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Full text of "Esquisses décoratives"

1i-v 




Smithsonian 

Institution 

Libraries 



Purchased by the 



FRIENDS OF THE 

COOPER-HEWITT 

MUSEUM LIBRARY 

FUND 



ESQUISSES 
DÉCORATIVES 



PAR 



René Binet 



Architecte 



Préface de GUSTAVE GEFFROY 




PARIS 
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX- ARTS 

13, RUE LAFAYETTE, 13 



GUSTAVE GEEVROY 

Son ami reconnaissant, 
R. BINET 



te y 7. 5 
Mïbsc 
\9oôz 



PRÉFACE 



Mais s'ils ne peuvent comprendre que des parties si petites, qu'elles nous sont imperceptibles, 
puissent être autant divisées que le firmament, il n'y a pas de meilleur remède que de les leur faire 
regarder avec des lunettes qui grossissent cette pointe délicate jusqu'à une prodigieuse masse; 
d'où ils concevront aisément que, par le secours d'un autre verre encore plus artistement taillé, on 
pourrait les grossir jusqu'à égaler ce firmament dont ils admirent l'étendue. Et ainsi, ces objets 
leur paraissant maintenant très facilement divisibles, qu'ils se souviennent que la nature peut 
infiniment plus que l'art. 

PASCAL : Pensées (Réflexions sur la Géométrie en général). 

... Il est tel insecte qui ni le jour, ni la nuit, ni à l'œil nu, ni au microscope, n'exciterait 
d'intérêt; mais si vous prenez la peine, avec un scalpel patient, délicat, de soulever dans l'épaisseur 
de son aile écailleuse les feuillets qui la composent, vous trouverez le plus souvent des dessins 
inattendus, parfois de courbes végétales, de légers rameaux, parfois de figures angulaires striées, 
comme hiéroglyphiques, qui rappellent l'alphabet de certaines langues orientales. 

. . . Franchement, quoi de semblable, ou qui approche de loin, dans nos arts? Combien ils 
auraient besoin, fatigués qu'ils semblent, alanguis, de reprendre à ces sources vives! En général, 
au lieu d'aller directement à la Nature, à l'intarissable fontaine de beauté et d'invention, ils ont 
demandé secours à l'érudition, aux arts d'autrefois, au passé de l'homme. 

. . . Nos intelligents marchands de Paris, qui ont suivi à regret la voie qu'imposaient les 
grands producteurs, pourront fort bien un matin échapper aux genres lourds et riches. Quelqu'un 
perdra patience, et, tournant le dos aux copistes de vieilleries, ira demander conseil à la Nature 
elle-même, aux grandes collections d'insectes, aux serres, du Jardin des Plantes. 

M1CHELET : L'Insecte (Ch. VTl. De la rénovation de nos 
arts par l'étude de l'insecte). 



L'architecte de la Porte monumentale de l'Exposition, M. René Binet, est un 
artiste qui a le sens exact de l'évolution générale du travail humain. 11 ne publie donc 
pas ce recueil avec la pensée, affichée ni secrète, qu'il va révolutionner les arts du mobilier, 
apporter la révélation 'attendue, créer un style, pour employer l'expression consacrée, si 
impropre et agaçante. Heureusement pour lui, il n'invente pas le style Binet, il sait trop 
bien qu'une telle fantaisie individuelle, qui prétendrait ne se rattacher à rien de ce qui 
l'aurait précédé, courrait aussi le risque de n'être suivie de rien. L'ambition de l'auteur est 
ici beaucoup plus simple, et tout à fait légitime, et l'effort dont elle procède va se trouver 
forcément retenu, classé, et utilisé, par la raison qu'il embrasse tout un ordre de travaux 
nécessaires, et qu'il apporte à leur exécution un remarquable esprit d'unité et de méthode. 

Bien loin de vouloir créer un style, M. René Binet, par une opération qui relève 
étroitement des données prudentes et modestes de l'esprit expérimental, remonte d'une 
certaine façon, dont on appréciera l'invention ingénue et l'ingéniosité savante, à l'origine 
de tous les styles, aux principes invariables, à la fois absolus et infiniment variés et 
complexes, qui déterminent les formes essentielles et leurs multiples dérivés. 

M. René^Binet s'est avisé qu'il y a un moyen d'échapper à l'obsession de toutes les 
formes décoratives qui nous ont été léguées par le labeur des siècles, de tous les essais et 
de toutes les réussites qui constituent aujourd'hui le code de la tradition. Ce moyen, c'est 



de s'adresser au grand laboratoire de la Nature, toujours en mouvement, toujours en 
production, sans un instant d'arrêt ni d'hésitation. Là, on peut obtenir le secret infaillible 
des créations et des transformations. 

