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Full text of "Histoire memorable et qui semblera incroyable a la posterité, d'un prestre prisonnier... ou examen de l'interrogatoire de maistre Thomas Coulon, curé de Vatierville..."



X M ^?OV.nN/. ^35 



 



V\ 



( 



1 



^m 



lames furl/enués en V ImpreJJion, 

Page 2 . Ugnc j. dttentat, Jtfez attenter, ligne 54. fuum, lifez/«<<w.pag.4. ligne 54, ntbiett-- 

f f5,\U'cz,/f^ Hf rrff ''cMffj.p.6.1ig.8.^<<ww<«/»'^«j, liiez fl^mmantibuSj^.io. lig.32.qu'ii la, lifei;^ 

c[\.n Vajp.io. lig. 49. prier, /;/q pour prier, p. 15. lig. 48. quérir, life\ requérir, p. 27. lig.i, 

point, lift\n'i point, p. 18. lig-ii- coupables life\, capables. lig. 23. ce qu'on en voudroit 

dire fans aucune peine des pcifonnes qui les avoient me'contcntcr, [ife\ce qu'en vou- 

droient dite fans aucune preuve des pcrfonnes qu'ils auroient me'contente'es.p.ji.li.j'iqu'il 

luy. />/f^,qui luy,p. 7^^. Hg.27. pour ,a, ('//q pour la, p. 33. lig. 20. rempli , lifci^ remplie. 

lig. 48. fe dit, /i/f", dit, p. 34. lig. 33. frugelitc plutoft que,/i/f^trugaUte' que , lig. 36. re nds 

fi/ïr^ rangs, p.:?6. lig. 10. non d'cftre , /«yV- d'eftre. p. 37. lig. i. fortes, le , li/e\ fortcnt elles, 

lig. 28.tout, /(/f^ tous. lig. 5(î. ne, lifei\, elles, p. 38. lig.i. de, Ufe^ le, p. 39. lig.8. fieur,!ife\ 

le fieur, lig. 26. Virginam chafinm, lifcz Virginam caftam.^.a^o. lig.31. puft /i/f\pcut,lig. 36. 

fervent, lifez /VcHf.ff , p.41. lig.9. elle, Uft^^'W. p. 44. lig. i<5. obfcurcit, /j/»^oDfcurci,lig.2> 

reprcns, lifer^ repens, lig. 46. mithi, lifcz wlh!. p. 46. lig. 35.condamneront/;/c^. condaîn- 

nevent. p. 50. Iig.î4.de Toinon,/i/e:^Toinon.p. 52. lig.40. & rcxtrcmitc,/;/e^ à fextrcmite', 

lie;. 51. [okus liiez foetus , lig. 57. dans , ///es; danfé , p. 5<J. lign. 37. rrouvaft, lif^ trouvant, 

p. 5o.lig.3.prcfl;e, /i/c^piefte à, lig. 54. effacez tliligtnter qt4^ren(lum ej}, aliqtiin,\i(ez aliquas, 

p. 59.1ig. 32. dont /r/e^donc, p. 60. lig. 51. notorite',///f^ notoriété, p. (îi. lig.2 7.cftc'///ir^ 

a eftc, lig. 50. v«//o lifez Td/Ze , p. <Î2. lig. 32. yidetur , lifez yiàtvtttr, p. 63. lig. IJ. qui ltf(\ 

qui eft, lig. 21. trois fois faux, ///if^ trois faux, p. 5j. lig. 39. qu'il la life\ qui Fa, p. <55. lig. 

ï. bocuf,/i/(f;;^debœuf. lig. 2. faux les, llfe\\es faux, p.6j. Iig.i3. propofe'cs, ///ir;;^ propofc i 

Vig.i7.imeiprctent,/«yc^interprete,p.72.1i.i8.difte'e,/;/f\didez, p.75.1ig.5.ils'enfouvienr, 

lift\ï\ ne s'en fouvicnt , lig. 29. que n'eftoit , //fe^ que ce n'eftoit , p. 7^. lig. 45. cher fe, 

/i/e", cher le. lig. 47. granche , /«/engrange , p. 79. lig. ^ i. tiebcdt , liiez Jebent, p. 80. lig.5. 

cleric'ijs pt*blicit,\i(cz Chn'cis publiée, iig-35-^c, lifez, j;f,p. 81. lig. n, depofition, /j/>^difpo- 

fition, p. 88. lig.49.& 5o.effacez,& celle qu'il a prononcée contre ledit fleur Cure' M. l'Of- 

ficial peut-il avoir pofc le fondement d'vne Sentence auffidefefpcre'e comme, /i/ïî;^ M, 

ÎOfficial peut il avoir pofc' le fondement d'vne Sentence aullî defefpere'e comme eft celle 

c^u'il a prononce'c contre ledir fieur Cure' ? pag.89. lig. 13. pr/ecipum, lifez fracipuum, l>g.3<S 

luy ,i;/e\\e, p.90. Vig.io. peuft, I./t^peut , p. 91. lig. 17. rtlJtctrm, lifez recefferint, lig. 34. 

peuft,/(/cî;^peut, p-94. lig-i?- àpourvoir, /j/e^pourrir , lig. yj.graviamina, Vdez gravamin* 

lig.âfUdefnitiim, liiez Jejinitam, p- 95. lig.7. m/w, lifcz tdet, ibid, depulant^MdzdtcmtAnf' 




WM-. 



HISTOIRE MEMORABLE 

ET QVI SEMBLERA INCROYABLE A LA 
pofterité , d'vn Predre prifonnier huit ans durant fans préju- 
dice du furplus , dans le plus noir cachot de l'Officialite de 
Roiien , prive' detous fesbiens ,&c delà provifion mefme aju- 
gee par les Loix aux plus fcelerats , & réduit à l'aumône par 
la calomnie d'vnPromoteur excommunié par les Canons. 

O V 

Examen de l'interrogatoire de Mature Thomas Coulon^ 
Curé dt V atier'^iiie ^i^ dz [a Sentence donnée contre iuy 
far le fleur Officiai de Roiien^ ^o^tr fer'vir au logement ^c 
fonprocezj pendant par appel ^renvoy de fin fainteté de- 
'uant M' l'Official de Seez^. 

AVANT-PROPOS. 

QiTvn Preftre efl; obligé de démancher eji juftice la reftitutjon 

defonbien & de (on honneur ^ Jors qu'il Iuy a eiîre ravy 

par calomnie & injuftement, 

SI le bien & fhonneur d'vn Picftie eftoient à Iuy en propre , en fovtc <^u'U ne fuf- 
fent pas confacrez aulTi bien que fa propte pertonne à la gloire de Dieu, à fvtilité 
àe FEglife , au (alat de [es freics , quoy que le Preftre les pur de'fcndre, conferver 
& redemander en juftice lors qu'ils Iuy font ravis injudemcnt, neantmoins fouvent ce 
pourvoit eflrc vne plus grande perfedèfon d'en foaffdv h perce en filence, quand i} tcroit 
vtile pour quelque confideradon railonnable de la fouffrirain/î, & en effec il peut 
arriver quelquefois que cela foit mefme d'obligation, je ne difcouvtens point de ce prin- 
cipe , &c que mefme il ne foie de précepte d'eftre toujours dans cette préparation d'eiprit 
6c de cœur de tout foufFrir fansfe deffcndre , lors qu'il cft à propos ôc c'ell en ce fcns que 
nôtre Seigneur à dit , fi on te donnt v« fouflet , tend\l'autrt joiie, fi on te demande ta Punique 
Jonne la & ton manteau encore par deffus , c'eft à dire fois préparé dedans le cœur à cette 
patience & à cette charité exteiieure, s'il eftoit àproposde l'exercer, comme il peut ar- 
river en quelques rencontres , c'eft ainfi que S. Auguftîn explique ces paflages , lib. i. de 
Sertnone Ùomini in mente, fecundum pneparaticnem animi dit S, l'howas 22. (j. 'ji.art. 5. 

Mais fous prétexte que quelque fois il cft en effedl à propos de fouffrir ainfi la perte 
de fon bien &c de fon honneur en certaines occafions , fans fe deffendre , pofer pour ma- 
xime generalc,quc cela eft toujours mieux , & que c'eft péché de redemander en juftice 
ce qui nous aeftérauy avec violence, ce feroit vne erreur de dévotion auflîpcu folidc 
que celle des Tuifs,qui interprétant mal laLoy fe laiftbient tuer au jour duSabat phiftoft 
que de fe deffendre , de peur d'en violer la fainteté & l'on peut dire qu'outre le ridicuk 
de cette opinion , il n'y en pourroit pas avoir jamais vne plus préjudiciable à la gloire 
de Dieu , au bien public de f Eglife ny au falut particulier de ceux qui commettent ces 
înjuftices. 

Ainfi comme la ratfon qui fait que quelquefois on cft obligé de fouffrir fans fe def- 
fendre , cft la feule charité, que Ton cft obligé d'avoir pour Dieu , pour FEglife ou poijr 

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fcs ennemis mefme ert paiciculiçr,c'eft cette mefrae raifon de cliavîtc envers ces trois 
objets qui oblige à ne fouffnr pas fans demander jiiftice , & comme il pouroit airivei" 
que l'impatience feioit mortelle par la violation de cette charité' , il n'y a nul doute qu'il 
poiirroit (e trouver telles circonltances , qucrourtrix le mal fans le repouffer par charité 
leroit va défaut de charhe'pour Dieu , pour le bien public de t'Eglife, & pour le bien de 
celuy là mefme qu'on vcuteftre puny. 

Etc'cfl: ccque j'aprens de faint Thomas en plufifurs endroits de fa Somme, & pre- 
mièrement pour l'intereft de Dieu & de fa gloire , ce laint dans fa 22. qu. 108. art. i. de- 
mande fi la vengeance eft permifc , & répond que dans la vengeance il fuit conficierer 
riutention de celuy qui la fait ou qui la demande , ejl in ■vinciicatiom confulefarulus yuidi- 
citntis .tnimw, car fi celuy qui demande vengeance le fait principalement dans la vcuë de 
faire du mal à Ion cnnemy , &c s'il repofc fon cœur dans le mal , la vengeance tft pcché 
en ce (eus , parce que fc plaire dans le mal d'auuuy-efl: vn effet de haine contraire à la 
charité', par laquelle on doit aimer tous les hommes : mais fi Fintention de celuy qui 
demande vengeance fe porte à quelque bien , auquel pour parvenir il faille paflcr par la 
jufte punition de Ion ennemi , par exemple , s'il a en vcue de le faire corriger afin qu'il 
s'amende, ou bien feulement afin de l'cmpefcher de pécher d'avantage, & procurer par 
Jà,le repos des aurrcs,ou bien feulement pour la confi.rvation de la jufl:ice,&: pour l'hon- 
neur de Dieu qui cil glorifie' dans la punition des melcJians , la vengeance dit faint Tho- 
\Ti\\s'ipcm eftce Uclte en y confervant les autres circonllanccs qui la doivent accompagner 
Si vero ivtentioviniUcitntis [eratuf jn'incipaliter ,id .iliquod bonum .-tel quoil perytnitur ,pcr fa- 
thtin i'ecc.<ntis,p!itA al eincnàationtm feccttntis velfahem ad cchihitlonem tiHS,0' quietem alh- 
rmn & dtl iujlitia confeivationem O' Dei honorem potrjl cjft vindicatio licita- 

Et en la re'ponce à la 4. objed:ion quelquefois dit ce fiint l'injure foufferte rejaîlift 
fur Dieu mclme & fur fonEglife,&: pour lors vn particulier eft oblige' ik doit venger l'in- 
iure que l'on luy a faite , jniuria qux infcrrtir jxrfona Aiciti quandeque rtdundat in Deum i-t 
in ecckfiAin , & tune dthet alicjuis propÙAin injuïi.im ■vlcifci. 

Nous en avons (vn exemple continue ce faint dans Helie qui fift dçfcendre lefeu du 
Ciel furceux qui eftoient venuspourle perdre , &c dans Elife'e qui maudit les enfans qui 
fe mocquoicnt de luy. 

Etdans larc'ponfeà la denxle'me cbjeâiion, il rapporte faint Chryfoftome , difant 
que dans les injures qui ne regardent que noftre întcrcft particulier , & ne retournent 
pas fur Dieu , il eft loLiable d'eflre parient : mais les injures qu'on nous fait ou l'honneur 
de Dieu efl intereffe', c'efl vue trop gtande impiété de les difîîmuler , & ne les punirpas, 
injunius itHtem Dei di/simulare nimis efl imfium. 

Et c'eft cette première confidciaiibn qui me porte à pourfuivre la réparation de mon 
honneur & la reftitution de mon bien , l'vn & l'autre ni'aynn cfté injuitcment ravis de- 
puis huit ans par vne multitude de calomnies dont le nombre feul excclîif comme il efl, 
fait voir d'vne paît l'aftetlation &: la malice de mes calcliiniatcurs , mais de l'autre leur 
manifefte faufletc, s'entre dc'truiiant les vns les autres , comme il paroiftraplus clair que 
le jour dans ce't examen. 

Or qit'efl-ce qui touche de plus près à Dieu que l'honneurd'vn Preftre duquel il a dit, 
qui vaut touche me touc he,& qui vous touche me touche dans la prunelle de mes jfwx.Et fi Fhon- 
neur des Ptefttcs eft abandonné à la licence des cdomniateuts , que deviendra Fhon- 
jieur de Dieu melme , dont le culte n'e/l faint & glorieux dans l'eltime des peuples, que 
par ce qu'il veut que les Miniflres foient irrcprehenfibles. ^ 

Ajoiàtez à cette confideration , celle de l'Eglife & du bien public c'eftla féconde qui 
m'o\>Vvge indilpenfablement à pourluivte la teftitution de mon bien Se de mo*i hon- 
neur en juftice. 

Et premièrement , pour ce qui regarde l'honneur faint Thomas en a fait vn article 
cxpre's 21. q, 17. a. 5. dans lequel ielis ces ^2ïo\es, quandeque epartet vt corntniieli.iniilLitain 
repellamus maxime pr»pter duo^prime quidem piopter bovum,enis qui contuweli.tm inftn,yt vi- 
delicet eius audacia reptiniatttr,iirde coeteroTalia non attent4tfJ(;cMidHm illud proy.iè.teï^ond' 
fiulto iusta jiultitiam/unm nefibifapiens videatur, aliemodopi-optcy bonum mulrarum quorum, 
f vof«cï»s impeiittwr propter QOi»umeli.is nobis illaïas^vride Cf Grez^riiis dicit [uper Er^ch. Bom- 
9 . ht quorum vita in exemplmi imitatioiùs eft pofita debent fi p»ifunt detrahentium fibi ycrb.t 
c ompefcere-, ne eorum pr<tdicationem no» audiant qui audit t potutrurit & il a in pravis nmibut 
rémanentes bentVmtre contemnant- 



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■^^î^^iP 



3 , , 

Nous fommcs obligez dit ce ùint de icpoufTer les Coimimelies & les injures que l'on 
nous fait contre nulUe honneur , pitniicicmcnt pour le faiut melmc de ceux qui nous 
les tout Semais piincipalemcnt pour le bien de l'Egliic tSvdu peuple fidèle auquel la vie 
des Piertres eft expolcc pour leur Icrvir d'exemple , parce que , fi nousperdons nollie ré- 
putation volontairement, ^ h nous ne la défendons pas , ils nicprjferont nos prédica- 
tions ôc f ui vvoiK les mauvais exemples des péchez que l'on nous impute , ainh le bien Sc 
le profit de l'Eglife fera détruit par noftrc prétendue patience. 

Noftre icputation n'cftpoinr à nous dit faint Aug. clic eftiiecelTaire au falut de nos 
frères au bien de l'Ej^life, ccluy g uila néglige cft cruel , rj/»' ncgligtt famam cunklis eji 
Jt. fj, i. tiol"- 

Et dans la caufc xi.q. 3. ?;««/««/, ce mefmc faint dit qu'il y ■ non feulement de la cruau- 
tc',mais de riniprudenec d'abandonner la réputation, f.v/JiiH.jrKnc») homirium non jolum im- 
fYudtnter , yeriiin eti.tm crudeliter contemnentei, bien loin de croire qu'il y ait ou de la mo- 
dcftic ou de la douceur âne pas dcftcndre fa réputation , lors qu'en l'abandoniianr au 
contraire , c'cfttucr dit ce faint les amcs de tous ceux qui nous croyent mcichans au 1er- 
vicede Dieu , blalpl.tment contic noftre prokilîon, où nous imitent dans les crimes 
qu'ils nous imputent en s'exciifant lur noftre excmple,crt»; occidat animas alioyum.,Jiiie LlnJ- 
fheniAntitnii T)<ts Del,vel etiam cum tscttfat lotie imitaritium non quoi! vident fcd qiwd putdvt. 

Il eft vray & je ne le nie pas qu'en fe dcfFendant on peut le faire par vn autre motif 
que celuy de la charité,&en outrepaftcr les reg[es,& la modération pat cupidité' &: amour 
propre de fon honneur, pro/>ff>' cupiàitstem pritutt honoris, comme parle faiut Thomas, 
mais fous prétexte que cette adion qui eft juftc en elle mefme, peut eftre faite par vn 
. principe d'injufticc & de cupidité', foûtcnir qu'elle ne peut eftre faite qu'injuftement & 
ians charite'jC'eft vne Thele de faufte dévotion & hérétique en matière de moeurs , dicea- 
Jitm qtiod audaciam conuitiantis contumtliosè débet /ilirjuis 7iioderate rcprimere Jcihcet propter 
■offciiim c}j.tritittis non pïopter ctipiditittem priyati horioiis dit S. Thomas ibidem 1. 

Cependant il n'y a rien de plus ordinaire que de voir de certains dévots ignoTans, in- 
<lilcrets ou malicieux, corrompus dans tout ce qu'ils Içavent & blalplic'mans ce qu'ik 
ignorent, qui cenfurent jndrtîeremment toutes Jes .'«fiions d'aurruy, c[m ne le font cas 
de concert avec eux,fauteurs de la domination dans l'Eglife &rflatteurs des puiifans quoy 
qu'ils foient injuftes, fous prétexte de patience , d'humilité', d'obeïffance aveugle, quoy 
c[ue la leur ne foit aveugle que lors que c'eft à leur profir , amis de lob & confolateurs 
importuns qui ne peuvent lo'jltrirque la plus harue patience, foit éloquente dans fes 
çeinespourla deftcnce &la juftificationde fon innocence , & qui viennent fans ceffe 
condamner vn pauvre perfecutc' , luy faifanr vn grand crime de pourfuivre en juftice fa 
réparation j il feroit facile de fermer la bouche à ces fortes de gens, par -vn recueil plus 
ample & de FEcriture & des Pères & par l'exemple de tous Je5 ïaims : m.vsjecToy leur 
avoir donne's par ce que ie viens de rapporter dcS. Thomas alTez de Junifcre pourc/fre 
raifonnablc , & m'eftre mis en droit le leur dire , ce que noftre Seigneur difoit aux faux 
dévots de fon temps,qui fe fcandalifoient de les adîons les meilleures, & de fes Predica- 
ùons,finiie eos cactfupt & duces c<tcoru)t>, ne vous amufez point d leur répondre ny a dif- 
puter avec eux , le fcandale qu'ils prennent de gaycte' de cœur eft pris par eux , il ne leur 
eft pas donne' par vous. 

je dis donc le mefme à ceux de noftre temps qui font les aveugles , afin de pouvoir 
cenlurerou médire de tout ce qui leur plaift , ce lontdes aveugles, &dircd:eursd aveu- 
gles, mais volontairement & nialicieufement aveugles ; c'cft pourquoy il ne faut pas 
davantage m'c'tendre fur ce fujet , après que j'auray fait voir que faint Thomas décide de 
mefme pour les autres biens temporels qu'il a fait pour fhonneur 8i la réputation. 

Car dans fa 22. qu. 42. art. 8. il propofe cette queftion , fçavoir fi pour appaifer ou 
pour e'viterie fcandale il faut abandonner fes biens temporels, & fi on y eft oblige' par 
charité' ? & rcfpond ainfi. 

|c rc'pons qu'il faut faire diftin6tion entre les bïens temporels , car où ils appartien- 
nent en particulicr,ou bien ils nous font confiez & commis pour les confervcr aux autres 
comme (ont les biens d'Eglile qui Ibnt commis aux Prelats,jîcftf bova Ecclejla ctmtnjttun- 
ttif fraLtis & bona communtA quibufcunquertipublice refhrihus. Il eft de preccpre poiirles 
fupcrieurs de confervcr fes biens,©* Talion» confeiyatiojicut (Tdepofitorum iwmtner hisqui- 
hus/unt commi/fa ex necef^itate.On la neceffitc' de précepte dans fainr Thomas fignifie lous 
peine de péché mortel de foy ficdefon gejvc.&pour cette railon il dit,que quelque fcan- 
dale qui en puiiTçarriyer^ il n'cftpoinr permis d'en abandonner la confcrvation ny la 



^npi 



!"«P 



rcftitution , non plus que des autres chofes qui font neceffaii-es à falut, «Jr ideg nonfunt 
fioprer fc4»Jttlnm Jimittcrtda ficut nec .ilia qua funt de necejiirate/aliiiit. 

XJùylàdonc Poblioarion indilpenlable ou ie luis fclou S. Thomas dc pourfuivre ma 
réparation d'honneui-,pui(que comme Pieftrc & P.iftcur e'poux de monEgUtc, mon 
honncuv a'cd point à moy , je n'en fuis que Je depoficaire , il appartient en propre^ Je- 
tas Chrill , & à PE2,lire , &c la teftitution de mes autres biens envahis par des ennemis de 
Jefus Chrift &c de Ion Eglife, &c j'y dois eftre du moins aulTi religieux que je feroîs obli- 
gé de l'tflre , pour tout ce quiauroit efte' mis en dcpoft par les hommes entre mes 
mains, ny ayant rien de plus (acre' , ny de plus inviolable que le droit de dcpoft. 
Mais pour les autres biens dont nous fommes maifttes, comme perlonnes particulières, 
pouvons-nous les abandon r^rotz n'en pour/uivre pas la rcftirution quelquefois , nous 
le pouvons dit faint Thomas , mais aulll d'autres fois nous ne le devons pas , quandoqtte 
qnitle\n elei}eini(s , quaiidoque tiutem non. 

Car fi ceux qui fc fcandalifent de nous voir demander en jufticela rcftitution de nûs 
biens font des iguoians ou des foibles qui le Ic.uidalilent pour ainfi parler de bonne foy 
& lans malice ny atf;â:ation , alors nous fommes obligez ou d'abandonner tout a fait 
la pourfuite de nos intcrefts & leur donner ce bon exemple, ou bien leur donner quel- 
que cliolê de meilleur que ce bon exemple , à lavoir Fin/huiflion Se la connoiflancc de 
/a verire'par /c défaut de laquelle ils le fcandalifent : car s'ils avoient cette connoiffan- 
ce , & s'ils f<^.\voient les raUons de nos allions , ils ne fe fcandalifcroient pas-,or la con- 
noiflancc de la vérité' eft vnbien incomparablement plus grand, que filaiflant ces in- 
firmes dedans leur ignorance , on leur donnojt feulement exemple de patience fans les 
inftruire. Tune vel tot.tliter Jimitcenda funt temporaïU , yel aliter Je and alum efi feàaridum 
fcilicet fer Aiqmtm admotiitionetn , ymk Jlu^. dicit in Hh- defermane Aomini in Wfrite , dati' 
ditm efi rj'toiJ non tibi nci Àttïi noctat qiitmtum ab homine credi fotefi , 0" ctini ne^avcrii 
quod petit ,indic4nd.-tejl et [iu^itia ; & melius ti aliquid dahis cum petentem dniujie ctrre- 
Xetis. 

Mais cela ne s'entend que des biens dont nous fommes les maiftres , & non des biens 
de FEglife. Car pour ceux là nous fie pouvons pas les abandonner fous prétexte de 
fandde , nous fommes toiîiours obligez de les confervcr , & pour appaifcr le fcandale 
d'inftruire les fimples & leur faire cognoiftre la iuftice de nos pourluitcs Se dcnoftre 
conduire ; car s'ils reçoivent cette inftruftion, ils auront quelque chofc de meilleur que 
le prétendu bon exemple que nous leur donnerions d'abandonner des biens dont nous 
ne fommes pas les maiftres ; Se s'ils ne reçoivent pas noftre inftruclion , alors de fimples 
qu'ils eftoient & foibles , ils deviendront malicieux & me'chans comme eftoicnt les 
Pharifiens qui fe Icandalifoient des bonnes avions de noftre Seigneur, &pour fors 
nulle Loy, nulle raifon ne nous oblige pour donner ce prétendu bon exemple à des 
méchans &c à des malicieux d'abandonner non feulement les biens de l'Eglife, ou au- 
tres biens dont nous ne fommes pas les maiftres , mais non pas mefrne d'abandonner les 
noftres propres , dont nous fommes les maiftres. 

Et non feulement nous ne fommes pas obligez de les abandonner fous prétexte de cha- 
rite',mais nous fommes obligez par charité' de ne les abandonner pas,nous fommes obli- 
gez d'en demander la reûitution en iuftice pour deux raifons.La première parceque cette 
çtctenduë patience charitable feroit nuifibîc au bien public, c pi opter eos fie qui fcandaU 
cancit.itit tiaii fant temporalid Mmittend.i quia & boe twcet bono com>i9ni ; dAreturenimmalis 
tttpiendi ûcc4(Îo,3c cette faulTe patience Icroit ouvrir la porrc à routes fortes de violences Se 
donner lieu & occafion aux mcfchans d'ofer tout entreprendre contre les gens de bien, 
fous prétexte d'impunité qvù feroit vn très grand mal contre le bien public. 

La féconde tailbn eft que cette patience fauffemcnt dévote leroit nuifible à ceux mef- 
me qui auroicnt ainfi vfurpé les biens de fEglife , qui les retenant dcmeureroient dans 
le pcché iufques à la mort , & nocere r ipjis rapientibtis qui rerinendo aliéna in peecato remane- 
rentfVndtOrezorius dicit in meralibus quidam dttm ttmporaVta a nobis rapiunt (olummodo funt 
tokrandi , quidam ytro aquitate fervata pfohihendimn fola cura ne nojira fubjirahant, 
rapientes mn (ua feipfos perdant- 

Oc fi iattvais cette decifion de faint Thomas, de faim Grégoire ôcde S.Augu^inà 
licUjCe doit eftre dans mon affaire , & Ç\ iamiis il y eut fcandale de Phariûens,c'cft celuy 
de mes adverfaircs qui fous prétexte de patience & de charité' perfuadent aux fimples & 
£iux devers, que icfaij vn grand mal de pourfuivre en iuftice ma réparation d'honneur 



mmmmm 



Arreftitution de Alon Uicn : nies peifecuteurs ne font ny île pcuVcnt pafler dedans le 
inonde, ny pour igRorans > ny pout lîniples; 

Ue premier eft, Monfeijrrteur l'Exerque de H..n. Dodieiiï de Sorbotme &c pat 
cbnlequent incapable d'autre fcandile que de celuy que fon appelle de Pharificn. 

Le lecond eftlc lîcur d'tftalville Pidldeiit au MortiÊr du Parlehunt dcRoiieh que 
i*on peut acculer de "toute autre choie j (i on veut , mais non d'igtlorance, tous deux cnt 
confpirc' ma perte par des motifs bien ditFcrcfis , le premier pour m'humilier, ce die- il, & 
me réduire à Ion obeillince aveugle & >l luy demander înilericorde en me rendant mi- 
lerable, &:le toutpour monl'alut, &poarlaplus grande gloile de Dieu ; Car cVll ru- 
jourd'huy le motif commun des Pharilieils aufli bien que des véritables gens de bien , ôc 
comme c'eft le mefifie Soleil qui produit for & les pierres precieufes dont la chaleur 
fait aullï les monftres dedans la nature , & la perte aulïï bien que les autres maladies par 
iOn cxcez l'on peut dire que dans la rebgion le me fine motif de la charité' prcttndue ou 
véritable & de la plus grande gloire de Dieu Vraye ou fauITe fait tous les biens ou tous 
les maux, fait les Prellrcs tyrans & les Prcfti'cs martyrs. 

Mais le Préfident qui n'eft pas fi dinimuié en devotioii à jure ma perte pour fe venger 
de celle qu'il a faite d'vn piocez contré moy , dans lequel il a efte' condamnc'à mes de'- 
fens , dommages ôc inietclls & à l'amende , & par dc'pit , & par honte cllant maiiue 
comme il cft, enchicartCj puiflant en œuvres de teliebres d'avoir perdu contre vu fimp'ie 
Preftrc,& fe voir oblige', Prefideïit comme il eft à payer des de'pens & vne amande à vn 
fetit Curé de la campagne ^ non feulement eh confidcratioii de lalommc,dont il n>c 
demande la remife depuis huit ans, quoy qu'elle ne foit pas grande: mais parce qu'il 
avoir toiijours pretclidu jufques icy que la qualité le devoir exempter de payer les denes. 
- Mais ces 'deux puiflancesauroient demeure fans cHeél contre moy s'ils n'en avoient 
trouvéyne troifiéme propre i leurs mauvais deffeins par vn autre motif, que je tiens juf^ 
ques icy en particulier fccret , parce qu*il eft vn peu plus criminel que les deux autrcs,ne 
pouvant en dire davantage pour leprefeht , finon que le zèle qui ma porte' à acculera la 
îeuë Reyne Merc plus d'Vne tefte portant Mitre m'a attircf le relfeiitiment Se la haine de 
ÇluHeurs autres qui la pottent &: par confequent de Monieigneur mon Archeyelque. 

Cet Archevefque donc & ces Eyefques, ces Princes des Preftrcs avec le Prefidcnt , de 
coivcert ont cohfpire' ma perte, & pour cê't effet lôulevc' contre moy Vn calomniateur 
;quî n'a rien à perdre, & des faux telmolns rous mes ennemis declarei, contre lefqucis 
Tavois procez , civils ou criminels pour les interdis de l'Eglifc , 6i tous cnfemblcs m'a- 
■yant compofe' vn procez entier ,'dc milles faits calomnieux dont le tecic feul fait voir les 
<ontradidion$ & la faufleté , & par leurs fubtilite2 de Ichicaherie m'ayant retenu huit 
*ns prifonnier dedans vn cachot , ou la nuit legne tout le long du jour , fie réduit à Pau- 
tnône , enfin fe voyant preft d'eftre pouiTez > s'aVifent d'vnc rufc nouvelle en chicanc,qui 
eft d'y méfier la dévotion , & de m'objeder que je ne dois pas pourfuivre ma réparation 
d'Konneur , tiy la reftitution de mon bien en juftice, & qu'en cela il n'y a pas de charité'. 

Or il eft confiant que ces principaux autheurs de ma perfccmion ne peuvenrpaflcr 
J»our fùibles ny pour ignotaris , mais quand ils le voudroient fetvit pour exciter ma cha- 
rité , de leurs faux dévots ignorans : ( car ils n'en manquent pas ) pour fe fcandalifer de 
tout ce qui leur plaift à difcretion & félon qu'iis ont bcfoin pour reiilîîr dans leurs def- 
feins , il eft certain qu'après lesauteurs que j'ay rapportez & {"c'claircifTcment que ie leur 
ay donne' fur ma conduite, leur fcandale, s'il leur en refte,n'eftplus vn fcandale d'infîr- 
ïncs , mais dcPKatilrens malicieux > & par cotifequeiit j que je luis hon feuletiaent en 
.droit, mais en obligation d'employer tous les moyens que DiCu m'a mis entre les maina 
pour faire rendre à Jefus Chrift Se à fon Eglife le bien Sil'hotmeur qui leur a efte' injufte- 
ment , calomnieufement &c violemment ravi en ma perfonne. 

Cesfauxcharitablesdifent qu'il n'ya pas de charité' en cela , je Icilrrefpons qu'il n'y 
a pas vne plus grande chaiité pour Dieu, pour FÉglifc, Se pour des calomniateurs , mcf- 
tnc que de découvrir leur calomnie & la faire punir pour en doiiner exem.ple & terreux- 
aux méchans. 

Ces faux dévots difent que c'cft pécher contre f humilité & ie leur fefpons avec tous 
,lcs faints que ce n'eft pas humilité que de laiflcr en paix l'egner le fuperbe , & que celuy 
gui aime charitablement Fhumilitc en aime le règne & contribué à ^avancer aulîi bien 
dans fes frères que dans foy mefme par de juftes humiliations. 

C«s faux devutsdifcnt que c'eft impatience, mais c'eft vue fauffe patience qu« celle 



4 



'•^ipi^^ 



qui Cef.iît vne dévotion de foufFiir les injuies qu'on fait à Dieu & à FEglife ? Jefus Chrift 
chaflTa-il les vendeurs duTemple par imparience?eftoit-ce iir.paticnccà S.Pierre de punir 
Anani.is & Sapliira ? a ce efte impatience aux Martyrs de dire des injures à leurs Tj^ans 
&: de s'en niocquer nielnie ? cft-cc impatience à tous les Eleus de demander vengeance 
de leurs ennemis , comme il eft dit en faint Luc ch. 8. a ce efté impatience & injufticc à 
tous Ici lucres de l'E^lifc d'avoir parle' comme ils ont tait contre leurs adverfaires , & de 
s'eftre/uliifies avec des langues de feux ôc de fiâmes comme parle S. Auguft. lingttit 

Si dans les Pfcaumes la pluye, & la rofc'e font invitez à lolier le S-igneur , le feu , la 
grelle & les tcmpcftcs ny font-elles pas invitez auifi ? Se ne font elles pas aullî bien que 
les vens plus doux& à leur manière, ce queDicij leur commande, j ay fouffcrt huit ans 
en elprit de (ilence , je veux prefentement honorer Dieu en efprit de parler & de faire 
fonnoifirc à toute la terre mpn innocence , c'eft ma dévotion, eft-ce que je peclic en di- 
lant , omriis j^irhus lawkt Dominum ? & qu'il eft dcffcndu de brifer Jes Navires de Thatfe; 
in Fj>ntnt vehonevti ? Ci on a bcloin pour la juftificarion de cette conduite de plus d'auto- 
rité' & d'cclarcilîement , i'en donneray dequoy fermer la bouche à toute la terte , mais 
comme je ctoy ç[uc ce c^ue j'ay dit jufques Icy fuffi: il eft temps d'en venir au fait de mon 
interrosTatoire & à l'eximen que je me luis propoie', dans lequel j'elpere qu'il paroiftra 
combien il eftimporrant pour la gloire de Dieu, pour le bien de fEgUfc & pourlefalut 
me (me dcsmcdhans, c]ue tels myfteres d'iniquité ne demeurent pas inconnus auimon- 
c/c non p/us qu'impunis cw» puùlica vtilitatisjit , m crimina nan teinanCttrit impHnita , die 
\e Canon. 

EX^MEÎ^ DE V IVT ERROG^TOIRE DE M^ISTRE 
Thomas Coulon Prtfirc Curé de faint Pierre de VatierlfiUe att Diocefe de 
Rouen, prejié le 6. Décembre i66x. de'Vant M. ^uhoHrVtncegerent ;, ^ 
delà Sentence donnée contre luy ^ar M- 1' officiai delà Cour Métropolitaine 
iuiit lieu en date du lo. jour de Mars 1663. dont tl eji appellant ^ renvoyé 
far fa Sainteté pour ejlre ju^é par Monfienr Dufrtche officiai de Sée^ 

I. 

Demeure dudttfieur Coulon au Séminaire de S. Sulptce depuis l'àp-e de ly, ans 
^ l'année i6^o.jufcjues en 16 ^6 faifant la fonction de Porte-DieUi&* depuis 
ladite année 16^6. jufcjuesen 16^6. auprès de Monfei^neur de Ba:i^s Samuel 
Marttneau , ^ depuis ladite année 16^6. juf(jues en l'année KÎ59. pour la fè" 
condefois audit Séminaire j en la meÇmefonéiton de Porte-Dieu. 

Pour l'entière &parfaite conno-ffance de l'innocence de Pnppellant , il eft à fçavoîr 
qu'il eft âQ;ede57. ans ,que dans Panne'e 1640. n'ayant encore que 27. ans &eflù Pre- 
ftre , il alla dans la Ville de Paris faire fa demeure dans la Communauté de faint Sulpice 
qui pour lors ne faifant encore que naiilre fous la conduite de feu Melîîeurs les AbbcK 
Olier ôc Bafencour , attitoit par Fudcur de leur faintctétous ceux qui avoientdeffcin 
de fe fand:ifier dans la vie Ecclefiaftique par l'inftrudiicn & les faints exemples de ces 
deux excellens hommes dont la mémoire eft encore heureufe dans toute laFrance. 

Aux pieds de ces deux faints perfonnages ledit appell nt comme S. Paul aux pieds 
de Gama/iei a pa/Te /es premières années de fa vie Éccle/îaftique dans toutes les fon- 
dions qui la compofent&aufquelles FobeiïTance exadte pratique'e dans la Commu- 
nauté' font pu engager jufquescn Fanncei545. mais principalement dans l'Office que 
\ on appelle de porte-Dieu, que chacun fait eftre vn des plus difficiles &,fuicc aux ren- 
c onttes les plus cxttaordinaites, & dans lefquellcs il cftbefoin d'vne parfaite intelligen- 
ce, prudence, cxaftitudc & fidélité'. 

Ce que leditappclant ncdit paspour fe rcveftir d'vnc vaine gloire , fe recognoiffant 
très indigne & très incapable devant les yeux de Dieu , non feulement de cette partie de 
fon miniftere, mais de toutes les autres , voulant feulement par ce récit le faire connoi- 
ftre à les juges pour tel qu'il a parte dans l'efpritdc fcs Supérieurs fix ans diuant , leur 
lailTant à tirer des là les conlequences qu'ils jugeront à propos dans la fuite pour k 
juftification de mon innocence. 

Elle fut jufqucs à ce temps là fi reconnue devant les hommes que Mc.îïre Samuel 



Maitîneau Doâieur de Soibonnc . ^' poui lors nomme à Œvcfché de Bazas , jetant les 
yeux fur la perfonnc&: fur la conduite , ne le jugea pas indigne de le luivrcl&de l'ac- 
compagner dedans (on Diocefepoiir le lervir dedans les principales fondions de Ion 
miniftcre , ce qui obligea ce Seigneur de le demander à leldif; Snperîeurs,& de l'emme- 
ner avec luy dans Ion Diocefe où il a demeuré fon domeftiquc le luiv int dans routes fes 
vilitesjulqu'au mois de Mars i6')6. que luy ayant rendu tous les fçrvices dont la Gran- 
deur, en le choififlant l'avoir iugc' capable , il retourna dms la Communauté dclaint 
Suîpice d'où il ello'r (brti , portant avec loy vn témoignage autentiqiie Si par efcrir , fi- 
gné du Seigneur Evelque de l'intégrité de fes moeurs & de la vie fans reproche , le trou- 
vaHt heureux d'eftre encore reccu dans ladite Communauté par ledit lieur Abbé Olier 
fon premier& ancien Supérieur, quoy que M. de BrstonvvUiers luy euft fuccedéàfa 
Cure , & de fe revoir à la lource où il avoir puilé Se pris les premières & plus pures lu- 
mières de la vie Ecclefiaftiquc, ayant commence dés le lendemain de fon recour, àien- 
trcr dans fes anciennes fondions de Porte Dieu , dans lelquelk-s il apaflepour cette fé- 
conde fois quatre années entières fous la diredlion de Mclllcius de Bretonvilliers, & 
de Pouflé fuccelTivementCurcz de laParoifle dudit fa int Suîpice (S: encore prcfentement 
vivant , jufques à la fin de l'année i (î^8. qu'il fut choifi pour eftre fait Curé de la Paiioil- 
fe de Vatierville Doyenné de Foucarmont dans FArchevefché de Roiien. 

i i. 
Vocations Jttdit Coulon ^ U clur^e d'anits, & Curé de ladite Tarroiffe de Patit) ville. 

Mais pour Fentiere cognoilTance de fon innocence il n'efl: pas moins neccffa'irc âe 
remarquer de qu'elle manière il a efté appelé à cette charge de Pafteur , & qu'elle a efté 
fa vocation : afin qaefî elle a elle divine & canonique, il loit plus aisé de conclurre que 
le trouble qui luy cft arrive depuis , ne luy a peu eftre lulcité que par elprk contraire à 
celuy de Dieu. 

Il peut artefter fa Majefté divine que s'eftant toujours eftimé luy mcfme au deffous 
des moindres charges de l'Eglife , il n'a jamîiis eu la penfcc de le trouver digne ny capa- 
ble de celle de Curé, bien loin de f.ivoir defircc, recherchée nv employé aucuns moyens 
humainspoury parvenir, ce qu'il peut avancer avec d'autant plus de confiance qu'il a 
encore pour cette vérité vn refmoin vivant au dclTus de route exception qui eftle K. Pè- 
re AnnatConfelTeur de fa Majcfté.par lequel ledir appelant a elle choifî pour ce't employ 
cette ele<5tion luy pouvant fervkd'vne atteftation irréprochable de Feftime que fa con- 
duite avoit donnée aux hommes jufques à ce temps là, de fa pcrfonne. 

Mais quoy que le choix d'vn Ci grand perfonnage deuil donner audit appelant quel- 
<\ue confiance pour acceprcr kdice charge fans difficulté' , la dignité de cet employ luy 
paroilTant au dcffus de les forces , fift que d'abord il n'y peut confcntir,quoy que le choix 
du R. Perc Annat. fut accompagné des lufFages des R. Pères Bagor & Hefneuve, lef- 
quels ayant de longue main vne connoilTance plus particulicre,non feulement de fa con 
duite extérieure : maisaulîî.dc fon intérieure , elloicnt capaWes de le déterminer, néan- 
moins il n'oie s'y refoudre qu'auparavant il n'en eut encore pris fadvis de pcrlbnnes de 
laplus haute fuftifance & pieté qui fulfent pour lors dans la Ville de Paris,aufquels dans 
les différentes rencontres de fa charge de Porte-Dieu, il avoit efté obligé de communi- 
gucr des affaires qu'il peut dire avoir eftédesplus importantes de l'Eglife, entre lefque/s 
cftoit feu M. Charton Pénitencier deNoftre-Dame de Paris qui toutes chofcs conlîde- 
rées,luy dit que c'eftoit la volonté de Dieu qu'il fut Curé de la Paroiffe pour laquelle il 
avoit efté choifi. 

De tous Icfquels faits il prétend qu'il eft aisé de voir que jufques à ce temps fa con- 
fcicnce ne luy peut reprocher non feulement des fautes qui devant les hommes puilfent 
donner lieu à vne accufation canonique , mais non pas mefme de ces maux intérieurs de 
fupetbe, d'avarice, ou de voluprc qui font capables de porter les hommes quoy qu'indi- 
gnes à rechercher les biens & dignitez de f Eglife. 

III. 
Son entrée dans ladite Cure en i6^^. & rinformation commencée contre luy tn JÔ^o.dix mois 
aj^ret fur de prétendus crimes qu'il nauroit pas peu apprendre à commettre en dix ans entiers 
vraylemblablementycequifait voir par avance lavrayefemblablefauffeté & calomnie de 
fon accufation aufii bien que l'injujlice de lafentence donnée contre luy- 
Cequieftant fuppofé comment c'eft-il peu faire qu'vn Ecclefiaftiquc nouri comme 
parle S. Paul dés fes jeunes années des paroles de la foy , tnutiittu verbisfidù , ^ c'icvc 



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fous les leigtes d'vne dicipline Ci régulière , î'i longue & fi pcrrtverante foit devenu tout 
d'vn coup indione d'vn bénéfice duquel il femblc que Dieu mefmc l'ivoit voulu juger 
capable par vue élc<ftion auffi canonique qu'a cfte' la fienne, & par quel miracle de niai- 
heur a-il pu en fi peu de temps pulTer d'vne extrémité d'innocence à Ion extrémité con- 
traire fans aucun milieu : caril eft à remarquer que n'eftant venu demeurer en fon bé- 
néfice qu'en luin lô'i'p, il commença d'eftre entrepris par les ennemis dés le mois de 
Mars 1660, ensuivant , c'cft à dire dix mois , après Ion entrée & (a refidence , conutienc 
di-je en dix mois, aura il peu oublier tout le bien qu'il auoit appris Si pratiqué en dix 
huit années pour commettre des crimes futîifans pour luy faire perdre (on bénéfice. 

Cependant il eft condamné par fentence de FÔlficial de Roiicn du n. Mars KÎ63. à 
ft dtffdhe de fon bénéfice, k tenir frifm fermée] fix mois ©r 4ax defpens du p>ocer^ , & 
c'eft de cette fentence dont il eft appellant , Se dont il eft obligé de faire voir l'injulHce 
prclque incroyable. 

IV. 
Intuflict de laditt femevct & pnctdurc faite contre ledit Curé , frmyée par cinq 
principaux chefs aujcjueh tji réduit tout cet examen. 

Il prétend faire voir Finîufticc de ladite Sentence i. par la qualité de fes parties & le 
fuietdeleuranimofué&: reléntimens. 2. par la futilité de laplufpart des chefs de leur 
accufacion & faufTcté manifcfte des autres 2,, par reproches valables qu'il a donnée con- 
tre les tefmoins à luy confrontez. 4. par l'affeélation manifcfte de la procédure tour a 
fait mtetcfîce de \a pari des fveurs Promoteur, OflàciAl^ Uicegerent. 5 . par la nullité de 
ladite procédure. 

V. 
Premier Chef par lequel efl prouvée l'irtjajiice tle ladite procédure & Senttnct , k fçavoir faï 
la qualité des parties , Hr lesveritables motifs de leur accufation , CH" premièrement 

par M. le Trefident d'iftahille. 

» 

Pour Connoîftrc Va cjuaVité de fes parties Scies vtrita\>lcs tnotifs delevr accufation, 
îl faut fçavoir que ledit bénéfice de tJatiei~villc eftant en la nomination du Roy , duquel 
ledit appellant avoit rcceu fes provifions, le ficnrChailes Bretel Baron d'Eftalvillc & 
Prefident au Parlement de RoLicn , prétendant au Patronnage de ladite Cure qu'il vou- 
loir faire perdre à fa Majeftc , nomma de fon cofté Maiftre Nicolas le BoutelUer , quoy 
que Preftrc&Curéde Saceville, non dans lapenféc qu'il tjuittaft fadite Cure de Sace- 
villc , parce que le revenu en eft dcu.^ fois plus grand qUe celuy de Uatierville , mai» 
afin de la mettre fous le nom dudit Curé pour en difpofer puis après à fon gré , & en 
traitterduPatronnage avec M. de Gremonville fon neveu, pourvu fief de Haubert qu'il 
luy demandoit,&c. ne croyant pas qu'il fc tiouvaftvn Preftre aftcz h.ardi pour foute- 
nir les interefts du Roy, de f Eglife , &: de Dieu , contre vn Prefident au Mortier du Par- 
lement de RoUen , &: vn Prefident d'Eftalville , en quoy néanmoins ledit appelant luy 
fift voir que fa prudence humaine s'eftoit abufée , parce qu'ayant difputé fon droit con- 
tre luy au grand Confeil , il y obtînt deux Arreft contradiéloires contre ledit fieur Pre- 
fident & ledit Boutcillier, parle premier defqucls ledit appelant fut maintenu &fes 
patties déboutées avec interefts, dépens & reftitution de fruits,contic lequel Arreft lef- 
dites parties ay antpti s Requeftc civile, par vn fécond Arreft en furent déboutées avec 
dcfpens 6i amende , pourquoy ledit ficur Prefident demeura redevable audit appelant de 
ia/omnic de 117. livres. 

Pour laquelle fomme ledit Curé de Vatîerville ayant obtenu exécutoire & ne vou- 
lant cas s'en fervir,fans avoir employé fes amis & pris auparavant toutes les voycs que la 
civiVuc & le ïefpeft luy prcfctivoicnt envers vnepcrfonne de cette qualité pour le fup- 
plier de vouloir luy rendre cette juftice de luypayer ladite fomme,par luy (i légitimement 
deué,il n'en pût obtenir autre rcfponce finon , rj«e les Vrefidens i Wortier de l{oiien ne pay- 
aient point de pareilles dehtes, ce qui fut rapporté audit luppliant par le fieur Curé de Gre- 
monville de la part dudit fieur Prefident,parolcs qui encftcét lortant de la bouchcdecc 
Prefident luy ont valu d'arreft plus decifif en fa faveur pour ne point payer ladite fom- 
roe, que n'avoit efté celuy du grand Confeil pour le condamner : mais comme ces paro- 
les rv'avoient point d'autre fondement que l'iniuftice & les violenccs,elles nepouvoienc 
eftrc foutcnués ny appuyées que par le mcfmeprincipe dont elles eftoicnt proccdées.eti 
forte que quelc^ue diligence qu'ait peu faire,felon les forniesprefcri-tcs par la iufticc , le- 



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dit .ippeLmt pour clhc pnye ».k ladite fommc, non feulement il n'a peu y parvenir : mais 
à tellement irrité la grandeur Prcfidcntale , qu'il y a perdu jui'ques icy & ladite i'omme,, 
&le revenu de fon bénéfice, & i"a liberté pendant huit années dcprifon , dans laquelle 
il eft réduit à viuve d'aumofnes par le miniftere defdits fieurs Officiai & Promoteur , par 
le ci-cdit &c autorité dudit fieur prefident, & fans apparence d'en pouvoir fcrrir qu'à 
cette feule condition de relafcher audit ficur Prefident ladite fommc de 2zy. livr. & non 
autrement. 

Condition qui aefté fouvent propofée audit appelanr comme vn moyen infaillible 
pour obtenir de Monleigncur TArchcvefque de Rolien fa liberté & le retour dans (en 
bénéfice, quov qu'on luy en euft demandé la demiilion pendant quatre à cinq ans 
durant comme fi ledit fieur Ptefident avoit en fa main & l'autorité de Monfeigncur 
FArcWevefque & la confcience des Iuges,& la pleine puiffance dedans le Diocele de ic- 
tablir dans leurs bénéfices tous le Curez qui en auroienrefté jugées indignes , p.ir len- 
tcnce , pourvcu qu'ils euïïcnt feulement Flionneur de fes bonnes grâces. 

Cequifaîc voir évidemment que le plus grand crime dudit fieur Curé de Uatierville 
& fon incapacité la plus Canonique efl d'avoir cftc affez malheureux pour gagner la 
caufe avec dépens contre vn Prefident à Mortier de la Cour de Parlement de Nui ni. m - 
die , & (e voulant faire payer , avoir encouru fa difgrace , cette diigrace luy a lufcict des 
accufateurs , luy a fait trouver des tefmoins apoftez, luy a donné des Juges favor,ib\cs à 
finjafttce ,& fait trouver vne fevcrité & des rigueurs dedans la lurifdiftion de l'Officia- 
lite' de Roiien , qu'il a veue depuis plufieurs années n'avoir efte' exeice'e ny connc (es 
yvrongnes , ny les impudiques ny autres Preftres criminels que les Canons ont jugé di- 
gnes de dcpofitibn , par ce qu'a tous CCS crimes ils n'en avoient pas adjoûté vn autre 
mortel dedans fOfficialité de Roiien, qui cft d'avoir encouru f indignation du ficur 
Prefident d'Eftalville. 

L'inJHJUce Je Uàitt Sentence prouvée partAonfeigaettY F ^rche-ve[([t!e Ht ^Uen 4utre fyrtie 

dudit fieur Curédvec le fieur J» font "Prieur de S. Germain , o" le nommé Claude 

DefvdHX , dont ces grands Stigiitun [e font/ervis pour l'accujer- 

Et afin qu'on ne croye pas que le grand crédit dudit ficur Prefident dans fOffîo'a/ite' 
de Roiien pour y faire commettre des in/uftices /oit vn fait fuppofe'à pjajfir & fans fon- 
dement , il faut f<javoir , que ce crédit n'eft pas feulement fur la qualité de Prefident à 
Mortier & autres qui font rendu redoutable dans toute la Province , mais fur vne r.ii- 
fon particulière qui fe trouve dans PafFaire dudit ficur Curé de Uatierville , ce qui n'au- 
roit pas lieu en d'autres , niais dont le myftere cft fecret & ne peut pas eftre révélé tout 
«ntier, qui eft, qu'il a trouvé Monfieur f Archevefque de Roiien favorable à fes interell:s 
& à fes mauvais deflcins par la raifon alléguée dedans favant-propos , ce qui a frit que 
ces deux puifTances vniffant enfemblc leur autoriré , l'vne luy trouve dedans l'Eglife vu 
accufateurEcclefiaftique, l'autre vn fcculicr, &rtous enfemblc luy ont concerté vne 
accufation compliquée de tant de faits ôcCi differens & fourny tant de faux tefinoins, que 
tout cela joint avec les artifices & fubtiUtez de chicanes dudit fieur Prefident &c Officiers 
dudit Seigneur Archevcfque à mis ledit fieur Curé jufques icy dans l'impuiffance de fe 
délivrer de leurs mains aufli bien que de leurs piifons. 

Car pour (atisfaire aux defleins conçeus par Mondit Seigneur l'Archevefque & ficur 
Prefident de perdre ledit Curé, ledit fieur Dupont Prieur de S.Germain fur Eone fon 
proche voifin fut le premier choifi pour fe rendre partie contre luy à obtenir commiflîon 
pour informer de plufieurs faits fauffement imputez audit fieur Curé & rout a fait fri- 
voles , &c tellement faux & frivoles que ladite information ayant efté faite à 6. ou 7. re- 
prifes différentes & pendant l'cfpace de 6. mois entiers, efl: encore .t juger, quoy qu'il y 
ait eu ordre du Roy de ce faire , ledit fieur Dupont ne voulant pas s'engager à vne accu- 
fation plus importante, on fut contraint de luy i hetcher vn homme qui n'euft rienà per- 
dre, pour mettre en fa place, &poiu: inventer des calomnies plus capitales, mais aufll 
plus perilleufcs au calomniateur. 

Cette nouvelle partie fut le nommé CUude De f-vjux homme fans aveu de naiffance 
incertaine aufli bien que de Diocefe incertain, vagabond,pauvre &geu mandiant auquil 
il a cftc fans doute bien facile de fe charger de tous les cas qu'on luy a voulu iuggerer 
contre ledit appcllant & s'en porter pour accufateur , parce que n'ayant ny bien ny hon- 
neur à perdre , il n'avoU auili rien à craindre, 



1 



I* 



lO 

yn. 

L4 futilité in innocence Je quelques articles Je VinttrrogMoite JuJit Jleur Curé JeVtttiefville 
itfuuce:^pttr UAtt fteur duVontcemen^ts d.tni^:tt première infdïmathn fnr Ul<l»tii9n hy* . 
fait fort fr»ci\yentre dutres da trAVttil de f<s mains. 

Mais Afin de faire Voîi- Combien il eftoit ncccflfaire que ledit DefvauX vint au fecoutï 
dudit ficur du Pont pour adjouter à fa calomnie quelque fait import.inc fur lequel on 
pcuft appuyer quelque fondement de fentcncc contre ledit .ippellanr,il ne faut que con- 
fiderer quels iont les cas particuliers dont ledit du Pont avoir accufé ledit appellant: 
car on pofe en fait qu'il n'y en a aucun quoy que la plufpart faux, qui quand ils ieroicnt 
véritables ou en tant qu'ils le (ont, méritent la moindre corrcdtion en juftice, mais 
au contraire la paillon à tellement aueugle' ledit du Pont, que la plufpart des articles 
cmploye'cs au dcffein de faire condamner ledit appellant , méritent en eSc£t félon les 
Canons approbation & louange. 

Par exemple, d'jvùir bxta àlA^rungt de [on propre frcibitere & befcbé dedans fon jardin, 
en conlcicnce & en honneur vn Preftre peut il avoir elle' ou aflez ignorant ou affez paf- 
fîonnc pour faire à Pappellant vn chef d'accufation d'vn travail aulu innocent , aulîi per- 
mis Se Audi loiiable que celuy lài 

Il eil innocent : car en quel endroit ou de l'Ecriture , ou des Pères , ou des Canon» 
peut-on trouver qu'il foit dciiendu à vn Preftre à la campagne d'éviter l'oifivcté par vne 
occupition qui ne fait tort à perfonne , Ou les compagnies feculieres & mefme fouvent 
celles des E jclefiiftiques qui ne font que trop ordinairem 'nt le fuiet de perdre le temps 
& caufer du [Vandale , pour ledit appelant il ne manque pas de Canons qui l'autorifent 
dans cette forte de travail dontonluy fait vn fujet d'accufation. fresbiter feraBis horis 
infirma vilîraris , ftxolheritad opits rurale exext,à^\\. le Qxnonprtshiter dift. 91. eS" le Canon 
ClericKS e.tdeiH diji.iiicfum is'vefiitum fthi artijiciolo vel a?rtcHltiira,ab/que offiàj fui duntaxat 
detrimento partt , & au Canon fuivant, Ctericus ([uantumlibet verbo Dei eruditus ariificiolo 
'viiliim qiiarat' 

Mais comment en effcft le travail dan$ ces derniers temps de l'Eglife feroît-il devenu 
. vn crime aux Ecclcfiaftiques qui dans la primitive Eglife faifoit la gloire des Apoftrcs dC 
la feule marque par laquelle S. Paul vouloir cftredicerne' d'avec les Prédicateurs enne- 
mis de la Croix de Je fus Chri 11, c'eft neantmoins vn des articles les plus confiderables 
dont ledit du Pont a prétendu charger l'appellant , m ùs ce qu'on auroic peine de croire» 
c'eft quec'eftvndcs chefs énoncez dans la Sentence donne'cpar M. l'Official de Roiien 
contre ledit appelant en ces termes : 4fff'«r , dit-elle, «5" convaincu d'auo'tr fait plufteuri 
itBitns indefceutes & indignes de fou carathre. Ce quicftant relatif aux informations 
faites contre luv, 5c aux de'pofuions des refmoins & interrogatoire du luge qu'il la inter- 
rogé ; /"f^voïV n7 n'4v«/f pai befcbé dans foti ].trdin au (andak de tout le monde, ne peut 
eftre appliqué qu'au travail de fes mains dont par vne jurifprudence anticanonique Sc 
par confequent nulle de tout droit , on luy veut faire vn crime. 

Mais ce n'eftpas le feul que ledit du Pont luy impute ill'accufe en outre, d'avoir fait 
le Trône avec vn Manuel de feu Monfeigneur le Cardinal iF^mboife jlrchevefque de B^oiiea 
& non avec vn Manuel reformé. 

Item d'avoir vendu fon bit avec vn boiffean qui nefloit pas marque. Il ne dit pas qu'il fuft i 
fauffe mefuïc, par ce qu'il a voulu garder quelque modération dans le deflein qu'il avoic 
de luy nuire afin de fe rendre plus croyable , mais les Tuges obierveront s'il leur plaift , 
qu'elle devoir eftre la paffion d'vn tel accufateur & la méchante volonté de ceux qui 
avoient receu contre l'appelant de tels .irticles pour en informer : car il ne s'en trouve 
point de plus criminels dans toutes les informations faites fur la dénonciation dudit du 
Pom. Vlll. 

Injttjîice ât ladite Stnienct prouvée par Us qnitlke\ du nommé Defvaus choifi par le (ieu r Treft- 

dent d'Eflalville, pour eftre partie dufteur Curé de V.itierville & fott calomniateur , homme 

(Tvne nai(fince <T B^ligioa incertaine , pauvre & gueu mandiant , incapable d'eftrtrecen 

foar partit, 

Ainfî la haine dudit fieur Prclîdenr d'Eftalville n'ayant peu trouver parmy les Preftres 
de calomniateur capable d'inventer des crimes plus conlïderables, il tut contraint d'en 
chercher parmy les Laïques, & ne s'en trouvant point de tels que les Loix les défirent 
pour eftre recevablcs parties contre vn Preftre qui fulTent affez proftitucs à fa vengeance. 



^^l^^^*^i^*IBi^«B^B«i*«i ■. JLL . 9 mi 



ri 

pour vouloÎL" cftie Calomniateurs , il fut contraint d'avoir recoUrs au dernier de tous les 
hommes & au moins recevablc pour partie d'vn Preftre , félon toutes les Loix civiles 
& Canoniquc':,pluftoft que de manquer au dcffein qu'il avoit de perdre ledit appellanr, 
&à la fdcilirt qu'il trouvoit dans fes juges Ecclefiaftiques à le féconder. 

Cetcepatiic cft le nomme ClattJc Dt\ymr. dont la naiflancc eft fi incertaine que dans 
vn bref obtenu de fa fùntetc' (bus fon nom , elle y cft cxpiimc'e en ces termes , CtttuJius 
Defvaitx Uyorhowa^ctifis (tue nlnrius chitatis & Diacejis. Si bien que comme dedans la vil- 
le de Roiien il le trouve prelque de toutes fortes de narions étrangères , jufqucs à (?ies 
gens , qu'on dit eftre nais de Juifs , ledit fieur Prefident à iuftement trouvé vnc partie 
contre i'.ipcl an dont les qualitcz laiflent encore à douter juridiquement s'il eft François 
ou Efpagnal, s'il eft baptiië ou s'il cft circoncis,s'il eft du Diocefe 8c de la ville de Rouen 
ou d'vn autre , ]\othomagenfisfeu alterltis civitatts , il ne le fçaitpas luy même, puis qu'il 
ne la pas dit ou tout le monde à accoutume' de le dire , où s'il le Içait il la voulu taire, de 
peur qu'on ne trouvaft dans fa naiflance non pas des doutes , mais des raifons pofitives 
qui le rendirent reprochable félon les loix civiles & les Canons. 

Mais ledit (îeur Prefidenr& les Juges qui en ce fait fe font rendus minîftres de fapaG- 
ficn , n'onr pas affe?. peu de cognoifTance dedans leur malice pour ignorer qu'il ne t.uit 
point de plus grande raiLon pour rejetter vn tel accufateur que le doute mefmc de l'a 
tiaifïiuice. 

Mais fi A)ce doute vous adjoutez que ledit Defvaux eft vn gueu rtiendlant 8§fi vaga- 
bond, &: fi fans av;u , que depuis mefme fon accufation il a difparu , fans qu'ion iache 
en quel lieu il cft allé porter vagabond , comme Caîn aprcs avoir rut? fon ficte , Je re- 
rnotsdefaconfcience, &fouffrirdelapartdcDieu lesiuftes chaftimens de fa calom- 
nie , y a-il luge lur la terre quipuifle ignorer qu'vn tel accufateur de tout droit eft non 
recevablc contre vn Prcftre, & à plus forte raifon contre vn Pafteur. 

L'appelant fe difpence d'alléguer les Otdomianccs Royaux fur ce fuiet , parce qu'il 
fe dcftend dans vne jUrifdiârionÈcclefiaftique-.mais fi par l'Ordônance de Henvy III. aux 
Eftats de Blois , Il eft dcflcndu de recevoir pour partie contre qui que ce foitvngiieu 
mandiant , &:fi dans les Loix Romaines melme il eftoit deffcndu d'en recevoir aucun 
qui ne fut riche du moins de quinze efcus d'or comme il eft rapporré auCanon pyohiben- 
fttr 2. q. I. à plus forte raifon cft il deffcndu difent les Canons de recevoir pour partie 
A'\riPïçft.tc des î^cns Aom \a foy,\a\ie Scia liberté' cft inconnue», & des perfonnes que 
Fon peut appellec viles en toutes maniei^es , ijimrumfides , vxVrf, & libertés nefciiur,von 
fermittnntur majores tiatu accufart , tttqtie viles perjoti/e in eormn ïcc'n>imitur accufatione 
i.().7 .c4»o»« «]u«ït»i«{i»m, tntiis pvvnciçalement fi vn accufateur eft cftranger , Kullus en>m 
Alitingent fixt eoyiim /tut accafator aut Index , yndt & de loth. fcriptum ejl , ingrej^us 
ts Vf ndvena , num quid^vt judicts. O». nccufntores e.td. 3. (j.5. ce qui femble eftre dit ex- 
preftcment contre le mifcrable que fon a choifi pour eftre la partie de l'appelant auquel 
il peut reprocher avec bien plus de raifon que fon ne fift jamais à Loth, eft-il venu dans 
nia Parroiffepour eflremonaccufateur,&s'ii eft vray qu'il nauroitpase/îe'^rcccu iclon 
les Loix civiles centre vn feculier , à plus forte raifon ne le devoir il pas eftre contre vrv 
Preftrc, que la loy divine à rendu fuperieur de tous les feculiers , qtiid indtgr.um e|î /«pe- 
tierts l>4ti ah inferiotibiis (\Uit itiferiores db eis pati delpiciunt dit le Canon /tcaffateres ead.q-^ 

Pourconclufion les Canons defFendent de recevoir pom: accufateurs des fervireurs de 
Dieu, fout ceux que les Lois publiques & civiles n'admettent point dans leurs accufa- 
tions, eju.ijcttnqnt ad Acctifationtm ftrfon^i Itgts |>w6l Jc<t non admittunt, hii m}>ugnAndi a\te- 
tum & nos licentidmfub tnouemus Can. de accnfattribus ibidem^ 

De tous Icfqucls Canons il cft confiant que celuy que Fon a choifi pour eftre partie 
de l'appelant en eftant indigne , fon accufation n'a peu eftre receuë que par vne préva- 
rication manifefte contre la difpofition du droit & par confequcnr, que fon accufation 
eft nulle aulïl bien que tout ce qui s'cft fait en fuite, c'eft ce qu'enfeignc le Canon im- 
fcy'iali 25. <j. 2-. ImperiAi con^itutiont itptïtè (ancitum ejl , vt eaquit centra leges fiutit, non 
foluniinutilia ,ftdttùm proinfc&is habenda jinr y& qiiod rationt ctret extirp4re neceffe e(i 
éi.dii}. cerepifcQpi. Mais quelque mal intentionnées ou conditionnc'es que foient 
les parties dudit fieur Cure' jufques icy alleguc'es , tous leurs mauvais defleins n'auroienc 
peurciiffir, s'il n'eu/Tenr rencontre vn Promoteur abandonné à leur difcrerion , deuoiié 
a leur intercft, à leur padîon , à leur entière obeiflance ; C'eft pourquoy après avoir par- 
lé des autres, il eft important audit fieur Cure de mettre au jour les belles Si loiiabks 
quaiirez du fieai Piomoteui. (^ 



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Jnjttjiice fh U^itt Sentence prouvée f>ar Us tnjtijies & perrer/es qf(.ilite\<lM fieurDehiticeuiVri- 
moteur QenerA C?" partie principale de l'appelant , ledit jieur Dehincoar ay.tntjtes9tt^i»né de 
vendre lajuflice & mentir if on ^rcheye[qi4e c?* kfes luges. 

En cfFcA quelle apparence d'arrsndre de lajufticc de peifonncs roures înjuftes, & 
qui ne vivent que de leurs injuftices, peut-on cueillir des giappes de laifin , dit noftic 
Seigneur, quand on n'a planté que des ronces & des cipines ?&rrouve-t-on des figues 
douces parmy des buiiTons & des hallicrs piquans de tous coftez, la prudence Ae la chaic 
n'eft point loufi-nilc à la Loy de Dieu & ne peut pas exécuter fes ordres , nec enim poieft, 
or il eft certain que ce«c prudence de la chair cft famé qui anime toutes les aftions de 
la vie du fieur Dehincour Promoteur General de fArchcvefché de Rouen, & partie 
principale de l'appelant , c'eft pour luy le mauvais arbre de l'Evangile , qui n'a peu pro- 
duire de bon huit : car n'ayant point d'aurres racines que celles de fon avarice, parlef- 
t^uclles il tire la lubftance des Preftres de tout leDiocefe qui font alTez malheureux pour 
tomber entre ies mains & dans fon partage , cette cupidité racine de tous maux, qui luy 
fournit (a nourriture n'cftpas capable de luy imprimer aucun fentimens de juftice. 

Mais rappelant n'en feroir pas croyable fur fa parole s'il n'avoir des preuves convain- 
•qurriTesà y ajouter qu'il a referve'es , à la fin de cet examen pour n'en embroiiillerpajla 
fuite, & ny faire point de confufion , c'eft pourquoy il renvoyé le le<fteur y voir. 

ï. Par vne lettre du fieur Goujon Cure' de Martin Eglife comme a receu ledit Pro- 
moteurdudit fieur Cure' de Faigent pour donner fes concluions ,& dont ledit fieur Cu- 
ïc' luy demande la reftitution, comme en cÉfeft depuis elle luy a efté faite publiquement 
par ledit fieur Promoteur. 

2. Par vn autre lettre efcrite de la propre main dudît fieur Promoteur à Monfeigncur 
f Archevcfque de Rouen qu'il a mile entre les mains du R. Père Annat qui l'a renvoye'e 
audit appelant, où Ton voie vne fauffeté manifcfte & vérifiée , avance'c par ledit fieur .- 
Promoteur à Monfeigneur f Archevcfque de Roiien pour fempefcher d'eflargir ledit^ 
appelant comme il y eftoit oblige' , & feuft fait s'il n'en euftefte' trompe' malicieufement 
parcemcnfonge. 

3. Par la requefteprefente'e au Parlement par 'ledit Promoteur contre l'appelant, par 
laquelle après l'avoir fait appeller devant FOfticial& plaide l'vn contre l'autre le ij.May 
15^7. ledit Promoteur craignant y élire condamne' décline la jurildidion Se fait appeler 
ledit Cure' de VatierviUe devant le luge feculier , devant lequel ledit Cure' n'ayant vou- 
lu compareftre , ledit Promoteur fur cinq faufferez qu'il énonce , obtient vn Arreft par 
deffaut, à fon avantage. 

Mais avantage malheureux pour luy , puis qu'il n'a pu Fobtcnir ny le demander fans 
encourir , ipfo facio l'excommunication portée par les Canons , deftiendant aux Ecclefia- 
ftiques fous cette peine de fe pourvoir dedans leurs caufcs , par devant le luge feculiar 
en première inftance, ny mefme par appel , autre qu'en cas d'abus. 

iTel eftant donc ledit Promoteur & principale partie de Fappelant & tels les autres 
parties cy deffus nommées qui avoient confpiré fa perte , tels leurs motifs , leurs inten- 
tions Ôc leurs incerefts, qu'elle juftice pouvoit-il attendre dans la Sentence, qu'elle bon- 
ne toy & qu'elle humanité mefme dans les procédures qui la dévoient précéder & qiû 
la dévoient fuivrePla vérité en pareftra dans les chefs cy defTous. 

Ce qui fuffiioit audit fieur Coulon appelant pour fedcffendrc avec juftice de toute la. 
ptocedare laquelle eftant nulle dans Ion principe ne peut avoir aucune validité ny me- 
r/reraucune créance /'uridique dedans fes confequences: mais comme il eft avantageux 
de dc'cendre dans le détail de toutes ces circonftances , pour en faire voir la perpétuelle 
iniquité , aptes l'examen qu'il a fait de la qualité de fes paities & de fes accufateurs, aufli 
Vien que de \a futWitc de \a plus grande part des articles de la première accufation , il eft 
jufte qu'il vienne à l'examen des articles de la féconde faite contre luy par leditDefvaux. 

