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Full text of "Mécanisme de la physionomie humaine, ou analyse électro-physiologique de l'expression des passions"

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Imprimerie de L. Martinet, rue Mig-non, 2 



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ELECTRO-PHYSIOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 



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DUCHENNE (de Boulogne), phot 



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SPECIMEN 

D ONE EXPERIENCE fiLECTRO-PHYSIOLOGIQUE 

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DE LA 





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ANALYSE ELECTRO-PHYSIOLOGIQUE 



DE L'EXPRESSION DES PASSIONS 



PAR LE DOGTEUR 



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G.-B. DlJCHEl^NE (de Boulogne) 

Laureat de rinstitut de France et de TAcademie de medecine de Paris (prix Hard), 

Laureat du concours Napoleon III sur releclricite appliquec, 
Membre litulaire de la Societe de medecine de Paris, 
Mcmbre correspondant des Academies, Universites et Socieles de medecine de Dresde , Florence, 

Geneve, Kieff, Leipzig, Madrid, Moscou , Naples, Rome, Saint- Petersbourg , Stockholm, 

Vienne, Wurtzbourg, etc. 
Chevalier de la Legion d'honneur. 



Gand, 



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AVEG UN ATLAS 

Compose de Ik figures electro-physiologiques photographiees 



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PARIS 



« 



CHEZ V^ JULES RENOUARD, LIBRAIRE 

RUE DE TOURNON, 6, FAUBOURG SAINT-GERMAIN. 

1862 

Tcus droits reserves. 




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c( Lorsque lame est agit^e, la face humaine deyient 
un tableau vivant ou les passions sent rendues avec 
autaiit de delicatesse que d'energie, ou chaque mou- 
vement de I'ame est exprime par un trait, chaque 
action par un caractere dont I'impression vive et 

prompte devance la volonle, nous d^cele et rend au 



dehors, par des signes palhetiques, les images de nos 



plus secretes agitations. » (Buffon, Histoire de I'homme.) 



L'ame est done 



de 



pression 



elle 



qui met en jeu les muscles et qui leur fait peindre sur 



la face 



caracteristiques, I'image de nos p 



sions. En consequence, les lois qui regissent I'expres- 
sion de la physionomie humaine peuvent etre recher- 
chees par I'etude de Taction musculaire. 

C'est un probleme dont je cherche la solution de- 
puis bien des annees, provoquant, a I'aide de courants 
dectriques, la contraction des muscles de la face, pour 



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PREFACE . 



leur faire parler le langage des passions et dcs senii- 
ments. « L'experience, dit Bacon, est une sorte de 
question appliquee a la nature pour la faire parler. » 

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Cette etude attentive de Taclion musculaire particlie 
m'a revele la raison d'etre des lignes, des rides et des 
plis de la face en mouvement. Or, ces lignes et ces plis 
sont juslement les signes qui, par leurs combinaisons 
varices, servent a I'expression de la physionomie, II 

m'a done ^t^ possible, en remontant du muscle 
expressif a Tame qui le met en action, d'etudier et de 

decouvrir le mecanisme, les lois de la physionomie 



umame. 



Je ne me bornerai pas a formuler ces lois; je repre- 
senterai par la pliotographie les lignes expressives de 
la face pendant la contraction electrique de ses muscles. 

En resume, je ferai connaitre par I'analyse electro- 

physiologique, et a I'aide de la photographic, I'art de 
peindre correctement les lignes expressives de la face 
humaine, et que Ton pourrait appeler orthographe de 
la physionomie en mouvement. 






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DUCHENNE (de Boulogne) 



Paris; \q \" Janvier 1S62. 



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TRAVAUX DE L'AUTEUR 




Be I'art dc limitcr Tcxcitation electrique dans les organes sans piquer ni inciser la 
peau, nouvelle methode d* electrisation, appelee electrisation localisee, et dont les 
principes, resumes dans line note adressee en 1847 a TAcademie des sciences, out 
ele develcppes et publies dans les Archives gen&ales cle viedecine^ en juillet et 
aout 1850, et fevrier et niars 1851. 

Description de I'appareil voita-faradique a double courant du docteur Duchenne 
(de Boulogne). Memoire et appareil presentes par M. Despretz a rAcademie des 

sciences en 18/i8. 

Rechcrches electro-physiologiques, pathologiques et therapcutiques, ou serie de me- 
moires adresscs a I'Academie des sciences le 21 mai 18/t9, couronnes par I'lnstitut, 
developpes et publies en pariie dans les Archives generales de medecine. L'un de ces 
memoires traitait de Yatrophie musculaire avec Iransformalion graisseuse et des 
■paralysies atrophiques de cause trauniatique et saturnine. 

Recherclies surTetat de la coniractilite et de la sensibilite eleclro-musculaires dans 
les paralysies du membre superieur, etudiees a I'aide de I'electrisation localisee. 
Memoire presente a TAcademie des sciences et a I'Academie de medecine, Janvier 
1850. 

Recberches electro-physiologiques sur les fonclions des muscles de la face. Memoire 
adresse a TAcademie de medecine et a I'Academie des sciences, le 14 mars 1850. 
Rapport de M. Berard. 

Rechercbes electro-pbysiologiques et pathologiques sur les proprietes de la corde du 
tympan. Memoire presente a TAcademie des sciences et a TAcademie de medecine 
{Arch, gen, de med., decembre 1850). 

Bu choix des appareils d'induction au point de vue de leur application a la therapeu- 
tique et a I'etude de certains phenomenes electro-physiologiques et pathologiques. 
Memoire presente a I'Academie de medecine en 1851. ~ Rapport de M. Soubeiran. 

Recherches sur les proprietes physiologiques et therapcutiques de Telectricite de 
frottement, de I'electricite de contact et de Telectricite d'hiduction [Arch, gen.de 
rned., mai 1851). 

Recherches electro-physiologiques et pathologiques sur les muscles qui meuvent 
I'epaule sur le tronc et le bras sur I'epaule. Memoire presente a TAcademie de 
medecine le 24 aout 1852. 

Piecherches electro-physiologiques et pathologiques sur Taction particuliere et les 
usages des muscles qui meuvent le pouce et les doigts de la main. Memoire pre- 
sente a TAcadcmie des sciences et a I'Academie de medecine en fevrier 1851 
{Arch, gen, de med., mars, avril et juillet 1852). 

Etude comparee des lesions anatomiques dans Tatrophie musculaire graisseuse pro- 
gressive et dans la paralysie generate {Union medicale, 1852). 

Note sur Tinftueuce therapeidique de Texcitation electro-cutanee dans I'angine de 
poitrine {BulL gen. de the'rap,, 1853, p. 241). 

De la valeur de I'electrisation localisee comme traitement de I'atrophie musculaire 
progressive {Bull, gen, de therap,, 1853, p. 295, 407 et /i38). 

De Faction speciale de I'electricite d'induction sur la force tonique des muscles {BiilL 
gen. de therap,^ 1853, p. 337). 

Recherches electro-physiologiques, pathologiques et therapeutiques sur le diaphragme 
{Union medicale, 1853, n«- 101, 105, 109, 149, 155, 162, 166 et 173). 



Recherches sur une nouvelle 



motrice indcpendante de la vue, appelee par 1' 
Memoire adresse a I'Academie des sciences et a FA 



cembre 1853. 



propriete demontree par la pathologic, Vaplilude 

auteur conscience musculaire. 
\cademie de medecine le 20 de- 






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De Taction therapeutique de relectrisation localisee dans le traitement des para- 
lysies consecutives a riiemorrhagie cerebrale {BitlL gen. de therap , 185 A, 

p. 2/il et 337). 

De I'ialluence de relectrisation localisee sur Themiplegie faciale, et de la contracture 
comme lerminaison ficquenlc de cette maladie {Gaz, hehdorn,^ 1854). 

Paralysie atrophique graisseuse de Tcnfance; son diagnostic, son pronostic et son 
traitement par i'clectrisation localisee. Memoire adresse a TAcademie de mede- 
cine le 5 septembre 1854 {Gaz, hebdom,, 1855). 

Note sur rinfluencc de la respiration artificielie par la faradisation des nerfs phre- 
niques dans I'intoxication par le chloroforme , adressce a la Socicte medicale 
d'emulation (Union medicale^ 1855, p. 150 et 154). ' 

Recherches sur le second temps de la marche, d'apres i'observation pathologique; 
deductions pratiques. Mtooire adresso a FAcademie des sciences ((/moH inedicalc^ 
1855, p. 436 et 442). 

L'irritabilite n'est pas necessairc a la molilite, ou riniegrite de la contractilite electro- 
musculaire n'est pas necessaire a Texercice des mouvements volontaires. Memoire 
adresse a TAcadcmie des sciences en 1856, reproduit dans la precodente edition 
(deuxieme partie, chap. V, art. l^^"}. 

Recherches electro-physiologiques et pathologiques sur les muscles qui meuvent 
le pied sur la jambe. Memoire presente a I'Academie de medecine et a rAcademie 

des sciences {Arch. gen. de med.^ n^^ de juin, juillet, decembre 1856 et de 
fevrier 1857). 

Orthopedie physiologique, ou deductions pratiques de mes recherches electro-physio- 
logiques et pathologiques sur les mouvements de la main {BulL de Iherap,, 1857), 

^■ote sur quelques nouvelles proprietes diffcrentielles des couranls d'induction de 
premier ordre et de second ordre, adressce a I'Academie de medecine le 18 mars 
1858. 

De la valeur de la faradisation de la corde du tympan et des muscles m.oteurs des 
osselets appliquee au traitement de la surdile nerveuse {Bull, dc therap,^ 1858). 

Note sur le spasme fonctionnel et sur la paralysie fonctionnelle {Bull, de therap.^ 
1858). 

Recherches sur Valaxie locomotrice^ maladie caractciisee specialement par des (rou- 
bles generaux de la coordination des mouvements. Memoire adresse a I'Academie 
^des sciences et a TAcademie de medecine {Arch, gen. de med.^ decembre 1858 et 
Janvier, fevrier, avril 1859). 

De la genese du pied plat valgus par la paralysie du long peronier lateral, et du pied 
creux valgus par contracture du long peronier lateral. Memoire adresse a la Societe 
de chirurgie en 1860. 

Paralysie musculaire progressive dc la langue, du voile du palais et des levrcs, ma- 
ladie non encore dccrite. Memoire adresse a TAcadcmie de medecine et a I'Aca- 
demie des sciences {Arch. gen. de med.^ seplembre et octobre 1860). 

Prothese musculaire physiologique des mombres infcricurs {Bull, de therap. j 1861). 

De la curabilite et du diagnostic dc la surdi-mutite nerveuse par la faradisation de la 
corde du tympan et des muscles moleurs des osselets {Bull, de llierap., 1861). 

De relectrisation localisee et de son application a la palhologie et a la therapeutique. 
2^ edition, Paris, 1861, in-8. 






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filectro-physiologie musculaire, 1 voL in-8. 



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MEGANISME 



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DE LA 




HYSIONOMIE HUMAINE 



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CONSIDERATIONS 6ENERALES 



GHAPITRE PREMIER 



UEVUE DES TRAVAUX ANTERIEURS SUR L'ACTION MUSCULAIRE DANS 

LE JEU DE LA PHYSIONOMIE EN MOUVEMENT 



Je ne confondrai pas dans cette revue les auteurs qui se 
sont specialement occupes de la physiouomie en mouvement 
(la symptomatologie des passions), avec ceux qui se sont livres 



signes des penchants et des 



specialement a I'examen des 

liabitudes, a I'etude de la physionomie au repos (la physio- 
nomie proprement dite). 

Parmi les premiers, les uns, enlre autres le celebre peintre 



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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



Lebrun (1), ont seulement represente les aspects divers de 

la physionomie produiis par les passions, sans se preoccu- 
per de ses lois motrices, et il en est d'autres qui ont essaye 



d'analy 



expressifs de la face en recher 



chant quelle etait alors Taction propre des muscles de cette 




Jo vais rappele 



travaux de ces der- 



niers auteurs, afln de faire connaitre en quoi mes recherches 

different desleurs; je ne parlerai toutefois que des princi- 

paux d'entre eux. 



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COUP D'OEIL HISTORIQUE. 



De tout tenaps les anatomistes ont'reconnu que les muscles 

de la face president a I'expression symptomatique des pas- 
sioRs; mais c'est seulement vers la fin du siecle dernier et au 



de 



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se contracte sous I'influcnce des emotions de Fame. 



J. En 1792, le savant auteur de Va Dissertation sur 

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les varietes natiirelles qui caraclerisent la physionomie des 
Iiommes des divers climats et des differents dcjes^ Camper, 

qui culfivait aussi la peinture avec talent, — a essaye de 



(1) Lobrun a fait connaitre ime mcthodc ponr apprendre a dessiner les 

passions, clans nn discours prononce dans I'Academie royale de peintnre et de 
sculpture. 




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CONSIDERATIONS GIINERALES. 



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determiner la part exacte qui rexient aux muscles de la face 
dans le jeu des passions (1 ) ; 11 y a moins etudie raction propre 
des muscles que I'influence des nerfs sur la physionomie. 



II n'a pas ete aussi heureux dans ce genre de recherches 



que dans ses autres travaux. Attribuant en effet a la cin- 



qui^me paire 



motrice semblable a celle de la 



septi^me paire, il a place les mouyeraents expressifs de la 
face sous la dependance tantot de I'un et tantot de I'aulre 
de ces nerfs. 

« Dans la tristesse absolue, dit-il, c'est la cinqnieme paire 

qui agit.... 

» Lorsqu'un homme est joyeux, les seules parties qui 
entrent en action sent celles qui dependent immediatement 
de la septieme paire des nerfs... 

» Lorsqu'on pleure, la 'seule difference consiste en ce que 
tous les muscles qui sont mus par la cinqui6me paire de 



nerfs sont encore plus fortement agites.... 



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et en fait 



connaitre le comment..... » 



A I'epoque 



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proprietes speciales 



de la 




pti6me paire et de la 
Qorees. Aujourd'hui, on 
les de la face sont sous 



mquieme pau'e 
it que les mouv( 

dependance du p 



etaient 



de ces nerfs, et que le second seul preside 



que la paralysie d 



ni les mouvements 



(I) P. Camper, Dhcours sur les moyens de represcnter dhme maunre si'ire 
les dwersefi jHissioi]s qui se mahifestcnl siirle visage, 1792. ' " 



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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



volonlaiies de la face, ni ses raouvements expressifs, tandis 
que la paralysie de la septi^me paire est necessairement 
suivie de rabolitioii de sa motility. 

On trouve dans le discours de Camper une seule proposi- 
tion imporlante. 



Les plis d 



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dit-il, doivent 



per a angles droits le cours on la direction des fibres mus- 
CLilaires. » 

C'est le premier auteur qui ait fait cette remarque, mais 
il ne I'a pas demontree ; je prouverai m6me qu'elle n'est 
applicable qu'a un certain nombre de muscles, et qu'il serait 



ble d'expl 



de cette mani^re. la for 



quelques plis ou rides qui se produisent pendant le jeu de 
la physionomie. 



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B. Lavater, on le sait, s'etait livre a I'etude de la physio- 
nomie au repos, de Isl physiognomonie proprement dite; ses 
recherches reposaient sur la difference et sur la combinaison 
des contours et des lignes, des profils et des silhouettes. 
II n'aurait certainement pas autant neglige I'observation de 
la physionomie en mouvement, qui devrait servir de base 
a I'examen de la physionomie au repos, s'il avait ete, ou 
anatomiste, ou physiologiste, ou medecin, ou m6me natura- 
liste., 

Les savants qui s'etaient impose la tache difficile de 
reunir les differentes recherches que ce grand observateur 
avait publiees sous le titre de Fragments, avaient compris 









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CONSIDEUATIONS GENEKALES, 



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que I'elude de la phy 



enlierement 



omise par Lavater, devait preceder celle de la physionomie 

au repos. 
En 1805, Moreau (de laSarthe), professeur a la Faculte 

de medeciiie de Paris, et I'un des principaiix collaborateurs 

du srand Traite de la physiognomofiie de Lavater, 



a com 




pose pour son ouvrage un article important sur la structure, 

les usages et les caracteres de differentes parties de la face 
de riiomme (1). 

11 s'en est incontestablement acquitte avec talent ; 11 s'est 
livre a I'examen particulier et detaille de I'usage et des effets 
physionomiques de chaque muscle; il est entre, a cette occa- 
sion, dans des developpements physiologiques dont, selon 
cet auteur (et c'est aussi mon opinion), on ne trouve pas 
m6me I'indication dans les meilleurs traites d'anatomie et 
de physiologic qui avaient etc publies avant lui. 



I 



C. Un physiologiste anglais qui a illustre son nora par 
de tr^s belles recherclies sur le systeme nerveux, Charles 
Bell, a public un livre intitule The Anatomy and Phitosophy 
of expression. S'il avait livre ce livre a la publicite avant le 
travail de Moreau (de la Sarthe), la physiologic des muscles 
de la face lui devrait certainement un progres. 



Ses idees 



prop re 



(1) L'art de connallre les hotnmes par la physionomie, parGaspard Lavater, 
4' edit., 1820, t. IV, art. 3. 




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MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



iiiere dont ils se combineiit pour exprimer les passions, sonl 
a peu pres les inemes que celles de ranatomisle fraucais. 11 
est permis de supposer cependant qu'il ti'avait pas coiinais- 
sauce alors de la publication du grand ouvrage de Lavater, 
edite I'annee precedente a Paris. 

Un livre ecrit par Phomme dont les investigations experi- 
mentales devaient, quelques annees plus tard, jeler une si 
vive lumi^re sur certaines parties du systeme nerveux, ne 

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pouvait ^tre une oeuvre ordinaire, bien qu'il n'offrit pas un 

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grand interet de nouveaute. La science profoude de I'au- 
teur, nnie a ses connaissances pratiques du dessin et de la 



peuiture, et surtout a son amour pour les beaux-arts, reud 
la lecture de ce livre, richement edite, autant instructive 
qu'agreable (1). 



D. La plupart des auteurs qui, apres les travaux que je 
viens de rappeler, ont traite la m6me question, n'ont fait que 

reproduire les opinions de Moreau et de Charles Bell. Je dois 



toutefo 



un memoire de Sarland 



2 



I'auteur parait avoir etudie un peu plus specialement que ces 
predecesseurs Taction propre des muscles de la face: mais 
les fails historiques qui precedent, demontrent qu'il a eu 




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(1) Charles Boll, qui depais son enfance cultivait avec amour Tart du 
dessin, avail un talent d'artiste. On en trouve la preuve dans des figures qu'il 
a dessinees a la plume, et qu'il a fait reproduire, par la gravure, dans son 
traite des grandes operations chirurgicales {llhtstrations of the operations of 
surgery, in-fol., 20 pi. color., London, 1821). 

(2) Physiologic de raciion inascalaire appliqaeeaiix arts cVimitalion, 



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CONSIDERATIONS GENEMLES. 



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tort d'ecrire dans sa preface : « Aucun de nos auteurs 
(ceax qui Font precede) n'a' examine comment chaque 
muscle se contracte en particulier, soil sous I'influence des 

passions, soit sous celle de la volonte, ou independamment 
de cette volonte, pour produire, par ces mouvements par- 



tiels ou d'ensemble, I'expression ou les gesles. » Sarlan- 



diere a attribue aux muscles auriculaires une influence sur 
I'expression! G'etait assurement une idee nouvelle; malheu- 



qu'il leur fait 



sible. 



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Je n'ai pas I'intention d'exposer actuellement une analy 



complet 



que je viens de mentionner; il sera 



plus opportun de revenir sur ce sujet a I'occasion de Tetude 
des faits particuliers. II me 



sera facile 



de 



que les auteurs de ces travaux, dont plusieurs ont acquis 

ande celebrite, ont commis de noEibreuses erreurs; 



une ei 




il ne pouvait en 6tre autrement, ainsi que je vais essayer de 
I'expliquer. 



11 . 



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- COWSIDfiRATIOiSS CRniQUES SUR LES DIVERS MODES D'lNYESTlGATlON 

EN USAGE DANS L'ETUDE DE LA MVOLOGIE. 



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Los traites de myologic nous oftrent, apres la description 
de chaque nuiscle, un expose plus ou moins etendu de leurs 
usages. Plusieurs methodes avaient ete employees pour arri- 



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MECANISME DE LA PIIYSIONOMIE HUMAINE. 



ver a determiner raclion des parties cootractiles; les voici, 
d'apres le professeur Berard : 

« 1" Tant6t le relief des muscles, pendant la production 
de certains mouvements, trahissait I'aspect qu'ils y pre- 

I 

naient. Le biceps et le brachial anterieur se tumefient 

* 

pendant que I'avant-bras se flechit ; evidemment ils sont 



flechisseurs de cette parlie. Ma tempe se gonfle pendant 
que mes machoires se rapprochent ; sans aucun doute, le 
temporal tire en haut Tapophyse coronoi'de. 

» 2" Tant6t la configuration des surfaces articulaires indi- 
quait les usages des muscles voisins. 



Jamais un muscle pas 



sant sur une articulation ginglymoidale n'y determinera des 
mouvements lateraux ; il sera flechisseur ou extenseur, sui- 
vant qu'il se rapprochera davantage d'un des plans opposes 
dans lesquels se font les mouvements. 

» 3° Plus souvent encore, on avait recours a I'excellent 
criterium queje vais indiquer, a la veritable pierre de touche 
de Taction musculaire. 

» fitant donnee la notion qu'un muscle se raccourcit pen- 
dant son action, ou plut6t que ses fibres se raccourcissenl (ce 
qui n'est pas tout a fait la memo chose), dissequez un muscle 
sur le cadavre, imprimez diflerents mouvements a la partie, 
observez le moment ou les fibres se tendent et celui ou elles 
se relachent, vous pourrez prononcer, presque a coup sAr, 
que, sur le vivant, le muscle contribue a amener la position 
dans laquelle vous voyez ses fibres relachees sur le cadavre. 
Ce moyen si simple, si fecond^ je ne saurais dire qui la 



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CONSIDERATIONS GENERALES. 



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iuvente, ni m6me qui me Fa appris; il a dA se presenter au 
premier aiiatomiste qui vit un muscle se raccourcir pen- 
dant sa contraction. 

» 4° Enfin, lorsque de vives contro verses s'elevaient sur 
Taction de certains muscles, il n'etait pas rare qu'on en 



appelat aux vivisections pour le jugement du debat. » 



Ces modes d'exploration sont tons parfaitement applicables 
a myologie des membres et du tronc, et je reconnais, avec 



r 

Berard, que, grace a eux, on etait deja assez avance dans 



connaissance des usages particuliers de chaque muscle ; mais 
ne pense pas comme lui, cependant, que, pour ce qui 



je 



garde la myolo 




membres, il restait seulement quel 



ques parties a completer, quelques opinions a rectifier (1). 
Sans etre injuste envers mes devanciers, sans sacrifier 



toute I'antiquite pour la plus grande gloire des progres mo- 



dernes, on peut affirmer aujourd'hui qu'avant mes recherches 
electro'physiologiques, on possedait sur Taction propre des 
muscles de la main des notions tellement incompletes, qu'il 
etait impossible d'expliquer le mecanisme des moindres mou- 
Yemenis de la main. 

Comment^ par exemple, etait-il possible de mouvoir les 



phalanges en sens inverse, comme dans tons les usages de la 



main, comme lorsqu'on ecrit, etc.? Cestce que Ton ignorait. 



(1) A Tepoque ou Berard ecrivait ces lignes, mes Recherches electro- 
physiologiques sur la main, I'epaule, le pied, le diaphragme, n'etaient pas 
encore publiees. II a reconnu plus lard que la physiologic musculaire laissait 
beaucoup a desirer. 



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10 MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

Les notions physiologiques etaient egalement insuffisantes 
pour les muscles qui meuvent le pied et pour ceux de quel- 



ques 




ions. — II en sera probablement de m6me de 



celles qu'il me reste a explorer i a 

Si done, malgre I'emploi des divers modes d'investigatiou 




e dans I'etude de la myologie, il n'a pas 
ete possible de determiner, pour les membres, Faction indi- 

viduelle et les fonctions d'un ffrand nouibre de muscles, la 



difJiculte est bien plus grande encore a la face 



d'investigation ne sent pas pour la plupart applicables. 



Ainsi : T a la face, il est peu de muscles dont on puisse 
reconnaitre Paction par leur gonflementou leur saillie; 2° dans 



cette region, point de surfaces articulaires dont la configura- 
tion indique les usages des muscles voisins; 3° cette veritable 
pierre de louche de I'aclion musculaire, qui consiste a rap- 

r ^^ 

procher les deux extremites d'un muscle de maniere a le mettre 

dans le reldchement (ce qui permet d'en deduire a coup sur 
que ce muscle contribue a ramener la position dans laquelle 
on voitses fibres relachees sur le cadavre), n'est pas appli- 
cable a la myologie de la face. De quelle utilite peuvent 6tre 
de tels modes d' exploration pour arriver a connaitre Taction 
propre des muscles de la face, les rides, les plis, les reliefs 
nombreux et infiniment varies que chacun d'eux imprime 
a la peau ? lis ne pourraient, en un mot, montrer I'influence 

^ 

que ces muscles exercent sur I'expression. 

On doit vraiment admirer le talent d'observation de ceux 
qui ont pu deviner, pour ainsi dire. Taction expressive de 



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CONSIDERATIONS GENERALES. 



41 



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certains muscles de la face, quoiqu'ils aient ete prives de 

tout moyeii d'experimentation ou de controle. Toutefois les 

opinions qu'ils ont emises a cet egard ne sont que des asser- 
tions qui avaient besoin d'etre demontrees par I'experimen- 

tation directe. 

On comprend aussi que ces observateurs ont du com- 

mettre d'autant plus d'erreurs, qu'ils ont eu, sans qu'ils s'en 
doutassent, des illusions d'optique exercees par des mouve- 
ments limites a certains points de la face. Je vais bient6t 
demontrer, en effet, qu'a la vue des mouvements de certains 
muscles du sourcil, on eprouve une sorte de mirage qui 



fait croire a un etat de contraction generate de la face. 

Les vivisections, fussent-elles praticables sur rhomme, ne 
pourraient certes aider a resoudre le probleme en question, 
car il faudrait, pour cela, sacrifier la peau sur laquelle se 
dessinent les signes du langage expressif de la physionomie. 

C'est ici le lieu d'exarainer la valeur du criterium, recom- 
raande par Camper. 



Selon ce celebre observateur, les plis, les rides du visage, 



sont necessairement perpendiculaires a la direction des mus- 
cles. S'ensuit-il done que dans tout mouvement expressif on 
peut reconnaitre les muscles en action par la direction des 
rides? En d'autres termes, etant donnee une ride produite par 
un mouvement expressif, le muscle qui croise la direction de 
cette ride se trouve-t-il necessairement en contraction? 

Telle semble ^trel'opinion de Camper; tel a ete aussi le 
precede employe apr6s lui par les auleurs pour arriver a ro' 



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12 



MfiCANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



connaltre les agents moteurs qui president a telle ou telle 
expression. Eh bien ! rien ii'est plus incertain, ou plut6t rien 
n'est plus trompeur que ce moyen d'observation. 
Pour le prouver, je vais me servir d'une coiuparaison. Si 



oblique, de bas 



point de la surface du rideau 



plesse et Panciennete de I'etoffe, des plis se former dans des 
directions varices et quelquefois sur differents points de cette 
surface. De m^me, sous I'influence d'une simple traction 

» - 

exercee sur la peau de la face, on voit naitre a sa surface des 

r 

rides, des sillons, dans des directions diverses et dans des lieux 
plus ou moins eloignes les uns des autres; de plus, celte sur- 
face cutanee n'est pas unie ; elle offre, a I'etat de repos, des 
sillons et des reliefs dus a la predominance tonique de tel ou 



de cette region, predominance qui Yarle a I'infi 



selon I'age du sujet et le jeu des passions habituelles, ce qui 
constitue la physionomie individuelle. 

Eh bien ! toute traction limitee a un point de la face mo- 
difie ces sillons et ces reliefs, soit en les exagerant, soit en les 
effacant, soit en changeant leur direction. 

Un exemple pour mieux developper ma pensee. Que Ton 
suppose une force agissant dans la direction de la coramis- 
sure des levres, au cote externe de la pommette (comme le 
grand zygomalique) j alors le sillon naso-labial se creuse, sa 

courbe devient sinueuse, et des rides rayonnantes apparais- 
sent, dans la plupartdes cas, au pourtour de Tangle externe 

de I'oeil. 




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CONSIDERATIONS GfiNERALES. 13 

Voici comment on devrait expliquer ces mouvements^ sui- 
vant cette assertion de Camper, a savoir : que les plis et les 
rides du visage sont n^cessairement perpendiculaires a la 
direction des muscles. La commissure a e^te mise en mouve- 



par le grani zygomatiqu 



le sillon 



labial s'est 



creusesousl'influence deVelevateur propre de la levre sup4- 
rieure et du nez; les rides rayonnantes voisines de Tangle 
externe de Tceil sont dues a Taction du sphincter des pau- 
pieres. Je me reserve de demontrer experimentalement que 



cette theorie est completement erronee, et que le grand 



zygomatique seul produit toutes ces rides et tous ces sillons. 
Ce que je viensde dire du grand zygomatique est applicable 
a la plupart des muscles expressifs de la face. 



m. 



ORIGINE DE MES RECHERGHES fiLEGTRO-PHYSIOLOGIQUES SUR LA 

PHYSIONOMIE EN MOUVEMENT. 



Tout mouvement volonlaire ou instinctif resulte de la con- 
traction simultanee (synergique) d'un plus ou moins grand 
nombre de muscles. La nature n'a pas donne a Thomme le 

r" 

pouvoir de localiser Taction du fluide nerveux dans tel ou tel 
muscle, de maniere a en provoquer la contraction isolee. Ce 
pouvoir, qui eiit ete sans utilite pour Texercice de ses fonc- 
tions, Taurait expose a des accidents ou a des deformations, 
ainsi que je Tai deja demontre ailleurs (l). 

(1) De V electrisation localisee et de son application d la physiohgie, a la 
pathologie et a la therapcutiqne. Paris, 1855 ; 2*^ edit., 1861. 



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14 MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

Puisqu'il ne jouit pas de la faculte de decomposer ses mou- 
Yemenis et d'analyser ainsi Faction individuelle de ses mus- 
cles, comment done les analyser, comment arriver a con- 
naitre exactement Faction propre de ses muscles? 

S'il etait possible de maitriser le courant electrique, cet 



agent qui a tant d'analogie avec le fluide nerveux, et d'en 



limiter Faction dans chacun des organes, on mettrait a coup 

sur en lumiere certaines de leurs proprietes locales. Mors, 
pour la face en particulier, avec quelle facilite on determi- 
nerait Faction propre de ses muscles ! Armede rheophores, on 

•m 

pourrait, comme la nature elle-meme, peindre sur le visage 
de Fhomme les lignes expressives des emotions de Fame. 
Quelle source d'observations nouvelles ! 

Telle a ete, il y a une douzaine d'annees, Fidee mere de 
mes recherches electro-physiologiques, idee 
qui enflamma mon imaorination. 



riche d 



Ce n'est point ici le lieu de rapporter la longue serie de 
travaux physiques et anatomiques par lesquels j'ai du passer, 

r 

et les difFicultes que j'ai eu a surmonter avant d'arriver a la 
realisation de mon idee. Apr^splusieurs annees d'experiences 



m'a ete possible d 




puissance electriq 



a la surface du corps, et puis, lui faisant traverser la peau 
sans Finteresser et sans Fexciser, de concentrer son action 

dans un faisceau musculaire, dans un 



dans un muscle ou 



tronc ou dans un filet nerveux. 



C'est a Fetude de la face queje fis la premiere application 
dela methode d'electrisation queje venais de creer. L'electri 



V 




» 









CONSIDERATIONS GENERALES. 



15 



sation localisee m'a aide a resoudre le probleme, a la fois si 
difficile et si interessant, qui fait le sujet du paragraphe pre- 



cedent ; elle m'a permis de voir se dessiner sous I'instrument 



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les pluspetites radiations des muscles. Leur contraction revele 



d 



que ne pourr 



le scalpel del'anatomiste; c'est du moins ce que Ton observe 
au visage, ou Ton sacrifie inevitablement, dans la preparation 



analomique; les portions terminates des fibres qui vont s'in- 
serer a la face interne du derme. 

C'est la une nouvelle sorte d'anatomie a laquelle on pour- 
rait appliquer les deux mots par lesquels Haller voulait qu'on 

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designat la physiologic : o'est I'anatomie animee 



anatome 



animata; -— c'est ce que Soemmerring eut sans doute appele 
confemplatio musculi vivi. . 

De mes experiences electro-physiologiques , il ressortit 

bientot des faits qui me parurent assez nouveaux pour me 



decid 



presenter, dans le cours de I'annee 1850 



Academies des sciences et de medecine de Paris, une serie de 

memoires intitules : Fondions des muscles de la face demon- 
trees par r electrisation localisee. Ces travaux provoquerent, 
en 1851, le brillant rapport du professeur Berard, membre 
de r Academic de medecine (1). 

II m'est permis d'affirmer que ce mode d'exploration elec- 
tro-musculaire n'a pas ete applique avant mes recherches 
experimentales. , 




^ 

(1) Seance du 18 mars 1851 {BuHetin de I'AcaiUmie de medecine, 
t. XVI, p. 609). 



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1 6 JIECANISME 1)E LA PHYSIOKOMIE HUMAIKE. 

11 n'est venu ceries a Tidee de personne d'attribuer a un 



but d'elude de myologie ces experiences grossieres d'un phy- 



sicien qui, a Forigine de relectricite, provoquait par des de- 



charges electriques des convulsions sur des t6tes de supplicies. 
On avail avance que C. Bell et Sarlandiere avaient essaye 
d'etudier Taclion propre des muscles de la face au moyen 
de la galvanisation. Ces auteurs n'en disent rien dans leurs 
ecrits; d'ailleurs, sMls avaient employe ce mode d'exploration, 

V 

ils n'auraient certainement pas commis les erreurs que j'ai 
a rectifier. 

On reconnaitra, j'espere, que I'honnenr d'expliquer le 

mecanisrae de la physionomie, cette espece d'analyse anato- 
mique des passions, etait reserve a la melhode d'electrisa- 
lion , qui seule permet de determiner exactement Faction 
propre des muscles et de decomposer les mouvements. 
Ces premieres recherches n'etaient cependant et ne pou- 



vaient ^tre qu'une ebauche. Les fails electro-physiologiques 



que j'avais observes ne m e rendaient pas completement compte 
des mouvements physiologiques de la face. Et puis, quelle 
part fallait-il faire a chacun des muscles de la face pour Fin- 
fluence qu'ils exercent sur le jeu de la physionomie? J'etais 
loin d'etre bien fixe sur ces questions complexes et difficiles, 
je les avais a peine effleurees. 



Aujourd'hiki, appuye sur une experimentation tongue et 



continue, je crois pouvoir livrer a la publicile mes recher- 
ches, qui, je Fespere, jettercntun grand jour sur ces etudes. 





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CHAPITRE IL 



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FAITS GENEEAUX PRINCIPAUX QUI RESSORTENT DE MES EXPERIENCES 

ELEGTRO-PHYSIOLOGIQUES. 





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Pour coniiaiire et juger le degre d'influence cxorcee sur 
I'expressioii par les muscles de la face, j'ai provoque la con- 
traction de ces derniers a I'aide de courants eleclriques, au 
moment ou la physionomie etait au repos, ou elle annoncait 



le calmo iuterieur ; le regard du sujet etait alors fixe et diri^e 



devant lui. 



& 



J'ai d'abord mis cliacun des muscles partielle 



en 



3t d'un seul cote, tant6t des deux c6tes a la fois 
du simple au compose, j'ai essaye de combine 



? 



ces contractions musculaircs partielles, en les variant 



au 



tant que possible, c'est-a-dire en faisant contracter les muscles 

r 

de noms differents, deux par deux, trois par trois. 

Je vais exposer sommairement, dans les paragraphes sui- 
vants, les faits generaux principaux qui ont ete mis en lu- 
miere par ces contractions partielles et par ces contractions 
combinees des muscles de la face. 




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MECANISME ])E LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



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CONTRACTIONS PARTiELLES DES MUSCLES DE LA FACE 



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L'etude experimentale des contractions partielles des 
muscles de la face apprend qu'elles sont, on completement 
expressives, on incomplelcment eooprcssives^ on expressives 
complementaires^ on inexpressives . 



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Confraciion!^ partielles completeiuent c\|)re!>4ii$ivem. 



11 est des muscles qui jouissent da privilege exclusif de 

peindre completement, par leur action isolee, une expression 

qui lour est propre. 

Au premier abord, cette assertion parait paradoxale; car, 
bien que Ton ait accorde a un petit nombre de muscles une 

r 

influence speciale sur la physionomie, on n'en a pas moins 

professe que toute expression exige le concours, la synergie 
d'autres muscles. 
J'ai partage, je Favoue, cette opinion, que j'ai cru nieme 

i 

un instant confirmee par rexperimentation electro-physio- 
logique. 

Des le debut de mes recberches, en effet, j'avais reraarque 
que le mouvement partiel de I'un des muscles moteurs du 

sourcil produisaittoujours une expression complete sur la face 

humaine. Jl est, par exemple, un muscle qui represente la 
§ouffranct3. Eh bien! sitot que j'en provoquais la contraclioii 



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CONSIDERATlOiNS GENERALES. 



19 



forme qui 



s expression de souffrance, mais les autres par 

du visage, principalemeDt la bouche et ]a 



labiale 



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egalement subi 




ofond 



line modification 



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s'harmoniser avec le sourcil, et peindre 



penible 




Dans celte experience, la re 

siege d'ane contraction tres evidenle, et je n'avais pu 



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points de la 



face. Cependant j'etais force de convenir que cette modifi- 
cation generate des traits que Ton observait alors, paraissait 
etre produite par la contraction synergiqued'un plus ou moins 
grand nombre de muscles, quoique je n'en eusse excite qu'un 



ul. C'etait aussi I'avis des per 

r 

petals mes experiences. 



lesquelles je 



Quel etait done le mecanisme de ce mouvement general 
apparent de la face? etait-il du a une action reflexe ? Quelle 
que flit I'explication de ce phenom6ne, il semblait en res- 
sortii', pour tout le monde, que la localisation de I'electrisa- 
tion musculaire n'etait pas realisable a la face. 



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Je n'attendais plus rien de ces experiences electro-physio- 
logiques, lorsqu'un hasard heureux vint me reveler que j'a- 
vais ete le jouet d'une illusion. 

Un jour que j'excitais le muscle de la souffrance, et au 
moment ou tons les Iraits paraissaient s'etre contractes dou- 
loureusement, le sourcil et le front furent tout a coup mas- 



ques accidentellement (le voile de la personne sur 1( 




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20 



MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



faisais ceito experience, s'etait abaisse sur ses yeux). Quelle 
fut alors ma surprise en voyant que la partie inferieure 



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la moiiidre appar 



de 



traction ! 



Jc renouvelai plusieurs fois cette experience, couvrant et 

decouvrant alternativement le front et le sourcil ; je la repetai 
sur d'autres sujets, et m6me sur le cadavre encore irritable, 
et toujours elle donna des resultats identiques, c'est-a-dire 
que je remarquai sur la partie du visage placee au-dessous 
du sourcil la meme immobilite complete des traits; mais 



a I'instant ou les sourcils et le front i 
maniere a laisser voir I'ensemble de 



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de 

les 



lignes expressives de la partie inferieure de la face semblaient 
s'animer douloureusement. 

Ce fut un trait de lumiere ; car il etait de toute evidence 



que cette contraction apparente et generate de la face n'etait 



qu'une illusion produite par I'influeuce des lignes du sourcil 



sur les autres traits du visage. 



II est certainement impossible de ne pas se laisser tromper 
par cette illusion, qui est, comme je I'ait dit precedeni • 
ment, une espece de mirage exerce par les mouvements 
partiels du sourcil, si I'experimentation directe ne vient pas 
la dissiper. 

Toute proposition qui blesse I'opinion generate ou qui res- 
semble a une heresie physiologique, devrait 6tre demontree 
immediatement. 11 importerait doncde faire connaitre main- 
tenant les fails qui sont la preuve physique et complete des 



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CONSIDERATIONS GENERALES. 



21 



precedentes 



fauci 



I'ordre que je suis force de suivre dans I'exposition de mes 
rechercbes. II convient seuleraent, dans ces considerations 



generales et pr 



ne mellre en 



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fails principaux qui donnent une idee de rimporl 
but de mes recbercbes experimenlales sur la pb 
en mouvement. 



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En vertu de quelle loi un mouvement circonscrit dans un 
point de la partie superieure de la face peut-il imprimer, en 
apparence, une telle modification aux autres traits de cette 

resfion ? 



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com par 




3r a ce pbenomene les effets 
isuel par le rapprocbement de 
aines teintes. M. Cbeyreul, directeur de la manufacture 
Gobelins, et membre de I'lnstitut, a public sur ce sujet 



un ouvrage d'un Ires grand merite, et surtout d'une gi 



pratique de la peinture (\). Ce 



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et merae seulement des nuances 



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sont en realite. Mettez, par exemple, une coucbe de cou 



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(I) Traile du contrasle smuUani cJes couleurs. 





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22 



MECANISME DE LA PHYSTONOMIE HUMAINE. 



Cette espece 



d'optique exercee pai 



simultane de couleurs echappe a toute espece d'explication 

J- 

scientifique. II en est de m6me de cette sorte de mirage 
que nous font eprouver certains mouvements circonscrits 
de la face. 



Quoi qu'il en soit, I'utilite de Fillusion produite par certains 



traits de visage ne saurait 6tre meconnue. En 



YOici, je crois, 



les principaux avantages : 

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1" Si pour peindre chaque passion ou cliaque sentiment, 

il eut ete necessaire de mettre tous les muscles simultane - 
ment en jeu, afm de modifier les traits de la face d'une 



maniere generate, Faction nerveuse eut ete beaucoup plus 



compliquee. 

2" Les traits qui representent I'image d'une passion etant 
reduits a un muscle ou a un petit nombre, et dans un point 

limite de la face, leur signification devenait plus facile a 



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saisn\ 



3° Ces trails 



quoique circonscrits, devaient impressionner 
davantage en exercant une influence generale; mais les pas- 
sions a cxprimer etant assez nombreuses, il ne fallait pas trop 
multiplier les contractions des muscles qui serventa en tracer 
les signcs ct dont le nombre est limite. 
Reconnaissoris ici que ringeiiieiix artifice employe par la 
/ nature pour arriver a ses fins est digue de notre admiration. 
Si, en efFet, a la vue d'un mouvement aussi h'mile et qui 
nous fait reconiiaitre I'image parfaito rVune eniolion, il nous 



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CONSIDERATIONS GENEIULES. 



23 



semble que la face s'est modifiee d 



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Liiie maniere generale, si 



nous subissons de telles illusions, c'est uniquemenl en vertu 

anisalion, en vertu d\uie faculte que nous posse- 




de noire or 



dons en naissant. 



B. 



Contvactions t»nrticll(><i incoiiipletcmcnt expiossives. 



Parmi les muscles qui sont situes au-dessous du sourcil, il 
en est qui, de m6me que ceux deTordro precedent, jouissent 
d'une expression propre, et rcagissent d'une maniere gene- 
rale sur la physionomie; mais alors cette expression est in- 
complete. 

Ces muscles sont eminemment expressifs ; leur action indi- 

h 

viduelle trahit un mouvcment particulier de I'ame: chacun 
d'eux, en un mot, estle representant unique d'une emotion. 
Qu'on les mette en effet successivement en jeu, et Ton verra 
tour a tour apparaitre les lignes expressives de la joie, depuis 
le simple contentement jusqu'au rire fou, de la tristesse, du 
chagrin, du pleurer, etc. 

C'est la premiere impression que Ton recoit toujours, a la 
vue de ces contractions partielles ; neanmoins on ne larde 
pas a sentir que I'expression n'est pas naturelle, qu'elle est 
comme factice, qui lui manque enfin quelque chose. 

Quel est done le trait qui fait alors defaut et qui devrait 

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completer I'expression? C'est ce qu'il n'est pas toujours facile 
de trouver, si j'en juge toulefois par les opinions que j'ai 



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2/1 



JiECANlSME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



enlendu emetlre par les personiies qui assistaienl a mes 



experiences 
L'experin 



quelqiiefois app 



cloivent alors cntrer synergiqueinent en contraction pour 

completer Texpression. Je reviendrai bientot sur ce sujet 
important. 



c. 



Contcnctions itnrticlleg expressive.«i coniplciucnfnire!^ 




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Isolement, quelques muscles situes au-dessous du sourcil 
n'expriment absolnraeiit rien par eux-m6mes, quoiqu'ils 

acquierent la propriete de representer specialement des pas- 
sions en so combinant avec d'autres muscles, et qu'ils soient 
destines a venir en aide a ccrtaines expressions^ soit pour les 
completer, soit pour leur imprimer un autre caractere. 

J'en citerai un cxemple. II est un muscle qui attire obli- 
quement en bas et en dehors tons les teguments de la partie 

inferieure de la face, et gonfle la moitie anterieure du cou, 
sans tracer le moindre signe pbysionomique qui decele une 
expression quolconqne. Ce muscle produit seulement une 
deformation des traits. Mais, des I'instant que Ton marie fac- 
tion de ce muscle avec celle de tel ou tel autre, on fait appa- 
raitre a volonte sur la figure, et avec une verite saisissante, 
I'imagedes passions les plusviolentes : lafrayeur,fepouvante, 
f effroi, la torture, etc. 



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CONSIDERATIONS GENERALES 



25 



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Contractions partiolles inexproi^siveM. 



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II n'est pas un soul des muscles de la face qui ne soil mis 
synergiquement en action par une passion; mais quelques- 
uns d'entre eux (en tres petit nombre) ne produisent aucune 
ligne expressive apparente, bien que leur contraction par- 
tielle produise un mouvement tres appreciable. Au point de 
vue physionomique, ces muscles doivent done ^tre consideres 
comme inexpressifs. 








11. 



CONTRACTIONS COMBINfiES DES MUSCLES DE LA FACE. 



Les combinaisons musculaires de la face s'obtiennent en 
excitant simultanement plusieurs muscles de noms differents, 
d'un cote on des deux cotes a la fois. Ces contractions com- 
binees sent, ou expressives^ ou inexpressives ^ ou expressivcs 

discordanles. 



A. 



Contractioni^ conibinees expa'cs^sives 



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L'etude experimentale des contractions musculaires par- 
tielles de la face m'a revele, ainsi cpie cela ressort des consi- 

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derations exposees dans le paragraphe precedent, I'origine 






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26 



MECANISME DE LA PHYSTONOMIE HUMAINE. 



d'un grand nombre d'expressions physionoraiques. Quelques- 
iinesde ces expressions originelles, on I'a vu, sont parfaite- 
ment dessinees par les contractions partielles de certains 
muscles, tandis que d'autres expressions originelles, qui indi- 



viduellement sont aussi representees specialement par un 
muscle, ont besoin cependant, pour ^tre completes, du con- 
cours d'un ou de plusieurs autres muscles. 