Sans doute, d'autres ont demandé ce secret à la nature. Que dis-je? d'autres! 
Tous l'ont demandé, si tous ne l'ont pas obtenu, tous, même ceux qui prétendent mettre la 
nature au second plan et lui substituer le génie de leurs théories. Mais autre chose est de 
scruter l'art ou d'interroger la nature. L'artiste n'a pas besoin de théories pour s'ajouter à la 
nature, il lui suffit de vouloir la traduire : immanquablement, sa personnalité apparaît, sa 
manière de voir, de sentir, de comprendre. Il confesse son intelligence et son émotion, il 
crée l'image de son esprit en même temps qu'il dresse l'image de ce qu'il peut apercevoir du 
spectacle du monde. Mais en même temps qu'il crée ainsi une œuvre personnelle, il crée un 
poncif. D'autres vont venir après lui qui n'auront pas sa sensibilité et sa clairvoyance, et qui 
se borneront à imiter sa découverte. Ils l'imiteront en la déformant, et la nature ira ainsi à 
travers l'art, perdant de sa force initiale, de sa fraîcheur, de sa puissance et de sa grâce 
d'apparition première. C'est une des raisons, pour les arts appliqués aux sujets usuels, — 
comme pour les autres arts, — de la déperdition, du vieillissement de toutes les formes et 
de toutes les ornementations qui ont eu leur jeunesse et leur épanouissement. Les formules 
se fanent, se rident, se crevassent, meurent, en une longue période où elles se décomposent, 
se compliquent, et donnent pour subtilité et perfectionnement ce qui n'est que le jeu oiseux, 
puéril et pénible, de leur agonie. 

11 faut donc, chaque fois que la sève s'épuise, que le sens des choses naturelles va se 
raréfiant, avoir un sursaut de volonté pour remonter à la source intarissable. 

C'est ce sursaut de volonté que M. René Binet a eu pour son compte. 11 est 
allé au monde invisible, à l'infini des formes premières révélé par le microscope, il a étudié, 
avec une attention passionnée, les caractères généraux de ces formes et l'affluence de leurs 
dérivés, il a appris la vie perpétuellement renouvelée qui se cache aux profondeurs 
marines, tout cet univers en élaboration d'où les formes séparées sortent sans cesse du 
mélange transitoire de la vie minérale, de la vie végétale et de la vie animale. Dans la 
xvi e leçon de son Histoire de la création des êtres organisés, Haeckel ne dit-il pas 
ceci : 

Nous' voyons parfaitement que les êtres se divisent en végétaux et animaux, et il ne nous vient pas à 
la pensée que ces êtres puissent dériver d'une source commune. Pourtant cela est, ou, du moins, 
semble être, puisqu'en remontant le plus loin dans l'échelle des êtres on arrive, par delà les fougères 
et les mollusques, à une classe, celle des protistes, dont la plupart des représentants sont d'un si petit 
volume, qu'ils sont, peu ou point, visibles à l'œil nu. Le jeu de leur vie est un si singulier mélange de 
propriétés animales et végétales que l'on est fondé à ne les classer dans aucun des règnes. 

Les contradictions qui se sont élevées à leur sujet, ne tiennent pas à l'imperfection de nos 
connaissances au sujet des protistes, mais bien à leur nature monocellulaire. 

On voit comment un artiste d'aujourd'hui, tel que M. René Binet, orienté vers la 
culture scientifique, devinant que la connaissance de plus en plus grande du monde peut 
lui révéler des formes sans nombre, a été amené à s'occuper de travaux d'histoire 
naturelle qui semblaient si différents de ses travaux d'architecte. Pourtant, rien de plus 
simple, ni de plus légitime. Pourquoi ne se serait-il pas, tout d'abord, passionné en 
voyant la Nature, dans son immense labeur, multiplier ses expériences, tenter ses 
réussîtes, en créant les protistes comme autant d'esquisses d'une variété infinie, se 
séparant d'elles-mêmes en deux règnes : l'un, attaché au point du sol où il naît, ne 




pouvant se mouvoir au gré de sa volonté, — le végétal ; l'autre, dont les individus ont 
la faculté de se mouvoir d'un point à un autre, — l'animal. Cette division faite, la Nature 
puise dans ses esquisses pour les développer dans un sens ou dans l'autre, mais ces 
développements sont lents, durent des siècles, de là de grandes ressemblances entre unz 
melethallia, un radiolaire et certains spongiaires. 

Et voilà notre artiste, à la suite du savant professeur de l'Université d'Iéna, 
lequel a été précédé dans cette étude par Ehrenberg et d'Orbigny, qui examine les 
grandes divisions de ce règne intermédiaire des protistes : i° les Monères ; 2° les 
Bacillaires; 3° les Infusoires; 4 les Rhyzopodes. 11 apprend que les Bacillaires ont 
donné naissance aux Diatomées, les Rhyzopodes aux Thalamo- 
phores et aux Radiolaires. 11 regarde les Diatomées et voilà que 
ces petites cellules microscopiques, composées d'une substance 
molle toujours enfermée dans une enveloppe siliceuse, l'intéressent 
au plus haut point par cette enveloppe qui revêt les formes les 
plus élégantes et les plus variées. 

Tantôt, la section de ces infiniment petits est triangulaire, 
tantôt elle est hexagonale, carrée, ou octogonale, ou encore, 
circulaire, divisée en dix secteurs, striés par des recoupements 
géométriques en losanges, et parsemés de petites croix. 

