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Full text of "Dictionnaire étymologique de la langue française"

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DICTIOMIRE 1TT10L0GIQDE 

DB LA 

L^NGUE FRANCHISE 



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AUTRES OUVRAGES DU MEME AUTEUR 



GRAMMAIRE HISTORIQUE de la langue franchise avec 
une Preface par E. Littre, de l'Academie franchise. 
15* edition. Hetzel. — Prix, broch6, 3 fr. ; cartonne 
Bradel, 3 fr. 25 c. 

Ouvrage couronne enl870 et 1872 par l'Academie francaise, 
l'Academie des inscriptions et la Societe pour 1 instruction 
elementaire (grande medaille d'argent). Ce hvre forme 
avec le Dictionnaire etymologique un cours complet 
d'histoire de la langue francaise. 

A HISTORICAL GRAMMAR of the French Tongue, 

by Aug. Brachet, translated by W. Kitchin. M. A. 

-~ Oxford, at the Clarendon Press. 1868. In- 12. — 

3 sh. 6 d. 
NOUVELLE GRAMMAIRE FRANQAISE a l'usage des eta- 

blissements destruction secondaire. 1872.Hachette. 

— in-18. — 1 fr. 50. 

CHRESTOMATHIE HISTORIQUE de la langue franchise, 
depuis le ix e siecle jusqu'au xvi% avec introduction, 
notes et glossaire. 1873. Hachette. — Un fort vol. 
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DICTIONNAIRE DES DOUBLETS ou Doubles Formes 

DE LA LANGUE FRANQAISE. 1868. FRANCK. — In-8. 

— 2 fr. 50. 

Ouvrage couronne par l'Academie des inscriptions en 1869. 
DU ROLE DES VOYELLES LATINES ATONES dans les 
langues Romanes. Leipzig, Brockhaus. 1866. In-8. 
STUDE SUR BRUNEAU DE TOURS, trouvere du xnf 

siecle. 1865. Franck. — In-8. 
GRAMMAIRE COMPARfiE DES LANGUES ROMANES, par 
. Frederic Diez, traduite par A. Brachet et G. Paris. 
L'ouvrage complet formera trois volumes in-8. 



Typographie Lahure, rue de Fieurus, 9,. a Paris. 

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fa 4.J/a*u. 



GOURS COHPLBT 

D'HISTOIRE DE LA LANGUE FRANgAISE 

Conforme a la circalaire ministerielle du 28 septembre 1872 





DE LA LANGUE FRANGAISE 

PAR 

AUGU8TE BRACHET 

Ancien exarainateur et Professeur a l'&cole polytechniqae 
Laureat de l'Institut, etc. 

PREFACE PAR E. EGGER, DE L'iNSTITUT 



Neuvieme edition 
Ouvrage couronne par V Academie francaise 




BIBLIOTHEQUE D 'EDUCATION 

J. HETZEL ET C le , 1 8, RUE JACOB 

PARIS 

Too» droits da traduction et da reproduction reserr& 

Digitized by VjOOQIC 



K>.«r*«' :> 



«f-3X/ 



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PREFACE 



Le livre et Pauteur que je suis pri6 d'introduire devant 
le public n'ont guere besoin de ma recommandation. Tout 
jeune encore, M. A. Brachet s'est fait apprfcier par deux 
publications, qui lui ont valu Testime des connaisseurs ■ : 
une Grammaire historique de la langue frangaise, deja 
parvenue chez nous a sa troisieme Edition, d£ja traduite en 
anglais, et cela par PUniversit6 d'Oxford, puis un m6- 
moire savant et methodique sur ce qu'on est convenu d'ap- 
peler, chez nous, en £tymologie, les Doublets, ou doubles 
formes, sont des garanties suffisantes pour le nouveau Dic- 
timnaire Hymologique de la langue frangaise : on salt 
d'avance par quels travaux Tauteur s'est prepare a ecrire 
ce livre, avec quel excellent esprit de critique il a du le 
rediger. II est done superflu d'insister ici sur des merites 
que reconnaitra facilement tout lecteur attentif. Mais il 
peut etre opportun de presenter un aper$u des progres les 
plus recents de la science mSme dont ce manuel repr^- 
sente, sous une forme tres-simple et presque elementaire, 

1. Ces deuxouvrages ont obtenu de PAcademie des Inscriptions et 
Belies- Lett res une mention honorable, dans le concours de 1869, pour 
les Antiquites de la France. 

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PREFACE. 



l'£tat le plus availed. C'est ce que je me propose de faire 
en quelques pages. I/occasion m'est bonne, et je suis heu- 
reux qu'on ait bien voulu me l'offrir, de fixer, surtout en ce 
qui touche la France, les principaux souvenirs d'un moUve- 
ment d'&udes auquel, depuis trente ans, j'ai pris tout juste 
assez de part pour le bien connaitre, trop peu pour Tap- 
precier avec la preoccupation d'un sentiment personnel. 

L'&ymologie, e'est-a-dire Implication du vrai sens des 
mots par leur histoire, est une des sciences les plus ancien- 
nes a la fois et les plus neuves dans les £coles de l'Europe 
eiviliaee. C'est une des plus anciennes, car les Grecs s'y 
sont essayte de trts-bonne beure, et les Romain* 1'ont 
cultiv£e apr&s las Grecs, les peuples modernes apr^s leurs 
mai tree grecs at remains. C'est une des plus neuves, car k 
m&hode, qui seule constitue vraiment una science, a'a a*6 
qua tout r&emment appliqula kcesrecherehes. Chez nana, 
an particuliar, jusqu'k la fin du dix-huitifcme si&cle , l'lty- 
mologie n'&ait gu&re qu'una sorte da divination, pratiqmSe 
avec plug ou moine da bonheur par das asprits ingfoieux 
qui n'y suivaient aucu&e rtgle precise : Tordre, s'ils y mat- 
taient qualqua ordre, Itait celui qu'impose aux fait* la 
conception abstraita d'un systeme. Chaque etymologise , 
ob&ssant k una H6e pr4con$ua, y xamenait boa gc& mal- 
gri Taxplication des mots : nul concert, nul accord entre 
les savants, point da risultats qui fussent communement 
acoept6s. La public, impartial at judicieux, frapp^ da cas 
contradictions, prenait la parti d'en rire, et e'etait justice. 
L'art Itymologiqua, comma on Tappelait volonUera alors, 
restait frapp^ d'un discredit trop legitime. 

La bon sans d'un philosophe et d'heureuses decoavertes 
arrivant a propos ont enfin amen6 une rtforme salulaire et 



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PREFACE. 



qu'on pent appeler definitive. Dans Particle tlymologie de 
['Encycloptdie, Ttirgot, avec une sagacity remarquable, d6- 
montra que Porganisme des mots, comme tout organisme 
naturel, doit fetre observ e sans esprit de systfeme, que, daos 
cette analyse, les radicaux et les termintisons doivent fitre 
etudies avec une attention egalement scrupuleuse, que l'his- 
toire extirieure des langues eclaire celle de leurs Evolu- 
tions grammaticales, etc, C'etait fonder vraiment la science 
etymologiqne, et, du mfeme coup, raffennir, en les eiargis* 
sant, les bases de la Ghrammaire generate, qui jusque-Ut 
reposait sur les speculations de la logique plutdt que sur 
Fobservation des phenom&nes. 

Pen de temps aprfcs, la decouverte du Sanscrit nous fai- 
sait voir une langue oh les grammairiens, moins occup^s de 
la logique abstraite que de l'analyse des radicaux et des 
flexions, avaient apporte k Petude des mots une finesse et 
une precision merveilleuses. Ge devait fetre pour nos gram- 
mairiens routiniers de POccident une veritable relation ; 
ce devait fttre Porigine d'une reforme feconde. 

Le profit de ces conseils et de ces exemples s'est pour- 
tant fait attendre, et il a &t& d'abord plus sensible pour la 
theorie comparative des idiomes de PInde et de PEurope 
que pour la philologie romane. 

Par Peffet d'une ambition bien naturelle k Pesprit hu- 
main, on voulut d'abord trop embrasser, au risque de mal 
etreindre. Les rapports intimes d'etymologie entre le Sans- 
crit et les principaux idiomes de l'Europe etaient k peino 
signals que la curiosite des philologues s'y attacha et les 
fit ressortir, avec Pensemble des consequences qui en de« 
coulent poiv Phistoire des races d'origine aryenne. Puis, 
d'une generality trop large et par cela m6me superficielle, 



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PREFACE. 



on se rlduisit & des Etudes plus speciales. On isola, dans la 
grande famille aryenne, des groupes de langues, pour en 
etudier comparativement 1'organisme. C'est ainai que Las* 
sen et Eugene Burnouf rapprocherent le Sanscrit des dia- 
lectes populaires qui en sont derives dans la presqu'ile de 
T^nde (1826-1827); c'est ainsi qu'Eugene Burnouf demon- 
tra les rapports du Sanscrit avec le plus ancien 
idiome de la Perse, tel qu'on le trouve dans les livres du 
Zend-Avesta (1833 et anne'es suivantes). Les idiomes ger- 
maniques furent soumis par J. Grimm k la plus pe'ne- 
trante analyse, qui en degagea les lois d'une phonetique 
rtguliere dans ses process instinctifs (1819 et annees sui- 
vantes). Raynouard esquissa d'une main dejfc ferme, mal- 
gri quelque inexperience, sa Grammaire comparee des lan- 
gues de V Europe latine dans leurs rapports avec la langue 
des troubadours (1821). 

Sous la direction ou plutdt encore sous Timpulsion du 
vif esprit de Raynouard, la philologie romane a pris chez 
nous d'assez rapides accroissements, auxquels contri- 
buerent, pour une part et dans des conditions inegales, 
l'Ecole des Chartes, TUniversit^ et la science que je puis 
appeler libre en ce sens du moins qu'elle ne releve d'au- 
cune tradition scolaire. 

Gr&ce k des cours spe*ciaux pour le dechiffreinent des 
vieilles ecritures, pour l'e'tude du latin barbare et du fran- 
$ais naissant que nous pre'sentent les dipldmes du moyen 
age, l'£cole des Chartes, depuis l'organisation de 1829, a 
developpe* chez nous le sentiment historique dans I'&ude 
des langues. D'excellents mattres y ont forme* des disci- 
ples, dont quelques-uns sont devenus aujourd'hui leurs ri- 
vaux, dans Tart d'&udier les varies successives des mots 



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PREFACE. a 

et la logique secrete qui dirige leurs Evolutions gramma- 
ticales. L&, on s'est habitue* a considlrer avec le m£me 
respect et la mfone curiosite* les premieres Ebauches et les 
formes les plus parfaites de notre langue; on a rEfate* pour 
toujours Terreur qui faisait dater du seizieme siecle notre 
av6nement k la vie litteraire; on a montre* que le moyen 
age, du onzieme au treizieme siecle, eut une brillante flo- 
raison po^tique, que le fran$ais et meme plusieure dialec- 
tes fran^ais s'y epanouirent de^ik re'guliers, dejk riches, 
dej^L brillants. La Bibliotheque de VEcole des Chartes (1839 
et annEes suivantes), surtout remplie de documents et de 
dissertations historiques, ne donne qu'une idie imparfaite 
des savants cours de philologie neo-latine qui ont si large- 
ment contribue* k l'&lucation de nos jeunes archivistes. 
G'est dans les Editions de vieux textes fran$ais et dans de 
trop rares opuscules publics par M. Guessard, par M. J. 
Quicherat, par leurs Aleves, MM. Gaston Paris .et Paul 
Meyer, que Ton peat apprecier les heureux effets d'un 
tel enseignement. 

A ces etudes pourtant manque parfois une suffisante 
connaissance de l'antiquite gre'co-latine, c'est-a-dire du 
fond de culture savante, unie aux traditions indigenes, sur 
lequel s'ope'ra le developpement des langues et des litera- 
tures du moyen &ge. Sous ce rapport, l'Ecole normale, ou 
les lettres anciennes sont plus specialement enseignees, 
pouvait, par la comparaison du grec et du latin classiques 
avec le fran$ais, apporter quelques elements k la critique 
dansl'e'tude des idiomes neVlatins. Par malheur, la gram- 
maire n'y fut, pendant longtemps, enseign^e qu'en vue 
de la pratique, en vue de Implication des auteurs. M. Eu- 
gene Burnouf avail £t£ appeie a faire dans cet &ablisse- 



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PREFACE. 



ment (1829-1833) tin cours de grammaire compare, qui 
fat, en son genre, le premier dans notre pays. L'essai, 
trop vite interrompu, ne reussit qu'imparfaitement. Im- 
minent linguiste fut, dit-on, gfcni par un rfcglement trop 
pen liberal dans oette laboriense et difficile experience : il 
n'osa pas rompre aveo la grammaire gtn&rale telle qu'on 
l'entendait au dix-huitifcme sifccle; on dn moins, il n'eut 
pas le temps de developper ce que son Erudition et sa cri- 
tique avaient de plus original. Les redactions de son 
cours sont resides dans 1'iEcole un pr^cieux souvenir de 
ses efforts, plutdt que le monument d'une doctrine dura- 
ble. Repris, six ans plus tard, aveo un zfele qui suppieait, 
autant que possible, k Pinferiorite du savoir et du talent, 
l'enseignement de la grammaire k l'ficole normale, *e per- 
fections, durant plus de vingt ans, se rattachant de mieux 
en mieux au principe de la comparison historique des 
langues. On en peut juger par le manuel que le professeur 
charge de cet enseignement publia, en 1853, sous le titre 
de Notions Mmentaires de grammaire comparie^ et qui s'a- 
meiiora sans trop s'ltendre dans plusieurs editions succes- 
sives. Le maftre actuel de la Conference de grammaire, 
M. Gh. Thurot, n'en a certes pas amoindri les doctrines; 
il les a plutftt etendues et affermies. II est, d'ailletirs, bien 
seconde, & cet egard, par plusieurs de ses coll&gues dans 
les autres conferences. 

De 1841 It 1843, les conferences d'idlemand avaieflt re$u 
dans le mfime sens une heureuse impulsion. M. Ad. Re- 
gnier, qui, comme helieniste edairt par la science da 
Sanscrit, venait de nous donner pour la premifefe fois une 
bonne theorie de la formation des mots grecs (1840)* ap- 
pliqua, mais pendant trop pen de temps, sa mithode si 



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PREFACE. 9 

claire et si sftre h la langue allemande rapprochfe de sea 
principals soeurs dans la famille germanique. 

Toutefois, les fruits de ces divers enseignements se pro-* 
duisirent lentement au dehors : chaqne annle, quelques 
jeunes professeurs partaient de lTScole pour rlpandre dans 
les lycees les lemons de leurs maltres, selon la mesure ap- 
propriee aux besoins des classes. Parmi eux, on petit nom- 
bre se basardaient a approfondir les doctrines recueillies 
dans nos conferences, a les appliquer au renouvellemeot 
des livres classiques : quelques Editions de textes plus cor- 
rects et mieiix annoys, quelques grammaires oil l'innova- 
tion utile pinfetre pen a peu, mais timidement encore, sont 
les seuls fcSmoignages publics d'un travail qui n'a pas i\A 
sterile, mais dont le profit se renfermait dans l'enceinte 
m6me de nos lycees. Le nouveau Manuel des radnes grec- 
ques et latines, par M. Anatole Bailly, est le premier ou- 
trage considerable qui se rattache a l'enseignement de l'fi- 
cole normale. Je n'ose pas faire.remonter si loin la louable 
pens^e d'un cours d'histoire de la langue fran$aise au col- 
lege Ghaptal, pensde dont M. Monjean, le directeur, par- 
tagea lTionneur avec le professeur, M. Pellissier. Ce der- 
nier, qui a r£sumi son cours dans un int&ressant Tableau 
Mstorique de la formation et des progrfes de notre langue 
n'avait passd que quelques mois a FEcole normale. II n'a 
. gu&re trouv£ que dans les livres la tradition des logons que 
je commensals Fannie mfcme oh il entrait comme ilfeve dans 
cet 6tablissement. On sign ale rait plus justement dans les 
profonds traVaiix de M. Lafaye sur les synonymes franca is 
(1841 et 1858), le souvenir du cours, qu'il avait pu enten- 
dre, de Tillustre Eug. Burnouf. Mais surtout Tficole doit 
mppeler avec satisfaction que c'est dans ses conferences que 



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PREFACE. 



se dlcida la vocation de M. Michel Br£al, traducteur de 
la Grammaire comparie de F. Bopp (1866 et annees sui- 
vantes) et d&jk maitre lui-mSme dans la science compara- 
tive des langues. 

Mais ces Etudes ont eu d'autres representants que les 
disciples et les maltres des ecoles dont je viens de parler. 

Fauriel, par ses lemons a la Faculte des lettres sur la lit- 
erature proven$ale (1831 et annees suivantes, lemons pu- 
blics en 1846); J. J. Ampere, par ses lemons au College de 
France et par son livre sur la formation de la langue fran- 
$aise (1841), marquent tantdt un progrfcs certain sur les 
theories et la m&hode de Raynouard, tantdt un effort 
meritoire pour attirer et diriger l'attention publique vers 
les problemes de la grammaire historique, et pour accredi- 
tor chez nous les travaux des AUemands, surtout ceux du 
c&febre Diez, sur les idiomes n^o-latins. C'estleur exemple, 
c'est leur succfcs qui devait, plus tard, sugg6rer & M. For- 
toul la creation d'une chaire de langue et de literature ro- 
mane au College de France (1852) et faire appeler a cet 
enseignement un veteran de r erudition en ces matieres, 
M. Paulin Paris. Dun autre cdt£, M. Littre* prenait libre- 
ment sa place k cbti et souvent au-dessus de ces heureux 
initiateurs, par ses m^moires successivement publics dans 
le Journal des savants, et qui forment aujourd'hui une juste 
Histoire de la langue frangaise, et par la laborieuse entre- 
prise de son Dictionnaire. Tous ces noms c&febres ne doi- 
vent pas faire oublier des noms plus modestes : M. Obry 
d* Amiens, qui sur le sujet du participe passt, nous adonn6 
le premier modele, et un modeje excellent, de ce que les 
botanistes appellent une monographic (1851); M. Edel. Du 
Meril, auteur de YEssai philosophique sur la formation de 



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PREFACE. 



la langue frangaise ( 1852); enfin Abel de Chevallet, qui 
m^rita, en 1850, le prix Volney et phis tard Yna des prix 
Gobert, pour le livre, alors si neuf et tou jours recomman- 
dable, qu'il a intituW Origine et formation de la langue 
frangaise. Ges livres ont beaucoup servi k ceux qui de- 
vaient un jour les depasser, par exemple, k M. Camille 
Chabanneau, auteur d'une si pen&rante etude sur 17/w- 
Wire et la theorie de la conjugation frangaise (1868). 

La mention du prix Volney me rappelle a propos cette 
fondation (1821), confine k une commission mixte ou sont 
en majorite les membres de 1'AcadEmie des belles-lettres. 
Le programme du concours avait iti d'abord inspire par la 
philosophic du dernier sifecle; il a it& judicieusement rao- 
difi6 par la suite, et il ne pouvait manquer de l'6tre, sous 
peine de demeurer sterile pour l'encouragement des Etudes 
que le fondateur voulait promouvoir. La serie m£me des 
ouvrages envoyfe et des ouvrages couronn^s k ce concours 
marqoerait clairement aux yeux, si je la pouvais reproduire 
ici, la vari&e, la continuity, et quelquefois, il faut le dire, 
l'in£galite des progres de la linguistique dans son domaine 
immensement agrandi depuis cinquante ans. 

L'Acad^mie frangaise ne devait pas rester 6trangfere a 
ce mouvement d'active curiosite. En provoquant, k propos 
de Pascal, la revision de nos classiques, M. Cousin faisait 
rentrer la recension critique des textes dans notre Educa- 
tion litteraire, ou elle etait depuis longtemps oubli£e ou ne- 
gligee. En mettant au concours la redaction de Lexiques 
sp£ciaux de Gorneille et deMmede S6vign£, 1'AcadEmie 
poussait les esprits studieux dans la mSme voie. Elle pr£- 
parait pour les hommes de gout, pour les lexicographes et 
pour les historiens de notre langue, elle se pr£parait a elle- 



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j PREFACE. 



mime d'exoellents matiriaux pour l'oeuvre de son Diction- 
naire, ceuvre volontairement doubWe, en 1858, par Ten-* 
treprise de son Dictionnaire historique. 

G'est k la mime classe de materiaux patiemment recueil* 
lis et judicieusement contrdtes qu'appartient le riche Glos- 
savre du centre de la France, par le comte Jaubert, d&jfe 
parrenu (1864) k une seconde Edition qui fait esplrer en- 
core d* utiles accroissements. 

Rien qu'k parcourir les travaux qui se sucefcdent, en ce 
genre, durant les trente dernifcres annles, on est frapp6 
du progrts rapide et stir qui s'est accompli. Sauf de rares 
exceptions, la linguistique s'est definitivement affranchie 
des vaines ambitions qui l'egaraient autrefois, et, sur le 
terrain oil elle se renferme, elle a marque sa t&che avec ri~ 
gueur et precision ; elle ne slpare plus r&ymologie de la 
phon6tique ou science des sons; elle les folaire et les con- 
firme Tune et l'autre par l'&ude des variations de l'ortho- 
graphe. Ainsi elle penetre de mieux en mieux dans la con- 
stitution organique des mots; elle r£ussit k les classer se- 
lon leurs origines diverses et selon les dates de leur entree 
dans l'usage; cbaque jour, elle riduit le nombre de ceux 
qui insistent k toute explication parce qu'ils r&istent a 
toute analyse. D n'y a plus un bon esprit qui puisse m6- 
connaitre ce progr&s. 

Le nonveau livre de M. Brachet affermira, j'en suis str, 
la confiance du public dans les precedes qu'applique d6- 
sormais la science des langues : il en accriditera plusieun 
risultats nouveaux et ddrjk incontestable!; oar, en les r£su- 
mant tons, nouveaux ou anciens, avec ordre et clartl, il 
les rend tous abordables et k la jeunesse de nos ecoles et 
aux gens du monde que leur inexperience* en ces matiferes. 



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PREFACE. k 

rapproebe quelqnefbis de la jeunesse. Je m'abstiendrai de 
donner des examples a l'appui de ce jugement; le leoteur 
a'aura qn'k tourner quelqnes pages pour les tronver dans 
i'Avant-propos et dans Y Introduction de M . Brachet; il 
n'auraqu'aoiivrir le Lexique pour appre*cier d'un coup d'oeil 
1'heureux efiet des seines m&hodes. Cost vraiment plaisir 
de Toir comment Tanalyse &ymologique des divers &6ments 
de notre langue se trouve en donner Thistoire mime; comr 
ment eette analyse distingue le plus souvent avee certitude 
les problems* insoluble! de cenx qui peuvent recevoir une 
solution, indique les conditions de<es derniers, circonsorit 
I'lnconnu et ie resserre, pour ainsi dire, par des rapproche- 
ments qui deviennent des deeouvertes. Le doute railleur 
n'a plus de prise sur la science ainsi constitute, aiasi 
pourvue de ses instruments legitimes, pas pins qu'il ifoi a 
snr la physiologic et sur k botanique : il £ant que les risers 
en prennent leur parti. 

D'ei>aui*s, la curiosity pour pen quelle soit s&ieuse, 
irmivera dans les etudes grammaticales renouvel^es par le 
perfectionnement des methodes autant de charme et d'ai~ 
trait qu'en eurent jamais pour l'imagination de nos ance- 
tres les reves d'une ^tymologie aventureuse. L'&ude seule 
de notre idiome, avec un guide aussi sur que M. Brachet, 
conduira sans effort a celJe des langues anciennes de la 
m§me famille. Le latin, en effet, et leslangues qui en d£- 
rivent, offrent pour nous TmterSt particulier d'une famille 
ou la langue mere (c'est-a-dire le latin du temps de l'Em- 
pire) et celles qu'elle a produites sont egalement bien con- 
nues, ou les temoignages abondent pour marquer, stecle 
par siecle, les caractfcres gen&raux et les varietes de l'evo^ 
lution linguistique aujourd'hui arretee en Europe par Tim- 



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PREFACE. 



primerie et par rautorite* des grandes litteratures classi- 
ques. Familiarise d'avance avec les principes de F analyse 
comparative par Tapplication qu'ils re^oivent dans le riche 
domaine de la philologie neVlatine, tout homme studieux 
aura moins de peine a les appliquer au grec et au latin, a 
d'autres idiomes plus eloign^s de nous, plus Strangers a. 
nos habitudes; a des idiomes dont la filiation et la parente, 
toujours £videntes, sont pourtant moins faciles a d^finir. 
Ainsi, par un retour heureux, la lumiere qui nous est ve- 
nue de l'Orient, se refletera jusque sur les langues orienta- 
les de la famille indo-germanique : celles-ci nous semble- 
ront moins la matiere d'une erudition privil^gi^e; nous les 
aborderons toujours avec prudence, mais avec s^curitd, sa- 
chant d'avance qu'elles nous presenteront des pWnomenes 
grammaticaux, r^gis par des lois analogues k celles dont 
nous avons eprouv6, pour les langues romanes, la rigueur 
et la certitude. 

G'est Ik encore un heureux progres des esprits auquel 
M. Brachet aura trop contribute pour n' avoir pas le droit 
de s'en applaudir. 



E. EGGER. 



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TABLE DES MATURES 



Avart-Propos 



in 



INTRODUCTION. 

LIVRE I. 

DES REGLES A SUIVRE DANS LA RECHERCHE 
DES ETYMOLOGIES. 

Chap. I. Phonetique e xiv 

— II. Histoire xvi 

— III. Comparaison zix 

— IV. Etude des sens xxi 

— Y. Conclusion « xxvii 

LIVRE II. 

£l£mENTS ETYMOLOGIQUES DU FRANCAI8. 
PARTIE I. 

tiMments d'origine popvlaire , *.. xxx 

Chap. I. Element Latin .... xxz 

— II. Element Celtique xxxiv 

— III. Element Germanique xxxvin 

— IV. Element Grec , « xlii 

PARTIE II. 
tUments ffiorigine savante « xltc 

PARTIE III. 

Elements d'origine tilrangere * xlvii 

Chap. I. Mots d'origine Provencale • • xux 

— II. Mots d'origine Italiennc. * • " 

a 



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ii TABLE DKS MATI&RES. 

Chap, III. Mots d'origine Espagnole lv 

— IV. Mots d'origine AUemande . lyii ' 

— V. Mots d'origine Anglaise Lvni 

— VI. - Mots d'origine Slave ux 

— VII. Mots d'origine Semitique „...,... lx 

— VIII. Mots d'origine Orientale. A lxi 

— IX. Mots d'origine Americaine lxu 

PARTIE IV. 

Elements d'origine Diverse Lxm 

Chap. I. Mots d'origine Historique . lxhi 

— II. Onomatopees lxv 

— III. Mots d'origine Inconnue lxvi 

— IV. Statistique Etymologique du francais lxx 

LIVRE III. 

£TUDE DBS SONS OU PHONETIQUE. 

PBEUMINAIHES LXXH 

PARTIE I. 
Principes gentraux 9/ . ,..**. lxxiv 

PARTIE II. 

fitude des Voyelles Lxxvm 

Chap. I- Voyelles accentuees Lxxxn 

— II. Voyelles atones , lxxxvii 

Section 1. Atones simples lxxxvii 

— 2. Atones composes lxxxvw 

PARTIE III. 

titude des Consonnes xcn 

PARTIE IV. 

Exceptions d la phone'tique. Part de la corruption civ 

Ltste des Abreviations — cxi 

DlGTIONNAIRB ETYMOLOG1QUB DE LA LANODB FHAMgAISB 1 



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AVANT-PROPOS 



Ce Dictionnaire £tymologique est la suite natarelle de 
la Grammavre Historique que je publiai Tan dernier. J'a- 
vais trac£ dans ce livre l'histoire des formes grammaticales 
du fran^ais; pour completer cette oeuvre, et embrasser le 
cycle complet d'une histoire de notre langue, il me restait 
a 3crire l'histoire de notre vocabulaire : c'est l'objet du 
present travail, et le Dictionnaire fitymologique continue, 
en la compl&ant, Toeuvre que j'ai entreprise, de r^pandre, 
parmi le public lettre, les beaux r^sultats de la science 
philologique, confines jusqu'ici dansle cercle restraint des 
savants spdciaux. 

Cen'est point que les recherches ^tymologiquesaientfait 
defaut a notre langue depuis trois sifecles. Dans la p^riode 
anarchique qu'a traversee la philologie depuis le seizieme 
sifccle jusqu'a nos jours, et pendant laquelle cette branche du 
savoir ne constituait gufere qu'un amas d'aberrations erudi- 
tes, nous trouvons deja deux Dictionnaires fitymologiques, 
celui de Menage, public en 1650, et celui de Roquefort qui 
paruten 1829. Sept ans apr&s, Tillustre FWd^rio Diez pu- 
bliait a Bonn le premier volume de sa Grammaire des Ian* 
gues Romanes (1836), bistoire comparee des six langues 
fiUes du latin; il montrait dans ce livre, suivant quelles 
lois invariables le latin s'dtait d£compos£ en frangais, en 
italien, en espagnol, en portugais, en valaque, et il cr^ait du 
m&me coup r histoire scientifique de notre langue. Dfcs lors, 
la philologie fran$aise se transformait, et comme au dix* 



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nr AVANT-PROPOS. 



huitifeme sifcole, la chimie s'etait degagde de Falchimie, 
l'foude de notre langue se constituait en une science d'ob- 
servation 4 , et dont les progr&s allaient etre d'aulant plus 
rapides, qu on lui appliquait un esprit d'investigation plus 
rigoureux; dernifcre venue de nos sciences explrimentales, 
elle devait les depasser toutes ( la chimie exceptee) par la 
rapidite et la succession ininterrompue des d£couvertes. 
Tous ces r&ultats nouveaux sont enregistr^s successive- 
ment dans trois Dictionnaires Etymologiques qui s'eche- 
lonnenta quelques annees d'intervalle ; en 1853 M. Diez 
publie son Etymologisches Wdrterbuch, en 1862 parait le 
DictimnairedfaymologiefrangaisedeM. Scheler, en 1863 
M. Littr£ fait paraitre les premieres livraisons de son admi- 
rable Dictionnaire de la langue Francaise* . 

Ces trois livres r^sument toutes les decouvertes delaphi- 
lologie francaise depuis trente ans, et l'abime qui les se- 
pare des reveries de Manage et de Roquefort ne peut fore 
compare qu'a celui qui existe entre la chimie de Lavoisier 
et les divagations des Raymond Lulle, des Nicolas Flamel, 
et des Yan-Helmont. Des lors il peut sembler inutile d'aug- 
menter les catalogues philologiques d'un Dictionnaire nou- 
veau; je me suis cependant determine a ecrire ce livre pour 
combler une lacune qui a toujours existe en France ; en 
mati&re de science , il y a place pour deux sortes de li- 
vres, ceux qui enseignent la science faite, qui transmet- 
tent le d£p6t des connaissances acquises — et ceux qui 
laissent de cftt£ les decouvertes anciennes, pour tenter 



1. II est juste de dire qu'un Francais, Raynouard, avait deja prepare 
la voie par la comparaison des six langues neoiatines; c'est neanmoins 
a M. Diez que revient Phonneur d'avoir cr6e" cette science, par llntro- 
duction dans les recherches de philologie francaise, d'une precision 
jusqu'alors inconnue. 

2. Get ouvrage excellent est publie mainlenant (1868), jusqu'a U 
lettre 0. 



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AVANT-PROPOS. 



de nouvelles recherches, pour exposer la solution ou la dig- 
cussion de" certains problemes jusque-14 non 6tudi6s ; un 
traite de zoologie, s'il s'adresse au grand public, pas- 
sera sous silence toutes les questions douteuses ou non 
r£solues (rorigine des especes, etc....), pour se renfermer 
dans la demonstration minutieuse de toutes les verites ac- 
quises ; — si, au contraire, ce traits n'est destine qu'au pu- 
blic special et restreint des naturalistes, il se bornera k 
Enoncer les faits connus (en sous-entendantleur demonstra- 
tion), et s'attacbera de preference k Eclaircir par des re- 
marques ou des hypotheses nouvelles, tous les probl&mes 
encore pendants. 

Cette distinction s'applique egalement bien aux diction- 
naires £tymologiques, suivant qu'ils s'adressent aux seuls 
philologues ou bien k la classe plus nombreuse du public 
lettre ; dans le premier cas, l'auteur d'un semblable dic- 
tionnaire devra chercher uniquement k resoudre les pro- 
blemes etymologiques encore indEcis, — et se borner k 
enoncer les etymologies deja connues sans s'attarder k les 
dlmontrer. ^G'est ce qu'ont fait MM. Diez, Scheler et 
Littre, qui s'inqutetent plus de dEcouvrir ou d'explorer de 
rouvelles regions, que de d£crire les regions conquises.) — 
Mais & cdte de ces livres, qui supposent chez le lecteur l'e- 
tude anterieure des principes phuologiques et la connais- 
sance prealable de T£tat de chaque question, il y a place 
pour un autre dictionnaire qui prendra la science dans son 
e*tat present, regardera provisoirement comme inconnue 
retym.nlogie de tous les mots dont Torigine est encore dis- 
ease," et se renfermant dans la demonstration des Etymolo- 
gies ant&rieurement d£couvertes, developpera, k leur pro- 
pos, sons les yeux du lecteur, tous les principes philolo- 
giques sur lesquels s'appuient ces interessants resultats; 
c'est ce Manuel de la science &ymologique que j'ai tent6 
de faire, persuade que, dans son imperfection m6me, il 



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vi AVANT-PROPOS. 



peut encore rendre k notre enseignement superieur quel- 
ques services. 

Pour mieux faire ressortir la difference qui separe la 
methode employee ici de celle des dictionnaires anterieurs, 
prenons pour exemple les deux mots rnarcassin et pourrir: 
P&ymologie du premier est inconnue ; tandis que M, LittrS 
etM. Diez discutent les hypotheses emises sur Forigine de 
ce mot et en presentent de nouvelles, je me borne k consta- 
tercette lacune de la science et je passe outre; c'estsur- 
tout dans l'enseignemfent que le doute est pire que l'igno- 
rance et que la maxime in dubiis abstine trouve son appli- 
cation *. 

Au mot pourrir dont Tetymologie est connue (putrere), 
MM. Littre* et Scheler rapportent simplement le mot latin 
et ne s'attardent point k l'expliquer; mais l'etymologie 
n'est qu'enoncee, il reste ila demontrer; ilfaut expliquer 
comment pvtrere a donne pourrir. Pourquoi ce change- 
ment? les lettres latines se sont-elles transformers au hasard 
en lettres fran^aises ou ont-elles adopte un mode invariable 
de changement? Putrere est-il devenu tout d'u/i coup pour- 
rir, ou bien le changement n'a-t-il eu lieu pour chaque 
lettre que successivement, et peut-on fixer toutes les Stapes 
de ce voyage dans le temps 1 ? • 

1. M. Breal professeur au, college de France signalait excellemment 
les perils « d'une methode qui pretend tout expliquer et ne sait point 
se resoudre a l'ignorance de beaucoup de choses. » Dans l'enseigne- 
ment, rien ne nuit a 1'autorite d'une science comme une discussion 
sans conclusion. 

2. Les remarques qui precedent sur les trois dictionnaires de 
MM. Diez, Littr6 et Scheler ne doivent pas toutefois donner le change 
sur l'estime quMl faut faire de ces livres excellents ; loin d'incriminer 
leur methode, je l'approuve en la constatant; les methodes doivent 
varier avec le but qu'on se propose et le public auquel on s'adresse. — 
Je profite de cette occasion pour reconnaltre hautement ce que je dois 
a ces mattres de la science, et a lean travaux. 



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AVANT-PROPOS vn 



Autant de questions qu'un dictionnaire qui a la preten- 
tion d'enseigner aux Imques (comme disent les Allemands) 
a science liymologique, ne peut esquiver : 

c L'&ymologie scientifique, a dit un philologue distin- 
gue ', ne consiste pas a indiquer vaguement l'affinitl qui 
peut exister entre deux termes, il faut qu'elle retrace, lettre 
pour lettre, l'histoire de la formation d'un mot, en r&ablis* 
sant lous les intermediates par lesquels il a passe. » 

II faudra montrer, par exemple, que Yu de putrere est 
devenu ou (pourrir), comme dans ours de t/rsus, soiird de 
surdus, tour de twrris, — que le tr latin (pu/rere-poumr) 
s'est change* en rr y comme dans larron de latronem, nouv- 
rvr de nutrire, noumture de nutritwra, — enfin que Ye 
long de putrere est devenu t en francais (pourrir) 7 t£moin 
tenvr de tenere, abolir de abolere, avertir de avertere, etc. 
Arrive a ce point, le philologue n'a rempli que la moitie* de 
sa tache, il a montre" que pourrir correspond lettre pour 
lettre a putrere; il lui reste a montrer comment ce change- 
ment s'est op^rf ; nous n'avons ici que les deux anneaux 
extremes de la chaine ; il faut retrouver les anneaux inter- 
mediaires qui les relient 1 un a r autre ; pour passer de la 
chenille aa papillon, le naturaliste doit noter tous les di- 
vers £tats de la chrysalide; entre le francais et le latin, 
nous trouvons le bas latin d'une part, l'ancien francais de 
Tautre : putrere h'a pas saute* brusquement a pourrir; les 
textes latins des temps me>ovingiens nous montrent que ce 
mot est d'abord devenu putrire, plus tard pudrire qui nous 
amene au plus ancien francais podrir, auquel succedent la 
forme yorrir, et post£rieurement le mot pourrir; on voit 
quelles modifications lentes et presque insensibles le mot 
latin a subies pour devenir un mot francais : tr s'est suc- 
cessivement adouci en dr, puis en rr; it a passe* par o pour 



1. M. Br6al. 



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viii AVANT-PROPOS. 



venir kou: et, comme on peut le constater par les interm£- 
diaires, le mot latin n'a jamais accompli qu'tm seul de ces 
cbangements k la fois ; c'est ainsi qu'en penetrant par une 
analyse rigoureuse dans Torganisationrntime du langage, 
on voit que les langues se transformed tant qu'elles vivent, 
et que le latin et le fran$ais, par exemple, ne sont au fond 
que des £tats successifs de la mfime langue. 

C'est par l'itude patiente et la comparaison attentive de 
milliers de petits faits, insignifiants si on les regarde isole*- 
ment, que la science itymologique a pu constater que les 
langues, comme les plantes et les animaux, naissent, gran- 
dissent et meurent en suivant des lois qu'il est possible de 
determiner. Gela suffit pour nous justifier du reproche de 
nous fetre arr&te' k des details trop minutieux. « Tout edifice 
bdti sur desidies abstraites, a dit Buffon dans son solennel 
langage, est un temple tlevt h I'erreur. » II est grand temps 
de quitter les divagations de la m&aphysique sur l'origine 
de la parole humaine, pour se renfermer dans l'observation 
des faits; eux seuls nous conduiront k la juste conception 
des lois du langage, et s'il est permis de leur appliquer le 
motde Quintilien : Parva quidem, sed sine quibus magna 
nonpossent consistere, ce sont des details k la v&riti, mais 
sans lesquels Tensemble ne saurait trouver de point d'appui. 

A. B. 



Vouvray, 3 septembre 1868. 



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INTRODUCTION 



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LIVRE I 

DES RfcGLES A SUIVRE DANS 
LA RECHERCHE DES ETYMOLOGIES* 

L'6tymologie, — qui recherche l'origine des mots et les 
lois de transformation des langues. — est une science nou 
velle. C'est depuis trente ans settlement qu'elle est entree 
dans le concert des sciences d'observation; et les services 
qu'elle a rendus lui ont bien vite conquis, parmi les scien- 
ces historiques, un rang qu'elle ne doit plus perdre. 

Avant d'atteindre le degr£ de precision qu'elle poss&de 
aujourd'hui, Tetymologie, — comme toute science et peut- 
&re plus qu'aucune autre, — a traverse unelongue periods 
d'enlance, de tatonnements et d'efforts incertaios, durant 
laquelle les rapprochements arbitrages* les analogies su- 
perficielles, et les combinaisons hasard£es constituaient k 
peu prfes tout son avoir. 

« On peut difficilement se faire nne idEe de l'arbitraire 
qui presida a cette recherche des Etymologies tant qu'elle 
consista simplement a rapprocher au hasard les mots sur 
leur ressemblance, et sans autre preuveque leur apparente 
conformity. 

« Les reveries de Platon dans le Cratyle, les etymologies 
absurdes de Yarron et de Quintilien chez les Romains, en 

1. Ge livre I est le developpement de I'Appendice de ma Grdmmaire 
hfotorique de la langue frangaise dans lequel j'avais deja brievement 
esquisse le meme sujet. 



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m INTRODUCTION. 



France les fantaisies philologiques de Menage au dix-sep- 
tieme sifccle, sont restees calibres. On ne voyait, par exem- 
pie, aucune difficult^ Arattacher jeune h jeune sous pr^texte* 
que la jeunesse est le matin de la vie et qu on est a jeun, 
quand on se lfcve. Le plus souvent on tirait Fun de l'autre 
deux mots d'une forme toute differente, — et pour combler 
f ablme qui les s£parait, on inventait des intermediaires 
fictifs. G est ainsi qpe Menage tirait le mot rat du latin 
mus : «on avait du dire d'ahord mus, puis muratus, puis 
ratus, enfin rat. » — N'alla-t-on pas jusqu'a supposer 
qu'un objet pouvait tirer son nom d'une quality contraire 
a celle qu'il poss&lait, parce que Taf firm ation provoque la 
negation, et a soutenir que le latin lucus (bois sacre), ve- 
nait de non lucere (ne pas luire), — sous pretexte aue lors- 
qu'on est entre dans un bois, on n'y voit plus clair'? » 

A la fin, les illusions des £lymologistes devinrent pro- 
verbiales, et cette branche des connaissances historiques 
tomba dans le plus profond discredit. Comment de cet amas 
d'aberrations Erudites a- t-il pu sortir a la longue une 
science capitale aujourd'hui? Par la decouverte et Impli- 
cation dela m&hode comparative, qui est celle des sciences 
naturelles. « La comparaison est le principal instrument 
de la science.. La science, en effet, se compose de faits g£- 
n&raux; savoir c'est former un groupe, c'est &ablir une 
loi, c'est, par consequent, aegager ce qu'il y a de general 
dans les donn£es particulieres. Or, pour contraindre ainsi 
les faits k nous livrer leur sens intime, il faut les rappro- 
cher, les ^clairer Tun par l'autre, c'est-a-dire les comparer. 

« Personne n'ignore les de'eouvertes de l'anatomie com- 
pare. On sait comment l'&ude de la structure des ani- 
maux, comment la comparaison de ces organes, — dont 
les modifications infinies constituent les differences de 
classe. d'ordre, de genre, — ont rdvele, pour ainsi dire,- le 
plan de la nature, et fourni un fondement solide a nos 
classifications*. 



1. M. R6ville. let ancitret des Europiens. 
2 E. Sch6rer. Etudes d'histoire et de critique. 



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LIVRE I. xm 



II en est de meme de la science du langage; ici sans 
doute, comme partout, la comparaison est aassi aneienne 
que l'observation; mais il est deux sortes de comparaison, 
ou mieux, il y a deux degrds dans toute comparaison pat 
lesquels l'esprit doit successivement passer. 

Le premier est la comparaison pr^cipite'e et superfi- 
cielle, aui a r^^n^ dans les sciences ae la nature jusqu'k la 
fin du aix-septieme siecle, celle qui se borne k rapprocher 
les Stres ou les mots d'apres leur ressemblance exterieure ; 
ainsi les anciens naturalistes rangeaient au nombre des 
poissons la baleine et le dauphin, a cause de leur forme 
exterieure, de leurs habitudes, de leur sejour constant dans 
les eaux de la mer; ainsi les &ymologistes d'autrefois ti- 
raient le mot paresse du grec xapeat? 1 , parce que de toutes 
les langues qu'ils avaient explorees, la forme grecque etait 
celle qui ressemblait le plus au mot fran^ais : ils en con- 
cluaient, sans autre preuve, que celui-ci venait du grec : 
c'etait se declarer satisfait h bon marche\ 

A ces rapprochements arbitraires a succ&te, de notre 
temps, la comparaison refl^chie et methodique, la compa- 
raison rigoureuse et scientifique qui ne s'arr&te point aux 
ressemblances ou aux differences exterieures, mais qui 
disseque les 6tres pour penetrer jusqu'i leur essence et k 
leurs analogies intimes. 

L'anatomiste etudie la structure interne de la baleine, et 
recoimait aussitdt que la conformation des oreanes l'exclut 
de la classe des poissons, et la range dans celle des mam- 
mi fere 8. Au lieu de se borner k etudier le mot par le de- 
hors, le philologue le disseque en ses elements, c est-a-dire 
en ses lettres, observe leur origine, et la maniere dont elles 
se transforment. 

Cest en appliquant rigoureusement cette methode nou- 
velle, c'est en se laissant guider par les faits au lieu de 
chercher k les conduire, que la philologie moderne a con- 
state* que le langage se developpe d'apres des lois in- 

1. Voir, page xliii, la demonstration de l'origine latine du mot pa- 
resse* 



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xnr INTRODUCTION. 



variables, et qu'il suit dans ses transformations des regies 
n£cessaires. 

Nous exposerons dans ce livre les traits principaux de 
cette histoire naturelle du langage : pour Fetymologie en 
particulier ik fournissent au savant des secours inattendus, 
et sont, k ses yeux, un precieux instrument, microscope 
puissant qui lui permet d observer les phenom&nes les plus 
delicats. 

Ges instruments sont au nombre de trois : la phon6tu?ue 9 
Yhistovre et la comparaison. 



CHAPITRE I. 

phon£tique. 



Si, prenant au hasard une lettre latine, on cherche en- 
suite ce que cette lettre est devenue dans notre langue, on 
s'aper$oit bien vite que le passage des lettres latines en 
fran$ais s'effectue d'une manifcre reguliere, en un mot que 
chaque lettre latine se transforme en frangais suivant un 
mode constant; elong, par exemple, devient ordinaire- 
ment oi : w?6 (moi), regem (roi), legem (loi), te (toi), se 
(soi), tela (toile), vdum (voile), etc.... On donne le nom 
de Phondtique l k l'ansemble de ces lois de transformation. 

On voit imm£diatement la portee de cette d£couverte ; 
ces regies de changement une fois observes pour cbaque 
lettre sont un fil conducteur pour la recherche, et nous 
empechent de faire fausse route : c'est un groupe de con- 
ditions auxquelles Tetymologie doit satisfaire, sous peine 
de nullity. 

Poss&ler en detail Tensemble des transformations des 
lettres latines en lettres frangaises 1 , est la premiere con- 

Voyez p. lzxl 
Voyez p. Lxxvm. 



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LIVRE L zt 

dition a remplir poor s'ocouper (Te'tymologie. A ceux qui 
trouveraient cette preparation minutieuse ou indifFlrente, 
Dons r6pondrons que ranatomie observe et dlcrit les mus- 
cles, les nerfs, les vaisseaux dans les plus minutienx de- 
tails ; cet immense catalogue de faits peut sembler aride ou 
fastddieux ; et cependant de mfcne que ranatomie compare 
est la base de toute physiologic, la connaissance exacte de 
la phon&ique est le point de depart de toute etymologic : 
c'est elle qui donne seule a cette science son caractere de 
solidite* et de liqueur. 

On peut ainsi formuler ce principe nouveau : toute Ety- 
mologic qui, — d'apres les regies de permutation posees 
par la phon&ique, — ne rend pas compte des lettres con- 
servees, changees, on disparues, est a rejeter. 

A la lumiere die ce principe, cherchons a trouver Tori- 
cine dn mot laitue par exemple. On remarque anssitdt que 
la combinaison it correspond an latin ct, comme le montre 
la phonetique (voy. page c); tlmoin : fati de fatfus, kit de 
laciem, trait de traces, fruit de fructus, r&Auit de reduces. 
La premiere partie du mot laitue, correspond a une 
forme latine loot : reste k trouver l'origine du suffixe ue : 
or on a vu * que ce suffixe provient du suffixe latin 
uea; t6moin vendue de verr-uca, charr-ue de carr~uca 9 
etc. Nous obtenons ainsi la forme lact-uca, qui est pr^ci- 
s4ment le mot dont se sert la langue latine pour exprimer 
Fidee de laitue, ce qui confirme l'etymologie proposee. 

Gette recherche de l'&ymologie, on le voit, est une ope- 
ration analogue a r analyse chimique. De la substance mise 
dans le creuset, et reduite en ses elements, le cnimiste doit 
retrouver le poids Equivalent; ici les elements sont les 
lettres, et l'analyse, c est-a-dire l'&ymologie est douteuse, 
tant que les elements n'ont pas &\& retrouve's f . ; 

En resume* la recherche etymologique est soumise a 
deux regies : 1 # Une etymologie n'est admissible qu'autant 
qu'elle rend compte de toutes les lettres du mot qu'elle 

1. Page 48, col. 2, Ugne 6. 

2. II. littr*. 



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xvi INTRODUCTION. 



pretend expliguer, sans en omettre une seule. — 2° Toute 
etymologie qui suppose un changement de lettres doit avoir 
pour soi, au moins un exemple d'un changement bien 
identique a celui qu'elle suppose; sinon, tant que Ton n'en 
peut citer aucun, le rapprochement tente est sans valeur. 



CHAPITRE II. 



HISTOIRE. 



Tout mot latin a subi deux changements suceessifs poor 
arriver jusqu'St nous ; il a passe* du latin au vieux fran^ais, 
de Tancien frangais au fran$ais moderne : festa a d'abord 
donne feste. puis celui-ci est devenu f&te. Pour retrouver 
Torigine d un mot francais, ce serait faire fausse route 
que de spfouler sur le mot dans son etat actuel, et de sau- 
ter de la langue pr^sente au latin, sans chercher prealable- 
ment s'il existe en vieux francais des formes intermediaires 
qui eclairent la transition et marquent la route qu'a suivie 
le latin pour arriver a notre langue actuelle. D'ailleurs 
ces intermediaires en nous rapprochant du point de de- 
part nous permettent de le voir plus distmctement, et 
parfois mSme de le reconnaitre, sans aucune recherche 
ulterieure. 

Un exenjple fera ressortir la difference qui se*pare sur 
ce point Tancienne methode ^tymologique de la nouvelle : 
js eHymologistes anciens ^talent fort divisfe sur l'origine 



ies eHymologistes anciens ^talent fort divisfe sur rorigine 
du mot dme : les uns ne considerant que le sens, tiraient 
ce mot du latin anima, sans pouvoir expliquer comment 
cette transformation s'&ait operee;— les autres trouvant 
la contraction d! anima en dme beaucoup trop forte, rap- 
portaient le mot au gothique ahma (souffle;. Le proces 
serait encore pendant, si la philologie moderne n'itait 
intervenue, pour donner k ce probleme sa solution natu- 
relle. Rempfasant rimagination par ^observation des fate, 

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LIVRE I. xra 

les philblogues modernes ont compris qu'il est absurde 
de disserter a perte de vue sur un mot dans sa forme ac- 
tuelle, sans se soucier des changements qu'il a subis de- 
puis l'origine de la langue ; * et refaisant par l'&ude des 
textes Thistoire du mot, ils ont constat^ qu'au treizi&me 
siecle dme s'^crivait anme % qu'il est devenu aneme dans 
les textes du onzieme, anime dans ceux du dixieme, ce qui 
nous conduit immediatement au latin anima. 

Le seul moyen de ne point perdre pied est d'observer 
pas a pas les intermediaires, jpour &udier la deformation 
graduelle du mot latin : mais ici encore, il faut distinguer 
deux espfcces d'interm^diaires, ceux de l'ancienne ecole 
philologique, ceux de la nouvelle. Las premiers posaient 
au hasard un mot trfes-dissemblable comme origjine du mot 
cherch£, et pour rejoindre les deux bouts, imaginaient des 
intermediaires fictifs qui les conduisaient ainsi au point 
qu'ils voulaient atteindre. Menage, par exemple, preten- 
dait trouver l'origine du mot haricot dans le latin faba 
(feve), et pour combler la distance qui separe ces deux 
mots il ajoutait : * On a du dire faba, puis fabaricus, 
puis fabaricotus, aricotus, et enfin haricot. » On croit 
rever en lisant de pareilles divagations; tout cela justifiait 
Topinion des rieurs, — et l^pigramme du chevalier d'A- 
ceUly ; 

« Alfana* vient (Tequus sans doute, 

Mais il faut convenir aussi 

Qu'a venir de Ik jusqu'ici, 

II a bien change sur la route, » 

avait raison d'etre, puisque les savants faisaient un jeu de 
ce qui aurait du Stre une science. 

Les intermediaires que demande et reeherche Tetymo- 
logie moderne sont d'une autre nature ; la science ne re- 
cherche plus ce qu'on a du dire, mais ce qu'on a dit. Elle 
n'invente plus d'lnterm^diaires de fantaisie, pour le besoin 

1. Nom donn6 par l'Arioste a la jument de Gradasse. Menage preten- 
dait tirer alfana de equus. 



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xviii INTRODUCTION. 



de sa cause; elle se borne a remonter par ies textes fran- 
$ais du dix-neuvi^me siecle au dixieme ; constatant la nais- 
sance des mots et la date premiere de ieur apparition, elle 
observe les changements qu'ils ont e'prouve's de siecle en 
siecle; cette observation rigoureuse qui ne laisse rien a 
la conjecture, ni a l'invention, est une partie preliminaira 
mais indispensable de toute recherche etymologique ; avant 
de proceder a Tanalyse d'un mot fran^ais dans sa forme 
actuelle, il faut chercher a obtenir autant que possible des 
exemples du mot dans le fran^ais ancien. 

M. littre* a suivi ce plan dans son beau Dictionnaire 
histarique de la Langue fran false; au lieu d'inventer une 
serie ainterme'diaires arbitrairement supposes, il reunit 
pour chaque mot une suite d'exemples pns dans les textes, 
jusqu'a 1 origine m£me du frangais, au huitieme siecle ; 
— une fois ces jalons pose's, il procede a la recherche de 
r&ymologie partant non plus du mot dans sa forme pre- 
sente, mais du mot tel qu il existe a la naissance meme de 
la langue. 

I/observation attentive des intermediaires est, apres la 
phonetique, le meilleur auxiliaire de la philologie. 

A ce point de vue, la comparaison du vieux fran$ais et 
du frangais moderne, qui ne sont au fond que des e'tats 
successifs de la mSme langue, est indispensable. On com- 

1)rend mieux que modulus ait donne" moule, quand on voit 
es degres intermediaires, le bas latin moaXus, le vieux 
fran$ais qui dit modle au onzieme siecle. molle au dou- 
zieme, et arrive enfin a rrwtile. — On ne doute plus que d&+ 
lurtne signifie : ceiui qui ne se laisse plus tromper, leurrer, 
quand on a sous les yeux l'ancienne forme deleurrt. Dans 
un grand nombre de cas, nous avons perdu le primitif de 
Tancie# fran$ais et garde* le diminutif en fran^ais mo- 
derne; alouette, mouette, belette ont subsists, et leurs pri- 
roitifs aloue, mone, bele, ont disparu ; nous ne connaissons 
plus les anciens verbes tentir^ freindre, pentir, ceuvrer, 
vergonder, bouter que par leurs composes rctentir, enfrein- 
dre, repentir, d&oeuvrer, devergonde, d^boute* : il importe 
a l^tymologiste de connattre toutes ces formes, puisque, 



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LIVRE I. ra 

avant de chercher 1 ongine de tout mot, il est nfcessaire 
de le n£duire a sa plus simple expression. 



CHAPITRE III. 

COMPARAISON. 



En meme temps que le latin populaire donnait naissance 
au frangais, il creait quatre idiomes frferes du ndtre, et 
comme lui formes avec une^ etonnante regularity . la per- 
mutation des lettres latines en italien, en provencal, en 
espagnol, en portugais, ou, comme disent les Allemands, 
dans les quatre langues romanes, s^effectue avec la m&me 
persistence qu'en francais. La consequence immediate de 
ce fait, est qu'on doit employer la comparaison des formes 
romanes au francais, comme une pierre de touch e pour 
verifier et confirmer l'hypothese proposee. Nous avons re- 
connu tout a l'heure que laitue correspond lettre pour let- 
tre a une forme latine lactuca. Si cette etymologie est 
exacte, il faut que l'italien lattuga, l'espagnol lechuga, qui 
ont le mSme sens, viennent aussi du meme mot latin, et 
reproduisent lactuca. Ge qui revient a d£montrer que 
l'italien ft, et l'espagnol ch 9 proviennent du latin ct : 

Italien : noctem (notte), lactem (laMe), octo (0W0), biscoo 
tus(biscotto), tractw(traMo), etc., d'oii : lacraca=lattuga. 

Espagnol : noctem (noc/w), octo (ocho), biscoctas (bisco- 
cho), lactem (leche), tr actum (trec/io), etc., d'ou : /ac- 
tuca = lechuga. 

On voit ainsi comment les rapprochements des langues 
romanes et du francais confirment les observations ante- 
rieures, et servent a verifier les hypotheses. Ces rappro- 
chements ont une autre utilite ; ils nous montrent souvent 
la route a suivre : entre la langue fran$aise et le latin, les 
langues romanes sont des intermediaires dans l'espace, 



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xx INTRODUCTION. 



comme le vieux francais est pour l^tymologie un interme'- 
diaire dans le temps : vomer semble moins eloigns* de 
rotulare auand on a rempli l'intervalle par le proven$al 
rollar, a i' origine rotlar, et par l'italien rotolare. Chou est 
iramediatement rattacW a caulis y par le vienx francais 
chol, Tespagnol col, le provencal caul; — entre coude et 
cubitus^ nous trouvons le provencal code, l'ancien espagnol 
cobdo, Titalien cubito. 

L'^chelle est complete entre le francais nourrir et le 
latin nutrire, quand on passe par les trois degres du pro- 
venial norrir, du Catalan nudrvr, de l'italien nutrire. 

^ A c&t6 des quatre langues romanes, qui sont les {jrandes 
divisions du latin, il y a les patois qui sont les divisions 
secondaires de chaque langue^ nous avons montre ailleurs 1 
qu'a 1' origine, il n'existait point en France de langue litt£- 
raire unique ; que le latin s'etait scinde, dans chaque re- 
gion, en autant de dialectes ou idipmes distincts, le nor- 
mand, le bourguignon, le picard, et le francais (qui ne veut 
dire a cette epoque que le dialecte des Francais, c'est-a- 
dire des habitants de Tile de France). On sait par quelle 
suite d'£ve*nements politiques (les conquetes des dues de 
France et les agrandissements successifs du domaine royal), 
de ces quatre dialectes, trois finirent par s'absorber dans 
Tun d'eux, le dialecte francais, qui, en s'elevant au rang 
de langue litteraire unique, abaissa les autres dialectes 
au simple r61e de patois, (qui s'eteignent lentement aujour- 
d'hui aans nos campagnes) ; les patois ne sont done point, 
comme on le croit commune'ment, du francais litteraire, 
corrompu dans la boucbe des pay sans; ce sont les debris 
des anciens dialectes provinciaux, que les evenements po- 
litiques ont fait dechoir du rang de langues officielles, 
litteraires, a celui de langues purement parlies. L'histoire 
des patois nous montre leur importance pour Tetude ety- 
mologique du francais ; a c&t6 des langues romanes, qui 
fonnent quatre couleurs ou teintes nettement tranches, il 
y a les patois qui remplissent l'espace intermediate, et 

1. Grammaire historique de la langue francaise, p. 45. v 



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LIVRE I. xxi 

parcourent toute la gamme des nuances secondaires : k ce 
point de vue, ils jettent sur beau coup de mots une trfes- 
vive lumiere. Le mollusque bivalve, que les Latins nom- 
maient musculus, est moute en francais. Comment rattacher 
moult k musculus, sans passer par le patois normand 
moucle, ensuite par le languedocien muscle, qui nous don- 
nent tous les anneaux intermediates. On comprend mieux 
que fresaie et praesaga soient le meme mot, quand on voit 
les formes presaie du patois poitevin, bresague du gascon. 
On voit quel genre de secours, l'etymologie peut atten- 
dre de l'e'tude comparative des patois . le linguiste peut 
aussi y verifier le fait qui se produit d£j& dans les langues 
romanes; c'est que dans les langues, comme dans les patois, 
la langue latine s'assourdit et se contracte k mesure qu'elle 
s'eloigne du Latium. Le mot latin est ici un tbermo metre 
tres-sensible qui s'abaisie de plus en plus, en montant vers 
le nord, par une suite de modifications lentes et insensibles, 
non par un ecart brusque, ou un changement instantane*. 



CHAPITRE IV. 

VARIATIONS DE SENS. 



Des deux Elements qui constituent le mot (la forme et le 
sens), nous venons d'etudier le premier, dans Fespace et 
dans le temps , comme disent les philosophes , — dans 
Fespace, par la Phonetique et la comparaison, — dans le 
temps par YHistoire. Mais pour l'etymologie, la connais- 
sance ae l'histoire et des variations du sens dans chaque 
mot, est un auxiliaire indispensable de l'e'tude des formes. 
On peut 6tudier l'histoire du sens, en suivant les variations 
d'un mot dans sa propre langue, ou instituer une compa- 
raison en rapprochant de ce mot les mots qui ont un sens 
analogue dans les autres langues. 



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xxii INTRODUCTION. 



§ 1. Histoire du sens. — Si Ton compare un certain 
nombre de mots fran$ais aux mots latins mil leur ont donne 
naissaiice, on ne tarde point a voir que (fans la plupart, le 
sens a vane* en passant du latin au frangais, et n a point 
garde le degre exact d'intensite qu'il poss&dait dans la lan- 
gae mere. Tantdt le sens s'est £largi : carpentarius (qui 
veut dire seulement charron) est devenu charpentier : ca- 
ballus qui a juste chez les Romains le sens que nous 
donnons au mot rosse, s'est ennobli en devenant cheval, 
minare qui est proprement conduire (line voiture, un trou- 
peau), est devenu mener; le sens de nUtairie, puis de ha- 
meau qui appartient au latin villa, s'est agrandi dans le 
mot ville. — Tant&tle sens s'est rdtreci, et est venu d'un 
sens §£n<§ral a un sens particulier : jumerUum qui d£signe 
en latin toute b§te de somme, s'est sp&ihe dans le mot ju- 
ment ; peregrinus qui est proprement l'etranger, celui qui 
voyage, s'est restremt dans le mot Pelerin au sens de voya- 

!;eur en terre sainte *; — arista qui a dans la langue latine 
e double sens d'arete de poisson et d'epi de bl£, a perdu 
le second, en passant au iran$ais arite> Carruca, qui a le 
sens general de chariot, s'est specific* dans charrue, au sens 
de chariot aratoire. • 

Mais ces deplacements de sens ne se retrouvent pas seu- 
lement dans le passage du latin au frangais : « (usage 
Sune langue ne cesse de changer, a dit Varron *, et si Ton 
se borne a observer l'histoire du frangais depuis le onzi&me 
siecle jusqu'a nos jours, on retrouvera, dans l'int£rieur 
meme de la langue, beau coup de mots dont le sens s'est 
agrandi ou s'est affaibli dans le passage du viaux fran$ais 
au frangais moderne : plus d'un mot jadifi employ 6 clans 
un sens noble ou elegant, est tombe* aujourd'hui aux plus 
basses significations : le mot pectus (poitrine), garda le 
sens latin, en passant au fran^ais ; et pis (qui vient de pec- 
tus, comme lit de lectus, profit de profectwn, confit de conr 

1. Le latin Peregrinus signifiait deja Pilerin dans la basse latinite 
« Miles quidam, a pago Burgundiae.... venit Jerusalem peregrinus » 
Mapes, De nugis curtalium, I, 18. 

2. « Coiisuetudo loquendi eat in motu. » De Lingua taftna, IX, 17. 



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LITRE I. xxiii 



fectom), a le sens de poitrine a l'origine de la langue ; on 
disait en termes de droit feodal, mettre la main au pis pour 
mettre la main sur sa poitrine (prater serment). Le mot 
s'est restreint successivement et s est avili jusqu a sa signi- 
fication actuelle. 

Mutare (changer), est devenu en fran$ais muer (comme 
remutare, commutare ontdonne* remuer, commuer); muer 
qui avait garde* a l'origine toute Penergie du sens latin (les 
aieux et les deesses muoient les hommes en bestes, dit Frois- 
sard 1 ), s'est par la suite du temps, restreint a r operation 
par laquelle un animal change de peau, un oiseau de plu- 
mes; labourer qui vient de labor are (travailler), ne s'est 
restreint qu'assez tard au travail de retourner la terre ; le 
moyen ige l'employait avec le sens de travailler : « Les 
excellens medecins labowrent moult a avoir cognoissance des 
choses du corps, » dit Oresme au quatorzieme siecle, dans 
sa traduction de YEthique d'Aristote. — Mardlre (de ma- 
traster) 7 ne signifiait a l'origine que beUe^mkre, et c'est 

Slus tard qu'fl prlt le sens de belle-mere acaridtre. — 
} rfau qui vient Aepratellum (comme fliau de flagellum)* 
veut dire litteralement petit pri; c'etait aus6i le sens (ju il 
avait dans notre ancienne langue; et ce n'est que tardive- 
ment qu'il se restreignit au sens de petit pr6 situi derriere 
v/ne prison pour servir de promenade aux prisonniers, — 
et au sens actuel de cour de la prison. — A cdte de ces di- 
minutions et 6moussements du sens, il faut noter des cas 
oil le sens s'est £tendu et elargi. Beaucoup de termes de 
metiers ou de mots techniques et sp£ciaux sont venus ainsi 
dans l'usage general : les termes de chasse en particulier 
se sont repandus dans la langue : attraper ne veut dire a 
Torigine que prendre dans la trappe, dans le piege. — 
Leurrer est proprement attirer le mucon avec nn leurre 
(morceau de cuir rouge en forme d'oiseau) : celui qui ne 

1. Ge sens etymologique de changer s'est encore conserve dans ces 
vers de Voltaire : 

Qui de Meduse eat va jadis la tete 
Etait en roc mue soudainement. 



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xxiv INTRODUCTION. 



se laisse plus tromper par le leurre est un dttturre (qui 
est la forme ancienne de notre mot deluri). — Quand le 
faucon etait pris apres plus d'une mue, il ne s'apprivoisait 
pas facilement, restant sauvage, farouche, ou comme di- 
sent les fauconniers, hagard (ce mot est venu de Ik, dans 
la langue usuelle). S'il etait pris au nid, le faucon &ait 
dit niais (nidacem de nidus, nid) , et Timb^cillite des jeu- 
nes faucons, introduit dans notre langue le mot niais et 
niaiserie, pour rendre metaphoriquement la simplicite et 
le manque d'usage des gens qui ne sont point sortis de 
leur nid. — Une autre operation de fauconnerie a laiss6 k 
notre langue Texpression : dessiller les yeux Qadis ^crite 
plus correctement deciller les yeux) : on cousait les pau- 
pifcres, ou les cils du faucon pour le dompter ; et cette ope- 
ration s'appelait tiller le faucon ; lorsque l'oiseau ^tait 
dress£, on lui rendait la lumiere, en le dicillant, en cou- 
pant le fil qui tenait les cils rapproches. 

Comme complement n£cessaire de ces variations de sens, 
il faut citer diverses metaphores tres-curieuses dont l'ori- 
gine remonte au latin vulgaire , et qui t^moignent de la 
part considerable prise par le peuple dans la formation de 
la langue : de testa (pot casse), gurges feouffre), botellus 
(boudin), pellis (fourrure, peau d'animal), le fran$ais a 
tire t&te, gorge, boyau, peau, delaissant Jes mots caput, 
guttur, intestinum, cutis, que possedait le latin classique 
pour exprimer ces diverses parties du corps humain. Le 
fran^ais adopta ces metaphores, mais elles sont l'ceuvre 
propre du latin populaire : on trouve deja testa au sens de 
crane dans Ausone, botellus avec celui d'mtestin dans Ter- . 
tullien. Ces capricieuses metaphores du peuple romain 
n'ont rien d'etonnant, si on les rapproche du langage popu- 
laire actuel, qui compare la tete a une boule, les jambes a 
des quilles, la main a une pince, etc. .. — A cdt£ de ces me- 
taphores cr££os par le latin, et qu'ilnous a transmises, no- 
tre langue en possede un grand nombre qui lui appar- 
tiennent, et qui sont charmantes de naivete : c'est ainsi que 
le peuple a aonne le nom de bergeronnette (litteralement 
petite oergere) a un oiseau qui se plait dans les pres, - et 



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LIVRE f. xxv 



celui de bouvreuil (bovaridus de bovarius), proprement 
petit bouvierK a un autre oiseau qui suit les troupeaux, et 
se tient dans leur voisinage. 

§2. Comparaison de sens. — On voit, par ce que nous 
avons dit jusqu'ici, combien, dans un mot, l'etude du sens 
est plus difficile que celle de la forme; on n'a affaire dans 
l'etude des formes qu'a des changements regulierset obser- 
vables; le climat et la race ont donne a chacun des peu- 
ples de la Gaule, de l'ltalie et de l'Espagne, un appa- 
reil vocal differant par certaines inflexions, — et suivant 
ces trois modes de prononciation, le latin s'est transform^ 
en trois langues differentes, avec une invariable regularity. 
Cette parti e de la philologie, qui est designee par le nom 
de phonetique peut rentrer dans l'histoire naturelle, puis- 
qu'elle releve, apr&s tout, de conditions physiques speciales 
a certaines families de langues et de peuples. G est, en 
somme , une &ude aussi materielle f que 1 etude du sens 
Test peu. Tandis que l'etude de la forme ne peut avoir en 
vue qu'un groupe ou une famille de langues communes par 
Forigine, l'&ude des significations s'attacme k toutes les 
langues k la fois , dans toutes elle Itudie la marche de 
l'esprit humain, et par elle, la philologie sort du domaine 
des sciences naturelles pour entrer dans celui de la psycho- 
logic; l'etymologie tire un grand secours de cette compa- 
raison des metaphores qui justifie et confirms Forigine de 
certains mots, sans qu'on puisse cependant l'expliquer. H 
est bizarre que le peuple ait appele un oiseau roitelet, c'est- 
k-dire un petit roi; et cepenaant cette etymologic devient 
indubitable cjuand on remarque que le roitelet est appele de 
mgme en latin * en grec * et en allemand 8 ; ce rapprochement 

1. Boxmriolus de bovarius. 

2. J'entends par ce mot « s'exercant surdes faits sensibles et palpa- 
bles. » 

3. Regulus (c'est-a-dire petit rot), diminutif de regem* 

4. BaaiXCoxo; (petit roi), diminutif de BaaiXevc (roi). 

5. ZauvMnig\\Q roi des haies). 



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xxvi INTRODUCTION. 



ne nous explicpie point la cause de l'appellation 4 ; mais il en 
demontre I existence. On comprend mieux oue le latin causa 
(cause), ait donne chose, quand on voit l'allemand sache 
posseaera la fois ces deux significations. — Contrte vient 
du bas latin contrata(le pays qui s'etend devant vous), et 
contrata est lui-m6me derive de la preposition contra : l'a- 
nalogie de l'allemand gegend (contree), forme* de la prepo- 
sition gegen (contre), justifie cette derivation. — Dfyeuner, 
forme de jeuner, comme defaire de faire, et qui signifie pro- 
prement cesser de jeimer, a ete apphcpie' au repas du ma- 
tin, comme en anglais breakfast (dejeuner), veut dire lui 
aussi, cesser le jeune (break fast). — Corset est un diminutif 
de corps 1 j et veut dire proprement un petit corps; cette m£- 
taphore est confirmee par les expressions iaentiques que 
nous offrent les autres langues : pour corset, l'allemand dit 
kibchen (petit corps, diminutif de leib corps 3), 1'anglais 60- 
dice (diminutif de body corps), Pitalien corpeMo (petit corps; 
de corpo, corps). — II paralt simple qu habitus qui veut 
dire en latin maniere detre habituelle, accoutume'e, ait pu 
donner habit, quand on rapproche de ce mot le grec cxvifxa 
qui signifie en meme temps maniere d'Ure et vetement, l'i- 
talien costuma, qui a le double sens de costume et &' habi- 
tude. C'est en se pla$ant au point de vue d'une comparaison 
delicate desproced^s de l'esprit humain, que l'&ymologiste 

Sent expliquer la naissance de toutes ces m&apnores, fruit 
u caprice ou de l'imagination populaire. 



1. On doit chercher cette cause dans les legendes des peuples indo- 
europeens, lcgendes que la mythologie comparee a pour devoir de 
rassembler et d'interpreter. 

2. Qui s'ecrivait a l'origine tors ; le p est une addition des savants, 
addition posterieure au quatorzieme sifccle. A l'origine, on ne disait 
point un corset, mais un corps (le corset 6lant considere comme le 
corps de la jupe) : et au xvm e siecle, Rousseau blamait les femmes de 
porter des corps trop etroits. Corset ne signifie proprement qu'un pe- 
tit corset 

3. 11 faut se garder de croire, d'apres ces exemples, que l'allemand 
ait transmis son procede au francais ; au lieu de couclure de la res- 
semblance a la filiation, on doit reconnaitre , dans la variete da ces 
exemples, l'identit6 des precedes de l'esprit humain. 



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LIVRE I. xxvn 



CHAPITRE V. 



En constatant que les mots ont une croissance et une his- 
toire, et qu'ils suDissent comme les plantes et les animaux 
des transformations regulieres, — en constatant enfin que 
la, comme partout, la loi regno, et qu on peut surement for- 
muler des regies de derivation a unelangue a l'autre, — les 
philologues modernes ont fonde sur des bases durables l'<$- 
tymologie comparee, et fait une science de ce qui semblait 
condamne a rester dans le domaine de l'imagination et du 
caprice individuel. 

I/ancienne etymologic cherchait a expliquer h priori l'o- 
rigine des mots, d'apres leur ressemblance ou leur diffe- 
rence apparentes ; appliquant la methode des sciences na- 
turelles, l^tymologie moderne estime au contraire que les 
mots doivent s'explicraer d'eux-m6mes, qu'au lieu d'mven- 
ter des systemes ll faut observer les faits, a Paide de trois 
instruments : — Yhisiovre du mot, qui par des transitions 
siires, nous conduit au primitif cherche*, ou tout au moins 
nous en rapproche; — la plwnetique qui nous fournit les 
regies de transformation d'une langue a l'autre, regies aux- 
quelles on doit se soumettre aveuglement, sous peine de 
faire fausse route ; — la comparaison, qui assure et confirme 
les resultats acquis. 

G'esten appliquant rigoureusement cette methode et ces 
principes que Tetymoiogie comparee s'est elevee, de nos 
jours, a la dignite* d'une science , comme c'est aux aberra- 
tions fantastiques des anciens erudits qu'elle devait le dis- 
credit dans lequel elle etait jadis tombee. 



yGoogk 



xxvru INTRODUCTION. 



LIVRE II 

fiLfiMENTS fiTYMOLOGIQUES 
DU FRANgAIS 

Sans revenir ici sur Thistoire de la laDgue fran$aise que 
nous avons decrite ailleurs *, il est ne'cessaire de resumer 
cette histoire en quelques mots, pour preparer a rintelli- 
gence de ce qui va suivre. 

Le latin vulgaire transport^ en Gaule par les soldats de 
Ge'sar et les colons, absorba promptement la langue indi- 
gene, le celtique (Voy. ci-dessous, p. xxxi et p. xxxiv), et 
mbit k son tour, quatre siecles apres, par l'invasion des tri- 
bus germaniyies en Gaule, une notatle perturbation dans 
son vocabulaire; plusde cinq cents mots germaniques pri- 
rent pied dans la langue gallo-romaine (Voy. p. xl); ce 
latin populaire ainsi modifie par Timmixtion de mots bar- 
bares, devint par une serie de modifications lentes et insen- 
sibles, un idiome nouveau, le fran^ais qui apparalt des le 
neuvieme siecle, comme une idiome independant du latin. 
Du huitieme siecle au onzieme, la langue fran$aise pro- 
gresse, et sa formation est achevee des le douzieme siecle ; 
k ce fonds ancien et populaire viennent successivement s'a- 
jouter, au treizieme siecle, des mots orientaux venus par 
les croisades, — au seizieme un certain nombre de mots 
italiens et esoagnols, — au dix-huitieme, des termes d'ori- 

1. Grammaire kistorique de la langue frangaise, pages 13-70. 

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LIVRE II. xxn 



gine allemande, — au dix-neuvi&me des mots d'importatioo 
anglaise, sans parler des mots emprunt^s par les savants 
au latin et au grec depuis le quatoraeme si&cle jusqu'i nos 
jours. 

En resume, la langue fran$aise comprend deux grandes 
couches de mots superposees : Tune anterieure au dou- 
zieme sifecle , ceuvre inconsciente du peuple (et formta de 
trois Elements le latin, le celte y le germanique), — l'autre 
posterieure au douzi&me sifccle, et form^e d'uu cflt^, des 
Elements empruntes aux lanffues modernes, de l'autre des 
mots savants empruntes aiix langues anciennes. 

On peut done r^partir les mots fran$ais en trois calo- 
ries, elements d'origine populaire, — elements d'origine 
savante, elements d'origine tlrangere. • 



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xxx INTRODUCTION. 



PARTIE I 

ELEMENTS D*ORIGINE POPULAIRE. 



t 

CHAPITRE I. 

Element latin. 

Comme on Ta vu dans la Grammaire historique de lalangue 
frangaise , on peut etudier tout idiome a quatre points de 
vue : 1° celui des sons, de Porigine et de Fhistoire de chaque 
lettre ; cette partie porte le nom de phonitique. 

2° A l'&ude des lettres succfcde l'&ude des mots , de la 
agon dont ils se creent ou se deferment : c'est la formation 
des mots 

3° Quand on connatt ainsi les £l£ments constitutes des 
mots et leur aggregation , reste a voir de quelle maniere les 
mots se modifieut quand on les rapproche les uns des 
autres; c'est l'etude de la flexion (divisee elle-m£me en 
deux sections : la d^clinaison et la conjugaison.) 

4° Enfin la syntaxe nous montre comment les mots pen- 
vent se grouper pour former des phrases. 

II faut passer successivement en revue ces cruatre parties 
pourd£crire le changement du latin en fran$ais ; le hvre III 
de cette introduction donnera les regies qui ont preside au 
passage des lettres latines aux lettres fran$aises; nous avons 



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LIVRE n. 



indiquS ailleurs cruel changement out sabi la d&riinaison 
et la conjugaison latines : comment l'article a &\& cr66 pour 
remplacer la distinction des cas ; comment la dlclinaison 
perdit un genre, le neutre, et se r&luisit d'abord de six cas 
a deux dans le latin merovingien et dans Tancien francais, 
puis de deux cas a un seul, a partir de la fin du treizi&me 
siecle; comment la conjugaison perdit la voix dlponente, 
crea les deux auxiliaires fare et avoir pour remplacer les 
temps composes des Latins, et imposa au futur une forma- 
tion nouvelie ; nous ne reyiendrons pas sur ces changements 
purement grammaticaux. 

Dans le vocabulaire, le francais qui n'est que le produit 
du lent d^veloppement de la langue vulgaire romaine, offre 
necessairement de profondes differences avec le latin das- 
. sique ; tantdt le latin vulgaire et le latin classique pr^sen- 
tent, pour rendre la meme idee, deux formes dinlrentes du 
meme mot; ainsi doubter, avant, ivraie, derivent des formes 
populaires duplare* abante, ebriaca, — tandis que les for- 




Mm, bataille, baiser, tourner, ne correspondent point aux 
formes classiques hebdomas, via, pugna, osculari, verti, 
mais aux formes populaires septimana, caminus, batalia, 
basiare, tornare. 

Beaucoup d'autres mots latins ont disparu pour des 
causesdiverses; les uns parce ou'ils n^taient point assez 
resistants et offraient trop peu de prise au langage ; ainsi 
spes a cede la place a speres (espoir) , qu'on trouve dans 
Ennius; les autres parce qu'ils auraient donne deux formes 
identiques en francais : ainsi bellwm (guerre) disparut de- 
vant bellus (beau); s'il avait persiste, il serait lui aussi de- 
venu beau: enfin , beaucoup de synonymes se sont eteints: 
(luvius (fleuve) a fait disparaitre amnis et flumen ; janua et 
ostium ont ete annihilSs par porta, qui est devenu porte. 

A cdte de ces modifications dans le vocabulaire latin, 
rappelons brievement les changements apport£s dans la 
formation des mots , soit dans la derivation, soit dans la 



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xxxii INTRODUCTION. 



composition. Le plus important est, sans contredit, Tad- 
jonction auxprimitifs latins de suffixes diminutifs, tout en 
conservant au mot latin "ainsi transforme la plenitude de 
sens de l'origmah de sturnus, corvus, passer , on tira 
sturnellus (etourneau), corvellus (corbeau)', passer ellus 
(passereau). Le latin rustique avait deja prelude a cette re- 
forme en transportant aux diminutifs deja existants en latin 
(apicula de apis, cornicula de cornix, agnellus, de agnus), 
le sens du primitif ; c'est ainsi que capreolus, apicula, cor- 
nicula, corbicula, agnellus, aucellus, ont donne en francais 
chevreuil, abeille, corneille, corbeille, agneau, oiseau, — 
alors que ces mots signifient proprement en latin petit c/ie« 
vreuil, petite abeille, petite corneille, etc. 

D'autres precedes ont 6te employes pour creer des sub- 
stantias nouveaux a l'aide des verbes deja existants: la. 
langue latine possedait la faculte* remarquable de formei 
des substantifs avec les participes passes : de peccalum , 
participe passe depeccare(p£cher), ellefaisaitun substantif, 
peccalum (un p£cne); de scriptum, participe pass^ de scri- 
bere (6crire), elle tira scriptum (un ecrit); de fossa (creu- 
sie), participe de fodere (creuser), elle tira fossa (une fosse, 
ce quia ete* creuse), etc.... Le francais n'eut qu'a deveiop- 
per ce proc6d6 grammatical pour creer aussitftt plusieurs 
milliers de substantifs : c'est ainsi que nous disons un regu, 
un fait, un du , qui sont les participes passes de recevoir, 
faire,devoir. Mais c'est surtout avec les participes feminins, 
vue, itouffie, venue, avenue, etc., que s'exerce cette pro- 
priety *. 

Apres avoir cre^e* des substantifs a l'aide des participes 
passes, — le francais en a tire* d'autres de l'intinitif : ce 
sont les substantifs verbaux, s^rie d'environ 300 substan- 
tifs qui ne correspondent a aucun type latin, et ont ete* 
formes directement d'un verbe francais en retranchant la 
terminaison de 1'infinitif : le latin apportare, appellare, 
pv/rgare, etc.... donne a notre langue apporter, appeler, 

, 1. Pour les details, voir ma Grammaire historique de la langue 
ftanfaUe, page 220« 

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LIVRE IL zzxm 



purger : ces verbes, a leur tour, par la suppression de la 
desinence infinitive (apport~er 9 appe/-er t purg-er) t forment 
les mots apport, appe}> purge, dont ronginal n'existe pas 
en latin, et qui sont dits substantifs verbaux. Mais le fran- 
Qais et le latin ne sont que des dtats successifs de la meme 
langue, et il n'est guere de proc^de grammatical employe' 
par notre idiome dont on ne retrouve le germe dans la 
langue latine : comme nous les Latins crlaient des sub- 
stantifs verbaux k l'aide des infinities : de notare, copu- 
lare, probare, etc.... ils tiraient les substantifs nota> co- 
pula, proba 1 . 

C'est encore a limitation du latin que le fran^ais a 
forme des verbes nouveaux par le participe des verbes dijk 
existants : de edere, cogere, qucUere, detrahere, videre, les 
Latins avaient cree* (en ajoutant la terminaison de l'infini- 
tif aux participes editus, cogitus, quassus, detractus y vi- 
sits) les verbes editare, cogitare, quassarc, detractare, vi- 
sare : le latin rustique crea sur ce modele une fouie de 
verbes nouveaux : rejetant les primitifs uti, radtre* au- 
dere, etc..., il crea par les participes usw 9 rasus, ausus, 
les verbes usare, rasare, ausare, etc.... qui ont donne au 
fran$ais user, raser, oser, etc.... 

Tels sont les principaux changements apportes a la 
structure de la langue latine par les peuples de la Gaule*. 
On verra dans le dictionnaire £tymologique, et dans le 
livre suivant (Phon^tique) quels intermediaires le latin 
ainsi modifie quant a la flexion, a la syntaxe, k la for- 
mation des mots, a du traverser pour arriver au fran- 
$ais. 

1. La question des substantifs verbaux, a 6te* epuisee par un excel- 
lent travail de M. Egger, dans les Me'moires de VAcaa&mie des In- 
scriptions (XXI V, 2), modele de science penetrante et sure, qui ne 
laisse rien a glaner dans le champ qu'il a parcouru. 

% W. y aurait bien d'autres modifications a relator; elles trouveront 
leur place dans ce Dictionnaire : je ne trace ici qu'un apercu gene- 
ral. 



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xxxiv INTRODUCTION. 



GHAPITRE II. 

Element celtique. 



II est inutile de revenir ici 1 sur les causes qui provoqufc- 
rent Tabsorption de la langue gauloise indigene par Ti- 
diome romain. 

Constatons seulement que deux siecles apr&s la conquSte 
de Cesar, le celtique avait a peu pres disparu de la Gaule; 
toutefois, cette langue ne s ^teignit pas sans laisser sur 
le latin quelques traces, bien iaibles ll est vrai, mais qui 
temoignent de son passage. Ainsi, les Romains remarque- 
rent, par exemple, que roiseau, connii chez eux sous le 
nom de galerita, s'appelait chez les Gaulois alauda; que 
Torge ferment^e, nominee en latin zythum, etait dans la 
langue gauloise cervisia; ils introduisirent alors alauda et 
cervisia dans leur propre langue, et ces nouveaux mots la- 
tins, passant six si&cles plus tard en francais, donn&rent b 
notre langue alouette* et cervoise. 

II en est de mfcme de bee, lieue, alose, braie, banne, ar- 
pent j brasseur, bouleau, marne qui correspondent au latin 
beccus, leuca> alosa, braca, benna, arepennis > brace (Pline), 
betula, margula que les ecrivains romains citent comme 
des mots empruntes au celtique par le latin. (Les auteurs 

1. Voy. Grammaire historique de la langue francaise , page 19-20. 
II est si difficile de decrire les elements 6tymologiques au francais 
sans refaire Thistoire de la langue, que le lecteur «xcusera nos fre- 
quents renvois au livre, ou nous avons deja retrace cette histoire; 
l'introduction de certains elements dans la langue ne peut s'expli- 
quer que par l'histoire des vicissitudes de cette langue, et nous avons 
au plus d'une fois r£peter ici ce que nous avions dit ailleurs. 

2. Le latin alauda n'a pas donne immediatement alouette, mais le 
vieux francais aloue qui avait le meme sens, et dont alcuette est le di- 
minutif , comme cuvette de cuve, amourette de amour, herbette de 
herbe, etc.... 



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LIVRE II. XXX? 



latins citent encore beaucoup d'autres mots venus de la 
langue gauloise dans l'idiome romain, ambactw, bardus, 
druida, galba, rheda, soldurius, maisqui ne se retrouvent 
point en fran^ais). — Ces mots isoles, et quelques auires* 
(surtout parmi les noms de lieux) composent toute notre 
dette envers la langue gauloise; et mSme, pour parler 
d'une manifcre exacte, nous n'avons rien emprunte aux 
Gaulois, puisque ces mots ne sont venus au fran^ais que 
par Pinterm^cuaire du latin ; ils ne soot point alles direc- 
tement du celtique au fran^ais, ils ont suti une transcrip- 
tion latine : ces emprunts sont du reste si peu nombreux, 
qu'on peut presque dire que Tinfluence du celtique sur le 
fran$ais est insensible. 

Ainsi, tandis que Je fond de la nation fran$aise est de 
race celtique, la langue frangaise n'a conserve qu'un nom- 
bre insignifiant de mots qui puissent gtre ramenes a une 
origine gauloise. Fait bien etrange et qui, mieux encore 
que Fhistoire politique, montre combien fut absorbante la 
puissance romaine. 

Refoul^e dans TArmorique par les conqu^rants romains, 
la langue gauloise y vecut encore plusieurs siecles a la fa- 
veur de son isolement; cette tradition du celtique fut ravi- 
vee au septieme siecle par une immigration des Kymris 
chassis du pays de Galles. Les Bretons furent aussi reTrao 
taires a la conquete franke qu'ils l'avaient ete* a la conquSte 
romaine; et ce qu'on nomme aujourd'hui patois bas breton 
n'est autre chose que Fheritier de la langue celtique. Le 
bas breton a une litterature assez considerable (des contes, 
des chants populaires, des pieces de theatre), donton a re- 
cemment surtait Panciennete bien qu elle ne remonte pas 
au dela du quatorzieme siecle. Depuis mille ans, presse 

1. Bagage, balai* barre, bttoine, bidet, bouge, bran, bruyere, 6<w- 
sin, elate, cormoran, cruche, dame, dartre, dru, galerne, garrotter, * 
gober, goeland, goelette,harnais, houle , jarret, lais, matras, pins on, 
pot, quai, ruche, sornette, toque, truand, vassal, — sans parler des 
mots introduits en francais par la science historique moderne et em- 
pruntes au latin (barde, ambacte, druide), ou au bas breton (dot- 
men, men-hir) . — Voy. oependant page lxvi, note I. 



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xxxvi INTRODUCTION. 



sans relache dans son dernier refuge par la langue fran- 
$aise comme il l'a ete, le bas breton, on le comprend, est* 
aujourd'hui bien loin du celte primitif ; outre que les £16- 
ments d'origine cehique ont du se corrompre par un usage 
de dix-huit sifccles, ce patois a 6ti force d'adoaettre une 
foule de mots etrangers, c'est-&-dire francais. Aussi beau- 
coup de mots bretons offrent-ils ce singuiier phfoomene 
d'avoir ordinairement deux synonymes, Tun ancien et d'o- 
rigine celtique, l'autre plus recent, emprunte au fran- 
cais, et habill6 d'une terminaison celtique : ainsi le fran* 
Cais 

juste est en breton indifleremment egvoirion ou just 
secretement — — ekux secretament 

troubU — — enkrezet troublet 

colere — . — buantgez coler, etc. 

De ces synonymes, les premiers (egwirion, ekuz, enkre- 
zet, buanegez) sont les vieux mots d'origine celtique ; les 
seconds (just, secretament troublet, coler), qui ressemblent 
si fort au irangais, ne sont en effet que des mots francais 
corrompus. — Je n'aurais point insist^ sur une v£rit6 
aussi elementaire, si au dix-huitieme siecle d'aventureux 
esprits, frappds de cette ressemblance, n'en avaient aussi- 
t6t conclu que les mots comme trouble^ just, coler, etc., 
n'&aient point des importations fran$aises, mais bien l'ori- 
gine mSme des mots francais correspondants. Le Brieant- 
et Tillustre La Tour d'Auvergne aussi extravagant pnilo- 
logue que bon patriote, dfolarerent que la langue fran^aise 
venait du bas treton 1 . On les eutnien etonnes en leur 



1. Ces erreurs regrettables ont eu un autre resultat plus iacheux 
encore , celui de jeter sur les etudes celtiques un discredit qu'elles ne 
mentent pas. Au lieu de chercber, comme les savants de la basse 
Bretagne, a retrouver dans le breton l'origine du francais, il y a lieu 
d^tudier cet idiome en lui-meme, et d'ecrire l'histoire comparative 
deb dialectes celtiques de la Bretagne, de l'lrlande, de l'ficosse, et du 
pays de Galles, — comme on a fait pour l'italien, Pespagnol, et le 
francais. C'est encore un AUemand, Zeuss, qui a rempli cette tache, 
dans' un livre excellent, Grammatica Celticd, public a Leipzig en 
1853. 



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LIVRE II. xxxvii 



Erouvant que c'est le contraire qui est vrai, que ces mots 
ust^ secretamenty troublet, etc ..* ), au lieu a avoir donne 
naissance au fran^ais, Jui avaient ete empruntes, et que 
loin d'etre du celtique primitif, ce sont des mots frao^ais 
corrompus et affubles a une termioaison celtique. — Ces 
lolies etymologiques, que Voltaire appelait plaisamment 1* 
celto-manie, arauserent le dix-huitieme si&cle aux dlpens 
des Celtamanes ; ne mettaDt plus de bornes a leurs divaga- 
tions, les Ge It o manes en vinrent a affirmer que le celtique 
etait Ja langue du Paradis terrestre, qu'Adam, Eve et le 
premier serpent parlaient bas breton. 
Apr&s toutes les dlcouvertes de la philologie moderne, 

3ui a montre l'origine latme du fran^ais et observe les lois 
e cette transformation, — on pouvait croire qu'U n'etait 
plus question de toutes ces reveries; bien au contraire, la 
race des Celtomanes est plus vivante que jamais, et les 
Memoires publics par le Congres celtique international (tenu 
a Saint- Brieuc au mois d'octobre 1867) en font foi : 

« La France, que sa magnanimite pousse aux quatre 
« coins du monde pour porter secours a tout ce qui est 
- faible, ne permettra pas qu'une litterature mfcre de la 
« sienne languisse ou meure a ses cdtls. On a dit du Peli- 
« can qu'il nournt ses petits avec son sang; on n'a pas dit 
« que ces derniers se soient montres ingrats pour cette ce- 
« nerosite sans exemple. Je me trompe , ii y a un exemple : 
« la langue celtique a nourri les langues de i'Europe, et en 
* particulier celle de la France du plus purde son sang, il 
< est impossible qu'on dise de la France ce qu on n a 
« pas dit des petits du pelican, qu'elle a oubltt sa mere * / » 

1. Congres Celtique international (Saint-Brieuc, octobre 1867, 
page 309). 



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xx xvin INTRODUCTION. 

CHAPITRE III. 

ELEMENT GERMANIQUE. 



A cftte de la langue populaire romame qui constitue le 
fond de la n6tre, le fran$ais a admis, lors de sa formation, 
un nombre considerable de mots allemands introduits par 
les Barbaras dans la langue gallo-romaine. On peut recon- 
naltre trois couches successives dans ces importations : — 
1° les mots germaniques introduits dans la langue Jatine 
avant l'invasion, par les Barbares enrdles comme soldats 
romains : te] est, par exemple, bwrgus qu'on trouve au sens 
d'ouvrage fortifie dans Vegece, et qui est la reproduction 
du germanique burg ; 2° les termes de guerre, de droit feo- 
dal, etc.... que les Franks, les Goths et les Burgundes ap- 
porterent avec eux en envanissant la Gaule ; — 3° un grand 
nombre de termes de marine importes au dixieme siecle 
par les Normands. 

Ces trois categories comprennent ensemble 450 mots 
environ 1 . Gette invasion, qui peut sembler forte, &ait la 
consequence necessaire de Tadoption des moeurs et des 
inslitutions barbares. Comment traduire en latin des 
idees telles que celles de vassal, alleu, ban, mall, fief? En 
rempla$ant i organisation monarchique, unitaire, centralis 
satnce de TEmpire romain, par le regime lout feodal des 
tribus germaniques, les conaueraDts barbares durent in- 
troduire du meme coup dans la langue latine les mots ne- 
cessaires a leurs innovations ; aussi tous les termes relatifa 
aux institutions politiques ou judiciaires, et les titres de 
la hierarchie Uoaale, sont-ils d'origine germanique : ainsi 

1. Je ne parle ici que du francais moderne; si Ton y joignait les 
termes germaniques de l'ancieirfrancais, on arriverait promptement 
adoubler ce chinre. 



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LIVRE II. xxxn 



( les mots allemands tels que mahal f bann t aldd f skepeno, 
marahscalh, siniscalh, etc., introduits par les Francs dans 
le latin vulgaire, devinrent respectivement bannum, main 
km, alodium, shabinus, manscallus, siniscallus, etc., et 
passant au frangais, quelques si&cles apres, comme tous 
es autres mots latins, ils donnerent matt, ban % alien, 
fchevin, marechal, senechal, etc... *. — Ces mots intro- 
duits par les Barbares dans la langue latine, et passes de 
la en fran^ais, representent les categories d'idees les plus 
diverses * : la guerre, la navigation, la chasse, y prennent 
la part la plus considerable comme le prouvent les exem- 
ples suivants : Termes militaires (guerre, halte, boulevard, 
arroi, auberge, br&che, beffroi, briser, butin, cible, dard, 
epier, fleche, neaume, haubert, beraut, £tape, blesser, 
brandir, cotte, crampon) ; titres, institutions politique* et 
judiciairss (echevin, gabelle, alleu, ban, bedeau, bru, 
chambellan, franc, echanson, fourrier, marquis, sen^chal, 
marechal, fief, garants) ; termes de marine fhauban, falaise, 
cingler, bief, digue, agrfcs, amarrer, bac, bord, r^douber, 
fret, gaffe, foe, canot, foume, esquif.) — Noms des points 
cardinaux : nord, est, sud, ouest). — Regne animal (mar- 
souin, biche, renard, bflier, Icrevisse, homard, epervier, 



1. Les mots germaniqnes ayant 61A latinises par les Gallo-Romains, 
nous les citerons autant que possible dans leur transcription latine 
qui a ete l'interm&iiaire naturel de leur passage au francais. 11 y a 
moins bin de sedbinus a ichevin. que d'dchevin a skepeno. 

' II ya deux autres questions connexes que nous avons passees sous 
silence: 1° la determination exacte, pour chaque mot, du dialecte 
germanique auquel il appartient ; 2* la date de son introduction dans 
la basse latinite. — II est une seule categoric dont on peut indiquer 
I'origme, celle des termes de marine, qui appartiennent presque tous 
au n^erlandais, ou au norois. 

Cette indecision, et l'ignorance ou nous sommes des anciens dialec- 
tes germamques, nous a emplche de donner (comme nous l'avons 
fait pour l'element latin), une phonetique complete des mots germa- 
mques; nous nous sommes borne a donner a chaque mot les princi- 
pal exemples a Tappui des regies observers. 

2. Cette immixtion germanique n'atteignit que le vocabulaire latin, 
et laissa la syntaxe a peu pres intacte: elle ne fut guere qu'une per- 
turbation accidentelle et superficielle. 



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xl INTRODUCTION. 

esturgeon, freux, agace, faucon). Corps humain (£chine,. 
rate, clopin, clapir, clocher). Rbgne vtgitcU (saule, fram- 
boise, if, mousse). Terre^ ttements (gazon, hois, frimas 
vague). Habillement (feutre, coiffe, etofie, agrafe, echarpe). 
Ustensiles (aline, banc, brosse, canif, echasses, fauteuil, 
etal). Habitations (bourg, foboppe, loge, &uve, creche). 
Mots abstraits (honte, orgueil, affreux, Mte, galant, haine, 
souhait, emoij. Superstitions (garou, cauchemar). — Voici 
la liste complete de ces emprunts : 

Abandonner, affreux, agace, agrafe, agres, aigrette, 
alise, alleu, amarrer, anche, auberge, aune, avarie. 

Bac, bafouer, balle, ban, banc, bande, baudir, bau- 
drier, bedeau, beffroi, beignet, belier, berme, biere. bief, 
bille, bisse, bitte, blafard, blanc, blesser, blemir, blette, 
blinder, bleu, bloc, bois, bord, bosse, bot, boulevard, 
bourg, bourgeon, bouter, braise, bramer, brandir, bran- 
don, braque, breche, brelan, brette, breuil, bride, briser, 
brodequin, broncher, brasse, brouir, brouter, broyer, bru, 
brun, bru<§e, butin. 

Caille, canard, canif, canot, caquer, carcan, carpe, cha- 
loupe, chambellan, choisir, chopper, choquer, cnouette, 
coine, cotte, crabe, cracher, cinle, cingler, clabauder, 
clapir, clinquant, clocher, crampon, crampe, creche, 
cremaillere, crique, croupe. 

Dandiner, danser, dam, derober, dauber, de*chirer, di- 
falquer, deguerpir, derober, dfoarroi, digue, drageon, 
drague, dreche, drille, drogue, drdle, dune. 

Seattle, echafaud, echanson, ^charpe, £chasse, Ichevin, 
Ichoppe, eclater, Pelisse, ecot ? ^eraser, ecrevisse, ecume, 
ecune, elaguer, elingue, £mail, emboiser, emoi, empan, 
<£chine, epeautre, epeche, £peler, eperon, emouss£, eper- 
vier, <5pier, epois, equiper, esquif,'esquiver, estrive, estur- 
geon, etayer, etal, &angue, etape, elau, etoflfe, ftrier, &ui, 
etuve. 

Falaise, fanon, fard, faude, fauteuil, fourrage, fourrier, 
feutre, fief, flan, flague, fleche, foe, forcene", fournir, four- 
reau, frais, framboise, franc, forcene, frapper, fresange, 
fret, frimas, froc. 

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LIVRE II. xu 



Gabelle, gaber, gacher, gaffe, gage, gagner, gai, gale, 
galant, galoper, gainboison, cant, garant, gaider, gareone, 
garer; garni r, garon, gaspiller, gateau, gatine, gauche, 
gauchoir, gaude, gaufre, gauie, gazoh, gehir, gerbe, ger- 
faut, giron, glapir, gletteron, ghsser, goder, gonfalon, 
grappe, gratter, graver, grfcs, grenon, grimace, gnmper, 
grincer, gripper, gris, grommeler, groseiile, gruau, groupe, 
guide, guerdon, guere, guenr, guinte, guerpir, guerre, 
guet, guichet, guille, guiller, guimpe, guinder, guipure, 
guise. 

Haie, haillon, hair, hale, halage, halle, hallebarde, 
halte, bamac, hameau, hanap, hanche, hanneton, hanse, 
happer, harangue, haieng, liardi, hargneux, haro. hate, 
hauban, haubert, hive, haveron, havre, heaume, hlberger, 
beraut, heron, h£tre, houseaux, hisser, hocher, homard, 
honnir, houblon, noue, housse, houx, huche, hune, hutte, 
hanter. 

Jardin, jaser, job. 

Laiche, laid, lave, latte, layette, lecher, leste, leurrer, 
lippe, lisse, liste, loger, loquet, lot. 

Madr£, malle, manne, mannequin, marc, marcher, ma- 
rechal, marque, marri, marsouin, mat, meurtre, mignon, 
mignard, mitaine, mite, moue, mouette, mousse, mulot, 
musser. 

Nantir, navrer, nord, noue, nuque. 

Orgueil, ouest. 

Pincer. 

Quille. 

Race, rade, radoter, raier, rang, raper, rapifere, radou- 
ber, rat, rate, regain, resetter, riche, rider, rincer, river, 
rochet, roseau, rosse, rotir, rouir. 

Saisir, sale, salle, saule, saur, slnechal, siller, sillon, 
sombre, souhait, soupe, suif, suie, suinter, sur. 

Taisson, tamis, targe, tarir, tas, taudis, ternir, t&er, 
tillac, tirer, tonneau, touaille, toucher, touffu, toupet, 
trale, trappe, traquer, treteau, trSve, trop, tuyau. 

Vacarme, vague, varangue, varech, vase, vilbrequin, 
voguer. 



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xlii INTRODUCTION. 



CHAPITRE IV. 

Element grec. 



La langue grecque n'a rien fourni, ou presque rien, au 
fran^ais, lors de sa formation populaire : il ne pouvait en 
fctre autrement, les Gallo-Romains et les Grecs ne furent 
jamais en contact, et toutes les fables patriotiques qu'ont 
inventees Henri Estienne, Joachim PeVion et Manage pour 
demontrer TafBnite de notre langue et de la langue grecque 
ne sont qu'extravagance. La seule ville qui eut pu nous mettre 
en rapport avec 1'idiome grec, Marseille, colonie pho- 
ceenne, fut de bonne heure absorbee par les Romains, et 
legrec originaire y ceda vite la place au latin. Nous avons 
bien quelques mots grecs 1 tels que chfrre, somme, parole, 
bourse, bocal; ils ne viennent point directement du grec 
xapa, dbtYfxa, itapa€o>TQ, fiupaa, ^auxaXtov, mais du latin cara 9 
sagma, parabola, byrsa, baucalis, qui les lui avait emprun- 
tes, — et on retrouve tous ces mots, dans les auteurs latins 
du septieme siecle *. La de*couverte des lois de transformation 
du latin en francais, nous a permis de retrouver la veritable 
origine de beaucoup de mots qu'on avait jusque-la ratta- 
ches au grec ; la ressemblance toute fortuite de paresse et 
de icap6(Ttc, par exemple, avait pousse les anciens etymolo- 



1 . Je parle ici des mots venus par lepeuple, non des termes scienti- 
fiques introduits par les savants. 

2. Ajoutons a cette liste, adragant, almanack, bouteiUe, chOmer, 
gouffre, golfe, osier, serin, po£le, plat, chimie, imeri, dragee, mi- 
graine, clopin. — Mangonneau, chaland, accabler ; sont des termes 
<Tart militaire, imports dans notre langue, au temps des croisades 
par les Byzantins. — Deux mots orientaux, chicane et avanie ont pns 
pied dans notre langue par l'interm6diaire de la langue grecque du 
moyen Age. 



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LIVRE II. xun 



gistes k rapprocher ces deux mots : si Ton decompose le 
mot paresse en ses elements, on voit que le suffixe esse 
doit repondre k une forme itia, temoin trintesse de tristitta, 
}ustesse de justitia, mottesse de molltiia, largesse de largt- 
tia, etc.... — Entire de mte^ra, noire de ni^ra, pelerin 
de peregrin us nous montrent que IV de paresse correspond 
a un gr latin : I 9 a du mot fran^ais (paresse) est l'equiva- 
lent d'un i latin, comme dans balance de hilancem, aronde 
de hirundo, calandre de cylindrus, etc.... et nous arnvons 
a l'aide de ces trois observations a recomposer le mot pi- 
gritia qui est 1* original veritable de paresse. 

En resume, on peut repeter pour le grec ce que nous 
disions de la langue celtique : son influence sur le frangais 
populaire est tout k fait insignifiante. 



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XLIV INTRODUCTION. 



PARTIE II 
Elements d'origine savante. 



Au point de vue de 1'histoire de la langue frangaise, on 
appelle mots d'origine savante, tous les mots introduits 
dans la langue posterieurement k son Ipoque de formation 1 
c'est-a-dire depuis le onzieme siecle 1 jusqu'k nos jours. lis 
ont &e crees, longtemps apres la port du latin, par les sa- 
vants et par les clercs, qui les tiraient des livres, suivant 
les besoins de l'expression, et transportaient tels quels ces 
mots grecs ou latins dans notre langue. C'est ainsi qu'au 
onzieme siecle nous trouyons dans quelques textes le mot 
innocent caique exact et servile du latin innocmtem (qui ne 
nuit pas) : la langue fran^aise n'avait point de termes pour 

1. C'est la persistence de 1'accent tonique latin (persistence etudiee 
a la page lxxix) qui est ici la regie et le guide. Tous les mots intro- 
duits par le peuple, a Torigine de la langue respecteot 1'accent latin ; 
ils montrent ainsi qu'ils ont etc faits avec l'oreille, qu'ils viennent 
dun latin vivant et parte. Tous les mots qui violent la loi de 1'accent 
latin ont ete introduits par les savants. — Cette distinction nous per- 
met de determiner exactement le jour ou la langue francaise natt a 
1'histoire: le franc. ais (el i'entends par ce mot la langue populaire) 
etait ne et le latin tout a fait mort au jour ou le peuple ne connut 
plus spontenement 1'accent latin C'est vers le onzieme siecle que le 
sentiment de l'accentuation latine se perd dgfinitivement. Des lors la 
creation du francais populaire est achevee, il n'entrera plus dans la 
langue d'autres mots que les mots savants. 

2. Tous les mots empruntes aux langues anciennes, du moins, au 
grec et au latin; quant aux mots empruntes aux langues modernes, 
Us trouveront place ci-dessous, anx Elements d'origine tirangere. 



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LIVRE II. xlv 



rendre cette id£e, et Tecrivain embarrasse pour l'exprimer, 
se vit force" de copier le mot latin : on reconnait que oe mot 
est d'introduction savante, parce qu'il n'a point subi les 
transformations que le peuple impose a tons les mots qu'il 
adopte ; in latin devient en fran^ais en (infantenwnfant ; 
etuiemi-inimieus) — nocentem est devenu nuisant; il est 
feoile de voir que si le mot innocentem nous 6tait venu par 
le peuple, il eut &e ennuisanl et non pas innocent. Les 
mots populaires sont le fruit d'une formation toute spon- 
tanee, toute naturelle, tout irrifUchie; les mots savants sont 
une creation voulue, reflechie, artificielle : les mots popu- 
laires sont faits avec Toreille, les mots savants avec lesyeux. 
— L'instinct a produit les premiers la reflexion les seconds. 

Dans les premiers temps qui suivirent son introduction 
en francais, chaque mot savant resta aussi incompris du 
peuple que les mots dits scientiBques le sont de nos jours. 
Les barons et les vilains contemporains de Robert le Pieux 
comprenaient aussi peu le mot innocent que les paysans de 
nos campagnes entendent pateographie ou stratification : 
mais par Tabsence de tout autre mot Equivalent, le mot 
innocent cesse bient6t d'etre employe seulement par les 
clercs, pour entrer dans l'usage general : ilapparait, nous 
l'avons dit, pour la premiere fois dans les livres ecctesiasti- 
craes; moins d'un siecle apres on le trouve dans la Chanson 
de Roland et dans d'autres poemes tout a fait populaires; 
il a conquis droit de cite dans la langue, en passant comme 
on dirait aujourd'hui, du vocabulaire scientifique et spe- 
cial, dans la langue usuelle et journaliere f . 

Quand on ecrit Fhistoire de notre langue, il est indispen- 
sable de constater que c'est seulement dans la langue po- 
pulate qu'on peut saisir au passage les lois suivant les- 

1. Pour les philologues qui divisent toute langue en deux couches, 
celle qu'a produit l'instinct, celle qu'a produit la reflexion, il n'y a au- 
cune distinction a etablir entre les mots savants, et ce que nous appe- 
lons les mots scientifiques ; Tun et l'autre sont une creation refllchie des 
savants (aussi bien un mot usuel comme innocent, qu'un mot technique 
comme paMographie); d'ailleurs, tout mot usuel d'origine savante a 
commence par etre un mot scientifique , & l'usage du petit nombre. 



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xlvi INTRODUCTION. 



quelles Finstinct du peuple a transforme le latin en francais ; 
k ce point de vue, les mots savants ne son! d'aucune utilite 
pour le philologue; mais ce compte fait, il n'en faut point 
conclure au bannissement des mots savants ; ils ont le droit 
d'exister, puisqu'ils existent ; comme l'a tres-justement dit 
M. Sainte-Beuve, ils sont une des saisons de la langue; 
quand le frangais s'est forme la langue populaire etait pau- 
vre 1 , parce qu'elle r^pondait aux besoins dune humanite 
simple et peu raffinee, aux id^es peu nombreuses d'une po- 
pulation guerriere, agricole et feodale; toutes les idees 
scientifiques, apanage exclusif des elercs, n'etaient exprim^es 
qu'en latin. Avec le temps la societe feodale se modifia, d£- 
clina, puis mourut pour faire place a un ordre nouveau; 
pour exprimer toutes ces idees nouvelles, la langue fran- 
$aise dut s'enrichir, soit en developpant les mots populai- 
res 8 , soit en empruntant aux langues ancienneades termes 
savants qui passerent plus tard dans la langue commune. 
Rares au douzieme siecle et au treizieme, plus nombreux 
au quatorzieme, ces emprunts sont devenus innombrables 
depuis le seizieme siecle jusqu'k ce jour, — ces enrichis- 
sements 6tant toujours proportionnes a l'accroissement des 
id£es, et k la succession chaque jour plus rapide des inven- 
tions et des decouvertes 8 

1. En francais la couche populaire ne depasse pas quatre mille 
primitifs. Voir ci-dessous, Dage lxx, la statistique de notre langue. 

2. Par des composes ou des derives nouveaux : de regie , le francais 
a tir6, par la suite des siecles, dere'gler, dtriglement, rtgler, regie- 
menter, rtglementation, etc ... 

3 Je ne donne que I'etymologie primaire, Pespace et le temps me 
manquent pour donner davantage. Je me borne a citer enormis comme 
1a pnmitif d'lnorme; aller plus loin, et donner I'etymologie du latin 
enormis (compose de ex-norma, c'est-a-dire qui sort de la regie) se- 
rait faire Phistoire de la langue latine. — 11 arrive assez frequemment 
qu'un mot latin ayant donne" une forme au francais populaire, en donne 
une seconde au francais savant : ainsi de rationem qui est devenu rai- 
son chez ie peuple, ration chez les savants : cette bifurcation d'un 
mfime mot latin en deux recut d'un grammairiendu xvu* siecle le nom 
de Doublets. Je mesuis abstenu ici de tout rapprochement de ce genre, 
ayant deja 6tudie en detail ce phenomene philoloffique dans mon Dic- 
ttonnaire des Doublets ou doubles formes de la langue frangaise. 
(Pans. Franck. 1868, in-8). 



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LIVRE IL xLvu 



PARTIE III 

£L£MENTS D*ORIGINE feTRANGfeRE. 



Outre lea deux conches de mots populaires et de mots 
savants que nous venous d'&udier, notre langue comprend 
one nombreuse categorie de mots d'origine itrang^re, 
c'est-&-dire empruntes directement par le fran$ais aux idio- 
mes actuellement existants. Ges emprunts sont le prodnit du 
hasard; et la science n'y peut saisir aucune loi; c'est ainsi 
qu'une suite de manages entre lesTalois du seizifcme sieele 
et plusieurs princesses italiennes a determine dans notre lan- 

Sue l'invasion brusque de plusieurs oentaines de mots ita- 
ens; en empruntant k l'Angleterre, il y a prfes d*un sifccle, 
quelques-unes de ses institutions judiciaires et politiques, 
nous avons du introduire du mime coup en fran^ais les 
mots qui en &aient 1 'expression : c'est dono par une 6tude 
minutieuse de Thistoire politique, artistique, commerciale, 
coloniale, qu'on peut arriver k fixer d'une manure precise 
la part de chacun de ees elements etrangers dans notre vo- 
fcabulaire. D'autre part, l'observation attentive des textes 
nous 6clairera sur l'%e de ces mots, et nous donnera un 
Element de plus pour fixer 1'lpoque de leur introduction en 
fran$ais; ainsi nous savons que le mot piano (doux) est 
^importation italienne, parce que d'une part le mSme mot 




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XLvm INTRODUCTION. 



preuves h posteriori ou de fait ^que nous fournit l'histoire) , 
ll en est d'autres, a priori ou de theorie (que nous fournit 
la philologie), et qui nous permettent d'afnrmer a l'avance 
que le mot chercne n est point d'origine francaise, et nous 
indiquent sa source precise. Tous ces mots d'origine £tran- 
gere, en effet, sont entr£s dans notre ldiome, posterieure- 
ment a son epoque de formation; ils n'ont done point p<5- 
netre en lui ; ils se sont melanges avec lui, non combines, 
et les traits distinctifs qu'impose le francais a tous les mots 
qu'il s'assimile leur sont restes etrangers. Reprenons 
1 exemple du mot piano, et interrogeons a son sujet la phi- 
lologie, comme nous avons interroge Fhistoire : a priori 
piano, qui correspond au latin planus ne peut £tre un mot 
d'origine francaise/carpf latin persistetouj ours en francais 
et ne devient jamais pi y ex : p/orare (p/eurer), p/enus 
(p/ein), plus (p/us), plumbum (p/omb), p/anus (p/ain)^ de 
plus, piano est certamement un mot d'origine italienne, car 
e'est seulement en italien que pi latin donne pi : ptorare 
(piorare), p/enus (pieno), p/us (piu), p/umbum (piombo), 
planum (piano). — On voit comment les lois decouvertes 
par la philologie, nous permettent de devancer, en bien des 
cas, les inductions de lnistoire. 

Si Ton veut dresser I'echelle de proportion des emprunts 
faits par notre langue aux idiomes modernes, on trouvera 
que e'est la famille des langues romanes, ou neo-latines 
(provencal, italien, poftugais, espagnol), qui a fourni la 
plus grosse part. II etait nature! que notre langue s'adres- 
sat plus particuk&rement aux langues ses soeurs, issues 
comme' elle du latin. — Apr&s la famille latine e'est la 
famille germani^ue (allemand, anglais, flamand), qui nous 
a le plus enrichis. 

Le grec moderoe, le hongrois et les langues slaves (polo- 
nais, russe), nous ont fourni quelques mots. 

Si nous quittons l'Europe, nous sommes encore rede- 
vables aux idiomes stmitiques (hebreu, turc, arabe), ainsi 
qu'aux langues de l'lnde, de la Chine et de la Malaisie. 
Les colonies Am^ncaines ont importe dans notre langue 
quelques termes sp&iaux. 



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LIVRE II. xlix 



tous 



II nous reste k presenter le catalogue mlthodiaue de 
as ces emprunts, et l'histoire de ces importations' 



CHAPITRE I. 

MOTS D'ORIGINE PROVENfALE. 



Quelques personnes s'etonneront sans donte queje pr6- 
sente la langue proven^ale comme une langue veritable, 
en par allele avec 1 'it alien, l'espagno) et le portugais. Pour 
comprendre en efiet 1'importance de cet ldiome, et I'm- 
fluence qu'il a exercee sur notre langue, il faut cesser de le 
considerer tel qu'il est aujourd'hui, dans son 6tat present 
de patois mepnse et obscur, pour le replacer dans son d£- 
veloppement histonque, et voir qu'avant cette decadence, 
il a eu depuis le onzieme sifccle jusqu'au quatorzieme une 
eblouissante floraison. 

Le proven^al ou langue d'oc est alors Pidiome de tous 



1. Comme nous l'avons tait pour le latin et le grec, nous ne don- 
nons dans ce Dicticnnaire que retymologie primaire des mots empruu- 
tes aux langues mod ernes; nous dirons par exemple que le francais 
dilettante est venu au dix-neuvieme siecle de Fitalien dilettante (ama- 
teur, celui qui goflte) ce serait sortir de notre domaine, et faire This- 
toire de la langue italienne, que d'aller plus loin et de demontrer que 
Titalien dilettante vientdu latin delectant em, comme atto, frulto, 
notte, tetto viennent de actum, fructus, noctem, tectum, par le chan- 
gement regulier du ct en «. — Le defaut d'espace rn'interdit aussi de 
faire tout rapprochement entre les motsd'origine francaise et lesmots 
d'ongine eirangere, qui ODt un radical commun. Delect ant em par 
exemple a donne a Fitalien dilettante, au franca is delectant ; au dix- 
neuvieme siecle dilettante passe les monts et devient francais; il 
serait interessant d'expliquer que dtlectant et dilettante sont la bifur- 
cation dun radical commun ; que dilettante est un double de dtlec- 
tant, et que ces deux mots forment ce qu'on appelle un doublet (voyez 
page xlvi). 



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INTRODUCTION. 



les peuples compris dans le bassin de la Garonne, et dans 
la partie m&idionale du bassin du Rhdne; il sert d' ex- 
pression k toute une race, independante des Frangais du 
Nord : il donne naissance a une brillante litterature lyrique, 
qu'au treizifeme siecle l'AUemagne traduit, que Dante ad- 
mire et que Petrarque imite : il offre enfin k l'historien les 
deux caractferes qui distinguent une langue d'un patois ; il 
est 1'instrument aun j>euple, et d*une litterature. — Pour 
le philologue, son originality linguistique par rapport au 
frangais est encore plus visible 1 ; aussi ancien que lui, il 
offre certains caractferes plus archaiques, qui le rapprochent 
davantage du latin, et lui assignent entre le fran^ai* et 
Titalien la m&me position intermediaire que la Provence 
occupe geoeraphiquement entre la France et l'ltalie. — 
Mais les evenements politiques mirent vite un terme k cette 
existence independante. La rivalite des M&ridionaux et des 
hommes du Nord qui se termine par la guerre des Albigeois 
et la d^faite du Midi, porta le coup de mort a la langue 
d'oc, ou provenfal (comme disent plus volontiers les mo- 
dernes). 

En 1272, le Languedoc passe k la France, et Introduc- 
tion du fran^ais suit de prfcs cette annexion. On cesse 
d'ecrire le provenfal, et il tombe du rang de langue litt^- 
raire, a celui de patois. Les patois proven$aux, languedo- 
ciens et Gascons qui persistent encore aujourd'hui ne sont 

Sue les afebris de cette langue d'oc qui jeta un si vif ^clat. 
lais le provenfal a laissS dans notre langue un grand 



1. Au moyenage les Meridionaux regardaient si bien le francais 
comme une langue etrangere ? que les Leys d'Atnors (sorte de code 
poltique et grammatical, ecnt au quatorzieme siecle), prennent le 
francais comme type* Apelam lengatge estranh coma francos, englet, 
espanhol, lombard (II, 318). [Nous appelons langues Itrangeres les 
idiomestels que le frangais, l*anglais f f'espagnol, litalien.] En 1229 
nous voyons dans un compte municipal de la ville d'Albi qu'un 
notaire s'excuse de n'avoir pu lire fa legende d'un sceau, « bien 

Si'elle fut icrxte en caractires irh-lisibles, dit-il, matsparce que la 
none 4tai$ le frangais ou toute autre langue e'trangere (In lingua 
Galliea vel alia nobis extranea, quam licet hterae essent integrae, 
perfecto non potuimus perspicere. » 



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LIVRB II. u 



nomhre *de termes divers, imports principalement au 
moyen age, des le douziemesiecle, etun petit nombre dans 
les temps modernes. Ges mots sont puises aux categories 
d'idees les plus diverses ; ce soot des termes de marine 
(carguer, cap, espade, gabarrit, autan, mistral, corsaire, 
carre, vergue), des noms de plantes et d'animanx (dorade, 
jigale, cabri, carnassier, ortolan, isard 1 , — grenade, ra- 
dis, Mgarrade), des termes abstraits {jater, ruser, fdcher, 
rdder, malotru, badin, badaud, fat, croisade, forfat, don- 
zelle, menestrel), des noms de pierresjprfcieuses (cornaline, 
grenat)y enfin ctes termes relatifs a 1 nabillement, a l'ha- 
bitation, au jardinage (camail, barette, — bastide, pelouse, 
— caisse, cadenas, cambouis *). 



CHAPITRE V 

mots d'origine italienne. 



Les nombreuses expeditions de Charles Yin, de Louis XII, 
de Frangois I er au aela des monts, le sejour prolonge de 
nos armies en Italie dans les premieres annees du seizieme 
siecle rendirent Titalien trfcs-familier en France s . « Le 
brillant eclat que jetaientles lettres et les arts dans la Pe- 
ninsule s&iuisait les esprits en m§me temps que la regence 
de Catherine de M^dicis donnait le prestige de la mode a 
tout ce qui etait italien. » 

Gette influence italienne est toute-puissante sur la cour 



1. Ce mot est special au patois bearnais, qui nous a fourni aussi le 
mot btret. — Avant de quitter les pays qui avoisinent la France, di- 
sons que le patois wallou nous a donn6 le mot ducasse, et que dous 
sorames redevables de ranz, chalet, avalanche, cre'tin. au patois des 
Grisons. 

2. Citons encore ballade, baladin, be'ton , cdltn. 

3. M. littre. 



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INTRODUCTION. 



de Frangois I* et d'Henri II, et les courtisans, apr&s Tavoir 
subie, veulent a leur tour 1'imposer k la nation. C'est alors 
qu'apparaissent pour la premiere fois dans les ecrits du 
temps, une foule de mots i usque-la inconnus; les termes 
d'art militaire que notre langue avait employes pendant 
toute la duree du moyen age, heaume, haubert, etc., sont 
bannis, et remplaces par les mots correspondents italiens, 
que les guerres d'ltalie avaient propages dans nos armees. 
G'est de la que datent les expressions relatives a l'escrime 
(botte, escrime), aux usages et aux qualites militaires (af- 
front, brave, altier, bravade, bravoure,bravache, accolade), 
anx camps, a la fortification (cdarme, alette, anspessade, 
bandiere, bandouliere , barricade, bastion, bastonnade ,' 
brigade), aux armes (arquebuse, baguette, borribe, arse- 
nal, etc). 

Cette manie d'italianisme excitait justement Tindigna- 
tion d'un contemporain, Henry Estienne : « Messieurs les 
« courtisans se sont oubliez jusque-la d'emprunter d'ltalie 
« leurs termes de guerre sans avoir esgard a la consequence 
« que portoit un tel emprunt; car d'ici k peu d'ans qui sera 
« celuy qui ne pensera aue la France ait appris Tart de la 
« guerre, en rescholedei'Italie,quand il verraqu'elleusera 
« des termes italiens? Ne plus ne moins qu'en voyant les 
c termes grecs et tous les arts liberaulx estre gardez &s au- 
« tres langues, nous jugeons, et a bon droict, que la Orrece, 
« a 6te l'eschole de toutes les sciences '. » 

Tandis crue Catherine de Medicis importait chez nous 
les termes de cour (courtisan, affidt, cam&riste, canUrier, 
escorte, bouffon, faquin, brave, spadassin, carrosse, altesse, 
brigue), et de plaisirs (charlatan, carnaval, arlequin, can- 
tonade), elle importait les termes d'art n£cessaires pour 
exprimer les idees nouvelles, venues d'ltalie avec le Pri- 
matice et Leonard de Vinci , termes d'architecture (arcade, 
balcon, archivolte, balustre, baldaquin, catafalque, cartou- 
che), de peinture (costume, artisan, attitude, aquarelle, si' 

1. Henri Estienne. Conformity du langage frangois avec le grec, 
ed. Feugere, page 24. 



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LIVRE II. un 



pia, gouache 9 fresque), de sculpture (maquetle), sansparler 
des termes de musique qui se sont introduits pendant le 
dix-septieme siecle , et la fin du seizi&me (adagio, ariette, 
andante, arpige). Les termes de commerce (bilan, agio, 
banque, banquerouXe), de marine (escale, basting ages, bour- 
rasque, boussole, brigantin), de vol (bagne, bandit , 6n- 
gand), de plantes (artichaut), et les diminutifs (babiole, 
bambin, bagatelle) sont aussi trks-fr&juents. 

Yoici la uste de ces emprunts : 

Agio, accolade, accort, adagio, affide, affront, alarme, 
ariette, alerte, altesse , altier, andante , anspessade, aqua- 
relle, arcade, archivolte, arlequin, arpege, arquebuse, arse- 
nal, artichaut, artisan, attitude. 

Babiole, bagatelle, bagne, baguette, baladin, balcon, 
baldaquin, ballon, balourd, balustre, balustrade, balzan, 
bambin,bamboche, banque, bandore, bandit, bandooliere, 
banquet, banqueroute, baraque, barcarolle, barricade, 
baster, bastingage, bastion, bastonnade, batifoler, b^carre, 
belladone, belvedere, bemol, bilan, billon, biscotte, buse, 
bombe, botte, boucon, bouffon, bourrasque, boussole, 
boutade, bravade, bravoure, bravache, bravo, brigand, 
brigade, brigantin, brigue, bronze, brouet, brngnon, brus- 
que, burin, bulletin, burlesque, buste, brave, baladin, 
barque. 

Cabinet, caboche, cabriole, cabus, cadenas, cadence, ca- 
dre, cagneux, calecon, calfater, calibre, calme, calquer, 
camus, cambiste, camee, camerine, cam£riste, camisole, 
canaille, campanile, candi, canevas, canon, cant ate, can- 
tine, cantone, capote, caprice, capilotade, capiteux, capi- 
tonner, caporal, capot, caprice, carabine, caracoler, carafe, 
caravelle, carbonnade, carcasse, caresser, caricature, car* 
min, carnaval, caroubier, cariole, carrosse, carrousel, car*, 
tel, carton, cartouche, casaque, cascade, casemate, casino, 
casque, casserolle, castel, catacombe, catafalque, caval- 
cade, cavalerie, cavaber,- cavatine , cavecon, colonel, 
capon, cedrat, celeri, cervelas, chagrin, charlatan, cheva- 
leresque, chiourme , cicerone , citadelle , citadin , cocarde , 
coche, colis, comparse, concetti, concert! condottiere, con- 



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liv INTRODUCTION. 



trader, contrebande, corniche, cortege, costume, coupole, 
courtisan, crescendo* croisade, cuirasse, cimaise. 

Diaprer, d^esse, d^sinvolte, desinvolture, dilettante, dito, 
doge, d6me, douche, ducat, douane. 

Escale, escalade, escrime, embusquer, embuscade, en- 
trechat, epinette, escadre, escadron, escapade, escarmou- 
che, escarper, escopette, escorte, escroc, espadon, espalier, 
espion, esplanade, esponton, esquinancie, esquisse, esta- 
cade, estafette, estafier, estafilade, estamper, estoc, estrade, 
estramaQon, estrapade, estropier, escrime. 

Facade, fanal, fanfreluche, fantassin, faquin, fautset, 
felouque, feston, fiasco, filon, filigrane, filoselle, fioriture, 
fleuret, forfanterie, fougue, fracasser, franco, frangipane, 
frasque, fregate, fresque, fugue. 

Gabie, gainer, gabion, gala, galbe, gambade, gambet, 
ganache, gazette, gigantesque , generalissimo , giberne, 
girandole, girouette, gondole, gouache, gourdin, gousse, 
grandesse, grandiose, granit, grege, grfcgues, grotesque. 

Isoler, imbroglio, improviser, improviste, incarnat, in- 
cognito, infanterie, ingambe, impregner. 

Javeune, ieton, jovial. 

Lagune, lazaret, lazzarone, lavande, lave, lazzi, lysine, 
loto. 

Macaron, macaroni, madrepore, madone, mandoline, 
madrigal, malandrin, manage, maquette, marasquin, mar- 
mite, marmotte, mascarade, modele, mosaigue, mousque- 
ton, moustache, muscat, m^daille, massepain, mercantile, 
muscade, muscadin. 

Niche, nocher, noliser, numero. 

Oleandre, oratorio, opera, orvi&an. 

Page, palade, paladin, palan, palette, panache, pantalon, 
parade, paravent, parasol, parapet, partisan, pertuisane, 
pasquinade, passade, pastel, pastiche, patache, patrouille, 
pavaner, pavois, peccadille, pedant, pennon, perroquet, 

1>erruque, piano, m-petto, panade, piastre, pedestal, pi- 
astre, pistache, piste, pistole, piston, pittoresaue, piller, 
plastron, poltron, policninelle, pommade, porcelaine, pos- 
tiche, preste, prestidigitateur, primevere, profil, populace. 



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LIVRE II. lv 



Qufcdnlle. 

Ratfjuette, rebec, rebuffaae, redout e, rugate, reprS- 
saille, iev&che, reVolte^ riposte, rissoler, ritournelle, riz, 
rodoeSont. 

Satute, sacoche, saccade, sacripant, saltimbanque, sar- 
bacaae, satin, sbirre, scarlatine, scorsonere, sentinelle, 
semoinltt, sepia, seouin, serenissime, serviette, slton, si- 
marre, solfege, soidat, solo, soprano, sonate, sorbet, 
soldatesque, sorte, spadassin, stance, stuc, supercherie, 
svelte, stage, sirocco, sirop, sorbet, stage, spadassin. 

Taillade, tarentule, tarot, tartane, tenor, timbale, tire- 
lire, torse, tontine, tramontane, talisman, tremplin, trille, 
tromblon, trombone, tare, tarif, turquoise. 

Valise, vedette, villa, virtuose, violon, violoncello, vilte- 
giature, vite, volcan, volte, voltiger. 

Zibeline, zeste. 



CHAPITRE III. 

MOTS D'ORIGINE ESPAGNOLE. 

Les guerres de la Ligue et le long sejour des armees 
espagnoles en France vers la fin du seizieme siecle, r<5- 

Cdirent parmi nous la connaissance de la langue castil- 
;, et cette invasion, qui persista depuis le temps 
dUenri III jusqu'a la mort de Louis XIII, laissa sur notre 
idiome une empreinte relativement forte. Ges mots ser- 
vent a designer des vege^taux exotiques et leurs produits 
manufactures ( cannelle, vanille, indigo , tabac, tomate, 
dgare; benjoin, abricot, limon, jasmin, jonquille, jujube, 
savane, tulipe, limon), — divers animaux* (musaraigne, 
fyagneul, merinos , cochenille, anchois, pintade) , — des 

l.'Et certains organes (carapace) , ou leurs produits (basaney 

Digitized by LjOOQ IC 



lvi INTRODUCTION. 



couleurs (basanS, alezan, nacarat, albinos), — plusieurs 
parties de Habitation (alcdve, case, corridor), du mobiiier 
[calebasse, cassolette, manille), cfe l'habillement (galon, 
savate, pagne, mantille, basquine, cab an, chamarrer), — 
quelques patisseries (marmelade, caramel, chocolat,nau#at); 
on y trouve divers termes de musique (castagnette, guitare, 
s&r&nade, aubade), de jeux, ou de plaisii$ (sieste, sara- 
bande, rigaler, hombre, ponte, dominos), — quelques titres 
ou qualifications (laguais, menin, duegne, grandesse), — 
des termes de marine (arrimer, embargo, embarcad&re, 
debar cadere, mousse, cabestan, pinte, ricif, subrecarfrue), — 
des expressions militaires (adjudant, caserne, diane, colonel, 
escouade, camarade, — haquenie, cabrer, caparagon, sala- 
de, espadon, — incartade, algarade, capitan, matamore). 

Los mots abstraits sont en petit nombre (baroque, bi- 
zarre, disparate, casuiste, barbon, paranqon, eldorado, 
transe, soubresaut, risquer, habler 1 ). — Creole, mulalre, 
negre nous viennent des colonies hispano-americaines, 
ainsi que le mot liane, qui manque cependant a l'espagnol 
litteraire. — Ajoutons que la piupart de ces importations 
espagooles sont posterieures a Charles IX, saui quelques 
mots teU que algarade, dont nous avons des exemples des 
le milieu du seineme siecle \ 

La langue portugaise nous a foumi quelques mots rela- 
tifs aux moeurs de Tlnde et de la Chine (bizoard, baya- 
dere, mandarin, caste, fetiche), un terme de penalite eccl^- 
siastique (auto-da-fe), un terme de discipline militaire 
(chamade), quelques noms de fruits (coco, dbricot, ber- 
gamote). 

1. Habler vientde hablar qui signifie parler, et correspond aii bas 
latin fablare de fabulari. En passant au francais, le mot espagnol a 
pris le sens de parler avec exage'ration ; il est curieux que le mfime 
changement se soit produit pour le mot parler; les Espagnols nous 
1'ont emprunte au dix-septieme siecle, et ont donne au mot parlar le 
sens de parler en fanfaron, de habler. Ambassade nous est venu de 
l'Espagne, vers le quinzieme siecle. 

2. Notre langue . doit encore & l'espagnol le nom d'un metal (pla- 
tine), et celui d'une abreviation typographique {ctdille). — Un seal 
mot, mesquin, a M introduit vers le douaieme siecle. 



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LIVRE II. lvii 



CHAPTRE IV. 

MOTS D'ORIGINE ALLEMANDE. 



Tous les termes fran^ais d'origine allemande sont pos- 
terieurs h la premiere moitie du seizieme sifecle. Les 
guerres de religion, la guerre de Trente Ads, les guerres 
allemandes du dix-huitieme siecle ont importe* chez nous 
des expressions militaires (bivouac, blocus, blochhaus, cha- 
braque, colbach, flamberge, fifre, havresac, hourrah, lous- 
tic, lansquenet, reitre, obus, sabre, rosse, sabretaclie, schla- 
gue, vaguemestre), des termes de boisson ou de cabaret 
(trinquer, brandevin, choucroute, cannette, gargotte, kitsch, 
bonde, fleche, nouille). II faut y ajouter quelques noms 
d'animaux (6lan, renne, hamster, brime), certains termes 
d'art {graver, eslomper), de danse (valser), et de marine 
(bdbord *). — I/industne miniere, si repandue en Allema- 
gne,'a fourni a notre dictionnaire mineral ogique un grand 
nombre de termes speciaux (bismuth, cobalt, couperose, 
igriser, embirize, gangue, gueuse, alette, manganese, po- 
tasse, quartz, spalh, zinc). Le suedois nous a donne le 
mot nickel. 

J'ai dit, en commen$ant ce chapitre, que les mots d'ori- 
gine ailemar&ie ne remontent point au del& du xvi 6 siecle, 
mais il ne faut point appliquer cette assertion aux mots 
d'origine germanique (j appelle exclusivement de ce nom 
ies mots allemands introduits dans la langue latine du 
troisieme au dixieme siecle, et que le latin a transmis au 

1. L'ameublement doit a la langue allemande quelques termes spe- 
ciaux (bahut, idredon). Les termes abstraits sontrares (chenapan, ga- 
min, chic, anicroche), et presque toujours revfitus d'un sens p£roja~ 
tif) Les Contes fantastiques d' Hoffmann ont enrichi la langue du mot 
vampire. — Le flamand nous a fourni, outre lemot bouqutn, un nom 
de plante (colza), et de fete {kermesse). 



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lviii INTRODUCTION. 



fran$ais). — Ges deux couches de mots sont trfcs-distinctes 
Tune de l'autre; les mots d'origine germanique, transmis 
au fran$ais par le latin, ont perdu leur physionomie origi- 
naire et subi, pour arriver a notre langue, des transforma- 
tions r£guli&res ; — les mots d'origine allemande, emprun- 
t£s directement a l'allemand moderne, et introduits dans 
leur crudity naturelle, tranchent sur le fonds g£n£ral de 
la langue : les premiers forment avec notre langue une 
union intime et p&iforante; les seconds ne sont gu&re 
qu'une immixtion superficielle : et s'il £tait permis d'em- 
ployer ici le langage de la chimie, je dirais aue les mots 
d'origine allemande ne sont que le produit d un mHange y 
tandis que les mots d'origine gerrrumique sont le resultat* 
d'une combvnaison. 



CHAPITRE V. 

MOTS D'ORIGINE ANGLAISE. 

Les communications chaque jour plus nombreuses, de- 




I'origine anglaise. 
rail, wagon, tunnel, ballast, express, coke, diver, flint, lias, 
love, malt), k Tagnculture (drainer, cottage), a la politique, 
k la legislation, k l^conomie politique (budget, jury, bill, 
convict, comiti, speech, verdict, club, meeting, pamphlet, 
toast), h la banque (cheque, warrant, drawback), a divers 
4tat8 moraux (spleen, comfort, humour), a lhabillement 
(chcUe, carrick, redingote, plaid, lasting, spencer), k Tali- 
mentation (pifteck, rosbif, pudding, mess, bol, grog, gin, 
punch, rhum), aux courses de chevaux, aux reunions, aux 
plaisirs (sport, boose, turf, jockey, clown, bouledogue, groom, 
steeple-chasse, stalle, tilbury , break, dogcart, festival, remit, 



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LIVRE II. ux 



lunch, whist, touriste, fashionable, dandy) ; k la m&tecme 
(croup), sans parler des termes de marine, dont plusieun 
sont fort anciens dans notre langue (dock, bosseman, accore, 
beaupre, cabine, boulingrin, cabestan, cachalot, cambuse, 
coaltar, cutter, eperlan, flibustier, heler, interlope, loch, lof, 
paquebot, poulie, touaye, yacht*. 



CHAPITRE VI. 

MOTS D'ORIGINE SLAVE. 



Le polonais nous a fourni des termes de danse (polka, 
mazurka, redowa), le mot caliche, et un terme de blason 
(sable), — la langue russe, steppe, knout, czar, palache, 
cosaque, cravache (encore ce dernier mot nous est-il venu 
par l'intermediaire de Tallemand). 

A cote des langues slaves, les langues ouraliennes ont 
eu, elles aussi, leur part d'influence sur notre langue, part 
bien minime, il est vrai. Louis XIV ayant introduit en 
Prance l'arme hongroise des Hus sards, ce corps nouveau 
garda son nom magyar (huszdr), et conserva cjuelques 
termes hongrois (dolman* shako). Au quinzieme sifccle fut 
importe en France le mot horde, qui est d'ongine mongole 
et designe, chez les Tartares, le camp et la cour du roi. 



1. Nous devons encore a la langue anglaise, 
et billet, et le nom d'un crocodile (alligator). 



les deux mots square 



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lx INTRODUCTION. 



CHAPITRE VII. 

MOTS D'ORIGINE SEMITIQUE. 



Les mots d'origine s^mitique introduits en francais, ap- 
partiennent a I'hebreu, au turc et a l'arabe. G'etait un 
theme favori des anciens etymologistes de denver toutes 
les langues de i'hebreu : les travaux des philologues mo- 
denies ont montre* le neant de toutes ces reveries : et le re- 
sultat le plus important de la science moderne a ete de 
decouvrir cette loi : que les iliments des langues correspon- 
dent ordinairement aux elements des races. Or nous som- 
mes d'une race tout a fait dift'erente de la race juive, et 
les rapports du francais et de I'hebreu doivent &re illu- 
soires : ils sont en effet purement accidentels. Lorsque 
saint Je>6me traduisit i'Ancien Testament de I'hebreu en 
latin, it transporta dans sa traduction plusieurs mots he- 
breux dont Fequivalent n'existait point dans la langue 
latine, tels que seraphim, cherubim, gehennon, pascha, eden, 
etc., et du latin eccl^siastique, ils passerent cinq siecles 
plus tard au francais (cherubin, seraphin, gene, eden, pd- 
que,) ; mais c'est du latin que nous les avons appris, et 
Ton peut dire que l'influence directe de I'hebreu sur le 
francais a ete* nulle 1 ; il en est de meme pour l'arabe, dont 
les rapports avec le francais ont ete tout fortuits : sans 
parler des mots qui expriment des choses purement orien- 
tates, tels qu' Alcoran, bey, cadi, caravane, derviche, fir- 
man, janissaire, narghiU, odalisque, pacha, caravansirail, • 
babouche, cimeterre, drogman, calife, mameluk, marabout, 
minaret, marfU, mosquee, turban, chaccU, gazelle, girafe f 
genette, once, talisman, sequin, serail, sultan, vizir, etc., 

1. Ajoutons a cette liste, les mots talmudiques cabate et rabbin. 



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LIVRfi II. lh 



et qui nous viennent directement d'Orient par les voyageurs, 
le mmgais re$ut au moyen age plusieurs mots arabes venns 
d'une autre source : i'influence des croisades, le grand 
mouvement scientifique arabe qui jeta un si vif fclat, W- 
tude des philosophes orientaux, fort repandue en France 
du douzi&me siecle au quatorzi&me, enrichirent notre vo- 
cabulaire de mots relatits aux trois sciences que les Ara- 
bes cultiverent avec succes, a l'astronomie (azimuth, na- 
dir, zenith) y a 1'alchimie (alcali, akool, alambic, alchimie, 
Hixir, borax, ambre, s&ni, safran, loch, julep, rob, strop), 
aux matWmatiques {alghbre, algorithm, zho, chiffre) ; en- 
core ces mots, exclusivement savants, nesont-ils point venus 
directement de l'arabe au fran^ais, maisdel'arabeau latin 
scientifique du moyen age qui les a transmis au frangais. 

Les relations commerciales de la France avec l'Orient 
ODt aussi introduit dans la langue divers termes relatifs k 
Thabiliement (bouracan, colon, hoqueton y taffetas Jupe, col- 
back) ; aux constructions et a l'ameublement(&uttgu6, divan, 
matelas, sofa y bazar, magasin); a la joaillerie, auxcouleurs 
et aux parfums (nacre, laque, carat , orange, azur, lazuli, 
talc, civette) ; enfin des mots de signification diverse (ichec, 
mat, hasard, cafi, tamarin, amiral, haras, truchement). 

Les nombreuses invasions et le long sejour des Sarca- 
sms dans le midi de la France depuis le hmtieme siecle 
jusqu'au onzifeme, n'ont absolument laisse aucune trace, ni 
sur nos patois meridionaux, ni sur la langue frangaise *. 



CHAPITRE VIIL 

MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 



J'entends par mots d'origine orientale tons les termes 
que les voyageurs nous ont rapport£s de l'lnde (nabab, 

1. Voyea : Reinaud. Invasions des Sarrasins en France, 306-307. 

d 



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lxii INTRODUCTION. 



brahme, palanquin, pagode, paria, jongle, cornac, bam- 
bou, mousson); de la Chine (thi); de la Malaisie {casoar, 
orang-outang), — sans parler du mot zebre qui est d'ori- 
gine africaine. 



CHAPITRE IX. 

MOTS d'ORIGINE AMER1CAINE. 



Les mots que nous avons reunis dans les trois chapitres 
precedents n expriment point d'idees frangaises et ne sont 
pas, k proprement parler, des mots fran$ais; il en est de 
meme des termes locaux que nos rapports avec les colo- 
nies americaines ont introduits dans la langue (acajou, 
ananas, boucanier, cacao, caiman, calumet, chocolat, coli- 
bri, condor, jalap, mais, ouragan, quinquina, quinine, 
sagou, tabac, tapioca, tatouer)* 



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LlVlltf II. lxiii 



PARTIE IV 

iL^MENTS d'oRIGINE DIVERSE. 



Je reunis, sous ce chef, lesmots dont on peut dire que leur 
introduction dans la langue est puretnent due au hasard , 
qu'ils soient d'ongine historique comme Seide * ou dus a 
des onomatopees comme craquer. Le catalogue des mots 
frangais d'ongine connue etant alors epuise, il me restera a 
donner celui de tous les mots sur lesquels la science &y- 
mologique n'est arriv£e a aucune conclusion definitive. 



CHAPITRE I. 

MOTS D'ORIGINE HISTORIQUE. 

Ges mots , peu nombreux dans notre langue, s y sont 
toujours etablis par une circonstance fortuite; ils n'en sont 
que plus importants a connaitre; si Ton ignore a quel fait 
ils doivent naissance, et qu'on tente de recheTcher scienti- 
fiquement leur ftymologie, on est sur d'errer. Si Ton oublie 

1. Depuis le Mahomet de Voltaire, tragSdieou figure un agent aveu- 
gle des volontls du prophete, et dont le nom est Stide (francisation 
de l'arabe Said). 



Lxiv INTRODUCTION. 



que guillotine, macadam, mansarde, quinquet, sont ainsi 
nommes d'apres leurs inventeurs, le docteur Guillotin, 
Fingenieur Mac' Adam, l'architecte Mansard, le mecanicien 
Quinquet, — et qu'on decompose ces mots en leurs lettres 
pour y chercher , d'apres les regies de permutation, une 
origine grecque ou latine, on tombera, a coup sur, dans les 
aberrations les plus fantastiques. 

Les mots d'ongine historique deeignent presque tou- 
jours des choses concretes, ou des objets mat^nels, et 
sur tout, comme il est naturel, les inventions ou les impor- 
tations nouvelles, par exemple, les etoffes (madras, nan- 
kin, mousseline, cachemire, calicoi, astrakan, rouennerie, 
gaze,, de Madras, Nankin, Mossoul, Cachemire, Calicot, 
Astrakan, Rouen, Gaza, lieux ou ces tissus furent fabriques 

E our la premiere fois), — desvoitures (berline carrosse fa- 
ricme a Berlin, Fiacre, Victoria, d'Aumont, etc..) — des 
v^getaux (Dahlia, dediee au botaniste Dahl par Cavanilles, 
en 1790; cantaloup, melon recolte a Cantaluppo, villa des 
panes aux environs de Rome, etc..'..). 

Les mots abstraits sont en plus petit nombre : jeri- 
miade, allusion aux lamentations du prophete Jir&mie, 
lambiner, venu du nom de Lambin £f- 1577], professeur 
au College de France, et repute parmi les savants pour la 
longueur de ses explications, et la diffusion de ses com- 
mentaires. — D'autres mots sont ou le fait des savants (gaz, 
par exemple, fut cree au seizieme siecle par Talchimiste 
Van-Helmont), ou la representation d'une circonstance an- 
cienne (c'est ainsi que le mot greve , coalition d'ouvriers, 
vient de la locution se mettre en Greve , qui tire elle-meme 
son origine de ce fait, que sous Tancien regime, les ou- 
vriers des differentes corporations , se rassemblaient a Pa- 
ris sur la place de Greve, pour attendre de Pouvrage, on 
pour porter plainte au prevdt des marchands contre leurs 
patrons 1 ). 



1. Voici la liste des mots francais d'origine historique : Artisien 
Amphitryon, Angora, Atlas, Assassin, Baionnette, Balais, Bara- 
gouin, Basque, Wguin, fierline, Besant, Bicoque, Biscaien, Bougie, 



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LIVRE II. lxv 



CHAPITRE II. 



ONOMATOPEES. 



II n'existe en francais qu'un tres-petit nombre de mots 
formes par onomatopee ou par imitation du son. Us ex- 
priment ies cris des animaux (croasser, miauler, bdfrer y 
japer, taper) ; les di verses phases de la parole humaine : 
(babUler, fredonner, caqueter, chuchoter, chut, cancan , 
marmottcr, hoquet), certains etats de grandeur ou de 
mouvement (bouffer, bouffir, zigzag) , clivers bruits natu- 
rels (clapotcr. croquer, humer, claque, crac, craquer, eric, 
tic, toper, pouffer, bruissement, cliquetis, fanfare), le lan- 
gage des enfants (maman, papa, fanjfari), et quelques 
interjections (bah-ebahir, hu-hucr). 

Brelteur, Brocard, Bartone, Cachemire, Calepin, Calicot, Canari, 
Cantaloup, Cannibale, Carlin, Carmagnole, Carme, Casimir. Cau- 
chois, C6ladon. Chinr, Cognac, Cordonnier, Cravate, Curacao, 
Dahlia. Damasser, Damasquiner, Dtdale, Dinde .tchalotte, Epa- 
gneul, Esctove , Escobard, Espiigle, Faience, Fiacre, Flandrin , Florin, 
Fontange, Franc, Frise (cheval de), Futaine, Galetas, Galvanitme, 
Gavote, Gttet, Gaze, Gothique, Guillotine, Guinte, Greve, Guttle- 
met, Herme'tiquement, Hermine, Hongre, Inde, Jarnac, Jaquette, 
Laconique, Louis, Lambiner, Jerimiade, Macadam, Madras, Merin- 
gue, Magnolier, Mansard e, Marionnette, Marotte, Maroauin, Maro- 
tique, Martinet, Mercuriale, Mousseline, Nankin, Nicotine, Pierrot, 
Patelinage, Perse, Persienne, Phae'ton, Pistolet, Praline, Quinquet, 
Renard, Ripaille, Robinet, Ronennerie. Roquet, Salsepar exile ? Serin, 
Santonnet, Sardonique, Sarrasin, Seide, Serin, Silhouette, Sxmonie, 
Strass, Tartufe, Truie, Tournois, Turlupinade, Vaudeville, Vanda- 
lisme. 



-1 



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lxvi INTRODUCTION. 



CHAPITRE III. 

MOTS D'ORIGINE INCONNUE. 



Nous avons dforit toutes les provinces de ce vaste do- 
main e qu'on nomme la langue franchise, toutes les pro- 
vinces conquises , du moins , car ii en est d'autres que les 
philologues n'ont encore ni reconnues, ni explores; nous 
ne devons point oubher d'en tracer soigneusement les li- 
ra ites, dans cette carte linguistique du francais; la d^mar- 
catiou du connu et de Finconnu, n'est &xie que si Ton re- 
lfeve le plan des regions acquises , et que Ton circonscrive 
nettement leurs frontiferes. 

