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Full text of "Factum, pour les prieur & chanoines reguliers de l'ordre de Saint Augustin de la Congregation de France, établis dans le prieuré de Nostre Dame de Cassan... Contre frere Edme Camus Labastie, abbé de S. Ruf, demandeur en requeste : et quatre anciens chanoines reguliers dudit prieuré de Nostre Dame de Caban, demandeurs & intervenans"



■ 






U 






tïfïlfflf 









FACTUM. 



« 




| POUR les Prieur & Chanoines Réguliers de l'Ordre de Saint Auguftrn de 
la Congrégation de France , établis dans 1s Prieuré de Noftre Dame de 
Caflan. • 

Meïïîrc Jean Armand de Bifcaras, Confeiller du Roy en fcs Confeils , Ëvef- 
que & Comte de Béliers. 

Meltirc Loiiis de la Vergne de Montenard de T reflan , Confeiller du Roy en 
fcs Confeils , Evefque du Mans , Prieur Commandataire dudit Prieuré de 
Noftre Dame de Caflan. ( 

Ht Frère Chriitophe LeVefque , Chanoine Régulier , & Procureur General de 
ladite Congrégation de France , DciFendeurs &. Intervcnans. 

CONTRE frère I^dme Camus Laba/lie , Jihhé de S. Ruf , Demandeur en 
Requejie : Et quatre anciens Chanoines Réguliers dudit Trieuré de Noftre Dame 
dt Cap an , Demandeurs & Iniervenans, 

E Proce* d'entre les Parties dure depuis 3^ an*. Dâbord c'eil le Prieur de. 
Caflan, & l'Evefque deBeziers qui plaident , touchant l'exemption de "la 1 
Jurisdi&ion de l'ordinaire 5 Enfui te l'Abbé de S. Ruf vient au fecours du 
Prieur de Caflan, en vertu de certaines Bulles nulles &: abufives > fi jamais 
il y en eut j & fi l'on ajoute faufles , l'on ne dira que ce que le Prieur & 
le Chapitre de Caflan ont dit , & redit , Se foûténu au Confeil , plaidant 
contçe l'Abbé dcS.Ruf chiôi). pour leur indépendance contre fa prétendue Supériorité 
fur Caflan. 

Les Religieux de Sainte Geneviève ne fe fervent que desmefmes Titres, A&es, Moyens* 
& autres preuves, que les Anciens Religieux de Caflan ( aujourd'huy par une variation 
d'interelt leurs Parties ) ont eux-mefmes employez. 

Un fi long Proeez a neceflairement produit une infinité de Pièces j & le grand nombre des 
années , un grand nombre de Tîtres. 

Pour juger de leur bonté, & de quel coitéeftla juitice,il faut fuivre quelque méthode. 
La plus fimple & te meilleure c'elt de partager ces trois fiecles & plus , en trois ou Quatre 
Epoques , voir ce qui s'eit pafle dans chacune fur le fait de la Jurifdiction. 

i° L'eitatduMonaitere de Caflan dans ion Origine, jufques au tempsde fon union pré- 
tendue à S. Ruf. 

a Le temps des Bulles depuis Urbain 5. 1364. jufques à Nicolas 5: 1454. cet examen 
eft le principal , &. doit décider la queition. 

3 e Ce qui s'eit pafle depuis 1454. jufques à 1523. Premier Acte depretenduë poflefllon 
de l'Abbé de S. Ruf. Depuis 15x3. jufques en^çS. La deuxième prétendue Viïite dudit 
fieur Abbé', qui n'eit qu'un abus àt fon pou voir prétendu v Poflèifion contraire à Ces Tîtres. 

Depuis 155)8. jufques en 44. Temps quelaSentence du Cardinal de la Rochefoucaud 
•fut fignifiee aux Religieux de Caflan , lefquels tinrent Chapitre en 1645. &; fut refolu 
d'appeller l'Abbe de S. Ruf, avec lequel on avoir entièrement rompu. L'Ade capitulaire 
de 1645. e ^ une P' ece ^ orc injurieufe-à l'Epifcopat. Il traite leur jurifdiction fur les Curez 
Réguliers d'attentat, contraire à la Bulle de l'Antipape Clément 7. qui leur défend d'en 
exeteer aucune, tant furie Monailere de Caflan, que fur les Paroifles qui en dépendent , 
fous peine d'excommunication. Peut -on voir plus d'excez contre le Droit Commun , les 
Canons, & les Conciles l Peut- on un abus plus criaat ? Mais pour ne *ien anticiper, fùivons* 
noftre méthode. • 




L- 



•t^ 



î> epuis 108 v 
juftjHcn 



Donations 
faites à Caf- 
fan far l'E- 
vefcfHe de 
Béliers y es 
années 1081- 
1108. ni). 
1158.^1104. 

Es annêei 

iiziS. 1119. 
1140. 1141. 
1149. 



Ëftat du rf&tonafiere ■ de Cafîan •> depuis fa fondation jvfques au temps 
d'Vrhain 5, qui l'unit à S. Ruf. 

* • 

L'A plus grande difficulté dans ce Procez,&j'ofedire l'unique , vient de l'arre&atiôh 
qu ont eu nos Parties , de ne garder aucun ordre dans leurs productions. 
Ils ont donné dans la fable , en faîfant Charlemagne Fondateur de ce Monaftere. 
Ils ont donné dans la vray-femblance > 6c ont dit contre la vérité > que Caffan eftoit 
exempt de l'Ordinaire , & fournis immédiatement au S. Siège. 

Ils ontavancé l'un & l'autre fanspreuves , & n'ont fait Amplement que le fuppofer 3 ils 
•l'ont fait ptmr ofter au Fondateur de Cafîan fon Tître particulier , & à l'Êvefque de 
Beziers , ce que le Droit Commun donne à tous les Evefques s voicy la vérité qui fc 
jproduit aujourd'huy , & qui ruine ces deux fuppofitions. 

L'Etefquc de Be%îers a fonde Càfîan > éÏÏConaftete de fon Diocefe. 

LES Chanoines Réguliers de S. Auguflin furent établis dans Cafîan , l'an 1080. Ce 
n'eftoit pour lors qu'une Chapelle dédiée à la Sainte Vierge , une dévotion du 
Paï$. Pour empefeher que ces Religieux n'y trouvahs pas de quoy vivre , n'abandonnaient 
cette Eglife : 

L'Evefque qui les avoit peu auparavant établis, les dotta j & en leur donnant l'Autel de 
la Vierge & la Chapelle $ illcur fit don des Dixmes tle Cafîan , & de plufieurs Domaines en 
fonds de terre aux environs > Du depuis il leur fit d'autres donations eonfiderables produi- 
tes au Procezi 

Il paroift par les A&es de ces Donations , qUé l'Evefque fe referve lajurifdi&iondans 
toutes les Eglifes qu'il leur donne , Cafîan & autres. 

D'où on croit pouvoir tirer cette concKifion : Donc CafTan efl fournis à l'Evefque de 
Beziers par Droit Commun , & parle Tître de fa Fondation. 

A l'exemple de l'Evefque de Beziers. Les 'Evefques voifins , d'Agde , de Narbonne , 
d'Alby , de Carcaflbnne, pour donner des marques de i'eftime qu'ils faifoient de ces boni 
Religieux j firent plufieurs donations de fonds de Terres , Dixmes, & Paroifles, en fe refer* 
vantleurjurifdi&ion fur les Eglifes qu'ils donnoiept à Cafîan. 

Donc Ces Evefques avoient droit fui* les Eglifes données & par Tître particulier &par 
Proit commun, . 

L'on verra par la fuitté , que cecy eft eflentiel à l'affaire ; puifque les Bulles d'Urbain $. & 
de Clément 7. dépouillent tous Ces Evefques de leur Jurifdiction , leur interdisant fous 
peiné d'excommunication , de rien entreprendre , ny fur Cafîan , ny fur les membres , qui en 
dépendent; 

Tranfa&ion de l'an 1*75; entre l'Evefque de Carcaflonne,& le Prieur de CafTan, par la- 
quelle le Droit de Jurifdiétion efteonfervé audit fieur Evefque fur le Religieux Curé de 
Douzens j dépendant de Caffan, comme fur les autres Curez de ion Dioceze 5 confirmée 
parlSfccolas 3, • 

Maïs , dit- on ; Autre chofé eft un Religieux Curé, Autre chofe un Religieux Cloiftrier j 
une Parroifle.un Monaftere; On répond qu'il n'y a nulle différence, a moins qu'il n'y ait 
un Tître d'exemption formel, qui dépouille l'Evefque ,&referve la Jurifdi&ion fur le Mo- 
naftere au Pape : Or Cafîan n'a aucun Tître d'exemption, & il n'eit point vray qu'il fotf 
fournis immédiatement au S. Siège.. • 

Bulles d'Adrien 4. de l'an 11^4. & d'innocent 3. de l'an Ititf; 

produites au PrôcéT. 

C Es Bulles, qui contiennent tous les Biens , tant du Monaftere, que des Bénéfices , quî 
en dépendent , défendent à toutes fortes de perfonnes de troubler les Religieux dans 
la joùiflàncedefdits Biens, ny d'en rien ufurper: Pas un mot de cette prétendue exemption 
de l'Ordinaire. Laclaufe enfaveUr de fa Jurifdi&iony eftexprefle. Les Papes l'y ontmife; 
Crainte que l'on n'abusât de ces fortes de Bulles j ce qui n'empefcha pas que cent ans après , 
CafTan ne fe crût ,& ne fe dit exempt de l'Ordinaire j fondé fur un abus vifible qu'il fai- 
fc>ip de ces deux Bulles. Elles nettoient au fond, que des Lettres de protection & de fauve- 
garde , fort différentes des Bulles d'exemption. 
Pourfe convaincre de cç Fait, comparez ces Bulles avec celles d'Urbain 5.ÔC de Clément 7. 






. 



Danscclles-cy lePapefouitraitTEglifcleMonaftere ,& les Paroi fies,, de lajurifdi&ion des 
Evefques. Il leur défend fous peine d'interdict de rien entreprendre, ny vifite ny cor^ 
' rection. La claufemefmeen faveur des Ordinaires n'yeftpas: Kien de tout cela dans celles 
d'Adrien 4. & d'Innocent 3. . 

Decette remarque dépend la décifion du Procez. Caflan eft donc fans Titres légitimes 
d'exemption 3 aulïï voyons-nous que les Statuts de ce Monafterevle l'an 1329. règlent et 
que l'on doit faire lors de la vifue de l'Evefque, produits par nos Parties au Procez contre , 
S. Ruf en 1625. . , 

Tranfa&ion en là mefme année entfe le Prieur de CafTan & (es Religieux , confirmée 
jpar l'Evefque , produite au Procez contre S. Ruf , l'an 1615). 

Différend entre l'Evefque de Béliers & le AîoHaflere de Caftan i fur 
le fujet de la JurifdiÛion & CorrcBwn des Religieux. 

CE fut en l'an 1339. c'eft à dire 159 ans après la fondation de Caflart , faite par les; 
Evefques , que ce Monaltcrb,ou pluftoft ion Prieur feulement, tomba dans le Crime, 
que commirent autrefois les v£giptiens contre lapofterité de Jofeph. 

En cette année l'Evefque exerce fa Jurifdicliôn ; le Prieur de Caflan ne pouvant le 
fouffrir, en appelle au Métropolitain : L'Appel fignirié. 

Remarquez que ce fut au Métropolitain , non pas du Pape. Si les Bulles d'Adrien & 
d'Innocent avoient efté des Bulles d'exemption ; c'eltoit au Pape qu'il eût fallu en appéller , 
faire fignifier fes Titres d'exemption , 6c relever fon Appel au S. Siège: Rien de tout cela. 
Il en appelle au Métropolitain ; voiià qui eit dans les R egles , l'Evefque fuit l'Appel, 

Mais nous apprenons d'un compromis pafle entre ledit Prieur & (on Evefqùe , produit 
auProcezi que le Prieur le rechercha d'accommodement. Des Arbitres furent nommeZi 

Mais furquoyce Prieur fondoit-il fon Appel? Quel moyen alleguoit_il>Eft-ce les Bulles 
d'Adrien &. d'Innocent î Non -.Quoy donc? Qu'étant Supérieur de Caflan, c'eftoit à luyà 
fconnoiitre de fes Religieux , & à les corriger.* 

Ce différend dura jufques au temps d'Urbain 5. ou au moins de fon temps il fut renoave- Dura 24 
lé. Nouveau Prieur, nouvelle conteftation, • ans. 

C'eft ce que nous apprend la Bulle d'Urbain 5. qui avoit nomme dès Commiffiures pouf 
examiner cette affaire, & la juger. 

Efat du Monajlere de Caftan % depuis Z/rbaln y. jufques a Nicolas j. Depuis 1364 

C'cft icy le temps des. 'Bulles* • ('#«4)4 

l 

PEndarit ce fiecle les Papes furent aux prifeslesuns contre les autres , la guerre futopi-- 
niâtre j mais le Concile Générale de Conitance ayant prononcé, le Pape Nicolas don- 
na fa Bulle pour l'exécution du Jugement rendu par ce premier Tribunal de l'Eglife p3c 
l'Evefque de Beziers demeura le maiitre du Champ de Bataille. 

