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Full text of "Factum, pour les religieuses, prieure et couvent de Noëfort, transférées au faux-bourg S. Nicolas de Meaux... contre maistre Nicolas Duchemin... et consors... [au sujet d'une maison sise au faux-bourg S. Nicolas de Meaux]"

1 



1. 

F A C T V M, 

Pour les Religîeufcs, Prieure 6c Conuenc de Noeforc , transférées au 
Faux- bourg S. Nicolas de Mcaux , Appellantes aux périls ôc fortu- 
nes de leurs garends,ïncitnées, Demandcrcfles enSommation3&: 
Defendcrefles en Lettres. 

(Centre Âdaiflre Nicolas Duchem'm , Admcaten U Cour^confors , en fans de defunÛs 
Adaifîre Efiienne Ducheminyaujîi Aduocaten U Cour^ ^ Aâagdeleme Nicolaijeurs 
père CjT' mère, Ihydijkns héritiers feulement de ladite Nicolas y au lieu de laquelle ils 
ont repris le procès ; CT atioir renoncé à la fttccepion dudit'Vuchemin , a laquelle ils ont 
fait créer vnCttrateun ^ ice lie Nicolas defon viuant, à la Communauté dudit de- 
fttnfî ^ d'elle y Jppellans y Défendeurs en Sommation y 0' Demandeurs en Ltttres, 

Et les Créanciers , Intiment €^ Interuenans , Demandeurs en déclaration d'hypo- 
thèque. 

L s'agit au procès , d*vn Contraâ: paffe en cette VHIc de Paris, le 14. lan- 
uier 162.9. entre defunfts Maiftrc Eftienne Duchemin, Aduocac en la 
Cour, S: Magdelcinc Nicolas fafcmme,d'vne part; EclcfditcsReligica- 
fes, agirtans par Maiftre Martin RocheronlcurConfcflcur, porteur de 
leur Procuration , d'autre : Par lequel Icfdits Duchemin & fa femme , ont 
vendu aufditcs KeligieufesvneMaifon &c jardin qu'ils auoient au Faux- 
bourg Saind Nicolas de Meaux , du propre 5c acqueft dudit Duchemin , moyennant la 
iommcdc^sooliurcsjlc décret à la main. Lequel Décret, les vendeurs s'obligent de 
fournir dans fix mois ; & cependant permis aufdiccs Reltgicufcs d'entrer dans ladite 
maifonpours'y habituer. Le prix fut tout paye comptant, à la rcferuc de la fommc de cent 
liures, retenue pour eftredcliurcc en baillant le Décret i Sicft porté par ledit Contrat 
que des cinq mil quatre cens liures payées par Icfditcs Rcligicufcs , kfdits Duchemin ôc 
fa femme en on c touche la moitié, fc mon tant à 1700. liures, & que l'autre moitié a eftc 
confignccés mains du ficur CorbincHy Dtidteuren Médecine, par cuxchoifyj&dcla 
foluabilitcduqucl.ilsdcmcurcroicntrcfponfjblcSjCnattcndanc ledit Décret. 

Suiuant ce Contrat, lefdites Religieufes f-nt entrées dans la mîifon , & l'ont accom- 
modée pour ellre propres leur profcffion^ nypouuans pas habiter autrement. Elles ont 
mis les lieux en eftat , qui manquoicnt de toute forte de réparations, fait baftir vne EgU - 
fe.fur les anciens murs d'vne grange, fait fa'rc des Dortoirs, des Parloirs, des Cellules, 
fait refaire les couucriurcs &c planchers j mefmes les murailles tout à neuf, & de hauteur 
conuenabicàb Clofturc qui cft de leur vœu. 

