. Benveniste, Origines 101). Un rapport 
avec lïpxuç « fllet » est possible, mais indémontrable. 

àpÇôAtj :: «.poêle «i terre cuite», s^yocwîv ôorrpàxivov, 

Toçjjj^yrïyot (Hscfe.). 

<ip€t|\ps : « tranchet de cordonnier », de forme circu- 
laire (Nie. Th. 423) ; dit au flguré d'une figure géométrique 
(Pappus), cf. Thompson, Cl. Heu. 56, 1942, 75 sq., 
Beazley, ibid. 116. Cf. la glose àvâp6i)Xa • Ta [jlt, IÇeofjLéva, 
ip6i^Xotç yàp rà Sépfiara <Çéouai> (Hsch.). 

El. : Terme technique d'origine inconnue. 

&p€îvvT) : xpiaç. SixeXot (Hsch.). Le lemme est 
donné avec une finale ionienne-attique. 

Et. : Le rapport avec lat. aruîna « graisse, lard » (cf. 
Serv. Aen. 7,627 secundum Suelonium aruina est durum 
pingue quod est inter culem et uiscus) est évident, mais 
«reste à l'interpréter. Le grec est emprunté selon Ribezzo, 
Riv. Indo-Gr. Mal. 12, 196. Selon v. Blumenthal, Hesgchstu- 
iien 16, le mot serait messapien. 

àpgûXT] : f. chaussure montant jusqu'à la cheville, 
portée par les voyageurs, parfois aussi par les femmes 
(Esch., E., Hp.) cf. Hp. Art. 62 cité par Ed. Fraenkel, 
Ag. 2,429. Dim. àpêuXtç (Théoc, AP). Adj. àpouXix.dç 
■ en forme d'àpoiiXif) » (Délos). Le lemme d'Hsch. âpSûxY) 
doit être lu àp6ûX7jç. 

En outre xardcpôuXoç « qui descend jusqu'aux chaus- 
sures • (S.), et la glose d'Hsch. xaGipôuXoç x'^='vîç 
jnoter l'aspirée). 

La glose d'Hsch. âpfz'jXa ■ ùrcoSrjjiaTa KuTtptoi, s'il ne 
l'agit pas d'une faute du manuscrit, peut résulter d'une 
iltération de âp6'JXi^, îwr rapprochement avec âp(x6!^co, 
w être un emprunt parallèle et indépendant. 
<£i.; Emprunt probable, p.-ê. à l'Orient. 

'ApyoSeîs, -îjç : m. pi. (thème en -eûç) nom d'une des 
(tribus en Attique et en lonie (Hdt., E., Cyzique, etc.); 
raut, selon Plu. Sol. 23, xè èpyacTixév, ce qui supposerait 
Me assimilation de la syllabe initiale d'un thème ip^aS- 
1 èpYÔÇo|xai. 

Voir Frisk, chez Nilsson, Cuits, Mgths..., 1941, 147, 
1. 17. 



ôpyâSes ' elSoç çutoû t^ àpyal yuvaîxeç (Hsch.). 
Voir Latte s.u. 



ôpyaXéos, voir SXyoç. 

'ApYeK|»ôvTTis : épilhète d'Hermès (Hom., liés) 
plus tard épithète d'Apollon chez S. {Fr. 1024) et dé 
Télèphe chez Parthénios, cf. Parth. fr. 33. La forme est 
obscure et il est possible, mais non certain, que "Apret- 
fàwTiz soit un arrangement métrique de 'ApvéœovTïiç 
comme le veut P. Kretschmer (G/. 10. 1920 45 sqq ) 



"ApYos 

Le sens traditionnel est « meurtrier d'Argus » pour Hermès 
(cf. pour -<|)6vn)ç, <p6vo<;, etc., et les composés postérieurs 
HTjTpoçdvnjç, etc.), et pour Apollon «meurtrier du 
serpent », cf. àpY^ç/àpyôç. Mais ces itttorprétaUons peuvent 
être secondaires, Homère, comme le constate déjà 
Aristarque, ne semblant pas connaître la légende d'Argus. 
Bien d'autres explications ont été tentées dès l'antiquité 
en rapprochant par exemple àpyôç « blanc » et çalvtù 
(cf. Chantraine, Mélanges Navarre 69-79). Dernière 
interprétation de ce genre et également indémontrablp 
de Heubeck, Beitr. Namenforschung 5, 1954, 19 sqq. : 
àpyo; « lumière éblouissante » d'où « vitesse », et -çôvtt]; 
rapproché de eù6éveia, etc. 

J'ai pensé (l. c.) que le mot pouvait recouvrir un Lcnuo 
religieux indigène, mais celte hypothèse n'admet pas ,1, 
démonstration. Voir encore sur SiâxTopo; 'ApyettpôvTr,; 
J. Ghittenden, Am. Journ. of Arch. 52, 1948, 24-33. 

âpyeXXa : otxTjjxa MaxeSovtxiv. Stop OepfxatvovTEç 
XouovTOi (Suid.) et «pytXXa ou àfrftXa, fém. habita Uoii 
souterraine en Grande Grèce (Str. V, 244) que cite Épliorn 
(= fr. 45), cf. Eust. ad D.P. 1U>6. 

Et.: Le terme est grec, non proprement macédonien 
et le rapprochement avec acpyiXXoç très défendable. Voir 
une discussion détaillée chez Kalléris, Les anciens Macé- 
doniens 1,104. 



àpYéXo<}>oi : m. pi. désigne le rebut, le déchet (Ai. 
Guêpes 672 hapax). Selon la sch. et AD 8, serait un Ijcriii;' 
attique pour ttoSeûveç «pattes de la dépouille d'un animali. 
(mouton, etc.). 

Et.: L'explication traditionnelle voit un composé de 
X6<poç (aigrette?) et-àp^éç («inutile»?), mais cet àpyéç 
ne figure pas sous la forme àpvg- comme premier terme 
de composé (analogie comique avec àp/e- ?). En admettant, 
ce qui n'est pas invraisemblable, qu'il s'agisse d'un terme 
comique créé par Aristophane, le mot serait à la fois 
bizarre et obscur. 

âpYcpov, voir àpyôç. 

àpyevvôs, àpyr\%, etc., voir àpyéç. 

âpytXXos : « argile, terre blanche à potier » (.\rist., 
Thphr., etc.) ; àpyiXXa f. même sens (Gai.; ; àpytXoç 
(inscr., Acamanie). 

Dérivé : âpyiXwSirjç (Hdt., etc.). Composé : àpytXXoçépTj- 
Toç épithète de yî) (P. Teb. 702). 

Et.: Probablement apparenté à àpy6ç 1. Le latin doit 
être un emprunt au grec. 

'Apyos : n. Nom de plusieurs cités, notamment 
de là capitale 4e, l'ArgoIide. Selon Str.' 8,6,9 fipyoç = 
TTsStov (?). Ce nom de ville présente deux originalités : 
1) il est de genre inanimé; 2) la structure du dérivé 
'Apysîoi (Hom., etc.) présente la forme aL„ndue d'un 
dérivé de thèmes en s. Mais il existe surtout des dérivés 
en /; •ApyéXoêç m. (E., Ar.) ; 'ApyoXiç, -tSoç f. (s.c. y^). 



Apyos 



— 104 — 



Argolide (Hdt., etc.) ; 'ApyoXixdç (Plu.) ; en outre l'adv. 
'ApYoXtCTTl (S.) et le v. dënom. ipyokfCa « prendre le parti 
des Argiens » (X., etc.). 

El. : Le fait qu'il s'agit d'un thème en s fait penser à 
èvapyr)?, etc., voir sous àpyiç « blanc » ; mais ce peut être 
un topony:..s du substrat. 

àpyôs, -"fi, -ôv : « d'un blanc brillant », en parlant 
d'une oie (Od. 15,161), d'un bœuf blanc, ou bien gras 

(/;. 23,30), blanc (Arist.). 

C'est d'autre part une épithète des chiens chez Hom. 
{/;. 1,50, etc.) au sens de «rapides», s'il s'agit bien du 
même mot comme nous pensons (cf. Et.}. D'où les noms 
propres "Apyoç, nom du chien d'Ulysse (Od.) et du gardien 
d'io (trag.), mais pour ce dernier le mot est interprété 
par les Anci-ins <• aux yeux brillants » ; 'ApYCÎ) f. «la rapide » 
nom du navire des Argonautes {Od., etc.). 

Composés : àpyi- figure comme premier terme dans des 
composés anciens selon un vieux type i.-3. (cf. p. ex. Risch, 
Wortbildung der hom. Sprache, 195 après Wackernagel, 
hl. Schr. 1,769), avec le sens de t brillant », notamment 
àpi-tSpévTaç (Pi.) «à la foudre brillante», -xépauvoç 
id. (Hom.), -X690<; (Pi.), -veç-^ç (S.), -68ouç épithète du 
sanglier et du chien (Hom.); àpytXntriç, d'autre part 
(.\rrh. 160 B.) se trouve dans un contexte peu clair, et 
doit signifier « très blanc » ; l'athém. n. pi. ipyiXmeç 
(Nie, Th. 213) épithète de la vipère est glosé par les sch. 
êxXeujcoi « tout à fait blancs » ; le second terme appartient ' 
au groupe de XÎTia. etc. (cf. l'hom. ipréri Stkxûj « d'un blanc 
gros éclatant i>) ; àpyt- au sens de « rapide», dans ace. pi. 
àpvmoSaç (Hom.), mais le mot signifie plus tard «aux 
pattes blanches » (S. Aj. 237), cf. aussi àpyinéSaç nom. 
sg. {AP 6,299) ; enfin la glose d'Hsch. àpyiénouç • àeràç, 
MaxsSovsi; peut être corrigée en àpylTrouç et doit être 
un terme désignant l'aigle. Ttûvapyoç cf. plus loin, et voir 
Kalléris, Anciens Macédoniens 1,106 et 238. 

'Apyiç figure comme second terme dans quelques 
composés. Au sens de « blanc » : xvtjjji- « aux cuii^ses blan- 
ches « (Théoc), Xetu- « à la peau blanche » (JEsch., Thcr.), 
itiyapyoç (v. sous roiyT)), rteXapyôç, v. s.v. 

Au sens de » rapide » rcàSapyoç « aux pieds rapides » nom 
d'un cheval chez Hom. ; x^lXapyôç « aux sabots rapides » 
iS. El. 861, lyr.) ; pour XiTapyéç, v. sous XÎTapytÇeiv. 

Le mycénien possède trois noms de bœufs avec une 
finale -ako qui peut être -ctpyoç mais qui reste ambiguë : 
indako = 7t6Sapyoç « aux pieds rapides » ce qui n'est pas 
exclu pour un nom de bœuf, ou «aux pattes blanches » ; 
iomako si c'est crrôfiapyoç signifierait « au mufle blanc », 
mais tumako si c'est 6ii(jiapyoç vaudrait « vaillant, au cœur 
vif»; voir en dernier lieu, Lejeune, B. El. Gr. 76, 1963, 
8-9; ChantraJne, Rev. Ph. 1963, 13-15 avec la biblio- 
graphie. 

Sur yXtiocapyoç, v. sous yXÔCToa ; sur <rr6fiapyoç, v. sous 
ïriiict. Pour aTrapyta, v. s.v. 

Verbe dénominatif : àpyatvto « être blanc » (E., Opp., 
Nonn.). 

Dérivés : àpyôç, -5 m. avec le suffixe de sobriquets 
et de noms d'animaux en -àç désigne un serpent (Achae.), 
pour sa couleur ou sa vitesse 1 Mais les mas d'Hp. Epid. 
5,86 ont àpyfjç, p.-ê. faux ionisme ; 'Apyôtç sobriquet de 
Démosthène (iEschin., Plu.) est probablement le même 
mot, mais cf. BjOrck, Alpha impurum 50 ; Suidas cite en 



outre àpyéXai • elSoç 8tpe<ûv ; àpytriç attesté par le 
lat. (Virg., Col., etc.), épithète de â(i7reXoç s.e., est un 
cépage à raisin blanc. 

Il a dû exister un thème en s attesté par l'adj. composé 
èvapyif)ç (Hom. ion.-att.), v. s.v. 

Dérivés du thème en s : àpyetm^ç, -où « qui purifie le 
ciel », épithète du vent du Sud v6toç (Hom.) et du vent 
de Nord-Ouest, Çéçupoç (Hés., etc.) ; nom propre de ce 
vent avec déplacement d'accent, 'Apyé<rn)ç (Arist., etc.) 
employé comme équivalent poétique de àpY^ii chez Nie. 
r/i. 592 ; àpyewôç de *dépyeo-voç «d'un blanc brillant», 
forme éolienne (cf. èpeêew6ç) épithète de brebis, d'étoffes 
(II.), emprunté sous sa forme éolienne par des poètes 
(E., etc.). 

Dérivé en '-él- du type de yuptvir); (cf. Chanlraine, 
Formation 267) àpyTjç, gén. -îJToç, etc. ; àpyéTi (//. 11,813), 
fipyera [II. 21,127) s'expliquant par leur commodité 
métrique. Sens : «brillant, blanc brillant» (Hom., de la 
foudre, de la graisse, poètes). D'où àpyTjcmji; « brillant » 
(.Esch., Théoc.) : entre dans une série de mots en -t^ottiq, 
cf. Teux^JotTQÇ, cf. Chantraine, Formation 317 ; l'influence 
supposée de cdjnrjcr-rrjç est douteuse. Enfin le thème àpyi)- 
de àpYÔ? a été élargi au moyen du suffixe -fsvr- dans 
âpyrjEtç, dor. âpyâeiç, contracté en àpyâç, -âvroç « blanc, 
brillant » (Pi., .ffisch., Orph.). 

Un autre ensemble de mots associés à ipyéç se groupe 
autour de écpyejiov n. « tache blanche de l'œil », albugo 
(S., Hp., etc.) et 6cpyc[xoi; m. = XeÙKWfia (Poil. 2,65) et 
«le dessus de l'ongle» (ibid. 146); écpyefxov est selon 
Plin. le nom magique de la lappa canaria = une aigre- 
moine. Ces dérivés se situent à côté du n. *(xpyo!; comme 
àvOefiov à côté de &v9oç. 

D'autre part àpyefxtôv») f., « pavot argémone » (Crateuas, 
Dsc.) est employée comme remède contre l'àpyEjjtoç 
selon Dioscoride, ce qui donne l'étymologie probable, 
cf. Strômberg, Pflanzennamen, 87 ; pour le suffixe cf. 
àvefitivT], îaaitôvT), etc. En outre àpyefxcivLov = àve\j.ùvrj 
chez Dsc. = ào-nfjp àTTixôç [Aster Amcllus L.) chez 
Pline, HN 26,92. 

L'adj. àpyivdeiç «d'un blanc brillant» est l'épith. des 
villes Lycastos et Camiros (II. 2,647,656) et a fourni le 
nom des lies 'Apytvoûaai ; semble une formation métrique 
sur *àpyivoç issu d'un thème àpyi- (cf. les composés), 
comme ïtuxivéç de ttuxi.- ; l'emploi de 'ApyivoOcrœt dans 
le grec postérieur étonne cependant ; la forme àpyi6Etç 
admise par Frisk est sans autorité. 

Pour âpyôç au sens de « blanc, brillant, éclatant », v. 
G. Reiter, Gr. Bezeichnungen der Farben Weiss, Grau 
u. Braun, 45-52. 

El.: L'adj. àpy6ç et le premier terme de composé ipyt- 
présentent formellement une étymologie apparemment 
claire. Le premier terme de composé àpyi- se retrouve 
dans skr. rji-pgà- épithète d'un aigle (cf. sous alyuTtiéç). 
Ce thème en i se trouve de façon normale en rapport 
avec un adj. dérivé en -ro- (cf. Benveniste, Origines 12,80) 
et le skr. possède un adj. w'-rô- «brillant». Il est donc 
à peu près certain que àpyéç est issu de *àpyp6ç par 
dissimilation (Wackernagel, Verm. Beitràge 8 sqq.). 

Il faut admettre à l'origine une notion qui exprime la 
blancheur éclatante de l'éclair et en même temps la 
vitesse. Des termes comme àpyixépauvoç sont à cet égard 
significatifs, cf. malgré quelques étymologies contestables 



105 — 



SpSis 



G. Cotton, Les Êtudts Clastiqaes, 18, 1950, 436-441). 
Pour les discussions de détail, et. Bechtel, Lexilogus 57, 
Pokomy 64, Schulze, Kl. Sehr. 124, n. 6. Toutefois certains 
savants préfèrent expliquer le double sémantisme par 
deux racines distinctes, àpyôç « rapide » ne comportant 
dans ce cas aucune étymologie satisfaisante (fipYUWt î), 
cf. A. Minard, BSL, 60, 2, 1?65, 23. 

Le tiième ipy- de dcpyôç, àp-fh'i' fipYe(«>v, se retrouve 
élargi en âpyu- dans fipYuppv, âpyopoç, etc. 

A ipY" répondent également lat. argenlum, tolch. 
A ârki, B arkwi « blanc », hitt. Ifarkii « blanc, clair ». 

àpyôs : « inactif », voir Ip^ov. 

ôpYUpoSt fipyuçoç, etc. : groupe formé sur un thème 

"ApYwpoç • d'un blanc brillant » épithète de moutons 
(Hom.) et lipYuipeoç même sens, épithète de vêtements, etc. 
(Hom., Hés., AP] : suffixe -çoç, qui s'observe dans des 
noms de couleurs ou d'animaux (Chantraine, Formation 
263, Schwyzer, Gr. Gr. 1,495) ; dtpyiiipeoç serait un doublet 
analogique des adjectifs en -eoç (autre hypothèse Bechtel, 
Lailogus 57). 

"ApYUpoç ■ argent métal » (Hom., etc., attesté une fois 
en mycénien pour des roues, cf. Chadwick-Baumbach 
175), rarement au sens d'argent monnayé ; le terme est 
masculin, ce qui est usuel en grec pour les noms de métaux. 

Ce mot figure comme second terme dans un certain 
nombre de composés : dcv- « sans argent » (Lys., Pi.), Lor- 
(ffisch.), TTov- (Hom.), jtoXu- (Hdt.), in-, xax-, Trepi-, 
irt- ; en outre çtX-, Xa6- ; voir aussi XiOipYupoç sous 
Xldoç, etc. 

Gomme premier terme de composé, chez Hom. : dpyupo- 
îivTjç, iipYup6-if)Xoç, àpYup6To^oç, et àp-fupiTreÇa épithète 
obscure de Thétis. En outre plus de trente composés, 
souvent de sens technique. Notamment : àpYupafiotSéç 
«changeur » (PI.), -âaTTiSeç corps dans l'armée d'Alexandre, 
-évÎETOç « couvert d'argent » (Délos), -^Xa-roç, cf. èXaû>MO 
(ffisch., E.), ipYupOYvwjxtùv, -eiSï)!;, -Gtjxt), -x6uoç « qui 
Irappe l'argent » (avec -xoTteïov, -Koitta, -xoiréw, -xoTtia- 
T^), -Xéyoç « qui recueille de l'argent » (avec -Xoyéo), 
toyla), -jrXdtaTTiç (pap.), -:roi6ç, -îtoùç (en parlant de 
meubles), -Ttpdt-riQç «marchand d'argent» (pap.) avec 
•■RfomyÂi;, -opu^aî « mines d'argent » (inscr. Adalia), 
-axoTTOi;, -Tajxtaç, -Tafitciitù, etc. (inscr.), --réxvTjç (inscr.), 
-TpiiteÇa « banque » (Just.), -■zpùtfT^y.a. sorte de blanc- 
manger, -çuXaÇ (inscr.). 

Outre les ex. hom., rares composés poétiques ou litté- 
raires généralement tardifs : àpyupéOppvoç, -xuxXoç, 
■^^> -pi^oç, -Toixoç (ffisch.), etc. Pour àpfip&yxn, 
voir sous &YXW- 

Dérivés : dpyûpiov « argent, monnaie d'argent, pièce 
d'argent » (ion.-att.), avec le diminutif àpYuptSiov géné- 
ralement pris en mauvaise part (com., Isocr.) et àpyupdiçtov 
{AB 1339) ; àp-jTjptç, -tSoç, f. « coupe en argent » (Pi., 
eom., Délos) ; dcpyupt-nîç épithète d'un concours dont 
le prix est une somme d'argent (Plu.), mais surtout fém. 
épYupÎTiç, -i8oç ■ qui contient de l'argent métal » (Plb.), 
iminerai d'argent» (X.); également «litharge d'argent» 
(Dsc.) ; enfln nom de plante, la mercuriale, également 
désignée par les termes ôpyiipoç et àpyiipioç (cf. StrOmberg, 
ffanzennamen 26) ; ipyopôtç désigne l'ouvrier qui 
tnvaille l'argent (pap.). 



Adjectifs : dpYiipeoç (Hom.), contr. àp^upoûç et dtpYÙ 
peioç (ion.-att.), lacon. ôpYÛpio; par traitement phoné- 
tique « d'argent » ; dtpTupc&ST); • argentifère » (X.) ; mais 
lipTupixà; t en argent monnayé » (grec tardif, inscr., pap.) 
se rapporte plutôt à icfrxù^txn, de mémo que Apvupijpôç 
{IG IV 1327, 14). 

Verbes dénominatifs : trois thèmes dont les sens diffèrent 
en principe : 1) dcpYUp6o(jtat « être plaqué d'argent » (Mén. 
Monost. 469) employé au figuré par PI. ; à l'actif Dialci. 
2,13, IG IP 3585; composé avec xaT- (Hdt.), mais 
èÇapYup6<i) (Hdt., Th.) signifie «convertir ses biens en 
argent ». 

Dérivés : dcpYÛp<o(xa « vaisselle d'argent » (Lys., com., etc.), 
avec le diminutif ipyoptôiia-nov (Arr.), et l'adjectif ip-p- 
ptù\ux.x\xt^ « de la terre qui permet de mouler l'arpent » 
(Êphèse) ; enfin dcpyupMTai nom de magistrats on 
Pamphylie (Schwyzer 686), cf. Fraenkel, Nom. ag. 1,170 ; 

2) àpYuplÇofiai «extorquer de l'argent» (Din., Jos.), 
d'où iipYupiCT|j.6ç (Str., Ph.) ; en outre composés avec 
an-, è5- ; _ 

3) dtpYupeûco «exploiter une mine d'argent» (D.S., 
Str.), mais dtpYupeuTix';^ «art de l'orfèvrerie d'argent» 
(Eustr.) est créé indépendamment sur xiï5*.xcutix-^. 

"Apyupoç, (ipYÛptov, etc. subsistent en grec moderne. 

Et.: Thème dtpyu- qui se retrouve dans skr. drjuna- 
« blanc, clair » (autre vocalisme que rj-ra ?), lat. argûtus, 
arguô, cf. pour l'alternance avec ipyi- et lat. argenlum, 
Benveniste, Origines 35, etc. En ce qui concerne le nom 
de l'argent le lat. a un thème en '-nt argenlum, de même 
que le celtique, gaulois arganto- dans Argantomûgus, etc., 
av. drdzatam, skr. rajatàm, mais l'arm. arcal' pose des 
problèmes. En ce qui concerne le thème de àp.yupoç 
on a rapproché messap. argorian et argora-pandes (Krahe, 
Sprache der Illyrier 1, 32). 

Il n'y a pas de nom i.-e. de l'argent, mais il a été 
dénommé le métal blanc brillant dans diverses langues. 
Le germanique, le baltique et le slave ont emprunté un 
autre mot. Ces variations pourraient prouver que l'emploi 
de l'argent n'était pas essentiel chez les Indo-Européens. 
Voir Schrader-Nehring, Beallex. 2,394. 

âpSa : f. « boue, saleté » (Pherecr. 53). En outre 
(ïpSaXov (ace. sg.) est glosé par Érot. 28,19, (tvnbv f) (xoXuo- 
[i6v ; et fipSoXoç par dévOptoTroç ô (!■}) xaOapûç Çûv ; môme 
sufflxe que dans atÔoXoç, tttùoXov, etc. ; d'où le v. dénom. 
àpSaXâu « barbouiller, étendre un emplâtre » (Pherecr. 59, 
Hp., LXX) ; les gloses essentielles sont Érot. p. 26 
Nachmanson et Pausan. p. 164 Erbse, cf. chez Hsch. 
àpSiXouç • elxatouç, etc. 11 s'agit de vieux mots attestés 
chez les com. attiques et Hp. On a voulu rattacher à ce 
groupe le terme dialectal papSTJv (= fixpBriv), voir ce 
mot. Dans cet ensemble l'a bref final de fipSa semble 
secondaire (pour iSpST) ?), cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,476. 

El. : La vieille étymologie qui rapproche ces mots de 
£pSci> (malgré l'a long initial que Hdn. attribue au verbe) 
semble possible. 

âpSis> -'o; : f- «pointe de flèche» (Hdt. à propos de 
Scythes, ^:sch. Pr. 880) « flèche • (Lyc. 63). 

D'où dtpSixà; ■ ipapérpa (Hsch.) et ipBio^pa «forceps 
pour extraire les pointes de flèches » (Serv. a>' -En. 8,453). 

El. : Terme technique sans étymologie claire. On rappr. 



âpSi9 



— 106 — 



V. irl. aird (de 'ardi-) «pointe, point, direction», germ. 
erla (de 'artjan), tnoyen-ind. ali (de 'adi, i.-e. 'rdi-) 
«abeille» ou «scorpion»; ainsi Frisk selon Liiders, Kl. 
Schriflen 429. 

âpSfa) : a-. ,c a lone selon Hdn. 2,109; aor. -^poa, etc. ; 
• donner à boire au bétail » (Hdt.), mais plus généralement 
« arroser » en parlant de terres, qu'il s'agisse d'un fleuve 
ou de l'homme (Hdt., poètes, Arist.) ; employé au figuré 
au sens de « soigner, cajoler » (Pi., Ar., PI. X.l. Rares 
exemples de composés : 8i- (J.), è^- (E.), èit- (surtout 
iiu liffuréj, ÛTT- (tardif). 

Dérivés : àpS^oç <t lieu où il y a de l'eau pour abreuver 
ou arroser » (Hom., alex.) ; doublet àp8Y)9jx6ç (Lyc, Nie.) ; 
en outre les gloses pi. n. àpSdcvia récipients de i^rre 
cuile qui servaient d'abreuvoir, etc. (Hscii. et Pausan., 
p. 164 Erbse), àp8ii>.La • toùç Ttuôfiévaç tôv xepœjitSov, 
oûç Evioi yopyûpaç xaXéouctv (Hsch.). 

Le vieux verbe àp8o) s'est trouvé concurrencé par une 
lorme élargie en -eûiù (Schwyzer, Gr. Gr. 1,732), àp8EÛtù 
: cil. Pr. S02, Arist., elc.) ; d'où âpSeîa «irrigation», 
mais aussi « abreuvement >. en parlant d'animaux (Str., 
Plu., pa,)., etc.), âpSeuciç (Hp. Pol.), àpSsùtriixoç «irrigué » 
(Hscii. sous xaràppuTa), àp8eu'nf)ç « arroseur » (Man.). 

Avec une flexion sigmatique au second terme de 
composés : veoap87)i; ■< nouvellement arrosé » {II. 21,346), 
su- {Agath.i. 

Le Errec moderne a encore àpSeûto « irriguer », etc. 

Et. : Inconnue. Si la quantité longue de l'a indiquée 
par Hdn. est authentique, on est tenté avec Kretschmer 
(G/. 3. 294 sq.j de poser â/'àpSo). donc focpS-, ce que 
pourrait, confirmer l'tiiatus du composé hom. vsoapSifjÇ. 
Mais rétvmologie échappe et un rapport avec èppâSaTai. 
esL exclu, la finale -Saxai étant secondaire. Voir la biblio- 
graphie chez Frisic s.u. et Beclitel, Lex. s.u. 

àpeiiî : f. de sens collectif « menaces » (II. 17,431 ; 
ÎO,10i»; 21,339). Vieux terme dont il n'existe qu'un dérivé, 
le Qcnom. àpeidcco (Hippon. 41). Voir aussi èmf)peia. 

Et. : On rapproche skr. irasyd- « malveillance » : douteux. 
A l'intérieur du grec deux problèmes : 1° quel est le rapport 
avec èTiripEta. dont Vt] semble reposer sur un ë grec 
commun, cf. s.v. : 2° àpeÎY) s'interpréterait aisément 
comme dérivé de écpoç • ... xai p>>(i6oç àxoûaiov (Hsch. 
cf. Latte) ; cf. àrrapéç ■ ûytèç, àmrjpûJTOv. En ce cas il 
faudrait évoquer également licpY), cf. s.u. Mais « menace » 
et • dommage » ne doivent pas nécessairement être 
confondus. 

àpeîuv, Sioia-zoc,, àpiCTTspôi;, etc. : àpetcùv comparatif de 
ïvaèôç « meilleur, plus lort, plus brave », se rapporte à 
tous les mérites du corps, de la naissance, de la fortune 
(Hom., surtout //. ; ex. isolés Hés. Tr. 207, Pi. JV. 7,101, 
ffiech. Sept 305, Ag. 81) : nom de chevaux chez Hom. et 
Hés. : enfin àpeioveç semble désigner une sorte de limace 
ou de colimaçon chez -^1. NA 10,5 cf. Thompson, Fishes 17 
(quel rapport 1). 

Le mycénien offre une forme plus arctiaique avec arOtU 
qui serait *àptoa, directement formé sur àp- avec le 
suffixe de comparatif "-iyos-, épithète de textiles et reaies 
<ea meilleur état», r*. Chadwick-Baumbach 175. 

Un doublet àpeioTepoç chez Thgn. 548. 



Superlatif àptoroç « le plus fort, le plus noble » et 
finalement « le meilleur », en pariant de personnes ou 
de choses : c'est le superlatif usuel de l'ionien-attique. 

Nombreux composés avec àptoTo- comme premier 
membre, notamment : àptoôàppaToç (Pi.), àpicrapxoç 
(Simon., B.), àpiardêouXoç épithète d'Artémis, -yovoç 
(Pi.), -xoepTTOç (B.), -xiMcria, etc., voir sous STip-oxparta 
et xpàToç, -Xàxeia. • aristoloche », ainsi nommée pour 
ses qualités propres à l'accouchement, -[lovriç (S.), -vixoç 
(trag.), -vooç, -Tràrpa (B.), -TtoXtrTjç, -reoXiTeÛTTjç (inscr.), 
-TTOVoç (Pi.), -TéxvTji; (Pi.), -toxoç, -xetp (S.), -xeipoupréç 
(pap.). 

Nombreux noms propres de ce type avec 'Aptaxapxoç, 
'ApLCTToréXTjç, 'ApinTOçâvY)ç, etc. En thessal. 'AoroSaixoç 
à côté de 'ApiCTTÔSafioç, cf. Leumann, Gl. 18, 1929,- 66, 
Vendryes, BSL 37, 1936, 13-16, Szemerényi, Syncope, 
98 sqq. 

Déjà chez Hom. subst. dérivé en -eûç, àpiaTEuç, surtout 
plur. àptaTTJeç « les preux » (quelques exemples encore 
chez Hdt. et en poésie), peut être tiré du dénominatif 
àptCTTeûû) (Hom., ion.-att.), cf. M. Leumann, Hom. Wôrter 
138. D'où àpiCTTsta i. • action d'éclat » (Gorg., PL, S.) ; 
pi. n. àpiOTeïa, ion. àpiaT/)ia « prix de la bravoure » 
(Hdt., S., ion.-att.), le sg. àpiaxeiov est rare. Dérivés 
plus tardifs : àpiaxcioç « qui revient aux écpiorot » (D.H., 
Plu.), cf. pour le suflixe Chantraine, Formation 52). 
Enfin de àpiciTeuta sont tirés àpiCTTEuxi.x6ç (Max. Tyr., 
Plu.), àpLdXEUpia (Eust.), -EUX7JÇ «qui améliore» (Secund.). 

Un adv. àpt(jxiv8r)v « en choisissant parmi les meilleurs » 
(ion.-att.), opposé par Arist. à 7iXouxtv87)v, cf. pour le 
sufTixe, Schwyzer, Gr. Gr. 1,627 ; d'où nom. àpiaxîvSâç, 
titre à Sparte {IG V 1,680). 

Nombreux noms propres : 'Aptaxaîoç, 'ApiaxEÙç, 
'ApiCTxiaç, 'Aptcjxiov, qui peuvent être issus de composés 
(cf. les composés). — 'Apioxoç et de nombreux dérivés 
subsistent en grec moderne. 

Un accident a fait créer sur âpiaxoç le nom usuel de la 
gauche depuis Homère jusqu'au grec moderne, àpKTxspôç 
(accent d'après 8e^t6ç) : c'est un besoin d'euphémisme, la 
gauche étant le côté défavorable, qu'il importe donc de 
désigner par un terme favorable, créé purement et simple- 
ment en adaptant le suff. de différenciation -XEpoç (cf. 
8EÇixep6ç) au superlatif dcpiaxoç ; cf. lat. sinisler, av. 
vairyaslàra- ; v. Chantraine, Gedenkschr. Kretschmer, 1,61- 
69; cf. Georgacas, Gl. 36, 1957, 114 dont l'explication 
est différente. Le mot subsiste en grec moderne. Le dérivé 
àptOTepecôv « verveine » est une réfection de TreptaTEpccôv 
(StrOmberg, P flanzennamen 153) et indiquerait le carac- 
tère bienfaisant de la plante ; aucun rapport direct avec 
« la gauche ». 

Et. : Un premier problème est posé par le fait que le 
couple comparatif-superlatif se présente en grec alphabé- 
tique (à la différence du mycén., cf. le début de l'article), 
non sous la forme *(ipt6jv, *aïptùv, *âpKrroç, mais dcpElcav, 
Sipunoi;. On peut penser que àpziav est issu d'une forme 
d'adjectif qui ne possède pas proprement le suflixe de 
comparatif, à savoir un neutre 6cpEtov d'un adj. &peioç 
« bon, solide, efficace » qui pourrait être attesté dans des 
formules comme Zeùç àpeioç (Pausan. 5,14, monnaies) 
et plus clairement teîxoç &petov {IL 4,407; 15.736); 
pour 'AOâvav àpetav en arcadien, voir Seller, l. c. et 
Gallavotli, Riv. Fil. Class. 35, 1957, 225-233 qui évoque 
des données mycéniennes. 



— 107 — 



apfjv 



"Apsioç, donc àpeicov se tire de fagon satisfaisante de 
îpoç, cf. s.v. (voir H. J. Seller, Sleigerungsformen 116 sq.)- 

Quant à àpia-roç (de même que &poç), on le situera 
àaas un ensemble divers qui comprend d'abord le préfixe 
ôpt-, p.-ê. ôpeTï), et même àpaplmcco. 

àpé<rKU : f. àpéoM, etc. (ion.-att.) ; chez Hom. pas de 
thème de présent, mais seulement inf. aor. àpéoai et au 
moyen àpéa<ro(jt.ai, àpérrrraoSat, toujours en parlant 
d'une personne « faire amende honorable », et avec un 
complément de personne « apaiser, se concilier >. En 
ionien-allique œpé<7xto signifie « plaire », avec comme sujet 
un nom de personne ou un nom de chose ; enfin parfois 
àpéaxsi « il plaît, il est décidé que » (Hdt., Delphes). 

Rares préverbes : an- « déplaire », ouv-, ÛTrsp- . 

Dérivés nominaux assez rares et plutôt tardifs. Les 
plus anciens avec un s inorganique : outre àpea-réç 
• acceptable, suffisant» (Semon,, ion.-allique), avec les 
composés eùâpsoTOî (d'où tùccpcaréw, etc.) et SycàpcaTOi; 

■ implacable» mais généralement «pénible» (avec Suaa- 
peaTéco, -rjiJ-a, etc., assez usité dans la langue médicale : 

■ avoir un malaise ») ; le nom propre 'ApÈaxtop, des termes 
du vocabulaire religieux, âpeoTTjp nom d'un gâteau propi- 
tiatoire {/G II' 4971, lexic.) avec àpsa-nfîpioç (D.H.), 
àpeorripîa scil. Ouota {SIG' 587,223), -Tjpiov (/G IP 
403) ; en outre àpéafitov « gratification, honoraire » (Phocide, 
Sehwyzer 353), cf. spdta(iio;, yEpâafxioç pour le suffixe. 

Sur Je thème de présent : àpccxoç « qui cherche à plaire », 
en mauvaise part (Arist., Thphr.), avec àpeaxsùop,ai 
(Clearch., Plu., M. Ant.), -eufxa (Plu., Épicur.), -euxixéç 
(M. Ant.) et d'autre part àpEa>:EÎa (Arist., etc ). Enfin 
àpcdt; « faveur » {Jnschr. Prien. 108) est isolé. 

Dans l'onomastique apparaissent d'une part des 
composés du type TeptiiîjxSpoToç comme 'ApéaiTntO!;, de 
l'autre des composés comme ITav-âpECTOç (Bechtel, 
H. Pernonne.niiamen 66). 

Un verbe àpéoco « plaire » est usuel en gr. moderne. 

El.: Le sudixe de présent -oxco ou -éajccd (cf. sur ce 
point Meillel, BSL 26,21 sq.) convient bien par sa valeur 
à la fois terminative et itérative à un verbe signifiant 
> chercher à plaire, chercher à se concilier ». Mais quel est 
la racine ? àpzirfj est loin pour le. sens. Il vaut mieux 
penser, mais eu posant un rapport très général, à àpaptoxtù. 

àp£TTi : f. « excellence, valeur », surtout, chez Hom., 
en parlant de l'homme, du guerrier, qualités du corps ou 
du cœur ; plus tard, « mérite, valeur » en général, avec 
des emplois particuliers comme gloire, miracles des dieux ; 
s'est employé parfois de la qualité d'un animal, d'une 
terre, etc. (Hom., ion.-attique). Le mot présente une 
grande importance dans l'histoire de la pensée grecque. 
Le héros homérique vit et meurt pour incarner un certain 
idéal, une certaine supériorité que symbolise le mot 
d'àpETT) ; mais cette vertu va bientôt s'exprimer dans 
la civilisation communautaire de la polis. Enfin avec 
Platon ràpETT) se trouve inséré dans un système philoso- 
phique et moral et se trouvera en rapport avec l'èrtiainfinT) 
du philosophe. La notion d'àpenf) se trouve examinée 
dans de nombreux ouvrages, notamment W. Jaeger, 
Paideia, H. Marron, Histoire de l'Éducation dans l'Antiquité, 
Adkins, Merit and Besponsability, a Study in Greek 



Rares composés : àpéTaixfioç (B.), àpeTTjçôpoç (Phid.). 
Le seul groupe important, mais assez tardif est dcpcTaXà^oi; 
{SIG 1133, grec tardif), -Xoywx {LXX, Str.) qui se rapporte 
aux récits des miracles divins. L'a qui fait difficulté doit 
être long, et le mot doit être d'origine dorienne (explication 
impossible chez Sehwyzer, Gr. Gr. 1,452). 

Avec àpe-TT) au second terme, on a alvapéTT] voc. « ù la 
valeur terrible » [II. 16,31). D'autre part le grec hellénis- 
tique et postérieur présente des composés du type èvàpETOi; 
« vertueux », (iicàpsToç, çiXàperoç, etc. 

Peu de dérivés et peu usuels. Verbes dénominalifs : 
àpETàto « être prospère » [Od. et grec tardif) ; àpeT6o|j.ai 
« être excellent » (Simp.). En outre àpcxiSiov est un 
diminutif occasionnel et tardif. 

'ApsTT] tient une grande place dans ronomaslique, 
cf. Bechtel, //. Personennamen 66. P.-ê. déjà en myccii. 
aretawo = 'Ape-râ/'oiV. 

El.: Elle ne peut se préciser dans le détail, .\ucun ru|> 
port sémantique net avec àpéaxco, àpéaa'.. En revanche, 
se laisse rapprocher de àpEÎûJv, àpi- (Sehwyzer, Gr. Gr. 
1,501). Voir encore Prellwitz, Gl. 19,88 sq. S'il y avait 
un rapport avec àpaptaxco, c'est dans la mesure où àpaptaxcj 
se rattacherait à àpi-, àpeitov, etc. 

àpi] : f. « malheur, perte » ; seuls ex. hom. ace. àpïjv 
(II. 12,334 ; 24,489 ; Od. 2,59), gôn. àpîji; avec var. àpEco 
(II. 14,485; 18,100,213) en outre àpîj; xpuepoîo (mas^eu- 
lin ?) chez Hés. Th. 657 ; enfin àpTjv .?Esch. Suppl. 85. 

Vieux terme très peu attesté, qui s pu souffrir de la 
concurrence des termes quasi-homonymes de sens contraire 
comme àpettov, etc. 

On peut rapprocher àpoç • ... pXâSoç àxoùaiov (Hscli.) -' 
et le composé àrtapéç • ûytéç (Hsch.), probablement le 
nom de divinité "ApTjç cf. s.u. Il existe un participe parfait 
hom. apTlfiévo; glosé par p£6Xa(X(xévoç (//. 18,435 et 5 ex. 
dans l'Od.) mais l'a long n'est pas expliqué (vocalisme 
long et terme non ionien ?) cf. Bechtel, Lexilogus s.u. 

Et.: Semble apparenté à écpoç et peut-être à àpzir,. 
On a posé un thème en c. 

àonv'^ • ' porter secours à » notamment dans la 
bataille (//., mais non Od., poét., parod. chez les comiques ; 
rare en prose, ionien, Hdt., Hpc. X., cf. E. Kretschmer, 
Gl. 18, 1929, 99 sq.). Prév. in-. 

Dérivés : àpTjyojv, -6voç m. f. « défenseur, protecteur » 
(II.); nom d'action lïpTjÇiç (iEsch., S.) ; enfin on a tiré 
de (ipr)Y«iv àpTjyoCTUv/) (AP, épigr.). 

Avec la vieille alternance ô : àptoy^ç « secourable » 
(II., poètes), qui peut avoir une valeur juridique, parfois 
employé avec un nom de chose (médicament, etc.) et le 
nom d'action àpcùYT) «aide, secours» (//., poètes). Eu 
outre avec èir- : èrcaptùyéç (Od., E.), èTrapcoYrjç (Nie), 
ÈTOïpcûYÎ (A.R.). 

Vieille famille de mots qui n'a pas subsisté en prose 
attique où elle a été remplacée par les termes militaires 
PoTj6é<ù, etc. 

Et. : On rapproche de façon vraisemblable v. sax. rôkjan, 
V. norrois rikja « prendre soin de », etc. La' prothèse dans 
un thème à initiale r est normale en grec. 

àp'qv : m. f. « agneau », crétois foipiiM (Inscr. "ret. IV, 
4; le digamma est confirmé par la métrique homérique), 



apf|v 



108 — 



gén. àpvôç (Hom., ion.-att.) ; nom. refaits ipvA; (.Esop.), 
Jtpifiç et àpvov (pap.) ; l'attique emploie plus couramment 
le dérivé étpviov qui a subsisté en grec moderne. Terme 
courant, souvent employé au pluriel, au lieu qu'itivôç 
est rare (voir s.v.). Le mycénien ofTre des dérivés remar- 
quable» ; wereneja dans une liste d'objets de cuir (PV 
Ub 1318) probablement fpijveux. d'agneau, cf. 7toX6p- 
pT;veç, etc. ; woroneja p.-ê. épithète de laine (MY Oe 
11!) = worneia ('w^ç-) = donc {F)(kp\ieta.. En outre 
l'aathroponyme waniko = /opvtaxoç qui sp retrouve en 
grec alphabétique. 

Composés : le composé ancien est nom. pi. TcoX)ipp7î>«ç 
• riches en agneaux» (Hom.), avec une fois le nom. sg. 
iroXuppï]voç ; le datif ItbXùotpvt {II. 2,106) doit être secon- 
daire ; sur le vocalisme de iroXiippTjv, issu de *7toXû/'pii)v, 
voir Sommer, Nominalkompoaila 66 sqq. De tels 
composés a été tiré le simple pift (A.R. 4,1497) cf. 
Java ■ litpva probablement éléen (Hsch.). 'Apvocxtç toison 
d'agneau (Ar., PI., Théoc.) serait avec superposition 
syllabique un féminin de *àpv6va>toç, com|>osé de vdbcr) 
(Schwyzer, Gr Gr. 1,263). 

.■\atres composés avec àpvo- comme premier terme : 
àpvoTpoçta (Geop.) ; ÂpvopxiT] • 6 (ierà toO àjsvèç à£^0(*éVou 
Yivopievpç ôpxoç (Hsch.) ; des noms de plantes dcpvéçtXov 
(Hsch.), àpvÔYXtotraov « plantain ». 

Dérivés, outre àpvtov et les formes mycéniennes : 
ipvEtoç « d'agneau », surtout en pariant de viande (ion.- 
att.) (cf. pour le suffixe al'ycioç, etc.) à côté de àpvéa 
■ peau d'agneau» (Hdn. Philet. 445), cf. alyéa, p.-ê. 
I élevage d'agneaux » (P. Oxy. 297), enfin la glose d'Hsch. 
ipvcïa • rà xpEOTrtoXsta tûv Trpooâ-rtiV (cf. EM 146,39, 
DiUyme), cf. encore chez Hsch. Jîâvveia • rà àpveia, xai 
Jowtfxa -rô aÙTÔ ; pour le suffixe, v. Chantraine, Formation 
61 ; le diminutif àpvàptov semble attesté chez Hsch. 

Autres dérivés : p.-ê. àpvti;, fête où des chiens étaient 
abattus à Argos (Gonon 19), mais àpvTjtç, même sens 
(iEl. NA 12,34) a peut-être subi l'influence de àpvetéi;. 
Eafln avec suffixe à gutturale aspirée peut-être populaire, 
les deux gloses d'Hsch. âpix» (ace. athématique ?) • 
Sppcv 7rp66aTov et [îâpixot • fipveç, cette dernière étant 
confirmé par focpixoç attesté comme nom propre à Tarente 
(/C XIV, 608,1,17). Ces formes supposent un thème sans 
nasale et ne sont pas sûrement expliquées. 

El.: fa.pi)v est un terme indo-européen identique avec 
arm. gafn « agneau » ; le skr. a ùraria-. Les rapports 
souvent indiqués avec lat. ueruex et avec le nom de la 
laine elpoç, etc., sont très douteux. 

Sur àpïiv, voir Chantraine, Feslschiift Sommer 11-19. 



"ApTjs ." -iQoç et -soç, -Tjt, -Tja (Hom.), -ec*? et -eoç, 
-El, -sa (att.) ; enfin l'éolien "Apeuç, -euoç, -cui, -eua. 
Malgré l'efTorl de Schulze, QE 454, il n'est pas possible 
de déterminer sûrement la forme du thème originel. 
Ares est dès le panthéon homérique le diiSu de la guerre, 
souvent employé par métonymie dans l'Iliade pour 
désigner la bataille. 

.\djectifs dérivés : chez Hom. la seule forme est 'ApTjioç 
(pour ôcpeiot; voir sous dpeîcov) qui est également ionien ; 
éol. àps'Jïoi;, att. iSpetoç, cf. aussi "Apetoç irâyoç qui a le 
dérivé 'Apeo7ra_'':Tjç, etc. ; mais il existe un homonyme 
ipno; (voir sous àpeîcov), aussi le nom de l'Aréopage 



n'est-ii pas sûrement rapporté à Ares. On rapproche 
aussi le nom 'ApijriST);. 

