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Full text of "Factum pour messire Thomas Goulde, prestre, abbé commandataire de l'abbaye de Saint Laon de Thoüars ,; défendeur & demandeur. Contre les chanoine & chapitre de l'eglise collegiale de Saint Pierre du Chastelet de Thoüars; demandeurs & défendeurs"

Z Soi .'«• 5?\ -?-è* 



F A C T U M 

POUR Meffire Thomas Goulde , Preftre , Abbé Commandataire 
de l'Abbaye de faine Laonde Thoiïarsj Défendeur & Demandeur. 

C O NTR E les Chanoine Ç$ Chapitre de l'Eglife Collégiale de faint 
Pierre du Chaflekt de Thoùars » Demandeurs (£ Défendeurs. 

LE Sieur Abbé Goulde a efté nommé par le Roy à L'Abbaye de faint Laon $ 
après la mort du feu Sieur Abbé Régnier des Marefts ; il a efté bi^n éloi- 
gné du vain defir d'honneurs & prefeances, dont fes PredeceïTeuri Abbez 
de faint Laon n'euffent pas joui ; mais parce qu'il eft étranger , & qu'a- 
vant omettre élevé à la Dignité d'Abbé , les Demandeurs, fimples Chandi- 
nes d'une Collégiale , l'ont vu dans une place moins éminente, l'efprit d'envie les a por- 
té à entreprendre de le dépouiller des Droits & Honneurs que fes PredecefTeurs luy ont 
tranfmis. 

S'il ne s'eftoit agi que de fon intereft propre & perfbnnel ; il eft aflez connu dans le 
monde , pour qu'on luy rende la juftice de croire qu'on ne le verroit point eftre partie 
dans une Difpute de prefeances & prérogatives 5 mais Depofïtaire d'une Dignité Eccle- 
fiaftique , fa confeience l'oblige d'en fourenir les Droits , & de les laiffer au (fi purs à fes 
SuccefTeurs , qu'il les tient de ceux qui l'ont précédé dans cette Dignité ■> fon unique 
douleur eft d'eftre obligé , en fe défendant , d'importuner la Cour d'une Conteftation 
de cette nature. 

Moniteur Delapoipe de Vertrieu , Evêque de Poitiers , à qui toutes les Parties inte- 
reffées dans cette Conteftation , s'eftoient rapportées , a pris toutes les peines que le zèle 
le plus faint & le plus defîmerefTé puiffe exciter dans un Prélat, pour régler un pareil 
Différent entre des Perfonnes Ecclefîaftiques : Il a entendu les Parties ; il a examiné 
leurs Titres , 6c aidé des Suffrages des plus Sages de fon Clergé de Poitiers y il a donné 
fon Jugement , en forme de Concordat , le 10 Avril 1715 ; il a efté figné & ap- 
prouvé par le Sieur Abbé Goulde , par le Député du Chapitre de l'Abbaye de faint 
Laon } par le feu Sieur Porcheron , Doyen du Chapitre des Demandeurs ; par le Dé- 
puté qu'ils avoient envoyé; par celuy du Chapitre du Chafteau , & par le Curé de faint 
Medard * qui font toutes les Parties intereffées aux honneurs , prefeances Se prééminen- 
ces du Clergé de la Ville de Thoiiars $ les Chapitres de faint Laon Se du Chafteau 
l'ont ratifié par A&es Capitulaires; quatre ou cinq d'entre les Chanoines de faint Pier- 
re , dont les fentimens font félon leurs génies & leurs naiffances , font les feuls qui ont 
refufé de le ratifier $ & ce font eux qui ont introduit en la Cour l'ïnftance qui eft à 
juger, y 

Us y ont fait aflïgher non feulement le Sieur Abbé Goulde , mais encore les Prieur 
& Chanoine% Réguliers de faint Laon, le Sieur Porcheron Doyen ^ le Chapitre du 
Chafteau , & le Curé de faint Medard ; ils ont fait tous leurs efforts pour engager 
tous ceux-cy dans leur parti contre le Sieur Abbé Goulde : mais tous ont déclare qu'ils 
ne vouloient point entrer dans ces Conteftations , & qu'ils s'en rapportoient à la pru- 
dence de la Cour ; le Sieur Porcheron même, Doyen des Demandeurs, a formellement 
déclaré qu'il s'en renoit à la Decifion de Monfieur l'Evêque de Poitiers, qu'il avoit (ï 
gnée ; ainfï le Sieur Abbé Goulue n'a donc pour Parties dans une Difpute deprefeance 
& prééminence , que de fimples Chanoines de Collégiale. 