X. 
Secand chef aui\Mlfe yedtiit rexamende l'inttrrogatoire&Sentence donnée contre ledit Jtet4r Cou- 
lon Curé de VatierviUe, & par lequel on prouve fa nullité , & l'injttjilce dt fon accufation i 
fçavoir par les j 6. articles ^accufation avance^ par ledit De/vaux contre ledit Jieur Curé 
réduits atroiigertres,le \. des articles qui font frivoles. Le i. de ctux qui font levers. Lt^.de 
ceux qui feraient de eeafequtncg s'ils efioient véritables. 



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^P"« 



Il diftinjucracctreaccufatîon'.'n trois foit;:s d'.uriclcs )ci premiers font cclix qu'il 
peut ;ip]>ricrfV/-ye/ct ôc indignes ti'viic inform.irioii jui'diquc. La i. lonc d'article cftdç 
ceux i-]iii (biiT Ugt/s &C ne merirtnc aucune peinc,qviand ils feraient véritables, où s'ils eu 
meri!c"nr, c'cftvnetresle:gcre. LatroiiWme ("cite eft des articles qui (e:r:oienz import dits, 
s'ils cft'.iicntvcritiblcs, mais qui ne Teftartr pas méritent punition contre faccufatcur 
calomniateur i& non pas contre F.iccul<f , lesprenvievs qui Càv\t frivoles font tous les 
mefmes qui âvorcnt eilé alléguez conlrc luy dans la prcniicie information faite à la re- 
«jucftc diidicidu Ponr, en forte quMl femble qu'on n'ayc voulu pour le condamner faire 
autre cho(c qu'vnc information où il y euft beaucoup d'ciciiture, mais peu de maticre,ôC 
t]U*on r.jy»; tondimncpIutofti'urlagrolTeurduSac , quelurle veu d'aucune pièce, fï 
t>ien qvi'il peut dire, aVcc faint Hierome qu'il n'a point d'autres crimes quedcsbadinc- 
iies qu'ils ont in vcHre'cs,/j.*cCr*/«/wo^j nu^ttiiiiniriit mc.tfuatj Epiji' loi. 

Il a baiu dedansla grange, belclie duns fon jardin , donné à manger à fcS poulets , 
Voila fcs î^rands crimes, les autres articles légers & impoirans font au nombre de jii. 
\ftue je rapporteray félon l'ordre qu'ils font contenus dans lintciTogatoirei, 

Mais il y en a d'autres ii on ca veu: croire ledit Delvaux qui font de plus grande iïn- 
|>ori:ance. 

j. il il a ch.*Jîé fon Vicaire. 
X. Suepyi/né la T^UjJe ni^nitiiialle^ 

^. abandonné f,i Var,oiJfe dts âtu* & trùismtif deTempi^ 
4. Lts eiif^ns ck [.% ?A)r6iffe pAV It moytn Mit fnfïri <[<»'il a o}i f«nX efiifituït\f^ns efct- 

le, Cathechi/me i^ injlruciiom 
•5. Q^t'il M quilque fûii wdtKjité Jt dire Ve^tt auSâmeiiy. 
6. il a >n4/jq»é/jt/e/qveffiis ^ donner dtCtau bénite. 
^. il ny 4 piint tu dt frdctjfUtn le jeur faint Mdrc> 
j8> Qj*t p«Hrfon dbfencten n tfté Mgé d'dvoir rtnurs à ynt "Parroiffe viifiitt fuir vn manavti 

iS" tnttrrttnthf â\n enfani. 
5>. Qu'enfin ahftnce il aroit laip'e tnfà mÀtfin 'vnjùld.u ijttiy xvoit mené yntyicfcdniaUujt. 
rt>. Qu'il dXtit refusé d'alley quérir k corps d'yn enfant , Cir dit qu'tti It l«y appurtAJi* 
jl, Qu'iUijnit Quelque f«ii la Trleffe après midy. 
^i. Qùil afouvent les mots de Diahle en la bouche. 
J5> Que les Vvtirctaax entrent dans fan EglifttP'foiiilhnfjÂtis ksfcjftti 

14. Qu'il a entrepris fur le Cimetière pour a^^Yandirfon jardin. 

15. Il À fait abattre vn Âtbreappdrttnanr al' Eglife. 

i6* Si aux Vendredis Une s'eji pas ferti dt faumure dtfort UrditrpiHrfàîer Ufouppt defts VÀ- 

lets pour épargner lefel. 
tj, il a fait travailler les Fefies & Dimanches & tnYiyifes yaletsan mArché Cs" an monlino 
ï8. lia dit la Me ffe fans faire Celeyation du Calice. 
jg. Qiée mefmeill'ddittafrtifliiuntr, 
■20. lia sbmis 3 faire la Vroce^ian les Fejlts & ÙiiHanchesi 
4i. t^i il a préparé la mangeaille ^fes Cochons, 
z z . Q/i'il eftoit allé cueillir luy mefme les œufs Je fàfques» 

43, llayoit taflé Ji fes f dûtes ay»ient l'auf & fait (es immihdicis dins Ufiable de fts çochtni 
four les leur f ail e wAnfer* 

44. Qu'il retient lefalaire dtfes vdtett & Us tnvoye dériber des grains i Ia campagnt^ 

2 <{ . Qu'il s endort en conférant , & puis dcnnt l'abfblution' 

1 6. Qu'il a Jemoly les caris etvne chapptlle fans aucune autorité. 

ij> Qjtt le pur du S. Sacrement ilnafaitlafroceponqn'aprts U'i/liffe^ 

z8. Qu il a juré par la mort de tiofire Seigneur ^ 

1 9. Qttil a de coufïmte dt receler les Cinfe/^ions de fts '?drrbi{?iens. 

^O' Qji'il s'elî endormy en difant la Meffe à la confecration l'e^ace d'yn Jttny qilÀtt /btHrti- 

3 !• Qiie le Samedy de Taftjues il henif le Cierge de l'année precedinte, 

3 1 . Qitil ne recommande point les Fefits <& tes jinfntt i fon f rente 

3 ^ Q}*''l i'tfi enyyré y ne fois. 

5 4 • Qj*'*i * «^w" * f^i^f i* Vroctptn Ujuir Je Vafquis 4Ut9»r des ftndsi 

iv Ql*''^ * J'f ^ TAtfftfans lumière pape t Evangile, 

jtf. Qu'il a conftilliivn de fesparrei^iens d'en tuer vnatitre. , . 

Sur tout Icfqucls aitklcs larcfpojlcc genetalc qu'on y peut faire , cft que fous les irn- 
portans font reconnus par le jugement meline donne' contre ledit appelant pour ipani- 






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14 

fcftemcnt faux , calomnieux , & par confequcnt pnnîfTables dans la peifonnc Ae faccii- 
fazear , ôc parce que s'ils avoicnr elle trouvez véritables, ledit appellanc aUioit mciitc les 
dernières peines portées par les Canons, les autres qui lont moins imp' icins iont mani- 
fcftcment f'aux& controuvez avec afFedlation, mais quand ils leroicnt véritables ne me- 
litcroient pas la peine potte'e par ladite ientence. 

Et les autres qui (ont tout a t'ait ridicules , frivoles & indignes d'vnc înftrudion de 
proccz ferieufe, font voir fcxcez de la paffion de fes acculateurs qui leni a fait perdre la 
raifon jufqucs au point d'alléguer contre luy de tels articles, & la pailîon de les Juges 
à les recevoir, n'avoir pas de honte de les mettre fur le papier, & faiir leurs oreillcs,lcurs 
bouches Se Veuis çlumcs de telles ordures. 

XI. 
i)es articles friyoksqtil font les if?. 21. xi. zj. tlefcliti ^ô.cy drffus alhgut^. 

Car pour commencer à examiner les articles que nous appelions frivoles 6c indignes 
de tout rang, dans vnc information honneftc ou kiicuie, (ion l.iit réflexion iur les 16. 
a2.a3.commentMaiftre Michel Fontaine Cure' de iaint Oiien Commiflaiie failani Pin- 
formation, Se le fieur HardoiiinGreffier de fOfliciaiirc' , ont ils peu rerieufcmcnt efcrirC 
contre ledit appelant, & {ouffrir qu'on luy fiftvn chef d'accufation efir/olrnsd^défifes 
poules ont f œuf ou tïayoir f^it j(s immondicts d.ins l'ijl.ihle île fes cochons: le peut-il rien trou- 
ver ou de plus ridicule d'vne part ou de plus (aie de faune à rapoiter tous les deux cheh, 
ne pouvant pas faire vn fujet d'accufation quand melme il icioit verirable , à plus for- 
te raifon cftantfaux,n'y-a-t*ilpas euvne eftiange malignité à les cootrouver, de l'extra- 
vagance à\es ei^ctite, 6c \e ne Içaurois dire quoy à vn Vicegerent d'interroger vn Prcftie 
& vn Cuvé fur ces articles. 

L'appe\antvouàroitV)ienfuppVverM.VOfficia\ de Rouen de luy dire quelle partie de 
lapeine qui luy eft imçofe'c par fadite Sentente re(pondra à ïœui qu il n cherché .(/.i foute, 
014 4 U niangeAfle qu'il .> préparée à fes cochons ,oit k Ufaumurt dont on Ait qu'il afalé U Jott^e 
de fes y.ilets. 

Le feul récit de ces articles n'eft-il pas capable de le faire rougir devant des Juges fe« 
lieux, ainfi qu'il eft dit dans la 5. requefte imprimée lous le nom de M. le Theologa I de 
de Se'es pJi^. 20. adrcfTcc à MonfeigncurFArchevefque deRoiien,& queie produis à 
laquelle ie renvoyé le Le(fteur. 

XII. 
Des Articles levers qui font faux , mais (jut ne méritent aucune peine quand ils feraient 
yeïiubUs * [^avtirles 1.1.5.6-7.11. i^.io.i^. 27, gt.^.e? 5^. 

Maïs cour ne demeurer pas davantage fur les articles 1.2. 5.(5.7.ii.i5.30.27.:5i.&:^4^. 
ledit apelant fupplie tous les Ledeurs de ce mémoire auflî bien que fcs Juges de vouloir 
rcconnoiftre s'il y en a aucun , quand mcfme il Lroit véritable, & quand ils ne leroient 
pas tout faux comme ils font qui mcritaft la moindre partie de la peine qui luy eft im- 
pofc'cpar ladite Sentence. 

'premier drtick le^er. 

L'appelant par le t. article a chafèfon Vicaire dit-on ; donc il a mérité luy mefmc d'c- 
ftïc chaffé de foi\benefice,a-t-on jamais entendu parler de tels tireurs de telles confe- 
^uences. 

Quel eftoit ce Vicaire? c'eftoitvnPreftre âgé de 40. ans dans le dernier degré d'igno^ 
lancc & d'inhabilité pour fes foniîtions , duquel on pouvoir dire, fi jamais on la dit 
d'aucun vt pofulus fie Sacerdos , c'cft-à-dirc, qu'il n'avoir ny plus de lumière ny plus de 
pieté que les payfans qu'il avoir .t conduire , voilà fon porrrait. 

L'appelant là-il chafîé ? bien loin de le vouloir chafTer il avoir la charité de le vou- 
loir retenir j mais afin que ce ne fuft ny au préjudice de leurfaîut à tous deux, ny du 
falut deleur peuple , il luy avoir propofé de paffer vn an au Séminaire de S. Nicolas du 
Chardonnet , ou ledit appelant s'eftoit engagé de payer (a pcnfion , & en luite de le re- 
cevoir & s'en fervir dans fa Paroiffc , à des conditions que ledit Vicaire avoit acceptées 
aufli bien que celle de paffer vn an dans ledit Séminaire , mais dont depuis s'eftant dcdit 
par Je confeiJ de fes parties , il quita luy mcfme de fon plein gré ladite Parroi{fe,appelle- 
t-on cela chafler vn Vicaire ? & n'eft-ce pas la dernière malignité & vn péché contre le 
faint Efprit d'envenimer les meilleures aébions dudit appellant & reprefencer fa charicc 
avec des termes odieux qui la font paffer ou pour cruauté ou pour avarice. 



^^mlt 



ï5 

Il 3. bien voulu expliquer cet article vn peu au long: afin de donner lieu A Tes Tuçes de 
fijre attention fur les autres articles du troifie'me ordre , &. fur les reponfes qu'il y a fai- 
tes dans fon interrogatoire , eft.int manifcfte que l'on y voit toujours la mcfmc maligni- 
té de fes parties & la mcfmc fuicevitcSi charité' de la Tienne. 

Comme par exemple lors qu'au lieu d'accepter les offres c[u.'\l avoir faites auditVicai- 
tc , ils luy eurent perfuade'dc quitter plutoft la Parroiflc , afin de pouvoir accufcr ledit 
appelant de l'avoir chaffé , ils adjourent en fuite. 

Second article. 

Qii'il a ftifftiwi la Jdeffe matuùnAt , comme fi eux mcfmes n'eftoient pas coulpa- 
bles de ce'r article , ayant faitfortit de fa Parroiiîe par Icui perfuaflon le Vicaire qui la 
dcvuit dire, lequel ils doivent payer & gager, fçachant bien que ledit appelant ne pou- 
voit pas fitoft en trouver d'autre. 

Sepricwe ^Article, 

due f4r fs faute il, n'y eut pas de VruCfplon le ]o'ir tJe Saint M^rrc^vcuqu'ils fçavent 
bien que M. Braihier Preftrc en l'abfcnce dudit appellant fe trouva à fa prière dans f E- 
glile , & fe mit en devoir de conduire la Paroiffe en proceflîon , mais que le nomnié 
Gremons homme cicvoiie' comme il eft notoire au (leur Piefident d'Eftalville cmpclth^t 
les Paroiilîens de le fuivrc , afin de rejerter le défaut malicieufcment fur ledit appeiai.t. 

Qj4in'i,iéme article. 
De mcfme quand dans le i5,art.îls accufcnt ledit appellant /4Vi»V fait aéattre vn arùrt 
//""artenant à CE^life f]«r e(Jo'it Aans le Cemetiere , fans y ajouter que ledit fieur Curé ne l'a 
fait qu'après y avoir efté autorisé par juftice , ôc pour en employer le bois la à réparation 
de FEglifejapvesquoy y a-ilacftionau monde ou intention pour jufte qu'elle foit &c faite 
dans toutes fes rcgles,qui pUilTe efkrc exemte de leurs malicieufes accufationsPniais y a-il 
tien aulfi qui en pujflc faire voir la malignité fi clairement dans des rencontres où il pou- 
toit etlrC arrivé audit appellant de n'avoir pas pris fes précautions avec tant d'exatticude, 
pouvant affeurer , comme il paroiftra pat la leftuie de fes icponces , qu'il n'y a aucun 
de tous les articles qui ne foit remply d'inventions artificicufespour donner de méchan- 
tes couleurs à fes meilleures idions Ôcles aendie mauvaifcs paï h maUgaité de kui:s 
fauffecez. 

Si bien que fur les articles de ce fécond ordre auflî bien que fur ceUx du premier, 
ledit appelant peut encore demander audit fieur Officiai de Roiien fur lequel ou fur Ici- 
quels articles, il a peu trouvet lieu d'affeoir vne fentence aufli tigoureufc que la fiennc, 
n'y en ayant aucun comme il cft tvidcnt lequel cftant examiné avec fincerité meritaft 
mefmc la moindre reprchenfion , par exemple. 

trente-vniétne ^rick. 

Lors qu'au 31. article il eftdir /jae le Santeiiy de fafqHeilbemtle Cierge dépannée précé- 
dente^ parce que de celuy de fannée précédente il en re/îftiui me/me v/2 nouveau au iicu 
de le faire faire à vn Ciergier. Sixième jtrticle. 

Au 6. qu'il a manqué quelquefois i donner de l'eau bénite , parce que Fayant faite le Same- 
dy de Pafqucs pour le Dimanche félon la rubrique qui deffend de la faire au jour de 
Pafques, (es ennemis s'imaginèrent qu'il avoit en cela péché. 

Cinquième ^Article. 
Et en Fartîcle 5. ils difent qu'il a quelquefois manqué a dire Vefpres les Samtdys, parce que 
n'y ayant ordinairement perfonnc avec luy dans l'Eglife, il a efté obligé de les dire à balfe 
voix , outre qu'il a de coutume d'aller dire tous les jours fes Vefpres dans fadite Eglifc 
ce qui luy a fait oublier quelquefois de les fonner. 

Vingt quatrième article. 
Et en Tarticlc 24. // retitnt les fataires de fes valets , comme fi fes tefmoins qui font fes 
ennemis , & qui n'ont aucun intereft à ce fait cftoient plus croyables que fes valets mef- 
mes qui ne s'en pleîgnent pas , mais fi la paflîon des ces tefmoins fe fait paroiftre dans 
tous ces articles qu'ils allèguent, que peut-t-on dire de celle du Juge qui les reçoit. 

Mais c'eft trop s'arrefter fur ces fortes d'articles du fécond genre la ledure feule de Pîn- 
terrogatoire entière & des reponfes de ce Curé n'eftant que trop fuffifante pour faire 
ccnnoiftre Finiquité des vns & des autres,c'eft pourquoy il eft tems d'en venir à l'examen 
des articles du dernier ordre,c'cft à dire de ceux qui îcroicnr de grande impoi rance con- 
tre Fappelanr s'ils eftoient véritables ,& qui mcriteroient vne léntcnce bien plus rigou- 
reufe que celle qui a efté prononcée contre luy,mais qui par cela même luy doivent cftrc 
«es avantageux deyant vn Juge dcfiiucrefle, parce que ledit fieur Officiai ne l'ayant pa« 



^ff" 



efté, mais au conirAïrc ayant comme il paroift cliciché dans le» articles de néant dcqttoy 
perdre ledit appelant, il cft fans doute que la fentcnce qu'il a prononcée comte luy 
eftant incomparablement au deffous des crimes dont il eft accufé dans fes derniers arti- 
cles, il faut par ncccffitc que ledit fieur OfHcial les ayc jugez luy melmc tour a fait faux 
pour ne les avoir par punis de toutes les peines qui font marquées par lesCanonSk 

Ainfijfoic qu'on regarde ladite Sentence par rapport aux articles friyolts tu Itgffs , elle 
eft tout a fait nulle & ne fert qu'a faire connoiftre la mauvaife volonté' dudit OfEcial» 
foit qu'on la confideve à fe'gard des grands crimes dont ledit fieur Cure eft accufe' , parce 
qu'au lieu qu'il en foit convaincu, La preuve en eft fi deffe^ueufe , qu'elle ne peut 
iervir qu'a faire voir fon innocence reconnue par la confeflîon tacite de fon Juge mef- 
TOC, qui eft fonennemy, lequel n'auroit pas par fadite fentence ordonne' vne peine fi 
légère, pour des crimes auflî confidcrablcs, s'il les avoît reconnus bien Veriiîez. 

xm. 

£xg.\nz# clti ArticUi fmfwjT.inï ifçjtvtir Us^.^. 8.^. lo.ii. 1^.14.17.18. 19. 25. 26.18.29. 50 
52. 35. û" 36. feîan ïvïdre àt rinttrrogato'irt. Du 19. de ces 4rticles , fur Itquel le fietir 
Cuti de Vjitierville ejl acc»fi de reveltt les C»nft fions. 

Car dans les articles de ce dernier ordre , il n'eft pas qucftion félon ce qui eft rapporté 
dans le 29. article de moins que Sayoir révélé lefecrer de la. confefiion , & non feulement 
de f avoir rcvclce vne fois ,par quelque forte d'inconfideration ou circonftance qui pou- 
roit cftrc vénielle , mais comme vn faux accufateur & vn f.iux te'moin eft à chois de faire 
le mal dont ii accufe fa partie, aufil grand qu'il luy plaift, l'accufateur dudir appellant de 
ctiintc de manquer fon coup & de ne dire pas aftez, f accufe de ne faire autre chefe tous les 
jcHW, qu'un plein métier de révéler les confcflîons,&il plaiftà M. FOfficial fur vne 
telle acculation de faire croire qu'il y defferc & qu'il y en a preuve , puifqu'il condamne 
ledit appellant à fc deffaiie de fon bénéfice Se à ux mois de prifon , mais il luy plaift en 
mefme temps de convaincre toute la terre en ne condamnant ledit appelant qu'a vne 
peine fi légère , pour vn fi grand crime s'il cftoit véritable , qu'il n'eft rien de plus faux 
ny déplus puniflablc que cette accufation,ny de plus infoutcnable ^e^ladite fentence. 

TAdu'viife inttntian du fient Officîdl lngtittdit fettr Curé. 

Et pour faire voir clair comme le jour la mauvaife intention dudit fieurOfEcial danà 
toute la conduiiede cette procédure, &que la Sentence qu'il a donnc'e contre l'ap- 
pelant cft vn cffcft de cette mauvdfe intention & non d'aucune perfuafion qu'il cuft de 
les crimes, c'cft que les tefmoinsdepofans de ces faits n'ont efte' ouys contre luy que le 
i4.Janvier&leMercredy 7. Mars 1553, cependant il fut parprovifioncmprifonne' paC 
ordre dudit fieur Officiai, de's le id, de Dccembi;e 1662. Or l'appelant attcfte la con- 
fcience 3c l'honneur de tous fes juges de recognoiftre fi l'ur tous les autres chefs il y avoit 
lieu de retenir vn Cure' prifonnicr & de luy faire cette iniullii.e. 

Ce qui eftant bien vcm.irque' comme il ne le peut trop cftrc, ne fait que trop évidem- 
ment voir le deflein forme' qu'on avoit de le perdre à quelque prix que ce fuft , Se Fenga- 
gcmentoùFoneftoit apre's Pavoir empriionnc' avec autant d'injuftice pour ene'viterla 
peine de luy fuppofer des crimes confidcrablcs quoy que faux ne pouvant trouver de 
fujets contre luy qui fuftent véritables. 

Maïs il n'y apctfonne qui fur vne accufation auflî vague qu'eft celle d'avoir accoutumé 
Jt rtveUr les confefitas , peut juger un homme coulpablc , à moins que d'en marquer 
quelques faits paniculiers & quelques citconftances , c'eft pourquoy toutes ces habitu- 
des de révélation de confeflîon fc rcduifent à trois aftcs particuliers qui font marque* 
dans rinformation. 

Vitmitra&ede révélation de Confefion prétendue. 

Le premier qui eft rapporte parle norfime' François Pâte' homicide &r porteur de rc- 
miffion non cnterine'c qui làns dire rien de particulier dcpofe feulement que ledit appelant 
A rtvt]ij* ctnfeP'it». 

Or vne telle dc'pofition meritcroît-ellc pas vne punition exemplaire contre vn te'moin 
aufG proftituc que ce malheureux, & a-on jamais vu accufe condamné de la forte fur vne 
de'poutionvA^uc & indéterminée comme cft celle-là , fi ce faux tcimoin avoit dit que 
ledit fieur Cure' auroit tue' vn homme fans dire le temps , le lieu âc fans apporter aucune 
circonftance particulière , y a-il perfonnnc au monde qui peuft luy ajoiiter aucuiie foy» 
cependant ce fom les témoins fuc ladépoluion dcfquels ledit ficucQâîcial deKouAjn 




■w^ 



con..limne vn Cure à fe dcTaire de fon bcnciîce 5c gartler fix moîs de prlfon. 

M.iii ces témoins au lieu de charger l'appelant ne dcvioienc-ils pas fervir au contraire 
à f.iiic le- proccz dudit fieur Officia' Ion luge félon les Canons , il faut que le luge dit le 
Cô';icn \nJicatittm jO.ij.^ .lecheiche avec foin toutes les paiticulaiitcz d'vn crime dont il 
Informe , judicMitm epoïttt cunfU riin«ri& trdlnem rerum fient inquifithnt (iifcutert,frt- 
(Uttiittï intcryopart , ne fratermiffum *!lqui/lf<irie rem.inr.it,M.\'Offid3.\. peut-il dire qu'il aie 
liiivy la difpofition de ce Canon,lois qu'il a interroge' Pnrcf.luy a-il demande' le temps,le 
lica ou les pcrfonnes aufquclles il prétend que fa Confellion a efte' révélée. On verra cy 
après vn exemple illulhe d'un Preftre forty aullî bien que i'^ppelant de la Communauté 
de S.Siilpice,& par vne providence admirable accufc'aufllbien que luy d'avoir révèle' les 
CûiifelTions, ôCdc quelles importance il eftdans tous les procez Êcclefiaftiques de fuivre 
ies règles prefcrites par les Canons, &: d'interroger exadlement les te'moins de toutes les 
circonftanccs des faits qu'ils rapportent, lorsque le juge à vne véritable intentio de faire 
ji.irtice,ccPreOrre ayant efte abfous, parce qu'il avoir pour luge un Officiai qui interrogea 
les tcfnioin^anoniquemcnt , au lieu qu'il eft infaillible cjii'il euft efte' condamne'! la 
moit fi Içj'te'moins eudftnt efte interrogez comme ceux qui ont depofe' contre fappelanc 
<nr efte interrogez par le Vicegercnt de roflici.'.litc'de Rolicn , i'hiftoirc en fera rappor- 
Tce cy dcft^'-'us tout au long , Se je n'en parle icy que pour faire remarquer par avance la 
fageffe admirr.bic de FÉglife infpire'e par le Saine EfprfttJedans Ces Canons,pour de'cou- 
vrir la verire' , & mettre les biens la vie & f honneur des Preftres innocens à couvert de la 
calomnie & de la pcrvcrfe intention de kuts juges cou/pabies , yr ihi a&io amùurtim far- 
îium iUuntinatu ftt pk«>ro ,afin que par cette exade recherche de toutes les circonftanccs, 
Tadion prétendue criminelle eftan: pleinement illuminée on puifTe de'couvrir la veritc 
& la délivrer des fuppofitions dont elle eft difFame'e par la calomnie, tton tnim poffumus 
atiyeri rater» aliter peyutniye , dit le Cjiion eccUit 23. <j. 8. nonfold igitur ttl^kidmus oper/t; 
jeà lempus O" C4uj4m & ■p»}itnt4tt>»& {>er[onitYum diffaentlttin & qtiitntacumque kIià ipfis 
operibtis acàdtrint diîigevtifiwe it'ipiirawus , dit ce Canon , M. Aubourg Vicegercnt n'a- 
yant donc pas fait toutes ces recherches avec l'ex.aâ;icude qui lu^ eft pïcfcrite , ne s'eft-i\ 
pas rendu manifeftementprevaricareur dans cette cau/c. 

Si Daniel n'avoir point autrement intenoge'ies vieillards fauxrefmoms, qui accu- 
foient i"wr,/jw«f, fon innocence ne fuft-elle pas demeurée accablée fous leurcalomnie, SC 
i'a réputation flcftrie pour ic'tcrniré ? faut-il donc s'cftonneç fi M. fOfficial de Roiien, 
ayant rcceu , comme il a faitfans aucun difcernemcnt toute forte de fauxtémoins, fans 
examen d'aucune circonftance,conime il parcftra encore parla fuite de leurs depofitions 
vagues & indéterminées, au lieu de les punir comme faux tefmoins à l'exemple de Da- . 
miel voyant bien que leur tcfmoignage, n'eftoitpasfuffifantconrrefinnocencedcrap- 
pelarjt , à prononcé contre luy vnefenrence qui ne répond point à la griefveté de leur 
accufation ,& pat laquelle néanmoins il cft condamné comme cùm'we) , waîs on en 
Verra encore plus claîrcmenr dedans Ja /i;ite la mauva/iê \o\onié audit ficur Oâicial. 

Second Jlcle de reyelatton prttenduë. 

Le fécond fait allégué contre Fappellant en ce qui regarde la révélation des conFef- 
iîo ns eft rapportée par le nommé Ûicelas Dauenitinville , lequel depofe qu'ayant Juy qua- 
iricine dérobé vne gerbe de difmes au fieur Curé de Fefque , & s'en eftanr confefle audit 
iippellant fon Cure , il auroit révélé le péché au nommé fime de "Mouchy , fans dire par 
quelle raifon , & à quelle fin il auroit révélé le fecret audit Demouchi , fans remarquer 
<yiie et fvsft. piï aucun inteieft, que \ci\t appelant euft de le révéler , ny que ce fuft ou par 
colère, ou par vengeance,ou par précipitation, ou par yurognerie qui font les feules cau- 
les & circonftanccs qui peuvent rendre vne accufitionvray femblablc. 

Tiïandawtts, dit le Pape Innocent III. Cari, cum caufam de Teflibus, <ji4<ttern(! teflts dilrgtn- 
ter exaniinare procures , & Jefin^ulis circonfiantiis pmdenter inquirens de caujis yidelicetper- 
janis , locç, tentfne , -vifu anditu ,fcientiit, creduUtate ^fama Ô" certittidinf, cuntla flen} con^ 
fcribas , alias mn peyvenitur ad yeritafem , dit la glofe. M. le Vicegercnt a-il diligemment 
examiné les tefmoins , ainfi qu'il eft prefcrit par le Canon , & s'il ne l'a pas fait , fon in- 
juftice n'eft-elle pas manifefte. 

5» damtiits curno» inqairis , ditTertulien,^//»» inqtmls cur non ahfohis ? Si tu veux 
condamner vn Preftre, ô Juge d'Eglife,pourquoy n'interroges-tu pas les tefmoins avec 
diligence?St tu ne les veux pas interroger de la forte pourquoy n'abfous-tupas celuyque 
tu vois calomnicuferacnt accufé ? n'eft-ce pas vne marque qUe tu veux que l'on croye â 
quelque prix que ce foit des crimes de ce Preftre qui ne font pas prouvez , puis que ta 



NMi 



i8 

crains en înreri'ogeantlesrefmoins qu'on ne prouve par leuïs réponccs'.que ces prete»- 
dliscrimcsnefuient jamais véritables, adeo <f credunt dembisqti* imn pr«h,tntuï,nohnt 
int\um ne prokntw non éffe , dit le tivefmc Tcrtulien dans fon Apologttique. 

Mais ce qui convainc ce malheureux de fauffeté eft que ledit Demtuchy , ouy ca juftice 
fur ce fujct de'pofe qu'il cflfdux ffue ledit appel tant luy 4ye fait connoijire ce prétendu fecret dt 
. coiifejlion , & qu'il ne luy en a \atnais parlé : Mais que ledit Z)4«f w<r«v///f , luy mcfmc le 
luy a appris , & luy dift s'en eftre confcffc audit appeflant en fe pkignant de fa feverite, 
de ce que n'eftant que luy quatrie'rae à prendre part au larcin de cette gerbe , ledit appcl- 
lant luy auroit ordonne' pour pénitence , les autres n'en rcftituant pas leur part, de la te- 
ftituer luy feul toute entière. 

Voilà un tc'moin qui depofe en véritable te'moin, & comme il faut pour deftruircvn 
faux tefmoignagc : car il dit vne chofe qui arrive tous les jours à fçavoir , que les Peni- 
tens révèlent la pénitence qu'on leur ordonne & en font des entretiens, mais le (wx 
tcfmoin depofe vne chofe qui arrive très rarement & qui efl; puny par le feu , quand clic 
cft arrivée , à fçavoir qu'un Cure' révèle la confellîon de fon Paroilïïen. 

Le véritable tefmoin apporte la raifon du fait dont il depofe , & qui eft encore ordi- 
naire , à fçavoir le dépit qu'ont fouvent ces fortes de faux Pœnicens Se ignorans contre 
vn Confeffeur qui fait fon devoir, & qui adminiftre les Sacremens félon les règles, 
mais le faux tefviioin n'allègue aucun motif qui ait peu porter ledit appellanc à com- 
mettre ce crime , comment donc eft-il poiïible qu'vn Officiai en jufticc ayc peu ajouter 
aucune foy à vn tel tefmoin,& comment au contraire ne Fa-il pas condamné aux peines 
Canoniques impofe'es aux faux tcfmoins. 

Mais principalement après la confrontation dudit tcfmoin & les reproches valables 
alléguez contre luy par ledit appellant : ledit Dduenanvilie , eft beautrere du nommé 
Lionnais Mortier contre lequel ledit appellant eftoit lors aâruellement en procez pour 
l'obliger à reftituer vne acre de terre appartenant à fon bénéfice , laquelle par le moyen 
de ce Faux tefmoignage eft demeurée jufques ici en la polTefllon de cet vfurpateur,ce qui 
fait voir manifeftcmcnt ïintcreft qui a porte ledit appelant à dépofer fauffcment contre 
luy. 

EtfiparFcxcmpledclaperfecutîoncruclIe que fouffie ledit appellant parcesvoyes 
iniques, la porte eft ouverte à de pareils faux tcfmoins de révélation de confcirion,& 
efperance donnée aux pajfans de rciillir contre leurs Curez par ces mefchantes aftioos, 
Fappelant peut dire , & fcs Juges n'en difconviendront pas , qu'il n'cft plus aujourd'huy 
d'afleurance pour aucun Curé , que leur vie, leur honneur & leurs biens font expofez 2 
la difcretion ou pluftoft à la haine , à Fenvie , & à Favarice des derniers hommes , & que 
delacondition la plus honorable & la plus fainte qui foit dans la religion, on en fait 
la plus malheureufe & la plusindigne. 

Treifiéme dfh de rcveUtiin de Confef^ien pyettnèu'è- 

Mais cela va paroiftre bien évidemment dans ladcpofition des j. &4. témoin fur 
cet article allégué contre luy , ce 3. & 4. tefmoin eft français de Cdcréfieur de V,t^monty 
filsdufieur de Carnaval Gentilhomme Verrier & Antoinette Varinfa fervante, tous 
deux dépofans d'vn mefmc fait à fçavoir ledit fieur de V afimons , que ledit appellant luy a 
dit qu'il demanda^ 4 [es jaurs quelle d'elles efloit allée achepter dufel ^ KeufChaJiel & en avait 
"vendu deux livres pour en aroir du ruban: ce qu'ayant fait! ladite fervante qui avoit affifté 
fa fœur, fe pleignit, difant qu'il n'y avoit que ledit appellant qui peuft luy avoir dit, par 
ce qu'elle luy avoit dit en confelîîon, ce qui eft confirmé par ladite fci"vantc: mais le tout 
eftant nîé abiolument par ledit appelant,il refte à fçavoir fi ces deux tcfmoins font croya- 
bles. Le premier defqucls eft fils dudit fieur de Carnaval , contre lequel ledit appelant 
avoit efté & eft encore en procez , de mcfmc qu'avec le iufdit Lionais Mortier,pour vne 
acredc terre que ledit fieur de Carnaval avoir vfurpée fur le temporelde fon bénéfice que 
ledit appelant avoir contraint de reftituer honteufemcnt , & eftoit demeure encore 
aûucllemcnt en procez avec luy pour la reftitution des fruits, de laquelle ledit fieur de 
Carnaval fe vouloir difpenfer , & prévoyant bien ne le pouvoir faire par les voye de la 
juftice confpira avec fcs autres ennemis intereflez comme luy à fe deft'enire de cette jufti- 
cc pat la voye d'vne fauffe accufation & d'vn faux tefmoignage de cette confequencc, 
^Reproche plufque pertinent allégué par ledit appelant lors de fa confrontation & vérifié 
au procez paraâcs, en force qu'il faut avoir renonce à toute équité & toute pudeur ppur 
rirer confequencc contre Icdir appelant d'vne telle dépofition. 

Mais à prendre droit par ladite dépofition, La fervante dit quefon Maiftren'a pu 



^ 



19 

fsvbii- ce prétendu fccrct que par h voyeduditficur Cure auquel elle s'cftoir confcflcc, 
s'ciilLiit-il pour cela qu'en efFedt (on m.iiftic ne fait appris que dudit ficur Cure', & la fcr- 
vintc peut-cUc témoigner le fait dont elle ne peut avoir aucune connoiflance certaine; 
car puis qu'elle a vendu du fel , ceux qui Font acheté' peuvent Favoir dit ou fait dire à fon 
mailbc, ceux de qui elle a acheté des rubans de mefme, on ne les acheté point en fecier, 
pluficurs pcrfonnes pouvoicnt eftrc prcfens à ce marche' qui par manière d'entretien ou 
autrement ont pu dire la mefme chofe , que fçait donc cerre fervantc 11 ce n'a peu eftrc 
eue ledit appelant qui ait dcccle' Ion prétendu fecict,il paroiftparlamanifeftemcnt 
'qu'elle depol'e d'un fait dont elle ne peur avoir de cogiiOillance,& par confequent qui 
ne peut faire aucune foy dans fa depofition, finon qu'elle a cftc malicicufement & me'- 
chammcnt apofte'e par fcs ennemis. 

Mais Fappellant fupplie très humblement fcs Juges de faire en ce lieu vnc ferîeufe re- 
flexion fur la condition malheuicufc ou fcroicnt réduits aujourd'huy tous les Curez & 
tous lesPreftvcsquiadminiftrent (inccrcmcnt&de bonne foy le Sacrement de Peni- 
tance -."Car comme il n'en eft point c]ui pui/TL-s'-ilffureidc n'avoir jamais aucuns cn;je- 
mis,quieft-cc qui empefchera cet ememy d'envoyer fon fcrvitcur ou fa fervantc à 
confclTe à un Preftre , luy dnep.ir exemple qu'elle fa'.t qu'on vole fon maiftic,ou 
bien qu'on a quelque mauvais deffein fur fa perfonne, & prier ce Confeffeurde luy en 
donner avis , alors il cft fins doute que le ConfeflTeur non feulement le peut , mais Je 
doit , SE avec \a perniiffion du Pcnïtent ou de la Pénitente les nommer s'il eft à propos, 
& fi lors ce fcrvireurou cette feivante faux Penicens veulent foutenirà îeur Confcncur 
ne luy avoir point donne de permiffion de révéler ce fecrct de leur confeffion,&: Faccu- 
fcr d'eftrevn violateur de ce Sacrement, y a-il Confcfl'eur pour faint qu'il puiffe eftre, 
qui pare vn coup fi mortel,mais fe trouvera-il plutoft vn Prcftre qui vouluft à des condi- 
tions fi iniques fe charger d'ores en avant d'vn minillcrc don: les confcquenccs fc uou- 
veroient fi pcrilleufes. 

Mais àqui dans ces rcnconttcs fi fachcufes pourok avoir recours Finnocence d'vn 
I*ïeft.iLe , finon i la juftvce , ou dvi moins à la chaiLiié de fon luge natureV qui eft homme 
d'Eglifc , & par cette raifon expofe'aux mcfmes accidens ? où pourroir di-jc vn Prcftre, 
&oudeveroit-il chercher (on refuge, & trouver l'elperance defonfalut,/jnoj] dansJe 
fein de fon propre père ? & cependant par vn événement qui paroift incroyable , c'çft 
dans le fein de ce propre père que le ficur Cure' de V aiierville a efté eftouffc , à la folîcî- 
tation d'vn Prefidcnt,»/ Atendeit du pain de U main de/en p<:rty& il n'y a trouvé tjtie des fier- 
rts, au lieu de l'œuf dont parle l'Uyan^He , fon père luy a prefenté-vnferpent , luy a donne vnc 
Sentence qui ne peut avoir cftc'diftcc que par vn fageflejdc la chair, comme clic cft 
pleine d'vn venin qui luy donne la mort : mais il efpere que ce poifon trouvera fon re- 
mède dans fon Juge Supérieur, & que Dieu ne permettra pas que la Sainteté de fesSa- 
cremen s foitj teinte du fangd'vn dcfesMiniftres, gui s'cfteftudicrourc/a vJeà Jwad- 
miniftrer avec fidélité'. 

Car pour repeter les mcfmes raifons alléguées cy devant pour fa deffence, quel înteccft 
peut-on matquer audit appellant dansVadion mefme qu'on luy impute? il cft certain 
qu'il n'eft perfonne fidel'efpcre'ny fi mefchant que de prendre plaifird'ofFencer Dieu, 
fans autre intereft que de foffcnfer, les impies mcfine ne le blafphement ordinairement 
que par colère , ou par quelque intereft qui les y porte , mais par charité a-on jamais 
veu perfonne qui cruft devoir offcnccr Dieu? cependant c'cft le fcul motif que les parties 
Se les teCniains mefme dadk appelianc luy imputent dans leurs de'pofitîons , & leur 
aveuglement eft fi grand qu'ils prétendent le faire paffer pour le plus mc'chant homme 
4u monde par vn motif de charité. 

Ce motif cftoit de donner un avis à un de fes Parroiflâens que Fon Favolt vole : afin 
d'y prendre garde, tant pour le pafle que pour Favenîr , Sc cette charité cftoit fi grande 
qu'elle ne confidera point que ce Paroifllen cftoit fon ennemi ou plutoft qu'elle le con- 
fidera, mais elle ne put eftrc empefchéc par certc confideration de luy rendre ce bon 
Oftice. 

En confcience& devant Dieu vne telle charité eft- elle capable de vouloir commet- 
tre vn des plus grands crimes qui puifliï eftre cômis dans la religion,& vn crime reconnu 
pour tel par tous ceux qui n'ont pas tout a fait renonce à la foy ou perdu la Religion. 

Car il n'eft point doutcuxdefçavoir fi c'eftvn crime de révéler laconfcfljon, toutlc 
monde en convient , fi bien qu'il ne peut eftre commis par aucun volontairement , fans 
que fon aftion luy paroiffe à luy mefme ires criminelle, comment donc eft-11 conccva- - 



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blc qu'on puîflc accufer vn Prcftrc d'avoir prétendu pouvoîc commettre vnc telle àftïoû, 
par vn motif de chanté & de la plus grande charité que Von puiffe avoir, quieft celle 
que Von a pour Tes ennemis? cependant c'cft Vaveuglemcni dans lequel la paflicn des 
ennemis de fappcilantlcs a précipitez , Fexcez de leur aveuglement , eft tel qu'il a paru 
fuffifancàun JugeEcclefiaftiquepour affeoirvne (cntence de la dernière confequencc 
contre vn Preftrc que l'on ne peut teconnoiftrc , comme il paroift dans tout le proccz, 
que très innocent par ailleurs. 

Voila donc le feul crime ("ur lequel en eïFcift Fappellant corfeflc qu'on avoit eu droit, 
non pas de le priver de fon bénéfice fculcment.mais de lé livrer aubras feculier,s'il avoic 
elle fuffifamraent prouvé: mais s'il ne Fcft pas ,& fi au contraire il n'y a perfonne qui 
ne voye que c eft vn faux témoignage tappotté par des tefmoins rcptochablcs de tout 
droit, quel fupplicc ne meritctoient-ils pas en cftant convaincus , comme encftcél ils 
le font ? Fappclant en laifle la de'cifion à fcs Juges. 

Mais a&n qu'il ne leur demeure aucun reue de la mauvaife imprefSon que ces procé- 
dures iniques auroient peu faire dedans leurs cfprirs,npïes avoir détruitpar cette voye de 
droit le feul apparent fondement de la fentence donnée contre luy, il eft temps main- 
tenant de faire voir par le fait & Vexcmple dont il eft parlé cy déffus, que ce n'cft p..s vne 
chofe extraordinaire de voir des Preftrcs innocens fauflement accufez de révéler les con- 
fellîons , que c'eft l'artifice ordinaire du diable contre les Preftres qui luy font la guerre, 
lors qu'il n'a peu reiilîir à les perdre par autre voye, d'employer contre eux cet abt mina^ 
ble moyen dont le fuccez luy eft autant infaillible , quand il trouve des Juges à (a po- 
fte, comme il luy eft honteux dans la conclufion , lors que fa calomnie eft expoféc à ïe- 
xamea d'un Officiai fcrieux & iuftc. 

XI II. 
£xem[>!e mtmtrdhlt eTvtt Trtjire de U Cemmunnuté Jt S.Sulpke mmmê Ufittir £ymtre,Vîc4he 
de ÏA Ville de QuilLn 4» Diecefe JtMlet , & mAÎntenant Curé de I{«c<}uet4ilUdc audit Die~ 
cefe, ifccufé f4tt[feinei3t & C4l<)mniei*fement 4ufi bien (\ut h Curé de Vatitryille , de plnjieurs 
fttits imptrtinem, frivoles y ridicule! O" enfin A'avoIy révélé les C«nfe/!i«ns, conduit prijounier 
fur cttie4ccuf4tion d4nsUC«nciergeïie dtifarlement de Tvuloufe , renvoyé ^4r\4rftfl du 
Trivé Cinfeil 4 "hl. l'Offici*l d'^let , p4r lequel il * ejié decUré innocent. 

On ne peut aflcz admirer la providence divine dans les defîcins de fa mifcticorde en 
faveur de ceux qui font ftdcUcs à. fon feivicc-.car d'vnc part elle femble les abandonner à 
des aceidens fieftrâges & fi furprcnans qu'il femble qu'elle les traite non pas comme fes 
ferviteurs, comme fcs amis, ny comme fi;senfans,mais comme s'ils eftoicntlcs objets de 
fa haine éternelle, comme des reprouvez & fcs plus cruels ennemi£,mais d'un autre coftc 
après les avoir traitez de la forte & mis leurs fidélité aux dernières cfpreuves de la honte 
& de Finfamie, elle les relevé & les retire de cet tftat , avec tant de gloire & de moyens 
fi cxtraordinaires,que route leur confufien & leurs peines fe changent eh lumières pour 
eux & fervent de matière à leur Pane^irique, faifant voir que les adverfitez de la vie 
brefcnte font les plus grands effcfts de la milericorde divine , & que les fidcUes ne font 
jamais dauantage favorifcz de Dieu que quand les hommes s'imaginent qu'ils en font 
les plus delaiffez. 

Mais comme il n'eft rien de plus difficile dans la pratique que de conferver la foy de 
cette vérité pendant Fobfcuritcd'vne longue perfecution» durant laquelle il femble fé- 
lonie terme de l'Efcriture que le Soleil foit couché pour les innocens en plein midy& 
ne leur laiffc aucun iourà voir pour leur délivrance , Sol occidit in meridie : c'eft pour ce- 
la que Dieu dedans fes Efcritures à pris tant de foin de fortifier fcs ferviteurs fidelles par 
l'exemple qu'il leur allègue perpétuellement des faints qui les ont précédez de leurs tri- 
bulations & de leurs patiences , afin que voyant que dés le commencement du monde 
tous les faints ont cfté affligez, ceux qui les fuivent ne s'impatientent pas de Feftrc, ne 
foient pas eftonnez & furpris comme fi la ferveur de la tribuîation leur devo it eftre vne 
chofe cftrangc& nouvelle qui les duftfurprendrc,ne/«>f/'f><'^nn4r» inltruort qui 4dieH- 
tatiotum vobis fit , qu4f novi 4liquid yohis contirtg4t. 

LeficurCuré de Vatierville pourroit vérifier cette remarque de la conduite de Dieu 
fur fes faints par tous les endroits de l'Efcriture, elle eft publique , mais comme rous ces 
lieux font communs il les laiffe prier fes Juges de donner leur attention à vn exemple 
mémorable , fpecifique & particulier pour luy , ariivé de nos jours, qui femble n'avoir 
cftépctrais de Dieu, que pour luy fervir dcconfolation dans Fcftac où il paroift accablé 



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Tous le poids de la calomnie & couvert de toute fa honte pour le fortifier dans c^r acca- 
*blcmcnt,&; pour porter en mefraccems dans les yeux qui liront cet exemple ,, vne lumic- 
^rc fï pure &fi vive pour faire COfihwftre fon innocence qu'il leur loit iiwpolBble après ce- 
ïa d'Cn douter^& detw la îpublier pas. 

Cet exemple eft celuy d'vnPrcftre «lève corniftC luy df.ùs la Communauté de laint 
Sulpice, comme fi Dieu n'avoitpas voulu quecettc ciiconftancemclme euft manqué à 
f'Hiftôire dont il va faire le récit pour eftre plusexaiStemciu applicable à faperfécution. 

Gc Prcftre s'appelle kjitiir Eynien nMtftk ^nifit fient tu ^^ulfirgnc ayant fairfcs huma- 
vitei!^& fufhilojophit ititnsh p4yi,0'faTheoliifk^.tm les t(co!es de Snïbonmx Paris, ou il 
fitlfaenfuite quelques années dans lit conHttmiaffré efti <PfeJhei de S.Sulfiictqm ftttftnt ttndre 
■tcnwîgnagt de fa ycrtu & dtfa pitfé. 

Ce font les propres termes de fort Hiftoire rapporrce dans'le Factum de Mcflîrc Vin- 
cent Ragot Preftte jDoâeuren droit Canonique, Promoteui de FEglife & Diocefc 
■d'Aller ^ dans la]pag.84. ou ce qui («it cft rapporte auffi eli ces termes. 

Ihtioitrna it Q a S. fhuràu feu M. l'Evefqne k mtnc a-vec ro'infsttt de bonté, & luy don- 
na pour emplay tvn du plus importuns ckf«n Bniceje^f^a'voir la conduite & din&ion de ftn 
Séminaire. 

Le LedrcOr Fera s^il luy plaift réflexion îcy fut les qualitez dont il falloit que lc Picftre 
■p.iruft doué pour avoir efté choifi pat fon propre Evefqije &c dcftiné à cet employ , qui 
ti'ellùiciït point des qùalitezqui le dcuflent afleurcrtient rendre c.pabledc révéler des 
Confelïïons, nypav confeqaent vray feirtblableraent accufable, quelque temps aptes de 
tctte forte de pèche' j afin de conclufre de cette réflexion que la calomnie ne fuppofe pas 
toujours ^ coitîi'tie croycnt ceux qui la veulent f^àvorifer, quelque fôndcmenr vr.iy fcm- 
"blâblei mais qu'elle eftfouvent aflez iltipudertte pour attribuer aux plus pruttctts , aux 
J)lus fagcs > aux plus fetieux , & aux plus pieliX èc tous les Prèftres , ce qui ne pourroic 
avoir de vray fcmblance que dans des impmdeas oa des vicieux : c'eft pourtjuoy, fan 
iiiftouc Continue ainfi» 

Mais b'ieu qui k deftittoit ifoutttiir de plus grands combats pour le re^ahliffement de la dlf- 
cipUiit Eccle^a'fliqnt luy infpira h pevfée cTa.lkr trûit\'er^'hnfci^natr l'Etefque cl'jlUei,y tft.int 
attin far la réputation extraordinaire ât ceVrelàt , qui l'ayant jugé propre a Jervir les âmes-, 
i'eftablit Vicaire dans la Vilk d^^lltt > m il à exercé cetttfonBion pendant deux am <»vec titli* 
^cation de tout le woti^e^ 

C'eli: icy encore" ou le iîeuï Curé de Vatierville ptie le Lefteur de vouloir Faire vue fe- 
'tonde reflcûion fur les qualitez de Monkigncur ÏEvefquc d'AUet approbateur de cel- 
les duditficurÈymere, il fera parle' plus bas en détail de la vie & de la Saindctc de ce 
t grand Evefque J mais ce qu^on en doit conclurre pour le prefenr^ eft qu'vrt Vicaire choifi 
far cet homme admirable pour fervir daiîs fon Diocefe , ne devoir point eftre Vray fem- 
, blablement vn révélateur de Confellions , &c qu ainfi ce n'eft pas vne chofe nouvelle n,y 
extraordinaire à la calomnie que l'impudence qu'elle à d'accufer , contre toute forçC 
d'apparence les plus vertueux Ecdefiaftiques , & de leur impurér les plus grands crimef» 
aulti ledit fieur Eymerc parut fi peu capable d'aucun dérèglement dans la conduite que 
ce grand Evefque qui eftoit pleinement informé de fafuffi/ance &defa yertu ïen'voya a la yiU 
k dt Quillan qui efi h plus grand lieu de fon Diocefe, pour y e^re Vicaire , & pour fttpplétr par 
fa pieté, & par fon Tifk pour le falut des âmes ^k la négligence du Curé de cette Ville , ce font 
les propres termes de fon hiftoire, où il eft ajouté. 

Ou il répondit à l'exercice de cet empley à l'atente de fon frelat , il y acquifi en peu de terni 
beaucoup de reputatiort , tant par la pureté & defes mœurs , & de fon defintereffement , que par 
fes exhortations publiques & particulières, & la benidiciion que Dieu dontioit afes trauàux O" <è 
fes paroles fut yne «deur de vie,pvur lafiek plujieurs pirfoones qui s' ddreffoient ^ luy pettr 
leur conduite. 

On avoiiera encore que ce Preftre n'eft point jufques icy vti révélateur, de confcffions, 
le Curé de Vatierville ne fe compare point pour la vertu, hy pour toutes les autres gran- 
• des qualitez avec vn Prcftre de cette réputation , quoy qu'il puiffc dire , fàn's outrepa/Ter 
les termes fie la modeftie > que du moins dans le Diocefe de Roiien ôc dans Peftcnduëdc 
laParroifTeily avefculansaucunfcandalo, hy conduite qui fuft indigne defotiMini- 
ftcre, s'il n'a pas atteint comme le lîeurEymere à de fi haut dégrez de perfeftion , mais 
c'eft de ces pcrfeiïlions dudit fieur Eymerc , que ledit fieur Curé de Vatierville tire vnc 
confcquencc qui luy doit eftre avantageufe contre fes calomniateins devant des Juges 
cquiiroles : Car fî vn tel homme quç le fieur Eymerc à pu eftre accufé comme luy fans 



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aucun fondement, de Eiks &rîdicuîcs S>c hivoles, & mefme d'avoir rcvelc les Confcf- 
fwns, il doit fans doute paffci- pour indubitable , que ledit fieur Cure de Vaticrville en a 
pu eftrc accute'dctnelmc lans aucune raifon , m.'is au contraire , que d'en avoir mefmc 
«ftc acculé dans toutes les circonllanccs de fa vie Sc de fa conduite rapporte'es dans cec 
clccit, c'cft comme vn argument de fa probité , de fintegrité de fcs meurs & de fa con- 
duite; caï le fieur Promoteur d'Alct ayant parlé comme nous avons veu qu'il a parlé 
dans fonfa6bum,de la pieté & delà vçriu dudit fleur Eymerc, aulicudc conclurreque 
cette pieté & vertu le dévoient mettre au delTus de la calomnie, il continue ainfi. 

Tyldis ctjl dt U mtfme que le DiMt 4 prisfujtt de le f^ive ptrfecnter , ce qui devait ejîre vn 
fuiet de j*ye ah fieur iulien Curé de Qf4illan s'il avoit dimé yeyitMemtnt lefalut de fts brebis^ 
luy en fut vn a*AVt)fion &de jaloufieyCrc, ilfe rtjolut dans yne yiftteque M-d'^llet fift k Qiiil- 
lan de déférer fon yicAÏre devant ce VreUt ; &€. ejiant ttufaun dans le me/me efptirde JAleuJte 
contre luy , tl tectmviençj bien tojl après defemer par tout les me/mes medifancts ,& de h fai' 
re paffer pour vne perfonne qui reyeUtt les Conférions ,&c. il articula plufieurs faits , fur Itf- 
quels il demanda qu il luy fuji permis d'obtenir Tvlonitoire , &c. par le moyen tfnquel il eut le 
témoignage de quelques gens de peu ,ignoraHs & greffiers eu mal ajfeBionnet^^k ce bon Ecclefia- 
fiique rf CAufe qu'en plufieurs rencontres il avoit agy contreux, enfutyant les ordres de /on Evef- 
qne , & les avoit repris de leurs fcandales , & de leur mauvaife vie. 

Se peut-il jamais trouver vn exemple dont toutes les circonftanccsfoient fi pareilles 
à vn fait comme eft celuy dudit fieur Eymerc au fait dudit lieur Curé de Vaticrville: 
car on peut dire que s'il y a quelques circonftances diffet'entes elles font toutes avanta - 
geufes pour vérifier l'innocence de ce Curé,' & qu'elles ne font différentes que pour fai- 
re voir, que c'eftvne exemple que l'on allègue qui ne fcroitplus vn exemple, mais la 
mcfïne choie , s'il n' avoit quelque différence Iclon la règle , nullumfiniileidem' 

Conformité dt 1^ exemple du fieur tymere & de fon prece\y avec selay du fieur Curé de Vatier- 
yiile , remarquable par dix oirconfiances pArticulieres. 

Car premièrement, le fieur Eymere eft vn Preftre de la Communauté de faint Sulpice 
& le fieur Curé eft de la mefmeCommunautc aulTi. 

2. Le fieur Eymere eft Vicaire au Diocefe d'Aller employé au falut des amcs,&le 
fieur Curé de Vaticrville à le mefme employ en qualité de Curé dans le Diocefe de 
Roiicn. 

7^. Ledit Eymere vît dans fon employ en réputation de vertu & de probité, 8c le ficui' 
Cuié de Vaticrville à vefcu dans le fien d.ins vnc réputation qui n'eft pas contraire. 

4. Le fieur Eymere nonobftant toute f.i probité cil acculé devant fon Evcfque & foo. 
Officiai , & le fieur Curé de Vaticrville cil accufé de mcrmc , mais avec cette différence 
dont du moins la première veue luy eft avantageuic que Faccufateur dudit fieur Eymerc, 
eft fon propre Curé : mais que P^ccufitcur dudit fieur Curé de Vaticrville , eft vn gueu 
mendiant de Dioccle , incertain de naiflance douteufe , & qui peut eftre eft quelque 
Juif de Portugal qui n'eft pas baptiié. 

5. Le Curé du fieur Eymere fe fen pour appuyer fa calomnie de quelques gens de peUyignorant & 
grof^ien oh mal A§'eBionne\ a ce bonhccreii.ifiique a caufc qu'en plufieurs rencontres il auoit agy 
contr'eux , en lUivant Us ordres de fon E'^efque, & les aurait repris de leurs fcandales & de 
/eKKmrfHfrt'/e vie, 8clcs témoins dont on le fcrt contte ledit fieur Curé font de cette 
■ trempe,ougueus,ou ignoranSjOU mal affectionnez audit Curé, parce que fuivant les 
ordres de fEgUfc çrefcrits dans les Canons , il a agy contr'eux en juftice pour leur faire 
rcftitucr les biens qu'ils avoient volez à FEglife ou bien les a repris en chaire parlant en 
gênerai des fcandales qui cftoient en fa Parroiffe,donc ils ont témoigné dire offcncez en 
leur particulier t|uoy que fans raifon. 

6. Ces miferables faux tefmoins chargent ledit lieur Eymere de plufieurs faits , les vns 
■frivoles , Sciidiculcs, les autres qui leroient d'importance s'ils cftoient véritables , & les 
faux tefmoins dudit fieur Curé de Vaticrville avec Ion calomniateur luy en imputent de 
dcfemblables. * , 

Mais quelles confequenccs les Juges dudit fieur Eymere intègres , & bien intention- 
nez pour f honneur de fEglife & des les Preftrcs , ont ils tiré de les fortes d'articlcs- 
voicy ce qu'en dit le fieur Promoteur d'Alet dans la page 89. de fon fadum. 

Vnt des ehofes qui fait autant conneifirt la mauvai'e difpofltian^lt ses tefmoins eft fim^erti' 



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»3 

^^^)ce dt <itie}qtit! Attnfdtiam qu'ils font covtrt luy ddtis lefqntl!es Ils lity rcpiochent ces hdgMtl- 
les ctmme des crimes. 

On rapportaa fes fortes Ac bagatelles pour en faire vne comparaifon avec les articles 
Jont on accufe ledit fieur Cure', mais par avance quelles confcqucncis dévoient tirer les 
Juges de ae Curé, de ces fortes d'articles iinon les mefmes qui ont'cfté tirez par les luges 
dudit lîeur Eymcre à f^avoir que ces bagatelles ne fcrvoient qu'à faire connoiftre la mau- 
vaile difpolicion de fes tc'moins, laquelle confcquence n'ayant pas efte tirée par les luges 
dudit iîcur Cure', ne doit-elle pas fervir au contraire à faire voir -leur mauvaife difpofi- 
tion à eux racfrae & l'innocence par cenfequent de celuy qu'ils ont fj injuftcraent con- 
damne. 

7. toutes ces accnf/itms anjtdtrits firtnt jHffr Je l'vmportemtnt duJit Curé , qui fait dtf>e^ 
fer t!e telles chofes eontrtfon VicAtre. Dit le Faâ:um fus allègue , mais fi cela eft que ne doit 
on pas dire des Juges dudit fieur Cure' de Vaticrvillc qui n'ont pas eu de honce de rece- 
voir de telles depolîtions en juftice, de les mettre fur le papier , de les confacrer a vne 
mémoire qui doit eftre honteufe pour eux à la poftcrite' & de s'en fervir pour fonder la 
teneur d'vne fcnrcnce in jufte. 

Mais ce qu'il y a de remarquable en huitie'mc lieu, eft que le Cure' dudit fieur Eymerc 
s\illi i pour perdre Ion Vicaire avec des Gentils-hvmtnesfyncliqués ijui fAÏjùtnt des informA- 
titns de tous cofier^ four décrier Ia conduite des plus ■ifle-^d'entre leurs j'aflcurs , il prit cette «c- 
CAfion pour ftireeuyr quelques vues de ces perf<mnes\mAl AffeciicnnéesAufitur Eymtre, Se ledit 
Defvaux partie dudit fieur Cure'deVatiervîUc gueu niandiant allie' avec le fieur Prcfi- 
denf d'Eftilvilic , &par/bncrcc/ità eu pour tefmoins vn Ccul Çcntil-bomme Verrier 
foutcnu par quelques autres menus OSlciers &z itietifs de Noblcfi^e, ennemis ordinaires 
de PEgllle & des Prefires , en quoy ledit fieur Cure' à encore quelque avantage apparent 
fut ledit fieur Eymcre , parce que du moins entre fes tef moins il n'y en a qu'vn feul qui 
foit Gentilhomme , & le fieur Eymere en a pJufieurs , il n'eft point dit que ces plufieurs 
foienc des Gentilshommes Verriers , mais celuy qui depofe contre ledit fieut Curé n'eft 
qu'vn Verrier , & contre lequel il eft encore adtucUement en çtoccx peut îoblvger à 
leftituet à fEglife, le bien dont il eft détenteur. 

9. Le iieur Eymerc ayant donc pour partie fon Curé , 8c pour témoins quelques 
Gentils-hommes , le Curé kjift dfjfereri'M. le Trociireur General du TArlement àttoulvu/e, 
qui ayant f^it ouyr fes tefmoim obtint c»ntre luy vn décret de prife de corps, aînfi qu'il eft rap- 
porte en la page 86. du Fadum fufdir, enquoy ce Cure' i encouru fes peines det Canons pour 
ayolrpourfui-vy vnTrefire devant des Ma^ijirAts feculiers dit le mefmePaftumen la page 
aovafin que cette circonftance mcfme ne manquaft pas au paralcUc dans U fuite duquel 
^ Je ficuiDehincour Promoteur de f Officialité de Roiien,la aufli pourfuivy pat devant des 
Magiftrats fcculiers , comme il a efte dit cy delTus ôc foutenu que pour ce fait ledit fieut 
Promoteur eftoit excommunié. 

j o. Mais ce qu'ily a de plus encore j>oiit faire remarquer Yexaâtltude èe ceparàleUe 
eft que comme le dcflcin eftoit malicieusement conceu de perdre le fieur Eymere, Se que 
Il malice de foy inconftante, ne s'accorde pas avec elle mefme , & ne conduift pas fes 
entrcprifes de concert avec la prudence, elle eft fouvcnt obligée de faite ce qu'elle entre- 
prend à plufieurs reprifes , pour ajouter dans les denueres ce qu'elle croit manquer à la 
malignite'dcs précédentes, pout cette raifon ,il,y eutdeux infortsations faites contre 
ledit fieur Eymere , dans la première defquellcs huit lefinoîns furent ouys contre luy, & 
dans la féconde jufques au nombre de 48. & de mefme pour perdre ledit fieur de Vaticr- 
villc on a fait deux informations ainfi qu'il a efte dit cy defTus.La première fur \a dénon- 
ciation du fieur du Pont Prieur, Cure de faint Germain fur Eone qui fut faite à fix 
ou fept reprifes, pendant le tems de fix mois entiers & qui n'eft pleine que de fais ridi- 
cules & tout a fait frivoles auifi bien que faux, ce qui eft fi véritable que le ficui OfEcial 
en ayant énoncé les pièces dans le vu de la Sentence qu'il a prononcée contre ledit fieut 
Cure de Vaticrvillc , n'a donné aucun jugement fur ccfdites pièces, ny faitiaucuncmen'* 
tion dudit Prieur de S.Germain, Fautrc information a eftefaitepouc fupplécr àceit* 
première à la dénonciation dudit Defvaux. 

Continuation de U conformité entre It proce\& accufAtien d» fieur Eymtrt AifcJt procf^ 
5 & Âccu/Ation d*t fieur Curé de Vatierytlle. 

Avec tout ce prcparailf de témoins & faux anîcles d'accufations , pout conalencet 



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"'24 
Fcxccutîon de la tragédie du ficiir Eymeie, des Huiliers accmnpagnf^eles dontfjllques ^efin 
délateur > dit le Fa<îtum psg. S 7. vinrent enfoncer & rompre fa forte & le couriui firent hanttit'- 
fement dans la Co»cwr?ericde T(mlenfe, Ce mefmt Curé dfQuilUtt ayant pnjié fen cheval i vrt 
dt ceux qui afiifitrint *fa prife^ 

Surquoy le Hem Ciitc de Vatietville prie le Le6teur de ce't efcrit de faite attention fut 
la violence de ccttepcoccdure faite contre vn Ecclefixftique fainr, employé par vn Evef- 
quefaint, afirt de conclune qu'il n'y a point d'exccz don des gens d'Egli/e ne foient ca- 
pabks, quand vnefoisJa lage de Fenvie ou de quelque autre puffion venimeufc &intc-^ 
leflee s'cft pu emparer de leur cœur , Ôc afin que les violences qui ont cfte'cxerce'ci dans 
la fuite de fon proccz & de fa prifon de 8. années dans rOflicialitc de Roiien , contre fa 
Iperfonne foienr plus croyables, & que fon innocence pour avoir efte' accable'e , n'en de- 
mcurcpas pius douteufe?Car depuis qu'il fut cniptifonne' dans ladite Officialitc' par vne 
raefme confpiration» & pat le crédit dudit ficur l\cfident d'Eftalville, (on valet 6c fon 
Vicaire furent mis en prife de corps , fon Vicaiix: en fuite , fon valet prilonnier , fa mai- 
fon defcrte & abandonnée au pillage fans que de tous (es meubles^ tantd'Eglifc, que 
livres & autres, il y d'cmeuraft qu vn feui lit qui fut depuis vendu à l'encan au nom du 
Promoteur, & par ordonnance du fieur Officiai de Roiien , pour fe payer des vacations 
& de leur travail employé à faire fonprocez, nonobftant fon appel interiettc de leur 
Sentence qui devoit furfcoir cette exécution , Ci les Preftres dans i'Officialite' de Roiien 
n'eftotent cas dîandonner àleut avarice & à leur violence. 

A'wâ fut dc'poiiillc'de tous fes biens le fieur Cure' dt Vatîerville & fa maîfon pillée, en 
quoy 11 fouffrii Mne violence qui furpafle celle dudit fieur Eymere , quoy qu'elle aitcela 
- de commun avec clic, que fvne & faqtre leur a efte' faite par fautorite' d'vnc juftice ap- 
■paventc ? &: par le minifterc d'Huiflievs &c de Sergens , de décrets prife de corps S: d'em- 
prifonnemcns qui font fvnzic'mc conformité de pcrfccution contre ces deux Ecdefiàfti* 
qucsdeS.Sulpice. ' 

Mais il eft temps d'examiner celles qui fe rencontrent dans les articles de leurs accu- 
fations & la dc'pofitiûn de leurs tefmoins qui fait la douzie'mc. 

Entre les articles qui font marquc'es dans le FaChim ftifd jt du ficur Promoteur d'AIer, 
lesvns fepciivcnt appeilctfrivoleiôf les autres de grande confequcnce s'ils eftcierir vé- 
ritables, mais'quiibnttoutafaicfau^i , &les autres dont là faits dépendent de circo»' 
fi^ttcis particulières ftlo» le/quelles ils peuvent tftie bons ou mnuv.ûs comme il cil rap- 
porte à la pag. 107. Cj%i font rapportées avec obmifi^ons fraudulenfes des circenflancts qui au- 
Ktitntofiéttat le venin-, comme il eft dit dans la pnge 105. or toutes ces différentes fortes 
d'articles fe rencontrent comme nous avons vcu,&: voyrons encore cy après dans l'inter- 
rogatoire & de'poilcion des témoins qui ont efté ouïs contre, ledit fieur Curé de Vaticr- 
villc, en faite qu'il femblc que ce foit le mcfme Dcmon qui ait efté auteur de ces deux 
différentes perlécutions. 

Et pour faire voir ce qui cil dit icy plus en détail parle rapport de quelques articles, 
le premier des frivoles dont on accUfé ledit fieur Eymere rapporté dans ce Fadumpag» 
8p. ejl d'avoir tjié a lai procefiionfans porter le pluvial , c'efl ce que depofent It^.Ù"^. tefmoiit 
& dtnt on l'acctife fort ferieiîfement , ce font les termes du fieuc Promoteur d'Alet dans ce 
Fa^um. 

Mais cet anide eft-il plus ferieux que le 55. de ceux dont on accufe ledit fieur Cur^ 
de Varicrville à içavoir , qu'il a, ait la TYleffe fans lumière paflé l'Evangile* 

Ledit Eymere cependant confelTe le fait donc il eft accufe & en rend raifon , & le fieuiî 
Cure nie fon article , mais qiund il Pauroit confefVc, la chofé pouvant arriver pnr mc- 
gardc ou autrement ces fortes de faits contre fvn & Pautrc , ne devoient-ils pas eftre re- 

Sardez par leurs juges, comme également fiivoles, & de nulle confequcnce , auflt onr- 
s efté rapportés comme tels par le fieur Officiai d'Alet , & fon Promoteur , mais non 
pas par FÔffîcial de Roiien ny fon Viccgercnt , il feroit affet aifé d'en marquer, la raifon 
(î on vouloir la dire , maison la laiffe à voir à tous ceux qui uc font pas toutafaltigno- 
lansdans les Hiftoir^s de nosEglifes^ 

Le 2. article frivole objeâé au fieur Eymere dans la page 90. du fufdit Faftum , tfl djt 
niévoir point fait dt commémoration deS.Eloy lavtillt de ce jaint- 

Y a-ilricn de plus confoim^e au 52. article de ceux qu'on impute audit fieur Curé, 

quil ne recommande point les ftfits «2r Us jttif:nis. i/in îirofne. » 

Le fieur Eymere avoiie que le fait dont il eft accufe luy eft arrivé ;><ik oubJy vne feide fois, 

mais loiâeuc Cure mclc fion couc a fait & n'eft pciru prouve comte )uy non plus que le 



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ptecedens , cependant le iieur Èymerc cil a,.iiiciirc ab(ous s Ik k ficuv C»xé condamné 
À Je tléÇaht clef on l^inejice , on laiffc à pcnlcr au Lcileuv les raitons de cette diftcccnce , ëc 
*)ar quel myftcte ledit heuiCurc le leroit trouve innoccnr dans le Diocde d'Alct , .lyanc 
cftc juge' coulpabk dans celuy de Rouen , cft-ce que la dilcipiine Ecclcfialliquc ctl pluî 
ievcic&plusteligiculcnienc obfetvcc au Diocele de-Roiien quen'on pas dansceiiiy 
^'Alet? 