Ge domaineinconnu ne renferme, comme ilestnaturel, que 
des mots d'origine populaire (a peu d'exceptions prfcs), et 
nous pr£sente une reunion de plus de six cents mots dont 
l'ongine nous eohappe. II serai t inexact de dire que l'ety- 
mologie de tons ces mots nous soit inconnue; il en est bien 
peu sur lesquels le philologue ne puisse presenter plusieurs 
conjectures egalement plausibles; il est certain aussi qu'un 
jour viendra oil la science , armee d'instruments plus puis- 
sants et de methodes plus parfaites, resoudra tous ces pro- 
blames * : mais, dans t'&at actuel de nos connaissances phi- 
lologiques, toutes ces hypotheses ne peuvent pas plus etre 
verifies que r£futees, et nous les passons sous silence, con- 
sid^rant comme inconnus tous les mots sur lesquels la phi- 

1. On peat difficilement pre" voir en qaoi se resoudront ces 650 mots 
inconnus; ane part notable d'entr'enx est formee. sans doute, de mots 
alteres du latin et des idiomes germaniques, et dans lesquels Taction 
d'une corruption trop grande nous a masque leur ongine. Le reste, et 
ce sera ans doute la moindre part, reviendra aux idiomes indigenes 
(celtique, basque, etc.), partes sur le sol gaulois au moment de la con- 
qudte romaine 



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LIVRE II. lxvii 



lologie n'est point arrivee a conclure. D'ailleurs reproduire 
des discussions qui n'aboutissent k aucune conclusion, se- 
rait aller contre le but que nous voulons atteindre; pour 
Fenseignement, le doute est pire que l'ignorance, et la 
science ne porte 
si la distinction 
fa^on nette et absolue. 

Les mots francais, dont l'origine est inconnue sont an 
nombre de 650 environ ' : 



ne porte tous ses fruits dans les jeunes esprits que 
stinction du connu et de l'inconnu est Itablie d'une 



Abri, accoutrer, aigrefin-, aise ajonc, aloy&u, amatgame, 
amphigouri, andouiller, antilope, antimoine, ardillon, 
ardoise, argot, armet, atteler, attifer, aube, aumusse, au- 
vent 

Babvne, babouin, bdche, badigeon, baguenauder, balafre, 
balise, baliverne, balle, bancal, bancroclie, barat, baralte, 
border, barguigner, baril, baron, basane, bascule, bdtir, 
baudet, baudruche, bauge, bedaine, bbgue, belilre, bercer, 
berge, bemer, besogne, besoin, Mche, bidon, bielle, biffer, 
bigarrer, bigle, bigot, bilboquet, bijou, billeveste, billon, 
bimbelot, biqae, bis, bise, biseau, bisquer, bistouri, bistre, 
blaser, Mason, Mime, Mette, blond, Mottir, blouse, Mouse, 
Muter, bob&che, bobine, bombance, bombe, borgne, borne, 
bosse, box, botte, boue, bouder, boudin, boue, bouffer, bou- 
gon, bourbe, bourdon, bourreau, bousculer, bouse, boa- 
langer, braire, brarder, branche, brands, braquemart, 
braquer f bredouiller, brehaigne, breloque, bretaudtr, bre- 
telle, bribe, bricole, brimborion, brin, brioche, brique, brise, 
broc, brocanter, bfou, brouir, bruine, bruire, buffet, bu- 
rette, butor. 

Cabaret, cabas, cafard, cagot, cahoter, caieu, caillou, 
cale, calembour, califourchon, calotte, camaieu, camard, 
camion, camouflet, cantine, canton, cant, caramboler, cas- 
tis, cassonade, catimini, caviar, chafouin, chalet, chalit, 



1. En prenant pour base lexicographique le Victionnaire de VAca- 
d&tnie; — le nombre de ces mots inconnus est bien plus considerable, 
ai Ton veut embrasser i'ensemMe de la langue. 



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Lxvni INTRODUCTION. 



chamailler, chambrank, chanfrein, charade, charangon, 
charivari, chassis, chaton, chausse-trape, chiffe, dichique- 
ter, choyer, ciron, ciseau, riviere, claquemurer, cocasse, 
coche (entaille), cochevis, cohue, colific/iet, complot, con- 
cierge, copeau, coquelicot, coqueluche, coquin, corme, 
cosse (foosser), coterie, cotir, cotret, courge, crecelle, cripe 
(gateau), cretonne, creuset, crotte. 

Dague, dalle y debaucher, decanter, decruer, degingandt, 
degringole, delabrer, divelopper, diner, disette, dodu, don- 
jon, doucine, dorloter, douve, drap, dupe. 

fiblouir, ebouriffer, icarquilkr, echouer, iclabousser, 
tclanche, ecran, icrouer, ecrouir, egrillard, embaucher, 
tmoustiller, empeigne, end&ver, engouer, enlizer, enticher, 
tpanouir, ipargner, eparpiller, tparvin, epater, esca- 
moter, ergot, estaminet, etancher, ttangon, ttioler, etiquette, 
tvanouir. 

Fagot, falbala, falot, falun, fardeau, farfadei, felon, 
feuillette, fttou, flagorner, flanelle, fldner, flatter, foulard, 
fredaine, frelon, freluquet, fretin, fricasser, fricot, friche, 
frime, fringale, fringant, fripe, friser, frise. 

Gabarre, gadoue, gaillard, galantine, gale, galet, galetas, 
galimatias, galvauder, ganse, gargon, gargote, gargouille, 
gargousse, gaudriole, gauchir, gibet, gibier, gibouke, gifle, 
gigot, givre, glaire, se goberger, godailkr, godelureau, 
gbgo, goinfre, gonelle, goret, gosier, goujat, gourmand, 
gourme, gourmet, gourmer, gourmette, grabuge, graillon, 
gravier f gredin, grele, gribouiller, gngnoter, grimoire, 
gringakt, grive, gruger, guenille, guenon, gueridon, guetre, 
guUleret, guimbarde, guinguette, guirlande, guisarme. 

Hagard, halbr.an, hangar, harasser, harceler, hardes. 
haricot, haridelk, heurter, fwrion, houille, houppelande] 
houspiller, hucher, huer, hure. 

Jach&re, jalon, jargon, jmger, javart, javelot, jucher. 

Laie, laiton, lambeau, tamper, landier, liais, lege, lau- 
danum, liard, lice, lie, Ungot, lopin, toque, loupe, lubie, 
luron, lutin, luzeme, losanpe. 

Mdche, machicoulis, machwri, macquer, magnanerie, 
magot, mammouth, manigance, manivelle, maquereau, 



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LIVRE II. kxix 



maraud, marc, marcassin, mare, marais, marmot, mar- 
mouset, martinet, matelot, rnatois, matou, mauvais, mau- 
vis, megissier, meUze, marelle, meringue, merisier, mer- 
lan, miche, mihvre, mijoter, mijaurie, mince, mine, mir- 
liton, mitaine, mitraille, moquette, moellon, maignon, mo- 
quer, morgue, morion, mortaise, morue, morve, motte, 
mouron, mufle, muser. 

Nabot, nigaud, nipper. 

Omelette, orseille, ouate, outU. 

PacotMe* paletot, pantois, pantoufle, paquet, patois, pa- 
traque, patte, p&le-m&le, pipin, percale, percer, petit, pic 
piece, pieu, pietre, s'empiffrer, pile (ou face), pilori, pUo- 
tis, pimpant, pingre, piocher, pirouette, piton, pivot, plat, 
pleige, poche, pompe, pompon, poteU, potence, potiron, 
preux, punaise. 

Quinaud, quincaille, quintal, quinte (de toux). 

Rabdcher, rable, robot, rabougrir, rabrouer, racaille, 
racher; rafale, rafter, rainure, ratatiner, ravage, ravau- 
der, raz, rechigner, renfrogner, reinette, renifler, requin, 
rive, ricaner, ricocher, ris, rissoler, ronfler, rosser, ru- 
ban. 

Sabot, sabord, salmis, sarrau, sebile, semelle, semillant, 
serpillUre, sobriquet, soin, sommer, souder,soubrette, sou- 
che, soupape, sot, souquenille, sournois, sparadrap, suze- 
rain. 

Tache, taille, taloche, tan, tangage, taper, tapir, taqui- 
ner, tarabuster, tarauder, tartan, tarte, taux, tintamarre, 
tomber, toupie, trancher, transe, trapu, tribucker, trimu, 
tricher, tricoter, trimbaler, trimer, tringle, tripot, tripoler, 
trique, trogne, trognon, trompe, trotter, troquer, truffe, 
trumeau. 

Usine. 

Varlope, vasistas, vttille, vigie, vignoble, virer. 



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lxx INTRODUCTION. 



CHAPITRE IV. 

CONCLUSION. STATISTIQUE DE LA LANGUE 
FRANgAISE. 



II ne sera peut-fctre pas inutile de resumer en quelques 
cbifl'res les r&ultats que nous venons d exposer; bien que 
la statistique ne soit point de mise ici, et sans vouloir suivre 
leprecepte de Malherbe, qui trouvait fort Elegant de « nom- 
brer necessairement , » nous appliquoDs cette excellente 
maxime de M Sainte-Beuve, «qu'ilfaut 9 tdt ou tard, dans 
cevaste arrieri humain, qui s'amoncelle en venir... a des 
reglements du passt, a des conceptions sommaires, fussent- 
elles un peu artiflcielles , a des rnithodes qui ressernblent a 
ces machines qui abregent et resument un travail de plus en 
plus interminable et injini *. » — II ne convient done 

Soint de serrer ces chiffres de trop prfcs ; ils expriment 
'une manifere approximative le rapport et la proportion 
des divers elements dont la combinaison a forme la Ian- 
gue fran$aise. 



STATISTIQUE DU FRAN£AIS MODERNE! 

I. Mots d'origine inconnue 650 mot 

II. Mots d'origine popdlairr (4260) : 

a). Element latin (mots primitifs) 3800 

b), Element germanique 420 

c). Element grec 20 

d). Element celtique ; 20 

1. Sainte-Beuve, Nouveaux lundis, VIII, p. 44. 



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LIVRE II. lxzi 



III. Hots d'origine £trang£rb (917) : 






Mots xtaliens 450 

provmganx 50 

espagnols , 100 

atlemands 60 

ej. anglais 100 

/). slaves (16), semitiques (110), orien- 

taux (16), amerteains (20) 162 



IV. Hots D'oaienra hktobiqob (115), onomatopSes (40). • 145 

Total : 5977 mots. 

Si du Dictionnaire de PAcademie frangaise qui cootient 
27 000 mots environ, on soustrait les 5977 que nous venons 
de citer, il reste une couche de 21 000 mots crees, soit par 
le people en developpant ces primitifs par la composition 
et fa derivation, — soit par les savants, en empruntant di- 
rectement une foule de mots au grec et au latin. Voir au&si 
a I'Appendice de ce livre. 



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Lxxii INTRODUCTION. 



LIVRE III 



PHONETIQUE OU £TUDE DES SONS 



J'ai defini la phonetique an commencement de ce ti 
et montre toute Futility que Tetymologie retire de 



i travail 
cette 
etude : « Guidee par ces lois fixes de transformation des sons 
d'une langue mere dans une langue derivee , Tetymologie 
:a est plus obligee de se confier a des analogies trompeuses 
Je son ou de signification 1 ; » elle determine le plus souvent 
a l'avance la forme que tel mot latin a du adopter en fran- 
cais. 

La veritable place de la phonttique est dans la grammaire 
dont elle est partie integrante, et j'ai d^crit la phone- 
tique fran$aise dans ma Grammaire historique.. Jaurais 
pu me borner a renvoyer le lecteur a ce livre , mais expo- 
sant pour la premiere Ibis a un public frangais la demons- 
tration de chaque &yinologie , j ai voulu crue le lecteur eut 
toujours sous les yeux les moyens de verification et de con- 
trdle , et Tensemble des transformations du latin en fran- 
$ais *. Mais en meme temps on ne perdra pas de vue que 

1. M. Breal. 

2. Ces deux phonetiques ne se ressemblent point. Je m'etais borne 
dans ma grammaire a exposer les lois principals accompagnles d'un 
petit nomore d'exemples; ici, au contraire, j'ai presente, non-seule* 
ment la liste des faits qui confirment les grandes lois, mais la plupart 
des regies secondares et des exceptions. Je ne me fais point illu- 
sion sur l'imperfection d'un pareil travail; la phonetique francaise 
presente bien des lacunes et des obscurites que la science fera dispa- 
raltre; je desire seulement que ce modeste essai d'une Phonetique 



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LIVRE III. Lxxm 



«les lois phonetiques, commeles lois naturelles, n'ont 

r\ la valeur absolue des lois matbematiques. Suivant 
juste remarque de M. Benfey, elles n'expriment que 
des tendances developpees du langage 1 , auxquelles d'au- 
tres tendances s'opposent ou se substituent souvent. Elles 
sont done sujettes a des exceptions que nous noterons 
ici. De m&me , en histoire naturelle, la seule classification 
qui soit fondle sur la nature des choses, autant que la con- 
naissance humaine peut l'atteindre, manque de rigueur 
absolue et echappe toujours par quelque point k ses pro- 
pres principes. Degager les generalites et les tendances 
normales des faits 9 sans meconnaltre les tendances secon- 
dares, et m€me au besoin les exceptions uniques, telle est 
la tache modeste, mais sure a laquelle une science sensee 
doit se borner, en evitant les deux exces contraires del'es- 

§rit de systeme qui ne tient pas compte des differences et 
e l'esprit etroit qui meconnait les analogies, lorsqu* elles 
ne vont pas jusqu'a Tidentite *• » 



de notre langue, prepare la voie et facilite ^exploration & ceux qui 
viendront apres nous. 

1. « Entwickelte Neigungen. » Orient und Occident, I, 236. 

2. F. Baudry, Grammaire comparte, p. 3. 



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unv INTRODUCTION. 



PARTIE I 

PRINCIPES QUI PRESIDENT 
AUX PERMUTATIONS. 



Le changement des lettres latines en lettres fran$aises 
s'appuie sur deux principes qu'on peut designer (pour em- 
ployer les formules de lnistoire naturelle) par les noms do 
principe de la moindre action, et de principe de transition. 

I. Principe de la moindre Action *. — G'est le propre 
de tout acte humain, de tendre k s'exercer avec la moindre 
action, c'est-a-dire avec le moins d'effort possible. Le lan- 
gage n'echappe point a cette loi, et ses transformations 
successives n'ont point d'autre cause que le besoin de di- 
minuer Teffort, ni d'autre but, que celui d'arriver a une 

EroDonciation plus ais^e. G'est la que se trouve la verita- 
le cause de ces cbangements des langues, en mgme temps 
que dans la structure de Tappareil vocal. 

Ge besoin d'une plus grancfe commodite dans la pronon- 
ciation se manifesto dans Phistoire de notre langue, par un 
affaiblissement general des lettres latines : ainsile c et le J 
(que les Romains pronongaient durs, devant e et i 1 , disanl 
fekerunt, kivitatem, guemelius, guibba, pour fecerunt, ci- 

1. Dans son eicellente Grammaire compare du Sanscrit, du or* 
tt du latin, M. Baudry a montr6 Finfluence de ces deux principes sui 
la formation des langues anciennes. J'espere montrer qu'iU trouvent 
aussi ieur confirmation dans Thistoirede notre langue. 

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LIVRE IIL ixxy 



vitatem, gemellus, gibba), se sont adoucis en fran^ais, le c 
dur en $> le g dur en j 9 et nous disons ctder, gibier, que 
les Latins auraient prononces ktder, guibier. De m£me p 
latin s'adoucit en v ; ripa , rapa, lupa, crepare, saponem sont 
en frangais rive, rave, tome, crever, savon : 1 affaiblisse- 
ment devient tel, en certains cas, que la lettre latine dispa- 
rait complement ; ainsi dans cruel de cru(d)elis y suer de 
m(d)are, obtir de obe(d)ire 9 oil le d medial a disparu sans 
laisser de traces. 

D'autres fois, les lettres mises en contact Aant disscm- 
blables, le frangais les assimile pour en faciliter la pronon- 
ciation ; ainsi il change dr en rr et dit arriver (aaripare) 
non aAriver, carre (quadratum) non ca&rt; suivant cette 
tendance tr s'adoucira en rr, tlmoin pourrir (putxere), 
rumrrir # (nutrire), larron (latronem), nourriture (nutrUvra). 
Ici d'ailleurs, comme dans la plupart des cas, le fran^ais 
n'a fait que suivre Texemple du latin, chez lequel cette 
tendance a Fassimilation etait dejd. trfes-developpie : les 
Romains disaient arridere pour adridere, — arrogantem 

Kmr adrogantem, — arrcmre pour adrodere, etc.... — 
e cette marche continue des langues k une pronon- 
ciation plus aisee, on conclut imm^diatement qu'il est 
des echelles de sons que les langues descendent, mais 
qu'elles ne reraontent jamais; ainsi tr s'adoucira en rr; et 
jamais rr ne se durcira>en tr; htfronem et nutrire descen- 
dant k larron et hnourrir; mais parricidium ne pourra 
jamais remonter en fran^ais k patricide; il n'a que l'al- 
ternative de restertel qu'il est (parricide), ou de descendre 
encore d'un degre*, en simplifiant rr en r. 

Un autre phenomene, correlatif de cette assimilation 
des lettres, et qui lui aussi a pour cause le besoin de com- 
modity dane la prononciation, — consiste & se'parer ou k 
differencier les lettres semblables, pour en faciliter remis- 
sion. Si un mot latin renferme deux r, cribrum par exem- 
ple, le frangais adoucira Tun d'eux en /, et dira crible : c'est 
ainsi qu'il change le latin parafredus en palefroi, non en 

1. Voir le Dictionnaire gtymologique au mot agencer. 

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lxxvi INTRODUCTION. 



parefroi; — peregrinus en pelerin, non pirerin. De m&ne 
s'il y a deux {, le fran$ais changera Tun d'eux en r; da la- 
tin lusciniola, il ne gardera pas lossignol, mais rossignol; 
ce proced£ qui consiste a rendre differentes deux lettres 
qui &aient primitivement identiques, a re$u le nom de dis- 
similation. D'ailleurs ce balancement des lettres, et cette 
recherche de Tequilibre vocal, n'&aient point inconnus aux 
Latins qui disaient rura/is, mura/w, material pour eviter 
le chbc des deux r (au lieu de ruraris, muraris, materia- 
ris)> — et epularis , stellam (au lieu de epvlalis , stel- 
lalis 1 ). 

A cdt6 de la dissimilation qui a pour but d'eviter la r£- 
p&ition desagreable d'une meme lettre, il faut signaler un 
autre proc^de, la metathese (du grec fxeTaOecn?, transposi- 
tion), qui consiste a transposer, a deplacer une cdhsonne, 
pour faciliter la prononciation : formaticum, berbecem (Pe- 
trone), turbare, paupertatem avaient donne a l'origine de 
notre langue formage, berbis, tourver, pauverti que nous 
trouvons dans les plus anciens textes frangais; puis ces 
mots ont a leur tour subi le deplacement de IV qui au lieu 
de suivre la voyelle, Ta precedee, et a cree les formes mo- 
dernes fromage, brebis, trouver, pauvreti. 

II. Principe de Transition. — Le principe de la mom- 
dre action nous a fait toucher du doigtla cause des trans- 
formations du langage et des permutations des lettres ; le 
principe de transition nous apprendra les conditions de ces 
changements et leur marche. « II consiste en ce que la per- 
mutation ne marche que pas a pas et ne fait jamais qu'un 
pas a la fois. Un lettre ne change pas d'un seul coup d'or- 
dre, de degre, de famille; elle ne peut r&liser en une fois 
qu'un seul de ces changements 2 . » Ainsi pour reprendre' 

1. En un mot, les suffixes arts, alis f etant identiques d'origine et 
de sens, les Romains employaient de preference arts, quand il y avail 
deja un I dans le mot (stellam de Stella), et alis quand le mot con- 
tenait un r (ruralis de mm). Voy. Baudry, Grammaxr* comparts 
du Sanscrit, du grec et du latin, p. 101. 

2. F. Baudry, Grammairs comparts du Sanscrit, du grec et du latin, 
V. 83. 

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LIVRE III. Lxxvn 



I'exemple de putrere que nous citions plus haut, le latin 
cJassique putrere n'est point venu brusquement au frangais 
moderne pourrir; il a traverse* le latin merovingien par les 
formes putrire, pudrire, et le vieux frangais par les tonnes 
successives podrir, porrir, pourrir: le tr n'est arrive* a Yrr 
frangais qu'en passant par l'intermediaire dr ; cette histoire 
de chaque lettre, notre Dictionnaire la pr&entera, dans la 
mesure ou il est possible de l'£crire, en reliant le latin au 
frangais par les anneaux interm&iiaires du bas latin et da 
vieux £ran$ais. 



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lxxviii INTRODUCTION. 



PARTIE II 

6tude des voyelles latines. 

Si Ton compare le mot k un organisme vivant, on pent 
dire que les consonnes en sont le squelette, et qu'elles ne 
peuvent se mouvoir qu'a l'aide des voyelles, qui sont pour 
ainsi parler, les muscles qui les relient entre elles. Aussi 
les voyelles sont-elles la partie mobile et fugitive du mot, 
tandis que les consonnes en Torment essentiellement la par- 
tie stable et resistante. On comprend des lors que la per- 
mutation des voyelles soit soumise k des regies moins fixes 
que celles des consonnes, et qu'elles passent plus facile- 
ment de Tune k l'autre. 

Les voyelles latines doivent etre etudie"es au double 
point de vue de leur longueur et de leur elevation : 

1° de leur longueur; elles peuvent fctre breves comme e 
dans ferum, longues par nature comme e dans avena, lon~ 
gues par position 1 comme e dans ferrum. — Cette distinc- 
tion qui peut sembler minutieuse, est loin d'etre indiffe- 
rent e, car suivant ces trois quantity, la voyelle latine e se 
transforme en francais de trois manieres distinctes ; la 
breve donne ie (ferus devient /ier), la loDgue oi (avena de- 
vient avoine), la voyelle de position e (ferrum reste for). 

2° de leur iUvation. Dans tout mot deplusieurs syllabes, 
il y en a toujours une sur laquelle on appuie plus forte- 

1. La prosodie latine appelle de ce nom les voyelles suivies de deux 
consonnes, longues par leur position, non par leur nature. 



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LIVRE III. lxxix 



ment que sur les autres. On nomme accent tonique, ou 
simplement accent cette Ovation de la voix, qui dans un 
mot se kit sur une des syllabes aux d£pens des autres : 
ainsi dans raison Taccent tonique est sur la derniere syl- 
labe : dans raisonndble, il est sur Tavant-derni&re. On ap- 
pelle done syllabe accentuie ou tonique celle sur laquelle 
on appuie plus fortement que sur les autres : celles-ci sont 
inaccentu£es(ou comme disent les Allemands, sont atones 1 ). 




[ occupe jamais que 
deux places : la derni&re syllabe quand la terminaison est 
masculine 1 (chanteur, aimer , finir, recevrd), Tavant-der- 
nifere quand la terminaison est feminine (rdide, pdrche, 
voyage). — En latin Taccent tonique n'occupe aussi que 
deux places; il est sur Tavant-dernifcre (ou pSnultifrme), 
quand elle est longue (cant&rem, amdre, finite) et quand 
ravant-derniere est brfcve, il est sur rantepenultieme (r£- 
gtdus 9 p&rtmLS 9 vidtzcum). 

Nous venons de voir combien il 6tait important , pour 
les origines du frangais, de distinguer la quantity des 
voyelles latines. U est plus important encore ae distinguer 
leur accentuation ; la voyelle tonique et les voyelles atones 
ne se comportant point de meme en fran^ais. Voici, k cet 
egard, les cinq regies decouvertes par la phon&ique, lois 
fondamentales de la transformation du latin en fran$ais, et 
de la constitution du mot fran$ais. 

I. L'ACCENT LATIN PERSISTS TOUJOURS EN FRANKS, 

e'est-a-dire que Taccent tonique reste en fran$ais sur la 
syllabe qu'il occupait en latin, que cette syllabe fut Tavant- 
dernifere comme dans amdre (aimir), t&mplum (temple), — 



1. En resume, dans tout mot, il y a une syllabe accentuee, et il n*y 
en a qu'une; les autres sont inaccentu6es 011 atones: dans formule. la 
tonique est u; et e sont atones; de meme en latin dans cantorem, 
est tonique; a et e sont atones. 

2. (Test-a-dire quand le mot n'est pas termin6 par un e muet; la 
terminaison est dite feminine quand la derniere lettre est un e muet. 



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lxxx INTRODUCTION. 



ou Fant^penultieme, comme dans ordculum (oracle), spec- 
tdculum (spectacle), articulus (article), durdbilis (durible). 
— On voit ainsi comment la syllabe accentu^e en latin est 
aussi la syllabe accentude en francais 1 ; pour etudier ce que 
deviennent les autres syllabes qui sont necessairement 
toutes inaccentuees (ou atones), ll convient de distinguer 
les atones qui suivent la tonique (e dans cantdrem), de 
celles qui la precedent (a dans cantdrem). — Etudions celles 
qui la suivent : elles ne peuvent occuper que deux places, 
la derniere toujours, et ravant-derniere quand elle est 
breve : 

II. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE, OCCUPANT LA DER- 
NIERE PLACE DU MOT , DISPARA1T EN FRANQAIS : mare 

<■ (mer), amare (aimer), porous (pore) morta/is (mortel), — 
ou, ce qui revient au meme, s'assourdit en e muet : firmti* 
(ferme), teinplum (temple). 

III. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE, OCCUPANT l'aVANT- 
DERNI&RE PLACE DU MOT DISPARA1T EN FRANQAIS. Dans les 

mots accentue's sur l'ante'pe'nultieme (ordculum, tabula, fd- 
bula, articulus, durability, ravant-derniere voyelle est ne- 
cessairement breve en latin : absorbee par la tonique qui la 
precedait, cette voyelle se pronon$ait a peine et si les Ro- 
mains des bautes classes la laisaient sentir en parlant, il 
est certain que le peuple supprimait ces inflexions dedica- 
tes. Dans tous les debris qui nous restent du latin popu- 
late, (Graffiti de Pompei, inscriptions, epitaphes, etc.), 
la pinultieme breve a disparu : au lieu de comp(ti)tum t 
ordc(u)lum 9 tdb(ti)la, pds(t)tus, mob($)lis, vinc(e)re, suspen- 
d(e)re, etc.... le latin populaire disait comptum, oraclum, 
tabla, postus, moblis, vincre, suspendre, etc.... '; et quand 
cette langue vulgaire devmt le francais, les mots ainsi con- 

1. Je ne parte point ici des mots d'origine savante (Voyez p. xuv). 
toutes ces regies n'ayant en vue que les mots d'origine populaire. 

2. Deja la penultieme breve disparaissait en plus d'un cas dans le 
latin classique, tSmoia les formes saielum, poclum, vinclum, pour 
poculum, sacculum, vinculum. 



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LIVRE III. lxxxi 



traces devinrent a leur tour compte, oracle, table, poste, 
meuble, yaincre, suspendre, etc.... — D'ailleurs, par sa 
constitution meme, qui Pempeche de reculer l'accent toni- 
que plus loin que l'avant-dernidre, le fran^ais etait ford, 
pour conserver a l'accent latin, sa place dans les mots tels 
que ordc{u)lum^ tab(u)la, fdb(ii)la, de supprimer Yu bref 
qui occupe l'avant-deroifcre place et de dire wdclc, table, 
fable 1 . — Nous avons £tudie les deux classes d 'atones oui 
suivent la tonique; reste a chercher d'apres quelle loi les 
atones qui precedent la tonique, passent en iran^ais : les 
atones qui precedent la tonique peuvent fctre reparties en 
deux classes : atones precedant immediatement la tonique 

1 comme o dans derogdre), — atones pr£c6dant mtdiatement 
a tonique (comme e dans derogdre • ) 

TV. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE PRScSdANT IMMEDIA- 
TEMENT LA TONIQUE, DISPARAlT TOUJOURS QUAND ELLE EST 
BRfeVE, ET PERSISTE QUAND ELLE EST LONGUE 1 . Elle dispa- 

ralt si elle est breve : san(i)ldtem, bon(t)tatem, pos(i)tura 
deviennent santi, bonte, posture 2 . Elle persiste toujours si 
elle est longue : ccein(e)ttrium reste cim(e)titore et orn(a)meii* 
turn, orn(e)ment. 

V. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE PRforiDANT M^DIATE- 
MENT LA TONIQUE PERSISTE TOUJOURS EN FRANQAIS. Toute 

voyelle latine qui pr^cfcde m^diatement la tonique, c'est- 
a-dire, qui en est s4par£e par une autre voyelle, comme o 
dans positura, persiste invariable raent en fran$ais : posi- 
tura reste posture; sanitatem reste santi; vcslimentum, 
vdtement. (Voy. aussi le Dictionnaire aux mots Bl&, Briller.) 
A laide de Faccent latin, et de la quantite prosodique, 
nous avons determine les cinq lois suivant lesquelles, les 
voyelles latines tombent ou persistent en passant en fran- 

1. Pour les eiemples, voir le present Dictionnaire aux mots able, 
ancre, asperge, affable. 

2. Pour les exemples, voyez le present Dictionnaire aux mots 
accointer, aider. — J'ai expose en detail ces deux lois dans le Jahr- 
buch fwr Romanische Litteratur (Leipzig, 1867). 



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Lxxxn INTRODUCTION. 



$ais. Reprenons a son tour ce dernier cas, et voyons si le 
)e fran$ais a garde intactes les voyelles qu'il a reguesdu la- 
tin on s'il les a alt&ees, et suivant quelles regies. Gette 
etude des voyelles latines dans leur nature, doit observer 
successivement les voyelles latines simples (a, e, t, o, u), 
et les diphtboneues {JE y QE, Au, Eu), en divisant chacune 
d'elles en voyelles accentu£es, et voyelles non accentuies 
on atones. 



CHAPITRE I. 

VOYELLES ACCENTD^ES. 



G'est le principe fondamental de notre langue, comme 
on. Fa vu plus haut (p. lxxx), que les yoyelles latines ao 
centu£es persistent toujours en fran$ais. — Quant aux 
transformations qu'elles subissent, on peut les ramener a 
trois lois tres-r£gulidrement observes. 

1° Les voyelles brfeves se diphthonguent toujours en 
passant au fran$ais : a devient ai (manus==main), — e 
devient ie (peJern — pied), — i devient oi (pslus = poil), — 
6 devient eu (novus= neui) 9 — u devient ou (lupus = loup). 

2° Les voyelles longues par position restent ordinaire- 
ment intactes : a, e, o latins, etc.... restent a, e, o en 
fran$ais : arbor devient arbre, — septem devient sept, — 
corpus devient corps. 

3° Les voyelles longues par nature se modifient en des- 
cendant l'&helle vocale a> £, i, o, u. On sait que ces cinq 
voyelles (dont la premi&re, A, part de la base du larynx, 
tandis que laderni&re, U, expire sur les l&vres), forment une 
gamme vocale, que les langues descendant et qu'elles ne 
remontent jamais : E latin accentu6 peut devemr o ou u 
en fran$ais, il ne deviendra jamais a, pas plus qu'un fleuve 
ne peut remonter vers sa source, — l'ordre des voyelles 
6tant indique par la nature elle-mfeme. 



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L1VRE III. lxxxhi 



£tadions maintenant chacune de ces transformations 
dans le detail. Pour les exemples qui d£montrent chaqne 
rfcgle, nous renvoyons a un mot du Dictionnaire oil cette 
regie est exposle ; nous nous bornons ici a mentionner 
chaque loi 1 . 



1° En position, a latin persiste toujour*, arbor reste 
arbre*. 

2° a et a latins qui sont trails de mime en fran^ais, 
deviennent ai devant les liquides I, m, n quand ces con- 
sonnes sont suivies d'une voyelle. (Pour les exemples, voy. 
an mot aigle.) Ce son ai correspond a e et se retrouve 
sous cette forme, dans le suffixe ten (voy. ancim)i qui est 
pour iain y par une Wgfere alteration. 

3° a et a peuvent encore devenir ai par 1'attraction do 
1% dans les mots accentu^s sur rant^penulttemo, quand 
cet i est par consequent pfoultifcme (voy. dnier.) 

4° a, a deviennent e devant les autres consonnes simples 
(voy. acheter) : ils deviennent e ouvert devant une con* 
sonne suivie de la demi-voyelle r (6r, tr, dr y pr)% aincd : 
frgre de fratrem. (Pour les exemples, voy. au mot achetor)i 
— ils deviennent e ferm£ devant les consonnes muettos 
(voy. abbiY et devant les finales (voy. acheter.) 

5° 6. a sont devenus ie dans ouelques mots tels quo 
chien (canis), grief (gravis), pitie (pietotem), tarftre (tan- 
trum) : mais a n'est alle a ie qu'en passant par e, puis en 
s'ltayant d'un I qui a causi la dipthongue*. 

1 . Dans un pareil travail les fautes (^impression ne peuvent man- 
quer d'etre nombreuses; nous aurons peut-6tre droit a Indulgence 
du lecteur, en rappelant qtfe ce livre ne contient pas moins de 
13 000 exemples de permutations, et que les renvois aux regies pour 
les permutations dans chaque mot s'61event a plus de 25000. 

2. Dans quelques cas tres-rares, il devient e (voy. sous acheter), 
ou ai (voy. aigle). 

3. R dans ce cas ne fait jamais position par rapport a la qualite de 
la voyelle precedents 

4. d devient t dans cerise (cerosus); o dans taon (tabanus), fiole 
(phiala). 



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jxxxtv INTRODUCTION. 



P 1 



E 

i°£ persiste (cruel = crudelis), devient ei devant n, m 
(voy. frein) ; devient oi (voy. accroire) y qui se d£veloppe 
post^rieurement en ai (voy. accroire) ; devient i (voy. 
accomplir), changement qui avait d£ja lieu ant£rieurement 
au frangais ; on trouve dans les textes m^rovingiens ecclt- 
sia pour ecclesia, mercidem pour mercedem, possedire 
pour possedere, permanire pour permanere 1 . 

2° e devient ordinairement ie devant une consonne sim- 
ile (voy. arriere)) ou persiste mais rarement, comme dans 
idve de levo *. 

3° e en position latine (c'est-h-dire quand il se trouve 
d£j& en* latin suivi de deux consonnes), reste intact, t£moin 
sept de septem, terre de terra. — Quand e est en position 
franfaise (c'est-Jl-dire que e est suivi en fran$ais de deux 
consonnes i*approch£es par la chute d'une voyelle qui les 
sSparait en latin, comme clerc de cler'cus pourder-i-ct/s), 
il persiste, tSmoin dette de deb'ta, clerc de cler'cus, mais e 
dans ce dernier cas devient ie (voy. arrttre), sauf cependant 
dans quelques mots ou il persiste, tels que gendre (gen'r), 
merle (mer'la), genre (gen'ris), poterne (poter'la), tendre 
(ten'r). 



1° « persiste toujours t£moin : ami de amfcus, nid de 
nfdus, epine de spfna, sauf dans quelques cas tres-rares 
cu il devient oi (voy. poire*). 

2° i devient ordinairement oi (voy. boire), apr&s avoir 
traverse Pinterm&liaire ei 4 . 

3* i en position devient ordinairement e (voy. admettre) 

1. 9 donne a dans rame; cet exemple unique est contre toutes les 
regies. 

2. Quelquefois en * (voy. accomptir). 

3. 11 est e dans car£ne (carina), o dans ordonne (ordtno). 

. 4. ¥ reste quelquefois ei devant les nasales (voy. ceinture); il reste $ 
dans mine (mlno), i dans lie (ftgo). ph'e (plfco) 



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LIVRE III. lxxxv 



Gette permutation n'est point le fait da fran^ais et remonte a 
la langue latin e. (Voy. pour les details Particle admettre.) 

Get i devenu e en rran$ais, donne ne'cessairement en 
devant ng, nd, tie, gn 9 qui fautivement est souvent tran- 
scrit par an dans le fran$ais moderns (voy. atmande, an- 
douille), ou par tin (voy. ceinture) ; — e est souvent aussi 
transcrit en ai comme dans datgne (dtgno). 

I en position devient aussi oi (voy. boire) par Tinterme*- 
diaire de ei; est oi k son tour se developpe souvent en ai 
dans le fran$ais moderne : ainsi £pais, est vena de spissus 
par rinterm6diaire de l'ancien frangais espois, qui s'est 
transforme poste'rieurement en espais, comme Francois en 
Francis. 

o 

1° 6 se maintient rarement (non de non, pomme de 
pomum, couronne de corona), et seulement comme on 
vient de le voir devant m, n; mais la forme la plus habi- 
tuelle de transformation de 6 latin est ou (voy. affbuage), 
— et eu (voy. accvsUlir) qui se reduit tres-rarement a u 
(voy. curve 1 ). 

2° <5> devient ordinairement eu (ou cew, ue qui en sont les 
variantes. Voy. accueillir) ; il reste quelquefois o devant 
n> m, l 9 turnout e*cole (schola*). 

3° o en position persiste toujours ; temoin corps de cor- 
pus, fort de fortis, mort de mortem*. 

u 

1° u persiste en fran$ais, temoin nu de mZdus, nmr de 
nmrus, lwne de ltma, etc. ... 

1. 6 est oi dans un petit nombre de mots (voy. chanoine), ou ui qui 
est pour oi dans trine (troja). 

2. o est aussi ui par attraction (voy. cuider), et quand il est ou 
e'est toujours par la chute de la consonne mediane, comme dans roue 
(rota), prouve (probo). 

3. II devient tres-rarement eu (voy. accueillir), ou (voy. affouage), 
ui (voy. cuider). — II y a un exemple unique <ie changement en a, 
lest dame de domina qui est contre toutes les regies. 



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lxxxvi INTRODUCTION. 



2° u devient presque toujours ou (voy. accouder). rare- 
mentoi (voy. angoisse), ou eu (voy. beugler). 

3° u en position reste u (juste de Justus) on devient ou 
(voy. accouder), except^ devant les nasalesou il esto (voy. 
annoncer 1 ). 

Y 

Gette lettre reste % dans coquille (conchylium); mais 
comme en r£alit£ le son de Vy correspond k celni de notre 
u fran^ais (on tronve dejk dans le latin vulgaire crupta, 
bursa pour cn/pta, byrsa), cette lettre a suivi en fran$ais 
le sort de l'u, et s'est transform^ comme lui tant&t en o, 
grotte (crypta), tant6t en ou f bourse (byrsa). 



M qu'i Forigine les Romains pronon$aient slpar&nent 
a-e, ne tarda point k se r^duire k e, et subit dfcs lors les 
mgmes variations que nous avons vu subir k cette voyelle. 
Tant6t, ae devient i, ie (voy. cirnent), — tantdt il devient 
oi comme dans foin (foenum), proie (proeda). 

CE 

CE s'etait diji riduit k e chez les Romains qui 6crivaient 
indifteremment fc&mina ou femina, — fetus ou fetus. — 
Voy. k Tarticle e. 

AU 

Nous avons donn£ dans le Dictionnaire (voy. an mot 
alouette), l'histoire des transformations de cette diphthon- 
gueque les Romains pronongaient originairement arou puis 
o. — Au latin, est en fran$ais devenu o, ou (voy. aUmette), 
et m&me»daas quelques cas oi (voy. aboyer), et eu (voy. 
queue). 

1. u est quelquefoift oi devant ng, gn (voy. angoisse), ui (voy. 
buii). 



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LIVRE HI. lixito 



EU 



Eu est devenu u dans rfatime (rheuma), ieu dans Katie 

(fetica). 



CHAPITRE II. 

VOYELLES NON ACCENTU^ES OU ATONES. 



B feut etudier slpar&nent les voyelles atones simples, — 
et les voyelles atones composes, iormant des'groupes tels 
que ia, uu 9 uo, etc.... 



Section I. — Voyelles atones simples. 

Nous avons vu (p. lxxx-lxxxi) les quatre lois de 
chute on de persistence des voyelles atones; qnand elles 
persistent en fran$ais, elles restent le plus souvent intac- 
tes, bien que fort souvent aussi elles se modifient par une 
s6rie de permutations dont voici la liste, et dans laquelle 
on n'a pu de'couvrir jnsqu'i present, aucune loi ge'ne'rale 
et dominante. 

1° A atone 1 persiste ordinairement on devient e (voy. 
acheter). Dans quelques cas tres-rares, il se transforme en 
i (voy. aimant), en o (voy. toon), en at (voy. aigle). De- 
vant les liquides, il est quelquefois u (voy. chalumeau) 

2°E atone persiste, ou devient a (voy. amender 1 ). II 
devient aussi, mais plus rarement, oi> ai (voy. accroire), 

1. Pour la distinction en tongues, breves, etc., je renvoie aux exem- 
ples du Dictionnaire. 

2. On trouve deja morcadus pour mercatus dans plusieurs chartes 
ta&OYingiennes, Bolphinus pour Ddphinus, etc. 



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Lxxxmi INTRODUCTION. 



t (voy< accomplir), ei devant n (voy. freiri), o (voy. ro- 
gnon), ie (voy. arribre), ui (voy. suifj. Devant m, il de- 
vient quelquefois u (voy. jumeau). 

3° I atone persiste on devient a (voy. balance), e (voy. 
admettre), oi (voy. tonre). — Plus rarement t devient o 
(voy. frotter) ou ai (voy. marraine), ou w (voy. affubler), 
et dans ce dernier cas par Tintermediaire de e. 

4° atone persiste ou devient le plus ordinairement ou 
(voy. affouage). II devient aussi ui (voy. cuider), oi par at- 
traction (voy. chanoine), et rarement e (voy. antienne), eu 
(voy. accueillir), a (voy. dame). 

5° U atone persiste quelquefois, mais se change presque 
toujours en o (voy. annoncer), et en ou (voy. accouder). 
Dans quelques cas tres-rares, il devient e (voy. chapekr) 9 
oi (voy. aw^oiwe). 

6° 4w atone devient ordinairement o(voy. alouette), rare- 
ment ow (voy. alouette), oi (voy. aboyer), eu (yoy. queue). 

7° # atone devient *, ie (voy. ciment) i . 

Section II. — Voyelles atones composees. 

Ge sont les groupes formes de e, i, w, avec les antres 
voyelles ea, eo 9 eu, — ia, to, iu; — tia, ue t ui } uo> uuz 
cette rencontre des deux voyelles frequents en latin (vinea, 
simius, consuere, constituo), am&ne n£cessairement un 
hiatus que le frangais tend generalement a supprimer; 
— dans le petit nombre de cas ou le fran$ais a conserve 
l'hiatus, il a intercall un h entre les deux voyelles : ainsi 
inva(d)ere, tra(A)ere, tra(d)itionem ont perdu leur d medial, 
en passant dans notre langue, et ont ctonn6 au moyen age 
enva-ir, tra-ir 9 tra-tson, dans lesouels le frangais moderne 
a intercate un h pour maintenir l'hiatus : enva-h-ir, — 
fra-h-tr, — tra-h-4son. — Cette insertion d'un k entre 



1.. Je ne donne ici pour les voyelles atones que des constatations; 
je publierai ailleurs uue 6tude speckle sur cette derivation. 



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LIVRE III. lxxxix 



deux voyelles avait d£jk lieu cbez les Romains : on trouve 
au cinquieme sidcle et an sixieme : controversihis pour 
controvershs, — Israhel pour /irae/, Danihel pour Daniel, 
etc. 1 . Mais on peut dire one la disparities de r hiatus latin 
en fran$ais (par des procures que nous allons 6tudier), est 
un des principes essentiels de la formation de notre Ian- 
gue. II convient pr6alablement de distinguer l'hiatus d'ori- 
gine latine (simitts, pluere, melius) — de l'hiatus d'origine 
frangaise (c est-k-dure cause par Ja chute de la consonne 
qui separait les deux voyelles en latin : amiable de ami- 
(c)abilisl 

§ I. HIATUS D'ORIGINE LATINE. 

Ge sont les trois groupes cit6s plus haut (ea, eo, eu, — 
ta, io> iu f — ua, ue, ui, wo, uu). Les deux premiers se ra- 
mdnent k un seul, puisque le latin ea y eo, eu devient tou- 
jours ia, to, iu avant de passer au fran$ais. (Yoy. la de- 
monstration de ce fait, dans le dictionnaire aux mots 
abreger, aieul, agencer). — D&s lors nous n'avons plus Ik 
examiner que deux groupes de voyelles composes, Tun 
avec iy Pautre avec u : 

I. /a, lo, Iu. — Ce groupe est traitg en fran$ais de six 
maniferes difterentes, suivant la nature des consonnes qui 
le precedent : 

1° Quand ce groupe est pr6c£d6 des liquides (1, m, n, r), 
il mouille les liquides I, n. Aprfcs I, ce groupe donne U 
(voy. ail); — aprfcs n, il donne gn (voy. cigogne), ou insure 
une sifflante (voy. abr&ger). Souvent aussi, il y a attraction 
de Vi vers la voyelle pr£c6dente (voy. buis) : — aprfcs M, 
t devient sifflante singe (simius) (voy. abreger). — Aprfcs 
R, dans les finales arius, aria, avium, il y a attraction de Vi 
(voy. dnier). Gependant cerius* donne cierge (voy. abriger). 

2° Quand ce groupe est precede' des sifilantes (s> t f c,) 
comme dans basiare, titionem, etc., i disparait et la con- 

1. Voy. le Dictionnaire au mot : envahir. 



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xc INTRODUCTION. 



Sonne devient tantdt c 9 s$, s dur, tant&t s doux. (Pour les 
details, voy. an mot agencer). — Dans certains cas, il y a 
attraction ae Yi (voy. agencer). 

3° On sait qne les trois ordres de consonnes (p, 6, — t 9 
d f — c y g), ont trois fortes (p, t y e), trois douces (6, d, g). 
— Aprfcs les trois douces et aprfcs v, — le groupe ia, io y tu, 
se consonnifie, c'est-a-dire que i devient j> g (voy. au mot 
abriger). — G'est ainsi que journal est deriv^ de rfiurnalis 
par l'intermeMiaire de -d/urnalis. (On trouve d£ja jornalis 
pour rfiurnalis, /ornum pour rfiurnum, dans deft textes car- 
lovingiens du huitieme siecle). — Apres g y il y a chute 
(voy. oilier). 

4° Aprfes la labiale forte p, Yi que nous avons vu se 
changer en j passe de la douce a la forte, et j devient ch 
(voy. au mot abreger). 

II. Ua, Ue, Uij Uo % Ou. — Ce groupe correspond exacte- 
ment, dans ses transformations, k celui de ia % io* iu; comme 
lui il devient consonne, et u se transforms en v (voy. au 
mot Janvier), de m£me que nous avons vu i se consonnifier 
en;. 

Ua, Uu, etc.... laissent trfcs-fr£quemment tomber Yu 9 
pour supprimer l'hiatus. On trouve d£ja mortus pour mor- 
Xuus dans Cic^ron, supervacum pour supervactmni, febra- 
rius pour februarius dans Y Appendix ad Probvm. Le fran- 
$ais a continue cette tendance (voy. le dictionnaire au mot 
coudre.) 

§ 2. HIATUS D'ORIGINE FRAN£AISE. 

II est produit par la chute de la consonne latine mediale, 
chute qui met en presence les deux voyelles j usque Ik se- 
parees : ainsi se(c)urus 9 re(g)ina> vi(d)ere, gra(a)ire don- 
nent al'origine de notrelanguese-tfcr, re-ine, v6-oir, gra-lr ; 
quand il a ainsi cre£ un hiatus cjui n'existait point en latin, 
le fran$ais en op&re la suppression de deux manieres : 

1° Tant&t il supprime 1 hiatus en contractant les deux 
voyelles eu une } comme dans rerine qui est devenu reine, 
tantdt il supprime Tune des deux voyelles; ainsi ve-oir, 



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LIVRE III. xci 



s6-ur, se sont r^duits dans la langue moderne k voir et k 
sur (1' accent circonflexe marque preciseajent cette suppres- 
sion d'une lettre}. — (Sur cette contraction ou celte syrti~ 
resej Toy. le dictionnaire aux mots aUier, aboyer, affouage, 
accabler, abbaye, dieiti) 

2° Tantdt il supprime l'hiatus par Intercalation d'une 
nouvelle consonne, proc^de* qui existait de*jk en latin. De 
plttire, les Romains avaient tire non pas plu-ia, mais plu- 
v-ia, en intercalant un v pour emp£cher 1' hiatus. Conti- 
nuant d'applkper cette tendance, le fran$ais intercalaaussi 
v dans le cas analogue. De plu~ere nous avons fait non 
pleu-oir, mais pbwo-oir : et pour revenir k la question, 
nous avons meme applique" cette intercalation a l'hiatus 
d'origine francaise : gra(d)ire ayant donne* grarir* nous 
avons transforme le mot en gra-v-ir. (Pour les details, 
voir le dictionnaire au mot corvte*.) 

Avant d'aborder Te'tude des consonnes, remarquons avec 
quelle ing£nieuse simplicity la nature a varie* les moyens 
cru'elle emploie pour exprimer Timportance differente de 
cnacune de ces voyelles. Elle modine suivant des regies 
fixes la voyelie accentu£e, laissant en g£n£ral les atones 
sans alteration 

G'est ainsi qu'elle dit vient de venit, et venons de veni- 
mus, — tient de tlnet, et tenons de tenimus, — li£vre de 
l^porem et levrier de leporarius; elle dit de mSme relief 
mais refever, etc..., et grace k cette heureuse disposition, 
elle diversifie les formes sans les obscurcir. 



1. II ne faut pas oublier aussi l'hiatus qui est le produit de la com- 
position {de-av<mt). 

Dans la composition des mots, Phiatus disparatt : de-avant se con- 
tracte en devant, comme re-abaisser, re-acerocher. en rabamer, rac- 
crocher. — Dans la derivation, Phiatus disparait fcgalement, par In- 
tercalation d'un t euphonique • clou, bijou, abri n'ont point donne 
clou-ier, bijou-ietj abriAer, mais clou-t-ier, bijou-t-ier, abri-t-er. On 
a meme ajoute* ce % a des mots termines par une consonne, et qui 
n'avaient pas besoin d'une addition euphonique : c'est ainsi que ta- 
bac, ius, fer-blanc, rein, au lieu de donner tobaguiere, juseux, 
fer-blanquieT , <franer, ont produit tabatiere, juteux, fer-blanfier, 
ereintef. 



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xcn INTRODUCTION. 



PARTIE III 

&TUDE DES CONSONNES LATINES. 



Les consonnes se divisent en groupes naturels qui coiv 
respondent chacun a une partie de 1 appareil vocal (Den- 
tales, Gutturales, Labiales), les dents, le gosier, les l&vres. 
— Dans chacun de ces groupes, ou ordres de lettres, il 
faut distinguer deux families de lettres , les fortes et les 
douces : il faut enfin^diviser chaque famille en deux degres* 
les. simples et les aspirees ; £tant donn£ par exempje k 
groupe ou ordre des labiaJes (p, b, v, f) il se divise en 
deux families, les fortes (p, f), les douces (b, v). Chaque 
famille comprend deux degres : la famille den fortes (p, /), 
a une forte simple (p), une forte aspiree (/"), — la famille 
des douces, une douce simple (b), une douce aspiree («). — ^ 
Ges distinctions des lettres en ordres, families, degris sont 
l'indispensable pr^liminaire de l'etude des consonnes, et du 
changement des sons latins en sons fran$ais. Ges cnange- 
ments sont soumis aux trois regies suivantes qui concer- 
nent les ordres, les families, les degres : 

1° Ordres. C'est entre les consonnes de mfone organe 
que s'operent habituellement les permutations, en un mot 
c'est entre les consonnes du mSme ordre; &ant donnes les 
trois ordres des Labiales (p, b, v, f), des Dentales (t, d y 
c, s), des Gutturales (c, q, g,j), — jamais une labiale latino 
ne deviendra en fran^ais une dentale, ou une gutturale; 
elle restera labiale, b latin deviendra en fran$ais b (6onus= 



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LIVRE III. xciii 



ton), on v (libra =lit?re), mais ne deviendra jamais s ou 
g> par exemple. De la cette rfcgle generate : les ordres de 
lettres ne permutent point entr'eux. 

2° Familles. Outre que les consonnes latines ne se chan- 
gent pas au hasard en consonnes fran$aises, mais sont 
reparties par ordres dans le sein desquels la permutation 
s'opere, if faut remarquer que la permutation n'a pas lieu 
au hasard entre les lettres du m£me ordre, mais qu'elle 
suit la distinction des familles. Beprenons pour exemple 
Yordre des Labiales (p, b, t>, f) ; il se divise en deux /&- 
milles, les fortes (p, /*), les douces (b, v); p qui est une 
forte deviendra en fran^ais b, ou v (duplus= double, sapo- 
nem = satxm), qui sont des douces, mais b ou v latins de- 
viendront rarement p en frangais : en un mot les fortes 
latines peuvent devenir douces en fran$ais, mais iamais 
une douce latine ne devient une forte fran^aise, de la cette 
rfcgle: c'est de la forte a la douce que s'opere habituellement 
le passage des consonnes latines en consonnes frangaises. 

3° DEGRis. Les families d'un mftme ordre ne se permu- 
tent point au hasard, mais descendent de la forte a la douce, 
une echelle qu'elles ne remontent pas; — dans l'int&ieur 
d'une m&me famille, les degris de simple et d'aspirees ont 
aussi leur influence sur la permutation ; prenons dans 
Yordre des Labiales (p, b, v, /), une des deux families 
celle des Douces (b, «); elle comprend deux degris la sim- 
ple b, Taspir^e v; Jest ordinairement de la simple a I'aspir 
ree qua lieu la permutation. Ainsi b latin devient v en 
frangais, temoin taverne de taberna, couver de cubare, ver- 
oeine de verbena, avant de abantfe, tandis que v ne devient 
point b 1 . 

1. Ou tres-rarement , dans quelques mots : courier de curvare, cor- 
beau de corvellus, etc. D'ailleurs, iln'y a pas de comparaison num^ 
rique a etablir entre ces deux permutations : le changement de b latin 
en v a lieu cinquante-deux fois en francais, on n'a que six exemples 
de celui de v latin en o. Ces legeres infractions a des regies qui par 
leur nature ne peuvent Stre absolues, s'expliquent aisement : la dis- 
tinction, rigoureuse dans les ordres et dans les families, ne peut etre 



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XCIV 



INTRODUCTION. 



Ges distinctions d'ordres, de families, de degris, Jtant 
8uffisamment tracees, il convient d'£tuaier les consonnes 
dans l'ordre suivant : liquides 1 (1, m, n, r); dentales 
(t, d, z, s); gutturales (c, x, q, g, j, h); labiates (p, b, f, v). 

Yoici le tableau des ordres, families et degris des con- 
sonnes latines : 



LIQUIDES. 


LABIALES. 


GUTTURALES. 


DENTALES. 


1» m, n, r 


b, V. 


g, j 


d, z (s). | | 

i 8 


P, f. 


(q, k, c) ch. 


1 3 

t,s(x). , | 



1° II importe de noter qu'une consonne ne change point de 
famille sans passer par les degres intermediates de chacune 
d'elles; nous disions plus haut qu'une labiale forte simple 
(p); devenait en passant en fran$ais w, c'est-a-dire une 
labiale douce aspiree. P latin a done chang£ a la fois de 
famille et de degre : mais le principe de transition, (pose a 
la pageLXXVi), nousindique a priori que ce changementne 
s'estpas effectue de cette maniere; p, changeant de famille 
et allant de la forte a la douce, s'est d'abora transform^ en 
douce simple (b), et de la est alii regulierement a la douce 
aspiree (v). C est ce qui nous explique pourquoi entre les 
formes latines crepare, saporem, saponem, rapa, — et les 
formes fran$aises crever, saveur* savon, rave, nous trouvons 
dans les textes merovingiens, les formes latines interm£- 
diaires crebare* saborem, sabonem, raba, qui nous mon- 
trent comment le p latin a du passer par b pour arriver a 

aussi invariable pour les degres, ou 1'on sort des couleurs tranchees 
pour distinguer de simples nuances. 

1. II faut distinguer dans les Liquides, deux Nasales (m, n), et deux 
liquides proprement dites (J, r). Ces lettrer sont nominees liquides, a 
cause de leur facilite a s'adjoindre aux a^tres consonnes, les nai 
pour les preceder, les liquides propremet.t dites pour les suivre. 



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LIVRE III. xcv 



v. Sou vent meme, lep latin ne va pas iusqu'au v et s'arrtte 
an by sans pouvoir continuer sa marcne : ainsi apicla* est 
rest<S k abeule, au ben d'arriver jusqu'a aveille, qui eut et6 
sa vraie forme. 

2° La phonetique divise les oonsonnes en trois classes, 
les simples 1 , les doubles et les composes. Ges derniferes 
forment ce que nous appelons les combinaisons de voyelles, 

Ear exempie st : soit que cette combinaison existfit d^jk en 
itin (castas), soit qu'elle resulte de la chute d'une yoyelle 
en firancais, ainsi pasture Ae pos(i)tura. — On pent poser 
pour les consonnes doubles, cette r£gle invariable : dans 
tout groupe latin de deux consonnes dissemblables c'est la 
premiere qui s'affaiblit ou disparalt en fran$ais : ainsi dans 
subjectusy ll y a deux groupes de consonnes fg et ct. Sui- 
vant cette regie, ces deux groupes laissent tomber la pre- 
miere consonne de chacun d'eux, bj se r&luit h j, ct k t y 
et le mot devient sujet. L'&ude qui va suivre fournira 
d'innombrables exemples a l'appui de cette loi. — Quant 
aux combinaisons de trois consonnes (terresfris), ou m&me 
de quatre (monrfrare), elles sont soumises aux deux regies 
suivantes : 1° Dans un groupe de trois voyelles, si les deux 
voyelles extremes du groupe sont des liquides, la consonne 
du milieu persiste Ainsi a entre r etr (perdre de perd're), 
ou entre net r (fendre de find're 1 .) 2° Si par chute de la 
voyelle, il y a rencontre de trois consonnes et que celle du 
milieu soit une muette, celle-ci tombe. 

3° D convient d'observer la place de la consonne, dans 
le mot ; la consonne est dite initiate, mediate, finale, sui- 
vant qu'elle est au commencement, au milieu, a la fin du 
mot. Gette distinction est capitale pour les resultats etymo- 
logiques : Br latin ne donne point le m&me son en fran- 
$ais, suivantqu'iloccupe le commencement ou le milieu du 
mot latin. 



1. On range aussi, comme nous l'avons vu plus haut, dans la classe 
des consonnes simples, celles qui sont suivies de la semi-voyelle r. 

2. Diez, 1, 189. 



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xcvi INTRODUCTION. 



L initial persiste ordinairement (voy. cependant au mot 
lierre). 

L s'est change en r (voy. ap6tre), en n (voy. maime : De- 
vant une consonne, quand lui-m§me suit une voyelle, il 
s'adoucit en w(voy. agneau 1 ) . 

Sur la transposition de L> voyez sangloter; sur l'addition 
de L. voyez lierre. 

LL s'adoucissent en i// (voy. atJ), ou deviennent u (voy. 
agneau). 

LR intercale un d euphoniaue, et devient Wr qui k son 
tour change I en u (par la regie que nous venons de don- 
ner), et se transforme en udr (voy. absoudre). 

CL devient il (voy. abeille), I (voy. mate), gl (voy. aigle). 

TL se transforma deja en cJ chez les Romains: 

Au lieu -de ve$7us (vetaJus), si$7a (siJuJa), V Appendix ad 
Probum donne vecius, sicJa. Ainsi ramene & CL, TL suivit 
le sort de cette combinaison (voy. aux mote andouille et 
bouleau). 

TL s'assimile (voy. Bouleau). 

PL devient il: ioueil (scop7us) 2 . 



nt n (voy. changer). Dans duvet (dumetum), m 
v par Pinterme'diaire de b, dubetum, comme en 



M devient 
est devenu \ 
latino archaique, dufrenus existe a c6te de dominus. 

ML, MR intercalent un b euphonique (comme nous 



1. I] existe un seul exemple de la permutation de I en d : ami don, 
de amyJum, qui est deja amidum dans un texte latin du neuvieme 
siecle. Je le regarde comme une corruption, bien que Zacryma, lin- 
gua, calaniitas, defccata, fussent dans le plus ancien latin dacryma, 
dingua, cadamitas, dedicata, et que le meme rapport existat entre 
UJysses (qui est pour Udisses) et Oauaoev;. 

2. Pour les autres combinaisons LC, voy. sous c; pour ML, voy. m; 
pour NL, voy. n; pour RL, voy. n; pour BL, voy. b; Pour GL, voy. g. 



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LIVRB III. ictii 




(voy. colonne). 



N devient I (voy. alkr), r (voy. coffH), nn (voy. ememi), 
gn (voy. cligner). 

NY se r£duit a v (t^moin couvent de conuentus), nc a c 
(voy. coque). 

NN se reduit a n(voy. an). — NM devient mm, m (voy. 
dme). 

NL devient n^/ (voy. absoudre). — NS devient s ( voy. aini). 

NR au milieu des mots, intercale un d eupnonique et 
devient ndr (voy. absoudre). 

RN a la fin des mots s* reduit a r (voy. aubour)*. — 
Sur Taddition de n (voy. concom&re). A ce propos remar- 
quons que Paddition n a lieu que sur les liquides. 



R devient souvent I au milieu ou a la fin des mots (voy. 
autel) ; sur r devenu s (voy. arroser). Sur la transposition 
de r (voy. dprett). Sur Taddition de r (voy. chanvre). 

RL devient 11: les Latins disaient a6ja pe//ucidus pour 
per/ucidus, et lc *raD£ais a transform^ l'ancien fran$ais 
chamber/an en chambeUan. — RS devient s (voy. chine)* 
RR intercale un d euphonique : tordre de tor(queW, sour- 
dredesur(ge)re*. 

T medial passe de la forte a la douce, devient d (voy. 
aigu 9 aider), puis disparatt invariablement (voy. abbaye, 

1. Sur MB, voy. b; sur NM, voy. m; sur GM, voy. g. 

2. Sur ND, voy. d; sur No, voy. c; sur GN, voy. g; sur MN, voy. 
»; sur PN, voy. p; sur NG, voy p. 

3. Sur RC, voy. c; sur MR, voy. m; sur NR, voy. n; sur TR, voy. 
Jjsur DR, voy* a; sur SR, voy. *; sur BR, voy. b. 



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xcvra INTRODUCTION. 



rr 



aigu, abbi). — Te, ti suivis d'une voyelle deviennent p, s 9 
ss, c (comme on l'a vu plus haut au chapitre de l'hiatus 
p. xc et au mot agencer. 

Tn 9 tm se reduisent a n, m (voy. plane). — Tt final se r&» 
duit k t, t£moin chat (caMus*). 

Tr passe k la douce dr (voy. aider), puis k l'assimilation 

', r (voy. arrtire) 

St medial s assimile en ss, s (voy. angoisse) ou perd Vs 
oy abime 1 ). 



D initial persiste : D medial disparaitr (voy. accabler). 
D final disparatt (voy. alouette) ou reste muet, comme dans 
pied (pedem) mwd{modius). Dans quelques cas d redescend 
k t muet, comme dans : don* (deunde), souven* (subinde), 
pente, boite (puxda*). 

DR s'assimile en rr, r (voy. accroire et arrttre), DL en 
ft, I (voy. allumer).Dc devient </ (voy. adjuger). Z)j, Dv, Ds, 
Dn deviennent j, v, ss, n (voy. aj outer, assez,aval, aller)K 



II reste 2 on devient j (voy. jaloux). Comme sr et comme 
(T, sr intercale un d euphonique (voy. coudre). 



S initial persiste ou devient c (voy. cercueti). S medial 
tombe devant une consonne (voy. abime) ou devient r (voy. 
orfraie), ou ss (voy. dessiner. On trouve dejaen latin wsstca 
pour vesica, etc.) JS final persiste ou devient s(voy. nez) 
ou x (voy. deux). 

SB intercale un t euphonique et donne str puis tr (voy. 

1. Sur TL, voy. I; sur TC, voy. c, sur BIT, voy. m; sur CT, voy. c* 
sur PT, voy. p; sur BT, voy. 6. 

2. Sur MD, voy. d, sur GD f voy. d; sur PD, voy. p. 



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LIVHE III xcix 



anc&tre, accroitre, Mme). Dans quelques cas il insure un 
d(voy. coudre). 

SC, SP, SL, SM, ST !• inkianx deviennent esc, esp, 
escl, esm, est, puis be, tp, 4m, it (voy . espirer). 2° rrtfdiaux 
perdent I's (voy. abtme). 

SS final devient s (voy. ais) f . 

C, CH 

Bisons d'abord que l'aspir^e ch se comporte en latin 
comme c, et s'est reduit he: cochleare et cocleare, tric/da 
et triefc. H n'y a done a considlrer que c qui varie suivant 
les voyelles gui le suivent : 

§ I. Devant a, o, u, on devant une consonne, c initial 
resie guttural, mais passe de la forte k la douce et devient 
g (voy. adjuger, aigle). Devant a, c medial tombe (voy. 
affouage). G final disparait ordinairement (voy. ami, amie). 

Enfin ca s'affaiblit en cha, che (voy. acharner), soit au 
commencement, soit au milieu des mots. Le a latin peut 
mime se transformer en une autre voyelle sans abandonner 
son influence sur le c ant£c£dent, ce qui prouve que le pas- 
sage du c au ch est plus ancien que celui de a dans une 
autre voyelle 1 . Dans quelques mots tels que c&ble (capu- 
lum), cage (cavia*), c reste guttural on devient qu (voy. 
queue). Devant o, w, c persiste et ne passe pas a la sifflante 
ch : com (collum), cuivre (cupra*). Dans quelques mots ch 
devient,; (voy. jante) on g (voy. adjuger). 

§ II. Devant e, i, J?, ce, le c y guttural en latin, est devenu 
siffiant en frau$ais, et donne en finale les sons analogues s, 
x, z, ss (voy. amitM). 

CG medial devient ch (voy. acheter); final devient c (voy. 
bee). 

1. Sur ST medial, voy. I; sur SC medial, voy. c; sur NS, voy. n; 
sur RS, voy. r; sur CS, voy. c; sur PS, voy. p; sur BS, voy. b. 

2. Diez, I, 229. 



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INTRODUCTION. 



CR devient ir puis r (voy. benir). RC final devient r (voy. 
arbalble). 

CT s'assimile en tt (voy. assiette), t (voy. affeU) % ou de- 
vient it (voy, altrait) et dans quelques casc/i (voy. allecher), 
cette dernifcre permutation est peut-Stre due & quelque 
influenee meridionale. 

CL devient^ (voy. ai^/e), i/ (voy. abeille)^ I (voy. male). 

CS (c'est-k-dire x) s'assimile en ss ou s'affaiblit en iss 
(voy. aisselle), rarement en s (voy. ajouter) ou se transpose 
en $c dans un petit nombre de mots (voy. Ukhe). 

Sur NG,RC, TG,DG qui changent c le plus souvent en<j f 
mais quelquefois aussi en ch, voy. adjuger, acharner. Ges 
sons sont remarquables en ce gu'ils presentent le passage 
de la gutturale forte en palatale douce : cependant c suit 
souvent la rfcgle g£n£rale, c. a d. qu'il persiste ou passe & 
la douce (fr. ch). Ces anomalies ne peuvent provenir que 
de la presence des liquides ou des dentales heurtant le c. 

SC medial devient ss (voy. cresson). On trouve dejk en 
latin cresseret pour cresceret. SG final devient 5 (voy. bois). 

x 

Pour ce son qui Iquivaut a cs 9 voyez k la lettre c. 



Q est traite en frangais de deux manifcres differentes 
suivant les voyelles qui le suivent. 

§ I. Deyant a, 0, u, la gutturale subsiste soit avec u, 
comme dans quel (^walis), soit sans u, et elle est £crite c, 
(voy. car). Q devient souvent aussi g (voy. aigle). Qua au- 
rait dft donner cha y comme Fa fait ca. Si cela n a point eu 
lieu, c'est qu'il est k croire qu'au moment ou le ch se con- 
stitua dans ca, Vu de qua n'etait point encore devenu muet. 

§ II. Devant e, i, Yu disparalt et q devient c, p, s (voy. 
car) y changement qui remonte & la langue latine, puisqu'on 
trouve dans les inscriptions romaines du troisi&me si&cle, 



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LIVRB III. ct 



cohere pour coguere, cinque pour quiaqae. Q passe dans 
quelques mots & la douce g (voy. atjfe). 

§ III. Q tombe par le changement de u en v (voy. jan- 
trier). 

G 

Cette lettre depend (comme c) des voyelles qui suivent : 

§ I. Devant a, o, u, le <7 initial persiste, le g medial 
tombe (voy. allier), le g final s'assourdit et devient muet : 
lon^(lon^us). 

De meme que c devient ch, g latin devient.; dans certains 
cas (voy. jumeau). Dans parctomin (pergfamenum) , mar- 
cotte (menjus) il est accidentellement retombe de la douce 
a la forte. 

§ II. Devant e, i, le g devient quelquefois $, f (voy. frctise) 
par dissimilation, et tombe comme me*diale dans quelques 
cas (voy. allier). 

GL devient il y I (voy. cailler). GL initial persiste *. GD 
devient d (voy. amande). 

GMqui s'etait d£ja reduit a m en latin, temoin flamma 
pour flamma, examen pour exa^men, jumentum pour ju$(- 
mentum, a continue cette reduction en fran^ais (voy. pi- 
ment). . 

GN persiste : enseupier (insi^nare), ou s'affaiblit en in 
(voy. accoinler) ou se transpose en ng (voy. ttang), ou se 
reduit k n (voy. assener). 

NG se transpose souvent en in (voy. accointer) ; ngetgn 
s'echangent souvent (voy. aine). 

GR devient r (voy. accueillir, aigrette). 



Ge son qui est originairement i en latin est reste i en fran- 
$ais dansquelques cas (voy. aider). Dansjeu (/ocus), jeuoe 

1. Sauf dans loir (gtirem); prenouille, ancien fr. renouiUe (ranu- 
cla)*, est un exemple unique d'addition du g. 



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en INTRODUCTION. 



(/uvenis), la j a pris le son de consonne en passant par di, 
dj. II est devenu g dans grenifevre (/uniprum) et a disparu 
dans yeftner de je{j}imare. 



L'H initial disparait au commencement des mots dans 
nn certain nombre de cas(voy. atelier). Sur Tinsertiond'un 
h an milieu dn mot, voy. envahir. 



P initial persiste et ne passe que fort rarement soit a la 
douce b (comme dansboite depuxda*, voy. abeille), soit a 
l'aspirfo f (voy. chef). 

P medial s adoucit ordinairement en b (voy. abeille), et 
descend m&ne aTaspirta v (voy. arriver). 

P final persiste: loup (lupus), champ (campus), mais il 
est muet : souvent aussi il devient f (voy. chef). 

PP devientp (voy. chape). — PM se r&luit a m (voy. 
caisse). 

PR medial devient r: sur (sup V), sourcil (supVcilium). 

PT, PN. PS initiaux deviennent t % n, s (voy. neume). 

PD se reduit a d (voy. hideux). 

PT s'assimile (voy. caisse et acheter), ou devient d (voy. 
cadastre). 

PS qui s'assimilait d&ja en **, 5 dans le latin des der- 
niers temps, puisqu'on trouve issa pour ipsa, serai pour 
scripsi dans un texte du huiti&me siecle, a continue cette 
assimilation en franQais (voy. caisse) i . 



B initial persiste; medial devient v (voy. avant) ou dis- 
parait (voy. aboyer); final, il reste muet : plomfc (plum&um). 
B redescend k p dans ensouple (insuMum*); u est m par 

1. Sur PL, voy. 1; sur SP, voy. s. 



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LIVRE IH. an 



exception dans samedi (sa&6ati dies) : il faut rapprocher de 
cette permutation, la forme archaique latine duienus k c6i6 
de dominns. 

BL, BR, BT m&tiaux se vocalisent en ul, ur 9 ill par le 
changement de b en v, puis de v en u (voy. siurone et 



BT s'assimile en U comme pt (voy. sujet), et devient 
mfcme d (voy. accouder). 

BR devient r (voy. boire). BS, BJ, BL, BM, BC, BV 
laissent tomber la labiale et devienent $ y j f l 9 m, c, v (voy. 
sujet). 

F, PH 

PH qui n'avait pas chez les Latins le m£me son que f, 
est toujours devenu f en fran$ais (voy. coffre) : il disparait 
dans certains eas (voy. antknne). 



V initial persiste, et ne devient presque jamais f (voy. 
bmf). V medial disparait (voy. afoul). V final devient / 
(voy. bceuf). 

Dans un petit nombre de cas, v redescend k b (voy. ba- 
ehelier). 

V initial devient aussi gu (voy. gaine), probablement 
sous Tinfluence du w germamque. Devant les consonnes, 
t)se vocalise re'gulierement en u (voy. autruche et aurone). 

VJ, VC, VG, VT, VD, VN se rfduisent k g, c, t, d, n 
(?oy. alleger). 



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civ INTRODUCTION. 



PARTIE IV 

EXCEPTIONS A LA PHONETIQUE. 

PARTDE LACORRUPTION DANS LA FORMATION 

DE NOTRE LANGUE. 



Si les lois phonetiques s'exercent d'une manifcre inva- 
riable sur presque tous les mots de notre langue, il existe 
cependant un petit oombre de mots qui, jusqu'd. present, 
semblent refractaires a ces lois, et qu'on n'a pu rattacher 
aux classifications etablies : de m^me qu'en histoire natu- 
relle, quelques £tres n'ont pu trouver logiquement leur 
place dans les cadres de la science. 

Ges infractions aux regies de la phonetique ont une dou- 
ble cause: ou bien ces in Fractions ne sont qu'apparentes , 
et sont dues a des influences que nous ignorons encore, et 
k des r&gles secondaires qui limitent ou modifient les lois 
principales, — ou bien ces infractions sont le resultat de 
la corruption : ces mots ainsi corrbmpus ne doivent pas 
servir d argument pour mettre en doute Texistence de lois 
du langage et leur fixity ; car « ce sont les r&gles gene- 
rales et positives qui nous permettent de dire qu'il y a faute 
Ik meme od Ton ne peut connattre les circonstances ou les 
conditions de la faute, et de diviser le tout en partie regu- 
liere et correcte, et en partie alt£ree et mutil^e par les 
inevitables erreurs du temps etdes hommes 1 . » 

Dans beaucoup de cas d'ailleurs, la corruption n'est 

1. if. Uttri. 



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LIVRE III. cr 



qu'apparente , on si elle existe, n'est point le faitdu fran- 
cos : ainsi ecouter (ancien francais escouter, escolter , k 
l'origine esculter), est une derivation tres-irregulifcre du 
latin classique auscultate (m£me sens), car au latin (aus- 
cultare) ne devient jamais e en francais, et si le mot avait 
ete forme regulifcrement, il eut ite non escouter, mais 05- 
couter, le groupe latin au devenant habituellement o en 
francais, temoin or de aitrum, poser de pausare, clos de 
cltmsus, oser de ausare, etc.... Voili, semble-t-il, une 
exception flagrante, et la phonetique est ici prise en deTaut. 
Elle est hors de cause , gr&ce au temoignage d'un gram- 
mairien de l'Empire, Flavius Gaper, qui nous apprend 
qu'au troisifeme siecle le peuple ne disait point auscultare, 
mais ascultare, et cette forme du latin vulgaire a donnd 
tres-regulifcrement escouter, Ya latin devenant e (ascultare), 
comme dans pere (patrem), pr^ (pratum), gre (gratum), etc. 
— Ici la corruption remonte au latin populaire; et le fran- 
cais n'encourt aucun reproche. 

II en est de meme des cas ou notre langue semble violer 
la loi de Taccent latin . dans les mots tels que encre de en- 
cdustum, persil de petroselinum, qui ont it& empruntfe 
par les Romains k la langue grecque Qtyxawrcov j w*po*iXc- 
vov), le francais a conserve l'accent primitif du grec, qu'ob- 
servait dans ces mots empruntes le peuple romain; — 
dans souris, seigle, nwrdre, foie y fin, faite, qui viennent 
de s&ricem, secdle, mordere, ficdtum, finUus, fastigium, 
le deplacement de l'accent latin en francais avait et<5 pre- 
cede du deplacement de l'accent dans le latin rustique 
qui disait : soricem, secale, mdrdere, ficatum, finitus, fasti- 
gium. 

Mais k c&te de ces infractions apparentes aux lois de la 
pbonetique , il y a des exceptions reelles , produit de la 
corruption et du hasard, des mots latins dont le passage en 
francais ne peut gtre soumis a aucune loi, et qui nous ap- 
paraissent comme des dissonances f&cheuses dans f barmo- 
nieux ensemble de la langue : ces erreurs soot la marque 
de Thomme sur le vocabulaire et la part de Tarbitraire dans 
la formation du francais : si Ton compare k leurs originaux 



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cvi INTRODUCTION. 



latins, les mots germandrie (chamaedrys), amidon (amy- 
lum *), camomille (chamaemelum), ancolie (aquilegia), &ra 
ble (acer arbor), echalotte (Ascalonicum) , estragon (draco- 
nem), r^toe(liquiritia), girofle (caryophyllum), marjolaine 
(amaracana*), — on se trouvera en face de la corruption la 
plus forte que presentenotre langue; notons en m£me temps 
que presque tous ces mots d^signant des plantesmedicinales, 
nous sont venus par les herboristes et les apothicaires ; et 
il n'y a rien d'etonnant a ce qu'un long usage special les ait 
d^formes etcorrompus, lepeupletorturant les mots savants 
qu'on lui pr^sente , pour leur donner un sens (c'est ainsi 
qu'on entend dire chaque jour de Veau d'dnon pour du lau- 
aanum y et tutti quanti). A cette source revient aussi lemot 
boutique (apotheca) qui est un des plus frappants exemples 
de corruption; apotheca donne regulifcrement non boutique, 
mais aboutaie, aune part, parce que Va initial latm ^apo- 
theca) ne tombe jamais en frangais ; de Tautre, parce qu il est 
centre les regies que le c latin entre deux voyelles devienne 
q en fran^ais a la fin des mots : dans cette position c latin 
disparait toujours : ba(c)a> — bra{c)a, — ebria(c)a donnent 
baie, brave, ivraie; et apotheca aurait du donner aboutaie*, 
comme theca a donne taie. — Si Ton ajoute a cette liste quel- 
ques autres mots 8 , on aura le catalogue complet* de toutes 
les formations dues au basard ou a des perturbations que 

1. Dans ce mot la corruption est ante>ieure au francais; on trouve 
deja amidum nour amxjlum dans un document latin du ix # Steele. 

2. Aboutaie ne serait mfime pas la forme definitive d'apotheca; nous 
savons d'une part que le p latin ne s'arrgte pas au 6, et descend jus- 
qu'a v — de Tautre que le t entre deux voyelles tombe toujours en 
francais; et aboutaie se serait transforms en avoutaie, et enfin en 
avouaie qui est la derniere contraction & apotheca. 

3. Diamant (adamantem), amender (emendare), amande (amyg- 
dale), cratndre (tremere), escarboucle (carbunculus), dtincelle (scin- 
tilla), wrcwril. (sarcophagus}, frtche (fracticium), lamproie (lampetra), 
licorne (unicornu), nombril (umbilicus); quant aux mots lendemain y 
lor iot y lierre, qui etaient correctement dans notre ancienne langue 
endemain. oriot, ierre (voir le Dictionnaire aces mots), Us ne peuvent 
6tre ranges dans les corruptions du latin, mais dans celles du fran- 
cais. 

4. Voy. cependant page lxvi. note 1. 



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LIVRE III. cvd 




nous ne pouvons expliquer : on voit combien ce chiffre est 
minime, si on le compare h l'ensemble delalangue francaise. 

yoir le constater. 

dication des mots 
aterpretation 

des songes, — jusqu'k Voltaire, croyant que le hasard ou 
la corruption sont les seuls auteurs des revolutions du lan- 
gage , — on avait toujours envisage le langage comme le 
produit de Tarbitraire et du caprice des hommes; — la 
science moderne a fait voir que les Ungues ne sont pas 
l'oeuvre du hasard, maisune creation naturelle etorganique 
qui n'a pas rhomme pour auteur, mais a laquelle l'homme 
a participe ; la philologie a restreint et limite* la part de 
Tarbitraire et de la corruption dans la formation des Un- 
gues, sac 8 l'annuler entierement. 



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LISTE 



DES PRINCIPALES ABREVIATIONS. 



Fr, francais. 

Vieux fr'.ou v. fr. vieux francais. 

v. ou toy. yoyez. 

cf. comparez. 

I. ou lat. latin. 

it. italien. 

esp. espagnol. 

t?°. ou *. v°. sub verbo. 

pr. ou prov. provencal. 

suff. suffixes. 

c. a. d. c'est-a-dire. 

* indique une forme hypothe- 

tique ou non classique. 
Mr. derive. 



m. m. meme mot 
m. s. mfime sens.* 
p. er. par exemple. 
I. lisez. 

B. L. bas latin. 
bas I. ou o. (erf. bas latin, 
p. pour, 
all. allemand. 
gr. grec. 

/i. all. haut allemand. 
= devient. 

D. indique aussi bien les com- 
poses que les derives. 



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DICTIONNAIRE 

ETYMOLOGIQUE 

DE LA LANGUE FRANCAISE 



Comme on Ta vn dans V Introduction de ce livre, notre langoe comprend 
trois couches de roots superposees, les mots d'origine populaire, les mots 
d'origine etrangere, les mots d'origine savante. Pour rendre cette division tou- 
joars presente aux yeux da lecteur, nous avons adopte les dispositions typo- 
grapniques suivantes : les mots d'origine populaire sont en italique, les mots 
d'origine savante en caracteres romains, les mots d'origine etrangere sont 
precedes d'une croix. 



J, preposition, du latin ad qui, 
de bonne heure, etait devenu a 
dans la basse latinite, et dans les 
diplomes des temps merovingiens: 
« Quern a liberto nostro dedimus » 
lit-on dans un testament de Tan- 
nee 739. 

Cette preposition joue un role 
important dans la flexion de notre 
langue, et dans la formation des 
mots : dans la flexion, d remplace 
le datif des Latins et forme avec 
Tarticle defini les combinaisons 
au, aux (Voyez ces mots), — dans 
ta formation des* mots a entre 
comme prefixe, et sert a compo- 
ser : 1° des Noms, tels qu'ad/eu 
(dieui, aplomb (plomb), affaire 
(faire) sans parler des formes telfes 

Su'af/tit (f At) , qui remontent au 
itin vulgaire, et pour ne citer 
que des compositions d'origine 
franchise; 2° des Adiectifs, adroit 



(droit); 3° des Verbes, — soit a 
l'aide d'un verbe deja existant dans 
la langue, tel qu'amener (mener), 
— soit a Taide d'un suostantir. 
accoucher (couche), agenouiller 
(genou), aligner (ligne), a,dosser 
(dos), — soit enfin (et c'est le cas 
le plus frequent) . par le moyen 
d'un adjectif : af/fner (fin) , affoler 
(fol). aXlonger (long), appriter 
(prtH) , aXtrister (triste), accommo- 
der (commode), — a.doucir (doux), 
aSfadir (fade), arrondir (rond), 
a^randtr(grand) , alourdir (lourd), 
assourdir (sourd). 

Abaisser, voy. has. 

Abandon, voy. ban. 

Abaque, du L. abacus (ta- 
ble). 

Abamourdir, voy. sourd 

Abatardir, voy. bdtard. 

Abattre, voy. battre. 

Abbaye, du L. Abbatia (m£me 

1 



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ABB 



ABB 



sens). — Pour la chute du t me- 
dial qui precede la voyelle accen- 
tuee abba{t)ia, comparez lesexem- 
ples analogues : abbesse (abbatissa), 
dge (aetaticum*) armure (armatu- 
ra), boj/au (boteilus), cahier (qua- 
ternum) carnet (quaternetum*), 
carreau (quadrateilum), chaine 
(catena), chair e (cathedra), censier 
(censitarius) , coing (cotoneum), 
chignon (catenionem*) , commuer 
(commutare) , couenne (cutenna*), 
coussin (culcitinus*) , coulis (cola- 
ticius*), crier (quiritare), delayer 
dilatare), divouer (devotare), do- 
loire (dolatoria), doner (dotare), 
douaire (dotarium) , duchesse (du- 
catissa*), icuyer (scutarius), em- 
pereur (imperatorem), itemuer 
( sternutare ) , faon (foetonem * ) , 
feu (fatutus*), grille (craticula), 
tnarier (maritare), mime (metipsi- 
mus), mitayer (medietarius* ), 
muet (mutettus), noel (natalis), 
Oublier (oblitare), poele (petalum*), 
poile (patella) pouvoir (potere*) 
brairie (prataria*), priau (pratel- 
lum*), poussif (pulsativus*), puer 
putere ) , rogner ( rotund iare* ), 
Quelle (rotella) , saoul (satullus) , 
*as (setaceunT), seau (sitellus), 
lecouer (succutere), soucier (solli- 
citare), terroir (territorium) , trier 
(tritare*), tuer (tutare), veau (vi- 
tellus ) , vertueux (vi rtutosus* ) , 
vielle (vitella) , vouer (votare). 

Abbe, du L. Abbatem (chef 
d'une communaute religieuse), 
mot introduit au iv e siecle dans 
la langue ecclesiastique par saint 
Augustin et saint Jer6me qui l'a- 
vaient emptunt6 du syriaque Abba 
(pere, vieillard); c'est ainsi que 
dans realise grecque, on donne 
aux moines de Tordre de Saint- 
Basile le titre de caloyer (en grec 
moderne xaXoyepwv, Utteralenient 
bon vieillard) . 

Dans abbatem la finale atem de- 



vient i en passant en francais 
comme dans : Apreti (asperitaf em) . 
autoriti (anctoritatem), beautS 
(beilitatm) , bonM (bonitatem) , 
orieveti (brevitatem), cherti (cari- 
totem) ,chritienti (christianitatem), 
cite" (civitatem), clarti (claritatem) , 
cruauti (crudelitatem) , durete (du- 
ritatem), ete (aestatem), faussete* 
(falsitatem) , fierti (feritafem), 
griiveti(gra.vitatem), tdcheti (laxi- 
tatem), loyauti (legalitatero), nai- 
vety (nativitatem) , nouveauti (no- 
vellitatem), papauU papalitatem), 
pauvreti (paupertatero), primauti 
(primalitatem), principauU (prin- 
cipalitafem) , privauti (privali- 
tatem),purete' (puritatcm), royautd 
(regalitatem) , santi (sanitatem), 
sureti (securitatero) , voUmti (vo- 
lunlatem) . 

A c6te de ces suffixes d'origine 
latine, il convient de citer les suf- 
fixes d'origine francaise (c'est-a- 
dire crees sur le modele dos suf- 
fixes latins, mais n'ayant pas de 
correspondants en latin) : Tels sont : 
grossiereti, honnitetij michancete", 
etc., former directement de gros- 
sier, mi chant, honnite. etc. 

Abbesse, vieux francais ab- 
biesse, pro vencal abbadessa, espa- 
gnol abadesa, i tali en abbadessa y 
— du latin Abbatis*a (mSmesens). 
Abba{t)issa a perdu son t medial, 
et est devenu le vieux francais 
abbiesse, d'ou par contraction 
abbesse. Sur la chute du t medial 
voyez le mot abbaye. — Quant au 
suffixe issa qui servait dansle latin 
de l'Empire a marquer le feminin 
(abbatissa. diaconmo, prophetic- 
sa, sacerdotmo, de abbatem , diaco- 
ncm, prophetam, sacerdotem), de- 
venu esse en francais, il est entr6 
dans un grand nombre de forma- 
tions nouvelles {&nesse, chanoines- 
se, comiesse, diablessc, duchesse, 
druide^ie, enchanterewa, hdlesse* 



yGoogk 



ABE 



3 



ABfi 



larronesse, maltresse, nigresse, pai- 
resse, yecher esse, pretrewe. prin- 
cesse, Xigresse, vengerwse. de dne, 
ehanoine, comte, diable, due, 
druide, enchanteur, hdte, larron, 
maitre, negre, pair, picheur, pr&- 
tre, prince, tigre, vengeur). 

Afeee*, au L. abscessus (meme 
sens). 

Abdlquer, du L. abdicare (re- 
no ncer). — D. abdication. 

Abdomen, du L. abd&nen (ven- 
tre). 

Afeee£dalre, du L. abecedarius 
(meme sens). 

A free, voy. We. 

if freille, du L. apieula (qu'on 
trouve dans Pline) diminutif de 
apis (abeille). — Pour le change- 
ment de p en b (apieula) , compa- 
rez : cdble (capulum*) t dot*bJe (du- 
plus), eabanne (capanna), cihouUe 
(caepula), gobelet (cupelletum*) , 
boutique (apotheca) , bruler (per- 
ustulare), vignoble (viniopulens), 
timbre (tympanum). Ce change- 
ment de p en b, avait deja lieu 
dans le bas-latin, ou Ton trouve 
abium pour qpium, noncobantis 
pour nuncupantis, subra pour su- 
prd, ruber pour super etc.... 

I e suffixe icula (amcula) devenu 
eille en francais (abeille), merit© 
que nous nous y arrStions un in- 
stant. On a vu dans VIntroduction 
de ce livre, qu'une des tendances 

Srincipales du latin populaire et 
es Ungues romanes est de reje- 
terlesmots primitifstels qtfagnus, 
apis, culex, pour les remplacer par 
des derives cr6es a l'aide de suf- 
fixes diminutifs (agnellus, apieula, 
cvlicinus). C'est surtout par les 
auatre suffixes aculus, eculus, icu- 
tutfUculus ques'est produite cette 
derivation. Accentuees sur l'ante- 
penultieme, ces suffixes, par la 
chute de Vu penultieme atone (voy. 
au mot able) devinrent respective- 



ment aclus, iclus, uclus et passant 
au francais : 

1 1° Actum devint ail, et acla de- 
vint aille : gouvernatl (gubernacw- 
lum) , sou pi rati (susniracu/um), 
maille (macula), tenailles (tenacu- 
la). — Sur ce modele le francais a 
forme attirail (attirer), tpouvan- 
tail (epouvanter), foentail (even- 
ter), travail fdu v. fr. traver). 

2° Eclum aevint il . goupil (vul- 

pecula, voyez au mot Gouptllon. 

3° Iclum, Ida devinrent eil, 

eille : orUil (anciennement arteil, 

| de aiticulus), sommeil (somntcu- 
lus*), soleil (soliculus*), pareil (pa- 
riculus*), vermei/ (vermicuiu**), 
— abeille (apieula), corbeille (cor- 
bicula), comeille f cornicula), Oreil- 
le (auricuto) ouati/e (anciennement 
oueille, de ovicula). Dans les deux 
mots ipieu (spiculum) essieu (axi- 
culus) qui etaient dans notre lan- 
gue espiel, essiel, la finale el s'est 
adoucie en eu. — lclum. Ida de- 
vient il, ille, dans peril (pericu- 
lum), chenille (czmcula*), chevMe 
(clavicula*), \entille (lenticula), 
grille (craticula*) vrille(vric\\im*\ 

. — fourmt'We (formiculo), fouiUe 

I (fodiculo). — Iculum devient icle 
aans article (articulus) vertc/e (vi- 

1 'liculusY 

| 4° Velum, Ucla deviennent ouil, 

j ouille : fenouil (fceuuculum), gre- 
nouille (vanucula*), quenouule, 

| (colucuiflr) , aiguille (acucula*^, 
panout'J (panucu/um*), — souille 
suculo). Au lieu de pou, genou, 
verrou, Pancienne langue disait 

| tres-correctement pouil, genouil, 

\ verrouil ( restes dans pouilleux , 
agenouiller, verrouiller), puisque 

! ces trois mots viennent respective- 

; mentde peduculum* ,genuculum* y 
veruculum*. 

Aberration, du L aberratio 
(6cart). 

\ Abetir, voy. Wte. 



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ABI 



ABI 



Abhorrer, du L. abhorrere 
(avoir^horreur). 

Abinte, vieux-francais abisme 
du L. abissimus*. — Les Romains 
employaientlesuffixe augmentatif 
isstmus a former des superlatifs 
non-seulement avec les adjectifs 
(sanctissimus, fort t'ssimus); mais 
dans certains cas avec les substan- 
tifs. Ainsi Plaute tire d'oculus, la 
forme ocuJissimus, les ecrivains de 
TEmpire creent domimssimus de 
dominus. Developpant ce proc6d6, 
la basse latinite* tira du substantif 
abyssus (abtme) la forme derivee 
abissimus qui, accentuee sur l'an- 
tepenultieme, devint en fr. abisme 
puis abime. (Sur la chute de Yi 
atone , voyez au mot dme.) — Quant 
a la suppression de 1'*, et a l'allon- 
gement de la voyelle par un accent 
circonflexe (abime pour abisme), 
ce phenomene est ordinaire en 
francais : albdtre (alabastrum) , 
dne "(asinus), aout(augustus), apd- 
tre (apostolus), appdt (adpastum), 
dpre (asper), ar£te (arista), arr£- 
ter (adrestare), dtre (asser), au- 
mdne (eleemosyna), bapt^me (bap- 
tisma), bdt (bastum *) b0te (bestia), 
bldmer (blasphemare), boite(bua:i- 
da), brwler (perustulare), champs 
tre (campestris), car&ne (quadra - 
gesima), chdtaigne (castanea) chd- 
teau (cast 3 '. 1 um), chdtier (castigare) 
chdtrer(castrare), ch£ne (casnus*), 
chev^tre (capistrum) clof tre (claus- 
trum), cloture (clausitura), connai- 
tre (cognoscere), cdte (costa), cow- 
ter (cosfare*), crGper (crispare), 
crdte (ciista), croftre (crescere), 
crotite (ciusta), empldtre(emplas- 
trum), epitre (eptstola), itre (es- 
sere)*, ev^que (episcopus), evdche" 
(episcopatus), faite (fastigium), fan- 
tdme (phantasma) , filer (fissu- 
lare*), fendtre (fenestra), fete 
(festa^. f or4t (foresta *) % fr£ne (fraxi- 
nus\ tilt (tustis), gdter (vastare) , 



gen^t (gentstum), gfte (jaritum), 
gottt (gustus}, gu£pe (vcspa), ho*te 
(hospitem), no'tel (hospitale), hul- 
tre (ostrea), ile (insula), impdt 
(impositum), jofUer (justare*), 
mdcher (masticare), maitre (ma- 
gister), mdle (masculus), mardtre 
(matraster*), m£ler (miseulare), 
m^me (metipsimus*) mout (mws* 
turn*), naftre (nascere), dtage (ob- 
sidiaticum), dter (haustare*) pal- 
tre (pascere), pdmer (spasmare*), 
pdque (pascha), pdquerette (pas 4 - 
cua*) paraftre (parescere), pdtre 
(pastor), pdte (pasta*}, pdture (pas- 
tura), pifche (persica) , ptfcher (pis- 
care), pldtre (plastrum), pr£t (praes- 
tus*;, prater (praestare), pr^tre 
(presbyter), prevdt (praepositumj, 
prot^t (protestare*) puin6 (post), 
qu^te (quaesita), rdcler(rasculare}, 
rdcher (rasicare *), rdteau (rastei- 
lum), saumdtre(salmaster), suppdt 
(suppositum) , tdter (taaiitareM, 
temple (tempestas), tfite (testa), 
t(5t (tostus*), v^pre (vesper), vtftir, 
(vestire), vdtre (vester *). 

Dans : tfcouter (auscultare), ar- 
batete (arcubalista^ aubepine (al- 
baspina),b^tail (be*tiale),centi^me 
(centesimus), cmvtien (christia- 
nus^, connetable (comes stabuli), 
drfpit (despectum), d^pouiller (des- 
poliare), ddtruire (destruere), dtf- 
tressefdistrictiare*), dtftroit (du- 
trictus), d^vier (de-ea?-viare), eche 
(esca), ^cluse (ea;clusa*) t fttu (fes- 
tuca*), huitieme (octesimus), li- 
v^che (levisticum), manfcage (ma- 
rescus * ) , m^teil ( mixtell um * ) , 
metier (ministerium), n^fle (mespi- 
lum), p^trin (pistrinum), ptftrir 
(pisturire), r^ponse (responsa), ti- 
pir (respectum), r^tif (restivus *), 
t^moin (testimonium), — et dans 
les composes formes a l'aide des 
prefixes dts (fr. d^...),ex (fr. ^...). 
minus (fr. nti ..), trans (rr. tr6...y 
et des sons initiaux sc, sp t H (fr. 



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ABI 



ABL 



ith,.. 4p..., it,...) tels que ichelle, 
de scafo, ^ptne de spina, 4tat de 
statum), — s latin disparalt et sa 
chute est marquee par la presence 
d'un accent, ordinairement aigu, 
sur la voyelle precedente. 

Enfin * latin (et les equivalents 
%, e, qui deviennent sen francais), 
disparaissent sans laisser de traces 
dans : ajouter (adjuxtare*), ainiti6 
(amicitatem*), aiitour (asturera), 
atelier (hastellarius*), autruche 
(avisstruthio),baume (Balsam um], 
cet(ecciste),chacun(quisqueunus), 
compote (composite *), coutume 
(costuma *), coudre (consuere), ci- 
terne (cisterna), futaille (fustalia}, 
flacon (flasconem *) , gui (viscum), 
guimauve (viscum malva), hallier 
(hasla*), hideux (hispidosus), ini- 
mitie (inimicitatem), louche (lup- 
ous) , lambruche (labrusca), lice 
ilycisca), mouche (musca), moule 
musculus), moutarde (mustum *), 
moutier (monasterium), maigris 
(macresco), moineau (muscionel- 
lus*), malotru (male-astrosus), mu- 
guet (muscatus), naquis (vieux-fr. 
nasquis), notre (noster), outarde 
(avis tarda) t plut6t(plustdt) poterne 
(posterula), poteau (postellus), se- 
tier (seoptahus), soupcon (suspicio- 
nem), soupirer (suspirare), sou- 
pirail ( suspiraculum ) , soutenir 
(sustinere), valet (vassalettus*). — 
Sans parler des cas ou s est place 
entre deux consonnes, tels que : 
montrer (monstrare). 

A quelle 6poque Ys latin dispa- 
rut-il de la prononciation francaise? 
Bien quel'* ait persist dans la plu- 
part des mots que nous venons de 
citer, jusqu'au Dictionnaire de PA- 
cademie de 1740, en fait, il nese 
prononcait plus des le xn* siecle. 
On trouve (indice precieux de la 
prononciation) apotre et s'&crier 
(au lieu d'apostre et s'escri«rj|<lans 
un texte frangais du xn 9 siecle, — 



| ibahis, ttoile, ipaule (pour esba- 
' his, ettoile, espaule), dans un texte 
du xm* siecle (ces deux textes ont 
] ete publies dans le Jahrbueh fur 
Romanische Literatur, vi, 313 , et 
I v, 398. 

J Us latin persiste en francais dans 

un tres-petit nombre de mots : 

accoster (accostare*). asperge (a*. 

paragus). cadastre (capitastrum), 

! dispos (aispositus). faisceau (fas- 

. cellus), festoyer (festa) , flasque* 

| (flasquidus*}, juste (Justus), cuis- 

tre (custor*), langouste (locusta), 

mauvisque (malvaviscum), menes- 

trel (ministerialis), pasteur (pasto- 

1 rem), poster (positare), posture 

fpositura), poste (posita),rescous?e 

(rescussa), resler (restare), registre 

(regestum), restreindre (restrin- 

gere) , souscrire (suscribere *) , 

soustraire (sustrahere *} ? — esca- 

, beau (scabellum), escalier (scala- 

I rium) escient (scientem), esclan- 

dre (scandaluro), esclave (slavusL 

espace (spatium), espece (species). 

esperer (sperare), esprit (spiritus), 

esquille (schidula*), ester (stare) 

Abimer, derive deabime. Voy 

ce mot 

Abject, du L. abjectus (vil.).— 
D. abjection. 

Abjurer, du L. abjurare (re- 
noncer) D. abjuration. 

Ablatlf, du L. ablativus (cas 
qui marque l'extraction) 

Ablation, du L. ablatio (re- 
tranchement). 

Able, du L. albula (petit pois- 
son blanc). Le mot devrait 6tre 
alble et non able : mais le bas-latin 
qui dit abula pour albula, montro 

aue, de tres-bonne heure, cet I avait 
isparu, par raison d'euphonie, 
comme dans faible (flebilis), che- 
tille (clavicula), qui donneraient 
regulierement flaible , et cleville ; 
ces deux I cons6cutifs eussent ete 
trop ditficiles a prononcer. 



y Google 



ABL 



6 



ABO 



Quant a la disparition de u dans 
able (albula), elle s'explique par la 
loi de persistance de l'accent latin 
en francos (voyez {'Introduction 
de ce iivre), et par la chute de 
loute voyelle atone (telle que u 
dans albula) qui suit la voyelle ac- 
centuee. C'est une regie absolue 
dans le francais populaire que tous 
les suffixes latins inaccentues (c'est- 
a-dire dont lapenultieme est atone), 
tels que His (amabilis), Ulus (popu- 
lus), Ula (tabula) disparaissent en 
francais, par la chute de leur avant- 
derniere vovelle ; dans le cas pre- 
sent, ii est facile de verifier cette 
regie pour le suffixe ulus, ula : 
angle (anguks), cable (capulum) , 
chartre (cartu/a), cercle [circulus), 
eomble (c\imulum\ couple (co- 
pula), chapitre (capitalum), cou- 
verele (coopercuZum), ecueil (sco- 
pulus ) , ensouple ( insubuium ) , 
epingle (spinwZa), etable (stabu- 
lum), fable (fabuJa), furoncle (fu- 
runculus), hieble (ebulum), lie 
(insula) , marne (marguta) , merle 
(meruJa), meule (metula), moule 
(muscufus), moule (moduJuro), 
oncle (avunculus), ongle (unguia). 
oeil (oculus), peuple (populus), po- 
terne (posterula), regie (reguJa), 
role (rotulum), sable (sabulum), 
seille (situ/a) , siecle (saecuium, 
socle (soccu/um), sangle (cingu- 
lum), titre (titulum), tuile (te- 
gula), trouUe (turbula*), traille 
(tragwia), table (tabu/a), vieux (ve- 
tulus). 

. D'ailleurs, cette suppression de 
la p6nultieme atone n'est point 
progre au francais : on trouve sae- 
clum, poclum, vinclum chez les 
comiques latins, pour saeculum, 
poculum, vinculum; les inscrip- 
tions du temps de I'Empire sont 
pleines de formes telles que oro- 
clum, tabla, stablum pour oracu- 
lum, tabula, stabulum, et le fran- 



cais n'a fait ici que continuer une 
tendance propre au latin. 

AbtcUc, poisson du genre able, 
(voy. ce mot). Ablette signitie 
proprement petite able, le suffixe 
ette servant a former des diminu- 
tifs :aiguillet(e (aiguille), alouette 
(v. fr. aloue) , amourette (amour) * 
belette (v. fr. bele), boulette (boule), 
brayette (braie), brochette (broche), 
cassette (casse), charrette (char), 
chaussette (chausse), colleretle (col- 
lier), cuvette (cuve), e'paulette 
(epaule) , fossette (fosse), fourchette 
(fourche), lancette (lance), levrette 
(lievre), lunette (lune), manchette 
(manche), noisette (noix), paillette 
(paiile), pincette (pince), sellette 
(selle), trompette (trompe). — L'o- 
rigine du sufnxe ettequi n'est point 
I latin, est inconnue. 

Ablution, du L. ablutio (action 
de laver). 

Abnegation, du L. abnegatio 
(renon cement). 

Aboi, substantif verbal d'a^ 
boyer. On appelle substantif s ver-» 
| baux une serie d'environ trois cents 
substantif s qui ne correspondent a 
I aucun type latin, et ont et6 formes 
j directement d'un verbe francais, 
( en retranchant la terminaison de 
i'infinitif : le latin apportare, ap- 
pellare, purgare, etc... donne a 
notre langue apporter, appcler, 
purger : a leur tour ces verbes, 
par la suppression de la desinence 
infinitive (apporter, appeler, pur- 
ger) forment les mots apvort. ap- 
pel , purge, dont l'original n'existe 
pas en latin et qui sont dits sub* 
stantifs verbaux. C'est ainsi qu'o- 
boi a ete tir6 d'aboyer, comme 
charroi de charroyer, convoi de 
j convoyer, effrbidu v. fr. effroyer f 
emot du v. fr. imoyer, emploi de 
employer, envoi de envoyer, octroi 
| de octroyer, renvoi de renvoyer, 
I tournoi de toumoyer. — Cette crea- 



y Google 



ABO 



ABO 



tion de substantifs, par la mutila- 
tion du verbe, s'opere encore de 
nos jours , et nous disons la catse, 
une surface de chauffe, mots tires 
des verbes casser et chauffer; ce 
fait nou3 montre la persistance des 
lois du langage, et la sfirete avec 
laquelle rinstinct populaire pro- 
cede, dans la formation de mots 
nouveaux. — II est a remarquer, 
que tous (ou presque tous) les sub- 
stantifs verbaux sont tires de verbes 
appartenant a la premiere conju- 
gaison (voyez au mot absoute Im- 
plication de ce phenomene). 

Aboi qui designe le cri du chien 
(nous disons aujourd'hui aboie- 
ment), est rest6 dans la locution 
aux abois. On dit que le cerf est 
aux abois, quand il est serre de 
pres par les chiens, et poursuivi 
par leurs aboiements. Ce terme de 
chasse a pris un sens figure, et 
Hre aux abois signifie aujourd'hui 
ttre a toute extremity. 

Aboiement, voy. aboyer. 

Abollr, du L. abolere (mettre a 
neant). — D. abolissement, aboli- 
tion. 

Abomlner, du L. abominari 
(abhorrer). — D. abominable, abo- 
mination, 

Abowutew, du L. abundare 
(menie sens). — D. abondant, 
abondance. Voy. surabonder. — 
L'adverbe abondamment, ecrit plus 
correctement dans notre ancienne 
langue abondantment , est forme 
de Padjcctif abondant et du suffixe 
went qui est toujours le signe d'un 
adverbe. On sait quelle est I'origine 
de cette formation adverbiale : les 
suffixes latins e, ter, qui servaient 
a former les ad verbes (prudenter, 
docte, sane) disparurent parce 
qu'ils n'etaient pas accentues, et 
pourcreer une classe de mots, por- 
tant grammaticalement le signe 
<ta l'adverbe, la langue franchise 



dut avoir recours a d'autres suf 
fixes : elle adopta pour cet usage 
le substantif mens, qui avait pris 
cbez les ecrivains de PEmpire le 
sens de maniere, de facon, etc. : 
Bona mente factum (Quintilien), 
Devota mente tuentur |Claudien), 
iniqua mente concupiscit (GRi- 
goire de Tours) , etc. Cet ablatif 
mente joint a un adjectif au femi- 
nin, donna l'adverbe francais en 
ment : Bona, cara, devotamente, 
— Bonne, chere, devote-ment. 

Mais les adjectifs qui avaient, 
chez les Romains, une terminai- 
son pour le masculin et une pour 
le feminin ( bonus , bona ) , en 
avaient aussi en francais une pour 
chaque genre (bon-bonne), ceux 
I qui avaient en latin une seule ter- 
minaison pour les deux genres, 
; n'en avaient aussi qu'une en fran- 
i cais : ainsi de grandis, legality 
prudens, regalis, viridis, fortis, 
abundans, etc., et en fran$ais,des 
adjectifs grand, loyal, prudent, 
royal, vert, fort, abondant, etc., 
qui etaient de genre invariable 
dans notre ancienne langue. II en 
resulte dans le cas particulier qui 
nous occupe, que les adverbes for- 
mes avec les adjectifs de la pre- 
miere categorie (tels que ton, 
bonne) eurent toujours Ye feminin 
au radical : bonne-ment, chere- 
ment, devote -ment , et que les 
adverbes formes avec les adjectifs 
de la deuxieme categorie (tels 
que grand, loyal, abondant, etc.) 
n'eurent jamais d'e au radical : 
au treizieme siecle, on disait con- 
formement a Petymologie loyal- 
ment, grand-ment, fort-ment, abon- 
dant -ment, etc. Le quatorzieme sie- 
cle ne comprenant plus Porigine de 
cette distinction, et ne voyant plus 
pourquoi dans certains adverbes. 
l'adjectif etait au feminin , tandis 
qu'il restait (apparemment), au 



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ABO 



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A BR 



masculin dans d'autres, ecrivit 
loyalEment , vihment , grandE- 
ment, etc ...; barbarismes en con- 
tradiction avec l'histoire du mot 
et la logique — Abondantment , 
si on lui etit applique cette re- 
gie, fut devenu abondantEment , 
comme presentment (present), de- 
vint prisentEment : mais ce mot 
conserva sa forme ancienne et re- 
guliere, et abondamment est au- 
lourd'hui a Padjectif dbondant dans 
le meme rapport que ardemment, 
arrogammenty bruyamment, com- 
plaisamment , concurremment , 
constquemment . constamment , 
differemment , diligemment , eU- 
gamment, eioquemment, eminem- 
ment, e"tonnamment % ividemment, 
excellemment , galamment , in- 
cessamment , independamment , 
innocemment, instamment, m4- 
chamment, negligemment , non- 
chalamment, notamment, obli- 
geamment, opulemment, patiem- 
ment, pesamment, plaisammmt, 
precddemment, pressamment, pru- 
demment , puissamment, recem- 
ment, savamment, sciemment, suf- 
fisamment, vaillamment, violem- 
ment, sont a ardent, arrogant, 
bruyant, complaisant, concurrent, 
consequent, constant, different, di- 
ligent, elegant, Eloquent, eminent, 
etonnant, evident, excellent, ga- 
lant, incessant, indevendant , in- 
nocent, instant, mechant, negli- 
gent, nonchalant, notant, obli- 
geant, opulent, patient, pesant, 
plaisant , precedent , pressant , 
prudent, puissant, recent, sa- 
vant, scient, suffisant, violent, 
vaillant. 

Abonner, du substantif bon; 
s'abonner est, a Torigine, prendre 
un bon pour recevoir, a jour fixe, 
un objet determine. — D. abonne- 
ment. 

Aborder, voy. bord, — D. 



abord, abordage, abordable, t*io- 
bordable. 

Aborigine, du L. aborigines 
(meme sens). . 

Abomcr, voy. borne. 

Abauchcv, du subst. bouche. 

— STaboucher avec quelqu'un, si- 
gnifie litteralement se mettre bou- 
che a bouche, avec lui. 

About, Abotttit; voy. bout. 

Aboycr, du L. adbaubari , 
compose de baubari (aboyer). — 
Au de adb&ubari est devenu oi r 
ou oy en francais (aboyer), comme 
dans cloitre (clawstrum), ;oie (gau- 
dia), joyau (gaudiellum), noise 
(nausea), oie (auca), oiseau {au~ 
cellus). — Le b medial de adbau- 
(b)art' a disparu du mot aboyer, 
comme il a disparu dans oyant 
de ha(b)entem, dH de de(h)utus% 
eu de ha{b)utus*, rogne de ro- 
{b)iginem y saorre de sa<b)urra, 
sombrer de su(b)umbrare*, son f er 
de su(b)undare*, taon de fa(b)a- 
num, tuyau de tu{b)eUum, viorne 
de vi[b)urnum , nue de nu(b)em. 

— D. aboiement, aboyeur. 
Abwegw, du L. abbretiare, 

qui est dans Vdgece avec le sens 
de raccourcir. — Ce mot presente 
un exempie du changement de vi 
latin (abbrertare) en g (abreger), 
phenomene philologique impor- 
tant, et qu'il convient d'6tuaier. 
Chez les Romains, Vi et le / n'a- 
vaient a Porigine qu'un seul et 
meme son : Quintilien nous Paf- 
firme, et cette indecision a long- 
I temps persist^ dans Pecriture; les 
anciens manuscrits, comme les li- 
1 vres imprimes jusqu'au milieu du 
| xvii* siecle, confondent Pt et le f, 
et ce n^est qu'en 1750 que PAca- 
demie recut le ; dans son Diction- 
naire comme une iettre nouvelle. 
. C'est ainsi que l't latin a pu dans 
I certains cas devenir j en francais 
(ou ch, ou g doux, qui sont des 



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ABR 



ABR 



lettres Squivalentes) ; Hierosoly- 
ma, Bieronymuty hyacinthus, Si- 
mla , diumus , vindemia , ont 
donne Jerusalem, Je'rdme, jacin- 
the, singe, jour, vendange, preuve 
evidente que le peuple prononcait 
Hjerosolyma ,. H]eronymus , h\a- 
cinthus, simja, dyurnus, vindemia. 
D'ailleurs ce changement de l't en 
;, ou, comme disent les Allemands, 
cette consonnijication de Ft . n'est 
point propre au francais : il avait 
deja lieu a Rome, dans la langue 
du peuple ; tandis que la langue 
litteraire disait hyosciamus, le la- 
tin populaire transformait ce mot 
en jusquiamus, et de cette forme 
vulgaire rapportee par Vegece est 
Tenu notre mot francais jusquia- 
me; le francais, on le'voit, ne fait 
ici que continuer une tendance 
propre au latin. — Ceci pose, on 
voit clairement comment pipio- 
nem, tibia, rabies, Dibionem , 
diluvium, cambiare*, abbreviate 
sont devenus respectivement pi- 
geon, tige, rage, Dijon, dtluge, 
changer, abre"ger, etc.... — 11 s'est 
opere dans ces mots deux transfor- 
mations successives : 1° le change- 
ment de l't en j, pipionem y tibia, 
rabies, Dibionem, diluvium, cam- 
biare, abbreviare, ont ete pro- 
nonces pipjonem, tibja, rabjes, 
Dibjonem, diluvjum, cambjare, ab- 
breviare ; 2° ce changement de l't 
en j , amene la rencontre et le 
choc de deux consonnes , pipio- 
nem devient pipjonem. Or il ar- 
rive dans ce cas que la premiere 
des deux consonnes disparatt : 
suBJectus, devient sujet, et do»$us, 
do*; de meme pipjonem, tibja, 
rabjes, Dibjonem, etc..., ont donne 
pyonem, tija, rajes, Dijonem, 
dtlujum, camjare, abbrejare, d'ou 
pigeon, tige, rage, Dijon, diluge, 
changer f abriger, etc .. 
Voici la liste complete de ces 



changements de to, le, to, ¥u, en 
j,g,cn. ('On reraarquera queta, ie, 
to, precedes d'une con son ne forte 
(p, f. etc....) donnent ch; que pre- 
cedes d'une consonne douce(d,b,r), 
ilsdeviennentordinairement/oug: 

1° Ch : &che (apt urn), approc/ier 
(approrptarc*), Chchy (Cliptacum), 
galoc/ie (calopedta*), proc/ie (pro- 
ptus), reprocher (repropiore*), sa- 
che (sapt'am), sac/iant (saptentem) 
seiche (sepia). 

2° J: donjon (domntonem*). gou- 
;on (gobionem), /acinthe (hyacin- 
thus) , jour (dturnum), journal 
(diurnalis). — On trouve deja jor- 
nalis, et \ornus, dans les chartes 
carlovingiennes. 

3° G : abreger (abbreviare), all& 
ger (allevtare), assizer (assediare), 
changer (cambiare), deluge (dilu- 
vium), danger (dominianum), es- 
courgee (excoriata), frange (fim- 
bria), flageolet (Hauttolus*), leger 
(leviarius*) , louange (laudemiaj, 
liege (levtum) , pigeon (piptonem), 
rage (rabies), sage (sapius), sieger 
(sediare), songe (somnium), son- 
ger (somniare), Saintonge (San- 
tonia) , singe (simium) « sauge 
(salvia), sergent (servtentem), sou- 
lager (subleviare), tige (tibia}, ven- 
dange (vendemta), verger (viridia- 
rium). 

C'est de la meme man i ere que 
s'est opere le changement de ia , 
£o. &u, en \e, ge, dans les mots 
tels que deusque (jt/sque), cavea 
(cage) etc. 

Dans les formes regulieres lati- 
nes, lanea, cavea, commeatus, 
hordeum, deusque, Ye fut de 
bonne heure remplace* par t\ et 
bien avant les temps merovingiens, 
les inscriptions offent commune- 
ment les formes lania, cavia, com- 
mialus, hordium, diusque [de me- 
me qu'en francais leonem devient 
lion); ainsi ramenees de ea.tu, A 



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ABS 



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ABS 



ia, iu, ces dipbthongues se com- 

{>ortent comme on T'a vu tout a 
'neure, c'est-a-dire que Ft de- 
vient /, et lania, commiatus, ca- 
via, hordium, diusque, prononces 
lanja, commjatus, cavja,hordjum, 
djusque, donnerent respective- 
ment lange, conge", cage, orge> 
jvsque, etc.... 

Voici la liste complete des mots 
de ce genre : la, lo, iu deviennent 
ch apres une consonne forte, j ou 
g apres une consonne douce : 

1° Ch : roche (rupea). 

2° J * je (ego, plus tard eo). jus- 
que (deusque) , jus (deorsum), ca- 
jdler (caveolare*). 

3° G : auge (alvea), cage (cavea), 
cierge (cereus), conge (commea- 
tus), etrange (extraneus), grange 
(granea), lange (lanea) , linge (li- 
nea), longe (lumbea), neige (nivea), 
orge (hordcum), plonger (plum- 



beare), rouge (rubeus). 

. _ ore 
D. abreuvoir. 



Abr cuver, voy. breuvage. — 



Abrevlateur, du L. abbrema- 
tor. 

Abrevlatlon, du L. abbrevia- 
tionem. 

Abvi, etymologie inconnue. — 
D. abriter. 

f Abrleot, venu au seizieme 
siecle de Fespagnol albaricoque , 
portugais albricoque.— D. abrico- 
tier. 

Abroger, du L. abrogate (an- 
nuler).—D. abrogation. 

Abrupt, du L. abruptus (es- 
carpe). 

Abrutlr, -tesement, v. brute. 

Absclsse, du L. abscissa (cou- 
ple). 

Absent, duL. absentem (meme 
sens). — D. absence, du L. absentia. 

Abslde . du L. apsidem (voute). 

Absinthe, du L. absinthium e 

Absolution, du L. absolutio- 
nem (acquittement). 



Absorber, du L. dbsorbere (a- 
valer). — D. absorption. 

Abso%*dre, du L. absolvere (ac- 
quitter). — Ce mot etait dans notre 
ancienne langue absoldre, plus 
anciennement absoWe, formes qui 
6clairent la route s^ivie, et mon- 
trent mieux, la marcbe du mot 
latin. Absolvere est devenu o5- 
solre par la cbute irreguliere de 
Ye penultieme atone (voyez atten- 
dre) ; a son tour absolre est devenu 
absoldre par Intercalation d'une 
lettre nouvelle, entre les deux li- 
quides. On sait combien ce pheno- 
mene philologique est frequent 
dans notre langue : 

Les mots comme humttis, cu- 
mulus, danslesquels la penultieme 
breve tombait, devenant hurofts, 
ciimius, etc..., les deux liquides 
(ml) se trouvaient alors en pre- 
sence, et pour eviter ce choc desa- 
greable, on intercala la lettre b, 
humlis devint hum-(byie ? ctimlus 
devint com~(b)4e. — Voici ces in» 
tercalations : 

1° ML devient mU : htimilis 
(humble), cumulus (comble), si- 
mulo (semble), insimuJ(ensembJe), 
tremutare (trembler). 

2° MR devient mbr : numerus 
(nombre), camera (chamore), Ca- 
meracum (Cambrai), cucumerem 
(concombre), camerare (cambrer), 
marmor (marbre\ 

3° LR aevient Idr .• moudre, fou- 
dre, uoudre, dans lesquelsl'u est 
un aaoucissement de t, etaient en 
vieux francais moldre (m6lere), 
foldre (fulgur) ? poJdre (putoerem), 
formes qui mieux que le francais 
moderne montrent comment s'est 
oper£e la permutation. 

4° NL devient ngl : spinula (e- 
ping/e). 

5*NR devient ndr :cinerem(cet*- 
dre), ingenerare (engendrer), plan* 
gere tolaindre), ponere (ponareX 



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ABS 



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ABS 



summonere (semondre), gener 
(gendre), tener (tendre), Por- 
tus-Veneris (Port-Vendres), Vene- 
risdies (vendredi), minor (moin- 
dre). 

Enfin,au treizieme siecle, absol- 
dre subit une derniere transfor- 
mation; I s'adoucit en. u, et nous 
arrivonsala forme presents absou- 
dre. (Pour Fhistbire de cet adou- 
cissement de I en u, voyez au mot 
agneau). 

Abm&ute, vieux francais absoUe, 
du L. absolute, (d6livree). — Abso- 
luta participe passe de absolvere a 
en frangais deux formes • absoute, 
qui est accentuee sur le radical 
(absdluta), — et absolue qui est ac- 
centuee sur la terminaison. On dit 
que la premiere forme est forte t et 
qu'absoute est un participe passe 
fort, — que la seconde forme est 
faible, qu 1 absolue est un participe 
faible. (Sur cette distinction, voir 
ma Grammaire historique de la 
Langue francaise, p. 200-220). — 
On voit par Vexemple de absoute 
participe devenu substantif (et 
nomme pour ce motif substantif 
participial) que les langues ro- 
manes et le francais en particulier 
possedent la faculty remarquable 
de former des substantifs avec les 
narticipes passes : c'est ainsi que 
nous disons un recu, un fait, un 
du, qui sont les participes passes 
de recevoir, faire, devoir. Mais 
c'est surtout avec les participes fe- 
minins, issue, vue, 6touff6e, venue, 
avenue, etc., que s'exerce cette 
propriety. Le nombre de substan- 
tifs obtenus par ce proc6d£est con- 
siderable, car notre langue forme 
des substantifs avec les deux clas- 
ses de participes, les forts aussi 
bien que les faibles : 

1° Avec les participes faibles (ou 
reguliers) : chevauchee, accouchte, 
fauchee, tranche" e> avenue, battue, 



true, diconvenue, entrevue, iten* 
due, issue, revue, tenue, etc. 

2* Avec les participes forts (oa 
irr^guliers) : un dit, un joint % un 
re"duit, un trait (tractum), etc.... 
La plupart des participes forts de 
Pancien francais, tels que vente 
(vendita), prirent en francais mo- 
derne la forme faible (vend-ue),— 
disparurent en tant que participes 
passes, mais persisterent en fran- 
cais, sous la forme de substantifs. 

Voici la liste de ces participes 
forts (ou de tous ceux qui pre- 
sentent quelque interSt) bors d'u- 
sage comme participes, et conser- 
ves encore comme substantifs*, 
« liste interessante surtout au point 
de vue de l'bistoire de l'accent la- 
tin, dont ils dlmontrent la puis- 
sance au temps de formation de la 
langue. » 

En regard de l'ancien participe 
fort devenu substantif, et de son 
radical latin, nous placerons la 
forme moderne, c'est-a-aire le par- 
ticipe faible correspondant 

1. Premiere conjugaison : em- 
plette, implicita (employee), — 
exploit, explicitum (eploye'). 

2. Troisieme conjugaison. — 
meute, mota (mite), et son com- 
pose Emeute, emota (emue). — 
points, puncta {poindre au sens 
de piquer, pilngere). Ce mot est 
rest£ comme participe dans l'ex-» 
pression courte-pointe, vieux fran* 
$ais coulte-pointe, du latin culciUx 
puncta . — course, cursa (courue). 
— entorse, intorta (tordue). — 
trait, tractum, et les composes 
por-trait, retrain traite, etc.... — 
source (surgie), et son compose 
ressource. Le verbe est sourdre 
(surgere). — route, rupta (rotn- 
pue) y et ses composes deroute, 
banqueroute , c'est-a-dire banque 
rompue. — defense, defensa (de'' 
f endue), et les congeneres offen- 



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AGA 



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ACC 



te, etc. — tente, tenta (tendue), 
et les composes a/ten te, detente, 
entente, etc.... — rente, reddita 
(r endue). — pente , * pendita (pen- 
due), et les composes soupente, * 
suspendita (suspendue). — vrnte, 
vendlta (vendue). — perte, perdita 
(perdue). — quete, qua?sita et les 
composes conquete, requeue, en- 
queue . — recette, recepta (regue). 
— dette, debita (due). — re- 
ponse, responsa (repondue). — 
eute, electa (due). 

On remarquera que la premiere 
conjugaison , a laquelle appartien- 
nent(nous I'avons vu au mot aboi\ 
presque tous les substantia ver- 
baux, n'a produit par cela m£me, 
qu'un tres-petit n ombre de sub- 
stantifs participiaux. 

Absteme, du L. ab&temius (m. 
s.). 

Abstenlr. du L. abstinere (pri- 
ver). — D. abstention, abstinence, 
du L. abstinentia (continence). 

Abstergcr, du L. abstergere 
(nettoyer). — D. abstersion. 

Abstraction, du L. abstrac- 
tionem (enlevement). 

Abotralre, du L abstrahere 
(detourner), voy. traire. — D. 
ibstrait. Voy. traiU 

Absurd e, du L. absurdus (de- 
sagreable a Toreille) — D. absur- 
dity 

Abui, du L. abusus (mauvais 
usage). — D. abuser, abusif. Voy. 
au mot des abuser. 

Acubit, qualite bonne ou mau- 
vaise d'une cbose ; ce mot avait a 
Torigine le sens d'achat; et s'est 
restreint par la suite a l'objet 
achet6 , a Tetat ou ja la condi- 
tion de l'objet achete, enfin aux 
qualites de tout Tobjet en gene- 
ral. Acabit est une corruption du 
bas latin accapitum qui dans les 
coutumes sign i fie droit d' entree, 
et n'est lui-meme qu'un compo- 



st barbare du latin caput (rede- 
vance). 

Acacia 9 mot latin introduit 
dans notre langue par les bota- 
nisteSj et qui designait chez les 
Romains le robinier a fleurs blan- 
ches : plus heureux que beaucoup 
d'autres noms botaniques (mimosa, 
salvia, etc..) qui restent confines 
dans le vocabulaire des savants, 
acacia a pris pied dans la langue 
populaire, ou il est maintenant 
etabli au ineme titre que les mots 
latins comme factum, examen t 
omnibus, lavabo, etc.... 

Academic, du L academxa 
(jardm voisin d'Athenes ou Platon 
enseignait, puis par extension, 
toute reunion de savants ou de 
philosophes). — D. acaddmique, 
acadimicien. 

t Acajou, mot americam, im- 

porte en Europe au dix-huitieme 

siecle, avec le bois qu'il d£signe. 

A canine, du L. acanthus 

(meme sens) 

Acuriutrc, gtymologie incon- 
nue, voy. chere. 

Accabier, qui signifie, a Tori- 
gine, jeter par terre, renverser, 
ecraser sous un choc, derive du 
vieux francais cable (comme atta^ 
bier derive de table). — Ce mot 
cable qui designe dans notre an- 
cienne langue une machine de 
guerre servant a lancer des pierres 
| est a Torigine caable, plus ancien- 
nement cadable, et vient du bas. 
I latin cadablum, cadabulum qui 
1 avait le nieme sens Cadabubim a 
I son tour derive du grec xataCoX^ 
; (renversement) Ce mot nous est 
venu des Byzantins, comme beau- 
coup d'autres termes d'art mili- 
taire du moyen age 

Sur la chute de Vu p6nultieme 
1 dans cadab(u)lum = cadable, voi! 
i au mot able — Quant a la dispari- 
I tion du d medial ca(d)ablum, qui 



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ACC 



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ACC 



doime cadaUe f puis caable, et 
cable, ce phenomene est ordinaire 
en trancais, temoin aimant de o(d)- 
amantem, asseoir de assizer e, 
bailler de ba(d)aculare* , bayer de 
ba(d)are, b^nt'r de bene(d)icere , 
chance de ca(dfcnfta, caotr de 
c«(d)erc, c/iute ae ca(d)ufa*, con- 
fer de confi(d)are * , confian ce de 
con/?(d)en*ia, croyance de crf(d)en- 
Ita, crud de cru(d)eJts, cre'ance de 
cre(d)«ntta, cruauti de cru(d)eJtfa- 
Jem, dtfnw^ de derjw(d)a<Ms, d£- 
che'ance de deca(d)entia , diman- 
chede die{d)ominica , icMance de 
esca(d)en4?a*, enfouir de tn/o(d)e- 
re, envahtr de mt?a(d)ere, /feat de 
fi(d)elis, fiancer de /i(d)enfiare*, 
/ler de /frd)are, /outr de fo(d)ere. 
fouiller de fo(d)iculare* , gfia'teuJ 
de </fo(d)ioJu$), gravir de </ra(rl)i- 
re*, joy aw de 0au(d)teMum, j- m> 
de 0au(d)er«, joyeux de 03w(d)to- 
tfn», nit/ de ;*tt(d)a?ns, ioiter de 
Iau(d;are, rnoeiie de me(d)nMa, 
me" chant de Tntnttsca(d)entem * , 
mottle" de tne(dye totem, mot/m de 
ttie(d)tawtt$, moyen de mo(<i)»*oius, 
niats de ni(d)acem, noiter de no- 
(d)are, noueux de no(d)osus, nef- 
toyer de mft(d)are, ob^t'r de obe- 
(djtre, ouir de au(d)ire, parvis de 
para(d)isw*, p^« depe(d)af icum*, 
pion de pe(dW/em), pou de pe- 
(d)uclus *, prestfance de pra?si(d)en- 
tta, ravcon de re(d)empfionem , 
*uer de su(d)are, suaire de sw(d)a- 
ftum, *&nr de severe, stance de 
se(d)e7tfta, trahir ae fra(d)ere, fra- 
/it'jon de fra(d)iftonem, iraitre de 
tra(d)itor, t'otr de i;t(d)ere , — pour 
ne citer ici que les cas ou la con- 
sonne m&iiale d precede la voyelle 
tonique. 

Accaparer, ce mot, qui signi- 
fie originairement acheter, en 
dormant d'avancedes arrhes, toutes 
les marchandises d'un marche, 
pour les revendre a un prix fac- 



tice, est une corruption du bas- 
latin accaparrhare, dont le primi- 
tif caparrhare, est forme de capere 
et de arrha (arrhes), litteraleoient 
prendre a arrhes. 

I Acceder, du L. accedere (meme 
sens) . 

Accelerer, du L. accelerare, 
(hftter). — D. acceleration. 

Accent, du L. accentus (into- 
nation). — D. accentuer, accen- 
tuation. 

Accepter, du L. acceptare (re- 
cevoir). — D. deception, accepta- 
ble, acceptation. 

Acces, du L. accessus (entree). 
— D. accessoire. 

Accessible, du L. accessibilis 
(dont on peut approcher). 

Accession, du L accessionem 
(action dapprocher). 

Accesslt, mot latin, introduit 
dans le Ian gage scolaire . acce&sit 
signifie litteralement il s'est ap- 
proche" (du prix) sans y atteindre. 

Accident, du L. accidentem 
(ce qui arrive). — D. accidentel. 

Ac clamor, du L. ace lam are 
(crier). — D. -ation. 

Acclimater, voyez climat. 

Accointance , frequentation, 
derive d'accointer (frequenter), 
voyez ce mot. 

Accointer, frequenter, du L. 
accognitare* (meme sens), verba 
forme du participe cognitus (con- 
nu). — Sur la creation de verbes 
nouveaux a l'aide de participes la- 
tins, voir V Introduction, p. xxxiv. 

En comparaot accogn(\)lare k 
accointer, on voit aisement que Yi 
bref atone qui precede immediate- 
ment la voyelle latine tonique a, 
a disparu, et q\i'accogn(L)lare, de- 
venu accogn'tare a donn6 accoin- 
ter, comme pugnus . unctum, Ion- 
gk y punctum, out donne poing, 
oint, loin, point. 

On sait que cette chute de la 



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AGG 



Ik 



ACC 



voyelle atone breve precedant im- 
mediatement la voyelle tonique 
avait deja lieu dans le latin popu- 
late : ou le latin classique disait 
alabaster, coag(ti)lare y pos(l)tu- 
ra, vel{&)ranus, le latin populaire 
disait albaster, coaqlare, poslura. 
vetranus. Le francais a developpe 
cette tendance propre au latin, et 
on a fait une regie generate que 
Ton peut ainsi formuler : Toute 
voyelle atone pre'ce'dant imm6dia- 
tement la voyelle accentuee comme 
i dans san(i)tatem, et e dans coe- 
m(e)terium, disparaiten francais 
si elle est brdve (san[tjtatem de- 
vient sant6), et persiste, si elle est 
longue (coem[e]terium devient ci- 
meiiere). C'est en vertu de cette 
regie qu'accognifttare a perdu sa 
voyelle t, en passant au francais. 
Yoici les exemples qui confirment 
cette loi, et en demontrent la per- 
siatance : 

1° Avec la voyelle A : albdtre de 
al{tybastrum , — bouvreuil de bo- 
(S)rtolus*, — denre'e de den(a> 
riata*, — sevrer de sep{$)rare. 

2° Avec la voyelle E : ancitre 
de antecessor, — abreuver de 
adbibtyrare* ', — armoise de ar- 
(tejim'sw, — bercail de t>er (va- 
cate, — breuvage de bib(£)rati- 
cum*y — cambrer de cam{&)rare t 

— chambriere de cam(&)raria, — 
cervoise de cer{8)visia, — cervelle 
de cer$)bella, — cerveaude cere- 
bellum, — cendreux, de ctn(6)ro- 
sus, — cerfeuil de caer(&) folium, 

— couvrir de coop(&)rire, — de*- 
nombrer de dinum{$)rare, — di- 
sirer de dest(d6)rare, — destrier 
de dext[&)rarius,- — engendrer de 
ingen(&)rare, — ermite de er(e> 
mtla. (Ce mot est bref dans Pru- 
dence) — livrer de lib[S)rare, — 
lettri de litt{&)ratus, — merrain 
de mat(g)rtamen, — madrier de 
mat(&)riarius* 9 — me'nestrel de 



minist{&)rialis , — o/fWr de o/RS)- 
rere*, — offrande de off{&)renda* t 

— oievrer de op(6)rare, -- out?ricr 
de op(6)rart'tw. — puree de ptp(e> 
rata , — palefroi de parat?(e)re- 
dus, — recouwer de recup(S)rare 9 

— souffrir de sufft&yrere , — tem- 
per de temp(&yrare, — terser de 
vert?(6)cartu$. 

3° Avec la voyelle I : accointer, 
de accogn(i)tare , — accouder de 
accttfe(i*fare, — allumer de adtii- 
m(l)nare, -- amertume de amar(Q- 
tudinem, — amtWde amt'(ci) to- 
tem*, — dnter de as(i)nartu*, — 
aumaille de an(i)moit'a, — dprete" 
de asper(j[)to<em, — arpent de 
ar(i)prants , — arfcmseau de ar- 
b(6)ricellus , — archal de aier(I)- 
chalcum, — arracher de era(dl)- 
core, — bonte 1 de fron(I)tatem, — 
beaute" de 5eW(i) totem, — bondtr 
de bomb (i) tare, — bouger, de 6u- 
J(I)eare, — cadastre de cap (I) tan- 
trum*, — cadet de cap(i)tettum, 

— cuider de cog (ft tare,— cadet de 
cap(i) tettum, — cerner de etr(cl)- 
ware, — cerneau de ctr(tf)nelluf, 

— charmer de carmfljnare, — 
charniere de card(I)naria , — 
chauffer de cal(&)facere, — cio- 
c/ier de clopp(!)care*, — . rfdtwre 
de claus{i)tura t — cite* de ct(vl)- 
tatem, — chaudiere de cai(I)da- 
rta, — clergi de cJer(!)cafu#, — 
c/ierte* de car (i) totem , — comU de 
com(i)tatu«, — cruaute* de crude- 
ly) tatem , — coucUe de cub (i) tata, 

— charger de carr(i)care, —com- 
mencer de ct*min(i)tt*are, — com- 
munauti de communai(i) totem, 

— cheptel de cap(I)fate, — ckre- 
tiente de christ ian[i)tatem, — c/ie- 
vaucher de cabaMfljcare, — 'clarM 
de clar(I)tatem, — convolver de 
cuptd(I)tare*, — cousin de cuZ(I) 
ct'nus, — dompter de dom(I)fare, 

— douterde dw6(I)tore, — dortotr 
de dorm^tortuwi, — dtmer de de- 



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c(i)mare y — demoiselle de domi- 
n(i)cceUa y — damoiseau de domi- 
n[t)cellus , — donjon de dom(I) nio- 
nem*, — danger de dom(I)nta- 
rium*, — e'chauder de earcald}- 
dare* , — epancher de eajpand(i)- 
corc*, — essaimer de exam(\)nare, 

— Scorcher de escor(X)care*, — 
itourdir de extorp(I)dtre, — <foet*J- 
Jer de em'0(I)tore, — itabiir de 
tfa&OQkre, — /ierte* de fer(L)tatem, 

— fcoute' de fidel® totem, — fan- 
yeux de fam(L)cosus 9 — forger de 
fa6r(I)carc. — ficelle de /W(I)ceJto 

— ficher de (/tyl)care, — fougere 
de JiiOQcarta, — germer de grer- 
m(l)nare, — Writer de heredbX)- 
tare, — h&ritier de hered(i)larius- 

— hideux de histytydosus, — horn- 
mage de /iom(I)na(tcum, — hdtel 
de /<o*(pi)toie, — entamer de tn- 
tom(f)nare, — inimitit de inimi- 
(cl) totem, — juger de yu(di)care, 

— jauger de qualify care . — 
jouvenceau de juuenflQceMt***, — 
ftnteau de Wm(X)fettu**, — tomtere 
de iuw(I) nana, — loyautt de £e- 
0aJ(i)totem, — lointain de Jon#U)- 
tormw*, — mdcher de m<w(ii)care, 
•— mouture de moi(f)fura, — meu- 
nitr de mo/(l)narittfii, — monceau 
de mon(ticeitfcm, — na</er cfe na- 
v(T}gare, — nommer de nom(i)na- 
re, — nouveaute' de novell(i)tatem, 
•— narawer de nar(I)care*, — or- 
niere de orb(I)tarta, — oiseau de 
at?(I)eeMu$, — orfraie de os*(l)- 
fraga, — otogre de obs())diaticum, 

— porter de pos(l)tare t — peigner 
de pcc(tf)nare, — poussin. de 
pti/i(I)cenu*, — preacher de pr#- 
(di)care, — posture de »os(i)Mra , 

— papauti de papai(iQtotem, — 
parcelle de part(i)celto, — pencher 
de pend(jQcare, — pinceau de pen- 
n(2)citfum, — plonger de p/um- 
(bl)care, — ponceau de j>un(l)ccl- 
lus, — primauU de prima/(I)to- 

em. — pnnctpau/^ de principa- 



1(1) totem — privauU de prtt?ai(I)* 
to/em, — raetne de ra(dl)ctna, — 
royauti de re</a((I)totero, — ron-. 
flrer de rum(I)^are, — rdcher de 
r<w(I)care*, — rtnceau de ram(\)- 
cellum, — repentir de repcm(l)(e^ 
re, — r&eau de re(lf)ceUum, — 
retentir de relinn(I)tore, — rutt- 
| xeaw de ri(\t)cellus y — semailles 
de sem(I)naha, — counter de *a- 
l(t)narius t — soucier de *oM(i)- 
cttore, — semaine de *ep(tf)mana, 

— jentter de sem(i)tortum, — 
saussaie de faJOQceturo , — souder 
de *oi(I)dare, — souctotn de su- 
o(I)tonettf*, — temer de sem(f)na- 
re, — «//ler de sifti)lare, — «a« 
rete* de secur{l)tatem, — *an(^ de 
*an(I) totem, — toter de tax(I)tore, 

— tinter de ttnn(I)tore , — te'moin 
de fe*f(I)monuim, — vernir de 
vttr(Qntre, vanter de van(I)tore, 

— vet'Mer de i?t^(i)tore ? — venger 
de i?tn(dl)care, - verdir de rtr(i)- 
dare, — verger de vtrGQdtartum. 

4° Avec la voyelle : coucher 
de coll{<b)care, — corvie de eorr(o> 
goto y — etJ^cAe* de episc(6)patus f 

— eroMee de tnv(6)toto, — levrier 
: de /ep(6)rortti«, — horloge de /io- 

r(6)logium, — marbr6 de mar- 

1 mfyratus, — poitrine de pec<(6)- 

1 rtna*, — potfrati de pect(6)rale, 

i -- perstl de petr(6)selinum [tcc- 

TpoaeXivov ] , — tournois de tw- 

r(6)nen«i«, — vautrer de toW(ti)- 

tore*. 

5° Avec la voyelle U ; ambler 
de amb[ii)lare, — affubkr de a//i- 
b(ti)tore, — bailler de baj[x£jlare, 

— bdcler de bac(d)tore, — 6ow- 
cier de buc{Q)lare, — bnUer de 
pefusf(u)tore*, — cailler de coa- 
g(ti)tore, — compter de comp(tt)- 
tore, — cercler de circ(tt)/ore. — 
croiiierdecorot(Cl)tore, — como/ef 
de cum (<i) tore, — coupier de co- 
p(u) tore, — cintrer de ctntf(tt) ra- 
re. — chancir 4© ean(tt)*ire. — 



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einglerde cing(H)lare, — eonter 
de comp{xL)tare y — emprunter de 
improm(&)tuare, — Wrangler de 
$ t rang{vL)lare , — fabliau de fab(u)~ 
lellus, — filer de fiss{ix)lare, — 
fouiller de fodic{H)lare, — /wWer 
de uM(ii) tare, — jongler de;oc(u> 
lare, — jongleur dejoc(a)latorem, 

— tneTerde misc(u)larc, — mon- 
ger de mod (tt) (are, — marguillier 
de ma<rtca)fariMs, — ourJer de 
or(fl)/are, — peuplier de pop(u)- 
Jariu**, — ptirir de pisf(a)rt're, 

— peupler de pop(u)Zar e, — y>out7- 
leux de pedic((i)M)su£, — pirilleux 
de pmc(Cl)/osus, — fdcZcr de ras- 
c(u)iare*, — miller de rad(u)lare, 

— rouJer de ro*(ti)lare t — rtgler 
de reg(tl)lare , — *arcltr de sar- 
c(u v Jare, — soieiMerdesttc(u)tare, 

— sablon de sab(ti)Jon*m, — sem- 
bler de s»m(a)Jare, — tanglier de 
ttftgt( d){am), — sangler de cin- 
<;(u)Jare, — tableau de tab(ti)^- 
Jus, — JroubJer d turb(ti)lare, — 
trembler de trem{H)lare , — ongf/^e 
de un0(ii)Jafa. — r07in de t?i(ttt)- 
Unus , — jat'Wir de jac[Xi)lari. 

f accolade, venu au seizfr- 
me siecle de l'italien ace o lata 
(m. s.). 

ifccolet* , voy. eol. — Accom- 
moder, voy. commode, — D. ac- 
commodement. 

if ceom pet gnet*, -me*U, voy. 
compaction. 

if ccomplit*, du bas-latin ac- 
complere*, compost forme de la 
preposition ad, et du verbe classi- 
que complere (accomplir). — D. 
accomplissement. 

Ve long accentue de complete, 
est devenu i en francais (accom- 
plir), comme dans aholt'r (anolere) , 
appartenir (adpertineYe), avertir 
(avertere), charptr (carpSre) , d'ou , 
charpie), empltr (implere), fleurtr 
(florae), jouir (gaude*re), languir 
{tanguSre), moistr (muctfre), offrir 



(offe-rere*), pourrtr (putrere*), re- 
penttr (repoenitere) souffrtr (sunere- 
re*), soutentr (sustinere*) tenir (te- 
nere). — E latin accentue devient 
encore i en francais, so it quand il est 
long dans : Alt'se (Alesia), boutique 
(apotheca), brebts (vervecem), cire 
fcera), complies (compietae), con- 
vi (confectus), eglise (ecclesia), 
t'vre (tfbrius), loistr (licere), mai- 
gn's (macresco), merci (mercedem), 
nt (ne), pris (prensus), pousst'n 
(pullicenus), parchemtn (perga- 
menum), pays (pagensis), pirje 
(pejor), pis (pejus), raisin (race- 
mus), registre (regestum), six 
(sex), tapis (tapetum), venin (vene- 
num). plaisir (placere), — soit 
quand il est brer, dans : dtx (de- 
cern), dime (decima), engin (inge- 
nium), 6pice (species), hermine 
(Armenia), lis (lego), mi (medius), 
nie (nego), prie (preco) . prto? (pre- 
tium), souct (solsequium) , Venise 
(Venetia), persil (petroselinum, irt- 
Tpo<T6>evov), 'ire (legere). 

E latin non accentue, ou atone, 
devient i en francais quand il est 
long, dans : tci (ecce-bic), icelle 
(eccilla), issu (exitus*) ? ivraie 
(ebriaca), ptneeau (penmcillum), 
diner (decanare) , — quand il est 
bref dans : ivoire febureus), liv£- 
che (ievisticum\ olifant (elephan- 
tem), pton (pedonem), scter (se- 
care). 

Accord, substantif verbal de 
accorder (voy. aboi). 

Accordcr, du bas-latin aecor- 
dare*j derive" de corda (coeurs), 
qui signifie propremeot raettre les 
coeurs d'accord, les reconcilier. — 
Au figure, ce mot a pris en musi- 
que le sens de mettre en harmo- 
nie, a Tumsson. — D. accordeur, 
de'saccorder (disaccord), raccorder 
(raccord). 

+ Accort, venu au seizieme sie-^ 
cle de l'italien accorto (fin, avise). 



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Accomter , dd bas latin occo*- 
tare compose de costa (c6te). — 
Accosler signifie originairement, 
toucher a la cdte, aborder. — Sur 
la persistance de Ys dans accosler, 
voir ail mot abime. 

ilceotet*, Etymologic incon- 
nue. — D. accotement. 

Accouche*, derive de couche, 
comme aboucher de bouche. — Voy. 
au mot couche. — L'histoire de ce 
mot est un exemple de ces res- 
trictions de sens dont nous avons 
parle dans V Introduction . accou- 
cher, au douzieme siecle, signifie, 
comme I'indique son etymologie, 
se mettre en la couche, s'aliter. 
Mathieu de Montmorency, dit Ville- 
hardouin, accoucha malade , et 
tant fut agreve" (aggravatus), qu'il 
mourut. Joinville, malade, se 
sert de la meme expression : « Et 
pour les dites maladies, faccou- 
chai au lit malade, en la mi-ca- 
rime. » — Accoucher qui, a l'ori- 
gine, signifie seulement se mettre 
au lit, se rest reign it bientdt au 
sens de s'aliier pour cause de ma- 
ladie, et plus tard s'aliter pour en- 
fanter; et par m6 tap ho re Taction 
elle-mSme d'enfanter. 

Accowder, du L. accubitare 
(venu de cubitus, coude). — Trois 
changements ont eu lieu dans ce 
mot : 1° la chute de Yi bref atone 
qui precede immediatement la 
voyelle tomque accub(\)tare , con- 
formement & la regie ci-dessus 
demontr6e au mot accointer. — 
2 a Par cette chute de Yi, b eU mis 
en presence, et brusquement rap- 
procbes accub'tare, sechangent en 
d, accouder. Ce changement de bt 
en d, se retrouve dans les mots 
suivants : bontfir ( boinbiJare ) , 
coude (cubitus), coudee (cubttata), 
gourde (cucurbita), orniere cor- 
ruption du vieux franc, ordiere 
(orbifaria) , soudain (subitaneus). 



— 3*Le changement de u latin en 
ou: accub'tare = accouder. 

U latin accentue devient on en 
francais, quand il est bref dans : 
joug (juKum), loup (lupus), od, 
(ubi), arbouse (arbuteus), gou/e 
(gula), vautour (vulturius) , — 
quand il est long par nature, dans : 
coucou (cuculus), — quand il est 
long par position, dans : boucho 
(bucca), boucle (buccula*), bourg 
(burgus), bourre (hurra), bourse 
(bursa*) , carrefour (quadrifur- 
cum), coupe (cuppa), coude (cu- 
bitus), cours (cursus),courbe (cur- 
va), court (curtusj.croilte (crusta), 
deroute (derupta) , aouMe (duplus*) , 
douille (ductilis), ensouple (insu- 
bulum), etouppe (stuppa), four 
(furnus), fourche (furca), foulque 
(fulica*), godt (gustus), goutte 
(gutta), gourd (gurdus), gourde 
(cucurbita), houppe (hupupa), jour 
(diurnum),loura (luridus*), louche 
(luscus) , langouste (locusta), lou- 
tre (lutra), mouche (musca), moule 
(musculus), motU (mustum), ours 
(ursus) , outre (utrem), poule (pui- 
la), pouls (pulsus), poutre (pulie- 
trus ) , pouppe (puppis) , pourpre 
(purpura), pousse (pulsa*), res- 
cousse (rescussa), rouge (rubeus, 
rubjus*), rouille (rubicula*), route 
(rupta), roux (russus), soill (satul- 
lus), sous (subtus), sourdre (sur- 
gere), sourd (surdus), secousse 
(succussa), secours (succursus*), 
souple (jupplex), souffre (sufiero), 
tour (turris), tourbe (turba), tourd 
(turdus), toux (tussis), trouble 
(turbulo). 

U latin non accentue ou atone, 
devient ou en francais, quand il 
est bref, dans : couenne (cuten- 
na*), couver (cubare). coucou (cu- 
culus) , gouverner (gubernare), 
gouvernail (gubernaculum), jou- 
venceau (juvenicellus) , secouer 
(succutare *), sou vent (subinde), 



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— quand il est long par nature, 
dans engloutir (inglutire), pou- 
pee (pupata *) , glouton (gJuto- 
nem, — quand il est long par po- 
sition, dans: aj outer (adjuxtare*), 
bouclier (buccularius *) , bouger 
(bulicare*). bourrique (burrica*), 
couette (culcita*), courir (currere) , 
courtier (curatarius*), douter (du- 
bitare), 6tourneau (sturnellus*) , 
fourneau (furnellus*), fouler (ful- 
lare*), foulon (fullonem), jouter 
(juxtare*),nourrir (nutrire), nour- 
risson (nutritionernj, poulain (pul- 
linus) , pourpier (pullipedem) , 
pourrir (putrere*), poussif (pulsa- 
tivus*), pousser (pulsare), recou- 
vrer (recuperare) , routine (rup- 
tina *), soudain (subitaneus *), 
souvenir /subvenire), sourire (su- 
bridere*), soumettre (submittere), 
secourir (succurrere *) , souffler 
(suf flare), souffreteux (suflractus*) , 
souffrir (sufferere*), soulager (sub- 
leviare *), soulever (sublevare), 
souiller (suculare*), soupcon (sus- 
picibnem) , soupir (suspirium), 
soupirail (suspiraculum) , sourcil 
(superciiium) , soutenir (sustinere) , 
souterrain (subterraneus) , sou- 
verain (superanus *) , tourtereau 
(turterellus) , tousser (tussire), 
tournois (tuionensis) , troubler 
(turbulare). 

Aceoupler , voy. couple. — 
D. accouplement. 

Accourcir, voy. court. — D. 
raccourcir. 

Accouri* ,du L. accurr ere (cou- 
rir vers) , compos6 du verbe currere 
(courir). — Currere ayant la p6- 
nultieme breve, et Paccenttonique 
sur u, doit donner non pas courir, 
mais courre (reste* dans le terme 
de venerie, courre le cerf). II y a 
eu ici un deplacement fautif de 
l'accent latin, deplacement qu'on 
retrouve aussi dans gemere, quae- 
rere % fremere, qui ont donn6 dun 



■ c6t6 les formes r^gulieres geindre, 

I querre^ freindre, — de Pautre les 

formes irregulieres frtmir, quirir, 

ge'mir, cependant ce deplacement 

! de l'accent tonique n'est point le 

fait du francais; il remonte au latin 

l rustique qui a cdte des formes 

: proparoxytones gemere, quaerere } 

\ fremere, currere, avait ct66 des 

I formes oxytones en ire, et disait : 

gemire, quaerire, fremire, currire 

I (on a trouve gemtre pour gemere 

dans une inscription decouverte k 

Vienne, en 1860), d'ou sont venus 

I courir, frtmir, ge'mir, que'rir. — 

• Ce fait explique du mfime coup et 

| justifie la formation des 15 verbes 

; suivants, accentues en latin sur 

I l'antep6nultieme, et en francais sur 

| la penultieme : agir (agere), con- 

i struire (construere) . de'truire (des- 

truere), fouir (fodere), enfouir 

(infodere), envahir (invader e), 

faillir (fallere), gesir (jacere), ra- 

vir (rapere) , trahir (tradere) , vo- 

mir (vomere), avertir (avertere), 

convertir (convertere) , flechir (flec- 

tere), r6gir (regere). — Plusieurs 

de ces mots, agir, rigir, semblent 

modernes et d origme r6cente ; il 

n'en estrien, car ils auraient donnS 

non pas agir et rigir, mais ager 

(agere) , riger (reger.e) , comme 

imprimere a donne impirimer, et 

tixere tisser. 