La Cour fera indignée des exprdîîons groffieres& choquantes dont ils fe font fervi-s 
contre luy , fans prendre garde que par- là ils fe deshonorent &. fe puniflent trop eux- 
mêmes , pour qu'il fe mette en peine de les relever, 

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1 

Au refte leur chicane s*eft étrangement multipliée; car les feules Conreftations , 
dont ils ont inutilement fatigué Monfieur l'Evêque de Poitiers , rouloient fur deux ob- 
jets ; l'un regardoit l'honneur de prelïder & fermer les Rangs aux Aflemblées & Pro- 
cédions générales du Clergé de Thoiiars ; l'autre , celuy de porter le Saint Sacrement 
au Procédions du Jour fie de l'Octave de la Fefte de Dieu, 

Mais depuis que l'Inftance eft en la Cour , ils ont futceflivement , par une multitude 
prodigieufe de Requeftes , imaginé de nouveaux Chefs de Conteftation : ils prétendent 
empêcher qu'il (oie mis un fauteuil fie tapis dans l'Eglife de faint Medard , pour le Sieur 
Abbé Goulde, 

lis avoient même enfuire voulu le dépouiller de fon rocher, ils fe font retraciez ; 
mais ils veulent luy ôter le camaille ou muzserte j ils veulent auffi luy ôcer la bague qu'il 
a au doigt -, Us prétendent l'empêcher dp donner la Bénédiction du Saint Sacrement à 
trois Croix , trink Btntàicïimt : Ôc enfin ils ne veulent pas qu'il luy foit permis de fe faire 
fuivre d'un Domeftique ; c'eft , difent-ils , entreprendre fur les Droits Epifcopaux. 

Ces quatre derniers Chefs de Conteftation ne mentent d'eftre relevez , que pour en 
montrer te ridicul ; auflî le Sieur Abbé Goulde ne s'y arrefteça que très fommairemenr, 
après avoir établi combien les Demandeurs font mal fondez dans les trois autres Chefs 
principaux , qui concernent l'honneur de fermer les Rangs , celuy de porter le Saint Sa- 
crement, £c celuy du fauteuil ôc tapis dans l'Eglife de faint Medard. 

PREMIER CHEF DE CONTESTATION, 

Concernant t honneur de fermer les Rangs, • 

Le Sieur Abbé Goulde foûtient qu'il adroit de fermer feul les Rangs aux Aftenioiees 
& Procédions générales du Clergé de Thoiiars , fans avoir aucun Ecclefîaftjque à côté 
de luy , marchant en même ligne : les Demandeurs au contraire luy accordent bien 
l'honneur d'y prefîder ; mais ils prétendent le limiter au feul point d'avoir la droite, 
'ôc l'obliger de fouffrir que leur Doyen j ou en l'abfence de ce dernier, l'un d'entre eux , 
fuivant l'ordre de leur Réception , marche à côté de luy ,& en même ligne , pour fer- 
mer enfemble les Rangs. 

Plufieurs Moyens également folides , établiffent la jufte prétention du Sieur Abbé 
Goulde , Ôc confondent celle des Demandeurs. 
premier i°. La Dignité d'Abbé peut feule former une confideration importante , pour rejet. 
Moyen, ter bien loin le niveau que les Demandeurs , (impies Chanoines de Collégiale voudraient 
mettre entre luy & eux ; il eft des Règles de Subordination établies en tous Etats , pat 
lesquelles le bon ordre fie la tranquillité s'y maintiennent -, l'Eglife a établi une Hiérar- 
chie entre les Perfonnes qui luy font confacrées , 6c c'eft une vanité monftrueufe , que 
des Ecclefiaftiques du bas Ordre entreprennent de difputer de Rang ôc Prééminence 
avec ceux que l'Eglife met au nombre de fes Prélats. 

Perfonne n'ignore que les Abbez iont confiderez dans l'Eglife comme Prélats du fé- 
cond Ordre, tenans rang fie feance après les Evêques $ les Loix Canoniques les appel- 
lent : Sponpjuarum Ecdtfiarum , & PrœUti : l'on ne met plus de diftin&ion entre les Ab- ' 
bez Commendataires ôc les Abbez en Titre , du moins pour ce qui regarde l'éminence 
de la Dignité , ôc les Rang fie Séance ; le Concile tenu à Rouen en jj8i , après avoir 
confulté Grégoire XIII. décida que les Abbez tenans rang après les Evêques , dévoient 
précéder tous les autres Ecclefiaftiques conftituez en Dignité , comme Doyens, Archi- 
diacres , fie auyes des Eglifes Cathédrales , à moins que le Chapitre de Cathédrale ne fe 
trouve en Corps avec l'Evêque , parce qu'en ce cas l'Evêque Se le Chapitre font con- 
fiderez comme un même Corps, dont l'Evêque eft le Chef j nul doute par conlequent 
que les Abbez font bien élevez au deflus des Chapitres de Collégiales j aufli la Cour 
n'at-elle point fait difficulté de le juger ainfi, fuivant la Remarque de Chopin: Dcfs- 
trà Polit. Ub. t. fit, 6. num. 18. 

L'application en eft toute naturelle dans laprefente Inftance en faveur du Sieur Abbé 
Goulde contre les Demandeurs ,qui font Chanoines d'une Collégiale, de 'Fondation 
d'un Evêque de Poitiers. 