Urbain 5:avoit un Frère, Religieux de S. Ruf, 6c il fe Voit mâiftfed'un différend entre 
tonMonaftere de l'Ordre de S. Auguftin ,& un Evefque, furie fait de la Jurifdi&ion. La 
qualité de Frère fit fur luy , ce que le N epotifme a fait depuis fur fts Succeflfeurs. Il pafle par 
delïus les Canons &le Droit commun, & donne à l'Ordre de fon Frère, à un Tiers, à l'Abbé 
de S. Ruf, une Supériorité pleine & entière fur Caflan. 

ParcetteBuIle Utbainofte l'affaire aux CommifTaires j 6c fans attendre ny leur Rapport,nj 
leur Jugement j fait de Caflan une Maifon de 1'Ordre.deS. Ruf. 

Caflanjufques-Ià avpit eu fes VccuX , fes Règles & Constitutions ,' fon Habit, fon Office, 

& toutes fes Obfervances , toutes différentes de S. Ruf. Les Religieux de Caflan eftoient 

pour lors, 6c ont efté depuis aufli differens de ceux de S. Ruf 5 que le font les Religieux de 

Sainte Geneviève , de ceux de Prémon.tré , de laMercy , des Celeftins& autres. L'Abbé 

* de S. Ruf l'a reconnu. 

Urbain ordonne à Caflan de changer le tout , 6c de fe conformer en tout à S. Ruf. 

Cette Ordonnance ne fut jamais exécutée , comme il paroift par la vifite faite quatre ans i^^»,. 
après , Se produite au Procez 3 6c par la Bulle de Clément 7. qui déroge en tout cela à celle 
d'Urbain 5.. :\\«sm ; 

Mais ces Griefs de Cloiftre ne font pas à comparer à ceux de tous les Evefques de la 
Province. . . v ; «1 

Urbain < les dépouille tous de leur Turifdiction , fondée fur un TîtreparticuKer , & fur fc 
Droit commun. 



• 



4 
Car enfin Urbain 5. leur défend 6C à l'E vefque de Beziers 5c aux autres , de rien entrèprCn» 

dre fur Caflàn, ny furies Eglifes qui en dépendent/point de vifites,point de jugement, point 
de corrc&ion ; Peut-on un plus£rand abus i 

Cette Bulle fulrninéc,non fur les Terres del'Obeïflànce du Roy,ôc par un de fes Sujetsjmaij 
à Avignon & par un Romain: car Avignon eltoit pour lors, Cequ'ellRomc aujourd'huy j 
6c en vérité une fulmination de Bulle faiteàRome fuffiroit-elle ?Ne feroit -elle pas contre 
les loix du Royaume i 

Mais pourquoy s'arrcfler fur toutes ces nullitcz, tranchons le mot, 6c difons que Grégoire 
Xi. fon Succeflèur , qui n'avoit ny frère ny neveu dans S. Rûf.l'a revoquéc,caflee Scannulée, 
&/emis Caflan dans l'eftat de fa fondation , & fournis à l'E vefque. 
'Cette Bulle a elle exécutée , les preuves en font inconteltables j les voicy : 
10 Clément 7. le dit dans fa Bulle pour S, Ruf, produite par nos Parties : Il dit plus, car il 
ajoute que cette Bulle de Grcgoirexi. a caufé de grands maux à Caflàn, 6c pour le fpirituel &. 
pour le temporel i donc elle a elté exécutée. Voilà ce que nous apprend le feul Tître de nos 
Parties. Cependant ils ne rougiflent pas de dire que la Bulle de Grégoire Xi. qui cafle celle 
d'Urbain , n'a point elté exécutée j Après ccla,croyez-les dans tout le refte» 

Mais voicy ce que nous apprenons des Titres, que produit l'E vefque dé" Beziers. Deux 
Actes autentiques de Jurifdi&ion.fur les Religieux de Caflan 3 & de plus un nouveau com- 
promis pafle à Narbonne la Métropole , où ils conviennent encore d'Arbitres. 
Ces trois Actes font produits en Original , & nous apprennent trois cho fes importantes. 
La première, Que l'Evefque de Beziers exerçoit la Juridiction fur Caflàn, fans oppofi- 
tion de la part des Religieux prévenus jpuifqu'ils ne déclinent point, mais preltent ferment * 
répondent fur faits 6c articles, & fubiflenj le jugement de l'E vefque. 

La féconde, Que les autres Religieux de Caflan reconnoiflént fa Jurifdiction jpuifque 
l'Evefque leur ayant ordonné de faire fignifier desdéfenfesdelapartà leur Prieur, fous les 
peines du Droit ,fur ce que ledit Prieur vouloit connoiftre du fait de fes Religieux jugez 
par l'E vefque j ôc eux luy en ayans porté leurs plaintes , ledit ficurE vefque donna fes ordres 
contre le Prieur, que le Sacriltain 6c les autres Religieux exécutèrent. 

La troifieme , Que le Prieur appelle de la défenfe à luy fignnifiéc , à qui i Si la Bulle d'Ur- 
bain 5. n'eût pas elté caflee , il dévoie réclamer l'Abbé de S. Rufj mais non, il en appelle au 
Métropolitain ,J&de là au Pape. 

Ses Moyens font que jure communi en qualité de Supérieur, la correction de fçs Religieux 
luy appartenpit j de plus qu'eftant Chapelain honnoraire du Pape, l'Evefque n'avoit pu l'ex- 
communier i à quoy l'E veTque répondu , tjuclcs I^pc* ^voient iupprime ces T îtrés ac Cha- 
pelain , à caufede l'abus qu'on en faifoit. 

Le Prieur avoit donc encouru les Cenfures j puifque (es Moyens eftoient nuls, Se qu'il eftoit 
mal fondé en fon Appel. 

:K VoHà donc le Proccz renouvelle entre l'Evefque de Beziers Se le Prieur de Caflàn , en 
1379. fur le fait de la Jurifdiction, temps de la Bulle de l'Antipape Clément j. mais aupara- 
vant il elt tout à fait important de jetter la vue fur Caflan, fçavoir ce qui s'y pafle. 

Les Lettres de grâce accordées au Prieur de. Caflan nous l'apprennent s car entre cet- 
tc Bulle Se ces Lettres de grâce, il n'y ajque trois mois d'intervalle. 

Ce Prieur ayant encouru les Cenfures, 6c ne s'en faifantpas relever, ny vuider l'Appel, il 
falloit attendre un temps plus favorable , 6c un Pape plus commode que Grégoire xi. en 
attendant voicy qu'elle fut fa conduite. t 

Non content de fc voir excommunié par fon E vefque, il infulte fes Religieux, les pour- 

Tuit les armes à la main j & fc faifantfuivrepar plufieurs hommes armez, fait fauter l'œil* 

l'un' des deux Religieux, qui faifoient paroiltre plus de zelc 6c de foûmitfîon à l'Evefque. Ipfe 

• Vrior odiohabeus dues ex fuis Canonicis , quia, in lue dudttm mot à, & pendente inter ipfum Ptionm 

ex una parte ; & Epifcopum Biterrenfem ex altéra : ipfiduo canonici partent diBi Epifcopi al'ujualittr 

fovebant. Ainfi ces deux Religieux devinrent la victime d'une exemption prétendue , Si les 

martyrs du Droit commun. • 

La Jufticc fit informer contre ce Prieur. Il sabfente , Se où va-t-il ce Prieur prévenu ?Cc 

Maxime con* p r i cur excommunié ? Il va àMontpclicr, ou eftoit pour lors le Duc d'Anjou, interpole le 

*c d'or' Cardinal d'Albanie , 6c traitantfcs Religieux de rebelles , obtient par Ion crédit des Lettres 

Albanenfit de gi" acc > <l uc cc Prince luy accorde à fa confideration , 6c par un motif de pieté , à caufe du 

inttrvtmtnùt Caractère du Coupable. 

fn ijfdem Parla fè voyant à l'abri delà Juflice , il pafle outre > Si. poufle jufques à Avignon , non pas 
mt/eHcordi* p 0ur s 'y f a j rc relever des Cçnfuresqu'il avoit encourues ( car il cltoit irrega lier 6c excomœu- 
rigon jimt n j^ wa j $ p 0Ur furprçndrc une Bulle foudroyante contre fon Evefque , 6c il l'obtint. 
puftrtntet. ^ ç^ 









Cela n'eft point furprenant,dans un temps auquel Clément fedonnoit à tout lcmondc,afin 
que tout le monde fe donnât à luy : Maisd'ou vient l'appuy decc Prieur, au préjudice de fon 
Evefque?Cc Prieur tenoit (on Prieure du Cardinal Anglic, Frère d'Urbain 5. Religieux 
de S. Ruf j il le luy avoit refigné avec penfioiv. Etpar intereft, & par honneur, il fit obtenir 
cette Bulle, qui retabliiîoit fon Ouvrage, l'Union de Caflan à S. Ruf. 

Bulle de l'antipape Clément 7. 

CEtteBullceft l'unique Tître de l'Abbé deS. Ruf} l'Exemption de l'Ordinaire y eft ex- 
prefTe, 8c l'Union de S. Ruf aufîi. 

Elle rapporte la Bulle de Gregoirexi. tout du long , 8c la révoque i fait revivre celle 
d'Urbain 5. en partie pourlajurifdiclioniurlej ) rieur feulement ; du relie change tout ce 
qu'Urbain avoit ordonné pour les Vœux , les Règles ,1'Habit, l'Office Divin , & les Ob» 
fervances5 il veut que Caflan conferve tout cela différent de S. Ruf , 8c ne donne aucun 
Droitàl'Abbé de S. Ruf,ny furies Religieux du Cloiftr*e,ny fur ceuxdes Bénéfices. 

Sil'onexamincle Plan de cette Bulle jon voit fanspeine,que c'eft l'ouvrage du Prieur de 
CafTan. 

Urbain 5. en avoit trop fait au goût du Prieur. 11 faifoit de Caflan une MaifondeS. Ruf; 
& c'eft ce que les Prieurs de CafTan, ny les Religieux, n'ont jamais voulu fouffrir : Ainfi fa 
Bulle n'eût point d'exécution, 8c fut révoquée. • 

Clément 7. prend un milieu j il donne la Jurifdiction pleine au Prieur fur tous fes Reli- 
gieux , tant Cloiftriers , que Curez,avcc exemption formelle des Ordinaires: Défenfcs à eux 
fous peine d'excommunication , &: en particulier à l'Eveique de Bezicrs, de rien entrepren- 
dre, iiy vifîte , ny correction , hy autre Règlement , tant fur le Monaftere , que fur les Par-. 
roifTes qui en dépendent , pas mcfme fur les Valets , Domeftiques , Ô£ Donnez. 

Et à l'Abbé de S. Ruf, la Jurifdi&ionfurle Prieur. Par ce moyen là,le Prieur avoit par- 
faitement fon compte, 8c fon refTentiment ef toit pleinement fatisfait: L'Evefque l'avoir mè- 
naÇé de l'excommunier j & à fon tour il engage cet Antipape, à ufer de femblables menaces 
contre fonEvefque. 

Le fujet des menaces de l'Evefque venoit , de ce qu'il entreprenait fur fon Autorité i & le 
fujet des fiennes , c'eft en cas qu'il entreprenne fur fon Autorité Prioralc , & Epifcôpalç, 

Ainfi l'Evefque de Beziers, & tous ceux des environs , fdnt dépouillez , fans eftre,ny 
avertis , ny entendus du double Droit qu'ils avoienc , l'un fur Caflan »& l'autre fiir les 
Eglifesdeleur Diocefe , déferviës par dés Religieux de Caflan. 

On les dépouille du Droit, que le Tître de la fondation de ce Monaftere leur donnoit, & 
de celuy de la Jurifdielion , attachée à leur Caractère : N'eft-cepas l'a un abus intolérable î Si 
l'Evefque de Carcaflbnne eût efte appelle, Si oui, il auroit produit une Tranfaclion , pafséc 
entre luy & CafTan , confirmée par N icolas 3, légitime Pape. 

Ce Prieur fait dire à Clément 7. que la Bulle de Gregoirexi. a causé de grands maux à 
Caflan , &: pour le Spirituel , & pour leTemporel. 

Ainfi le Droit commun , les Canons , &c les Conciles , ont fait de grands maux à l'Eglife , 
8c aux Monaftcrcs /en ordonnant qu'ils feroient fournis aux Evefques, qu'il a fallu réparer 
par des Bulles d'exemption. Quel abus .• 

Autre abus , Gregoirexi. révoqua la Bulle d'Urbain 5. parce que pendant une Litifpendan- 
< ce , 8c fans attendre la décifion de là Caufe , contre tout Droit Civil 8c Candniquc ( dans le- 
quel Gregoirexi. eftoif fort habile ) il avoit donné un Privilège, une Tranflation d'Ordre , 
il avoit dépouillé un Evefque,8c tous les Evefques. . • 

Cet efpece d'abus eft encore plus criant dans la Bulle de Clément 7. que dans celle d'Ur- 
bain 5. Carenfin Urbain dit, qu'il eftoit informé du différend ; Clément 7. cn^parle, comme 
iten fçachant rien au fond : Mais fupposé dit-il que cela fût i feu fi for/an lis aliqua -ventile tur, 
inttr Epifcopum Biterrenfem , & Frioremde Caffano. Ce for fan eft admirable. 

