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Full text of "Memoire pour les abbé, prieur & chanoines réguliers de l'abbaye royale de la Magdelaine de Châteaudun ,, intimez & défendeurs. Contre les doyen, chanoines & chapitre de l'eglise de Saint André de la même ville, appellans & demandeurs"

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DeJ 1 Imprimerie de ta Veuve C. GU1LLERY , au bat du Pont S. Michel > du eôifc de la ruï de S. Audit du Au», 



MEMOIRE 

POUR les Abbé , Prieur & Chanoines Réguliers de 1* Abbaye 
Royale de la Magdelaine de Châteaudun , Intimez &; Dé^ 
fendeurs. 

CONTRE .les Doyen, Chanoines & Chapitre de ÎEglife de 
Saint André de la même Ville , AfpeUans & Demandeurs, 

L*Abb a y e de la Magdelaine cft depuis fa Fondation en poflcflïon de la 
fuperiorite des honneurs, du rang, de la préfecance , Se de toute préro- 
gative Se prééminence fur toutes les autres Eglifes de la Ville de Châ- 
teaudun. 
De tout temps le Chapitre de l'Eglife de Saint André 2 fouffert avcG 
une jaloufie & une impatience extrêmes la prééminence de l'Abbaye de la Magde- 
laine. 

M e René Chopin en deux endroits de fes Ouvrages , fait mention des efforts que 
lesChanoincs de Saint André ont faits dans tous les temps fans fuccès pour difputet 
les honneurs Se [e rang à l'Abbaye de la Magdelaine * -Se parle en même temps avec 
une grande diftindion de cette Abbaye Royale, dont l'Eglife dans fon origine eftoit 
Epif copale s la plus ancienne non- feulement de la Ville , mais de la Province : d'ail- 
leurs , la plus belle , la plus fpacieufe de la Ville de Châteaudun. 

C'eft par ces raifbns que dans tous les Siècles qui onr fnivi (a Fondation & (on 
rétabliffement fait par l'Empereur Charlemagne , elle a elle en pofFeflïon des hon- 
neurs Se prééminences que le Chapitre de Saint André a toujours conrefté , Se donc 
il a toujours efté débouté. Ces anciennes conteftations font rapportées par M c René 
Chopin. 

Enfin en igjt», Arrcft contradictoire eft intervenu, qui devoir pour jamais faire 
ceffcr la jaloufie du Chapitre de Saine André. Mais il faudra encore un Arrcft pour 
lui impofet filcnce. 

La jaloufic des Chanoines de Saint André eft une jaloufic toute d'humeur î car ils 
avouent qu'ils n'eftoient originairement que des Confrères Laïcs du S. Sacrement, 
ayant bâti une Chapelle , avec un Chapellain pour la defTervir ; qu'ils ont con- 
verti en Prébendes les aumônes faîtes aux Confrères. Voilà leur origine. D'où il 
s'enfuir que leur Eglife n'eft qu'une Chapelle 7 où il ne feroit pas poflïble de célé- 
brer les Prières où les Corps & Communautez Eccléfiaftiqucs Se Séculières de la 
Ville font convoquez. 

Voici comme parle l'Arreft de i^jtf. 
» NOTREDITE COUR, faifant droit fur les demandes refpeÛi ves des Par- 
ti ties , a maintenu Se gardé , mainrient Se garde lefdits Prieur , Religieux & Con- 
» vent de la Magdelaine , en la poiTellîon Se joui (Tance d'avoir le premier rang , 
m place , (eance , prérogative Se prééminence en tontes les AlTemblées du Clergé 
et de la Ville de Châteaudun , aux Procédions générales , Jubilez , Te Deum , Se au- 
» très Prières publiques , où ils commenceront les Antiennes , Hymnes Se Ré»- 
» pons , &c. 



"DtSacrâPo-, 
{'ma , L 1. tit. 
6. «- 19. Ma- 
najiîcotl, kïjj 
». ii-. 