Malgré l'infinie petitesse de ces 
Diatomées, c'est toujours l'ordre le plus 
parfait dans les divisions, en même temps 
que la variété la plus grande dans l'opposition des figures géomé- 
triques. Si, par exemple, une diatomée comme celle figurée en 1 
comporte plusieurs figures géométriques, on trouvera entre ces 
figures un parfait accord : tel secteur composé de triangles 
équilatéraux sera entouré d'hexagones et 
frangé de spicules faisant avec leur axe un 
angle de 6o° : il y a harmonie entre ces 
figures polygonales de 6o° et de 1 20 , cela 
ne fait aucun doute. 

Dès lors, il apparut possible à 
M. René Binet de s'inspirer de cette donnée pour un élément 
décoratif purement géométrique, tel que le carrelage dessiné à 
la figure 1 a, dérivant de la diatomée (fig. 1), ou bien encore 
le carrelage (fig. 2 a), dont l'élément principal 
est emprunté à la diatomée (fig. 2), divisée 
en six secteurs : trois noirs émaillés de six 
points blancs, entourant une sorte de rose 
plus grande, et trois gris émaillés de points plus fins, rehaussés par des 
points noirs. Cette opposition créait tout naturellement deux tonalités 
dans le carrelage qui devait en résulter : rouge et noir, par exemple. Fig - 2 - 

Devinez-vous, éprouvez-vous l'intérêt grandissant chez l'artiste lorsqu'il passe de 
cette classe des Diatomées à une classe supérieure, plus complexe, plus formulée, à celle 
des Thalamophores, par exemple. Les Diatomées se réduisent presque à des surfaces, les 
Thalamophores se présentent avec des volumes très nets. 







Fig. 3. 



par 





Fig. 4 t 



Leur carapace calcaire est ingénieusement divisée en un grand nombre de chambres 
disposées en cercles concentriques, ou en 
spirales annelées, et souvent distribuées en 
étages superposés comme les loges d'un vaste 
amphithéâtre. Telle Thalamophore (fig. 3) 
semble une bouteille entourée d'arêtes vives 
dont les spires prennent naissance autour du 
col et se développent sur la panse. Ou bien 
encore (fig. 4), c'est une sphère enserrée 
treillis de triangles équilatéraux dont chaque 
angle est accusé par une boule 

finement ciselée, entourée de cinq pointes coniques, émoussées, 
entourées de cannelures égales, rayonnantes au sommet, 
formant ainsi avec le centre une vive opposition dont le 
principe a pu suggérer la rosace (fig. 4 a). 

On peut ainsi prendre, un à un, chacun de ces infiniment 
petits, et chercher la raison de sa beauté, de sa vie. Ainsi 
que chez les Diatomées, on trouvera toujours que cette raison 
est un équilibre supérieur à celui qui se trouve dans les 
œuvres des hommes, même les plus parfaites. La raison la 
plus pure domine, ou plutôt la nécessité absolue. La fonction fait l'organe, l'existence 
fragile de l'animal exige une carapace formée de spires, de canaux, de fenêtres 
délicatement ajourées, et cette demeure invisible à nos yeux devient un véritable 
palais, avec ses dédales, ses galeries, ses portes, et des palais de ce genre roulent 
innombrables, ou sont en suspension, dans les abîmes les plus profonds des 
océans. 

Mais il faut continuer, montrer le travail de l'artiste par les dessins qu'il fait des 
sujets et par les applications qu'ils lui suggèrent, par les développements de formes et 
de décorations qu'ils lui offrent sans compter. 

Avec lui, j'ai vu les admirables Radiolaires, la classe la plus parfaite du groupe 
des Rhyzopodes. 

Grâce à l'obligeance du savant professeur de l'Institut national agronomique, 
M. Lucien Cayeux, nous avons pu admirer sous le microscope les plus parfaits 
individus du groupe. 

C'est surtout à la suite de la belle expédition anglaise à bord du Challenger, dirigée 
par le zoologiste Wyville Thomson, que les Radiolaires ont été connus et étudiés, et c'est 
grâce aux recherches faites sur ces animaux, presque inconnus jusqu'à ce jour, par le 
professeur Hxckel,-que nous pouvons entrevoir la richesse infinie du règne des 
protistes. Mais je dois renvoyer aux quarante-six volumes publiés sur l'expédition du 
Challenger, où les planches sont accompagnées d'explications purement naturalistes. 
Aucun savant n'a cru devoir sortir de son domaine pour montrer le côté mathématique et 
statique de ces formes, de même qu'aucun artiste n'a songé à pénétrer dans ce monde vivant 
pour s'emparer de la force de construction qui l'étaie et de la grâce d'ornementation 
qui le fleurit. 

Celui-ci s'est avisé de cette étude. Qu'il nous montre donc le profit qu'il 
en a tiré. 




*£$%> 



11 a reconnu que le principe du Radiolaire était généralement une sphère hérissée 
d'aiguilles extrêmement fines. Mais par combien 
de variantes passe cette forme primordiale ! 
Ici, c'est un globe treillissé dont chaque 
maille est un hexagone, avec six aiguillons comme 
des harpons divergents dans le plan méridien 

(«g. 5). 