Cependanclefdits Duchemin &:fafcmme qui auoicnc l'argent dcfditcs ReligieufeSi 
&quinccrâiguoientpluslachcutcdelcur Maifon, fe mettoicnt fort peu en peine de 
leiirfournirlc Décret, llel^ vray pourtantjqu'ils auoientcommcnccdc le faire pafTeraix 
Cbaftclet: maisaullTcit il ccrtahi, qucLouifedu Tertre, vcfuc Maiftrc Claude Borde- 
reau J&; Louis Bcirdcrcaufon'Sl.s, s'cftans oppofez pour raifon d'vne rente dej^. liures 
vn fols hui<5t deniers, ils laiflew&iit tout là, Si ne firent aucun progrès. 

Lefdites Religicu es ne tourmcntoienc pas pour cela leldits Duchemin & fa femme, &: 
nVmploycrcnt que des ciuititez pour auoir ce Décret, jufques à ce que ladice vefue 
Bordereau &clon fils, voyans que le Décret n'aduançoic pomt , intencerent vnea£tion 
contr'ellcs etv déclaration d'hypochcquc , en l'année \ê}^. qu'elles furent obligées de 
i"ommer& dénoncer auCdics Duchemin &fafenime , qui firent renuoycr laCauie aux 
Rcqucftes du Palais, où tant l'inllancc principale intci.Ecccn Déclaration d'.iipothe- 

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que, que l'Oppofitidn au Dccrec.faite au C haftelet , fnretit cnoquées par Setitences des 
i3.Iuillcci63^ &:4. May r- j6. Et enfin Scnteiiccdiffinitiue le lj. Septembre cnfuiuanc, 
fur l'Appel de laquelle il efcheE de prononcer. Par laquelle , fa Mai/m& lieux acquà par 
lefdius keltgieufis de Maifire Etienne Huchemm & ft femme far Contraif d» ^4- larmier 
iôiç-fint déclarez. âp:ch%j, obliges df hypûthrqueXatt paj^emem <jr Cùntinuation de 7/. Hures 
T.f.S. d. de rente dcu'é aujâttes Dt Tertre & Bordereau ^ par lefdits Duchemin é' fa femme , et 
fnijùnt cûrtdamné le faites HeiigieHfes comme deientereffts defdtts Iteux , faffer titre muml é" 
reconnoiffince de ladite rente , en payer les arrérages deuh df eJcheuT/é" ^ut efcherront cj- 
4pres , dtfcution frealabUment faite des biens dttdit M ai lire E fi tenue Dmhtmin ,auec dépens. 

Et fans auoir égard aux offres defdits Duchemin (^ fi fmme ,de payer é" rachepter le tiers 

de ladite rente > 0- de pajfer Titre nvuutl ^ reconmtffknce de la totalité d'kelle : Cemme auf$ 

fins attsir efgard à la main-leuée par eux requifi , ils font condamnez, fournir aufUites Reli' 

gieufès le Décret defdits lieux ddns 4. mois pout toutes préfixions dr deUiz, , d^ candamnelés 

defpens enuers lefditcs Keligieufis , tant en demandant ^ défendant -, que de la fiommation. 

De cette Sentence, Appel par lefdits Duchcmin&: la femmc,&: par lefdttes Rcligieu- 
fes àleurs perik hl fortunes. Pendant l'inflriidion duquel , furiiicnnent d'autres nou- 
«eaux demandeurs en déclaration d'hypothèque i fçauoir cft, Louys Beauqucfnc Pro- 
cureur àMeaiix, hc Marie Duchemin fa femme, fœur dudû Maiftre Efticnne Duche- 
min : Ce qui donna fu/et àvnenouuellc Sommation defdites Rcligicufcscontre lefdits 
Duchemin K fa femme ; Lefqucls d'autre part s'eftans brouillez 1 vn auec l'autre, par 
quelque jaloufic de ladite Nicolasjqui demanda la feparation contre ledit Duchemîti 
dont elle fut déboutée par Sentence &; par Arrcft,(uiuantl'aduis defes propres frcrcs» 
bcaulc- frères & proches Parcns : Celaluy donna lieu pourtant, de dcmandcr^en quali- 
té d'authoriféc àla pQUtfuitG defesdroids,d'interuenir pour déduite fesraifons fcpa^ 
rément. Apres cela, ell' obtint Lettres en Chancellerie le 12. Février 1658. pour cftrc 
ïeftituée cotîtrc l'obligation o*^i ell'eftoit entrée auec fonmary, par le Contrat de ven- 
te dui4 lanuicr léij». comme fait par force, exccz & menaces dudit Duchemin fou 
mary; & dofinoit pour commencement de prcuuc,le Procès en feparation, & l'En- 
quelle qu'elTaucit faite en iceluy contre fondit mary ^qu elle difoitl'auoir mal-traî- 
ice pour parler enccContraftjoù elle difoic n'auoir point d'intercft, puifquc c'cftoitle 
bien de Ton mary qui eftoit vendu, non pas le ficn. 