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la pofleiîion a eue conforme à l'Arreft jufqu'cn 1 657, que les Chanoines de 
Saine André onc voulu fecoiier le joug de la préfecance par une intelligence avec 
quelques Secrétaires des Evêques de Chartres. ïls fe font fait adrefler les Mande- 
inens des Evoques pour les TeDeum , & autres Prières publiques s les ont célébrez 
contre l'ordre public, Se l'ufage. Les Abbé & Chanoines Réguliers ont protefté, &c 
fe font plaints : le trouble Se l'innovation ayant continué , ils ont fait a (ligner aux 
Requeftes du Palais les Chanoines de Saint André , & onc obtenu la Sentence con- 
tradictoire donc eft appel. 

Cette Sentence ne fait autre chofe qu'ordonner 1'eïécution de l'Arreft de 16 j€. 
Cela n'a pas empêché les Chanoines de Saint André d'en appeller : mais ils ont chan- 
gé les défenfes qu'ils ont prôpofées en première Inftance , ou ils conteftoient la préé- 
minence de l'Abbaye de la Magdelaine. ïls l'avoilent ; ils en convienneriren caufe 
d'appel î il n'y a qu'à leur donner Acte de leur déclaration , Se en confequence con- 
firmer, la Sentence , Se les condamner aux dépens. 

Ils fe jettent dans un dernier rerranchement , Se fe fervent d'une Sentence arbi- 
trale rendue par M.deNeufvilleEvêquedeChartresen 1669. qui ne contient qu'un 
Règlement particulier entre les Curez de la Ville d'une part , Se les Chapitres de la 
Magdelaine & de Saint André d'autre. 

Ils demandent l'exécution de cette Sentence i Se fous le prétexte de la faire exé- 
cuter , ils dérruifcnc & renverfent totalement l'exécution de 1 Arreft de 16 j6. 

Leur appel n'elî donc fondé que fur une pure équivoque , une faune inrerp réra- 
tion de la Sentence arbitrale de 1669. à laquelle ils donnent le nom de Règlement 
général, quoiqu'elle ne renferme qu'un Règlement particulier, à laquelle ils don- 
nent un effet contraire à l'Arreft ; En forte qu'eux mêmes fcmblent prendre plaifit 
à rendre leur Titre inutile i car s'il eft contraire à l'Arreft , il cft abufif , Se les Inti- 
mez ne manqueroient pas d'en interjetter appel comme d'abus , s'il ettoit tel que 
les Appellans le prétendent. 

En un mot , ils prétendent eftablir une alternative d'honneurs où la prééminence 
doit avoir lieu -, c'eft»à-dire, qu'ils veulent détruire la prééminence pour eftablir l'é- 
galité. 

Il faut d'abord qu'ils conviennent de deux Proportions certaines. 
La première , que la Sentence atbitrale de 1669. ne parle ni des Te Deum, ni 
des Jubilez, ni des Prières des Quarautc-Heures , ni des Pnetcs Se Proceflions ex- 
traordinaires. 

La féconde , que le Compromis Se la Sentence n'ont eu d'autte objet que le dif- 
férent furvenu entre les Curez de la Ville &: le refte du Clergé , à l'occafion des 
Proceflions d'entre Pâques Se la Pentecôte. 

Les Curez nevouloient point venir à celles qui fe faifotent les jours des Fêtes 
Se Dimanches , fous prétexte que cela les détoutnoit du Service de leur Eglife , Si 
qu'ils n'y avoient pas un rang convenable. 

Ils ne vouloient point y venir fans leur Eftole. 

On ne trouvera point d'autre matière , ni d'autre objet dans le Compromis , ni 
dans la Senteuce. 

L'Abbaye de la Magdelaine n'a donc point compromis fur les honneurs j elle 
n'auroit eu garde de le faire , ayant un Arreft folemnel qui les lui confirme. 

Cette Sentence ne règle que l'ordre des Proceflions ordinaires Se particulières 
d'entre Pâques Se la Pentecôte. 

En regtanc l'ordre de ces Proceflions , on a difpenfé les Curez d'y venir les jours 
de Dimanches ; on a ordonné qu'ils viendraient aux autres Proceflions fans Et- 
ioles. 