Là, autour du globe treillissé, un anneau 
équatorial ressemblant à l'anneau de la planète Saturne (fig. 6). 




Fig. 5. 



Une telle forme simple, quasi -métallique, 
peut engendrer un treillis par la combinaison 
de plusieurs éléments semblables (fig. 6 a). 

Et cette autre forme (fig. y), presque aussi simple, et 
aussi parfaite : trois arceaux siliceux, 
situés dans des plans perpendiculaires 
entre eux, se relient pour réaliser une 
sorte de cou 
C'est une figure 
car chaque arc 
rigidité de l'en 
Jette invisible, 




Fig- 7- 



sière qui contient aussi bien le principe 

que la fine tête ciselée d'une épingle 

Cet autre Radiolaire (fig. 8), non 

est formé par 






sont réunies 





Fig. 6 a. — Treillis 




Fig. 8. 



ronne d'épines. 

indéformable, 

W concourt à la 

semble, sque- 

atome de pous- 

d'une voûte immense à base circulaire 
d'or (fig. 7 a). 

moins simple et non moins étrange, 
une pyramide à neuf pans dont les arêtes 
par des trabécules horizontales, qui 
déterminent des polygones à neuf côtés, dont l'espacement, 
et par suite la surface, diminuent à mesure qu'ils se 
rapprochent du sommet. 
Tantôt l'angle au som- 
met de cette pyramide 
est très aigu, tantôt très ouvert : l'artiste peut 
concevoir alors un treillissé posé sur une plaque Ig a ' ~ 

et enfermant un feuillage pour atténuer l'inflexibilité de l'ensemble (fig. 8 a). Comme 

précédemment, les nervures, sans y 
rien changer, pourraient 
composer le squelette 
métallique d'un \\ 
abri gigantesque. 
De même, de _^4I! 
la figure 9, 
qui s'inscrit 
si bien 
dans un 

demi - cercle , a pu naître un tympan 
(fig. 9 a). 







De même le Radiolaire (fig. 10) donne le schéma d'une bague et de son chaton, 
sans qu'il soit besoin d'autre démonstration graphique. 

D'autres catégories, semblables à des lames ou à des harpons, 
rayonnent suivant des angles 
donnés, et amènent l'esprit 
à désirer, peut-être sans 
aucun accord avec la science actuelle, qu'un rapport 
soit cherché et établi entre ces squelettes siliceux 

et certaines cristal- 
lisations. La figure 1 1 
ne rappelle-t-elle pas 
la dentelle à la fois 
régulière et capri- 
cieuse du givre? Une 
telle formation géo- 
métrique n'appelle - 

t-elle pas une enveloppe triangulaire, un complément 

symétrique pour dessiner une agrafe dont l'argent ou 

l'or enchâsserait des émeraudes et des améthystes (fig. n a)l 

0CA_// Ne conçoit-on pas aussi que le réseau 

yv_A_/A ^\.Ov_ hexagonal, si particulier, de la figure 12, 

yÇy~^Zt\5/Ç S *~ puisse être le point de départ du carrelage ^p- 

>V ^ v>rV"^ (fig/, a a)l 

De lafigure 1 3, i] où les spicules se 
sont traduits par 'Wjl une surface couverte 
d'ajours rayonnants, $v;X\où les trois branches 

plifiées en 
JJ£ extraire une 
agrafe d'un métal précieux re %§§c 





F,g " ,2 " se sont sim 

formes fuselées, on peut encore J 3 



\Oo03 i levé par des 
Wo00p J 
>££oPl 




malgré l'intérêt de nouveauté et de 
tous les individus du genre des 

té. 



du Challenger 
espèces nou- 



émaux (fig. 1 3 a). 

Mais il est impossible, fâl'„\'i 
variété, de faire défiler ici 
Radiolaires. L'expédition /y^' 
a ajouté plus de mille 

velles aux espèces déjà connues. En Woici encore un, toutefois, 
que M. René Binet proclame avec enthou- 
siasme le plus beau, le clathrocanium reginse, 
qui résume en lui la richesse 
et la logique de sa mystérieuse 
famille (fig. 14). 

C'est, comme on en peut 

x^fti) juger, une harmonie parfaite de 

courbes, une légèreté inouïe, de 

F,g - l3 "■ l'ampleur aux points qui supportent 

l'effort, un étranglement aux points contraires, avec 

un couronnement merveilleux de quatre fers de lance 





assemblés en croix. Ce sera une tiare, un diadème si l'on veut (fig. 14 j a). C'est aussi 

la Jforme primordiale de la Porte monu fi mentale de 
l'Exposition, qui eut pour elle, 
on ne saurait le nier, non seu- 
lement son charme de colorations 
lumineuses, mais la logique et 
l'élégance de sa solide 
Flg . , 4 a _ construction. 