Le Prieur de CafTan eft excommunié fur le fait de lajurisdiction: Il eft prévenu en Jufti- 
ce,èc il abefoin de Lettres du Prince ; 8c puis Clément 7. nous vient dire, s'il y a différend, 
peut-eftre qu'oiïy , peut-eftre que non , je n'en fçay rien : Il n'eftoit donc pas informé. 

Mais ditl' Abbé de S. Ruf, Clément eftoit pleinement inftruit du Procez , de cujusflatufu- 
niM pîen'e informait j Jamais Clément 7. n'a dit ces paroles, 8c elles ne lont point dans fa 
Bulle. • 

Mais Clément 7. n'a fait aucun tort à l'Evefque j puifque CafTan eftoit exempt. Autre- 
faufleté. Caflan n'avoit aucun Tître d'exemption. 

B 



— 



Sevrer. De 
l'abus 1. j. c. 



Mais Clément 'n'a fait que fuivrè la décifion du Concile de Latran , fous Innocent 3-. & 
la Decretaledefienoifl 11. 

Autre rllufion. Innocent 3. déclaré nulles &abufivès, toifte's exemptions accordées à des 
Pàrroifles : Or Clément 7. exempte les Partoifles, dépendantes de Caflan. 

Le Concile de Latra-n, & Benoift n. ordonnent, que l'on tiendra desChapitres Provm- 
éiaux: Clément 7. n'en dit pas un mot. i* Ces deux Papes confervent toute leur Jurif- 
diction aux Ordinaires : Clément la leur ofte. 3 Bfcnôiftii. Veut que les Religieux préve- 
nus de Crimes, foient jugez par les Officiaux : Clément 7.1e leur défend fous peine d'ex- 
communication & d'interdit. 4 Benoift ne veut point,qu'on unifie des Maifons Régulières, 
d'un Habit différent : Clément 7.1e fait malgré cette diverfité d'Habits, de Regles,d'Offices*, 
enfin de tout. Rien défi opposé aux Decretales,6caux Coneilcs,queia Bulle de cet Antipape. 

Depuis le fameux différend de Philippe le Bel, avec Boniface8. il a toujours fallu des 
Lettres Patentes \ pour tout ce qui vient de Rome. L'Arrefl duOonfeilde35>. ditquec'eft 
tine Loy invariable du Royaume. ' 

ConMne l' Abbé de S. Ruf n'a plus que cette Bulle pour tout Tître , il fait dés efforts ex- 
traordinaires pour fe le conferver. Il cite les exemples de PEglife de Bourges, des Clercs de 
laChappelledu Roy : Mais il y avoit Tranfaclion à Bourges , homologuée en Parlement. 
A l'égard des Clercs' de la Chappelle du Roy , ils avoient d'autres Bulles avant celles de 
Clément 7. 

De plus cette Bulle n'a point efté fulminée en France, ny par un François: Elle n'a point 
elle lignifiée à l'Evefque j & pour l'exécution , cet Officier du Pape déclare ne pouvoir 
le faire. 

Enfin pour toutes ces nullité! , Monfieurdu Mans, en tant que befoin feroit, en a inter- 
jette Appel , comme d'abus 5 comme H a déjà heureufement fait pour fon Eglifc du Mans , 
& des Parroifïès qui en dépendoient. L'efpece eft toute femblable pour le Tître : Car pour là 
PofTeffion , elle eft toute diflemblable. La Poueflion des Eglifes du Mans,& dépens, 
cîtoitpaifiblc: Celle de S: Rûf fur Caflan, ne l'a jamais efte, comme onle montrera. 

On a eafTépluficurs Bulles de cet Antipapes & les A rrefts obtenus par Mcflieurs de Sens i 
du Mans, & autres ,font autant de préjugez pour celuy , qu'attend M. l'Evefque deBezicrs, 
<jui ferme la Playc , que cette injuite exemption a faite à (on Eglife. 

La» Bulle de Clément n'a point efté exécutée. Nos Parties difent que cette Bulle a eftë 
enregiftrée au Greffe Royal & Ecclefiaftique. 

Mais 1« jsreœiei' efthbnccuX , à la mémoire de«ce Prieur p'« venu i Etlefcrondpréccndu 
Enregiftrement à l'Officialité , I'eft encore davantage au fieurDaflié , Auteur du Procez. 

Il eit vray que cette Bulle a efté enregiftrée au GrefFc de la Jufticc s mais elle ne l'a efté 
qu'avec les Lettres de GraceJ En forte que ce Prieur , fut un an entier prévenu : car les 
Lettresde Grâce font du moisdé Février 1375?. Et l'Enregiftremcntcftdu mois de Janvier 
1380. 

Pour l'Enregiftremcnt à lOfficialitè , du consentement de l'Evefque 5 e'cft Une fauueté 
fabriquée en 1680. Et on vient d'en nommer l'Auteur. 

Les preuves de cette impofturé font incontcltables. i° La Lecture delà Pièce ne nous 
conduit, qu'au Greffe de la Juftice. Cela eft fi vray, qu'il eit dit , qu'après que l'on eut fait 
fignifier cette Bulle, on la remit entre les mains du Prieur dé Caflan, &il fe retira. 10 L'In- 
ventaire des Archives de Caflan , que nos Parties ont produit compulfé, ne parle que d'un 
Rouleau delà Bulle de Clément 7. 30 Le Commiflaire député par le Parlement , fit faire, 
une Copie compulsée dece Tître : Son Procez Verbal ne fait mention, que de ccluy-làfeul. 
40 il y a deuxCop'ies produites , de cette Bulle enregiftrée au Greffe de la Juftice de 
-fieziers. Rien de fi convaincant, que les Preuves qu'elles nous fourniflent, &qui font voir 
qu'elles ont efté faites fur un mefme Original. Or la Copie Compulsée & Juridique dit, 
Que le dernier mot de ce grand Rouleau , eft exteutori*. La Copie écrite de la main A 
Daflié , ajoute un Sein , te un Enregiftrement en l'air de fa façon , à l'Officialité : Mais 
•ilfalloit un Procez* Verbal* de la Signification de la Bulle, à l'Ôfficial s il faudrait que ce 
Rouleau le contint , en fuitte on verroit l'Enregiftrcment , comme on y voit un Procez 
Verbal de Signification , faite au Juges enfuitte l'Enregiftremcnt. 5 La Procuration qui 
eft à la tefte de ce Rouleau , porte que le Prieur pafTe Procuration à un Tel, pour faire eu- 
jegiftrer les Lettres de Grâce au Greffe Royal, & rien davantage. Nos Parties font dire à 
l' Omcial de Beziers, quelques mois après ce prétendu Enregiftrement à l'Officialité s qu'il 
jgnoroit que CafTan fut exempt de l'Ordinaire , & uni à S. Ruf. 

Enfin, pour une dernière Con viciions voicy une preuve tirée des Dattes. 



Les Années ne commencent enjanvier , que depuis Charles neuf, 1 561. Auparavant, & 
en France , & en Italie, l'Année commençait '&finiflbit au mois de Mars. 

L'A de eft expédié le ri. Janvier 1380. L'Enregiftrement prétendu eft du 27. Novembre 
1580. & il eft pofterieur j Do,nc il eft faux s Car l'Année 13 81. commence en Mars : Le 
27. Novembre d'après, il falloit compter i}$x. 

l'Auteur de la faulTcté n'auroit pas manqué de le faire , s'il n'avoit ignoré CC Point d'Hi£- 
foire, ou fi Dieu ne l'eût aveuglé. 

Il n'eft point furprenant que le ficurDaflié foit capable d'une telle impoflure, luy qui cri 
a écrit déplus noires à M.deBaville, Intendant delà Province , Se qui font produites au 
Prbcez. 

La Bulle de Martin y. 

EN 1413. le Prieur de Caflân s'adrefleaû Pape Martin 5. &le fuppliede vouloir nommef 
un Commiflaire in Partibus , pour réformer Ion Monaitere, tant pour le fpirituel,quc 
pour le temporel. Le Pape le luy accorde, & commet l'Abbé d'Aniane, Ordre de S. Benoift : 
Jamais Commiflaire de Pape n'aeùun pouvoirplusample. 

Si la Bulle de Clément 7. eut cité exécutée ) fi Caflan eltoit fournis à S. RuFj Pour- 
qUoy ce Prieur s'avife-t-il decourir à Rome i 

En 1442. cette Reforme s'achève 5 voilà un long-temps ; Voilà des changemens d'éclat» 
qui fe font dans Caflan : Pas un Religieux ne s'y oppofe , &. ne reclame l'Abbé de S. Ruf j & 
l'Abbé de S. Ruf ne dit mot. 

Mais dit-on , fi cette Bulle blefle la Jurifdiction Audit Abbé , elle bleffé au ffi celle de 
l'Evefquc. On n'en peut rien Conclure ; - parce que le Pape concourt avec toutes lfcs Jurit 
dirions ordinaires. 
. Et on répond que c'eft fuir , que de parler de la forte 5 & ne rien dire. 

On demande rai fon , non de ce que fait Martin 5. mais le Prieur de Caflan ; & puifquc 
pour rétablir fa Maifon, il s'adrefle au Pape , non pas à S. Ruf ; affeûrement que Caflan 
n'cftoitpointuniàcét Ordre. Que diroit-on de Sainte Catherine de Paris , fi le Prieur s'a- 
dreflbit au Pape, demandoit un Commiflaire , pour reformer fa Maifon > On diroit afleûre- 
ment, qu'elle n'eft pas de la Congrégation de France ; ny dépendante de l'Abbé de Sainte) 
Genericvei 

On voit bien potirquoy >' n'appelle pas fon Evefqùe: Caflan a eâ toujours l'efprît gafté 
fur fa prétendue exemption j comme les taux Nobles fur leur prétendue Nobléfle : C'eft 
■ce qui luy a fait fuir fon Evefque,tantqu'ilapûj mais enfin puifqu'en 1423. & 42. il fuît 
l'Abbé de S. Ruf,oupluftoftn'ypcnfepoinr,onaraifondedireque Caflan n'eftoit -point dé 
S 4 Ruf. 

Révocation de la Bulle de l'antipape Clément 7. par Benoift 13. 
par le Concile de Confiance , (jrpar Nicolas $. 

NOs Parties ont-produit en 1625. au Procez contre l'Abbé de S. Ruf > la Bulle de Be- 
noift^. accordée à l'Evéfque de Beziers, qui cafle celle de Clcmenty. Benoiftaeftc 
reconnu par la France, aufli-bien que Clément 7. jufques au Concile de Conftance. Ainfi 
fila Bulle de Clément , qui cafle celle de Grégoire xi.a èû toute la fotee neceflaire pour 
cela j pourquoy celle dé Benoilt 13. qui cafle celle de Clément 7. ne l'auroit-clle pas 1 

Décret du Concile de Confiance. ' 

CE Concile a fait un Décret fameux contre les exemptions , & les incorporations de Bé- 
néfices & Monaitere s à d'autres , au préjudice des Ordinaires, que ces Papes pré- 
tendus , accordoient à quantité d'Eglifes, qui le déclaraient de leurparty ; &les révoque 
toutes, à compter du jourdudéceds de (iregoire xi. parce que Grégoire xi. pftoit le der- 
nier Pape, dont l'Autorité futlegitime &. certaine : Pour tous les autres, qui ont pris cette 
qualité, il les qualifie, foy-dilans Papes, jufqu'à Martin 5. élûparle Concile. 

Nos Parties conviennent , que le Concile cafle les exemptions, qui font in grave prtjudicium 
Oràïnariorum. Peut-on une plus grande playe à la Jurifdi&ion des Ê vefques , que d'exempter 
Caflan , &les Eglifesqui en dépendent , des Ordinaires , jufques aux Valets , Curez , & 
Convers; & cela fous peine d'Excommunication, 



s 

Nos Parties font admirables ; quand on leur die, que le Concile de Confiance a reToqité 
lesBullcs,quiuriiffcntCalïànàS.Ruf, Ils difetnc que non , que le Concile n'a calTé,que les 
exemptions, qui faifpientun grand préjudice à lajurifdiûipn desEvefques > OrTunionde 
CafTan à S. Ruf, n'en fait point à l'Evefque de Beziers. 

Pourquoy donc, quand cet Evefque fe prefente pour les vifuer , allèguent- ils ces Bulles 
d'Urbain ,.& de Clément ? Sans doute , parce qu'elles ont fermé la porte de CafTani audit iietir 
Evefque; Et n'efl-ce pas là luy olter fa JurifdittiOn ? Par confequent le Concile a révoqué 
ces Bulles. 

