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Full text of "Mémoire pour justifier que le sieur de Beaupré est l'autheur du procez et de la mort de Jacques Levesque, et de la fausse supposition de son prétendu testament de mort datté du 4 aoust 1640"

// 



1^ 



Uit - * ' 




I 

MEMOIRE TOFR IVSTIFIER 

qm le (leur de Beaupré efi i'autheur duproceZj , 
(^ de la mort de lacqms L ueÇque^ ^ de lafaup 
fe fuppofitïon de fin prétendu tefiament de mort- 
datte du ^. Aoufi léjfo * 

E cinquiefmc Aurîl 1^40 . a eflé fait l'efla- 
bhflement de la Chambre pour la recher- 
che des faux-monnoyeursî cela efl: con- 
rtant. 

Beaupré d it a la fin de 1 a page g . du Fa- SàtA^rl s'enfuit it Pjtrù mf, 
dum général des Officiers de Morcaing, fi t«:t ^là'il -yoid ^ue i'o» or- 
qu'il eftoità Paris en Décembre i6f^. Se denneUricherthfdfsFâHx-msn- 
qu'il ne retourna en Normandie, qu'au mois d Auril mil fix »9ji'**rt. 
cens quarante. 

On maintient que Beaupré fe fcntanr coulpable de fauflc 
monnoye, & ne fçachant pas quel ordre on tiendroit&quel 
train prendroit ccfte recherche, il fe retira, ayiftant mieux en 
appre idre des nouuellcs de loing. 

Beaucoup de perfonnesfongent à leur confciencc, voyant £/? dJMtrty de fingtr >femr 
cette abolition generalle , & s'cfcriuent les vns aux autres d'ajffiretfarfaeem^ÎJcei, 
pour aduifer ce qu'ils auoientà faire ; d'autantquepour iouïr 
de l'abolition accordée par fa Majefté aux coulpabics, il fal- 
loir nommer fcs complices, 

LaMenainuillc cft mifc hors desprifons le l^. luin 1^40. Ei^denemiparUMenaînml' 
en ce temps là elle afTcure Monficitr de Moncauron de luy Ufin mary & 4»tres. 
dénoncer vne grande caballc de Normandie , de laquelle 
Moniicur de Beaupré Trcforier de France, &:MonGcuc de 
Bois Olliuier foiUi&: en cftcô: le dénonce. 

En ce temps Beauprc ayantrcccu ces aduis de beaucoup de CempUtteaaec Guymareheret 
fcscompliccs, &L voyant qu'il eftoit impolîîble qu'il fe peuft ^ BachfU.Jefairftre^drfauei- 
Cmuct de cc(icxcchcrchc;pro)ctt3.zucc GuymarcheresLicu- ^ue mifirabUprrugfaUment ,0* 
renantduPrcuoftfon coufm germain infigncconcufllonnai- de Uy fappsier >« te.ammf 
re,rachclotgrand&nocablefauflaire,&fon frerc Ferricrcs d^^^^t^afin d'^ccu^rr ^mhn 
licutenantffcncralde Mortaïngrquicftpauure&incommo- ^'«'■/"'^''■"'f > <T d, fe rendre 
OC en icsarrairesîdc raire pendre quelque miierablcprompte- ' 

mentiVprcuoftalemcnt, attendu que par rcftablilïcmcnc de 
kChambre, tous Officiers au oient cftc interdits, S>ù pensè- 
rent tous cnfcmble de fuppofer vn tcftamenc de mort, dans 
lequel ils mctcroicnt telles perfonnes que bon leur femblc- 
roit: Etainii Beaupré creufl: qu'il fe rendroit ncccffaire au 
ficur de Montauron , duquel il auroit vne commiOîon pour 
foncoufin Guimarchcres, par le moyen duquel il pourroit pi- 
corer fur rout le monde i Et par cette coiifidcration fe met- ,^f; 
troitnonfeulemeiuacouuerC;iiiaisencores û en profiteroir \ 

A 




l 



l 

fon frcrcFcrricrcs ScfoncoLilin GuymarchcreSj qui font des 
niifcrablcs affamez & qui font des concufTiôsiournellemenr, 
pour vingts^ trente mÏL Hures. 
Gtiymarchfres indicqueLtuef- A ccttc fin lacques Leuefque autrement T Anglois , par ce 
Hetsmmeifnptitt [nt frspre a qu'il cftoit d' Aiigletcre, autrement de Partout , appelle le 
^eurdtfftm. Fallût, Ic Sibîlot, îc Bar on d'ifopc, qui eftoitvn gueux men- 

diant de porte en porte, &:vn fol infenfé ôihcbeté,au vcii 
& fçeu de Guimarcheres , qui l'aucit vcu fouetter chez le 
Marquis de Brefle quelque temps auparauant, pour les ex- 
trauaganccs qu'il commcttoit iournellcmcnt : Eft indiqué 
par Guymarcheres, comme vnfub jet fort propre à Icurdef- 
fein-, d'autant que n'ayant ny bien, nyparens,ny amis, nyrat- 
fon pour fc défendre , & ne fçachant ny lire ny efctirCj il fe- 
roit facil c dcluy fuppofer tout ce qu'on voudroit. 
On le tond4mnt miujiemtnt'À On l'arreftc le dix-huiâiefme luillet 1640. & en quinze 
tpre pendu Uquatritfmt d'jieufi iours on luy fait & parfait fon procez de tous points, on le 
\6^Q.Cron luyfuppsfefnH^tmetit condcmnc Ic 4. d' Aolift a cftre pendu , & appliqué à la que- 
n>n ttjMmtnt dt mtrt. ftion pour la rcuelation de fes complices dit-on;Mais comme 