Ceci conduit l'artiste 

à examiner les Radiolaires au point de vue purement mécanique de la résistance 
des arcs et des parois. La figure i5, — me dit-il, — formée d'une demi-sphère, de trois 
spicules à la base et d'un au sommet, a sa résistance établie contre les chocs par les 











trois ailes ajourées qui chevauchent la calotte. Par ce schéma et par la figure i5 a, 
on voit fort bien comment les spicules ont une liaison absolue par la sphère ajourée 
dont le centre est à la jonction des quatre spicules, sphère creuse aussi résistante 








que si elle était pleine, 
arêtes incorporées à son 
vation^est applicable à'ia 
indéformable par la dispo 
spicules, — à la figure 





qui immobilise les quatre 
volume. La même obser- 
figure 1 5 b, d'un volume 
sition des mailles entre les 
,% i5 c, aux deux axes 



Fig. ,5d. 



Fig. ,6. 



Fig. 16 a. 




Fig. ,6 b. 



se coupant dans un même plan d'inégale longueur, et pour ainsi dire bloqués 
dans un ellipsoïde ajouré, — à la figure i5 d, plus complète, puisque ses axes, au 
nombre de trois, se croisent ainsi que les axes de symétrie d'un cube. Posez le même 
problème avec une sphère: la figure 16 servira de départ à la figure 16 a, qui est 
l'embase d'un épi pouvant s'exécuter en plomb, à la figure 16 b, qui n'est pas ajourée 
aussi délicatement, mais offre plus de résistance. 






La figure 17 montre avec quel art certains Radiolaires sont formés de treillis 
différents, dont les mailles liées entre elles 
deviennent de plus en plus serrées pour J 
arriver au point où vit la partie principale de 
l'individu. La figure 18 est une sortede bouteille 
ajourée, au long col, qui porte dix ailes dont la 
forme empêche ce col de fléchir sur 
aucun point si des efforts sont exercés 
en / et /'. 

Si l'on continue l'étude des deux 
grands règnes , on arrivera à la 
conclusion que tels individus, végétaux 
ou animaux, sont bien près, par la 
structure, de certaines classes de protistes. Dans la classe des 
Spongiaires, les éponges calcaires, sans être de 
formes aussi riches que les protistes, sont pourtant 

d'une grande variété. Une éponge de ce genre présente un 
composé d'aiguilles calcaires noyées dans # jj 

une substance molle, facilement désagrégeable, ^ /^NJ^^M 
chaque aiguille portant à ses extrémités une sorte ûil^^^^^jà 
de harpon dont le rôle est de retenir la matière 
molle. La série de ces spicules est extrêmement 
curieuse. 

Ainsi le groupe de spicules (fig. 19) a pu 
servir de thème pour établir la couronne de girouette (fig. 19 a), 
et aussi pour fournir l'une des crêtes en 
plomb de la planche Faîtage. Le Spongiaire (fig. 20) a donné 
le faîtage de terre cuite de la figure 20 a. Et cet autre, de forme ^^ 

si géométrique (fig. 21), 

fournit tout naturellement -===; 

le principe de l'une des 

Roses de la planche Rosace. 

La figure 2 2 présente d'autres 



Fig. 19. 





rosaces dont les rayons se 
terminent par des formes 
de harpons très différentes 
les unes des autres. 

Après les éponges, les 
coraux. Chacune des figures 
présente un rayonnement 








propre. Tantôt (fig. 2 3), les grands rayons fortement accusés déterminent des secteurs 
dans lesquels peuvent s'inscrire autant 
de chandeliers à sept branches : la 
tige principale partirait du centre, les 
lumières viendraient s'arrêter à l'arc 
de la circonférence. Cette forme était 
applicable à un objet soumis à une 
répartition en trois, tel que la plaque 
d'assemblage d'un lustre. (Planche 
Lustre.) 
8 2 Dans la figure 24, au contraire, 

les grands et les petits rayons convergent au centre en s'affinant. (Planche Rosace). 
La figure i5 est composée de cercles finement 
ajourés, reliés entre eux par des mailles très 
fines et très régulières : elle pouvait se traduire 
en mosaïques formant le fond d'un bas-relief de 
marbre blanc. (Planche Clôture.) 

Abordez la classe des Bryozoaires, très 
riche, très diverse, et très répandue, puisque 
des sondages ont permis de les retrouver dans 
les immenses champs sous-marins, et que, 
d'autre part, la paléontologie nous apprend, dit 
d'Orbigny, que « les Bryozoaires ont toujours, 
malgré la petitesse des individus, joué un rôle 
très important à toutes les époques zoologiques de l'histoire de notre globe. » Eux 

aussi offrent sur leur carapace des hexagones 
réguliers ou irréguliers, le plus souvent 
ajourés. Leurs colonies présentent souvent 
un motif décoratif des plus parfaits. 

Ainsi, la figure 26, comparable à un 
découpage mauresque, suggère mille appli- 
cations de métal ajouré, de revêtements 
de surfaces planes, de colonnettes, treillis, 
etc., selon les figures 26 a et 26 b, des 
planches Clôture et Treillis. La figure 27 
Fig. 26 b. a déterminé les grandes lignes, les ombres 
et les lumières d'une clôture de marbre. (Planche 
Clôture.) 