Et comme il faut que ces Proceflions s'affemblent dans une Eglife pour aller aux 
Stations ordinaires , M. l'Eve que fit convenir les Parties de s'aflernbler dans l'Eglife 
de l'Abbaye de la Magdelaine, Se dans celle de Saint André , fuivantque la Station 
feroit plus prochaine de l'une ou del'autre Eglife. On cft aiuîi convenu que comme 



; i 









la Fondation de l'Eglife de Saint André a pour fon origine une Confrairie du SaiiiB 
Sacrement , l'on s'aflcmbleroit tour à rour dans l'Eglife de la Magdelainé Se dans 
celle de Saint André au jour de la Fefte-Dieu pour la Proceffion. 
» Mais en même tems la Sentence ajoute très exprelïement : ■> En confcrvant pat 
» tout à l'Abbaye de la Magdelainé la prééminence & la préfcéance qui lui ap* 
» partient. 

OeM ce Règlement particulier dont les Chanoines de Saint André voudroient 
faire aujourd'hui un Règlement général , dans la vue de l'eftendre fifort, qu'ils pû(* 
fent rcnverfer l'exécution de l'ArreMde lé j6. Voilà où le Procès fe réduit en caufe 
d'appel , où l'on convient de la prééminence cftablie également pat la Sentence de 
1669, &par l'Arrcft de iéjé. 

Il faut après cet éclairciflèment examiner leurs Moyens d'appel t &c la Requeftô 
qu'ils ont donnée afin d'exécution de la Sentence de 1 669. 

PREMIER CHEF DE LA SENTENCE. 

La Sentence ordoune l'exécution de I'Arreft de 16 $6, 

Les Chanoines de Sainr André la confentent , Se accordent par confeguent aux 
Intimez les trois chofes que I'Arreft leur accorde, 
i°. Le premier rang, place & féance par tout, 

2,°. La prérogative , Se prééminence dans les AiTcmblces de' Clergé de Châ- 
teaud'un. 

j°. La même prérogative & prééminence aux Procédions générales, Jubilez, 
Te Deum , & autres Prières publiques. 

De cette prérogative & prééminence ne s'en fuit-il pas , que les Aflemblécs fe doi- 
vent faire dans leur Abbaye par préferance aux aurres. 

Ne s'enfuit-il pas que les Te Deum s'y doivent chanter ,ôc les autres Eglifes s'y 
trouver. 

Ne s'en fuit- il pas que les Mations des Jubilez t les prières des 40 heures & autres 
Prières publiques doivent s'y ouvrir. 

Ne s'enfuit- il pas enfin , que dans les autres Procédions ordinaires , ils doivent 
avoir le même avantage. 

Qu'elle exception trouve t'on dans la Sentence arbitrale \ tous ces effets de la 
prééminence,une feule 6c unique ( celle d'avoir mis non une alternative dans lesArTcm* 
bléesdes Proceflions d'entre Pâques & la Pentecôte j mais un arrangement de bien- 
fc an ce & de commodité , par rapport aux Mations plus ou moins éloignées de l'Eglife 
de la Magdelainé , ou de celle de Saint André , chofe de convenance , Se quali de 
neceflité ; les Chanoines réguliers confentent de l'exécuter ; mais de vouloir tiret, 
étendre cette exception-, c'eM un projet qui ne renferme qu'une fauiTe fubeilité. 

DElfXIE'ME CHEF. 

La Sentence ordonne que les mandements des Evêques de Chartres pour les 
Mations , Jubilez , Te Deum & autres Prières publiques feront adreflez & envoyez 
aux Prieur & Chanoines de la Magdelcine , les Chanoines de Saint André appellent 
de ce chef, en ce que la Senrence prononce, que les mandemeus doivent être 
envoyez reftriclivement aux Prieur &c Chanoines de la Magdelainé , à cela deux 
réponfes. 

La première, que la Sentence ne prononce , ny reftriction, ny exclufîon , ainfî 
leur appel eM frivole. 