J'ai fait contracter tour a tour chacun des muscles de la 
face, conjoinlemenl avec les muscles incompletenient expres- 
sifs. Ces combinaisons musculaires m'ont fait connaitre les 

muscles complementaires de cesderniers; elles m'ont apprls 
qu'un muscle expressif compleraenlaire ne peut 6tre supplee 
par aucun autre muscle, et qu'il est toujours I'auxiliaire ne- 
cessaire de tel ou tel muscle incompl(5tement expressif. Ellcs 

m'ont enseigne enfin que, pour le mecanismc de I'expression 
de la physionomie, la nature precede, comme toujours, avec 
simplicite. II est rare, en effet, que, dans ces combinaisons 
musculaires expressives, il m'ait fallu mettre plus de deux 
muscles simultanement en action, lorsque j'ai voulu repro- 



d 



d 



maniere complete une des expr 



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I'homme a la faculte de peindre sur sa face. 



Les expressions originelles 



de la face (qu'elles aient etc 
produites par des contractions partielles completement ex- 
pressives, ou par la combinaison des muscles incompletement 
expressifs avec les muscles expressifs complementaires) sont 
primordiales; car elles peuvent, en s'associant, produire un 
ensemble harmonieux et donner naissance a d'autres expres- 



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CONSIDERATIONS GENERALES. 



27 



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sions dont la signification est plus etendue, a des expressions 

complexes. 

Un example pour expliquer ma pensee. L'attention qui est 
produite par la contraction partielle du frontal^ et la joie qui 

est due a la synergic du grand zygomatique et de Vo7^bicu~ 



laire inferieur (I'un des muscles moteurs de la paupiere infe- 
rieure), sont des expressions primordiales. Yient-on a les ma- 
rier ensemble, la physionomie annoncera que I'ame est sous 
la vive impression d'une heureuse nouvelle, d'un bonheur 
inattendu : c'est une expression complexe. Si a ces deux 
expiessions primordiales on ioint celle de la lascivete ou de 



la lubricite, en faisant contracter synergiquement avec les 



muscles precedents le transverse die nez, les traits sensuels 

propres a cette derniere passion montreront le caractere spe- 
cial de l'attention attiree par ime cause qui excite la lubri- 
cite, et peindront parfailement, par exemple, la situation 
des vieillards impudiques de la chaste Suzanne. 

On \oit done, par cet exemple , que la combinaison des 
expressions primordiales produit des expressions plus ou moins 
complexes, et que dans leur progression elles se completent 
par I'apparition successive deslignes propres a chaque expres- 
sion primordiale. 

Est-il besoin de dire enfin que les combinaisons des ex- 
pressions primordiales ne donnent origine a des expressions 
parfaites qu'a la condition d'Mre faites conformement aux lois 
de la nature? 



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28 



JIECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



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Contractions conibinccs inexprcssivoj^ 



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II est ratioiinel de penser que les muscles qui sont les re- 
presentanls directs de passions contraires m peuvent sym- 
pathiser ensemble, et que leur action combinee ne doit pro- 
duire que des contractions iuexpressives. En effet, il ne 
pas ete possible, en general, d'obtenir un ensemble naturel, 
harmonieux, de la r(5union de deux expressions qui repon- 
daient a des passions ou a des affections opposees, surtout 
lorsqu'elles etaient tres accentuees. Non-seulement alors la 
pbysionomie etait plusou moinsgriniacante, mais encore elle 
laissait I'esprit duspectatcur dans une grande incertitude sur 
sa signification reelle. 

Ainsi I'association des mouvements qui sont propres a I'ex- 
pression de la joie et de la douleur donne une pbysionomie 
etrange, qui s'eloigne d'autant plus de la verite que ces mou- 
vements expressifs sont plus energiques. II en est de m^me 
d'autres expressions conlraires, dont I'union arlificiellement 
provoquee fausse la pbysionomie, an point qu'il est difficile, 
quelquefois m6me impossible de I'interpreter d'une maniere 
quelconque. 

11 arrive soiivent, dans ces experiences delicates, que Tex- 
citateur rencontre un nerf qui anime nn plus ou moinsorand 



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ne produit jamais qu'une grimace qui ne rappelle aucune 



expression. Cette contraction en masse ressemble auxspasmes 




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CONSIDERATIONS GENERALES. 

convulsifs que ron observe dans une affection nerveuse 
line sous le nom de tic indolent de la face. 



29 



e con- 



c. 



Contrnction<i; combinecs expressive^ rfiscordaMtes. 



II ne faudrait pas conclure des faits precedents qu'ii y a 

entre les expressions primor- 



jours antagonisme absolu 



touj 

diales contraires. 
J'ai vu en effet les lignes qui trahissent la joie s'associer 



de la douleur, pour 



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melancolique. C'elait un eclair de contentement, de joie, qui 
ne pouvait cependaut dissiper les traces d'une douleur recente 
on les signes d'un chagrin habituel : aiusi je me 
une mere souriant a son enfant au moment ou el 
perte d'un 6tre cheri, d'un epoux. 
Le mouvement du sourire n'indique pas seulemi 



represente 



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heureuse disposition de 



5si la bienve 
fait compati 



quelquefois jusqu'a Tattendrissemenl. Unit 



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pemes 
1, par 



modere, et encore mieux a la 



une 



contraction legere du muscle de la souffrance, on obtient 
admirable expression de compassion, une expression des plus 
sympathiques. 

Cescontractionscomposees,aufond,pardesexpressionscon- 
traires, et qui peignent un sentiment pourainsi dire force, je 

les appellerai contractions combinees expressives discordanles. 






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MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



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DE LA SYNERGIE MUSCULAIRE DES MOUVEMENTS EIPRESSIFS DE LA FACE 



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Les fails exposes dans les deux paragraphes precedents 
donnent lieu a une remarque qui, sans doute, n'echappe a 

personne : c'esl que la synergie musculaire qui produit les 
mouvements physiologiques des membres et du tronc n'est 
nullemenl comparable a celle des mouvements expressifs de 

L 

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la face. Cette proposition exige quelques developpemenls. 

II n'est pas un mouveraent physiologique du tronc ou des 
membres qui ne soit le resultat de la contraction synergique 



d'un plus ou moins grand nombre de muscles. Ainsi I'eleva 



tion volontaire du bras (de I'humerus) est produite par la 
contraction d'un muscle (le deltoide) ; nous le sentons durcir 
sous notre main pendant ce mouvement. et nous croyons qn'il 

r 

est alors le seul qui entre en action ^ parce que nous n'avons 
pas la conscience d'autres contractions musculaires. II n'en 
est cependant pas ainsi ; car, si Ton fait contracter le del- 
toide partiellement, a I'aide d'un courant electrique, on volt 
le scapulum se detacher du tronc, a la maniere d'une aile. 
J'ai explique ailleurs le mecanisrae de cette difformite 
Je rappellerai seulement que, pour I'emp^cher, la nature fait 

F 

entrer synergiquement en action, pendant la contraction 




(1) Electrisation localisce appliqiiee a la physiologie, d la pathologic et a la 
therapeuiiciuey 3*^ parlie, chap. II, art. 4 el 5, T"^ edit. 






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IONS GENERALES . 



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deltoicle, on autre muscle (le 




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qui fixe puissamment le bord spinal du scapulum centre le 
thorax, sans que nous ayons la conscience de ce mouvement 
et sans qu'il nous soit donne de remp6cher, 

Je pourrais choisir bien d'autres exemples aussi probanis, 
surtout parmi les mouvements synergiques de la main et du 

merveilles de combinaisons 



pied, mouvements qui sont des 



. mecaniques. 



Ces contractions synergiques sont necessitees par les lois 



de la mecanique. Tout le monde le comprend; il serait inutile 
de developper cette proposition, qui, au besoin, est demon- 



tree 



par I'observation pathologique. J'ai d'ailleurs longue 



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ment etudie cette importante question (1). Est-il necessaire 
de dire que les m^mes raisons d'equilibre n'existent pas pour 
les mouvements expressifs de la face ? 

Le Createur n'a done pas eu ase preoccuper ici des besoins 
de la mecanique; il a pu, selon sa 
pardonne cette maniere de parler 
mettre en action tel ou tel muscle, un seul ou plusieurs 

f 

muscles a la fois, lorsqu'il a voulu que les signes caracteris- 
tiques des passions, meme les plus fugaces, fussent ecrits pas- 

• . _ . — . 

sagerement sur la face de I'homme Ce langage de la phy- 



que 1 on mi 
divine fantaisie 



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fois cree, il lui a sutfi 



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pour 



et immuable, de donner a tout 6tre humain la faculte instinc- 
tive d'exprimer toujours ses sentiments par la contraction des 
memes muscles. If 



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32 MECANISME DE LA PHYSIUA'OMIE HUiM 

II elait ccrtainement possible de doubler le nombre d 



es 



signes expressifs de la physionomie; il fallail, pour cela, que 
chaque sentiment ne mit en jeu qu'un seul c6te de la face 



ainsi qu on me le voit faire dans mes experiences. Mais on 
sentcombien un tel langage eut ete disgracieux; c'est pro- 
bablement dans le but de le rondre harmonieux que la nature 



a mis au service de chaque passion les muscles homologue 

r 

(de m^me nom), en nous privant de la faculte de les faire 
jouer isolement. 




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CERTITUDE DE GES REGHERCHES 



II importe cle prevenir qiielques 




' qui, si elles 




etaient fondees, diminueraieiit et ainiuleraient m6me la valeur 
de mes experiences. 

Ce n'est point pour me donner lo plaisir de les refuter quo 
je souleve ces objections, elles m'ont ete faites serieusement. 

La seosibilite de la face est telle, que Ton ne pent epar 
aux sujets soumis a ce genre d'experiences une sensation des 
agreable et quelquefois un peu douloureuse. Or cette sensa- 
tion peut occasionner des raouvements involontaires. Com 
ment distinguer alors ces derniers raouvements de ceux qui 
appartiennent a Taction propre du muscle excite ? 

En general, ces raouvements involontaires n'ont lieu qu'a 
la premiere application des rheophores, et ne se reproduisent 
plus chez les individus habitues a la sensation electrique. 
D'ailleurs, on verra par la suite que, dans le but de dissiper 



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doutesqui pourraient 
sujet principal de 




de cette objection, j'ai choisi 



experiences 



honi 



chez 



lequel la sensibilite de la face elait peu developpee; et enfi 
ces m6mes experiences, repetees sur le cadavre encore irr 
table, out donne des resultats parfaitement identiques. 



La contraction partielle d 



muscle 



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pourrait-elle pas reagir sur I'ame, et prod 



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34 




C DE LA PIIYSIONOMIE HUMAINE. 



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sympathiquemoiil iine impression interieure qui provoquerait 
d'autres contractions involontaires? La face, par exemple, 
met toiijours en mouvement deux muscles, dont I'un dessine 
lesligncsfondamonlalesd'an sontiment, tandis que I'autre en 
complete I'exprcssion (c'eslcequeje mo reserve de demontrer 

* 

en temps opportun). Eh bien ! Texcitation artificielle du pre- 
mier muscle ne fait-elle pas naitre une impression inte- 
rieure, et cette impression ne provoque-t-elle pas, a son 
tour, la contraction du second muscle ? C'est ce qu'on appel- 
lerait un phenomene sympathique en physiologie. II en resul- 
terait que Ton ne pourrait mettre un muscle expressif isole- 
ment en contraction, sans provoquer Faction synergique 
d'autres muscles, satellites habituels de la passion dont il est 
le principal representant. 

Cet argument, comme le precedent, est assez specieux; il 
tombe cependant en presence des nombreuses experiences 
que j'ai faites sur des sujets recemment morts, chez lesquels 
la contraction des muscles de la face a produit des mou- 
veraents expressifs, absolument semblables a ceux que Ton 
observe chez les vivants. 

r 

On a memo ete jusqu'a admettre la possibilite de contrac- 
tions dites retlexes, provoquees par toute excitation periphe- 
rique, de telle sorte que I'electrisation musculaire localisee ne 
serait qu'une illusion. 

II n'est peut-etre pas inutile de rappeler ici une des condi- 
tions dans lesquelles se produit le phenomene appele contrac- 
tion musculaire reflexe. Lorsqu'on pique une des extremitcs 



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CERTITUDE DE CES REGHERCHES. 



35 



d'un animal dont la tete vient d'etre separee do tronc, oi 
observe des mouvements qui produiseiit la flexion des diffe 
rents segments do membre excite les unssur lesautres. C'es 
cette stimulation peripherique qui remonte paries nerfs sen 
sibles jusqu'a un point de la moelle correspondant a Porigini 



fs moteurs du membre 



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qui alors entrent en contraction . On 



que ces contraclions, auxquelles la volonte reste entierement 



qui se produisent dans la reorion dont 



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ppelee reflexe 



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disait-on) que Vecopression 



produit pendant I'excitation electrique d'un muscle quelconque 
fut leresultat d'un ensemble de contractions reflexes analogues 
a celles dont il vient d'etre question, et non le nroduil d'une mn. 



partielle 




? Je compris que cette obj 
doute sur la valeur de mes recherches eL 



physiologiques, 



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;e qui a i 
de la face 



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des membr 



Elle fut bientot refuteo par de nombreuses experiences que 




j'ai Ion 



resumer ici. 



exposees ailleurs (1), et que je ne ferai que 



J'ai demontre que ce phenomene reflexe qui se developpe 
dans certaines conditions pathologiques (de maladie) ne pou- 
vait se produire a I'etat normal. J'ai fait en outre contractor 



(1) Loo.cit., l-ediL, l83D,p.30, et^2«edil.,1863,p. 34. 



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JJECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUiVIAINE. 



Isolement des muscles humains. mis a iiu sur certains 



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.J, uvuMiiiainam ampules, et j ai prouve que les raouve- 
ments etaient absolument les m6mes quelorsque j'excitais les 
muscles homologues des membres noii separes du Ironc. J'ai 
fait aussi des experiences sur les animaux dont j'excitai les 
muscles de la face, et les mouvements ont ete absolument 
identiques, que la tete fut ou non separee du tronc. 

De I'ensemble de ces fails, il ressort done evidemment que, 
dans mes experiences faites sur des sujets sains, I'electrisa- 
tion musculaire localisee ne provoque pas de contractions 
reflexes qui viennent compliquer Faction musculaire 



tielle. 



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CHAPITRE IV 



UTILITE BE CES REGHERCHES 



Personne, assurement, ne contestera la nouveaute des faits 
qui ressortent de mes experiences electro-physiologiques sur 
Fexpression de la physionomie. Je vais essayer d'en dcmon- 
trer aussi brievement que possible I'utilite, au point de vue 



physiologique et psychologique, et indiquei 



pplications que I'on peut en faire a I'etude des 



beaux-arts. 



I. 



AU POINT DE YUE DE L'APPLICATION A L'ANATOMIE 

ET A LA PHYSIOLOGIE. 



• 



A. La plupart des muscles de la face semblent 



leur face 



M. le prof 



lorsqu'on les etudie par 
Cruveilhier a eu I'obli- 



geance de me montrer des f] 




ures dessinees d 



des 



preparations analomiques qu'il avait faites dans le b 



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les muscles par leur face poster 



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des OS, en masse, les parties molles du visage. On 



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MECANISME DE I.A PHYSIONOMIE HUMAINE. 



voit, dans ces preparations, que toutes les fibres musculaires 

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semblent se continuer les unes dans les aulres, a tel point 



qu'on ne saurait assigner les limites exactes du plus grand 



nombre des muscles de la face. 



Si 



fibrillaire des muscles de la face 



reelle, leur independance serait tres compromise, sinon 



Comment concevoir, en effet, qu 



pu 



so contracter dans une portion de sa longueur ou de sa con- 



tinuite? Et, dans ce cas, ou placerait on le point fixe? En 
un mot, avec cette doctrine de la continuite fibrillaire (1 
qui convertit, pour ainsi dire, en un masque tous les muscles 
de la face, on ne pent s'expliquer le mecanisme de cette foule 



de petits mouvements independants, qui ecrivent sur la figure 




les impressions si nombreuses de fame en caracteres toujours 
identiques. 

L'anatomie morte, dont la principale mission est de nous 
uider dans nos recherches sur les mysteres de la vie, en 
nous aidant a connaitre les fonctions des organes, semblait 
au contraire s'attacber ici a nous egarer. II etait reserve a 
I'exploration electro-musculaire, veritable anatomie vivante, 
de demontrer que cette continuite fibrillaire n'est qu'une 

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illusion. 

Sans anticiper sur ce que j'ai a exposer par la suite, je 
puis dire deja que, par ce moyen, j'ai decouvert les limites 



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(1) Cette doctrine de lc\conliniiitc fibrillaire rcconnait pour chef Bellingeri, 



celebrc anatomiste ilalien. 



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UTILITE DE CES RECHEPiCIIES. 



39 



de quelqiies muscles que Ton croyait se continuer les uns 
dans les autres. ce qui, depuis lors, a ete confirme pour un 
muscle (le pyramidal du nez) a I'aide du scalpel. 



B. L'electro-physiologie demontre I'existence, a la face 



de muscles qui ne.sont ni classes ni dcnommes. J'en vais citer 

plusieurs exemples. 

Un rheophore, place sur I'aile du nez, dilate la narine 



comme le fait la nature dans les srandes emotions. L'ana- 




tomie morte en est encore a trouver un muscle qui puisse 
expliquer ce mouvement : elle va m6me jusqu'a nier I'exis- 

r 

tence de fibres musculaires dans I'aile du nez (1). J'es- 



pere pouvoir 



que ce muscle 



fondu avec 



un autre muscle connu sous le nom de myrlifi 



com 



pose lui-m6me de plusi 
opposees. ■ 



muscles dont les fonctions 



L'anatomie morte a confondu dans 



m 6 m e 



nation des muscles qui possedent une action independante, 
sous Finfluence de I'excitation electrique, comme pour les 
mouvements volontaires et instinctifs, des muscles cnfin qui 
sont destines a des fonctions essentiellement differenles. 
Dans le muscle dit sphincter des paupieres, par exemple, 

■ 

dont on a fait un seul muscle, on trouve quatre muscles 
independants qui president a des expressions diverses. 
II est evident pour tout le monde que la physiologic doit 



('1) Voy. Sappey, Traite d' anatomic descrijolhw, p. 627. 



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BIECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



commander Fauatomie, et que, sous pretexte cle simplifier 
les eludes classiques, on aurait tort de continuer a embrouiller 
ainsi la science de la vie, et surtout I'etude de I'expression de 
la physiononiie. 



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Mes reclierches experimenlales redresseront aussi les 
erreurs physiologiqiies que Ton avait commises en attribuant 
a des muscles des mouvements auxqucis ils etaient etrangersj 
et en meconnaissant ceux qui leur appartenaient. U en etait 
resulte qu'on s'etait egalement trompe sur le role qu'ils jouent 
dans I'expression. 

C'est ainsi que Ton faisait concourir le petit zygomatique 
au mouvement de la joie, tandis que rexperimentation fait 
voir qu'il est le seul representant du chagrin, du pleurer rno- 

dere. 

C'est ainsi que le peaucier, qui jusqu'ici a ete oublie 
oil mal etudie comme muscle expressif, concourt specia- 
lement a peindre avec une verite saisissante les mouve- 
ments les plus violents de 1 ame : la terreur, la colere, la 

torture, etc. 

J'en pourrais dire autant de quelques autres muscles 
presque meconnus, de ceux principalement qui meuvent 
le sourcil, et qui jouent le role le plus important dans I'ex- 
pression de la physionomie en mouvement, comme on le 
verra bientot. 




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IJTILITE DE CES RECHERCHES 



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II. 



AU POINT DE VUE BE L'APPLICATION A LA PSYCHOLOGIE. 



• 

La pbysiologie musculaire de la face 



psycbologie ; on ne saurait certes le nier, lors 



pour ainsi d 



7 



,ppeler 



face du 




fidele de la plupart des passions 



denombrees et classees par les pbilosopbes 



( 



ce que je vais 



demontrer dans k^s considerations 



snivantes : 



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A. 



S)»etioinbiement des imiscleT^ cxpressif** ct des expressions 
obtemies dans mcs experiences 6lecfro-pl.ysiolos.ques. 




I 



V 



a. II 



est demonlr6 par les fails exposes precedemment 
(article II) qu'il existe une sorte de bierarcbie pour les mus- 



exprossifs de la face bumaine, c'est-a-dir 

re d'importance d 




de 



n ont pas tous le meme de 
la pbysionomie. 

On peut en effet ranger dans un premier ordre les mus- 
cles qui, en se contractant partiellement, possedent le pri- 
ilege d'exprimer, de la maniere la plus complete, des pas- 



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IJn deuxi^me ordre 



des muscles qui, de m^me 



que ceux du premier ordre, dessinent les lignes expressives 



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MJgCANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMATNE. 



d'une passion dont ils sont les uniques represenlants, mais 
qu'ils ne sauraient peindre completement. 
Dans un troisieme ordre, enfin, on trouve les muscles qui 

avec d'autres muscles, a ex- 
5 passions ou a les completer, 



sont destines, en s'associant 
primer specialement certaine 



3n que, partiellement, ils soient inexpressifs 
Void, dans la table synoptique suivante, : 



muscles expressifs, ranges d'apres ces differents ordres : 



ces 



TABLE SYNOPTIQUE. 



1° Muscles completement expi^essifs. 



FRONTAL Muscle de I'attention. 

OrB[CULA1RE 



PALPEBRAL SUPE- 



V 



R'EUR ............ Muscle dela reflexion. 

SouRCiLiER Muscle de la douleur. 

Pyramidal du nez Muscle de I'affression. 



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2° Muscles incompletement expressifs et expressifs complementaires 



Grand ZYGOMATiQUE Muscle de la joie. 

Petit zygomatique Muscle du pleurer modere. 

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Elevateur propre de la levre 
SUPERIEURE Muscle du pleurer. 

Elevateur commun de l'aile du 

nez et de la levre SUPE- 

RiEURE Muscle du pleurer a cliaucles larmes 

Transverse du nez Muscle de la lubricite. 



BucciNATEUR MuscIc dc Ti 



ironie. 



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UTILITE DE CES RECHERCHES. 



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TrUANGULAlRE DES LEVftES. . 



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. Muscle de la Iristesse, du degoftt, et 
compleraentaire des expressions 
agressives. 



Muscle de la houppe du menton. Muscle du dedain et du doute. 



I' 



Peaucier. . . Muscle de la frayeur, de I'effroi, de 

la torture, et complementaire de 

la colere. 

Carre du MENTON Muscle complementaire de I'ironie 

et des passions agressives. 

DiLATATEUR DES NARTNES Muscle complemcntaire des passions 

violentes. 

Masseter Muscle complementaire de la co- 
lore, de la fureur. 
Palpebraux Muscle du mepris et complemen- 



taire du pleurer 



OrBICULAIRE palpebral , INFE- 



RIEUR 



Muscle de la bienveillance et com- 
plementaire de la joie franclie. 



Fibres excentriques de l'orbi- 



CULAIRE des LEVRES 



Muscle complementaire du doute 
et du dedain. 



Fibres concentriques de l'or- 

4 

BICULAIRE DES LEVRES 



Muscle complementaire des passions 



agressives ou mechantes 



Regard en haut Mouvement complementaire du sou- 



venir. 



Regard oblique en haut et la- 



TERALEMENT 



Mouvement complementaire de I'ex 
taseetdudeliresensuel. 



Regard oblique en bas et late- 



ralement 



Regard en bas 



Mouvement complementaire de la 
defiance oude la t'rayeur. 

Mouvement complementaire de la 



tristesse, de I'lmmilite. 






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hU MECANISWE DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

On poumit former un dernier ordre avec les muscles qui 



sans aucun doute, sont mis 



en action par quelques passions 



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qui ne produisent sur la physionomie 



aucune lie^ne 



expressive apparente : ce sont les muscles auriculaires et les 
muscles du pavilion. 



Je 



rangerai aussi dans cet ordre un muscle qu'il ne m'a 
pas ete possible de faire contracter partiellement, et dont je 
ne puis en consequence decrire exactement Paction propre : 



c'est le muscle can in 



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b. 11 est egalement ressorti des fails electro-physiologiques 



et des considerations exposees precedemment 



que les ex- 



pressions peuvent Mre partagees en deux classes : en expres- 
sions primordiales et en expressions complexes. 

expressions primordiales sont produites par les con- 
tractions parlielles des muscles coinpletement expr 



Les 



essi fs 



ou 



par la combinaison des muscles 



1 



ncompletement expressifs 



avec des muscles expressifs complenieutaii 



es 



Les 



expressions complexes resultent de I'association des 



expressions primordial e 



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Je vais 



exposer le denombrement des expressions prim or 



diales et des expressions complexes que 
i'experimentation electro -physiologique 



j'ai pu obtenir par 



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TABLEAU SYNOPTIQUE- 



EXPRESSIONS 

PRIMORDIALES. 



1** Par la contraclion parlielle 
des muscles coniplelemcnt ex- 
press! fs. 



Attention. 
Reflexion 



MUSCLES 

QUI LES PRODUISENT. 



Meditation 



Frontal. 

Orbiculaire palpebral siiperieur (portion 
du muscle dit spliincler des pau- 
pieres); contraction moderee, 

Meme muscle; contraction forte. 



Contention Meme muscle; contraction tres forte. 



DOULEUR 

Agression , mecliaii- 



cete 



S** Par la contraclion combinee 
dcs muscles iucompletement 
expressifs ct des muscles ex- 
pressifs complementaires. 

Pleurer a chaudes 



larmes 



Pleurer modere . . 

JoiE 



Pure 

JoiE 



FAUSSE, sourire 



menteur 



Ironie 



rire ironique. 



TRisTESSE,abattement. 



Dedain, degout. . . . 



DOUTE 



Mepris 



Sourcilier. 
Pyramidal du nez 



-r 



Elevateur commun de I'aile du nez et 
de la levre superieure, palpebraux. 

Petit zygomatique et palpebraux. 

Grand zygomatique et orbiculaire palpe- 
bral inferieur ; contraction moderee. 

Mernes muscles et palpebraux. 



Grand zygomatique seul. 

Buccinateur, carre du menton. 

Triangulaire des levres ; constricteur des 
narines et abaisscment du regard. 

Houppe du menton, triangulaire des le- 
vres et palpebraux. 

Houppe du menton, fibres excentriques 
de I'orbiculaire des levres, soit de la 
moitie inferieure, soit des deux moi- 
ties a la tbis, et frontal. 

Palpebraux, carre du menton, trans- 
verse du nez, et elevateur commun de 
I'aile du nez et de la levre superieure. 



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TABLEAU SYNOPTIQUE. 



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EXPRESSIONS COMPLEXES 

PAR LA COMBINAISON 

des 

EXPRESSIONS PRIMORDIALES. 



Surprise . . 

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Etonnement. . . . . . 

Stupefaction 

Admiration, surprise 
agreaLle 

Frayeur 

Effkoi 

Effroi avec douleur, 
torture 

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COLERE concentres . . 



Colere feroce avec 
eniportement. . . . 



Reflexion triste. . . . 



Reflexion agreable* . 



JoiE feroce 



Plaisir lubrique . 



MUSCLES 



QUI LES PRODUISENT. 



Frontal et abaisseurs de la maclioire 
inferieure, a un degre modere de con- 
traction. 

Meme combinaison musculaire et abais- 
seurs de la machoire inferieure, a un 
plus haut degre de contraction, 

Meme combinaison musculaire, au maxi- 
mum de contraction. 



Muscles de Telonnement associes a ceux 
de la joie. 

Frontal et peaucier. 

Frontal, peaucier et abaisseurs de la ma- 
choire inferieure, au maximum de 
contraction. 



Sourcilier, peaucier et abaisseurs de la 
machoire inferieure. 

Orbicidaire palpebral superieur, mas- 
seter, buccinateur, carre de la levre 
inferieure et peaucier. 



Pyramidal du nez, peaucier et abaissc- 
ment du maxillaire inferieur, au maxi- 
mum de contraction. 

Orbicuiaire palpebral superieur et trian- 
gulaire des levres. 

Orbicuiaire palpebral superieur et grand 
zygomatique. 

Pyramidal dunez, grand zygomatique 
et carre du menton. 

Transverse du nez et grand zygomatique. 



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UTILITE DE CES REGHEKCHES. 



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EXPRESSIONS COMPLEXES 

PAR LA COMBINAISON 

des 

EXPRESSIONS PRIMORDIALES. 



D£[.IRE SENSUEL 



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EXTASE 



Grande douleuu avec 
larmes, affliction. . 

DouLEUu avec abalte- 
ment, desespoir. . . 



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MUSCLES 



QUI LES PRODUISENT 



Memes muscles que ci-dessus, regard 
tourne en haut et lateralement, et 
spasme des paupieres, dont la supe- 
rieure recouvre une partie dc Firis. 

Meme combinaison musculaire que dans 
le delire lubrique, inais sans trans- 
verse dunez. 



Sourcilier et petit zygoniatique. 



Sourcilier et trianftulaire des levres. 



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On remarque, dans le tableau precedent, qu'en 
plus les muscles de la face sont situes superieurement, plus 

leur nonvoir exDress 



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f est grand, complet, lorsqu 



Lctent par 
On voit 



muscles ne sont pas seulement des- 
lines a representer I'imagc des passions, des sentiments et des 
alFectioDs ; que certains actes de rentendement peuvent m6me 

r 

sereflechir sur la face : c'est ainsi, par exemple, que s'ecri- 

sur la physionomie de 



vent avec la 



plus grande facilite 



riiomme, — et cela seulement par la contraction partielle 
de I'un des muscles moteurs du sourcil! —la reflexion, le 
plus important, le plus noble etat de I'esprit, celui qui pa- 

rail le plus abstrait, et la medilalioii, qui est la mere des 



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48 



MECANISME DE LA PHYSIOAOMIE HUMALNE. 



grandes conceptions, qui, chez certains hommes, est, pour 
ainsi dire, la passion dominante. 

I— 

Je n'ai classe dans le tableau ci-dessus que les expressions 
qui ont pu etre obtenues artificiellement, et fixees, pour la 
plupart, a I'aide de la photographie. J'en pourrai certaine- 
ment augmenter le nombre par la suite, en produisant les 



nuances ou les degres de ces expressions principales. 



Quoi qu'il en soit, on trouvera sans doute que les expres- 
sions qu'il m'a ete possible d' analyser par rexperimentation 
electro-physique soiit deja assez nombreuses. 

II n'estpasdonne a Fhomaie d'exprimer loutes ses passions 
sur sa physionomie, surtout si Ton considere comme autant 



de passions differentes toutes celles qui ont ete denommees 
et classees arbitrairement par les philosophes (1). 



(1) Rien de plus varie, selon M. Lelut, de plus multiple, de plus complexe, 
de plus difficile a saisir sous la diversite des designations, que les passions. 
« Qu'on se reporte, dit-il, a cet egard, a la liste suivante, dont les ele- 
ments, nous n'avons pas besoin de le dire, sont empruntes aux meilleures 
sources, a Platon, a Aristote, a Ciceron, a Descartes, a Hobbes, etc., liste qui 
eut pu etre encore plus longue, et que nous avons laissee tout d'abord dans 
le pele-mele de Tordre alphabetique. 



Admiration (lapremiere Abjection 

des passions, d'apres Bassesse. 



Descartes). 



Colere. 



Desespoir. 

Deuil. 

Defiance. 



• , ' 



Amour-propre. 


liupidite. 


Durete (agi 


Amour. 


Chagrin. 


Discorde, 


Avidite. 


Grainte. 


Douleur. 


Angoisse. 


Courage. 


Desir. 


Avarice. 


Curiosite. 


Dedain. 


Allegresse. 


Charite. 


Desolation. 


Audace. 


Confiance. 


Dt^gout. 






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UTILITE J)E CES KECllEltCtlES. 



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On lie ui'acciisora pas de les avoir deiioinbi-ees arbitraire- 
ment car elles sont la reproduction de celles que Fame elle- 
mkm peint sur la face de rhomme. Un jour peut-etre ces 

eludes electro-physiologiques sur les differents modes d'ex- 



physiononiie humaine serviront a la f< 



d'une bonne classifical 



fondee sur 1' observation d 



la 



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nature. 



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IS. 



Pliysionoimc en luouvcmcnt. 



L'elude de la physionomie en mouvement est celle partie 
de la psycbologie qui Iraite des differentes manieres dont 
rhomme manifeste ses emotions par les mouvements de 
sa face. 



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Eslime. 

Esperance. 

Emulation. 

Enthousiasine. 

EpoLivanle. 

Envie. 

Emportement, 

Effroi. 

Ennui. 

Favour. 

Fureur. 

Generosite. 

Gloire, 

Grandeui^ d'aiue 
Gourmandise. 
Gloutonnerie. 
lliunilite, 

Haino, 



Hardiesse. 

Honte. 

Indignation. 

Irresolution. 



Inimitie. 

Ivrognerie, 

Jalousie. 

Joie. 
Lachete. 

Luxure . 
Lamentation. 

Mepris. 
Moquerie. 



Malignite 

Orgueil. 



Pitie. 

Pleurs. 



Pusillaniiuilc 



Reniords. 

Repentir. 
Reconnaissance 

Regret. 
Rire. 



• , f 



Securite. 
Satisfaction de soi 

memo. 
Saisissement. 

Souci. 



SensualUe. 



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Temente- 

Tristesse. 

Timidite. 
Veneration 



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Vanite. 
Vengeance. 



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50 MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMALXE. 

Si riiomme possede le clon de reveler ses passions par coUc 



06 doit-il pas egaleoient 



sorte de transfiguration de I'ame, 
jouir delafacuUc de comprendre les expressions extrememenl 
\arices qui viennent se peindre successivement sur la faee 
de ses somblables? Quelle serail done I'utilile d'un lan^age 



qui 



ne serait pas conqjris? Exprinier et sentir les signes 



de la physiononiie en niouvement me semblent des facultes 
inseparables que rhonime doit posseder en naissant. L'edu- 
cation et la civilisation ne font que les developper ou les 

nioderer. 

C'est la reunion de ces deux facultes qui fait du jeu de la 
physiononiie un langage universel. Pour etre universel, ce 
langage devait se composer toujours des menies signes, ou, 
on d'autres termes, devait 6tre place sous la dependance de 

contractions musculaires toujours identiques. 

r 

Ce que le raisonnement seul avail fait pressenlir, ressort 
clairement de mes rechercbes. J'ai en effet constate, dans 

I 

toutes mes experiences, ainsi que je I'ai deja demontre, que 
c'est toujours un seul muscle qui execute le mouvcment fon- 
damental, representant un mouvemeni donne del'arae. Cette 
loi est tenement rigoureuse, que I'homme a ete prive du 



I 

pouvoir de la changer et meme de la modifier. On pre 



voit ce qui serait infailliblement arrive s'il en cut ete autre- 
ment; le langage de la physionomie aurait eu le sort du 

■ 

langage parte, cree par Thomme : chaque contree, chaque 
province, aurait eu sa maniere de peindre les passions sur la 
figure ; peut-etre aussi le caprice aurait-il fait varier a Tiufiiii 




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UTILITE DE CES HECHERCHES. 



51 



FexpressioD physionomique dans chaque ville, chez chaque 



individu. 



11 fallait que ce langage de la pliysionomie fut imraiiable, 
condition sans laquelle il ne pouvait etre uuiversel. C'esi 

r ^ 

pour cela que le Greateur a place la pliysionomie sous la 
dependance des contractions inusculaires instinctives ou 



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es. 



On sait avec quelle regularite tons les mouveraenls insliiic- 



tifs s'executent. Je no citerai, comparatiYcment et comme 
exemple, que ceux de la marche, pendant laquelle I'enfant 
m6me resout les problemes de mecanique les plus compliques, 
avec une facilite et une precision que la volonte ne saurait 



jamais egaler. On comprend done comment chaque passion 



est toujours dessinee sur la figure par les m6mes contractions 
inusculaires, sans que ni la mode ni le caprice puissent les 



faire 



varier. 



« Generaleraent, dit Descartes, toutes les actions tant du 

visage que des yeux peuvent 6trecbangees par Fame, lorsque, 
voiilant cacher sa passion, elle en imagine fortemeni une 
contraire, eu sorte qu'on s'en pent aussi bien servir a dissi- 
miller ses passions qa'a les declarer (i). » II est tres vrai que 
cerlaines personnes, les comedienspar-dessus ious, possedent 
Tartdefeindre merveiUeuscment des passions qui n'existent 
reellement que sur leur physiononrie ou sur leurs levres. En 
se creanl une situation imaginaire, ils peuvent, en veitu 



(I) Li's passions de fdine, 2^ pari., art. 113, 



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52 



MKCANISME JJE LA PIIYSIONOMIE IIUMAJNE. 



(.rune apliiude speciale, faire appel a ces emotions arti- 
ficielles. Cepeiidant il me sera facile de demoiitrer qifil 
ii'est pas donne a Thomrae de simuler ou de peindre sur sa 
face certaiiies emotions, et que I'observateur attentif pent 
toujours, par exemple, decouvrir et confondre 



un sourire 



menteur. 



Quoi qii'il en soit, les caracteres de I'exprcssion de la face 
humaine, qu'onles simule ou qu'ils soient produits reellement 
par un mouvement de Tame, ne peuvent 6tre changes : ils 
sont les monies chez tons les peuples, chez les sauvages corame 
chezles nations civilisees, ne differant, chez ces dernieres, 
que par leur moderation on par la distinction des traits. 



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Pbysionoinic au i-cposii. 



Pendant le repos musculaire, c'est-a-dire dans I'intervalle 
des mouvements determines par Faction nerveuse, volontaire 
ou instinctive, les muscles possedent encore une force qui ne 
sommeille jamais, qui ne se perd qu'avec la vie. Cette force 
est appelce loniciU. C'est en vertu de cette force tonique 
que les extremites libres d'un muscle coupe, chez le vivant 
s'eloignent I'une de I'autreen se retractant. 

Les muscles sont done des especes de ressorts qui, dans 
I'intervalle des contractions, se font plus ou mioins equilibre. 
C'est ainsi qu'a la face, les tissus, et principalement la peau, 
sont entraines dans le sens des plus forts. 



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UTILITE ])E CES liEGIIERGIIES. 



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Chez la nouveaii-ne, Tame est encore viergc de tnute emo- 
tion, la physionomie an repos est absolument negative ; 

elle exprime ral3sence complete de toute emotion ; mais, 
des qn'il vient a 6tre excite par Ics sensations, et qu'il 

commence a ressentir I'influcnce des passions, les muscles 

de sa face entrent en action pour les peindre sur son visage. 

Ceux de ses muscles qui sont le plus souvent exerces par 

cette sorte de gymnastique de I'arae prennent plus 



developpement, et leur force lonique s'accroit proportion- 

r 

nellement. 

Est-il besoin de dire que la physionomie an repos subit 
necessairement I'influence des modifications eprouvees par 
la force tonique de ses muscles, ou, suivant une compa- 
raison Iriviale que j'ai deja faite, par la force des res- 
sorts qui la maintenaient en equilibre? C'est ainsi que se 




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sionomie individuelle 



forme la physionomie au repos 

qui doit 6tre consequemment I'image de nos sentiments 

habituels, le facies de nos passions 

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ici scientifiquement un fait bien connu et 




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Diderot, semble y avoir 



apporte de grandes restrictions. « On se fait 




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meme quelqnefois sa physionomie. Le visage, accoutume 



a prendre le caractere de la passion dominante, la garde 



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qcelquefois aussi on la recoit de la nature 



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et il faut 



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la carder com me on I'a recue. J I hn a pin de nous 




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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HTJMAINE 




aire mechanls, et de nous donner le visage de la bonte {{) 

S'il etait vrai que la bonte put elre masquee par les deh 
physionomiques de la mechancete. 



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, il faudrait beaucoup en 
rabattre de I'ad miration que nous devons a ce chef-d'ceuvre 
de la nature, Fexpression. 

L'assertion de Diderot n'est heureusement pas exacte. Si 
I'on observe les nouveau-nes a ce point de vue, on leur trou- 



vera loujours une expression identique, negative, comme je 



I'ai dit precedemment. C'est seulement avec le temps que 
I'on voit se former leur physionomie individuelle, bon 
mechante, suivant la predominance ou de leurs bonnes 



ne ou 
ou de 



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auvaises passions. En admettant m^me qu'un horn me 



bon put naitre avec une fi 



gui'e mechante, celte espece de 



monstruosite serait tot ou tard eflacee par les mouvements 
incessants d'une belle ame. 

Toutefois il est des affections locales de la face (contrac- 
tures, paralysies partielles, tics) qui, a la lon^ue, alterent a 



tout jam^ais les traits nalurels de la physionomie individuell 






II est bien entendu que I'on doit tenir compte de cette cause 



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(I) OEuvres complete:^ de Diderot : Esmi mr la peinttire, p, 500 





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UTILITE DE CES RECHERCHES. 



55 



III. 



AU POINT DE VUE DE L'APPLICATION AUS ARTS PLASTTQUES. 



L'analyse anatomique et electro-pbysiologique des diffe- 
rents modes d'expressioii de la face, cette etude sur le meca- 
nisme de la physionomie humaine, qui fait connailre la rai- 



son d'etre des lignes 




des rides, des saillies, des creux du 
-ande ulilite dans la pratique des aiis plas- 
tiques. C'est ce que je vais essayer de fail e ressortir dans les 
considerations suivantes. 



visaffo, estd'unegi 



%.-Exjimcn eomparatif «le I'.itUlte de lanalomio iiiorlo et de ranalomie 

vivante, an point de viie des arts pJasliques. 



L'etude eKperinienialc du mecanisme de la physionomie en 
mouvement exigc des notions anatomiques exactes sur la 
usculaiion et sur I'innervation de la face. Quiconque voudra 
peter mes experiences ; ou seulement satisfaire sa curiosite 



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tainement posseder ces notions anatomiques speciales. 



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tierement; il lui suffirait, pour la pratiquer, de cocnailre 



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exaclement leslois des mouvements expressiis, qui dccoulent 

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do mes recbercbes. 





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56 



MECANISME I)E LA PHYSJONOMIE HUMAINE. 



Afiiide juslifier cette opinion, que Ton 



me permetle cle 



dire ici mon sentiment sur le degre d'utilite desconnaissances 



anatomiques en general, ponr ce qui interesse la pratique des 
arts plastiques. 

Dans I'antiquite, I'etude de I'anatomie se composait de 
deux parties essentiellement distinctes, que Ion appelait 

anatomic fnorte et anatomic vivante. La premiere, qui 



soc- 



cupe specialement de la conformation des organes, etail 



inseparable de la seconde, qui traite de leurs fonclions; 



1 



en 



d'autres termes, I'etude de I'anatomie morte n'etait qu'une 
preparation a I'etude des organes en action (1). On en trouve 



la preuve dans nn livre intitule De Vmagc des parties, ma- 
gnifique monument, eleve par Galien a la physiologi 
men tale des anciens 



e ex per 1- 




On ne sauraitcontesterl'utilite de I'anatomie morte appl 



et a la sculpture. Les plus 
Leonard de Vinci, Michel-An 




litres 



eproche 



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genie etait rehausse par la science, nous montrent, dans leurs 
oeuvres magniOques, tout le parti que I'on pent tirer des con- 
naissances anatomiques. 

Je ne crois pas cependant que ces etudes faites sur le 





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('I) C'est ce qu'on appelle de nos jours vivisection, mode d'experimen- 
lation remis en usage par la pliysiologie moderne, a I'imitalion des anciens, 
que nous n'avons pas tonjours egales dans cette voie de rechcrchcs. 

(2) OEuvres analomique^, phymhgiques et nuklicales de Galien, trad, par 
Ch. Dareml)erg, '1854, 1. 1. 





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UTILITE nE CES RECHERCHES 



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cadavrc soient absolument indispensables a la pratique de 
I'art. II parait, en effet, bleii demoiitre que, cbez les Grecs, 
I'analomie humaine etait ignoree. 

I 

Elle eut blesse leur religion et leurs moeurs. Du temps 
de Galien nieme, les dissections humaines eussent ete consi- 
derees comme un sacrilege. Aussi ce grand anatomiste, a 
I'exemple de ses prcdecesseurs, n'a-t-il jamais disseque que 
des sins^es. Et il a conclu de cet animal a Thorame ! 

De telles connaissances ne pouvaient evidemment pas 
servir a I'etude des formes de rhomme: consequemment. 
elles n'etaient pas applicables a la pratique des arts plas- 

tiques. 

De quelle ecole sont done sortis ces magnifiques chefs- 
d'oeuvre de la statuaire antique dont nous ne pouvons admi- 
rer aujourd'hui que les debris? Si Ton ne savait le contraire, 
on ne manquerait pas de supposer une science anatomique 
profonde aux maitres qui les ont produits. 

C'esl que chez les Grecs I'etude du nu etait singulierement 
favorisee paries moeurs; c'est que I'artiste avait de frequentes 
occasions d'etudier le jeu des muscles sur des sujets qui pos- 
sedaient a la fois la force. Tadresse et la beaute des formes, 
toutes qualites alors en honneur. Aussi avec quelle severite 
et avec quelle sagesse savaient-ils accuser les reliefs et les 
depressions qui trahissent le mouvement et donnent la vie 

aux membres! 

Cette science precieuse, indispensable chez tout aitiste, la 
science du modele vivant, nee seulement de I'observalion de 







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58 

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DE LA PHYSIONOMIE 

me en mouvement, etait elle-m^me une veritable etude 



ana- 



d'analomie vivante, sans laquelle la connaissance de I 
lomie morte n' await pu produire que des ecorches ou des 

L 

1 moins ce que I'experience appiit plus 



diff'ormites. C'est d 



tard. L'exageration de la 



science anatomique ne fut-elle 



pas en effet une des principales causes de la decad 



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esume, bien que I'etude de I'anatom 



ie morle soit 



incontestablenient utile, bien qu'elle aide 



la raison des reliefs musculaires des 
il ressort des considerations 
pas absolument indispensable 



a com proud re 



membres et du tronc 



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: 1° qu'elle n'est 
que I'etude des formes 



exterieures, surtout a I'etat de mouvemen 



t, doit etre cul- 



tivee beaucoup plus specialement d 
plastiques. 

S'il est permis de douter que I'etude de 1 
soit absolument necessaire aux 



ans la pratique des arts 



1 



anatomic morte 



arts plastiques, pour ce qui a 



trait aux mouvements des membres et du ti 



one, on pent affir- 



mer qu'elle est bien moins utile encore a la face 



ou. a 



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ne font aucun 



d'exceptions pres, les muscles en contraction 
relief sous la peau. 