Sur le changement de u latin 
(accurrere) en ou (accourir), voir 
au mot accouder. 

Accow t t»e»», ,Jccou< n e m e»<, 
etymologie inconnue. 

Accottttimer , if ccowftt- 
tnoMce, voy. coutume. 
Aecredlter, voy. credit. 
Accrocy substantif verbal (voy* 
abot), de ace roclwr comme raccroc 
Pest de raccrocher. 
Accrochcr. voy. croc 
Accroire, au L. accredere (a- 
j outer foi). — Accredere & subi trois 



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changements saccessifs pour arri- 
ver au francais : 1° ll est d'abord 
devenu accred're par la chute re- 
guliere de la voyelle e penultieme 
breve (voyez cette regie au mot 
attendre). — 2" Par cette chute de 
Ye latin, d et r mis en presence, 
(accred're) se chaogeant en r (ac- 
croire), comme dans carftme 
(quadragesima),chaire (cathedra), ' 
croire (credere), conclure (conclu- 
des), d6sirer(aesiderare),exclure 
(excludere) , occire (occidere), i 
quarante (quadraginta), raire (ra- 
dere), fire (ridere). — 3° e latin . 
devient oi (accred're = accroire) . ! 
E latin accentue devient ot enfran- | 
cais quand il est long par nature j 
dans: avoir (habere) , avoine (ave- 1 
na), cot (quietus), choir (cadcre), 
chaloir (calere) , doulotr (dolere) , 
devoir (debere), espotr (sp«res) , 
fotre (fcriae), hotr (heres), lor le- 
gem), manotr (mancre), mouvoir 
(movere),mot (me),palefroi(para- 
veralus), pleuvot'r (pluere), pou- 
votr (potere*) , rot (rcgem) , seoir 
(sedere), sotr (serus), sot (se), soie 
(seta), tot (te) , totle (telum) , trots 
(tres),votle (velum), valotr(valere), 
voit (videre) , voulotr (volere*) , — 
quand il est long par position dans 
croire (credere), croCtre (crescere), 
droit (directus) , etoile (stella), 
mot's (mensis), motsson (messio- 
nem), potds (pensum) , poele (pen- 
sile) , privots (privensis*) , totse 
(tensa), toit (tectum). — II n'est 
pas inutile de rapprocher de ces 
formes falloir (fallere), savoir (sa- 
pere), et les verbes en ....cevotr 
(recevotr, concevoir, decevoir, etc., 
de recipere, concipere , decipere) , 
qui accentu6s en latin sur Pantfe- 
penultieme, ont deplacS l'accent 
sur la penultieme en francais ; cette 
erreur remonte sans douieau latin 
rustique 
£ latin inaccentu6 ou atone de- 



vient ot en francais, quand il est 
long dans loyal (legalis), loyaute 
(legalitatem), pottrine (pectorina*), 
pottrail (pectorale), royal (regalis), 
royaute (regalitatem), royaume (re- 
galimen*), soixante (sexaginta), 
voiture (vectura), — quand il est 
bref, dans: doyen, (decanus), noyer 
(necare). 

Dans un grand nombre de mots, 
tels que paraitre (parescere), fai- 
ble (flebilis), crate (creta), taie 
(theca), lisais (legebam), qui sont 
dans notre ancienne langue pa- 
roitre, lisois, foible, etc., Ye latin 
est devenu ai francais en passant 
par la diphthongue oi. 

ifcct*o»*t*e, du L. accrescere 
(croitre) a subi quatre changements 
pour passer au francais : 1" Chute 
reguliere de Ye penultieme bref 
(voyez cette regie au mot attendre); 
accrescere devient accrese're — 
2° Entre s et r ainsi. rapproches, 
intercalation euphonique d une den- 
tale : accres're =accre$-t-re, comme 
dans ance'tre (antecessor), altre 
(asser), croftre (crescere*), con- 
nattre (cognoscere), coudre (con- 
suere), etre (essere*), naitre (nas- 
cere) y pattre (pascere), paralfre 
(parescere), tistre (tixere). — 3° 
Changement de e latin en ot (qui 
a ete 6tudi6 au mot accroire), ac- 
cres're ou accres-t-re devient ac- 
croisfre qui est la forme du vieux 
francais. — 4° Ce vieux francais 
accroistre perd Ys (comme on l'a 
vu au mot abime), le remplace 
par un accent circonflexe , et 
donne la forme moderne atcroitre. 

Accroupir, voy. croupe. 

AccueiM) substantif verbal de 
accueiUir (voy. abot). 

Accueittir, du bas latin accol- 
ligere* (reunir, rassembler), derive 
du verbe classique colligere (re- 
cueillir) — Accolligere a subi trois 
changements pour arriver au frau- 



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ACC 



20 



AGH 



cais : 1° Ye latin ]>enultieme bref a 
disparu, conformement a la regie 
demontree au mot attendre ; ac- 
collig(e)re est devenu accottic/re. — 
2° Par cette chute de l'e latin, g et 
r etant mis en presence se sont 
changes enr (accolhc;Ve= accueil- 
lir), comme dans entiere (inteora) , ' 
flairer (frac/rare) noire (nigra), | 
pelerin (pereprinus) , paresse (pi- i 
oritia), cueillir (colho're), eiire 
(Slic/'re) , frire (frip're), lire (lec/'re). 
— 3° Vo deaccollig'ere est devenu 
ue: accolligere=accueillir, comme 
dans cueillir (colligere) , ecueil 
(scopulus), cercueil (sarcopha- 
gus.) : J 

En vieux francais, le son ue est 
dans certain cas Pequivalent du 
son eu, ceu ; ou nous disons bceuf, 
deuil, meute, cceur, le vieux fran- 
cais disait buef, dueil, muete, 
cuer 9 mots qui elaient prononces 
d'ailleurs comme ceux d'aujour- 
d'hui ; cette transformation de buef 
en bceuf, de cuer en cceur, nous ' 
montre qu'accolligere ayant donne 
accueillir, a l'originedela langue, 
ce mot devrait 6tre ecrit aujour- 
d'hui accceuillir, conformement a 
la prononciation logique. 

Quant au changement de o latin 
en eu, ou en ses equivalents eu, 
ceu, votci les cas ou il se rencon- 
tre. latin accentue devient en 
francais eu, ceu, quand il est bref 
dans': bceuf (bovem), queux (co- 
quus), cceur (cor), deuil (dolium*), 
feu (focus), feuiile (folium), jeu 
(jocus), lieu (plus correctement en 
vieux francais leu, locus), meule 
(mola), Meuse (Mosa), neuf (novus 
neuf (novem) . preuve (proba) , sceur 
(soror), seuil (solea), veux (volo) ; 
— quand il est long par position 
dans ailleurs (aliorsom), aveugle 
(aboculus*), ceuvre (opera), peux 

Eossum), peupie (populus), meu- 
le (mobihs), ceil (oculus), treuil 



torculus) : — quand il est long par 
nature dans heure (hora), emeute 
(emota), fleur (florem), leur (illo- 
rum), meute (mota), mceurs (mo- 
res), neveu (nepotem), nceud no- 
dus), prieur(priorem*),ceuf (ovum), 
queux (cotem), seul (solus), sei- 
gneur (seniorem), vceu, (votum) — 
couleur (colorem), douleur (dolo- 
rem), douceur (dulcorem) , pasteur 
(pa si o rem), et tous les suffixes en 
eur (voir au motatoreur), — amou- 
reux (amorosus*) et tous les suf- 
fixes en eux (voir au mot amou- 
reux) 

latin non accentue ou atorie, 
devient eu. quand il est bref, dans r 
demeurer (demorare), jeudi (jovis- 
dies) , — quand il est long, dans : 
pleurer (plorare) , meunier (moli- 
narius), peuplier (popular! um). 

ylcettlef, voy. ciU, 

Accumuler, du L. accumulate 
(entasser). — D accumulation. 

Accuser, du L. accusare (meme 
sens). — D. accusation, -attur, 
-atif 

Acerbe , du L. acerbus (aigre) 

— D. acerbiU. 

if eeVet* , garnir le fer d'acier, 
pour rendre un instrument plus 
tran chant. — Ace'rer vient non 
pas de la forme moderns acier, 
mais du vieux francais acer qui est 
la forme primitive de ce mot (voyez 
acier) : ace'rer est venu de acer, 
comme ulcerer de ulcere. 

Acetate, Aceteux, Aeetl- 
que 9 mots savants tires du L. ace- 
tum (vinaigre). 

Achalamder, voy. chaland. 

Acharncr , du bas latin acar- 
nore*, tire de carnem (chair)* 
comme decarnare ( decharner ) 
qu'on trouve dans Vepece. — 

— Acharner, avait a Forigine, 
comme acarnare, le sens de don- 
ner aux chiens, aux faucons, le 
goat de la chair, par suite exciter, 



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ACH 



21 



AGH 



irriter les chiens, ou les faucons. 
Ge mot , qui est dans le principe, 
unterme ae cbasse, s'etendit bien- 
t6t au sens d'irriter en general. 
Sur ces extensions de sens, voy. 

p. XXI. 

Au point de vue philologique, il 
faut signaler dans acharner, le 
changement du c latin en ch (acar- 
nare) . 

C latin (ordinairement dur), de- 
vient ch francos, — 1* au com- 
mencement des mots dans: champ 
(campus) , chance ( cadentia * ) , 
chaine (catena), chef (caput), c/iair 
(caro),chevre(eapra),chien (canis), 
chose (causa), champgtre (campes- 
tris) , champion (campioneoi *) , 
chicoree (cichoreum), chenal (ca- 
nalis), chape (cappa) chapeau 
(capellum*) chapelle (capella*), 
cheptel (capitale) , charnei (carna- 
lis), charnier (carnarium), chaire 
(cathedra, chaloir, (calere), chalu- 
meau (calamellus) , chaleur (calo- 
rem), chambre (camera), chancel 
(cancellus), chanceler (cancellare*), 
chancir (canutire), chancre (can- 
cer) chandelle (candela), changer 
(cambiare *) , chainoine (canonicus), 
chanson (cantionem *), chantre 
(cantor) , chanter (cantare) , chan- 
tier (canterium), ihanvre (canna- 
bis), chapeler (capulore), chapiteau 
(capitellum), chapitre (capitulum), 
chapon (caponem*), char (carrus), 
charger (carricare), charbon (car- 
bonem), c?iardon (cardonem*), 
chorrier (carricare) , chert6 (carita- 
tem), charme (carmen), charm e 
(eirpmus) , charniere (cardinaria*, 
charpentier (carpentanus), charpie 
(carpere * ) , charrue ( carruca ) , 
chartre (career), chasse (capsa), 
chasser (captiare*), chaste (castas), 
chasuble (casibula*) , chat (catus*), 
chataigne (castanea), chateau (cas- 
tellum), chignon (catenionem*), 
chatier (castigare) , chatouiller (ca- 



tulliare*), chatrer(castrare), chaud 
(calidus), chaud i ere (ealdaria*), 
chauffer (calefacere*),* chaume 
(calamus ) , chausse ( calceus) , 
chaussee (calceata*), chauve (cal- 
vum) ? chaux (calcem), chef (caput), 
chemin (cammus), cheminee (ca- 
minata*), chemise (cam i si a), che- 
nal (ca nalis), chenil (canile), che- 
nille (canicula *) , chenu (canutus) f 
cheptel (capitale) , cher (cams), 
cherte (caritatem), chere (cara), 
chercher(circare) , ch6tif (captivus), 
cheval (caballus) , chevaucher (ca- 
baliicare), chevecier (capicerium*) , 
chevetre (capistrum) , cheveu (ca- 
pillus) cheville (clavicula), chevre 
(capra) , chevreuil ( capreolus") , 
chez (casa). chien (cams), chicne 
(ciccum), chiche (cicer), choir (ca- 
dere), chose (causa) , chou (caulis); 
— 2° au milieu des* mots dans : 
arche (area) acharner (acarnare*), 
coucher (collocare), chevaucher 
( caballicare * ) , chiche ( cicer ) , 
duche (ducatus), decharner (de- 
carnare), decheance (decadentia), 
duchesse (ducatissa*), eche (esca), 
echeance ( excadentia * ) , echelle 
(scala), echevin (scabinus}, ecor- 
cher (excorticare*) , enc/ievfitrer 
( incapistrare ) , epancher ( ex- 
pandicare*) , farouche (ferocem), 
fourche (furca), grieche (graeca), 
marche (mercatum), marchant 
(mercatantem *). macher (mas- 
ticare), manche (manica), man- 
chot ( mancus * ) , mechant (mi- 
nuscaaentem*), miche (mica), 
mouche (musca), pecher (piscare) , 
pencher ( pendicare * ) , perche 
(pertica), perche (perca), perven* 
the (pervinca), planche (planca*), 

{>orcher (porcarius), pouhche (pul- 
ica*), pitcher (praedicare) , tanche 
(tinea). 

Achut, substantif verbal (voy. 
aboi), tire duvei be achater, forme 
ancienne de acheter (voy* ce 



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ACH 



22 



ACH 



mot). — Achat vient d'oc/iater, 
comme 4clat de tcldter. 

ilehe/du L. apium (ache). — 
Sur le changement de pi (apium) 
en cfc (ac/ie), voy. abreger. 

Achcminev , if chemitte- 
men^ voy. cfcemin. 

Acheier, du bas-latin accap- 
tare (acquerir), compose du latin 
classique captare (prendre). Le 
provencal dit acaptar, — le vieux 
francais disait achater (d'ou achat) y 
plus anciennement acaler (Frois- 
sard dit oc/iapter), formes qui con- 
firmed toutes la derivation de ac- 
captare. 

Pour aller de accaptare a ache- 
ter t nous trouvons trois change- 
ments philologiques. 1° cc latin 
(accaptare) devient ch (ac/ieter), 
comme dans : boucJie (bucca), ba- 
chelier ( vaccalarius * ) , bfic/ie 

ibecca), broc/ie (brocca*), cloche 
chlocca) , ehiche (ciccum), mcu- 
cher (muccare*),p6cft6(peccatum), 
secfte (sicca), sicker (siccare), va- 
che (vacca). 2° pt (acaptare) est 
devenu t (acheter), comme dans : 
chltif (captivus), alroute (derupta), 
Icrit (scnptus), route (rupto*), rou- 
tine (ruptina*), rofure (ruptura*), 
confer (compare), hdte (hospi- 
tem), h6(el (bospitale). Ge change- 
ment de pt en t, n'est point propre 
au francais, il avait deja lieu dans 
le latin populaire , et Ton trouve 
dans plus d'un document duv«sie- 
cle et du vr* scriius pour wriptu*, 
cativus pour caption*, etc.... Le 
francais n'a fait ici, comme dans 
la pfupart des cas, que developper 
une tendance anterieure. — 3° a 
accaptare est devenu e (acheter). 
A latin accentue" devient e en fran- 
cais quand il est bref , dans : assez 
(adsatis). chef (caput), de* (datus), 
me (faba), gue* (vodum), greffe 
graphium*) ,lez (latus), mer (mare) , 
seve(sapa) cnez (casa); quand ilest 



long par nature dans ai mer (amare) , 
et dans tous ies verbes de la pre- 
miere conjugaison latine), autel 
(altare) , altee (alacrem) , amer 
(amarus), bid (blatum*), clef(cla- 
vis), cher(carus), grd (gratum), 
muguet (muscatus*), nef (navis), 
nez (nasus), pelle (pala), pre* (pro- 
turn), poele (petalum), quel (qua- 
lis),rez (rasus),sel (sal), tel (talis), 
voyelle (vocalis); quand il est long 
par position dans frere (fratrem), 
me>e (matrem), le*vre (labrum), 
gueret(vervactum), orfe'vre (aunfa- 
brum),pe>e(patrem) , serpe(sarpa), 
tre*s (trans). A latin non accentue 
ou oeonedevienteenfrangaisquand 
il est bref dans ; 6meraude (smo- 
ragda) , forteresse ( fortalitia " ), 
fle*au (Oogellum), grever (gravare), 
ge'sir (jacere), lezard (lacertum), 
orphelin (orphaninus*) , parchemin 
(pergamenum); quand il est long 
par nature, dans feu (fatutus*), 
grenier (granarium), ferenouille 
(ranuncula) palefroi (paravere- 
dus), pre*au (pratellum), senev6 
(sinapim) : quand il est long par 
position, dans: acheter (accaptare), 
ecouter (ascultare*), essieu (axi- 
culus) , cercueil (sarcophagus), 
hermine (Armenia), merrain (mo- 
teriamen), jeter (jactare) — Voir 
au mot acharner, d'autres exem- 

| pies de la transformation de a la- 

! tin en e par le changement de ca 
latin initial en che, tels que ca- 

j minus (c/iemin) , canalis (che- 
nal), etc.... 

i ifclbevet*, venir a bout, ou, 
comme on disait au moyen age : 
venir a chef (au sens du latin ca- 
put, fin. Chef a donne* a-chev-er, 
non a-chef-er, et les deux lettres f 
et v sont ici dans le meme rapport 

1 que dans acti/" et activer, captif et 
captiver, ner/ et Inerver, grief ei 
grever, neuf et innorer, relief et* 

i relever, sau/ et sauver, naif et 



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ACR 



23 



ADJ 



naiuete. nef et navire, bref et bre- ; 
vet, chef et chetet, serf et semr. 

Achoppementf voy. chopper. 

Achromatlque , voy. chrome. 

Aclde, du L. actdus (aigre). — , 
D. aciditi. — Acidule du L. aci- 
duZttf (aigrelet), d'ou octdwter. 

if der«, du bas latin ariarium 
tire lui-mfime de act'e« (traDchant 
de Tepee). V oy. acerer. — Sur le 
changement du suffixe arium en 
ter dans ociarium, voy. au mot 
dnter. | 

Acolyte, duL. acolythus (clerc 
qui accompagne le pretre a l'au- I 
tel), du grec axo>ov8o$ (suivant). ' 

Acenlt, du L. aconitum. j 

ifeogMmnef 9 voy coquin. 

Acoustlque , du grec axoua- { 
Ttxo;, de axouto (entendre). 

Acqwerir , du L. acquirere (se ! 
procurer). — Sur le deplacement 
de l'accent latin, voir au mot ac- 
courir — Sur le changement de e 
latin (acquirere) en i (acquerir), 
voy. accomplir. 

Acqtiet (en langage juridique 
biens acquis), ancien francais ac- 
quest, au bas latin acquistum 
m§me sens v contraction du latin 
acquisitum (acquis). — Sur la 
chute de Ys et sur son remplace- 
ment par un accent circonflexe, 
voy. abime. Sur le changement du 
participe acquisitum en substaatif, 
voy absoute. 

Acquit seer , du L. acquiehCere 
(consentir). — D acquiescement. 

Acquisition, duL. acquisition 
nem. 

Acquitter. du bas latin acquit- 
tare j compose de ad et quittare 
(temr quitte) ; voy. quitte. — D. 
acquittement , acquit (substantif 
verbal). 

jfei-e, mesureagrairejd'origine 

?;ermanique ; acre vient du bas 
atin actum, et celui-ci du gothi- 
que akr* aUemand acker (champ). 



Acre, du L acris (aigre).— 
D. dcrete*. 
Acrlmonle , da L. acrimonia 

(aigreur). 

Acrobate 9 du grec &xpo6dTTj; 
(qui marche sur la pointe du 
pied). 

Acroatlche, du grec axpoa- 
tixov (commencement de vers). 

Acte , du L. actus (action). 

Acteur , du L. actor (qui agit) 

— D. actrice, du L. actrix. 
Actir, du L. activus (m. s.). 

— D. activity. 

Action , du L. actionem (meme 
sens). — D. actionner, action- 
naire, 

Actuel, du L. actualis (qui 
s'effectue, qui a lieu). — D. ac- 
tuality. 

Acuponcture , de punctura 
(piqure), et acus (aiguille). 

Adage, du L. adagium (pro- 
verbe). 

f Adagio , terme de musique. 
de Titalien adagio (lentement, a. 
Taise). 

Adapter, du L adaptare (ap- 
proprier) . 

Addition, du L. additionem 
(m. s.). — D. additionnel, -er. 

Adepte , du L. adeptus (initio, 
qui a acquis la science) . 

Adherer, duL. adhaerere (fitre 
attache). — D. adherence, adhe- 
sion. 

Adieu , voy. dieu : locution 
elliptique pour : je vous recom- 
mande a Dieu, soyez d Dieu. 

Adlpeux, du L. adiposus (grais- 
seux). 

Adjacent, du L. adjacenten 
(situe pres). 

Adjectlf, du L adjectivus (qui 
s'ajoute) 

Adjoindre ? du L. adjungert 
(ajouter). Sur le changement de 
jungere en joindre, voy. ce dernier 
mot. 



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ADJ 



24 



ADM 



Adjonetlon , du L. adjunctxo- 
nem (addition). 

f Adjudant, \enu de I'espa- 
gnol ayudante (aide de camp) , et 
refait sous [Influence du L. ad- 
jutantem, aidant qui est I'original 
du mot espagnol 

A<tjuge* 9 du L. adjudicate 
(meme sens). 11 faut noter dans 
ce mot deux changements philolo- 
giques tres-importants. 1° Vi bref 
atone qui precede immediatement 
la voyelle tonique, adjud(\)care 
disparait conformement a la regie 
donnee au mot accointer, et le mot 
devient adjud'care. — 2° Le chan- 
gement du c latin en g : ad- 
jud'care devient adjud'gare puis 
adjuger ; c dur est ici devenu 
g comme au commencement des 
mots dans : gonfler (conflare), gras 
(crassus), grotte(crypta), girofle(ca- 
ryophyllum), ge6ie (caveola), ger- 
cer (carptiare * ) , galle (callus*), 
galoche (calopedia *), gamelle (ca- 
mella), glaire (clarea *) . gobelet 
(cupelletum *), gouffre (x6X7to;), 
goiie (xoXno;), glas (classicum), 
pars (carduus), pond (contus), 
gourde (cucurbitaj, grelot (crota- 
lum *), grille (craticula*), gueux 
(coquus), — comme au milieu des 
mots dans . aigre (acris), allegre 
( alacrem), bouger (bulicare *), aigu 
facutus), cigue (cicuta), muguet 
(muscatus *), narguer (narricare *), 
aiguille (acucula*), cigale (cica- 
dula*), cigogne (ciconia), figue 
(ficus), langouste (locusta), maigre 
(macrum), maigris (macresco), mi- 
graine (^fxixpavia), manner (man- 
ducare), piege (pedica), serge (se- 
nca), venger (vindicare), vi^uier 
(vicarius), berger (vervecarius), 
cngraisser (incrassare), engrener 
(increnare), cleroe ( clericatus ) , 
charger (carricare), former (fabri- 
care), juger (judicare), jauger 
(qualificare), marguillier (matri- 



cularius), ogre (orcum), dragon 
(draconem), fangeux (famicosus), 
fougere (filicaha "), plonger (plum- 
bicare*), vergogne (verecundia). 
— Avec un c doux dans fagot ae 
facem (Diez). 

Ce changement de c en g re- 
monte plus baut que le francais; 
il avait deja lieu dans le latin 
classique, aux temps les plus an 
ciens : les Romains disaient nego- 
tium pour nec-otium, gobius (de 
xo)6i6;), grabatus (de xpd6ato^) r 
gummi (de x6(ipii), gubernator (de 
xugspv^xri;), au lieu de cob\us x 
crabatus, cummi, cubernator qui 
eussent ete les formes regulieres 
(x correspondant en latin non a g, 
mais a c dur). — Le latin vulgaire 
continua cette tendance, et apres 
lui le bas-latin , on trouve grassus 
pour crassus, grupta pour crypta. 
vigarius pour vicarius, malrigu- 
larius pour matricularius, voga- 
tor pour vocatur, dans les textes 
merovingiens; et le francais ne fit 
que developper, ce mode de per- 
mutation, comme le prouventtous 
les exemples cites plus baut. — 
3° Adjud'care, devenu adjud'gire 
subit un dernier cnangement : 
tandis que le provencal dit jutjar 
pour judicare, et conserve la den- 
tale latine, le francais la perd, et 
ne dit pas judger, "mais juger, — 
Sur cette chute de la premiere des 
deux consonnes voir abrtger. 

Derives savants de adjuger: ad- 
judication du L. adjudtcalio. 

Adjure r, du L. adjurare (con- 
jurer). — D. adjuration. 

Adtttettre, du L. admittere (re- 
cevoir). Ce mot a subi deux chan- 
gements : 1° admitt{e)re s'est 
contracteen admitVre par la chute 
reguhere de Ye penultieme bref 
(voir au mot attendre). — 2° od- 
mitfre est devenu admettre par le 
changement de i latin en e, chan- 



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ADM 



25 



ADO 



gement qui n'est point le fait du 
francais, et remonte au latin vul- 
gaire. On trouve dans Quintilien 
magester et leber pour mayister et 
liber; dans les inscriptions mzreto 
pour meritoj fescum pour fiscum ; 
dans les chartes du septieme siecle 
fedem, vecem, menime, decto.fer- 
mare y vertute, selva pour fidem, 
vicem, minime, dicto, firmare, vir- 
tute, silva, dans Isidore de Seville, 
perula. aresta, pour piruJa, arista. 
Le francais a continue cette ten- 
dance et change en e, — i latin 
1° accentuS, quand il est long par , 
position dans : aisselle (axilla), ! 
arbal£te (arcubalista) , are*te (arts- , 
ta), cercle (circulus), cheve*tre (ca- , 
pistrum), cr£pe (crispus), cendre 
(ctnerem), cep (cippu*), cre'te 
(crista), cet (eccistum), de* (did us. 
Loi salique), elle (ilia), en (inde) , 
ensemble (insimul), etincelle (scin- 
tilla), 6ve*que (episcopus), fesse 
(fissa), ferme (firmus). fend re 
(findere), gen^t (genistum), herse 
(hirpicem), icelle (eccilla), lettre 
(littera), liveche (livisticum), me> 
che (mt/xa) , mettre (mittere) , 
messe (missa), net (nitidus) , perle 
(pirula), pervenche (pervinca), 
semble (stmulo), souvent (subin- 
de), sec (siccus), tonnerre (toni- 
tru), trefle (trifolium), trente (tri- 
ginta), tresse (trichea*), verd 
(viridis), verge (virga), verre (vi- 
trum), vesce (vicia). 

2° / latin inaccentue" ou atone, 
quand il est long par nature, de- 
vient e dans : carrefour (quadri- 
furcum), delayer (dilatare), deluge 
(diluvium), devin (divinus), demi 
(dimidium), deviser (divisare), 
premier (primarium), — quand il 
est long par position, dans : asse- 
ner (asstgnare), chercher (eircare), 
cerceau (circellus), cerner (circi- 
nare), cerneau (circinellum), com- 
mencer (cumioitiare*), errer (tte- 



rare), eve*ch6 (eptscopatus),fermet 
t firmare), felcr (fissulare), meler 
(misculare), marguillier (matrtcu- 
larius), message (missaticum), 
merveille (mirabilia)-, nettoyer. 
(nitidicare), ptfeher (ptscare), pe*- 
trin (pistrinum) , pepie (pituita), 
retentir (retinnitare). sembler {si- 
mulare*), velouis (vtllosus*), ven- 
dange (vindemia), venger (vindi» 
care), verger (vtridarium *), vehicle 
(vitriculus*), vernir (viirinire), 
vertu (virtutem), vertueux (virtu- 
tosus*), — quand il est bref dans: 
appartenir (adpertinere), beton 
(bitumen), besace (bisaccus), brie-r 
vete (brevitatem)concevoir (couci? 
pere), ennemi (inimicus), fausset6 
(falcitatem),geant (gigantem), gd- 
sier (gigerium), mener (minare), 
menu (minutus), menace (mtna- 
tiae), metier (ministerium), me- 
nestrel (ministerial is), menuiser 
(minutiare), peler (pilare), pelote 
(pilota), percevoir (percipere), em- 
peser(imptciare*), presence (prae- 
sidentia), recevoir(recipere), sene- 
ve (sinapim) , soutenir (sustinere). 

Admlnlstrer , duL. adminis? 
trare (diriger). — D. administra? 
teur, -ation, -atif. 

Admirer, du L. admirar* 
(m. s.). — D. admirable-ateur 
-atif-ation. 

Admoneatatlon, du bas latin 
admonestatio (avertissement), sub? 
stantif du verbe admone stare, for^ 
ms* de admonestum corruption dij 
participe regulier admonitum de 
admonere. 

Adolescent, du L. adolescent 
(qui grandit). — D. adolescence. 

Adonnew, voy. donner. 

Adopter, duL. adoptare (choir 
sir). — D- adoption, adoptif. 

Adorer, du L. adorare (prier). 
— . D. adoration ,adorateur, -able, 

Adosser, voy. dos 

Adoucii* , voy. doux, 



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AFF 



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AFF 



- Adragunt, corruption du grec 
TpayaxavOa (tragacanthe). 

. Adresse, subslantif. verbal de 
adresser (voy. aboi). | 

Adwettew, voy. dresser, ! 

Adroit, voy. droit. \ 

Adnler, du L adularx (flatter). 

— D. adulation, adulateur. 

. Adulte, du L. adultus (qui a 

grandi). 

. Adultere, duL adulter (mfime 

sens). — D. adult&rin. i 

Advenir, duL. advenire (arri- 
ver). 

Adventiee, du L. adventitius 
(etranger) , I 

Adverbe, du L. adv erbium. \ 

Adverse, du L. adversus (op- i 
pose).— D. adtersaire, adversiti. ' 

Aerer, du L. aerare (m6me \ 
sens), composer de a'er (air), quia 
forme les composes savants aerien, ' 
atriforme, etc . 

Aerollthe, du grec dtf p (air) et ' 
XOo; (pierre) | 

Aeronaute, du grec &rjp (air), 
vauTTjc (navigateur). , 

Aerostat, du grec i^p (air), et 
<rcaxo; (qui se soutient). 

Affabllite, du latin affabili- , 
tat em. 

Affable, du latin affabilis (dont 
l'abord est facile). — On remar- 
quera que le suffixe latin abilis, 
qui est accents sur l'antepenul- 
tieme, s'est contracte en able. Cette 
contraction est parfaitement regu- 
liere, et conforme a la loi de l'ac- 
cent latin, qui veut que tous les 
mots de cette classe, perdent leur 
penultieme breve en passant au 
irancais (voir au mot able), te- 
moin : agrea&fe (agreabtlis), amio- 
ble (amicabilis), capable (capabi- 
lis), coupa&fe (culpabtlis, etc. (Je 
ne parle point icicles mots savants 
qui disent abile, non able, comme 
habile dehabilis; j'ai indique dans 
{'Introduction de ce livre, les mo- 



tifs de cette exclusion.) Le francais 
emploie le suffixe able a former de 
nombreux adjectifs tir6s surtout 
desverbes; altaquer, durer, man- 
ger, etc., il forme attaquable, 
durable, mangeable, etc II n'a 
fait, en cela, que continuer en la 
developpant une tendance tres- 
prononcee dans les dermers sie- 
cles de l'Empire, tendance qui 
poussait les Romains a lifer des 
verbes telsqu'a/jfir mare, ventilare, 
etc. , les adjectifs affirmant /is, 
xentdabilis, que Ton trouve dans 
le grammainen Virgilius. 

Affudir, voy. fade. — D. aflfa- 
dissement. 

Aflaibiir, voy. faible. — D. 
affaibkssement. 

Affaire, ce mot que notre an- 
cienne langue ecrivait pluscorrec- 
tement afaire, est un substantif 
compost de d et de faire. — D. 
affair i. 

Affais&ew 9 voy. faix.— D. a/- 
faissement. 

Affutner, voy. faim. 

Artec ter, du L. affectare.—D. 
affectation. 

Affect Ion, du L affection (ten- 
dresse). — D. affectueux, du L. 
affectuosus. 

Afferent, du L. afferentem 
(qui contnbue). 

Affewtnew, voy. ferme. 

Affewmiw, voy. ferme — D. 
affermissement. 

Affete, Afleteric, derives de 
l'ancien verbe affe'ter, qui vient 
du L. affectare. — Le ct latin (af- 
fectare) s'est ici reduit at (affeter), 
comme dans jeter (jacfare) , roter 
^ructare), fretiller (fractillare *), 
elique (hecfiquus), ou comme a la 
fin des mots dans effet (effect us), 
edit (edicfum), gueret (vervactum), 
lutrin ^lectrinum), maudit (ma- 
ledicfum), flot ( flue t us), prelet 
(perfecAim), projet (projectum), 



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AFF 



27 



AFF 



trajet (trajectiim), benit (bene- 
dictum), conflit (conflictus) , con- 
tra* (contractual), delit (delictum), 
elite (electa), reflet (reflectum), 
rot (ructus), — d6funt (defunc- 
tum). — Dans un certain nom- 
bre de mots, tels que oint 
(unctum), point (punctum), joint 
(junctum), saint (sanctum), plainte 
(plancta*), peint (pinetum*) ; en- 
ceinte (incincta), cintrer (cractu- 
rare), teinture (tinctura),le ct latin 
a disparu, mais en reagissant sur 
la voyelle prec6dente par l'adjonc- 
tion (Tun i. — Le changement de 
ct en t, remonte au latin vul- 
gaire, qui disait maleditus pour 
maledictus; mais ll n'etait point 
inconnu au latin classique qui di- 
sait sitis, artus, fultus 7 au lieu 
de sictis, arctus, fulctus. 

Affichcj substantif verbal de 
afficher (voy. aboi). 
A/ficher, voy. jicher. 
■\ Affflde , venu au seizieme 
siecle de l'italien affidato. 
AfMer, voy. fil. 
AffHier , du L. adfiliare (pren- 
dre pour fils). Le mot doit remon- 
ter assez haut dans la latin ite, 
puisqu'on lit dans Garus: « De 
adoptivis hoc est Adfilialis. » — 
fitre affiiie a une corporation , est 
proprement etre re§u comme un 
des membres, des fils de cette cor- 
poration. — D. affiliation. 

Afltner , voy. fin. — D. rafli- 
ner, eur, -erie. 

Afflnlte , du L. affinitas (res- 
semblance). 

Afflrmer, du L. affirmare 
(certifier). — D. affirmation, -atif. 
Afliewret*, voy. Ueur. 
AMIger, du L. affligere (tour- 
menter) — D affliction. 

Affluer, du L. affluere (couler 
vers). — D. affluent, -ence. 

AffoUevf voy. fou. — D. raf- 
foler. 



Affottage , droit de couper du 
bois dans une forSt : le latin focus 
(voy. feu) donna le verbe focare* 
(allumer du feu), d'ou le compost 
affocare, qui donna par le suffix* 
aticum un derive aflocatiam 
(droit de chauffage). Pour passei 
au latin au francais, affocaticum 
a subi trois cbangements. 

1° Le suffiie aticum (affocati- 
cum) est devenu age (aflbuage), 
voir 1'expose de cette regie au mot 
dge ; 

T Le c medial de affo{c)aticum 
a disparu dans affou-age, comme 
dans allouer (allocare), amiable 
(amicabilis), assurer (assecurare) , 
avoue* (advocatus), charrier (carri- 
care), communier (communicare), 
delie (delicatus), doyen (decanus), 
doyenne (decanatus), dedier (dedi- 
care), employer (implicare), en- 
rouer (inraucare*), essuyer (exsu- 
care), festoyer (festicare*), fouace 
(focacia*), fouage (focaticum*), 
foyer (focarium), frayer (fricare), 
gourde (cucurbita), jouer (focare), 
louer (locare), lice (lycisca), loyer 
(locarium), manier (manicare*), 
mendier (mendicare), neant (nec- 
entem), noyau (nucale), noyer 
(nucarius), noyer (necare), octroyer 
(auctoricare *) , oui (hoc-illud), 
payer (pacare), plier(plicare),prier 
fprecare), priere (precaria), pr6ne 
(praecdnium), publier (publicare), 
scier (secare), sur(securus), surete 
(securitatem), voyelle (vocalis), — 

{)our ne citer ici que les mots dans 
esquels le c medial precede la 
voyelle accentuee. 

3° latin devient ou : affocati- 
cum donne affouage. latin de- 
vient ou en francais quandil est 
accents, — qu'il soitbref, comme 
dans roue (rota), depouille (des- 
poho), — qu'il soit long par na- 
ture, comme dans: farouche (fe- 
rocem), nous (nos), oui (hoc-illud), 



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AFF 



A6A 



pour (pro); prove (prora), tout 
(totus), vous (vos), velours (villo- 
sus*), ventouse (ventosa), ootids 
(cosuo pour consuo), epoux (spo- 
sus pour sponsus), — qu'il soit 
long par position, comme dans: 
couple (copula), cour (chortem *), 
douze (duodecim), moule (modu- 
lus), poulpe (polypus), rouvre (ro- 
bur), tour (tornus). — latin 
inaccentue ou atone, devient ou j 
en francais quand il est bref, dans: 
boutique (apotheca), bouvier (bo- 
varius*), bouvreuil (bovariolus*), 
courage (coraticum "), couronne 
(corona), couleur (eolorem), cou- 
leuvre(colubra),douleur(dolorem), 
foyer (focarium), houlette (ago- 
letta*), jouer (jocare), joubarbe 
(Jovis barba), louer (locare), mou- 
lin (molinus) , mourir (monre*), 
mouvoir (movere), nouveau (no- 
vellus), nouveaute (novellitatem), 
ouaille (ovicla*), pouvoir (potere*), 
prouver(probare), rouelle (rotella), 
souloir (solere), Soulier (solarium*), 
vouloir (volere*), — quand il est 
lo g par nature dans avouer (ad- 
votare), assouvir(assopire), couler 
(col are), cousin (cosinus*),cou vent 
(coventus pour conventus), cou- 
vercle (cnoperculum),couvrir (coo- 
perire), d6vouer (devotarc), douaire 
(dotarium),dou9r(dotare),ecrouelle 
(scro p ellae *) , glousser (glocire)', la- 
bourer (laborare), nouer (no lore), 
noueux (nodosus), souris (soricem), 
vouer(votare),— quand il est long 
pa' position, dans : courroie (cor- 
rieia), colter (costare pour con- 
ttare), moutier (mosterium pour 
morislerium, monasterium) , cou- 
tume (costuma*),crouler (cjiotu- 
lare*), fourmi (formica), fournaise 
(fornacem), out.'li (oblivium), ou- 
blie (oblata), oublieux (obliviosus), 
oublier (oblitare), ourlet (orula*), 
ourdir (ordire*), ouvrer (operare), 
ouvrier(operarius), pourceau (por- 



cellus), rouler (rotutare),tourment 
(tormentum), tourner (tornare). 
Affranchir , - issemen 1 9 

voyez franc. 

Affreuac, adjectif tir6 du suh- 
stantif affre (effroi, peur), encore 
employ^ au dix-septieme siecle 
par Bossuet, au dix-huitieme par 
Saint Simon, dans la locution les 
affres de.la mort. — Aflreux vient 
de affre, comme dartreux de dar- 
tre. 

Affre, que l'ancien francais ecri- 
vait afre, vient du vieil haut alle- 
mand eiver contracts en eiv'r, qui 
a donne afre, comme liber a donne 
litre, ou glaber glabre. 

Affreter. voy. friter. 

Affriattdcr, voyez friand. 

f Affront, venu au seizieme 
siecle de l'italien affronto (injure). 

Affubler, du bas latin affi- 
blare. contraction de af fibular t 
(habiller), compose du verbe clas- 
sique fibulare (agrafer) . Ce mot est 
un exemple curieux des ecarts de 
sens que nous avons signaled dans 
Y Introduction. Le sens de fibulare 
I agrafer) s'6tendit a celui d'hab li- 
ter dans affibulare, — et dans le 
francais affubler, qui n'avait a i'ori- 
gine que le sens d'habiller, et ne 
prit le sens d'habiller ridiculement 
qu'au seizieme siecle. 

Sur la chute de Vu bref atone qui 
precede immediatpment la voyelle 
tonique dans affubler = affibu- 
lare, voir au mot accointer. Quant 
an changement de t latin en u : 
aflt blare = affubler, il se retrouve 
dans ouvait (bibebat), fumier (ft- 
marium), chasuble (castbula), ju- 
jube (zizi/phum),pur6e (ptperata). 

AWtkt, affuter, voy. fut. 

Aftn, voy. fin. 

f Aga, mot turc (chef militaire). 

Agasse, pie, du vieil haut 
allemand agalstra, pie. 

Agaccr, italien agaxxare, du 



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AGE 



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AGE 



vieil haut allemand haxjan (har- 
celer), qui donne regulierement 
hacer. Ce verbe, compose avec & , 
devient ahacer, que Inspiration a 
transforme en agacer. 

Agape, du grec ayaTtTj (amour). 

Agaric, du L. agaricum (meme 
sens). 

Agate) du L. achates (m. s.). 
— bur le changement de ch en 
g, voir adjuger. 

Age, l'accent circonflexe de Va 
montre qu'une lettre a ete suppri- 
mee ; le mot est en effet eage au 
seizieme siecle, eage au douzieme, 
edage au onzieme dans la Chanson 
de Roland, et vient du latin vul- 
gaire aetaticum* , forme derivee 
de aetatem (age). — Sur la chute 
du t medial latin (ae[t]aticum — 
edage, puis eage, aage, dge) voir 
au mot abbaye. — Quant au chan- 
gement du suffiie latin aticum 
en age (aetaticum = edage), il 
necessite quelques observations. 

Ce suffixe que la langue latine 
classique employait assez frequem- 
ment silvaticus (Varron), aquoti- 
cum (Pline), fanaticu* (Juvenal), 
umbraticu* (Ciceron), vol aticus 
(id.) viaticum (Plaute), apostati- 
cus (Tertullien), devint d'un usage 
commun dans le latin populaire, 
vers les derniers temps de l'Em- 
pire, et Ips premiers siecles des 
Merovingiens : le code Theodosien 
dit agratievm pour ograrium; au- 
gustaticum de Augustus; les char- 
tes latines du sixieme et du sep- 
tieme siecle sont pleines de lormes 
telles que xvtaticum, portaticum, 
retoticum , daemonaticum, a via- 
ticum, etc. ; on trouve meme al- 
leluiaticum de alleluia , dans un 
texte du sixieme siecle. De ces 
nombreux derives en aticum, sont 
venus les correspondants francais 
en age. 
On voit comment s'est op ere e 



celte permutation, et comment uo- 
laticus, par exemple, qu'emploie 
Ciceron (au sens de tiger et d'in- 
constant), est devenu volage huit 
siecles plus tard; volaticus elant 
accentue sur l'antepenultieme, l'i 
bref penultieme a disparu confor- 
mement a la regie don nee au mot 
dme : volaVcus s'est alors trans*- 
forme en volatge (par le changr 
ment de c en g, etudie au mo,, 
adjuger), puis en volage. 

Ce changement successif du suf- 
fixe aticum, en aVcum, atge, age, 
se retrouve dans : arrivoge (arri- 
vaticum*) aflouoge (affocaticum) 
a vantage (abamaltcum*), aunage 
(ulnaticum*), breuvage (bibero- 
ticum*) carnage (earn aticum*), 
courage (coraticum*), dommage 
(damnaticum*), etage (staticum 9 ), 
termage (firmaticum*), fouage (fo- 
caticum*), homage (formaticum*), 
herbage (herbaticum*) , hommage 
(hominattcum*), tignage (linea- 
ticum *) , louage, (locaticum *) , 
marecage (marescaticum*) , ma- 
nage (maritaticum*), menage 
(mansionaticum), message (missa- 
ticum*), ombrage (umbraticunO, 
orage (auraticum), otage (obstafi- 
cum pour obsid iaticum), outrage 
(ultraticum*), parage (par aticum), 
partaoe (partaticum*), peace (pe- 
aaticum ), Tannage (ramaticum*), 
ri wage (ripaticum*), sauvaoe (sal- 
vaticum*), sewage (servaticum*), 
village (villaticum*), visage (visa- 
ttcum*), volage (volaticum), voyage 
(Yiaticum). — Sur ce modele ? le 
francais a cr£e de nombreux derives 
en age (mouillage de mouiller^ 
savonna^e de savonner, cousinage 
de cousin, concubinage de concu- 
bine, etc.). 

Le provencal qui transforme aXir 
cum en atge (comme le plus an- 
cien francais) et qui dit carnatge, 
messatge, ramatge, pour carnage^ 



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AGE 



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AGE 



message, ramage, assure et con- 
firme cette regie de permuta- 
tion. 

Vers la fin du xi e siecle, quand 
on eut perdu le sentiment de l'ac- 
centuation iatine , et que la langue 
francaise fut formee, les formes 
latines-en aticum disparurent des 
documents latins , et nous ne trou- 
vons plus que des formes en agtum, 
caique de la terminaison fran- 
caise. 

Ainsi, tandis que nous trouvons 
iusqu'au xi e siecle les formes de 
basse latin ite : arri vaticum (arri- 
vage), hom'maticum (hommage), 
missattcum (message), formattcum 
(fromage), — le latin du xm e sie- 
cle les ignore, et dit arrivagium, 
hommagium, messagium, froma- 
aium, etc. , qui ne sont autres que 
les mots franca; s aflubles par les 
clercs d'une 'terminaison Iatine, 
alors que personne ne connaissait 
plus l'origine de ces mots, ni le 
suffixe formateur. — Cette distinc- 
tion entre le bas-latin qui a donne 
naissance au francais, et le bas- 
latin refait sur le francais, est ca- 
pitate pour l'etude histonque de 
notre langue, et le lecteur doit 
l'avoir toujours presente , en lisant 
ce livre. 

Agenccr, du bas-latin agen- 
tiare* (rendre agreable), verbe de- 
rive de gentus* (voy. au mot gent . 

Pour que dans ce mot tia put 
devenir ce (agentfare =. agencer), 
la forme Iatine a subi deux chan- 
gements successifs 

1° II est inutile de rappeler ici 
que le c se prononcait toujours k 
chez les Latins, devant toutes les 
voyelles (fecerunt, vicem, civitate 
sonnaient fekerunt, vikem, kivi- 
tate), sauf devant un t suivi d'une 
voyelle (c-ia, c-ie, c-io, c-iu),auquel 
cas le c etait prononc6 tz (comme 
le prouvent les Formules Rferovip- 



giennes ou l'on trouve unxias pour 
uncias). 

Quant aux groupes t-ia f l-ie, *-to, 
t-iu, lis etaient prononces, non 
comme ti dans amitie' , mais com- 
me tx dans precaution; temoin les 
Chartes franques qui cbangent ti 
en ex, *t, ssi, disant ecxam, solacio, 
precium, perdicio, racionem, — 
concrecasione, nepsia, — altercas- 
sione, pour etiam, solatio,pretium, 
perditio, rationem, — congrega- 
txone, neptia, — altercatxone, et 
montrent que dans la prononcia- 
tion tia et cia n'etaient qu'un seul 
et meme son, regie qui est pleine- 
ment confirmee par ce fait que les 
Romains, meme au siecle d'Au- 
guste, ecrivaient mdifferemment 
Mucins ou Mutius, convicium ou 
convxtxum, etc. 

2° Lorsque le c est suivi de Tun 
des groupes ta, xe. to, tu, et forme 
avec eux les combmaisons eta, 
cxe, do , exu — ci se change ordi - 
nairement en s doux, ss, c, et l't 
latin disparait. Temoin . macon 
(macioni), provencal (provinciali), 
soupcon (suspicionem) , cresson 
(crescionem *) , etc — Des lors, tx 
qui (suivi d'a, o, u) est identique 
avec ci, comme on Ta vu ci-des- 
I sus, doit comme lui perdre l*t et 
se changer en c, s dur. ss; denun- 
\\ate devient dbnoncer, cantionem 
I devient chanson, sculionem* de- 
vient ecusson. II en est de m6me 
de tea qui s'est change posterisu 
j rement en tia (ea, co, eu, devenant 
I ta, to, iu t comme nous Tavons 
; demontre au mot abrtger, et com- 
me le prouvent les formes Dins 
, (pour veus), mius (pour mens), 
que donnent les plus anciennes 
inscriptions latines). Ptotca, ma- 
tea , hnteolns , ainsi ramenes a 
plaJta, mafia, linftolus, donnent 
conformement a la regie, place, 
, masse. Itnceul. 



db V Google 



AGE 



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AGN 



Voici la liste complete de ces 
changements de tia, tio, tiu en c, 
8Sj s dur. 

I. C doux dans : ancien (antta- 
nus), — astuce (astutia), cofifianee 
(conndenrta) , chance (cadenfta), 
decheance (decadenfia), enfance, 
(infantta), espace (spatfum), espe- 
ranee (sperantta), force (fortia*), 
grace (gratia). jouvence(juventia), 
linceul (linteolus, bas latin lincio- 
lus), malice (malUta), menace 
(minartae), nonce (nunftus), niece 
(neptia *) piece (peto'um ), pre- 
seance (presidenfta), place (plafta, 
pour plotea), police (politta pour 
politeia), seance (sedentia), se- 
mence (sementia), service (servi- ; 
ttum), — facon ({actionem), lecon 
(lectionem) , poincon (puncftonem), 
rancon (redemptionem) , sucon 
(suctionem*), — agencer (agen- 
ttare) , annoncer (annunltare), 
avancer (abanfiare), courroucer j 
(corruptiare*) commencer (cumi- 
nitiare), denoncer (denuntiare), | 
enoncer (enuntiare), exaucer (exal- 
tiare), fiancer (fidentiare), forcer j 
(fortiare*), gercer (carpttare),me- 
nacer (minatiare), prononcer (pro- i 
nuntiare), renoncer (renuntiare), | 
sucer (suctiare) , tancer (tentiare), 
tiercer (tertiare), tracer (tractiare). 

II. ss dans : chasser (captiare), 
d&rousser (distortiare) , detresse 
(districfiare*), dresser (drictiare), 
hausser (alfiare), plisser (plictiare), 
trousser (tortiare) , tremousser 
(transmotiare) ; vousser (voltiare*), 
— boisson (bibitionem) , cuisson 
(coctionem), ecusson (scutionem), 
frisson (frictionem), nourrisson , 
(nutritionem) , — masse (matia 

Eour matea*), — forteresse (forta- ( 
tia), justesse (justifia), largesse 
Slargtfta), liesse (laetitia) , mollesse 
mollitia), noblesse (nobilieia) . pa- 
ressft (pigritia), tristesse (tristitia). 

III. s dur dans : chanson (can r 



tionem). — Le changement de ft 
en s doux est rare . aigui*er(acu- 
tiare), amenuiser (ad-minuttare), 
priser (prefiare), puiser (pufiare 
pour puteare), refuser (refutiare), 

— cargaison (carricattonem), ex- 
halaison (exhalationem) , foison 
(fusionem), inclinaison (iiftljnalto- 
nem). liaison (ligationem), livrai- 
son (liberationem) , oraison (ora- 
ttonem), poison (potionem),raison 
(rattonem) , saison (sattonem) , 
tison (titionem), trahison (tradi- 
tionem), venaison (venafionem), 

— glaise (glifia pour glitea) , ar- 
bouse (arbutia pour arbutea), 
oiseux (otiosus). 

AgenoniUer, verbe derive du 
substantif genouil, forme de l'an- 
cien francais pour genou (voy. ce 
mot), comme verrouiUer est venu 
de i'ancienne forme verrouU pour 
verrou. 

Agglonierer, du L. agglome- 
rate (amasser) .— D. agglomeration. 

Agglvtlner, du L. agglutinate 
(coller). — D. agglutination, 

Aggraveiyailon; voy. grave. 

Agile, duL. agilis (guise ment 
facilement).— D. agilite*. 

f Agio, venu vers la fin du 
xvn e siecle, de l'italien aggio 
(droit de change). — D. agioter, 
-age, -eur. 

Agiw, du L. agere (faire). — 
D. agent de agentem (celui qui 
fait) sans parler & agenda (choses 
a faire, mot latin transports sans 
changement en francais — Sur le 
changement de e latin en i (agere 
z= agir), voir au mot accomplir. 

Aglter, du L. agitate (remuer 
fortement). — D. agitation, -ateur . 

A gnat, du L. agnatus (collate- 
ral par les males). 

Agneau, du vieux francais 
agnel, qui vient de L. agnellns 
(petit agneau) . — L precede d'une 
vcs-elle LaL el, il, ol, ul), per- 



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AGN 



sista en francais, dans les premiers 
temps de la langue(mo/lis = mo£, 
malva=ma{ve, porcellus = pour- 
cei), puis s'adoucit en u (mou, 
mauve, pourceau), vers le milieu 
du douzieme siecle. 

1° lUatin devint au,eau; aube 
(alba), aubepine (albaspina); au- 
bain (aJbanus); au bo ur (a/bur- 
num), aucun (a/iquis unus),auge 
(aJvea), oune (oinus), aussi (a/iud- 
sic), autant (a/iud tantum), autel 
(a(tare), autre (after), baudrier 
(bafterarius*), baume (baisamum), 
chaud (caWus*), ch6neau (canaiis), 
caucher (calcare), chaudiere (cal- 
daria*), chauffer (ca/fare*), chaux 
(calcem) , chaume(cai'mus),chaus- 
se (caicea*),chauve (ca/vus),chaus- 
see (calciata), communaute (com- 
munaJ'tatem), Ichafaud (catafai- 
cus*), exaucer (exaitiare*), epaule 
(du v. fr. espalle), faux (fafeus), 
faux (fa/cem), faucher (faicare), 
faucon (faiconem), fausser (faJ- 
sare), faussete (fa/sitatem) , gaule 
fvarfus),Gaate(Gailia), guimauve 
(vimaiva*), hausser (afciare*),haut 
(altus), jauger (quai'ficare), jaune 
(galbinus), loyaute (legal'tatem), 
matenaux (materia/ia), maudit 
(maWictus*), mauve (mafva), pa- 
paute (papai'tatem), paume (paf- 
ma), raupiere (pa/pebra), pri- 
maut£(primai'tatem), principaute 
(principal'tatem), psaume (psaJ- 
znus) ,psautier (psafterium) royau- 
me (regafmen), royautS (regai'- 
flatem) , sauf (salvus), sauter 
(saitare), saut (saltus), saucisse 
(saisitia*), sauge (salvia), sauce 
(saisa), saussaie {saVcetum), saw 
matre (soimaster), saumon (sal- 
monem), saumure (salmuria), 
saunier (saln'arius) , sauve [salva.- 
ticus*), sauver (salvare), taupe 
(taipa), privaute (privaltatem). 

2° El latin devient au, eau dans 
oumone (ei'mosyna*), beau (bel- 



lum) . chateau (castellum), cruautt 
(crudWatem ), nouveaute* (no- 
veViatem), pe*u (pe/lem), — ieu 
dans mieur (melius), sans parler 
des suffixes diminutifsen ellus qui 
ont donne el en francais, puis se 
sont pour la plupart adoucis en 
eau, au : agniau (agneWus), an- 
; T\eau (dmnellus), arbrisseau (arbo- 
riceMus), boyau (boteWus). chapeau 
\ (capeMus), cerceau (circeMue), cer- 
; neau (circineMue), cerveau (cere- 
helium), chalumeau (calameMue), 
chapiteau (capitc Uum) y claveau 
(clave Jius), corbeau (corveftue), 
couteau (cultetfue), damoiscau (do- 
mitucellus), escabcau (scabeii um), 
6tourmau (siurneUum). fourneau 
(furneMu*), fabliau (fabulel/um). 
iaisceau (fascetfum), fi^au (flageJ- 
lum), (useau (fuseUum), jumeau 
(gemellus), joyau (gaudie/Jum) , 
jouvenceau (juveniceftu* *), lin- 
teau (limitewum), manteau (man- 
ieUum) , marteau (marteJJum), 
monceau (monticeWum), morceau 
(morseWum), nouveau (novellus), 
niveau (Mbella), nouveawte (no- 
ve/^tatem) , oiseau (auceiZum) , 
passereau (passereMue), pinceau 
fpennict'Wum), porreau (porrei- 
turn), pommeau (pomcUum), pon- 
ceau (puniceHum) f pourceau (por- 
cellum), poteau (posteiium), preau 
(prate^um),pruneau (pruneaum), 
rainceau (ramice(Zum) , ram eau 
(rame^um), rateau (rasteHum) , 
reseau (retice^um), ruisseau (rivi- 
ceMum), seau (siteWu*), tableau 
(t&b\i\ellus) , taur^au (torei/ue), 
tombeau (tumbeWue), treteau 
( transtei/um ) vaisseau (vasceZ- 
lum) , yeau (viteWum), vermisseau 
(vermic«Wum). 

3° II latin devint eu dans : che- 
veu (capi'las), epieu(spiculus),eu£ 
(il\os) y yeux (ancien francais iels), 
epieu (ancien frang. ipietl) , vieux 
(viet^ yeuse (tiicem), —eau dans 



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AGR 



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AHU 



pin&au (pennict"Muro),*ceau(vieux 
franc, seel de sigittum), — o, ou 
dans" basoche (bast/'ca), fougire 
(fiTcaria qui etait plus correcte- 
ment feugere dans noire ancienne 
langue). 

4° 01 latin devint ou dans : chou 
(coiis), cou(coilum\ coupfaoJpum), 
coucher (coH'care), gouffre (got- 
fus *) , fou (foJlis *), mou (mollis), 
moudre (moi're), mouture (mo/'tu- 
ra), pouce (po/licem) t sotidoyer 
(soidicare *), sou soJ'dum), souci 
(solsequium), soucier (soilicitare), 
sonde ( soi'da ) , voute ( vol'ta ) , 
souder (soJ'dare), soudre (solvere, 
et tons ses composes : absoudre= 
absolvere, dissoudre = dissoivere, 
resoudre = resoJvere, etc....). 01 
latin est : eu dans meunier (moi'na- 
rius), meuliere (moJaria), moyeu 
(modiolus), — au dans vautrer 
(voJtulare *). 

5° VI latin devint ou dans bouger 
(bu/icare *), bouillir (buUire), boule 
(bulla.), bouge (butga), coucou (cu- 
culus), coupable (cuZpabilis), cows- 
sin (cufcitinus *), cowette (cu/cifa), 
cousin (cui'cinus), couteau (culr 
tellum), coutre (cuJter), courte- 
pointe (culcita-puncta), doux (dul- 
cis), douceur (duJcorem), ecouter 
(auscuJtare), foudre (fuigur), gou- 
pillon (vuipeculus *), mouton (mui- 
tus *), poudre (pulverem), poussin 
(puilicenus) poumon(puJmonem), 
powtre (puiletra*}, pousser (pui- 
sare), poussif (pufsativus *), outre 
(ultra), soufre (suJphur). — 01 
latin est au dans vautour (vultu- 
rius), — o , dans remorque rancien 
francais rernolque, de remulcum). 

Agonle, lutte contre la mort, 
du grec ayama (combat). — D. 
agoniser. 

Agrafe, ancien francais agrcu- 
pe, bas latin agrappa, compose" de 
ad , et du bas latin grappa (cro- 
chet) qu'on trouve dans les textes 



du vn> siecle : grappa vient a son 
I tour du vieil naut allemand Kra- 
pfo (crochet). — D. agrafer. 
| Agralre, du L. agrarius (qui 
concerne les champs). 

Agrattdir, -issen*cnt 9 voy. 
grand. , 

Agr**abte 9 adjectif derive dV 
grter, comme auiable de guier. 

— D. desagre'able. 

Agrecr, litteralement prendre 
a gri (voy. gre'). — D. agrement, 
disagrement . 

I Agr*ger, du L. aggregare 
(admettre au nombre de, associer). 

— D. agre'ge', -ation. 

j Agtrement, voy. agreer. 
I Agres, voy. grier. 

Agresaeur, du L. aggressor 
■ (qui attaque). — D. agression, if. 
j * Agreste, du L. agrestis (memo 
I sens). 

Agrlcole, duL. agricola (qui 

; cultive la terre), le substantif latin 

est devenu adjectif en francais. 

| Agrlculteur, du L. agricuUor 

(qui cultive les champs). — D. 

agriculture. 

Agronome , du grec iyp^o^o; 
(de iypoc champ , et v6(io; loi qui 
etudie les lois de l'agriculture. 
Ag**erri»* 9 voy. guerre. 
Agwets, mot qui n'est plus 
usite qu'au pluriel, dans le francais 
moderne (Hre aux aguets, 6tre* en 
embuscade), mais que le vieux- 
francais possedait au singulier. 
Malherbe l'a encore employe : 
« Quand Taguet d'un pirate ar- 
rita leur voqage. » — Aguet est 
le substantif verbal de l'ancien 
verbe aguetter, compose de guettei 
(voyez ce mot) . 
Aheurter, voy. heurtr. 
Ahwviw. Le mot hure, qui si- 
gn ifiait a Torigine chevelure he"- 
risse'e a donn6 ahuri, h6riss6 (la 
gent barbue et ahurie, disait-on 
au xm e siecle). Ahuri a pris plus 



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AID 



34* 



AID 



tard le sens figure" de herisse" d'ef- 
froiy pais terrifM, enfin le sens 
moderne qui n'est plus qu'une di- 
minution de l'ancien. 

Aider, du L. adjutare (aider, 
dans Varron et dans -Terence), 
plus tard ajutare, qu'il faut 6crire 
aiutare, puisque les Latins pro- 
noncaient i le j place* entre deux 
voyelles. (C'est pour cette rai oh, 
que raja , boja, major, bajulare 
ont donne* au francais rate, boute 
[vieux franc, boie], maire, battler, 
— ces mots" latins etant prononces 
rata, boia, ma'ior, baiulare) . Pour 
aller de aiutare a aider, nous 
ttouvons deux changements philo- 
logiques, Tun est la chute de Yu, 
aiutare devient aitare } l'autre le 
changement de t en d ; aixare =. 
aivar, puis aider. 

1° Chute de Yu. On a vu au mot 
accointer que toute voyelle qui 
precede imm6diatement la voyelle 
tonique (comme i dans sanitdtem, 
e dans c&mEte'rium), disparalt en 
francais si elle est br6ve (san-i-td- 
tem= santf), et persiste si elle est 
longue (caem-e-terium = cim-e- 
tiire). 

Cette persistance de la voyelle 
atone longue ne souffre qu'un 
tres-petit nombre d'exceptions : la 
voyelle atone qui precede imme- 
diatement la tonique, disparait 
quand elle est longue dans : cour- 
tier (cartftarius), merveille (mirfl- 
bflia) , moutier ( mon5ste*rium ) , 
serment (sacrdmentum), — blamer 
(blasphemare), diner (decoehare) , 
derrain* (deretranus, d'ou derrai- 
nier. dernier), aumdne (eleem6- 
syna), vergogne (ver#cundia), — 
endroit (indtr6ctus), metier (mi- 
nlsterium)-, saunier (saltnarius) , 
soupcon (suspicitfnem), — cousin ' 
(consobrinus), larcin (latroeinium), ' 
— aider alutare) ? coutume (con- j 
sfietiidinem), matin (matutfnum), ! 



manger (mandficare), m£dire (mi- 

nusdicere et tous les prefixes en 

me', mte...) , saigner (sangiitnare), 

sanglant (sangSitentus), vousser 

(voltttiare). Cette vingtaine d'ex- 

ceptions a la regie de persistance 

de l'atone longue s'explique par 

ces deux faits : — d'une part que 

dans beaucoup de ces mots la 

contraction est de date r6cente, et 

que ia voyelle atone longue existait 

encore dans notre ancienne lan- 

gue : courtier, serment, soupcon, 

larcin 6taient plus regulierement 

en vieux-francais couretier, sere- 

ment, soupecoh, larecin; — (Tautre 

p^rt que dans le latin vulgaire, 

plusieurs de ces mots avaient deja 

: perdu l'atone longue , et le fran- 

1 cais ne pouvait que reproduire cette 

I irregularite ; c'est ainsi qu'on 

trouve avant le vu e siecle, cosinus 

I (cousin) pour consobrinus , — cos- 

j tuma (coutume) pour consuetudi- 

I nem, — matinum (matin) pour 

matutinum, — disnare (diner) pour 

; decaenare, — elmosna (aumdne) 

pour eleemosyna, — tercundia 

(vergogne) pour rerecundia. 

2° l'adoucissement du t en d : 
aiutare devenu a'itare, change son 
tend, a'idare, comme dans les 
mots : done (tunc), — endive (en- 
tybus), coude (cubitus), radeau 
(rastellum), madrier (materiar ius*), 
baudrier (balterarius *) , — lezara 
(lacertus), marchand (mercatan- 
tem) , plaid (placitum). — Cet adou- 
cissement avait deja lieu dans le 
latin populaire, ou il est tres-fre"- 
quent, surtout quand le t est place* 
entre deux voyelles :• on trouve 
iradam pour iratam dans une in- 
scription de l'an 142, — limides, 
sidus, terridoriam, mercadum, 
strada, pour limites, litus, terri- 
torium, mercaium, strata, dans 
les documents du v* siecle, etdans 
la Loi Salique. D'ailleurs, le latin 



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AIE 



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AIG 



classique dit quadraginta , qua~ 
drains, qui viennent de quatuor, 
et qui auraient ete regulierement 
quatraginta, quatratus. Voir pour 
1 histoire complete du t latin le 
present dictionnaire au mot aigu. 
— D. aide, substantif verbal de 
aid?r. 

vtteuf, du L. aviolus (meme 
sens). — A cote de la forme clas- 
sique avus (aieul), il existait en la- 
tin une forme populaireavtus qu'on 
trouve avec le sens d' aieul dans 
certains textes du v e siecle. (Les 
doubles formations telles qu'atius 
a c6te" d'arus sont freauentes dans 
la langue latine qui dit luscinws 
a c6«6 de luscinus, etc..) — A 
i'aide de cette forme avius, les 
Romains creerent le derive avio- 
lus, par 1'addition du suffixe dimi- 
nutif o\us, comme ils avaient deia 
tire filiolus de filius, gladiolus de 
gladius, lusciniolus de luscinius, 
etc.... — Aviolus, qui signifiepro- 

Srement petit aieul, fut employe* 
e bonne heure au sensduprimitif 
avius, par suite de cette tendance 
qui pou~sait les Romains a donner 
aux diminutifs toute la force de 
sens du primitif (voir {'Introduc- 
tion, p. xxxn). 

Pour aller a? aviolus a aieul (qui 
est dans notre ancienne langue 
aiol, et en provencal aviol, formes 
quieclairent le passage du latin au 
francais), on trouve deux change - 
ments philologiques : 

1° La chute du v m6dial qui a 
disparu dans aieul de a{\)iolus, 
comme il a disparu dans paon de 
pa(\jonem, peur de pa(v)orem, 
viande de vi(v)enda, clouer de cla~ 
[v)are , oncle de a(vjunculus, 
ouaille de oMicla, pluie de plu- 
(v)ta, gedle de ca{i)eola*, luette de 
u(v)etta*, oublieux de obli(\)iosus. 
Cette chute du v place entre deux 
voyelles, n'est pas rare en latin : la 



langue classiaue disait bourn pour 
bo(v)um, audit pour atidi(v)t, r#- 
dii pour redi(v)i; et cette tendance 
eta it plus devcloppee encore dans 
le latin populaire, qui disait rius 
pour ri(v)us, ais pour a(y)is; on 
trouve noember pour no(\)ember 
dans les Inscriptions , et des le 
vu e siecle, la forme paonem pour 
pa(v)onem dans les Gloses de 
Cassel. 
2° Aviolus, ainsi reduit a aiolus 

F** ar cette chute du t\ a donne* dans 
ancien francais la forme aiol t qui 
est devenue aieul par ladoucisse- 
ment de l'o en eu (adoucissement 
etudie au mot accueillir), — A pro- 
pos de ce changement du suffixe 
olus en eul (aiolus = aieul), deux 
remarques sont necessaires : les 
suffixes en iolus (et je comprends 
e gale men t sous cette denomination 
les suffixes en coins, nuisqu'ils se 
sont transformed de bonne heure 
en iolus, comme le prouvent les 
Inscriptions, qui donnent caprio- 
lus pour capreolus, les Gloses de 
Cassel, qui ont linciolo pour lin- 
teolo, etc....), — les suffixes en id- 
iui.subirent vers le septieme siecle 
une diphthongaison qui changea 
les deux breves id en une seule syl- 
labe longue (id) ; des lors accentues 
non plus iolus, mais idlus, ces 
suffixes devinrent en francais eul, 
euil, ol, temoins : aieul (avioltis), 
glaieul (gladiolus), fitteul (filiolus), 
epagneuJ(hispanioJu**), Ulleul (ti- 
liolus*), linceul (linteolum*), li- 

Eeul (ligneolum*), — ecureuil 
mriolus), bouvmiil (bovario- 
?*), reseuti (reiiolum), che- 
vreutl ca-preolus) , — rossignoi 
(luscinioZws*), verote (variola*), 
rougeole (rubeola *) . 

Aigte, du L. aquila (meme 
sens). Regulierement contracts en 
aq'la (suivant la regie donnee a la 
page lxxx), le latin aquila a subi 



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AIG 



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ATG 



deux changements pour arriver au 
francais : Fa accentue" est devenu 
at (kq'la = aigle), — le q est de- 
venu g (aq'Ja = aigle) : 

1° A laiin accentu6 devient at* 
en francais, — quand il est bref, 
dans : aime (amo), main (man us), 
faun (fames), mats (magis), — 
quand il est long par nature dans : 
aile (ala), clair (clarus), dematn 
(de-mane), grain fgranum), nam 
fnanum), pain (panem), aire 
(area), haim (hamus), laine (lana), 
laize (latia), pair (par), patx (pa- 
cem), daim(damus), maire (ma- 
jor) , raim (ramus) , raine (ranaj, 
sain (sanus) , semaine (septimana), 
vain (vanus), vrai (veracem), — 
quand il est long par position dans : 
aigre (acrem), aigle (aq'la), chair 
(carnem), ais (axis), bain (bal- 
neum), faix (fascem), fafte (fasti- 
gium), ains (ante), glaive !&a- 
aius), 6tain (stannum). — A latin 
inaccentue\ ou atone, devient ai 
en francais, — quand il est bref 
dans : atgu (acutus), aiguille (acu- 
cla*), raisin (racemus), — quand 
il est long par nature dans : p!aisir 
(placere), — * quand il est long par 
positioa dans : faisceau (fascel- 
lum*). aisselle (axilla), laisser 
(laxare), ratnceau (ramicellum *), 
vaisseau (Yascellum). 

%° Q devient p dansaq'fa (aigle). 
comme dans aipue (agua), epal 
(aequalis), — ou plutdt, ql latin est 
devenu gl, et a subi ainsi la ro&me 
transformation que son analogue 
cly qui a donne gl dans : 6pZisa 
(ecctesia), aveupJe (abocJus), beu- 
pier (buc'lare), jonpJeur (joc'lato- 
rem), seipte (secle). — C'est ainsi 
que beaucoup de personnes pro- 
noncent encore aujourd'hui reine 
glaude pour reine claude, etc. 

Alglon, diminutif de aigle, 
forme par Taddition du suifixe on, 
comme dans dnon, chaton, oursou, 



raf on, — de dne, chat, ours, rat. 

— Ce suffixe on vient du suffixe 
latin onem, qui servait au mgme 
usage : de sabulum (sable), les 
Latins tiraient sabutonem (sa- 
blon), etc. 

Aigre, du L. acrem (aigre). 
Sur le cbangement de a latin en 
ai, voir au mot aigle; sur l'adou- 
cissement du c latin en g , voir au 
mot adjuger. — D. aigreur, aigre* 
let j aigiir, aigrement. 

Aigre (in. Origine in conn ue. 

Aigrette, sorte de heron dout 
la tete est ornee d*un bouquet de 

Slumes qui a pris le nom generique 
e l'oiseau. Le sens originaire de 
aigrette est done he'ron, ce qui 
indique surabondamment d'autre 
part son etymologie. 
Le vieil haut allemand heigro 

2i6ron) devint en francais aigre, 
ont aigrette est le diminutif, et 
signifie proprement petit he'ron. 
(Sur les suffixes diminutifs en ette, 
voir au mot ablette.) — D'autre 

Sart, ce meme mot allemand heigro 
onna a la basse latinit6 le derive* 
aigronem qu'on trouve deja 6crit 
air onem dans un texte du dixieme 
siecle, et qui devint en francais hai- 
ron, et au quinzieme siecle heron. 

— Quant a la reduction du gr en 
r, elle se retrouve dans pelerin 
(pereprinus), noire (nipra), entiere 
finteora), flairer (fraprare), paresse 
(pipritia), cueillir (collip're), frire 
(frip're)j fuir (fup're), lire(lepYe), 
elire (ehp're). 

Aigu, du L. acutus (pointu). 
Sur le changement de a latin en 
ai, voir au mot aigle; sur le chan- 
gement de c latin en p, voir au 
mot adjuger. Quant a la reduction 
de la finale utus (acuta*) en u 
(aigu), ou plus ^implement, quant 
a la chute de la den tale latine t> 
elle n'a point eu lieu directement 
du latin en francais; * est d'abord 



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AIG 



37 



AIM 



devenu d dans le latin merovin^ien 
(comme nous l'avons demontre au 
mot aider), — et ce d a persist^ 
dans les premiers monuments de 
notre langue jusqu'a la fin du 
xi e siecle : spatha, natum, hono- 
rata, devenus spada, nadum, ho- 
norada, donnent a notre ancienne 
langue les formes espede, ned, 
honorede, qui des les premieres 
an Dees du douzieme siecle laissent 
tomber le d, et deviennent espte, ne", 
honore'e. — Acutus a du passer par 
aigud pour arriver a aigu, comme 
virtutem, cornulum, canutum ont 
donne vertud , cornud , chenud, 
puis vertu, cornu, chenu. — Le 
seul mot derive* d'aigu, est le verbe 
aiguiser, qui vient duL. acutiare* 
(rendre aigu). On vient de voir 
comment acutus a donne aigu; 
quant au changement de la finale 
tiare en ser (ou de ti latin en s 
doux) , nous l'avons etudie au mot 
agencer. 

Aigtte, eau, du L. aqua (m&me 
sens). — Sur le changement de a 
initial en ai t et sur celui du q la- 
tin en g , voir au mot aigle, — Le 
mot aigue, disparu de la langue 
moderne, a persiste dans quelques 
noms de heux (Aigues-Mortes, 
Chaudes-Aigxi.es) , — et dans un 
certain nombre de derives : ai- 
gui&re, vase ou Ton met de Peau, 
— aiguade, provision d'eau douce 
pour les vaisseaux , — aigue-ma- 
rine ( litteralement eau- marine, 
eau de mer), pierre precieuse de 
couleur bleue, etsembiable a l'eau 
de la mer. 

Aig**e-nta»*ine, voy. aigue. 

Aigwiewe, voy. aigue. 

Aiguiiie, du L. acucla* (m. s.). 
Le latin acicula (diminutif de acus, 
aiguille), qui prit, comme la plu- 
part des diminutifs, le sens du pri- 
mitif (voir V Introduction de ce 
livre, p. xxxn), avait une double 



I formea rue ula, que Ton trouve dans 
le Code Tbeodosien, et qui ne tarde 
point a se contracter en acucla, sui- 
vant une loi reguiiere que nous 
avons demontree au mot able. — 
Pour le changement de a latin an 
ai, — de c latin en g, — et de 
ucla en uille, voir respectivement 
aux mots aigle, adiuger, abeille. — 
D. aiguillee, aiguillette, aiguillon, 

Alguiiiec, voy. aiguille. 

Aigwiiiette, diminutif d'a»» 
guille. 

AiguiUo*, voy. aiguille. — 
D. aiguiUonner. 

Aigwiser, voy. aigu. 

Ail 9 du L. allium (ail), par le 
changement de U en I mouille, et 
Tattraction de l't latin, comme dans 
mouiller (molliare*), chatouiUer 
(catulliare*),mqt7(malleus),matlfe 
(metallea*), faillir (fallere), bouillir 
(bullire), — fUle (filia) , paille (pa 
lea), vaille (valeat), leutt (soleum), 
taille (talea) , famille (familia), /W- 
leul (filiolus*), tilleul (tiliolus*), 
meilleur (meliorem). 

Aiie, du L. ala (aile). Sur le 
changement de a latin en at, voir 
au mot aigle. — - D. aite. 

AUewan 9 forme de aile, comme 
bticheron de bULche, — chaperon de 
chape, — forgevon de forge, — 
moucneron de mouche, — mousse- 
ron de mousse, — puceion de 
puce, etc. 

A if fete »•#, du L. aliorsum (vers 
un autre lieu). — Pour le change- 
ment de li latin en ill, — pour 
celui de o latin en eu, voir respec- 
tivement aux mots ailetaccueillir. 
— D. d'aillmrs. 

Aimabie,d\iL. amabilis [digne 
d'amour). — Les suffixes abilis f u- 
rent regulierement contract es en 
ablis dans le latin vulgaire ; dbilis 
est accentue sur l'antepenultieme, 
et Ton sait que toute voyelle penul- 
tieme breve dispara en francais 
3 



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AIN 



38 



AIN 



(voir V Introduction de ce livre, 
p. lxxx). 

Abilis, devenu ablis, donna au 
francais les suffixes en able , qui 
sont * fort nombreux dans notre 
langue. 

Aimant, du L. adamantem 
(fer, — et dans quelques auteurs, 
ier aimante). Aimant, qui est en 
vieux francais aimant, en proven- 
c,al adiman , a perdu le d medial 
latin a(d)amantem (sur cette dis- 
parition du d, voir au mot acca- 
hler) ; adamantem, ou mieux a-a- 
mantem, est devenu aimant par le 
changement de a en i, qui se re- 
trouve dans un petit nombre de 
mots : cerise (cerasus), gt'rofle (co- 
riophyllum), aveltne (avellanaV 
gite (jacitum), bondir (bombitare), 
retenttr (retimitare). 

Ce changement remonte a la 
langue latine elle-m6me , qui di- 
sait indifferemment avellina ou 
avellma, et qui formait insipidus 
de sapidus, in-imicus de amicus, 
in-stituo de statuo, dif-ficilis de 
facilis, ac-cipere de capere, e-ripio 
de rapio, etc. 

Aimer, du L. aware (m. s.). 
— Sur le changement de a latin en 
ai, voir au mot aigle. 

Aine, corruption du vieux fran- 
cais aigne, qui vient lui-m6me du 
latin inguinem (aine). — Inguinem 
a dc£ne aigne, comme sanguino 
a donne saigne. Inguinem, con- 
tracts en ing'nem, suivant la loi 
demontree a la page lxxx de notre 
'Introduction, est devenu aigne, 
par le changement de i en ai etu- 
die au mot abbesse , et par la trans- 
position de no en gn, que Ton re- 
trouve dans joionant (junoentem), 
teionant (tinoentem), saigne (san- 
puino). 

Aine, plus anciennement aisne", 
avant le xin e siecle ainsni, com- 
pose de aim et de ni. — Au lieu 



de primogenitus, le latin vulgaire 
disait volontiers ante natus (n6 
avant). Au septieme siecle, Isidore 
de Seville traduit antenatus par prt- 
vignus, et primogenitus par ante* 
omnes natus : il oppose antenatus 
a postnatus, Tun servant a designer 
le fils cadet, Tautre, l'atne. 

Ante, ayant donne ains en fran- 
cais (par le changement de a en 
ai etudie au mot aigle), — et na~ 
tus etant devenu ne" (voir ce mot), 
— anti natus devint en francais 
ains-nt, comme post-nalus devint 
puis-ne" (d'ou puind). De mfime que 
le latjn vulgaire, pour opposer 
l'aine au cadet, disait ante-natus 
et post-natus, l'ancien francais 
opposait Yains-ni au puis-ne" ou 
moins-ni (minus-natus). La m6me 
distinction se retrouve dans les 
Coutumes de Beaumanoir, qui 6ta- 
blit les droits de Yains-ne et les 
distingue judiciairement de ceux 
du puis-ne". 

La forme ains-ni se transforme 
au xi ? e siecle en ais-n6, par la re- 
duction de ns en s. Cette reduction 
s'operait deja en latin : tandis que 
les textes de la vieille langue latine 
disentformonsus, quadra gensimus, 
quotiens, le latin classique reduit 
ces formes en fbrmosus, quadra- 
gesimus, quoties; a leur tour, les 
formes classiques censor, mentis, 
impensa, inscitia, mensa, Vien- 
nensis, se reduisent a cesor, mesis, 
impesa, iscitia, mesa, Viennesis, 
dans le latin vulgaire, comme nous 
Paffirment Varron, Festus et Fla- 
vius Caper. Le latin merovingien 
continue cette tradition ; on trouve 
dans les Chartes du vn e siecle ma- 
sus pour mansus, remasisse pour 
remansisse, etc. Voici la liste com- 
plete des cas ou s'opere cette re- 
duction : maison (mansionem), me- 
sure (mensura), epoua? (sponsus), 
cotUer(constare), fie (insula), mi- 



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AIR 



AIS 



tier (mifurterium) ; mois (mensis), 
moirtier(monastenum), poids (pen- 
ram), pro (prensus*), toise (tensaj, 
toison (tonsionem), tres (trans), 
pay* (pagensis), prison (prensio- 
nem*), coudre (consuere), masure 
(mansura), peser (pensare), mesu- 
rer(mensurare),tournois (turonen- 
sis), gregeois (graecensis *) , po/le 
pensile*). 

Mais le langage se modifie sans 
cesse sous Taction d'une meme 
force toujours agissante; le latin 
et le francais ne sont que les 6tats 
successifs *de la meme langue, et 
cette reduction de ns en s a eu lieu 
Don-seulement dans le passage du 
latin au francais, mais encore dans 
celui du francais ancien au fran- 
cais moderne : ains-ni est devenu 
ais-ne au quatorzieme siecle, et 
aitnt s'est transforme en ain4 au 
dix-septieme. — D. ainesse. 

Aiwisi. Ancien francais ensi, 
plus anciennement in si, du latin 
tn-stc (voy. si). Cf. Grammaire 
historique de la langue francaise, 
p. 217. 

Air, du L. aer (meme sens). — 
Que ce mot air soit venu a avoir le 
sens de naturel, ou disposition 
d'esprit, on le comprendra facile- 
ment en comparant au francais le 
latin spiritus, qui veut dire a la 
fois souffle, vent, et passion, hu- 
meur. — Quant au sens dVwr de 
musique, il nous est venu, au 
xvn e siecle, de l'italien aria, qui 
vient aussi du latin aer, et qui a 

Juris le sens dans lequel la musique 
'emploie aujourd'hui : air arecu 
le sens du mot italien, mais en 
conservant sa forme francaise. 

•Airain, du L. aer amen (bronze). 
— Le suffixe amen (aeramen) est 
devenu ain (airatn), comme dans 
les mots levatn (lev amen), es- 
saim (ezamen), etrain (stramen), 
merratn (materiaroen*), lien (li- 



gamen). De meme que le suffixe 
amen est devenu ain, aim, en dans 
la langue francaise , les suffixes da 
meme famille tmen, umen, ont 
donne respectivement en francais 
in, ain, — on, un. — Le suffixe 
imen est devenu ain dans nourratn 
(nutn'tnen), et in dans train (tra- 
inmen*); le suffixe umen a donne 
un dans alun (alumen*), et on 
dans beton (bitumen). 

1. Aire, nidd'aigle, indirecte- 
ment de Tallemand aren (faire son 
nid), lequel vient a son tour de 
oar (aigle). 

2. iilr«, du L. area (aire a 
battre le ble). Area est d'abord de- 
venu aria par le changement r6- 
gulier de ea en ia (voir aux mots 
abre'ger et agencer) • aria a donne 
aire par la transposition de Yi 6tu- 
diee au mot dnier. 

Aiveiie. Origine inconnue. 
Ais, du L. assis (ais, planche). 

— Les deux ss du latin se sont r6- 
duits a un seul en francais, comme 
dans pas (passus), gras (crassus), 

1>res (pressus), bas (bassus), las 
amis). — Quant a la transposition 
de Yi latin, voy. au mot dnier. 

Aise. Origine inconnue. — D. 

aise", aistment, malaise , malaise" , 

malaise'ment, aisance. — Pour le 

pre fixe, voy. mal. 

Aimseiie 9 duL. axilla (aisselle). 

— Sur le changement de Ya initial 
latin en ai francais, voy. au mot 
aigle* — Quant au changement de 
x (aurilla) en ss (aisselle), il se re- 
trouve dans essai (eaagium), essaim 
(examen), cuisse (coaa), massue 
m&ruca*), essorer (exaurare), issu 
(exire). laisser Harare) , essieu (arri- 
culus*), essoriller (exauriculare*), 
oseille (oajalia*), reussir (re-esire*), 
tisser (texere). Ce changement 
avait d£ja lieu chez les Latins : x, 
qui n'est autre chose que cs, n'avait 
point tarde a subir Tassimilation 



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AJO 



kO 



ALC 



en ss. On trouve chez les Romains 
les former lawus ? asjis, cowim, a 
cdte de laams , aans, coa?im ; les In- 
scriptions donnent conflississet, 
essorcista pour conflixisset, easor- 
cista, — et les manuscrits fvassi- 
nus, towicum pour fraarinus, torci- 
cum. 

Sur le changement de i (axilla) 
en e (aisselle), voy. an mot ad- 
mettre. 

Ajonc. Origine inconnue. Voy. 
jonc. 

Ajowmer, YOy. jour. — D. 
ajournement. 

Ajowier, ancien francais ajou- 
ster, provencal ajostar, du L. ad- 
juxtare* (juxtaposer). Le sens 6ty- 
mologique qui est rapprocher, 
mettre cdte dc6le, se retrouve en- 
core dans les textes francais du 
zi a siecle; dans la Chanson de 
Roland, un des pairs ordonne aux 
Francais de s'ajouler en bataiUe 
(de se mettre en rangs). 

Adjvxtare, devenu ajuxtare (par 
la reduction de dj en j qui se re- 
trouve dans four de djumum*, — 
orpe de borcy urn *, — assizer de 
assedjare *) , a donn6 ajouster par 
le changement de u latin en ou 
(voyez au mot accouder) , et par 
celui de x en * (que Ton retrouve 
dans quelques inscriptions latines 
qui donnent si*tus pour septus, 
obstrinierit pour obstrinaperit) ; ce 
changement de re en * eziste en 
francais dansais(auris),buis (busus, 
dertrier (deartran us*), et dans les 
neuf mots sertier(seartarius), boiste 
(buxda*), tarter (taaf'tare*), mesteil 
(mia&teolum) , rresne (fraarinus) , 
jourter (justare*) , desduire (de- 
esducere*), dewier (deea?viare*) , 
etcluse (esclusa) qui ont perdu s 
en francais moderne et sont deve- 
nus wfter, boite, tdter* me'teil, fri- 
ne, jouter, dtduire, devier Muse, 
— comme ajouster est devenu 



ajouter. (Sur cette chute de. t, 
voyez au mot abtme). 

D. Ajutage (pour ajoutage). 

Ajwiet*, voy. juste. D. a jus* 
tage, ajustement. 

f Alamble, mot venu au in* 
siecle du latin des alchimistes 
alambiquus qui avaient emprunte 
a l'arabe al-anbiq (vase a distiller), 
le nom et Fobjet. — . D. alambx- 
quer (distiller, au figur6 subtili- 
ser). 

Aianguir, voy. languir. 

f Alarme,terme militairevenu 
I au xvi e siecle de Pitalien alVarme 
(meme sens : mais le mot italien 
| veut dire litteralement aux armes, 
et etait a Forigine le cri des senti- 
nelies, surprises par rennemi). Au 
! xvir* siecle , alarms est encore 
ecrit allarme conformement a l'e- 
: tymologie. — D. alarmer,-iste. 
I Albutre, du L. alabastrum 
(meme sens), qui est deja alba*- 
trum dans certains manuscrits la- 
tins. Sur cette chute de #, voyez 
p. lxxxvii, et au mot accointer. — 
bur * disparu, voy. abtme. 

f Albinos, mot venu au xvii* 
siecle de I'espagnol albino (negre 
blanc). 

Album, du L. album (registre). 

Aibunilne , du L. albumine 
(blanc d'oauf). 

f Alcade, de I'espagnol alcade 
(meme sens). 

f Alcall, mot venu en francais 
par le latin des alchimistes qui ra- 
vait emprunte de l'arabe alcali 
(sel de soude). — D. alcalin. 

j Alchlmle, mot venu en fran- 
cais par le latin des alchimistes, 
qui avait emprunte ce mot a l'a- 
rabe alchymta (meme sens). — D. 
akhimiste. 

j- Alco^l, anciennement alco- 
hol, que les alchimistes ont tir6 de 
l'arabe alqohl. 

t Alcdve, mot venu au xvr* sie- 



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ALI 



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ALL 



cle de l'italien alcovo (mdme I 
sens). ' 

Aleyon , du L. alcyon (mfime 
sens). | 

Aleatolre , du latin aleatorius 
(qui concerne les jeux de hasard). 

Alene, , vieux francais alesne, 
mot d'origine germanique, de Pan- 
cien baut allemand alasna (meme 
sens), transposition de alansa. 

t iiletKlf , factitif de lent. — 
Ce mot, encore employe" par Cor- 
neille et par Moliere, a persists en 
francais moderne, dans le compose' 
ralehtir. 

Atentowr, ancien francais, d 
tentout, voy. entour. 

f Alerte, anciennement allerte, 
et dans Montaigne et Rabelais a 
Yerte, expression purement mili- 
taire a rorigine , et emprunt6e 
pendant nos guerres d'Jtalie du 
xvi* siecle , au cri italien alVerte 
(garde a vous); l'italien dit stare 
all' ert a pour se tenitsutsns gardes. 

Atevin, du L allevamen (ce 
qu'on 61eve, ce qu'on nourrit). Sur 
amen = in, voy. airain. 

Alexandria (vers). Origine 
inconnue. 

f Ale*an,venuaudix-septieme 
siecle de l'espagool alaxan (mfime 
sens). 

f Algarade, venu au dix-sep- 
tieme siecle de Tespagnol algatada 
(attaque imprevue). 

f Algebre, du latin scientifi- 
que du moyen age algebra, lequel 
vient a son tour de l'arabe aldja- 
broun (reduction matbematique 
des parties au tout). 

f Alguasll, de l'espagnd al- 
guazil (mfime sens). 

Algae, du L. alga (m6me sens). 

Alibi, du L. alibi (ailleurs). 

AHboron. Origine inconnue. 

f Alidade, du latin scientifique 
du moyen age alidada, qui est 
I'arabe alidad (computation). 



Allener, du L. alienate (ven- 
dre). — D. alienation , alienable. 
Quant au sens de folie, il existe 
aussi en latin pour le mot alie- 
nare. 

Aiigncr, voy. ligne.— l). ali- 
gnement. 

Allmrat, du L. alimentum 
(meme sens). — D. aliment*., 
-ation. 

Allnea , anciennement d linra, 
de l'expression latine d linea em- 
ployee quand on dictait , pour in- 
diquer qu'il fall ait cesser la ligne 
commencee, et en 6crire une nou- 
velle. 

Allqnaate, du L. aliquantus 
(meme sens). 

Allquete, du L. aliquot (m&me 
sens). 

Alitor, voy. lit. 

AUze, aussi 6crit alise , mot 
d'origine germanique; de l'ancien 
baut allemand elixa (alise ) — D. 
alisier. 

ifffoifef, du L. allactare (al- 
laiter. — Sur ct (allactare) devenu 
it en francais, voy. attraxt. — D. 
ailaitement. 

Atieckew, du L. allectare (at- 
tirer , inviter). Quant au change- 
ment tout a fait insolite de ct en 
ch (allectare = all6cher), il se re- 
trouve dans flec/iir (flecfere), refle- 
ctor (reflectere), empfic/ier (impac- 
ts re) cacher (coactare*). — D. 
aUechement. 

Aiteger, du L. alleviate (ren- 
dre plus leger). Alleriare est devenu 
allevjare par le cbangement de l't 
en i (6 tudie* ci-dessus au mot abte"- 
get) ; allevjare est devenu ailc/are 
(puis alleper) par la reduction de 
vj en o, qui se retrouve dans de- 
lude (dilutyum*), neipe (nirjV), 
serpent (serrjentem * ), abreper 
(abbreujare)*, auge (alv/a), saupe 
(salvja) , cape (carj'a*). Cette re- 
duction de v a aussi lieu 1° devant 



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ALL 



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ALL 



les autres gutturales (vc, vg), 
comme daDs naoer (nat'aare), ber- 
cail (verv'cale*), nacelle, (nav'cella), 
— 2° devant les dentales {vt y vd), 
comme dans ciJ6 (civ'tatem),jeudi 
(Jot?'dies), — 3° devant les liquides 
dans jeune (juv'nis). — D. alUge- 
mentj alUgeance. 

Allegorle, da L. allegoria. 
(mSme sens). — D. allegorique. 

AUhgre, ancien francais attgre, 
du L. alacris (allegre). Sur a (ala- 
cris) devenu e, voyez acheter. Sur 
cr latin = gr francais, voy. ad- 
juger. — D. alUgrement , alU- 
gresse. 

f Allegro, venu de l'italien al- 
legro (vif). 

Alleguer, du L. allegare (alle- 
guer. — D. allegation. 

Alleluia, mot introduit par 
saint Jerome au cpatrieme siecle, 
dans le latin ecclesiastique, et qui 
est la transcription de Thebreu 
haleluiah (cel6brez le Seigneur, 
litt6ralement : halelu louez , iah, 
Dieu). 

Alter, a emprunte ses temps a 
trois verbes latins differents : — 
I. Les trois premieres personnes 
de l'indicatif present ont 6te em- 
pruntees au verbe vadere; je vats, 
{yado), tu vas(vadis), il va (ancien 
francais i\vat),vadit.— II. Le futur 
et le conditionnel (j'ir-ai, j'ir-ai*) 
proviennent du latin ire par la for- 
mation ordinaire du futur ( voyez 
ma Grammaire historique de la 
langue francaise, p. 187.— III. Tous 
les autres temps {allais{ allai, al- 
lasse,aille, allant, alU) se rap- 
portent a l'infinitif aller. Quant a 
ce dernier, qui 6tait en vieux- 
francais aler, et aner, il vient du 
latin merovingien anare, qui n'est 
lui-m6me que l'adoucissement du 
latin classique adnare (venir; ce 
mot qui signifie proprement venir 
par eau , dans Ciceron , ne tarda 



pas a prendre une rapide exten- 
sion de-sens, et adnare signifie 
venir par terre dans Papias). — 
On peut faire la meme remarque 
sur un mot analogue enare (venir 
par eau, nager, Ciceron), qui dans 
le latin classique , exprime deja 
Faction de venir n'importe par 
quel moyen, soit en volant : Dae- 
dalus. . . . gelidas enavit ad Arctos, 
dit Virgile (iEneid., VI, 16), soit 
en marcbant : Nous avons parcou- 
ru ces vallees : Enavimus has val- 
les (Silius Italicus). — II est cu- 
rieux que la m6me m6taphore, de la 
navigation a la marcbe , ait aussi 
lieu dans le mot adripare qui si- 
gnifiait dans l'origine aborder d la 
rive (ripa), et qui a fini par pren- 
dre le sens general de toucher au 
but, et nous a donne le verbe ar- 
river. 

Pour aller de adnare ou anare 
au francais aller, en passant par 
les formes interm&liaires aner 
puis aler,-\e latin a subi un chan- 
gement important, celui de n en I : 

Cette permutation de nasale en 
liquide n'est pas rare en francais, 
t6moin orpheiin (orphaninus * ), 
Chateau-Iandon, (Castellum-JVan- 
tonis) Botogne (Bononia), Roussi/- 
lon (Rusciwionem). entraiMes (in- 
tranea*), cari/ton (quaternionem), 
enfin fatot et juiMet qui sont pour 
fawot et iuinet (voyez ces mots). 
— D. allee , substantif participial 
(voy. absoute). 

AUeu, ancien francais alou y 
plus anciennement aloud, — es- 
pagnol alodio, italien allodio , — 
du latin merovingien allodium 
(alleu), qui est d'origine germa- 
nique, comme tous les termes de 
droit feodal. Allodium vient de 
l'ancien haut allemand alldd (pro- 
priete complete), le franc- alien 
(bien hSreditaire et exempt de tout 
droit seigneurial) etant oppose au 



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ALL 



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ALL 



b&uffice (bien viager aTorigine, 
et dependant d'un seigneur). 

iff liet*, du L. alligare (lier, 
unir). — D. alliance, alliage , mis- 
allier, mesalliance, rallier, ral- 
liement. — Le g latin a disparu en 
francais a Hi (g) are est devenu oi- 
lier : ce phenomene , qu'on ren- 
contre deja dans les derniers temps 
de la latinite (on trouve niellatas 
pour ni-g-ellatas dans une charte 
merovingienne), est ordinaire en 
francais, soit que le g latin pre- 
cede'en latin la voyelle accentuee, 
comme dans aout de au{g)ustus, 

— giant de gt(g)an*em, — maitre 
de ma(g)tsfer, — nielle de nt(g)el- 
la, — provigner de propa{g)inare t 

— reine de re(g)tna, — fatne de 
/a(g)tna, — gaine de t?a(g)tna, — 
heur de att(g)tmum, — ring* de 
vi[g)inti, — carime de quadra(g)e-> 
sirna, — chdtier de casti(g)are, — 
denter de c{ene(g)are, — fttau de 
flag)ellum, — frayeur de /rt(g)o- 
rem, i— eflrayer de «b-/rt(g)are*, 

— /Want de /rt(g)en*em, — liot*- 
lefte de a(g)oletta* J — iter de It- 
(g)are, — Wen de lt(g)amen, — 
liaison de li(g)altonem, — loyal 
de te(g)aW*, — loyauU de le(g)alt- 
totem, — nier de ne(g)are, -—paten 
de pa(g)anus, — pay* de pa(g)en- 
m* — guar ante de quadra (g)tnta, 
—trente de trt(g)inla, — cinquante 
de qninqua{g)inta , — soixante de 
*ftra(g)tnta, — relayerderelt(g)are, ' 

— royal de re(g)alts, — royauU de 
re(g)alitatem, — royaume de re- 
(g)eltmen% — rut de rw(g)itw*, — | 
win de *a(g)tna, — scea<± de st- 
(g)t7lum, — setne de sa(g)enna; ' 

— soit que le a suive en latin la 
voyelle accentuee comme dans es- 
saide exa{gyium, — fou* de fa(g)us 
[d'ou : fouet] , — je de e(g)o, — loi 
de le({?)em, — rot de re(g)em, — - 
*ate de «a(g)um, — sangsue de 
sanguisu(g)a , — orfraie de ossi- ' 



fra(g)a, — plate de pla(g)a, — 
fresaie de pra?*a(g)a, — rwe de 
rw(g)a. — D. alltance } attte*, aJ- 
Itaoe. 

f Alligator, mot emprunte par 
les voyageurs a Fanglais alligator 
(mime sens). 

Allocation, du L. allocatio- 
nem* (de allocare*, allouer) . 

AllocntUa, du L. aUocutio- 
nem (harangue) . 

At longer, Toy. long* — D. 
allonge (subst. verbal). 

Allapathfe, du grec 'AX>oc 
(autre), et *d9o; (maladie); systeme 
medical qui guerit les maladies, 
en recourant a des remedes d'une 
nature contraire a ces maladies. 
Voy. homtopathie.— D. aUopathe. 

Aiiauer, de allocare*\ pour le 
changement de lettres, voy. louer. 

Aiiumer, du L. adluminare* 
(compose de luminare, eclairer). 
Adluminare est deja alluminare 
dans plusieurs textes du septieme 
siecle, par Tassimilation deal en ll t 
assimilation frequente chez les do- 
mains qui disaient indifferemment 
allueere ou adlucere, alludere ou 
adludere, alluere ou adluere, al- 
locutio ou adlocutio t etc., etqui 
avaient forme alligare de adHgare, 
allevare de adlevare, etc.... Cette 
assimilation se poursuit en fran- 

Sais qui change dl latin en I, 11, 
ans moule (modulus), mouler 
(mod'lare), railler (rad'iare*), cer- 
celle (querqued'Ja), esquille (schi- 
d'la*), cigale (cicad'la), branler 
pour brandler, etc.... Allum{l)nare 
est d'abord devenu allum'nare par 
la chute reguliere de la voyelle 
br&ve (suivant la loietudieeau mot 
accointer). — Allum'nare a son 
tour est devenu allumer par le 
changement de mn en m qu'on 
retrouve dans semer (sem'nare), 
lame (lam'na), dame (dom'na), es- 
saim (exam'n), terme (term'nus), 



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ALO 



kk 



ALO 



lumiere (lum'naria), semailles (se- 
w'nalia) ; mn latin est aussi ire- 
quemment mm en francais comme 
dans homme (hom'nem), somme 
(som'nus), femme (fem'na), nom- 
wer (nom'nare), sommeil (somni- 
cuius*), entamer (intam'nare), 
hommage (hom'waticum*). — L'i- 
talien alluminare, le provencal 
allumenar , aWumar , marque'nt 
bien la transition du latin aMttmt- 
nare au francais allumer. — D. 
allumeur, allumette. 

AHure, de aller % comme coif- 
fure, souillure, brochure, etc.... 
de coiffer, souiller, brocher. 

Allusion, du L. allusionem 
(mSme sens). 

Alluvion, du L. aUuvionem 
(mfime sens). 

Almanack, bas latin almana-* 
chus, du grec aXfxsvaxa qui est au 
troisieme siecle dans Eusebe avec 
le sens d'almanach. 

Aloes, ancien francais alod, 
du L. alo$ (meme sens). 

Atoi, compose* de a, et de lot 
qui a eu dans notre vieille langue 
le sens de titre des monnaies, 
comme l'a encore Tespagnol ley, 
qui veut dire a la fois, lot, et titre 
des monnaies. — Pour P6tymologie 
de loi , voyez ce mot. 

Ators, voy. lors. 

Atose, du L. alausa (meme 
sens), qui est d£ja alosa chez les 
Romains. Sur au latin = o fran- 
cais, voy. alouette. 

Alouette, diminutif de aloue 
qui, dans notre ancienne langue, 
voulait dire alouette. Alouette est 
de> v6 de aloue, comme herbette 
de herbe, cuvette de cuve (sur ce 
suffixe diminutif ette, voy. ablette). 
Ici comme dans beaucpup d'autres 
mots (voy. page xxxv), le primitif 
a disparu, et le deriv6 a seul per- 
sist^, en conservant la plenitude 
de sens de l'original. 



I Aloue vient a son tour du L. 

I alauda (auquel Plinedonne le sens 

1 & alouette) et qui est lui-m6me un 
mot emprunte aux Gaulois par les 
Romains, et introduit dans la lan- 
gue latine par Cesar. (Les noms 

j vraiment romains de Talouette 

I sont galerita, corn dolus. 

Pour passer $ alauda a aloue, 

' le latin a subi la perte du d mon- 
dial qui suit la voyelle accentuee : 
ce ph£nomene se retrouve dans les 
mots suivants 1° soit que la voyelle 
subsequente persiste comme dans 
envie de tm?t(d)ta, — proie de 
prae(d)a, — queue de cau(d)a y — 
joie de 0at*(d)ta*, — rate de ra- 
(d)ta*; — 2° soit que )a voyelle 
subsequente disparaisse comme 
dans cru de cru{i)us, — degri de 
degra{d)us, — huide ho(d)ii, — 
mi de me(d)ium , — puy de po- 
(d)ium, — bat de ba (alius, — rat 
de ra(d)tu», — demt de dimi(d)ium, 
— ennui de wo(d)to*, — glai de 
gla{d)ius, — gui de va{d)um, — 
nu de nu(d)us, — mat de ma(d)tu$*, 
pdle de palli[d)us, — palefrot de 
parafre (a) us*, — ranee de ran- 
ci(d)us, — rose'e de rosci{d)us f — 
sol de soli{d)us t — alleu de alo- 
(d)tuw. 

Outre la chute du d , alauda a 
subi, pour devenir aloue, le chan- 
gement de auenou: la diphthon- 
gue au etait prononcee par les 
Latins, non pas o comme notre au 
francais, mais a-ou; pour aurum, 
taurus, cauda, les Romains di- 
saient a-ouroum ? ta-ourous, ca- 
ouda (et non point comme nous 
qui prononcons orum, torus, coda): 
cette prononciation de au en o eut 
paru tout a fait fautive aux Ro- 
mains des hautes classes, et les 
grammairiens la designent comme 
une prononciation habituelle chez 
les paysans , et recommandent de 
l'eviter : Festus nous dit que les 



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ALT 



45 



AMA 



campagnardsromainsprononcalent ' 
orum pour aurum, oriculas pour 
auriculas, etc.... Le fran^ais qui 
vient du latin populaire, non du 
latin clasaique, a garde la pronon- 
ciation rustique de o pour au : clos 
(clausus) , or (aurum). oser (au- 
sare) T alose (alausa, aeja en latin 
alosa) , clore (claudere) , chose 
(causa), oreille (auricula), Orleans 
(lureliani) , orage (auraticum*) , 
tresor (thesaurus), dorer (deaura- 
re), essorer (exaurare), essoriller 
(exauriciare*) ,joyau(gaudiellum*), 
loyeux (gaudiosus) , loriot (aureo- 
lum) , los ilaus) , more (maurus) , 
ogive (auRiva*), octroyer (aucto- 
ricare*),oripeau(auripellem), 6\&r 
(haustare), poser tpausare), el dans 
certain es formations secondaires 
parole (par aula , forme second, de 
parabola), forger (faurcare, forme 
second, de fabricare), t<5le (taula, 
forme second, de tabula) , somme 
(sauma, forme second, de salma). 

Dans tous ces mots, au latin est 
devenu et est reste o; dans un cer- 
tain nombre d'autres, au latin est 
devenu o en ancien francais, et cet 
o est a son tour devenu ou en 
francais moderne (par un change- 
ment etudie au mot affbuage). 
Voici la liste complete de ces chan- 
gements : loue (laudo), louange 
(jaudemia*), ou (auti, ouir (au- 
dire), iouir (gaud ere), clou (claus 
pour clavus), couard (cauda), en- 
rouer (inraucare*), chou (caulis), 
outarde (austarda pour avistarda), 
joue (gauia*). 

A lotftHfif , voy. lourd. 

Aloyaw. Origine inconnue. 

f Alpaga, etoffe de laine faite 
avec le poil de Valpaga, espece de 
lama, qui habite l'Amenque du Sud. 

Alphabet, du L. alphabetum 
(meme sens). — D. alphabttique. 

Altercation, du L. altercatio- 
(dispute). 



Alterer, du latin scolastigue 
aUerare (changer), derive de alter 
(autre), — comme en allemand 
andern (changer) , vient de ander 
(autre). — Pourquoi et comment 
alterer a-t-il passe" du sens de 
changer a celui d'avoir soif? c'est 
un point qui reste obscur. — D. 
alteration ,. -able. 

Alterae, du L. alternus (meme 
sens) . — D. alterner, - at ton, - atif, • 
ative y - ativement. 

f Alteooe, venu au seizieme 
siecle, de l'italien altezxa (ineme 
sens). 

f Altler, venu au seizieme sie- 
cle de Titalien altiere (hautain). 

Altitude, du L. altitudo (hau- 
teur). 

f Alto, de Titalien alto (mfime 
sens). 

Alanine , du L. alumine 
(alun). — D. aluminium. 

iff mm, du L. alumen (alun). 
— Sur le cbangement de umen en 
un voy. airain. 

Alveole, du L. alveolus (meme 
sens). 

An%*do*e*f compose de ma- 
douer* mot d'origine germanique, 
qui vient du vieux scandinave 
mata (danois made) , appdter, at- 
tirer par un appdt. — D. amadou. 
Bien qu'il n'existe aucun rapport 
de sens, entre amadouer (appd- 
ter) , et amadou, il est cependant 
indubitable que le dernier derive 
du premier; en italien ad-escare 
(amadouer), vient de esca qui veut 
dire a la fois appdt et amadou; 
en latin esca est aussi appdt et 
amadou, — Ces rapprochement* 
nous montrent que la meme me*« 
taphore qui rehe amadouer a 
amadou existe dans plusieurs 
langues , — et cette comparaison 
des metaphores justifie 1 origine 
du mot, bien qu'on ne puisse pas 
l'expliquer. 



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AMA 



46 



AMB 



Amaigwir, voy. maigrir. — 
D. amaigrissement. 

Amalgnme, origine incon- 
Uue. — D amalgamer. 

Amande , ancien francais 
amende, corruption du L. amyg- 
dalum (amande). — Amygd&lum 
contracte en amygdlum suivant 
la regie de l'accent latin (voy. 
asperge), reduisit d'abord legd la- 
tin en d, reduction que Ton re- 
trouvedans Madeleine (Magdalen a), 
emeraude ( smaragda ) , froide 
(frigr'da), roide (rit/'da), —Amytf- 
lum subit ensuite l'intercalation 
d'un n et devjent Amyndlum, 
comme latema est deja lanterna, 
dans le latin classique, et then- 
saurus existe a cdte de thesaurus; 
reddere est rendere dans la Loi 
Salique, et Iculisma est de bonne 
heure tnculisma. Amyntflum ou 
Amind'lum donna le vieux fran- 
cais amende par le changement 
de in en en, — comme dans en- 
fant (infantem) en (in), fendre 
(ftnd're), pervenche (pervtnca) etc. 
(voyez au mot admettre). Amende 
devient ensuite amande en fran- | 
cais par le passage de en a an, qui 
se retrouve dans les mots : langue 
(lingua), sangle (ctng'lum), sons 
(sine), dimanche (dies-domin'ca), 
sanglier (stng'laris) , andouille 
(t'nduct'lis), tanche (ttnca), —que 
rancien francais 6crivait confor- 
mSment a l'6tymoiogie lengue, 
single, sens, dimenche, senglier, 
endouille, tenche. 

Le lecteur aura remarqu6 que 
les regies de la phonetique nous 
ont permis de rendre compte de 
toutes les lettresdu mot, a l'excep- 
tion de I latin qui a disparu en 
francais : c'est precis&nent dans 
cette disparition anormale de I que 
consiste la corruption du mot 
amande , comme on Fa deja vu 
p. lxxxvu. Ona vu aumot allumer 



' que dl latin s'assimile toujours en 
J francais, et devient 11, I : des lors 

amind'lum aurait du donner non 
I pas amande, mais bien amanlle, 

amanle, comme brandler a donne 
! branler- — D. amandier. 
| Amant, du L. amantem (qui 

aime) . 

I Amaranthe, du L. amaran- 
, tus (Pline, mfime sens). 
J Atnawer, de"marrer } compo- 
i se*s du primitif marrer*, qui vient 
! du neerlandais marren (amarrer). 

— i ». amarre, amarrage. 
Awnasmew, voy. masse. — D. 

I amas (substanlif verbal), — ra- 

I masser, ramas, ramassts. 

I Amateur, du L. amatorem 
(qui aime). 

Amaurotic, du grec &[iaupciMnc 
(obscurcissement). 
Amamone, du L. amaxon 

I (mfimesens). 

Ambages, du L. ambages (d6- 
tour). 

An%bassadc , au quinzieme 
siecle ambaxade, mot qu'on ne 
trouve point en francais avant le 
quatorzieme siecle, et qui par sa 
terminaison en ade (inconnue en 
francais qui dit ee pour ade, voyez 
ma Grammaire Historique du 
francais, p. 277), — provientde 
respagnol ambaxada, mot qui se 
rapporte au be s latin ambaxiata, 
(mission). Ce mot derive de am- 
baxiare, ambactiare (agir pour 
quelqu'un)/ lequel est forme de 
ambactia terme tres-fre\juent dans 
la Loi Salique, et dans le latin m6- 
rovingien avec le sens de mission. 
Ambactia a son tour derive d'am- 
bactus (serviteur, celui quiremplit 
un office, une mission). 

Pour l'elargissement de sens, 
voyez p. xxiv. — D, ambassadcur, 

- drice. Lev. fr. dit avou6? 
Atnbe, du L. ambo (les deux, 

tousles deux ensemble). On disait 



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AME 



47 



AME 



au moyen Age: ambes mains, | Atme 9 du L. amatus (aim6). 
ambes parts, etc... au lieu de les j Sur atus = e*, voyez ampouli. 
deux mains j des deux parts; ce \ Am^lUrer, du L. ameliorare 
mot est reste comme terme de jeu : ' (rendre meilleur) . — D amtliora- 
fai gagni un ambe a la loterie t , tion. 

c'est-a-dire deux numeros. | f A«e«, mot h6breu introduit 

Amblant, du L. ambientem parPfiglisedansIerituellatin,etqui 

vent dire proprement atim soit-il 



(meme sens). 

Amblga, du L. ambiguus (a 
double sens). — D. ambiguiti. 

Ambltleui, du L. ambitiosus 
(m§me sens). 

Ambltloa, du L. ambitionem 
(me 1 me sens). — D. ambitionner. 

Ambicr, du L. ambulare (pro- 



Auufnager, voy. manager. 
— D. aminagement. 

Amende*, du L. emendare 
(meme sens). Sur ce changement 
insoiite de e en a voyez V Introduc- 
tion. 

£ latin accentue est devenu a 



mener). Pour le r6trecissement du j en francos 1° dans par (per), cran 
sens, voy. p. xx. Sur Ja chute de (crena*) ; 2° dans rame (remus); 
YU amb (tt) tore, voy. accointer. | " — - "•' * " % * 

— D. ambte (subst. verbal). 



f Ambre, mot arabe, introduit 
en France au temps des croisades. 
La forme arabe est anVr (anbar). 
— D. ambrer. 

Ambrolsle, du L. ambrosia 
(m6me sens). 

Ambulant, du L. atribulantem 
{qui se deplace). — D. ambulance. 

An*e 9 du L. anima (meme 



3° dans' lezard (lacerta), x lucarne 
(lucerna), courant (currentem) , 
bonne (benna), vendange (vinde- 
mia). vionde (vivenda). 

£ latin inaccentue ou atone est 
devenu a en francais : 1° dans fa- 
rouche (ferocem), rancpn (rfidem- 
ptionem), effarer(effe'rare); 2° dans 
amender (emendare), satin (s#ta), 
foon (fctonem*), jaloux (zelosus), 
glaner (glenare) ; 3° dans parche- 



sens). Anima etant accentue sur min (pergamenum), dauphin (vieux 
la premiere syllabe a perdu son i i francais * dalphin, de delphinus), 
atone (suivant la loi exposee a la marcotte (mergus), marche (mer 



page i xxxvi), et s'est contracte en 
on'ma qui a donne le vieux fran- 
cais anme, lequel s'est contracte 
en dme (par la reduction de nm 
en m, reduction marquee par un 
accent circonflexe sur Va dans le 
francais moderne); leguel est de- 
venu amme (dans Joinville), par 
l'assimilation de nm en mm, assi- 
milation tres-reguliere, et qui avait 
dejalieu en latin (temoin imme- 
mor pour inmemor, — immigrare 
pour inmigrare, — immaturus 
pour inmaturus, etc.)... Au quin- 
zieme sifecle, amme se reduit a 
dme, et cette reduction de mm en 
m est marcpiee par l'accent cir- 
conflexe qui allonge l'a. 



catum), marchand(mercatantem*), 
appartenir (appertinere), arracher 
(exradicare), soulager (suble vjar e*), 
tancer (tentiare *). 

On trouve deja lucarna pour lu- 
cerna dans le latin vulgaire, mar- 
cadus pour mercatus dans les 
Chartes Merovingiennes. 

Derives de amender : amende 
(substantif verbal) , amendement, 
amendable. 

ifmette**, voy. mener. — D. 
ramener. 

Amenity, du L amcenitatem 
(douceur). 

Amcr, du L. amarus (amer). 
Sur a latin (amarus) devenu e, 
voy. acheter. — D. amerement 9 



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AMI 



48 



AMI 



Ameriuime, du L. amarilu- 
dinem (aoaertume). — AmarUtidi- 
nem a d'abord perdu son if atone 
(comme on Pa vu au mot accoin- 
ter) ; de raeme que amorus donna 
amcr, amor'tuainem chanffea le 
second a en e (voyez la regie de 
cette permutation au mot aeheter) ; 
dans le suffixe lidinem, V 1 atone 
disparalt suivant la loi de l'accent 
latin (voyez p. lxxxvi), et Ton ob- 
tientla forme ud'nem, qui est de- 
venue ume en francais; amarHtidi- 
nem donne amertumc ; consuetiidt- 
nem = coutwme; inctidmcm = 
euclume, — Ce change ment s'o- 
pera sans doutc de tres-bonne 
heure en latin puisqu'on trouve 
les formes constuma costuma pour 
eons'tudtnem ( consuetudinem ), 
dans les textes du sixieme siecle. 

Amtthyste, du L. amethyslus 
(mdme sens). 

Ameubletnettt, voy. meuble. 

Amcubtir, voy. meuble, 

Ametttfe**, est une de ces ex- 
pressions de chaste passees dans 
lalanguecommune(voyezp. xxiv). 
En terme de venerie, ameuter, 
c'est mettre les chiens -en* meute, 
les reunir, les attrouper: puis ce 
mot a pris le sens de reunir, d'at- 
trouper , de soulever. — Sur P6- 
tyrnologie d' ameuter, voy. meute. 

Ami, du L. amicus (ami). — 
Le c medial qui suit la voyelle ac- 
centuee a disparu, entralnant 
avec lui la voyelle suivante, 
comme dans x ennemt (inimtcus), 
ept (spiciix), fourmt (formtcu**), 
lat (laicu*), feu (focus), jeu (jocus), 
lieu (locum), Eu (Aucumj , peu 
(paucuat), queux (cocmus), fetu 
fiestucus*), foie (firatum*), si 
(sic), ni (nee), ici (ecc'ic), lui 
flPhuic). — Quand le c medial 
*ui suit la voyelle accentuee, est 
iui-meme suivi d'un a, cette der- 
niere lettre persiste en francais, 



temoin arnic de amt(c)a, — m\e 
de mi(c)a, — pic de pt(c)a, — 
vessic ae vesi(c)a y — taic dethe(c)a, 

— noic de nc(c)a, — lieuc de 
leu(c)a, — ivraic de c6rta(c)a, 

— baic de ba(c)a, — braic de 
bra{c)a, — oic de au(c)a, — char- 
rue de earn* (c) a, — verrue de 
i?erru(c)a, — laituc de lactu(c)a, 

— massuc de maxu(c)a* } — tortue 
de tortu{c)a. 

Amiable, du L. amicabilis 
(amical) Sur la chute du c latin 
ami{c)abilis , voyez au mot 
affouage : sur le changement de 
abilis en able voy. affable. 

Amlante, du L. amiantus 
(amiante). 

Amlc*l, du L. amicalis (m. s). 

— D. amicalement. 

Amlct, du L. amictus (meme 
sens). 

Amldon, corruption du L. 
amylum (amidon), (voy, p. lxxxvi), 
qui est deja amydum dans un do- 
cument du neuvieme siecle. — 
D. amidonner,-ier. 

Amincir, voy. mince. — D. 
amincissement. 

f Amlral, mot arabe introduit 
en France peu de temps avant 
les croisades. II correspond au 
, bas latin amiralius qui vient lui- 
meme de Parabe. — D. amiralte', 
qui est amiraute" en fr. moderne. 
Sur I = u, voyez agneau. 

Amitie. Ce mot est dans notre 
ancienne langue ami&tU, plus an- 
ciennement amiste", et a l'origine 
amistet, forme qui correspond a 
Pit alien amistd, a Pespagnol amis- 
lad, au Catalan amistat, — et qup 
vient, ainsi que ces trois mots, 
du L. amicitas, forme du latin 
vulgaire pour amicitia (amictfcw 
a ete forme d'amtctu, comme men- 
dicitas de mendtcu*, antiquttaf 
de antiquum, etc...). 

Pour aller d'amicitatem a ami- 



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AMI 



49 



AMO 



tie 1 , ou plutdt a la forme franc,aise 
originaire amiste', nous trouvons 
trois changements pbilologiques: 
1* 11 qui precede immediatement 
la voyelle accentuee amtc(I)td- 
lem, a disparu (conformement a la 
regie donnee au mot accointer). 
2° Dans le mot latin ainsi contracte 
(amic'tatem) , le c est devenu *, — 
et la finale atem s'est changee en 
I suivant la regie etudiee au mot 
abbe'. Quant au changement de c 
latin en s, nous Tavons deja vu 
pour le c doux latin au mot agen- 
cer: cette permutation est plus 
rare pour le c dur latin. 

Le c dur latin devient * en fran- 
cais ou plus generalement la gut- 
turaleedevientsifflante (*,ss, %,%), 
en francais dans les mots sui- 
vants: 

1° &: wangle (cingulum), filler 
(riliare*), serin (citrinus?) , — oi- 
seau (aucellum), loisir (licere), 
inoisir (mucere), gesir (jacere), 
plaisir (pi ace re), gite (giste de ja- 
ritum), cousin (culicmus), raisin 
(racemus), demoiselle (domini- 
eella), damoiseau (dominicellus), 
diner (disner , de declare*), 
voisin (vicinus), inimitie (inimici- 
tatem*), dime (disme, de decima), 
panse (panticem), reseau (reticel- 
lum), cuisine (coguina), fois (vi- 
eem). 

2° 88: genisse (junicem), saus- 
saie (salicetum), glousser (glocire), 
hlrlsson (ericius*), brasse (bra- 
chia), chaussee (calciata), paroisse 
(parocftia), poussin (publicenus) t 
vermisseau (vermicellum), bassin 
(bacinon*), ruissead (riv'cellus). 

3° &: croix (crucem), chaux 
(calcem), faux (falcem), doux 
(dulcem), dix (decern), noix (nu- 
cem), perdrix (perdicem), poix 
(picem), voix (vocem), paix (pa- 
cem). 

4* f: lejxard (laeerta), onsce 



I ( und'rim ) , dome ( duod'eim ) , 
1 treiie (tred'cim), quatorjre (qua- 
tuord'eim), quiare (quind'rim), 
, seize (sed'cim). — Amistxi est en- 
| fin devenu amitii par la suppres- 
, sion de Vs etudiee au mot abime. 

ammtnUqae, ecrit ancienne- 

ment ammoniac, du L. ammo- 

niacut sal (sel ammoniac, dans 

Mine). — D. ammoniacal. 

Aninlstle, du grec'ot|AVYj<rrta 

ubli). — D. amnistier. 

An*oiw*drir 9 Yoy. moindre. 

— D. amoindrissement. 
ilmoffi**, voy. mou. — D. 

amollissement. 

AmoMcefet*, voy. monceau, 

Atnont 9 voyez aval. 

ifmof*ce, corruption de Tan* 
cien francais amorsi,participe passe* 
fort ( voyez absoute) du verbe 
amordre, qui en ancien francais 
estun compose demordre. Amorse 
vient d'amordre, comme entorse 
d'entordre (voyez tordre). — Le 
sens originaire d'amorse est appdt y 
c'est-a-dire ce qui attire, ce q««i 
fait mordre. — D. amorcer. 

ilmoftf if, rendre comme mort, 
voyez mort. — D. amortissement. 

iftttoRf,duL. amorem (amour). 

— Sur o latin = ou franc, voyez 
affouage. — D. amourette. 

f Amturacher (s') 9 mot im- 
porte en France paries Italiensau 
seizieme Steele et qui nous vient 
d'Jtalie. Amour acker a ete forme 
d'amourache et celui-ci vient de 
Titalien amoraccio passion (dere- 
glee). 

ifmo**ettap 9 du L. amorosu 
(qui aime). — Sur o latin (amoro- 
sus) = ou, voyez amour; sur osu 
= eux, comparez ipineux ( spino- 
stis), hidewx, (hisp'dostis) pierreux 
(petrostis), creux (corrosus*) , en- 
vieux (individiosus). Ce sufnxe a 
ete employe plus tard par le fran- 
cais pour former des de'rives nou- 



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AMP 



50 



ANA 



veaux qui n'ont pas de correspon- 
dants en latin : tels sont heureux, 
honteux, etc... quiviennent direc- 
tement du francais heur , honte , 
etc... — D. amour eusement. 

Amovlble, du L. amovibilis 
(qu'on peut deplacer) . Sur la chute 
de I'avant dernier i i voy. p. lxxxvi. 

— D. inamovible, inamovibilite'. 
Amphlble, du grec &U.91610;, 

(qui a double vie). 

Amphlbologle, du L. amphi- 
bologia (qui offre un double sens). 

Amphigowri , origine in- 
connue. 

Amphitheatre, du L. amphi- 
theatrum (meme sens). 

Amphitryon, allusion a ce 
mot de Sosie dans r Amphitryon, 
de Moliere (acte III, scene v) : « Le 
veritable Amphitryon est V 'Amphi- 
tryon ou I'm dine. » 

Amphore, du L. amphora (vase 
adeuxanses). 

Ampie 9 du L. amplus (Urge). 

— B. (implement, — eur. 
Ampliation, du L. ampliation 

nem (augmentation). 

Amplifier , du L. amplificare, 
(meme sens). — Sur la chute du 
c dans amplifi(c)are, voyez affbua- 
ge. — Amplification, du L. ampli- 
ficationem (meme sens). 

Amplitude, du L. amplitude, 
(Stendue). 

Ampowle 9 du L. ampulla, 
(petite tiole, — et plus tard petite 
tumeur ayant la forme d'une am- 
poule). — Le sens de fiole est en- 
core visible dans la locution la 
Sainte Ampoule, fiole, ampoule , 
qui contenait l'huile eonsacree 
pour l'onction des rois de France. 
Sur u latin = ou francais, voyez 
accouder. 

if mpotf le, du L. ampullatus 
(emphatique. Horace). — Sur u = 
ou voyez accouder. Sur atus = 4, 
•oyez acfceter, pour le changement 



d'o en <!, — et aigu jpour la chute 
' du t latin. — Le sumxe atus de- 
I vient toujours tf en francais : pre" 
! (pratum) , cure* (curatus) , carrtf 
! (quadrates), gre* (gratum, jure* (ju- 
| ratus), marbr^(marmorattis), fosse* 
(fossatus), duche* (ducaJu*), eveche* 
(episc'palws) , marche* (mercatu*), 
peone" (peccatam) , clerge* (clerc'a- 
tus), congd (comm'jafws*), marie* 
(mari tatus), allie* (alligalu*), bU, 
(ablatum), U (\atus), doyenne' (de- 
c&natus), comW (comitates). Le 
suffixe ata perd son t et devient 4e : 
annee (annate), chevauch^e (ca- 
ballicato), couaVe (cub'tate), Ue 
(fata), onglee (ungulate), arme*e 
(annate), fumee (fumate). arai- 
gnee, (areneate), journee (aiurna- 
te), ep& (spat/ia), contree, (con- 
trate), denree (den'riate), puree 
(pip'rate), chaussee(calciate), tra- 
vel (trabate*). 

Ampater, du L. amputate 
(meme sens). — D. amputation. 

Amulette, du L. amuietum 
(talisman, dans Pline). 

A mttne. Origine inconnue. 

Atnuser, compose de l'ancien 
verbe muser (nous avons conserve 
celui-ci dans le d6rive* musard). 
L'etymologie de muser est incon- 
nue. — D. amusement, amuseur. 

Amygdale, du L. amygdalus 
(amande) ces glandes ayant la 
iorme d'une amande. 

An 9 du L. annus (meme sens). 
Le nn latin s'est reduit a n en fran- 
cais comme dans van (vannus), 
pan (| annus), ban (bannum*). 

Anacherete, duL. anachoreta 
(du grec &vaxa>p*iTfK, qui va & Fe- 
cart. 

Aaaehrealsme. du grec &vot- 
YpoviapL6; (erreur cnronologique), 
de &va contre, et xp© vo ?» temps. 

AMframme, du grec &v&- 
ypapifxa (transposition de lettres), 
ae 4vd contre et YP*t*H* lettre. 



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ANC 



51 



ANC 



Analogle , du L. analogia 

(meme sens). j 

Analogue , du L. anahgus 
(meme sens). j 

Analyse, du grec &v£Xv<xtc (re- ; 
solution d'un tout en ses parties), I 
de &va>uo> (delier) , de &vd, et Xuco 
(delier). — D. analytique. \ 

+ Ananas, mot apporte des 
Inaes par les voyageurs. 

Anarchic, du gr. ivapyja (ab- I 
sence de commandement),' de av 
(ans, — et tyxh (chef). 

Anatheme, du grec ovaOeua 
exposition (k la malediction public 
que). — D. anathematiser, rendre 
quelqu'un anatheme. 

Aaatomle, du L. anatomia 
(dissection) du grec Avcrto^, (me- 
me sens). — D, anatomiste,-ique. 

Ancetr^f du L . antecessor (ce- 
lui qui vous precede). Antecessor 
suivant la regie invariable donnee 
au mot accointer perd son £ atone, 
et se contra cte en antecessor qui est 
deja ancessor dans un texte latin 
de 980. 

Ance'ssor etant accentuS sur la 
penultieme et par suite protjonce" 
anee'ssW devkit en vieux francais 
ancestre, par le changement de sr 
en str, grace a Intercalation eu- , 
phonique d'un t. Cette intercala- 
tion d'un t euphonique n'est point , 
le fait du francais , mais du latin | 
qui transforma'it esserix, tonsorix j 
en estrix, ionstrix. On trouve deja ! 
la forme Israel pour Israel dans | 
un texte biblique du cinquieme 
siecle : et le francais a continue 
cette tendance daris : efre (vieux- 
francais estre de ess'r) paraitre (v. 
fr. paraiffre de paresYe), crottre 
(v. ir. croistre de cresYe*) connaf- 
tre (v. f. connaistre de cognos're) , 
pattre (v.-fr. paiwe de pas're*) 
naitre (v. f. n autre de nasYe), atre 
(v. f. asfre de ass'r), coudre (v. f. 
couxdre de con*'re*), ladre (la*V- 



us), tiifre (tex're). — Le peuple, 
toujours fidele a ('instinct, conti- 
nue cette transformation eupboni? 
que et dit castrole pour cawerole, 
etc... 

Anche, tuyau est le sens ori- 
ginate de ce mot qui est d'origine 
germanique et vient de l'ancien 
haut allemand ancha ( tibia , puis 
tuyau ; comme le latin tibia qui 
est venu du sens d'os anterieur de 
la jambe, de tibia, acelui de tuyau, 
puis de flute, dans Horace, Cice- 
ron, etc. 

f Aaehola, anciennement an- 
choie. venu vers le quinzieme sie- 
cle de l'espagnol anchoa (an- 
chois). 

Aneien , du L. antianus* (qui 
a lieu avant nous , — adjectif de- 
rive de ante*, et que Ton rencontre 
dans lesBulles papales du onzieme 
siecle ). — Sur le cbangement de 
ti latin en ci, voyez au mot agen- 
cer. Quant au suffixe anus (et je 
comp rends aussi sous ce nom les 
finales en anus) ildonne generale- 
ment ain en francais : humain 
( numani** ) , romatn ( romanus ) , 
plain (planu*), nam (nanus), 
chapelatn (cappellanw**) dematn 
(de-mane*), ecrivain (scribanus *), 
lusam, fusanttf*) mam (manus), 
lointatn (longitanu**) vain (va- 
nus), souverain (superanu**), cer- 
tain (certanw**). — Anus de vient 
ord i n aire men t ten, yen, quand il 
est precede en latin d'une con- 
sonne mediane qui tombe en fran- 
cais, temoin doyen de de(c)anus, 
— moyen de me(d)ianu*, — paien 
de pa(g)anus , — citoyen de cita- 
(d)anns*) — mitoyen de mita(d)- 
anus*. — D. Anciennett. 

Ancrc, du L. ancora (ancre)J 
Vo atone dnc(6)ra , a dispard 
(anc'ra) , conformement a la regie 
absolue de l'accent latin (voyez 
p. Lxxxyi), regie qui a aussi enleve 



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ANE 



52 



ANG 



cet o dans les mots suivants : ar- 
bre (arbor), patre (pdstor), chantre 
(cantor), diaDle (diabtflus), apdtre 
(apostolus), Spitre (epistola), parole 
(parabola), trefle (trifolium), ter- 
tre (terraetorus) , aurone ( abroto- 
num), camphre (campbora), diacre 
(diac^nus), ente (impotus), eveque 
(episcopus), lievre (leporis), moin- 
are (minor;. 

f Andante , mot italien signi- 
fiant proprement allant. 

Andouitte, corruption du 
vieux francais endouille ; celui-ci 
vient du L. inductilis ( qui dans 
les glossaires bas latins est traduit 
par saucisse, boudin, et vient lui- 
mfime de inducere, introduire; 
Yinductilis est proprement un 
boyau dans lequel on a introduit 
[inductus] de la chair hachee. 

Pour alter d'inductilit a la forme 
francaise originaireendout'Me, nous 
trouvons quatre changements phi- 
lologiques 1° in est devenu en, ce 
qui est une transformation regu- 
liere, tSmoin enfant de tnfantera, 
etc. .. 2° ductilis est devenu douille; 
ductilis s'est d'abord rigulxhement 
(voyez p. lxxxvi) contracte en due- 
t'lis: 3° celui-ci s'est transforme en 
ducllis par Passimilation de *7, et 
le changement en c(, changement 
qui avait deja lieu en latin , puis- 
que le peuple romain changeait 
vet'ius (vetulus), stt'Ja (situla), en 
rectus, sick. 4° Le mot due' His est 
devenu doutlle en changeant cl en 
il (voyez cette permutation au mot 
abeille), et u latin en ou (voyez 
sous accouder. 

G'est ainsi que sicla a donne 
seille, veclus yieil, — et volat'Ua, 
volat/fe. 

D. Andouillette. 

A ttrfottiffe**. Origine incon- 
nue. 

Ane 9 vieux francais «wne,du L. 
oftnvt (ane). — Sur la chute de t 



latin, voyez p. lxxxvi. Sur la chute 
de *, et l'accent circonflexe, voyez 
abime. — D. dnesse, dnon, dnerie. 

AtMsanttr, voyez ntant. — D. 
andantissement. 

Anecdote, particularity histo- 
rique, du grec AvexSotoc (inedit, 
qui n'a point 6te raconte). — D. 
anecdotique. 

Anemone, du L. anemone 
(meme sens.) 

Ane^rlsme, au dix-septieme 
siecle, ane'vrysme, du grec &vtu- 
puapa (dilatation, de dvd, et de 
eupu; large). 

Anfractuous, du L. anfrae- 
tuosus (tortueux. — D. anfractuo- 
sitt. 

Ange, du L. angelus (messager 
de Dieu). dngtylus a donne ange, 
par la loi de l'accent latin, (voyez 
p. lxxxvi). 

Angellqae, du L. angelicus 
(meme sens) . — La plante angi- 
lique recut cette appellation de la 
vertu que les meaecins du quin- 
zieme siecle, lui attribuaient con- 
tre les piqures des insectes, et les 
morsures des serpents. 

Anglne, du L. qngina (suffo- 
cation, etranglement). 

Angte, du L. angulus (angle). 
! Sur la chute de J'avant dernier fi, 
voye page lxxxvi. — D. anguleux 
du L. angulosus (rafime sens). Sur 
osus = eux, voyez amoureux; an- 
gulaire du L. angularis (mfime 
sens). 

Angois*e 9 du L. angustia 
(resserrement, 6 tat de gfine). st la- 
tin est ici devenu ss, comme dans 
lesson (tertonem*) couwih (cul'rii- 
num*) boisseau (burtellus*) , hub- 
*ier (osfiarus)* , lwiere (listaria*}, 
liveche (anciennement livewe ae 
levirticum, Cas£el(Cartellum),huU 
(ortium , puts (port) . 

Cette reduction fort rare de st en 
s avait deja lieu cbez les Romaics; 



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ANI 



53 



ANN 



on trouve po*-legem pour ( pos te 
legem) dans les arpenteurs ro- 
mains, et pwquam pourpoitquam 
dans quelques glossateurs. 

Angustta, transforms en angus- 
sia est devenu angoisse par le 
changement de u latin en 01, chan- 
gement qui est sou vent produit 
par l'attraction d'un i, comme dans 
foison (fusionem), meisson* (mus- 
cionem *) , cot (quietus ) , 1 voire 
(eburius*), coin(cunius*), — mais 
qui se rencontre aussi produit de 
Vu isole\ soitdel'u accentue dans : 
noix (ntScein) , croix (crtfcem), — 
joindre jflngere), oindre (ungere), 
potndre (pwngere), poing (pu- 
gnus), point (ptinctum), botte 
(bux'da*), goitre (guttur), — atone 
dans : mot sir (mucere), otgnon 
(ttnionem), botsseau (bustellus*). 

f Angora, mot d'origine histo- 
rique (voyez p. lxv). tspece de 
chat originaire d' Angora (vilie de 
l'Asie Mineure, qui est TAncy redes 
anciens). Le chat angora, la che- 
vre angora, et le lapin angora sont 
remarquabies par la finesse et la 
longueur de leur poil. 

Anguitle, du L. anguilla 
(meme sens). 

AnictH9ehe 9 au seizieme siecle 
hanicroche, obstacle , proprement 
ce qui empeche , ce qui accroche 
• Tous ces gens-ld, dit Regnard , 
sont (aits de croche et d'anicro- 
ches. » Anicroche avait done a l'o- 
rigine le meme sens que croche 
(croc). On trouve en effet dans Ra- 
belais hanichroche au sens de pique 
a crochet « lis aiguisoient piques, 
hallebardes, hanicroches. » L'ety- 
mologie de ce mot est inconnue. 

Anier, ancien franc, asnier, 
du L.asinarius (anier),parla chute 
reguliere de Vt qui precede la 
voyelle accentuee as'ndrius (voyez 
au mot accointer), — et par le 
changement de a en ie (as'narius 



= asnier) , changement qu'on re- 
trouve dans chien (canis), grief 
(gravis), — amittV(amicit<Iiem*), 
inimittV iniraicitatem*), pittV (pie 
totem), pieu (anciennement piel, 
de pdlus), — tariere (taratrum) , — 
aiguteVe (aqu arm*), ecolier (sco- 
lam), et tous les suffixes latins 
arts, arius qui deviennent er, ier 
en francais : premier (primariu*), 
seculier (saeculam), grenier (gra- 
narium), ecuyer (scutarius), ri- 
viere (ripartaj, sangh'cr (singula- 
rs), fumtVr (nmarium). Le suffixe 
ier, le plus productif peut-etre des 
suffixes francais, a forme un nom- 
bre considerable de derives qui 
n'existaient point en latin (bar- 
rier e de barre, perruquier de perru- 
que, arba!6trier d'aroalite, etc..) . 
Ce suffixe sert a designer le plus 
sou vent: 1° les mitiert (boutiquier, 
potier, batelier, berger, archer, 
ecuyer, viguier; 2 # les objets d'u- 
sage journal ier (sabl ier, encrier, 
foyer, etc....); 3* les vegStaux 
(launer, grenadier, figuier, pom- 
mier, poirier, peupiier, censier, 
etc.... 

Animadversion, du L. ani- 
madversionem (reprimande). 

Animal, du L. animal (toutce 
qui respire, tout 6tre animg). — 
D. animaliser, animaliti, animal- 
cule. 

Anlmer, du L. animare (don- 
ner la vie). — D. animation, ra- 
nimer. 

Ants, du L. aoisum (an is). - 
D. aniser, anisette. 

Ankylose, du grec &Yxv>«><nc 
(courbure). — D. ankylosi. 

Annates , du L. annates (chro- 
nique des. evenements de Tannee). 
— D. annalisle. 

Annate, du L. annata* (dans 
les textes du moyen age, revenu 
annuel). 

iftttaeatt, du L. anneUus (an- 



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ANN 



bk 



ANN 



neau, dans Horace); stir ellus de- 
venu eau, voyez agneau. Anneau 
6tait en vieux francais annel, forme 
qui a persists dans les derives 
annelet, anneler, annelure. 

Annee 9 du latin mgrovingien 
annata (duree d'un an; annata 
est deriv6 du latin annus, an) . Sur 
ata devenu ie , voyez ampouM. 

Annexe , du L. annexus (joint, 
ajoute). — D. annexer, annexion, 

Annlhiler, du L. annihilate 
(reduire a neant). 

Auulveraalre, du L. anniver- 
sarius (qui revient chaque annee). 

Annoncer, du L. annuntiare 
(mSme sens). — D. ahnonce, suhh 
stantif verbal. 

Sur ce changement de Hare en 
cer voyez agencer. — Quant au 
changement de u (annuntiare) en o 
annoncer), il se retrouve en fran- 
cais dans un grand nombre de 
mots : u latin accentue* devient o 
en francais, quand il est long par 
position , comme dans colombe 
(columba), comble (cum'lus), con- 
combre (cucum'rem), nonce (nun- 
tius),vergogne (verecundia), done 
(tunc) , monde (mundus) , nombre 
(num'rus) , noce (nuptiae) , onze 
nindeciro), ongle (ungula), orme 
(wlmus), oncques (unquam), ponce 
(pumicem), dont (de unde), etrope 
(struppus), flot (fluctus), fondre 
(fundere), fronde (funda), furoncle 
( f ur unculus ) f gorge ( gurges ) , 
(grotte (grupta*), jonc (juncus), 
'lombe (lumbus), longe (lumbea), 
mot(muttus), plorab (plumbum), 
oncle (avunclus), onde (unda),once 
(uncia), remorque (remulcum), 
roche (rupea) , rompre (rumpere) , 
ronce (rumicem), rond (rotundus), 
saorre(saburra),viorne (viburnum), 
tombe (tumba), tronc (truncus), rot 
(ructus), ton (thunnus), son (sum- 
mum), somme (summa). V latin 
inaccentue ou atone, devient o en 



I francais quand il est bref dans : 

comraencer (cuminitiare), cohil 

(cuniclus) , cognee. (cuneata) , co- 

gner (cuneare), noyau (nucale), 

| noyer (nucarius), — quand il est 

long par nature dans froment 

(frumentum), trotter (tolutare), — 

quand il est long par position dans 

| ortie (urtica) , sommier (summa- 

I rium) , volonte (voluntatem), roter 

| (ructare), roture (ruptura), san- 

1 gloter (singultare) , serpolet (ser- 

I pullum), sombrer (sub-umbrare), 

sonder (sub-undare) . rossignol 

! (lusciniola), ronger (rum'gare), 

ponceau ( pum'cellum ) , plonger 

(plumbicare), colombier (columba- 

i rium), consommer (consummare), 

| annoncer (annuntiare) , d6noncer 

1 (denuntiare), renoncer (renun- 

| tiare) , devergonde (verecundiare), 

I fonder (fundere), gronder (grun- 

| dire), grogner (grunnire), nom- 

breux (num'rosus), nombrer (num'- 

rare), onguent (unguentum), 

ombrage ( umbraticum ) . godet 

(guttus), onglee (ungulata). 

Ce changement de u latin en o 
qui a lieu, le plus souvent (comme 
i on vient de le voir), devant les 
nasales et les liquides, qui sui- 
vent un u en position, existe aussi 
en latin, ou Ton trouve volpes, 
volsus, voltus, volnus, volt, a cdte 
de vulpes, vulsus, vultus, vulnus, 
vult. Dans le latin archalque, les 
finales us, urn, unt, les suffixes 
ulus, ula, sont ordinairement os, 
om, ont, olos, ola: on trouve po- 
polus, tabola, vincola, nontiare, 
sont, consolere pour populus, ta- 
bula, vincula, nuntiare, sunt, con- 
sulere dans les plus anciennes in- 
scriptions romaines. La Colonne 
rostrale donne poplom, diebos, 
navebos, primos pour populum, 
diebus, navibus, primus; il sufht 
de rappeler ici le debut de la fa- 
meuse inscription du tombeau des 



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ANT 



55 



ANT 



Scipions: Hone oino ploirume co- 
sentiont duonoro optumo fuise 
virOj Luciom Scipione, filioi 
Barbati, consol... — Les Graffiti 
de Pomp&, et certaines inscrip- 
tions des derniers temps de 1' Em- 
pire donnentegalement dolcissima, 
mondo, tomolo pour dulcissima, 
mttndo, tumulo : on trouve sole us, 
fornus, moltus, sordus, polchrum, 
colpam, dans plusieurs textes du 
cinquieme siecle et du sixieme. 
Enfin plusieurs diplomes merovin- 
giens donnent titolum, singoli, 
somus, fondamentis, polsatur, 
onde pour smguli, sumus, fwn- 
damentis, ptdsatur, unde. 

Annoter, du L. annotate 
(memesens). — D. annotation 

Annualre, du L. annuarium 
(qui a lieu , qui paratt chaque an- 
nee). 

Annuel, duL, annualis m&ne 
sens) ; voy. an. 

Annuity, du L. annuitatem 
(somme pay£e annuellement). 

Annulalre, du L. annularius 
(d'anneau). 

Annuler , du L. annullare 
(annihiler, saint Jerdme). — D. 
(emulation. 

Anoblir, anoblissement, voy. 
noble. 

Anodln, du L. anodynos (sans 
douleur, dans Marcellus Empiri- 
cus). 

Anomal, du grec dcvtojiaXo; 
(irregulier). — D. anomalie. 

Anat% 9 voy. dne. — D. dnon- 
ner. 

Anonyme, du L. anonymus 
(dont le nom n'est pas connu). 

Ansc 9 du L. ansa (anse). 

Antagonism^ du grec avxa- 
Ywvid|xa (opposition). — D. Anta- 
goniste. 

Antarctlque, du grec avrapx- 
tixog, de &vtC et &pxxixo; oppose 
larctique 



I Antecedent, du L. antecedent 
tern (qui precede). 
| Anteehrlut, dans Fabelais an- 
tichrist, du grec dvtc (oppose a) 
! et Christ. 

Antedlluvlen, unite* de an- 
tediluvium (avant le deluge). 
I Antenne, du L. antenna 
(m6me sens). 

| Antepenultleme, qui precede 
(ante) le pinultieme (voy. ce mot). 

Anterleur , du L. anterior 
(meme sens). — D. anteriorxti. 

Anthere, du grec &vfo)p6cde 
4v8o; (fleur). 

Anthologle, du grec dcvOo- 
>oyia (choix de fleurs). 

Anthracite, d£riv6 du L. an- 
thracem (charbon). — Anthraci- 
tes est dans Pline au sens de pierre 
precieuse. 

Anthrax, du L. anthrax (char- 
bon). 

Anthropologic, de avOpwiro; 
(homme), et Xoyoc (6tude, dis- 
course 

Anthropophage, de avOpwroc 
(homme), et qpayeiv (manger). 

Antlchanibre, de anti (avant) 
et chambre: piece qui precede la 
chambre. 

Antlclper, du L. anticipate 
(prendre par avance). 

Antldate, de ante 1 (avant). et 
date: date fausse et anterieure a 
la date veritable. — D. antidater. 

Antidote, du L. antidotum 
(contre-poison). 

Anticnne, du L. antiphona 
(chant alternatif de deux chceurs). 
Antt\ph)dna a perdu son ph (f) 
medial, fait tres-rare en francais, 
et qu'on ne retrouve que dans les 
troismots (fcrouelle8d\escro(f)ellae* 
— ttienne de Stephanas, — biats 
de bi(j)aeem*. 

V6 latin est devenu e, anti- 
(ph)ona: antienne* — comme 
dans : nennil 'ndn-illud), ne(no*n), 



y Google 



APA 



56 



APO 



demoiselle ( dtfmn icella ) . avec 
(aboc*), larcin ( anciennement 
larecin de latrocinium ) , grelot 
(crot'lum *). 

Antllope, origine inconnue. 

Antlmolne, origine inconnue. 

Antlnomle, du grec ivxtvopia 
(opposition de deux lois). . 

Autluuthle , du grec dvxt- 
waOeia (disposition contraire) de 
4vt( (contre) et ir£6o; (passion). 

Autlphonalre, du L. anti- 
phonarium de antiphona (an- 
tienne). 

Autlphrase , du grec £vt{- 
9paaic (contradiction, voy. phrase). 

Antlpede, du L. antipodes 
(Habitants d'un lieu de la terre 
diametralement oppos6). 

Antlquallle, venu au seizieme 
sieclede l'italien anticaglia (meme 
sens). 

Antique, du L. antiquus (an- 
cien). — D. antiquaire, antiquite'. 

Antltheae, du grec dvttOeai; 
(opposition, voy. th&se). 

Antenomate, du grec ivtovo- 
aaata de &vtC (en place de), et 
ovo(i.a (nom). 

Autre, du L. antrum (meme 
sens). 

Anm, duL. anus (mfime sens). 

Anxlete, du L. anxietatem 
(angoisse). 

Auxleux, du L. anxiosus (in- 
quiet). 

Aerte, du £rec dopTrfj ( Aristote). 

AoHt 9 ancien francais aoust, 

Srovencal aost, italien agosto, — 
u L. augustus (aout). — Sur la 
chute du g, dans au(g)ustus = 
a-ouit, voy. allier; sur 11 latin 
(augustus) devenu ou, voy. occott- 
der, sur la suppression de Ys la- 
tin voy. aMme. 

Apaiser, derive de pair par 
la forme pats du vieux francos. 
(voy. paix). — D. apaisement. 
Apanage. Restraint aujour- 



d'hui au sens de domaine donne* 
aux princes du sang pour leur 
subsistance, ce mot avait en droit 
feodal le sens generique de pen- 
sion alimentaire ou mieux dedo- 
tation alimentaire. Apanage derive 
de l'ancien verbe francais apaner 
qui signifie nourrir (apanage a ete 
lire $ apaner, com me nadinogre de 
badinet, patelina^e de pateltner, 
savonna^e de savonner, etc.). 

Quant au verbe apaner, c'est le 
latin feodal apanare, adpanare 
(nourrir), qui vient lui-meme du 
latin pant* (pain). 

Aparte, mots latins qui si- 
gnifie d part, de cdli. 

Auatule, du grec dwcaOeiot (ab- 
sence de passions). — D. apathi- 
que. 

Apet* cet>oir , voy. percevoir. 
— D. apergu, aperception. 

Aperitif, du L. aperitivus, de 
aperire (ouvrir). 

ApeilMer , voy. petit. — D. 
rapetisser. 

Aphorlftme, du grec &?opnx- 
fi&; (sentence, definition). 

Aphthe, du L. aphtha (ulcere 
de la bouche). 

Apl, du L. appiana (meme 
sens). — Appiana mala est dans 
Pline au sens de pommes d*api. 

Apitoyer, toucher de ptfttf. 
Apitoyer est compose de a et d'un 
primitif pitoyer (reste dans pi- 
toy able, impitoyable). Pitoyer de- 
rive de pitie (voy. ce mot). 

Apianir, voy. plane. — D. 
aplanissement. 

Apiatir, voy. plat. — D. 
aplatissement. 

Aptontbt en terme d'archi- 
tecture, verticalite'. Determiner 
Paplomb d'un mur. — Ce mot 
vient de d et plomb, parce qu'on 
determine la verticalite a l'aide 
d'un fil a plomb. 

Apocalypse, du grec iwoxd- 



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APO 



57 



APP 



X\*|nc (revelation). — D. apoca- i 
lyptiques. | 

Apocope, du grec iitoxoinQ 
(retranchement) . | 

Apoerjphe, du grecawroxpvfo; 
(cache, obscur, incertain). | 

Apogee, du grec a7ioyaiov 
(eloignement de la terre). 

Apologetlque, du grec bno- 
Xo-poTixo; (defense). 

Apofogle, du grec anoXoyCa 
(justification). — D. apologiste. 

Apologue, du grec diroXoyo; 
(recit). 

Apophthegme, du grec &*6- 
o6ey|j.a (sentence). 