l'on fçauoit que ce miferablehebeté n'en auoitpoint,&quc 

cen'cftoitque pourauoir prétexte de luy fuppofer vn tefta- 

ment demort{aufliquedc tourmentervn panure innocenta 

la que ftion inutillement,ccla faifoit horreur à fcs affaffins , &: 

que d'ailleurs il euft fallu que le queftionnaire e^Ift cflé prc 

■fent,qui n'eftoit pas delà caballCjÂ: qui fans doubtc euft cftc 

plus humain , moins cruel & moins mefchant que ces Iugcs,&: 

qui les ci^ peuaccufer) on ne luy donne point la queftion, 

& mefme on ne la luy prefente , qu'après que l'on luy a fup- 

pofc ce prétendu teftamcnt. 

Veiraifite^ue U rtneentredtî Et parce quc Bcaupré aprehcnda deflors , que la rencontre 

iMUi de rejiMiJfement de U des dattes dc l'cftabliflcment de la Chambre pour la rechct- 

Ch^mUe, d.sMJu,s^u4f>ouH.,t ^j^^ ^^^ maluerfations commifes au fait des monnoycs,qui 

Muetr reeeut de fes cembltces , n • 1 a i , n * n. 2, n ■ rr 2 r 

trde u den.nciLndeLMe. eftoit du j. AuH 1^40.! Arreft d'eaargifTernent des pnfom 
namniHefonmao^autrei, ne delaMcnâmuille,qui eftoitdu i6, lum, Ô2 la dénonciation 
fjfent defceuarir U feuilt, Ufait dcMcnainuinc & aucrcs qut cfloJt vcï% cc tcmps- Il , nedcf- 
antidatter U Jemnciatien deJd- couuriffcnt vn iourrhorriblccruauté qu'il au 01c inuentcc,&: 
c*h{yU dtfofititn de Bejnier, qu'i] faifoit commettre par Guimarcheres Preuoftfoncoufin, 

&: par Ferrieresfonfrere. llscflimerenttous enfemble qu'ils 
fedeuoient préparer toutes fortes de deffenees de bonne heu- 
re ; Pourraiibn dcquoy Beaupré fut d'aduis d'auoir vnc de 
nonciation&del'antidatter, &parcequ'vnfeula£te de dé- 
nonciation fans aucune fuite ne luy fcmbloit pas affei fort, 
tant l'horreur de fon crime luy donnoitdefiad'apprchcnfionj 
il futd'aduisencores d'appuyer cette dénonciation deJa dc- 
pofition d'vn tefmoin. 

Ccftpourquoy l'on rechercha lefieurde Vczins, (dansia 
ParroifTe duquel ledit Leuefque demeuroit) de leur trou- 
uerquelque dénonciateur, qui leur ayant mené Pierre îacob 
àleur prière, Bûchclot&r Guimarcheres compofcrenrvnede- 
nonciation à leur fcfte,&: rantidarcercc de près dehuift mois, 
l'ayant dattéc du 7. Décembre 1tfj9.au lieu qu'elle n*a eftc 
véritablement faite que le xj, luillcc 1^40. èc parce quilï 



5 

aiioiciitrerjlud'aiiojï'denx adcs d*vn mcfmciour, Guimar- 

chcrcscnuoyaquerirpar Bacheloc le nomme Philippcs Bcf- 

nier, auquel ils firent figncrpar force vne depofition qu'ils 

auoicnc faire comme bon leur auoit femblé , laquelle ils anci- 

datccrcntfcmblablement, fuppofant artificieufcmentpai le 
difcours de ladite depofition, aufli bien que par le datte qn'ils 
Juy don nerent,qu'clleauoiteftc' faite le fepdefmc Décem- 
bre 1^59. 

Ec afin d'appuyer toufiours ces fauflctcz i Dans le veu du . Qf' 'if*'tdj>i>uyerf>Jrd'4utnt 
decret,qucGuimarclicresa datte du zo. luinjl fait mention circaff^met^tttrU mtfme tffet, 
de la dénonciation de Piètre lacob (ce qui n'efi; nullement 
ordinaire) &: de la depofition dcBefnier, qui eft vneautre 
faiilTèré,ayantert:é impolTible d'auoir veu des ailes le 2.0. Juin 
1640, quin'ontcftcfaitesqucIci|. luillctenfuiuanc. Ec afin 
qu'il n y euft rien devray du tout, Guimarcheres a cncores 
employé dans le procez verbal de pcrquifitionfaite chez Le- 
uelque, leiourde facaptute, quieftduiS. luilletjla dénon- 
ciation qui n'a efté faite que huit iours après, tafcliât toufiours 
d'appuyer parla multiplicité de ces a£bcs leur première fauf- 
ieté, qui a eflé le fon démet de toutes Ics'autrcs, & qui les a ren- 
dus plus hardis dans l'exécution du defifcin abominable qu'ils 
auoientconçcu, quicftoitdc faircmourit vn innocent & eu 
accufcrpUifieurs autres, pour fauuervn coulpablc. 