Peu importe, en effet, al'artiste, de connaitre la situation 
la forme et la direction des muscles de la fac 



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e, de 



savoir que 



tel 




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ou tel de ces muscles preside a I'expression de la joie, du 

, si pour peindre exactement ces 



chagrin, de la colore, etc 




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iverses, il lui suffit d'observer I'homme agile par 



elles dans les conditions normales de la vie 





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UTILITE DE CES RECHERCHES. 



59 






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B. -*- Im|)o«4sibiIit6 cl'etudicr Ic^ inouvonicntK exprej^gif.^ de la face de 

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In ineine maniere que les moMveinenfs volontaircs ties ineinbrcs. 



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Les mouvements expressifs clt; la physionomie ne sont pas, 
comme ceux dcs membres et du tronc, soiimis a riufluence de 



lavolonte; carl'ame seule jouit, en general, de la faculte de les \ 



produire avec fidelite. lis sont alors lellement fugaces, qu'il 
n'a pas toujours ete possible aux plus grands mattres de saisir, 



comme pour les mouvements des autres regions, I'ensemble 
de tous leurs traits distinctifs. J'aurai I'occasion d'en fournir 

r 

la preuve, en prenantpour exemple quelques-uns des antiques 
celebres. Que Ton me pardonne ces hardiesses ; je m'engage 
a les justifier plus tard par une analyse scientifique et rigou- 

reuse. 



Les regies des lignes expressives de la face en mouvement, 



ce que je voudrais appeler ortliographe de la physionomie, 
n'ont pas ete reellement formulees jusqu'a ce jour, quoiquo 

depuislongtemps on ait essaye d'exposer I'ensemble des traits 
qui constituent telle ou telle expression. 



Ce 



que 



fait defaut 




r 

d'etude ; car parmi les auteurs qui ont traite spccialemenl de 
ce sujet important, on en compte plusieurs dont le nom est 
illustre dans I'histoire des beaux-arts (je rappellerai encore 
ici le nom du celebre peintre Lcbrun). C'est que, ne connais- 
sant pas un criterium certain, chacun d'eux a plutot consulte 

ses propres inspirations que Tobservaiion exacte de la nature. 



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^. 1)E LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



Heureux I'artiste qui, no preiiaiit que son genie et son inspi- 



ration pour guides, n'est pas iombe dans quelques ecarts, sans 



pouvoir en trouver la raison ! 

filudiant a ce point de vue les chefs-d'oeuvre des 2- 



, j'ai fait des remarques qui ne sont pas 
que je vais exposer brievement. 



sans ni- 



Les traits propres a tel ou tel mouvement expressif se com- 
posent de lignes fondamentales , qui en sont les signes patho- 
;'nomoniques, et de lignes que j'appellerai secondaires. Celles- 

ci peuvent manquer dans eertaines conditions: 




mais 



qu 



pparaissent 



que comme satellites 



pour ajouter a leur significat 



pour donnei 



une idee 



approximative du degrc de la passion 




gnes 



du sujet, etc. 

Les maitres de I'art n'ont pas toujours su trouver ces li 
fondamentales : tant6t, apres les avoir instinctivement des- 
sinees avec une grande verite dans une esquisse, ils les ont 
perdues en finissant leur travail, sans pouvoir les retrouver; 
d'autres fois il ont su les exprimer seulement d'un cote de la 
face. Je citerai des exemples a I'appui de ces assertions • ie 



que ces fautes ne doivent elre attrib 



qu au 



defaut de connaissances suffisantes sur les lois du meca........: 

de la physionomie en mouvement. 
J'ai constate cependant avec admiration que ces hommes 

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de genie ont, en general, merveilleusement senti les lignes 
fondamentales de I'expression. Quand il leur est arrive de 
s'egarer dans la peinture d'une passion, c'est presque tou- 


























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UTILITE ]JE CES RECHERCHES. 



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jours a roccasion des lignes oxpressives secondaires. Ainsi, 
quand jc me suis trouvo en presence de leiirs chefs- 



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d'ffiuvre, j'ai quelquefois ete surpris de voir des lignes 
secondaires, compagnes habituelles des passions les plus 
sympalhiques, les plus touchantes, figurer a cote de lignes 
fondamentales representaut les plus mauvaises passions, bien 
que la nature ait rendu de telles associations mecaniquement 

impossibles. 

Les lignes secondaires expressives ne seraient-elles qu^nie 
sorte d'ornement dont le Createur se serait plu a decorer 
les lignes fondamentales, qu'elles n'en seraient pas moins 
sacrees. Cette seule consideration suffirait pour defendro 
a I'artiste de les effacer capricieusement, quelle que soit la 
hauteur de son genie. Mais il faut que Ton sache qu'elles 
ne sont pas un simple ornement, une fantaisie de la nature. 
J'ai dit, et je demontrerai qu'elles enrichissent les lignes 

c 

fondamentales en fonrnissant certains renscignements nn- 
portanls. 



Eh bien ! mal^re I'utilite incontestable de ces lignes secon 




daires, on n'a pas craint quelquefois, dans les arts plastiques, 

de les oubher ou de les effacer. 

Ainsi j'aurai plus tard a examiner si les anciens artistes 
^recs qui imitaient rarement les details n'ont pas trop sacrifie 



^enances de la beaute plastique , en negligeant les 



aux con\ 



traits secondaires, et si les modernes, a leur exemple, ne fc 

sont pas de meme laisse trop souvent egarer par 

o-oiit. Peut-6tre aussi n'ont-ils pas reconnu I'imporlance de 



un faux 




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62 



MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



ces ligiies, par le seul fait de la difficulte d'observcr les mou- 



vemenls express! fs de la face. 

r 

En somme, il ressort des consideralions critiques prece- 
dentes que^ dans Tetude des lignes expressives de la face, Far 
tiste a manque jusqu'a ce jour d'un criterium certain. 



c. 



I.es regies «lu mccnui^mc de la phyii»iononiic, dcduUc!^ de lex- 

perimentation electro-mus^culaire eclairent lartiste, saiij^ encliainer 
la liberte de son genie* 



L electrisation localisee, qui fixe les traits de la fece et fait 
couiiaitre exactement la cause physique de tous ses plis, de 
toutes ses rides, en provoquant la contraction de ses muscles 
partiellement ou par groupes, est destinee a representer les 



■ ^ ■ 



expressions primitives ou les expressions complexes. Cetle 
methode d'exploration permet done de formoler a coup siir les 



regies qui doivent guider I'arliste dans la peinture fidele et 



complete des mouvements de Tame, les regies de Vorthographe 
de la physionomie en mouvement. 



ue Ton ne craigne pas que ces regies puissent menacer la 




liberte de Tart, etouffer les inspirations du genie • elles ne lour 



apporteront pas plus d'entraves que les regies de la perspec- 
tive, par exemple. Que Ton ne croie pas non plus que chaque 
expression aille sortir, pour ainsi dire, d'un moule unique ; 
le jeu de la physionomie ne pent etrc ni aussi simple, ni d'uiie 
monotonie aussi affligeante. 




n 













UTILITE DE CES UEGHERCIIES: 



63 



N'est-il pas, en cfFet, etabli par mes experiences, que le 
degre d'accenluation et de developperaenl des traits fonda- 
mentaux et secondaires de la physiononiie en mouvement, 

non-seuleuieot est en raison directe du degre de contraction 
rausGulaire (ce qui signifie : selon le degre de la passion qui 
la provoque), inais aussi suivant une foule d'autres con- 

ditions? 

Voici, en resume, quelques-unes de ces conditions. 

Les traits fondamentaux qui, a la naissance, apparaissent 
pendant les niouvements de la physiononiie, s'accentuent, se 
creusentel s'etendent avec I'age et par le jeu des passions; 
ce n'ost en general qu'anne certaine epoque de la vie que Ton 
voit poindre et se developpcr les traits secondaires, satellites 
des lignes fondamentales. 

Ajoulons que tons ces phenomenes sent encore subordonnes 
an degre d'embonpoint ou de raaigreur du sujet, el que le 
soxe exerce aussi sur leur mode de production une certame 
influence. 



Ce n'esl pas tout encore : le fond sur lequel se peignent ou 



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s'ecrivent tons ces signes du langage muet de I'arae n'est 
jamais le meme ; en d'autres termes, la physionomie indivi- 
duelie doit conseiYer son cachet propre au milieu de ces Irans- 
flgurations passageres que lui font subir les agitations inces- 



santes des passions. Or cette phy 



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des contours du visage, 



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MEGAN[SME DE LA PIIYSIUAOMIE HUMANE. 



aux sentiments habituels du sujet, a ses passions violentes, 

en vertu cle la predominance des niuscles les 



et 




plus exerces par ce que Ton peut appeler gymnaslique des 



passions. 



En voila certes assez, je pense, pour faire varier a I'infmi 
les traits d'une m6me passion, d'une m6me affection. 

L'observance des regies deduites de I'etude du mecanismo 
de I'expression exige, chez I'artiste, une grande finesse d'ob- 
servation. 



Ces regies evidemment ne peuvent suppleer au genie: mais 



en enseignant I'art de peindre correclemenl les mouvemenls 
dela physionomie humaine et en faisant connaitre riiarmonie 
naturelle de ses lignes expressiYes,elles peuvent enipeclie 
moderer lesecartsde I'imagination. 



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PLAN QUE J'AI ADOPTE POUR L'EXPOSITION DE CES RECHERCHES. 



Les faits qui ressortent de raes experiences electro-physiolo- 
giques sur le mecanisme de la physionomie en mouvement 
sont de ceux qui ne peuvent 6tre juges que par la vue. 
J'ai repete ces experiences des centaines de fois en presence 
de nombreux temoins, et toujours elles out porte la convic- 
tion dans les esprits. 

Des artistes habiles out vainementessaye de les representer; 
car les contractions provoquees par le couranteleclrique sont 
de trop courte duree pour que le dessin ou la peinlure puisse 



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• 




• 

















UTILITE DE CES RECHERGIIES. 



65 



reprocluire exactement les lignes expressives qui se develop - 

pent alors sur la face. 

La photographie seiile, aussi fidele que le miroir, pouvait 
atteindre la perfection desirable; elle m'a permis de com- 
poser, d'apres nature, un album de %ures qui feront, pour: 
ainsi dire, assister mes lecteurs aux experiences electro-phy- 

1 

siologiques que j'ai faites sur la face de I'homme. 

Uo ecrivaiu spirituel, Topffer, a demontre d'une maniere 
tres originale rexisteoce d'une nouvelle espece de litterature 
qn'il a appelee liUeraiure en eskmpes. 

« On peut ecrire, dit-il dans son Essai de la physiogno- 



monie, des histoires avec des chapitres, des lignes, des mots 



c'est de la litterature proprement dite. On peut ecrire des 
histoires avec des successions de scenes representees grapbi- 
quement : c'est de la litterature en estampes, •. • 



La litterature en estampes a ses avantages propres 



adraet, avec la richesse des details, une extreme concision 

L 

relative; car un, deux volumes ecrits par Richardson lui- 
meme, equivaudraient difFicilement, pour dire avec autant 
de puissance les m^mes choses, a ces dix ou douze planches 

d' Hogarth, qui, sous le litre d'Un manage a la mode, nous 

fait assister a la triste destinee et a la miserable fin d'un 



dissipateur 



» Elle a aussi cet avantage propre, d'etre 



d'intuition en 



quelque sorte , et partant d'une extreme clarte relative. . . 
» Enfin il y a bien plus de gens qui regardent que de gens 

qui lisent. » 

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66 MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

• Les remarques judicieuses de Topffei- sont parfaitemeiit ap- 
plicables au sujet scientifique et artistique dont j'ai a traiter. 
La Yue de figures pholographiees, qui representent, comrae la 
nature, Ics traits expressifs propres aux muscles interpretes 
des passions, en apprend mille fois plus que les considerations 
et les descriptions les plus etendues. 

11 me suffirait, pour montrer I'exactitude des propositions 
neuves et importantes qui out ete exposoes dans ces consi- 
derations generates, de publier I'album compose de ces pho-- 



(graph 



physiologiques de la face, avec quelq 



plicatives. Ma tache serait plus facile; mais 
tion scientifique de tons les faits mis en lumi 



de 



experiences m'oblige d'entrer dans des consideration 
anatomiques et physiologiques qui ne sauraient trouver place 



dans I'explication des figures d'un album. Ces considerations 
d'ailleurs seront necessaires a ceux qui voudront repeter mes 
experiences ou qui auraient a en faire I'application a la pra- 
tique des arts plastiques. 

J'ai done compose un album de figures photographiees 
d'apres nature, destinees a representor mes experiences elec- 
Iro-physiologiques sur le mecanisme de la physionomie, et, 
dans I'explication des legendes de ces figures, j'ai resume les 
principaux ftuts qui decoulent de ces experiences. 

Je publierai ensuite un travail dont cet album sera I'allas. 
et dans lequel je me propose : 1" d'exposer quelques consi- 
derations anatomiques sur chacun des muscles qui concou- 
rent a I'expression ; t de decrire leur action parlielle, les 




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IJTILITE DE CES REGHERGHES. 



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les mou^ements variables auxquels ils donnent naissance, 
snivaril leur deere de contraction, selon I'age du sujet etcer- 





taines conditions anatomiques; 3" de demontrer la part qu'ils 
prennent a telle on telle expression, soil par leur action par- 
tielle soit par leurs combinaisons diverses ; 4" enfin d'en de- 



duire les lois ou plutot les regies du m6canisme de la phy 



sionomie. 





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TABLE DES MATIERES 



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Preface 



Travaux de Tauteur 



CONSIDERATIOiNS GENERALES 



V 



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CHAPITRE PREMIER. — Revue dcs Iravaux ant^rleurs sur I'ac- 



physlonomle 



1. 



Coup d'ceil historique 



A. Camper 

B. Lavater, Moreau (de la Sarthe) 

C. Charles Bell 



D. Sarlandierc ' ' • 

II. _ Considerations critiques sur les divers modes d'investigation 

EN usage dans l'eTUDE DE LA MYOLOGIE 

in. _ Origine de mes recherches electro-physiologiques sur la 

physionomie en mouvement 



V 



VII 



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2 

4 

5 

6 



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13 






CHAPITRE II. 



Falts geniraux prlncipanx qui ressorlent de 



mes 



s experiences «ectro-physlologlques 



I. 



Contractions partielles des muscles de la face 

A. Contractions partielles completement expressives. 



B. Contractions partielles incompletement expressives.. 

C. Contractions partielles expressives complementaires 

D. Contractions partielles inexpressives 



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70 TABLE DES MATIERES. 

II. — Contractions combinees des muscles de la face 23 

A. Contractions combinees expressives , 25 

B. Contractions combinees inexpressives 28 

C. Contractions combinees expressives discordantes 29 

^^^- — ^^ ^^^ SYNERGIE MUSGULAIRE DES MOUVEMENTS EXPRESSIFS DE 
- LA FACE, 3Q 

CHAPITRE III, — Certitude de ces reeherches. •..;..,. 33 

CHAPITRE IV. — Utility de ces reeherclies 37 

J. — Au POINT DE VUE DE L'APPLICATION A l'ANATOMIE ET A LA PHY- 

SIOLOGIE 3^ 

II. — Au POINT DE VUE DE l'APPLIGATION A LA PSYGHOLOGIE 4 | 

A. Denpmbrement des mqgcles. expressifs et des expressions obte- 
nues dans mes experiences electro-physiologiques 41 

B. Physionomie en mouvement ..,......,.../. 49 

C. Physionomie au repos ^% 

III. — Au point de VUE DE l'application aux arts plastiques 53 

L 

A. Examen comparatif de Tutilite de I'anatomie morte et de Tana- 
tomie vivante, au point de vue des arts plastiques SS 

B. Impossibilile d'etudier l^s mouvements expressifs de la face 
de la mSme maniere que les mouvements volontaires des mem- 

. b^es 59 

C. Les regies du niecanisme de la physionomie, deduites de Tex- 
perimentation electro-musculaire, eclairent I'artiste sans en- 
chainer la liberte de son genie 62 

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Plan que j ai adopte pqiir I'expQ^ilion de ces recherches. 64 





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FIN DE LA TABLE DES MATIERES. 



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AVERTISSEMENT 



Les faits mis en lumlere par mes reclierche 
elcctro-pliysiologiques siir le mecanisme 
pliysionomie humaine ont 



de la 



de impor 



tance; ils sont, en general, tellement inattendus 

pposition avec certains prejuges et 1 opi 
nerale , que la demonstration experimen 



nion 




dans la 



tale seule pent les faire accepter 

La photographie, aussi fidele que le 



permettre auxlecteurs d'assister, pour ainsi dire, 

electro-physiologiques, et de 



periences 



iuger la valeur des deductions que j'en ai tirees 



Des 185 



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de I'impossibilite 



de vul- 



(1) Gette partie scientifique de I'album est suivie d'une partie 
esthetique, composee d'un petit nombre de figures. La premiere 
s6rie de ces figures est sous presse. 



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AVERTISSEMENT. 



gariser et meme de publier ces recherches sans 
raide de la pliotograpliie, je me suis adresse a des 



artistes de talent. Ces 



pr 



essais n'ont 



pas 



reussi et ne pouvaient reussir. En photo graphie, 
comme en peinture ou en sculpture, on ne rend 
bien que ce que Ton Bentbien. L'art ne reside 
pas seulement dans une habitude de manipulation. 
Pour ce qui a trait a mes recherches, il faut, an 



moyen dune sage distribution de la lumiere, 
savoir mettre en rehef telle ou telle hgne expres- 



sive. C'est ce que ne pouvait faire seul lartiste 

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le plus habile ; il ne comprenait pas les fails phy- 
siologiques a demon trer. 

J'ai du, en consequence, m'initier dans l'art de 
la photographic. 

J'ai photographic .moi-meme la plupart des 
72 figures qui composent la partie scientifique de 
cet album, ou preside a leur execution (1) ; afin de 
ne kisser aucun doute sur 1' exactitude des faits 
qu'elles representent, j'ai voulu que Ton n'y fit 
aucune retouche. 



(1) M. Adrien Tournachon, photographe clont tout le monde 
connaitrhabilete, a bienvoulu me preter le concours de son talent 
pour I'ex^cution de quelques cliches de cette parlie scientifique. 



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Si, au point de vue pliotograpliique, elles lais 



sent quelquefois a desirer, on me tiendra compte 



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des difFicultes que presente ce genre 



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d' operations. Je vais en signaler la principale. 
Bien que mon appareil d' induction soit d 



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grande precision et approprie a ces experiences 



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electro-physiologiques , il' est 




sible de maintenir longtemps au meme 



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re de 




contraction le muscle 



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dont Tirritabilite 



apres 



quelques secondes d' action continue, semble s'af 



faiblir sous I'influence d 



ant a intermit 



tences tres rapprocbees. De la vient la necessite 



de pbotograpbier rapidementles expressions pro 
duites par 1' experimentation electro - pbysiolo 



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ique 



Or, a Tepoque oil la plupart de me s cliches 
ont ete obtenus (de 1852 a 1856), les appareils 



pbotographiques en usage etaient moins perfe 



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du me servir 



alors 



tionnes qu'aujourd'bui. J'ai 

d'obiectifs allemands, qui seuls pouvaient oper 



avec assez de rapidite 



Malbeureusement ces 



appareils produisaient des deformation 



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VIII 



AVERTISSEMENT. 



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I'oreille n'y etaient plus. II en est resulte souvent 
que, s'il me fallait mettre en relief certains traits 
expressifs et les montrer avee nettete, j'etais force 
de sacrifier les autres, qui, en termes de photo- 
graphic, etaient flous; on bien si, dans le but 
d'obtenir plus d' ensemble, je prenais un point 
intermediaire, aucun trait de Timage photogra- 

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phique ne se voyait nettement. 

Avec les appareils que nous possedons aujour- 



1 



d'hui , il me serait facile d'eviter ces legeres 



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deformations (1). Mais ce serait grand dommage 



que ces photographies fussent sacrifices, pour 



quelques imperfections ; car elles presenten't toutes 
im interet scientifique et artistiquei 

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En effet, ces imperfections photo graphiques ne 



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nuisent pas a la verite et a la nettete des lignes 
expressives. 

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De plus, on remarquera qu' en general la dis- 

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tribution de la lumiere est parfaitement harmo- 
nisee avec les passions que ces lignes expressives 



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representent. Ainsi les figures qui peignent les 



passions sombres, concentriques : I'agression, la 



(1) J'opere avec un objectii de M. D(5rosier, a court foyer, extre- 
mement rapide et d'unc grande profondeur. 






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mechancete, la souffrance, la douleur, la frayeur, 
la torture melee d'effroi, gagnent smgulieremeiit 

— 

en energie, sous I'mfluence'du clair-obscur ; elles 
rappellent la maniere de Rembrandt (voyez les 
figures 18, 20, 60, 65). D'autres figures tirees en 
plein soleil, la pose devant etre tres courte, offrent 
cependant des details fins, des ombres bien fouil- 

eneore des clairs-obscurs, mais a la 



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entre autre s 



les 



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lees; ce soiit encore 

maniere de Ribera (voyez 

figures 22, 40, 41, 42). On trouvera enfm quel 

ques photographies 



tres lumineuses 



eclairees 



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maniere generate 



ce 



sont surtout' celles 



qui peignent Tetonnement, I'ebahissement, I'ad- 
miration, la gaiete (voyez les figures 11, 31, 32, 

33,^6,57). 
' Toutes les figures de 1' Album sont assez grandes 



pour que 



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voie tres distinctement les fig 



xpressives : elles sont d'un quart environ de la 

grandeur naturelle. 

Comme ces details echappent a 



une certaine 



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distance, j'ai pense quHetait utile, surtout pour 
renseiguement, de grandir les tetes qui pexivent 
servir a la demonstration des principes fondamen- 
taux de la doctrine phy sionomique que 



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etablir. Ces tetes 



grandes k peu pres comme 



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nature , sont au nombre de cinquante ( 1 ) . ^ 
L' Album complet se compose de soixante-douze 

X 

ees. EUes sont consacrees a 

4 

perimentale des muscles de I'attention 



figures photograph 



I'etude 




frontal), de la reflexion (Voibicidaire pal 



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pebral super ieur), de I'agression (le pyramidal), 

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de la douleur (le sourcilier) , de la joie ( \q grand 



zygomatiq 



de la bieilveillance iVorbiculai? 



palpebral infer ieur), du mepris (hs palp ebraiix) 

- V 

*W -1 

de la lascivete (le transverse du nez), de la tris 
tesse [\q triangulaire des levres), du pleurer (] 
petit zygomatique et Yelevateur pr'opre de la levi 



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supeneure), du pleurnicher {Yelevateur commun 
de Taile du nez et de la levre super ieure), enfm 

+ 

des muscles complementaires de la surprise ou de 



I'etonnement 



les 



baisseurs de la lev 



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rieure), et complementaire de la frayeur, de 
I'efFroi \\<^ peaucier\\ 



L'etude des muscles de la face dont il m'a ete 



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(1) De 1856 a 1857, j'ai obtenu par transparence ces cliches 
n^'gatifs, d'apres des positifs intermediaires grossis, qui eux-m6mes 
avaient 6t6 faits sur mes n6gatifs primitifs d'un quart de nature. Je 

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ne sache pas que ce genre de photographie ait 6t6 fait avant moi. 



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epreseiiter photo graphiquement 












r action indiyiduelle , sera exposee dans le texte de 
rouvrage. lis sont d'aiUeurs en petit nombre 



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fait connaitre sommairement 



dans des 



legendes, les etudes electro-physiologiques aux- 
queues les figures de cet Album sont destinees 
Mais la lecture de ces legendes eut ete trop aride 



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lie les avals 



fait suivre de quelcj; 



deve 



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loppements qui rappellent les principes demon 

les fails repr^sentes dans ces figures 



tres par 



principes qui forment la base 



de 



recherclie 



le mecanisme de la physionomie humame 



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SUR 



LE MECANISME 



DE LA 




PHYSIONOMIE 



HUMAINE 



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PREPARATIONS ANATOIIQUES ET PORTRAITS 



DE 



SUJETS SOUMIS A DES 



EXPERIENCES fiLECTRO -PHYSIOLOGIQUES. 



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Fibres 1, 2, 3, U, 5, 



6. 



Fig. 1. 



LEGENDS . 

Preparation anatomique des muscles de la f 



A. Frontal, muscle de Vattention. 
l.rnl «nnprieur. muscle de \d.reflea 



B. Orbiculaire palpe- 
C, D. Palpebraux 



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superieur et inferieur, muscle du mepi 



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MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



taire du pleurer. 



E, Orbiculaire palpebral inferieiir, 




muscle de la bienveillance et compleraentaire de la joie 



franche. 



F. Petit zygomatique, muscle du pleurer 



modere et du chagrin. — G. Elevateur propre de la levre 

superieure, muscle du pleurer. — H. Elevateur commun 



Fig. 1 



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de la levre superieure et de I'aile du nez, muscle du pie 
iticher. — I. Grand zygomatique, muscle de la joie. 
K. Masseter. — L. Orbiculaire des levres. 
laire des levres, muscle de la tristesse et complementaire 



M. Triangu- 



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agressives 



N. Houppe du menton. 




0. Sourcilier, muscle de la douleur. — P. Pyramidal du 
nez, muscle de V agression. — Q. Transverse du nez, muscle 



de la lascivete, de la lubricite. 



R. Dilatateur des ailes 




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PREPARATIONS ANATOMIQUES ET PORTRAITS 



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du nez, muscle complemenlaire des expressions passion 



nees. 



U. Buccinateur 



V. Fibres 



buccinateur 



profondes de Vorbiculaire des 

X. Carre du r 
ie et des passions 
frayeiir, de Veff 



muscle 
colere. 



Y. Peaucier, 

^nfaire de la 



Fic. 2. 



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Fig. 2 



anaiomique des 7ierfi 



de la 



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I. Filet 



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H. Filet moteur du frontal, 
r. Filet moteur de I'or- 

J'. Filet moLeur du pal- 
r du palpebral inferieur. 



K. Filet moteur deTorbiculaire palpebral infer 



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MECANISME DE LA PHYSIONOiMlE HLiMAlNE. 

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b. Filet moteur du grand zygomatique. — c. Ulet moteur du 
petit zygomatique. — Q. Filet moteur de I'elevateur propre 



swperieure 



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nez. — L. Filet moteur de I'elevateur comraun de la levre 



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superieure et de I'aile du nez. — N. 0. Filets moteurs de 



Forbiculaire des levres. 
menton. 



R. Filet moteur du carre du 



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du menton. 



— F. Filet moteur du peaucier. — D'. Tronc du facial a 
sa sortie de I'aqueduc de Fallope. — G. Branche temporo- 



faciale. 



E, Branche cervico-faciale. 



A. B. Filets mo- 



teurs des muscles auriculaires posterieur et superieur. 
G. Filet moteur du muscle occipital. — S. Branche 



au- 



o-temporal de la cinquieme 
des muscles orbiculaire infe 



Rameau 



menton, houppe du menton et triangulaire des levres. 






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Fig. B.- 



- Physionomie photographiee, au repos, d'un vieillard 
qui doitservir a de nombreuses experiences electro-physio- 
logiques, representees par la photographic dans cet album. 



Fig. h. 



Physionomie photographiee, au repos, d'un jeune 
homme, d'apres lequel plusieurs expressions electro-physio- 
logiquesetnaturelles serontreproduites par la photographic . 



Fig. 5. 



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et sur la quelle seront faites plusieurs experiences eleclro- 
physiologiques. 



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PREPARATIONS ANATOMIQUES ET PORTRAITS 



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Fig. 6. 



Destinee a montrer que lorsque le rheophore est 
en rapport avec un rameau nerveux qui anime plusieurs 
muscles, releclrisation musculaire de la face ne produit 

qu'une grimace. 
Electrisation du rameau temporo-facial ; contraction 



de tons les 



par 




rimace semblable 



qui est produite par 




Fig. 2 bis. 



APP.U .0U,-t»aai,„e a .0* c.«a„t du doc.eu, Duc.e„»e (de Bo„.o,n,). 

- . ,1. IP mettre en action ont ele exposees 
La description de cet appareil et la n^aniere de le met re ^ 

dans mon livre intitule : De VeleCrisaUon localisee et de son appUcaUon 

I. TV f^rf \^^ § 1, 2^ edition. 

et a to therapeuttque, chap, iv, an. i , s » 



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L'individu que j'ai choisi comme sujet priocipal des expe- 
riences representees par la photographie dans cet album, 



est un vieillard edente, a la face maigre, dont les traits, 

sans ^tre absolument laids, approchent de la trivialite, dont 
la physionomie est en parfaite concordance avec son carac- 
tere inoffensif et son intelligence assez bornee. 
Voici les raisons qui ont determine ce choix : 
1° Dans la vieillesse, on voit, sous I'influence des con- 
tractions muscnlaires, se dessiner toutes les lignes expressives 
de la face (les lignes fondamenlales et secondaires). 



2" La maigreur de mon sujet favorise le developpement 

nes expressives, et facilite en memo temps I'elec- 




de 



trisation partielle des muscles de la face. 



A cette figure triviale je 



pas prefere des traits 



obles et beaux. Ce 



pas que Ton doive representer la 



nature dans ses imperfections, pour la representer exacte- 
ment; j'ai voulu seulement demontrer qu'en I'absence de 
beaute plastique, maigre les defants de la form.e, toute figure 
humaine peut devenir moralement belle, par la peinture 
fidele des emotions de I'ame. On verra que Ton arrive a ce 
resultat en excitant partiellement les organes moteurs de la 
face dont la principalo fonction est de peindre nos passions. 



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PREPARATIONS ANATOMIQUES ET PORTRAITS. 



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condition tres favo 



a- Enfin, cotliomme presentait 
rable que je n'ai pas rencontree chez d'autres sujets. 
pen de personnes qui consentent a se soumettre a ( 
d'experiences, parce que, sans 6ire tres douloureuse 



II 




des 



de la face provoque souvent des mou 



vements 
Ce suiet 



des traits du visage. 



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Je pouvais exp6 



leur, au point 



Im, etait pen sensible. 11 6tait atteint d'une aflec 
pliquee d'anesthesie de la face (I). 
sur cette region sans qu'il en eproumt de la dou 

contracter partiellement 



faisais 



de precision et de 

cadavre encore irritable. 

J'aurais pu choisir, a I'exemple des a 

3s dont la physionomie se tr 
)u telle expression. En renoncE 
prive d'un puissant moyen d' 
experiences; bien plu 



que 



ses 
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eneral, 



des 



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de 



menter I'interM 
t pas faire con- 

courir le geste a Vexpression de mes figures, j'ai donn6 a 
is mes sujets la m^me attitude. 

Malgre ces conditions desavantageuses, et quoique la pre- 

qui les tiennent, nuise 



sence des rheopbores et des 



effet de mes fig 



expressions artificielles que 



pbotograpbiees n'en sont pas moins saisissantes de v(^rite 







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8 MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

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J'aurai cependant a reproduire quelques expressions sur 

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d'autres individus; je saisirai alorscette occasion pour reunir 
autant que possible I'ensemble des conditions qui consti- 
tuent le beau, au point de vue plastique. 

_ J 

J'experimenterai aussi sur des sujets de differents ages : 

■ 

sur un enfant (voy. fig. 5, 10, 28, 29), sur un ieune homme 



(voy. fig. h, 15, 16, 27, 24, 25), sur une jeune femme 
(voy. fig. S5, 36), et enfin sur une fenime plus agee et dont 



- 

la peau est brulee par le soleil (voy. fig. 11, 26, 27). 



La demonstration des faits mis en lumiere par I'experi- 
mentation ^lectro-physiologique ne pouvait 6tre complete, 
sans que les raouvements expressifs naturels fussent repre- 



par la photograph 



qui 



produits par I'electrisation localisp^e. Les raoteurs du sourcil 
sont, de tons les muscles expressifs, ceux qui obeissent le 

moins a la volonte; en general, I'emotion de I'ame seule a 
le pouvoir de lesmettre partiellement en mouvement. Or, on 
le sait, le vieillard dont il a ete question plus haut (voy. la 

r 

fig. 3) est trop peu intelligent ou trop peu impressionnable 
pour rendre lui-m6me les expressions que je produis artifi- 
ciellement sur sa face. 
Un hasard heureux m'a fait rencontrer un sujet qui, 



apres 




exercice, en 



possed 



un 



grand 



empire sur les mouvements de ses sourcils. C'est un artiste 
de talent et en ra6me temps un anatomiste qui a eu la ciiriosite 
de faire cette etude sur lui-m^me. En faisant appel a ses sen- 



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PREPARATIONS ANATOMIQUES ET PORTRAITS. 



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timents, il rend souvent avec une parfaite ^erite la plupart 
des expressions propres k chacun des muscles du sourcil. 11 
a eu robligeance de se prater a une experience, en m'aulo- 
risant a en representer les resultats par la photographic. Oo 
voit. dans la figure h, sa physionomie au repos. 



J'aiaussifait mouYoirindiYiduelleraent,parla faradisation 



les muscles moteurs de 
mouvements artificiels ( 



que 



blables 



expressifs que proYoquaient ses sentiments. J'aurais pu repre 
senter ces mouYcments electro-musculaires ; mais ' " '^ 



multiplier sans n^cessite les figures, dont 



force de 



estreindre le nombre. Je 



done borne a phot 



phier, quand cela a ete necessaire, quelques-uns des 



ments expressifs 



qu'il pent produir 



Un seul des muscles du sourcil echappe a son pouYOir ; j en 
presenterai Faction partielle obtenue par I'electrisation. 
Comme ce sujet est jeune, ces figures me serviront a 



montr 



pressifs 



5 



s differences qui existent entre les mo 
chez le ieune homme et chez le vieillard 



eraents 



Enfin, il repond aux exigences de la plastique 



on voit, 



effet, sur son portrait (fig. /i), ou sa physionomie 



repos, que ses traits sont beaux 



La fi 



gure photographiee placee en tMe de ces recherches 
specimen de mes experiences electro-physiologiques 



donne une idee d 



mod 



d'electrisation que j'ai employ 



pour obtenir la contraction partielle des muscles de la face 



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10 MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

On remarque que les rheophores, teniispar ma main droite, 
communiquent avec mon appareil d'induction (1) par I'inler- 



mediaire des fils conducteurs d 



poses 



Yeau des muscles de la joie (I, fig. 1). — Les lignes expres- 



sives de la joie se seraient monirees incompletes sur la face 
du sujet, telles qu'elles peuvent Mre produites sous Tin- 
fluence de Taction partielle de ces muscles, si je leur avals 
envoye le courant de mon appareil. Mais je dois dire qu'ici 
le rire est naturel, et que j'ai seulement voulu montrer, dans 
son ensemble, le simulacre d'une de mes experiences electro- 



• 

pliyslologlques 



La pratique de ces experiences n'est pas aussi facile que 
I'on pourrait le supposer, a la Yue de celte figure. Elle exige 

r 

la connaissance parfaite de la methode que j'ai inventee afin 
de limiter Texcitation electrique dans chacun des or 

II est necessaire dV.ii rappeler ici les priiicipes, en resume, 
pour ce qui a trail a relectrisation musculaire de la face (2)^ 




(1) Get appareil de precision, celui que j'ai prefere pour ces experiences, 
est mieux represents dans la figure 2 bis placee au bas de la page S. 

(2) L'electricite d'induction est la seule qui soil applicable a ce genre 
d'experiences; je Tai appelee faradisme, et son emploi faradisation, Voic 
comment j'ai justifie ces nouvelles denominations. 

« Le mot electrisation ne devrait etre employe que d'une maniere generale. 

» L'application de l'electricite de frottement pourrait etre appelee electri- 
sation statique, et celle de Telectricite de contact conserverait le nom do 
galvanisation. Mais sous ceUe derniere denomination on a, en general, 
designe indi£feremment, dans la pratique medicate, I'emploi de rcleclricite 
de contact et de Feiectricite d'induction. On comprcnd les consequences 
facheuses d'une telle confusion, apres les considerations cle ctro-pliysiolo- 

4 

giques ettherapeutiques que j'ai exposees dans ce travail. 

5) Pulsqu'il est necessaire de creer un mot qui designe exa clement I'elec- 





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PRfiPARATIOlNS ANATOMIQUES ET PORTRAITS. 

les photograpbii 



11 



comp 



mieux 



cVexpe- 



pbysiologiques qui composent cet album. 

- 1" Un appareil crinduction con^ient a ce 

riences ; les inlermittences de son courant doi' 

rapides et e,ales pour eviter le tremblement du muscle pen 



ent 6tre 



qu'il est mis 



la sradation d 




doit 6tre d 



rande precision et 



approprier au degr6 



doit 6tre dune granae picoioiu.x v.. ^ ,, . 

d'excitabiUte different de cbacun des muscles de la face 



2 



Les rhtophores, aussi petits que possible, afm de ne pas 



masquer les traits de 



face, sont reconverts d une pean 



humide, et places sur les poinls Sikclio^- Ces pomts 



perimentalioii flectro-physiologique pra- 
Z jria'f^e, les points d'immersion des nerfs n.oleurs de 



poui 



la face 



On les voit sur la figure 2, oi. les fil 



des 




muscles de la face ont ele disseques 
rand soin, et dans laquelle les nerfs sensibles (p 



plus 

de la cinquieme paire) 



coupes 



J'indiq 



ces 



points d 




ion dans I'explication 
experiences electro-physiologiques 



des fissures qui repr 



.ricR. .■induction o., so. m^'^^^^^^^^'^t^^:Z 
,M savant „n a dec„„ver. ««e ospece ^^^"^^^' „_ ^ ,„„„ 



,ani a ,a.s. son no. a . aec.ici. ^-""'-'^f^:;!; „rs;,;e„ce, 

moi, donner a I'elcctrioite d'inducUon lo nom de « ^^ 

denomination me paraU ,''»"'='_»' P'^„,„,.„ ,, 



mot faraiisation. Cette denommauu.. . r iviprlricite d'induclion et 
,„-e,le etab.it une distinction bien '-"^e^.™ '^ ;' ' 7 ^m d'nn savant 
relectneite de eonlact, en mSme temps c,u «" ™' ^ = ,, ,„„,„p,„. 

, ,ni ,a „,aeeine doit une f^'™"-- '^ f ^ ^ S,! est nnive.-seUe- 
ti,ue que celle de Galvam (aujourd lim cello 



ment employee 



dans la pratique medicale).»(Loc.ca., p. 38.) 




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12 MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

Ceiix qui voudront controler mes recherches experimen- 
tales, trouveront ces donnees insuffisantes. II me faudrait. 



pou 



pletement 



de 



rant electrique dans les muscles de la face, exposer des de- 



natomiques etpratiq 



peuvent trouver pi 



dans ce developpement des legendes (1). Ce genre d'expe- 



riences exige, en outre, une grande habitude ; car il est dif- 
ficile de trouver les points d'election a travers la peau. 

L'experience representee par la figure 6 en est une preuve 
frappante. Le rheophore place au niveau du grand zygoma- 
lique aurait du produire la contraction isolee de ce 
ainsi qu'on I'observera dans la figure 30: mais le 



muscle 



trop intense, ayant penetre profondement jusqu a la branclie 
temporo-faciale'de la septi^me paire (voy. G, fig. 2), a pro- 
voquela contraction en masse des muscles animes par ce 
Ironc nerveux, et n'a pu produire qu'une grimace. 



(1) Ces details sont exposes dans ma Monographie sur les muscles de la face 
et dans mon TraiU de V electrisation localisee. 






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MUSCLE DE LiTTENTION 



(FRONTAL, A, fig- i )• 



Figures 7, 8, 9, 10, 11. 



LEGENDE . 

(Begarder alternativemenl et comparativement I'un des c6tes des figures 7, 9, 10, 11, 

et en masquer le cote oppose.) 



Fig. 7. 



de I'expr 



uscle frontal chez un Yieillarcl (voy. son portrait pho^ 

phie, fig. 3)- 

A droite, excitation electrique, a un degre modere, du 



muscle frontal ; lignes fondamentales (elevation 




econdaires 




concentriques a Tare du 



A 




repos de la physi 



Fig. 8. 



Destin 




expressives de rattention se reunissent el se conlinuenl s«r 
la ligne mediane pendant la contraction des deux muscles 



frontaux . 
Excitation 



electrique moderee des deux frontaux 



attention. 



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Fig. 9 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

Destinee a 1' etude expressive clu muscle frontal, au 



maximum de contraction. 

A droite, excitation electrique, au maximum, des muscles 

frontaux : grande attention. 

A gauche, repos de la physionomie. 



1 




Fig 



Destinee a I'etude 



du 



frontal chez une petite fille (voy. son portrait, fig. 5) . 

A droite, electrisation du frontal, developpement de la 
ligne fondamentale (elevation et courbe du sourcil, sans 
plis frontaux) : attention. 



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pression d'une lumiere trop vive 



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Fig. 11. — Destinee a I'etude des lignes secondaires (rides fron- 

tales, irregulieres et nombreuses) produites par I'excltation 
electrique forle du frontal, chez une femme agee de qua- 
rante et un ans et dont la peau a ete brulee par le soleil. 
A droite, electrisation du frontal; elevation et courbe du 



sourcil, rides frontales , nombreuses et irregulieres: 



attention. 



A gauche, repos de la physionomie 



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EXPLICATION m LA LEGENDE. 



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Ulecanisme. 



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du muscle frontal (A, fig. 1) se 



pratique en posant I'un des rheopliores 
d'immersion de son filet moteur (H, fig 
figures?, 8, 9,10, 11. 



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point 



Dans la fi 



7. le muscle fr 



parl'intermediairede son nerf moteur (H, fi 
moment ou la physionomie etait au repos. On voit, du 
excite (a droite 



derablement 



: 1" que non-seulement ce muscle eleve 

qu'il lui fait aussi de 



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courbe plus prononcee que du 



conserve sa position et sa 



forme 



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que le front 



siUonn(S de plis curvilignes, concentriques a la courbe 



sourcil. 



La figure 8 montre la contraction ^lectrique, a un degr,* 

modere. des deux muscles frontaux. Les rides frontales, on U 



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etendent 




du front. De chaq 



decriyent des courbes k concavite inferieu 



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16 



MECANISME DE lA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



reunissant sur la liofne mediane, forment one iiouvelle courbe 



a concavite superieure, dont la corde et la fleche sont plus 

— Dans cette 




fi 




que celles des courbes precedentes 
n remarque que les rides froniales sc 



breuses et moins p 



a 



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qu'a 




che: cela 



depend de I'excitation un peu moins forte produite par 
des p61es (le pole positif) du courant. 



Dans la figure 9 



muscle frontal est repr 



maximum de contraction, le sourcil et les rides frontales ne 

us des courbes aussi regulieres que dans les 




decrivent 

b _ 

fiffures 7 et 8 ; ils sont plus fortement tires en haut du cote 



externe. L'agrandissement de I'ouverture palpebrale, du cote 
excite , montre que la contraction du frontal exerce une 
action notable sur Televation de la paupiere superieure. 
La petite fille sur laquelle j'ai fait con trader moderement 

ans. On con- 

le plus 1( 
enfance et de 



(fig. 10) le muscle frontal etait agee de neuf 



que son sourcil s'est eleve sans prod 



pli sur son front 



c'est le privile 



de 



adolescence de ne dessiner que les lignes expressives fon 



damentales, pendant le jeu de la pbysionomie. Toutefois, au 
maximum de contraction du frontal, j'ai vu 



naitre sur ce 



front 



rides frontales, qui 




nes 



pressives, produites par le muscle frontal 



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MUSCLE DE L'ATTENTION. 



17 



B. 



Ex.pre!S«ioii. 



Masquez le c6t6 droit de la figure 7 oii de la figure 9 avec 
n diaphragme de carton, de mani6re a ne laisser a decou- 
ert que le c6te gauche de la face, vous remarquerez d'abord 
obscurite profonde qui enveloppe I'oeil et I'orbite de ce 
,6te, obscuriie qui se repand sur la joue entiere. 

Faites ensuite glisser rapidement le diaphragme de droite 




auche, de maniere qu'a partir de I'extremite interne des 

rides frontales artificielles, le front et la joue droite restent 

decouvert; alors quel contraste surprenant entre ces deux 

■bite est ilUmiinee, la prunelle 
surtout dans la figure 9, oula contraction 



de la face ! A d 



de lumiere 



est a son maximum 



Et puis voyez la difference qui existe entre la joue droite et 

Cliche. Ici, robscurite, la lourdeur des traits et du 




la joue 

modele,"le calme interieur, Tindifference la plus complet 

La, au contraire, la 



^re qui 



bite 



rayon ne 



dont 



par 



modele modifie. Et quelle merveilleu 



formation de la physionomie! C'est le reveil de I'esprit 



On a certes beaucoup 




sous Tin- 



fluence d'une ardeule passion, ('03.7 briUe de son propre f, 



experience p 



est 



testable d 



A voir, en effet, cet eclat de I'oeil droit, ce pomt 



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MECANISME DE LA PlIYSIONOMIE HUMAINE. 



luinineux qui etincelle sur la prunelle, vous pourriez croire 
que cet ceil a subi une profonde modification organique, sous 



rinfluence d'un mouvement psychique, d'uiie passion vio- 
lente. Mais des que vous reportez votre regard sur le cote 
gauche de la face, vous n'y rencontrez plus qu'un oeil terne, 



qui represente 



de Tame du 



II est done de 



toute evidence que, dans notre experience, cet eclat de I'oeil, 
ce feu du regard, sont sous la dependance d'un mouvement 



special du sourcil . 

Si maintenant vous comparez entre elles les figures 7 et 9 



J 



vous voyez que tout en exprimant, au fond, un etat de 
I'esprit semblable, elles impressionnent cependant le specta- 
leur d'une maniere differente. Ainsi, comme je I'ai deja de- 
montre, elles annoncent (du c6te droit) que I'esprit est tenu 
en eveil par une cause exterieure; elles expriment V attention. 
Mais on sent que le sujet eprouve une emotion evidemment 



plus grande dans la figure 9 que dans la figure 7. La pre 



miere (fig. 9) le montre pretant une attention tres grande qui 



le captive et va presque jusqu'a la surprise, I'admiration, 

dans la seconde (fig. 7), la physionomie est plus tranquille; 



le sujet est seulement attentif. 




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III 



MUSCLE DE LA REFLEXION 

(ORBICULAIRE PALPEBRAL SUPERiEUR, portion du muscle dit sphincter 

des paupieres, B, fig. l). 



Figures 12, 13, 14, 15. 



LEGENDE. 



(RegarderaUernativementetcomparalivementchacuiidesc6tes des figures 12, U, 



et en masquer le cote oppose.) 



Fig. 12. ~ Destinee, ainsi que la figure 13, a I'etude du meca- 

nisrae et de I'expression du muscle orbimlaire palpebral 

(B, fig. 1), chez un vieillard (represente dans 



superieui 



les fig. 3, 7, 8, 9). 