Le 5» article fïivole du fieuiEymeïc dans la inçrnié page pe. e^J'avtirprtjitilu Bled, 
'^ (T(n Avoh ejlf payé en argent ■ comme fi c'cftoit v« péché île recevoir Je Cargtnt pour du 
hUàlors qu'on la vendu. ^ • 

Maispuil'qu'Hcllqucftloîide Wcdon accfife danïla ptcrfllctt informatioti du fieut 
ï'ricurde laint Geinuin, leCurc de Vatierville d'avoir vendu Ion bled avec vnboiffeau 
qui n'cftoit pas marque', comme fis'eftoitvn|>echc de vendre du bled avec vn boineati 
jion marqu e' qua»d il eft plus grand que s'il cUoit marque, on n'a jamais veu des articles 
^'accufationplus conformes en rimperiincnce que tous les luldits'. 

Le 4. article des frivoles dudit fieut Eymere en la mclme page tft d'tjhe demtit;4 .lujnn 
^esmoribonsfans km rien diret ce qui ell vray connne le réconnoift ledit fieur Eymcieî 
^ais les témoins ivjoutent à la confrontation que ce n'eft (jit'àjfes' les atoit fouvenf exho,- 
te\ CpouY lei.r dvnntt du » epos & de l'innryale, aiiifi n'tll-ce pas vue folie que de ki re de 
tette prudente tharirc viiarticle-d'acculation à vii Preftic qui s'acquitc fi cxadciiTeni pat 
ailleurs de foii miniftere. 

Auifi peut-on dire que le ja, axtlclc allègue' cx)nh-e Jc Cure de VarierVille -, ft'eftpas 
•moins ridicule , à f^avoiv. qu'il ttvoitreftf/f d'aller quérir h cor/ s d'vn ertf.tnr , & dit qu'on k 
4i*y apportajl , ce qu'il réconnoift eftrcvciirable, puce qu'alors il avolt vue fluxion à la 
janme, ik que céc etifanc eûoit mort à vn qu.irt delieuë. 

Le 5 . anicle ridicule ptopoté cotttrc le fieur tymcrc en U page îog . f jî (j«e /s 1 wanipu- 
le ejioit vne fois tombé de (on bras au comnHncement de UMejje^ qu'il avait dit Complits jttnt 
^Jlolt & funsaetrt Itntiie^ quecdlt de U Lampe. 

Mais ces articles font-ils plus ierieux que le \j. ^x ceu^ qvl'on aUe^ue Coriïrc \e f\euï 
Cure' de Vatierville de w'dVoifK/lrtf la pïo^tfîion le ]vit;tlu S. Saatwenti/nt fais -,([». tl>r es là 
i^leffe & le^o. de s'efire endormy i U MclJe ci, U Con/ccMtio» /'«/p«ce d'vn ctemy quxrt d'heure 
£<.ie :^l.que le Samedy de Tàfques U benii le Cierge de i'annce frtctdente,^ auvres Ae çateiWe 
siature , à tous lelquelsil arc'pondu e^adcment dcdaiis fon interrogatoire, & qui hc 
font alléguez icy que pour faire voir tjue quand on a vne fois entrepris de perdre vn Prec 
ftre dont la vie eft irréprochable , Cette mefchante volonté' aucugle tellement fes enne- 
ffiis, qu'il n'y a point d'impertinence ny de lïialignirc' dont ils ne loicnt capables. 

Mais ce qui eft eftonnant n eft pas de voir qu'ayant des ennemis qualifiés Hc d'au- 
koritc ; fes cnneiTiis puiflent trouver paimy la lie du peuple des faux telmoins abandon- 
ne's à leur difcretion 5 Ce quiefteftonnant eft de voit qu'ils aycntpcu rencontrer paj> 
luy des Prcftrcs des Juges affez abandonnez 8c affez tavoraViks à\euYS TOauNi\s defe^cvs^ 
bour écouter de tc}s articles , pour les rédiger par elcrit ^ 8c pour y trouver vn fond fiSs% 
ierieux à leur jugcmcht pour le condamner à le défaire de fon bénéfice. '. 

Car par exemple y a-il rien de plus ridicule que de condamner vn Cure' ait dé- 
faire deionheneRcc, pjirce qu'il a tajié/es poules pour voir ji elles avoient l'œuf , âin/i qu£ 
ïon prétend au î^.acticle de ceux que Fon allègue contre ledit fieur Cure' de Vatierville, 
lou bien parce qu'il eft aile' qrierir liiy mvf/ire les œtifs de fafquts, cotnme il eft dit au Sa. a» 
bien parce qu'il à préparé de la wangearlle a fvs cochons de fes propres mains y &: autres articles 
îemplis de pareilles iitipcrtinences aulquelVesilaedc répôdUiOubienillc fera cy acres, 
•lUtant que le ridicule d'vne telle accufatJon le poura quérir : mais cette forte de cpn- 
tduire pour perdre des Preftres eft elle fupportable dans vne lutifdiûion Ecclefiaftique, 

Ainfi il paroift que fi ^accufation formée contre le fieur Eyftiere à paru digne de nvci- 
|)ris à des luges defintereffez & bien intentionnez , celle du fieur Curé de VatierviUr 
eftant pleine de beaucoup plus d'articles de cette nature , devoir par confequcnt paroi- 
ftre à (éslugcs encore bien plus ridicule pour peu que fes Juges eufl^cnt voulu eftcc équi- 
tables & bien întcntionnezi 

Mais comilie le nombre des aïticlcs lidîcules & impcrtinchs imputca au fieur Cure' 
de Vatierville, eft beaucoup plus grand que le nombre de ccilx qui Ibnt rapportées cao- 
trc le fieur Eymere-,& d'vh autre cofté le nombre des articles de grande importance allé- 
guez contre le fieur Eymere eft beaucoup plus grand que de ceux qui font alléguez con- 
ne le fieur Curé de VaiicrviJle,ainfi à ne prendre ton préjuge que du cofté de fes articles^ 



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n'y a pcifonnc qui ne voye que le fieur Cure' de VatlerviUc autoit dcu cftrc traite' avec 
beaucoup plus d'indulgence , que n'a pas eftc' ledit fieur Eymcte , fi les luges avoicnt cfté 
poufîez du mefme clprir. 

Dfj étrticlts impart ans aUtgutt^contït le fieur Eymere pour fdirt -voir la ctnformr'tc Je fan ttccO^ 
ftitiori ityec ceux d^u fieur Coulon Curé </e VMm-vilU ou bien leur différence /tyantagtufe 

dh cefié dudit fieur Curé- 

Mais avant que de rapporter ces articles, il eft important de remarquer que ny Fvn nf 
ïautrc n ont eftc' acculez des crimes que le monde haïr davantage dedans les Pieûrcs, &: 
pourlcfquclson acouftumede le rendre de plus facile créance , qui font les articlei 
tl'impuretc,d'yvrognerie,de jeu,ou autre de pareille importance,mais par vnc proiiidenJ 
ce partîcuJiere de Dieu, t^ qui leur a elle favorable en ce rencontre, leur veputarionà 
tous deux parmy tant de licence de les calomnier, en eftdemeurc'e fans atteinte, * 

Le I. article d'importance dont ledit fieur Eymere a cfté donc acculé , ell d'avoir 
prefche' que lefus Chrift n'efioit fas m»rt peur tous les hommes, ainfi qu'il ell rapporté dans !» 
page çT. du Fadum lufdit,& cet article ell rapporté par quatre tclmoios,mais la manière 
dit ce fadlum, d»nt-ils t'expliquent dans leur refomptien fait voir clairement que ce font des 
ignorans , comme ils confeffent eux-mefmes- 

Ce que Ton rapporte icy pour faire voir en palTnnt que fi les luges du fieur Eymere 
ïavoicnt voulu perdre, comme les luges dudit fieur Coulon Curé de Varierville , ont 
voulu Je détruire ils le feroient precifément attachez aux termes de la dcpofition des té- 
moins fans les interroger davantage,& en les interrogeant les obliger de hire paroiftre 
leur ignorance comme les luges dudit fieur Curé le font perpétuellement bien pris gar- 
de d'intcrrogerfestefmoinsny les obliger de parler de peur qu'en parlantes ne fiflénc 
Connoiftre Se leurs dcfaux & fon innocence. 

Ce que fon rapporte encore pour eftablir la règle générale marquée par les Canons, 
qu'vn relmoin ignorant du fait ou du droit dont il depofe n'cft point recevable comme 
nous avons veu que la fervantc du fieur de Carncval n'ell point recevablc dans la depofi-^ 
tion qu'elle fait contre ledit fieur Curé , lors qu'elle dit , que fon maiftre n'a peu ff^voir le 
fait dont il depofe que par la révélation prétendue de fa confefS-on par ledit fieur Curé: car en 
cela il paroill qu'elle depofe d'vn fait dont elle cil ignorante ,lon maillrc ayanr peu ap- 
prendre ce qu'elle dit par ailleurs & ne l'ayant en etfecl jamais appris dudit fieur Curé. 

Ce qui doit fervir de remarque générale contrerons fes tefmoins & pour faire voiï 
que tout ce qu'ils ont dit, n'a cfté que par infpiration d'autruy & confpiration pour le 
perdre. 

Le fieur Eymere ne manque pas de s'expliquer fur ce chef important d'accufation, 
mais quoy qu'il en foit, il cft accufé de cette matière & l'avantage du fieur Curccftqu'il 
n'y a aucune accufation contre luy de p,ucille nature , cependant ledit fieur Eymere de- 
meure innocent , & ledit fieur Curé coini.imné ^/e défaire de fon bénéfice, d'où peut d.onc 
venir ccrte dilFcrence , Je Jeéleur en fera juge. 

"Le 2. arriclcimporrant allégué contre le fieur Eymere eft d'avoir prefché que la Vierge 
& les fittnts n'ont aucun pouvoir , que cefioit fe damner que de demander leur intercef?ion t ^ 
qu'il n'y avait point de falnt (ion n'avoit recours il Dieu (S" ,) Dl. d'^4llet. 

Ce't article n'eft-il pas important, cependant il cft rapporté par trois tefmoins fur la 
première dcpofition defquels ce bon Ecclefiaflique c'ej} yeu à la yiilte d'efire jugée extraerdi 
nairemein à Tonloufe ctmme v» hérétique & vn facnlege dit le Fa&um pag.91. 

Mais dans leur recolement ces témoins eftant bien interrogez tic les circonftances du 
tcms &c du lieu exactement obfcrvéc comme tous les Iu"es lonr oblii^cz de les obferver 
en pareilles occafions , ledir fieur Eymere s'eft trouvé innocent , & ledit lieur Cure lans 
qu'il ait aucun article contre luy , lur vne telle matière te trouve condamné ^fe défaire 
Je fon bénéfice y à' où vient donc cette différence ,finon que les luges n'cftant pas aulïï 
bien intentionnez n'ont pas voulu faire de leniblables obiervations de peur de faire voir 
fon innocence. 

Le 3. arricle contre le fieur Eymere eft d'avoir prefché plufieurs fois que les benediclions 
0vec lefaint Sacrement efioient abufivei O" infâmes , <ir pour ^ort'fio tette accujation que le (ienr 
Eymere n'rfvoit point donni la btntdiiiton vn jour du S.Sacremt»t au retour de la ptecefSton^ 
Cet article eft marqué en la pag.95. dudit Faélum. 

Il cft allègue par trois tefmoins dans leur première depofition , 5c foullcna dans leur 
iccolemcBt aax mefmcs termes , ce peut-il rien voit de plus fort. 



msaa 



Le fiein- Eyincrc .woue mefme qu€ ce que Juènc ces rclinoin'; /j;<V/ /;«/«f JenneU bat- 
xiion ^'n iouf ,luj'nint Sucïtmttit irtéteroHr ik Ut l'recefien cjî vcri table, poLuquoy donc ii'a-il 
j»;is elle coiuiimnc. 

Ceft icv ou le ficur Curé «le Vatici ville pietcnd qc'on i^oît faîic vne iaipoirantc rcfle- 
Xîon , pouv comprendre comme l'honneur & la vîe des Preftrcs accufcz dépentbicn ab- 
îoluiiiejK de la bonne ou de la mauvriilè intention de leur luge : car voicy comme ledit 
Jïeur Eymcre a cftc déclare in nocenr. 

Ces trois te'moins ibuilicnnent ce qu'ils difen: dam hi mefmei terwts,(\v!e\\ç conclu- 
fian en autoient donc tire' les luges du Cure' de Vatieivi'llc s'il y avoit eu trois tclmoins 
"Coiitextcs contre luy de la Ibrte , finon qu'en eftecl il auroit cfté coulpable de ce crimc,& 
cependant les luges dudit (ieur Eymere par cette mefme railon que les telmoin"; dcpn- 
icnt tous il.itii lis me/nits termts , concluent que le fie ui Eymere eft innocent , par ce di- 
fent-ils que cette vniformiré dans les termes , eft vne marque de complot pag. <>j. 

Or (i les tefmoins qui ont efte'ouys contre le Cure' de Vaticrvillc & leurs depufitions 
avoient efte' obCcrve'es de la (orre, combien de complots &: de confpirations, &: combien 
<l'ar£;umens de fon innocence n'auroit on pas trouve. 

Mais voicy comme on continué' encore dans la page 94. àjuftifîerle fieur Eymere 
iur ceîte accu(ation, elle .ty»e font de malignité , dit-on, (jni ef] (tj quelque manien plia o !\eu~ 
je que celle d'vn pur tiienfon«e, qui efi qu'on y uhnje île U mire me[me peur en csmpofef'i'ne itn- 
f'/ifiiDC ent.ttjaiit îhi circonjlancei qui rendent entittewtvr innocent, celuy que l'on a von' h ren- 
dre ctnipuùle. Or le Jieur Curé de VatierviJIc atreftc U confcience de Ces luges Se de tous 
ceux qui liront cet efcrit , /î dans toute la (uitc de fon procez on ny remarque pis cette , 
perpétuelle malignité d'avoir lupprimc' toutes les circonftances de fes allions qui non 
leiilemcnt, eftant rapporte'es les auroicntcxcmptccs de blâme, mais de plusauroicnt fait 
voir qu'elles eftoient très loiiablcs. , 

Par exemple lors qu'il eft dit au 17. article, qu'ita fait travailler fcs valets mx feps & 
Dimanches en les envoyant a» moulin & les fait'ant boulanger &C cuire du pain , ce pcut-iV 
rien dire de plus criminel lî on ne veut avoir égard qa'î ce qui eft dit dedans cet articie 
& non à ce que ces témoins y ont malicieufementobmis, aulTi fes Juges mal intention- 
nez , l'ont-îls juge' coulpable & condamné comme les Pharifiens condamnèrent noftre 
Seigneur pour avoir fait de bonnes œuvres le jour du Sabar , mais fi on vient à confidc- 
rer que le lieur Curé de Vatierville , n'a fait travailler Cc^ valets de la forte, qu'an temps 
de la famine vniverfclleou fouvcnc oyant tout donné (on pain aux jours ouvriers à des 
pauvres , il ne luy en reftoit plus au Dimanche pour en nourir vne multitude d'autres, dc 
les cmpefcljier de mourir de faim, s'il n'en eut luy mefme avec fon valet boulangé ce jour 
là,y a-illuge furla terre aflez méchant pour condamner vne telle adtlon, &neCondam' 
nerpas au contraire dans vn teirnoin fobmilîion malicicufed'vnc pareille citconftance?' 
cependant toutes les depofitions faites contre Ur'j foï\t pleines de çivc\\.\<îs vnaVi^vmeT. 
comme on le fait voir dans tous les articles en particulier, celuy-cy n'efcant allégué en ce 
lieu que pour fervir feulement d'exemple, faut-il donc s'efèonner fi après de tcUes/dcpo- 
fitions le fieur Eymcres'eft trouvé innocenrdevanc des luges cquitaWes,& le fieurCuré 
de Vatierville condamné par des luges qui ne le font pas. 

Car ce qui eft a remarquer au fujet de cet article prefcnt.allegué contre le ficur Eyme- 
re dans la première information eft ce qui eft die en Ja pag. 106. du Faélum , que dans I.i 
féconde information ilfe trouve 18. tefmoins du mefme fait, dépofant eu mcfmes ter- 
aaics que le jour &Fefte du Corpus en f année ^66ï dédit Eymere , i lapn ât la froctjiion d» 
S, Sacrement ne donna point labenediction d'iceluy , ce quififi que le monde fut fort fiirpris & 
fcandalisé , ils font tous cette reflexion , dit lejfaftum , que le monde fut fort fcaruitlisé, 
& ils obmettent tous malicieufement ce qui a ejié reconnu par les tefmoins de U prendtre infor- 
mation lors qu'ils fnrent recole-i^ , qae dans cette mefme Trocejiion il avoir donné quatre fois Ia be- 
vediciion avec le S. Sacrement 44. diffcrens Bfpofoirs , & qu'il l'avait encore donné aprts Vef- 
frts & pendant tome l'Ociave , ce quifaifoit voir , que ce ne pouvait avoir efié qu'vn pur oubly 
de ce qu'il avoit obmis de la donner ^ la fin de la procef?ion. 

Voila comme des luges bien intentionnez, & qui ne conftituent pas leur gloire à con- 
damner des Preftrcs qui font leurs confrères examinent en juftice dételles acculations, 
& jugent en confequencc avantageufement pour eux , & c'eft ainlî qu'autoit jugé le 
licur Officiai de Roiien en faveur du fieur Curé de Vatierville lois qu'on faccufc pat 
exemple au 18. article /,«V(»/V dit la Tdeffe fans faire l'élévation du Calice , quand mefme il 
auroitconfefle le fait tju'il a dénié, Se qui ri'eft rapporté que par vn fêul tc/inoinjimpu- 



i8 . 

tant pluftoft à oubly vne pareille faute fi elle hiy cftoît airîvce que non pas à ciTme , & 
demefme quandil cftditpar exempleau 5. zn\c\e qu'il a quatrt fois tH.it.qnc à JifcVe^rtr 
4» Same<iy , 8c au (5. de n'avoir donné de Cem henijle , ou au 7. de w Jiveirfa>r la ftocefionyn 
jour dtftint Marc , ou au 20. de l'avoir çbinife qudquts fejies &" Dimanches , ou au 34. dt 
nel'aveir pas faitehfeur de fafques annur des Fonds ; cat fi ledit fieur Aubourg euftek 
le moindre fcntimcnt d*amour pour fhontieur de fon caraâ:ere , n'cuft-ilpas fi bien 
examine' les telmoins éc conCdci-c' tout ce que ledit fieur Cure nie de ces ai ticics, ou tout 
ce qu'il rapporte decirconftanccs , qu'enfin il fauroit juge' inhoccnt , m.iis pour cela , il 
auroit fallu ne vouloir pas abiolumest qu'il fut coupable, il n'auroii filu qu'il n'cuft , 
pasefte' entrepris par vn Prcfidcnt à Mortier , ou bien que ledit fieur Officiai cuft e4 
plus de confideration pour Icfus Chrift,&pour lajufticcs que non pas pour les inte- 
rcfts de cePrefidcnc ou de quelques autres perfonnts Ectlcfiaftiques qui s'en mcflcnti 

Mais ce qui rcfulte donc de tous |les articles jufqucs icy cxaminest fchiblables ou 
differens entre le fieur Eymere & le fieur Cure' j cft que ledit fieur Cure eftant accule de 
beaucoup moins d\iiticles importans , &: de beaucoup plus de ridicules & impcrtihcns 
que ceux qui (ont alléguez contre ledit fieur Eymere, ledit fieur Eyrnerc a eftc'jugc in- 
nocent & ledit fieur Cure coupable > les Leâ:curs jugeront par quelle equîrc' cette difie- 
rencc à peu cftre faite, Se ils en jugeront encore mieux par i'exanicn du dernier atticlé 
qui touche la révélation des confelfions. 

Ùtrnier article etaccufation contrt hciit fitur ïjWttye <)f la rt^tlation des Confe fions. 

Ces dernicres accufations dit le Faftum dans la page ç6. font les phi malicieufes & les plus 
coupables tji on les recevait légèrement , de rendre inutiles les rfH il leurs Tieftres de fhgUfe , quit- 
fera ioit]onrs facik de rendre fuîpef/s d'avoir a ^y contre It fecret de la Confifiion , ft on en croit 
tout ce qnon m toudroit dire fans aucune feine, des perfonnes qui les aureient mécontentt\, &c. 

Et puis en iuite dans la pag.cjy.cr/^re depofitien qui n'efi<que du fécond tef moin ne feut avoir 
Aifcun paliis mtifeulemenr , p.tr ce qu'elle n'eji que H'vn tefmoin , cf qui ne fait point de preuvci 
«pii vjjtts te|l)S T)«lliis , jiMÎj Aujli p.*ïce t^ne de fhs ce tefmoin nt rapporte pas de fa piofrÉ 
jzknct , mniijeuleuient dt ce qu'il ouyt dire a vn autre % ce qui n'eJi point receu en ii'jlice , CT" 
aujîi ce fer oit vne inJHJiict mamfejlt de ne se» pai tenir (tir ce point , à et qu'à ref pendu le fieur 
l^ymere. 

Ne femblc-ll pas que ce Faftunr ait eftc f.iit expre's pour juftifict finnocence du ficuf 
Cure de Vatierville& la corruption de les îugcs,plutoft que pour juftifier ledit fieur 
Eymere. 

Car pour le fait delà l'cvelation de conf:flion on n'allcgue contre ledit fient Cure 
que quatre telmoins, comme U a eftc' Vcu cy Jcflus dont le piomier elt vn homicide por- 
teur de remilfion non cmcrince , & qui ne rappoitc aucun fait particulier : mais feulc- 
vwcntdkeVA tcv'mts va<:,ucs que ledit .ippcUaiat à rtvclc la cunttfiion , mais eftant feul, 
outre les autres rcpcochcsjoti luy peur (iire^ ce qui cft rapporte dans le Faduhi teftis 
vtufs^tefiis iihDm. 

Le 2. tefmoin cille nomme: Davenanville kqucl ritcufè ktlit fieur Curé d'avoir reyeîé 
fa confefsiDH au nomme Vie> te de T^loucby) ^ qui tll deiavcnié p ar ledir de Dlouchy qui rc- 
connoift au contraiic n'avoir Iteu ce prétendu Iccrct que par ledit Davoutnville , &au 
furplus ledit Ddvenaiiville eftant beaufrerc du nomme' Lionais Mortier , contre lequel 
ledit appcl.mt cftoit lors adlucllcmenr en pvocez pour l'obliger à reftitucr vne acre d? 
terre appartenant à la Cure, laquelle acre par le moyen dc ce faux telmoignage luy cft 
demcuicc julqucs icy , \\ peut dire pour rcpcoche, ce que dit le faftum, qu'il fera totqitirt 
très facile de rtn/lrei/n preilxefujpeci d'avoir a^y contre le ftcret delà (.ottftfîianfi on en ooit 
tout ce qu'en vaudront dire,f.uis aucune preuve des peijonnes qu'il aura mefcvhtentées , & de 
plus ce qui a efte' dit cy dclfus, rcjiis ynus, (efiis nfiHus» 

Le 5. tcùnoin eft le fieur de VaÇimt/iit fil<; du fieur de Cnrnaval cotinc lequel ledit fieur 
Cure' crtoit, comme il eft encore en pvocez pour la rtlHrution des biens de rEçrllfe , le- 
quel fieur de K^fTiuortf dcpole que ledit fieur Cwre luy a dir,(jM'«7 dt'U'ifd^l} kfes jceurs, la- 
ijuelk d'elles efleit allée acheter du Sel à'^euf-ÇhafitUiS' tn avoit vendu dtuxdivres pour avoir 
des ruhans , lequel fiit cft nie' par ledit iicur Cure , ^ n'ci^aiiî rapporte que par ledit fieur 
da Vafimont, on luy rei'pond avec le fadluro l»Céh,ieftis vnus, tefiit .Hullus.2. qu'il fera tok- 
iotirs frfci/e de rendre des Vrefires fu^n'ls il'avoir a^ contre /t' ftc>(t delà Confef^ion ,ji or: en 
croit tout ce qitiVQtidront dfï( tf "tu aucune preuyit ^ des pt-)fo.urxi t}ni\i twovt mef content Ui, (S^ 



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3-9 

ainliqne ce feYùir Viieinjtiih'ct mdnifejiedc ne s'euptis tenir fuv ce pointa ee qi(',< ilit leficur tHri. 
M lis qu.ind ledit fieur Cure avoueuoic ledit prercndii fccrct audii (iciii de Vndmont , 
s'enuiivrou-il que ce fuftvn fecrecde confcifion ? pour piouvci- que ce prétendu iccret 
dl: de confelîion , on nVii allègue qu'vn rclmoin , auquel p.ir conicquciu on peiitref- 
pondie comme cy dcfTu";, ttjlii ynits t(fïis nuHus. 

Mais ce témoin qui eft le 4. en cette matière eft la fet vante duditlîeur de Carnaval, la- 
quelle (outieiu (j(/(7 11'^ <ii]ue ledit fleur Curé qui prar .tyoir dit ce prereuiiu jecrer .tu 'leur de 
Vafjinant , ce c[uc i\Q pouvant fouftcnir avec vérité, par ce que k fieur dtUafimoiu U 
' fçu par ailleurs ,îk ladite fetvante pouvant ignorer p.ir qu elle voye ledit fieur deVafi- 
mont Fa appris, il patoîft manifeftcment icion ces paroles quel ie dépule avec ignorance. 
Or comme nous avons remarqué cydeffus dans la page 91. dutaftum vntejmoin ignorant 
d'vnfjit ou d'vn droit dont il pa/le n'efi fasrecevabk. 

Enluite dequoy cette fervante ayant dit qu'il n'y a que ledit fieur Cure' qui puifle 
avoir icvelc' le fait audit (leur de Vâfimont, elL ajoute que ^'càelle qui l'a voit dit en co,-i~ 
fefiion audit jicuï C141C. 

Mais pour me lervir du facftum en la pag. 97. elle n.icctife point ledit fii'tir Curé d'avoir' 
tevelé [a côofefi.on en parUnt d'vne cho/e dont elle ne Iny eiijt pas fermis de pai ht ■ 0> pout 
qu'il fuftcoulpible il (croit necelTliire que dans fadcpo/îtion, elle eut déclare' qu'elle 
auroit dcffcnd ; audit fieur Curé d'en parler, ou plutoll, qu'elle nefauroirpas piié 
d'en donner avisa Ion mailtre. 

Mais quoy qu'il en l'oit ledit fieur Curé niant cet article dans tout Ton contenu tous 
CCS témoins comme dit le faftum page 98. eft.inr ch.tam ft»gulier, touchant le fait do .t ils 
ferlent , ils ne peuvent faire preuve non feulement contre vn bon freiire,m,iù contre tout itati e 
■f«»T(]«e jioiti'cotitiitincïC vn fcomme il fiinr anmtim deux n\inoms d-u ine/ioe f^if , &qm'î>.'?aui 
idejfendu extrêmement de recevoir mefmevne accufation contre vu Vrejhe,niji /itli dmùtis 
ttfliijusy <jnf )î 0» admettait ces fortes de l>Uintes , il n'y a foint d'homme de bien qu'on ne ptifi 
faire périr par cettevoye '■ Car onluy fera relie fnppofitiBn qu'on yondr.i ■, & comme d ne petit 
tittt dire de ce qui c'efi paffc dans /a confcj? on, il n'aura 1 ien à répliquer à en qu'on lny oppofera. 

Ne femble-il pas que le Promoteur d' Alet qui eft: auteur de ce fadtum, plaide \;i c?.U' 
fcdudit fleur Curé de Vatîer/iUe, &C que Dieu qui a abandonné le Promoteur de Ro'ùcii 
à fon fens réprouvé pour perlccuter ledit Curé par des voyes melmes excommuniées-, 
comme il eft dit , lay a en mcfnie temps fi.ifcité à fextremité du Royaume vn Promoteur 
deprobité, dont la voix s'eft f.iit entendre pour la jullification de Ion innocence aulli 
bien que le fieur Eymcre par toute la France, 

C'eft pourquoy on s'efteftcndu fi au long dans le rapport des pafTages de ce FasHium, 
pour faire voir autant qu'il a eflépolîîbleexaétement, & lescirconftances qui Ci rtncon- 
itant femblables,entre ledit Curé de 'Vatierville & le fieur Eymere , entre les teimoiuî 
,4lépofantcontr'eux,lcs articles d'accufaûon , les tc'ponfes qu'on y peut faire &; leurs 
différences remarquables , qui toutes & de quelque part qu'on le tourne font plus for- 
tes pourla juftification dudit fieur Coulon Curé de Vaticrville, quenonpasdi/dit ficiii 
Eymerc, quoy que par ailleurs, ledit fieur Curé ne veut pas qu'on croyc qu'il entre- 
prenne de le comparer en toutes chofesavecvn Prcftrequi a l'avantage (Si le bonheur 
d'avoir fervy tant de temps fous la conduite de M. d'Alet, ôc d'en porter vne atre/ï.irion 
-de vie ôc de meurs (i avantageufc & Ci pleine de gloire , pendant que dans le Dioccfc de 
Rolien, après avoir tafché de s'acquiret de fon miniftere le moins mal qu'il luy a cfté 
poffibic , il a eftcaflez malheureux pour ne tencoriueï dans fes luges ôc fcs Supérieurs 
que de la dureté & vne prifon de huit années pleine de ténèbres & d'horretir. 

Mais quoy qu'il en loir, & quelque différent qu'ait efté le fuccez de leur perfccution, 
Jcdit fieur Curé peut dire qu'en vh certain fens il eft difficile d'en trouver qui ayent tant 
de rapport & tant de circonftances qui foient Semblables : Car après les arcJcJcs frivoles 
& les importans, il n'eft pas jufques aux articles qui font entre les frivoles &c les impoc- 
tans , &c qui tiennent moitié d'vn &c moitié d'autre , où il n'y ait quelque chofe de Icm^ 
bUble entre lefdits fleurs Eymere 6c le fieur Curé de 'VaticrvilJc. 



Des autres conformite\9M différences quife trouvent entre la perfecution dudit fieur 
*" Curé iS" du fieur Eymere- 

Car I. on impute au fieur Eymere «/»w^//^/ cnW/, des cAo /es gui /ont tirrhees 
par accideat, ctmme de et q» vne femme mourante Ayant emmnnié , l'Hollie/ort -le /,, botichc 

H 




30 ' 

9«f/(7Kf ffropy «/«m (ce qui eft marque dans la pag. 107- du Fadum. 

Or n'eft-ce pas rout ie mefme que lors qûion impute dans f article p. au fîeur Curé 
^n-«» hâtnmt <}uil 4-\iBtt la'iffi dam fa mai/on , avait en [en Abftuct mené vnt vie fcandaUufe^ 
ou ce qu'on luy impute au 8. qnon 4 efté ehligi d'avoir recours à vne fMreiffeyoifine en ftit 
*bftHcep9ttr vn vntrlage^ & jour l'enterrement d'yn enfant. 

Secondement »7j a d'autres faitt qtti dtptndeat de circoaftjnces particulières félon lefquel~ 
hSy ce que i'ûn reproche aa fieur Eymere'a peutfire bon onm.iuyAis , comme ce que quel-, 
<ques témoins difet^t de qtielque'i tis emporte\que le Curé de Quill.tn a prétendu luy appartenir 
^uoy que te Vicaire ait fonfïenu It cintrairet^mu. qu'il cft dit en la pag. loyidudit fadium. 

Or n'cft-ce pas le mefme que lors qa'il tfl dit contre le fieiA- Cttré en l'article ï^.qu'ila entre^^ 
pris furie cimetière peur aigrandirfon jardin, ôCeiï l'article 15. quila fAtt abattre vnurbrt 
appAïtenant à l'Eglife , & en f article l^.qHil envoyé fes valets dérober des grains ^ la campa- 
gne, &en ^article 26. qu'il a démoly les Caris d'vnt Ch.ippelh fans autorité' Tous articles 
que ledit fieur Cure' nie ou explique de telle forte qu'il n'y a perfonne qui ne voye que 
c'eft une imprudence & impertinence de f en accufer. 

5» Vignorance de l'accufateur dti jieur £.ymere efiant égale à fa malice , Iny fait reproclnr 
Cft/wme des crimes de trcs bonnes chafcs ' O" ponr lefquelles it ne mérite que des loUanges , comme 
de n'avoir pas voulu foHJ^'rir vne fuperjlition > &c. ainfi qu'il eit dit en la page 108. du luldit 
fadium. 

Oin'eft:-ce j>as\atneCn\ecKofe que loïs qu'ori accufe ledit Ciité dans Fartlclc pre^ 
hiier/rfvfl/Vc/;-<^//9/>r»crfjrf , parce que Fayanc voulu obliger de fe faire inftruïre dans 
vn Séminaire , ledit Vicaire à mieux aim^s'eti aller & quitter fa Paroiffc, que de fe fairft 
inftruirc , & dans f article 1 5. que les pourceaux ont entré dans fon I-glife & foiiillé dam les 
fffjes , le dernier eftant faux & le premier n'eftant arrivé que parce que ledit fieur Curé 
travaSlloit à rccdifier fon Eglifc qui menaçoit de ruine, 6c en l'article 20. qu'il a sbmis i 
faire la procefiion ksfejïes & Dimanches , parce qu'ayant amafle trop de matercaux autour 
fon Eglite , il cftoit impoffiblc de la faire , ce qui mérite plutoft loiiange , pour les foins 
ç\u*il çrervoit de baftir Ion Eglife , Se les de'penfe^ qu'il y faifoit de's eu arrivant dans fon 
bénéfice 8c avant que d'en avoir tiré les fruiûs» 

Enfin il n'y eut jamais pcrfecution fi pareille que Celle dudit lîeur Eymére & du lîeuc 
Curé de Vatierville , jufques là mefme que le Cure' de Quillan partie dudit fieur Eymete 
fe trouve avoir encouru fulpenfion de fes ordres , ipfo faBo pour avoir négligé d'obferver les 
Canons & l'Ordonnance de M« d'^llet,qni deffmd les dan ces aux feftes annuelles & folemnellts 
Cf ordonne que ft ce fcandale art-ive les Cure\Ui(?ent l'Office divin fous peine , s'ils ne le font 
d'encourir ipfo fado la fuffenjîon de leurs ordres, aÀnÇimirqué en\i^pagt io^, du fufditfa- 
ftum. 

Et le Promoteur de Roiien partie dudit Curé à encouru l'excommunication ipfofaFifff 
ço\iï avoir comvtte dit eft, pourCuivy ledit Curé en juftice devant les luges feculiers : afin 
que rien ne manque à Fentiere conformité de cesdcux perfccutions , & que fi le Démon i 
tajché d'vn cefléde répandre la calomnie contre ledit fieur Eymtre fur le fuiet des confeffions 
dans \e Dioce/e d'sAllet pour ruiner s'il pouvait tout leéien que les confef?eurs y font en oflant a» 
peuple la confiance , qu'il a en eux., commeil eft marqué dans la pagepy. dudit faétum, 
dans le Diocefe de Rouen de mefme comme il a efté vcu iufques icy, cemefmc démon 
pour exécuter Con malheureux deiïein , s'eftant fervy d'vn Curé qui a encouru les cenfu- 
res Ecdcfiaftiques dans le Dioccfc d'Alct , fefervift & employaft auflî pour ce mefme 
dc/Teln dans le Diocefe de Roiien vn Promoteur excommunié. 

Mais la diffeience qui ft trouve entre ces deux parties rebelles à f Eglife , cft que le- 
dit Curé de QuîUan non feulement à encouru lefdites cenfures ipfofaBo mais a efté At- 
clarépar fon Evefque les avoir encourues par fentence donnée contre luy , comme il eft 
marque en la pag. 103. du faébum , & ledit Promoteur quoy qu'il aye encouru f excom» 
miinication & foit excommunié en effeét. ipfofaiit n'a point eftc néanmoins dedatc t^ 
par fon Archevefque qui en a efté adverty. 

D'où il eft arrivé que ledit Curé de Quillan eftant demeuré fufpens dans fa propre 
Paroirtc & fon Eglife demeurée fans fieflre , le fieur Eymere qui n'efioit point interdit , & les 
accufatitns faites contre luy , paroiffant notoirement calomttieufes ,yfifl fes fonciious de Vicairt 
pendant que le Curé ne pouvait ny tiofoit pas y faire lesjiennes, comme il cft marqué en la pa- 
gcSj. decefaftum. 

Mais au contraire les accufatîons faites par ledit Promoteur de Rouen contre ledit 
fieur Cuté paroiffant encore plus netoirement calomnicufes que celles du Curé de 






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"CJujllan, ledit fîeur Cure n'a pas InilTc dVftic condamne comme coulpable , & ledit Prc- 
'motciii- calomniateur maintenu dans ("es fondions comme s'il eftoit innocent. 
Etiejîeur I-ymere ayant t9H]ouY5 t^é regardé pitr tottï et (^u'ily k de ^em de bien dedans leD^- 
ccfe (tjlUtt comme très bon Trtftrt à qui an n iftipuf e dei chojes Çaufjes par tne wAignitt dUbo- 
lique n'a t(lé ny ftif pendu ny interdit,& lors mefme quileftoir prifonnier àTouloiife^il a tajorm 
idit la Tyïiffc dans lu Conciergerie par la permif?ion de Mefiieurs les Vi:aires Généraux, au veu & 
(ceu dt TAilfieun du Varkment comme il eft marque'dans la page 104. dudic Fadtam. 

Mais ledit ficur Cure' de Vacierville, quoy que regarde' par tour ce qu'il y a gens dt 
Vien dans le Diocele de Roiien comme vn Pceftre iiinocenc à t^ui on a impute' des cho- 
ies fauffcs par vne malignité' diabolique, & quoy que reconnu pour tel par fes ^uges 
mefme & pat Ton Arvefcheque, comme il eft aifc'dt? le vérifier, demeure neantmoins 
interdit de dire la MelTe depuis huit ans dans la Conciergerie de FO-'^iciaiite' de Roiien, 
comme fi ce n'eftoit qu'vn jeu d'crapefcher vn Preftie innocent d'offrir à Dieu fesfacrî- 
fices : mais il n 'eft pas le feul fur lequel on fe joue de la forte dans la mefme Concier- 
gerie. 

Et afin qu'on ne puilTe pas dire que ce Toit a faux qu'il aVante qvie fon innoceïice eft 
Reconnue par fes luges &c par fon Archevefque , il eft notoire qu'on luy a plufieurs fois 
offert de le déclarer innocent de brûler tout le piocez , de luy redonner d'autres bénéfi- 
ces Cures &à charges d'ames, s'il vouloit donner c?tre facisfadlion au fieur Prcfîdenc 
(d'Èftilville de luy abuadonner fon bénéfice, & donner affeurance qu'après fa fortic de 
J>rifon il rtefcroit point fes plaintes au Roy de la tyranic qu'on exerce fur luy depuis tant 
«'années, ce que ledit fieur Cure' n'a jamais vorflu promettre, n'ayant pas envie en cffcék 
'de Fexecutcr , mais ce qui marque que toutesles accufaiions taites contre luy , lont re- 
connues pour fauffes & calomnieufes p.ir fes tuges mefmcs Si fes fuperieuis. 

E'. néanmoins quoy qu'il ait fait fupplier Monfeigneur FArchevefque par plufieurs 
îbis de luy permettre de dire la Mcffe en prifon , il n'a jamiis pu ^obtenir , parce qu'il eft 
tle fa grandeur d'agir confequemment,& lors mefme que les principes d'vne aftion font 
Vicieufes , il y va de f honneur de la Seigneurie de n'en tUet pas d'autres confec^ueiices 
«quevicicufes , lorsque les principes font in juftes de ne leur donner pas d'autres confe- 
<^ue\ices qu'in juftes,avoît mal commencé pour des grandeurs,c'eft allez pour ne pouvoir 
honorablement continuer ni finit que mal , ce feroit fe démentit que d'ag'ir d'vne autrç. 
façon i&confcfler que Ton eft faiUiV>le:Or îinfailVibllité eft le poiht d'boneurde p\ufieur8 
de nos Seigneurs d'EgIife,'& Je morceau fn'ant que /eyflatieurs re/èrventà /eut apeti'r, il 
fautque tout periffeplutoft que nos Seigneurs toicnt foupçonnez d'avoir failly , c'eft 
pourquoy ledit Seigneur Archevefque à toujours fait réponfe audit fieurCuré deVa- 
lierville , quil n'avolt plus de pontoir df luy donntr cette permifîion ; aimant mieux s'im- 
puter vne impuiffance qu'il n^avoit pas , que de recohnoiftre vne faillibilite' qu'il luy eft 
commune avec tous les hommes & de renoncera ia réputation d'vne infaillibilité' à la- 
«juelle il eft pitoyable de vo'ir que des hommes pariiculieis ofcnt prétendre. 

Et c'eft néanmoins pourcon(erver Fhonneur de cette vaine & injufte réputation que 
ledit fieur Curd demeure en Fcftat où il eft prifonnier interdit , & remporellement mifc- 
rable depuis huit ans dedans vne. prifon d'Officialite', quoy que publiquement &; notoi- 
lement reconnu pour innocent & injuftement accufe' , & c'eft la confolation de ion fort 
Tri-ndifferente en cela de celle dudit fieur Eymere , quoy que leur perfecutîon à tous 
de MX ait par ailleurs tant de conformité ,& vne fi grande multitude de reflemblances, 
audi ledit fieur Cure' s'eft créa oblige' de rapporter fi au long toute f Hiftoiae de la perfe- 
cucion dudit fieut Eymere pour en concUtrre feulement deux chofcs. La première que 
C ledit ficur Eymeie a efte' luge innocent , ce ne peut eftre qu'vne manlfefte injuftice , Ci 
ledit fieur Curé n'a pas efté juge' innocent de meime. 

Mais la a. eft que fi ledit heur Eymere quoy que notoîréffient & publiqiietftent inno- 
cent n'a pas laifled'eftre accufe' de crimes très confiderables , le puolic ne doit plus s'e- 
ftonner aujourd'huy fi dans FEglife lesplus innoccns Miniftrcs de Jefus Chrift,& les en^ 
nemis les plus declare's du diable, du monde & de la chair font expofez aux calomnie» 
les plus fanglantes & aux plus cruelles perfecutions , que fi ledit fieur Eymere dans le 
Diocefe de France le plus foigneufement cultive' pour la pieté , pour la faintcte &pour 
Fcxafte obfervation de la difciplc Ecclcfiaftique , a efté accufé,decretté en prife àe corps 
enlevé de fa maifon, conduit honteufcment dans vne prifon feculierc à deux doigts prés 
d'cftre jugé à mort & condamné comme; hérétique , il n'y a plus dequoy s'efton nerfi ifc 
Curé de Vatiervillc eft réduit depuis tanc d'an;iées pat de fcmblablcs caloumics à de 



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V. 1,1. •■HI.^^IB»*Wi^p^ 



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32- 



moindres, quoy que très grandes & inhumaines extrcmitez , & bien loin que l'eft^t où 
il cft, doive paflerpour vne raifon qui rende fuipcfke Ion innocence , il feniblc au con- 
traire que ce foit aujourd'huy vn argument piefque infaillible de la puixce' de Tes meurs, 
5c de Fintegvicé de la vie. 

Car fans aller chercher hors de Fexemple dont nous venons de parler, dequoy appuyer 
cette vérité' , en pouvons nous trouver vne preuve plus évidente que celle que nous 
avons dans la perfonne de Mondit Seigneur FEvefque d' Alct , la calomnie a elle efpar- 
gne'fon innocence ? n'a elle pis c'guife' contre luy toutes Tes dents , & dcfL-hirgc' fon ve- 
nin ? ne luy aellepasfouleve toutfon Diocefe?armé contre luv tous les Gentils-hom- 
mes ? mis en campagne les Religieux , & porte la diviûon mefme jufques en fon Cha- 
pitre? les plaintes publiques formées contre luy n'ont-elles pas cfte' portées par écrit de- 
vant la M ajefte'? Il nefautquelirele Fadum fufdit defon Promoteur pour en voir tout 
au long le dc'nombrement jufqucs au nombre de vint &vne très conaùerable par maniè- 
re d'avant propos, en fuite duquel font rapportez vn très grand nombre de frirs particu- 
liers, pour lefquels tous les corps fufdits ont dit s'eltrc crus obligez de crc'cr des Syndics 
pour s'aller plaindre à fa Majeftc' contre Monleigneur d'Alct en fon particulier , le tout 
contenant i6^. pages d'cfciitures imprimées in quarto , l^: qui ne font que la première'^ 
partie de ce Faétum. 

La féconde pleine d'vnc infinité d'autres cas & articles depleintes , contenantes pins 
de i6o. pages en mefme volume, qui eft-ce aujourd'huydans FEglife qui puft après cela 
fe dire cxemt des pcrfecutions de la calomnie, puifque M. FEvclque d'Alct ne l'a pas 
cftéde nos jours ? mais auiîl qui eft-ce quipoureftre accufe', quand il cft innocent, doit 
pa/Terpour couJpabJe .? puifque l'Evefquedc Fra/lce , que l'on peut dire fans en offen- 
cer aucun autre, eftre le plus notoirement irrepitichable & jufte le plus notoirement 
à le plus fcandaleufcment efté repris par fcs propres inférieurs. 

Mais afin que l'on connoiife d'avantage la force de mon raifonnemcnt enfliveurde 
tous les innocens qui font acculez, il n'y a pas moyen de fe difpenfer de dire pour, a 
defFence de ma caufc , qu'elle eft donc la vie Se qu'elles font les mœurs de cet inconi- 
parab/e Evefquc. 

Exfwp/e iftJAonfe'tgneuY Fïve/fjde i' jlUet,acciifé par caJomnie publiquement devant fa "Majejlé 

dt flufieurs crimes, mtamment d'avoir aprouvé U révélation des ConfiJ?ions aujïi bien que le 

Curé de yatierville , e?" quelles font les mœurs ©" U vie admirable de ce frtlat. 

Pour bien dépeindre quelle eft la vie, & quelles font les mœnrs de M. d'Alec, ôC 
pour s'en acquitcr tout en vn mot , il fuffiroitau fieut Cure de Vaciervillc de renvoyer 
{on J.edeur au 3. chap. de la prcmieie Epiftre de faint Paul à Timothée, Sc à cet 
cfvrfeequi condentles obligarions /] indi/prn/àbles pour tous les Evelques , & dire que 
tout ce (\uv^ cft. ïappûïté de dvait pouï eftre commun à tous les Evelques fous peine de 
pcchc mortel & àe damnation éternelle le trouve (^«■jvi»>& avec excellence dans la per- 
îonne , dans la vie & dedans les mœurs de ce Prélat illuftre , ojwrtet Epifcopum irreprehen- 
fèilem e(fe ,vntM yxort's virum fobrium , pradentent tornatum , pudicum, doBorem ,nan 
yinoltntum , mn ptrcuffortm , [ed mcdefiuni, nm {it^ioftini,T)on a-pidum ,fed fua demtù bene 
frapoJitHm,filioshabe»temfubditoscHmomnical}itdte&i le refte qui comprend en abrège' 
tout ce qui a efté depuis employé dans le droit Canon avec plus d'eftendue touchant Ix 
vie & Fhon ncftete des Clercs. 

Il fuffiroit en outre audit fieur Curé de renvoyer fur cet article fes Leéleurs au 2.eporttt 
du mefme Apoftre S. Paul au ch.i.de Ion Epiftre à Tite, operiet enim Epifccpiim fine crimi- 
ne effe^ficut Dei di^enjatorem , nonfuperbum , non iracundurri , non vinolentum , non percujfo- 
rem, H9» furpishcri cupidum fed h''fpit,ilem , beni^nnm ,fobrium, iu[lum,fancfi4m , continen- 

ttm , itmpleBentem eum , quifecundum decirinam efi fidelem fermonet^ vt potens fit eshort.iri 

in docirina fana & eos q*i contradicunt ar guère ^ voila quelle eft la vie , & quelles fonr les 

meurs de Monfeigneur FEvefque d'Alct. 

Et ce qu'il y a d'admirable c'cft que voila qu elle a efté fa vie , & quelles ont efté (e% 

meurs depuis plus de 30. ans qu'il eft Evefque refident dans fon Diocefe fans jamais en 

avoir party. 

Maisparce que ces clogcs admirables ne marquentpas encore affcz dans le détail quel 

cft Iccaradcre de fon efprit, & quels font les traits particuliers qui compofcnt FHiftoi- 

tc de fa vie , c'cft ce qui m^obligc d'en rapporter icy ce que j-ay pu apprendre par récit de 



perfonnes partîcuHeics & très dignes de toy qui ont paiïe beaucoup de tems dans fonSe- 
minaire , & ce que Ton Içait , & que fon en apprend par la voix publique , ne croyanc 
pas qu'il le trouve perfonne qui s'ennuye dans la Icfture de ce récit , puis qu'il fait voit 
rlionnciu-dc noftrclîecle&lagloiicdcceluydes Apofties rellorifTante dans nos jours 
&: dedans nollrc Eglife Gallicane. 

Et pour commencer par le fondement de la foy qui eft ccluvdetout f édifice fpirituel, 
fans lequel il eltimpolliblcde plaire à Dieu il eft certain que M. FEvefqucd'Àlet fur 
toute cliofc , croit in Dku & en lefm Chrififon fils yiiique , 6c il ne faut pas qu'on croye 
que cet article foit inutile à remarquer , puis qu'on peut dire que c'eft le princi- 
pe dont-on a veu depuis plus de trente années défi glorieulcs conlcquences , Se que 
ji noftre Seigneur à peu dire qu'avec vn grain de cette foy, iln'yavoit perfonne qui ne 
Itjft capable de transférer les montagnes & faire des miracles, nous pouvons dire que 
tout les miracles que depuis plus de 30. annc'es ce grand Evefque a fait à Ja veuë de rou- 
te PE^lile , ne font que les effcfts de cette foy fimple comme vn grain de moutarde,mais 
forte julqu'à .s'eftre eflevée comme le plus grand arbre lur les branches duquel on voit 
tous les jours &c de toute pars arriver des oyfeaux du Ciel, cVft à dire des âmes fidelles de 
toute âge , de tout fexe,de toutes conditions julques aux premières & de la plus grande 
qualité de l'Egiife & de l'eftarpour vivre fous fes ombres &c y afpirer aux chofes celeftcs 
ik àfetcrnitc,& h, S.Paul dont la voix Apoftolique s'eftfait entendre par toute laterre,& 
laremplyde fa dodbine, a néanmoins pi otcfté ne vouloir fçi voir «ywf lefus Chriji O'ict- 
Jriyoïicifit, je fuis en droirdedire que M.d'Aletn'afaitcequ'iiafair,n'adircequ'ilad!t 
'& n'a eftonne' le monde par les prodiges de fa vie , que parce qu'il a crîien lefus Chrift, 
&iceluy crucifie', c'tftpourquoy j'ay creu eftre oblige' de commencer le portrait que 
j'ay entrepris par ce premier article de fa foy^ôc dire qu'affcure'ment il croit tn lefus Chriji 
Cir iceluy ctucifié. 

AulT\ cft.-ce cette foy qui la crucifie' luy mcfme , & qui la rendu fi auftere dedans vn 
eftat qui luv donnoit tant de richeffes pour fervir à fa volupté , c'eft cette foy qui la fak 
fi humble d.nsvn degré' d'c'levation capable de dôner le vertige àvneteftequiauroit efté 
pleine de vanité , & de la remplir de fuperbe , c'eft cette foy qui Pa rendu fi ferieux dans 
vn eftat plein de richeffes , de gloire, de plaifirs , d'honneurs .de ftaterie , dedelicatciîeSj. 
Se autres miferes du monde indignes d'vne ame chreftienne, &c qui expofent fi foirven 
lésâmes les plus fortes, s'ils ne s'en prennent garde à tant de perverfitez &debadi- 
jieries,auflâ bien qu'à tour les plus grands crimes. 

C'eft donc par cette foyviue& ferieufe que M.d'Alet s'eft fait cxemtde toutes ces 
miferes qui ne fçroient que ridicules f» en des Evcfqucs elles ne paffoient devant Dieu 
que pour ctiraiiaelles. 

Car par exemple a-on jamais vu M. d'AIct, quelque jeune qu'il ait elle' perdre la-gra- 
vîté de Ion eftat , & s'amufer à badiner de la main avec \es g\ans àe fon 'ia\5at ou '^oûct 
ïivec fa croix peâ:orale,ce n*auroit pas elfe vn grand crime en aparence,mais ç'auroit efté 
vnc certaine marque de légèreté d'efprit pueiilc qui ne comparift pas avec vnc foy auffi 
viue &fericu('e qu'eft celle du chrefticn qui le fait cjoire en lefus-Chrift <jr iceluy cruci^é, 
^(ivn jeune Clerc marchant devant les yeux de faintAmbroife avec vn certain air qui 
n'eftoic pas grave ny ferieux, ce fat à ce grand Archevefque vne raifon fuffifante pour ne 
le pas admettre aux ordres lacre's qui demandent iur toute chofe vne ferioiîre'&vnc gra- 
nité digne de Dieu , pourquoy ne peut-on pas juger que de telles badinerïes auroicnt 
( lié vne marque d'vne legcreté indigne du caractère Epifcopal dans M. d'AIct quelque 
jtitiic qu'il cuftefte', fi elles s'y fuffent trouvées, mais il a vécu de telle façon qu'on peut 
dire de luy, ce qu'on ne peut pas dire de beaucoup d'autres , & ce que TEfcriture fe dit 
Ôc Tobie, cum effet iitnior tmn'ibits nihil tanten puérile ge^it in offre. 

C'eft pat la vertu de cette foy ferieufe & fevere de Jefus Chrift crucifié , qu'il a efté 
pvefcrvé de toutes les aunes miferes qui fuivenr ordinairement l'opulence & l'honneur 
r.ondain : car on ne Fa jamais vûfujer à ces delieatefles, ny a cette vie molle & etFcmi- 
rée quiifeftpas mefme fupporrable dans vn fcxe plus foible , paffer les nuits dans les 
cercles & les ruelles , ie coucher matin & fe lever tard pour fc faire voir par vifitc vne 
partie du tour comme vne femme entre les draps & dans vn lit de parade, on ne voit 
jiniais de femmes dans fa maifon.non pas mefme citnf.i ordinatuU domiis, comme parlent 
les Canons , & la calomnie mefme , quelque hardie qu'elle aye eftc à parler contre ïin- 
jioccnce de ce Prélat , n'a iamais ofé dire qu'il y euft vne Dame d'Aler. 
On ne l'a point vu s'abillcc à trois oU quatre hommes de chambre fe fâke peigner vne 



Itt 



'^f^f^H^^m 




34 

heure durant & poudrer de poudre odoriférante avec vn grand«:\ignoir à pafTement qui 
reflcmble à celui d'vne nouvelle mariée ny d'vn cofté fe dérouiller lesdents curicufcmcnt 
avec vn petit bout de canee'mouflt'e en forme de broccttes bien délicates, hiimeftc'e dç 
jus de Citron, qui par la douce acrimonie à la vertu de détacher le chahcrc & rendre le» 
dents blanches comme des perles d'Orient , belles bien diftinguées Se aimables à voir. 

En fin jamais M. d'Alet ne s'eft amufé à faire le beau ny à confulrer fou miroiier pouc 
voir fi fon teint eftoit rcpole ou ne Feftoit pas , &c s'il pouvoi: paroiftic en compagnie. 

On ne l'a iamais vu marcher molement comme vnc cpoulee , comme il eft dit de la 
Rcyne Efter : ^jfumpjit titus famuLts &fuper vnam quitlem innitebatin fju.if) pra dtliciii tT 
nimU ttnmtudine corptu fnum ferre uonfujiinens , atter.t autan famuUium JtqtitbdtuT domi- 
nain deflaenti^ in humum indûment^ fttfientans, iffit attttm rofcco colore viiJtum j'Crfiifa O" V<t- 
tis ac nitentibtts bculis infjeffd &e. Ce ne fut iamais là le portrait de M. d'Alet j on ne luy 
voit point à fa fuite de Pages blondins avec la grande chcveleure , & couverts de rubans 
comme des DamoifcUes luy porter le bout d'vne longue robe , pouï luy acquérir de U 
grauité , ny d'autre part pour le foutcnir , avec vne deUcatclTe feniinine , vn efcuyer à vn 
de fes coftez & quelque Getltilhomme , ou quelque Officier tTi Surplis de Fautre , pre- 
fter à fa Grandeur chacun la main ou le bras tout entier,afin que fa Grandeur, comme fi 
elle eftoit impotente de hiaiefté, folt appuyée delTus & conduite en cette figure pas à pas 
à Ion Eglife paç la grande porte. 

Monleigneur d'Alet va tout feul Se tour droit à fon Egllfc fur fes deux pieds comm.c 
vn autre homme , ou plutoft il n'y va pas corne la plus grande partie des aurres hommes, 
avec vn fade inrupportable,mais avec vne fimpliciié & vnc modcftie qui gagne les coBurs 
de tous ceux qui le voyent & qui les convertill à Jclus Chrift. 

M. d'Alet ne croit point qu'il fuit indigne de fa grandeur d'afTifter à toutes les heures 
de ÇOfhce Canonial qiù fe difcnt au chœur , il y manque très rarement, & ce n'eft ia- 
rnais que pour des rahbns plus importantes , plus preff^ntes & plus neceffaires que cel- 
les qu'il croit f obliger d'y eftre prefent. 

Il paffe dans cet exercice toute la matinée à fe préparer à dire la Melfe, & après avoir 
{a.nâ;ifié toute cette première partie du iour par ces exercices Angéliques & divins , la 
feule neccffité qui luy eft impofee de Dieu auffi bien qu'au refte des hommes, de donner 
à fon corps à manger fobhge de fe raettre à table avec f* Communauté & fon Eglife 
^n^eftique comme parlent les Apoftres , mais moins pour'y vivre aVec vn exemplaire 
frugalité^ plutoft que pour s'empefchcr de mourir de faim. 

Cat que voit-pn à cette table ? vn luxe 8r vne fomptuofité de mauvais riches? des mets 
deUcieux?3f des pyramides de voluptez,s'il m'eft permis de parler de la forte,multiplie'cs 
& mifcs en ordre à divets rends & différends fervices ? on ne croit point dans la maifot^ 
d£ M. d'Alet qup Fhonncur de FEglife & ladignité du caradtere Epifcopal foit attachée 
à ces fuperfluitez ennemies de la croix,de la modeftie, de la tempérance & de la pauvre- 
té de Jcfus Chrift, on y mange pour obcuàDieu, & non pas pour fc faire vn Dieu de 
(on ventre, & fcrvir, comme parle S.Iean Chrifoftomeenbeuvant & mangeant de- 
liciçu.fcraent à fa liturgie. 

Là le fepas du corps cfl affaifonné de ccluy de Famé par quelque lefture qui la nourrlft 
autant de tems que le corps fe repaift .à table , en forte qu'on peut dire de ces repas de 
M. d'Alet & de la famille Çpifcopale ce que difoit autrefois Tertulien des repas des pre- 
miers Chrcûieps , qu'il femble qu'on y prend plutoft vn efprit de régularité &: de Difci- 
pline Eccleftaftique que riçn pasvn r-uraifcbiffemcnt qui ibit corporel , non frim dif- 
c«mbjti4v <](<(<tt»orrffii) a.à OfHW fr^ff ttjlcfny > tditur quantum efiirientes Cttpiunt , bihitur quan- 
t.um pudiçi{ cfi Vf lie , ita faturmtur , vf qui meminerint etiam per nechm adorandum Dtum 
fibi tffe thd faliuUntur v( (^ui fcfttnt domirmf» ludire , v^^w» non tam cariAm canarctint 
*j»4r» «it|cip!inin)- 

Là toute la récréation fe pafTe en propos qui ne font pas indigne^ de Fattcntion & de 
la prelence de Dieu qu'on y * perpétuellement devant les yeux, & lors que chacun ie fe» 
pare pour fe rendre à fes diffcrens cmploys , on y va avec autant de force fpirituelle , que 
ceux qui auroient voulu s'y préparer par le jeune & par l'abftinence , voila vne partie ces 
miracles extérieurs que la fpy de M. d'Alet fait voir tous les jotjrs , pour ce qui regarde 
iesadions de fa perfonne particulière: qï je ne parle point de les exercices intérieurs 
qui font plus cachez, de fon oraifon perpétuelle, de fes naortifications& autres par-' 
ties de fa vie qui ne deviendront publiqups qu'après fa mort. 

Mais fionk confidcre d^Q^ Içs fondions publiques de (90. tfvinifteic > foit celles quî 



M. 

regariicnt tadminiftr.itiondcla iufticeEp'KorpaIe,foît celle qiiî touche la cllfpofîtioii 
des biens & des revenus de fonEvefche, (oit celles qui regardent la prédication de la pa- 
role Se l'eftablilTemcnt de la doûrine , les vifitcs exaâres 3c perpeructlcs de Ton Diocefe^ 
k loin paternel §c plein de charite'qu'il a pouf tous les pauvres , Fhofpitalitc' qu'il exercç 
dans Ta propre inailbn Ci recommande'e par lefus Chrift , & par [es Apoftres à tous les 
Chreftiens i, pratiquée fi manifiqucment par les Patriarches dedans Fancienne loy, & par 
les Percs de i Eglifc dans la nouvelle : mais fi peu connue , &c fi volontairement ignoréç 
dedans nos derniers tems, que voit-on dans toutes ces partie de la vie Epifcopdle de M. 
d'Alet qui ne loit grave , qui ne foit divin , qui ne foit adniir.ible? 

On ne fçaitcequcc'eftenceDiocefequed'y achcpterdcschargesEcclcfiaîlîques pat 
te que M. d'Alet ne fçait point ce que c'eft que de les vendre , il regarde cettj nature de 
trafic comme vn nionftte de fimonie abominable Condamne'e par tous les Canons, aulli 
ryvcnt onpoint lajuftice en détail pourfe rcmbourfer du prix qu'on a donne', lors 
<]u'on la acheté' en gros. Il gage luy mefmc fon Oflicial & autres Officiers , bien loin de 
tirer revenu de fon Secrétariat. 

Là il n'eft point queftion de fléchir vn Officiai , vn Vîcegcrcnt ou uil Promoteur par 
Jirefens & les rendre propices ny favorables aux pécheurs publics , pendant que par vnc 
î'everite' afFedlcfc, il fe iTndent terribles & redoutables contre des innocens. 

Làiln'eftpoint queftiondc fe racheter à beau pris d'argent ny par des fommes dcgi* 
bierdansle tems ou autres fortes de contributions annuelles comme en pays ennemi 
pour avoir liberté' non pas de confcicnce, niais de pécher avec impunité. 

Là les luges font favorables &doux aux innocens, & aux coupables mefme qui ne 
font pas impenitens, & ne font fle'chis que par les règles charitables| & paternelles d'vne 
difcrction véritablement canonique , mais ils font inflexibles 8c infurmontables à la ma* 
lice des pécheurs lors qu'ils font obftincz , ou lors qu'eftant puiflans , ils veulent s'efle- 
Ver contre l'autorité' de FEglife avec confpiration & par tiranie. 

C'eft là qu'on fait voir Jufqucs ou peut aller la véritable autorité' de Jefus Chrlft » lorj 
qu'il parle par la bouche d'vn véritable Evefque,Sc qu'on peut dire avec FApoftre S. 
Taul^anexpcrimentiim'fjn^rifis tfat xjui h mt /efjKifuf C/jcr/lw , par ce que lefus Cbrift 
avant que de parler par la bouche de M. d'Alet , a parlé auparavant avec plus d'empire 
Ce plus d'aurorirc' par fes aftions , il parle luy & les Officiers aux riches de la terre felor> 
le commandement de S. Pau! , Cnm omni ImfKr'a avec toute forte d'empire & les oblige ^ 
pratiquer les œuvres de la vertu Chreftienne , par ce qu'il leur en a donné auparavant 
ïcxemple. 

Il punift les fcandales publics fouveraîncment , par ce qu'il n'eft point d'homme dan s 
fon Diocefe qui puiflfe luy reprocher avec vérité qu'il ait fcandalisc perfonne , il corrigp 
les crimes,parcc qu'il ne les commet pas,& on peut dire q^u'il n'eft pouud'Evefque datvç 
jEglifequi ait porté fi haut la gloire de fa dignité, & les droits légitimes de Fautoritf 
Èpifcopale , parce qu'il n'eft point d'Evefque dans FEglife qui F^ye foutenue fur dçf 
fondcmcns fi profonds d'humilité de modcftie, de patience, de charité ôfdedoUCeur, 
il n'eft pas befoin d'en marquer les exemples en particulier, ceuxqui neles faventpa? 
pujourd'huy dans la France, ne les peuvent ignorer que volontairement & cfax qui voa- 
droient les révoquer en doute , ou bien en combartre la vérité en feroicnr ébloiiis Se op- 
primez du pois de leur lumière, c'eft à luy auquel il appartient de demander que fa jurif- 
âion foit reftablie comme elle eftoit au commencement & du temps desApoftres,parcç 
«{u'il a pris foin auparavant de reftablir dedans fa vie , la pureté , \a faintetc , la fermeté, 
le defintcrelferaenr & lagenerofité des temps Apoftoliques. 

Car pour pafTcr de Fadminiftration de fa lufticc à la difpenfatîon de la parole & à Fé- 
tabliffement de ladodrine, que n'a point fait ce grand Prclat depuis plusde trente ans. 
Comme il fçait bien que tout le bien & tout le lalut de FEglifc eft attache' à la dpârine 
& à la faintetc de fes miniftres , il a eftabli dedans fon Eglife vn Séminaire pour les éle- 
ver dans la fainteté, & pour les inftruire dedans les véritables maximes de Fl^Yingjlf . 

Mais comment a-il eftably ce Seminaire?& de quelle manière odieufe?par çôçulfion? 
Se fubfides levée injuftcment fur fes Confraires, Si. contre la difpofirion e:çprefîe iqs Ca- 
jions?à Dieu neplaifequ'vn fi grand Evefque eut voulu fonder vn Séminaire de ^a forte, 
par vn cfprit & d'avarice & de fanfaronnade, il Fa fondé fon Séminaire des revenus de 
fon Evefché, il Fentrctîent à fes propres dépens,les Ecdefiaftiqucsny payent ppipt vingt 
fols par jour comme dans vne Auberge ou dans vn g^igotciie d'EgJi7è. 
Au refte il va à fon Scmjnaijrc , & on Fy voit avec aflldwité , & n'tft pjis dlj nçpj^rc 



' J- ■- " m.^%aiK>^ 



..36 

de ceux qae le Pape S. Damafc compare a des femmes adultères , lefqnf'les apfes avoir 
mis leurs etifans au jour , les donnent à nourir à d'autres .- afin d'avoir p'dMft la liberté 
de retourner à leurs plailus, M. d' Alet ne s'en eftant jamais propofe d'.iuties que ceux 
Cju'ilprend ouquife trouvent infeparablcmentvnis aux travaux perpétuels de farefi- 
dence,communIque bien Ion autorite aux Prcltres fes inférieurs pour le féconder dans 
fcs exercices : mais ne leur en abandonne pas le foin ny les l'ai ntes i'olicirudcs , il ne le 
perfuade pas qu'il foit de la grandeur d'vn Prince de fEglifc d'clhe fainéant ou diftrait 
après des affaires temporelles ôc ridicules, mais il règle l'honneur de la principauté' Hié- 
rarchique fur celle desHierarchies Angéliques dôt la gloire ne confifte pas,di: S.Thomas 
non d'eftrc les premiers à le propoler ou bien à recevoir oyfcux les honneurs & les révé- 
rences du miniftetc, mais à commencer foy mefme le premier toutes les artions ôc eftre 
le premier dans f exécution des fondlions de fonMiniftere l'rinciiui i e(l inrcr reliquos jnio- 
resex'ftere, quafi pïimi ftnt in execmiom eoYum (]«e impe)it,itur;Cdii c'eft ainfidit S.Tho.qne 
parmy les Anges on donne le nom de Principaute'à ceux qui font les plus adiifi, les plus 
vigilans & les premiers à obcïr à Dieu & à exécuter fes commandemens. 

Et c'eften celaque M. d'Aletàtoujours confticue' le fcns & la realité du nom que 
porte les Evefques , de Vrinces d'E^life, & non pas dans vne fauflc imagination qui atie- 
éte des honneurs temporels 6c fe fait rendre des adorations injurieufes à Dieu 5c crimi- 
nelles à la créature. 

De là vient cette ardeur & cette afti vite infatigable dans les vifites de fon Diocefe;car 
s'imaginer que M. d'Alet les face en triomphe , avec vn équipage de Prince du Sang 011. 
d'vn Gouverneur de Province , les fait-il pour fe faire voir , comme S^lomon dans toute 
fa gloire &c fe faire admirer au peuple ? les fait-il point auffi avec vn efprit bas de k-(îne 
ou de gain foïdide cour çaffer quelque tems de f année aux dépens d'autrtiy , &: pour 
épargner vne partie de (on revenu , pour le dc'penfer avec profufion , en quelque autre 
endroit hors de fon Dioccfe & fournir aux frais de fes irrefidenccs ? vifitc-il en vn jour 
toutvn Doyenne' de 60. ou 80. Patoifles à quatre livres par tefte de chaque Cure' qui les 
apportent pour fournir à la de'penfe d'vn foupcr & difner de fa Grandeur & de fon train 
fans pn rien rapporter que les Saintes Huilles qui ne le peuvent diftribuer qu'allez mal à 
propos dedans vntemps où il fcmble qu'on les acheteîM.FEvefque d'Alet ne Içait point 
ce qucc'eftquece meflangc des choies charnelles avec les fpirituelles, il a toujours trop 
ptefentdans la penfe'e ce que dit fApoftre S. Paul , ab omni î'ptcii mala abfiinete vos. Il 
vifite fes Paroiffes à très petir train & autant de tems qu'il fa peu à pied ou à cheval , ou 
dans vne fimple litière il les vifite les vnes après les autres , il n'y vit point aux dépens 
des Curez, il ne leur donne point de mauvais exemple d'vnc bonne chère perpétuelle , il 
y vit de toutes les viandes les moins délicates 8c les ph/s communes , ainfi qu'il eft or- 
donné expreffcment par les Canons & le contraire deffendu, \! demeure en chaquepout 
eftrc autant de tems comme il eftneceflaire pour s'informer par le détail 8i s'inftruirc 
par les Curez de la vie & des meurs de routes les perfonnes qui (ont fous leur conduite , 
& aççrendre par luY mefme par la bouche de leurs Paroiffiens les fcntimens qu'ils ont 
de leurs Pafteurs. 

Il apporte remède à tous les maux, non pas avec vn efprit de Pedan ny vne fevcritc 
deshonneftc qui ne fait qu'irinter au lieu d'adoucir ou de guérir les maux, mais fc 
fouvenant toujours des enfeignemcns qu'il a receus dedans FEfcriture, il mer perpétuel- 
lement en pratique cette règle de faintetc qu'autant qu'il cft élevé par la dignité de fon 
caïaO:cteav\AeffusAefes infeneurs , autant il s'humilie en toute chofc , & ayant efté 
conftirtie' Prince fur Icpcuplc de Dieu,i] s'abai/Te perpétuellement & devient fcmblablc 
àfesfreresÔc tout comme ivn d'eux, il ne (é croit avec S. Grégoire Supérieur que des 
mefchans qui refiftent à la vérité , mais ou il ne rencontre point de pcchc , il içait que 
Dieu veut que par vn fentiment d'humilité les inférieurs & les Supérieurs 'deviennent 
tous égaux les vns aux autres,fi bien que comme les rebelles à la lumière trouvent en M. 
d'Alet vn Prélat inflexible , les obeiffans &: les fimples ny rencontrent qu'vne douceur 
& des entrailles paternelles qui gagne tous les cœurs. 