Mais , difent-ils , CaiTan eltpit exempti 

Il eft vrayqu ils le difent, mais contre la vérité. On a vu que CafTan n'àvoit aucune Bulle 
d'exemption, devant Urbain 5. & Clément 7. Çregoire xi. a eafle celle-là > le Concile , & 
Nicolas 5. caflent celle-cy. 

Onnepeut pas lire leDecret,4//^^/î/«,quer6nnedife,queleConcileavoit la Bulle de 
Clément 7. devant les yeux. Subjeiium Monafierio diverjihabittts: CaiTan a l'Habit , les Vœux, 
la Règle, l'Office, toiu différent de S. Ruf 3 Clément 7. conferve le tout différent, & l'unit 
ne^ntmoin'sà S. Ruf.Le Décret dit que cette Exemption,^ cette Union, fe font faites après 
la mort de Grégoire xi. Clément 7. eft le feul Auteur de cette Union , en confervant cette 
différence d'Habit , de Vœux* & d'Office. Urbain 5 ; avoir fait le contraire, puante exemption 
n(m hujujmodifuhficiebatttnrorâinmd lurijdicjioni: CaiTan eltoit fournis à l'Evefque, en 1374; 
1377. Onaproduit les Jugemens, rendus cbntre les Religieux j ils fc font fournis fans décli- 
ner. Le Prieur en a appelle s il eftvray : Mais à qui ?Eiî-ceà S. Ruf? Non , la Bulle d'Ur- 
bain s.eftoitcafTée 3 mais au Métropolitain , à Narbonne 3 de là à Avignon. Voilà qui eft 
dans les règles, & cet Appel établit autant le Droit de l'Evefque, que la foûmiffion de tous 
les Religieux: car nous avons vu, que tousfe fournirent à l'Evefque. 

Il ne refte plus à nos Parties pour dernier refuge, que de reclamer une exception inferéç 
dans ce Décret, que voicy j Nuiïumqut ante illad temps habyerunt initium : Or , difent - ils > 
l'Union de CafTan à S. Ruf , avoit un commencement plus ancien , que Clement7. 

On jépond que cette glofc, rend le Décret extra vagant, & tourne le Concile en ridicule.' 

Ce,Çoncilc reforme & caffe tout ce qui a elle fait depuis Grégoire xi. a tempère obittts dicli 
feïKflS^ P ar là il approuve tout ce qui a 

elle fait par ce légitime Pape. Il veut que les choies demeurent d ans l'efiat, où illcs a laiflées: 
Or Grégoire xi. alaiffé.Cafîan, fournis à l'Ordinaire, il a cane la Bulle d'Exemption & d'U* 
nion , d'Urbain 5. Un commencement calle, annulé , anéanti , eft- ce un commencement i 
Voiçy , fclonnos Parties, comme le ConcJlea raifunué. 

J-'Union faite par Urbain, &cafTéepar Grégoire, légitime Pape, &approuvépar le Con- 
cile , a un commencement plus ancien que Grégoire xi. Oui un commencement cafle , révo- 
qué : En vérité un commencement anéanti , eft-ce un commencement ? Le Concile n'excepte 
donc que les Exemptions & les U«ions non révoquées: Or celle de CafTan l'a ciiéi donc elle 
n'eft point exceptée; 

Voilà un Décret d'un Concile General receû en France , ïl en faut faife l'application à 
CafTan, &c'e(t ce qu'a fait Nicolas^- 

Bulle de Nicolas $. de t An 1450. 

'Evefque de Béziérsexpofé au. Pape, que le Concile de Confiance , ayant cafTé toutes 

^l^s Exemptions, au préjudice des Ordinaires , il le fupplîedcluy accorder une Bulle , où 

le Décret foit jnferé : Le Pape la luy accorde. Nicolas fçavoit bien qu'il efloit Cujiis Cantnum j 

la fupplique eflant conforme aux Canons, & ne demandant que l'exécution des Canons, il 

n'y a rien là , dont un Tiers puifTe fe plaindre. 

Cette Bulle fut fulminée, non pas hors des Terres de l'ObeïfTance du Roy , mais à Nar- 
bonne i non pas par un Officier de la Cour Romaine , mais par un Archevefquc de l'Eglifc de 
France, 8c par unMetrûpolitaim La lignification en fût faite à l'Abbé de S. Ruf , &. au Prieur 
de CafTan. Point d'Appel : Voilà donc une affaire finie. 

Maisily a encore plus. Deux années après cette fulmination& lignification , le Prieur de 
CafTan renouvelle la matière de l'Exemption j ce qui enfûtlefujet , c'cfl le refus qu'il fit de 
payer les Décimes imposées fur le Clergé , fous prétexte que dépendant de S. Ruf,Ôrdre que 
les Papes ayoient exempté de toutes Taxes,Charges&Decimes,par quelque perfonne qu'elles 
fufTent imposées , & exigées, Prince, Roy, ou autre j & d'ailleurs exempt de la Jurifdiclion 
d« l'Ordinaire 3 mal à propos l'Evefque le troubloic fur l'un & l'autre de ces deux Privilèges. 

Que 



Que fait l'Evefque; En 1454. il fait lignifier de nouveau au Prieur dèCàiîàn , le Décret 
du Concile , &la Bulle de Nicolas 5. qui l'applique à Caftan. Que fait encore Rivoalbo 
Prieur ( fuivons cette Procédure , car elle elt decilive ) Apres la lecture faite defdites Pie- 
ces, il n'en appelle point j il repond qu'il lésa , mais qu'il n'y acquiefee point , en ce qu'elles 
pouvoientluy faire tort. 

Mais, dit-on, il ne s'agifloit point d'Exemption ,ny delà Jurifdiclion 5 il n'eftoit queftion 
que d'un fimple Droit de Dif mes, perecù par les Evefques de la Province , & que celuy de 
Beziers pretendoit fur Caflan, comme fur les autres Eglifesdefon Dioceze. Million , défaite 
pitoyable, 5c chicane: Le Décret du Concile parle-t-il de ces Droits temporels ï Non 3 il 
parle de l'Exemption de la Jurifdiclion, a lurifiiclionihus Qrdinarioium. Nicolas applique ce 
Décret à Caflan 5 il applique donc le Décret en faveur de la Jurifdiclion de l'Evefque de 
Beziers. 

Ce Prieur Rivoalbo efloit fans doute mieux inflrilit du différend, entre luy 6c fon Evef- 
que,que nelefontaujourd'huy nos Parties. 

On a produit une Pièce , qui coupe la gorge à cette défaite. Quelque temps après ce der- 
nier coup fatal, porté à l'Exemption prétendue de Caflan ,ce Prieur envoyé un Nottaire à 
l'Abbé de S. Ruf, le fait fommer de prendre fait&caufe pour luy , dans le Procez qu'il va 
recommencer fur l'Exemption des Ordinaires , que les Evefques voifins, celuy de Beziers fur 
Caflan , les autres fur les Parroifles dépendantes dudit Monaitere, entreprennent tous les 
jours j & cela, dit-il, injultement,puifque Caflan, & les Parroifles qui en dépendent , font ' 
exemptes. : Immunes à quacumque lurifdiftiont ordinaria icclefiafîica. 

Que répond l'Abbé de S. Ruf, à cette Sommation ï II le remet au Chapitré General de 
l'Ordre, qu'on devoit tenir dans un mois ou deux. 

A quoy le Député du Prieur de Caflan , réplique ; "Dominas Vrior de Cafôano non tenetur 
ventre ad diclum capitulum , ny mefme y envoyer un homme exprés i il ne dit pas un Reli- 
gieux , nique mittere hominem expreflum. Il prétexte les frais du voyage ; Cependant ce font des 
Religieux, que l'on député à un Chapitre ; Se non point des Séculiers & des Valets, quand on 
éftmembre d'un corps aflemblé en Chapitre General. 

Ce qui prouve invinciblement deux chofes , toutes deux dëcifives. La première , Qu'il 
s'agiflbit du fond des Privilèges j il s'agiflbit de l'Exemption dé l'Ordinaire, prétendue parle 
Trieur. La féconde, C'eft que le Prieur foûtient n'eftre point obligé d'affilier à ces Chapitres: 
Sa Maifon n'eftoit donc pas de l'Ordre de S. Ruf, ny membre dépendant de cette Congrega- ' 
«on. Audi voit-on dans les Chapitres Généraux , produitspar l'Abbé deS. Ruf,lePrieur 
de Caflan toujours abfent , toujours Contumace. 

Enfin Grégoire 1 5 . a cafîe toutes les Bulles d'Exemption & d'Union , a remis les Monafleres 
fous la Jurifdidlion'des Evefques ,à moins que les Bulles ne foient fignées par les Cardi- 
naux : Or celles d'Urbain èc de Clément, ne l'ont jamais elle. * 

Conclu/ton* 

* 

VOilàdoncl'AbbédeS. Ruf fans Titres: il n'en a jamais eu que deux, les voilà caflez , 
révoquez , annulez , revocation fignifiée à l'Abbé de S. Ruf & à Caflan ; ledit Abbé 
n'ayant point de Titres , il ne peut alléguer la pofleflion , car en fait de Privilèges & d'E- 
xemptions, point de Pofleflion fans Titres. Iurafpiritualianon acquiruniurpofejjione ,/cdacqui- 
runtur j ujîo Tit ulo ,d\fem les Papes. Cette maxime eft pleine de Juflice: Car toute exemption, 
faifant violence au Dioit commun , il faut neceflairement un Titre, & un Titre valable, 
non révoqué, ny annulé j de plus il faut une pofleflion paifible, & non conteflée j en forte 
qu'un exempt, qui a une pofleflion fans Titre légitime, n'a rien. Il fuffiroit donc d'avoir in- 
vinciblement démontré à l'Abbé de S. Ruf, la nullité, 8: la revocation de ces deux Titres, 
les Bulles d'Urbain & de Clément jlesDefFendeurs pourroient s'en tenir là, & fe mocquer 
de la prétendue pofleflion , alléguée par les Demandeurs. 

Qu'a fervi la pofleflion paifible, & de trois ficelés, aux Eglifes de Sens , du Mans , d'Angers , 
de Chartres ,deS. Vallery , de Vezclay , & autres. L'Eg-lifedu Mans aroit toujours joui de 
fon Exemption, ôcles Parroifles qui en dépendoientauflij fansque jamais aucun Evcfque la 
luy eûtconteflée. 

L'Abbé de S. Ruf, ny Caflan, n'en ont jamais joui > & l'Evefque de Beziers la leur a tou- 
jours conteltée , comme on va le montrer. 

De plus les Evefques du Mans, depuis l'obtention des Bulles de Clément 7. n'a voient exer- 
ce aucun Acte de Jurifdiclion , ny fur l'Eglife du Mans , ny fur les Eglifes qui en dépen-, 



10 



Depuis HYl 
jufquemjifr 



Bulles d'In- 
nocent S.Ma- 
rc magnum. 

LettresPa- 
tentes £ Hen- 
ry 4. & au- 
tres. 

1380.1415. 
*44<^ 

'Dit l'ajfi- 
çnttt'ion qu'on 
tuy donne , 
l'excommu- 
nication com- 
minatoire. 

C'eftoit-là 
un beau fit ge 
que cette E- 
xemption gé- 
nérale, tant 
Jpourle Spiri- 
tuel» comme 
four le Tem- 
porel. 

Ils fonde 
ttf+.duteps 
d'Prbai» 5. 
felonnosPar- 
ties. 



doient. L'Evefque de Bcziersau contraire a de temps en temps exerce fa Jurifdiction , tant 
fur Caflan , que fur les Eglifes qui en dépendent., 

L'Eglifedu Mans , malgré fa poflefïïon , a perdu fon Procez ; comment donc Caflan & S. 
Ruf, ne le perdroient-ils pas ? 

L'Evefque du Mans, par le feul vice dû Titre , a gagné fon Procez : L'Evefque de Beziers, 
efpcre de la Juftice du Confeil , de gagner le fien. 

Ce qui ejî arrivé à Caflan , fur le Fait ds la Jurifdiction t depuis la Bulle 
de Nicolas 5. 1454. jufcjues en 1513. Premier Atfe de Vifite 
prétendue de luAbbé de S. Ruf. 

P'Our abbréger , feparons l'inutile , de ce qui a quelque apparence de Droit: J'appelle in- 
utile, toutes les Pièces qui ne font Amplement, qu'énoncer une dépendance j mais qui ne 
la prou vent point : Car énoncer n'eft pas prouver. Toutes Pièces purement énonciatives 
fuppofent un Droit , mais ne l'établiflent pas j elles le fuppofent légitimement acquis , ou don- 
né ; mais ne le donnent point. 