L'inflrudion de cet Incident & autres qui furuînrent par le decez dudit "Maiftre 
Eftienne Duchemin, dura iufqucs à la fin de l'année 1645. que le Procès eftant furie 
Bureau, ladite Nicolas qui fçauoitpIeurer& fc contrefaire pour tromper les lugeSjf'ad- 
uifa d'articuler dcnouucaux fiits malicicufement inucnrez&pofez par vncRcqueftc 
deSaluations du 6, luilletaudit an 164J, fçauoir eft, qtiil y amit leztsn audit ContraB 
d outre- moitié de Jt<Jie prix , Ô" de fait , mte dés auparatiant il en auoit ejîé offert i)Ooe/. 
^ ejue le feul hoié £yn frtffoir atioit ejié "^ez! du par lef dites Relmiufes 1000. L Laquelle 
Ktqucftc ayant efté mépriféc par lefditcs Religtcufes & auec raifon , non feule- 
ment parce que ces faits cltoient propofcz à tard J&: fans apparence : Mais parce quil 
n'y auoi: point de Lettres d'Ampliation de Refcifion fondées là dciTiis. Neantmoins, 
liCour f eftant refcruéc la liberté entière d'opiner endiffinitiue.i'cndic fon Arreft in- 
terlocutoire ^qui fut daté du 7. Septembre audit an 164} Par lequel, ^uam faire droit 
tant furie PrQcé}pdr efcrit (fu'm/fances. Ordonne que dans qumzaine aprcs la lignifica- 
tion dudit Arrcil àpcrfonne ou domicile, ladite Nicolas articulera plus amplement 
Icsfaiti de force &lefion contenus cfdires Lettres ôfRcqucfte^qui feront communi- 
quez aufditcs Keligieufes pour y refpondre à la huiélaine unfuiuant : Informeront 
d'iccuTC au mois , & kfdîtes Rcligieufcs au contraire fi bon leur fcmble ; & que les lieux 
dont eft queftion feront vcuz , prifez & cftimez , eu efgard au temps du Centrait du 
24 lanuicr .619 par Experts dont les parties conniendront pardeuant le Bailly de 
Meaux, ou (on Lieutenant-, aurremcnt en fera par luy pris ou nommé d'office 5 Ef- 
criront& produiiontlefditcs parties, baillerontCcntredits&rSaUiationsdans le temps 
de 1 Ordonnance; Pour ce fait ô£ rapporté leur eftrefait dronft, defpens referucz. 

EN EXECVTION decct Arreft, laditcNicolas articula fcs Faits de leziotid'outre- 
moicic de jufte prix , ^ ne parla plm défère ny de violence ; qui eftoit le feul fait articulé 



d 



dans les dix ans du Contiad, & fur lequel font fondées les Lettres de Rcfcinon , qui 
neconcicnnencmotdc lezion , non pas feulement de bon marché. £lle fît ainfifuc- 
ccdctvnc impofture cuidcntc, à vnc calomnie manifrftc. Lefditcs Rcligieufcs arti- 
culèrent leurs Faits contraires. Et la différence qui s'cft trounée entre les deux parties 
eft, Que lefditesReligicufcs ont pleinement informé & vérifié pardeuant Monfieur 
.Palluau Confcillcr en la Cour qui fctranfporta fur les lieux, ceux qucllesont pofez &: 
mis en auant ; Et ladite Nicolas au contraire y a renoncé par Requcftc formelle, par- 
£c qu'il luy cftoit irapoflîblc de trouucr témoignage de fes mcnfonges. 