Il prefide dedans fon Diocefc comme vn père dans fa famille, ce Paftcur connoift 
toutes fes brebis & les appelle par leur nom , & fes brebis le reconnoiflent & entendent 
fa voix, il marche devant elles dans le chemin de la vertu &c dans fes routes les plus diffi- 
cles,qu'il leur applanir par les faints exemples, il les conduit dedans les pafturagesde la 
vérité, il en arrache toutes les herbes venimcufes, & les piclérve de routes les erreurs 
qui fcroient capablesde corrompre leur cœur, ou bien de relalcher leurs meurs , fi elles 



L-jji.fe'3:— 



m 



.„ ~ -îs^r—' 



57 

entrent ou (î elles fortes Je voyenttou|oursdev;ifït elles entrer & fortir leur Paftcur , 
& s'il faut éviter le nul ou faire le bien , ils n'ont qu'A Pimiter&àle fuivrcccminc il le 
propole luy mefme félon les termes de f Apoftte i fuivre Se imiter Jela? Chrift , Imit^n»- 
les f»ei eHottjtcur e^tChrifii, 

C'eft fuivant cet ordre fi divin que tous les Curez s'aflemblcnt chaque mois , chacun 
au joui i?c au lieu qui luy eft donne'; reçoivent dece ditrne Palteur les dodrincs qu'ils 
doivent enfeigner par chaque Dimanche, par demandes &rcponfes cfcritcs & diftées 
en mcfmes ternies , avec tant d'vnitormité que ce que Ton entend va Dimanchedans vile 
des Paroiffes (e dit mot pour mot par tous les Curez dans ("on Diocefe , en forte que Fon • 
peut dire de tous les fidelles de ce Diocefe qtie non ftulemcnt ils n'ont qu'vncœur& 
vne ame, comme autrefois les premiers Chreftiens qu'ils n- jnr qu'vn efpiit , vne fov , vn 
S-eigiieur,vn Baptefme, mais qu'ils n'ont mefme qu'vnc feule Lingue , comme les hom- 
mes avant ^édification de la Tour de Babel efleve'c contre Dieu parlupcibc,parincer£ft, 
par amour propre , ertit terru'Ubij vnitis & fermtnm» toruvrlcm. 

Là on y Prefche & on y enfeignc les mefmes vcritcz &c onvlolie les mefmes vertus, 
on y blâme les mefmes vices , on ny en foufïre aucun (candalsux qui (oit impuny,5i s'il 
arrive des troubles dans ce Diocc(é , ils n'ont pomt eu d'aunes cau(cs que celU- qui 
a commence' deftredilputee depuis l'origine du monde entre les Eleus &: Icsrepiujvez, 
les enfansdc Dicu,& Icsenfansdes hommes, les citoyens di^ Babylone & les citoyens 
de Jerufalcm , entre la cupiditc & la charité' , entre les amateiu-s du fiecle , & ceux q ji 
Ibufpirent après fetcrnite , les vns beuvant, mangeant, dançanr, fe mariant Scùiùnc 
grand chère par cupidité' dit noftre Seigneur,f<i».]«<</ii in clttùus Kcè, Se les autres comme 
Noe prcfchant ou bien faifant la pénitence. 

Mais fut le rout ce grand Prélat ayant acoufe' tout Ton Diocefe & porte' les lorrens de 
fa dodfrinc Evangeliquc dedans toutes fes Parroiffcs, repris les crimes , ccnfurè les im- 

Îienitens , vcrfe' fhuile & le vin fur les playes des malades , fortifié les foibles , confolé 
es pufilanimes, confolide' ce qu'ils avoient de foible , anime les bons^recqnciUé tous les 
cœurs &c fatisfait vniverlellcment auxbefoins de tout corporels &c Ipirituels , par (es 
aumônes fpirituclles 6:corporcllcs,ayant donne comme le bon Pafteur fon bien jufques 
À donner par an 4000.liv.cn habits aux pauvres, Con tcms ,fes fucurs, fon etprit , tous les 
foins & fes attentions au falut de fes ouailles, s'en ïct.o\.\i;i^e àaT\s (oy\ î.2,Ufc Ci\eN}iiia.\Vc, 
avec vn defir ttes ardenr de continuer & donner mefme jufques à fon ame, 

C'eft là qu'après avoir vifite' tout fon Diocefe il reçoit à fon tour les vilîtcs de tout (on 
Diocefe dans la perfonne de fes Curez ou autres Ecclefialliqucs , aufquels il elt defîcndti 
par la charité de leur pcre commun, de prendre dans fa ville autre logement pour eux, 
pour leurs cheVaux &c leurs valets que fa maifon ny autre table que la Tienne, c.d à ce» 
tâintesliberalitcz&àcesprofufions Apoftoliques& divines autant qu'elles (ont mode- 
ftes de l'hofpitalité Epifcopale que font employées les grands revenus «\ui açY.\tùeï\ncnt 
à fon Eglife , ayant appris & retenu du i. Concile de Maçon cette leçon qui ne peut 
çltre trop rcpettée à rous les Evefques , que leurs mai(ons Epilcopalcs (on: iiiiticuées 
dans l'Eglifeprincipalementpourfervirà l'ho/piralitélans acception àc pcrlounc , yolit- 
fnus i^ituY qitoJ Epijcopalis Jomus (jua.cdhoc inflitittaeft vt fine ferfonurum .tccei'iwiie oiiines 
in l>o(pintlit4rerecipiar,C4nesnonhjl>e4t, 8c c'ed pour cette rai(bn que f'Eglifene veut 
point qu'il y ait de chiens ny de chafTe ny autres qui pui/lcnc mordre ceux qui ont droJr 
par les Canons d'y venir prendre leur logement , & que le meJme Concile dit que c'clt 
Vi2e i fpece de monftre que d'y voir de tels animaux , auiTi ny en voit-on jamais chez M. 
d'Aler. , ' 

■ Toutefadépenfe aptes les Saints devoirs 'de cette divine hofpitalite' eft d'entretenir 
des maiftres d'efcole en tous les lieux pour les garçons & des maiftrcffes pour les Hllcs: 
afin d'aroufer perpétuellement d'vne melme dodbrine (împle Se celcde , toutes les jeu- 
nes plantes de l'vn & l'autre fcxe de fon Diocefe , ainli l'ayant portée luy mefme toute 
pure dans tous les lieux comme le cœur répand le fang dedans toutes les veines , fes Cu- 
lez &c autres Ecclefiaftiques qui font comme les veines fpirituelles de ce corps,attachées 
à leur cœur qui cft leur Prélat , retournent à luy comme à leur principe pcur.fc purifier 
de tcms en tcms dedans leur fource, & c'eft ainfi que par cette circulation admirable & 
cette divine correfpondancc des Miniftres inférieurs avec leur Superieurne s'entreiieu-v 
«eut depuis tant d'années & (etvcnt à la vie SC à la faintetc de ce Diocefe. 

C'eft là ce qu'on appelle eftre Evefque, c'eft lace qu'on appelle 1 emplir le nom & 
Jes devoirs glorieux de l'Epifcopat & non pas tondre mi/crablemcnt In hrc-bis fins li rcV 

K 



Mte 



3^' 

paîftre,en boîre en mander de laît fans avoir loin de la nouinr , c'elllà ce que l'on appel- 
le eâie Pa/teur Se Pcre ne ion Diocefe & non pas tyian, pyiace ny corlaiic , qui n'a cj'ai- 
deur que pour en e'cumcr les revenus & encntietenirfon fafte , l'on orgueil j fa fuperbe» 
fon luxe, fes feftins & fon avarice. 

C'eft ce qu'a pu fuggerer , au Cure' de Vatierville le zelc qu'il a pour la gloîie des vé- 
ritables Pafteurs de l'Èglife qui en font fculs le véritable honneur » 8c qui luy donnent 
dcquoy fe dcffendrc contre les mocqucries & les infultcs que luy font les infidelles &c 
les hérétiques , fur le fujet de fes mefchans Pafteurs , mais qu'a-il dit en coinpariifon de 
ce que toute la France voit & admire dans M. d'Alet 6c combien de chofes n'a-il pas 
oublie' ou pluroftobmis volontairement n'ayant à parler de ce giahd pcrfonnagc que 
çouï en tivcr les confequences qu'il en peut tirer pour fa confoIation,dans l'cftat mifera"» 
bleoû il eft réduit par la calomnie & par l'injufticc &pOur juftificr devant toute la terre 
fon innocence. 

Le fîcur Cure' de Varîervîlle n*a garde de perdre le fens jufqucsaU point de vouloir 
qw'on face aucune comparaifon entre luy & le premier Evelque de France de fa con-" 
noJlTance , en fainteté en vertu & mérites , mais il ne croira pas manquer de rcipedt à fa 
Grandeur, s'il dit & s'il fe flatte de cette penfe'e qu'il a du moins f honneut d'avoir quçl-, 
que part aux calomnies qu'il a fouffertes ôc autant à fon innocence qu'il cft neceflaire 
pour dire qu'il ne les a pas méritées. 

Ntonfeigneur d'Alet tel donc que l'on vient de le voir de'peîndre a efté accufe' d'accu- 
fations fi atroces, & en fi grand nombre que l'on ne veut point içy les repeter : mais 
feulement remarquer que parmy tous les articles d'accufation avancés contre luy, on 
n'a pas oublie' de dire qu'il a mcfme approuvé la révélation dcj Confefiîons aulîi bien 
que le Curé de Vatierville,qui,eft-ce qui peut donc prétendre dans nos tcms eftre exemc 
des atteintes de la calomnie, mais auffi qui eft- ce qui fera alîcz déraifonnable pour fe 
laifler aller aux préjugez qu'ellc^eut donner contre vn homme qui la fouffre. 

lleftvray qu'on peut eftre accufécoulpablc auflîbien qu'innocent, & que ce n'eft 
pas vne bonne raifon de conclurre par provifion en faveur de tous les acculez , par ce 
qu'il s'en eft trouvé quelques-vns qui n eftoient pas coulpablcs , mais aulîî on doit con- 
feffer qu'il eft "de la juftice& de l'équité de ne conclurre pas généralement & indiffé- 
remment parprovîfion contre les accufez , puis qu'il s'eft trouvé tant de faints accu- 
fez qui n'eftoient pas coulpables , on en pourroit faire icy la lifte , mais ce ne pourroit 
eftre qu'vn lieu commun que perfonne n'ignore , c'eft pourquoy il s'arrefte feulement à 
faire voir & remarquer la différence qu'il y a entre les innocens lors qu'ils font coul-. 
pables , & les coulpables lors qu'ils font accufez. 

C'eft que celuy qui fait le mal ditnoftrc Seigneur, haït la lumière &craîfit que fes 
ecuvres ne foient manifcftées : mais celuy qui n'a point fait de mal ne demande que le 
jour,& confent de rendre raifon à toute la terre de fes adtions & de toutes les heures de 
fa vie,& c'eft ce que M. d'All^t à fait avec tant d'exatitude & pondualitc , refpondant i 
tous les articleSjles vns aptes les autres, de à chacun en particulier avec tant de fincerité, 
de vérité, de force,que cette force de vérité ébloiiiflant les ennemis leur à couvert la faco 
d'ignominie 8c de confelîion au jugement, &devant le Trône du plus gfand Monar- 
que de Pvnivers à la veue de toute la France & de toute FEglife. 

L'Arreft intervenu fur tous ces articles d'acculations eft vn monument éternel de ht 
gloire de ce Prélat , & de fes triomphes , aulîî bien que de f innocence de fon Preftre ôi 
Vicaire fufdit le fieur Eymere , pour faire connoiftrc dans tous les fiedes la manier© 
dont les fairns & les gens de bien fe tirent des ténèbres de la calomnie s car fi ils en for- 
lentpendant leur vie, ce n'eft jamais qu'avec gloire &: avec toute fintegritcde leur ré- 
putation , ce n'eft jamais que par la grande porte, 8c non point en le dérobant par vn.e 
porte de derrière ou par vne iffué qui foit honteule , pleine d'ordure & de faleré dont 
après s'eftre bien purgez ils demeurent encore couverts de home & déshonorez dans U 
pofterité. 

El c'eft ce que le fieur Cure de Vatîervillc, s'eft toujours propofé d'éviter comme le 
dcr.tiier de tous les mallieurs qui peut jamais arriver à. vn Prcftie homme de bien &i 
d'honneur, & qui neJuy doit jamais arriver de fon confentement, c'eft ce qui luy a per-. 
petucllement fait refufer toutes les pfbpofitions qu'on luy a faites de fe tirer ainfi que 
fon difoit , d'vn mauvais pas par vne voye ou Fintegrité de la réputation auroit peu eftre 
tant foit peu diminuée s'il y eut confenti, c'eft cette raifon mefme plutoft qu'aucune qui 
latuche a fes propres inteiel^s d'argent ou de bourfe, qui ^uy a fait refufer d'entendre X 



■iVi^i^^PP'-^HHBlP 



aucune ompofitîo, par laquelle en fauvantlon corps îl y eut eu ft-ulcmér pour lLiv,<?ort- 
me on dit vn chapeau ou vn cordon perdu , c'eft à dire qu'il eult laiffe' la moindrépnrde 
•de (on honneur & de la réputation entre les mains de fes ennemis , pour qu'après luy dà' 
fon conlcnicmsht il en fuft reftc' quelque Hiftoire honteufc dans les mémoires de PAr- 
chevedhc, il a choifî pour fes exemples &Monfeigncurd'Alet , & leficurtymere, M. 
d'Alet à dcffendu fa réputation jufques devant lé Roy ^ & le ficur Cure' eft refolu d'y dcf- 
fendrela ficnne, lefieurEymcrc a demande' fa réparation d injure contre fon Cuie,&]â 
poUrfaivîc jufques à5?extra-nitc,c'eftce quefieurCurc deVatiervillecft refolu de faire 
contre le Promoteur dé Roiien cxcortmunie ipfo fiBo fa pavtie , s'il n'y rcuflîft pas, con- 
tre la cabale , Vinjuftice Scia violence, du moins il laiïTera pour tiltreà la pofterité , t|ue 
s'il n'a p,is vefcu aVec toute la gloire de finnocencâ que doit avoir vn Pieftre, 
perfonne ne luy pourra jamais difputer Fhonhcur d'eftrc mort pour elle, que fes enne- 
mis joiiiflent taht^ue Dieu voudra du plaîfir fordide &c bourbcux'dc la calomnie , qu'ils 
fe nourriffcnt & fe gercent autant que Dieu le leur permettra des revenus de fon béné- 
fice, qu'ils s'en eiigraffl'ent, qu'ils s'en dilatent, -ôc qu'ils regimbent pour parler avec 
ÏEfcriture , qu'ils s'arrti^iït contre luy auffi bien que contre Dieu, comme Fimpic chez 
le fage eft arnFie' de fa propre graiffe , /j»»»/»» t&vict rf^w-f/ffr, qu'ils s'imaginent ridi ulc- 
iTient eftre quelque chofe devant les yeux de Dieu , pat ce qu'ils font grands Seigneurs 
«Kx yeux des hommes, & quelûyne foit devant leurs yeux qu'vn homme de néant, 
•qu 'vu miferable indigne dwn clin dé leurs yeux, vn n'iailicurcuX à iaififer pourrir dnns 
Vne pvifOT!, & parter -le reRe de fa vie dans fon o^fcurite', cè{ qu il eff, i7/era toàjouvs Fob- 
jet des regards favorables deccluy qui tient à gloire qu'on fappclie ic père des orphelins 
& le luge des veuves, tel qu'il eft, il aura toujours la confoiation de pouvoir dire à Jefus 
Chrift de fa réputation , ce que faint Paul difoir autrefois des fidclles de fon EghTe qu'il 
les avoit confacrccs pour les réprefenter comme vne Vierge chafte à Jefus Chiift. Ce/- 
foncli'enJiHvgsynivirsvir^wdmchÂftdmexhiiereChïijlo qu'il n'a jatnais voulu confentirà 
■fa corruption ny compofer avec -fes corrupteurs.' 

C'eftpourquoy il a entrepris avec tant de peine de donner au public Cet examen de 
fon procez à fexeiïiple deM.d'Alct, c'eft pourquoy il n'^n obmct aucun anicle fans 
icponfe, & c'eft par ce moyen qu'il prétend que toute la confufion des crimes qui iriy 
font impnteît retotnberalur le vifage de fes parties & calomniateurs, & qu'après avoir 
rendu ces devoirs au public & àtptirc t'Eglife il ne dertieurcra à qui que ce foit aucun 
ctouteiquoy qu'il ii)itaccu/eVderoll innocence-. 

L'avantage qu'il à en cette occafion eftceluyde deftcndrè fon innocence devant le 
Prélat de France qui fçait le mieux ce que c'eft que d'eftrc accufc innocent, puifqué 
quelque élevé Si quelque glorieux qu'il foit aujoUrduy dans f Eglifé il n'a manque' ny de 
partie ny d*iccufateùrs , & que fa grandeur néanmoins fcroit fâchée qu'oh doutaft dé 
fon innocence ^ «un hàbent^s fonti^ctm ([ai non po/?>V com^nti infirmitiitibu) nà^riSftentatum 
4tirein peV omn'n Prs fittilitudifte Âhfàae jyeccato , c^eft Vavaiitage te la confoiation de torj^ 
Chreftiens dit FÀpoftrô faint Paul d'avoir en Jefus Chrift non vn Pontife qui ne puifle 
J)as compatir à nos infirmitez,mais qui a bien voulu eftre cxpofé à toutes nos tentations 
î'ins avoir péché, &C eftre accufé & mefme condanlrté au gibet innocent, pour nous fer-i 
Vird'^xempbde ne jugerpas^&dene condamner pas comme couJpables tous ceux qui 
«ftanr acculez fe mettent en devoir de defFendre leur innocence, 3i ce que f Apoftre faîne 
Paul a dit de jefus Chrift, ftoftre conirAurt Pontife , le fieur Curé de Vatierville croit né 
déroger point au refpcft qui eft dùà noftre Seigneur Jefus Chrift , sHl ofe dire avec pro- 
toortion de M. fon ArcheVefque que Dieu à pernAis qu'il fut àccufé 6c tenté du déplaific 
de voir fa réputation intcreuée , afin que fa Grandeur ne voulant pas que Fon doute de 
fou innocence, apprift à compatir à la douleur de ceux dont en a rendu injuftement 
^innocence douteufe^ 

£:(emple de lAtufei^neur r Archete/qHC de P^uen Trdnçois Ilî. Àccufé il y a quelques années 
etvn crime cy deffoiis marqué, purié fdr Movfeignetir l'Evefque de See\, & par li R^everend 
Tere ^ntiat , Ù" tnfn depuis gUrieufement frefidtnt four le Kpy ^ l'ajfemùlfe gtperaîe 
id« Clergé k Vontoift en cette aattéi 1670* 

Car que peut-ot\ dire Ae plus fâcheux que ce que toute la France à leu dans vn faftuiih 
împrimépour la deffence de l'honneur, &de la réputation de M. l'Archevcfque ou le« 
termes d^vn autre faftum imprimé contre fa Grandeur font rapportés , ^f<* if jf«j« d'y») 



^ 



ÉÀ 



«...^ 



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40 
différent ou f 4 Cr4nJe»r ^ part font ksyijua à heures ittc^ettës par Jes portes fiotifei de ceux 
qui nom droit d'en faire que dt jour & de Canoriiques , ce font leurs fcAnd.tleufts fcrties au terris 
él'vae fiHÏcfJi avancée , qu'à lors Us Offi;iers/ant armer^ pour arrefiir ceax qui tnarchrnt fans 
aveu, & en fuite on menace de donner les derniers trais à ce Tableau en ces termes : mais fi ceux 
tjue l'on //'4)*»»e par re^ecf de leur cart-affere ne fc ménagent autrement qu'ils ont fait par le pafSé 
qu'ils fichent qi'e lefus Chrijl à encore des Tvliniftrej dont le cœur ejl brûlant du feu divin , dit 
"S^le de l'honneur de fa maiftn qui ne s'ébranle point par le pouvoir, &c. 

Peut-on accufer vn Preht de la conficicration de M. PAichevefque dans PEglJfe d'vn 
crime plus énorme que celuy que fon veut indiquer &c faire entendre aux Lcéteuts par 
ces ternies qui ne font que trop clairs de tranfparens pour ainlx dirc,pour faire voir avec 
plus d'agrément ce qu'ils ont cachc',& ne difent pas tout a fint,&fi M.rArthevcfquc n'a- 
voit pas repondu à cette accufation, auroit-il mérité le nom d'Archevelquc, & en auroic 
il pu confervet f honneur , auffi yoicy comme il eft répondu par fa Grandeur dans le fa- 
ftum lufdit. 

Il faut ejire Lien effronté pour charger de ces infamies me fille confacrie à Dict paur en char- 
ger vn^rand ^rchevefque , grand par fa naiffance , par fou carraciere & par fa venu ,& ne 
rapporter pour toute preuve de tant d'ordures que l'impudence de les efcrire , c'cft la 'force avec 
laquelle on repouue dans ce fatbum, f accufation qui avoit efté faite contre M. f Arche- 
velque pag. 102. &c fans doute on ne peut employer des termes trop forts contre l'ef- 
fronterie & l'impudence de ceux qui fe laiffent emporter à de telles accufations , lors 
qu'elles font faufles & calomnieufes , &'ce feroit vne giande erreur de vouloir blafmer 
fauteur de ce fadum d'avoir péché contre les règles de la piatience , de la charité & de 
Phumilitc dont vn Archevefque doit faire profelTion , lors que pour deffcndre ia Gran- 
deur on accufefes adverfaires d'effronterie ; car en eft'e<5t le moyen de faite connoiftte 
quel eft le pcclu: d*vn calomniateur , (I on nvmployoit pour cela les termes qui font ca- 
pables d'en exprimer la grandeur,& d'en donner le mépris qu'il mérite & l'indignation 
qu'on luy doit , & ne feroit-il pas ridicuk en ce rencontre en deffendant vn Archevef- 
que de fe faire vne dévotion de le deffcndre molement & trairer avec vne fauflc &c pré- 
tendue douceur des gens que l'on veut eftre reconnus pour calomniateurs. 

' C'eft mal connoiftre la charité dit S. Auguft. que de luy donner des penfées abjeéles 
& lafches , & s'imaginer que l'on nç la puft conferver que par vne certaine manfuetude 
qui n'eft pas vne manfuetude ; mais vne humeur bafle & vne négligence criminelle, 
fi forte yultis fervart charitatem fratres anteomniane putetls abitil.mt C dtfiditfimntc qua- 
tfam manfuetudine ,fed remif?iont & negligentia fervart charitatem , nonficferuatiir, dit faine 
Aug. ce n'eft pas ainfi que Yonconferve la véritable charité' , cette fauffe douceur, n'eft 
pas vne charité véritable , mais vne langueur, non eji ifia charitas jed langer, ftruent charitas 
Md corrigendum, adtmendanditm&c. traFî. q.inepif i. loannis, quand on fe mefle de vou- 
loir dcffendrc la réputation d'vn grand Archevefque , il faut la deffcndre avec vne fer- 
veur qui réponde à fa dignité & non pas avec des paroles de complimens qui flattent en- 
core Yeffrontcrie , de Ces adverfaires éc qui les entretiennent dans leur péché , c'eft pour- 
quoy ce fadum continue avec la meîme véhémence 8c le mefme efprit de hauteur 
Chrcftienne qui s'oppofe à Finiquité, c'efl Ufourci malbeuretife , dit-il , de tant de damm*- 
blés calomnies, mais envam cette fureur , en yain toute cette rage,c'tik ainfiquePon doit 
nommer en effeft ce crime de ceux qui calomnient non leulemcnt vn Archevefque ,mais. 
lemoindre de tous les Preftres& le qualifijr Je/Hxf?*»- & de rage , fans craindre de pecher 
foy mcfmc contre la manfuetude & la douceur Chrcftienne; auiîî ce fadura continue en 
CCS termes , U j«/îice veAlefur lesvoyts de rinnocent , dit la parole éternelle il ny a rien dont 
laverité ne triamphe,& fesyapeurs noires f orties duftndde l'abifmenefçjuroient tiy ohfcurcir 
jiy efieindre la lumière. 

Puis ce faftum joingnant les paroles de raillerie à celle de force & de véhémence que 
nous venons de rapporter, mais ce feu divin ,Àh-\\, dtnt le libelle ef} tour brûlant, ne f.tii-il 
fas envie de rire , pour apprendre que quand on deffcnd la vérité contre la calomnie , il 
n'eft pas mefme dcffendu d'vfctdc raillerie contre ies ennemis, comme nous voyons par 
Tcxemplc de PApelogie de ce grand Archevefque, qui pour marquer au milieu des accu- 
fations faites contre luy , le calme & la tranquiliié de ù confcience le rit fi gloricufe- 
mcnt & dédaigncufcment de fes adverfaires , bon Dieu quel frophete, dir-il, quty fouler aux 
fitds l'Oint du Stigneur, fouler aux pieds ï eï^oufe fainte de lefns Chrifi, Us desbotierer ; Us ce«- 
"ïrir de confufion (S d'opprehrt^ tfi-ce là ce \tle , ce feu defcendu du Ciel. 

En vcrirc'cc5 figures font fortes, vchcmentes &patetiqties poiit dcffcttdrc ce grand 



-imm 






^■■il??' 



41 

Archevefquc , & il y a plailîr de voir aînfi fa ^midenr cfcrîmer contre les iiijuics & les 
acculacions & defFcndre la gloire & la l'aititcte' de fon Sacerdoce. 
Mais s'il plaifoit à ia Grandeur de faire vn peu rcflcxiô furies propres termes employez 
pour 1,1 dcffence de (a caufe, afleure'ment qu'elle fe rcndroit plus favorable , qu'elle n'a 
eftc jufques icy à Finnocence dudit fieuc Coulon Cure' de Vaticïville : car enfin quoy 
qu'l! ne foie pas Archevefque comme fa Seigneurie, Néanmoins elle ne peut nier, qn'vn 
Preftrc , quelque lîmple qu'il foit du dernier degré' de fimplieit^i ne foit l'Oint du Sri- 
gncur auffi bien qu'vn Archevefque , d Grandeur ne peut pus nier que le plus fimple de 
tous les Prcfttcsparla confcciationde fon ordination n'.iitreceuvn pouvoir audcftus dC' 
tous le^ pouvoirs & déroutes les Seigneuries , qui cft de confacrer fur les Autels le pré- 
cieux Corps & le précieux Sang duFils de Dieu , aulTi bien que tout ce qu'il y a d'Evef- 
qucs& d'Archcvefques fut la terré, que leurs grandeurs luy pardonnent donc aujour— 
û'huy, fi plein du mefme zelc dont M. f Archevefque de Roiien a efte' animé pv>ur- 
îhonneur & la gloire de fa Seigneurie Achiepifcopale, & de la mefme indignation con- 
tre fes calomniateurs , il dit en mefmej tcrraes,(/M»ji ^oultr aux fnds l'Oint du Stigmur, ftu- 
Itr.iUX pieds PEptuft feinte de Itfiu Chrifl qui crt {"Eglife dont il cft Pafteur, /es dtshotioitr- 
Its cottyrir de c»nfi>(lan Cr d'ipprobre , efi-ce li ce tfle , ce^eu defcendu du Ciel , dont Ion l'i o- 
nioteur ne doiteftrc brûlant que contre des yvrognes,des joiieursde cartes &c de dcz^a'es 
Prcftres chaiTeurs ou impurs, ou enfin vicieux & publiquement fcandaleux , & non pas 
contre vn Cure' contre lequel on n'a que des crimes imaginaires à produire ou des ba- 
clineries f luffes & ridicules à allcguer,fur lelquelles avec tout cela on eft a/Tcz ridicule" ioy 
nicfme pour le condamnera fc ttefaire de fon bénéfice four avoir ce dit-on , tajïcfi fes poules 
ent l'œuf, oii bien , /«vorV efté luy mefme en perj'onne cueillir Ji s œufs de f4[{[ues , cft-cc contre 
crinies ces ridicules qu'vn zèle ferieux &(]«'y»^f« defcendu du Ciel, fc doitallumcr,fi)nr- 
ce là les péchez qu'vn Officiai de Roiien mer en fa balance , lors qu'il prétend faire [tifti- 
ce,& qu'il trouve fi grands & d'vn fi grand poids qvi*il foient fuffifans pour obliger fa Sei- 
gneurie \ de honorer fn O'wzt du Seigneur cr i le couvrir de conjfifon & d'opfrobics. 

Ledit lïeur Curé de Vatiervillc- ne peut croire que fa Scigïieurie Avchiefpifcopale fai- 
fanc reflexiiin liir cette comparailon qui fans pécher contre le refpe£b,peut eftre faite 
entre luy accuféSiC fa Grandeur acculée , entre luy & fa Grandeur , tous dcuxPreftres, 
tous deux Oingts du Seigneur, tous deux deshonorez 8c couverts deconfafion Se d'op- 
probre, elle n'oublie les raifons fecrettcsqui Favoicnt peu portct à luy vouloir du mal, & 
«c ie lente touchée de quelque mouvement de compa/lîon pour ccluy qui n'eftant point 
à comparer avec fa Grandeur , ny pour fa naiffance , ny powr fes dignitcz de Jurifdiftion 
Ecclefiaftique ,ny pour la qiuntité ny la valeur de fes bénéfices , ny pour fes honneuis 
du monde , ny pout fes faveurs à la Cour, ny pour les belles Se furprenantes qualitez 
d'cfptit & d'éloquence Se autres vertus intcllcftuelles , à néanmoins fhonncur nonob- 
ftant toutes ces grandes inégalirez d'eftrc en quelique façon compagnon de fortune avec 
fon Excellence,&d'efttc pour ainfi dite dans vne même naflellc déshonorée d'accufations 
& couvertes de confufion & d'opprobre, tout dcuxbatus d'vne même tempcft.e,tous deux 
. combactans pour vne mefme reputation,tdus deux en danger de la pctdrc,fi a f imitation 
ide fa Grandeur ledit fieur Cure n'employoit toutes fes forces pour dcffendre la fiennc,fa 
Seigneurie affeurémcnt ne pourra du lieu glorieux où elle eftdans FEglifc voir encore 
ledit lieur Coulon dans Fabifme où il eft, difputant ù vie avec les vagues & les flots , & 
encore dan-; tous les périls du naufrage n'eftrc pas touche' de compaflion , & neconfpi- 
ler pas à fon ialut , & s'il ne Fa pas fait Jufques icy,c'eft affcurc'ment qu'il n'y penfoir pas, 
& que fes grandes occupations qui remplirent ia vafte capacité de, fon efpritne luy ont 
pas l.ùffé vne particule delibetté pourpcnfer àvnfimplePreftre,&à\n homme qui 
ji'cft ÏOin^t du Seigneur que dans vn vilage. 

Le déplaifir que fa Grandeur à fouffcrt , fi elle y veut penfet encore de fe voiracculï 
avec tant d'effronteiic,ne doit-il pas luy faire juger & (entir comme le ficn propre, celuy 
c|ue foufFre encore adluellement vn Preftrc , vn Pafteur innocenr qui a Fhonneur d'eftrc 
fon confrère, &c comme elle cft verféc dedans les Elcritutcs Saintes , elle fc fouviendra 
volontiers de ces paroles de Dieu à fon peuple en FExodc ch. 21. Adtttnam non ctntrifl*-' 
his «fijoe ufflig^ts eMn*,adttenje entm & ipfifuftis in terra Esiypti, Se au Leuitiq. c. ip- dtlige- 
t'is eum (fuitfi vofmet ipfos , fuijlis enim (ff vus adyend in terra A^pti , Se comme fa Gran- 
deur cft doiiée d'vne intelligence admirable elle comprendra facilement pour peu d'at- 
tention qu'elle veille donner que Dieu n'avoir point de taifon plus forte pout émouvoir 
fon peuple endurcy à la compalCon qu'il vouloir luy donner pour les frères , que le foq- 
venir des mifcrcs & des calomnie que ce peuple avoir foufFcrCdans la terre d'tgyptc, ià 




k^ 



■ ■■■■■ Il IL IPJVP». 



I 



4:i 
Grandeur comprendra affeurcmcnt ce myltere profond de la Providence divine , par la- 
quelle elle a permis qu'yn fi grand Archevefque fuft accufé dans la terrcd'Egyptc , c'eft à. 
dire en cette vie , afin que peut cftre.il apprift à compatir au Cure' de Vatierville accufé 
& accable de miferes dans la terre d'Egypte,c'eft à dirc,dans les cachots de l'Officialite' de 
Rolien. Pour cette feule conlldcration, quand il n'y en auroit point d'autre finon que fa 
grandeur à fenti elle mefuic & gouftc' quoy que feulement du bout des lèvres , les amer-" 
tûmes de la calomnie de la terre d'Egypte , & qu'on luy peut dire en vn fort bons fens ^ 
fuijlis enim & yss Melutna in tetttt ££j/j/»,ayez compaltionMonfeigneur d'vn Prcftre ac- 
cufe',pour ce que vous avez cftc accufc' vous mefme, elle en aura compafîion. 

Sa Grandeur fc fouviendra de la remarque quefontles Pcrcs aufujct du péché de S. 
Pierre qui devoit eftrc le chef de fEgUfe que Dieu ne le permift qu'afin qu'eftant.eftably) 
luge des pécheurs, il apprinten péchant & demandant miséricorde , la compallîon qii'f| 
devoit avoir luy mefme pour les pechciU-SjSc quuinfiDieu aiTcurement n'a-permis que fa» 
Grandeur Archiepilcopale qui devoit eftreluge di (es Curez fuft accufe'e elle mefme,; 
qu'afin qu'elle apprift pat fa propre expérience les fentimens d'humanité' qc'jllc devoir' 
avoir pour eux,lots qu'ils font accufez,qu'clle aprift par fa douleur, leur douleur , par Ui 
jufticcqu'elle a dema^ndee pour foy, la juftice qu'elle leur doit faire , par le dcfir qu'elle a- 
eue 5c fobiigation de fc purger des crimes qu'on imputoit à fa grandeur fcbligationSc le 
defir que, doit avoir le fieurCuré de Vatierville de purger auln fa réputation, & enfin 
parla grâce que le Roy a fait à fa Grandeurde luy donner pour CommifTiires des luges 
favorables de changer les R. Pères Blanchard & fAlemant Chanoines réguliers qui 
avoient commence' Hurtrudion pour luy donner Monfeigneur de Seez avec le R. Perc 
Annat Confcffcurde fa Majeftc, la grâce ou plutoftla juftice que fa Grandeur auroit 
dû faire au Cure' de Vatierville de le renvoyer devant le lîeur Officiai de Seez Juge dé- 
puté de fa SAÏnteté pour corriger la fentence donnée par lo fieur Officiai de Roiien & 
proced'crfen'eufcmenta/ajuffificarfcSn de ^n innocence, c'eft infail/iblement ce que 
M. auroit fait fi fa Grandeur avoir daigtié faire la moindre atterition auec charité patcr-r 
nelle fur la vexation quefoutfrcinjuftement depuis tant d'anne'es ledit fieur Curé. 

Mais quoy qu'il en foir&. quelque peu deconfideration que veille avoir fa grandeur, 
pour l'afflidlion cruelle que fouftre ce Curé fon confrere,du moins ne peut-elle trouver 
mauvais ny fempefcher d'atreftertout le monde icy attentif, & fuplier tous fes Ledeurs 
.défaire cette reflexion lui l-accufation faite contre M. f Archevefque aullî bien que 
contre luy, que fi vn Archevel'quciUuftre par tant detiltres Se tant de grandes quali- 
tez a pu eftre accufé qu oy que purge par après de fon accufation, à plus forte raifon vn 
fimple Curé de village qui n'a rien qui le duft mettre à couvert de la calomnie,finan fon 
innocence pure ôcfimple a peu. eftre accufé, fans que pour cela on doive préjuger con- 
tre luy qu'il foit coulp.ible : car fi la liberté que l'on fc donne d'accufcr en ce ficelé lej 
perfonnes les plus emincntes en dign^tié, n'a pas épargné ce grand Archevefque qui eft- 
ce qui s'en pourra trouver exemt? fi vn Prélat duquel on a rant, & de fi belles Ôcded 
grandes cUofes àdire , n'a pas cfté épargné par la calomnie qui eft-ce qui fe peut croire 
audcffus de fcsin)uftes 8c crucUcs atteintes ,1'on aveu cy dcflus quel cftoit M. fEvef- 
que d'Alet , &c quelles cftoient la vie & fes mœurs > qui n'ont pas efté épargnez par cctre 
futic , 8c le Cure de Vatierville a trouve dedans cet exemple dequoy fe confoler, qui 
ïempefchera done de trouver dans la gloire & dans le triomphe de M. PArchevefque 
accufé comme luy, dequoy adoucir la douleur de fes peines , par cette raifon de l'Evan- 
gile, j» in vividi quid in aricio , que fi la calomnie n'a pas épargné fon Prélat tel qu'il eft, il 
ne fe peut pleindre de s'y voir cxpofe'. 

i'/ffj^fj de "Monfeigneur l' jlrchexefque de V^iitn, Chev.-.lier du S. I.fprit, Commandeur des Ordres 
lie fa "MAJtfté & nunmoini accufé tant aitiji comme lejieiir Cure de /atierville l'a eJJi, 

Car quel homme eft ce que M. f Archevefque de Roiien, Si: quelles font les loiianges 
que l'on luy peut donner , ou plutoft, quelles font celles que fa Grandeur nvi pas reccuë 
par toutes les bouches & les trompettes de la renommée foit en ptofc , foit en vêts ,foit 
par écrits particuliers , foit par les Gazettes publiques , le Curé de Vatierville confeffe 
que ce grand homme eft fi haut élevé au de/fus de l'es yeux Se de fes paroles, 
qu'il n'y peut atteindre , mais s'il n'eft pas capable de chanter de foy mefme toutes fes 
loiianges, il eft capable du moins comme vnefco de les repeter lots quelles rerentiffent 
pat toute la terre , lors qu'Apollon mefme infpirc fes plus cunfide'jis Si leur preftcfa 



45 

Utc pour ks chjntcr fur le ParnafTe, Se les commencêt en ces termes, 
Illujjft (y ^ranti freUt qu'j vrc fujet on nommey 
De ce Jîecle le premier homme. 
:' -Car c'eft ainfi que commence les Stances qui furenr compofe'es à f:i louange fur l'dJ' 
mirable prediCArit» qu-Jl lîft in pronip/tt le zj. jour de Décembre i66j. au lieu de Ion Pré- 
dicateur, lequel eftaiit monte' en chaire fut contraint d'eji defcendreà caufed'vn reume 
fubitdont il fut furpris, &qui luy ollatoutàcoup Tvlagc de la parole, & en effed c'eft 
dans CCS rencontres on l'on peut dire que ce grand PreLu le furpafle luy mcfme ,&:cft 
rincomparable & fans pareil à taire retentir contre les pcchez la trompette de l'Evangi- 
le & exciter les amcs à la guerre fpirituellc contre le? vices & les efprits ennemis deDicu, 
par la force & la douceur de fa voix ne plus, ne moins que ce Mifcne d'y€olie dont par- 
le le Poet." Virgile au 6. de fon /Cneidc qui n'avoit point Ion pareil pour exciter dedans 
les cœut^Fhumcur Martiale par les fanfares & les airs animez de fa trompette. 
Mifenum Aolidem qtio non pr'tftantier alter 
Are Ciere tiros martem que accendere cttntu. 
En effcâ: le monde fat furpris de telle façon parcc't in promptu admirable que laG^- 
ïcttc qui eftconfacic'e à rendre publiques toutes les nouvelles particulièrement les plus 
e'clartantes , ne crut pas devoir lupprimer celle-cy ny permettre qu'elle fuft ignore'c du 
monde ; mais joignant miracle avec miracle, elle ne filt qu'vn feul article de ce't in prom- 
pt» avec l'abjuration de l'herefie faite par vn Miniftre de Dieppe cnrrc les nams de ce 
grand, Archcvcfque qui uyoit beaucoup travaillé , dit-elle, rf/<t converfion , car voicy com- 
me parle cette Gazette, De Rouen, le 28. Décembre 166 j. 

Ce freUt qiti aveit beaucoup travaillé a/a converfion fift fur le fujet vn difcoars d.tns te^fud 
il ne fut pas moins admiré Je toute l'affemblée à caufe de fon elotiuence , qu'il l'avait ejlî p.ir la 
frefence deSprir qu'il monjira quelques jours auparavant en la meftnt Eglife mont-int en chaire 
tn la place du frtdicateur qui [e trouva obligé d'en d(f cendre pour quelque indi^ofttion. 

Mais comme vne Hyrondelle ne fait pas le Ptintems dit Ariftoie.ce feroit peu pour ce 
grand génie s'il n'avoit fait paroiftre qu'vne feule fois la prefcncc & la force de fon cfptir 
au/fi bien que celle de fon admirable éloquence , dans la chaire CathedraUe devant fcs 
peuples, il falloir vn théâtre encore plus glorieux &plus illufttc, pour cet lUuftriffimc 
Prélat , & il n'y auoit qu'vre Alfenible'e générale de tout le Clergé de France , qui pûc 
repondre à tant de mérite & à tant d'c'clat. 

C'eft pourquoy la mefmc Gazette toujours fidelleà cet incomparable Prélat, & qui 
ne manque jamais de trompette lors qu'il efl queftion de faire édattet Ces grandes 
actions en parle de la forte. 

De Paris le 21. luillct lô'yo. 
Le Tp. Pouvehure de tafftmblée gênerait du Clergé de France ft fî(î à Tontoi/e tn 
r Eglife des Cor délier t parla Mejfe dufaint EQ>rit célébrée par l' ^rchevefque de Bourgt II. fre- 
fident, au milieu de laquelle l'jlrchevtfque de P^piien premiet frefident de cette Affemblée fifi 
vne fredicatiortdes plus éloquentes <sr qui furprifl dautant plus fon auditoire, qu'il ne s'y 
tjiolt préparé que le jour mefmt^i caufe que l'Evefque delhtntduban quienefioit chargé ft 
trouva indlFpafe lors qu'il voulut monter en chaire. 

Commefi M. l'Atchevefquecuftpre'veude's le matin parvn efpecc d'cfprir Prophé- 
tique , que ce't accident devoir arriver à fa Grandeur de Monrauban , lors quelle /eroic 
^refte de monter en chairc,& comme fi fa Grandeur de Roiien cftoitprepare'c non f«u- 
iementàtous les accidens prefcns , mais mcfme à tous ceux qui font à venir. 

Mais quoy qu'il en foit , il faut que tout le monde demeure d'accord que ce font de 

Îiareilles adions qui ont donné lieu à tant de beaux vers , que les plus beaux efprirs 8c 
es Mufes de Normandie ont chanté à la louange de fa Gnndeur , tantoft en Stances, 
tantoftenOdes dont il ne déplaira pas au Lefteur que le Curé de Vatiervillc rapporte 
îcy quelques vns qui ne feront pas inutils pour fa juîUfication par exemple ceux of, 
C 'ejl tn vous qutn ttntioit î .Aigle de l' Evangile, 

V .Aigle i qui rien neft difficile 
Qui Tient point de pareil & nen aura jamais- 
C'eji vous qui pajfe\ dans «ofire âge. 
Tour le fhoinix des plus parfaits: 
St pour du Tout puiffant la plus f délie imagt' 



Car pour tirer de ces loiianges quelque confequencei l'avantage du fietlf CouloQ 
i fi grand perfonnage,&<jui prcfche fi bien, n'a pas laîfled'c- 



Caré de Vaâerville , vn i 



M^ 



44 

ftrc accufc i^e faire autremeni qu'il neprclche, comment ledit fieut Coulon & quel- 
que autre Prcftre que ce foit fe pouroit-ii pleiiidre d'vn pareil fort, les ferviteuis doivent 
ils eftre de meilleure condition que leur maifti;e,& que leur Seigneur , & fi les advei- 
faircs de ce Vhanix des plus parfaits, ont tire' de noires vapeurs des flames qui bradent cet 
illuftie oyfeau , & qui ne font nourries que de bois odorifcrans, ils en ont tire' des accu- 
fations puantes & de miuvailc odeur , poutquoy trouver eftrangc que les ennemis du- 
dit (leur Coulon en ayentfiait de merme,& que des meilleures aétions ie fa vie ils en 
âyent tire du venin pour fempoifonner. 

M^is fi ce ^rand 'Phcenix des plus, parfaits du tout Vftilfant la plus fidelle ïma^e , eft renay 
de feS cendres , natxlifine dtcedtns utrum Thœnix , fi dans le lieu mefme où il fjmbloic 
qu'i 1 dcuft perdre la vie on le voit aujoutd'huy comme vn noavcauPhœnix prefidcr glo- 
rieufemcnt à la teftc de tant d'autres Phœnix , vn auteur ayant dit qu'il y en a plufieurs 
dans la nature, poutquoy le Cure de Vatictville n'cfpercra-il pas qu-vn jour dans le lieu 
mefme ou Fon a voulu ternir la réputation , & luy oftet ce qui luy eft de plus cher , & 
plus précieux que la vie, on y verra fa réputation reftablie & fon innocence reconnue. 
Aufll comme le Soleil obfcurcitparle concours de plufieurs nuages efpais , les ayant 
didipez peu à peu par la force de fa lumière & la pointe de fcs rayons n'en paroift que 
pluséclattant,demefmc ce gtand Archevcfque nontbjlant les noires vapeurs [orties du 
fond <H C ^l>yfme,a' a. pas laiffé de repareftre dedans leCiel de fon Eglifc avec tanr de gloi- 
re, que fur ce bel in ptemptu dont nous avons parle, il a mérite' d'eftrc compare' au Soleil^ 
& mefme par vn rencontre avantageux le Soleil s'eftant trouvé cache dans le temps que 
fa Grandeur prononça ce fort & charmant difc«urs, comme parle celuy qui en fait le recic 
voicy les versd'vne Ode que fa Mufe luy infpirapouiU gloitt de fon Prélat. 

Belle lumière vagabonde^ 

Bel ^[ire qui reprens le jour, 

ht lui rallume tour a tour, 

L'eJcUt du haut iS" du bas monde'. 

Soleil qui dans ton char doré, 

"Parcours ttut l'Empire axfiré, 
^yecvn fi pompeux i& ^ fiche iquipdge, 
^S'tH jamais pii voir de ton troue orgueilleux^ 

V» plus augujie peïfonnaztj 
laiïtyn plus beau dif cours plus prompt plus mtrysilleux. 

Wrfij tu di^aroh * ta hontty 
Tu nefclatte point a nos yeux. 
Tu t'en retire dans les deux. 
De peur dt voir qu'il te furimntf, 
Q/te fon lever eji plus brillant; 
Que ion midy chaud & brulans. 
Et «J» «1 e/l tout de feux d^ins fa charmante aurore, 
Oufo" Puiffant Génie i paru fi foudain. 

Qu'il faut que U france l'adore. 
Et JM»e avec rtf^eci qu'il a bien du divin. 
En fuite dequoy ce favory d'Apollon & des Mufes noutry furie Patnaffe , ayant rap- 
porte le fujec que le Prédicateur avoir pris pour fon avant dans ces paroles amoureufcs 
du Prophète David , Mithiautem adhtiere deo bnnum ejl , il marque dans fes airs & la di- 
■vifion que ftft fur le champ de tout fon difcours M. rArchevefquc en crois points avec fa 
conclufion morale dont voicy les termes. 
I. Si l'E^lift eft vn Sacrifice, 
z. Si ceji vn commerce innocent, 
j. Ou bien vn renouvellement '' 
le dis fans aucun artifice, 
Et conclus de fes trois raiftos 
Qite dans toutes »ccafions. 
Eftre attache^ ^ Dieu c'efi ttut nojlre avantage, 
C'ejl tout ce qa'vn Chreftien doit le plut entrer 

Ctfl /A noflre vniqnt partage: 
Ceji Ufin , ctfi U ttrmt «m !'♦» dtit afflrtï' 



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45 . 

Vn Apoftre parlcroit il mieux , & commcuc eft-il poflîble qu'vn PreUt aullî cloquent 
ait jamais pu eftre accufe ?miis ce n'cft encore rien jiifqucs icy en compaiaifoa de ce' 
que û Grandeur adjoute en parlant de lefus Chrift , & des obligations que tous les 
Clircftiensontdcfimiter&defaircdc leur vie vn martyre perpétuel , comme parle le 
Concile de Trente. 

Il 4 la douleur four fdrtd^t^ 
fAY ce qu'il veiét (jut le Chrefiiett, 
S'vniffe éi luy par ce lien, 
^our mériter fon héritait, 
'peint de Citl que pour les Tiidrtyrs^ 
D'écrit de corps & de defirs, 
feint de Communion fdns l'heureuftwemoi/e 
De U Croix de la mort & de tous les tourment^ 

Du plus jufie des jnnocens, 
C'eft l^ le feu] de^ré pour monter 'i Id gloire. 
lamais S.Paul a-il parlé de Famour de la Croix avec des fentimens plus tendres & plu 
forts,plus rouchaiis & plus magaifiqucs lors qu'il a dit , dbfit ^loridri nifi in cruce DominS 
nofl'i lefu Cbrifti per quein mihi munJus crucifixui efi O" e^o mundo^ peut-on jamais Voir des/ 
fentimens plus oppofez à la vie molle &voluptueufc des mauvais riches du Chiiftianif- 
nic, que ceux que M. l'ArcIievefque fait paroiftre dans cet incomparable & jurprenant 
Sermon qtà fut vn in proinptu de fon prodigieux ff avoir , & l'admiration- dt tout ie monde, 
comme le dit en profe le mefme dont nous venons de rapporter les vers? 8c comment fe 
peut-il faire qu'avec des paroles d'vnc pareille aufterité de vie ôcd'vnc telle mortifica- 
tion des fens vn Prélat puiffe eftre accuGé d'vnevie contraire ,& faut-il s'cfton net (i 
quelquelaborieufe qu'ait eftc'lavie duCutéde Vatierville dans fon miniftere , il n'a 
pas laiffé d'eftre accufe' & mis en jufticc ? mais fuivons ce grand Prélat dans le cours de 
fon éloquente Prédication qu'il pourfuit de la foste. 
lefus efi Id yoye & U v»«. 
Il efi aufii la vérité, 
Ke crains donc point Sefire if carte. 
Si tu le fuis maigri l'envie^ 
Le Démon à quelques clartei{y 
il te porte a fes vanitet^. 
Tf end garde i /es brillans , fouviens toy de ta perte, 
Vïtnd Id Croix four ton but & ta yoye & ton port, 

fais-en & ton choix & ton fort, 
si tu veux d td mort trouver Id gloire ouverte. 
Y a-il rien de plus oppofé aux vanitez du fvccle ». tout ce f aftç , ce \vaie , cette çomçt 
& ces dépcnfes lurperfluès que Pon voit tous les jours avec tant de fcandale dedans les 
gens d'Eglife ? & comment eft-il poflîble , qu'vn Prélat dont les paroles font fi pures Sc 
fi mortifîe'cs, n'ait pas eftéexemt des perfecutions de la langue ?il cft certain qu'il n'y 
a rien de plus confolant pour le Cure' de Vatierville,que de voir fon Pafteur ïUuftrc mar- 
cher le premier au travers des nuages & des obfcuritez de la mauvaifc renommée pour 
en fortir fi glorieusement, & il confcfTe que marchant à l'a. fuite il n'y a rien qu'il ne fe 
proraccte , & qu'il n'efpere d'avantageux pour luy dans la conclufion, mais roicy com- 
me paffe M. à fon troifie'me point. 

L'on ne voit point dans la nature. 
^Aucune génération. 
Sans que quelque corruption, 
Ofle la première figure, 
^infi dans le Iphitutl, 
il faut avant que le charnel. 
Se corrompe toujours, & toujours fedetruife, 
Que rien nef oit en nous defacrilege aux yeux. 
Du Dieu très faint de tous les Dieux, 
£t qu'en fonftul amour le Chrejiien sautorifi. 

Or comme nos Seigneurs les Prélats font de droit dîvîp dans Feftre de laperfeâiûQ 
ac.]uife, & DuAeuis de U vie fpUicuellç, non feulement pai^leurs paroles, mM% de flrtir 

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46 

mefme par leurs aftion s, quelques imparfaits que quelques vns puîflent eftrc «"f/^, 
il eft ccicain que M. FAvchcvefque ne pouvoir jimais mieux marquer les obligations 
efrenricilcsdcrErpicopatqucdans tout ce difcours ,&comme.dans la génération cor- 
porelle il eft neceflftiré qite Je père foit pariaii dans la nature qu'il doit communiquer: 
Noflrig;iciij-s les Eve/qucscftanr^f Jroù les pcres de la vie fpirituelle ,il eft denccefficé 
de lalut pour eux. d'eftie parfaits dans cette racfrpevje fpiiituelle autrement comme 
dans la nature les animaux imp-ufaics dans le.ur elpece ou deffcétueux dans leur nature, 
ne font pas ordinairement capables de génération coaimc on voit dans les mulets , de 
mefme vn Prélat qui ne feroit pas parfait dans la vie fpirituelle , en forte qu'il ne peut 
engendrer à lefus Chrift des enfans fpiriruels , & les porter iulques à la pcrtedtion 
Chtefticnne, nepouroicpaflcr quspourvneeipecede raonftre dans la pieie' quant .«» 
fait dans quelque peifeâ:iun qu'il fuft quanta feftat & quand 4» droit. 

Orpour eftre parfait&perc dans cette génération fpirituelle , il faut eftrc mort dit 
M. f Archevefque à la génération charnelle , & comme le grain de.fromcnc s'il ne tom- 
be en terre , s'il ne paroift, ôc s'il ne meurt , demeure tour féal dit noftre Seigneur , 6c 
n'en produift point d'autres , de mefme ceux qui dans fEglife ne font point morts au 
jTiondc & à fcs trois concupifccncet demeurent feuls , oii s'ils produifent quelque 
cbofe , ce n'eft que de ïivroye &r des herbes ftcriles, fierilit(r c>e/c«»/,dit iainr Auguftin, 
on ne les voit croiftrc qu'en vanité', qu'en pompes du diable aufquellcs on a renonce' au 
Baptefme , qu'en charges, dignitez mondainçs , & grandeurs fterilles pour le Ciel f{tri- 
littr crefcunt. 

Mais ce n'eft pas ce que prcfcha M . VArchevefquc dans fon h premptu, $u plutofi dans 
ce fort if churmtnt âijcours : car en&n il le termina iâ la forte centKS U vanité Sc la vo< 
hipté. 

Tttah ft nom ftnÇms aux mtryeillcs, 
2)« naf pliti rttres ABions, 
Stryoris - nous de precuutiouiy 
Et de l'adreffe des abeilles, 
Trenons gAïde de nous flatter, 
£r de jamais nous arrefter, , , ~ 

Sur le doux lit de miel fi funejJe à nos flammes^ 
Hy laiffoos pas jamais repojer nos defirs. 

De peur que parmy ces plaifirs, 
Nffflî «3» voyions ptrir nos ailes iT nos amis. 
lamaisTertulien ny faintHierofrac ces deux grands ennemis de la volupté', enne- 
mie de la Croix de Jelus Chrift la conidamnexont-ils plus detifivcraent que fait M.FAï- 
chevefque par ces paroles,& comment conne des témoignages fi autentiqucs defes fen- 
tintens, a -il piî eftre accufe' d'aimer fon miel & les fauffes douceurs, finonpar vne 
providence vifible : afin de luy apprendre à compatir àrous les accufez. 

Mais ce qui le devoit rendre moins fufpect font ces aunes charmes de fon éloquen- 
ce qu'il erhployoit pour donner vne fainte horreur des charmes de la volupté' fenfuellc, 
ce font les plaifirs qu'il donne en fe faifant entendre qu'il employoix pour combattre les 
faux plaifirs , ce loni les douceurs & les aggrémens de fa voix, de fes yeux , de fcs geftes 
qui raviffent les caurs de toute fon auditoire ; car c'eft ainfi que fOdc achevé de chan- 
ter fcs merveilles. 

Qjie de charmes que de meryeilks. 

Vinrent remplir fous nts dejïrs, . , ' 

L'en rejfentlt milles plaifirs. 
De goufier des douceurs pareilles. 
Son liefie & fa voix & fon port. 
Semblaient eftre tous trois d'accort, 
VoH voyait fes tranf ports fortir de fa belle amf, 
TRjen que de délicat de rare iS" précieux. 

Sur Jes lèvres & fur fes yeux, 
1{ien qui ne reffentiji la grandeur de fa flamt- 
Ne femble-il pas en effe(îk entendant ces paroles qu'on voit M. FArchevefque qu'on 
f entend, qu'on admirccetfc vigueur qui paroift dans fes mouvemens & cette couleur 
vermeille feintes deffus fcs jaiies ne femblent-'cilet p»$ invUer tout les yeux à Icrc- 
jardcr. ... 



lÉM 



47. 

K/jor que membrls jdin fiiw CJ* gtuis, 

Coloy reniJtns nnnc amdt af^lci, 

Dirvn autre habitant d'Elicon accoutume ^c puifer clans la fontaine H^ypocnfne 

chantant les louanges dexe mefmc Prélat, en forte que (i la beauté' du corps eft vr.c 

cfti"ie& vnc ima"c cte la beauté' de FAmc , comme celle deramccftvne image delà 

beauté de Dieu , il n'y a poinrde doutequcccne (oir la rholc du monde la plus /ur- 

{ (tenante, de voir c,u'on ait vcuUi ou que Ton ait ofé enticprendrc de ternir l'éclat &: 
a beauté de cette image accufant comme on a fait M. l'Ari-hcvefque. 

Mais aurtî il l'on a tenté d'obfcurcir cet Aftre , on peut dire après ce que nous venons 
de rapporter qu'il a lorty de ces obfcuritcz avec vnt lumière & des rayons nouveaux 
qui ne Font rendu que plus glorieux. 
CcH Lttnii ftr ne&em Serenos, 
E'^pUcuit fine ntibe yultus. 
Comme la Lune dit ce mefme Panegerifte , r'en paroift que plus belle pour éclater 
dans les ténèbres d'une obfcure nuit , èi c'eft par l'exemple de ce Prélat que le Curé de 
Vaticrvilleelperefe revoir comme auparavant dans l'honneur, & dans la gloire de Ion 
M nirtere. Il a elle accule , mais M. l' Archevefque ne la pas moins efté ,- M. l'Archcvcl- 
qu,. s eft deffendu par écrit , fon a fliit un Facftum pour relpondre laux nctulations de les 
■^ advcilaires , & le Curé de Vaticrvillc imitant fon Prélat (e dcffent par écrit i*i rclpond à 

fes advcrlaires ; toute la différence qu'il y a c'eft que le Curé de Vaticrville relpond plus 
au long, c'eft qu'il répond comme a fait M. d'Alet article après article à chacun de ceu:< 
que l'on a avancés contre luy , c'eft qu'il y répond de la lofte comme a tait aulll le Sieur 
Evmere dont nous avons parlé cy-deffus , & que M. l' Archevefque n'a pas encore i^n- 
né cette fatisfa6i:ion au public de repondre de cette forte , mais qui nous pegc dire qii il 
ne le fera pas? & que quand il aura achevé de rendre à l'EglUe & à l'Eftat ces grands (cr- 
vi^es qu'il luy rend dedans les aflembJées de Ton Clergé, Il ne fedoime enfin le lemps dâ 
mettre la main luy mefme à Japiumcpourfa propre g/ oiie, comme fonc cous les geii9 
d'honneur, & comme ont fait de temps eh temps tous les grands Hommes de fEgiife,. 
p ;v de fi belles ApologIes,dont nos Biblioteques font enrichies pour acVieverles derniers 
aftes de fon triomphe , & fermer pour jamais la bouche à tous ies ennemis , yt omnt ti 
ebjl/u.ittir d* fubdittufiat emnis niundia, c'eft une parole des chifmatiques, & d'une mau-' 
vaifc confcience que celle qui eft raportée dans fHiftoire Ecclelîaftique du faux Patriar- 
che de Conftantinoplc , & le plus puifT^mr fiurpnr ^lî Chifme de FEglifè Grc'que Pho- 
t;ius,- lequel eftant prié par un Concile entier de fe juftifier des crimes qui luy cftoieni im* 
putez , ne voulut jamais le faire , mais s'en deftendit lupcrbemenr, & en hypocrite en ces 
termes, infiijic<ttianti mtx non funt dtboc mHndo , ines juftifications ne font point de ce 
monde , comme fi un homme qui n'a pas la charité de fe juftifier pour ^édification de 
ÎEglifeen ce monde, pouvoir eftre juftifié en faune, mais louslcs Saints avecie plus 
patient de tous , le Patriarche lob difant au contrairc,(/o»rc JefficiAW no/i lecedam db tnrto- 
eentiained^jujlJficAtiottem mentit qu4m c^fpi tentre non Jeferam. Tant que Dieu rhe canfer- 
▼era la vie ie n'abandonneray jamais le parti de mon innocence , Sc ne laiftera v point itii' 
parfaite ma juftification que j'ay entrcprife , & que j'ay commencée , à quoy fa gtandéut 
a d'auMnrplus d'engagement & d'obligation que l'on peut dire, qu'il n'y a point dé Pré- 
lat en F^-ance qui puilTe répôdre à cette obligation avec vne force & yne facilité plus mer - 
veilleufé , pour me fervir des mefmes termes par lefquels la Gazette de Pontoife nous 
tnarquc le caraétere de fon éloquence dans les Eloges que ce Prélat fit de fa Majcfté le 
17. luillet 1670. 

Mais la feule chofe qui furprend ledit Sieur Curé de Varierville , & qui ne luy paroift 
pas concevable, eft que ce grand Prélat ayant efté accufé comme luy , n'ait pas témc^i- 
gné avoir autant de compaflîon de Fcftat auquel il eft réduit, comme il en devoiratten- 
dré de toute la douceur & l'humanité qui paroift dans fes yeux-, dans Fhumeur naturelle 
6c dans toutes les partie de la vie de ce grand Perfonnage, mais aux contraire' que par Uft 
fecret de politique qu'il ne peut comprendre, ce Prélat air voulu prefterfbnauihorirc 
&: fes prifons mefmes pour fatisfaitc huit ans durant à la palTîon & aux interefts du fieiic 
d'Etlalville. Car pour peu de reflexion que fa grandeur euft voulu faire fur fa condition 
humaine, n'euft elle pas pu aifemenr penfer que tout ce qui arrive à un homme peut 
aniver à Fanrre , & que comme il a efté accufé auffi bîert que le Curé de Varierville, com- 
me il aeubefoin de laTufticcdefa Majefté pourefttc purgé aulîi bien que le Curé de 
Varierville a efté obligé d'avoir de mefme recours à fadite Majefté, & que^ comme fa 



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grandeur a eu befoin du RevetendPereAnnac,& de M. FEvefque de Seez, auflîbicn 
que le Cuvé de Vatieivillç a efte' fecouru par le melme Révérend Pete Annar , & renvoyé 
àM. FOfticialde Seez,enfinque comme il le «cuve dans leurs acculations tant de cir- 
conftances communes, celle de la prilon ir pouvoir auffi cftre, &c qu'enfin les Arclicvcf- 
ques n'en font pas exems non plus que les Pdfteurs du fécond ordre , que ce qui n'eft pas 
arrivé , peut encore arriver , h Dieu le permetroit , que les Hiiloires ne nous en four- 
niiTent que trop d'exemples, qu il n'eft point de grandeur qui fc puiffe vanter d'avoir des 
privilèges qui l'en mettent à couvert , fi di-jc fa grandeur avoir voulu faire fur cette pen- 
fcc la moindre reflexion, ledit Sieur Curé de Vatierville ne peut croire quvlle euft voulu 
fermer fi long temps les oreilles à fes plaintes , ny endurcir les yeux à voir fes miferes. 

Car quand on voit par excmp'c dans i'Ecritute un Adonibczec avoir réduit 70. Roys 
fous fa table à manger les miettes qui en tomboient, apicsleur avoir coupé les exrrc- 
mitcr des pieds & des mains, qui euft peu penfcrvoyant ce Prince en ce haut point de 
gloire & deprdfperité , que jamais il euft peu déchoir , & tomber dans la meiinc infor- 
tune ? cependant il y fut réduit par ludas le premier des luges du peuple de Dieu aptes 
lofué , & on lie de ce malheureux Prince ces paroles dans F Ecriture , Sieutfeci ita rtddi- 
Ait miht Dem , ce que j'ay fait de mal à 70. Roys , Dieu me la rendu , qui eft ce qui peur 
dire que Dieu ne luy rendra pas quelque jour le mal qu'il a fait ? & ce que le fieur Curé 
de Vatierville ne fouhaitte pas, Dieu ne peut-il pas permettre que M. fArchevefquc 
foit mis en prifon ,& y foit réduit plus de huit ans, comme il a permis que le pauvie 
Curé fut réduit daus les ptifons de fon Officialiié pour fatisfaire àda paffion dC à la tyran- 
nie du Sieur d'Eftalville aufli bien qu'à la fiennc propre ? M. f Archevefque cft-ii plus 
grand Seigncav qu'Adonibczet dont parle FEcriture. 

Mais decendons plus bas dans nos tems, M. FArchcvefque eft-il plus grand Seigneur 
que Sultan Bajazet Empereur des Turcs , qui après avoir fair trembler tant d'Eftats & 
tant de Provinces fous la puilTance de fes armes,fut enfin mis en cage parTamberlamRcy 
des Tartares ? M. f Archevefque eft inverti de toutes parts de beaucoup de grandeur, 
mais quelle grandeur de terre fe peut fortifier contre l'unique véritable grandeur d'un 
Dieu qui règne dans le Ciel , & s'cchaper des rets & des filets de fa providence ? Aman 
dans l'Ecriture fut pendu à la croix, & à la potence qu'il avoit préparée au pauvre Mar- 
doehée. Abimclcch qui avoit tué 70. de fes Frères fur une feule pierre fut rué d'un ieul 
toup de piètre par une femme,qui ne fçaic que ccluyqui avoir inventé leTorcau d'airain 
y fut brûlé tout le premier par une jufte providence , celuy qui avoit bafti la Baftille y 
fut empri/bnnc le premier & y finit fes jours , & l'Hiftoire Ecclefiaftique nous apprend, 
qu'EuiVvymc qui avoit préparé la Litière pour emporter S. Ambroife en exil , y fut en- 
voyé dans la mefme Litière un an après? on ne finiioit jamais qui voudroit apporter tout 
ce que fon trouve de p.ucils exemples dedans les Hiftoircs dans lefqucUcs il n'eft 
point </c Granc/eur relie qu'elle foie qui ne doive nemhler ious Ja puiflante main de 
jbieu. 

EtfiMonfeigneurfe vouloir flatter des penféesd'vnc plus heureufe fortune, parce 
qu'il eft trop débonnaire pour en attirer de mauvaifes , eft -il plus débonnaire que celuy 
de nos Roys &de nos Empereurs qui en a mérité le furnom qui fut depofé par la confpi- 
ration de plufieurs Evi-fques qu'il avoic irritez contre luy en voulant les reformer,& qui 
le rcclurrent dans vn Monafterc? ainfi que M.FArchevefque fc tourne de quelque coftc 
qu'il luy plaira ou de fa Grandeur Se de fa debonnaireté , ou de quelque autre qualité, 
donteliepuilTe tirer avantage, il n'eft rien qui le doive empcfchcr depenfer qu'il eft 
homme, & de conclurre par ces termes, hgmo fum , hununi i mt nihil alitnum pitio , au-, 
quel cas , & fil fa Grandeur y euft voulu depuis huit ans faire reflexion , le Curé de Va- 
tierville ne doute point qu'elle ne fe fuft laflce de le voir fouffrir ôc paffer fes jours dans 
vne prifon par la confpiracion de fes ennemis , & par leur calomnie. 

Mais fi c'eft peu que cette peine de prifon pour toucher le cœur de fa Grandeur Ar- 
chicpifcopale , comment fc pourra-elle deffendte s'il luy plaift de faire tant foit peu de 
réflexion fux' les cruelles & nonteufes ciiconftances qui ont accompagne depuis huit 
ans celles du Curé de Vatierville dans FOfficialité de Rolien. 

Monfieur le Noir Théologal de Seez à cru en dire quelque cliofe en treize horreurs 
qu'il en a rapportée dans la ttoifiéme rcquefte prefentce par luy à fa Grandeur, mais ou 
peut dire que la peinture qu'il en a faite eft beaucoup au deflbus de (la réalité , & que 
l'on y peut adjo uftei d'cftr anges iupplémcns fans outrepaifet les termes de U vérité. 



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Snpph'vient AUX trt!-{t horveurs dt l'Officijli/é f/e I{oiien,raf>poytéesj?ar le Jltur TJjeoIoial Je 
Sec:; tUmfa troifiimc requep prefentée à M- l'Mchexijqut le 8. ]ylArs i6yo. 

D ns la j. horreur il avoît marque que le ficur Bordin [en confrère entrant en prifon It 
IS-f' yiier }66^.y trouva trois ^arcet fi apprivoifées <]w'e//ej nen partaient pas Us jonij tntitri 
tS' vue p.dfie de ta nuit avecynfcanJale ijuiavoit remply tout te vaifinage. 

Mais LCt lioncurcft vn peu trop luccinftemcnt rapporre'e par ledit ficur Théologal & 
mérite hien quelque fupplémcnt ; car le Curé de VatierviUe peut dire qu'outre les trois 
dont il eft paile' en cette requcfte eftant logé plufieurs années auparavant avec vn Curé 
qu'il nommcroit fi M. FArchcverquc le jugeoit ncceflaire dans vnc des chambres de la 
prifon ou voulant vn jour y entrer iU'arrouvaferme'e fur ce Cuie' qui y cftoit feul avec 
vne gatce , qui pour lors eftoit prifonniere pour fa miuvail'c vie dans VOfficiaWté , en 
force que ne pouvant entrer dans cette chambre où ils cftoient tous deux feuls enfermez 
il fut contraint de retourner en bas en faire fa pleinte au GcoUier qui monta fur le 
champ & lesfiftdefcendre tous deux avec deftence à ladite garce de retourner-dans cette 
chambre fous peine d'eftre mife dans vn cachot, mais elle demeura encore après prifon- 
nieic plus de deux ou trois mois. 