Bac helot de fon coftc qui cherchoit fcs précautions & qui Btchelot figne U moim fud 
fcruoit de Greffier en cefte affaire, tafcha de faire paroi ftre fon ^«k e^ p^fi^^le ddns^ Us informa, 
nom le moins qu'il luyferoit poffible, & bien qu'il cfcriuift f»w , Cr^«'^'"'#y«>'««/'«- 
toutesles depofitions des tefmoins aufquellcs il adiouftoit {'"«J^J ^^^^ 
toufiours quelque cliofc, neantmoins iln'a figné aucune in- *■''*"-'*' *! 
formation , &:tanto(l il s'eft feruy d'vn nommé le Breton, 
tantoftd'vn nommé louaulc, tantoft dcLangelicr&: autres, 
afin que iamais on ne s'en pcuft prendre à luy,& qu'il cufl pour 
garcnd, (des faufTetcz qu'il auoit luy mefmcscommifres}pki- 
ftcurs miferables qu'il furprenoit. 

EtparccqucletcftamcncfuppofédcLcuefqucdeuoiteftre Bacheht fahiaae le faux f rfW- 
nccc{rairemcntmisauiour,& que Bachelot nefepouuoitdif- ntenty^ntlfmto'fff^itflttjieufi 
pcnfcr de le figncr , il l'a fait efcrirc par vn nommé le Vannier f^ti comme U pUtfliBfaufré^0^ 
après en auoir fabriqué la teneur, &: non pas vnc feullefois ^^finf^ireefcrireîedtrmerféttk 
feulement, mais après l'auoir changea: corrige pi ufieurs fois """*'*»* ^-«««'w» 
depuislamort deLeuefque, felonqu'ilaplcuaugrand efpric 
de Monfîeur de Beaupré , qui a efté la caufe & le principe de 

toute cette affaire , dans laquelle il a priacipalemcnc agy Btaufri ayant «piV dutheur it 
comme 1 c pri n c 1 p a UncerefTc , " f»*"' i^ein , H tramstlle m tn 

faire rtùfîir Itfruit^miiten fiUét 
frtmh. 

Et peur le Jufitjier , Pour cet effet. 

ît Incontinent après que Lcuefqueaeftc pendu, Beaupré a Hfaitefcrirea DesUttes^ tr 
fiit efcrire le Curé de Crefnay à Des buttes, pour ad uer tir ditUUtenmr de U lettre. M ar^ 
Launay-Graué, Tcrtrc-Barré, Tertre- Ianfon,&: autres, de ce ftf del'mterf/} ftt'ilji freotie, 
Teftamenc, &£. luy a di£tc le Formulaire delà Lettre qu'il de-* 
■uoiccfccirc. 



J^a à S. Aféilo (uji mefme le t. Bcaiipré s'cnBuyant dc n'auoir pa5 rcfponce afleztoft,, &: 
dixiffmeDecembre0'fdit *duer- voyaiit quc fon dcfTcin nc rcvflifloicpas comme il s'eftoitpro- 
tir LdundyGraué parDeshums. mis, s'cn vaà S. Malo , fous prctcxtc d'vn mariage pourvu 
Marque defentmpétiencc. autrc, & y cftantleio. Septembre 1640. enuoyc Desbuctesà 

Lamiay-Graué, quin'eftoic arriuc de Nantes audit S. Malo 

que le iouu précèdent, pour l'aduertir de ce Teftament > & luy 

faire peur d'vn grand Partifan de Paris, & luy propofer que s'il 

^ VQuloitfongcr à quelque accommodemenCjque l'on ietteroic 

' ■**' tout au feu. 

JietêHftie H S. Mah, >*«r 3* Le é. Odobrcenfuiuant Beaupré retourne à S. MaIo,&: 
temfafer de U fuffofxtian jAxtic faitenuoyer leanne Boulayc chez Tertre-Barré , au moins 
« 7ërtre-Barré,Mar^f4f fit' tien chczfon frcre nommé Mctpic (parceque: Tertre-Barré eftoit 
efeitkmdifre. lorsàParis,) ic luy fait direjQue s' ilvouloit accommoder l'af- 

faire de fon frère , qu'il y auoit vn Baron Normand chczia 
femme de Desbuttes qui en auoit tout pouuoir; Lefrcrcdc 
Tertre- Barré en parle à fa femme. &: confuke le Lieutenant 
General &: le Lieutenant Particulier de S. Malo , de ce qu'il 
auoit à faire, &: comment il s'y deuoit comporter, & ce iout 
mcfmc 6. iourd'Oftobre, efcritàSadocàParisces nouuelles 
de ce Baron Normand qui cftoit venuà S. Malo pour tirer 
Tertre-Barré de ce prétendu Teftament. 
J)it ftt' il tirera f lus de eitt^$fa- 4 Lc mefme voyage Beaupré fc vante qu'il tirera plus dccin- 
fe mil II ares de cette afpttreycau' quantc mil liures dc cctte affaire . 

fi fin4RedeU mort de Leuef^ue. y. Le I r. d'OftobrcBcaupré ayant apptis que Ic fils de Ter. 