L'attestation du nom d'Ares dans les tablettes mycé- 
niennes est probable, cf. Gallavotti, Riv. Fil. Class. 35, 
1957, 225-233 avec des considérations sur les formes 
dialectales. Voir en dernier lieu Chadwick-Baumbach 175, 
avec are datif, l'adj. arejo, les anthroponymes aremene 
et àreimene. 

El. : Le rapport avec àp^, &po<; « malheur », etc., qui 
remonte à l'anUquité (cf. EM 10) est vraisemblable. 
Bechtel, lexilogus s.v., veut voir dans le mot un thème 
en ë comme dans àpi^ en se fondant sur les formes hom. 
dat. "ApT), ace. "ApTjv, Archil. gén. 'Apeto. Voir encore 
P. Kretschmer, Gl. 11, 1921, 195-198. 

àpfip.ôs, voir dfc)Mcp&>cu. 
âpGpov, voir 'Âpapioxci). 

àpi- : particule augmentative employée en poésie. 
Chez Homère àpiSebceroç et dtpt^TjXoç (v.s. uu.), àpi-puin- 
Toç, -repeTT^ç, -oipaXrjç, -çpoSïjç. En outre, dans la poésie 
postérieure, surtout les lyriques : n. pi. àpi-pKûTeç (Pi-), 
doublet de àpt-yvcoToç ; -8axpuç (^sch.) ; -8r)Xoç (Simon., 
Hdt.), cf. ôpt^TiXoç ; dor. àpfÇôXoç «envié» (Gallim.) ; 
-ÇtjXwtoç (Ar. Cav. 1329, anap., poét.) ; -rjxooç (Callim.) ; 
-wi[UùM (Hp.); -01^(105 {H. Herm., Tyrt., Hp.); -orâipuXoç 
(AP). La plupart des composés anciens expriment la 
notion d'évidence, d'éclat. 

El.: Probablement apparenté à àpeîtov, àpiOTOÇ. Ne 
semble pas avoir de rapport avec ari- dans skr. véd. 
ari-gûrlà-, ari-stulà- dont l'interprétation est d'ailleurs 
discutée, ni peut-être avec gr. èpi-. 

ôpîa : f. dor. pour <peXXéSpuç « châne-liège » (Thphr. 
3,16,3), p.-ê. de *àpéa. ; cf. à Délos dcpetvoç de «chêne», 
/G XI 2, 161 A, 70. 

àpiSeÎKcro; : < illustre » (Hom., Hés.), mais aussi 
(Emp. 20) «clair, distinct». 

El. : Depuis Schulze, QE 242, n'est pas rapproché de 
Selicvupu, mais avec allongement métrique, serait pour 
*àptSé)ceToç de 'dek-, cf. SetSéxarat, lat. decus. 

âfrî^TfXo; : «clair, facile à reconnaître» (Hom., Hés., 
Pi., S.) doublet de ipiStjXoç. Pour //. 2,318, voir aussi 
sous àLSrjX.oc;. 

Et.: D'après Fick suivi par Schulze, QE 244, n. 1, on 
pose -SjpjXoç, cf. SéaTo, etc. Il serait possible et p.-ê. 
préférable d'admettre une forme de S^Xoç, avec -SS- 
géminé et noté Ç, cf. V^'ilamowitz, Hesiodos Erga v. 6, 
Chantraine, Gr. Hom. 1,169, Shipp, Sludiea 50 sqq. 

âpi6|iôs : m. «nombre» (Od., ion.-att., etc.) d'où 
« compte, quantité », parfois « arithmétique », nombre 
catégorie grammaticale, «rythme» en prose (D. H.) et 
parfois en vers (SIG 703) ; à date basse « unité militaire » 
(calque du lat. numéros) ; en ionien (Simon.) par métathèse 
à\u.%p6(;, cf. plus loin àfuOpéca. Plus de trente composés, 



— 109 



Mtarament <iv(4pte|xoç (Sapho, ion.-att), avec parfois 
l'aIlongem«nt àv{ipiBy.oç (S.); èvdtpiefxoç «compté dans. 
|P1.) et -toç (Hom., etc.); i^-, «sextuple» (Pi.), la- 
|P1., etc.) et toTQpte^toç ; v^^piepioç (Tliéoç., etc.), etc. 

Verbe dénoraiiiaUf âpiOjjiéw «compter. (Hom. ion.- 
itt.), par meta thèse ày.idpé<ù (Hérod., Callim.) ; formes à 
préverbes nombreuses, notamment avec an-, èÇ-, xocr-. 
Dérivés, d'abord iptefnQxàç, d'où <ipie(x7)Tue6ç (PI., etc.) 
ivec (ipte(i7)Tud) « iarithmélique . et àpie(ir)Toc6v « taxe . 
M Egypte : noms d'actions, àplQ^it^yM {.Esch., Secund.) ; 
-rpiç (Hdt,, etc.), enfin le nom d'agent ipiQyLiiThç 
■calculateur « (Ps. PI.). 

Dérivés tardifs àplQuioç . qui concerne les nombres . ; 
ipiôttooTÔv « fraction dont le dénominateur est inconnu •', 
i. ïroXXoffréc, E£xo<rr6i;, etc. 

'Api9(ji6ç et ses dérivés subsistent en grec moderne. 

El.: Dérivé en -Qyiàç d'un thème àpi- qui se trouve dans 
liptTOç (voir S.U.). Un thème rf- existe en germanique, 
lU. rlm « nombre », etc. ; en celtique, v. irl. rim; en outre 
lil.rau«; l'idée est celle de quelque chose de «juste exact .. 
Voir Emout-Meillet, s.u. et Roloff, Gl. 33, 1954, 36-64. 
L'a- de <4pi- peut ôtre une protiièse. Un rapport avec 
^>UIX(o, etc. est possible. 

1 àpîs, -tSoç : f. « archet qui permet de faire tourner 
ne tarière • (Hp., Call., Corn., AP, etc.). 

El.: Terme technique dont l'étymologie est ignorée. 

2 apis, -iSoç : f. nom de plante, désigne le capuchon, 
iritarum vulgare et aussi une variété d'Arum (8paxov- 
èï), cf. Ps. Dsc. 2, 167, etc. 

Si..- Probablement diminutif d'fipov. 

ôpûropov : nom de plante, « capuchon », Arisarum 
«tgare. 

El.: Doit avoir quelque rapport avec àpov, fiptç, et 
lut avoir fourni une origine à dcoopov (v. Strômberg, 
ffmzennamen, 157 sqq.). 

apuTTEpôç, voir àpeCuv. 

êpiCTTOv : . repas du malin ., cf. //. 24,124 : Od. 16 2 en 
outre iEsch. fr. 304 M àpiara, Seî:rva, S6p:ra 6* aIpeZ;9ai • 
plus tard le repas du matin s'est appelé àxpâTiaoa et 
ipioTov a désigné le repas de midi (ion.-att.), cf. Athén 
11 b sqq. 

Composés : outre le terme double Épi<rr68«7rvov 
.déjeuner dinatoire . (corn.), àpiaroçdpov «plateau à 
déjeuner, (pap.) et surtout àptoroTtoiéco, -éofxat (Th 
X.), avec -TToita (Onos.), mais *(ipioT07toi<5ç n'est pas 

On a pu supposer que dans certaines inscriptions àpio- 
teuç sigmfiait . celui qui offre Varhlon », cf. Rehm pour 
l'mscription Inschr. Didyma 84, et la discussion de 
L. Robert, Hellenica U-12, 569-576. 

Deux dénominatifs : 1) àpwTito, pf. :^ptaT7)xa et chez 
les com. l" pi. i^plcrrafiev «prendre le repas de midi. 
par opposition à Set7cv£o> (ion.-att.) ; chez Hp. « prendre 
deux repas » par opposition à (iovoCTiréco. 

Dérivés : àpio-nj-nijç . celui qui fait deux repas par jour . 
(Hp.), -TrjTi)c6ç (Eup.), àpumj-n^piov «salle à manger. 



apKccd 

(J. Robert, R. Ph., 1940, 240-241 pour des attestaUons 
à Stratonlcée, pap.). On a peut-être dtpior^p . qui offre 
le déjeuner . à Élatée, IG IX 1, 101,9 par superposiUon 
syllabique de *(iptoTY)TTp ; mais une lecture àpTMn*p 
est vraisemblable, cf. L. Robert, Ibid. 

2) àptoTl^M de sens facUtif «donner à déjeunw» 
(com.), avec le moyen àpwrrfÇoixat « déjeuner > (Hp.). 

El.: L'a long est sûr (pour //. 24,124, voir Chantraine, 

Gr. Hom. 1,6). Composé d'un locatif *ipi contracté de 

aiep-t, voir sous ^pi, et racine iS- de èoeto», etc., au 

vocalisme zéro avec un suflixe -to-, *8-rov : *aiepi-«TGV =» 

« repas du matin ». 

âpioTOSi voir sous &pcUdv. 
âpiXa, voir ipi^v. 
àpixâo|*ai, voir àvapptx<io(iai. 
àpKâvT), voir £p>cu<:. 
'ApKaSes, voir âpjc-roç. 

âpiceudo; : f. «genévrier» en diverses variétés (Hp., 
Théoc, Thphr., etc.). Dérivés : dtpxeuStç, -tSoç, f. .bai- 
de genévrier. (Hp., Thphr., Plu., etc.) ^'où àpxEudiStTT;; 
(otvo;) « vin fait ou parfumé avec des baies de genévrier » 
(Dsc.) ; adj. àpxeûdtvoç même emploi (Dsc), mais ne 
semble pas se rapporter au genévrier dans LXX. 

El.: Nom de végétal qui pourrait être emprunté. Finale 
-Ôoç qui figure dans des noms de plantes (cf. Chantraint, 
Formation 368). On a tenté de rapprocher àpxuç, parce 
que les branches pouvaient être tressées (Lidèn, IF Is, 
1905-06, 507 sq.). Le genévrier a également été parfois 
dénommé xé&poç. Le latin a un terme différent iuniperus. 

àpKéu, fipxoç, fipxtoç : prés, àpxéa» (fut. àpxéoto, aor, 
iJpxEoa ; noter au passif àpxcoe^oo(jtai, fjpxiaOïjv, ijpKeafxat 
attestés à date assez basse) «protéger» quelqu'un (dat.) 
contre qqchose (ace), « secourir • quelqu'un (Hom., 
parfois trag.) ; d'où souvent dans les trag. et toujours en 
prose « suffire, être assez pour ., avec complément au datif 
et l'inf., (ïpxEi = « il suffit • ; en outre les développements 
«durer, se maintenir. (Th.), etc. Formes à préverbes : 
ôm- « suffire « et « se contenter de », Si- « suffire, tenir 
bon », è$-, ht- « secourir, suffire » (Hom., etc.). 

Il existe deux composés avec àpxeoi- (type ■Kç,'\ib^- 
SpoTOç) au premier terme, àpxeotêouXoç (Cerc), àpxEfri- 
yutoç (Antiph.), et surtout des noms propres du type 
'ApxeaîXao;, etc. 

Dérivés : fipxeoiç « secours, aide » (S., Théra) avec 
(ipxéaifioç « secourable » (inscr. tardive, Syrie) ; içyiiexsyjx 
(Hsch.), et d'autre part ipxerdç (grec tardif). 

Thème en s : àpxoç « protection » (Alcée seulement), 
mais nombreux composés en -opx^ç : àTcopx^ç (Hsch.), 
Pi- (AP), aÛT(£pxr)ç, avec -eta, etc.' (ion.-att.), ywi- 
(Pi.), Si- (Thuc, etc.), il- (ffisch.. S.), Itt- (Emp.), 
Çev- (Pi.), Ttov- et jravr- (.Œlsch.), reoXu- (Hdt., etc.). 
l.' Iliade emploie rcoSdépxijç comme épith:. d'Achille 
à laquelle les Anciens donnaient deux explicaUons : cùxùç 



apKCU) 

Toïç TOoiv «aux pieds rapides» ou opxeïv Sovôfievoç 
. pouvant porter secours trràce à ses pieds », cf. Hsch. 
U mol, ne =e Uouve cliez Hom. que dans la formule 
mMpvc-r-. Sîoç •Axi>i>ie^Ç et a été pris pour un équivalent 
de TTôS-rr; oixuç 011 TToScôxTîff (Bechlel, Lexilogus s.v.), 
cf. Treu, Von Uomer zur Lgrilé;6, Bergrsori, Eranos, 54,69 ; 
le mot est employé par B. pour Hermès, par Pi. pour 
Sp6[xo-. cl ^fiépai ; comme épithète d'un reiiiède contre 
la goutte (Gai.;. 

La question se pose de savoir si àpjcéco est 0«. dénomi- 
nalif (le âoxo;, niaieré la rareté de ce dérïlîer terme. 
L'importance des composés en -apx7)ç et les ïormes 
verbales du type Y)p>céae7)v seraient en faveur d*; cette 
analyse ; en revanclie àpxsTÔç y tait obstacle. L'iftipor- 
lance ancienne d'un thème àpx- est d'autre part assurée 

Dar l'adj. apy.io;. 

■ Le dérivé primaire âpxioc Âr.ni(ie chez Hom. «assure, 
sur quoi on peut compter» yù. 2,393 ; 10,3Q4, etc.), chez 
le-; poètes alexàndrips et ijëjà chez Hés. .suffisant, 
utile ». etc. Est-il possible de tiréf «pxiov nom de la bardaue 
rtp. iov-io; en .-omore-iant « qui tient bon » ? Cf. sur les 
noms de la bardane, J. André, Latomus 15, 1956, 294 sq. 

Le? sens des termes de cette famille semblent diverger, 
mais peuvent trouver leur origine dans la notion de 
. sécurité, sûreté » qui développe dans des conditions 
diverses celles de écarter, détendre, garantir, assurer et 
iinssi celle de suffire. 

El ■ Un rapprochement avec lat. arx, arceô est probable. 
Le frroupe de arm. argel «empêchement», argelum 
.j'empèchp» est plus loin. Voir Pokornv 65. 

aoKîiXos : «jeune panthère» (Gallix., iEL). La forme 
esl-éllc authentique, et a-t-elle quelque chose à faire avec 

ipxTo; '1 

aoKTOS : f- ('es ex. du masculin sont douteux) « ours » 
îHoui., ion! -ait., etc.); emplois particuliers . la grande 
Ourse» (Ilom., etc.. et. Scherer. Geslirnnamen 131 sqq.) 
d'où le Nord : désisne des petites filles dans le culte 
d'.^rtfmis Brauronia à Athènes ; ïiom d'un crustace chez 
.\risL {Arcins (frsus = Tér-riÇ, " Vriir Thompson, Fishes 
17 etc. \ partir de la LXX on trouve occasionhéllemenl 
la tonne apxoç par simplification phonétique et i^r 
rapprochement d'étymologie populaire av«c àpxé«o. 

Rares composés, dont les plus importants sont des 
noms d'étoiles : 'ApxTO^CXaÇ nom de !n constellation du 
Bouvier (Eudox., Aral. 92) : 'ApxToiJi.u;, l'éloile Arcturus 
Hoi \ral., etc.). ou l'époque de son lever, la mi-septembre 
in,, s.. Thuc, etc.), le second terme du compose est 
-opoc «surveillant», cf. çpoupàç, tCf,nov!Ç>6ç, olxoupoç, 

un a supposé que le nom de peuple Apywbeç était 
apnarenté à apxroç. C'est indémontrable ; cf. F. Sommer, 
Uùfiaumfraije und Sprar.hwissenschaft 63 sqq. 
' Noiii athemali.jue &pl dans des textes tardifs {OGJ 
201,15, cf. P. May- ■f-onrf- 121.'782). 

Diminutifs àpxrùXoç (Poil.), àpxuXXoç (Sch. Opp.), 
îpxiAoç (Eust.), enfin àpxiljXa ' ^à C^- KpT.reç T7)v 
ia-pt-/a Hsch.) : les Cretois ayant appelé «ourson» le 
hérisson TouUs ces irloses recouvrent probablement une 
forme àpx-iXoçT ap>cuAâ, cf. l'Hsch. de Latte, 1, p. 499^ 

Autres dérivés : fipxreioç et âpxeioç « d ours » (Dsc, 



110 



D. Chr.) ; d'où ^px-ri) (Anaxandr.) « peau d'ours » ; àpxTioi; 
du Nord (Nonn.) ; mais àpxtiov (Dsc, Nie, PUn.) est un 
nom de plante^ qui serait Vlntila candida, cf. Strômberg, 
Pflanzennamen 118. Enfin dtpxixoç «septentrional . (Arist.) 
mais aussi qui concerne l'ours (pap.) ; et àpxT^ioç 
« septentrional » (Ub., Luc), avec le suffixe d'après écjjoç, 
parfois « d'ours » (Nonn.). 

Verbe dénominatif : àpxTeùw remplir la fonction 
d'&pxToç dans le culte du Brauron {Lys., sch. Ar. Lys. 
645). 

Et. : Nom ancien de l'ours qui répond à skr. ffesa-, av. 
arèa-, arm. ar}, lat. ursus irl. art. Dans d'autres lan- 
gues i.-e., germaniques et balto-slaves, des interdictions 
de vocabulaire ont conduit à remplacer le mut par des 
substituts. On pose i.-e. 'rk'os; voir pour l'occlusive 
M. Lejeune, Phonétique, 31 sqq. 

âpKWS, tUOÇ ; i- surtout employé au pluriel (une aspira- 
tion initiale est sttest^p pour l'attique par Pausan. p. 165 
Erbse) « filets », surtout» f^ets de chasse » (ionien-attique) ; 
Hsch. fourRit en outre ta glose àpxuv ■ (ieaâYxuXov xai 
Yuvaixetov xsxpùçaXov. 

Composés ': ^exu-aTaTo; (E.), pi. n. àpxû-trraTa « filets 
tendus. (iBsch.,'s.), cf. ararôç; sur ce mot, hypothèses 
liardies de Bôlupe, Spraclie 7, 1961, 199-212; àpxu-OTaata, 
au pi. « filets » (X.) ; àpxo-topôç « gardien des filets » 
(Gratin., X., etc.), l'w analogique de ôupwpôç ; d'où àpxu- 
tùp£o) (Eup., etc.). 

Dérivés : àpxoov {EM 144,11), cf. Sbctuov ; àpxuXov 
(Hsch.)., On ne sait que faire de lïpxuta épithète d'Hécate 
{Tab. Defix. Aud. 38). — Enfin la glose d'Hsch. àpxàvTi • 
t6 ^â(ip.œ ^ fôv CTT7)(iova èYxaTttTiXéxouai StapfxevaL 
a été rapprochée d'écpxu; en posant un sulTixe -àviri, cf. 
SpsTtivT), 9T)Yâ'«l. xetTtâvT), etc. 

El.: Douteuse, voir Lidén, IF 18, 1905, 507 sq., qui 
rapproche entre autres ôcpxeuôoç (?). 

apua, àptiT), àpfxiç, etc. : Du radical de àpapiaxco 
ont été tirés des dérivés avec suIUxes en -m-, et d'autres 
avec aspiration initiale, qui s'expliquent bien en posant 
'smâ, 'smo-, 'smif(t). 

'Apti-f f. est" rare : « cicatrice, suture » (Hp.), « jonction » 
(Chrvsipp.), «ajustement» (O.S.). A Delphes &p(xa (sic) 
serait un nom d'Aphrodite (Plu. 769 a). 

•Apîxiç m. « joint », terme technique pour la maçonnerie, 
la charpente (inscriplions, tragiques, etc.). Ce terme qui ne 
subsiste que dans ,1e vocnbulaire technique a fourni égale- 
ment avec son loeaUf àppLOÎ un adverbe signifiant • tout 
juste, tout de suite » (Hp., ^sch., Pi., alex.) ; la variante 
àpixqj (Pi-, Pherecr.) est douteuse ; pour le sens, cf. àpri. 

"Àppux n. généralement employé au pluriel « char », 
surtout char de çopbat ou de course attelé de chevaux 
(Hom., poètes, X. Hier. 11,5, PL Lg. 834 b). 

Composés : une douzaine avec âp(xaT- ou otptxBTO- 
comme premier terme, p. ex. àpp.a-ntiY6ç, -TjXiTTfiç, -TjXaTOç, 
-7)X«Tio, (xp(JLaTo8p6(jLOç, -XTUTTOÇ, -Tarr^ç (J'- 4,485), 
-Tpo<pÉo> « élever des chevaux de course » (X.) et -rpoçta, 
-Tpoxia « traces de roues » (Hom., etc.). En outr« 
àûu.âwxE,a « chariot couvert » utilisé notamiucut par les 
Perses (Ar., Hdt., X.) semble être un composé de <xp(iD 
et &iLxla (à moins qu'il ne s'agisse d'un arrangement pai 
étymologie populaire d'un mot d'emprunt t). 



— 111 — 



&pvciis 



Au sCbdttd Uirme de cdiriptfiés on a -içummi 4!ins 
iptoflipiiatoç (Pi.), ^pw- (poètes), «ù- (Pi., S.), wpXu- 
(S,), etc. 

Dérivés : àpiiâ-reioç « qui cuucerne le char • (E., X., elp., 
pour Ps. Plu. 1133e àp(juxTeioç ou 'Aptiàxtoç véjiOî 
voir E. OrMie, éd. Chapouthier p. 21), âp(xaT(5çjç (Critias), 
ip|j«ttTT)ç, < qui se sert de chars » (Philostr., pap.). 
Diminutif àp[xaTwv. — Enfln àp^-ro>X(a « mauvaise 
conduite d'un char » est une création plaisante d'Ar. 
Piiia; 415 sur âjiOtprwXia., etc. Deux verbes dénominatifs 
qui lont chacun des hapax : ôp(iaTsûw « conduire un char » 
(E. Or. 994), àp\iM-vl^o\i.ix.i. « mettre dans un char » (Lyc. 
1319). 

Un mot mycénien répond de façon évidente à étp(ia, 
îpiwTa, amo, duel amole, pi. amota, mais le mot ne signifie 
pas ■ char » : il faut comprendre • roues » (ou « châssis » ?) ; 
jvec les dérivés gén. amotewn (apfiOTTi/bç, dérivé en -eûç), 
d'où l'adj. amotewijo (décoré avec des cochers ? ou des 
charrons 7), et amotejonade (ap|ioTEici>va8e) « vers l'atelier 
des cliarrons ») ; v. aussi plus loin anamoio. Il est douteux 
que le mot mycénien comporte une aspirée initiale (Lejeune, 
IPh. 1960, 17, n. 44). Cf. Chadw ick-Baumbach 175. 

Le suffixe *mp que l'on pose pour âp(xa se retrouve 
ivec un vocalisme o dans un composé comme p7)Tâp(Xtov 
(voir S.V.), le nom propre "ApfAo>v, et le patronymique 
'ApftoviSTjç {11- 5,60). C'est peut-être de ce terme qu'est 
dérivée la glose d'Hsch. âp(X.6auvoi ■ opxT) fiÇ ^v AoxeSaC- 
liwièjtlT^ç eù)to(ï|xtaç tûv -^uvautôv. Le dérivé important 
tsl ôpiiovtoc « cheville, joint » dans la charpente, la 
Mçonnerie, etc. (Hom., Hdt., employé aussi en anatomie 
ilp,), d'où « charpente » ; d'autre part déjà chez Hom. 
.accord, contrat » (//. 22,255). En musique les cordes de 
la lyre (Héraclit. 5i, cf. PI. Banquet 187 a), d'où «échelle 
Busicale, mode », etc. (sur l'histoire du mot, voir B. Meyer, 
'Apiiovta, BedeuUingsgeschithte von ïlomer bis Platon, 
Diss. Zurich 1932). Adj. dérivés : àpjxovtxéç au sens 
musical, et parfois mathématique (PI., etc.) ; plus rarement 
4p|iovio; « qui s'accorde » (Septante, J., Ph.) avec l'adv. 
ipftoviwç et âpftovicâSTjç (Socr.). — Verbe dénonoinatif 
ipiiovlÇû) « adapter, construire » (A.P.J. 

Un groupe de dérivés d'une .grande importance se 
constitue autour du présent du dénominatif tiré de àpjxa, 
àp|i6TT«o/àp[x6t^to « ajuster » en parlant d'un charpentier, 

■ adapter», etc., au sens intransitit «aller bien, conve- 
nir», etc. (Hom., ion.-att., dor., etc.). Le présent est 
ippiérrco en att., ôpfxdooto semble-t-il chez Hp., âpnôî^to 
chez Hom. et dans les autres dialectes ; les autres thèmes 
sont du type î^piiocra, -îjpfxôoeTjv, ijptioofiat, adj. verbal 
ipiiocTTÔç et en dorien âpfioÇa, àpti<Sx6»jv, fipjxoYiMti. Les 
dérivés supposent également soit un thème en dentale, 
soit un thime en dorsale : 

a) D'un thème en dentale : âp|xoeml)p « harmoste •, 
gouverneur lacédémonien de cités soumises (X., inscrip- 
tions) avec le doublet âpjiotrrfjç (Th., X., etc.), et àp[x.éaTCdp 

■ chef» (hapax, .Ksch. Eu. 456) cf. Benveniste, Noms 
d'agent 31 et 45. Noms d'action ou d'état : àpiiéts^xr» 
t pièces assemblées» (E. Hel. 411), &py.oau; «accord» 
d'un instrument de musique (Phryn.). Une dentale sonore 
est apparente dans àptJtôSioç « qui s'adapte, qui convient » 
(Tlign., Democr., grec tardif, non altique), cf. aussi le 
nom propre 'Ap[j.ô8ioç ; le sulTixe s'accorde bien avec la 
dentale sonore supposée par àp(Jt6î^<j», la formation semble 
postverbale ; 



b) D'un thème en dorsale àpjio^f) « jonction, jvint », etc., 
surtout comme terme technique « jonction de deux os »" 
(médec.), «arrangement, alliance de mol* » (Critiqué 
littéraire), « modulatioii » ou « accord » (hiusiquc), « graàaV 
tion • (peinture) (Eup., grec tardif), terme issu de ipjtôCûl' 
avec la flexion de type dorien. 

Tous ces termes Ee groupent bien autour de &p|xàCù,' 
mais il reste à rendre compte du doublet àp(ji6TT<i> dont le 
rapport avec âcp|xa est évident. La forme en dentale sourde 
est ancienne et p.-ê. originelle, garantie par le mycénien 
pf. p. araromolemena = àpacp|X0T{iiva ; le mycénien offre 
encore anamoio = àvàpiioarot (ou *(iv«ip|iOTOi Uré du 
subsUntif àpiAo/fipjta), les deux termes s'appliquant aux 
chars entièrement montés ou non; cf. amofere = datif 
àpfioerriipei. Le présent àp(tÔTTCi>/-aoçû est constitué sur 
un thème atpfioT- fourni par myc. pi. n. amota. V; Heubcck, 
Cl. 39, 1961, 169 sq. avec la bibliographie. 

'Ap(ji6Çcû, àpnovta, etc., subsistent en grec moderne. 

Et. .' Les nombreux termes grecs bûlis sur ap- avec des 
suffixes en m trouvent appui hors du grec dans lat. arma 
« armes », arm. y-armar « qui s'adapte, convient », et 
bien d'autres vocables (cf. lat. armas, armentum) qui sont 
plus loin pour le sens. 

Le grec possède une aspirée initiale (expliquée par la 
forme «m- du suffixe ?), qui présentait p.-.ê l'avantage 
d'effacer l'homonymie entre dcp- de àetpw/aîpco et ip- de 
àpaploxu. Voir sous dcpoploxco. 

ôpua : n., voir sous Aeipu. 

àppaXâ : nom de la rue ; = Tnjyavov &Ypiov selon 
Dsc. 3,46 ; mot syrien pour rr^y*^^ /cttitoxïov selon Ps.- 
Dsc. 3,45. En outre àp(totpdc (pap.). 

El.: Pour Frisk, emprunt sémitique, cf. arabe harmal, 
« rue ». 

âp|ia\iâ. : «nourriture, ration» (Hés., Tr. 560, 760; 
Théoc. 16,35, A.B. 1,393) également sous la forme àp^oXià 
(pap.). Dénom. -JjpixaXûaaTO • auvéXaoev (Hsch.). 

El. : Obscur. Fait penser à Spjia « nourriture », v. sous 
àctptù (cf. pour le sufl. Frisk, Eranos, 41,50), mais l'esprit 
rude de la tradition s'y oppose s'il est authentique. 

âpucva, voir sous àpocpioxca. 

âpiieviaKÔs : « abricot » (Dsc, Gai.), tiré de "Apixevta. 

âpp.ô^i>>, àptiovla, voir sous âpyua.. 

âpyLvXa, voir sous àpëiSXi]. 

âpiiuXa : àprluia-za. 'ApxdcSeç xal àptwiiAoXa [faute 
pour àpfKÔliaTa] (Hsch.) ; en outre àp(Hd|iaTa • àpTÛjiaxa. 
V. Bechtel, Gr. Dial. 1,388. 

El. : On a rapproché âp|X(xXCa. 

àpvEiôs : Hom. ; la forme authentique étant 4pv»ià;, 
comme le prouvent l'attique dtpvscâç (inscr.) et le dérivé 
àpvTiàSeç. Sens : « bélier » ; serait distinct de xpié? qui 
s'emploie en prose et désigne l'animal reproducteur, 
tandis que àpvei6ç est le nom du mâle com'^«i genre, cf. 
Od. 9,425, &^evtii ofsç ; 10,572 dcpveièv ... 6iv OîjXûv te 



apvcioç 



— 112 — 



{voir Benveniste, BSL 45, 1949, 103). Semble avoir 
désigné un bélier d'un certain âge, cf. la glose d'Hsch. 
àpvei6ç • ô Tpirrijç xpt6ç et celle de Pausanias 159 Erbse 
citant Istros Spva, el-nx ijzvév, eÏTa (4pvei6v, eîxa Xijtoy- 
vû)(iova . . . «ipvstèi;> 8è xal ô xpterJjç xpiàq. 

Dérivés : àpvrjikSo; {Schwyzer 644, éolien d'Asie) désigne 
des brebis ; dtpv/jtç désigne à Argos une fête qui s'appelait 
également àpviç. 

On rapproche aussi des noms propres comme 'ApvtâSoç 
à Corcyre (cf. Thumb, IF 9, 1898, 302). 

Voir aussi àpveuT^p. 

El.: Le rapprochement traditionnel avec /opTjv a été 
écarté avec raison par A. Meillet, JF 5, 328 sq. à cause 
de l'absence de digamma initial et du sens lui-même. 
11 a tiré dtpvei6ç de *ipavet6ç ou plus exactement *àp(jv- 
T)f6ç, cf. àp<37)v. Voir encore Bechtel, Lexilogus s.u. 



àpvéo|xai : i. -igoofjtat et -TjOi^oofxat, aor. -ijoâjiTjv (Hom.) 
et -TjÔTjv (att.) « refuser, nier, dire non » {Hom., ion.-att.) ; 
avpc les préverbes : aie-, èl,-, xax- (S. Ant. 442). Pour la 
struL.ure du thème de présent, cl. xivéto, etc. 

Dérivés : nom d'action fipv>)ou; « fait de nier, refuser » 
(trag., Dém.), i négation » (gramm.), avec les préverbes 
s;- (PI.), dtTT- (Phil.) ; aspiration non étymologique à 
Héraclée ; d'où àpvr)(ii(ioç « qui peut être nié » (hapax 
S. Ph. 74) p.-ê. d'après (i(x<pia6ir)T:gCTi(iOi; ?) ; — puis 
àpv)ÎTUc6ç terme grammatical, « négatif » (Chrysipp., 
Numen., etc.). 

En outre feapvoç (ion.-att.) et surtout ïÇapvoç « qui 
nie» (ion.-att.) sont des dérivés postverbaux de aTr-, 
E-apv£ouaL. Le verbe diffère de oO (p7)(i,t parce qu'il 
signifie souvent « refuser » et comporte une valeur plus 
affective. Il subsiste en grec moderne. 

Et: L'hypothèse la plus vraisemblable est celle de 
Bugge {Beilr. zur etym. Erlàulerung d. arm. Sprache 
38 sqq.) qu'a reprise et développée Meillet (BSL 26, 
1925, 19 sq.) : rapprochement avec arm. uranam «nier», 
dont l'initiale repose soit sur 6 soit sur u, ce qui ne condamne 
pas l'étymologie. Meillet rapproche en outre àpiiûj 2 (v. 
S.U.), âpa, lat. ôrô: termes religieux à l'origine «prononcer 
«ne formule solennelle» : le sens négatif serait secondaire. 

Signalons la combinaison aberrante de Muller-Graupa 
avec àpv- (plus exactement àpvet.6ç) bélier « qui s'oppose 
eomme un bélier » (Phil. Woch. 1943. 43-48, 91-95). 

dpveuTqp : m. «acrobate, sauteur» (Hérod. 8,42), 
employé métaph. chez Hom. où le mot évoque l'image 
d'un plongeon de haut vol ; il signifie d'ailleurs « plongeur . 
(Arat. 656 et Hsch. s.u.) ; àpvE'j-rfjpia (Hsch.) qui se 
retrouve au sg. EM 146.5. doit être une faute pour le dat. 
àpveuTTypt (voir l'édition Latte). Doublet dcpvEurrjç. 
épithète du poisson treTTOupoç chez Numen. ap. Ath 
7,322 f. Le verbe dcpvsùoi «sauter. (Lyc. 465), «plonger» 
(Lyc. 1 103) peut être ancien ou tiré de àpveuTT)p. 

Ces mots expriment l'idée de sauter la tête la première, 
d'où secondairement celle de plonger. 

EL: Étymologie ancienne : sch. A.T., //. 12.385 : 
jpvEUTTip • ô xuêioTTjp, TOxpà Toùç lîtpvoç • oStoi yàp 
i(u6iCTCJcrtv ûJoTrep rèv iépa xopt-rrovreç, cf. aussi Et. 
Oen. Cette étymologie doit être juste, mais on pensera 
plutôt à dtpveiôç « bélier » qu'à àpTjv « agneau ». 



af>vu|i(u : fut. dtpoiîfjuxi, aor. dtp6(jH)v ; mais dans les 
formes à augment il s'est produit une confusion avec 
^paTO de àetpw . lever . : on a chez Hom. ijpa-ro qu'il faut 
peut-être corriger en i^peto cf. //. 3,373 et Gr. Hom. 
1,387. Sens : «obtenir, gagner, recevoir», avec comme 
objet, gloire, récompense, rémunération, au thème de 
présent avec notion accessoire d'effort (Homère, poètes, 
Hp.), en prose att. seulement avec le complément 
(iioôév ; locrien SUav Aapé&TSti (/G IX 1,334) avec une 
aspirée analogique de éXéaôai, cf. Bechtel, Gr. Dial. 2,41. 
Presque aucune forme à préverbe : IÇ-^pa-ro (Hom.). 
Aucune formation nominale sauf p.-ê. Spoç, v. s.v. 
Mais de l'expression (iio6èv Spvuoôai a été tiré le composé 
[iioôocpvéM «recevoir un salaire, travailler pour un salaire» 
fion.-att.) d'où (xioOapv>)Tix6ç (PI.), et le substantif 
probablement postverbal [lioÔapvoç (Poil. 4,48, Hsch. 

s.v. TtcXâToci) ; et (xiaeôpvïjç (Phol., Hsch., Suid.) fém. 

fxioOâpvKJoa (Hdn. Epim. 57) avec jxKjOapvta (Déni.), 

fiioÔapvixéç (Arist.). 
Les conditions d'emploi de àpvu(xat, l'absence de formes 

à préverbe et de dérivés prouvent le caractère archaïque 

de ce verbe et de son groupe, qui disparaît en attique 

à l'exception des composés techniques et de structure 

récente (iioOapvéto, etc. 

El.: Vieux présent à suffixe -vu- et à vocalisme zéro 

qui a un correspondant exact dans l'arm. afnum (aor. 

ari) . prendre » ; p.-ê. l'av. annav- « accorder » ; pour le 

hittite arnumi, voir Friedrich, Hetb. Wôrlerbuch s.v. arnu-. 

âpOKÂov : sorte de coupe ou çkxXt] (Nie. fr. 129). 
Et. : Inconnue. 

âpov : n. nom de plante, r-4rum dans diverses variétés 
(Aristote, etc.), notamment l'Arum ilalicum ou « Gouet 
d'Italie ». 

Et.: Pas d'étymologie mais ipiç et àpîoapov doivent 
appartenir au même groupe. 

âpos : 6«peXoç xaî <:réTpa<;> xotXôç, èv al? ûStop 
iepoCÇe-rat o[i6ptov, xal pxâooç àxoûoiov (Hsch.). 

Cette glose combine trois termes différents et trois 
explications : 1) àpoç • ô<peXoç, cf. Mach. Suppl. 884 
d'après la sch. et Eust. 1422,19, glosé par èTttxoupta 
et par 6<pcXoç. Pas d'étymologie sûre ; on peut rapprocher 
àpvj(xai, ou aussi bien la famille de àpettov, etc. ; 2) dtpoç • 
3Xâ6oç àxoûotov qui se trouve à la fin de la glose est un 
thème en s qui se groupe aisément avec dtp^, ipei-r) 
(V.8.V.V.) ; l'existence de deux àpoç de sens opposés 
expliquerait bien leur rapide disparition ; 3) EnHn le 
milieu de la glose où il est question de pierres creuses 
où l'eau de pluie est recueillie, pourrait être rapproché du 
laconien àpé ■ Xdtxxoç, cf. Deffner, AeÇixèv t^ç tctoxûjvik^ç 
StaXéxTOU 47. 

apôu), àpo-rpov, àpoupa :• àpôtu, aor. TJpocra, futur àpôato 
mais aussi dptôoej ou àpôodcu (AP); p.-parf. passif 
àpijponévoç, aor. passif ^péÔTjv ; infinitif âpcûfzEvai (Hés. 
Trav. 22 fournit une forme athématique, mais aussi un cù 
qui n'est p.-ê. qu'un alloHgeiWent métrique, cf. Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,362,806). Sens : «labourer» (Hom., ion.-att.); 
distingué de (pureiietv (Od. 9^,,i08), métaph. en parlant de 



113 — 



àpira^w 



l'homme qui engendre (poètes). Un thème en a, àpdcu 
est attesté par le futur àpâpovTi {Tabl. Heracl. 1,183) 
cl. àpaTpov, etc., et Et. Rares formes à préverbes : àn- 
(Suid.), èv- (Antiph., Soph.), Trpo- {^1.), \nt- (Thphr.). 

.\dj. verb. àporôç rare, mais àvfiporoç est hom., avec 
les dérivés èv»)p6aiov « redevance pour une terre à blé » 
(Délos), mais èvapÔTtov à Rhodes (/G XII 1,924); 
pi. n. 7tpoT)p6ata et î. Trpoyjpoata (ion.-att.) « sacriflces 
célébrés avant les labours », npoijpàaioi dtoi (Plu.) ; 
termes techniques issus <!«> èv àpàrti) (àpâTtj)), :rpà 
àpotTou avec l'allongement en composition. Avec 
un accent différent fipoToç m. « labour, saison des 
labours", mais aussi «champ de blé, récolte» (Hom., 
Hdl., surtout poètes), au figuré « procréation d'enfants, 
entants » (PI. Cra. 406 b, E., Mén.) ; d'où àporixàç (Gai.), 
■■nljatoi; (cipT] Arat. 1056) d'après les adj. de temps en 
-Tlfnoç, cf. Chantraine, Formation 42. 

Noms d'action : apoctç « terre de labour » avec un sens 
concret actualisé (Hom., Thphr., cf. Benveniste, Noms 
d'agent, 75, etc.) et « fait de labourer » (Arat., Arist.), d'où 
àp6(Ti|xoç « labourable » (prose tardive), mais avec u long 
secondaire âpoxriç (hapax, pap.), et déjà S. Ant. 569 
àp(i)<ii(jtoç (triinètre) avec une longue exigée par la métrique ; 
pi. n. àpûixaTa « terre arable, terre à blé » (S. fr. 75, Ar. 
faix 1158) avec une longue secondaire; dcpoofioç = 
ïpooiç est une formation exceptioimelle [P. Teb. 49,10) ; 
pour un nom d'action *àpaTÔç, voir sous 'Apâruoç. 

-Noms d'agent : àpOTTjp « laboureur, paysan » (Hom., 
Hdt.) parfois employé comme épithiHe, notamment de 
Poù; (Hés., poètes) ; avec le doublet àpÔDrjç (Hdt., Hp., 
Pi., poètes). 

Il e.xiste un vieux nom d'instrument àpoxpov « charrue », 
usuel durant toute l'histoire du grec depuis Hom. ; le 
Cretois offre un exemple du thème en a : Sparpov (Schwyzer 
180) cf. Et. 

Nombreux dérivés plus ou moins tardifs qui se 
substituent aux dérivés de <ip6<i) : àpoTpaîoç « rustique » 
lAP), mais avec un sens plus précis àpoTptT»)ç « qui se 
rapporte à la charrue » (AP), cf. G. Redard, Noms grecs 
m -rr^z 37 ; dcpérptoç épithcte d'Apollon (Orph. //.). 

Verbes déiiominatifs : 1) àpoTpsûco «labourer» 
(Pherecyd., Lyc, Nie, Uabr.), avec àpoTpeùç «laboureur » 
toujours attesté en fin de vers et qui doit être post-verbal 
(Théoc, Bion, Arat.) ; dtpoTpEUTYJp (AP) et àpôrpeupta 
métaph. (hapax pool.) ; 2) une série plus usuelle avec 
ipoTpiàù) qui n'entre pas dans un des groupes définis de 
verbes en -làtù (Callim., Thphr., pap., encore en grec 
moderne) également avec les préverbes êÇ-, Trpo- ; avec 
les dérivés -îajxa (Sch. At.), -Lc.aiz {LXX, etc.), -taajxôç 
(Sch. 0pp.) ; 3) une variante àpo-piéw se lit p.-ê. dans 
la LXX et Ps. Plu. Fluv., 21,2 ; 4) àporptà^co est très 
douteux (voir Palmer, Grammar of the post-Ptolemaic 
papyri 139), mais cf. àpoTpiaa-n^ç {EM 207,31). 

Très rares composés, p. ex. àpaTpow6voç (AP). 

"Apoupa, à la différence de àpoTpov, représente un type 
(le formation archaïque, cf. Et. Le mot est attesté chez 
Hom., à Chypre et sporadiquement durant toute l'histoire 
du grec. En outre dans les tablettes mycéniennes de Pylos. 
Sens : « terre arable, terre à blé », de sens plus précis que 
ifpiç qui peut se dire de terres incultes, et bien différent 
de 4Xu^, çuraXwc, /CTJTtoç qui s'appliquent à des vignes 
«ides jardins. Chez les poètes, employé métaphoriquement 



de la femme qui peut enfanter (Thgn., Irag.). Enfin le 
mot a servi à désigner une mesure agraire en Egypte 
(Hdt., pap.). 

Dérivés diminutifs àpoiipiov (AP), ipoupiSiov 

(pap.) ; un adjectif : àpoupaïoç des champs (Hdt., etc.) 
employé notamment comme épithèle du mulot (la forme 
àptùpaîoç, Ar. Ach. 762 est un hyperdorisme) ; àpoupirr); 
{(AÛç) « mulot » (Babr.). — En outre dérivés de fipoupa 
mesure de surface : ipoupTiSév h. surface mesurée en 
éépoupat (Pap.) doit être un emploi substantif d'un adv. 
en -8(Sv ; àpoupiafiéç mesure en fipoupai (pap.) suppose 
p.-ê, un verbe àpooptÇeiv ; enfin àpoupaxltov, division 
de terrain, semble contenir le sufllxe latin -âliô (pap.). 
Très rares composés poétiques et tardifs : àpoupaêâTrjç, 
-Trévoç. 

Le grec moderne a gardé fipoatç, -oifioç, àpoTpov, 
àporptû, âpouptx. 

Et.: 'Ap6td repose sur un présent radical originellement 
athématique qui exprime la notion de labourer dans tout 
le domaine indo-européen. La seconde syllabe représente 
un 9, dans la plupart des formes grecques, d'où o. Les 
formes en <■> (dpcàotfxoi;, ip<i>\iEwai, etc.) sont toutes occa- 
sionnelles et secondaires. En revanche les formes doriennes 
en dtpa-, àpàaovri (Tabl. Héracl.), èvapaTiov (Rhodes), 
àparpov (crétois), 'ApaTUOÇ (locrien) présentent un a qui 
n'est pas expliqué, mais peut être bref (cf. Schwyzer, 
Gl. 12,1 sq. ; Gr. Gr. 1,362, 683). Le lat. a arâre qui doit 
être secondaire. Les autres langues ont des présents en 
'gelyo: m. irl. airim, got. arjan, lit. ariù, v. si. orjQ. 

Le nom de la cbaiTue fipoTpov (crétois fipaTpov) a • des 
correspondants dans lat. arâtrum, arm. arawr-, irl. araibar-. 
Les autres langues ont d'autres formations comme lit. 
àrklas, v. si. ralo avec des suffixes en /. 

"Apoupa enfin est une dérivation féminine en *-j/»2 
d'un nom neutre athém. en rin 'arowr, cf. irl. arbor (de 
'arvof) gén. arbann de 'arwenos «céréale» (cf. Benveniste, 
Origines 20 sq., 112 sq.). Lat. arvus est plus loin. Essai 
de rapprochement de skr. urvàrâ- « moisson », av. urvarâ 
(Otrçbaki, KZ 66, 1939, 246 sq.). 



àpTrâ^td : flexion en gutturale, fut. -Çco (Hom.), aor. 
ifjpKa^a. (Hom., Pi., Ëpidaure), grec tardif pass. ^pTrocyïjv, 
■^pîTayiJtai. Mais la conjugaison usuelle en attique est 
sans gutturale : fut. âp7Tâao(iai (ou -cto), gr. tardif àpTrûfxai, 
aor. ijpnccaa (Hom. ion.-attlque), parf. ■^pjroxa ; passif 
TjpTràaGTjv, ripTZ(xa[ux.i. Le participe aor. athém. àpiràjxevoç 
{AP 11,59, etc.) est une forme tardive et secondaire. 
Sens « ravir, enlever » (une femme, une proie), « saisir » 
(une arme, etc.), « piller » (une cité, etc.). Utilisé avec des 
préverbes dv- (Hom., etc.), àç-, 8t-, èÇ- (Hom., etc.), 
6(p-, etc. 

Un thème en gutturale est bien attesté dans un certain 
nombre de formes nominales : âpmiJi une fois comme 
nom d'action fém. « rapine, fait de ravir » (Hés. Trav. 
356), généralement se rapportant à des personnes soit 
comme substantif, soit comme épithète « ravisseur, 
voleur » (ion.-att.), avec le superlatif usité dans des termes 
péjoratifs àpnaylararoe, (Leumann, Mus. Helvet. 2,11); 
employé en outre comme terme technique « grappin ». 
Dérivés : àpTiarfi) « rapine, proie » (Sol., ion.-att.), avec un 
accent différent «xpirâyi) «crochet, grappin» (E., ... jn.) ; 



âpirâ^w 



114 



îpmrfoi; « crochet » (1 ex. ^sch.) «qui accroche» (1 ex. S.) ; 
attesté aussi comme nom propre (cheval mythique). 

D'âpJta^ ou ôpTtirpr; sont dérivés : àpitiyiOM (Alex. 
Aphrod.) = aSpapnoE, ; àpTCCLyeùç (tardif) : l'emprunt lat. 
harpagô invite à poser un grec &pnay<!iv (cf. M. Leumann, 
Die Sprache 1, 1949, 210). Adjectifs tardifs : àpîr(iYi(ji.oç 
« ravi, dérobé (Callim., AP), avec ôpTraYttiotïoç (Orph., 
etc.) cf. xXoTTtuaïoç et pour cette finale de termes juri- 
diques, voir Cbantraine, Mémoires de l'Institut Français 
du Caire, 47, 1934, 219-221. 