Or M. eft très humble fupplie' de faire reflexion fur les termes rapportez cy defTus du 
Paûum qui a el\c fait pour la juftification de fa Grandeur , lors qu elle fut accutce de ce 
qu'on laiiTe à de'viner par vn écrit pubUc,& de qu'elle manière fon faftum repouffe cette 
accuf.uion par ces paroles , quoy fouler aux pieds fOingt ilu Seigneur l'EJ^oufe/ainte de Itfia 
Chi i^i les "dehoiiorer les couvrir de confufion & d'opprobre eji-ce li ce \ele , ce feu defcendtt d» 
Ciel} 

Car fans faire de compataifon du Curé de Vatierville avec fa Grandeur en toa^s au- 
tre chofe , quelque humilie qu'il foit aux pieds de fa Grandeur & fimple Preftrc Se Pa- 
ftcurdu ftcond Ordre, néanmoins fa Grandeur peur elle nier qu'il ne foit l'Oint du Sei- 
gneur ? car encore qu'il ne foit ny Evefque ny Archevefque , ny qu'il nuit ny Suilîès, ny 
Pages , ny carofles, ny tour ce't attirail ôc cc't équipage qui fait la grandeur temporelle, 
extérieure & periffable des Prélats , néanmoins il croit n'en eftrepas moins l'Oingr du 
Seigneur , & il ne croit pas que les Apoftres qui eftoient gens de pied en fuffent moins 
les Oingts du Seigneur, ny que Mefleigneurs les Evefques quand ilsmarcheroientà 
pied comme les Apoftres en fuffent moins Oingts du Seigneur, parce qu'il ne croie 
pas que toutes ces grandes vanitcz faflcnt ce que Pon appelle FOncftion du Seigneur, 
ainfi fuppofant donc que le Curé de VatietvlUe quelque fimple Prefttc qu'il foU n'en cft 
pas moins FOingc du Seigneur , n e peut-îl pas dire avec M.FArchevefque cpoy fouler 4ux 
pieds l'Oingt du Seignetir , jufques à le mettre en prifon avec vne gitce , quoy fouler 
4UX pieds l'Oln^t du Seigneur, jufques à luy laifler.vne garce plufieurs mois avec luypri- 
fonniçrejufquesàluy difputer,&àluy fermer fcntrcc de fa chambre , quoy fouler aux 
pieds FO^n^t du Seig/teur CT l'E?poufe de lefus Chr'tfi qui cft FEglifc , jufques au point que 
d'expofcr la pureté & la fainteté des Preftrcs à de fi cruelles rentations. 

Si dans fon Presbitere lors qu'il eftoit en liberté' il euft eu vne fervanre quelque hon- 
nefte qu'elle euft efté, la pureté de ladifcipline Ecclefiaftique ne la luy auroit pas tolé- 
rée, & fi au préjudice des Canons il avoir voulu la retenir on Fauroittirédefon Presbire- 
re avec juftice pour le metrre en prifon & faire pénitence , comme en vn lieu de feuretc 
cxemt de ces fcandales , & aujourd'huy, o prodige d'horreur qui paroiftra incroyablcà la 
pofteritc , le Curé de Vatierville n'cftant accufé de rien ds pareil , par la mifcricorde de 
Dieu, m lis fculementde bagatelles indignes de la feriofitc de la juftice,cft par les fauxMi- 
n litre de cette juftice enlevé' violemment de fon Prcsbitcte arraché du fein de fon Egli- 
fc chafte pour cftre mis à FOfEcialité de Roiien en prifon avec des femmes impudiques, 
le Ciel la veu , la terre en eft épouvanréc & les Officiers feuls de M. FArchcveiquc n'en 
rougïTent pas ! & les Officiers de M.FArchevefque n'ont pas d'horreur défouler ainfiaux 
pieds l'Oingt du Seigneur & l'Epoufe de lefus Chriji , d'vnc manière qui feroit capable de 
^ire honte à des Pages Se à des Laquais ,ils n'ont pas d'horreur de deshonorer l'ûinge 
du Seigneur & l'Epoufe de lefui Cttrifl, & les couvrir ds confufion & d'opprobre pour fatisfai- 
xe .à la p aflion & à la vengeance du P. d'Eftalville. 

Mais M. n'ignorant pas , ou ne devant pas ignorer cette confufion & ces opprobre* 
8. ans iurant n'a pas eu compalîîon ny le cœur touché de pitié de voir fon confrère Prc- 
ftre côme luy Se Paftcur,qaoy qu'inférieur de lameftiic Eglifc dedans ces lieux infâmes, 

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c'cft là ce que toute la terre ne pourra apprendre fans ^pouvantcment. 

Mais que fera-ce donc quand on fera réflexion que ce n'eft encore qu'vne grâce dont 
îl ne rapporte pas en détail toutes les impudences de peur d'ofFenccr les yeux & la cha- 
flctc'des Ledteurs aulU bien que la pureté de fa plume & de fon papier ? que fera-ce? 
quand on fera reflexion que depuis on y en a veu à difFentes fois plus de quatre sutres 
àoat les vues a voient eu le foiicr par les carfours, & les autres fous la cuftode? qui eft-cc 
qui n'aura pas d'ingnaiion contre de miferables luges d'Ofticialite' affez proftjtuezpout 
mettre les ptoftituéc piîibnnicres avec des Preftres , le récit de ces infamies cft-il feule- 
ment fupportable, mais fi le récit n'en eft pas fupportable, qu'elle eft donc l'horreur quo 
Ton a d'en fouf&ir aftuellement la réalité, d'en voir finfamic de fes propres yeux , d'en 
avoir les oieilles battues , ^imagination remplie & fe voir tout les jouis dans Finfup- 
portablc nccelTuc de combattre en priant Dieu, & difant fon bj:eviere avec ^impureté 
& fordure de ces fantofmes. 

Bntendtc tantoft apclcr de Jçlnon c'eftle nom d'vnc de ces garces qui frequentoit dans 
la prifon & venoit vifiter Cataus , c'cft le nom d'vne autre de ces garces qui cftoit prilon- 
niere comme il paroift pir fon efcrou du 16. lanvicr 1668. &: tantoft voir entrer la belle 
Angélique c'cft le nom d'vne troifiéme garce qui venoit apporter de dehors fes impudici- 
tez en la prifon & les commettre avec des prifonniers de l'OfHcialitc de Rolien. 

Mais afin que fon ne s'imagine pas que ces infâmes créatures ne fuffcntpas de celles 
qui vivent dedans ladernierc proftitution cette belle Angélique qui vient d'eftre nommée 
n'avoir eu feulement que cinq fois le fouet & dcuxfois la fleur de Lys dans Roiien,& fut 
enfin aptes bannie de toute la Province aulTi bien que T^U^emoiftlle Cataus iomW vient 
d'eftre auffi parle' , qu'elle horreur & qu'elle abomination le fçauroit-on afltfz dire de 
fois & affez tepetct de mettre desPieftres en prifon avec ces viftimes dcuoiiecs au Dé- 
mon & confacre'es à Fimpudicitc'. 

Voilà ce que le Cicur Tlicologal de Seez avoir obmîs dans Cs première horreur pour 
épargner cette confufion à ceux qui la dévoient fouffrir , mais qu'il a fallu enfin rappor- 
ter icy tout au long: afin de voir h lafoufFranttoutdu long comme elle eft icy rappor- 
tée ce fera fans rougir 6c fans y apporter remède ; car quoy qu'on n'amené pas dedans 
cette prifon tous les jouts des garces, on y voit tous les jours & il y a encore à l'heure 
prcfcntc des femmesptifonnieres, qui quoy qu'honneftes ne doivent ny ne peuvent 
eftre honncftement , ny pudiquement (elon les Canons prifonnieres avec des Preftres. 

Siifplimtnt i U fécond* Horreur' ' 

"Le dcvir Théologal dans la a. horreur avoir dit que fouvent ces femmes avec quelque» 
Preftres s'entre repiochoicnt leurs crimes communs, mais il n'avoir pas ajoute qu'vn ptî- 
fonnier reprochant vn jour à vn Cuicd'avoircommis vn crime d'impudicitc , ce Cure 
/uy repartir que c'eftoir donc avec /à femme , ce qui irrita de telle f.içon ce maiyquc 
s'il n'eufteftc arrcftc llfe mift en devoir de ruer ce Preftre ,&voilalavic exemplaire que 
fon mené dans l'Officialitéde Roiien , lei jours entiers fe paflant ordinairement en pa- 
leils reproches &c femblables tragédies. 

Si 14. f Archevefque fe trouvoit donc parmy ces ordures fa chafteté ne voudroit-clle 
pas qu'on cuft pitié d'elle, pourquoy donc fa Grandeur n'a elle pas pitié de la chafteté de 
fes frères qu ilvoit déchirée Se deshonoxée dans cette forte de petfecution ? eft-cc que fa 
Grandeur fe croit cxemte de pouvoir iamais tomber dans vn tel degré d'infortune, 
mais de qui peut-elle en avoir tiré fes affeurances , &c quand cela feroit,en doic-cUe efttc 
moins touchée &c moins mifericordieufe envers fes confrères. 

Supplément ii U troifiéme Uorreur. 

Y avoit-il plus d'apparence que Fon vift ce qui eft rapporte par ledit fleur Théologal 
dans fa troifiéme horreur, à fçavoirrKxj l^eli^ienfes prifonnieres partny des hommes , Cï!" pre- 
neurs à« TdbAC d*ns U prifon d'rn jîtcheytfché , & qui n'auroit creu aulTi toft voir vn Ar- 
chevefque prifonnier parmy ces femmes deteftables que d'y voir ciois Religieufes , eft-ce 
vne chofe qu'on aye veue depuis que l'Eglifceft fondée & qu'elle eft délivrée de la pcr- 
fecution 4es Diodetiens & des Nerons que trois Heligicufes ptijsnmetes paimy des hommes 
& preneurs de tabéc dans la prifon d'vn ^rcherefiihéu 

Maiscft-ccvnc chofe guercplusfupportable d'y voir des Preftres enfumCz de Tabac 



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«ommc des Teflbns depuis le matin fufques au foirdansla prifon de fOfficialIre'de 
RoLic-n,c'e(lcequ'avoitrappoite'lefieur Théologal dans fa troificme horreur: mais il 
n'avoit pas ajouté qu'on y voit cous les joms des Preftres meCmes preneurs de T.«bac Sc 
yvrongnes , 8c n'avoir pas dit que ces milerabies mènent vncvie Icandaicufc devant des 
perlonnes de la Religion prétendue" reformée qui fouvenr s'y trouvent prisonniers avec 
eux, dont la modeftic & la bonne convcrfation comparée avec la vie débauchée de ces 
Preftres a ùk mille fois rougir & mourir de douleur intérieurement ledit fieuc Cuté de 
Vatiervillc de voir ainfila honcede l'Eglile& fa nudité expofée aux yeux de ceux qui 
prétendent n'avoir droit de s'en fcparer qu'à caufe de tous ces fcandalcs ,que refpondri 
âevant Dieu M. FArchcvcfque lors que ce Souverain luge redemandera de fa main le 
fang de ces âmes perdues , pour lefquellcs il avoir refpandu le fien , fa Grandeur fc croit 
elle pas rc'ponfable de tous ces fcandales qui arrivent dans ces prifons qui font ca|.ifcs 
par ces mcfchans Preftrcs,& fouffercs avec douleur & avec amertume par desPrcftrcs in- 
iiocens & perfecutez. 

Mais que dira fa Grandeur quand elle fera informée que mefmele fieur Gougon 
Curé de Martin Eglifc en rendit fa plainte à Ton Officiai, mais qu'il ne voulut pas la re- 
cevoir ny en informer, à moins qu'il fercndift partie , afin de pouvoir ajouter au dé- 
plaifir que ledit fieur Gougon avoir eu de ce voir maltraite , celuy d'en payer encore les 
trais de fon abftinencc & d'en cftre mefme puny en forme de luftice. 

Ledit fieur Théologal n'avoir pas dit toutes ces chofes par ce qu'il croyoit que celV-s 
qu'il a dites fcroient fuffifantes pour toucher le cœur de M. PArchevefque.mais fa penfée 
n'ayant pas reuffi, le Cure' de Vatierville à cru eftre oblige d'y ad jouter fes fupplémcos, 
fupprimant néanmoins encore beaucoup de chofes dans la mefme penfée que celles-cy 
feront fuffifantes à cet efFedt, le refervant en cas que non,d'y ajouter ce qui leur manque 
comme par exemple , & pour n'en pas dire d'avantage d'y voir c« mefme Cuvé du Menî- 
reaurae piflTer publiquement au bout de la table après avoir bien bcu , & mefme dcv.mt 
vne fervante , le fieur Cure' de Vatierville rougift en rapportant ces infamies pour voir 
fi ceux qui peuvent y donner remède n'en rougiront pas, pour voir s'ils ne rougiront 
pas, mefme que le public foitinfotmé que le Curé yvrogneeftforty de prifon fix mois 
après y avoir entré pour les fcandales de fa vie, fix mois après y avoir continue fa vie 
fcandaleufe, & cnhn qu'il en fortit abfous & renvoyé faire les fon<îtions dedans fon 
bénéfice lailTant dedans la prifon ledit Cure de Vatierville huit ans durant pour 4Veir et 
dit-on, tafté fi fis poults »nt rœuf & fdt fes immondices J4>is l'ejiablt dtfes c»chons. 

Si M. {"Archevcfque eftoit vn jour réduit à de pareilles cxtrémitcz, combien de fois 
fa Grandeur ne s'efcricroit-cllc pas avec exclamation, quoy fouler aux fteàs l'Oingt </» Sti' 
^netir,fouUr aux piedf l'Efpoufe dt le fus Chrift les Jethonerer les couvrir Je cenfufian & d'oppro- 
bre : eft-ce la vn feu defccndu du Ciel ? cft-ce là vn rele de jufticc , par lequel le Cure' de 
Vatierville innocent cft cxpofc àces rigueurs Archicpifcopales. 

Mais fi vous y ajoutez celles de fon cachot que ne dira-on pas de voir FOingt du Sei- 
gneur enterré tout vif huit ans durant dans ces tencbtes^c'eft le fujet de la 4. ^. Sc 13. hor- 
leui rapportée par fieur Théologal. 

Supplément ^U fiudtriimt 9. Iz. <&* IJ. Horreurs. 

Le fieur Théologal avoît tâche de rapporter avec quelque fidélité cts horreurs des 
cadiotsou les Preftres innocens font entêtiez dans les prifons Archiepifcopales pour y 
(bufiiir la pénitence des crimes qu'ils n'ont point commis , mais il n'avoit pas ajouté c-e 
qu'on peut dire dedans le Supplément. 

Par exemple que dans le cachot du Cure de Vatierville eftoît couche dans vnlit touc 
proche du fien , vn fale Curé qui eftoit yvrc depuis le matin jufques au foir qui faifoit 
lesordures dans la paille fur laquelle il eftoit couche', & fouvent vcnoit dégorger ce qu'il 
avoir pris de vin Sc autres alimcns par exccz dcflus le lit dudit fieur Cure 3c Vatiervillc, 
cft-ce parmy ces faletez ejue fOint du Seigneur doit ejirt réduit , par la luftice , & par le zclo 
de Mcflîeurs les Officiers de FOfficialité de Rolicn, quand il arrive que cet Oingt </*» 
Seigneur n'cft qu'vn fimplc Preftre ou vn Cure , & fi l'Oint du Seigneur eftoit vn A rchcvef- 
queou vnEvefquc, voudroit-on fouffrir qui[ (afï deshonoré couvert de c»nfuji0n& d'op- 
frokre , de cette forte , quoy fonction du Seigneur cft-ellc fi différente entre vn fimple 
Preftre & vn Archevefquc , que ce ne foit pas vn grand mal de voir /'0;>// du Seigneur, 
quand il n'cft que Preftre, cftrc réduit à vivre dans la merde & en refpircv la fumc'c mck'e 



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5^ 

avec fon pain pendant que l'Oiti^t Jh Selftitur , quand il eft Evefque ou Archevefque vît 

dans les dclices parmy les parfums & les fleurs. 

On fupplic M. f Archevefque de ne s'eftonner pas de ces termes de meriie , defaleté 8c 
de pourriture qui font mal au cœur, mais de per.fcr que fi fur le papier ces termes font fi 
mal au cœur , quelle doit eftrc l'infamie de cette cruelle pcrfccution pour des Prefttes, 
lors qu'ils la foufïrent en effcncc , & en y penfant n'oublier pas tellement qu'il eft hom- 
me fuiet à toutes les difgraces de la fortune comme les autres , qu'il n'ait de la pitié' de 
ceux aufquels, elles font aduellement arrivées; & fur tout lors qu'ils for:t innocens,lors 
que leur innocence lay eft connue, comme il connoiftcelledu Curé de Vatierviile, 
lots que leur difgrace n'eft qu vn effeft d'vne puiflancc injufte , qui pour fcrvir à fes dcf- 
fcins a trouve' moyen d'employer mefme l'autorité de fa Grandeur. 

Et qu'elle ne dife pas s'il luy plaift que toutes ces horreurs de prifon n'arrive pas aux 
Preftr.es par foa ordre, parce qu'il faut que fa Grandeur foitinformce qu'elles n'arrivent 
qu'aux Prcftres qui n'ont pas d'argent quelques innocens qu'il foient, parce que leur 

fjauvretc leur eft vn crime toujours condamné au cachot dans l'Officialitc, pendant que 
es feculiers admis dedans cette prifon quelques yvrongnes qu'ils Ibient, & les garces 
mefme fi elles ont de l'argent occupent dedans la prifon les lieux les plus, commodes , & 
les chambres les plus honneftes , & la raifon eft que la Conciergerie cftant donnée pour 
recompcnfe on peut eftre melme pour prix d'argent devant faire du revenu au Concier- 
ge il ouvre fa porte à tout autant de feculiers hommes Se femmes de quelque vices, 
mœurs qu'ils foicnt , quoy qu'elle ne dcuft eftre ouverte félonies Canons que pour. y 
admettre des Pceftrcs , il confine fes Preftves pour Icfqucls feuls il devroit eftre concier- 
ge dedans fes cachots & met des gaices des fols & des vicieux indifFeremment,lors qu'ils 
ont de ïirgenz dans les appartemens qui ne dcvcroient eftre occupez que pardes Eccle- 
fîaftiques , ainfi c'eft de cette avarice mefme & de cette injuftice dont Mi.>nfeigncur ne 
fe peut pas tout a fait fe dire cxcufable du moins crt cftant àveny comme le Curé de Va- 
tierviile ne prétend rien autre chofe finon qu'il le foit après cet efcrir. 

Ilfupplie fa Grandeur de fc mettre en fa place pour vn moment dans fon cachot par- 
my cette mcrdCjd'vn cofté fe reprcfeii ter dans vn autre cachot,ou vn fous ou deux garces: 
car on met les foux auffi bien que les garces indiffcrernment dans la prifon de l'Officiali- 
téde Rouen avec les Preftrcs , & il y en a preiéntement quatre aduellement dont Fvn 
cftvoifinduditfieur Curé qui prend du Tabac toute la jouvnce & félon les Lunes luy 
fait vn bruit perpétuel , faurre defl'us fa tefte p^fTc- iouvtuc deilus fon lit , de f autre cofté 
eft quelquefois quelque autre foux ou quelque garce, comme il y en a eu quelques vnes 
couchée, ou quelque femme mariée ou quelques autres y vrognes pdlT.int tout le jour Sc 
la nuit à dire milles falc:cz& ordures de paroles, en confcicncc fi M. FArchevefque 
avoir à dire fon brevicre quelque fois dednnsce cachot y trouveroit-il point l'Oin^t Ja 
Seigneur , cftrangcment déshonore' dedans la perlonnc. Hc ! mon Dieu pourquoy ncfc 
trouve-il donc pas deshonoré dans celle de ton confrère ie Cure de Vatierviile. 

Mais fi ces yvrongnes pafloicnt jufques &: l'e-xtremitéde rompre les bras à fa Gran- 
deur ou faire quelque autre choie pareille , comme en effet il s'en eft trouvé vn qui a 
rompu le bras i/^/o /jffo audit iîeurCuré de Vatierville,faGrandcur nourie délicatement, 
touchée de cette douleur & de ces blefteurcs,s'efcriroit-elle qu'elle eft ÏO'mt dit Stigneuff 
fur lequel ccft vn gtand péché de mettre les mains violentes ,Hé ! mon Di. u que n'eft- 
ellc donc de mefme fenlible aux dou\eurs-ôi aux périls de fes frères Oingts du Seigneur, Sc 
traitez devant [es yeux avec cette indignité. 

Car fi de pareils accidcns n'arrivent pas tous les jours ils font fouvent près d'arriver, & 
ils ne dépendent que de la difcretion d'yvrognes ou de foux qui bien loin d'en avoir au- 
cune ont perdu l'vfage de toute raifon, 8c c'eft parmy ces Autruches & ces Dragons pour 
parler avec le Patriarche lob que le Cuvé de Vatierviile à des-ja pafté huit ans fans pré- 
judice du {titp\us frater draconum (rjoicus Sthriuionum. 

Mais tandis que nous en fommes lue les toux s'il font fouffiir pcrfccution à ceux qui 
vivent parmv eux dans Ips prifons de POiScialité , par le mal qu'ils peuvent taire , le mal 
qu'ils y fouffrent eux mefme ne tourmente pas moins ceux qui les voyent , & qui n'ont 
pas perdu les fentimens d'humanité. 

Cal le fieur le Curé de Vatierviile par exemple en a vu vn ccctc année dernière après 
«voir dans tour le foir avant que de fe coucher, fe trouver le lendemain furies onze 
heures avant midytrcfpafTant de froid tout feul dedans vne chambre tout couvert de 
fang & de phyes qu'jls'e/loic faites luy melme la nuit en le débattant , cependant ce 



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5^ . \ - 

fou>: n'àvoit perdu-qu'à demy l.i raifon avant que de pcidre la vie , &c auroït peut-eftré 

cftc.' ' npiible de recevoir Ces Sacremens s'il cuft eftc' fecomu à propos , & qu'il cuft efté 
, îlans vil ;uitic lieu que POfficialitc' qui n'efl: pas dcftinée pour ces fortes de (oins. 

Or que M. FArcIievcl'quèfcrepreCence s'il luy plaiftpour vn moment cet objet trifte 
& lumibic devant (es yeux ÔC qu'il juge fi tette forte de perfccution des yeux & des oreil- 
les coiuie Vhumanite n'efl; pas sncorc quelque chofe de plus touahant & plus cruel que 
et qu'on a dit julques ky. 

Cependant c'efttous les Jours de mefrtiè ou qUelqde chofe de pareil ; car ledit fieut 
• Cure de VatierVille à encore vil Vti auti'e pauvre miferable dont les pieds gelèrent telle- 
ment l'iiyvcv par faute d'eftre fecouru & affifté comme il auroitefté dans vnHôpital qu'il 
luy fallut couper les deux pieds , que fâ Grandeur faffe donc vn peu de reflexion" qu'elle 
■vie peuvent mener dans cesprifons des Preftres fpedtateurs perpétuels d'accidens fi fu- 
ncftcs, &c qui ont perpétuellement ces images perfecutantes devant les yeux & dedans li 
pcnfee , & quels criiiiCs il faut avoir commis pour les expier pat vnc fi longue fuite de 
cruautcz. 

Mais fi ces crUàutczdeVliirent le cœilr qiidlicl oti les voit foufFrir à des malheureux 
qui ont perdu la raifon ,qu'cft ce donc que de les foufFrir foy mcfme dans fa perfon- 
lie comme les a fouffertcs ledit fieur Cure' de Vatierville : car il faut fçavoir que 
dans la mcfme année il eut vn pied tellement gelé' qu'on nlift en délibération s'il le fal- 
loic couper pour éviter la mort , mais ce quieft de plus horrible S: de plus e'pouvcnta- 
ble à s'imaginer , c'eft que depuis cftant malade d'vile colique nefrçtique accompagnée! 
d'vnc fit'vre continue qui le mit en danget & petil de mort , ainfi qu'il fut attelle par le 
Médecin & Chirurgien en reprefcntant cette attcftatîon à M. l'Olficial; quelques priè- 
res inftantcs qu'on luy puft faire jamais on ne put obtenir de luy permiffion pour le 
transférer à l'Hôpital avec caution de le rcprefehrcr , parce que ledit fieur Officiai avoir 
peut de dc'plaire au fieur Prefidentd'EftalVillc auquel il renvoya ceux qui luy en avoient 
parlé, &qui ne voulut jamais y confentir qu'à condition qu'il luy remettroit entre les 
mains le beneficc,quj cftoit caufe de toute la perfccution; ce trouve-iJ^lus d'inhumanité 
^ plus de barbarie, dans la barbarie mefmc parmy les infidèles «feparmy des Payens!' 

Qooy! eft-ce que dans l'Eglife il fuffira d'avoir déplu, à -^a. Pïcddcttt à îAoriier eit 
luy demandant 127. livr. qu'il doit par juftice pour mériter des chaftimcns fl rigoureujc, 
& que pour fervir à fa paffion & à fon avarice , il dmployéra quand il Voudra l'autorité 
(Vvn Archevcfquc poUrperdi'e vn Curéirinocertt, & le punir huit ans durant d'vn fup- 
plice qu'on trouve trop grand pour les plus fcclerats que lesOrdottnanccs rtiêrae defFcrl-* 
dent, de macérer par cette longueur de prifon , eft-ce que l'honneur & la vie des fimples 
Preftrcs & des Payeurs du fécond Ordre font devenus auioUrd'huy le ioiiet & le dîvertif^ 
fementde leursEvefques,& de leurs ArcheVefqufs, & que comme Herodc auttcfois 
condamna le grand faînt lean Baptifte le miracle & le prodige de fon temps ^i perdre la 
telle, leulement de peur de contrifter vne danfeufd &c vne Dariolerte conlme dit FEvan- 
gclifte S. Marc,2\tfl/»;> eam contrifiare,ftd Miffo S^iculatort pracepit afferri C4put eius in Sf- 
ce à' de<:<iU«i{ euttt itt cdMrc ^ attfilit cnfiitiiui in di{ib& didit ill»d puelU , de mcCme 
iànç pourra nt faire vne entière comparaifon de peur decdntrifter vn Prefidentlniufte, 
vn Archcvefque fans autre fa<Jon luy accordera l'honneur Se la vie d'vn Curé fidclle dans 
fon miniftcrc , & dira froidement & fans s'efmouvoir qu'on le mette en prifon , qu'il 
foit dans vi! cachot, qu'on l'enterre tout vif, qu'il y pouriffe dans l'ordurc.qu'on fafle lé 
degalt dans fa maifon , qu'on arrefte fes tevenUs , qu'on rctradchc fes vivres , qu'on luy 
ortc le iour , qa'il vive dans la merde , qu'il y vive s'il peut , & qu'il y meufe s'il ncpeati 
vivre de la forte huit ans durant, car il ne falloir pas contrifter M. le Ptefidentny dite 
la vérité contre >îo{Teigneurs : Holuit eam contrijiitre : car il eft certain à voir tout le pro- 
cez dudit Curé de Uatiervillé qu'il ne paroift point que fes lUges àyerit eu pour le con- 
damner à toutes ces horreurs aucune raifon qui foit plus ferieufe que celle d'Herode 
contre faînt lean Baptifte, Koluit eum cùntrilt*re , c'e!k qu'ils n'ont pas voulu contrifter 
M. le Prefident, c'eft qu'ils ne luy ont pas voulu déplaire. 

C'eft que M. le Prefident s'eftoit engagé dans cette affaire , il y eft engagé d'honneur 
dit-on , eft-il iufte qu'vn petit Curé de village , refifte à vn Prefident à Mortier, & falîa 
ces comparaif jns ? il eft bon qu'il ferve d'exemple , Se que fort apprenne à de fimples 
Preftrcs à n'av jir pas de volonté , & ne prétende pas tenir le fort dedans vn bénéfice, 
quand vn Archevefque iugera qu'il n'eft pas à prdpos qu'il y demeure davantage , contré 
le gré de M. le Prefident ô£ luy apprenne à n'en demander pas d'autre raifon que celloi 



i«Wi 



' 



54 

de fou bon {)laifir,il fuffic que fon Archevcique ou fon Evefque jrefponde Ae leurs 
adrions devant Dieu fans qu'il foicnt obligez d'en rendre nifon à vn^etit compagnon 
qui ne fait pas figure dans la. Hiérarchie, èft-il en prifon ditM. l'Aichevefque ?a-oa 
exécute' mes ordres î* que dit-ii ! eft-il point fuipris ? le ttmslt fourra faire ftige , il f/tt4t 
le Uiffer tntitrir : Car ce font les propres termes de M. FArchevefquede Rouen,&da 
fleur Prefident au fujetdu'lit fieur Cute'dc Vatierville, en vertu defquels termes fans que 
la douceur ny la tranquilité fupetficielle de fa Grandeur en ait para e'meuë , ce fimple 
Preftre a cfte' retenu julques icy dans fes prifons abominables. 

Voilà vne partie de ce que le Cuié dç Vatîerville peut ajouter pour fupple'ment aux . 
treize horreurs des prifons de l'Ofticialitc de Roiien rapportc'es par le fieutTheologal de 
Sccz dans fa troîfie'me Requefte à M. FArchevefque , laifTant le relie à quelque autre oc- 
cafion qui fe prefcntera dans la fuite de fon affaire comme par exemple de ce qui legar-» 
de le cabaret perpétuel qui fe tient dans cette prifon, ces chanfons diflolucs , ces violons; 
& ces vieles & ces joyes infernales , dont les yvrongneS de la ville viennent faire infulte 
àlamifere&à ladouleurdespauvrcsPreftresprifonnîers,&: meflcr leur mufique im- 
por tune & prophane avec leurtriftcffc & leurs gemiffemens , qui eft vn genre de fiip- 
plicc encore plus rigoureux que ceux dont on a jufques icy parle 7nuftc4 in luth impirru- 
na narratie ; qui eft le fupple'ment de la dixie'mc horreur rapportée par ledit fieur "Théo- 
logal , mais ce ne fcroit jamais fait qui voudroit les rapporter toutes. 

Et il faut confeffer que quelques cruelles que foient toutes ces horreurs & leurs cir- 
conftanccs marquées jufques icy, elles ne feroicnt point afTez cruelles pour punir le cri- 
ïne d'vn Preftre qui auroit rcvelé les confeflions , comme le Curé de Uaiiervillc en e'ft 
accufé fi ce crime eftoit véritable & prouve' cauoniquement, mais fi ce crime eft donc 
fauffenvetvt impvité à ce Preftre comme on le fait voir plus clair que le jour , fi cette ac^- 
cafâtion eft vne pure calomnie plus clairemenr vcrifie'e que n'ont cfte .celles que Fon a 
faites contre le fieurEymerc & contre M. d'Alet, qu'elle compaffion ne devoir donc 
pas avoir M. FArchevefquc de voir daps fon Dioccfc vn Curé traité de la forte pour rn 
crime qu'il n'a jamais commis. 

Car il foutient que c'eft le feul dont il eft aCCufé qui metîtecoit le fupplîcc qu'il a fouf- 

fprt s'il eftoit veritable,&: c'eft ce qu'il fuplic fes luges & fes Lecteurs de remarquer dans 

toute la fuite de fon interrogatoire , & dans les 35. articlas d'accufation qui font alle- 

gue's contre luy dont la plus grande partie , comme il a efté dit ne font que frivoles & 

ridicules, & encore avec -cela fauffement à luy imputes & calomnieufcmcnt, Fautre 

partie fonr des articles fi legers,quc quâd il Icroient aufli véritables, comme ils ne le font 

paSjilsncmeritoient pas de donner le fouet à vnefcolier de frxicme, &quoyque la. 

derrjierc partie des ces articles en comprennent pluficurs qu'on puiffe appeller impor-r 

tans pneffedb s'ils cftoicnt prouvez , néanmoins on peut dire queceluy qui parle de la 

révélation des Confefliions eft le f«ul fur lequel on cuft peu légitimement & avec raifon 

pofeï le foiidcmeac de h fentcace qui a edé renàu'é contre ]cdit fieur Coulon Cure' de 

Vatierville , & par confequcnt que ce fondement de calomnie & de faux tefmoignage, 

eftant détruit par Fevidcncemefme dclaveiité toute cçtte fcntence n'cft qu'injufticr, 

qu'iniquité, que violence , que furçur Se que cruauté. 

Auffi c'eft pour cette raifon que le Curé de Vatiervillç s'eft rendu fi long dans Fexa- 
men de cet article , &C qu'il en a voulu deftruire la calomnie & la fauffeté par tant de 
taifons , & par tant d'c3temples,afin qu'ayant renverfé tout le fondement de feccufation 
fauffe ôc de la fentence donnée contre luy , il peuft avec plus de facilité & de brièveté 
paffeF comme il fera dedans la fuite à Fcxamen des autrçs articles pour en faire voir la 
îauffeté S^ hi calomnie. 



Du* -4 5 . 4rtiel( ([Ut Mit Cftré s'efl (ruionny i J4 Cerifejiion. 

Car quelle probabilité peut avoir , par exemple Iç 2^. article d'vn nommé Trolé qui 
s'eft imaginé que Fappellant , f entendant àt confeffe s'eftoit enilarwy , puis luy a donvé l'ab-- 
/r?/*»^/fl» , n'cft-il pas aifé de voir que cet homme eftant vnique qui dc'pofe d'vn tel fait, 
ifontçmQÎgnage eft non feulement nul de droit , -vox yniusvoxnulliiff : mais que cette 
jmaginaiion n'a nulle vrayç fembknce , aufli n'eft-elle qu'vn efFeft de la mauvaife vo- 
lonté de «tefmoin, lequel outre qu'il eft feul, eft fcrtpier Judit Gremonsqui eft cou- 
/ïngertnaindudit Vicaife prétendu ch»fle, ^ de plus ledit Tjolé convaincu de fauj; 



L. 



aiÉMMI 



mÊÊm 



=*^ 



Colliifîon 
des Inccs 
rvcc les 



55 , 

temoîgfiags comme on verra c y aprcs au cinquième chef. 

XIV. 
De Tont^iéint articlt d'avoir dit la Tde[ft Apres mitly. 
Mais pour ce qui cil: du Sacrifice Ac la Mcffe dans f ii. article il e(i3.ccu[éI.iVoir 4lt U 
TvJeffe aptes niiiiy,cùmc certes digne d'cftrc puny d'vne Sentence auffi rigoureui'e que cel- 
le qui a elle' prononcc'c contre l'appellant , ôc qui rendroit tous les jours bien des béné- 
fices vacans dans la Cathedrallc de Roiien, aulTi bien que dans celle de Paris & de beau- , 
coup d'autres , fi cette Icvcrite canonique y eftoir exercée ^ mais qui ne peut'avoir aucun 
efFeil contre Fappellanc , par ce qu'il nie ce fait & foutient que le te'moin ne peur en • 
avoir connoiff^mce exafte ny cerraine , veu qu'il n'y a ny Horloge ny Cadran dans (a Pa- 
roiffe où l'on puiîTe voir s'il eft après midy,&: par confequent lefdits tefmoins rapportans 
ce fait do^t ils ne peuvent avoir connoifllmce exadie font manifcûemcnt faux tc'moins, 
ces te'moins font les nommczjyirf/o &tn viitye ItmmméCmnie»; fliiViontGrewotis, Tàuton,c]u\ ^'"^ . 
dc'pofe que leditCurc' l'a dite à midy,ce qu'il ne peut fçavoir non plus exaftcment,cc qui Ma"o. 
devoir obliger ledit fieurAubourg à demander aufdits témoins comment ils pouvoient ^"jin'^f- 
fçavoir qu'il eftoir après midy.ou bien midy precisc'mcnt &par qu'elle raiion, parce qu'il pi'l^y^on. 
ne fuffic pas félon les Canons à vn te'moin de dite & d'alléguer vn fait, s'il ne rend railon f "i'i="- 
comment il en a connoiflance, &f/?/;rc^>^HmenrHrti leftes non efferecipiendos ejtii dicunt fi 
rcm/cht^nifi (jualittr & vnde noverunr dtcUrtnt^sil^if' in c. fi hahes i4.(J-5' ^infi le luge n'a- 
yant pas intcrrogtf les tefmoins fur toutes les circonftanccs à marque' par là rtianifefte- 
tnent fa colludon avec eux , n eftant-^'aiUeiirs vray fcmblaWe que ledit appeUant au tar- 
de' fi long rems après midy à dire la Melïe qu'on aye peu s'en appercevoîr à Nombre de l'E- 
glife ou aux arbres, mais ces forresde te'moins inutils contre l'appellant en bonne ju- 
ftice, ne Je doivent pas eftrc pour fa juflification, par ce qu'ilsfont voir dans toute cette 
rapfodîe Se ramas de cKofes controuvees Vne affeftation vifible & du ïuge à recevoir telle lémoins 
dcporuions, & des témoins à les faire , pour confpiter tous enfembïeàfaperte. Cit 
cequ'ilya de remarquablecft qu'on accufe i'3ppcIlant/rfVi"V<//>/<*;Wpy7p/#/>rww/^>, & 
qu'il la difoit fans obligation , fans rétribution & par dévotion pure, or peut-on con- 
cevoir qu'vn hommepardcvotion voulut faite quelque chofe qu'il fccuteftre contre fa 
çonfcience & dcffendu pat les Supérieurs. 

XV. 
Dttiç. article ctavah dit U "Mejfe dprei Je jeûner, 
Erîlencftde mefme du ip, article oùil eu 3cciifc d'^veir Jit /4 jyleffe Apres t/ejeuteri 
Carnel'ayàntdîtecejour là que par pure dévotion qu'elle dévotion defefpere'e fepcur- 
pn imaginer dans vn homme de commettre par dévotion vn tel facrilegc,il ne faut point 
croire félon lesCanôs à des te'moignages s'ils ne font e'clairez par la lumière de la fraye 
/çmblancc, reSpici oporttt tidjinctram fejiimomorum fidevt &ttfifmonia quihus potins liix Tf- 
. r»r<«t»j 4/îjlif .c.^«^ej 4. <|.z.Oi qu'elle vtaye femblancc y a-il, qu'vn Preftte aitvoulu 
dire Ja Meffe par dévotion & fans rerrîbution après dcjuncr. 

AulTi ce dernier crime n'eft pas dépofè directement contre luy, mais feulement tîre' 
l^arvneconfequence tout a fait impertinente d'vn fcul tefmoin nommé Charles Cuinier 
dit dit iofVjValet dudit appellant & convaincu de faux te'moignagc cy deffus lequel enten- 
dant de loin fonner la cloche de fEgUfe,vn jour du mois d'Aouft de fanne'e id<îi. 
fans dire 'quel cftoît ce iour dit que le fieut Carnaval qui eftoit en fa compagnie , 
fpppofant que c'eftoit le fon d'vne Méfie , comme fi on ne pouvoir pas fon- 
ner quelque autre Office, ledit valet dift que cène pouvoit pas eftre fon Maiftrc qui 
dift la Meffe , parce qu'il avoir de'jeune' avec eux , & néanmoins il iefi trouvé dit Jedit Cui» 
nier que c eftoit ledit Curé qui difl U "Méfie ,& qa'Untoineylal» luy aifait aidé ainfi que luy difl 
tutp ledit Tiialo ,C\hicn que ledit Cuinier n'en fçait rien que par ouy redite, & ledit 
■Malo dans fa depofition dira la vérité qu'il/iida audit Curé % dire laMeffeimih ne diftp oint 
quel iour & quelle heure , n'y qu'il ait vu déjeuner ledit Curé avant que de dire la Mef- 
fe , esr ^/V <j«e les 'Paroif^iens qui ejîoient aux chamf s avoient demandé aux valets duditCuréce 
que Confonmit , ce que ledit Malo ne peut non plus fçavoir que par ouyr dire cftartt 
comme il dit à FEglife lors que ces Parroiflîens doivent aînfi qu'il dit avoir interrogé lef- 
dits valets à la campagne,eft-il poflîble,que le ficurAubourg veille faire écrire & rccevoit 
de telles dépofitions?mais eft-il poffible que les ayant receues il en veille fur des ouy dire 
faire le fondemcnr de fes Sentences, qui ne peuvent pas,par confequent avoir vne plus 
grande folidité , & par confequent lefdits Cuinier, & Malo rapportans comme certain 



^ 



di 



Milignité 
Crcmons 



cuinîes & vn fait dont Us ne peuvent avoir connoîffance exafte pour rendre fufpeft de ce crîmft 
Maio faux {^^[i Curé-fout cncorc en Ce't article manifeftement faux tefmoins. 

lermains* Y V I 

Di4 ï^. article qtiv ledit Sletir Curé <i dit U Jiîeffe fans faire Vélhation Ju Calsct. 
Le fait cft rsportc par crois témoins qui difenr l'avoir ouy dire, à fçavoir les nommez, 
Wrf/o , flHvion , & Citynicr , tous trois convaincus cy-defTus de faux témoignage conSme 
ils le feront encore cy-.iprcs au cinquième chef de nullité. 
, Et par quatre autres qui difent l'avoir Veu , à fçavoir Trolé , Grtmons jDavtndnville, &, 
Toulon , aulli convaincus cy-deitus , & cy-apres de tauji te'moignage en autres articles. 

Mais quand cet accident feroit quelque fois arrivé audit Sieur Cure' comme non , y » 
îl aucun Preftre à qui il ne puifle arriver, ou quelque autre pareil , & qu'elle ccjnclufîon 
en devroit l'on tirer fi on n'avoit point d'intercft , ou de volonté de perdre Vn Preftre , ft 
non que le trop d'attention qu'il a au miftcredont il eft le mîniftre , luy peuft caufet 
quelque diftradiion dans les cérémonies , c'eft fvnique penfée que des gens équitables 
qui voudroient éviter les jugemens téméreres , pourroiem faire en pareille rencontre. 

Mais ledit Gremans ftiux témoin en juge bien autrement , car il dît qrte tout U peuple mur-' 
rnurcitfort, doutant fi c'ejloit par ouLli^nceou pt^ n>e fjiris & méchanceté, fi bien que félon 
luy il ne fe trouva aucun paroiiîîcn qui en iugeaft en bonne part j ce qui marqucla ma- 
lignité dudit Gremons Se d'autres conjurei avec luy à la perte dudit SicUr Curé. 

Car pour faire coAinoiftre que ce n'eftoit ny par mefpris ny par méchanceté , ledic 
Davenanville & Foulon difcntcjcprcffement que ledit Curé s'eftant apperçud'y avoir 
manqué fitt en fuite ladite élévation , ce qui fait voir manifeftcment que ces fortes d'ob- 
milTions font innocentes de fa part, ôc ne peuvent eftrc mal imerpictces ^uc par fcs cn- 
i\emis. . ■■ 

XVII. 
Du ^o. jlrticle qu'il c'efi en^àrrny lori de I4 Ctnficratitn vn Demy quart d'heurt. 
Martgnité Non plus que ce qui eft raporté par LaUrem Mortagne convaincu cy.devant,& cy-àpres 
Mnm"i\e* ^'^ ^^"* témoignage, que lors de la confecration, ledit Sieur Curé s'appuya vnjour fUr l\Au- 
lémoin. tel, en ce conibant là te fie CP" fuft bien en cette fefiurevn demy quart Â^heure, ne f^ait s'il 
dertnoif, ouce qu'il fai/oit.' 

Car fi ce témoin n'euft point efté envenimé cohtre ledit Sîeur Cure' h'auroit-il pas 
Creu quand mefme ce fait fci-oit véritable que le Sieur Curé à ce hioment de la Confe- 
cration feroit demeuré recueilli vn peu plu3 long-temps que l'indeVotion dudit dépo- 
fanc, n'auroîtfouhaité, attentif à la grandeur de cemyfterCj ce qu'il pouvoir faire avcd 
d'autant plus de liberté que le témoin dit exprcffémCnt que ceftoitvn jour ouvrier au- 
quel à la compagne fort pcudeperfonnesafliftent àlaMefle,peut^onfur detclledc-» 
pofitions condamner vn Preftre à fe deffaire de fon bénéfice , parce qu'il cft ttop.atcen* 
tif à Dieu lors qu'il dit U Meffe. 

Xviti. 

Du ^- J-ntcie qu'il a dit la T>leffe fans lumière paffé l'Evangile. 

Laquelle attention paroiftroit encore & tion a;utre chofé dans l'article 35. S'îl cftoit 

véritable à f(^avoir , qu'il a vne fois dit la Meffe , fans lumière paffé l'Evangile , duquel arti- 

Pité faux '-^^ "^ ^"^ trouvaft qu'vn feul témoin nomrhé Vafié, convaincu de faux témoignage cy-de- 

témoins. vant &cy-apres , meurtrier public ,& porteur dcremilHon non entérinée, comme il le 

confcfTcluy mclmeàlacovifrontation detels témoins , peuvent-ils faire preuve contre 

vnCuré à VOSicialité de Roiien & le faire coridamner à fe deffaire de fon bénéfice , mais 

ce qui fait voir fon/aux témoignage fur cette article eft ce qu'il en ajoute que luy dépo' 

fant fift appi^ter dé Lt Imniere ceffant qiioy ledit Curé aurait achevé fans s'apptrcevoir qu'il n'y 

en avait \>oint , ce qui eftant incertain , & dépofé néanmoins comme certain , marque U 

mauvaife volonté dudit Paré & fon £mx témoignage. 

XIX. 
t>e 3Î. article qu'il ne recommande point les fejies. 
Peut-on par exemple de mefme condamncrvn Curérf^e défaite de fon bénéfice, fur le 
rapport du feul témoin nommé Gremons rapportant qm Itdit fieur Curé ne recommande 
point ifon "Prof ne. Le plusfouvent les Fefles qui arrivent fur la fcmaiv.e , non pluf que les jtûntSt 
ce témoin parlant des feftcsenplurier comme ficetre obmilîion cftoit ordinaire, &pev- 
pefuelle audit fieur Curé qui de bonne foy confeffe quelle luy eft arrivée vne leuleibij 
Je Dimanche devant la fcfte de fainr Matthieu, arrivée en fannée Bifextile, au defFaut, 
dequoy il eftoit allé par le maifons avccrit en particulier fe$ Parrwiffiens de garder cette 



,-i 



iiAaM^B 



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57 

ffftc , ce qui fait voir la milignitë diidit démens dans fa dcpofitîon difa'nt que Cet for- 
tes de Euires arrivent audit Cuve' le plus Couvent, ce qui eft faux , aiiiîi ledit Gremons cil 
il convaincu cy deffus, &: le fera encore cy i aptes en d'aucies articles de taux témoi* 
gnagc. 

ï)ii 34. article que ledit Curé d oljinis de faire la 'Ptocfpon h jour de P,tfqu(i 
autour des Fonds. 
Ce qui efl: manifcfte' encore parce c^ue dit ledit Gremons dans ï Article 34. que ledit 
appellant n'a point f.tit la 'PraceJ?ion k ]oiir ^Cpj/tjttcs autour da Feitls : car fl ce fait tftoii; 
Véritable , feroit-il poflîble que tous les tefmoins qui ont depofé contre ledit Curé , &: 
marqué tant de faits de nulle importance euffent ignoré ou voulu taire celuy-là , fc que 
de tous les Paroillîcns qui ont efté folicitez par ledit Gremons & toute fa famille con- 
tre ledit Curé , il ne s'en fuft pas trouve vn feul qui euft voulu rap^^orter ce fik avec le- 
dit Gremons comme en effeft aucun ne le rapporte , ledit Gtemons en cftant fcul 
tefmgin» 

Par tout kfquels articles aînfi examinez jiifques îcy , il paroîftque ledit fieurCuré 
eftirrcprchcnfible. T. Surle fujet du Sacrement 'de Pénitence, z. Sur le faint Sacrifice 
de la Meffe. 3. Sur les ccienionies que l'on çH oblige d'y ohicLvei; 

Comme par exemple lors qu'il efl: dit au 20. article , qu'il .< obmis de faire la Vrocefion 
les Ve(}fs & Dim.tricbss , ce qui eft rapporte pat cinq faux tefmoins ; à (cavoit Gremoits, 
l'roir, Tlity'ion, V.tit & Bo»»«r« , convaincus cy devant tous cinq de faux-rcmoignage , &c 
qui le (cront cy après ; or leur tefmoignage efl: faux dans l'article prêtent non pas tant 
en ce qu'ils difentjCÔme en ce qu'ils nedifenc pas, & qu'ils obmettent malicieusement: 
car cette obmilîion à vne forte de wali^iiité dit le ficur Promoteur d'Alct cy deffus page 
27. au fujet du fieur Eymcre , qui f[| en quelque manière plus odienfe que celle d'vn ptir men- 
Jon^j qui efl qu'on abafe de la vérité me/me pour en comj'ofer vwc impofture en talfant des circan- m'-gnaee 
J})tnces qui rendent entièrement innocent celny qit'en tt vo«/« rendre coiilpabk. **' ■'"'nen. 

Or ce liicnce affecté & malicieux , n'eft pas moins vn £x\.k témoignage klon les Ca- ,. ,é"oi-„s 
nons qu'vn difcours exprés 6c pofitif qui feroir fait contre la vérité félon cette parole de Gremons 
laint Aug. vteyqite reits e[t & qui ventatem occultât , & qui menditcium dttit , qrnin nie fre- vion,Pafté 
dcffe non v:ilt & i(le no:ere défi lerat an. falfidicus de crimine fdlji. Bouguio, 

Il efl: donc vray que ledit fleur Curé a obmis quelque temps de faire la proce/îîon, 
mais ce n'a efté que parce qu'ayant entrepris les réparations de fon Eglife qui tomboic 
en ruine ri avoir efte' oblige de faire .imasdc pierres de chaux, & decailjous autourde 
fon Eglife qui luy empefcKoient de faire la Proccffion , ce qui bien loin de luy dcvoit 
eftre imputé à crime , luy deveroit fervir de louange & de juftification contre fes enne- 
mis, lefquels ne pouvant avoir obmis dételles circonfl:ancesque malicieufemenc, il s'en- 
fuit félon les Canons que leur filence eft vn véritable faux témoignages, in tacendi frau- 
de pro tenere veritatis & finimid tnentientis invenl<ttity improhitas , eti,i>»feverirati fithiACCAt 
iudicantis 25. q. '1. %. & Ji legibus , il efl: vue fraude dit le Canon qui ne confifte en au- 
tre cKofe que dans le filence , par lequel on fupprime vne partie de la verirc' , & fi celuy 
qui la fupprime en cette forte le fait par vne malignité qui paroifle trop grande, qu'il foit 
puny du Juge avec {evcrité, c'eftàdire comme vn fatiffaire dit la glofe fur ce Canon, 
fi.inititr vt fttlfdrius, & la raifon eft dit S. Grégoire qu'il eft coulpablc de la charité violée 
par fon filence reus charitatis tacendo, à quoy on peut ajouter que non feulement celuy 
t]ui fupprime la vérité dans fa depofition eft coulpablc de la charité violée , maisencO'- 
re autant de la juftice & de la vérité. 

Ce qui paroift encore dans ï Article 17. ou Von dcpofe contre ledit fieur Curé , <]«( le 
jour de S. Sacrement il nitf*it laprocefSion qu après la "Meffe , ce qui eft rapporté par quatre 
tcfnoins à fcavoirleldits Tr#/f, Taté, 'Pluyion& Grimons , mais leur tcfmoJgnage eft faux 
il f.<cfr;(/r/)-.<We/'>»fe«9rcvfn><«A/5,parce qu'ils ne difent pas la vérité du fait tout en- 
tière, qui eft que le pignon de l'Eglife eftant à bas , & les portes ouvertes le S. Sacre- 
ment ny pouvanteftre gardé dans l'Eglifc, il falloir neceffairement dire la Mefle avant 
)a ProcelTîon, afin de confacrer l'Hoftie qui devoir eftre reportée, ce qui ayant efté nva- 
licieufement fupptiraé par Icfdits tefmoins fait paroiftrc que leur depofition eft vn véri- 
table faux témoignage. 

Et il en eft de mefme de tous ceux qui ont depofé au 13. Article que les peiirceatix dud'tt 
jicftr Curé entroient dedans l'Eglife , ce qui eft rapporté par 7. tefmoins, à fcavoir Ualo^Vlu- 
ytoii^ trole, Çuinicr, Qremons,d'^aC( & Cyoiicfé, tous faux tefmoins commeil a efte ver i- 





■ 



5» 

fie cy deffas &le fei-a encores au 5. chef cy dcfTous , mais ce qui fait voir leur faux tef-^ 
nioignagc en cet article,eft qu'ils n'ajoutent pas que fi quelquefois cela eft arrive , ce n'i 
efte que dans le tems que leditpignon de fEglifc eftoic tombe' en ruinej& fEglife prcfte 
tomber de mefme.fi ledit fieur Cure ne faifant encore qu'entrer dans la jolilïTance de fon 
bénéfice, 8c fans avoir eu le temps d'y amafler aucun argent ,n'eufl; commcnce'd'y em^ 
ployer le fien propre pour la refeftion de ladite Eglife pendant laquelle il eiftoit împof- 
u ble de tenir lesjpcrres h bien garde'es qu'il n'y entrait quelque animal, quoy que néan- 
moins vn de ces tefilioins k fçavoir Cuinicr , ait rapporté que du cvfic du fresèlttre la p»rre 
en tjloiï fermée 4Vtc yne cLtyc, ce qui marque la diligence que faifoit de fa part ledit Curé : 
afin que pareils accidens n'arrivaffent pas par fa faute, ce qui eftant bien entendu par lé 
fieur OflicialjS^il eufteftc rapporte par lefdits tefmoins au lieu de luy eftre imputé à blal- 
me luy auroit mérité fapprobation de fon Juge, de voir que n'eftanr pas encore luy mef- 
me logé que tres mal dans fon bénéfice, il avoîc voulu commencer àbaftirla maifoft 
de Dieu avant quedepeiircràlafiennc. ' 
8 faux' té- Eftant donc vifible que félon les Cations le filcncc affedré & maliciéuîc des tefmoîh* 
moins M»- fiifdits ne peut palTer ouc poiir faux tefmoîertaee , il s'enfuit manifeftemenr qu'en re-» 
T oié.cui- cueillant tous ces articles julqucs icy , les luldits reimoms (ont convamcUs d vn ou plu- 
nier, Gre- ficuts faux tefmoiguages au nombre de h\xn'Mtilo,fhvien,Trtlé, Cuinier, Grtmvns il\Anei 

mont, d'A- ./-/,«, / 

rcc Croiié Cïoueje & Vdte. _ . 

t*i4. Mais ce qu'il y a encore de plus confiderable eu qVie les fieurs OfEcial ou Aubourg 

eftoientiridirpenfablcmeni obligez fclon la règle des Canons d'interroger exa«n;ement 
lefdks tefvwouis fur toutes ces citconftances , atin dcreconnoiftre exaftement la vcritéj 
ce que n'ayant pasfait ils ne fe peuvent deffendre en cela de coUufion avec lefdits tef-^ 
tcvovns coVAfçitet contre ledit fveut Cutc , (jnotf MitUt lià tejlej eXrfit»j»)<iw«/ej dit la glofe in^ 
ijHdncio de rejcrip. vt cxujamjul diiîi rtddant alids non valere tefiis dtBum , parce que fi les 
tefmoins avoient efté ainfi interrogez, ili auroient afleurénient rendu railbn de leurs 
dépofitions telles qu'on y euft vu clairement l'innocence dudit Curé , /; fine ejfent intet- 
vvgati reptrirentur idond re'ddere indt rationem àJit\c dnon fi hahtf t/^.tjti.J. 
Collufiot» Ainfi les tefmoins n'ayant pas cftéHuffifammmt interiogcz, lefdits luges ti'oht eu 
dc5 luges cognoiffance que delà moitié des faits, & par confequent n'ont pas peu légitimement 
ptov\oncer fur le tout qu'ils ignoroient félon cette parole defiint Bernard, New pmeji- 
juâicÂïtdetBttqui ttnim n»n rfK^/if Bplft.4î.& celle S.Auguft.. n»7;i/ reprehendas nifiçum 10- 
tum per légère 4f(]ue itafo)t,i[fe minus reprehendés- 

Carpar exemple fi lefdits fieurs luges dudit Curé enflent voulu ordonner comme îl 
f avoir requis vne accefiîon de lieu , ils auroient fans doute remarqué la failflcté de FAr-^ 
ticle 14. ou il eft dit tjiie ledit Curé de fon autorité propre "k vfurpé y ne ptniari dtt Cimetière, ce 
qui eft rapporte en propres termes par le nommé 7H<</b. 

Csc Icfdics luges nucaicnc veu que ledit Cure n'auroit pris qu'vne portion de terre di- 
vifée par vne muraille d'avccle cimetière & qui appartient à fon jardin, par ou il re- 
marqucque ledit M^/o, au lieu de témoin qu'il eft auioit fait le luge&fans avoir con-» 
hoiflance certaine fi le fait qu'il appelle yfurpueion eft vne aftion de juftice ou non,Fau- 
lolt qualifiée decifivement du nom /vfurp4ti»>t , & porté iugement certain d'vne chofe 
cyi'Uluy eftoit incertaine , ce qui ne peut eftte dans vv\ luge , qu'vn jugement temerairâ 
&dins vn tefinoin^qu'vn faux rc/moignagc. 

' Si bien que le nommé Pluvion ayant rapporté dans le mefme fens que ledit Cit>( s'e-* 
fitit approprié v«e portio» du cimetière , ledit Bouguin de meime qu'il * vfurpé vne portion 
tiu cimetière &c ledit Crouefé, le jeuile qu'il a entrepris de la terre d» cimetière , il paroift en- 
core que ces quatre tefmoins, à fçavoir M«/«,'P/«t»<i», Bsw^wm &" Crouefé Com tous faux 
4TMii(tê tcfmeins en cet article ^ dépolans d'vn fait incertain comme d'vne chofe certaine, & 
lo, Pin- marquant leur animofité lors qu'ils Jugcnt,& qualifient dVlurpation vn droit légitime. 
vian.Bou- Cc qiù autoit cfté reconnu comme dit eft par les luges du fieur Curé s'ils avoient 
Je, fait vne enqueftc Canonique pour connoiltre la vente , Icion qu il eft prclcnt au Canon 

inprimis i.q. i. en ces termes, fubtiliier quittendtim ej} & s^enus cnufitis' midusprobutionit 
dili^enter quttrendum ef},ne forte aliqttin centra pradicium inimicitias habiiiffent & vtrum ex 
audit» dixerunt aur certè fefcite f^ecialiter ttfiati funt,deirtdt caufat um qu.ditas ex<tminanda% 
ôccparlcCquelles paroles il paroift que ce Canon veut que les luges examinent très exa-* 
flemcnt les tefmoins, & toutes les circonftances de leurs dépofitions,ce qui n'avantpaS 
cftéfaitparlesfieurs Officiai & Aubourg ij paroift manifcftcment qu'ils fontd'intellî- 
gcticcaveciefditscefmoinspoutauterifcï leurs affirmations faulTes & leurs réticences 



svec les 
fjux iê< 
moinSi 



iâl^iftdiÉ^tt 



«rîminelles eqtt'vAlantes fclon les Canons à de faux tefmoîgnageïk 

Jbe pIujieHrs Htttrts articles ctaccufHtlbn HitditfteHï Curé. 

Pav tous lefqucls faux tcfmoignaG;cs il patoift encoïc quelle foy Pon doit ajouter à 
tous ces ccfmoius lors qu'aucun d'eux dcpofent au 2^. article t^uH a juré l.t mert de Dieu, 
«H tejie bieu , Bloquer "imefoii , Bougin vue fois , Trolt vnefot , Fsulcn q/felquefois fstr plus de Rage ^^ 
cent fois , Greimns quil ve fe foucie point de m.d psrhr des perfonnes, Mtejier des fttuffi:te%^ )»ef~ ^,',"e''"t 
me par jurement, <& pitr après ce dedit, c'ejl vn homme médif.tnr qui bUrne vnclhicun, homme Cuit, 
.jTrfMJ pKrofeqiii qtund il Durott biett des moyens feroit cotnme i/ixhtmet , & abattroit l'KeJife. 

On a voulu rapporter icy cette dépofition de Gremons tout au long pour faire juger 
fï c'cft vn témoin qui parle , ou plutoft fi ce n^eftpas le Diable qui parie par fa bouche, 
'& qui au lieu de dire vérité fatisfair fâ rage contre ledit Cure à dire des iniurcs , fcroit- 
ilbien poiïîble aptes cela qu'on vouluft croire à de tels rcmoins : par exemple audic 
fajié coufui dudic Grentons y tous deux' coufins dudic, Vicaire chafle par ledit fieur „ ^^ 
Curé, toas deux pour ce fujet enragez contre luy , ^ confpirant fa perte , ledit Pafté meutn'er. 
meurtrier public & porteur de remifllon non entérinée, font-cc là des témoins i aoiie 
contre des Prel1:res ? lefdirs Gremons , Pafté , & Troie' , Foulon, & Bouguin convaincus 
cy-deffus , comme ils !e feront cy -après de faux témoignage , & ledit Bloquet avec le- 
c]uel ledit Sieur Curé ayant procez Favoit fait condamner à l'amende,au lieu de s'ellon- B'mrq '«t 
lier donc comme ils ont fauflement, rapporté tout ce qu'ils ont dit contre le Sieur Curé, '^^l""" 
ne doit-on pas s'cftonnet au contraire, comment dans la rage où ils eftoient ,ils n'en 
ont pas dit encore davantage. 

Et fiuf il s'jltonner fi ledit Vajlé , ^it qnil d entendu plm de cent fois ledit Sieur Curé jtirer 
la 7\1ort Dieu , ■& prononcer le mot de Bourre <, Se ledit foulon quelque fois , ce qui eft mar- 
■quédans l'article i4. des ^d.cy-dclTus allègues. 

Et dans f article -^6. (i ledit Pafté, fâccafe [âe hy ^oir confei/fé mefme de tuer va 
homme s puis qu'outre les reproches cy-deffus alléguez , iJ efi rapporté aa pcocez pii\Xii- 
toine vl < ■-» , q -U ! "Ar Pa'.ld , .ty.tnt efié f.iilfé pitr le dit Cui'é dans f( miifon y avait mené unt 
vie fcanddleiife , dont on a fait le 9. article d'acculation contre ledit Sieur Curé , quoy ^ 
que la vie fcandaleufe dudit Pafté ayant eftéimprevcuë pour luy Curé, & en fon abfencc piochabie. 
ne luy puiffe eftre irnpatée , mais audit Pafté feul , comme vn reproche qui le tend indi- 
gne de droit d'eftre receu en témoignage. 

De quel poids dont peut eftre ladépofitiôn èe toirs ces témoins fur de tels articles? 

Sur le 15. par exemple ou il eft dit tiuil a dfmoly les Caris & Baludres d'vne Ch.tppdk _ „ , r 
fans aucune autorité , n ajoutant pas qu us avoient eue leuletaent oltez pour applanir l b- m istuge' 
glife,& puis après remifes au mefmceftat qu'elles eftoient auparavant, ce qui ne peut 'i'^^''^'""' 
fcrvir qu'à faire voir le foin que ledit Curé avoit d'accommoder fon Eglifc &c de la ren- 
dre propre, & ce qui ayant eftcfupprimé par Pluvion qui rapporte ce fait, fait voir ma^^ 
nifeftenrient fon faux témoignage in tacendi fraude pro tenere veritatis. 

Mais ce qui fiit voir encore la malignité dudit Pluvion eft le terme doht 11 fefertpout 
exprimer ce fait dont il depofe à fçavoir que ledit Curé en a ainfi vfé par fon Caprice , le- 
quel terme premièrement eft injurieux 2. eft affed:é & n'eft point vn terme dont les pay- 
fans comme ledit Pluvion ayent accouftumé de ce fervir, ainfi il paroift que ce ternie luy 
a, cfté fuggeré par quclquVn plus habile que luy & auffi mefchant >, mais ce qui fait voit 
que ce terme a efté fuggeré eft que troli autre tefmoîn s'en fert de rtiefitte difant que par 
caprice il a fait rompre tous lesfie^es ^ 6^c» ce qui fait Voir matiifcftcment fon faux tcfrtioi- 
gn^ge auffi bien que dudit Pluvion & leur coûfpitation commune avec Gremons qui 
rapporte aulTî le mefme fiit. 

De quel poids de mefme peiU eftre fur le 14. Article le tefrfioîghage de Charles Triu- 
trel qui depofe qu'ayant trouvé les valets dudit Curé prenant delà Vcfchc dans vn 
champ appartenant à luy dépofant & qui n'eftoir point defadifme, ils lliy avoîentdit 
que c'avait ejlé ledit Curé qui h leur avait commandé delà prendre , ce que ledit Cmi luy 
^voUa le lendemain , en luy demandant pardon , luy promit de la rendre , ce qu'il n'avait 
point fait, voulant par làfiire palier ledit Curé pour vn voleur» eh quoy outre les re* 
proches à rapporter cydcfl^ous contre ledit Mutrel cftant feul tefmoindc ce fait, il ne 
peut pas eftre croyable non plus que ledit Pluvion, difant qu'il a entendu dire aax Valets 
dudit Curé qu'il les avoit envoye-x^ nuitamment quérir des grains à la campagne pour les 
^pportfï à /onVïtsbiten,cç «jui n'eft qu'yn ouy dire non confirmé par aucun defdits 
Valetsi ■ 



\ 



iÊÊÊm 



) 



Non plus que ce que dlfent encore Pluvion & Trolé fur le me(me âitîde 24. '<j«e la 
y.iltts tludlt Cnré & ceux fj«j trav<tillent four luy fe plaignent (juthetienr ler«-f.tl.iire , ce qui 
n'eft confiime'par aucun de fcs valets , mais feulement par le nomme Bloquer depofant, 
<]uayatitferi>y leJlt Curé au mois /jîoiffl lôô'i.'d luy avoit retenu dix efcus , mais ce ref- 
moin , picmicremeiu eft (crviteur du ficur de Carnaval ennemi déclaré dudit fieur Curé 
pour les raifons allcguc'es cy dcffus & cy apres.2. ledit fieur Curé a eu proccz avec labe^ 
le mère dudit Bloquer qu'il a fait condamner en juftice à luy payer (es difmcs.j. qu'il le 
ce ngedia avanr le rcmps , parce qu'il le voloit. 4. Qu| il eft leul tefmoin du fait cy dcffus 
auflTbbicn que ledit Troie lors qu'il fcplcint que ledit fieur Curé luy a renié quatre jours 
quil avoit fait pour luy à terrer ûr chambre , ce qui fait voir que tous ces tén.oins , outre 
les autres reproches ne parlent que par leur intcreftôc par reffentimenr. 

Ainfi ces tefmoins ne font pas plus croyables, lors qu'ils difent au ij. article qu'il 
f4it travailler les Fejjes & Dimanches &" envoyé mefme [es valets att moulin , ce fait eft rap- 
porté par TAalo, Vluvi»», Ctiinier, Oremons, Bouguin, Vatê, FouJon» 

Aquoy ledit fieur Cure répond qu'il eft vray que dans le tetr.ps de la chère année 
eftantaccabléquelqucsfoisdela multitude des pauvresse leur ayant departy tout foil 
pain il avoit cfté obligé d'envoyer fes valets au moulin les faire boulanger & travailler à 
pareilles neceflîtez aufquclics il avoit travaillé luy mefme auffi bien les jours de Diman- 
ches que des Feftes , miis dans la feule neccflîté pour fauver la vie aux pauvres qui mou- 
ïoleni de faim, à f exemple des Apoftres qui ne faifoient pas de difficulté de cueillir des 
efpics pourmanger , & pour fe nourrir aux loursdu Sabai, non plus que Noftre Sei- 
gneur d'y guérir \es maVades, croyant qu'il n'y a que desPharifiensquipuiffentrrouver à 
redire à cette conduite & que c'eft ce qui a pu donner occafion auX faux tefmoins fufdits 
de faccurcr comme ils ont fair, en )»ajoutanrà leur ordinaire comme a fait Pluvion, di- 
fant tjuil ny a point de Fefies ny Dimanches y qu'il ne faffe travailler fts valets , ce qui 
eftant dit fans exception & dans toute fon eftenduc , n'eft pas vray fcmblable ëc ne peut 
cftre qu'vn manifefte faux tefmoignagc , comme ce que Anfaté quileft oY/H^aire défaire 
travailley fes valets les Fefies & Dimanches , Ce qui n'eft pas plus vray feniblable que ce 
qu'il dit comme nous avons veu cy dcffus que ledit Curer/? ordinaire i révéler les Confef- 
JioHS qui font des exaggerations manifeftes&de véritables faux refmoignages , parce 
qu'ils font concevoir les chofes tout autrement quelles ne font félon la vérité, m taandi 
frande pro lenoreveritafis. 
Faux té- Ne difant pas hon plus les chofes en leur enicr comme par exemple quand il cftarrî- 
lU Mai'o' 've qu'en Aouft, lors qu'il faifoit mauvais rems ledit fieur Curé à permis à toute fa Par- 
Phiviotj roiiïe de Travailler à lacampagne quelques jours de Feftes ou de Dimanches , & quefcs 
G'cmnnt ^^'*^^ aurout cftc fcs jours là occupez à cueillir fa difme , ces mifcrabjes faux tefmoins 
ii'-inrt Pi. neferont point àe c)]lhcii]té âe àkeciM'A a fair travailler fes ferviteurs fans marquer au- 
'tô^ZnT^ cune c/c ces circoiiftanccs. 

Et lors que par fxemple vnc année n'y ayant point de Sidre ny aucune boiflbn,ils ont 
-d'eux mcfmes aux Dimanches ou aux Feftes fait bouillir de l'eau avec du fon & font 
paffé au travers d'vne eftamincpour en boire eux mefmes pour leur neceftîté : afin de 
ne boire pas de l'eau route pure , ils ne feindront pas de dire que ledir Curé les aura fait 
travailltr la plufpart des Feftes & Dimanches ^ amaffer du bois , br.tffer du hoitillon & aller an 
j«0M/in qui font les termes dont fe fort Cuinier &: Foulon fes vûets^^ qtnhiefa'it poirt 
de cotifcience Je travailler & faire travailler les jours de ff/î« qui font les propres termes 
deGremons,& vne ex.iggeration vifible &puni{rible,car quand il feroit vray que les 
valets dudit Curé travailleroicnt.ifrcz long temps aux Feftes pour luy en faire vne arti- 
cle d'accufation, il ne pourroit pas eftic vray fcmblable que ledit Curé puft travailler luy 
mefme affcz long tems pour cela, veu que toute la matinée il la pafTcit à confeflct 
& dire la Meffe , & l'apres midy à dire Vefprcs , fie à faire le Catcchif mc,ny ayant man- 
qué aucun Dimanche ny aucun jour de Fcfte ce qui eft de notorité publique. 

Apres quoy on laifl^e à juger fi vn Curé qui s'applique à fon devoir avec ce zèle & cet- 
te fidélité eft capable de ne faire point de conlciencc de travailler & faire riavailler les 
jours de Feftes , non plusquc deconleiller à vu hcmmed'en ruer vn aune te mme ledit 
Paftc depofe (ur l'article 56. que ledit Jietir Cto é luy a conjtiUé de tuer vn homme , lans dire 
qui j quand, nypourquoy& fans que M. l'Officialou Aubourg Viccgerent luy ayent 
donné lieu de s'expliquer fur ce faux témoignage. 

Si bien que s'il en falloir croire ces tefmoins ledit fieur Curé eft vn fuperbe,vn impie. 



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vnbbrphcfmateur, voleur public t\' rnciiicgc, violateur iks Fclîes & Diiium J)C<; re- 
tenant le l.-ilaiic de fes valets , qui dit MelTe aptes déjeufnet , vevclatcuï ck Conùtii jus, 
vn yvions;nc & vn homicide. 

Eli- il poiliblc qu'vn homme quia p.ifle' vingt ans dans l'Eglife en rcputationd'iv.'mmc 
de bien dans vne Communauté' des plus faintcsquiloit dans Paris d:iiis Pcmplov le plus 
fainr i!i à la fuite d'vn Evefque trcs exemplaire, dans toutes les fonctions du Saceruocc 
ioit devenu en dix mois de tems , dans la Curede V.-irierville,lcpkis melchnnt Se le 
plus fcelevar de tous les hommes, enfin vn homme ibvuflci ? & cependant celaeft vuay, 
ou bien il faut que les lelmoins tappoitez jufques icy lo\eni manit'eftement de f Auxtef- 
nioins. 