Son recours fut d'vfer dcrufc pour lavifitationjqucll' eut le crédit d'éluder de dc- 
grécn degré, & d'Arrcft en Arrcft. La face des lieux cftoit abfolumcnc changée de- 
puis fcizc années. Et l'on changea au ffî peu à peu les termes dcrArreftintcrlocucoirc^ 
pour faire faire cette vifitation & prifée par des Experts de Paris; l'vn dcfqucls nom- 
mé Pierre Marie ayant faitvn faux Rapport d'vne chofe qu'il n'auoit point veuc,&en 
ayant tout à fait mal vfé, parce qu'il ncfift que fcmbUrtdefe faire inftruire de l'eftat 
des lieux au temps du ContrjiS^j&ayant voulu fairccroirc des chofcs contre verité,mef- 
mes faitanr parler Icfdites Rcligieufesdansfon Rapport,qu'ellcsn'auoicntveunyfigné, 
faifant le luge an lieu de M a (Ton , difant qu'il auoit ouy ^ enqttu des tefmoins qui luy 
auoient depiifé l/erité fur fejiat des lieux 3 comme ils cjioient en lanuier 1619. Lcfquels 
n'ont pareitlemenc point iigné, &qui au contraire l'ont defauoiié par efcrit: Lefditcs 
Keligieu fes fe font infcrites en faux contre ledit Rapport. Les Moyens en ontcftéfçur- 
liisi &: quand iisnepaiïeroient que pour des Moyens de nullité, ils font beaucoup plus 
^uefuffifaps pour le détruire; mais il fcroic importun de les rapporter icy, rcu qu'ils 
font de trop longue difcution. 

£t après tout, quand ce Rapport feroit bon , fut le pied duquel, ^ aucc toute latrom- 
perie defdits Ducherain , Ametot nommé d'office par la Cour , a. eftimc les lieux va- 
loir huit mit liu- La caufe defdits Duchcmin ne vaudroii encore rien du tout : parce 
(}u'il n'yâuroit pas kzion d'outre moitié de Jufle prix, articulée ScnecefTaire pour rele- 
ucr les majeurs d'vn Centrait de vente volontaire. LcfditsDuchemin ont cité, mefmcs 
rapporte par leurs Inteijdits, le texte vulgaire de la Loyi,. Cod.de vtfand. yend.fi nec di- 
midia pars "Vm fréitij folutajît. Lcfdites Rcligieufes ne font pas dansl'efpece : Le prix du 
Contraclcftde cmq mil cinq cens liu. 11 faudroit donc que la vray c valeur K cftimaçion 
fuft de quelque chofe au delTusd'vnzc mil liures; cela cft hors de difficulté. Doncvray 
de dire que lefd:tes Religicufes ont exubérance de droiifl. 

I. Elles onttraitédcbonnefoy par Procureur en cette ville de Paris, aucc vn ancien 
A duocat de la Cour & fa femme.qui ont touché leurs deniers; Les femmes en ce Royau- 
me font capables de s'obliger aucc leurs Marys , lors qu'elles font bien &: deuement au- 
thorifécs. Ladite Nicolas n'a point cfté forcée ny violentée; L'on a fuffifammentcon- 
felTéla calomnie j quand on a renoncé defaircpreuuedufaitîorce, articulé par mali- 
ce; & lcfdites Rcligieufcs ontfait voir parTExamcndc l'Enqucfte , que ladite defun- 
(kc Nicolas fîft faire en l'inftancedefeparation d'aucc fon Mary depuis ce Procez, t^ue 
iamdpi elie n'a f<tit plainte ny pretejlation quelconque pour rai fan de ce , non pas mef» 
mes dans leurs rixes arriuécs depuis ce Procès mcu, ny pour quelque autre obligation 
que ce foit, parce que ledit defan£t Duchemin cftoit homme entendu, qui n'a iamais 
f.iit en fa vie vnmaunais marché. C'eftpourquoy elle fut deboutéedela fcparation^pat 
Sentence & par Aireft.fuiuantl'Aduis dcfcs propres frercs&: beaux- frères. 