Celuy d'entre eux , qui fe qualifie Doyen , n'eft point conftitué en Dignité ; il n'a 
ny pouvoir ny Jurifdidion. Il n'a rien qui le diftingue des autres Chanoines, il n'eft 
confideré que comme Doyen Rural ou Archipreftre , au Titre duquel il y aune ô»8 prnuYiJ 
attachée ; les Evêques de Poitiers ne le confiderent pas autrement- Il y en a une preuve 



3 
fenfîbledans le Règlement du 10 Avril 1715, dont l'on a cydevant parlé j autrefois ce 
Doyen fe qualifioit Doyen de faim Pierre ; rtiais par Sentence de POfficial Métropo- 
litain de Bordeaux , du 6 Septembre 1611 j il luy fut fait défenfes de prendre cette cjua- t>c i' 
lité , il voulut enfuite prendre la qualité de Doyen de Thoiiars r mais il en fut débouté X àt-LcjlUe^' 
par Arreft du Grand. Confeil du 1 Aouft 1668 ; aulÏÏ les Chanoines de cette Collégiale 
ne reçoivent jamais un Doyen , qu'ils ne le fafTent renoncer à prendre la qualité de 
Doyen de leur Eglife 5 & ils prennent grand foin de le confondre avec eux en l'alïujet- 
tiflant jufques aux moindres fonctions de fimple Chanoine , fans luy donner aucune des 
prérogatives des Doyens de Chapitres, comme d'officier aux Feftes Annuelles & celle 
du Patron de leur Eglife $ ainfi la différence de la Dignité d'Abbé aux {impies perfon- 
nats des Demandeurs , fournit un premierMoyen confiderableau Sieur Abbé Goulde, 
pour le droit de fermer feul les Rangs , fans admettre aucun du Chapitre des Deman- 
deurs à partager cet honneur avec luy. 

i°. Il tire un fécond Moyen de l'ancienneté & prééminence de Ton Eglife de faint Second 
Laon , fuivant le chapitre , Licet Cwfim extra de Probattenib, Les Demandeurs rapportent Moyen. 
un Titre de 1098 , qui enfeigne, que Pierre Evêque de Poitiers a fondé leur Collégia- 
le $ c'eft ce même Evêque qui parle dans ce Titre , & qui dit qu'il fait cet Acte pour 
fervir de Monument écrit de Fondation, & pour empêcher qu'elle ne demeure enlève- 
lie dans l'oubli : Hoc quoi de Ecclefâ faafii Pétri de Toarch flaèilivi > feripto commendavi , 

ne amplittsohlivionit Caligmc Pojfit obnubtietri 

Or Pierre, qui eftoit Evêque en 1098, eftoit venu en 1087 à l'Epifcopat \ il efloit le 
fécond Evêque de Poitiers de ce nom : Voyez le Livre GaU'ih Chnfliana , il y en a un 
Extraie produit $ par confequenc le Chapitre des Demandeurs ne peut avoir elle, fondé 
que depuis 1087. 

Il y a au contraire dans l'Inftance un autre Acte émané du même Pierre Evêque de 
Poitiers , de l'an 1107, où.'ù énonce que l'Abbaye de faint Laon eftoit déjà fubfiftant 
dès le temps d'Ifambert fon PredeceïTeur } Evêque de Poitiers , & par les Extraits pro- 
duits du même Livre Chronologique, GaSia Cbrifiiana ^ Ifambert fut fait Evêque l'an 
1010 j par confequenc la Fondation de faint Laon eft bien plus ancienne que celle de 
faint Pierre de Thoiiars. 

La queftion d'ancienneté & prééminence de ces deux Egtifes entra même dans le 
Procès jugé par i'Arreft du Grand Confeil , du 1 Aouft 1668 , dont il a efté cydevant 
parlé , les Titres font énoncez dans le Vu de I'Arreft j & le Grand-Confeil jugea en 
faveur de l'Eglife de faint Laon. 

Il refte de plus un ancien Monument bien ienfible de cette prééminence de l'Eglife 
de faint Laon , en ce que le Prédicateur de la Ville de Thoiiars > qui doit prêcher l'A- 
vent , le Carême & l'Octave du Saint Sacrement , doit faire fon premier Sermon dans 
l'Eglife de faint Laon , ce qui s'appelle prendre pojfejfion de la chaire , dans le commun 
ufage de parler à Thoiiars. L'on a joint dans l'Inftance des Pièces , donc le détail feroit 
trop long pour un Mémoire , qui font affez prefumer que toutes les Cérémonies avoient 
accoutumé de fe faire dans l'Eglife de faint Laon , & même dans un Concordat de 1660, a£raù/j*ej 
duquel l'on parlera incontinenc, l'on voit que le Chapitre de faint Laon eft dénommé 
le premier : de manière que le Moyen que le Sieur Abbé Goulde tire de l'ancienneté 
& prééminence de fon Eglife eft incontestable. 