Cependant M. FOfficial n'a pas crcu que ledit fieurCuicfaftfi fceleiat, puifqu'il ne 
fa condamne' qu'à le deftaire de fon bénéfice , & ne fa pas déclaré impetrable de dioit, 
& néanmoins , il n'a pas déclaré ces témoins faux témoins , ny le dénonciateur, calom- 
niateur ,c'eft à luy de répondre. 

Mais peut eftre que M. l'Oflicial jugeant ledit ficur Cure' innocent fur tout ces arri- 
cles, la condamné à fedeffairc de fon bénéfice pour fon défaut de refidcnce : carapies 
la révélation de coiifeflîon qui eft le 29. article teluy de firrc fidence qui eft le troifiéme 
eftvn des principaux affeurément fur lefquels ledit fieur Orticial auroit piï fonder la 
fentence , fi cet article s'eftoit trouvé véritable fuflifamment pour cela félon les Canons, 
mais c'cft ce qui refte à examiner. 

XXll. 

D'vn des ^rticks frincifuux fur lefquels ledit fienr Officùtl à prétendu appuyer fa Sentence 

injtijie , ifçayoir ^far le devant de refidence eft qui le rroijiéme article des 7,6. 

Et c'eft icyoul'appellant fuppliefesyuges de vouloir f.iirc attention fur lepeud'c- 
quité avec laquelle on Fa traidié dansl'Officialitc , il eft conftant & notoire que de trois 
années qu'il a jouy de fon bénéfice, il ne s'en eft abfcnt*"' pas plus d'vn mois continu à Ja 
fois. La première année pour a/ïiller aux funérailles de feu Ton perc, pendant Jegucl 
temps il avoir laifle fon Vicaire , pour faire (es fondions en fa place. La féconde .muée 
îl fut rcfident fans defemparcv ^ Se la tioifiémc il ne s'abfenia que deux fois , l'\ne pen- 
dant vn mois , pour vne affaire criminelle pour vn fien beaufreve , qui efté obligé de fe 
retirer , ôi ne point vacquer à fon affaire en perfonne, f autre pendant trois ifemaines 
qu'il fut obligé pour Ce de/Fendre foy mefme des violentes procédures dudit Ciciiv PceTi- 
dcnt d'Eilaville de s'aller Jetteraux pieds defa Majcftcpour Juy en demander juftice, 
qu'il auroit obtenue félon les ordres que faditeMajcftéen avoit donnée , s'ils n'avoienc 
point efté éludez par fupercheùe , &luy iccenuprifonniet: contre tout ordre de juftice, 
pour fempefchet de pourfuivre fcxccution defditcs Ordonnances du Roy auprès de fa 
Majéfté. 

Mais ce qB'ilyadoncdeconfiderable eft qu'en tout, ledit appellant n'a eftéabfenc 
que la valeur de deux mois & demy en trois années qu'il eft demeuré libre en poflcfllûii 
de fon bénéfice , & pour des caufes qui ne font vilîblement que trop iuftes & trop équi- 
tables. 

Cependant c'eft furccdeffaut de refidence que ledit fieur Officiai de Roiien à pofe' 
le principal fondement de faditc fentence , par laquelle il ordonne audit appellant de fe 
^Itfialre de fon bénéfice , ce <\ue [edk appellant foutient eftre contre tout droit, & contre 
la difpofirion de tous les Canons, & la difcipline Ecclefiaftique la plus fevere. 

Car premièrement , il fouftient qu'ainfi qu'il eft déclaré pat le Cc^ncile de Trente SelT. 
1-^. c. I. de reformatlone n'eftre abfent que quinze jours ou vn mois,ou mefme deux mois 
& jufques à trois continus & non davantage n'eft point cenfé eftre abfent, parce qu'on 
eft toiiiours prés de revenir tout aulîi toft en voicy les paroles : quonlam autem quialiquan' 
tiîfer tantum abfmt ex veterum Canonum featentia , »«» videniur abeffe, quiaftatim rey/erfiirl 
funt ,facro [anBa Synadus yult illttdabfentia ^atiitmfngulis annts,fiye centinuum, fiTue inter- 
riiptum extra prxditias cauf as , nulle paBo debere duos aut adfummum très nienfes excedere% 
& haberi rationem vt id iX([ua ex caufafiat , ^f abfque vullogregit detrimento , quod 4» ita fit 
abfedentiumconfctnti^ rtlinquit quam îperat religiofam & timeratam f«re cum Deo corda fa~ 
teant. 

Suivant laquelle déclaration du Concile il s'enfuit que ledit appellant pouvoir s'ab- 
fenterttois mois par an,quieuffent fait en trois années neuf mois, fans en eftre refpon- 
fable qu'à Dieu feul & à fa confcicncc , & ne s'en eftant abfenté que deux mois & demy, 
il s'en faut cinq mois & demy qu'il aie vfc de fon droit fans eftre reprehcn/Ibie devant 



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FEglife , & par confcqnent qu'il s'en faut plus de cinq mois & dcmy que !e ficur Officiai 
de Roiicn n'ait eu fujet juridique de luy en faire aucune correction, eft-ilpoflîble qu'e- 
ftant Miniftre de fEglile , dont l'cfpvir incline toiifiours à la clémence & à la douceur, 
il ait cftc pouffé avec tant de précipitation à vfcr d'vne fcveiité contre vn innocent, 
j qu'on n'cmployoit qu'a l'cxtrcmitc contre les cûulpablcs. 

il II s'en faut cinq mois ôc dciny que l'appcUant ne folt coulpable comme il paroift,, 

mais fuppo(ons qu'il fur coupable de cinq mois &c demy d'irrcfidence , de qu'elle façcn 
le Concile de Trente veut-il que l'on puniffc vn tel pcchc ? premièrement il veut qu'vn 
Cure' aulTi bien qu'vn Evefque (oit ablent fixmois continus fans aucune caufc jufte Se 
raifonnablc pour incriter la première peine qu'il leur impole : Si tegitiwo impeiliwtnt* 
feu juflis & ratiorulibus caups ccfj.intihusfex mtnfibiis contitiiiiS extra fii,im Diaaftn Tfi'Uraii- 
do abfnerit.i-l^ veut que la première peine loic la perte d'vne quatrie'me partie des 
fruits &c revenus d'vne annc'e de fon bénéfice, quarts partis frutium vnjus arini fœnam ipfo 
jure incurrat ,fe[f- 6. dt reformatione cl. & 22. ci. 

Or ledit appellant n'a point efte' abfent fix mois continus, ny fix mois mefmc en di- 
vers temps , mais leulemcnt deux mois & dcmy en trois années , il n'a point efté abient 
fans caule iufte & raifonnable , il n'a donc point mérité la première des peines que l'E- 
glile impole par le droit aux non lefidens , & cependant- le fieut Officiai de Roiicn le 
puuift de la dernière peine impolce à ceux qui demeurent irrefidens, après plufieurs fuis 
iiK mois iwcc coutumace , comment cette Sentence peut-elle donc cftre^foutenuc,cn 
«quelque tribunal dEglile qu'on la veille porter. 

Le Concile dans ladite Seff. 6. c. i. déclare qu'il renouvelle tous les anciens Canons 
çublics contre les non rcfidens , or quels font les Canons les plus feveresderEglile fur 
cette matieïe?ils leront citez par trois fois dit le Canon £,y tua Je Clericis non rtjiilentrhiis. 
Se Cl après ces trois citations & /ix mois d'abfence ils abandonnent encore leurs Eglifcs, 
ils feronr privez de leurs bénéfices, a-on iamais fait aucune citation ny donne aucun 
avertiffcment à l'appcllant fur le fuiet de fa rcfidence? S'imoniti non redierint, ditle Canon 
Cltricoi tirulo (odem , nijl escuftititnem r.iriorijtkm ofienderint Iktat f^eliare : a-on fait aucu- 
ne monition à Fappellant ? a- il iamais cfté en cftatdc ne pouvoir rendre aucune excuic 
raifonnable de les ablcnccs ? mais plutoft, a-il dcu eftre iamais fenfc' abfent ? à ptcndic 
droit par tout les Canons expliquez parle Concile de trente qui déclare que, ijw/ ^/«V 
quanti ^er tanturrt abfunt ex veterum Canenunijtntentta , non videnn abeffe ijuiti fi.ithn rêver' 
furifiint, & s'il n'a point efté abfent ,par quelle iulHce le peut-on punir àfi ks ablen- 
ces prétendues. 

Ccpendantilpeut dire que de tous les articles dont il eft accufc' cy deffus , ce dernier 

cft celuy de tous qui a le plus de foodemcnt dedans la vcritc : car enfin tous les autres 

font faux en tout ou en partie, ils n'ont rien de véritable, le texte de leurs tefmoignages 

eii tour a fait coritraire à la vrayc femblance mefme , & n'a rien qui ne paroiffe manife- 

ûenient caiomnicux. 

Mais en ce dernier , on peut dire qu'il y a du moins vne partie de fon contenu qui eft 
véritable & reconnu par t'appellant : car il confeffe qu'il a du moins efté abfent pour des 
caufes iuftes & raifonnablcs l'efpace de deux mois &demy en tout,à trois diverfes fois en 
trois annécs,& enfin c'eft toujours avoir cftc' abfentmiais fur cette abfencc confencc,il eft 
iniuftc de tout dtoit,& incroyable mefme qu'on fait condamne à fe deffaire de ion béné- 
fice : car luppofé que ledit Curé n'ait efté abfent de fa Cure que le temps permis pnr les 
Canons, que mefme il s'en faille beaucoup qu'il ait efté abfent autant de tcms qu'il fnu- 
roitpûparles Canons, en force que ce qu'il a cfté detems hors de fa Parroifte pour des 
caufes mefmes iuftes & légitimes , n'cft point réputé ablcnce ny irrefidence parles Ca- 
nons , il s'enfuit manifcftement que tout ce qui pourroit eftre arrivé de defordres, pen- 
dant le temps d'ablencc ne fijauroit luy eftre imputé canoniquemcnt veu pi incipalcment 
qu'il paroift au procez par les atteftations du ficur Curé de Felque& Pères Penitens de 
Bermcfeaux , que ledit Curé adonné tout l'ordre poflîblc qu'il n'arriv.-;ft aucun défaut. 

Ce qui eft tout a fait neceffaire à remarquer , parce qu'autrement on reduiroit l'obli- 
gation de la rcfidence à vn point qui feroit tout a fait impoflible , metme au plus grands 
faints n'y en ayant aucun auquel il ne puiffe arriver , comme il eft fouvcnt arrivé des af- 
faires necefraires,mcfme pour le bien de fEglife incompatibles avec cette forte de rcfi- 
dence , du deffaut de laquelle on voudroit faire vn crime audit Curé. 

Ce qui fait voir quelle eft firijuftice&la nullité de la Sentence dudit fieur Officiai 
dont vn des principaux fondcmcns eft /rfvfl/r ainfi qu'il eft expreffémem porté parle 



IflB 



^3 

dilpofitif , ah^mhnni Itfoin cle[<t Vdïroifjt. 

El c'tft par cette mcfmcobi'ervation que ledit Cuic prétend rcrpondie à r,iit-cle4. 
dés Y'- "lleguez contve luy, pat lequel il cfl: dit i^u'a c.uift tl( l'-ihlOicetlucht l'ic.rhe 
cb^ifjv , C enfab/ence atifi dudit fiei'r (uré, lis enfans de la Td)ïolfe font diwniyf^fi'^s 
influicliûn , paicc que ledit fieur Ci ic iesatoujouïsinfttuisp.irluy mcfme, tandis qu'il 
a cflc ptefent , & qu'il n'a pas cftc ablcnt luftîfammcvit ,pouï que l'on puiffc diie cano- 
niqucment que les enfans (oient demeuiez fans inftiudl'on, mais ce qui marque la ma- 
lignité des tefmoins qui dcpolcnt lui cet aiticle cft , que quand ledit Vicaire ieroit de- 
meure dans la Paioiflc , il n'nuroit pu inftiuiieles enfans, parce qu'il en eftoit coï\^me \\. 
cft encore nutoiremert & publiquement incapable, n'ayant en fa vie fait feulement vnc 
fois le Catechilme , ny vnc feule inftruftion. i.ïaux,-- 

Ainfi dans ce fcul article on voit trois faux tefmoîgnages tout à la fois. Le premier qui moij-nagjj 
regarde Yabfcnce dudit Curé qu'on luy impute comme contraire awx Cajvor\s, ce <^\i\ eft j""' "" 
faux, '" "'"^^^ 

Le 2. qu'a caufc de faditc abfence les enfans font demeurez fans inftrudion, cequi 
encore faux. 

Le ^. que ledit Vicaire t ftoit vn homme capable de leur donner cette inftruftion , & 
qui la leur donnoic er. cfiet, ce qui eft encore faux ne leur ayant jamais •apris autre cho- 
fe qu'a lire , ce qui ne fuffit pas pour dire qu'en fon abfence ils (oient demeurez (ans in- 
fttuftion , puilquc les Chtcftiens peuvent ians apprendre à lire recevoir de leurs Palkurs 
vnc entière & parfaite inftrudtion, ce qui fait qu'il eft impofllble qu'on ne voye pa3 que 
ces témoins font trois fois faux témoignages en cette article. 

Or CCS tefmoins (ont Walo, flu-fion, Tiolf, yJorMgnCy 6" Cremcns , ainfî on ne pcutpas 
les exculer de ces trois faux tefmoignag es dans ce leul article. 

Et de mefme quand il eft dit dans l'article VllL qu'à caufe de Pabfcnce dudit Cure on 
a efte' obligé d'avoir recours àvne Parroiffe voiline pour vn mariage & l'enterrement 
d'vn enfant. 

Car les faux témoins qui rapportent ce't article, n'.i|'outent pas que c'eftoir parForc^/e g p^^^ 
que ledit Heur Curé avoit laifié en fon abfence à ccrrc Parroiffe voifinc, dont le fîcur rémoins. 
Cure eftoit de l'es amis de fecourir la fienne , tous les Cuiez ayant accouftumc de s'entre ^^^^l'^^^"»'- 
rendre de pareils fccours dans foccafion , ces témoins di-jc par vne telle rcticenfe ne lé.Mon»! 
pcuvents'excufer d'avoir rendu faux témoignage nv lelugedeFavoir connu, puis qu'il '^'^'j^'^' 
cft exprimé dans le droit qu'il y a desfaufîctez dereticcnie aufiî bien que de paroles , in nier, d'A- 
t4cendi fraude pro tenore -vtritutis. ' net.Pait. 

Or les tefmoins qui rapportent cet article font les mefimcs qui rapportent le précèdent 
aufquelsfc joignent CHJB/efj/^sf/, fajïé , ainfi voila encore huit faux lefmomsfuï 
cet article. 

Et le Juge ne pouvoir pas douter que cet ordre ne fuft donné par ledit fieur Curc,par- 
cc que les tefmoignages par cfcritcnfont produits au procez comme il a eiiédkcy 
deffus. 

Ainfi ce ne peut eftre encore qu'injuftemcnt & parcollufîon avec lefdits tefmoins 
que ledit lu^e luy auroit voulu imputer , ce qui eft porté dans le g. article , nu'eji fon ^"^. "- 
abjence tl auroit laijie duns Ja maijon f» hommt qui auroit mtne yne vte jcandaUiije-^ 
car cette abfence n'ayant point eUé contre les Canons &c la vie fcandaleufc de cet hom- 
me, n'ayant efté audit fieur Curé ny volontaire ny conneue , ne peut pas fervir à fes en- 
nemis contre luy pour le condamner : mais ce qu'il y a de remarquable , eft que cet 
homme fcandaleux eftant le nommé Pâté qui depuis eft employé pour témoin contre 
luy n'a pas difconvenu dans fa confrontation de cet article qui par conlequent outre le 
meurtre commis par ledit Pâté fcrt audit fieur Cure de reproche. 

xxin. 

Du 3 j. article o» rappellant tft accufé d'yvrogntne four a-voir fait vne aBiott pareille ^ celle 
de S, François de Sales & de David mefnie. 
Il eft parlé de cette yvrongnerie dans l'nformation du fieur Prieur de Saint Ger- 
main, Se dans la dernière de Defvaux dans cette dernière il n'en eft parlé que dans la dé- 
poûtion de lean Danct qui ne dit pas que ledit jifwr Cvréfe fait enyvré , mais feulement 
rj«*«7 la entend» dire , quoy qu'il fut au lieu il où il dit que cela doit eftre arrivé auff» bien 
que les autres , fi cela cuft cftc véritable , ainfi le témoignage eft nul , refte donc celuy 
de l'information de du Pont. Laquelle information faite longtcms auparavant celle de 
Defvaux, ayant efté civilifce ne dcvcroit plus eftre d'aucune confideration dans l'cxa- 



64 

mcn de ccllc-cy qui efl: de Defvaux. 

Mais parce qu'il paroift patle vCi de la Sentence qu'il eft ordonne' que la caiifc d'jn- 
trc lefdics fleurs Curé & du Pont , quoyqueciviliréeparfentence du iz-Ji-fillec i^fîo. 
avec toutes ces procédures ,/«o/f»f jointes i celle de De/vaux à telle fin que de raifort , ain- 
fi ordonne par aâ:edu ij. Février j66:^. ledit ficurCurefe trouve auffi oblige de répon- 
dre au fait contenu dans l'information dudit du Pont concernant l'yvrongneiic à telle 
fin que de raifon. 

Et pour ce fu jet il dit qu'il eft vray qu'allant trouver M. Benoife Uicaire de Menoval 
pour eftreà confeffe avant que dire la Mefle , & ne pouvant paffer que par dcffus vnc 
planche qui lert à traverfer vne riviere,& fur laquelle planche ne pouvant pafler en Hy- 
ver fans péril , à caufe qu'elle eftoit couverte de glace , il a tfté oblige' vne fois de fe met- 
tre à genoiiil , Se la traverfer ainfi fur les mains & fur les genoux , le fuldit Prieur de faint 
Germain aute\ir de la première information faite contre luy,à pris de là occafion de bac- 
cufcr qu'il eftoit yvre , & que pour cela, il avoir efte' oblige' de pafler deffus cette plan- 
che, ce qui eft répète' au ^3. article pris de cette féconde information, quoy qu'avec tous 
les foins que fes ennemis ont pris de chercher contre luy des faux tcfmoins pour dcpofcE 
de cette yvrognerie prétendue , ils n'en ayent peu trouver aucun.Or qu'elle malignité ce 
peut-il trouver plus grande que , d'imputer ainfi aux meilleures actions de Fappellant 
des crimes , & quelle plus grande conviétion de cette malignité & de la fauffctc vniver- 
felle de toute cette information qu'après luy avoir imputé ces crimes ne pouvoir les 
prouver. 

Qo^eufTent donc dit ces miferables s'il enflent efté fped:ateurs de ce qui eft rapporté 
]pat MonfeigneurCocVion cy devant Evelque (du Puy , & maintenant d'Eureuxdans la 
féconde partie de la vie de S. François de Sales qu'il a donnée au public c. 5. en ces tcTr 
mes, quels travaux n'ayoic-il pas foftjfert dttrant FHyver teut entier , lors qu'il pafjcir toua les 
joutsfur y nais gUfîi pour traverfer la rivière de Drans,t»t(i lis jours il allait célébrer le 
S.f Sacrifice Je laMcJfe à vne E^^hfe au delÀ du fleuve , cependant que des hérétiques mefrne aufii 
l>Ien que les autres qui le voyaient fe tr.iifner des mains & des^notts ,fur cette flanche walpt 
les glaces ©• Its rizuems de t'Uyver concevaient de l'horreur de le voir dans vn fi grand péril , il* 
concevoicnt de l'horreur , mais ils nedifoicnt pas qu'il fut yvre, quelque difpofition 
qu'ils enflent à mal interpréter les meilleures actions de ce Saint, & quelque malice 
qu'il eufl^ent pour le calomnier , pourquoy donc des Catolicues & des Preftres ibnt-ils 
aflez perdus d'honneur|& de conkicnce pour prendre occafion d'vne action toute pa- 
reille d'accufer vn Preftre de s'eftre enyvré,quoy que devant Dieu auquel fcul il veut que 
la gloire en foit rendue , il puiflc protefter que jamais ce defordrc ne luy foit arrivé, non 
pas mcfmc vne feule fois en toute fa vie. 

Us <^fv«»fwf continué ledit Seigneur Evefque le regarder commf vn lonatas quimtff>rjfe 
}es tiitn^ers & f/impe les mentits^nes pour combatte & pour vaincre les ennemis de Dieu , comme 
vue faurnaife d' amour qui par l'a&ivité des fiâmes qui unifiaient an milieu de fon cœur, dige- 
roit les plttsftfcheux «bflacks , comme le feu facré qui s enflammait davantage far ta refiftanct 
de ces glaces matérielles qui fembloient s'appôfer à fes deffeins , ces hérétiques dévoient avoir 
CCS penfécs voyant ce grand faint marcher ainfi deflus fa planche, l'appellant ne pré- 
tend pas que fes ennemis quoy que Catholiques en deuflcnt avoir de fi avanrageufes 
pour fa perfonne , mais du moins il foutient que fans vne malice extrême, ils n'en vou- 
voient avoir de crimincllcs,ce faint fe traifnoit fur les mains & les genous pour aller cé- 
lébrer la Mefle , & l'appellant fe trainoît de la forte pour aller fe purifier par la Confef- 
fion ; afin de revenir la célébrer dans fon Eglife .avec plus de pureté , fi cette adtion qui 
ne pouvoit eftre que fainte devant les yeux de Dieu n'a pas fcandalifé des hérétiques, 
par quelles circonstances a-elle pu fcandalifcr des Catholiques. 

Autrefois David fit lefoux, &encét eftatil marchoit fur fes propres main";& y étoit 
pottc'/fj'ei<«ftt>-Wi*»7ti«;/««;»,ilfaifoitlefoux, & il ne fut jamais G fage, il eftoit porte' 
lurfes propres mains , mais bien loin que l'cfprit de Dieu voul uft que cette aiStion paf- 
faft pour vne extravagance ou pour vne mar que & vn efteét d'yvrogneric , il voulut nous 
y donner alors à confiderer vn grand myftere,&nous v marquer le plus grand myftere de 
tous , qui eft celuy de Jefus Chrift dedans FEuchariftie qui s'y porte luy mefme de (es 
propres mains , ferebatur manibus fûts pourquoy pour fe préparer, & pour s'appro- 
cher d'vn myftere ou Dieu mcfmc Incarné fe porre de ks propres mains , vn Preftre ne 
pcuc-il pas , fans fcandalifer d'autres Preftres, fe porter fur les fiennes; s'il y a de Fyvro- 
gneriecn cette occafion, peur-elle eftrc autre que celle de faraqurqui doit cnyurer 



^■p 



tous ceux qui veulent avoir part à ce Calice du Seigneur qui enyvre tous les fiJ^îu'i? 
<y'C,ili\incbri.fnif]ii,tmi»eclitr»se(l,c'<i(i cette vu rcfl'c iiinte dont l'appcllaiu iuuliaire- 
ioit ô'eftre coulpable, & d'cftrc convaincu par fcs ennemi s, il ne la dcUvouroic j;uTi.iis 
" parce qu'il la fouliaifterà toute fa vie : mais s'il n'cft pas affez remply de cette divine li- 
queur ny plein de cette yurefle qui fait tous les Saints , du moins la cluicliaiît de la for- 
te dans vn Sacrement qui en cft la lource , & s'y trailnant dcffus fes mains ne devoit-U 
cftre acciHc d'autre chofc finon du defir & de la palTîon extrême qu'il avoir pour elle, 
pluftoft que non pas de cette Infâme & animale intemperahce, dontil ne fur jamais 
coulpable; mais c'eft trop fe juftifier fur vn article ou la calomnie cft fi manifeftc par 
elle mefme, &c Ci vérifiée, il eft temps de pafler à ce qui lefte d'Articles qui n'ont ny plus 
de vérité ny plus de vray femblancc, ny mefme pas plus de terioficé que tous les aunes. 

Par exemple quand au 14. Article il cft dit qu'il envoyé les valets chercher des grains 
à la campagne , & qu'il retient leur falairc, ce fait cft rapporte' par T/iivio/i en ces termes: 
<J« j/ 4 tntcndu dire âhx -valets Judit Ciné (\iiil les tiroir cnvayet^nHitummvitprenihe des grains 
à Id c.tm!>.fgtie C?* les /il'jmreY a [0:1 Vïesbit(t( , iS" quejes y.tkis O" ce(»,x rjM; tiav^ilkrn four luy 
fe plei^netir de ce qui! retient leurf-iiiiie. 

Mais i.les valets dudit Cure qui ont depofc' contre luy, n'ont point dit qu'il Icscuft 
envoyées dérober ny mefme prendre desgrains à la campague nuitamment , ce qu'il 
n'auroient pas manque' de dire avec tantd'autres chofes fi celle là avoii cfté veritablf, linlî 
là dcpolltion dudit Pluvion n'eft qu'vn ouy dire faulïement allégué par luy , 6c comme il 
a crtc' convaincu plufieurs fois cy devant, & le fera encore cy après de faux teJmoignage 
îlpr.roift qu'il en eft coulpable dans celuy-cy, aufll bien que de ce qu'il die qu'il a 
entendu dire qu'il leur retenoir leur falaire : Car de ce bit aucun ne dc'pore 
que le nommé Blvquet qui dit , «jwc fcJû turc luy retint dix tfcui de fcs sj^cs : mais ce ^|"*.„"*^ 
qui fait voir la fauflctcde ce tefmoin vnique eft qu'il confcfTeUiy melme que ledit Cuié de lîioquet 
Payant fait alîïgner à Neufchallel pourJuy payer /j J/fine,/J fur cond.iiunci la hiypjyct; 
ou (î ledit Curé luy avoit détenu dix ccus il n'auroir pas manque de les luy redemander 
en juftice , ce que n'ayant pas fait il eft évident que ce c^u'it dit oi^ue le (îcvii: Cave l^r^ 3». 
retenu dix écus eft vn faux témoignage manifefte qu'il a rendu pour fe venger de ce que 
ledit Curé favoit fait condamner en juftice. 

Un autre témoin depolé (ur ce mefme fait allégué par Pluvion qui cft le nommé Gre- 
nionsen.ccs termes qu'il fçait que ledit Curé envoyé fes valets pendant le mois rtjîouft U 
vuit er le\oHr pendre les grains de fcs vo[firis , & qu'tlejl ordinMieJe letenir le falaire defei 
ferviteurs & ilf ceux qui travaillent peur liiy. 

Ledit Gremont fçait, dit-il, que ledit Curé envoyé fes valets prendre, c'cd à dire dérober, 
les ^rai.s dt les voijins, mais comment le fçair-il ! c'eft ce qu'il ne dit point , par ce qu'il 
ne Icpeut dire, &s'ilFavoit pûdire,il fauroitdit, Se ne l'ayant pas dit il n'eft pas rcce- 
vablc pour tefmoin de ce fait canoniquement,i£ccft vn faux témoin comme il a efté prou- 
vé cy delTus, & le fera encore cy après , & le luge qu'il la receu ne l'a pu faire que par 
collufion; parce que les tefmoins ne font pas recevables lors qu'ils dilcnt fcavoirvnc 
choie , s'ils ne déclarent en mefnac temps d'où ôc comment ils l'a faveur , ainfi qu'il eft 
porté dans la glofc in c- ji hahes 24. ^- 5 • e (? hic argumentui» tefles no» ejfe 1 ecipiendes qui ài- 
tuntfe rem f cire Miji qualiter &■ vnde noverint , déclarent. 

Et le [uge ne peut fe deffendre de collufion avec ce faux tefmoin , parce que s'il l'cuft 
înrerrogé il euft affeurément reconnu fon faux tcmolgnas,; ,fi effent interrogati reperiren- 
liir idomireddtre ratioiem dit faint Aug. ead. par oùil paroift que route cette informaiïon 
n'eft qu'vne perpétuelle confpiration des Juges & témoins avec ledit Prefidcnt d'Eftal- 
villc à la faveur de M. FArchcvefque, 

C'eft pourquoy y a-il rien de plus ridicule que d'ajouter foy à tout ces fiiux tefmoins» 
lors qu'il dépofent fut fart. 16. que ledit CuK, s' eft fervi aux Vendtedis & je/m de ieiifiei 
M la Saumure de fon Lardier pour efpagntr le fel : car il eft notable que ce frit indigne & in- 
fâme s'il eftoit véritable: mais non croyable , & qui n'a aucune vray femblance n'eft rap- 
porté que par vn feul de fes ferviteurs nommé fo/i/oM comme le fâchant par luy mefme, 
or le témoignage d'vn feul n'eft pas reccvablc , d'vn valet chaffc pour fa mauvaife con- 
duite & avoir volé fon maiftre conjoinftemcnt avec Pâté, convaincu cy delTus de faux 
tefmoignage qui n'a rapporté ce fait qu'a la dévotion des ennemis de fon maiftre pouc 
fe venger dé luy 8c le rendre odieux. 

Et cependant c'eft ce qui a donné lieu audit Grcj»i7«f de dé^ofci que Itfdits valets dnd,C»ré 
ftftnt pleins ^ hy, qt*t ledit Cntéfaloit leur foiippe les Vendredis O" jfurs maipes de Ufa»mure 

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66 

iaf«f, Tans dire qui font ces valets en nombiL' plutier', parce qu'il en aiuoit çftc dcfa- 
voiic &: changeant le terme de Ldnlier tv fja;((f,parce que faux les témoins ne s'accordent 
jamais cxadremcnt, èc de plus,c'eft: que la iaunune de l.irdier, cft fi abominable au goujft: 
que ledit Gremons voyant bien qu'il n'y «nulle apparence queperfonnc puft croire vn 
f;iitii odieux & fi peu viay femblablc , il a crcu devoir corriger le faux tefmoignage du- 
dit Foulon , & au lieu de faumure de lardier dire que ledit (Jure' donnoit à les valets de 
la launuirc de bœuf. 

Mais comme ce n'eft qu'vn oiiy ilire de fiiux tefmoÎB qui n'eft fourenu par aucun tef- 
moin cjui die en avoir connoilTance par foy mcfmc, il paroift manifcfiemcnt que le feit; 
n'a cfté controuve par les ennemis dudit fieur Cure' que pour le rendre odieux parle rap- 
port de telles aélions. 

Ce qui paroift encore par les termes de la dc'pofition dudit Grem.ons difanr que les va- 
lets dudit Cméfffont pJeints a Itty, ce qui marque qu'ils rcgardoient ledirGremons com- 
me (on ennemy déclare , auquel il talloit s'adreflcr s'ils avoient envie de nuire à leuc 
maiftre , ce qui ne peut cftre trop remarqué pour faire, voir que toute cette information 
ne s'cft Elite que par le minifterc dudit Gremons Fermier du Neveu du ficur P. d'Efla- 
villc confident de ce Prcfidcnc, fie coufin germain dudid'Anglois Vicaire chaflc par le- 
dit Cure'. 

Auilî Pluvion qui dit qu'il a entendu ^kindït ks falets dudit Cu) t de h mcfme chofe , ne 
dit pas comme ledit Gremons qu'ils' le foient aile' pleindrc à luy , parce qu'encore qu'il 
loir pavent dudit Grei^ions il n'eftoit p,;s le clief de la confpiration. 

C'cft avec pareille malignité que quelques vns de ces telruoins ont voulu faire vn chef 
A'accufwion deVarikle lo. qu'il axait rcfiifé iTalcr (juirir le corps d'un enjitnt , &Jie 
qnon le luy ^pporrafi ,hns dire qu'alors ledit ficur Curé avoir vne fluxion fur la-f.'imbff 
qui fempe/c/ioir de pouvoir marcher, fans dire que cet enfant cftoit fils de Ldiiis Mar- 
gue, dont la maifon eftoit éloignée d'v(i quart de lieue daPresbirere : afin.de faire croire 
que ce n'eftoit que par £i négligence qu'il fift ce refus, ce qui cft faux ,' & qui marqua 
toujours la malice, & de ces faux tcrmoins& du luge qui fait l'information , fa'ns ini 
terroger félon fon devoir les tefmoins fur toutes les circonftances qui eufTcnc donno 
coiinoirfance exaifle de Ja vcrirc'. 

Mais enfin pourconclurre Ftxamen particulier de tous ces articles & faire voir le der- 
nier degré de malignité & d'cxaftitude, avec laquelle tous ces faux tefmoins ont reclitr- 
ché julques aux moindres aélions de la vie dudic Cuié , ils lu/ lont vn crime de ce qui 
cft rapporté dans l'article 22. (jiutefi ^llé vne fois luy nicfme cueillir lesaufsfjtnluyfanc 
dettbsà Trf/^jnfs , parce que félon la coutume il eftoit allé porter de l'eau bénite & du 
pain à chanter par les maifons, fur la pleinte quefcs Paroillîens luy avoient faite cax, 
mefmes qu'il cftoit bien glorieux de ny aller pas, ny ayant manqué que par ce qu'il en 
i^noroit la coutume, aufli bien que celle qu'avoient les Parroiilicns de donner dans te' 
mefme tems leurs œufs de Pal'ques à leur Curc,fi bien que quoy que fit l'appellant tout 
luy cftoir crime, s'il envoyoit les valets lerrcr fa di(me , c'eftoit difentles faux tefmoins, 
les onvoycr voler, s'il alloit luy mefme non pas cueillir des œufs, mais bénir les maifons 
àPafques félon la couftume, c'eftoit par avarice, par lezine,& par mépris de fes Parrcil- 
fiens, en confcienccdes |ugcs qui favorifent toute cette malignité, ne font-ils pas plus 
coulpables que ces faux tçlmoins mefme que Fon peut appellerdcs elpions malijLicux &C 
des explorateurs de la vie des autres, cherchant dans la maifon des innocens dequoy les 
accufer d'impieté,& dans leurs aclions les plus irreprehenfibles contre ce qui eft dépen- 
du dans FEcriture aux Proverbes 24. «e qu>tras impiettttem in domo iujli & non vnjlts tequiein 
tjus , rf/iofjKiV; efficercwur exploratoresyita aliorutn dit S. Thomas. 

Oï comment peut-on appeler la confpiration de tous ces faux tefmoins , & de fes 
parties 8c de l'es juges , finon vn crime d'efpions qui ne trouvant rien en cfiet à corriger 
dedans la vie ny dans les mœurs de l'appellant , ont cherché avec tant d'application 6c 
de malignité dequoy y reprendre , tion vidende (\uod corrigaf , ftd (\ttnevdo qtiid reprihevi- 
</rfc , qui eft le contraire de ce que lainél Aiiguft. ordonne au Livre premier de la Do- 
d:rineChreftiennechap. 28. Car par exemple quelle perlecution domeftique eft celle 
qu'on a faite à Fappelant lors que dans Farticlc 2:5. on l'a itccnji d'ayotr tajlé /» /es pouhs 
ayoient i'ixuf, & fitit fes immondices d.tns i'efiJAe de fes cochons pour les leur f.iire wM^er , 
&:dans Farticle 21. qu'il ,tj>rep.irê Lt mano^c.iille a fes cochons ; parmy tant d'ordures &: 
de falctcz remuées les parties , fes tefmoins & les luges peuvent-ils vivre en bonne 
odeur dans le monde? &i doit-Qu répondre auticmcjiC à tmites lews informatioas, leurs 



i^OH 



67 

pvoceJiucs &: leiu's Sentences pleines ck ^.es ordure;! , &: ne toutcs leur"; fluif-i--' -■■"^i-v 

Icbouc'haïKlenezi?.: Icsobligeans à (o purger eux ine{iîics de tes vilains nrticles don 
ils ont fouille leuis procédures & déshonore' la judice , c'cft la Tcule conclufion que ledi 
:ippcll.irir croit devoir c-ftre niifc pour rc'ponfc , au bas de ces ferres d'à: ricics dcsiioiinc- 
ftcs, ridicules, taux, impcrrincni: 6c de nulle conicqucnce , indignes de la juftice , & in ■ 
capables de donner lieu à aucune corrcdion contre celuv ciui en eft accufe' : rnais Ccule- 
nicnt contre les parties, les témoins & les )Uf;es , ce cjui efi ii véritable &, fi conftam auflà 
bien que tout ce queledit fieur Curé à allègue cy deffus p.uu- la deftcncc qu'il prétend 
que les luges de fa caïUc d'appel n'eftant pas dévoilez , ou plutoft profticucz à la pallion 
&c aux intercfts d'vn Prefideiu à Mortier qui eft fa partie , il eft impolllble qu'on ne luy 
fil fie p.is jullicc : Caril prétend danstout ce quiacllé dit cy deffus avoir fait voir jufqucs 
icy iuîldamment l'injuftice de ladite Sentencepar trois àss cinq ciiefs qu'il s'c/loirpro- 
pofc'cs. Le premier par la qualité' de fcs parties. Le i. parla futilité de laplulpait , des 
articles &: chefs de leur acculation avec la tauffcté manitc(lc,& impofture de tous les 
autres, n'en ayant obmis aucun des t^6. auquel il n'ait fait vue re'pon/e exa<il:e. Le i^. par 
les reproches valables qu'il adonnez contre les remoins, rcftelcs 2. .nmes chcfsdcs 
cinq (ufdits aufc[uels il en ajoutera vn dernier qui fera le lîxicmc des circonftanccs 
cruelles qui om précédé &: luivi ladite Sentence. 

XXIV. i 

Ojt.itricnie cbey, par hq^fl ledit fleur Curé tie /atlerrlltc preuve ririjiiflice de h Sentcnct 

doiinétcontveUiy lyii :ft l\ijj'e(}jrion Witrtifejle & j'/iïticuliere de [es luges d^ns tonte l.t 

ftecedtire pxtirtie par ^ impunité publique des rcritables oimitiels Ju 

Dioceje » C l'itidulgence ([ne ces luges ont paitr etix> 

Et pour faire connoiftrc plus clair que le jour que cette Sentence n'a efté donnée par 
nucun motif de juftice ,ny par aucun zcle pour le r'c'tabliflement de la discipline EccJe- 
lîaftique , de laquelle i'appellantolc bien dire que dedans tout le Diocefeil ne fe trou- 
vera point vn Preftre plus religieux ob(ervateur& plus refpeclueuxpour les SS. Canons 
qu'il cfl & qu'il a toujours fait piofeflîon d'eftve : mais qu'elle a efté donnée par pure 
cabale & concert des Preftrcs qui Font condamne avec ledit ficur Prefidenc fon enne- 
jTiy, c'eftquc de mcnuire d'homme on n'a point entendu parler que dedans ladite Of- 
fîcialitc de Rouen, il ait eftc prononce' vne Sentence approchante de celle donr cd que- 
ftion, quoy quele Dioccle n'.Mtpas cftc & ne foit pas encore fans pécheurs publics, 
fiont il ne feroit pas difliLilc de faire la lifte, fans qu'elle puft cftre contredite ny par 
fOffîcial, ny parle Promoteur dont le filence en cette occaiion ne peut eftre excufable, 
ainfi d'où peut venir cette feverité contre vn Preftre innocent & ces indulgences plenie- 
res pour tant de coulpables , finon d'vnc affectation manifefte , & d'vn dclTein forme' 
de perdre l'innocent &: rendre la juftice avec fcandale à double balance &c à double pois, 
ce qui eft abominable à Dieu dans l'Ecriture. 

Treiiiier exemple d'Indulgence poi<r les ptchetirs pnbllcs du Dioccfe de J{ouen , & d'imf imite de . 
leurs crimes d'vn Curé ,tyjnt 21. enfuni & qui eft mort en paix tivecle Tromotetir de ]\oi(ets. 
Car par exemple il n'y a pcrionne qui ne fâche qu'vn Curé dont on fupprinie le nom, 
■parce qu'il tû mort depuis neuf à dix ans, & qu'il cftoit connu de tout le Diocefe, a 
paffc toute la vie en polTcftion de fon bénéfice avec femme & cnfans jufques au nombre 
de vinc^c deux (ans avoir jamais efté entrepris par ledit Promoteur qui eft aujourd'huy (i 
emporté de zcle contre l'innocence deTappeliant, contre lequel par vue providence de 
Dieu toutafait remarquable , toute la malice de fescnnemis, &Ja perfidie de fes faux 
tefmoins avec tour le deflein qu'ils avoient de le perdre , n'ont pas allégué vn feul fait 
qui touche cet article dimpuretc, quelle probirc i'i quelle c'quitc' pcur-ofldoijcfiippo- 
fer en des Minift^es de juftice dont les blafmes font G inégales , qui demeurent muets. 
Se comme Lnfenlibles à des crimes publics, réels, énormes & fcandaleux, avalant ainfi les ij, 
chameauxpour parler avec l'Ecriture, pendant qu'ils appliquent toute leurinduftrieà 
diftiller des moucherons & le faire des crimes pour les punir fcvcrement , où il n'y en a 
pas : Mais s'il eft vray félon les Canons que c'eft favcrilér les crimes que de ne punir pas 
les criminels , & eftre de f jcieré avec eux d£ ne s'oppofer pas à leurs péchez , de quels 
crimes ne fc (ont pas rendus coulpables, & le fieur OHicial , Viccgerent & Promoteur, 
& autres fiippoft de FOfficialitc de Roiien par cette première indulgence , & par routes 
celles que nous marqutrons'dcdans la (uite , ncgligete cum i>oj?is cerrigett perverfos , nihil 
efi Aittii qH.imfoyere , Se le refte C neiligerc i-q.-]. celuy dit faint Aug. qui ne corrige pas 



Jt/^^ 



; 



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^8 

de tels ciiminels n'eft pas vn fiipeileur dans 1 Bglife , c'cft vn chien impudique , qui talU 
crimtna non cotris^it mttfis dicendus efi cinis impudicus quant Epifcoput 85. did.nîmo. Ce 
n'eft pas moy cjui parle c'eft tainc Aug.c'çft à ces MelTieuis à voii- comment ils y pouronc 
répondre pour le bien defièndie, mais pour continuer nos exemples. 
Second exemple d'indulgence (JT d'impunité il'vn freftre bU^heniitteur yvropie & impur 
Et fans aller chercher des exemples parmy les morts depuis cjuc fappellanc eft en prî- 
fon il a veu vn Prelhe atteint &: convaincu de blaipheme ordinaire , d'yvrongnerie con- 
tinuelle , & d'impureté condamné reulcment à vn an de prifon , dont vn mois après il 
fut élargi fur vnc feule requcftC, lans alléguer aucune infirmité ny ciufc de majadiq| 
mais par la pure indulgence de ces MelHcurs qui après â. ans de prifon de fappcllant ne 
tiennent pas qu'il y en ait encore affez pour latisfaire au grand zcle qu'ils ont pour la 
jufticeîkîafevcritcdcladifcipline,qiii poura croire querelles indulgences pour dej 
coulpables & de telles feveviicz pour vn innocent puifflnteftte dcfinterre{féc,du moins 
Yappellant peut bien affcurer quelles font très fufpeftcs d'iniquité, pour ne pas dire 
davantage à tout le Diocefé , & qu'on peut dire de M. FOfficial ce que Pierre de Blois 
difoit autrefois de tous les Officiaux de Ion tems jnr4 ititetprttantur ad libitum , & e.t pro 
•volnntuteftht , uHiic ah.lii.tnt , vitiic Jrlmittunt , ili^itmdnt iniiecevies , voxics /il'foluurit qu'il 
intevpiêteni comme il luy plaid les Loix , que tantoft il les (uk,tantoft il les rejcttCjqu'ïl 
ne s'en iért que pour abfoud.e les coulpables , ou diffamer les innocens. 
Traifiéme exemple d'indulgar.t & d'impunité d'yu SQufdiacre^faljiJicateur de hnrts & fiig(tt 

TtUfîietiri les yicaiïts Gcnf/rfH.x. 
Mais ce n'eft pas le fenl exemple de cette nature depuis qu'il efl: en prîfon , vn SnuC- 
diacre convaincu d'avoir fallific le fcing de M.Gaude grand Vicaire , afin de le faire ad- 
mcrcre , comme de fait il furadmisau Diaconat, après quoy ù faufleté eftant reconnue 
il en fut quitc pour fi\ moh de pri/bji , de laquelle il fonit fans formalité', à la feule pric^ 
re d'vii Picfidtnt à Mortier , &: par la feule indulgence de (es juges Ecdefiaftiqoes, d'ail- 
leurs fi zelez à punir quand Ms en font ptiez , des crimes controuvez & imaginaires , ce 
qui obligea le melmc Soufdiacre, ne pouvant trouver dans l'Eglife de punition pour fon 
crime , d'en commettre vn nouveau qui la meritaft , & qu'il a receu par le jugement des 
Juges leculiers : car ayant de nouveau falfifié le feing &: le feau du Secrétaire de Monfci- 
gneut f Atchevefque & compofé des lettres fauffcsdc Piefttife , en vettu defquellcs il 
prctendoitdirela Mefte , il fut en fuite pour ce ciimc condamne par les luges deOifors 
a eftrc pendu & eftranglé par defflmt , la Sentence donnée il y a environ tïuis ou quatic 
ans, n'eft ce pas vnc chofe tout a fait incomprehenfible de voir que ceux que la juftice 
feciilieie condamne à la mort , ne font pas jugez dignes déplus de fix mois de prifon, 
dans la CourEcdefiaftique deRoiicn, &que l'appellant dont la vie infailliblement 
paroiftroit irreprehenfiblc comme elle a dé- ja paru à tous les luges feculicrs qui ont veu 
son placez apves huk armées de prifon , n'ait p.is encore fatisfait-à la feverité dudit ficut 
Officiai ny au zèle implaquable que ledit Promoteur exerce contre les innocens. 
Qttatiiime exemple efuidulgevce d'vti fi efire Juypri: avec we femme de mauvnift vit. 
Ce n'eft pas affez poui faire voir l'cftcnduede leur indulgence pour les pécheurs vn 
quatrième exemple non moins public, ny moins Icandalcux que les precedens, fervira 
pour en convaincre encore davantage , il y à environ quatre à cinq ans qu'vn Prcftre fut 
pris au Fauxboutgfaint Scver en il igrant délit avec vne femme de mauvaife vie , amené 
publiquement & en plein jour en la prifon de FOtîicialiré ou l'appellant eft retenu de- 
puis près de huit ans, Ion procez incontinent fait& parfait, luy convaincu du dernier 
crime en cezte cfpcce , 6c pour réparation ne fut pas jugé mériter plus de trois mois de 
prifon , dont il n'en paflaque quinze jours effeâifs, piifonnierpour exécuter la Senten- 
ce, après lefquclscomnie partcmors d'vne fi grande feveriré, il fut élargi p.ulés luges 
■au grand fcandale de tous ceux qui en ont eu la connoiffancc, par quelles règles canoni- 
quespeut-on donner des Sentences fi riiitigces contre des coulpables publics & icanda- 
lcux , & exercer des k'veritcz fi grandes contre l'r.ppellantjfur lequel la calomnie melme 
u'a rien invente' qui en foit approchant. 

Cinquième exemple d'iiidulierice, & d'impunhc d'vn Diacre ftirprà par l\1or,fie!ir Je S. TYl.ieku 

tncor vivant, deux ou trois jours avant qu'il deitfi recevoir t'Oi<l>e de Vrrjjrife, dansvn 

l'tn inf.one Zp" .ivec l.t belle ^-j^eliqHC punie trois fo'S far jttjlice- 

Cependant fappcUant eft témoin oculaire de toutes ces indulgences depuis près de 

huit ans qu'il eft prifonnier, & que l'on rien a aucune pour luy, il a encore veu vn 

Diacte furpris par M. le Curé de S. Micloii qui eft encore vivant , deux ou trois jours 



:/. 



mm 



avant qu'il dcuft leccvoir Pordte de Picftiile. O ms vu lieu inf,\me & avec vn? femme 
dcba'.icht"c. Se punie tiois fois par jurticc, & ce Diacre amène publiquement dans la pri- 
fon Je rOfticLilicé de Rolicii , où il a elle Iculementvu mois ou lis Icmaines, ^ par 
feiirencc envoyé' à Paris pour vn an dans vn Séminaire, où il n'a jamais eftc, fi bien 
que'pour punirion des crimes les plus fcandaleux dans FOiîicialire' de Roiien on ne 
donne pour pénitence que de vivre vn an j comme l'appcllant fans y eihe conrrainr, 
à paHe toute la vie; dans vn Séminaire, & on donne à l'appcllant pour pénitence à l'Of- 
ficialitc' de Roiien de palTcr en priton le refte de (es jours , s'il n'aime mieux abandonne!: 
fon bénéfice à f avarice de les ennemis & les ouailles de lelasChrill,du faluc dcfquelk s il 
eft rcponlable, à la cruacitc de ces loups raviffans. 

Sixième exemi>!e ,!'indulz(ncc (!T d'Impunité tlitfeiir Cuvé deV-itiervilIefon pïtJecejfeur 
immedLtt jy.vn femme & eafans lUnsfon Vrabiiere \i<ft[u(s À I4 mort. 

Enfin il ne finiroit jamais s'il avoir entrepris de faire la lifte de toutes les indulgences 
que l'on donne en FOfHcialicc de Roiien aux mc'cli.ins , mais il ne peut finir (ans pai/er 
de l'ellat de'plorablc dans lequel il a trouve' C\ ParoilTe en y entrant par le mauvais gou- 
vernement du ficur Cure fon prcdecelfeur immédiat qui dixncuf ans durant àvelcu en 
paix avec les Juges Ecclcfi.iftiques, vne femme & plufieurs enfans vivans en commu- 
nauté' de corps Se de biens avec luy publiquement dans fon Presbitere. 

I[ eft vray qu'on ne peut pas dire que ce fut fans covrcftion , parce que quelques an- 
rc'es devant h mort, M. Gaude grand Vicaire de Monlcigneur luy en fit vnc publique, 
dans la Calende à Foucavmond , en ces termes ; ;/ efî tems M. de Varierville de fonnerU 
rttï.iUe & de ('enfer fetieufeinent à U mort , ce que ledit appcllant ne rapporte pas pour ce 
pleindre de la manfuetude & de la douceur de ces Meilleurs envers les coulpables,mais 
pour demander s'il vaut donc mieux dans le Dioccfc de Roiien eftre coulpabJe pour 
meiiter grâce, que d'cftcc innocent,puis qu'il n'y a point pour les innocensny dcjuiVice, 
nydcmifericoide , pour demander par quelfecret, ou par quel rayftere politique il eft 
donc arrive' que fon predeceffeur eft mort en pofTcflîon de fon bénéfice entre les bras de 
fadite fervante feule prcfente à l'exhorter en ce dernier moment, & à luy crier le/tu Mit- 
rta, & qu'il n'eft pas permis à l'appellanr fans fervante , fans enfans , fans crime fcanda- 
leux d'y faire les fondiionsjinitruire fes oiiailles, édifier les peuples comme il eft no- 
toire qu'il a toujours fait pendant le tems de fa rcfklence, Ôid'y vivïc Se mouïlx csv 
paix. 

Il eft certain qu'à juger defintereflcmcnt de toutes les cbofes fufdites , il n'y a perfon- 
ne qui ne voye que les Juges qui traittent fi differammcnt des parties de cette quîlitc, en 
ont des raifons toutes autre s que celles qui fe trouvent au procez, ou qui font marquées 
dans leur Sentence , Fappellant biffant à ceux qui liront ce Fcftum à pénétrer quels 
fpnt les motifs & fes raifons , mais il foutient qu''il eft impoflîblc de les trouver dans les 
efcrits qui font au procez & quelles ne (ont point pviles ex vifceribtts cattfit. 

Septième exemple d'indulgence' O" iTimpitvité , des trois ^umofniers de TtUnJeigntitr 
f^.rchevefijiie , toits trois Ciire':^ , & jamais relidens dans leurs farroiffes. 

Car pour finir , ôi puifqu'on luy a fait vn article fi important de ces deux mois & dc- 
niy d'ablence en trois années , comment cft-il poftîble que cette accufation fut vn des 
motifs de la Sentence donne'e contre luy , veu qu'au confped; de tout le Diocefe Mon- 
fcigncur f Arclievefque tient auprès de luy , trois des principaux Curez dcfon Archevef- 
chc fans qu'ils ayent jamais tefide dans leurs bénéfices, & que fans aller plus loin ,1e fieut 
Aubouig Viccgercnt quia efte' examinateur, & luge de l'appcllant eft aftueUen»enc 
Chanoine & Cuié de la ParroilTe de laint Denis de la Ville de Roiien , ce qui eft ex- 
preftcment defFendu par les Canons , & refident hors de la ParroilTe , dans la ParroilTe de 
S. Nicolas de la mefme Ville, ce qui ne fe peut faire dit le Concile de Trente (ans péché 
n\ont\,'U ortalis peccati reattim feff. 2^. cl. Or comment eft-il croyable que ledit fieur 
Vicegcrent ait voulu pour deux mois d'abfence condamner fappellant à (è delFaire 
d'vn feul bénéfice dont il eft en poffellion fi canoniquement , & en melme temps en re- 
tenir deux qui demandent chacun fa rcfidcnce perfonncUe qu'il eft impofllblede faire en 
mefme tems en deux lieux. 

XXV. 

Cintiuiémt chef, par lequel r!njt4fiice & la nttllit é de la Sentence du fieur Officiai de Rfiien 
eft -vérifiée par la nullité de fa procttlure. 
I{eciieilly des quatre precedens chefs examine^cy deffut avec les additions qui ejîoientnecefjaifesi 

L'injuftice & lanulUte' de ladite Sentence a cfte prouvée jufqucs icy par les quatre chefs 



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mm 






Pliivion 
& P4tépa- 
Ifns de 
Crcineni . 
AJj/o Ton 
allé, Tcolé 
fun Fer- 
Cfohé 
bcaufrcre 
<](PȎ,& 
allé de V»- 
fimonr. 
Vjfimont 
tnjillre 
d'^ntoi 
netteVarin 
tous deux 
reprochei 
cy dciTuui. 
Vafimooc 
beau frère 
de Malo. 
X tcrnains 
repr9chx- 
bles du 
nombre Je 
«7. 



72 ,. . 

preccdcns (^'vnc manière après laquelle îl .^■mt'Ic qu'il n'y nit rîen à defircr , mnîs fi cha- 
que chef conlîderc (cpAicmcnt,s'eft trouve' capable de convaincre toute la terre de finiip- 
cence dudlt fieurCuie'de Vatiervillc, il (c promet que recueillant enfemble tous ces 
quatre chefs & y adjoutant les oblcrvations qu'il a relervces à ce 5. chef pour n'en em- 
broiiiller pas les autres , il en reiillîra tant de force ôc tant de clarté' contre l'iniquité' de 
toute la procédure de l'Oflicialitc, que la Sentence prononcée contre luyparoiftratiulie 
de tout droit, &in)ufte avec vnc évidence tout a flic invincible. 

Car par le premier chel-^ qui cft ccluy de la qualité' de i'es parties ayant fait voir quelîtf 
çftoit la haine du lîeur Prefident d'Eltalville contre luy caufe'e ,par ce qu'il avoir faic 
condamner ledit (leur Prcfident parAircft du grand Côfeil à j'amende & aux dc'penspouc 
luy avoir mal à propos fait dilputcr Ion beneiicc , Se que le dcplaifir que ledit Prcfident 
<lvoit de fe voir oblige' de luy payer la lommc de xz-j. livres, pour laquelle ledit Curé 
portoit fur hiyvn exécutoire du grand Conleil, & que la honte ,finterelt, le dépit & la 
haine dudit (IcurPrefident jointes enfembles luy avoic fait concevoir le deflein de le per- 
dre, & pour cela d'engager dans Ion cntrepvife M.l'Archevefquc & d'y employer ion au- 
torité , il ne rcfteplui qu'a faire voir les autres moyens donc ledit ficur Prelident s'tft 
fcrvy pour exécuter fcs dcfleins, qui font: 

Que d'abord ayant ob/crve que le fieur l'Anglois Uicaîrc dudit fieur Curé, & natif de 
ladite Paroifl'e de Vatierville,avoic efte' chaflc des fondions de Uicaire pour les me'dilan- 
ccs que ledit Vicaire faifuit tous les jours contre luy Cure, parmy les Paroiflîens,& pouc 
fon ignorance , ledit Uicaire n'ayant pas voulu aller pafler vn an au Séminaire de ininc 
Nicolas du Chardonnct pour y apprendre la vertu , Se s'y rendre capable de fon miniftc- 
rc aux dépens mefmc dudit Cure, fclon l'offre qu'il luy en avoir faite comme il eft die cy 
àcfiuspagei4. mais avoir mieux aimé le retirer de ladice Parroifle mal fatisfair dudit 
Cure, & en cieffcin defe venger de luy à la première occafion,ledit fieur Prefidcnt jugeai 
bien que /e re/Tcntimenr de cctrepretendueinjure i'c communiqueroit à toute la famille 
dudit fieur l'Anglois Vicaite , & que leur paffion , leur intereft & leur haine luv pour- 
voit fervir de moyen de fe venger contre ledit Curé & de le perdre , comme en efl'ed il 
ne s'eft pas trompe' dans fon projer. 

Mais ce qui luy donna d'autant plus de facilité d'exccutcr fon mauvais deflein , fut 
que Greraoïis , lequel dans l'information s'y fait paroillre par deffus tous les autres tel- 
■noinsleplus envenime contre ledit fieur Cuvé, & qui eft coufin germain dudit fieur 
<l Aviglois, Iç trouva Fermier de Monfieur de Gremonvillc Neveu dudit Ptefidcnr, ce qui 
»ay donnoit vn pouvoir abfolu fur ledit Grcmons dé-ia animé contre ledit Curé , & en 
deflein de fe venger de l'iniure prétendue faite audit l'Anglois ion coufin germain. 

Ce qui donna audit fieur Prefident toute la confiance dont il avoir befoin pour con- 
certer avec ce payfai\t la perte du Curé de Vatierville,en l'appuyant de fon autorité & de 
fes confeils & ce payfant, promettant audit fieur Prefident les faux tclmoi^nagc de toute 
fa fjLmiiïe , Se 3UUIK d'autres qu'il pourroïc mefnager dans iaParoifle félon les occa- 
fions. 
En effet du nombre de 16. témoins avec Icfquels ledit Gremons fait le 17. confrontez 
audit fieur Curé, il y en a deux qui font fes parcns , à fçivoirp/>i'>f flu-vion Se français 
Taté^n fon allié nomme Jf-utoine 7>irf/o,l'autre fon fermier uomc loiiisTrolé, l'autre beau 
frère de V.ité fon parent, nommé ficrre Croifr, lequel Croifé cft allié du fieur de Vofimont 
autre tcmoin,& IcditUafimont mailfre d'^Antoinette fart» fa fcrvante,beaufrcrc de Pâté, 
& Patron du nommé Z)c/v4«x fon locataire & dénonciateur contre ledit Curé. Si bien 
qu'il paroiftmanifcflemcnc que cette dénonciation avec toutes fcs fuites , n'eft qu'vne 
confpiration de toute la famille, parcns alliez , férvitcuts, fermiers defdits Grewens Se 
ï^nzloii Vicaire ioints i\ec ledit Prefident d'Eftalvillc, les vns & les autres pour divers 
intctefl & tout pourfe venger, eux & ledit l'Anglois Vicaire leur parent, lefquels tous 
témoinsconfironcezaudit fieur Curé, iufquesicy nommez font iulqucs au nombre de 
8. des 17. qui font le tout. 

Et il eft certain que CCS 8. font les principaux, & dont les faux témoignages font les 
plus confidcrablcs de route l'information , comme il a dcu paroiftrc audit fieur Offi- 
ciai par la leâure qu'il en a deu faire. Si bien qu'il ne refte plus que neuf autres tef- 
moin dont il y en a quatre qui ont cftév^/etr diniitjieur Cm é ckifferyp^r luy de fa mai/on 
pour leur mauvAÏfe ctmltsite , à fçavoir k nommé Charles Cuinier , redevable en outre audit 
fieur Curé de quelque argent,, lean Danet, lean Blaquet & Vlerre Fanion , fur lefquels il ne 
fut pas difficile andic Grcmons & i toute fa parenté de gagner vn faux ccfmoignàge par 



•le moyen, duquel on leur propofoit \:\ latisrjcticn de fc venger avec impunirc , & t"ou5 rt-îVcnf? 
lu pvotedion du Prclidenc d'Eftoville, aulqucls ilst'ailbicnt plaifir eu m vfugi'.uu eux +■ ;^" '* 

llKlnies. . ., , - .--.-..- .^ •_.:•.,„,.._ -.:V- '■ ■■ bU'.v.i( 

Ainfi du fufdit nombre de ï7.rcfmoîns i! n'en ireflre plus que (iinq'à corrompic pu- le- ^," '\'"^ 
■dit Grcmons & (a parente, dont l'vn cft Laioens Mortafrit , débiteur dudit (icuv Ciirc , & c<,jvj.i 
xîjui trouvoit moyen en dépotant contre luy de ne le pjyer point, comme en cfkt il ne- ^/•'"'«'■» 
l'a point encore paye' , fautre cÇ^Kico'as D.ty!nan-viHe :\\A\\ (un dcbi[cur,& p.iicnt di: bioiquèc 
Lion.iis Mortier, coiitre lequel ledit Cure' eft aftuellcmcnt en proccz pour Vubligcv de ''«"■H'"' 
rcftituer vue acre de terre qu'il a déiobée à l'Eglilc. L'autre témoin avec les deux tft j*" aVinuts 
-y/fi-rfc/eMof/c/)/ auffi débiteur dudit fieurCurc, &avec lequel il cftcn proccz pour lai- •« voins 
fon d'argent à luy prelk' par ledit Curé ,& encore deub par ledit de Mouchi qui s>'cft viurMor- 
cxempte de lepayerparfon f^ux ténioignagcilc <:j..cilî'(0/f i)<'/.'j;/i«,;ivcck(juel de nicJ- '•]«"-.Da- 
me ledit Curé eftaduellcmcnten ptoccz pour t'es dirmes,& le ^. eft Ch.iïlti7>hit>é .\\.\'X\ m"ii. hy' 
débiteur & contable dudit Curé qui pour ce fujct cft pareillement en proccz avec li,y. " " ^. 

En tortequede 17. telmoin dont l'iiiformarion faite contre ledit liein- Cure, eft 1.0 11- '^ " 
p'iiée, il n'y en a pas vn feul qui n'ait intercft, ou de haine Cs: vengeance , ou de parciué, 
aliance, fcrvitudc ou autre raiibn de confpircr [.\ perte avec ledit Gremons & Ion procc- ■ 
fteur &c jnftigateur le fieur Prelident d'Eilalvillc. 

Or quand leCuic de Vatiervillc n'auroi: point d'autres rcproclics à alléguer cen- 
tre leldits tefmoins, y a- il juge au monde qui voyant vnc conlpiration (1 mariihitè 
ne fut convaincu de la nullité de leurs tefmoignagcs , iS: par confetjucnt de toute la pro- 
cédure qui en pourroit dépendre ainfi qu'il cft dit au Canon aim U iy .A- dt fenienii.t, 
fjuareniisjt vobis conj]tterit qitodilli ceti^ir.itoics ftieyiiir vos irritttntei fyov(jJi4m CBrnm in i.t' 
gotio l'tocedatis, O" Can, fit. tuas clefimorii.i nos Vero ne in»io<:entiit jiii) it.iS \:»nfaf.i /((.'iHiwi'trft 
illas exceptiones prolianelas admifsiwiis quihiis frobatis tejlts iion%tla \ujlttix juimaligtiit,iti$ 
fomite proce^iffe conftaietvt cov(f>ir,ftrancs &in'nniciiias c^j'italesyCrc. 

Mais le fieur Curé de Vaticrville eft bien en plus forts termes : car quand ce pre- 
mier chef, par lequel il prouve la nullité de la Sentence donnée contre luy & procédu- 
re précédente luy manqueroit, qui eft pris de la qualiié de ics parties , de leur haine , de 
leur crédit 8r de leurconfpiration. 

Quand le fécond chef, par lequel il prouve cette nullité luy manquetoit , qui eft 
tout ce qu'il a remarque jufqucs icy de fauffetc ou de futilité dans les 315. articles d'ac- 
cufation alléguées contre luy. 

Quand le j. luy manqueroit encore prisdes reproches particuliers, qu'il .1 app^or- 
tcz contre les tefmoins lufdits dans fexamen particulier de ces ^6. articles , quand tout 
cela di-je qui deftruit à fond Se fans rcffource comme il a efté vcu /ufques icf, toute U 
machine du fieur Prefident d'Eftaville & du fieur Officiai feroit mis à part. 

Et quand on n'auroit aucun égard au 4. chef qui f.iir voir Vaftcvftation manifcfte qu'on 
a eue contre luy en le condamnant à le deffarre de fon bénéfice , il ibiiflient que les tc- 
marqucs fuivantes qu'il a, à faire (ur la procédure &c les dépofitiuns dcklits telmuins & 
les reproches qu'il allègue de droit font plufque luffifintes pour ruiner leur propres dc- 
pofiiions & faire voir clair comme le jour la nullité în: l'injuftice de toute la procé- 
dure & fentcnce donnée par ledit fieur Officiai, en forte cju'ellc n'a pu eftre prononcée! 
contre luy fans vne manifefte prévarication. 

Et pout le faire voir il faut donc encore prc'fuppofer qu'il n'y a que dixfepr tefmoins 
confrontez contre luy. 

Le I. eft Antoine Malo. Le 2. Pierre Pluvion. Le j. LoUis Troie. Le 4. Charles 
Cuinier. j.Laurens Mortagne. 6. Jean Gremons. 7. Jean d'Anct. 8. Pierre Bouguin. 
p.Frani^ois Paré. 10. François de Caere fieur de Uafimont 11. Antoinette Vnrin. i"!. Pier- 
re Croilé le jeune. 13. Jean Blocquet. 14. Nicolas Davenanyille. 15, Charles Mutrc 
36. Pierre de Mouchy. 17. Pierre Foulon. 

De tous lefquels tefmoins , la première remarque que M. l'Oiïîcial euft peu & dcu 
f vire par la lefture de leurs dtpofitions eft qu'il y en a 3. manifeftemcnt convaincus de j. Faux té- 
faux tefmoignage par les propres termes de Icurdepofition à/çavoir l'Iuvoon yTm'é û' Ji^ioli" &"' 
Cfïttmns, lur vn feul & mefme article qu'ils exprimcnrtous trois en ces termes que ledit Tn.ié. or$ 
Jpfw Cuïé 4 fdlt abbiittre de fan autorité abfeltie & privée , vn pos Ottme qui efioit dans le ""*"'* 
Cemetiert, ce qui eft prouvé faux par l'Ordonmance du luge de Neufchaftcl produite au 
proccz , par laquelle il eft permis audit Curé de faire abatte ledit arbre. 

Et aioutcnt les trois fufdits tefmoins que dudit arbre ledit fieur Cure a piV dtuxÀrbtt^ 






■ ■ V7.'»: 



^^ 



ipreffûir & m tram a ch.trettf nit'A Cefl aj>f,umé, ce quî eft prouvé l'aiix pn- les rcgiftres 

du Trcforde l'Eglife d.ms lefqiicls on trouve par clcric que ledit atbrc a cftc' vendu au 

profit de l'Ewlilc, la loniiTic ce ioixantc livres ajugc au gendre dudit Giemons , &nean- 

monis outre les trois /u/di'ts yj/z/vw;, 7>Wfé^C>rwtfW, ce faux tenioign.ige eft encore 

fa*""/-' "PpoKc par deux autres , à fcàvoir Litmctn MottJZ»' ^ -ff"» D,i»tt , ainfi voila dans ce 

moins fcul article cinq de ces dix iep: tefmoins manifcftement convaincus de faux tc'moi- 

Morcagne anaçe. 

Mais ce qui fiit voir encore manifeftcmcnt la conlpiration defdits te'moins eft ce 
melme terme d'autorité' dont ils le fervent qui marque vne atfedlation nianifefte, Jf 
fon autorité abfelue contre le gît de Jet f atrfipens, Ait Pluvion ,il a fait abatre vn gros 
Orme. 

far [on autorité & contre le né^iefes Varroi/^iens, dit Troie', 
iiondté. peJoH 4Hforuc l'viTfe ûT confie le «>e Wej î<trrofj5(t»i du Ljreraons. 

témoins jy^ tç^ rfntofifé {HoPïe , ditMalo. 

Pluir'on ^ ; ' ; V » n- J- /^ ■ - 

Troie Contre le gre de jes V.irroifuens , dit Cuinier. 

Cre.. ons Contre k gré (!( [es faroif?,eiis,i\ïDAnct. 

c.Iiniet Ainfi voilà 6. telmoins qui outre la faudete' fufdire marquent par cette vniformîtc' de 

Danet. termes , vne manifefte conlpiration, &: que leurs te'moignages leurs ont eftc didlée d'vnc 
melme bouche, ce qui rend leur teimoignagc nul (elon la remarque du ficur Promo- 
teur d' Aller que nous avons rapportée cy dctlus au luiet du fieuc Eymeie , page 27. de 
cet elcïit. 

Ce qui fe remarque encore lors que ces tefmoins depofent contre ledit fieur Cure', 
qu'en fon abtence ce[Jant que k ficur Curé de Tejqiic vint en ft ociJ?ien , il n'y eufi peint ea 
deTrîeJJe le jour de faint Marc z662. MnCi ledépolentMalo & Tïoïé , que cejjant le Curé dt 
Fcf/jue il n'y eiift paint tu de Trlcjfe ce jour là. 

Autre con- 2z Pliiviou ceffant le Curé de Fefqiie il n'y eaji ^oint eu de T^leffe ce jour U , ajoutant, quih 

«les ii.«nics oft plus d'obligation audit fieur Cm é de Ftfque & cintres fatroiffes yeifines qu'à leur Cu) é , ce 

té,noins, qui marque l'animofité particulière contre ledit ficur Curé. 

Animofiiê E^ Mottagne, que ceffant l'af^i fiance des frefires yoifins, &c, 

partieuiie- EtGremous, quc cejfant l'.ifiifiauce du.Cutc de Fef que il n'y auroit peint eu deT^leffe. 

vioD. * Où ii eft à remarquer que ce mot de ccjjiiwrn'cft point vn terme v/ite' pirmy les pa'i- 
fans , Se qvr'ainfi ces cinqtetmoins s'en eftant lervis avec aftedaiion manifefte , il paroift 
évidemment que leur dcpofition leur a eftc luggerée. 

Comme aufli lors que les mefmes tefmoins le fervent tous dans leur dépofition du 
termesde mécanique pour blafmerfes aélions. 

Autre con- Ainfr Malo depole qnc ledit Curéell tout a fait mécanique^ 

fpirition T»i . I )■ ^ / n r- • r n- 

des mènes l'i\xvion,c[uc leiiit Cure ejt fi mecantque en Jes atiionf. 
tcmoim. Tcolc, que ledit Curé ejî fi' mécanique que liiy niefnit a foin de [es f<«/«. 
Cuinier, qu'il eflfiort mécanique en fa maijon. 
Gremons, que ledit Curé eft fi mécanique^Cc. 