Apopleile, du grec &itoicXY£(a 



Apoatosle, du grec &ico<rraa(a 
(abandon). — D. apostat, du grec 
aroxiTdTYN; (deserteur). 

Apomtew, compose de poster, 
voy. ce mot. 

Apoatllle, compose de pos- 
title, qui n'est lui-mfime que % 
transcription du latin scolastique 
postilla (qui avait le sens d'expli- 
cation. denotation) . L'expression 
complete est post ilia (verba auc- 
toris). — D. apostiller. 

Apostolat, du L. apostolatus 
(mission dans Tertuilien). 

A post oil que, du L. aposto- 
licus (m§me sens). 

1. Apostrophe, du grec &ito- 
axgom\ (detour; l'orateur pendant 
son discours se detourne pour in- 
tervener quelqu'un). 

2. Apostrophe/ marque ortho- 
giaphique, du L. apostrophus 
(m6me sens). 

Apoitume , corruption du 
mot apostime, lequel vient du 
grec iico<rcYjpia (abces). 

Apotheoae, du grec iiroBeoxxi; 
(mise au rang des Dieux). 

Apothlcalre, du L. apotheca- 
rius (qui tient une apotheca, 
c'est-a-dire une boutique). 



ApStr*, vieux francais apot- 
tre, plusanciennement apostle, du 
du L. apostolus (m^me sens). Apo- 
stolus contracte en aposVlus sui- 
vant la regie de l'accent latin 
(voy. au mot ancre, et a la page 
lxxxvi) a donne au vieux francais 
apostle qui est devenu apostre par 
le changement de I en r, que 
Ton retrouve dans orme (ulmus), 
remorque (remu/cum), chapitre 
(capirtum), chartre(cart7a), char- 
trier (cart'/arium), martre (mar- 
t7a*), epttre (epist'Ja) , pupitre 
(pulpit'Jum), titre (tit'ius), esclan- 
dre (scandium), pourpier (puli'pe- 
dem*), hurler (u/lare) , decombres 
(de-cum'iis), forteresse (fortaii- 
tia*), navire (navite), trotter (to- 
Jutare*), vautrer (voltuJare*), — et 
au commencement du mot dans 
l'unique exemple rossignol (lusci- 
niola, deja rusciniola dans un 
texte du septieme siecle). 

Ge changement de I en r n'^tait 

Soint inconnu aux Romains, qui 
isaient indiflteremment pa/ilia ou 
parilia, caeJuleus ou caeruleus. 

Apparaitre, du latin popu- 
late apparescere (m6me sens). — 
Accentue sur l'antepenultieme, ap- 
pare'sc{&)re devenant reguliere- 
ment (voy. p. lxxxvi), appareVre 
donna au vieux francais la forme 
apparotstre, 1 ° par le* changement 
do sr latin en str changement etu- 
die au mot ancftre; 2° par le chan- 
gement de c latin en oi etudi6 au 
mot accroire. — Sur le change- 
ment de oi en at (apparotstre en 
apparotstre), voy. accroire. — Sur 
la chute de Ys (apparatatre devenu 
apparaitre), voy. abtme. 

Apparat, du L. Apparatus (ap- 
pret). 

Appareil, substantif verbal de 
appareiller. 

AppaveiUer. Le sens origi- 
nate du mot est arranger, assoT' 



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APP 



58 



APP 



tir, mettre ensemble • des choses 
pareiUes; pour Fetymologie, voy. 
pareil. — D. appareil. 

Appa*ewnwnent 9 adv. forme 
de l'adjectif apparent. Sur appa- 
remment pour aparentment, voy. 
Abonder. 

Apparent du L. Apparentem 
(mfime temps). 

Apparent** , voy. Parent. 

Appa*ie* 9 voy. Paire. 

Apparlteur, du L. Apparitor 
(officier subalterne, attache" aux 
magi st rats romains). 

Apparition, du L Apparitio- 
nem (meme sens). 

Appa*oi* 9 du L. Apparere 
(paraitre). Sur e latin=ot, voy. ac- 
croire. 

Appa* tewnent 9 divisionsprin- 
cipales d'une maison, du bas la- 
tin Appartimentum (division). 

Appa*tenl* 9 du L. Adperti- 
nere, Appertinere, compost de per- 
tinere (appartenir d , dans Tertul- 
lien). — Sur e (appertinere) devenu 
a, voy. amender. — Sur t latin de- 
venu e, voy. admettre. — Sur eac- 
centu6 (appertinere) devenutjvoy. 
accomplir. "*" 

Appas. Ge mot (juisignifie pro- 
prement ce qui attire, ne s'emploie 
jamais qu'au pluriel. parce qu'il 
n'est, en effet, que le pluriel du 
mot appdt. Appdt, en vieux fran- 
cais appast, etait alors au pluriel 
appasts, dont appas est la corrup- 
tion. Pour I'ltymologie de appas, 
voy. appdt. 

Appai, vieux francais appast, 
du latin du moyen age appa stum y 
adpastum (pature pour attirer le 

Shier ou le poisson), compose du 
tin classique pastum (pature). 
— D. Appdter. 

Appanv*i* 9 Appauwisse* 
n%ent 9 voy. Pauvre. 

Appeaw, anciennement apvel 
comme beau est venu de bel) : 



engin imitant le cri des oiseaux, 
pour les appeler, les attirer dans 
un pi£ge. Appeau n'est done qu'une 
forme second aire d'appeJ,substan- 
tif verbal d'appeler. 

Appet 9 substantif verbal d'ap- 
peler. 

Appete* , du L. appellate 
(adresser la parole). — D. Appel. 

Appellation, du L. appellor 
tionem (mfcmesens). 

Appendices du L. appendi- 
ceal (supplement). 

Append*e 9 du L. appendere 
(suspendre). Sur la chute de l'e 
latin j>6nultieme, voy. p. txxvu. 

Appentis 9 du L. appendictum, 
derive de appendere (appendre). 

Appelant**, voy. Pesant. 

Appetlt, du L. appetitus (de- 
sir). — D. appe'tissant. 

Applaudlr, du L. aprdaudere 
(m£me sens). — D. applaudisse- 
ment. 

Appllquer, du L. applicare 
(appliquer). — D. applicable, op- 
plication. 

Appoint, voy. Point. 

Appointe* , appointement , 
voy. point. 

Appo*te* 9 du L. apportare 
(nieme sens). D. apport, substan- 
tif verbal. Rapport ,rapporter ^rap- 
porteur. 

Appose*, du L. appausare, 
compost de pausare (placer), qui a 
donn£ poser. Sur au latin devenu 
o en francais, voy. alouette. 

Appreeler, du L. appretiare 
(6 valuer, priser dans Tertullien). 
— D. appreciation, appreciable. 

Apprehender, du L. appre- 
hendere (mfime sens). — D. appre- 
hension, du L. apprehensionem. 

App*end*e 9 dn L. apprendere 
(comprendre, saisir), forme qui 
coexiste en latin avec apprehen- 
dere. {Apprendere est dans Silius 
Italicus.) Sur la chute de e latin 



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APP 



59 



APR 



penultieme , voy. p. lxxvti. — D. 
dtsapprendre ; apprenti, celui qui 
apprend : ce mot qui etait en vieux 
francais apprentif, vient du bas la- 
tin apprendivus, mot forme au 
moyen age d'apprendere. 

Apprenti, voy. apprendre.— 
D. apprentissage. 

Appweter, voy. prU. — D. ap- 
prit. substantif verbal. 

Appwivoiser du latin appri- 
xitiare* (mfime sens). Apprtvi- 
tiare est de>iv6 de privus. — Sur 
le changement de la finale tiare 
en *er, voy. agencer. — Sur le 
changement de i latin en ot, voy. 
boire, 

Approbation, du L. approba- 
tionem (mfimesens). 

Apptrocher, du L. appr opiate 
(s'approcher, dans* Sulpice Severe 
et saint Jerome). Sur le change- 
ment de pi en ch, voy. abriger. — 
D. approche, substantif verbal; 
rapprocher, rapprochement. 

Approfondir. Voy. Profond. 

Approprler. du L. appropriate 
(m£me sens). — D. appropriation, 

App9H>**ver 9 du L. approbare 
(approuver). Sur o latin devenu 
on, voy. affouage. Sur b latin de- 
venu v t voy. avant. — D. dtsap- 
prouver, 

Approviaionner , appwo- 
riftoMMeratetU, voy. Provision. 

Approximate, du latin scolas- 
tique approximative (me* me sens). 

Approximation, du latin sco- 
laslique approximations (meme 
sens). 

Appui, substantif verbal de ap- 
puyer. 

Appwyer 9 derive de pui, 
comme ennuyer de ennui. Pui 
vient de podium (balcon de mai- 
son dans Pline, base, piedestal, 
soutien dans d'autres auteurs). 
Sappuyer est proprement se sou- 
lenir a I'aide de quelque chose. 



d'un pui, d'un soutien. Que podium 
ait donne pui, comme nodii a 
donne* hut (aujourd'hui), — comme 
modium a donne muid, — comme 
inodio a donne ennui, — cela est 
incontestable (sur l'attraction de Ft 
latin, voy. cuider; — sur la chute 
du o, voy. alouette). 

Enfin le bas latin qui dit appo- 
diare (de podium) pour appuyer, 
l'italien qui dit appoggiare (ap- 
puyer) de poggio (put) confirment 
cette Etymologic — D. appui. 

Apre 9 anciennement aspre, du 
L. asper (apre). — D. dprement. 

Apr**, voy. Pris. 

iipre<e,ancien francais asprete' 
du L. asperitatem (m£me sens).— 
Asper(f)tatem, contracte en <w- 
per'tatem, suivant la loi demontree 
au mot accointer, a d'abord donne 
asperte" (sur atem=6, voy. abbi) , 
et asperte" est devenu asprete" par 
le deplacement. la transposition de 
IV qui a pour but de faciliter la 
prononciation. Cette transposition, 
ou comme disent les grammairiens 
grecs , cette metathese, dont nous 
avons parte a la page lxxxh, qui 
est frequente en francais, a aussi 
lieu en grec (xotpfiioc et xpaSia), et 
en latin (qui tire creci de cerno, 
sprevi de sperno), etc. En fran- 
cais, cette metathese de IV se ren- 
contre dans : brebis (vervecem), 
breuvage (biberaticum), abrewer 
(adbiberare) , fromage (formati- 
cum), pour (pro), pauvrete (pau- 
pertatem) , recrier (requiritare), 
tremper (temperare), treuil (torcu- 
lus),trombe (turbo), troubler (tur- 
bulare), trouver (turbore), frange 
(fimbria), octroyer (auctoricare), 
ogre (orcus), trouble (turbulus), 
lamproie (lampetra),truffe (tuber), 
trousser (tortiare), fatras (farta- 
ceus*); cette metathese de Vr se 
poursuit meme en francais dans 
certains mots; au dix-septieme 



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ARA 



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ARB 



siecle, le mot brelan 6tait pro- 
nonce indifferemment berlan ou 
brelan ; les pay sans disent berbis, 
bertaudre, berteche, pour brebis, 
b'etauder, breteche, etc. 

A-propoa 9 voy. Propos, 

Apte, du L. aptus (propre a). 
— D. aptitude. 

Apurer , apurement, voyez 
pur, 

f Aquarelle, venu de Titalien 
acquarella (lavis, detrempe). 

Aquatlque, du L. aquaticus 
(mime sens). 

Aqueduc, du L. aquaeductus 
(conduit pour les eaux). 

Aqulllu, du L. aquilinus (d'ai- 

Aqullon, du L. aquxlonem 
(vent du Nord). 

t Arabesque, du mot arabe, par 
Pintermediaire de l'italien ara- 
besco. 

Arable, du L. arabUis (qu'on 
peut labourer). 

Avagne 9 ancien francais arai- 
gne, du L. aranea (araignee). — 
Sur le changement du suffix e inea 
en ague, aigne, comparez chatat- 
gne (castanea*), montagne (mon- 
tanea*). campagne (campania*). 
Aneus aevient ordinairement ain: 
chatain (castaneus), soudaia (su- 
bitaneus), souterrain (subterra- 
neus), fusain (fusaneus),etc.... 

Dans notre ancienne langue, 
Y aranea etait appelee ar aigne, 
et sa toile araigrde (de araneata, 
proprement le travail de V 'aranea, 
Sur la chute du t latin voy. am- 
pouU), Au seizieme siecle, le sens 
etymomologique se perdit, et on ap- 
pela indifferemment l'animal arai- 
one ou araignie, confondant ainsi 
[animal ? et son oeuvre. An dix- 
septieme siecle araignie l'emporta 
definitivement, et Ton ne trouve 
plus araigne que dans la Fon- 
taine* aujourd'bui ce mot est re- 



j legue dans nos patois. On doit re< 
gretter sa perte. 

Araignee, voy. aragne. 

A ra to Ire, du L. aratorius. 

Arbalete, ancien francais ar- 
baleste, du L. arcuballista (arba- 
lete dans Vegece). Arcuballista 
d6ja contracte en arc'ballista dans 
la basse latinite a donne arbalete: 
1° par la reduction de re latin en 
r, comme dans carrefour (quadri- 
furcum *). 2° par la chute de Ps 
duvieux francais arbaleste, chute 
6tudi6e au mot abtme. — D. ar- 
baUtrier, 

1. iff6itre> du L. arbiter 
Q'uge, expert). — D. arbitrage, 
arbitration, arbitral, 

2. Arbltre, du L. a'rbilrium 
(volonte) . — D. arbitraire, 

Arborer, elever droit comme 
un arbre (arborer un eten- 
daid, etc...) du bas latin arborare 
(de arbor, arbre) . L'italien dit de 
meme pour arborer, alberare form 6 
de albero (arbre). 

Arbouse, de arbuteus, derive 
de arbutum (arbouse). Arbuteus 
regulierement transforme en ar- 
butius (voy. au mot abrSger), a 
donn6 arbouse par le changement 
de u en ou (voy. accouder) et par 
celui de ti en * (voy. agencer). — 
D. arbousier. 

Arbre, du L. arbor. Sur la 
chute de To voy. ancre. 

Arbrismeatt, du L. arbori- 
cellus (petit arbre) diminutifde 
arbor (arbre). Sur la chute de 
o latin, arVricellus voy. accoin- 
ter; sur c latin devenu ss voy. 
amitii; sur ellus devenu eau t 
voy. agneau, 

Arbuate, du L. arbustum (ar- 
bre dans Lucrece). 

Arc, du L. arcus (arc). — D. 
archer. 

t Areade, venu de l'italien? 

Arc-boutant, voy. bouter. 



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ARC 



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ARG 



iffceatt, ancien francais arcet, 
litteralement petit arc (voy. ce 
mot). 

if fc-eM-cial, de arc, en el ciel. 

ArchaVime. dugrec apy alamos 
(emploi de locutions surannees). 
— D. archaique. 

Archal , du L. orichalcum 
(laiton). Sur o latin devenu a, 
voy. aout. Sur la chute de Ft, 
ofchalcum voy. accointer. 

Archange, du L. archange- 
ls s (ange d'un ordre superieur; 
dans saint Jerdme; archangelus 
est la transcription de dpx<rfytXo«, 
de ap/t qui est au-dessus, — et 
dtyyeXo:, ange). 

1. ilfeAe (au sens d'arche 
sainte, etc...,du L. area (coffre). 

2. iirvlke (arche d'un pont), 
voute en forme d'arc. du L. ar- 
chia* (voute), derive de arcus 
(arc). 

Archeologf e , du grec ap- 
vato>OYCa, etude de l'antiquite, 
de apyaloq ancien , et >6yo? dis- 
cours.D. arche'ologue. 

Arehet, diminutif de arc, 
com me cochet de coq. Varchet 
6tait a l'origine une baguette re- 
course en forme d'arc. 

Archeveqtte, du latin eccle- 
siastique archiepiscopus, qui est 
au-dessus (<SpxO> de l^piscopus (de 
l'eveque). Episc(6)pus suivant la 
loi de l'accent latin (voy. p. lxxxvi) 
a laisse toraber les deux dernieres 
syllabes qui sont inaccentuees, et 
episc est devenu ivesque : 1° par 
le changement de p en v (voy. ar- 
river); 2° par celui de % en e (voy n 



admettre); 3° par celui de % en q 
suppression 



Etesque est devenu 4vSque par la 
suppression de Vs 6tudie au mot 
abime. — D. archevtch^ 

ArchUiiacre, qui est au-des- 
sus (<5p/0 du diacre. 

Arehidue, qui est au-dessus 
(ipxi) du due. 



t Arehlael, venu de l'italien 
arcipelago (meme sens). Au dix- 
septieme siecle, quelques person- 
nes conservaient la forme italienne 
et disaient archipelague. 

Architect* , du L. architectut 
(architecte). — D. architecture, 
architectural. 

Archlteetonlque, du grec 4p- 
y.itexTovtxoc (qui a rapport a Par- 
chitecture). 

Architrave, maitresse poutre, 
de trahem (poutre) et oipx* (qui est 
au-dessus). 

Archives, du L. archivum (ar- 
chives dans Tertuliien). — D. archi- 
viste. 

+ Arch I volte, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien arcivolto 
(mfimesens). 

Arcon, venu comme l'italien 
arcione, du bas latin araonm, di- 
minutif de arcus (arc). L'arcon est, 
en effet, une piece de bois cintree, 
en forme d'arc. — D. Desarconner. 

Arctlque, du grec apxtix6; (si- 
tue" au nord, de dtpx-cos, ouis, — la 
grande ourse etant situee dans le 
voisinage du pdle nord). 

Ardent, du L. ardentem (qui 
brule de) . — D. ardemment. 

Ardeur, du L. ardorem (cha- 
leur). 

ArdlUon, origine inconnue. 

A rdoine, origine inconnue. 

Ardu\ du L. arduus (escar* 
pe). 

Arc, du L. area (superficie]. 

Arene, du L. arena (sable). 

Arete, du Is. arista (arete de 
poisson dans Ausone). Sur i devenu 
e, voy. admettre; sur la chute de 
Vs, voy. abime* 

Argent, du L. argentum (ar- 
gent). — D. argenter, argenterie, 
argenture, argentier 9 argentin, 
desargenter. 

Arglle, du L. argiUa (argilej. 
— D. argiUeuv. 

4 



yGoogk 



ARM 



62 



ARR 



Argot, origine inconnue. 

f Arg«u«iu, surveillant des ga- 
ieres, au seizieme siecle algosans, 
corruption de l'espagnol alguaail 
(surveillant) . 

Arguer, du L. arguere (meme 
sens). 

Argument, du L. argumentum 
(m. s,). — D. argumenter, argu- 
mentation. • 

Argutle, du L. argutia (subti- 
lite). 

Arlde, du L. aridus (sec). — 
D. ariditi. 

Ariette, diminutif de i'italien 
aria (air de musique), mot ve- 
nu au dix-septieme siecle avec 
LuUi. 

Aristocrate, du grec apurco- 
. xpaxeia (gouvemement des meil- 
leurs). — D. 

Arlthmetlque, du L. arith- 
metical, s.). 

f Arlequtu, venu au seizieme 
siecle, de I'italien arlechino (m6me 
sens). 

Armateur, du L. armator (ce- 
lui qui arme). 

Arme, du L. arma (m. s.). — 
D. armer, armie (subs, participial) 
armement, armure, armorier, ar- 
morial. 

A rate t, origine inconnue. 

Armistice, duL.armistiliujn* 
(m. s.). 

Armoire, ancien francais ar- 
maire, du L. armarium (armoire, 
coffre). 

Anmoiriem 9 ancien francais 
armoyeries, derive de l'ancien 
verbe armoyer (peindre les armes, 
blasonner) qrsi vient de arme, 
comme larmoyer de larme. 

Arn*oime,d\i L. artemisia (ar- 
moise); sur la contraction de arte- 
misia par la chute de e atone, voy. 
accointer ; sur le changement de i 
accentue en oi t voy. 

Arn%orial 9 voy. arme. 



Armure, voy. arme. — D. ar» 
murier. 

Arome, du L. aroma (parfum). 
— D. aromatique^aromatiser. 

Aronde, du L. hirundo (hi- 
rondelle). Le mot est encore au 
dix-septieme siecle dans Lafon- 
taine; au dix-huitieme siecle dans 
Voltaire. — Sur la chute de l*h, 
initial latin, voy. atelier, sur le 
changement de i latin atone en o, 
voy. frotter ; sur le changement de 
u latin en o , voy. annoncer. 

t Arpege, de I'italien arpeggio, 
derive de arpa (harpe). 

Arpewit, provencal arpeh, du 
latin arepennis (mGme sens) ; sur 
la chute de e atone, voy. accointer; 
(on trouve deja en latin classique 
arpennis a cdte de arepennis). — 
D. arpenter, arpentage, arpen- 
teur. 

f Arquebuse, venu au sei- 
zieme siecle, de I'italien archibuso 
(m6me sens). — D. arquebusier. 

Arquer, voy. arc. 

Arracher, du L. eradicare 
(arracher). 

Contracte en erad'care suivant 
la loi demontree au mot accointer 
par la chute de Vi atone, — ce mot 
est devenu era* care, puis arracher 
1° par le changement de c latin en 
ch pour lequel je. renvoie au mot 
acharner. 2° par la reduction de 
de latin en c , reduction qui a lieu 
dans ; vender (vind'care) , juper 
(jud'care) , manner (mand'care) , 
piege (ped'ca), penc/ier (pend'care) , 
precher ( praed'care ) , revanches 
(revend'care. — D. arrachement, 
arrache-pied. 

Arranger , voy. rang. — - D. 
arrangement. 

ArrcrageB, voy. arriere. 

Arrestatlon, voy. arrtter. 

Arret, substantif verbal de ar- 
rester. 

ArrStcr, du L. adrettare, or 



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ARR 



63 



ARR 



restore (m. s.) . — Arrestare avait 
d'abord donne le vieux francais ar- 
rester, qui est devenu arriter par 
la chute de Vsjyoy. abime); mais 
la forme primitive du mot apersist6 
dans arrestation qui devrait 6tre 
logiquement arrttation. 

Arrhes, du L. arrha (gage). 

Arrihrc , du L. ad-retro * , 
comme derriere de de retro. — Le 
latin retro (derriere) donna en 
vieux francais Here (comme petra 
donna pierre) , par le change- 
ment : 

1° de e en ie, qui se retrouve 
pour Ye accentue dans le mots bien 
(bene), Her (ferus), fid (fel) hier 
(heri). mtel (mel), pied (peclem), 
rien (rem) , sied (sedet), tient (te- 
net), vient (venit), gesier (gige- 
rium) mattere (materia), mieux 
(melius), pie'ce (petium), — cime- 
ttere (coemeterium),chantier (can- 
terium*),— fievre (iebris), cterge 
(cerius*), entier (integrum), hieble 
(eb'lum), fierte (fer'tatem), herre 
hed'ra), ni£ce (neptia*), lievre (le- 
porem ) , pierre ( petra ) , sie*ge 
(sed'ca*) , ttede (tep'dus), tiers 
(tertius) , centteme (centes'mus) , 
huitieme (octes'mus) , derriere 
(deretro), liege (levj urn) *,paupie>e 
(palpebra) , piege (ped'ca) , vieux 
(veclus), — pour l'e inaccentue 
dans : brievete (brevitatem), fierte 
(fer'tatem), assieger (assedjare*). 

2° de tr en r (retro = riere). 
tr latin est d'abord devenu dr, 
comme on Pa vu au mot aider; 
dr est devenu rr voy. page lxxvii), 
comme dans : larron (latronem), 
pqurrir (putrere)*, nourrir (nu- 
trire) pierre (petra) , parrain (pa- 
frinus) , marraine ( matrina) , to- 
nerre (tonifru), verre (vitrum), 
nourrisson (nutritionem),merrain 
(mat'riamen*), raarguillier (an- 
ciennement marreglier matricla- 
rius*) , errer (it'rare), beurre 



(but'rum). Dans frere (frafrem), 
mere (matrem), pere (patrem),ta- 
riere (taratrum), larcm (lafroci- 
nium) , serin (citrinus) , arriere 
(adretro), derriere (deretro), con- 
frene (confratria *) , maratre (ma- 
traster) , persil ( petroselinum ) , 
repairer (repatriare*), vencle (vi- 
tncula*), vernir (vitrinire*), 
carillon (quat'raionem) , dernier 
(v. fr. derrenier derrainierdeder- 
rain de deretramus *), — les rr se 
sont adoucis en r. 

On voit ainsi comment retro a 
donne rikre : le latin merovingien 
ayant cre6 les composes ad-retro 
et deretro, ceux-ci devinrent res- 
pectivement arrUre et derriere; 
dans adretro, dr s'assimila en rr 
(voy. page lxxxi), arriere, comme 
dans carre (quadratum) , carre- 
four (quadrifurcus) , lierre (hae- 
d'ra), arriver (adripare), arroser 
(adrorare), carriere (quadraria), 
equerre (ex-quadra)*), equarrir 
( exquadrare * ) ; dans quarante 
(qiiadraginta), carfime (quadrage- 
sima) , chaire (cathedra) , croire 
(cred'rej, occire occid're), rire (ri- 
dWe), aesirer (desid'rare), con- 
clure (conclud're), exclure (exclu- 
d f re), raire(radYe), clore (claudVe), 
— ces rr se sont adoucis en r. 

A c6te d'arriere, on trouve en 
ancien francais* la forme non diph- 
thonguee arrhe y qui a persists 
dans le derive arre'rage (pour ar- 
rie>age). 

D. arrerage, arrifrer. 

if tftvet* , du L. adripare* fa- 
border a la rive, toucher terre), qui 
est deja arripare dans un tr,xte du 
neuvieme siecle, arrioote dans 
une charte du onzieme siecle. 

En francais, arriver est a l'ori- 
gine, un termede marine; comme 
son original adripare, il signifie 
proprement aboraer, mener a la 
rive : dans un poeme du dou- 



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ARR 



64 



ARS 



zieme siecle, la vie de Gregoire )e 
grand, un pecheur conduit des 
voyageurs a un tlot situe en pleine 
mer; apres maints efforts, dit le 
vieux poSte, au rocheril let arriva, 
c'est-a-dire il leur fit toucher la 
rive. Le sens 6tymologique est en- 
core visible dans un recueil de re- 
glements administratifs du trei- 
zieme siecle, le Livre de Justice, 
on y lit que les bateliers peuvent 
arnver leur bateau, et attacher 
leur cable aux arbres. Des le qua- 
torzieme siecle arriver perd sa si- 
gnification premiere, de toucher d 
la rive, et prend le sens general 
de toucher au but. Nous avons vu, 
au mot alter, cette meme meta- 
phore de la navigation a la mar- 
che: adnare auquelCiceron donne 
le sens de venir oar eau, signifie 
venir par terre dans Papias. 

Sur dr (adripare), devenu rr 
(arriver), voy. au mot arri&re. — 
Sur p (arripare), devenu v (arriver), 
voy. p. xc; nous avons vu que 
p n'arrive a v qu'en passant par 6, 
et qiTentre le latin arripare et le 
francais arriver; nous trouvons 
le bas latin arribare. Cet adoucis- 
sement de pent) se retrouve en 
francais dans : assouvir (assopi- 
re*), cheveu (capillus), crever (cre- 
pare), louve (lupa), neveu (nepo- 
tem),prevdt (praepositum), perce- 
voir (percipere) , rave (rapa), re- 
cevoir (recipere), rive (npa), sa- 
vour (saporem), satoir (sapere), 
savon (saponem), se*ve (sa/;a), che- 
velre (capistrum), enchevetrer (in- 
capistrare*), cive (caepa), civet 
(caepatum),concevoir (concipere), 
convoiter (cupitare*). coutercle 
(cooperculum*), cuve (cupa), sou- 
veram (de superaneus*), ensevelir 
finsepeiire), 6veque (episcopus) , 
feeche (episcopatus), javelle (ca- 
pella*), navet (napus), pavilion 
(papilionem), ravine (rapina*), ra- 



vir (rapere), recevoir (recipere), 
rive(ripa), rirage(ripaticum*), ri- 
viere (riparia), seneve Mnapi), — 
chevre (capra), oeuvre (opera) , ou- 
vrer (op'rare) , ouvrier (op'rarius), 
ouvrir (ap'rire), pauvre (paup'rem) , 
avec (ap*dhoc), avril (aprilis),che- 
vreuil (capreolus), chevron (capro- 
nem*), couvrir (coop'rire), cuivre 
(cuprum), genievre (junip'rum), 
guivre (vip'ra), lievre (lep'rem), 
levrier (lep'rarius), poivre (pip'r), 
recouvrer (recup'rare) , sevrer (se- 
p'rare), puree (ancien francais pe~ 
vrdedepip'rata*). — D. arrivage, 
arrivie. 

Arroaanee, du L. arrogantia 
(m. s.). — D. arrogant. 

Arroger, du L. arrogare (meme 
sens). 

Arrondtr, voy. rond. — D. 
arrondisscment. 

Arroaer, du L. adrorare (ar~ 
roser, dans Marcellus Empiricus). 
Sur dr latin devenu rr en frangais, 
voy. am'ere. Quand a la substitu- 
tion d'un s (arroaer), a l'r latin 
(adrorare), elle se retrouve en fran- 
cais dans plurieres, be? icle (vieux- 
francais bericle, beryilus), pous- 
siere (vieux frangais poumere) , 
chaise (chaire, cathedra). Cette al- 
teration phonetique de r en s re- 
monte haut t Theodore de Beze 
xvi* siecle), nous apprend que les 
Parisiens disaient peare, me*e, 
chaise , Theodoze , Maxie pour 
pere, mere, chaire, Theodore, 
Marie! Palsgrave (1530), remarque 
qu'a la cour on disait non Paris , 
mais Pazis. — Cette permutation 
se retrouve encore dans quelques 

{>atois, notamment dans celui de 
a Champagne qui dit ecuiie pour 
ecurie,fre*e (pour frere), etc....— 
D. arrossage, arrosoir. 

f Arsenal, venu au seizieme 
siecle, de Titalien arsenate (m6me 
sens). 



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ART 



65 



ASP 



Arsenic, du L. arsenicum (ar- 
senic). — D. arsenical, arsenieux* 
Art, du L. artem (m. s.). 
Artere, du L. arteria (m. s.). 

— D. arteriel. 

Artesien. (puits), mot d'origine 
historique; ces puits ayant e*te" fo- 
rts en France pour la premiere 
fois dans 1'Artois. 

t Artlchaut, mot venu au 
seizieme siecle de l'italien arti- 
eiocco (mfime-sens). 

Article, du L. articulum (m£me 
sens). 

Artlculer, du L. articulate 
(m6me sens). — D. articulation, ar- 
ticulate, de'sarticuler, inarticuli. 

Artifice, du L. artificiumiyme). 

— D. artificier. 

Arttficlel, du L. artificial 
(meme sens). 

Artlficleux , du L. artificiosus 
fm. s). 

Artillerie, mot que Ton trouve 
en francais plus de deux siecles 
avant l'emploi de la poudre a ca- 
non; — artillerie avait alors un 
double sens : tantdt il signitiait l'en- 
semble des armes, des engins du 
guerre, — et en particulier des ar- 
mes de trait, qui etaient les armes 
offensives par excellence {« Qui- 
conque doresenavant voudra itre 
artilleur et user du mestier d'ar- 
tillerie en la ville et banlieue de 
Paris, c'est d savoir faiseur d'arcs, 

deflesches, darbalesles » lit-on 

dans un document de 1375), — 
tantdt il designait comme dans 
Joinville, au treizieme siecle, le 
lieu ou Ton deposait les armes, 
l'arsenal. Les soldats "d 1 artillerie 
etaient les archers et les arbaie*- 
triers : quand Tusage de la poudre 
a canon fut introduit, et que les 
armes a feu succ£derent aux ar- 
mes de trait, on conserva aux ar- 
mes nouvelles la denomination des 
anciennes. — Artillerie derive de 



notre ancien verbe artiller, armer. 
[Ce mot a longtemps persists dans 
le vocabulaire de la marine; on di- 
satt encore au dix-huitieme siecle 
t«n vaisseau artilU, non un vais- 
seau arml.j 

Artiller, est dans la basse-lati- 

nit6 artillare, qui correspond au 

latin arttculare derive de artem 

par 1'intermediaire de articulus. — 

, Qu' artem ait pris daps la basse la- 

timie le sens d'art de la guerre, 

c'est ce que Ton comprend mieux 

| quand on voit la mdme metapbore 

se produire pour le mot tngemum 

1 qui a donne* engin (voy. ce mot). 

| Atrtilleur, derive & artiller. — 

Voy. artillerie. 

| JWimon, du L. artemonem 
qui est dans Isidore de Seville avec 
le m§me sens. — Sur e latin de- 
| venu i, voy. accomplir. 

f Artisan, venu au seizieme 
siecle de l'itahen artigiano (m£me 
sens). — A l'ongine artisan avait 
| le sens que nous donnons au mot 
artiste : « Peintre, poete ou aullre 
artisan* dit Montaigne. 

f Artiste, venu au seizieme 
siecle de 1'italien artista (m. s.). 

as, du L. o5(m6me sens). 

Ascendant, du L. ascenden- 
tem (qui monte). — D. ascen- 
dance. 

Ascension, du L. ascensionem 
(action de monter). — D. ascen- 
sionnel. 

Ascete, du grec dwxyJTY);, celui 
qui s'exerce [s. ent. a la mortifi- 
cation]. — D. asce'tisme , asci- 
tique. 

Aslle,du L. asylum (lieu invio- 
lable, qu'on ne piile pas). 

Aspect, du L. asvectum derive* 
de aspicere (regarder). 

ilsperflfc.du L. asparagus (as- 
perge). Aspdr{d)gus contracts en 
aspar'gus suivant la regie de l'ac- 
cent latin (page lxxix), a perdu 



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ASS 



66 



ASS 



son & atone, comme les mots sui- 
vants : baume (balsamum), buffle 
( bubalus ) , cbaume ( calamus ) , 
capre (cappans), cinnabre (cinna- 
bans), esclandre (scandium), gre- 
lot (crotalum), ladre (lazdrus), 
lampe (lampdfdem) , martre (mar- 
tola*), nacre (nacdfra*), orgue (or- 
gtfnum), plane (platinum), seigle 
(latin vulgaire sectfle), timbre (tym- 
panum), sucre (sacchdrum), cer- 
cueil (sarcophagus). 

Sur a latin (aspar'gus) devenu 
e (asperge), voy. acheter. 

Asperger, du L. aspergere (ar- 
roser). 

Asperlte, du L. asperitatem 
(m. s.). 

Aspersion, du L. aspersionem 
(m. s.). 

Aspersolr,du L. aspersortum* 
(m. s.). 

Asphalte, du L. asphaltus (bi- 
tume). 

Asphyxle , du grec ^aqpugia 
(arrel du pouls). 

1. Ampic, corruption de espic, 
qui est le latin spicus (lavande) . 
L'buile odorante et volatile de la 
grande lavande, connue sous le 
nom vulgaire d'huile d* aspic, est 
appelee par les chimistes hutle de 
spic. Sur sp dev. esp, voy. espe'- 
rer. 

2. f Aspic, espece de vipere de' 
petite taille. Aspic qu'on n a point 
trouve dans les textes francais 
anterieurs au seizieme siecle vient 
du provencal aspic, qui est le la- 
tin aspidem (meme sens). — Dans 
notre ancienne langue le latin aspis 
existait sous la forme aspe. 

Asplrer, du L. aspirate (aspi- 
rer). — D. aspiration, aspira- 
teur. 

AmmaiMUv, du L. assalire (qui 
est au sens d'assaillir dans la Lex 
Salica). — Pour le cbangement 
de salire en saillir, voy. saillir. 



Assainir, voy. sain. — D. as* 
sainissement. 

iistfalsonttet*, voy. saison. — 
D. assaisonnement. 

Assassin. Mot d'origine hi- 
storique (voy. p. lxiii). — As- 
sassin qui est assacis dans Join- 
ville au treizieme siecle, — dans 
la basse latinite hassessin, est le 
nom d'une secte celebre de la Pales- 
tine au treizieme siecle, celle des 
Haschischtn (buveurs de haschi- 
sche 1 , boisson enivrante, dissolu- 
tion de haschisch poudre de feuilles 
de chanvre.) Le Scheik des Ha- 
schischin, connu sous le nom de 
Vieux de la montagne, exaltait 
l'esprit de ses seides, a l'aide de 
cette boisson , et les envoyait en- 
suite poignarder ses ennemis, et 
en particulier les chefs des croi- 
ses. — Joinville emploie encore le 
mot assassin au sens de membre 
de la secte des Haschischtn, mais 
des le quinzieme siecle assassin 
devient synonyme de meurtrier, 
et perd le sens special qu'il gar- 
dait a l'origine. Nous avons tout a 
fait oublie aujourd'hui 1'histoire 
! de ce mot, et le fait qui l'a in- 
troduit dans notre langue. II en 
1 est de meme de plusieurs autres 
mots du mfime genre, tels que 
J berline qui signinait. A l'origine 
une voiture fabriquee a Berlin, 
stide qui est dans le Mahomet de 
! Voltaire un fanatiaue aveugle- 
ment devout aux votontes du pro- 
phete, etc.... — D. assassiner, as- 
sassinat. 

Assaut , ancien francais as- 
salt, du L. assaltus (assaut) com- 
pose, de saltus (saut, bond). — Sur 
al latin devenu au, voy. agneau. 
Assembicw,d\i L. adsimulare, 
assimulare (mettre ensemble, «- 
mul). — AssimUldre devenu as- 
simlare conform^ment a la regie 
donnee au mot accointer, est de- 



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ASS 



67 



ASS 



vena assembler par le changement 
1° de ml (assim'Jare) en mbl (as- 
sembler), changement etudie au 
mot dbsoudre; — 2° de i latin 
en e; voy. admettre. — D. assem- 
ble (substantif participial), as- 
semblage, rassembler, rassembU- 
ment. 

Assener, du L. assignare (vi- 
ser). Assener avait a l'origine de la 
langue le sens de dinger un coup, 
d'atteindre le but ; Froissart nous 
parle d'un archer qui tira un car- 
reau (une fleche), et assena un 
chevalier en la teste, c'est-a-dire 
visa un chevalier a la tete. Peu a 
peu, assener perdit son sens ety- 
mologique d'ajuster, de viser, — 
et arriva a la signification ac- 
tuelle. porter un coup violent. 
Dans assignare, gn est devenu n 
en francais. On trouve deja assi- 
nare,as'senare dans les Chartes du 
onzieme siecle. Les Romains di- 
saient indifferemment aprupna ou 
apruna. Cette reduction de gn en 
n se retrouve dans : benin (be- 
nipnus), malin (maligwus), con- 
nattre (co^noscere), dessiner (desi- 
gmare), d6dain (disdu/num *) . Cette 
reduction a encore lieu, oralement, 
dans le mot signet, que nous pro- 
noncons sinet. Sur i latin (asst- 
gnafe) = e (assener), voy. admet- 
tre. 

. AMenttment, de l'ancien verbe 
assentir (approuve'r), qui vient du 
L. assentire (6tre de m6me avis) . 

Asseoir, du L. assidere (etre 
assis). — Sur la chute du d, as- 
st(d)ere, voy. accabler; sur t latin 
devenu e voy. admettre ; sur e la- 
tin (assidere) devenu ox, voy. ac- 
croire. — D. rasseoir, rassis. Le 
participe feminin assise est deve- 
nu substantif (voy. absoute). 

Assermenter, voy. serment. 

Assertion, du L. asscrtionem 
(affirmation). 



I A sservi r, du L. asservire (as- 

I sujettir). — D. asservissement. 

Assesseuw* 9 du L. assessor em 
(adjoint). — Sur o latin devenu eu, 

I voy. accueillir. 

I Assez 9 du L. adsatis * (le t la- 
tin se retrouve encore dans le pro- 

I vencal assatz). — Asset signitiait 
a Torigine beaucoup et se placait 

\ apres le substantif. On trouve a 
chaque page dans la Chanson de 
Roland : Je vous donnerai or et 
argent assex (pour : beaucoup d'or 

1 et d 'argent), trop assex (pour beau- 
coup trop), plus assex (pour beau- 
coup plus) etc.... — De meme 
assai en italien : presto assai 
(prestus adsatis) signifie (tres-vite 9 

| et non assex vite. 

I Dans ce mot , ds latin (adsatis), 
s'est assimile en ss, comme dans 

j assurer (adrecurare), ausii (aliud- 
sic), associer (adsociare), awouvir 

I (adsopire), ra#sasier(re-ad*atiare*), 
Sur a latin (adsatis) devenu e t 
voy. acheter : adsatis a dofane as- 
ses, comme umatis, portatu don- 
nentaimex, portex. 

Assldu, du L. assiduus (assidu). 
— D. assiduity assidilment. 

Assiegew 9 du L. assediare * 
(qui est au sens de mettre le sie'ge 
dans certains textes du huitieme 
siecle). *— Sur dtare devenu get 
en francais, voy. abre'ger et ajou- 
ter. Sur e (assediare) devenu ie, 
voy. arriere. 

1. Assiette 9 au sens de posi- 
tion {assiette d'une ville, perdre 
son assiette),) — ou de repartition, 
d'etablissement {assiette d'un im- 
p6t), n'est autre chose que le par- 
ticipe fort d'asseoir. Sur les parti- 
cipes forts , voy. absoute, 

2. Assiette (vaisselle). Le latin 
assecare (compose de ad, et se- 
care trancher), donna naissance 
par le supin assectum ( voy. 
page xxxn i). au verbe factitif as- 



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ASS 



68 



AST 



sectare, d'ou est venu 1'italien 
assettare (decouper les viandes); 
sur le ct latin (assccfare) devenu 
it en italien, voy. page xix. 

Le francais assiette, aussi ecrit 
assiecte, correspond a assecta *, et 
veut dire proprement, le plat dans 
lequel on decoupe les mets. Sur 
e latin (assecta) devenu ie, voy. 
arriere. Quant au changement de 
ct latin en tt (assieMe), change- 
ment qui se retrouve dans da/te 
(dact'lum), jeMe (jarto), luMer 
(luctare), cueilleete (collerfa), em- 
plette (implied), froWer (fric/are), 

— cette assimilation avait deji 
lieu en latin ou Ton trouve mattea 
pour mactea, nal(a pour nacfa, 
gluWio pour glucfio (glocire). — 
D. assiette'e. 

Asslgner, du L. assignare (m. 
s.). — D. assignation, assignat. 

Asslniller, du L. assimxlare 
(rendre semblable). — D. assimi- 
lation % 

Assise, voy. asseoir. 

Asslster, du L. assutere (se te- 
nir aupres). — D. assistance, 

Assocler, du L. assoeiare (m. 
s.). — D. association. 

Assolenient, voy. sole. 

A mo»m6«*<»*, voy. sombreP 

AMommer, voy. somme. — 
D. assommoir. 

Assoniptlon, du L. assumptuh 
nem (enlevement). 

A*sonan< 9 du L. assonantem 
(qui repond k une voix). — D. as- 
tonance. 

Assortlw, rassembler des ob- 
jets de mfime sorte (voy. ce mot) . 

— D. assortment, disassortir. 
Assouplr , du L. assopire 

(meme sens), — D. assoupisse- 
went. 

AssowpHr, voy. souple. 

jfMOMttf if 9 voy. sourd. — D. 
assourdissement. 

Asmouvir, du L. assopire (cal- 



mer, apaiser). — Sur o latin de- 
venu ou, voy. affouage. — Sur p 
devenu u, voy. afoiMe. — D. as- 
souvissement. 

Asswjettiw, voy. sujet. — D. 
assujettissement. 

Assuuier, du L. assumere 
(m. s.\ 

yf««u»*c»*, au seizieme siecle 
asseurer, au douzieme assenrer, 
du L. assecurare (rendre sur). Sur 
la chute du c, asse(c)urare, voy. 
affouage. — D. assurance, ras- 
surer. 

Astdrlsque, du grec aarepia* 
xo; (petite etoile). 

Ailhme, du grec aaOfia (res- 
piration). — D. asthma (i que. 

Atticoter, voy. astiquer. 

A»tiqwe* 9 lisser le cuir a 
Taide d'un polissoir nomme astic. 
(L'origine d'astic est inconnuc). 
— Asticoter a ete tire d' astiquer, 
au sens metaphoriquede tourmen- 
ter, irriter. Les verbes frequenta- 
tifs de ce genre ne sont point ra- 
res en francais, lemom picoter de 
piquer, trembloierde trembler, etc. 

Astragal*, du L. astragalus 
(m. s). 

A *tre, du L. astrum (m 3.) 

/i#tfrei#t€ft*e, du L. aatringere 
(assujettir). — Astrtngere, regulie- 
rement contracie en astrtn're sui- 
vant la regie de Tdccent latin 
(voy. page lxxix), a donne astrein- 
dre par le changement de nr latin 
en ndr, changement etudie au 
mot absoudre. 

Astringent, du L. astringen- 
tem (qui resserre). 

Astrolabe, du grec &<jrpo>a- 
6ov, litteralement : instrument pro- 
pre a prendre (*ocfx6ava>) la posi- 
tion des astres. 

Astrologie , du grec .<x<rcpo« 
Xoyia (elude des astres). — D. as- 
trotogue. — a<rcpoXoyta n'a en 
grec aucun nens defavorable eta 



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ATE 



69 



ATT 



la mfime valeur que notre mot as- 
tronomie. 

Astronomic , du L. astrono- 
mia (m. s.; litteral. etude des 
mouvements des astres). — D. as- 
tronome, aslronomique. 

Astuce, du L. astxicia (ruse). 

— D. astucieux. 

Atelier, ancien fran$ais aste- 
lier (Bernard Palissy ecrit haste- 
lier), — du L. hastellarius *, lieu 
ou Ton fabrique les hastellat (pour 
hastulae plancheltes, dans Isidore 
de Seville). — Haste Ua * a donne 
l'ancien francos astrtle , plan- 
chette, qui est aujourd'hui attelle 
(lame de bois que les chirurgiens 
emploientnourmaintemrlesfractu- 
res. Vastetier lieu oil Ton fabriquait 
ces astelles, ces plancheltes, n'eut 
done a Forigine (jue le sens d'ate- 
lier de menuiserie, et il passa de la 
au sens d'atelier en general. Sur ces 
amplifications du sens, voy. page 
xxii. Quant auxchangementspnilo- 
logiques, le plus important est la 
chute de Yh latin (Ziastellarius) qui 
a disparu en francais, comme dans 
etique (/leclicus)* avoir {habere), 
on (Ziomo), orge (Ziordjum *), or 
(Ziora), oui (noc-illud), encore 
(hanc Jioram), ordure (horndus), 
dter (Ziaustare) ; cette chute, qui 
avait deja lieu dans le latin classi- 
que er, olus. era (vieux latin her, 
hohis, hera), est tres-frequente 
dans les inscriptions (oil Ton 
trouve ujus, ic, oc, eredes, ones- 
tus, omo pour : Ziujtis, /tic, hoc, 
fteredes, nonestus , Jiomo) , bien 

?[ue les Romams aspirassent pro- 
bndement Yh initial, a la facon 
de Yh anglais ou de Yh allemand. 

— Sur la chute de s (hastellarius), 
voy. abime; sur arius (hastella- 
rius) devenu ier en francais, voy. 
dnier. 

itermoyer, differer, reculer 
le terme (voy. ce mot). Atermoyer 



derive de terme, comme rudoyer 
de rude, nettoyer de nette, etc... 

— D. atermoiement . 

Athee, du grec £0eoc (qui n'a 
pas de Dieu). — D. athtisme. 

Athlete, du grec aOXTJxy)c (lut- 
teur). — D. athmique. 

Atlas, mot d'origine histori- 
que. Mercator donna le premier 
ce nom de geant a un recueil de 
cartes geographiques a cause de 
la grandeur du format. 

Atnio«phere , mot forge par 
les savants, du grec ax|i,oc (va- 
peur), et ejqxxTpa (sphere). — D. 
atmosphtrique . 

A tome, du grec axo^o; (qu*on 
ne peut diviser). 

Atonle, du grec ixovia (rela- 
chement). — D. atone. 

A tour, parure , derive de l'an- 
cien verbe atourner (parer). — 
Atour vient ft atourner comme 
tour de tourner, contour de con- 
tourner. Sur Petymologie d'atour- 
nen voy. tourner. 

Aire, ancien francais astre, au 
huitieme siecle astrum dans les 
Gloses de Reichenau avec le sens 
de carrdage. L'dlre designait pro- 
prement le bas d'une cheminee 
garni de carreaux, et par les for- 
mes astre, astrum, ce mot vient 
de l'ancien haut allemand astrih 
(dallage , plancher carrele). Les 
Gloses de Reichenau qui tradui- 
sent astrum par pavimentum (car- 
riage) confirment cette origine. 

Atroce, du L. atrocem (m. s.). 

— D. atrociU. 

Atrophic, du grec aTpo<pta 
(privation de nourriture , depSris- 
sement). — D. s'atrophier. 

Attubter, voy. table. 

Attache*, detacher , derivent 
d'un radical commun tacher, com- 
me attendre et de'tendre derivent 
de tendre, comme attirer et dtti- 
rer derivent de tirer. Ce radical a 



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ATT 



70 



ATT 



disparu, sans laisser de traces dans 
notre ancienne langue et son ori- 
gine est inconnue. — D. Attache- 
ment, attacker, r attacker r sous- 
tacher, detachement. 

Attaquew. J'ai expliqu6 ail- 
leurs (Grammaire historique de la 
langue francaise, page xlviii) , 
comment le dialecte de Tile de 
France se developpa au moyen 
age aux depens des dialectes voi- 
sins de la Normandie, de la Picar- 
die, etc., et finit meme par les 
supplanter: comment il recut ce- 
pendant plusieurs mots de ces 
memes dialectes; qui exi&tant deja 
en francais sous une forme fran- 
caise, firent alors double emploi, 
ou prirent une autre accep- 
tion. Tel est le cas du mot atta- 
quer qui n'est autre chose que le 
mot attacker, — comme cela est 
visible par \a.\ocut\on(s' attaquer d, 
qui est identique avec s' attacker 
a. D'ailleurs l'histoire de notre 
langue le prouve, ces deux mots 
etaient indiffe>emment employes 
Tun pour l'autre : tantdt atta- 
quer a le sens d'attacher, comme 
dans ce texte du quatorzieme sie- 
cle : elle attaque au ^mantel une 
riche escarboucle. (Baudoin de Se- 
bourc). 

Tant6t attacker signifie atta- 
quer, timer un combat ; ainsi dans 
ce passage d'une lettre de Calvin 
au regent dAngleterre : «A ce 
« que j'entends, Monseigneur , 
« vous avez deux especes de mu- 
« tins qui se sont eslevez contre le 
« roy et l'estat du royaume : les 
« uns sont gens fantastiques qui 
« soubs couleur de lTHvangile 
« vouldroient mettre tout en Gen- 
et fusion ; les autres sont gens obs- 
« tines aux superstitions de l'An- 
a techrist de Rome.Tous ensemble 
« meritent bien d'estre r6primes 
« par le glay ve qui vous es # t com- 



« mis, veu qu'ils s'attaschent non- 
« seulement au roy, mais a Dieu 
« qui l'a assis au siege royal, et 
« vous a commis la protection 
« tant de sa personn* que de sa 
« majeste, » (Lettrec je Calvin 
recueillies par M. Bonnet, II, 201). 

— Attaquer n'etant qu'une autre 
forme d'attacher , je renvoie 1* 
lecteur a ce dernier mot pour 1'6- 
tymologie. — D. attaque, inatta- 
quable. 

Attarder, voy. tard. 

Atteindre, du L. attingere 
(toucher). — Sur ingere devenu 
eindre, voy. astreindre. — D. 
atteinte , substantif participial 
(voy. absoute). 

Atteler, detelew proviennent 
d'un radical commun teler dont 
l'origine est inconnue — D. atte- 
lage. 

Attenant, du L attinentem 
(m. s.), voy. tenir. 

Attendee, du L. attendere 
(m. s.). Sur la chute de Tavant- 
dernier e latin, voy- accourir. — 
D. attente, substantif participial 
(voy. absoute) . 

Attend***, voy. tendre. — 
D. attendrissement. 

Attente, voy. attendre. 

Attenter, du L. attentate 
(m. s.). — D. attentat, attentatoire. 

Attentir, dxiL.attentitus (m.s.). 

Attention, du L. attentionem 
(attention). 

Atteuuer, du L. attenuare 
(diminuer) . — D. attenuation. 

Attcm»er 9 litt6ralementreni?er- 
ser par terre. Le sens etymologi- 
que est encore visible dans cette 
phrase de Bossuet : * Se ralentir 
apres Vavoir atterri, Jest lux 
faire reprendre ses forces. » 

Attemir, voy. terre. — D. 
atterrissage, atterrissement. 

Atte«ter, du L. attestari (m. s.). 

— D. attestation. 



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ATT 



71 



AUB 



Attteteme, du grec 4ttixkt- 
p.<K (maniere de parler propre aux 
habitants de PAttique). 

AtticAi*, voy. tiede. — D. at- 
tUdissement. 

Attifer, origine inconnue. 

Attirw, voy. tirer. — D. atli- 
rail. 

Attiser, voy. tison. 

t Attitude, venu au seizieme 
siecle de l'italien attitudine (m. s.). 

Attouchewnent, de at toucher, 
voy. toucher. 

Attraction, du L. attraction 
nem (m. s.) 

Attrait, du L. attractus (at- 

trait, action d'attirer dans Dictys i 

de Crete). — Ct latin est ici deve- | 

nu it par suite d'une assimilation 

incomplete; cf est d'abord devenu 

jt,et celui-ci s'est transformeen it, 

— et dans cette permutation Ft" 

francais represente le c latin : ce 

changement n'est point rare en 

francais 1° apres un a : fait (fa- 

ctus), distrait ( distractus ) , lait 

(lactem), laitue (lactuca) allaifer 

/allactare), laite (laches), tratfer 

(tractare, et tous ses composes). 

2° Apres un e : conf it (confectus) , 

depit (despectus), repit (respects), 

lie (tectum), litiere (lectaria) , pro- 

fit (profectum), pis (pectus), elite 

(elecfa), droit (directus), poitrail 

(pectoraclum*),endroit(indirectus), 

toil (tectum) , poitrine (pectorina) , 

voiture (vectura) . 3° Apres un i : 

etroit(strictus),exploi((explic 1 tum), 

detroit (districtum), Poitiers (Pi- 

ctavi). 4° Apres un o : cuit (coctus), 

nuit (noctem), huit (octo), biscuit 

(biscoctus), huitieme (octesimus). 

5° Apres un u .* fruit (fructus), truite 

(tructa*), conduit (conductus), re- 

duit (reductus), sedutt (seducfus), 

enduit (inductum).— I/orthographe 

faict, traict, etc.... est l'oeuvre 

grotesque et barbare des pedants 

du qumzieme siecle. Le francais 



du moyen age disait comme nous 
fait, trait, etc.... Voulant rappro- 
cher ces mots de leur original la- 
tin, les latinistes intercalerent 
un c et dire nt faict, traict. sans se 
douter que it representait deja le ct 
latin. 

Atttmper, de trappe, comme 
on l'a vu dans VIntroduction 
p. xxni.— Pour Fetymologie, voy. 
trappe. — D. aitrape , substanttf , 
verbal; rattraper. 

Attrlbuer, du L. attribuere 
(m. s.) — D. attribution, attributif. 

Attrlbut, du L. attributum 
(m. s.) 

Attrimtcr, voy. triste. 

AtitroMper, voy. troupe.— D. 
attroupement. 

Am, anciennement al, contrac- 
tion de d le (voy. le); aux, ancien- 
nement aus, plus anciennement 
als pour d les (voy. les). — Sur le 
changement de I en u dans ces 
mots, voy. agneau. 

Awbainc, droit de succession 
aux biens d'un aubain (etranger 
non naturalise). — L'origine du 
mot aubain est inconnue. 

1. Aube, anciennement albe, du 
L. alba (l'aube etant le premier 
blanchissement de l'horizon). Sur 
h=u, voy. agneau. — D. aubade 
venu au quinzieme siecle de Fes- 
pagnol albada (menie sens). 

2. Aube, palette de roue hy- 
draulique. Origine inconnue. 

3. Awbe, vetement de toile 
blanche, du L. alba (blanche). 

Aubepine, ancien francais aU 
bespine, du L. albaspina (aube- 
pine). — Sur I devenu u, voy. 
agneau; sur la chute de *, voy. 
epine. 

Auberge, anciennement al- 
berge, plus anciennement helberge, 
au onzieme siecle herberge dans 
la Chanson de Roland, avec le sens 
*de station militaire, — est un mot 



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AUC 



72 



AUM 



d'origine germanique comme la 
plupart des terraes de guerre, et 
vient de Pancienhaut allemand 
hefberga, heriberga (campement 
militaire). — II est cuneux que 
I'allemand moderne herberge qui 
en derive, signifie auberge, — par 
la m6me extension de sens qui a 
modifie la signification de notre 
mot francais. — D. aubergiste. 

Aubiefj du L. albarius* (de 
albus, blanc, a cause de la blan- 
cheur de l'aubier).— Sur arius de- 
venu ter, voy. dnier. 

Au hour , du L. alburnum (au- 
bier). Sur al latin devenu au, voy. 
agneau; sur u (alburnum) = ou, 
voy. accouder.Rn latin (alburnum) 
s : est reduit a r en francais, comme 
dans cor (cornu),enfer(infernum), 
cahier (quaternum), chair (car- 
nem), four (furnum), jour (djur- 
num*), hiver (hibermim) , tour 
(tornus*), ver (vermis). 

Aucun. Ce mot qui s'ecrivait 
au treizieme siecle alcun, et al- 
exin au douzieme , est un compose 
de alque comme chacun est un 
compost de chaque, et quelqiCun 
de quelque. — Aliquis donna un 
vieux francais alque : aliqui vene- 
runt, Alque vinrent , disait notre 
ancienne langue.— Alque est done 
Equivalent de quelque. et alqun 
(alqu'un)l'equivalent de quelqu'un. 
L'histoire et l'Stymologie & aucun 
montrent que ce mot a un sens es- 
sentiellement affirmatif : Avez-vous 
entendu aucun discours qui vous 
fit croire. Allez au bord de la.mer 
attendre les vaisseaux, et si vous 
en voyez aucuns, revenez me le 
dire. Phedre 6tait si succinct 
qu' aucuns Ten ont blame (la Fon- 
taine, Fables, VI, 1. — Aucun de- 
vient negatif quand il est accom- 
pagn4 de ne : J'en attendais trois, 
aucun ns vint. — Mais il ne faut, 
pas perdre de vue qu'en lui-meme 



et de sa nature aucun est positif 
et signifie quelqu'un. — Sur le 
changement de al(t)quis en alque 
par la chute de If latin, voy. p. lxxx. 

— Sur al devenu au, voy. agneau. 
Audace, du L. audacia (m. s.) 

— D. audacieux. 
Audience, du L. audientia 

(m. s.) — D. audiencier. 

Audlteur,du L. auditor (m. s.) 

Audltir, du L. auditivus (m. s ) 

Audition, du L. auditionem 
(m. s.) 

Auditolre, du L. auditorium 
(m. s.) 

Auge, du L. alveus (auge). — 
Sur at devenu au, voy. agneau; 
sur reus devenu ge, voy. alttger 
et abre'ger. 

Augment, du L. augmentum 
(m. s.) 

Augnienter,du L. augmentare 
(m. s.) — D. augmentation 

Augure,du L.augurium (m.s.) 

— D augurer. 

Auguite, du L. auguxtus[m. s.) 
Aujouwd*hui. Hui est le la- 
tin (iodic (auiourd'hui). — Sur le 
changement de odie en tit, voy. 
alouette et appuyer. — Le vieux 
francais est rest6 dans le terme de 
palais : d'/wt en un an. — Aujour- 
d'hui, que notre ancienne langue 
ecrivait plus correctement au jour 
d'hui est un pleonasme, puisqu'il 
signifie litteralement aujour dau~ 
jourdliui. 

Aumone, vieux francais au- 
mosne, au onzieme siecle almosne, 

— dans le latin du neuvieme siecle 
almosna, elmosna. du latin elee- 
mosyna (aumdne. dans Tertullien). 

— Sur ia chute ae Yy latin par la 
regie de l'accent latin, voy. affable, 

— Sur la disparition de ee, voy , 
aider. — Sur el devenu au, voy. 
agneau.— Sur la chute de Vs, voy. 
abime.— D. aumtinier, aumdne" 
rie, aumdni&re. 



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AUR 



73 



AUT 



ylutMti#fe, origine inconnue. 

1. iiiitte, arbre, du L. alnus 
(aune). — Sur al devenu au. voy. 
agrieau. 

2. iftme, mesurede longueur, 
ancien-francais alne, du bas latin 
alena qui vient lui-mfcme du go- 
thique aleina (aune). — Sur al de- 
venu at* voy. agneau.~ D. auner. 
aunage. 

Awpawmtmnt. de au et de pa~ 
ravant. L'article au ne fut ajoute 
a cette locution que vers le quin- 
zieme siecle. Le vleux- franca is 
empjoyait par-avant : * Jene t?"ou- 
lus point itre t ng rat, ditFroissard, 
quand je consid&rai la bonti qu'il 
me morura par-avant, » 

A**pr>hm, voy. pres. 

Aureole, du L. aureola (soil. 
corona, couronne d'or).. 

Aurlculalre. du L. aurtcula- 
riuf (m. s.) 

lMronc,du L. abrotnnum (au- 
rone) : abro^ojnum regulierement 
contracte en aordVnum suivant la 
loi de l'accent latin (voy. au mot 
ancre), reduisit tn (abroe'num). a 
n (aurone), comme dans plane 
(plal'nus), rene (refna) — Quant 
au changement de br en ur t '\\ s'cst 
ope re aiosi : b latin s'est d'abord 
aaouci en v : avrotonum ; celui-ci 
s'est vocalise, et est devenu u, vo- 
calisation qui esttres-frequente en 
latin (nauta pour nat?'ta; naufra- 
gium pour nav'fragium; aucellus 
pour av'cellus, etc,...)— On trouve 
meme en latin des exemples dans 
lesquels Vu provient comme en 
francais d'un b par Tintermediaire 
de v : ainsi aWero a donne aufero, 
en passant par avfero; a&fugio a 
donne avfugio puis aufugio. Enfin 
le latin vulgaire connait la forme 
gautapbur ga&'ta(ga&ata).Ce cban- 
gement de b en u se retrouve dans 
parole , tdle, forge, pure'e, mots 
qui ont perdu leur physionomie 



etymologique dans la langue mo~ 
derne, mais que le vieux francais 
ecrivait paraule (parao'la), taule 
(ta&'la), faurge (fa&r'ca), peuree 
(peuree-pip'rata). Cet adoucisse- 
ment se poursuivit rn^rne en fran- 
cais : aurai, saurai sont en vieux- 
francais avrai, sacrai pour aterai 
(habere) saterai (sapere), comme 
uous l'avons demontre ailleurs 
(Grammaire Hutonque de la lan- 
gue francaise, p. 226.) 

Aurore, du L. Aurora (m. s.) 

Ausculter, du L. auscuitare 
(6couter). — D. ascultation. 

Auspice, du L. auspicium 
(m. s.) 

Aummi, ancien francais alsi, 
du L. aliud sic, aliud ayant donne 
regulierement al dans noire vieille 
langue (qui se retrouve encore 
dans autant, voy. ce mot). — Sur 
tic devenu ft, voy. si. — Sur al de- 
venu au, voy. agneau. 

Au**U6t, voy. aussi et tfa. 

Austere, du L. austerus (ri> 
gide). — D austerity 

Austral, du L. australis (me- 
ridional). 

t Autan, venu du provengal 
aulan (le vent du midi). Ceroot, 
qui a Torigine est altan, vient du 
L. altanus (le vent du S. 0. dans 
Vitruve) . 

Autant, ancien francais al- 
tant, du L. aliud tantum. Sur 
aliud devenu al puis au, voy. 
aussi. 

| Autet, ancien francais alt el, au 
onzieme siecle alter dans la Chan- 
son de Koland, du L. altare (au- 
tel) ; — Sur al devenu au voy. 
agneau.— Sur a (altare) devenu e, 
voy. acheter. — Quant au change- 
ment de r (altare) en I (autel), il 
se retrouve dans :cribie (cribrum), 
pelerin (peregrinus), flairer (fra- 
grare), paiefroi (parafredus), ecba- 
tas (ex-caratium). 

o 



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AUT 



74 



AVA 



Auteur, du L. autorem qui 
existe en latin & cdte d'auctorem. 

Autheutlque, du L. authenti- 
cus (dont l'autorite n'est pas dou- 
teuse). — D. 'authenticity. 

Autochthone, du grec ivrro- 
yOtov (qui -est de la terre m§me). 
" Autoerate, du grec avxoxpa- 
tyjc (qui a la force par soi-meme). 

f Auto-da-fe, mot venudu por- 
tugais auto-da-fe" (execution des 
iugements rendus par requisi- 
tion : litteralement acte de foi). 

Autographe, du grec auxo- 
Ypoupo? (ecrit de 'la main meme de 
l'auteur). 

Automate, du grec aOToua-coc 
(de son propre mouvement). — D. 
automatique. 

Automne, du L. autumnus. 

Autonome, du grec aux6vo- 
^ (qui vit suivant ses propres 
lois. — D. autonomic 

Autopsle , du grec auxoij/ta 
(action de voir soi-meme). 

Autorlser, du bas latin auc- 
torizare * (meme sens). 

Autorlte, du L. auctoritatem 
(m. s.). 

Autour, voy. tour. 

Autour, espece de milan, en 
provencal austor, en italien as- 
tore } dans la basse latinite asto- 
rius, du L. asturius * (de astur 
qui est au quatrieme siecle, avec 
le sens tfautour dans Firmicus 
Maternus). 

Autre, anciennement altre, du 
L. alter (autre). Sur la chute de 
e latin, voy. page lxxx. — Autrui 
est le complement de autre, comme 
cettui Test de cet (voy. Gram- 
maire Historique de la langue 
francaise. page clxxxi. Par suite 
autrui n'avait point d'article dans 
notre ancienne langue : on disait 
Vautrui cheval, ou le cheval autrui 
(alterius equus), pour : le cheval 
d'un autre. 



Autvuche , ancien francais 
autruce, etaustruee, du L. avis- 
struthio (litteral. oiseau autruche. 

— On trouve deja strucio pour 
struthio dans la moyenne latinite). 

— Avis-strucio s'est contracte en 
atfkrucio, et le v est devenu u 
dMStruciOy comme dans ncmfra- 

| gium qui vient de natn'fragium, 
par rintermecliaire nav'fragium , 
comme dans nauta qui vient de 
navita par lMntermediaire nav'ta. 

| Je renvoie le lecteur au mot au- . 
rone ou cette permutation de av 
latin en au est etudiee. — Sur la 

I chute de s dans austrucio, voy. 

I abtme. L'espagnol qui dit avestrux 
pour autruche, confirme la deri- 
vation d'avis-struthio. 
Awvent, origine inconnue. 
Auxlllalre, du L. auxiliaris 
(qui aide) . 

Aval, du L. ad-vallem (en sui- 
vant la vallee, en descendant le 
fleuve) : l'oppos6 est amont (ad- 
montem, c'est-a-dire en se diri- 
geant vers la montagne, en re- 
montant le cours. du fleuve). Le 
verbe avaler (litteralement aller 
aval) signifiait descendre a rorigi- 
ne de notre langue : ce n'est que 
tarcjivement qu'il se restreignit au 
sens de faire descendre les ali- 
ments. (Sur ces restrictions de 
sens. voy. p. xxi). Quelques tra- 
ces au sens orginaire ont persists 
dans le francais moderne ; on dit 
encore que les bateaux avalent 
le fleuve et le mot avalanche est 
proprement une masse de neige 
qui descend , qui avale la monta- 
gne. Dv latin (adtallem) s'est ici 
reduit a v comme dans arertir 
(advertere ) , at?enir ( advenire ) , 
auent (adventum), auoue (adroca- 
tus), at)6rer (adverare). 

f Avalanche 9 mot originaire 
des patois de la Suisse romande. 
Voy. son eryroologie au mot aval. 



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AVA 



75 



AVA 



if valet*, voy. aval. 

if vaatcef , venir en avant ; 
voy. avant. — D. avance (subs- 
tantif verbal), avancement. 

f Avanie. Ce mot est un curieux 
exemple de ces vicissitudes de 
sens dont nous avons parte dans 
V Introduction , p. xxi. Avanie qui 
n'est aulre chose que le grec vul- 
gaire a&xvta ( affront) , le turc 
avan (vexation), signifiait a Tori- 
gine les vexations que les Turcs 
exerc,aient contre les marchands 
Chretiens pour leur extorquer de 
l'argent. Apporte d'Orient par les 
voyageurs, le mot avanie ne tarda 

Somt a passer de son sens special 
e vexation contre les Chretiens, 
au sens general qu'il possede au- 
jourd'hui. 

A txiat*, du L. abante (devant), 
forme que. Ton rencontre dans un 
certain nombre (^'inscriptions ro- 
maines de l'empire, par exemple 
dans cette epitaphe : « Fundi hu- 
jus domxnus infans hie jacet simi- 
lis Deo ; hunc abante oculis pa- 
rentis rapuerunt nymphaeo in 
gurgite.... » Abante etait certai- 
nement une forme du latin vul- 
gaire, coftrespondant a ante* qui 
etait la forme du latin classique. 

— Nous avons conserve un temoi- 
gnage curieux sur ce point : le 
peuple disait ab-aitie , au lieu 
d'ante, et un vieux grammairien 
romain blame vivement cette for- 
me, et engage ses lecteurs a l'e- 
viter : « Ante me fugit dicimus, 
« non Ab-anteme fugit; namprae- 
« positio praepositioni adjungitur 
t imprudenter t quia ante et ab 
« sunt duae praepositiones. » Glo- 
ses de Placidus dans Mai, 111 1 431. 

— B latin (abante) est devenu v 
(avant). Get adoucissement avait 
deja lieu en latin : on trouve dans 
les plus vieux monuments : incom- 
parainlis (incomparabilis), acercus 



| (acerbus), devitum (debitum); dans 
• les textes du sixieme siecle : deli* 
I verationem pour deliberationem , 
! etc... . Get adoucissement a lieu en 
francais dans ; atx>ir (habere), 
aveindre (abemere), checal (ca- 
ballus), courerfcubare), devoir (de- 
bere), niveau (libeUum), prouter 
(probare) , souvent (subinde) , 
aveugle faboclus *), arorter (abor. 
tare), ecnetrin (scabinus*), ecri- 
t?ain (scribanus, *) endire (entyba), 
fere (faba), gouverner (guber- 
Dare), go ur em ail (gubernaclum), 
1 guimaure (ancien franc, vimauve 
! de bismalva *), hirer (hibernum), 
I itxrire (ebureus), preuue (proba), 
provende (praebenda), tarerne (ta- 
berna), entraver (intrabare *), tra- 
inee (trabata *) , travail ^traba- 
clum *), y (anciennement it?, de 
ibi) j — chancre (cann'bis), ivre 
(ebnus), litre (librum), liwre (li- 
bra) , abreuver (vieux francais 
abeuvrer, adbibrare *), cerreau 
(cerebellum), cervelle (cer'bella), 
couleuvre (colubra) , fevre (fa- 
brum), fevrier (februarius), fievre 
/febrim), ivraie (ebriaca), leure 
(labrum), livrer (liberare), mauris- 
que (mal'risca), merveille (mir'bi- 
lia), morve (morbus *), orfevre (au- 
rifabrum ) , rouvre ( rob'rem ) , 
trouver (turbare), verveine (ver- 
bena). — D. avantage ( ce qui 
nous prOfite, ce qui nous serf , ce 
qui nous avance, ce qui nous met 
en avant). 

Avantage, voy. avant. — D. 
avantager, desavantager , avanta- 
geux, dtsarantagevx. 

Avare, du L. avarus (m. s.). 
— D. avarice. 

Avdrie, au sens de droit d'entre- 
tien d'un port pour chaque vais- 
seau qui y mouille. Avarie, dans 
la basse latinite havaria, haveria, 
correspond au hollandais havery 
(m£me sens). 



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AVE 



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AVI 



Avec, anciennement aveuc, a 

I'ongine avoc , d'un type latin bar- 
bare abhoc, aboc qui est la trans- 1 
formation de l'expression apud 
hoc (litteralement avec cela, apud \ 
ayant pris le sens de cum dans 
plusieurs textes merovmgiens et 
carlovingiens). — Apud perdit de | 
bonne heure led (com me le prouve j 
la forme apue qu'on trouve pour 
apud dans une inscription de ' 
PEmpire) et se reduisit par cette ! 
chute au radical ap, qui devint ab \ 
par la permutation reguliere du p 
en b (voy. abeilk). On trouve ab 
pour apud, dans une Charte de 
Louis le Pieux (de l'annee 814) : 
« Ab his cellulis » Cet ab passa ! 
en frangais au sens d'avec : dans 
le plus aocien monument de la 
langue, les Serments de Stras- 
bourg, on lit: ab Ludher nul 
plaid numquam prindrai (avec 
Lothaire je ne ferai aucun accord). 
— Hoc perdit en fran§ais son h ini- 
tial (com me on l'a vu au mot ate- 
lier), et le compost ab-oc % chan- 
geant b en v (suivant la regie 
exposee au mot avant) devint avoc 
que Ton trouve dans les textes 
Irancais du onzieme siecle, Vo de 
avoc se diphthongua en eu ( con- 
formement a la regie donnee au 
mot accueiUir) et avoc se transfor- 
ma en aveuc, qui vers le quator- 
zieme siecle ceda la place a la 
forme actuelle avec. 

Aveiine, du L. avellina (noi- 
sette). 

Avenir , du L. ddvenire (arri- 
-ver). — Sur dv devenu v, voy, 
oral.— Avenir est archalque ; le 
Uix-septieme siecle Pemployait en- 
core : Ce que les prophetes ont 
dit devoir avenir dans la suite des 
temps. { Pascal). — D. avenir 
substantif; c'est l'infinitif pris 
substantivement : avenue (subs- 
tantif participial) ; aventure (par 



l'intermediaire de adventurus, lit 
t£ralement . ce qui doit arriverj. 

Avent, du L. adventus (arrivee : 
l*av6nement de J. C). 

Aventure, voy. avenir. — D. 
arenturer, aventureux t aventurier 9 
aventuriere. 

Avenue, voy. avenir. 

Averer, duL. adverare * (cer- 
tifier, de verusj vrai). — Surcfo 
= v, voy. aval. 

Aver*e, voy. verser. 

Aversion, du L. aversionem 
(repulsion). 

Avertiv , du L. advertere (m. 
s.). — • D. averlissement. • 

Ave**, voy. avoucr. 

Avengle, du L.abocufaf* (prive 
d'yeux), est compos6 de oculus (ceil) 
et de ab qui marque la privation, 
comme amenstou, prive de ratson, 
est compose de mens (raison) et de 
ab. — Ce mot doit remonter assez 
haut dans le latin vulgaire, puis- 
qu'on trouve dans Petrone (pre- 
mier siecle), l'expression aboculo 
librumlegere (lire a Vaveugle, lire 
es yeux fennel, clausis oculis. — 
Aboculus regulierement contract* 
en aboclus (voy. p. lxxx), — 
Ion trouve deja oclus pour oculus 
dans V Appendix ad Probum\, — 
donna en francais aveugle. Sur le 
b (aboclus) devenu v. voy. avant. 
— Sur o latin devenu eu (aveugle). 
voy. accueiUir. — Sur cl (aboctus) 
= gl (aveugrte), voy. aigle. — D. 
aveugler, aveuglement. 

ATlde, du L. avidus (m. s.).— 
D. avidite". 

if vilify voy. t)tl. — D. avilis- 
sement 
Aviner, voy. vin. 
Avi**on, instrument qui sert it 
tourner, a virer (voy. ce mot). 

Avis, de d et de vis qui vient 
de visum (ce qui est vu juge), et 
qui dans notre ancienne langue 
avait le sens d'opinion, de maniere 



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AVO 



77 



>ZY 



de Toir ; l'ex press ion du moyen 
&ge etait : il nCest a vis (mon opi- 
nion est cfue....) — A el vis se 
sont soudes par la suite, et l'ex 
pression du moyen age est deve- 
nue il nCest avis . — D. aviser, ra- 
vtser, malaviser. 

AvUaiUcr , approvisionner , 
munir de vitaille (ce mot qui dans 
not re ancienne langue veut dire 
provisions, vient du L. victualia 
qui a le me'me sens ; sur cl deve- 
nu /, voy. affile. Sur la disparition 
de u, voy. coudre. D'ailleurs on 
trouve deja vilalxa pour victualia 
dans les chartes carlovingiennes. 

— D. ravitailler. 

if rivet*, voy. vif. — D. raviver. 

A. vocal, du L. advocatas (de- 
fenseur) — D. avocassene. 

Avoine, du L. avena (avoine). 
Sur e = oi, voy. accroire. 

Avoir, du L. habere (avoir;. 
Sur la chute de Vh latin, voy. ate- 
lier. — Sur b = v, voy. avant. 

— Sur e latin devenu oi, voy. ac- 
croire. 

Avoiminet*, voy. roirin. 

Avorter, du L. abortare (avor- 
ter, dans Varron). — Sur b deve- 
nu v voy. avant. — D. avortc- 
ment, avorton. 

ifvoue, du L. advocatus (de- 
fenseur, conseil). — Sur la chute 
du c, adt;o(c)atu*, voy. aft'ouage. 

— Sur dr devenu r, voy. ata/. — 
Sur o devenu on, voy. affouage. 

— Sur a*u* devenu if, voy. am- 
poule. 

Avouer* compose de vouer 
(voy. ce moi). L'histoire de c'e mot 
offre un exemple cuneux de ces 
deplacements de sens, dont nous 
avons parie dans V Introduction, 



un terme de droit feodal : Avouer j 
un seigneur, c'est le reconnaltre 
pour son supe>ieur, c'est se vouer\ 
d lui : c'est lui jurer obeissance, 
c'est approuver tous ses actes. Del 
la le second sens oV avouer t qui est 
approuver : Je t'avouerai de tout A 
dit Racine dans Phcdre. Corneille : 
Et sans doute son cceur vous en 
avouera bien. Paul-Louis Courier 
I'emploie encore dans ce sens : 
Parle, fcris, je t'avouerai de tout , 
dit-il dans une de ses lettres. — 
Du sens d'approuver, avouer a 
pris celui de rati tier, puis de re- 
connaltre comme sien (avouer une 
lettre). puis enfin de reconnaltre 
en general, de confesser. — D. 
aveu (subsiantif verbal V, disavouer 
dont le substantif vernal est de"s- 
aveu. 

Avvli, du L. aprilis (avril). Sur 
p devenu r, voy. arriver. 

Aie, du L. axis (m. s.) 

Axlome, du grec d£iu>u.a (pro- 
position). 

. Aionge, du L. axungia (graisse 
de pore, dans Pline.) 

Azote, forge du grec a (priv6 
de),ct r # ww (vivre), impropre a en- 
tretenir la vie. 

f Acnr, verre bleui par 1'oxyde 
de cobalt. Ce mot quon trouve 
en franca is de.s le onzicme siecle, 
est d'origine orientate. C'est une 
corruption du bas latin lazurrum , 
lazur, qui est le persan Idzur 
(c'est la pierre que nous appelons 
aujourd'hui lapis lazuli). — D. 
azure. 

Azyme, du grec &X,m\l^ (sans 
levain), par le latin azymus qui 
est dans saint Jerome. 



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BAG 



78 



BAG 



B 



BabiUev, onomatopee (voyez 
V Introduction, p . lxv) .— D. babil- 
lard,babillage y oabil (subst. verb.). 

Babinc, origine inconnue. 

f Bablole, venu au seizieme 
siecle del'Ital. babbole(m$meseas). 

f Babord, venu de Tall, back- 
bord (bord de derriere). 

f Babouche, de l'arabe baboudj 
(pantoufle). 

Babowitu origine inconnue. 

Bac, du neerl. bah (bateau). Du 
primitif , est venu le diminutif ba- 
chot (petit bac), qui a le sens de 
petit bateau. — Bac a aussi en 
francais le sens d'auge, de bassin. 
Ainsi les brasseurs appellent bac le 
vase de bois dans lequel ils prepa- 
rent le houblon. Dans ce sens, le 
mot bac a donne un autre diminu- 
tif, baquet (sur les diminutifs en 
et, voy. ablette). 

Bacealaureat, voy. bachelier. 

Bacchanalea, du L. baccha- 
nalia (f&tesde Bacchus). 

Bacchante, du L. bacchantem 
(pr&resse de Bacchus). 

Bdche, origine inconnue. 

Bachelier , en provencal bac- 
calar, en italien baccalare ] du L. 
merovingien baccalarius* (pro- 
prietaire d'une baccalaria, d'une 
m6tairie). Baccalaria* qu'on doit 
rapprocher de baccalator, gardeur 
de vaches dans les textes du neu- 
vieme siecle, derive de bacca, va- 
che, forme que Ton trouve pour 
vacca dans la basse latinite). 

Ce mot a traverse, pour arriver 
jusqu'a nous, une suite de sens 
qu'il est interessantdereproduire : 



le bachelier. proprietaire d'une 
baccalaria, (run bien rural, est au- 
dessus du serf, tout en restant un 
vassal d'ordre inferieur : ce mot 
prend ensuite le sens, en droit feo- 
dal, de vassal qui marche sous la 
banniere d'autrui; puis de gentil- 
homme trop jeune pour lever ban- 
niere, qui sert sous la conduite 
d'un autre seigneur; puis dans la 
kngue de Tancienne Universite, de 
jeune homme qui etudie sous un 
maitre pour acquerir la dignity in- 
ferieure a celled e docteur ; enin de 
gradue d'une Faculty. 

Sur le suffixe arius devenu ier, 
voy. dnier. Sur cc latin devenu ch y 
voy.acheter. Quant auchangement 
de vacca en bacca, on retrouve ce 
changement de v en b dans plu- 
sieurs textes de la latinite : Ber- 
becem pour vert?ecem est dans 
R6trone. On trouve dans les inscrip- 
tions besica, pour vesica; Y Appen- 
dix ad Prob. signale albeus pour 
alveus comme une prononciation 
vulgaire : on trouve silbam, prt- 
bati, conserbandis, dans certaines 
Chartes du sixieme siecle, pour 
silvam, privati, conservandis. Ce 
changement de v en b a lieu en 
francais dans breb\$ (»ert?ecem), 
berger (vervecarius), cor&eau (cor- 
vellus), course (curtms), courber 
(curvare, era&ler (inuolare). 

Ajoutonsqueverslafin dumoyen 
age, bachelier, au sens de gradue 
d'une faculte, a ete latinis6 en bac 
calaureus par les clercs de l'Uni- 
versite, qui donnerent alors pour 
('•tvnicl.^ie a ce mot ainsi forg6 



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BAG 



79 



BAI 



bacca lauri (baie de laurier), par 
allusion aux lauriers d'Apollon. 

— Apres avoir invents baccalau- 
reus, ils en tirerent baccalaureatus, 
que nous avons francise en bacca- 
laureat. II est inutile d'ajouter que 
toutes ces etymologies n'ont aucun 
fondement. 

Bachlque, du L. bacchicus 
(qui a rapport a Bacchus). 

Baehoty voy. bac. — D. 5o- 
choteur. 

Baric**. Le sens originaire est 
fermer une porte avec une barre 
de bois (baculu$,d'o\i baculare qui 
a donne bdcler par la chute regu- 
liere de u, voy. au mot accointer). 

— Le sens primitif de fermer a 
persiste dans quelques expressions 
techniques (bdcler un port, le fer- 
mer avec deschaines; bdcler une ri- 
viere, etc.) — D. de'bdcler, dibdcle. 

t Badauil, mot venu vers le 
seizieme siecle du provencal bo- 
dau (niais), qui se rattache au la- 
tin badare (voy. au mot bayer.) 

Badlgeow^ origine inconnue. 

— D. badigeonner, -age. 

f Badln, venu du provencal 
badin fm&me sens), qui se ratta- 
che au latin badare (voy. au mot 
bayer). — D. badinerj -age, -erie. 

Badine, origine inconnue. 

Ba potter, derive du vieux fran- 
cais buffer, beffer (moquer), qui 
est d'origine germanique et vient 
du neerlandais beflen (m&ne sens). 

Bafre, origine inconnue. — 
D. bdfrer^ -eur. 

Bagagc, derive de bague, qui 
signifiait anciennement paquets, 
fardeaux (ce mot est reste dans la 
locution : Sortir d'un danger vie 
et bagues sauves). — Bague, qui 
est dans le bas latin baga, vient 
du celtique (gael. bag., paquet). 

Bagarre, origine inconnue. 

f Bagatelle, venu au seizieme 
de Pitalien bagatella (m. s .). 



f Bagae, venuau seizieme sie- 
cle de l'italien bagno (m. s.). 

Bague, du L. bacca (quia pris 
le sens d'anneau, dans les premiers 
temps du moyenage). Sur le chan- 
gement de cc latin en g, voy. ad- 
juger. 

T Baguette, venu au seizieme 
siecle de l'italien bacchetta (m.s.). 

t Bahat, — du moyen haut 
allemand behut (endroit oil I'on 
conserve des provisions). 

JBttt, du L. badius (bai, cha- 
tain, dans Varron). Sur la chute 
du d, voy. alouette et appuyer. 

1. Bate, du L. baia (baie, dans 
Isidore de Seville : hunc portum, 
dit-il . veteres vocabant baias). — 

2. Bale, du L. baca (baie). Sur 
la chute due latin, voy. ami. 

Baigtmer, du L. balneare (bai- 
ffner). — I latin disparatt, comme 
dans able de a/bla * (voy. ce mot) : 
et baneare a donn6 baigner par le 
changement de ne latin en gn 
(voy. cigogne), et par celui de a 
en at (voy. aigle, et Y Introduction 
p. lxxxiii). — D. bain (substantif 
verbal, voy. aboi), baigneur, bai- 
gnoire. 

Bail, cont rat par lequel on don- 
ne a loyer, substantif verbal de 
bailler, donner en puissance; ce 
verbe qui a encore aujourd'hui le 
sens de donner (il lui bailla cent 
| coups), avait dans notre ancienne 
langue, sous la forme baillir, le 
I sens de tenir, de garder, d'odmt- 
nistrer ; d'ou les derives : bailli, 
' baiUiage. — Quant a bailler, il 
| vient du latin bajulare (porter, 
' garder, veiller d). Sur la chute de 
I'm, baj(u)lare, et sur le change- 
ment de baj'lare, en baFlare, puis 
bailler, voy. aider, 
i Bditler, ancien francais baaiU 
1 ler, en provencal badailtar, en Ca- 
talan badaUar, du L. badaculare* 
(diminutif du L. badare, bailler,). 



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BAL 



80 



BAL 



— Sur la chute de YU latin, et la 
contraction reguliere, en badac'- 
lare, voy. accointer; sur cl latin 
devenuu, voy. abeitle; sur la chute 
du d latin baOfyac'lare, qui a .pro- 
duct le vieux irancais baailler, voy. 
accabler. — D. bdillement; entre- 
bdiller. 

Baffler, voy. bail. 

Bat Hi, baitliage, voy. oat J. 

Half Ion, du L. oacu/onem (petit 
baton , derive de baculus, baton). 
Sur la chute de VU latin, bac'lonem, 
voy. accointer. Sur cl, devenu il, 
voy. abeiUe. — D. bdillonner. 

Bain, voy. baigner. 

Balonnette, arme ainsi nom- 
inee de la ville de Bayonne ou elle 
fut invents. 

Bairncr, du L. basiarn fm^me 
sens).— Sur la transposition de Ft 
latin, voy. p. lxxxix. 

Baisner, voy. bas. — D. baisse, 
baissier, abaisser, rabaisser, ra- 
bais, surbai8ser. 

Bal, subst. verbal du vieux- 
' francais bailer , danser, qui vient 
duL^oaWare (meme sens). — D. bal- 
let. — Ballade est venu vers le 
quatorzieme siecle du provencal 
ballada (meme sens); — baladin 
derive egalement du provencal ba- 
ladin , qui se rattache au'verbe 
balar, danser. 

f Baladin , voy. bal. 

Baiafwe^ origine inconnue. 

Baiaii, en vieux francais fca- 
lain, du celtique (breton'oafaen, 
balai). — D. balayer. 

f Balala (rubis), en it. balas- 
cio, dans la basse latinite balascius , 
venu de l'Orient comrae beaucoup 
d'autres termes de joaillerie, et 
derive de l'arabe balchash (espece 
de rubis). 

Balance, du L. bilancem (ba- 
lance). — Ce changement de t 
latin atone en a , existe dans le 
latin vulgaire Con trouve calandrus 



pour cylindrus dans Scbuchardt, 
et sal vatic us pour stlvaticus dans 
les Gloses de Cassel). II a lieu en 
francais dans : calandre (cylin- 
drus), paresse (ptgritia), sauvage 
(silvaticus), chocun(qutsque unus), 
aronde (htrundo). Quant aux mots 
sanglot (singultus), sanglier (stn- 
gularis ) , ondouille ( tnductilis ) , 
tanche (tinea), dimanche (dies- 
domt'nica), langue (lingua), sangle 
(ctngulum), sans (sine), quarante 
(quadragtnta), cinquante (quin- 
quaginta), soixante (sexagtnta), 
voy. andouille. — D. balancer, 
balancoire, balancier. 

Baiauate, du L. balaustium 
(grenadier). 

Bctfctyer, voy. balai. — D. 
balayeur. 

Balbutler, du L. balbutire 
(begayer). 

f Baleon, venu au seizieme 
siecle de l'iialien balcone (memo . 
sens) . 

f Baldaquin, venu au seizieme 
siecle de i'ltal. baldacchino (meme 
sens). 

Baleine, du L. balaena (m. 
s.). — D. baleineau, -ier. 

Balimc, origine inconnue. — 
D. baliser. 

Baffofer, origine inconnue. 

Ballste, du L. ballista (meme 
sens). 

Baffvertte, origine inconnue. 

| Ballade, voy. bal. 

1. Bctffe, boule, duvieilhaut 
allemand balla (m£me sens). — D. 
ballon, ballot, dtballer, emballer, 

2. Baffe d'avoine, origine in- 
connue. 

Ballet, voy. bal. 

Ballon, voy. balle, 1. — D. 
ballonnt. 

Ballot , voy. baUe, 1. — D. 
ballotter , primitivement voter a 
l'aide de ballottes (diminutif de 
balle), petites boules servant a to* 



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BAN 



81 



BAN 



ter; encore avec ce sens dans 
Montaigne : Le peuple, dit-il, 
n'eut pas le eoeur de prendre les 
ballottes en main. D'oii : ballot- 
tage. 

| Balaurd, venu au seizieme 
siecle de Tit. balordo (m6me sens). 
— D. balourdise. 

Batoamtne, du L. balsaminus 
(m. s.). 

Balaaailqae, du L. baUamicus 
(de batsamum, baume). 

| Baluttre, venu au seizieme 
siecle de Pital. balaustro (meme 
sens). — D. balustrade, qui cor- 
respond a l'italien balustrata. 

| Balsan, venu au seizieme 
siecle de Pital. balxano (cbeval 
noir ou bai, marqug de blanc). 

f BtnUii venu au seizieme 
siecle de I'italien bambino (petit 
garcon). 

f Bambache ( marionnette ) , 
de I'italien bamboceio (poupee). 

f BAnboi^ mot hindou, rap- 
ports de PInde par les voyageurs. 

Itoat, proclamation, ordonnan- 
ce, mot d'origine germanique (haut 
allemand bannan, ordonner, pu- 
blier, rendre un arret, une sen- 
tence). En terme de droit feodal, le 
{'our & ban, ou four banal est ce- 
ui auquel tous les vassauz doivent 
cuire leur pain, par ordre, par 
ban du seigneur; il y avait de 
meine des moulins banaux, des 
puits banaux, c'est-a-dire des 
moulins, des puits auxquels tous 
les Habitants soumis a la juridic- 
tion, au ban seigneurial, etaient 
tenus de se rendre: de la Porigine 
du mot banal, signifiant d'abord 
ce qui est employe par tous, — 
puis par une transition naturelle, 
ce qui est commun, ce qui est vul- 

fiire ou sans originality. — Quant 
Pexpression rompreson ban, elle 
signifielitteralement: transgresser 
la defense, le ban qui nous est 



impose. Ban a pris, dans certains 
c£s, le sens special de sentence 
de bannissement, et dans la locu- 
tion mettreau ban, le sens mfime 
de bannissement, d'ou bannir, et 
bannissement; le verbe bannir 
avait dans notre ancienne langue 
un compose forbannir (for, c'est- 
a-dire hors, et bannir), dont nous 
avons conserve le souvenir dans 
le met forban. (Voy. ce mot.) 

A«maf , voy. ban. — D. oana- 
liti. 

f Baaane, mot apporte des Indes 
par les voyageurs. — D. bananier. 

Banc, du vieil haut allemand 
banc (meme sens). — D. banquet 
(e'est ainsi qu'en allemand tafel 
possede a la fois le sens de table 
et celui de festin); banquette. 

Aaatcaf, mot d'origine incon- 
nue. 

1. Bande, piece d'etoffe, du 
vieil haut allemand band. (m. s.). 
— D. bandeau (anciennementoan- 
del, d'oii bandelette), bander, ban- 
dage, bandagiste. 

2. Batdc, troupe, del'allemand 
bande (troupe). 

■(■ Banderole, venu au seizieme 
siecle, de Pital. banderuola (meme 
sens). 

t Bandlere, venu au seizieme 
siecle, de Pital. bandiera (m6me 



f Bandit, venu au seizieme 
siecle de Pital. bandito (meme 
sens). 

■f Bandanllere, venu au sei- 
zieme siecle de Pital. bandoliera 
(meme sens). 

Ba»*Ueue, dans le latin des 
coutumes banleuca,deleuca(\ieue), 
et de ban. Leuca avait, com me on 
sait, dans le latin du moyen age, 
non-seulement le sens propre de 
Ueue, mais celui de terrain d'une 
Vendue incjeterminee : on trouve 
leuca avec cette signification dans 



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BAR 



82 



BAR 



les Capitulaires de Charles le 
Chauve, et c'est aussi celle qu'il 

SDssede dans notre mot banlieue. 
anlieue , proprement itendue 
Seuca) du ban, est le territoire 
ans les limites duquel un ban est 
valable, a force de loi (voy. pour 
Petymologie au mot ban, et au 
mot lieue) ; de la, territoire sou- 
mis a la mfime juridiction. 

Banne, du L. benna (chariot 
en osier, que Festus designe 
comme un mot d'origine gaaloise). 

Banniet^, dimmutif d'un ra- 
dical ban*,, qui vient du bas latin 
bandum (drapeau) , derive lui- 
meme^ de Vallemand band. — D. 
banneret. 

Bating voy. ban. 

f Banque, venu au seizieme 
siecle de l'ital. banca (banque). — 
D. banquier. 

t Banqueraute, venu au sei- 
zieme siecle de l'ital. bancarotta 
(m£me sens). — D. banqueroutier. 

Banquet^ voy. banc. — D. 
banqueter. 

Baptetne, anciennement bap- 
tism*, du L. baptisma (immer- 
sion). — D. Pour le changement 
de t latin en e, voy. admettre; 
pour la chute de i's voy. abime. 

Bapilaer, du L. baptizare 
(plonger, immerger). 

Bapitotere, du L. baptisterium 
(lieu ou Ton opere l'immersion). 

BaqMct, voy. bac. 

Baraeeula, a l'origine le lan- 
gage des bas Bretons , aujourd'hui 
langage in intelligible en general. 
Mot d'origine historique (voy. VIn* 
troduction p. lxiv). Baragotiin, 
que Rabelais ecrit baraguoin, est 
forme des deux mots bretons bara 
(pain), et gwin (vin), qui reve- 
Daient le plus sou vent dans les 
dialogues des bas Bretons et des 
Francais, et que ceux-ciont appli- 
ques, comme sobriquet, ace lan- 



gage etranger. — D. baragouiner, 
-age. 

f Baroque, venu au seizieme 
siecle de l'italien baracca (mdme 
sens). • 

Baratter, origine inconnue. 
— D. baratte (substantif verbal). 

f Barbaeane, mot rapporte ae 
rOrient par les Croises, comme 
beaucoup d'autres termes d'art 
militaires du moyen age : barba- 
cane (k l'origine barbaquane dans 
Joinville) n'est que la transcription 
de l'arabe barbah-khaneh(Tempari). 

Barfcare, du L. barbarus, 
(cruel). .— b. Barbarie, barba- 
risme. 

Barbe, du L barba (meme 
sens). — D. barbiche, barbeli, 
barbier, barbu, barbue, tbarber, 
barbouiUer (voy. ce mot). 

Bavbeat* , ancien francais 
barbel, de barbeUus diminutif de 
barbus (barbeau). — Sur eUus de- 
venu el puis eau. voy. agneau. 
Un autre diminutif de barbus est 
barbiUon. 

f Baraon, venu au seizieme 
siecle de Tespagnol bar bon (meme 
sens). 

Bavboter, origine inconnue. 

Bar*6owitlef, A l'origine, te 
barbouiUer signifiait proprement 
se salir la barbe, puis se salir, se 
souiller en g£ne>al. — D. dtbar- 
bouiUer, barbouiUage, barbouil- 
leur. 

f Barcarolle, venu au seizieme 
siecle del'ital. barcarola (chanson 
des gondoliers de Venise) . 

Bard, ancien francais bar, 
mot d'origine germanique , de 
Tancien haut allemand bdra (bran- 
card, civiere pour porter des far- 
deaux). — D. barder x bardeur, 
dibarder (decharger des fardeaux), 
dibardeur (proprement ouvriei*qui 
de'eharge les trains de bou; le cos- 
tume du dtbardeur introduit dans 



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BAR 



83 



BAR 



les bals costumes a donne au mot 
lui-meme une autre acception). 

1. H«tH*c,ancienne armure du 
cheval , aujourd'hui tranche de 
lard fort mince, dont on cuirasse . 
dont on barde les becasses ou les 
perdrix. Origine inconnue. — D. 
harder. , 

2. Barde. du L. bardus (poSte 
chez les Gaulois). 

BargmigKcr, origine incon- 
nue. 

Baril, origine inconnue. — 
D. bariUet. 

Bariotcr, du L. bis-regulare* 
(rayer de plusieurs manieres, de 
diverses couleursj. — Regulate 
(rayer) devenu re-ulare par la 
chute reguliere du a medial (voy. 
oilier) , ri-vlare par le changement 
de eu en tit (voy. abrtgeretagen- 
cer), donna le vieux francais riuler 
qui se transforma en rioter par le | 
changement ordinaire de u en o 
devant une iiquide (voy. annoneer) . I 
Mole* est dans Ambroise Pare au 
sens de tachete. — Quant auchan- 1 
gement de bis en ba, voy. balance j 
pour la transformation de i en a; 
pour la chute de Ys latin voy. | 
abime. — Pour I'ensemble du ' 
sens et de la forme, voy. au mot 
bis. — D. bariolage. 

Bavlomg, deux fois plus long , 
que large, duL. bis-longus (dou- j 
ble en longueur). — Sur i latin j 
devenu a, voy. balance ; sur s de- 
venu r, voy. orfraie. — Voy. aussi 
au mot bis. 

Barameire, mot forgg par les 
savants a Paide des deux mots 
grecs 8<xpoc (pesanteur), et uitpov 
(mesure). 

Safott, mot d'origine incon- 
nue. — D. baronne t baronnage, ' 
baronnet t baronnie. j 

f Baroque, ce mot qui etait a , 
Torigine un terme de joaillerie | 
(une perle baroque, perle qui n'e- i 



' tait pas sphe>ique, qui avait une 
.-forme bizarre), ne tarda point k 
prendre une extension importante, 
! et a fitre applique a la forme de 
| divers objets (un meuble baroque, 
une maison baroque) . puis aux 
qualites intellectuelles (une pensee 
baroque). — Baroque nous est 
venu au seizieme siecle de l'Espa- 
gne et du Portugal, par suite du 
commerce des perles Baroque de- 
rive de Tespagnol barruco (en por- 
tugais barroco) perle qui n'est pas 
ronde. 

t Barque, mot qu'on n'a point 
trouve en francais avant le sei- 
zieme siecle, et qui vient du- L. 
barca (canot, dans Isidore de Se- 
ville), par VintermCdiaire des for- 
mes espagnoles ou italiennes barca 
(barque) : ces deux peuples rive- 
rains de la Mediterranee ayant 
fourni a notre langue beaucoup 
de termes de marine. — La forme 
barque prouve que ce mot n'est 
point venu directement du latin en 
francais ; dans notre langue, le la- 
tin barca aurait donn6 barche, 
comme area a donne arche. — 
D. embarquer, embarcation, di- 
barquer, -ement. 

Buvre, bas latin barra , du 
celtique (kymri bar. — D. barreau, 
proprement petite barre. (En tant 
que terme de palais, barreau, de- 
signe l'enceinte reservee, separee 
par des barreaux du 'reste de la 
salle, et ou plaident les avocats.) 
D. barri^re, barrer, barrage. 

Barwtte, du L. birr etum que 
l'on trouve au sixieme siecle, avec 
Cette signification: birretoauricu- 
lari. (Chartede 532.) 

f Barricade, venu au seizieme 
siecle de Tital. barricata (mSme 
sens). — D. barricader. 

Aawfere, voy. barre. 

Barwique, origine incon- 
nue. 



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BAS 



8k 



BAT 



Barytas, du grec paputovoc, I 
qui a la voix forte. 

Bat, adj. du L. bassus qui est 
dans Isidore de Seville, et auquel 
Papias donne le sens de curtus, hu- 
milis. C'est evidemment un mot de 
la langue populaire romaine. — D. 
bassesse, basset, basse, basson,bais- 
*er, abaisser, rabatsser , rabais* j 

Bas, substantif, abreviation de 
bos de chausses, que Ton disait 
autrefois par opposition a haut de 
chausses. 

Basalte, du L. basaltes (mfime 
sens). — D.basaltique. I 

Bosaite. mot d'origine incon- 
nue. — D. basaner, ba*an£ I 

Bameuie^ origine inconnue. ' 

Due, du L. basis (fondement). 
— D. baser. I 

■Basilic, du L. basiliscus (basi- 
lic). I 

Baslllque, du L. basilica 
(mSme sens). I 

Basoche, au moyen age, tri- [ 
bunal. connaissant des diffe rents 
qui s'elevaient entre les clercs du 
Parlement. Du L. basilica (tribu- 
nal) — Basil (X) ca } contract^ en 
basil'ca, suivant la regie de l'ac- 
cent latin (voy. p. lxxxi) est de- j 
venu baselche (par le changement 
de cench, voy. acharner), puis ba- 
seuche (par l'adoucissement de I 
en u, vov. agneau), et de cetle 
derniere forme est venue la forme 
moderne basoche qui semble a pre- 
miere vue , Men eloignee du pri- 
mitif latin. — L'expression : « clerc 
de la Basoche de Paris, » ne vou- 
lait point dire autre chose que 
« clerc du tribunal de Paris : » on 
aptelait ces clercs, clercs basili- 
cainsj et dans la langue populaire 
basochiens (mot qui correspond 
exactement a basihcanus). 

Basque, origine inconnue. 

Basanlne, venu de l'espagnol 
hasauina (jupe). 



Basse, voy. bos. 

BammiMj dans l'ancien francais 
bacin et bachin, du L. bacchirion* 
(vase), que Gregoire de Tours cite- 
comme un mot d'usage rustique : 
patera quas vulgo bacchinon vo- 
cant. — D. bassiner, bassinet, 
bassinoire. 

t Bastlde, mot venu du pro- 
venial bastida (maison), substan- 
tif participial du verbe provencal 
bastir, qui correspond au fr. bd- 
tir (voy. ce mot). 

Aostiffe, voy. bdtir. 

BasSit%gatje* 9 origine incon- 
nue. 

f Bastion, venu au seizieme 
siecle de l'ital. bastione (m§me 
sens). 

f Basteanade, venu au sei- 
zieme siecle de l'ital. bastonnata 
(meme sens), comme beaucoup 
d'autres termes de discipline mi- 
litaire. 

Bat, ancien francais bast, du 
L. bastum* (selle, dans la langue 
latiue vulgaire : « Sagma, dit un 
glossateur, seUaquam vulgus bas- 
tum vocat, super quo componun- 
tur sarcinae. » — D. bdter. 

Batattle, du L. b alalia y mqt 
qui correspondait dans la langue 
vulgaire au pugna du latin das- 
sique. Le temoignage de Cassio- 
dore est formel sur ce point : 
« Quae vulgo batalia dicuntur 
exercitationesmilitumsignificant.* 
— Sur alia devenu aille voy. au 
mot ail. — D. batailler, bataiU 
leur. 

f Batalllon, venu au seizieme 
siecle de l'ital. battaglione (mfime 
sens). 

Batardcau, diminutit de 
l'ancien francais bastard (digue) 
dont l'origine est inconnue. 

Bateau, ancien francais batel, 
diminutif d'un radical bat qui a 
nersiste dans' le latin merovingien 



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BAU 



85 



BAU 



batus (qui est an septieme siecle 
avec le sens de bateau). Ce mot , 
d'origine germanique comme la 
plupart de nos termes de marine , 
vient de l'anglo-saxon bd* (bateau). 
— Sur les diminutifs en el devenu 
eau, voy. agneau. 

fiatefett**, origine inconnue. 

I Batlfoler, venu au seizieme 
siecle de l'ital. batifoUe (jouer a 
des combats simules au pied des 
remparts). 

l.Bativ, origine inconnue. — 
D. bdtiment, bdiisse, bastille (de 
la forme ancienne du verbe qui 
est battir). 

2. Batiw, coudre, ancienne- 
• ment bastir, mot d'origine germa- 
nique, de l'ancien hautallemand 
btstan (coudre). 

BaioN, origine inconnue. — 
D. bdtonner, bdtonnier. 

Batterie, voy. battre. 

Battologte, du gr. paxxoloyia 
(repetition latigante). 

Battre, aucien franca is batre, 
du L. batere, forme pop ul aire de 
batuere (battre). Sur ceite chute de 
Vu , voy. coudre. Bat(8)re a perdu 
son e conformement a la regie ex- 
posee p. lxxxi. — D. battant , bat- 
toir, batteur, batterie, battage, 
battement, battue (substantif par- 
ticipial), abattre, rdbattre, com- 
battre d'ou combat (subst. verbal), 
dibattre d'ou de'bat (subst. verba 1 ), 
rebattre , rebattu . tbaUre d'ou 
e'bat (subst. verbal). 

Bawdet) mot d'origine histo- 
rique (voy. p. Lxrv). II existe dans 
notre ancienne langue un adjectif 
baud, a 1'origine'baW, de l'ancien 
haut allemaud bald, gai, content 
(Sur le cbangement de I en u, 
voy. agneau). — Cet adjectif baud, 
qui 6*tait d'un usage frequent dans 
l'ancien francais, a persiste en fran- 
cais moderne dans le compose «'£• 
ftaudir, se rejouir, etre baud* 



; D'autrepart. on saitquele moyen 
age avait deveioppe, sinon invent* 
tout un vaste cycle de fables ra- 

1 con tan t la vie et les a ventures des 
animaux : chacun d'eux etait per- 
son ni fie par un nom slgnificatif; 

I Tanimal que les Latins nommaient 
vulpes etait designe par le sobri- 
quet de maltre Renard (litterale- 
ment : le cruel) ; Tours portait le 

I nom de Bernard; le belier etait 
dit Bilin; Fane, l'animal toujours 

I gai et content oar. excellence, l'a- 
nimal toujours oaud, comme on di- 
sait au onzieme siecle, recutdans 

! cette mythologie le surnom de 
maiire Baudet ou de maitre Bau* 

\ douin (noms qui sont l'un et 1'au- 
tre des diminutifs de 1'adjectif 
baud.)Ce sobriquet lui resta. eton 
en vint a designer l'ane par cette 
epitbete de baudet (qui signifie lit* 
teralement : guil eret), comme on 
designa le vulpes par celle de Re- 
nard. 

Ami «f t*iet*, du L. balterarius*, 
derive de balteus (baudrier, cein- 
turon). -— Balt(€)rarius a perdu e 
conformement a la regie exposee 
au mot accoiuter; balt'rarius est 

1 alors devenu baudrier par lechan- 
gement 1° de a rius en ier (voy. 
dnier) ; 2°de tr en dr (voy. aider) ; 
3° de al en au (voy. agneau). 

Le sens actuel de baudrier n'est 
point anterieur au quatorzieme 
siecle. Au douzieme siecle, pour 
designer cette partie du costume 
militaire. on se servait du mot 
baudre" (de balteratus autre derive 
de balteus); et Touvricr qui fabri- 

?uait lea baudre's s'appelait un 
audrier : cette distinction, trfes- 
nette pendant la premiere partie 
du moyen age s'obscurcit des le 
quatorzieme siecle qui prend le 
Piree pour un nom d'homme, et 
designe l'ceuvre par le nom de 
l'ouvrier :nous avons vu unexem~ 



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BEA 



86 



BEF 



P 1 
le 



ile de confusion analogue entre 
[es mots aragne et araignte (voy. 
ci-dessus). 
H«m«ftit«?fce,origine inconnue 
Bawge, origine inconnue. 
Avmme, ancien franca is bans- 
me, du L. balsamum *(baume). 
Balstymum a perdu a conformed 
ment a la regie etudiee p. lxxxi. 
BaVsmum a donne le vieux fran- 
cais bausme par le changement de 
al en au (voy. agneau); sur la 
chute de, vs dans bausme, voy. 



D. baumier, embau- 



abime). 
met. 

fiaratHf, voy. have. — D. bo- 
varder, -age. 

Hove, onomatopee. — D. ba- 
vette;baveux; bavard; bavure. 

Buvolet, origine inconnue. 

Bayer, dans l'ancien francais 
baer, en provencal badar, en lta- 
lien badare, du L. badare (qui est 
dans Isidore de Seville avec lesens 
de bayer). Sur la chute du d me- 
dial, ba(d)are, voy. accabler; sur 
are devenu er, voy. acheter. Une 
autre variante de baer est bier 
par le changement de a atone » bo- 
dare en e (voy. acheter). Ce verhe 
de l'ancien francais a disparu de 
la langue moderne, mais en nous 
laissantsonparticipe present beam. 

— D. le provencal badar (bayer), 
avait produit deux derives badau 
et badin, qui ont pris pied dans 
notre langue (voy. aux mots ba- 
dandy badin). 

t n*z*r, mot apportg d'Orient 
par les voyageurs, et qui est Pa- 
rabe bdxar (marclie). 

JMmf. voy. bayer. 

Wtemu du L. beatu8 (heureux). 

— D. beatitude, biatifique, beati- 
fier, beatification. 

Bemu 9 dont bel est la forme 
primitive (sur I devenu u, voy. 
agneau). Bel vient du L. oeilus 
(joli). — D. beUdtre, embelHr. 



Beuueoup (de beauet de coup 
(voy. ces deux mots). Notre an- 
cienne langue disait plus souvent 
grant coup que beaucoup : « Le 
roi eut grand coup de la terre du 
comte, » dit Joinville. Quant au 
sens de grand, il se retrouve dans 
d'autres locutions p. ex. un beau 
mangeur. 

f Beaupre, del'angl. bowsprit 
(mdmesens). 

Beoutej vieux francais beitf, 
a l'origine beltet, du L. oiMttotem 
(beaute). VI de beM(I) totem ayant 
disparu con form ement a la regie 
donnee au mot accointer, beW to- 
tem a donne beaute" par le change- 
ment 1° deel en eau (voy. agneau), 
2° de atem en e* (voy abbi). 

Bee, du L. oeccu*(bec que Sue- 
tone cite comme un mot d'origine 
gauloise). — Sur cc latin devenu c, 
compares sec (siccus), soc(soccus), 
sac (saccus) .— D. becqueterMcasse, 
be'quille (proprement canne d bee) . 

itecarre, transcription de l'a- 

breviation b h. On disait ancienne- 

ment b carri ; b 6tant le si dans 
la gam me en to, on disait 6 carrc* 
(e'est-a-dire b dur) quand le ft 
ejaitdans sonionnaturel,— etl'on 
designait par b mol (e'est-a-dire b 
mou, b faible), le si baisse d'un 
demi-ton. 

Bocoife, voy. b«c. — D.D&a* 
sine. 

Beche, du L. becca* forme fe- 
minine de be ecus. Sur co devenu 
cte. voy. acharner. — D. Metier. 

Bedaine, origine inconnue. 

Bedews, ancien francais bedel y 
mot d'origine germanique, de l'an- 
cien haut allemand butil (heraut). 

Beffwoi) ancien francais ber- 
froi, dans la basse latinite berfre- 
dus (sur e devenu oi, voy. accrotre). 
Ce mot, d'origine germanique, 
comme la plupart des termes d'art 



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BEL 



87 



BfiN 



ilitaire du moyen age, vient du 
moyen haut allemandWt?ri*(tour 
d'ou Ton donne l'alarme). 

JBeaayet*, voy. begue. 

Beignei, origine inconnue. 

Begwe, mot d'origine incon- 
nue. — D. begayer. 

BejpMetcfe, ancien francais b4- 
gueule, et gueule He. (Pour Tety- 
mologie, voy. aux mots gueule et 
bayer : bee est le participe passe 
du verbe dont biant est le participe 
present.) — Avoir la gueule bte, 
ou Hre gueule bte, c'est propre- 
ment rester bouche btattie; b6- 
gueule designait autrefois la sotti- 
se, tandis qu'il d£signe aujourd'hui 
la pruderie. 

Beguln, coiffure des Btguine*, 
association religieuse des Pays- 
Bas. Mot d'origine historique (voy. 
p. lxtv). — D. emb&guiner. 

Bejatme, ancien francais bec- 
jaune forme qui ne laisse pas de 
doute sur l'etymologie (voy. bee et 
jaune). 

lief, voy. "beau. 

fBebradre, del'anglais belan- 
der (batiment cdtier a fond plat). 

Aefet*, du L. balare (beler). 
Sur a (balare) devenu e, voy. 
acheter, D'ailleurs, on trouve deja 
dans Varron la forme belare 
pour balare. — D. bSkment. 

Aefette, diminutif de Pancien 
francais bele (martre, belette) . Sur 
les aiminutifs en ette, voy. ablette. 
— Quant au vieux francais bele y 
e'est le latin beUa (jolie); belette 
signifie done proprement la jolie 
petite bite. En parlant dans V In- 
troduction, p. xxvi, de ces m6ta- 
phores populaires, nous avons re- 
marque qu'elles avaient pour ca- 
ractere principal de n'6tre jamais 
isolees et de se retrouver a la fois 
dans plusieurslanguesde l'Europe. 
Cette regie se verifie encore ici : 
la belette est nominee en danois 



den Kjoenne (la belle) , en bava- 
rois schctnthierlein (la jolie petite 
bete), dans l'ancien anglais fairy 
(la jolie). 

Belief, Le neerlandais bell 
(clochette), donna dans le bas la- 
tin bella ainsi qu'un radical fran- 
cais bele (clocbette) , qui a disparu 
sans laisser de traces, mais dont 
l'existence nous est revelee par le 
mot bilidre qui en derive (voy. ce 
mot), et aussi par le mot btlier 
qui signifie proprement celui qui 
porte la bele, la clochette : — on 
sait que l'nabitude des bergers est 
de pendre une clochette au coudu 
belier, pour que le troupeau en 
marcbe se rallie autour de lui. De 
la est venue cette metaphore gene- 
rale dans les langues de l'Europe 
pour designer Varies : la langue 
anglaise dit bellwether (propre- 
ment: le mouton a la clochette), le 
neerlandais dit belhamel qui a le 
m6me sens; enfin, dans plusieurs 
de nos provinces, on ne nomme 
point le Wfo'erautrement que mou- 
ton & la sonnette; ce qui continue 
pleinement l'etymologie du mot. 

Believe, Voy. btiier. 

Betttve, mot dont l'origine 
est inconnue. 

| Belladone, venu de l'ital. 
belladonna (belladone). 

Belllgerant, du L. bellige- 
rantem (combattant). 

Belllqueui, du L. bellicosut 
(guerrier). 

f Belvedere, venu au seizieme 
siecle , comme beaucoup de termes 
d'architecture, de l'ital. belvedere 
(menie sens). L'italien signifie pro- 
prement : d'ou l'on a une belle vue. 

Bemol, transcription de lafor- 
mule b mol (voy. bicarre). 

Benedlclte, mot latin qui si- 
gnifie btnissex. 

Benedietln, moine de l'ordre 
de S. Benedictus (Saint-Benoit). 



yGoogk 



B&N 



88 



BER 



Benediction, du L. benedic- 
tionem (meme sens). 

Benefice , du L. beneficium 
(bienfait). — D. bintjiciaire, -er. 

Benet, du L. benedictus (beni). 
Cette metaphore qui peut sembler 
etrange est^ cependant tout a fait 
exacte; TEvangile disant que le 
royaume des cieux appartenait aux 
pauvres d'esprit, que ceux-ci 
etaient benis de Dieu, le mot be- 
nedictus devint alors ^equivalent 
destultus; par le changement de 
ct en t (voy. affVti), par la chute 
du d medial (voy. accabler) , oe- 
ne(d)iclus devint bene-it qui don- 
na par la contraction une double 
forme : d'une part, bene-it est de- 
venu benit, de l'autre beneit, be- 
nti (la m£me m&aphore se re- 
trouve dans U mot innocent). 

Benevele, du L. benevolus 
(bienveillantj. 

Benin, au L. benignut (obli- 
geant). Sur gn devenu n, voy. 
assiner). 

Bent**, ancien francais beniir. 
italien benedire, du L. benedicere 
(benir). — Benedicttyre, contract^ 
en benedic\e suivant la reffle de 
l'accent latin, devint binir l°par 
le changement de ct en r qu'on re- 
trouve dans dire (dlc're), faire 
(facVe), plaire (placVe), taire (ta- 
c're), duire (ducVe, dans les com- 
poses conduire, reduire, seduire, 
etc...), traire (tracVe), luire (luc*- 
re), nuire (noc're), larme (lacr- 
ma), serment (sacr mentum), chan- 
gement qui est le plus souyent 
accompagne de la diphthongaison 
de la voyelle precedente. — 2° Be- 
nedic're, ou benedir, perd son d 
medial (voy. accabler) 1 et devient 
beneir forme que Ton trouve au 
on zi erne siecle dans la chanson de 
Roland et qui nous amene a la 
forme moderne. — D. benit y bini- 
tier. Sur la distinction grammaii- 



| cale entre benite et benie, voy. ma 
I Gram m aire historique de la langue 
francaise. p. 225. 

Beqwilte, voy. bee. 
| Bercatl, du L. berbecalia* 
pour vervecalia* (meme sens), on 
trouve des le premier siecle berbe- 
cem pour ve rvecem. Sur ce change- 
ment du v en 6, voy. bachelier. — 
Berb fycalia perdit ^conformement 
a la regie exposee au mot accointer: 
et herb' call a devint bercail par la 
reduction de be en c (voy. sujet), 
et le changement de alia en ail 
(voy. ail) ., 

Jtepceoif, voy. bercer. 

AVfcet*, mot d'origine in- 
con nue. 

+ Beret, mot venu au francais 
par le patois du Beam (berreto) qui 
est le L. birretum* (beret, dans un 
textedu sixieme siecle). 

| Bergaraote, venu du Portu- 
gal s bergamota (meme sens). 

Bevgc, origine inconnue. 

Bevgcr, du L vervecarius 
(berger), qui est dejk berbecariu* 
au cinquieme siecle , et bercarius 
dans un texte carlovingien. — 
Verv(&)cdrius a perdu e* conform*- 
ment a la regie donnee au root 
accointer. Verv'carius a donne ber~ 
get par le changement 1° de v ini- 
tial en b (voy. bachelier) ; 2* de 
vc en c (voy. alleger); 3° de c en g 
(voy. adjuger); 4° de arius enter 
(voy. dnier). — D. bergerie. 

Berllne, carrosse que Ton con- 
struisait originairement a Ber- 
lin. 

Bet* tue, proprement: 6tat ma- 
ladif des yeux, qui fait voir a la 
personne qui en est atteinte, ou 
les memes objets repetes plusieurs 
fois, ou meme des objets fictifs, 
derive non directement du L. bis- 
lucere (briller plusieurs fois). Pour 
le changement de bit en ber voir 
aux mots ou, admettre et orfraie 



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BES 89 BEU 

quant au mot lue, son rapport avec Beetlalre, du L. bestiarius 
tueur et luire. est visible. (m. s.). 

Une autre forme adoucie defter- Bestial, du L. bestialit (m. s.\ 
lue est bellue (sur r devenu I, voy. — D. bestialiti. 
autel), doot le dimiautif est be- ' Bemtinuot^ duL. bestialia. Su? 
luette (etincelle), contracte aujour- I devenu fc, voy. agneau. 
d'hui en Muette (voy. ce mot). | Besilele, duL. bestiola (menu 

+ Heme, venu de l'allemand ' sen<). 
berme (meme sens). | Betnil, du L beUialia. Sur la 

Jtetttet*, faire sauter dans un chute de * , voy. abime ; sur aha 
berne (manteau de drap dans notre devenu ail, voy. ail. 
ancienne langue) . De meme J 'action I Bete, ancien f rancais Beste , du 
de berner s'appelait, chez Ies Ro- L. bestia (bete). Sur la chute de 
maiqs sag alio, parce que Ton ber- *, voy. abime. — D. bitise; ab4- 
nait dans un sagum (manteau). — tir; embiter. 
L'origine de l'ancien francais | Betoine, du L. betonica (b6- 
beme est inconnue. toine) , que les auteurs latins citent 

Beryl, du L. beryllus Jfcigue- comme un mot d'origine gauloise. 
marine. ' Betonica a perdu ses deui der- 

Besace,en italien bisaccia,d\i nieres syllabes, par l'influence de 
L. bisaccia (qui est dans Petrone l'accent latin (voy. p. lxxxi), et o 
avec le sens de sac a double poche); latin est devenu oi par l'attraction 
sur t devenu e, voy. admettre; sur de Yi suivant (voy. chanoine). Be- 
cia devenu ce, voy. agencer. I tontea est devenu btioine) comme 

Bemnigre 9 doublement aigre, canonicus est devenu chanoine. 
de bis ei\aigre (voy. ces deux | f Beten, venu du provencal 
mots). ^ I betun (beton), qui est le L. bitu- 

Bemaigue, doublement aigua, ' men. 
qui a deux tranchants; de bis et I Bette, du L. beta (m. s.); ftette- 
at{jue (voy. ces deux mots). f rave ecrit au seizieme sieclebeWe- 

Bemant 9 en provencal bejuin, rave (voy. beffeetrave). 
en italien bixante; k l'origine mon- 1 Bewgter, pousser des beugle* 
naie frappee par les empereurs ; ments, crier a lamaniereduboeuf, 
d'Orient, du L. byzanthus (mon- |du L. buculare* (crier comme un 
naie de Byzance). Sur y devenu e boeuf, de buculus, taureau, dans 
voy. admettre. j Colum.). — Buc{H)l'dre> regulie- 

BeHeieS) ancien francais be- I rement contracte (voy. accointer), 
ride, qui signifie a la foiscristal en buc'lare, a donne beugler par 
et lunettes, de berycidus , beryclus* le changement de cl en ol (voy. 
dimioutif du L. beryttiif (qu'on aip/e), — et par celui de u (bu- 
trouve avec le double sens de cris- c'lare) en eu, changement qui se 
tal et de lunettes dans les textes ' retrouve dans fleuve (fltZvius) , 
du moyenage. — Quant a l'adou- ! gueule (gfiia), couleuvre (colu- 
cissement de bericle en beside par bra, jeune (jwv'nis), beurre (but- 
4 le changement de r en *, voy. or- 1 rum); pleuvoir (pluere). — D. beu- 
roser. glement. * 

Be«MMe,origine inconnue. Beurre, du L. butt/rum (beur- 

Beseitt, origine inconnue. — re). BHt(y)rum est regulierement 
D. besoigneux. ! contracte en buff urn suivant la 



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BIG 



90 



Blfe 



T&gle de Paccent latin (voy. p 
lxxxi) ; bufrum) a donne bewrre 
par le changement 1° de u en eu 
(voy. beualer); 2° de tr en rr 
(voy. arriere). — D. beurrier. 

Bevue, anciennement besvue, 
'fausse vue, cette fausse lumiere 
est une bevue deses yeux, dit Balzac 
au dix-septieme siecle. On saisitici 
le sens propre du mot : erreur com- 
mise par suite d'une illusion d'op- 
tique : on avait cru voir une chose 
qui n'existait pas, on avait mal vu, 
on avait bevu, c'est-a-dire vu 
double (on a vu au mot bu com- 
ment ce mot est devenu bt; pour 
vue, voy. voir). 

f Bezoord, au seizieme siecle 
bexohr, motvenu des lodes par Pin-* 
termed iaire du portugais bexuar 
(mSme sens). 

Mat*, oblique, du L. bifacem 
(qui est dans Isidore de Seville au 
sens de louche, qui regard e obli- 
quement, qui se dirige de cfit6). 
Surla chute de \'f, bi{f)acem, voy. 
antienne. Sur acem devenu ais, 
voy. vrai. — D. biaiser. 

Blberon, mauvais mot forge a 
Faide de bibere (noire), et du suf- 
fixe on, comme forgeron de forger. 

Bible, du L. biblia (yenu du 
grec pi6Xwt, la reunion des livres 
sacres). — D. biblique. 

Bibliographic, du grec (JiSXiov 
(livre), et Ypotqpo; (qui decrit). — 
D. bibliographie. 

BlUomonle, du grec fiavta 
(folie) et pi6Xiov (livre). — D. bi- 
bliomane. 

Bibliophile , du grec 9O0; 
(ami), et p£6Xiov (livre). 

Blblloiheque, du grec pi6Xto- 
(hqxt) (depdt de livres) — D. biblio- 
thtcairek 

Bichm, origine inconnue. 

f Blcoque, venu au seizieme 
siecle de Titalien bicocca (meme 
sens). 



Bidets origine inconnue. 

AfcfVm, origine inconnue. 

Bief, voy. biex. 

Bieitle, origine inconnue. 

Biett, du L. bene (m. s.). Sur 
le changement de e en ie, voy. ar- 
riere. — D. bien-4tre, bienfaire, 
bienfaisant, bienfaisance (que I'ab- 
b6 de Saint- Pierre anon pas invent^ 
comme on le pretend, mais mis a la 
mode) bienfait, bienfaiteur, bien- 
heureux, biensfant, bientdt, bien- 
veillant, bienvenu, bienvenue. 

Blennal, du L. biennalts (qui 
arrive tous les deux ans). 

Bienmeant 9 de bien, et de sSant 
parti cipe de sioir (voy. ce mot). — 
D. biensfance. 

Bieniot, voy. tdt. 

BtettveUlatt, malveillant, 

I on pourrait croire, en examinant 

1 superficiellement ces mots, qu]ils 

; sont formes de veillant participe 

de veiller. Iln'en est rien. La forme 

ancienne de ces mots est bien- 

veuillant, malveuillant; — veutir- 

j lant est l'ancien participe present 

de vouloir (voy. ce mot), et bien- 

I mal'veitlant ne veulent pas dire 

J autre chose que voulant le bien, 

voulant le mal. — Cette origine est 

confirmee par l'italien qui dit beni- 

volente; ai le mot fut venu de 

veiller, la forme italienne eut et6 

beni vegliante, ce qui prouve que 

vouloir est bien Porigine du mot 

— D. bienveillance, malveillance. 

1. Bihre. du moyen haut alio- 
mand bier (mere). 
I »%ere, cercueil, civiere, de Pan- 
cien haut allemand bdra (civiere). 

Blewe, du L. bxbrum (castor 
I castor em, bibrum dit le scoliaste 
de Juvenal sat. 12); sur i d'a- 
bord devenu e voy. admettre puis 
sur la diphthongaison de e en ie 
voy. arriire : sur 6 devenu v, , voy. 
avant. — Bxbrum a donne bievre^ 
comme /e&rima donne fUvre. 



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BIL 



91 



BIS 



Bimst (bief) r ancien francais! 
bied, dans la basse latinite bedum, ! 
mot d'origine germanique, de Pan- 
cien haut allemand betti, lit (d'un 
cours d'eau). j 

Biffer, origine inconnue. | 

f Bifteck, mot introduit dans 
la langueapres les invasions etran- 
geres de 1814 et de 1815; c'est 
une corruption de l'angl. beef- 
steak (tranche de bceuf). ' 

Blfurquer, tire du L. bifurcus 
(a deux branches). — D. bifurca- ! 
turn. I 

Blgame, du L. bigamus (marie* 
deux fois). — D. bigamie. I 

f Blaarade, veuu du proven- 
cal bigarrat (orange amere) doat 
f origine est inconnue. I 

Bigarrer,mol qui paratt n'etre 
point ancien dans la langue etdont 
rorigine est inconnue. 

Bigle, origine inconnue. 

Bigne, origine inconnue. 

Bigort*C) du L. bicornis (en* 
clume a deux cornes); sur c devenu 
g, voy. adjuger. 

Bigot) origine inconnue. — D. 
bigotisme, bigoterie. 

Bijou, origine inconnue. — 
D. bijoutier, bijouterie. 

f Mian, venu au seizieme sie- 
cle, comme beaucoup d'autres ter- 
mes commerciaux, del'ital. bilan- 
eio (balance). 

Bilboquet, origine inconnue. 

Bile, du L. bills (bile). — D. 
bilieux. 

fBUl, mot anglais signifiant 
loi, introduit vers les premieres 
annees de la Restauration dans 
notre langage parlementaire. 

Billan*, voy. bille. 

1. Bille, origine inconnue. — 
D billard. 

2. Bille, tronc d'arbre destine 
a 6tre debite en planches, du cel- 
tique (iri. biUe, tronc d'axhre). — 



Billet, on trouve dans le latin 
du moyen age, la forme billa 
(6crit,memoire), parallel ement a la 
forme classique bulla. C'est de ce 
mot billa qu est venu le diminu- 
tif billet (proprement petit ecrit). 

Billeves^e, origine inconnue. 

Billott^ mot qu'on trouve en 
francais des le treizieme siecle. 
Son origine est inconnue. — D. 
bilUmner, -age. 

Billot, voy. bille 2. 

Mm6efot, origine inconnue. 
— P. bimbelolier } -erie. 

Blnalre. duL. binarius (m. s.) 

A! net*, fa ire un second labour, 
du L. binare* (derive de binui, 
double.) 

Blnocle, mauvais mot forge" 
depuis le commencement du sie- 
cle . a l'aide du L. bini-oculi (bin- 
ocli, bin-ocle), lunette a deur 
yeux. 

Blndme, du L. bis (deux) 
du gr. vojitj (division). 

Blographe, mot forme de 
deux mots grecs : (J£o; (vie) et ypa- 
96iv (ecrire).— D. biographie,ique. 

Blpede, du L. bipedem (a deux 
pieds). 

Aigtte, origine inconnue. 

1. Bis, mot latin (signifiant 
deux fois) , qui joue le rdle de pre- 
fixe dans les mots bisaieul, bis sac, 
biscuit, etc. Changeant t en e con- 
formement a la regie donnee au 
mot admettre, bis est devenu bet 
dans besaigre, besaigue, besace 
(voy. ces mots), qui s'est reduit a 
be' dans bevue (voy. ce mot). — 
Par le changement de * en r (voy. 
orfraie), le prefixe bes a donne 
ber dans berlue (voy. ce mot), et 
dans berouette qui s'est plus tard 
contracts en brouette (voy. ce mot) . 
Ber devant I a meme assimile r 
en r, et a donne beUuette, puis 
bluette (voy. ce mot). — Enfin 
dans les deux mots oar long, ba- 



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BIS 



92 



BLA 



rioler (voy. ce mot), le preflxe 
ber est davenu bar par le cnange- 
ment de e en a (voy. amender). 

A cdte de ces modification* dans 
la forme, il s'est produit une im- 
portante modification dans le sens : 
ois a pris, en passant dans les 
langues romanes, une acception 
pejorative qui rejaillit sur le radi- 
cal : ainsi Tespagn. bis-ojo (litte- 
ral. qui a deux yeux) , le wallon 
bes-temps (litteral. double temps), 
l'italien bis-cantare (litteral. chan- 
ter double) , le Catalan bes-compte 
(litteral. compte double) signifient 
respectivement louche, mauvais 
temps, mal chanter, me'comple. 
De meme en francais biscornu (pro- 
prement qui a deux comes), bis- 
tourni (qu'on a tourne, courbe 
deux fois), ont le sens, le premier 
de baroque, le second de dtforme*. 
11 en est de meme pour bevue et 
berlue (voy. ces mots), qui n'ont 
point etymologiquement le sens 
pejoratif que la langue franchise 
leur attribue. 

2. Bf«, de couleur brune. Ori- 
gine inconnue. 

Bisa'ieul, voy.aux mots bis 1. 
et axeul, 

f BlaMlle, venu an seizieme 
siecle de Tit. bisbiglio (meme sens) . 

Biscaycu^ gros mousqueton 
invente en Biscaye, et dont les 
balles, beaucoup d'un calibre inu- 
site, ont conserve le nom, bien 
qu'elles rrentrent guere de nos 
jours que dans la mitraille. 

BUcovntt) voy. aux mots bis 1 . 
et cornu. 

Biscuit, du L. bis coctus (qui 
a subi une double cuisson). — Sur 
oct latin devenu uit, voy. attrait. 

Bise, origine inconnue. 

Blseau, origine inconnue. 

t BUmuth, venu de l'allem. 
bissmuth (meme sens. La forme 
ordinaire est wissmuth). 



Bison, du L. bison (m. s.). 

Bisque, origine inconnue. 

Bisquer, origine inconnue. 

Bissae, du L. bissacium (bis- 
sae): 

Blsaeite, du L. bissextus (dou- 
ble sixieme; les Romains ajoutant 
un jour tous les quatre ans, le 
6"* jour avant les calendesdemars, 
il y avait alors un nouveau sixieme 
jour, d'ou le nom de bissextus), 
— D. bissextile. 

Blatourl, origine inconnue. 

Bistouruer, voy. bis 1 et 
tourner. 

Bistre , origine inconnue. — 
D. bistrer. 

Bitord, du L. bis tortus (qui 
a ete tordu deux fois). 
f Bltume, du L. bitumen (bU 
I tume). 

f Bivouac, a l'origine bivac, 
mot venu de Tallemand beiwache 
(bivouac), et introduit a Pepoque 
de la guerre de Trente ans. — D. 
bivaquer. 

f Bizarre, avant de signifier 
capricieux, ce mot avait eu le sens 
de colore, d'emporte, et a Pori- 
gine, au seizieme siecle, celui 
d'intrepide et de vaillant. II vient 
de l'espagn. bixarro (vaillant) . — 
j D. bizarrerie. 

Bfa/at««f , mot d 'origine ger- 
manique, de l'ancien haut alle- 
mand b'ei-faro (de couleur pale). 
I Blaireau, dans notre ancienne 
langue bUreau, forme qui marque 
. mieux l'origine du mot: bUreau 
est un dimmutif de bit, bUreau 
est proprement l'animal qui se 
nourrit de bU. Voy. ce mot. Le 
bUreau est appele" en anglais bad- 
ger, mot qui signifie litteralement 
marchand de bit, ce qui confirme 
et assure l'etymologie du mot 
francais (sur ces metaphores, voy. 
p.xxvj). 

Blamev* anciennement bias- 



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BLE 



93 



BLO 



tner,duL. blasphemare (qui estdans | 
Gregoire de Tours, V, 43) avec le : 
sens de blamer ; on trouve dans ] 
les glossaires: blasphemare, vitu- 
perare, reprehendere. « Tantummo- 
do blasphemabatur a pluribus, dit I 
Aymonus monachus , quod esset ! 
avaritiee deditus. » Sur la chute de,i 
e dans bias {phe) mare, voy. aider. \ 
Bias' mare a donne* le vieux fran- 
cais blasmer, qui est devenu bld- 
mer. Sur la chule de Ys, voy. 
abtme. 

Blane^ de l'ancien haut alle- 
mand blanch (blanc). — D. blan- 
chet 9 blancheur, blanchdtre % blan- 
chir, blanchissage, blanchisseur, 
blanquette. 

Blattqwette, Toy. blanc. 

Blarney origine inconnue. 

AIcuiom, au onzieme siecle 
bouclier, 6cu\ plus tard, bouclier 
sur lequel on a peint les armes du 
chevalier; en fin vers le quinzieme 
siecle les armoiries elies-memes. 
L'origine de ce mot est inconnue. 
— D. blasonner 

Blasphemer, du L. blasphe- 
mare (meraesens) . — D. blaspheme 
(substantif verbal), blasphema- 
teur. 

Blatter, voy. bU. 

Matte, du L. blatta (blatte). 

Ale, en vieux francais bled, en' 
provencal blot, dans "la basse lati- 
nit6 bladum, abladum (avec le 
sens de ble recolte), du L. Ma- \ 
turn* (recolte, moisson, dans les 
textes du moyen age) . Ablatum \ 
veut dire proprement ce qu'on a 
enleve, ce qu'on a cueilh; mais : 
cette meiaphore n'est point rare 
dans les langues indo-europeen- 1 
nes: fruit est en grec xocpir6; qui 
signifie litteral. destini d tire en- I 
leve", cueiUi; l'allemand Herbst 
moisson, a proprement le sens de 
choses enlevees. — Ablatum a | 
donne bU, 1° par le changement 



de atum en t, voy. ampoule* ; 2* par 
la chute de Pa initial, comme 
dans diamant (adamantem), bou- 
tique (apotheca). — - D. blaireau 
(anciennement bUreau, Tanimal 
qui se nourrit de bit), blatter, 
marchand de ble, qui est en has 
latin bladarius (sur arius devenu 
ier, voy. dnier). 

Meme, d 'origine germanique, 
scandinave bldmi (bleuatre, puis 
livide). — D. blimir. 

Blemser, origine inconnue. — 
D. blessure. 

Ale*, blette, origine inconnue. 

Bleu, d'origine germanique, 
de l'ancien haut allemand blao 
(bleu). — D. Ueuir, bleuatre 
bluet. 

t Mlade, de l'allemand blende 
(blindage). — D. blinder, blin- 
dage. 

Bloc, mot d'origine germani- 
que, de l'ancien haut allemand 
bloc (bloc). — D. bloquer, dtblo- 
quer. Blocus, mot introduit au 
seizitme siecle, vient de la forme 
allemande ancienne, blockMs (for- 
tin qui interdjt aux a- sieges toute 
communication avec le dehors). 

| Blackballs* mot introduit 
recemment dans 1 art laiKtaire. et 
qui est l'allemand block-haus (for- 
tin). 

Blond, origine inconnue. — 
blondin, blondir, blonde. 

Bloquer, voy. bloc. 

Blouir (se) : a Torigine terme 
de fauconnerie ; se dit du faucon 
quand il se ramasse pour dormir 
sur son blot (perchoir). De cette 
acception speciale , le mot (par une 
de ces extensions de sens dont 
nous avons parle p. xxn),est venu 
au sens general de se ramasser, se 
tapir. L'origine du mot blot est 
inconnue . 

1. Blowse, trou dubillard, ori- 
gine inconnue. 



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BOEU 



Vk 



BOI 



2. Motwe, sarrau , origine in- 
connue. 

Bluet, anciennement bleuet, 
derive de bleu (voy. ce mot). Sur 
eu devenu u, voy. jumeau. 

Bluette , anciennement be- 
luette, beUuette, en patois nor- 
mand berluette, diminutif de beU 
lue (voy. ail mot berlue), Le sens ; 
primitif du mot bluette est etin- 
celle : Regnier parle d'un grand 
feu qui nalt d'une bluette. On a 
dit metaphoriquementqu'une petite 
poesie etait une bluette, une elin- 
celle passagere. 

Blwter, anciennement beluter, 
buleter, et a Porigine bwreter, c'est- 
a-dire tamiser a travers la bure 
(tissu grossier qui servait a cet 
usage; pour Pelymologie de bure, 
voy. ce mot). — Pour le change- 
ment de r en I (dans bureter, bu- 
leter), voy. autel, — Ce qui con- 
firme cette origine, c'est qu'on 
trouve buratare pour bluter dans 
un texte latin du onzieme siecle, 
et que l'italien dit buratello pour 
Uuteau. — D. bluteau, blutoir, 
blutage. 

boa, duL. boa (serpent). 

Bofe&che, origine inconnue. 

Bofelne, origine inconnue. 

Bocage, anciennement boscage, 
en pro venial boscatge, du L. bosca- 
ticum, diminutif de boscum (voy. % 
bois). Sur aticum devenu age, 
voy. dge; sur la chute de Ys, voy. 
abime. 

f Bocal, mot venu au seizieme 
siecle de Pi 
sens) 

Bawf, du L. bovem (bo3uf). — 
Sur o lat. devenu asu, voy. accueil- 
Ur. — Quant au changement de v 
latin en f t qui est rare en latin 
(on trouve para/redus pour para 
veredus dans les Lois Harbares), 
il se retrouve en francais : 1° pour 
le t> initial dans: /bis (deem); 



I italien boscale (meme 



2° pour le v final dans : href (bre- 
vem), cerf (certmm) , ch^ti/" (capti- 
ous), clef (clavis), naif (natirus) , 
nef (navis), ner/ (nerous), neu, 
(norms), neu/" (novem), ozuf{ovum) i , 
sau/" (saltram), serf (sertmm) , suif 
(setmm), vi/ (vitms),. griejf (gra- 
uem), ogif * (augitms*), r&i/ires- 
tivus*), veuf (vidtms*), poussif 
(pulsativus *} . 

Aof ne 9 au L. bibere (boire) . — 
Bib{e)re, re'gulierement contracte 
en bivre suivant la loi de Paccent 
latin (voy. p. lxxxi), a subi deux 
changements: 1° br est devenu r: 
bio're, boire, comme dans ecrire 
(scrib're). paupiere (palpebra). — 
2° i est devenu oi : i latin accen- 
tue devient oi en francais, — 
quand il est bref, dans : courrote 
(corrigia) t foi (fidem), moins (mi- 
nus), pot (picem), poil (pilum), 
poire (ptrum) t quoi (quid), soit 
(sit), soif (sitis), voie (via), fot 
(vicem) , — quand il est long par 
nature dans: cervoise (cervisia). 
pots (pisum), loir (glirem) ; quana 
il est long par position dans: 
doigt (dig'tus), eHrot't (strtctus) 
Loire (Lig'r), noire (nigra), notn- 
dre (min'r), poivre (pip'r), raide 
(anc. roide, rt'g'dus), epois (anc. 
6pois, spissus), dais (anc. dois, 
dtscus), froid (frig'dus). — I latin 
inaccentue ou atone, devient oi, 
quand il est bref dans : froyer (anc. 
froj/er, fricare*), employer (im- 
plicare) , ployer (plicare), loisir 
(iicere); quand il est long par na- 
ture, dans: voisin (vicinus),lrayeur 
(frigorem) ; quand il est long par 
position, dans: poisson (ptscio- 
nem*), damotseau (domin'cellus), 
demoiselle (domin'cella). — D. 
boite (dans repression tire en 
boite en parlant du vin), participe 
fort de boire (voy. absoute), bu 9 
ancien francais beu, contraction 
de bibutus, forme barbare du par* 



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BOI 



95 



BON 



ticipe passe de bibere. Sur la chute 
de b medial bi{b)uJtus, voy. aboyer; 
sur celle de * final, voy. aigu ; sur 
le changement de i en e, voy. ad- 
mettre. Gette forme bibutus pour 
bibitus n'est point isolee; on 
trouve pendutus (dans la lea? 4la- 
man.) , battutus [dans undecret de 
595). reddutus (dans une charte de 
796). 

Bois, en provencal bosc, en 
italien bosco, dans le plus aucien 
has latin boscum, buscum (avec le 
sens de bots 7 mot dont l'origine 
est inconnue). — Sur u latin (bu«- 
cttm) devenu oi, voy. an^owse. — 
Pour sc devenu s, cf. dais (discus), 
marais (marescus*), moule (mus- 
cla*), connais (cognosco). — D. 
boiser, deboiser, reboiser, boise- 
rie. 

Boissea** , ancien francais 
boissel, du L.busteUus* (boisseau, 
diminutif de busta, proprement 
botte d mesurer les grains, voy. 
boite). — Sur le changement de 
st en ss, et sur celui de u en ot, 
voy. angoisse; sur celui de ellus 
en eau voy. agneau. 

Boisson, du L. bibitionem* 
(boisson). Sur la chute du b, bi(b)i- 
tionem, voy. aboyer.— Sur tionem 
devenu sson voy. agencer. — 
Quant au changement de i latin 
en oi,voy. boire. 

Boite, ancien francais boiste, 
qui est successivement bossida, 
boxida, dans les textes latins 
lorsque Ton remonte jusqu'au 
neuvieme siecle, oil Ton trouve la 
forme originaire buxida (boite). 
Buxida est le grec rcvl-tSa, boite. 
— Buxida devenu bdssida par le 
changement de x en s (voy. ais- 
selle), et par celui de u eno (voy. 
annoncer) , s'est regulierement 
contracts en bdss'da suivant la loi 
de l'accent latin, (voy. p. lxxxi). 
boss' da a donne boiste par le chan- 



gement deo en oi (voy. chanoine). 
et par celui de d latin en t (voy. 
dont). Sur la chute de Ys dans 
botste, voy. ablme. — D. oofcier. 
Botte a aussi le sens d'articu- 
lation, qui est reste dans plusieurs 
expressions ; se aVbolter un bras, 
le faire sortir de sa botte , de son 
articulation ; mboiter un os, le 
faire rentrer dans Participation, 
dans la botte; boiter, avoir mal a 
l'articulation, a la boite, 

Boiter, voy. boite. — D. boi- 
teux. 

Bol (alimentaire, etc....), du 
grec pwXo< (masse arrondie). 

f Bol, coupe, venu de Tanglais 
botci (bol). 

Aomoattee, origine inconnue. 

Aom6e, origine inconnue. — 
D. bombarde, bombarder, bom- 
bar dement, bomber. 

Bomber, voy. oombe. 

Bon, du L. bonus (m. s). — 
D. bon (substantif, d'oti. abonner 
litteralement : prendre un bon 
pour....), bonne (substantif), bo- 
nasse, bonifier. bonification, bon- 
bon, bonbonniere. 

f Bonace, venu au seizieme 
siecle de l'ital bonaccia (calme de 
la mer). 

Bond, voy. bondir. 

Aotufe, mot d'origine germa- 
nique, de l'allemand (souabe 
bunte, bonde).— D. bondon, bon- 
der, dtbonder. 

j Bondir, le sens de sauter est 

i relativement moderne, et n'appa- 

rait guere qu'au onzieme siecle. 

i A l'origine de la langue bondir si- 

I gnif. retentir, re'sonner .• on voit 

dans la Chanson de Roland que 

T'olifant du neveu de Charlemagne 

bondissait (resonnait) plus Fort 

que tous les autres. — Bondir, 

vient du L. bombitare * (resonner). 

1 Sur le changenaent de conjugai- 

i son, voy. aimant. — Bombitare 



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BOR 



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BOU 



regulierement contracts en bomb'- 
tare (voy. accointer), a change bt 
en d (voy. accouder), m en n (Voy. 
changer). — D. bond (substantif 
verbal), bpndissement , rebondir . 

Bonheww, voy. foeur. 

Bonl, mot latin (proprement 
de bon. Combien de bonif) 

Bonnet. Le sens originaire du 
mot est etoffe. II y avait des robes 
de bonnet; l'expression chapel de 
bonnet se trouve plusieurs fois 
dans les textes: on la abregee en 
un bonnet, comme on dit un feutre 
pour un cnapeau de feutre. L'ori- 
ginede bonnet est inconnue. — 
D. bonnetier, bonneterie. 

Bonte, du L. bonitatem (mfime 
sens). — Sur la chute de Yi latin, 
voy. accointer; surle changement 
de alem en 4, voy. accointer. 

f Borax, venu de FOrient, 
comme beaucoup de termes d'al- 
chimie. L'original est l'hebreu 
borak (blanc). 

Bord, du neerlandais bord 
(bord). — D. border, bordure, 
aborder, de'border, bbrdage, re- 
bordybordereaUy bordie (ensemble 
des canons qui garni ssent le me 1 me 
c6te , le meme bord d'un vais- 
seau). — Une autre forme de bor- 
der est broder par transposition de 
IV (sur ce deplacement de l'r, voy. 
p. lxxvi ; et au mot cVpreU). Le 
sens originaire de broder 6tait pro- 
prement : ornerle bord d'une etoffe 
de dessinsa Taiguille, faire a cette 
etoffe une bordure qui la relevat. 
Ce qui confirme cette 6tymologie, 
e'est que l'espagnol bordar (bor- 
der), signifie en meme temps bro- 
der. 

normal, duL. borealis (mtae 
sens). 

Borgne, origine inconnue. — 
D. e1>orgner. 

Borne, anciennement bonne, 
au douzieme siecle bodne du L. 



merovingien bodina (borne , dans 
un texte du septieme siecle : l'ori- 
gine de bodina 1 est inconnue). 
B6d(i)na contracts en bod'na sui- 
vant la regie de l'accent latin 
(voy. p. lxxxi) , a doone bodne gui 
est devenu'bonne par l'assimilation 
de dn en nn (voy. alter) ; de meme 
que 11 est devenu rl par dissimila- 
tion dans hurier (ui'lare), nn 
(bonne) est devenu rn (borne) par 
une dissimilation analogue (voy. 
p. lxxv). — D. bornerj homage. 

Bosquet, diminutif de boscus 
{bois, voy. ce mot), proprement: 
petit bois. 

1. Bosse, origine inconnue. — 
D. bossu, bossuer, bosseler, bos- 
sette. 

2. Bosse, amarre, origine in- 
connue. — D. embosser. 

f Bosieman, venu de l'allem. 
bootsmann (contre-maitre). 

Bol) origine inconnue. 

Botanlqne, du grec Borovix^ 
(etude des plantes). — - D. bota- 
niste. 

1. Botte (de foin, etc....), de 
l'ancien baut allemand bdxo (fais- 
ceau, fagot). — D. boiteler. 

2. Botte, tonneau, outre, d'o- 
rigine germanique (all. butte)* 
botte (chaussure) est le mem* mot; 
cette transition du sensd'outre, de 
vase en cuir, a celui de chaussure 
telle que les bottes n'est point 
isolee dans les langues indo-euro- 
peennes ; l'anglais ooot, signifie a 
la fpis bottes, et coffre (de voyage). 

— D. bottier, bottine. 

t 3. Botte (escrime), de Vila- 
lien botta (coup de fleuret). 

Bottine, voy. botte, 2. 

Bone, origine inconnue. — D. 
bouquin, bououetin, boucher. 

Bone he, an L. bucca (bouche). 

— Sur u devenu ou, voy.[ accou- 
der. Sur ce devenu ch, voy. ache- 
ter. — D. bouchee, emboucher, 



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BOU 



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BOU 



embouchure, aboucher, boucher 
proprem fermer la bouche, clore 
Touverture). 

Boucaner, boucanier, origine 
inconnue. 