Marque der grandes f>r<flwr „g.g^,.j.é g^fon Neueu , Baronnîc Crofnier (Porteurs d'vnc 

3ma ZtlT""'"*'' '''""^'"* lettre dcDesbuctes dattécdés le mois de Septembre pcecc- 

^a treutter thrz. le Curé de danc & addreffantcau fieur de laTourie Père de Desbuctes) 

Crefnayjefih deTertre Bdrré er eftoicnt chez Ic Curédc Crefnay,&: qu'ils defiroient parler 

fin nefuen qm ne le demanduient au fieur de là Guimarchercs pour Ic fait de ccTcftament,lcd)t 

f(ts ET y«» cherchaient Gttjmar- Beaupré les vatrouucr,3i: Icur ditj QiTil n'auoirpasiugéàpro. 

eheres. Marque que c ejoit ^Im po5 qu'ils vifCentlc ficur dc la Guimarchercs; Et croyant cllr: 

finajftire ^ue celle de Cmmar- plus habille homme que fon coufm lcditGuimarchcrcs,iluf- 

'"'"* chede Icsfairctombcrdanslepicge qui leur auoit tendu &: 

préparé. 
LeifeaHyUetdeBea»frèycit ^ Loifcauvalecdc Beaupré faux-monnoyeurcommeIuy,!i 

Ai^n/teur de Montauron. Qut , 1 1 ^ j j r j 

^ :^ , „ L - I- r contre lequel il y a décret de prile de corps comme contre 
*H9it danm tette chartre a Letfeau , >■ J r r ^ 

Jînen fonmaijrref Beau prc , s'entremcc de cette affaire , & voit Monùeur de 

Montauron plufieurs fois. 

„ -. , _ ^ 7. Loifeauveutfaireprendreà Paris Launay-Grauc,& VI 

Keut faire prendre Launéy Or*. j/-,, tir- n 

,.■',, ^ ^ n j .. auec du Change le luy rairerccoo.nomre. 

uen eU-ee pas l>ne acte de partie. „,,ri-.# /^ ^ ■ •/•. 

^;, „ - .- S. Moniieur de Montauron turpns, ouau momslesAscns, 

• Ny Beaupré ny Letleau, »e , ^ jt» - ce- r ■ 

^ ./■ . r ^J i r.^^^ des artifices de Beaupré, ne taitrairc aucunes pourluiticsen 

font pttnt pûHrfmms PAr le Jteur ii> ., ' r 

deM<>nfauron.N"eî cetaslapre- conlcquence des dénonciations qu il auoit entre les mains.ny 
mtere recompenfi de cette Ju^ptfi- Contre ledit Bcaupre , ny contre Loifcau fon valet ,efpcraD: 
tim de feftament' Eoulîours qu'il Juy dcuoit reucnirdes fommes immcnfes d'ar- 

gent de cetteaffairCj par lemoyeii dudic Beaupré. 
^. Beaupré voyant que Launay Graué trauailîoit à l'efclair- 
cifTemenrdc la vérité & àfaiufliflcacion, ^ que par Arrcft du 
findefein e[cboué,aecufeLaunày ô.Odobrc Monfieur Duduytauoir efté Commis pour inftruirc 
Graué de l'euafendesprifitinien, Taccufation qui auoit efté formée contre luy par lafuppofition 
O" par ce meycnâmne le thange dccc TelHment, auec deffenccsde paifer outre aux Officiel 



/• 



Beaupré Seyant par l'interdt 
llion des Officiers de Msrtaingy 






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«ïcMoruiJîg, ( Icfquclsvouloicncfaiie Icprocczà là femme ^ Meffietfn df U Chamh} 
dcLcuçrque&aucicsprifonniciSjpourfortiiîei&rGouLuirleur Launny GranèyO* au feur de 
prc m ic rcni c fc lian c e ce p a r d' a u I r e s fu p fi t i o n s d e Te ft a m e » s ) Mtntat^ro. Cette ru je efeUed'itn 
^rainfi qu'il luy eftoicimpoflible de rendre Launay coupable, htmmtmmcent O^fmstnterejU 
puis que Tes faulTaircs ordinaires n'en deuoieni: plus efirc les 
luges &:ks inftrumcns, ledit Beaupic s'aduifa dVn nouueau 
ftratagcrae; qui fut, de faire coune le bruit que la perte eftoic 
danslesprifonsdeMortaing, &;fous ce prétexte il fait mettre 
de hors Icfdits prifonniers,foitcn haine de ce que laChambre 
leur auoîc lié les mains & empcfchéde leur faire le procez, 
comme ilsauoient médité pour fortifier leur faux Te ftamcnc 
par d'autres fembUbles; Soit de crain ce qne le fditsprifonnicrs 
cftansanienez àla Chambre, ils ne fcruiflentàla conuidlion 
deleurinjuftice: Mais Launay-Graué s'eftant plaint de cette 
cuafion, ledit Beaupré par vn nouueau Confcil, trouua à pro- 
pos de l'en accufer, &. ne pouuanccrouuer de fondement dans 
îepremier crime qu'il luy auoic voulu fuppofcr, il luy fait vue 
nouuelle accufation, &: d'abord fait tant de brui6t de cette 
fuitte de prifonnicrs; Qlî'îI empefche encore le fieur de Mon- 
tauron delepourfuiure,Icquelfieur de Montauron ⣠fcs gens 
difoienclors, qucfileTeftament de Leuefquenc fctrouuoic 
veritabie,&queLaunay Grauénefufttaxé,qu'il falloir que 
Beaupré le fuft. 