Rares composés tardifs en -ocproxÇ : notamment SeXiapira^ 
(AP), (pD.apTra^ (Hdn.) ou un terme technique comme 
ûSpapTraÇ, « pipette pour transvaser de l'eau » (Simp.). 

D'autre part les hapax poétiques ou comiques àpTcdÇav- 
Spoç (iEsch.), àpTra^îêioç (Archestr.), âpTraÇoixtXigç (com.). 

Sur le thème verbal a été constitué le nom d'agent 
àp7taxTif)p «ravisseur» (/;. 24, 262, alex.) avec le féminto 
âpTcdcxTEtpa (AP), l'adj. àpTraxTripioç (Lyc.) et le doublet 
àpTrax.-nQÇ (Càll.). L'adjectif verbal àpiraxTÔç est ancien 
(Hés.), d'où àp-rraxTtxôç (Luc). 

Les noms d'action sont : àpTraxTuç (Gall.) avec la valeur 
«su, >ctive» du suîïixe, cf. Benveniste, Noms d'agent, 
72: àp7z<xy[i6ç «proie, objet à saisir» (Plu., Ep. Phil.), 
ifKctjpLa (Lyc, LXX, Hld.). 

En outre l'adverbe àp7rdtyS7)v « avec brutalité, violence » 
(A.R., Opp., Arat.i. 

Les dérivés sans gutturale tirés de la conjugaison du 
type àpTrâatij, etc., sont peu nombreux : outre l'adj. verbal 
âpjraCTToç avec àpTraoTixôç {.\rist.), et le substantif 
àpTracTTÔv « balle, jeu de balle » (Ath.) à côté du diminutif 
àpTtâaTiov (Epict.), on a âpTraafia (PI. Lois, Mén.), âp7raa(x6ç 
(l'iu.;, âpTtaatç (Phryn.) : enfin le nom d'un oiseau de 
proie apTradoç (Ant. l.ib.), cf. pour le suffixe Cbantraine. 
Formation 435. 

El.: A l'origine de tout le système se trouverait le 
dérivé expressif en gutturale lîpTtaÇ dont àpirccî^to serait 
un dénominatif : l'idée est celle d'u accrocher, attraper». 
'ApjraE même est probablement tiré de àpmr), voir ce mot : 
un rapport avec oipTruia, apTruç est plus douteux et pourrait 
être dû à l'étymologie populaire. De même pour àpTraXioç, 
voir ces mots. Autre hypothèse de Szemerényi, Syncope, 
210-213, qui voit dans âp7tàÇ<i> un déverbatif du radical 
qui figure dans àvrjpé<]iazo, v. sous èpé7tT0(.ta!.. 

àpiraXéoç, voir àXTrvioTOÇ. 

âpireSi}; : «plat» (Nie. Th. 420, hapax): l'aspirée 
donnée par les mss n'est peut-être pas authentique. 
Dérivé poétique àçneSôeiç (Antim. Col., Hsch.). Verbe 
dénom. àp:reSioai • ôiJUxXioai, èSaqpîaa!. (Hsch.). 

Et.: On pense à rapprocher niSoM (cf. fi-rreSoç «plat»). 
Le mot est analysé en àpt-TreSov par Didyme ap. EM 
148,0, Hdn. 2,247. On ne sait à quoi répond la giese d'Hsch. 
èpTceSÔECToa " ÈTctTrcSoç. V. Szemerényi, Sgncope 277 et 
288, qui pose *àpl-7ie8oç d'où *àpi7reS6cu;, et par syncope 
dpTrsSôeiç, et finalement àpTrESiiç. 

âpircSôvi) : f. < fll » fHdt. 3.47 dans la description 
d'une cuirasse de lin, Aristias ap. Poil. 7,31) n corde d'un 
are ou d'un piège » (X., AP), avec le doublet &pnsSdi\ 
(J. AJ 3,7,2; Jul. Gai. 135 ci. — Verbe dénom. ôpTteSo- 
ïlÇetv • XcùTToSuTEÎv xal Stà dTrdépTOu ÔTjpSv (Hsch.). 



Composé : ôpreeSovàTrTai, n. m. pi. « ceu.x qui fixent des 
cordes », en parlant de géomètres ou arpenteurs ([Démocr.] 
299). 

Le sens originel du mot est fll ou corde et celui de piège 
est accessoire. 

Et.: Inconiiue. Il est peu probable qu'un terme signiflant 
corde ou fll soit en rapport avec âpjtâÇca ; mais il a pu 
y avoir un rapprocliement par étymologie populaire et 
l'aspiration initiale peut être secondaire. Le skr. arpàyati 
s placer, fixer » est une formation purement indienne et 
ne convient pas mieux pour le sens. 

âpn-E^a : « haie » (Nie Tfi. 393,647) au pi. ; cf. la glose 
âpTrésaç • toùç atfjtaCTttôSeiç TÔrcouç • oî Se rei/yi xal 
jreptoéXouç • ol Si rà xXifxaxûSn] X"P'°' (Hsch.) ; un 
doublet àpTreÇoç f., est attesté à Mylasa {BCIt 46, 405). 
"ApTCï^a serait un mot ionien selon Eust. 1851, 25. Hsch. 
fournit en outre deux gloses qui pourraient être voisines : 
âcpnâvai • fjtâvSpai poaxTjfjLàTcov et (itpnioat (p.-ê. faute 
pour étpreeî^ai ?) • tnyaaiaL ■ tj ràcppouç. 

Et. : Inconnue. Il faudrait savoir lesens originel du terme. 
En pratique il semble équivaloir à la limite d'un terrain, 
ce qui pourrait permettre un Tapporl avec âpTcsStôv. 
âpTreSovT) « cordeau, ligne ». Douteux. 

apiTT) : f. «faucille» (liés.. S.) ; d'où dans des textes 
tardifs « crochet », nom d'un poisson, etc. ; mais chez 
Honi.. cf. aussi Arist. HA 609 a, nom d'un oiseau aquatique 
de proie, de la famille des procellaires (cf. Thompson, 
Hirds S.U.). On compare en outre la glose corrompue 
rt'Hsch. âpTre-ïOV • àxôuitTTOv fj Ixtîvov Kp^reç d'où 
l'on a extrait un nom crétois du nùlan àpTnjç fort hypo- 
thétique : il ne faut donc pas en tirer avec Leumann, 
Ilom. Wôrter 294, la supposition que le mot vient d'Homère, 
ni avec Bechtel, Dial. 2.781, celle qu'il s'agit d'un vieux 
thème en c. 

.\u sens ancien de « faucille» àpnr) a été remplacé par 
SpÉTtavov. 

EL: Le mot répond à la finale près à v. si. srûpù, lette 
iirpis «faucille». On rapprochera également lat. sarpô 
et sarpiô « tailler la vigne »."Ap7n) a pu donner naissance 
à la famille de âpnxE,, ôpTcdcJ^to, etc. Mais Szemerényi, 
Syncope, 205,213, sépare nettement les deux groupes. 

âpiri^ : elSoç &xivdT,ç Kuirptoi (Hsch). Le mot ne semble 
pas avoir de rapport avec apTrsÇa, qui n'implique pas 
l'idée d'« épine ». El il a un doublet &T:piï, ; voir sous 
àTTpiySa. 

âpirîs, -ïSoç : aussi -ISoç mais l'iota semble long d'après 
Call. : espèce de chaussure (Call. fr. 235), cf. les lexico- 
graphes : Suid., Hsch. s.u. et Poil. 7,85. Le mot est donné 
comme équivalent de xpijTctç, et attribué au laconien par 
Hsch. 

Et. : Ignorée. Pourrait être tiré de &picr) d'après la 
forme ? 

"Aptruia : f. généralement au pi., les Harpyes, démons 
femelles redoutables, généralement au nombre de deux 
ou de trois (deux Hés. Th. 267 'AeXXci et 'fîxuTrér/)), qui 
personnifient la violence démoniaque des vents. Chez 



— 115 



aptreviK 



Àv 



Hom. le titre de "ApïfJia, est appliqué à IIoSiipYTl ™é''« *^«* 
chevaux d'Achille (//. 16,150). On lit une forme de duel 
x^fCJnJtâ sur un vase d'Égiift. 

Le mot est rapproche avec un verbe àvif)peî<iiavro 
« ont ravi » dans une formule de VOdgssée 14,371 = 1,241, 
qui est peut-être en rapport étymologique. Voir èpé7rT0|j,ai. 

El. : 1,'hypothèse que 'ApéTtuia et "ApTtuia seraient des 
participes parfaits se rattachant à èpiTiTOfiai et auraient 
été rapprochés de ôpTcâÇw par étymologie populaire reste 
en l'air. Voir Szemerényi, Syncope 203-213, qui pense 
que 'ApéTCUux est la forme la plus ancienne d'un mot 
d'emprunt. 

apwos : f- "amour» (Parth.) cf. Hsch. âpituv • Ipcora. 
AÎoXeîç. Il n'est possible ni de réfuter, ni de confirmer 
cette attribution du mot à Icolien. 

Et.: D'après EM 148,35 Ttapà xô âpTrâÇeiv xài; çpévaç, 
ce qui ressemble plus à une élymologie populaire qu'à une 
e,\plication valable. 

àppagwv, -ûvoç : m. « arrhc, gage » {Antiph., Is., Arisl., 
pap.). Verbe dénominatif àppaêtovi^ETat • àppaêûvi SîSoTai. 
Hsch. glose aussi àppaocôv par àyxta-pov : on a pensé 
(jue l'appât était oflert au poisson comme des arrhes (?). 

El.: Emprunt certain, cf. hébreu 'èrâbnn. Toutefois le 
caractère proprement sémitique du mot n'est pas assuré 
et il s'agit peut-être d'un mot voyageur du proche Orient, 
cf. M. Cotien, GLECS 8, 1958, 13. L'égyptien a 'rb. Terme 
du vocabulaire de la banque qui comporte quelques 
emprunts sémitiq\ies, cf. E. -Masson, Emprunts sémit., 
30 sq. Sur arrabn el ami en latin, v. Ernoul-Meillet s.u. 

ôpparos : expliqué cy.Xr,poc, àfieTâcrpoçoç par FI. Cra. 
407 d, « dur, inflexible », cf. encore /?. 435 c. Enfin le mot 
est attesté chez Euph. 24, avec la seconde syllabe longue. 

El.: Incertaine. Pchwyzer, Hh. M.SO, 209-212 rapproche 
le mot de ind.-eur. '«'erf- « tourner », lat. uerfô, etc., cf. 
aussi gr. ^arâvav « cuiller • ; voir encore Sommer, 
Nominaikomp. 86. Celle hypothèse oblige à supposer que 
la quantité longue de la seconde syllabe chez Euphorion 
est artificielle, ce qui n'est pas vraisemblable, mais 
nullement impossible chez un tel écrivain. 

àppT]vTis : ' n»' gronde », dit d'un chien : Z.iKor6y) re 
xal àpp-ovéç [6T]ptov], hapax (Théoc. 25,83) glosé par 
Hsch. âppTivéç • SyP'o'*' xal Suo/epéç. Hsch. cite en 
outre le dénominatif àppTjvsîv • XoiSopetv, xal <è7rl> 
fuvaixC • Ttpèç 4vSpa Siaçépeoôat. 

Et.: Terme expressif sans étymologie. On a proposé 
de le Urcr de àppdcîio {= àpâT^a) . aboyer », avec une 
finale d'après à:r»)VT)ç, oTpiiVTjç (Prellwitz, Gl. 19, 1930, 
104). 

àppT]4>ôpos : ï- nom des jeunes filles qui portent en 
procession les symboles sacrés de la déesse Athéna (Paus., 
Plu., etc.). D'où le dénominatif àppTjçopéw «être àppijipô- 
poç . (Ar., Din., inscr.) ; les dérivés nominaux àppr,9opta 
f. .procession des àppTjçôpoi » ; pi. n. de même sens 
ipp7)ip6pux (Sch. Ar. Lgs. 642, EM 149,13); en outre 
pi. m. dcppTjTOçépia = àppTfjçépta (Sch. Luc). 



Les principaux textes se trouvent Paus. 1,23,3 et i^fAi. 
Luc. D. Merelr. 2,1 : il s'agit d'une fcle Ue la fécondité 
où deux jeunes filles transportent du temple d'Athéiia 
Polias au sanctuaire d'Aphrodite des jardins, des offrandes 
mystérieuses et en rapportent d'autres. Ces offrandes 
consistaient en gâteaux en forme de serpents et de phalloi. 

Une autre série de termes parallèles présente le» 
formes lpar,<p6po(; [IG II», 5098, etc.) èppij(popéw (/G 11», 
3472, 3488 ; enfin èpaoçipoç semble se lire à Mytilène 
{lO XII 2, 255). Les mots des deux séries s'emploient 
parfois hors des fêtes propres d'Athéna (cf. Nilsson, 
G. der Gr. Religion 1,414). Voir aussi sous Ipcifj. 11 semble 
en tout cas que la série du type dcppiQ- et celle du type 
iponr)- sont interchangeables. 

El.: Les étymologiqs anciennes expliquent le premier 
terme de àppTjçépoç par àpprjTO- « secret, indicible », 
avec une suppression inexpliquée de la syllabe --o- (cf. 
àppTjTOÇôpta dans la scholie de Luc.) ; d'autre i)arl 
elles rendent compte de èpcnîçôpoç en le rapprochant 
avec Hésychius du nom propre "EpoT] = rosée, nom 
d'nne fille de Cécrops (cf. aus.si îlâvSpoaoç), cf. K. Forbes, 
Gl. 36, 1958, 255. Cette explication n'est guère vraisem- 
blable et on a cherché à rapprocher èpp-»)- èpoT)- de àppY)-. 
Fick (KZ 43, 1910, 132 sqq.) a supposé que àppT)- était 
une forme attique pour èpcn)-, ce qui n'est guère possible. 

F.R. Adrados {Emerita 19, 1951, 117-133) dans un 
article très complet où il rassemble tous les textes estime : 
1) que àpp7)(p6poç et èpcnjçàpoç contiennent les mêmes 
composants ; 2) que le premier terme est à tirer de SppTjv, 
ou ïpoTjv « mftle », ces deux formes appartenant à des 
dialectes différents (voir sous SpoTjv) et qu'il s'agit de 
symboles phalliques. Il subsiste de graves difficultés : 
l'une que l'on attend un thème dtppevo- ou èpaevo-; 
l'autre que malgré l'apparence l'emploi d'un composé 
de âppTjv « mâle » n'est pas naturel. 

Les mots de ce groupe religieux restent donc obscurs. 
Us risquent d'avoir été altérés par diverses influences, 
étymologie populaire, etc. 

àppixâo|xai, voir <ivappixâo|xat. 

âppixos : f- 'un ex. du masculin), attique (Ar., etc.) 
et àpaixoÇ (Marbre de Paros ; inscr. Amorgos) « panier 
d'osier », cf. la glose d'Hsch. fipptxoç ' xôçtvoç 9^ irrceXo'v 
XÙYtvov. Diminutif àppixk. -tSoç (Ath.). 

El.: Risque d'être emprunté. Le suffixe de caractère 
familier se retrouve dans le synonyme oûptxoç- Le thème 
est àpai- dont l'attique dppi- est un traitement phonétique. 
Le mot est-il fait sur àpat- tiré de aïp» «lever, soulever », 
cf. dœpaÎJtoSeç, &p<nç, etc. î V. aussi K. Forbes, Gl. 36, 
1958, 255. 

àppwScw, voir ôppcoSéco. 

âpirca : Xeitiûveç (Hsch.). On croit retrouver le mot 
dans delph. Spota (F. Delph. 3, 4, n» 42,13). 

Et.: On pourrait expliquer le mot comme dérivé de 
Sp&û avec un suffixe -coç comme fiXcoç, qu'il eoit ancien 
ou analogique. Simple hypothèse. 

àpaeviKÔv : et àppevtx6v « arsenic » (Arist. Thphr., 
etc.), aussi àppevixV; (Gai.). 



apaeviKOV 



— 116 



El.: Mot d'emprunt oriental, de l'iranien 'zarnik 

• couleur d'or» (cf. persan zarnîx, zarnlq^ arsenic) sans 
doute en passant par le sémitique (syr. zaznlkâ, arsenic), 
avec un rapprochement par étymologiç poDulairc avec 
àpaEvixâç, âppevi>c6; « mâle ». Voir p. ex.Schtà^eç-Nehring, 
Reallexikon s.u 

apcrnv, -s^ioz : Hom., trag., ion., âppTf)v (att.), nom. 
àpc-oc (laconicn IG V 1,364, P. Ôxg. 465) réfection ana- 
logique d'après les nom. sigmatiques ; d'autre part avec 
un vocalisme e ëpo7]v (ion. et Hdt., lesb., Cretois, etc.) ; 

• mâle » par opposition à femelle : c'est le nom générique 
du mâle (Benveniste, BSL 45, 1949, 100-103) ; « masculin « 
lég-alement au sens grammatical) ; rarement au sens de 
« robuste », jamais au sens de « courageux » ; chez les 
botanistes se d?t du sexe de Ja plante, mais d'autre part 
s'emploie au sens de « rude, dur ». 

Comparatifs non attiques avec valeur différeuciative 
(Benveniste, Noms d'action 116-119), àppévrepoç {arcadien, 
Sc'-wyzer 661 ï et èocrEvabepoç {éléen, Schwyzer 424), 
nii 11, mot fait couple avec QifKùrspot; ce qui ne semble 
pas anpien (cf. Benveniste, l. c), pas plus que le détail 
même de la forme avec la finale -at-rcpoç, qui doit être 
analogique. 

Le mot ligure comme premier terme dans quelques 
composés : .ï;sch. Suppl. 29 a àpaevon-XTQeTjç <■ où les mâles 
sont nombreux » et àpasvoYEvV)? {Suppl. 818). Mais la 
plupart des composés sont de caractère technique et 
souvent tardifs : ôppevoYÔvoç et ses dérivés (Hp., Arist.) 
avec ie nom de plante àppevoyôvov variété de mercuriale 
opposite à fh)Xuvôvov cf. André. Lexique sous phyllon ; 
«opsvoOvîX'jç « lierniRPhrodlte » : -xoîttjç « pédéraste », 
-y.uéo « porter un enfant mâle », -(xtxTT)f; « pédéraste » ; 
--at: « enfant mâle " ; -iroidç, -Tioiéo) ; -toxoç, -tokéw. 
--roxta, etc. Enfin il existe un groupe constitué avec 
-uïToç exprimani l'aspect, qui est ancien : àppEv&>rt6; 
«à l'aspect masculin - fPL). -ojTrta (PI.). 

Les dérives sont la plupart tardifs : dimin. àpoéviov 
«enfant du sexe masculin » (pap.) ; adj. àpoévioç « mâle • 
Î.Xrcadie. m" siècle de notre ère), àpCTEvixôç (-pp-) «mâle, 
masculin », rarement ^ viril » (hellénistique, grec tardif), 
èpersv'.xôç (paP- "i^' s. av.). Aussi adv. àppevcbStùç 
(LXX). — Substantifs abstraits.: dcppev^TTjç «qualité 
de mâle, masculinité» (Stoic, etc.); âppévcùfjux «semence 
du mâle » (Sch. Opp.j, pour le suffixe, cf. Ghantraine, 
Formation 187. 

Verbe dénominatif : (ippEvôop.a', «devenir uii homme, 
se conduire comme un homme » (Luc, etc.). 

Le giec moderne a gardé àpCTevixéç, etc. 

Et.: Terme ancien, nom générique du mâle. La forme 
k vocalisme e Ipoïjv a un correspondant exact dans av. 
ar'san- » mâle », pour l'espèce humaine comme pour les 
animaux ; le vocalisme zéro de àpar,v se retrouve dans 
skr. rsn-bkà- « taureau », mais le rapprochement avec 
skr. ârxali qui signifie seulement « se mouvoir vivement » 
est en l'air. Enfin tout rapprochement avec le groupe 
•cers- (skr. vj-sabhà-, av. vanSni-, lat. uerres, cf. sous ëpayj), 
qui désisne l'animal reproducteur, est exclu ; cf. Benveniste, 
BSL 45, 1949, 100-103. 

■ApvEtôç doit être apparenté à lîptîTjv. 

àpaw^tSes : ûiréSrjjjLa yuvatxeïov (Hsch.). 



àprâCt] : f. mesure de capacité perse valant I médimne 
et 3 cbénices, soit environ 5& litres (Hdt. 1,192), valant 
1 médimne attique selon Hsch. ; en Egypte mesure valant 
24 à 42 cbénices soit 25 à 45 litres (pap., parfois écrit 
àptéêï)). 

Dérivés : àpTaêiaïo? " d'une artabe », avec le sulïîxe 
d'adj. de mesure en -taîoç, cf. Chantraine, Formation 49 
(pap.) ; pour l'orth. en -leioç, voir Palmer, Grammar 
of the post-Ptolemaic papyri 3 ; àpTaêioç (pap.). Substantif 
âpTa6ieta et àpTaêîa, taxe d'une artabe (pap.). 

Et. : Évidemment emprunt oriental, que l'on suppose 
pris à l'égyptien, cf. Hultsch, BE s.u., mais voir Sethe, 
GGN 1915, 112-118 ; on connaît en tout cas démotique 'rtb 
sous Darius \" (Malinine, Kêmi, 11, 1950, 18). 

âoTaiio; : «boucher», aussi «cuisinier», ces deux fonc- 
tions se confondant en principe (X., Épier.) ; employé au 
figuré (S. fr. 1035) ; d'où âpTajxéco « découper, mettre en 
pièces» (E.), avec àpTdcfiirjatç (Thèbes, IG Vil 24'2o} 
« action d'abattre ». 

Mot rare et exceptionnel. Le mot usuel est [jtâyeipo!;. 

11 existe en mycénien un terme atumo qui pouiTait 
correspondre à àpTa(ioç. Douteux, cf. Morpurgo, Mycenaeae 
Graecitatis lexicon s.v. avec la bibliographie. 

Et. : Eust. 577,45 interprète ô elç ip-ta Té(iv<ov : 
ce serait une iiaplologie de *ipri.~oiu.oz ou âpTtOTajxoç 
<i coupant exactement ». Cette explication ne serait pas 
impossible vu le caractère expressif du mot. L'objection 
la plus grave est que les composés de xépivto sont en -tolioç. 

àpTâfa), voir sous àsîpto. 

àpTCUi^ç : « sain et sauf, intact », joint à Çoiô; {II. 
5,517 ; 7,308) ou bien seul {Od. 13,43). Repris par Call. 
et A.R. Donné comme étymologie d"'ApTSfjiiç par PI. 
Cra. 406 b. Dérivés tardifs : àpTe(i.Éco • être en bonne 
santé » (Nonn.), àpTEjjita « santé » (Max., AP, l'rocl.). 

El. : Inconnue. Le mot, très rare, a l'aspect d'un 
composé dont le second terme serait un thème en s. On a 
cherché à retrouver dans le premier terme àpTt- ou àp- = 
œpt- ; voir Frisk s.u. Le rapprochement avec "Aotejjliç 
ne peut être qu'une étymologie populaire. 

"AprepriS : S^n. -iSoç, ace. -iv, rarement -iSa. Le 
dorien a dans les inscriptions les plus anciennes "ApTaniç. 
-t-TOÇ {SIG 765, Rhodes, etc.), noter le datif 'Aprâfxi 
à Argos {IG IV 577) ; le béotien a "Ap-rafjtts, -iSoç 
{IG VII, 546, etc.) : il existe enfin une forme "ApTEfiiç, 
-iToç (Delphes, SIG 671, etc.). Nom de divinité féminine, 
Artémis. Les dérivés sont plutôt en faveur du thème en 
-T-. Il y a un nom de mois dor. 'Ap-rafitTtoç (Th. 5,19) 
mais 'ApTSjtÎCTtoç en Macédoine ; 'ApTEfiiCTuiv, -ûvoç 
à Eiythrae {SIG 410) ; le neutre 'Aprefitaiov (Hdt., etc.) 
désigne un sanctuaire d' Artémis ; dor. 'ApTa(ji(Ttov 
(Argos, Schwyzer 83; Ar. Lys. 1251) et 'ApTEfAiTtov 
{IG 14,217) ; àpTEiAÎatov désigne aussi une petite figure 
d'Artémis (SIC 588,191, Hyp.) ; pi. n. 'ApTaalrux fête 
d'.Airtémis (Delphes, Schwyzer 323 D) ; àp-:cy.iaUt. l. nom 
de plantes utilisées en gynécologie, essentiellement 
l'armoise (cf. Strômberg, Pflanzennamen 100, .\ndré, 
Lexique sous Artemisia). Enfin 'ApTe|xioux<rtat, nom 



117 



O^l 



d'adorateurs d'Artémis (/G, II', 2942, Athènes), comme 
dérivé de *àpTS(ju(i^<o, cL 'ÀTtoXXwviaaToi et Chantraine, 
Formation des noms 317. 

Tous les dérivés du type 'ApTe(Ataioç, -(xtaiov, etc., 
supposent uu thème en -t et reposent sur -Ttoç, etc. En 
revanche on a un seul dérivé du thème en -8 : le nom de 
plante àpTSiJLtSvjtov ou plutôt -Stov « dictamne » (Diosc). 

Le mycénien présente une forme gén. Atemito = 
'ApTéfjLtToç et p.-ê. AUmite = *ApTe(xtTei, datif, avec un 
thème en t, non d. Pour l'alternance e/i qui confirmerait 
l'origine asiatique, v. Chadwick-Baumbach 176-177. 

El. : A la différence du nom d'Apollon, le nom d'Artémis, 
quelle qu'en soit l'origine, semble bien attesté dans des 
inscriptions lydiennes : arlimus ibàimsis répondrait à 
"ApTEjiK; 'Eçeoia à Larissa du Caystre, etc., cf. Heubeck, 
Lgdiaka 22-25. 

II est bien vrai qu'Artémis peut être considérée comme 
une déesse asiatique (cf. Wilamowilz, Glaube dcr liellencn 
1,324 ; M. Nilsson, Gr. Hel. 1,451 sqq.). Il est vrai d'autre 
part qu'elle joue un grand rôle dans le monde dorien, ce 
qui a conduit à chercher une étymologie illyrienne, d'un 
iilyr. 'artos (M. S. Buiperez, Emeriia 15,1-60, et Zephyrus 
•i,89 sqq. avec bibliographie). Celte hypothèse qui s'accorde 
mal avec les données homériques se heurte maintenant 
à une difTiculté, puisque la déesse est connue en mycénien. 
C'est l'explication par l'Asie Mineure qui semble la plus 
probable. 

Les étymologies par le grec reposent toutes plus ou 
moins sur des jeux de mots. Le rapprochement avec 
ïpro; « ours • se heurte à la difficulté que dép-roç est en 
grec une forme secondaire. Celui avec &p-:a\ioi; • boucher » 
est retenu par Kretschmer, Gl. 27,34, mais la graphie 
'ApTafiiç avec le second a. doit reposer sur une étymologie 
populaire, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,256, ce que confirme 
le mycénien. Quant à un rapprochement avec àpTefATjç, 
il consiste à expliquer obscura per obsciiriora. Nous ne 
savons pas s'il existe un rapport entre ces deux termes, 
ni lequel des deux serait tiré de l'autre. 

àpTÉUUV, -ovoç : « màt et voile à l'avant du bateau, 
voile de beaupré ou beaupré ». Le seul emploi attesté est 
Act. Ap. 27,40 dans le voyage de saint Paul. Le mot 
semble nouveau et s'est substitué (p.-ê. parce que la 
disposition de la voile était différente) à des termes plus 
anciens àxàTeioç, àx-àTeiov et S6Xcùv. Obscur chez Lyd. 
Mens. 2,12. Diminutif àpTe(icôvtov (ïz. ap. Lyc. 359). 
Emprunté en lai. tardif sous la forme artemô, mât de 
beaupré et aussi (Vitr. 10,2,9), poulie de conduite dans un 
appareil de levage. Le terme latin a fourni le fr. artimon, 
dont le sens est différent et qui désigne en fait le troisième 
mât à l'arrière. 

Et. : Apparaît tardivement en grec, peut-être par hasard. 
Plutôt qu'à un emprunt on doit croire à une création 
des gens de métier, avec le suffixe -;i<dv qui figure dans 
des noms d'instruments (Chantraine, Formation 172; 
Benveniste, Origines 122). On pourrait penser à un dérivé de 
àpTéojxai « être arrangé • etc. (voir sous àpapîaxto). Mais 
cela ne donne pas un sens satisfaisant. Il vaut mieux penser 
à àpTào) «suspendre » (p.-ê. avec une forme ionienne en -éto), 
ce qui pourrait convenir à la voile, et mieux encore prouver 
que ce mot servait d'appareil de levage. Cf. J. Vars, UaH 
nautique 101-106; J. Rougé, Commerce maritime 58-59. 



àpT«o|jMU, voir àpopioxc». 

àpn^p, otpTTjpta, voir àetpw. 

âpTi : adv. «juste, justement», d'où «rtcemment», 
surtout avec un verbe au présent, opposé à TcâXat ; plus 
rarement avec un verbe au passé ; plus rarement encore et 
en grec tardif avec le futur « tout de suite », etc., condamné 
en ce sens par Phryn. 12. Le mot n'est pas attesté chez 
Hom. (mais cf. dérivés et composés) ; il est largement 
employé durant l'histoire du grec au sens temporel. Le 
sens originel est «juste », < qui tombe juste ». 

D'où àrtapri « complètement, exactement » en parlant 
de nombre (Hdt., Hp.) ; chez les comiques attiques emploi 
tout différent avec inà marquant l'opposition (Pherecr. 93, 
Ar. PI. 388, cf. AB 418,15) «tout au contraire»; enfin 
avec une accentuation différente dcTtâpri temporel « dès 
maintenant, dorénavant » (N. T.). 

"ApTi figure comme premier terme dans un grand 
nombre de composés depuis Homère. Dans les plus anciens 
l'adverbe exprime l'idée de justesse, de bonne adaptation : 
ipTieTT^ç (//. 22,281) «qui sait bien se servir de la parole, 
beau parleur », mais pris en bonne part chez Pi. ; àpTt- 
xoXXoç « bien joint » (.Esch., S.) ; àpTiXiOta « exacte super- 
position des pierres » (/G VII, 4255) ; àpTifieXi^ç (PI.) ; 
àçnLjtot; « au pied mobile, vif » (Hom., etc.) ; àpTicTopio; 
« qui parle bien » (Plu.) ou « dont l'ouverture ou la pointe 
est bonne » (Hp., Str.) ; àp-rirpoTtoç « aux manières 
modestes » (^sch. Sept 333) ; àprtçptûv « sensible, intel- 
ligent » (Hom., trag., PL); àpTiipuTÔ; «juste» en parlant 
d'un nombre (Hp.) ; àprtxeip « aux mains agiles ou habiles » 
(PI. Lois 795 d). Dans tous ces emplois le sens étymo-- 
logique de étpTi qui comporte l'idée de « bonne adaptation » 
est sensible (cf. toutefois Knecht, Komposita vom Typ 
TEpi}'î(i6po'roç 16). 

Dans les autres composés, très nombreux, le sens est 
« récemment ». Ainsi : ipTiSXaoTrjç (Thphr.), -yàXaxToç 
« qui vient d'être sevré » (inscr.), -yéveioç (AP), -yaiioç 
(/G XIV 1835, Opp.), -yev/)? (Nie, etc.), -y6WT)toç 
(Luc), -Y>.-J9'nÇ (Théoc), -yovoç (AP), -Ba^<; (AP), 
-Saxpuç « qui vient de pleurer ou qui va pleurer » (E. Med. 
903), -StSaxTOç (App.), -eavï)Ç (E.), -(laÔ^ç (E. Hec. 687), 
-TrayTJç (Théoc), -ttXoutoç (E. Supp. 742), -oxpàTeuToç 
(App.), -tsXtjç (PL), -Toxoç « nouvellement né » (AP), 
-TO(io<; (A.R.), -Tpeipifjç en parlant de nourrissons (.fiEsch. 
Sept 350), -9U-^ç {AP, etc.), -çutoç (AP), -xœv7)ç (AP), 
-Xvooç {AP, etc.), -xpiCTToç (S. Tr. 687), etc. 

On observe donc dans les composés le même développe- 
ment d'emplois que pour l'adverbe qui est passé du sens 
de « juste, bien adapté », à « justement » au sens temporel. 

Dérivés : àpTioç «qui s'adapte» (Hp.), «juste», cf. 
àpTut pdt^etv (//. 14,92), . d'accord » (//. 5,326, etc.), «prêt, 
en bon état • (ion.-att.) ; en parlant de nombres, « pair » 
(opposé à TZEpiaaài) ; d'où l'adv. àpTiàxiç (PL) ; àpTio-rniç 
« fait d'être pair » (Arist.), le verbe àpTiâî^tù « jouer à 
pair et impair » (Ar., etc.), avec àpTtaa[x6ç (Arist.) ; 
quelques composés dans le langage mathématique dtpTiÔYO)- 
voç, àpTtOTrépioeroç, etc. 

"ApTtoç s'est combiné avec des particules et des 
préverbes. D'abord, avec la particule privative, àvàpOTOç 
« qui ne s'adapte pas », d'où « étrange, indigne • (Hdt.) 
et, en parlant de personnes, «ennemi » (Hom., trag.; ^vec 



apri 



— 118 



une aesibilation de t qui ne s'est pas produite dans écprioç, 
cf. Lejeune, Phonétique, § 45 avec les addenda (Hsch. 
a la g-lose fipatov • Sbcaiov). On a en revanche dcfàp-noç 
«impair» (PI.), et des substantifs souvent tardifs, géné- 
ralement '■^minins ou neutres : ànapriet « mobilier » 
(Hippon., LXX] et àmkprto^ (Plu-) ; IÇccpriov et èÇap-rfa 

• équipement», etc. fpap.) et d'autre part l'hapax èÇop- 
Tt6o[jiat «être garni de» (Hérod. 7,23), xirrttpTtoç et 
xampriov (EM 478,2^) « mât » (qu'on adapte au navire ?). 

Autres dérivés de âpri : le dënominatif iprV^n (à moins 
d'y voir un doublet morphologique de àptiofjwti [v. ce 
mot], cf. xofxîÇco à côté de xoném), sens « arranger, 
adapter » (Thcr., AP, D.S.), avec surtout les formes à 
préverbes : in- « achever » ou « s'adapter exacteTPent » 
(Hp., Arist.) et des dérivés en -wriç, -tafiôç ; eia- (Hp.), 
èÇ- «achever» {Acl. Ap., inscriptions), eu- (Hp., A.R.), 
xaT- «équiper, arranger, pourvoir de» (Hdt., Plb.) avec 
des dérivés en -toiç, -ia\ia, -io(i6ç. 

Le verbe àpriÇco et ses composés semblent surtout 
^niens. On lit toutefois à Ëlatée (Schwyzer 352) àpTienr^peç 
tiré de àpTlÇoj, qui désigne des fonctionnaires financiers ; 
Hdt. a xaToprtffTrjp « médiateur ». 

Le grec moderne a 4pTi « récemment », (Stprioç 

• pair », etc. 

Et.: Le thème a été expliqué, soit comme un locatif 
d'un thème àp-r- «adaptation », etc., soit comme un neutre 
en i tiré du même thème, cf. Trépuoi, etc. (Benveniste, 
Origines 79). De toute façon le mot trouve appui dans lé 
lat. ars, arlis, arm. ard « récemment », lit. arli « proche ». 

Le rapport avec la racine de àpaptaxc» est certain. 

àpTiaXa : pi. n. «boucles d'oreille » (dorien. Poil. 5,97). 

El.: Inconnue. On a supposé une dérivation de &pTt., 
àpTtoç exprimant l'idée d'adaptation, avec un sufTixe 
■«Xoç comme dans ^ÔTtaXov, oxtiTotXov (?). 

âpros : m. « pain de blé », par opposition à fifiÇa la bouil- 
lie ou galette d'orge, cf. Hp. Acut. 37. Le mot est surtout 
employé au pluriel, le singulier peut désigner une miche 
ou être collectif. Attesté durant toute l'histoire du grec 
depuis l'Od., 17,343 et 18.120, Hdt., Hp., Th., etc. 

Diminutifs : ôpTÎojcoç (Hp., Dsc, Gai.) et dépricxiov 
(Damocr. ap. Gai. 14,96). Figure comme premier terme 
daos un certain nombre de composés, notamment : 
iproWix'») panier ou armoire à pain (pap.), -xàTnjXoi; 
(pap.), -xpeocç mélange de pain et de viande, probable- 
ment = lat. uisceralio (tardif); -Xdtyotvov (Cicér., Ath.), 
■|isXt gâteau de pain et de miel (Gai., Aet.) ; -TttvaÇ 
espèce de plat (pap.) ; mais *âpT6-Trovoç IG IV, 1549 
n'existe pas, v. IG IV 1,401 ; -TcpâxT)? marchand de pain 
(tardif); àpT-67rnQ<; boulanger [?] (Hsch. s.u. Trâoavoç) ; 
-otTstov emplacement ou ustensile pour faire le pain 
(Poil.), ôpTOJtTtJctoç dtOTOç pain cuit dans une tourtière 
(Ath., etc.), terme tardif dont la finale est de type latin ; 
et l'emploi de artopta pour désigner une tourtière à faire 
le pain chez Plante, etc. ; àproCTiTéto opposé à dtXcptTooiTÉoj 
(.X.), opposé à 6<lio<pa.yi<ii (Hp., com.), d'où àptoaiTia 
(Com.) ; àpTotméaiov taxe pour peser le pain (pap.) ; 
àproorpoçéco (-Ar.) ; -çàyoç (Hécat.), -«pay^'* (Hdt., Hp.) ; 
■foïvtÇ gâteau de pain et de dattes (pap.) ; -<p6poç 
(Poil, Ath.), -(p6piov (S.E.), etc. 

Trois groupes de composés sont particulièrement 



importants : ipxwiénaç « boulanger», t. et m. (Hdt., ion.- 
att.) métathëse pour *ipTowoxoç ; le second terme appar- 
tenant à 'pek"- « cuire », cf. Ttéooco, uéirtov, etc. ; cette 
dernière forme étant une dissimiiation de -tcottoç cf. 
àprÔTOTTOç Phryn. 198, Poil. 7,21, Hsch. d'où àp-roTOTtéo 
(Phryn. com.) ; la forme originale se trouve attestée en 
mycénien avec atopoqo — dcpT07cok»oç ; dérivés tardifs : 
f. -xémcoa (pap.), -xoiceïov (Dsc), -xoTcta (Dsc.), -xottixôç 
(LXX). 

Autre groupe avec (ipToreotoç (X., etc.), -Ttotla (Ar. X.), 
-TTOuxôç (Ghrysipp. Tyan., Poil.), -Trotée* (App., pap.). 

Enfin pour désigner la marchande ou le marchand de 
pain àpT07cwX£ç, -(8oç t. (Ar., etc.), d'où le masc. -îttiXijç 
(Poil., inscr.) ; d'où -fftiXiov (Ar., etc.), -uwXiot (Poil. 
Phryn.), -rt«Xix6v (inscr.), -tziÀJuù (Poil.). 

Et,: Incertaine. Plusieurs hypothèses dont aucune n'est 
impossible, mais dont aucune ne s'impose : 1) Selon 
Prellwitz, nom verbal tiré de dépixptoxtû, cf. dcp^ieva sous 
ipoptoxw ou &p(jta sous a£pti> ; 2) Selon Pisani, Ricerche 
Liiiguistiche 1,141 emprunt à un iranien *arfa «farine», 
cf. av. aSa « moulu », persan ârS « farine », de la racine 
de iXtci ; peu probable ; 3) Selon Hubschmid, Sardisehe 
Sludien 104, terme de substrat qu'il rapproche du basque 
arto pain de maïs, v. espagnol arlal. Voir encore Georgaras, 
Gl. 36, 1957, 115, en faveur de la première théorie. 

àprûu, etc., voir sous àpapioxcd. 

apua : tA 'HpaxXeconxà xdtpvxz (Hsch.) avec une autre 
glose aùapdt • Ta novTtxâ xipua. Ces gloses pourraient 
être des variantes fautives de âSpua (v. s.u.). 

El. : Si la forme est authentique, son rapport apparent 
avec pi. xàpua « noix » serait évident, cf. Strômberg, 
Pflanzennamen 155 sqq. On a rapproché alb. afe f. 
«noyer», v. si. orëchû «noix», etc., cf. Frisk s.u. 

Si écpua et xàpua remontent à l'indo-européen, on y 
observerait le préAxe k- que l'on croit reconnaître dans 
xaTtpoç à côté de lat. aper, dans xvéçaç (cf. Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,417; Meillel, MSL 23, 259 et Sludia Indo- 
Jranica Geiger 234-236 ; en outre voir les combinaisons 
de Specht, Ursprung 62, 146,236). 

àpû€aX\oç : « bourse qu'on peut serrer avec un lacet » 
(Stesich., Antiph.), flacon de cette forme avec un col étroit, 
sorte d'arrosoir (Ar., Ath.) ; diminutif (ipu6aX>.tç, -îSoç f. 
(Hsch., EM). On peut aussi rapprocher la glose d'Hsch. 
àpouXîSœ • X»)xu6ov Aâxcoveç. On ne sait que faire de 
àpuodcoaaXov " xotuXy) tj çXàoxojv (Hsch.). 

Et.: La glose d'Hsch. est àpû6aXXoi • Ta jxapaÙTCiria • 
dcTTÔ ToO àpùetv xal pâXXciv etç aÛTOùç. Fraenkel {Gl. 
4, 1913, 35) admet cette étymologie en supposant le mot 
tiré du groupement asyndétique des deux verbes. Celte 
explication, possible pour un terme de ce genre, suppose 
que le sens d'arrosoir est originel. On s'étonne tout de 
même de la singularité de la forme. La seconde partie du 
mot fait penser à PaXXàvrtov « bourse », qui pourrait être 
un emprunt à une langue balkanique (cf. s.u.) ; peut-être 
également àpûSotXXoç (avec influence de àpitat). Hypothèse 
thraco-phrygienne chez O. Haas, M'iener Studien laûS, 15C. 

1 âpûfa) : aor. i^puaa, moyen àpùo(xai, aor. pass. 'jjp06Y]v 
et :i]pùadi)v ; l'att. a un présent à suff. -^a, marquant 



— 119 



*«(*> 



Paboutissemeat, et. «b(6«u ; eo outre le leAbien a un participe 
ipuT^tJtevot (Aie), lequel s^nUe supposer un dévertMtif 
qui serait en ionien du type *i(Mnéu ; le verbe ett attesté 
depuis Hés. [Trav. 550 avec digarama fwobaUe) en ion.- 
att. «t dai» la koiné. Sens : f puiMr » ; s'amptoi* voiontiers 
au flfuré. Le verbe ett eeamrreneé par iyàonu, mais 
subsiste en gr. moderne. 

Formes * prévnt>es avec : ày-, dbit-, iÇ-, ht-, L'adj. 
verbal ifuttiç n'est pa» sûrement attMté, mais figure 
dans des composés avec alleng«ni«it de l'initiale du 
second terme : tAffpxtroç (H. Uotn.), KoruX^puio; < reeueilli 
& pleines coupes • (//. 23,34), KuXtK^puro; (CaU-)f not«(xi^ 
pOTOÇ (AP). 

Dérivés. Divers noms d'instruments dont certains 
présentent un thème &puo- (sigma non étymologique ? 
(lU traitement phonétique de double tau, le dérivé étant 
tiré du présent dcpuTu ?) : dcpwrfjp « louche » ou « coupe » 
(Dsc), avec un sens peu clair (P. Lond. inéd. chez LSJ), 
mais usuellement dpuor^p (Aie, Sém., Hp., inscr.) ; chez 
Hdt. « mesure », qui selon Hsch. valait un cotyle = 27 
centilitres ; fém. dépoorptç « louche » {AP 6,306) ; plus 
souvent àpÙTaiva ■ broc » ou «récipient > pour puiser (Ar., 
Thphr., pap.) ; sufllxe productif en -aiva librement ajouté 
à èf^iù, ou à àpuT>)p ; diminutif dcpuralviov (Crète) ; 
il existe enfin un hapax Âpuonç, à l'ace, pi. àpùa-ztiç 
(S. fr. 764) qui semble équivaloir à dpu<rn^ ; cf. aussi 
Hscîi. àpûoTciç ' TÔç dnrveuoTl néoeiç... ta Si aura xal 
ipuoT^paç xal àpuorlxouç èxetXouv ; le suffixe -Tiç, de 
même que le sigma avec lequel il se trouve associé, se 
prêtent à plusieurs interprétations ; le plus simple sérail 
de voir dans la forme un- féminin en -nç répondant à 
ifotrnff, mais la flexion sans 8 rapproche le suffixe de 
■Ti;/-oiç (cf. plus loin) ; enfin diminutif avec le sufllxe 
expressif -ixoç, àpùcrrixoç (Ar., Phryn. Com., IG IV 39 
Égine). 

On aimerait distinguer entre ces ustensiles qui servent 
tous à « puiser ». 'Aputrrijp et àpûorixoç servent pour le 
vin et sont glosés par olvoxéir] ou xotûXt) (ce dernier terme 
fournissant aussi une dimension), cl. Hsch. s.u. àputrrrjp, 
etc., et Poil. 6,19 ; 10,75, etc. 'Apiixaiva semble un objet 
différent et se dit à propos d'un bain, Thphr. Char. 9,8. 
.\utres dérivés : £puoiç, nom d'action « fait de puiser » 
n'est attesté que chez Afric. 39 V, mais des composés 
en -Ttç > -(Ttç avec allongement de l'initiale du second 
terme ont servi à désigner des ustensiles : èrvrjpuou; 
• cuiller à bouillie» (Ar.), Çû>(iTQpuot<; «cuiller à soupe» 
(com., AP), olvfipuoiç « ustensile pour puiser le vin • 
(Ar. Ach. 1067) ; avec un thème àpuo-, sur le modèle de 
noms d'ustensile comme yjexAvTj, etc. (Chantraine, Forma- 
Im 198) a été créé àpuaôvT) « cuiller » (Timo ap. Ath. 415 e). 
Autre nom d'objet avec un sufllxe familier -ooç qui 
le retrouve dans TtéTaooç, Tdt(xtooç etc. (Chantraine, 
Furmalion 435, Schwyzer, Gr. Gr. 1,516) : £pu(Toi; «panier 
d'osier» selon Hdn. 1,213. 

Les inscriptions de Délos {IG XI 2, 110, etc.) fournissent 
Rieurs exemples de àpxtcâi; = dpuerrijp, avec le suff. 
hmilier -Su;. 

Outre ces substantifs qui sont tous de caractère technique 
et de sens précis, il y a trois adj. tardifs : dbpûotfxoç « que 
l'on peut puiser» (Sch. Nie. Alex. 584) ; àpucrrucéç « propre 
à puiser » (^1.) ; enfin pi. n. dfcpuoaîa « fond de cuiller» 
[SIG 588,97). 