A droite, electrisation moderee de I'orbiculaire palpebral 

superieur: reflexion. 
A eauche, attention. 



Fig. 13. —Electrisation plus forte des orbiculaires palpebraux 



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superieurs 



avec 



abaissement leger des commissures 



labiales : meditation, contention. 



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20 



MfiCANlSiME DE LA PHYSIONOMIE HCiMAlNE. 



Fig. ik. — Destinee a montrer comparativement, ctiez le meme 

individu, la contraction au maximum de I'orbiculaire pal- 
pebral superieur et du sourcilier. 



A gauche, electrisation tres forte de I'orbiculaire palpe- 
bral superieur : mecontentement, pensee sombre. 
A droite, electrisation du sourcilier. 



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piQ, 15. „ Destinee a deraontrer que le mecanisme de la con- 
traction volontaire de I'orbiculaire palpebral superieur est 
identiquement le meme que sous I'influence du courant 

electrique. 

Contraction volontaire, forte, des orbiculaires palpe- 



braux 



chez un jeune s 



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photographic, fig. h) : meditation^ contention 



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EXPLICATION DE LA LFLGENDE 



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All mooient ou I' experience pbotographiee clans la figure 12 
Bte faite, le sujet regardait un objet situe en face cle lui el 
r lequel j'avais fortement attire son attention ; son sonrcil 
jtait releve ; son front s'etait ride transversalement, dans 
ute sa largeur; son muscle frontal, en un mot, etait lege- 
ment en action et exprimait I'etat de son esprit :l'attention. 



Masquez, en effet, le c6te droit de cette figure, et dn c6te 
oppos6 vous reconnaitrez, dans son regard et sur son front, 
les signes caracleristiques de ce mouvement expressif ; signer 
qui ont ete exposes page 2, figures 7 et 8. 



Si ensuite yous decouvrez le cote droit, on I'orbiculaire 
palpebral superieur e^ 



que 



t mis en contraction, vous obser 
abaisse en masse, en elfacant les 



frontales; 2« qu'il est devenu reclil 
un mouvement de corrugation, en 



ne ; S" qu'il a execute 
vertu duquel les poils 




coucbes obliquement de dedans en dehors et de haut en bas 



se sont redresses. Tel 



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moderee du frontal. 



semble des mou Yemenis du 



la contraction p 



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22 MtCANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

La ligne verticale que Ton voit sur la figure 12, en cledaus 
de la t6t6 du sourcil droit, existe m^me quand la physionomie 
de ce sujet est au repos, ainsi qu'on le constate sur son por- 
trait, fig. 3 (j'ai explique ailleursla raison de celte anomalie 



Cette ligne verticale n'aurait du apparaitre qu'avec un mou- 



vement tres prononc^ de corrugation du sourcil, raouve- 



ment qui avait a peine commence dans I'experience prece- 
dente, parce que je n'avais provoque qu'une contraction 
moderee de I'orbiculaire palpebral superieur. 

Sur la figure 13, I'orbiculaire palpebral superieur a e[6 
mis en contraction de chaque cote plus energiquement que 
sur la figure 12. Le mouvement de corrugation etait Ires 
prononc6 ; aussi deux lignes verticales profondes se sont- 




elles dessinees en dedans de la t6te du sourcil. 



Je dois 




faire remarquer que notre vieillard est pen favorable al'etude 
de ces lignes verticales, qui sent un des signes caracleristiques 
d'une action plus violente de I'esprit, de la meditation. 

On les voit ordinairement se developper belles et pures 
dans I'espace intersourcilier, dont la surface cutanee, pendant 
le repos musculaire, est unie, comme on Fobserve a un age 

moins avanc^. 



Ces liofnes verticales intersourcilieres sont bien reudues 




sur la face d'un homme jeune que j'ai photographic (voyez 
la fig. 15) au moment ou il se livrait a de grands efforts de 
meditation. Ce mouvement expressif du sourcil, alors qu'il 
est produit par la meditation et qu'il vient de I'ame, est abso- 
lument le m^me que celui qui, dans I'experience pr^ce- 




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MUSCLE DE LA REFLEXION. 



23 



dente (voyez la fig. 13), a ete produit par la contraction 
eleclrique des orbiculaires palpebraux superieurs. 

Les differences que Ton observe entre ces deux figures 
dependent uniquenient des conditions individuelles des deux 
sujets qu'elles representent, parmi lesquelles il faut mettre 

ne la difference d'age. L'un est vieux etlaid 
yez son portrait, fig. S); I'autre est jeune et beau (voyez 
1 portrait, fig. /]); la peau de son front et de son espace 




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nesse: - son sourcil est haut, la courbe en est assez pro- 



de la reflexion, h 



iiligne; ce qui annonce I'habi- 
Jonc, le portrait de ce jeune 



homme est bien ( 
Cependant, de m6 



fferent de celui du vieillard 




3). 



que 



cbez ce dernier, ses sou roils se 



devenus rectilignes ei ont ombrage 



et 



cEil, sous I'influence de la contraction de I'orbiculaire palpe- 
bral superieur, que cette contraction ait ete provoquee par 
un courant electrique ou par I'excitalion venant de Vkme, 
la volonte. Enfin, dans son espace intersourcilier, deux belles 
lignes verticales ont ete creusees par les efforts de la meditation . 
Lorsque la contraction de Torbiculaire palpebral superieur 

ation est tel, 

que, Chez certains individus ages et maigres, on voit quel- 
ques plis verticaux de la peau se former au-dessus de la por- 
tion interne du sourcil : c'est ce que I'on observe sur le cote 
auche de la figure U, ou j'ai fait contractor energiquement 
I'orbiculaire superieur. 



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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 




Expt'cs^^jioss, 



Revenons a I'experience representee dans la figure 12, a 
I'occasion de I'etude du mecanisme des moiivements de Tor- 
biculaire palpebral superieur. Regardons alternativement et 
comparativement chacune des moilies de la face. Quelles 
impressions eprouvons-nous a la vue de ces deux physio- 
nomies differentes? 

On voit qu'a droite, i'atteotion dii siijet vient d'etre attiree 
par une cause exterieure. Tel etait I'etat de son esprit au 
moment de I'experience. ainsi que je I'ai deja dit. — A gau- 
che, il parait rassembler les forces de sa pensee, se concentrer 
en lui-m6me, pour reflechir sur la cause qui, du cote oppose 



do la face, avait attire son attention : 



c'est I'image de la re 



flexion sans efforts. 



La presence d'un 



rheophore nous ap 



prend que son esprit n'y est pour rien ; qu'ici tout est arti- 
ficiel ; que le courant electrique seul a fait contracter le 
muscle qui represente la reflexion, la pensee. 



Le vieillard dontle portrait est photographic, fig. 3, est, on 



lesaitjd'un esprit assez borne. Cependant, en regardant seu- 
lement le c6te droit de la figure 12, on lit dans son regard 



pensee profonde qui metamorph 






oblit 



traits de sa face, ils paraissent fins et spirituels. A voir cet air 
si reflechi, on accorderait a cet homme une grande intelli- 
ence. 

Tel est I'effet magique de ce m.ouvement imprime au 




sourcil parl'orbiculaire palpebral superieur. 






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On pour 



MUSCLE I)E LA REFLEXION. 

biecter que le sourcil i 



25 




eleve du sujet soumis a ces experiences favorise sin 
ment I'expressiori tie la reflexion. Cette observation 
juste; car il serait evidemment impossible d'expri 



at peu 
uliere- 



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xion, la meditation aun aussihaut de 



tres haut et dont I'orbiculaire palpebral super 
peu developpe. Cependant, dans les cas m^me 



centre ces conditions peu 



favorables an developpement d 



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impriraer sur la face le cachet de la reflexion 



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II m'em ete facile d'en fournir la preuve, m^me 
sant pour modele une de ces figures dont 



abissent la leg 



ou I'etourderie. On 



aurait yu le muscle de la r(^flexion, obeissant a mes rheophores 
fixer, pour ainsi dire, la pensee babituellement vagabonde 
et repandre sur la physionomie une 
eflechie. Cet etat artificiel del'un de 



expr 



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contraste d 

cote oppose 
pebral . 
Que Ton 



ne maniere frappante 
OLi j'aurais laisse en 



habituel du 
iculaire pal- 



compare la figure 13 a la figure i^- Ces deux 

contraction chez 



figures represenlent le meine 
le mhne ii 



dividu, mais 



muscle eii 

; degres diflerents 



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(fig. 12), comme je viens de le demontrer, peint la reflexion 
calme, parce que la conti^action musculaire est moderee. 
Dans fautre (fig. iS), on reconnait la meditation, mais avec 
effort. Ces sourcils fortement abaisses, rectilignes, fronces, 



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MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



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portes en dedans, faisant pour ainsi dire la nuit aulour de 
I'oeil, ces sourcils dont la tete se gonfle, dont I'espace inter- 



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sourcilier est creuse de lignes verticales; ces sou 



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mol, tournientes 
rieux de I'esprit. 



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pensee, annoncent un travail labo 



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IV 



MUSCLE DE AGRESSION 

(PYRAMIDAL Dl WEZ, P, %• 1) 



Figures 16,17,18. 



LEGENDE. 



Fig. 16. 



Destince c^ demontrer, par rexperimeiilalion elec- 



du 



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Contraction electrique des pyraniidaux chez un jeune 
homme d'un caractere doux (voy. son portrait, fig. 

expression de durete. 




Fig. 17. 



Destinee, ainsi que la figure 18, a I'etude da ra6 



de Taction expressive du pyramidal 



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du pyramidal du nez : durete, 



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Fig. 18. 



Electrisation forlc des deux pyraniidaux ■ agression, 



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llecauisme* 



L'experience representee dans la figure 16 met en lumiere 



un fait aiiatoinique, ignore jusqu'alors : la terminaison supe- 



rieiire du pyramidal du nez (P, fig. 1) dans la peau de Vespace 
inter sour cilier , au niveau de la tele des sourcils^ et conse- 

quemment la complete indepenclance de ce muscle. En effet, 
les rheophores ayant ete poses sur la racine du nez, on voit 

que, cliez notre sujet, la peau de I'espace intersourcilier a ete 
attiree de haut en bas, et qu'un sillon transversal s'est creuse 
au niveau de la t^te dusourcil, sousl'influence de la contrac- 
tion musculaire electrique. — Ce sillon n'exisle pas dans la 
figure !i, qui represente la physionomie au repos du m^me 
individu. 

Dans le point correspondant a ce sillon transversal, les 
rheophores n'ont produit aucun raouvement, en d'autres 
termes, aucune contraction musculaire; c'est une nouvelle 
preuve que ce point neutre marque la terminaison reelle 
du pyramidal du nez. 

Immediatcment au-dessous de la 

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ligne tracee 



par 



ce 



sillon transversal intersourcilier, les rheophores ont tire la 



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MUSCLE DE L' AGRESSION. 

bas en haul, en sens inverse du pyramidal 
e que ce dernier muscle est non-seulement 
frontal, mais qu'il est aussi son antagonisle 



29 



qui 



Pour faire compr 



toute 



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cedents, je rappellerai ici que les anatomistes avaienl professi 
jusqu'a ce jour que les pyramidaux sont la continuation di 
frontal, dont ils constituent les piliers. M. Ludovic Hirscbfeld 



guide par mes expe 
le point de separat 



j'ai appele point neutre, est constilue 
aponevrotique. El!e est indiquee dans la fi 



iu pyramidal et du frontal, dont la 
ploration electro-musculaire, et que 
J est constilue par une intersection 



,orsque la peau du front situee au-dessus de I espace 



facilement a Taction du pyi 



plus 



le sillon transversal qui indique la termmaison supe- 
rieure et culanee de ce muscle se dessiner d'une maniere 
aussi prononcee que chez le sujet de la figure 16. 

Ainsi, chezle vieiUard represente dans les figures 17 et 18, 
la peau du front, qui est tres mobile, a ete considerablement 
abaissee par la contraction electrique de ses pyramidaux, et 
la peau de la racine du nez, refoulee en bas, s'est sillonnee 
de plusieurs plis transversaux. 

On remarque enfin, sur les figures 16, 17 et 18, que lat6te 
du sourcil est d'autant plusattiree en bas par le pyramidal, que 
la peau du front a obei davantage a faction de ce dernier. II 



que le sourcil ne decrit pi 



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que samoitie interne a une direction obbque de debo 







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DE LA PIIYSIONOMIE IIUMAINE 



en dedans et de haut eo bas, et enfin que la peau de la partie 

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mediane du front est necessairement tendue et lisse. 



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Expression 



Si faiblement que le pyramidal du nez exerce sou action 

du sourcil et sur I'espace intersourcilier, on le volt 



sur la 




toujours donner de la durete au regard le plus doux et 
annoncer I'asfression. 




On observe ce phenoniene expressif dans la figure 16. Les 
muscles pyramidaux y sont mis en effet energiquement en 
contraction, et cependant on observe que Fabaissement de 
la t6te ^xx sourcil est modere, de meme que le gonflement 



de 1 



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espace intersourcilier 



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J'ai deja fait remarquer que, chez ce sojet, la peau de 1 
partie mediane du front resiste a faction des pyramidaux, 
au point que leurs fibres terminates superieures out creuse un 
sillon profoud dans I'espace intersourcilier. — On voit que 

malgre la douceur habituelle de son regard (voyez son por- 
trait a I'etat de repos, fig. 4), sa physionomie a pris une 
expression de durete, sinon de mechancete, par le fait seul 
d'une legere action du pyramidal sur son sourcil. Mais la s'est 



arr6te le pouvoir du pyramidal chez ce sujet. De quelque 



maniere que je m y sois pris, en tourmentant ses muscles, 
je n'ai pu appeler sur sa physionomie une expression com- 
plete de mechancete, de haine, comme je fobtiens, en 




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MUSCLE DE L' AGRESSION. 



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eneral, facilement par la contraction energique des pyra- 



midaux. 



Je mentionnerai ici un autre fait curieux et qui expliquele 
precedent. J'ai deja dit precedemment que le sujet dont ilest 
ici question s'est excrce a mouvoirles muscles deses sourcils. 
II en est tellement maltre, que non-seulement il donne a son 
ceil des expressions variees, raaisqu'i 



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Cependant 



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sur les muscles 



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Pour completer I'observation de cesplienomenes, j ajou 
que ce jeune homme est d'un caractere tres doux, et que 
bablement, sites mauvaises passions venaient a ie dom 

ymnastique repetee aurait bien vite developpe 



daux et change I'expression habituelle de son regard 



1 





Revenons a notre Yieillard (le sujet habituel de nos expe- 
mces) , dont le caractere doux et inoffensif se reconnait dans 
n portrait, fig. 3. On salt que son sourcil est tres mobile 
. tout sens et obeit facilement a ses muscles moteurs. 
On a YU dans le paragraphe precedent avec quelle puissance 



abaisse 



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comme il s'est gonfle et ride 



chaque cote, en m^me temps que deux lignes vertical 



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32 



.MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



profondes se creusaieiit en dedans de sa tele. Get ensemble de 

mouvements et de lignes resultait de la contraction energique 

-de rorbiculaire palpebral superieur. A I'appel de ce muscle, 
on a vu apparaitre, a I'aide d'une forte excitation siir la 
physiononiie, I'expression d'une pensec sombre (fig. 13). sans 
traces de mechancete. 



Mais 



pyramidal du nez puissam 



ment en action, son regard devient mechant ou menacant. 

Le c6te droit de la figure 17 peut servir a I'analysc do 
rinfluence expressive et generate du pyramidal sur la physio- 
nomie, quoique I'expression de ce muscle, qui n'a ete mis en 
action que d'un c6te, soit nioins complete que lorsque les deux 
pyramidaux sont excites simultanement. 

Si Ton cache alternativement chacun des cotes de cette 
figure, on est frappe du contraste qui existeentre leursexpres- 

w 

sions. A droite, ou parte fait de la contraction du pyramidal 
I'extremite interne du sourcil est abaissee , ou le grand angle 

de I'oeil est plus aigu et cache la caroncule lacrymale, ou la 
racine du nez est sillonnee de plusieurs plis transversaux, on 

remarque que le regard a pris une expression de durete, et 
cette expression modifie les autres traits du visage. 

La demonstration de ce phenomene se fait en couvrant et 
en decouvrant alternativement I'oeil de ce cote. — Chez cet 
homme, I'expression habituelle de la bouche est bonne 
(voy. la fig. 3), ce quedu reste on constate dans la figure 17, 
lorsque I'oeil droit est cache: mais a I'instant ou celui-ci est 
decouvert, les levres semblent se pincer sousl'influence d'une 







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MUSCLE DE L' AGRESSION. 



33 



pensee mechante (1). A gauche, au contraire, la phy 



est calme. 



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La fio'ure 18, ou les deux pyramidaux du meme sujet sont 
mis simultanement et energiquemeiit en contraction, nous 



expression de mechancete, dehaine, qui inspi 



de la repulsion. 



craindre de 




d ; il n'y 



feroce qui puisse lui donner 



telle expression. 

Je dois m'arr^ter un instant sur un accident qui s'est pro- 

duit pendant cette experience 



On observe, sur cette figure 18, que les commissures des 



levres sont tres abaissees, ce qui ajoule a I'expression propre 



pyramidaux. Vo 



est 



Les commissur 



de cet individu tombent naturellement (voy. fig. 3) 



chez les vieillards, en 




eneral. Abandon 



meme 



cet abaissement est porte quelquefoi 



tres loin, com me 



monie avec sa phy 



figure 18. Ce trait habituel qui se trouve en har- 

uonomie de vieillard, ne fait que le 



(1) 11 est difficile delimiter tres exacteraent dans un seul cole Taction 
propre d'un muscle aussi petit que le pyramidal. C'est pourquoi on 
remarque sur cette figure que I'espace intersourcilier du cote gauche est 
deforme par la contraction du pyramidal du cote droit. Par la mSme raison 
aussi, les lignes transversales de la racine du nez s'etendent un peu a 
gaucbe; les rides du front du cote gauche, et surtout la premiere, sont atti- 
rees un peu en has et en dedans. Si done, sur celte figure, on veut connaitre 
exactement I'expression normale du sujet, on doit cacher ces deforma- 
tions en couvrant le cote droit de sa face, jusqu'a la naissance du soured 
gauche. Ces precautions prises, on voit que, de ce cote gauche, sa physio- 
nomie n'annonce aucune agitation interieure, et que son regard n a rien de 
dnr, malgre I'epaisseur de son sourcil. 



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3a 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



rendre plus vieux. Lorsque sa physionomie est au repos, 
je suis souvent force, pour emp6cher cette chute exageree 
des commissures, de reveiller son attention, on de lui faire 
oiivrir et former alternativement la bouche avant de le 
pbotographier. J'avais neglig6 de prendre cette precaution 



pendant cette derniere experience; il en est resulte que ses 
commissures se sont trouvees plus abaissees que dans les 



autres fiarures. 




L'expression de cette figure 18 etant bien caracterisee, j'en 



ai conserve la photographie. EUe est utile, d'ailleurs, a 



de des 



dant 



qui 



trait 



a la contraction combinee du pyramidal et du triangulaire 
des levres. Ce dernier muscle (je puis le dire par anticipa- 
tion) n'exprime par lui-m6me que la tristesse ; mais on voit, 

commissures des levres, 



fi 




que 



chute des 



associee a faction des pyramidaux, ajoute a l'expression de 
mechancete propre a Faction partielle du pyramidal. 



Quoi qu'il en soit, malgre I'accident qui est venu compli- 



quer cette experience, on pent encore, sur cette m6me figure, 
analyser I'influence expressive du pyramidal, en cachant la 
partie inferieure de la face, a partir de la levre superieure. 



Est-il possible de voir un regard plus mechant? II annonce 



uii instinct feroce ; c'est I'oeil dii tigie. 





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MUSCLE DE LA DOULEUR 



(SOURCILIEB, 0, fig. 1) 



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Figures 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25,26,27,28,29. 



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(Rcgarder allernativ 



LEGENDE. 

Ivcmenl et comparalivement I'un des cotes des figures 19, 



21 22 24, 27 et 28 et masquer le c6te oppose.) 



Fig. 19. 



expressives 



Destinee, ainsi que la figure 20, a I'etude des lignes 
.Ivps fondaraentales et secondaires, produites par 



la contraction electrique moderee du sourcilier, chez un 
vieillard (represente dans les figures 3, 6, 7, 8, 9, 12, 13, 



lZi,17 et IS). 
A drolte, 



L 

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contraction electrique d 



sourcilier h. un 



degre moyen : souffrance. 



Fig. 20. 



A gauche, physionomie au repos, avec regard perdu (le 
cote oppose etait dans cet etat au moment de I'expenence). 

electrique, a un degre moyen, des sour- 



Contraction 



ciliers : sou 



ff ranee prof onde, avec resignation. 



(La physionomie etait au repos au moment de I'expe- 



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36 



MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAllNE. 



rience, comme da 
ele eclairee de ra? 

moitie inferieure.) 




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mais la face a 



ombre 



sur sa 



I 



Fig. 21. -- Destinee principalement a demontrer rantagonisrae 

dii sourcilier et du frontal , chez le meme individu. 

(Au moment de I'experience, le regard du sujet etait 
dirige en haul, et son front etait sillonne do rides trans- 
versales dans toute sa longueur, comme du cote gauche de 
cette figure 21). 

A droite, contraction electrique moderee du sourcilier 
et regard en haut : souvenir douloureux. 

A gauche, contraction volontaire du frontal et regard en 

haut : souvenir et appel a la memoire. 



Fig. 22. — Destinee a demontrer, chez le meme sujet, qu'au 

dela d'un certain degre de contraction, et dans cerlaines 
conditions, le sourcilier n'est plus expressif. 

A gauche, contraction electrique au maximum du sour- 
cilier : pas d' expression doidoureuse; apparence seule- 

ment cFun spasme du sourcilier, sous Finfluence d'unc vive 

r 

lumierc. 

A droite, repos de la physionomie (photograpliiee en plein 
soleil). 



Fjg. 23. — Destinee a 1 etude des lignes expressives propres li 

I'aclion du sourciher a un degre modere, chez un jeune 
sujet (reprcsentc dans Ics figures h, 15 et 16)* 



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MUSCLE DE LA DOULEUll. 



37 



Contraction volontaire, i\ iin degre moyen, des sourci- 

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tiers et reo-ard en haut : souvenir douloureux ou pensee 
douloureuse. 



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Fig. 2/i 



Destinee 



etude de 

e dans la fi 




face, et dont I'oeil est tourne obliquement 



de cote , comparativement a la contraction d 



frontal, 



de 



A gauche, contraction volontaire du sourcilier a un 
gre plus fort que dans la figure 23; regard en haut et en 



dehors, bouche 



: douleur extreme jusqua 

r 

succomber a la souff'rance: 



tete de Ch 



A droite contraction volontaire du frontal, avec reg; 
I peu oblique en haut et en dedans et avec bouche 
.. nnfr'nnvp.rtft : souverdr d'amour ou regard extatiq 



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Fig. 25. 



Destinee a inontrer, chez le meme sujet vu de profil, 
la contraction spasmodique du sourcilier. 

Contraction spasmodique tres forte des sourciliers, pro- 
duite par I'impression d'une vive lumiere : pas d' expression 
douloureuse. 



Fig. 20. 



Destinee, ainsi que la fi 



rides frontales medianes qui sont produites par la con- 



du sourcilier, chez une femme agee de 



deux 




fine ou brulee par Fair ct par le soleiL 



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38 



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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 

cite, contraction electrique moyenne d 



avec regard lateral; expression d'attentioji douloureuse. 
A gauche, contraction volontaire et legere du frontal, avec 
regard un peu lateral : attention, regard attentif. 



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Fig. 27. 



Meme experience que dans la figure precedenle; 
nials, dans celle-ci, la contraction electrique du sourcilier 
gauche est plus forte et I'expression est proportionnelle- 
ment plus douloureuse. 



Fig. 28. 



Destinee a I'etude des lignes expressives fondamen- 
tales, produites par la contraction legere du sourcilier, chez 
une petite fille agee de six ans (representee anterieure- 
ment dans les fig. 5 et 10). 



A droite 

douleur. 



electrique legere du sourcilier : 



A gauche, abaissement spasmodique du 
occasionne par I'impression de la lumiere. 



Fig. 29. 



— Contraction electrique plus forte du sourciher, avec 
regard en haut, chez une petite fille agee de huit ans : 



souvenir douloureux, expression peu naturelle a cet 



age 



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EXPLICATION DE LA LEGENDE 






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est 



pen connue, ce muscle 



un r6le si important dans Vexp 
r application pratique des notio 
en lumiere par son etude elec 

importante, que j'ai 



de 



physiologique 



, physionomie, 
qui sont mises 

est tene- 



ment 
muscl 



dA consacrer a 



6tude 



ce 



plus 




rand nombre de fi 




que pour celle des 



muscles moteurs du sourcil.) 



A. 



AKSeauisiiic. 



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Le sourcilier (0, fig. 1), recouvert par I'orbiculaire sup(! 



rheophor 



pent 6tre excite que par I'intermediaire de son filet 
, en dehors des fibres les plus excentriques de I'orbicu- 
perieur, filet qui vient du palpebral superieur, et qui 
;-cutan6 dans deux points (voy. I, fig. 2). On Yoit que 

du premier point dans 



ppliqu6 



figures 19, 20, 21, 22, et au niveau du second 



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26, 27, 28, 29 




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ZiO MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

La figure 28 represente le premier degre de contraction du 
sourcilier droit chez iiue petite fille agee de six ans. On 

r 

remarque que la t6te de son sourcil s'est gonflee et s'est 
elevee leaerement. 



G 



Chez 



ce mouvement 



m6 



pe 



plus accentu6. 



Sur la figure 19, le sourcilier droit est mis energiquement 



r 

en action chez le vieillard qui sert habituellement a mes expe- 
riences (voy. son portrait, fig. 3). De ce c6t6 on remarque: 
i" que la tMe du sourcil s'est gonflee et s'est Elevee davan- 



tage en formant un relief qui se prolonge un peu sur le front ; 



2" que ce sourcil est devenu oblique de baut en bas, et 

■ K 

de dedans en dehors, en decrivant une ligne sineuuse 

r ■ 

composee de deux courbes, I'une interne^ a concavite supe- 



rieure, et I'autre externe, a 



concavite inferieure; 3° qu'il 



s'est developpe plusieurs plis cutanes transversaux sur la 
partie mediane du front, du c6te electrise, et qu'en dehors de 
ces plis, la peau s'est tendue au-dessus de la moitie interne du 
sourcil; k° enfin qu'au-dessous du sourcil, la peau est tendue 
au niveau de la tMe du sourcil et dans I'espace intersourci- 
lier, tandis qu'elle est refoulee en bas dans la partie qui cor- 
respond a ses deux tiers extern es. 




Ces lignes, ces reliefs et ces meplats sont plus r€ 

r 

mieux accentues dans la figure 20^ ou le sourcilier est mis en 



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MUSCLE DE LA DOULEUR. 



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contraction de chaque c6te. lei les sillons medians du front 

ivent au centre une petite courbe a 




dec 



perieure; enfin 



ils se terminent, en dehors, au 



niveau d'une ligne 



reunion 



fictive verticale, qui tomberait sur la 
du tiers interne du sourcil avec son tiers moyen. 



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nombre de quatre sur la figure 20 ; 



Chez la femrae qui est representee dans les figures 26, 



27, les lignes medianes du front sont plus nombr 
J'en ai compte jusqu'a huit a dix, lorsque j'ai fait > 




quement ses deux 



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qui 



arrive chez les 



ete 



posee longtemp 



dont la peau est tres fine ou a 
I'air et a Tinsolation, comme 

niiAsfinn /^fillfi est Ro- 



Chez la femme dont il vient d'etre question 
maine, et elle a seiourne longtemps a Naples) 




Dans ce cas, on le concoit, ces li 
sont plus rapprochees les unes des 
pees souvent par des petites rides qui vont obliquement d 



medianes du front 
,. et sont entrecou- 



a I'autre. Pendant le repos musculaire, le tront, 
femme, est sillonne dans toute sa largeur par des 



chez 



nombreuses, qu 



lie se 



pas 




entierement 



partie externe du front, bien que le sourcilier s 
trk fortement (voyez la fig. ^7). On remarque 



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du 



ergique, que ces rides frontales sont conservees. 

jj^dois faire observer que les petites rides vcrticales que 






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42 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



I'on observe au-dessous de I'excitateur, dans les figures 26 et 27, 
n'existeraient pas, si la localisation du couranl avail m. 

r 

limitee exactement dans le filet nerveiix moteur. du sour- 



cilier. Le rheoph 



externes de 



touche quelques-unes des fib 




orbiculaire palpebral supe 



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qui 



conlractees et ont produit ces rides 



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Les figures 23, 24 et 25 nous montrent que chez I'adulte 
encore jeune, les sillons medians du front produits par le 
sourcilier sont moins nombreux; que leslignes n'en sont pas 
interrompues par de petites brisures ou rides, comme dans 

les figures 19 et 20. II en existe deux sur la figure 23, ou le 
sourcil s'est moderement contracte ; et dans les figures 24 
et 25 on en distingue une troisieme, mais tr6s pen marquee, 

r 

parce que la contraction de ce muscle y est plus forte. - 
courbe de ces lignes medianes du front est gracieuse el 



La 




prononcee que sur la fig 



Les reliefs 



pi 



entre ces lignes sont plus pleins, plus arrondis, et forment 
avec ces lignes une sorte d'ondulation. 



Chez deux petites filles agees de six a huit ans, et repre- 
sentees dans les figures 28 et 29, la contraction moyenne du 
sourcilier n'apas produit de ligne mediane sur le front. Le 
maximum d'excitation a fait paraitre chez la plus a 
l^ger pli median, que Ton verrait dans la figure 29, 
avail ete photographiee de face. 





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MUSCLE DE LA DOULEUR. 



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Dans toutes les fi 




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a ete d'autant plus oblique que la contraction du sourcilier a 
6[G plus forte. On remarque, en effet, que le sourcil est plus 



oblique dans la figure 22 que dans les figures 19 et 20, dans 

iirp, 25 aue dans les figures 2S et 25, dans la figure 27 




que dans la figure 26, enfln dans la figure 29 que di 
figure 28, et cela en raison du degre de contraction pi 



moms 
chez 




iqu 



pendar 



des 



I 



quels le sourcilier, m^.me a son maximum 



de con- 



donne pa 



c 



grande obliquite au sourcil, par 



que la tete de 
midal puissant. 



dernier est retenue par un 



py 



II est ressorti des 



nsiderations exposees ailleurs, que 



disposition 



d 



pliquent parfaite 



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mouvements iraprimes par 



des reliefs, des meplats et des lignes qui se de 



velopp 



On a vu que ses fibres agissent dans des directions diffe 



rentes; que les unes attirent de bas en haut 



t^te d 



sourcil, et que 
en dedans et i 
sourcil. 



meuvent obliquement de dehors 



haut en bas 



deux 



externes 




D' autre part, on 



ppelle que 



■biculaire palpebral 



tend 



superieur abaisse le sourcil en masse, ^ 

du front placee au-dessus de lui, c'est-a-dire 



peau 



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t^te du sourcil en sens 



du sourcilier, land 






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44 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



qii'il est congenere de ce dernier muscle pour les deux tiers 



extern es du sourcil. 



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etabli que le sourcilier est antagoniste du pyramidal 



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du nez et de I'orbiculaire superieur, pour la t6te du sourcil. 
Enfin, I'experieuce demontre que ce muscle est e^alemeni 



// 



antagoniste du frontal pour le tiers externe du sourcil, et 
qu'il en est le congenere pour le tiers interne. 



J 



engage mon sujet a plisser fortement la peau de 



haut 



front, ce qu'il n'a pu faire sans regarder en 
moment ou le frontal avait eleve ses deux sourci 
et plisseson front dans toute sa largeur, j'ai fait 
son sourcilier droit. A une excitation moderee de 
le modele du sourcil et du front n'a pas change: 



pu 



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deg 



d 



la contraction d 



sour- 



cilier I'a emporte sur celle du frontal, et j'ai vu se prod 
h I'instant les mouvements propres a Faction du premie 



ces 




On voit dans la figure 21, les resultats de cette experience 
A gauche 

front est 



masse, et la peau de 



silloniiee de rides dans 



sa lai 




par le 



muscle frontal 



Ce mouvement etait execute par 



de 



ijet, et s'etait produit, en consequence, synergiquement 

Mais on observe, a droite, oii j'ai provoque 
la contraction plus (^nergiquedu sourcilier, que Tare du sourcil 
est remplace par une courbe sinueuse et oblique de haut en 
bas et de deJans en dehors; que la peau est sillonnee seule- 
ment sur la partie mediane, tandis qu'en se tendant en 



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MUSCLE DE LA DOULEUR. 



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dehors elle a fail disparaitre les longues rides transversales 



propr 



du muscle frontal 



En resume, il est demontre, d'une part, par 



fi 



que des rides qui 
peuvent coexiste 




a\ec la direction obliq 



de 



bas et de dedans en dehors 



d' autre part, que relevation en masse de 



der 



courbe 



decrite 



peu 



prod u ire des 



partie mediane du front 



B. 



Kxpressiofii 



La plus leg 



d 



phy 



pression 



d 



e 



ouffrance qu 



^ 



ipiessionne toujours \ivement. Aussi 
c6te droit de la figure i28, ou ce 



muscle 



faible 



ment chez une petite fiUe, sails 6tre touche de la douleur 



qu 



Pour b 



expression que 



developpee sur cette figure, il faut avoir soin d'ei 

Les sourcils de cette enfant 



quer le c6te gauche 



vent habituellement une belle courbe, pendant le repos 
culaire, a pen pres comme du c6te gauche de la figure 10, 

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OU le sourcil droit est 



dant plus eleve qu 



I'elat 



par rexcitation electrique du frontal. Cette courbe 



qui reflete 

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et le calnie interieur, existait au 

mon experience, et contrastait 
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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



petit module, ne pou\ 



pporte 




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le Yoit sur 



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de I'atelier, a frorice ses sourcils (comme on 
portrait, fig. 5, et du c6te droit de la fig. 10) 
photograptiiee, sans pouvoir modifier toute- 



fois le moLivement sinueux et douloureux que j'avais donne 

a son sourcil droit. 

Mais I'enfant oublie vite le mal; pour lui la souffrance 
morale n'existe pas. L'expression de la figure 29, qui peint 



pei 



de 



louche beau- 



coup moins que celle de la figure 28. C'est que I'express 

la souffiance morale n'est pas naturelle a cet age. Elle 
obtenue, on le voit, chez une autre petite fille, par I'as 



d 




lobe 



On reconnait encore un souvenir penible, une pensee pi 



fiofure 23. Cette 




est vraie, 



chez ce ieune homme. Son 



I 

constamment tourne vers le ciel, pent egalement indiqu 



que, dans sa soufTrance ou dans son malheur, son ame s'eleve 
vers Dieu, dont il implore le secours. 

Sa peine est bien plus vive encore dans la figure 2/i, oiil'on 
voit que sous Finfluence de la contraction plus energique du 
muscle sourcilier, son sourcil est deven 
oblique, ou les reliefs et les mi 



u sinueux et 




plats son! pi 



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de cette contraction puissante du sourcilier 



naissance a 



avec le regard un pen oblique en haut a donne 

une expression de douleur extreme et aigue ; mais on remarque 



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MUSCLE DE LA DOULEUR. 



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que ce mouvement expressif n'a eu lieu que du cote gauche, 
et cela sans rintervention de I'excitation electrique. 

line explication qui fasse connaitre la raison de cet etrange 

phenomene est ici necessaire. 

J ai dit, je le rappelle, que ce jeune homme, represente 
dansles figures 23 et 2^, et dont le portrait est pbotographie, 
figured, s'estexerce a contracterindividuellement les muscles 
de son sourcil, de telle sorte qu'il peut mouvoir ses sourcih 
en sens contraire. C'est ainsi qu'il a pu contracter d'un c6te le 
frontal, et de I'autre le sourcilier, comme on le voit dans k 



La fi 




23 prouve qu'il peut 



synergiquenient 



deux sourciliers. 



J 



figure 24. 

faire mou^ 

repete cette experience artificiellement, c'est-a-dire qu'avec 

un courant electrique j'ai mis ces memes muscles en action ; 



eproduire exactement les mouvements, les 
t les reliefs que Ton observe dans la figure 2/j. Apres 
plication, on comprend pourquoi et comment chacun 



des sourcils de cette derniere figure a execute un mouvement 




different. Est-il besoin d'ajouter que pour bien juger I'influence 
douloureuse du sourcilier dans cette figure 2/i, il est neces- 
saire de masquer I'oeil droit? 



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out ete photographiees specialement pour I'etude des lignes 
ides medianes douloureuses du front, chez un sujet d\m 



ou 1 






dont la peau esttres fi 



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MECANISME DE LA 




IIUMAINE 



longue exposition a Fair et a I'insolation, ces deux figures 



dis-je, nous montrent une autre nuance de la douleur. La 
direction du regard de la femme qu'elles representent, indique 
que son esprit est impressionne par une cause exte^rieure. Au 



moment ou j'ai execute ces photographies, j'avais fixe son 



attention sur un point qui etait place en avant et un peu 
lateralement. On peut en efTet constater, en masquant le cole 
electrise de ces figures, que la physionomie naturelle de cette 
femme exprimait I'attenlion. Si ensuite on laisse a decouvert 
le cote excite, on voit que I'expression de ce cote est doulou- 

+ 

1 semble que I'objet qui a attire fattention de cette 
femme I'a p(^niblement affectee. Ces deux figures ne different 
entre elles que par le degre de douleur qu'elles expriment, 
par la direction du regard et par la manicre dont elles sont 



reuse ; i 



eclairees. Ainsi, dans la figure 26, ou I'excitation electrique 
du sourcilier est beaucoup moins forte que dans la figure 27, 
I'expression est proportionnellement moins douloureuse. 



ag( 



J'ai fait contractor les deux sourcils de I'horame 
represente dans la figure 20, alors que sa physionomie etait 
au repos complet, comme dans son portrait (fig. 3). On re- 



marque que celui-ci est plus eclaire. J'ai employe le clair 
obscur sur cette figure 20, afin de mettre plus en lumiere 



et en' relief la region sur laquelle j'experimentais. II en est 
resulte que les deux tiers inferieurs de rovale facial out ete 
plonges dans I'orabre, sans que, pour cela, sa physionomie en 



ait eprouve de modification; elle etait restee aussi cahne 



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MUSCLE DE LA DOULEUR. 

si inditferente que dans la figure 3. On peut s'en £ 
te, en couvrant le front et les sourcils de cette fi 
instant ou j'ai provoque la contraction de ses 5 
) a pris une expression de souffrance d'autant 



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Mais 



plus pr 



plus forte. On constate ce fait 




ensemble de la fi 



que 




20, ou la contraction des 




On 



C'est bien la en effet I'expression d'une douleur profonde. 
..P,nt. k la vue de cette figure, que cet honime est tres 



malheureux. Son ccBur est-il ulcere? est-il tourmente par 



peine de I'ame ou par une douleur physique? C 



expression ne peut dire. Q 



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bien 



que tons ses traits 
Yoit qu'il souffre a> 



semblent 



par la doule 




C'est ici le lieu de montrer experimentalement I'influence 
generate et speciale du sourcilier sur les traits de la face. 
J'ai souleve, dans les considerations generates dont j'ai fait 

r 

r 

preceder I'etude des muscles exp 
question qui me parait interesser au plus haut de 
de I'expression de la pbysionomie. cdl est des muscles, ai-je 
ecrit, qui jouissent exclusivement du privilege de depeindre 

leur action partielle, une expression qui 



essifs de la face, une 



etude 




pletement, par 
propi 



11 n'y avait que I'a.ialyse anatoniique et physiologique des 
muscles de la face qui pM meltre en lumiere uu fait aussi 

inqji-evu ; son exactitude est deja ressortie des experiences 



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50 



MECANISME DE'lA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



electro-physiologiques representees dans les figures destinees 
al'etude desautres muscles moieurs des sourcils. II me reste 



a en 



pi 



demonslrafion a I'aide des fiaui 



vantes, pour ce qui a trait au muscle de la douleur, le 



sourcilier. 



Si I'on cache le front de la figure ^20 jusqii'au-dessous du 



obse 



q 



le repos musculaire de laphysionomie, et qu'il n'existe point 
de difference entre les deux cotes de la face. Si ensuite on 
recouvre la moitie de celte meme figure, il semble que tous 



ne naso-labiale) 



les traits de I'autre moitie (la bouclie, la lig 

se sont contractes douloureusement, pour se mettre en bar- 

monie avec le sourcil et le front. 

Ce mouvement general, qui s'opere, en apparence, dans 



les parties situees en dessous du sourcil, est plus facile encore 
a mettre en evidence dans la figure 21, oule muscle de la 
douleur a ete excite des deux cotes a la fois. J'ai deja dit que 
la physionomie du sujet soumis a ces experiences etait au 
repos absolu au moment on elles out ete faites ; ce que I'on 
a constate en recouvrant son front et ses sourcils. Puis on 
a vu qu a I'instant ou le front et les sourcils de cetle figure 

r 

ont ete mis a decouvert, ou I'on a pu, en un mot, I'examiner 



dans 



son 



semble 



face 



semble 



s'agiter douloureusement. 



Toutes les fois que j'ai repeto publiquement cette expe- 
rience sur ce sujet, I'illusion a ete telle, qu'il ne m'a pas ete 
possible de convaincre les speclateurs qu'un mouvement 



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MUSCLE DE LA DOULEUR. 



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-e photo^raphiee 



tl'apres nature, le doute n'est pas possible 



de dire que 



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fier sur 



papier. 

Ces fails deTiennent 



plus evidents, lorsqi 



front de cette meme fi 
e temps a decouvert. 




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J'ai fait cette experience 
^sence d' artistes distin 




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dais d'en expliquer le but. En voyant 
^emble, ils attribuaient son expression 

RTiprale des traits de la face. 




La bouche et la ligne naso-lab 



Que cette bouche est souifrante et a fa fois 



gnee, 



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Et 




semble tiree par 
ide, lorsqu'il me 



abiale, comme 
iouleur ! . . . » Leur surprise etait bien 
'fisait de leur cacher les sourcils de 



mon sujet pour faire retomber tons ces traits clans un cauuo 

plat. 

Cette experience leur demontrait done qu'ils avaient ete 

dupes d'une apparence trompeuse, d'une erreur des sens. II 



facile de 



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dans cette 



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quillite generate des traits de la face 

En resume, sous rinfluence des 

propres au muscle de la douleur, ni 



expressifs 



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52 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUAJAINE. 



sion qui ueiii a noire organisation, et clont j'ai essaye d'expli- 
quer I'ulilite, dans les considerations generales qni precedent 

I'etude partielle des muscles moteurs de la face. 

La m^me experience, faile sur les 
muscle de la douleur a ete excite partiellement, de maniere 



autres figures ou le 



a produire I'expression de la douleur, donne des resultats 
identiques.. 

On pent encore la faire d'une autre maniere: que Ton 
recouvre alternativement et comparativement chaque oeil, 
et Ton verra, du cote ou le sourcilier est mis en contraction, 
tons les traits de la face se contracter douloureusement, en 
apparence. 



Les figures 22 et25 prouvent qu'il est un degre de contrac- 



tion au dela duquel le sourcilier perd, dans certaines circon 



stances, sa propriete expressive. Ce 

r 

violent spasme de ce muscle, produit, 



Pl 



alors 



qu un 



par exemple, par 
Le sujet de la figure 22 a ete photograph 



plein soleil; son 



paraissait pas incommode 



le 



droit de cette fisrure 22\ Si Ton en re^arde le cote 



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jauche, apres avoir masque le c6te oppose, on n'v retrouve 



pas I'expression de la douleur, bien que son sourcilier soil 
electrise partiellement. G'est ce que j'ai toujours observe, 
lorsque la contraction de ce muscle etait forcee, comme dans 
cette figure, et qu'en meme temps Vwi] et le front etaient 
tres eclaires. 

On observe frequemment ce spasme du sourcilier sur les 



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MUSCLE UE LA DOULEUR. 



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par une trop vivo lumiere. J 



voulu 



epreseoter cette contraction spasn 
fii^ure 25. J'avais dirige le regard 
eclaire par le soleil, et qui reflech 



odiqiie iiaturelle, 



5 



forte 



etat que je 



ans qu'il put Vempeche 
photographic. Compare 



: (''est dans cet 
cette fiscure aux 



la 



figures ^23 et 2^1, et vous verrez qu'elle n'exprime pas 
douleur, comme ces dernieres; on reconnait seulement que 
Ips sonrciliers sont contractes spasmodiquement. 



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MUSCLES 



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Li JOIE ET DE Li BIENVEILLiNCE 

(GRAI^D ZYGOMATIQIIE ET ORBICULAIRE PALPEBRAL INFERlELR, 

I ct E, fig. 1.) 



Figures 



30, 31, 32, 33, Zk, 35, 36. 



LEGENDS. 

(KeLvarder alternativemcnt et comparativement I'un des c6tes des 



figures 30, 35 et 36, et en masquer le cote oppose.) 



Fig. 30. 



Destinee, ainsi que la figure 31, a I'etude des lignes 
expressives fondamentales et secondaires, produites par la 
contraction du grand zygomatique chez un vieillard (re- 
presente dans les figures 3, 6, 7, 8, 9, 12, 13, lA, 17, 18, 
19, 20, 21 et 22). 



A droite, excitation electrique, ibrle parfaitement limitee 
dans le grand zygomatique ; developpement des lignes 
fondamentales et des lignes secondaires du grand zygoma- 

tique : rire faux. 

A gauche, repos de la pliysionomie. 

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Fig. M . 



JJECANISME m LA PHYSIONOMIE HUMAliNE. 

Excitation electrique un pen plus forte cles deux 
grands zygomatiques ; developpement des raemes lignes 
tbndamentales et secondaires de la joie, avec legere con- 
traction de quelques fibres du muscle dit sphincter des 
paupieres : rzre faux. 



Fig. 32. 



— Destinee a montrer, chez le meme sujet, compara- 
tivement aux figures 30 et 31, que le rire naturel vrai est 
constitue par Fassociation des grands zygomatiques et de 
Forbiculaire palpebral inferieur. 

Bire naturel, par la contraction volontaire des deux 
grands zygomatiques et de Forbiculaire palpebral inferieur. 



Fig. 33. 



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Destinee a demontrer, chez le meme sujet, que le 

rides rayonnantes de I'angle externe des paupieres, dues a 
Faction du grand zygomalique, s'eflPacentlorsque, en memo 
temps que celui-ci, on fait contractor le frontal. 

r 

Electrisation, au maximum, des grands zygomatiques et 
des frontaux : expression incomplete, fausse, de la sur- 
prise agreable, de V admiration. 







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Fig. U. 



Destinee a montrer, chez le meme sujet, que la 
combinaison du muscle de la joie et de la douleur, a un 

certain degre de contraction, est inexpressive ou ne pro- 
duit qu'une grimace. 