10, Pour cetteraifonBeaupréfoUicite Guîmarc hères d'in- Beaupré felUche Cmm Mrchtre 4e 
ftruire &; de faire le procez au Gcollier,& luy reproche d'ellrc faire le pracez^ a» Getllter, t^ 
trop pareiîeux, Guimarcheres luy refcric en Décembre 1^40. "pourqmojf fe me/le-dde cejïéa^aite 

S^luî"^ . , . . ^. r.^...nt^....^j. 

tCjfli 

_-__'. -^ , ■' " •' ~ . '^ _ , ^ Itiy demande tl conjeti yjmtn ah^ 

en eftedt Guimarcheres ayanctait cinq ou hx lours après cm- Beattbri e'hn l'autheur de cep 
prifonnerlc GeollierdeMorraing, il en donneaduisà Beau- faurbe^^tnl en recsfrntiiïàn V tm* 
pré comme au premier Auchcur & principal interelTé dans partance cr fi^Hoit mteuxi les 
toute cette affaire, Se mefmes luy demande, La yoye qu'il doit moyens de U ceninirea L«Htfite 
tenir contre le GcoHier pou» le faire ^rnÀre, Gutmarcbires. 

n. Aumois de Fcuricr 1^41. Beaupré s'cmbarafle icyàla j},^,p,éj,, ..'Un'apoinrdme^ 
Chambre , & prefente Requcfte pour refpondrc a vne du ,^?^^wV«-J7.«^e.;r//S»/7,.r.er 
Geollier, & dit que dans l'cuafion des priforîniersil n'a ôc ne demyiJeaueftnprocez^ercelttyde 
peurprendre aucun intereft ; Ilrefpondà ce que le GeoUier Fsnier forent mgez^ feparément, 
allègue qu'il a mis lesprilbnnicrs dehorsparl'ordre du Lieu- -<'»/ ilffyonque le difcoursque 
tenant Gênera! îll maintient que cela n'cfVpoint,qu*il ne peut beaupré ttentàUChamhe^ejt S. 
laiirerattaqucrl'honneurdefonfrerefanslcdeffcndrciEten 'f"'" '«^ ^-^''-« ^''/^f^'^t 

£1 1 r o iJr'„<î,JT G mmarcheres.&o' iffte ta dthonCtto 

nn demande que Ion procez, &;ccluv de rorcierSd de Launav ,. ,. /.. ■* 

- , _ . ^ -' * ' ■' ait tl demandait, n e,:0it f lie ùûftr 

Graiie,foientiugczfeparement. ^ . - Ibfcurcr U^entè. ' 

11. EnfuitMjdetoutescesentrcmifesS^decesfolicitacios, la Beaupré fan donner ^arhukrt h 
Chambre a^Kit ordonne par Arrcft du zy. Feurier 1641. W de f^dUhier\^n mémoire co. 
qu'il fcroic informe par Monfieur de Villayerde cercains faits treLaunay Graué,dar>i lequel U 
extraits âcrcfulcans de tout le procez, Beaupré fait donner 'VettrfatrepaprB^cheleti^Gut. 
parlcricurloubertCommisduficur de Montauron, à Mon- «J^rcheres pour des perfonnes de 
fieurdeVillayerenpartât, vnmemoircarnficicux,pourcoM^ f^^'^tetntegr,té:fUUer^^^^ 

,. ■ j- -1 T ■ #- ' 1 r 1 .' ■ euif efte capable de felaifjerprciif 

UamcrcQit-ii,LaunaY-Grauc,tancdcioncrimenuc dclcsim- ^ ,f, yr / j 1 

f, J , Il A II ' 1 ■ J T, n'r.QudefelaiJJer furprendre: les 

pofturcs,dauslequehleatres-rcmarquablc qu il indique Ba- j^^^f^^res Jejafa/sm servie ^ cop- 

13 cufsionnairei nctrigmphetùiît-tU 




Mi 



pas de leur crîme , er i' i**»»">^^* chclot & G ni m archer es audit fieur de Vilhycr^pour deux 
dcLéun^yGraHéM-yerné&U perfonncs d'viic intcgritc- mcmeillculb, &:àUfuy dcfqucisit 
j •■ te peut ccrramemcnc confier. 

"Be^H^riefirn à Frrrifres ^à M; Auffl tofl quc MonfiCLii: de ViUaycr cft parcy , Beaupré 
C mmArcheresyifn' thtitichet d' a- dcrit à Feruicres Si à Guimarchercs, qu'ils tafchentd'auoir 
tteir'vne4neJf4tiondeUf4^tj[ede vneattcftation des ParroilTicns de Vczins , comme Lcuefque 
Leuff^ue: cette precAutton ne mdr- n'eftoit point fol, & qu'ils nc manquent d'aller au déuant du- 
queeUe pM tnfatUihlemrnt ^ que dit ficur de Villayer,&: lu y prcfcntcr d'abord cette a ttcftation. 
Leuefquee^mjol^et qu'ils le C'cft poui" ccla qu'on a cHCore recherché le fieur de Vezins 
•", ^ r -r • Sei2ncurdcIaParroinc,auquelon a enuove vne attcltation 

pu 0^ jam artifice ^ 0' n a pM ^in^ /* A ^ „-r- l»r r 

lefoin d-^ne Jtcfatun mendiée toute dtcflee pour faire figneraux Parroiffiens dcVezms fcs 
puHrfiU'rertcifrmiJîre, vaflaux , portant qu'ils n'au oient veu faire aucune folie de 

corpsnya efprirauditLeucfquc, Ce que ncantmoins lefdits 
Parroifliensde Vczins n'ont voulu faire, qui eft vne preuuc 
certaine que Lcuelqueeftoit fol. Car autrement, pourquoy 
euffent -ils fait difficulté de figner ladite atteftation , &: poui- 
, quoy eneuifenc ils refufé leur Seigneur. 