EL: Des iiypotbèset incertaines ont été proposées : 
1) Oq a voulu retrouver dans ip<k* un composé d'un 
présent *u«», cf. éf-it», tàk», etc., et d'un premier terme . 
/op. qui serait apparenté A skr. irâN. Cette atialyse de.' 
Sçbuize, Q.Ep. 311, est utifici«Be «t invnisiNiiblable f; 

2) A«tm bypoUtèse peu vnisemblaUe (ef. «na. ahî - 
« canal •) de Pisani, Bttid, lit. Lmnbardo 77, 1943-44, 549 ; 

3) FHsk, Eramm 50, 1952, 1-^, constate que les verbes 
signifiant < puiser * sont souvent tirés de thème signifiant 
« prendre >. Il rapproche en grec c&piflxw en posant /ap-u/ 
ftp- et d'autre part arm. gerem < faire prisonnier », origi- 
nairement « saisir, prendre > ; voir sous ctpcpov et e6p(oxii>. 

2 ôpww : « dire & haute voix, crier >, etc., d'après les 
gloses d'Hsch. ipûei ' àvriXt^ti, po^ ; àpûouoai ' Xé^ou- 
oat, xeXeûouoai ; ipûoaoOai * imxàktmiaQai. Le mol serait 
syracusain selon EM 134,12. Mais Latte se demande 
si les gloses ne sont pas fautives, pour dbrùei = fjKÙei. 

Et.: S'il faut bien lire dépûci, voir sous &pd, Âpvéojxai. 

àpx". *P)rti Apxô«, etc. : 

A) l,e présent fipxt^ est usuri depuis Homère jusqu'à 
la xoivj) et même le grec moderne ; sur le modèle de 
Séytievoç, Call. {H. Art., 4 et fr. 7,25 ; 75,46) emploie le 
participe £px(xrvo;. Le sens originel, que l'incertitude de 
l'étymologie ne permet pas de fixer sûrement, semble 
être « marcher le premier, faire le premier, prendre l'ini- 
tiative de, commencer », cf. II. 5,592 ^pxe S' Spa oçiv 
"Api)ç ; Od. 8,107 ^pxe ... ô«dv ; Od. 5,237 ^pxe 8' ôSoîo ; 
« prendre l'initiative de, commencer de, commencer à », etc., 
cf. //. 4,335 £pxeiv noXé^xoio, Od. 3,68 £pXEiv pùOœv, 
Th. 1,53 7ro>i(xou âpx'tv ; souvent avec les prépositions 
èx ou ànà, cf. èx na^iav àpÇàp£voi ; au sens de « com- 
mencer », également avec le participe et l'infinitif, le sens 
étant en principe avec le participe < commencer en... », 
avec l'infinitif « commencer à... » (Kilhner-Gerth, Syniax 2, 
p. 75). Pour le choix de la voix, le moyen semble souligner 
la participation du sujet, mais au lieu que l'atlique 
emploie le plus souvent le moyen Hom. préfère l'actif 
(cf. Bradaè, Phil. Woch. 1930, 284 sq.). 

Enfin, à l'actif, iSpx^^'^ signifie depuis Homère « com- 
mander», peut-être, à l'origine, avec une valeur militaire, 
cf. //. 16,65, Mi)p|ii86ve(iot ixi/eaQai, Od. 14,230, nombreux 
emplois dans le Catalogue; le verbe £pxEiv s'emploie 
généralement avec le génitif, plus rarement avec le datif, 
parfois chez Hom. avec èv. En attique le mot a pris le 
sens' d'« être archonte», cf. plus loin. 

Composés avec les préverbes : an- (rare), £vixpxo[xai. 
« commencer le sacrifice, commencer », mais plus tard 
lvâpx« « exercer une magistrature » (Céos) ; ê^àpxco « com- 
mencer, entonner» (Hom., etc.); xttT- «commencer, 
notamment un sacrifice » (Hom., etc.) ; repo- (rare), 
Tcpoa- « offrir un présent » ; auv- « commander avec » ; 
ÙTT- « commencer, être au commencement » d'où « être 
fondamental, exister > est devenu un substitut expressif 
du verbe « être » notamment chez D. (io&.-att.) ; 

B) Un thème ipx". ^X*-> ^WC*" A^re comme premier 
terme dans un très grand nombre de composés : 

1* Dans de rares composés dpx- est régi par un second 
terme : ainsi dpxtjyéç « qui est à l'origine '*rag.), mais 
aussi «chef» (B., .Œi^ch.) ; àpxây^'^SÇ **■ ^Z'')T(^'"K «londa- 



leur d'une cité ou d'une famille » (Pi., Hdt., etc.) avec 
les dénominatifs en -reû» (Hdt.) et --ré» (S.) ; un premier 
terme àpx>!- figure dans l'hapax artificiel àpxTîYSvr;; 
• qui donne naissance • (^sch.) ; avec le sens de magistra- 
ture au p-iJaiier terme : dtpxaipeata «élection de magis- 
trats» (Hdt., PI.), d'où à date tardive àpxaipeoiâÇo, 
-ouxxôç, à côté de àpxoctperucôç ; terme dialectal àpxo- 
amain (IG V 2,437) à "côté de depxoardtTat coUège électoral 
[IG Rom. 3,473). Enfin un terme com. dtpxoXtTtapo; 
. qui cherche à attraper une magistrature » {Com. Adesp. 
84); 

2" Le système des composés où dépxe- ou àpxt- ou 
àpx" constituent un premier terme de valeur verbale 
signillant soit « qui commence », soit « qui comm.:nde » : 

a) Le type àpxe- «st le plus ancien avec le sens de « qui 
prend l'initiaUve de », et le seul homérique avec àpxé>caxoç 
« qui est à l'origine des maux » ; en outre àpxeStxâ; 
.premier possesseur légitime» (Pi., hapax) : àpxéTtXou-roç 
.qui restaure la richesse » (hapax, S. El. 72) ; à date plus 
basse àpxÉYOVoç " originel », ôpxéroTioç « qui constitue un 
modéJe, archétype » (grec tardif) ; parfois avec le sens 
de «qui guide, qui dirige» àpxeOécopoç (Délos), àpxiXSoç 
«chef du peuple, (^sch., Ar.), ôpxéroXtç (Pi.), àpxéxopo; 
(E.). Sur les modèles des thèmes en -oi- Stesich. fr. 250 P 

b) Devant voyelle, nombreux exemples dont beaucoup 
sont tardifs de àpx- pour désigner des chefs : àpxeSéarpoi;, 
(OG/ 169); -é^Tcopoç {OGJ 646); -eTtletxoTOç, -épavoç, 
tpsMlW, -epavMrrijç (inscriptions), -é<pï)6oi; (JG V 2,53 
Tégée), -c(pT,gEÛ<o {IG IV 589 Argos), -tarpôç (Délos), 
-tepïûç et -lépetoç (Hdt.. PI., etc.), f. -lépsia (Delphes, 
etc.), -icpcto|xai {LXX, etc.) et leurs dérivés, àpxt^vijç 
.chef de la ferme de l'impôt» (And.), d'où àpx«»vÉcû ; 

c) Le type le plus récent et le plus producUf, et qui 
lest même devenu en latin et dans les langues d'Europe, 
est dcpxi- • chef de » : une centaine d'exemples dans le 
dictionnaire LSJ. Le thème en -i est postérieur au thème 
en -e, probablement fait sur le type de TepTrocépauvoç. 
Les deux exemples les plus anciens sont àpxiôéwpo; 
(And., etc.), àpxiÔEtùpétû (D., etc.), âpxi6sû>pta (Lys., etc.), 
mais cf. plus haut àpxeeéwpoç à Délos ; et àpxi-réxTtûv 
.chef des travaux, architecte. (Hdt., PI., inscr., au 
fijïuré chez E.), avec les dérivés en -éto, -ta, -oc6ç, etc. 

Il suffit de renvoyer au LSJ pour les nombreuses 
{ormes Wéées ensuite. Il y a surtout des termes admi- 
nistratif» comme àpxiYpa^f"'™"?, -SixacTT)?, -ÇâKopoç, 
-ÔMtfliTriç, -hu6epv:(it7)ç, -xuvryôi;, -(iixre'poç. -¥-<>'^-^'i> 
-\«<ôxopoî, -TtpÛTOcviç, -oTpâTTiYo;, etc. Rares termes 
expressifs comme àpxtYéïjç. 

'Apxt' ne joue aucun rôle dans le vocabulaire poétique. 
Exceptions: àpxiOàXaaaoç (AP), dtpxutépauvoç (Cléanthe). 
Avec un sens différent de àpxi-, àpxtTÔxoç se lit deux fois 
à Thespies, à propos d'intérêts {Ath. Mitt. 5, 1880, 127) ou 
des souffrances de l'enfantement {ibid. 56, 1931, 128). 

Les deux types de composition, l'un ancien àpxe- qui 
seul se trouve avec le vieux sens de « commencer », et àpxi- 
8'obgervent l'un et l'autre dans les noms propres. D'une 
pan 'ApxeSciixaç, -Sïifxoç, -Xoxoç (H.), -Xâoç, -7rr<S>i£(ioç 
(It.), -CT-pa-roç, etc. ; de l'autre 'Apxt-Sânoç, -Xoyo?, etc. 
En mycénien antHroponymes ambigus avec Ake- = 'Aye- 
ou 'Apxe-, P--è. Aki- = 'Apyi-, cf. Chadwick-Baumbach 
177; 



120 — 



C) Nom d'agent : àpx^ç «chef» (Hom., Pi., inscr.) ; n'a 
pas subsisté en ion.-att., où l'on a àpxéç « anus, rectum » 
(Hp., Arist.) qui a bien des chances d'être un euphémisnit 
exprimant l'idée de début, de « fondement ». Mais àpxoc 
a donné naissance à un grand nombre de composés (plu? 
de 150 chez Buck-Petersen, Reverse Index 686-687; 
Voici quelques exemples caractéristiques : arévapx"' 
«maître de la maison» (Hdt., Antiph.), è<p:fi6- (inscr.i 
SexàS-, XafiirdS- (inscr.), itéZ- (X., inscr.), x'Xî-, rcoXi 
(Pi.), Ta^î- terme militaire (attique), «ppocrpî- (attique,, 
YUfxvaot- (attique), avxai- {lEsoh.), ou(i7roal- (X., etc.; 
oxpart- (X.), ntçiiaxi- (Ar.), ÏX- (inscr.), mpazo/.- 
(Th., inscr.), ^oiiX- (^sch. et nom de magistrat dans 
diverses cités), «pùX- (ion.-att.), TroXéti- (ion.-att.)) Sr^i.- 
(ion.-att.), xtûfi- (tardif), àv- (Hom.), (xév- (ion.-all. 
TSXTÔv- (S. hapax fr. 159), mais Tex-rovapxeîov se lii 
chez mschin. et à Délos, t6Ç- (ffisch., Th.), p6- dit dui, 
sacrince {IG I', 5), en- (.ffisch., etc.), ïtttt- (iou.-alt.v 
Ô7t- (S., etc.), TpiiQp- (ion.-att.), cppoùp- (ion.-att.), arpa-r- 
(Pi.), TOVT7)x6vT- (X., etc.), éxaTÔvr- (X., etc.), ttàeît-- 
(B.), àpîoT- (Simon., B.), vau- (ffisch., ion.-att., inai- 
surtout à propos de l'amiral Spartiate), etc. Voir Debrunnei 
Festschrift Tièche 17-18. 

Ces composés appellent diverses observations : 1° ll^ 
se rapportent à la notion de chef, comme le mol simple 
et comme on l'attend, non à celle dé commencement, à de 
rares exceptions près comme pàapxoç ; 2° Us tiennent 
une grande place dans le vocabulaire militaire et admi- 
nistratif ; 3° Ils ont donné naissance à des dérivés verbaux 
en -apxéco, ou nominaux en -oLpyia. suivant le type ^ôvap- 
Xoç, t^^ovocpxé&i, (xovapxtœ ; le groupe ôXiYapxeîdOai, 
ôXiYapxwc, ôXiYapxi>'ôç est créé sur fiovap/étù, (iovccp/îx, 
mais ""ôXtYopXoÇ n'existe pas, cf. Debrunner, o. c. ir>-lP : 
enfin les composés altiques en -ocpxoç ont été concurrencés 
pour désigner des fonctionnaires par des formes en -ip/r,; 
qui semblent issues de l'ionien et se sont répandues : 
Hérodote emploie déjà 8exàpx-»)Ç, vofxdtpxi^ç (cf. Chantraine, 
Formation 30). 

Dans quelques composés le premier terme a une valeur 
verbale, cf. TteîOapxoç, jreiOapx'a, etc. 

Pour -opxoÇ dS"** l'onomastique, Bechtel, H. Personen- 
namen 80 sqq. 

"Apxoç a donné naissance au dénominatif àpxeû" « être 
le chef» (Hom., A.R., mais aussi terme administratif à 
Paphos et à Cos), cf. pantXsùtù, etc. 

A âpxoÇ s'est substitué en ionien-attique le participe 
substantivé àpx^v, parfois employé dans un sens général 
(Hdt., trag.), mais à Athènes nom de magistrat pi. « les 
archontes », sg. « l'archonte éponyme ». Féminin occa- 
sionnel àpxovriç (Cat. eod. Aslr.) mais àpxtç est bien 
attesté à Ténos {IG XII 5, 909, etc.). 

Dérivés rares et tardifs de âcpx^v : àpxovTtx6i; {AP, 
pap., etc.) et les verbes àpxovTDitd « être archonte » 
(Olbia, IPE !• 130), ôpxovrtato « désirer être archonte • 
(Sch. Ar. Guêpes 342, Lydus) ; 

D) Le féminin ipxh reflète les deux emplois du verbe 
Spxeiv aux sens de « commencer » et « commander » : 
1" Le sens de «commencement» est plus ancien, attesté 
depuis V Iliade et persiste durant toute l'histoire du grec ; 
noter les expressions adverbiales ocpx^ftev (Hdt., Pi., 
non attique), àpxrjv, 45 ipX^Ç ; les philosophes usent du 
mot pour désigner les principes, les premiers éléments, 



— 121 — 



fterai 



le premier emploi remontant, dit-on, à Anaximandre 
(d'où àpxoei^viÇ do la nature des principes chez Arist., etc.) ; 
2° « souveraineté, pouvoir » chez Pi (O. 2,64 Atàç àpxi) ; 
il est usuel en ionien-attiqiie ; àpx^) signifie «magistrature », 
au pi. àpX"^^ ' 1®® autorités, les magistràtsj». 

Il est possible que mycéni«n oka soit àpjji, cf. Chadwiek- 
Bannibach 177. 

Composés généralement tardifs, une douzaine tous ou 
presque tous avec préverbes; ànapxri, au pluriel àjrapxaî 
• prémices d'un sacrifice», parfois « prémices » au figuré 
(ion.-att.) mais les papyrus offrent des emplois admi- 
nistratifs divers ; èirapXT) même sens (inscriptions, 1 G 
II» 1672, etc.), etc. ; 

E) Les dérivés sont distincts selon qu'ils se rapportent 
à « commencement, principe » ou à « pouvoir, souve- 
raineté » : 

1» àp/aîoç «antique, qui se rapporte aux origines», 
se dUlinguant ainsi de TraXatôç « vieux, ancien » (ion.-att., 
mais ignoré d'Hom.), comp. -àrcpoç, rarement -éaTEpoç 
(l'i.i; le neutre âpxaîov désigne aussi le «capital» (ion.- 
alt.); d'où ipxoiwùc. (Ar., Antiph., grec tardif) avec le sens 
caractérisant du suffixe « qui a les façons ou les manières 
(le penser antiques» ; nom de qualité àpyaiévx)<i (PI., grec 
turaili. Deux dénoniinatifs : àpxat!;to «avoir des manières 
antiques»; en parlant du style (D.H., Plu.), d'Où àpxaï- 
oijii; (D.H.) ; d'autre part àpxaiôojiai (tardif), cf. âpxat- 
toÔévroî xal à[xv7]tJ.ovEÙTOu xpôvou {P. Oxy. 1915) ; quelques 
composés avec àp/atoç, notamment àpxaioXoYéw « raconter 
de tW's vieilles histoires » (Th.), àpxaiÔTrXouxoç « d'une 
antique richesse. f/Esch., S.), -TTpETrri; (.ffisch., PI.), 
-rpo-oç « aux manières antiques » (Th.) ; composé comique 
comme àpxato-(xe>.!.-CT'.So>vo-!ppuvix-vipaToç (Ar., Guêpes 

2-'0 . 

'Apxaîo^ est le seul dérivé ancien de àç>yr\ au sens de 
. coiiimenoement, principe » ; mais àpxtxéç se trouve au 
sens de « primaire, ori<riiiel » chez Phld., S.E. ; 

:"> De àp/T; " pouvoir, autorité, magistrature », on a le 
(1iiiiinutifàp-/îStov employé sur un ton méprisant (Ar., D.). 
En ontrc l'adj. àpxiKÔ; «qui concerne le chef, l'autorité » 
(/Escli.; et «apte à commander» (ion.-att.), qui peut se 
rapporter soit à àpxri, soit à ipxô; ; subst. àpxcïov, ion. 
à=X71tov " résidence des magistrats, enscinble des magis- 
trais . (ion.-att.); mais pi. àpxeïa « archives »( tardif) ; 
d'où àfyei<^-riC, m. «archiviste» (Diq.), -cùtixôç (Lyd.), 

àpxEi'Q'P'J'-'^^ (Lyd.). 

Le nom d'agent rare àpyé-zâq « prince » et « de prince » 
(E.), peut aussi bien être rattaché à ipx", àpZ°î e*- ^PX^J- 
On y joindra deux féminins isolés ; àp/eÎTii;, -iSoi; titre 
d'une prêtresse à Thasos (J G XII 8,520), graphie pour 
àpxÎTtç [■'.), àpyrik, -ÎSoç prêtresse (/G V 1,586 Amyclae), 
ipxEÎvT, prêtresse {SIG 890, Syros, m" s. ap.), graphie 
poui- àç>yj.vT, ; 

F) En dehors d'àpXT), très rares noms verbaux : àpYfxaTa 
.prémices» (Od. 14,446), avec le doublet écpxîiaxa chez 
Hsch. ; ÔTT- même sens (Ar.) ; in- même sens (/G XII 
3,436 Théra). 

Le nom d'action en -aie, ne se trouve que dans des 
formes à préverbe ; la seule relativement ancienne et 
importante est uTrap^iç « existence » ou « moyens 
d'existence» (Phld., Plu., etc.). 

Conclusions : 1° Les emplois relatifs à la notion de 
« prendre l'initiative de, commencer » sont les plus anciens. 



ceux qui expriment l'idée de '«commander » sont délavés, 
mais apparaissent déjà chez Honiire ; ?• D«os la dériva- 
tion, et la composition, à l'e.xception de quelqu0S cumposés 
en àçiye- et d'autre part de ipx'^ avec le yiwK /«Mi^vé 
àpxaîoç, tout se rattache à la notion de < comi nai'4 ' w » 
(qui apparaît même dans certains emplois de dtpx'^ ''mx^*'- 
trature ») ; 3» Pour le verbe où pourtant on tend à distii^ruer 
entre fipxop«t (plutôt que Spxta) « commencer » et Spx*^ 
« commander », et pour ipx"^, il'y a une répartition morpho- 
logique des formes. Les deux groupes subsistent avec 
quelques variations en grec moderne ; 4° Le sens « être le 
chef » peut être issu du sens de « prendre l'initiative de », 
soit en faisant le premier geste (cf. les emplois religieux, 
ou à propos de musique et de danse), soit en marchant le 
premier ; 5» Il y a des emplois religieux confirmés par des 
formes nominales comme àîtapxat ou àTcâpYfxotTa. 

Et.: Il faut donc trouver comme étymologie un thème 
ou une racine se rapportant à la notion de faire le premier 
ou marcher le premier. A l'intérieur du grec on a rapproché 
opxœj'-^;, ce qui n'avance guère, et reste douteux. Hypo- 
thèses sans valeur chez Boisacq, et Schwyzer, Gr. Gr. 
1,685, n. 4. 

âputxa : n. «plante aromatique, épices » (Hp., X., 
.\ri8t., etc.). Dérivés hellénistiques ou tardifs : dénom. 
àptùfiaTÎ^cù «aromatiser» ou «être aromatisé»; àp<ij(/.aTi^TT;ç 
qualification d'un vin et nom d'une espèce d'ambr', 
àpoJiiaTmç f. épithète de axoïvoç (Sir.), voir l'index de 
Redard, Noms en -Trfi ; àpo)(xaTtxô(;, àptojxaTtùSTjç. 

Composés tardifs : àpûi(JtaT07t(ôX7)<;, -ç6poç. 

EL: Inconnue. Hypothèse chez 'Wood, Class. Phil. til, 
63 sqq. 

aaai : infinitif aoriste, avec un opt. a(Tat7.i, un suhj. 
&aoi, un f. âdtû ; «rassasier» (//. 5,289) mais généralement 
«se rassasier» (Hom.), moyen aoEGÔs (//. 24,717). En 
outre une forme de présent athém. âacvai (//. 21,70). Sur 
l'absence d'aspiration cf. Chanlraine, Gr. Hom. 1,185 ; sur 
l'a long ibid. 21 ; il existe, répondant à à(XEvat, un subj. 
Èoj(xev {//. 19,402) de *Ti-o-[xev qui semble comporter 
une aspiration, cf. ibid. 457. Rares formes moyennes : 
àaaaOat et ILoza^s. chez Hom. Enfin chez Ps. Hés., Bouclier 
101 Sia.zaj. (var. âerai) : ce pourrait être une forme à 
distension de axai., où l'on peut voir soit une forme 
thématique contractée, soit une forme athémalique. Sur 
le futur mycén. asesosi « ils rassasieront, ils nourriront » 
voir Et. Hsch. fournit la glose irai ■ TrXTjpoÛTat.. 

Adjectif verbal avec particule négative Saro;, générale- 
ment écrit àxoç, mais la contraction peut toujours être 
résolue; «insatiable», généralement avec le génitif TtoXé- 
(loto, et à propos d'Ares ; exemples isolés avec p-âx^ç, 
SôXtùv, Trévoio (Hom.), voir Lex. Ep. s.v. fiaxoç. Voir 
aussi êuSutroç. 

Il y a un groupe de mots qui pour le sens se rattachent 
nettement à Saai, bien que la formation en soit mal 
expliquée : âor), éol. &oâ « dégoût », le mot n'est pas 
proprement attique (Hp., Hdt., Aie, Sapho, E. Méd. 245, 
PI. Ti. 71 c). Chez Hp. le mot s'emploie au sens médical 
précis de « dégoût, écœurement », mais dans la poésie de 
Lesbos, chez Hdt., etc., au sens de . dégoût, peine profonde ». 
Il entrerait dans la série difficile des déri'. '" en -oâl-rsT„ 
avec en général e.i attique une flexion en -<ia/-crrj. Le 



àaai 



122 — 



sigma peut reposer sur une combinaison 6-i/a, dans 
un terme comme reïaa. Ailleurs le suffixe -aâ ou -aa 
taitdiflîculté (cf. Solmsen, Beilràge 236 sqq.). Deux explica- 
tions ont été proposées principalement : soit élargissement 
d'un thème ^n s (qui trouverait un appui pour &m\ [de 
*SSaâ ?] dans l'hona. ^<iç, voir sous ôStjv) ; soit formation 
désidérative en s (ce qui conviendrait à étoT) pour le sens). 
Voir aussi Ei. 

Dérivés : (icrrjpdç, éolien ioâpo; «qui dégoûte» (Hp.) 
011 ' qui fait le dégoilté » (Sapho) ; àotôSrjç terme médical 
• qui cause du dégoût» ou «qui éprouve du dégoût» 
iHp., au figuré cliez PI.) 

Verbe dénominatit dcoàco « être dégoûté » (hapax, Thgn. 
595), au médio-passif àaàofxai «être dégoûté», au p. ipre 
et au figuré (Hp., Aie, Sapho, Thgn.). 

En outre chez Hsch les gloses àaàCetv ■ XuireicÔai ; 
àuatVEtv • Xu:teîv. Composé : àCTrjTtùp (Antim.). 

Et.: Pour expliquer àfievai on pose généralement une 
base 'sea^-IsBi- qui serait au vocalisme loflg dans àaai, etc. 
[a ec psilose). au "ocalisme bref dans fior), cf. ôcSrjv, lat. 
satis, etc. Si le mycén. asesosi ((i<nf)oovoi) est bien un fut. 
apparenté, il est difficile de le faire entrer dans le système. 
Palmer, Sprache 5, 1959, 131-13b, pose 'as- «engraisser», 
évoquct hilt. hiérogl. hasas « rassasiement » et voit âoa 
comme un dérivé de ce radical. Il considère &aai comme 
un aoriste radical. Mais il n'explique pas le maintien de s 
intervocaiique. Ces vues n'excluent pas un rapprochement 
avec ocStjv etc., et il pose une série 'asg-, 'sa-, 's»-. 

àaaXTjs, àaaÀEÏv, etc.. voir sous aàXoç. 

àaâfjiiveos : f- «baignoire» (Hom.), le mot n'est plus 
usuel en allique (Gratinos 234 l'emploie à propos d'une 
large coupe) ; rares emplois tardifs. L'attique utilise 
Aourfjp'.ov, aâîCTpa, etc. On a en mycénien un exemple 
de. nsamilo = à.aà[i.ivOoç. 

Deiiominatif tardif qui étonne y.aTaaafjiiv0eû<o (Pap. 
Maspern 9, II, 29, vi>= s. après). 

El.: Inconnue. On a évidemment considéré à bon droit 
le mot comme un emprunt du grec aux langues indigènes 
wcennes ?). en raison du sens du mot et de la finale -iv6o;. 
Ofi /le peut aller plus loin. Gaerte, Ph. W. 1922, 888 et 
V. Blumenthal. JP 48,50 évoquent le suméro-babyl. asam, 
récipient d'argile pour l'eau. Autres hypothèses d'Alessio, 
St. II. Fil. Class. 20, 1943, 121-133 ; Pisarii, Rend. Ace. 
Une. 6, 5, 1929, 5 sqq. "Hypothèse en ! air de Deroy, 
Gl. :!r>. 1950, 182 sq. 



aoêo^os : f. (m. Hippon. 138 M.) «suie, poussière 
de charbon » (Ar., Alex., Thphr., etc.), avec le doublet 
àofiàXT) (Semon., Dsc., Gai.). 

Rares dérivés : verbes dénominatifs *àaQo'k6<a « couvrir 
de suie », au pf. p. rjoSoXtofiévoç (Macho, Plu., Arr.), 
ào6oXàû> (.ffisop.), àoêoXotiverai • fuseaiur (Gloss.) ; 
adjectifs dto6oX«l»8iiii; (Dsc.) ; iaëoXicv • (Aéra, {«jnjXiSv 
(lire (|«>X6«v î cf. Latte), (léXav (Hsch.). 

Et.: On cherche un radical *as-, cf. au voc. long lat. 
âra. âreô, skr. âsa- «cendre», 'azd- si l'on admet cette 
explication pour SÇo(jiai (v. s.u.), azg- dans arménien aiiwn 
« cendre », v.h.a. asca, ail. Asche (voir Pokomy 68-69). 
Mais que faire de -poXoç, dont l'apparente parenté avec 
pàXXoj pourrait être due au hasard ou à l'étymologie 
populaire ? 

'AiTYcXÔTÔs : épithète d'Apollon à Anaphé, voir 
. sous odykr,. 

àvcXyns '• exprime la violence grossière et sans frein, 
le dérèglement ; est joint à piaioç (D. 21,128, Is. 8,43). 
Le mot est attesté en attique (comiques, orateurs, l'I.) ; 
adv. àoeX^û; (Lys., Dém.) ; le sens d'« impudique » est 
tardif. 

Composés : àasXyaxépat; (PI. Com. 210), dcoeXYOfMtvécù 
(Ps. Luc), àoeXYOTroiâ; (tardif). La glose d'Hsch. : 
àoâXyav • ûêpiv, àj^éXeiav, rtevîav doit probablement 
être corrigée, voir Latte; autre glose énigmatique : 
àcraXYâvaç • çoêepéç, EipTjxc Se ouTtùÇ 7tapa6ap6apt^<ov 
(Hsch.). 

Dérivés : àoéXyeia « violence impudente » (PI., Dém., 
etc.) ; au sens de « conduite déréglée » chez Plb., cf. 
10,38 ; 25.3 ; verbe dénominatlf iasAyavw} « se conduire 
avec une violence sans frein » (And., PI., D., etc.), pour 
la dérivation, cf. ûytatvw à côté de ûynQç ; p. pf- P- : 
•JjaeXyrifiéva (D. 21,19), comme d'un présent àCTeX-féco, 
lequel n'est attesté que tardivement, d'où àaéXyTjjia 
(Plb., pap.). 

Et. : Inconnue. Il n'y a pas de thème inanimé *aé'K-foi; 
correspondant. Diverses hypothèses, voir Frisk s.v. 
Ainsi Havers pense que le mot repose sur *àQtkfi)i;, qu'il 
signifie quelque chose comme « fou », qu'il est issu de 
QiXyci) « rendre stupide, frapper », et que l'a serait un 
vocalisme zéro de sv-. 11 croit que o est un traitement 
(béotien ? mais ce traitement n'est pas sûrement attesté) 
de 6, donc qu'il s'agirait d'un emprunt béotien {IF 28, 
1911, 194-202). 



acrapov": n. nom de plante, « asaret, cabaret, Asarum 
inrnpaeam L. a (Ci-ateuas, Dsc, etc.) ; autre forme non 
tiellénisée «aap (ffit., Suid.). 

Dérivé àaapiTT;?, épithète d'un vin ainsi parfumé (Dsc, 

l>p.;. 

EL: Emprunt très probable. Sémitique selon Lewy, 
Premdwôrter 47 ; thrace selon Krause, KZ 67, 1942, 213, 
iie i i e. 'ak- «être aigu», d'après la forme des feuilles, 
ou plutôt l'odeur pénétrante. Voir encore StrOmberg, 

P/lanzeMiiamen 158- et àpîootpov. 

ôaSeoTOS, voir sous oêévvu|xi. 



aorr|, 



voir âoat. 



âcrOua : n. « respiration difficile, halètement, essoufTle- 
ment » (//., ion., poét.), chez les médecins «asthme ». 

Dérivés. Dans le vocabulaire médical : AoôfiaTixôç 
«souffrant d'asthme» (Hp., etc.), àcôptiTlôç même sens 
(Adam. 2,41), <io6fia8w87)ç (Hp.). 

Verbes dénominatifs : àoÔfxotlvo « haleter » (Hom. 
poètes, Hp., etc.), avec le doublet àaOfidtÇo) {AB 451) et 
p.-ê. àa6^(zo}Juxl (pap., incertain), d'où SMycrjaLZ (Gloss.). 

Et. : On cherche à rattacher le mot à la R. de lïvefioi; 
en posant "^àv-oôixa avec un suffixe -oôfia ; un suffixe 



— 123 



Ms 



-Sfia est connu ; le a est isôfé, mais cf. taôjiôç (Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,3*7 avec Ja MbliograpÉiie) ; dans le cas de £o6|mc 
le a confère au mot une ceftà&i» valéwr d'harmonie 

imitative. 

(UnSa : «cigogne. (LXX), cf. àaV&a. ■ èp<a8t6v 

(Hsch.). 
El. : Enjprunt gémltique, cf. liébr. h*»iihah. 

wnXXa : ï. appifèi» de bois, posé sur les épaules pour 
porter des sjèàux, dés fardeaux, etc. (Simon., Alciphr.). 

Composés : 4«ïa*ni|f»6poç (pap.) ; (popéw (Démocr.). 

El.: Inconnue. On a supposé un emprunt (Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,308). Étymologie sémitique invraisemblabte 
chez Lewy, FremdwOrter 110. 

àffîpaKos : m., • sauterelle sans ailes » = TptoÇoXXtç 
(Dsc, Gai.). 

Et.: Voir StrOmbèrg, W'ôHstudien IC, qui, sans s'expli- 
quer, pense à unfe bHgine étyptiènne (?) ; Gil Fernandez, 
Imeclos 238. 

ôdiç, -loç : t. « limon, boue charriée par un fleuve », 
èlc. (/;. 21,321, Nie, Charito) ; chez Hsch. glosé par x6vt? 
où TTiv (jtr;' 6<ïTp'i)tcûv <>eal> Xtôcov iXtiv. 

DiWVé : iociSTjç {^'Escli. Suppt. 31, hapax, on attendrait 
plutôt âawbSTiç, p.-c. influence de dtacôSniç tiré de &07)) ; 
dans le vers difltcile //. 2,461, la leçon àotw est quelquefois 
dérivée par les Anciens de étotç et traduite par limoneux, 
fangeux (Sch. ABT, Eust.). Le terme usuel est IXùç. 

Et.: Inconnue. Schulze, Kl. Schr. 116 sqq. rapproche 
skr. limita- «sombre, noir»; en ce cas l'a reposerait sur p 
«vec maintien du a (Schwyzer, Gr. Gr. 1,307). 

àoKaXagos : ni. espèce de lézard moucheté (CoUitz- 
Bechtel 3123, vase de Corinthe; Nie, Ant. Lib.). Diverses 
(ormes apparentées : dtCTxaXaêti-njç semble un dérivé mais 
Ml plus anciennement attesté (Ar. Nuées 170, Arist.), 
cf. YaÀEtoTTjç à côté de YaXeéç- Sans voyelle initiale oxaXa- 
SwTr;; (Oracle chez Eus. PE 5,12) et xaXaStÔTriç (LXX, 
pap.!. En outre chez Hsch. xaXaSuoTaç qui serait argien 
selon le lexicographe (forme populaire altérée par l'ana- 
logie de pùo?) et àaxéXaxa (faute pour àoxâXaêa?) ; enfin 
xw).ÛTT,ç est clairement fait sur xû7.ov, voir sous ce mot. 

Et.: Ignorée. Peut-être terme égéen. Sur la finale en 
-Po;, notamment dans des noms d'animaux, voir 
Cliantraine, Formation 266 sqq. Les variations de forme 
en dénoncent le caractère populaire. 

curKaXtt({>os : m. oiseau incoimu ; «ne espèce de 
clwûelle, p.-6. le grand duc (Arist. cf. "%%iS«hpso'n, Birds 
S.U.). DoiJblet xôXaçoç • àoxôXaçoç MiSt^v^Teç (Hsch.i, 
ee qui dotlne à penser que l'a initial serait une prothèse. 

Et.: Le suffixe -çoç figure dans un grand nombre de 
noms d'animaux. 

àaKaXb>vt.6v (>cp6|jLuov) : n. oignon d'Ascalon en 
Palestine (Diocl., tlïphr., etc.). Cf. André, Lexique, 
i.u. Ascalônia. 



El. : Nom de légume constitué par uu adjectif d'origine, 
cf. Strômberg, Pflanzennamen 125. A travers le latin 
ascalônia, 'scalônia, est à l'origine du français ichaMe, 
cf. Bloch-von Wartburg b.u. 

à<ncaXiinrâs ' m-, probablement t bécasse • Scolopax 
ruricola (Arist.). Terme dialectal comme l'indiquerait 
l'a final, presque sûrement long. 

èuncâvTTiSi -o'J '• m- • grabat, paillasse • (Ar., Luc). 
Lacon. docx**®"? (Hsch.), cf. Bourguet, Laconien 117. 

Terme probablement populaire, cf. le doublet oxàvôav ■ 
)cpà66aTov (Hsch.). 

àcrKapî^u, voir oxalpce. 

àvKapîS) -îSoç : f. « ver intestinal » (Hp., Arist.), 
« larve de moustique » (Arist.). Dérivé àtntapiStôSTj; 
(Hp.). En outre doublet sans prothèse oxaptSeç • eïSoç 
èX(itve«v (Hsch.). 

Et.: On voit dans le mot un dérivé post-verbal de 
àoy-apiÇa), cf. Strômberg, Wortstudien 24, avec les textes 
cités : le mot pourrait évoquer le grouillement des vers. 
L'allemand dit Springwiirm qui est un calque du grec. 

âoKapos : n». instrument de musique à cordes de forme 
carrée, semblable à la (JaOwpa cf. Poil, 4,60 ïvioi 8è r^M 
t}/i6ûpav t<]v a.Mi'v elvai T$ éaniçxx) ôvotxaî^ofjiévtoi voti.[- 
ÇouCTtv. Le mot désignait aussi une espèce de chaussure, 
cf. Hsch. s.u. : fioxapoi ■ y^voç ûiroSrKxàTtJv r] oavSaXtov, 
ol Se xpÔTaXa. Le double emploi du mot s'explique-l-il 
par la forme des objets ou plutôt le bruit ? — On est 
embarrassé par à<Txapo<p6pov • ffoprriyàv (Hsch.). Voir 
aussi sous dcaxir)pà et sous àmtépa.. 

Et. : Inconnue. 

éirte^i'ffS, -Iç : « s*»» force », joint à Sôuixoç {Od. 10,403) 
ïnai» adv. daxeXéç avec alév, jtoXùv XP"^'" l^*^- ''^^ ' 
4,543) et ««rxeXétoç joint à aUt {II. 19,68) au sens de 
« avec obstination ». Rapport très probable avec TtepioxeXV); 
« recuit, dur » en parlant du fer (S. Ant. 475) ; « sec, âpre » 
d'un remède (Hp.), de l'air (Thphr.) ; «dur, opiniâtre» 
en parlant du caractère (S. Aj. 648, AP, M. Ant.) ; 
« aride » en parlant d'une étude, etc., d'où en grec tardif 
divers dérivés, TcepicwéXeca, -ojttXta, p.-ê. -axeXacta. 

Thème exprimant -ridée de ■ sécheresse, dureté » dont 
l'étymologie s'établira aisément (cf. Et.]. Mais les emplois 
hom. de dtoxeXTjç font dimculté. Si on confère à à- la 
fonction d'alpha copulatit et augmentatif, le sens usuel de 
« opiniâtrement, sans trêve » se justifie aisément, mais 
l'exemple unique de Od. 10,463 fait difficulté ; on pose le 
sens de « complètement desséché, sans vie et sans force », 
ce qui est une évolution sémantique plausible, mais 
sufppose «Bft'e divergence dans les emplois. Bechtel, Lex. 
s.u. a ténté'tfhè voie inVt*se. Il pense que le mot comporte 
un à- privatif, avec le sens -de « mou », et interprète les 
autres emplois en partant du sens de «'non desséché», 
donc avec une fraîcheur toujours nouvelle. 

Et.: Cf. sous oxiXXtù, ox>>7jp6ç. Le simple *oxéXoç 
« sécheresse, dureté » qu'il faudrait supposer a '*A éliminé 
par la concurrence d VhniTftfnj'me ny.éXoc «membre». 



affKcpa 



— 124 — 



àmtépâ : ion. àmt.éçni, î. chaussure d'hiver doublée de 
fourrure (Hippon. ; Hérod. 2,23^- 8« trouve aussi dans 
une inscription altique, SEG 13,' 1956, 13, 1. 148. 

Diminutif pi. n. àaxepicxa (Hippon.). 

E' ■ L'aspect du mot, et surtout le fait qu'il se trouve 
attesté deux fois chez Hippoh., font supposer qu'il 
s'agit d'un emprunt lydien (Kretschmer, Gl. 27, 1939, 37 ; 
Schwyzer,^ Gr. Gr. 1,61); voir aussi Masson, Hipponax, 
p. 125. 

à<7K€ii> : f. -ïjao. aor. -rjoa, etc., « façonner, travailler 
à • ; chez Hom. le terme est employé pour le travail de la 
laine, pour celui du métal, pour la fabrication d'un arc, 
une consiructiort' {//. 18,592); adj. verbal àcixTiTÔç, en 
parlant de laine (Od. 4,134), du lit d'Ulysse (Od. 23,189) ; 
d'où «orner, arranger» (Hdt., E., etc.); en attique, en 
prose et chez les comiques le verbe signifie « exercer » 
ou « s'exercer » ; cette évolution a été décisive, le mot 
s'appliquant soit à l'entraînement sportif, soit à la vie 
morale ou religieuse (à partir de Philon et dans la litté- 
rature chrétienne). 

Thèmes à préverbes avec 81-, èv-, su- (depuis VOd.), 
kl- (ion.-att.), xa-r-, :Tpo- (Isoc, etc.), npoo-, auv- (D., etc.). 
En outre, de véritables composés de caractère technique 
et de structure insolite : CTOinaaxÉtù (X., etc.) avec des 
dérivés -aoy.ia, -acnûâç ; çwv- (PL, D.) avec -aaxia, 
-KT/Coç (attesté plus tardivement que (pcovacKécùi, x^'-^" 
(Arr., Plb.). 

Dérivés : écCTicrjcrtç « exercice du corps » (jon.-att.), puis 
• ascèse» (hellénistique, etc.), cf. Pfister, Festgabe Ad 
Dtissmann 76 sqq., c'est le français ascèse; éÉSxY)(xa 
.exercice» (Hp., X., etc.). Dérivé postverlxB- : é.Sy.r, = 
i<T/.Tpi.c, (hapax. PI. Gom. 234). 

Noms d'agent : èKsyayvi^c, « personne exercée » opposé 
à LSicoTY)!; (X., etc.), notamment comme équivalent 
d'àOXTiTïiç (Ar., PI., etc.), tardivement «ermite» (Ph.) ; 
avec le dérivé à(jX7)Tixoç <> laborieux » (PI.), ou qui concerne 
les athlètes (Ar., etc.), «ascétique» (Ph.) ; le doublet 
douteux â<TXV)T7)p ou âcxvjTûjp (poét. chez Gai. Proir. 13) 
elle féminin àCTX7)Tpta «nonne» (Cat. Cod. Astr. 7,225). 
Mais déjà le mycénien a aketere qui peut être àcrxTjTÎipEç 
' apprentis » et aketirija qui peut être iax.ijTpia.i : v. 
Ghadwick-Baumbach 177 et p. ex. Lejeune, B. Ph. 1960, 
15-17. 

Sur révolution du sens de travail technique à celui 
d'exercice, notamment du corps, puis à celui d'ascèse 
religieuse et morale, voir H. Dressler, The usage of àmtéco, 
Washington, 1947. 

Et.: Inconnue. Le terme désigne à l'origine un travail 
technique, mais lequel ? On pourrait y voir un dénominatif 
de àaxôç et le rattacher à la préparation des peaux (cf. 
déjà Prellwitz, 57) mais rien né viéîit tfp^^yer cette 
hypothèse. 

àcTKTiBiîs, -éç : " sain et sauf, en bonne santé » (Homère 
8 ex. ; en Od. 14,255, lire àoxrj&ézç avec synizèse, non la 
leçon d'Eust. iaxeôéeç) ; après Hom. quelques exemples 
dans la poésie dactylique (Sol., Antim., Call., A.R.) ; chez 
les Alex, le mot a pu se dire de choses ou d'événements. 

Le terme est dialectalement attesté, surtout en arcadien 
(Schwyzer 654), en outre à Épidaure (Schwyzer 109), 
et chez Épicharme {fr. 99). Le terme est certainement 



« acliéen ». En arcadien il est attesté /. c. avec un sens 
religieux pour des bêtes de sacrifice sans défaut. On trouve 
dans le même texte le contraire àvatnojôif);. Voir Ruijgh, 
Vêlement achéen 128. 

Et. : L'a est privatif. Suppos«!r «n substantif sigma tique 
*CT>c^ôoç que l'on rapproche d'un groupe germ. et celtique, 
got. skapis « dommage », ir. scaihaim • paralyser » : le 6 
doit représenter 'th i.-e. 

âaKTfpôi : elSôç Tt tûv xatrravUov (Hsch.). 

'AcKÂtiiriôs : dor. -â7n6ç ; formes dialectales variées 
et obscures : AtaxXaTrt6ç et HaioxX- en argien (Bechtel, 
Gr. Dial. 2,461) ; AE<ïxXa6i6ç figure de bronze de Bologne 
avec écriture corinthienne (Bechtel, Gr. Dial. 2,231, 
Kretschmer, Gl. 30,116); 'AoxXam6; béotien (/G VII 
2716) ; AlyXa-nrié? (L. Robert, Collection Froehner, n» 4Uj 
et 'AY>.a:rt6ç laconien (/G V 1, 1313) qui ont été mis en 
rapport avec le nom de la mère d"AaxX7)m6<;, A'tyXâ ; 
'AoxaXaTriôç, thessalien (Bechtel, Gr. Dial. 1,173); 'Aaxa- 
X7ti6; à Gortyne (/. Crel. IV, 182,6); cf. des gloses d'Hscli. 
comme le singulier AtyXâYjp ■ ô 'AaxXr)Tct6ç. Dans ces 
formes diverses il est malaisé de faire le départ entre ce 
qui est originel, ce qui est le résultat d'accidents phoné- 
tiques ou d'étymologies populaires. Le nom d'Asclépios 
apparaît chez Hom. où il est père du médecin Machaon. 
Héros médecin originaire de Trikka en Thessalie, dont 
le culte s'est notamment développé à Épidaure, à .Miiènes 
en 420. Voir E. et L. Edelstein, Asclepius... 1945, 
M. P. Nilsson, Gesch. der gr. Bel. 1,762 sqq. 

Dérivés : patronymique ' À.mù^T\-K\Ahr\ç, {IL, etc.), avec 
le nom de vers àax.X-r)mâBeioç, nom d'un mètre (d'apns 
le poète alexandrin 'Aa>cXT,7tidc87);, mais utilisé bien avant 
lui), plus rarement 'AoxXTjntST)? (S.). Noter encorp dans 
l'onomastique béot. 'ACTxXaTttxtoç (Bechtel, Gr. Dial. 
1,264). En outre : 'AoxXïjTrtEiov n. sanctuaire d'Asclépios 
(Plb., Str.); au pi. 'A<ixXï;Tt£eia fête d'Asclépios (PL, 
inscr.) mais à Sparte 'A(TxXY)irtSeta (/G V 1,659) ; 'AaxXa- 
7tta<TTat adorateurs d'Asclépios à Rhodes [IG XII 
1,162, etc.), cf. 'ApTefiitjtaorxai, etc. Enfin 'AoxXïjTrixxô; 
est tardif (Aristid., Dam.). 'AaxXTjmâç, -âSoç f. l'herbe 
d'Asclépios est le nom de diverses plantes, notamment Ir 
dompte- venin officinal (Vincetoxicum officinalis) cf. 
Wagler, RE II 2,1635; le mol signifie également ' héinoi- 
roîdes » avec le dérivé à(ixX7)TCiaCT[i6ç. 

Et.: Inconnue. Un emprunt ne serait pas étonnant. 
En jouant sur les formes variées du nom divin, et sur les 
formes également instables du nom de l'animal, H. Grégoire 
et R. Goossens voient dans .\sclépios un dieu taupe, en 
rapprochant oxâXoiJj, àcntàXa^ et en invoquant, entre autres 
indices, la structure de la tholos d'Épidaure comparable 
aux galeries de la taupe (Asclépios, Apollon Sminiheiis 
et Rudra, Mém. Acad. Royale de Belgique, classe des 
lettres, 2^ série, 45, Bruxelles 1949). L'hypothèse n'est 
pas démontrable. Explications antérieures également 
manquées, chez Grégoire 4 sqq. et RE 2,1643. 

ào-KOS : m. « peau d'un animal écorché », d'où usuelle- 
ment, « outre » qui en est faite, notamment pour contenir du 
vin ou comme soufflet (Hom., ion.-att., etc.) ; se prête à des 
métaphores expressives : sac à vin en parlant d'un ivrogne 
(com.), ventre (ArchU. 72, oracle E. Med. 679, Plu. Thés. 3). 



— 125 



avirâ^o|iai 



Rares composés : dtaxoSéT»)?, -Sopéo), -OûXaxoç, -TtiQpa, 

■TO-tvT). 