Contraction electrique forte des grands zygomatiques et 
des sourciliers : grimace. 



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Fig. 35. 



MUSCLES DE LA JOIE ET DE LA BIENVEILLANCE. 57 

Deslinee a I'elude des lignes expressives produites 
par la contraction forte et partielle du grand zygomatique 



femme. (Cette 



et abattue 



au moment de I'experience, ce que Ton reconnait a I'abais- 



de 



A droite, excitation electrique assez forte d 



matique 




des pal 

propres 



de la joie . rire faux. 



Fig. 36. 



Destinee 



a I'etude expressive de Fassociation du 
grand zygomatique ou du triangulaire des levres, son 
antagoniste, avec les palpebraux. (Cette femme etait genee 
par une trop vive lumiere au moment de Fexperience, et 
avait contracte spasmodiquement ses palpebraux.) 

A droite, electrisation du grand zygomatique associee 
h la contraction volontaire, legere 



des palpebr 



jprisant 



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levres, associee a la contraction volontaire et moderee 
palpebraux: meprw, %o?/^. 



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EXPLICATION DE LA LEGENDE. 



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L'immersion dii filet raoteur (6, fig. 2) clu grand zygoma- 



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fait un peu au-dessous de I'attache superie 



muscle, c'est-a-dire 2 centimetres et demi a 3 centimetres 



dehors et au-dessoiis de 




peu pres 



point que 



le externe de I'oeil. d 

rheophores ont ete pi 

tro-physiologiques que 



faites sur le grand zygomatique (voy. les fig. 30, 31, 33, U, 
35, 36).— Du c6te gauche de la fisrure 30, ou les deux erands 



zygomatiques sont mis simultanement en action, le rheophore 
correspondant au p61e negatif, qui est plus excitant que le p61e 
positif, a ei6 pose au-dessous du point d'immersion du filet 



d 




d zygomatique, afin que 



culaire soit egale de chaque c6te. 

II m'est arrive quelquefois de localiser exactement I'exci 
talion dans ce muscle, comnie dans le cote 



droit d 



figure 30. Cette localisation exacte est assez difficile; car le 
courant electrique rencontre souvent un ou deux filets mo- 
teursquise reiident a un faisceau musculaire voisin, lors- 






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MUSCr.ES DE LA JOIE ET DE LA BIENVEILLANCE. 



59 



qu'il est un peu trop intense on qu'il existe line anomalie, ce 
qui n'est pas rare. On en voit un exemple dans le c6te droit 
de la fio-nre 35, ou le courant a excite leg^rement les palpe- 
braux, en m^me temps que le 




rand zygomatique 



La fi 



30. oil rexcitation electriq 



parfaiteraent 



dans 




zygomatique, montre I'ensemble des 



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fondamentales et des lignes secondaires, qui 



developi: 



sous 



influence de la contraction 



energique de ce muscle. 



J'ai dit ailleurs : 1" que ces lignes fondamentales, qui 
se developpent a tous les ages, chez le vieillard comme 
Chez I'adiilte, sont constituees par le mouvemenl oblique en 
dehors et en haut de la commissure labiate, parune courbe 



i_^ 



ferieure, de la liane naso-labiale, par 



gonflement de la pommette, enfin par I'elevation leg 



paupier 



inferieure; 2° que les lignes secondaires sont for 
par les rides rayonnantes de Tangle externe des pau 



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appar 



que 



chez 



Les 




plus nombreuses et plus profondes, qu 
e et que sa peau a ete plus brvllee pa 
nes et les reliefs produits par le 



adulte, 
)st plus 





nd zygoma 



t completement representes sur la figure 31 
Cette fia-ure 31, ou I'excitation pratiquee des deu: 




30 



fois est plus forte que dans la fi 
.yonnantes de Tangle externe de Toeil plus profondes et 
)nvexite de la courbe naso-labiale plus prononcee. 

Du c6te droit des figures 35 et 36, ou le grand zygomatiq 



des 



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60 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

A fortement en contraction que dans la % 



on Yoit que les li 
pi^res ne se son! 




secondaires de Tangle externe des pan 



pas montrees. C'est que la femme qu 



soumise a ces experiences n'etait pas 




La 



pr 



apparaissent habituellement sous notre 

1 

■e ride se voit d'abord an niveau de 



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externe de I'oeil, et les autres augmentent progressivenient 
en nombre, en longueur et en profondeur, en raison directe 



■ 

de 1 age, du degre de maigreur et d'autres conditions que j'ai 



signalees. Chez le Yieillard photographie dans les figures 30 



pt rides rayonnantes existent de chaq 



J'en ai compte un plus grand nombre chez 



Les attaches et la direction du 



o 



d zygomat 



d 



de la peau, rendent parfaiteme 



compte de la formation des lignes fondamentales et 



secon- 



qui r6gnent dans les figures 30, 3 




33. En eflet 



dn tiraillement de 1 

r 

en haut et de dedans 



dehors 



labiate oblique de ba 
resulte : 1° que I'actioi 



exercee sur la partie inferieure du sillon naso-labial fait 
decrire a ce dernier une legere courbe a convexite infe- 
rieure ; 20 que la peau refoulee en haut et en dehors forme 
un relief plus considerable au niveau de la pommette et 
el^ve un peu la paupiere inferieure ; 3" qu'au niveau de 
Tangle externe des paupieres, la peau, tres fine, se plisse et 



ride 




plus rapidement encore, lorsq 



briilee par Tair ou par le soleil, et lorsque le muscle est fi 
quemment exerce par la gaiete habituelle. 



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MUSCLES BE LA JOIE ET DE LA BIENVEILLANCE. 



61 



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Expression 



Le grand zygomatique est le seul muscle qui exprime 



completement la joie, a tous ses degres et dans toutes ses 
nuances, depuis le simple sourire jusqu'au rire le plus fou. 

II ne rend aucune autre expression. 

La meilleure denomination que Ton puisse tirer de son 



pressive, est done 



qu'il ne la justifie p 
tiellement en action. 



celle de muscle de 

pletement, lorsqu'il 



bien 



par 



Voyez le sujet 
grands zygomatiq 



■epresente dans les figures 30 et 31 : ses 
es sont au maximum de contraction. Au 



abord, il parait s'abandonner au rire le plus fi 
moment d'attention vous fait decouvrir que sa 




aiete 



factice; plusYOusregardezcette boucheriante, plus elle 



\ 



par sa faussete. N'en accusez pas 
r si ie vous representais le sujet 




partielle de ses grands zygomatiques serait aussi pen 

ion plus la laideur de cette 
sur la figure la plus belle 



sympathique. N'en accusez pas 
face; la m6me experience faite 



us blesserait tout autant et exciterait votre defiance. 

Si vous comparez ces figures 30 et 31 , dont le rire est faux 



fiffure 32 du meme individu photograph 



& 



moment 




qu 



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franc et coramunicatif. On remarque cependant, d 
;es figures, la m6me hgne courbe qui separe les levi 



des sillons naso-labiaux, la m6me 



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62 



MECANISME DE LA PliYSIONOMIE HUMAINE. 



des pommettes, les memes rides rayonnantes qui partent de 

I'oeiL C'est uniquement d'un mouvement 



gie externe de 



particulier de la paupi6re ioferieure que depend la difference 
expressive de ces figures. En effet, cachez-en la partie supe- 
rieure jusqu'au niveau du bord inferieur de I'orbite. alors vnn. 



qu'elles rient tout aussi bien 




31 




plus folle. Mais 



decouv 



et m^me que la fi 
k I'instant ou I'l 

figure 32, qu'il s'est mis en parfiiite harmonie avec le mouve- 
ment des commissures labiales, pour completer I'expression 
du plaisir et de la gaiete, tandis que dans les figures 30 et 31 , 
surtout dans la premiere, I'indifference de I'oeil contraste,' 
d'une raaniere choq 




rand mou\' 



d'ex- 



■ 



pansion joyeuse et gaie de la partie inferieure du visage. 

Ce mouvement de la paupi^re inferieure, sans lequel toute 
joie ne saurait se peindre sur la face avec verite, a besoin 
d'etre etudie avec soin. On remarque dans la figure 32, qu'il 
s'est form^, a 4 millimetres du bord libre des paupieres' infe- 
rieures, une depression transversale, a concavite superieure, 
et qu au-dessous de cette depression la peau de la paupi^re 

?onflee et fait relief, tandis qu'au-dessous de 



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inferieures 



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que ce niodele 



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impressions qui affectent I'ame agreablement 
plete I'expression du sourire et du rirp 



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MUSCLES DE LA JOIE ET DE LA BIENVEILLANCE. 



63 



Le muscle qui produit ce relief de la paupiere inferieure 

a la Yolonte; il n'est mis en jeu que par une 



obe 



pas 



affection vraie, par une 



n 



eable de I'aQie. Son 



inertie, dans le sourire, demasque un faux ami. 
La volonte peut a peine dissimuler son action, quand celle-ci 



du 



N 



compleraentaire du grand zygomatique, pour Fexpression 
du sourire ou du rire, mais encore, dans certaines circon- 

contracte partiellement, sous I'influence des 



stances, il se 



[ifTectueux. II rend al 
m I'appeler muscle de 



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ard bien 



Anatoraiquement, je Vai appel6 orbiculaire palpebral infi 



Yoy. E, fi 




1); il est separe lateralement de Forbicu- 



re palpebral superieur par une intersection aponevrotique. 
Tons ces fails ont ete developpes et demontres dans Far- 
•Ifi consacre a Fetude de ce muscle; i'ai du, en raison de 



portance, les rappeler ici a Foccasion des figures p 



cedentes 
L'orbi 



palpebral inferieur est 



triser partiellement, que je 



pu 



si difficile 
le mainteni 



elec- 



temp 



contracte isolement pour photograph 



assez 
cette 



experience. II 
(K, fig. 2) en 



son filet 





omatique, comrae du c6te 



& 



auche dela figure 31, ou Fon voit que ce muscle 




o 



qui donne a ce c6te 



peu 



faux que du cote oppose. Ce muscle ne peut 6tre 



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6/1 



WECANISME DE LA PHYSIONOMIE IIUMAINE 



plee, pour sa fonction expressly 



figure 35 et mieux la fi 

Dans la premiere (fi 



e, par les palpebraux 



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niveau de la partie sup^rieure dii 

le point ou doit s'imnierger le nerf moteur de 



ore 36 en founiissent la preuve. 

r 

, le rheophore a ete pose au 



rand zygomatique, sur 



35 



ce muscle 



ce dernier s'est contracle 



5 



en produisant les sillons et les 



reliefs fondamentaux qui lui apparti 



ennent, sans lia^nes se- 



condai 
de eel 



1 



es, amsi qu'on I'observe ordinairement chez les 



age et dans les m6mes conditio 



sujets 



ns. Mais on voit, en 



comparant les ouvertures palpebrales entr 



e elles, que du 



c6te droit, ou I'experience est faite, la paupie 
s'est abaissee et que I'inferieur 



re superieure 



Or, ce dernier mouvement 



braux 



e s'est au contraire elevee. 
indique que les muscles palpe- 



se sont contractes; ce qui ne pent avoir lieu que par 



I'excitation du filet moteur de 



ces muscles. 11 m'eut ete facile 



d'eviter ce filet nerveux et de local 



iser I'excitation (^lectrique 

u c6t6 droit de la 



dans le grand zygomatique, comme d 

figure 30, en deplacant le rheophore ou en diminuant I'in- 
tensite du courant: m 



ais j'ai prefere photographier cette 



combinaison du grand zygomatiq 



bin 



ue avec les palpebraux, com- 



aison qui a produit le rire rMprisant. 

Cette expression est mieux rendue encore d 



ans la fiijure 36 



parco que la contraction des palpebi 



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5 



aux produite, on le sait 



par le spasme des paupieres, y est plus forte 












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VII 



MUSCLE DE U L4SC1VETE 

(TRANSVERSE DU 1\EZ, Q, fig- '!)• 



Figures 37, 38, 39, 40, 41, 42. 





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LEGENDS . 



Fig. 57. 



(represente d 



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Fig. 38. 



Deslinee a I'etude de la contraction partielle du 



transverse du nez, chez le meme sujet. 
Contraction du transverse du nez ; ne se produisant 



pend 



representani, en 




attitude d 



chez 



habitudes lubriqu 



(II existe des varietes individuelles qui dependent de 



forme du nez.) 



Fig. 39. 



Destinee a I'etude de la contraction combinee du 
transverse du nez et du grand zygoinatique , chez ie meme 



indiyidu. 



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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

Contraction combinee du transverse du nez, du grand 



nalique et d 



sujet 



lascifi 



Fig. /lO. - Po 



deux ans, abruti par Tabus des boissons alcooliques ; le nez 
de ce sujet est aquilin. 

II doit servir, comme le precedent, a I'etude expressive 
du transverse du nez. 

Comparez cette figure aux figures hi et 42. 



Fig 



• Destinee a montrer, chez le meme sujet, le mouve- 

du nez par le transverse du nez, 
alors ce dernier, quand il est 



et la forme que prend 

aquilin; destinee egalement a I'etude d 

donne a la physionomie, lorsqu'il s'asso^ 

Contraction electrinne 



q 



electrique du transverse du nez et contrac- 
tion volontaire, legere des palpebraux, de maniere amain- 



tenir les paupieres entr'ouvertes 



maiwaise hw7ieur, me- 



contentement . 



Fig. h% 



Destinee a montrer la grossierete et le cynisme de 



I'expression lubrique, chez le meme individu, dont le trans- 
verse du nez est tres developpe. 

Contraction electrique combinee du transverse du nez 
et du grand zygomatique : gaiete exprimee par des idees 
lubriques, ctjnisme, paillardise. 



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EXPLICATION DE LA LfiGENDE. 



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du transverse d 



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s'obtieot en placanl les rheophores au niveau du corps charnu 
de ce muscle, comme dans les figures 38, 39, M et h% La 
disposition anatomique de ce muscle rend cette experience 

I es figures 38 et /|1 montrent I'ensemble des lignes expres- 
sive's fomlamentales et secondaires, produites par la contrac- 
tion 6nergiqne du transverse du nez chez deux sujets dont la 
peaii des parties laterales du nez se plisse ou se ride faodement. 
On volt que I'aile du nez est attirte obliquernent en haut et 
enavant; que la portion superieure du siUon naso-labial a 
suivi la mtoe direction ; que la uarine, en s'61evant, s'est pour 
ainsi dire retrouss,5e de telle sorte, que son orifice regarde en 
dehors, au lieu de s'onvrir en bas; que le siUon cutan6 qu. 
contourno la narine en arriere est plus accentue ; enfin que 
la peau des parlies laterales du nez sest pliss^e paralli^lement 

a la direction de I'epine nasale. 

La forme generate d« nez est considerablement mod.flee 
par le transverse du nez; elle est caracteristique. Pour b,en 



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68 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



comprendre I'exactitude de la description precedente, il suffit 
de comparer la forme du nez au reposdes figures 37 et 40 



par 



figures 38y39j liietli^. 
La partie posterieure du nez oii se termineinferieurement 



du 



qui est mobile 



attiree vers I'epine nasale, qui est le point fixe ds ce muscle 
Tout le monde comprend pourquoi la peau des parties late 
rales du nez, refoulee en haut et en avant, s'est couverte d. 
petites rides paralleles a la direction de I'epine nasale, 

mouvement de I'aile du nez, les lignes et les reliefs qu 



en sont 



beaucoup 




figures III et li'i que dans les fi 




pr 



3(S et 39 



dans les 



n 



Expression. 



La figure 38 fait voir que la contraction partielle du gr 
ygomatique donne a la pliysionomie une expression de m 



\ 



humeur qui annonce I'hostil 



muscle 



I se contracte partiellement, et pour rendre cette expressio 
mecontentement, il agit de concert avec d'autres muscles 
L'expression de la figure M, ol le transverse du nez a et 

pendant que les paupi6res etaient un pen rap 



mis en 



prochees (par les palpebraux), et alors que 
labiales etaient abaissees (paries trian^ulaires des \h 



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MUSCLE DE LA LASCIVETC. 



69 



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expression, dis-je, offre un melange dera(^contentemenl et de 



mepris 



L'bomme qui est represente dans cette derniere figure etait 

un ouvrier intelligent, age de quarante-deux ans, mais qui 



avail tant abuse des boissons alcooliques, qu"il etait tonibe dans 
un delire crapuleux {delirium tremens). II avail ei6 conduit a 
l'h6pital, ou il avail ete traite avec succes par Topium a haute 
dose (il avail pris un gramme d'extrait gommeux d'opium). 
Lorsque je fis des experiences electro-physiologiques sur sa 
face.il etait encore sous I'influence de ce narcotique. Aussi 



remarquait-on, au lieu de sa gaiele habituelle, que ses traits 
exprimaient rabatlement; ses commissures labiates tombaient, 
et pour qu'il ouvritlesyeux, il me fallait reveiller fortement 
son attention, comme on le voit dans la figure 40 (1). 
J'ai profits de eel affaissemenl des traits produit par 

et surtout de I'abaissement de ses commissures 
labiates, pour etudier Feffet expressif de la combinaison du 



op mm 



d 




desl6vres.Les 




nes du 



mecontentement se sont alors dessines beaucoup mieux que 
sur la figure 38 ; mais cette expression n'etait pas encore I'imi- 
tation exacle de la nature. Je lui fis ensuile rapprocher les pau-^ 

la lumiere, et je repetai 



pieresj comme s'il etait g^ne par 



experience precedente: alors je vis apparaitre sur sa phy 



parfaite verite, un melan 




de mdconten 



r' 



Qienlet de mepris: c'est cette expression electro -physic 
^'ique que j'ai photographiee dans la figure /il . 

(1) 11 a succombe au deUrhm tremens, dix jours apres cette experience 




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70 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



Le transverse d 



de I'aile du nez et de la 16vre superieure pour peindre une 
nuance de la m6me expression. J'y reviendrai a roccasion de 
I'etude expressive de ce dernier muscle. 

Les experiences photographiees dans les figures 39 et /|2 
demontrent que la combinaison du transverse du nez avec le 
muscle de la joie (le grand zygomatique) produit I'expression 
du plaisir lascif, de la gaiete lubrique. C'est la fonction la plus 

importante du transverse du nez; aussi I'ai-je appele mmck 

de la lascivete^ de la luhricite. 

Le vieillard represente dans la figure 39 n'est rien moins 
que lascif; il estau contraire d'un temperament si froid, qu'il 
avoue que les femmes ne lui ont jamais inspire le moindre desir : 



m6me fie 



conserve son innocence. D 



abaissement de ses narines el a leur 



5 son portrait photographi 
expressif des plaisirs lascifs 



platisseme 



3 



on 




3 



pe 



reconnait dan 
que le muscle 
developpe. 

Malgre ces conditions defavorables, on voit dans la figure 39 
que, par I'excitation electrique de son transverse du nez iinip 



a 



de son grand zygomatiq 



peindre sur sa face une expression 

nature hii a refusee. On rernarquei 
temps son frontal en contraction, ^ 
que celte passion vient 



possible de 



plaisir lascif qu 



d'etre eveillee par 



indiquer par la 
une cause exte- 



rieure, qu'une nudite, par exemple, attire son attention las- 
cive. J'avais I'intention de le representor dans une situation 



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analogue a 




MUSCLE DE LA LASCIVETE. 

celle des vieillards impudiq 



71 



de la chaste 



Suzanne; mais il m'a et6 impossible de lui donner, pour 
un air assez lubrique, parce que le muscle qui represente 
passion n'etait paschez lui assez developpe. Quoi qu'il ei 



ce rire 




aillard et cet air egrillard 



pie liabituel 



Lafi 
le plus 




hi 




lubrique sous son aspect 



Cet homme 



que 



traits fussent 



le plus grossier. v^ei uuuiun., i*,-.- ^ 

affaiss^s par I'opium, avait une physionomie toute differente de 



que Ton voit dans la figure 60 



une 




habituelle, et la forme, Tattitude de 



perament tr6s lascif 



Les 




nemenls 



qui m'ont ete donnes sur ce point m'ont appris que je ne m e- 
tais pas trompe.-'L'experience representee dans la figure [^ 
prouve que le muscle de la lubricite etait tres developpe chez 
cet homme. G'est ce qui m'a permis de rappeler sur sa face 
les traits de celte passion brutale, traits qui avaient ete momen- 
tanement effaces par le narcotisme. 



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VIII 



MUSCLE DE LA TRISTESSE 



(TRIAt^GULAIRE DBS LfeVRES, M, fig. 1). 



Ficrures 43, 44, 45. 



LEGENDE. 



Fig. !i?> 



Deslinee a I'elude des mouveraenls, des reliefs et des 
pUs culanes, occasionnes par I'action partielle du triangu- 
laire des levres, comparativement avec le cote oppose qui 
Pd h I'ptat de repos, chez un vieillard (represenle dans les 



lA 



32,33,34,37,38,39). 

- A droite, contraction electrique forte dutriangulaire des 

levres : degout. 



A ffauche, repos de la physionomie 



Fig. hh. 



Destinee a I'etude expressive des triangulaires des 
levres, au maximum de contraction, chez le meme sujet. 
Contraction electrique tres forte des triangulaires des 



levres : degout. 



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74 

Fig. /i5. 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

Destinee a I'etude de la contraction combinee, 

I Iriangulaire des levres et du soiircilier, 






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Individ 



Contraction electrique forte des trian 
et des sourciliers : douleur et desespoir. 



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EXPLICATION DE LA LEGENDE 



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llecanisiiiie- 




desleYres(M, fig 




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L'electrisatioii partielle du trian 
se pratique en posant les rheophores, comrae dansles fi 
M, k^, au niveau de leur surface (2 centimetres au-dessous 

et 1 centimetre en 



dehors des commissures labiates 

r 



courant ne doit pas Mre assez intense pour traverser 1 epais- 
seur du muscle; car il arriverait jusqu'au rameau nerveux 
moteur qui anime les muscles de la houppe du roenton, le 
carre dumenton, I'orbiculaire des levres, et cons6quemment 
ferait contractor tons ces muscles a la fois. 
Les trianp-nlaires des levres tirentles commissures oblique- 




bas et en dehors. Les figures hd et /i5 monti 



outre, qu 



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de contraction , le sillon interlabial 



decrit une courbe a concavite infer 



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pen attiree en avant, et que laligne naso-labiale 
tend a devenir rectiligne et se rapproche davan- 
Tticale; que la moitie de la levre superieure qui 
tu trian'gulaire excite, est attiree obliquement en 
bors ; enfin que la narine est abaissee et un pen 
to Ce dernier fait est mis plus en evidence par la 



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76 MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

figure /IS, ou I'on voit que, du cote de la face qui e 



repos 



peu plus elevee que celle d 



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On reraarque enfin, au-dessous des 



biales de ces figures, des reliefs et des plis occasionnes par 
le refoulement de la peau, et qui sont d'autant plus prononces 
et plus nombreux, quelesujet estplus avauceen age. 



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£x.prcs.%iion. 



On salt que les commissures labiates du sujet sur lequel 



plupart de 



expei 



electro-physiola 



faites, sont naturellement abaissees, lorsque sa phy 
est au repos; on pent le voir, du reste, dans son 
ih- S). Cette chute des commissures labialess^ mr 



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morale 



dans la vieillesse, ind^pendamment de 



cause 



Mais, dansla jeunesse, le moindre abattement des 



labiales 



a 



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la contraction des 



triangulaires des levres, et alors cet abaisseraent des coins de 
la bouche donne a la physionomie, si elle est au repos, una 
expression de tristesse etd'abattement. On en voitun exemple 
sur la raoitie gauche dela figure 35. Chez la jeune femmeque 
cette derniere figure represente, les commissures de la bouche 



habit 



et do 



de la 



physionomie ; mais son caractere etait tr^s mobile 



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jour ouj'ai photographic r experience reproduite sur le c6te 



droit de sa face, elle etait triste 



abattue. Cette derniere 



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MUSCLE DE LA TRISTESSE. 



77 



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figure 35 



qu'elle est due seulement a un leger abaissement 



sa commissure 



labiale gauche; en d 



faible contraction du triangulaire des levres de ce c6[e. 



On peut comparer entre eux, sur cette figure 35, les mou- 
vements contraires, executes par les commissures labiates, et 



apprecier I'influence enorme qu'ils exercent 5 
nomie En effet, au moment ou la tristesse de 



phy; 
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triangulaire, 



abaissait ses commissures labiates 



par leur intermediaire 
ai releve. du c6te droit 



ulaire 




droit 



de sa bouche, en excitant I'antagoniste du trian 
rand zygomatique), et alors la joie a ete rappelee 




ficiellement sur cette moitie desa face 



J'ai fait I'experience opposee 



chez 



m6me fem 



alors qu'elle etait dans ses jours de bonne humeur : a 
bouche etant souriante, j'ai fait contracter legerement 



ses triana;ulaires, et al'instant 1' abaissement de la commissure 





correspondante, quelque faible qu'il fut, venait alterer la 

physionomie de ce c6te. 

Cependant il est demontre par Vexperience representee sur 
le c6le droit de la figure 36, qu'au plus haut de^rre de con- 
traction, Taction expressive du triangulaire des levres chan 
completement ; qu'elle exprime alors le degoW. Mais le spasr 
des paupieres qui se combine avec cette 
difiee un pen; j'y reviendrai bient6t. 



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78 



MECANJSME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



a la demonstration du fait en question. Cette physionomie 
exprime, en effet, un profond degoiit qui souleve le creur 
ou qui indique une grande aversion. 

D'autres figures exposees dans cet album demontrent, 
ainsi qu'on va le voir, que diverses associations de certains 



muscles avecle triangulaire des levres modifient ou changent 



r une 



Faction expressive de ce dernier. 
Le moindre abaissement des commissures labiales (pa 

faible contraction des triangulaires), associe a unleger rappro- 
chement des paupieres (par les palpebraux), comme lorsqu'on 
g6ne par la luraiere, donne au regard une expression de 



est 



mepris. 



Cette expression est rendue sur la moitie gauche de la 
figure 66. La contraction extreme (peut-6tre un peu exageree 
et grimacante) du triangulaire des levres oeint cette 



elle 



plus haut degre et sous la forme la plusg 
aiontre un melange de mepris et de de 



expre 




qu 



La chute des commissures labiales, qui, chez le sujet dont 
la figure 3 represente la physionomie au repos, n'est 
indice de vieillesse, augmente I'energie ou etend le se 
expressions de la plupart des mouvements de son sourci 
lesquels elle se combine. En voici des exemples. 



des 



L'abaissement leger de ses commissures labiales rend plus 

exprimee par I'orbicukire palpebral 



serieuse la reflexion 



superieur, sur la moitie droite de la figure \2, et s'il etait a 
son maximum, comme dans la figure A5, cetetat de I'esprit 
prendrait un caract^re de tristesse et d'abattement. 



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MUSCLE DE LA TRISTESSE. 



79 



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forte de I'orbiculaire palpebral superieur 



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La contention d' esprit, exprimee dans la figure IS par la 

contraction assez 
devient, dans la figure Ift, une expression de pensee sombre 
par la m6me contraction au maximum de I'orbiculaire palpe- 
bral superieur gaucbe, combinee avec un leger abaissement 



des commissures labiates. 



C 



est surtout dans la figure 18 que la chute considerable des 

ard, produite par la 
cle de I'agression. II 



commissur 



5 ajoute a la durete d 
du pyramidal du nez, 




influence de la contraction par 



pyramidal du nez, le regard est deja mechant, ce dont 



pent s' assurer en masquant la bouche de cette figure. Q 
qu'il en soit, 1' association de cet abaissement des 



pyramidaux donne a cette fi 




Pl 



dur et plus menacant. 
Le faible abaissement des 



labiates que 



observe dans la fi 
qui sied bien a 




ure 20 donne au sujet un air de tristesse 
expression de souffrance produite par la 



contraction des sourciliers. 

La m6me combinaison musculaire, representee dans la 
figure /i5, exprime a la fois la douleur et I'abattement : c'est 
r image du desespoir. 



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MUSCLES 



DU PLEURER ET 




PLEURNICHER 



(PETIT ZYGOMATIQCE ET ELEVATEUF. PKOI'RE BE LA EEVRE 

SUPERIELRE, F, H, fig- 1). 



Figures l\Q, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53. 



LEGENDE. 

(Regarder alternalivemenl et comparativenient chacun des coles des figures 46, 

47, 48, 49, 50 et H, et en masquer le cole oppose.) 



Fig. hG. 



Destinee a I'etude des lignes qui caracterisent le 
pleiirer avec allendrissement, chez un vieillard (representc 
dans les figures 3, 6, 7, 8, 12, 13, ih, 17, 18, 19, 20, 21, 
22, 30, 31, 32, 33, 3/i, 37, 38, 39, Zi3, !ih, hb). 

Excitation electrique assez forte du petit zygomatique 
gauche: pleurer Jarmes d'attendrissement. 



Fig. /i7. 



- Destinee a etudier Faction differentielle du petit 



zygomatique et de Felevateur propre dela levre superieure 



chezlememesujet. 



A g 



contraction 



auche, excitation electrique du petit zygomatique et 

vllontairc du sphincter des paupieres : pleurer 



franc, a chaudes larmes. 



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82 



MECANISME 1)E LA PHYSIONOMIE HUMAJNE. 

A droite, excitation electrique de Televalcur propre de la 
levre superieure et contraction volonlairc des paupiercs : 
nuance dii mhne pleur er . 



Fig. 48. 



Destinee a I'etude comparative des lignes expressives 



zygoma- 



difFerentielles du petit zygomatique et du grand 
tique, chez le merae sujet vu de face. 

L 

A gauche, contraction electrique du petit zygomatique : 
pleiirer modere, attendrissement. 



A droite, contraction 



electrique moderee du grand 



zygomatique: rire faux, incomplet. 



Fig. 1x9. 



Destinee a I'etude de I'association du petit zygoma- 
tique et du sourcilier, chez le meme sujet. 

A gauche, excitation electrique du petit zygomatique et 
du sourciher : pleurer douloureux. 



A 



au repos, avec 



ard fixe en 



avant. 



Fig. 50. 



Destinee a Fetude expressive du petit zygomatique, 
chez une ferame jeune (representee dans les fig. 35 et 36). 
A droite, excitation electrique du petit zygomatique et 



d 



A gauche, physionomie au repos. 



Fig. 51. 



partielle d 



coramun de I'aile du nez et de la levre superieure. 

A droite, contraction partielle de I'elevateur commun de 
I'aile du nez et de la levre superieure : me content em ent , 
maiwaise Jmmeur. 

-fc 

A gauche, repos de la physionomie. 



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83 



Fig. 52. 



MUSCLES DU PLEUREP. ET DLI PL]']UP.NlCilER. 

Destinee a montrer I'action expressive des elevaleurs 
comniuns de I'aile dii nez et de la levre superieure, associee 
a rabaissement de la levre inferieure par les muscles carres 

du menton. 

Contraction electrique des elevaleurs communs de I'aile 
du nez et de la levre superieure, et abaissement volontaire 

sur le cote 



dcla levre inferieure; meme expression que 
che de la figure 51, mais plus prononcee. 



gau 



Fig. 53. 



Destinee a montrer, d'un cote, Taction expressive 



de 



rieure combinee avec celle des palpebraux, comparative- 

ment a I'expression du grand zygomatique, du cote oppose. 

A gauche, contraction electrique de I'elevateur commun 

do I'aile du nez et de la levre superieure, et des palpe- 

braux : pieurnicher. 

A droite, contraction du grand zygomatique : rireffmx. 



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EXPLICATION DE LA LEGENDE. 



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Mecanisssse. 



Je ferai d'abord remarquer que sur toules les figures con- 
sacrecs a I'etude du petit zygomatique, le rheophore est 
applique au-dessus des fibres les plus externes de I'orbiculaire 
inferieur, c'est-a-dire 2 centimetres et denii 



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environ au- 



bord libre de la paupiere infe 



d'une lisnc verticale abaissee de I'angle cxlerne des pau 



D 



pieres. C'est justemcut la que se trouve la portion superieure 
du petit zygomatique (voy. F, fig. 1) qui s'altache en haut, a 



fi 



Du 



filet raoteur de ce muscle (voy. K, fig. 2). 
3 droit de la figure !il, le rheophore est pi 
iteur, plus en dedans, au niveau d'une lign 



fict 



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partie moyenne de la paupiere 



1 



iferieure.Danscette region, une partie de la portion supe- 
rieure de I'elevateur propre de la levre superieure (voy. G, 
fig. 2), et le filet moteur (voy. L, fig. 2) de ce muscle, sont 
sous-cutanes, 

11 n'est pas toujours facile ni ni6me possible de localiser 
exactement I'excitation electrique dans le petit zygomatique : 
Fexperience photographiee, figure 50, en est une preuve. Chez 






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MUSCLES DU PLEUBER ET iJU PLEURNICIIER. 



85 



femme que 



fio-ure rcpresenle, il nva ele impossibl 



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que le rbeophor 



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En voici la raison anatomique : « Le petit zygomatiq 



dit le professeur Craveilhier, par plusieurs racines dont 



Wuie 



-par les fib 



du 



orbicutaire des paupieres. Dans quelques cas, le petit zygoma-- 

tique est exclusivement forme par des fibres detachees de ce 
muscle. Dans d'autres cas, ce muscle extr^mement gr^le nait 



de I'os malaire pai 



deux faisceaux, dont Vnn va fc 



faisceau inferieur de Vorbiculaire des paupieres. Le plus ordi- 

nairement ce petit muscle nait de I'os malaire.... >> (1). On 
concoit done qu'il existe une connexion intime entre le petit 
zvgomatique et le muscle dit sphincter des paupieres, et 



qu'il soil impossible d'exciter le premier independai 
du second. Et puis il y a des varietes dans la dispositi 

trajet des filets 






qui 



de 



^^ irant dirige sur la partie superieure du petit 

ygomltique pent rencontrer le filet nerveux qui se rend au 
phincter des paupieres. 11 est impossible de dire laquelle de 



partielle du petit zy 
dans la fisfure 50. 



pposait 
cbez la femme repi 




(1) Traile d'anatomie descriptive, r edition, t. II, p. 225. 







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86 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

La figure h6 montre, du cote gauche, Paction individuelle 



du petit zygoniatique : on voit que Paction de ce muscle 



lali 



obliquement de has en haut et d .^,,^,, 

attache a la face externe de I'os malaire, et qu 
sur la partie mediane de la l^vre superieure e 



a 



et 



de 




-lahiale. II 
portion d 



dcffre de 



b 



bre des levres et le sillon 



labjale, qui correspondent 



une leg^re courbe a concavite inferieure; que le refoule 



dans la 



pi 



au-dessus de la 



labiale, a produit un gonflement de la pommette 
n de la panpi^re inferieure qui s'est un peu rap- 



proctiee de la paupiere supe 



S 



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figures hi 



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matique est un peu moins fo 



petit 



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bord libre des levres et par la ligno naso-lab 
oins prononcee que dans la figure /i6. Chez a 



on voil sur la peau d 



obliqu 



haut 



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petits pi 



levre superieure de petites rid 
lors, et sur la paupiere inferieu 



Ces rides secondaires n'existent pas dans la jeunesse; on 
pent constater ce.fait sur la figure 50. Chez cette jeune femrac, 
en effet, le petit zygomatique droit a non-seulement eleve la 



lui fi 



oyenne de la moitio droite de la levre supe 



be a concavite infe 



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MUSCLES DU PLEURER ET DU PLEURNICHER 



87 



plus 




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face (le 



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Les dents 



avaieot ete egalement couvertes; co que I'oo ne peut 



voir sur 
I'ombre. 



cette photographie, parce qu 



dans 



Le raecanisme de ce mouvement est par 



faitement expliq 



par 



le mode de terminaison labiate 



du petit zygomatique. Je 



ppeller 



ici cette disposition 



anatomique 



Desquece muscle a atleint la levre superieure et le c6t6 

externe de I'devateur propre, ses fibres cliarnues deviennent 

pales et cmenl d'&re conlractiles par Vexcilalion Hectnr^ue. 
Puis oroisant la direction de I'orbiculaire des Ifevres qu'elles 



propre 



recouvreni,eiicJ5 M;ouiJtiii..w...^,^^ 

presque jusqu'au bord libre des levres et se terminent dans la 



done 



peaii. On conceit 

petit zygomatique se faisant 



attache inferieure mobile du 
bord libre de la peau de la 



perieure, ce muscle ait une tendan 
ill relevant. Pour que ce retroussemi 
e doivent pas 6tre minces, comme ( 



epresente dans les fi 




A6, a7, /scS, /|9. Chez 



le fait 



en 




^^_ tendance a se retrousser en dedans, par 

de I'absence des dents. 11 faut que les levres aient 
...taine epaisseur, ainsi qu'on I'observe chezles enfanls 
eneral; leurs levres, on le sait, se renversent en avant 






et se retroussent pendant le pleui 



La fi 



donne pas une idee parfaite 






iigure ou ue uuiiiiv^ Y^-- — 

• T J iAv,.^ac niip i'ai tres souvent obtenu 
parlicuher des levies, quejai 



en 



faisant 



petit zygomatique sur de 



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88 



iMECANISME ])E LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



et m6me sur desadultes, que je regrette de n'avoirpu reussir 
a photographier exactement. 

e cote droit de la figure M, ou I'elevateur propre de la 

3 superieure est excite, montre que Paction de ce muscle 

peu pres la m^me que celle du petit zygoraatique; seu- 



I 



e que Taction qu'il exerce sur la levre supe- 
gne naso-labiale a une direction moins obli- 



que en dehors 



peu 



de 



mais sans en agrandir I'ouverture. 



n 

Chez les sujets jeune 
retrousse aussi la levre 
action de rel('!vatfinr dp 



ep 



ce muscle 



Le mecanisme de 



la levre superieure s'explique par 



faitemcnt par la disposition anatomiq 

rappelee ci-dessus, en exposant celle du petit zvi^o 



Dan 



experiences representees sur les fi 



52 



7 

pplique au niveau de la portio 



superieure de I'elevateur commun de I'aile d 



levre 



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H, % 



vers 



filet moteur (L, fig. 2j de 
On voit que I'aile du ne^ 
I'extremile superieure de 



point d'immer 



labiale, q 




obliq 



portion 



de I'aile d 



nez et de la levre 



de la levre superieure a ete , 
tion de I'elevateur commun 
superieure. 

Sur le cole droit de la figure 51, 1'electrisation est parfailo- 
ment localisee dans ce dernier muscle. Aussi n'y voit-on pas 



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MUSCLES DU PLEUREH ET DU PLEUKNICHER. 



89 



formes sur la partie gauche d 



les plis ciitanes qui se sont 

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nez des figures 5"2 et 53, ou le courant electrique, plus fort, 



a excite a la fois le filet nerveux du transverse du nez et celui 



de I'elevateur commun d 



du nez et de la levre supe 



rieure. 



B. 



Exprcfssiion 



Les experiences electro-physiologiques representees par les 



figures photographiees dont on a lu precMemment la legende 



demontrent loutes que le petit zygomatique dont on avail fait 
jusqu'a ce jour I'auxiliaire ou le congenere du grand zygo- 
matique, pour I'expression de la joie et du rire, est au con- 
traire un muscle du pleurer. 



1 
* 



La 



- 

bien 



de ce muscle, telle que 



obtenue du cote gauche de la figure /i6, trahit une emotion qui 
produit la secretion des larmes; du raoins, je n'ai jamais vu 
de larmes couler par une cause morale, sans que ce muscle 
entrat en action. Cette expression d'attendrissement contraste 
avec la fermete des traits et du regard du c6te oppose, 
avais provoque cet air de resolution chez le sujet, en 



J'avais 

fixant son regard en face de lui et en lui faisant 



cepen 




paupieres. 



du cote 



gauche de cette figure, que les larmes, qui semblent p 



emotion, ne doivent pas encore couler 



font 



duites par une 

abondamment, q 

Telle est I'expression d'attendrissement que 

theatre sur des spectateurs emus par une scene pathet 



humecter les paupier 

Ton observe 



au 



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90 



1M#.CANISME DE LA PIIYSIONOMIE IIUMAINE 



On remar 



que que sur la nioitie gauche des figures /i6 et 111 



la me Die 




1^ 

1 



essiou d'attcndrisseraeDt a 



uGfmente s-radiielle- 




menl : Ics larmes, qui dans la figure 46 paraissent conten 



ues 



coulent 



de plus en plus abondamment dans la figure hi 




Ici le sujet pleure franchement. Ce n'est pas que la con- 



traction du petit zygomatique y soit plus forte 



5 



j'ai deja dit 



\ 



au contraire qu'elle etait moindre que dans la figure 46 ; c'est 
parce que la contraction du sphincter des paupi(^res y est 
associee a celle du petit zygomatique. 

J'ai frequemment suivi avec attention, chez un m^rae indi- 
yidu et surtout chez I'enfant, cette 




d 



radation de I'expression 
u pleurer; j'ai toujours vu les larmes s'annoncer par Taction 



partielle du petit zygomatique, et le pleurer franc se montrer 

avecl'association de ce muscle et du sphincter des paupieres. 

; Du cote droit de la figure hi, ou I'eleYateur propre de 1 
levre 



1 



superieure est contracte en m6me temps que le sphincter 
despaupieres,le sujet semble s'abandonnerplusentierement a 

I pleure plus franchement que du cote gauche. 



son emotion : i 



Quoi qu'il en soit, on voit que leslignesexpressives (la courbo 



de la ligne naso-labiale, le mouvement de la levr 



e superieure 
et le relief de la pommette)produites par ces deux muscles 

(I'elevateur de la levre superieure et le petit zygomatique) out 
entre elles beaucoup de ressemblance. — J'ai dit precedem- 



ment, en traitant du mecanisme de ces mouvements 
ces lignes difTeraient entre elles. 



3 



en quoi 



Enfin le cote gauche de la figure 53 nous 



mo n Ire le plus 



disgracieux de tons les pleurers : \g pleurer a chaudes larmes 



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MUSCLES DU PLEURER ET DU PLEURNICHER. 



91 



ridicule cbez i'adulte, aussi 



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le pleurnicher 



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le pleurnicher. Ce plenrer est 
ii'ose-t-il s'y abandonner eotie 
des enfants, celui qu'ils emploient lorsq 

+ 

s'attendrisse ou qu'on leur cede. 

Le muscle qui produit le pleurer a chaudes larmes, le p?ei 

la levre superieure et de I'aile 
i on n'obtient cette expression qu 



de 



nez (voy. H, fig 
le faisant conti 



ynerg 



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paupieres, comme dans le cote gauche de la fig 
Les fio-ures 51 et 52 prouvent que partiellemen 



sphincter des paupiei 



commim de 



du 



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de la levre superieure ne possedeplusle pouvoi 



exprimer \e pleurer a chaudes larmes. II offi 

J. mecontentement. Le cote droit de la figure i 
;t mis partiellement en action, peint Fexpree 
^:Lu,.ry.r.nv rAnmsento uu fiicbeux ciui trou^ 



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Le plus haut degre de cet etat desagreable d'un esprit har- 

peint mieux encore dans la figure 52, ou Taction de 
commun de I'aile du nez est combinee avec celle 

es levresfvoy. X, fig. 1), 

F- ■ 

^Rs et en debors, en la ren\ 



I'elevateur 



qui tire la levre infe 



Les differentsdegres ou nuances du pie 
i figures /if), hi et hS, sont en general 
de I'affliclion; mais ces figures pei 




une 



expre 
par u 



proYoque 



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des larmes de doule 



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92 



AJEGAiNlSME DE LA PIIYSIONOMIE HUMAINE. 



produites, clans certain es 



circonstances, par Temotion du 
plaisir. Ne sait-on pas, en effet, que la nou^^elie d'un grand 
bonheur pent faire couler les larmes, et ne dit-on pas que 
Ton pleure de joie? 

Ces larmes faciles annoncent une grande faiblesse de 
caraclere. On les observe aussi a la suite de certaines 
atfections du cerveau : dans ce cas, les larmes et tons les 
degres du pleurer sont excites indifferemment par la plus 
legere impression de plaisir ou de peine, alors m6me que I'in- 
telligence est restee intacte. 

Tout recemment encore, je donnais des soins a nn homme 
d'une grande intelligence, fondateur et directeur d'une usine 



derable: il avait ete frappe d'une apopl 



ses fac 



mais son 



jadis tres ferme 



afTaibli 



q 



des sensations 



pleurait a tout propos, lorsqu'il eprouvait 
agreables, comme sous I'influence d'impressions contraires. 
A la vue d'un ami ou d'une personne qui lui plaisait, sa 
bouche et son oeil souriaient d'abord; mais aussitot la cour- 
bure de la ligne naso-labiale donnait a sa pbysionomie I'ex- 
pression du pleurer, la contraction du petit zygoraatique avait 

rand zygomatique, et ensuite ses yeux 
[-mes. II en sentait le ridicule, et, malg 



place celle d 




se 



effo 



en 



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chaud 



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comme dans le c6te gauche de la figure 5."^, apres avoir passe 



par tons les degres du pleurer, quo j'ai representes dans les 
fif^fures /i6 et M. 



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MUSCLES DU PLEURER ET DU PLEURNICHER. 



93 



Ces expressions dupleurer provoqiient souvent le rire, tant 
elles donnent a I'homme un air iiiais et ridicule. 

Cependanl on ne saurait se defendre d'un mouvement de 



affliction exprimee sur le c6t(^ g 



figure ^9 




qn 



ici on sent que le sujet doit 6tre 
par une doulour aigue et profonde qui lui arraclic 
. C'est ainsi que I'homme pleure I'elre aime qu'il 



perdu 

Laoct 




mere, un 

Rome) 



douloureux sur la fi 



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c'cst ainsi que pleure 




J'ai produit cette expr 



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petit zygomatique avec le sourcilier, expression 
nvpo la fermete des traits du c6te oppose. 



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.ES COMPLEMKNTAIP.ES f)E LA SUHPRISE 



99 






degre 



jiisles que dans ces 
rapport parfait eiitre le 
d'elevation des sourcils. 

Le suiet d'apres lequel j'ai photograph 



el 57, il faat qu'il y ait un 
d'ouverture de hi bouche et 



pas 



su 



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les seiitait pas. — On sait que 



electro-physiologiques n 

pressions, parce qu'il ne 

intelhgence est bornee. - Je Favais engage a exprinier la 

surprise et I'etoniiement de ha m6me nianiere que dans les 

figures photographiees que je venais ae p 

lement. II ouvrit simplei 



t 



comme s'il allait 



bailler (voyez la fig. 55). J'eus beau le slimuler, lui fa 
ecarter plus largement les machoires et I'engageant a el 
ses sourcils autant quo possible, je ne pus en tirer que 



pression 



produite pai 



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La bouche 



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nianiere 




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des mouvements 



de chanter que 

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retonnement. 



de ses paupieres. Aussi a-t-il plutot fair 
I'eprouver une emotion occasionnee par 



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MUSCLES GOMPLEMENTAIRES DB LA SURPRISE 

(ABAISSEUUS BlI MAXILLMRE H^iFERlELi;). 