Or l'Abbé de S. Ruf à produit une infinité de Pièces de cette nature, pour ébloùir,non pas les 
juges, ils fonttrop écJaireZjmaisleslecteurs & lesignorans.Màis dk-on,et3u/>ciaiiva in antiquis 
probant-.Oùy quand oh ne peut reprefenter le Tîtrcjicy on le rapporte,&: il eft nul, & révoqué. 
Il eft inutile de répondre à trois ou quatre Piccesque produit l'Abbé de S. Ruf. Elles font 
devant la temps de là Bulle de Nicolas 5 . & par confequent ne font rien pour luy j au contraire 
elles font beaucoup, pour montrer l'abus criant de ces prétendues Exemptions. N'eft-ce pas 
un abus que d'excommunier un Païfàn , qui différait dé payer 1 5 livres , qu'il devoir à un Re- 
ligieux de CaiTan ? N'eft-cepas un abus , que d'excommunier un Officiai, parce qu'ayant fur» 
pris Un Religieux, &: un Preftrefeculier en faute, ôcles ayant cité , il avoit déclaré j qu'ils 
avoient encouru lesCénfures ? Où eft lecrime de cet Officiai vigilant &ze/é ? Privilegiorum 
vtlipendiuàî. Ce Preftre fe dit appartenir à CaiTan : Or Clément 7. avoit défendu de toucher 
à tout ce qui appartenoit à ce Monaftere j n'eft-ce pas là un abus criant i La troifiéme Pièce 
eft la Bulle d'Eugène 4. qui défend à toutes perfonnes, Princes & autres , de ne rien impo- 
fer , ny demander des Maifons de S. Ruf : Neft-ce pas là un beau Droit ? Et qui ne fe diroit 
pointa ceprixlàdeS. Ruf JMâisceftaufîiun abus injurieux à l'Autorité Royale, contrai- 
re àfesDroits,commeàlaJurifdict.iondes Evefques 4 
L'amour de l'indépendance , & l'intereft ont fait que volontiers CaiTan s'eft dit de S. Ruf j 

cependant quand l'Abbé de S. Ruf a voulu entreprend re *juclv^uo Afïf* Ae Supériorité , il 

s'eft mocqué de luy, comme de l'Evefque: LaDevifedes Prieurs de Cafîàn a toujours efté; 
Vive l'Indépendance & rExemrJtion,tant pour le temporel, que pour le fpiritucl. 

Tandis que lé Procez avec fon Evefqué a duré, & il a duré longues années dans ces temps 
d'ignorance & de fuperftitioh , il fe difoit de S. Ruf > quand on ceflbit de le pourfuivre , il 
cefloit de le dire : Cela eft clairement juftifié par les Pièces produites. 

L'Abbé de S. Ruf produit les Statuts du Collège de fon Ordre. CaiTan y eft énoncé. 
On répond que ces Statuts prouvent invinciblement l'Indépendance de CaiTan ,& que 
Caflan n'eft point une Maifon de S. Ruf. 

Aucune Maifon dé cet Ordre , n'a droit d'envoyer fès Religieux audit Collège j c'eft à 
l'Abbé de S Ruf. 

Caffan y envoyé fes Religieux, & les en retire quand il luy plaift : Il y a plus, comment lé- 
dit Abbé aiiroit-il Jurifdiction furies Religieux de Caflan dans CaiTan, luy qui n'en a aucu- 
ne furies deux queCafTan envoyeétudier,parleDroitquele Tître'de la fondation de ces 
deux places luy donne, . 

Les Mandats produits, &queDaffié a fait fïgnérà l'Abbé , par une affectation ridicule : 
Puifquece n eft pointpàr fon ordre, que Calîànles y envoyé, que Caflan les rappelle, font 
voir que, ny l'Abbé , ny le Prieur du Collège , n'ont aucune Jurifdiction fur eux ; ai nfï Caflan, 
en qualité de Fondateur en partie dudit Collège, y envoyé fes Religieux, les envoyé comme 
il luy plaift , indépendamment de S. Ruf ; ils y vivent indépendamment de; l'Abbé & du 
Prieur, les Mandats en font foy, il les en retire quandil veut j où eft la dépendance ? Cela 
eftant , la confirmation de l'Abbé au pied de quelques-uns de ces Mandats , ne fignifie rien. 

En 1454. le Chapitre General de S. Ruf fait des Taxes fur les Maifons. Caflan y eft 
compris, on la fignifie. Que fait le Prieur, qui s'eftoit déjà mocqué delà réponfe de l'Abbé 
de S. Ruf, de venir au Chapitre General ? Il le refufe , i 1 fe mocqué de ce Chapitre General, 
difant qu'il ne doit rien, & qu'on n'a aucun droit de lu y rien demander, L'Abbé l'excommu- 
nie, il ^appelle au Pape-, Remarquez que tous fes Religieux fe joignent à luy dans céc 



II 



Appel. C'eftcequ'ilsn'avoient point fait, comme nous avons veû, quand le Prieur appelloic 
des Ordonnances de l'Evefque. 

Ainiî dans une mefme année 145 4. le Prieur de Caflàn rcfufed'ailiftcrau Chapitre Gene- 
ral de S. Ruf, fie refuie de payer la Taxequ'onluya imposée 5 Cependant jamais ce Prieur 
n'eût plus grand befoin de S. Ruf. L'un 2c l'autre de ces refus eltoit jufte , 6c fondé fur la Bulle 
d'union de Caftan à S. Ruf. Quel elt le but des Chapitres Généraux dans les Ordres ? C'eft 
de faire des Reglemens pour la difcipline régulière , des Décrets concernans les Règles , 
l'Office, l'Habit, la Tonfure, fie autres chofes icmblables : Or Caflàn avoit tout cela diffé- 
rent de l'Ordre de S. Ruf, parla Bulle mefme j Donc il eltoit inutile à Caflan d'allîlter aux 
Chapittes Généraux de S. Ruf. 

En 1475, A de d'Appel des Religieux de Caflan, des Ordonnances du Vicaire General de 
leur Prieur i à qui? Voila le cas delà Bulje de Clément 7. qui ne donnoit droit à l'Abbé de S. yfpptl au 
Ruf, fur lefdits Religieux , qu'en cas d'Appel j Ce n'eft pourtant point à luy , qu'ils en appel- Pape. 
lent j mais au Pape. 

Notez, que c'elt dans le temps, que Caflan demande des Titres à S. Ruf, contre fon 
Evefque. 

En 147 5. les Religieux de Caflan obtiennent des Lettres Roy aux, contre leur Prieur Bal- 
zac, Evefquede Valence, où elt S. Ruf, en Dauphiné'j Deffenfesà luy, fit à tout autre, de 
les tirer hors du Languedoc. L'Abbé de S. Ruf ne pou voit donc point avoir plus de Droit fur 
eux , que leur Prieur. 

En 148 o.l'Olficial de Beziers excommunie le Prieur de Caftan, refufant de payer les Dé- 7 U nfdiUï6 
cimes , fous prétexte d'Exemption accordée par Eugène 4. del' Evefque. 

Employ desStatutsproduitsparl'AbbédeS. Ruf, del'ani48i. faits par le Chapitre Ge- 
neral, convoqué de toutes les Mai fons de fon Ordre, pour l'a Reformation : Le trieur de 
Caflàn n'y veut point aller >ôv il elt traité de Contumace. 

Notez , que Balzac Evefque de Valence , où elt S. Ruf, efloit Prieur de Caftan. 

En 148 8. le Prieur de Caflan transfère le Chapitre General de Caflan , qui s'efloit toû- chapitre 
jours tenu jufques à lors , à la S. Martin d'hy ver j il ordonne qu'il fe tiendra à l'avenir , le qua- General de 
triéme Dimanche d'après Pafques. Cajïan. 

N'eft-ce pas femocquer hautement de l'Abbé de S. Ruf, & de tout fon Ordre > non feule- 
ment cela fé fait fans luy, mais après le refus d'affifteiiau Chapitre General de S. Ruf, en 
1454. fie 14821. placer le Chapitre General de Caftan, juflementdansle mefme temps qu'on 
tient celuy dé S. Ruf: Peut-on une plus forte preiîve d'Indépendance ? 

En 1488. Bulle H'Tnnotcm 8. <^ni donne pouvoir aux Religieux de Caflan, en cas a'abicn- 
ce , ou de mort de leur Prieur , de nommer aux Offices 8c Bénéfices vacans > Ce qui s'eft tou- 
jours pratiqué malgré les Tentatives de l'Abbé de S. Ruf. Les Preuves en font incontesta- 
bles, on le verra dans la fuitte. 

En 14^6. Extrait d'une Enquefte, touchant leDroit que le Chapitre de Caflan a, de 
nommer aux Benefices,par Bulles des Papes > fie Collation faite par ledit Monaftere . 

En 1500. Extrait du vieux Inventaire des Archives, contenant plu fleurs Collations faites 
par les Religieux : Il y efl parlé d'une Tranfaction , entre le Prieur &: les Religieux , fie d'une 
Bulle d'Alexandre ê. qui confirme celle d'Innocent 8. produite par les Anciens de Caflàn , 
contrel'AbbédeS. Ruf. en 1613. 

£111508. 1516. 1527. Plufieurs Extraits, qui juftifient que Caflan a payé les Décimes au 
Roy, au Pape. Où eftoient donc ces Privilèges énoncez de S. Ruf, félon la Bulle d'Eugène 
4. qui défend aux Princes, Se à toutes autres perfonnes ,de quelque dignité qu'elles foient , 
derien impofer fur aucun Monaftcre, dépendant de S. Ruf. 

En 1511. Voicy un Acte de Jurifdiction de l'Evefque de Beziers , fur Caflan : Que l'Abbé lurlfdiBion 
de S. Ruf en produife un feulement , femblable 5 c'eft une Information faite parl'Ofticial de del Eve/que. 
Beziers, contre le Prieur Claultral, fie autres Religieux j Décrets de Prife de Corps j Inter- 
rogatoire dudit Prieur , quitau lieu de décliner , répond , figne, Se fe foûmet. 

En 1 5 n. Plufieurs Extraits du Journal de Caflan , qui parlent du Procez contre J'Evefque , 

inmateriâ Exemption! s, On y voit le Syrïdic de Caflan , en voyage à Carcaflbnne, prendre une 

Commiflïon, pour aller enfuitte à S. Ruf, avoir de quoy plaider l'Evefque. Caflàiî auroic 

eftébienmal-honnefte,denepasfe dire , au moins dépendant de S. Ruf, payer par une 

qualité imaginaire , les fecours que cet Abbé luy donnoit. , 

C'eftlàla véritable fource, de cette foule dénonciations, qu'a produit l'Abbé de S. Ruf. 
Le Prieur de Caflàn faifoit ce que font les faux Nobles > il achepte un Tître d'Exemption , 

reconnoift la Supériorité de S. Ruf j pourveù que cela luy vaille une Exemption de Décimes, 

au Pape fie au Roy , fie de tous autres Droits appartenans aux Evefques. 



Collation 
faite par le 
Chapitre. 



Il 



Depuis 1513. 
jn fanes en 



Point de 
Titre, 



Opfofit'm. 

Procex. 
Verbal , non 
fignl 



Nos Par- 
ties dans leur 
Profejfion ne 

fedif cm peint 

deS.Hjf. 



Stctdarifa- 
tion ; le fini 
Evefque s'y 
pppofe. 



11 

ïl donne un Bien Spirituel , là Jurifdiftion qui n'eftpas à luy ; & l'Abbé de S. Ruf luydôn- 
ne un Bien Temporel , l'Exemption de tous Droits', dont il joùiflbit 

Ce qui eft arrivé a Gafîan , depuis 1513. jufques en 1598. 

CEtteannéeeftfameufeà Caftan, par la Vifîte que l'Abbé de S. Ruf entreprit d'y faire. 
Comme c'eftoit une chofc inouïe, & qu'en effet depuis la Bulle de Clément 7. c'eft à 
dire , depuis 1 43 ans , il n'en avoit point fait , ny prétendu en faire , il faut s'attendre que cette 
Tentative,caufera une étrange furprife ;& fi Caflan n'a point voulu jufques à lors affilier à fes 
Chapitres, s'il s' eft mocqué des Demandes de Taxes qu'il luy a faites , que ne fera - 1 - il pas , 
quand cet Abbé feprefentera en qualité de Supérieur, à fa Porte ? Il ht aufli tout ce qu'on 
peut s'imaginer, fermer les Portes au nez , boucher fes oreilles , fe laifler excommunier, ag- 
graver, reaggraver ->Jtcut afpides furdx , obturantes auresfuas , dit le Procez Verbal de cette 
Vilîtc , produit. Pieco Curieufe &. Originale en fait de Vilite, & (ans pareille. 

L'occafion de cette Tentative, furent les voyages du Syndic de CafTan à S. Ruf, furent les 
énonciations intereffées , inférées dans plufieurs Actes , par lefquels CafTan faifoit Profeflïort 
publique en apparence , de dépendre de S. Ruf, de le reconnoiftre pour Supérieur , à l'exclu- 
sion de fon Evefque, fon Père , & fon Fondateur. 

Apres de telles avances, l'Abbé de S. Ruf avoit tout fujet d'efperer , qu'il feroit bien reccû 
s'il tentoit une V i fite j II le fait , & il échoue. 
II eft vray qu'il tint fèrme,Sc qu'à la fin lesiReligieux fe ralentirent de cette première vigueur. 