Dérivés : aim. àtDcîov {Hp., Crates Com.), àoxtSiov 
(Ar., Posidon.). En outre £ax<o|xa, sorte de sacs de cuir 
appliqués sur les sabords de nage et qui empêchaient 
l'eau d'entrer (Ar., etc.) : formation technique qui ne 
suppose pas nécessairement un verbe en -60) ; cf. Morrison, 
Class. Quart. 41,126 sqq. ; se dit parfois des seins (Rufus, 
Poil. 2,164) ; dim. à<T}«ù(iixTiov (Hero). Enfin dtaxlTY]?, -ou 
m. = OSptùil; hydropisie du péritoine qui gonfle le ventre 
(Épicur., etc,^ se dit aussi du malade (Cael. Aurel., etc.). 

On a tenté ..d'expliquer la glose àorxciaaTo • TjxOéoÔTj 
(Hsch.) «se gonfler de colère» (?), cf. Koukoulès, 'A6r]vâ 
!/, Suppl. 61 sqq., mais le lemme peut être fautif, cf. Latte, 
ë locum. — ..Voir encore sous àay.tùXla.. 'Actxôç subsiste 
en gr. moderne. 

E(. ; Non établie. On a rapproché le skr. àlka- 
1 vêlement »,. c'est-à-dire ce qui enveloppe, av. aSka-, 
malgré la difliculté phonétique tk > ox (Spechl, KZ 66, 
193!!, 2201. .\utres hypothèses chez Frisk. En outre 
H. Tliienie, Die Heimal der idg. Gemeinsprache 579 tiré 
îazéç (le ♦àyfizoç « peau de chèvre » (?). Il existe un nom 
propre béotien FaoxcôvSaç que l'on sépare généralement 
de àox.ôç. Mais malgré l'absence de témoignage favorable 
au iiiï:amma chez Hom., il n'est pas impossible que 
iffzor ait possédé un f initial ; cherchant dans cette 
voie 011 a posé */apaxoç, cf. skr. pra-vraska- « coupure «, 
ï. Mayrhofer, Gedenkschrift Kreischmer 2,36-39. V. encore 
Tailla'rdat, H. Et. Gr. 73, 1960, 13. 

â<7Kpa : Spûç à/capitoç (Hsch.). 

Ht.: Hubschmid, Sardische Siudien 83 sq., compare 
basque uzUor, espèce de chêne, et lat. aesculus, chêne 
d'hiver toujours vert. I! s'agirait d'un mot de substrat 
d'origine inconnue. 



âaKupov : n. (aussi âoKopoç chez Hsch.). nom de 
[liantes notamment millepertuis perfolié. Voir André, 
Laïque s.u. ascyron. 

EL: Inconnue. 



àaKÙXia : n. pi. « fêle des outres » (?) en l'honneur de 
Dionysob, au second jour des Dionysies des champs 
jScli. M. PI. 1129), d'où le dénoniinatif àoxcoXiàÇtù (Ar. 
n. 11291. Le sch. explique que c'est une fête où l'on 
■ saillait sur des outres », cf. entre autres Hsch. : àojcto- 
liitEiv ■ -xupicù!; (i.èv t6 è-l toùç àax.oùi; &X).£a6ai, 
£ç' oOç à>.T)Xi[i[xévouç è7rr,S<ov yeXoLou ëvexev ; ailleurs 
îuxuXiàÇto signifie «sauter sur un pied » (Arist., Plu., etc.) ; 
d'où àoxcoXiaafjtôç, jeu où l'on saute sur un pied (Poil. 
9,!il) ; d'autre part le doublet àaxwXtî^co id. (PI. Banquet 
190 d) refait d'après les nombreux verbes en -iÇa. Tel doit 
ître le vrai sens. 

EL: En suivant la sciiolie et Pollux on avait tiré àcxtuXta 
de àdxoç au moyen d'un suifixe -(ô)lo-, cf. Chantraine, 
hmalinn, 243 sqq. ; explication un peu différente chez 
Wackerriaeel, Gôtl. Nachr. 1902, 140. 

On pense maintenant que àcrxojXtàC" a *t^ rapproché 
de iay.ôç par étyuiolopie populaire, et que àaxcôXiœ en 
serait une dérivation inverse. C'est ce qu'a supposé Schulze. 
^.Ëp. 141, n. 2, en posant *àcrxc>jXoi; de *àv-axtoXoç 



(cf. oxéXoç î), en évoquant oxuXoSaTt^cd « marcher avec des 
échasses » (Epieh.), et d'autre part irpuùX.i(iZfy '. £XXeo6ou 
KptJTeî {AB 1,327) et Â^xcoXidcJ^ciiv • àXXép.evoç t^ i-répcj) 
TtoSt (Hsch.), nettement tirés de àva- et xûXov. Voir 
maintenant tout le dossier chez Latte, Hermès 85, 1957, 
385-392. 



âcuevos : « joyeux, content » ; 5 e.x. hom. en 3 formules 
dont deux expriment la joie d'hommes sauvés de la mort : 
//. 20,350 çû^TV àa(ievo; èx ôavaTOW, cf. Od. 9,63 =- 
565 = 10,133 ; autre formule 11. 14,108 èiiol Se xev àai.iévcp 
sÏT). Fréquent en ion.-att. dans des emplois comparabli;?, 
cf. E. Hel. 398, èx OaXàocrrjç àa(i.évoui; TrEçeuyôrac;, Lys 
1,13 èxàSeuSov écCTfjtevoç î^xoiv èÇ à^poO, etc. ; pour l'autre 
formule : S. Tr. 18 àa(iévYi Se (xoi TJXÔe, Ar. Paix 582 cb; 
àa(i.évoi0iv ^XOeç, etc. Exprime la joie du solul, du retour, 
d'une rencontre, etc. Adv. àa\jjÈM(>>(; depuis ..ïiscli., fréquoiil 
eri' grec tardif. Sup. àcr(i6vatTixTa et -écraTa (PI.;, Miai> 
l'ridj. fait -<iTepoç, -tôraToç chez Hp. 

Dérivé : àojxevtCw <i accueillir avec joie, être joyeux » 
(Plb., Plu., grec tardif), avec àafAsvtaTéç «bienvenu» 
(tardif), âcr(jLEVio(ji6ç (Ph., Stoïc). Autre dénominatif : 
àar(ji.evéto (Din. 1,34, hapax). 

Et.: Vieux participe moyen, mais lequel? 1) On a 
rapproché la famille de âvSâvo. En ce cas, le seul moyen 
d'expliquer le a est de poser un participe aor. sigmatioue 
athématique, ce qui conférerait à la forme une iri-s 
haute antiquité. Il subsiste d'autres difficultés : le f 
initial n'est pas attesté et il n'y a pas d'aspirée initiait', 
cf. McKenzie, Class. Quart. 20, 1926, 193 sqq. (le terme 
pourrait être épique ou ionien et avoir subi la psjlose) ; 
2) Wackernagel, Verm. Beitràge 6 suppose que le ternir 
est apparenté à véofiat en posant 'ps-s-menos, également 
participe aoriste (7) et pense que le sens originel est 
« sauvé », ce qui est ingénieux ; 3) Palmer [Spraclie 
5, 1959, 136) pense à la racine qu'il a posée pour 
àoY), etc. 

ào-rrâ^opai : « accueillir avec joie, saluer • (//. 10,542, 
Od., ion.-att., etc.), peut signifier « donner un baiser, 
embrasser, serrer contre soi • ; au figuré « rechercher, 
s'accorder ài (PI. Banquet 192 a, etc.). .\ctif ioTtàCw rare 
dans le grec tardif (pap.) ; adj. verbal io7taaT<Sç « bien 
venu » déjà dans Od., de personnes ou de choses, puis en 
ion.-att. D'où àcrTraoTixôç (Plb.). Composés du verbe 
rares avec àvx-, xax-, ÙTiEp-, etc. En outre àoTriato; 
«heureux, joyeux» en parlant de personnes (Hom.) ou 
« bien venu » en parlant de la nuit de la guérison. etc. 
(Hom.), adv. àcn:aa(û)ç (Hom., iEsch., Hdt.) ; cotte ioini" 
ne peut être mise directement en rapport avec àa7tà',ùjj.at 
et supposerait en principe un thème àaTcaT- (?) ; le mot 
est peut-être analogique des adjectifs en -aïoç comme 
eaufxàcnoç, etc. ; il semble attesté comme anthroponyme 
en mycénien, cf. Chadwick-Baumbach 177. 

De âcTC(x!^oii.ai ont été tirés les noms d'action &cr7ta.ay.a 
« embrassements » (E., grec tardif), (ia7raor|i6ç • embrasse- 
ments, salutations » (Thgn., grec tardif), àoirao-nSç 
(Call. fr. 316). Pas de imm d'action en -aiç. 

En outre, formes familières en gutturale dont le détail 
n'est pas clair, àa~axûç • çtXoçpôvo); (L.,-h.) et licrTraxâ- 
^Ofxat • fè àa7vâi,ù|i.ai, 7:é-aix-at (Hsch.), cf. Com. Adesp. 



àairô^Qluu 



— 126 — 



!)53. Voir sur ces formes Frisk, Nominalbildung Gôteb, 
1934, 62 sqq. ; Schwyzer, Gr. Gr. 1,417, n. 1, et 644. 

Le sens originel de ces mots se rapporte à l'accueil 
joyeux. 

■AcCTtaoTàç, àoTnxofidç, àarrtcÇofiat, etc. subsistent en 
ffrec moderne. 

Et. : Obscure. On a cherché à rapprocher ces termes de 
iTTïàu <• tirer », en admettant un présent refait. L'a initial 
serait une prothèse selon Radermacher, Wien. St. 41,7 ; 
le mot reposerait sur dtv-a7tàÇo(iai selon Kretschmer, 
Cl. 12. 1923, 190, Lapercrantz, KZ 34, 1897, 382 sqq., 
suppose " (iojt-a8-i;o(xai apparenté à èvénco, donc avec 
vocalisme zéro du préverbe èv. Peu probable. 

àcnraîpu : « palpiter, se débattre convulsivement «, 
chez Hom. toujours à propos d'un mourant ; de même 
chez .A,ntiphon. ,5Esch., E. Chez Hdt. emploi plus large : 
i.lU d'un enfant qui se débat; 8,5 d'un homme qui 
résiste à ur ordre, à un avis. Le mot est épique et ionien. 
Seulement thème de présent. Dérivé verbal iaT:aipiZ,tù 
.\rist.) : Pas de dérivés nominaux. 

Et.: 11 existe un doublet tardif et rare tntaiptû, cf. s.v. 
De toute façon l'a initial est un élément secondaire qui 
pourrait être issu de àv- = àva- (Kretschmer, KZ 33, 
1895, 566, Gl. 12, 1923, 189 sq,), mais plus probablement 
une prothèse. On rapproche le lit. spiriù « frapper du 
pied ». 



Il vaudrait mieux une explication qui rende compte du 
sens de « pêche à la ligne ». PI. Soph. 221 c tire ces mots 
de àva- et airàto, ce qui n'est qu'une étymologie populaire. 

ôunràviov : TrdbooXov (Hsct^.). Cf. off^ ? 

ôcnrôpaYOS, voir àaifàpfpfoç. 

àinrôaios, voir iani^oyLeu. 

ôunrepxcs '• adv. « avec ardeur, avec violence », doftc 
« sans cesse », notamment avec des verbes comme (xeveaî- 
vetv, xcxoÂÛoôai (Hom.). 

Et. : Composé en '-es- tiré de mtipx'^ • ^^ hâter, 
se précipiter » avec un à- • intensif > sans aspiration 
(faudrait-il y voir un èv- au vocalisme zéro ?}. 

àtnreroç : « infini, immense », mais le sens originel 
doit bien être « indicible ». 

Se dit de l'éther, de l'océan, de l'eau, de la forêt ; 
plus rarement au pluriel, de quantités (Hom.) ; le mol se 
trouve parfois chez Emp., àcnreToç alcôv, chez les lyr., les 
trag. Q.S. emploie àituteroç avec double alpha comme 
dans ôâoxETOç à côté de àtrxeToç. 

Et. : Le terme signifie proprement « indicible » : i- 
privatif et 'sek"-, voir sous èwéncd. 



àcTTrâXaOoç : f. parfois m.), nom de diverses plantes 
nrientales épineuses, dont l'une au moins produirait une 
huile parfumée ;Thafii., Ar., Pherecr., Thphr., PI., Dsc), 
notamment Valhaiji Maurorum, l'astragale, le genêt 
épineux. Voir Dawkins, J. Hell. St. 56, 1936, 7 ; P. Fournier, 
fi. Ph. 1950. 172-176. 

Et. : Inconnue. La finale -0oç est fréquente, dans les 
noms de plantes. P.-ê. mot d'emprunt. Tentative vaine 
de Solmsen, Beitràge 21. 

à<nrâXa|, àaçiXaÇ : taupe, Spalax typhus, voir sous 

OTràXaJ. 

àcnraXicûs : « pêcheur », proprement « pêcheur à la 

ligne » {Nie, Opp.) ; d'où àoTraXicuco « pêcher à la ligne » 
(Suid.), au figuré chez Aristaen. : àoTtaXta (ou -leta ?) 
« pèche à la ligne » (Suid., Hsch.) ; àoTraXieuT^ç « pêcheur » 
;P1.! et àoTraXiEUTixT) «art du pêcheur à la ligne» (PI.), 
ces deux derniers mots dans le Sph. où la définition du 
pécheur a la ligne est longuement discutée. 

Autre verbe dérivé de forme moins claire et de définition 
imprécise : iaTtaXîaai • ôXteûoai, aa-yTîveûaat {AB 183!. 

Et. : Terme technique obscur. On explique àcnraXtetiç 
comme un dérivé tiré (avec pour la finale influence de 
àXieùç) de étcTTraXoi; dans la glose âortôXouç • toùç l-xjiùou;, 
'A6a)UcvEÇ (Hsch.) à côté de &(T7raXov • oxii-roç. Depuis 
Solmsen, BeitrSge 21, on rapproche cet &fTm3ikoç, en 
supposant une prothèse, de lat. squalus v. norr. Iivatr, 
V. pr. kalis « silure «• : possibilité vague, qui se rattache 
d'ailleurs niai à la notion de pêche à la ligne. "AcntoXoi; 
pourrait être un terme méditerranéen. Par ailleurs le 
rappivt de fionoXoç et de àamxXieàç est loin d'être certain. 



ào-inSéos, voir amJ&éoç. 

ôunrîs, -tSoç : f. » bouclier » (Hom., ion.-att.) désigne 
chez Hom. en principe le bouclier rond par opposition 
au grand bouclier long qui couvre tout le guerrier, appelé 
oôxoç, cf. Triimpy, Fachausdrûcke 20 sqq. ; épithèles chez 
Hom. eôxujtXoç (//, 14,428), ô(X(paX6c<roa (//, 4,448), 

Donne lieu à diverses locutions comme àatSita dbroêaXcîv 
(Ar., Guipes, 19, etc.) «jeter son bouclier, s'enfnir»; noter 
aussi trc' àenrlSa < à gauche > (X. Cyr. 7,5,6, etc.) par 
opposition à èrrl Sôpu ; dit à Épidaure, IG IV* 1,102,79, 
d'une bosse protégeant une porte ; enfin il est probable 
que ianii; désignant l'aspic, le cobra d'Egypte (Hdt., 
Ar., etc.) s'explique par la forme circulaire du cou de 
l'animal dans l'attaque, plutôt que par l'emprunt d'un 
terme étranger. 

Quelques composés soit poétiques, soit techniques : 
àamSiSouTToç (Pd.), -TnrjY'k (Poll-)i -■nriyiov «fabrique de 
boucliers » (D., Poil.), -7toi6ç (Poil.), àoTnSoûxoç «porteur 
de bouclier » (S., E.), àaniSo(pip[Uù'v de çépu (E. Ph. 796), 
-tpépoç tardif. — En outre àc7tt8«Tto6Xi^ (Ar. Guipes 
592) et avec i) final du premier terme àoniSTjvrpàço; 
(.flEsch,), -ipdpoç (JEsch., E.), 'AorTtiSoetSi^ « ressemblant à 
un bouclier » (Agathatcb,), mais aussi « orné de serpents » 
{OGI 90) ; àoTti^A&TpCtKti; «mordu par un serpent » (Dsc , 
etc.). 

Dérivés : diminutifs : dtoTttStov (Hermipp., Mén.) ; 
désigne aussi des plantes notamment l'atractylis cartha- 
mus lanatus (cf. StrOmbcj'g, Pflarzer.rrt'nen 55) ; p€»ur 
désigner des objets divers, disques, etc., dcCTreiStoxT; (Inscf., 
LXX, etc.), -ioxoç (Cael. Aur.) ; en outre -loxtov (Inscr-, 
Dsc.) « bijou », cf. Robert, Ëtudet Anatoliennea 551, etc, ; 
-uatiptm Lyd. Mag. 1,11. 'AmnSctov est ainsi glosé jiftr 



— 127 — 



wfTtptnn^ 



Hsch. : àontSrïa - -ràç "irràj^ -eûv dboadScdv xal |iipo; 
T^t vetbi; Rpà^ T7Î Rpû(Uiq^, cf. IG IV 1469 B I 66 ; dans 
des pap. le mot est égaiement attesté. Adj. ÙTtaoTcîSio; 
déjà chez Hom. 

Noms du porteur de bouciter, du terrier, tous rares : 
àmcton^ç (/{. toujours ^a. . A tm i ewA w v), également avec 
préverbes p. ex. nap-, 67c-, d'où à date basse ianumniç 
(D.H.), avec les doublets Ajmtmfjp (S., E.) et Âoniorup , 
(«sch. Ag. 404) ; d'autre part àowtSv-njç (S. fr. 426) 
qui semble fait sur ÔTtXi-nrii; et surtout àtnnSiÛTT); {//., 
Théoc, .4P; en outre Plb. 10,29,6; 10,30,9 où c'est p.-ê. 
un souvenir homérique) ; le suflixe -ia>T»)ç s'explique 
certainement par la métrique : forme comparable hom. 
iypowiTTjç ; orpaTicb-nr)!; à quoi on penserait plus volontiers 
semble posthomérique. Adj. ianiZôeiç • formé de boucliers » 
(0pp. C. 1,214) mais également « orné de serpents » (poét. 
»p. S.E., Opp.). 

Verbe dénominatif àcncl^o « protéger « [IG Rom. IV 
1349 Lydie), cf. TjmrixàTeç • poTjSTfjaavreç (Hsch.) siais 
déjà en atlique avec préverbes itap-, ûtt-, 

EU: Quatre types d'explication : 1) de *àv-<nnç, cf. 
wiSioç, «rrtSéoç, etc. « qui s'étend le long du guerrier » 
(Ber.hlel, Lex.). Mais les termes évoqués pour l'explication 
sont eux-mêmes d'étymologie et de sens douteux ; 2) Cf. 
lit. skpdas « bouclier > : correspondance lointaine, douteuse, 
non convaincante (Pisani, Bend. Isl. Lomb. 73, 1940, 
507) ; 3) On a cherché un rapport avec v.h.a. aspa 
< tremble » ; le bouclier le plus ancien, avant Homère 
lui-même, -étant en bois, mais la structure originelle du- 
thème semble être, d'après le ballique, le slave et les 
emprunts turcs, aps- (Pokorny, 55). Voir sur cette hypo- 
thèse, Schrader, BB 15,285 et en dernier lieu Thieme, 
Ueimat der indog. Gemeinsprache, Abh. Mainz, 1953, 
546-548 ; 4) Enfin Trumpy, l.c. estime que àmtii;, qui 
s'est substitué à l'ancien aixoz, a été emprunté à un 
peuple étranger avec le bouclier rond lui même. Ne se 
ni réfuter, ni démontrer. 



àvTÂXi) : noX^inayc & t* jxuxx^pi * Cvtoi oxciÂXijxgc 
oùpàv Ixovra (Hschi.) ; on joindrait àorotXûi^v ■ dwot- 
6Xù!^iv, xXa(«v (Hsch.) d'où àvaoraXiiCnw «8aiigk>t«r« 
(Anacr.), tous ces termes expressifs appartesant à-ia 
famille de oroXàcRTo, <rRlXuÇ. Pour déoràXi), «utn 
hypothèse de Nencioni, St. IL PU. Cl. 16, 193», 226-226. 

ôorâvStjs : ii\upoip6y»ç ^ tfytkm. Topocvrîvot (Hsch.). 
Il est donné comme perse par Athen. 3,122 a. Cf. déjà 
.£1. Dion. p. 110 Erbse. L'attribution au tarentin par 
Hsch. s'explique p.-ê. parce qu'il figurait chez Rhinton. 
Cf. encore Plu. Mor. 326 e et 340 c. On a évoqué sogd. 
bouddh. ztk'r. Il existe mw autre forme àoxàvST)!; ' £f|X^-°î 
(Hsch.), àoyâvSTjç Plu. Aiex. 18,7 et 8, qui pourrait être 
un autre emprunt, cf. sogd. bouddh. zy'nt. Voir sur ces 
problèmes compliqués Happ, Gl. 40, 1962, 198-201. 

âtrra4>îs, -tSoç : f. «raisin sec » (Tégée, ion.-att.), mais 
il y a des doublets àorecflç (v. 1. ap. Phot. pour Gratin. 
121, Nicophon 21) et <noufi(; (Hp., Theoc, LXX) ; en 
outre araflç dcypla (Hp., Dsc, etc.) « staphis aigre, herbe 
aux poux », cf. André, Lexique s.u. pedicularia herba. 

La forme du grec moderne est atwfit;. 

Dérivés : iaraufiSiru; avec ^àÇ {AP 9,226) « grains 
de raisin sec » ; mais oraçiSiTTjç « vin de raisiné » (Orib.), 
cf. Redard, Noms grecs en -tijç 99 ; en outre atct^iSizr, 
oïvoç (Hp.) et araçtSeuTaîo; (Hp.), avec TpÛYtç, comme 
de "'oToçiSeuT^;. Verbe dénominatif : oTa9i56<i> < faire 
sécher du raisin » (Dsc, Gp.). 

Et.: Terme technique. Le thème fait penser à celui de 
(TTaçuX^ « grappe de raisin ». La forme à iniliaH i- 
semble la plus ancienne. Est-ce une prothèse 1 D'autre 
part la forme à à- semble rare, et ne devrait pas être 
originelle ; elle s'explique mal. Enfln on peut se demander 
si araxfU; est également ancien, ou provient d'une chute 
secondaire de l'a. 



âinrXt)vov, voir sous oitXi^v. 



ôvirpis : f.> espèce de chêne, Quercus Cerris (Thphr.). 

EU: On évoque v.h.a. aspa «tremble» (Hoops, Waid- 
bâume, 122) mais le lette apsa, etc., prouve que le thème 
comportait originellement le groupe ps. 



ôinrpos : emprunt au lat. asper; doit signifier 
• rugueux > chez JEl. NA 1,26. Mais le terme a connu en 
pec byzantin et moderne un emploi important, dû à 
«erlaines formules particulières : le latin asper s'est dit 
de pièces d'argent neuves (au relief sensible), d'où asprio, 
uprcUura. Le grec a éccnrpov pour désigner le denier d'argent 
hnpérial (Lexiques, byzantin, etc.), la forme latine àmcpi- 
nupa [OGI 484,25) ; ainsi est né le sens de « blanc > déjà 
ilteslé Ps. Gai. 14,560 pour désigner le blanc d'oeuf (cf. 
lussi Cat. Cod. Astr. 1,108 ianpa •{pi\i\ioii*). Le njot 
tigniiie « blanc » en grec médiéval et moderne. Sur le 
détail de cette histoire voir Psichari, MSL 6, 312-315 ; 
Schwyzer, IF 49, 1931, 28-40. 

ôffroKos, voir àmacxéç. 



ôoraxuSi voir ord^fuç. 

àoTcXc^S ' "^ mpl rijv xi8dlpacv èip\ut (Hsch.). 

àoréXcxos, voir oréXexoç. 

àoTC|i(|>i^S : « inébranlable, immobile », au sens propre 
et au sens figuré (Homère, 2 ex., poètes). 

Et. : On suppose un thème *oTe(i9oç et un verbe 
"'crréixqjco (?) « serrer, tasser » ; on rapproche ainsi 
orépifuXa «marc d'olives», orôiiçoç (?), oréfxBto. L'à- 
initial doit être copulatif. Bechtel, Lex. pose un à- privatif 
et interprète < qui ne peut être écrasé >. 

àoTcpom), àoTp<4jtTCù : Il s'agit d'un groupe de 
vieux composés de àor^p ; ce groupe s'organise autour 
de iorepoTT^ «éclair» (//. 10,154, Pi. N. 9,19, Ar. Ci». 
1746, 1748) à côté de tmpmrti (Hom., "Pi.) et de «rrépo^»" 
«qui lance des éclairs» (S. Ant. 1127) qui peuvent être 
issus, soit de la chute de l'd initial, soit plutôt d'une 
forme sans prothèse (cf. Scherer, Gestirnnamen 21) ; pour 
àarpemi) voir plus loin. 

'Aaxepoiefi a fourni quelques dteivés : ÂotcpoTniT^ 



affTcpoin] 



— 128 



épithète de Zeus (//. 1,580, Hés., S.), avec le doublet 
athém. àoTspo7c9iTa xepouvâv {JG XIV 641), dHTccpoicaïoç 
(Corn.)- En outre le composé émtportSbftfivStç (Ceic.). 
Du doublet plus usuel artpmti) on a : Sri yé rerjç nom d'un 
Cyclope (Hés.) et le composé hom. cretparetfftfàxa (voir 
S0U6 àysipat). 

Il existe enfin une série de termes, âe même sens, qui est 
la plus usuelle : i a -ipo m i^, àerrp<brTco, avec un vocalisme 
zéro. 'AoTpairf) est courant en ionien-attiqae (Hdt., etc.) ; 
dérivés àoTpaTraîoç (Arist., etc.), àarpéanoç (Orph.), 
l'adv. àaTponn)86v (Aristobul.). Rares composés, notam- 
ment dKrrpoc7t7)<p6poç (E.), -çopéco (Ar.). Le verbe iunpéanut 
< lancer un éclair, briller comme un éclair > est usuel 
durant toute l'histoire du grec ancien depuis Hem. Dérivés 
1res tardifs : à(ïTp«<}<tç et àorpojmxdç. 'Aorpqarij et 
àorpànTO) sont encore usuels en grec moderne. 

Il resterait à expliquer le vocalisme zéro et le rapport 
entre àorpoorr) et àorpixTrrû). Le plus probable est que 
àmpéarziù est un dénominatif à vocalisme zéro (cf. pxtrrw) 
d'où à<jrptx.mi aurait été tiré. Il reste d'ailleurs la difficulté 
oue l'on attendrait plutAt *dt(TTpdtoff<o, en raison de la 
labiovélaire finale. 

Sans prothèse on a la forme poétique trTpdbrrM (S., 
A.R., etc.) avec aipaiti) (EM). D'autre part avec un 
vocalisme zéro de type arcado-chypriote : orpoTc/) • 
âoTpaTrf, nàipioi (Hsch.) ; «rropTràv • àwrpocTr^v (Hsch.) ; 
d'où l'épithëte de Zeus SropjcSoç à Tégée (Schwyzer 
6521. 

El. : Depuis Curtius. àoTepOTr^ est interprété avec raison 
comme un composé de àonljp et de la R. 'ok"-, «voir, œil», 
comme ôt}» « œil, visage », imi) « ouverture», avec le suffixe 
-1 Cette analyse trouve un appui décisif dans l'arm. 
p'agl-akn « éclair » (de p'aplem « briller », p'ayl « éclat », 
et akn « yeux ») et areg-akn « soleil > (de arew < soleil » 
et akn), le mot signifierait donc « coup d'œil d'étoile » ; 
cf. Meillet, Mandes Amsorya 41, 1927, 757-763 {Idg. Jb. 
13, VIII, 98). 

â«rrnvos : « misérable, malheureux » {BCII 29,410, 
Rhénée, ii« s. av., épigr., Call. fr. 275) ; glosé EM 159,11, 
wpà Ta iii) CTTixoiv ft7)S' otxTjcrtv i^eiv. Verbe dénominatif, 
iim^veT - dcSuvccret (Hsch.). Mais la forme atbématique 
joT^veç ■ TrcXatîtopot " SuoTuxeîç (Hsch.) est suspecte. 

El. : Composé de à- privatif et du thème qui se trouve 
dans Sùtmjvoç, voir ce mot. Hypothèses chez Schulze, 
PB 472, n. 1. 

àoTqp, Sffrpov : 'Acrrrjp, -spoç m., d. pi. àorpàoi 
(Hom.) ; vieux nom de r« astre », employé surtout au sg., 
pour désigner un astre défini comme Sinus, Arctouros ; 
également dit des étoiles filantes ou météores (Hom., 
Hés., AT., PI.) ; s'emploie parfois métaphoriquement (E. 
Hipp. 1 122, AP) : utilisé dans diverses langues techniques 
pour désigner des animaux ou des objets : étoile de mer 
(Arist., Hp., et. Thompson, Fishes, 19), oiseau, p.-ê. 
etardonneret (gloss.) ; œil de Christ, eater amellus; sorte 
i'argile de Samos, utilisée en médecine ; ornement 
trchitectural. 

Le pluriel Je plus fréquent est fiarpa « astres, constella- 
tions » dont le^sens collectif est net (Hom., ion.-att., etc.), 
d. Meillet, Sgmbolae Danielsson 183, Schulze, Kl. Sehr. 81. 
It^sg; impov n'est pas hom. et reste rare ensuite. 



Le thème d'iavifi figure comme premier terme daaa 
un certain nombre de composés soit poétiques soit, plus 
souvent, techniques. 

Avec la forme âotepo- une dizaine de termes : iurcepo- 
6Xifi {IG XIV 641) ; -«8^ç (E., Plu.) ; -vwtoç (Nonn.) ; 
-oxéTRx; (Artém.); -mwfKk» (S.E.) ; -^rrrt« (Orpi».) ; 
-çotToç (Nonn.), etc. 

Les composés avec èoxpa- surtout techniques sont 
plus nombreux : -pXiijç (Arist.), -pXtjroç (Tbphr.), -^Xoç 
« rapide comme une étoile filante > (Hsch.), -^6X«»( (PI. 
Com., Hsch.), -v&fyi, -Xâ6oc « astrolabe » (sur les deux 
instruments ainsi désignés, voir RE 4,1792), -X6yo« 
(X., etc.) avec les dérivés -Xo^éo», -Xo^fa, etc. « astronome » 
et «astrologue », à côté de à(rrpov6(jioi; (Ar., etc.), -vo(xé(>> 
(PI., etc.), -vofjiia, etc., même sens (sur l'équivalence et 
la concurrence de ces deux groupes, voir Laroche, R. Ph. 
1946, 118-123) ; àoTp6(xavTiç (Poil., etc.), -TtXTjyoç (Gp.), 
-OKOTcécù (E.), -çeYY^ç, -çépoç, etc. 

Nombreux dérivés, surtout hellénistiques et tardifs : 
itmpiaxoç « petite étoile, astérisque », etc. (Call., Thphr.) 
avec itrrepicnciov (Apollon. Lex.), àoT>]p(Siov ornement 
en forme d'étoile {P. Hamb. 10,44) où l'on notera I'tj 
inattendu. 

Adjectifs : àtnepàeiç dit du ciel, ou parfois d'objets 
{II. 16,134 et 18,370) «orné d'étoiles»; àorcpoiTàç «orné 
d'étoiles » (Délos) ; àorépioi; < étoile », d'où le neutre 
Âcrcépiov nom de diverses plantes, notamment équivalent 
de dconfjp, cf. StrOmberg, Pflanzertnamen 48,50 ; le substan- 
tif m. dcoreploç, -ou nom de poissons dont la peau est 
étoilée, variété de chien de mer, Scyllium stellare (cf. 
Thompson, Fûhes 19, StrOmberg, Fischnamen 28) ; sert 
aussi à désigner des oiseaux, notamment le héron butor 
étoile (Thompson, Birds 57, F. Robert, Les noms des 
oiseaux, 67sqq.); enfin l'adj. àorepiaîoç «qui ressemble 
à des étoiles > (Cléom.) ; les adjectifs àerrepixéç et àortcpcôSTj; 
sont tardifs. 

Substantif à sufT. -îtijç : àa-npixifi • pierre précieuse 
fabuleuse » (Redard, Noms en -ttjç 52), au f. à.tntpXttç 
plante, sorte de basilic (Redard, ibid. 69, mais cf. aussi 
108). 

Deux dénominatifs rares et tardifs àorepit^ci « disposer 
en constellation > (Hipparque, etc.), àoTcpia « transformer 
en étoiles » (tardif). 

La plupart des dérivés sont tirés du thème iarcp- 
de àarijp. Sur le thème Âorp- on a créé fiorpiov ornement 
architectural (Ëpidaure) ou =° ioTCplTT]; VjQàt; ; dcorpcio; 
« étoile », etc. {AP, etc.), dorptxàç qui concerne les étoiles, 
d'où ô dcoTpix6ç • astrologue », •{) àaxpixi) « l'astrologie », 
tous ces termes étant tardifs ; Âcrrpaïoç < étoile » (Nonn.). 
L'ancien composé en -(07t6ç (cf. irpôacoTtov, etc.) senti 
comme un dérivé se trouve sous deux formes : iorepMné; 
« étoile, brillant comme une étoile » (JEsch., E.) et àarpomàç 
(E.). 

El. : L'étymetogie est évidente en principe et discutée 
dans le détail. Le terme se laisse en tout cas rapprocher 
des noms de l'étoile dans diverses langues indo-européennes. 
La prothèse initiale se retrouve dans l'arm. aslt. Quant 
à l'élément radical 'sler- il est attesté en cc!tl<*ue, gvirma- 
nique, et tokharien : corn, slerenn, got. stairno, tokh. B, 
icirye, etc. Des formes bâties sur stel- sont supposées par 
la forme armén. aitl. Enfin dans d'autres langues il est 
possible de poser '.aler- ou 'atel-: av. ace. sg. tiânm, skr. 



— 129 — 



&0TU 



iutr. ^f-bhili, lat. istêllû. Voir «ir l'ensemble A. Seherer, 
(Mirnnamen 18-29, qui n'actmet pas de thèmes 'tUl-, 

On ne peut pousser la recherche plus loin que par de 
pures hypothèses : par exemple que *«Jer- (et 'stel-) 
devraient se rattacher à des racines signifiant t étendre > ; 
ou, ce qui est encore plus douteux, que le mot soit emprunté 
M Buméro-babylonien {JUar, Vénus}, ce qui est invrai- 
lemblable. 

Bibliographie chez Frisk et Scherer, /. c. 

ôvrpoCSa : accent ignoré ; employé avec Bopxiav* 
nlCetv (Hérod. 3,64). Formation du type de xpù€Sa, 
nMa, [ilySa, etc. (Schwyzer, Gr.Gr. 1,626). 

Sens, et par conséquent étymologie inconnus. On a 
pensé à un rapprochement avec dcorpa&^ç (et (rrpéf u) d'où 
on a tiré les sens de « sans tourner le dos » (?), « sans 
ttembler • (?) ; avec éarpâèri (?) ; enfln, pour la forme 
ivec Âa-rpâiTTO), d'où le sens • comme un éclair, en vitesse >, 
loit qu'il s'agisse du temps pendant lequel on joue, soit 
de la vivacité qui y est déployée. 

àtrrpôCî) : ^ Mlle confortable en bois placée surtout 
m les ftnes et les mules ; ainsi glosé par Hsch. -rà tnl tûv 
(ncuv ÇûXov 6 xpa-roGaiv ol xac6e!^d|xcvoi. Il ne s'agit 
pas d'une selle proprement dite, mais d'un siège où l'on 
w trouvait ntaintenu droit. La glose d'Hsch. indiquerait 
que le mot se disait du rebord du siège, où l'on se tient. 
UUlisé par les gens efféminés (Lys. 24,11, D. 21,133, 
corn.). A pu se dire de la mule même ainsi sellée (Harp.). 
Voir RE 4,1792. Composé : (iffTpa6»)Xà'ni)ç « muletier » 
(Luc). 

Dérivés : àorpaSeiW (PI. Com. 39), ÂoTpa6(!^<o (.Sïsch., 
^ppl. 285). 

£2..- Le sens technique du mot n'exclut pas que le 
terme soit tiré du thème de àatpaëyjç « droit d'aplomb >. 
Cette selle tient le cavalier d'aplomb. 

ôvrpaë^S '• ' droit, solide, rigide > (Pi., Hp., PI., 
Arist., Thphr., inscriptions). 

Dérivés. Dénominatif : &aTpa6aXi^nv - ô|zaX(^iv, 
ciBûvciv (Hsch., voir Latte s.u., EM 159,56), qui semble 
avoir subi l'influence d'ô(jiaXR^iv ; iorpacêii^etv en ce 
sens (mais cf. sous iarpi&r) un autre sens) ne paraît pas 
attesté ; en revanche on a un nom d'instrument àorpa- 
SioT^p ' 6pYav6v -n 6>ç Sloirrpov (Hsch.), instrument utilisé 
pour niveler. 

El.: Apparenté à OTpa665, orpeSXàç, etc., avec à- 
privaUt. Il est possible, mais non nécessaire, qu'il ait 
existé un thème en « *oTpà6oç. 

ôorpÂvaXos ' m. «petit os >, particulièrement «vertèbre 
cervicale • (Hom., AP), « astragale, petit os du tarse » (Hdt., 
3,129, en parlant du cheval X. Eq. 1,15); «osselets», 
notamment comme jeu (Hom., ion.-attique) d'o^i astragale 
ornement d'une colonne ionique (inscr., Vitruve) ; prisme 
de bois [Ma. Tact.) ; enfln nom de plante avec tiges à 
noeuds en vertèbres, Orobus niger, cf. André, Lexique s.u. 
ailragalus. Au t. on a aussi àoTpayiXT) « osselet » (Anacr., 
Hérod.). 

Dérivés nominaux : diminutif àorpayocXtoxoç (Inscr., 
PoUux 6,99) ; àtrcpor(oOM-c6(; (jiàtmÇ) « fouet fait d'ossdeto » 



(Com.}, avec le tém. iorpcrfaXcar^ nom de plante ; iorpa- 
■yoX^ijC «en (orme d'osselet» (Tz.), iotpvfiXtvoz «qui 
couvre les chevilles > (Aq.). Termes techniques : iorpcrfa- 
XÎTiç » sorte d'iris » = Ipiç 'IXXuptx^ ; durrpoYetXTvoç • char- 
donneret > (?). 

Verbe dénominatif ia^ytûJZa p.-ê. < fixer avec de« 
chevilles» (Schwyzer 200), mais usuellement «jouer aux 
osselets > (PI. Com., etc.}, d'où àtrcpocY^otç (Ariat.), 
àoxparfcùiMrrfyi (Com.), iorpxYB^U'^ut^ (Eust.). 

Diminutifs et bypocorisUques : Sorpiç, -toç f . (Call. 
fr. 276, 676) « osselet », d'où le dénOminatU &oTp(J^ 
(Poil. 9,99) ; avec un suffixe expressif en gutturale aspirée 
(Chantraine, FomuUion 404, Schwyzer, Gr. Gr. 1,498) ; 
àoTpixoc (Antipb. 92). 

El. : 'AorpetroXoc est tiré au moyen d'un suffixe en X 
d'un vieux thème se rapportant au nom de l'os, cf. dcaTaxô; 
et btrvoK&z • homard » à c6té de hatiav et aussi Ôcrrpeov, 
Sorpoucov, etc. Comme pour £0x0x0; on ne sait guère si l'oc- 
initial repose aur une assimilation vocalique ou sur une 
variation antienne. La syllabe pa repose sur r d'un thème 
en rin, cf. ftotpoxov en face de éarootoç et du gén. skr. asth- 
nàh. Le f doit 6tre un élargissement comparable à celui 
qui figure dans skr. û*r-k- « sang > : voir Benveniste, 
Origines 6-7,28. Enfln pour le suffixe -oX-, Benveniste, 
ibid., 40-49. 

Il s'agit d'un groupe technique et populaire à la fois 
où les formes ont été variées diversement. 

éurrpaXés : 6<|'ap&;âni6cTTaX&v(Hsch.) «étoumeau ». 

Et. : Avec prothèse, se rapproche évidemment de 
v.h.a. stara, lat. tlumiu. Le détail du rapport entre lat. 
siurnus et dcorpaXéç n'est pas fixé de fagon certaine : 
un *àoTpyXoç que l'on a posé (Schwyzer, Gr. Gr. 1,173) 
n'est pas assuré. Sur le suffixe -ceXoç, Benveniste, Origine* 
40-48. Voir aussi André, Oiseaux 147. 

ôcrrpain^, voir iorcpoir^. 

«rrptSt fo'Tptxo;, voir ixftpiyoiXoç. 

cUrru : n., gén. -co; (Hom., ion.), -c«ac (att., par analogie 
avec n6Xe(0(). Un digamma initial est assuré par béot. 
gén. Fionoi (JG VII 3170) et la métrique homérique, 
cf. aussi arc. faatmtàx'à, etc., plus bas. Le mycénien fournit 
p.-ê. des exemples du mot : wata, et irafo <» Feurràç, en 
outre des anthroponymes composés ; aucun des exemples 
n'est absolument sûr, v. Chadwick-Baumbach 178. Sens : 
« ville, agglomération urbaine >, à la fois opposée à àyp^t, 
à dbcpéTcoXi;, et à nr6Xt; qui a en principe le sens politique 
de cité. En attique désigne la ville d'Athènes par opposition 
à ses faubourgs, le Pirée, etc. 

Quelques composés : itm^oàtvrfi • crieur public > {IL, 
cf. Chantraine, Gr. Hom. 1,82), -ytlxtùt (ion.-att.), *vec 
-Ydtvfiw, -YCiTovéojtoi, -ipayâoymi (.flEsch.), -Oc|Xic (B.)," - 
-vuco; (JE^h.) ; -v6(Jio;, notamment au sens de chef de 
la police (ionien-attique), avec -v6|iiov, -vo|t£o>, ^wotux^c; 
-Çevoc (tarentin chez Hsch.), -^xoc (arcad., grec tardif), 
-TCoXica, -TroXta, -Tpuj;. 

Dans l'onomastique nombreux composés avec fioru- 
comme premier terme, 'AoTuàvoÇ, etc., avec des hypo- 
coristiques comme /atrrîvoç (Bechtel, H. i-tisonnennamen, 
87-88). 



aoTU 



— 130 — 



Dériv6s : àffrôç, fém. àor^, « habitant d'une ville », d'où 
.compatriote. (Hom., attique), opposé à ^evôç, parfois 
distingué de TioXt-niç pour désigner l'homme qui possède 
les droits civils sans les droits politiques (Arist., Pol. lïVS a, 
cf. E. .\.cd. 223) ; locr., thessal. et arcad. faaxàç, (ScRwyter 
:m, 608. 654), de *Fa.nxFoz, cf. pour le traitement phoné- 
tique Lejeune, Phonélique 71, n. 5. Adjectifs : àorocôç 
qui appartient à la ville » (jEsch., ion.-att., Amorgos) 
peut être tiré de «cttu ou de àerrôç ; la graphie àoruxéç 
est 1res tardive. 'AoTeioç «de la ville» (attique, Hp., 
\risl.. etc.), toujours au figuré : « digne de la ville, élégant, 
ratriné, distingué » opposé à dcypoixoç ou 87i(ubST)ç ; finit 
par équivaloir à « de bonne qualité » : pour un vin (Plu. 
Mor. 620 d), etc. Sur cette notion voir Lam..iermann, 
Vnn der ail. Urbanitât vnd ihrer Auswiricung in der Sprache, 
Diss. Gnttincen 1935 ; d'où les dérivés tardifs àareiàrriç 
Vell. Val., etc.), àaTEiooiivr) (Lib.), le verbe dénominatif 
à(JTEÎÇo[iai « écrire ou parler avec esprit » (Str., J., Démétr., 
Plu.) avec àcreiapLàç (D.H., Démétr.) et àareiaiia. (rare, 
Tz. . 

"Aario; = àariv.ôç (Crète, Stymphale, Délos) avec 
rpoacTTtoi; et surtout TtpoàoTiov «faubourg» (Pi., ion.- 
■M.. Flb.. etc.) ; la graphie -eiov est fautive. 

En outre, substantifs peu usuels : àa-riTT)? (S. fr. 92, 
inscr.). et TrpoacrTÎTT);; « habitant des faubourgs» (pap.) 
iiiuloeiquc de TtoXi-rr,;, avec un féminin hétérogène béot. 
rporao-riç, -iSoç (Schwyzer 462 A 7). 

Enfin «oTupov. dérivé isolé attesté dans la poésie alexan- 
(irine (Call.. Nie), semble équivaloir à étirru sans la nuance 
(liniinuUvc qu'on lui attribue souvent. Suid. glose le mot 
l«r TTÔA'-c et, Hsch. pai 7côXKi(iœ, cf. encore Call. fr. 261,2 
un il s'.Tffii d'Athènes. 
"AtTTJ subsiste en grec moderne. 

El.: Vieux mot qui trouve des correspondants dans 
skr. véd. vdslu n. « résidence » (la forme vastu est tardive) ; 
p.-è. messap. vastei ! datif, Krahe, Sprache der Illyrier 1,28) ; 
tokh. A wa.st. B o.tt « maison ». La difficulté réside dans le 
vocalisme œ du grec, alors que le skr. suppose un o et les 
faits i.-e. une alternance ejo. Hypothèse pélasgique de 
Georeiev, Vorgriecbische Sprachwissenschaft 1,80 ; en 
dernier lieu Heiibeck, Praegraeca 66-67 et Hester, Lingua 
13, 1%5. 369. 

In rapport avec skr. vwsati « résider », got. wisan et 
grec àcoa est possible, mais non démontrable. 

àaupr\s •■ « sale » (Hérod.), plusieurs ex. chez Plb. avec 
Sioç, XoiSopia, ou avec àvepcoTtoç d un homme odieux 
4.i,:., ; .iiissi dans LXX., Phld. 

EL : Cf. aûpw tirer », avec la même évolution séman- 
tinue lue dans trùpiia, oupçrrôç « balayure ». L'a serait 
aiilrmeulalif. Faul-il poser un ancien neutre aupoç, 
ou plutôt admettre unfr-4«rmBtion hellénistique directe- 
ment tirée du verbe 1 

àtjù^i\ ; sorte de y.aaîa, « cannelle » (Peripl. M. Bubr., 
Dsc). Emprunt, cf. André, Lexique s.u. asufi. 

àaù<j)iiXos : deux fois dans 1'//., 9,647, (x'àoùtpifjXov 
spsçe .m'a traité de façon infâme (?) ou folle (?) » ; 24,767 
fcroç àau(p7iXo^''!j'"e parole rude (?) ou folle (?) ». Le mot 
est-repris par^Q.S. Il est rare chez Homère même et de 
sens mal défini. 



Et.: Inconnue. Le scholiaste A, et après lui Becbtel, 
Lexilogus, rapprochent le mot de cr6q>o<; (avec à privatif ? 
ou augmentatif î). Le rapprochement que l'on a fait avec 
le nom propre Slouçoç et oéouçoç • rtavoûpYoç (Hsch.) est 
également possible. Mais tout cela reste en l'air. 

âv<t>a\TOS : ï- (parfois m.), et fiofoX-cov n. « asphalte, 
bitume », utilisé comme mortier, et en médecine (Hdt. 
1,179, 6,119, Hp., etc.). 