SeAuprê fan prier p4r derrières 14. En ce temps-làBeauprc efcrit encores aux mefmesFemc- 
^^Guimarcheres le fieur de F«f- res bc Guimarcheres (pour faire croire le Teftament dcLcucf- 
K.mi,àe dire ^u tl atteit foiliatt g^e véritable) que M*" de Vezinsaduoiiafl qu'il auoic prie Le 
Lemfque défaire de Uf^ujje mon- ^^f j^ trauaillcr cn fauflc rnonnoyc pour luy , mais que 

nùjepsmlttyA tnetutlite de cette in- • j- ■ 1 j- t r /-«• V . 

-^ ^ /' ^ , ,■ c cftoitpour voir ce que diroit ledit Leueique : C cit pour CEE. 

prtere,0' lefoinhextraordmatre, z-*^ f-.-^_^- 1 ^, 1 * 

marquent Jueciertttud.Ufauffe. ce raifon que Ferrieres& Guimarcheres recherchent encorcs 
tèduteJamentde LeHefqtie, 0' U Ic ficut de VezinSj luy patient en fcctet, luy monftrent cette 
part qu€ Beaupré y duanparfûn lettre de Beaupré, & le conjurent de dire qu ilauoit prié Lt' 
tn^uictude* uefquedefairedelafauiremonnoyepour luy, mais que c'e- 

ftoit feulement pour apprendre fi ledit Lcuefque fe mefloic 
de ce meftier-là, &c comme ledit fieur de Vezins ne veut pas 
confentiràvncprierefiinciuile, ilstafclicnidc luy perfuadcr 
qu'ilncluyenpcutarriucr aucun mal. 
v •. a . ^'c-.r- lî- Auffiroft que Monfieur de Villayer eut decretcé contre 

Ferrifreseliantarreitefattefcri' ^ ,_.^_. , t4ii„ t-. 

tek Beaupré qu'a rfejUit^^r^i- Beaupré, Fcmeres, Guimarcheres &: Bachelot, & queFerne- 
fettnaUe que fa 'yte^finhien cr res & Bachelot furentarrcftez, ledit Fcrtieres faitelcrire vne 

fm honneur furent en compramit lettre à fon frète Bcaupté, '^u il H cji pM rAiforifuible que Ja,lir,jl>lt 

peu rluy], Etbte Beaupré la platn- bien ^ fort honmurfoicnt en compromis pour luj . 

tede'\Qpre frère "yous condemne- 

elle poii' Eiles l/ius innocent de l'auoir mis dans Tefât oit ilefi 

Beaupré danne ordre de faire fuir i6. Cc futloi's que Beaupré donna ordre que Ton fîCl fuyt & 
0^ cacher le demnctateur. N'a- cacher lacob dénonciateur 5£ fonPcrc, de crainte queMon- 
utex.i>»uspas peur qu' d denôctaji ficur dc ViHayerarriuantdanslepays ne lesinterrogeaft, Scnc 
lecoufpaI,le,apraque')>ous4uie^ dcfcouurifl: de leurfimplicitc, U verité de cct antidatte. 
fan dénoncer l innocent i" ^ Beaupré voyant fon frère -Fcrrieres & Bachelot prifon- 

Beaupré [e met prtfonnterptur . A • 1 r j 1 c rt< ' o r 

r- r f . rr nicfs, QUI ïçauoieuc Ic iccret dc toutc u raulletç.& que il cou- 

fauutr Unfrere (^ pour \e Çauuer »17 ,_. , r r àj^ ^ ■ , 

/«.™,r«,, ,^.^J»t^ulhA,«>,n ftumacc Scelles de Guimarcheres tailoir in^bitablcmenr 

luy rne\mei ^croyant que le aenon- \ r -k ^^ 

fiateur ne fe treuueroit tamais. ia condamnation de faudit Frcrc &dudit Bachelot , Icfqucls 
N' efl'cepM la L'effecî de la plainte par confequenc alloient dcfcouurir toute la fa uffc té, croyant 
deFerrieres & de la fiufraâion aulTi que Jamais lacob dcnoiiciateur &: fon Pcre nefe trouuc- 
dt*denonctateur:nauezj')>ou^pas roicntj Se refoult de fe venir mettre prifonnicr, & y faitcon- 
tu peur de la perte de -^oflre frère, f,>ntiraucc beaucoup dc ditfitultcGuimarcherei;. 
0" Idfu tte de ï actif n« l/ous a elle 
P'iifait rtti entr ? 




,7 
i8. AuHÎ-toftqucBeauprécftdanslaConcicrgtrie, il fcma ^*rf«/'?^ff«"/?»e'-^'>-//«f ?»^/3w*/^ 
plufîcursfadums tous pleins de mcnfongcs & calomnies, & pntqu'fnfintnNocence.cnfajiU' 

pardcsappellacionsqu'ii mterjctccdc la procédure de Mon- 'n^^l'''','^l^''^*'*''lj2l7t^^ 
ficurdcVillaycrCommiiraire, qu'il fait plaider fous diflrcrcns /'"'£^^<^'*'*"'"'''J'i'^ " *■?«' 
noms, parquatre ou cinq Aduocats ôc autant f Audiances,^^,,^^,,^^^/,,^^^,^^^^^,^^^, 
efperefjirecairercoutcl'inftrudionquiauoiteftéfaitepar le- mpo-mres er p*r appellation > , /* 
dit fieur de Viliayer ,& triompher impunément du crime le rmaerl'tn/^ru^itnfaiteparM' ^e 
plus cnormc qui ait iamais paru aux yeux de la luftice, Mais f^ilUhtn^n fjt H pM canjiat Bcàf*' 