La féconde , que la reMriffcion & l'exclufion font tres-raifonnables, & très-bien 
fondées. 

i°. Jufques au trouble arrivé en 1 697. les Intimez mettent en fait que jamais les 
Chanoines de Saint André n'avoient reçus aucun mandement des Evêques , on leur 










demande d'en rapporter un fèul ; c'eft ce qu'ils ne feront pas. 

2°, Si Ton continue de leur envoyer tes Mandcmcns , ce fera une fource d'inci- 
dents & d'entreprifes nouvelles, fi les mandemens leur font envoyez, ils ne man- 
queront pas d'en faire un argument d'alternative & d'égalité, 

5°, Il eft entiétemenc inutile de leur envoyer , parce que dés que les Chanoines 
de la Magdelaineles reçoivent , ils font avertir le Clergé de la Ville qu'ils ont reçus 
te mandemenr , il fe rend dans la falc de l'Abbaye où il en prend communication, GC 
convient avec les Prieurs & chanoines de la Magdelaïne,de la manière de l'exécuter. 

4°. Si la Prééminence appartient à l'Eglife de la Magdelaine, comme les Appe- 
lons en conviennent j elle produit neceffairement le droit d'exécuter les mandements 
des Evêques , il-fuffit de lesadrefTcr à ceux à qui l'exécution en appartient. 

j°, Ce qui décide icy i c'eft la poiïeflïon qui eft la plus fure interprète des juge- 
mens & des loix , on demande encore une fois aux Chanoines de Saint André , de 
rapporter un feul mandement qui leur ait efté envoyé depuis l'Arreft de \6 j6. juf- 
ques en 1697. ils n'en ont pas un feul , lorfqu'au contraire les Chanoines réguliers 
rapportent tous les mandemens qui leur ont efté envoyez avant & pendant ce temps 
reftri&ivement & exclufivement aux Chanoines de Saint André , pourquoy ? par 
quelle raifon nouvelle intervertira - t'orr aujourd'huy une auflï ancienne poflèf- 
fion, une porte flïon aufli légitime , fondé fur des titres auflï anciens , suffi auten- 
tiques. 

6°. Enfin refte de voir fi la Senrence arbitrale prononce quelque chofe de différent 
fur ce chef, on n'y ttouve certainement aucune chofe , & l'on ne peut y en trouver, 
parce qu'il né s'y en agifloit pas; parce que l'Evêque n'auroitpû changer cette pofTef- 
fion fans porter atteinte à l'Arreft, & tomber dans l'abus. 

Ce Chef d'appel , eft donc téméraire , & n a qu'un principe d'humeur , de jalou- 
iîe & d'injufticc. 

TROISIEME CHEF. 

| 

Ce chef eft une fuite du précèdent , il porte qu'incontinent après que le Prieur de 
la Magdelaine aura reçus les mandemens , il fera avertit le Chapitre de Saint André 
& autres Eglifes de la Ville pour fe rendre à jour & heure marquez dans la falle de 
l'Abbaye pour y délibérer An jour &t heure des folemnitez &r prières pour l'exécution 
du mandement. 

Les Chanoines de Saint André , difent qu'ils ne peuvent être avertis , que pat 
l'Evêque , qu'ils ne connoiffent point l'écrit &c lafïgnaturedcs Chanoines réguliers, 
que ces billets ne les inftruifent point de ce que contiennent les mandemens , que 
cela eft injurieux à l'Evêque , injurieux au Chapitre , que c'eft la fonction del'At- 
chîprêtre de porter les ordres des Evêques , qu'il eft vray que les Chanoines régu- 
liers font les plus anciens membres du Clergé de Châteaudun : mais que cela ne leur 
donne aucune fuperorité & autres difeours femblables que l'on ofe dite pleins d'éga- 
remens. 