Fii:ures Si, 55, 56, 57. 



LEGENDS 



Fifx. 5/i. 



Destinee a I'etude ties lignes, d 



abaisseurs du maxillaire infe- 

rz-e^r, cliezle vieillard (represente dans les fig. 3, 7, 8, 9, 

12, 13, 1/., 17, 18, 19, 20, 21, 22, 30, 31, 32, 33, 3/,, 37, 



4/1, /i5, AG 



de la machoire inferieure, ou des 



de la partie inferieure de la face 



inexpressif. 



Fig. 55. 



Destinee 



d'ouYrlr la 



Louche 



exister entre ces divers 



mais qu'iin rapport parfait doil 
rnouvemenls, sous peine de ne faire qu'ane grimace. 
Abaissement volontaire, a« maximum, de la macho.re 



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96 



MECAP^ISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



infcrieure, avcc elevalion volonLaire et raoderce des sour- 
cils : etonnement mnl rendu par le mjet ; expression ridi- 

A, 

cule et niaise. 



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Fig. 56. — Deslinee a Tetucle de la contraction combineej a un 

degre modere, du frontal et des ahaisseilrs du maxillaire 
iyiferieur. 

Abaissement volontaire et modere de la machoire infe- 
rieure, et contraction electriqne proporlionnelle des fron- 

h 

taiix : surprise. 



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Fig. 57. — Destinee a Fetiide de la contraction combinee, au 

inaximnnij des frontaux et des abaisseiirs du maxillaire 
inferiew\ 

Abaissement volontaire, au maximum, do la macbolrc 

- - „ 

infericurCj et contraction electrique energique des fron- 



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taux : etonnement, stupefaction^ ehahlssement 



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EXPLICATION DE LA LEGENDE. 



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6tre electrises sans que ce der 



par le peaiicier, iie peu- 

nier muscle se contracie 



meme temp 



men 



peai 



partielle est possible 
phie ou lorsqu'il a 



perdu 



.... .rrital)ilil6. Aussi ai-je du engager les sujets sur lesque 

j'ai fait les experiences reproduces ci-dessus par la phot 

graphic, a ou.rir leur bouche plus on moins largement. 

On remarque, dans les figures 54 et 56, qu ' '" '■' ^'^ 



d 



bas 



decrivent deux arcs de courbes en 



nferieure de la face 
ent : que les levres 
[lYcrse, a peu pr6s 




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corde commune passe par 



labiates 



Ces fioures5fi et 56 montrent cet allongement des 
ces courbes labiates qui augmentent proporlionnelU 
de.re d'abaissement de la machoire int^rieure. On 



fio-Lires qu'un relief 



de 



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peau 



situee 



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de la machoire infe 




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98 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



rieure, et que ce relief est limite en avant par un sillon a 
concavite superieiire, qui, i.aissant 2 centimetres et demi 
en arriere du menton, renionte sur les c6tes des joues, et 
par un second sillon moins profond,moins elendu, et situe un 
centimetre et demi en arriere du premier. Je ferai remarquer 
enfin que le modele du ecu n'a pas eprouv6 la moindre mo- 
dification, quel que fut le degre d'abaissement de la machoire 

inferienre. 



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abaissee, n'exp 



est seulement 



assurement aucune emotion de I'ame. 



Mais on sent, a la vuo de la figure 56, que 



presente 



app 



nattend 



du 



con 



apercoitun objetqui le surprend. C'est Texpresslon de 1 
prise que j'aiobtenue en combinant I'abaissement volo 

de la machoire inferieure avec la contraction electriqi 
frontal. 

La m6me combinaison musculaire au maximum de 
traction peint, dans la figure 57, une emotion analo 
raais a son plus haut degre de manifestation. L'impression y 
est plus forte et 1 ebranlement plus grand. Cet homme con- 

rande surprise ; il a peine a 

y croire, comme sHl tomb ait des nues ; \\ est fortement emu: 



gue. 



temple une chose avec la pi 




ebahi, il demeure slupide (C 



Pour exprimer expei 



des 



expressions aussi 



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XI 



MUSCLE 




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DE LA FRAYEUR, DE L'EFFROI 



(PEAUCIER, Y, fig. 1). 



Fi£?ures 58, 59, GO, 61, 62, 63, GZi, 65. 



LEGEND E. 



Fig, 58 et 59. 



Destjnees a I'elude du mecanismo de raclion 



partielle du peaucier, cliez Ic vieillard (reprcsente dans les 

fig. 3, 7, 8, 9, 12, 13, Hi, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 30, 31, 
32, 33, Zh, 37, 38, 39, A3, h!i, lib, liQ, hi, /i8, 59, 

53, 5/i, 55, 56, 57). 

ique du peaucier 



5" 



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^9 



Dans la premiere, contraction e 




gauclie; dans la seconde, contraction des deux peauciers : 
cette contraction partielle du peaucier est inexpressive. 



Fig. 60. 



Destinee a I'etude de la contraction combinee, expres- 



sive, des peauciers et des fronlaux, cliez le meme sujet. 
Contraction electrique combinee des peauciers et des 



frontaux : frayeur . 



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102 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



Fig. 61 et 62. — Deslinees a retiide de la contraction eleclrlque 

corabinee du peaucier et du frontal, associee a Tabaisse- 
mont de la machoirc inferieure, chcz le meme sujet. 

Contraction electrique des peauciorSj des frontaux, avec 
abaissement volontaire de la machoire infericurc : effroi^ vii 

* 

de face dans la figure 61 ^ et de profil dans la figure 62. 



Fig. 63. — Deslinee a montrer que Tcxpression de reffroi pent 

r 

etre rendue avec verite et energie^ alors meme que les pau- 
pieres sont rapprochees, chez le meme sujet. 

Meme combinaison musculaire que dans les figures 61 
et 62, et de plus abaissement de la paupiere superieure et 
regard en bas : expression cVeffroi. 



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Fig. 6/i et 65. — Deslinees a Tetude de la contraction electrique 

combinee des peauciers et des sourciliers, associee a Tabais- 
sement de la machoire inferieure, chez le meme sujet. 

Contraction combinee des peauciers et des sourciliers, 
avec abaissement volontaire de la machoire inferieurc : 

effroi mele de doideur, torture. 

Dans la figure 6Zi, la contraction du peaucier est plus 
energique a gauche qu'a droite; en regardant successive- 
ment chacune des moities de cette figure, on voitl'augmen- 
tation graduelle de la douleur et de I'effroi. 



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EXI'LIGATION DE LA LEGENDE 



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UlccauisBMC 



La conU-action partielle de I'un des peauciers, photogra- 

phiee fig>.rc 58, etablit que ce muscle tire obliquement e. 
dehors et en has les tissus de la parlie inKrieure de la face 
Cependanl il est demontre par les experiences representee 



dans les fi 



59 



6i et 65, que 



de la levre infmieure en avant n'a plus lieu lorsque 

deux peauciers sonl siraultanement excites. 

Ces dernieres figures montrent egalement I'action oblique 

bas et en dehors des deux peauciers sur lous les traits de 

face, et font comprendre comment ces muscles soulevent 

tendent la peau de la moitie anterieure du cou, k la ma 



niere d'un 



deau derri6re lequel disparaissent les 



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II ressort de I'experience photograph iee, fi 




60 



peauciers exercent une 



faible sur la machoire 



inferieure. La bouche du sujet ela.t en effet ferm, 
j'ai fait conlracter energiquement ces muscles, ot b 
,,.i .usse recommande de n'opposer aucuue.res.sts 



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MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE IIUMAINE, 



a peine si la machoire inf(^rieiire s'est abaissee de 2 a 3 milli- 



e supe- 



metres ; la levre inferieure seiile s'est ecartee de la levr 
rieure de 2 centimetres environ. 

Pour les expressions representees par les figures 61 , 62 
63, 65, j'ai dii faire ouvrir plus ou moins la bouche, et 
ensuite electriser les peauciers ; alors la forme et le modele 
des levres, qui avaient ete produits par le simple abaissement 
do la machoire inferieure (voyez les figures 5/i, 55, 56, 57), 
changerent completement, et offrirent les caractcres speciaux 
qui sont propres a Faction combinee des peauciers et 

4 

abaisseurs de la machoire inferieure. 

Pour bien comprendre le mecanisme des mouvements des 
lignes et des reliefs produits par le peaucier et I'importance 
de son role dans le jeu de la physionomie, il importe de se 
rappeler les dispositions anatomiques du peaucier (voy. Y, 



aux 



fig. 1). 



Le 



peaucier, place sous la peau, dont il est difficile de le 
separer par le scalpel, et dans laquelle il se termine, superieu- 
rement, a la partie inferieure et laterale de la joue, et infe- 
rieuremcnt, au niveau de la partie superieure du thorax, dont 
il suit enfin les contours a la face et au cou; ce muscle 



dis-je, attire en has et en dehors la levre inft 



des 



les 
Et 



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lignes, il souleve 



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necessairement la peau qui le recouvre. 



c'est-a-dire la moitie anterieure du cou. Enfin, au maxi 



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de contraction, un grand nombre de fibres de, ce muscle 



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MUSCLE m LA FRAYEUR, DE L'EFFROI. 



105 



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face de la reajion anterieure dii cou , des 




apparentes, et qui indiquentleur direction. C 



ce qui est parfaitement distinct sur h 
precedentes, et principalement sur la fi 




plupart des fi 
ure 63. 



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Expression 



* • 



La contraction partielle du peaucier est inexpressive : 
fi-iire 58, oil de chaque cote ce muscle est mis isolement 



fait ouvrir la bouche 



au sujet, au moment 



pe 



quel quo fut alors le degre d'abaissement de sa macboii 



ferieure, ie n'ai pu produire, on le voit, qu 



une 



deformation analogue a celle des 



de brulure 




thoracique 



Les figures 60, 61, 6-2, 63, 6/i et 65 prouvent cependant 
que le peaucier devient cminemment expressif, des qu'il s'est 
associe a certains muscles, et que sans lui, plusieurs emo- 
tions de I'ame qui produisent un gonflement spasmodique du 
onu At tirpni 1p« traits dc k facc, uc sauraicut se peindre sur 



oo de I'h 



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On a vu que les figures 56 et 57 



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par 



traction c 
des front 



•^ombinee des abaisseurs de la machoire inferieure et 



qui 



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des li^iies et des reliefs analogues, au pr 




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106 



i\lECANlSAJE HE LA PIIYSIONOMIE HUMAINE. 



mier abord, ;i ceux qui peignent la frayeur, I'effroi, ne pent 
cependant produire ccs dernieres expressions. 

II suffil, pour les faire apparaitre, d'associer le peaucier 
a Tun des muscles moteurs du sourcil. Eu voici la preuve 
experimentale. 

La figure 60 est I'image do la frayeur ; c'est, on le voit, en 

r 

combinant Taction du frontal avec celle du peaucier, que cette 
expression s'est dessinee sur la face de mon sujet. Sa physio- 
nomie etait au repos, son regard calme et indifferent, bien 
qu'il fut dirige lateralement. Son muscle frontal etant mis 
d'abord energiquement en contraction, son oeil est devenii 



attentif, tel qu'il a ete photographic dans la figure 9. C'est alors 



que les peauciers ont ete electrises, et a I'instant, sans que sa 



machoire inferieure s'abaissat d'une 



maaniere appreciable, 



mais seulement par le tiraillement oblique en bas 
dehors et tout particulier des traits de sa face, par le 

r 

vement cutane, enfin, de la moitie ant(^rieure de son c 
traits de la frayeur se sont dessines sur sa physionorai 



en 



une verite admirable. La direction 



un peu oblique de son 



reeard donne 



ceil 



une expression d'inquietude, de 



crainte, en meme temps qu'elie indique le point d'oii vient 
le peril ou le danger dont il se croit menace. 

A la vue de la figure 60, on sent que cet homme eprouve 
le frisson de la peur : ses muscles cutanes, le peaucier (du 

ont) sont contractes spas- 



con) et le frontal (peaucier du /i 



modiquement 



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II en est de 



quadrupedes; leur pannicule, qui est I'analogue des muscles 



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MUSCLE DE LA FRAYEUR, DE L'EFFROI. 



107 



cutanes precedents de I'liomrne, herisse les polls sous Tin- 
iluence de la frayeur. 

Celte emotion penible de Tame parait produite par I'idee 
d'un danger, par one apparence, par un jeu de I'imagination 
abusee. On ne voitpasdu moins, sur sa pliysionomie, que cet 



dividu soit reelloraent en danger 5 on sent plut6t qii 

doute. 

Mais en presence des figures 61, 6;2, 63, le doute 



le 




possible : cet homme est glace par 



efir 



frar 



de 



stupeur; sa face exprime 



m61ee 



d'un danger qui met sa vie en peril 



pplice inevitable 



Avant Temploi du chlorofor 



des operations chirurgicales fai 



le premier temps 

ordinairement cette expression d'efTroi et d'lio 

On voit que, dans toutes ces figures qui pei 

ment I'efTroi, I'abaissement de la machoire inferieui 

bine avec les autres mouvemeiits qui, dans la figu 




fidele 



represente la frayeur. 
effet parfaitement que 



Cette expression d'effroi ne vient en 
Dar I'association des peauciers et des 



frontaux avec les abaisseurs du maxillaire inferieur. 

Les figures 56 et 57 ont deja demontr^ que la contractio 
combinee des frontaux et des abaisseurs de la machoire infe 
rieure rend parfaitement I'etonnementetl'ebahisseme 
pouvoir exprimer la frayeur et I'effroi; d est opportui 



rappeler 
avec les 



afin que par la compai 



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1 de le 
figures 



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61 62 et 63, on etudie mieux les 



act^res distinctifs de ces 



fferentes expression 



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1 8 



i\lECAN]SMI<] DE LA PHYSIONOMIE IIUMAINE. 



teres Irop souvent mecoiinus 
plastiques. 



OLi coiifondiis dans les ai1s 



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r 

'agrandissement de I'ouverture palpebral( 
bagard que Ton observe sur la pi apart de ces fi 
certainement a I'effet de leui 
que, dans I'effroi, la stupeur 
parait cbasse hors de I'orbite. 



igard 



expression. On salt d 



lobe 



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La figure (52 prouve cepen 



q 



Fecarlement des paupieres n'est pas 



I'expression de I'effroi. On voit, en effet, malgre I'abaisse- 
ment de lapaiipiere superieure, la contraction combinee des 
peaiiciers, des frontaux et des abaisseurs de la machoire info- 
rieure, depeindre sur cette figure une expression de crainte 
melee d horreur, I'effroi, avec autant de verite que sur les 
figures 61 et 62. Ce regard terrifie et clone au sol montre 

I 

seulenient d'ou vient le danger qui menace cet homme. 
II est prouve par les fisrures 6/i et 65 



que 



contraction 



combinee des peauciers,des abaisseurs de la machoire infe- 
rieure et des sourciliers, produit une expression d'effroi 
mele de douleur extreme. Les figures 61, 62, 63, nous le 
montrent, par exemple, terrifie par I'idee, soit d'un danger 
de morl prochaine, soit d'une torture a laquelle il a ete 
condamne ou qui va lui ^tre appliquee; mais ici, figures 6/i 
et 65, a I'expression de cette terrible emotion de Fame 
s'ajoute celle de la douleur horrible de son supplice. — 



Cette 



expression doit 6tre celle du damne. 



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LEGEINDE. 



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ETUDE CRITIQUE DB QUELQUES ANTIQUES 



AU POINT DE VUE 



DES MOUVFJIENTS EXPRESSIFS DU SOURCIL ET DU FRONT 




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Figures 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73. 



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Fig. 66 et 67. 



Tete de VArrotino (I'Espion, le Remouleur, etc.) 



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de 



1 

Les lignes frontales transversales qui s'etendent sur toule 
la largeurdu front ne peuvent coexister, ni avec I'obliquite, 
ni avec la sinuosite du sourcil, parce qu'il y a antago- 
nisme entre le frontal et le sourcilier, muscles qui produi- 
sent, le premier, ces lignes transversales du front, et le 
second, ce mouvement oblique et sinueux du sourcil. 



Fig. 68. 



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Meme tete, dont la courbe du sourcil est mise en 

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harraonie avec les 



obser 



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110 



MECA?sUSME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



Fig. 69. 



odele 



du 



quite et la sinuosite du sourcil, comme sous I'mfluence du 
sourcilier (voy. fig. 19, 20, 2h, 25). 



Fig. 70. 



Tete du Laocoon de Rome. 



Les lignes raedianes du front sont en parfait accord avec 

le mouvement oblique et sinueux imprime au sourcil par 
la contraction du sourcilier; mais le modele des parties 
laterales du front est impossible. 



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Fig. 71. 



Meme tete, dont la partie laterale du front est 
modelee comme dans la nature, et comme elle devrait 
I'etre dans la figure 70. 



Fig 



72. — Tete du Laocoon de Bruxelles (appartenant au prince 
d'Aremberg), copie du Laocoon de Rome, mais dont I'ex- 
pression modifiee peint la douleur physique et les convul- 
sions de I'agonie. Meme modele defectueux que dans I'ori- 
ginal, fig. 70. 



Fig. 73. 



de 



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r 

n'offrent pas le modele produit par le mouvement de la 



douleur. 



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Je prevois qu'au premier abord les legendes des fig 
67 70 75.blesseroiitropinion generale. Les correct 



fioiires 68, 69, 7'] ^^ ^ne i'ai eu la h 



? 



de fa 
temps 



a des chefs 



admires de tout 



profai 



par 



Quicoiique est bien penetre des priucipes 
les experiences representees sur les fii 



tude 



pas 



mes 



obser\ 



critiques sent fondees, et 



it me sera facile, dii reste, de les justifier. 



A. 



liecawi.sssae 



Recherchons d'abord si les iignes, 



eliefs 



front 



ques, peuvent s'expliquer par le mecanisme des muscles mo- 

teurs du sourcil. 
fivirlemnient, d'unepart, les Iignes frontales de VJrrotin, 

(fig. 66 et 67), rt'autre part, la forme ct la direction de soi 
sourcil, examinees separemeat, sont bien modelees; mais fob 

servation de la nature et Vexperimentation electro-physio- 

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112 



MEGANISAIE DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



logiqiie demontreiit, de la maniere la plus irrecusable, 
qu'elles s'excluent muluellement, qu'elles ne peuvent exister 
ensemble sur le m^me front. 

Que Too regarde toutes les figures destinees a I'etude 
electro-physiologique du fronlal et du sourcilier (voy. II 
et V), qu'on relise les considerations exposees dans les expli- 



des legendes de 



fig 



surlout ce qui a trait 



n_^ 



muscles, et Ton verra que 



fondee sur une experimentati 




oureuse. 



En outre, I'obse 



se trouve en parf; 



accord avec I'experimentation electro-physiologique; jamais, 
en efi'et, je n'ai vu les sillons regner sur toute la largeur du 
front, comme chez I'Jrro/mo (fig. 66 et 67), sans que le 



sourcil dec^i^1t une 



be 



iq 



jai 
do 



n'ai 



au sourcil une 



m^mes figures 66, 



vu une contraction volontaire ou expressive 

direction oblique, comme dans ces 
sans que les sillons cutanes fussent 




la partie mediane du front, sans que, sur les parties 
de ce dernier, il se format des meplats semblables 



fi 



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et 25. 



On 



que ces dernieres figures representent un jeune homme con- 
tractant volontairement ses sourciliers. 

Comment done retablir les rapports de concordance qui, 
normalement, devraient exister entre les lignes frontales de 
VArrotino et le mouvement de son sourcil, et vice versa? 

Si les lignes qui sillonnent transversalement son front, 
dans toute sa largeur, sont conservees, il faut chancer la 



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ETUDE CRITIQUE DE QUEEQUES ANTIQUES. 



113 



forme et la directiou 



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lecrive une . 



coiirbe concenlrique a ces lignes froutales, 



com me 



cela s' observe sous riutluence cle la contraction ener- 



gique du muscle frontal, chez un adulle (voy. I, les fig 



Veul 



de electro -pliysiologique 



contraire, laisser 



I 



son sourcil intact, les 
partie moyenne du front. 



tandis que 



5 



parties laterales de cette region, la pea 



ement 



forme un m6pl 



observ 



ment, chez un ad 
du sourcilier). 

Ce que je propose 



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V, les fi 




1111 SI qu on 
energique- 
3S a I'etude 



Ayant 



obtenu de la Direction du Musee de faire mouler la t6le de 
VJrrolino, dont nous avons une belle copie en bronze dans le 
jardin des' Tuileries, j'ai essaye d'harmoniser sur des platres 
les mouvements des sourcils et le modele du front, en imi- 

les lignes, les reliefs et les meplats qui se produisent 



tant 



dant la contraction 




que 



frontal, soit d 



Les figures 68 et69 ont ete photographiees d'api 



que Ton 



presente un meplat analogue a celui 



ces platres. 

Vu de profil, le front de VArrotlno cornge 

ine pardon ne ce mot, 

tie, la figure 25. 

J'examinerai bienlM influence modiflcalrice quo ces cor 

recUons exerceut sur I'expressioii de la physionomie. 



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MECAlMSME DE LA PHYSIONOMIE HUMAIAE. 



Ces obse 



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pour la plupart, appl 



cables au Laocoon de Rome. Le modele des par 



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faiilaisie de I'artiste A 






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ne saiirait le prodiiire. Les sillons et les reliefs 
qui regneut sur ce front devraient, pour ^tre uaturels, se con- 
tinuer avec ceux de la partie 
figure 8, sous I'influence du muscle frontal, ei tant d 

r 

figures oil ce muscle a ete mis en action. Mais alors dp 



mediane, comme dans la 



que dans VArrolino (fi 

coexister avec le mouvei 




66 et 67), elles ne 
it sinueux du soureil. 



pou 



On voit sur la figure 71 que j'ai essaye de fai 



le modele du fr 



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mouvement de son 



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aux 




etablies 



physiolog 



par mes expe 



Ces corrections auraient cerlainement laisse 



rDoms a 



desir 



r 

elles avaient etc executees par un artiste. M 



pense qu'une main profane, seule, pouvait se per 



hai^diesse. Q 



qu'il en soit, je suis convaincu que 



gnes expressives modelees 



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fiofures 68 



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71 



qu 



observe 



front de VJrrotino et celui du Laocooi 



que le 



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les 



originaux et qu'on les voit photogiaphies dans les 



figures 66, 67 et 70, sont 



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ysiologiquement impossibles 



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ETUDE CRITIQUE DE QUELQUES ANTIQUES 



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B. — iLi?s^|>re?^s»lo8a 



La discordance qui existe entre les mouvenients du frorr 
du sourcil de VArrotino donne de rincertitude a I'expres- 



sion de sa physiooomie, par 



que 




efs 



produils pai 
expressions e 



ces mou^' 



appar 



plusi 



On 



de 



de cette figure, sans en modifier profondement 



P 



Ainsi fait 



au 



sourcilier une courbe concen 



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dans la fi 




phy- 



de VArrotino exprime 



Son sourcil reste-t-il oblique, et retablit-on alors les rapports 
n.f.rpk .ntre ce sourcil et le front, en modelant celui-ci de 

con neil devient 



qne dans la figure 69 



par 




6ne p 



qui 



semble avoir produit un spasme du muscle sourcilier. 

Laquelle de ces expressions diverses convient-il de don 
a I'^rro^mo.^Pour resondre cette question, il faudrait . 
fixe sur I'histoire de cette antique. Or, a cet egard, regn 
plus 



de obscu 



a 



Les Italiens, dit M. Viardot, I'appellent 



plusieiirs noms, le Remouleur, le Ro 



Espion, parce que 



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MECANISME DE LA PHYSIONOxMlE HUMAINE. 



sur tout autre chose que son acliou 



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Cincinnatus. d 



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Capitolinus, d'autres Milieus ou Aceius Navius; ceux-la pr 



tendent que c'est Fesclave qui surpi 



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Mais toutes ces 



la conjuration de 



ppositi 



torn bee 



Parrai les pierres srravees d 



du roi de Prusse, il en est une, decrite par Winckelmann, 
qui represente le supplice de Marsyas. Devant le condamne, 
I lie a I'arbre, se trouve la figure, exaclement semblable 
Arrotino, du Scythe qui fut charge d'ecorcher le malheu- 



dej 



reux rival 



Apollon. On retrouve le memo 



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ayant la m^rae attitude, dans toutes les representatious de 



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ghese, et su 
est hors de 
dans ses /// 



Marsyas, dans un bas-relief de la galerie Bor- 
■ le revers de plusieurs medailles antiques. II 
doute, comme I'affirme I'autiqnaire Zannoni, 
islrazioni de la galerie de Florence, que le Re- 
lotaleur, TEspion, le Cincinnatus. 1V>«p,1mvp cn.._ 




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que le Scythe qui ecorcha Marsya 



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d'une conjuration, I'exprc 



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ayant Pair d'aig 



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qui est photographiee d'api 



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(I) Musees d: Italic. Paris, 1852, p. -150, 



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ETUDE CKiTlQUE DE QUELQUES ANTIQUES. 



117 



de faire sur un platre de rorigiiial dans la figure C8, peint 
parfaitement la situation du sujet. 

Mais I'artiste, comme I'afFirme Zannoni, et aiusi que cela 
parait etre plus vraiseinblable a M. Yiardot, a-t-il voulu 
represeuter le Scythe charge par Apollon d'ecorcher Marsyas, 
Texpression de douleur produite par la contraction du sourci- 
lier, telle qu'elle est photographiee dans la figure 69, est peut- 
6trc plus juste. N'est-il pas possible, en effet, que le slatuaire 
ait voulu nous montrer le Scythe saisi de douleur, de com- 



passion 



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du malheureux dont il est char 



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pplice.d'une maniere aussi cruelle et pour un motif 



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On salt en effet que c'est pour avoir ose defier 
Apollon a qui chanterait le mieux, que ce rival jaloux le fait 

ecorcher tout vif (1). 

Mais le coeur de cet homme, au visage commun et grossier, 
au front deprimtS peut-il 6tre accessible a de lels sentiments? 
Le slatuaire a-t-il voulu simplement montrer cette espece 



paratifs du suppl 



po 



surveiller la victime qui vient d'etre liee et at 
arbre? Dans ce cas, le Scythe, en elevant son regard 



achee 



un 




ene 



par 



lumiere et contracte spasmodiquement son sourcil, 
dnns les fioures 2-2 et 25, on la contraction des sour- 



ciliers est a son maximum 



De toutes ccs hypotheses en est-il une seule qui soil par 



9 

failement vraie? 



(1) Les nyraphes, dit-on, le pleurereut taut, qu'un tleuve de Phrygie fut 



2:rossi de leurs 



lames et appele du nom de cc salyre 




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MECAiNlSME DE LA PHYSIONOMJE HUMAINE. 



Le groLipe du Laocoon est, a coup siir, un des plus beaux 
que nous ait legnes I'aiitiquite. Winckelmann en fait remonler 



a 



I'origine an siecle d'Alexaiidre; inais le savant Lessio^ 
demontre qu'il est un produit de I'art deja bien affaibli et 
degenere des statuaires. 

Le grand pretre d'Apollon (1), surpris par deux enormes 



serpents au moment du sacrifice, se refuarie avec ses deux en- 




fauts sur I'autel, ou il croit sa personne sacree. Mais poursuivi 
par la vengeance de Minerve, il n'en est pas moins atteint et 
enveloppe,ainsi que ses enfants, paries replis deces monstres, 
et son flanc est deja affreusement dechire par une profonde 
morsure. Son corps et ses membres, agites par des efforts 
convulsifs, trahissent seuls sa douleur physique. 

On ne voit sur sa face aucun mouvement convulsif ou spas- 
modique qui annonce I'horrible douleur que doit causer la 

F 

morsure du monstre. 

La courbe decrite par les lignes naso-labiales et le renver- 
sement des levres en avant(mouvements produits par le petit 
zygomatique et par les fibres excentriques de I'orbiculaire des 
levres) indiquent que Laocoon pleure. L'obliquile, la sinuosite 






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(1) Que Ton me permette de rappeler ici la legeiide du groupe de Lao- 
coon, La veille de la ruine de Troyes, Laocoon, fils de Priam et d'llccube, 
s'opposa a ce que le cheval de bois constmit par les Grecs fut introduitdans 
les mnrs, et meme il le frappa d'lm javelot. Le jour meme, pendant qu'il 
faisait un sacrifice, il fat etouffe, avec ses deux enfants, par deux enormes 
serpents. Cette fin tragique passa pour une vengeance de Minerve, a qui le 



cheval de bois etait consacre. 



La mort affreuse de Laocoon a fourni a 



Virgile le siijet d'lin des plus beaux passages de VEneide (liv. II, 201- 
227). 



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ETUDE CRITIQUE DE QUELUUES ANTIQUES. 



119 



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de ses sourcils et le sfonflemeiit de la t^te de ces derniers 



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donneiit a son pleurer un caractere de douleur extreme. Enfiii 
sa boucbe entr'ouverte et soo regard tourne vers le ciel, 
montrent que, dans son desespoir, il invoque le secours des 

r 

dieux. 

Cette expression, qui est I'ideal de I'amour paternel, ne 

se retrouve pas sur un buste antique du Laocoon que Ton voit 
a Bruxelles, chezle prince d'Aremberg. 

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Le raodele du front et du sourcil est absolument le m6me 

le Laocoon de Bruxelles (voy . la fig. 72) que sur le Laocoon 



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Rome; mais le premier difTeredu second par ses pi 
sont dirigees convulsivement en dedans (strabisn 



con- 



vei 




par I'ouverture plus grande de la boucbe, et enfi 



par la forme des levres, dont I'infer 







ees obliquement en bas et en dehors, 
reconnait certainement, sur la face du /. 



de 



Bruxelles, les signes de la douleur; inais le mouvement 

'ulsif de sa boucbe et de ses levres lui donne le caractere 



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d'une douleur pbysique, et la convergence deses yeux nous 
le montre succombant a une mort violente et borriblement 

F 

douloureuse. 

Cette expression est saisissante de fidelite et impressionne 
vivement; aussi quelques personoes soutiennent-elles que ce 

buste est Toriginal du Laocoon. 

Cette question, sur laquelle les documents historiques font 
entierement detaut, me parait difficilement soutenable pour 

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les raisons suivanles. 



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MEGAiMSME DE LA PIIYSIONOMIE HLJMAllNE. 



La tete dii Laocoon de Bruxelles ne saurail conveiiir aa 
groupe du Laocoon de Rome. En effet, sa physionomie repre- 
sente I'agonie, et rori ne coniprend pas que, dans cet etat 
d'asphyxie et voisin de la morl, un homnie puisse hitter encore 
avec les serpents et se maintenir assis sur le bord de rautel, 
dans line attitude ou I'equilibre est ditficile a conserver. Le 
statuaire nous I'aurait, dans ce cas, rnontie s'affaissant sur 
lui-n;^me ou terrasse par les serpents. 

A coup sur, le buste du Laocoon de Bruxelles est une copie 
du Laocoon de Rome, et I'artiste s'est perm is de modifier 

A, 

I'expression de I'original. Cette image de I'agonie, cette 
bouche convulsivement ouverte pour faire entendre le rale 
d'un mourant, peuvent-elles etre comparees a la noblesse de 

^ a cet ideal de I'amour 



pression du Laocoon de Rom 



paternel qui a excite I'admiration generate et particuliere- 
ment rentbousiasme de Winckelmann. 

« Laocoon, dit-il, nous offre Finteressant spectacle de la 

» nature humaiue livree a la plus grande douleur dont elle 
« soit susceptible, sous I'image d'un homme qui rassemble 
» contre elle toute la force de I'ame. Tandis que I'exces de la 
» souffrance enfle ses muscles et tire Yiolemraent tous ses 
» nerfs, on voit la serenite de son esprit briber sur son front 
» gonfle, et sa poitrine, oppressee par la respiration et g^nee 
» par la contrainte cruelle, s'eleve avec effort pour ren- 

J- 

)> termer et concentrer le tourment qui I'agite. Les soupirs 
» qu'il n'ose exhaler, et son haleine qu'il retient, lui compri- 
» ment I'abdomen et lui creusent les flancs. de maniere a 



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ETUDE CRITIQUE DE QUELQUES ANTIQUES 



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nous faire juger du mouvement de ses visceres. Cependant 
ses propres souffrances paraissent moins I'affecter que celles 
de ses eiifaots, qui ont les yeux fixes sur leur pere, et qui 

implorent son secours. La tendresse paternelle de Laocoon se 

dans ses regards languissanls, et la compassion 



feste 



dans ses ye 



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pfiysiommie exprime les plainles et non pas les ci 
diriges vers leciel implorent V assistance supreme 

Je resLTette de venir troubler ce concert d'adr 




nerale, 



admiration que ie parta 



qu 



Laocoon, dont le front, ai-ie dit, est physiologiquement nnpos 



Cette critique, — jeTai demontr 



decouledel'expe 



rimentation 



physiologique 



est 



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r observation rigoureuse de la nature. 



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liate de dire toutefois que cette faute ne modifie en 



rien I'expression 



chez 



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que le mouvement du sourcil qui seul produit la ligne fonda 



mentale de 
modele. — J 



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,pecialement de I'elude expr 



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muscle sourcilier, sur la valeur 



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Je me borne k rapp'eler ici ce fait rmpor 
que commenl Ic front du laccoon a pn Mre m. 



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(1) H 
p. 29 3. 



M. levari ckez In ancient. Paris, 1803, t. II, livre VI, cl.ap. 3, 






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122 



MftCANISME dp: LA PHYSIONOMIE HUMArNE. 



aiissi incorrectement, sans ([ue I'expression principalo on ait 
ele profondeinent alteree. 

Mais cette faute fait tache, el: contraste avec la perfec- 
tion et la justesse des autres lignes expressives et a la fois 



plexes d 



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du L 



On Yoitdans la figure 11, oii j'ai essaye de retablir les 
rappprls naturels des lignes medianes du front et du meplat 
ses parties laterales avec I'obliquile et la slnuosite du 



de 



sourcil, combien I'expression aurait gagne en beaute, et sur- 
tout en verite, si le front du Laocoon avait ete modele par 
le statuaire Agcsandre conforraement aux redes immuables 



etablies par la nature. 



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Jusqu'ici ma critique n'a porte que sur des chefs-d'oeuvre 



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dont I'origine ne remonte pas a la plus haute antiquite. VJr- 



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Laocoon datent, en effet, d'une epo 




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chasse 



par 



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avaient, pour la plupart, ete traines en esclavage a Rome, ou 

r 

avaient du y chercher un asile. 

Mais la Niobe, la critique a-t-elle jamais ose I'effleurer? 

Je veux aussi lui rendre hommage, comme a I'une des 
plus nobles et des plus sublimes beanies de I'art antique. 

r 

Elle est des plus nobles par son origine, car sa naissance 
date du moment ou Part de la statuaire etait a son apogee : 
elle est sortie des mains de Praxitele; selon quelques auteurs 



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as y aurait travaille. 



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ETUDE CRITiQlIE DE QUELQTJES ANTIQUES. 



123 



Chezles Grecs, on Ic sail, la beaute plastique fMait presque 
seule eii honneur, el le culte de la forme etait pousse si loin, 
que les signes expressifs des emotions de I'ame lui etaient 
presque toujours sacrifies. Dans la crainte de nuire a la per- 



fection et a la tranquillite des lignes, les artistes faisaient taire 



passions, et representaient, en general, la phy 
s son calme le plus parfait. Aussi ne pent-on adn 



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la plupart de leurs statues, que 
parte seulement aux sens. N'c 



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demandez pas davantage a 



Venus; elles n'ont ni coeur, m esp 



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I'execution de ce chef 



Praxitele a su marier la perfection 



de 



de I'expressio 



de 



qui doit constituer le beau ideal. Voila pourquoi 
la Niobe est la plus sublime des beautes antiques 



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Mais, hel 



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incorrectious mises en lumiere par 



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echerches electro-physiologiques, et confii 



observation plus exacte do la nature. 

L'artiste avail a peindre la vive affliction, le desespoir d'une 



qui voit massacrer ses enfants 



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ontre son sein la derniere de ses filles 
Diane vient de frapper mortellement. En p 



ven- 



chef-d'oeuvre de 




rands maitres de I'art 



antique 



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cette scene est, dramalique. Telle est du moins la premife 

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ME DE LA PHYSIONOJIIE HUMAINE. 



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mpression quej ai resseiiiie en entrant dansla salle desNiobes 
de la galerie de Florence. 

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Mais en regardant plus atteiitivement la physionomie de 
Niobe, j'ai bient6t ete etonne de la tranquillite de ses trails, 
tranquillite contrastant avec le mouvement extraordinaire 
que Praxitele a su donner a son geste et a son attitude, qui 
trahissenl I'aojitation de son anie. 

ner sur la face de cette mere la douleur qui 



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produit cette agitation generate, I'artiste a donne a son 



sourcil une direction oblique de bas en haut et de dehors en 



dedans. 



II a ennobli cette expression douloureuse en tour 



nant son regard vers le ciel. 



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Assurement cette obliquite plus on uioins ffrande du sourcil 



s'observe dans la douleur; mais elle ne saurait suffire a expri- 
mer cette passion. Telle est, en effet, chez un assez ^rand 



nombre de personnes, la forme naturelle du sourcil a I'etat do 
repos, c'est-a-dire alors m6me qu'elles n'eprouvent aucune 
emotion de I'ame. 

Le mouvement douloureux du sourcil, — en d'autres ter- 
mes, Taction du muscle qui produit ce mouvement (du sour- 



cilier), 



est caracterise par un ensemble de ligneset de reliefs 



ins(^parables, a savoir : I'obliquite du sourcil, le gonflement 
de sa t6te et les sillons frontaux medians. 

Un fait d'une telle importance, — qui est demontre par 
rexperimentation electro-physiologique (vovez les figures 



consacrees a I'etade du muscle sourcilier), — aurait-il 
echappe au genie d'observation de Praxitele? ou bien a-t-il 









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ETUDE CRITIQUE DE QUELQUES ANTIQUES 



125 



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craint de troubler I'harmonie des belles lignes de sa Niobe par 
une imitation trop servile de la nature? 

Mais Niobe eut-elle done ete nioins belle, si I'emotion terrible 



fait 



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oblique, si quelques plis doulourei 
e niediane de son front? Rien n'es 

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mt et plus sympatbique que la douL 
front ieune et babituellement uni f 



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TABLE DES MiTIERES. 

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* ■". - - 

, . - . ■■ - . . . ■ : ^. ■ - 

, , AVERTISSEMENT. . . ................... v 

I. Preparations anatomiflues et portraits de sujets soumis a 

; - " dfis experiences electro-physiologiques sur les muscles de la ■ 

face. . . . • • • . • • ' ••-••.• -•••••••••.• ^ 

LEGENDEdes figures 4, 2,2 bis, 3, 4, 5, 6 •- 4 

'Explication de la legende • • • • • • ■ • • ^ 

II. Muscle de I'attention (frontal) ■•**'■'.'' ^^ 

■ Legende des figures 7, 8, 9, 4 0, 11 .••••••••••• • '"^ 

^ Explication de la legende ^^^ 

A. Mecanisme ..-.■.■.. ■***',* 

, B. Expression . . . .... • • ' ' ' ; ' * 

III. Muscie" ^e la reflexion (orbiculaire palpebral superieur , 

portion du muscle dit sphincter des paupieres). . ..... 49 

Legende des figures 42,43, 14, 45 ......■.•.•• • ^9 

' Explication de la legende, . • 

.1,,- • , ......... 24 

A. Mecanisme .....-•• 

24 

B. Expression . . . ...••••• 

IV. Ma^ciede I'agression (pyramidal du nez) • • • "27 

27 

Legende des figures 16, 17, 18 • * ' * 

Explication de la legends. ..... ^ ..' • 

A. Mecanisme * • • * V ^ 

B, Exprebsion . ...-.•• 

V Muscle de la douleur (sourcilier ).'.■.'. • . ■ • • • ' * * 

Legende des figures 49, 20. 24, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29. 35 
Explication de la legende. . • • / 

A. Mecanisme ....••• 

.^ T-i ' . *^ 

B. Expression. . . 

VI. Muscles de la jole et de la bien.eiUance (grand zygoma- 

•tique el orbiculaire palpebral inlerieur, portion du muscle dit ^^ 

sphincterdespaupieres). ..".'•"• ••' * • • 

LIgende des -figures 30, 34, 32. 33, 3i, 35, 36 ...... . 55 

58 

Explication de la legende • • 

A. Mecanisme.. ^8 

. . . . 64 

B. Expression 






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TABLE DES MATIERES. 



65 
63 



VII. Muscle de la Iascivet6 (transverse du nez) 

Legende des figures 37, 38, 39, 40, 41, 42 . . 

Explication de la legende, 67 

A, Mecanisme 67 

n. Expression 68 

VIII. Muscle de la <ris<csse (triangulaire des levres) 73 

Legende des figures 43, 44, 45. . ' '73 



Explication de la legende 



75 

75 



A. Mecanisme. 

B. Expression ..•.....,.,... * 76 



IX, Muscles du pleurer et du pleurnichcr (petit zygomatique, 

elevateur propre de la levre superieure, et elevateur commun 



de la levre superieure et de Taile du nez) 



81 
81 



Legende des figures 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53 

Explication de la legends 84 

A. Mecanisme 84 

B. Expression 89 

X. Muscles complementaircs de la surprise (abaisseurs du 

maxillaire inferieur) 95 

Legende des figures 54, 55, 56, 57 95 



Explication de la legende 



97 
97 



A. Mecanisme 

B. Expression 98 



XI. Muscle compl^nientaire de la fra^eur et de reffroi 



(peaucier) 



; 



101 



r 

Legende des figures 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65 101 

Explication de la legende 103 

A. Mecanisme 103 

B. Expression 105 

h 
r 

XIL Etude critique de quelques antiques, au point de vue des 

mouvements expressifs du sourcil et du front {XArroihxo^ 

le Laocoon, la Niobe) 109 

Legende des figures 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73 109 

Explication de la legends Ill 

A. Mecanisme Ill 

B. Expression 115 



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fin de la table des MATIERES, 



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PARTIE ESTHETIQUE 



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AVERT 





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3 que je m'etais imposee pouvait elre 



coiisideree coiiime terminee avec la partie scien- 
tifiqiie de cet album. Ou a vu, eneffet, daus les 



figures dont elle 



compose , la demonstration 



experimentale et la plus complete des fails pr 
cipaux qui forment 




base de la grammai 
de Torthograpbe de la pbysionomie liumaii 
Ces figures ont ete pliotograpliiees d'aprc 

d'age et de sexe differents. Chez plui 



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d' entr e eux , la pbysionomie etait belle . Neanmoins 



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agreable que 



taines de ces 



figures out pu occasionner, en general, a du ag 



deiavorablement sur quelques esprits 



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130 



BIECAMSME DE LA PHYSIONOMIE HLfMAlNE. 



Le vicillarcl d'apres leqiiel ont ete photo gra- 
phiees la plupart de mes experiences electro-phy- 



siologiques avait, en efFet, des traits laids et vnl- 



4 

gaires. Un pareiF choix devait paraitre etrange 
a des homines de gont. Des artistes et des ama- 
teurs eminents, croyant que cette partie de mon 
album avait ete composee au point de vuc esthe- 



tique, ni'ont dit, en 




parcourant : Pourquoi 



done cette vilaine figure, dans une question d'art? 
J'aurais certes desire ne montrer que des figures 
jeunes et behes; mais il me fallait avant tout 
exposer scientifiqueinent 'la raison des hgnes 
expressiVes de la face, et un Adonis aurait bien 
moins cqnvenu cpie mon vieux et laid modele 
a cette etude electro-physiologique. ; 

Que Ton vbuille bien se rappeler les motifs qui 

r 

out determine mon choix. 

(( A cette figure friviale, ai-je ecrit, je n'ai pas 



prefere des traits nobles et beaux. Ce nest pas 
que Ton doive inontrcr la nature dans ses imper- 
lections, pour la represcnter exactement; j'ai 

r qu'cn rabsence de 



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voulu seuleinent demontre 



beaute plastique, malgre les defauts de la forme, 
toute figure humaine pent devenir moralement 



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1»ART1E ESTHETIQUE. 



AVERT18SEMENT. 



131 



belle par la peinture fidele des emotions de rame. » 

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(Texte dc 1' album, page 6.) 

J' avals encore, on le salt, d'autres raisons pom* 

r 

voici en quel- 
Lisensible, cc qui me 



la preference a ce sujet ; les 



ques mots. Sa face etait i 

permettait d'etudier Taction individuelle des 

cles avec autant de surete que sur le cadavr 

sa vieillesse avait developpe toutes les lignes pro- 

duites par les muscles expressifs, lignes que j'ai 

divisees en lisnes f ondamentales , qui constituent 



Fexpr 



et en lignes secondaires, qui indi 



:ruent I'age du 



jet et les differents deg 



du 



mouvement expressif;— quoiqu'ilfut pen intelli- 
gent, sa physionomie subissait de nombreiises 



fr 



transformations 



sous r influence de 



Iieo 



phores, on la voyait ennoblie par les signes de la 
pensee (r attention, la reflexion), on animee par 
des passions diverses. 



Je pouvais opter, il est 



entre cet h 



et la lace du cadavre que j'avais souvent 



1 



dans nos hopit 



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devant de 



breux temoins, en localisant I'excitation electrique 
dans chacun de ses muscles, et sur laquelle je pei- 
gnais les passions avec autant de verite que sur le 





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MECAlMSME IJE L.\ PIIVSIONOMIE IIUMAINE. 



vivaiit. Mais rieii n'est hideux et repoussant 

■ 

comme iin tel spectacle ! Malgre ma longue habi- 
tude de me trouver en presence de la mort, je de- 
clare que j'en ai toujours ete vivement impres- 
sionne, et il m'aurait repugne de livrer de telles 
experiences a la publicite. 



Mon 



vieux modele convenait done a la de- 



monstration des faits physiologiques quej'avais 



en a etablir. 



Toutefois je sens que ce type vulgaire ne re- 



pond pas a toutes les exigences de Testhetique. 
Bien qu'a I'aide de mes rheophores j'aie pu tracer 
les lignes des sentiments les plus eleves et des 
pensees les plus profondes sur cette face com- 
mune et triviale, sur ce front pen intelligent, je 
ne veux cependant pas qu'un pared type serve a 

r 

traduire les grandes et nobles actions. Ainsi, tout 
en admirant la science du clair-obscur du Cara- 
vage, je ne puis aimer ce maitre celebre allant 
toujours chercber scs modeles dans les tripots et 
les cabarets, alors meme qu il veut representer 
les scenes les plus elevees de la rebdon. 



Et 



puis n'avais-je pas ecrit precedemment 
(page 8) : (( J'aurai a reproduire quelques expres- 



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PARTIE ESTHKTIQUE. 