3 , Outre ces deux Moyens importans , le Sieur Abbé Goulde à l'autorité de la chofe Twjtèwe 
jugée par Arreft contradictoire de la Cour , dn premier Juillet 1661. Moyen* 

Pour entendre ce qui y donna lieu , l'on obfervera que le Chapitre de faint Pierre 8c 
celuy de Nôtre- Dame du Chafteau , qui eft de Fondation plus nouvelle que les aurres } 
conçurent une jaloufie de ce que l'Abbaye de faint Laon avoit toujours les honneurs aux 
Affemblées & Procédions générales & y portoient toujours le Saint Sacrement ; Se refo- 
lurent de s'unir pour fe feparer de l'Abbaye, & faire Proceflïon à part ; le Chapitre de 
faint Laon fe pourvût contre eux , il obtint Sentence au Prefidial de Poitiers , qui les 
obligea d'en ufer à la manière accoutumée , dont s'eftant plaints en la Cour, \\ inter- 
vint le to May 1659 un Arreft par défaut , qui ordonna l'Execution provisoire de la 
Sentence de Poitiers y tes Chanoines de faint Pierre y formèrent opposition , & ils en 
furent déboutez avec dépens, par Arreft contradictoire du 13 Mars 1660. 

Cependant par la fuite les Prieur & Chanoines Réguliers de faint Laon eurent la fa- 
cilité de faire un Concordat le 10 May 1660 , par lequel ils confentirent de partager 
les honneurs avec les Chapitres de faint Pierre ÔC du Chafteau , alternativement par an- 
née j enforte que chacun de ces trois Chapitres auroit, de trois années une , les hou- 



4 
rieurs Se prefeances aux Aflèniblées te Procédions. 

Le Sieur Abbé Ribier , qui eftoic pour lors Abbé de faint Laon , 6c fans la participa- 
tion duquel ce Concordat avoir cité pafïé , n'eut garde de l'approuver -, il protefta con- 
tre ; et il fe pourvût en la Cour , Se lur Productions refpecttves.des Parties , il intervint 
l'Arreft du premier Juillet v66 1 , au Rapport de Monfieur Catinat , portant que les Pat- 
ties procederoient en la Cour fur le fond de leurs Conteftations , & que par provifion 
le Sieur Abbé Ribier prefideroit 6c fermeroit les Rangs à toutes les Aflemblees ôc Pro- 
cédions du Clergé de Thouars. 

Bien que cet Arreft ne (oit que provifoire , il n'a pas moins la force de la choie 
jugée ; il a efté rendu en pleine connoiflance de Laufe y les Chanoines de faint 
Pierre , qui eftoient alors , n'oferent plus revenir en la Cour i & l'Inftance que les De- 
mandeurs ont introduit en 1715 , eft une Action nouvelle, qu'on ne peut regarder autre- 
ment que comme un renouvellement de la Queftion jugée. 
ùiâtrli- 4 Q - Le fieur Abbé Goulde joint à cela la poflefnon immémorial le de lui & de fes 
mt -loy-ti Predecefleurs Abbez de Saint Laon , de prefider & fermer feul les Rangs. Les De- 
mandeurs ont l'adretTe d'équivoquer , 6c de chercher à éluder le point eflentiel , eu 
égard au fieur Abbé Goulde. Ils répètent fouvent que le Concordat de Triennaliré, 
a été obfervé & toujours exécuté entre les trois Chapitres 5 fçavoir entre les Prieur 
6c Chanoines Réguliers de Saint. Laon : le Chapitre de faint Pierre 6c celui du Châ- 
teau ; ils rapportent même plufîeurs pièces pour établir cette exécution de triennalité 
entre ces trois Chapitres y mais c'eft un fait indifferend ; Le fieur Abbé Goulde ÔC 
fës Predecefleurs Abbez n'ont eu aucun intérêt d'empêcher que ces trois Chapitres 
s'accordafîent pour les Honneurs , Rangs & Séances , par rapport à eux , 6c ces pie- 
ces font Etrangères aux Abbez de Saint Laon , qui n'y ont point efté prefens ; mais 
Je point eflentiel , par rapport au fieur Abbe Goulde , eft de Ravoir le Rang & Séan- 
ce de lut 6c de fes Predecefleurs Abbez y or il a précisément articulé par Requefte, 
avec offres d'en faire preuves, que de temps immémorial, lui & fes PrcdecelWs Ab- 
bez ont prefidé 6c fermé feuls les Rangs aux Aflemblees & Procédions générales du 
Clergé de Thouars , à toutes les fois qu'ils y ont affifté : PoflefTion qui a toujours con- 
tinue ju r qu'à prêtent - y ce fait eft trop précis pour laifler le moindre équivoque. La Pof. 
feffion des Predecefleurs du fieur Abbé Goulde eftoit fi confiante , qu'à rAfïemb'ëe 
Se Proceffion générale du ij. d'Aouft 1714, qui (e fie pour l'accompliftemenr du vœu 
des feus Rois Louis X 1 1 1, & Louis X I V , ôc qui a efte la première à laquelle le fieur 
Abbé Goulde eût affilié , depuis fa prife de pollelTion de l'Abbaye de Saint Laon, 
perfonne ne lui contefta le droit de fermer feul les Rangs à l'exemple de fes Prede- 
cefleurs : Les Demandeurs ont par la fuite entrepris de lui en former la difpute, 
mais il a toujours continué cette pofll-fîion. 