Ils ouvrirent les Portes , excommuniez , aggravez , & réaggravez j mais ce que fit ce Vifi- 
teur prétendu , après eftre entré dans ce Monaltere , n'établit point aucun Acte de pofleffion i 
il n'ordonne rien aux Religieux. 

• On luy demande en vertu dequoy il vient, Pilleur prefente ; Quoy? La Bulle d'Urbain 5. 
ou au moins celle de Clément 7. Non. Quoy donc ? Un Gouffre , Mare magnum , une Bull* 
d'Innocent 8. ainfiappellée , parce qu'ils luy fontavaller quantité deMonalteres ôcd'Eglifcs, 
furlefquelsS. Ruf n'a aucune Supériorité. 

Ainfi un Titre purement énonciatif , obtenu fur la Supplique prefentee à ce Pape , qui n'a 
fait que copier tout ce qu'il a plu audit Abbé de mettre dans fa Supplique, cftlc feul qui éta- 
blit dans cette Vifîte, le Droit prétendu fur CafTan; 

Oppofition de la part du Vicaire General du Prieur de CafTan 5 car cette Vifîte fe fit en fon 
abfencc : Cependant l'Abbé de S. Ruf, par fes propres Titres, n'a de Jurifdiction, que fur le 
Prieur j ôc pas un des Religieux neiïgnal© Procc» Verbal ; Qui a cmpc/Uie S: Ruf,d'y mettre 
d'y ajouter tout ce qu'il luy a plu. Ces Ordonnances font contraires à fon Titre. 

En 1525; Extrait d'un AppclauPapepar les Religieux, des Ordonnances du Vicaire Ge- 
neral de leur Prieur , voilà encore le cas des Bulles d'Urbain & de Clément , jamais à S. Ruf j 
donc ces deux Bulles cftoîent révoquées; 

En la mefme année, Procez entre CafTan, & fon Evefque,- appert de l'Extrait produit. 
En 15 35. Un troifiéme Acte d'Appel deleur Prieur; non à S. Ruf, mais au Pape. 

En 1536. Procuration du Chapitre au Syndfc , pour aller pourfuivre le Procez contre leur 
Evefque,/* «M/m* Exemptants. • 

En 1 741, Autre Procuration pour la mefme affaire 5 Notez que ces Actes nous découvrent 
la véritable raifon,pourquoy dans l'Acte des Profeffions produites, & qui font de ce temps- 
cy j il y eft énoncé que CafTan eft dépendant de S. Ruf, le chagrin contre l'Evefqué , 8c le 
Procez : Je dis dans TA de drefsé par le Nottaire: Car pour la formule des Vœux , qui eft 
laProfeflïon, ils ne parlent non plus de S. Ruf, que s'il n'y en avoit point au monde. 

On a produit d'autres Profefîîons , où cette dépendance ne fe trouve pas énoncée. 

En 1537. Le Prieurde CafTan fait quitter l'Habit de leur Profcflîon à Ces Religieux ,1e 
Rochet j & un changement fi confiderable fe fait fans l'Abbé de S. Ruf. 

Eni543.&44, Actes Capitulaires des Religieux de Caflan, pour travailler à leur Sécula- 
rifation 5 ils l'ont tenté encore par deux autres fois , pas un mot de l'Abbé de S. R ùfj à la troi- 
sième fois l'Evefqué de BeziersVy oppofe, 

En 15 50. 57, Les Religieux de CafTan affiftent au Synode , payent les Décimes : Appert 
des Extraits produits , comme ils ont toujours fait depuis. 

En 15 68. Appointaient de TOfficial de Beziers contre un Preflre de CafTan, renvoyé de- 
vant luy par Arreft du Parlement de Toloze. 

Ilparoift parla que trois Religieux de Caflan, avoient appelle des Ordonnances de leur 
Prieur,àTEvefquejenfuitte,àTArchevefquej enfin au Parlement: Pas un mot de S. Ruf, 
où eft l'Abbé i Que fait-il ? Il dort fans doute. 

En 



. 



._ 



T 3 , 

En 1580. Un Religieux de Cafïan, renvoyé parle Parlement de Tolozè , devant fon Su- hrîfdîEllon 
pericur, prefente Requefte à l'Evefque pour un fait de Cloiltre, contre un autre Religieux de ï Eve fane. 
qui l'avoit excédé. 

Eni548. ^o. 54. 55. FlufiCurs Collations > faites par le Chapitre de CafTan , qui font voir 
h nullité de celles que produit en ce temps-cy VA bbé de S. Ruf ■> comme elles n'oilt jamais eu Cellatiens. 
d'effet, non plus qu'aucunes de celles qu'il produira dans la fuitte , le Chapitre y a toujours 
pourvu > &: s'eft moqué des Tiennes. 

En effet cela eftoit contre fes Titres , & il n'en avoit point qui luy donnaflent et Droit; & 
le Chapitre avoit deux Bulles : Produites. . , 

En i 5 5 6 . Acte Capi tulàire des Rel igieux de CafTan : Cet Atte eft confiderable , il nous ap- 
prend qu'il y avoit quinze ans , que Caiïan eftoit une Maifon abandonnée, fans Prieur Clauf- 
tral , ny Soûprieur. L'Ancien qui préfide , & qui porte la parole , gémit. Remanjimtu per (juin- Euàiond* 
àccim aïtnos % fine Priort CUufiralt & s uppritre , &Jine aligna petfona , qux nos regeret \juxtà Regu- priwClauf- 
li*n & Ordintmfaniïi Augufiini i il ne dit point /antfi Ruf. Convtntm fine Religiofis , Et défi a, folk tral , confir- 
rtmântt yjurgià inter Rtligiofos. Il ajoute que comme leurs PrédecefTeurs ont toujours fait , il mie par le 
fautproceder à l'élection d'un Supérieur) louslapermiifionduPape , ergh qttm perjiqacrnitr ?*P e ' 
ionfirmationer». 

Enfuitte ils élifeht un Prieur , fous le bon plaifir du Pape , non point de S. Ruf ; ce qui càfTe 
toutes les confirmations produites par l'Abbé de S. Ruf : Jamais le Chapitre ne l'en a requis 
mais des DiTcdles^ fie des faux Frères. 

On n'affecte plus de fe dire dépendant de S. Ruf, apparemment que lé Procez contre l'E* 
vefque > eltoit ou abandonné, ou furçis. 

Mais Daffié s'eft dit de S. Ruf, au commencement du Siècle fuivant : Oùy> il éft vray j 
niais Daffié eftoit Un Simoniaque. S. {luf avoit tenté de luy faire avoir le Prieuré de Cafïan , 
& (1 l'avoit acheté i il perdit, & fon argent & fon Tître de Prieur : Mais attendons un peu , 
bnconnoiftra-ce Perfonnage 5 &on verra , s'il faut avoir égard à tout ce qu'il a fait , pour 
l'Abbé de S. Ruf. 

Ce qui s'eft pape à Caftan , fur le Fait de U^urifâitthn, defuis U 
féconde prétendue Vifite de l'Abbé de Si Ruf. 1598. jkfyuei 

en 16 4 4. Depuis \<iï 

jnf<jues eh 

CÉtte Vifite i la Seconde feulement depuis trois Siècles .n'éftrién moins qu'une Vifitc : k>44» 
Car il n'eu fie point, point de Sciuiiii, point de Rcglemens pour l'Obfervance Regulie- - 
rej Iln'y venoit pas pour cela, n'eltant point appelle; il n'en avoit pas le Droit, par fon pro- 
pre Tître de l'Antipape Clément 7; 

Le Procez Verbal decette prétendue Vifite , a le mefme défaut elïentiel , quecellede 1 513. —,- . 
il n'elt ligné d'aucun Religieux , iladoncpûy inférer ce qu'il à voulu 5 mais ce défaut de K.„^ e% 
Signature, fieffentiel à ces fortes d'A&es de Vifite, eft le moindre. 

S'il fait femblant de vouloir faire quelques Ordonnances ; dabord on s'y oppofe , on pro- \opp rit'otl 
teite i on lé retire ; Mais encore un coup , il n'y vient point pour cela , ce n'élt point le zèle de & autres 
la Difcipline Régulière , qui l'amené j mais le defTein formel, & qu'il déclare ^d'envahi* mBitez. 
fur Sa Ma jeltc , le Droit de nommer à ce Bénéfice confiderable , au Prieuré de Caiïan. 
. Le Prieur de Caiïan eltoit mort , ainfi il vient pendant la vacance , & il débutte par dire , que 
ce Prieuréeft à fa Nomination : Cependant le Roy eltoit en pofleffion d'y nommer t depuis 
ceux fiecles. 

Nousallons voir qu'il y nomma en effet , qu'il foûtintceluy à qui il l'avoit Conféré enfuit- 
te decette prétendue Vifite, contre le pourvu par le Roy; il intervint dans le Procez au Con- 
feil,&:il perdit. 

Il y a plus encore: Car on juftifia parla fuitte, qu'il y avoit Simonie , & Confidence j on a 
produit l'Arreltdu Grand Confeil. 

Apres avoir ufurpé les Droits du Roy, il s'efforça d'ufurper ceux du Prieur de Caftan, il 
defFendit de ne recevoir plus de Novices , & ordonna qu'on les luy envoyât à fon Abbaye ; ce 
qui elt formellement contraire aux Statuts de fon Ordre , qu'il a produits , & à fa Bulle de 
l'Antipape Clément 7: 

Une telle Vifite , pleine d'abus , d'attentats, & de nullitez j faice en l'âbfence du Prieur, & 
pendant la vacance par mort ( car il y avoit trois femaines que le Prieur eltoit mort) peut-elle 
préjudicierà un Succellèur ? Peut-elle fervir , à établir la Supériorité decet Abbé ? Doit- on 
la regarder, comme un Acte valable de Jurifdiction? ' > /? ' 

Nous voilà à la fin du troifieme Siècle de la prétendue Dépendance & Union de CafTan à ' m J„'^ e n 

D F 



S. Ruf. Cet Abbcn'a pu produireque deux Actes apparens dç Jurifdi&ion j cous deux nuls , 
incapables depreferire contre le Prieur de Caflan , &: fes Religieux , puifqu'ils n'y ont point 
figné } au contraire, oppofuion de leur part à tous deux: Eil-ce là établir une Poflcflïon vé- 
ritable &paifible? 

Pour Monfeigneur l'Evefque de Beziers , nous avons rencontré fur rios pas , plufieurs 

A&cs de Jurifdiction , comme Informations, Décrets de prife de corps , Interrogatoires, ôc 

toutela Procédure, fignéeparle Prieur de Caflan , fans décliner » Ordonnances , & Juge- 

Treis AÙt% mcns rcn d U s } Appel des Religieux , à l'Evefque , au Pape , jamais à S. Ruf ; & ce qui elt rc- 

d Appel Mt mar q Ui bi c t c ' c il q ue l'Evefque a plaide un lone-temps contre Caflan , pour maintenir fa Ju- 



1511.50. 57* 

i 5 <58.8o 



V*pt , & 
(Eleàitn 

(infirmée par 
tS.Ptre. 



ÎKrifdittià 
ÀetEvtfqM 



TrbviJiotM 



rifdi&ion > malgré ce Procez long &; opiniâtre, il l'a exercée , & il le prouve. S. Ruf n'a point 
eu de Procez à foûtenir contre Caflan , & il n'a point d' A£tc de poflcflïon , & Caflan s'eit tou- 
jours moqué de luy , &: de fes prétentions, 

ftûta* Que l'Abbé , honteux de n'avoir que ces deux prétendues Vifitcs , non lignées , & ou 
il y a câ oppofuion , dit que les Archives de S; Ruf, ont cité brûlées en 1 5 5 o. elles ne l'eitoicnt 
donc pas en 1 513; : Aufli fon Député ne peut citer aucune Vifitc, comme l'on a vu. 

Déplus cette incendie, n'a rien de particulier pour S. Ruf, les Archives de Caflan , & 
celles de l'E vefché de Beziers,ne l^om-elles pas efté de mefme,par les Huguenots? 

Si l'on vouloit ne rien pafler audit fieur Abbé , il feroit aifé de montrer par les Pièces qu'il a 
produites , que cette incendie n'eft qu'un pretextc,qu'il fait fervir à fa prétendue Jurifdicîion» 
En 1600. L'Evefque fit publier à Caflan un Monitdire, ordonna que les Religieux, euflenc 
à rapporter dans les Archives, les Titres dudit Monaftcrc , les Religieux obéirent ; Voilà 
une Autorité reconnue, au préjudice de la prétendue Exemption j Voilà un A&e de Ju- 
rifdiction; 

Eni6oi.&i6o4. Arreft du Confeil qui maintient le Pourvu parleRay , du Prieuré de 
Caflan , & déboute le Pourvu par l'Abbé de S. Ruf, Partie intervenante dans le Proccz > le 
iieur de Paulian , Courtier de ce Bénéfice , condamné àflx cens écus d'amande. 