'^ plus Us 
($tt 

Cite bit par Monfieur de Viliayer le trouua h légitime U h lu- p^tç^^f -y^^ de^^nceî ^«tdepm- 
ridiquc, après auoirefté tant de fois examine, que toufiours d^nt de-^sfre ititerro^Mfeirf er de ■ 
îcs Officiers de Mortaingontefbé déboutez de leurs appclla- Ueonfront^tfmdes tefmomsytHs 
tions &la procédure confirmée. efteientrâuteienueres. 

19, Ce moyen n'ayant pas reullî, Beaupré s'aduife de propo- BiAHprérecufe Jir le C*mmif~ 
fervn Caliierde recufations impertinentes contre Monfieur fatre,cr s'en prend à luyn'ayant 
de ViIIaycr, dont de ^o. articles, quatre ou cinq faits ayant /""" '"'""''■ ^ ''''^'^' ^ " f"'*^ 
eftéreceus,&DrdonnéqueIesrecufansenferoient la prcuue '»'«''A'^'«;';'««^'-'^'«'«f ;?*^' 

d. . „ 7 i • e\ ■ r f que tous les deiatstmditnables ont 

anscroisiours, &puisaans huictiours, Enhn après tous ces L^ ■ • - -^ r 

t » ■ 1 " , rt- ^^ n-i, " Jdtteûfnot'real>at litres auetoif. 

delaisextraordtnaires, leldits Offi«iers ont cfte déboutez ÔC tes-yôsrecûftttms ,M^ de Bedw 
candamnez en quatre ou cinq amandes. pré,efîûient da fuites affeiléesy & 

€*efi y eus acctifer ^ue de "vous ex^ 
(ufer de ceUe forte, 

10. Beaupré fe voyant réduit aux termes de fc àcf^cndrç p^r Beduprt est réduit p»ttr toute def. • 
les voyes de la luftice. fe trouuc bien empefché que dire dans A»^*' » * dne^uil ej} incroyable 
vnefimefchante caufe, oulefangd'vn Innocent qu'il a fait i'* 'i'^yf^'^mmu 'ynjî grand cri^ 
pendre, crie vengeance contre luy, & ou il voit des luges »'<'1'*'f^fl*^>d<,ntonlaccufi,^^ 
plains d'cfprit& de probité, &: par confequentincapables d'e- S" '^fi»^^*^^pf -Mi a.theur 
ftre trompez ny corrompus. ^uipune^u ,1 ejî ççmmemè dès le 

tHffis de iJecemire 1659. ff nu si 
ntftàeeufè qu 'en fuln 16^0. Ceux qui l/iUi CD^natlhfnt Beaupré et qui fcauront l'hMêire de "Coffre race. qui e;ltott. 
teiiunUrueu(edecrimes,ned3ttterenfptsque'yesiinef6yex^ capable et couipable de tout ct qu'en 'Vous accufè , et 
p»ur dire que Ire '^re crime eiiprcHuè : ilf^f/it d'en tu^erpar '\ofhe fettile deffence Je ptecex^ de Leuefque eji psileneur 
k l>9/}refui te de Parts^tt A y»Jre accu fat ton, .Et la. dénonciation^ et U depûjitien deBefnter,qne 1- ouj dites e^re du 7. 
Décembre 161^ . nejent que du z^. Puiù'et 1640' 

Il met toute fa deffc nce à vn feul point , & fe prétend In- 
nocent par la raifon feule qu'il cft infiiiiment coupable, & 
veuttirerdercnormitédc fon crime fa iuftifîcation. Parce 
qu'il ditqu'il cft inconccuable qu'vne fi horrible penféeluy 
foit tombée dans l'cfpritî Et pour faire paffer Launay Graué 
pourvn calomniateur, qui racciifed'auoir fait pendre L^uef- 
que & de 1 U)(^uoi rfuppofévn te dament , afin d'empefchcrla 
pourfuittc que le fieur de Montauron pouuoit faire contre 
Juy, en confequcncc de la dénonciation de Mcnainuille Qc fa 
femme, & autres; Il dreffcvn me moire par lequel, pour rai- 
fond'impoffibilité, il rapporte que Menainuille ( dans les ter- 
mes mcfmes de l'accufation qucluy fiit Launay Grauc ) ne 
Icpourroit auoir dénoncé qu'au mois de luin iC^o, & que le 



8 

proccz de Leiiefquteftoic commencé désle 7- de Décembre 
1639. & par confcquent qu'il ne peut auoir donné lieu ny eftre 
cai\,fe du proccz de Lcuefque. 

Certainement cecte deffence efl: infailliblc,s*il cft vray que 
le proccz de Lcuefquc aie cftc commencé dés le mois de Dé- 
cembre 1659. &: Beaupré n'en peuc-eilre l'autheur, &cÛ; In- 
nocent, Maisaufli s'il fe trouuc que la dénonciation de lacob 
&ladcpofitiondcBernierroientanti-dattéesjIleftfansdoutc 
par lamefmeraifon concluant, que Beaupré eft infaillible- 
ment le principe de toute cette confpiration. 