II. Ladite Nicolas a fondé fes Letcresderefcifion fur ce principe, que le bien n'c- 
ftoit pas à elle , mais à fon mary. Cela eft vray j & ce n'eft pas vnc matière de vice en fon 
obligation. Mais cela nousaduertill, que le propriétaire vendeur principal, ne s'eftanc 
iamais plaint du contrait , la couendercfTc qui n'a aucun droidV de propriété dans le 
fonds, ne le fçauroitreucndiqucr fous prétexte de lezion, parce que c'eO; vn droi«ft de 
propriétaire. C'cft vnereprifcdu fonds en rendantle prix &: les impcnfcs ,& l'achapceut 
a la faculté de fupplecrl'tmtre moitié. Ce qui ne peut iamais regarder que l'ancien pro- 
priétaire. Les Loix du tiltre (^f refcmdmda yend. ne parlent que du propriétaire. 

Etquand ladite Nicolas ou fes enfansobieJlent qu'en qualité de créancière pour Ce& 
conuentions matrimoniales, elle peut intenter cette Adioa , double rcfponfe. 



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La premicre, qu'elle ne Ta point intentée. Ses Lettres font obtenues an Vîuanr du 
Mary, cfque 11 es il n'y a mot de créance, ny de demande , comme créancière; Au con- 
traire, le motif des Lettres, eft, que ladite Nicolas n'auoic point d'intercftcn la vente j & 
jamais il n'y a eu de Reformation de cette demande^ fur laquelle il efchetdeprononcctî 
la mais d« demande en qualité de créancière, ny de luflification de cette qualité. 

La féconde , qu'il ne compctc aux créanciers , que l'AÛion hypothécaire , laquelle 
donne feulement ius ad rpw»>non pas imin re; & tout le furplusdes droiÊts des créan- 
ciers cftans bornez par le Titte dudroi£t : Q»£ in frdudtm creditorttm faé^l'afunt^treuocemur. 
Ladite Nicolas ayant figncau contraâ: auec fon mary , qui n'a Jamais rcclamc contre 
iceluy , & du chef duquel il n'y a point encores au(ourd'huy de Lettres, il faut qu'elle 
(ê renferme & demeure bornée dedans le fait de force par elle articulé , pour fçauoit fi 
cU'aefté violentée de figner ledit ContraftjCommeeir afuppoCé par fes Lcttics. 

IIL Ladite Nicolas eft tenue du fait de fon defunftmary ,en forte que quand elle 
n'auroit point parlédans le Contract ,& quand (on obligation particulière fcroit oftéc 
d'iceluy j elle feroit obligée de le faire valoir, par la raifon de la Communauté, à la- 
quelle elle n'aiamais valablementrenoncé: Car l'Art, ijy. de lanouuelIcCouftumcdc 
Parts , qui accorde la faculté à la femme tant noble que roturière i de renoncer à la Corn- 
ïBunautc j contre le droi»^: commun & l'ancienne pratique , eft vn Friuilcgc,qui ne s'ac- 
corde que fous condition de rapporter vn bon &: loyal tnuentairc s Si les Articles fuiuans 
veulent qu'il foit bien &c deucmcnc clos aucc légitime côtradii^cut. Tout cela ne fcirou- 
uc point fait; On n'aiamais vcu d'inuentairc; Et il n'y pouuoitauoir de légitime conttadi- 
ârcur que Icfditcs Religieufes ,puifqueles cnfans ont renonc^la Succeflion, comme 
ils difcnt i & que cela s'cftf^it depuis ce Procez. H n'y a rien fi ailé que de renoncer^ 
quand on a tout pris &: tout pillé, que l'on a taillé & rongnéfans Contredit depcr- 
fonne jcommebona fcmblé. 