Laquelle vniformité de termes fait voir que ces tefmoins font manîfeftement apoftez. 

Mais outre les marques fuldites de confpiration &: de fauffeté, on en peut faire vne 

troific'mequi fait voir manifelliement le faux telmoignage de 4. d'entr'eux , à fcavoic 

M'ma'-ne, TVlor/rf^nf, ïi'w^«ef, î» .«ré éT Bo«^»iw, lur vnc autre article , ledit Mortagne dil'ant que cef- 

Danec.P»- fant l'aj^ift^cc de\ Veres Venitens de B4rnefed»x,la Damoifelle de long champs feroit morte fans 

e, oMgu n ^j^;j}^„^g^i,^Y le ilcjfijtit dndit Curé, pendant foi abfence , voulant faire croire par là que ledit 

fîcurCurc lors qu'il cftoit obligé de faire quelque voyage&de s'abfeuter pour des affaires 

neceffaires (ans neantmoins outrepaffer le tems permis par les Canons, comme il a cfté 

dit , ne donnoic aucun ordre que ia Parroifle fuil delTervie & fes malades affiftez, ce qui 

eft faux ayant luy melme prié leid.Peres Penitcns de faire fes fondions, comnic il paroift 

par leur atteftation efctite &c fignée produite au proccz , ainfi la dépohtion dudit Morta- 

gnc voulant faire croire qu'il n'y avoir donne aucun ordre , eft manifcftement fauffc & 

vne marque villble de la haine qu'il porte audit ficur Cure auquel il doit de Fargent , &c 

de fa malice de vouloir le perdre s'il pouvoir afin de ne le point payer. 

Ce qui fait voir encore la fauffeté de la dépofition dudit /)<»»«, difant que le mets 
Fiuffcic de J'^ouji de l'année 1662, ledit Curé fut bien fixfemaines ahfent de fa V arvoiffe fans qu'il y eufi 
froposéaucu» "Prefire pour faire ÏOffict ,_-« ayant feulement -vn Vert fehitent de Barnefeaux qui 
yint dire U lûeffeles Fefles Ù" Dimanches, eni^uoy paroift la conttadidion vifible de ce té- 
moin, parce que ledit Père de Barncfaux ne fuft pas venu faire fes fondlions dans fEgli- 



«te 



.■.•".--.*<«» ^ 






.(iUlt- 



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^ . 73 . 

le dudît fieur Ciiïé , s'il n'en cuft eftc jnie j'u> ledit fieiiv Curé , & s'il ne Teuft fair par fon 
orctvc. 

Ce tefmoin eftdonc encore faux auiïî bien que ledit Bou^tii» qui dit que ledit ficur Cmr flc,ug,„n 
fut bien fix /ëmui'ics abfent funs qu'il euji douve or du k aucun Trefire d'avoir le join defon office F^'ifîeté is 

Fauflctc ipi eft confirmée par ledit Taté dc'polànc que les abfencci ditdi^ Curé caufertnt ' ■ V ' 
dis dcloïdres pour ne'commtttre pendanticttle 4<icti7ifrefire l'oiir en 4Vûir foin. 

\Auli]uels tjuan-c tcmoins on peut ajouter la depoficioii de Grtmons diCant que Uàit ^f*^^ ol\mam^ 
de YejqKCvirit duc la Mejfe fy^r charité, yo\i\a.t\t marquer par là que ce n'eftoiipasparFoi- 
dte qu'y avoir donné ledit {leur Curé. p a- ^ 

, Ce qui eft encor indique par ledit Vlution difanr que fans que ledit fieur Curé Jî Fefqut piûvion. 
tUt Id home de ye>nr dtre UT^leffe le jour de f^int Viene aux Lyetis, il n'y eufl point eu de Tylejjcy 
attribuant à la feule bonté diidic ficur Curé de Fcique, ce qui devoir eftrc attribué au 
loin qu'avoir eu ledit fi-nir Curé de Vàtiei ville de l'y eng:iger de parole , comme c'eft 
rordnuirc aux Curez voilins de s'cnrrc Iccouiit d.ms (es oc(èalJons , ce qui paroift enco- 
re par l'atteftation dudit ficur de Fe/quc, produire JU procer. 

Ainfi il ne fut jamais de taux teimoign.igcs plus avérez que ceux defdits Movfrf»«f ,Drf- g p^^^^ ^j, 
v'et-, 7'ai(\ Bouquin, Gremom iy 'l'iuvion , lur ce nouvel article aufquels on peur ajouter, moir.s 
M-i/o, /■) oit, q\ii difent en mefme fcns, que cejfain ledit Curé de Fefqiie il n'y euJi point eu de o "n"î°"'' 
TAcjje, voulant t.iire penlev que ledit iieur Cuvé de Vatietville n'y avoir donné aucun or- Hâté, bou- 
dre , tous Iclquels enienible fontJc nombre de huitre/mo/ni, convaincus de maiiîteiie ^o",^'*," 
fnulicfclur cerauicle. ■•■'-vi . vion m^Io 

Outre leiquelles EiulTetcz.on en remarque vne autre dans la dcpofition dudiCBouguin '^"'* 
lors qu'il dit que /f^Ar //wj- f«>-f d v/«>/'fV«e potion du Cimetière pour agrandir (on jardin,- 
ce qu'il ne peut dire lans viurper luy me^-ne l'autorité du luge, devant lequel ledit fieur 
Curé prétend faire voir qu'il n'a rien vfurpéfur le Cemeriere, mais pris ce quiapparre- "■ '• 

noit à Con jardin qui eft divifé m.tnifcftemenr d'avec ledit Cemeriere par les fondcmcns 
d'vne muraille à rais de terre qui paroiiTenr encore prelentcment. 

Et dans la dejjofition dudit Taté, on y peut remarquer vne autre fauiTcte' lors qu'il dir, 
que ledit fieur Curé efi ordinaire de révéler les Confe fions , & quila révélé lu penne : Cat ne 
pouvant répondre que de la ficnnedont mefme il ne répond pas fuffifamment, ne difanc' 
point enquoy , en difant qu'il eft ordinaire de faire telles révélations , il dépofc d'autres 
confeffions dont il n'a nulle connoiflancc, qui c/lrendre vn faux tcfmoignagc tout- 
manifcfte. ' 

lia efté remarqué cy dclTus o^ , Antoinette Varin de mefme avoît depofé le faux en di- 
fant que fo» matfirt le fieur deVafimont ne fouvoit avoir de connoiffance d'y» fait dont elle difoit moignagt 
^eprecenfefîte audit Curé , que par ledit fieur Curé, vcu ques'cftoitvn fàirpublic,& que <''*""'"-. 
ledit ficur de Vafimont dans fa dépofition affeare qu'il dénia que ledit fieur Curé luy enft «- "'"V *'"* 
velé la confitfiion de ladite Varin. D'où il s'enfuit que fi ledit Vafimont depofe vray ladite 
Vaiin , dcpofant d'vn fait dont elle n'a aucune connoiffance , ne peut fc deffondre 
d'avoir en cela rendu vn faux tefmoignage. ''''.!'! . ■" 

Mais afin de faire encore mieux connoiftre les motifs de la dépofition de ladîteUarîti',' 
il ell <à Icavoir que le (uldit isUlo faux tefmoin plus de deux ans avant l'information han- 
toit en la maifon du fieur de Cameval perc dudit fieur de Vafimont , & aymoit la fille âifnée 
de la raaiioii comme il le reconnoilt luy mefme à la confrontation, mais a bon deffein, ce 
dit il» qu'il cf!: vray néanmoins que hantant k la ntaifonles parens l'ont voulu mal traiter ciT 
qu'en ne luyit point voulu donner , parce qu'il n'a pas ajje-g^ debteri four elle. '•' ' "'^ ," 

Cependant le fieur de Uafimontfrerc déclare dans fa dcpolition i/«e ledit Curé luy d -!:•»••: 
dit qu'il eufi à prendre ^ar de k vn appelle Antoine TÉale quihanioiienf4maifon,&que 
fa haut if e p> ejudiciolt an bien & a l'honneur d'icelle , dent ledit fietir de Vafiinont ayant pareil- 
lement fan bruit en fadite t»aifon , fesfaiurs ayoient dit qu'il falloit que f'eufi eftê ledit fieur 
Curé de f^aiiervilk qui luy eujI donné cet advertiffement , & voyant f ef dites focurs refelués à 
att.iquer ledit fleur Curé j'ûur cela, Sic. 

%.. Earlefqucilesdepofitionsde F.f^wo«r, & confrontation de Mrf/» , il paroift quç Icdic 
Tilala eftoit amoureux de lafilleaifi.éedu fieuï de Carnaval père de Vafimoni , fterc 
de ladite fille. 

Ja. Que fa hanrife faifoit fcandale,le fieur Curé accufc pat ladite fille & autres fes 
fœurs d'eftte caufe de ce fcandale. 

^. que ladite fille &fcs fœurs en conçurent de l'averfion conrre ledit Cure à deffein 
de s'en veijiger. . . " "^ 






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4. QlL*^ ledit M\lo en fut mal naitc , & p..i tt/ufcqueni que la haine contre ledit Cu-. 
ré , avec t'amoui: pour cette fille Se ù n.ircnic avec Grcmons &c VAngloIs Uicaiie chafTé ■ 
par ledit Cuic ont cfté caulc de tous les f.mx témoignages rendus conue ledit ficur 
Cure'. 
, - ^.Cc qui apacu d'autant plus qu'incprninein après Pinfoima^ion faite la fille dud.fieur 
M«lo,'* * deCarnaval a eftc donne'eenmaiiige aud.Malo d'où Fon do. t conclure que ce qu'il a die 
9t i fa confcoutation cft faux qu'on ne luy 4 point voulu ({onrin çtttt fillt , p^r ce qu'il n'a point, 

reproches "/T^t'^' ^'^^ pa«*'fi/ï ,puis qu'on la luy a donnée par effet^mais qu'il cft vray qucleperc, . 
valables la fille &"ion fierc vouloieht qu'il meritaft .tupaiavant cç mariage, par le faux létnoigna- 
tXçft^ ge qu'il a rendu contre ledit Cure , qu'ils regardoicnt comme leur cnnemy commun, 
v«m. que pour celails luy perluaderenc que c'eftoit ledit fieur Curé qui çftoit catife de tout le, 
v^fi'mont* ^C^"^^!'^ > po""^ ^^ f»j^t duquel ils Favoient maUraitté. 

te Milo, De tous lefquels f.iirs vérifiées au procez & reconnus,il retiiltç que ladite Antoinette 
/'/«r/n n'a dcpolé que pour venger les maiftres Si mailtreflcs , que le fieur de Valîmont 
n'a dcpofé que pour venger l'es iœurs irritées contre ledit ficur Curé , fon père qui cftoit 
en procez avec ledit fieur Curé pour rcltitution du bien d'Eglilc , & animé à la vcngcaji- 
ce par fes propres filles , dont î'ailnéc eftoit amourcule dudit Walo , & pour le vengée 
foy mefmc de la part qu'il avoit dans tous les iuterefts de fa famille, & que ledit HUlo n'a 
dcpofé que pour les mefmçs railons ., Si qu'ainfi toutce qu'il a dit n'eft que t.iuffefé, ce , 
qui paioift encore plus de la depofition dudit lieur Vafimont, contre lequel outre ic 
\ c^ue dcflus , ledit fieur Officiai a pii & dû remarquer qu'il avoue daiïs fa dc'pofition qne 

Ueiit C«ré i<0 rtVsw fiir promet tit de ne point dire de fa ptnt l'tttivii lu il luy aroit donné tou- 
thAnt TiUla^O" i^'il le luy ^voit promis, nonobftantquoy ledit de Valimont nelaiflc pas de 
Je d^po/cr en jufticc,fans toutefois en cftre interrogc,& lans que ce qu'il dit dudit Malo 
Vjfimont fp'f portc dans aucun des articles de fa plcinte, ladite Uarin ne difani point luy avoir 
lionimc dit ce qui regarde U fcandale de Malo à confeffe, ainfi fans en eftrc requis ny eftrc «bli - 
îîns ^"y, ' S^ P'*'' )"fti<^c > lc<^it ficur de Vafimont contre la parole qu'il dit «voir donp^e audit ficur 
ftni hon- Curé de luy garder le fecrct , 8c contre la Loy naturelle qui Fy oblige, il l'a révélé Se vio- 
«e«. Yé ce que FÉcriture Sainte appelle vn Sacrement.ainfi par fa propre confcifion il eft cou- 
vaincu d'eÀre vn homme fan$ parole, lans foy , & fans honneur. 

£c ce qui marque plus fa haine & fa paillon clique (ans aucune obligation de con- 
(çience , il rcyçle l» turpitiidc de fa propre famille & la fait mettre parçfciit.afiu qu'elle 
demeure dans vn Greffe & Ibit imprimée dans cet efcrit comme vn monument cicrnel. 
de fon infamie , mais il ne s'en faut pas cftonner vn tel fils eftoit digne d'vn pareil peie; 
"" "■ "j" Car ledit Pluvion dans fa dépofition parlant du ficut de Carneval perc dudit Vafimont, 
peiedcVà- rappone qu'il dilbit parlanidudit Curé <]«« a/4 iuytiotiviit dtniu«u,ei pour [e tendre H»- 
fl*^' • gHf«*f jpenféc qui ne peut tomber que dans vne ame de perfide Hc. prclquc apoftat: Or on 
foTeon- demande i M. fOôkial (\ de tels telmoins fpnt rcccvables contre vn Curé , des tcfmoins 
ftiensc. tentez de le rendres Huguenots , & qui n'ont pas de honte de le dire , & qui om l'infa» 
raie de le publier : mais c'eft ce qui fait voir evidcDameni la grandeur de fa haine contre, 
lodit ficur Curé, & celle de route fa famille qui luy fait oublier ce qu'vn homme de bien 
& d'honneur a de plus plus cher au monde , qui eft fa propre réputation & U quai ité de 
Catholique qu'il aime mieux rendre iufpeâe & douteufc que de ne le venger pas. 
Anroinette p^ t&tjtcs Icfqucllcs raifons & reproches viiîbleropnt trop judiriqucs , les deux 
vilimoM. pti()cipauY teljnoioj qui regardent le fait de la confclCoa font dtftruits d'vne nunieic 
» rémoiiu, fj^jj rcplique convaincus d'vn £iujc tcfmoignage qui a'cft que trop manifcfte. 
r iiticie de AuilS bien que a^Tte^tinyUlt lors qu'il dit que fiet re de îtUitcby luy avoit dit queftant i 
U Coiifcf- cfi^^ Uâis Cnri luy dit 4 /«gi de yituzby , f m l»y Dtvtutnyillt s'edoit confefîf d'ayoir pris 
V^remn' "lie getht dt difnmif p4ttenMit 4u Cmi deFtjtiue ytn(\aoy ledit Davenan ville cft dcfa- 
viUc& voucpar ledit de MoucKv dans fa depoûtion,aiori voila deux aurrcsiefmoins furie fui 
ntra 'i-' j?^ dc Ucon&^oo manitèâemeQt inudls. au{& bi:n que ledit Çué qui eft le cinquième 
msifts naU ^ dernier furcct article convaincu cy ddîus de faux. 

,ic b CM- IA-Û& ledit lîcur Cutc ajoute encore contre luy ce qu'il dit dans d-deporinon qu'à 4 
***?", tmtftdM i"*» 4pftUiCuim*r & dtfitne FfnUrmuilf f^tttitnt btoi qutledu Curténttt dit. 
«nnmnol, UlïUfftm jour Cju'il 4Tntdejie»iié U wAtin arec eux. 

iot r<mcic fy kdkCuinicr t» dit fu dans ù. depofitioo qu'il le fcruft ; maîf iéulcmenr que lexL 

É^ffiaa" ^iilo le luy dift, &: ledit Milo ne luy dit point que leiir Cure euft dit laMc/Tc après dé» 

j^untc : ouïs {rulemcK qu'il luy aida i <âsB|U Meflc vp ccnain iour qo'il ne n&rmne 

point auquel il ouytdife que ces valect interrogez à la campagne noltai tégonàatjtx» 



i 



lai 



75 
Iciiv Maiftie avoir dc'juné , fi bien que (. ,../,ifr declai-e (jx'i/ n'en f_ç4lt ï'itn , pav luv mcf-, 

me, inaispaiMaio ,W,f/(i<|M'i/«'cn/ç4'/>if»/'.iy/«y >wf/>*if, mais pat oiiv diie cic gens;[„'),',]^^''jç 

tju'il iic nomme point & "j^atr néanmoins cicpofe qu'il a entendu de Cuinici qu'il le Ica-'P»-^! 

voit bien , ce qui eil fiiux 6i par confequent ledit Patc cft eucoixs vne fois faux tcfmoiD. 

Car ledit Foulon allégué de mcùne par Patclurce mclrae fait die <j«e /»»«»■ luy il s'enfm-'- 

"aient l'oint. -B I • 

Voilà donc des Articles capitaux bien prouvez , & par des tefmoins bien recevablcs, jj to^èf- 
& ces Articles capitaux, !k ces tci'moins cftans dcftruits fans reffcurcc ; on demande au '■''"&'' 
Ciel &; à la terre , furquoy le fieur Officiai à pii fonder en confcicncc la Sctttcncc qu'il a dtfi/unSr. 
donnée, par laquelle il condamne ledit Cure .1 fe clc§'a'ire île [on Bénéfice. *• A" cW» 

Car JLilques icy voilà onze rcfmoins manifcftcmeni convaincus de fauffcTCz & char- "«'"ro*- 
gC7. de reproches qui font au dcffus de toute exccpùot) , à Ravoir ; ■jvljlo, 1 v»lf j'Mmf d^nt} ^^^• 
i't:-vio>7, D4net, démons yf'iré, Btf«ç«/«, D-tvenanyihe, Antoinette Ytirin, VnÇttnont. 

Outre leiquels reproches à raifonde nullité" de leurs témoignages ledit fieur Officiai 
auroit pu remarquer dans la dcpofition dudit Pluvion , ce qu'il dit que quand il a cflc a 
confcfic audit Curé , ;'/ na rcceu aucune conjo'arisn , }imavj!r.nice , ny infiruciion , qui 
font piutoft des pleintcs d'vn homme enncmy &c mal intentionné' qui parle lur des faits 
iion.cDnccnus dedans la pleintc du dénonciateur , qu'vnc dcpofition d'vn rcfmoin des- 
àntcrc(Tc,& s'il falloir que fur dépareilles pleintcs on donnaftlieuàdespenitens ou piu- 
toft impenitens de décria leurs confefleurs &: de ùire informer contr'eux , y ti-il 
Preftrc dans FEr^life qui fuft en feureté de fon honneur , & nvft-ce pas la dernière mali- 
gnité d'vn Juge d'à voir rédigé parefcritde telles depoficions,«n fuite dequoy ce mef- 
l«e Pluvion ajoute qu'il n'eft point -dans la rclolution de confier fa con-fcience audic» 
Curé , ce qui marque manlfettcmentla mauvaifc volonté &la haine de ce tefmoin. 

Auflî bien que dudiclVu/f fermier de Grcmons , lequel dit en mefraes termes <|«f /«- 
dit C)iré Luy donne l'ahfolutiBa fxtts dWMit riii»nj}rance ,q»'iln'itnuile dévotion d'dkr i ÏM^ 
À confefje. 

Et dcDavchanvilIe lors .qu'il difoit audit de Wouchy <j«'j7î aroient yn p4»v>t Cmê 
ppur confeffer , & que n'efloic pas le psiivie deffunti , ainû qu'il cft tapponc dans la de» 
pofuion de Mouchy , ce qui ne peut cftre qu'vne marque viûble de lamefchancetë <k ce 
tefmoin qui préfère le deffunt Cure concubinairc public, ayant deux garces & des ctt»- 
fans d'elle dans foo Prcsbitere jufques à la mort,audit ûcar Curé de Vâticrville irrépro- 
chable dans fa vie. 

Mais il cftaife' de remarquer dans l'information de quelle part font venues contre le. 
dit fieur Curé tous ces faux témoins , & qui eft celuy que l'on a fuborne'par la de'pofi- 
tion de lautens Mwfrf^wf.difant quil a entendu dire plujleurs fois au feur de Carnaval qu'il iA 
fepc'oii ptint attetit Curé de yariervUle, d'autant qu'il avait révélé la confefitm de fa fervaiite-y 
ce qui fait dire audit Bouguin qu'il n'a pas dit au fieur Cure' fes plus grans pcthez qu4nS 
il a cflé i confeffe à luy, ne taifant pas de difficulté en cela de confeffer dcsfacrilogcs com- 
mis par luy,pluftoft qjcdcne fe vangcrpas contre ledit fieur Cure. 

Et contre ledit Davenanville ledit ficur Officiai outre ce que deffus pôUveit remava 
qucrdans fa dcpofition qu'il confifTe luy melmc d'Avoir volé le jitiir Curé de VtftlUt i 
or un voleur eft -il croyable en témoignage. 

Si bien que par toutes ces additions aux reproches généraux & particuliers allcguea 
çv deffus on peur voir clair comme le jour qu'il n'cft paspoflîble que la de'pofitiOfl dèi moins inu< 
Oize témoins fuidits puiffefubfilter , ainfi il n'en refte plus que fix fur lefquels il réAè "'"■ _ 
audi: (leur Cure a examiner avec ledit iieur Urncial, s il a ncn a ajouter a tous ces re^ témoim. 
prohcsprecedtns&raifonscy deffus. Ces fix témoins fo/if Cuinier, Crtifé, Tiil)itri,de 
2diO!fcl>i, Waqt'Ct & Foulon» 

Ér pour le i. qui cft Citinlir le ficur Officiai outre ce que deffus peut remarquer éiKii 
Çfi, dicpofition qu!il dit qu'il a cfté au leri'ice dudit fieur Cure', & que IciJJt Ctité [otiqtiil 
karuit à /,» or.%,i«t OU ttavailloit a quelque chofe de ménagerie ojfoitfof pourpoint , & depuis à f^f^ 
dit qu'il dej^ourmit feulement fan pourpoint , ce qui fait vok k faux ténàoîgfiâge de inutile», 
Piuvion se deTrolé lefquels tous deux difcnt qu'il fe mettoit fans pourpoîrtl 3êen ch«^ 
mile , rntis ny fun ay Fautre rt'eftaiu véritable cette ccwvtradîâion fait voir k maVigtiiïé 
de tous les trois &: particulièrement dttdit Culnicr , ôc îa vérité de la pMoic àe f ÉfcrîtU- 
re qui dit qu'il n'eft point de plus grands ennemis p>oar oTi maiftre que fei Vâi<?r$, Itiimi'- 
ci hom ni Jontrllici ejm.Ce qui a donné Irem aaCanorv /tcen/krores 5- q". f. ôù'it éft deCkiré 
que les doiucftiques font fufpciîs en témoigiwge Se aoatcatSKMt , ftfict /ttj^effi mu ^f« 



^ÉBMEÉHl 



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7^ . 
eifiuntvrntc famillayes, & au Canon friu} j. 4.11. il cft dit cxpteffemcnr. Si quis cxfami< 

liaribus tkUio) rel Accuf-itor ctiiiifcHm(i»e criminis cmer/nir , tju* txiiiitnationtm capur <>tqtif 
ftrtiinaipnititïus cnju!fdmilia)ir.itivel(foi>tinioinbifferitianieexhibitio)i(m teftiumaïqtie (^ 
XAm/ti/ifiiinem jtidicij in ipfa tx/'ofiriene criminion, atijut accuftttiorits exorJio ultort ^l.ttlioft-' 
riatur,yocetn tnim ftihtf]am irittxlià fotiu-\ oj-orrct/junm aiiiliti >Paï leqbcl Canon il cft mn- 
nifefte combien les Loix onr eftercvcrcs contre les domeftiques.lois qu'ils ont penfe'ca 
lufticc à porter tc'moignage , les LoixCivilcs défendent mêmes de les recevoir poui" at- 
cufateius, & veulent qu'avant que de procéder plus outre fur la fimple accul..c;on qu'ils 
. feroieni de leur Maiftre ils fuffent punis de mort, eftant plus jufteditla Loy d'eroufter 
■••/.. ...'. .* une VOIX funcfte que de fentcndrc lors qu'elle vient d'un domeftiquc contre fon Mai- 
ftre , ce qui fait dire à Saint Grégoire qu'un Evefque'ayant cftc accufc pAi- fes domefli- 
-ques ils n'ont pas deu cftreeicoutezconrrc luy. Q^utâ antem dkitur à/ervis f«ii .ncuU-' 
tus Epifctpitf Iciendum tfi qttod min'rmt niitiit i àtbnerunt. Rcgillrl lib. 1 1. cap. 54. 

Et particulièrement lorsqu'on fait une information publique dans une P.iroiffc fur 
la vie extérieure &c les mœurs d'im Curé dont tous les Paioilîlcns peuvent rendre témoi- 
gnages, ce nepeuteftre qu'une infâme proftitution à des valets dcdepofcr contre leur 
Maiftrc, ny qu'une injufticevifiblcàdeslugesde 1rs admettre. 
4 Tcmoini Cependant il fe trouve quatre témoins dans Finforma:ion f. îtc contre ledit fi ur Cu- 
fe.viieurs • jg' qui q^j gftç' feg fetviteurs , à lavoir iuir.ui , D^ntt, Baquet & Foulon- 
c"T/'ieut Ledit Crt/ni'fr témoin fur le f.iit delà Mcflc après déjeuner. 
Ai4i«r». Bantt fur Particle de l'yvrogncrie. 

Bloquer fur le jurement. 

Et Foulon fur fomilîîon de Peflevâtîon du Calice qui font tous chefs confiderables - 
contre /eut maiftre , ce qui fait que ledit fieur Curé allègue pour reproche contre lefdits' 
Paner, Bloquer & Foulon, ce qu'il a dit contre Cuinier , ainli des nx derniers fufdits té- 
moins fur lequel il avoir à faire fes additions ilne luy en relie plus que trois à examiner, 
à favoir Croifé, Mutré& Mouchi. 
Fcprochcsf Contre Cy*//? ledit fieurCurc'outre ce qu'il aditcy deffus qu'il eft beau frcre de 
contre kl .Patc & allié defdirs fieurs de Carnaval & de Vafimont pcre & fils , & ledit P te' parent 
«ult Vi-' ^^ Gremons ajoute qu'il a eu querelle avec le père dudit Croifé qui luy dit pluUeurs in- 
moins, Jutes à caufc dudit Pâté dont il eft beau pcrc,auquel luy Curé demândoit de l'argent qui 
Muué' ^"y eftoit deu par ledit Patc, & qu'ainfi ledit Croil'é fils eftant beau Rerc dudit Pâté qui 
Moucb/, cft allé dudit Langlois Vicaire chafie par luy Curc,il n'cft pas croyable. •• 

EtcontreleditjSf/frf qu'il cft encore à ptefent en proceds avec luy pour de Fargent 
quiluy cft deu par ledit Mutrcà raifbn dequoy ledit Mutrc n'a cherche' pei pctuelle- 
roCTVtqu'àluy faire in'jUïe comme il paroit par la depofirion duditMutré qui conferte' 
luy mcfme que rtncontrant U charttte dudit C«)é Crfon c/»fv^/ chatoyant du grain il ayoit 
frit le cheval & mené icthiy au cabaret jufques à la dtuxttme fois pçur faire cotijier dt l'argent 
Audit Curé & li4y faire infttlte. 

Et conttc^eM««cJbjy qu'il eft encore aftucllement en procez pour de Fargent prefté 

çarluy audirdcMouchy , queledit deMouchy a eftérepris de luftice pour avoir volé 

du bois dans la Foreft d'Eu , ce que luy ayant donné pour reproche à fa confrontatioii' 

ledit de Mouchy n'a rien repondu, avoiiant le fait par fon filcnce, outre qu'il eft dcnieu- 

té d'accord encore à la confi:pntation qu'en venant depofeç contre ledit Curé luy Se 

Piètre Foulon fufdifteftoient paflez par chez fe fieur Prieur de faint Germain parties 

dudit Curé.chez lequel ils auroient pris vn cheval pour monter deffus , & interpellé s'il 

n'avoir pas batu la mcfme année dans la granche dudit ficur Prieur, à reconnu qu'il 

eftoit véritable , ce qui marque Fintclligcnce particulière. qui eftoit entre ledit (leur 

Prieur de S. Germain & de Mouchy aufll bien qu'entre le fufdit Danet qui eftoit aâucl- 

lement valet & demeurant chez ledit ficur Prieur de S. Germain. 

Ainfi ledit ficur Curé conclut contre tous ces témoins à raifon de tous les reproches 

l'inforiBr particuliers qu'ils ne font nullement croyables contre luy , mais il ajoute encore pour 

dans la laifon gcncralc qui fait voit la faufleté de leurs depofitions & la nullité de Finformatior» 

miifonde &proccduresfaitejcontrcluy, que ladite information a cfté commencée pat le ficur 

«nnemi'du Fontainc Cutc dc S, Oiicn, dàns la maifoH du fieur Langlois Vicaire chafle par ledit 

Cuié, ficur Curé fon eniïcmi public & déclaré , comme il paroit par toute Finfqrmation Si 

«ommement par la confrontation dudit Pacé lequel a reconnu avoir entendu dire à M. 

François Langlois Preftre Vicaire chaffc comme en fc pîeignant que ledit Curé le voiiloif 

rfnvoyer^l'éeoli , cequimarquoitlaprcmicrccaufcdcleuf différent comme elle a eft» 

rapportée 



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77 

f'T^p^oVtce cy dt(tus de et q\je ledïc Cuve .uon voiiUi qu'il p.i(T,ift: une .innée à S. Nicolai 
du Cliaidonnct pour s'iiiftmire ,ceque n'ayant voulu f.iite ledit Cure ïauvoit congC- 
die , ladite information dobc' a efte'con\menc«?e dans la nuifon dudit Langlois dans la- 
quelle ont eftc' entendus cinq te'mOins le Lundy 3- Novembre \66i. affavoir , M/»/», 
î'/«v'o» ,lVp/f , Cainiir, Tilort^pie , Grcmons , & le Mardy eiiluivant trois autres, alTavoir, 
ï).i»d, Btu^uirt & V«\c- Ce qui nepeùt avoir eftc fait fans faire paroiftre manifeftement 
la conlpiration lufdirc des luges & témoins avec ledit Langlois. 

AulTi le premier article dudit Defvaux contre ledit Cure eft , (j«'j/ 4 cvngtillé & fait 
fortir , ciii-il , un fort bon 1>refireenf.int ch U Varo'ifje qui a dcfetvi <ieji(ii$ !«;.(««$ de Ch.tfî- 
iAtn clel.idittVanijfe^vec ^pprohjrJort de T^kfsiems les p-.vuls f^icdhes & ii^rande éilification 
tilt prochain & âe touj les T^roijsiens. Toutes louanges .ifîeftees par ledit Defvaux pour 
ïcndrc ledit fieur Cuie odicux,&: répétées quafi en melmcs cermes par plufieurs tcmoinï 
fas-oir parM,»/(7, dilant (jrie ledit L<tiig!ois avoir fervy c/t/>i(is 15. ans tant an gré des dejjuncfs 
Cuye\(\i<tdifiC.û'mi defd'st^ Vatsi^iens. 

Vïasion, qu il y [.tifeit les fmêiiens au contentement dvs Cmef^fïtctdehs & dei Varoif- 
fiens. Anh'M-^ 

Grcmons , qtt'ily a fervi svec édification du ptscbain & dtt petipk & cintentemtnt dti def- 
jfiivci Cme. 

Cvoilc , que ledit (ittir Curé 4chajfé ledit tt»s:Jois qtity qullfolt très homme de lîtn- 

Faifant tous le premier article de leur dcpofition fur le fu jet dudit Langlois , ce qui 
marque leur confpiration manifefte , & d'autant plus qu'il cft impolTible que ledit Lan- 
glois ait elle' homme de bien comme ils difent cux-mefmes ayant elle' au gré du dernier 
Curé qui ne i'cftoit pas, mais au contraire qui cftoit vn conc'ubmaire public,ayantcliez 
luv au confpcél de toute la Paroiffevne garce logeant dièz luy duquel par confequenj 
il cftoit deftendu d'entendre la Méfie » Se commandé mefme d' éviter fa prcfcnce encore 
qu'il ne fut pas déclare tel par PEglife, parce que (on concubinage eftoit public par vne 
évidence qui nepouvoit paseftre defavouée par aucune tcrgiverfarion , Qiundl» habent 
r/'dWfv/Jenr/^w.c. Vertra deCohabicatîonCi Cleric. & Mulier. ^ut pcr evldentiain ni 
qtia itr?JyerJ4tlene allqtia c/elari non pef^it. Eod. cap. qiia;litum. Car il eft certain que le 
concubinage du dcffont Curé de Vatierville predecefieur de celiiy qui fcft 3. prefcnt, ne 
pouvoitfe defavoucr par aucune rergivetfationj Ainfi ny ledit Langlois ny Icfdits Pa- 
loimcns ne pouvoicnt entendre fa Meffe &c cftrc gens de bien,à plus farte raifonlcCdits 
témoins ne peuvent t'ils loiier ledit Langlois d'avoir eftc au gré dudit Curé qui n'eftoit 
pas au gré de Dieu ny de l'Eglife , Se blâmer en melhie tems leur Cure' d'aprefent fins 
.une affeilation manifefte qui découvre leur avcrfion Se leur haine contre ledit Cur-é. 

Mais ladite information n'a peu eftre faite dans la m.aifon dudit Langlois ennemi de-t 
.claré dudit Coulon Cure j (ans une manifefte nullité. 

Apres quoy rcfte à Voir qu'elles cnt cfté néanmoins les conclufîons du fieui Promo- 
teur prifes contte ledit Curé après la communication de ladite information , & cnluitc 
quels (ont les termes de la Sentence prononcée par le (leur Ofticial de RoLien. 



CONCLUSIONS DU SÎEUR DEHINCOUR 
Piomoteur général de FArchevefché de Roiien ; Contre le Sieur 

Curé de Vatierville. 

LE Promoteur generdt , (^C. cùnctut x et que ledit fietir Coulon Prejlre 
Curé de Vatier'yillefott atteint ^ conl/t-tncu, 

î . D ayoïr aqu'u U re'putatiôn dansft Parotjp de relieler tes Confe (fions tout 
ervoir ditpluftiurs paroles indifcrettes ^ tnconjidére'es touchant cela. 

t. D'a'yotr néglige tes fonêiions &* obmts Ut cérémonies frefcrites par l'or- 
dre de i E^life. 

5 . D'avoir manqué d'attention en célébrant la Mejfet ayant oublié à faire 
i'él éyation du Calice^ 

4. D'4"yo/V néglto^é k faire dire les VeTpres les Samedis, (^ Vigiles des tt* 
ûesymrfnesqutlquefoii la Mejjè aux jours commande^. 



^^ 



lÊÊÊm 



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78 

ç. D'd'Voirfaittra'yailltrpsdomeJitqHes quelques Fefles ^ Dimanches i 
des œuyres manuelles. 

6- De s'eflre rendu me'prifablepar des agitons fordides ^ mécaniques. 

7. D a'yoïr quelquefois juré le nom de Dieu ^ dit paroles ftles. 

8. D' al/oir abandonné l' Eglifc à fe s bejles qui ont entré plufieurs fois de-< 
dans. 

9. .Âraifon dcfquels defjrdres ^fcandales ledit Curé ayant perdu l'ejiifne 
aui ejl necejjatrc à un Curé dans fa Faroijje. 

10. D emande qu il fait condamné kfe deffaire defon bénéfice de Vatier^illr, 
dans ftx moii du jour de la Sentence qui interviendra. 

ï I. .A temr tirifsn fermée jufques a ce qu'il ajiefatisfait. 

11. Defs retirer pendant un an en quelque lieu de Mifjion duquel il ne pour- 
ra fortirje tems de la prifonfera du compris. 

13. Se referl/ant à faire faire plus ample information de ce que ledit Curé i 
mano-é de'^ant de célébrer la Mefjè au mefme jour. Fait CC zS. Févrienôéj, 
Signé DEHINCOUR. 

RE'PONSE DU CURE' DE VATIERVILLE AUX 

Conclulions fufdices du fieur Dehincour Promoceur. 

Il faut confcfler c]uc la parole de l'Ecriture eft bien véritable que Finiquitc' Ce ment 2 
die mefme Si s'abu/e dans les dcflcins , navaiJlant rouvcnr au Talut de ceux qu'el le veut 
perdre 3c faifant connoitrcfinnocence de ceux qu'elle acaife & dont elle demande la 
condamnation. 

Mille exemples feroîent la preuve de cette verîte' (i quelqu'un en pouvoît douter,iT!.iîs 
s'il y en eut jamais uncouvaincant le fieur Curé de Variervillepcuc dire que c'cft cc]of 
qu'il allègue au jourduy du iîeur Dehincour Promoteur General de fArchevcIchc' de 
Roiicn, dans les conclufions qu'il adonne'es contreluy : caron ne peut pas douter qu'il 
n'ait eu intention de perdre ledit fieur Cure, il cftoitemployJ à cet effet par M. l'Ar- 
chevcfquc & par le P. d'Eftaville, pour les raifons & intercfls alléguées cy deflfus, ce qui 
cft fi véritable que ledir fieur Cuié luy protcftant dans fon logis qu'il le rcndroit rerpon- 
fabledc tousfesintercfts, ledit fieur Promoteur luy rcrpondit qu'il en auoit vne bonne 
indemnité' par el'crit du fitwr Prefident d'E{lalville,ce que ledit Curt' luy ayant reproche 
en plaidant en fAudiance de FOfficialitc'de Rolicn le 16. Aouft léfîp.lc fieur Prcmo- 
tc«ï pan (bi\filence en demeura d'accord, ■& afin qu'on n'en puiiTc pas douter ledit 
plajdoyé avec cette reproche rédigez par cCcrit ont c(le fignifiez à la requefte dudit fieur 
Curé au JieurHardouin Greffier de ladite Oflîcialité, le 10. jour àc Septembre i66y. 
fans que ledit fieur Dehincour aye fair aucune refponrc au contraire. 

Saraauvaifc volonté contre ledit fieur Curé cft conïlante, de plus par tout ce qui a 
efté dît cydcirus,& enfin conforamée par les conclufionsfulditcs, de telle forte qu'oa 
ne peut plus douter qu'il n'ait eu defTcin de perdre ledit Cure de Varicrvillc. 

Et cependant ledit fietirGuré de Vatiemlle fou tient cfue dans tout fon procez il n'a 
point de pièces plus fortes ny plus convaincantes -pour fa juftification que Icfditcs con- 
clufions, cette propofitionparoiftrapeut-eftre d'abord furprenante& paradoxe , mais 
il faudra peu d'attewtionpoôrcn rc<onnoicrc4a vérité. 'Car le premier article de fcs 
COHclufionseft que leâit fieur Cure _/ojf</ec/rfré4/fM«/ & con-fairicu d'avoir Mqins U ré- 
futation tnf* Vitïoilfe de ^reyeler ks Confcfiloni. 

Sans alWrplus avant il s'enfuit donc par cette condufion que ledit fitur Curé n'tft 
pas convaincu dclcs avoir révélées, mars feulement d'cti avgir acquis la réputation , &C 
par comfcqaent que de ce foii^clon les Csi>ons il-n'yti aucune "preuve contn; luy 
î'uffifante pour luy faire perdre fon bénéfice , & par confcqucnt que le lo. article par le- 
quel ledit iîeur Promoteur denwnde que ledit Curéibitei>n^8aaiiîic' à le deft'aire de fon 
bénéfice eft nul & injufte de tout droir, conformément au Canoo Irn^eiUlt. 25. q- 2. 
Imperiali cenfiitutione apfertifancitum eji i<j ta ^u/t contïn k^esjiiivtnon.lahtm inutiUa , fed 
ttiam pn inftBis bàbtndti- Cai; «"Canon déclare nul & inutile puik ce qui clH'aic contre 
lesLoi-K. ^ 



IfiMÉà 



m 



79 

Of il cft: contic toiHcs 1* Loix de condaïuiier vn homme pom-iin ciime qui nVR: point 

prouve, &C le (ieur Piomorcwr déchue que le ciimc de rcvclarion àes Coiifclïlons dojit 

•ledit Ciiic L'ft acciifé n'cft niillcmrnc prouve, (Se par conicqucnr qu'il nedoireihc nullcv 

nient puny , &quc la conclufion p.u- laquelle il demande, que ce crime non prouve 

loirpuiiY , cft une conclulion d'iniquité qui k ment à foy-mefmc. 

Ce qui rcftc à prouver cft, premièrement que quand on n'a aquis que la réputation 
d'vn crime, on n'en eft pas convaincu félon les Canons au contraire que c'cft vne mat- 
t]Uc qu'il n'y a p jint de preuve au procez. 

Secondement que quand on n'a aquis que la réputation d'un crime on ne peufteftrc 
puni pour avoir aquis cette fc: te de réputation. 

La preuve du premier cft publique par tous les Canons, au Canon Cum caiifam dt 
frib4'.,\\ cft dit cxprcffcmenr,7>J.iMr/4n'«î l'iatenusftcuuiltim tefles fiim.im O'quxcumnuit aU* 
Milinhii.itLi i»oceit.-itis , ou il cft évident que ce Canon diftingue la preuve qui ce fait par 
tefmoignage d'avec la preuve qui fe fait par la réputation, la renommée Ôc le bruit pu- 
blic. 

Et au Canon, T«rf vos de <cb,ihir-Ckric. &T)iiiLi\ eft manifeftement fait diftindioii 
entre vn crime qui cft public par évidence ou bien par réputation & bruit commun , &i 
la preuve qui eft faite par bruit commun eft appelée preuve par révt9i^»a^ei,Ôc celle qui 
cft f litc par évidence s'appelle preuve par tcf moins , Si yni piiblicmn ej} non fx evidentitt 
Jtcl fx fai'u m te cafn .td coaJcmnationem eerutnfoU ttjlimonia non /«fficiurit , cum non Çit 
tejiliKovIisfcilrejlibus judicAfidum. 

Orily a cette diftcrencc enre la preuve faite par tefmol^nufcs ,c\u\ nviquiert que U 
réputation & celle qui cft faite par lémoim que la preuve faite par ref (nains produit l'évi- 
dence qui ofte tout doute , mais celle qui n'eft faite que par tejinoi«ii.ip:s , ne pvoduifani 
que la feule réputation ou bruit commun n'ofte pas tout doute comme il eft marqué 
au canon illud Dominus de Cleric. Excommunie, def. cum enim niji perfamam conftdret in dur 
hiis yi.i f/? eli^Cnda tutior. 

D'où les Canoniftcs concluent que Ton appelle public ou connu par réputation & 
bruit commun vn tait qui n'eft pas évident , &: qu'on ne peut prouver , famofiim enim efi 
qiiod commmiter circonfertnrfed en svidentiafacii ttut cette autlmt n»n froctdit yndeproéar* 
non potef}. 

Il demeure dont conftant par les concluions du Prompteur que le fait allègue' con- 
tre ledit Cure'toucbant la révélation des confeftions n'eft nullement prouve : or filedic 
Curé avoit eu quelque choie à dcfircr dans toute la /uite de fon information &de la pror 
cedurc pour en prouver Tinlufticc & la nullité , n'auroit ce pas cftc que ledit fieuc Pro- 
moteur euft fait vne telle déclaration , ainfi par vne providence de Dieu admirable ledit 
fieur Cure n'a point de plus fort argument pour prouver fon innocence que les eonciii- 
fions de ccluy qui la voulu convaincre de l'avoir perdue., par oùilparoift avec combien 
d'injufticc ledit Promoteur dans le lo. article conclud que led, fieur Curé foi tcondamnié 
à fc deftaire de fon bénéfice qui cft vne conclufion dircdemCnt contraire à la depofition 
<iu droit qui dcffend de punir vn Preftre pourvu crime dont il n'accufe que la réputa- 
tion. 

Et c'eft là deuxième chofe à prouver contre la conclufion dudit Promotcur,or le droit 
7 cft expies cjp.fi conjiittrit trir de accttf.ou le Canon pofe le cas d'vn Preftre delérvât vne 
Eglife accule d'yviogncrie & d'avoir pafte la nuit à boire dans vne taverne jufqucs au 
lendemain, Cjue fans avoir dormy il avoit chanté la Mefre,& parle en ces termes; Si 
de hnc rarionabilirer convi&us fueritin judicioantt Epifcopam fium , ei fuper e.idem Eçdefix 
pey\)etniim filcnrium impondtis , que fi il eft convaincu raifonnablement de ce crime , il foit 
^rivc de l'exercice de fcs f(>)nâions dans cette Eglife : mais que s'il n'eft convaincu d'au- 
cun crime pour lequel il doive eftre dcpolTedé de droit il foit renvoyé en paix , cattmm 
fi lie crimint alto non fuit xonvi fins fropter quod de\tire Âehent Ifoliuri ,faciatisi» pMI di- 
tiiitn. 

Or l'efpecc de ce Canon n'eft-cUe pas en termes exprès toiue U mefme que cdlt du 
Curé de Vatierville. 

N'cft-il p as conftant par les conclufions du Promoteur qu'il n'«ft convaincu d'avoir 
commis aucun crime , par lequel il mérite d\ ftre depofé de droit , puis que \e orincipil 
tic itous ceux dont il eft acculié eft la révélation des Confe^ïons ,& que ce -crwne n'cft 
nullement prouve contre luy , felonfaveu du Promoteur mofrae qui demewie d'accofld 
qu'il n'en a acquis que la réputation, f^mefim tnimiji <itftd praburi iumf<H*fi die ic Caïd. 



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80 

Yeter/ifc.T.c/j. 74. de fonlnftitutlon Sacerdotale. f 

Mnis fi le C.inon eft formel au iujec Je l'yvrongnerie le Canon tuit tiof Je cohah. Cltrîct 
iff TvlnL ne Veft pas moins au fiijet des Ecclcfiaftiqucs accufcz de copcubinagc : car le f.iit 
qui y cftrappoitc eftiel. Le Pape Innocent III. eft conlulte' par vn Evclque lur le fujet 
de cjuejqiif s Clercs cjui ont publiquement des concubines, de CUrkih \mhliCit concubi- 
Pits Ihil/enfiùtis , Si cepeiidâin lorsque l'Evefquelfs interroge ilsdcfavouentlefair, & le 
nient, ce qui en doit eftre lugé ? à quoy ce Pape rc'pond que fi ce crime eft public non 
avec évidence , mais leulement parbruit commun &reputation , Si vcropiiblictm ejl non 
ex tviiltinia (ta ex fauta, alors dir ce Pape de tels telmoignages ne furtifenr pas pour con- 
damner ces Ecclcfiaftiqucs in ta cifti ,til condtmnAtionem eoxitmjohi tefilimni.t non fufficiupt 
vuinmrifittt(iinioniiiftclttfiibiisjndica'iclfim,f:iïce<]i\e pour condamner 2c pour juger 
dit ce Pape j des telmoignages qui ne font qu'vne mauvaifc réputation ne luffilentpas, 
mais il faut des tcfmoins qui depofènc du critnCi 

• Mais il néanmoins le bruit eft C\ grand & la (uCpicion fi forte que le peuple foît fcan- 
dalise' de ces Ecclclîaftiques, encore qu'il n'y aie point d'accuiation contr'eux,il leur 
faut néanmoins ordonner vue purgariôn canonique ,/eii fiJe Cleiias jjijis tjlis httbta" 
turfusp'clo vt ex eafcandalmn ^erierttur in populo , licet contït Ipfos non app^rutrit accufuttt 
tii t.tmtn eft cunonica pnrg^ntio itultctri(l.i. Et voicy toute la peine prononcée par ce grand 
Pape qui a paffé en droit contre des concubinnires fcandaîeux & publics. 
^ Or il eft a remarquer que ceux dont il eft parle' en ce Canon avoient contr'eus les tef- 
moignagcs de plufieurs gens de bien , aulquels ïEvcfque demandoit au Pape s'il les dé- 
voient croire ou non ? ôc (ur ces lefmoignagcs les condarnner ou non ? Si cttdendum (te 
teflimon.o bonorum viroium inter quoi viye>e diguofciintnr , à quoy ce Pape r.c'porid que ces 
telmoignages ne faifani pis preuve du crime, mais feulement du fcandale , ce n'eftoit 
pas aflcz pour les condamner , mais feulement pour leur enjoindre vne purgation cano* 

OrleCure'de Vatîervillceft bien en plus forts termes au fujet de la révélation de 
confeflîon dont il eft accule: Car il a fait voir qu'il n'y a que cinq te'moinsqui parlent de 
ce fait dont aucun ne parle fuftilamment pour fiire preuve conirae le Promoteur en de- 
meure d'accord , & par confequent tout ce que ledit Promoteur pouvoir conclurre ca- 
îioniquement contre ledit Cure' cftoit qu'il tuft oblige de fc purger par fermcnr ôc rien 
d'avantage , mais non pas a perdre fou bénéfice qui eft vne des dernières peines qui 

Ïmiffe eute impofée à vnEccleûaftique convaincu par telmoins ,donc les dépofitions 
oient indubitables & plus claires que le jour félon la difpofition du Canon, ScM»tc«?jf7» 
2. q. 8. Sciant ciin&i accufatores fe debere déserte in publiam tiotlonem qiitt munita fie idonels 
teftibus vel infirucU itperiifiimis document 1 s vil jndiciis ad probationtm iridubitat is C luceCLt- 
riorlbus fxf édita- 

Mais il y a bien plus, car félon le Concile de Trente fcfT. 2). ch. 14. Dt B^formatient, 
les Vveàccs concuh'ma'nes avant que d'cftre punis parfentcnce de privation de bénéfice, 
doivent eftre premièrement admoneftez par leurs Supérieurs , & fi , eftant admoneftez 
ils ne s'abftienncntpasde leurs concubines qu'ils foient privez ifjo fatitie la 5. partie 
des fruits &C revenus de leur bénéfice : fi ^/uperioribus moniti ab ii< fe non abftlnnerint. 

Et fi après cette première monition ils perfeverent encore , qu'ils ioient fufpens 
de Fadminiftration & joliiflancc de leurs bénéfices pour vn tems tel qu'il plaira à fordi- 

■ nalre , quoad ordinaritu arbitrabitur ,fii^endentiir. 

Maïs enfin fi après cette fufpcnfe ils ne laiflent pas de continuer dedans leurs dcfor- 
dres, alors qu'ils Ioient privez pour toujours de leurs bénéfices. 

■ Ce qui eft ordonne' pareillement contre les Evefques , lors qu'ayant efte' admoneftez 
par le Synode Provincial ils perfeverent dans le concubinage ,fi.t 6ynodo froyiticiali ad' 
moniti ft non tinendaverint . 

Oc M. le Promoteur peut-il faire voir qu'on ait fait feulement vne monition canoni- 
que au fieur Curé de Vatierville fut aucun de tous les articles dont il eft accufe'? 

Peut-il faire voit qu'il foit accufe' d'aucun vice honteux qui approche de celuy du 
concubinage? 

Peut-il faire voir qu'il y ait aucun te'moin alTigné contre luy qui ne foit fon enftemy, 
fon débiteur, fapartie en procez ou reprochable par autre voye? 

Mais peut-il faire voir que les tefinoignages mc(mes de les ennemis ne foient pas 
pleins de railles contradictions cy dcffus marque'es? 

Il deméorc d'accord luy mcfme que tous leurs témoigiiages ne prouvent aucun cri- 
me, mais 



'-*-'— ■ -~^ — iafa^. -^ 



^"^^ — ^"^^ -u»!' ^VHSBIMPPV 



me , m.iis feulei-nent vne diffamation donc ils font feuls auteurs , leurs parens » leuiî fa- 
milles, leius alliez , leurs fcrviteurs , outre Iclqucls on n'a pas pi trouver \n feul lel- 
moindans la Parroiffe qui vouliift dcpolcr descliolcs fi faufles , quelque protecftion 
qu'ils peuifcnt cfperer de la part du P. d'Eftalvilfc Si de M. l'Archevefque, 

Enfin ledir fieur Promoteur demeure d'accord qu'il n'a point de prcuvcdu crime , ce- 
pendant dans toiis les Canons alléguez cy defliis , il eft parle' des Preftres accufez & con- 
vaincus de, conCLibinage,concre lelquels néanmoins les Canons n'ordonnent pas pour la 
première ny pour la deuxième fois condamnation de fc derfaire de leurs bcnefices.n'eft- 
il pas donc plus clair & plus évident que le jour que les conclufions dudit fieur Promo- 
teurcontrc ledit Cuicf font tout a fait in juft.es & nulles de tout droit, puis qu'elles font 
contraires a la dc'pofition de tous les Canons. 

. Mais fi elles ibnt injuftes du moins ne font-elles pas inutiles pour faire voir l'innocen- 
ce dudit Cuve' , puis qu'elles convainquent que du premier Se dii plus important de 
tous les crimes dont il cft accufe' , il n'y a aucune preuve contre luy au procez,de la con- 
fclîion mefme dudit Promoteur, félon cette maxime de droit ,famafni» efi quod probAri 
non petefl. 

Mais outre ce picinîct article leplusimportant de toute faCcufation il y en a à encore 
vn autre qui fcroit de grande importance s'il eftoic véritable, qui clï d'avoir man^é avant 
.<}«ff/p^/Vf /.(?(if/Jf, niais M. le Promoteurn'a pas voulu non plus que l'on doutaft ou 
que i'on creull qu'il y euft au procez preuve luffifantc de ce fût , &i au contraire il veut 
que téut le monde fâche qu il n'y en a pas félon fon jugement une preuve qui foit fufli- 
fante, comme il paroit parle ij. article de fes conclufions en ces retmes : Se refervane 
( dit-il ) àfaln faire plus ample information de ce ([uc ledit Curé 4 maii^é devant (\ue de ceJebnr 
/rf TtJrjJf , ce qui fuppofe que la preuve prétendue faite n'eft donc pas fuffilante & pat 
conlcqucnt qu'il n'a peu ny pour l'article de la révélation des Confeilîons, ny pour far- 
ticlc d'avoir mange avant que de dire la Mefle conclurrc canoniquement contre ledit 
Curé , qu'il fuft condamne' à fe desfaire de fon bénéfice. 

Le 5. airicle qui feroit important s'il eftoit véritable feroîc d' avoir voU une fartle du 
çiiuetine & viole lesfepidtnres , mais le Promoteur cft fi convaincu qu'il n'y en a aucune 
preuve, qu'il n'en parle pas j ainfi fon filence ne peut-cftre que favorabJe, aiifU a-il bien 
remarqué qu'encoçe qu'il foit dit par plufieurs témoins que ledit Curé a pris une portion- 
tle terre appartenant an cimetière incanmo'ins'ûn A ^eueiire]ugc c[ii en effet elle appar- 
tient au cimetière avant que d'aVoîr veii un procez verbal de l'eftat des chofes faites 
aptes acccirion delien jutidic^ue, or quoy que ladite accellion ait eftédcmande'e par le- 
dit fieur Coulon comme il paroit au procez,neantmoins cette luftice ne luy à point efté 
, acordée par ce qu'on avoir deflein de le condamner injuftement , c^ft pourquoy ledit 
fieur Promoteur n'a rien conclu fur cet article. 

Le 4. article qui feroit important s'il eftoit vc'titablej/irywV ctltiy des abfencts dudit 
fiemCurf «sr/rfwow rej/f/ewce ,mais c'eftdcquoy le Promoteur n'a point non plus parlé 
ciaas les conclufions , ledit fieur Curé n'ayant pas mefme efté acculé d'avoir efté abfent 
autant de temps qu'il luy eftoit permis pat les Canons comme il a efté dit dans la page 
6t. & fuivantes , mais feulement fi peu de tems que le Concile de Trente dit exprcffc- 
nunt qu'il doit eftie cenfc n'avoir point efté abfent ,& par confcquent ce n'eft point 

Ear cet article que le Promoteur à peu conclurre canoniquement à la privation de fon 
cnefice. 
Ny p.ir confequent pour tous les deffauts qui peuvent eftfe arrivez dans /a Paroi/Te 
pendant fesabfences puis qu'il paroit au procez par les atteftations du fieur Curé de 
Felque & Religieux Penitens de Betnefaux qu'ils s'eftoient chargez de fatisfafrc aux- o- 
bligarions dudit Cure & qu'il avoit pris foin d'en prendre leur parole , & qu'ainfi rien 
n'eft arrive pat fa négligence , ce qui eftant bien vérifié & clair comme ie jour, il e/è e'vi- 
dent qu'il ne rcfte plus aucun article dans les conclufions du Promoteur fur lequel il air 
peu non feulement félon les Canons, mais mefme félon le fens commun demandes 
contre ledit Curé privation de fon bénéfice, quand mefmes ces articles fcroicnc prou- 
vez à la rigueur autant comme il paroit qu'ils ne le font pas. 

Car par exemple quand ledit fieur Promoteur dit, que ledit Curé à manqué ^attention 
en célébrant la Dieffe ayant oublié à faire rejlevation du Calice, <\mluy a. dit que cette ob- 
mifîîon vint dî? manque d'attention ,& pourquoy ne croit-il pas pUuoft qu'elle vient 
de ri op d'arrenrion , ce ne pcut-cftie qu'vnc prefomprion ou téméraire ou tout auplu* 
ptobablci 
* 35 



'"■T^ 



r 



8a 

La temeraîre félon les Canons eft celle qui vient des caufcs légères Jont rcxcinp^lc' 

félon Arnault Coibin liti. j. defes Apliorifmes Tift. 50. eft, In piffLiieto mid'cieiii am- 

fltxxmei& ciicant réméré {rtilicttrefiuem illitdillHm ex libiJine factte , or h ce jugement 

eft tcmeraire dans une telle occafion à plus forte ïaifon ccluy qu'on fuit dudic ficui: 

Cmé. 

Mais <)Uand elle feioit probable ou vrayfeniblable elle n'eft point capable de fairqi 
preuve par elle mefme , Ko« /') ob.it ^erfe , dit \c mefme Auteur , fed rinritm probttrionem 
fibi concardavtem iuvdt nd jiiramentum et drfferendum pro que ejl frejitmiirio & piirgationen* 
f/tffnmpto infamato. 

Mais quand elle feroit une prefoiTiprion mefme violente , ce qu'elle ne peuft cftre 
contre ledit Cure , elle ne fumroit p;is pour la condamnation d'un criminel , m^is feu-* 
•lement pour fervir d'indice , In aiwituiliÙKs fadt tdhtutnjnJiciiim AdtortHrum tion ad cor.- 
iieinaafionem , dit le mefme Aarciir. 

Ainfi il eft évident que pour cc'c article de la Meffe le Promoteur n'a pas peu non pUn 
conclurrc contre ledit Curé à fa condamnation ny à la perte de fon bénéfice, d'où il pa- 
loit que voilà les quatre principaux articles de faccufation dudit iieur Cure nu ncanc 
par faute de preuve , de l'aveu mefme du Promoteur , àfavoirceluy de la révélation, d'a- 
voir mange' devant la Meffe, d'avoir volé vne partie du cimetiérCj & de firrcfidencc. Oc 
ces articles deftruits comme ils le font fans aucune réplique, on fupplie ces MeÛiturs 
de dire fur qv\els autres cas refultant du ptocez ils onr pîi fonder la Sentence qu'ils ont 
ilonnée contre ledit fieur Curé par laquelle ils f onr condamné à fe desfaiie de Joi\ 
bénéfice. 

Ce ne peut pas eftre fur l'article prétendu de Fyvrogncric , car comme il a efté marque 
daiis lespagcs63. Sccî^. cy deffus, il eft vifiblc qu'il n'y en a aucune preuve j &: ce qui 
le confirme eft qu'il n'en eft point parlé dans les conclufions du Promoteur , qui n'au- 
roit pas manque' à marquer cet article s'il l'avoir creu prouver , puis qu'il en a tant mar- 
que' d'autres qu'il a creu prouver, quoy qu'ils ne le foient pas , qui font de moindre 
confequcnce. 

On fupplie donc les Lefteurs de cet efcrit, & ceux qui en feront les luges de confî- 
dcrer dans ce qui rçfte d'articles mentionnées dans les conclufions du Promoteur s'il y 
en a aucun qai approche de Fatrocité, pourmc fervir des termes canonic[ues,oui .q->pro- 
chediVjcdeFarrocitcquelesCanonsrcquercnt dans les criines pour Iq^ jujcr d;Q,nes 
d'vnc dernière condamnation comme eft celle d'vn Cuié d'eftrc condamné à la perte de 
fon bénéfice. 

Le Curé a nt'll^éfes fonBhns , dit le fi|eur Promoteur , & olmt's des cérémonies : il a nt- 
gli^é Je faire dire f^tfpres ,& mefme quelquefois UWeffe les jours commande-:, , il a fAt tra- 
vailler fes domt^iques aux Fefies & Dimanches , quelquefois jiti é te nom de Dieu cr dit parolet 
fales , il aALtndonné l' Eilife afes heftes qtii ont foUilIc deda>is , il s\fi rendu vicprifabîe par 
^es^fiiffns/orjiiies C mécaniques :Woi\àtoaihïe(ïe àcs chefs d'accufation contre ledit. 
Cure. 

Il eft confiant que de tous ces faits il n'y a aucune preuve fuffifante au procé2 , ny tef- 
tnoîns qui ne foient deftruits ou par reproches, ou par contradiétious manifcftes , com- 
me il a efté vérifié dans tout ce qui a efté die cy deffus, mais poions que cerefte de faitsu 
fbyentjuftifiez& voyons qu'elle Sentence on auroit peu donner , 6c qu'elle punition 
félon les Canons. 

On m'avouera que rous ces crimes ne font point comparables avec celuy d'-vn concurs^ 
binage public , car l'on peut dire que c'eft le plus infâme de tous les c'rimes dont un Ec- 
clefiaftique & particulièrement vn Curépuiffe cftre convaincu , puîfquc melme par les 
Canons vn Preftre concubinaire public ôc notoire eft fufpcns de droit tant de (on Of5-r 
ce que de fon bénéfice, S< devient irrcgulicr s'il célèbre ei cet crat, qui lent des peines 
qui n'ont point efté encourues par ledit Curé , quand mefme ce que nous venons d'al- 
Icgucr de refte des articles fufdits feroit prouvé &c vérifié contre luy , S; par confequenc 
en jugeant de l'atrocité des crimes par la grandeur des peines , il eft conftant que ce qui 
rcftc des prétendus crimes imputejz audit fieur Curé , n'a rien de comparable avec le 
Ci'imc de concubinage notoire & public. 

Çcpcndanr qu'elle eft la peine impoféeparlcs Canons à un concubinaire convain- 
cu , ou la peut voir dans la Scff. 25. du Concile de Trente cap. 14. ou ce Concile ne Ce 
contente pas des peines portées par les anciens Canons , nvùsy en ajoute encore de 
nouvelles, & néanmoins CCS peines vont-elles d'abord à privacion de bénéfice, elle* 



q««!P*P9ViVBBqqR; 



n'en approilicnt p;s : miis picmicrcmciu c- Concile leurdcffcnd de retenir d.m^ leurs 
Daîfoiis leurs contiiliines nyà'<ivoii' .ui dehors aiuunc communic.rtion avec elles, & 
de plus renoiiVclic les anciens Canons qui defFendent à cous les Prcdres ou Ecclcfiafti- 
cjucï d'avoir dans leurs rnailons aucunes femmes ny (civantes autres cjuc celles qui leur 
lonr pcrmifcs par Icfdirs Canons , à lavoir, Mère, Tante & Sœur, fous les peines por- 
tées par les Canons, ix' voilà la première fenience qui doit dire donru'c comr'eux 
dins laquelle il n'eft aucunement parle de les condamner à le dcfFaire de leur be- 
iietîcc- 

S'ils ne dcfferentà cette première monîtionpar la féconde Sentence îls ne feront 
piivcz dit le Concile de Treinte que de la troiilcmc partie du revenu de leur bénéfice. 

Mais s'ils ne s'amendent pas encore après cette féconde Sentence Se monuion cano- 
nique fiïont-ils enfin parvne troific'me Sentence condamnez ^yf^f^iiiVf </f huts btnt- 
jicti ; Non pas encore'dit le Concile de Trente, mais feulement privez pour quelcjuc 
lems & non pour toujours de tout le revenu &: admîniftration mefme de leur bénéfice. 

Mais enfin fi endurcis dedans le mal cette troifiéme Sentence ne les rcduift pas encore 
à leur devoir, a^ors dit le Concile de Trente j a ■; vne quatrie'me Sentence ils leront 
privez <dc leurs bénéfices pour toujours , voilà la conduite de l'Eglife tempérée de dou • 
tC'Ur^ de (evcrirc qui ne va dans la punition des crimes que par degrez & non pas 
par vue cruelle précipitation d'abord aux dernières extremitez, elle rente auparavant 
'«ou-tcs les voycs de corriger avec humaniîc' , & ne prend pas plaifir à perdre A.- biens SC 
<l'!:onneur ceux qu'elle a une fois jugez dignes d'cfire admis à la Clcricacute & à fon 
icrvirc. i . 

Oucft ce que M. le Promoteur à donc pris cet esprit de feverité qui je rend fi terrible 
«!;ins les conclufions contre le Cure' de Vatiervillc î Ce Cure par 1.-^ grâce de Dieu n'eft 
point convaincu d'aucune chofc qui approche du crime de concubinage , il n'eft pas 
niefme accufe' d'avoir jamais eu dans (a maifon aucune femme ny lervantc , d'où vient 
donc que d'abord on a commence fur luy à l'Officialitc',par ou on a bien dçla peine d'a- 
chever contre les plus grands kclcrats qui Ibient dans l'Eglife ? Luy a-t'on fait aupara- 
•v.uTt quelque monitions ? A-t"cn donne contre luy , ime , deux &(. trois Sentences iiief- 
«les avant que de luy prononcer la quatrie'me par laquelle il luy foit enjoint de ft dt^- 
faiït ilefvn bniefict. 

Qui cft-cTe qui ne vpir donc pas manifeftementïinjuftice & la nullité des conclufions 
<dudit fi«ucPromoteur ? Mais il cft tout a fait admirable quand après avoir rapporta 
les prétendues négligences dudir fieur Cure' &: fes ttcfiorufordides , ce dit-il , & mecani- 
i]t4t5 , ce qui ne peut eltre entendu que de ce qui cft 4it au proceds , qu'il 4 fait fes im- 
fitoniiices dans l'efiable elefcs cochons , & joitchi & elé\oucbéJes poults; Ce Caton de TArche- 
vt fché de RoLien conclut en ces termes, .A rai/pn ikf(jnels defodres & jcand.%Us ledit 
<Cu;i /yant ptrdu l'cjïiwe quiefi nfcejfaire à vu Curé ddnsja Varoiffe , demande qu'il foit con- 
tl.imnc Àfe dfjfuiit de fon bénéfice. 

Etl ilpofliblequc M. le Promoteur qui eftfi indulgentpour tour leDiocefe, & mef- 
me pour (oy, (c foit rendu fi fevcre & fi impitoyable contre le pauvre Cure' de Vatiervil- 
lc ? [! ti perd» , ce cKt-il ,f.t reput Ati»n,mn\s comment peut-on perdre la réputation quand. 
c:i n'clf convaincu d'aucun crime ? Quand on n'a pas mefme eftc accufé par vn homme^ 
qui aicconfervc lafiennCjComme on a fait voir que ledit Defvaux accuiateur dudit 
fi :iir Curé n'en a jamais eu qui le rcndifl; capable d'eftre receu accufateur contre un Prc- 
llic ; i'icmicrcmcn: quand on n'a pas un feul témoin qui ne foit reprochable ? quand la 
î'fomotcur mefme qui donne adjonârion à l'acculateur confe/Te qu'il eft de'cheu de 
preuve pour les plus grands crimes & feuls confiderablesdonc Faccufation ctoitcompo- 
lce,quand le Promoteur mefme qui le rend partie n'cllpas d'une vie qui (oit irréprocha- 
ble, mais à perdu fa réputation avant que d'entreprendre de laïaviraux autres. 

Le Promoteur peut-il dire qu'il fuffifc d'eftre accufé avec tous ces deftauts qui accom- 
p i^neiit la procédure faire contre ledit Curé pour avoir perdu fa réputation? 

Le fieur Eymerc donc il eft parlé cy deffus fut accufé par fon propre Curé non pas pat 
rr. gueu mandiant, vn homme de naiftance & de Religion incertaine comme ledit Dcf- 
)ir^u-s,&pour cela pourroit-on dire qu'il euft perdu la réputation ? il eft encore pleia 
d'honneur & de vic,& quoy qu'il euft efté accufé d'avoir revel-c les 'Confeffions & autres 
t'.;lrsplas qualifiées que ne font ceux qui ont efté alkguez conwe le fieur Cur€ de Va- 
tiervillc ,ccpendantil n'a pas laiffé depuis d'eftre eftevé àU chaftge de Cmédans la 
Parrolffe de Roquctaillade au Diocclcd'Aler,où il taiten<©i« aujorn-d'hu)! fesfonârions 



f 



,84 , . . . 

avec honneur , il n'y a ew que dix-fepr téinoins confrontez au ficur Ciivc tk V iulcivUIc^ 

& il y en a eu jiifques au nombre cle 55.qui ont depofé Contre le (iciii Ey.Ti.vCilcillt fîcur 

Cure nvi eu contre luy quVn teul Gentilhôme &c iceUiy Ucriicr,&.le ficuv Eimcie avoic 

contrcluy vn grand nombre de Genrils-hommes {indiqués pour le perdre, de tout vu 

Dioccfe,& pour tout cela il n'a pas perdu L réputation qui eji neceff>iire ^ yn Curé dans f* 

^amjfe. Par qu'elle règle de malheur ledit fieur Promoteur peut-il donc conclurreque 

le Cure' de Uatierville Fa perdue ? eft-cc que M . le Promoteur de Rolien eft plus exadt 

& plus ennemi dctourecompoûtion en matière de difciplincEcclefiaftique violée quo 

n'cft Monfeigneur fEvefque d'Alct Se Ion Promoteur ? eft-cc qu'au Diocefc de Roiien,. 

on eft plus délicat en ces matières que non pas en celuy d'Alet? , 

Mais puis que i'ay parle' de M. FEvefque d'Alet, ce faint Prélat a-il perdu fa repur.1- 




gi" 



moteur à fe dcffaire de Ion bénéfice pour avoir perdu la réputation qui luy eft ncccflaire, 
fans doute que la feveritc' de M. le Promoteur auroit condamne les faints Athanafe , le-' 
rôme , Chrifoftomc , & tous les autres que nous honorons aujourd'huy dans fE- 
glife quoy qu'il ayent efté accufez Si que ce Cenleur auroit demande' qu'ils euftent cft<: 
condamnez à fe deffairê de leurs bénéfices four ayeir perdu U réputation qui leur efeit 
vfctffaiït- 

Mm fans aller plus loin Monfeigneur f ArclieVefque François lîl. à prefenc feant 
a efté accufé aulTl bien que le Curé de Vatiervillc Ion confraire , tout le monde le lait 
tout le monde à lu le faétum imprimé contre la réputation de ce grand Prélat , &i il n'y 
en a jamais eu d imprimé contre le Curé de Vatiervillc, cependant M< le Promoreui' 
voudroit il condurre contre M. FArchevefque , qu'à raifon de l'accufacion faite contre 
iuy, information &procedurc,/(/ Grandeur tut perdu Uieputdtionquiluy ejl necejjaire , & 
fource qu'il fut condamné ^ fe de ff. tire de fon bénéfice} ne fuffift-jl pas que fa Grandeur art 
cfte'purgc'c canoniquement'pour fermer la bouche à M. le Promoteur ? ne fuffit-il pas 
qu'on ait imprimé vnfaûum public qui eft entre les mnîns de tout le monde pour !i 
deffence de {a chafteté pour dire que la réputation luy en demeure encore toute entière, 
Jc/îeurPromoteurcn veut-il davantage ?& s'il eft content delà réputation de fon Ar- 
(r^evcfque,apres la. connoirtance qii'îl a eue des réponccs du Curé de Uatierville & tous 
les chefs d'accufation alleguei contre luy, aptes les reprochez quî fçait, qu'il a donnez 
contre tous les témoins , après* les conttadidliorts qu'il a marquées dedans leurs rémoî* 
goages , après que luy mefme à connu&confeffépar fes propres conclufions qu'à Fé- 
gard des principaux articles il n'y 5voit aucune preuve contre ce Curé , comment aptes 
cela peut-il foutenir que le Cure a perdu h réputation qui luy efloit neceffaire'i 

Mais s'il eft vray que ledit Curé ait perdu fa réputation ledit fieut Promoteur n'a-il 

fioinrgrand fujet de craindre luy mefme d'avoir perdu la (îcnne ; car il ne peuft nier que 
cdit /leur Curé n'ait plaidé contre luy en pleine Officialité le ij. jour de May i66-]. &C 
le i5. Aouft i66ç.ôc que dans lefdits plaidoyers il ne luy ait foùtenu qu'il eft excommu- 
nié «p/a^rfC?» pout avoir transféré la jurifdidlion Ecclefiaftique au luge fcculier,fans que 
luy Promoteur ait peu ny ofé nier ny le fait ny le droit de cette accufation. 