Composé : àoçotXTÔirtoaa (LXX) et TCioroiioçotXTaç 
(Dsc, etc.) « composé de bitume et de poix ». 

Dérivés : àoçaXTÏTK; f. « bitumineux » (Str., D.S., etc.), 
ào(paXTti>8T)(; (Arist., Str., etc.) avec le dérivé dUKpaXT»- 
Seûotiat «être couvert de bitume » (Aet.) ; enfin avec un 
sens particulier àoipâXTiov, « herbe au bitume», psora/ea 
bituminosa (Dsc.) ainsi nommée à cause de son odeur de 
bitume (StrOmberg, Pflanzennamen 62). 

Verbes dénominatifs : àa<paXT6ûi « enduire de bitu^ef/i 
(LXX) avec le nom d'action àaçâXTtùOiç (Suid.) ; àoçaX- 
TtÇtù «sentir le bitume» (Dsc). 

Et. : On a supposé à tort un emprunt sémitique ; proba- 
blement adj. verbal de açâXXto avec à- privatif, de sens 
actif «qui empêche de glisser, de tomber», le produit 
étant employé comme mortier (ce qui n'est pas à l'origine 
un procédé èrec)- Voir Diels, KZ 47, 1916, 207 sqq. 

1 oa«}.âpaYOS : m. (//. 22,328, Plu., Q.S.). Dans le 
seul exemple honi. le mot désigne non simplepient la 
gorge, mais par opposition à XauxovtT) la trachée qui 
permet de parler. Le mot est glosé çàpuy^, ï) fiiP^YXOÇ 
par Hsch., qui fournit d'autre part açàpaYOç • pp^YX^Ç. 
Tpâx-OÎ^oÇ, XaifJiéç, tj«i<poç ; enfin oçàpayoç est glosé <{m|puy5 
par Apion ap. Phot. 

El. : Le sens précis du mot conduirait à le rapprocher 
de (pdtpuy^. On peut se demander si la forme açàpotyoç 
n'est pas due ô l'influence, par étymologie populaire, de 
oçapayéDixaL ; « crépiter, être gonflé ». Enfin le rappwft 
avec àoçàpayoi; 2 proposé par Persson, Beifr. 1,444 n'est 
pas démontrable. 

8 àcnbôpaYOS : m., forme attique selon Phrjn. 89, 
mais on a aussi àoTràpavoç (poètes com., Thphr., Plb., etc.) 
« asperge », et d'une manière générale « pousse, jeune 
pousse ». Dérivés : àaipaparia « tige de l'asperge » (Thphr.), 
cf. StrOmberg, Theophraslea 84,114; àoçopaytovla «cou- 
ronne d'asperge », cf. pputovîa, ^oSuvta, etc., et Hatzidakis, 
■AeY)va 28, 1916, 114. 

Et.: Aucun rapport démontrable avec ioipàpai'oç 1. 
On pense à açapaYéo|jtai « se gonfler, éclater », etc., lit. 
spùrgas « pousse », skr. sphûrjati « jaillir », etc. 

ào^ScXos ,: «asphodèle», Asphodelus ramosa (Hés., 
Arist., Thphr.,. aie.)- A««e J'aceent sur la finale ioçoSeXà; 
est adjectif et signffle «couvert d'asphod«es • (Od. 
11,539 ; 24,13) à propos de la prairie des B&iers ; mên» 
formule pour une prairie quelconc|ue {H. Herni. 221,344) ; 
pour l'accent de l'adjectif, cf. Hdp. 1,160, Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,420. Autres dérivés àa(fo$é\vwç, « fait d'aspho- 
dèle » (Luc), dcofpoSeXtiSTfjç « qui ressemble à l'asphodèle » 
(Thphr.). Voir Verpoorten, Ant. Cl., ^9#2, 111-118. 

Et. : Très probablement emprunt d'oiriKine incontoue. 



— 131 



ÙToX^t 



à<rxâX^» '• ^■' ion-a"., fut. àoxoAeï [lEscb., Pr. 764), 
avec un doublet àax«Xàci> presque uniquement hom. {en 
outre exceptionnellement Arehil., E.), avec les formes à 
diectati» du type àaxa^AtAv, etc., qui semblent des créations 
métri<ïtfes (Chantraine, Gr. H. 1,360). Sens : « ôtr© mécon- 
tent, angrtssé » (p. ex. //. 2,293 sqq. à propos du mécon- 
tentement des Ac&éens). Pas de dérivés ni de formes 
nominales. 

Et. : Depuis Curtius on v<rit dans àvjfiXiM le dénominatif 
d'un *à<ïxaXoç « qui ne peut supporter, qui ne peut se 
retenir », qui serait un composé de à- privatif et de la 
racine de ^ctv, o/eiv. Pour le suffixe -oXoç, cf. Benveniste, 
Origines, 44 sqq. 

àcrxéStov : rpax". KpTjTei; Hsch.i. Correction (poin 
ïOXéXtov) de Latte qui explique non cohaerens ideoqui 
asperum. Il faudrait comparer o/eSov, exeiv, etc. 

â<7X^S*^P°S : ™- • sanglier sauvage » (jEscIj. fr. 461 M, 
Sciras 1). L'emploi chez Sciras indique que le terme 
appartient au dialecte de Grande (irèce, ce qui est confirmé 
par Ath. 402 b et la glose d'Hsch. : àdxéScopoç • ô aùaypoç 
Tuotpà I-raXoïç ; cf. encore Eust. 1872,5. 

Et.: Kretschmer [KZ 36, 1898, 267 sqq.) pose *àv-oxe- 
Sopfoç de àvtx.-axel'f et Sdpu : qui tient tête à la javeline, 
dénomination descriptive et expressive de l'animal ; ce 
qui est possible sans plus. 

ôayîov • "• " vesse de loup », Lycoperdon giganieum 
(Thphr., HP 1,6,9). 

Et.: Inconnue. Étymologie sémitique selon Lewy, 
Fremdwôrter 31 (î). 

ôaY" • "■ J"* d'une sorte de cerise sauvage, Prunus 
Padus, utilisé par les Scythes {Hdt. 4,23). Emprunt 
certain, cf. la note de l'édition Legrand, ad locum, avec la 
bibliographie. 

âouTOS, ôotoTta, etc., voir a<o6ç, a<i>T^(ù, etc. 

ira, voir o5ç. 

ÔTâgupiTTjs : avec Sproç, espèce de pain d'origine 
rhodienne {Sopat. 9). 

El.: Dérivé, avec le suffixe -irr^i qui a servi pour des 
noms de pains, de 'ATâ6ûpiov montagne de Rhodes 
(Pi. O. 7,87, etc.), avec *ATâ6ùpiO!; épithète de Zeus à 
Rhodes {Clara Rhodos 2,27, etc.), 'ATÔc6upiaoTaî (/G 
XII 1,937). Hsch. fournit également la glose 'Araôupia - 
\ 'P68oç TrâXai. 

àTÔXovTOS, 'ATaXàvTTj, voir TiiXocvrov. 

àraXôç, àTÔXXcJ, àxiTàXXw, etc. : Groupe difficile et 
complexe qui a été diversement interprété. 

Ces mots expriment suivant les cas les notions de 
«nourrir» (un jeune enfant), d'enfance, de jeunesse, parfois 
de jeu. Le terme le plus fréquemment attesté et le plus clair 
à la fois est àxiTâXXo (Hom. 12 ex. dont un de l'aor. àTtTijXa, 



n. 24,60; Hés., Pi., Hippon., Théoc.) : le sens est «nourrir, 
élever en parlant d'un tout jeune entant » {/l. 14,203, etc., 
Od. 18,323, 19,354) ; Il ne s'agit presque Jamais d'une 
mère et de son enfant, mais d'une nourrice ou d'une 
autre personne (exception Od. 11,250); souvent jrtnt * 
Tpé9« ; parfois pour des animaux (//. 5,271 ; Od. 14,41, 
15,174); parfois dans un sens large «chérir, cajoler» 
(Théoc. 15,111, 17,58). Le terme s'emploie souvent pour 
la pratique dite du fosterage, cf. notamment Pi. Nem. 3,58 
où il s'agit de Ghiron. Ce sens précis est confirmé par le 
dérivé ànTàXrfiç « père nourricier » (Gortyne, Imcr. Cr. 
IV, n» 15, p. 72). Le verbe à-nTdaiXw présente un redouble- 
ment expressif (Schwyzer, Gr. Gr. 1,648 avec la biblio- 
graphie) et apparaît à première vue comme un dénominatil 
de dbroXéç. 

Un autre dénominatif d'à-roXéç, plus rare mais d'emplois 
plus variés, apparaît sous la forme àxdtXXu (présent et 
impartait seulement) cf. Debrunner, IF 21, 1907, 90. 
Comme iTtTÔXXc» il peut signifier « élever, nourrir . (Hom. 
Epigr. 4,2), au sens intransitif Hés. Trav. 131 : èTpéçe-r' 
àTdcXXcùv «en jouant • (î), en parlant d'un enfant, avec 
un a long initial inexpliqué (cf. Schulze, QE 470) ; au 
passif àràXXeTO {H. Herm. 400) se dit du béUil ; cf. S. Aj. 
559 véav tjnjxtv àTàXXwv où le verbe peut être transitif 
ou intransitif ; de façon franchement métaphorique 
Pi. fr. 214 xopSlav dtTiXXoiaa èXTct; « l'espérance caressant 
le cœur » ; enfin avec un sens intransitif • jouer, gambader • 
(//. 13,27 en parlant de monstres marins, cf. Mosc. 
2,116, Philostr. Im. 2,3). Dérivé àtàXjxaTa • àvrl toû 
SX\utTa., Ttatyvux. L'aspect complexe de ces termes est 
bien indiqué par la glose d'Hsch. àTÔXXsi • xpéçsi, 
TiOTjveï, oxtpT^, x«^ei, <piXeî, àyccn^. Les emplois sont 
divers, mais se rapportent tous au jeune enfant qui joue ou 
que l'on cajole, dont on s'occupe, que l'on nourrit. Certains 
passages sont ambigus pour un traducteur, comme Hés. 
Trav. 131 que l'on a traduit «cajolé, élevé » ou «jouant». 

'AraXài, assez rare et seulement poét. se dit à propos 
d'enfants ou d'êtres jeunes : chez Hom. //. 18,567 de jeunes 
filles et de jeunes gens, àroXii çpovéovreç « à la jeune, 
tendre ardeur » ; Od. 11,39 irapOevocal àraXal ; en parlant 
de jeunes animaux //. 20,222 TtàXowtv.... àtoXfjoi ; 
de même àttxXà 9povéovTa (Hés. Théog. 989) ou àraXà 
(ppovéouoa (H. Dem. 24, d'Hécate, mais relativement 
à une jeune fille). Dans la poésie postérieure voir Pi. 
N. 7,91 et surtout E. El. 699 à-roXâi; \>n6 (xarpéç è propos 
d'une brebis, «sa tendre mère » ou «sa mère qui le nourrit ■ 
(cf. l'édition Denniston ad locum). On a enfin àToXtoTaTa 
TratÇei /G !• 919 (viii* siècle) à propos d'un danseur. 

Le mot se trouve chez Hsch. àxaXà • v/j:rux. 

Composés : àToXàçptov d'un bébé dans les bras de sn 
nourrice [II. 6,400) ; la forme attendue àTotXoopuv oki 
attestée à Thasos (/G XII 8,600 et comme nom propre 
Bechtel, H. Pertonennamen 563). On explique A-niXApptov 
comme un composé créé d'après iroXà ippov£«v, avec le 
premier terme à l'accusatif (Bechtel, Lexilogu» s.v. àToXA;, 
Schwyzer, Gr. Gr. 1,452) mais voir plus loin. Enfla *TaX6- 
(Jwxoç {AP 5,296) à propos de BUos. 

Dans cet ensemble de termes ÂTt-dcXJtxa est fort clair, 
mais àfoXéç ou àrdtXXo», tout en se rapportant nettement 
à la jeunesse et davantage à l'enfance, présentent des 
emplois divers qui se laissent mal ramener à une unité 
sémantique. 



9~1 



iroXôs 



132 



Et.: Deux voies peuvent être suivies pour conférer 
une unité au groupe et en ctiercber une étymologie : 

a ; En prenant appui sur le sens précis du verbe à-rtTÔXXto 
f élever, cajoler un jeune enfant que l'on élève » on rend 
compte du double sens de à-nxXXw «élever, cajoler et jouer » 
et du sens vague de à-vaXàç « que l'on cajole », d'où « jeune, 
tendre». 'AtaiKàç pourrait se dire de l'enfant que l'on 
élève tendrement, de ses sentiments, etc. On s'expliquerait 
que le terme s'applique à de jeunes animaux que l'on 
élève. Finalement on tirerait tout l'ensemble de Sm 
père nourricier (cf. peut-être STdcXXxdv ou àrràXtov Hés. 
Trav. 131), en évoquant la pratique du fosterage, en 
rappelant le sens particulier de dtrtTàXXu, et l'emploi 
du terme pour Cbiron Pi. Nem. 3,58 ; 

b^ Manu Leumann (Gl. 15, 1927, 153, puis Homerische 
Wôrter 139-141) part de àraXàippwv dans II. 6,400 où il voit 
un composé négatif de roXdtçptov « au cœur endurant », ce 
composé signifiant « craintif », ce qui convient à l'attitude 
d'Astyanax dans cette scène et ce qui rendrait compte 
de la structure du composé plus aisément qu'en le tirant 
d'un àTaX6ç. Une fausse interprétation « au cœur d'enfant » 
aurait été confirmée par la création de dt-coXà çpovéojv « au 
coeur jeune », puis de àTotX6ç « jeune, gai ». D'où àTdcXXEiv 
soil <; élever un enfant », soit • jouer comme un enfant » ; 
et finalement à-riTàXXsiv. On objectera à cette analyse : 
1» son caractère artificiel. 2» le fait que l'interprétation de 
ïTotXâçpwv ' craintif » ne trouve aucun appui dans la tradi- 
tion ancienne. Voir aussi les remarques de G." M. BoUing, 
Language 27, 1951, 73-75. 

ÔTàXufivos : f- = y.oxxutiTjXéa «prunier» (Nie. Al. 108). 

El.: Inconnue, mais un emprunt est probable, cf. 

Solmsen, BeUràge 64, n. 3, Chantraine, Formalion, 216. 



ÔTÔodoXos : < follement orgueilleux > et « violent », 
employé à c6té de à6pi(ju>cpif6ç, àv6atoç, etc., qualifiant 
des hommes ; peut aussi qualifier des actes, des paroles, etc., 
avec fxévoç, S6piv, etc. (Hom., Hdt., Aie, Théoc.), parfois 
employé de façon plaisante par les comiques. Quelques 
ex. en prose tardive. L'£M 261,56 connaît i.twa^éikttn. 

Dérivés : ÂrooôoXlai pi. toujours chez Hom. «acte de 
violence et d'orgueil » ; au sg. chez Hés., Pi., Hdt. cf. 
Hés. Th. 516 cîvcx' iraerOoiXii); tc )tal iftoçtt^ ùncpéTrXou, 
Hdt. 2,111 àTaoOccXt'n y^aij^iietw ; rares exemples en 
prose tardive. 

Verbe dénominatif très rare : ÂTixaBâXXuy (Od. 18,57, 
19,88) ; seulement au participe. 

El.: Origine inconnue. Hsch. glose dcTKoOoXlai * àfjuxp- 
Tiai, dbti ToC raïç &Tatç OciXXeiv. Il est en effet tentant 
de vouloir trouver dans àTdcoOoXo; un composé de St») : 
ainsi E. Schwyzer, Gl. 12, 1923, 14 et Gr. Gr. 1,452, n. 4, 
part d'un participe écxaç OdtXXcov avec complément à 
l'accusatif « faisant fleurir des malheurs » ; de même 
O. Lagercrantz, IF 50, 1932, 279. Autre explication 
de Pisani, Studi II. Fil. Cl. 12, 1935, 295-300 : gén. 
â-mz {1) et un adj. *6àXo;, qu'il rapproche de gol. dwals 
« [xcûpô; ». L'explication de Schwyzer trouverait un appui 
dans certains emplois de OôXXciv (cf. Kamerbeek, 
Mnrmosyne 1954, 89). Objection : fi-n) comporte un a. long. 
L'attestation de &ti\ avec a bref chez Archiloque est soit 
fautive soil artificielle (cf. sous àdcco) et le verbe àréco 
(voir s.v.) est lui-même obscur. Si l'on admet un Stï) et 
àtéxù avec a bref, il n'y aurait rien à dire à l'analyse de 
Schwyzer. Frisic, Eranoi 31, 1933, 21-26 propose une 
ftxr.sication aussi douteuse : de *SôapoTo<; (cf. Oapiréco, 
tupaoùç) comme skr. àdhfsta- « irrésistible ». Voir encore 
M. Leumann, Homerische WSrler 2lb. Hypothèse impossible 
de H. Grégoire, Hommages à J. Bidez et à F. Cumonl, 
Bruxelles 1949, 381-386. 



krâp : particule adversative «d'autre part», etc., 
soit en marquant une opposition véritable, soit le passage 
i une nouvelle idée, notamment un brusque changement 
de sujet. Surtout attestée chez Hom., Hdt., Hp., E., Ar., 
X., PI. ; ignorée de Thucydide et des orateurs. Appartenant 
peut-être au langage de la conversation. Voir Denniston, 
Gnek Particles 51-54 ; Ruijgh, Êlimeni achéen 43 sqq. 

Voir aussi sous aùrâp. 

El. : Parallèle à aùrdtp, composé de dtr- = lat. at et 
ip (cf. àpa). 

ÙTâpCaKTOs, voir TÔpBoç, Tapoéu. 



ÔTÔpiiUKTOS, voir Tapfjiuacto. 
ôrapiriTÔs, voir àrpontéç. 

àTopTTjpôç : « malfaisant, méchant » en parlant de 
personnes (Od. 2,243, Hés. Théog. 610) ; de paroles (//. 
1,223). Le mot est utilisé par les Alexandrins. Il existe 
en outre un verbe àropTÔtTat • jâXàTtret, jroveî, Xujteï 
(Hsch.). 

Et. Termes évidemment expressifs mais d'origine 
Ignorée. Voir une combinaison chez Bechtel, Lexilogus s.u. 



àTCipTJç : adj. poétique qui semble signifier « inusable, 
dur» (Hom., Emp., Pi., Théoc). Chez Homère l'emploi 
le plus fréquent et qui semble originel est comme épithéte 
du bronze {II. 5,292, etc.). D'où par métaphore «solide, 
inflexible », etc., dans des formules diverses : d'un cœur 
(xpaStT)) comparé 6 une hache (//. 3,60) ; de la voix ((ptoWj), 
solide, sans défaillance {II. 13,45, 17,555, 22,227), de 
personnes {Od. 11,270). Employé par Empédocle pour 
des yeux, pour des rayons. PI. Crof. 395 b, dans 
l'étymologie d"ATpeùç (!), fait intervenir àTeipTiç qui 
signifierait quelque chose comme « inflexible ». 

Et : Obscure. On est tenté de rapprocher le mot de 
Tsipw, et en même temps de la glose tipu • àa6evéç, Xerrrdv 
en posant *irctpFT)Ç. C'est bien à Teipo> que les Anciens 
semblaient rattacher le mot. Mais il pourrait s'agir aussi 
d'une étymologie populaire. Wackemagel, Kl. Sehr. 
1,775, part de l'emploi de i-xiçfiiç à propos de personnes 
ou de la voix, évoque uiridi» et pense que le mot signifie 
« vert, ardent » en posant àiepcr/jç, cf. •eipaoïuu, etc. 
Ce qui semble en définitive moins vraisemblable. 

ària^ : thème de présent seulement. Attesté trois fois 
au moyen dans Vil. dans des passages qui ne semblent 
pas très anciens, au sens de « être privé de » (23,445, 834 ; 
11,705 = Od. 9,42). L'actif est utilisé dans l'Od. «mal- 



^ 133 — 



"AtXos 



twiter, faire sonflrir . (2,90; 20,294; 21,312). Repris 
par les Alexandrins. Avec le datif chez A.R. « réprimander, 
blâmer» (2,56, etc.) par interprétation fautive de Od. 
21,312, cf. M. Leumann, Homerische Wôrler 33. Un dérivé 
singulier àTé|ji6ioç est glosé par |xe(nj)l(iOipo; • qui se 
plaint, qui blâme » EM 163,32. 

El.: Incertaine. On rapproche depuis longtemps skr. 
dabhnôti •endommager», dambhà- m. • tromperie». On 
admet ainsi : 1) perte de l'aspiration de la labiale après 
la nasale comme dans 6(i(x6oç à côté de TéOrpta, ÉrcHpov ; 
2) perte de l'aspiration initiale comme dans mivSocÇ à c6té 
de skr. budhnà- « fond, sol », cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,333. 
Vi- initial serait donc «copulatif» ou «augmentatif». 
Voir Hcsler, Lingua, 13, 1965, 369. 

àreviis : tous les emplois peuvent se rapporter à une 
signification originelle de « tendu », notamment en parlant 
des yeux et du regard fixe (Arist, Luc, etc.) ; d'où . tout 
droit » (E. fr. 65) ; » intense, excessif » (ffisch., Call.) ; en 
parlant de l'esprit de l'homme « tendu, sérieux » (Hés., 
Pi., PI.) ; « obstiné » (Ar., etc.) ; S. Ani. 826 emploie 
l'expression àxcAfi xiacoî. 

Au sens de « fixement, fermement, intensément », etc., 
ou emploie les adverbes àrevéwç, àxevûç et surtout 
àTEvéç (Epich., Pi, etc.). 

Verbe dénominatif : àTevîÇw « fixer les yeux » (Hp., 
Arist. NT, Plb., etc.) ; parfois en parlant de l'esprit 
(Arist.); ou t être obstiné» (Lync. ap. Ath. 313 f), d'où 
àreviotiôç .attention» (Thphr.), -regard fixe» dans 
l'apoplexie (Hérod. Med. dans Rh. Mus. 58,80) ; àrévioiç 
(Paul JEg. 6,21). ^ 

Le grec moderne emploie encore dTevTjç • attentif», 
àrevi!;» « regarder fixement ». 

Et. : Alpha copulatif (psilose ionienne ?) ; mais on 
pourrait penser aussi bien ou mieux au préverbe h>- au 
vocalisme zéro (cf. Seiler, KZ To, 1957, 7), et au thème 
sigmalique attesté par lat. tenus «lacet tendu», qui a 
fourni l'adv. tsnus « jusqu'à », skr. lànas- « descendance ». 
Le thème *Tévoç n'existe pas en grec, mais on a des 
composés en -TevT)ç, voir sous teIvo. 

âT«p : prép. employée avec le génitif «loin de, sans, 
contre la volonté de » (Hom., Pi., Hp., Democr., souvent 
chez les tragiques, après son complément, aussi en grec 
tardif LXX, NT, Plu., etc.). Le mot est une préposiUon 
improprement dite et qui ne peut servir de préverbe. 
Dérivés de même sens : àrepOe (Pi., .Esch., S.), àTràTepOe 
«à l'écart de», avec ou sans complément au gén. (Hom., 
Thgn., Pi.) ; éol. àTepÔa (Hdn. 2,192). 

Et. : Forme à psilose ion. et éol. pour *inip (sur la 
place de l'accent, voir Schwyzer, Gr. Gr. 1,385); cf. 
v.h.a. «unior, n.h.a. sonder(n) «mais», ete., de l'i.-e. 
•»p-fer. En outre avec un autre thème skr. sanu-târ « loin 
de>. 

àTÉpauvos : «dur», d'où .inflexible.; le mot est 
employé au sens moral de .dur, inflexible » (Od. 23,167, 
jEsch.) mais aussi au sens propre « dur, cru . en parlant 
de l'eau (Arist.), d'une nourriture qui ne veut pas cuire 
(Plu.), «constipé» (Hp.). ^ 

Dérivés : àTcpafxvta en pariant d'eau (Hp.), aTEpafivôTTjç 
en parlant de plantes qui ont difficulté à germer (Thphr.), 



(i-tspouxvtiXTi!:, adj. (Gai.). Il existe un doublet athéraatique 
àT6p(X(«<)v « dur, inllexible » au sens moral, seuloniont chez 
Ar., Eub. et PI. Lois 853 d, 880 e; c'est peut-être un 
archaïsme attique ; au sens de « dur à cuire • chez Thphr. 
El. : Le sens propre est « qui ne se laisse pas attendrir » 
au sens physique, cf. le simple Tepà[Mùv qui suppose un 
neutre *TepaiJia et Tctpu, Tépvjv. Le rapprochement avec 
TépTjv est déjà donné chez Hsch. s.u. «irépaiivov. 

OTcpos, voir iTspoç. 

ÔTCUV : participe (//. 20,332, avec une variante 
XaTéovra, Hdt. 7,223) ; indicaUf à-riei (Call. fr. 633) ; chc/ 
Hom. et Hdt., il s'agit d'une folle audace; chez Hom. 
Geôv est complément de tu;, mais certains Anciens ont 
groupé 6e«v à-réwv . méprisant les dieux », àréwv équis uluul 
à AtL^wv (1) ; chez Call. le texte étant gâté, on peut soiL 
construire àréet absolument « est fou », soit lui donner 
un complément Mouoéwv «méprise les Muses». L'inlii- 
prétation de àTéoi comme valant irl^ut est artiflcielle el 
tardive ; elle pourrait toutefois être juste chez Call. : 
V. Pfeiffer, qui rassemble les textes des grammairiens 
anciens. 

El.: On pense d'abord à un dénominatif de éc-nr], dont la 
fiexion en -éo surprend, alors que la langue dispose du 
dénominatif attendu STiio(juxi ; la quantité brève do l'a 
initial offre une difficulté grave; on l'écarté en lisant 
âxIovTa ou même àaTéwwc avec synizèse de -eo- (v. 
Blumenthal, Herme* 75, 1940, 427. sq. ; M. Leumann, 
Hom. WOrler 215, n. 10). 

On observera toutefois qu'un ét-n) avec initiale brèvn 
est apparemment attesté chez Archil. (voit sous âioi) 
et pourrait se trouver dans à-rtcoôoXoç (voir Bechtel, 
Lexilogus s.u. àtiw avec la bibliographie). Cet &-n) distinct 
de du4TTi>a-n) serait sans étymologie. Le rapprochement de 
Fick avec v.h.a. sunlea, sunta, ail. Sande, est en l'air ; 
celui de Benveniste, Mélanges Pedersen 498, qui pose le 
sens de « égaré » et rapproche à-niÇo, ne convient pas 
pour le sens. Non liquet. 

àrîtu : surtout au part. prés. (JL 20,166, JEsch., E.), 
ind. près. (E. Rh. 253, 327), inf. (S. OC 1153), tut. à-rtoto 
(JEsch.) ; aor. &-n{a)ax {.ffisch., A.R.) ; « mépriser . ; avec 
le gén. «priver de». Dérivé en -iZtù du thème de -cUa, 
avec alpha privatif, ce qui est exceptionnel dans un verbe 
qui n'est pas dénominatif. L'adjectif privatif intermédiaire 
n'a peut-être jamais existé, cf. Sehulze, Q. Ep. 64, n. 4 
et Schwyzer, Gr. Gr. 1,432. Influence de àTi(jui?:« ou oûx. 

ârtTÔXXw, voir àraXâ^. 

àrua : «ne pas respecter, mépriser. (Thgn. 621, Orph. 
L. 62). Formation occasionnelle créée par antithèse sui 
tÙo, sur le modèle de à-ri(juiw, tiré de âTi{ioç, d'aprèt 
Ti|xà«, et aussi de àtiC» plu^ ancien et plus UBuel. 

"ArXas, -avToç : ace. "AtXov une fois JEaeh. Pr. 428 
AUas (Od., Hés., Hdt., lEach., etc.; nom du dieu qui porte 



'AtXos 



— 134 — 



les colonnes du ciel, souvent considéré comme l'un des 
Titans. Comme terme géographique le mot serait origi- 
nellement un nom du mont Cyllène en Arcadie (cf. 
RE, Soimsen, Beitràge 24) et a été appliqué ensuite 
à la chaîne de l'Atlas dans l'Afrique du nord-ouest 
(I ,U. 4.183, etc.) considérée comme pilier du ciel (sur 
r'ATÂavTtç. voir plus loin). "AtXocvtei; a servi à désigner 
des statues monumentales soutenant un entablement en 
architecture, et en anatomie sept vertèbres du cou qui 
soutiennent la lête (Poil. 2,132). Hsch. fournit la glose 
ÎTÀaç • âToXfjLoc;, à:raGYjç, xal i] Siioûoa eùôeïa Itùi; tGv 
!t6Xû)v (sur Atlas comme axe du monde, cf. Tièche, Mus. 
Hdv. 2, 1945, 65 sqq.). 

Dérivés : 'AtXovtCç, -I^oÇ t. fille d'Atlas (Hés.) ; nom 
de mer, 'À-rXavrl; edtXœooa fHdt. 1,203) Oi-ùan AtlanUque 
qui se trouve au-delà des Colonnes d'Héraclès ; nom d'une 
île mythique qui serait d'après Brandenstein la Crète 
[Allanlis, Arb. Inst. Sprachw. 3, Vienne 1951), ce qui est 
douteux ; voir surtout PI. Ti. 25 a, etc. L'Atlantide se 
trouve dans l'extrême ouest : voir p. ex. la notice du 
Timée àe l'édition Rivaud 27-32. — *ATXavnx6ç «d'Atlas • 
(E., etc.) a fourni le nom usuel de l'Océan Atlantique, 
.,'ATXavTOtàv iréXaroç. 'A-rXàvTeioç (CriUas) est excep- 
tionnel. 

Composé 'ATAâytMyiç, au gén. pi. 'ATXôYevétov, épithète 
des Pléiades (Hés. Trav. 383). 

Et.: Composé de à- copulatif et du thème tX5- qui 
figure dans TXîjvai, etc., cf. 'ATXSrevéMV d'Hés. Le thème 
est entré dans le système en -vr-, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 
1.526, Kretschmer, Gl. 7,37, n. 1. En ce qui concerne 
le nom de montagne de l'Atlas Maghrébin, le terme grec 
'Atàkç peut avoir été choisi par étymologie populaire 
du berbère Adrâr (théorie de Stfeinhauser, Gl. 25, 1936, 
229-238). 

La glose d'Hsch. citée plus haut semble connaître un 
autre ôt-cXaç avec à- privatif = StoXuoç, àïraô^ç. 

àr\iT\v, -évoç : «serviteur, esclave» (Call. fr. 178,19, 
Epie, in Arch. Pap. 7,4, Et. Gen., Sch. Nie. Al. 172,426). 
Doublet thématique atTfievoi; (Archil. d'après P. Oxg. 
1087, col. 2.38. Call. fr. 507, p.-ê. Hsch. : voîfla discussion 
des données par Pfeifter dans son édition de <3kU.) ; comme 
sdj. chez Hsch. : àT(isvov oï-rov • SouXoc6v (i<Spov. Fém. 
à8|ievi8e^ • SoûXai {BM 18,32), où l'on a supposé une 
inlluence analogique de S^-tiç, èyutùii (Wackemagel, GGN, 
1914, 119 ; E. Fraenkel, Gl. 32, 1953, 24, Lexis 3,55 sqq.). 
Autres dérivés àryxvla « esclavnîro » (Man. 6,53, AP 
9.764), àTfxévtoç dans un sens dérivé «pénible» (Nie. 
.4/. 178.4261. Verbe dénominatil àTfieûo «être esclave» 
(.Nie. Al. 172), alors que l'on attend *àT(X6veûoj. 

Termes typiquement alexandrins, mais qui doivent 
être des archaïsmes, comsft* le prouve l'attribution de 
ÎTfievoç à Archil. 

Et.: Les noms de l'esclaVè sont souvent obscurs et 
risquent d'être des emprunts. On admet pour celui-ci 
un emprunt à l'Asie Mineure, cf. FraenJtel, Gnomon 21, 
1949, 39 ; auparavant Debrunner, GGA 1910, 6 sq. 

ÔTnôç : m. « vapeur chaude », cf. Arist. Pr. 862 a ôxav 
k yrfi àTtiàç àvif, (jt.o toû 7)Xtou, .ffisch. Eu. 138 ; en parlant 
de l'encens Pae. Delph. 11, de parfums JEach. Ag. 13U, 



Arist., etc. Ne semble pas attesté dans JEeeb. fr. 206 N >= 
456 Mette. Distingué par Olymp, in Afef«. 165,25 comme 
étant sec et non humide, de àx\ti/i. Hapax f. àT\ii) (Hés. 
Th. 862). Dérivé plus usuel àrfiiç, -£&jç f., «vapeur 
humide » (Hdt., PL, Arist., etc.) ; avec quelques emplois 
techniques comme cat.aplasme (médecins) ; d'où dcT(it$c!>SY)ç 
(Arist., etc.), le dénom. ir\ii£6oiLa.i «être transformé en 
vapeur » (Arist.) ; d'autre part, <iT(i(Ç<i> « répandre une 
vapeur » (ion.-att.), àTfiiito «répandre une vapeur > (Hp.), 
enfin àT(jwi»S7jç (Arist., etc.), et àT|ioei8% (S.E., etc.). 

EL: Hsch. fournil les gloses àerfiév • rb 7tveû|ia et 
aeTfjuc • (pX6Ç. On rapproche donc àrfjiiç, dtrrfiôv, etc. de 
fi(/")eXX«, fi(f)T)m, oeÙTti:^ (avec une alternance ifec-l 
aÙT- 1). Il faut toutefois observer que àTfxéç diffère 
sensiblement pour le sens de &r)[ii, fieXXa'et se rapporte 
non à un souffle mais à une vapeur généralement chaude. 
C'est ce qui a conduit Soimsen à proposer une étymologie 
différente, mais douteuse (Untersuchungen 271), cf. Boisacq 
s.u. Malgré les apparences il n'y a d'autre part aucun 
rapport avec skr. âtmàn-, « souffle, àme », v.h.a. âlum 
qui supposent un ê, cf. Pokorny 345. 

ârpaKTOs, àrpocxt?, etc. : firpaxTOç m. (rarement f.) 
• quenouille» (Hdt., PL, Ar., Arist.), désigne aussi une 
nèche (S., cf. &. ToÇtxôç iEsch. fr. 231 M.) ; cet usage 
serait laconien selon Th. 4,40; employé dans certains 
vocabulaires techniques : espèce de cautère (Hp.), hampe 
au sommet d'un mât (Poil. 1,91). Autre nom de la 
quenouille TjXoJcâ-n), v. s.v. DiminuUf àTpixTtov (pap.). 
Autre dérivé : àTpaxTuX(X)tç, -îSo;, f. espèce de chardon, 
Carthamus lanatm dont la tige servait à faire les 
quenouilles (Arist., Thphr., Théoc, etc.) ; sur les suffixes 
-uXoç etc., voir en dernier lieu Manu Leumann, Gl. 32, 
1953, 214-225. 

*ATpooc£ç, -tSoç espèce de chardon (Gai.) ; tiré de 
étTpoocTOç avec une simplification du groupe de consonne 
comme dans âpxo; de dipxTo;, mais qui, ici, pourrait se 
justifier par dissimilation. Voir sur ce mot R. StrOmberg, 
Pflanzennamen 105. 

El. : La ressemblance avec skr. larku- « quenouille » est 
frappante malgré le vocalisme différent, les deux termes 
étant dérivés d'un verbe dont on aurait p.-ê. un itératif 
dans lat. torqaeô. On a donc un dérivé en -toç avec voca- 
lisme zéro. Le nom de la qwBaouille et du fuseau serait 
tiré de cette famille parce qu'ils servent à tordre. Cette 
étvmologie appelle les observaiions suivantes : le grec x 
en face dé «it. lârquefi lait dîlBêulté, le grec présentant le 
traitement attendu de la labio-vélaire dans Tpé^rw, rpô^toç. 
Schwyzer, Gr. Gr. 1,299 admet que gr. x repose sur 'Ac*"- 
devant consonne, mais cf. dcTpexTjç ; l'a initial est soit une 
prothèse, soit copulatif et intensif; le rapprochement 
avec dcrpex^ç où l'a- est privatif, est séduisant mais 
présente des difficultés, voir s.v. On a encore rapproché 
de façon plausible alb. Ijerr- « filer ». 

àrpairôs : f. (Hdt., Ar., ion.-att.) et àxaç^nixi préféré 
pour des raisons métriques (Hom.); «sentier», notamment 
sentier de montagne : 5'*?t Je mot employé par Hdt. 
7,215 pour le sentier qui permet aux Perses de tourner 
les Thermopyles, cf. aussi Th. 4,36 avec le participe 
TtepteXflévTWv. S'emploie an figuré de la manière de vivre 



— 135 — 



àrroYSt 



|P1. mt. 258 c, etc.)- Un veri» dénominatif drrpatrfÇ*» 
.alJer :à ^Itaverg • employé saélaphftriquemenl (Pherecr. 
Î6). 'ATpamT^ç est tait sur le nmodèle du composé usuel 
i)ia|iT<5ç (Od., A.R.), employé métaph. AP 9,540; avec 
le doublet àwcpTtrtéç (Hom.) ; enfin les AB 460 citent 
iTpamjTéç [I] ; et. Kretschmer, KZ 38, 129. Parmi les 
gloses on a, p. ex. àrapTOTÔ; ■ -î) 086? (Hsch.) et àrpaitôç • 
o8iç TETpi(i4iiv>j 1x9) ïxouffa focrpoTtàç, iXX* «ûOeta (Hsch.). 
L'élvmologie populaire a rapproché le mot de TpéTtw et 
mtendu « raccomci ». Il s'agit de raccourci dam le célèbre 
passage du Phédon 66 b où il est question du chemin qui 
mène à la vérité : le mot a été traduit en latin par trames: 
voir sur le sens de ce mot J. André, R. Et. L. 28, 1950, 
111-113 et sur Thistoire de la formule platonicienne, 
Courcelle, Mélanges Gilson 203-210. Ce sens ne semble 
pourtant pas être étymologique. 

El. : Un rapport avec Tpéno) au sens de « raccourci, chemin 
qui ne tourne pas . est peu probable et il faut admettre 
un à copulatif, et la racine qui se trouve dans rpairéo 
.fouler, ou TpoTOOvro • èTcàrouv (Hsch.). C'est la piste 
toiilée. 

àTpô4>a|us, -uoç : ^- «arroche., Atriplex rosea (Hp., 
Ililthr., etc.). Il existe diverses formes parallèles qui 
reposent sur des étymologies populaires : (Mpàqxxtuç 
Idu âSpa-1 chez Thphr., cf. ôSpà; ; dtvSpdtîpa^oi: (Dsc, 
llp.l, cf. àW)p ; àrpàçaÇiç (Dsc., Gai.) cf. les noms en 
.ju;; voir Hdn. 1,539; 2,467 et StrOmberg, Pflanzen- 
mmm 160. La forme originelle est garantie par le terme 
«inique i^euSorpiepaÇoç (Ar. Cav. 630). 

Et.: Inconnue. Le terme doit être un emprunt. Lat. 
j/rip/ex est soit un emprunt au grec, soit un emprunt 
parallèle à une langue non i.-e., cf. André, Lexique s.u. 

àTpcKTis, -éç : Hom. emploie seulement le n. àrpexéç 
•dverbial et l'adv. Arpe x écoç, surtout avec les verbes 
rmùM^rti, àropeietv, etc.; irptxfy; et àrpndmç sont 
wuvent attestés chez Hdt. et Hp., rarement chez Pi. 
ou les Trag., jamais dans la prose attique, parfois dans 
le grec tardif. Sens : « exact, précis, véridique ». Employé 
pour préciser un nombre [Od., 16,245, Hdt. 7.60). Épithète 
de iXàOeia (Pi. N. 5,17), xatp6ç (Pi. P. 8,7), iptefxiç 
(Hdt. 7,187), SiaiTa (Hp. Mochl. 47). Très rarement 
pour des personnes (PI. O. 3,12). Dérivés : àrptxaa. 
(Hdt., Pi.), personnifiée (Pi. O. 10[I1], 13); àTpsJcé-njç 
(très tardif). Verbe dénominatif dtxpocéw «être sûr. 
(E. fr. 315). Voir W. Luther, Wahrixeit und Luge 42-50, 
0. Becker, Das Bild des Weges 105-113. 

Ces termes ont été remplacés en atUque par àxpt&QÇ, 

àxLi6ciai. 

El. : Le sens de ces mots invite & poser la valeur originelle 
de . 'non tourné, *non tordu, droit, exact . et à admettre 
un composé de i- privaUf et *t:p*xoç, en rapprochant 
skr. tarku- « quenouille », lat. torques, voir sous «rpooeroç. 
L'absence de labio-vélaire tait difficulté pour rapprocher 
lat. torgueô, cf. sous STpoocToç, et Schwyze», Gr. Gr. 1,299. 
On pourrait penser que l'appendice vélaire a disparu 
devant u, d'après skr. tarku-, p.-ê. gr. "^xpocuç ou *Totp>coç, 
d'où *rpéxoç, àTpsxifjç. 

4Tp€}ia, ^Tpéiioç, voir Tpé|iO». 



arporr&virais : désig^nalion d'un Jeune Spartiate 
& la cinquième année de son éducation publi(|ue {IG \ 
1,278. !•' s. après). Kretschmer, Gl. 3, 191 1. 269 sq., 
a supp<Hé qu'il s'agit d'une graphie pour *&^7C(iviiatc 
«le garçon M>lid«> cf. â8p6ç. Volt «icote Becblel, Gr. 
Dial. 2,324, Blumenthal, HayehduMmU »^^rà'aalv« 
part Bourguet, Dialede laconien 117. 

àTpÛY«TOS> -«V : épithète fréquente de la mer cliez 
Hom.. de l'éther (//. 17,425, H. Dim. 67,467, Hés.); rare 
dans les chœurs de tragédie ou comédie (S. fr. 476, Ar. Guipes 
1521, Ois. 1338) ; dans AP 7,735 dit de la nuit, de la mort. 
Expliqué dans les sch. hom. par « stérile », de i priv. et 
Tpxry^ ; mais par « infatigable » «- &tpuToç rUez Hdn. 
2,284. 

JSf.; Les interprétations des modernes ne sont pas 
mieux fondées que celle des Anciens. Wecklein, Mûnch. 
Ak. Sb. 1911 : 3,27 s'inspirant d'une tradition ancienne 
pose *àTpueToç = «rpu-roç, coiniae à-rleroç ft côté de 
fifiToç, puis développement d'un 7 (î). 

Hypothèse saiis vraisemblance de V. Pisani, Rend. 
Ist. Lomb. 73, 193941940, 525-527 ; cf. Gl. 35, 1956, 58. 
Voir aussi M. Leumann, Hom. Wôrier 214, n. 8. Le sens 
traditionnel d'« infécond, slérUe » est satisfaisant, mais la 
structure du mot et son rapport avec -rpuyio» ne sont 
pas possibles. Serait-ce un arrangement métrique pour 
♦àrpuYijToç î C'est ,par hasard que TTjXiiYrtoç présente une 
finale semblable. 

Brandensl^n, JP*i/. Woeh. 1936, 62 sq. Ure le mot de 
TpûÇ, -Y^, «lie», -etc., et comprend «pur», etc., sens 
qui n'est pas attesté dans la tradition ancienne. Mais ce 
sens convient à la mer et è l'éther, et pourrait s'accorder 
avec une étymologie plausible de àçuoYerd;. Voir encore 
Steinhauser, Gedenksehrift Kretschmer 2, 154-156. 

ÔTTO : «papa» (Hom.), toujours employé comme 
vocatif, dans la bouche de Télémaque s'adressant à 
Eumée, d'Achille s'adressant à Phénix. Eustathe 777,54 
déclare le mot thessalien et 1793,12 dit que c'est le terme 
employé par un jeune homme, comme s'il s'adressait 
à son père nourricier. Au sens de • grand-père » «1 a ace. 
àtreiv à Thespies {ECU 1902, 306), et en aiicie {MAMA 
3,53). 

Sur "Atmc, etc., dans l'onomastique d'Asie Minewe, 
V. L. Robert, Noms indigènes 528-530. 

Et: Terme expressif qui s'oppose au mot noble de 
valeur juridique qu'est Tca-r^p. Le sens originel pourrait 
être « père nourricier » et le mot pourrait être à l'origine 
de àrtTiiUw, i4t(4XX<o (cf. Chantraine, Jî. El. Gr., 59-69, 
1946-1947, 244. Mais le terme a une origine indo- 
européenne, cf. lat. (Uia « grand-papa • (Ernout-Meillet s.u), 
et avec une flexion complète, hitt. allai, en germ. got. 
<dttt, etc., avec un «ufflxe, v. »1. otïeî. 



arra • 



Tivi, «TFK = STtvB, voir tiç. 



àrraYâs, -5 : m. (Hippon., Ar., etc.), imvYfyf, -^voç 
(Arist., Thphr., etc.), à-rcoenç, -éoç (0pp.) ; pour la 
formaUon en -âç de irrayâi; qui se retrouve dans des 
sobriquets, des noms d'animaux, etc., ,'oir Bjôrck, Alpha 



èiïïray&s 

impwwn 63 et 272. La forme oripnelle dii BMi, lOàHtt» 
par lee terivains aeienUflquee, est dcmrp^. Sens : < frao- 
eoUn», eqpèce 4e coq de bruytee, cf. Thdmpson, Binls 
8.V. DlmixiaUt Arweyii v dptov (gramm.). Autre dérivé : 
dbnvY^voc (Docio ap. Ath. 322 c), autre nom du vitamài;, 
imbaU«oMBt nne eqitee de thon, cf. Tbompeon, Fishes 
.19, mais aoMl L. Lacroix, Ant. CUu*. 6, 1937, 295; le 
poisaoa await été dtaraimé d'après l'oiseau à cause 
de sa eottleor (R. StrtHnberg, Fiieknamen 120). Les mss 
d'Atb. éwivent dtmrfRwâç, mais un suffixe -ïvoç est 
iwolxible, cf. xopooûvoc, ipuOpvvoç. 

Le grec tardif connaît des formes où la s^iabe iniliale 
est tombée, cf. vsrfi* (Suld.), ■vtcfn*^^'* (S"W. s.v. 
ésnarfâç), qui subsiste en grec moderne. 

Hacl). fournit une autre forme àTcocSuyàç • elSoç ôpvéou. 

M^: *WO«inue. Selon \œ:i. NA 4,42 le nom serait tiré 
duBfiiikl^Aiaaau. 

âTTOiCTiSi -oo • ™> *^^ '* variante àTtoxuç (LXX) 
«t &Tnzxoçm. (Aristeas, Ph.^ espèce de sauterelle. 

EL : InconaHe, Fait penser à àTréXoSoç ; voir Gil 
Fei«8«l«£. littedos 238. 

àTToXî^oiiCU : 7cXavcd(iai SuceXoi (Hsch.). 

Et.: Lobeck. Proleg. 147, fait du mol un dénominatif 
de à-nxXéç (avec gémination expressive t et en partant de 
la notion de jeunesse et de jeu qui est dans àtoXàç ?). 

ârrava : TtfftNH xod likaMÛç ô bn' otùrûw oxvmZô- 
(zcvoc (Hseh.). IMminutif p.-ê. dbrtavCS»; (correction pour 
dtrtaXlSeçl) • nXoocoiivTai:, Mpwnoi (ibid.). Dérivé en 
-t-njç, dtTTOvi-njç employé à Wlté de Trrrir*irrfi chei 
Hippon. fr. 26 Masson et glosé par TïjYOVtrTjç chez Hsch., 
cf. Masson, p. 119. 