De ce fait la preuuc eft fi conftante au proccz, qu'il ell 
impoflible d'en douter, à prefent que lacob Père, &: lacob 
dénonciateur ont efté pris chez le beaufrcre de Beau pré japrcs 
auoir efté cachez chez deux de fes Neueux, & deux defcs 
beaux frères , &c il faut aduouër que D ieu permet vifiblement 
refclairciflcment de la vérité, àlaconfufion de toutes les ira* 
poftures de Beaupré, qui n'a pas feulement eu l'audace defe 
dire homme de bien éc de maintenir qu'il n'eftoit point faux- 
monnoyeur, quoy qu'il foit prouué par plufieurs tcfmoins, 
Mais qui a entrepris de charger de tous ces crimes Launay. 
Graué,enluy(uppofantîeteftament de Lcuefque qui efl la 
première faullc accufation qu'il luy a faite. 

En fécond lieu. Beaupré a maintenu qu'il n'auoit iamaiî 
cftc dénoncé par Menainuille ny fa femme , dont toute la 
Chambre fçait le contraire, & ce qui eft horrible, il a impute 
contre le fcns commun à Launay-Graué, d'auoir corrompu 
Menainuille pour le denoncerj qui eft la féconde accufation. 
La 5 . calomnie de Beaupré eft plainement iuftificc dans l'c- 
ualion des prifonniers de Mortaing, dont il a voulu rendre 
coupableLaunay-Graué, quoy que ce foit ledit Beaupré & In 
Officiers de Mortaing, qui les ont mis dehors eux mefincs. 

La 4. Eft infignc, en ce que Bcaupréa public par tout,quf 
Launay Grauéauoit fait noyer lacob le dénonciateur ,& ce- 
pendant il a efté pris, cache chez Ic-hcurdc la Duqucrie loa 
beau frère. 

Laj. Accufation que b eaupré a f\ii te contre Launay Grauc 
eft portée par ce grand Fautum des Officiers de Mortaing, (& 
dans lequel il ny a pas vne feule parole véritable ) avant dans 
lapage^. voulu faire croire, que fon frcrc le Chantre auoit 
efté empoifonné,Mais il eft public qu'il mourut iyurognene 
& après auoir trop beu devin d'Efpagnc, n'cftancaccoullumé 
qu'àboireducidreen Normandie. 

La 6. eft de pareille nature ayant mis fiiuflement en auanc, 
que Launay Grauéauoit fait empoifonncr les Pxud'hommcs, 
quoy qu'il euft certitude qu'ils cftoient morts de la perte. 

La 7. accusation que seauprc a in u entée eft que Laiina)'- 

Graué a corrompu trois cens telmoins pour dcpofer coiurc 

luy, qui eft vne allégation (î extrauagante & fi ridicule , c]u'd- 

Ic ne mérite aucune refponce. 

Et la 8. eft que Launay-Giaucà voulu faireaUaffiner seau- 



9 
prc, fous prétexte dele vouloir faire arreftcrprifonnicr , Se par 

ce que Ces calomnies font infinies, Launay-Grauc fc contente 

défaire remarquer, que Beaupré l'a accufé d'auoir fait pour 

cinquante-deux mil efcus de Reaux , d'auoir fait euaderles 

prifonniersdeMortaing,d*auoircotrompu Menainuille pour 

l'accdferfau{rementjd'auoirnoyéIacobledenonciateur,d'a- 

uoirempoifonnéle Chantre de Mortaing,d'auoir empoifon- 

néles Prud'hommes & leur mère, d'auoir voulu faire ailafli- 

ner Beaupré, & d'auoir fub orné trois cens tefmoins. 

Et eft fort notable qu'il ny a pas eu vnfeultefmoin, que 
Beaupré n'aye fait voir par perfonnes enuoyczdefapatt, pour 
lesobligeràfedefdirc, ou s'expliquer, de s'enfuir, ou foufFrir 
dcsreprocheSjOude rendre leurs depofitionsfingulieres ; Ce 
qu'ilapradiquéparfollicitations, menaces, incimidations5£ 
autres mauuais artifices, & cela fi publiquement que Launay- 
Graué a eftcobligc d'en faire plufieurs plaindcs , lefquelles il 
cuft vérifiez fi la Chambre luyeuft permis d'en informer ; Ec 
lapreuucquicft auprocez des fubornations que l'on a voulu 
faircde Menainuille, du Curé de Crefnay, &duficur de Vc- 
zins, tefmoigncntafiezdcquel air & de quel efprit Beaupré 
s'efl deifendu. 

Par toutes ces remarques Vautres infinies qui font au pro- Par toutes ctsrdifoas,Ufe Wf 
cez,que Meifieurs les CommlfTaires font très- humblement 1'*^ ^^ l'ente, l'inmcence er U 
fuppliezdeconfiderer,LaunayGrauéefperequ'ily a preuue 'jf'^^fi^ff'^^f^e Lmmj 
certame & muuiciblej Que Beaupré eu vn raux-monnoycur, , ^ , .- % r rr 
&vnmfîgnecalomniatcur,&:qu-ilafaitpendreLeuefquepar ^oLye Jcsfauffete^Jes cahL 
fon frère Ferneres, &: par fou coufin G uimar chères , & qu'il a „/^, , ^lesAjfapms .■ Quelfarti 
fuppnfé faufTement leprctenduTeftamcnt de mort du qua- penfc^, -yous^ue^rennott les<rent 
ctiefme Aouft 1640. lielteni