Et de même que la surface d'une colonie 
de Bryozoaires est un ensemble harmonieux, 
de même la coupe de cet ensemble offre 
des mouvements et des assemblages d'une 
logique parfaite. De la figure 28, l'artiste a pu 
s'inspirer pour des découpages de métaux (Planche 
Porte). La disposition de la figure 29 lui a fourni 
des ajours qui peuvent se grouper sur la 









• •( 



w 



Fig. 29. 



circonférence d'un anneau (fig. 29 a). La simple section de la figure 3o était toute 

disposée pour 

§^%2V former les 

^^-^A^l? mailles d'une 

F, g- 3o *■ longue chaî- 




~=^ nette (fig. 3o a). La coupe de la figure 3i, 



~~VL 





Fig. 29 a. 

peut-être plus remar- 
quable encore par la 
manière d'alternance 
des cellules , a fait 
deviner une imbrication 
possible en terre cuite 
derrière cette dispo- 
sition (fig. 3i a). La 

figure 32 conduit aux Fig - 3 '- R g . 3, «. 

mailles du treillis (fig. 32 a), de même que la figure 33 donne les mailles de la figure 33 a, 
employée dans la planche Treillis. La figure 34 a, née de la figure 34, trouve son application 
à la planche Papier peint. La figure 35 fournit la figure 35 a, que l'on retrouve à la 






Fig. 3a. 



Fig. 3*< 



vfli 



Fig. 33. 




Fig. 33 a. Fig- 34 «• Fig. 3 4- Fig- 35. 

planche Siège, et le même élément, enfermé dans un hexagone n ayant que quatre de 
ses côtés égaux, se retrouve à la planche Carrelage. La figure 36, d'un aspect plus 
métallique, semble appeler le repoussé ou la ciselure, est un élément certain de 
joaillerie (fig. 36 a). Certains fragments de ces Bryozoaires peuvent faire créer un anneau sur 

lequel on conçoit très bien, 

à la crête des cannelures, la 

présence de pierres fines ou 

d'émaux. D'autres peuvent 

se traduire en métal 

repoussé : on en trouvera, 

par la planche Plaque de 

porte, deux exemples 

d'exécution simple, sans 

saillie, qui crée un objet 

doux au toucher. Fig. 36. Fig. 36 a. 






Fig. 3 7 . 



D'autres colonies sont soumises à un système triangulaire et, suivant l'état des 
cellules, présentent une progression vraiment remarquable (fig. 3y), tout à fait d'accord avec 

la donnée ornementale qui veut les pleins à 
la base et les parties les plus ajourées au 
sommet. On trouvera une application de la 
figure 37 à la planche Porte, avec la colonne 
en terre cuite. 

Voici, enfin, un dernier ordre d'appli- 
cation s'appliquant à un groupe extrêmement 
curieux, celui des Echinides. 

La carapace a la forme fondamentale 
d'une pyramide à cinq pans, mais lentement chaque espèce s'est modifiée pour devenir 
une demi-sphère, un peu aplatie, ou un ellipsoïde assez parfait. Indépendamment de 
cette forme extrêmement résistante aux efforts extérieurs, cette surface est taillée 
avec un art dépassant par sa richesse et sa diversité les bronzes mauresques les plus 
finement ciselés, ou les écailles des vieilles armures japonaises. La carapace d'une 
Échinide présente une parfaite unité géométrique. Le nombre cinq règne partout : 
cinq grandes nervures assemblées sur une plaque pentagonale, et, entre ces grandes 
nervures, d'autres assemblages de plaques pentagonales irrégulières. Chacune de ces 
écailles est à elle seule un ensemble. Au milieu du pentagone irrégulier qui la détermine, 
une demi-sphère repoussée fait saillie, sert d'embase aux longues 
pointes fuselées et ciselées qui hérissent la carapace. Autour de 
cette demi-sphère, une petite gorge, et, concentriquement, une série 
de points d'abord saillants, ensuite ajourés. C'est la forme et 
1 ornementation du bouclier étrusque. 

Entre deux écailles accolées, une autre vient loger sa partie 
angulaire (fig. 38), et ainsi se constitue cette rare imbrication qui fait 
songer à des revêtements céramiques, uniformes 
ou en bandes, doucement repoussés pour donner 








Fig. 38 a. 



à l'émail une petite cavité et scintiller à la lumière 
(fig. 38 a, et Planche Brique ornée). On peut voir aussi la boucle 
de ceinture de la planche Bijou, le clou ciselé de la planche 
Clou, et même, lorsque la vision d'une Échinide entraîne vers 
des sujets plus vastes, la décoration d'une niche en marbre, avec 
incrustation de plomb ou parsemée de points 
d'or. (Planche Incrustation de plomb.) 

La plaque centrale est admirablement divisée, ayant ses nervures, 
ses joints, ses points d'attache avec les cinq grandes nervures ou 
les imbrications intermédiaires. Cette plaque est complète en elle- 
même, puisque la figure 39 peut inspirer un bijou (Planche Agrafe) 
ou la plaque ajourée de l'un des heurtoirs. 

Cette revue pourrait être continuée sans fin. Après les 
Echinides, les Crinoïdes qui sont une formation du même ordre, avec des sections étoilées 
dont on concevra facilement la richesse, en voyant qu'une tige de Crinoïde est une 
colonne à section souvent pentagonale. On pourrait aller aux confins de ce monde 
intermédiaire, animal et végétal, puisque divers groupes d'algues sont, dit Hseckel, 




Fig. 3 9 . 