Èfi 1605. Plufieurs Extraits de l'Inventaire des Titres de Caflan, qui juftificntqùe le Vi- 
caire General du Prieur, & non l'Abbé dé S. Ruf, a élu les Prieurs Claulttaux , contre des 
Provifions de cet Office, qu'il a produites au Procez. 

Il eft bon de dire encore iey , que ledit Abbé a fait pendant les vingt premières années de 
ce ficelé, toutes fortes d'entreprifes furies Bénéfices , Offices , en recevant les Difcoles de 
Caflan, leur donnant la qualité de Deputez,pour affilier de la part de Caflan , aux Chapitres 
de fon Ordre > & enfliitte celle de Vifiteurs : ' lurpris mefme quelque Arreft fur Requefte. 

Mais pa* une de ces Tentatives ne )uy a rciïffi. Oppofitiou de la pan du Chapitre de Caflan, 
Outi ehïtt ^ tout>( l u * a fait cafler fes Arrefts furRequeité , Ces Pourvus , & les a chaflez j emprifonner 
UiViRttHrt menîic àl'Ofiicialité,celûydontilfitfon Vifitcur en Languedoc, qui n'eftoit qu'un vaga- 
de S. Rnf. bond , & l'autre convaincu d'eftre un Simoniaque; 

On a jugé à propos de donnercet Avertiflement,afin que lés juges ne fuflènt point fur- 
pris, en voyant une foule de Pièces fauflés-, inutiles , fabriquées à plaifir 3 produites au 
Procez. 

Ce n'eft point ledit fieur Abbé qui en eft l'Auteur j C'eft Frère Daflîé , petit Neveu de 
celuy que l'on va voir eftre Simoniaque , qui perdit les 1 2 o o o livres , qu'il avoit donnez , pour 
avoir le Prieuré de Caflan. 

En 1 6 o 5. Vifite faiteà Caflan , par le Seigneur E vefque de Beziérs 3 II y eut d'abord Oppo- 
sition de la part de Dafiié Créature de S. Ruf, & de ceux qui l'accompagnaient , au nombre 
de lept : Tous , fes Coufins Germains &. fes Nevevx., 

Mais furquoy fonda-t-ilfon Oppofuion ? Sur la Bulle d'Urbain 5. caflee , & révoquée il y 
avoit trois fiecles. Qu,e fait l'Evefque ? Il fe mocque de fon Oppofuion , & de fon Exemption \ 
il vifite l'Eglife, il parle aux Religieux, & leur ordonne de porter leur Habit : Et ajoute ces 
mots , qui renverfent J'édifice de cette Exemption j Que s'il ne fait point le Scrutin , & le 
refte, ce n'eft pas qu'il n'en ait le Droit, maisqu'il n'en a pas le loifir j Non quodfibi non liceat , 
ftà tjuod ad prsjens non libeat : Que s'ils manquent de fuivre les avis , qu'il vient de leur don- 
ner , il les traitera comme les autres Ecclefiaitiques de fon Diocefe. 
Mais,ditlefieur Abbé, il renvoyé les Religieux devantlcur Supérieur s oùy ,rela fait-il 
quelque chofe contre luy t Ne dit-il pas qu'il elt fondé en Droit commun ? De plus que fait ce 
renyoy ,à l'Abbé de S. Ruf? Ses Tîtres ne luy donnent aucun Droit furies Religieux , fi non 
en cas d'Appel. 
JtmfdiÏÏw En 1613. Arreft Contradictoire du Parlement de Toloze , qui renvoyé les Religieux de 
dtl'Evcfam. Caflan,devantrOfficialdcBeziersjnonobftantrinterventionderAbbéS.Ruf , cafle cer- 
tains Arrefts furprisçs années précédentes, & que l'Abbé de S. Ruf produit cependant. 



tnjîu de 
l'Evtfqnt. 



I 



DansIcDifpofitif du fameux Arreft du Confeil, de 1625. les Religieux plaidans contre 
S. Ruf, ont développé toute l'intrigue du fleur Abbé, touchant l'affiitance du Prieur do 
Caflan, avec vn Députe au Chapitre General de S. Ruf. Tout ce que produit icy-S. Ruf, 
n'elt que pour faire il lu fion. 

Em<>i3. Arrelt du Grand Confeil, qui maintient Afemar , Pourvu pat le Ray* dans le 
Poffeflbire du Prieuré de Callàn , contre Dalîie. 

En 161 5. Arrelt du Grand Confeil , qui nous apprend, que Daffi.é avoir donnée 12000 
livres. C'elt ce Daiîié, qui fit tout Ion poflible , pour établir la Supériorité de S. Ruf, fur 
QuTau. 

En 161 5. &.1616. Tranfaction entre les Religieux de Caflan : On y voit ceMonafterq dans Ejtat du 
un étrange defordre j ils avoientenfemble cinq Procez Criminels, onze Religieux y cftoienc Monafttrt 
enveloppez 5 ils tranfigent fous le bon plailir du Parlement , où. ils font homologuer leur Ca Jf art ' 
Tranla&ion : Pas un mot de S. Ruf. 

. L'Abbé a avance, contre la vérité, Que cette Tranfa&ion fût prefentée à fbn Chapitré 
General, qu'il y affilia des Religieux de Callàn, 6c que l'un d'eux, fut élu Tra&ateur. Mais 
i° Socereau ne lé dit point Députe de Cafîàn , il n'a garde'j luy, non plus qu'Ailruc, n'eftoienc 
que des Brouillons , chafTez , 6c fugitifs,- Aitruc Religieux de Callàn , eitoit à Valence, ôtn'y 
affiltepoirtt 5 il n'eltoic donc pas Député. 

Déplus en 1454. & en 148 2. 6c toujours depuis, comme l'on a vu , ny le Prieur , ny le 
Religieux, n'ont jamais voulu affilier aux Chapitres de S. Ruf. 

£111488. Caflan place les Chapitres Généraux , dans le mefmetempsque S. Ruftientles Chapitre 
fiensj depuis ils ont toujours appelle, 6c le font toujours oppofezauxentreprifes de cet Abbé: General de 
On en a produit les preuves. G*ff*tu 

hnï6\s- Requeite prefentée au Vicaire General de Caflan , portant j Que DefFenfes 
foient faites , à Frère Serclier , foy- difant Prieur, nommé delà part de l'Abbé de S. Ruf, 
avec l'Ordonnance au bas, portant DefFcnfes fous peine d'Excommunication. Serclier s'en- 
fuit i Michaut vient à fa place, l'autre ayaiu manqué de courage, dit l'AbbédeS. Raf,& il y 
trouva à qui parler: 

L'Abbé de S. Ruf produit icy quelques Arreftsproviiionnels , & fiir Requefte j de Jefle 
envoyé de fa part en 1 6 1 7 . en fit autant , mais ils furent caflez par le mefme Parlement , où on 
lesavoitfurprisilurl'Oppofition du Chapitre , & l'Appel .comme d'abus , interjette par te 
Syndic de Caflan , des Ordonnances de ce Frère Michault, 

L Arreft de 161 9. ne fut point exécuté , on a juilifié au ProceZ , qtr*en^i3. le . 
Parlement nomma un Commiflaire , pour régler les différent ; Car les Religieux n'ont 
jamais voulu recourir à l'Abbé de S. Ruf, quoy que quelques Arrefls l'euflent ordon- 
ne 5 encore Ce n'eltoit que pour la Nourriture , & le Vefliaire des deux qui étudioientà 
Montpelier: Pour le fond du Droit des Parties, le Parlement les renuoye tous , devant qui il 
appartient. ♦ 

Tous les Arrefls produits , Mandats , Ordonnances , en ce temps-cy , ne font d'aucune con- 
fideration 5 Caflan va plaider S. Ruf, fur faprétenduë fuperiorité fur Caflan. 

En 1622. Chapitre GeneraldeS. Ruf, où il n'elt point parlé des Religieux deÇaflan , ny 
qu'aucun Députe y ait affilié de leur parr. 

. En 1614. Caflan rejet te" un Envoyé de S. Ruf: C'efloit un vagabond , que le Prieur de iurifditiion 
Caflan avoiefait mettre Prifonnier, dansl'Offifcialité de Bezicrs. de l' Evtfijm 

En 1625. Caflan plaide au Confeil , contre l'Abbé de S. Ruf, attaque faprétenduë Ju- Procès. 

rifdiaion. TTl  f hi 

Notez que ce furent les Oncles de nos Parties. Les Religieux de Sainte Geneviève n'em- ' S ' Ku f' 
ployent que les mefmes Bulles, Titres, 5c autres Pièces, qui furent alors produites. 

En 1627. Election d'un PrieurClauftral,faiteparlesReligieux,indépendammentdeS.Ruf. Eleiïfoa 

En 1628. Le mefme Pierre Vidal fût continué par le Chapitre ) plufieurs Baux à Ferme de dun Prieur, 
ce temps, où ledit fleur Vidal paroiilen qualité de Prieur Clauftral j &non*poirtt le Nommé ytâHOm* 
par S. Ruf. 

Enié2 7.LcChapitres'oppofe«îtoutce que font certains Brouillons ( notez que ce font les 
mefmes , que l'on a vu affilierait Chapitre de S. Ruf) dans unConventicule , à qui ils don- 
nent le nom de Chapitre General de Caflan, confirmé par le fieur Abbé. 

Acte Capitulaire, portant Procuration au Syndic du Chapitre, de faire cafler au Parlement» 
tout cequ'auroient fait ces feditieux, avec l'Abbé de S. Ruf. 

Eni<>28. 6c 25». Deux Collations, faites parle Chapitre, en l'abfencc du Prieur. 

Eni627.28. 53.&81. Plufieurs Arreits, qui renvoient les Religieux de Caflan, devant les 'Inrifdiïlion 
Officiaux des Lieux j & du furplus,, ordonnent l'éxecution d« l' Arreft Contradictoire del'Evefîu*. 
duij. Septembre 1 613. 






_ 



Vifite de 
tE&efaut. 



Vne Lettre 

du Syndic 
General de 
l'Ordre de 
S. Ruf, à 
M. de U 
XochrftU- 

cault. Il le 
conjure de 
mettre la Re- 
forme dans 
les Mtifons 
de S. Ruf.Le 
Chef,dit-U § 
en a autant 
te foin ente Us 
Membres 

On les a 
rêulies , & 

m». 



. ■ ■ 



lAfte ta- 
fituUire de 
I645. tout à 
fait injurieux 
àfEpifcopat. 



Eni^ï.Requcfteprefcntéé, non à £i Ruf , mais au Parlement , pir le Prieur dé CaBan , 
contre fes Religieux , pour remédier à la vie fcandaleufc qu'ils menoient/ 

En 1 ^53. AôeCapiculaire, pour travailler à la Sécularisation de leur Chapitre, indépen- 
damment de S. Ruf. , 

E-niljét Vifit«faiteaCairanparrEveftmede Beziers jle Scrutin , les Avis , les Regle- 
mens , tout s'y fait fans aucune Oppofition j fignée de tous les Religieux j C'eft ce qu'ils n'ont 
point fait à celles de S\ RuF. 

En 1637. Tranfaftion entre le Collège de Sv Ruf à Montpelicr , fc le Chapitre de Caflan. 
Par ce fameux Traite , Caflan renonce au Droit , en qualité de Fondateur en partie dudit 
Collège* d'envoyer fes Religieux étudier audit Collège > moyennant certaines clau fes, dont 
ils conviennent : Ils traitent d'égal à égal » chacun des ftipulans ■» s'oblige de faire rati* 
fier ladite Tranfa&ion > le Prieur du Collège , au Chapitre General de S. Ruf ; & le Procu- 
reur de Caflan, à celuy de Caflan. N'eft-cepaslà fe déclarer indépendant ? Il y a plus,c'eft 
faire reconnoiftrefon indépendance, partout l'Ordre de S* Ruf > une Maifon de S< Ruf, en 
uferoit-eUeainfi ? 

Après cette rupture dé l'unique endroit j par où. CafTân avoit quelque rapport à S. Ruf } le 
fieur Abbé n'auroit plus penfé à Caflan, ny Caftan à S. Ruf. 

Mais que ne fait point la crainte de la Reforme i Elle leur fit faire ce que Its Religieux de 
Caflan, n'avpient jamais fait, ny voulu faire j dans quelque extrémité que i'Evefque les euft 
réduit. Ils députèrent en 1645; à l'Abbé de S. Ruf, & le fupplierent de leur envoyer inceflam- 
ment un VifîtëUr : Voilà la première & l'unique fois qu'ils l'ayent fait j ils fignerént le Procez 
Verbal. Enfin cette Vifite fe rit fans Oppofition , fans luy, fermer les Portes , & fe laifler ex» 
communier. Voyons pourquoy ils le firent, ce fut en 164.5. 