1. Bowcher, (verbe) voy. font* 
the. — D. bouchon, bouchonner. 

2. Boucher est proprement ce- 
lui qui tue les boucs ; et boucherie 
le lieu ou Ton vend de la viande 
de bouc dont le peuple mangeait 
au moyen age). On sait quelle 
etait au moyen age la jalousie re- 
ciproque des corporations; et avec 
quelle rigueur la division du tra- 
vail etait maintenue et protegee 
contre les empietements d'autrui : 
au dix-huitieme siecle mfime, les 
cordonniers qui fabriquaient des 
chaussures neuves ne pouvaient 
Sparer les vieilles : et les cordon- 
niers en vieuz leur intenterent 
mainls proces ; au moyen age les 
bouchers , c'est-a-dire les mar- 
chands de viande de boue n'avaient 
point licence pour vendre d'autres 
viandes; nous lisons par exemple 
dans les Slatuts de la viUe de 
Montpellier fannee 1204) : Ni el 
mazel de bocarid no sid venduda 
cam de feda. (II est interdit aux 
marchands de boucherie, de ven- , 
dre de la viande d'agneau). On 
voit ici le mot boucherie au sens | 
propre de viande de bouc. — Ce j 
qui confirme pleinement cette ori- 
gine du mot boucher, c'est que 
l'italien dit beccaio pour boucher, ' 
et que beccaio derive precisement 
de becco (bouc). • | 

Boucie, du L. bvcula * (bucu- 
la f umbo scuti, dit Isidore ae Se- 
ville). — Pour la chute de Yu ato- 
ne, buc'la, voy. p. lxxxi; pour le I 
cbangement de u en ou, buc'la= 
boucle, voy. accouder. — Boucle 
avait au moyen age le double sens 
ie umbo scuti et d'anneau ; ce der- 
nier seul a persiste (et s'est deve- 1 



loppe metaphoriquement dansbou- 
cle de cheveux , anneauque forment 
les cheveux). — t Quant au premier 
sens, il a disparu du radical, mats 
a persiste dans le derive boudier, 
qui dans les premiers siecles de 
notre langue, n 'etait qu'un simple 
adjectif. On disait avant le trei- 
zieme siecle un Hu boudier (com- 
me on dit un jour ouvrier), c'est- 
a-dire un ecu qui a une boucle 
(bosse au centre de Parme) : puis 
l'epithete a elimioe" le substantif, 
et des le quatorzieme siecle on ne 
dit plus qu'un boudier. 

Bonder, origine inconnue. — 
D. boudoir, mot cree au dix-hui- 
tieme siecle, bouderie. 

Boudin, origine inconnue. 

Boue, origine inconnue. — 
D. bouevx. 

Bonfc, diminutif de boue t ori- 
ginairement boye (bouee, dans 
notre ancienne langue) : boye est 
le latin boja fchalne, corde qui 
sert a retenir la piece de bois flot- 
tante). — Sur le cbangement de j 
latin en i, voy. aider; sur celui de 
o latin en ou, voy. affbuage. 

Bouffer, onomatopee (voy. p 
lxv). — D. bouffe", 

Bou ffify onomatopee. — D. 
bouffitsure. 

f Bouffcn, vonu au seizieme 
siecle de 1'ital. buffone (bouffon). 
— D. bouffonnerie. 

Bouge, du L. bulga (petit sac, 
selon Festus , c'est un mot dlori- 
gine gauloise : bulgas Galli sac- 
cuIom scorteos vocant. Du sens de 
sac est venu celui de boite, puis 
metaphoriquement celui de reduit, 
de chambre aussi etroite et obs- 
cure qu'une boite. — La meme 
metaphore se retrouve dans le 
parler vulgaire de Paris; ce qui 
nous fait mieux comprendre com- 
ment elle a pu se produire chez 
les Romains. 

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BOU 



Hottge*, en provencal bolegar 
(s'agiter), en italien bulicare(boui\- 
lonner), — du L. bullicare*, fre- 
quentatif de bullire (bouillir). Cha- 
cune des trois fonnes romanes 
marque un degre nouveau dans le 
deplacement du sens. — Bull (*) - 
cdre regulierement contracts en 
bull' care (voy. accointer), adonne 
bouger par le changement 1° de 
ull en ou (voy. agneau); 2° de care 
en ger (voy. adjuger). 

Bougie, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv). De la ville de 
Bougie ou ron fabriquait ce pro- 
duit. — D. bougeoir. 

Bougon 9 origlne inconnue. 

Boutiiir, du L. bullire (bouil- 
lir). — Sur u devenu ou, voy. ac- 
couder; sur Hi latin devenu ill, 
voy. ail. — D. bouillon, bouiHon- 
ner; bouiUi, bouilhe, bouilloire. 

Bowlaugev, origine incon- 
nue. — D. boulangerie. 

Bowie, du £. bulla (petite 
boule ronde, proprement6ttwe)sur 
u devenu ou, voy. accouder. — D. 
boulet, boulette, boulon, boule- 
verser, le sens pro pre est (aire 
tourner (versare) comme xme'boule, 
tfbouler est proprement ; rouler en 
tombant comme une boule. 
. Bowteau, diminutif de Pan- 
cien francais boule (meme sens), 
qui est le latin betula (bouleau).— 
Betula regulierement contracts en 
befla suivant la loi de l'accent 
latin (voy. lxxm) a change tl la- 
tin en II, puis en I, comme dans : 
rtle (roHus) , router (roMare), 
crouler (corofVare), epaule (spa- 
t'fo), meuJe (mefTa),- grelot (cro- 
t'lum), frdter (pour frofler). 

f Bouledogue, venu recem- 
ment de l'anglais bulldog (m. s.). 

Bouieimrd, a^ ten francais 
boulevart , boulevert, boulevere, 
venu dans les premieres anneesdu 
quinzieme siecle de I'allemand 



bollverk (fortification). On sait 
qu'a Torigine le mot boulevard 
6tait un terme d'art militaire , de- 
signant le terre-plein des rem- 
parts : les boulevards de Paris 
n'etaient sous Louis XIV que l'en- 
oeinte nieme de Paris ; ces boule- 
vards plantes d'arbres, devinrent 
un lieu de promenade a la mode, 
et le mot boulevards devint syno- 
nyme de promenade ou de rue 
planted d'arbres, signification tout 
a fait etrangere au sens £tymolo- 
gique. 

Boulevemer, voy. boule. — 
D. bouleversement. 

Boullmle, du gr. (JovXCjua 
(faim de boeuf). 

f Boullne, de Pangl, bowline, 
(m. s.). — D. bouliner. 

f Boultngrln, venu de l'angl. 
bowling-green (gazon ou Ton joue 
aux boules). 

BouMon, voy. boule. — D. 
boulonner. 

Bouquet, anciennement bous- 
quet, a l'ongine bosauet, propre- 
ment petit bois (on ait encore un 
bouquet d'arbres ; le sens de petit 
bois est bien visible dans cette 
phrase de Mme de S6vign6 : II a 
voulu vendre un petit bouquet qui 
faisait un assex grande beautd. 
La forme primitive bosquet est un 
diminutif du latin boscum * (voy. 
bois). — Sur o devenu ou, voy. 
affouage. Sur la chute de Vs latin, 
voy. abime. — D. bouquetiere. 

1. Bouquin, voy. bouc. 

2. f Bouquln, vieux livre. venu 
du neeriandais boxkin (petit livre). 
— D. bouquiner, bouquiniste. 

BowtHtcan, origine inconnue. 

Bourbe, origine inconnue. — 
D. bourbeux, bourbier, embour- 
ber. 

Bouvde, mensonge, origine 
inconnue. 

1 Bourdon, baton depelerin, 



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BOU 



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BOU 



du L. burdo (dne). Pour le chan- 
gement de u latin en ou, voy. ac- 
couder. — Cette metaphore n'est 
point isolee dans les langues ro- 
manes et Ton a plusieurs exemples 
de cette comparaison entre le b£- 
ton qui soutient , et I'animal qui 
porta : en espagnol muleta pos- 
sede le double sens de mulet, et de 
MquiUe; en italien mula (mule) 
signifie egalement bdton; au dix- 
septieme siecle on appelait un 
baton la haquene'e des cordeliers, 
expression qui repond a ia locution 
espagnole el caballo de S. Fran- 
cisco (baton ; litteralement le che- 
val de saint Francois). 

2. ItoMfcfoM, tuyau d'orgue, 
origine inconnue. — D. bourdon 
(insecte dont le bruissement a ete 
assimile aux sons graves du bour- 
don d'orgue). 

3 AoMftfioM, insecte; voy. 
bourdon, 2. — I), bourdonner, 
bourdonnement. • 

Bouwg, du L. burgus qui a or- 
dinal rement le sens de petite place 
fortifiee, comme dans ce passage 
de Vegece : • Castellum parvum, 
quod burgum vacant. Dans Isi- 
dore de Seville le mot a deja le 
sens que nous ltd donnons aujour- 
d'hui : Burgus, dit-il, domorum 
congregatio, quae muro non ckw- 
ditur. — De burgensis (1' habitant | 
du burgus) forme que fourmssent 
ies textes merovingiens, est venu 
le francais bourgeois (l'habitant 
du bourg), par la reduction de ns 
(burgensis) a $(voy. aine*), et par 
le changement 1° de e (burgesis) 
en oi (voy. \acroire); 2° de u en 
ou (voy. accouder). — D. bour- 
gade. 

Bonwgmoim, voy. bourg. — D. 
bourgeoisie. 

HowtHpeom , vieux francais 
bourgeon, a l'origine burjon; cTo- 
rigine germanique (ancien hau* 



; allemand burjon, lever, propre- 
ment ce qui pousse, ce qui live, 
les premieres pousses de rarbre.— 
I D. bourgeonner. 

f Bourgmeatre, venu de Fal- 
lem. burgmeister (maire). 

Bourrache, en ital. borra- 
gine, du L. borraginem (bourrache). 
Borrdginem ayant perdu les syl- 
iabes qui suivent la syllabe accen- 
tuee (conformement a la regie de 
l'accent latin, voy. p. lxxxi) donna 
bourrache parle changement l°de 
o latin en ou (voy. affouage); 
2° de g en c (1'ancien francais dit 
borrace (voy. fraise) ; 3° de c en 
ch (voy. acharner). 
I f lioappaaqiie, venu au sei- 
zieme siecle de i'ital. burrasca, 
(bourrasque). 

Bonrrc , du L. burra * (dans la 
basse latinite, amas de laine); sur 
le changement de u en ou, voy. 
accouder ~ Bourre de fusil est le 
meme mot (les botirres e*tant or- 
dinairement faites de laine et de 
poils) ; de bourre de fusil est venu 
oourrer (action d'enfoncer la bour- 
re, puis d'introduire en general), 
d'ou les derives de'bourrer, em- 
bourrer, rembourrer, bourrade, 
bourre' e, bourru, bourreler, bour- 
relet, bourlet. 

HoMfneat* , origine inconnue. 

0oM»fefe#, voy. bourre. 

Bomwnriqwef du L. burricus 
qui est dans Isidore de Seville, 
avec le sens de mauvais petit che- 
val : mannus quern vulgo buricum 
vocant. Sur u = ou, voy. accou- 
der — D. bourriquet. 

Bourru, qui a coutume de 
bourrer les gens d'injures, voy. 
bourre. 

Bour*e, du L. byrsa (bourse, 
qui n'est autre que le grec pupaa 
(bourse) : sur le changement de y 
latin en ou par Pintermediaire de 

voy. p. lxxxvi, I. 8. — D. bour- 



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BOU 



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BOY 



iter ; dibourser, dibours; rembour- 
ser, -ement, -able. 

0ottr>»ou/let* , boursoufH, qui 
n'est que la contraction de bourse- 
sou/14, veut proprement dire souf- 
fle" , enfle, comme une bourse. 
Pour l'etymologie voy. aux mots 
bourse et souffler. — Le valaque 
ditde m6me bosun/la (boursoufler) 
qui estjitteralement enfler (unfla), 
comme une bourse [bos), ce qui 
confirm e la metophore du mot 
francais. — D- boursouflure. 

Bouscuter, ongine inconnue. 

Bowse origine inconnue. — D. 
bousiller. 

f Bouatole, mot venu au sei- 
zieme siecle de l'italien bossolo 
fmeme sens; proprement petite 
ootte dans laquelle sont enfermes 
Faiguille et le cadran). 

Bout, voy. bouter. — D. de- 
bout, emboutir, aboutir. 

f Bouiade, voy. bouter. 

Boute-ett- train, voy. bou- 
ter. 

Boute-few, voy. bouter. 

Bouteilie, du L. buticula , 
(bouteille, au huitieme siecle, dans 
les Closes de Reichenau, et plus 
tard dans le celebre* Capitulaire de ' 
Villis). Buticula est le diminutif 
de butica qui est dans Papias avec 
l^pithete de vasis genus : butica 
n'est qu'un derive 1 de (JOti; (flacon), 

— Buticula a donne bouteille par 
le changement 1° du suffixe icula 
en exile (vox. abeille); 2° de u en 
on (voy. accouder). j 

Bowler, pousser, mettre, an- 
cien francais 5oter, du moyen- 
haut allemand bdzen (meme sens), i 

— D bout (substantif verbal, bout 

oprement la partie dun corps 

Emte, qui heurte la premiere); ' 
re (branche que Ton met, 
que Ton ooute en terre) ; bouton 
(ce qui pousse, ce qui bout* aux 
plantes, et par analogic pieces de 



bois ou de m&al ayant la forme 
d'un bouton); boute-feu, qui sert a 
mettre, a bouter le feu aui canons; 
boute-en-train, qui met en train ; 
boute-selle. sonnerie qui avertit les 
cavaliers ae se mettre, de se bou- 
ter en selle; arcboutant, arceau 
3ui soutient un mur, qui l'empfiche 
e tomber, qui le repousse, qui le 
boule; boutoir, ce qui sert a heur- 
ter, a repousser. a bouter ; boutade, 
attaque, poussee, mot venu au 
seizieme siecle de l'italien comme 
Pindique le suffixe ade. 

Boutique, corruption du L. 
apotheca, (boutique); pour Pa- 
nalyse de ce mot, je renvoie le 
lecteur a la p. cvi, ou cette deriva- 
tion a deja 6t6 etudiee. — D. bou- 
tiquier. 

i'-nuton, voy. bouter. — D. 
boutonner, dtboutonner, bouton- 
niere. 

Boutuw^ 9 voy. bouter. 

Bouvier, du L. bovarius (qui 
garde les boeufs). — Sur anus 
devenu icr, voy. dnier; sur o de- • 
venu ou y voy. affouage. — Un 
autre derive de bovus est bouvil- 
lon. 

Bouvreuit) du L. bovariolus 
(petit bouvier, diminutif de bova- 
rius, bouvier). Sur la cause de 
cette denomination voy. p. xxv, 
ou ce mot est etudie. Uuant a la 
forme, bov(tfrio!us contracts en 
bov'rioluSj suivant la regie donnee 
au mot accointer, est devenu bou- 
vreuil par le changement 1° de 
iolus en euil (voy aieul), 2° de o 
en ou (voy; affouagff). 

Bovine, du L. bovinus (m. s.). 

f Doner, de l'angl. box (m. s.) 
— D. boxeur. 

Bopau, ancien francais boyel, 
a l'ongine boel, en ital. budello, 
du L. botellus, boyau d'animal, 
saucisse, dans Martial; intestin 
humain, dans les Lois Barbares * 



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BRA 



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BRA 



St botellum vulneraverit, lit-on 
dans la Lex Frtsionum (5,52). — 
Sur le emplacement du sens, voy. 
p. xxn. Sur la chute de t, bo(\)eUus t 
voy. abbaye; sur etiux devenueou , 
voy. agneau. 

Bimcelet, voy. bras, 

Braconner, voy. braque, — 
D. braconnier. 

. Brwt, goudron; ce mot qui 
correspond pour la forme au pro- 
vencal brae, a l'ital. brago vient 
du scandinave (nord. brdk, gou- 
dron). 

Brnie, en provencal orawa, en 
italien braca, duL. braca (calecon, 
culotte, que les ecrivains latins 
regardent comme un mot empruntg 

Ear les Romains aux Gaulois). — 
>. brayette; ddbraiUer qui est pour 
dibrayer (avoir des braies en des- 
ordre). 

JBvailfef 9 voy. braire. — D. 
braillard. 

Btuwire, origine inconnue. — 
D. braiment, brailler (diminutif). 

Braise, en espagnol brasa, en 
portugais btaza , mot d'origine ger- 
manique (vieil allemand bras feu). 
— D. braiser, brasier, embrater. 

f Bramer, venu au seizieme 
siecle de l'ital. brammare (m. s.). 

Bra**, mot d'origine celtique 
(ga61. bran, son). 

AfatfccttMf, voy. branche. 

BwHtnche, origine inconnue. 
— D. tbrancher, embrancher ; em- 
branchement. Brancard , signifie 
onginairement une grosse branche 
depouillee de ses feuilles, un grand 
baton : d'ou le sens de brancards 
d'une voiture ; et celui de litiere 
(brancards) formee originairement 
de batons croises. 

mranehle* , du gr. pp«TX ia 
(meme sens). 

Bfatufe, bruyere, origine in- 
connue. 

•art, mot d'origine 



histoHque (voy. p. uav). Au dix- 
septieme siecle, un brandebourg 
&ait une casaque garnie de passe- 
menterie, comme celles que por- 
taient en 1674, les soldats de I'K- 
lecteur de Brandebourg, quand Us 
entrerent en France. 

t Brandevln, del'all. brant- 
noein, (eau-de-vie). 

Bwmndir , signifiait propre- 
roent agiter un brand (une epee), 
puis agiter une arme en general. 
Sur ces extensions de sens, voy. 

l p. xxn. Quant a l'ancien francais 
brand, il est d'origine germanique 

' (scandin. brandr £pee). 

I Bratufott, diminutif de l'an- 

I cien haul aJemand brant (tison). 

| Bruntcr, origine inconnue.— 
D. branle (substant. verbal), bran- 
loir e, branlement; fbranler. 

Bruque, au sens de chien de 
chasse, d'origine german. (all. 
brack, chien de chasse) : au sens 
de fou, d'e'cerveli, e'est le produit 
de la comparaison : plus etourdi 
qu'un braque, qu'un chien de 

I chasse. — D. bracon diminutif de 

, braque, proprement petit ,braque; 
le valet propose* a la garde des 
bracons s'appelait le braconnier 
(de meme que celui qui soignait 
les faucons s'appelait fauconnier). 
Du sens qu'avait a l'origme le mot 
braconnier, est venue par une 
transition naturelle la signification 
qu'il possede aujourd'hui : le valet 
qui dirigeait les chiens , le bracon- 
nier, mettant a profit Pabsence du 
seigneur, et chassant pour son 
propre compte. 

JBraqnemaft, origine incon- 
nue. 
Afagtce**, origine inconnue. 
Bra*, du L. brachium (bras) : 
Chi latin s'est reduit a ex (voy. 
p. xcix), et celui-ci est devenu * 
(voy. agencer). — D. brachia par 
le changement regulier de chi en 



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BRjfe 



102 



BRE 



ci (voy. p. xcix) , e^ par celuf de ci 
ene (voy. o^nccr) adonnele vieux 
francais brace ( d'ou bracelet); 
brace a son tour a subi le change- 
merit de c en ss (voy. amitie' et 
est devenu brasse (proprement 
mesure qu'on prend avec les deux 
bras etendus) d'ou brasse'e, bras- 
sard, embrasser. 

Br osier, voy. braise. 

Bruiser, ancien francais bra- 
cer, fabriquer de la biere, verbe 
derive du mot brace (qui signifie 
malt dans notre ancienne langue) . 
A son tour, le vieux francais brace 
vieutduL. brace (malt, dansPline 
qui attribue a ce mot une origine 
gauloise) le latin brace donna un 
derive^ bracium {Bracium unde 
cervisia fit, dit Papias) lequel a 
donne l'ancien francais brace par 
le changement de ci latin en c 
voy. agencer; le vieux frangais 
bracer a change c en ss (voy. 
agencer) , et est devenu brasser, 

I Brave, mot venu au sei- 
zieme siecle de l'italien bravo 
(courageux). — D. braver, bravade, 
bravoure, bravache, bravo. 

Brunette, voy. braie. 

Brebis, ancien francais berbis, 
en italien berbice, du L. berbi- 
cem * (brebis) (sur la transposition 
de r latin, voy. p. lxxvi) Berbi- 
cem que Ton trouve d6ja dans 
Vopiscus, est ordinaire dans les 
Lois Barbaras ; St quis berbicem 
furaverit, dit la Loi Salique (t. 4. 
§ 2). Berbicem est une autre forme 
(le berbecem que Ton trouve au 
• premier siecle dans P6trone. (Sur 
le changement de e en i, voy. ac- 
comolir), Berbecem que Petrone 
emploie comme une forme du latin 
populaire correspond au vervecem 
du latin litteraire. Sur le chan- 
gement de v en 6, voy. bache- 
lier. 

Breehe, de l'ancien haut alle- 



1 mand brecha (rupture). — D. 
ibrtcher. 

BreeKet, anciennement bres- 
chet, a l'origine brischet, mot d'o- 
ngine celtique (Kymri 'brisket 
poitrine). 

BredomiUer, origine incon- 
nue. 

Bref 9 du L. brevis (court). 
| Sur v devenu f t voy. boeuf. 
I Bref, (du pape), du L. breve 
(acte, document, dans Justimen 
et dans saint Jerdme). Sur v de- 
venu f, voy. bceuf. — D. brevet 
(voy. achever). 

Brehaigne, origine incon- 
nue. 
Analogue, origine inconnue. 
Brente, ancien francais bres- 
me. de* Tallem. brachsme (m. s.). 
Bretauder, origine incon- 
nue. » 
Bre telle, origine inconnue. 
Brette, d'origine germanique 
(scandinave bredda, ep6e). — D. 
bretteur* 

Breuvage , dans l'ancienne 
langue beuvrage, en espagnol be- 
. brage, en ital. beveraggio, du L. 
i biberaticum * (breuvage, dans Du- 
cange) : biberaticum vient de bibe- 
rare * (fr£quentatif de bibere boi- 
re). Bib{$)r&ticum contracts en 
bib'r&ticum suivant la regie don- 
nee au mot accointer, a donne* 
l'ancien francais beuvrage par le 
changement 1° du suffixe aticum 
en age (voy. dge), 2° de t latin en 
e puis en eu (voy. admettre) ; 3° de 
br en latin en vr (voy. avant). — 
Beuvrage est devenu breuvage par 
la transposition de IV etudiee a Ja 
p. lxxvi, et au mot dprett. 

De meme que biberaticum a 

donne beuvrage puis breuvage, bi- 

berare (qu'on trouve au moyen 

age) adonng, par son compose ad- 

I biberare, le verbe abeuvrer dans 

I notre ancienne langue, qui est 



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BRI 



103 



BRO 



detenu dbreuver comme beuvrage 
est devenu breuvage. Pour les 
permutations, je renvoie au mot 
' breuvage. 

Brevet, voy. href. 2. 

Brevlalre, du L. breviarium 
(abrege, manuel, el specialement 
dans la langue ecclesiastique ma- 
nuel des prieres quotidiennes). 

Bribe, origine inconnue. 

-{- Brtek , venu de l'anglais 
brig (mSme sens). 

Bricote, origine inconnue. 

Bride, mot d'origine germa- 
nique(ancien haut allemand britl, 
brtttil). — D. brider, bridon, di- 
brider. 

f Brigade, venu au seizieme 
sifccle de l'ital. brigata (division 
d'armee) . — D. brigandage. 

Brigue, origine inconnue. — 
D. briguer. 

Britier , du L. beryllare * 
(scintiller comme une pierre pr6- 
cieuse, de beryllus pierre pr6- 
cieuse). Sur la chute ae Ye latin, 
b(e)ryllare 3 comparez : bruler (pe- 
rustulare). Gette disparition trls- 
rare d'ailleurs se retrouve pour les 
voyelles autres que e dans : crier 
(qwtritare) , creux ( corrosus * ) 
crouler (corotulare) ; elle a lieu, 
au second degre pour les formes 
franchises, dans : biuter (de belu- 
ter), Muette, (de beliuette), brouette 
(de berouette) etc... — D. brillant, 
brUlanter. 

Brimbarlan, origine incon- 
nue. 

Br in, origine inconnue. 

Brioche, origine inconnue. 

Brique, le sens original re de 
brique est fragment, morceau; le 
patois de la Bresse dit brique de 
pain pour morceau de pain , d'o- 
rigine Rermanique (angl. brick, 
anglo-saxon, bnce, fragment). — 
D. briquetier, brique ter, briquet. 

f BrUw, tocnje de marine venu 



vers la fin du dix-aeptiem esiecle 
de l'anglais breexe (brise). 

Brimer, de l'ancien haut alle- 
mand bristan (briser) . — D. brit 
(substantif verbal); brise'e (substan- 
tif participial) ; brisant, briseur. 
Broc, origine inconnue. 
Brocunter, origine inconnue. 
— D. brocantage , broranteur. 
| f »r#e»rd, mot d'origine his- 
torique. Au moyen age, dans la 
langue des Ecoles, brocard (en 
I latin du temps brocarda) designait 
les sentences de Brocardus eveque 
de Worms qui compilavingt livres 
de Regies ecclisiastiques. 
| Brocart, pour brochart, 6tofle 
broche'e d'or, voy. broche. 
| Broche, du L. brocca * (ai- 
, guillon, derive de broccus qui est 
, dans Plaute au sens de pointe, 
I de dent aigug). — D. brocher, 
brocheite , embrocher, brochure, 
brochage, brocket, diminutif de 
broche mot qui dansnotreancienne 
langue d&ignait ce poisson; ainsi 
nomme a cause de sa tete pointue 
en forme de broche; cette meta- 
phore n'est point isolee ; l'anglais 
dit pike pour brocket (ce qui veut 
dire proprement lance, pique). 

Brocher, un livre, le coudre 

avec la broche. — D. brochure. 

Brochet, voy. broche. 

Brodeqwin, en espagn. bor- 

cegui, en ital. borzacchino, du 

| flamand brosckin (meme sens). II 

est a remarquer que l'italien et 

l'espagnol ont conserve IV du fla- 

mand, tandis que le francais Pa 

tres-irregulierement transforme en 

den tale d. 

Broder, voy. border, — D. 
broderie. 

Brooches du grec Pp6yx°C 
(gorge), — D. bronchite. 

Broncher , origine incon- 
nue. 
f Bronse, venu au seizieme 



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BRO 



1C4 



BRO 



siecle de 1'ital. bronzo (mfime 
sens). — D. bronzer. 

Jlroiwe, ce mot qui signifie 
aujourd'hui plaque de oois garnie 
de crin,et pnmitiveraeritde cnien- 
dent ou de bruyeie, est un exem- 
ple de ces restrictions de sens dont 
nous avons parte dans V Introduc- 
tion p. xxn. Brosse, en bas latin 
brustta,de Pancien haut allemand 
brustia, avait a l'origine de notre 
languele sensde bruyere, buisson, 
etnese restreignit que tardivement 
ausens special de branche de bru- 
yere preparee pourenlever lapous- 
siere. — Lesensoriginairedebrous- 
saillesa persiste pour le mot brosse, 
dans quelquesacceptions speciales; 
en terme d'eaux et for§ts, un 
buisson s'appelle encore une brosse; 
courir a travers les buissons s'ap- 
pelle encore brosser en termes de 
chasse : II brossa longuement sans 
trouver nulle proie, ditRonsard, 
et Saint-Simon emploie mfime ce 
mot au sens general de courir, de 
traverser : Le premier president 
brossa & travers la compagnie et 
disparut. Ce verbe brosser, au 
sens de traverser, existe encore 
dans le denve* rebrousser qui 6tait 
aborigine rebrosser. — Enfin brous- 
saille qui est encore brossaille au 
seizieme siecle, est le diminutif de 
brosse, et signifie proprement petite 
brosse , petit buisson. 

Bwouet. proprement bouillon. 
On se rappelle le brouet que le re- 
nard sert a la cigogne dans la fable 
de la Fontaine. De m&me que l'ita- 
J en brodetto (brouet) est le diminu- 
tif de it. broao (bouillon) , brouet 
est aussi un diminutif en at de 
l'ancien francais brou (bouillon), 

3ui correspond au bas latin bro- 
um et a l'ancien haut allemand 
brod (sauce, jus). — Quant au 
changement de brodum en brou, 
voy. affouage pour le changement 



de o en ou, et voy. accabler pour 
| la chute du d. 
' Brotteiie, au douzieme siecle 

beurouaite, en wallon berouette. 

Ce mot quidesigne aujourd'hui un • 

Setit tombereau a une seule roue , 
esignait, jusqu'au dix-huitieme 
siecle, une petite charrette a bras 
et a deux roues ; on appelai t brouette 
, au temps de Louis XtV, une chaise 
I a porteur a deux roues. Au quin- 
1 zieme siecle la brouette etait en- 
core une charrette d'assez grande 
dimension , puUqu'Andre de la 
| Vigne nous parle des charrettes et 
l brouettes qui estoient d I'entre'e 
de Charles VUI a Florence. — 
! Brouette ou plut6t berouette qui 
est Torthographe primitive est le 
diminutif dun radical beroue* (sur 
j lesdiminutifs en ette, voy. ablette). 
Reroue est la reproduction exacte 
1 du L. birota (chariot a deux roues, 
dans les auteurs romains). Pour le 
changement de bi latin en fee, voy, 
bis; pour celui de rota en roue, 
voy. roue. — L'ancien francais 
berouette s'est contracts en brou 
ette par la chute de Ye (voy. bril- 
ler), mais beaucoup de patois sont 
restes fideles a la forme de la 
vieille langue et disent encore be- 
rouette. 
BrouiUard, voy. brouiUer. 
0f<roi!fet* origine inconnue. 
— D. brouille (substantif verbal), 
brouillon; dibrouiller; embrouU- 
ler. 
Anotcit*, origine inconnue. 
0notf««aiIfe«, voy. brosse. 
Brout (pousse des jeunes ar- 
bres), anciennement t roust, a l'o- 
rigine brost, du mot d'origine 
germanique (angl.-sax. brustian 
bourgeonner). — D. br outer (litt6 • 
ralement manger les brouts, les 
jeunes pousses), brouHller. 
Srotttet*, voy. brout. 
Jlroyet*, mot d'origine germa- 



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BRU 



105 



BUF 



nique (goth. brikan, rompre) ; la I 
forme latine bricare* qui sera re- 
sultee de ce mot allemand, donne ' 
regulierement broyer comme pli- 
cate don^e ployer (voy. ce mot). | 

Br**, ancien francais brut, mot 
venu de Tancien haut allemand 
brat (Bancee). 

f Brugnon, mot derive au sei- 
zieme siecle de Pitalien brugna. 

Brwine, origine inconnue. 

Jfftfife, origine inconnue. — 
D. bruit, tbruiter, bruissement. — | 
Le participe present de bruire est 
bruyant. I 

BVtti*, *oy. bruire, | 

Brvktc -pour point (a), a Po- 
rigine coup de feu tire d'assez pres 

Cir bruler le pourpoint. Voy. | 
ter et pourpoint. | 

AVdlef, anciennement brus- ' 
let, en iialien brustolare, du L. 
perustulare*, bruler entierement, 
consumer. De ustus participe de 
were, bruler, s'est produit, confor- , 
momenta la regledonneep. xxxin, 
ie verbe ustare % qui a donne a son 
tour le diminutif ustulare (reste 
dans Tancien espagnoi uslar, bru- 
ler, qui est pour ust'lar) . De meme 
que ustus a donne ustulare, le la- 
tin perustus (de perurere, bruler 
entierement) , a donne par Pinter- | 
mediaire de perustare, la forme 
derivee perustulare (qui s'est con- 
servee presque intacte dans Pita- 
lien brustolare, bruler). 

Quant au changement du latin 
perustulare en brusler, perust{u\- 
lare a perdu, suivant la regie 
(voy . accointer) , son 8 ; perust'lare 
s'est contracte en prusflare par 
la chute de la premiere voyelle 
(voy. briller); \ep latin estdevenu 
b (voy. p. cu), et brust'lare par 
Passimilation de tl en 11, et la re- 
duction de II en I (voy. bouleau) 
a donne bruslar et enfin Tancien 
francos brusler (surla chute de 



T* francais, voy. abime). — D. 
brulure, br&lot. 

Brnme, du L. bruma. — D. 
brumeuz. 

AVtm, de Tancien haut alle- 
mand brify (brun). — D. brune 
subst.; brunir, brunissage, bru- 
ndtre, embrunir, rembrunir, 

f Brusque, venu au seizieme 
siecle de Pitalien brusco (rude, 
sombre). — D. brusquer, brus- 
querie. 

Brat, du L. brutus (lourd, pe< 
sant). — D. brutal, brutaliti, bru- 
taliser. 

BrMyant, voy. bruire. ~ D. 
bruyamment (pour bruyantment, 
voy. abondamment) . 

BV«tuene,anciennementbrti#re 
de brugaria* (bruyere dans plu- 
sieurs textes latins de la premiere 
partie du moyen age. Ce mot vient 
des langues celtiques et est un di- 
minutif du breton brug bruyere). 

— Quant au changement de bru- 
garia en bruyere, voy. allier pour 
la chute du g latin ; voy. dnier, 
pour le changement du suffixe 
aria en iere. 

Buandier, voy. buie. 

Bubon, du grec pou&ov (tu- 
meur a 1 aine. propr. aine). 

Buccal, du L buccalis (relatif 
a la boucbe) . 

Buche, ancien francais busche, 
en provencal busca, du L> bosca* t 
forme feminine de boscum (bois. 
Voy. ce mot) . Sur le changement 
de ca en che. voy. acharner; sur 
celui de o latin en u, voy. curie. 

— D. bUcker, bucheron. 
Bueollque, du grec pooxo- 

Xixos (pastoral). 

f Budget, venu a la fin de 
TEmpire(l814), deTanglais budget 
(meme sens) . 

Btiec, origine inconnue. — D. 
buandier, buanderie. 

Buffet, origine inconnue. 



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BUR 



106 



BUT 



Buflle. du L. bufalus (buffle, 
dans Fortunat, forme secondaire 
de bubalus). — D. buffletin, buf- 
fleterie. 

Bwis, du L. bums (buis) . — 
Sur x devenu *, voy. ajouter; 
u latin accentue devient ux dans : 
pertuis (pertusus), cuivre (cup- 
rum), dutre (due* re. Composes: 
condutre, reduire, seduire, etc....), 
fuir (fug're), luire(luc're), aiguille 
(actt'-.la*), cutstre (custor*). U la- 
tin devient ui par attraction de Vi 
dans > jutn (Junius), pluie (pluvia), 
futs.(fugio), aigutser (acutiare), 
putts (putius*). — D. buisson. 
(Pour rextension du sens, voy. 
p. xxu). 

Buisson, voy. buis, 

Bulbe, du L. bulbus (oignon). 

Bulle, du L. buUa (globule). 
Bulle avait aussi le sens de petite 
boule de metal qu'on appendait au 
sceau des lettres patentes, d'ou le 
nom de bulle donne aux lettres pa- 
tentes des papes. 

f Bulletin, venu au seizieme 
siecle, de Pitalien bulletina (meme 
sens). 

Buwe, du L. burr a* (etoffe 
grossiere : Nobilis horribili jun- 
gatur purpura burrae, dit une 
epigramme attribute a Eucerias. 
— D. bureau (etoffe de laine : v6tu 
de simple bureau, a dit Boileau) ; 
puis tame recouverte d'un tapis de 
bureau. 

Bureau, voy. bure. — D. bu- 
raliste, bureaucratie (de bureau 
et de cratie; voy. aristocratie, de- 
mocratic) , bureaucrate. 

Burette, diminutif de l'ancien 
francais bure (bouteille), dont l'o- 
rigine est inconnue. 

f Bnrgrnve , venu de l'alle- 
mand burggraf (comte du chateau) . 

f Burin, venu , comme la plu- 
part des termes d'art, del'ital. bo- 
rino (meme sens). 



| f Burle«q«e,venuau seizieme 
siecle de Pital. burlesco (grotes- 
que). 

I Bnrnons, mot apporte" d'A- 
frique par les voyageurs. (Arabe 
bornos, meme sens). 

f Base, mot que Ton trouve 
aussi 6crit busque et buste au sei- 
zieme siecle, et qui est une cor- 
ruption de l'italien busto (voy. 
buste). 

Buse, du L. buteo (epervier, 
dans Pline). — Pour le change- 
ment de teo en se par l'interme- 
diaire de rto, voy. agencer. — D. 
busard, faucon. 

f Baste, venu au seizieme 
siecle de l'italien busto (buste). 

But, voy. outer. 

Bute*, neurter, frapper en ge- 
neral , dans notre ancienne langue, 
il s'est restreint dans le francais 
modernea certaines acceptions spe- 
ciales ; Stymoiogiquement buter 
est une variante dialectale de bou~ 
ter (voy. ce mot). — D. but (pro- 
prement le point ou Ton vise, ou 
Ton veut frapper, ou Ton veut ou- 
ter; but est substantif verbal), re- 
buter, rebut, dtbut, delmter. 

Butin, mot d'orimne germa- 
nique (moyen baut allemand bu- 
ten, butin). — D. butiner. 

Butor, oiseau de proie, mot 
d'origine inconnue. La stupidite 
de cet oiseau est proverbiale; et 
on dit metaphoriquement un bu- 
tor, comme on dit une buse (qui 
est proprement un oiseau de proie 
qu'on ne peut dresser pour la 
chasse, voy. buse). 

Butte , anciennement bute t 
forme teminine.de but (voy. ce 
mot) : les deux mots ont la m£me 
origine, et avaient primitivement 
le meme sens, comme cela est vi 
sible par la locution Sire en butte d, 
e'est-a-dire servir de but a. Le but 
etant place d'ordinaire sur un tertre 



yGoogk 



GAB 



107 



GAB 



elev6, le mot ne tarda point a de- 
signer ce tertre lui-meme; puis le 
sens originaire s'est perdu. 

UNvewr, ancien francais beu- 
veur, plus ancien nement beveiir, 
a l'origine beveor, duL. bibitorem 
(buveur, dans Isidore de Seville). 
— Bibi{i)orem a donne beveor 
par la chute du t m6dial (voy. ab- 
baye), le changement de o en v 
(voy. avant), celui des deux t 
atones en e (voy. mettre). — Be- 
veor , est devenu beveur, par le 
changement de to en eu (voy. 



axeut); puis beuveur par le chan- 
gement de la premiere voyelle (e), 
en eu (voy. jumeau); enfin on- 
veur oar fa reduction de eu a u 
(voy. jumeau). — L'espagnol oe- 
ttedor, 1'italien bevitore confirment 
cette derivation. — Par une trans- 
formation identique a celle que 
nous venons d'etudier, bibentem a 
donne buvant (pour les permuta- 
tions, voy. ci-dessus), d'oii buya- 
ble, buvette, etc.... 

bjmqi, du L. byssus (sorte de 
lin tres-fin). 



fa, adv. signif. ici, du L. 
ecc'ac* (compose de ecce-hac, 
comme ecciste, eccille sont pour 
ecce-iste, ecce^lle. Sur la chute de 
Vh dans ecce-hac, voy. atelier. 
Ecce a deja le sens did dans plu- 
sieurs textes du septieme siecle et 
du huitieme. On trouve par ex- 
emple : Parentes ecce habeo multos 
(J'ai ici heaucoup de parents). La 
locution ecce-hac est done un ve- 
ritable pleonasme ; pour le change- 
ment de ecc'ac en ca, voy. au mot 
ce. 

f cabale, mot d'origine he- 
braique, la cabale etant propre- 
ment la tradition judaique pour 
Interpretation de PAncien Testa- 
ament (de l'hebreu Kabala, doc- 
trine traditionnelle) ; ce mot qui 
prit au moyen age le sens d'interpre- 
tation cachee, puis de science mys- 
terieuse pour commercer avec les 
etres surnaturels, a donne l'adjec- 
tif cabalistique. — Du sens de me- 
nees occultes, d'effbrts caches 



pour atteindre un but, est venu la 
signification actuelle du mot ca- 
bale (d'oii cabaler). 

f caban, venu au seizieme 
siecle de l'espagnol gaban (meme 
sens). 

Cabane, du L. capanna (ca- 
bane dans Isidore de Seville : Tu~ 
gurium, dit-il, parvacasa est; hoc 
rustici capanna vocant. On trouve 
deja cabanna, au huitieme siecle, 
dans les Gloses de Reichenau). — 
Sur le changement de p en b } voy. 
abeille. — D. cabanon. 

€a6a#*e*, origine inconnue. — 
D. cabaretier. 

Cabas, origine inconnue. 

f cabestan, au dix-septieme 
siecle capestan, venu de l'anglais 
capstan (m£me sens). 

f cablne, venu de l'anglais 
cabin (meme sens). 

f Cabinet, venu au seizieme 
siecle de 1'italien gabineUo (cabi- 
net). 

Cable y du L. capUm (qui se 



yGoogk 



CAC 



108 



CAC 



trouve au sens de corde dans 
Isidore de Seville a c6te de la 
forme capulum) : sur le change- 
ment de p en 6, voy. abeille. 

Caboche, diminutif du L. ca- 
put (t£te), par le suffixe ochte 
(oceus) , qui se retrouve dans 4pi- 
noche, pioche etc.... Sur le chan- 
gement de p en 6 dans caput (qui 
est dans le Lex salica, cabo), voy. 
abeille. 

fCaboter, cabotage, venu de 
Titalien cabotaggio (m§me sens). 
— D. caboteur, cabotin (comedien 
ambulant qui va de ville en ville, 
comme le marin caboie de port en 
port. 

Cabotin, voy. caboter, 

f Cabrer , se dresser comme 
une chevre sur les pieds de der- 
riere; venu au seizieme siecle de 
1 espagnol cobra (chevre). 

f Cabri, anciennement cabrit 
(chevreau), du provencal cabrit 
qui est le latin capritum* (che- 
vreau dans les Lois Barbares, de 
capra, chevre). 

f Cabriole, dans Montaigne ca- 
priole, venu au seizieme siecle de 
ritalien capriola (mfime sens, pro- 
prement saut de jeune chevre). — 
D. cabrioler, cabriolet (voiture a 
deux roues, qui saute, qui cabriole 
par sa 16geret6). 

Cabriolet, voy. cabriole. 

€«6tt«, derive indirectem en t du 
L. caput (tfite : prbprement chou a 
ttte. Pour le changement de p en 
by voy. abeille. Pour chou-cabus, 
I'allemand dit Kopfkohl (litterale- 
ment chou d Ute), ritalien capuc- 
cto (proprement pelite tite), formes 
qui confirment Porigine du mot 
francais. 

f Cacao, mot venu d'Amenque 
a la fin do seizieme siecle.— D. ca- 
caotier. 

t Cachalot, mot venu de Fan- 
glais cachalot (mime sens). 



| fcaehemtre, 6toffe originaire* 
ment tissee dans le royaume de 
Cachemire. 

| Cache**, en italien quattare, 
du L. coactare (6tre press£, foule, 
comprint, d'ou par extension se 
cacher, ce qui est proprement se 
tapir, se blottir, se comprimer) : 
d'ailleurs on trouve en francais ca- 
cher au sens actif de fouler, de 
presser dans ce vers de Ronsard : 
A pieds deschaux cache le vin nou- 
veau (Pieds nus, il e" craze le rai- 
sin), ce qui met hors de doute 
. retymologie : de mfime en italien 
qualto signifie a la fois cache" et 
| comprime. 

Quant a la forme,'coactare a don- 
n6 cacher : 1° par le changement 
de ct en ch 9 voy. altecher; 2° par la 
suppression de Yo (cacher pour 
| coacher) ; cette suppression de Yo 
devant a se retrouve dans cailler 
de coa glare, qui eta it dans notre 
| ancienne langue coailler (voy. caiU> 
ler). — D. cache (substantif ver- 
bal) : cachette; cachet (proprement 
qui sert a cacher le contenu d'une 
lettre); cachotter, d'ou cachot (sub- 
stantif verbal); cachotterie. 

Cachet, voy. cacher. — D. ca~ 
cheter, dicacheter. 

Cachot, qui avait ongmaire- 
ment le sens, non de prison, mats 
de cachette (Ambroise Pare parle 
des cachoU des b4tes sauvages), est 
le substantif verbal de cachotter 
(voy. cacher). 

Cacocbyme, du grec xorxoxv- 
|io: (dhumeurs malsaines). 

Cacographle, du grec xotxo- 
ypoqpta (proprement mauvaise Ven- 
ture). 

Cacologie, du grec xaxoXoyCa 
(locution vicieuse). 

Cacophonle, du grec xaxofia- 
vt'a (dissonance). 

Cacto*, du grec xdxro; (m£me 
sens). 



y Google 



CAD 



109 



GAG 



Cudmmtre. anciennement cap- 
dastre, en itaiien catastro, du L. 
capitastrum* (registre servant a 
l'assiette de Fimpdt, derive de ca- 
put qui a, dans le latin classique, 
le sens de montant d'une contri- 
bution). L'espagnol a tire de meme 
cabexon (role de perception), de 
cabexa (tfete). 

Cap(i)tastrum, a perdu son £, 
suivant la regie (voy. accointer), 
et a donne cadastre par le change- 
ment de pt en d que Ton retrouve 
dans malade (male-aptus), cadet 
(cap'lellum*). 

Cadavre, du L. cadaver (mfime 
sens). — D. cadavtrique, cadavi- 
reux. 

Cadeau, signifie proprement les 
traits de plumes entrelaces, dont 
les mat ires d'ecriture ornent leurs 
exemples; tel Itait le sens du mot 
jusqu au seizieme siecle ; il prend 
alors le sens de futilites, de passe- 
temps agreable, mais inutile ; faire 
des cadeaux se disait pour : s'amu- 
ser a des riens, a des bagatelles ; 
cadeau devint Fequivalent d'a- 
museroent, de divertissement, de 
ffite : Taime les visites , les ca- 
deaux, les promenades, en un mot 
toutes les choses de plaisir (Mo- 
liere, dans le Mariaae force). II 
s'appliquait en particulier aux f&tes 
que Ton offrait aux femmes : don- 
ner aux femmes un cadeau de mu- 
sique et de danse, disait-on audix- 
septieme siecle. — C'est de cette 
locution donner un cadeau (don- 
ner une fete), qu'est derive le sens 
actuel de present donne au mot 
cadeau, de don fait a quelqu'un. 
— On voit combien Thistoire de ce 
mot nous eloigne fie sa significa- 
tion primitive. — Au sens origi- 
naire de traits de plume entrela- 
ces. qui forment comme un en- 
chainement calliKraphique, cadeau 
qui est au douzieme siecle cadel 9 



dans le po£me de Gerard de Rous- 
sillon, yient, par i'intermediaire 
du provencal , du L. catellus (pe- 
tite chaine). 

fcadena*, dans Rabelais cate- 
nas, venu au seizieme siecle de 
Titalien catenaccio (meme sens). 

— D. cadenasser. 

t Cadence, venu au seizieme 
siecle de 1'ital. cadenza (cadence), 

— D. cadencer. 

fCadene, venu du provencal 
cadena (chaine), derive lui-mdme 
du L. catena (chaine). 

Cadeaette, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) : coiffure, 
coupe de cheveux mise k la mode 
sous Louis XIII, par le seigneur de 
Cadenet (Honore d'Albret, freredu 
due de Luynes). 

f Cadet 9 mot venu du proven- 
cal capdet qui est le latin cap'tet- 
tum*, capttettum (diminutif de 
caput, chef; le fils aine etant consi- 
dere comme le premier chef de la 
famille, — le second des enfants, 
le cadet, est proprement le second 
chef, le petit chef. 

Cadran, ancien francais qua- 
drant, du L. quadrantem (cadran 
solaire; proprement plan sur le- 
quel les heures sont tracees). 

f Cadre, venu au seizieme sie- 
cle de Tital. ouadro (cadre). — D. 
cadrer, encadrer. 

Cadae, du L. caducus (meme 
sens). — D. caducite. 

Cadneee, du L. caduceum (ba- 
guette de heraut). 

Cafard, origine inconnue. 

fcafe, mot apporte de TOrient 
par les voyageurs, au commence- 
ment du dix-septieme siecle, et 
qui est le turc kahveh (cafe). — 
D. cajier, cafetier, cafetiere. 

Cage, du L. cavea (cage). - 1 

Sur le changement de ea en ge, 

voy. agencer et abre'ger; sur la 

chute du V, voy. aVUger. — D. ca- 

1 



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CAI 



110 



CAL 



joler (pour cageoler), qui avait 
dans notre ancienne languele sens 
de chanter comme un oiseau en 
cage, a oris, par une transition na- 
turelle, la signification de seduire 
par des paroles insinuantes, de 
flatter. 

f Cagneax, qui marche comme 
un chien basset, dimmutif de ear 
gne venu de Pital. cagna (chienne). 

Cagot, origine inconnue. 

Cahte+y anciennement cayer, 
a Porigine quayer, du L quater- 
num* (cahier de quatre feuilles, 
puis cahier en general) . — Sur la 
chute du t medial, qua{i)ernum, 
voy. abbaye; sur la reduction de 
m final a n, voy aubour ; sur le 
changement de qua en ca , voyez 
car; sur ('intercalation nun h 
voy. p. lxxxix— L'italien quader- 
no (cahier;. le Catalan cuern (ca- 
hier), confirment cette origine. 

Cahln-caha, expression tiree 
du L. qua htnc, — qua hoc (par 
ci, par la). 

Cahotcr, origine inconnue. — 
D. cahot (substantif verbal) . 

f Canute, proprement cabine 
de navire, les marins disent cajute, 
du hollandais Kajuit (cabine). 

Cctteu , origine inconnue. 

Caiiie, ancien francais quail- 
le, en italien quaglia, du latin du 
moyen age quaquila (caille). Qua- 
quila, regufierement contracts en 
quaff la (voy. p. lxxxi), a donne 
caille par le changement l°de qua 
en ca (voy. car); 2° par celui de 
cl en %l (voy. abeille). — Quant a 
la forme latine quaquila, elle est 
d'origine germanique et corres- 
pond a l'ancien neerlandais qua- 
kele (caille). 

Coif let* , ancien francais coaiU 
ler, du L. coagulare (cailler). 
Coag(iX)lare, contracts riguliere- 
ment (voy. accointer), en coag'la- 
re, a donne le vieux francais cooil- 



ler par le changement de al en il, 
qu'on retrouve dans : vetTler (vi- 
0'Jare, tut'Ze (te^Za), 6trttte (stri- 
0'iis), tratfle (traj/'ia), friteux (fri- 
0'iosus * ) , frile (ancien francais 
fraile de fragr'lis. Pour la chute de 
Vo, et le changement de coaiUer 
en cailler f voy. cocker. — D. caiV- 
lot. 

CaUMou, origine inconnue.— 
D. cailloutage, 

f Caiman, mot venu des colo- 
nies americaines, par l'interme- 
diaire de la transcription espa- 
gnole cayman. 

f Catese, du L. capsa (coflfre) . 
par Pinterm6diaire du prove'nc.al 
caissa. — Sur a (capsa) devenu at, 
voy. aigle. — Ps s'est assimile et 
est devenu ss. Cette assimilation 
existait deja en latin; on trouve 
issa, scrisi, pour ipsa, scripsi, 
dans un texte du huitieme siecle ; 
et ce changement de ps en ss 6tait 
accompli depuis bien des siecles 
dans le latin populaire, puisque 
Suetone raconte que l'empereur 
Claude mitun senateur a l'amende 
pour avoir prononce me au lieu 

i d'ipse {ss devient s dans des de 

I 'de~ipso % mime anciennement mes- 

1 me de metipsimus*). Pt s'assimile 
egalement : grotte (crypta), recede 
(recepta), — chasser (captiare*), 
ni6ce (neptia*), nocc (nupliae*), 
ranpon ( redempfionem ) , confer 

• (comp'fare), emprunfer (impromp- 
tare*), ente (imp'tus*). — Pro de- 
vient m : semame (septimana. — 

> D caissier, caisson, encaisser. 

I Cajotew, voy. cage. — D. ca- 
jolerie. 

'" Cal , du L. callus (m6me sens). 

I Calamity , du L. calamitaUm 

1 (malheur). 

1. €alan<tt«e. alouette,du grec 
xapaSpto;, par rintermediaire du 
latin caradrion qui est dans la 
Vulgate : sur le changement de r 



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GAL 



111 



GAL 



en J, voy. autel; sur rintercalation 
d'un n , voy. concombre. 

2. CafaaMf»*e, cylindre pour 
lustrer les etoffes ; du L. cylindrus 
(meme sens) : sur le chaogement 
de y en a, voy. p. lxxxvi et au mot 
baianee; sur celui de in en an 
voy. p lxxx. — D. calandrer. 

Calealre, du L. calcariut (de 
chaux). 

Caletner, du L. calcinate* (r6- 
duire en caUem, en chaux). 

Caleul, du L. calculus (propre- 
ment caillou , et aussi jelon pour 
compter, puis compte, caleul. — 
D. calculer, cakulateur, incalcu- 
lable, calculeux. 

fl. Cale (de navire), vient de 
Pitalien cala (cale). 

f 2. cale, coin de bois pour sou- 
ten ir, pour caler, venu de Palle- 
mand Keil (coin servant a caler) . 

| calebasse, venu au seizieme 
siecle, de l'espagnol calabaxa (ca- 
Jebasse). 

fcaleeae, venu des langues 
slaves (polonais kolaska, slav. &o- 
lassa) par Pintermediaire de l'alle- 
mand Kalesche (caleche). 

f caleeon, venu au seizieme 
siecle de Pitalien calzone (meme 
sens). 

Calemboar, origine inconnue. 

Calendes, du L. calendx (le 
premier jour du mois). 

Cafett«ft*ie*>, ancien francais 
calendier, du L. calendarium (ca- 
lendrier). — Pour le changement 
dearium en ter, voy. dnier; pour 
Pinsertion de r, voy. chanvre. 

Caleptn, mot d'origine histori- 
que (voy. p. lxiv). Ce mot, qui ne 
signifie plus aujourd'hui qu'un pe- 
tit agenda, avait, au dix-septieme 
siecle, le sens de vaste recueil de 
notes. (Boileau l'emploie encore 
dans ce sens : Qui de sts revenus 
e'erits par alphabet Pent fournir 
outwent un calepin complete Ce 



mot designait, a Porigine, un vo- 
lumineux diction nai re en six lan- 
gues, tres-r6pandu dans les pre- 
mieres annees du seizieme siecle, 
et dont Pauteur etait Ambroise Ca- 
lepin, moine Augustin mort en 
1511. 

Cafe**, voy. cale 2. 

t Calfater, dans Rabelais cal- 
lafater, venu au seizieme siecle de 
Pitalien calafatare (calfater). — 
D. calfat (substantif verbal). Des le 
seizieme siecle, le verbe calfater a 
et6 corrompu en calfeutrer {calfeu- 
trer un navire n'est pas rare dans 
les auteurs du seizieme siecle). 

Calfeutrer, voy. calfater. 

f Calibre, venu au seizieme 
siecle de Pitalien calibro (mfime 
sens). 

1. callee, du L. calicem (vase). 

2. CaWce, du L. calycem (calico 
des fleurs). 

Calieot, mot d'origine histori- 
cjue (voy. p. lxiv), toile de coton, 
importee de la ville de Calicut, qui 
en faisait sa principale industrie. 

t Callfe. de Parabe Khalifa 
(successeur au prophete). 

CaUfourchoti, origine incon- 
nue. 

Cafitt, origine inconnue. — 
D. cdliner, caltnerie. 

Calleux, du L. callosus (cal- 
leux). — Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. — D. callosiU. 

Calllgraphe, du grec xdXXoc 
(beautS), et ypdfeiv (ecrire). — D. 
calligraphic, 

f Caloie,venude Pitalien calma 
(mdine sens). — D. calmer. 

Calomnle, du L. calumnia 
(meme sens). — D. calomniateur, 
calomnier. 

Calorlfere, mot forge a Paide 
du latin calor (cbaleur), et ferus 
(qui porte). 

Calotte, origine inconnue. 

t Calauer, venu au seizieme 



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GAM 



112 



CAN 



stecle (comrae beaucoup de termes 
de dessin) de l'italien calcare (cal- 
quer). — D. caique (substantif ver- 
bal), decalquer. 

Calvltle, du L. canities (meme 
sens). 

Cawnateu, voy. came'e, 

f Camall, a 1 origine cotte de 
maille des chevaliers, couvrantseu- 
lement la t6te et les epaules; au- 
jourd'hui petit vehement du clerge 
couvrant la t£te et les epaules jus- 
qu'a la ceinture : mot venu, au 
moyen age, du provencal capmail 
(camail).qui est le latin caput (tete) 
et macula (maille) ; proprement ar- 
mure de mailles pour la t£te : pour 
l'etymologie de maiUe, voy. ce 
mot. 

f Camarade,venu au seizieme 
siecle del'espagnol camarada (pro- 

f>rement : celui qui demeure dans 
a meme chambre ; terme originai- 
rement militaire). — D. camara- 
derie. 

Cantatui, origine. inconnue. 
Voy. camus. 

f camfeoulft, ancien francais 
cambois, venu du provencal ca- 
mois (boue), dont Torigine est in- 
connue. 

Catnbrer, courber, du L. ca- 
merare (vouter). Sarla chute de e 
cam{$)rare, voy. accointer. — Sur 
ro'r devenu mbr, voy. absoudre. — 
D. cambrure. 

f Camlinie, cuisine du navire, 
venu de l'anglais caboose (m6me 
sens). 

\ Cam^e, venu au seizieme 
siecle de l'italien cameo (camee). 
— D. camaieu. 

Cameteon, du grec xaiiaiXecov 
(cam&eon). 

' Camelot, etoffe de poil , et a 
l'origine de poil de chameau. Ge 
mot, qui est dans les textes latins 
du moyen age camelotum, est un 
derive du L. camelus (chameau), 



f Camerler, venu de ftt&Sttn 
cameriere (officier de la cham- 
bre). 

f Camerlate, venu de l'italien 
camerista (femme de chambre). 

Camion, origine inconnue. 

f Camisole, venu au seizieme 
siecle de l'italien camiciula (meme 
sens). 

f camomllle, venu au seizieme 
siecle de l'italien camomilla (ca- 
momille). 

Camoullet, origine inconnue. 

Camp, du L. campus (champ 
de bataille, proprement : le terrain 
sur lequel une armee dresse ses 
tentes, avant le combat) . — D. cam- 
per, de'eamper. 

Campagne, du L. campania 
(qu'on trouve d6ja au sens de 
plaine> dans les arpenteurs ro- 
mains). Sur le changement de ania 
en agne, voy. montagne. — L'an- 
cien francais disait champagne 
pour campagne. qui originairement 
appartient au dialecte picard (voy. 
Grammaire historique de la lan- 
gue frangaise, p. 48), et s'est 
implante assez tard en francais. — 
D. campagnard. 

f Campanile, venu de l'italien 
campanile (clocher). 

f campaaule, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien campanula 
(clochette). 

Campdehe, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) ; bois qu'on 
tire des forets qui bordent la baie 
de Campeche. 

Camper, voy. camp. — D. 
campemeni. 

Compare, du L. camphora*, 
qui est d'origine arabe {Kafar) : 
sur la chute de To latin camph(o)ra, 
voy. ancre. 

Cam*m* 9 origine inconnue. 

f canaille, venu au seizieme 
' siecle de l'italien canaglia (mime 
! sens). 



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CAN 



113 



CAN 



Canal, du L. canalis (canal). 

— D. canaliser. 

| Canape, venu au seizieme 
siecle de l'itdien canopi (meme 
sens). Rabelais dit conope'e. 

Coatot* «f, voy. cane. — D. ca- 
narder. 

Canart, anciennement cana- 
ries, mot d'origine historique (voy. 
p. uav) , serin des lies Canaries. 

€aatcatt, onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. cancaner I 

Caneer, du L cancer (ulcere). 

— D. cancereux 

€naet*e, proprement crabe, du I 
L. cancer (crabe) ; sur la chute de 
de Ye latin, voy. p. lxxxi. Ce mot 
appartient originairement au dia- 
lecte picard (voy. Grammaire his- 
Unique de la langue francaise, 

5. 42) , et n'est entre qu'assez tard 
ans notre langue. 

Candelanre, du L. candela- 
brum (meme sens). 

Candeur, du L. candor (blan- 
cheur). 

f Condi, venu au seizieme sie- 
cle de l'italien candi (meme sens) . 

Candidas, du L. candidatus 
(qui brigue une charge). — D. can- 
didature. 

Candlde, du latin candidus 
(blanc). I 

Cane, bateau dans le vieux 
franca is ; puis canard. Ce mot, qui 
a l'ongine a le sens de bateau dans 
notre ancienne langue, prend assez 
tard la signification quil possede 
aujourd'hui : la transition d'idee 
estcelle d'animal flottantsur l'eau, 
comme un bateau. — Cane vient 
de l'allemand Kahn (bateau) — D. 
canard , cane ton; au sens de ba- ! 
teau, cane a laisse le diminutif 
canot. 

Canennore, du grec xavrj^o- 
poc (porteuse de corbeille). 

f Canette, diminutif de cane , 
qui est l'allemand Kanne (cruche, 



pot). — D. canon (mesure pour les 
liquides). 

f caaerao, venu au seizieme 
siecle de l'italien canavaccio (meme 
sens, proprement : grosse toile a 
broder). 

Canlene, derive* du L. canu 
(chien). 

caaleule,duL.cantcuia(m 8.). 

Cnttf/*, mot d'origine germani- 
que (anglo-saxon cntf, couteau). 

Canine, du L. canina (de 
chien). 

Cattiveatf, origine inconnue. 

Caattte, du L canna (roseau, 
jonc) — D.cannelle,canneU t can- 
nelure* canon (avant de signifier 
f>iece d'artillerie, ce mot designait 
e canon, le tubedu fusil, et k 1'ori- 
gine le fflt, la canne de VarbaUte) 

1. Canon, voy. canne — D, 
canonner, canonnade, canonnter t 
canonntere. 

2. Canon, regie, decret , du L 
canon (regie). — D. canonique, 
canoniser (inscrire sur le canon, 
sur la liste des saints). 

canoatcat, du L. canonicatus* 
(benefice du canonicus, du cha- 
noine). 

Caaonloer, voy. canon 2. — 
D. canonisation 

Canot, voy. cane. 

f Cantaloup, mot d'origine his- 
torique, dont on trouvera i'6tymo- 
logie a la page lziv. 

f Cantate, venu de l'italien 
cantata (cantate). 

f Cantatrlee, venu de l'italien 
cantatrice (chanteuse). 

Cantharlde, du L. canthari- 
dem (meme sens). 

Cantllene, du L, cantilena 
(meme sens) 

f Cantlne* venu au seizieme 
siecle de l'italien cantina (m6me 
sens). — D. cantini&r'. 

cantloue, du L. caniicum(m&- 
me sens): 



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CAP 



114 



CAR 



Canton, origine inconnue. — 
D. cantonal, cantonner, cantonne- 
ment, canlonnier, 
{ f cantonade, de l'italien can- 
tonata (mSme sens). 

Canute, du L. cannula (mSme 
sens). 

f Caoutehoue, mot d'origine 
americaine [cahutchu dans les lan- 
gues indiennes), 

f Cap, mot venu an seizieme 
siecb de l'italien capo (cap). L'i- 
talien a aussi le sens de tgte; d'ou 
l'expression de pied en cap (c'est- 
a-dire de la tSte aux pieds). 

Capable, du L. capabilis* (mi- 
me sens). — Sur abilis devenu 
able, voy. affable. 

Capactte, du L. capacitatem 
(toeme sens) . 

\ Capara$on,venu au seizieme 
siecle de l'espagnol caparacon 
(m§me sens). 

Cape, du L. cappa (manteau a 
capuchou, dans Isidore de Seville). 
Sur pp devenu p, voy. chape. Sur 
Introduction du mot cape en fran- 
cais, voy. Grammaire hislorique 
de la langue frangaise, p. 42. — 
D. capeline, capotte. 

Capef ttte, voy. cape. 

Caplllatre, du L. capillaris (de 
cheveu). 

f capilotade, au seizieme sie- 
cle cabirotade, venu de l'espagnol 
cabirotada (mime sens). 

Capttalne, venu vers le qua- 
torzieme siecle de capitaneus, for- 
me que le latin du moyen age avait 
tiree de caput (chef). 

Capital, du L. cavitalis (meme 
sens). — D. capital, capitaliser, 

T'taliste. 
Cap! tan, venu au seizieme 
siecle de l'espagnol capitan (capi- 
taine). 

t caplteux, venu au seizieme 
siecle de l'italien capitoso (m&ne 



f Caption, venu de ritalien ca- 
pitone (bourre de soie). — D. ca- 
pttonner. 

Capltuler, du L. capitulate* 
(fixer les conditions, les chapitres 
de la convention d'abandon). — D. 
capitulation, capitulaire. 

f capon, venu de l'italien cap- 
pone (chapon). — D. caponner. 

f caporal, venu au seizieme 
siecle de l'italien caporale (m. 8.). 

Capote, voy. cape. 

Cdpt*c, du L. capparis (capre). 
— Sur la chute du dernier a, voy. 
asperge. 

f Caprice, venu au seizieme 
siecle de l'italien capriccio (m§me 
sens). — D. caprtcieux. 

Caprlcorne, du L. capricornus 
(raSme sens). 

Capsule, du L. capsula (petite 
boite) , 

Capter, du L. captare (pren- 
dre). — D. captation, captateur. 

captlf, du L. captivus (meme 
sens). — D. captivite', captiver. 

Capture, du L. captura (action 
de saisir). — D. capturer. 

f Capuce, venu au seizieme sie- 
cle de ritalien capuccio (meme 
sens). — D. capucin, capuctne 
(fleur en forme de capuce). 

f Caquer. anciennement qua- 
quer, venu au hollandais kaaken 
(caquer).— D. caque, encaquer. 

Caqueter, onomatopee (voy. 
p. lxv). — d. caquet (substantif 
verbal) . 

Car, du L. quart (c'est pour- 
quoi).Dans notre ancienne langue, 
car avait garde son sens etymolo- 
gique : *Jene sais ni car ; ni com- 
ment, » disait-on au treizieme sie- 
cle (au lieu de : Je ne sais ni 
pourquoi, ni comment). — Quant 
changement du qu latin en c, on 
le trouve deja effectue* dans nombre 
descriptions de l'Empire : coti- 
die, condam, alico, etc.... pour 



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CAR 



115 



CAR 



quotidie, quondam, aliqtio. — Qu 
latin devient c dur en fran$ais 
dans : car (quare), casser (quas- 
sare), comme (quomodo), coi (quie- 
tus) , carillon (quatermonem), crier 
(qui ri tare), cote (quota), carriere 
(quadraria), carrelour (quadrifur- 
cum), carnet (quaternetum*) . ca- 
reme (quadragesima) , caille (qua- 
quila*) , cahier (quaternum), carre 
(quadratus), lac (laqueus), encan 
(in quantum) , one (unquam), cha- 
cun (quisque unus).— Qu latin de- 
vient cdouxdans : cinq (quinque), 
cinquante (quinqyaginta), cercelle 
(ouerquedula) ; il devient ch dans 
crane (quercinus), cAacun (quisque 
unus); il devient s dans cuisine 
(coquina). — Certaines inscriptions 
romaines du troisieme siecle don- 
nent d6ja cocere , cinque pour co- 
quere, quinque. 

f carabine, venu au seizieme 
siecle de l'italien carabina (mdme 
sens). — Dtcarabin (au seizieme 
siecle, soldat arme* d'une cara- 
bine; on donna aux garyons chi- 
rurgiens, et a l'ongine aux garcons 
apothicaires le sobriquet de cara- 
otn d genoux, de la le sens actuel 
de carabtn) ; carabmier. 

f caracole, venu au seizieme 
siecle de l'espagnol earacol (m£me 
sens. — D. caraeoller. . 

Caraciere, du L. character 
(marque). — D. caractdriser ', ca- 
racUristique. 

f Carafe, venu au seizieme sie- 
cle de l'italien cara/7a(mSraesens). 

— D. carafon. 
Caramfcoler, origine inconnue. 

— D. carambolage. 

f Caramel, venu de l'espagnol 
caramello (meme sens). 

t Carapace, venu de l'espagnol 
carapacho (carapace). 

f Carat, venu (comme beaucoup 
de termes de joaillerie) de la langue 
italienne (carato, carat). 



tcararaae, mot rapporte de, 
TOrient par ies voyageurs (arabe 
kairavan). — D. caravanterail, 
proprement matron des caravanet 
(persan karvan-sarax). 

fCaraTelle, venu de fftalien 
caravella (meme sens). 

Carfcone, du L. caroonm (char- 
bon). — D. carboniser, carbonique, 
carbonate. 

■\ carboaade, de l'italien car* 
bonada (meme sens). 

Carcaat, anciennement quer- 
cant y collier de fer, mot venu de 
l'ancien haut allemand querea(go- 
sier). 

f Careaase, venu au seizieme 
siecle de l'italien carcassa (m. s.). 

Carae, du L. carduus (char- 
don). — D. cardon, carder (pei- 
gner avec des cardies, e'est-a-dire 
des fers en forme de carde, de 
chardon), cardeur. 

Cardinal, adj du L. cardina- 
lly (principal, sur quoi toutroule). 

— D. cardinal, substantif. 
Careate, aans notre ancienne 

langue quaresm*^ a l'origine qua- 
raesme y — en italien quarenma, — 
du L. quadragesima (le quaran- 
tining jour avant Paques).^uadro- 
gestyma, ayant perdu son i suivant 
la regie (voy. p. lxxx), devint qua- 
dragesima y et donna carime, l°par 
la chute du g medial quadragesi- 
ma, d'ou le vieux francais quara- 
esme; 2* par le changement de dr 
en r (voy. amere)', 3° par celui de 
qua en ca (voy. car)) 4° par la 
chute de Vs (voy. abime). 

Carene, au seizieme siecle ca- 
fine, du L. carina (m6me sens) 

f Caresae, venu au seizieme 
siecle de l'italien care %%a (caresse) 

— D. caresser. 

t Cargaer , venu du provencal 
cargar (charger), qui est le latin 
carricare (voy. charger). — D. cor- 
gue (substantif verbal), cargaison. 



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CAR 



116 



CAR 



Carlatlde, du giec xapvdfite; 
(m6me sens). 

f Caricature, venu au seizieme 
siecle de Pitalien caricatura (char- 
ge). — D. caricaturiste. 

Carle, du L. caries (meme sens). 

— D. carter 

€ar>if fott, sonnerie de plusieurs 
cloches accordees ensemble, du L. 
quadrilionem (proprement : son- 
nerie de quatre cloches) Sur le 
changement 1° de qua en ca, voy. 
car; 2° de dr en r, voy. arriere. 

— D. carittonner. 

Carlln (chien), origine incon- 
nue. 

f Carmagnole, root d'ongine 
historique (voy p. lot) ; de la ?ille 
de Carmagnole (Piemont) . 

€at*naoe, du L. carnattcum* 
(derive de carnem, chair). — Sur 
le changement de aticum en age, 
voy. Age 

f Carnaoaler, mot venu du pro- 
vencal carnaza (chair morte), qui 
a aussi donne le mot carnassiere, 
gibeciere. Quant au provencal car- 
naza . c'est le latin camacea*, de- 
rive de camera (chair). 

Carnation, du L. carnationem 
(embonpoint). 

f Carnaral, venu au seizieme 
siecle de Pitalien carnovale (car- 
naval). — D. camavalesque. 

Carnet. proprement petit ca- 
hier.de quaiernetum (diminutif de 
quaternum, cahier; voy. ce mot). 
Quaifiernetum, ayant perdu son t 
medial (voy. abbaye), a change 
qua en ca (voy. car). 

Carnivore, du L. carnivorus 
(meme sens). 

Carotlde, du grec xapfotiSe; I 
(mftme sens) . 

Carotte, du L. caroia (carotte, I 
dans Apicius). I 

f Careune, venu de Pitalien 
carrobo (m6me sens). — D. carou- 
bier. I 



€atf»e, du L. carpa (carpe, 
dans Cassiodore, lib. XII, ep. 4 : 
« Destinet carpam Danubius.*). — 
D. carpillon. 

f carquolo, a Porigine tarquois, 
tarquais, du bas-latin tarcasia, 
transcription du has- grec tapxd- 
<Tiov (etui a fleches) , mot rapporte 
d'Orient par les premiers croises 
(comme beaucoup d'autres termes 
a'art militaire du moyen age), et 
qui correspond au turc turkash 
(carquois). 

CarW, voy. carrer, 

Cat^neatf, anciennement ear- 
rely a Porigine quarre'el, du L. 
quadratellum (derive de quadra- 
tus, voy. carri). — Quadra (f)eUum f 
laissant tomber son t medial (voy. 
abbaye), adoucissant dr en r (voy. 
arrUre), et changeant qua initial 
en ca, a donne Pancienne forme 
carrel (rest6e dans carreler, carre- 
lage, cUcarreler), qui est de venue 
carreau par le changement de el 
en eau (voy. agneau). 

Campefour , anciennement 
quarrefour, en provencal carreforc, 
du L. quadrifurcum (double bifur- 
cation). Sur le changement l'de re 
en r, voy. arbalite; 2° de dr en r, 
voy. arriire; 3° de u en ou, voy. 
accouder; 4° de qua en ca, voy. 
car. 

Catfefef, carrelage, voy. car- 
reau, — D. carrelet, 

Carver, du L. quadrare (car- 
rer). Sur qua devenu ca, voy. car; 
sur dr devenu r, voy. arriere. — 
D. carri, contre-carrer, carrure. 

f carrlck, venu de Panglais 
carrick (m&me sens). 

1. Carv&re (de pierre), du L. 
quadraria* (qui a le sens de car- 
riere, dans plusieurs textes du 
moyen age ; la carriere est propre- 
ment le lieu d'ou Pon extrait des 
pierres de taille (quadrata saxa) % 
des pierres a iquarrir. Sur lechan- 



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GAS 



117 



GAS 



gement 1* de qua en ca, voy. ear; 
2* de dr en r, voy. arrtire,;a* de 
orta en Ore, voy. dnier.—D. car- 
rier. 

2. Carrlere . lieu ou courent 
les chars dans le cirque, mot de- 
riv6 de carrus (char). 

f Carriole, venu de l'italien 
carriula (mfime sens). 

f Carresse, venu au seizieme 
siecle de l'italien carroxxa (car- 
rosse).— Dcorromer, carrossable. 

| Carrousel, venu de l'italien 
caroseUo (meme sens). 

carte, du L. charta, carta* (pa- 
pier ecrit) Sur ch devenu c, voy. 
p. xcix. 

f Cartel, de Tit. carteUo (car- 
tel). 

Cartilage, du L. carttlagitnem 
(meme sens). — D. cartilagineux. 

f cartea, venu de l'italien car- 
tone (meme sens). — D. carton- 
nage, cartonnier. 

f Cartouche, venu au seizieme 
siecle de l'italien cartoccio (qui 
possede les deux sens du mot fran- 
cais) 

Cartulalre, du L. chartula- 
rium (registre contenant les titres, 
les actes, les chartulas d'un etabhs- 
sement religieux). 

Cas. du L. casus (meme sens). 

Casaaler, derive par un inter- 
mediaire casana* du L. casa (mai- 
son) : le casanier est proprement 
celui qui reste a la maison. 

f Casaque. venu au seizieme 
siecle de l'italien casacca (casa- 
que). — D. canaquin. 

Camaqniw*) voy. casaque. 

| cascade, venu au seizieme 
siecle de l'italien cascata (cascade) . 

| Case, de l'espagnol cosa(mai- 
son). — D. cosier, caser. (Du sens 
de petite maison est venu celui de 
reduit, de compartiment, de case.) 

j- casemate, venu au seizieme 
siecle de l'italien casamaUa (m. s.). 



t Caserae, venu de l'espagnol 
caserna (meme sens). — D. ca- 
serner, casernement. 

Casftsslr, corruption de cache- 
mire (voy. ce mot). 

f casaar,nommalaisien de cet 
oiseau. 

f Casa*,e, venu de l'italien 
easco (casque). — D. casquet, petit 
casque leger), d'ou casquette 

Casquette, voy. casque. 

1. Cmmsm 9 mot qui s'est restraint 
aujourd'hui au sens special de 
caisse a compartiments (pour les 
caracteres d'imprimerie), mais qui 
avait dans notre ancienne langue 
le sens general de caisse. (11 a per- 
sists avec cette signification dans 
le derive cassette, petite caisse, pe- 
tite boite ) Casse est le L. capsa 
(caisse, bolte). Pour le changement 
de ps en ss, voy. caisse. — D. cas- 
sette, cassetin. 

2. Cmssm, poelon, du bas-latin 
caxa, qui vient lui-m6me de l'an- 
cien haut-allemand keti (poele). — 
D. casserole. 

3 Casse (cannelle), duL. casia 
(cannelier) . — D. castier. 

4. Casme, substantif verbal de 
casser (voy. ce mot), 

Casern*, du L. quassare (briser, 
casser) Sur qua devenu ca . voy. 
car. — D. casse, cassure, cassation, 
concasser. 

Cassenofle, voy casse % 

Cassette, voy casse 1. 

Cassis, origine inconnue. 

f Cassolette, venu de Pespa- 
gnol cazoleta (meme sens). 

f Cassonade,mot venudu por- 
tugais cassonada (mfime sens) 

-f castagaettes, de l'espagnol 
castanetas (meme sens). 

f Caste, du portugais casta (race 
pure, non melangee; d'abord ap- 
plique aux castes des Hindous). 

f Cartel, venu au seizieme sie- 
cle de 1'itaiien castello (meme sens). 



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CAT 



118 



CAU 



Cantor, du L castor (mfime j 
sens). 

Caatrat, du L. castrates (mfime j 
sens). — D castration. I 

Caauel, du L. casualis (acci- 
dentel, fortuit). I 

f Caanlate, venu de i'espagnol 
casuista (memesens). , 

Catachrtae, du grec xaraxpr)- i 
(ji; (abus). 

Cafaclyama, du grec xaxaxXu- 
<rpufc (inondation) 

f Cata«ombea, venu de l'ita- 
lien catacomba (tn6me sens) 

f Catafalque, venu auseizieme 
Steele de l'italien catafalco (m6me 
sens). 

Catalepato, du grec x«Td).yj- 
tyc, (saisissement). — D. catalep- 
tique 

Catalogue, du grec xataXoyo; 
(enumeration). — D. cataloguer. 

cataplaame, du grec xardnXa- 
apwt (application, enduit). 

Catapulte, du L. catapuUa 
(mfimesens). 

Cataracte, du L. cataracta 
(meme sens) . 

Catarrhe, du grec x<rrdp£ovc 
(ecoulement).— D. catarrhal, -eux. 

Cataatrophe, du grec xaxoc- 
<rrpo9T) (renversement, issue mal- 
heureuse). 

Catechlaer, du grec xotrnxi- 
Cetv (enssigner par demandes et 
reponses) , caUchxsme du grec xa- 
tnxCff(M)<; cal4chisle } du grec xa- 
trjxC<mic; catSchumene, du grec 
xa-njxo^H^voc (celui que Ton cate- 
chise). 

Cateehlame, voy. catichiser. 

Categorle, du grec xaTYiyo- 
pwt (attribution). — D. catigori- 
que. 

Cathedrale, du L. ecclesiasti- 
que, cathedralts (eglise 6piscopale. 
qui se trouve au siege \cathedra] 
de l'Mchft 

CataoUqae, du grec xaOoV 



x6; (universel). — D cathoUcisme, 
catholicite 
€ati«titti, origine inconnue, 
Cativ, presser du drap pour le 
lustrer, derive* de cat* , qui corres- 
pond a coactus (press6). Sur la 
chute de l'o, voy. earlier; sur le 
changement de ct en t, voy of- 
fitt, l'italien qui dit quatto (de 
coactus) j continue cette origine. 

— D. cati (substantif verbal) ; ca- 
tissage, d&catir. 

Cauchentar, oppression pen- 
dant le sommeil causee, selon ran- 
cienne mythologie, par la presence 
d'un 6tre surnaturel qui pese sur 
la poitrine de ia personne endor- 
mie — Cauchemar signifie propre- 
ment le demon qui presse, et est 
forme des deux mots mar (dSinon, 
dansles idiomes germaniques,reste 
dans l'anglais night-mare, l'alle- 
mand nacht-mar) , et de cauche, 
qui est l'ancien verbe francais cau- 
cher (presser, dans notre vieille 
langue) ; caucher est regulierement 
forme du L. calcare (fouler) ; sur c 
devenu ch, voy. acharneri sur a} 
devenu au, voy.agneau. — Menage 
raconte que ? de son temps, le cau- 
chemar etait appele cauchevieille 
dans leLvonnais : cauche-vieiUe, qui 
signifie la vieille qui presse , con- 
firme P6tymologie du mot francais 

Caudataire, du L. caudatarius 
(qui porte la queue). 

Canae,du L. causa (meme sens). 

— D. causer (fitre cause de... ), 
causality. 

Cauaer, du L. causari (deien- 
dre une cause, discuter, enfin par- 
ler; causator est au sens d'avocat 
dans la Lex Salica).— D.causeur, 
causette. 

Cauatlque, du L. causticus 
(mordant). 

Cautele, du L. cautela (ruse, 
defiance) . — D cauteleux. 

cantere, du L. cauterium 



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CE 



119 



CfiD 



(caustique). — D. cauttriser, cau- 
terisation. 

Caution, duL. cautionem (mfi- 
me sens). — D. cautionner, cau~ 
tionnement. 

\ Cavalcade, vemi au seizieme 
siecle de ritalien cavalcala (mSme 
sens). 

f Cavaleadour, venu au sei- 
zieme siecle , de Titalien cavalca- 
tore (m6me sens). 

f Cavale,venuau seizieme sie- 
cle de Titalien cavalla (m&me sens). 

f Cavalier, venu au seizieme 
siecle de Titalien cavaliere (mfime 
sens). — D. cavalierement, 

f Cavalerle,venu au seizieme 
siecle de Titalien cavaUeria(m. s.). 

f cava tine, venu de Titalien 
eavatina (meme sens). 
,1. Cave, du L. cava (au sens 
de cave dans les arpenteurs re- 
mains) . — D. caveau. 

2. Cave, adj., du L. cavus 
(creux, renfonce). 

Caveotc, voy. cave 1. 

f Caveeon , venu au seizieme 
siecle de Tital. cavexzone (cave- 
con). 

Caver, du L. cavare (creuser). 

| caver, termede jeu, de Tital. 
cavare (puiser, tirer de sa poche) . 
— D. dtcaver. 

Caverne , du L. caverna (m. 
s.). — D. caverneux. 

f Caviar, au seizieme siecle 
cavial, de Titalien caviale (caviar). 

Cav!te,du L. cavitatem (m. s.). 

Ce , aaciennement go, a Tori- 
gine ico, du L. ecce-hoc qui a 
perdu h (voy. atelier), et c final 
?voy. ami) , d'ou le changement 
de ecce-o (ou ecc'o) en ico par la 
reduction du cc en c doux, et par 
ie changement de e en i (voy. ac- 
complir). — Le vieux francais ico 
s'est plus tard T6duit a c o (comme 
id s'est abreg6 en ci), qui a donne 
la forme moderne ce. 



De mfime que ecce-hoc donna 
ico. — ecce-hic donna ici (d'ou 
ladverbe ci); — ecce-hac donna 
tpd* (d'ouTadverbe fd); — eccwte 
(celui-ci) donna le vieux francais 
icist, plus tard r£duit a cist (si- 
gnifiant celui-ci dans notre an- 
cienne langue), qui devint cest 
(par le changement de t en e, 
voy. admettre), d'ou le francais 
moderne ce% (sur la chute de s. 
voy. abtwie) ; — eccille (celui-la) 
donna le vieux francais icil, puis 
icel (sur le changement de ten c, 
voy. admettre) ; icel (dont le femi- 
nin icelle a persists dans quelques 
termes de procedure) se r6dui- 
sit a eel (dont nous avons con-. 
serv6 le feminin celle); quant au 
masculin, il a disparu, en nous 
laissant son regime celxxi. (Voyez 
pour les details, ma Grammaire 
Bistorique de la Langue francaise t 
p. 178. — Eccillos donna Tancien 
francais iceux (sur le changement 
de ill en eu, voy. agneau), comme 
illos a donne eux, comme capUhs 
a donne cheveux; iceux s'est enfin 
reduit a ceux dans la langue mo- 
derne. 

. Ceatta, ancien francais caiens, 
a l'origine caens, compose 1 de Tad- 
verbe ca (voy. ce mot), et de ens 
qui est le latin intus (dedans). — 
Sur le changement de in latin en 
en dans Tancien francais, puis eh 
an dans la langue moderne, voyez 
p. lxxxv, et au mot andouille. 

Ccci 9 compose de ce, et de ci 
(voy. ces mots). 

Ceclte , du L. caecitatem (etat 
d'aveuglement). 

ceder, du L. cedere (m. s.). 

f cedllle, venu de Tespagnol 
cedilla (m6me sens). 

f cedrat, venu au seizieme 
siecle de Tital. cedrato (m. s ). 

Cedre , du L. cedrus (m. s.). 

Cedule 9 du L. schedula (page). 



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GSL 



120 



GEN 



Cefoif «*e, du L. cvngere (cein- 
dre). — C*n(g6)re ayant perdu 
suivant la regie (voy. p. lxxxi) la 

Senultieme atone devint ctn're, 
'ou cexndre. par Intercalation 
euphonique du d (nV = n-d-r) , 
comme dans astretndre(astringere) , 
petndre (pingere) etc.... (voy.aux 
mots ceinture et absoudre) i 

Ce<nlure, du L. cmctura 
(ceinture). — Sur ct devenu t, 
voy. afleti; sur i devenu et. cf, : 
s«in (stnus), ensetgne (insignia), 
setng (stgnum), teigne (tinea), 
ensetgner (instgnare) , tetnture 
(ttnctura), petnture (ptnctura*), . 
et tous les verbes en eindre (cor- 
respondent au latin ingere, imere) : 
etrewdre (strtngere), astretndre 
(astringere/ , feindre (fingere) , 
teindre (ttngere), empreindre (im- 
prtmere) , eprandre (exprt- 
mere, etc.... — D. ceinturon. 

Ccl«, compose de ee et de Id 
(voy. ces deux mots). 

Celadon, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv), allusion au 
Celadon de rAstree. 

Celetore, du L. Celebris (m. s.). 

— D. cMbrxti 

celetorer, du L, celebrate (c6- 
lebrer). — D. celebration 

celer,du L. celare (cacher). — 
D diceler, reciter. 

t Celerl* venu de l'italien se- 
leri (mfime sens, seleri est une 
forme piemontaise). 

celerlte, du L. celeritatem (ra- 
pidity. 

Celeste, duL. coelestis (celeste). 

cellbat, du L. saelibatus (m. 
s,) . — D. cdhbataire. 

€ef le, voy. ee. 

Cell*er,auL cellarium (garde- 
manger) Sur arium devenu ier, 
voy. dnier. 

Cellule, du L. ceUula (m. s.). 

— D. ceUuteux, cellulatre. 
Ceftfi, voy. ce. 



Cement, du L. caementum 
(pierre). — D. cimenter, cementa- 
tion. 

Cenaele, du L caenacvlum 
(salle a manger). 

Cettdre, en ital cenere, du 
L. cinerem (cendre). Cin[£)rem 
contracte suivant la regie (voy. 
p. lxxxi) en cirtreniy a donne 
cendre par le changeraent 1° de 
% en e (voy. admettre) ; 2° de nr en 
ndr (voy. absoudre) . — D. cendrer, 
cendrier, cendreux, cendrillon. 

Cene, du L. coena (repas). 

Ceno*lte,du L. coenobita (cloi- 
tre, qui vit dans le coenobium, 
couvent). 

cenotapbe, du gr. xevordqpiov 
(tombeau vide). 

Cena, du L. census, (recense- 
ment, puis redevance annuelle). 

— D. censier, censitaire, censive. 
Censer, d'ou le part, censi, 

repute, du L. censer e (reputer). 
Censenr, du L. censor (m. s.). 
Censure, duL. censura (m. s.). 

— D. censurer. 

Cent, du L. centum. — D. 
centaine, centenaire. 

Cenfettie**, du L. centena- 
rxus (m. s). Sur arius devenu tcr, 
voy. dnier. 

Centffeme, anciennement cen~ 
tiestne, du L. centesimus (m, s.), 

— Centfs (i) mus contracte en cen~ 
tes'mus suivant la regie (voy. p 
lxxxi), a donne centidme par le 
changement de e en ie (voy. ar- 
rive) et par la chute de Vs (voy. 
abtme). 

Cettrfme, du L. centesxmus 
(centieme partie): Centtsftmus, 
contracte en centes'mus (voy. 
p. lxxxi) , a donne centime, par 
le changement de e en t (voy. 
accompUr) , et la chute de 1'* (voy. 
abtme). 

Cen ton . du L. centonem (m. s.) . 

Centre, du L. centrum ; cen" 



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GER 



121 



GER 



tral du L centralis (m. *.). — D. 
centralism y dicentraliser , conc- 
entrer , concentrique , excentri- 
que. 

Centrifuge , Centrtpete , 
mots forgea par les savants: le 
premier avec /upere (fuir, s'eloi- 
gner du centre), le second avec 
ptere (se rapprocher, tendre vers 
le centre). 

Centuple, du L. centuplus 
(m. s.). — D. centupler. 

Centurte, du L. centuria 
(m. s.). 

Centurion, du L. centurtonem 
(m. s ). 

Cep, du L. cippu** (tronc d'ar- 
bre, puis specialement : pied de 
vigne). Sur * devenu e , voy. ad- 
mettre; sur pp reduit a p, voy. 
chape, — D. cepage. 

Cejtettdfatt*, c'est-a-dire pen- 
dant cela (voy. ce et pendant). 

Cephalalgia, du grec xap«- 
folrfo (douleur de tftte). 

Ceramlque, du grec x^pajio; 
(vase en argile). 

Cera»te , du grec jcepdam; 
(serpent a cornes). 

Cerat,duL. ceratum (pommade 
pharmaceutique ayant la cire, 
cera, pour base). 

Cewcea**) anciennement cercel, 
du L. circeUus* (petit cercle), — 
Sur le changement de t en e (voy. 
admettre) ; sur celui de eWws en 
el, puis en can, voy. agneau 

Ce»Tle,duL. arct*lu« (cercle) 
Circ(H)lus, contracte suivant la 
regie (p. lxxxi), en circ'lus 
a change i en e, (voy. admet- 
tre). 

€et*etf ef f , ancien frangais sar- 
cueil, plus anciennement sarcueu, 
du L. sarcophagus (cercueil). Ac- 
centue sur l'o, sarcdphdgus a re- 
guherement perdu sesdeux dernie- 
res voyelles qui etaient atones 
(voy. p. lxxxi), eta donne sarcueu, 



par le changement de o latin en 
ue (voy accueUlir).De cette forme 
sarcueu, est venu par corruption 
la forme sarcueil dans lequel la 
presence de I reste inexpliquee. — 
Sarcueil a change a en e (voy. 
acheter), et s latin en c, comme 
dans * cidre (si cera), sauce (salsa), 
saurisse (saUitia) , morceau (mor- 
sellum*), souci (solsequium). — 
L'etude des noms propres qui ap- 
porte d'ordinaire des secours si 
precieux pour etablir l'origine des 
noms communs nous fournit ici 
la confirmation de l'&ymologie 
qui relie cercueil a sarcopha- 
gus: c'est qu'il existe dans I'ar- 
rondissement de Lisieux une lo- 
cality nomme Cercueux, et qui 
dans les textes du moyen age est 
precisement designee par Ecclesia 
de Sarcophaais. 

Cereale,du L. cerealis (don de 
Ceres). 

cerebral, du L. cerebralis (m. 

s.)- 

Ceremonle, du L. caeremo- 
nia (m. s.). — D. cdrtmonial, 
-ieux. 

Ce*f, du L. cervus (cerl) ; sur 
v devenu f, voy bceuf 

Cer/ewil, du L. caerefolium 
(cerfeuxl)). Sur la chute de l'e, 
cer folium, voy. accotnter; sur 
olium devenu eutl, voy. feuille. 

Cerise, du L. cerasa, pi. de 
cerasum (cerise). Sur a devenu t, 
voy aimant. — D. cerisier, ceri- 
saxe 

Cerne, cercle, du L circinus 
(cercle) Ciritimus, contracte sui- 
vant la regie (voy. p . lxxxi) en 
cxYnus a donne cerne par le chan- 
gement de i en e (voy. admettre) . 
— D. cemeaU) cerner (entourer). 

Cet*taet*, voy. cerne 

Certain, au L. certus (cer- 
tain) par l'aajonction d'un suffixe 
latin anus qui a donne ain tn fran* 



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CHA 



122 



CHA 



cais (voy. ancien). — D. certaine-' 
ment. \ 

C erics, du L. certi (m, s.). 
Sur cette addition d'un s, voy. 
Grammaire Historique de la lan- 
guefrancaise (p. xxn). 

Certificate du L. certifkatum? , 
participe du verbe certificate * qui | 
a donne certifier. 

Certifier, voy. certificat. | 

Certitude, du L. certitudo* 
(m. s.). 

Ceruse, du L. cerussa (m. s.). 

Cerveau, anciennement cer- 
vel* , du L. cerebellum (cerveau). 
Cerebellum, contracts suivant 
la regie (voy. accointer) en cer'- 
bellum, a donne cerveau par le 
changement 1° de 6 en «, voy. 
avant; 2° de ellum en eau. voy, 
agneau. De meme que cerebellum 
a donn6 cerveau, la forme femi- 
nine cerebella a donne cervelle. — 
D. cervelet, tcerveU. 

f CerTela*, au seizieme siecle 
cervelat, venu de l'ital. cervellata 
(m. s.). 

Cervelle, voy. cerveau 

Cervical, du L. cervicalis (de 
cervix, cou). 

Cervoise, du L. cervisia (biere, 
dans Pline,qui cite ce mot comme 
etant d'origine gauloise, voy. p. 
xxxiv). — Sur t devenu oi, voy. j 
boire. \ 

Cesser , du L. cessare (m. s.). 
— D. cesse (substantif verbal) in- 
cessant, cessation. 

Cession, du L. cessionem (m. 
s.). — D. cessionriaire. \ 

Ceate, du L. cestus (m. s.). 

Cesure, du L. caesura (cou- 
pure) . j 

Ce<, voy. ce. 

Ce'taea", du L. cetaceus* , de- I 
rive de cetus (baleine). j 

Chabot, poissona grosse tete, 
du L. caput (tete), avec F addition 
du suffixe oe, qui se retrouve en i 



francais dans cachot, brulot, bil- 
lot, etc.... Pour le changement de 
c each, voy. acharner; pourcelui 
de p en b, voy. abeiUe. — Le cha- 
bot s'appelait de m£me xe^a/oc 
chez les Grecs, et capito chez ies 
Latins (deriv6 de caput, tfite). 

f Chabraque, mot venu de 
Pallemand schabrake (memesensj. 

tChacal,mot rapporte d'Orient 
par les voyageurs (persan et turc, 
schakal). • 

Chaetttt, ancien francais chas- 
cun, chasqun, du L. quisque unus 
(menie sens). Quisque unus ou 
quisq'unus a donn6 chascun par le 
changement de qu en ch (voy. 
achafner) et par celui de i latin en 
a (vov. balance). Sur la chute de 
\'s dans chascun f voy. abime. 

Chafouiri) dans les patoi s chat- 
fouin, mot compose de chat et de 
fouine. 

t J . Chagrin, cuir grenu, mot 
venu vers le quinzieme siecle de 
l'italien (venitien xagrin, chagrin). 

2. Chagrin, affliction, origine 
inconnue. — D. chagriner. 

Cfaritte, du L. cotena(cbatne), 
Sur la chute du t medial ca\t)ena , 
voy. dbbaye; sur le changement 
de cent, voy. accomplir. — D. 
chainon, chainette, enchainer, de- 
chainer 

Chair j ancien francais char, a 
Torigine charn, du L. carnem 
(chair). Pour le changement de c 
en ch y voy. acharner; pour celui 
de a en at, voy. aigle; pour la re- 
duction de rn a n ? voy. aubour.— 
D. c/wrnei, c/wrntcr, c/iarnu, char- 
nure, charogne, de'charner, achar- 
ner. 

Chaire, ancien francais chaere. 
du L cathedra (chaise, et aussi 
chaire, c'est-a-dire siege eleve d'ou 
Ton parle). Sur la chute du t me- 
dial ca{th)edra f voy dbbaye Sur 
le changement de c en ch, voy. 



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0*3 



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aehamer; sur celui de dr en r, 
voy. arr#re. Avant le seizieme si e- 
cle, le mot chaise n'existait point; 
et chaire avait comme le latin ca- 
thedra le double sens de chaire et 
de chaise. « S'e'lancant d'une chaire 
(chaise), oti cite ertott (Miwe, • dit 
Montaigne. Au seizieme siecle, le 
peuple de Paris substitue s a r 
(voy.au mot arroser), ettransforme 
chaire en chaixe. Sous Louis XIV, 
on disait a Paris, non une ohaire 
de Droit ? mais une chaise de Droit, 
une chaise de Theologie. « Les sa- 
vants ne sont bons que pour prea- 
cher en chaise » a dit Moliere : 
exemples qui montrent bien que 
chaise a longtemps conserve le sens 
de chaire, et n'est qu'une altera- 
tion de ce mot. 
Chaise, voy. chaire. 

1. Chaiand, bateau plat, mot 
d'ongine byzantine , comme beau- 
coup de termes de marine et d'art 
militaire du moyen agej chaland, 
qui est dans le bas latin cheian- 
dium , repond au grec du moyen 
age xeXav&tov (chaland). 

2. Chaland, origine inconnue. 
— D. achalander. 

f chale, mot rapporte d'Orient 
par les voyageurs (arabe schdl, 
meme sens). 

-j- chalet, mot suisse, du patois 
des Grisons. 

CJkaf etff, du L. calorem (meme 
sens). Sur le changement 1° de c 
en ch, voy. acharner; 2° de o en 
eu, voy. accueiUir. — D. chaleu- 
reux. 

ChaUt* origine inconnue, 

CJkafolf, du L. calere (6tre 
plein de feu pour, se soucier de) . 
Sur le changement 1° de c en c/i, 
voy. acharner; 2° de e en ot\ voy, 
accroire. — Voy. sur ce verbe ma 
Grammaire historique de la lan- 
gue franchise, p. 222. — D. non- 
chaloir (ne se soucier de hen), 



I d'ou le parti cipe present noncha- 

l lant. 

f chatoupe, au seizieme siecle 
chaluppe, venu de 1'italien scia- 
luppa (meme sens). 

Cftof Matea*, tuyau de roseau, 
ancien francais chalemel, du L 
calamellus (diminutif de calamus, 
roseau). Pour le changement 1° de 

! c en ch, voy. acharner; 2° deellus 

j en eau, voy. agneau;3°de a latin 

, en u par Pintermediaire de e, il se 

, retrouve dans sucre (saccharum), 

j rhubarbe(rhabarbarum). 

| f Chamade, venu au seizieme 
siecle de Titalien chiamata (meme 
sens). 

j Chatmaiiter, origine incon- 
nue. 

t Chamarre, broderies, orne- 
ments, de Pespagnol chamarra 

' (meme sens). — D. chamarrer. 

I CfotMtfreffatt, ancien nement 
chambellanc, a l'origine chamber- 
lenc, en italien camarlingo , de 
l'ancien hautallemand chamarlinc 

\ (officier de la chambre). — Sur l'as- 

' similationder/en 11, voy. p. xcvi; 
sur la dissimilation de mm en mb, 

\ voy. p. xcv. 

Chatwibvanlej origine incon- 
nue. 

Cnaatfrre, du L. camera* 
(chambre). Cam(e)ra, contracte 
suivant la regie (voy. p. lxxxi) en 
cam'ra, a donn6 chambre par le 
changement 1° de c en ch (voy. 
acharner), 2 # de roY en nibr (voy. 
absoudre). — D. chambrer, cham- 

, brett e, chambre'e, chambrier, cham- 

J briere. 

ChatneaU) a Torigine chamel, 
du L. camelus (chameau). Sur le 
changement 1° de c en ch, voy. 
acharner, 2° de el en eau, voy. 
agneau. — D. chameUe, chamelier. 
f Chamois, mot d'origine Suisse. 

I — D. chamois er. 

I Cfcoittm du L. campus (champ). 



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Sur c devenu ch, voy. acharner.— 
D. champion (celui qui combat en 
champ clos) . 

Chanmpavt^ pour champ-part ; 
voy. champ et part. 

ChatttpStre, du L. campe* tro 
(meme sens). Sur c devenu ch, 
voy. acharner; sur la chute de s, 
voy abime 

Champignon du L. campr- 
nionem* (proprement : qui crolt 
dans les pres, derive de campus. 
Sur le changement 1° de c en ch, 
voy. acharner; 2° de ni en gn, voy. 

C/tompiott, voy. champ. 

Chance, ancien francaiscWan- 
ce, en italien cadenza, du L. ca- 
dentia (hasard heureux, ce qui ar- 
rive, ce qui tombe a propos. de ca~ 
dere, tomber, terme de jeu de des). 
Sur Ja chute du d medial, ca{d)en- 
tia, voy. accabler; sur le change- i 
ment de c en eh, voy. acharner; \ 
sur celui de tia en ea, voy. agen- j 
cer. — D chanceux 

Chawicei) grille, balustrade du 
chosur, du L. cancellus (grille, ba- \ 
lustrade qui separait le tribunal du 

Public). On appelait cancellarius 
huissier qui se tenait aupres de 
cette balustrade. De cancellarius 
(huissier, puis scribe, greffier), est 
venu notre mot chancelier , par 
le changement V de c en ch (voy | 
acharner) ; 2°de arius en ier (voy. , 
dnier) \ 

Cfamcefet* , du L cancellare 
(rayer, decrire des zigzags, d'ou 
ne pas marcher droit, puis chance- 
ler). — Sur le changement de c en 
ch, voy. acharner. j 

Cftottcpe, du L. cancrum (ul- I 
cere) Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner. 

Cfcmtcfeffe, du L. candela 
(meme sens). Sur c devenu ch, 
voy acharner. — D chandelier, 
chandeleur, fete des cierges {can- 



delx) ; chandeleur represente le la- 
tin candelarum dans festa S. Ma- 
rias candelarum. 

Chanfrein, origine inconnue. 

Change*^ du L. cambiare* 
(changer, dans la Lex Salica> de- 
rive lui-meme de la forme cambire 
qui est dans Apulee), — Cambiare 
a donne changer par la consonni- 
fication de ia (voy. abre'ger), et la 
chute du 6 latin (voy. sujet). — 
Sur c latin devenu eh, voy. achar- 
ner. — Quant au changement de 
m en n , on le trouve deja effectue 
dans la langue latine , qui dit £ga- 
lement tamdiu et tandiu, quanaiu 
et quamdiu, on trouve dans les 
Inscriptions quen, tan, ren, pour 
quern, tarn, rem. Ce changement 
ae m en n a lieu en francais : 
1* Au commencement du mot dans 
natte (matta), nappe (mappa), ne- 
fle (mespilum) On trouve deja 
natta dans Gregoire de Tours, et 
nespilum dans la basse latinite. 
2° Au milieu des mots, et le plus 
souvent quand m est assourdi, 
c'est-a-dire appuy6 contre une au- 
tre consonne : cong6 (commja- 
tus*) , nonce (pum'cem), printemps 
(prim'tempus) , rancpn (redemp- 
tionem), ronce (rum'cem), ronger 
(rum'gare) ? sentier (sem'tarius ) , 
singe (sim'jus*), songe (somnium), 
tante (am'ta) , vendange (vindem*- 
ja), bondir (bomb'tare), conter 
(comp'tare) , fangeux (fam'cosus) , 
longe (mmbja*),rainceau (ram'cel- 
lus*), tandis (tamdiu), jante (cam*- 
tem). Dans : Daine (dama),conneta- 
ble (comestabli *) , m medial est 
devenu n 3° A la fin des mots 
dans: son (summum),son (suum), 
mon (meum), ton (tuum), on (ho- 
-mo), raisin (racemus), rien (rem), 
voy. aussi sous airain. — D. change 
(substantif verbal) , rechanger. re- 
change, e'changer, changeur, chan- 
gement 



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CHA 



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CHA 



CJtostotate, du L. canonicus 
(chanoine). Accents sur Po, ee 
motaregulierement (voy. p. lzzxi) 
perdu ses deux dernieres voyelles* 
quant au changement de c initial 
en ch, voy. acharner • o a donne 
oi par rattraction de Ft, comme 
dans lea mots histotre (historia), 
glotre (gloria), parotsse (parochia), 
memotre (memoria), poison (po- 
tionem), totson (tonsionem), te- 
motn (testimonium) , oiseux (otio- 
sus), pivotne (paeonia), cloison 
(closionem), sardotne (sardonyx), 
lotre (foria). — latin est encore 
devenu ot dans les mots foyer (fo- 
carium), loyer (locarjum), voyelle 
(vocalis), lotn (longe), votx (vo- 
cem). — D. chanoinesse. 

Chanson, du L. canlionem 
(chanson). Sur c devenu ch, voy. 
acharner; sur ti devenu s, voy. 
agencer. — D. chansonnier, chan- 
sonnette. 

Chanty du L. contus (chant). 
Sur c devenu ch , voy. acharner. 

CJkanseau, coin, morceau pris 
a l'extremite, ancienfrancaisc/km- 
tel, du L. cantellus* , diminutif de 
antus* (coin) — Sur ellus devenu 
eau, voy. agneau; sur c deveou 
ch, voy, acharner 

CJ*att*ef»fetff*e, voy. chanter 
et pleurer 

Chanter, du L. cantare (chan- 
ter). Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner. — D chanteur, chanteuse, 
cUchanter, chantonner, chanterelle. 

Chantier, du L. canterium 
(bois de soutenement,madriersqui 
supportent de grosses charges). — 
Sur le changement de c en ch, voy. 
acharner; sur celui de e en te, 
voy arriere. 

Chantwe, du L. cantor (qui 
chante) Can£(o)rcontracte suivant 
la regie (voy. p. lxxxi) en cantr* 
change c en ch (voy. acharner). 

Cfcaatvre, du L. canna&ws 



1 (chanvre) .—Cann(d)bux, contract^ 
I suivant la regie (voy. p. lxxxi) en 
I cann'bus, aurait du donner chanve 
par )e changementde c ench (voy. 
acfcarner), et de b latin en v (voy. 
at?anf). Cette forme chanve existe 
en effet dans le patois de la Picar- 
die, et elle a dfl eiister dans notre 
; ancienne langue. L' intercalation 
I d'un r, qui a eu lieu dans la forme 
I francaise chanvre,se retrouve dans 
I un certain nombre de mots * fronde 
(fund a), encre (encaustum),6peau- 
I tre (spelta), tresor (thesaurus) , 
gounre (golphum*), perdrix (per- 
1 dicem) , registre (regestum). rus- 
tre (rusticus), velours (villosus). 
On trouve dej£ regestrum pour re- 
gestum a une epoque relativement 
ancienne 

chao«,du L. chaos (meme sens) 
— D. chaotique. 

Chape, du L. cappa (manteau 
a capuchon, dans Isidore de Se- 
ville) Sur c devenu ch, voy achar- 
ner. — Pp devient p comme dans 
coupe (cuppa), sape (sappa),poupe 
(puppis), etoupe (stuppa'). D'ail- 
leurs on trouve deja capa k cote 
de cappa dans certains textes la- 
tins. — D chaperon; chap eau, 
ancien francais c/wpeJ (prop rem en t : 
petite chape, petite coiffure; sui le 
changement de el en eau, voy. 
agneau). L'ancienne forme avait 
un diminutif chapelet, petite coif- 
fure qui consistajt ordinairement 
en une couronne de fleurs Ron- 
sard, parlant d'une jeune fille qui 
arrose des lis • Sotr et matin les 
arrose Et a ses noces propose De 
s'en [aire un chapelet. Le chapelet 
de roses, couronne ou guirlande 
que Ton placait sur la tfite de la 
Vierge et que" i'on appelle propre- 
ment rosaire, a servi plus tard a 
designer une sorte de guirlande 
servant a la priere, faite de grains 
enfilSs, et qui resemble a la cou. 



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CHA 



ronne, au rosaire, au chapeletde 
la Vierge. — Un autre derive de 
capa est le diminutif capeUa, qui 
des le septieme siecle avait le sens 
du francais chapelle : on appelait 
primitivement capellaie sanctuaire 
ou etait conserved la cappa, la 
chape de saint Martin, et par ex- 
• tension tout sanctuaire poss6dant 
des reliques. 

Chapeau, voy. chape. — D. 
chapelier(de l'ancienne forme cha- 
pel). 

Chapelain, voy. chapelle. 

Chapeler, du L. caputare (tail- 
ler, trancher). Sur c devenu ch, 
voy. acharner. U latin est ici de- 
venu e, comme dans genievre (ju- 
niperus),g^nisse (junicem),secours 
(succursus), secourir (succurrere) , 
moelle (medulla), semondre (sub- 
monere), secouer (succutare*), se- 
cousse (succussa*), sejourner (sub- 
diurnare*), selon (sublongum). — 
D. chapelure. 

Chapelet, voy. chape. 

Chapelle, voy. chape, — D. 
chapelain. 

Chaperon, voy. chape. — D. 
chaperonner. 

Chapitcau) ancien francais 
chapitel, du L. capitettum (meme 
sens). Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner; sur ellum devenu eau, voy. 
agneau. 

ChapUre, ancien francais cha- 
pitle* du L. capitulum (cnapitre). 
Capit(U)lum y contracte suivant la 
regie (voy. p. lxxxi) en capiflum, 
a donne cnapitre par le change- 
ment 1° de c en ch (voy. acharner); 
2° de I en r, voy. apdtre. — D.cha- 
pitrer, reprimander en plein cnapi- 
tre, devant tous les membres du 
chapitre reunis. 

Chapon, du L. caponem (mfime 
sens). Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner, 

Chaque, ancien francais chas- 



que. Pour l^tymologie, voy. cha» 
cun. 

Char, du L. carrus (char). Sur 
c devenu c/i, voy. acharner. — D. 
charrier, charroyer, charrette^ 
charron, chariot. 

f Charade, mot d'origine pro- 
vencale (voy. p. xlk) introduit 
vers le dix-nuitieme siecle dans la 
langue francaise; etymologie in^ 
connue. 

Cltofattpott, origine mcon- 
nue. 

Charbon, du L. carbonem 
(charbon). Sur le c devenu ch, voy. 

! acharner. — L. charbonner, char- 

• bonnier. . 

| Char cutler, encore chaircu- 
tier dans J. J. Rousseau, au dix- 
septieme siecle chaircuitier, a l'o- 
rigine chaircuitier , proprement : 
marchand de viande cuite, oppose 
a boucher , marchand de viande 
crue. Pour Tetymologie, voy. chair 
et cuite — D. charcuterie, char- 

i cuter. 

I Chardon, du L carduonem * 
(derive de carduus, chardon). — 

, Sur c devenu ch, voy. acharner; 

1 sur la chute de l'u, voy. p. xc. — 
D. chardonnereU que Fancier) fran- 
cais appelait chardonnet, propre- 
ment oiseau qui recherche les 
chardons. Ce qui continue cette 
origine, c'est que les Latins di- 
saient de mSme carduelis (char- 
do nneret), derive decarduus (char- 
don) ; les Grecs ixav6i< (chardon- 
nerel), dedUav6o<; (acanthe; plante 

i epineuse) ; en fin les A lie man ds ap- 
pellent le chardonneret Disteljink 
proprement linotte de chardon). 

Chardonneret , voy. char- 
don. 

i Charger, en espagnol cargar, 
en italien cancare, du L. carricare 
charger, dans Saint-Jerdme Car- 
ricare s'estde bonne heure con- 
tracte suivant la regie (voy. accoin- 



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CHA 



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ter), en car* care (les Gloses de 
Reichenau qui remontent au hui- 
tieme stecle donnent onerati = 
carcati). Car care a donn6 charger 
par ie changement 1° de c initial 
en ch (voy. acharner; 2° de re en 
r<7 (voy. adjuger) — D. charge 
(subst. verbal) chargemerU, de'ehar- 
ger, surcharger. 

Chariot, voy char. 

Charite', da L carUatem 
(amour dn prochain) Sur le chan- 
gement l - de c en eft, voy. achar- 
ner; 2° de atem en 4, voy. abbe". — 
D. charitable. 

Charivari, origine inconnue 

f Charlatan, venu au seizieme 
siecle de l'ital. ciarlatano (m. s.). 

— D. charlatanisme. 

1. Charme, arbre, dans le pa- 
tois du Beny charne, en italien 
carpino, duL. carpinus (charme). 

— Cdr(pl)nus contracts suivant la 
regie (voy. p. lxxxi), en car'nus a 
donne charme par le changement 
1° de c en ch (voy. acharner) ; 2° 
de n en m, alteration dont ce mot 
est a peu presl'uniqueexemple. — 
D. charmoie. 

2. Charme, enchantement, du 
L. carmen (enchantement). Sur le 
changement de c en ch, voy. 
acharner. — D. charmer, char- 
mant. 

Char net, voy. chair. 

Chamier, voy. chair. 

Charwu, voy. chair. 

Charniere, du L. cardinaria 
(derive de cardinem, gond) . Card- 
(j)ndria contract^ suivant la regie 
(voy. accomter) en card'naria, a 
donne c/kirniere par le changement 
l°de c en ch, voy. acharner; 2° 
de dn en n voy. aMer; 3° de aria 
eniere. voy. dnier. 

Charognc, voy. c/iair. 

ChtirpenUer, du L. carpen- 
tarius (propr charron; sur#ce 
mot, voy. p. xxii). Sur le change- 



ment l°de c en ch, voy. acharner; 
2° de arius en ter, voy dnier — 
D. charpenter, charpente (subst. 
verbal). 

Char pie, substantif partici- 
pial (voy. absoute) de l'ancien 
verbe charpir (effiler), du L. car- 
pere (detirerde la laine, effiler). — 
Sur le changement dec en ch, voy. 
acharner; sur celui de e" en i voy. 
accomplir. 

Charrette, voy. char. — D. 
charretier, charrete'e. 

C harrier i voy. char. 

Charroyer, voy char. — D. 
charroi (substantif verbal). 

Char rue, du L. carruca (char- 
rue). Sur le changement 1° de cen 
ch, voy. acharner; 2° de uca en 
ue, voy. ami. 

Charte, du L. charta (m. s.). 
Charta etant en realite prononcee 
carta (voy. p. xcix), carta a donne 
charte par le retour du c au ch (voy. 
acharner). 

1. Char ire, du L. chartula 
(diminutif de charta, voy. charte). 
Chart[iX)la contract^ suivant la rfc- 
gle (voy. p, lxxxi) en chart' la a 
change I en r (voy. apdtre). — D. 
chartrier. 

2. Chartre, prison, du L car- 
eer (prison). Sur le changement 
de c en ch, voy. acharner; c'r 
(carc'r) est de venu tr par le change- 
ment tout a fait isole, en francais 
moderne, de c en t. 

Cham , trou d'une aiguille. Ori- 
gine inconnue. 

Chamme, coffre dans lequel on 
renferme les reliques d'un saint, 
du L. capsa (coffre) . Sur c devenu 
ch, voy. acharner; sur ps devenu 
ss, voy. caisse. — D. chassis, en- 
chdsser 

Chasme, substantif verbal de 
chasser (voy. ce mot). 

Chammer, du L. captiare* (de- 
rive de captare, qui a pns le sens 



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de chasser dans les derniers siecles 
de la latinite ; on trouve deja dans 
Properce capture feras pour chas- 
ser) — Sur le changement l - de 
cench, voy. acharner; 2° de ti en 
ss, voy. agencer; 3° sur l'assimi- 
lation du p, voy. caisse. — D. 
chasse, chasseur, chasseresse,pour- 
chasser. 

Chassis j origine inconnue. — 
D. chassieux 

Chassis, voy chasse. 

Chaste, du L castus (m. s.). 
Sur c devenu ch, voy. acharner.— 
D. chastete 

Chasuble, du L casibula* 
(diminutif de casula qui est dans 
Isidore de Seville avec le sens de 
manteau). Casibula ou casubula 
contracts suivant la regie (voy. p 
lxxxi) en casubla a donne chasu- 
ble par le changement de c en ch 
(voy acharner). 

Chat* du L cattus (chat, dans 
Isidore de Seville). Sur c devenu 
ch, voy. acharner. — D. chatoyer, 
changer de couleur , comme l'oeil 
du chat; les pierres precieuses 
qu'on appelle en termesde joaille- 
rie ceil de chat , sont chatoyantes 
ChaUemxte, de chaUe et de mite 
(qui est le L mitis, douce) . 

Ch&taigue , anciennement 
chastatgne, du L. castanea (cha- 
taigne) — Sur c devenu ch, voy. 
acharner; sura devenu ai t voy 
atate; sur nea devenu gne, voy. 
cigogne ; sur la chute de s, voy. 
ablme.— D. chdtaignier, chdtat- 
gneraie. 

Chateau, anciennement chas- 
tel , du L castellum (chateau fort). 
SureUvm devenu cau,voy. agneau; 
sure devenu ch, voy. acharner. 
sur la chute de s, voy ablme — 
D. de l'ancienne forme chdtel: chd- 
telain, chdteUenie, chdtelet. 

Chatmhuant, audix-septieme 
siecle chahuan dans menage, 



chauhanet chouhan dans le patois 
angevin ; au seizieme siecle chouan 
dans Ronsard , cette forme chouan 
est la veritable forme du mot 
(d'ailleurs les naturalistes appel- 
lent encore chouan, le moyen due 
que Ton appelle aussi hibou). 
Chouan est un diminutif de Pan- 
cien franc, ais choue (chouette). 
Choue derive a son tour, de Pan- 
cien haut allemand chouch 
(chouette; le radical allemand a 
aussi donne une forme choue, d'ou 
notre mot choucas). — L'ancien 
francais choue nous a laisse deux 
derives: chouette, et c/wwan (d'ou 
chat-huant, mot dont Porthogra- 
phe presente ferait croire a une 
composition des deux mots chat 
et huer, ce qui n'est point). 

Chatier, anciennement chat- 
tier, du L castigate (chatier). 
Sur la chute du g, voy. oilier; 
sur c devenu ch, voy. acharner; 
sur la chute de s, voy ablme. — 
D. chdtiment. 

Chaton, anciennement chas- 
ton, a Porigine caston, de Palle- 
mand hasten (chaton). 

ChatouitMer,duL. catuUiare* 
(derive de catullire, qui a le sens 
de titiUari) Sur le changement 
l°de c en ch, voy. acharner; 2° de 
u en ou, voy. accouder; 3° de Ui 
en ill, voy ail.— D chatouUle- 
ment. 

Chatoyer, voy. chat 

Chatwev, anciennement chas- 
trer, du L. castrare (m. s ) Sur c 
devenu ch, voy. acharner; sur la 
chute de s, voy. ablme. 

Chattemite, voy. chat. 

Chaud, ancien francais chald 9 
en italien caldo\ du L. caldus 
(chaud) qu'au temps d'Auguste, 
on employaita Rome pourcoitdus: 
« Sed Augustus (dit Quintilien, I, 
6) , quoque in epistoHs ad Caium 
Caesarem scriptis, emendat quod 



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GHA 



129 



CHE 



is dicere calidum quam caldum 
malit: non quia Mud non sit lati- 
num, sed quia sit odiosum > Pour 
le changement: 1° de cen ch, voy. 
achamer; 2° de of en au, voy. 
agneau. — D.e'chauder, rfahaud. 

Chaudiere, du L. caldaria 
(meme sens; vasa caldaria est 
dans Vitruve). Pour le changement 
\ 9 de c en ch, voy. achamer; 2° 
de al en au, voy. agneau; 3° de 
aria en iere , voy. dnier. — D. 
chaudron, ancien francais chau- 
deron, deriv6 de chaudere autre 
forme de chaudiere. De meme en 
espagnol calderon (chaudron) de- 
rive de caldera (chaudiere). 

Chaudron ) voy. chaudiere. 
— D. chaudronnier. 

Chauffer, en provencal col- 
far , en italien calefare, — de ca- 
lefare * forme contractee de cale- 
facere (chauffer). — Pour la chute 
de Ve, col 7 fare, voy. accointer; 
pour le changement : 1° de c en ch, 
voy. achamer; 2° de al en au, 
voy. agneau. — D. chauffe 
(substantif verbal) ; chauffage, 
chauffoir, chauffer ette, chauffeur, 
e'chauffer, richauffer. 

Chattier, voy. chaux. 

Chawme, du L. calamus (ro- 
seau, qui est deja calmus dans un 
texte de 672) . — C6l{$)mus con- 
tracts suivant la regie (voy. p. 
lxxxi) en caVmus a donne chaume 
par le changement 1° de c en ch, 
voy. achamer; 2° de al en au, voy 
agneau. — D, chaumiere, chau- 
mine 

Chausse 9 voy. chausser. 

Chaussee 9 en provencal caus- 
sada, en espagnol calzada, du L. 
calciata* (s. e. ma; proprement : 
vote maconne'e d la chaux; cal- 
ciata d6riv6 de calcem, chaux). — 
Pour le changement \° dec en ch, 
voy. achamer; 2° de al en au, 
voy. agneau; 3° de ci en ss, voy. 



agencer; 4° de ato en &, wy. am- 
poule . 

C hau s se r, du L. calceare 
(chausser). Sur le changement : 
1° de c en ch, voy. achamer; 2° de 
al en au, voy. agneau; 3* de ce 
en ss, voy. agencer. — D. c/iaus- 
ses (substantif verbal) ; chaussette, 
chausson, chaussure, dichausses, 
dichaux, chausse-trape (propre- 
ment . piege, trappe qui chausse 
le pied). 

Chausse-trape, voy. chaus- 
ser et trappe. 

Chauve^du L. catous (chauve). 
Sur le changement 1° de c en ch, 
voy. achamer ; de al en au, voy. 
aaneau. — D. chauve-souris, ainsi 
nommee, parce que les ailesdecet 
animal sont membraneuses et de- 
pour vues de plumes. On trouve 
deja Vespertihones = calves *o- 
rices dans les Gloses de Reiche- 
nau, qui sont du huitieme siecle. 

Chauve-souris i voy. chauve. 

Chaux j en provencal calx, en 
italien cake, du L. calcem (chaux). 
Sur le changement 1° de c en ch, 
voy achamer; 2° de a? en au y 
voy. agneau. 

Chavirer, pour chapvirer, 
proprement * 6tre renverse la tete 
en bas ; des deux mots virer (yoy. 
ce mot), et chap (qui est le latin 
caput, tete). Sur c devenu ch, voy. 
achamer. 

Chef. Le sens primitif esttdte : 
le chef d'un saint, un cowre-chef, 
du L. caput (tfite). — Sur c devenu 
ch, voy. achamer; sur a devenu 
e, voy. acheter. P est ici devenu f 
apres avoir traverse tous les de- 
gres de l'echelle phonique (p, b, 
v, f), comme le prouvent le bas 
latin cabo (pour caput) , et le fran- 
cos du aixieme siecle, qui dit 
chive. Comme le mot chef, les deux 
mots fresaie (praesaga), ne/le (mes- 
. pilum) ont egalement chang6 p en 



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CH£ 



130 



CHE 



f. — D achever (voy. ce mot), du- 
vet (partie du lit ou Ton met la 
t6te, lecAe/), chef -lieu. 

Cftemttt, en provengal camin, 
en italien carnmtno, du L camt- 
nus* (chemin, dans les textes du 
sixieme siecle) . Sur ca devenu che, 
voy. acharner et acheter. — D. 
cheminer, acheminer. 

Chen%in.ee , en italien cammi- 
nota, du L. caminata, qui est de- 
rive de carotnus (cheminee dans 
Vitruve) . Sur le changement : 1° de 
ca en cAe, voy. acharner et ache- 
ter ; 2°de ata en e*e, voy. ampoule 1 . 

Chemise, du L. camisia (che- 
mise) . Paulus, abreviateur de Fes- 
tus, (lit au mot supparus, vetement 
de toile : Supparus, vestimentum 
lineum quod camisia dicitur. Sur 
le changement de ca en che, voy. 
acharner et acheter , 

Chenal, du L. canalis (che- 
nal). Sur ca devenu ca, voy. achar- 
ner et acheter. Une autre forme 
du meme mot est chineau (sur 
le changement de Z en u T voy. 
agneau). 

f chenapan, mot introduitpar 
les cuerres allemandes vers la fin 
du dix-septieme siecle, et qui vient 
de l'allemand schnapphahn (ban- 
dit vaurien). 

Chene, ancien francais chesne, 
du L. casnus* (chene dans une 
charte de Tan 508). Sur c devenu 
ca, voy. acharner; sur a devenu 
e, voy. acheter; sur la chute de s, 
voy. abime. — La forme casnus 
n'e3t qu'une transformation de la 
forme reguliere quercinus (querc'- 
nus), par le changement de re 
(rs) en 5; ce changement de rs en 
s se retrouve en francais dans do* 
(dorsus),museau (mofsellum") , p6- 
che (persica), jus (deorsum*) : il 
existait deja en latin; les Roma ins 
disaient dossum pour dorsum, su- 
sum pour sursum, prosa pour 



prorsa, retrosum pour retrorsum. 
On trouve meme mtrosus pour in- 
trorsus dans une inscription (Orelli, 
14034). — Quant au qu devenu c 
(casnus), voy. car. — D. chenaie. 

Chenet, anciennement cAten- 
net, voy. cAten. 

Chenevis, du latin cannabi- 
sium*y derive de cannabis (chan- 
vre). Sur le changement 1° de ca 
en cAe, voy. acharner et acheter; 
2° de 6 en v, voy. avant. — D.c/ie- 
neviere, chenevotte. 

ChenU) du L. cant'Je* (lieu oil 
Ton reriferme les chiens) ; canile 
derive de cants, comme equile d'e- 
quus, agnile d'agnus, etc....). Sur 
le changement de ca en che, voyez 
acharner et acheter. 

Cftetttffe, du L. canicula /'pe- 
tite chienne) ; denomination ion- 
dee sur la ressemblance de la tfite 
de certaines chenilles avec la tlte 
d'un petit chien. Cette etymologie ? 
qui paratt au premier abord si 
etrange, est confirmee par ce fait 
que la chenille a recu dans un 
grand nombre d'idiomes, le nom 
de differents animaux : le milanais 
appelle la chenille cagnon (propre- 
ment petit chien); dans a'autres 
parties de Pltahe, on nomme la 
chenille gdttola (proprement petit 
chat) ; les Portugais rappellent la- 

?arta (proprement Uxard). — Pour 
e changement 1° de ca en che, 
voy. acharner et acheter; 2°deicu- 
la en t'We, voy. abeille. — D. 4che- 
niller. 

Cftemc, du L. canutus (blanc, 
derive de canus). Sur ca devenu 
,cAe„ voy. acharner et acheter; sur 
utus devenu u 1 voy. aigu. , 

Cheptel, en provencal captal f 
du L. capitate (avoir, ce que Ton 
possede). Capitate contracte sui- 
vant la regie (voy accointer), en 
cap' tale a donne cheptel , par le 
changement : 1° de ca en che, 



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CEt 



131 



CHE 



voy. aehamer et aeheter; 2* de ale 
en el, voy. annuel. 

CJbet*, du L. earus (cher). Sur 
ca devenu che, voy. aehamer et 
ac/wtfer. — D. cherir, cherement. 

Chevchewy en provencal cer- 
car, en italien eercare, du L. ctr- 
care (qui est deja dans Properce, 
avec le sens d'errer 9a et li). — 
Pourle changement 1° de c ench, 
voy. aehamer; 2° de i en e, vovez 
admettre; 3 # de a en e, voy. aehe- 
ter. — D. chercheur, rechercher t 
recherche. 

Chew , du L. card (visage, mine 
que Corippus, poSte du sixieme sie- 
cle, a employe dans son Panegy- 
rique de Justin : a Postquam venere 
verendam Caesaris ante caram.... » 
Faire bonne chere n'a pris que tar- 
divemer.t le sens de faire un bon 
repas; il signifiait autrefois faire 
bon accueil, et a Torigine faire bon 
visage : le sens propre de chere 
6tant visage, comme dans ces vers 
de Patelin : Que ressemblex-vous 
bien de chere, Et du tout, drostre 
feupere. — Sur le changement 
de ca en che, voy. aehamer et 
aeheter. 

Cherir , voy. cher.— D che'ris- 
sable, ench4rir, renehe'rir, suren- 
ch&rir. 

Cherte, duL. caritatem fcher- 
U). Car (I) totem contracte suivant 
la regie (voy. accointer) en cafta- 
tem a donne cherti par le change- 
ment 1* de ca en che (voy. achar- 
ner et aeheter) ; 2° de atem en £ 
(voy. abbe~). 

C hero bin , du L. ecclesiastique 
cherubim (ange), mot introduit 
dans la langue latine par saint Je- 
rdme (voy. p. lx). 

Chetif, du L. captivus (pri- 
sonnier) ; avant de signifier faible, 
miserable , ce mot avait a Torigine 
de la langue le sens de captif, de 
pnsonnier; on lit dans Joinville 



que saint Louis d&ivra les chitifs 
(e'est-a-dire les Chretiens captxfs 
des Sarrasins). Che'tifvient du la- 
tin captivus (captif) par le change- 
ment : {• de ca en che (voy achar- 
ner) ± 2° de pt en t (voy. aeheter), 
3° de v en f (voy. bauf. 

Tandis que notre langue a perdu 
le premier sens de chetif, et n'a con- 
serve que celui de miserable, l'ita- 
lien cattivo (captivus) a conserve 
parallelement cette double signifi- 
cation , et cattivo signifie a la fois 
cMtifel prisonnier. 

Chetml, du L. cabalius (cheval 
de trait). Sur le changement: l*de 
ca en che, voy. aehamer et ache- 
ter; 2° de b en v, voy. avant — 
D. chevalin,chev 'let, diminulif de 
cheval; les Romaics disaient de 
meme equuleus (chevalet), dimi- 
nutif de equus (cheval). 

CAevaliet*, du L. eaballarius 
(qui est dans Isidore de Seville 
avec le sens de alaris eques). Sur 
le changement : 1° de ca en che, 
voy. aehamer et aeheter; 2° de b 
en v, voy. avant; 3° de arius en 
ter, voy. dnier. — D. chevalerie; 
chevaliire (bague); chevaleresque, 
mot forme a limitation de 1'ita- 
lien cavaUeresco (mSme sens). 

Che voucher, ancien frncais 
chevalcher, en italien cavalcdre, 
en espagnol cabalgar, du L. ca- 
baUicare* (chevaucher : si quis ca- 
ballum sine permissu domini sui 
ascendent, et eum caballicaverit, 
lit-on dans la LexSalica, tit. 25). 
Caball(i)care (contracte suivant la 
regie (voy. accointer) en cabaVcare 
a donne chevaucher par le change- 
ment: 1° de ca en che (voy. achar- 
ner et aeheter); 2° de 6 en r, voyez 
avant; 3° deal en au (voy. agneau). 
— D. chevaucMe. 

Chevelu, voy. cheveu. 

Cfceveltc ve 9 ancien francais 
cheveleure, en italien copeWafura, 



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CHfe 



132 



CHE 



du L. capiUatura (m6me sens, 
dans saint Augustin; deriv6 de 
capillum. cheveu). Capella(X)ura 
ayant perdu son t medial suivant 
la regie (voy. abbaye) t a donn6 
chevelure par le changement 1° de 
ca en che (voy. acharner et ache- 
ter) ; 2° de p en v (voy. arriver) ; 
3° par la contraction de eu (che- 
veleure) en u (voy. p. xc). 

Cheret) voy. c/ie/". — D. cfce- 
vecier (maitre de cho3ur, du che- 
vet, comme on appelait autrefois 
cette partie de l'eglise). 

Chevetre, licou, en ancien 
francais chevestre, en espagnol ca- 
bestro, en italien capestro, du L. 
capistrum (lien, courroie), par le 
changement: 1° de ca en che (voy. 
acharner et acheter) ; 2° de p en 
t? (voy. arriver) ; 3° de i en € (voy. 
admeltre) ; 4° par la chute de * 
(voy. abime). — D. s'enchevHrer 
sedit proprementdu cheval, quand 
il s'embarrasse la jambe dans la 
longe de son licou, de son chevt- 
tre, d'ou le sens figure de s'embar- 
rasser, de s'embrouiller. 

Cheveu^ ancien francais che- 
vel, du L. capillum (cheveu), par 
le changement: 1° de ca en che 
(voy. acharner et acheter); 2° de p 
en v (voy. arriver) ; 3° de -il en el 
(voy. admettre), puisde el eneu 
(voy. aflfneau). — D. dePancienne 
forme cAerel: c/ict?eto, e'cheveler 
(tcheveau). 

ChcviUe , en italien caviglia, 
duL. c/atncuto* (propr. cheville 
de bois). Sur le changement de 
icula en iWe, voy. abeille; sur 
celui de a en c voy. acheter; cla- 
vicula aurait donne cleville; mais 
l'euphonie a amen6 une dissimi- 
lation (voy. p. lxxxi), et la re- 
duction de cl a c (voy. able). Ge c 
a r6gulierement donne ch en fran- 
cais (voy. acharner). 

CJtaiW, du L. copra (che v re), 



par le changement: 1° de ca en 
che (voy. acharner et acheter) ; 
2° dep en v (voy arrit?er). — D. 
chevreau, chevrette, chevron f che- 
wrier* chevroter f chevrotin, chevro- 
tine (balle pour tirerle chevrotin, 
le chevreuil). 

Cherrefeuille , du L. capri- 4 
folium (chevrefeuille) ; pour les " 
changements de lettres, voy. aux 
mots chevre et feuille. 

Chevreuil, du L. capreolus 
(chevreuil), par le changement: 
1° de ca en che (voy. acharner et 
acheter); 2° de p en v (voy. arrt- 
ver)-, 3° de eolus en eutl (voy. 
a'icw/). 

Chevron, piece de bois, du 
L. capronem* (chevron). On trouve 
d6ja capriones pour cfcevrows dans 
les Gloses de Cassel qui remontent 
au huitieme siecle. Pour les chan- 
gements de lettres , voy . chevre. — 
Quant a la transition du sens, 
la m£me m&aphore existait en la- 
tin; les Romains d&ignaient le 
chevron par le mot capreolus (pro- 
prement chevreuil). 

Chewote*) voy. chivre. 

Chevrotltte, voy. chivre. 

Chez , du L. casa (maison), pai 

1 le changement: 1° de ca en che 

(voy. acharner et acheter) ; 2* de 

* en % (voy. nex). — Chez a 1'ori- 

gine de notre langue 6tait sub- 

stantif et avait le sens de maison: 

| le Grand Coutumier parle de 

1 ces maisons et chez isquels les 

marchands mettent leur marchan- 

dise. On disait au onzieme siecle : 

je vais d chez Gautier (Ktt6rale- 

I ment: Vado ad casam Walterii; 

a la maison de Gautier) ; je viens 

de chez Gautier (de la maison de 

G.J. Mais cette distinction ne tarda 

§oint a s'alt6rer : la locution d chef 
evint chez qui n'a plus de sens 
aujourd'hui; de chez persista, et 
temoigne par sa forme, que le 



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CHI 



133 



CHL 



mot chez etait original rement sub- 
stantif. Voy. ma Grammaire His- 
torigue de la Langue Francaise, 
p247 , 

f Chicane , ce mot est un nou- i 
vel exemple de ces changements I 
de sens dont nous avons parte* 
dans r Introduction (p. xxnj. — ' 
Avant de signifier proces, chicane 
avait le sens de dispute au jeu, en 
particulier au jeu de mail, et a 
I'origine le sens de jeu de mail; 
dans cette signification chicane 
represente un type zicanum*, qui 
est le grec du moyen age xCuxd- 
vtov (jeu de mail) ; ce mot est, on 
le voit, d'origine byzantine. — D. 
chicaner. j 

1. Chichc (pois}, du L. cicer 
(pois chiche) , par le changement 
de c en ch (voy. acharner). 

2. Chiche j adj. du L. ciccum 
(peu de chose, de peu de valeur). ! 
Sur le changement de c en ch, voy. 
acharner; sur celui de cc en ch, J 
voy. acheter. ' 

Chlcoree, au seizieme siecle 
cichore'e, du L. cichorium (meme 
sens) . I 

Chien, du L. canis (chien) par 
le changement: 1° de c en ch 
(voy. acharner); 2° de a en ie 
(voy. p. lxxxiii) . — D. chienne; 
chenet oui etait dans notre an- 
cienne langue chiennet , ainsi 
nomine* parce que ces ustensiles 
avaient a leur extremite une pe- 
tite tftte de chien; on nommait au- 
trefois en Provence, un chenet ca- 
fuec (littoral, chien de feu, chien 
ui garde le feu) : Pallemand dit 
e meme Feueroock (bouc du feu) 
pour chenet. 

Chitfe, origine inconnue. — 
D chiffon , chiffonnier. 

Chi fire, ancien francais cifre, 
qui signifiait ziro a I'origine de 
notre langue , comme le has latin 
ct'/ra (cifra, figura nihili, ditle 



I 



Breviloquus) est d'origine arabe, 
comme beaucoup de termes de ma- 
thematiques , et represente 1'arabe 
cifr (zero). — D. chiffrer, dfahif- 
frer. 

Chig mom, le derriere du cou, 
les vertebres cervicales ; le chignon 
du cou est une expression fre- 
quente dans Buffon (par exten- 
sion, les cheveux de derriere la 
tete, qu'on reunit dans un filet, 
appuye sur le chignon). Chignon, 
au sens de vertebres cervicales 
etait dans notre ancien ne langue 
chaignon, a l'oripine chaaignon. 
et derive du L. catenionem* (chai- 
non vertebral). — Ca(t)enionem 
perdaot suivant la regie (voy. ab- 
baye) son t medial a donne chat- 
gnon par le changement: 1° de c 
en ch (voy. acharner); 2° de ni 
en gn (voy. cigogne). 

chlmere, du L. chimaera (m. 
s.). — D. chime'rique. 

Chimle, du L. chytnia* — D. 
chimique, chimiste. 

cntner, tisser les etofies a la 
maniere des etoffes de la Chine. 
Mot d'origine historique (voy. p. 
lxiv). 

f CJilonrme, venu au seizieme 
siecle de Pital. ciurma (m. s.). 

Chlqnenaade, origine incon- 
nue. 

Chlragre, du grec x et P*YP* 
(mSme sens) . 

Chiromanele , du grec^cipo- 
(lavxeCa (divination par 1'inspection 
de la main). 

Chlmrgle, du grec xtipovpyiat 
(chirurgie, Htt6ralement operation 
a Taide de la main). 

Chlore, du grec x^opoc (vert 
p&le). — D. chlorique, chlorate, 
Morose (maladie qui donne a la 
peau un teint jaunatre ou ver- 
datre); chioroforme (compose* de 
chlore et d'acide formique, voy. 
formique). 

8 



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CHO 



134 



CHR 



f Choc, venu au seizieme sie- 1 
cle de lltal. cioco. i 

f Chocolat, au dix-septieme 
siecle chocolate, venu au seizieme 
siecle de Pespagnol chocolate 
(m. s.) 

Chosur , du L. chorus (m. s.). 
Sur o devenu obu, voy. accueiUir. 

Choir, anciennemeht chtoir, 
aPorigine chaer et coder, — du 
L cadere (tomber), par le change- 
ment. 1° dec en ch (voy. achar- 
ner) ; 2° de e en oi (voy. accroire) ; 
3° par la chute du d (voy. acca- 
Uer), et pai^la synerese de e-oir en 
oir (voy. p. xc) . — De meme que 
ca(d)cre donna che'oir , — ca(d)u- 
2ii5 * (sur les participes en wfu5, 
voy. boirc) donna l'ancien franqais 
che-uty puis chu et le feminin 
ca(d)uto, devint chd-ute, puis cAute 
qui est aujourd'hui substantia par 
un changement etudie au mot ab- 
soute — D. choir, dchoir, de"- 
choir; chute, rechute * 

Choiwir, avant de signifier 
•litre, trier, ce mot avait le sens 
de voir, d*apercevoir ; de sa tour, 
le guetteur choisit (decouvre) les 
ennemis, disait-on au moyen age ; 
choisir, anciennement coisir, a 
Porigine cosir, en provencd cau- 
sir, en italien causire, est un mot 
d'origine germanique, et derive 
du gothique Kausjan (voir, exami- 
ner). — D. choix (subst. verbal). 

Cholera (mot latin, lerive du 
grec xwte'pa, cholera). — D. c/io- 
Urique. 

C homer, qu'ontrouve sou vent 
ecnt chaumer au seizieme siecle , 
chdmer est proprement se reposer; 
en provencal chaume signifie le 
temps de repos des troupeaux ; ce 
mot, derive ainsi que le mot fran- 
cais, du latin du moyen age cauma 
(ardour du soleil, puis moment de 
lajournee ou la chaleurest trop 
"rte pour permettre au laboureur. 



de travailler). Quant au latin 
cauma, il represente le grec xaOjxa 
(chaleur) . — Sur le changement de 
au latin en o francais, voy. 
alouette; sur celui dec 'en ch, voy. 
acharner. — D. chdmage. 

Chope, de l'allemand schoppen 
(chope) . — D. chopine. 

Chopper, mot d'origine ger- 
manique, de Pallemand schupfen 
(heurter) 

f Choquer, recent dans la lan- 
gue, de Pallemand schokken. 

Chose, en italien cosa, du L. 
causa (qui signifie proprement 
cause, mais qui n'a point tarde a 
prendre le sens de res, de chose, 
dans la latinite* des derniers temps 
de PEmpire. Hyginus emploie 
causa pour res, Pline a dit quam 
ob causam pour quam ob rem; les 
Gloses de Reichenau, qui remon- 
tent au huitieme siecle donnent 
« rerum = causarum » On lit 
dans la Lex Longobard. : « Quia viri 
istam causam faciunt, non autem 
mulieres). » 

Causa a donne chose, par le 
changement: 1° de c en ch (voy. 
acharner) ; 2° de au en o (voy. 
alouette). Voy aussi p. xxvi. 

Chou, anciennement chol, du 
L caulis (chou). Caulis a donne 
chol par le changement : 1° de c en 
ch (voy. acharner) ; 2° de au en o 
(voy. alouette); chol est devenu 
chou par Padoucissement de ol en 
ou (voy. agneau). 

Chouca; voy. chat-huant. 

+ Choucroute, corruption de 
l'allemand sauerkraut(m$me sens), 
mot venu par PAlsace. 

Chouette , voy. chat-huant 

Choyer, origine inconnue. 

Chreme, du L. eccl&iastique 
chrisma (grec xpfopa, onction). 
Sur % devenu e, voy. admettre ; sur 
la chute de s, voy. abtme. 

Cfcre»toa»atMie, du grecxpqa- 



y Google 



GIB 



135 



CIG 



aOeta (recueil d'extraits interes- 
ts). 

'A»*eViett, du L. christianus 
i adore le Christ), par le chan- 
lent: 1° de ianus en ien (voy. 
ien); 2*de t en e [voy. admet- 
; 3° par la chute de g (voy. 
me). 

'h*€Hent€) du L. christiani- 
m (chretienie) qui s'est con- 
te* suivant la regie (voy. accoin- 
en christian'tatem, et a donne 
\tienti par le changement: 
le christian* en chrdtien (voy. 
mot) ; 2° de atem en 6 (voy. 

hrlfltlanlsme, du grec/pt<T- 
ktjxo; (religion du Christ). 
hrome, du grec XP" > V- <X (cou- 

hromatlqae, du grec xpwpia- 

; (colore). 

Chronlqae, du L. chronica 
•onique). — D. chroniqueur. 
. chronlqne, adj. du. L. 
onicus (qui suit 1'ordre des 
ps, au fig. qui dure longtemps). 
hronogranime, du grec ypo- 
( temps), et ypopeiv (ecrire) 
ihronologle, du grec yoovo- 
a (meme sens). — D. chrono- 
que. 

hronometre, du grec Xpovo; 
aps) , et yixpov (mesure). 
hryaaltde, du L. chrysali- 
i (m. s.). 

hryaocale, mot forge a Paide 
deux mots grecs xaXoc (beau), 
xpvxroc (or), aussi beau que 

Atccfcotef, onomatopee (voy. 

xv). — D. chuchotement. 

hut, onomatopee (voy. p. lxv) 

'Mc*e, substantif participial 

r. absoute) du verbe c/ioir (voy. 

not). 

hyle, du grec xv\6$ (sue). 

'I, voy. ici, 

£6!*, anciennement cibe> de 



l'ancien haut allemand sciba (ci- 
ble). 

Clbotre, du L. ciborium (mem* 
sens). 

Cifrotcle, du L. caepulla* 
(meme sens). Par le changement: 
1° depen b (voy. abeiUe); 2° de 
uenou (voy. accouder) ; 3° de ae 
en t (voy. cive). 

Cicatrice, du L. cicatricem 
(meme sens). — D. cicatriser. 

f Cicerone, venu de l'italien 
cicerone (mfime sens). 

CWre, ancien francais sidre, 
du L. sicera (cidre, grec <rix£pa) 
Sicera contracts suivant la regie 
en rie'ra, a donne sis'ra par le 
changement de c en $ (voy. amt- 
tii); sis'ra a intercale suivant la 
regie (voy. ancttre) une dentale 
euphoniqueentre * etr, etadonn6 
sisdre, comme laxarus a donne 
ladre (laarYus), comme S Lusor a 
donne S. Ludre (LuVr). Sisdre est 
devenu sidre (voy. abtme) puis ci- 
dre (voy amitie^j. 

Clef, du L. caelum (ciel), deja 
ecrit ce/um par les Romains (voy. 
p. lxxxvi). Sur le changement de 
e en ie, voy. arriere 

Ciergc, chandelle de cire, du 
L. cereus (derive^ de cera, cire). Sur 
eus devenu qe, voy. abriger, et 
p. lxxxix; sur e devenu »c, voy. 
arriere. 

f Ctgale, venu du proven§a 
cicala (cigaie) qui est le L. cica- 
dula (diminutif de cicada, cigaie). 

f Clgarre, venu de Tespagnol 
cigarro (meme sens). — D. ciga- 
rette. 

Cljfojftte, du L. ciconia (cigo- 
gne). Sur le changement de c la- 
tin en g, t voy. adjuger. — Quant 
au changement de rii latin en gn 
devant une voyelle, il a lieu dans 
les mots suivants (cette liste com- 
prend aussi les mots en ne; cette 
forme s^tant toujours transformee 



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CIN 



136 



CIR 



en rtf ; sur Inequivalence de £ et de 
I, voy. abre'ger): oignon (unio- 
nem), engei^ner (ingeniare), ros- 
sionol (lusciniola), ropnon (re- 
monem) , Seipneur (seniorem) , 
campaywe (campanta) , baipner 
(balneare), chignon (catenionem), 
copnee (cuneata) , ivropne (ebrio- 
neus), montapne (montanea), ara- 
ane (aranea), chataiflfwe(castanea), 
l\gne (tinea), teigne (tinea), vipne 
(viwea), Voy. aussi au mot arai- 
gne"e. 

ague, du L. cicuta (cigue), 
par le changement: 1° de c en g 
(voy adjuger) ; 2° de uta en ue 
(voy. aigu). 

C1I, du L. cilium (cil). — D Cil- 
ler, d'ou Tancien francais ddciller 
(qui est aujourd'hui dessiller, voy. 
p. xxiv) 

Ciwne, ancien frangais cyme, 
du L. cyma (qui a le sens de time 
dans Isidore de Seville : Cima 
est enim summitas arborum). — 
D. cimier (ornement place sur la 
cime du casque) . 

anient, du L. caementum 
(moellon), — ae latin est ici de- 
venu t, comme dans ciboule 
(caepulla), cive (caepa), civet 
(caepatum *) , lie ( laeta ) . pivoine 
(paeonia). Ae (reduit a e) devient 
ie dans Steele (saeclum), grieche 
(graeca) . Voy. p. lxxxvi — D. ci- 
menter. 

f cinieterre, anciennement 
cimiterre. venu de l'Orient par 
1'intermediaire de Titalien scimi- 
terra (m6me sens). 

Cimetierej du L. ccemeterium 
(cimetiere) par le changement: 
1° de a en t (voy. p. lxxxvi) , et 
au mot accomplir; 2* de e en ie 
(voy. arrtere). 

Cimier, voy. cime* 

Cinnabre , du L. cinnabaris 
(cinnabre) ; sur la chute dePa p6- 
nultieme, voy. asperge. 



Cln6ralre, du L. cinerarius 

(meme sens) . 

1. Cingter, fouetter, du L. 
cingulare (fouetter a l'aide d'une 
courroie, d'un cingulum), par la 
chute r6guliere de u (voy. accoin- 
ter). 

2. Cingter, naviguer, ancien 
francais singler, a Torigine si- 
gler,' mot d'origine germanique 
(ancien scandinave sigla, navi- 
guer). 

ctnname, du L. cinnamum 
(meme sens). 

Cinq, du L. quinque (cinq), 
qui est deia cinque dans une in- 
scription du troisieme siecle. Sur 
qu devenu c voy. car. — D. cin- 
quieme. 

Cinquante , du L. quinqua- 
ginta (meme sens) par le change- 
ment de qu initial en c (voy. cinq), 
et par la chute du g medial (voy. 
allier. — D. cinquantieme, cin- 
quanlaine. 

Cintrer, du L. cincturare* 
(cintrer),parla chute reguliere de 
u (voy. accointer) et le changement 
de ct en t (voy. affoW). — D. 
cintre (substantif verbal), dicin- 
trer. 

Clppe, du L. cippus (m. s ). 

Clrconelre, duL. circumcidere 
(m. s.). Sur le changement de lafi> 
nale cidere, en cire, voy. occire. 
— D. circoncision. 

Clrconrerence, du L. circum- 
ferentia (m. s.). 

Circonflexe, du L. circum- 
flexus (m. s.). 

Clrconlocutlon , du L. cir- 
cumlocutionem (m. s.). 

Clrconscrlre, du L. circumscri- 
bere (m. s.). — D .* circonscrip- 
tion. 

Clrconapect, du L. circum- 
spectus (m. s.). — D. circonspec- 
tion. 

Ureonstanee , du L. circum- 



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CIT 



137 



GLA 



stantta(m. s.). — D. circonstan- 
tier, circonstanciel. 

Clreonvallatlon, du L. cir- 
cumvallationem, derive de circum- 
vallare (fortifier autour) . 

Clreamvemtr, du L. circumve- 
nire (m. s.). 

Clrcoavolala , compost de 
voisin et du pr6fixe circon (autour, 
L. eircum). 

Clreonvolntlon, du L. cir- 
cumvolutionem* , derive de circum- 
volvere, rouler autour. 

Circuit, duL. circuity* (m.s.). 

Clreulalre, du L circularly. 

drenler, duL. circulari (m. 
s.). — D. -ation. 

Cire, du L. cera (cire), Sur e de- 
venu i, voy. accomplir. — D. ci- 
rer, -age, drier. 

€iroflt,etymologie inconnue. 

Cirque, du L. circus (m. s.). 

Clrre, du L. cirrus (boucle de 
cheveux). 

CUaillem, voy ciseau. — D. 

Cfeemc, origine inconnue. — 
D. cisailles. ciseler (de l'ancienne 
forme cisel pour ciseau, voy. 
opneat*). 

Ciseler, voy. meat*. — D. ct- 
seleur, -ure 

J- cttadelle, de l'italien citta- 
la (citadelle). 

f dtadln, de l'italien cittadino 
(qui babite la ville). 

Cite, du L. citatem qui est pour 
civitatem (cite), dans plusieurs 
inscriptions anterieures au troi- 
sieme siecle. Pour la chute de 11 
latin civ(\)tatem, voy accointer; 
pour la reduction ^detrt a f, voy. 
alMger; 2° de atem a 4, voy. 
abbe". 

Ctter, du L cif are (meme sens) . 
— D. citation. 

ctterlear, duL. citerior (meme 
sens). 



C* 



du L. cisterna' (ci- 



terne) Sur la chute de *, voy. 
abtme. — D. eiterneau. 

Clthare, du L. cithara (meme 
sens). 

Citoyen, en provengal cipta- 
dan, du L. civitadanus* (derive 
de civitatem, cite). Pour le chan- 
gement de la premiere partie du 
mot (civita en cit, voy. au mot 
cite": pour la chute du d medial, 
voy. accabler; pour le suffixe 
yen, voy. ancien. 