Il eft inutile après cela de s'arrêter à trois pièces , fur lefquelles il paroîe que les 
Demandeurs fe fondent particulièrement, quoi qu'elles foient les plus mutiles qu'on 
juifle propofer. 

La première eft un Acte de 1455 , qui paroît émané de l'autorité d'un Officiai de 
Poitiers , Se qui femble mettre un niveau , dans la marche , entre l'Abbé de Saint Laon 
6c le Doyen Archiprêtre; donnant néanmoins toujours la droire à l'Abbé. 

Mais dabord fi Ton en examine la forme , l'on n'y en trouve aucune y il eft difficile 
de lui donner un nom & une qualité : Ce n'eft pas une Sentence , parce qu'il n'y eft 
fait mention ni de demande , ni autre procédure ; 6c d'ailleurs les Officiaux ne con. 
noifï'ent point des Droits & Prééminences des Abbez : Ce n'eft point un Jugement 
Arbitral, l'on ne voit ni comprom^ , ni prononciations, ni lignification y ce n'eft point 
auflî un Acte d'accord entre Parties , il n'y en a pas une qui ait figné y ainfi c'eft une 
pièce fans forme 6c fans caractère ; et ne peut «tanc être que l'ouvrage d'un Officiai 
qui a eu le deflîn de favorifer un Chapitre , dont fon Evêque eftoit le Fondateur, & qui 
nommoit à la Prebande unie au Doyen Archiprêtre ou Rural de Thouars y mais de 
plus jamais elle n'a eu d'exécution par rapport aux Abbez de Saint Laon y aufll la 
Cour n'y eut point d'égard, lorfqu'ellç rendit l'Arrêt du premier Juillet i66r,6c enfin 
la pofleffion immémoriale articulée par le iîeur Abbé Goulde levé jufqu'au moindre 
doute. 

L'on ajoutera même par furabondance que cet Acte, qui donne au Doyen Archi- 
prêtre , la gauche dans la marche, avec l'Abbé de Saint Laon , n'accorde pas le même 
honneur à aucun des Chanoines de faint Pierre , il feroit donc toujours inutile aux 
Demandeurs, fimples Chanoines de faine Pierre , d'autant plus que le fieur Porcheron 

Doyen, 



5 

Doyen , a acquiefcé & figné le règlement de M' l'Evêque de Poitiers , du 10. A vil 
1715 , que de plus il a déclaré dans l'Inftance qu'il ne voùloic point entrer en conté- 
ftation contre le fieur AbbéGoulde, 6c l'a exécuté. 

La féconde pièce eft le Concordat du 20. May 1660 , patte entre les trois Cha- 
pitres , fans l'Abbé de Saint Laon ^ niais la proteftation du fieur Abbé Ribier, fuivie 
de PArrêt contradictoire du 1. JuiHet 1661 , font voir combien ce Concordat eft in- 
diffèrent au fieur Abbé G oui de. 

La t roi fié me eft un avis de trois Millionnaires , qui eftoient en Poitou* en l'année 
1664. Ils s'entremirent , Vro^rio motu , pour régler les Rangs & Séances du Cierge de 
Thouars : lis logeoient 'chez le Doyen Archiprêtre ; & par bonne volonté pour lui , 
ils dreffereot le 20. Novembre 1664. un projet, qu'ils eurent Tadrefle de faire ligner 
au fieur Abbé Ribier , fans lui en faire lecture , 6c fans lui donner connoilïance de 
ce qu'il contenoit ; la preuve de ce tait eft en l'Inftance. 

Cet avis fut que l'Abbé , & le Doyen fermeroient feuls les rangs ; l'Abbé a la 
droite , le Doyen a la gauche - t qu'immédiatement devant eux rriarcheroient le Prieur 
de Saint Laon , le Treforier du Chapitre du Château , & un ancien Chanoine de 
faint Pierre j & qu'en l'abfence de l'Abbé de Saint Laon, le Concordat de tnenna- 
Jiré d'entre les trois Chapitres du 10. May 1660. feroit oblervé, 

Lorfque le fieur Abbé , dont la fignature avoit efté furprife , eut vil cet avis injufte, 
& même abfurde, comme on le va démontrer , il ne voulut point l'exécuter. On le 
prefenta à Monfieur de Clairambault lors Evêque de Poitiers , pour l'omologuer ^ 
quoique cela ne fut point de fa Jurifdt&ion ; mais il le trouva lui-même G peu railon- 
mable , qu'en l'omo oguant il ajouta que l'Abbé de Saine Laon auroit toujours la 
préfeance & la prefidénee dans toutes les AfTemblées & Procédions du Clergé de 
Thouars , fans lui mettre le Doyen , ni autre à fon côté j auffi jamais les Abbez de 
Saint Laon n'ont marché autrement. 