AVEHTISSEMENT. 



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sions sui 



' d'autres individus ; je saisirai alors cette 



occasion pour reunir, c 





possible, r en- 



semble des conditions qui constituent le beau, an 



point 
Je 



de 



plastique 



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^iens done aujourd'hui rernplir cet 
nient et repondre aux desiderata de I'art. 

M'efforcant de satisfaire ceux qui possedent le 
sentiment du beau, et desirant plaire en instrui- 
sant, j'ai fait quelques 



nouvelles etudes electr 



trouvera rem 



del 



physiologiques dans lesquelles on 
plies autant que possible, j^espere, les principale 
conditions exigees par I'esthetique : beaute 
forme, associee a la verite de I'expression phy 
sionomique, de I'attitude et du geste 



Les etudes estbetiq 



pourraient etr 



multi- 



plie 



et diver siliees indefiniment ; mais Y extension 



considerable que j'ai du donner a la parti 



tifiq 



de r album me for 



limiter le nombr 



des figures consacrees a sa partie estbetique. Du 
reste, en pubbant ces etudes estbetiques, 3'ai voulu 

er un specimen de ce que I'on 



seulement monti 



de Tart et du 



pourrait obtenir, an point de Yue 

beau, a Vaide de mes experiences electro-pby. 

.icmes sur I'expressionde la pbysionomiebum 




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134 



MKCANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



Les figures de la partie esthetique out ete plio 



tograph 



par moi 





execution 



estbien autrement difficile que celle de la partie 
scientifique, ou j'ai sacrifie tout a la demonstra- 
tion des lignes expressives et a la verite de I'expres- 



sion ; pourvu que les li 



6 



expr 



de 



ces 



dernieres figures fussent parfaitement au point ct 
mises eii relief, le^reste etait secondaire. 

II n'en pent etre de ineme des fmures esthetic 



ques, dans lesquelles le geste et I'attitude 



rant puissamment a I'expression , Ic tronc et les 
membres doivent etre photographies avec autant 

(1) Ces figures, ai-je dit, ne peuvent etre bien phoLographiees que 
par I'experimentaleur ; j'en ai exposd la raisondans la partie scien- 
tifique (page 20). Voici comment on pent a la fois faire une expe- 
rience 61ectro-phjsiologiqae et la photographier. Apres avoir fait 
prendre au sujet I'attitude en harmonic avec la sc^ne a represcntcr 
et apres avoir fixe sa t6te (a I'aide d'un appui-tete), I'experimen- 
fateur l'(3claire de maniere a mettre en relief les lignes expressives 
qu'il vent peindre par I'excitation electrique; ensuite il procede a 
la mise au point. Pendant ce temps de I'op^ration 



grand sentiment artistiqae, 



qui exige un 



la plaque est collodionn(5e et sensi- 



bihsee par un aide. Avant de placer cette plaque dans I'appareil 
I'experimentateur se tait mettre au point par son aide, dans la po- 
sition qu'd doit occuper, sans deranger le sujet qu'il a deja mis lui- 
meme au point. Pour cela, il avance plus ou moins la main qui tient 
les rh(5ophores, et puis sa t6te et son corps, s'il ne peut eviter do se 
trouver dans le champ de la plaque. Enfin,par un signe convenu il 
indiqne l I'aide le moment ou il doit ouvrir et fermer I'objectif- 
ensuite I'experimentateur procede lui-meme au developpement. 




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PARTiE ESTIIETIOUE. 



AVERTISSEMENT. 



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cnie la face, afiii dc former im ensemble 

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harmonieiix 



Mallieureusemeiit la tete mal photo grapliiee de 
rexperimeiitateur vieiit quelquefois miire 



aux 



scenes que ces figures representent. A cc sujet, 

mot d' explication. II m'est quelquefois arrive 



me tenir assez eloigne de mon sujet 



un 



de.nepouvoir 



pom 



pas etre pris dans le cliamp de la plaque , 
de telle facon qu d m'6tait impossible de me placer 
an point de I'appared pliotographique. Dans une 
seule fi^ure (fig. 75), je me suis trouve parfaite-^ 



ment au point. 

Ouoiqu'd en soit, malgre les difficultes d'execu- 

tion que m'ont presentees ces photograpbies estlie- 
tiques, on les trouvera, je n en doute pas, infini- 
ment sup6rieures a celles qui composent la partie 
scientifique, et qui datent pour la plupart de 1856. 
C'est que depuis cette epoque les instruments out 
ete perfectionnes, et que I'art de la pbotograpbie 
a fait de arands progres. 



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ETUDES 



D'ESTHETIOUE te(lTRO-PH\SI0LO(iI0UE 



SUR 



LE 



MECANISME 



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DE LA 



PHYSIONOMIE 



HDMAINE 




PRBMIEUE SEUIE 



Figures 74, 75, 76, 77, 78. 



les fm,res ie la partie eslhetiq.e seront encore, a la premiere vue, 
des gri Jees, po„r ceux q„i ne possederonl pas la clet de mes expenences. 

Auss Je crois devoir repe.er que la cou.rac.ion olec.nque parnelle des „u,s- 

cles q i produisen. des expressions differe„.es, de chaque co.e d .,ne ace „e 

pent n,o„.rer en effe. qu'uue grimace, si I'ou regarde s.mul.anen.ent es den. 

Les de ce..e face. On aura done soin, comme je 1 n,d,q„e,-a, dans les 

legendes, de cacl.er telle ou .elle par.ie de chacune de ces (ignves, pen- 
dant qn6 ron e„ regardera le c6te oppose ; alors on verra 1 expression de a 

physionomie se dessincr complclcment e. dcvenir sonvent d nne g.-ande 



beaiite. 



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LEGENDE. 



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Porlrait, au repos , dc la jeiinc fille d'apres 
laquelle ont etc pholographiees les expressions diverses 
representees dans les figures 75, 76, 77 78. 



^ 



Fig. 75. 



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Vue dans son ensemble : Ueligieiise prononcanl ses 



vceux, twee douleur resifjme a gmiehe, et seulement 
tristesse a droite (1). 



avec 



Priere douloureuse, mais avec resignation , en cacliant 
I'oeil, le sourcil et le front du cote droit; 



priere un 



pen triste, en cachant les memes parties du cote gauche. 

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La tete vue isolement: 



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souvenir 



un peu triste, en cachant les memes parties du cote oppose. 



Electrisation du muscle de la douleur (du sourcilier, 




voy. 0, tig. 1), h 

abaisssement des commissures labiates. 




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Fig. 76. — Vue dans son ensemble : Meme prise de voile, avec 



douleiir iwofonde a gauche, et avec Inmh 

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tiqiie^ a droite. 



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11 est convenu que, dans toutes ces logendrs, je veux iudiriner lo cole 



des figures, et non celiii dii lecteur. 



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III 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



PREMIERE SERIE. 



139 



Priere dans 1' extreme douleur, en cacbant Toeil, le 
sourcil et le front, du cote droit;— priere extalique, avec 
saints transports d'line purete virginale, en cachant I'ced, 
le sourcil et le front, du cote gauche. 



La tele vue isolement : — douleur extreme, sans carac- 
tere religieux, en cachant comme precedemment le cote 

admiration jusqu'a I'extase, en cachant de la meme 



droit ; 



maniere le cote oppose. 



Electrisation du muscle 



a 



gauche ; 



regard tourne en haut et bouche entr'ouverte 



Fig. 77. 



A?nour terrestre a droite , et amour celeste a 



gauche. 



cachant 



de la face; 



doux ravissement de I'amour divin (extasc 
de sainte Therese), en cachant la moitie opposee. 

r 

Electrisation moderee du muscle de la lascivete (trans- 
verse du nez, Yoy. Q, fig. 1), du cote droit; mouvement du 
lobe oculaire oblique en haut et un peu lateraleraent. 



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Fig. 78. 



Scene de coquetterie, avec expressions differentes 



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a droite et a gauche 



Air offense, en 
dessous du nez; 



la face situee au- 



regard dedaigneux, en cachant le 



face 



sourire 



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cachant 



de la face. 



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MECANISME 1»E I.A PIlYSlONOMIi: HUiMAINE. 

Adroite, electrisation dn triangiilaire des levres (vov. X, 



fig. 1); a gauclie, electrisation du srand 



zygomatique 



(voy. I, fig. 1); — paupieres legerement rapprocliees et 
regard dirige un pen lateralement; — attitude raanieree 

et poitrine trop nue. 



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EXPLICATION DE LA LEGENDE 



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La persomic qui est representee dans la figure 76, e 
,i choisie pour modele dans cette etude electro-ph^ 



giqu 



et estbetique de la physionomie 



ni jolie, ni 




pliy 



pressive, cependant on verra dans les fi 



qu'elle s'est completement transformee sous Finfluence des 
expressions diverses que je lui ai donnees, el qu'elle a m6me 



gagne en beaule 



C 



une jeune fiUe presque 



(depuis pi 



aniiees, elle 



affectee d'une atrophie double de la pap 



f optique). Comme j'essaye 



d 



relectrisalion, et qu'e 
a^reable produite par 



hab 



etat par 
tion des- 



P 



periences electro-pbysiologiq 



Elle est grande, assez bien faite, elle convient a I'etud 



plastique 



ps; mais elle ne pent 




estes ni 



attitudes que je lui indique, et je suis force de la poser 
de la draper, de m6me que si j'agissais sur un mannequin. 



Afi 



que I'on juge 



des ex pi 



sives et esthetiques 



pbotograpbi 



d'apres 



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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 

fille dans les figures suivantes, ie don 



plication 



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posees pour cha 



cune d'elles. II est bien eutendu que les m^mes expressions 
conviendraient a d'autres scenes ou situations que pourrait 
inspirer la vue de ces figures. 

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Dans la plupart de ces etudes, on remarquera sur la m6nie 
figure deux expressions differentes destinees, chacune a Tune 

J- 

de sesjnoiti^s. En agissant ainsi, j'ai voulu rendre plus evi- 
dente I'influence modificatrice generate d'un seul muscle 

4 
■ 

expressif sur tons les autres traits de la face. — Souvent aussi 
j'ai compose une expression volontaire sur I'un des cott^s de 
la face, comparativement a une expression artificielle pro- 
duite, du c6te opposd, par I'excitation electrique. 

Aux personnes qui voudraient les repeter ou les pour- 
suivre, je vais dire comment je proc6de" dans ces etudes 

I - 

d'esthetique 'electrp-physiojogique. — Je donne a mon sujet 

la pose etle geste en harmonic avec les expressions physio- 
ndmiques que j'ai a produire 
Yolontairement les 




mouvements faciaux qui sont propres 



Ayant etud 



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ces expressions. 

naisons musculaires ou les 



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connaissant les combi 



qui 



les sentiments de mon 



od61(3 5 je ffi 



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attitude a sa t6te 



lui 



faistourner le regard dans telle, ou telle direction, fermer 

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ouecarter les paupieres, ouvrir plus ou moins la bouche, 




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PAUTIE ESTHETIQUE. 



PUEMIEUE SERIE. 



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rire 



ou sourire, etc. J'obtiens aiiisi rexpression telle que je 
la veux, comme je la sens. — Toiites les expressions ne peu- 
vent 6tre on doit le comprendre, produites de cette maniere, 



puisqu il est des mu 



qui n'obeissent pas par 
tractent seuleraent par 1 



reflexe des passions , ou sous Finfl 



localisee.— C 



moment 



les mouvenients volontaires est 



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Lience de V electrisation 
expression, produite par 

* 

n venue et se dessine 



ques sur toute la face, que je pro 



voque, d'un c6te ou des deux c6tes a la f( 



contraction 



ique d\m ou de plusieurs muscles dont Faction expr 
peciale/vient modifier ou changer completement 1' 



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Tout le 



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quelles diificultes doiyent ren 



de telles experiences, dont I'execution parfaite 




e- 



rait, outre une 




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developp^, sentiment que la direction de mes travaux habi- 

pas permis, je I'avoue, de developper assez pour 



lache aussi importante. 



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les muscles dont 



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passion ou de I'etal miencciuei qut 
plus, en faire senlir les differents dt 
nances infiniment varices, sans tomber 




dans I'exageration ou la grimace 



On ne doit pas exigei 



que les expressions produites alors 



arlificiellement soient toutes com 




irreprochables. 




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MECANISME DE LA PHYSIONOMiE HUMAINE. 



Elles lie peuvent I'etre; car, en procedant cle la sorte, je ne 
saurais avoir la pretention de les traduire toujours aussi 
exactement que les emotions de Fame. 

Lorsque j'experimente , je iie fais decouvrir I'objectit 
qu'au moment ou le muscle electrise est arrive juste au degre 
de contraction necessaire a la verite parfaite de I'expression 



peindre. Mais 



se inaintient 



pas toujours assez longtemps a ce degre, pendant tout le 



temps de la pose, parce que le courant galvanique qui animi 



I'appareil d'induction n'est pas, de sa nature, parfaitement 

De plus, lorsque la pose est un pen trop longue, 



constant. 



I'ii'ritabilite du muscle excite s'affaiblit par le fait du passage 
continu du courant. — Enfin, comme je I'ai dit ci-dessus, 
la photographic de ces etudes d'esthetique electro-physiolo- 



gique presente d'assez grandes difficultes. 



II. 



Dans la figure 75, le mouvement expressif de la physio- 



nomie est semblable a celui que I'on a vu photographic 
chez le vieillard de la figure /lO (partie scientifique). Dans les 
deux cas, j'avais fait porter le regard directement en haut 



(mouvement produit par faction synergique des muscles 



droits superieurs de I'oeil et frontaux). De chaque c6te, la 
courbe du sourcil avait augmente en s'elevant, ct le front 



s'etait creuse, chez le vieillard, de sillons transversaux et 
paralleles a la courbe des sourcils, comme on f observe a un 
age avance (voyez le cote gauche de la figure /lO), tandis qu'il 







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PARTIE ESTHETIQUE. 



PREMIERE SERIE. 



1^5 



filie (voyez le cote droit 



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fio;ure75).Au 




che- les li^nes et le modele dus a Taction de 



it dessines, de ce cote, avec les caracteres qui distingueiit 
diflerence d'age des deux sujets (voyez, pour la description 
. u.n.c PvnrP.ssives du muscle de la douleur, le chapitre V, 



partie scientifique 



Si Ton regarde la figure d 
ii-dire eu recouvrant tout c 



qui se trouve au-dess 



du 



que sou expr 



cou, on coiisiaie que sua oa^. ....--" -- i 
que colle du vieillard (fig. 40). Chez les deu 



d'uu 



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du souvenir qui, du cote oppose ( 



fig;. ftO), rexpr 
she, fig. Ih 



fiff. /lO), dev 




que 



abaissement un peu 



d 



11 faut noter toutefoi 
commissures labiate 



de decouragement a sa do 



de la jeune fiUe et I'inchnaison laterale de 

un peu d'abattement et 

Le vieillard montre plus de termete dans I'expression de 

douleur. 



Mais voyez la figure 76, dans son 



ensemble: la scene 



.Tandil et change complele.uenl . Ce reganl tourne vers lec.cl , 



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lieu d'annonccr le 



dit-il pas que 

Dieu avec one foi ardente? De plus, 

sa robe de bure ne signifient-ils pas qu'elle 
d acie, qu'elle va renoncer au monde? Si 

che, vous sentez, a 

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1^6 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



la tristesse repandue sur ses traits ( par le faible abaisse- 

F 

ment de ses commissures labiales), qu'elle ne laisse pas sans 
quelques regrets ses affections les plus cheres. — Mais si, au 
conlraire, yous couvrez I'oeil et le front du cote oppose, vous 
voyez que son sacrifice est douloureux ; vous sentez que le 

* 

coeur de la religieuse, qui peut-6tre se separe d'une mere, 
d'une famille qu'elle doit aimer, n'est pas encore desseche 
par I'exaltation des sentiments relideux. 



V ^ 



III. 



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La figure 76, vue dans son entier, represente la meme scene 



que la precedente : la prise du voile ; mais I'emotion de la 
jeune fille y est si grande, que sa physionomie en est devenue 
plus touchante et plus belle. 

Elle se tient assise, les mains jointes, le tronc penche en 
avant, le dos un peu voute, la t6te renversee en arriere et 
tournee vers le ciel : cet ensemble tres mouvemente montre 
deja qu'elle prie ardemment. Cache-t-on alors, a droite, son 
ceil et son front, on voit que sa fi 
saint transport, et que son arae 
I'adorant : c'est I'exlase reliorieuse. 




ure est illummee par 
absorbee s'unit a Dieu 



Mais des que Ton decouvre le cote gauche, apres avoir mas- 



que I'ceil et le front du cote droit, tons les traits de cette fille, 
qui tantot respiraient un bonheur divin, semblent s'etre con- 
tract(^s douloureusement ; sa bouche entr'ouverte ne laisse 
plus echapperque des gemissements; son reojard, tantot exta- 




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PARTIE ESTIllfiTIQUE. 



PREMIERE SERIE. 



1^7 



Serait-elle vic- 



tique, peint maintenant la plus vivc doiileur. 

time cVune Yioleiice? Aurait-elle ete arrachee a celui quelle 

r 

? Accablee de desespoir, implore-t-elle I'aide de Dieu ?. . . 



amie 



Telles sont les pensees qui \ienneiit a 1' esprit, en regardant 
cette figure dans son ensemble. 

La tete de cette m6me figure 76, vue isolement (recouvrir 



parties situees au-dessous du cou), inspire des 



'S 



La sainte extase exprimee par le cote droit d 




moitie droite de la face est pure 
beaute ; c'est celle d'une madone. 
rait representer une Mater dolorosa. 
' J'avais prouve surabondamment et 

assez ^rand nombre de fi 



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rande 



La moitie oppos6e po 



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que 



du 



surtout 



du mu 



lacun des 
sourcilier 



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ofoudement I'expi 



21, 27, 28 et 29), modifient 
de tous les traits de la face ; la 



figure 76 est une demonstration nouvelle et encore pi 



tante de 
chancer 



portante proposition. 11 suffit en effet 



la direction et le modele du 
Yoit sur le sourcil gauche de la figure 



51 qu 
dire 



sinueux et oblique de dedans en dehors et de 
d'en gonfler la t61e, pour repandre la douleur 



qui, par 



mble, peignaient aupar 



comble du bonheur le plus pur, le plus saint, une extase d 
Comparant entre elles les figures 75 et 76, il est in 
sant d'examiner comment je suis parvenu a leur faire r 

.ipnv nn.nrps ou dcgres dc la m6me passion, de la doi 



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148 



iMEGANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



La premiere exprime une douleur resignee ; la seconde, au 
contraire, montre la plus vive affliction. Chez toutes deux, 
cependant, le sourcil decrit la m6me sinuosite, et la tete est 

r 

e^alement 




onflee 




frontales 



dianes 



blables (1), et enfm le regard est tourne vers le ciel. C'est 

# 

la forme de la bouche et des levres qui etablit une diffe- 

r 

rence entre les expressions de ces deux figures. — Dans la 
figure 75, en efFet, la bouche, la ligne naso-labiale et les 

qui donne a son 




commissures labiates sont au 



repos; ce 



expression de douleur de la tranquillite, de la resignation et 
un air de souffrance analogue a celui des figures 20 et 21 , 



L'abaissement leger des commissures labiates, qui est naturel 



a mon modele (voyez son portrait, fig. Ik), ajoute seulement 



un peu de tristesse a cette expression. — La bouche entr'ou- 
verte, combinee avec la contraction du sourcilier, dans la 



figure 76, donne un caractere de douleur aigue a I'expression 



de la rehgieuse qui y est representee. A la voir ainsi dans 
cette attitude, il me semble I'entendre se lamenter. 



La figure 76 prouve que rien ne saurait remplacer, pour 



I'expression de la douleur, la forme que prend le sourcil sous 
rinfluence du muscle sourcilier. On a cependant essaye quel- 
quefois de peiiidre cette expression, en conservant et m^me 
en augmentant la courbe du sourcil. 



(I) Les lignes meclianes de la figure 76 sont moins visibles que dans la 
figure 75, parce que Tattitiide renversoc de la tete en arriere les rend moins 

apparenfes. 



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PARTIE ESTHfiTIQUE. 

j, comme exempk 



PREMIERE SERIE. 

a Cloopatre do 



1/49 




ail 



de Florence. Cette reine d^chue est representee an 



moment ou, de desespoir, elle se donne la morl par 
qtre d'un aspic. A la vue de ce beau tableau, que 



le 



de 



sent que Cleopatre doit 



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Yive 
les 



douleur morale et physique 



loin d 




face on y lit plutot un bonheur extatiq 



analogue a celui qui est exprime 



la moitie droite de 



fioiire 76. (Pour mieux reconnattre la justesse de 



? 



fera bien de regarder isolement 



remarque 

Cleopatre.) 

J'ai observe au rausde du Capitole (a Rome) une esquisse 

du m6me tableau, ou les sourcils, dessines obliquement, don^ 
nent a la Cleopatre une belle expression de douleur. Pour- 
quoi done le Guide, a qui Ton attribue cette esquisse, n'l 

reproduit cette m6me expression chez la Cleopatr 
Florence ? L'aurait-il perdue sans pouvoir la retrouver, en fin 



pas 



de 



sant 



tableau, comme 



Homo que j'ai admir 



dans 




separ 



li est arrive dans son Ecce 
ilerie Colona, a Rome ? En 
des moities de cette belle 



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en effet, une expr 



profonde 



droite, et un regard extatique du cote oppose 



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Encore une remarque critique qui m'est sug 
figure 76. J'ai dit que I'expression doulourc"- 
plete dans la Niobe, et que la tete de son 




6tre 




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sourcil devrail 
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150 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE, 



de la douleur, du sourcilier (voyez toutes les figures consa- 
crees a I'etude de ce muscle), et ce fait est des plus evidents 



dans le sourcil gauche des figures 75 et 76. « Niobe, ai-je 



ecrit precedemment (page 125, partie scientifique), eM-elle 



done et6 moins belle, si I'emotion terrible de son ame ava 
comme le fait la nature, gonfle la t^te de son sourcil obliqi 
si quelques plis douloureux avaient sillonne la partie media 



5 



de son front? 



La reponse 



question est ecrite dans 



les figures 75 et 76, ou Ton voit que ce relief du sourcilier 



gnes frontales, dessines par 

sur un front bien pi 



douleur 



celui de la 



Niobe, ne nuisent en rien a la beaute de la physionomie, tout 

plus vraie, plus naturelle et plussym- 



en rendant celle-ci 
pathique (1). 



IV. 



Plusieurs figures de la partie scientifique de I'album ont 



ete deja consacrees a I'etude du muscle de la lascivete, le 



(1) Que Ton me permelte de renoaveler ici une declaration de principes, 
en reponse a des objections qui m'ont ete adressees a I'occasion d'un essai 
critique de quelques antiques, que j'ai expose dans la partie scientifique de 
Talbum, essai critique qui n'est qu'une deduction pratique de mes recherches 
elcctro-physiologiques. 

Les journaux scientifiques ont porte sur mon travail un juo-ement tres 
favorable ; ils y voient une nouvelle conquete de la physiologie et son heu- 
reuse intervention dans le domaine de la psychologie et des arts plastiques. 
Cependant un des organes les plus eminenls et les plus autorises de lapresse 
mcdicale, iAI. A. Latour, a, dans un article des plus bienveillants d'ailleurs et 
fort bien ecrit, fait quelques reserves sur I'utilite pratique de mes recherches, 
pour ce qui a trait a I'esthetique. « On reprochera, dit-il, a M. Duchenne de 
depouiller I'art de tout ideal, pour le reduire a un realisme anatomique tout 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



PREMIERE SERIE. 



151 



quel entre en action sousrinfluence de I'excitation aux pla 



fiff. 39 




rossiere et meme 



de I'amour. Ce sont des figures d'hommes 
42, parlii3 scientifique) dont I'expression est 
cynique. ainsi qu' on I'observe sur la figure des satyres et des 

faunes. 

Ce muscle transverse du nez donne une expression las- 



Give 



physionomie de la femme. Ainsi 



metamor 



phose le sourire le plu 
plus sainte, que Ton 



ad 



e plus augelique, ( 

dans la fisure 76 



expr 



d'une lubricite proYOcante, p 



traction forte de ce muscle aux autres traits; j'ai ainsi trans- 
forme des figures de vierges en figures de bacchantes. 



Mais lorsque sa contraction est m.oderee, ce muscle peint, 
dans certaines circonstances, sur la physionomie de la femme, 
une expression charmante de plaisir. L'experience photo - 
phiee dans la figure 77 en est un bel exemple. En effet, 

oeil un peu voile et obliquement tourne en haut et 




avec son 



k fait dans les tendances d'une certaine ecole moderne. Et de fait, les essais 
qu'il a tentes sur trois celebres antiques, YArrotino, le Laocoon, et la Niobe, 
dontila, dit-il, corrige les fautes d'orthographe, paraitront une application 
un peu brutale peut-etre aux amoureux de I'ideal.,... » 

Voici en resume, la reponse que j'ai faite a ces objections de mon ami 
M. A. Latour {y o^rezV Union mklicale des 26 aout, 2 septembre et 2 octobre 

1862): 

« Si tel devait etre le resultat de mes recherches, les hommes de gout, 

qui suivent les traditions de I'art, auraient droit et raison de me cbasser du 

temple. Mais, que I'on se rassure : loin de conduire a ce reahsme moderne 

qui ne sait nous montrer la nature qu'avec ses imperfections, avec ses de- 

fauts et meme avec ses difformites, qui ne parait aimer que le laid, le com- 

mun ou le trivial, bien au contraire, les principes qui decoulent de mes 




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MfiCANTSME DE LA PHYSIONOMTE HUMAINE. 



lateralement, avec son sourire ei sa bouche entr'ouverte, avec 
sa t6te et son corps legeromenl renverses en arriere^ avec 
ses mains croisees sur sa poitrinej et sa petite croix attachee 
a son cou; grace a tout cet ensemble ^ j'avais pu photogra- 



recherches experimentales permettent a Tart d'atteindre I'ideal de I'expres- 
sion faciale, en enseignant a peindre correctement et avec une parfaite ve- 
rite, comme la nature elle-meme, le langage des passions et meme certains 
actes de Fintelligence. 

» De meme I'art antique a su nous faire connaitre la beaute plastique, la 
beaute materielle, en copiant exactement la nature. Mais, contrairement au 
realisme moderne, il Ta imitee dans ce qu'elle a cree de plus beau, de plus 
noble et de plus parfait, 

» J'ai ensuite prouve, par I'histoire, que, dans I'antiquite, les statuaires 
grecs excitaient I'admiration generale, principalement parce qu'ils etaient^ 
selon Texpression de Galien, les fideles imitateurs de la nature. 

)) II est ressorti, en resume, de I'etude physiologique approfondie des chefs- 
d'ceuvre qu'ils nous ont legues, que si les statuaires grecs ont pu s'elever, 
pour la symetrie et la forme du corps, jusqu'au beau ideal, c'est priucipa- 
lement par I'imitation de la belle nature ; qu'ils ont, en d'autres termes, fait 

deux mots dont la reunion pent choquer au premier 



du natiiralisme ideal 



abord, mais qui expriment parfaitement ma pensee. )■> 

Je crois avoir egalement demontre qu'ils n'ont pas craint d'enchainer leur 
liberie et leur spontaneite, en se soumettant aux regies severes instituees 
par les maitres de I'art, dans I'etude, soit de la proportionnalitc du corps 
humain, soit des reliefs musculaires produits par les mouvements et par les 
attitudes. 

Que Ton n'aille pas conclure de ce qui precede, qu'il suffise de copier 
exactement la nature, meme dans ses ceuvres les plus parfaites, pour s'elever 
jusqu'au beau dans Vart. II n'est pas besoin de dire qu'il faut de plus a I'ar- 
tiste le genie qui cree. 

Je ne dirai done pas avec Boileau : 

« Rien n'est beau que le vrai, le vrai soul est aimable. » 











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Modifiant la pensee da grand poete, j'ecrirai 



Rien n'est beau sans le vrai... . 



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PAKTIE ESTHETIQUE. 



PREMIERE 




153 



On 



phier le plaisir pur d'urie ame devouee a Dieu. — 
expression en coiivrant le cote droit de cette figu 
la partie moyenne de I'espace intersourcilier et de la bouche 



77 jusqu 



Le cote gauche 



une jolie expression de 



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sement qui rappelle les extases de sainte Therese. 

dans ce moment que j'ai fait contracter legerement, a droite 



de la lascivete (le transverse du 



et alors I'ex- 



tase a pris, de ce cote seulement, un caractere charmant de 
plaisir sensuel que I'on reconnait en masquant le cote gauche 
de la figure 77. Get etat de ravissement n'offre plus rien de 
mystique chez cette jeune fiUe; on sent qa'il n'est pas seule- 
mentproduitpar les delices de I'amour divin, mais que I'image 
on le souvenir de celui qii'elle aime, exalte son ima ' 




C'est la poesie ideale de I'amour humain 



Entre 



imour celeste et de 
nuance tres leeere. 




les expressions d'extase de I 
I'amour terrestre, il n'existe qu'une 
C'est ce que, du moins, j'ai voulu montrer dans les fi 
et 77, et principalement dans la derniere; c'est ce que 
artistes n'ont pas toujours bien senti. Les saints et m6me 
vierges qu'ils ont peints dans leur beatitude, dans leurs do 



76 



dont 



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des 



Legroupe du Bernin, que 



la basihque de Saint-Pierre, a Rome, en est un exemple fi 
pant. Ge marbre represcnte un ravissement de sainte Th( 



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de la sainte, respire la beatitude la plus volupt 




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MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



Aiitant le ra\issement de ramour 



h II main 5 tel qii'il est 



epreseiite 



le cote ffauche de la fi 





77, embell 



la physionoraie, autant I'extase lubrique I'eDlaidit. Pour 



expression cynique a la fig 



7 



suffi 



de faire contracter plus energiquement le muscle de la 
lascivete (le transverse du nez). On comprendra qu'une 
expression semblable ne doive pas entrer dans la compo- 
sition d'une ffiuvre esthetique. II serait cependant utile que 
I'artiste la connut. II doit savoir, en outre, 



qu 



le 



cynique 



exp 



maximum de I'extase 

d'amour humain, photographiee dans la figure 77, il existe 



plusieurs degres intermediaires. 



V. 



J'ai voulu represeuter dans la figure 78 une petite comedie, 
une scene de coquetterie. — Un galant surprend a sa toilette 
une jeune femme dont I'attitude et le regard deviennent, a 
son apparition, peu encourageants (cacher la moitie infe- 

Cependant sa nudite, qu'elle semble 



rieure de la face\ 



montrer avec unecertaine affectation, au lieu de la voiler, et 
la pose manieree de sa main qui soutient une gorge un peu 



trop decouverte, tout trahit le jeu d'une coquette. Le galant 



en devient plus audacieux ; mais le mot : « Sortez ! » prononce 

par la belle, I'arrele dans son entreprise 



dedaigneusement 



(cacher seulement le cote gauche de la moitie inferieure de 
la lace). — Au rire moqueur dont elle accompagne I'amou- 
reux econduit (cacher le cole droit de la moitie inferieure 




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PARTIE ESTHETIQUE. - PREMIERE SERIE. 



155 



(le la face), on croit I'entenclr'e s'ecrier : aLe fat ! » Peut-etre 
aussi dil-elle bien has : «Le sot! s'il avait ose. . » C'est ce que, 

cIli moins, il est permis de supposer a son air pen irrite. 

J'avais deja expose (fig. 36, partie scientifique) una etude 
physiologique analogue a celle de la figure 79. Voici les dif- 
ferences qui distinguent ces deux 

1" La premiere (fig. 36) a\ait legerement coutracte spas- 




modiquement ses paupieres, parce qu'elle etait g^nee par 

la lumiere de I'atelier; a ma demande, la seconde (fig. 79) 



les avait un peu rapprochees Yolontairement et avait pris I'at- 
titude que je lui avais donnee. Ce rapprochement des pau- 
pieres indiquait que celle-ci elait offensee ; — tandis que, 
chez I'autre, qui etait assise et au repos, ce m6me rapproche- 
ment des paupi6res n'avait aucune signification expressive. 



2° La contraction du triangulaire de la figure 36 est tres 



forte et peut parattre exager^e pour I'expression du mepris; 



cependant je I'ai vue agir ainsi chez des gens du peuple qui , 
en s'injuriant, voulaient exprimer un mepris profond allant 
jusqu'au degout. Mais alors I'expression est commune. ~ 
Dans la figure 76, au contraire, ou la contraction du trian- 



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distinction 



[aire est moderee, on est frappe par la 

'ite de I'expression de dedain. Peut-6tre aussi trouvera 

que I'abaissement du coin de la bouche est un peu fo 



que cette expr 



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un peu 



dre. Je repondrai que 



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exao-ere la contraction du triangulaire des 



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indiquer par la que cette coquette feignait I'ind 



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156 



MfiCANISaiE 1)E LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



tioii, et qu'au fond elle etait, au contraire, flatlee par renlre- 
prise de son audacieux amoureux. 11 m'eiit ete facile d'aillours 
de diminuer le degre d'excitation electrique du triangulaire. 
3° Chez ces deux femmes, Texpressioii de rire moqucur est 
tres fine et nofi moins vraie ; cependant elles se dislinguent 
entre elles par une leg^re nuance : Fune (fig. 30) sourit, et 



} 
I'autre, sans rire aux eclats, a plus de gaiete moqueuse. 



■r 



4° Tout le monde remarque que la figure 78 Temporte 



sur la figure 36 par la beaute et la distinction des traits. 



5" Enfin ces deux figures montrent 1' influence considerable 
de I'attitude, du geste, de Taction, en un mot, surl'expression. 
Pourquoi, en effet, cat air dedaigueux d'un cote, et ce rire 
moqueur de I'autre? A cette question la figure 36 ne repond 
absolument rien ; mais il n'en est pas ainsi de la belle co- 




78. Efie semble d 



quette representee dans la fi 
m^me la petite scene que j 



son neglige, ses cheveux en desordre, montrent assez qu'elle 



En eff( 



J 



est a sa toilette ; sa t6te un peu tournee a gauche et son 



regard blesse, dirige du m6me cote, indiquent clairement la 



presence inattendue d'un temoin indiscret; mais le peu de 
soin qu'elle met a couvrir ses charmes , ce qui contraste 
avec ce seniblant de pudeur alarmee, et puis cette pose 
manieree, tout cot 



ensemble, enfin, trahit une coquette 



qui 



joue rindignee avec Faraoureux dont elle se rit. 



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■^ 






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DEUXIEME SERIE 



Figures 79, 80, 81, 82, 83 et 84 



, ■] 



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11 




NOTA 



La meine jeune fille a servi aiix experiences representees dans 

la premiere et la deuxieme serie. 



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LEGENDE. 



Fig. 79. — Bonheiir maternel mele de douleur^ on etude psy- 

chique et esthetique de Texpression combinee discordante 

r 

de la joie et du pleurer. 

En cachant I'ceil gauche, joie d'une mere qui voit son 
enfant echapper a une maladie raortelle ; ~ en cachant 
Toeil droit, meme joie maternelle, unie a la douleur pro- 
duite par la mort d'un autre enfant. 

Contraction electrique moyenne du muscle sourcilier, 
associee a Texpression naturelle de la joie. 



PiQ. 80. — Sourire compatissarit de la charite. 

^ 

Sourire bienveillant, en cachant la raoitie droite de la 



face ; 



sourire d'attendrissement, en cachant la moitie 



auche de la face. 
Contraction electrique legere du petit zygomatique, asso 
ciee au sourire naturel. 



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158 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE IIUMAINE. 



Fig. 81 . — Lady Macbeth : « S'il n'avait ressemhle a mon pe?'e 

endormi, faiirais fait le coup (1). » 



Expression moderee de cruaute. 

Contraction electrique faible du pyramidal du nez (P, 



fig. 1). 



i 



Fig. 82. 



Lady Macbeth : (( Venez, venez^ esjmts infernaux^ du 
crcme au talon, remplissez-moi toute de la plus atroce 
cruaute (2). » 

Expression forte de cruaute. 

Contraction electrique moyenne du pyramidal du nez. 



Fig. 83. — Lady Macbeth au moment d'assassiner le roi Duncan. 



Expression de cruaute feroce. 

Contraction electrique, au maximum^ du pyramidal du 



nez. 



Fig. 8Zi. — Lady Macbeth recoil le roi Duncan avec un sour ire 

per fide. 



Sourire faux a gauche^ en cachant la moitie droite de 
la bouche; — air froid et radcontent a droite^ en cachant 
la moitie gauche de la bouche. 

Contraction Electrique faible du grand zygomatique 
gauche, au moment ou la physionomie exprimait le 
meconlentement. 



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(1) Macbeth^ trad, de F. Victor Hugo, acte 11, scene i! 

(2) Ibid.y acte IlL scene ii. 



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EXPLICATION DE LA LEGENDE. 




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1. 



Void la sc^ne que j'ai voulu peindre dans la figure 79 
Une mere vietit de perdre I'un de ses enfants. 



Un 



enfant 



le seul qui lui reste , — est egale 



mentatteint d'une maladie mortelle; il est sur le point d'y 
succomber.^ — Assise au pied de son berceau, la malheureuse 
m6re s'abandonne a la plus grande affliction. — Cependant 
un dernier espoir lui a et6 laisse: une crise peut le sauver! 
Suspendue a la vie de son pauvre enfant, elle suitavec anxiete 



che de 



mal 



decouvrant sur ses traits les 



premiers signes de cette heureuse crise, elle s'ecrie : « 11 est 



sauve ! » 
Telle est I'emotion de douleur et de joie maternelles que 

auche, sur la figure de la 




j'ai essaye d'exprimer, du c6te 

jeune femrae photographiee dans la figure 79 



^- 



Rien assurement ne serait plus facile a peindre que la 
e d'une mere qui sent revenir son enfant a la vie. 



constate que 



pression 



bien 



due 



On 
■ la 



figure 79 



} 



si Ton en cache I'oeil gauche. 



Mais, dans la scene qui fait le sujet principal de la figure 79 



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160 



WECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



I'expression est complexe. En effet, le bonheur de cette m^i e 
dont le dernier enfant vient d'echapper. a la mort ne pent 
lui avoir fait oublier sit6t celui qui vient d'expirer. Son coeur 
maternel est done saisi a la fois par deux emotions contraires : 
la joie et la douleur. — C'est ce qui est exprime sur la moitie 




auche de la fiofure 79 



s 



quand I'oeil droit en est masque 



Pour obtenir cette expression, j'ai precede de la maniere 
suivante. Ce jour-la, mon modele etait d'une grande tris- 
tesse et ne pouvait rire que des 16vres. Afin d'appeler sur 



sa face les signes vrais de la joie, j'ai du exciter sa gaiete 



en aofissant sur son moral 



© 



r 



Apres lui avoir fait ouvri 
legerement la bouche, j'ai provoque sa joie naturelle. 
Des que I'expression de la vraie joie m^lee d'un pen de sur- 
prise fut arrivee au degre qui convenait a I'emotion que 



j'avais a peindre, je developpai moderement, a gauche, les 



lignes expressives de la douleur, en electrisant le sourcilier 
de ce cote, et puis, par la combinaison de ces deux expres- 
sions primordiales et contraires, je produisis, de ce cote, 
cette expression touchante de joie melee de douleur. — 



Pour 



la completer, il m'eut fallu rendre son ceil humide et faire 
couler ses larmes, car une mere qui vient de perdre son 



enfant 




cure abondamment. Mais on comprend que cela 
n'etait pas au pouvoir de Felectricite. II sera du reste facile 
au lecteur de suppleer a ce desideratum. 



J'ai deja traite precedemment de ce genre d'expression 
compose de contractions musculaires contraires. C'est ici 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUX IE ME SERIE. 



161 



qu'il couvient de rappfjler los termes dans lesquels j'en ai 

parle (1) : 

« II lie faudrait pas conclure des fails precedents qu'il 



» Y a toujours antagonisme absolu entre les expressions pri 



» mordiales contraires. 

» J'ai vu en effet les lignes qui trahissent la joie s'associer 
» merveilleusement a celles de la douleur, pourvu que le mou- 
» vement en fiit modere; je reconnaissais alors Imiage du 
» sourire melancolique. C'etait un eclair de contentemenl, de 
» joie, qui ne pouvait cependant dissiper les traces d'une dou- 
)) leurrecente ou les signes d'un chagrin habituel. Ainsi je 

me represente une mere souriant a son enfant, au moment 

ou ellepleure la perte d'un 6tre cheri, d'unepoux... ...... 

» Ces contractions composees, aufond, par des expressions 



» 



)) 



» 



contraires et 



peig 



sentiment pour ainsi d 



» force, je les appellerai contractions combinees expressives 

- * 

» discordantes . » 

Lorsque j'ecrivais ces lignes, j'avais 





har 



dpoetederantiquite,Homere, 
ogue, et que pour peindre I'l 
tion de Tame, il avait compose 

QOnieuses ; ^axpuosv yeldmGa, 



ais oublie que le 

■ 

vait cree une situation 
ige produite par cette 
ne expression des plus 
pression que je serais 



tente de traduire : riant avec des lames douloureuses . Voic 
une traduction du passage de VlUade ou Homere d(^crit le 
adieux d'Hector et d'Andromaque : « Ayant ainsi parl6, i 



1 



(1) Mc'canism 



e 



de la phijaionomw humame, 1" fascicule, p. 29. 







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162 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



(Hector) met son fils dans les mains d'Anclromaque. Celle 



parfu 



un sourire mSle 



le recoit sur son sein 

larmes (1). » 

Je d^montrerai, par la suite, que cette 'trad notion 
pas exacteraent la situation creee par Hom6re.. 
Que de fois et en combien de circonslances cette 



conflit entre 



joie, d'ou r^sLilte 



naison de contractions expressives que j'ai appelees discor 



doit se peindre sur le visage huraain ! Comment 



fait 



done 



que 



pen d'exempl 



chefs-d'oeuvre de I'art ? 

r 

Je n'en puis citer qu'untres petit nombre, dans les tableaux 

suivants : la Resurrection crane jeiine fille japonaise, du 
Poussin (galerie du Louvre, n" /i5/i); les Israelites recueil- 

■ 

lanl la manne (galerie du Louvre, n° /i20) ; la Naissance de 
Louis XIII, dcRubens (galerie du Louvre, nVi^l) ; le Martyre 
de sainte Agnes, du Dominicain (a Bolosnel —II en existe 



aussi de rares exemples parmi les oeuvres contemporaines; 
mais je veux m'abstenir de les examiner au 



poi 



de vue 



critique. 

LePoussin, dans son tableau du Louvre, n» /|3/|, nous fait 
assister a la resurrection, par saint Francois Xavier, d'une 
jeune fille etendue sur son lit de mort. — Au moment ou les 



(1) Chant VI del7//ac/^, traduction de madame Dacier, revue par M.Trianon. 
Voici !e texte grec de ce passage : 

narj' Tov ' 'h §* ipa atv x-/5cjd-V SsBo^ro xoat?w, 
f '... ...> ' ' 






axpvosv y t /.oi.'j aa a . 



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PARTIE ESTHETIQUE. - DEUXIEME S^RIE. 



163 



prieres clu saint commencent a rappeler le souffle de la vie 
sur les levres dela morle, on voit se detacher d'un groupede 



Japonais sa mere, qui se precipite sur elle en lui tendant les 

bras avec une expression de grande joie melee de douleur. 
Ici cette rencontre entre la joie et la douleur, conjbinaison 



qui constitue une expression discordance, ne saurait 6tre long- 



temps soutenue sans blesser le sentiment. Cette expression 
discord ante doit rapidement se resoudre par I'accord parfait 



de toutes les lignes expr 

fiCQpntiftllement de la fi 



bonheur 



Elle difte 




are 79, qui, 
m6re dont le bonheur de 



ippelie, repre- 
dernier enfant 



echapper a un danger de mort ne pent effacer la douleur pi 
fonde produite par la perte recente de son autre ei 



fant 



Chez la Japonaise, en effet, le bonheur est si complet, qu 



pparition sur la phy 




d 



douleur doivent avoir deja disparu, en grande partie, pour 
faire place au rayonnement de la joie maternelle. De m^me, 
apres Forage, apparait dans toute sa splendour le soleil 
chassant les nuages qui fuient a I'horizon. 

Le Poussin me parait ne pas avoir senti cette nuance ou 
cette forme de I'expression de la joie m61ee de la douleur. 
Loin de la, il a point le sourcil a son maximum de contrac- 
tion douloureuse; ce qui contraste d'une maniere choquante 
avec I'expression de joie extreme qu'il a donnee a son sujet (1 ). 



L 

(1) On me permettra encore de faire observer que dans I'expression dou- 



loureuse peinte par ce 



maitre illustre, il n'y a pas de rapport entre le modele 



du sourcil et celui du front : la peau du front devrait offrir quelques rides 






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1G4 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



J'ai procUiit experimenlalement, dans la figure 30, partie 
scientifique, une expression aussi griraacante que cello que 



je Yieus de critiquer chez le Poussin, en electrisant simulta- 

r 

nement au maximum le muscle de la douleur ( le sourcilier) 



et le muscle de la joie (le grand zygomatique) . • 



La joie m4lee de douleur so montre, a des degres divers, sur 

la physionoraie. — Dans les deux nuances que je viens d'ana- 

are 79 de I'album et du tableau 




lyser, a I'occasion de la fi 

du Poussin, n° /i.36, la joie va presque jusqu'a I'extase. 

Je vais, comme exemple, faire connaitrel'une des circon- 
stances dans lesquelles on voit cette expression discordante se 
peindre, d'une maniere touchante, a son plus faible degre, 
sur la physionomie de la mere qui vient de donner le jour a 
un enfant. 

La douleur de I'enfantement cesse, en general, sit6t apr6s 
la naissance de I'enfant. Ce passage subit de la douleur la 



pi 



parfait est po 



moment 



de bien-6tre indicible. Brisee de fatigue, elle s'abandonnerait 
a un sommeil reparateur, si alors elle n'etait tourmentee par 

n le plus imperieux d'embrasser son enfant. II faut 



beso 



sur sa partie moyenne, et gtre modelee d'une maniere particuliere sur ses 
parties laterales, ainsi que je I'ai montre dans toutes les experiences qui ont 
ete faites sur ce muscle (voyez toutes les figures du chapitreX, partie scienti- 
fique). Or, chez la Japonaise du Poussin, qui est maigre et assez agee, le front 

F 

est reste nni, maigre Tenergique contraction douloureuse du sourcil. Le 
Poussin a commis la jneme faute chez une autre femme que Ton voit au 
milieu du groupe de Japonais, et qui pleure en meme temps qu'elle con- 
tracte douloureusement son sourcil. Partout ou il a voulu peindre energi- 
quement la douleur, on remarque la meme absence de modele du front. 