« si microscopiques qu'ils pourraient tenir au nombre d'une centaine de mille sur une 
tête d'épingle. » Pour citer seulement les plantes appelées thaï lophy tiques (champignons, 
lichens et algues), elles sont d'une régularité déconcer- rxX /V-^3. 

tante, avec une très grande originalité de combinaisons 
(fig. 40, 41, 42). L'une d'elles, même, celle de la figure 43, 

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Fig. 4a . 



Fig- 43. 



possède à première vue de grandes ressemblances avec l'Échinide de la figure 39. 
Cependant les classifications présentes de la science les supposent bien loin l'une de 
l'autre. Retenons cette vue de Goethe que « les espèces organiques parentes par la 
forme sont réellement consanguines, et issues d'une forme ancestrale commune. » 

Les exemples sont assez nombreux pour ceux qui s'intéresseront à ces études. 11 est 
maintenant une conclusion à en extraire. 

Plus l'on regarde ces figures, mieux l'on aperçoit qu'une loi de mécanique, qui est 
une loi vitale, a prescrit dans chacun de ces volumes la suppression de toute matière 
inutile, pour ne laisser que les arêtes et surfaces sur lesquelles doivent porter les efforts, 
et leur ajouter, en certains cas, les éléments propres à assurer la rigidité de l'ensemble. 
Rien de trop. C'est la grande leçon. 

Tel nous apparaît, dans sa splendeur cachée, ce monde, minuscule, invisible. 
Lorsqu'il vient à la lumière, et que le microscope le révèle, il s'épanouit en mille 
et mille fantaisies, basées sur la raison, gardant l'imprévu de l'esquisse, le charme de la 
spontanéité. Étranges coupoles ajourées, arcatures légères, tous ces riens sont tellement 
bien proportionnés qu'ils peuvent se prêter à tous les développements, atteindre aux 
proportions colossales. 11 y a des plans d'édifices pour abriter l'humanité dans le 
moindre atome de la boue animée qui s'amoncelle au fond des mers. 

Le génie des savants a découvert cela. L'impérieux désir de connaître a mené l'homme 
vers cet inconnu caché, lui a révélé que le système des mondes avait son point de 
départ dans l'infini du néant. Alors que Le Verrier établissait la présence d'Uranus 
dans le champ immense des astres connus, Ehrenberg, et plus tard, Hxckel, révélaient, 
par les Radiolaires, une beauté et une harmonie nouvelles. 

Ainsi se vérifie la vue de Renan, dans Y Avenir de la Science: 

L'anatomie comparée tire bien plus de résultats de l'observation des animaux inférieurs que de 
l'observation des êtres supérieurs. 

J'ai mis en épigraphe l'observation de Pascal et la prophétie de Michelet. Le 
travail de M. René Binet peut encore se réclamer de Proudhon, écrivant dans son 
livre du principe de l'art et de la destination sociale : 

C'est donc l'œuvre de la Nature que continue J'Artiste, en produisant à son tour des images suivant 
certaines idées à lui, qu'il désire nous communiquer, mais, pour que cette sorte de continuation soit en 
harmonie avec la Nature, nous devons chercher à en pénétrer les secrets, pour ne pas nous écarter de la 



DS! 



i3 

ligne; mais il ne doit pas seulement le faire pour les arts qu'il professe, il doit voir autour de lui l'état de la 
science... 

L'artiste ne produit rien du néant, il ne fait que saisir des rapports, analyser des figures, combiner 
des traits, les représenter. C'est là ce qui constitue sa création. 

Donc, plus il observe, plus il découvre. L'inspiration est en lui proportionnelle à l'observation. 
C'est pourquoi, chez le véritable artiste, l'inspiration, on peut le dire, ne faiblit jamais. 

Et pour l'application particulière de telles recherches à l'architecture et à la forme 
des objets, il me semble qu'elle se justifie d'elle-même par les exemples. En somme, 
M. René Binet cherche dans le monde invisible ce que d'autres ont cherché dans la flore. 
Mais la fleur, souple, malléable, s'offre d'elle-même pour l'ornementation, tandis que tout 
ce monde invisible foisonne de formes rigides, définies, complètes, toutes prêtes pour 
l'architecture. C'est là, au point où la science nous fait assister à l'un des états de 
l'évolution des espèces, où elle prend sur le fait l'unité soupçonnée de la matière, c'est là 
que cet artiste, très humble et très modeste écolier, s'est attaché à recueillir les leçons 
de formes et de mouvements que pouvait lui donner le monde [des choses en éclosion 
et en croissance. C'est là qu'il a pris toutes ces lignes, tous ces [angles, tous ces cercles, 
toutes ces ellipses, toutes ces étoiles, toutes ces figures qui deviennent, au tracé de 
son crayon, comme une extraordinaire géométrie vivante. 