On y répond. 

i°. Que l'exécution des Mandemens appartient aux Intimez, comme membre 
le plus ancien du Clergé de Châteaudun , la chofe ne peut fe pafler autrement. 

i°. Que les billets ne font pas faits pour inftruire entièrement du contenu au 
mandement : mais pour avertir du rendez-vous , dans lequel on explique fom- 
mairement la caufe du Mandement i chacun en prend lecture dans l'Aflemblée ( 
on le fait imprimer , ou l'on en donne des copies à ceux qui croyenr en avoir 
befoin,Ie refte des difeours du Cha,pfrtc de Saint André nemerite aucune at- 
tention n'y ayant rien d'injurieux pour perfonne , & moins pour Monfieur l'Evê- 
que , que pour tout autre dans une pratique & un ufjgc qui font neceflaîtes , & 
qui n'ont tien que de régulier , & la preuve que Monfieur i'Evêque ne regar- 
de point cet ufage du même œil que les fieurs Saint André ; c'eft qu'ayant efté 
a (ligné pour voir déclarer avec luy la Sentence commune , il n'a jamais formé de fa 

part 



m 



parc aucune difficulté, 6c a aCquiefcé au jugement déclaré commun avec luy fanîf 
en appeller.Enfin on demande auChapitre de Saint André s'il trouve encore quelque 
chofe de contraire à cet ufage dans la Sentence arbitrale. 

QJJATRIE'ME ET CINQUIEME CHEF. 

r Ces chefs font encore une fuite des précedens , la Sentence ordonne que les 
Chanoines de Saint André & autres du Clergé , feculier &c régulier fe trouveront par 
députez dans la falle de l'Abbaye delà Magdeleine aux jour & heures indiquez pour 
régler les dations des Jubilez, l'ordre des prières des 40 heures, la manière dont fe 
feront les prières générales 6c toutes auttes prières publiques , & l'ordre qui y fera 
arrefté f fera obfervé par routes les parties. 

Le Chapitre de Saint André ne veut point obéir à la deputation & jjfrfc repait tou- 
jours de la même idée d'égalité & d'alternative , il demande que 1 on s'aflemble 
dans la Chapelle de Saint Roch comme lieu neutre , il repeteque le Chapitre de la 
Magdeleine n*a point de fupperiorité fur le fi en , quel'Abhé delà Magdelaine eft 
Chanoine de Saint André , que c'eft l'Abbaye qui eft foumife à leur Chapitre, ÔC 
non leur chapitre à l'Abbaye. On répond. 

t i°. Que la neutralité prétendue ne peut eftre qualifié, que de défobeiflânec à l'Ar- 
reft , d'une Vraye rébellion aux ordres de la juftice. 

a.°. Que l'on a déjà dit , que l'Eglife de la Magdelaine n'a point une fupet iorîté 
de Juridiction fur le chapitre de Saint André ; mais elle a une fuperîorité d'honneur , 
de Prééminence qui produit necefiairement les diftinctions que l'Arrett de 1 6 je. Se 
la Sentence dont eft appel luy donne , deftinttions que ces Jugemens ne font que 
confirmer, &dontla pofTcflîon eftauffi ancienne que l'établiûement de laReligion 
Chreftienne dans Châteaudun, 

3°. Quand la Confrairie de Saint André fe changea en Chapitre , elle orTric 
une prébende à l'Abbé pour avoir fon confentement Su fa protection , &: ce 
Canonicatreçû par refpetl pour la confrairie , n'a point fournis l'Eglife de la Magde- 
leine a. celle de Saint André ny eftabli aueune égalité enrr'elles. 

Enfin , on demande aux Chanoines de faint André , s'ils trouvent quelque chofe 
de conrraire aces Chefs de la Sentence dont çft Appel, dans la Sentence arbitralle 

QUI n'en parle point , 6c qui n'e it pouvoît parlrr fana excedet les ternies du compto* 

mis, qui renfermoit le pouvoir del'Arbirrcà régler les prétentions des Curez con- 
tre les deux chapitres de la Magdelaine Se de faint André. 

SIXIEME CHEF. 

La Sentence ordonne que le même Règlement, la même pratique fera obfervée 
à l'égard des Te Deum&c de la Proceffion de l'Alïbmption ,& autres Procédions gé- 
nérales & ordinaires , & que les Chanoines de S. André feront tenus.de fe rendre 
dans l'Abbaye delà Magdelaine , & d'y affilier en corps avec les Frères Con donnez 
de l'Hôtel Dieu& les Cordeliersfqui croient encaufe, mais qui ne formoient au- 
cune conteftation ) , &c avec les aurres Corps & Compagnies de la Ville. 