II-'. 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



165 



bonheur 



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squ'on le lui p 



sente; son re 



uissant. 





ard est alors tout a la fois caressaot et lan- 
Cette douce expression de bonheur maternel 
est bien rendue dans la Jeanne d'Albret du tableau de 
Deveria : la Naissance de Henri IF (galerie du Luxembourg, 

n" /iS). 
Mais quelquefois, surtout apres un accouchement laborieux, 

les douleurs ne disparaissent pas entierement; les signes s'en 

traduisent sur la figure de la mere par une expression d'abat- 



baiser 



de douleur 

in enfant i 



Le desir de donner un pr 



pas 



f, quoiqu 



ait a peine la force. Elle lui sourit alors et s'attendri 
son bonheur est si grand, qu'elle conserve k peine 
physionomie 
de Medicis, 

(galerie 



du Louvr 



sur sa 
traces de sa douleur physique. — Marie 

la Naissance de Louis XIII, de Rubens 

xemple 



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offr 



ad 



de cette expr 



discordante de douce 



ume 



faible douleur phy 



La courbe de 



r 

est interrompue, vers son extremite interne, par 



peu d 



de relief de la t^te de 



sourcil. 



I 



modele de sa bouche et de sa paupi6re inferie 

ion profonde de sa joie maternelle, emotic 
t presque jusqu'aux larmes, comme I'indi 



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pe 



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^ bas de la ligne naso-labiale 

mme, de celte combinaison de lignes tres legeren 
;es et produites a la fois par la joie, par I'attendr 
par la douleur physique, resulte un ensemble hat 



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166 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



nieux, uoe expression discordante, a son degre le plus faible, 



du sourire mele de douleur physique, expression des plus 
gracieuses et des plus toucliantes (1). 



I 



II. 






i 



J'ai ecrit precedemment : « Le mouvement du sourcil n'in- 



dique pas 



tentement 



annouce 



» aussi la bienveillance, cette heureuse disposition de I'ame 



qui fait conipatir aux 
Fatten drissement. Unit 
pleurer modere, et enc( 



peines d'autrui, quelquefois jusqu'a 
•on, par exemple, le sourire au 




J? 



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I 



('1 ) Cette expression excite I'admiration generale. J'ai cependant a signaler 
une incorrection qui nuit a son ensemble. — Le modele qui donne au regard 
de Marie de Medicis une legere nuance de douleur physique n'existe pas 
du cole gauche. En effet, le sourcil gauche decrit une ligne courbe; sa tete 
n'offre pas le relief qui, du c6te oppose, donne a la portion interne de ce 
sourcil une forme un peu sinueuse. II en resulte qu'en cachant I'ceil droit, 
sa physionomie point la joie maternelle pure, sans melange d'aucune dou- 
leur, douce expression qui rappelle celle de Jeanne d'Albret, dans la Nais- 
sance de Henri IV ^&v Deveria, dont il a ete question ci-dessus, page 4 65. 
La tete de Marie de Medicis a done une expression double qui jette un peu 
d'indecision sur celle de sa douleur physique. — Cette expression double est 
analogue a celle que j'ai produite experimentalement dans les figures 26 
et 27, oil le muscle sourcilier droit est electrise isoleinent (voy. I'etude ex- 
pressive de cette figure, a la page 35, partie scientifique). — L'incorrection 
commise par Rubens echappe, de prime abord, a Tobservation, parce que 
la contraction douloureuse du sourcil droit, qui est tres faible, contraste peu 
avec le sourcil oppose, qui n'est pas douloureux, et parce que la tete, vue de 
trois quarts, etant tournee de droite a gauche, le cote gauche de la face est 
peu apparent. — Le Guide a commis la memo faute dans son Ecce Homo du 
musee Colona, a Rome. J'en ai fait I'observation critique dans la partie 
scientifique de I'album, page 300. 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



167 



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muscle de la soufFrance, on obtient une admirable expres- 
sion de compassion, expression des plus sympathiques (1). » 



La fi 




80 est destinee a poind 



La ieune femme pholographiee dans cette figure est repre- 
sentee visitant une famille pauvre; on reconnait, a son sou- 



r 



patissant (cachez 



• . ■ 




che de la face) 



bienveillant fcachez la moitie droite de sa face) 



qu'elle est touchee de la mis^re et des souffrances de c 
malheureuse famille, et que ce sentiment lui a inspire 

acte de charite. 



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L'expression de la compassion est Fobjet de cette etude; 
il importe d'en faire bien connattre ici le m^canisme. 

J'ai demontre deja que, sous I'influence de la contraction 



grand zygomatiq 



on voit la commissure des levres 

la bene naso- 



se mouvoir obliquement en dehors et en haut, la 

labiate former une courbe a convexity inferieure et la pom 



mette se gonfler 
fique de ralbum. 



Toutes les figures de la partie 



de contraction electriq 



de la joie est montre dans un 
ont mis ces faits en Evidence 



voyez les figures 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36 et 37). On 



que, du c6te 




r 

che d 



figure 86, le rire na- 



o-i de la m6me maniere sur la commissure des 

c) 

. dllnn naso-labial. Telles sont, a tons les ag 



lienes fondamentales expressives de la joie. 




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{\) Loc. cit.y p. 29. 



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168 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



Que Ton veuille mainlenaiit rappeler iine des lignes fon- 
damentales developpees par le muscle du pleurer (le petit 

w 

zygomatique), sous I'mfluence de relectrisation localisee de 



ce muscle : la ligne naso-labiale, ai-je dit, decrit une courbe 



a concavite inferieure. 
Eh bien! lorsque, par relectrisation du grand zygoma- 



tique, les lignes fondamentales du sourire s'etant developpees, 
j'ai mis en action le petit zygoniatique (muscle du pleurer), 
j'ai toujours vu le sillon naso-labial devenir concave en bas 
et se creuser un peu. En m^me temps, la forme de la levre 

r 

superieure de ce cote est legerement relevee ou retroussee, 
au niveau de I'attache inferieure du petit zygomatique. 




Pour obtenir une expression juste et harmonieuse par la 

r 

combinaison des muscles du pleurer avec le muscle de la joie, 

il faut, comme dans le sourire m^le de douleur, que la con- 
traction de ces muscles ne depasse pas certaines limites, 

au-dela desquelles Fexpression devient grimacante. 

Cette experience m'a quelquefois reussi completement. Elle 

est tres difficile, et je n'ai jamais pu maintenir assez Ion 

temps la contraction juste au degre convenable pour la repro- 

w 

t 

duire par la photographic. Le proccde que j'ai employe dans 

r 

la figure 80 est plus simple. J'ai appele le sourire bienveil- 
lant sur la physionomie de mon modele en agissant sur son 
moral (voyez la moitie gauche de la figure 80), et puis j'ai 
excite moderement, du c6te oppose, le muscle du pleurer 
(voyez la moitie droite de la figure 80). Alors le sillon naso- 
labial et la forme de la l^vre superieure se sont modifies a 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



169 



droite, ainsi que je I'ai decrit plus haut en rappelant Taction 



opi 



ce muscle, quoique la levre inferieure 



forme qu 



affecte dans 



On pent 



cachaut les parties de cette fig 



dialement au-dessus de la 16vre inferieure. II en est resulte 

im sounre bienveillant qui fait verser des larmes, ou, en 
d'autres termes, un sourire cVatlendrissement. 



1 



fondra cette esp^ce de 



ni61e de 



larmes avec le sourire m61(^ de douleur, represente 



le 



cote ffauche de 




figure 79. 




Ce 



pas 




m^me sourire qu'Homere a si admirablement decrit dans les 
adieux d'Andromaque et d'Hector. Les larmes que le grand 



poete fait verser a cette princesse qui se separe de son epoux 
avec de noirs pressentiments, sont des larmes de douleur. En 
traduisant done I'expression composee ^avpuoev ye^acaaa, par 
laquelle il a voulu peindre cette em.otion de Tame; en tra- 
duisant, dis-je, trop litteralement cette expression par les 

mots : un rire mM de larmes [lacnjmahundum ridens), les 

auteurs n'ont pas exactemeut rendu la pensee d'Hom6re, 
puisque la compassion fait verser des larmes, et que, bien 
plus, on pleure de bonheur. 



III. 




Les fi 



p6riences 



81 82 et 8S sont destinees a reproduire des 



physiolo 




faites, au point 



de vue esthetique, a differents 




sur le muscle 



qu 



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170 



MfiCANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



relief 




caracteristiq 



passions ao; 



sives (sur le pyramidal du nez, P, fig. 1). 

Ce muscle est tellement developpe chez la jeune fille ([ui 
s'est pr^tee a ces experiences, que de sa t6te, sur laquelle je 



de peindre I'image des emotions les plus douces 



plus touchantes, j'ai pu faire une t^e de Meduse, de 



furie 



J'ai aussi rappele sur sa face les trails de fe 



cel^bres dans I'histoire par leur cruaute. 
C'est ainsi que, m'etant inspire de la tragedie de Macbeth, 



I'une des plus belles de Shakspeare, — j'ai essaye de 
representor, dans la figure 81, 1'expression que doit avoir lady 



Macbeth, quand, apr6ss'6tre assuree que Duncan et ses gardes 



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auxquels elle avait fait verser un breuvage uarcotique, sont 



profondement endormis, et apres avoir doiine a Macbeth le 
signal du meurtre, elle attend qu'ilait egorge le roi, son h6le 
et son bienfaiteiir. 



Je vais 

J. Lacroix. 



ppeler cette scene, tiree du drame 



LADY MACBETH. 



Ce qui les enivra m'exalte ! Ce breuvage 

Qui les eteint, m'embrase!... il double mon courage I 

Un cri !... 



(Ecoutant.) 

C'est le hibou, lamentable veiJletif , 
Qui leur jette un bonsoir lugubrement railleur! 

(Ecartant le rideau.) 

La porte ouverte!.,. l\ est a Toeuvre, il y doit etre!.,. 

Les gardiens pesamment dorment pres de leur maitre : 

J'ai si bien melange leur breuvage du soir, 

Que la vie et la morf contestent pour savoir 

S'ils sont morts ou vivants. .. C'est un sommeil de tombe ! 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



171 



MACBETH, du fond de la galerie. 



Qui va la?... qui done?... Ah! 







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LADY MACBETH. 



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Tout inon courage tombe!.., 
S'ils allaient s'eveiller au milieu du forfait ! 
J'avais mis leurs poignards pres du lit!... Anatlieme! 

II devait les trouver J'aurais frappe moi-m^me, 

Si je navais cru voir monvieiix pere endormi (1), 



C'est au moment ou lady Macbeth exprinie cette derniere 

la figure 81, peindre son ex- 



pensee que 



dans 



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On ne remarque pas sur sa physionomie 



ible que 



donnerai bient6t 



mon 



trerai se laissant emporter par sa fureur jalouse et homicide. 
Ici la ressemblance de sa royale victime avec son p6re en- 
dormi lui a cause une telle emotion, que ses forces Font aban- 
donnee. Aussi Tai-je representee tombant assise et compri- 



fortement les battements de 



Mais 



est de bronze • on le reconnait au regard dur et a I'attitude 



menacante qu el 
meme au prix d 



san 




de 



Elle veut ^tre reine, 
Le courage lui ayant 



fait dc^faut, elle a laisse a son ^poux, dont elle est le mauA 
enie et a qui elle a communique les instincts cruels de 




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ambitieuse, la charge de ce 



attend 



bras 



d'un poignard, qu'il ait acheve son oeuvre^ 



pr6te encore a lui renk en aide, s'il venait a faibli 



(1) Acte II, scene vm 



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172 



^lECANISME DE LA PIIYSIONOMIE HUMAINE. 



La Macbeth de Shakspeare m'a impressionne tout autre- 
ment que M. Guizot. — Suivant ce savant traducteur du tra- 
gique anglais, le fond de sa nature n'etait pas la cruaute ; 
lady Macbeth n'etait qc'ambitieiise. EUe n'aurait yu dans la 
mort de Duncan que le plaisir d'6tre reine. — Mais doit- 
elle ^tre cruelle la femme a qui Shakspeare a fait dire : 
« J'ai allait6, et je sais combien j'aime tendrement le petit 
» qui me tette. Eh bien ! au moment ou il souriait a ma face, 



arrache le bout de mon 




encives sans os, 



» et je lui aurais fait jaillir la cervelle, si je I'avais jure (1). » 

L'amour maternel n'exclut pas la cruaute : lady Macbeth 
aimait ses enfants comme la louve aime ses petits. 



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Dans une autre etude electro-physiologique sur la m6me 



scene 




82), j'ai essaye de marquer plus for 



le 



front de lady Macbeth du sceau de la cruaute. -Son regard y 
est terrible; — mais ce regard ne pent 6tre celui d'une 
femme chez laquelle un sentiment de piete filiate vient se 

r 

meler a des pensees de meurtre et en moderer I'empor- 
temenl. 



Cette expression de cruaute (fig. 82) peindrait bien la 
Macbeth qui vient de recevoir avec une joie sinistre la nou- 



velle de Farrivee du 



Duncan 



Inverness 



qui, en 



apprenant qu'il a dessein de passer la nuit dans son chateau, 
conceit le projet de I'assassiner. Elle conviendrait m.ieux a la 



(1) Loc. cit., scene vii, F. Victor Hugo. 



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PARTIE ESTHETiOUE. 



DEUXIEME SERIE. 



173 



scene oii elle fait appel a ses instincts feroces, dans cette 
invocation sauvage : « Venez, venez, esprits qui escortez les 



» pensees demort! Deseocez-moi, el du crane au talon rem- 
» plissez-moi toute de la plus atroce cruaute ! epaississez mon 
» sang.. . Fermez en moi tout acces, tout passage au remords. 
» Que mon couteau aigu ne voie pas la bicssure qu'il va 
)) faire (1) !» 



Duncan ! le corbeau nous signale 



Par ses croassements ton approchefatale! 
Demons, changez mon sexe! AccoureZj noiressaim, 
Et de ferocite remplissez tout mon sein ! 
Epaississez mon sang, et que ce coeur ne laisse 
Nul passage au remords ! 



Venez a moi, du meurtre invisibles ministres! 
Venez tons, ennemis de la terre et du ciel ! 
Soufflez-moi vos poisons ! que mon lait tourne en fiel (2) ! 



Uu muscle destine a mettre en evidence les signes des plus 
mauvaises passions (le pyramidal du nez) ne doit certes pas 
embellir la physionomie.^Les traits qui accusent son action 






ne sauraient non plus 6tre sympathiques. 
Cependant la terrible Macbeth que Ton voit^ dans la 



(1) OEiwres completes de Shakspeare : Macbeth, scene v, traduction de 

F. Victor Hugo. 

(2) Macbeth, drame en vers de F. Lacroix^ acte 11^ scene i. 

Si la figure 82 avail ote primilivement destinee a representer cette scene, 
j'aurais fait prendre a mon rnodele un costume en rapport avec la circon- 
stance. -— On sail que, dans cette scene, lady Macbeth devait etre prcte a 
recevoir la visite du roi Duncan dont on lui avait annonce Farrivee pro- 



cliaine. 



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17Zi 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



figure 81, dominee par la volonle de tuer le roi, n'a rien 
perdu de sa beaute ! — C'est qu'ici le pyramidal du uez avail 

r 

ete tres legerement excite. (On se rappelle que j'avais a 
montrer que la fureur homicide de lady Macbeth etait mo- 
deree par le sentiment de piete filiale qui etait venu tra- 
verser son esprit, a I'instaut ou elle avait trouve une ressem- 
blance entre Duncan et son p^re endormi.) 

An dela de ce degre d'excitation, le pyramidal du nez a, 
dans la figure 82, altere la beaute de men modele, bien que 

ce muscle n'ait ete electrise que moderement. 

La physionomie de cette jeune fille a pu devenir plus 
terrible et plus enlaidie encore que dans la figure 82, 
par la contraction au maximum de ce petit muscle, que 
Ton doit consid^rer comme I'agent principal et fidele des 
passions agressives et mechantes, de la haine, de la jalousie, 
des instincts cruels. 

La figure 83, ou le pyramidal du nez a ete mis a son 
maximum de contraction, en est une preuve frappante. Qui 



dans cette fig 



personne dont la 



physionomie s'est transfiguree d'une maniere si ra\issante, 
sous I'influence des lignes expressives de I'amour divin ou 
huraain, et d'une Amotion qui excite toujours la sympathie, 
I'emotion de la douleur? — Je me suis figure la Macbeth se 
precipitant sur Duncan, le poignard a la main, avec cet air 

^ 

feroce que j'ai photographie dans cette figure 83. On voit 
que ses traits assombris sont singulierement enlaidis. — J'ai 

suppose aussi qu'alors lady Macbeth, en reconnaissanl une 



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PARTIE ESTHfiTIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



175 



ressemblance entre le roi Duncan et son pere endormi, n'ose 
le frapper et tombe en s'affaissant sur un siege. (Cetle scene 



n'a pas 6te rendue par Shakspeare. 

En somme, un enseignement important, au point do \ue 
de I'influence defavorable exercee par la contraction plus ou 
moins forte du pyramidal du nez sur la beaute des traits, 
ressort du rapprochement comparatif des %. 81, 82 et 83. 



Tous les sujets ne conviennent pas egalement a I'etude 
61ectro-physiologique des lignes expressives produites par 



les passions agressives; en d'autres terraes, le principal muscle 
expressif qui est mis en action par ces mauvaises passions 
n'exerce pas toujours le m6me degr6 de puissance sur le 

sourcil. 

Ce fait a ete demontre experimentalement dans la par lie 

scientifique de cet album. On se rappelle, en eflet, qu'apres 

avoir point sur la face d'un vieillard debonnaire (voyez son 



portrait, iig. 3) une expression de mechancete et m^me de 



cruaute (voyez fig. 8), par la contraction du pyramidal du 
nez, j'ai trouve ce muscle si faible ou si pen developpe chez 
un homme ieune (voyez son portrait, fig. k), que j'ai pu a 



forte excitation de 



abaisser 



me de son sourcil (voyez la fig. 9). La physionomie de ce 
dernier sujet prit alors, il est vrai, une expression de durele ; 
mais il m'eut ete certaiuement impossible de tracer sur sa 
face les traits cruels d'un assassin. 
Tel n'est pas I'etat dynamique des muscles moteurs du 



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176 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



sourcil, chez la jeune fille que j'ai choisie pour moclele dans 
les etudes dela partie esthetique de Talbum. Les abaisseurs 

r 

de son sourcil (le pyramidal du riez et rorbiculaire superieur, 




atcurSj le frontal et le 



P et B, fig. 1) I'emportent sur les 

sourcilier (A et 0^ fig. 1). Ce dernier muscle est m6me si 

r 

faible, que pour le mettre en action, dans les figures 75 et 76 



) 



(partie scientifique), j'ai du employer un courant intense 
tandis qu'une excitation comparativement beaucoup plus 
faible du pyramidal du nez a pu donner a cette jeu 

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les traits d'une furie. 



Pour completer I'expression des passions agressives, il faut 



ne fille 



associer a I'abaissement de la t6te du sourcil I'abaissement 



d 



es commissures 



labiates 



Ces mouvements s'obliennent 



electro-physiologiquement, par la contraction combinee du 
pyramidal du nez et du triangulaire des levres. 



Or, com me 



chez mon modele, les coins de la boucbe sont abaisses natu- 

r 

rellement (voyez son portrait, fig. 7f]), it m'a suffi, pour pro- 
duire les experiences photographiees dans les figures 81, 82 
et 83, de faire contracter son muscle pyramidal du nez. (On 



appreciera bien sur ces figures V influence reciproque de la 
bouche et de Toeil, en cachant alternativement Tune ou 

/ 

I'autre de ces parties de la face.) 



De tout temps le trait physiognomonique 



fondamental 



de la mechancete et des instincts cruets (la direction oblique 

cil de dehors en dedans et de haut en bas, par 



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I le fait 



de I'abaissement de la tele du sourcil) a ete pai 



faite- 



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PARTIE ESTHETIOUE. 



DEUXIEME SERIE. 



177 



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et en Texas^erant 
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en efFet avec 



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obliquite da sourcil, 



du 




Ce sio-ne de la mechancete se reconnatt aussi sur la physio- 
Domie des hommes qui instinctivement font le mal pour le 
mal, qu'ils s'arment de la plume ou du poignard; les tyrans 
dont la vie n'a ete qu'une longue suite de cruaute en portent 

aleraent le stigmate ineffacable. Voyez, par exemple, le 




ener 



les traits 



portrait de Neron : la physionomie est au repos ; 
de la mechancete ou de la cruaute qui la distinguent, y sent 
dus a la predominance de force tonique du pyramidal du 
nez, developpt^e par I'exercice frequent de ces mauvaises 

passions. 

L'expression des passions agressives et cruelles ei 



raouve 



presque toujours ete egalement bien sentie. J 



ai admire un 



pie 



quable dans la Conj 



de Catilina par Salvator Rosa (Florence, palais Pitti). Les 



parfait 



que leur physionomie soit au repos 
ont une expression de mechancete 
...a ^n..oMor;c<ip k dcs dcscrcs diven 



1 en mou- 
de ferocite 



par 



abais- 



sement et le gonflement de la t6te du sourcil par le plisse- 



ment transversal et cutane de 
la direction oblique du sourc 
haut en bas. Salvator Rosa a^ 



de dehor 



5 



du nez, enfin par 

's en dedans et de 
Licun doute, choisi 



ses modeles parmi les bandits dont il faisait ses compag 
habituels- il a montre, dans son tableau, des types que 



trouve en grand nombre dans les bagnes. 



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17« 



MKCANISME DE LA niYSIONOMIE HUMAINE. 



11 est 



arrive cependant que, s'ecartant de la nature, les 
artistes out commis des erreurs de detail, nuisibles a I'effet 

r 

de I'expressioiij erreurs qu'ils auraient certainement evitees, 
s ils avaient coiinu le mecanisme de Faction propre du pyra- 
midal du nez. 

Bien que ce mecanisme ait ete expose deja dans la partie 
scientifique de I'album, il me parait utile de le rappeler 
sommairement de nouYcau. J'ai demontre que le point fixe 



de ce 



bas, et consequemment qu( 



terminaison superieure etant mobile et se faisant a la peau, 

dans I'espace intersourcilier, au niveau de la t^te des sourcils, 

sa contraction doit necessairement tirer la peau de haut 

en bas, de telle sorte qu'elle la plisse plus on moins, surtout 
a un certain age, siir la racine du nez, tandis quelle la tend 
sur la partie mediane du front. Ces fails ressortent des ex- 



representees sur les fi 




81, 82 et 83, comme 



ils avaient ete demontres dans la partie scientifique (voyez 
les fig. 19, 20, 21, 22, 23, 24 et 25). 



Une observation longue et attentive m'a convaincu 



que, 



sur tons ces fails, la nature est en parfait accord avec I'expe- 
ri mentation ; trop souvent cependant ils ont ete meconnus 



dans la pratique de I'art. — Je regrette d'avoir a constater. 



par exemple, que I'un des maitres les plus illustres de 
I'art contemporain, Paul Delaroche, a commis une faute 

grave dans son tableau de VJssassinat du president Duranii^ 
et qu'il s'est ecarte des principes qui decoulent necessaire- 
ment des observations que je viens d'exposer. — Avant 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



179 



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de le demontrer, je 
tableau . 



rappellerai la legeiide de ce beau 



Durauti, president du parlement de Toulousej fut oppose 

la Ligue, et tenta inutilement de calmer le peuple sourde- 

Biit ao-ite a roccasion de la raort du due de Guise. Force de 

refuo-ier dans un convent avec sa femme et ses deux en- 



fants, Duranti est decouvert par la populace, qui, malgre Top- 



position des moines, des pr^tres et de sa famille, I'entraine 
hors du convent et I'assassine. 

L'artiste a clioisi le moment ou la populace fait irruption 
dans I'asile ou Duranti s'est refugie avec sa femme et ses 
enfants. On voit le chef de cette bande menacer du poing le 
president Duranti, dont la noble physionomie reste calme. 
Les cheveux de cet homme sent roux ; ses traits grossiers et 
durs inspirent de la repulsion. Delaroche lui a donne une 

de haine feroce en abaissant obliquement de de- 



expression 



hors en dedans son sourcil epais, et en lui.phssant trans 



peau 



de la racine d 



Ce mouvement 



■ 

expressif demontre au physiologiste que le pyramidal du nez 
est puissamment contracte, et que la peau de la partie me- 
diane du front doit 6tre attiree en bas et necessairement 
tendue. Delaroche, au contraire, a plisse transversalement 



observe 



I peau de cette region du front, comme on 1 
influence du sourcilier, muscle de la douleur (voyez 



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etude de ce muscle), qui 




sourcil. II est do 



te du pyramidal, eleve la t^e du 
ontestable que mecaniquement le modele du fr 



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180 



MECANISME DE I.A PHYSIONOMIE HUMAINE 



homme ne peul coexister avec le mouvement impiime a 
son sourcil. C'est plus qu'une faule d'orlhographe ; car bien 

que les lignes expressives fondamentales de la haine et de 
la cruaute (I'obliquite du sourcil, le relief et les rides trans- 

r 

versales de la racine du nez) soient exactement rendues, 
la presence des rides transversales medianes qui constituent 

r 

les lignes secondaires do la douleur, expression toujours 
sympalhique, diminue considerablenient TefTet de I'expres- 
sion de mechancete que Delaroche a voulu donner a ce cbef 
de bande. 



Le pyramidal du nez etant le seul muscle qui abaisse la 
t6te du sourcil pour peindre les instincts cruels, de m6me 
que le muscle sourcilier en eleve la I6te pour exprimer la 
douleur, on ne doit pas s'etonner qu'il puisse, commece der- 
nier muscle, se contractor isolement sous influence de cer- 
taines emotions. Ordinairement, loutefois, il se contracte avec 
I'orbiculaire superieur(0, fig. 1); alors le sourcil est abaisse 
en masse, tout en conservant sa direction oblique de dehors 
en dedans et de haut en bas, si I'individu se laisse em- 
porter par des instincts mechants on cruels. 

En appelant le pyramidal du nez, muscle des passions 
agressives, j'ai voulu donner a entendre qu'il n'etait pas seu- 
lement au service de certaines mauvaises passions, comme la 
mdchancete et les instincts cruels. 

11 est en effet des sentiments legitimes et m6me louables 
qui nous portent a devenir agressifs envers nos ennemis. 






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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



181 



Ainsi rhonrieur offense excite la colere et demande ven- 
o'cance; Fhomme s'arme pour la liberie et centre ses 
oppresseurs, Dans toutes ces conditions , I'homme pent 
de^'enir a^ressif; I'expression s'en traduit par le fronce- 



ment des sourcils et par leur abaissement en niasse (sous 
I'influence de Taction combinee du pyramidal du nez et de 
I'orbiculaire superieur). Alors, on le conceit, si dans I'empor- 
tement de la passion, I'instinct de la cruaut6 ne predomine 
pas, rabaissement de la t6te du sourcil ne sera pas tr6s pro- 
nnnr,(^: cet abaissement ne sera pas naeme appreciable, si le 



muscle qui represente 



passion 



peu developp 



que chez le sujet represente dans les figures [\ 



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Ces nuances diverses de 



a^ressive ont ete 



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eneralement bien rendues dans les arts plastiques. Pour les 



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prendre, je puis en montrer 



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I Justice et la Fen 

du Louvre, n° ^59^ 



dans le tableau de Prudhon, int 

geance divine poursuivant le Crime 

Je dois rappeler la legende de cette belle composition. 

« A gauche, dans un lieu desert, herisse de rochers, eel 
par la lune, un homme, un poignard a la main , v4tu d 
tunique et d'un manteau, s'eloigne rapidement 



A droite. est 



du par 



le corps d 



Au- 



de la victime, volent dans les airs la Feng 



prele a saisir le meurtrier, et la Justice, personnifi 



par les balances et le glaive. » {Notice 
Louvre, F. Villot) 



les tableaux du 



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182 



MECAiMSME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



La figure echevelee de la Vengeance, dont la 




mam cri 



spee 



va saisir le meurtrier, a une expression d' indignation et de 
colere ; son regard est njenacant et terrible, mais sans etre 



cruel; ses sourcils fronces ont une direction horizontale 



Cain, poursuivi par la Justice et la Vengeance divine, fuit 
epouvante; mais I'oeil du fratricide est cruel et feroce. Cetle 

expression est produite par V ahaissement de la tete du sourcil 
ont la direction est consequemment oblique en bas et de 

m 

dehors en dedans), par le gonflement de Vespace inter sour- 
cilier. — Les traits grossiers de Cain et ses membres trapus 




ne font qu'ajouter a I'energie de cette expression farouche 



et a la repulsion qu'il inspire. 
La jeune fille dont le muscle des passions agn^ssives est 



puissant au point de tracer, par sa contraction electrique 
isolee, les signes de la mechancete et des instincts les plus 
cruels, ne peut cependant exprimer volontairement ces 



m^mes passions 



J'ai constate ce m6me 




enomene sur 



un grand nombre de sujets. — N'est-il pas permis d'en con- 



clure que le muscle agressif, de la mechancet(^, etc., est 



un 




de ceux qui obeissent le moins a la volonte, et que le 
ordinairement il est mis en jeu seulement par I'instinct ou 
par la passion dont il est Tagent expressif essentiel ? 

On remarque que le muscle qui exprime un sentiment con- 
traire au muscle de I'agression, le muscle de la bienveillance 




brbiculaire inferieur, E, fi 




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est egalement rebelle a la 



volonte, et n'obeit qu'a ce doux mouvement de Tame qui 
rend le regard sympathique, comnie sur la raoitie gauche 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SfiRIE. 



183 



de la figure 80. — J'y vols une prevoyance de la nature, qui 
n'a pas permis que Ton put facilement dissimuler ou feindre 



les liffues expressives a I'aide desquelles rhomme peut d 



tinguer ses amis de ses ennemis. 



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« II me sera facile de demontrer qu'il n'est pas donne a 
» I'homme de simuler sur sa face certaines emotioDs, et que 
» I'observateur attentif peut toujours confondre im sourire 
» menteur. » Cette proposition que j'ai formulee precedem- 
ment (1), en protestant contre I'assertion d'un 
sophe, Descartes, qui pretendait qu'on peut 8 




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des actions du visage et des yeux pour diss 



passions que pour les declarer (2); cette proposition, dis-je 
ressort des fails et des considerations exposes dans le cha 
pitre YI de la partie scientifique de I'album. 

J^ai dit, en effet, que I'emotion de la joie franche s'exprim 

sur la face par 
tique (I, fi 





traction combinee du grand zy 
orbiculaire inferieur (E, fig. 1); que 



premier obeit a la volonte, mais que le second (muscle de 
bienveillance, de ramitie et d 



mpressions agreables) 



seulement mis en jeu par 



donees emotions de I'ame ; 



nfin, que la joie fausse, le rire menteur, ne sauraient pro 
oquer la contraction de ce dernier muscle. 



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(1) Loc. cit., r^ fascicule, p. 52. 

(2) L"s passions de fame, r partie, art. Uo. 



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18/1 



MECANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



On a vu, clans les figures 30 et 32 (parlie scientifique), les 



signes differentiels de la joie vraie et de la joie fausse, signes 



caracterises, pour la premiere, par une depression horizon - 
lale, situee au-dessous de la paupiere inferieure (voy. la 
figure 30 qui represente le rire naturel), et pour la seconde, 

cette depression (voy. la figure 31, ou le 
muscle grand zygomatique est electrise isolement. du c6te 



par I'absence de 



droit). 



Personne n'a pu confondre ces deux sortes de rire 



? 



parce qu'ils sont a leur maximum. Le rire faux de la moitie 

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droite de la fiarure 30 contraste en effet avec son resfard im- 




passible. Qui prendrait cette esp^ce de rire convulsif, desa- 
greable, pour celui de la ^aiete ? 



Le sourire faux, produit par 







grand zy 




matique, a un faible degre de contraction, est, de prime 



abord 




trompeur que le rire pr 



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qu 



observateur attentif s'y laisserait prendre difficilement. 

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L'etude experimentale de cette expression est representee 
sur la figure 48. — Lady Macbeth m'en a fourni le sujet. 
Apprenant I'arrivee du roi Duncan, elle a concu et arrete le 
projet de I'assassiner; elle a reveille ses instincts cruels et 



appele a son aide les esprits infernaux ; 



et cependant 



elle I'accueille, le sourire sur les levres, en protestant de son 
affection ! 



LADY MACBETH. 



Ah ! pour tant de bienfaits et de faveurs si grandes, 
Nos prieres encor sont de pauvres offrandes. 



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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



LE ROI. 



Oh! quel site enchanteur! ma poitrine s'enivre 
D'un air doux et leger, d'un air qui fait revivre : 
On oublie a la fois, et le sceptre qui pese, 
Et la fourbe de ceux qu'on aimait ! On s'endort 
Jam rlM comvlols inarats d'un perMe Cawdor. 



MACBETH, tressaillant. 



Cawdor ! 



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LE ROI, avec un soupir 



Si I'on pouvait lire sur son visage.... 



LADY MACBETH 



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Sire, quelle tristesse! Eh quoiL 



LE ROI. 



C'est un nuage. 



LADY MACBETH 



Une si longue route a du vous epuiser 

Venez vous mettre a table et puis vous reposer 
Cher seigneur! (I) 



185 



C'est au moment ou elle a prononoe cette parole affectueuse, 

Cher seigneur! que j'a> voulu representor lady Macbeth dans 



la figure 8(1. 



oi, a vu dans la figure 82, I'expression de cruaute que je 

lui ai do,mee, sous Vimpression de son horrible invocation. 



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185 



MECANISME DE LA ['IIYSIONOMIE HUiMAINE. 



Mais tres habile dans I'art de la dissimulation, lady Macbeth, 
en allant recevoir son roi, a deja fait disparaitre les dernieres 

I— 

traces de son einportement furieux, et sa bouche veut se 
composer un sourire trompeur, comme elle a su faire entendre 
des paroles affectueuses et menteuses. 
La heureusemeiit s'arrele son pouvuir sur sa physionomie. 



pas donne d'imposer a son regard une expi 



sympathique, en harmoiiie avec soo sourire. 

L'attitude et le geste que j'ai donnes a mon modele sont 



bien en rapport avec cette invitation faite au roi par lady 
Macbeth : 



Venez vous mettre a table et puis vous reposer. 



Sa bouche est souriante en disant : cher seigneur. 

Mais quel sourire (cachez la moitie droite de la bouche et 
de la joue) ! voyez comme I'oeil est froid et glace ce sou- 



rire! 



— C'est un sourire qui tue, et Duncan, qui, au souvenir 
de la trahison de Cawdor, s'ecrie tristement : « Si Ton pou- 
vait lire sur le visage » , ne se laisserait certainement pas 
tromper par cette expression menteuse, s'il n'etait pas 



aveugle par la bonte de son coeur. 



II ne faut pas, toutefois, exagerer la signification de cette 
espece de sourire, qui souvent n'est qu'un simple sourire de 



Chez 



politesse, de m6nie qu'il peut cacher une trahison. 

lady Macbeth, il devait exciter la defiance de Duncan, parce 

qu'il etait en desaccord avec ses protestations d'amour, 




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PARTIE ESTHETIQUE. 



DEUXIEME SERIE. 



187 



dis que, d 



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dans 



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rapports avec la societe, on sourit poliment des levres, alors 
nieme que Von est mecontent ou que Fame est dans la tris- 

Lorsque j'ai fait I'experience qui est le sujet de la 



tesse. 



fiffure 84, mon 




odele etait de tr6s mauvaise hume 



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ard etait froid et les coins de sa boucbe un peu abaisses 



(cachez, d 




aucbe, la moiti^ de la boucbe et la par 



1 



ferieure de la joue). Des que j'eus prod 



leffere du grand zygomatique 




aucbe (cacbez les parties seni- 



blables du c6t6 oppose), le sourire faux de lady Macbetb, 
dans la scene ci-dessus decrite, se peignit sur sa pbysio- 



nomie. 



L'electrisation, dans cette experience, a ete parfaitement 

le droit; aussi les paupieres 



limitee au grand zygomatique 

de ce cote sont-elles restees immobiles 



comme du c6te 



oppose. J'ajouterai que I'excitation electrique au maxinium 



pent etre egalement bien localisee dans le srand 




zygoma 



de cette jeune fille, et que ses paupieres o en eprouvent 



aucun 



mouvement 



I'on 



pas, cbez 



de 



ides rayonnantes se former au niveau de Tangle externe de 
'n.il mmme cbez le vieillard des figures 30, 32, parce que 



ces rides sont 
paraissent qu 



amaigris. 



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des lignes expressives secondaires qui n'ap- 
un certain age ou cbez des sujets tres 




Cette electrisation exacte du grand zygomatique permet 



ici d'exposer I'etude de I'influence expressive reciproque de 



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188 



iVlfiCANlSME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. 



I'oeil au repos et du mouvemeut modere des commissures 
labiales propre au sourire, etude qui a deja ete faite^ daus 
la partie scieutifique, a I'occasion de la contraction au maxi- 
mum du grand zygomatique (voy. les figures 30 et 32). — 
Si la partie du visage situee au-dessous du nez est couverte, le 
regard de la figure 8/i parait froid et sec; — mais des que du 



c6te gauche la moitie droite de la levre est demasquee, I'anl 



semble s'egayer et les traits s'epanouir un pen, bien que la 



contraction du grand zygomatique soit tres legere. Cette illu- 



sion, quelque faible qu'elle soit , en impose au premier 

abord, sans toutefois provoquer la sympathie. 
Mais qu'au sourire des levres vienne se joindre le doux 



regard que Ton voit sur la moitie gauche de la figure 80, a 



I'instant on se sent attire irresistiblement par la sympathie. 
Ici la paupiere inf^rieure a 616 creusee transversalement, a 
une certaine distance de son bord libre, par le muscle de la 
bienveillance (orbiculaire inferieur), dont I'etude expressive 
a etc exposee deja dans le chapitre VI. 



Je terminerai ce paragraphe en rappela 



it ce que j ai dit 
de ce muscle a la page 63 de la partie scientifique de Falbum : 



ft Le muscle qui produit ce relief de la paupiere inferieure 
» n'obeit pas a la volonte, il n'est mis en jeu que par une 
» affection vraie, par une emotion agreable de fame ; son 
» abstention dans le sourire demasque uu rire faux. » 





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TABLEAUX SYNOPTIQUES 



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DES FIGURES DE L'ALBUM 



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J'ai reuni dans iieuf tableaux synoptiques, sous forme 



de petits medallions, les tetes des 82 figures qui composent 



la partie scientifique et la partie esthetique de I'album du 

Mecanismc de la physionomie humaine. — Certaines de ces 

t^tes sont repelees de maniere a ne montrer qu'une moili6 
des figures sur lesquelles j'ai produit une expression diiferente. 



ctiaq 



face. II en resulte que 



tableau 



synoptiques se composent de 102 tetes. 

En voici I'utilite : 

V J'ai indique, dans les legendes des figures, comment 



on 



doit cacher alternativement, pour en faire I'etude conipa- 



rative, les 



divers des figures qui ont une exp 



double. Les tableaux synopt 



repr 



ces exp 



faites, et rendent ainsi plus facile et pi 



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des 



lignes expressives de la phy 



humaine. Us suffisent, a la rigueur, pour faire compr 



les developpements exposes dans le texte de I'ouvrage. 
2" L'influence modificatrice de certaines lignes expressives 

sur les autres traits du visage est assurement, au point de vuo 

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MEGANISME DE LA PHYSIONOMIE IIUMAINE. 



de la pratique des arts piastiques, un des faits les plus im- 

portants qui aient et6 mis en lumi^re par les experiences 
electro-physiologiques exposees dans le cours de moo ouvrage 



sur le mecanisme de la pliysionomie humaine. Or les tableaux 
synoptiques facilitent I'etude de ce ph^nomenej que j'appel- 

lerai conlraste simuUane des lignes eoopressives de la face (1). 

Lorsque Ton regarde alternativement, en employant le 
precede indiqu6 dans les legendes, chaque cote des figures 




qui 



expression est double, on reconnait bien les differs 

IX c6tes de la face. Cependa 



les de 



temps que Ton a mis a cacher I'un de ces cotes, faisant 
perdre en partie le souvenir des traits auxquels on veut com- 
parer ceux que Ton regarde, on conceit combien il est prefe- 
rable d'avoir constamment sous les yeux chacune des moities 

■ 

de la face j alors leurs caracteres distinctifs deviennent plus 
trappants et la d(^monstration du problem e a resoudre est 

plus facile. 

Prenons seulement pour exemple les quatre figures 78 du 

tableau YIIL La premiere de ces figures ('78) moritre fexpe- 

rience telle qu'elle a ete faite des deux cotes a la fois ; vue 



dans son ensemble, ce n'est qu'une expression grimacante 



car. de chaque c6te de la face, un muscle different est mis 



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(1) Ce phenom^ne me semble pouvoir etre ainsi denomme, en raison de 
son analogic, comme je I'ai deja fait observer (r' fascicule, p. 26), avec 
riliusion produite sur la vue par des couleurs on des teintes differentes rap- 
prochees les unes des autres ; ce que M. Ghevreul a appele contrasle simul- 
tane des couleurs. (Voyez son livre : De la loi du contrasle simultane des 
couleurs^ ei de Vassortiment des objets colores.) 



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TABLEAUX SYNOPTIQUES. 



191 



isolement en action. 



Deux autres figures 




78 et 



""78) 

laissent voir seulenient Tune des moities de la boucbe, de 
telle sorte que leur comparaison devient facile et des plus 
concluantes. Ainsi I'oeil parait froid et dedaigneux dans la 



fificure ""78, tandis qu'il est gai et moquenr dans la figure '"78. 




Cependant il n'existe, en realite, aiicune difference entre ces 



yeux; 



car 



I'orbiculaire des paupieres se contracte exacte- 



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cle chaqiie cote ; ce dont on est 



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de Tin 



ment de la m^nie maniere 
parfaitement convaincu, lorsque Ton 

au-dessous du nez, comme dans la fi 

Cette modification apparente du regard 
fluence exercee sur I'oeil par la forme de la bouctie. L'es- 

4 

p^ce d'illusion que I'on eprouve alors, est bien plus grande, 
lorsque I'on a comparativement sousles yeux les experiences 



presentees dans les deux figures '"78 et ""78, que lorsq 

_i-» ..u^x,v.n+ixTar»TDnt I'lin flps mtfis de la figure "/ 



Fon cache 



des cotes de 
indique dans le texte de I'alb 




78 



Ces considerations, applicables a toutes les figures a double 



expression de la partie scientifique et de la partie esthetiq 
demontrent I'utilite des tableaux synoptiques pour I'etude du 
contraste des lignes expressives de la face 

S" J'ai ^galement fait entrer dans ces tableaux synoptiques 
les t6tes dont I'expression n'est pas double, afin qu'en pre- 



ensemble de toutes les fi 




qui composent 



album on puisse facilement les etudier comparativement 



Les t^tes de la partie scientifique out du j^ire reduites des 



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192 



MECANISiME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE 



deux tiers, pour faire partie des tableaux synoptiques, com- 
poses chacun de 16 figures. CoDsequemment, les lignes ex- 



pressives sont moins apparentes et moins faciles a etudier 

r 

dans tous leurs details. — D'un autre c6te, ces tableaux 
synoptiques ne presentent pas I'attitude et le geste, qui, sur 
les figures entieres de la partie esthetique, viennent en aide 




a Fexpression de la physionomie et lui donnent une si 
fication plus grande et quelquefois speciale. 

En somme, si les tableaux synoptiques ne sauraient sup 
pleer les figures isolees de I'album, dont ils sont le com- 
plement, ils ont I'avantage de inontrer reuni ce qu'on 
separe ; ils permettent d'embrasser d'un coup d'oeil ce qui 
n'est apparu qu'isole ; ils forment enfin le resume des deve- 
loppements, la synthese des principes qui constituent la 
rammaire et I'orthographe de la physionomie humaine. 



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TABLE DES MATIERES 



DE LA 



PARTIE ESTHETIQUE 



AVERTISSEMEiST 



129 



i:tndes iiectro-physiologiques sur le mecanisme de la physio- 

nomie humaine • • • • 

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PREMlfiRE SfiRIE, %. 74, 75, 76, 77, 78. . 



137 



I. 



Legende 

Explication de la legende 

Considerations sur la figure 74, qui represente le portrait du mo- 
dele 

II. Considerations sur la figure 75, qui represente la pnere AovXourm&e, 

avec resignation, du cote gauche de la face, et la pnere amc 
un peu de tristesse, du cote droit. . 

III. Considerations sur la figure 76, qui represente la priere avec dou- 

leur extrSme, du cole gauche de la face, et la priere extaiique, 



138 

138 
141 



144 



144 



du cote droit 



146 



IV 



V. 



Considerations sur la figure 77, qui represente Vamour celeste, du 

c6te gauche, etVamour terrestre, du c6te droit de la face. . . ^150 

Considerations sur la figure 78, qui represente une scene de coquet- 

terie, avec sourire moqueur, du cote gauche de la face, et avec 



regard dedaigneux, du c6t6 droit 

DEUXifiME SERIE, fig. 79, 80, 81, 82, 83, 84 



154 



Legende 



Explication de la legends 



157 

157 

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TABLE DES MATIERES DE LA PARTIE ESTHETIQUE. 



I. Considerations sur la figure 79, qui represente la joie maternelle 

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mdee de douleur {rive m6U de larmes doulotir eases) ^ du cote 
gauche de la face, et la joie maternelle complete^ du cote droit. 159 

II. Considerations sur la figure 80, qui represente la charite auc sou- 



rive bienveillant, du cote gauche de la face, et avec attendris 
sement (sonrire mde de larmes) ^ du cote droit 



166 



III. Considerations sur les figures 81, 82, 83, qui representent lady 

Macbeth (tragedie de Shakspeare), avec une expression de 
crwawt^, a trois degres differents . . . , , 169 

IV. Considerations sur la figure 84, qui represente lady Macbeth rece- 

vant le roi Duncan avec un soiirire faux 183 

Tableaux synoptiques des Cgnres de 1 album, au nombre 



de neuf, composes de 102 tetes 



Leurutilite 189 







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Lmireat de llnstitnt Je Fraace, d. rAen.d6m5e dc medeciae de Paris (prix Itard),.e>.. 

. ; Medaille dlionneiir 

Vt Chevalier de la Legio] d'honneur en 1858 .u eoncours Napol^oa III sur I'electrieite .ppli.in... 
^ ' Membre titulaire de la Soeiete de medeciue de Pans, 

1 . inc VP.rlnnues Uaiversites et Societes de medec-ine de Bresde, Florence, Gaud, Geneve, 
Membre coi'respondant des Aeaaemies, luivcl^i o^ i i i 

^^'" 1 . .^ j^I^j^ij Moscou, Naples, Rome, Saint-Petersbo.:r-. S^o.khobn, 

ViiMine, Wurtzbourg, ete. 



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1862 



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