Le Doyen Archiprêtre ,.& les Chanoines de faine Pierre furent chagrins de ce 
Jugement de Monfieur" de Clairambault ; ils voulurent par la fuite fe feparer de la 
Proceffion générale y mais le 31. Juillet 1668. le fieur Abbé Ribier obtint un Arrêt 
«le la Cour, fur les conclurions de Monfieur le Procureur General , qui leur enjoignit 
de fe trouver aux AfTemblées & Proceflîons , & ordonna l'exécution des Arrefts des 
20. Mars 1660 , & 1. Juillet 1661 , â peine de faille de leur temporel j ils n'oferent 
defobéir , & la pofleffion des Abbez àc Saint Laon a toujours efté continuée de pre- 
fider & fermer feuls les rangs. 

Les Evefques de Poitiers ont efté fucceffivement dans ce mefme efprit en faveur da 
droit des Abbez de Saint Laon : Il y en a un témoignage dans une Ordonnance de 
Monfieur Fortin de la Hoguette , de l'année 1684, qui en réglant quelques incidens 
furvenus entre les trois Chapitres , fur l'exécution de leur Concordat de triennalité , 
ajouta precifement que c etoir fans prejudicier aux droits de l'Abbé de Saint Laon ; 
auquel ce Concordat de triennalité eftoit étranger. 

Monfieur Girard fucceffeur de Monfieur de la Hoguette, fit une entrée folemnelle 
à Thouars en 1695 -, le Clergé fit une AfTèmblée & Proceffion générale pour le rece- 
voir j or le fieur Abbé Régnier des Marets , lors Abbé de Saint Laon , prefida & 
ferma fui les rangs à cette AfTèmblée, 

A Monfieur Girard a fuccedé Monfieur de la Poipe de Vert rien , & l'on voit que 
par fon Règlement du 10. Avril 171$. auquel les Demandeurs feuls n'ont pas voulu 
déférer , quoique le Doyen & leur De^té l'ayenr figné , n'a point trouvé de diffi- 
culté à décider en faveur du fieur Abbé Goulde. 

Ainfî c'eft donc fans raifon que les Demandeurs voudraient fe prévaloir de cet avis 
des Millionnaires , des 10. Novembre 1664, demeuré fans exécution ,& defapprouve 
par tous les Evefques de Poitiers , parce qu'en effet il eft très abfurde ; car outre qu'il 
eft contraire à PArreft de 1661. & qu'il confond la dignité d'Abbé avec un (impie 
Office de Doyen Rural ou Archiprêtre ; l'on Voit que ces Millionnaires qui confide- 
rpient ce Doyen Rural comme Doyen de TEglife de Thoiiars , qui en effet fe qua- 
lifioit tel avant PArreft du Graud Confeil du 1. Août 1668 ,en attribuant à ce Doyen 
l'honneur de fermer les Rangs, à la gauche de l'Abbé de Saint Laon , le renvoyent 
d'un autre côré , en l'abfence de l'Abbé ,à l'exécution du Concordat, du 10, May 
1660 , qui confond ce même Doyen avec le Prieur de Saint Laon , & le Treforier 
du Chapitre du Château j de manière que , fuivant cet avis , le Doyen , lorfque l'Ab- 
bé aflifte aux Proccffîons , feroit audeflus du Prieur de Saint Laon, & du Treforier 

B 



6 

du Chapitre du Château j 6c en l'abfence de l'Abbé, ce même Doyen feroit, fuivqnt 
Tordre de Triennaliré eftabli par le. Concordat de 1660. de trois ans deuxau-def- 
fous du Prieur de Saint-Laon, & du Trefoner du Chapitre du Château ; Or quelle 
étrange abfurdité que la prefence ou abfence de l'Abbé de Saint Laon , règle les hon- 
neurs Ôc feances du Doyen ? Quelle illufion à la dignité d'Abbé de metne toujours* 
le iîeur Abbé audeflus du Prieur de Saint Laon 8c du Treloner du Château \ &t en 
même temps lui donner pour concurrent le Doyen , qu'on met en l'ablence de l'Ab- 
bc , audeflbusdu Prieur & du Treforier ? Ne feroit-ce pas rabaiffer la dignité d'Ab- 
bé pendant que ce feroit |de lui néanmoins qu'on emprunteroit l'honneur qu'on feroit 
au Doyen ? Il ne faut donc pas s'étonner que cet avis n'ait eu aucune exécution , 6c 
qu'il air elle mépnfé par les Evelques de Poitiers , eu égard à l'Abbé de Saint Laonj 
ces fuffrages des Evefques de Poitiers méritent même d'autant plus de coniîderation 
qu'ils font les Patrons & Fondateurs de l'Egliie Collégiale de faint Pierre , & que leur 
iqterelt , ceffant les purs fentimens de la Juftice , ieroit de tavonfer cette Eglife. 