Le Chapitre de faint André ne veut point exécuter ce Chef de la Sentence , il 
veut chanter fon Te Dettm tout feul dans fon Eglife , il veut faire tout feu! la Pro- 
ceffion de I'Aflbmption, ou du moins iLveut une alternative, parce que la Senten-» 
ce de 1669. l'ordonne : on répond, Q| 

i°. Que le Chapitre de faint André attaque Tufage de l'Eglife &; du Royaume dans 
la folcinnité des TeDeum &z de la Proceffion de I'Aflbmption , il attaque la poflef» 
Aon particulière & immémoriale de l'Eglife de la Magdelaine , prouvée par cent 
exemples produits au procez -, il attaque la poflèffion de cous les Corps de laMagi- 
ftrature & autres de la Ville qui ont tous leur place marquée par Arreft dans l'E- 
glife de la Magdelaine ; il attaque enfin le fruit de l'efficacité des prières publiques 
& réunies. B 









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xo. Quand à la prétendue alternative imaginée depuis que la Semence dont eft 
appel eft rendue, les Appellans ne peuvent la tirer que de la Sentence arbitrale, mais 
ils n'oferoicnr dire qu'il y foit parlé ni des TV Deum , ni de la Proceffion del'AfTomp- 
tion , aufli ils n'ont à cet égard non plus que pour tout le refte ni titre ni pofTeffion , 
Se au contraire ils ont contre eux des titres Se une pofleflîon in fur mon table. 

Le Chapitre de faint André infifte&pofe en avant des faits directement contraires 
à l'ufage public &aux pièces produites au proecz. 

I) dit que les Te Deum ne fe chantent point en commun , qu'une Eglifc n'a pas 
droit d'en convoquer une autre , que le Roy dans Ces Lettres circulaires n'ordonne 
point les Aflèmblées des Eglifes, 

CeJas'appelle aller contre le torrent, contre la vérité publique, Se comme dans 
les lieux où il y a des Cathédrales , le Clergé de la Cathédrale fuflît î dans les Villes 
où il n'y enkpoinc, on aflemble les Eglifes , le Roy dans fes Lettres ordonne la 
convocation des corps Ecclefiaftîques Se Séculiers. Enfin la pofleflîon de la Ville de 
Châtcaudun n'eft-ette pas telle que les Corps Ecclefiaftiques Se Séculiers fe font 
toujours aflèmblezdans l'Eglife de la Magdelaine ? Pourroient-ils indépendamment 
des raifons de prééminence s'aflembler dans une Chapelle dont le chœur n'eft pas 
plus grand que la moitié du Chœur de la Sainte- Chapelle de Paris ? y auroit-il delà 
décence , de la poflîbilité de choifir une pareille Eglife. 

Les Intimez avoueront que leur furprife n'a pas été médiocre de voir les Appel- 
lans dénier formellement cette pofleflïon , offrir de prouver la pofleflïon contraire, 
lorfqu'il y a un nombre confiderable de pièces dans le premier Se le fécond fae de 
la production principale quiétabliflènt la vérité de la célébration des Te Deum dans 
l'Eglife de la Magdelaine avec tous les Corps Se Communautcz de la Ville Ecclefia- 
ftiques Se Séculiers. 

On ne peut regarder ce déni que comme un artifice pour éloigner leur condam- 
nation , la preuve contraire fe feroit de la part de l'Intimé par le Suffrage de tou- 
te la Ville, mais la preuve demandée par le Chapitre de faint André n'eft pas ad- 
miflible , parce qu'elle eft demandée. 

i°. Contre la teneur de l'Arreft de ié j£ , qui établit la Prééminence de l'Eglife 
de la Magdelaine dans le Te Deum , ce n'eft pas pour les obliger de fortir de leur 
Eglifes pour aller les chanter ailleurs. 

i°, L'Arreft porte que les Intimez commenceront les Antiennes , Hymnes& Ré- 
pons ; le Chapitre de faint André voudroic il fouffrir que dans fon Eglifc , ils com- 
mençaflent les Te Deum \ ils n'ont pas prévus cette difficulté. 

j°. cette preuve eft demandée contre toutes les picces qui font au procez, qui 
prouvent la pofleffion de l'Eglife de la Magdelaine pour les;7V Deum, 

4°. Elle eft demandée contre l'ufage Se la notoriété publique , elle eft demandéo 
pour détruire la folemnitédes prières communes Se publiques. 