i V. Le fait de force &r violence, premièrement articulé, cftantcalomnieuX) qui eft 
pourtant le fcul moyen des Lettres obtenues en C han celer ic,&: n'ayant fer uy qu'à trom- 
per la Cour, parce que aprcs fon Arrcft interlocutoire, on ne l'a plus ozé mettre en faic 
parles Litendits ,ny en faire ptcuucj&lc fait de Iczion n'ayant point eftc articule dans 
les dix insdcl Ordonnance, ny Lettres d'amplîation obtenues pour raifon de ce: mais 
feulement par vnefinipleRequeftedc Saluations, lors que le Procez cfloit fut le Bu« 
re.tu ,& dans le defefpoir d'vne mcfclianteCaule , le 6. luillet 1^45. quatorze ans Sidc- 
my après le Contrat: Lcfdites Religieufes fouftienneut que tel faic n'cft point à confidc- 
rcr i & d'autant moins que Ton a renoncé à faire prenne du fait articulé par les Lettres, 
& des faits fingulicrs portez par ladite Requcfle pour railon de l'offre prétendue faite de 
quinze mit liu. de la maifon donc il s'agit , & de la vente d'vn prelfoir pour lafommc de 
deux mil Imres. Tous faits innentez a. plaifir. Et la Cour eft dans la liberté entière d'o- 
pincr,d'autantplus qu'il fe voitàprcfent)queroutclaconduitc& la procédure de ladite 
Nicolas, aeftc ai tificieufe & capcieufc. 

V. 11 eft certain. par l'Enquefte que lefditf s Religieufes ont faire pardeuantMonficur 
P jlluau.compofée de témoignages de Gens d honneur & fans reproche, comme pat tou- 
tes les circonftances du procès, que lefdites Religieufes ont achcptc ladite Maiionplus 
qu'elle ne valoir-, & qu'clt'a efté longtemps à vendre fans que l'on s'en puftdcfairci 
qu'cU'aci^é lailTécà pluiieurs pcrfonnesà meilleur marche que lefdites Religieufes ne 
l'ont eue j & enfin que jamais perfonne n'en a tant offert qu'elles en ont baillé, lamals 
elle n'a valu de loyer plus haut quecent dix li. Le bail eft produit; Sutquoy il falloicfairc 
quantitéde KcpatatiiHis-, &:y a vue grande partie du jardin , qui n'cftoitqu'vnc eraphi- 
theofcde l'Abbaye de Saind Pharon ,douc il ncteftoitquepcu d'années. Cette maifon 
ptouenoicdelafucccjrian des père & mure dudit deffun£t Maillrc Eftienne Duchc- 
jnin,dont il s'accommoda prcfque pour rien, auec fes cohéritiers pf« de tours aupara- 
vant {^ue defitire le contraêî dont il s agit , voyant que lefdites Religieufes en offroient 
fibonnefommc; &:vnecirconftance qui eft remarquable eft , que lecontraft fait auec 
feS; cohéritiers pour fe rendre Maiftrc du total, par lequel il s'obligea de faire leuer à la 
Chambre quelques fouffranccs de Comptes anciens du Domaine, pout ladite Maifon 
quineiuy a ainficoufté qu vn peu de diligence , eft intermédiaire à la Procuration dcf- 



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dites Rcligicufcj , prflec à M-.tlrc Martin Roche ron leur Confe,fl"eur,&:au contra£iqui 
futfaitcn vertu d'icc Ile, & dont eft qucftion. Auflî pendant que la Procès a dure, Se 
dcpuislci4. lanuicr 1619. mfques au 6- Iuillcti64|. il ne fc trouucra pas que Jamais, 
ny par ledit Duchtmin ,ny par ladite Nicolas , il ait eftc aduancc -y» /e/d mot delez^ro»^ 
ny me/mes de èon marché en l'acqdifition dont il s'agit: Au contraire ils ont fait des of- 
fres iudiciaires , répétées & fouftcnuës , & contre lefqucllcs il n'y a point de Lettres. Et 
fila face des lieux n'cuft point eftc abfolument changée au mois de luillct 1643. iamais 
cette impofturc nefuft venue dans l'cCp rit de ladite Ni colas Se de fcs cnfans qui lacon- 
duifoicnt. 