€ttt*i», duL. eitrinus (m6me 
sens). 

Cifroit, du L. citrum (citron), 
par un diminutif citronem*. 

Citrcmf lie, diminutif de l'an- 
cien francais citre (courge) : citre 
est le L. citrum (citron; la couleur 
jaune de la citre l'ayant fait assi- 
miler k un citron). 

Cive, du L. caepa (cive). Surle 
changement de ae en i par l'inter- 
mediaire de e, voy. p. lxxxvi, et 
au mot ciment. — Sur p devenu 
v, voy. arriver. — D. civet, que 
Ton ecrivait anciennement ewe', 
est proprement un ragout aux 
cives; cxvette, 

f Clvctte, ou chat musque, 
mot d 'origine Orientale (arabe %&• 
bed) et qui est veou dans notre 
langue par Fintermediaire du grec 
du moyenage CaiceTiov (civette). 

€iviet*e, origine inconnue 

Civil, du L. civilis(m. &.). — 
D. civility, civUiser, -ation. 

Clvlque, du L. civicus (m. s.). 
— D. civisme. 

Clabaud, qui glapit, mot d'o 
rigine germanique (Neerland. 
Klavpen, meme sens). — D. cla- 
bauder, -age. 

Claie. ancien francais cloie en 
provencal cleda , du L. clida* 
(claie, dans la Lex Bajuwariorum, 
titre lxxvii : Si eum interfecerit, 
coram testibus in auadnvio in 
clida eum levare deoet. Ce latin 



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GLA 



138 



CUE! 



clida derive des idiomes celtiques 
(kymri clwyd, claie. — Le latin 
chda, a donn6 l'ancien fran$ais 
cloie par la chute du d medial 
(voy. alouette) et le changement 
de t en oi (voy. boire) ; o% est a son 
tour devenu at (voy. accroire), 
d'ou la forme moderne. — 1). 
dayon; cloy tore de la forme an- 
cienne cloye). 

Clair, du L. ckirus (clair) ; sur 
a devenu ai. voy. aigle. — D. 
clair et, clairiire, clairon (trom- 
pette au son clair) : clarine, clari- 
nette, iclairer, eclair city clair- 
voyant. 

CMaMewe, voy. clair. 

ClaivoM, voy. ctatr. 

Clairvoyant, voy. cZatr. — 
D. clairvoyance. 

Clametct* , du L. clamorem 
(cri). Sur o devenu eu, voy. ac- 
enettttr. 

Clandestln, du L. clandesli- 
nus (m6me sens) . 

f ciapet, de l'allemand klappe 
(soupape). 

Ctapter. voy. clapir. 

Clapir (se) , se cacher en par- 
lant des'lapins, du L. clepere (se 
clepere, se cacher), par le change- 
ment, 1° de e latin accents en i 
(voy. accomplir) ; 2° de e atone en 
a (voy. ammeter). — D. clapier. 

Clapotef , aiminutif de clap- 
per (meme sens), onomatopee. 

Claque, onomatopee. — D. 
claquer, claqueur. 

€fagt«emtf net*, mot d'origine 
inconnue. 

€fot*iJtet*, du L. clarificare 
(rendre clair (voy.cfatr).— D. cla- 
rification. 

Clarinettc, diminutif de Ma- 
rine, voy. clair. 

Clarte, du L. claritatem (clar- 
te), par la chute reguliere de I 
(voy. accotnter), et par le change- 
ment deotem en tf (voy. adbe). 



Claase, du L. ctoms (m6me 
sens). — D. closer, cfcwsment, d£- 
classer, classique, classification. 

Clause , ce que Ton arrfite, ce 
que Ton conclut, du L. clausa 
(participe de claudere t clore, ar- 
r§ter). 

Clanstral, du L. claustralis 
(meme sens). 

1. Claveau, du L. claveUus 
(diminutif de clavis, clef de votite). 

j Sur ettus devenu eau } voy. agneau, 
, ancien frangais clavel, terme d'ar- 
chitecture. 

2. Cfavemi, anciennement ela- 
te! , maladie des b6tes a laine, du 
L. cJat?eMus (menie sens; les bou- 
tons du claveau etaient assimiles 
a des clous). — D. claveUe (de 

| Tancienne forme claveU). 
I f Clavecin, de l'italien clavi- 
cembalo (meme sens). 

Clavtcule, du L. clavicula 
(mSme sens). 

Clavier, du L. claviarius* 
(porte-clefs, derive" de clavis, clef). 
Ce mot qui signifie porte-clefs dans 
notre ancienne langue, a 6t6 ap- 

Slique a l'assemblage des touches, 
es clefs. 

Clef, du L. clavis (clef), par le 
changement, 1° de a en e (voy. 
acheter); 2 de v en f (voy. bceujr). 

demattte, du L. clematidem 
(pervenche). 

Clement , du L. clementem 
(m6me sens). — D. cUmence, du 
L dementia. 

Clepsydre, du L. clepsydra 
(meme sens). 

Clerc, du L clericus (grec xXrj- 
ptxo;, qui appartient au clerge\ 
oppose a latque). Le sens primitif 
du mot s'est llargi; clerc a pris le 
sens d'homme docte, puis d'homme 
de plume, puis de greffier, enfin 
de commis {clerc d'avoue. etc....). 
— Sur la chute de t dans clericus, 
voy. p. lzxzi, et au mot affable. 



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CLO 



139 



CLO 



Cfet-jre, du **• clerieatus (le 
corps des clercs, derive" de cleri- 
cus)* par la chute reguliere de VI 
atone (voy. accointer), et par le 
cbanaremeni de c en g (voy. adul- 
ter) et de atus en <5(voy. ampoule). 

Clerical, du L. clericalis 
(meme sens). 

Cliche** , anciennement eli- 
quer, forme qui montre que cli- 
eher est une variante de eliquer 
(voy. ce mot); de mfime en alle- 
mand ab-klatschen (clicher) derive 
de klatschen (claquer). — D. cli- 
che , clichage. 

client , du L. clientem (mSme 
sens). — D. clientele. 

Ciigner, du L. clinare (meme 
sens). N latin est devenu gn, et a 
subi la meme transformation que 
nn dans grogner (grunnire), pi- 
gnon (pinwonem*). I 

Clbnat, du L. climatem (cli- 
mat). — D. climateriqve. 

Cfitt, substantif verbal de eli- 
gner (voy. ce mot). * 

cllalque, du L. clinice (lecon 
qui se fait pr6s du lit des malades). | 

CUwqwtunt , abreviation de 
Fancienne expression or clin- 1 
quant ; clinquer qui correspond 
au neerlandais Uinken (r6sonner), j 
veut dire propiement faire du 
bruit ; la meme metaphore se re- 
trouve dans la langue allemande 
qui appelle le clinquant rausch- \ 
gold (litteral. Tor bruyant). ; 

CUquetcr, frequentatif du ; 
vieux francais eliquer (faire du 
bruit) qui est une onomatopee. — 
D. cliquetis. 

f Cllver, de l'anglais to cleave 
(fendre). — D. clivaqe. 

Cloaque, du L. cloaca (egout). 

Cloche, du L. merovingien 
checa (cloche, dont Forigine est 
inconnue). — Sur le changement 
de c en eh, voy. acharner. — D. 
clocher, clochette, clocheton. 



Clocher (boiter), en provencal 
clopchar. — Le grec x^o^ou; 
(boiteux) donna naissance, dans 
les premiers siecles qui suivirent 
la chute de FEmpire, a une forme 
latine cloppus (boiteux;; on trouve 
dejd. cloppus dans les Gloses de 
Philoxene (* cloppus = y^loi »), 
et la Les Alamannorum, donne 
cloppus pour claudus • « ut clop- 
pus permaneat. » Cet adjectif clop- 
pus fournit a notre langue deux 
mots importants : 

1° Cloppus donna Fancien ad- 
jectif francais clop (boiteux), d'ou 
le verbe eloper, qui a disparu de 
la langue moderne, mais qui a 
laisse son pariicipe present dans 
l'expression clopin - clopant (dont 
le premier terme est le substantif 
verbal de clopiner, autre denve de 
eloper); e'clopi est aussi un com- 
pose de eloper. 

2° Cloppus, par un derive clop- 
picus, donna le verbe eloppicare 
(clocher), qui perdant, suivant la 
regie (voy. accointer), son I , se 
contracta en clop'care et donna 
d'une part le provencal clopchar, 
de Fautre le francais* clocher par 
le changement de e latin en ch 
(voy. acharner). 

Cloisoit, du L. closionem 
(m6me sens), par la transposition 
de l't (voy. chanoine). 

Cloitre, anciennement clois- 
tre, du L. claustrum (clottre)^ sur 
le changement de au en ox par 
Fintermediaire de o, voy. aboyer; 
sur la chute de *, voy. abitne. — 
D cloitrer. 

€f opin-cfofMtttt , voy. clo- 
cher. 

Cloporte , qu'au dix-septieme 
siecle on ecrivait encore claus- 
parte, alteration de clausporc qui 
serait la veritable forme, — ce 
mot venant du L. clausus porcus 
(litteralement pore enferme , en- 



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COA 



140 



GOG 



clos). Pourquoi cette denomina- 
tion appliquee au cloporte? II se- 
rait difficile de le dire ; cependant 
elle est generate; le cloporte se 
trouve presque partout designe 
par le nom du fcochon : les Latins 
nommaient le cloporte tant6t asel- 
lus (petit ane) , tantdt porcellio 
(petit pore) ; les Grecs l'appelaient 
dvurxo; (petit ane); les lialiens 
disent porcellini ( proprement : 

Setits cochons) ; il en est de m6me 
ans toutes nos provinces ; le clo- 
porte s'appelle en Champagne co- 
chon de saint Antoine; en Dau- 
phine kaion (cochon); en Anjou 
tree (truie). — Tous ces rappro- 
chements ne nous expliquent point 
Ja cause de rappellation; maisils 
en demontrentl existence. 

Clofe, du L. claudere( fer- 
mer), par la chute reguliere (voy. 
p. lxxxi), de Ve penultieme clau- 
oVre, et par le changement de au 
latin en o (voy. alouette), de dr 
latin en r (voy. artier e). — D. 
. iclore , enclore , enclos , declore; 
clos , closerie, closier. 

Cioture, anciennement clos- 
ture, du L. clausitura* (de clau- 
sus, ferme), par la chute reguliere 
de n (voy. accointer), le change-* 
ment de au en o (voy. alouette) et 
la chute de * (voy. abtme). 

€Io«t , ancien francais do, du 
L. clavus (clou), par le change- 
ment de au latin (clauvs) en o, 
puis en ou (voy. alouette). — D. 
clouer , cloutier , enclouer , de"- 
elouer. 

Ctoyere, voy claie. 

f Cl»b, de Panglais club (reu- 
nion). — u, clubiste. 

Clysttre, du L. clyster (mfime 



Coaetlf , du L. coactivus (qui 
contraint). 

Coaguler, du L. coagulate 
(meme sens). 



Coalteer, mot mal forme de 
coalescere (s'unir a). — D. coali- 
tion, i 

Coasser, au seizieme siecle 
coaxer, du L. coaxare (coasser). — 
D. coassement. 

f Cobalt , venu de l'allemand 
cobalt (m§me sens). 

Cocagne, anciennement co- 
quaigne, dans la mythologie du 
moyen age, nom d'un pays unagi- 
naire dont .les maisons sont faites 
de gateaux, de coques (comme Ton 
disait alors, gateau que l'on ap- 
pelle aujourd'hui couque). 

Cocanie, anciennement co- 
quarde (crete de coq), puis insi- 
gne a l'origine de couleur rouge, 
comme la crete du coq (voy. ce 
mot), 

Cocasme, origine inconnue. 

1. Coche 9 bateau, du L. con- 
cha* (qui. du sens originaire de 
coquille, de petit vase, est venu a 
celui de petit bateau). Sur la re- 
duction de nc a c, voy. coque. Le 
mot coche (bateau) a ete appliqu6 
de bonne heure & certaines voi- 
tures publiques par une assimila- 
tion si frequente du transport par 
terre au transport par eau ; on sait 
ou'avant 1855 plusieurs omnibus 
de Paris s'appelaient les uns gon- 
doles, les autres galeres y emprun- 
tant ainsi leur nom aux termes de 
la navigation. 

2. Coche, voiture, voy. coche 1. 
— D. cochety porte cochbte. 

3- Coche 9 entaille, mot d'ori- 
ffine inconnue. — D. dicocher une 
fleche, la faire sortir de la coche 
de l'arbalete. 

4. Coche, truie, origine incon- 
nue. — D. cochon. 

f Cochenllle, venu au seizieme 
siecle de Fespagnol cochiniUa 
(mfime sens). 

Cocher, voy. coche % 

Cochet 9 voy. coq. 



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COF 



141 



GOI 



Coefceoio, origin© inconnue. 

Coefcoat, voy. eoche 4. 

f Coco, mot venu du portugais 
eoquo (meme sens). — D. coco- 
tier. 

€oeoM f voy. coque. 

Coetlon, du L. coctionem (cuis- 
son). 

Ceete, du L. codex (code). — D. 
codifier. 

CeJIellle, du L. codicillus 
(meme sens). 

Coefficient 9 de co (qui est le 
latin cum, avec), et de efficient, 
du L. efficientem (qui fait). 

Coemption, au I. coemptio- 
nem (meme sens). 

Ceereltlen, du L. coerctttonem 
(m£me sens). — D. coercitif. 

Cmuw 9 du L. cor (coeur). Sur o 
devenu ecu, voy. accueiUir. — D. 
ecceurer. 

Coffre, du L. copfcinuj (panier, 
qui a deja le sods de coffre dans le 
Gapitulaire de Villi* , art. 62 : 
cofinit id est scriniu. — Con- 
formement a la loi de l'accent la- 
tin (voy. p. txxxi), cdph(l)nus fut 
d'abord contracte en coph'nus. 
Dans ce mot ph devient f, suivant 
une regie generate en francais (les 
Romains prononcaient difTerem- 
ment le ph et Yf: « Non tarn fixis 
labris, nous dit Priscien, est pro- 
nuntianda f, quomodo ph, » mais 
cette nuance ne tarda point a de- 
venir insaisissable, et elle a tout a 
fait disparu de nos langues mo- 
dernes). Ph devient f dans : faisan 
(pnasianus). fantdme (pnantasma), 
/lemme (pmegma) , oli/ant (ele- 
pnanlum), gre/fe (grapftium), sou- 
fre (sulphur) , gri/fon (gripfto- 
nus*). 

Cofnus devient coffre par le 
changement de n en r; cette per- 
mutation de la nasale en liouide se 
retrouve dans : ordre (ora'nem), 
timbre (tymp'num), pampre (pam- 



p'nus), diacre (diac'nem). — D. 
coffrei, coffrer; encoffrer. 

Coottee, ancien francais coi- 
ante, du L. cuneata* (coin pour 
fendre le bois). Ea se cnangeant 
regulierement en ia (voy. abriger, 
agencer), cuniata a aonne coiqne'e 
par le changement : 1* de m en 
gn (voy. cigogne): 2* de u en oi 
(voy. aftgotoe); 3* de ata ente 
(voy. ampoule). 

Coone**, anciennement cot- 
oner, du L. cuneare (meme sens). 
Pour le changement de cuneare en 
coigner voy. au mot cognte. 

CohmMter, du L. cohabitare 
(habiter ensemble). — D. cohabi- 
tation. 

Coherent, du L. cohaerentem 
(qui tient ensemble). 

cohesion, du L. cohaesionem 
(meme sens). 

Cohorte, du L. cohortem (co- 
horte). 

Conue, substantif verbal de 
cohuer (crier, huer ensemble). 
Pour l'&ymologie, voy. huer. 

Coi, feminin cotte, du L. 0>» t3 -. 
tus (tranquille), par la chute du t 
(voy. aigu) et par le changement 
de t en oi (voy. boire), de qu en c 
(voy. car), 

Coljfe, du L. cofea (coiffe, dans 
Fortunat). — Ea aevenant regu- 
lierement ia (voy. abriger^ aqen- 
cer) t cofia a donne coiffe par rat- 
traction de Yi qui a change o en 
oi (voy. chanoine). — D. coiffer, 
coiffeur , coiffure; de" coiffer. 

Coin, vieux francais coing, du 
L. cwnetw (coin), par le change- 
ment : 1° de eus en tu* (voy. abrrf- 
ger, agencer), cuneus devient cu- 
ntu*; 2° de ni en an (voy. cigo~ 
one); 3° de u en oi (voy. anaome). 
— D. recoin. 

CoVneMer, du L. co-incidere 
(se superposer exactement). — D. 
coincidence. 



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COL 



142 



CL 



Coing^ ancien francais cooing, 
en provencal cndoing, en italien 
cotogna, du L. cotoneus (de coing). 

Eus devenant regulierement ius 
(voy. abrSger, agencer), cotonius 
a donne le vieux francais cooing : 
,1° par la chute du t medial co(t)o- 
nius ; 2° par le changement de tit 
en ng; 3° par le changement de o 
en oi (voy. chanoine). — D. co- 
gnasse; cognassier. 

f Coke, de l'anglais coke (char- 
bon). 

Col, dont le mot cou est Padou- 
cissement (voy. agneau), du L. 
collum (cou). — D. collier f colle- 
rette , collet; de'coller; encolure; 
accoler. 

f colback, du turc kolbdk 
(bonnet de fourrure) , adopte pour 
certains regiments de cavalerie au 
retour de la campagne d'figypte. 

Coleoptere, du grec xoXeoir- 
teoo; (qui a des ailes en forme 
d'etui). 

Celere, du L. cholera (bile, 
colere). — D. coUrique. 

f collbrl, mot venu des colo- 
nies ame'ricaines. 

Coliflchet, origine inconnue. 

CoUtnapon, voy. limacon. 

Collque, du L. colica "(mfime 
sens). 

f Colls, qu'on ecrit plus correc- 
tement coli, venu de Pitalien coWt 
(charges, paquets). 

Collaborer, du L. collaborate 
(meme sens). — D. collaborates, 
collaboration. 

Collateral, du L. coUateralis* 
(qui marche a cdte). 

Collateur, du L. collator (qui 
confere). 

Collation , du L. collatio (ac- 
tion de conferer). Quant au sens 
de repas leger, il vient de ce que 
dans les couvents les moines fai- 
saient chaque jour une collation, 
une conference sur TBcriture sainl 



te, conference qui 6tait suivie d'un 
repas 16ger auquei on donna le 
nom de collatio. — D. collation- 
ner. 

Colle, du grec x6XXa (meme 
sens). — D. coller, de'coller, en- 
coller. 

Collecte, du L. collecta * (par- 
ticipe du verbe colligire, propre- 
ment ce qu'on recueille). — D. 
collecteur. 

Collectlf, du L. collectivus 
(meme sens). 

Collection, du L. collectionem 
(meme sens). — D. collectionner* 

College, du L. collegium (m6me 
sens). — D. colttgial, colUgien. 

Collegue, du L. collega (meme 
sens). 

Coller, voy. colle. 

Collerette, voy. collier. 

Collet, voy. col. — D. colleten 
se dtcolleter. 

Collier, voy. com. — D. colle- 
rette, diminutif de l'aucienne forme 
coller pour collier 

Collttte, du L collina (col- 
line, dans les arpenteurs romains ; 
Columelle donne la forme collinum). 

Collision, du L. collisionem 
(choc). 

Collocation, du L. collocatio- 
nem (placement) 

Colloque , du L. colloquium 
(entretien). 

Colloquer, du L. collocare 
(placer) . 

Collusion, du L. collusionem 
(meme sens). 

Collyre, du L. collyrium (meme 
sens). 

Colombe, du L. columba (m&me 
sens). — D. colombier) colombin. 

Colon, du L. colonus (qui cul- 
tive une terre). — D. colonie, co- 
lonial, coloniser. 

f colonel, venu au seizieme 
siecle de l'italien colonello (mime 
sens). 



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COM 



143 



COM 



Cofimne, du L. cclumna (co- 
lonne), par le changement : 1° de 
u en o (voy. annoncer) ; 2 # de win 
en nn, comme dans Garonne (de 
Garumna). Cette assimilation exis- 
tait deji dans la langue latine 
qui disait connecto pour cum- 
necto, etc.... — D. colonnade, co- 
lonnette. 

Colephane, au seizieme siecle 
colophone, du L. colophonia (resine 
de Colophon). 

Coloqulnte, du L. colocynthis 
(courge amere). 

Colorer, du L. colorare (meme 
sens). — D. coloration. 

f Colorls , venu au seizieme 
siecle de Pitalien colorito (m6me 
sens). — D. colorier, coloriste. 

Colosse, du L. colossus (meme 
sens). — D. colossal. 

Cof porter, de col et porter 
(voy. ces mots) , le colporteur, 
6tant proprement un marchand 
ambulant qui porte ses marchan- 
dises sur son dos. — D. colpor~ 
teur, colportage. 

Colore , du grec xoXovpo; 
(ypafx|j.Tl , proprement : ligne co- 
lure). 

f colza, du flamand koolsaed 
(colza). 

Combattre, de battre (voy. ce 
mot), et de cum (avec). — D. com- 
bat (subst. verbal). 

Combien , 'du vieux francais 
com (a quel point), ancienne forme 
de comme (voy. ce mot), et de 
l'adverbe bien. Voy. ma Gram- 
maire Historique de la langue 
francaise, p. 238. 

Combiner, du L. combinare 
(mfime sens). — D. combinaison. 

Comfcfe, du L. cumulus (qui a 
le sens de faite, de comble, dans 
plusieurs textes du moyen age}; 
cum{H)lus contracte suivant la re- 
gie (voy. p. lxxxi) en cumulus a 
donne comble par le changement : 



1° de u en o (voy. annoncer) ; 2° de 
ml en mbl (voy. absoudre). 
Comfcfer, du L. cumulare 

(combler), contracts regulierement 
(voy. accointer) en cumulate, d'ou 
combler par le changement : 1* de 
u en (voy. annoncer) ; 2° de ml 
en mbl (voy. combler). 

Combustion, tdu L. combus- 
tionem (meme sens). 

Corned le, du L. comoedia 
(meme sens). — D. come'dien. 

f Comestible, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien comestibile 
(meme sens). 

Comete , du L. cometes (m6me 
sens). 

Comlee, du L. comitium (as> 
semblee) . 

Comlque, du L. comicus (m6me 
sens). 

f Comlte, venu, pendant la He- 
gence , de l'anglais committee 
(meme sens). 

Commander, du L. commen*. 
dare (ordonner, dans les der- 
niers siecles de la latinite). — D. 
commande (substantif verbal), 
commandement ; commandant , 
commendeur, commenderie; com- 
mandite; recommander. 

Commandite, voy. comman- 
der, — D. commanditer, comman- 
ditaire. 

Comme, du L. quomodo (de 
quelle facon). Sur la chute des 
deux dernieres syllabes , voy- 
p. lxxxi). (Sur qu devenu c, voy. 
car. — D. comment, compost de 
comme et de ent qui est le latin 
indi (sur t devenu e, voy. p. lxxxv ; 
sur d devenu f, voy. p. xcvni); 
cette forme ent se retrouve aussi 
dans le mot souv-ent (sub inde). 

Commemoration , du L. com- 
memorationem (meme sens). — D. 
Commemoratif. 

Commence** , en italien co- 
minciare, duL. cuminitiare (meme 



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sens, compose" de cum et de ini- 
tiare, commencer) Cumin(1)tidre 
perdant son I bref suivant la regie 
(voy. accointer), cumin' tiare a 
donne commencer par le cnange- 
ment • 1° de tiare en cer (voy. 
agencer): 2° de in en en (voy. 
p. lxxxv); 3° de u en o (toy. an- 
noncer. — D. commencement. 

Commensal, du L. commensa- 
lis* (qui vitalameme table, mensa). 

Commensurable, de cum et 
de mensurabilis (mesurable), 

Commettt, voy. comme. 

Commeatalre,du L. commen- 
tarius (meme sens). 

Commeater, du L. commen- 
tari (meme sens). — D. commen- 
tateur. 

Commerce , du L. commer- 
cium (trafic). — D. commercant, 
commercer, 'commercial. 

Commere. L'figlise catholi- 
que doone aux enfants, par le bap- 
teme, un pere et une mere spiri- 
tuels charges de remplacer le pere 
et la mere natureU forsque ceux- 
ci meurent; le parrain et la mar- 
raine de l'enfant , e*tant considered 
par rfiglise comme son second pere 
et sa seconde mere, ou, comme 
nous dirions aujouitrhui, son co- 
p&re ou sa co-mere, le latin eccle- 
siastique exprimait cette double 
idee par les mots com-pater, com- 
mater, d'ou compare et commere, 
qui, a Torigine de la langue, si- 
gnifiaient seulement celui et celle 
qui ont tenu un enfant sur les fonts 
baptismaux. — Sur le changement 
de commater en commtore, voy. 
mire. — D. commerage. 

Comntettfe, duL. committere 
(confier). Sur mittere devenu met- 
tre, voy. admeUre. — D. commix, 
commissaire, commission. 

Cemmlnatelre, du L commi* 
natorius* (de comminationem , 
menace, comminari, menacer). 



€onttttl# 9 voy. commettre. 
Commiseration, du L. com- 

miserationem (meme sens). 

Cotttmtosaife, voy. commet- 
tre. — D. commissariat. 

Commission, voy. commettre. 
— D. commissionner, commissio- 
naire. 

Commode, du L. commodus 
(meme sens). — D. commode (meu- 
ble ainsi nomme a cause de sa 
commodity. 

Commotion, du L. commotio- 
nem (£branlement, commouvoir). 

Commuer, du L. commutare 
(commuer). Sur la chute du t, voy. 
abbaye. — D. commudble. 

ComiMNM) du L. communis 
(meme sens). — D. commune , 
communal, communisme, commu- 
niste. 

€ofMM«MM<m*e', du L. com- 
munalitatem (meme sens), par la 
chute reguliere de 11 latin (voy. 
accointer), et la reduction de com- 
munaVtatem en communauti par 
le changement : 1 • de al en au 
(voy. agneau); 2° de atem en 4 
(voy. abbe"). 

CottttMMMief*, du L. commu- 
nicarn (qui, dans la langue de l'E- 
glise, signifie participer au sacre- 
ment de l'Eucharistie). Sur la chute 
du c medial, voy. affouage. 

Communion, du L. commu- 
nionem (meme sens). 

Communlquer, du L. commu- 
nicare (m6me sens). — D. commu- 
nication, communicatif. 

Commutation, du L. commu- 
tationem (rofime sens). 

Compaete, du L. compactus 
(presse). 

Composite, feminin de l'an- 
cien francais compaing (compa- 
gpon); le latin cum-panis* (qui 
mange le meme pain), donna, aux 
temps merovingiens, un substan- 
tif compdnio* qui a donne la 



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COM 



vieux francais compaing (par \e 
changement de a en at, voy. ai- 
gle), tandis que Taccusatif compa- 
nionem donnait la forme comva- 
gnon (par le changement reguner 
de ni en gn., voy. cigogne). — De 
ces deux cas, sujet et regime, c'est 
le dernier seul qui a persists (voy. 
Grammaire Historique de la lan- 
gue francaise, p. 154) ; — com- 
paing a disparu (tout en laissant 
son eminin compagne et le derive 
eompagnie) f et compagnon a pris 
sa place. Le plus ancien exemple 
que Ton connaisse de ce mot, se 
trouve dans les Gloses germano- 
latines de laBibliotheqqe du Vati- 
can , Gloses contemporaines de 
Louis le Debonnaire, dans cette 
phrase deja toute romane : « ubi 
(h)abuisti mansionem (h)ac node, 
eompagn? » — D. compagnie, com 
pagnon, accompagner. 

Compagnie^ voy. compagne. 

Com pactum, voy. compagne, 
— D. compagnonnage. 

Compuraitre) du L. compa- 
rescere (mdme sens). Sur le chan- 
gement de pdreseere en paraUre, 
voy. apparattre. 

Comparer, du L. comparare 
(mdme sens). — D. comparaiion, 
comparable, comparatif. 

ComjKiroii*, du L. comparere 
(mSme sens). Sur e devenu ot, voy. 
accroire. 

4. Cemparfe, venu de l'italien 
comparsa (figurant). 

Compartisnent, division, 
substantif tire de l'ancien verbe 
francais compartir (diviser), qui 
est le L. compartiri (distribuer).— 
Compartment derive de compartir 
comme sentiment de sentir. 

Comporutlon, corruption du 
L. comparitionem (meme sens). 

Compos, proprement, mesure, 
distance egale; dans notre an- 
cienne langue, compas signifiait 



pas igal, pas rigulier, du L. com- 
passu* (voy. pas). — D. comvasser, 
mesurer au compas , d'ou le sens 
figure de s'etudier. de s'observer. 

Comp*Mloo,du L. compassio- 
nem (souffrance .partagee). 

Compotlr, du L. compatiri 
(souffrir avec). — D. compatible, 
incompatible (compatibilis*, incom- 
compatibilis*) . 

Compotrlote, qui a la m6me 
patrie, du L. compatriota (meme 
sens). 

Compendium, mot latin signi- 
fiant abrigL 

Compeoser, du L. compensare 
(meme sens). — D. compensation , 
ricompenser. 

Compete, voy. commere. 

Composer, du L. competere 
(elre de la competence de). — D. 
competent, competence, incompe- 
tent, incompetence. 

Competltenr, du L. competi- 
tor (meme sens). — D. competi- 
tion. 

Compiler, du L. compilare 
(meme sens). — D. compilation. 

Contplainte, substantif parti- 
cipial de l'ancien verbe complain- 
dre (voy. plaindre). 

Contpiaire, du L. complacere 
(meme sens). Voy. plait e. — D. 
complaisant, complaisance. 

Complement, du L. comple- 
mentum (m&me sens). — D. com- 
pMmentaire. 

complet,duL. completes (mfinie 
sens). — D. completer. 

Complexe, du L. complexus 
(qui embrasse, quir6unit). 

Complexion, du L. complexio- 
nem (constitution). 

Compllee,du L. complicem (H6, 
mfile a une affaire). — D. compli- 
cate. 

Complies, qui est dans le la- 
tin ecclesiastique completes; sur le 
ch ement de e en t, voy. accom- 
9 



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COM 



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- C- 
CON 



plir; sur la chute du t, voy. aigu. 

— Dans la langue liturgique, on 
appelle cette partie de Poffice horse 
completse, parce qu'elles achevent 
le service divin (qui comprend 
Prime, tierce, sexte , none et com- 
plies, — ou, comme disent les li- 
turgistes, prima, tertia, sexta, 
nona, completorium). 

f compliment, venu au sei- 
zieme siecle de Pitalien complu 
mento (mfime sens). — D. complir 
menter. 

Compllquer, du L. complicare 
(mgme sens). — D. complication. 

Cotttplot, origine inconnue. — . 
D. comploter. 

Componctlon, du L. compunc- 
tionem (douleur poignante <ravoir 
offense la divinite). 

Comporier, du L. corny cifare 
(meme sens). 

Composer, du L. compausare, 
compose de cum et de pausare 
(placer). Sur au devenu o, voy. 
alouette. — D. recomposer, decom- 
poser, compositeur, composition 
(L. compositorem,compositionem). 

Composite, du L. compositus 
(mfime sens). 

Comnosteur, du L. composi- 
torem (qui compose), par la chute 
rSguliere de i atone (voy. accoin- 
ter), et par le changement de o en 
eu (voy. accueillir). 

Compote, ancien francais com- 
poste, en italien composta, du L. 
composite* (composition de sucre, 
de cannelle, etc.). 

Comnremfre, du L. com- 
prendere (m§me sens). Sur la chute 
de Pe penultieme, voy. apprendre. 

— D. comprehension (directement 
duL. comprehensionem ; m. sens). 

Compreiie, substantif verbal 
de Pancien verbe francais compres- 
ser (voy. presser). 

Comprlmer, du L. comprimere 
(m6me sens). 



Cotttpromettre, du L. com- 
promittere (meme sens). Surmtf- 
tere devenu mettre, voy. admettre. 

— D. compromis. 
Contptabie , voy. compter ; — 

D. comptabilite". 

Compter ) du L. computare 
(calculer), par la chute reguliere 
de U (voy. accointer). — D. compte 
( substantif verbal ) , comptaUe , 
comptoir , d-compte , de'eompter, 
me'compte (substantif verbal de me*- 
compter). 

Compnlser, du L. compulsare* 
(pousser, puisreunir, rassembler). 

Comput, du L. computum (cal- 
cul) . — D. computer. 

Comte*. du L. comitem, par la 
chute r6guliere de Vi (voy. p. lxxxi). 

— D. comtesse, comM, vicomte. 
CottcoMer, du L. conquassare 

(m&me sens) ; voy. casser. 

Concave, du L. concavus (m&ne 
sens). 

Conceder, du L.concedere(m&- 
me sens). 

Concentrer, de con (cum, avec) 
et de centre. D. concentration, con- 
centrique. 

Concept, du L. conceptus (ce 
que Ton concoit). 

Conception, du L. conceptio- 
ns (mfime sens). 

Concerner, du L. concernere* 
(mSler ensemble). 

f Concert, venu au seizieme 
siecle de Pitalien concerto (memo 
sens). 

f Concerter, venu au seizieme 
-siecle de Pitalien concertare (mfime 
sens). — D. de" concerter . 

Concession, du L. concessit 
nem (m6me sens). D. concession* 
naire. 

f Concetti, mot italien, signi- 
fiant pense'e briUante et fausse. 

Cottcevolr, du L. concipere 
(concevoir). Voy. accourir et ma 
Grammaire historiquede la langue 



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CON 



1*7 



CON 



fratofaise, p. 199. pour le emplace- 
ment de i'accent latin. Sur le chan- 
gement 1° de i en e, voy. mettre; \ 
2° de p en v, voy. arriver; de e en 
oi, voy. accroire. — D. tneone*- 

Cenchyliologfe, science, etu- 
de (X6yoc) des coquilles (xoy^uXia). ' 

Concierge, origine lncon- 
nae. 

Cenclle , du L. concilium (as- 
sembled). 

Conelllnbnle, du L. concilia- \ 
bulum (meme sens). 

Conclller, du L. conciliate 
(unir). — D. conciliation, reconci- 
liation. 

Cue!*, du L. concisus (concis). 
— D. concisiom • 

Cotteitoyett, de con (cum, 
avec), et citoyen (voy. ce mot). 

f Conel*ve,de l'italien conclave 
(meme sens). 

Conelnre, du L. concludere 
(conclure), qui perdant son 8 pe- 
nultieme suivant la regie (voy. 
p. lxxxi) et se contractant en con- 
clud're a change dr en r (voy. ar- 
rive). 

Conclusion, du L. concJusto- 
nem (mfime sens). 

€ottcom6»*e, du L. cucume- 
rem (concombre). Suivant laloi de 
i'accent latin (voy. p. lxxxi) , cu- 
cum\e}rem, contracts en cucum?- 
rem, a subi trois cbangements : 
1° Pintercalation d'un n, cuncum'- 
rem, comme dans : lanterne (la- 
terna), rendre (redd're), convoiter 
(cupitare*), jongleur (joculator), 
Iangouste (locusta), peintre (pic- 
tor), flanc (flaccus), peinture (pic- 
tura), malingre (malaeger). Gette 
intercalation avait souvent lieu en 
latin, ou Ton trouve deja pinetor, 
lanterna, rendere, pour pictor, 
tatema, reddere, 2° Cuncum'rem 
est devenu concombre par le chan- 
gement de roVen mbr (voy. absou- 



dre) t et par celui de u en o (voy. 
annoncer). 

Concorde, du L. concordia 
(mSme sens}* — D. concorder, con- 
cordance, concordat. 

Cotteowffv*, du L. concurrere 
(meme sens). Voy. courir. 

Cottcowr*, du L. concursut 
(voy. court). 

Ceneret, du L. concretus (qui 
a une consistance solide). 

Concretion, du L. concret ionem 
(m&me sens). 

ConcuMne, du L. concuoina 
(meme sens). — D. concubinage. 

Concupiscence, du L. concu- 
piscentia (meme sens). 

Concurrent, du L. concurren- 
tern (meme sens). — O. concur- 
rence. 

Concussion, du L. concussio- 
nem (concussion, en droit romain). 
— D. concusiionnaire. 

CotMfattMtet*, du L. condem- 
nare (meme sens). — D. condam- 
nation, condamnable. 

Condenser, du L. condensare 
(dpaissir). — D. condensation, con- 
densateur, condensable. 

Condescendre, du L. condes- 
cendere (meme sens) . Voy. descen- 
dre. — D. condescendant, condes- 
cendence. 

Condiment, du L. condiment 
turn (assaisonnement). 

Condition, du L. conditionem 
(meme sens). — D. conditionner , 
conditiormel. 

f condor, mot d'origine amen* 
caine. 

€otufoIetittee, voy. dottance. 

Condnetenr, du L. conductor 
rem (meme sens). 

Cotuftelfe, du L. conducere 
(conduire). Conduc {8)re se contracte 
regulierement (voy. p. lxxxi) en 
condue're, et donne conduire pa* 
le changement 1° de u en ui (voy. 
buis et benir) ; 2° de cr en r (voy. 



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CON 



b4nir). — D. conduite (substantif 
participial), conduit, conduire, 
reconduire t inconduite. 

cdne, du L. conns (cdne). — 
D. conique, conif&re (qui porte, 
fer, des fruits coniques). 

Contortion, duL. confectionem, 
(meme sens). — D. confectionner.' 

Confederer, du L. confede- 
rate (meme sens). — D. confid&ra- 
tion. 

Conferer, du L. conferre (con- 
ferer). — D. conference. 

Confesses, du L. confessari* 
(confesser, frecpentatif de confUeri; 
pour la formation, voy. p. xxxhi). 
— D. confesse (substantif verbal), 
confesseur, confession , confession- 
nal. 

Confidence, du L. confidentia 
(meme sens) . — D. confidentiel, 
confident (L. confidentemj. 

Coat/let*, du L. confidare* (con- 
fier). Pour les permutations, voy. 
fier. — D. confiance, confiant. 

Configuration , du L. configu- 
rationem (m6me sens) . 

Conflns , du L. confinis (ayant 
la m6me frontiere). 

Confire, du L. conAcere, pre- 
parer des (fruits). Conftcere a pris 
specialement, dans la latinite du 
moyen age, le sens de composer un 
remede, une preparation pharma- 
ceutique : quod perveniel ad noti- 
tiam suam (lit-on dans les Leges 
Neapolitans) quod aliquis confec- 
tionarius minus beni conficiat, cu- 
rias denuntidbit. Contracte sui- 
vant la regie (voy. p. lxxxi) en 
conficWe, ce mot a donne confire 
par le changementde cr en r (voy. 
" benir). — D. con fit, confiture, con- 
fiseur, dt con fit, de'confiture. 

Confirmer, du L. confirmare 
(mSme sens). — D. confirmation. 

CottJIaetcr, voy. confire. — D. 
confiserie. 

Conflaqner, du L* confiscate 



(adjuger au fisc). — D. confisca- 
tion. 

Confiture, voy. confire. 

Conflagration, du L. confla- 
grationem (embrasement general). 

€ott/Iif, du L. conflictus (con- 
flit), par le cbangement de ct en* 
(voy. affile"). 

Conflner, du L. conftuere (m6me 
sens). — D. confluent, 

Cott/btuffe, du L. confundere 
(mdme sens). Sur la cbute de l'£ 
penultieme, voy. p. lxxxi; sur u 
devenu o/voy, annoncer. 

Conformation, du L. confor- 
mations (meme sens). 

Conforme, du L. conformis 
(meme sens). — D. conformer, con- 
formite'. 

f Contort, confortanle,mots 
venus de l'anglais confort, confor- 
table (m&me sens). 

Cott/brtef, du L. confortare* 
(rendre fort). — D. riconforter. 

Confraternlte, voy. fraternitL 

€ott/**e»*e, voy. frere. — D. 
confreHe. 

Confrotttef, voy. front. — D. 
confrontation. 

Confua, du L. confusus (meme 
sens). — D. confusion. 

Conge, proprement : permis- 
sion; faire quelque chose sans le 
conge" de quelqu'un, du L. coin- 
meatus (conge\ permission, auto- 
risation), qui est deja commiatus 
I dans les textes du huitieme siecle, 
1 par exemple dans les Capitulaires 
de Charlemagne : Mulier, si sine* 
comiato viri sui velum tn caput 
suum miserit. (VI, 16). — Sur ce 
changement de commeatus en com* 
' miatus, voy. abre'ger et agencer. 
I Comiatus donne le provencal com- 
jat et le francais conge"; ce dernier, 
par le changement 1° de t latin en 
g, voy. abriger; 2° de atus en e* f 
I (voy. ampoule"); 3°de m en n(voy. 
I changer)* — D. congidier. 



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CON 



149 



CON 



Congeler, du L. congelare(m&- 
melsens). — D. congelation. 

Congenere, du L. congener 
(du m£me genre). 

Congestion, du L. congestion 
nem (accumulation, amas). 

Cona;re,du L.conaru*(congre)t 

Congregation, du L. congre- 
gationem (reunion). 

Congres, du L. congressus (ren- 
contre , entrevue). 

Congrn, du L. eonpruus (con- 
venable). — D. tncongru, incon- 
gruite. 

Conjecture, du L. eonjectura 
(meme sens). — D. conjectural. 

Conjelndre, du L. conjungere 
(unir). Voy. joindre. — D. con- 
joint. 

Conjonctlf, du L. conjonctivus 
(meme sens). — D. conjonctive. 

Conjonctlou, du L. conjonctio- 
nem (m6me sens). 

ConJonctnre, du L. conjonc- 
tura (meme sens). 

Conjugal, da L. conjugate 
(meme sens). 

Conjnguer, du L. conjugate 
(conjuguer). — D. conjugaison. 

Conjurer, du L.conjurare (con- 
jurer). — D. conjuration. • 

Connaitre , ancien francais 
conoistre, du L. cognoscere Cognos- 
deyre contracte suivant la regie de 
1 accent latin (voy. p. lxxxi) en co- 
gnosce, a donne conoistre par le 
changementl°de gnen n (voy. as- 
sener) ; 2° de o en ot(voy. c/ianoine) ; 
3° de«r en str (voy. ancitre). — Co- 
noistre est devenu connaitre par le 
changement l°de n en nn(voy. en- 
nemt); 2° de oi en at (voy. accroirc); 
3° par la chute de s (voy. abtme). 
— D. connamont, connaissance, 
connaisseur, connaissemenf, con- 
naissable, reconnaissable, recon- 
naitre, reconnaissant, reconnais- 
sance ; mtconnaitre. 
Cottttetafcle, anciennement 



conestable, en italien conestabile y 
du L. comes stabuli (vvtiet des 
ecuries; dignity de ITSmpire Ro- 
main conserved par les Rois Francs) . 
Le comes-stabuli, ou, comme onne 
tarda point a l'appeler en un seul 
mot, le comestaoulus, charge, sous 
nos premiers rois, du soin de la 
cavalerie, arriva au treizieme sie- 
cle a posseder le commandement 
general desarmees. Comes-stabuli, 
devenu comestabulus , se cbangea 
des le huitieme siecie en conesta- 
bulus. (Un texte de 807 dit : co- 
mes stabuU quern corrupti conesta- 
bulus appelCamus.) Comestdb(a)lus 
contracte regulierement (voy. p. 
lxxxi) en comestaVlus a donne 
conestable par le changement tres- 
irr6gulier de m medial en n (voy. 
changer). Sur la chute posterieure 
de s, voy. abime. 

Connexe, du L. connexus (qui 
a une liaison, un rapport intime). 

ConnWer, du L. connivere 
(fermer les yeux). — D. connivence 
(L. conniventia). 

Conqne, du L. concha (co- 
quille) . 

ConqueVfv, du L. conquirere 
(conquerir). Sur le changement de 
quirere en querir, voy. acquirir. 
— D. conquerant, conquite (sub- 
stantif participial fort; voy. ab- 
soute et quite pour la formation de 
ce mot). 

Consacrer, du L. consecrare 
(mGme sens). 

Conoanguln, du L. consangui- 
neus (parent du cote du pere). 

Conscience, du L. conscientia 
(meme sens). — D. consciencieux. 

Conscription, du L. conscrip- 
tionem (enregistrement). 

Conocrlt, du L. conscriptus 
inscrit, enregistr6). 

Consecration , du L. consecra- 
tionem (meme sens). 

Conoecutlf, du L. consecuti- 



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CON 



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CON 



vus* (qui se suit, denve" de conse- 
cutum). 

Cottseif, du L. consilium (con- 
seil). Sur t devenu ei, voy.p. lxxxv. 
— D. conseiller, diconseiller* * 

Consentir, du L. consentire 
(s'accorder) . — D. consentement. 

Consequence, du L conse- 
quentia (consequence;. — D. con- 
sequent (consequentem), const- 
quemment (pour consSquentment ; 
voy. abondamment), inconsequent, 
inconsequence. 

€on«et*t>et* 9 du L. conservare 
(m6me sens). — D. conservation, 
conservatoire, conserve (substantif 
verbal), conservateur. 

Constderer, du L. considerare 
(examiner attentivement). — D. 
consideration, considerable, incon- 
sidere', de 1 consider e". 

consigner, du L. consignare 
(mfime sens). — D. consigne (sub- 
stantif verbal), consignation, con- 
signataire. 

Conslster, du L. consistere (se 
composer de) — D, consistant, 
consistance. 

Conslstolre, du L. consisto- 
rium (lieu ou Ton siege). 

Console, origine inconnue. 

consoler, du L.consolari (con- 
soler). — D. consolation, consola- 
ble . consolateur. 

Consollder, duL. consolidare 
(rendre solide). — D consolidation. 

Consommer, du L. consum- 
mare (acbever). — D. consomma- 
tion, consommdf, consommateur. 

Consomptlou, du L. consump- 
iionem (destruction). 

Consonne,duL. consona (meme 
tecs). 

Consonnanee, du L. conson- 
nantia (meme sens). 

Consorts, du L. consortes (co- 



€ott*ott4e,ancien francais con- 
fide, en it ilien consolida, du L. 



consolida (meme sens). Pour la 
forme, voy. soude. 

Consplrer, du L. conspirare 
(meme sens). — D. conspiration, 
conspirateur. 

Conspuer , du L. conspuere 
(couvrir de bave).- 

Constant, du L. constantem 
(m§me sens). — D. Constance, 
constamment. 

Constater, form6 du L. status 
(etat). Constater, e'est proprement 
decrire l'etat d'une chose. 

Cons telle, du L. consteUatus 
(constelle). 

Constellation, du L. consteh 
lationem (mdme sens). 

Consterner, du L. consternare 
(eflrayer). — D. consternation. 

Constlper, du L. constipare 
(meme sens). — D. constipation. 

Constltuer, du L. constituere 
(etablir, fonder}.— D. constitution, 
constitutional , QonstitutionnaliU, 
constituant, constitutif. 

Constrlcteur, du L. constric- 
tor (qui serre). — D. constriction. 

Construe tlon, du L. construe- 
tionem (mfime sens). 

Constrnlre, du L. construere 
(m§me sens). 

Consul, du L. consul (meme 
sens). — D. consulat, consulaire. 

Consnlter, du L. consultare 
(consulter). — D. consulte (substan- 
tif verbal), consultant, consulta- 
tion, consultatif. 

Consumer, du L. consumere 
(mfime sens). 

Contact, du L. contactus (meme 
sens). 

Contagion, du L. contagiomm 
(communication par contact). — D. 
contagieux (L. contagiosus). 

Cottte, voy. conter. 

Contempler, du L. contem- 
plati (m6me sens). — D. contem- 
plation, contemplateur., contem* 
platif. 



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CON 



151 



CON 



Contemnoraln, du L. content- 1 
poraneus (qui est da meme temps.) 
Contemptenr, du L. contemp- i 

tor (qui meprise). i 

Contenance, voy. contenir. I 

Contenlr, du L. continere (ren- . 
fermer), par le changement 1° de ' 
i en e (voy. admettre)\ 2° de c en 
t (voy. accomvUr).—D. contenant, 
contenance, ae'contenancer. 

Content, du L. contentus (me- 
me sens). — D. contenter, micon- 
tenter, contentement. 

Contentleux, du L. contention 
sus (m§me sens). 

Contention, du L. contentio- 
nem (tension). 

Cottier, en provencal con- 
tar, du L. computare (proprement 
compter. puis^num^rer,enfin/atr« 
un re'cit). Ce qui met hors de doute 
cette origine, c'est que l'italien 
contare, respa$?nol contar posse- 
dent le double sens de conter et de 
compter. L'alleraand dit de meme 
erxdhlen (conter), derive de zah- 
len (compter). Comp(u)tdre, se 
contractant regulierement (voy. 
accointer) en compt'are, a donne 
conter par le changement 1° dem 
en n (voy. changer) ; 2* de pt en t 
(voy. acheter). — D. conte (sub- 
stantif verbal) ; contour, raconter. 

Con tester, du L. contestari 
(mfime sens). — D. conteste (sub- 
stantif verbal), contestation, con- 
testable. 

Contexte, du L. contextus 
(tissu) . 

Contign, du L. contiguus (qui 
touche a). 

Continent, du L. continentem 
(meme sens). — D. continence. 

Contingent, du L. contingen- 
tem (eventuel). — D contingence. 

Conttnu, du L. continuus (me- 
me sens). — D. continuity, conti- 
nuellement, continuer, continua- 
tion, discontinuer. 



Contondant, do L. contunden- 

tern (qui broie). 
Contortion, du L. contorsio- 

nem (action de tordre). 

Contonrner, voy. tourner. — » 
D. contour (substantif verbal; voy. 
tour). 

Contractor, du L. contractare 9 
(contracter). — ■ D. contraction. 

Contradlcteur, du L. contra- 
dictor (qui contredit). — D. con- 
tradiction (L. contradictiouem) ; 
contradictoire (L. contra dictori us). 

€oMfraiM<ffe,du L. constrin- 
gere (contraindre). Sur la chute de 
s, voy. abime; sur le changement 
1° de ingere en eindre, voy. as- 
treindre; 2° de eindre en atndre, 
voy. p. lxxxv). — D. contrainte 
(substantif participial). 

Contralre, du L. contrarius 
(meme sens). — D. contrarier, 
contrarUU. 

f contraste (opposition), venu 
au seizieme siecle de l'italien con- 
tralto (meme sens). — D. con- 
trasted 

Contrat , anciennement con- 
tract, du L. contractus (contrat) . 

Contravention, du L. contra- 
ventionem*. 

Contre, du L. contra (contre, 
a Voppose de). — D. encontre. 

f Contrebande, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien contrab- 
bando (contrebande). — D. contre- 
bandier. 

€otttf**eear**er', voy. contre et 
carrer. 

CoMtre-danse, voy. danse. 

Contredire, voy. contre et 
dire. 

€ott*r*»e, en it alien contrada, 
du L. contrata* (proprement le 
pays qui est devant vous, contrd); 
voici un exemple de l'emploi de ce 
mot dans un texte latin du moyen 
age : Statuimus, ut in utraque 
contrata, tarn in terris domanii 



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CON 



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CON 



nostri quam in baronum, etc. 
[Leges Sicil. , III, 38.1 — De meme 
que contrata derive de la preposi- 
tion contra, Palleraand gegend 
(contree) derive de la preposition 
gegen (contre). — Pour le change- 
merit de contrata en contrie, voy. 
ampoule'. 

Cottfne/bfoat, voy. contre et 
fagon. 

Coninefoli^, voy.. contre et 
(aire. — D. contrefait. 

CotUfemtiiufer, voy. contre 
et mander. 

€otUre-jK»**fo, voy. partie. 

€ottfr>e-f»ie«f , voy. pted. 

Contre-poidsj voy. contre et 
pot'd*. 

Con^ne-j»o<n^ voy. contre et 
point. 

Cottfre-temps, voy. contre et 
temps. 

Coiilm«tt{r, voy. contre et 
ventr. 

CoattVevetttf, qui protege du 
vent ; voy. contre et vent. 

Centrlnuer, du L. contribuere 
(meme sens). — D. contribuable, 
contribution (L. contributtonem). 

Contrlster, du L. contrutare j 
(attrister). 

Contrlt, du L. contritus (broyS, , 
humilie). — D. contrition). \ 

€ott*t*ofe 9 ancien francais con- 1 
tre-rdte, proprement registre dou- 
ble a l'aide duquel on verifie le 
registre, le rdle original. — D con- 
triver, contrdleur. 

Contr otfvev, voy. trouver. 

Contravene, du L. contro- 
versia (dispute). — D. controver- 
siste. I 

Contnmax, du L. contumax 
(qui fait defaut). — D. contumace. , 

Centns, du L. contusus (fra- 
cassg). I 

Contusion, du L. confueionem 
(mfime sens). ] 

€oatvaf*et*e, du L.amvtncere i 



(convaincre) : pour les permuta- 
tions de lettres, voy. vaincre* 

Convalescent, du L. convales- 
centem (qui prend des forces). — 
D. convalescence. 

Cottveniv*, du L. convenire 
(m6me sens). — D. convent*, con- 
venable, convenance (L. con venien- 
tia), diconvenue. 

Convention, du L. conventio- 
nem (accord). — D. conventionnel. 

Cenventuel, du L. conventua- 
lis (qui appartient au couvent, au 
conventus). 

Converter, du L. convergere* 
(tourner vers). — D. convergent, 
convergence. 

Convers, du L. conversus (con- 
verti). 

Converser, du L. conversari 
(vivre avec quelqu'un ; d'ou le sens 
de causer). — D. conversation. 

Conversion, du L. conversion 
nem (changement). 

Cottvertlr, du L. converter* 
(changer). Sur le deplacement de 
l'accent latin, voy. accourir; sur 
le changement de e en t. voy. ac- 
complir. — D convertible. 

Convexe,du L. convexus (mfime 
sens). — D. convexiU. 

Conviction, du L.convictionem 
(m6me sens) . 

Convict; en italien convitare, 
du L. convitare* (form6 de con, 
avec , et du radical vitare. qui se 
retrouve dans invitare, inviter). 
Sur la chute du t, convi(t)are , voy. . 
abbaye. 

Convive, du L. conviva (com- 
mensal). 

Convocation, du L. cowooca- 
tionem (appel). 

Cottvof , voy. convoyer. 

Cottvolter, en vieux francais 
covoiter, en italien cuvitare, du L. 
cupitare (desirer), derive de cupi- 
tum, participe de cupere par la 
formation ordinaire des verbe3 fire 



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COP 



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COR 



bo 



quentatifs; voy. p. urn. Cupiiare 
a donne le vieux francais covoiter, 
puis la forme moderne convoiter, 
par le changement 1° de u en o 
tyoy. annoncer) et le renforcement 
a'un n (voy. concombre) ; 2° par j 
le changement de p en b (voy. • 
abeUle); 3° de i en oi (voy. ootre). 

Control f foe, ancien francais 
covoitise 1 en Catalan cobdtct'a,*en 
italien cupidixia, du L. cuptdttta 
(forme de la basse latmite pour 
cupiditas y desir : gut cupiditia 
aettuant, dit Ratherius Veron), 
qui a donne covoitise, puis conroi- 
*i*e par le changement : 1° de u en 
o (voy. annoncer) , et par Taddi- 
tion de n (voy. concombre) ; 2° par 
le changement de p en b (voy 
ofcitfe]; 3° par le durcissement in- 
solite ae d en t (voy. p. xcvm); 4° 
le changement de U en s doux 
Voy. agencer); 5° de i en ot (voy. 

ire). 

Consoler, du L. convolare 
(mSme sen?). 

Convoquer, du L. convocare 
(reunir) . 

Convoy er, a l'origine con- 
voier, du L. conviare (escorter, 
fai^ route, via, accompagner) . Sur 
le changement de i en oi, voy. 
boire. — D convoi (substantif 
verbal). 

Convulsion, du L. convulsion 
nem (spasme;. — D. convulsif, con- 
vulsionnaire. 

Cooperer, du L cooper ari 
(rnfime sens). — D. cooperation, 
cooperateur , coope'ratif. 

Coordonner, Coordination, 
voy. ordonner. 

Copeawt) origine inconnue. 

Cople, du L. copia (proprement 
abandonee multiplication; multi- 
plier, repandre (facere copiam) un 
manuscrit, en le reproduisant par 
Vecriture un grand nombre de fois. 
D'ou le sens restraint de copia, qui 



designe au moyen age la repro- 
duction d'un acte ou d'un manu- 
scrit. — D. copUte 1 copier, 

Copleax, du L. copiosus (abon- 
dant). 

Copule, du L. copula (union, 
lien). — D. copulalif. 

Coq, anciennement coc, du L. 
coccum* (coq , dans les Lois Bar- 
bares). Si quis coccum aut galli- 
nam furaverit, dit la Lex Salica 
(VI 1, 16). Coccum est une ono- 
matopee, exprimant le cri de l'oi- 
seau. 

— D. cochet, cocarde (crfite de 
coq), coquet (anciennement petit 
coq; d'ou le sens de l'adjectif co- 
que*, proprement vain comme un 
coq) ; coquelicot t qui est dans l'an- 
cien francais coquelicoq et signifie 
coq; il designe aujourd'hui le pe- 
tit pavot des champs, dont )es- 
fleurs sont rouges comme la crfite 
du coq. L'origine de coqudicot au 
sens de coq est une onomatopee, 
imitation du cri du coq. 

Coque, du L. concha (coque). 
Concha a donne coque, comme 
conchylium a donne coquille.CeXXe 
reduction de nc a c se retrouve 
dans escarboucle (carbunculus), 
a s dans demoiselle (domin'cella), 
damoweau (domin'cellus). Sur ch 
devenu c, puisq, voy, xcix. — D. 
coquetier. 

Coqitecfyftte, origine incon- 
nue. 

CoqveUcot, voy. coq. 

Coqw ef ttcne , origine incon- 
nue. 

Coquet, voy. coq. — D. co- 
queter, coquetterie. . 

Cogwlffe, du L, conchyliuw 
(coquilie) : pour les changements 
de leitres, voy. coque. — D. co- 
quillage, coquiUier. 

Coqtfittj origine inconnue. — 
D. coquinerte. 

1. Co*, du L. cornu (tumeur 



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COR 



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COR 



de Fepiderme qui a 1 aspect de la 
come). Sur rn devenu r, voy. au- 
bour. 

2. Co»*, trompe, du L. cornu 
(trompette). Surrw devenu r, voy. 
aubour. — D. corner, cornet (petit 
cor; puis rouleau de papier en 
forme de cornet). 

Cor ail, du L. corallium (co- 
rail); pour les changements de let- 
tres, voy. ail. — D. corallin. 

Corbeau, anciennement cor- 
bel, du L. corvellus (corbeau, di- 
minutif de corvus. Pour l'extension 
du sens, voy. p. xxxn.). — Sur v 
devenu b, voy. oachelier; sur ellus 
devenu eau, voy. agneau. — D. 
encorbellement (de i'ancienne forme 
corbel). 

€or>6eiffe, du L. corbicula 
. (corbeille). Sur icula devenu eille, 
voy. abeille. — D. corbillon. 

Corblllard, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) : corbillard, 
qu'on ecrivait anciennement cor- 
beillard, designait au dix-septieme 
siecle le coche qui faisait le ser- 
vice de Paris a Corbeil ; Menage en 
parle comme d'un mot tres-em- 
ploye de son temps : « Corbillart. 
On appelle ainsi le coche de Cor- 
beil a Paris; duquel lieu de Cor- 
beil il a M appeli Corbillart, 
comme le Melunois de Melun. » 
Corbittard, vers la fin du dix-sep- 
tieme siecle, prend le sens de 
grand carrosse ae gala , de voiture 
de noce; ce n'est qu'au dix-hui- 
tieme siecle qu'il recoit le sens 
qu'il possede aujourd'hui. 

Corde, du L. chorda (corde 
d'arc, puis corde en general). Sur 
ch devenu c, voy. p. xcix). — ■ D. 
cordeau (ancien francais cordel, 

3ui, sous cette forme, a donne les 
enves : cordelle, cordelier, corde- 
ler, cordeliire); corder, cordage, 
cordon, cordutr, cordVrte, 
Cordial, du L. cordiale* (de- 



I rive de cordis, coeur) . — D. cor- 
diality, cordialement. 

€or«fo» 9 voy. corde. — D. cor* 
donnerie, cordonnet. 
J Corcforotier, ancien francais 
cordouanier; proprement qui tra- 
I vaille le cordouan (cuir que Ton 
; importait de Cordoue pour faire 
I des chaussures). Nous disons en- 
, core aujourd'hui du maroquin, 
I pour du cuir du Maroc, etc De 
meme l'italien cordovaniere ( cor- 
donnier) derive de Cordova (Cor- 
doue). 

Corlace , dur comme du cuir, 
du L. coriaceus* (de corium, cuir). 
Corlandre, du L. coriandrum 
(conandre). 

Corme, origine mconnue. — 
D. cormier. 

Cormoran, corruption de cor- 
maran , que les pficheurs out con- 
serve et qui est plus regulier, — 
ce mot qui est en Catalan corbmari, 
enportugais corvomarinho, vient 
du L. corvus-marinus (litterale- 
ment : corbeau de mer). Les Glo- 
ses de Reichenau, qui remontent 
au huitieme. siecle, donnent : Mer- 
aulus = corvus marinus. Quant 
a la transformation de corvus ma- 
rinus en cor-maran (par le chan- 
gement de in latin en an, qui se 
retrouve dans sans, de sine, lan- 
gue de lingua, etc.), voy. amande. 
• f Corn ac, mot hindou, qui de- 
signe le conducteur d'un 616phant. 
! f Cornallne, venu de 1'italien 
cornalina (cornaline). 
| Come, du L. cornua (come, 
pluriel de cornu qui a donne cor; 
voy. ce mot). — D. come', cornie, 
cornouille, cornemuse (voy. muse) t 
icorner s racornir, cornichon. 

Cottteiffe, du L. qprnicula 

(corneille , voy. p. xxxii, aiminutif 

de cornicem). Sur icula devenu 

eUk, voy. abeilte^ 

€oi*tiMRtwe. v. corne et muse. 



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COR 



155 



COR 



Comet, voy. cor. — D. cot- 
nette. 

f cernlehe, anciennement cor- 
nice (venu de Pitalien corniccio 
(m6me sens). 

Coftticfcott, proprement pe- 
tite come, — puis petit concomnre 
ayant la forme d'une come (vpy. 
ce mot). 

Corwotfiffe, voy. corne.— D. 
cornouiWer. 

Cotfttf , du L. cornutiM (cornu). 
Sur uius devenu u, voy. aiyu. — 
D. cornuc, bwcornu. 

Corollnlre, du L. corollarium 
(petite couronne; signe qui indi- 
quait ie corollaire d une proposi- 
tion). 

Corolle, du L. corolla (rafime 
sens). 

corporation, du L. corpora- 
tionem* (de corporatus*, incor- 
pore\ de corpus corps). 

Corporal, duL. corporalis. 

Corps, du L. corpus (corps). 
— D. corset (voy. ce mot) , cor- 
sage, corselet. 

Corpulence, du L. corpulentia 
(m. s.). 

Correct, du L. correctus (m. 
s.). — D. correcteur, correction, 
correctif. 

Correlrftlf, voy. relatif. 

'correlation, voy.. relation. 

Corresponds , du L. cor- 
respondere* (de cum avec respon- 
dere, repondre) . Pour la chute de 
ravant-dernier e, voy. p. lxxxj. — 
D. correspondent, correspondance. 

f corridor, venu au seizieme 
sieclede l'italien corridore (m.s.). 

Cerrlger, du L. corrigere (re- 
presser). — D. corrigible, incorri- 

Corroborer, du t. corroborare 
(fortifier). — D. corroboratif 
-ation. 

Corrouer, du L. corrodere 
(ronger). 



Cor r otnpre , du L. corrum- 
pere (m. s.). — Pour les permu- 
tations, voy. rompre. • 

Correal!, du L. corrosivus (qui 
ronge). 

Corrosion, du L. corrosionem 
(m. s.). 

Corroyer 9 derive 1 de corroi 
(preparation du cufr). — Corroi 
qui est dans Pancien fran^ais con- 
rot, dans la basse latinite conre- 
dum est compose de cum, et du 
mot redum (arrangement, prepa- 
ration), qui est d'origine germa- 
nique (flamand rtden, preparer; 
gothique raidjan, preparer). — 
D. corroyeur. 

Corrupteur,duL. corruptorem 
(m. s.). 

Corruption, du L. corrup- 
tionem (m. s.). 

Corruptible, du L. corrwpti- 
bilis (m. s.). — D. incorruptible. 

Corsage, voy. corps. 

f corsalre, venu au provencal 
corsari (corsaire) celui qui fait la 
corsa, la course (voy. ce mot). 

Corselet, voy. corps. 

Corset, voy. p. xxvi. 

t Cortege, venu de Pitalien 
corteggio (suite). 

Corvee, au huitieme siecle 
corvada dans les Capitulaires de 
Charlemagne, du L. corrogata* 
(corvee , litteralement travail com- 
mande'). 

Le phenomene philologique le 
plus interessant que presente ce 
mot est Intercalation d'un v qui 
n'existait point en latin, intercala- 
tion qui s est operee de la maniere 
suivante: Le g medial disparatt 
(voy. oilier), corro(%) ata devient 
corro-ata, et les deux voyelles 
forment hiatus. Or dans ce cas, il 
arrive souvent que le latin inter- 
cale un v qui empeche la renGon- 
tre des deux voyelles: de plu-ere % 
le latin a tire plu-v-ia et non 



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COR 



156 



GOT 



plu-ia; de&pveToc, argi-v-us non 
argi-us; de vtduus il a fait vidu- 
v-ium non vidu-ium; de fluere y 
fln-\-ius f et non flu-iris; lefrancais 
a continue cette tendance a l'in- 
tercalation Depluere, il a fait non 
pleu-oir, mais pleu-v-oir* de 
pasonia il a tire pi-v-otne, non 
pi-oine: noire langue a mfime 
etendu cette transformation a des 
mots qui originairement ne pie- 
sentaient point d'hiatus, et quelle 
depouille de leur consonne me- 
diane pour y substituer un v eu- 
phonique: de gra(d)ire, ellea fait 
gra-ire puis gra-v-ir; degla[d)ius, 
glaiusj puis glai-v-e; de imbla- 
(d)are*, embla-are puis m&Ja- 
t?-er; de jpo(t)ere, po-ere puis 
pou-v-oir ; de para{d)isus para-is 
puis par-v-ts; de corro(g)ata cor- 
ro-ata puis corro-v-oto qui nous 
amene a la forme carlovmgienne 
corvada, aufrancaiscort?&. Quant 
au changement de corrovala en 
corvada par la chute de Yd, voy. 
accointer; sur ato devenu ada 
puis le (corvle), voy. ampouU. 

Le fran$ais a mfime applique ce 
procede d'intercalation a un mot 
stranger croate, pour detruire 
l'hiatus: le seizieme siecle et le 
dix-septieme ne disaient point 
croate, mais cra-v-ate un cheval 
cravate, s'enrdler dans une com- 
pagnie de cravates: « la crainte 
des embuches des Cravates (dit 
Voiture) leur donne i'alarme. » De 
la le nom du regiment Royal-cra- 
vate qui ne veut dire autre chose 
que RoyaUcroate De la aussi le 
nom commuQ de cravate, piece 
d'etoffe legere que portaient autour 
du cou, les premiers Cravates qui 
vinrent au service de la France, et 
qui prit le nom de ceux qui la por- 
taient. — D. corvfable. 

f Corvette, venu du portugais 
eorveta (corvette). 



i , Coryphee, du grec xopu<patoc 
(chef du choeur) . 

Cosmetlque, du grec xo<xu,Y)xt- 

1 x6c (qui orne, qui embellit). 

| Cosmogonle, du grec xoafxo- 

Yovia (naissance du monde). 

| Cosmographle, du grec xo<y- 

u-oypaqpia (description du monde). 

Cosmologle, du grec xocjio- 
Xoyca (theorie du monde). 

Cosmopolite, du grec xoapa- 
woXixyk (citoyen au monde). 

€o*«e, origine inconnue. — D. 
icosser. 

f costume, de l'italien costume 
(mfime sens). — D. costumer , cos- 
tumier. 

Cote, voy. coter. — D. cottier, 
cotisation. 

Cote , ancien francais coste, du 
L. costa (cdte). Sur la chute de s, 
voy. dbime. — D. cdtoyer, cdtier\ 
coteau; cotelette (derive de cotetle 
petite cdte). 

Cote, anciennement costi, en 
italien costato, du L. costatum* 
(cdte, dans la latinite du moyen 
age). Sur le changement de atum 
en e", voy. ampoule"; sur la chute 
de s, voy. abime. 

Coteau, voy. cdte. 

Cotelette, voy. cdte. 

Coter, du L. quotare* (indi- 
quer le prix. noter. derive de quo- 
tum, quantieme). Sur qu devenu c, 
voy. car. — D. cote (substantif 
verbal). 

Coterie, origine inconnue. 

Cothurne, du L. cothurnus 
(m. s.). 

Cotier, voy. cdte. 

Cotilton, voy. cotte. 

Cotir, origine inconnue. 

Cotiser, voy. cote. 

t Coton , mot d'origine orien- 
tale (arabe qoton, coton). — D. co- 
tonneux ? cotonnade , cotonnier. 

Cdtoyer, voy. cdte. 

Cotret, origine inconnue. 



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cou 



157 



COU 



€o**e, ancien francais cote, 
mot d'origine germanique (moyen 
haut allemand fcoW ? m. s.). — D. 
cotillon, petite cotitte (derive de 
coUe). 

Cotyledon, du L. cotyledon 
(m. s.). 

Cou, voy. col. 

Coward, proprem. quiportela 
queue basse, derive du vieux fran- 
cais coue (queue), fin langage he- 
raldique, le lion couard est celui 
qui porte la queue entre les jam- 
bes; les animaux qui ont peur, et 
portent la queue basse, sont aits 
couardSy d'ou couard & pris le sens 
depeureux, de Idche. — Le vieux 
francais coue (queue) est le L. 
cauda (queue) ; par le change- 
ment regulier de au latin en ou 
(voy. alouette), et par la chute du 
d medial (voy. atouette). Ce qui 
confirme cette origine, c'est que 
Vitalien codard (couard), derive de 
coda (queue) . — D. couardise. 

CoucAet*, anciennement col- 
cher, en italien colcare, du L. col- 
locate (coucher, dans Suetone, 
Caligula, 24). CoWfi)cdre perdant 
suivant la regie (voy. accointer) son 
o, a donne la forme colcare que 
Ton trouve dans la Lex Salica 
(tit. 60) : Et si tunc discendi se , 
legem distulerint, sole colcato (du 
soleil couchi). — Colcare a donne 
coucher par le changement: 1° de 
ol en ou, voy. agneau; 2° de c en 
ch, voy. acharner. — D. couche 
(subst. verbal), coucher, couchette, 
couchant, accoucher (voy. ce mot), 
de'coucher. 

Coueoti, du L. cuculus (cou- 
cou), par le changement: 1° de u 
en ow, voy. accouder; 2° de ul en 
ou (voy. aotieau). 

Cotufe, du L. cu&ttu^ (coude) ; 
CtibOQtus, devenant cub'tus par la 
chute reguliere de i (voy. p. lxxxi) 
a change bt en d (voy. accouder), 



et u en ou (voy. accouder). — D. 
coude'e, coudoyer. 

1. €outft*e, noisetier, ancien- 
nement coldre, du 1*. corylus (noi- 
setier). Cdrffllus contracts sui- 
vant la regie (voy. p. lxxxi) en 
coflus, a subi la transposition de 
I (voy. sangloter), et donne la 
forme coVrus (on trouve deja col- 
rina dans un document latin du 
neuvieme siecle); col'rus* donne 
le vieux francais coldre par le 
changement regulier de Ir en Idr 
(voy. absoudre) ; d'ou la forme cou- 
are par Tadoucissement de ol en 
ou (voy. agneau). — D. coudrote, 
coudrter. 

2. €oticft*e 9 anciennement 
coiudre, du L. corwuere (coudre), 
qui est deja cosere au huitieme 
siecle, par une transformation 
tres-reguliere, ns s'6tant reduil a 
s, cosuere (com me on l'a vu au mot 
aini) , etla diphthongue ue(cosuere) 
s'etant alors simplihee ene, simpli- 
fication frgquente en latin, puis 
qu'on trouve d6ja mortus pour 
mortuus dans Giceron febrarius 
pour februarius dans V Appendix 
adProbum. Adamantinus Martyr 
ditexpressement: * batualia quae 
vulgo batolia dicuntur. » 

Cosere, qui est accentue en la- 
tin c6s{e)re, donna cos're suivant 
la loi de Taccent latin (voy. p. 
lxxxi). Or * et r sont incompati- 
bles (voy. ancttre) , quand cesdeux 
sons sont mis en presence par la 
chute d'une voyelle latine, lis in- 
tercalent une lettre euphonique, 
soit un t (voy. ancitre), soit un d: 
cos're est alors devenu cos-d-re, 
et To s'etant diphthongue en ou 
(voy. affouage), le mot devint 
cousdre, qui en perdant s (voy. 
abime), nous amene a la forme 
moderne. 

€o«tetme 9 peau de cochon, en 
italien cotenna, du L. cutanea 11 



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COU 



158 



GOU 



(derive de cutis , peau) . — Sur la 
chute du*, voy. abbaye): sur u 
devenu ou, voy. accouder. 

Cotcerte, anciennement coute, 
a Torigine coulte, du L culcita 
(matelas), qui contracte en cuVcta 
(voy. p. lxxxi), puis cuVta (voy. 
affCtt), a change u en ou, voy. 
accouder). 

Cottlef,duL. colare (proprem. 
/ittrcr, puis couler). Sur o devenu 
i*, voy. affouage. — D. coulage , 
„<wtee, couloir, e" couler, cUcouler. 
. Couleur, du L. colorem (cou- 
leur), par le changement de o ac- 
centue en cu (voy. occuetWir) et de 
o atone en ou (voy. affouage). 

Coulewvre, du L. colubra 
(oouleuvre), par le changement: 
1° de o en ou (voy. affouage) ; 2° 
de u en eu (v6y. beuoler) ; 3° de b 
en t? (voy. ewaw^. — D. couleu- 
vrine (coulevrine), piece de canon 
allongee et mince. 

Cotttis. adjectif restreint au- 
jourd'hui a certaines acceptions 
speciales (vent coulis, etc....), 
mais qui avaitdans notre ancienne 
langue le sens general de cou- 
lant, de glissant ; coulis, en vieux 
francais coUxs, en provencal cola- 
ditz, represente le L. cotaiicius * 
(derive ae colare, couler). Sur la 
chute du t, voy. abbaye. ~ D. 
coulis (substantif) ; coultsse. 
€otcfi*«e, voy. couler. 

Couloir, voy. couler. 

Coup, anciennement colp, en 
italien colpo , du L. colpus (coud) 
dans les Lois Barbares .: Si quis 
voluerit aUerumoccidere. et colpus 
et faUierit. (Lex Salica, tit. 19). 
Colpus est une forme contracte de 
colapus (coup) qu'on trouve dans 
la Lex Alamannorum; sur cette 
chute reguliere de* & latin penul- 
tieme, voy. asperge; a son tour 
colapus est tine forme secondaire, 
du L. tolaphtot (eotip de pbihg), 



par le changement assez frequent 
dans le latin populaire de ph en p; 
on disait a Rome stropa, ampora 
pour stropha, amphora, comme 
nous le rapporte un vieux gram- 
mairien latin. Sur le changement 
du vieux francais colp en coup, 
par la resolution de I en u, voy. 
agneau. — .D. couper (proprement 
donner un coup a Taide (Tun ins- 
trument tranchant). 

Cottpable, du L. culpabilis 
(coupable), par le changement: 
1° de ul en ou (voy. agneau) ; 2° 
de abilis en able (voy. affable). 

1. Coupe, substantif verbal de 
couper. 

2. Coupe, vase, du L. cuppa 
(coupe), par le changement de u 
en ou (voy. accouder). — D. sou- 
coupe (pour sous-coupe) : coupelle. 

Couper, voy. coup. — 1». coupe, 
coupe 3 , coupeur, couper et, cou- 
pure, coupon, de'couper, entrecou- 
per. 

f Cooperose, venu de Pitalien 
copparosa (couperose). — D. cou~ 
perose. 

Couple, du L. copula (m. s.), 
par la chute reguliere de l'avant- 
derniere voyelle U (voy. p. lxxxi), 
et le changement de o en ou (voy. 
affouage). — D. coupler, decou- 
pler, decoupler; couplet (ce qui 
est uni, accoupU ; parties d'une 
chanson, unies entreelles, accou- 
plees). 

Couple*, voy. couple. 

f Coupole, de l'italien ctipola 
(coupole). 

Cot«»*, anciennement court, a 
1'origine cort, du L. c/iorJem (basse- 
cour, puis ferme, dans Palladius, 
metairie dans Varron, qui nous ap- 
prend que les paysans romains di- 
saient cortem : * nam cortes qui- 
dem audimus vulgo, sed barbare 
did, » a cette forme cortem, suc- 
cede la forme ourtem (residence 



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cou 



159 



COU 



rurale d'un grand seigneur frank, I 
etaussi sa maison (ses offlciers, et I 
ses familiers), enfin, la cour de 
justice qui se tenait en son nom). 
La Lex Alamannorum renferme 
parmi sestitres, le suivant : de 
eo qui in curte Regit hominem oc- 
ciderit, exemple de curtem au 
sens de cour princidre; en voiciun 
autre, ou le meme mot a le sensde 
cour judiciaire: «adplacitum$ive 
ad curtem veniens. > (Syn. Confl.). 

Curtem a donne court par le 
changement de u en ou (voy. ac- 
couder). — D. courtois (de Pan- 
cienne forme court). 

Courage, anciennement co- 
rage, en provencal coratge, du L. 
coraticum* (derive de cor, cceur). 
Sur aticum devenu age, voy. dge; 
sur o devenu ou, voy. affbuage. — 
D.courageuXjde'courager, encou- 
rager. 

Cour 6e,du L curvus (courbe). 
Sur u devenu ou, voy. accouder; 
sun? devenu b, voy. bachelier. — 
D. courber, courbure, courbette, 
recourber. 

Courge 9 origine inconnue 

Courir , du L. currere (cou- 
rir), par une serie de changements 
etudies au mot accourir. — D. I 
cour ant, coureur, courrier. I 

Courotnte^duL. corona (cou- t 
ronne), par le changement: 1° de , 
o en ou, voy. affouage, 2° de n 
en tin, voy. ennemi. — D. cou- 
ronner, couronnement. 

Courre, voy. accourir. — D. 
courrier. 

Courrier, voy. courre. 

€o«t t*noie 9 en italien corregia, 
duL. corrigia (courroie), par la 
chute du $f medial (voy*. aWter), et 
le changement de i en oi (voy. 
botre). 

Courroum* A cdte de te mot, 
Pancien francais avait une forme 
corrot, qui correspond au proven- 



cal corroptx, a Pitalien corrotto 
(deuil) et vient du L. eorruprtim* 
(proprement, ruine, abattement, 
tristesse; puis indignation, enfin 
colore). Sur u latin devenu ou en 
francais, voy. accouder; sur pt 
devenu t, voy. acheter. Quant a la 
forme moderne courroux, elle de- 
rive du verbe courroucer, qui 
reproduit a son tour le L. corrup- 
tiare* (deriv6 de corruptus). Cor- 
ruptiare a donne courroucer par 
le changement 1° de o en ou (voy. 
affouage); 2° de u en ou (voy. ac- 
couder); 3° de pt en t (voy. acte- 
ter)\ 4° de ftare en cer (voy. ctyen- 
cer). La forme provencale corropt 
et la forme itahenne corrotto (en 
italien pt latin donne toujours tf, 
capfivus = caMivo, scripts = 
scritto) qui conservent le pt latin, 
confirment cette etymologie. 

Court , du L. cursus (cours) 
par le changement de u en ou (voy. 
accouder). 

Courme, du L. curta (course). 
— D. counter . 

Court, du L. curtus (court) par 
le changement de u en ou (voy. 
accouder). — D. e'courter, cour- 
toud, accourcir, raccourcir. 

Courtage, voy. courtier. 

Courte-pointe , co u verture 
piquee; dans Pancien francais couJ- 
te-pointe; du L. culcitd puncta 
(couverture piqu6e). Pour le chan- 
gement de culcita en coulte, voy. 
coueUe; pour celui de puncta en 
pointe, voy. poindre. — Coulte- 
pointe est devenu courte-pointe par 
le changement de J en r (voy. apd- 
tre). y 

Courtier, ancien francais cou- 
retier, a Porigine couratier, en ita- 
lien curattiere, du L. curatarita* 
(qui s'entremet pour les achats ou 
les ventes, d6riv6 de curatus, qui 
prend soin). SUrla ehute de a dans 
! curat(a)riu$, voy. aider; sur arius 



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cou 



160 . 



COU 



devenu ter, voy. dnier. — D. cour- 
tage (par un verbe courter* , L. 
curatare*). 

Cotirdne , du L. corftna (qui 
a le sens de mur entre deux bas- 
tions, dans la latinite du moyen 
age). Sur o devenu ou, voy. af- 
fouage. 

f courtlsan, venu au seizieme 
siecle de l'italien cortigiano (cour- 
tisan). 

f Courtlier, venu vers la fin 
du moyen age du provencal corte- 
%ar (courtiser), denv6 de cort 
(cour). 

Courtois, voy. cour. — D. 
courtoisie. 

1. Cousin, en pro venial cosin, 
dans le patois des Grisons cusrin, 
du L. co«inu5 ¥ , que Ton retrouve 
au septieme siecle dans le Vocabu- 
Iaire de Saint-Gall. Gette forme co- 
sinus derive du L. consobrinus 
(Cousin) par la reduction reguliere 
dens k s (cossobrinus, voy. atn4), 
par la chute de Yo (cos'rinus, voy. 
aider). Gette forme eos'rinus a 
donne cusrin (cousin) dans le pa- 
tois des Grisons. Le r latin s'est af- 
fltibli en * (voy. arroser), d'une ma- 
niere tres-insohte toutefois, et a 
donne 1 cosinus, qui existe dans un 
texte latin de repoque merovin- 
gienne. Cosinus a donne" cousin 
par le changement de o en ou (voy. 
affouage). — D. cousinage. 

2. Cott«ftt 9 moucheron, du L. 
culicinus* (diminutif de culicem, 
cousin). Cul(f)cinus, contracte sui- 
vant la regie (voy. accointer) en 
cuVcinus a donne cousin, 1° par le 
changement de ul en ou (voy. 
agneau) , 2° de c en * (voy. ami- 

CousHm, du L. culcitinum* 
(diminutif de culcita. proprement: 
petit matelas). Cuki(t)inum, ayant 
perdu son t medial (voy. abbaye), 
+ domne coumn par le changement 



1 # de c en « (voy. agencer et ami- 
tii), 2° de ul en ou (voy. agweau). 
— D. coussinet. 

Cout, voy. couter. 

€otf teem, anciennement cou- 
tel. a l'origine coltel, en italien 
cuttellOj du L. cultellus (couteau), 
par le changement 1* de ul en ou 
(voy. agneau); 2° de ellus en eau 
(voy. aflfn^au). — D. coutelier (de 
rancienne forme coutel, coutetle- 
rie, coutelas. 

Cottier, anciennement couster, 
a l'origine coster, en italien cos- 
tare, du L. constare (couter) par la 
reduction de ns a s (costare, voy. 
aine), par le changement subse- 
quent ae o (costare) en ou fvoy. 
affouage), et la chute* de r*(voy. 
abtme). — D. coM (substantif ver- 
bal), coHteux. 

CoutU, derive de coute; voy. 
couette. 

Coutre, en italien coltro. du 
L. cultrum (coutre), par le chan- 
gement de ul en ou (voy. agneau). 

CoMtame, anciennement cous- 
fume, a l'origine costume , dans le 
latin du moyen age corfuma (char- 
te de 705); du L. coiuuefudtnem 
(coutume). Cons(ue)ttidinem, con- 
tracte (voy. atder) en cons'tudi- 
nem, a donne costudinem par la 
reduction reguliere de ns a s (voy. 
aint) : costume par le changement 
du suffixe udinem en ume (voy. 
amertume); coutume par le cnan- 
gement de o en ou (voy. affouage), 
et la chute de * (voy. abtme). — 
D. coulumter, occoutumer. 

Coittfufe, ancien francais cotw- 
i^ure, a l'origine costure, en espa- 
gnol costura, du L. consutura* 
(de>iv6 de consuere, coudre). Cow- 
«(u)rura, contracts (voy. atder) en 
cons'tura, a donne co*fura par la 
reduction de ns a * (voy. ain4), 
cousture par le changement de o 
en ou (voy. affouage), couture par 



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CRA 



161 



CRA 



la chute de * (voy. dbtme), — D. 
couturier, coutunire. 

Cowvettf, da L. conventum 
'reunion, assembled de rel«$ieux), 
par la reduction de nv latin a v 
(voy. p. xcvi), et par le change- 
ment de o latin (coventum) en ou 
(voy. affouage). 

€ou vet*, du L . eubare (couver) , 
par le changement 1° de b en v (voy. 
avant); 2° de u en ou (voy. accou- 
der). — D. couve'e, couveuse, cou- 
vaison. 

Cowverele, du L. coopercu- 
lum (couvercle), qui s'est contracte 
regulierement (voy. p. lxxxi) en 
cooperc'lum, et a donne couvercle 
par le changement 1° de o en ou 
(voy. affouage); 2°de p en u (voy. 
amt?er). 

Cottvef rf, voy. coutrir. 

Cowvrir. du L. cooperire (cou- 
vrir). Coop(e)rire, contracte regu- 
lierement (voy. accointer) en coo- 
p'rire, a donne couvrir par le 
changement 1° de o en ou (voy. 
affouage); 2° de p en v (voy. ar- 
rtwr. — D. couvert, couverte, cou- 
verture, couvreur f recouvrir, cU- 
couvrir. 

Crabe, de l'allemand krabbe 
(crabe). — D. crevette (diminutif 
de crabe par les interned iaires 
suivants : crabette, puis cravette; 
sur le changement regulier de b 
en v, voy. avant). 

Crae 9 onomatopee (voy. p. lxv). 
— D. craquer. 

Cracher, ancien francais ra- 
ther, mot d'origine germanicnie 
(nor. hraki, salive). — D. crache- 
menty crachat, crachoir. 

Craie 9 anciennement croie, en 
italien creta, du L. creta (craie), 
par la chute du t (voy. aigu), et le 
changement de e en oi puis en ax 
(voy. accroire). — D. crayeux, 
crayon. 

Craindre,d\i L. tremer* (crain- 



dre), par le changement ordinaire 
! de emere en etndre (voy. geindre), 
et par la mutation insofite de tr en 
<r. — D. crainte (substantif parti- 
cipial, voy. stbsoudre), craintif. 

Cramoisi, mot d'origine orien- 
tate (afabe karmesi, cramoisi, qui 
a donne le bas latin carmesinus, 
d'ou le francais cramoisi par la 
transposition de r (voy. dpreti) et 
le changement de e en oi (voy. ac- 
croire). 

j Cr «mpc, mot d'origine ger- 
manique(angl. cramp; memesens). 

Cfampott, diminutif de l'an- 
cien francais crampe (crochet), qui 
est l'allemand krampe (crochet) — 
D. cramponner. 

Cran, du L. crena (entaille, 
rainure) par le changement inso- 
lite de c en a (voy. p. lxxxiv, 
lxxxv). — D. cre'neau (ancienne- 
ment crenel, de crenellum, dimi- 
nutif de crena); cr6nel4. 

Crane, du grec xpaviov (crane). 

— D. crdnerie. 

j Crapaud, derive de l'ancien 

verbe francais craper (ram per) , 

crapaud signifie proprement le 

j rampant; quant au verbe craper, 

1 il est d'origine germanique (island. 

craup, ramper). — D. crapaudine. 

Crapnle, du L. craputd (meme 

sens). -»- D. crapuleux. 

Craquer, voy. croc.— D.cra- 
quement, craqueter. 

Crase, du grec xpa<n; (fusion, 
contraction) . 
Crasse, du L. crassus (epais). 

— D. crasse (subst.), crasseux, de- 
crasser, encrasser. 

Cratere, du L. crater (cratere 
d'un volcan). 

t Cravaehe, venu par les guer- 
res allemandes, de l'allemand kar- 
batsche (cravache) , qui est d'ori- 
gine slave). 

Cravat e, mot d'origine histori- 
que (voy. p. lxiv); nousavonsex- 



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CRfi 



162 



GRfi 



plicru6 au mot corve'e F&ymologie 
(etla formation du mot cravate. 
Menage, qui vivait au temps ou la 
. mode de porter des cravates fut in- 
troduite en France, confirme cette 
origine : Cravate, dit-il, 'on ap- 
pelle atnsi ce linge blanc qu'on en- 
tortille d Veniour du cou, dont les 
deux bouts pendent par devant; 
lequel linge ttent lieu de collet. Et 
on Vappelle de la sorte, d cause 
que nous avons emprunte' cette 
sorte d , ornement des Croates, qu'on 
appelle ordinairement Cravates. 
Et ce fut en 1636 que nous prismes 
cette sorte de collet des Cravates, 
par le commerce que nous usmes 
en ce tans-ld en Allemagne au su- 
jet de la guerre que nous avions 
avec VEmpereur 

Crayon, voy. crate. — D. 
crayonner. 

Ct*e«tu?e, qui signifie propre- 
ment croyance dans : lettres de 
crtance: donner creance a une 
chose, du L. credentia* (derive de 
credere j croire). Sur la chute du 
t medial, voy. abbaye; sur tia de- 
venu ce, voy. ogencer.— D. crtan- 
cier. 

Createur, du L. creator (meme 
sens). 

Creation, du L. cre'ationem 
meme sens). 

Creature, du L. creatura (md- 
me sens). 

Cnecef fe, origine incqnnue. 

Creche, en nrovencal'crepc/wi, 
en italien greppia, mot d'origine 
germanique (vieux saxon cribbia, 
creche). Sur le changement de 
pia en che par rintermediaire de 
p;a, pcha, voy. p. xc. 

Credibility du L. credtbtWfo- 
tem (mfime sens). 

Credit, du L. creditum (chose 
prfctee). — D. criditer^ cre'diteur^ 
accriditer , discre'diter , de'cri- 
dUer. 



1 Credale, du L. credulus (mSmo 
sens) — D. cridulite", incre'dule, 
Creer, du L. creare (creer). 
Cfemaif fet*e, crampon, de- 
rive de l'ancien francais cremaille 
(m&me sens) , qui vient du L. era- 
maculus* (m. s.)auhuitiemesiecle, 
dansle Capitul. de Villis f part. 41 : 
catenas , cramaculos par le chan- 
gement. 1* de aculus en aille 
(voy. abeille) ; 2° de a en ^ (voy. 
acKeler). Cramaculus est un mot 
d'origine germanique et un dimi- 
{ nutif du neerlandais kram (cram- 
pon). 

I Creme, du L. crema (creme, 
dans Fortunat). — D. e'ere'mer. 

Cfetteatt, voy. cran, — D.crd- 
neler. 

j Creole, venu de PespagnoL 
criollo (cr^ole). 

Creper, friser, du L. crispare 
(friser), par le changement de % 
en e (voy. admettre), et la chute 
de s (voy. ablme). — D. crepe 
(6toffe legerement cripe'e); cripe 
(gateau mince comme Tetone due 
cte*pe); crepu. Une autre forme de 
creper est crfyir (crepir du crin 
le faire bouillir pour le friser); 
cremne. 

Crepir, voy. criper. — D. 
crdpi (subst. partic.) , crepissure. 

Crepitation, du L. crepitation 
nem (meme sens). 

Crepuseule, duL. crepusculum 
(crepuseule). — D. crepusculaire. 
f Crescendo, mot italien signi- 
fiant croissant. 

Cwnow, en italien crescione, 

du L. crescionem* (de crescere, 

croltre; litteralement : qui crolt 

: rapidement). — Sc latin sWassi- 

I mile en ss devant e et t, comme 

i dans: croissant (crescentem), nais- 

| sant (nascentem), poison (piscio- 

nem), rosrignol (lusriniola) , vaw- 

seau (vascellum). 

I €**ete, anciennement creste a du 



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GRI 



163 



CRO 



L. crista (crete), par le change- 
ment det en e (voy. admettre) et 
la chute de * (voy. abime). 

f Cretin, mot du patois des 
Grisons. — D. cHHnisme. 

Cretonne, origine inconnue. 

€t»ett«et* 9 voy. creux. 

Creumct) origine inconnue. 

Cfettae,en provencal cros, dans 
la basse latinite crosuro, contrac- 
tion du L. corrosum (ronge, troue, 
puis creuse).Sur osum devenueux, 
voy. amoureux; sur la contraction 
de e(o)rrosus en c'rosus, voy. drif- 
ter. — D. creuser. 

€t*et>e**, en provencal crebar, 
en italien crepore, du L. crepare 
(meme sens), par le changement 
de p en v (voy. arriwer). — D. cre- 
vasse, creve-ccewr. 

Creverte, voy. cro6e. 

Cfiftilfet* , voy. crier. — D. 
criaillerie. 

€t»i6le, du L. cri&ruro (crible), 
par la dissimilation de r en 2 (voy. 
p. lxxv, et au mot autel). — D. 
cribler. 

Crie 9 onomatopee (voy. p. lxv). 

€t»fev, en provencal cruiar, en 
espagnol <pfor. du L qfutritorc 
(crier, criailler), par la contraction 
de q(ui)rttore en q'ritare (voy. 
briUer) ; le changement de q en c 
(voy. car); la chute du t medial, 
cri(X)are (voy. abbaye). — D. cri 
(substantif verbal) ; eriewr, criard. 
crUe, dicrier, s' eerier, n criailler. 

Crime, du L. crimen (crime). 

Crimlnel, du L. criminalis 
(m&ne sens). — D. criminaliU, 
criminaliser, criminaliste. 

Cvin, du L. crinis (cheveu. 
Sur la restriction de sens, voy. 
p. xxii). — D. criniire, crinoline. 

Criqtte, mot d'ongine germa- 
nique (neerlandais hreek, cri que). 

Criqttct, sauterelle, derive de 
eric j onomatopee. On appelle de 
meme le grillon cri-cri. 



Crlse, du L. crisis (crise). 

Crteper, du L. crispare (con- 
tracter). — D. crispation. 

Crlstal, du L. crystaUum (cris- 
tal). — D. cristallin, cristaUiser, 
cristallisation. 

Criterion, mot latin (grec xpi- 
•nfjptov, moyen de juger). 

Critique, du grec xptTix6<; (qui 
juge). — D. critiquer, critiquable. 

€fo«Met*, onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. croassement. 

Cnoe, mot d'origine germani- 
que (neerlandais krdk, croc).— D. 
crochet, crochu, ctocm, accrocher, 
de'erocner. 

Crochet, voy. croc, — D. era- 
cheter, crocheteur. 

Cfecfat , voy. croc. 

Creeedlle, du L. crocodilus 
(meme sens). 

Croirc, du L. credere (croire) , 
par une serie de changements dej£ 
Studies au mot accroire — D, 
croyant, croyance, croyabU, ac- 
croire, microire. 

f Crolsade, mot venu du pro- 
vencal croxada (croisade), forme 
lui-m6me de crox (croix, de cru- 
cem). 

CwoiMewj voy. croix. — D. 
croise", croisement, croise'e (primi- 
tivement fenetre croise'e, e'est-a- 
dire divisee en quatre par une 
croix de pierre), croisiere. 

€foi««fm#, voy. crottre. 

Ctmitre) du L. crescere (crot- 
tre) Pour la serie des changements 
du latin au francais, voy. accroi- 
tre. — D. crott (substantif verbal), 
era. crue, accrottre, de'erottre, re* 
croitre, surcroitre (surcroit). Le 
participe croissant (du L. crescen- 
tern; sure=oi, voy. accroire; sur 
le changement de sc en ss, voy. 
cresson), a donne les substantias 
croissant et croissance. 

Croioc, du L. crucem (croix). 
Sur u devenu oi, voy. angoisse. 



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CRO 



164 



CUB 



sur c devenu x, voy. amitU. — D. 
croiser. 

Crogwer, onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. croquette j croquis, 
croquignole. 

Cvoquis, voy. croquer. 

Cro««e 9 ancien francais croce, 
en italien croccia, dans le latin du 
moyen age crucea, derive de cru- 
cem (croix). Crucea signifie pro- 
prement une bequille en forme de 
croix (le sens exclusif de crosse 
episcopate est mode me). On dit en- 
core dans quelques provinces mar- 
cker aux crosses, en parlant des 
person nes intirmes qui marchent a 
l'aide de b6quilies placees sous 
Paisselle. 

Crorte, origine inconnue. — 
D. cr otter ', de'crotter, crottin. 

Croufer, anciennement crol- 
ler, a l'origine crodler, en proven- 
cal crotlar, du L. corotulare (rou- 
ler, tomber ensemble, en meme 
temps) . Ce mot perdant son & atone , 
suivant la regie (voy. accointer), 
s'est contracte en coroflare, qui 
est devenu c'roflare par la chute 
du premier o (voy. briller). Crot- 
lare, assimilant tl en 11 (voy. bou- 
leau), donne Pancien francais crol- 
ler, qui devient crouler par la 
resolution de ol en ou (voy. a- 
gneau). — D. icrouler. 

f croup, mot anglais introduit 
en France, vers 1815. 

Croupe, ancien francais crope. 
Le sens originaire du mot est pro- 
tuberance (croupe d'une monta- 
gne, etc.), mot crorigine germani- 
(hord. kryppa, protuberance, bos- 
se). — D. croupion, croupi&re, 
croupir (qui signifiait ancienne- 
ment s'accroupir) , s'accroupir, 
croupier (proprement : celui que 
Ton associe au jeu, que Ton prend 
en croupe avec soi). 

Croupier, voy. croupe, 

Crompion, voy. croupe. 



CtH»Mpif 9 voy. croupe. 
Croute, anciennement crouste, 
' du L. crusta (croute), par le chan- 
' gement de u latin en ou (voy. ac- 
I couder) f et la chute de s (voy. 
I abtme), — D. crouton, encrouter, 
croustiller. 

I Crouo6fe, voy. croire. 
| Crouottee, voy. crotre. 
I 1. Cru, voy. crottre. 

2. Cru, du L. crudus (cru), par 
la chute du d (voy. aJouette)., 
, Cruaute, anciennement erudi- 
te, a i'origine cruelty, du L crt*- 
delitatem (cruaute). Crudel(t)tatem, 
regulierement contract^ (voy. ac- 
cointer) en crudeVtatem, a doune 
l'ancien francais crualtet par la 
chute du d medial (voy accabler) ; 
cruaute' par l'adoucissement de I 
en u (voy. agneau), et le change- 
ment de atem en 4 (voy. abbi). 

€rwche, mot aborigine celti- 
que (kymri, cruc, crwc, cruche).— 
D. cruchon. 

Cruclfere, du L. crucifer (qui 
porte une croix, qui a la forme 
de croix). 

Cruclfler, du L. crucificare* 
(meme sens). Sur la chute du c, 
voy. affouage, — D. cruci foment. 
Crucifix, du L. crucipaus (at- 
tache a la croix). 

erudite* du L. cruditatem (eru- 
dite). 

j Crue, voy. crottre, 
| Cruel, du L. crudelis (cruel), 
' par la chute du d medial (voy. ac- 
cabler). 

I Crustace, du L. crustaceus* 
\ (revfctu d'une croute, crusta). 

Crypte, du L. crypta (grotte). 
I Cryptogame, de xpuuxoyaiio; 
(dont les organes de fructification 
ne sont pas apparents). 

Cryptographic, du grec xpvrc- 
t6;, cache, et ypd^tv, ecrire. 

Cube, du L. cubus (cube). — 
D. cuber, cubage, cubique, 



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GUI 



165 



GUM 



CnMtnfl, du L. cubitus (coude). 

Cweif fit*, du L.colligere (cueil- 
lir). Pour les permutations de let- 
tres, voy accueillir, — D. cueU- 
lette (I. coUecta recolte). Sur ct 
devenu it, voy. assiette ; accueillir, 
recueillir. 

Cuider, du L. cogitate (croire). 
Cogtytdre s'est contracts, suivant 
la regie (voy. accointer), en cog*- 
tare. latin est ici devenu ut, 
comme dans : cuisine (coquina), 
cutsse (coxa), cutre (coq're), huf- 
tre (ostrea), huts (ostium), puts 
(post), nutre (noc're), cutt (coc- 
tus). hutt (octo), nutt (noctem), 
cutllere (cochlearia) , cutsson (coc- 
tionem), huttieme (octesimus), 
puissant (possentem*). Dans les 
mots : ennut (in-odio), appuyer 
(appodiare*), muid (modius). nut 

ihoaie), cutr (cormm), nutle 
olium*), To latin est devenu ui 
par Vattraction de Ft. — Sur le 
changement de gt en d, voy. air 
der. — D. outrecuidance. 

Cu if f et*, du L. cochleare (cuil- 
ler, dans Pline et Martial) , co- 
cleare des les derniers siecles de 
l'Empire. — Sur o devenu ut, voy. 
cuider; sur cl devenu il , voy. 
abeille. — D. cuillere, cuillere'e. 

Ctcir, du L. corium (cuir), par 
le changement de o en ut (voy. 
chanoine). 

f Culrasse, venu de Fitalien 
coraxza (cuirasse). — D. cuirasser, 
cuirassier. 

Ctcife. du L. coquere (cuire), 
qui est deja cocere dans une in- 
scription du troisieme siecle (voy. 
car;; ce mot, contracts suivant 
la regie de Paccent latin (voy. 

S. lxxxi) en coc're (voy. car), a 
onne cuire par le changement de 
o en ut sous Pinfluence du cr sui- 
vant (voy. cuider), qui se reduit a 
c (voy. b&nir). 
Cuisine i en italien cucina, 



en espagnol cocina, du L. coquina 
(cuisine dans Palladius et dans 
Isidore de Seville) ; ce mot, qui 
est deja cocina dans les Gloses 
(voy. car), a donne cuisine par le 
changement de o en ut (voy. cui- 
der) et de c en * (voy. amitie). — 
D. cuisiner, cuisinier, cuisiniere. 

€«tt«#e, du L. coxa (hanche), 
que Ton trouve deja ecrit cossa 
chez les Romains (sur ce change- 
ment de x en ss, voy. aisseue), 
Sur o devenu ut, voy. cuider — 
D. cuissot, cuissard. 

CwlMottyduL. coctionem (cuis- 
son), par le changement : 1* de 
o en ut sous l'influence du c (voy. 
cuider et attrait); 2* de It en ss 
(voy. agencer). 

Cuts**** a l'origine cuisinier, 
marmiton, du L. cocutro* (cuisi- 
nier , dans Isidore de Seville , 
forme qui represente Je L. coquas- 
ter* deriv6 de coquus). — Sur la 
chute du c medial (co{c)istro, voy. 
affouage; sur o devenu t, voy. 
cuider. 

Cuiwe, du L. cuprum (ctti- 
vre) , par le changement : l 4 de p 
en v (voy. arriver) ; 2° de u en ut 
(voy. huts). — D. cuivrer. 

€••1, du L. cuius. — D. cu* 
lasse, acculer, eculer, recukr, cu- 
I4e, culotte; culbuter (voy. outer); 
cul-de-sac. 

Cnllnalre, du L. cuUnarius 
(meme sens). 

Culmlner, du L. culminare 
(atteindre le point culminant) 1 . 

Culpablllte, du L. culpabili- 
tatem (meme sens). 

Culte, du L. cultus (culte) 

Cultlver, du L. cultivate* (qui 
a le sens de cultiver dans la basse 
latinite). 

Culture, du L. cuUura (cul- 
ture). 

Cumin, du L. cuminum (cu- 
min). 



y Google 



DA 



166 



DA 



Cumuler, du L. cumvlare (en- 
tasser). — D. cumul (subst. ver- 
bal). 

Cunelforme, en forme de coin 
(du L. cuneus). 

CupMe, du L. cupidus (a vide). 

— D. cupidite". 

Curacao, liqueur exportee de 
l'lle de Curagao. 

Curateur, du L. curator 
derive de curare (mfime sens). — 
D. curatelle. 

1. Care, du L* cur a (cure, trai- 
tement). 

2. Cure, du L. cura (charge, 
et dans la langue ecclesiastique 
charge d'ames; cura prit le sens de 
fonction de cur6, puis par exten- 
sion celui de demeure du pretre. 
— D. curtf (le titulaire d'une cure), 

€ut«ee, du L. corata* (visceres 
et poumons d'un animal, de cor, 
coeur; la curie etant proprement 
les poumons et les entrailles du 
cerf que Ton donne aux chiens 
apres la chasse). —r Sur ata devenu 
4e, voy. ampoule". (corata) de- 
vient ici w, comme dans : fur (fo- 
rum), mdre (morum), jus (jo- 
sum*), tut (to"fus), museau (mor- 
sellum*). 

€«t fet* , du L. curare (soigner, 
entretenir, d'ou le sens nettoyer). 

— D. cur age, cureur, rtcurer , 
cure-dent, cure-oreHk. 

Curleux, du L. curiosut (cu- 



rieux), par le changement de osut 
en eux (voy. amoureux). 

Curios! te, du L. curioHtatem 
(curiosite). 

Curftive, du L. cursiva* (tir6 
de cursum, supin de currere, cou- 
rir). 

Cutane, du L. cutaneus* (de- 
rive de cutis, peau). 

f Cutter , terme de marine , 
venu de 1 anglais cutter (qui fend 
l'eau). 

€m«c, du L. cupa (cuve). par 
le changement de p en v (voy. 
arriver). — D. cuvier, cuvee, cu- 
vette, cuver. 

Cycle, du grec xvxXo* (cercle). 
— D. cy clique. 

Cyclope, du grec xuxXo^ (cy- 
clope). — D. cyclbpe'en. 

Cygne, du L. cygnus, 

Cyllndre, du L cylindrus (cy- 
lindre). — D. cylindrique. 

f Cymalse, venu au seizieme 
sieole de l'italien cimasa (cy- 
maise). 

Cymbale, du L. cymbalum 
(cymbale). — D. cymbaUer. 

Cyulauc, du L. cynicus (cyni- 
que). — D. evntsme. 

Cypres, du L. cupressus (cy- 
pres). 

Cytlae, du grec xutkto^ (cy- 
tise). 

f Cmar, du russe tzar (titre des 
empereurs de Russie). 



D 



j anciennement dea, dia, a 
Torigine diva, compose des deux 
imperatifs di (dis) et va. (Voy. 
dire et otter.) On trouve meme 



cette interjection diva suivie de 
di. Le poete Ruteboeuf,au treizieme 
siecle . dans le Miracle de TMophUe 
emploie « diva di, » ce qui montre 



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DAM 



167 



DAM 



oien la presence de llmperatif dis 
dans lemot. 
naetyle, du L. dactylus (dac- 

'-V e). 

Dagmm 9 origine inconnue. — 
jj daguet Jjeune cerf qui porte 
des dagftf^ c'est-a-dire ae petites 
cornes dtf jites comme des dagues, 
comme des poignards). 

Dahlia, mot d'ongine histori- 
que (voy. p. lxiv), plante dediee 
au botaniste Dahl par Cavanilles. 

Ooiyner) du L. dignari (dai- 
gner). Pour le changement de t en 
ai , voy. marraine. — J), didai- 
gner. 

Dainty du L. damns* (daim, 
forme secoodaire de dama). Sur 
a devenu ai, voy. aigle. — D. 
daine (l'ancien francais, ecrivant 
dain pour daim, le feminin ne 
pouvait Stre que daine). 

Dais, ancien francais dois, en 
italien desco, du L. discus (table a 
manger)/ Dais sieuifie tou jours 
table a manger, dans notre an- 
cienne langue, mais specialement 
une table d'apparat , surmontee 
d'une tenture en forme de ciel de 
lit; le sens de ce mot s'est reduit 
peu a peu a la tenture elle-meme 
et nde> de table a disparu. Dis- 
cus donne l'ancien francais dois, 
comme meniscus donne menois, 
par le changement de i en oi (voy. 
bois). Dois est devenu dais par le 
changement de oi en ai (voy. ac- 
croire). 

Dalle, origine inconnue. — D. 
daller. 

ftom, du L. damnum (dom- 
mage). Sur mn recluit a m, voy. 
aUumer. # 

DamM, mot d'origine histori- 
que (voy. p. lxt?) de la ville de 
Damas ou Ton fabriquait original- 
rement cette 6toffe. — D. damas- 
ser. | 

f Damaaqulner, de damat' I 



quint venu au seizieme siecle da 
l'italien damasehino (lame de Da- 
mas). 

1. Dmtme (substantif), du L. 
domifna (dame), qui est deja 
domna dans les Inscriptions. — 
Domna a donne dame par le chan- 
gement : 1° de mn en m (voy. aJ- 
lumer) ; 2° de o en a, exemple uni- 
que d'un pareil changement pour 
Vo accentu6 (voy. p. lxxxv), mais 
dont il y a plusieurs exemples pour 
Vo atone : tels sont damoiseau de 
domiceUus*, danger de dominia- 
rium*, langouste de locusta. — D. 
darner et, darner, damier. 

2. Dmu*e (interjection), reste 
de l'anrcienne intcrjectiondu moyen 
age Dame-Dieu! (domine Deus!) 
c'est-a-dire Seigneur Dieul Le sens 

Sropre de l'exclamation dame /est 
one Seigneur ! 

Dbminus etant deja domnus chez 
les Romains (on trouve cette forme 
dans plusieurs inscriptions de l'Em- 
pire, voy. p. lxxxi), domine devint 
de meme domne qui a donne dame 
(interjection), comme domna a 
donne dame (substantif). Pour le 
detail des changements de lettre, 
voy. ci-dessus, au mot dame 1. 

3. f ■>*hm^ digue, de i'alle- 
mand damm (digue). 

Banter, voy. dame 1. 

Dameret, voy. dame 1. 

Damier, voy. dame 1. 

DAmiier. du L. damnare (dam* 
ner). — D. damnation, damnable. 

Dmmoiteam (gentilhomme qui 
n'est point encore recu chevalier), 
ancien francais damoisel, du L. 
dominicettus* (jeune seigneur, di- 
minutif de dominus, seigneur). — 
Domin(f)cellus, se contractant, sui- 
vant la regie (voy. accointer), en 
domin'cellus, nc latin, s'est reduit 
a c (voy. coque), et Ton obtient la 
forme domiceUus qui est celle de 
la latinite du moyen age : Non 



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DAN 



168 



DAU 



habeant domiceUos, lit-on dans 
les Statut. Cluniacenses. — De 
cette forme domicellus est venu di- 
rectement l'ancien francais damoi- 
sel par le changement : 1° de o en 
a (voy. dame 1); 2? de t en oi 
(voy. boire); 3"de c en s {voy. ami- 
tie) : damoisel est devenu poste- 
rieurement damoiseau par la reso- 
lution de el en eau (voy. agneau). 
— D. demoiselle (anciennement 
damoiselle, feminin de l'ancien 
francais damoisel). 

Dandiner, marcher gauche- 
ment comme un dandin (qui avait 
dans l'ancien francais le sens de 
niais et de gauche ; cet adjectif a 
ete personnifi6 plusieurs fois, dans 
Perrin Dandin, Georges Dandin, 
etc.). L'origine de dandin est in- 
connue. 

f Dandy, mot anglais introduit 
pendant la Restauration, et qui a 
le sens de petit-maltre. 

Danger, Le sens originaire de 
danger est puissance, pouvoir; 
&tre en danger de Vennemi signi- 
fie, au moyen age, &tre au pouvoir 
de Vennemi, itre d la merci de 
Vennemi. De ce premier sens d'e- 
tre au pouvoir, a la merci de cjuel- 
qu'un , decoule par une transition 
naturelle le sens de peril ; il est 
perilleux d'etre au danger, aux 
mains de l'ennemi; le sens origi- 
naire de pouvoir a persiste jus- 
qu'au milieu du seizieme siecie. 
Danger, qui est dans l'ancien fran- 
cais dongier (sur ce passage de o 
a. a, voy. dame 1.) vient du L. do- 
miniartum* (pouvoir, puissance, 
derive de dominium qui a le sens 
de souverainete, dans Ciceron.). 
De meme que dominus etait deja 
domnus chez les Romains (voy. 
dame 2), dominiarium est devenu 
domniarium, qui a consonnifiS ia 
suivant la regie (voy. abriger); 
domnjarium, a donn6 Fancien fran- 



cais dongier par le changement : 
1 1° de m en n (voy. changer) ; 2° de 
, arium en xer (voy. dnier) — D. 
dangereux. 

Dans j ancien francais dens 
[d'ens, contraction de de et de ens); 
ens est le L. intut (dedans); sur 
le changement de inius en ens, 
voy. meUre; sur le changement de 
dens en dans, voy. p. lxxxv.— D. 
dedans. 

Mtonser, mot d'ongine germa- 
nique (vieil haut allemand dansdn) 
— D. danse (substantif verbal), 
danseur, contredanse. 

Dard, en i tali en dardo; mot 
d'origine germanique (angl.-saxon 
dafah, daradh, dard). — D. dor- 
der. 

Dartte, mot d'origine celtique 
(Kymri darn, tranche, portion). 

f Danse, venu de 1'italien dar- 
sena (darse). 



, ongine mconnue. — 
D. dartreux. 

Date, en italien data, du L. 
data (proprement donnte, dans 
l'expression datum Romae, donne a 
Romele... ). — D. dater, antida- 
ter, postdater. 

"', du L daiivus (m6me 



Datte, qu'on trouve aussi ecrit 
dacte, en portugais datil, du L. 
dactylus (datte). Sur le change- 
ment de ct en U, voy. assiette; sur 
la chute des deux dernieres sylla- 
bes ylus), voy. p. lxxxi. — D. 
dottier 

Daube, origine inconnue. 

Dauber, proprement battre, 
frapper, mot d origine germanique 
(v. allem. dubban, frapper). 

Danphin, en provencal daU 
fin, du L. deVphinus (dauphin). Le 
fils ain6 des rois de France porta 
le titre de dauphin depuis 1343, 
date, de la reunion du Dauphine k 
la France Le Dauphine ou plutdt 



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d£b 



169 



d£b 



le Viennois avait en plusieurs sei- 
gneurs nommes Dauphin, nom 
propre qui n'est autre que le L. 
delphinus Sur le changement : 
\ m de el en au, voy. agneau; 2°de 
ph en f, voy. coffre. 

Dawtmtage, anciennementd'o- 
vantage, voy. de et avantage. 

Davler, origine inconnue. 

He, du L. de (de). 

1. De. Prefixe qui correspond : 
1° au latin de; 2° au latin dis, et 
dans ce cas la forme de* est tou- 
jours des a l'origine de la langue : 
calcea/re (chausser), dis-calceare 
(des-chausser , puis d&hausser). 
Sur le changement de dis en des, 
puis dS t voy. admettre et abtme. 
On a dans la double forme decrd- 
diter-discre'd'Uer un exemple frap- 
pant de Imposition de la forme 
populaire et de la forme savante. 
3° au latin de-ex dans un petit 
nombre de mots (dtvier, dtduire, 
etc.) qui sont dans notre ancienne 
langue desvier (de-ex-viare), des- 
duire (de-ex-ducere), etc. 

2. De (a coudre), ancien fran- 
cais del, a l'origine (Mel, en espa- 
gnol dedal , en italien ditale, du 
L. digitale* (de a coudre). Dig(f)~ 
tdle, contracts suivant la regie 
(voy. accointer) en dig'tale , a per- 
du la consonne mediate t di{t)ale 
(voy abbaye) et a donne Tancien 
francais deel par le changement 1° 
du s'uffixe ale en el (voy. annuel): 
2° de % en e (voy. admettre). 

3. He (a jouer), du L. datum (ce 
cra'on jette sur la table ; de date, 
Jeter, dans les expressions telles que 
dare ad terram, etc.). Sur le chan- 
gement de atum en i, voy. am- 
poule'. 

Debacle, voy, bdcler. 

De6ftftef, voy. baite. — D. 
DtbaUage. 

Debande*) voy. bande 2. — 
D. dAbandade. 



De*fca**<fe**,<fe6«i»Hie«f r, voy, 
bard. 

De'fcargtfet*. voy. oar^fue. — 
D. <#barca(tere (cf. respagnol de- 
sembarfcadero). 

De%*tnram*ev 9 voy. embarra*- 
*er. — D. dSbarras (subst. verbal.) 

MMbattre, voy. ftottre. — D. 
dibat (substantif verbal). 

Debauchee , faire sortir de 
PoteWer (qui est bauc/ie, dans no- 
tre vieille langue). L'origine de 
bauche est inconnue. — D. dtbau- 
che (proprement cessation du tra- 
vail, puis paresse, puis inconduite). 

oebet, mot latin debet (il doit). 

Deblle, du L. debilis (meme 
sens). — D. de'biliter, de'bUite'. 

Debit, du L debitum (du). — 
D. dtbiter, de'biteur. 

Deblaterer, du L. deblaterare 
(crier). 

Defeteyer, du L. debladare* 
(qui a, dans la latinite* du moyen 
age, le sens originaire d'enlever le 
ble coupe, de deblayer un champ 
apres la moisson; puis d'enlever, 
dyflter, de deblayer en general. On 
lit dans une charte de 1272 : « Si- 
« militer in pratis ipsorum dedicto 
« loco, postquam fuerint debla- 
« data. > Debladare est deriv6 de 
bladum*, ble (voy. ce mot). Debla- 
dare a donn§ dMayer par la chute 
du d medial (voy. accaoler). — D. 
dMai (substantif verbal). 

Debioquer , voy. bloquer. 

De6oife, voy*. boire. 

Deboiter, voy. botte. 

Debonnaire, ancien francais 
de bon aire, voy. air (au sens de 
naturel). 

Debordev, voy bord. — D. 
ddbord (substantif verbal), dtber- 
dement. 

Deltauchew) voy. boucher. — 
D. d&oucM. 

Debou**ew 9 voy. bourse. — 
D. devours (substantif verbal). 

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d£b 



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DtC 



DeboMtj voy. bout. 

Debowter, voy. boutet. 

De&faif f et*, voy. braie. 

Debris, voy. oroer. 

Hefcttcftcf ,sortir du bois, voy. 
buche et bois. 

f Debosquer, voy. embusquer 
etau motde*.... 

De&tct, voy. fcttf . — D. Whiter, 
debutant. 

Dec a, voy. de et fa. 

Decade, du grec Sexafioc (di- 
zaioe). 

Decadence, du L. decadentia* 
(de decadcrc*, aechoir). 

D£cadl, de 6txa (dix) et dies 
(jour). 

Decagone. du grec £exlYfc>voc 
(qui a dix angles). 

Decagramme, du grec 86coc 
(dix), et gramme (voy. ce mot). 

Decalitre, du grec filxcc (dix), 
et JtJre (voy. ce mot). 

Dialogue, du grec SexdtXo- 
yoc, (dix commandements). 

Decantper, voy. camper. 

Decanat, du L. decanatus {61- 
gnite de doyen, de decanus) . 

Decanter, en italien decantare, 
du L. decartfnore* (verser douce- 
ment, en inclinant le vase, de carv- 
thus, angle d'une cruche). 

Decaper, proprement titer la 
crotite, la rouille, le vehement im- 
pur qui recouvre une surface m6- 
tallique, derive de cape, vehement 
(voy. cape) ; le d6capage consistant 
a mettre le metal a nw, a enlever 
Tenduit qui le recouvre. — D. d4- 
capaae. 

Decapiter, du L. decapitate* 
(d6riv6 de caput, tdte). 

Deceder, du L. decedere (s'en 
aller). 

Decefet* , voy. cc?6r. 

Iteeemfrt^e, du L. decembrem 
(decembre). 

Deceunal, du L. decennalis 
(qui a lieu tons les dix ans). 



Decent, du L. decentem (con* 
venable). — D. dtcence. 

Deception, du L. deceptionem 
(m6me sens). 

Decerner, du L. decemere (vo- 
ter). 

Deces, du L. decessus (depart) . 

Decevoit*, duL. decipere (trom- 
per). Sur le changement de cipere 
en cet?oir, voy. deceuoir. — D. d£- 
cevable. 

Dee Jtotttet*, anciennement dea- 
chatner, du L. dis-catenare* (6ter 
la chatne). Pour le changement de 
lettres, voy. de*.... et chatne. — D. 
dechatnement. 

DecJtott*et»,anciennement des- 
chanter, voy. de.... etc/iortfer. 

DecJtot*grer>, anciennement 
descharger, voy. de\... et charger. 

— D. decharge (substantif verbal), 
dechoraemen*. 

M>echarne** , ancien francais 
descharner, en espagnol descar- 
nar, du L. discomare* (dter la 
chair, caraero). Sur le changement 
de c en ch, voy. ac/iomer. Sur dw 
devenu de\ voy. de*.... 

DecJto«f«#ef , ancien francais 
deschawsser, du L. discdlceare (d6- 
chausser). Pour les changements 
de lettres, voy. chausser et de\... 

— D. ddchaux (carmes). 
DecAeattce, du L. decadentia* 

(decheance, de decodere, dechoir), 
par la chute du d medial (voy. ac- 
cabler), le changement : 1° de ca 
en che (voy. acharner et acheter)$ 
2° de lia en ce (voy aqencer). 

i^echet ± voy. de" choir. 

DechUr*ew>) voy. chiffre. — 
D. dtchiffrable, indechiffrable. 

M^eehiquetew , mettre en me- 
nus mprceaux, en chiquets, mot 
qui parait 6tre un diminutif du L* 
ctcciim (une chose insignifiante, 
unrien) 

Mtechit^r , ancien francais def- 
chirer, compose de l'ancien verba 



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DtiC 



171 



DtiC 



irer, en provencal esquirar. 
d' origin e germanique (vieil 
t allemand skerran, dechirer). 
). de'chirement , dichirure. 
echoir, voy. de\... et choir, 
). de'c/ie* (autre forme de d4- 
i ; voy. Grammaire histo- 
x de la langue francaise t $. 42). 
>eclder, du L. decidere (tran- 
*, decider). — D. inducts (de 
;t de decisus, decid6), dicuif 
decisions*, derive de decisus). 
>eclme, duL. decima (dixierae). 
). dtcimer, decimation, de"ci- 

>eclmetre, du L. deci (profile 
quant dix), et metre (voy. ce 
). On voit que le prefixe deci 
tifie dix fois. et que le mot di- 
etre est mat forme, signifiant 
prement dix metres, tandis 
1 veut designer la dixieme 
tie d'un metre. En latin, deci 
[tiplie, et ne divise pas. 
»eclslf, voy. decider. 
leclslon, du L. decisionem (de- 
on). 

leclamer, du L, declamare 
:me sens). — D. declamation, 
lamatoire. 

leelarer, du L . declarare (de- 
er). — D. declaration. 
>ecllner, du L. declinare (me- 
sons). — D. de'clin (substantif 
bal), declinable, declinaison. 
>ecllve, du L. declivus (qui 
en pente). — D de'cliviti. 
!kfef©re,voy. de".... et clore. 
Oeclottef, voy. de 1 . . . . et clouer. 
fefcocfcer, voy. de\... et co- 
Decoction, du L. decoctionem 
§me sens). 

Decoi/fer, voy. coiffer. 
Decollation, du L. decottatfo- 
n (meme sens) 
L Decoffet*, voy. coJ. 
i. Decoffet*, voy. coMe. 
Decollete**, voy. coMei. 



I Deeolofet*, voy. d£... et co- 
torer, 
Aecom&re*, voy. encombre. 
Decomposer, voy. composer. 

( — D. decomposition, 

Decott/tfe, defaire, detruira 
Malherbe dit encore que la France 
• a dtconfU l'Espagne. wconfire, an- 
ciennement desconfire, du L. dw- 
' conficere (defaire, compose deeon- 
/Scere, parfaire, achever). Pour le 
cbangement de lettres, voy. de\.- 
et confire — D. de"confUure. 

Heeottteftatteet*, voy. conte 
nonce. 

Deeottvemte, voy. dV.... et 
converar. 

Decorer, du L. decor are (or- 
ner). — D. decor (substantif ver- 
bal), decoration, d&corateur, dico 
ratif. 

»ecorum, du L. decorum (con 
venance, bienseance. 

HecotfcAer , voy. de\... etcou 
cfcer. 

Deco«f«ft*e, voy. de\... et cou- 
dre. 

Aeeottlef , voy. de*.... et coa- 
ler. 

Deeottper, voy. de*.... et cott- 
per. — D. decoupure. 

IMeonvrir, voy. de\... et com- 
mr. — D. dicouperte (substantif 
participial). 

Acer aster , voy. crasse, 

Dccrvditer, voy. de\... et cr& 
d#er. 

Decrepit, du L. decrepitus (me- 
me sens). — D. decrepitude. 

Deeret, du L. decretum (ar- 
rete). — D. ddcreter, decretale. 

Decrier, voy. de*.... et cner. 
— D. decri (substantif verbal). 

Decrire, anciennement des- 
cnre, du.L. descnbere (decrire). 
Pour les cbangements de lettres, 
voy. ecrire. 

Deci*ocfcet* 9 voy. croc. 

Aecfo€*t*e, voy. croitre. — 



yGoogk 



-D&F 



172 



DtiF 



D. dicroissant , dtcroissance, dV« 
crue. 

Decroiter, voy. crotte. — D. 
de'croUeur. dicrottoir. 

Decuple, du L. decuplu* (md- 
me sens) . — D. de'cupler. 

Deilaignei*, ancien francais 
desdaigner, en italien disdegnare, 
du L. dis (voy. de\...) et dtgnari 
(voy. datgfnier). — D. didain (sub- 
stantif verbal) , dtdaigneux. 

Dedale, du grec Aa£8aXo; (De- 
dale, qui construisit le labyrinthe 
de Crete). 

Dedawi*, voy. de et dans. 

Dedicate, du L. dedicatio (d6- 
dicace). 

Dedier, du L. dedtcore (d6- 
dier), par la chute du c medial 
(voy. affbuage). 

DeVfife, voy. d£... et dire, — 
D. dtdit. 

Deduction, du L. deductionem 
(m6me sens). 

De«f«tit*e. du L. deducere (d6- 
duire). Deducere contracte sui- 
vant la regie de l'accent latin en 
deducWe, a donne diduire par le 
changement de cr en ir, voy. oenir. 



«?• anciennement deuesse, 
forme de 1 ancien francais deu (qui 
est le L. deu$), et du suffiie femi- 
nin esse (voy. o&oe**e) 

DefaiWr, Voy. de\... et /at(- 
iir. — D. difaillcmce. 

Dtfaire, anciennement de$- 
faire, voy. de\... et /aire. — D. 
tefaite (substantif participial). 

Defalgwei-, en italien diffal- 
care, compose* de de\... (voy. ce 
mot), et du radical falquer, qui est 
d'ongine germanique (vieil haut 
allemand fakan, retrancber).— D. 
Defalcation. 

De'faut, voy. faute. 

Dejfaveuf, voy. de\... et /a- 
veur. — D. <M favor able. 

Defect!!, du L. defectivus (qui 
manque). 



Defection, du L. defectionem 
(m&ne sens). 

Defectueiix,du L. defectuosus* 
(mfime sens). 

DeTeauf***, du L. defendere 
(m§me sens). Sur la chute de l'a- 
vant-dernier e, voy. p. lxxxi. — 
D. difendable, dejenaeur, difen- 
deresse. 

Defense, du L defensa (de- 
fense, dans Tertullien). 

Defenseur, du L defensorem 
(mfime sens). 

f Defenslf, venu au seizieme 
siecle de 1'italien defensivo (m. s). 

Deferer, du L. deferre (decer- 
ned accorder). — D. diferenee. 

Defer let- , voy ferler. 

Deferred, voy. fer. 

Defiance, voy. ae'fier. 

Deficit, mot latin : deficit (il 
manque). 

Defter, ancien francais desfier, 
en italien dishdare, pour r6tymo- 
logie, voy. de.... et per. — D. <Ufl 
(subst. verbal.) defiance. 

Deflgurer, voy. figure. 

De/lfe, voy. deafer 2. 

1. Deftler, voy. /M. 

2. Dejller, voy. /lie. — D. dV- 

fi, passage etroit ou il faut aller 
la file. 

Deflnlr, du L. definite (m&me 
sens). — D. dtfini, indtfini, difi- 
nissable, ind&finissable- 

Deflnltlf, du L. definitions 
(mfime sens). 

Definition, du L definitionem 
(mfime sens). 

DefleufHr. voy. fleur. 

Deflorer, au L. deflorate (dter 
la fleur). 

DefoHcer, voy. fond. — D. <W- 
foncement. 

De'/brntei*, voy. forme. — D. 
deformation. 

Defrayer, voy. frais. 

Defirtehevy voy. friche. — D. 
(Ufrichement. 



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DfiG 



173 



DfiL 



MyWo^pcef , voy. froc. — D 
ro^fue (substantif verbal). 
octant, du L. defunctut (meme 
is). 

U&gagGW) voy. go^er. — D 
lagement. 

Desolate**, voy. patrw. — D. 
jratne (substantif verbal). 
D&jawnir, voy. j/armr. 
Begat, substantif verbal de l'an- 
n verbe dtgdter (voy. gdter). 
De'geler, voy. geter. — D. d£- 
£ (substantif verbal). 
oegenerer, du L. deflfenerare 
erne sens) . — D. dtgentratton. 
l»enenere«cence, de digint- 
went, qui est le L. degenerescen- 
n* (degenerescere*) de degene- 
re. 

Deglutition, du L. deglutitio- 
in, de deglutire (avaler). 
JtMoiier, voy. g osier. 
Deaoraer, voy. oorge. 
DeaoMrdir, voy. oowrd. 
Dego&t, ancien francais des- 
wrt, en italien dwgfusto, voy. 
?.... et grottt.— D. MgoiHer. 

DegoMtter, voy. gfoutte. 

iftegraaer, du L. degradare 
oeme sens). — D. degradation. 

Degfoffef, voy. agrafer. I 

"~ * r, voy. graisse. — 



, ddjjr aweur, digraissage. 
Degve. en provencaf deyrc** 
e mot repond a un type de-gra 



us, compose de de et du L. gro- 
ut (degre). Sur la chute du d, voy. 
louette; sur le cbangement de a 
n e, voy. acheter. 

Degrever, voy. greter. — D. 
leareueroent. 

fegritftgrole**, origine incon- 
lue. 

Degf*f«er, voy griser. 

DegroMir, voy. grossir. 

Deguenilti, voy. gueniUe. 

De g ue rp l*, compose de de\... 
it de rancien verbe francais guer- 
nr (abandonner) qui est dans la 



latinite du moyen age werpire, 
motd'origine germanique (scandin. 
verpa). Pour le changement de w 
en </t* francais, voy. p. en et au 
mot gatne. — D. dtguerpissement. 

Degtffaet*, voy. flfuiw. — D. 
deputsement. 

l»egn»ter, du L. deguttare 
(meme sens). — D. tegustation, 
digustateur. 

Dehiscence, du L. dehiscerUia" 
(dehiscere, s'entr'ouvrir). 

Defcoatte, voy. honte. 

Aefcof*, voy. hors. 

Delelde, du L. deicidium* 
(meurtre de Dieu). 

Delfler, du L. deificare. — D. 
dtijieation. 

Delime, de Deus (Dieu), avec 
le suffixe isme. — D diiste 

Delte, du L deitatem (divinity. 

Dejo, ancien francais desja, 
voy. des et;d. 

Dejection, du. L. dejectionem 
(mfime sens) 

Bejeter, du L. dejectare (me- 
me sens). Sur ct devenu I, voy. 

Hejewttef, ancien francais de*- 
jeuner, voy. dl... et;edner, litte- 
ralement : cesser de jeuner. Pour 
le sens, voy. p. xx. — D. ddjeu- 
ner (substantif) . 

De?oiaaoVe, voj.joindre. 

fi^oiier, voy. jouer. 

Dc^ttcfcea*, voy. jucher. 

De la, voy. 2d. 

f Delabrerjanciennementde*- 
tobrer, del'italien (milanais duto- 
brare). — D. ddlabrement. 

DeTai, voy. delayer. 

Beiaismer, voy. laisser. — D. 
dtlaissement. 

HelaMer, voy. fas. — D. <fc- 
lassement. 

Delatenr, du L. delator (meme 
sens). 

Delation, du L. dekUionem 
(meme sens). 



yGoogk 



d£l 



174 



d£m 



Delayer, du L. dilatate (eien- 
dre, dilater), par la chute du t me- 
dial (voy. abbaye), et le change- 
ment de i en e (voy. mettte). Le 
passage du sens de dilater, d'al- 
longer, d'etendre [dilatare) a celui 
de dilayet est visible dans Pexpres- 
sion delayer un discours. — D. di- 
lai (substantia verbal du verbe de- 
layer pris au sens d'6tendre : le 
delai est le temps accorde pour 
faire une chose) . 

Deleeter, du L. delectare (m&- 
me sens) . — D. delectation, delec- 
table 

Deleguer, du L. delegare (en- 
voy er). — D. dtUgation. 

Deletere, du grec SyjXyityjpio; 
(nuisible). 

Dellberer, du L. deliberate 
(examiner). — D. dMberation, dji- 
libetatif. 

Dellcat, du.L. delicatus (mSme 
sens). — D. inddlicat, delicatesse. 

Dellcee, du L. deliciae (deli- 
ces). — D. de'licieux. 

1. Delia, au sens de menu, de 
de'licat (un fil deW, un style de'Jie', 
etc.) } du L. delicatus (delie, fin, 
deli cat), par la chute du c medial 
(voy. affouage), et le changement 
de atois en e (voy. ampoute). 

2. Delie, participe de d^ier. 
Heliet*, ancien francais des- 

"Jter, voy. de\... et Iter. 

Delimiter, du L delimitate 
(m6me sens). — D. delimitation. 

Delineation, du L. delinea- 
tionem (de delineate, dessiner). 

Dellnquant, du L. delinquen- 
tern (fautif). • 

Dellre, du L. delirium (egare- 
ment d'esprit). — D. de 1 liter. 

Dellt, du L. delictum (faute). 

Helivnet*. du L. deliberate* 
(compos6 de liberate, liberer). De- 
Ub{S)tatBj contracts suivant la re- 
gie (voy. accointet) en delibt'ate, 
a donne dMvtet par le change- 



ment de b en v (voy. avant). — D. 
dttivrance. 

Deloge*, voy. loget. 

De'loyaf, anciennement des- 
loyal, en italien disleale, de de". .. 
(voy ce mot) et JoyaJ. — D. d6- 
loyauU (voy. de\... et loyaute). 

Delude, en italien diluvio, du 
L. diluwum (deluge) , par la con- 
sonnification de iu en </e {diluv- 
jum, voy. abrtger), et la reduction 
de t>; a) (voy. abrtger). Pour le 
changement de i (diluvium) en e 
voy. mettre. 

Hef wt-e, voy. p. xvm et au mot 
Jeurre. 

Demagogue, du grec SYi^ayco- 
yo; (qui conduit le peupie). — D. 
aemagogie, dtmagogique. 

Betitaiit, ea provencal deman t 
en italien dimane, du L. de-mane* 
(compose de mone\ matin) . Sur le 
changement de a en ai t voy. ai- 
gle. — D. lendemain, qui 6tait 
dans notre ancienne langue Vende- 
main (de meme en italien Vindo- 
mani), forme composee de en et de 
demain. Au quatorzieme siecle, 
Particle le, par une meprise sin- 
guliere, se soude au corps du mot 
(voy. lierre), et donne le substan- 
tif lendemain, qui a son tour est 

S recede d'un nouvel article {le len- 
emain). 

Demanded, du L.demandare. 
— D. demande (substantif verbal), 
demandeur, demanderesse. 

Demaatgef, voy. manger. — 
D. d&mangeaison. 

Dematttelet*, proprement dtet 
le mantel (manteau), iter le v6te- 
ment qui protege une ville, de- 
truire ses murailles. — D. deman- 
telement. 

Demantlbuler, anciennement 

de'mandibuler, proprement : se 

, rompre la machoire, de drf..., (voy. 

• ce mot) et mandibula (machoire). 

I DemancotioM, voy. marquer. 



yGoogk 



DfiM 



175 



DfiN 



D^mafcfce, voy. marche. | 
Ilemat^er, voy. tnarier. 
Demargttef, voy. marquer. 
Dem«t*t«i*, voy. amarrer. 
DemiMftief, voy. masgue. 
Hemelet*, voy. de\... etm^er. 

— D. DemiU, demtloir. 
Demem6t*et*, voy. memore. 

— D. dimembrement. 
MiewnSnageiri voy. manage — 

D. dem&nagement. ; 

Demenee, du L. dementia' 
(folie). 

Demeitef, voy. metier. 

DemeM*i»*, anciennement des- 
mentir, voy. de*., et mentxr. — 
D. dementi. 

Demerlter, voy. meriter. — 
D. dinUrUe (substantif verbal). 

Deme«M**e, voy. mesure. 

Demettve) voy. mettre. 

Oetnewt*et* 9 en italien dtmo- 
rare,duL.demoran (rester,tarder, 
demeurer, dans le Code Theodo- 
sien). — D. demeure (substantif 
verbal), au demeurant. 

Demi, du L. dimidius (demi), 
par la cnute du d medial (voy. 
alouette), et le changement de i 
atone en e (voy. mettre). 

Demlsolon, venu au seizieme 
siecle du L. demissionem (renvoi). 
— - D. ddmissionnaire/ 

Demoeratle, du grec 8>jjioxpa- 
tia (gouvernement du peuple). — 
D. democrats, termer atique. 

Demofreffe, voy. damoiseau. 

Demollr, du L. demoliri (ren- 
verser). — D. demolmeur, demo- 
tion (L. demolitionem). 

Demon, du L. daemon (genie). 

— D. demoniaque. 
Demonetloer, changer la va- 

leur d'une monnaie (de de.... et de 
moneta, monnaie). 

Demonstrate, du L. demons- 
Iratvous (meme sens). 

Demonstration, du L. de- 
QwnstrcUionem (meine sens). 



Demonstratenr , du L. de- 
monstrator (meme sens). 

Oemonler, voy. de.... etmon- 
ter. 

Demon *t*et* , anciennement 
demonstrer , du L. demonstrate (de- 
montrer). Sur la chute de s, voy. 
aoime — D. ddmontrabk. 

H emo tHfyg, voy. dV. . . . et mor- 
dre. 

Denalre, du L. denartus (qui 
contient le nombre dix). 

Dfnatftirer, voy. nature. 

Denotation, du L. denegatio- 
nem (meme sens). 

Deati, voy. denier. 

DeaiieAeV, voy. nicher. — D. 
demc/ieur 

Dettlet* , du L. denarius (de- 
nier). Sur ariu* devenu ier, voy. 
dmer. 

Dottier, du L. denegare (de- 
nier), par la cbute du 9 medial 
(voy. outer), et le changement de 
ea latin en ta (voy abrtger). — 
D. deni (substantif verbal). 

Denlgrer, du L denigrare 
(noircir). — D. denigrement. 

AekoMtfrref, du L. denume- 
rare (mSme sens). Sur le change- 
ment de numerare en nombrer, 
voy. nombre. — D. dtnombrement. 

Denominate, du L. denomi- 
natives (qui sert a nommer). 

Denomlnateur,du L. denomi- 
nator (qui denomme). 

Denomination, du L. deno- 
minationem (denomination). 

De'atommer, du L. denomi- 
nare (mfime sens). Voy. nommer 
pour Jes changements de lettres. 

Dettoatcer, du L. denuntiare 
(denoncer). Pour le changement de 
nuntiare en noncer , voy. annon- 
cer. 

Denonelatenr, du L. denun* 
tiatorem (m&ne sens). 

Denottekatlon.dU U dbntintia- 
tionem (m6ine sens). 



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d£p 



176 



DtP 



Deneter, du L. denotare (d£- 
noter]. 
Denotiei*, voy. dl.... et nouer. 

— D. dtnoument. 

Demise, a l'origine marchan- 
dise en general, et spScialement 
marchandise de la valeur d'un 
denier. L'espagnoi dit de mfime di- 
nerada (denree), de dinero (de- 
nier). Du mot denier est venu Pan- 
cien francos denete'e, commede 
panier est venu pannetie; dene- 
tie s'est plus tard contracte en 
den\ie % puis denre'e. De m6me 
dans le Wards, pfenningwetth 
(denree) veut dire proprement : ce 
qui vaut unjpfenning. — Pour la 
chute de Ye, den{e)rala, voy. ac- 
cointer; pour le changement de 
ata en 4e, voy. ampouM. . 

Dense, du L. densus (lourd, 
epais). — D. density 

Dent, du L. dentem (dent). — 
D. endentiy identt, dentiet, den- 
tiste, dentelle. 

Dentalre, du L. dentarius (mS - 
me sens). 

Dentelle, proprement : petite 
dent. — D. dentele, dentelure. 

Dentifrice, du L. denHfricium 
(frotte-dent, Pline). 

Dentition, du L. dentUionem 
(meme sens). 

Denoder 9 du L. denudare {met- 
tre a nu). 

AeatMet* , du L. denudare (met- 
a nu, priver de), par la chute du d 
medial (voy. accabler). — D. tene- 
ment. 

Depcifeif let* , voy. pared. 

Deporet*, voy. para*. 

Deparfet*, voy. parler. 

Aepaftemeit*, voy. dipartir. 

Depar <if , ancien francais de«- 
©arttr, du L. dispartire (distri- 
buer, partager, repartir). Sur le 
changement de du en <W, voy. de\ 

— D. depart (substantif verbal) , 
ddpartement (division). 



DenoMer, voy. power. 

Aepayfer, voy. pays. 

Depecer, voy. piece. 

Depecfter, voy. empSchet. — 
D. dfyiche (sunstantif verbal). 

Depeittcfre, du L. depingere 
(peiridre); sur le changement de 
ingere en eindre, voy. ceindre. 

1 . Depend*** quelqu'un ; voy. 
de\... etpendre. 

2. Depettdre de, du L. depen- 
dere (meme sens). Pour la trans- 
formation des iettres, voy. pendre; 
pour le deplacement de l'accent 
fatin, voy. account. 

3. Depetwfre, depenser, du L. 
dependere (depenser). Pour la 
chute de V8 latin, depend 'te t voy. 

p. LXXXI. 

Dejpett*, voy. de'penset. 

DGpenme, voy. depenser. 

Depett«ef, anciennement des- 
cender, du L. dispensate (distri- 
buer de l'argent), par le change- 
ment de dis en de" (voy. de*....).— 
D. dfyens, dipense, aepensiet. 

Deperdltlon, du L. depetdi- 
tionem* (de depetdete, perdre). 

neper I r, du L. deperire (mfime 
sens). — D. de'pe'tissement. 

Depe*t*et*, anciennement des- 
pesttet, — oppose de empttrer (aa- 
ciennement empesttet). Empittet 
signifie proprement: lier les jam- 
bes d'un cheval que Ton met en 

{>ature; et ddptlrer, debarrasser 
es pieds de ce lien, de cette en- 
trave. Ces mots viennent du latin 
du moyen age pastorium (entrave 
deschevaux au paturage). Pasto- 
rium (deriv6, par pastum, de pas- 
cere, paitre) est frequent dans les 
Lois Barbaras au sens d'entrave. 
Si quis in exetcitu aliquid fu- 
raverit, pastorium, capistrum, 
frenum, etc. dit la lot des Bo- 
varois, titre II, vi, 1. On lit aussi 
dans la Loi des Lombards, tit. I, 
xx, 5 : « Si quis pastorium de ca> 



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DSP 



177 



DfiR 



ballo alieno tulerit..., » Pasto- 
rium, par les deux composes im- 
pastoriare * (entraver) , dispasto- 
riare (delivrer de Tentrave) a 
donne les deux verbes francos ero- 
pestrer, despestrer, par le change- 
ment 1° de im en in, puis en 
(voy. admettre); de dis en des, puis 
dt (voy. d£...) ; 2° de past(o)riare 
en pestrer par la chute de To, p<w- 
I'riare (voy. accointer), d'ou la 
forme moderne pitrer par la dis- 
parition de s et le cuangement de 
a en c (voy. acheter, abtme). 

Denewplet- , voy. peupler. — 
D. dtpeuplemerU. 

Deptler, du L. depilate (m§me 
sens). — D. de'pilation, de'pUa- 
toire. 

Bepimier, voy. piste. 

Mtepit, ancien francais despft, 
du L. despertus (mepris, puis co- 
lore) , par le change men t de des 
en d4 (voy. aMmc) ; 2° de e en i 
fvoy. accompJir); 3° de ct en I 
(voy. a/f&4). — D. dtpiter. 

Depiaccr, voy. place. — D. 
diplacement. 

D€ptai*e, voy. pfatre. — D. 
deplaisir, deplaisant. 

fte'plier, voy. d4.... et plier. 

JDepfouet*, voy. d£. . . et ployer. 
— D. dtploiement. 

Deplorer, du L. deplorare 
(meme sens). — D. deplorable. 

Deplumer, voy. de 1 .... et 
plume. 

»e>opolatton, du L. depopu- 
lationem (m&me sens). 

Importer, du L. deportare 
(exiler). — D. deport, deportation, 
diportement. 

Deposer, voy. poser. 

Deposltalre, x du L. deposita- 
rius (depositaire).^ 

Deposlteur, du L. depositorem 
(meme sens). 

Deposition, duL. depositionem 
(memesens). 



', voy. posstder. 

AefKroillet* , anciennement 
despouiller, du L despoliare, par 
le changement 1° de o en ou (voy. 
affouaqe); 2° de Wen iW (voy. ail); 
3° par la chute de o(voy. abime). — 
D. dtpouiUe (substantif verbal), 
depouulement. 

jDejHmt*t>oit*, voy. pourvoir. 
— D. depourvu. 

Depraver, du L. depravare 
(meme sens). — D. depravation. 

Depreeler, du L. depretiare 
(diminuer le prix). — D. deprecia- 
tion. 

Depredation, du L. depraeda* 
tionem (meme sens) . 

Depression, du L. depression 
nem (abaissement). 

Deprtaner, du L. deprimere 
(abaisser). 

JDejiwM, voy. puis. 

Depurer, du L. depurate (pu- 
rifier). — D. depuration, cUpura- 
tif. 

Depnter, du L. deputare (assi- 
gner, confier une mission). — D. 
deputation, depute". 

lleVaeinef , voy. ratine. 

AeVaif let*, voy. rail. 

AeValson, voy. raison. — D. 
deraisonner, deraisonnable. 

AeVaMger, voy. ranger. — D. 
derangement. 

De**ee*e/*, qu'on ecrivait au- 
trefois de rechef, est compose de re 
qui marque le retour, la repetition, 
et de chef (au sens de fin, d'extre- 
mite. Nous avons vu, au mot ache- 
ver, que la langue du moyen age 
disait venir d chef pour venir d 
bout). Voy. chef. 

Deveglev* , voy. regie.— D. de- 
reglement. 

Derision, du L. derisionem 
(moquerie) 

Derlsolre, du L. derisorius 
(m6me sens). 

Derlver, du L. derivare (deri- 



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d£s 



178 



DtfS 



ver). — D. derive (substantif ver- 
bal), derivation, dirivatif. 

Derme, du grec Sepjia (peau). 

Dernier, anciennement der- 
renier, derrainier, derive de l'an- 
cien francais derrain (dernier). 
Derrain correspond au L. deretra- 
nus* (denve de de-retro, derriere, 
proprement celui qui marche der- 
riere). Der{e)tranus, contract^ sui- 
vant la regie (voy. accointer) en 
dertfanus, adoucit tr en dr puis 
en rr (voy. arriere), et change a 
en ai (voy. aigle). 

AeVooer, voy. robe. 

Deroger, du L. derogate (de- 
roger). — D. derogation. 

DeVottfer, voy. router. 

Derowte, ancien francais des- 
route, du L. disrupta (de 'disrum- 
pere, disperser une armee en ba- 
taiHe). Sur le changement de dis 
en die", voy. de 1 ; sur celui de u en 
ou, voy. accouder; sur celui de p* 
«a t, voy. acheter. 

DeVotUe**, voy. route. 

Aert*ieve, du L. de retro* (der- 
riere). Pisa if ague turba de retro 
ft ab ante ador antes dicite |Ba- 
iruch, vi, 5.] Pour le changement 
de retro en Here, voy. arri&re. 

Dem 9 article; des, contraction 
de dels, qui reprSsente de les. Voy. 
pour les details ma Grammaire 
historiquede la langue francaise, 
p. 162. 

Des, du L. deipso {tempore, de- 
puis ce temps). De-tyso, contracte 
en d'ijwo, a donnedespar le chan- 
gement 1° de i en e (voy. mettre) ; 
i° dej>s en s (voy. caisse). 

Desaimer, voy. atmer et d£ 

Desappoittte**, voy. dtf. . . . et 
appointer. — D. de'sappointement. 

De*arr>ol , compose de des 
(voy. <#), et de Tancien francais 
arroi (ordre). Vis-arroi equivaut 
done a dts-ordre. Quant au mot 
arroi, e'est un compose de Pancien 



francais rot (comme arranger de 
ranger, arrondir de rond, etc....). 
Roi, qui a dans notre vieille langue 
le sens d'ordre, de mesure (ce der- 
nier sens a persist^ dans pied deroi) 
correspond a la racine italienne 
redo* , au latin du moyen age re- 
dum*, et vient des langues germa- 
niques (suedois reda, mettre en or- 
dre, disposer, arrfcnger). 

f Desastre, venu au seizieme 
siecle de Titalien desastro (desas- 
tre). — D. ddsastreux. 

Mtemavantage, voy. avantage. 

Desavett, voy. aveu. 

Desatxmer, voy. avouer. 

Descef fer, voy. sceUer. 

Descetufpe, du L. descendere 
(meme sens). Sur la chute de Ye 
latin, voy. p. lxxxi. — D. descente 
(substantif participial, voy. ab- 
soute), descendance, redescendre, 
condescendre. 

Descrlptlf, du L. descriptivus 
(m. s.). 

Description, du L. descrip- 
tionem (m. s.). 

Desempavewj voy. emparer. 

Desert, adj. du L. desertus 
(abandon n6). — D. deserter, d&ser- 
teur, desertion. 

Desert, subst. du L. desertum 
(desert). 

Desetpeirew) voy. d£... et es~ 
perer. 

itesespoi*) voy. <tt.... et es- 
poir. 

Desnafeiffef , voy. de".... et 
habiller. 

DesfceVeatce, voy. Jioir. 

Deshonnete, voy. honn&te. 

Deshonneuf) voy. honneur. 

Desfcoatorer, voy, honor er. 

Designer, du L. designate 
(m. s.). — D. designation. 

Desinence, du L. desinentia 
(terminaison). 

DesinteresMet; voy. d<i. ., et 
interesser. — D. d&tWrewemeni 



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DES 



179 



DES 



\ l»6slmroltiire, de l'italien 
disinvoltura (tournure degagge). 

Desir, voy. denrer. 

Besiww, ancien francais di- 
sirrer, du L. desiderate (d&irer). 
Desid{&)rdre contracts suivant la 
regie (voy. accointer) en desiderate 
a donn6 desirer par la reduction de 
dr latin a rr puis a r (voy. arriere). 
— D. d&ir (substantif verbal) ; d4- 
streux, desirable. 

Dealster, du L. desistere. (se 
tenir loin). — D. dtsistement. 

Deiomvrer, voy. cetwre. — 
D. dtsceuvrement, 

l»e*oler, du L. desolari (ra- 
vager). — D. d&oJant, desolation. 

D^aopller, du L. dis-oppUare* 
(deboucber, vider). 

De*otHfomfe, voy. de".... et 
or dormer. 

Desordre* voy. d£... et ordre. 