Il ne peut nier que ce plaidoyé du j6- Aouft i66ç. avec cette accufation n'ait efté fi- 
gnific au fieur Hardoiiin Greffier de ladite Officialité le lo. iour de Septembre i66ç, 
fans que luy Promoteur y ait ofé faire vne rc'ponce. 

Il ne peut nier que ce plaidoyé n'ait efté impcimc publié & débité par ledit Cure avec 
la. lettre que luy Promoteur e'crivit à M. f Archcvcfque de Roiien du 30. May 166^. dans 
lac^uelle ledit Curé la convaincu d'vnmenfongevifible en matière grave fait à fon A_c- 
chevefque pour tromper le R.P. Annat Confeffeur du Roy, & pour éluder la pricic 
qu'il faifoit en faveur dudit fieur Curé. 

Il ne peut nier qu'à la fin de ce plaidoyé ne foît vne lettre dudit Gouion Curé dcMar- 
tmEgUfe du 16. Aouft. 1669. par laquelle luy Promoteur eft convaincu d'avoir pris la 
ïommc de 21. livres audit Cuté pour fes conclufions avant que de les avoir données.qui 
eft vendre la iufticc Ecclefiaftique , ÔC eftre fymoniaque félon les Canons , & le tout 
fans aucune rcponce de fa part iufques icy. 

Il ne peut nier que le bruit ne foit tout commun qu'il a achepté fa charge à: Promo- 
teur la lomm.e cinq mille livres, & que les Cations qualifient cétachapt du nom de fi- 
paonle , après quoy cotntnsijt le fi,cur Promoteur peut -il fç deftendre luy raelme d'avoit 

perdu 



?,a*«A;. -»£.u .-^ 



ft 




8y 

perdu f.i icpinanon s'il vent encore foutenu i^ueledicfieurCuréde Vaticrville air per- 
du lafiemic PCcCiiic n'cft point accu(e'd'avoii rendu de faux te'nioi^nages à ion At- 
clicvc'lciuc , d'avoir violé les immunitez de l'Eglile , d'avoir vendu ny achète les choCcs 
Ipiiituelles , & néanmoins parce qu'il a efte' accuicde je ne {'ay qu'elles autres adions Sc 
ncgligcnccs prétendues, il a perdu, dit le ficur Promoteur de Roiien.Ja réputation qui 
luy cil ncceflaire, y-ail rien au monde de plus vifiblement iniuftc que cette iniquité 
dins les conclufitins duditfieur l'ïomotcur. 

Mais pour dernière rcponfcdudit Cure à CCS conclufions , & pour concliirre luy- 
inelaieà Ion tour contre ledit fieur l'romoteur, ledit fieur Cure accufe par ledit Prorno- 
tcur d'avoir /'nv/r</rf r<pn>.ition , & pour ce d'avoir mérité la perte de fon bénéfice , don- 
ne le choix audit fieur Promoteur d'avoir en cela dit fau c , ou bien la vérité' , & prétend 
que (oit que ledit Promoteur ait dit vray ou faux , il n'a point mérite' d'cftre condamné 
à fc dcflairc de ion bénéfice. 

Sans doute que le fieur Promoteur fera furpris de cette option qu'on luy donne , SC 
qu'il s'imni:;incia pcut-c(ïrc que c'ell: en ce moquantqu'oii luyraifonne ainfi, mais non, 
mais afin feulement de lui f.iirc voir combien if faut que Ces conclufions (oient e'videm- 
mcntcppjfc'cs à toute r.ii(on , puifquc foit qu'elles foientfonde'cs fur la vérité' ou fur le 
înei)ibngc, il s'enfuit m.in:feftcmeut qu'elles lont injuftes & que toute la procediuc 
faite co lure le Cure' de Varicrville eft nulle. 

Et voit y comment l'on lait voir cette nullité'. Car fi les conclufions du Promoteur 
font hiufljs, &cs'\\ cftf.iux que leditCute aitpcrdu fa réputation , comme il eft faux 
que le fieur Eymcre& M. d'AIct l'aycni perdue, & comme ledit fieur Promoteur ne 
voudioit pas dire que ny luy ny M.FArchevefque , cuflePit perdu la leur fes conclufions 
eftant fuiHes centre Icdir fieur Cure , font donc auflî par confequerit manifcftement in- 
juftes , & il n'.l peu conclurre comme il a fait à la perte de fon bénéfice. 

Mais fi (es conclufions font véritables, & s'il cft vray qu'vn homme accufe'comme'a 
cftc' le Cure' de Vaticrville , & non convaincu des principaux articles,commc ledit Pro- 
nioteur le rcconnoift, ait néanmoins perdu la reputarion, il faut par neceflîcc' que le 
Promoteur convaincu luy-mcfme comme il eft, & accufé enjufticede crimes capicaux 
fans aucune rcfponfe de fa part , air perdu la ficnne & par confcqucnt que fes conclu- 
fions foient injuftes , parce qu'vn excommunié iofo f^cio , S>c vn fimoniaque accufé pu- 
bliquement &: non purgé cfi incapable, ij>fofacio,dcÀt tout droit de faire aucune aélioti 
d'OllîcicrdcIufticequi foit juridique &qui ne foitinjufte , &fur tour qu'il ne peut 
cftrc jamais receu partie contre vn Preftre qui n'eft point accufé de pareils crimes,par ce 
qu'il n'eft rien , dir vn ancien Auteur de moins fupportable que de voir vn homme de- 
mander railoii de la vie d'vn autre qui n'eft pas en cftarde rendre raifon de lafienne.N/- 
hilf^ (juoJ mtriuj feretulumjit quam r/ttianemab .xhcro viitt lepofctrt (um (juition foJ?it /«« 
nd^C) f . 

Ainfi ( ue M. le Promoteur cboififte d'avoir dit vray ou d'avoir dir faux dans Ces con- 
clufions, il ne peut fedeffendre qu'elles ne foicni mjurtes. C'eft la conclufion dudiç 
Cure de Vatiervillc contre les conclufions dudit fieur Promoteur. 
Et c'cft m lintenant à la Sentence du fieur OiHcial qu'il eft tems de repondre. 

SENTENCE DV SIEVR OFFICIEL DE R O V £ K* 

prononcée contre le Curé de Vatierl/iUe _, le Samedy lO. de Mars 166} , 
par lequel tl efi condamné de fe dejfaire de fon bénéfice. 

L'kn de Grâce 166^. le Samtày 10. jour de lA^xs ; Devant Nous AI- 
phonfe de Cha-ilons Preftre, Sieur de Launay , Chanoine en ÎEghCe 
Cathédrale de Roiieri &c Officiai dudit UeujEn la caufe pendante & indéci- 
fe en cette Cour : Entre Claude Defvaux inaiftre d'école , & habitant de la 
ParoiflTe de Vatierville, demandeur en plainte Sec. d'une part : Contre Mi 
Thomas Coulon Preftre Curé delad.Paroilîe de VatiervilIe,prifonnier es 
prifons de cette Cour defFendeur,&:c. d autre part : En la prefence du Pro- 
moteur Gmeral donnant adjondion à la plainte Se pourfuite dudit Def« 
vaux d'vne autre part -. Vcu par Nous &c. Le i. Cahier d'information fait^ 

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■51 



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8é 

p;fr ledit fteur Fontaine Commiflaire à ce député , lefdits jours 13. & I4. 
NovembreiéÊz. Sec. Interrogatoire prcfté par ledit Coulon , devant le 
iîeur Aubourg Vicegerenc le 16. Inteirogatoire prefté par ledit Coulon le- 
dit jour, au bas duquel efl l'Ordonnance de communiquer audit Promo- 
teur General, ôc cependant qu'il demeureroit en Arreft,&:c Continua- 
tion d'information dés 4. 8 Se 17. Janvier derniers &c. Cahier de repeti-< 
tion defdits rémoins à leurs dépolirions &: confrontations , &c. 

Nous avons premièrement déclaré ledit Coulon àeuement convainc» 
ê^oTvoirttsé ^ s'ejîrcfer'yy imprudemment d» Seau ^ fecrec de la ConfejJion„ 
dont efl arYtl/é notable fcandale. 

i. D'a'\oir abandonné le foin^ de/à Paroiiïè. 

3. Négligé les cérémonies de l'Eg/ife. 

4. luré le Satnt Nomde Dieu. 

5. Entrepris fur le Cimetière. 

6. Et fait plttfieurs actions indécentes ^ indignes de fon caraSiére ,poitt 
reparattsn dequoy ^ des autres cas mentionnées au proce^. 

Nous avons iceluy Coulon condamné à aumofner lafomme de zo. libres 
auxpaifVresdesprifonsdecelteu. 

^ re^ituer lajortion par luy lifurpét dudit Cimetière. 

Et à demeurer jix mois prifonmtr. 

^ ttty enjoint de ce défaire dans trois mois de fondit bénéfice de Vatierln^Le, 
autrement ^ À faute de fe faire ^ ledit temps paffé efi déclaré l/acant çJt* im- 
pétrahle. 

Heffenfe à luy de recidi~)>cr à peine de prifon ^ interdiction perpétuelle , con- 
damné aux dépens dudit Defyaux refer'ye:^à taxer. 

Ladite Sentence prononcée le Lundy II. du mois de Mars 1^53. dont y 
aapel ,_auquelledit fieur Officiai à defferé le Mardy fuivant 13. duditmoiSj 
Signifie audit Defvaux le Vendredy 20. d'Avril enluivant. 

Reîponfc dudit fteur Curé à ladite Sentence. 

Ledîc Cure prcrcnd que cette Senrenceeft nulle de droit & tout à fait injuftc & le 
prouve. 

1. Pat lapetfonnc dudit Defvaux fon denonciateut, fe difant maîftre d'e'cole habitant 
de la ParoifTe de Vatiervillc, & ne fe dilant natif d'aucune patoifle ny d'aucun Diocefe, 
©ù fon peaft favoit s'il eftoitbaptifé ou non , mais au contvaice difant feulement dans 
yjîc Supplique par luy prefcnree au P.ipc qu'il eft du Diocefe de Roiicn ou bien d'un 
auttc , afin qu'on ne peuft tecoutir au lieu de fa naiffance pour favoir s'il eftoit baptifc 
& Chréftien ; ou bien s'il eftoit Juif & Circonfis , comme on dit qu'il y en a pluficurs 
dans la ville & Diocefe de Roiien , auquel cas II auroit cftc de droit incapable d'açcufcc 
vnChrcfticn comme il eft expreflement porte' au Canon Pïff<«n» 3. q. 7. Et au furplus 
cftant gucu & aftucUemtnt mendiant il ne peut-cftre reeeu fa partie fans une manifcftc 
pre'varication d'autant plus grande, que ledit Curé avant que de répondre ayant allégué 
ces exceptions audit fieurAubourg 'Viceji;e^rcnt, & iceluy interpelle' de les faire efcrire 
en autolt eftérefufé, difant pour raifoh fur la pauvreté' dudit Defvaux , qu'en cas qu'il 
ne fit pas fa preuve &n'euft pas de bien dequoy fatisfaire& defintercffer ledit Cure' il 
paycroit de fa perfonne au deffaut de fon bien, ce que ledit ficut Aubourg exprima en 
cesproprcs termes ,/»/-i»ef»B<t« Vf/»» c»«,enquoy paroit Finjuftice& la paffion ma- 
nifcftc defd. fieufs Vicegcrent & Officiai, de n'avoir pas youlo accorder audit Cuié adbc 
de fon dire ny de ladite refponfe. 

Mais quoy qu'il en foit vn tel accufatêut n'cftant pas recevable félon les Canonè 
comme il eft prouve' ty deffuspage 11. il s'enfuit manifcftement que ladite procédure Se 
^cntcDce cft nulle de droit cotntae ilcft auffi prouve au taei'ms Ji«u. 



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II. Ledit fieur Cure founeinqu'cUecdiiiillcparcc qu'il eftexpreffement porte Jaiis 
]e premier cahier d'information 6itepar M. Michel Fontaine Cure de S. Otien , queile 
a crtc faite dans la niailon de M, François LangloisPieftic Vicaire,ch<iflep:r ledit lieur 
Ciuc, & fon ennemi déclaré ; cj c\m n'a peu eftrc fait que par vne prcvaàcatipn mani- 
fefte i<c vne confpiLMcion vifiblc des luges avec les ennemis dudit Cure'. 

III. Parce qu'cnfuirc dudit premier cahier d'information dans lequel aucun des tef- 
imoins qui rapportent par cux-mc(mes du fait de la révélation de Confelîîon n'avolc 
elle oiii , ledit iicur OtHcial par vne précipitation manifcfie n'avoir pas faifîé de décréter 
piile de corps contre ledit Cure fans aucun fujct, comme il paroit par les autres articles 
dont ledit ficurCuiccft acculé, qui font ou nullement prouvez ou de nulle yuues-pe- 
tite confcquence. 

IV, Parce que ledit ficur Officiai déclare par ladite Sentence ledit ficuc Çar« con- 
vaincu d'avoir ■v/«>fif vne portion du cimetière , ce que ledit fieur Officiai n'a peu con- 
noiftre fulîKamment parie rapport des tc'moins fans auparava))t avoir ordonné acccflion 
de lieu & veu le ptoccz verbal fait cnluitc,ainlî que ledit fieui Cure la demandé, comme 
•îl paroit par efcrit au prcccz , la queftion n'eltant pas dtifjit, favoirfi le ficur Cure avoic 
«ris certc portion de terre que l'on prétend appartenir aa cimctiere,parce cpe ledit Curé 
l'avoujf , mais feulement (/» f/fo/f, & favoirfi en effet elle appartient-au cimetière, ou 
bien audit jardin , ce qui ne peut avoir cftc jugé qu'après inlped:ion du lieu , ainfi il pa- 
toit qiic ladite Sentence eftmanifeftement nulle, conmie cftaut donnée fut vu fait doni; 
le luge n'a eu aucune connoUfance juridique. 

• Ce qui fait voir encore en celamelme la pallîou du ficur Officiai auffi bien que fou 
înjuftice. 

Mais elle paroift manifeftcmcnt lors qu'il dit que leditCoUlon ejl deuément conva'itt- 
Ctt d' avalrysé & s^lire fervy imprudemment du Se.tu &fecret delà Conftfhn dont ejl aïïivi 
wcA;«i/e/(;<<ni//</e:Carfur cette article il n'y a que cinq teimoins qui depofent par cux- 
jnefni-'s, & il eft remarquable qu'aucun ne dit que ledit Curé fe fait imprtidfipment ferry 
du ficrtt de la Cenfefiio/t , mais qu'ils difent plus, ou qu'ils n'en difcnt rien du tout. 

Car le premier qui eft le fieur de Vafimont contre lequel on peut voir ce qui eft dit cy 
delfusdans les pages 18.& 19. & qui depol'c feulement que ledjt Curé luy avoir dit, fa- 
voirle; choies dont il luy donnoit avis parvnt manien ^jn'i/ «e lity tfi«it p<s ftrmit çtt c/ùe, 
Oï ccue rainicïc pouvoit eftre autre que le fecrct de ia ConfelCon , Si par confequenc 
on ne peut rien conclurrcdefon témoignage , car Icfaitdontil'cft queftipji luy auroit 
peut-cftve efté déclaré hors la Confelïîon avec obligation aU fecret naturel qui oblige 
celuy qui le reçoit aie garder fous peine de péché mortel en matière importante aulïî 
bien que ccluy de la Confelïîon. 

Ainfi il nercfteplus de témoins fur ce fait qu'Antoinette Vatin fervante dudit Vafi- 
mont, laquelle depofe d'vne manière qui fait voit manifeftxrment qu'elle n'a aucune 
connoilTance de ce qu'elle dit : Car elle ne fe contente pas de dcpofcr qu'elle a dit audic 
Cure à confeffe ce quelle prétendque ledit Curé à révélé audit de Vafimont,qui eft une 
■chofe dont elle pourroit depol'er en effet , parce qu'elle en pouuoit avoir conuolflance, 
xnais elle ajoute que ce qu'elle a dit audit Curé n'a peu luy eflre connu que par fa Confefiion, 
orc'eft dequoyellene peut avoir de connoiffance, mais au contraire par fa depofitioti 
melme il paroir que les chofes qu'elles dit avoir confcAccs comme (ccrcttcs , ôc qu'elle 
prétend avoir efté révélées & rendues publiques par ledit fieur Curé eftoient dé-ja pii- 
"bliques de leur nature de droit & de fait. 

Car vne de ces chofes prétendues fecrcites dont ledit Curé eft accufé d'avoir donné 
■avis audit fieur de Vafimont eft , (j«c la hantife du nommé "Malo avecfafœur prejudidoit au 
bien & a l'honneur de fa pxtifon ; Or Ci cela eft vray ce ne pouvoit eftre que par le fcandale 
public que cette h,intife caufoit dans la Paroiffe, & par confequcnt ce n'eftoit point 
A n -• choie fecretre , mais publique de la nature , aufll bien que l'autre fait d'avoir acheté 
'& revendu du fel pour acheter des rubans dans la boutique d'vn Marchand. 

Ainfi quand ladite Uarindcpofe que c«/4i>iMf/7«»v#;'enr tfitt connus audit fieur Curé 
■que par U yoye de fa ConfefSion,c'c& vne dépofition &vn jugement manifcftement faux fait 
par ladite Varin , & par confequcnt fa dépofition eft détruite par elle mcfme fans parlçr 
-de ce que ladite Vat in eft fervante de la leur dudit Uafîmont amoureufc de Malo & irri- 
•tée contre ledit Curé qu'elle prerendoit fon ennemy , parce qu'elle le croyoir ennemy 
dafcandale honteux de ces amours : or chacun fçair ou fc porte la haine d'une fille 
amoureule contre ceux qu'elle croit oppofés à foii amour, ce qui cftant joint avec 



f 



88 
tous les aunes reproches allegtie'es cy déffus contre ladite Uarin & ledit U.ifimorit , fiiit 
voir manifeftement la nullité de leurs depofitions , aufli bien que de celle de Parc meur- 
trier public, & celle de DrfvPw<rMvi7/evniquc témoin d'vnecliofe qu'il dit luy avoir efté 
dite par r/r TvUachy de laquelle il eft deiavoué par ledit dcMouchy comme on le peut voir 
cydefTuspageiy. & i8. 

Comment eft-il donc poffible que M. FOfficial puiffc prononcer que ledit fieur Cure' 
eft deuëment convaincu d'vne choie dont il n'y a aucun te'moin ny aucune pleuve 5c. 
d'eftic caufe d'vn notable fcandale au fujet d'vn crime dont il n'eft aucunement coulpa- 
ble ? ce qui eft fi vray que le fieur Promoteur n'a ofé condurre autre chote finon qu'il 
f«rfVc)V4r<]tt»j /<! >'f/'«f4f/i7»i, qui eft vne marque qu'on n'en avoir trouve' aucune preu- 
ve comme il a eftc dit cy deÛas^fawofinn efî (\uod piobari no» potefl , & en effcft que faut- 
il félon les Canons pour caufer par ICpeuple CCS fortes de prétendus fcandales , finoâ 
qu'vn fcul homme ennemy comme le fieur de Carnaval perc àc^ Vafimont , de fa lœur 
amoureufe de Malo & maiftrc d'Antoinette Varin ait entrepris dct les femer par ces me- 
difances dedans vne Pavoiffe, & ne fçait-on pas qu'il ne faut qu'avoir dit vne feule fois 
vne pareille fauffeté pour qu'elle devienne incontinent publique , tout aufli bien que fi 
elle eftoit véritable, la nature de la populace cftanc telle qu'elle répète incontinent di^ 
fent les Canons ce qu'à dit vn feul homme , & le laiflc aller à le croire mal à propos Se 
fuivrcfespenlces, cumroccmvniu-i facile feqHaïur »i«/f;V«^o , auquel cas fi cela donne 
iroit à vnlugede condamner ccluy dont fon ennemi aura voulu mc'dite , y a-il vn 
fcul homme fur la terre lequel cft.uit acculé devant M. l'Ofticial, ne puiflc eftre convain- 
cu de la forte , d'avoir indifcrettement fait ou dit quelque chofe dont il y aura eu vn no- 
table fcandale. 

Et fans aller plus loin M. FOfficial luy mefme pourra-Il fe deffendre d'avoir fait ou • 
ditquelquc choie indifcrettement qui ait donne' lieu au fcandale qui eft dans tout le 
Diocefe , fur ce qu'on dit qu'il a achepte' (a charge d'Officîal la fomme de 17. milles li- 
vres , quiferoit vne fimonie félon les Canons qui le rendroit incapable d'eftre luge, 
& toutes fes Sentences nulles de droit, fi le fait en eftoit véritable, dont ledit fieur Cure 
ne Faccufc pas , inais dit feulement qu'il en eft grand bruit & notable fcandale,auflî bien 
que duficurVicegcrent & autresOfficiers de l'officialite,c'eft à eux à lever ce fcandale s'ils 
}e}i}genrà propos, en nier le fait & en delabufer le public par vne voye publique com- 
me fait ledit fieur Cure des prétendus fujets de fcandales à luy injuftenient imputez pat 
lefdits fieuts Officiers. 

Mais quoy qu'il en foit c'eft ce prétendu notable fcandale dont M. TOfficial dit que le 
Cure' de Uatiei^ville eft convaincu , & qui luy a donne' lieu de le condamner, qui donne 
lieu audit fieur Cure de faire les mclmes offres audit fieur Officiai qu'il a faites au fieur 
Promoteur, à fcavoir s'il veut que fa Sentence contre ledit Cure foie jufte ou injufte, 
car fi elle eft injufte ledit Cure' elt innocent ,& s'y elle eft jufte ledit fieur Officiai eft 
coulpableeftant plus convaincu d'vn plus notable fcandale que n'eft ledit Curé, &fi 
eftant convaincu de ce fcandale , il fe trouvoit cju'en eff'eft il euft acheté' fa charge, fa 
Sentence contre ledit Curé feroit nulle de droit : Irieprthenfibîles tnim ejfe convenu quof 
frafft tttctffe tjl corri^tndts 16. diji, in Sacerdotibus , parce dit ce Canon que pour eftre en 
cftat dedans FEglife de corriger les autres iuridiquement , il faut eftre irreprehenfible 
canoniquement , & M. l'Official ne le feroit pas,c'eft donc à luy à y pcnfer s'il luy plaift, 
& dire quand il luy plaira , lequel de ces deux partis il aura agréable de prendre. 

Mais en attendant fuppofc que ces deux articles Fvn de la révélation de Conftfilon , Se 
Fautrc de l\fur^ation pretendti'é du Cemetiere foient deftruits auffi vifiblement comme ils 
font , en confcicnce fur quel autre article de ceux qui font marquez dans ladite Senten- 
ce eft celle qu'il a prononcée contre ledit fieur Cure? 

M. l'Official peuft-il avoir pofé le fondement d'vne Sentence auffi dcfcfpcrée comme 
Il à abitndonné, dit-il , le foin de fa Vatroi[fe\ mais le contraire paroift au procez par les 
atteftations du fieur Curé de Fefque , & Pcrcs Penirens de Barnefeaux , & n' eftant pas 
mefme accule d'avoir efté abfent plus de trois mois en trois ans , ne fçait-il pas que les 
Canons déclarent exprefiement que fi peu de tems d'abfence doit eftre réputé pour 
rien, comme il paroiftpar les Canons rapportez dans la page 6ï.&c 6i. cydcffus. 

Il ^ négligé, dit le fieur Official,/ej Cérémonies del'E^life : mais s'il avoir négligé & ob- 
misfix mois duranc de dire fon Office à quoy auroit-il condamné ledit Curé félon les 
Canons ? prcmicrement il auroit deu luy faire monition canonique,ainfi qu'il eft mar- 
quédans la fcff.^ .du Concile deLattan fous le Pape Lcon X. ik fi après cette monitio» 



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mÊmÊÊb 



Canonique îl avoitpeifcvcrc a ncvouloir point dire fpn O^ce ^ alors \\ ratiroif pyiveJ^ 
Ion licncficc, S/ jwrr.^/f.v wrnfes .^h ol)tetJte het/e/icio ,cfficini/tnon tlixait C~ In t.t offici] 
tlmiifiionc poU It'giriirum dd}>w))it'ionein jitrfevtrdycrit ipfo jnivttur birieficio cutit th r:iï btut- 
ficiuti) propterofficiUM. 

Or M. l'Ûfttci.il a-il remarque din-i tout le proccz & dans toute la viedudii: (leur Cu- 
ïc autun article d'accuiation Cjui puiffe cftre mis en comparailon avec vne ubmi|lipii 
de (In mois d'OlKce, & cependant quand il auroit trouve cette obmilîion de fîx mois 
d'cfticc vérifiée contre ledit Cuic par des te'moins irréprochables , il n'auroit Jeu cano- 
niquiment luy faire i]u'vnemoini)on; Comment dondans aucune munition pciit-il 
avoir d'aborà CBtidawu ledit Ctné àfe d(ff*irt de ftn henejice , y-a-il en cela la inpindrç 
apparence de Jufticc Ecclcfiaftit]uc. 

Le Concile de Trente en !a Sefl. 5.C. 2. ditque la Prédication de l'Evangile eft \^ 
principale de toutes les fonin:ions de l'Evelque, Tritcipum tpifcojiDiitm wuniis,&C par coijr 
iequcnt la principale de routes les fondions d'vn Ciiic',(uppore'donc que IçCuic de Va- 
rieiville eut manque nprc'iher ou à faire les Careciiilmcs lesDimâtlici&ies Fdies à firj 
Paroifliens, &: qu'il en luft deuemcnt convaincu ce muiC ledit fieur Officiai de ilnrc (j/('i7 
r/? deuemcnt cenva'uicu d'avoir neelif^f eiHelfjucs cnrwohie , qp'clle Sentent c ledit ficpr Qlfir 
c'a! croiroir-il en ce caseftre oblige'de donner contre ledit Cure? Voicy fa leçon jiu lien 
alle|:ue' duConcile de 1 vcn\.e.,Vbi AbLfifcofoinoniti trium wfiifii'wfl'itio nuineri ftio f/fjec- 
tint-.per cen/ut,ts EccUfiaflicai feu a)itis ad il>Jîu> Efif'.oii lohitï'mnt co^.mtor. PïcmicjieuKnc 
dit le Concile, il dcvroit eftrcavertyparlcfieur Oftitial, & après .cet ayerriflenient s'il 
avoit manque 3. mois durant à fon devoir, alors i! Jcpourroit contraindre par ccul'ures, 
mais non par la privation de ion bénéfice, mais feolcnicpt s'il le juge.oit à propos en arr 
•tribuaut vne partie de fon revenu à quek^u'auuc Prcftrc cjgi feroir fes foncîiGris ,c^î tu 
place. 

Or le fîeur Officiai peut-il marquer dans toute fa procédure 4^.d,insfaSej}tencc aur 
cunc trace de cet cfprit &, de cette difcipline Ecclefialliquc ? Eft-cc que dans l'Arche,- 
'Veiche de Roiien on y vit généralement avec vne exaditude & vne fcveritc'.plus grapde^ 
ijuc celle qui eft niar<]uc^ dans tous les Canons , & que M. rOi^cial n'çft pfis couptejTjt 
■*ic cclledu Concile de Trente ?il ne faut pour cela que voir le quatric'me. chef Ciy de^^is 
f âge 6-J.&C fuivantes ou font rapportées toutes les Indulgences que M. i'Qé^cjal fi aç- 
f oïdecs-julqucs icy à tous les pécheurs publicsdc (on J)iocc:Cé , .i^pr.e^^îuoy (aasfljepfit: 
■[M. rOtficial n'a gue're appréhende qu!on expofaft le jugement qu'il a doO'Pé.ida^is.laqo.- 
Jére contre le Cure de Vatierville à la cenfurede l'EgUlc & qu'on fit YAÎr )fes JAJMftJcas 
suffi manifeftes. 

Mais voudra-t'il bien qu'on luy face encore fouvenir d'vn cas propofe' dans la Seff. 
:l4. du mclme Concile de Trente cap. 6. où l'on fuppo(c qu'vn Cure qu autre bcneficiQC 
oicglige &c manque volontaircmcnr de porter Ion habit Ecclcfiaftiquc, y a.il rien de plus 
^canda!eux?& M.fOfficial pourroit il marquer quelque obniiffioadcceiXBioiije dont Le 
.pechc' ou le fcandale foJent équivalent à celuy-là? 

■Lfdit Curé, dit M. l'Official, à fait pliijïeiirs aclions indécentes & indlgnei dcfm curaBére. 
J^a.isy a il aucune faute dans toute la vie du Cure' , qui foit inde'cent & indigne de 
fon caraderc à Fcgal de ce qu'il auroit fait , fion Tavoit vcu perpétuellement fans habir 
JEcclcfiaftiquc, cependant fuppol'ons qu'il y encuftquciqu'vnc d'auffi fcandaleufc ,de 
.€ju*elle.(everité M. fOfficial fcroit-il oblige d'vfer pour punir ce cr)jjie.& pour arre/îer 
ce fcandale ? Premièrement dit le Concile de Trente dans la Self. i^. c. tf. il fcroic obli- 
.ge' d'avoir averty ledit fieurCure',ce qu'il n'a jamais fait. 

2. Mais après P.woir averti s'il rcfiifoit encore de prendre fon habit Ecclefiaftique, le 
devroit-ilpunirpar la privation de fon bénéfice ?Non,<ikk Concile de Trente, mais 
feulement par futpçnec de li:s ordres i& privation de fon revenu , après quoy /î ayant efte' 
.repris canoniqucmcnt de la forte il ne le coriigeoit pas encore , enfin il pourroit prp- 
.noncer contre lui Sentence par laquelle il le condamuçroit à le deffairede fon bénéfice, 
.mais fansjucunemonition précédente commencer contre.vn homme par le condam- 
vAcri fcdeffaice de fon bénéfice pour deptc'tenducsoZiwiy?(«»j<:/f cexemenies , & iene fçai 
qu'elles aftions ridicules que M. fOfficial n'a ose' nomiîvecde.cïajpte défaire juger qnc 
la Sentence eft non feulement injufte, mais s'il eft perjnis dc,le dire ridicule , de niefir^c 
d'avoir par exemple condamné vn Curé à te dcÉFaire defonb.ençficopour^rfw/V^/e/'ir de- 
dans fon ]((rdin^'iouchéou dejouchédes ftules , l'avoir dis-jej"ans..x4cune jupnition précé- 
dente condamné à fe deffaire de fon bénéfice , c'eft. la ciwiè àji fauju(jc.la plus lufiuw. 



ÉÊÈi 



^mmmmummm^ 



la plus îrreguUcrc , & la plus înjnfte qui tutiamaîs. 

Mais afin d'en convaincre encore ledit fieur Officiai fans aucune réplique, qu'il lile li 
ai.Seff. du Concile de Trente cap. 6. 5c il trouvera CCS ternies, o«;« alij profiter torum 
yitx turpititiiintmfotiHS ckflrHunt quatn trilificant , Epifcopi eos ijh/ nirpircr <^ fcanilalofe T<- 
ynt>t, pvflrjuam premeniti fuerlnt carctant tic caftigent &jia^huc tncoirigibiks tnfud ntquititt 
ftïfntrent eos benefciù iuxtiif<tcroruin Canonutn conjiittttiona pnvjinili fjcultiiiem h^thejnt. 
Tous ces Canons ne portciit-ils pas manifeftcment la condamnation de M. l'Official» 
peut-il & le voudroit-ildirc enconfcience que la vicdu Cure'de Vaticrville ait jatn'ai» 
rien eu qu'il puifTc exprimer par ces termes du Concile de Trente, V> opter eottim ■vit^t 
fttrpff «f/inem potius defiruimt quant ad'ificant ; Peuft-il faire voir dans aucune partie de la 
•vie qu'il y ait eu de la turpitude de mœurs, &c vue turpitude à dcftruirc l'Eglife pluiloft 
qu'vn bon exemple en toutes fesaâiions pour l'édifier ? N'cft-ce pas au contraire la der- 
nière de toutes les turpitudes aufdits fieurs Officiai & Vicegercni d'avoir loufferr qu'en 
ait mis deffus leur papier , au deffaut d'ordures morales des ordures phyfiques que laur.» 
turc ScVinfitmitc de Feftatprefent ou elle cft leur à rendu comme à eux-melrnes & 
raiureWes 1 tous les hommes , & que le ficur Aubourg ait voulu avec la main & avec la 
plume de fon Greffier remuer ces ordures en acculant ledit Curé de les avoir l'eulcmcnt 
remuées Avecvn bajloii. .' 

C'eft la dernière infamie dont on cft oblige' de parler ainfi par énigmes afin d'en cou- 
vrir la mauvaife odeur & de s'en taire aulTi-toft qu'on en a parlé , mais ledit fieur Offi- 
ciai tentant bien le deffaut de preuve des articles d'accufation contre ledit fieur Cur<? 
qu'il a marqués dans fa Sentence, & nous renvoyant pour cette raifon à d'autres pré- 
tendus C4» mentionne^aii proce\, afin qu'il ne dcmeuie aucun lieu de lufpition contre le- 
dit fieur Curé , 8c qu'on ne croyc pas que dans tout fon procez il y ait aucun cas impor- 
tant dont il n'ait pas parlé dans fexamen prcfent qu'il a fait de fon interrogatoire &c qui- 
ttes procédures , il eft obligéde dire , qu'après ceux dont il a p.irlé& qui lont mention- 
nez dans les conclurions du Promoteur & la Sentence du fieur Officiai, il n'y en a point 
d'autres mentionnez au procez dont il ait obmis de parler jufques icy,ifinon qu'il auroit 
féihfes imr>}otidices dans l'eftable de fis cochons ,c'cii\à\c(e\ûc3%memi6nné au procez lur ^ 
lequel tous les autres arriclcs cy deffus ayant cftc rapportez Se dcftruits, ledit fieur Offi- 
ciai peuft avoir arreftc ces fiJns pour prononcer contre le Curé de Vaticrville la Sen- 
tence qu'il a donnée , ce Cuvé avoue donc ik confcffv: de bonne foy que cet ai'.iclc eft 
tout a fait puant, c^u il y a de la turpitude quand il cft véritable , i?c qu'il eft rapporté 
par des témoins contre lefquels il n'y ait point de reproche , mais il foutient que cette 
turpitude quand elle feroit véritable n'eft point comprife dans la fignification de. cette 
turpitude de mœuts dont parle le Concile de Trente & qu'vn pareil cas ne fut jamais 
mentionné dans aucun procez avant celuy qui a cfté fait contre luy par M. l'Official , Il 
a fait ^ dif M. l'Official ,/es immondices d^ns l'efiabk de [es ceJjons. Quel cas de confcien- 
ce pour fonder deffus vne Sentence d'Ofhcialité , & pour la bâiir ôc la fortifier avec vn 
tel ciment , c'eft ce que Fimagination mefme ne peut pas fouftrir , c'eft ce qui diffamera 
la Sentence du fieur Officiai à perpétuité & fera voir qu'elle eft ofténfive comme nous 
avons prouvé jufques icy , non feulement de la raifon naturelle déroutes les Loix Divi- 
nes & humaines, mais mcfnies des honncftes oreilles Sc de tous les f?ns, 5c ledit ficuc 
Curé efpcre que quand il n'y auroit que ce dernier article il attirerait feul contre la 
Sentence de M. l'Official de Roiien la juftè indignation de tout ce qu'il y a d'Officiaux 
•enfemble &c de tout ce qu'il y a dhonneftcsgens, 8c de gens de bien. 

Car en qucleftat eft réduite PEglife, fi quand il plaira à vn leculierde quelque au- 
toritéjde former contre vn Curé de la campagne vne confpiration de faux témoins , il 
trouve des luges propices à les mauvais deffeins jufques â tourner en ctime ou fes meil- 
leures adlions ou celles que la condition humaine rend les plus ncceffaires , & s'il faut 
qu'vn Ecclefiaftique foit tellement contraint dans fa propre maifon, qu'il ait à craindre 
dans fcftat où il fe peut mettre , tel qu'il foit que les arbres de ion jardin ou les murail- 
les de fa maifon n'ayent des lanï^ues & des oreilles pour dépofer quand il plaira àvn 
Vicegercnt de les interroger, fa vie en ceteftat luy feroit-elle fuppoitablc, & ne luy 
feroit- il pas au contr.aire bien plus à defirer de mourir que de vivre fans paix & dans une 
perpétuelle inquiétude. La conduite de M. fOfficial eft bien éloignée de celle qui eft 
prelcrite aux Evefques par le Concile de Trente.c'eftà eux dit ce faint Concile de pren- 
dre foin que les Prédicateurs ne foient pas vexez par fauffcs informations , ou par 
autres calomnies telles qu'elles foicnt,afin q^u'ih n'ayent pas occafion juftes de fc plain- 



te». 



pi 




ifpcnlabledetoiislcs Evcfqi 
Ja , M. l'Official à ùvonfc piibliqiicmcnc les Faux telhioignages de tes ennemis , i5v: rou- 
te la calomnie de leur faufïes informations, ou eftdonc aujouid'huy lafeutete' public^uc 
dans l'Ei^lifc pour les plus innoccns de fcs miniftres? 

C'cftpourquoy le Curc'deUaticrvillcpartout ce que delTiis conclue^ qu'il faut que 
toute la terre demeure d'accord que ledit (ieur Coulon Cure n'a point eftc condamné à 
fc dcftairc de (on -bcncfice pour aucun crime dont il loit convaincu. 

I. Parce que la conlpiration contre luy paroill manifefte entre fcs Juges , fes te'moins 
&: fcs p.rties , entre lelquels y en ayant de la première autoiicc tant du Palais que de l'E- 
glife, il ne fe faut pas ertonner s'il a eftc' condamné comme coulpabic, on n'a pas infor- 
me' contre luy dans la penfce de trouver qu'il le fuft, mais de le faire tel parce qu'on vou- 
Joit qu'il le fuft, on le haï(oit &: c'eftoit allez pour cc!a,vA/ dominm adit fit nocens non <]«.*- 
rit m. "Hemo l'otentes azi>cdi tutus jtoteft. 

2. Parce qu'il n'y a aucuns te'moins contre lefquels il n'ait al/cguc' des reproc/iej vaia- 
blcs , (]Hibui non ifl cnJenilmn de aliéna i«j(»/?if i.i , (jHtndiit ne» reffecerint k Jua. 

5. Parce que la plus part des rclmoins lont linguHers. 

4. Parce que leurs témoignages font pleins de contradiûions , ou de chofes dont ils 
ïie peuvent avoir connoiffance , ce quiles convainc eux raetmes de faux témoignages. 

5 . Parce que les principaux faits qu'ils rapportent font dépourveus de toute vtaye fcm- 
blar.ce. 

6. Parce que beaucoup d'aurres méritent plutoft approbation que blâme , & ne font 
que marquer la mauvaife volonté defdits témoins , leur confpitation & l'efprit de ven-. 
geance & d'iniquité contre ledit Cuié, 

7. Parce que beaucoup des autres articles font fi légers que félon Findulgence qui rè- 
gne dans la Cour Eccleuaftique de Rouen, pour les véritables pecheurspublics il ne de- 
vecoicnt porter aucune charge ny mériter coirecîfion , pas mdine de parole contre vn 
Curé par ailleurs innocent. 

8. Enfin pour dernière raifon, parce qu'à confidcrcr toute la fuite du procez circoi\- 
ftances & dcpcndatices , il n'y a perfonnc qui ne voye que \a violence & la calomnie y 
font manîfcftcs, 

,/ineJi de "Dimmefme pour la punition des ennemis du Curé de Vatifr'ville que U 
JîcMf officiai de KoUen n a pat youln condamner» 

Maïs 11 le fieur Officiai n'a pas voulu punir les calomniateurs & faux témoins perfe- 
cuteurs dudit fieur Cure', il peuft dire que Dieu a pris en main la proteéfion de ion in- 
nocence par les punitions vifibles qu'il a ptifes d'eux. 

Car premieremrnt pour le dénonciateur Defvaux dans le deffein qu'il avoît témoigné 
ftvoiv de venir en perfonne à FOfticialité de Rolien, confefler le crime de fa calomnie & 
tenàït \.tn\o\gt\aig,e a l'innocence dudit fieur Curé pout fatisfaire aux devoirs de fa conf- 
ciencc & en appailer les remors , toutelaParoiffe qui favokfon deffein fut furprifc de 
le voir enlever vn matin dans vne charette , & depuis ce rems il n'a point paru , & vray 
fembldblementil n'eft plus en eftatde paroiftrc, Dieu par cette voye ayant puny fon cri- 
me & manifcfté Finnocencc dudit Curé. 

Et pour le fieur de Carnaval il eft public dans toute la Paroifle qu'en mourant 11 n'a- 
voir autre penfce dedans fefptit que celle de fon crime ,& que lors que l'on luy crjoic 
de dire le/iM 7H.<W<< , au lieu de répondre 5c de prononcer ces deux noms fur lefquels 
font fondez toutes les efperances des Chrcftiens, particulièrement à la Mort , il ne rcf- 
pondoit autre chofe d'vn ton lamentable , & en mcfme rems plein d'horreur , fmon le 
Ctt^é de Vatieryille , le Curé de I^atlerville , fans que le feu Curé de Fefque peuft ap- 
paifcr.les troubles de la confcience en faffeurant que le Curé de Vatierville luy pardon- 
noit. 

Car il eft a remarquer que ledit fieur de Carneval cftoît vn de ceux qui avoît fubor- 
né le plus de faux témoins contre ledit fieur Curé, & notamment le nommé Bloquée 
qu'il avoit pris à fon fcrvicc , & qui y cftoir dans le tcms mefme de fa dc'pofition: mais ce 
malheureux ne fut pas moins infortuné que fon maiftre dans la. punition vjiîblc que 
Dieu princdeluy -. Car quelqu'vn des Parroifficns avcttiffant ledit Eloquet du crime 



^i^g^^^wg^— JIIIJII 



9* > . 

qu'U avoii comiTits pnr fon faut temolgn.>y,c, & de l'obligation où il eftoir d'aller rccon- 

noiftic devant les luges anfquclsil avoir depofe lefaiiX;qii'ilavoit memyau faint Efpiic 

îi confefla qu'il elïuh vray , & au titefme tcms comme s'il cuftenrcndu picnoncer ces 

paroles de la bouche de l'Apoftre fain: Pierre , qnare fofttifii in ceràe tno h.tnc rem , von es 

mtntitiii honiiiiibuijiti Dci, cecidit ta cxjjiriivit , Cf^ciiisf]} tini/<ï m/t?i)u) friper tes qui au- 

iiitrant , il n'ûc pas pluroft confc/Tc' (on peclic', qu'à l'inftant nieime il tuinba tout roide 

mort, ne laiflant pour mémoire de luy que celle de Ton crime , &c vnc Fr-iyeur générale 

dans rdj>n'r& dedans le cCeurde tous lesParoiflîensqui appriicnt cette nouvelle. 

Ce qui obli<i;ea le nomme Grcmons de confeffer /on crime au nomme Pierre l'Enfant: 

mais ceque j'ay depofé,hiy ditGremons,cf n'a efié que pour obliver nefire îWow^fH>-,entend.int 

parler du fieur Prefidcnt d'Eftalvillc, te qu'ayant eftc' rapporte' par ledit l'Enfant au ficur 

Prieiu- de faint Germain Chanoine régulier prefentcmenc vivant & ledit Grcmons cftant 

tombe' malade d'vnc Paraliiîe qui luy tomba fiibitcment iur la moitié du corps , ledit 

fieurPrieureftantmontc à cheval pour le venir avertir de (oh devoir apprit en chemin 

qu'il cftoit mort privé du fecours qu'il avoir néglige, pendant fa vie , laiflant à tout le 

rcfte de ceux qui ont Icrvy à la paillon dudit fieur Prefident à craindre vn pareil effcft de 

la fevcïice' des jugemens de Dieu Iur eux , Se vn pareil exemple à Favcnir pour tous les. 

faux tefmoins. 

Non que le Cure de Vatierville prcfumc tant de fon innocence qu'il prétende que 
Dieus'cn doiverendrc le vengeur public ;carau contraire il s'cftimc û grand pccheuc- 
aux yeux de Dieu, que quand il le vcrroit couvert de confufion & d'ignoninie devant 
les hommes il croiroit les avoir meriu'cs , mais enfin ayant l'honneur d'cftre Prtftre , ôc 
n'ayant jamais des-honorc' ion caraélrerc devant les hommes , il fij-ait que Dieu cil jaloux 
de l'honneur & de la réputation de fes Preftres, lors qu'elle eà flétrie par des voycs injii- 
ftes & pleines d'iniquitcf comme a eftéla fiennc , & il nepcutdidimuler cette vérité que 
Dieu mefiMc à voulu manifeftf r par de /îitd&utablcs exemples comme ceux qu'il a rap- 
porte'sjufquesicy, après lelquels ceux qui en voudront douter feront bien rebelles à la 
lumière s'ils ne fe rendent au dernier qu'il aencore à raporter, qui eft ccluy du feu ficuc 
Dupont Prieur deGermain,lequel eftain tombe' malade en cette ville deRoiicn l'envoya. 
quérir, luy confcfla fon crime luy demanda pardon, mais foit que fa penitcnc* ncfuft 
pas véritable ou autrement dont Dieu feul eft le luge du moins à l'égard des hommes Sc 
2j;M/?f qu'on en peut itiger par /es apparences, il peut dire de luy ce que l'Ecriture diç 
d'Efau que non jnyenit penittncia locmn qUiUhqium cnm Ucrimi! ineiinfiffet , & qu'ayant 
^erfccutc' vh Preftve au fu jet de l'adminiftiàtion des SacremenU , Dieu péram qu'il Kioa- 
. ruft , comme en effeâ: il eft roort fans, recevoir les Sacrejmens. 

Le Cure' de Vatierville fcait que tous ces accidcns peuvent arriver îndiîFeremment aux 
bons & aux mauvais , inais ce qu'il trouve de furprcnant &: digne de l'aitentiion de tou- 
te la terre eft de voir qu'ils foient ainfi arrivez à tous ceux qui ont jufqucsicy trempé 
dans la c on fpi ration quia edcfaice contre luy & qui (ont moits chacun en Icik paiticu- 
ller d'vneefpcccde mal lê-inort. 

Apres quoy y a-il homme au monde qiiî.puilTe douter de rinjuftice de ladite Sentence 
& procédures iniques faites contre ledit (iciit Cure: mais on en iera encore plus pleine- 
ment convaincu fi on veut confiderer les autres circonûances qui ont précède Se îùivi la 
prononciation de ladite Scirtencc. 

Et principalement fi l'on veut faire attention, outre ce qui eft dit jufques îcy , fur les 
procédures 8c circonftanccs cruelles & violentes qui ont précède Si fuivy ladite Senten- 
ce tant de la parc des luges que des!parties,ileft impoflible de n'en voir pas la calomnie, 
finjullice & la nullité, ce qui fera k fixiéme chcfp ar <ki kdit ficur Cure metwa fin à cec 
examen. 

XXVI. 
Sixi'ctifeçh'tf , finr lequel k^tt Jtmr Curé de Vatierville protrvt l'injuftice de L Semence donnée 
coiitretuy , qui eji des circtnftançes cruelles., &Vwlenttsqui mt prettdé if juiyy laditt 
Stnteneede U fart défis luges<3' de fes fartas. 



Cheonfintices cruelles qui ^ntfretedé ladite Senreyice. 

Les cîrconftanceï ctuelles & violentes qui ont précédé ladite fc<ntence font le pillage 

«de famtaifon, qui fut faite enfuitc de fa dctenrion par vne violence & avec des excez qui 

feint fans cxemplc,lcdit Dcfvaux partie de Fappellant s'cftant rendu auffi accufateur con- 

trelc Vicaifc & Iclyalccdudic fîcui" Cure ayct par«llçscaloranios::afin que fvn & l'autre 

eflanr 



tMÉMMik^ 



9i 

eftanc en décret &pnfc de corps, fou valet prifonnier & le fieur Vicaire en fuite, la 
maifor\ dudit appellaift demeinaft expoti'e à la difcverion de fcs ennemis comme tUe 
fut, tous fes meubles voles , U bibliotecquc compolée de plufieurs volumes choifis , 3C 
de prix tant pour l'Impreffion que pour la Rclicurc qui cliuit des plus belles , tour /on 
Linge d'Eglife , Aubes, Surplis , Corporaux que tout le monde fçait avoir elle affcz pro- 
pres, & melmc allez magnifiques pour ne pas faire honte à vn Evefque qui s'en fut icr- 
vy ; Enfin tous fes meubles , à la rcferve de (on lir que les voleurs n'cufTent pu emporter 
ou cacher , qui fut néanmoins depuis vendu pour payer le rapport dudit procez , au pré- 
judice de fon appel , cs: des Ordonnances de nos Roys qui deffcndent de vendre le lit 
habits, livres & omemens d'vn Preftre , tout fut enlevé par provifion , ne fçachant pas 
qu'elle devoir élire par après fa Sentence derniere,afin que relie qu'elle fuft, elle fc trou- 
vait en tout cas précédée par cette violente exécution îic cette injufte voye de fait , qui 
ne void di-je dans toutes ces circon{tances,que cette tempelte n'a pascfte excitée contre 
rappellantparlezclcdeU jufticc, ny par vn amour de la dilciplinc Ecdefiaftique dont 
toute la faintetc fc trouve univerfellement violée , depuis le commencement de cette 
procédure jufques à la fin. 

xxvn. 

Circon(l.i»ces crutlks & yiokntts qui ontfuivy ladite Sentence. 

Mais quelque vlolens que foient ces derniers cxcez , quelque paflîonncz & irrceu- 
Vicres , qu'ayent cftc toutes les procédures cy deffus rapportées , quelque injufte &in- 
tcrcflée que foit la fentence prononcée contre l'appcllant ,il peut dire que tout cela juf- 
ques icy,n'eft encore rien qui foit comparable avec la violence qu'on a depuis exercée 
contre luy pour l'empcfcher de lortirde prilon , 6c pourluivre Ion appellation par les 
voyes de jullice : car ayant obtenu vn Bref de fa Sainretc, par lequel h connoifT.mcc de 
fa caufeell renvoyée par devant M. rOfticial de Scez en datte du 22. Avril id<53. ledit 
fleur OfHcial par Sentence de ii. Septembre audit an lôé^.or^/enM.i qut l'affclUnt [aoit 
tr^niferé dans fes prifons dans quinzaine, a faute dcquoy & te tems pajsc que ladite Sentence 
ferait fignifiie au Concierge de l'Of^cialiré de Roiien & i.<i>it>aint eie luy ouvrir fes prifens paiir fe 
Tfndi e audit lieu de See-{ à peine de conviciion: Mais et n'eftoit pas l'inteieft ny l'intention 
de fes parties de fouffrir la revifion de leurs injuftices devant vva l[u2,e defvnteretTé , leuï 
întereftny leur intention n'eftoit p* s que la vérité fut connue : mais feulement quelle 
demeutaft obfcutcie par les longueurs , & les chicanes de Ja procédure , Se que l'appd- 
lant demeuraft opprime , c'eftpourquoy ils firent appcller de ladite Sentence dudit fieut 
Officiai de Seez par Panel , comme Procureur dudic Defvaux, qu'ils avoicrtt dé-jà fait 
évader, fans avoir paru depuis, ledit Panel ftipulant pourluy pour cette dernière fois 
ayant toujours déclaré depuis , lors qu'il a efté queftion de recevoir quelque exploit, 
«ju'il n'avoir plus de charge , en forte qu'il a eu charge fufïïfantc pourarrcfter fappeilant 
dans les prifons, & n'a plus de charge pour luy répondre, lors qu'il demande d'en fortir. 

Cependant par leurdit apel fes parties fur de faux énoncez obtiennent vn Bref à Rome 
<jui renvoyé la caufe par devant le fieur Officiai d'Avrange , vitra duas dietas contre la 
«lifpofition du droit & du Concile de Trente , il ne leur importe , pourveu qu'ils ayent 
vnc apparence d'aélc Juridic, par lequel ils puiflénc auefter ledit appellant en prifon 
fous quelque prétexte que ce foit, juftc ou injufte, leur dernier Bref eftoit fuffifantpour 
faire contre celuy de Vappellant vnconfliél de lurifdiélicn, fur lequel en effeét la partie 
s'eftant pourveuë auConfeilPrivéduRoy ,&vcu les faux énoncez contenus dans ledit 
Bref des pirties de l'appelant & autres nullitez de droit : Lacaufe fut renvoyée par de- 
vant ledit fieur Officiai de Seez par Arreft du Confeil du 16. jour de May 1554. qu'elle 
chicane après celapouvoit-on inventet pour empefcher Feffeâ: d'vn tel Arreft, Fappelant 
le donneroit à deviner au plus mefchant de tous, & au plus rafiné plaidcur,qu'il raudroit 
qu'ilconfeffaft que tout l'art de plaider & toutes les chicanes y fcroient à bout, mais 
celle de fes parties ny font pas, il n'eft point de remède dans lajufticc, contre lequel 
ils n'ayent vn venin préparé , & quelque fubtilité & rufe de chicane préméditée , Voicy 
donc le dernier trait de leur fubtilité malicieufe , ils avoient feulement appelé de ladite 
fentence dudit fieur Officiai deSeez qui portoit que les prifons feroienr ouvertes à l'appellani 
«p9«>-/e)'e»;^i'erfSfe^, à lapourfuite de lacaufe, mais ils n'avoient point pris ledit fieur 
Officiai à partie,ils avoient refervé ce dernier tour de leur invention en tout eVencmcnr, 
Sibienqu'ilnefut prononcé au Confeil Privé que fur fappcl fimple , Se ]a caulc ren- 
voyée devant ledit fieur Officiai de Seez , pour pourvoir à Feftargiffement dudit fieur 
ipeulon quicftoit la feule chofc que les parties appréhendaient vniquemcnt ,& qui.de» 

A» 



m 



94 _. 
voîtanîvcrinfailliblcmcnr, fi ledit ficur Officiai fut detTicure juge, voyant donc kfdircs 
çaities qu'ils n'avoycnt plus de moyen d'appel pourévitcc feftet de l'AucIi du Conitil, 
lis dcclareiét audit fieuv Officiai de Sccz^«';75 Je prennent), partie^cc qai l'a empeCclié juf"-» 
qucsicy de pj^croiiric, comme ledit fieurOfficial a repondu p.ir Aile du 24, jour de 
Juillet 1664. lorsque Icdii Arteftdu Confcil luy futfignific, rànfi ledit appcllantaban-i 
cfonnc de tout fecours humain , prive de la jouiffance & revenu de ion bcncficc , & re-- 
duità Paumone, dcmcurcdans vncprilon il yapre'sde huit ans,i;u)s pouvoir nouver 
j:ydj/)s faurorifc du Pape ny dans celle du Roy aucun remède de Iiiitice à fon niai^ 
J)arcc que ces deux autoritez fe tiouvent élude'es par le crédit & par la ciiicane dVn Prc-* 
f ident qui eil fa paîtie fecrete ? il ne luy reftoit donc plus pour dernier refuge que rc(pe4 
\auce que tant d'injuftices, & la longueur d'vne fi cruelle prilon amoUrc/t enfin la du-* 
recède Monfcigneur FArchevcfque, il voit les aibres ks plus forts céder au nombre de» 
annc'es & à pourvoir avec le rems, il voit les marbres qui fe fendent Se qui e'clatenr 
après vne longue laite d'années , il aveu mefmes les mur.iillesde la prilon diminuer de 
jour en jour , Se les pierres qui peu à peu ie reduifenr en fable &: en poulîic're , il n'y s 
que le cœur de Monfeigneur l'Arche vefque tout doux qu'il ert,du vifage & des yeuxqui 
rcs'amolift point. 

Depuis huit ans ledit appellant avoit demande' à le voit,& àliay parler,croyant que fi fa 
grandeur ne s'eftoit pas laiffée toucher à la penfe'e ny à Fimagc de les maux , le voyant en 
perfonne, tout blanchy des ennuis ^i^ des afflictions qui font infe'parables de fon eft.-.r,' 
elle ne pourroit fe deffendre d'en avoir de la compaillon , il avoit ve'cu huit ans durant 
dans cette efpcrance , ne croyant pas qu'il fuft polîible qu'elle devint vaine , mais enfin 
huitans après avoir demeure' & ve'cu dans cette efpcrance, enfin il a cfte' convaincu pan 
expérience de la vérité dès paroles du Prophète , KoUte eonfdert in princi[Mljus in qui[>»f 
rcaefl fallu, il aveu enfin ce qu'il n'avoic point julquesicy peu concevoir, comment il 
c/lofr bien plus fuponable de rornber entre les mains de Dieu.que dans celles des hom-' 
mes , ne recevant dons fa prifon ^ de Upatt de Diea , que de U douceur 6c de \a conio- 
lation , au lieu que de la part des hommes , il n'a pu tiret que des amcïtumes. 

Car enfin af res avoir efté admis à fe jetter aux pieds dudir Seigneur Archevefque le 5. 

May iSyo. & luy avoir expolé Ion Iliade de malheurs apics luy avoir demande la libers 

te , luy avoir fait voir par écrit que fa Grandeur non feulement la luy pouvoir donner, 

mais le devoir par juftice Se par charité ; Enfin après vne longue & meure delibejv»riojv 

de trois fcmaines eniicrcs , la condufion cft , quiVeft eftcoïcdans \a prilon, fanj ^oa-> 

voir en cftre dccroiic. > 

Ccpendantle Concile de Trente cft cxprc's de/Tus fon fujct au cap. i. lit ^forit^àtitti» 

SelT. 13. en ces termes , Cum igittiï reicriminum flervmtjtie ad tyit.tnc^as pana), & Lftjce-^ 

forum fitùteyfuj^ientl A judicia (ju/ertlas (st gravi.tminafimukm,& appellittio/iis diffugio judi-> 

cis procejfttinimpedidnt ,rt remedio , ad innecenti/t priffidium infiitma ad iniqttitaiis defen-* 

fionem abtttantur , Aiqiityt hfi}ufm6cli terum càUidirjiti , C ietputrfdtioni tccurnttiir. Ita 

fiatitit & décrivit in caufis -vifiratieriM O" cmrtfFionis , jîvf hah'tUutis <y inhabiUtatir, ntS 

zit» ctiminalihut , ab Epifcopojeu illiin in ^pirituttlibtts v!c,*yio gencmU dntt definittim ftn-* 

f ïwf i.im , ah interlecutofia vcl ali» qutcunt(]nt gyavamitie , vun ajftlkiur , nec Epifcùpui ftu v/-' 

cari uj appellatieni huJHfmodi tanquam frivola déferre tencKtttr jtd ,ea, ac qnacHmque irihi-^ 

litione ,ib appelldtionis iudice emanata nec non imni flylo eir confuttudint , etiam iinnttmcï*^ 

iili , contraria non cl>(îante , ad vlteriora vakat proceriere. '. 

Par lequel Canon il paroift que l'appellation de la traduftion de Papellanr inrcr/errc'd 

|>ar De/vaux fa partit, efcyne appellation frivole, d'vne Sentence interlocutoire &c nonf 

defHnitive rendue par le ficuv Officiai de Seez , par laquelle appellation contraire à la 

difpofitiondudroit ,U voyc d'appel inftituée pour feivir à deffendre l'innocence , à 

e'té employée par ledit Defvaux à Loutenir fon in jufticc,à laquelle vn Juge Ecclcfiaftiquo 

comme cft Monfeigneur FArchevcfque , cft oblige de ne pas fervir en y dcfferant , mais 

au contraire paffcr outre, dit le Concile de Trente, nonobftant quelque dcffence qui 

luy pouri-oit cftre faite de la part du luge Supérieur, ou toute couftuèie lie ftyle de pro-» 

céder au contraire. i 

A plus forte raifon quand les juges Supérieurs confpirent tous enfcmble à protegffi^ 

ledit ficur Coulon , contre f appellation frivole dudit Dcfvaux, n'ayant de fon cofté qi<rf 

la malice , la cliicane , la friponnerie & la confpiration d'xnniifrrMe Promoteur , Mon-- 

feigncur FAïchcvefquceftoit-ilobiige' de joindre fon autorité' pour tirer vn de fes Cu-^ 

-tcz irtnocens Se caiomaiedietticnt accufe , du lac profond dans lequel il tccmpe depuis 



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tant d'annc'es & dn milieu des ombres de la iiioit. 

Car enfin il n'eftpAspolTîble que clans ce (cjouv plein de puanteur &: de pourriture^ 
(es jours ne le trouvent abrégez, & que ceux qui Vy retiennent , ou qui ne Vcn retirenc 
pas, le pouvant faire avec jufticc 5 ne fe rcndcnrrelponiiibJcs devant Dieu de (avance- 
ment de la mort , & ne tombent des cette vie prelcnte, eftant juges Ecclcfiaftiques,dans 
i'iricculavité , comme il eft remarque dans la glofe fur le Canon, Quoniam de hereticis in 
jtxto. Ouoii fïieUti qui c.ilet Cdrceres al^brtytantei vitam hominis defuUnt, non evadunt notât» 
irrt^ulitritatis. 

Mais fi les irrcgulavitez , les excommunications , les cenfures & tous les foudres ca- 
roniques ne font pas capable depouventer des luges Ecclefiaftiques, parce que ce font 
eux qui portent eux meimes ces foudres dans les mains, que ce font eux qui forment 
ces tonnerres & ces cclairs fpiiituels pour en fulminer par Fordre de Dieu les telles cri- 
minelles , ce qui fait que vivant dedans ceVtempeftes ils ncla craignent pas, fi les me- 
liaccs-des |ugcmcns Divins ne iont pas melme alTcz effroyables pour eux , parce qucn 
citant les Prédicateurs , ils font accoutumez à les faire craindre aux aurrcs, de quel codé 
le peut donc tourner ledit appellant pour attendre fecours dans l'extrémité d'infortune 
oi\ il eft réduit, s'il clèvéfesycux v<?rs Ic Ciel ,il femblepourluy qu'il cfttout ayrain& 
tout bronze, & qu'il n'a point d'influanccs propices à fcsvœux nyfecourables à fes priè- 
res, après fi baiff.mt les yeux il s'adreffe à la terre pour implorer Ion alViftance , il icmble 
«4ue ce foit pour luy feul que fa première malediftion ait efté prononcée , que ce foit 
pour luy leul qu'il ait efté dit la terre te germera desronccs & des épmes,tny4 ^ermin.tbit 
tibi îp!tia},&c que Dieu ne luy laiflTe la vie que comme vn fuplice,felonTertullien,à ceux 
qui crtoient autrefois condamnez aux mines & à travailler après les mctaux,fi bien qu'il 
fevoit réduit pour conclufion à palier le rclte de les jours dans (on cachot affreux, flcre 
des Dragons comme Job , & compagnon des Autruches dans la terre de Hus , mais 
pouiquoy chercher dedans l'Ecriture des cxpreflions qui facent comprendre, & qui met- 
tent devant les yeux la grandeur de fa calamité , les ombres & les ténèbres de ton ef- 
froyable fejourîn'eft-ce pas tout dire en vn mot, il fe voir réduit à condurre fa vie 
dans les priions d'vne Ofticialitc, Se d'vne Cflicialité de Rolien, que Ton cherche dans 
les priions de Barbarie, dans les cachots de Tunis & d'A.la,cr,ç arm'y les fers de tant de 
malheureux Chrefti^nsqui foufrentpourlafoy Scpourla confcAîon du nomde Jefus- 
Ghiift , plus de puanteur , plus de pourriture , plus de famée , de lieux fecre rs ôc de Ta- 
bac , pour perfccuter tous les fens autant de jour comme de nuit, pour voir fi leur capti- 
vité elt plus infupportable que celle dans laquelle Icdic Cure mange le peu de pain <jue 
f on luy donne par auraofne , détrempé avec les larmes. 

Dernière tî^eranec du Curé àe Vatier^ille poinfonir tïe prifen, (jui efi que Dieu infpire ^qttelqnes 
âmes pieufis le dejfein de fonder ■»« ordre de la Tvlercy ou de U Rédemption des frejires, 
citpufi dansl'Officialitc de J^o«f«. 

Si bien que cette comparaifondes Chrcftiens captifs chez les Infidellcs avec les Pre- 
ftrcs innoccns détenus Captifs dans les Officialitez luy venant dans Fefprît, il ne voie 
plus dedans fa confcience aucun lieu d'elpereren cette vie pour eux, fi ce n'eft,que com- 
me Dieu à infpiré dedans fon Eglile vq" (cntimect de pieté &dc compaffion aux premiers 
de ceux qui ont fondé des ordres que Fon appelle de la Mcrcy &c de la Rédemption des 
captifs pour paffer les mers , & par leur charité aller rachepter ces pauvres captifs de là 
main des barbares & les retirer de ces enfers vifibles dans lefqucls ils font retenus parmy 
les infidellcs, ce melme Dieu qui eft riche en mifeiicorde infpirei d'autres fainrs de pa- 
reils Icntimens & leur donne des entrailles de charité pour fonder quelque nouvel ordre 
de la Mcrcy & de la Rédemption des captifs dans la ville de Rouen en faveur des Prc- 
ftres Se autres Ecclefiaftiques innocens qui mènent aujourd'huyvne \ie languiîïante de- 
dans FOfticialité de cette Ville, afin que par leurs faintes intentions, leuis folicitations 
aÛiJuces, leurs prières fréquentes ,&mefmes importunes accompagnées de ce qui/c 
trouvera neccITairc pour fe rendre propicc,les Promoreurs,les Greffiers.les Advocats, les 
Procureurs, les Vicegerens , les Oftîciaux Se autres Miniftres, qui font les Roys , les Sei- 
gneurs & les Comités qui commandent à ces pauvres efclaves , &c qui fé nourrilTent de 
leurs larmes Side leur fang, afin qu'ils ne leur (oient pas contraires , ôc nes'oppo/enrpas 
à leur liberté auprès de leurs Minos Se de leurs Radamanres. 

Or pourquoy ne pourroit-on pas efpeter que Dieu dans nos tcms pourra réchauffer 
la charité refroidie des fidèles, & leur infpirer la penfée de fuivre de fi laints exemples SC 
de fonder pour les prifonsde l'Oiiicialitéde Roiien ce nouvel ordre de rédemption à Fi- 
mit-uion des autres, le bras de Dieu eft-il racourcy?Le cœiyr des fidtllcs dedans nos iours 



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ft-il plus cntlmcy > Les maux des Preftrcs captifs clans cette Offidalire' , pour avoir dir la 
'eritc aux impics & ennemis de lelus Clnift font-ils moindres ? Et h ia R'ivcurricnos 
peics a eftc capable de iravcilcrles mers pour aller chercher de la maticic à jcuï ardente 
charité' ? celle «.'c nos tcms fera-elle fi foinle ôc'fi mourante qu'elle n'aie pas la force de 
bruflcr à leurs portes , & de fecourir des Preitrcs innocens qui fouffrenr encore tous les 
îours à leur veoc& devant leurs yeux pour la caufe Jefus Chiift &de fon Eglife.* 

Pour le Cure de Variervillc il ne (çauroit donner de bornes à fon efpcrancc , non plus 
qu'àlamiicticordcde Dieu é'^Ac à ia Toute Puiffance, 6f il ne fcairfi Dieu n'a point luy 
niefme mis la pcnfe'c de cette fondation dans fon efprit , afin qu'il la mift lur le papier, 
& que par ce moyen devenant publique, cette lalnte invention de chaiitérrouvaftî;rac€ 
devant les yeux de ceux que Dieu peut eftre à préparez à cet effed, on voit tant de Con- 
fraries, fi heureufement eftabliespourle fecours des miferablesdansfEgiifc , pour les 
Malades, pour les Pcftifctez , pour les Agonilans, pour les Deffunûs : Pourquoy ne 
peut-on pas efperer d'en voir vne de la Mercy pour les Preftrcs qui font ouieromcy 
après captifs dedans l'OiHcialitc de Roiien. 

CONCLVSION. 

Mais en attendant tour ce quedcfTiiscorfiderc', il n'y a pcrfonnc qui ne voye que le-' 
dit ficur Curé à lieu d'efperer d'vn luge équitable. 

Premièrement que toutes les procédures dont eft appel mefnic, ladite fentencc feront 
cafTces & annulli'es , Se déclare' mal iuge' par ledit ficur OfKcial de Rouen & bien appelle 
par ledit appcllant , & en reformant qu'il fera dit. 

î. Que faccufjtion fjire contre ledit appcllant par ledit Dcfvaux eft calomnieufe 8c 
mefdunte , faggeiée par Je maJin e/prir, ledit appeJJanr déclaré innocent. 

5. Ledit Defvaux accufateur condamne' luy faire réparation d'honneur & le reconnoi- 
ftre pour homme de bien, confcflant que méchamment Scmalicieufcment il a controu- 
vé contre hiv les articles mentionnez dans fa plcintc, 

4. Que f Efcrou dudit appcllant fera rayé & bifc & fon emprîfonnement déclare in- 
jurieux Ik tortionnaire. 

5. Ledit Dcfvaux condamne à la reftitution des fruits de fon bénéfice pendant le 
tems de fii prifon & non iouyffance à tous (es dépens , dommages & intercfts,& h raifon 
de fa pauvreté & infuffifance , ledit fieuc Promoteur comme fcul requérant de fempri- 
fonnement dudic ficur Curé fubfidiaircment condamne' au lieu & place dudit Dcfvaux, 
conformément au droit & à la Sentence rendue par ledit ficur Ofhcial de Roiien contre 
le Promoteur d'Avranche «n date de Maïdy p. iour de Février 1666. qui fera cy jointe. 






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