VI. Toutes lesconfiderationscydcfrusoftées du Proccz, quand il faudroit croire le 
fauxRapport de Marie, &: l'eftimation faite fur iceluy par Amelot,& qu'il y auroitautant 
d'ingénuité, qu'il y adenjalice,& d'artifice en toutccb, il n'y a point de lefion d'ou- 
tre moitié à jufte prix. Le Contrad eftant fait pour le prix & fomme de cinq mil cinq 
censliurcSj& 1 eftimationà huid mil liures, il eft ridicule, faufcorreftion de fonder la 
dclTusvne Reftitution de majeur:Carporéquecefoit le jufte prix de l'héritage , il a efté 
achcpté pliisdequaEie milliutes par lefdites Religieufes. Donc il n'y a pas de lefion: 
C'eft la difpoficion formelle de la Loy 8. Cad. de refc. "jend. Hoc enim folum qmd fauta 
minore fr.tîïo fundttm njenditum jtgnijicai , ad rtfiwdendam V€nditiûnem,itmaUdumefi: ne- 
que cmm hma fîdes (fu-f empiianis atque vendit lonis conuenttenem tuetur ) fati potejî , nequt 
'vU'i ratio concedit, rejctndt propter hoc finttum centtaBum ^ nifi minm dtmidfiijaj}i prxt'j quod 
fuerat ternpore •vendit tonà , datum ejfef, eleBione iam emptari prdfiita firuanda. Il y a enco- 
res plufieurs autres textes fcmblables ; Et autrement il n'y auroit jamais de Contra*ît 
d'acquifîtion qui fuft afleuré. Achepter à bon prix» eft vnc prudence œconomiquc, 
quand on le peut faire. Maisenccrcncontre,toutcsCescirconftances du Procès, &c\c% 
DepoCtions d'vn grand nombre d'honncftcs Gens de la Ville de Mcaux, enfcigncnr 3 la 
Cour, que Icfdites Religieufes n'ont jamais eu occafion de fe resjoiiir de leur bon mar- 
ché; Au contraire elles ont acheptc plus cher que perfonnc; La rente du prix aftuellc- 
mcnt paye, valoit trois fois le loyer; Voires quatre fois j à caufe des Réparations qui le 
diminuoient fouuent j &: d'vn cmphy teofe qu'il a fallu rachepter à grands fraiz &: faucur. 
Enfin il fe peut dire , qu'il n'y eut jamais vne Caufe plus déplorable en toutes fcs circon- 
ftanccs, que celle defdits Duchemin , lefqucls ne latlTent pas d'auoir des confiances 
merueillcufcs , & des cfperancesqui les tromperont,parcc qu'elles ne font pas légitimes. 
Leur vexation eft trop cxcefTiue pour cftre traitée auec mdulgencCjau dommage d'au- 
truy. 

A v R BSTEjil"; prcrcndentauoirpayélesdebtes des créanciers: Si cela eft, à la bon- 
ne heure. Le décret en fera plus prompt &.' facile à fournir ; Mats cela ne fait pas qu'ils 
ayent rcceu Gricfenla Sencencc. Et il n'yapointde dcfiftemens defdits Créanciers, ny 
d'Arri-fts pafl'fï, nonpasmefmes deQuirancesrapportées,comme elles feroicnt abfo- 
lument neccfLites pourla fcurctcdcfdiccs Religieufes , tant pour leprincipal, intcrefts, 
quedcip.cns, A quoy la Courprcndragardc.s'jiluy plaift ,pat fa prudence. 



^1 



Mo-fifieur DV LAVRBNS^ Rapporteur. 




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