De*ot*mat0 9 ancien francais 
dis ore mats; ore est le latin hora, 
mats le latin magis (plus) ; des ore 
mats signifie proprement « des 
cette beure en plus, des cette 
heure en avant, aes l'heure pr6- 
sente a plus tard, » c'est-a-dire d 
dater de Vheure prtsente. Pcur l'e- 
tymologie voy. aux mots dds, or, 
et mais. — De m6me dorenavant 
qui etait dans notre ancienne langue 
oVore en avant signifie : de l'heure 

Sresente en avant, a partir de cette 
eure. Pour l'etymologie, voy. aux 
mots de, or> en, et avant. 

Desosser, voy. os, 

Despote, du grec 6e<nc6nr)c 
(maitre), — D. despotique, despo- 
tisme. 

Dessaisir^ voy. saisir. — 
D. dessaisissement. 

Oeffeefter, voy. sicker. — 
D. dessechement. 

0ef«ein, voy. dessin. 

Dessert, voy. desservir.. 

Dessemxtnt, voy. desservir 

~ * , voy. *cmr. -- 



| D. desservant; dessert et desserte 
i (subst. participiaux de desservir; 
| voy. absotUe ; de meme 1'ancien 
1 francais disait le *ert de ser- 

1 ™ r )' 

»eMlecatlon,du L. d€*stcca- 

| tionem (m. s.). 

Dentil let*, sur ce mot que Pan- 
cien francais ecrivait dicrner, voy. 
p. xxrv, e au mot cil. 
I Dentin, voy. dessiner 
! Dessiner) dans Regnier desst- 
fliner, en itahen disegnare, du L. 
designare (tracer, dessicer). — Sur 
le changement de s latin en ss y cf. 
vessie (vesica), pousser (puUare). 
Sur gn devenu n, voy. ass&ner. — 
D. dessin (subst. verbal) ; dessina- 
teur. 

Dentottn,voy. sous. 

Dennc*, voy. sus. 

Destin, voy. desttner. 

Destination, du L. destina- 
tionem (m. s.). 

Destinee, voy. desHner. 

Destlner , du L. destinare 
(m. s.). — D. dirftn (substantif 
verbal), destinte (substantif parti- 
cipial). 

Destltuer, du L. destituere 
(abandonner). — D. destitution. 
j Destrier, cbeval de bataille 
' du chevalier, cheval que Tecuyer 
conduisait a sa droite (dextra) d'ou 
le derive dextrarius qui a le sens 
de cbeval de bataille dans les textes 
du moyen Age : equo ejus mili- 
tari quern dextrarium vocant, 
ablato dit une chronique du on- 
zieme siecle. 

Pour le changement 1° de x en s 
voy. ajouter) 2° de arius en ier f 
voy. dnter. 

Destraeteur, du L. destructor 
(m. s.). 

Destraetlble, du L, destructi- 
bilis (m. s.). — D. indestructible* 

Dentnietlf, du L. destructivus 
(m. s.). 



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DfiT 



180 



DfiV 



Destruction, du L, desiruc- 
tionem (m. s.). 

Desuetude, du L. desuetudo 
(perte d'une habitude). 

Detacher^ voy. attacker, — 
D. ddtachement. 

DetaiUer , voy. tailler. — 
D. detail (subst. verb.), detaillant. 

DetateV) voy. etal. 

Deteindre, voy. teindre. 

Deteler, voy. atteler. 

Ae'fencfre, voy. tendre. — D. 
detente (subst. participial, voy. a& 

tt>Mte.). 

Detenir, du L. detinere (rete- 
nir). Sur le changement: 1° de t 
atone en e, voy. mettre; 2 9 de e en 
*, voy. accomplir. — D. detenu. 

Detenteur, du L. detentorem 
(qui a en sa possession). 

Detention, du L. detentionem 
(m. s.). 

Deterjrer, du L. detergere (net- 
toyer). 

Deterlorer, du L. deteriorate 
(rendre plus mauvais). — D. d&U- 
rioration. 

Determiner, du L. determi- 
nate (fixer). D. determination. 

i>eterrer, voy. terre. 

Deterslf, du L. deter sivus * (de 
detersus, p. p. de detergere, 6va- 
cuer), 

Detester, du L. detestari 
(hb.iT). — D. detestable. 

Dttoner, du L. detonare (ton- 
ner). — D. detonation. 

Detainer, voy. ton, 

Detorquer, du L. detorquere 
(d&ourner). 

Deiow* (fil) , voy. tordre. 

Oetourner, voy. tourner. — 
D. detoux (substantif verbal), <U- 
tournement. 

Detracteur, du L. detractorem 
(qui rabaisse). 

Retraquer, voy. froguer. 

JMii^mper, voy. tremper. — 
^ detrempe (subst, verbal). 



Betvemse, ancien francais des- 
trece, oppression, substantif verbal 
de destrecer qui avait dans notre 
vieille langue le sens d'opjjrewer, 
et repr6sente le L. destrictiare* 
derive, suivant la regie (voy. 
p. xxxii), du participe destrictus 
(oppresse, de destringere, 6trein- 

Destrictiare a donn6 destrecer 
par le changement 1° de ct en t 
(voy. affeU); 2° de tiare en cer 
(voy. agencer) ; 3° de i en « (voy. 
mettre). — Destrece estdevenu aU- 
tresse: 1° par la chute de s (voy. 
abtme); 2° le changement de c en 
ss (voy. agencer). 

Detriment, du L. detrimentum 
(dommage). 

Detroit^ ancien francais des- 
troit, du L. districtus. On trouve 
dans les textes du moyen age dis- 
trictus fluvii (locus ubi fluyius tra- 
jicitur, dit Ducange). Districtus a 
donne ditroit, comme strictus a 
donn6 etroitj par le changement 
1° de disea de, voy. de...; 2° de 
ict en oit, voy. attrait. 

Defi*Mit*e, ancien francais des- 
truire, du L. destruere (dltruire), 

f>ar la chute de s (voy. abtme), et 
e changement de e en t (voy. ac- 
complir). 

DcUe, du L. debita (ce qui est 
du, pi. de debttom) ; sur la chute 
de Ft, detfta voy. p. lxxxi; sur bt 
devenu tt, voy. siyei. — D. endet- 
ter. 

Detfif, voy. douloir. 

Deux, du L. duos (deux), par 
le changement de uo en o (voy. 
p. xc. 1. 22), puis de o en eu (voy. 
cueiMtr); sur s devenu x, cf. epoux 
(sposus *), roua (russus), toua (tow- 
sis), creu* (corrosus*), oiseus 
(otiosus) (et les suffixes en osus 
devenu eux en francais, voy, amou- 
reux). — D. deuxieme. 

Dewier, voy, avaU 



y Google 



DEV 



181 



DfiV 



Detxili«et«, voy. valise. 

Devattcer , voy. devant. — 
, D. devancier. 

Devant, ancien francais do- 
pant (d'avant), compost de de et 
avant (voy. ces mots). — D. de- 
vancer. 

i»evaater,du L. devastate (ra- 
vager). — D. devastation, devas- 
tateur. 

Developper, Catvefoppet*, 
formes d'un radical commun velop, 
dont on ignore i'origine. — D. de- 
veloppement. 

Jleveatir, du L. devenire (arri- 
ver) 

Deve^jpomfe, participe de 
Fancien verbe de'vergonder (perdre 
toute honte), compost lui-m§me 
de di (voy. ce mot), et vergonder 
(avoir honte) qui est le L. verecun- 
dart (avoir de la retenue). Ver(&)~ 
cundari contracte suivant la regie 
(voy. accointer) en vefcundari a 
donne vergonder par le change- 
ment de c en g (voy. adjuger), et 
de u en o (voy. annoncer). — 
D. de'vergondage. 

JDevet**, voy. vers. 

De*ew, du L. dewrsus (in- 
cline). — D. de'verser (une piece 
de bois). 

DeWf«et* , voy. verser. — D. 
dtversoir. 

•Divider, ancien francais des- 
rider, voy. vide. Divider,' devider 
e'est proprement rendre le fuseau 
vide de til. — D. dividoir. 

Deviation, du L. deviationem 
(ecart). 

Devier, ancien francais, des- 
vier, du L. de-ex-viare* (sortir de 
la droitevoie). Voy. aux mots de"... 
et vote. 

DeviM, du L. divinus (devin). 
— D. deviner, devineur, devine- 
resse. 

DevU. substantif verbal de-de- 



vtser (qui signifie dans notre an- 



j ciennelangue repartir, distribuer, 
regler), d'ou le sens du mot devis 
(estimation de toutes les depenses 

Srobables pour la construction 
'un batiment). 
DevUagev , voy. visage. 
ftevfre, substantif verbal de 
deviser (au sens ancien de parta- 
ger) : devise etait a l'origine un 
terme de blason ; on appelait de- 
vise ( e'est-a-dire division), une 
, portion de I'ecu dans laquelle on 
, inscrivait une figure emblemati- 
i que (dite corps de la devise), — et 
| au-dessus une legende, une sen- 
I tence explicative (dite dme de la 
devise) ; cette sentence qui n'etait; 
, qu'une des parties de la devise, ne 
, tarda point a prendre le nom du 
tout. 

Devise* (parler de....), a dans 
| notre ancienne langue le sens de 
regler, de traiter, et vientdu L. 
divisare (regler, repartir, distri- 
i buer- divisare est le frequentatif 
de dxvidere forme a i'aide du par- 
ticipe divisus suivant la regie, 
voy. p. xxxin). 

Sur le changement de i en c, 
voy. admettre. — D. devis, de' 
vise. 
Devisse*^ voy. vis. 
Hevoiemeat*, voy. ddvoyer. 
DevoUei; voy. voile. 
Hevoif , du L. debere (devoir) . 
Pour le changement 1° de b en v, 
voy. avant; 2° de e en of voy. atr 
croire. — D. devoir (subst. verb.). 
Devohi, du L. devolutus (qui 
est attribue,qui revient a). 

Devorer.duL. devorare (m. s.J. 
, Devot, du L. devotus (pieux). 
| — D. devotieux. 

j Devotion, du L. devotionem 

(devotion). 

DeVotfer, du L. devotare (de- 

I vouer) par la chute du t medial 

, (voy. awaye), et le changement 

de o en ou. — D. devouement. 

11 



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DIA 



182 



DIE 



• IMvoyer, voy. vote. — D. dd- 
voiement. 

Dexterity, da L. dexteritatem 
(dexterite). 

Dextre, du L. ctertra (main 
droite). 

Dlaaete, du grec 8ia6iQtTjc (dia- 
bete). 

MHabMe, du L. dta&oiw (le (lia- 
ble), par la chute reguliere de To 
penultieme (voy. p. lxxxi et au 
mot ancre). — D. diablerie, dia- 
blesse, diablotin. 

Dlaaoliqne, du L. diabolicus 
(diabolique) . 

Dlaeonat, du L. diaconatus 
• (m. s. dans saint Jerdme). 

Dlaconesse, du L. diaconis- 
sa (diaconesse, dans saint Je- 
rdme). 

IHaere,ancien francaisdtacni, 
du L, diaconus (diacre, dans Ter- 
tullien). Diac(6)nus, contracte, 
: suivant la regie (voy. p. lxxxi, et 
au mot ancre) en diac'nus, a chan- 
ge n en r (voy. coffre). 

Dlaaeme, du L. diadema 
(m. s.). 

Dlagno»tlc ? substantif de l'ad- 
jectif diagnosttque qui est le grec 
$iaYvw<mx6s (qui sert a reconnai- 
tre). 

Diagonal, du L. diagonalis 
(meme sens) . 

Dlalecte, du L. dialectus (m. 
' s.) — D. dialectal. 

Dlalectlque, du L. dialectica 
(art de diseuter). 

Dialogue, du L. dialogus 
{rn.sX 

MHumant, du L. adamantem 
(diamant) par la chute tres-irregu- 
lierede To initial, et le chan- 
gement de l'o atone en ia. 

Dkuaetre, du grec didjiexpoc 
(diametre). — D. diame'tral , dia- 
mitralemenU 

f Mane, venu au seizieme sie- 
cle de Pespagnol diana (diane). 



Diapason, du L. diapason (oc 

tave). 

Dlaphane, du grec 8iaoavq 
(qui laisse passer la lumiere). 

Dlaphragnie,duL. diaphraa 
ma (m. s.). 

f Dlaprer,aumoyen age dias- 
pnr, verbe forme de Fancien sub- 
stantif diaspre (etoffe de couleur 
bigarree, de couleur jaspee); dias- 

e vient de l'italien diaspro 



S? 



Diarrhea, du L. diarrhoea 
(m. s.). 

Dlatheae, dugrecfiidOt<m (dis- 
position). 

Diatribe, du L. diatriba (dis- 
cussion). 

Dletame, du L. dictamnus 
(m. s.). 

Dletatenr, du L. dictator (dic- 
tateur). — D. dictatorial. 

Dletature, du L. dictatura 
(m. s.). 

Dieter, du L. dictate (dieter) . 
— D. dictie (substantif partici- 
pial). 

Diction, du L. dictionem (ac- 
tion de dire).— D. dictionnatre. 

Dleton, mot latin corrompu 
(dictum, ce que Ton dit). 

Dldaetlqne, du grec 8t8axxi- 
xoc (qui est propre 5 Tenseigne- 
ment). 

Dlerese, du grec foatpe etc (di- 
vision). 

Dleoe, duL. diesis (dies©). — 
D, dUser. 

1. Dlete, assemblee, du L. 
diaeta* (journee. puis assemblee 
reunje a jour fixe; derive de dtea^ 
jour). La meme metaphore se re- 
trouve dans rallemand Tag qui a 
le double sens de journie et de 
diete. 

2. Dlete, du L. diaeta (regime). 
Dlete, dansles serments de 841 

Deo, du L. deus (Dieu). De la for- 
me du neuvieme siecle deo est ve- 



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DIL 



183 



DIM 



nue la forme moderns dim par le 
changement : 1° de eo en to (voy. 
dbre'ger), puis de o en eu (voy. ac- 
cuctatV. — D. adieu (litterale- 
ment A Dieu), ellipse pour ddieu 
soyez! qui etait la forme complete 
de cette locution dans notre an- 
cienne langue. 
Dlffamer, du L. diffamare 

idiffamer). — D. diff amateur, dif- 
amatoire. 

Difference, du L. differentia 
(m. s.). 

Different, du L. differentem 
different). Differend n'est qu'une 
alteration orthographique de dif- 
ferent 

Dlfferer, du L. differre (tar- 
der, et aussi 6tre different). 

DlfAclle ? du L. difficuis (m. 
s.). — D. dtfftcUement. 

Dlfflculte, du L. difficultatem 
(m. s.). — D. difficultueux. 

f Dlfforme,venuau quinzieme 
siecle de l'italien difforme (m. s.). 

— D. difformite". 

Dlffns, du L. diffusus (re- 
pandu). 

Dlgerer, du L. digerere (di- 
gerer). 

Digestif, du L. digestivus* (di- 
gestif) . 

Digestion, du L. digestionem 
(digestion). 

Dlgltale ? dans le latin des bo- 
tanistes digitalis purpurea (ainsi 
nommee de la forme de sa co- 
rolle). 

Digue, du L. dignus (digne). 

— D. dignement. 

Dlgnlte, du L. dignitatem (di- 
gnite). — D. dignitatre. 

Digression, du L. digressio- 
ns (digression). 

BHguej ancien francais die que, 
mot d'origine germanique (neer- 
landais dyfc, digue). — D. endi- 
guer. 

Dilaplder, du L, dilapidate 



(dilapider). — D. dilapidation, 
dilapidateur. 

Dilator, duL. dilatare (m.s.). 
— D. dilatation. 

' Dllateire, du L. dilatorius (di- 
latoire) . 

Dlleetlon, du L. dilectionem 
(amour) . 

DUenune, du L. dilemma 
(m. s.). 

f Dilettante, de l'italien di- 
lettante (amateur). — D. dUettan- 
tisme. 

Dlllgenee, du L. diligentia 
(m. s.). 

Diligent, du L. dUigentem 
(soigneux). — D. dUigenter. 

Dlluvlen, du L. diluvianus* 
(de diluvium, deluge).— D anti- 
diluvien, 

Dimaitcne, ancien francais 
diemenche, du L. dies-dominica 
(jour du Seigneur, dimanche, dans 
saint Augustin et Tertullien}. Po- 
min(l)ca perdant suivant la re- 
gie son Ipenultieme (voy. p lxxxi), 
devient domin'ca. Die-aominica 
devenu die- domin'ca, perdit son d 
medial die(d)omin t ca (voy. acca- 
bier), et donna le vieux frangais 
diemenche par le changement 1° de 
ca en the (voy. acharner et ache- 
ter) ; 2° de in en en (voy. p. lxxxv), 
puis en an dans la langue mo- 
de rne (voy. p. lxxxv). 

Dtme, anciennement di>me, en 
italien decima. du L. decima 
(dime, dans Varron). D&(I)ma, 
perdant son I suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) se contracte en 
dec ma, d'ou disme par le chan- 
gement : 1° de e en i (voy. accom- 
plir);2° dec en* (voy. amitii); 
sur la chute posterieure de *, voy. 
abime. 

Dimension, du L. dimension 
nem (m. s.). 

Dlmlnuer, du L. diminuere 
(diminuer). 



yGoogk 



OIS 



184 



DIS 



Diminution, da L. diminutio- 
nem (m. s.). 

Diode, mot d'origine historique 
(voy. p. lxiv), abreviation pour 
coq oVlnde. — D. dindon, dindon- 
neau. 

Dtttev, anciennement disner, 
dans le latin du neuvieme siecle 
disnare (diner, dans les Glosesdu 
Vatican). L'origine de disnare est 
inconnue. Sur la chute de s, voy. 
ablme. — D. diner (substantif). 

Diocese, du L. diocesis (dio- 
cese dans Tertullien). — D. dioc4~ 
sain, 

Dlphthongue,du L. dipkthon- 
gus (m. s.). 

Diplomat*, voy. dtyldme. — 
D. diplomatic, diplomatique. 

Dlplome, du L. diploma (m 
s). — D. diplomate. 

Dlptyque, duL. diptycha (dip- 
tyoue). 

Dire, du L. dicer e (dire). Di- 
c($)re contracte regulierement 
(voy. p. lxxxi) en dic're est devenu 
dire par la reduction de cr a r 
(voy. be'nir). — D. dire (substan- 
tif) contredire, me , dire y dtdire, 
maudir, be'nir, redire, dit, di- 
seur, diseuse. 

Direct, du L. direetus (direct). 

Dlrecteur, du L. director (de- 
rive de direetus qui dirige). 

Direction, du L. directionem 
(m. s.). 

Dlrectolre, du L. directorium 
(derive de director). 

Dlrlger, du L. dirigere (m. 3.). 

Dlrlmant. du L. dirimere (dis- 
soudre) par le participe dirimen- 
tem. 

Dlscerner, du L. discernere 
(discerner). — D. discernement. 

Disciple, du L. discipulus 
(m. s.). 

Discipline, du L. disciplina 
(m. s.). — D. discipline?, discipli- 
noire. 



Dlneorder, du L. discordare 
(fitre en disaccord). — D. discord 
(substantif verbal), discordant (d'ou 
discordance), 

Dlscorde, du L. discordia 
(m. s.). 

fKscowrit*, du L. discurrere 
(discourir) ; pour les changements 
de lettres,- voy. courir. — D. dts- 
coureur. 

Dlsconrs, du L discursus (dis- 
cours) dans le Code Theodosien. 

Dlseret, du L. discretus (s6- 
par6). 

Discretion, du L. discretionem 
(distinction). — D. discr&ionnaire. 

Dlscolper, du L. disculvare* 
(se disculper, compost de culpare, 
accuser). 

Discussion, du L. discussto* 
nem (discussion). 

Dlseuter, du L. discutere (iu- 
ger, examiner). — D. discutame, , 
indiscutable. 

Dlsert, du L. disertus (Elo- 
quent). 

Disetie, origine inconnue. 
Disgrace, voy. grdce. — D. 
disgracier. 

Dlssractenx, voy. gracieux. 

Disjoindre, du L. disjungere 
(disioindre) ; pour le changement 
de lettres, voy. joindre. 

Dlsjonctlon, du L. disjunction 
nem (m. s.). 

Disloquer, de dis (voy. d4\ et 
locare (placer) ; disloquer veut dire 
proprement deplacer. faire sorlir 
de : disloquer le bras, luxer le bras. 

— D. dislocation. 
DUparaitre^ voy. parattre. 

— D. disparition (forme d'apres 
apparition), 

Disparate, du L. disparatu* 
(disparate, dans Boece). 

Disparition, voy. disparattrs, 

Dlspendleux, du L. dispenr 
diosus (onereux). 

Dispenser {distribuerh du L« 



y Google 



DIS 



185 



DIS 



dispensare (accorder), d'ou lesens 
de dispenser de (accorder la per- 
mission de ne point faire). — D. 
dispense (substantif verbal). 

Dlsperser, du L. dispersare* 
(disperser, derive de dispersus 
part, de dispergere. Voy. p. xxxiii). 

Dispersion, du L. dispersio- 
nem (m. s.). 

Dlsponlble, du L. disponibi- 
lis* (derive de disponere), dis- 
poser. 

DUpos* du L. dispositus (dis- 
pose). Sur la chute deux dernieres 
syllabes atones, voy. p. lxxxi. 

Disposer, voy. poser. — D. 
indisposer. 

Disposition, du L. disposition 
nem (m. s.). — D. disposilif. 

Dlsputer, du L. disputare (dis- 
cuter). — D. dispute (substantif 
verbal). 

Dlsque, duL. discus (m. s.). 

Dissection, du L. dissectio- 
nem (coupe). 

Dlssemlner, du L. dissemi- 
nare (m. s.). 

Dissension, du L. dissensio- 
nem (m. s.). 

Dlssentlment, voy. sentiment. 

Dtssequer, du L. dissecare 
(couper en deux). 

Dissertation, du L. disserta- 
tionem (m. s.) . 

Dlsserter, du L. disserlare 
(m. s.). 

Dlssldenee, du L. dissidentia 
(m. s.). 

Dissident, du L. dissidentem 
(qui differe). 

Dissimulation, du L. dissi- 
mulations (m. s«). — D. dissi- 
mulateur. 

Dlsslmnler, du L. dissimulare 
(m. s.). 

Dlsslpateur, du L. dissipator 
(qui dissipe). 

Dissipation, du L. dissipatio- 
ns (dissipation). 



I Dlsslper, du L dissipate (dis- 
siper)'. 

Dlssolu, du L. dissolutus (dis- 
I solu). 

j Dissolution, du L. dissolution 
nem (dissolution). 
! Dlssolvant,du L. dissolventem 
I (qui dissout). 

| Dlssoner, du L. dissonare (m. 

s.). — D. dissonant j dissonance. 

| MHmsoudre, du L. dissolvere 

\ (dissoudre). Pour le changement 

de solvere ensoudre, voy. absou- 

dre. 

I Dlssuader, du L. dissuadere 
1 (d^tourner de). 

| Dissuasion, du L. dissuasio- 
nem (action de detourner). 
! Distance, du L. distanlia (dis- 
tance). 

Dlstant,duL.dislantem{m.s.). 
| Dlstendre, du L. distendere 
, (Stendre). 

| Distiller, du L. diUillare 
| (tomber goutte a goutte). — D. 
distillateur, distillation. 
I Dlstlnet,duL.dtsltttC*tts(m.s.). 
i Dlstlnctlff, du L. distinctivus 
I (m. s.). 

| Distinction, du L. distinctio- 
ns (m. s.). 

Dlstlnguer, du L. distinguere 
(m. s.). . 

Dlstique, du L. distichon (dis- 
tique). 

Distraction, du L. distractio- 
nem (m. s.). 

Di*ira%re, du L. distrahere 
(separer de). Pour le changement 
de lettres, voy. traire. 

Distrait, du L. distraclus 
(eloigne . de). Sur ct devenu it, 
voy. attrait. 

Dlstrlbuer, du L. distribuere 
(repartir). 

Dlstrlbuteur, du L. distribu- 
tor (m. s.). 

Dlstrlbutlff. du L. distributi- 
vus* (de distribuere). 



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DIX 



186 



DOL 



Distribution, du L. distribu- 
timem (repartition). 

District, du L. du moyen age 
dislriclum (etendue de territoire 
relevant de la ro&ne juridiction). 

DU, voy. dire. 

Dlthyrambe, du L. dithyram- 
bus (m. s.). 

f Dlto, de l'italien detto (dit). 

Diurnal, du L. diurnalis, 
(m. s.). 

Dlnrne, du L. diurnus (de 
jour). 

Divaguer. du L. divagari 
(errer ca et la). 

t Divan, mot d'origine orien- 
tale (arabe dioudnn). 

Dive, du L. diva (divine). 

Dlverger, du L. divergere 
(s'ecarter de). 

Divers, du L. diversus (m. sX 

Dlverslfler, du L. diversip,- 
care* d6riv6 de diversus. 

Diversion, du L. diversionem 
(m. s.). 

Dlverslte, du L> diversitatem 
(diversite). 

Dlvertlr, du L. divertere (d6- 
tourner) . — D. divertissement. 

Dlvldende, du L. dividenda 
(de dividere, repartir). 

Dlvln, du L divinus (m. s.). 

Divination, du L. divinatio- 
nem (m. s.) 

Dlvlnlte, du L. divinitatem 
(m. s.). 

Dlvls, du L. divisus (separe). 
. Diviner, du L. divisarefr&quen- 
tatif de dividere (m. s.). 

Dlvlseur, du L. divisor (m. s.). 

Divisible, du L. divisibilis 

Division, du L. dtvxsionem 
(m s.). 

Divorce, du L.divortium (m s.). 

Dlvulguer, du L. divulgate 
(m. s.). 

IMac, du L. decern (dix) par le 
changement : 1° de e en i (voy. ac- 



; complir) ; 2° de c en x (voy. oroi- 
tit). — D. dizain, disame, di- 

Doelle, du L. docilis (docile). 

Dodllte, du L. docilitatem 
(douceur). 

|Dock ? de l'anglais docile (chan- 
cer maritime). 

Doete, du L. doctus (m. s.). 

Docteur, du L. doctor (m. s.}» 

— D. doctorat. doctoral. 
Doctrine, du L. doctrina (doc- 
trine). 

Document, duL. documentum 
(document). 
Aodtc, origine inconnue 
t Doge, de l'italien doge (doge). 

— D. dog at. 
Dogmatlque, du L. dogmaU- 

cus (m. s.). 

Dogmatiser, du L. dogmati- 
%are (m. s). 

Dogmatlste, du L. dogmatis- 
ms (m. s.). 

»ogme, du L. dogma (dogme). 

t Dogtue, gros chien d 'Angle- 
terre, dit Menage au dix-sep- 
tieme siecle : de l'anglais dog 
(chien). 

Boigt, du L. digitus (doigt). 
Dig{\)tus contract^ suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) en dig'tus. a donne" 
doigt par le changement ae t en oi 
(voy. boire). — D. doigter, doig- 
Her. 

Dol, du L. dolus (tromperie, 
fraude) . 

Dofeance, voy. dolent. 

Dofen*, du L dolentem (qui 
souffre). 

Doler, du L. dclare (faconner). 

f Dollar, de l'anglais dollar 
(m. s ). 

f Dolman, mot d'origine ma* 
gyare (hongrois dolman, voy. 
p. lix). 

f Dolmen, mot du patois de la 
basse Bretagne, introduit dans no- 
tre langue, vers la fin du dix-hui- 



y Google 



DOM 



187 



DON 



Heme siecle, et qui est d'origine 
celtique (gafil, tolmen, table de 
pierre). 

Doloire, ancien franc,ais do- 
Uoire, du L. dolatoria (doloire 
dans Vegece : cum securibus et 
dolatoriis). Pour la chute du t 
medial, voy. abbaye ; pour la con- 
traction de doUotre en doloire, 
voy. p. xc. 

Dom, duL. dominus (seigneur), 
qui est deja domnus dans plusieurs 
textes merovingiens. Sur la chute 
de l'i, voy. p. lxxxi. Sur la reduc- 
tion de mn a m. voy. allumer. 

Domaine, du L. dominium 
(propriety) Sur le changement de 
i en at qui se retrouve dans doi- 
gne de digno, voy. marraine. — 
D. domanial. 

f Ddme. venu vers le quinzieme 
siecle de litalien domo (coupole 
d'eglise). 

Domeotlelte, du L. domestici- 
tatem* (m. s.). 

Domentlque, du L. domesticus 
(dela maison). 

Domicile, du L. domicilium 
(m. s.). — D. domiciliaire, domi- 
cilii. 

Domlnateur, du L. dominator 
(m s.). 

Domination, du L. domina- 
tionem (m. s.). 

Domlner , du L. dominari 
(m. s.). 

Dominical, du L. dominicalis 
(derive de dominus, seigneur). 

j- Domino, de l'espagnol do- 
mino (capuchon noir, caraail que 
porte le prfitre). — D. domino (jeu 
compose de pieces d'ivoire dont 
chacune est ornee d'un revetement 
noir, que Ton a compare a un do- 
mino. 

Dommage, voy. au mot dam. 
— D. dommageable, dtdommager, 
endommager. 

Domptet*, du L. domitare 



(dompter) , contracts suivant la re* 
gle (voy. accointer) en dom*tare. 
— D. dompteur, domptable, in* 
domptable. 

Hon, du L. donum (don). — 
D. donation , donateur, dona- 
taire. 

Done, apherese de r ancien fean- 
cais adonc (alors). Adonc est le L. 
ad-tunc (compost de tunc, alors). 
Sur le changement de u en o, voy. 
annoncer. 

Donjon, en provencal dompn- 
hon, du L. du moyen *Age doro- 
nionem (donjon, tour qui com- 
manded qui domine; domnionem 
est contracts de dominionem par 
la chute de Yi, contraction regu- 
liere comme on l'a vu au mot ac- 
cointer. A son tour dominionem 
est un derive de dominium. 

Quant au changement de dom- 
nionem en donjon, il a eu lieu par 
la reduction de mn a m, domionem 
(voy. allumer); par la consonnifi- 
cation de to en jo (voy. abre'ger), et 
le retour de m (domjonem) a n 
(voy. cong€). 

Donner, du L. donate (don- 
ner). — n latin est ici devenu nn, 
comme dans : ennemi (inimicus), 
monnaie (moneta), honneur (hono- 
rem), ordonner (ordinare), tonner 
(tonare) , sonwer (sonare), etonner 
(ex-to«are), t etrenne (strena). — 
D. donnie (subst. participial), don- 
neur. 

Dont, dans Clement Marot 
d'ond, du L. de-wndd d'ou le fran- 
cais avait conserve au dix-septieme 
siecle le sens etymologique ; « Le 
Mont Aventin, dont il l'aurait vu 
faire une horrible descente. » (Cor- 
neille, dans Nic. V, 2). — Sur u 
latin devenu o, voy. annoncer. — 
d {de-unde) est ici devenu t, comme 
dans: souvent (subinde), vert (vi- 
ridis), otage (obsdaticum*). me- 
tayer (medietarius*). 



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DOU 



188 



DOU 



f Donselle, venu au seizieme 
siecle de Pitalien donxella (m. s ). 

f Dorade, venu du provencal 
daurada (dorade). Daurada signi- 
fie proprement dorie , etant le 
participe du verbe provencal dau- 
rar (dorer), qui est le L. deaurare 
(dorer). 

Dopeatatxmtf, voy. disormais. 

Dope**, du L. de-aurare (do- 
rer, dans Seneque) . De-aurare 
regulierement contracts en d'au- 
rare a donne dorer par le chan- 
gement de au en o (voy. alouette). 
— D. doreur, dorer, de" dorer. 

Dopfotep, origine inconnue. 

Doptmip, du L. dormire (m. 
s.). — D. dormeur, dormeuse, en- 
dormir. 

Dorsal, du L. dorsalis * (de 
dorsum, dos). 

Dopfofp, du L. dormitorium 
(chanibre a coucher). Dorm{T)t6- 
rium contracts suivant la regie 
(voy. accointer) en dorm'torium, 
qui est devenu doftorium (sur la 
chute de m, voy. p. xcv), a donne 
dortoir par Tattraction de i (voy. 
chanoine). 

Dob, du L. dossum forme que 
Ton trouve deja pour dorsum 
(dos), dans plusieurs inscriptions 
de 1' Km pi re, Sur ce changement 
de rsens, voy. ch&ne. — D. dos- 
sier. 

Dom, du L. dosis (Hose). — D. 
doser. 

BoMlep, liasse de papiers eti- 
quette au dos (voy. ce mot). 

Dot, du L. dotem (dot)'. — D. 
doter, dotal. 

Dotation, du L. dotationem 
(m. s.). 

Dotfdlpe, du L. dotarium 
(douaire), par la chute du t me- 
dial (voy. abbaye) , le changement 
de o en ou (voy. affouage). — 
D. douairiere (qui jouit d'un 
douaire). 



| Douane, venu vers le quin- 
zieme siecle de l'italien doana, 
forme archaique de dogana (doua- 
ne). — D. douanier. 

Ooufrfe, du L. duplus (dou- 
ble) par le changement: 1° de ti 
en ou (voy. accouder) ; 2° de p 
eno (voy. abeille). — D. doubter, 
dtdoubler, redoubler, doublet, 
doublure. 

| Doublon, venu de i'espagnoi 
doublon (m. s.). 
Doucet, voy. doux. * 
Douceur , du L. dulcorem 
(douceur), par le changement de 
ul en ou (voy. aaneau) et de o en 
eu (voy. accueilhr). — D. douce- 
reux, doucereusement. 

| Douche, venu au seizieme 
siecle de l'italien doccia (conduit). 
— D. doucher. 
JDottef le, voy. douue. 
Douep, du L. dotare (doter): 
, sur la chute du t, voy. abbaye ; 
' sur o devenu ou, voy. affouage. 

Douilfe, cylindre creux, du L. 
ductile * (rigole, gouttiere dans les 
textes du moyen age. On trouve 
I ductilis aquae dans une charte de 
1016). Pour le changement de 
I ductile en douille, voy. au mot an- 
douille. 

Dotfiffef, diminutif de l'an- 
cien francais douille (mou, tendre) 
qui est le L. ductilis (mou) ; pour 
le changement de ductilis en 
douille, voy. andouitte. — D. 
douilletiement. 

Douleicp, du L. dolorem (dou- 

leur). Sur le changement : 1° de o 

accentue en eu, voy. accueillir ; 

2° de o atone en eu, voy. af- 

| fouage. 

DoufoMpeMoe. du L. dolorosus 

I (meme sens) , par le changement : 

1° de osus en euar, voy. amourette; 

2° de o latin atone en ou, voy. af- 

' fouage. 

I DomIoIp (*e), du L. dolere 



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DRA 



189 



DRO 



(eprouver de la douleur) , par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage) et celui de e en oi (voy. ac- 
croire). — D. deuil, anciennement 
deulj substantif verbal de l'an- 
cienne forme doloir ; sur le chan- 
gement de o en en, voy. ac- 
cueiUir. 

Dowser, en Catalan dubtar, du 
L. dubitare (douter) , par la chute 
reguliere de I, dub (I) tare (voy. 
accointer) , et le changement de u 
en ou (voy. accouder) ; sur la re- 
duction de bt (duo* tare) a t, voyez 
accouder. — D. doute (substan- 
tif verbal), douteux, redouter. 

Dottve, origine inconnue. — 
D. douelle (pour dou-v-elle) ; sur 
Ja chute dut?, voy. aieul. 

DouX) anciennement dous, a 
l'origine dols, du L. dulcis (doux)> 
par le changement de ul en ou 
(voy. agneau), et celui de c en 
j (voy. agencer) . — D. adoucir, 
douce t, doucedtre. 

Douze, du L. duodectm (douze), 
par la contraction reguliere de 
duod(&)cim en duod'cim (voy. 
p. lxxxi), — par la reduction de 
uq latin a o (voy. deux), et par 
celle de d'c a c (voy. adjuger) ; 
par le changement de o en ou 
(voy. affouage), et celui de c en z 
[voy. amtro). — D. douzieme, 
douzaine. 

Doyen, du L. decanus (doyen) 
par la chute du c medial (voy. 
iffouage) , et le changement de e 
3n oi (voy. accroire), de anus en 
3fi (voy. ancien). — D. doyenne 1 . 

Draehme, du L. drachma 
(m. s.). 

f Dragee, venu par l'interme- 
liaire du provencal dragea, de 
'italien treggea (dragee). — D. 
irageoir. 

Mhrageon, pousse, mot d'ori- 
jine germanique (goth. draibjan 
,>ou8ser. 



Dragon, duL. draconem (dra- 
gon); sur le changement de Seng 
voy. adjuger. — D. dragon (cava- 
lier) , dragonne. dragonnade. 

f Drogue, venu de Panglais 
drag (m. s.). — D. draguk, dra- 
gueur. 

f Drainer, venu de l'anglais 
to, drain (dessecher). — D. drai- 
nage. 

Drame, du L. drama (m. s.). 

Drau»atlque,du L. dramaticus 
(m. s.). 

Dramaturge, du grec Spoqia- 
Tovpvo; (m s.). 

th*ap, de dravpum drap, dans 
les Capitulaires de Charlemagne : 
l'origine de drappum est inconnue. 
D. draper, drapier, draperie. 

DtHipeau, qui signifie a l'ori- 
gine ttoffe, guenille, est un dimi- 
nutif de drap. 

Draatlque, du grec $paartx6c 
(qui opere). 

Br^eche, ancien francais dres' 
che, orge concassee, qui est dras- 
cus dans la basse latinite, et vient 
de 1' ancien haut allemand drascan 
(battre le ble en grange). Sur le 
changement de a en e } voy. acheter; 
sur la chute de s. voy. abime. 

J^euer, en italien driztare, 
dirizzare, du L. drictiare* (dres- 
ser, rendre droit, verbe derive de 
drictus droit, forme dont on trou- 
vera l'explication au mot droit). 
Drictiare a donne dresser par le 
changement de ctiare (cciare) en 
sser (voy. agencer) , de t en e (voy. 
admettre). — D. dressoir, redres- 
ser. 

Aniffe, mot d'origine germani- 
que (ancien haut allemand drigil, 
serviteur, garcon). 

f Dragnaan, dans Villehar- 
douin drughemant, en italien dro- 
gomanno, mot d'origine orientale, 
rapporte de Constantinople par les 
croises , qui 1'avaieD* emprunte au 



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DU 



190 



DYS 



grec du moyen age Spayovixavo; 
(intetprete). 

1. Drogue, origine inconnue. 
— D. droguiste, droguer. 

2. Drogue, (jeude la). Origine 
inconnue. 

1. Droit, du L. directum (qui 
a pris le sens de jus, on trouve di- 
rectum facere pour faire droit, 
dans les Formules de Marculfe). 
Directus est deja directus dans les 
textes du latin du moyen age : 
« et ultra hoc debet habere diric- 
tum » ; sur ce changement de e en 
t, voy. accomplir; directum ne 
tarde pas a se contracter en dric- 
tum que Ton trouve au huitieme 
siecle dans les Capitulaires de 
Charlemagne. Et plus per dric- 
tum et legem fecissent. Enfin 
drtctum a donne droit, par le 
changement regulierde ict en ott 
(voy. attrait), comme strictus a 
donne* ^rott. — D. droiture. 

2. Droit, adj. du L. directus 
(droit); pour les changements de 
lettres,voy. droit 1.— D. adroit. 

fDrdle, anciennement drolle, 
mot venu de l'anglais droll (comi- 

2ue). — D. drdlerie , drdlesse, dro- 
itique. 

Dromadalre, du L. dromada- 
rius (derive* de dromadem, cha- 
meau). 

Dft«, mot d'origine eeltique 
(kymr. drud, vigoureux). 

Drulde, du L. druida (prfctre 
chez les Celtes) . — D. druidesse, 
druidisme. 

Drupe, du L. drupa (propre- 
ment olive). 

Dryade, du L. dryadem (m. s.). 

Du, ancien francais deu, a Tori- 
gine del ; cette derniere forme est 
la contraction de de le. Del est en- 
suite devenu deu par l'adoucisse- 
ment de I en u (voy. agneau). 

Hu 9 anciennement deu, parti- 
cipe pass6 de devoir, pris sub- 



stantivement. — On a vu au mot 
boire comment le participe passe 
de debere a ete debutus; pour le 
changement de[b)utus en de«u, puis 
du, voy. boire. — D. d&ment (du 
feminin due et du suffixe ment). 

Dubltatlf , du L. dubttoitvu* 
(m. s.). 

Due, du L. ditcem (chef). — D. 
duche, duchesse (voy. abbesse). 

f Ducat, de l'italien ducato 
(ducat). — • D. ducaton. 

MHtche, voy. due, 

Duchesse, voy. due. 

Ductile, du L. ductUis (duo 
tile). — D. ductUiU. 

f Duegne, de Pespagnol duena 
(gouvernante). 

Duel, du L. dueUum (combat 
dans Horace), — D. duelliste. 

Dulclfler, du L. dulcificare* 
(rendredoux, dulcem). 

ANtie, mot d'origine eeltique 
(irland. dun, colline). 

f Duo, de l'italien duo (deux).- 

Dttpe. origine inconnue. — D. 
duper, auperie, dupeur. 

Dupllcata, mot latin; pi. neu- 
tre de duplicatus, participe de du- 
plicare (doubler). 

Dupllclte, du L. duplicitatem 
(m. s.). 

Dur, du L. durus. — D. du- 
reU (L. duritatem); dur\Uon;dur- 
cir. 

Durer, du L. durare (durer). 
— D.dure'e (substantif participial). 
durant, durable. 

Duvet, du L. dumetum, par 
Tintermediaire d'une forme duoe- 
tum*. voy. p. xcvi. 

Dynantle, du grec Suvacrrefa 
(puissance). 

Dygpepale, du grec 5vaiwj»Ca 
(mauvaise digestion). 

Dyssenterle, du grec Svormt- 
pta (mal d'entrailles). 

Dysurle, du grec ftwoupfo 
(m. s.). 



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£ba 



191 



tfCA 



J?atf , au quinzieme siecle eaue, 
plus anciennement eave, a l'ori- 
gine &?e, du L. aqua (eau). — 
Aqua devenu aqva par la conson- 
nincation de u (voy. jantJter) se 
reduit a at>a par la reduction de 
qv a v (voy. aux mots Janvier et 
suture). — Jt?a donne eve par l'a- 
doucissement jregulier de o en e 
(voy. acheter, ava devenant eve, 
comme faba,sapa deviennent/2t?e, 
seve). — Eve ne tarde point a su- 
bir la diphthongaison de e en ea 
(eave) comme bet est devenu bead 
(d'ou beau par l'adoucissement de 
I enu). — Eave a son tour voca- 
lise la consonne v en u (voy. au- 
rone), d'ou la forme eaue, qui se 
reduit a eau des le seizieme sie- 
cle.^ 

Ebahir, onomatopee, verbe 
forme de I'interjection bah! (voy. 
p. lxv). — D. dbahissement. 

Ebarber, voy. barbe. — D. 
tfoaroum. 

Ebattve, voy. fcatfre. — D. 
6bat (substantif verbal). 

Ebaw 61, interdit au point de 
bGgayer. 2?oau&i est le participe 
de l'ancien verbe loaubt'r. J&au- 
bir c'est rendre baube, comme e/*- 
faroucher est rendre farouche; 
baube (qui veut dire beywe dans 
l'ancien francais) vient du L. bal- 
bus (begue) par l'adoucissement 
de J en u (voy. agnedu.) 

Ebauche*; origine inconnue. 
— D. e'bauche (substantif verbal), 
(bauchoir. 

JEootufi**, rendre baud toil J 



Pour l'gtymologie de baud, voy. 
au mot baudet. 
Eb^ne, du L. ebenus (m. s.). 

— D. ibtnxer, ibeniste, 4b4nuterie. 
Ebiouir, origine inconnue. 

— D. folouissement. 
Eborgtter , voy. borgne. 
Ebotiler^ tomber comme une 

boule; voy. boule. — D. ibvule- 
ment. 

Ebouriffer, origine incon- 
nue. 

Ebranter, voy. branler. — 
D. fbranlement. 

Ebrecher, faire une breche 
(voy. ce mot). 

1 . Ebrouer (s'J, origine incon- 
nue. 

f 2. Ebrouer (laver une piece 
d'etoffe destinee a la teinture), de 
l'allemand bruhen (laver a l'eau 
chaude). 
Ebmiter, voy. bruit. 
Ebullition, du L. ebullitio- 
nem (m. s.). 

MLcachw (presser, ecraser), 
anciennement escacher, compose 
avec prefixe intensitif (ex), de fan- 
cien verbe cacher (presser, fouler), 
dont l'etymologie se trouve a Par- 
ticle cacher (voy. ce mot). 

Ecaiite, ancien francais es- 
caiUe, a Torigine escale, mot d'o- 
rigine germanique (gothique 
scalja ; allemaod schale, ecaille). 
Pour le changement de s initial 
en es, puis en 4, voy. esperer. — 
D. epaitler, tcaillere. 
Ecule % anciennement escale; 



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fiCH 



192 



fiCH 



pour r&ymologie, voy. e'caiUe. — 
D, dealer. 

Ecarlate, anciennement es- 
carlate, mot d'origine orientale 
fpersan scarlat, 6carlate) ; sur sc 
devenu esc puis e"c, voy. esperer. 

Ecat^uiffet*, origine incon- 
nue ; 

MScart, voy. icarter. 

Ecarteler, anciennement es- 
carteler, compose de ex et de car- 
tel; e'carteler e'est mettre en car- 
tel. Cartel est le L. quartettus* 
(quartier, diminutif de quartus, 
quart), tcarteler est done mettre 
en quar tiers. — Sur le change- 
ment de qu latin en c, voy. car. 
— p. e"cartilement. 

Ecarter, anciennement escar- 
ter, mot compose de ex (bors) et 
de carte, tcarter qui n'est a Po- 
rigine qu'un terme de jeu, signifie 
proprement mettre des cartes de 
cote, rejeter des cartes, puis par 
extension, rejeter en general. ~ 
D. 4cart (substantif verbal), icarU % 
e'eartement. 

Eeehymooe, du grec iyxupuo- 
01; (proprement sortie de Thu- 
meur). 

Eccl&riantique, du L. eccle- 
siasticus (m. s.). 

J£cem>ele, voy. cerveUe. 

Echafattd, ancien francais 
etchafaud, eschaafaut, a Torigine 
escadafaut, dont le premier sens 
est estrade de ceremonie (de la- 
quelle on assiste a un tournois, a 
un combat singulier, etc....). Es- 
cadafaut, qui est en Das latin sca- 
dafaltum. est un compose de ex et 
de cadafaltum (echafaudage). — 
Cadafaltum est, en provencal, ca- 
dafalc, en italien catafalco. Cette 
forme catafalco est un compose de 
cata et de falco : cata derive du 
verlie roman catar (voir) dont l'o- 
'Igine est inconnue; falco est d'o- 



rigine germanique, et correspond 
au vieil haut allemand palcho 
(echafaudage, piece de bois). 

Catafalco signifie proprement 
echafaudage d'ou Ton voit, estrade 
de parade. 

Quant au changement de ex- 
cadafaltum* en esrhadafaut, es- 
chaafaut, eschafaut, voy. pour N 
la permutation de c en ch, au 
mot acharner: pour la chute du 
d, voy. accabler; pour la chute de 
*, voy. abime; pour la resolution 
de I en u, voy. agneau. — D. 4cha- 
faudage, ichafauder. 

Echatam, anciennement es- 
chalas, escalas, a l'origine esca- 
tas, du L. ex-caralium*. Cara- 
tium (qui a le sens d'6chalas dans 
la Lex Longobardorum : « Si quis 
palum, quod est carratium, de 
vite tuierit, ») derive du grec 
yapai (echalas). 

Ex-caratium a donng escaras, 
puis eschalas, par le changement : 
1° de c en ch (voy. acharner); 2° de 
r en I (voy. autel); 3° de * en s 
(voy. ajouter). 

Echatvte, anciennement w- 
chalote, corruption de eschalone, 
escalone, qui est la forme fran- 
chise du moyen age. Escalone est 
le L. ascalonia (echalote, dans 
Pline)~ Sur le changement 1° de a 
initial en e, voy. acheter; 2° de c 
en ch.. voy. acharner; 3° sur la 
chute ae s, voy. abime. 

Echancrer, tailler en forme 
de chancre (de croissant) . Chancre 
est le L. cancrum (proprement 
ticrevisse, puis croissant d^pres la 
forme de Fecrevisse). Sur le chan- 
gement de c en ch, voy. acharner. 
— D. ichancrure. 

Echanger, voy. changer. — 
D. Change (subst verbal); e'ehan- 
geable, ichangiste. 

Eefcaauoat, ancien francais 



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fiCH 



193 



ten 



eschancon, du L. scantionem* i 
(echanson dans les Lois Barbares. ' 
Scantio derive de I'ancien haut &1- , 
lemand scenco, echanson). 

Scantionem a donne e'ehanson ' 
par le changement 1° de * initial 
en es, puis 4 (voy. espe'rer); 
2* de cench, voy. acharner ; 3" de 
U en c, puis * (voy. agencer). 

Mchantitlon, diminutif de 
I'ancien francais e'chantil; e'chan- 
til, qui e?t a l'origine eschantil, 
escantil, est un compose de ex, et 
de I'ancien francais cant (coin, j 
morceau), derive lui-m6me du L. 
canthus (coin). Sur le change- 
ment de c latin en ch, voy. achar- 
ner.— D. tchantillonner. 

Mtchapper, anciennement es~ 
chaver, escaper, proprement sor- , 
tir ae la cape (du raantcau), dou, 
par extension, s'enfuir; une meta- 
phore analogue existe dans le grec 
CxSueffxai (fuir, s'echapper, qui 
signifie proprement se deshabiller, 
se depouiller, sur cette analogie 
des mStaphores, voy. p. xxvi). 

Ce qui confirme cette ori- 
gine, c est que l'italien possede , 
les deux verbes scappare (echap- 

Ser), forme de cappa, manteau, et 
e ex ( hors de) ; et incappare 
(tomber dans), forme de cappa et 
de in (dans). — D. echappe'e (sub- 
stantia verbal); ichappement ; , 
ichappatoire. \ 

itc hat/iie, piquant de char- j 
don ; tcharde, dans I'ancien fran- | 
cais escharde, est un compose de 
ex et de charde, qui represente le 
L. carduus (chardon); pour le ' 
changement de c en ch, voy. achar- 
ner. 

kLehavpe , au moyen age 
prande bourse que les pelerins por- 
taient suspendue au cou : Joinville 
parle d'un pelerin qui mettait dans 
« son escharpe grant foison d'or et 



d 'argent » : plus tard le mot 
^c/iarpen'aplus servi qu'a designer 
la bande d'etoffe, a laquelle etait 
suspendue la bourse, l'6charpe pro- 
prement dite. Sur ce displacement 
de sens, voy. p. xxu. — tcharpe, 
ancien francais escharpe, escherpe 
est un mot d'ongine ger mania ue 
(vieil haut allemand scherbe pocne, 
bourse). 

Ce mot allemand a donne dans la 
latinite" du moyen age, un type 
Scarpa*, duquel est venu le dimi- 
nutif scarpicella* (proprement pe- 
tite bourse). Scarp(i)cella a donne 
le francais escarcelle (bourse) par 
la chute reguliere de 11 (voy. ac- 
cointer), d'oii scarp : cella, — et par 
le changement: 1° de sc initial en 
esc; 2° de pc en c (voy. caisse). 

MLchavper , forme secondai- 
re (avec changement de conju- 
gaison) de I'ancien verbe e'eharpir, 
mettre en pieces: e'eharpir, a l'ori- 
gine escharpir est le L. excarpere 
(compose de carpere, couper, met- 
tre en morceaux); sur le change- 
ment: 1° de c en ch, voy. achar- 
ner ; 2° de e en i, voy. accomphr. 

Echamsc, ancien frangais es- 
chace, mot aborigine germanique 
(vieux flamand schcetse, echasse) ; 
sur le changement de sch, en esch, 
puis e'eh, voy. espirer — D. tchas- 
sier. 

Echauder, anciennement es- 
chauder, du L. excaldare (6chauder 
dans Apicius) par le changement : 
1° de c en ch (voy. acharner) ; 2° de 
al en at* (voy. agneau). — D. ichau- 
de',e'chaudoir. 

Echauffew, voy. chauffer. — 
D. e'ehauffement; re'ehauffer. 

Ccfcatf /fbtc fee, substantif par- 
ticipial de I'ancien verbe echauf~ 
fourer, compose de ex et de I'ancien 
francais chauffower dont 1'origioe 
est inconnue, 



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ten 



194 



fiCL 



Echawler, voy. ehauler. 

Eche, (amorce) ancien francais 
esche, du L. esea (amorce) par le 
changement de ca en che (voy. 
acharner et acheter), et par la 
chute de s (voy. ablme). 

Echeance, voy. tchoir. 

Echec*) ancien francais eschac ; 
# jeu et le nom du jeu sont d'ori- 
gine orientate (persan schah dont 
le sens propre est roi, le jeu ayant 
tir6 son nom de la principale piece. 
De la locution sckach-mat qui veut 
dire en persan le roi est mort t est 
venue Pexpression tehee et mat). 

— D. tehee (au sens dedefaite, sens 
qui provient de la locution : tenir 
en echec, donner echec) , tchiquier. 

Echelle, ancien francais es- 
chele, du L. scala (echelle) par le 
changement : 1° de c en eh (voy. 
aeharnfir);2° desch initial enesch, 
puis tch (voy. esverer); 3° de a en 
e (voy. acheter). — D. tchelon, 
tchelonner. 

Eeheveau , ancien frangais 
echevel (sur el devenu eau, voy. 
agneau). Echevel est le substantif 
verbal d'tcheveler (voy. tcheveli). 

MScheveie, part, de l'ancien 
verbe tcheveler (voy. cheveu). 

Echevin, anciennement esche- 
vin, en i tali en scabino, du L. sca- 
binus* (juge, dans les textes carlo- 
vingiens; scabinus est d'origine 
germanique et derive de l'ancien 
haut allemand skepeno qui a le 
meme sens) . Scabinus est devenu 
tchevin par le changement: 1° de 
ea en che (voy. acharner et ache- 
ter) ; 2° de sc en esc puis ie (voy. 
esptrer) ; 3° de b en t? (voy. avant). 

— D. tchevinage, tchevinal. 
Echine, anciennement eschine, 

en provencal esquina, d'origine 
germanique (ancien haut allemand 
skina, epine ; l'echine etant pro- 
^rement repine dor sale). 



[ Echiqwicr , voy. Icftec*. 

Beho, duL. ecfeo (m.s.). 

JScfcolf, anciennement eschoir, 
duL. arcaaere* (ecjioir) ; pour le 
changement de cadere en c/wtr, 
voy. choir. — D. tchtant, part, 
pres. (djod le substantif ichtance). 

1. Echoppe, burin; origine 
inconnue. 

2. Echoppe , anciennement 
eschoppe, de 1 'allemand schoppen 
(boutique) : sur la preposition oVuo 
e, voy. espirer. 

^Echouer, origine inconnue. 
£cfa6otfMe*, origine inconnue. " 

Eclair, substantif verbal de 
centra*. 

Eclaircir, voy. cfcm*. — D. 
tclaircie (subst. participial), tfcZcwr- 
cissement. 

Eclairer, anciennement es- 
clairer r du L. exclarare (eclairer) 
par le changement de a en at (voy. 
aiflfie), de s en s (voy. qjouter), et 
la chute de * (voy abtme). — D. 
tclair^clairage, tclaireur. 

Eclanche, origine inconnue. 

Eclat, voy. tclater. 

Eciatew, le sens propre est 
rompre, voler en e'clats; d'origine 
germanique (vieil haut allemand 
sUeizan, rompre, devenu skleitan) y 
d'ou l'ancien francais esclater, puis 
tclater). — D. tclat , Matant. 

^electlque, du grec exXsxtixoc 
(qui choisit). — D. tclectisme 

selipse 9 du L. ecUpsis (eclipse). 
— D. tclipser. 

Eellptlque, du L. eclipticus 
(qin concerne les eclipses). 

Eclisse , compose de clisse 
morceau de bois fendu, mot d'o- 
rigine germanique (ancien haut al- 
lemand kliozan, fendre). * 

£cfopf»e,voy. clopin-clopant. 

Eclore, anciennement esclore 
du L. ex-claudere * (la forme com- 



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SCO 



195 



fiGR 



osee ex-daudere'& le sensd'&tore ; 
n trouve souvent dans Columella 
tcludere ova pour faire eclore des 
jufs). Sur le cnangement de ciau- 
ere en c/ore, voy, ciore. Surce- 
li de x en s, voy. ajouter. — D. 
clos, tclosion. 

Ectfsc* anciennement escluse, 
n espagnol esclusa, du L. exclusa 
)roprement eau retenue, arretee. 
Ixctusa aqua au sens (feci use est 
ans Fortunat, et dans plusieurs 
jxtes merovingiens; exclusa est 
eja sclusa au huitiemesiecledans 
i Lex Salica « si quis sclusam de 
lolendino alieno rumperit. ») 

Sur le cnangement de x en s. 
oy. ajouter; sur la chute de 5, 
oy. abime. — D. busier, 4clu- 

JEcofe, anciennement wcole, 
u L. *c/iota (ecole) par le change- 
aent : 1° de ch en c (voy. p. xcix); 
:° de sc initial en esc, puis <fc (voy. 
sparer), — D. e'coliet. 

iconome, du L. oeconomus 
eponome dans le Code Theodo- 
ien). — D. dconomie, tconomiser, 
conomiste. 

^conomlque, du L. oeconomir 
ms ,(regulier) dans Quintilien. 

£corce, anciennement escorce, 
m. italien scorza, au septieme sie- 
;le scorzia dans le Vocabulaire 
le Saint-Gall, du L. excorticea* 
(denve de corticem, ecorce). Sur 
ex devenu i, voy. icluse; sur cor- 
t{\)cea devenu corfcea voy. p. lxxxi; 
sur cortcea devenu cortcta puis 
wrce, voy. agencer. — D. e'corcer. 

scorcher, anciennement es- 
con/ier, du L. excorticate (6ter le 
torticem, i'enveloppe, puis dans la 
Loi Salique, excorticate a le sens 
d'enlever le cuir, la peau des ani- 
maux). Excorticate est deja scorti- 
cate dans les Capitulaires de Char- 
lemagne: « anted flageUatus et 
scurticatus. » 



Excor(tf)cdre, contract* suivant 
la regie (voy. accointer) en excort- 
care, excofcare a donne escorcher 
par le changement : 1° de x en s 
(voy. ajouter); 2° de ca en c/te(voy. 
acharner et oc/ie(«r). — D. ecor- 
cheuty e'corchure. 

JEcotften , voy. corvie. — D. 
icornifler. 

JbcofMt/fef, voy. e'comer. — 
D. ecornifleur. 

£eoMer, voy. cotte. 

1. £cot, branche d'arbre, an- 
cien francais efcot, mot d'origine 
germanique (vieux norois sfcot 
meme sens) , 

2. JSco* 9 anciennement escot 
(quote-part), mot d'origine germa- 
nique (anglais scot contribu- 
tion). 

Iteotffen 9 anciennement escoit- 
fer, du L. excolare (ecouler, dans 
une version latine de la Bible) : sur 
a? devenu * (voy. ajouter); sur la 
chute de s , voy. aMme ; sur o de- 
venu ou, voy. affouage. — D. ^cot*- 

l&cowtet*, voy. court. 

1. Eeautej voy. ecotiter. 

2. Eeaute (cordage), ancien- 
nement escoute, mot d'origine ger- 
manique (suedois rtot, m. s.J. 

JEcotftiffe, origine inconnue. 

Eeouvette, balai, diminutif 
d'lcouve* ancicn francais escouve 
qui est le L. scopa (balai) par le 
changement: 1° de sc initial en 
esc, puis e'c (voy. esp^rer) ; 2° de o 
en om (voy. affouage) ; 3° de p en b, 
puis en u (voy. arriver) . Un autre 
diminutif d'e'couve est e'couvillon 
(balai ayant la forme d'un tampon 
pour nettoyer Tame des ca- 
nons). 

Ecouvitton, voy. icouvette* 

Ecran, anciennement e$ctart f 
origine inconnue. 



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fiCR 



196 



ficu 



JE©t»a#ef ? anciennement escra- 
*er, compose d'un radical eraser 

2ui est d'origine germanique (sue- 
ois krasa, broyer, ecraser). — D. 
e\crasement 

Ecrevtste, au treizieme sie- 
cle crevice, de l'ancien haut alle- 
mand krebix (6crevisse). 

Eerier (s'), voy. crier. 

Ecrin, anciennement escrin, 
du L. sennium (ecrin), par le 
changement de sc en esc, puis ec 
(voy. esp4rer\ 

Ecrire. anciennement escrire, 
du L. senbere (ecrire), par la 
chute r^guliere de Ve* penultieme, 
scriVre (voy. p. lxxxi) : — par le 
changement de br en r (voy. boire) , 
et de sc en esc, puis ic (voy. espe"- 
rer) — D. tcriveur, dcrivassier. 

Eerit^ anciennement escrit , 
du L. scriptum (ecrit) : sur le 
changement de scri en e'en, voy. 
ecrire; sur pt devenu t, voy. ac/ie- 
ler. — D. ecriteau. 

Ecritoire, du L. scriptorium 
(6critoire). Pourle changement de 
script... en tent.... voy. ecrt'i; pour 
celui de o en oi voy. c/wmome. 

Xcfiticre, du L. scriptura 
ecri|ure) ; pour le changement de 
script... .en tent... voy. ierit. 

Ecrfoaitt, du L. scribanw * 
(e'en vain, derive de scriba, scribe) : 
pour le cnangemantr 1° de scri.... 
en icri.... voy. e'erit; 2° de bent?, 
voy. avant ; 3° de anus en am 
voy. ancien. 

1 . JScpom (trou pour insurer une 
vis), anciennement escrou, du L. 
scrobem (trou), par le changement: 
1 # de «c initial en esc, puis ec 
(voy. espirer) ; 2* de o en ou (voy. 
affouage) ; 3° par la chute du b 
medial (voy. aooyer). 

2> ^erou, registre de prison, 
voy, tcrouer. 



Ecrouer, origine inconnue. 
— D. e'erou (substantif verbal). 

EcroueUes , anciennement 
escrouelles , du L scrofella * 
(ecrouelle : forme secondaire de 
scrofula) : sur la chute de f voy. 
anttenne ; sur o devenu ow, voy. 
affouage ; sur sc devenu esc puis 

i 4c j voy. esp&rer. 

\ Ecrouir. origine inconnue. 

! Ecr owler, voy. crotiJer. — D. 

| ecrouJemen*. 

£erN, compose de cru (voy. ce 

' mot) : le cuir icru est ce que les 
Romains nommaient crudum sco- 
rium (cuir qui n'a point encore 
ete* tanne, proprement cuir cru). 
Ecu (bouclier), anciennement 
escu, a Forigine escut, du L. scu- 
tum (bouclier), par le changement 
de sc en esc puis ic (voy. esperer), 
et par la chute du t (voy. aigu). 
La monnaie qui portait, en ecu de 
biason, les trois fleurs de lis, a 6te 
dite icu. — D. icusson (proprement 

• petit ecu, scutionem* ; sur ti de- 
venu ss t voy. agencer). 

I JEctieif, anciennement escueil. 

I du L. scopwitis (ecueil), par lacon- 

1 traction r6guliere (voy. p. lxxxi) 
en scop'lus et le changement : 

, 1* de pi en il (voy. p. xevi) ; 2°de 
o en ue (voy. accueiUir) -, 3 # de 
sc en 4c (voy. esperer). 

I Ecuelle, ancien francais e*- 
ctiei/«, en provencai etcudela, du 
L. scutella (ecuelle), par la chute 
du I medial et le changement de 
sc en esc puis ec (voy. esperer). 

! JEcwIer, voy. cut. 

JEctfme* anciennement fscutne, 
d'origine germanique ( ancien 

l haut allemand scam, ecume). — 

In. ecumer , e'eumeuas, dcumeur , 

I icumoxre. 

I £cwt*er, voy. cwrer. — D. rev 

icurer. 



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197 



EPF 



Cctfneuif, anciennement w- 
cureuil, du L. murtotttf (diminu- 
tif de sciurus, ecureuil), par le 
changement: 1* de iolus en euil 
(voy. aieul) ; 2° de sc initial en esc 
puis & (voy. espe'rer). 

.fectffie, anciennement escw- 
ne ? du latin merovigiea scuria (Si 
quis scuriam cum animalibus in- 
cenderit, dit la Loi Salique), p*r 
le changement de sc en esc puis & 
(voy. espe'rer). Quant a scurta, il 
est d'origine germanique (vieil 
haut allemand skura, ecurie) . 

£cwmon, voy. &u. — D. &t«- 
sonner (grefler, insurer un morceau 
d'ecorce en forme d'ecusson). 

Ecttyer , anciennement es- 
cuyer, en provencal escudier, en 
italien scudiere, du L. scutarius * 
(celui qui porte le scutum, l'6cu 
(Tun chevalier), — par la chute 
du t m6dial (v- y. abbaye) , et le 
changement . 1* de arius en ier 
(voy. tinier)) ; 2° de sc en esc puis 
4c (voy. espirer). — D. tcuyere. 

Eden, du L. Eden (paradis ter- 
restre, dans saint J6r6me). 

Edenter, voy. dent. 

^dlflcateur, du L. aedificator 
(m. s.). 

Edification, du L. aedificatio- 
nem (m. s.). 

Edifice, du L. aedificium (meme 
• sens). 

Eaifler,du L. aedificare (m. s.). 

Edlle, du L. aedilis (m s.). 

E^llllte , du L. aedilitatem 
(m ; s.). 

Edit, du L. edictum (m. s.). Sur 
ct devenu t, voy. a/f^, 

Ed Iter, du L. editare fr£quen- 
tatif de edere (publier). 

Editeur. du L. editor (deriv6 
de edere puolier). j 

Edition, du L. editionem (edi- ! 
tion). i 



f Edredon , anciennem«nt 
ederdon, de l'allemand eiderdune 
(6dredon). 

Education, du L. educationem 
(m y s.). 

Eduleorer. donner de la duU 
corem, de la douceur. 

Efface*, voy. face (le sens ori- 
ginaire est . faire disparaitre une 
face y une figure, al'aidederatures). 
— D effacable, ineffagable, effa- 
cement. 

Effarer, du L. efferare (effarou- 
cher, par le changement de e en a 
(voy. amender). 

Effarowcher, voy. farouche. 

Effectlf, du L. effecttvus (qui 
exprime un effet). 

Effectuer, du L effecluare * 
(derive de effectus, effet). 

Effemlner, du L. effeminate 
(m. s.). 

Effervescent, du L. efferves- 
centem (qui entre en 6bullition). 

Effet, du. L. effectum (m, s); 
sur et devenu /, voy. affiti. 

EfAeace, du L efficacem (m. s.). 

EfAcaclte , du L. efficacitatem 
(m. s.). 

Efficient j du L. ef/icientem 
(m.s.). , 

Efflgle, du L. effigtem (m. s h 

£/gle, Efllier, voy/ fiL 

JEJflfocner, voy. jiloche, 

Efftanquer* voy. /tone. 

Efflewvev, voy /four. 

Efflorescent, du L. efflores- 
centem (m,s). 

Efflorescence, du L. efflores- 
centia (derive" de efflorescentem ef- 
florescent). 

EffluYe, du L. effluvium (ecou- 
Jeraent). 

Effondrer, voy. /bnd , — D. 
e/fondranent. 

Effbvcev, voy. forcer, — D. 
e/for* (substantif verbal). 

Effracteur, du L. effractorem 
(m. sJ. 



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£gl 



198 



SLA 



Effraction, du L. effraction 
nem* (m. s.). 

Affrayer, anciennement ef- 
froyer, esfroyer , en provencal 
esfreidar, du L. exfrigidare* (com- 
pose de frigidus, froid; propre- 
ment glacer d'effroi). 

Exfrig(l)ddre contracts suivant 
la regie (voy. accointer) en exfri- 
g'dare, a redui t le gd a d (voy. aman- 
de); exfridare a donne esfroyer par 
le changement : 1° de * en s (voy. 
ajouter) ; 2° de i en oi (voy. boire); 
3° par la chute du d meaial (voy. 
accabler ; puis effroyer par la 
chute de s (voy. ablme) ; et ef- 
frayer par le changement de oi en 
<u (voy. accroite) . — D. de l'an- 
cienne forme effroyer : 1° effroi 
(substantif verbal) ; 2° effroyable, 

Effrene, du L. efjrenatus (ef- 
frene) , par le changement de atus 
en ^ (voy. ampouU). 

Effroi, voy. effrayer 

Effronte, voy. /Von*. — D. 
e/Jhmtme. 

Effroyable, voy. effrayer. 

Effusion 4 du L. effusionem 
(m.s.). 

Egal, du L. aequalis (igel) par 
le changement 1° de ae en e (voy. 
p. lxxxvi) ; 2° de gu en g (voy, 
aigle).— D. tgaler, tgaliser, e'gar- 
liti, egalitaire. 

Eg a*Hi, voy. garder. 

Egarer, voy. garer.— D. ^pa- 
rementy fyari. 

Egayer, voy. gat. 

Egide, du L. aegidem (m. 8.). 

JSgfaatrfet*, anciennement at- 
glentier, proprement couvert d'at- 
glents, d'epines; aiglent est le L. 
aculentu** (derive* de aculeus, ai- 
guillon). i4c(tt)krrtu* contract^ 
suivant la regie (voy. accointer), 
en ac'lentu* a donne aiglent par 
le changement : 1° de cl en gl (voy. 
aiflk); 2° de a en at (voy. atgrle). 



Aiglant a donne" enfrancais deux 
derives: l a aigftonfier (aujourd'hui 
tqlantier); 2° atgrZantine (aujour- 
d'hui Eglantine). 

Egtaniine, voy. atgfant. 

Egiise, du L. ecclesia (eglise) 
par le changement 1° de e en t 
(f oy. accomplir) ; 2° de ci en gl 
(voy. aigfte). 

Eglogue, du L. ecloga (poesies 
fugitives). 

EgoYsme, derive de epo (moi). 

— D. e'goiste. 

Egorger, voy. flfOTflfe. — D. 
fyorgement, e'gorgeur. 

Egomiller, voy. gosier. 

Egowt, voy. igoutter. — D. 
igoutier. 

Egoutter, voy. gfoutte. — D. 
Igroul (substantif verbal). 

Eg r aligner, voy. gratter. — 
D. e'gratignure. 

Egwene*! anciennement Igrrat- 
n«r, voy. grain. 

EgtHUawnt^ origine inconnue. 

f Egri*er ? compose d'un radi- 
cal grise* qui est l'aliemand gries 
(gravier). Ve'gnsie est la poudre 
meme du diamant, que Ton em- 
ploie pour polir cette pierre. 

Ehonte, voy. honte. 

Ejaculation, du L. ejactUatio- 
nem* (m. s.). 

Elaboration, du L. elabora- 
tionem On* s.). 

^laborer, du L. eldborare(&\&- 
borer). 

Etaguer* mot d'origine ger- 
manique (holl. laken, retrancher). 

— D. Mag age. 

1. JEf an, voy. ilancer. 

2. f^lan,espfece de cerf, de l'al- 
iemand elenn (elan). 

Etancer. v, lancer. — D. ilan 
(subst. verbal), Mance", e'lancement. 



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199 



£ma 



ttluvyir, voy. large, — D. 
eiargusement. 

EhMtlque, du grec SXoumxo;, 
(qui a la faculty de pousser). — 
D. elasticity . 

f Eldorado, de i'espagnol el- 
dorado (pays enchante). 

Electeur, du L. elector (m.s.). 
— f). electoral, electorate 

Electlf, du L. electivus*, denv6 
de electus (voy. Mire). 

Election, du L. electionem 
(m. s.) . 

Etectrlque, du L. electrum 
(ambre).— D. eiectricite", dlectriser. 

Electualre, du L. electuarium 
(electuaire). 

Elegance, du L. elegantia 
(nv s ). 

Elegant, du L. ekgantem 
(m.s.). 

Eleglaque, du L. elegiacus 
(m ; s.). 

Elegle, du L. etegria (m. s.). 

Element, du L. elementum (m. 
s.). -— D. eiemerUaire. 

Elephant, du L. elephantem 
(m.ji.). 

Mieve, voy. Iteoer. 

Etever, voy. /ever. — D. #&e 
(subst. verbal); eieve, elevation, 
ileveur, elevage. 

Ellder, du L. elidere (6iider). 

Eligible, du L. eligibilis (m. 
s.). — D. eiigibilite*. 

Etitner, voy. fcmer. 

Ellmliier , du L. eliminare 
ffaire sortir). — D. elimination, j 

JEfine, du L. cZigere (choisir, 
briery elire), Pour le changement 
de Itgere en fcre, voy. accueiUir. ' 
•- Eligere signifiant en latin 
choisir, trier, l'ancien francais ! 
elire eut aussi cette signification 
qui a persists dans l'ancien parti* 
cipe elite, anciennement participe 
passe* d' elire, aujourd'hui substan- 



tia et qui signifie proprement ce 
qui a e'te trie , choisi. tlite repr6- 
sente le L. electa (ce qui est choisi, 
ce qui est superieur). Sur le chan- 
gement : 1° de e en t, voy. accom- 
plir; 2° de ct en t, voy. affete. 

Elision, du L. elisionem (Eli- 
sion). 

£fite, voy. Hire, 

f jfcllxirjmotd'origine orientale, 
comme beaucoup de termes d'al- 
chimie. 

tlixir repr6sente Farabe al-ak- 
sir (quintessence). 

Eile, du L. ilia (elle), par le 
changement de t en e , voy. ad- 
meUre. 

Ellebore, du L. elleborum 
(m. s.). 

Ellipse, du L. ellipsis (meme 
sens, dans Priscien). — D. ellip- 
tique. 

Elocution, du L. elocutionern 
(m s.). 

Eloge, du L. elogium (epita- 
phe). — D. elogieux* 

Eioigner, voy, loin. — D. 
eioignement 

Eloquence, du L. eloquentia 
(m.^s.). 

Eloquent, du L. eloquentem 
(qui a le talent de la parole). 

Eluclder, du L, elucidare (an- 
noncer). 

Elucubratlon, du L. elucu- 
brationem (m. s.). 

^luder, du L. eludere (m. s.). 

Elysee, du L. elysium (61ys6e). 

JEmaif, anciennement esmail, 
en italien smalto, mot d'origine 
germanique (ancienhaut allemand 
smalti ce qui est fondu, qui a subi 
la fusion); sur le changement de 
sm en esm, puis em, , voy. esperer) . 
— D. emailler, emailleur. 

Emancipation, du Li emamr . 
cipationem (m. s.). 



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EMB 



200 



EMB 



Emanclper, du L. emancipate 
(m.s). 

Emaner, du L emanare (m. 
sens). — D. emanation. 

JEittarjyer, voy. marge. — D. 
tmnrgement. 

EmbaUer. voy. balle. — D. 
emballage, emballeur. 

f Embarcad^re, a l'origine 
lieu ou Ton s'embarque ? de l'espa- 
gnol embarcadero (quai d'embar- 
quement). 

f Embareatlon, de l'espagnol 
embarcacion (m. s.). 

f Embargo, de l'espagnol em- 
bargo (saisie). 

Embarqwer, voy. barque. — 
D. embarquement. 

EmbarraMMery dtbarrasser , 
compose* du radical barras* (qui 
est aussi en espagnoi barras, per- 
che, gaule), d'oii le verbe barras- 
ser* (qui vient de barras* comme 
barrer de barre).— Quant au mot 
barras* il derive de barre (voy. ce 
mot. — D. embarras (substintif 
verbal d'embarraser. 

JEntfrattelier, voy. de'baucher. 
— D. embauchage, embaucheur. 

Embaumer* voy. baume. — 
D. embaumeur, embaumement. 

Cittfrellif, voy. beau. — D 
embellissemeni. 

Emblaver* ensemencer une 
terre en bl6, du L. imbladare* 
(ensemencer une terre en bladum, 
en bU: voy. ce mot. Imbladare 
est frequent dans les textes du 
moyen age, et a egalement donne 
naissance al'italien imbiadare qui 
est le correspondent d t emblaver). 
Imbla (d) are par la chute du d mi- 
dial (voy. accabler), ^intercalation 
d'un v euphonique (voy. corvee), le 
cbangement de i en e (voy. ad- 
mettre) a donne emblaver. — D. 
emblavure. 

Embiee (d'), c'est-a-dire du 
premier coup; locution adverbiale 



composee de de et de embUe, sub- 
stantif participial d'embler qui si- 
gmfie voter dans notre ancienne 
langue, et qui est le L. involare 
(voler) qui est xmbolare dans les 
Lois Barbares. Pourle changement 
de involare en imbolare, voy. 6o- 
chelier; pour la contraction de 
imb{6)lare en imbV lare puis em- 
bier, voy. accotnter. Sur i devenu 
e, voy. admettre. 

Emblematlque, voy. embleme. 

Bmbl^me. du L emblema (or- 
nement en relief).— D. emblema- 
tique. 

JEmfroife, voy„ fcotre. 

EmboUer, voy. bolte. 

JEmfroatpoitttf, anciennement 
en oon point (en bon 6tat) voy. 
point. 

Embower, compose de en et 
de bosse (nom de certains cor- 
dages de navire).— D. emboss age. 

Emboucher, voy. bouche. — 
D. embouchure, embouchoir. 

Embourber, voy. bourbe. 

Entbvanchemenij derive" de 
embrancher (compose de en et de 
branche, voy. ce mot). 

Embraser. voy. braise. — D. 
embrasement, embrasure (a l'ori- 
gine terme de fortification, fen&re 
6troite pratiquee dans un parapet 
pour laisser passer le canon, pro- . 
prement fenfctre d'ou Ton embrase 
le canon. 

Embra—er, ancien frangais 
embracer, proprement prendre 
dans sa brace (serrer dans ses 
bras) \ pour l'explication et l'ety- 
mologie de l'ancien frangais brace, 
voy. au mot bras. — D. embrasse-* 
ment, embrassade, embrasse (subst. 
verbal). 

Embrtisures voy. embraser. 

Embrocher, voy. broche. 

Etnbrouitter) voy. brouiHer* 

Embryon, du gpec g^pvQv 

(f<BtUS). 



y Google 



fiME 



201 



£MO 



Entbuche, substantif verbal 
de Pancien verba emMcher, a Po- 
rigine embuscfier, en italien tro- 
boscare, dans la basse latin ite im- 
boscare (proprement : attirer dans 
le boscum, dans le bois, tendre 
une embuche; sur Porigine de 
boscuSy voy. bois), 

Imboscare a donne* embUcher : 
par le changement : 1° de i en e 
(voy. admettre); 2° de o en u 
(voy. cure'e); 3° de ca en che (voy. 
acharner et acfceter); 4° par la 
chute de s (voy. abfroe). 

| Embuseade, venu au sei- 
zieme siecle de Pitalien imboscata 
(embuscade). 

f Embusquer, venu au sei- 
zieme siecle de Pitalien imboscare 
(embusquer). 

Emender, du L. emendate (cor- 
riger). 

Enter nude, ancien francais 
esmeralde, en italien smeraldo y 
du L. smaragdus (emeraude), par 
le changement 1° de men esro, 
puis 4m (voy. espe'rer) ; 2° de a en 
e (voy. acheter); 3° de gd en d 
(voy. amande). Quant a Interca- 
lation d'un I } voy. somme; pour 
le changement de al en aw, voy. 
agneau. 

Emerger, du L. emergere (m. 
* ••)• — D. emergent y emergence. 

t ^merl) anciennement esme- 
riZ, venu au seizieme siecle de 
Pitalien smerigUo (6meri). 

^ttt cW lion, anciennement es- 
merillon , diminutif d'un type 
esmerle*, compose" du prefixe es 
du mot merle (voy. merle). 

Emerlte, du L. emeritus (qui 
a fini de servir). 

JE£meti>eif let* , voy. merveille. 

^metlque, du grec ifxetixo; 
'vomitif) . — D. tmttiser. 

JBmellra, du L- emittere (e- 



mettre); pour le changement de 
mittere en wwttre, voy. admettre. 

j£ml««alre, du L. emwsantw 
(m v s.). 

EmlMion, du L. emustorwm 
(m.^s.). 

Emeute, ce qui est ebranle, 
trouble, du L. exmota (ce qui est 
trouble), par le changement: 1° de 
x en * (voy. ajouter); pour la 
chute de *, voy. abtme; 2° de oen 
eu (voy. accueUlir). — D. emeutier. 

Emlgrer, du L. emigrare (emi* 
grer). — D. emigration, emigrant 
e'migre'. 

Eminence, du L. eminenfia 
(m v s.). 

Eminent, du L. eminentem 
(qui s'Gleve). 

Emlssalre, du L. emissarius 
(m s.). 

Emission, du L. emissionem 
(m. s.). 

Entmanchcr, voy. manche, 

Etnmener, voy. roener. 

£mo{, ancienn. esmoi, a Po- 
rigine esmai, en provencal esmagi . 
en italien smago, substantif ver- 
bal du verbe esroater (6tre en 
emoi ) ; ce verbe, de Pancien fran- 
cais , qui correspond au verbe 
italien smagare , est d'origine 
germanique; il est compose du 
prefixe es et de Pancien haut alle- 
mand magan (pouvoir), propre- 
ment: perdre toute force {ex). 

Emollient, du L. emollientem 
(qui amollit). 

Emolument, du L. emolumen- 
tum (m. s.). 

Emonetoire, du L. emuncto- 
rius (m. s.). 

Kmonder, du L. emundare 
(nettoyer),— D. imondage. 

Emotion, du L. emotionem 
(m. s.j. — D. tmotionner. 

JSmotuire, ancienn, emoldre, 



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EMP 



202 



EMP 



du L. emolere (emoudre), par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de emol(&)re en emol're, —par le 
changement de Ir en Idr (voy. ao- 
80udre) y et par celui de o en ou 
(voy. affouage). — D. e'mouleur, 
rimouleur. 

j|moMMet% voy. mousse. 

J5mo«f#tlIIet«, origine incon- 
mie. 

fmcmvoir, du L. emovere 
(emouvoir), par le changement: 
1° de o en ou (voy. affouage); 
2° de e en oi (voy. accroire). 

£traf»<tlet* 9 voy. pal. 

Empan, ancienn. espan, en 
italien spanna, mot d'origine ger- 
manique(aliemand $panne,empan) . 

Emparer (compose de en et 
de pater, preparer), a dans notre 
ancienne langue, le sens de forti- 
fier : s'emparer veut dire, au quin- 
zieme siecle, se fortifier, s'aug- 
menter, s'accroitre, d'ou le sens 
actuel d'acquenr. — D. remparer 
(compose" de re et de emparer } 
fortifier), d'ou le substantif verbal 
rempar, aujourd'hui rempart. 

Etnpater, voy. pdte.— D. em- 
pdtemenU 

JEmj»ecfcefo,anciennementem- 
pacher t du L. impactare* (derive 
de imp actus, participe de impin- 
gere, embarrasser quelqu'un de 
quelque chose; voy. p. xxxii). — Im- 
pactare a donne* empacher, puis em- 
ptcher par le changement : 1° de 
ct en ch (voy. alltcher) ; 2° de a 
en e (voy. acheter) ; 3° de t en e 
(voy. admettre). — D. emptche- 
merU; de'picher correspond au 
type dis-pactare* (voy. de . ... et 
empicher pour le changement de 
lettres); d&pteher signifie doncpro- 
prement se dtbarrasser, comme 
emptcher, s'embarrasser. 

Etnpeigne, origine inconnue. 

JEatjperettr , ancienn. #mfM- 



reur, a Torigine empereor, empe- 
redor, du L. imperatorem (empe- 
reur), par le changement 1° de * 
en e (voy. admettre) ; 2° de a en e 
(voy. acheter); 3° par la chute du 
t (voy. abbaye) ; 4° par le change- 
ment de eo (empereor) en eu (voy. 
aleul). 

Etnpeicr, apprfiter a Vem- 
pois; on a vu (p. cxi, 1. 24) pour- 
quoi le derive a'empois est empe- 
ser, non empoiser. 

Ewnpemte*) voy. veste. 

£mpe*ret*, voy. aepttrer. 

Emphase, du L. emphasis, 
(m. s.). — D. emphatique. 

Emphyteoae, ancienn. emphy- 
teuse, du L. emphyteusis (m. s.). 

MSmpietevy voy. pied. — D. 
empte^emenJ. 

l£mj>{»*e, du L. tmpertwm (em- 
pire), par le changement : 1° de i 
en e (voy. admettre) ; 2° de e en i 
(voy. occomplir). 

Empir «• , voy. pfre. 

Emplrlque, du L. empiricus 
(m. s.). — D. empirisme. 

Emplrlsme, voy. empirique. 

Entpiacer, voy. place. — D. 
emplacement, remplacer. 

Empl&tre, ancienn. emvlas* 
tre, du L. fwplastrum (m. s.) 

£mj»Ie*te, du L. implicita* 
(qui a le sens de depense dans 
plusieurs textes latins du moven 
age : « implicitam vero' decla- 
ramus emptionem mercium per 
committentes ordinatam, » dit un 
reglement du douzieme siecle. Im- 
plic(L)ta, contracte suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) en implic'ta, a 
donne emplette, par le change- 
ment : 1° de ten e (voy. admettre); 
2° de ct en tt (voy. assiette). 

Emplir, du L. implere (em- 
plir) , par le changement : 1° de * 
en e (voy. admettre) • 2° de e en i 
(voy. accomplir).— D.remplir. 
tjploye* , du L. implicate, 



y Google 



EMP 



203 



ENG 



qui a le sens $ employer au profit 
de quelqu'un, dans les docu- 
ments latins du moyen age. On lit 
'dans un texte du treizieme siecle : 
Dedit 40 libras implicandas in 
augmentum communitatis. Sur la 
chute du c, impli{c)are y voy. af- \ 
fouage; sur le changement de i 
en e, voy. admettre; sur celui de 
i en oi, voy. boire. — D. emploi 
(substantif verbal), employe', 

JEmpoi*, voy. poix. 

BmpoUonne*) voy. poison. 

— D. empoisonnement, empoison- 
neur. 

JEmpoWer, anciennement en~ 
porter pour entporter, du L. inde* 
portare (porter de la), par le chan- 
gement de inde en ent (voy. sou- 
vent), puis en en (voy. en 2). — D. 
emportement, emporte', remporter. 

ISmpotet* , voy. pot. 

£mf»f efttcfre, du L. impti- 
mere (m. s.) , par le changement 
de imere en eindre, voy. geindre. 

— D. empreinte (substantif parti- 
cipial fort, voy. absoute). 

Etnpresser (s'), voy. presse. 

— D. empresst, empressement. 
Etnprunter, du L. impro- 

mutuare* (compose de promu- 
tuari, emprunter, derive lui-meme 
de promutuunij prSt). 

Improm[d)tuare contracte en 
improm'tuare (voy. aider) a rSduit 
ua a asuivantla regie (voy. p. 
xc), d'ou la forme impromtare qui 
a donne emprunter par le chan- 
gement : 1° de t en e (voy. admet- 
tre); 2° de m & n (vov. changer); 
3° de o a u (voy. curee) . — D. em- 
prunt (substantif verbal), emprun* 
teur. 

Kmpyree, du grec gjatvpos (qui 
est enflammS). 

Empyreume,duL. empyreuma 
(m. s.). — D. empyreumatique. 

Emulation, du L. semulatio- 
nem (m. s.). — D. dmuUtfeur. 



^mule, du L. xmvXut (m. s.). 

Kmulgent, du L. emtilg enter* 
(qui epuise). 

Emulsion, du L. emulsionem* 
deriv6 de emulsus fepuise). — D. 
imulsionner, imuUif. 

1. Btt, preposition, dans le fran» 
c^is du neuvieme siecle in, du L. 
xn (dans) par le cbangement de * 
en e (voy. admettre). 

2. En j pronom relatif, ancien- 
nement ent y a Porigine int, du L. 
indi (en, de la, d'ici), par le chan- 
gement : 1° de t en e (voy. ad- 
mettre) ; 2° de nd en nt, puis en n 
(voy. p. xcm). 

Le latin indd avait recu, dans la 
langue populaire, l'acception de 
ex illo, ab illo : 

Cadus erat vini-, inde implevi Cirneam. 
Plaute, Amphyt., i, l. v 

Cet emploi de inde" fut tres-fre- 
quent dans la basse latinite, et !es 
textes merovingiens en offrent de 
nombreux exemples : Si potis inde 
manducare, si tu peux en manger 
(dans une Formule du septieme 
siecle), — Ut mater nostra ecclesia 
Viennensis inde nostra hxres fiat 
(dans un dipldme de 543), etc.... 
Ind& devint en francais %nt qu'on 
trouve dans les Serments de 842, 
— au dixieme siecle il est ent 
(forme qu'on retrouve dans sou- 
vent de subinde); au douzieme en. 

Encad^er, voy. cadre. 

EncaisHer, voy. caisse. — D. 
encaisse (substantif verbal), en- 
caissement. 

JEtt<?ott,ancien francais meant, 
en quant, a Torigine inquant, du 
L. inquantum (k combien) , par le 
changement : 1° de qu en c (voy. 
car) ; 2° de i en e (voy. admet* 
tre). 

Encaque*) voy. caque. 

Encastrer, du L. mcastrare 
(encastrer, dans Isidore de Seville), 



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ENC 



204 



ENC 



Encaustlque, du L. encaustir 
tus (m. s.). 

Enceind* e, du L. incingere 
(enceindre) ; pour le changement 
de lettres, voy. ceindre. — D. en- 
ceinte (circuit de murailles, qui 
, entoure, qui enceint une ville). 

Enceinte , du L. incincta 
(fern me enceinte dans Isidore de 
Seville), par le changement: 1° de 
i en e (voy. admettre) ; 2° de ct en 
I (voy. affiti). 

Encens, du L. inccnsum (en- 
cens, dans Isidore de Seville), par 
le changement de i en e (voy. ad- 
mettre). — D. encenser, encensoir. 

Encephale, du grec iy*£<pxkos, 
(qui est dans la tfete). — D. enc4- 
phalie, encdphalite. . 

Enchanter, du L. incantare 
(enchanter) ; pour le changement 
de lettres, voy. chanter, — D. en- 
chantement, enchanteur, disen- 
cUanter. 

Encherir, voy. cfteYe. — D. 
enqhere (substantif verbal) ; enche'- 
rissement, encherisseur. renche*- 
rir, surenchtrir, surenchire. 

Enchevetrer, du L. incapis- 
Irare (encheve'trer, enlacer, dans 
Apulee), par le changement 1° de 
i en e (voy. admettre); 2° de 
ca en che (voy. acharner et ache- 
ter). 3° de p en v (voy. arriver); 
4° par la chute de s (voy. abtme). 
— D. enchevtorement. 

Enehifrener, origine incon- 
nue. 

Knchymose. du grec ixyy~ 
juodt; (effusion du sang). 

Enclaver, du L. inclavare* 
(enfermer, dans le latin du moyen 
age). — D. enclave (substantif ver- 
bal). 

EncMin* du L. incUnis (pen- 
che, incline vers); sur t devenu e, 
voy. admettre. 

Enclose, du L. inclaudere *, 
(pour includere, enclore^; sur le 



changement de claudere en clore, 
voy. ciore. — D. enclos (substan- 
tif participial). 

Encio*, voy. enclore. 

Enciower, voy. c&mer — D. 
enclouage. 

JEttcfutne, du L. incudinem 
(enclume) par le changement l°de 
in en en (voy. admettre); 2° de 
udinem en ume (voy. amertume) -, 
3° par Pmtercalation d'un I . 

f?fM*ofyt»en,voy. cogner et coin. 

— D. encopnure. 
£ttco£ttMfe, voy. encogner. 
JEncofufe, voy. coJ. 
JEncom6»*e, voy. dtcombres, 

1 compose des prefixes de\...eten.... 

et d'un radical combre* signifiant 
I omas; le L. cumulus (tas, amas), 

perdit suivant la regie (voy. abie, 

et p. lxxxi) son.fi cum(fl)lus, et 
! devint cum'lus ; m\ intercalant r6- 

guherement un b (voy. absoudre), 
I cum'lus devint cumbfus qui chan- 
! geant I en r (voy. apdtre), donna 
| la forme cumbrus que Ton trouve 
1 au sens de tas, d , amas l dans plu- 
I sieurs textes m6rovingiens (voy. 

entre autres les Gesta Begum Fran- 

cvrum, chap. 25). 
Encontre (a V), substantif 

verbal de l'ancien verbe encontrer 
• (qui est lui-m§me compost de 

contre). — D. r encontrer. 
EncorheUement , voy. cor- 

beau. 
Encore, anciennementancore, 

du L. hanc horam (jusqu'a cette 

heure), par la chute de h initial 

(voy. atelier). 
Encourage*^ voy. courage. 

— D. encouragement. 
Encour ir , du L. incurrere (en* 

courir, danscertaines acceptions): 
pour le changement de lettres, 
voy. courir et en. 

Encr a»*e* ? voy. crasse. 

Encre, anciennement enque, 
k l'origine enca, du L. encaustum 



yGopgk 



fiNE 



205 



ENG 



(encre), par Pintercalation d'un r 
(voy. chanvre) ; comme on Ta vu 
(p. cv) ? le mot a garde* Fac- 
centuation grecque (frrxauarov) , 
non l'accentuation latine (encaus- 
turn). — D. encrier, I 

Encycllque, du grec Iyxv- 
jcXio? (qui embrasse tout). 

Encyclopedic, du grec (iy- 
)tuxXouai8eta (education complete). 

— D. encyclope'dique , encyclopi- 
iiste. 

Endcinlque , du grec £vSyj- 
ulio;, qui est propre au peuple d'un 
certain gays. 

Endever, origine inconnue. 

Endive, du L. intyba* (forme 
*6minine de intybus chicoree), par 
e changement : 1° de t en e (voy. 
idmettre);2 deben v (voy. avant); 
J° de t en d (voy. aider). ■ 

J?ttcfofot*lf, voy. douleur. 

Endortnir, voy. dorrotr. 

£ncfo««et* 9 voy. dos. — D. 
ndos (subst. verbal) , endossement 
ndosseur. 

EtidroU, compost de en et 
Iroit, voy. ce mot. Endroit, ad- 
erbe dans notre ancienne langue 
vec le sens de droit devant nous 
irectement, vis-a-vis (d'ou le sens 
u. subst. endroit, lieu qui se pr6- 
ente directement a nous). 

JEncftttfc, du L. ind«cere(en- 
uire), par la contraction r6guliere 
yoy. p. lxxxi), de indue {&)re en 
naucre, — par le changement de 
r en ir (voy. &<$htr), et par celui 
e in en en (voy. admettre) . — D. 
ndwi* (subst. participial). 

Endttrcir, voy. dur. — en- 
urcissement. 

Endttrer. du L. indurate 
)roprement s'endurcir) ; sur t de- 
enu e, voy. admettre. — D. en- 
urant, 

^ner|$le,duL. energia* (m.s.). 

- D. inergique. 
Enerffamine, du grec ivep- 



yo6(mvoc, qui subit J'influence (du 
ctemon). 

Encrver,duL.enervare(m. s.). 

Enfanee, du L. infantia (en- 
fance); sur tt'a devenu ce. voy. 
a^encer. 

Enfant, du L. infantem (en- 
fant) ; sur in devenu en, voy. ad- 
mettre. — D. enfanter, enfantin, 
enfantillage, enfantement. 

Enfaw inew , voy. farine, 

Enfer, en provencal enfern, 
en italien inferno f du L. infernuro 
(enfer), par le changement 1° de t 
en e (voy. admettre), 2° de rn enr 
(voy. auoour). 

Enfevmev, voy. fermer.— D. 
renfermer. 

En flier, voy. /tt.— D. enfilade. 

Enfin 9 voy. en, et /in. 

JEtt jfammet*, du L. inflam- 
mare (enflammer) par le change- 
ment de i en e (voy. admettre) . 

En flew , du L. tn/Jare (enfler); 
sur i devenu e, voy. admettre. — 
D. dteenfler, renfler, enflure. 

Enfoneew, voy. fond. — D. 
enfoncementy renfoncer. 

Enforcing voy. force. 

Enfoui**, du L. infodere (en- 
fouir), par la chute du d medial 
(voy. accabJer) , et le changement : 
1° de t en e (voy. admettre); 2° de 
e en i (voy. accompfrr; 3° de o en 
<w (voy. affbuage). — D. enfouis- 
sement. 

Enfourcher, voy. fourche. 

Enfouvne** 9 voy. four. 

Enfreindre, voy. freindre. 

Enfuir , voy. en 2., et fiar. , 

Ettgageani, voy. engager. 

Engagement, voy. engager. 

Engager, voy. gage. — D. 
enaaaeane, engagement. 

Ettgainer, voy. gaine. — D. 
rengratner. 

Engettnce, voy. engfer. 

Engelure, de Pancien verbe 
engeler, voy. geler. 

12 



y Google 



ENG 



206 



ENN 



Engendrer, du L. ingene- 
rare (engendrer) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) de 
ingen(&)rdre en ingenWare, et 
par le chaogement : 1° de i en e 
(voy. admettre); 2° de n'r en ndr 
(voy. absoudre). 

Enger, se multiplier; origioe 
inconnue. — D. engeance. 

Engin, en italien ingegno, 
du L. ingenium (machine de 
guerre, engin de guerre dans Ter- 
tullien, de Pallio: « Cum ta- 
men ultimarent tempora patriae et 
aries jam Romanus in muros 
quondam suos auderet; stupuere 
illico Carthaginenses ut novum 
extraneum inpenium, » — et dans 
Isidore de Seville « Apud Anti- 
ques Minerva vocata quasi Dea et 
manus artium variarum. Hanc 
enim multorum ingeniorum pro- 
hibent. » 

Pour le changement : 1° de t en 
e voy. admettre; 2° de e en t, 
voy. accomplir. 

Englober, voy. globe, 

Engioutir, du L. inglutire 
(engioutir, absorber, dans Isidore 
de Seville) : sur i devenu e, voy. 
admettre; sur u devenu ou, voy. 
accouder. — D. engloutissement. 

Engorge*, voy. gorge. — D. 
engorgement, rengorger. 

Engouer, origine inconnue. 

— D. engouement. 
Engottrdir, voy. gourd. — 

— D. engourdissement. 
Engraister, du L. incrassare 

(engraisser), par le changement : 
1° de i en e, voy. admettre ; 2° de 
c en g (voy. adjuger); 3° de a en 
oi (voy. aigle). — D. engrais (subs- 
tantif verbal); engraissemejU, en- 
graisseur. 

Engraver, voy. gravier. — 
D. engravement. 

1. Engvene* 9 anciennement 
engrainer, voy. grain. 



2. Eng*ene* 9 terme de m6- 
canique, du L. increnare* (form6 
de crena, cran, dent d'une roue), 
par le changement, 1° de t en e 
(voy. admettre) ; 2° de c en g (voy. 
adjuger.). — D. engrenage. 

Enhardir, voy. hardi. 

EDlgmatlque, voy. enigme. 

Enlgme, duL. aenigma (m. s.). 

— D. tnigmatique. 
Enivrer, voy. ivre. — D. eni- 

vrement, enivrant. 

Enjantber, voy. jambe. — 
D. enjambement, enjambe'e. 

Enjoindre, du L. injungere 
(enioindre); pour le changement 
de lettres, voy. en et ioindre. 

Enjoier, voy. geole. — D. en- 
jdleur. 

EnjoUver, voy. jolt. — D. 
enjolivement, enjoHvure, enjoli- 
veur. 

Enjoue, participe de l'ancien 
verbe enjouer, compose dejouer 
(voy. ce mot.). — D. enjouement, 

Eniacer, voy, lac. — D. en- 
lacement. 

Enlevev, voy. en' 2, et lever* 

— D. enlevement. . 
Enlumlner, du L. in (voy, 

en) et luminare (propr. eclairer, 
d'ou le sens d'orner de couleurs 
brillantes. — D. enlumineur, en- 
luminure. 

Ennemi, du L. inimicus (en- 
nemi) : sur icus devenu t, voy. 
ami ; sur i devenu e voy. admet- 
tre. N est ici devenu tw, comme 
dans : monnaie (moneta), sonner 
(sonare), tonner (tonare), 6tonner 
(extonare*) , dormer (donare) , 
etrenne (strena), honneur (hono- 
rem) , ordonner (ordinare). 

Ennui) anciennement enui 
(avec le sens de chagrin, de dou- 
leur, de haine), en espagnol enojo, 
dans l'ancien venitien inodio, — • 
du L. inodio (on lit dans les Glo- 
ses de Gassel qui remontent & 



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ENS 



207 



ENT 



Charlemagne : in odio habui c.-a-d. 
j'etais enriuye de...). Pour le 
hangement de in en en, voy. en; 
our celui de odio en tit, voy. 
louette et cuider. — D. ennut/er, 
nnuyeux. 

Enoncer , du L. enuntiare 
tooncer) ; pour le changement de 
!ttres,voy. annoncer. — D. enott- 
iation, enonce". 

Enovgueittiv, voy. orgueiL 
Knorme, du L. enormis (qui 
jtcontre la regie). — D. e'norme'- 
wit. 

Enormia, du L. enormitatem 
rrSgularite). 

Enqtterir, du L. inquirere 
echercher), pour le changement 
j lettres^voy. en et acque'rir. 
Enqnete, ancienn. enqueste, 
1 L. inquisita (propr ce que Ton 
cherche), subst. participial fort 
oy. absoute)^ pour la contrac- 
m reguliere en inquis'ta, voy. 
lxxxi ; pour le changement det 
. e, voy. admettre; pour la 
ute de s, voy. abime. 
Enrager, voy. ragfe. 
£ttrayer, voy. rayon. — D. 
rayure. 

En**cgistfcw^ voy. registre. 
D. enregistrement. 
Enrichir, voy. ric/ie. 
Et»f diet*, voy. rdle. — D. en- 
lementy enrdleur. 
Etavottet*, du L. inra\$are 
hive* de rauct^, rauque), par la 
ute du c medial (voy. affouage), 
changement : 1° de au en ou 
>y. alouette); 2° de tn en en 
>y. en). — D. enrouement. 
E?Mi*otcIet* 9 voy. router. 
E7n«ci6fet*, voy. sabte. -«- D. 
ablement. 

Enseigne, en italien insegne, 
L. tnstonta* (marque, indice), 
r le changement : 1° de tn en 
(voy. en); 2° de t en et (voy. 
nture). 



| Enmeignev, du L. insignare* 

' (proprement graver dans, puis en- 
seigner). Pour le changement de 
lettres voy. enseigne). — D. en- 
seignement, renseigner. 
\ Ensemble, du L. insimul 
(ensemble) par le changement; 
; 1° de tn en en (voy. en) ; 2° de 
! simul en semble (voy. assembler). 
[ Enmemence*; voy. semence. 
| Enseveiir, du L. insepelire* 
(compose de sepelire, ensevelir), 
par le changement : 1° de in en 
I en (voy. en) ; 2° de p en v (voy. 
! arriver). — D. ensevelissement. 
| £n«ot*cefet*, voy. sorcier. — 
D. ensorcellement, ensorceteur. 
Enmuite, voy. en et sut'te. 
f n«Mlt>t*e (s 1 ), voy. enet sut- 
ure. 
Entablement, voy. table, 
Entacher, voy. fac/ie. 
Entailler, voy. tattler. — D. 
entaille (subst. vernal), entaillure. 
Entame*) en provencal enta- 
menar, du L. intaminare (compos6 
de tn et du radical taminare, 
qui se retrouve dans contami- 
nare f dans atterm'nare gftter, en- 
tamer). Intam$)ndre , contracts 
suivant la regie (voy. accointer) en 
intam'nare, a donne entamer par 
le changement : 1° de tn en en 
(voy. en); 2° de mn en m (voy. 
allumer). 

Entasse*) voy. tas. — D. 
entassement. 
Ente, voy. enter. 
Entendre, du L. intendere 
(appiiquer, "dinger vers, d'ou le 
sens de faire attention, puis d'6- 
couter). Pour le changement de 
lettres, voy. en 1, et attendre, — 
D. entente (substantif participial, 
voy. absoute); entendement, en- 
tendeur, entendu. 
Entente j voy. entendre. 
JEntev, greffer par ente, du L. 
impotare* (enter, derive de tmpo- 



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ENT 



208 



ENT 



tus greffe, ente, dans la Lex Sa- 
lica; impotus est le grec £(i.<puTov, 
ce qu'on a plante). Imp{6)tare 
contracte suivant la regie (voy. 
accointer) en imp'tare a donne 
enter par le changement : 1° de 
pt en t (voy. acheter) ; 2° de m en 
n voy. changer); 3° de i en e (voy. 
admettre). — D. ente (substantif 
verbal), enture. 

JEtttefittef, ratifier, rendre 
parfait, derive de l'ancien fran- 
cais enterin (parfait, complet) qui 
correspond a un type integrinus 
(derive de integrum, complet). 
Pour le changement : 1° de %n en 
en, voy. en; 2° de or en r, voy. 
occueuiir). — D. ent&rinement. 

J5n*et*f et* 9 voy. terre. — D. 
enterrement. 

JStttetef , voy. tfte. — D. enf^- 
tement. 

Enthoanlasme, du grecdvOou- 
<7iaa(i.6<; (inspiration). — D enthou- 
siasmer, enthousiaste. 

Enthoufllaste, voy. ent/ww- 
stosme. 

Enthym^me, du L. enthy- 
mema (m. s.). 

J5tt*iei* ? en provencal enfetr, 
en italien inter o, du L. integrum 
(entier) par le changement : l°de 
in en en, voy. en; 2° de e en te, 
voy. arriere; 3° de o/r enr, voy. 
accueillir. 

Enticher, origine inconnue 

Entile, dans le L. des scolas- 
tiques entitatem* derive de entem 
(etre, chose). 

Entomologle, du grec Svtojjlov 
(insecte) et Xoyo; (discours). — 
D. entomolqgique, entomologiste. 

1. JEtttfomtet*, voy. tonne. — 
D. entonnoir. 

2 JEtttfonttef, voy. (on. 

Entone, voy. tordre. 

EntortiUer, voy. tortiller. 

Enloui*, voy. tour. — D. en- 
fourer, entourage, 



l£ntfoufitut*e, voy. tournure. 

Entwailte*) en provencal tn- 
(raita, du L. intrania (dans'la Le* 
Salica: « Si varo yitra costas vul- 
nus intraverit, et usque ad intra- 
nia pervenerit. ») Intrania est le 
L. interanea (entraillesdans Pline) 
par la chute reguliere de e, int(&)~ 
ranea (voy. accointer). etle chan- 
gement de ea en ia (voy. abriger). 
— intrania a donn6 entrailles par 
le changement : 1° de tn en en 
(voy. en); 2°de nen J (voy. oiler); 
3° ae a en ai (voy. ai^fe). 

l£ittt*ain, voy *entrainer. 

Etttraitter , voy. en 2. et trai- 
ner. — D. entrain (substantif ver- 
bal) ; entrainement. 

JEntt*at>et*, mettreuneentrave, 
c'est-a-dire un bdton (trabem), qui 
retient l'animal, d'ou le coinpos6 
intrabare * qui a donne entraver 
par le changement : {* dew en en 
(voy. en); 2° de b en v (voy, 
avant). — D. entrave (substantif 
verbal) , 

Entre, du L. intra (dans l'in- 
tervalle de); sur tn devenu en, 
voy. en. 

Entree, voy. entrer. 

JEnf»*e-6aif!et*, voy, entre et 
bdt/Jer. 

f Entrechat, venu au seizieme 
siecle, comme beaucoup de termes 
de danse, de l'italien intrecciato 
(dan$ la locution capriola intrec- 
ciata, proprement saut entrelace). 

EntrefuUe* (sur ces), c'est- 
a-dire entre (dans l'intervalle de) 
ces choses faites. 

Entreiacer, voy. lacer. — D. 
entrelacs, entrelacement. 

Entrentetew, voy. twe7er. 

EntretnetH, voy. mets. 

Entwemettve) voy. mettre. — 
D. entremetteur. 

EntrentUe, voy. wise. 

Entreposer, voy. entre et po- 
ser. — D. etitrejrit (comme dipdt 



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ENV 



209 



ENV 



de dtposer), entreposeur t entrepo- 



Entreprendresr oy. prendre. 
~-D. entreprise (sutstantif parti- 
cipial) , entreprenanty entrepreneur. 

Entrer, du L. intrare (en- 
trer), par le changement de in en 
en (voy. en). — D. entrie (substan- 
tif participial) , rentrer. 

£n*»*e-«of. voy. enJre et *oJ. 

Entretenir) voy. entre et Je- 
nir. — D. entretien (substantif 
verbal). 

IfrUrevoif , voy. en*re et 
voir. — D. entrevue (substantif 
participial). 

Enumeration, du L. enume- 
rationem (m. s.). — D. enumiratif. 

Enumerer, du L. enumerare 
(m. s.). 

£nvaMr, en espagnol envadir, 
enitalien invadire, du L. invadere 
(envahir) par la cbute du d medial 
(voy. accabler) , Intercalation d'un 
h (voy, p. lxxxix). Sur in devenu 
en, voy. metlre; sur ere devenu ir, 
voy. accomplir. Inva{d)ere ay ant 
perdu led, donna a l'origine deno- 
tre langue enva-ir, dans lequel le 
francais moderne intercale un h 
pour maintenir l'hiatus : cette in- 
tercalation se retrouve dans tra/iir 
(tradere), tra/iison (traditionem), 
— Le francais a ajoute h au com- 
mencement des mots dans: nache 
(ascia), haut (altus), Jiausser (al- 
liare*), Meble (ebulum), fcuile 
(oleum), nuis (ostium), Ziuit (octo), 
fcuitre (ostrea), ftuppe (upupa), 
jfiurler (uiulare), Jieur (augurium), 
hermite (eremita), /ie>isson (eri- 
cius) , frermine (armenia), Zioulette 
(agoletta*), nuitieme (octesimus), 
nerisser (ericiare*). — On trouve 
deja. en latin fwrnamentum,/iobitus, 
nac — pour ornamentum, obitus, 
ac, dans le Recueil descriptions 
de GrQter. — D. envahisseur, en-r 
vahissement. 



Envelopper* voy. develop- 
per. — D enveioppe (substantif 

verbal). 

JSttvetrfmet*, voy. venin. 

Envergtter, deployer les voi- 
les en les attachant aux vergues 
(voy. vergue). — D. envergure, 
d6ploiement des voiles, et par me- 
taphore, deploiement des ailes de 
1'ojseau. 

1. JEttvet**, substantif, du L. 
inversus (retourn6); sur in devenu 
en, voy. en. 

2. Envers, pr6posit. ; de en et 
vers (voy. ces mots). 

Envl (a 1'), en rivalite, du L. 
invitus (qui s'oppose a, d'ou le 
sens de concurrence, de rivalitd) ; 
sur in devenu en, voy. en; sur la 
chute du tj voy. aigu. 

Envie, du L. invidia (envie) ; 
sur in devenu en, voy. en; sur la 
chute du d, voy. accabler. — D 
envieux, envier. 

Envier, voy. envie. — D. en- 
viable, envieux. 

Environ, voy. virer. — D. en- 
vironner. 
Envisage*) voy. visage. 
Envoi , voy. envoy ef. 
Envoie**, voy en 2 et voler. 
Envoutev, a l'origine envoi- 
ter, du L. du moyen age invul- 
tuare (faire une image de cire, 
derive de vuUus, imape, figure) In- 
| vultuare a donne* envo&ter par le 
changement: 1° de ua en a (voy. 
1 p. xc) puis en e (voy. acheter) ; 
! 2° de in en en (voy. en) ,• 3° de ul 
\ en ol puis ou (voy. agneau). — 
D. envotitement. 

| Envoye* 9 anciennement en- 
; vti er, a l'origine entoeter, du L. 
j indeviare (raire pariir de) ; pour 
{ le changement de tnde*en enf puis 
en, voy. en 2. ; pour celui de 
i viare en voyer, par le changement 
de i eu ot, voy. boire. — D. envoi 
I (subst. verbal); remwyer. 



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fiPA 



210 



EPA 



Kpacte, du L. epactae (jours 
intercalaires). 

Epagnewi, dans Montaigne 
espagneul, dans Rabelais espagnol 
(a avec une demi-douzaine d'es- 
pagnols, et deux levriers, vous 
voila roy des perdrix et lievres 
pour tout cet hyver » dit Gargan- 
tua, I, 12). Cette espece etant ori- 
ginate d'Espagne, ces chiens ont 
recu le nom de chiens espagnols, 
ou comme nous disons aujourd'hui 
de chiens epagneuls ; pour le chan- 
gement : 1° de o en eu, voy. at- 
cueillir; 2° de esp en ep, voy. 
dbtme. 

Epais, anciennement espais, a 
Torigine espois, du L. spissus 
(epais) par le changement: 1° de t 
en ot (voy. boire) puis en ai (voy. 
accrdire) ; 2° de sp en esp puis 6p 
(voy. esptfrer). — D. tpaissir, 
epaisseur , e'paississement, 

MSpanchew) anciennement es- 
pancher, du L. expandicare* (de- 
rive de expander e, ouvrir, d'oii le 
sens de verser, d'epancher); ex- 
pand{l)cdre contracts suivant la 
regie (voy. accointer) en expand'- 
care a donne tpancher par le chan- 
gement: 1° de ex en es (voy. ajou- 
ter) , puis en 4 (voy. aotme) ; 2° de 
dcen c, puis en ch(vov. arracher); 
3° de a en e (voy. acfeter). — D. 
epanchement. 

£pati<li*f, anciennement es- 
andre, du L. expander e (epandre), 
par la chuie reguliere de Ve penul- 
tieme (voy. p. lxxxi), et par le 
changemeat de ex en es (voy. 
ajouter), puis en e" (voy. abime). 
— D. re'pandre. 

Epanouir, anciennement es- 
panouir, developpement de l'an- 
cien francais espanir qui est pour 
espandir* et qui correspond au L. 
expandere (etaler, epanouir), par le 
changement: 1° de expandere en 



expandere (voy. courir); 2° de e* 
en es puis 4 (voy. ajouter); 3° de 
e en t (voy. accompUr). — D. epa- 
nouissement. 

Epargner, origine inconnue. 
— D. epargne (substantif verbal). 

Eparpiiler , anciennement 
esparpiller, disperses ausens pro- 
pre, aumoyen age. de disperser, 
s'envoler comme lerait un papil- 
lon ; esparpiller est compose de ex 
(es), et du radical parpille* qui 
correspond au L. papilio (papillon). 
Pour 1 addition de r t voy. chanvre. 

Ce qui met hors de doute Pety- 
mologie~ qui relie fyarpUler au L. 
papilio, c'est que l'itahen sparpa- 
glxare (eparpiller) est forme de 
meme de parpaglione (papillon) : 
c'est que le provencal esfarfalha 
(eparpiller) derive de farfalla (pa- 
pillon). — D. e'parpUlement 

Epar; anciennement espars, 
du L. sparsus (epars), par le 
changement de sp en esp puis ep 
(voy. esptrer). 

Epater, voy. patte. 

I2pa«fIe,anciennementMpattte, 
a l'origine espalle, du L. spatula 
(epaule d'animal dans Apicius). 
Spdt(H)la s'etant contracts suivant 
la reffle (voy. able et p. lxxxi) en 
spat' la y a donne espalle par i'assi- 
milation de tl en 11 (voy. bouleau) 
et le changement de sp en esp y 
(voy. esperer); espalle a donn6 es- 
paule par l'adoucissement de al en 
au (voy. agneau); e'paule par la 
chute de s (voy. aotme). — D. 
ipauler, epaulement, e'paulette. 

Epave, anciennement espave; 
ce mot oui ne s'applique aujour- 
d'hui qu'aux choses perdues, s'ap- 
plique encore aux animaux dans 
q. q. locutions juridiques vieiliies 
(un cheval epave) ; dans notre an- 
cienne langue ipave ne s'appli- 
quait qu'aux animaux* non aux 



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£PH 



211 



£PI 



choses ; un animal espflve etait un 
animal 6gar6, errant: espave vient 
du L. expavidus (effraye, que la 
peur egare, d'ou le sens d' errant); 
sur le changement de ex en es puis 
4 (voy. ajouter et abime) ; sur la 
chute des deux dernieres syllabes 
atones, voy. p. lxxxi. 

Epeautre, ancienoement es- 
peautre, en espagnol espelta, en 
italien spelta, du L. spefta (espece 
de bl6), par le changement: 1° de 
sp en esp puis ep (voy. espeVer) ; 
2° de el en eaJ (voy, eau), puis en 
eau (voy. agneau) ; 3° par l'inter- 
calation d'un r (voy. chanvre). 

Epee, anciennement espee, a 
Forigine spede, en italien spada, 
du L. svatha (ep6e, dans Tacite) 
par le cnangement : 1° de sp en 
esp, ep (voy. espfrer); 2* deata en 
&, yoy. ampoule". 

JEpefe**, anciennement espeler 
(au moyen age, expliquer, enoncer 
en general), mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand spel- 
I6n\ expliquer). — D. 6pellation. 

jEJpetffu, voy perdu. 

Eperlatt, anciennement espet- \ 
\am y a l'origine esperlanc, de Falle- 
mand spierling (eperlan) ; pour le ' 
changement de sp en esp, ep, voy. 
esperer. \ 

Epevon , anciennement espe- 
ron, esporon, de Tancien haut al- 
lemand sporo» (eperon) par le 
changement deepen esp, ep (voy. j 
esp&rer). — D. tperonner. 

Eperview, anciennement es- 
pervier, en provencal esparvier, 
en italien sparviere, de Tancien 
haut allemand sparvari (epervier); I 
sur sp devenu esp, ep (voy. espi- , 
ret). I 

Bphttlde, du L. ephelidem (ta- , 
che de rousseur). j 

Ephem^re, du grec fyifjfiepoc j 
(qui dure un jour). i 



Cph^ai^rideft; du L. ep/ieme- 
rtdem (memorial journalier). 

£f»i, anciennement espi , du L. 
spicus * (forme masculine despica, 
dpi), par le changement: 1° de sp 
en esp } ep (voy. esp&rer); 2° de 
icus en t (voy. ami). 

Epicc, anciennement esptce, 
du L. species (epice, dans le Dt- 
flfesfe, de Publicanis et vectigalibus : 
« spectet pertinentes ad vectigal, 
cinnamonum, piper longum. »), 
par le changement 1° de sp en esp, 
&p (voy. esp&rer); 2° de e en t 
(voy. accomplir). — D. epicier, 
epicerie, ipicer. 

^pld&mle, du grec irciSrjfuo; 
(s.-ent. vocxoc, maladie qui circule 
parmi le peuple). — D eptdemt- 
que. 

Epldemlque, voy. e'pidemie, 

^plderme, du L. epidermis 
(epiderme). 

Epier, anciennement espier, 
en italien spiare, mot d'origine 
germanique (anglais to spy, epier; 
ancien haut allemand spehen) ; sur 
sp devenu esp. ep, voy. espfrer. 

Epiew, anciennement espieu, 
a l'origine espieil, du L. spiculum 
(epieu, dard; par la contraction 
reguliere (voy. p. lxxxi) en spi- 
c'lum; le changement : 1° de sp 
en esp puis ep(vojr. espirer); 2° de 
cl en ii (voy. abeille), puis de es- 
pieil en espieu (voy. agneau), 

KplgrammAtlque, du L. epi- 
gramaticus (epigrammatique). 

Eplgramme, du L. epigramma 
(inscription). 

Eplgraphe, du grec iiziypayTi 
(inscription). 

Epllepsle, du L. epilepsia (mal 
caduc). 

Epileptlque, du L. epilepti- 
cus (epileptique) . 

Kpller, du L. epilare (derive 



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fipl 



212 



£P0 



&epilus y 6ter les polls). — D. ept- 
latoire. 

Epilogue, du L. epilogus (pe- 
roraison). — D. epiloguer. 

Epinat^t, voy. ipine. 

Epine, anciennement espine, 
du L. spina , (6pine); sur sp de- 
venu esp, ep (voy. esperer). D. cpi- 
neux, &pinoche^ fyiniire, e'pinard 
(k cause des dente lures epineuses 
du calice), epine-vinette. 

f Kplnette, au seizieme siecle 
espinette, da Titahen spinetta (epi- 
nette). 

JSpituyle, anciennement espin- 
$f{e t du L. sptuuto (petite pointe 
propr. petite epine), par la contrac- 
tion reguhere (voy.ao/eetp.Lxxxi) 
en spin'la et le changement: 1° de 
n'l en nflfi (voy. absoudre) ; 2° de 
sp en esp (voy. esptrer). — D. 
tpinglette, tpirigler. 

Epinoche, voy. Ipine. 

Epique, du L. epicus (epique). 

Episcopal, du L. eptttopalts 
(Episcopal). 

Eplacopat, du L. episcopates 
(episcopat). 

EplMide, du grec eicetao^iov 
(incident), — ipisodique. 

Epl*pa*ttqne, du grec ima- 
*a<rrix6c (qui attire). 

Epister. anciennement espts- 
set, mot (Torigine germanique 
(angl. to splice, episser). — D. 
epissoire, epissure. 

EpUtolatre, du L. epistolaris 
(epistolaire). 

Epltaphe, du L. epithaphium 
(epitaphe) . . 

Eplthalame, du L. epithala- 
mium (chant nuptial). 

Eplth£te, du L. epttfeifum(m. s. 
dans Macrobe;. 

Epltoaie 9 du L. epitome , 
(abreg6, eztrait). 

JBjritre, anciennement epttfre, 



a Torigine eptrtfe, du L. epistola 
(epltre), par la contraction regu- 
liere (voy. lxxxi), en episWla, le 
cnangement de I en r (voy. apdlre) 
etla chute de s (voy. aMme). 

Eplzootle, maladie contagieuse 
parmi les animaux, du grec : erci, 
sur, £a>ov, animal.— D. epizooti- 
que.^ 

Eplore, voy. pteurer. 

Eploye, du L. expliccUus 
(eploye) : pour le changement de 
lettres, voy. ployer ; sur atus de- 
venu e" voy. ampoulL 

Eplttcher, anciennement es- 
plucher, espelucher, voy. peluche. 
— D. e'pluchage, epluchement, 
fylucheur, epluchoir, tpluchure. 

E pointer, voy. pointe. 

Epoim, anciennement espois, 
de i'ancien haut allemand spit 
(lance, bois pointu, d'ou le sens 
de cors du cerf) . — Sur sp devenu 
esp, puis ep, voy. esp&rer; sur t 
devenu oi, voy. wire. 

Eponge, anciennement es- 

{tonge, du L. spongia (eponge) par 
e changement de sp en esp, puis 
4p (voy. espirer. — D. Sponger. 

Epopee, du grec iiconotCa, 
(poeme epique). 

E^peque, du grec dnoxri (tout 
ce qui arrfite). 

£poM<er, anciennement espou- 
ser, a Torigine esposer, en italien 
sposare, du L. sponsare (fiancer 
dans le Digeste), parle change- 
ment : 1° de ns en* (voy. ain4); 
2° de sp en «p puis 4p (voy. espe*- 
rer; 3° de o en ow, voy. affouage. 

Epoussetev, voy. pouwtcre.— 
D. tpoussette. 

JEjtoMtxroter , anciennemei t 
espoi«vanter, a Torigine espaven- 
ter, en italien spawntare, du L. e«- 
paventare (denv6 de e^pavenlem 
partic, de s&pavsre, avoir peurj . -» 



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6qu 



213 



£RA 



D. tpouvante (substantif verbal) , : 
fyouvantdble, tpouvantail. , 

Epoux,d\i L.spontus (fiance); i 
pour le changement de lettres, 
Voy. epouser. — D. tpousailles , I 
epouseur. \ 

JE£f»t*eittcft*e, du L. exprimere 
(presser) ; pour le changement de 
de prim ere en preindre, voy. ero- 
premdre. — D. epreinte (substan- 
tif verbal). 

JSjtfencffe, voy. prendre. — 
D. epris. 

Eprcwvc, voy. tprouver. 

ESprouvew) voy. prouver. — 
D. dprtuve (substantif verbal), 
e'prouvette. 

Epuiser, voy. puiser. — D. 
4puisement i 4puisable t intpuita- 

MSpuwer , voy. pur. — D. e'pure 
(subst. verbal), epuration. 

Equarvir, tailler en fyuerre 
(voy. ce mot). — D. 4quarr usage, 
iquarisseur. 

Equateur, du L- xquator*, 
(cercle qui divise le monde en deux 
parties egales). — D. Equatorial. 

Equatorial, voy. dquateur. 

Equation, du L aequationem 
(egalite). 

Equerve, anciennement es- 
querre, a l'origine esquarre, sub- 
stantif verbal d'un type esquarrer*, 
qui repondau L. exquadrare* (tail- 
ler a angles droits) d'ou le nom 
dVguerre donne a l'instrument qui 
sert a tracer des angles droits. 

Exquadrare* adonne esquarrer*, 
par le changement : 1° de ex en es 
(voy. ajouter) puis en e (voy. 
abime) ; 2° de dr en rr (voy. ar- 
riire). *— D. iquarrir (ancienne- 
ment esquarrir,de la forme esquarre 
pour tquerre, du vieux fran^ais). 

Eqnestre , du L. equestris 
(equestre). 



Equidistant, du L. aequidis- 
tantem (parallele). 

Equilateral, du L. aequilate- 
ralis (Equilateral). 

Eqolllbre, du L. a equilibrium 
(Equilibre). — D. e'quilibrer. 

Equlnoxe, du L. aequinoctium 
(equinoxe). — D. iquinoxial. 

Eqwipew, terme de marine 

3ui signifie pourvoir un vaisseau 
es choses necessaires, d'ou par 
extension, pourvoir en general. 
Equiper, dans Tancien francais 
esquxperj greer un navire, derive 
du gothique skip (navire par le 
changement de sq en esq puis 'e'q 
(voy. espirer). — D. e'quipe (subst. 
verbal) Equipage ^ e'quipee, 6qui- 
pement. 

Equipollent, du L. equipol- 
lentem (Equivalent).— D.e'quipol- 
lence. 

Equitation, du L. equitatio- 
nem (equitation). 

Equlte, du L. aequitatem (Ega- 
lite). — D. equitable. 

Equivalent, du L. aequivalen- 
tem qui est egal). — D. Equiva- 
lence. 

Euulvalolr, du L. aequivalere 
(egaler) ; voy. aussi valoir. 

Equivoque, du L. aequivocus 
(a double sens) — D. iquvooquer. 

Erable, anciennement irabri 
trarbre, du L. acer (erable) et ar- 
bor. Pour le changement de arbor 
enarbre, dans irarbre, voy. ar- 
bre; pour celui de acer ou plutdt 
de acr (voy. p. lxxxi) en er voy. 
btnir pour la reduction de cr en r, 
voy. acheter pour le changement 
de a en e. Erabre a donne Erable 
par le changement de r en I (voy. 
autel. 

Ewaflcw, voy rafle. — D. Era- 
(lure. 

Eraitler, esrailler, du L. ex- 



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6RR 



214 



ESC 



rallare * (proprement user par le 
frottement, derive de rallum ra- 
cloir); sur ex devenu es puis 4 voy. 
aj outer. — D. e'raillement , trail- 
lure. 

Ere, du L. aera (epoque). 

Erectile, du L. erectilis* 
(m.s.). 

Erection, du L. erectionem (ac- 
tion d^lever). 

Ereintcr) voy. rein. 

Ereslpele, voy. e'rysip&le. 

Ergot, origine inconnue. — 1>. 
ergote". 

Ergoter, fatiguer son interlo- 
cuteur de. svUogismes, derive" de 
ergo (done; conclusion du syllo- 
gisme. — D. ergoteur.^ 

Eriger, du L. erigere (m. s.). 

£rmt<e, du L. eremita (er- 
mite) ; sur la chute de e, voy. ai- 
der. — D. ermitage. 

Erosion, du L. erostonem (ac- 
tion de ronger). 

Er©tique,duL.ero(tcu$(m. s.). 

Errata, mot latin signifianter- 
reurs. 

Erratlque, de L. erraticus (er- 
rant). 

£wemeM*#, marche, precede" 
que Ton suit . derive" de rancien 
verbe errer (voyager) aui a persiste 
dans le substantit verbal erre (al- 
lure) et dans la locution chevalier 
errant (qui voyage pour redresser 
les torts.) 

Errer qui est en provencal edrar, 
denve duL. iter are* (voyager, de 
iter chemin) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) en iCrare 
et par le changement : 1° de tr en 
rr (voy arriere) ; 2° de t en e (voy. 
admettre). 

JBtfet*, du L. error em (erreur); 
sur o devenu eu, voy. accueillir. 

Errone,duL. erroneus (errant, 
vagabond). 



Eructation^ du L. eructatio- 
nem (action de jeter hors.) 

Erudlt, du L. eruditus (in- 
struct). 

Erudition, du L. eruditionem 
(instruction) . 

Eruglneux, du L. aeruginosus 
(couvert de rouille). 

Eryslpele, du L. erysipelas 
(inflammation de la peau) . 

J£#, contraction de en les (enls, 
puis ens, d'ou es par la reduction 
reguliere de ns a s, reduction etu- 
di6e au mot aini. Es (en les) a 
disparu de notre langue non sans 
laisser (juelques traces telles que 
maitre es arts, docteur es sciences, 
is mains , Saint-Pierre es liens , 
etc.... 

£#ca6eau, du L. scabellum 
(escabeau) par le changement de 
sc en esc (voy. esperer) t et de eJ- 
/um en eau (voy. ooneau). 

f Escadre, venu de Htalien 
squadra (m. s.). — D. escadrUle. 

| Escadron, venu au seizieme 
siecle de 1'italien squadrone (es- 
cadron). 

t Escalade, venu au seizieme 
siecle de 1'italien scalata ( esca- 
lade). — D. escalader. 

| Escale, de 1'italien scala (es- 
cale). 

| Escaller, du provencal esca- 
lier (m. s.) qui est L. scalarium * 
(derive de scala t echelle). 

| Escamoter, de l'espagnol 
escamotar (escamoter). — D. e*- 
camotage, escamoteur. 

| Escamper, s'enfuir, de 1'ita- 
lien scampare (se sauver, decam- 
per), d'ou la locution prendre la 
poudre d'escampette. 

| Escapade, de l'italiep scap- 
pata (escapade). 

Escape, du L. scapus (fui). 

MUtcavbot, diminutif d'un type 
escarbe * qui correspond au L. sea- 
rabaeus (scarabee). Scar{a)baeus 



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ESC 



215* 



ESP 



s'est contracts en scar'baeus (voy. 
p. lixxi) (Toil escarbot par le 
changement de sc en esc, et par 
l'additiondu suffixe ot (voy. chabot). 

Emcarboucie, du L. carbun- 
culus (escarboucle) avec prosthese 
d'un s; excarbunc(b)lus perdant 
regulierement u (voy. p. lxxxi, et 
reduisant nc a c (voy. coque) a 
donne escarboucle par le change- 
ment de u en ou (voy. accouder). 

lfccar»*elle 9 voy. tcharpe. 

Escargot, a 1'origine escargol, 
de ex (es), et de la racine cargol, 
qui correspond a 1'espagnol cara- 
col (escargot), a l'italien caragoUo 
(escargot), dont 1'origine commune 
est inconnue. 

| Escarmouche 9 de l'italien 
scaramuccia (escarmouche). 

+ Escarpe, terme de fprtifica- 
tion, de l'italien Scarpa (talus es- 
carpe) — D. escarper, escarpement. 
contrescarpe. 

f Escarpln, de l'italien scar- 
pino (escarpin). 

f Esearpolette, de l'italien 
scarpoletta (escarpolette). 

Esearre, ou mieux escharre, 
du L. eschara (esearre)* 

Eselent, du L. scientem (sa- 
chant). Sur sc devenu es, voy. es- 
p4rer. 

Emctandt^ , anciennement 
escandle, du L. scandalum (scan- 
dale, esclandre), Scand(a)/um 
contracts suivant la regie (voy. 
asperge) a donne scand'lum d'oii 
l'ancienne forme escandle (sur so 
devenu esc , voy. esperer) ; puis 
«?scJandre par Intercalation d'un 

(voy. Metre), et 4e changement 
de dlen dr (voy. apdlre). 

jE«efave, au dixieme sietle 
sclavus, au nfeuvieme slatnis, mot 
qui signifie proprement slave, et 
ne s'apphquait a 1'origine qu'aux 
prisonniers slaves faits par Char- 
lemagne, et qui avaient ete rS- 



I duits en servage. Des le dixieme 
I siecle, le mot sclavus prend le sens 

de serf en general, sans distinc- 
| tion de nationality. Sur scl de» 
I venu escl, voy. esperer. — D. es* 
: clavage, 
I Eacobarderie, mot d'origine 

historique (voy. p. lxv) ; user de 
, reticence comme Escobar (casuiste 

espagnol que Pascal a immortalise 

dans les Provinciates). 
j Jfrcogrijffe, ongine inconnue. 
| i Eacompter, de l'italien 
! stontare (escompter). — D. e*- 

compte (substantif verbal), 
t Escopette,de l'italien fcfetbp- 

petto (escopette). 
| | E»corte, de l'italien scorta 

(escorte). — D. escorter. 
| f Escouade, au seizieme sie- 

cle escouadre, et scouadre, de l'ita- 
lien squadra (troupes en bataille). 
fieour^ee , laniere . du L. 

excorrigiata * (composS de corn- 
I gia , laniere.) Excorr{X)giata con- 
tracts rSgulierement (voy. accoin- 

ter) a donnS escourgie par le 

changement : 1 • de ex en es (voy. 

ajouter) ; 2° de o en ou (voy. a/"- 

fouage ; 3° de ata en ie (voy. am- 
! poulty. 

. Etcowrgeott, orge , origin* 

inconnue. 
I jE«cow##c, du L. ftrctma *• 

(proprement secousse). — D. res- 

cousse. 
f Escrlmer, venu de l'italien 

schermare (escrimer). — D. es- 

crime (substantif verbal). 
j f Escroc, de l'italien scrocco 

(escroc). — D. escroquer^ escro- 
\ queur, escroquerie. 
j E*pace, du L. spatium (es- 

pace, par le changement: 1° de 
I sp en esp (voy. esperer) ; 2° de ft 

en c (voy. agencer). — D. espacer, 
! espacement. 
| f Espadon, de l'italien spadone 

(espadon). 



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ESP 



216 



ESQ 



f Espagnolette, mot venu au 
dix-septieme siecle de l'italien 
spagnoletta (espagnolette). 

f Espalier, de l'italien spal- 
liere (espalier). 

E»pece, du L. species (espece) 
sur sp devenu esp, voy. espirer 

Espew, du L. sperare. Aux 
ons initiaux sc (scribere) , sm 
jsmaragdus), sp (sperare), st (sta- 
tus) qu'il ne prononcait qu'avec 
difficult^, le peuple romain ajouta 
de bonne heure un i qui facilitait 
remission de cette consonne com- 
posee en la dedoublant. Des le 
quatrieme siecle on trouve dans 
les inscriptions ispatium pour spa- 
tium, tstare pour store, istetua pour 
sJatua, ispintu pour spiritu,ts*abi- 
lis pour stfabilis, ismaragdus pour 
smaragdus ; cet i ne tarde point a 
devenir e (voy. la regie etudiee au 
mot admettre), et on rencontre au 
cinquieme siecle dans les inscrip- 
tions chretiennes des formes telles 
que estatua ; espatium, dans les di- 
pldmes merovingiens : especiem, 
esperare, esJudium. Ge changement 
de sc en esc, de sm en esm, de sp 
en esp, de st en est se poursuivit 
en francais dans : espace (spatium), 
espece (species), esperer (sperare), 
estomac (sfomachum), esclandre 
(scandalum), esprit (spiritus), es- 
ter (sfare), escabeau (scabellum), 
escient (scientem) esclave (sJavus), 
escalier (scalarium). Des le sei- 
zieme siecle, plusieurs de ces mots 
subissent une modification : Vs 
tombe (voy. abime), et la sup- 
pression en est marquee par F ac- 
cent aigu qui surmonte Fe initial : 
etat (statum) , epice (species) . 
echelle (scala), ecrin (scrinium), 
e*tain (stannum), Stable (stabulum), 
etude (stiidium), tfpais (spfssus), 
rfcole (sch61u), e*troit (strfctus), 
epoux (*p6nsus), tfpine (spina); 
*pi (spfca), eloile (stelia), ecriture 



■ (scriptura), ecu (scutum), ecrouelle 
fscrofellae * ), tfmeraude (smaragda) , 
j epaule (spatula), tftablir (stab ilire), 
I e'treindre (stringere), epee (spatha), 
I ifcosse (Sc6tia). 

On en vint mSme par une fausse 
> assimilation a ajouter un e a des 
mots qui n'avaient point d's en la- 
tin ; corticem (foorce) , carbuncu- 
culus (escarboucle) , etc.... — D. 
espirance, de'sespe'rer. 

Esplegle, mot d'origine histo- 

rique (voy. p. Lxrv). Espiigle ne 

j remonte qu'au seizieme siecle ; 

epoque ou fut traduite en francais 

sous le titre d'Histoire joyeuse de 

| Till Ulespttgle, une nouvelle alle- 

i mande tres-populaire (Eulenspie- 

' gel) dont le heros fait nombre de 

I bons tours et d'espiiglertes; VHis- 

toire de Tiel Ulesjkigle, ou comme 

( on disait VHistoire de VEspiigle 

se repandit promptement, et ce 

mot a'Espidgle devint synonyme 

d'esprit malicieux. — D. espiegle- 

rie. 

f Esplon, de l'italien spione 
(espion). — D. espionner, espion- 
nage. 

f Esplanade* dans Montaigne 
splanade , de ritalien splanata 
(esplanade). 

Espoiw, du L. speres, (espoir); 
sur sp ,devenu esp, voy. espirer; 
sur e devenu oi, voy. accroire. 

f Esponton, de l'italien spun- 
tona (esponton). 

Esprit, du L. spiritus (esprit) 
par le deplacement de Faccent latin 
spiritus pour spiritus) et par le 
cnangement de sp en esp (voy. es- 
pe'rer) ; sur la chute de i, voy. ac- 
cointer. 

•Esquif, de Fancien haut alle- 
lemand skif (bateau) ; sk devenu 
esq, voy. esperer. 

Esquille, du L. schidulae * 
(diminulif de schidiae, eclat de 
bois) par la contraction r eg u Here 



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ESS 



217 



EST 



(voy. able) en schid*lae y et par le 
changement : 1° de dl en U (voy. 
allumer) ; 2* de sch en sc puis en 
esq (voy. esperer et p. xcix). 

| Esqulnsncle, au seizieme 
siecle squinancie, de I'italien schi- 
nanzia (m. s.). 

f Esnulsse, de I'italien schizzo 
(esquisse). — D. esquisser, 

Wtsqwiver, de Vancien haut 
allemand skiuhan (s'esquiver, se 
sauver par peur). 

Essai, epreuve, du L. exagium 
(pesage, experience pour conna!- 
tre le poids exact). Sur le change- 
ment: 1° de x en is, voy. aisselle; 
2° de agium en at, voy. attier. — 
D. essay er, essayeur. 

Emsaiwn^ du L. examen (es- 
saim d'abeilles) par le changement 
1° de x en ss (voy. ataeife) ; 2° de 
amen en aim (voy. airain). — D. j 
essaimer. ' I 

E*sarter, du L. exsaritare * 
(d6rive d'ex-*arttum , parti cipe de I 
ex-sarire, sarcler; sur la forma- 
tion des frequentatifs , voy. p. 
xxxm). Exsar(T)tdre a donne essar- 
ter • par la chute rSguliere de * \ 
fvoy. occotntw);2*le changement 
ae xs en is (voy. aisselle). — D. 
essartement. 

Essayev, voy. mat. 

Essence, duL. essentia (nature 
d'une chose) . 

Essentlel, du i..- essentialis 
(essential dans Isidore de Seville). 

JE«»etf fe, voy. seul. 

M$9sieu, dans Amyot aissieu, 
dans Montaigne aixieu, du L. axi- 
culus (essieyj par le changement : 
1° de a en at, puis en e (voy. ache- 
ter)\ 2° de x en si (voy. atsselle) ; 
3° de iculus en ieu (voy. ipieu). 

MSssow , voy. essorer. 
'Essorer. mettre a l'air, du L.* 
cxawrare * (arrive de aura, vent) . 
par le changement : 1° de * en is : 
(voy. atssewe); 2° de au en o, | 



voy. alouette. — Essorer avait au 
moyen age le sens de s'elancer 
dans les airs, d'ou le substantif 
verbal essor (prendre son ewor, son 
elan). 

Esso* filet* , du latin exaurt- 
culare * (couper les oreilles, de- 
rive* de auricula, oreille), par la 
contraction reguhere (voy. accoirir 
ter), de exaurtc(u)Jare en exau- 
riclare t et par le changement : 
1° de x en is (voy. axsseUe) ; 2° de 
au en o (voy. alouette); 3° de cJ en 
U (voy. abeille). 

Essouflier , voy. souffler. 
• £s««fyet* 9 en italien asciugare. 
du L exsuccare (6ter l'humidite 
en frottant). Exsuccare, reduisant 
les cc a c (voy. 6ec), a transforme 
exsu(c)are en essuyer par le chan- 
gement de xs en si (voy. aisselle) 
et par la chute du c medial (voy. 
affouage). — D. essui (subst. ver- 
bal). 

Est, mot d'origine germanique 
(allemand ost 7 anglais east). 

f Estaeade, de I'italien stec- 
cata (estaeade). 

f Estafette, de Htalien staf- 
fetta (estafette). 

f Estafier, de I'italien staf/iere 
(laquais). 

f Estalllade, de Titalien staf- 
filata (coupd'6triviere). 

Estamlnet, origine inconnue. 

f Estampe, de I'italien itompa 
(estampe). — D. estampille. 

f Estamper, de I'italien stam- 
pare (estamper). 

Estampille, voy. estampe. 

Ester, du latin stare (assister), 
par le changement de st en est 
(voy. espirer). 

Esthetlque, du grec at(r0r]Ttx6c 
(qui est relatif au sentiment). 

Estimation, du L. aestimatio- 
nem (m. s.). — D. estimateur, esti- 
matif. 

Estlmer, du L. aestimare 
13 



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•£ta 



218 



6TA 



(m. s). — D. estime (subst. ver- 
bal), estimable; misestimer, mi- 
sestime. 

Estoc, baton, puis epee, en ita- 
lien stoccOy de Pallemand stock (ba- 
ton), par le changement de st en 
est (voy. esperer). 

j- Estocade, de Pitalien stoc- 
cata (estocade). 

EstomaC) du L. stomachus 
(estomac) ; sur st devenu est, voy. 
espirer. 

f Estompe, de 1'allemand 
stump f (proprement emousse). 

f 1. Estrade, route, de Pitalien 
strada (route : d'ou la locution 
battre Vestrade). 

f 2. Estrade, plancher elev6, 
de Titalien strato (plancher). 

Estragon., corruption du L. 
dmconem (primitif de dracuncu- 
lus, estragon), avec adjonction du 
prefixe ex. Sur les mots francais 
qui sont le produit d'une corrup- 
tion, voy. p.'cv. 

f Estramacon, de Pitalien 
stramazzone (epee). 

f Estrapade, de Titalien strap- 
pata (estrapade). 

| Estropler, de Pitalien strop- 
piare (estropier). 

Estualre, du L. aestuarium 
(espace de terre couvert d'eau a la 
jnaree montante). 

E&twrgeon, en espagnol estu- 
rton, du L. du moyen age sturio- 
nem (esturgeon; ce latin sturio 
derive de Pancien haut allemand 
sturio, esturgeon). 

Sturionem a donn6 esturgeon, 
par le changement : 1° de st en est 
(voy. espirer) \ 2° de to en jo, puis 
geo (voy. abriger). 

Et, du Let (et). 

Etabie, anciennement estable, 
du L. stabulum (etable), par la 
chute reguliere de \'U penultieme 
(voy. able), et le changement de 
H en est, puis it (voy. espirer). 



Etablir, ancienn. establir, da 
L. stabilire (Stablir). Stab(t)lire, 
contracte regulierement (voy. ac- 
cointer) en stab'lire, a donne itov- 
blir, par le changement de st en 
est t puis it (voy. espirer). — D. 
itabli (subst. verbal), itablisse- 
ment. 

Etage, ancienn. estage (de- 
meure), en provenc,al estatge (resi- 

| dence), du L. staticum* (propr. 

I lieu ou Pon se tient, derive ae sta- 
tus, etat. Staticum mdique P6tat, 

| Pordre dans lequel sont places les 

I differents appartements d'une mai- 

I son. 

Staticum a donne ttage, par le 

I changement : 1 # de aticum en age 

| (voy. dge) ; 2° de st en est, puis it 

• (voy. esperer). — D. ilager, eta- 
gire. 

i Etai, ancienn. estay, mot d'o- 
rigine germanique (flamand sta- 

i «ye^appui, soutien). — D. itayer. 

Etaitn, ancienn. estaim, du L. 
stamen (fil de la quenouille) par le 
changement : 1° de amen en aim 
(voy. airain); 2° de st en est puis 
it (voy. espirer). 

Etain, ancienn. estain , en ita- 
lien stagno, duL. stagnum* (forme 
archaXque de stannum, etain). 
Stagnum a donne itain par le 
changement : 1° de se en est puis 
it (voy. espirer) ; 2° de gn en in 
(voy p. ci) . — D. itamer, d'itain, 
comme venimeux, de venin. 

Etat, ancienn. estal, en italien 
stallo, mot d'origine germanique 
(ancien haut allemand stal, an* 
glais stall, m. s.). — D. italer; 
ditaler (serrer ses marchandises 
et fuir). 

Etater, voy. ital. — D. ita- 
lage, italdgiste. 

1. Stolon, ancienn. estalon, 
en italien Stallone, cheval que 
Pon garde a Pecurie, et qui n'est 



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219 



fiTE 



point soumis au travail. L'itahen 
Stallone tetalon) derive de staUa 
(ecurie); ae meme notre mot fran- 
$ais estalon derive du latin du 
moyen age stallum ecurie (par le 
changement de st en est, puis it, 
voy. espirer; et laddition du suf- 
fixe on, voy. aiflf/on. Le latin 
stallum est l'ancien haut allemand 
stall, Stable). 

Ge oui met hors de doute cette 
etymologie, c'est qu'on trouve dans 
les Lois Barbaras equus ad stallum 
(pour etalon; proprement leche- 
val qui reste a lecarie). La Lex 
Wisigothorum, vni, 4 : « qui alie- 
num animal aut quemcumque qua- 
drupedemquiad stallum servatur, 
castrav^ » 

2. Etaiom. de mesure, an- 
cienn. estalon, dans la basse la- 
tinite stallonem (regie qui serf 
d'etalon, propr. baton, derive de 
l'ancien haut allemand stihU, ba- 
ton) ; sur le changement de st en 
est puis it, voy. espirer. 

JEfamet*, voy. itain. — D. 
itamage, itameur. 

1. .tot amine, anciennement 
estamine, deriv6 d'estame qui est 
le L. stamen (tissu) par le chan- 
gement de st en est puis it (voy. 
espirer) . 

2. £tamit»e (botanique), du 
L. stamina (filaments) ; sur st de- 
venu est puis #, voy. espirer. 

Etanchew, origine mconnue. 

l£*cmcoit, soutien, ancienn. 
estancon, derivS de l'ancien fran- 
cais estance (soutien) qui est le L. 
stantia* (qui se tient debout) ; sur 
st devenu est voy. esperer; sur tia 
devenu ce, voy. agencer. — D. 
4tanponner< 

JEtottg, ancien francais estang, 
du L. stagnum (etang). Sur st de- 
venu est, puis tff, voy. esperer. — 
Sur yn latin devenu ng en fran- 



cais, cf. poinflf (pugnus), seing (si- 
gn\xm) , lingt (vip'nti). 

Etape, anciennement estaple, 
proprement entrepdt, magasin de 
vivres (encore avec ce sens dans 
Montesquieu), puis specialement 
magasin de vivres pour les troupes 
en marche, et par extension lieu 
ou les troupes s arretent. 

ttaple, qui est dans le latin 
du moyen age stapula est d'ori- 
gine germamque {haun. stapel en- 
trepdt). 

stap(U)la contracte reguliere- 
ment (voy. able) ens tap' la adonne 
estaple puis estape, itape par le 
changement de st en est puis it 
(voy. espirer), et par la chute de 
I (voy. able). 

Etat, anciennement estat, du 
L. status (etat). Sur st devenu est 
puis it, voy. esperer. 

£*«ro, anciennement estau , de 
l'allemand stock (dans la composi- 
tion allemande schraub-stock, 
6tau); sur st devenu est, et, voy. es- 
perer. 

Etayer, voy. itai. — D. itaye- 
ment. , 

1 . jE*e, voy. itre. 

2. Etc, anciennement esti, du 
L. aestatem (£te*); par le change- 
ment : 1 9 de ae en e (voy. p lxxxvi); 
2 a par celui de atem en i (voy. 
abbi) ; 3° par la chute de s (voy. 
abime). 

Eteindre, anciennement es- 
teindre, du L. exstinguere (etein- 
dre). Exsting(ue)re reduit a exstin- 
g(e)re (voy. p. xc) ; puis a exsting'n 
(voy. p. lxxxi), d'ou exstin're qui 
a donne esteindre par le change- 
ment de nr en ndr (voy. absoudre); 
enfin iteindre par la chute de s 
(voy. abtme).— D. iteignoir. 

Eteitdawni, enseigne que 1'on 
deploie, d6riv6 par le suffixe ard, 
du L. extendere (deployer). Pour le 



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till 



220 



£TO 



changementdelettres, voy. iten- 

dre. 

Etendre, anciennement esten- 
dre, du L. extendere (etendre) : sur 
ex devenu es puis i (voy . ajouter et 
abime) : sur le changement de ten- 
dere en tendre, voy. ce mot. — u. 
etendue (subst. participial). 

kernel, du L.aeternalis (eter- 

nel). ., " 

Eternlte, du L. aeternttatem 
(eternite). — D. iterniser. 

figemuer, anciennement es- 
ternuer, du L. sternutare (eternuer) 
par la chute du t medial (voy. a&- 
baye) , et le changement de si en 
ert puis # (voy. esperer). — D. 
ttemuement. 

Eteuie, anciennement esteule, 
al'origine estuble, du L. dtputo 
(paille). #tp(*)lo contracte sui- 
vant la regie (voy. able) enstipla 
a donne estuble parle change- 
ment : 1° de st en est (voy. en*-' 
rer); 2° de p en b (voy. (obetMe). | 
— Estuble, vocalisant bl en w 
(voy. aurone et aloiietts) est de- 
venu estule d'ou esteule par le 
changement de u en eu (voy. bea- 
rer), puis itevXe par la chute de * 
(voy. ablme). 

Ether, du L. aether (feu 616- 
mentaire). — D. eWre*. 
Etolque, duL ethica (morale). 
Ethnique, du L. ethnieus 
(paien, gentil). 

Ethnographic, du grec iOvo; 
(nation) et yp&peiv (ecrire). — D. 
etfrnographtque, ethnograpne. 

Etiage, du L. oe*ttVa;tcum* 
(propreroent niveau aes eaux pen- 
dant l'ete) par la chute du v me- 
dial (voy. aieul) , celle de * (voy. 
abime) et par le changement: 
V de aiicum en age (voy. age) ; 
? de oe en e (voy. p. lxxxvi). 
Etiiteelle, anciennement es- 



tincelle, en italien scintilla, du 
I L. *cm*iUa (etincelle) ,parlatrans- 
1 position de scintilla en stxncxUa * 

(voy. p. lxxxvi) d'ou ttineelle par ' 

le changement r 1° de t en e (voy. 
! admettre) ; 2° de st en est puis it 
1 (voy. esptrer) . — D. ttinceler* 
I JEtfofcf , origine inconnue- — 

D. e'tiolement. 
I Etlologie, du g*ec aVcuoVrjt* 

partie de la medecine qui traite 

des causes des maladies) . 
EUque, voy. hectique* — D. 