Au refte, l'on ajoutera par furabondance , que les Demandeurs ont d'autant moins 
de raifon de fe prévaloir de cet avis des Miflionnaires , qu'il ne porte point qu'aucun 
Chanoine puifle marcher à côté de l'Abbé de Saint Laon , en Tabfence du Doyen 
ni autrement : il y eftoit parlé du Doyen y mais le Sieur Porcheron Doyen a expreiïé. 
ment acquiefeé au Règlement de Moniteur l'Evêque de Poitiers du 10 Avril 1715 ;8c 
quand même il il n'y auroit pas acquiefeé, ce feroit en vain, après les obfervations 
qu'on vient de faire, qu'il entreprendroit de difputer au Sieur Abbé Goulde le droit 
de prefider Se fermer feul les rangs aux Affemblees 6c Procédions ; droit qui eft fondé 
fur (a Dignité , fur l'ancienneté 6c prééminence de fon Eglife y le préjugé de la Courj 
la pofïeiïion immemorialle de luy 6c de fes prédecefleursyles luffrages des Evêques 
de Poitiers y Ôc le filence des autres Corps Ecclefiaftiques , qui ne diïputent point. 

DEUXIEME CHEF DE CONTESTATION. 
Concernant le Droit déporter le Saint Sacrement. 

Monfieur l'Evêque de Poitiers, par fon Règlement du 10 Avril 1715, a ftatué que 
le Sieur Abbé portera le Saint Sacrement le joiir de la Fête de Dieu , & qu'à Tegard 
du jour de PO&ave , il fera porté en alternative de triennalité par les Chefs des 
trois Chapitres y quoyque par- là on retranche au Sieur Abbé le Droit de porter le 
Saint Sacrement le jour de l'Oâave , il s'y feroit fournis avec beaucoup de refped & 
de confédération pour le faint Prélat qui l'a ainfi ftatué , fi les Demandeurs avoient 
eu pareille foumiffion j mais il rentre dans fes Droits dès qu'ils refufent de s'y foû.- 
mettre :or il a des moyens très folides pour foûtenir que l'honneur de porter le Saine 
Sacrement ne peut jamais appartenir qu'à l'Abbé de Saint Laon , lorfqu'it affine à 
la Procefîîon , bien entendu quand il eft Prêtre j car le Sieur Abbé Régnier qui n'eftoic 
pas Prêtre , ne pouvoit pas le porter , mais l'Abbé eftant Prêtre , nul que luy n'a 
droit de le porter, quand il aflîfte à la Proceflîon. 

i°. La Dignité d'Abbé , fuperieure à la qualité des Demandeurs & autres Eccle- 
fiaftiques de Thouarsi6c l'ancienneté Si prééminence de fon Eglife, forment un pre- 
mier moyen très-confiderable. 

i°. La qualité de Chef, prefîdant 6c fermait feul les rangs aux Aflemblées èi Pro- 
celîions, peut-elle compatir avec l'idée d'attribuer à un autre, en fa prefence 6c mal- 
gré luy , l'honneur de porter le Saint Sacrement , qui n'eft dû en tous lieux qu'au 
prefîdant ? Seroit il Prefident s'il rouloit avec les trois Chapitres pour porter le Saint 
Sacrement. 

3 . Le Sieur Abbé Goulde a produit des Titres qui prouvent , qu'avant le Coo- 
cordât du 10 May 1660, le Droi de porter le Saint Sacrement avoit toujours appar- 
tenu à l'Abbaye de Saint Laon feule. 

Il y a un Titre de 1560, qui parle du vol qui fut fait du Soleil de l'Abbaye , 8c 
qui énonce que c'étoit le Soleil qui fe portoit par les rues aux Feftes de Dieu. 

Il y en a un autre de 1648 , qui porte qu'un Aumônier de Monfieur le Duc de la 
Tremoiiille porta le Saint Sacrement, par ta perrniflïon des Abbé , Prieur & Religieux 
de Saint Laon. 

Il y en a un autre de 1657, qui contient une attention de grand nombre d'Ha- 
bitans anciens de la Ville de Thouars. 



7 , 

Jl y a l'Arreft do jo Mars i6do , dont il a eflé ci-devant parlé, qui força les Cha- 
noines de Saint Pierre d'affifter aux Procédions en la manière accoutumée ; îlsavojent 
voulu s'en (eparer avec te Chapitre du Châreau , par chagrin de ce que l'honneur de 
porter le Saint Sacrement eftoit à l'Abbaye. 

L'on a fait voir que le Concordat pofterieur du 10 May 1660 , a efté tndiff-renr à 
l'Abbé , qui a toujours conlerve à fon eçard les honneurs dont l'Abbaye de Saint 
Laon avoir accoutume de jouir ^ l'on a aulfi fait voir qu'en 1668, pour pareil chagrin 
contre le Sieur Abbé Ribier,qui eftoit Prêtre, & qui portoit le Saint Sacrement, les 
Chanoines de Saint Pierre voulurent encore faire une Procellion feparée;mais que, 
par Arreft du 31 Juillet i6ûS , il leur fut enjoint, fut peine de faifie de leur temporel, 
d'y atlîfter >• & l'exécution des Arrefts de 1660 & 1661 fut ordonnée ; le Sieur Abbé 
Ribier a toujours joui de cet honneur, comme de celuy de prefider fie fermer feul A 

les rangs f le Sieur Abbe Goulde a auffi toujours porté le Saint Sacrement le jour de xtnCmcJ 
l'Octave, quand il y a affilié \ les Demandeurs ne fçauroient faire voir qu'autre que 
luy l'ait porté en fa prefence;il luy eft au furplus indiffèrent qui des trois Chapitres 
le porte quand il n'y elt point, 

TROISIEME CHEF DE CONTESTATION. 