Quanta la Proceffion de l'Aflomption , elle fe fait avec la même folemnité, tel 
eft l'uQige du Royaume, commencé en 1 6j8 , renouvelle en 1700 ; nulle raifon de 
différence ni de dtftintîion : la Sentence arbitrale n'en parle point , Se n'en pouvoic 
parler 

SEPTIE'ME CHEF. 

La Sentence apporte une exception au Chef précèdent , exception fondée fur la 
Sentence arbitrale que les Chanoines de faint André ont produits en première ïn- 
ftance , Se dont ils ont demandé l'extentkm , mais ils n'ont pas été écoutez > les Ju- 
ges dont eft appel fe font renfermez dans ce qu'elle contient , Se n'ont pas cru 
avec raifon devoir en excéder les bornes. 

Ils ordonnent néanmoins que les Procédions ordinaires qui fe font depuis Pâques 
jufqu'à l'Afcenfion , enfemble celle du jour du Saint Sacrement fe ferront en la ma- 
nière ordinaire qui a efté preferite par TEvéque de Chartres , Se qu'il en a efté ufé 
cy- devant. 



:l 












Que peuvent demander de plus tes Chanoines de faim André ? tien que ce que 
leurs vaines idées Se les regrets de n'avoir point la prééminence peuvent leur infpi- 
pirer ; voicy quels font leurs raifonnemens. 

i°. Que ce Règlement fait par la Sentence arbitrale cft général , on leur dénie 
formellement ce fait , il n'y a qu'à la lire , elle n'eft rendue que contre les Cure2 
fur le fait des Procédions cntr.e Pâques & la Pentecôte. Les A&es mêmes produits 
dans ce temps par les Chanoines de laine André ne tendent qu'à prouver leur droit 
Contre les Curez. 

i°. Que l'Arreft ne donne que la prefecance , & ne parle point des AfTemblées. 
On répond que l'Arreft outre la prefecance donne routes les préroragarives de la 
prééminence & notamment dans toutes les AfTemblées du Clergé , dans les Te 
Deum ,Proceffions & autres prières publiques: ce qui emporte le droit de contrain- 
dre le Clergé de la Ville defc rendre & de s'afTembler dans leurEglife. 

j°. Qu'il n'y avoic point d'autres Procédions alors que celles d'entre Pâques St 
la Pentecôte, mais quand le fait ferait véritable ,laProceffion de l'Aiïbm^tion eft 
diftinguee par fa célébrité , qu'on lui donne le nom de Proceffion ordinaire ou ex- 
traordinaire, elle n'eft abfolumcnt point comprife dans la Sentence arbitrale* il ne 
feroft pas jufte de l'y comprendre» parce que l'on n'étend point conrre les titres 
& la pofTeflîou un cas à l'autre , parce qu'il n'en étoit point queftion , parce que les 
Chanoines Réguliers ont bien voulu fe foûmettre à un arrangement de bienféance 
pour les Procédons d'entre Pâques &: la Pentecôte , & par refpeét pour celles du S. 
Sacrement , & qui n'a rien de commun avec la Proceffion de l'Aflomption i qu'ils 
ont auffi peu de raifon de demander de la faire feuls, que l'alternative avec 1 Ab- 
baye de la Magdelaine, qu'enfin ces demandes ne font point pertinentes, &bIe(Tent 
également le droit public & le droit particulier de l'Eglife de la Madelaine. 