Etiquette, origine inconnue % 
— D. ttiqueter. 

Eioffe, anciennement etto/fe, 
en italien sfo/jfa, de Tallemand *to/f 
(etoffe). — D ttoffer. 

Etoiie, anciennement estoile 
du L. Stella (6toile) par le chan- 
gement : 1° de e en oi (voy. oe- 
crotre); 2° de st en est puis tt 
; (voy. espirer). — D. e'totle. 
| Ctofe, anciennement estole, du 
, L. stola (etole) par le changement 
de st en est puis # (Voy. esperer). 
Etonnew, anciennement eston- 
ner, du L. extonare (compose de 
ex et du radical tonare qui est 
dans at-tonare, etonner). Sur le 



changement deea? en es, voy. ajou- 
ter); sur ceiui de es en e, voy. 
abime. — D. e'tonnewent. 

Etouffew, anciennement es- 
touffer, compose de ex et d'un ra- 
dical touffer * derive du grec ™po<;, 
(vapeur , qui se trouve dans le pro- 
vencal touffe vapeur suffocante, 
dansrespagnoltu/o, vapeur). 

ttouffer signine done propre- 
ment Hie e*tou/)V par la vapeur. — 
D. itouffie (subst. participial); 
itouffement, itouffoir. 
I Etowpe') anciennement es- 
I loupe, du L. stuppa (etoupe), par 
le changement : de 1° de st en est 



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221 



£TR 



puis it (voy. esvirer) ; 2* de u en 
ou (voy. accouoer) ; 3° de pp en p 
(vo^. chape). 

Etowrdir, anciennement es- 
tourdir, en italien stordire, du L. 
extorpidire (etourdir ; rendre im- 
mobile, rendre torptdus). Extor- 
pidire contracts suivant la regie 
(voy. accointer) en exlorp'dire a 
reduit pd a d (voy. hideux); ex- 
tordire a donne estourdir par le 
changement : 1° de o en ou {voy. 
affouage); 2° de ea; en es (voy. 
ajottter) , — puis e'tourdir par la 
chute de * (voy. abime). — D. 
itourdi, itourdissement, itourde- 
rie.^ 

£tout»»teoH, anciennement es- 
tournel, du L. stumellus (diminu- 
tif de sturnus, etourneau), par le 
changement : 1° de st en e«* puis 
it (voy. esp&ter) ; 2° de * en ou 
(voy. accouder); 3° de eWus en el 
puis eau (voy. agneau). 

Etrange, anciennement es- 
trange, du L. extraneus (qui nous 
est etranger), par le changement: 
1° de ea> en es puis 4 (voy. a j outer 
ei dbime) ; 2° ae eus en ge (voy. 
abriger). — D. itrangeti, ilrange- 
menu 

Eiranger , anciennement e$- 
fran^er, en italien straniere, du L. 
extranearius * (denve de eartra- 
neus, Stranger). Zartraneartus, de- 
venant extranixrius (voy. abriger 
et agencer) , — a change ta en ye 
(voy. abriger); pour les autres 
changements de lettres, voy. 
itrange. — D. itrangeti. 

Etranaier, anciennement es- 
trangler, du L. strangulate (Wran- 
gler) par la contraction rlguliere 
(voy. accointer) en strang'tare, et 
le changement de st en est puis it 
(vojr. esperer). — D. itranglement. 

Eire. Le verbe Ifrse eteit de- 
fectif en latin, etil empruntait six 



temps {fui, fueram, futro, fuerim, 
fuissem, forem) a Pinusite fuere. 
En francais, le verbe e^re est com- 
post de trois verbes differents: 
1* Fuo qui a donne le preterit fug 
(fui), et le subjonctif fusse (fuis- 
sem) ; 2° Stare qui a donn6 le par- 
ticipe pass6 iti, vieuz francais estt 
(status) ; 3* Esse qui a fourni tous 
les autres temps et en particulier 
l'infinitif present itre, en vieuz 
francais estre. 

Aux verbes defectifs tels que 
veUe> posse y offerre, inferred esse, 
quietaient trop courts pour donner 
des infinitifs romans, le latin vul- 
gaire ajouta la desinence re et les 
assimila faussement aux verbes de 
la deuxieme conjugaison. — C'est 
ainsi que des le sixieme si&cle on 
trouvedans les textesmerovingiens 
voMre (pour velle), potere (pour 
posse) , offerrere (pour offerre) , tn- 
ferrere (pour inferre), essere (pour 
esse). 

Essere, etant accentue essere, 
se contracta suivant la regie (voy. 
p. lxxxi) en ess're; sr don n ant itr 
(voy. accrottre), essWe devint estre 
qui est aujourd'hui itre (sur la 
chute de s, voy. dbime) . Cette 6ty- 
mologie est d'ailleurs confirmee 
par la forme du verbe itre dans 
les autres langues romanes, qui 
est essere en italien, ser en espa- 
gnol, ser en portugais, esser en 
provencal. 

Aceux d'ailleurs qui'douteraient 
qu'essere ait jamais existe, il est 
aisede repondre par des textes po- 
sitifs. 

Dans le Becueil descriptions 
romaines de Gruter (n°1062, 1), on 
lit cette epitaphe trouvee a Rome 
dans une eglise du septieme sie- 
cle: Cod estis fui et quod sum 
essere abetis, e'est-a-dire quod es- 
tis, fui: et quod sum y essehabetis. 
(Ge que vous etes, je le fus, et ce 



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fiTR 



222 



6TY 



que je suis, vous aurez a l'dtre). 
Nous trouvons dans une serie de 
dipldmes carlovingiens, a Pannee 
820: « quod essere debuissent.... * 
— al'annee 821 : » essere de be- 
nificio, » a l'annee 836: « quod de 
ista ecclesiaVulfaldo episcopus es- 
sere debuisset. » On trouve meme 
cet allongement en re applique 
aux composes d'esse (tels qu'od- 
esse, etc...); comme par exemple 
dans cette cnarte de 818 : « quam 
ingenuus adessere. » 

II est inutile de donner d'autres 
preuves de ce fait, qvCitre et essere 
sont un seul et meme mot. Per- 
sonne ne croit plus aujourd'nui 
qu'^tre derive du latin stare. Com- 
ment stare eiit-il pu devenir Sire 
puisqu'en latin l'accent est sur sta 
Istdre) ? D'ailleurs comment stare 
s'accorderait-il avec le provencal 
esser, I'italien essere, l'espagnol et 
le portugais ser? Knfin on sait 
d'une maniere precise que stare a 
donne en francais ester, et il n'a 
pu donner autre chose. On dit ester 
en justice (stare in justitia). Ester 
est encore demeure dans quelques 
composes, tels que r ester (re-stare); 
arriter, en vieux francais arrester 
(adre-stare). 

Etrecir, voy. itroit. — D. re- 
tricir, ritricissement. 

Etreindre, anciennement es- 
treindre, duL. stnn0ere (etreindre) 
par le changement de st en est, 
puis it (voy. esp&rer) ; pour ingere 
devenu eindre, voy. astreindre. — 
D. itreinte (substantif verbal). 

£tft*emte, anciennement es- 
trenne. du L. strena (etrenne) par 
le changement de st en est puis it 
(voy. espirer). -r D. itrenner. 

Eiwiew, proprement courroie, 
Vitrier n'etant a l'origine qu'une 
courroie ; itrier, anciennement es- 
trier, contraction de estri[y]ier. 



(Cette forme avec t a persists dans 
itriviere, anciennement estriviire, 
courroie). Estrtvier * est le derive 
d'estrif (qui veut dire itrier dans 
notre ancienne langue)- estrif est 
d'origine germamque(all. strippe, 
courroie). 
Four le changement de st en est 

Suis it voy. espirer ; pour la chute 
u v, voy. aieul. 

£*tnf fe ? anciennement estrille, 
du L. strigtlis (etrille); strig(i)lis 
regulierementcontracte en stng'lis 
a donne itrille par le changement : 
1° de st en est puis it (voy. espi- 
rer); 2° de gl en U (voy. cailler). 
— D. itriUer. 

Etriquer, origine inconnue. 

£fffoiet*e, voy. itrier. 

Etroit, anciennement estroit, 
duL. sirictus (etroit) » par le chan- 
gement: 1° de st en est puis it 
(voy. espirer); 2°de tee en oxt (voy. 
attrait). — D. itroitesse, iiriciT 
(non itroicir, voy. p. xci). 

Etude, anciennement estude, 
du L. studium (etude) : sur st de- 
venu est puis &, voy. espirer, — 
D. itudier, itudiant. 

Etui, anciennement estui, en 
provencal estug, en espagnol estu- 
che, mot d'origine germanique 
(moyen haut allemand stUche, 
6tui , galne). Sur st devenu est puis 
it, yoy. espirer. 

Etuve, anciennement estuve, 
en provencal estuba , du L. du 
moyen age tfuba (etuve, deriv6 
lui-mfime de l'ancien haut alle- 
mand stupa, 6tuve). 

Stuba a donne ituve par le chan- 
gement: 1° de st en est puis it 
(voy. espirer); 2° de & en v (voy. 
at?ant). — D. ituver, ituvte (sub- 
stantif participial), ituviste. 

^tymologle, du L. etymologia 
(m. s.). — D. Ifymologtgue, Ifymo- 
lo0ttfe. 



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fiVA 



223 



fiVI 



JEw, anciennement eft, & Tori- 
gine ail, avud, du L. habutus (sur 
les participes en ufw*, voy. 5ti. 
Ha{b)utus a donne eu par la chute 
du & m6dial, voy. abot/cr, et par 
le changement: 1° deoen« (voy. 
acheter)', 2° de utus en t* (voy. 
atou) , 3° par la disparition de h 
initial (voy. atelier). 

Eucharlstle, du L. eucharis- 
fia (meme sens dans saint Cyprien). 
— D. eucharistique. 

KncoIo«e,dugrectux>j (priere) 
et >6yo; (discours). 

Eudlometre, du grec eu8ioc 
(serein) et [xetpov (mesure). 

Ennuque, du L. eunuchus 
(m. s.). 

Euphemlmme, du grec ev?t)- 
pii<TfjL6; (discours de bon augure). 

Euphonic, du grec e\tyu>\ia 
(belle voix). — D. euphonique. 

Euphorbo , * d u L euphorbia 
(plante a sue laiteux). 

JBwjc, anciennement eus, a Fo- 
rigine els, du L. illos (eux) par la 
contraction reguliere de ill{o)s en 
UVs voy p. lxxxi) ; le changement 
de % en c (voy. admettre) et de tTs 
en ete ; la transformation de els en 
eus (voy. o^n^aw), et de eus en 
eii» (voy. deux). 

Evacuation, du L. erocuafto- 
nern (action de vider), 

Evacuer, duL. evacuare (vider) . 

trader (s*) , du L. evadere (se 
sauver). 

Evaluer, voy. vaUrir. — D. 
evaluation. 

EVangellouc, du L. evangeli- 
cus (m. s.). 

Evangcllscr, du L. evange- 
lixare (m. s.). 

Evangeliiite, du L. evangelista 
(m.js.;. 

Evangiie, du L. evangelium 
(evangile) par le changement de e 
en t (voy. admettre). 



£voMotc<f 9 proprement dispa- 
rattre, anciennement esvanouir, en 
italien svanire, — compose du L. 
ex et de l'adjectif vanus (sans rea- 
lite, comme dans les expressions 
vana simulacra, vana imago). Le 
rapport exact entre le radical la- 
tin et le derive franc, ais est dif- 
ficile a preciser. — D. evanouis- 
sement. 

Evaporation, du L. evapora- 
tionem (m. s.). 

Evaporer, du L. evaporare 
(evaporer) . 

Evuser, voy. vase. — D. 4va~ 
sement. 

EraoU, du L. evasivus* (evasif 
deriv6 de evatus, evite, voy. iva- 
der). 

Evasion, du L. evasionem (d6- 
livrance, dans saint Jerdme). 

Jbreche, voy. Mque. 

EveiUer, anciennement es- 

veiller, du L. exvigilare* (s'e'veil- 

ler). Pour le changement de lettres, 

voy. veiller. — D. e'veil (substantif 

j verbal) ; re'veiller. 

f Ercncmcnt , venu au sei- 
zieme siecle de l'italien evenimento 
(ev^nement). 

JBvetttaif, voy. eventer. — D, 
eventailliste. 

Avenfet*, voy. vent. — D. 
e'ventail, e'ventaire, event (subst. 
verb.). 

Evenlrer, voy. ventre. 

Erentuel, du L. eventualis* 
(de eventus, evenement). — D. 
e'ventualite'. 

Eveqne, du L. episcopus (evS- 
que dans saint Augustin). Pour le 
changement de lettres, voy. arche- 
vique — D. ive*chi. 

E version , du L. eversioner 
renversement). 

Evewiuev (s*) , voy. vertu. 

Eviction, du L. evxetionem (re* 



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EXA 



224 



EXC 



couvrement d'une chose par juge- i 
ment). > 

Evidence, duL. evidentia {6vi- I 
dence). | 

Evident, du L. evidentem (vi- 
sible). I 

JEtoitfet*, voy. vide, — D. ew- 
doir. 

JEfoiet* , de>iv6 de foe forme ar- 
chaXquede eau. (Pour l'6tymolo c r ie 
de eve, voy. eau). 

Evlneer, du L. evincere (triom- 
pher de) . 

Kilter, du L. etritare (6viter) 
— D. Mtable. 

Evocation, du L. evocationem 
(evocation). 

Solution, du L. evolutionem 
(action de derouler), 

Evonner, du L. evocare (ap- 
peler). — D. ivocable. 

Exacerbation, du L. exacer- 
bationem (action d'irriter). 

Exact, du L. exactus (exact).— 
D. exactement, 

Exaeteur,du L. exactor (meme 
sens). 

Exaction, du L. exactionem 
(exaction). 

Exactitude, du L. exactitudo * 
(derive de exactus exact) 

Exoneration, du L. exaggera- 
tionem (amplification). — D. exa- 
gerateur. 

Exagerer, du L exaggerate 
(exagerer). 

Exaltation, duL. exaltationem 
(orgueil, dans Tertullien). 

Exalter, du L. exaltare (exal- 
ter). 

Exameo, du L. examen (exa- 
men). 

Examlnatear , du L. exami- 
nator (celui qui examine). 

Examiner, du L. examinare 
(examiner). 

Exantheme , du L. exanthe- 
mata (pustules). 



Exasperation, duL. exaspe- 
rationem (irritation). 

Exaaperer, du L. exasperate 
(irriter). 

Ifrcatecef , ecouter favorable- 
ment celui qui prie, proprement 
Ydever, le grandir, eh lui accor- 
dant ce qu'il demande, du L. exaU 
tiare* (elever, dSriv6 de altus 
haut) par le changeraent : 1° de al 
en au (voy. agneau); 2* de Hare 
en cer (voy. agencer). — D. exau- 
cement. 

Excavation, du L. excavatio- 
nem (m. s.). 

Excedant, du L. excedentem 
(qui outre-passe). 

Exeeder, du L. excedere (ex- 
cede r). 

Excellemment, voy. exceller. 

Excellence, du L. excellentia 
(grandeur). 

Excellent, du L. excellentem 
(supeneur). 

Excellentlsslme , du L. excel- 
lentissimus (le plus eminent). 

Exceller, du L. excellere (ele- 
ver). 

f Excentrlclte, venu recein- 
mentdel'anglais eccentricity(memQ 
sens). 

f Excentrlque, venu recem- 
ment de l'anglais eccentric (m. s). 

Exceptor, du L. exceptare (ex- 
cepter). 

Exception, du L. exceptionem 
(exception). — D. exceptiannel. 

Excea, du L. excessus (exces). 
-«- D. excessif. 

Exeiper, du L. excipere (alle- 
guer). 

Excision, du L. excisionem 
(entaille) 

Excitable, du L. excitabilis 
(oropre a reveiller). — D. excita- 
Mitt. 

Excitation, du L. excitationem 
(action de reveiller). — D. excitOr- 
tour* excitatif* 



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EXE 



225 



EXH 



Exciter, du L excitare (reveil- 
ler). — D. excitant. 

Exclamation, du L. exclama- 
tionem (eclat de voix). —D.excla- 
matif. 

JEaccltfre, du L. excludere 
(exclure). Pour le changement de 
lettres, voy. conclure. 

Exclusion, du L. exclusionem 
(eiclusion). — D exclusif. 

Excommunication, du L. 
excommunicationem (m s.). 

Excommunter, du L. excom- 
municate (m. s.). 

Excrement, du L. excremen- 
tum (m. s.). 

Excretion, du L. excretionem* 
(m. s.). 

Eoccroissane*) du L. excres- 
centia* (derive de excrescentem, 
part, de excrescere pousser). Pour 
le changement de lettres, voy. 
croissance. 

Excursion, du L. excursionem. 

Excuse, voy. excuser. — D. 
excusable. 

Excuser, du L. excusare (excu- 
ser). — D. excuse (substantif verbal). 

Execrable, du L. execrabUis 
(execrable). 

Execration, du L. execratio- 
nem (execration). 

Bxecrer, du L. §x$erari (exe- 
crer). 

Executor, du L. executare* 
(m. s., derive de executus; voy. 
p. xxxm). — D. executant j execu- 
table. 

Executeur, du L. executor 
(executeur). 

Execution, du L. executionem 
(execution). — D. exe'cutif. 

Executotre, du L. executo- 
rius* (derive de executare.) 

Exegese, du gfec Itfiynatc (ex- 
plication). — D. exigitique. 

I* Xxemplalre, du L. exem- 
plaris (m. s. dans le latin de la 
theologie). 



2. Exemplalre, subst. du L. 
i exemplarium (copie, exemplaire 

dans Arnobe). 

I Exemple, du L. exemplum 
i(m.s.). 
i Exempt, du L. exemptus 

(exempts). Le sens d'officier de 

Solice donne au mot exempt vient 
e ce que sous l'ancienne monar- 
I chie, des officiers de cavalerie 
etaient exempts du service regu- 
i lier et detaches pour commander 
j les escouades de la marechaus- 
j see, d'ou leur titre & exempt. 
Exempter. du L. exemptare* 
(exempter, derive de exemptus, 
exempt^). 

| Exemption , du L. exemptionem 
(m. s.) 

i Exequatur, mot latin signi- 
fiant qu'il execute. 
< Exercer, du L. exercere (m.s.) 
Exereice, du L. exerdHwn 
(exereice). 

Exergue, du arec ix (hors de) 
et Ipyov (ouvrage). 

Exfoliation^ du L. exfoliatio- 
nem * (m. s.) 

Exfoller, du L. exfoliate (ef- 
feuiller). , 

ffceltotoisott, du L. exhala- 
tionem (m. s.). Snrationem devenu 
aison, voy. fenaison. 

Exhalation, du L. exhalatio- 
nem (m. s.). 

Exnaler, du L. exhalare (exha- 
ler). 

IfaeJUmssef, du L. exoMiare* 
(rendre plus baut; deriv£ de altus, 
haut) par le changement : 1° de 
al en au (voy. agneau); 2° de tiare 
en sser (voy. agencer) ; 3° par l'ad- 
dition d'un h (voy. haut). — D. 
exhaussement. 

Exhereder, du L. exheredare 
| (desheriter). — D. exhtrtdation. 
* Exhlber, du L. exhibere (m. s.). 
I Exhibition, du L. exhibitionem 
.(m.s.). 



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XP 



226 



EXP 



Exhortation, du L. exhortatio- 
nem (m. s.). 

Exhorter, du L. exhortari 
(m. s.)- 

Exhumer, du L. exhumare 
(deterrer). — D. exhumation. 

Exigence, du L. exigentia 
(m. s.). 

Exlger, du L. exigere (recla- 
mer, exiger). — D. exigible. 

Exlgu, du L. exiguus (m. s.). 

ExlguVte, du L. exiguitatem 
(m. s.). 

Exll, du. L. exilium (m. s.) — 
D. exiU, exiier. 

Exister, du L. existere (exister). 
— D. existence. 

Exorable, du L. exorabilis 
(m. s.) 

Exorbitant , du L. exorbitan- 
tem (qui s'ecarte). 

Exorclser, du L. exorcizare 
(m. s). 

Exorclsme, du L. exotcxsmus 
(m s.). 

Exorde, du L. exordium 
(exorde). 

Exoterique, du L. exotericus 
(commun, trivial). 

Exetlque, du L. exoticus 
(m. s.). 

Expannlff, du L. expansivus * 
(d6rive de expansus, 6tendu). 

Expansion, du L. expansionem 
(m.s) 

Expatrler, du L expatriate* 
(s'expatrier) , dans la latinit6 du 
moyen age. 

Expectant, du L. expectantem 
(qui attend). 

Expectotlve, du L. expecta- 
tiva * (attente, derivS de expecta- 
tus (attendu) 

Expectorer, du L. expectorate* 
(m. s.). — D. expectoration. 

Expedient, du L. expedientem 
(qui dSgage). 

MSaepedie**) du L. expeditare* 
frequentatif de expedite, exp6dier 



voy. p. xxxra) ; par la chute du t 
mldial, voy. abbaye. 

Expediteur, du L. expeditor * 
(m. s,). 

Expedltlf , du L. expeditious* , 
derive de expedite (tirer d'em- 
barras). 

Expedition, du L. expedition 
nem (m. s.). — b. expdditionnatte . 

Experience, du L. experientia 
(m.s.). 

Experimental, du L. expert- 
mentalis * (m. s.). 

Experimenter, du L. experi- 
mentate (essayer), 

Expert, du L. expettus (qui a 
^experience de). — D. expertise. 

Expiation, du L. expiationem 
(m. s.), 

Explatolre, du I. expxatotius 
(m. s.). 

Expler, du L. expiate (m. s.). 

Explrer, du L. expitare 
(m. s.). 

Expletlff, du L. expletivus 
m. s.)- 

Explleatlff, du L. explications* 
(m. s.). 

Explication, du L. explication 
nem (explication). 

Expllclte, du L. explicitus (ex- 
plique). 

Expllquer, du L. explicate (ex- 
pliquer). 

Exploit, substantif verbal 
^exploiter 

Exploiter, en provencal ex- 
plectat, du L. explicitate (fre- 
quentatif de explicate, achever, 
terminer; puis accomplir, agir; 
voy. p. xxxni). Explic{\)tate , con- 
tract^ regulierement (voy. accoin- 
tet) en explicHate, a donne ex- 
ploiter, par le changement de ic\ 
en oit (voy. atttait). — D. exploit 
(subst. verbal), signif. propre- 
ment acte (comme son primitif 
indirect explicate a eu le sens d'a- 
gir), exploitation. 



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EXT 



227 



EXT 



Bxploratear, du L. explorator 

(m. s.) 

Exploration , du L. explora- 
Honem (observation). 

Explorer, du L. explorare 
(m. s.) | 

Explosion, du L. explosionem 
'(action de. rejeter). 

Exporter, du L. exportare 
(m. s.). — D. exportation, expor- 
tateur. 

Exposer, du L. expausare, 
compose" de pausare (placer). — 
D. exposant. 

Exposition, du L. exposition 
nem (m. s.). 

MSacprhsj du L. expressus 
(clair. formel). — D. expres (ad- 
verbe). 

f Express, venu recemment 
de Panglais express (m. s.). I 

Expresslff, du L. expressivus * ' 
(expressif, deriv6 de expressus, 
exprim6). 

Expression, du L. expressw- 
nem (m. s.) 

Exprlmer, du L. exprimere 
(m. s.). 

Expropriation , voy. expro- 
prier. 

Exproprler, du L. expropriare* 
(m. s.). — D. expropriation. 

Expulser, du L. expulsare 
(renvoyer). 

Expulsion , du L. expulsionem 
(m.«.). 

Expurger, du L. expurgare. 

Eacqwis, du L. exquisitus 
(choisi, excellent); sur la chute 
des deux dernieres syllabes, voy. 
p. lxxxi. 

Exsuder* du L. exsudare (s'e- 
vaporer entierement). — D. exsu- 
dation. 

Extase, derive du grec 5x<xta- 
<xi? (ravissement d'esprit). — D. 
exstasier. 

Extatloue, du grec £x<rraTtx6; 
(pa. s.). 



Extenslf, du L. extensivus 

(susceptible oVextension) . 

Extension, du L. extensionem 
(m. s). — D. extenseur, exten- 
sible. 

Extenuation, du L. extenua- 
tionem (m. s.). 

Extenuer, du L. extenuare (af- 
faiblir). — D. extenuation. 

Exterteur, du L. exterior 
(m. s.). 

Extermlnatenr, du L. exter- 
minator (exterminateur). 

Extermination, du L. exter- 
minationem (m. s.)- 

Extermlner, du L. extermi- 
nate (exterminer). 

Externe, adj. du L. extemus 
(m s.). — D. externe (substantif), 
d'ou externat. 

Extinction, du L. extinctio- 
nem (m. s.). 

Extirpation, du L. exHrpa- 
tionem (m. s.). 

Extlrper, du L. extirpare 
(m. s.). 

Extorquer, du L. extorquere 
(arracber). 

Extorslon, du L. extortio- 
nem+, derive de extortus (arra- 
che). 

Extraction, du L. extr actio- 
nem * , de>iv6 de extractus (ex- 
trait). 

Extradition ? du L. traditio- 
nem (action de hvrer), et ex (hors 
de). 

JEoctfroire, du L. extrahere 
(extraire). Sur trahere devenu 
traire, voy. trair e. — D. extraii 
(substantif verbal). 

Extraordinaire, du L. extra- 
ordinarily (m. s.). 

Extravaguer, du L. extrava- 
gari* (m. s.). — D. extravagance, 
extravagant. 

Extreme, du L. extremus (m. 
s.). - D. extr&me-onction (voy. 
onction). 



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FAC 



228 



FAO 



Extremis, du L. extremita- 
tern (m. s.). 

Extrinseoue, du L. extrinse- 
cus (de l'exterieur). 

Exuberance, du L. exuberan- 
tia (m. s.). 

Exuberant, du L. exuberan- 
tern (qui regorge). 



Kxulcerer, 

(m. s.). 



du L exulcerare 



Exutolre, du L. exutorium * 



(qui degage, qui dgbarrasse, de- 
rive de fxutus, participe de exuere, 
d^barrasser). 

Ex-veto, duL.es (d'apres) et 
voto (un vcbu). 



Fo6fe, du L. fdbula (fable) par 
la chute regulierede I'm (voy. able). 

Fafrllow. anciennement aussi 
fableau, a 1 origine fablel, du L. 
fabulellus* (diminutif de fdbula, 
conte) par la chute de Y& atone 
fabQLjtilbu (voy. accotnter), d'ou 
fablellus , et le cnangement de eJ en 
eat* (voy. agTieau); fableau est de- 
venu fa&Mau, comme beau est de- 
venu biau ou epeautre est devenu 
dpiautre dans certains patois. 

Fabrlque, du L. fabrica (ate- 
lier, fabrique). — D. fabriquer, fa- 
bricant, fabrication, fabricateur, 
fabricien. 

Fabuleux, du L. fabulosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Fabullste, mot forg£ a Taide 
de fabula (fable) et du suffixe iste. 

f Facade, venu au seizieme 
siecle de l'italien facciata (fa- 
cade). 

Face, du L. fades (face) ; sur 
ct devenu c , voy. agehcer. — D. 
facette, facer, effacer, surface. 

Faeette, du L. /ocetia (m. s.). 
— D. facttieux 

Facette, voy. face 

Foc&et*, anciennement fascher, 
venudu provencal /cwttyar (facher, 



ennuyer) par la chute de i (voy. 
accotnter) , d'ou fasVgar, fas y gar 
puis fascher. Quant au proveDcal 
fastigar (ennuyer), il derive "de 
fastig qui en proven§al, veut dire 
ennui, et represente le L. fastidivm 
(ennui, dugout). — D. fdchene, 
de'fdcher (se), fdcheux. 

Facile, duL. facilis (facile), 

Facillte, du L. facilitatem 
(m. s.). 

f Faclllter, venu au seizieme 
siecle de Titalien facilitare (m s.). 

Focoat, du L. (actionem (ma- 
niere de faire), par le change- 
ment de ctio en ccio, cio, puis go 
(voy. agencer). — D. faconner. 

Faconde , du L. facundia 
(m. s). 

Fac-simlle, du" L. fac (fais) et 
simile (semblable). 

Facteur, du L. factor (qui fait). 
— D. factorerie. 

Factflce, du L. facticius (m.s.) . 

Faetleux, du L. factiosus (fac- 
tieux). 

Faction, du L. f actionem (parti, 
ligue). 

Factlonnalre, de>ive* de fac* 
Hon au sens de service militaire, 
et qui est le L. f actionem (au sens 
d'action de faire, de servir). 



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FAf 



229 



FAI 



a, du L. fat (fais) et 

totum (tout) . 
Factum, du L. factum (pro- 

Srement fait, acte, d'ou le sens 
'expose des faits d'un proces). 
Facture, duL. factum (m.s.). 
— D. manufacture, manufactu- 
rer. 

Faculte, du L. facultatem (fa* 
jsulte. — D. facultatif. 

Wade, du L. vapidus (fade, 
proprement evente. qui n'a plus 
d'odeur), par la chute reguliere 
de t (voy. p. lxxxi). d'ou vap'dus 
qui donne fade par le changement 
1* de pd en d (voy. hideuz); 2° de 
t> en f(voy. bceuf). — D. jfadeur, 
fadaise, fadasse. 

Fagot, origine inconnue. — 
D. fagoter, fagotin, fagoteur. 

Faibte, anciennement foible, 
du L. flebilis (miserable, d'ou le 
sens de faible), par la contraction 
reguliere (voy p. lxxxi) en 
peb'lis qui a donne faible 1° par 
le changement de e en oi puis ai 
(voy. accroire), 2° par la chute du 
premier I latin, resultat de la dis- 
similation (voy. p. lxxv). — D. 
faiblesse, faiblir, affaiblir. 

f Fa¥ence, poteriedeterre ver- 
nissee fabriquee pour la premiere 
fois, dans le bourg de Faenza qui 
lui a donne son nom. — D. faien- 
cier, faiencene. 

Faiiiir, du L. fallere (faillir) , 
par le changement de 11 en HI 
(voy. ail) , et de e en t (voy. ac- 
comphr). Sur le changement de 
fallere en fallSre , voy. courir. — 
D. failli (substantif participial) ; 
'aMite, <& faillir yfaillible, faiUi- 
rilM, infaillible. 

Jtaiaaa, du L. fames (faim); 
ur a devenu ai, voy. aigle — 
». affamer (voy. p. xci), faim- 
zlle (l'origme de valle est in- 
>nnue) 
Wa%*%e, du L. fagina * (faine); 



1 fag{t)na perdant rtailierement * 
| (voy. p. lxxxi), a aonne fag'na 

d'ou faj'na (voy. jumeau), puis 

faina (voy. aider pour le change- 
I ment de j ent). Fagina a donne 

/atne, comme vaat'na a donne 

oafne. 
Falttecm*, anciennement fait 

neant prop, qui ne fait rien 

(ne'ant). — D. faine" anter, faint an- 

tise. 
Faire, du L. /locere (faire) par 

la chute reguliere de e fac^re 

(voy. p. lxxxi), d'ou fac're, puis 
aire par le changement de act 
en atr (voy. benir) — D. fat- 
sartf, faiseur, faisable, affaxre, 
bienfatre, contre faire, de" faire, 
for faire, mal faire, mifaire, re- 
faire, surfaire. 

Faisdn, du L. phasianus (fai- 
san) par le changement : 1° de ph 
en f (voy. coffre) ; 2* de a en at 
(voy. p. lxxxiii) . — D. de l'ancienne 
orthographe faisant, sont derives: 
faisande, faisander (donner au 

Sibier le fumet du faisan morti- 
e). faisanderie, faisandeau. 

Faisceaw, du L. fasceUus* 
diminutif de fastis, faisceau) , Sur 
a devenu at , voy aigle ; sur 
ellus devenu eau, voy agneau. 

Faiseur 9 voy. faire. 

Fait, du L. factum (fait); sur 
le changement au groupe ct en it 
voy. attrait. 

Faite, anciennement f aisle, 
du L. fastigium (fatte), par un 
deplacement irr^gulier de l'ac- 
cent tonique (en fds tig turn, d'ou 
faiste par la chute des deux der- 
nieres syllabes atones (voy. p. 
lxxxi) , par le changement de a en 
at (voy. aigle), et faite par la 
chute ae s (voy. abime). — D. 
fattage, faltiere. 

Faiacf du L. fastis (faix). Sur 
a devenu at, voy. aigle; sur s de- 
yenu x, voy. deux. — D. affais- 



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FAM 



FAN 



set (s*) t proprement se courber 
sous le faix ; portefaix. 

Faloise , anciennement fa- 
loize et falixe; de rancienhautal- 
lemand felisa (rocher). Sur t devenu 
ot (v. boire), puis ai (v. accroire). 

Valbala, mot qui remonte au 
dix-septieme siecleetdontPorigine 
est inconnue. 

Fallace, du L. fallacia (trom- 
perie) . 

Fallacleux, du L. fallaciosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Faitoir, proprement manquer 
(dans les locutions : il s'en faut de 
etc....), du L. fauere (manquer. 
Sur fdiUre au lieu de fallere, voy. 
accourir). Sur e devenu ot, voy. 
accroire. 

Faiot 9 anciennement fanot, \ 
compose, du radical fan * et du i 
diminutif ot. Fan * est le grec 
<pavo? (lanterne). Sur le change- j 
ment de n en I, voy. oiler. j 

Fa fottttfe, origine inconnue. I 

Falsification, du L. falsiftca- 
tionem * derive de fatsificatus 
(falsifie). — D. falsificateur. \ 

Falsifier , du L. falsificare . 
(m. s.). ... 1 

Fatwn , origme inconnue. — 
D. faluner, falunidre. j 

Tame , du L. fama (renommee) . 

Fame, du L. famatus (decrie). 
Sur atus devenu 6. voy. ampoule, i 

vamelf qne , du L. famelicus , 
(m. s.), 

FatMetur, du L. famotus (fa- 
meux). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Famlllarfser, voy. familier. j 

VamlllarUe, du L. famUiari- I 
tatem (familiarite). | 

Familier, du L. familiaris 
(familier) — D. familiariser . 

Famllle, du L. familia (famille). I 

Famine 5 du L. famina * (de- 
rive bar bare de fames faim). j 



f Fanal, venu au seizieme 
siecle de l'italien fanale (m. s.). 

Fanatiqne, du L. fanaticm 
(fanatique). — D. fanatisme, fa* 
natiser. 

Fattet* , proprement: retour- 
ner Therbe d un pr6 fauche pour 
la dessecher ; d'oii le sens de des- 
secher, de fletrir: faner represents 
le L. foenare* (derive de foenum, 
foin) , par le changement de re la- 
tin en e (voy. p. lxxxvi) puis de e ' 
en a (voy. amender). — I), fa-* 
nage, fane (substantif verbal), fa- 
neur. 

! Fanfare, origine inconnue. 
I f Fanfaron, deTespagnol fan- 
farron (fanfaron). — D. fanfaron- 
node, fanfaronnerie. 

f Fanfreluche, de l'italien 
fanfaluca (vetille). 

Fange, du L. famicem * (dont le 
derive /arotcofws, fangeux est dans 
Pestus) ; fam(Tjcem regulierement 
contracts en fam'cem a change c 
en g (voy. juge et adjuger), m en 
n (voy. changer). 

Fangeuac 9 du L. famicosus 
(fangeux, dans Festus). Fam[l)co- 
sus devenu fam*cosus (voy. ac- 
cointer), a donne" fangeux par le 
changement : 1° de c en g (voy. 
adjuger) ; 2° de m en n (voy. chan- 
ger); 3° de osus en eux (voyez 
amoureux), 

Fanon, piece d'6toffe qui sert 
de signe de ralliement, et par ex- 
tension peau pendante que les 
boeufs ont sous fa gorge ; mot d'o- 
riffine germanique (ancien haut 
allemand fano, morceau d'etoffe). 

Fantalsle, du grec <pavTour(a 
(caprice). 

Fantasmagorle, du grec 9<iv- 
taa\i(x spectre et &yop£ (assemblee). 
— D. fantasmagorique. 

Fattfaaatte, pour fantasche, 
du L. fantasticus (capricieux, des- 
ordonne* dans les textes latins du 



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*AR 231 FAS 

yen age). FantdstQ)cus regulie- i introduisait des expressions ou 
aent contracte (voy. p. lxxxi) en des mots de la langue vulgaire) 
tasfcus, est devenu fantas'cus | Fard, , anciennement /"an, mot 
r le changement de tc en c, j d'origine germanique (ancien haut 
r - P- c). I allemand farjon, teindre, le fard 

Fantassln, de l'italien fan- ; etant une couleur qui sert a chan- 
cino (soldat a pied). ger le teint du visage). — D.farder. 

Pantastlque, du grec <pavra<r- ; Favrfe, anciennement fardeau 
k (qui est le produit de la fan- j en general, restreint aujourd'hui 
; ie). ; au sens commercial de balles de 

?att*ome, anciennement fan- ; cafe. L'origine de farde est incon- 
ne, du L. yhantasma (fant6me, ; nae. — D. fardeau. 
ctre) par le changement : 1° de I Far dean, voy. farde. 
en f (voy. co/fre) ; 2° de a ac- Fat* fade*, origine inconnue. 
tu6 en o, changement qui fait , Far fo witter , compose de 
eption a toutes les regies; fouiller, et d'un prefixe far dont 
>ar la chute de s (voy. abime). l'origine exacte est inconnue. 
<Ytott 9 anciennement fdon, du Faribote, origine inconnue. 
r cetonus* (derive de f&lus) pro- ! Farine, du L. farina (m. s.). 
ment petit; faon ne s'est res- — D. farineux, farinier, enfa- 
nt que fort tard au sens de riner. 

t de la biche; il signifiait au ] Farowche, du L. ferocent (fa- 
pen age petit de toute espece ' rouche) par le changement : 1° de 
umaux : on disait le faon de'cena (voy. amender) ; 2° de c en 
igresse, de la brebis. du lievre. ' ch (voy. acharner). — D. effarou- 
'ce(t)onu$ a donne faon par la \ cher. 

te du t medial (voy. abbaye), I Fasce,duL. fascia (bande). 
3 changement de a en e (voy. Fascicule, du L. fasciculus 
.xxxvi) puis en a (voy. am«?i- j (fascicule). 
». D. faonner \ Fascine, du L. fascina (fagot 

Faquln, de l'italien facchmo de sarments). — D. fasdnaae 
urn). - D . faquinerie. | Fascination , du L. fascinatio- 

Farandole, duprovencal fa- nem (m. s.). 
do/o (danse) dont l'origine est Fasclner,du L. fascinare (fas- 
>nnue. ciner). 

Wee, voy. farctr. - D. far- Faseole, du L. phaseolus (ha- 
r - I ncot). 

a,dn du L. farciminum l Fashion, mot anglais desi- 
st sur la chute des deux der- gnant la mode, le ton. — D 
•es syllabes, voy. p. lxxxi). Sur fashionable 
changement de m en n, voy, | Faste, du L. fastus (faste). - 
nger. — D. faraneux. i D. fastueux 

/ a u e £ ubstantlf verbal), au lendrier ; fastes consulages, d'ou 

j de hachis ; farce au sens de le sens d'annales, d'histoires, de 

»edie, est le substantif verbal chronique). 
a L°Z} dm l les i ocu . t,on ? • SPI- Fastldleux , du L. fastidiosus 

iTZdl^A? /^, epltres (degoute). Sur osus deyenu em, 

,es, latines dans lesquelles on voy. amoureux. 



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FAU 



232 



FAU 



c, du L. fastuosus (su- 
perbe). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

|Fat,venu du provencal fat 
(vain. ecervele) qui est le*L. fa- 
tuus (insipide, fou). — D. faiuite" 

ratal, du L. fatalis (fatal). — 
D. fatalisme. 

FataUte, du L. fatalitatem 
(fatalite). 

Fatldlque, du L fatidicus 
(qui predit Pavenir). 

Fatlguer, du L. fatigare (fa- 
tiguer). — D. fatigue (substantif 
verbal), de'fatiguer. 

Fa*t*o#, du L. fartaceus* (de- 
rive de fartus, farci; fatrasz le 
sens propre de pfile-mfile, d'amas 
confus de choses disparates). 

Fartaceus a donne fatras (qui 
est pour fartas *) par la transposi- 
tion de r (voy. dpreti). 

Fatuity, du L. fatuitatem (sot- 
tise) . 

Faubourg, quartier situe en 
dehors de Penceinte de la ville ; 
faubourg , qui etait plus correcte- 
ment forbourg, forsbourg, dans 
Pancien frangais, est leL. forisbur- 
gus (qui est situe en de-hors de la 
ville) , compose de forts (en dehors 
de) , et de burgus (voy. bourg). 

Fduclker, du L. f alcar e (fau- 
cher, dans la latinite du moyen 
age) par le changement: V de at 
en au (voy. agneau) ; 2° de ca en 
che (voy. acharneret acheter). — 
D. fauche (substantif verbal), fau- 
chage. fauchaison, fauchie (sub- 
stantif participial), faucheur. 

Fated! fe , du L. fakilla (qui 
est pour faUula, dans les textes 
carlovingiens) par le changement 
de aJ en au (voy agneau). 

Fatccott, du L. falconem (fau- 
con) par le changement de ai en 
au (voy. agfneau) . — D. faucon- 
neau, fauconnerie, fauconnier. 

Fate/tier, proprement coudre 



Srovisoirement une Stoffe , & Paide 
'un fauxfil (d'un fil qui ne doit 
pas rester). Pour Petymologie, voy. 
faux et fil. 

laune, du L. faunus (m. s.). 

Fau»»aive 9 du L. falsarius 
(faussaire), par le changement 
de al en au (voy. ogfncau). 

Fausser, du L. falsare (faus- 
ser); sur at devenu au voy. 
agneau. 

Fawsset) voy. /aua? I. 

Fate to 9 action de faillir, en ita- 
lien falta, du L. fallita* (action 
de faillir, derive de fallere, faillir; 
Sur les substantifs de cette nature, 
voy absoute). — FalJ#)ta regulie- 
rement contracte (voy. p. lxxxi) 
en falVta a donne faute par le 
changement de al en au (voy. 
agneau). 

De meme que fallita* a donne 
/auto, — faltitum a donne /au! 
que nous possesions a P6tat de 
compose dans de'fautj forme de de 1 .., 
(voy. de"....) et de /au*; etqui cor- 
respond a de 1 faillir , comme /ante a 
faillir. — D. /atfft£ 

Fautettif , anciennement fau- 
desteuily al'ongine faldesteuii, en 
italien faldistorio, du L. faldesto- 
lium* (fauteuil dans un texte du 
neuvieme siecle. Ce mot est d'ori- 
gine germanique et repond a Pan- 
cien haut allemand /a&rtuo J,siege). 
Faldestolium a change successi- 
vement: 1° olium en euil (voy 
accueillir et aieul) ; 2° al en au 
(voy. agneau) ; sur la chute du d 
dans fau[d)esteuil t voy. occabkr; 
sur la chute de s, voy. abtme. 

Fauteur, du L. fautor (fau- 
teur). 

Fautifc deriv6 de /aufe (voy. 
ce mot). 

Fatcve, anciennement falve f 
en provencal falb, en italien faWo t 
mot d'origine germanique (alle- 
mand /aM>,fauve). Sur b devenu v, 



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f£e 



233 



FEM 



y. avant; sural devenu au, voy. i 
neau. — D. fauvette. 

1. Fattae, adj., du L. falsus I 
ux) parle changement: 1° de 
en au y voy.. agneau; 2° de * en 
(voy. deux). — D. fausset, mot 
•m6 de faux, a 1'imitation de Pi- 
ien falsetto, fausse voix. ' 

2. Fattae, du L. /czlcem (faux): ' 
r a* devenu au , voy. agneau; 
re devenu*, voy. agencer; sur 
levenu of, voy. deux. | 
raveur , du L. favorem (m. s.) . ; 
D. difaveur. ! 
Favorable* du L. favor dbilis 

. s.) . — D. de" favorable. ! 

fFavorl, de Pitalien favorito 

vori). — D. favoruer, favor i- ' 

me. 

[- Favorite ,de Pitalien /avorito I 

vorite). 

Feal.du L. /Weto (fidele) par 

chute du d medial (voy. acca- 

r), etle changement: 1° de i 

i (voy. admettoe) ; 2° de c en a 

y. amender). 

Febrifuge, du L. febrifugia 

ante febrifuge). 

Febrile, du L. febrilis (m. s.). 

Fecal, du L. fecalis (m. s.). 

Feces, du L. fecem (m. s.). 

pecond , du L. fecundus(m. s.). 

Feconder, du L. fecundate 

. s.). — D. ficondant, ficonda- 

n. 

Feeondlte, du L. fecunditatem 

. s.). 

recule, du L. faecula (tartre, 

i. — D. feculent. 

Federal, du L. foederalis* d6- 

b defcedus (alliance). 

Federation , du L, fcederatio- 

n (m. s.). — D. fidiratif. 

pederer, duL. fcederare (faire ' 

ance). — D. fidiri (substantif 

ticipial). I 

Fee, proprement 6tre surnatu- 

qui (suivant la mythologie du 

yen age) preside a nosdestinees, 



comme les Parques chez les an- 
ciens. Fie, qui esten portugais fada, 
en italien fata, vient du L. fata 
(fee, dans une inscription contem- 
poraine de Diocletien ; fata est 
proprement celle qui preside a nos 
destinies, a notre fatum. L'inscrip- 
tion donne fata pour parca, ce 
qui ne laisse aucun doute sur le 
sens exact de cette forme popu- 
late). 

Fata a donne fie par le chan- 
gement de ata en ie (voy. am- 
poult). — D. fierie, fierique. 

FeiatoVe, du L. fingere (fein- 
dre). Sur ingere devenu eindre, 
voy. ceindre. — D. feinte (sub- 
stantif participial, voy. absoute), 
ftintxse. 

Fefet* , du L. fissulare* (derive 
de fissus, fendu) par la chute re- 
guliere de ti, fiss{H)lare (voy. at- 
cointer) d'ou fiss'lare qui a donne 
fesler puis filer par le changement 
de t en e (voy. admettre) , et la 
chute de * (voy. abime). — D. f&- 
lure. 

vellelte , du L. felicitatem 
(m. s.). 

Fellclter, du L.felicitare (ren- 
dre heureux, dans Donat). — D. 
felicitation, 

Fella, du L. felinus (de chat). 

Felon 9 du L. feUonem* (felon) 
qui est dans les Capitulaires de 
Charles le Chauve. L'origine du 
mot latin e?t inconnue.— D. filonie. 

f Felouque, de Pitalien feluca 
(felouque). 

Femelle, du L. femella dimi- 
nutif de femina (femelle). 

Femlnln, du L. femininus (fe- 
minin). 

Femme, duL. femina (femme) 
par la chute reguliere (voy. p. 
lxxxi) de PI; et le changement ae 
fem'na en femme par Passimila- 
tion de mn en mm (voy. allumer), 
— D. femmelette. 



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FER 



234 



FER 



Femur, du L. femur (cuisse). 

— D. fimoral. 

Fenafeott ,du L. fcenationem* 
(derive de fcenare*, faire du foin). 
Sur a? devenu e, voy. p. lxxxvi; 
ationem est devenu aison par l'at- 
traction de Ft et l'adoucissement 
du t{voy agencer). 

Fendre, du L. findere (fendre) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxh) de jind{&)re en find're ; 
sur t devenu et, voy ccinture). — 
D. fente (substantif participial, 
voy . absoute) , fendiller. 

Fenetrei anciennement fe- 
nestre, du L. fenestra . (fen&tre) 
par la chute de s (voy. abime). 

Fettif , du L. foenile (lieu ou 
Ton serre le foin). 

Fettotcif, du L. foenuculum 
(forme secondaire de famiculum 
fenouil), par lechangement : 1° de 
a en e (voy. p. lxxxvi) ; 2° de 
uculum en ouille (voy. dbeille). — 
D. fenouillette. 

Fettle, voy. fendre. 

Feodai, du L du moyen age 
feodalis (qui concerne les /ie/fr; 
Voy. ce mot).— D. fe'odalite'. 

Few, du L. ferrum (fer). — D. 
ferrer, ferrage'ferrement, (errant, 
ferrure, ferratlle, ferret, ferriere, 
ferronnier, ferronnerie, enferrer, 
diferrer. 

Fer-bianc, fer doux r6duit en 
lames minces, et plonge dans de 
Tetain en fusion, qui couvre le 
fer d'une couche blanche. — D. 
ferblantier (voy p. xci). 

Ferle, du L. ferix (jou/s fends). 

— D. firiii firial. 
Ferle, voy. fine. . 
Ferir, du L ferire (frapper). 

Sans coup f&rir, c'est-a-dire sans 
frapper un seul coup. 

f verier, terme de marine, de 
anglais to furl (ferler) — D. d4- 
ferler. 

Fe**mail, du L. firmaculum* 



(fermoir , dans la latinite du 
moyen age). Suri devenu e, voy. 
admettre; sur aculum devenu at J, 
voy abeille. 

1. Fetttte, (adj. , du L. /irmiu 
(ferme) Sur i devenu e, voy. afl- 
mettre. — D. affermir. FermeU 
vient du L. /trmttafem (m. s.). Sur 
i devenu e, voy. admettre; sur 
, atem devenu e*, voy. abbe". 
I 2. Fet»me,proprementconven- 
j tion de louage ( en particulier 
! louage des domaines ruraux, et 
par une extension de sens: les do- 
maines ruraux donnes a ferme ; 
1 d'ou le sens d'habitation au fer- 
mier). 

| Ferme, au sens de convention 
estleL. /trmus(cequi estconvenu, 
| arr6t£) Sur i devenu e, voy. ad- 
mettre. — D. fermage, fermier, af- 
fermer. 

1 Ferment, du L. fermentum 
1 (m. s ). — D. fermentatif. 
| Fermentation, du L fermen- 
■ tationem* derive de fermentatus 
' (fermente). 

I Fermenter, du L. fermentare 
(fermenter) 

Fe rm e r, du L.firmare (fermer; 
firmare a le sens ae claudere dans 
Isaie xxxiii, 15 : et firmans ocu- 
los suos , ut ne videat. ) Sur i de- 
venue, voy. admettre.— D. fermoir, 
enfermer, fermeture. 
Fewtnete, voy ferme 1. 
Fertnier, voy. ferme 2. 
Feroee, du L. ferocem (farou- 
che). 

Feroelte, duL. ferocitatem (fe- 
rocite). 

Fetf ail le, voy. fer, — D. fer* 
railler, ferraiueur. 

Ferruglneiix. du L. ferrugi* 
nosus (derive de ferruginem). 

Fertile, du L. ferttlem (m. s.J. 
— D. fertiliser, fertilisation. 

Fertility % du L. fertilitatem 
(m. s.). 



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FEU 



235 



FIA 



Ferule, du L. ferula (ferule). 

?ervent, du L. ferventem 

uillant). 

'erveur, du L. fervorem (cha- 

f). 



?, du L, fissa (de fissus, 
tic. de finder e, fendre). 

Festln, de 1'italien festino 
tin). — D. festiner. 
'estlral, duL.festivalis*, de- 
j de festivus (gai) . 

Featen, de 1'italien festone 
ton). — D, festonner. 
<>f^oyer, du L. festicare* (de- 
: de festum fele); sur la chute 
; medial, voy. affouage; sur t 
enu ot, voy. ooire. 
»*e<e, anciennement feste, du L. 
2 (pi. de festum fete) ; sur la 
te de s, voy. ablme. — D. 
r. 

Fetiche, nom que les Portu- 
» donnerent aux idoles grossie- 
qu'adorent les populations des 
>s occidentals de TAfrique. F4- 
e est le portugais feitico (teti- 
l . — D. fe'tichisme. 
etlde, du L fetidus (m. s.). 
Utiditt. 

etu 9 anciennement festu, en 
bengal festuc, du L. festucus 
me masculine de festuca, fetu). 
ucus devenu w, voy. ami; sur 
hute de s, voy. abime. 

Fettj du L. focus (feu) : sur 
hute au c, voy. ami; sur le 
igement de oeneu,voy. ac- 
ttir. 

Fet»(adj 4 ), anciennement feu 

feminin fetide dans Saint 
:is), du L. fatutus* (derive de 
m, sort; feu signifie propre- 
t qui a accompli sa destinee). 
)utus perdant son t medial 

abbaye) et changeant utus en 
•oy. atgu), a donne fau % d'oa 
par l'adoucissement de a en e* 
r . acheter). 

5, du L feudata- 



rius* (m. s.)', terme de droit 
feodal derive de feudum (fief). 
Pour P6tymologie de feudum, voy. 

M- 

Fendlste, du L. feudista* de- 
rive de feudum (voy. fief). 

Feuille. du L. /bit a (pi. de /b- 
Jtum feuille) : sur le changement: 
1° de it en il, voy. a# ; 2° de o en 
en, voy. accueilhr. — D. feuillage, 
feuiller, feuitte'e, feuillu. feuillai- 
son , feuillet, feuilleter, feuille ton. 

Feirffferte, origine inconnue. 

Fetcr »•«, en esj)agnol forro, en 
italien /bdero , mot d'origine ger- 
manique (vieux scandinave fodr* 
fourrage). Pour le changement de 
dr en rr, voy. arriere ; pour celui 
de o en eu, voy. accueillir. 

Weutwe^ anciennement feltre, 
en italien feltro, du L. /tltrum* 
feutre, dans les textes du moyen 
&ge ; pXtrum est* d'origine germa- 
nique (neerl. vilt, all. filx, feutre). 

Filtrum a donne feUre puis feu- 
tre par le changement : 1° de i en 
e (voy. admettre) ; 2° de et en eu 
(voy. agneau) . — D. feutrer, feu- 
trage. 

Ffet>e, du L. /aba (feve) ; sur a 
devenu c voy. acheter; sur & de- 
venu v, voy. avant. — D. ftverole. 

Fevrier, du L. februarius (fe- 
vrier) par la reduction de ua en a 
(voy. p. xc), et le changement: 
1° ae b en t> (voy. avant); 2° de 
arius en ier(voy. dnier). 

F<, onomatopee (voy. p. lxv). 

Fiacre, mot d'origine histori- 
que (voy. lxiv) : il date de 1640, 
epoque ou furent introduites les 
premieres voitures de louage qui 
stationnaient k l'Hdtel de Saint- 
Fiacre: Menage ecrivait en 1650: 
« Fiacre. On appelle ainsi d Pa- 
« ris depuis quelques anne'es un car-: 
rosse de louage, & cause deV Image 
« Saint Fiacre qui pendoit pour 
*enseigne d un logis de la rue 



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FIE 



236 



FIE 



t Saint- Antoine, ou on louoit ces 
• sortes de carrosses. Cest dont je 
« sim Umoin oculaire. » 

Fiancer , en italien fidansare, 
du L. fidantiare* (fiancer, dans 
certains textes latins du moyen 
flge; fidantiare derive par /idaneta, 
de fidantem oartic. de fidare*, 
voy. au mot /fer). 

Ft(d)an*iare a donn6 fi-ancer : 
1° par la chute du d medial (voy. 
accabler) ; 2° par le changement 
de tiare en cer (voy. agencer). — 
D. fiance'e, fianpaiiles. 

Fibre, du L. fibra (fibre). — D. 
fibreux, fibrille, fibrine. 

Ficelle, du L. jtlicellum* (di- 
minutif de filum, nl) : fil(l)ceUum 
contracts regulierement (voy. ac- 
cointer) en fiVcellum a donne fil- 
ceUe* puis ficelle. — D. peeler. 

Ficher, du L. figicare* (derive* 
de /ipere, ficher, enfoncer) par la 
contraction reguliere de fig(l)care 
en fig'care (voy. occotntcr) d'ou 
/icfar par le changement de ca en 
the (voy. acharner et ac/ieter). — 
D. /te/ie (substantif verbal), fichu. 

Flctlf, du L. fictivus* derive de 
/Ictus (suppose). 

Fiction 9 du L. fictionem (action 
de feindre) . 

FldelcommU, du L. fideicom- 
missum (m. s.). 

FldeJuMenr, du L. fidejussor 
(garant). 

Fiddle, du L. fidelis (m. s.). 

Fldellte, du L. fidelitotem 
(m. s.). 

Flduclalre, du L. fidueiarius 
(fiduciaire). 

Fief, au onzieme siecle fied; 
dans la basse latiriite feodum, de 
Pancien haut allemand feod (biens. 
avoir, propr. betail). Feod a donne 
fief par le changement : 

1° de eo en ieu (pour le detail 
de cette permutation, voy. au mot 
diet*) ; ieu (qu'on trouve dans la 



forme fieu que donnent plusieurs 
textes du moyen age) se reduit 
d'une maniere tres-insolite a ie; 

2° de d en f; cette resolution 
d'une dentale en labiale se re trouve 
dans soif (sitis), jutf (judaeus), 

I veuf (viduus), mazuf (modus) et 

J dans tous les noms de lieu nor- 
mands terminus en beuf qui de>i- 
ventd'un type latin bodus : Marbeu/ 
(Marbodus), Paimbeu/" (Pambo- 

' dus) ; etc.... — D. fiefft : ce mot 
sigmfie anciennement : qui pos- 
sede un fief* un huissier fieffedi- 
sait-on sousrancienne monarchie. 
Ce mot est devenu posterieurement 
un adjectif destine a renforcer une 
appellation injurieuse : un coquin 
fieffe", un ignorant fieffe", etc. 

Fief, du L. fei (fiel). Sure 
devenu ie, voy. arriere. — D. en- 
fieller. 

Fiente, en provencal fenta, 
en Catalan fempta, du L. fimitus* 

| (derive de fimum fumier, fiente). 

I Fim(f)tus contract^ suivant la 
regie (voy. p. lxxxi) en fim'tum, 

I change d'abord ien e (voy. admet- 
tre), puis cet e en \e (voy. ar- 

1 riere) ; sur m devenu n, voy. 
changer. — D. fienter. 

Fiew, en espagnol fiat, en ita- 
lien fidare; du L. fidare* (fier, 
dans un texte du treizieme siecle : 
habeani perfectam fidem , ita 
ut omnes .. possint se in illis 
fidare.). 

Sur la chute du d medial fi(d)are, 
voy. accabler. — D. difier, con* 
fier, me" fier. 

Fie*) du L. ferus (farouche). 
Sur e devenu ie t voy. arriere. 

Fiewte* du L. feritatem (natu- 
rel faroucne) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de ferQ) 
tatem en fer'tatem puis fierti par 
le changement : 1° de e en te 
(voy. arriire); 2° de aiem en* 
(voy. abbe). 



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FIL 



237 , 



FIN 



F&we, du L. febris (fievre) 

r le changement : 1° de e en ie 
>y. arrive); 2° de b en t? (voy. 
ant.). — D. fidvreux. 
Fl/*fe, mot d'origine germani- 

e {pfiffer, fifre, dans les patois 

emands de la Suisse). 
riser, du L. figere (fixer). 
| Flgue, mot venu, dans sa 
rme actuelle, du provencal figa 
guej qui est le L. fica (forme 
minine de ficus figue). L'ancien 
mcais disait correctement fie 
>ur ji(c)a (voy. 'affouage). — D. 
/uter. 

Figure, du L. figura (m. s.). 
• D. figurine , figuratif. 
Fignrer, du L. figurare (figu- 
r). — D. figurant, configuration, 
ifigurer, trans figurer, figure" (sub- 
antif participial.). 

Fil, du L. /Mum (fil, et aussi ' 
an chant de rep6e dans Ennius). | 
- D. /iter, jileur, fileuse, /i/on- ! 
t^re, enfiier, faufiler, ef filer, af- j 
ler; file proprement rangee sui- | 
ant un fil, d'ou filer, defiler); 
let, fliere, filoche, filon, filasse, \ 
lanareux (de jUandres, derive , 
e filer), plage. \ 

Filament, du L. filamentum* 
;ife de filare, filer, verbe duquel 
n a tire aussi les formes non 
lassiques filator 1 ', filatura* qui 
nt donnS respectivement filateur 
t filature). — D. jilamenteux. 

FlUteur, voy. filament. 

Filature, voy. filament. 

Itlllal, du L. fitialis (m. s.). 

Filiation, du L. filiationem 
m. s.). 

Fiffene, voy. fil. 

j FUlgrane, venu de Titalien 
digram (filigrane). 

Fllle, du L. filia (fiUe); sur 
to devenue lie, voy. ail. — D. 
Ulette. 

Filfettl ? du L. filiolus (dimi- 
mtif de /iJius, fils. On a vu aux 



mots commeWe, compare, mar- 
raine et parrain que l'Eglise a 
donne le nom de pere et celui de 
mere aux personnes qui tiennent 
un enfant sur les fonts baptis- 
maux; elle a donng, de meme, le 
nom de filiolus, c'est-a-dire de 
fUs cheri a l'enfant qui a ete l'ob- 
jet de cette ceremome. 

Sur olus devenu tul, voy. aieul; 
sur It devenu 11, voy. ail. 

FtfocAe, voy. fil. — D. efflo- 
cher. 

Filon, voy. fil. 

t Filoselle, de Pitalien filu- 
gello (ver a soie) . 

Fiffotc. origine inconnue. — D. 
filouter, plouterie. 

Fil#, du L. filius (fils); sur la 

Sersistance de s, voy. Grammaire 
listorique de la langue francaise, 
p. 153. 

Flltre, du latin pharmaceutique 
du moyen age filtrum (linge ou 
etoffe, et originairement morceau 
de feutre, a travers lequel on fait . 
passer un liquide pourle clarifier: 
filtrum signifie proprement feutre; 
pour l'etymologie de fUtrum voy. 
feutre). — D. filtrer, filtration, 
infiltrer, 

1. Fiit(subsOdu L. /inw(fin). 
— D. afin, enfxn. De l'ancien 
verbe francais finer (mener a fin, 
conclure, enfin payer) est venu 
par le participe finant le derive 
finance (proprement payement, 
puis argent comptant). 

2. Fiit (adj.), du L. finiius 
(acheve\ parfait, fini, d'ou par 
extension le sens de raffine, puis 
de ruse) . Sur le deplacement de 
l'accent latin (finltus pour finitus), 
voy. p. cv. — Sur la chute des 
deux dernieres voyelles, voy. 
p. lxxxi. — D. finesse, finaua, 
finasser. finasserie. afp.net, affa 
nage, affineur, rafjiner, raffineur, 
raffinene. 



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FLA 



FLA 



Final, du L. finalis (m. s.). — i 
D. finalitS \ 

Finance, voy. fin. i. — D. 
financer, financier. 

Finasmew, voy. fin 2. 

Finaud, voy. fin 2. 

Finesse, voy. fin 2. 

Fini, voy, /mtr. 

Finiw, du L. /intre (acheverV 

— D. fini (substantif participial), 
de'finxr. 

Fiole, du L. phiala (fiole) ; sur 
p/i devenu f, voy. coffre; sur a 
devenu o d'une mam ere tout a 
fait insolite, voy. taon. 

f.Florltures, de Fitalien fio- 
riture (m. s). 

Firmament, du L. firmamen- 
turn (ciel). 

f Firman, mot d'origine orien- 
tale (du persan firman, ordre si- 
gne" par le Grand Vizir). 

vise, du L. fiscus (fisc). 

Fiscal, du L. fiscalis (du fisc). 

— D. fiscaliti. 

Fissure, du L. fissura (m. s.). 
Flstule, du L. fistula (nstule). 

— D. fistuleux. 

Fixe, du L. fiaus (fixe) . — D 
fixer, fixation, fixite". 

Flaeeldlte, du L flaccidita- 
tem*, de flaccidus (flasque). 

Ftacon, du L. flasconem* 
(bouteille, dans les. textes mero- 
yingiens et carlovingiens ;- citons 
seulementce passage de Flodoard : 
« Vas, quod vulgo flasconem vo- 
cant, vini a se benedicti plenum 
dedit. » Flasconem est un dimi- 
nutif de flasca qui a le sens de 
fiole dans Isidore de SSvillej. 
Flasconem a donne flacon par /a 
chute de s (voy. abime). 

Flagellation, du L. flagella. 
tionem (action de fouetter). 

Flageller, du L. flagellars 
(m s.) . — D. flagellant 

Flageolet, vov. fl&te. — D. 
flageoleri&Q flageol\ voy. flute)* 



Flagomer 7 origineinconnue 
— D. flagornene, flagorneur. 
Flagrant, du L. flagrantem 

(flagrant) . 

Flair, voy. flairer. 

Flairer, dans l'ancien fran- 
cais possede le sens neutre d'ex- 
haler une odeur, du L. fragrare 
(avoir de Podeur) par la reduction 
de gr a r (voy. accueillir), d'ou 
frarare qui a donne flairer par la 
dissimilation de r en I (voy. 
p. lxxvi) etle changement de a en 
at (Voy. aigle). — D. flair (subst. 
vernal), flaireur. 

Flamant, anciennem. flam- 
mant (nom qui a et6 donne a cet 
oiseau a cause de son plumage 
couleur de flamme) . 

Flaw* be (pour fiamble) du L. 
flammula (diminutii de flamma, 
flamme), par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de flamm(n)la 
en flam'la d'ou flamme par le 
changement de ml en mbt (voy. 
dbsoudre) ; sur la chute de I, voy. 
able. — D. flamber t flambeau, 

Flambeau, voy. flambe. 

FIam6er, voy. flambe. — D. 
flamboyer. 

Flambe rge, mot d'origine 
historique, nom de l'epee de 
Henaud de Montauban dans les ro- 
mans de Chevalerie. — Par exten- 
sion ep6e en general 

Flamboyew, voy. flamber. 

Flamme, du L. flamma (m. 
s .). — t). flammiche, tnflammer. 

Flan, tarte, ancien francais 
flaon, en italien fiadone y du L. 
flatonem* (tarte dans Fortunat, 
mot qui derive de flatus, souffte) . 
Sur la chute du t medial flla{t)o- 
nem voy. abb aye, 

Flanc, du L. flaccus* (mou, 
foible, proprement la partie molle 
du corps). Une m6taphore analo- 
gue enste dans Tallemand, qui dit 
weiche (flanc), de weich (mou, 



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¥Li 



239 



FLI 



>le) . Sur cette analogic des me- 

lores indo-europeennes. voy. 

xn. 

laccus a donne flanc par l'ad- 

on d'un n (voy. concombre). — 

%anquer, efflanque" 

iandrln, mot d'origine histo- 

le (voy d. lxv), sobriquet 

ne aux habitants des Flandres, 

i homme grand et fluet comme 

Flandrins. 

taneilej origine inconnue 

'fane**, origine inconnue — D 

eur. 

taqwe, mot d'origine germa- 

le (flamand vlaque, mare) 

FIcwque, du L. flaxidus* 
isformation de flaccidus, mou, 
iue) Flaxidus, rSpondant exac- 
snt a flacsidus (voy, p c), 

transpose en flascidus (voy. 
e et p. c), flasquidus, d'ou 
]ue par la chute des syllabes 
es (voy p. lxxxi) 
latter, origine inconnue. — 
atterie, flatteur 
feme, dans l'ancien francais 
, en provencal flag el, en lta- 

flayello, du L flageUum 
u), par la chute du g medial 
)eUum (voy. allier), radoucis- 
jnt de a en e (voy. acheter), 

changement de el en au (voy. 
'au). 

FfecAe, anciennement fles- 

mot d'origine germanique 
yen haut allemand flitsch, 
e) 

Fiecfce (lard), ancienn 
ie, mot d'origine germanique 
3i» fllesk, lard). 
lechi*) du L - fltctere (fle- 
, par le changement. 1° de e 
(voy. accomplir) ; 2° de ct en 
roy alUcher). — D. ftechisse*- 
, fl&chisseur. 
egne, du L. flegma (flegme). 

flegmatique. 
Fletwir (faner), ancienne- 



| ment flestrir, denve de l'ancien 
francais flestre, flaistre (fane). 

1 Flaistre correspond a un L. flac- 
caster* (derive de flaccere; pro- 
prement : 6tre mou, flasque, sans 
vie,d'oii, 6tre fl&ri). Flaccaster se 
reduisant a fla(c)aster et perdant 
le c medial suivant la regie (voy. 
affouage), a donne flaistre par le 
changement de a en ai (voy. ai~ 

^gle) 

i 2. Fletrir (deshonorer, a Fo- 
rigine marquer d'un fer chaud; 
le sens propre est done b ruler, 
dessgeher, ce qui nous permet de 
rattacher le mot a fUtrir 1, qui 
signifie faner, dessecner). — D. fU- 
trissure. 

1 Ffeuf , du L. florem (fleur). 
Sur o devenu eu, voy. accueiUir. 

| — D fleuron, fleurette, fleuriste, 
fleuret, fleuraison. 

I 2. Fffettf de (a), au niveau 

I de. Le mot fleur est ici d'origine 

| germanique (allemand flur t terre- 

' plein) — D. af fleur er, effleu- 
rer. 
WlmmrdelUe* , deriv6 de fleur 

\ de lis (voy. ces mots). 

f Fleuret, mot cr6e* au sei- 
zieme siecle sous l'influence de Pi- 
tali en fioretto (fleuret). 
Fteuriw, du L. florere (fleu- 

: rir) ; sur e devenu i voy. accom- 
plir; sur o devenu eu voy. accueiU 

( Mr. — D. fleuraison. 

Ff etcve, du L. fluvius (fleuve) ; 
sur u devenu eu. voy. beugler. — 

i Flexibility, du L. flexibilita- 

, tern (m s.) 

Flexible, du L. flexibilis 
(m. s.). 

Flexion, du L. flexionem 
(m. s.). 
f Fllbaatler, anciennement 

! fribustier, terme de marine d'ori- 
gine germanique (hollandais Dry- 
buiter, pillard , maraudeur; an- 

i glais, freebooter). 



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FLti 



240 



FOI 



f Flint-glass , de Panglais flint- 
glass (flint, caillou, glass, verre). 

Flocon , diminutif d un radi- 
cal floe * (aui s'est conserve dans 
le provencal floe, flocon), et qui 
est le L. fioccus (flocon) . — D. fio- 
conneux. 

Fioraison, voy. florir. 
i Flore, du L. flora (deesse des 
fleurs). 

Fioreal, derive de florem 
(fleur). 

f Florin, de Pitalien fiorino 
(florin). 

Florir, du L. florere (florir) : 
sur e devenu t, voy, accomplir. — 
D. floraison. 

Flat, du L. fluctus (flot). Sur u 
devenu o, voy. annoncer; sur ct 
devenu t, voy. aff4U t — D. flotter, 
flottage, flottable, floUaison. 

Flotter, voy. flot . — D. flotte 
(substantif Verbal); flottiUe, flot- 
teur. 

Flouj anciennement flo (fai- 
hle), mot d'origine germamque 
(flamand flauw , mtoe sens). Sur 
au devenu o, puis ot*, voy. o- 
louette.— D. /Juet. 

Fluctuation, du L. fluctuation 
nem (m. s.) 

Flnctueux, du L. fluctuosus 
(m. s.). Sur osws devenu eux, voy. 
amoureux. 

Finer, du L. /hxere (couler). 

Fluet, mince, delicat, faible. 
Fluet, qui est dans Lafontaine 

Souet, est un diminulif de flou (fai- 
le. Voy. /lot*. 

Flulde, du L. fluidus (m. s.). 
— D. fluidity. 

Fluor, auj. radical presume de 
Tacide fluorhydrique, — autrefois 
nom que les alchimistes donnaient 
a tous les acides mineraui, a cause 
de leur fluidity, du L. fluorem (etat 
fluide). 

FlMto, anciennement flaute, en 
en italien flauta, substantif verbal 



1 de Pancien verbe flauter (souffle* 
I dans un instrument a vent). Flau- 
ter est le L. flatuare (souffler, de- 
nv6 de flatus, souffle), par trans- 
position de u : flautare pour fla- 
tuare 

Flauta* ou plutdt la forme mas- 
culine flautus* a donne* le dimi- 
nutif flauticlus* (petite fltite), 
qui, consonnifiant to en jo (voy. 
abreger), a cr6e le provengal flau- 
jol, l'ancien fran$ais flajol, flageol 
(petite flute). Ce mot flageol dis- 
parut avec le seizieme siecle en 
nous laissant son diminutif flageo- 
let. — D. fluteur, flutiste. 

Fin vial, du L. fluvialis 
(m. s.). 

Flux 9 du L. fluxus (courant). 

Fluxion, du L. fluxionem (6- 
coulement). — D. fluxionnaire. 

f Foe.terme de marine, du hol- 
landais fok (foe). 

Foetus, du L. foetus (m. s.). 

Foi, du L. (idem (foi). Sur t 
devenu ot, voy. ooire; sur la chute 
du d voy. alouette. 

Foie, en italien fegato, du L. 
flcatum (foie en general dans Mar- 
cel lus Empiricus). Sur le depla- 
cement de l'accent latin (fiedftum 
pour fiedtum). voy. p. cv. Ffc(*)- 
tum perdant alors la derniere syl- 
labe atone (voy. p. lxzxi) se r6- 
duit a pea , qui donne foie, par la 
chute au c medial, fi(c)a (voy. of- 
fouage), et le changement de t en 
ot (yoy. boire). 

Pol**, du L. f cerium (foin). par 
le changement de a* en e (voy. 
p. lxxxvt), puis en ot (voy. ac- 
croire). 

Folre. en espagnol feria, du 
L. feria (roire dans les textes la- 
tins du moyen age : « Quod nuU 
lus in regno potest facere feriam 
sine 1 permissu Regis;* feriae, qui 
veut dire proprement jours feries, 
a pris le sens de foire, parce qu'au 



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FON 



241 



FON 



>yen toe les foires se tenaient 
jours de fttes). Sur e devenu ot, 
j. aceroire. 

Fol#, en provencal fes, en ita- 
1 vece, du L. vice (ibis), par le 
mgement: 1° de v en f (boeuf); 
ie t en ot (voy. boire) ; 3° de c 
s (voy. amitfe*). 

FoUonj abondance, du L. /u- 
%em (action de r6pandre; pos- 
eurement de repandre avec 
ndance, avec profusion). Sur 
evenu oi par l'attraction de Pi, 
. buis, — D. foisonner. 
"of, du L. folium* (fou. dans 
texte latin de 879). Follus si- 
Be proprement qui grimace, 
s'agite sans but; follus doit 
i rapprochg du L. follere (se 
uer, s'agiter), de foUis (gri- 
;e qui consiste a enfler les 
;s comme un ballon ou un 
flet, dans Juvenal). L'idee d'a- 
tion est encore visible dans les 
tions feu toilet, esprit follet. 
. folie, foiled foldtre, folichon, 
er. 
ofafre, voy fou, — D. fold- 

offe, voy, fol. 

olio, mot latin (folio, ablatif 
ylium, feuille). 
offe*, voy. fol. 
ilUcnlalre, de'rive' de folli- 
que Voltaire emploie au sens 
etite feuille de' papier ; foUi- 
est un mot tres-mal forge k 
3 du L folium (feuille). 
tlllcale, du L. folliculus 
t sac), 

tmenter, du L. fomentare 
$ ). — D. fomentation. 
»ttcea* 9 voy. /bnd. — D. 
, enfoncer, aifoncer. 
>ttcie*» 9 voy. /bnds, 
nctlon, du L. /uncftonm 
?.). — D. fonctionner, fonc- 
aire, fonctionnement. 
>tt«f , du L. fundus (fond) par 



le changement de u en o voy. <ra- 
noncer). — D. L'ancienne forme 
francaise 6tait fonds pour le no- 
minatif, d'ou fonser* aujourd'hui 
(oncer. Sur cet s au nominatif de 
l'ancien francais, voy. Grammaire 
Historique de' la langue francaise 
p. 152. Un autre derive est effon- 
drer (voy. fondriire). 

Fondamental, du L. funda- 
mental* derive de fundamentum 
(fondement). 

Fondateur, du L. fundalorem 
(m. s.). 

Fondatlen, du L. fundatio- 
nem* (m, s.). 

fondement, du L. fundamen- 
tum (fondement). 

Fonder, du L. fundare (fonder). 

Foncfre, du L, fundere (fon- 
dre), Sur u devenu o, voy, ahnon- 
cer. Sur la chute de Pavant der- 
nier e, voy. p. lxxxi. — D. fonte 
(substantif participial, voy. ab- 
soute); fonaeur, fondirie, refon- 
dre. 

Fond fiere, d£riv6 de fondrer, 
verbe de notre ancienne langue 
qui a persiste* dans le compose 
effondrer. Fondrer est derive de 
fond; sur Paddition de r (voy. 
chanvre). 

Fonds , du L. fundus (fonds); 
sur u devenu o, voy. annoncer. 
— D fonder. 

Fonglbles, du L. fungibiles 
(m. s.). 

Fonguenx, du L. fungpsus 
(spongieux). 

Fontaine, du L. fontana* 
(derive de fontem, fontaine. On a 
plusieurs exemples de fontana 
dans les textes latins du neuvieme 
siecle.). Sur a devenu at, voy. 
aigle, — D. fontainier. 

Fontanfe, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv). Coiffure in- 
vented par Mile de Fontange en 
1679. 

14 



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FOR 



242 



FOR 



1. Fonte, voy. fondre 

2. f route*, mot venu au sei- 
zieme stecle de Fitalien fonda 
(poche) 

Font*, du L. fontes (derive de 
fons, fontaine; les fonts baptis- 
maux) . 

For, proprement tribunal, du 
L. forum (tribunal) . 

Forage, voy. forer. 

Forain, du L. foraneus* qui est 
du dehors, qui est etranger; — 
foraneus* denve de foras (dehors). 
Les marchands ambulants, sont 
dits forains c.-a-d Strangers, par 
opposition am marchands indi- 
genes. 

For ban, bandit, qui est hors 
la loi, qui est banni (pour retymo- 
logie, voy. ban}. 

f Format, venu du provencal 
forcat (format) qui est le L. for- 
tiatus* (voy* forcer). 

Force, du L. fortia* (force 
dans les Lois Barbares; comme 
dans ce passage de la Lex Bajuva-* 
riorum 11, 5 : St cui Deus de- 
derit fortiam et victoriam). Sur 
le changement de tia en ce, voy, 
agencer. 

Forcene. anciennement for- 
sent, en italien forsennato, pro- 
prement fou furieux, qui est hors 
de sens, compose de for qui est le 
latin fons (hors de), — et de l'an- 
cien francais sent (sense, derive 
de sen qui veut dire raison, juge- 
ment, bon sens, dans notre vieille 
langue. Ce substantif sen est d'o- 
rigine germanique, et correspond 
a l'ancien haut allemand Sin f 
sens). 

Foreep*, du L. forceps (for- 
ceps). 

Forcer, du L. fortiare* (im- 
poser par force, denv6 de fortia* ; 
voy. force). Sur tia devenu ce, 
voy. agencer. — D. efforcer, r en- 
forcer. 



Forces, ciseaux, du L. forpi- 
ces (ciseaux), par la contraction 
rrfguliere (voy. p, lxxxi) de for- 
v[l)ces en forp'ces d'ou forces par 
rassimilation de pc en c (voy. 
caisse). 

Forctore, du L. foris et dan- 
der e, proprement exclure de. Pour 
les changements de lettres, voy. 
clore. 

Forer, du L. forare (m. s.). — 
D. forage t foret 

Foremt%er, deriv6 de forest 
forme ancienne du mot forit. 
Pour l'Stymologie, voy. forH. 

Foret, voy. forer. 

Foret, ancienn. forest, du L. 
forestis* (qui a dans les textes 
carlovingiens le sens d'emplace- 
ment non clos, et sur lequel le 
droit de cbasse est reserve. Au 
bois clos de mur, au parens, 
les textes du moyen age opposent 
la forestis le bois non clos, mais 
dans lequel le proprietaire a seul 
le droit de chasse : forestis derive 
de foris (hors de, c.-a-d. non clos). 
Un texte du moyen age fait nette- 
ment sentir la difference de la /b- 
restis et du parens : « Forestis est 
ubi sunt ferae non inclusae; par* 
cus locus ubi sunt ferae inclusae. » 
Du sens special de bois non clos 
de mur , forestis est venu a desi- 
gner toute espece de bois). 

Pour le changement de forestis 
en forH, voy. abime. 

Forfaire, du L, foris (en de- 
hors de) et facer e (agir) , propre- 
ment commettre des actions con- 
traires a l'honnfitete, agir crimi* 
nellement. Pour le changement de 
lettres, voy. faire. — D. forfaU 
(subst. participial), forfaiture. 

1 ForfaU, voy. forfaire. 

2. ForfaU (a), proprement a 
prix fait, du L. forum factum* 
(de forum prix, et de factum fait). 
Pour les changements de lettres, 



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FOR 



243 



FOU 



voy. fait. Quant au sens de prix, 
donne a forum , en voici des 
exemples tires des textes latins du 
moyen age l * Quod victualia eis 
vendantur et tradantur ad ratio- 
nabilem forum. » (Ordonn. des 
Rois de France); et dans un texte 
de 744 * Ut per omnes civitates 
legitimum forum et mensura fiat, 
secundum abundantiam temporis. 
f Forfanterle, venu de l'ita- 
lien furfanteria (fanfaronnade). 
Forge, en provencal faurga, 
du L fabrica (forge) par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de fdbrtyca en fabfca et par le 
changement . 1° de br en ur (voy. 
aurone) d'ou faurca ; 2° de c en g 
(voy. adjuger), d'ou faurga puis 
forge par le changement de au en 
o (voy. alouette). 

Forger, en provencal faurgar, 
du L. fabricare (forger) par la 
contraction reguliere (voy. accoin- 
ter) de fabr(i)cdre en fabr'care. 
Pour les changements de lettres, 
voy. forge. — D. forgeron; for- 
geur. 

Forjeter, de for (L. foris, 
hors de) et jeter. 

FormaHte, voy. formel. 

Format, du L. formatus (qui 
a une certaine forme, une cer- 
taine dimension). 

Formatenr, du L. formatorem 
(m. s.). 

Formation, du L. formation j 
nem (m. s.). j 

Forme, du L. forma (m. s.). | 

Formel, du L. formalis (qui ■ 
sert de type). — D. formalite 1 , for- 
malisme, formaliste, se formali- 
ser. 

Former, du L. formare (m. s. ). 

Formidable, du L. formida- 
bilis (m. s.). 

Formule, du L. formula (for- 
mule) —Jy.formuler, formulaire. 

Fornlquer, du L. fornicari 



(m. s.). — D fornicateur, fornix 
j cation. 
I Form, du L. foris (hors de). 

Fort, du L. fortis (m s.j. — 
I D. fort (substantif), fortin. 
I f *©rte, de ritalien forte 
(fort). ' 

I Forteresse, en provencal for- 
i talessa, en espagnol fortaleza* du 
L. fortalitia* <citadeile, deriv6 de 
fortis au sens de fort, d'ouvrage 
fortifie. On lit dans un chroniqueur 
latin du treizieme siecle • « Con- 
I sules occurrebant et regi fortalitia 
I tradebant. ») 

I Fortalitia a donne forteresse par 

j le changement : 1° de I en r (voy. 

j apdtre); 2° de a atone en e (voy. 

acheter) ; 3° de tfta en esse (voy. 

p. 31, col. I, ligne 45). 

Fortification, du L. fortifica- 
tionem (action de fortifier) . 

Fortifier, du L. fortificare 
(m. s,). 

Fortnlt,duL fortuitus (m&ne 
sens). 

Fortune, du L. fortuna (for- 
tune) . — D. infortune. 

Fortune, du L. fortunatus 
(m. s ). — D. infortune'. 

Fosse, du L. fossa (fosse). — 
D. fossette, fossoyer. 

Fosse, du L fossatum* (foss6, 

derive de fossa, fosse. Fossatum 

est dans la Lex Longobardorum , 

Si quis fossatum in terra alterius 

j fecerit. ) Sur alum devenu e" t voy. 

I ampoule. 

Foaslle, du L. fossilis (qu'on 
tire de la terre, proprement en- 
/but). 

Fossoyer, voy. /owe. — D. 
fossoyeur, fossoyaye. 

Fow, adoucissement de fol 
(voy. ce mot). Sur le changement 
de I en u, voy. agneau. 

Fouaee, galette cuite sous la 
cendre, en provencal fogassa, 
en italien focaccia, du L. focacia 



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FOU 



244 



FOU 



(forme feminine defocaehu % cuit 
sons la oendre: • Subctnerieius , 
court eoctus et reversal** ipse est 
et focacius, • dit Isidore de Seville. 
Foeaetus est un derive de focus, 
foyer). 

Fo{c)acia a donne {ounce par la 
chute dn c medial (voy. affouage) 
et par le changement : 1* de o ea 
ou (voy. affouage) ; 2* de cia en 
te (voy. ogencer). 

Ftiifte, en provencal fo- 
guatge, du L. focaticum* (rede- 
vance exigee pourchaque fen; de- 
rive de focus, fen. On lit dans un 
texte cite par Ducange: * Forma 
litter arum qux mittitur prxdictis 
super focatico. >) 

Poor le changement de focaticum 
enfouage, voy. affouage, 

WmmmUter, voy. /btcef. 

1. + Yewdbre, tonneau, de fal- 
iemand Fuder (tonneau). 

2. Fomlre, ancienn. foldre, 
da L. /Wjpir (foodre), par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de fulg(u)r en fulg'r d'ou fuVr 
par la reduction de gr a r (voy. 
accueiUir), fuVr a donne /bWre 
par le changement : 1° de n en o 
(voy. owioncer) ; 2 # de Jr en Idr, 
(voy. adsoudre), FoWre adoucit oi 
en ou (voy. agneau), d'ou foudre 
— D. foudroyer. 

Fotiel, proprement faisceau de 
verges pour fouetter, faisceau de 
petites branches, de baguettes, di- 
minmif de /bu (proprement bran- 
ches de hetre, puis branches en ge- 
neral). L'ancien francais fou. qui 
est a l'origine fau, d6rive du L. /a- 
gus (hetre) par le changement: 
l*de a en au, puis o (voy. toon et 
alouette)\ 2* par la chute du £ mi- 
dial (voy. outer). — D. fouetter; 
du primitif /bu derive fouailler. 

Fow^et*, du L. fodicare (fouil- 
ler, creuser) par la contraction re- 
guliere (voy. <Kcointer)en (od'care, 



d'ou /buger par le changement : 
1* de dc en c, puis y (voy. adju- 
Ofr) ; 2*de o en on (voy. affouage), 
W am ger e, dans l'ancien fiin- 
cais feugtre, du L. fdiearia* (de- 

, rive de /Uteem fougere) par la con- 
traction reguliere (voy. oceotnler) 
de /U(i)cdirta en fiVtaria qui est 
devenu ftlgeria par le changement 
de c en y (voy. adjuger) et de a 

, en e (voy. acheter). Ftlgeria est 
dans un texte du onzieme siecle: 
•Dedit perpetuaUter.... pereursum 
centum poreorum m giande et Al- 
geria. » 

Ftlgeria donne felgere par le 
changement de i en e (voy. admet- 
tre) ; par Padoucissement de el en 
eu (voy. agneau). 

f VMgae, de Htalien foga 
(fougue). — D. fougueu*. 

F*ttitfer>, du L. fodtculare* 
(fouiller, frequentatif de fodicare, 
fouiller, creuser) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de /©- 
dxc(ii)lare en fodic*lare. Fo{d)iclare 
perdant le d medial (voy. acca- 
bler) devient fouUler par le chan- 

: gement : !• de el en U ( voy. 

; oftetfte) ; 2* de o en ou (voy. aA 

; fouage). — D. fouitte (sabstanuf 
verbal), fouillis. Pour le compose 
farfouiUer, voy. ce mot. 

1. Fottiate, ancienn. /bttw, a 
l'origine fatne, en italien faina, 

; en Catalan fagina, du L. faqina* 
(martre des hetres, derive de fagus 

| hetre; fagina a le sens de fouine 

. dans cet article dn Concile de Tar- 
ragone : NuUi eanonici vH de- 

[rict.... vestes rubeas vel virides 

J nee forraturas pettium de martis, 

J defaginis.... portare prxsumant. 

J Pour le changement de fagina 
en faine voy. fatne. 

I 2. Fenfiie (fourche) pour 
fouisne, du L. fuscina (trident) 

. par la contraction reguliere (voy. 

i p. van) de pisc{fjna en fut*na x 



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FOU 



245 



FOU 



d'ou fouitne* (voy. buu et accou- 
der), puis /wane (voy. aWww). 

Fowl**, du L. /bdere (fouir) qui 
est deja fodire dans un texle de 
470. Sur le changement de /bdere 
en/bdire, voy. accowrtr; /b(d)erea 
donne /butr; 1* par la chute du d 
medial (voy. accabler); 2° par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage) et de e en t (voy. accom- 
plir). 

Foulard, origine inconnue. 

Fotcle, voy. f otder. 

Fouler, en italien foUare, du 
L. fullare* (fouler; le latin classi- 
que ne possedait que le derive fxd- 
tonem foulon). Sur u devenu ou 
voy. accouder. — D. foule (sub- 
stantif verbal), fouleur, /bulerte, 
foulure, refouler. 

Fotcfoat, du L. fuUonem (fou- 
lon). Sur u devenu o, voy. accou- 
der. 

Fcmfgtce, du L. /utt'ca (foul- 
que), par la contraction reguliere 
fvoy. p. lxxxi) de fultfica en fuVca; 
foulque par le changement de u en 
ou (voy. accouder). 

Fotcf , anciennement for, a Po- 
rigine forn, en italien forno, du 
L. furnus (four) par le change- 
ment : 1 # de u en o (voy. armou- 
rer), puis de o en ou (voy. affouage; 
2° de rn en n (voy. auoour). — D. 
de l'ancienne forme du xnoyen age 
fournel (d'ou fourneau ; sur ei de- 
venu eau, voy. agneau),fourne'e t 
fournier, (ournage x fournil, en- 
fourner 

t Fourbe, venu au seizieme 
siecle de Htalien furbo (fourbe) . 
— D. fourbe (substantif), fourbe- 
rie. 

Fourbiw, mot d'origine ger* 
manique (ancien haut allemand 
[urban, fourbir) : sur u devenu ou 
(voy. accouder). — D. fourbissage, 
fourbiiture, fourbisseur. 

Fourbu, anciennement forbu, I 



participe de l'ancien verbe fran- 
cais forboire (boire avec ezces). 
On croyait que la maladie des 
chevaux, nominee fourbure, 6tait 
causee par un exces de boisson 
apres une longue course. 

Pour l'etymologie de forboire, 
voy. botre; for est le L. forts 
(hors de). Pour le changement de 
forbu en fourbu voy. affouage. 

FotcfcAe, du L. furca (four- 
che) par le changement : 1° de 
u en ou (voy. accouder) ; 2 9 dec 
en ch (voy. acharner). — D. four- 
chette, fourchon, fourchu, four- 
cher, fourgon (outil pour attiser 
le feu). 

Fourgom (chariot), origine 
inconnue. 

Fott**mi, ancienn. fermi, du 
L. formicus* (forme masculine de 
formica fourmi), Sur icus devenu 
t, voy. ami; sur o devenu ou, 
voy. affouage. 

FoM»*miffe**, du L. formicu- 
lare* (derive* de formicula, fourmi 
de petite taille dans Apulee) par la 
contraction reguliere (voy. accoin- 
ter) en formic r lare; d'ou fourmiU 
let par le changement : 1° de o en 
ou (voy. affouage) : 2° de cl en il 
(voy. abeille). — D. fourmili&re, 
fourmillement. 

Fouwn*Ulot%) du L. formicu- 
Umem* (derive* de formicula). 
Pour les changements de lettres, 
voy. fourmiller. 

Fouwnaise^ en italien f ornate, 
du L. fornacem (fournaise). Sur o 
devenu ou, voy. affouage ; sur c 
devenu *, voy. amitU; sur a de- 
venu at, voy. atflfie. 

FoMftteatc, voy. four. 

Foni^iee, voy. /bur. 

FoMmier, voy. four. 

Fot*tttif, voy. four. 
FoMtttl**, anciennement fornir, 
en provencal/omiret/Votmr, mot 
d'origine germaniq'je (v. h. alle- 



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FOU 



246 



FRA 



mand frumjan, fournir, procurer). 
Le radical germanique, par le 
changement de u en o (voy. an- 
noncer) donne d'abord fromtr, gui 
passe a formir par la transposition 
de r (voy. dprett), d'ou fornir par 
le changement de m en n (voy. 
changer); fornir adoucit enfin o en 
ou (voy. affouage). — D. fourni- 
ment, fournisseur, fournUure. 

Fourrape, anciennement for- 
rage y derive de l'ancien frangais 
forre (fourrage), qui est fodrum 
(fourrage) dans les textes carlo- 
vmgiens. On lit dans une Charte 
de Louis le Pieux, a l'annee 796 
« Inhibuit d plebetis.... annonas 
mtlitares quas vulgo fodrum vo- 
cantj dart. » Fodrum est d'origine 
germanique et correspond au go- 
thique fddr , qui a le meme 
sens. 

Fodrum a donn6 forre par le 
changement de dr en rr (voy. ar- 
rive), d'ou le derive forrage qui 
est devenu fourrage par le chan- 
gement de oen ou (voy. affouage). 
— D. fourrager, fourragere , four- 
rageur. 

Foumeau , anciennement 
fourrel tpour le changement de el 
en eau, voy. agneau). Fourrel est 
le diminutif de l'ancien francais 
fourre (fourreau). Fourre est d'o- 
rigine germanique ; et repond au 
gothique fodr (fourreau) par le 
changement ; l c de dr en rr (voy. 
arrttre) ; 2° de o en ou (voy, af- 
fouage), — D. de Pancienne forme 
fourre (fourreau) , est venu le 
verbe fourrer (proprement mettre 
comme dans un fourreau). 

Foiirrer, voy. fourreau. — 
D. fourre' y fourrure , fourreur. 

Fotct*t*iev, autrefois officier 
charge de pourvoir aux logements 
et aux vivres , a Pongine celui qui 
allait au fourrage ; fourrier vient 
du L. fodrarius* (charge du four- 



rage, dans les textes carlovin- 
giens ; bornons-nous, comme exem- 
ple, a cette phrase d'Hincmar, opus. 
5 : « De coercendis militum rapi- 
nis; Et mitte homines secundum 
consuetudinem praedecessorum ves- 
trorum, qui in longius pergant 
propter fodrarios. » Fodrarius de- 
rive de fodrum fourrage, mot dont 
on trouvera P&ymologie au mot 
fourrage). 

Fodrarius a donne fourrier par 
le changement : 1° de o en ou (voy. 
affouage); 2° de dr en rr(voy. ar~ 
riere), 3° de arius enter (voy. 
dnier) Le lieu ou logeaient les 
fourriers se nommait fourri&re, et 
ron a posterieurement appliqu£ 
cette denomination a Pendroit oft 
les animaux errants sont recueillis 
et nourris pendant un certain laps 
de temps. 

Fourrure, voy. fourrer. 

Foumoyew, ancienn. for- 
voyerj marcher hors du chemin, 
compose de for (du L forts, hors 
de) et de voyer (deriv6 de vote). 
Sur o devenu ou, voy. affouage. — 
D. fourvoiement. 

Foyer, du L. focarium (de- 
rive de focus, feu) ; on lit dans 
un Glossaire latin du moyen age : 
Igntarium : focarius locus in quo 
fit ignis. 

Fo(c)arium , perdant le c me- 
dial (voy. affouage), devient foyer 
par le changement de artum en 
ter(voy. dnier). 

f Frac, de Pallemand frock 
(m us.). 

f Fracasser, venu au seizieme 
siecle de Pitalien fracassare (fra- 
casser) — D. fracas* 
. Fraction, du L. fractionem 
(action de briser). — D. fraction- 
naire, fractionner, fractionne- 
ment 

Fracture, du L. fractura (frac- 
ture)* — D. fracturer. 



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FRA 



247 



FRA 



Fragile, du L. fragiUs (m s.). 

Fragility, du L, fraguitatem 
(m s). 

Fragment, du L. fragmentum 
(m. s.). 

Frai, action de frayer, voy. 
frayer. 

Frairie, du L. fratria (pro- 
prement reunion, assemble, puis 
fete, partie de plaisir), par le chan- 
gement : 1° de tr en r (voy. ar- 
rtire; 2° de a en ai , voy. aigle 

1. Frais (adj.), en provencal 
/hesc, en italien fresco, mot d'o- 
rigine germanique (anglo-saxon 

{resc, frais); sur le changement: 
• de e en ox puis at, voy ac- 
croire; 2° de se en s (voy. 5ou). 

La forme germanique fresc etant 
latin isee en frescus par les Gallo- 
Romains, le feminin fresea donna 
fresche par le changement de c en 
c/i (voy : ac/iarner); fraische est 
devenu fraiche par la chute de 5 
(voy. abime). — -D. frateheur, frai- 
chir % rafraichir. 

2. Frai*) pluriel de Pancien 
franeais /rait (amende), qui est le 
L. fredum * (amende, dans les lois 
Barbares, comme dans ce passage 
de la Loi des Ripuaires : <* Fredum 
autem non Mi judici tribuat, qui 
cutpam commisit, sed Mi qui so- 
lutionem recipit. »>) Fredum, mot 
d'origine germanique, correspond 
an danois fred, allem. friede 
(paix; proprement amende pour 
avoir trouble la paix publique), 

Fredum a donn6 fratt par le 
changement de e en oi, puis en ai 
(voy. accroire) — D. defrayer. 

1. Frai*e, du L. fragfea (de- 
rive de fragum*, fraise), par le 
changement de ea en ia (voy. o- 
bre'ger); par le changement de gfto 
en se (voy agencer, et cf. gtesier 
de gigrerium, gencive de gingiva); 
sur a devenu ai, voy aigle. — D. 
/roister. 



| 2. f Fratoe, dentelle, venu de 
l'espag. freso (fraise).— D. (raiser. 
3. Fraise (terme de boucherie), 
origine inconnue. 

Framboise, mot d'origine 
germanique (holland. brambexie, 
propr. fruit des ronces). Sur b de- 

' venu v, puis f, changement tout 
a fait insolite au commencement 
des mots, voy. avant et bceuf; sur 
e devenu oi, voy. accroire. — D. 
framboisier, framboiser. 

1. Franc, monnaie, ainsi 
nommee a cause de la devise Fran- 
corum rex qui y etait inscrite. 

2. Franc (adj.), proprement 
Ji&rc, du L francus * (libre, dans 
les textes merovingiens ; sens 
reste" dans franc de port, etc. . . . 
Francus derive de l'ancien haut 
allemand franco , homme libre). 
— D. franchir (se liberer; se de- 
barrasser d'une contrainte, d'un 
obstacle) ; franchise, affranchir. 

Franeais, ancienn, francois, 
du L. francensis * (derive de Franc, 
nom ae peuple, par le suffixe cri- 
sis, qui marque en latin la natio- 
nalite). Francensis, reduisant sui- 
vant ia regie (voy. aine") ns a s, 
devient francesis, d'ou francois, 
par le changement de e en oi (voy. 
accroire), puis franeais (sur oi de- 
venu ai, voy accroire).— D. fran- 
ciser f francisation. 

Franchir, voy. franc. 1, 

Franchise 9 voy. franc. 2. 

f Franco, de ritalien franco 
(libre, sans frais). 

Frangc, ancienn. fringe, en 
valaque frimbie, du L. fimbria* 
(frange); par la transposition de 
IV (voy. dpreti) , fimbria devient 
frimbia, d'ou la forme valaque 
frimbie; frimbia consonnifiant ia 
en ge (voy. abriger), perdant le b 
(voy. abre'ger) donne fringe par le 
changement de m en n (voy. chan- 
ger)-, d'ou frange par le change- 



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FRR 



243 



FRfi 



ment de \n en en, puis an (voy. 
andouille) — D. franger. 

f Franglpane, de 1'italien 
frangipana (m. s ). 

Frappet*, eri prove ncal frap- 

§or, en italien frappare, *du scan- 
inave hravpa (rudoyer, d'ou par 
extension [rapper). Sur le chan- 
gement de hr initial en fr, cf. 
freux (ftrdc), /roc (/iroch), /rimas 
(frrim).— D. frappe (substantif ver- 
bal), frappemeni, frappeur. 

f Frasque, de 1'italien frasca 
(farce). 

Fraternel, du L fraternalis 
(meme sens) . 

Fraternlte, du L. fratemitatem 
(m s.).— D fraterniser. 

\ Fratricide, du L. fratriei- 
dium (meurtre du frere) 

2. Fratricide, da L. fratricida 
(qui a tue son frere). 

Fraude, duL fraudem {m.s). 
— D. frauaer, fraudeur. 

Fraudulent, du L. fraudulo- 
sus (m. s ) 

Fray et*. ancienn. froyer. du 
L fricare (frotter). Pour lecnan- 
gement de icare en oyer, vey. em- 
ployer. Sur oi devenu at, voy. ac- 
croire. — D frai (subst. verbal). 

Froyettr, anciennement fro- 
yeur. du L. frigorem (frisson cause 
par la terreur), Fri[g)orem per- 
dant le g medial (voy. allier) de- 
vient frayeur par le cbangement : 
1° de o en eu (voy. accueUUr); 
2 # de x en ox (voy. boire) qui de- 
vient posterieurement ax (voy. 
accroire). 

Freffoinc, ongine inconnue 

Fre*fottnei*, origine incon- 
nue. — D. fredonnement. 

f Fregate, venu au seizieme 
siecle de 1'italien fregata (frigate). 

Freitt, du L. frenum (frein). 
Sur e devenu ei, devant n, m, 
eomparez : pletn (plenum), rein 
(ren), y«tne (vena), seigneur (se- 



I niorem), serein (serenus) , ver- 
I veine (verbena), getndre (gemere); 
devant d'autres lettres que w, m, 
dans : sdze ( sed'cim ) , tretze 
(tred'cim), seigle (secle*). — D 
e/frene*. 

1 f Frelater , signifie ancienn. 
transvaser ; venu du flamand ver- 
laten (transposer); par la meta- 
these de verlaten en vrelaten (voy. 
dprete") — D frelateur, frelatage. 
I Frefe. ancienn. fraile, du L. 
fragilis'(M\e) par la contrac- 
| tion reguliere (vov. p lxxxi) de 
fragftlis en frag'hs d'ou fraxle 
par le changement de gl en il 
(voy. cailler) Sur ai devenu i, 
voy. p lxxxiii. — D. frelon (pro- 
prement insecte dont le corps est 
frgle et delie). 

Frefott, voy. frile. 

FrefMcAe, origine inconnue. 
— D freluquet 

Frefuque*, voy. freluche. 

FtHzmir, du L. fremere (fr6- 
mir). Sur le changement de con- 
jugaison (fremere au lieu de 
fremere) voy. accourxr. Sur e de- 
venu t, voy. accomplir — D fri- 
missement 

Ffeate, ancienn. fresne, en 
italien frassxno, du L. fraxtnus 
(frene) par le changement regu- 
lier de frazinus en frawinus ( < quo- 
| modo vadit ad caput frassino- 
rum » lit-on dans un auteur cite" 
1 par Ducange). 

Frass(i)nus contracts ( voyez 
p. lxxxi) en frasfnus, donne 
fresne par le changement de a en 
e (voy, acheter). Sur la chute de 
s, voy, abime. 

Frene0fie,duL.pfcre»iem(m.s.). 

Frenetlque, du L. phrenetv- 
cus (m. s.) . 

Frequence, du L frequentia 
(frequence) 

Frequent, du L. (requentem 
(m. s.). 



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FRI 



249 



FRI 



Frequenter, du L. frequentare 

(frequenter). — D. frequentation, 
riquentatif. 

Frhve, du L. fratrem (frere) 
par ie changement . 1° de tr en 
r (voy arri&re) , 2° de a en e 
(voy, acheter). — D. confrere, 
confreri*. 

Fretafe, dans le patois poite- 
vin presate, engascogne bresague, 
du L praesaga* (proprem. oiseau 
de mauvais presage). Sur ae de- 
venu e, voy. p. lxxxviii; sur p de- 
venu f, voy chef; sur, la chute du 
g, voy aWter; sur a devenu at, 
voy. atpte. 

f Freftque, venu au seizieme 
siecle de l'itahen fresco (fresque). 

F»«e«*Mfe 9 origine inconnue. 

Fwt* loyer d'un navire, mot 
d'origine germanique (ancien haut 
allemand freht, m. s.). — D. fri- 
ter, frtteur, affre'ter. 

WretiUer, du L. frictiUare * 

}derivede/Wctore* frequentatifde 
ricare f rotter). Sur ct devenu t 
voy. affeti; sur i devenu e , voy. 
admettre. — D. (rttiUement. 

Frefitt 9 origine inconnue. 

FreUe, origine inconnue. — 
D. fretter. 

Ffetfje, mot d'origine germa- 
nique (ancien saxon hrdc freux), 
pour le changement : 1° de hr en 
ft, voy. frapper; 2° de o en eu (voy. 
Ckccueillir) 

Friable , duL. fnabilis (m.s.), 

— D. friabilite du L. friabilitatem 
(derive de friabilis). 

Friand, voy. frire. — D. 
friandise, ajfriander. 

Wwteandeam 9 origine incon- 
nue. 

Fricassee, origine inconnue 

— D fricasste. 

Vniehe^ origine inconnue — 
D. difricher. 

Fvicot, origine inconnue. — 
P. fricoter, fricoteur. 



Frfetton, du L. frictionem 
(m. s.). — D. frictionner. 

Ffffetcjc, ancien francais fril- 
leux, du L. fngtdulosus (de>iv6 
de frigidulus refroidi). On a vu 
au mot froid que fngidus existait 
dans la langue populaire des Ro- 
mains sous la forme frigdus; ce 

?[ui indique que la contraction de 
cigidulosus en fr\g y dulosus avait 
deja eu lieu dans le latin de la de- 
cadence. 

Frigdulosus r&luisant gd a d 
(voy amande), frid^losvs'se con- 
tracte suivant la regie (voy. ac- 
cointer) en frid'losus d'ou frilleux 
par rassimiiation de dl en 11 puis 
en I (voy. allumer), et par le 
changement de osus en eux (voy. 
amoureux) 

Frinta* , gel£e blanche, de- 
rive de l'ancien scandinave hrim 
(gelee blanche) par le changement 
regulier de hr en ft (yoy. frapper, 
— D. frimaire. 

Fw4n*e 9 origine inconnue. — 
D frimousse. 

Fringaie , dans le patois nor- 
mand frainvaie, corruption de la 
locution faimvaUe (voy. ce mot), 

FfiM£«ntf , derive" de fringuer, 
dont l'ongine est inconnue. , 

Fripe , voy friper, — D. /W- 
pter, frxperie. 

FHpcr, origine inconnue. — 
D. frivon. 

FfijMm, signifie originaire- 
ment gourmand , et derive de /Vi- 
per au sens de manger. — D. /rt- 
ponnerte, friponner, friponneau. 

Ffit*e,du L. frigere (frire) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de /Wgf(e)re en frig're d'ou 
/rir« par la reduction de gr en r 
(voy. accweiMtr) . — D. friand (pour 
friant, participe de frire, comme 
riant de rire\ friand signifie a 
l'origine ce qui est app6t»ssant) par 
une extension asseg forte du sens 



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FRO 



250 



FRO 



primitff. La forme ancienne de 
friand est toujours f riant ce qui 
confirme Petymologie indiquee. 

\ 1. Frlae (architecture, de Pi- 
tahen fregio (frise). 

2. Frise (etoffe de), mot d'ori- 
gine historique (voy. lxiv). Toile 
de la province de Frise. 

3. Frlse (cheval de), de la pro- 
vince de Frise ou ce mode de de- 
fense fut employe pour la premiere 
fois. 

Firisev) origine inconnue. — 
D. frisure, frison, frisotter, d&- 
friser. 

Frisson, anciennement fricon, 
du L. frictionem (frisson dans 
Gregoire de Tours : « Ita sospitati 
est restitutes ut nee iUas, quas 
vulgo frictiones vocant, ultra per- 
ferret). » Pour le changementde 
frictionem en fricon, ou mieux de 
etionem en con voy. facon ; pour 
le changementde fricon en frisson, 
voy. agencer. — D. frissonner, 
frissonnement. 

Friturc , du L. frictura* 
(m. s.). Sur ct devenu t, voy. af- 
ftt&. 

Frlvftle, du L. frivolus (fri- 
vole). — D. frxvoliti, 

Fvoc , dans la basse latinite 
hrobus, de l'ancien haut allemand 
hrock (habit, vehement) Sur hr 
devenu fr, voy. frapper. — D. fro- 
card, defroque, de'froquer. 

Froid, du L. frigdus (que le 
peupledisait a Rome pour frigidus, 
froid. « Frigida non fricda » dit 
V Appendix ad Probum. On trouve 
de meme frtgdor pour frigidor, 
frigdosus pour frigidosus, etc. ..). 
Sur cette* chute de l't, dans frigi- 
dus, voy. p. lxxxi. 

Frigdus a donn6 froid par le 
changement: 1° de gd en a (voy. 
amande) ; 2" de % en ox (voy. 
boire).— D. froideur, froiaure, 
refrotdir. 



Froisser, frotter fortement, 
du L. fnctiare * (derive" de frictus 
participe de fricare frotter, voy, p. 
xxxiii). Sur le changement de 
chare en sser y voy r agencer , sur i 
devenu ot, voy. boire, — D. frois- 
sementj froissure. 

Ft* ofet*, du L. frictulare (dimi- 
nutifde frictare* frequentatif de 
fricare frotter). Frictulare devmt 
fritulare par le changement de ct 
en t (voy. affe"U) % frit(ti)lare con- 
tracts suivant la regie (voy. accotn- 
ter) en friflare, change t en o 
(voy. frotter), d'ou frot'ler qui 
don ne frdler par l'assimilation de 
tl en I (voy. bouleau). — D. /rdfe- 
ment. 

Frontage , anciennement for- 
mage, en provencal formatge, du 
L. formaticum (qui a le sens de 
caseum dans les textes merovin- 
giens et carlovingiens : on lit dans 
les Gloses de Reichenau qui remon- 
tent au huitieme siecle ; « caseum 
= formaticum. » Formaticum si- 
gnifie proprement qui est fait dans 
une forme. Papias cite formaticum 
comme une expression populaire : 
« caseus vulgo formaticum. » Un 
texte du neuvieme siecle cite par 
Ducange dit egalement : Ova man- 
ducant et formaticum id est ca- 
seum. 

Formaticum a donn§ formage 
par le changement de atxeum en 
age (voy. dge); puis fromage par 
la transposition de r (voy. dpreU). 
— D. fromager, fromagerie. 

Frownent , du L. frumentum 
(ble). Sur u devenu o, voy. annon- 
cer. 

Froneer^ proprement contrac- 
tor, rider le front, du L. frontiare* 
(derive" de frontem front)* Sur ttare 
devenu cer voy. agencer, — D. 
fronce (substantif verbal) , fronce- 
ment, fronds, de'froncer. 

Fronde $ du L. funda (fronde) 



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FRU 



251 



FUN 



par le changement de u en o (voy. 
annoncer) et l'intercalation d'un r 
(voy. chanvre). — D. fronder, 
frondeun 

Ffott*,duL. frontem (front). 
-~D. frontal, fronteau, fronton , 
affront , affronter, conf router, ef- 
fronU, eflronterte, 

Ffotttffefe, du L. fronteria* 
(limite de deux pays, dans les tex- 
tes du moyen age, proprement li- 
mite ou deux pays se regardent 
front a front ; derive de frontem 
front). Sur e devenu ie, voy. ar- 
rive. 

Frontlsplee, du L. frontispi- 
cium* (ni. s ). 

Ffosttott, voy. front. 

Firottew, du L. frietare * (fre- 
quentatif de frtcare frotter) par le 
changement de et en tt (voy. as- 
siette), et de % en o comme dans 
ordonne de ordino,fr6ler de frictu- 
lare. — D. frottement, frottage, 
frotteur, frottoir. 

Fructldor, deriv6 du L. fruc- 
tus (fruit). 

Fructification , du L. fructi- 
ficationem (m„s.). 

Fructlller, du L. fructificare 
(m. s.). 

Fructueux, du L. fructuosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux. voy. 
amoureux. 

Frugal, du. L. frugalis ( frugal). 

Frugallte, du L. frugalitatem 
(frugalite). 

Fruglvore , du L. frugem 
(fruit) et vorare (manger). 

Ft*tci*, du L. fructus (fruit) . Sur 
a devenu it, voy. attrait. — D. 
fruitier, fruitene. 

FtfMgttiit, origine inconnue. 

f Fruatc, de l'italien frusto 
Juse, vieux). 

Frustration, du L. frustration 
hem (m. s.). 

Fruatrer , du L. frustrari 
(m. s.). 



Fugaee, du L. fugacem (qui 

fuit facileraent). 

Fugltlf,du L. /u0ttuw(m. s.). 

f Fugue , de l'italien fuga 
(fuite.) 

Fwlf, du L. fuaere (fuir) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) en fug're d'oii fuir par le 
changement de gr en ir (voy. ac- 
cuetutr et buis). — D. /wife (sub- 
stantif participial, voy. absoute), 
fuyard ; s'enfuir. 

Fwite, voy. fuir. 

Fulgural, du L. fulguralis 
(m. s.). 

Fulguratlon , du L. fulgura- 
tionem (m. s.). 

Fullglneux, du L fuliginosus 
(couvert de suie). 

Fulmlner , du L. fulminare 
(foudroyer). — D. fulminant, ful • 
initiation. 

Fumet*, du L. fumare (fumer), 
— D./i*m& (substantif participial), 
fumage, fumet, fumeur, fumoir, 
fumeron, fumiste, enfumer, par- 
fumer. 

Ftcmetcoc, du L. fumosus (m. 
s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Fwntier , anciennement fe- 
mier, du L. fimarium* (derivSde 
fumus fumier) par le changement : 
1° de arius en ier (voy. dnier) , 
2° de i en e puis u (voy* a/fu- 
ller), 

Fumigation, voy. fumiger. 

Fumlger 9 du L. fumigare 
(m s.). — Di fumigation, fumi- 
gatoire. 

Funamfeule , du L. funambu- 
lus (danseur de corde). 

Funefere , du L» funebris 
(m.s.). 

Funerallles, du L. funeralia * 
(m. s.). Sur alia devenu aille, voy. 
ail. 

Funeralre, du L. funeranui 
(m. s.). 



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FUS 



252 



FUY 



Funeste, du L. funestus (fu- 
neste). 

Funln, diminutif de fune, qui 
est de>iv6 de funis (corde). 

Fur (au) et d mesure, locution 
pleonastique, far signifiant deja 
prix, mesure. Fur est le L. forum 
(au sens de yrix, pour les exem- 
ples, voy. a forfait). Sur o de- 
venu u, voy. curie. Pour l'Stymo- 
logie voy. mesure. 

Furet , diminutif de fur * 
radical aul correspond au L. furo 
(furet , dans Isidore de Seville). — 
D. fureter (proprement chasser au 
fillet puis fouiiler, chercher par- 
tout). 

Fureter, voy. furet. — D. 
fureteur. 

furear, du L. furorem (fu- 
reur). 

Furlbond, du L. furibundus 
(m. s.) . 
Furle, du L. furia (m. s.) 
Furleux, du L> furtosus (fu- 
rieux). Sur osus devenu eux voy 
amoureux 

Furonde, du L. furunculus 
(furoncle). 
Furtlf, du L furtivus (furtif). 
Fusain , arbre dont le bois 
sert a faire des fuseaux; fusain 
correspond a un L. fusanus * de- 
rive de fusus (fuseau) ; sur anus 
devenu ain voy. ancten. On arj- 
pelle aussi fusain le charbon (fait 
avec le bois du fusain) qui sert a 
tracer des esquisses 

Fuseau, anciennement fusel 
(sur el devenu eau, voy agneau). 
Fusel represente le L. fusellus * 
(denve de fusus fuseau). 

Fusee, proprement la masse 
de fil enroule sur le fuseau (puis 
par assimilation piece d'artillerie 
ayant la forme d'un fuseau). Fusie 
au sens de masse de fil enroule" 
sur le fuseau derive du L. fusata * 
(qui a le meme sens : portans 



seeum duas fusatas fili, dit un 
texte de 1355). Sur ata devenu ee, 
voy. ampoule, 

Fuser ? du L. fusare * d6riv6 
du participe fusus, de fundere 
(fondre). 

Fusible , du L.fusibilis (m. s.). 
— D fusibiliU du L. fusibilitatem *, 
derive de fusibilis. 

Fusil, proprement morceau 

d'acier avec lequel on bat la pierre 

I a feu pour allumer Tamadou (puis 

arme a feu qui est munie d'un 

fusil). 

Fusil, qui est en italien footle. 
vient du L. focile* (briquet, derive 
de focus feu) par le changement : 
I ° de o en u (voy. curie) ; 2° de c 
en s (voy. amitie). — D. fusilier, 
fusillade, fusilier. 

Fusion, du L. fusionem (fu- 
sion), — D. fusionner. 

Fustlger, du L fustigare (m 3 
s.). — D. fusttgation. 

Fut, anciennement fust, pro- 
prement bois {fat d'une lance), du 
L, fustis (bois, baton) Sur la chute 
de s, voy. abime. — D. futaie, 
futaille (petit fut), fHt4 (qui a de 
l'experience ; qui a souffert ; dans 
l'ancien francais * qui a et6 battu, 
derive de f&t au sens de bdtori), 
aff-at, compose" de d et fut, c'est- 
a-dire au bois, proprement 6tre 
appuye" contre un arbre, pour Spier 
le passage du gibier. 

Futaie, voy. fut 

Futaille, voy fut. 

f Frttalne, anciennement fus- 
taigne, venu a'umoyen age. parle 
commerce de Genes, de 1 italien 
fustaano (futaine) 

Fute, voy. fut 

Futile, du L. futilis (futile). 

Futlllte , du L. fulilitaUm 
(m. s.). 

Futur, du L. futurus (m. s,)» 

Fuyant, voy. fuir. 

Fuyartl, voy. fnir, 



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GAG 



253 



GAG 



f GAbfcrre, de l'italien ga- 
barra (gabare), — D. gabarier; 
gabarit , module pour la construc- 
tion des gabarres, puis des vais- 
seaux en general. 

Ga6effe, a l'origine imp6t en 
general, mot d'origine germanique 
(anglais, gabel 2 gavel ; anglo-saxon, 
gafol, tribut, impdt) . — D. gabe- 
leur, gabelou, gabeler, gabelage. 

Ctofret*, en italien gabbare, 
mot d'origine germanique (ancien 
scandinave gabba tromper, se mo- 
quer de). 

f tt abler, venu de l'italien 
gabbiere (gabier), 

f Gabton venu de Pitalien 
gabbione (gafcion). — D. gabion- 
ner 

G&che, origine inconnue. — 
D. gdchette. 

Gachcv, anciennement gas- 
cher, proprement detremper, de- 
layer du platre, mot d'origine 
germanique (ancien haut allemand 
waskan, Javer, qui a donne dans 
la basse latinit6 un type wascare* 
dont gascher est la tranformation 
r^guhere, par le changement : 
1° de to initial en gu, puis en g 
devant a, comme dans . pager 
(tuadiare), gagner (iceidaniare*), 
grant (tcantus), garant (tcarant 1 , 
garder (tcarten) . garenne (tca- 
renna), oarer (wardn), garnir 
(toarnian), gateau (wastel) gauche 
(toelk) , gaufre (wafer) , gaule 
(walu), gazon (toaso); gu persiste 
devant e ; guerre (toerra), guerir 
(tcerjan), guetter (tcahten) 2° de 
ca en che (voy. acharner et ache- 



ter). Sur la chute posterieure de *, 
Yoy. abime. — D. gdche (substan- 
tif verbal), gdcheur, gdcheux, gd- 
chis. 

Gdchette, voy. gdche. 

Gade, du grec y^8o; (m. s.). 

Garfoue, origine inconnue. — 
D. gadouard. 

Gaffe, mot d'origine celtique 
(gaelique, gaf f croc) — D. gaffer. 

Gage, voy gager. — D. ga- 
giste. 

Gager, en provencal gatjar, 
du L. wadiare * (gager dans les 
Lois Barbares , wadiare derive de 
vadium que Ton trouve dans ces 
memes lois avec le sens de gage ; 
wadium est d'origine germanique 
et correspond au gothique vadi , 
gage). Wadiare ^transforms sui- 
vant la regie (voy abrtger) en 
wadjare a donn6 gager par le chan- 
gement : 1° de dj en g (voy. ajou- 
ter) ; 2° de w en g (voy. gdcher). 
— D. gage (subst. verbal), gage- 
rie, gageur, gageure f engager , dd- 
gager. 

Gagnage, voy. gagner. 

Gagner, anciennement retirer 
un profit, un revenu de la culture, 
a i'origme retirer un profit du pa- 
turage, et enfin paitre qui est le 
sens primitif {gagner au sens de 
paitre est rest6 dans gagnage pa- 
turage, et dans les termes de 
chasse tie lievre gagne, le cerf 
gagne » c'est-a-dire pait) . Gagner 
qui est dans notre ancienne lan- 
gue gaagner, en provencal gazan- 
har, en italien guadagnare f dans 
l'ancien espagnol guadanar. est 
15 



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GAL 



254 



GAL 



an mot d'origine germanique, et 
correspond a Tancien haut alle- 
mand weidanjan (faire paitre) : 
cette forme correspond a un type 
de la basse latinite wei(d)aniare * 
qui a donne gaagner : 1° par la 
chute du d m6dial (voy. accabler) ; 
2° par le changement de to en g 
(voy. gdcher)j et deni en gn (voy. 
r'^ogne). Gaagner avait cree le 
s^bstantif verbal de Tancien fran- 
§ais gaaing, aujourd*hui contracte 
en gain. 

Croi, mot d'origine germanique 
(ancien haut allemand gdki (vif , 
alerte, d'ou posterieurement le 
sens de gai). — D. gaiett, igayer. 

f curiae, mot apportedel'ilede 
Saint-Domingue. 

Gaiete, voy. gai. 

Gaiiiard, origine inconnue. 

— to.gaillardise, ragaillardir. 
Cau»,voy. gagner. 
Came, du L. vagina (gaine, 

fourreau). Pour le changement de 
agina en aine, voy, fatne; la for- 
me vaina est devenue gaine par 
le changement du v initial latin en 
g y qui se retrouve dans : pasco- 
gne (©asconia), #ater (rastare), 
#ue (©adurn), pufipe (vespa) , grue- 
ret (t?eractum *), gvi (t?iscum), 
flfuivre (vipera) , goupillon (culpe- 
culionem*), flfap(vapp), ^uimauve 
(tnscummalva). — D. gainier, gai- 
nerie, engainer t rengainer, d6- 
gainer. 

f ctala, venu de l'italien gala 
(fete). 

Crafattf, parti cipe du yerbe 
galer qui a dans notre ancienne 
Langue le sens de se rejouir; galer 
est d'origine germanique et derive 
de l'anglo-saxon gdl (gai, rejoui). 

— D. galanterie, gdkmtin, galan- 
tiser. 

ttalantlne, du L. galatina* 
(galantine dans les textesdu moyen 
age). Pour l'lnsertion de Yn, voy. 



concombre. Galatina est une cor- 
ruption degelatina (voy. gtlatine) 
Quant au sens de galantine pos~. 
sede par la forme galatina, en 
voici un exemple tire de la Philip* 

Side de Guillaume le Breton (liv. x) : 
Ullia salmonum murenarum- 
que ministrat Britigenis, quo* in- 
de procul commercia mittunt 
Chara diu, dum servat exs Gala- 
tina vigorem. Un comple ma- 
nuscrit de 1240 donne le mSme 
sens au mot galatina : « De duo- 
decim lampredis portatis in gala- 
tina. » 

cudaxle, du grec yaXatfotc; (voie 
lactee) . 

dalbanom, du L. galbanum 
(galbanum). 

f cialbe, au seizieme siecle gar- 
be dans Ronsard, de l'italien garbo 



Crate, du L. callus (proprement 
callosity et par extension gale, 
maladie eutanee qui rend la peau 
calleuse et epaisse) ; caUus avait 
deja le sens de gale dans le latin 
du moyen age, puisqu'on trouve 
son derive callosus employe au sens 
de galeux dans un texte du on- 
zieme siecle • Insuper expertus cal- 
loso corpore lepram. 

Sur le changement de e en g, 
voy. adjuger. — D. galeux, 

| dalefra, de Pespagnol gal- 
lega (m. s.) . 

Ctalene, du L. galena (ga- 
lene). 

f «alere, venu au seizieme 
siecle de l'italien galer a (galere). 
— D. galirien. 

f Galerle, venu de l'italien 
galleria (galerie). 

Crafei*tte, mot d'origine eel- 
tique (breton gwalern, vent du 
nord-ouest). 

Gafef , origine inconnue. — D. 
galette (qui a la forme plate et 
ronde du galet). 



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GAM 



255 



GAR 



Crtifetfa*, origine inconnue. 

GatintatU**, origiae incon- 
nue. 

Craff on, galiote. derives de l'an- 
cien francais galee (galere) dont 
l'origine est inconnue. 

Gatiote , voy. flfaWon. 

Galle, du L. gfaito (noix de 
galle). — D. gallique. 

Galilean , du L. gallicanus*, 
derive de galius (gaulois). 

Galllnace, du L. gaUinaceus. 
(m. s.). 

f Gallon, de l'anglais gallon 
(m s.). 

Crafoefre, chaussure a se- 
melle de bois, du L calopedia*, 
souher de bois dans plusieurs tex- 
tes du moyen age ; caloptdia est 
le grec xaXonoSiov Soulier de bois). 

Calopedia est contracts (voy. p. 
lxxxi) en calop'dia qui se trans- 
forme regulierement (voy. abre'ger) 
en calopdja d'ou est venu galoche 
par le changement : 1° de c en g 
(voy. adjuger); 2° de pd en d (voy. 
hideux) ; 3° de dja en che (voy. 
ajouter et abre'ger) 

Ctofotaiae**, origine inconnue. 
• — D. galon. 

Ckilopet*. en provencal galau- 
par. mot d'origine germanique 
(gotnique gahlaupan* compose de 
hlaupan courir et du pr6fixe ga). 
Sur au devenu o, voy* afonette.— D. 
galop (substantif verbal). galopin, 
galopade. 

Galouaet, origine inconnue. 

Galvanlque, mot d'origine 
historiaue (voy. p. lxiv), derive de 
Galvani,nom du physicien italien 
qui dScouvrit les phenomenes dits 
galvaniques en 1780. — D. galva- 
nisme. 

Galvauder, mot d'origine in- 
connue. 

t Gambade, venu de Pitalien 
gambata (gambade). — D. gambar 
der. ' 



f Gambit, de l'italien gam- 
betto (croc en jambe). 

Crameffe, du L. camella 
(Scuelle de bois). Sur c devenu g, 
voy. adjuger. 

Ctomftt, origine inconnue. — 
gaminer, gaminerie. 

Gamine, francisation du grec 
gamma nom de la lettre y par 
laquelle Gui d'Arezzo termina ia 
serie des sept notes de la musique 
(notes qu'il avait designees par les 
lettres a, 6, c, d, e, f, g). La der- 
niere note g a doune son nom & 
, toute la serie. 

| f Ganache, de Fitalien ga- 
• nascia (ganache). 

Ganglion, du L. ganglion (gan- 
I glion). 

! Gangrene, du L gangraena 
(m. s.). — D. gangrineux, gan- 
| grener. 

t Gangue , de Tallemand gang 
(filon). 

fiatMe, origine inconnue, 

Crati*, du L. wantus* (gant) 
dans les capitulaires de Charlema- 
gne wantos in aestate, et dans 
les Acta Sanctorum : t chirothecas 
quas vulgo wantos vocant ». 

Wantus est d'origine germani- 
que et correspond au suedoistrante 
(gant). 

Womtus a donne" gant par le 
changement de w en gu (voy. gd- 
cher). — D. gantier. ganter, gan- 
terie, gantelet (par nntermediaire 
de gantel*) 

Garance, origine inconnue. 
— D. garancer. 

Gnrant, dans la basse latinitd 
warantus, mot d'origine germani- 
que (anglais warrant, frison tea- 
rend, garant. Sur w devenu g voy. 
gdcher. — D. garantir, garantie. 

f Gareette, de l'espagnol gar- 
ceta (gareette). 

CrcircoM, diminutif de gars 
dont l'origine est inconnue. 



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GAR 



256 



GAS 



Garder, mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand war- 
ten, veiller sur, garder). Sur le 
changement du w allemand en g, 
voy. gdcher — D. garde (substantif 
verbal), gardeur, gar dim, regar- 
der, regard, 

Gardien, voy. garder. 

Gar don, origine inconnue. 

Cat- e , voy, garer. 

Garenne , proprement : ter- 
rain sur lequel le droit de chasse 
etait reserve, et a Torigine de- 
fense de chasser dans un bois. Ga- 
renne, qui est dans la latinite du 
moyen age warenna, est d'origine 
germanique et derive de Tancien 
haut allemand wardn (delendre 
mettre a l'abri). 

Warenna a donne" garenne par 
le changement de w en g (voy. 
gdcher). — D. garennier. 

Garer , mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand wa- 
rdn, mettre a 1'abri, prendre garde). 

— D. gare (subst. verbal), 6 garer. 
ttargarlser, du L. gargari- 

zare (m.s.). 

dargarlaiue , du L. £arga* 
risma (m. s.). 

Gargote, origine inconnue. 

— D. gargotier, gargoter, gargo- 
tage. 

GargowUte, origine incon- 
nue. — D . gargouiller , gargouil- 
lement, gargoullis, gargouulade. 

ctargoasse, origine mconnus. 

Garnement, voy. garnir. 

Garnir j mot d'origine germa- 
nique (anglo-saxon warnian, avoir 
soin, fournir, munir, d'ou le sens 
de defense etde fortifier qu'a pos- 
sede le mot francais). 

Sur le changement du w germa- 
nique en g, voy. gdcher. — D. gar- 
niture, garnement (proprement qui 
sert a defendre, a proteger ; mau- 
vais garnement, qni delend mal, 
qui ne sert a rien, par extension 



mauvais sujet, mauvais drdle); 
garnison de garnir au sens de 
delendre (proprement troupe qui 
sert a garnir, a prot6ger une ville); 
garnisaire ; garni (subst. part). 

Garnison, voy, garni. 

Garniture* voy. garnir. 

Garou (loup) , dans la mytho- 
logie du moyen age, homme qui 
erre la nuit transforme en loup : 
garou qui est dans notre ancienne 
langue garoul vient de gerulphus* 
| (loup-garou dans la latinite da 
moyen age : Gervasius Tilberien- 
sis dit au sujet de cet animal fan- 
tastique. Vidimus enim frequenter 
in Anglia per lunationes homines 
in lupos mutari quod hominum 
genus gerulphos galli nominarU, 
Angli vero were-vulfdicant 

Gerulphus est d'origine germa- 
nique et represente le suedois va- 
rutf, garou. Varulf est compose 
de var (homme) et de ulf (loup) et 
signifie proprement homme-loup. 

Gerulphus a donne* l'ancien 
francais garoul par le change- 
ment: 1° de e en a (voy. amen- 
der) ; 2° de u en ou (voy. accou- 
der) ; 3° par la reduction de Iph 
final a I (garoul de gerulphus, 
comme RaouZ de Radulphus) puis 
de oul en ou. comme dans S l Ou 
de S. Ulfus. 

1. Gar rot, origine inconnue. 
— D. garrotter. 

2. Garrot, origine inconnue. 
Garrotter 9 voy. garrot 1 
Gar*, voy. gar con. 
Gascon , du L, Vasconem 

(habitant de la Vasconia). Sur v de- 
I venu 0, voy. gaine. — D. gascon- 
j ner, gasconnade, 
J GaspiUer, mot d'origine ger- 
, manique (anglo-saxon gaspillan, 

consumer, prodiguer), — D. gas- 
j pilleur, gaspillage. 
I cwter, du grec YotatVjp (esto- 
i mac). — D, gastrique, gastrtte. 



yGoogk 



GAU 



257 



GAZ 



taatralale, du grec YaotpaXYia 
ileur de l'estomac). 
laslrique, voy. gaster. 
as trite, voy. gaster. 
antronomle , du grec yaff- 
o\xia (science de la bonne 
e) — D. gastronome, gastro- 
ique. 

aieau, anciennement gas- 
, a l'origine gastel (sur el de- 
1 eau, voy. agneau). Gastel est 
mot d'origine germanique et 
nd a l'ancien haut allemand 
tel (gateau). — Pour le change- 
t^de w en g ? voy . gdcher. 
ater, anciennement gaster, 
L. vastare (proprement d6- 
e) : sur v devenu g, voy. 
#; sur la chute de s, voy. 
le. — D. digdt. 
auche, forme feminine de 
j * , a l'origine gale * type qui 
l'origine germanique et r6- 
l a l'ancien haut allemand 
: (faible), welk donne gale par 
langement : l°de w engf (voy. 
er) ; 2° de e en a (voy. amen- 
3° puis de al en at* (gauche), 
agneau. 

l voit que la main gauche si- 
e proprement la main faible 
opposition aux qualites d'a- 
;e et d'agilit6 quel'on attribue 
main droite Si Strange que 
sse cette origine elle est cer- 
; et confirmed par ^existence 
etaphores analogues dans plu- 
s langues de l'Europe : 1'ita- 
appelle la main gauche stanca 
tiguee) ou manca (la defec- 
$e) , le provencal moderne dit 
seneco (la main d6crepite), 
. — D. gaucher, gaucherie, 
hir. 

itc cMf, voy. gauche. — D. 
hissement. 

ittcfe (res6da), mot d'origine 
anique (allemand waude re- 
; sur V) devenu g, voy. gdcher. 



' Gaudlr, du L. gaudere (se 
rejouir). — D. gaudriole (pour 

| gaudiole). 

Gaadrlole, voy. gaudir. 

! Gunfire, anciennement gafre, 
mot d'origine germanique (anglais 
wafer gaufre, allemand waffel) : 
sur le changement : 1° de v? en 
0, voy. gdcher. — D. gaufrer, gau* 
frier, gaufrure. 

Haute ) anciennement waule, 
mot d'origine germanique (frison 
walu> gaule, baton) : sur w devenu 
g, voy gdcher — D. gauler. 

Gauioi* , derive de Gaule qui 
est le L. Gallia (Gaule) par le chan- 
gement de al en au (voy. agneau). 

I Crowpe, mot dont 1 origine est 

I mconnue. 

f Gausner, venude Fespagnol 
gozar; goxarse (se moquer). — D. 
gausseur, gauss erie. 

I Gavotte, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv), originai- 

; rement danse des Gavots (e'est- 
a-dire des habitants du pays de 

G& ^' ,, • . .. . 

Gas, mot d'origine histonque 

(voy. p. lxiv) ; gat fut cr66 au 

seizieme siecle par l'alchimiste 

Van-Helmont. — D. gazeux, ga- 

ztifier, gaztiforme, gazier, gazo- 

metre. 

Gase, mot d'origine histonque 
(voy.' p. lxiv); tissu fabrique ori- 
ginairement a Gaza, ville de Pa- 
lestine. — D. gazer. 

f Gazelle, mot d'origine orien- 
tale, rapporte de l'Afrique par les 
croises au temps de saint Louis. 
Gazelle est le diminutif de Tarabe 
ghaza (gazelle) . 

f Gazette, venu de 1'italien 
gazetta (gazette), — D. gazetier. 

Gazometre, de gaz (voy. ce 
mot), et du grec yitpov (ncesure). 

Cra^oM, anciennement mason % 
mot d'origine germanique (ancien 
hajit allemand waso gazon) . Sur 



yGoogk 



GSM 



258 



GftN 



to devenu g, voy. g&cher. — D. 
gazonner, gazonnement. 

Cfcrcotc f f let* , forme secon- 
daire de l'ancien francais gaziller 
diminutif de flfoscr qui est pour 
«wer(voy. ce mot). — D. gazouil- 
lement, gazouillis. 

Geai, anciennement gai qui 
est le m£me mot que l'adjectif gat 
(le geai ayant recu ce nom a cause 
de sa loquacity. L'ancien espagnol 
qui ditgayo a la fois pour geai et 
gai, confirme cette origme. 

Creott*, en italien gigante, du 
L. gigantem (geanti par la chute 
du g medial et le cnangement de 
t en e (voy. admettre). 

Gehenne, du L. gehenna (en- 
fer, dans Tertullien qui avait 
transcrit ce mot du grec des Sep- 
tante yUvy* qui est l'hebreu ge- 
hinnom lieu de damnation 6ter- 
nelle , sur ce mot, voy. p. lx). 

Creitufre, duL. gemere (gein- 
dre) par la contraction reguliere 
(voy. p lxxxi) de gem(&)re en ge- 
m're, d'ou geindre par le cnange- 
ment : 1° de e en et (voy frein) 
2° de m en n (voy changer) ; 3° de 
nr en ndr (voy absoudre). 

Gelatine, duL gelatxna* (de- 
rive de qelatus, qui est congele). 
— D. gelatineux. 

Crefet* , du L. gelare (geler). — 
D. qeUe (substantif participial), 
gelif, gelive, engelure , de" geler, 
congeler. 

Gelif, gelive^ voy, geler, 

Getinc, du L. gallina (poule). 
Sur a devenu c, voy. acheter. — 
D. gelinotte. 

Gelinotte, voy. geline. 

demean . anciennement gemel. 
du L. gemellus (jumeau). Sur el 
devenu eau. voy. agneau, (Le 
francais moaerne ne conn ait g6- 
mean au singulier que dans les 
locutions astronomiques : gemeau 
oneQtal, gimeau occidental). 



I Gemln4 9 du L. 

(double). 

; Gem If , du L. gemere (gemir). 
Sur le changement de gemere en 
gemere , voy. au mot accourir. Sui 
e devenu i, voy. aceomplir. — D. 
gimissement. 

Ciemme, du L. gemma (pierre 
gemme). 

Gemonleg , du L. gemonix 
fee* monies). 

Genefve, du L. gingiva (gen- 
cive). Sur g devenu c voy. f raise), 
Sur in devenu en, voy. admettre. 

Gendarme , anciennement 
gent d f arme (voy. aux mots gens, 
de et orme). — D. gendarmerie t 
gendarmer (se). 

CrettoVe, du L. aener (gendre) 
par la contraction reguliere (voy. 
p lxxxi) de gen(fyr en gen y r d'ou 
gendre par le cnangement de nr 
en wdr (voy. absoudre). 
! Gene, anciennement torture ,- 
mettre a la gfine se disait pour 
donnerla question. On voit com- 
bien le sens de ce mot s'est gra- 
duellement amoindri. 

Gine , qui est anciennement 
gehenne est le L, gehenna (pro- 
prement lieu de supplice, enfer 
dans Tertullien : puis supplice, 
torture). — D. gener. 

Genealogle, du L. genealogia 
(m. s.). — D. gentalogique, g&nea- 
logiste. 

Gener, voy. gene. 

General, du L. generalis (m. 
s.). — D. ge'ne'ral (substantif) gi« 
niralat, gene'raliser 1 geniraliti. 

Generalloer , voy. general. — 
D. generalisation. 

GeneralUelme ? du L. gene- 
ralissimus* superlauf de generalu 
(general). 

Generateur , du L. generator 
! (m. s.). 

| Generation , du L. generate 
I nem (m. s.). 



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GKN 



259 



GE 



&nereux , du L. generosus i 
ereux). Sur osus devenu eux < 
amoureux. \ 

enerlque, du L. genericus * \ 

*)* A . I 

eneroslte, du L. generostta- , 

(noblesse). 

enese , du grec Revest; (crea- ' 
I. I 

Genet , de l'espagnol ginete 
alier arme a la legere). 
ettef , anciennement qenest, 
.. genista (genet) ; sur t devenu 
oy. admettre; sur la chute de 
oy. abime. 

Gtenette, mot d'origine orien- 
(arabe djerneith genette). 
ettevfiet*, voy. genttare. 
rente, du L. genius (genie). 
reniewe, anciennement ge- 
re, du L.juniperus (genevrier). 
tracts en junip'rus suivant la 
le l'accent latin (voy. p. lxxxi) 
Qot est devenu genevre par le 
ogement de p en v (voy. arri- 
; de u en e (voy. chapeler) ; 
n (fe; en o/, qui se retrouve 
s genisse (/unicem), pesir ja- 
)). Genevre a donne gentevre 
le changement de e en ie (voy. 
iere. — D. gentvrier. 
\enU*e, du L. junicem (ge- 
e) par le changement : 1° de u 
? (voy. chapeler); 2° de j en g 
f. genUvre) ; 3° de c en ss (voy. 
itie). 

;enltal,du L. genitalis (m.s.). 
lenltlf, du L. genitivus (ge- 

ienlture, du L. genitura (ge- 

lre). 

fettou , anciennement genouil, 
L. genuculum (diminutif de 
u genou ; genuculum a le sens 
genou dans les Lois Barbares : j 
db to st*6fu* genuculo media 
isa fuerit, dit la Lex Friso- j 
im, 22, 60), ' I 

renuculum a donne genouil par ! 



le changement de ucukm en ouil 
(voy. dbeiUe). Sur la reduction de 
genouti a genou, voy. aussi au mot 
abeille. — D. de la forme genouil 
de l'ancien francais : agenouiUer, 
genouillere. 

crenre, du L. genere (genre, 
ablatif de genus). 

Gens, pluriel de gent; voy. ce 
mot 

1. Get**, nation, du L. gentem 
(nation). — D. gens, 

2. Cleft* (adj.J, du L. genitut 
(propr. ne), de bonne naissance, 
puis gracieux, charmant, par la 
la contraction reguliere de gen(i)~ 
tus (voy. p. lxxxi) en geritus. — 
D. agencer, d'un type agentiare * 
derive de genius * pour gen{\)tus. 
Voy. agencer. 

Ctentlane, du L. gentiana 
(m. s.). 

Ctentll, du L. gentilis {qui est 
de bonne race). — D. gentillesse f 
gentilldtre, 

CretttffAomme, compost de 
homme et de gentil (an sens de : 
ne, de bonne naissance). — D. gen- 
tilhommerie, gentilhommiere. 

Cientlllatre, voy. gentiL 

CrentllleMe, voy. gentil. 

Genuflexion, du L. genu- 
flexionem* (m. s.). 

deodesle, du grec yiutiaiaiat 
(partage des terres). 

«eogno*le, du grec *pj (terre) 
et y v( * ><ti « (connaissance). — D. 
ge'ode'sique. 

tteographle, du L. geogra- 
phia (m. s.). — • D. gtographique, 
gfograjphe. 

Creole, anciennement gaiole, 
en italien gabbiula, du L. caveola 
(prison, proprement cage. Gedfc 
poss6dait encore ce double sens au 
moyen &ge; on disait aussi bien 
au treizieme siecle la gedle d'un 
oiseau que la gedle d'un prison- 



yGoogk 



GER 



260 



GfiS 



Caveola, consonnifiant eo en to 
(voy. abreger) et changeant c en 
g (voy. adjuger), donne gaviola, 
que 1 on rencontre sous Ta forme 
gabiola dans cette charte de 1229 : 
« Ipsos quittamus ab omni. . . cus- 
todia villae, turris et gabiolae, ab 
exercitu, etc ... » Ga(b)iola de- 
vient jaioU par la chute du b me- 
dial (voy. aboyer) , et par le chan- 
gement de g en ; (voy. jutneau) : 
Fancien francais jaiole devient 
jeole par le cnangement de ai en 
e (voy. p. lxxhu), puis gedle (voy. 
genievre. 

Au sens de cage d'oiseau, gedle 
a donne naissance au compose en- 
gedler (aujourd'hui ecrit enjdler), 
qui a Porigine avait au moyen age 
le sens de metlre en cage, de cap- 
tiver (comme l'espagnol enjaular, 
deriv6 de laufa, cage) : enaedler 
(dans le langage des oiseleurs) 
c'etait attirer un oiseau daos une 
cage ou dans un piege , a l'aide du 
chant d'autres oiseauz. De cette 
acception technique, engedler a 
pris le sens melaphorique de cap- 
tiver par des paroles flatteuses ou 
insinuantes. 

L'orthographe engedler, qui est 
6tymologique et montre clairement 
Porigine du mot, a persiste jusqu'a 
la fin du sifccle de Louis XIV. — 
D. gedlier. 

oeologle, du grec vvj (terre) 
et >6yo$ (discours, elude) — D. 
gtologique, gtologue. 

Cteomancle, du L. geomantia 
(m. s.).— D. giomancien. 

cteometre, du L. geometra 
(m. s.),— D. g4om6tral. 

«4ometrle, du L. geometria 
(m. s.). — D. geonUtrique. 

Geranium, du L. geranium 
(m. s.). 

Crerfre, en vieux francais gar- 
be, de Pancien haut allemand gar- 
ba (gerbe). — D. gerbie, gerber. 



Crefeet*, anciennement for- 
cer, proprement se fendiller, sous 
lMnfluence du froid, du L. carp- 
tiare* (denv6 de carptus, part, 
de carpere, se diviser, se fendil- 
ler: sur la formation des verbes 
a laide des parti cipes, voy. p. 
xxxm). 

Carptiare a donne* garcer par le 
cnangement : 1° de c en g (voy. 
adjuger) ; 2° de tiare en cer (voy. 
agencer); garcer a donne gercer 
par Fadoucissement de a en e (voy. 
acheter). -— D. gercure. 

Gerer, du L. gerere (gerer). — 
D. girant. 

Gevfawt, anciennement ger- 
fauc, a Porigine gerfalc, mot d*o- 
rigine germanique (allemand ger- 
falk, gerfaut). Sur al devenu au, 
voy. agneau. 

Germain, du L. germanus 
(frere). 

f Germandree (pour gelman- 
dr4e),deVitol.calamandrea(m s). 

Cretttte, du L. germen (m. s.). 

Crefmer, du L. gefminare 
(germer), par la contraction regu- 
here (voy. p. lxxxiii), de oerm(I)- 
nare en germ'nare, d'ou germer, 
par la reduction de win a n (voy. 
attumer). 

Germinal, de germen (germe). 

Germination, du L. germina- 
tionem (m. s ). 

Gerondlf, du L. gerundivus 
(m. s). 

Gesier, du L. gigerium (sins. 
inusit6de gigeria, gesier). Surle 
cbangement : 1° de t en e. voy. 
admettre; 2° degen t, voy fraue; 
3° de e en ie, voy. arriere). 

Gcsiv (infinitif de git, gisats, 
etc....), du L. jacere (6tre cou- 
che), par le cnangement : 1° de/ 
en g (voy. geniivre); 2° de a en e 
(voy. acheter) ; 3° de c en s (voy. 
amitie) ; 4* de c en t (voy. aecom- 
plir). — D. y&tn*. 



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OIL 



361 



GIR 



Bertatton, da L. gestationem 

.s.). 

beste, du L. gestus (geste). 
bestlcaler, du L. gesticulari 
. s.). — D. gesticulation, gesti- 
lateur. 

Gtestlon, du L. gestionem 
. s). 

Gtlbboslte, du L. gibbositatem * 
gibbosus (gibbeux). 
Grifceciere , sac ou Ton met 
ptbter; gibeciere est un derive 
Tancien francais gibecer (chas- 
) ; gibeciere vient de gibecer, 
nme arimaciere de grimacer. 
)y. gtoier). 

fiifrele* , origine inconnue. 
Gri6ef otte , origine inconnue. 
- ctfberne • venu au seizieme 
cle de l'italien giberna (gi- 
•ne). 

&ibe€ , origine inconnue. 
Grifcief , origine inconnue. 
Kifcotflee, origine inconnue. 
Grl6oyef , voy. gibier. — D. 
ot/ewr, giboyeux. 
• Ctfganteaque, venu de l'ita- 
1 (/tflfan<esco(gigantesque). 
Ertyot, voy. oiflfue. 
.. Gl<|uc, jambe, origine in- 
inue. — D. ptflfot (proprement 
sse demouton). 

i. Crigue, danse qui s'ei^cutait 
sonde la gigue (instrument a cor- 
i, dans notre ancienne langue). 
)ue est d'origine germanique 
oyen haut allemand gtge, atte- 
nd geig^ violon). 
Kile*, voy. giUe. — D. gile* 
*e. 

Billc , bouffon de the&tre. — 
le comme nom propre reprg- 
ite le L. Aegidius; sanctus Ae- 
lius est devenu en francais saint 
ies. — Pourquoi a-t-on design^ 
bouffon de the&tre par le nom 
Gille? Cest ce que nous igno- 
is absolument. — D. giiet (a 
rigine veste sans manche que 



portaientles Gllles en paradant sur 
I Ies treteaux) : une me'taphore ana- 
logue se retrouve dans le motja- 
quette (voy. ce mot). 

GitnbteUc, origine inconnue. 
] CriMoemfcre, dans Joinville 
; gingimore, a Torigine gingibre, 
du L. zingiber (gingembre) par la 
1 contraction reguliere (voy. p. 
: lxxxi) en zinzib'r d'ou gingibre 
par le changenent de z en g (voy. 
jaloux). Sur ^intercalation ae m 
(gingimbre), voy. lambruche. Sur 
le changement de tene (gingem- 
bre), voy. admettre. 

f «lr»fe, mot d'origine orien- 
tale (arabe zurdfa y girafe. Sur le 
changement de z en g, voy. gin- 
gembre). 

f olrandole. de l'italien gi- 
randola (girandole). 

olraaol , du L. gyrare (tourner) 
et sol (soleil). 

Girofle , corruption (pour che- 
riofle voy. p. cvi), du L. caryophyU 
lum (girotle) contracts suivant 
Taccent grec (xapuo^uXXov voy. p. 
lxxx et cv) en caryophHum d'ou 
girofle par le changement 1° de 
ph en f (voy. coffre) : 2° de c en g 
(voy. accointer) j 3° par Ies trans- 
formations insolites ae a en t (voy. 
aimanfjy et surtout de to en o. — 
D. giroflier, girofle'e. 

elratolre, du L. gyratorius * 
derive de gyratus , participe de 
1 gyrare (fa ire tourner en rond). 

Crit*on. avant de posseder son 
sens actuel giron designait la par- 
tie de Phabillement qui s'6tena de 
laceinture aux genoux; ce mot 
etait dans le L. du moyen age giro 
qui avait le sens de partie inf<§- 
rieure d'une tunique, de pans d'uce 
tunique mox cum sinistra manu- 
girones albae accipiens , etante se 
tenens, spargit ante se aquam be- 
nedictam.. . . dit un texte cite par 
Ducange. 



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6LA 



262 



6LA 



Le L. giro* est d'origine germa- 
nique (moyen haut allemand g&re, 
pan). 

GiwoMette, derive de Pancien 
verbe francais girer (lourner) qui 
est le L. gyrare (tourner) 

Gimant, du L. jacentem (gi- 
sant) par le changement' 1° de a 
en i (voy. aimant) ; 2° de c en s 
(voy. amitie) ; 3° de j en g (voy. 
genievre). 

Gisewnent, deriv6 de gisir 
(voy. ce mot); gisement est pour 
gdsement; sur c devenu t, voy. ac- 
eomplir. 

Cfrfc, anciennement flftste, dans 
la basse latinite gista, a l'origine 
gesta, qui represente le L. jacita* 
(lieu ou Ton couche, participe de 
jacere Gtre couche, se reposer). 
Jac(fita contracte, suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) en jacHa a donne 
le bas latin gesta par le change- 
ment: 1° de j en g (voy genievre); 
2° de c en s ?voy amitie) : 3° par 
Tadoucissement de a en e (voy. 
acheter), Gesta donne Pancien 
francais giste par le changement 
de e en t (vov. accompWr), puis 
gtte par la chute dex (voy. abtme). 
— D. otter 

1. Givwe, origine inconnue 

2. Crit>t*e 9 (serpent) ancien fran- 
cais guivre,du L. viper a (serpent) 
par la contraction reguliere de vi- 
p{£)ra en vip'ra d'ou guivre par le 
changement : 1° de v initial en #u 
(voy gaine) , 2° de p en