Concernant le Fauteuil & Tapis en'l'Egli/è de Saint Medard. 

C'efl dans cette Eglife parroiffiale de faint Medard que les Corps Eccl'efïaftiques fe 
rendent pour former les Affemblées & Procédions } il n'y a là ni Chaifes , ni Stales ou 
Formes, ainfi qu'il y en a dans les autres Eglifes ■> il n'y a que (impies bancs com- 
muns, fans élévation déterre. 

Or de temps immémorial , l'on a toujours mis dans le Chœur un* FauteiJ & un 
Tapis pour l'Abbé de Saint Laon, par diirmclion de fa qualité & par conllderation 
pour le Chef & Prefident des Afïemblées & Proceflîons j le Sieur Abbé Goulde a 
articulé ce fait de poifeffion immemorialle par luy ôc par fes Predecefleurs Abbez , 
avec offre de le prouver $ il y a même deux Procès- verbaux en l'Iaftahce du 13 Avril 
1715, dans l'un defquels le Curé de faine Medard qui fert cette Eglife depuis plus 
de cinquante ans â rend témoignage que tel eft l'IIfage toujours pratiqué; dans ï'au- 
rre ce font deux Notaires , qui parlent auflî de cet ufage comme certain & notoire. 
Le Clergé de Thouars a quelquefois prié les Sieurs Abbez de Villeroy , de Lucinde^ 
& Pouget, en différents temps, en l'abfence de l'Abbé de Saint Laon, d'affifter aux 
Proceflîons ; ils ont, comme tenant la place de l'Abbé de Saint Laon, non feule- 
ment prefîdé & fermé fèuls les rangs, mais encore ils ont eu également le fauteil 8c 
tapis à faint Medard $ jamais le Sieur Abbé Goulde n'a celle, à l'exemple de fes 
predecefleurs, d'avoir le fauteuil ôc tapis ; ainfi nul doute à débouter les Demandeurs 
de la mauvaik conteftation qu'ils forment à cet égard. 

Q^U ATR.E AUTRES CHEFS. 

Concernant h Bcne diction y la Mofette, la Bague g) le Domefiique. 

L'ont fent ici l'efprit d'aigreur & d'animofité des Demandeurs $ ils prétendent que 
le Sieur Abbé Goulde entreprend fur les Droits des Evêques dans ces quatre points $ 
mais Ç\ cela efloit , pourroit il avoir d'autre Partie que M' l'Evêque de Poitiers, qui 
eft bien éloigné de le plaindre de fa conduite ? 

S'il donne la Benedidion du Saint Sacrement, Tri ha benedi&ione H difant Adjutorium, 



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e$c. il ne fait que ce que non feulement fes predecefleurs ont fait, mais même tous -+■ [*?■*** 
les Curez de Paris & autres grandes Villes du Royaume j Ôc ce qu'il a luy-même touU * 

jours fait eftant Treforiér du Chapitre du Ghafteau - y ce que de plus le Prieur de Saine 
Laon & le feu Sieur Porcheron Doyen , ont toujours fait. 

La Mofette qu'il porte eft la même que le Sieur Abbé Régnier fon predeceffeur 
portoit ij il rje fait que ce que tous fes predecefleurs ont fait • ce qu'on voit notoire- 
ment faire à tous Abbez dans les Cérémonies & AGfemblées publiques j& ce que 
tout le Clergé de Thouars a vu dans les Sieurs Akbez de Villeroy , de Lucinde & 
Pouget , lorsqu'ils ont officié en l'abfence de l'Abbé de Saint Laon. 

A l'égard de la Bague au doigt , celle que le Sieur Abbé Goulde porte , eft telle 



8 

que quelques-uns d'entre les Demandeurs en portent eux. mêmes , fans aucune con- 
lequence , ainfi qu'il l'a articulé. 

Enfin n'eft-ce pas une ridicule malhonnefteté de parler feulement du Domeftique 
qui fuie modeftement le Sieur Abbé Gcmïde aux Procédions , pendant que les De- 
mandeurs ont vu fans contradiction fes predecefleurs Abbez, entr'autres le feu Sieur 
Abbé Régnier, qui a elle trente-quatre ans Abbé de Saint Laon, fe faire fuivre 
de plufieurs Domeftiques , & de plus fe faire porter la foutane ? Il fuffit donc de 
propoier ces quatre Chefs de conteftation pour les réfuter , & pour découvrir que 
c'eft une malignité d'efprit qui les a produits. 

Monfîeur DE V 1 r EN NE, Rapporteur. 



M c GARNIER. DE LA CHEVR.IE, Avocat. 



CANTO,Proc. 



A PARIS, De l'Imprimait de Lauiint Ronbit. rué S. Jacquet, 

prci 11 toûtiia* Saint Serai», m Comp «. 




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