4°. Us prétendent qu'il faut diftinguer le rang & la prefcéance du droit d'avertie 
d'afTembler le Clergé dans l'Abbaye &dans l'Eglife de la Magdelaine t on leur ré- 
pond. i°. Que la prefcéance emporte le refte. %°. Que l'Arreft ne donne pas feu- 
lement la prefcéance , mais toutes les prérogatives de la prééminence. 

En quoi ils fe-trompenr & defobéïflent à l'Atreft, lorfque leur nouvelle défenfe 
cft de dire qu'au rang près , il y a une parfaite égalité cucre eux -, cette proposition 
fe contrarie j il n'eft poinr d'égalité où il y a un rangfuperieur,&cerangfoperieur 
pour établir un ordre public , enfante nécessairement le droit d'avertir 6c d'afTem- 
bler dans fa maifon & dans fon Eglife ceux qui font inférieurs en rang , en pref- 
céance &c en prééminence. 

Après quoi , que peut. on dire de la défenfe des Chanoines de fainr A'ndré,qui 
après avoir déclaré &C réuirjé leur déclaration dans routes leurs écrritures , qu'ils 
n'entendent point contrevenir à l'Arreft de 1656 , qu'ils en confentent l'exécution 
de les voir donner uneRequeefte par laquelle ils en annéantifTenc roratlement I'c- 
xecucion , leur aveuglement eft inconcevable par une dernière Requefte du 11 Août 
17 17, ils demandent que te Règlement de 166$. foit exécuté s c'eft ce que la 
Sentence dont eft appel ordonne , mais l'expliquant à leur manière ils demandent, 
i°. Que les Mandemcns de Monfieur l'Evêque leur foient envoyez fans être obi i. 
gés d'en recevoir Pavertiflement de lapart de l'Abbaye de la Magdelaine par fimplcs 
billets. 

Si cela avoit lieu, comment poutroit-on régler les TeDeum & les autres priè- 
res publiques. 

i°. Que les AfTemblées du Clergé fe faffent alternativement. 

On leur demande fi cette alternative eft dans l'Arreft , fi on peut l'introduire 
fans détruire le mêmeArreft. 

3 . D'avoir la permtfïion de chanter les Te Deum en particulier ; peut -on leur 
permettre contre l'Ordre public le droit particulier Se la polTeflion des Chanoines 
Réguliers , & fans déroger de l'Arreft de 1 6 j6 î 

4°. Qu'il y a plus de 40 ans qu'ils en font en pofTeflion î 






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Ils n'en rapportent aucune preuve de quelque nature qu'elle puifle cftre , leur 
donnfera-t-on la permiflion de faire cette preuve » quand il n'y en a aucun commen- 
cement au procez , quand la preuve contraire effc acqui fc contre eux au même pro- 
cczpar des Actes qu'ils ont produits eux-mêmes, quand cette preuve eft contraire 
aux titres & à la poiïeiïïon des Intimez. 

j°. Si l'on ne veut pas leur accorder ce qu'ils demandent, ils concluent à une 
alternative. 

L'alternative fuppofe l'égalité, & ne peut leur eftre accordé fans détruire l'Arreft 
de 1656. 

6°. Attendu , difent-ils , que le Règlement de 166^. eft gênerai , ordonner que 
les Aflemblécs pour toutes les Proccffions fe feront alternativement dans leur Egli- 
fe & dans celle de la Magdelaine. 

L'Hypotefe étant faufle& le Règlement de 1669. étant renfermé dans un objet 
particulier , la confequence & l'hypotefe font également fauffes. 

En un mot le Chapitre de faint André pour pallier fon obftination & fesmauvai- 
fes demandes a cru faire voir dans un Règlement particulier , un Règlement gêne- 
rai qui détruiroir un Arreft & une Sentence contradictoire ment rendus , au (quels 
M. l'Evêques de Chartres &: le Clergé de la Ville de Châteaudunacquiefcent ; les 
Intimez efpercn: que la Ccur en connoîtra l'illufion , &c impofera un perpétuel fi- 
Icncc au Chapitre de faint André. 



Monfem LVCAS Rapporteur. 

M C LEGENDR,E, Avocat. 



P g t s l , Procureur*