Et: Obscure. Emout, Philologica 1,28 = BSL 30, 1930, 
92 rapproche <ùena, adtanm, atanuuiam, aieaiulus, coupes 
d'usage religieux, termes qu'il considère comme étrusques. 
Si le rapprochement est exact, les termes grecs devraient 
être considérés comme asiatiques, ce qui n'exclut pas 
nécessairement le rapprochement étrusque. Mais, en grec, 
il ne s'agit pas de coupes. 

l'i riM^^t'n C '• m. « petit morceau >, miette de pain 
(Ath.) eropi«yé au figuré pour « très peu de chose » (Gall. 
Ep. 46,9) ; cf. U glose d'Hsch. làTràpayoç • t6 èXâxioTov • 
ol 8i -càç tel t£*v âprtov çiXuxratvaî, ol Se Tàç xoXoufiivaç 

m. : Terme populaire sans étymologie. 

àYTcXo^os : avec une variante àrtéXeSoc; {LXX, 
Na. 3,17) «sauterelle comestible» selon Hdt. 4,172 (Hdt., 
Thpiir., etc.). Hscb. donne la glose àrteXiifiouç ■ dbcpiSt»;. 

Compose 6nrt)Ji66(fdtù4io<i (Com.). 

Et.: Terme vraisemblablement emprunté. Lewy pense, 
sans raison au sémitique {FremdivOrter, 17, n. 1), 
R. StrOmberg à l'égyptien {WorUtudim, 16). Cl. 
Gil Femandez, //wecfo» 237. 

àmiYÔS : ™- «bouc. {SI G 589,51, Magnésie du 
Méandre). Eust. 1625, 35 enseigne que certains Ioniens 
le mot. 



136^ 



Bt : Terme employé par les Ioniens d'Asie Mineure et 
p.-é. emprunté. Phrygien selon Arnobe 5,6. On n'ose 
conjecturer un juxtaposé familier de Arra et -i7y6; (cf. 
iff^m^uu, qT pa rqy é ç, etc.) = «le vieux chef >. 

ârrcoêoi : S ^|ûv 8iâCe<j6at. 'Epiuimoç 'AOijvâi: 
fovaïç (=/*•• 2) « iatà t^ç xpanéCi]; làv on^tiova &rzta6' 
htwo&v {AB 461,26) cf. Hsch. &rceodau - 8ti!^eo6ai 
<rdj|tova. Un dérivé &a\ixc est attesté AB 452, cf. Suidas 
s.u. ^xtfUi . . . aT)(U[ivei Se xol -rà Siaafxoc xol Sc&qipùv * xal 
dcTtcoôai 6 ^ttteiç SidcZ^eoOou. Les termes usuels sont donc 
Sià!^eo6tti (Nicophon 5) et Bla.ay.a (outre les lexicographes, 
Call. fr. 520, LXX). On trouvera les textes dans l'édition 
Pfeiller de Callimaqtie ad locum, et leur discussion chez 
Bliimner, Technologie 1' 143 sqq. Poli. 7,32 écrit : azf^aa'. 
TÔv OT^iiova T^ Ta OT»)(Ji6via xai Trpoçopeîoôat • oûtu yàp 
iXcyav ol "A-roxol th vOv Stâ!^eo6ott x«l -m SiâÇeoOat 
S" ÏOTVv èv oÙTT! T7) Xi^et 7tapaXa(i6av6ficvov • ô S' è^uçaî- 
ve6' t<rr6i;, ô 8è SiàJ^ETat (= Nicophon 5). Il apparaît 
que &TztaQcfi^ Sià!^e<i6at désignent la première opéraliou 
du tissage «pti consiste à attacher la chaîne au métier. 
Cf. aussi ë^aoTu;. 

Et. : "Arroiiai doit reposer sur *&x-yoyM\, ; SiAZoyjJ-i 
serait doue une forme analogique des présents en -^u/ 
-Ço(iai Quant à l'étymologie de ce terme technique, 
elle est incertaine. On a pensé à f,Tpiov chaîne (cf. Bechtel, 
Lexilogus 130 sq.), à l'albanais tnl, ini «monter la chaîne », 
voir Viiài. s.u. &tto(uci. 

'AttucÔs, -t), -6v : «d'Athènes», adj. dérivé se rappor- 
tant à 'A6^vai. S'applique en principe à des choses 
(drachmes, vaisseaux), rarement à des personnes, et à des 
femmes plutôt qu'à des hommes. Le nom du citoyen 
d'Athènes est 'A67;vatoç. 'Attixôç est employé avec une 
intention expressive ou plaisante, cf. PI. Lois 626 d, 
Ar. Ltf». 56, etc.; voir Chantraine, Êtades 113 sqq. Le 
féminin 'ATrtxyj {yr,) désigne le territoire. Dans le vocabu- 
laire des grammairiens à-mx6i; se dit de la langue, du 
style, des écrivains atliques. 

Dérivés : dbrudt^u • être du côté des Athéniens • 
(Th., etc.), « parler attique ■ (Eup., etc.), d'où à-rrixtotç 
(Luc), (iTT«tui(jtéç (Th., etc.), àtTOtior^ç (lamb.) ; 
l'adv. dcTTtxtOTt «en dialecte attique» (Antiph., etc.) 
et àTTtxTfjpGç «de manière attique » (.\lex.). Dérivés 
comiques 'Arrtxtwv « petit Athémen • (Ar. Paix 214), 
cf. Chantraine, Formaiion 165) ; 'ATTUt<ovïx6; (Ar. Paix 
215), iatt. sur AoxcAvixéç, mais avec allusion avec viy.r, 
qtii «eeoi^Mirte un iota long. 

Et. : Adjectif en -uc6ç tiré de 'Aôîjvou avec une gémina- 
tion de la dentale. II faut rappeler le fém. 'AtOî;, -iSo;, 
avec gémination expressive, les dérivés 'AtÔixà; (/G IV 
1,104) ou sans gémination 'A8ix6ç (/G IV» 1,102) et 
finalement 'A-rrucéç sans aspiration, mais avec tau 
géminé (Chantraine, Etudes 109). 

ÀTÛI^Ofiai : seulement thème de présent et d'aor. 
passif (Hom., iyr., trag.). Sens «être bouleversé, terrifié » 
généralement employé absolument avec l'accusatif (//. 
6,468), avec un infinitif consécutif {II. 22,474), avec le gén. 
TTeSCoio de sens iQmd^i/. 6,38, 18,7) mais le mot n'équivaut 
pas i (po6«oSu A «aoi il est parfois associé (cf. //. 6,41). 



137 



L'acUl à-zi^a .terrifier, ne s'obswve ip, i^jft, ^ 
Alexandrins «t ^t probablement secondaire. 

Dérivé tiré 4% yij»m4e PJ^'** i'^ ¥^'^^ <^" *' 
1057). 

m.: Benvenisle, M^m»» ^•#P3«W -MJfe^» •«■ Sap«r, 
Lohj. 12, 1936, 175 sq., «somparent hittite ftafolri- 
. terrible ». Mais on ne peut rapprocher ni *té«, ni *tïi 
dont le sens est tout différent. 

o5 • .d'autre pari., avec les nuances possibles .de 
nouveau ., ou . au contraire ., souvent combiné avec 8é ; 
ne se pl»ce jamais au début de la P'»?»""»" j"»"'; 
ion.-all.). ^«ÎP»**'^ W»"»» préverbe exprimant 1 idée de 
séparation dans la glose d'Hsch. oôxiTmv • <ivax«P"v ... 
(cf. sous yiWoLi). Combiné avec d'autres particules : 
«5-re (Hom., iEsch., une fois chez S. jamais en prose) 
avec STjÎTe ou S' aîSTC (Archil., Sapho) crase pour 8^ aôxe ; 
d'où aÙTip (équivalent de àrip) seulement chez Hom. 
et à Chypre (cf. C. J. Ruijgh, f élément achéen 29-5d ; 
aJOi' . en arrière, de nouveau, d'un autre côté . (attique), 
avec le doublet épique et ionien oOnç : aSeiç ne peut 
s'expliquer, et or. a rapproché aîktç de l'osque ouf.; 
e„ ce cas il n'y a pas de psilose dans oStiç, et dWiç 
devrait son aspirée à l'analogie de aSOi et aux adverbes 
en -0- • doublets dialectaux «îrrtv (crét.) et aùOtv 
(Rhct-'ium Bclon Theognosl., Can. 161,163) ; aSOe (thesso- 
lien JG IX 2,271) dû à l'analogie ; pour aÙTÎxa voir sous 
aÙT6ç. L'adverbe a5 peut se retrouver dans aû-côç mais 
c'est douteux. V. Schwyzer, Gr. gr. 1,629. 

Et ■ Un élément a5 marquant l'opposition se retrouve 
dans "lai. aul, autem, osque auti. Pour l'emploi comme 
préverbe marquant la séparation, cf. lat. auferô, anfugiô, 
cl Wackernagel, Sgnl. Vorl. 2,155-156. 

oùaîvb), aùoOioç, voir otSoç. 

aioJm : svnonvme de aiavr^ (v6«»ç) « consomption ., 
cf. soûl a5oç, dans un glossaire d'Hippocrale XIX, 86, 
1» K. Contamination avec «ïtro, cf. xop8«4^ ' Voir 
StrOmberg, Worlsludien, 100. 

oùvTi ■ f • lumière du soleil ., au pluriel « rayons du 
soleil . loule lueur d'un feu, etc. (Hom., ion.-all., fréquent 
en poésie; ; mais est également bien employé en prose, 
notamment pour la lumière du soleil chez Anst. Désire 
parfois, surtout en poésie, l'éclat du regard (S., E., Pi. 
B. 540 a). Dans le NT désigne l'éclat de l'aube et c est 
encore le sens en grec moderne. ^ ^ 

Dérivés : aù■rte^ • aux yeux brillants . (Nie ) ; ocuift^; 
Oteo-) m. nom d'une pierre précieuse (Melil. 206), CI. 
Beda'rd, Noms grecs en -tyjç 52 ; airl-cui t. nom_ de 
plante = àvo^yoC}Xiç f. *omK^ (Ps. Diosc.) ou iept-rtç. 
c -à-d . pimprenelle », cf. Redard, 70, SlrCmberg, Pflanzen- 
namen 25. Verbe dénominalif : ^ir{éLX.<^ et «WTaÇo(*« 
.voir clairement, discerner. (//. 23,458, S. Pft- 217) 
mais aussi «lancer un regard. (Hés. Trav. 478 Call.) 
ce qui va avec l'emploi de aùyt • regard . et confirme le 
lien dans la pensée archaïque entre la notion d« lumière 
et celle de regard, cf. Mugler, Terminologie o^mf 8;^. ; 
d'autre part « éclairer ., etc., ou au passif « bnjlff | {fe., « i , 



CUIVIf 

LXX, etc.) avec tOrftuty^t, virxKO^ «wyimneBMiit da 
soleil », vitrféaxufit * qui donne de la lumlèt« » (Or|A.) «a 
parlant de la lune (LXX), tomes à préverbe «HWtiH;» 
(NT), iuMfoic[t.6z (Plu.). Autres composte avec iv-, 
8ta-, etc. Autre dénominalif afrc^ •briller » fZJfjr;. Autres 
formes nominales & côté de tti-fh • ^^^ nom d'une chienne 
(X.), entre dans la série des noms féminins de personne» 
ou d'animaux en -<& ; une forme oSyoç (m. 1 ou n. T) se 
Ut chez Hsch. dans la déflniUon de fi<ic »« >« texte est 

correct. 

Il -existe d'autre part une quarantaine d'adj. composés 
en -auYTjç, -éç qui peuvent, mais sans nécessité, supposer 
un substantif neutre *a5Y0<:. Voici les plus anciens ou les 
plus notables : ivT0WY<l« (^r.). ««xurfiç (Arist., alex.), 
èÇauY^ « d'une lumière éblouissante . en pariant de neige 
(Rhesoa), xwxvauY^ «d'un noir brillant. (E., etc.), 
XuvaxuY^ç «à la lueur de l'aube» (Héracl.), |ieXavauY»iC 
.au sombre éclat. (E.), mpoMrfifi («■ Hom.), rriXauTr^ 
. qui brille au loin ., ou « qu'on discerne de loin . (Ph, 
Thgn., lyr., Irag.), mais «qui voit, qui perçoit de loirf* 
(Hp., Ep. 17,22). Enfin eûauY^ç parfois attesté comn* 
variante a donné phonétiquement naissance à une forme 
cùâY*? (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,203, n. 3, Bjôrck, Da» 
Alpha impurum 147 sq., Chantralne et Masson, Fest^chrifl 
Debrunner, 93, n. 18). Le sens est : .brillant, clair. (lU 
E PI) . que l'on aperçoit de loin. (Pi. i^oe. 7 b 41, avec 
une variante eôauY^C, «sch.. Perses 466, E.), enfin . qui 
aperçoit de loin . en pariant de la vue (Hp. Viel. 2,62) ; 
tous ces emplois se rattachent parfaitement à ceux qrfe 
nous avons définis pour aùfii ; sur le difficile oTféa qui 
qualifie xùxXov et s'applique au soleil, Emp. fr. 47, 
voir Chantralne et Masson, I.c. On rattache à eùaT^ç 
l'hapax e6aYï)T0v (çiioiv), dit des Nuées brillantes (Ar. 
Nuées 276) cf. BjOrck, l. e. ; mais certains ont traduit le 
mol par . ductile . en le rapprochant de ii^oiutt ou de 

Quelques adj. techniques tardifs sont en -corf^ . 
«ÇouYoç (Porph.), np6aauYoç (Psell.), iteplotuyoç (P». 

Arist.). ^, ., , 

El. : Obscure. Afrrt devrait être un nom d'action répon- 
dant à un verbe qui aurait disparu. On a rapproché alb. 
agéj ' taire jour >, agume « aube .. 

aiibri : t. « voix humaine . (Hom., poètes), distinct de 
otovTi qui se dit aussi des animaux et surtout de (fftàrcfWi 
Tson . (voir ces moU) ; désigne des paroles, un récit, un 
oracle, parfois un chant ; c'est par métaphore que le terme 
est employé pour la «voix, de la corde, d'un arc {Od. 
21 411) de la trompette (E. Rh. 989). Voir Barlonek, 
Storn Pr. Filosof. Fakull., Bmo 1959, 67-76. Composé : 
SvauSoç .sans voix. (Hom., etc.). On admet parfois 
une forme aCS*» au gén. ocC8oK chez Sapho 1,6, mais cette 
leçon n'est pas acceptée par L.-P. 

Dérivé : aôS^eu; • qui possède une voix humaine .( Hom.), 
noter Ovirrol aû8^ev«ç opposé * <l6<tvo«oi Hés. Th. 142 
variante ; et à propos de Clrcé et Calypso Belx: orMijcooa 
lOd 10 136 etc.) une déesse possédant le langage humain 
par opposition à celui des dieux ; ou même emploi à propos 
du cheval d'Achille (II. 19,407). 

Verbe dénominalif a{)8&o> ' parier ., parfois employé 
avec l'accusatif de personne, adresser la parole à quelqu'un. 
Tient une grande place à l'imparfait T,S8a. notamment 



aâSi\ 



— 138 — 



av«c 1*8 préverbe» âÇ-, noep-, i«t- et surtout TSpoo- dans 
le voci Salaire homérique des formules introduisant les 
répliques d'un dialogue. Plus rare cbez Hdt. et dans la 
poésie postérieure mais avec des emplois nouveaux, 
avec l'inf. • ordonner de », au passif «se nommer ». Autre 
dénominatif aù8à!^otua, aor. eeùSiiÇaoOai et ccùSàaaoOai 
(Hdt., puis Call., Lyc.) « se faire entendre, appeler ». Sur 
l'emploi de où*^ «* otôWoj chez Hom., voir H. Fournier, 
Verbe» dire, noUmment 229 sq. et R. Ph. 1946, 30-68 
pauim; enfin Ruijgh, Ëlimenl achéen 149-151 qui 
considère le terme comme achéen, cf. Bartonek. l. c. 

Et.: A l'intérieur du grec le rapport avec ixiSiù est 
évident, encore que le détail de l'alternance ne soit pas 
clair. Un vocalisme zéro 'ud- est attesté dans ùSéo, voir 
s.v. En revanche ni yoSév ■ YÔijTa ni yoSav • xJteieiv 
Kiiitpioftoù Latte corrige yoôvai) chez Hsch. ne permettent 
avec Solmsen, Untersachungen 81 de poser /b86v et Fo^m. 
II n'y a guère à tirer non plus de la variante de aùSiQeaoa, 
oûSTJeoaa dans Od. 5,334, 10,136, cf. s.v. o58aç. Cf. dteCSto, 
àr,S<!y^, etc. Hors du grec on rapproche une série de termes 
skr. qui reposent sur 'ved- : vàdati « parler », avec participe 
ud-iià- ; aussi vocalisme long dans skr. vâda- « appel », 
V. si. vada « calomnie », v.h.a. far-wâzan « nier ». 

aùcpûu, voir sous èpû<o. 

aùdaSi^s, -s; : « qui se complaît en lui-même, qui ne 
fait que ce qui lui plaît, arrogant» (Hdt., Hp., JEsch., 
l'I., X.); adv. aùôàStoç (Ar.). Dérivé aùOaSeuc «arrogance» 
(PI. ft. 590 a, etc.) qui est la forme attendue avec le doublet 
aùÔâSia {lEseh. Pr. 79,1034, S., Ar.) ; pour la confusion 
de suffixe, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,649, Cbantraine, 
Formation 88). A côté de aô6a8i)i; l'hapax »o6â8txôç 
(Ar. Lys. 1116) est peut-être un terme plaisant. 

Verbes dénominatifs : aû6oc8lî;o(xat (PI., Them.) avec 
le dérivé aùôâSiCTfxa (ffisch. Pr. 964) ; et aû6a8eiâCo(iai 
ou -(a!^o|xai, directement tiré de aû6à8eia ou otûOaSta 
(J., S.E., grec tardif). 

Aù6à8r)ç, aûOiSeta « insolence » subsistent en grec 
moderne. 

Et.: Évidemment composé de «ùtôç et du timne 
sigmatique apparenté à àvSàvto « plaire », lîSo;, lequel 
n'est d'ailleurs attesté qu'au sens de « décret », etc. Il faut 
admettre pour expliquer l'a long de aù6àST)ç que aÙTO- 
fdSTjç 8'esl contracté en attique suivant le type attique 
de la crase oa>â (cf. Lejeune, Phonétique 296). A.D. 
Pron. 74,9 (cf. Hsch. s.u.) cite une forme ionienne aùzùSr,c; 
caractérisée par une contraction de type normal et la 
psilose. 

aù0cvTT]5, -ou : m. c auteur responsable » (cf. Et.), 
notamment auteur responsable d'un meurtre (Antiphon 
3,3,4 ; 3,4,4, etc. où il s'agit de la victime ! Hdt.). Le mot 
est attesté chez Th. 3,58 rcopà toïç ouiôévratç. Dans la 
tragédie, toujours avec une valeur expressive : E. Andr. 
614 Pelée voit dans Ménélas la « cause » de la mort d'Achille, 
et aùBévTjjç est employé avec le génitif *AxiX>iû)ç. Emploi 
au sens de « meurtrier » (S. O. H. 107, Et. 272 [noter dans 
les deux cas la graphie analytique aù-roévTTjç] ; E., etc.). 
Tel peut être également le sens dans deux passages d'jEsch., 
Eu. 212, Ag. 1577, où le terme est épithète de çôvoç, ou 
de Odtvarot, que l'on entend généralement « meurtres 
domestiques », ce qui serait une déformation littéraiw du 



sans propre. Autre déformation du sens propre dans la 
glose des An. Ox. 4, 180 aùOivrjjç ■ 6 èseu-iw àvotiptov. Le 
sens propre du terme est «cause d'un meurtre, donc 
meurtrier », v. Chantraine, Aphieroma Triantaphyllides 
89-93. Du point de vue de la forme, on observ* que le s 
deux ex. de S. présentent le terme sous la forme aùOoévTTjç, 
cf. Et. 

ÂùOévTi)ç s'observe d'autre part à date généraleinoiit 
plus tardive au sens de « qui est cause », d'où i maître *. 
Premier ex. E. Sappl. 442 : S^ixoç aû6évT7)i; x^ovéç {m* 
a corrigé à tort eùôuvnrjç). Plus tard « auteur de, cause (Je » 
(Plb. 22,14,2, D.S., etc.), qui a donné naissance au sens et 
■ maître », peut-être attesté chez E., fréquent en tout cas 
dans le grec byzantin mais qui se trouve condamné par 
Phrynichos 96 : AûOévrrjç (iijSéTTOTe XPÎ*'?) ^''^ "^0" Searcôttw 
wç ol nepl "rà Stxacrri^pia f 7)Topeç. C'est au sens de « maître » 
que oùOévnji; a fourni des dérivés, tous tardifs. Nom 
d'agent féminin isolé : aûOévTpia = xupla (Lydie, 
Keil-Premer#«iD, Ztmttr Berieht 142). Nom d'action : 
aùôsvrta « p«ttv«ir, autafité' [LXX, inscriptions, pap). 
Adjectif aùôrrcix^i; : set*t:«Uins les papyrus d'un contrat, 
d'un reçu, d'un testament qui fait autorité, dont In valeur 
est certaine, d'où authentique, etc. 

Deux verbes dénominatifs : aùSevréu < avoir pleine 
autorité sur» {NT, Pap.), avec le dérivé aùOévnjtia ■ 
aactoramentum (Gloss.) ; et aùOevrCÇto éprendre en main, 
commander à » {BGU 103,3). 

Ce terme aùOévr/); au sens de « maître, seigneur ■ 
apparaît dès l'époque byzantine sous la forme àçév-rf,; 
dans le grec vulgaire ; le rapport entre les deux formes 
est certain, mais discuté dans le détail. 

AôOévnji; a été prononcé àpOévTfjî, qui est passe à 
àçévTjjç soit phonétiquement, soit par quelque analogie 
(Siotqjevreûto) cf. Hatzidakis, Meeraitovtxà xal NÉa 'EXX. 
1,326, J. Psichari, Mélanges Havel 387 sqq. ; le lertiie 
a (oumi des dérives et est passé en turc sous la f«rrac 
effendi. Sur le grec tardif voir Dihle, Gl. 39, 1960, 77-83. 

A l'origine de cette histoire se trouve un vocable aùOévrr,; 
qui signifie à la fois « meurtrier», et à partir d'une certaine 
époque, « qui est cause de, qui est le maître ». A moins 
d'admettre qu'il y ait eu deux termes, ou accident par 
étymologie populaire (cf. Et.), il faut supposer que le 
terme originel qui sert de lieu géométrique à ces deux 
emplois, évidemment composé de aÙTÔç, signifie : « celui 
qui réalise par lui-même », donc : 1) par un détour d'euphé- 
misme ou par une spécification juridique : «cause d'un 
meurtre, meurtrier ». Les emplois d'Antiphon. malyré 
les glossateurs, ne déterminent pas du tout le sens de 
« suicidé », mais celui de : « qui est cause du meurtre ». 
L'emploi occasionnel chez les tragiques pour les meurtres 
commis à l'intérieur d'une famille ne concerne pas le 
sens essentiel du mot ; 2) D'autre part, le composé a 
pris, surtout à partir de l'époque hellénistique, le sens 
de chef ayant autorité, etc. 

Et. : Le sens du mot, l'existence chez S. de la forme 
écrite aÙToévrrjç, la glose d'Hsch. crjvévnjç ■ ajvepyâ;, 
conduisent à reconnaître un composé de aÙTiSç signifiant 
« par soi-même, de sa propre initiative » et un second 
terme *êvT»)ç « qui achève, réalise », apparenté à àvjoj 
(voir ce mot). Une influence de tklvu qui aurait facilité 
la spécification au sens de meurtrier (Fraenkel, Nom. 
agentis 1,237 sqq.) n'est pas impossible, mais peu v»»i- 



139 



semblable. Moins rraisemblable encore est l'idée de 
Kretschiner selon qui deux mois *aô-K)-0évTijç (de Oelv») 
et aÛT-êvT»jç se seraient confondus {Gl. 3, 1912, 289-293). 
Voir encore, outre l'article de Pslchari cité plus haut : 
Gernel, li. El. Gr. 22, 1909, 13-32 ; Zucker, Silzungsb. 
Leipzig, PhiM. hist. KL, 117 : 4, 1962. 

aSOi ,• « là même, sur-le-champ » (Hom.). Les poètes 
lanlifs (Call., etc.) ont employé le mot au sens de (x58iç. 
Composé «ùeiYe^rfiç (B., Hdt.). ..a 

Et.: Issu par superposition syllabique de oôrWi 
(Meillel, MSL 20,106 sqq.). 

cwîax<H> voir lâxn, ^«X»- 

aSXol, ace. &>J'.a, riXixâ, «XoÇ, etc. : Ces formes 
diverses apparentées entre elles désignent le « sillon ». 

La seule forme hom. est ace. s. ÙXxa, ace. pi. ôXxaç 
(// 13 707, Od. 18,375). Pour //. 13, on a pensé avec vrai- 
semblance que xarà ci>jca avec un hiatus peu acceptable 
recouvre un ancien y.a-' àoXxa (de xclx' àfoXxa) et cette 
lecture est également possible en Od. 18,375. Les formes 
iiXxa, wXxaç sont reprises par les poètes alexandrins. 

A5>.a| est la seule forme employée chez Hés., Hdt., 
Pi!, cf. liés. Tr. 443; Hdt. 2,14, etc. AiSXaÇ a donné 
iiai'ssjmce à divers dérivés : outre aûXaKiov, aùXaxcôSr.ç 
el aùXa-xôci; tros tardifs, le dénominatif aûXaKi^^to . tracer 
des sillons» (''r»t>"- l-yr., pap.), avec aùXaxto|i6ç ; enfin 
des composés comme aùXaxepTâ-nr,; (AP), aùXaxoTO[ié<o 
:S.K.). — De auXaS a été tiré avec aspiration de la dorsale 
aùXâyâ • 7) ûwk; (Hsch.). 

Une forme lacoiiienne avec une prothèse différente figure 
dans un oracle (Th. 5,16), ainsi que le verl»eve#rre»pondant 
àpyupÉa cùXâxa eùXaÇeïv. 

Cesl éiralement au dorien que les glossat-eurs attribuent 
ÛXa- i.EM 6-25,37) qui se retrouve chez A.R. 2,396, dans le 
composé ôixtiXaxcç. H serait imprudent d'attacher trop 
dimportance à la glose d'Hsch. ôXoxeûç (corriger 5Xo-«ç 1) ■ 
aWaxcç qui peut être gravement gâtée. 

II existe enfin une forme àXo^ « sillon ., seule forme des 
tragiques, attestée aussi chez. Ar. (parodie du style tra- 
srique ?) à côté de oluXo-I- Ar. emploie une fois àXox.iÇco 
{Giiêjie:! fjdi inélaphoriquement. 

Les deux termes aCXaS et fiXo^ s'emploient métaphorique- 
ment pour le trait d'une blessure (E. IIF. 164, etc.), 
d'un stviet qui écrit (Ar. Th. 78-, ; fiXoE désigne d'autre 
pari dans la tragédie le sein d'une femme (S. O.B. 1211, 

E. Ph. 18). . T-, r 

Des deux termes principaux aSXa^ et àXoÇ, c est aùXot^ 
qui est le plus usuel, a subsisté dans le grec tardif, puis 
en grec moderne sous les formes aùXàxi et aùXaxiâ aux 
sens^ de ■ sillon, rigole, cannelure, rayure •, etc. 

El.: Le rapport entre ces divers termes est dilTlcile 
à fixer de façon sûre. On part d'hom. ace. &\Ka. où l'on 
retrouve *a-5oXx.a. Avec la même prothèse et un vocalisme 
différent, on pose *a-f Xax- qui aboutit à aîSXaÇ. Avec une 
antre prothèse *â-f Xax- et la flexion en -5, on a le dor. 
eiXàxâ. La glose ^iXa^ peut résulter d'une contamination 
de hom. tù).xa el a'j)jïE. 

1 a forme poétique fiXo; paraîl plus difTicile. On interprète 
par une métathèse de àoXx-. Ces variations compliquées 
■^wuraient s'expliquer par le caractère technique du mot. 



avk*\ 

II faut ajouter, en ce qui concerne odSXotÇ, que Pisani, 
IF 53, 29, détache ce mot de «XoÇ,.«tc., et y volt un dérivé 
de aiXôç, cf. «ôX«iv, etc. Il peut y «voir au molna une 
Influence par élymologie populaire, cf. l'emploi de a5X«Ç = 
» aqueduc » (JG XIV 453), et le sens de aôXâxi, etc., wi 
grec moderne. 

On rapproche lit. velkù, v. si. vlëkç, av. vank- «tirer, 
donc 'welk: Le rapport que l'on a essayé d'établir avec 
'aelk- de Bumù, etc., suppose trois structures radicales 
possibles 'wtlk-, 'swelk- et 'selk-. 

aôXrj : «cour, enceinte d'un palais, d'une ferme, 
dune maison, d'un sanctuaire », parfois « parc pour des 
troupeaux» (Hom., ion.-att.), plus généralement «gîte», 
lieu où l'on passe la nuit en parlant d'animaux ou 
d'humains (S. Ani. 786, 946, Ph. 153, etc.). 

Dit chez Hom. ou iEsch. de la cour du palais de /eus. 
Plus tard de la cour d'un monarque (Mén., Plb., etc.). 

Composés : aùXr) a fourni un nombre appréciable de 
composés thématiques en -auXoç, par exemple : SypauXoç 
. qui passe la nuit dehors » (//. 18,162, Hés., poètes) avec 
dcYpauXio) ; SpôxauXoç • vivant dehors comme un serpent » [?] 
(S.) ; gvauXo; « qui «éjourne, sglte à l'air . (E.), • au gtte » 
opposé à eopaîoç (S. Ph. 158), ou avec une fonction 
différente «séjour. (Hés., E.) r^TtauXoç et gTtauXov «parc 
à bestiaux . {Od., S.), - séjour . (iEsch., S.) ; O'ipauXoi ' 
TÛv TtoiiJLÉvuv ol àTOXoiTot (Hsch.j, d'où e-jpauXéw 
. coucher dehors . (PL, etc.) ou « passer la nuit à la porte t 
(Plu., etc.) ; TOxpauXoç « proche » (S. O.C. 785, Aj. 892 
mais voir Kamerbeek ad loeum) ; oïlvauXoç « séjournant 
avec . (S.), etc. Sur (iéaauXoç (-ov) et (iérauXoç voir s.w. 
Verbes composés avec aûXo- comme premier terme : 
a-iXoCTTaTéoj ■ établir une ferme . (Schwyzer 197, Crète), 
èvauXooTa-céto «établir un parc à moutons» (SI G 685, 

Crète). 

Dérivés : aûXeioç « de la cour », épilhète de O-jp»!, 
îTÛXai (Od., ion.-altique), la forme du suffixe peut-être 
analogique de Ipxeioç ; avec un suffixe différent aùXaîoç 
(LXX) ; el le substantif aùXota f . • rideau ., notamment 
employé pour fermer un portique ou au théâtre (Uyp., 
Thphr., Mén.) sous la forme aùXsta (Schwyzer 74, Andanie). 
D'un thème aùXio- on a un substantif neutre aûXiov 
« "ite ., d'où, diversement, étable ou parc pour du bétail 
(H. uèrm. 103, E., X.), gtte de Philoctèle (S. Ph. 19,954) ; 
et un adj. assez tardivement attesté aûXioç qui concerne 
le parc à bétail (A.R.) ; enfin deux gloses aùXta Bùpa • 
TOjXtôv (Hsch.) el oùXta • ÊnauXiç ^ \ (iixpà aùXif). En outre 
quelques composés : àTtoùXia pi. n. « nuit passée par le 
fiancé avant le mariage . (Poil. 3,39), ÈTrauXiov « gile . (Call. 
fr. 263), 'ETtauXtT) épilhète d'Arlémis (/G XII 8,359), 
enfin èTraùXia n. pi. les jours ^ui suivent le mariage (Poil. 
3,39, etc.), àypauXla « service en campagne » (D.H., etc.), 
sûoauXta « mauvaise nuit en plein air. (ffisch.), OupauXU 
♦ fait de dormir dehors », (iovauXta • célibat » <PL Loi* 721 d, 
terme expressif, hapax), ôfiouXla . union, vie commune » 
(iEsch. Ch. 599), ouvauXta (Arist.), même sens. Ces 
composés se trouvent dans une certaine mesure en parallèle 
avec les composés en -auXoç. 

Autres dérivés : aùXÎTTjç « garçon de ferme, métayer » 
(S. fr. 502; A.Ft. 4,1487, les mss présentent la variante 
aù>xîrï)ç) ; chez Hsch. aùXïi-njv est une taule d'iotacisme ; 
aùXiàSeç, nymphes qui protègent le bétail ou qui vivent 



dehors (?) (A. Pi. 4,291) est tiré 0» wSKem;, cf. xpijviiScç, 
Certains termes tardifs ne sont attettés que dahs des 
emplois particuliers : le diminutif at^8«ov srotJiaterfptaîov 
est une variante de TroXaiorptSiov (Thphir. 5,9) ; l'adj. 
oùXtxéç ne se dit que de la cour d'un prince (Plb., etc.). 

Un doublet de aùXif) est constitué par aSXtç, -i8oç 
f. a lieu où l'on passe la nuit en plein air », bivouac d'une 
armée {II. 9,232), gite d'oiseau {Od. 22,470), encore attesté 
H. Herm., E. CycL, Gall., avec ëTtauXtç, -«aç f. «parc 
à bétail» (Hdt.), «bivouac» (Plb.), etc., cf. aùX£Ço(xai. 

Verbe dénominatif aùXti^ofioti, qui peut être directement 
tiré de aùXïj, mais a dû être senti comme en rapport 
particulier avec aSXiç. Attesté depuis VOd., en ion.-atl., etc. 
Sens : « passer la nuit en plein air », employé en parlant 
(Je bétail, de troupes qui bivouaquent, etc. Composés avec 
les préverbes èv-, ère-, xaT-, reap-, etc. Rares noms 
verbaux tous très tardifs : aOXiajjta, auXiciç ; enfin chez 
Herm. et Aq. aùXicmrjpià* désigne un emplacement el 
sort de nom de lieu. 

Tous les termes qui se groupent autour de aùXTj se 
rapportent à l'idée centrale 4e « passer la nuit à l'air 
libre », y séjourner, d'où les applications particulières de 
parc du bétail, campement, gîte, cour (cette dernière 
notion s'appliquant finalement à la cour d'un prince). 
On remarquera les termes [zovauXta, ôfiaoXCa qui par 
un développement particulier se rapportent à la vie 
en commun, au mariage. 

Aù'kt; subsiste en grec moderne. 

El. : aùXr), a5Xiç sont Oes dérivés en ; du thème qui 
Usure dans iaùto « dormir, passer la nuit » et qui se retrouve 
dans arm. aœ-t' « gîte », ag-anim « passer la nuit » (voir 
sous îaûwi. On a cherché à retrouver le thème en l dans 
lokh. A olar « compagnon » (Schneider, JF 57, 1939-40, 
199). L'ensemble de ces termes peut être associé à éceaa 
jvoir ce mol;. 

aùXT)pa, voir euXT,pa. 

auXiç, voir aùXr,. 

aùAoç : m. « tuyau » creux et allongé, s'emploie dans 
diverses significations techniques {Hom., ion.-att.) : instru- 
ment de musique, chalumeau avec une anche double 
battante (on traduit « fiùte «i : souvent employé au pluriel, 
l'instrument étant généralement constitué de deux chalu- 
meaux : en outre tube d'une fibule fOd.J. tube où s'enfile 
le plumet d'un casque (//. cf. plus loin aùXôJjtiç), tube 
d'un soufflet (Hp.), d'une clepsydre (Arist.) ; employé 
au figuré {Od. 22.18) d'un jet de sang. Sert dans divers 
vocabulaires techniques pour désigner p. ex. l'évent des 
cétacés. Autre nom du coquillage au>Xr)V = « couteau ». 
Enfin nom d'une espèce de ciguë, cicuta uirosa. 

Divers composés : àvauXoç • sans flûte » ; SiauXoç aller 
ol retour dans le stade, vu comme un creux allongé (le 
simple aûXôç pour le stade chez Lyc), composé de 8i- = 
deux, mais E. Tr. 435 StouXoç composé avec Sia- = 
• passage»; enfin SiaiiXiov «intermède de flûte» (Ar.) ; 
SoXlyauXoç « à la longue douille . (Od.); êvauXoç « lit d'un 
torrent» (Hom.> el d'après un autre sens de aùX6ç «qui 
résonne, qui est connu comme un air de flûte » (ion.- 
att.) ; p,ovauAOÇ ; ônocuXoç qui s'accorde (S. O.R. 187) ; 
oùvauXoç : çtXauXoç ; etc. 



AùXo- figure comme premier terme de composé dans 
oBiXo86)0() ; -TTOiôç, •^lîa, -Ttoiutifj ; otùXtpSdç ; aùXtoSia ; 
aùXqiSixiç ; enfin aùXâicu; épithète de TpuipàXsia « casque » 
chez Hom. ; pour la forme du second terme, cf. aùXcùirô;, 
mais le sens du mot est lort obscur ; on a compris soit 
« au tube allongé » (d'où sort le panache), soit « aux 
quatre pointes » (en liaison avec TpuçdtXeia), « soit à l'étroite 
visière », à l'étroite fente pour la vue (avec un sens plein 
du second terme -<0Jciç qui est un féminin de composé 
en -tùTroç, cf. npàatùmrv, etc., et Chantraine, Formation 
257), voir Krischen, Philol. 97, 1948, 184 sqq. ; Trùmpy, 
Fachausdrucke 44 avec la bibliographie ; à côté de aùXÛTciç, 
existent les masculins (iùXa>it6; (0pp.) et aùXoiTrtaç, -ou 
(Archestr., Arist., etc.) qui désignent un gros poisson 
caractérisé par une certaine disposition des yeux ; l'identi- 
fication est douteuse, mais Aristote le rapproche de 
l'àvÔiaç, sorte de loup (voir Strômberg, Fischnamen 41-12, 
Thompson, Fishes 20, qui croit à une sorte de thon). 

Dérivés : diminutifs : aùXttncoç « petite flûte, tube », etc. 
(Thgn., S., Arist., etc.) ; aùXlSiov (tardif). 

Adjectif dérivé aùX*>^Ç. * pourvu d'un tube ou de tubes » 
{lEsch.). 

Substantif dériy.é : oçyXûv, -wvo; m. t. (pour le suflixe, 
cf. Chantraine, Formation 164) tout lieu en forme d'aùXôç, 
donc : « vallon creux », p. ex. à propos de la gorge du 
Pénée chez Hdt. (H. Herm., Hdt., Ar., etc.), « tranchée, 
canal» (Hdt. 2,100, ffisch., X.), «détroit» (iEsch., S.), 
«conduit en général » (X.), avec les dérivés, dimin. aûXu- 
vbxoç (Thphr.), aùXuviàSeç vùjiçai « nymphes des gorges 
et des vallons • (Opp.), cf. xp7)vià8cç, AûXuveùç épithète 
de Dionysos (inscr. attique) ; enfin le dénominatif aiXtovîÇto 
dans la glose d'Hsch. aùXcùvtî^ouoa ■ èv aùXûoi Sukyo^iax.. 
Hsch. fournit un dérivé qui se rapporterait au sens général 
de conduit aûXi^ • çXéi);. Pour la forme on rapprocherait 
aùXCÇai • oxaSiâoai (corr. pour crraatdcaai;, Spxtictv 
(Hsch.) qui pourrait faire penser à aûXôç et SiauXo; 
« double course ». 

AûX6ç « pipeau, flûte » a donné naissance à un verbe 
dénominatif aùXéoj « jouer du chalumeau, de la flûte » 
(Alcm., ion.-att.) ; d'où les dérivés : noms d'action auX-rjotç 
(PI., Arist.), a5Xï)ixa (PI., Ar.) ; les noms d'agent aùX7)Tif)p 
(Hés., Archil., Thgn.), et plus usuellement aùXi]TT)ç (ion.- 
att.), avec les féminins tirés de aùX7)T7)p, aùXT)Tpi; (ion.- 
att.) et l'hapax aùXT)Tpta (D.L.). Diminutif aùXT)TptStov 
(Com., etc.). De aùXitiTTjp a été tiré aùXiQ-nipta • aùXûv 
6^X1) (Hsch.), et aûXiTt7)piov • -rénot; :Tapà Tapavrlvoiç 
(Hsch.). Une glose d'Hsch. fournit un verbe obscur et 
p.-ê. expressif aùXcùXâÇetv • t6 oupiÇciv 8ià tûv SooctjXcùv. 

Cette famille de mot se rapporte à l'idée de « tube, 
conduit », mais le terme qui a pris de l'importance 
est aùX6ç et ses dérivés proches, avec la valeur de 
« chalumeau, flûte », ce qui est encore le sens en grec 
moderne. On notera l'homonymie de certains composés 
de ocùXéç et de aùXT]. 

Et. : L'indo-européen fournit des correspondants exacts 
malgré la diversité des emplois, dans lit. aûlas m. k lige de 
botte », norv. aul, aule « tige de l'angélique » ; avec méta- 
thèse lat. aluus (cf. Ernout-Meillet s.v.). Avec une forma- 
tion un peu différente : lit. aulQs «ruche » (originairement 
la cavité de l'arbre où s'installe l'essaim), v. si. ulîjî, etc. 
Voir Pokorny 88-89. 

On a observé les deux couples parallèles aiikàç et xauXôç, 



— 141 — 



aSot 



lit. aiiia* «t kàulat. S'«glt-il d'un hasard ou d'un procédé 
de f^matioa ) 

a5|w, oiÇivtt, à£Çw : Groupe consUtué sur deux 
thèmes radicaux en alternance. 

AOÇ» est usuel durant toute l'histoire de l'ionlen-atUque 
et de la koiné. Sur les impéraUfs Urdifs oCÇi ou oBÇat, 
ai5k<o voir Schwyzer, Gr. Gr. 1,804 et 842. Doublet 
aù'=àv<o (ion.-att.) ; sur la foncUon du sntOxe-ém marquant 
l'aboutissement du procès, voir Vendryes, Fuhehrifl 
Wackernagel 265 sqq. Fut. otôÇ-fjo» (aûÇavû dans LXX), 
aor. peu fréquent 7iÛÇT)oa, pf ■ ^lO^Tlxa ; formes passives 
parallèles tiô^^ôtiv, etc. La seule forme homérique est 
àtla (cf. Et.), cette forme se trouve une fois chez Hdt., 
deux fois chez les trag., puis chez les poètes alexandrins 
qui utilisent également f. àtli,aià, aor. ié^-rjoa, etc. Sur 
le thème de àéÇco, un anthroponyme mycén. auxkaeu 
(Cliadwick-Baumbach 167), aoriste passif tardif ïiuÇuveT)V, 
d'un présent aiiÇùvw ffisop. 51. Sens : .augmenter, 
accroître»; au passif : .s'accroître, devenir plus 
puissant », etc. 

Combinaison de avJÇo, aOÇdcvo, àéÇcù surtout avec les 

préverbes êv-, h^-, êÇ-, t«P-. «?<»»-. °^' ^'^P'' "** 
préverbes se retrouvant également dans les dérivés nomi- 
naux correspondants. 

Dérivés nominaux : Noms d'action : aOÇYiatç consUtué 
avec un élément ê (ion.-att.), d'où Aù^iQota déesse de la 
croissance (Hdt. 5,82; IG V 1,363); ocSÇrilxa (Hp., E 
rare), aÛÇf) préféré par PI., soit formation originale, soit 
tiré d'oû^7)oiç. Sans le morphème ê : a55^. -e<»Ç «st très 
douteux, cf. Hsch. s.v. oeC^iQv. 

Le nom d'agent aiÇY]T^ç est très Urdlf et rare, de même 
que l'adj. verb. aù^T)-r6<;. Mais on a à partir d Hp. et 
Arisl. ocù^T]Ttx6ç, soit au sens intransitif . qui croit », soit 
au sens transitif . qui fait croître ». 

Autres adj. aô|7]p6(: leçon douteuse (Nie. Aiex.JSS), 
et aO^^tixoç « qui croit » ou « qui fait croître . (Hp., .Œisch., 
X ) proche par le sens de à<péXi(iOi;, Tp69i(xoç et qui doit 
être tiré directement de aOÇr) (Arbenz, Die Adjtktive aaf 

-iixoç 50-52). ,. ,.. 

D'autres dérivés de signiHcalion un peu particulière 
sont tirés du thème aù^ : Ai^ci, avec le suffixe des noms 
propres léminins « déesse de la végétation . (Paus., Poil.) ; 
enfin aùEt;, -tSoç f. «le petit du thon, (Phryn. corn., 
Arist., HA 571a, qui explique le mot) cl. Strômberg, 
Fiichnamen 127. 

Le thème de aCÇu figure dans des composés tardifs 
comme premier terme,. sous la forme aùÇt- : auÇiaTH^oç 
(Hsch.), aôÇt-rpoçoç (Orph.), etc. ; ou oûÇo- dans «uÇo6loç 
(Cat. Cod. Astr.), «i5oK«i6«o, «ùÇo^Uaiç (Ptol.). Quelques 
composés avec àcÇi-, cf. àeÇl-YUioç (Pi.), -çuXXo« -ffiach.). 

iJf • aSÇcû et à(/^)éÇo> présentent un thème alternant : 
thème X •».eu-ff->aÛY-; - thème II y^eg->i{f)rr- 
(même alternance que dans (iX>rf)/aiÇ<o), affectés 1 un et 
l'autre d'un «p. ê. désidératif, qui n'étonne pas dans un 
thème comportant ce sens. Hors du grec on a laUn aageôet 
avec le morphème a, atucilium, germ. got. aukan, etc., Ut. 
àuali, et, avec le s, àukila» . haut .. Un thème nominal 
en s est attesté dans lat. augur, auguslus, skr. àjaj-Aoot 
le vocalisme n'est pas nécessairement ou. A à(/^)i^o> 
répondent got. wahsjan, skr. vakfàgati, etc. Le skr. a un 
vocalisme zéro dans les participes likjani-, akiamoM-. 



Cette racine s'est prêtée en laUn et en indo^raoiUi 
à prendre une valeur rell^euse et juridique, cf. lat. augm', 
augutttu, audor, etc., skr. ôjai- et voir pour ce demiihr 
terme Gonda, AneUnt-Indian ojas, 1952, 77 sqq. 

oSoSf «û«iv«. etc- : Groupe exprimant la notion de 
« sécheresse ». 

Afioç (Hom.), aUoi (attlque), tsec » en parlant de bois, 
de peaux de bœuf desséchées, etc. ; on remarque chez 
Hom. l'emploi de aîloç pour désigner un bruit sec (de 
même que xapçoOéoç), rapproché par jeu verbal (cf. sous 
alita 2) de aSe, éioe (cf. en lat. fragor aridus, sonua aridus) ; 
autres emplois méUphoriques : « tremblant » (comme une 
feuille sèche 1) à propos de vieillards (Ar.), ou de personnes 
qui ont peur (Mén.). — Formes sufllxées aùoXioi; (Hés., 
poètes tardifs), cf. iÇoXéoç, xapçoXéoç, et d'autre part 
aiiatvû) (Chantralne, Formation 253) ; aÔTQpà; {AP 12,121) 
est fait sur le modèle de aiaTTjpiç ; enfin aùaôv • Çifjpôv 
Hsch. doit comporter le suffixe familier -o6ç qui se trouve 
dans fuoôç, etc. (Chantralne, Formation 434). 