Son imagination a fait plus, et son apport personnel ne consiste pas seulement en un 
choix de moyens et de matériaux, ce qui constituerait déjà une œuvre considérable, infini- 
ment utile. Par une opération d'esprit qui paraît toute simple maintenant qu'elle a été suivie 
d'exécution, mais qu'il fallait concevoir et mener à bien, M. René Binet a vu, dans cette vie 
invisible et précise sur laquelle il se penchait avec un désir si avide de pénétration et 
d'assimilation, non seulement les moyens de créer les formes architecturales et les ornemen- 
tations sculpturales des objets, mais il y a vu aussi, magiquement, les objets eux-mêmes, tout 
faits, tout prêts pour la réalisation. 

Pour cette raison, s'il avait besoin d'une raison, il peut généreusement distribuer 
à tous cette moisson qu'il vient de faire. D'autres ne verront pas ce qu'il a su voir. Us ne 
verront rien, ou ils verront autre chose. L'honneur de la découverte lui appartient, et 
l'honneur d'une certaine réalisation, qui sera la sienne, lui appartiendra aussi. Son secret, 
car il en gardera un, sera d'avoir distingué^comment toutes ces formes d'existence lancées 
dans tous les sens pouvent suggérer l'idée d'appliques électriques, d'agrafes, de bagues, de 
bahuts, de balcons, de balustrades, de boiseries, de carrelages, de chapiteaux, d'entrelacs, 
d'encorbellements, de flambeaux, de girouettes, de grilles, d'horloges, de lanternes, de 
lustres, de mosaïques, de papiers peints, de pommes de cannes, de rosaces, de tapis, de 
vases, etc., pour prendre seulement quelques-uns des sujets abordés par cet ouvrage qui est 
un vaste dictionnaire de formes usuelles et décoratives. Bien mieux, M. René Binet a su 
voir, le plus souvent, dans la même forme, le principe de plusieurs objets différents, et il faut 
croire qu'il a raison puisque tout ce qu'il présente ici apparaît construit et logique. 

Telle est, brièvement indiquée, la substance de ce recueil dont j'indique suffisamment 
les origines, dont je n'ai pas à indiquer, davantage, la documentation. On ne s'étonne 
plus alors de découvrir, dans les œuvres de l'architecte de la Porte monumentale de l'Expo- 
sition, on ne sait quelle parenté lointaine, que l'on n'arrive pas à définir, avec les concep- 
tions de l'Inde, de la Chine, du Japon, de la Grèce, du Mexique, de la Mauritanie. C'est 
comme un vague ressouvenir de tout cela, et pourtant ce n'est pas cela, — il n'y a que la 
remontée vers les principes, la rencontre dans la même étude. 



14 

C'est dire le haut intérêt de l'œuvre qui va suivre. 11 sied d'ajouter que tous les 
objets rassemblés ne sont pas montrés seulement dans la forme linéaire généralement usitée 
par les architectes, mais dans leur forme complète, massive, avec leurs surfaces accusées par 
l'ombre et la lumière. La présentation est nette, l'explication est aussi attentive et détaillée 
que possible. La conséquence qu'il faut maintenant désirer, et qui paraît devoir fatalement 
découler d'un tel travail de recherches, c'est que M. René Binet nous donne, après de 
tels préceptes, des faits, — qu'il achève de créer, d'une main sûre, les objets que son 
imagination d'artiste a entrevus, et qu'il nous révèle déjà ici comme possibles et 
harmonieux. 

GUSTAVE GEFFROY. 



TABLE DES PLANCHES 



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1 


Abri. 


2 


Agrafe. 


3 


Anneau. 


4 


Armoire. 


5 


Balcon. 


6 


Banc. 


7 


Bijou. 


8 


Bordure- Encadrement . 


9 


Bouton électrique. 


IO 


Brique ornée. 


1 1 


Carrelage. 


12 


Céramique. 


i3 


Chapiteau. 


>4 


Clef. 


i5 


Clôture : Bois. 


16 


Clôture : Grille. 


'7 


Clou. 


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Corbeau. 


'9 


Couronnement de Tours 


C 2 ° 


Décor champêtre. 


21 


Enseigne. 


22 


Epi. 


23 


Escalier. 


C 24 


Etoffe imprimée. 


25 


Eaîtage- Crète. 


26 


Fer forgé. 


27 


Ferronnerie. 


28 


Fontaine. 


29 


Frise. 


3o 


Girouette. 



3i 


Heurtoir. 


32 


Incrustations de plomb. 


33 


Jardin. 


34 


Lanterne électrique. 


35 


Lustre- Vitrine- Applique. 


36 


Lustre électrique. 


C 3 7 


Magasins. 


38 


Marqueterie. 


39 


Métal repoussé. 


C 4° 


Mosaïque. 


C 4' 


Papier peint. 


42 


Pied de mât. 


43 


Pentures. 


44 


Plafond. 


45 


Plaque de porte. 


2 46 


Pochoir. 


47 


Porche. 


48 


Porte. 


C 49 


Revêtement. 


5o 


Rinceau. 


5i 


Rosace. 


C 52 


Sgraffito. 


53 


Siège. 


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Socle. 


55 


Tapis. 


56 


Tapisserie au point compté 


57 


Treillis-Treillage. 


58 


Tympan. 


5 9 


Vitrail. 


60 


Voussure et Arc. 




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