Mais auparavant, marquons icy l'état de Caflan > l'état de l'Ordre de S. Ruf , tarit dans lé 
Chef, que dans les Membres, 

En 1638. Sur les plaintes portées an Roy, duDéfordrequi regnolt dans tout l'Ordre dé Si 
Ruf, il y eût Arreft du Çonfeil j portant Commiflïon à l'Intendant de la Province , pour en 
informer. Ottne prétend pas décrier S. Ruf j mais l'on eft obligé de dire, pour la Juftice delà 
taufe des Défendeurs , qu'à prefent il n'y a pas plus de Reforme , qu'il n'y en a voit pour lors » 
Les Religieux y font Propriétaires i vivent en leur particulier, comme les Anciens de Caflan i 
Ils fc flattent pourtant , que Ton chaflèra la Reforme de Gaflan , pour y rétablir la propriété t 
& les autres Defor dres ; mais les DefFcndéurs fc feraient un crimfc , de le penfer. 

Eniéj8ijufquesenéô. &pardelà,SileDefordre eftoitdansS. Ruf, il inondoiè dans 
Caflan * C'eftoit un débordement de toutes fortes de vices i ou en produit cjuciques Informa-, 
tions toutes enchaifnées, pour cacher les chaifhcs, dont la plu fpart des Religieux de Caflan 
eltoient chargez. 

Ce qui s eft pape à Caftan , depuis 1644. jufqnts ait temps du prefent 

Procet. 

EN ï 644. On fit lignifier à Caflan la Sentence de M Je Cardinal de la Rochefoucaud i Ce 
qui donna lieu à cette première démarche, ce furent les Prières & les Larmes de deux ou 
trois Religieux de cette Maifon , qui voyans le Crime , la Débauche , & les Meurtres, jufques 
aux Duels y rcgner,s'adreflérent au P. Abbé de Sainte Geneviève , pour le conjurer de refor- 
mer uneMaifon,horsd'eftatdeferefotmer elle-mefme: L'un d'entre-eux , pour ouvrir la 
porte à la Reforme, refignaàun Religieux de Sainte Geneviève, à Ion infçeû,& de fes Su-* 
perieurs , fon Office. Ori a produit les Lettres, elles font preflantes , & touchantes^ 

En 1 645. L'Official de Beziers, fit mettre fept Religieux de Caflan en Prifon. Les Procc* 
dures font produites^ceux qui rcftoient,craignans, &laReforme> &. leur Evefque , recla- 
ment l'Abbé de S. Ruf; 

L'Abbé de S. Ruf produit une Vifite faite à Caflan cetteannée , mais il ne produit point 
F Ade Capitulaire , qui la luy a procurée: Le voicy. 

„ En 1645. S C P C Religieux eftans donc prévenus, ceux qui reftoient de Cloiftriers, au nom- 
» de cinq,& deux Curez, s'affemblentj &le Syndic portant la parole,lcur dit,Que le Seigneur 
„ Evefque de Beziers , Si. Ion Officiai , fe ja&ent vouloir venir vifiter le Monaftere & Egl fe , 
« & les Maifons des Religieux >enfemble les Membres dépendans dudit Caflan , & s'at ri- 
„ buereniceux toute Jurifdiclion , furies Perfonnes , Vie, & Mœurs defdits Religieux, tant 
„ Cloiftriers, que non Cloiftriers Officiers, & Bénéficiées , par attentat > au préjudice des 
., Privilèges, Se Exemptions 

On a rapporté les propres paroles. 

Quel 



17 

Quel eftoit l'aveuglement de ces Pauvres Religieux .» Mais aveuglement caufê par la 
Lecture de la Bulle de l'Antipape Clément 7. 

Peut-on un plus grand aveuglement, que de qualifier d'attentat," la Jurifdiction d'un Evê- 
que , fur tous les Curez de fon Diocefe ? Ce-Crime ne retombe-t-il pas fur les Canons , & les 
Conciles l Eft-ce que le Droit commun eft un Droit imaginaire , depuis qu'il a plu à un Anti- 
pape d'en exempter plufieurs Curez Réguliers, à l'infçeu des Evefques , & fans les enten- 
dre, & contre les juites efforts qu'ils failbient pour l'empefcher? Mais fi c'eit un crime pu- 
niflable, que de parler comme fait ce Religieux ignorant & emporté , on ne peut conteiter 
quecette Bulle ne l'ait entretenu dans l'on ignorance , & ne luy ait ihfpiré ce faux zèle. 

Il ajoute enfuitte, que la Jurifdiction fur tous les Religieux, Curez j 2c Cloiltriers ^appar- 
tient à l'Abbé de S. Ruf j mais c'eit Un Fait fupposé, 2c une lâche Prévarication. . 

Ils ne parloient pas ainfi vingt ans auparavant 3 Eux qui foûtinrent, & au Parlement, 2c ait 
Confeft» que l'Abbé de S. Ruf n'avoit aucune Jurifdiction fur Calïah : Mais on varie félon 
les temps, quand on ne fuit que fa paillon & fon intereft. 

En vérité une telle Vifite, ainfi mendiée dans un temps lufpect , peut-elle faire tort à l'E- 
vefque, & établir un Droit de Jurifdiction ? . . 

Aprescelal'AbbédeS. Ruf devroit rougir : Sous prétexte que l'Official ayant égard au 
nombre, avoit renvoyé les Prévenus * devant le Prieur de Caflan 3 il foûtient que ce fut 
devant luy : Etquandceferoit devant luy , que pourrait* il en conclure ? 

On veut bien qu'il en ait'connu ; & en effet dans cette Vifite, l'Abbé de S. Ruf ne fit qu'en- 
tretenir le Delordre, en les déclarant tous fept innocens. Eft-ce pour foûtenir le Crime , que 
les Papes ont érigé des Congrégations, Se que la prétendue Union de Caftan à S. Ruf , a elté 
projettée ? Mais le Promoteur de l'Evefque , fe pourvût contrela Sentence de renvoy. 

Depuis 1639. jufques en 1656. Plufieurs Profeffions, oùla Dépendance deSi Ruf,n'eft f^fffJent 
point énoncée : Ce qui elt remarquable , c'eit qu'elle ne l'elt pas dans tes Profeffions des deux dei Tr-rts 
Daffié, dont l'un eft pourtant l'Auteur du Procez,2c fon Frère en eft icy le Solliciteu/ : Ils T>*ffi*>**)u 
agiflentdonc contre leur Profeffion, en fedifans Religieux de S. Ruf, mais ils ne le font que ne f e y'Ê* 
depuis le Procez , Se ils ne l'ont intenté , que pour conferver dans- leur famille , un Bénéfice ^"1 " ■ 
qui y eft depuis prés de cent ans. 

', . En 1 6 5 2, . Acte Capitulaire pour fe fécularifer. Que fait S. Ruf ? Rien. Que fait l'Evefque ; Oppo/ttlon 
Il s'y oppofe. Sécularifation trois fois tentée, trois fois échouée j L'dppofition de l'Evefque dcl'Evtfqite. 
eft produitte- 

L'Abbé deS. Rufproduit enfin une Election de Prieur Clauftral de Caftan en 1658. qu'il 
£ confirmée j mais ce Prieur eft celuy dont nous avons rapporté plus haut , les paroles fi in- 
jurieufesàl'Epifcopatj _ 

C'eftoitainfi que pour éviterla Reforme,queMônfeigneurr Archevêque de Narbonne, 
Prieur de Caftan, meditoit d'y établir 5 il s ne fui vent plus les Traces de leurs Pères. En 1596* 
Le Prieur Clauftral fût confirmé par le Pape , on ne penfoit point à S. Ruf. En 1 611. Ils s'op- 
. fiofent à Pailles, élu par Daffié , & confirmé par S. Ruf. En 1(315?; Ils ch^flerentSerclierSc 
Michaut. En i6z8. Oppofition encore contre JefTé. En 163 6. Ils déclarèrent à l'Evefque dans 
fa Vifite, que le Prieur Clauftral eftoit élu par le Chapitre, & confirmé parle Prieur Titu- 
laire. 

Les DémifToires produits, font encore une preuve iriconteftablë , que l'Abbé de S. Ruf DimlToirtà 
h'cft point le Supérieur de Caftan. Dans toutes les Congrégations , l'ufage univerfel Se 
confiant ,c'eft au feul Supérieur Majeur, à donner, non pas des DémifToires ( car c'eft à 
l'Evefque) mais des Obédiences. • .larTdiEiion 

En 1667. Un Religieux de Caftan , ayant appelle comme d'abus , des Ordonnances de jgfjfcfqiiti 
l'Official j il fut débouté avec dépens , Se l'Ordonnance confirmée. 

Conclufion. 

P Eut-on une Poffefîîon mieux établie en faveur de l'Evefque de Beziers ? Peut -on une 
Indépendance , rftm point de nom, mais réelle, plus clairement juftifiée ? Jamais l'Abbé 
de S. Ruf n'a efté reconnu pour Supérieur , jamais il n'a exercé aucune Jurifdiction. Point de 
Poflcffionpaifible 3 tout ce qu'il a produit pour la prouver , eft vain, inutile , Se illufoire. On 
ne s'eft point attache à chaque Pièce , parce qu'on n'auroit jamais fini : On s'en tient à ce qu'il 
a avancé , Que les Marques eflentielles d'une Supériorité 3 font i° Recevoir à l'Habit, & à la. 
Profeffion. 1 9 Régler les Différends. 30 Conférer les Bénéfices. 4°Receùillir les Dépouilles. 
5° Convoquer les Chapitres »& y faire affif ter les Religieux. On foûtient qu'il n'a aucune de 
ces Marques fur Caflan ; on vient de le montrer par de» Faits incontcftables. 

E 






I* ' 

: ÏD'aillcurs , c'euft eftépdneiniitilc. Jamais Tîtrcs plus formels» que ceux des Défendeurs i 
jamais poflcflion plus folidement établie. i - 

Caflan eltoit donc une Maifon particulière , & fansaucun Chef régulier dans le Royaume; 
on a donc pu l'unir à la Congrégation des Chanoines Réguliers de France. 

Toutes les Puiflances y ont concouru, le Roy a donné trois A rrefts 5 feu Monfeigneur lé 
Prince de Conty (Caflan avoit le bon-heur d'eitre dans fon Voinnàge > a eu le zèle de les 
Solliciter, pour latisraire là pieté, & reparer les fcandalesqué ce Monaftere donnoit à toute 
laProvincc. M. le Cardinal de Bonzi, lors Evêque de Beziers»eft entré avec plaifir dans le 
deflei n religieux de M. l'Archevêque de Narbonne , Prieur de Caflan , comme Monfieur de 
Bifcarras fon Succefleur, a fait après luy. Les Religieux de Sainte Geneviève pouvoient-ils, 
ne pas obeïr aux Ordres du Roy , ne pas fui vre le zèle d'un fi grand Prince , ne point écouter 
la voix dece* deuxIlluftrcsPrelats.'Mais pouvoieftt-ils commettre une injultice par une intro- 
duction, où ils n'ont point eu d'autrcparc,quc celle de leur refpedôc de leur foûmiflïori ? S'il y 
avoit quelque vice dans leurEtabliflement,il rejaillirait fur ces Puiflances: Et peut-il y en 
avoir dans le concours des deux Puiflances Ecclefiaftique & Royale , & dans l'exécution de 
ce qu'elles ordonnent ? 

C'elt fur ces Principes, que l'Etabliflement des Religieux de Sainte Geneviève dans Caf- 
fan, cft fondé. Voila leur premier Tître & leur Droit; 

Ils entrent donc* & prennent pofleflion de ce Monaft ère ; après quelque refiftanec , les 
Anciens reviennent, tranfigent avec eux , en avouant la juftice de leur Introduction , & 
Timponlbilké oùilseitoientdevivreen Religieux 3 la Tranfa&ioneftde 16 61. 

En 1664. elle eft homologuée à Tholofe, par Arreitcontradi&oire. 

Neuf ou dix ans fepaflènt dans une parfaite intelligence: Enfin l'homme ennemi jaloux 
des benedi&ions que le Seigneur répandoit fur ce Monaftere , & de la paix qui y regnoit» 
infpire au fieu r Daflié 'de la troubler -, mais Daflié avoit figné la Tranfaûion commune , n'im- 
portc , onproduira des proteftations faites après j il l'écoute , Se entreprend le Procès fur le- 
quel Noflei g neurs du Confeil ont à prononcer, & le Roy dire une parole, Sa Majcfté ne la 
dira pas en faveur de l'injufl;ice,de la faufleté, &de la calomnie: Car Daflié elt injufte, 
puifque quand mefmc les proteftations feraient vrayes , que non, luy & fon frerc ont tranfigé 
quatre moisapres leur prétendue proteftation > pour les deux autres qualitez, les preuves en 
font produites. • 

On finit, en faifant remarquer que tous les Anciens de Caflan» qui eftoient intervenus 
dans le Procès, & que Daflié avoit féduit par fes promefles & fes marchez, produits encore; 
Tous, dis- je, font ou morts, ou ont donné leurs défiftement x il ne rclteplus que deux o« 
trois Anciens retenus par la crainte , 6C par la démarche qu'ils ont faite; 



v&Confîeur DORMESSON , Rapporteur* 



MeiCeurs Benard de R e z e' , & d e Fibubet, Commi flaires.