Noms abstraits de qualité : aOovili . sécheresse » (Archil., 
.Esch.) : la lOfttation est comparable à celle de •})8ovifi, 
xoOXov»! (Cha*i»ai«è, Formation 207); oni6TT)« .séche- 
resse » (ArfSt*). 

Verbe dén*fliïïnà£ff aùaivco (Hom., ion.) et aùaivto 
(attique), «sécher, avec l'aor. rfi-qya., l'aor. passif 
Ylùàv9ï)v, le passif étant relativement plus employé que 
l'actif; parfois employé métaphoriquement (cf. S. El. 
819, etc.). Préverbes pour marquer l'achèvement : àrc- et- 
&<f-; iÇ-, XBT- et xa8- ; Thphr. fournit encore le doublet 
èÇoûàîto'. Dérivés rares et techniques : aOavaiç « dessèche- 
ment . (Arist.), ateofià; (Hp., A.B.) ; d'autre part, avec 
un sens technique aùavn^ (s.e. v6ooç) .dessèchement 
physique, consompUon . (Hp. Morb. 2,66) cf. Strômberg, 
lVorf»fudien 100 ; à côté de quoi a été créé oM^ (voir 

S.V.). 

Hdn. Gr. 2,133 cite un verbe aOco • ÇTQpotlvt» ; pourrait 
trouver un appui dans iufoAtù «dessécher» (Ar. Cav. 394), 
qu'il n'y a pas de raison décisive de corriger en ifâveï 
. battre . et p.-ê. dans TtpooonioT) (S. Ant. 619). De toute 
façon le thème semble Uré de l'adj. oSoç, ce qui pourrait 
répondre à un vieux type de dénominaUf, cf. Schwyzer, 
Gr. Gr. 1,723, et d'autre part Benveniste, Origines 167 ; 
on ne sait quelle est l'importance réelle du nom d'action 
aSotç {E. M. 170,44). 

Deux adjectifs sont consUtués sur un thème auor- ou 
11 faut peut être retrouver l'adjecUf verbal *aùoT6ç de 
aOo. AùoToXéoç « sec, poussiéreux . (une fois Od. 19,327, 
avec une forme dissyllabique de la diphtongue, cf. Scholze, 
CE 417, Bechtel, Lexilogtu s.v., puis alexandrin), qui 
présente le même suffixe que ocôa>ioç, èirtoXioç, etc.; 
BÛoTTipà: « sec • dans un sens métaphorique, . dur, amer . 
employé à propos d'eau (PI.), de vin par opporiUon à 
yXwcûç (Hp.) ; méUphoriquement dit d'un poèt« (PI.) ; 
pris au sens moral «austère, rude», etc., dans le grec 
hellénIsUque et terdlt (PU)., pap., etc.) ; dérivés «ô<rn)p*njç, 
opposé à fXiMàrrfi (PI-, X.) et au figuré ; enfin «û«m)pta 
(Thphr., Plb.) ; l'importance des empl<rfs dérivés et méU- 
phoriques pour oùoTTipéc et ses dérivés est nette. 

C'est encore à aÔo qu'il faut rattacher le subsUn^- oux- 
itàç le rapprochement étant sûrement senU en grec même. 
AùjciÎA: signifie . sécheresM » {Emp., Hdt., ion.-att.), d'où 



auos 



— 142 — 



. saleté pouMiéreuM • (PI. R- 614 d) ; d'où l'adj. ^mf^ 
.sec», uoù poussiéreux, sale, parfois misérable (ion.-att.), 
avec les dérivés tenUfs «6xix>}pla, <*^mP^<i «^ '"*™* 
atÙYH7ip<i.Sriç. Autres adjectifs : oôxix^St)? ("f,^' ^•' 
\riri., etc.) ; et deux formes très rares «x^if^su; (H. Hom 
19.6) et odixtioXéoç (Chœril. 4,4 ; épigr. dans P. Oxff. 662) 
avec le suffixe de «ùctXioç, etc. Le substanUf auxix6<: 
a un doublet féminin tardif aùxm (QS. 9,372, Phryn.). 

Il existe un dénominatit aùxi^ " «t'* poussiéreux, 
sale. {Od. 24,250, Ar. iVu. 442) ou «être desséché. (PI. 
R 606 d). Autre forme aûxfjui" (Arist., Thphr., Plu.) qui 
semble postérieure. Le substanUf aîlxiiOKJtç «saleté des 
cheveux . (Gai. 16,88) peut être soit le dérivé d'un verbe 
*aÙY|i6<o, soit un substitut tardif de aùxtiôç. 

L'ensemMe des termes groufés autour de ocuxt^^ç se 
rapporte à la notion de saleté potisfiMmise, facile à tirer 
de aSoç. Le rapport avec «xiSoç est certain, et presque 
sûrement senti en grec. La formation est ancienne, puisque 
,ùynéa> est déjà homérique, mais l-fticplication en reste 
incertaine. On a posé Uausk-mos, doù 'sauks-mos, cf. 
skr iùska- (cf. Risch, WoHbildang 42, n. 2). Sur le plan 
da grec d'autre part, olÙx\i6<; exprimant l'idée de sécheresse 
et de saleté peut faire couple antithéUque avec yeoxfxoç 
également obscur et les deux termes ont pu agir l'un 

sur l'autre. 

La série des termes de la famille otuoç, etc.. s est 
trouvé concurrencée par d'autres termes comme |irjp6ç, etc. 
Le grec moderne emploie encore aùaTTjpôç, etc., « severe, 
rigide », et on>xii-ripàc, «aride, pauvre ». 

El ■ On part de 'hauhos qui a abouti soit à auoç, sou 
à a5oç (cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,220). Le vocalisme a 
n'étonne pas dans un adjectif de ce sens et peut-être 
familier. On rapproche lit. saùms, v. si. sueha, anglo-s 
tiar moven alL sôr, skr. soêa- (assinùlé de 'sosa-) adjectU 
. qui sèche . ou . le fait de sécher », qui est peut-être un 
nom verbal de éùsyati, et dont le vocalisme doit être 
diffèrent. Vocalisme »u«- dans skr. iuska-, lat. sudus. 

aopa • f. «brise», une fois Od. 5,469, de la brise 
matinale 'qui s'élève d'un fleuve; aÛpi, S' èx iroxa^u 
i^yj^r, ^ée. -Jlûe. «pé ; cf. H. Herm. 147, Hés Tro.. 670 
(où il s'agit de brises marines) ; rare en prose (PL, Hdt.) , 
cf encore X. Hell. 6,2,29 el (xèv avipa <pépoi « si la brise 
le portait»; emplois métaphoriques assez nombreux, 
notamment dans la tragédie, cf. E. El. 1148. Le terme 
est défini par Arist. Mu. 394 b comme désignant une 
brise fraîche montant de l'eau.^ 

Aâpa brise subsiste en grec moderne. 

Et ■ Généralement rapproché de àiiç, sans que des 
arguments décisifs soient donnés pour expliquer soit la 
structure du terme soit la sémanUque, (farjp signifiant 
proprement .brouillard.. Benveniste, Origines 155, en 
partant de aiipa, pose thème I '»^ew-»,- à côté du 
thème II '»,w-e»r d'où &n(ii, skr. vàti. Cette analyse 
ne rend pas compte du sens propre de aÔp« « brise fraîche 
et légère ., distincte de &XXa. Du point de vue des Grecs 
aOpa participe à la fois de dWjp et de ébri|xi, ce qui n'avance 
d'ailleurs à rien pour établir l'étymologie. 

oSp» : glosé par t^x*»^ et attribué à Eschyle, qui 
auraitLle composé aôpt-6<4-Taç «qui marche vite», donc 
thème =Êa- avec le suffixe -zâçl-rr^, cf. AB 464, et Hsch. 



8.U. oeôpi6oKaç ' Atex^Xoç -ri aûpi tel tto vx/itàç Tro»im. 
xal ô a&xbç ^oaxwAïf oÛtmç «pTjol t6 «vo(ia (fr. 207 M) 

■ncxu&Ô(*^>^- 

Et.: Inconnue. Le rapprochement avec la glose d'Hsch. 

ocùpot • XoYot [îaowpoi] est d'autant moins valable, que 
cette dernière glose doit être fautive et recouvrir un 
àopot (= àêpol) ■ )«eY<v>ot, cf. B. Keil, Herm. 23,317, 
Latte, Gl. 32, 1953, 41 sq. ainsi que son édition. On 
pourrait se demander d'autre part si le mot d'Eschyle 
ne recouvre pas un composé de o5pi « à l'aube », terme 
qui serait à l'origine de otùpbv et si aùpiêàTaç ne désigne 
pas celui qui se met en marche dès l'aube, le composé 
étant ensuite interprété inexactement par les grammai- 
riens. 

aûpMV : adv. « demain . (Hom., ion.-attique, etc.) ; 
f) aûpiov (s.e. y)idpcL) « le lendemain » (ion.-attique). 

Dérivé : aùpwôç « du lendemain » (GIoss.). Verbe 
dénominalif aùpt^eiv • ^tyoGv xal t6 de, aôpiov ÛTrep- 
Ttfïoeai (Hsch., cf. EM, 171,57); «avoir froid» et 
. remettre à pbïs tard . ; il s'agit de deux sens franchement 
divergents, et qui doivent appartenir à des dialectes 
diflérenU. Au sens de ^lyoûv le terme pourriiit être 
chypriote, cf. la glose d'Hsch. au lemme probablcmcul 
altéré àOplÇeiv ■ piyoûv Kuitploi. 

Composé tardif : ar/Jx.\ipo<; «proche du matin», épithi-te 
de la nuit (A.R.), qui peut être tiré d'un thème aùp-. 
mais également être un arrangement d'un *àyx'^'jpi.oç. 
Le mot subsiste en grec moderne. 

Et.: Aiiptov est habituellement considéré comme déri\c 
d'un locatif *a6pi reposant sur "^auopi, cf. lit. auirà, 
. aube » ; avec un autre vocalisme skr. u»r-<i- «du matin ». 
Apparenté de plus loin à eu;, aôtoç, oie. 

aùpoî, voir sous oipt. 

aùpooxâs : ti) xarà péxpuv xXri^ia (Ératosth. 37) et 
nom d'un vin (ou espèce de vigne ?) chez Parth. fr. 17. 

Et.: Terme technique relatif à la vigne. Fait penser à 
àpaaxôS»;, mais s'en distingue par la forme et par le sens. 
Composé, le second terme étant -oaxâç, cf. ÔerxoÇ ^^ o"X1 ' 
premier terme obscur. Aûpa ne conduit p.is à un sens 
satisfaisant. Voir àpxaya&ez avec la bibliographie. 

oûotoS) voir aÙTdç. 

oûoToXcoS) aùo-TTjpôç, voir aSoç. 

aùrâp, aSre, voir a5. 

àuTcw, dtu-rf), voir auo> 2. 

ainitta, voir sous aùrâç. 

àuTUTJ : f. « souffle », en des emplois variés : « souille 
de la respiration. (//. 9,609), .souffle des soufflets. 
(// 18 471), «vent» {Od. 11,400) ; dit du feu {Od. 16,290), 
d'où souffle chaud {Od. 9,389), parfois d'odeur (//. 14,174 ; 
Od. 12,369). Terme uniquement épique repris par les 
Alexandrins. Doublet àuT(xViv, -évoç m. dit de l'haleine 
{II. 23,765), des vents {Od. 3,289). 



— 143 — 



o&ris 



El. : Quel m» »>'*• 1» )•" •** l'alternance vocalique, le 
rapport avpe Jes^gloses d'Hsch. fircn* • 9X6$, *eT(x6v''"TJ) 
wiieO|xa, parait ' vraisemblable ; également avec «Ti(ti 
(cl. SchwyzfJT, Gr. Gr. 1,493). Il est plus difficile en 
revanche de (»ire entrer dans le groupe àx\UKi (voir s.u.). 

oÙTÔSiov : adverbe ou adjactif à l'accusatif. Hapax, 
Od. 8,449. Le sens semble être «aussitôt, immédiatement». 

EL : Les Anciens interprètent le mot èÇ otÔTÎ)ç -niç ô«oO 
iX66vTa (ou èXïiXuOé-ra), cf. Sch. Ap. S. 48,1, Hsch. C'est 
une possibilité. 11 faut admetUe une forme à psilose pour 

Hypothèse seulement ingénieuse de Schulie, Kl. Scnr. 
362, qui pose *auTO-8t/^ov, évoque d'une part aùr-îifiap, 
d'autre part slcr. sa-divah « aussitôt •, où le second terme 
est un thème div- apparenté à la famille de lat. <f»ês, 
grec Zeiiç, etc. 

oÔTOKoâTwp : «indépendant, maître de soi-même», 
dit de personnes ou de cités (ion.-att.), d'où « muni de 
pleins pouvoirs », puis dans les écrivains tardifs, h propos 
de Rome, dictateur (Plb.), imperalor (Plu., etc.) ; avec 
à l'époque impériale les dérivés, -xpaxopla, -xpa-topixôç ; 
-xpaTOptç, -tSoç résidence du souverain (J.) ; -xpaTopcùco. 
Pour désigner l'empereur romain, aÙTOxpàrcop est un terme 
officiel, cf. A. Wifslrand, Apàyiia Martino P. Nilsson 
dedicatum, 529-539. 

El.: Formation comparable à celle de vauxpÀTtop, voir 
sous xpàTOÇ. Deux types d'interprétation peuvent être 
proposés : a; Ou bien forme de structure archaïque où 
*xpàT<dp (doublet de xpâroç) serait un ancien neutre, 
cf. E. Fraenkel, KZ, 42, 1907, 118, Benveniste, Origines 
123, ce qui confère une grande antiquité à la formation ; 
b) Ou bien -xpaTtop est une alléraUon de -xpa-nfjç sur le 
modèle des noms d'agent en -Tcop, cf. Schwyzer, Gr. Gr., 
1,531 qui mentionne pour l'écarter l'explication que 
-xpdcTcop soit issu de xpar/jTwp. 

oÙTÔixaros, -o« ou -r,, -ov : Homète, ion.-att. ;« qui 
agit de soi-même • en parlant de personnes, cf. //. 2,408 
aWHiaTo; Se ot 9î>.0e, emploi qui subsiste en ion.-att. ; 
d'objets inanimés qui fonctionnent tout seuls comme 
les portes de l'Olympe ou les trépieds d'Héphaistos ; 
se dit de marionnettes qui semblent être des êtres animés 
(Arist.) ; de phénomènes naturels, à propos d'un fleuve 
qui déborde, de plantes qui poussent, etc. Se dit enOn 
d'événements qui se produisent sans l'intervention de 
personne, donc d'accidenU, de hasards, cf. Lys. 6,25, 
notamment dans l'expression dtTtb toO aÙTOfiàTOu. 

Adverbes : aÙTO(juxTû>ç (Hp., Arist.) et aÙTO[iaTet ou -cl 
(Nonn.). Dérivé nominal Aû-roiiaTta, déesse du hasard (Plu.). 
Verbes dénominatifs : aÙTOiiaTtC» ■ agir au hasard, 
«rriver par hasard » (X., Hp., Arist., etc.) ; au passif se 
produire par hasard (Plu., etc.) ; d'où le dérivé otfrro(io- 
tiquiç « ce qui se produit de soi-même, hasard . (Hp., 
Alcid., D.H., J.). — Un doublet aÙTO|iaTéeo ngure chez 
Hsch. comme explication de ai-roçaplî^o). 

EU: Composé de aûxéç, et au second terme -(ia-roç 
appartenant à la racine de (iép.ova, [ii(ia(XEv, ii4vo«. ^^■ 
Pour ce type de formation, cf. Chantraine, Formation, 
303; autre exemple de -(la-roç, participe en -to- au vocalisme 
lèro dans ^Xifia-roî, et hors du grec skr. mafd-, lat. eommen- 
tui, lit. mitUat. 



oÙtÔs» -'h "^ '• exceptionnellement n. ot^t^ dans la 
crsae •raàt*('w). Attesté depuis Homère durant touto 
l'histoire du grec. Sens : t même » et, généralement avec 
l'article, « le même » ; dfeigne l'Identité comme opposé* 
à l'altérité (self, ipse); ou dans le second cas l'identité 
comme permanence de l'objet reconnue sous divers aspects 
(same, idem). Pour le détail des emplois voir LSJ : on 
relèvera la combinaison avec des pronoms personnel^ 
d'où l'emploi comme réfléchi dans iauroô, 09ÛV bùtûv 
(voir sous i ot sous 09ÔV), mais aussi par le procédé de 
la répétition, aù-ri? oùtoû d'où dialecUlement les composés 
du type aÙTOoauTOÔ, aiTOUTOô, aùcauroO (Chantraine, 
Morphologie % 159, Schwyzer, Gr. Gr. 1,607, etc.). Aùt6; 
a servi, aux cas autres que le nominatif, de pronom ana- 
phorlque. Inversement le pronom aÙTÔ; a servi à désigner 
le maître de la maison (Mén.) comme le lat. ipse, ou le 
maître d'une école philosophique, p. ex. Pythagore. 
En grec moderne aÙTÔç est un démonstratif. 

Adverbes : aûxôOi (Hom., ion.-att.) et aùroû au sens 
local., dor. o.\>-ctX, béot. aÛTÏ ; au sens ablatif aiTÔOev 
(Hom., ion.-att.) ; au sens latif aÙTÔoe (ion.-att.) ; aGTeoç 
. d'une telle façon, ainsi », d'où selon des contextes divers, 
« tout à fait », « eomme auparavant • (cf. //. 23,268), 
< comme cela » (avec un sens méprisant), cf. vtimot; aO-ruç 
(//. 24,726), (iài}» aiÎTCoç (//. 20,348), oùx aOTOÇ iiu»r|ooix<u 
«je ne parierai pas en vain» {Od. 14,151) ; la différence 
d'accent entre aùréç et aÛT<oç peut être un accent expressif 
d'opposition, cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,380,384; la graphie 
avec esprit rude aÛTOÇ attestée par certains manuscrits 
et certaines scholies d'Homère est due à l'analogie de 
oÛTM? et est sans autorité ; enfin il n'y a pas lieu de poser 
deux adverbes aSxtoç d'origine distincte, l'un signifiant 
. de même », l'autre « en vain » (malgré Bechtel, Lexilogus 
s.u. avec la bibliographie, et Schwyzer, Gr. Gr. 1,614); 
mais le dérivé auoioç «vain » (Ibycus 293 P) se rattache 
seulement à l'emploi de aiSTUÇ « en vain » (avec Influence 
de TiQtioioç ?). 

Au sens Umporel : aùrbca « aussitôt, maintenant », etc. 
(Hom. ion.-attique). Même finale que -njvtxa, i[*bm, 
cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,629, Montait, Phrase relative 296. 
Noter enfin èÇau-r^ç « aussitôt » (Thgn., CraUn., hellén.) 
brachylogie pour é, aù-riiç -niç ôSoG, cf. Wackernagel, 
Spr. Uni., 41, n. 4. 

Dérivés nominaux : a,(ynirrfi, p.-ê. « à soi tout seul » 
(Arist. hapax), mais surtout nom de vin (Telect., Hp.) 
vin pur, ou vin indigène, ou vin de l'année (sur les diverses 
interprétations du terme, voir G. Redard, Noms grecs en 
-Ttfi, 96) ; aÙT6-niç, -»)toç, f. « identité » (S.E.), et surtout, 
tiré de -raÛTÔv, avec crase de l'article -caÙTiTTiç (Arist.) ; 
d'où les dénominatifs TaiT6o|iot « être identifié » (Dam., 
Procl.) et TaÙTtî^co « employer comme synonyme • (Procl., 
Eust.). Quelques composés comme TaÔToXéYOÇ, touto- 
XoYdx, etc. 

Un trait essentiel de cette famille de moU est le fait 
que aùréç a joué un grand rôle comme premier terme de 
composé. Outre aÔT6|iaToç et aùrôSiov, Homère présenU 
les exemples suivants : afrcàrperoç « que l'on prend de 
soi-même » ; aÛToStSax-roç « qui s'instruit de soi-même » ; 
aÙTOxaotrnjTOç (voir sous xaat-pnrj-roî) ; surtout des 
formes adverbiales où aùro- exprime la noUon de « même, 
justement . : aû-rîjiiap « le jour même, le même jour », 
aùrorti; «dans la même année», «ûrowxl «cette nuit 



ttÙTOS 



— 144 — 



même ., oeô^ -^'M, -S^v « sur le lieu même ., -oroStn « en 
combat corps à corps », aùrooxeStT), oÙTooxeStTjv « sur place » 
d'où « de près » {et dans le grec postérieur « sur-le-champ, 
immédiatement », d'où le sens d'« improvisation » avec les 
dérivés aùmaxeSuSmew, -<xa(Mt, -aoiiéç) ; enfin le substantif 
aiymxàoïwn {voir sous x^")- 

En outre des noms de personnes : AùroixiSov «qui 
pense par lui-même •, Aût6vooç même sens, Aùt6Xuxoi; 
. qui est lui-même le loup », etc. 

AUTO- est devenu un premier terme de composiUon 
qui reflète les divers sens de oùréç. Il a connu daiu le 
grec posthomérique, et surtout dans le grec tardif, une 
énorme extension (environ 400 termes dans LSJ). Outre 
tdM&riç, aùôévTYiç, aÙTOxpiTup (voir ss.uu.), voici les 
plus anciens et les plus caractéristiques : aùBatiioiv ; 
-atperoç; -^{tfpov ; aÙTàrce^oç ; -<48eX<poç ; -avSpoç ; 
-o(vé4-ioç, -ipvcrfi, c'.c. ; -apxoç, -apxé<o, -apxla ; -cÇoûoioç ; 
-azirr^-KToc; ; -epérYiç ; -;?)xooç ; aùroêéei ; -yev^ç, 
-Y^vv^îToç, etc. ; -ypaçoç ; -yucç ; -Sa.-i\c, ; -SàiXTOç ; -Stxt, ; 
-StjXoç ; -Socoç ; -xXtjtoç ; -xtovo; ; -(loXoç, -(loXéw, 
-iioXta; -vofioç, -vofxéofiai ; -vofita {Bickermann, Rev. 
Int. des droits de l'AnUgailè, 5, 1958, 313-244) ; -^uXoç ; 
-TtpeiiVOÇ ; -TtOtÔÇ, -TFTTIÇ, -Ttrétû ; -CTt8if)poç ; -CTTOXOÇ ; 

-TeXTji; ; aÙTOupY<k, -éo>, -ta ; aù-roçdvoç, -çiv-nr);, etc. ; 
-çopToç; -çu^ç; -ipcapoç, surtout dans l'expression in 
«ÙToçcipco ; -xeip > -XÔ^v, -xpvifxa, etc. Le premier terme 
«ÛTO- exprime essentiellement : 1) L'idée de « par soi-même, 
a soi seul, de soi-même ., ce sont les emplois les plus fré- 
quenU, cf. aùirârrEXoç, aùràpxïjç, au-copxoç, aùxoYewiç, 
aÛToSa^ç, aÛT68i>coç, aùréfioXoç .transfuge, déserteur», 
otÙTivoixoç, oÔTéTTtT).;, oràToupvéç « qui travaille de ses 
mains ., d'où peUt propriétaire ; d'où dans le vocabulaire 
philosophique l'idée de à soi seul, donc de l'absolu, cf. 
aÙToSattJwov, aÙTideoç, WTO^|iùx^, il y a là un développe- 
ment très important, surtout dans le grec tardif ; 

2) Avec le sens d' t identité avec autrui •, de coïncidence 
les exemples semblent plus rares, mais cf. aù6at(itùv, 
aùtàSeXcpoç, etc., qui sont des termes littéraires; les 
termes rares qui désignent le meurtrier d'un membre 
(le SH famille comme aÙTOcpôvoç, aù-ro<pdvnf)ç ; les adverbes 
(le temps qui expriment une coïncidence comme aù-riiiiap 
aûe^fxepov ; 3) Autre variété : celle des termes techniques 
comme aù-roxécovoç, aùxiÇuXo.;, qui signifient d'une seule 
pièce (• un morceau de bois qui coïncide avec l'objet 
lui-même •) ; 4) Enfin avec la notion d'accompagnement, 
issue de l'identité avec autrui, de la coïncidence ai5Tav8pO(; 
c avec l'équipage . (cf. aÙTotç àvSpàai), de même aù-ré- 
Ttpeiivoç, aÙTOXEiXT)(;, aÙT^piî^oc;. 

Du point de vue morphologique, le grec tardif, préci- 
sément pour exprimer l'absolu, emploie aùro- en hiatus 
avec la voyelle initiale d'un second terme cc6i:aa.yaQ6ç, 
aÙTOaXTiÔTiç, aÙTOàvepa>TO(;, aÙToaTteipoç, aÙTOaTcXé-nrjç, etc. 

Sur les composés avec aÙTo-, voir le mémoire vieilli et 
peu utile de Vintschger, Die oàno-Composita sprachwis- 
smehaftlich klasiiflziert Progr. Graunden 1899, et les remar- 
ques de F. Sommer, Nominalkomposita 83 sqq., 153 sqq. 

Et.: Incertaine. Hypothèses chez Schwyzer, Gr. Gr. 
1,613 sq. On est tenté de retrouver le a5 de a5, aixe. 
Bisch, WoTlbildung 312, tire le mot de a5 tôv. 

aôxôrrïiv : àvaxo>peîv xal -rà êfinéveiv h(xà.irzev» 
(Hsch.). n s'agit de formes Cretoises où -xi-rreiv = 



XàÇsiv des autres dialectes cf. Buck, Greek Dialects 71 ; 
on suppose que le préverbe aô- ( = àn6) est un représentant 
du préverbe attesté dans lat. au-ferS, cf. lit. au-, si. u-; 
cf. Wackernagel, Sgnl. Vorl. 2,155, Schwyzer, Gr. Gr. 
2,448. 

aùxÉw : surtout au "prés, et impf., f. aixh'"^ (E-). 
aor. 7)Ûx»l<»* (tardif), « se vanter de, avoir confiance que », 
avec une proposition infinitive (ffisch., E., Hdt., Th.). 
Composés : èÇ- (ffisch., S., E.), en- (S., Ar.), xaT- (ffisch.), 
ûreep- (Th.), ù(J>- (S.), en outre (xeYoXauxéto (iEsch., Pk), 
avec -auxoÇ ' vantard » (Pi., ffisch.), -auxta (PI.), -aùxi»»» 
(tardif). 

Noms verbaux : a.^yr)yL<^ ' jactance, orgueil, sujet 
d'orgueil » (S., Th.), avec les dérivés tardifs aùxW^'^^^'i 
«vantard» et aùxTlii«Tix6ç ; aûxr^oiç (Th. 6,16). 

En outre deux thèmes qui sont probablement des 
dérivés inverses : aùxiv ■ xaùxviotv (Hsch.), cf. Pi. N. 
11,29, avec le dérivé aùxr,tui «vantard» (Opp., AP], 
qui pourrait également être tiré directement de ixùX'OJ ; 
aôxoi;, -ouç n. (Sch. «sch., Pers. 871). 

Il existe 7 composés sigmatiques : SucrauxTi? (-'^.B.), 
xeveauxriç {H- 8,230), yLeymxiiQ («sch.), (xeyaXaux^jÇ 
{IG XIV 433), ût)/auxv)ç (B. 12,84) et à date basse iwXo- 
et ÙTtep-, cf. Et. 

C'est d'un de ces thèmes nominaux que doit être tiré 
l'adj. aùxaXéo(; « arrogant » (Xénoph. 3,5), cf. par exemple 
ôapaaXéoi; à côté de eâpaoç. Le nom d'agent ctùx'^ttrfi, 
est cité mais blâmé par Pollux 9,146. Doù aûxY)Tixâç 
(tardif). 

Ce groupe de mots se dislingue do euxoixai parce qu'il 
exprime plus nettement la notion de jactance. 

El. : Il est difficile de partir du présent a.ùx^(ù, qui n'entfe 
pas dans un type clair. Pour l'étymologie un rapproche- 
ment avec cOxofiat pose des difficultés phonétiques. On 
pourrait tenter de partir de composés comme xEveauxéeç 
ou même (xeyauxrji; qui pourraient être issus par dissimi- 
lation de *x£VEEUxésÇ> *(iEYEUX^£i;. en constatant que 
e5xoÇ est bien attesté, mais qu'il n'y a pas de composés 
en -euxtlÇ. inversement qu'il y a des composés en -auxt;, 
mais que aOxoÇ est un mot de scholiaste. C'est de ces 
composés en -aûx^ii; que serait issu le verbe aùx^co, etc. 
(cf. Risch, Wortbildung 75). Tentative ingénieuse, mais 
peu convaincante de Adontz pour rattacher le groupe à 
aûxT)'" en posant «relever la tête, être fier» {Mélanges 
Boisacq 1,10). 

aùxT|v> '^°^ '• "*• "^°^' n"1"e de l'homme ou des 
animaux» (Hom., ion.-att., Arisl.) ; métaphoriquement 
peut désigner une bande de terre, isthme, etc., ou bien 
un détroit, ou enfin un défilé (Hdt., etc.) ; en anatomie 
peut désigner une partie du fémur, une partie de l'utérus ; 
dans le vocabulaire maritime, le manche du gouvernail. 

Près de 30 composés en -aûx^iv (avec parfois le dérivé 
-auxrwta), notamment ■^Xia.xiX-^v (Ar., cf. Taillardat, 
Images d'AriOephane § 274), èpi- en parlant de chevaux 
(Hom.), SoXtx- du cygne (B., E.), Xam- du cheval, etc. 
(S., etc.), (ioxp- (Hp., E.), pu};- (Pi.), ûi|;- (PL, etc.). 

Dérivés : aùxéviO(; « qui concerne la nuque » {Od., etc.), 
désigne aussi une sorte de tunique (Antiph.) ; aûx^iov 
est un diminutif tardif ; aùxsvliç, -ou « à la nuque épaisse » 
(Gloss.). Verbe dénominatif : aûxevt!;« • rompre la nuque 



— 145 — 



Â^Ôki) 



d'une victime • (S.), « saisir par le cou » [Hippiatr., Ph.) ; 
composés avec ait-, ()<\)-, avec le doublet ûtj^ouxevéw 
t dresser le cou, faire le ûer » (tardif). Dérivé : aûxevioT^ 
licou (Lyc, Hippiatr.). 

Le mot «ùx^v est concurrencé par TpàxT)Xoç « cou » 
alors que oùx'iiv désigne plutôt la nuque (cf. Gp. 19,2,3). 
Platon emploie successivement Phdr. 253 e xpaTepaûx>)v 
et PpaxÛTpox^Xoi;. Chez X. Bq. 1,8 aùxV désigne l'encolure, 
Tpîx^Xoç le haut de l'encolure. 

Sur aûçTjv et SfiçiQV, voir Et. 

Aôx^iv « nuque, cou » subsiste en grec moderne. 

Et. : Nom de partie du corps sans élyraologie claire. La 
forme aûçTjv attribuée à l'éolien par Jo. Gramm., Comp. 
3,16, est douteuse, et S^tçYiv attesté dans un poème éol. 
de Théoc. 30,28 pourrait résulter d'une étymologie 
populaire, cf. dtfxçt. Hors du grec on ne peut comparer 
au sens de cou que l'arm. awji-k' « collet » (Adontz, 
Mélanges Boisacq 1,10). On a cherché à rapprocher skr. 
amhù- « étroit » qui se rattache à grec &yx<à, etc., en 
posant *&yx^'^'^ 1"' aurait pu donner &|jKpT]v si la forme 
est ancienne, et par anticipation du w aùx^v. Voir 
Schwyzer, Gr. Gr. 1,296 avec la bibliographie. En outre 
Pisani, Hicerche Linguistichc 1, 1950, 182 sqq. Cette 
construction ingénieuse reste en l'air. 

aùx^ôs, voir aioç. 

1 aûu) : « prendre du feu à • (Od. 5,490 seul exemple) ; 
moyen auofiat . s'allumer . (Arat. 1035). Il existe quelques 
formes à préverbes : la plus usuelle est èvaûco « donner du 
feu à quelqu'un » (Ildl., X., Corn., etc.) et au moyen 
«prendre du feu à » (PL, grec tardif) ; on a probablement 
l'imp. aor. de ce verbe dans la glose d'Hsch. ëvoeuov ■ 
Mcç KÙTrpioi, cf. Bechtel, Gr. Dial. 1,445; avec les 
dérivés gvauCT(xa «feu, étincelle» (Plb., Plu., grec tardif), 
ïvauaiç (Plu., Cim. 10 où il s'agit de prendre du feu et 
de l'eau) ; èÇaûaai • èSeXEÎv, attesté PI. Corn. 38 pour 
retirer de la viande d'un récipient, d'où iÇauaTTjp instru- 
ment qui sert à cet usage (iEsch. />. 12 M, inscriptions. 
Poli., Usch.), è^aùoTptov (Délos) et èÇaucTÔç (Délos) ; 
xaTaûaai • xaTavTXf,oai (pour xarauX^aai codex), xara- 
Sûoai (Hsch.) ; mais il est dimcile d'interpréter xàv 
Mûoav xaTaûoetç (Alcm. 31 P), cf. encore xaeaÛCTuci • 
àçavioai (Hsch.) ; mais pour TrpooaûoY], voir sous aSoç. 

Composés avec Tiûp : iu>paÛCTTt)i; « papillon qui se brûle 
à la lumière . (iEsch., Arist.) ; mycén. purauloro au duel 
(Chadwiek-Baumbach 178), mjp«ùoTpa • pince à feu » (/G 
11> 47), TtûpaucTpov même sens (Hérod. 4,62, le pap. 
a Ttûpacrrpov) ; Ttùpauvoç « récipient où l'on transporte 
les charbons ardents . (Poil. 6,88 ; 10,104), formé d'après 

Paûvoç 1 

ToivaÛTiç • olvoxôr) (Hsch.) a été rapproché de a5«, 
le Y étant une graphie pour F. Voir aussi ôepttauoTptç 
sous Oep^tSç. 

El. : Il est évident que l'emploi de aîSto à propos du feu 
que l'on « prend » est ancien en grec, mais accidentel, 
comme le prouvent èÇaOaai, Êvauaiç, xaTaûaai. Il est 
possible dès lors de tirer aucù de *aû(Jj/o) ou *auaû>, sans 
l'aspiration initiale attendue (psilose), mais cf. xaBaûcai, 
et de rapprocher lat. hauriô où Vh est secondaire, v. isl. 
ausa • puiser », etc. Le sens de « place, donne », etc., pour 
le chypriote Évocuov ne doit pas surprendre, cf. les hypo- 



thèses de Scbuize, Kl. Schr. 191 : il s'agit d« la relation 
entre les sens de prendre et donner. 
Une parenté avec grec àf^aou est possible. 

2 aûci», iJOce, iêôri), àûréw, etc. : Termes poétiques 
attestés chez Hom. et parfois chez les trag. qui expriment 
l'idée de cri, particulièrement cri de guerre, h' Iliade 
emploie presque uniquement les formes d'aoriste, p. ex. 
dans la formule (jwtxpàv dtôooç ; rarement avec l'accusatif 
de la personne qu'on appelle (Od. 9,65). Cet aoriste est 
toujours trisyllabique (cf. plus loin àûriQ, etc.). L'impar- 
fait correspondant n'est attesté que 4 fois dans VIliade 
toujours sous la forme aî5e dissyllabique [11. 11,461, 
il est possible de rétablir une forme trissyllabique au prix 
d'une élision facile, et d'une césure irrégulière). M. Leumann 
explique cette irrégularité par un rapprochement d'étymo- 
logie populaire avec aiSoç « sec », cf. II. 13,441 o5ov écûoev, 
et V. sous a5oç. 

Substantif dérivé iû-nî « cri » mais surtout « cri de guerre, 
huée guerrière » (Hom., rare chez les Trag.), écrit à/'uTâ 
à Corcyre (/G IX 1,868), cf. pour le sens militaire, Trumpy, 
Fachausdrûcke, surtout 153-154. Verbe correspondant, 
àÛTéû> seulement au thème de présent (Hom., JEsch., E.) 
sauf le tardif -fiû-nQCTa (Nonn., Epigr. Gr.), doit être un 
dénominatif, mais cf. Schwyzer, Gr. Gr. 1,705 sqq. 

Sémonide 7,20 emploie le substantif aûoWj pour désigner 
le « jappement » d'une femme qui ressemble à une chienne. 
Le mot trisyllabique se rattache mieux pour la forme à 
a5o<; « sec », aùoctvoi, et souligne la contamination des deux 
groupes. Voir M. Leumann, Mas. Helv. 14, 1957, 50-51. 

El.: Groupe expressif qui repose plus ou moins sur une 
onomatopée. Mais rien ne se laisse préciser. 

3 aSu. = laiiu, voir sous latio. 

4 aG(i> == ^T)pa[vco, voir sous aQoi;. 

à<{>aSîa : f. « hostilité » (Eup. 34), avec içiStoç ou 
àçâScioç « ennemi » (Hdn. 2,480) et fiçaSoç « ennemi, hal » 
(EM 174,50). 

El. : Termes rares, mais qui se rapportent certainement 
au thème de aor. à<paSeïv (prés. àçavSâvcù), cf. âvSdcvu. 

àdtâKT] : f. espèce de légumineuse, « vesce ou lentille », 
p.-ê. Vicia anguslifolia (Pherecr., Arist., Thphr., etc.). 
Dloscoride et Galien comparent pour l'aspect et l'usage 
ràçàxT) et çoxéç lentille (voir les textes chez R. StrOmberg, 
Wortstudien 46-47). 

El. : 'Açcboq pourrait être une « espèce inférieure de 
çaxiSç ». L'emptei d'un thème en -t) pour un thème en 
-oç attendu ne constitue pas une difficulté décisive et 
les hypothèses compliquées de Strômberg ne sont pas 
indispensables. L'A- initial pourrait à la rigueur Être une 
prothèse. StrOmberg y voit une nuance péjorative compa- 
rable à celle de Un- dans allemand Unkraul (interprétation 
différente des faits allemands chez Seller, Studia Linguit- 
lica, 1952, 90-91). Frisk (cf. ses Subst. priv. 20) se demande 
si le mot n'est pas issu par haplologie (?) de *àito<fixti, 
cf. àrtiXivov, à7rô[ieXt, où àrco- exprime la notion d - une 
espèce de» avec une nuance péjorative. Autre bibliogra- 
phie chez StrOmberg, Le. 



tt ^tt | * * MTat 



— 146 — 



à<^â)i.iÛTai : m. pi. nom des esclaves attaebés à la 
terre, des sei.^ en Crète (Callistrate ap. Ath. 263 f, Str. 
1&,I,34), cf. la glose àifaynSnou • olxérai à^poixoi, 
nsptotxoi (Hsch.), pour le suRlxe cf. G. Redard, Les noms 
grecs en -t»jç 9,29. Dans la variété des noms de l'esclave, 
celui-ci le désigne comme l'bMame qui vit sans être honoré, 
connu, le mot étant tiré de àxfâyt,la, iff-rutia, cf. ëspinux; 
et voir fi^fj»], etc. La même s^aécialisation de sens dans 
àçi)|xoûvTaç ' dcYpptxoilt (Hscb.), éfTjfiiaaTOiJç ' ÂYpobtou; 
[corr. pour êrfpovKtau;] (Hsch.) ; ^7)(xtÇeodai • à8ep(t^ea6ai 
(Hsch.) ; enfln en tsaconien à(fa,[dZ,<ii = àTi[ii!^co. V. Bechtel, 
Gr. Dial. 2,781. 

wifap '. «tout d'un coup, aussitôt», etc., souvent 
employé avec Se en tête de phrase (Hom., poètes, rare 
chez l«s tra^qtKs). D'où le comparatif employé comme 
s. ''ectif àçàp-cepoç «plus rapide» (//. 23,311) ; en outre 
l'adv. àçâpet ■ rax^toç xocl àxéiccaç (EM 175,24) ; laut-il 
rattacher aussi &(papeû; m., qui serait une nageoire 
ventrale de la femelle du thon (Aristote, HA 543 a) 1 
A Et: Vieux substantif neutre en rjn- que l'on met en 
rapport avec âçwo, cf. Benveniste, Origines 15, Schvvyzer, 
Gr. Gr. 1,519 et 624, n. 5. Voir &<pv<û. 

à4>âpict) : f. nom d'un arbre toujours vert Arbulus 
hybrida, arbousier hybride (Thphr.). Strômberg y rattache 
àoipxtSeuTOv • ttypeuTov, àOuatatr-rov {? Hsch.), par 
'àçapxiç, àçotpxtSeùû), lequel serait synonyme de àypeùw 
• attraper », mais aucun lien sémantique ne peut être établi 
et le texte même de la glose a été diversement corrigé, 
cl. Latte s.u. 

El. : D'après Stïômberg, Wortstudien 27, le mot serait 
un «Maposé de dcpxuç < fllet > avec àn6 et signifierait 
proprement « plante qui attrape comme un fllet ». L'aspi- 
ration s'expliquerait par le fait que &pxuç est parfois 
aspiré cf. s.u. ; dtTro- exprimerait comme dans àitéXtvov, 
èràiieXi la notion d'une espèce de; cf. Strômberg, /. c. (7). 

à^âaau, à<{>âu, voir jctito). 

ô^areiv : sens douteux (IG V 1,209,34). Ce n'est 
probablement pas un infinitif. Voir Bourguet, Dialecte 
laconien, 110,4 et 124,1, avec la bibliographie citée. 

à4>aupôs : « faible, sans force », en parlant d'un 
enfant {II. 7,235) ; presque toujours employé au comparatif 
»t au superlatif (Hom., Hés., Pi., Théoc, Alexandrins, 
Hp., X.) ; le terme semble ionien. 

Dérivé ; âçaupéTTjç [tôv aloô^eretovl (Anaxag. 21). 
Verbe déaominatif àçaupoOrai (Êrot. avec la variante 
i|iocupoÛTizi), osaame explication de à^aXSùveraL. 

Ei.: Obscure. Frisk suppose un croisement de dc(juxup6i; 
ivec des termes de sens voisin comme (paûXoç ou 9Xo(ûpoc. 

à^Xi^S, -iç : < uni » : Ar. Cav. 527 Sià tûv àçeXâv 

nSlcav ; < simple, sans complication », parfois « naïf » en 

parlant de personnes (S., D., RU>.,>Metc.), «simple» en 

parlant du style dans le vocabulaire de la rhétorique 

(Arist., D.H., etc.) ; adv. àçeXûç (Plb., etc.). 

Dérivés : ÂçéXeia «simplicité» (Hp., Antiph., Plb.); 

tardif dt9eX6T»)ç (.<4c/. Ap., Vett. Val.) cf. Chantraine, 

Ftmalion 298. 



Appartient surtout au vocabulaire moral et intellectuel, 
et apparaît assez tardivement, ce qui rend difllcile d'en 
saisir le sens originel. 

Subsiste en grec moderne. 

El. : Si l'on admet que le passage d'Ar., Cav., de sent 
concret, nous fournit le sens ancien, on admettra l'èt^^ni. 
de Persson, Beilràge 2,797, n. 3, et de Pisani, Rend. Ut. 
Lomb. 73,494, qui se trouve dans tous les dictionnaires 
étymologiques : le mot serait composé de i- privatif et 
d'un ""çéXoç qui se retrouverpit dans <peXXEÛç (avec deux 
XX !) « terrain rocailleux ». Simple hypothèse. Une tentative 
de rapprochement avec ÇdtçeXoç, ÇaçeXirjç ne donne rien. 

ô^cvos : n. (le masculin thématique est attesté chez 
Call., AP et comme variante chez Hés. Trav. 24, sans 
doute par analogie avec jtXoOtoç, cf. Fehrle, Phil. 
Woch. 1926, 700 sq.) « richesse, opulence » (Hom., Hés., 
Thgn., Alexandrins). 

"Açevoç figure comme second terme de composé dans 
des noms propres, surtout à Lesbos : Aia.(févr,<;, KXea<pév7;ç, 
Tt(jtaç£v)r)ç, Eùâçév»)!;; en outre l'adjectif eÙTjçevYjç au gén. 
eùi)9)Evé<i>v «opulent», bonne leçon en //. 11,427; 23,81, 
malgré la variante mieux attestée mais de structure très 
insolite eùi)Yevéa>v (cf. Bechtel, Lexilogus s.v. et Masson, 
Eev. Phil. 1965, 239 sq.) ; dérivé eÙT](pEvéo>, P. Oxg. 1794, 
13 ; ^uijçevigç « abondance » est un terme alexandrin 
artificiel, tiré de psto et -Tfjçevrjç (D.P., Nonn.), d'où le 
dérivé puTjçevtT) (Call.). Sur les composés d'(ic9evoi; dans 
l'onomastique v. O. Masson, Bev. Phil. l. c, 235-240. 

Dérivés : àçveiéi; < opulent », en principe en parlant de 
personnes, avec un complément génitif chez Hom., comp. 
et sup. -ÔTEpoç, -àxaroç, -éarx-zoç chez Antim. Attesté 
chez Hom., Hés., Thgn. ; également lyr. et trag. mais 
sous la forme dcçveô; ; la chute de la seconde syllabe de 
jupevoç et l'accent sur la flnale surprennent : voir sous 
Et. Sur la signification de cette notion d'opulence, voir 
Hemeirijk, Ilevta en IIXcûtoç, Diss. Utrecht 1925 ; l'hapax 
àtpvoç n. (Pi. fr. 219) doit être une formation inverse tirée 
de dcçveià; ; àipvTjfxcdv (Antim.) est un doublet poétique 
tardif, sur le modèle des adjectifs en -tjjxov : tioXux- 
Trjfiûiv, etc. 

Verbes dénominatifs : à<pvûei, àçviivet ■ àXôCi^ei 
(Hsch.) ; puSôv àçvûvovrat " TtXouToÛCTtv (Suid.) ; pour 
la formation voir Schwyzer, Gr. Gr. 1,728. 

Mots archaïques, épiques, vite sortis de l'usage, 
concurrencés par 8X6oç, tiXcûtoç, etc. 

Et. : Inconnue. Depuis Bréal, MSL 13,282 sq., on tente 
de rapprocher skr. àpnas- n. « propriété, richesse ». L'éty- 
mologie a été améliorée en posant 'apsnos-, qui rendrait 
compte de l'aspirée, cf. lit. àpstas (Pisani, Bend. Jst. 
Lomb. 73, 1939-1940, 515). Cette explication est, générale- 
ment, abandonnée. Il vaut mieux rapprocher Âçevo; de 
hittite (lappin- < liche », bien que l'aspirée grecque fasse 
difficulté, cf. Benveniste, Hittite ei indo-européen 13. 
De son côté E. Laroche, BSL 58, 1963, 72-73 pense que 
le grec ne peut être mis directement en rapport avec le 
hittite, sinon comme emprunt éventuel à quelque dialecte 
louvisant ; on aurait donc un mot anatolien. D'autre part 
le rapport entre âçevoç et àçvciâç est obscur : on admet 
une syncope de la seconde syllabe, cf. en dernier lieu 
Szemerényi, Syncope 144-147, qui examine l'ensemble 
du problème étymologique. 



147 



'A^poStn) 



â^Y^Tup : épithète d'Apollon, //. 9,404. 

El.: Les scholies donnent deux explications : ou bien 
f archer », ou bien «prophète». Dans ce second cas elles 
tirent le mot do