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Full text of "Avant-propos d'un prince fou"

Guy Boulianne 



Avant-propos 

d'un 

prince fou 



Édition originale 
1983 



©Copyright GUYBOULIANNE 

Toute reproduction interdite pour tous les pays 

Lulu Press Inc. 



Pour toute communication: 

http://www.mille-poetes.com 

boulia.nne_guy@yahoo.ca 



Guy Boulianne 



Avant-propos 

d'un 

prince fou 



LA NUIT RALLUMEE 



Un lit, doux et profond, patiente ton corps 
Si jeune et si frais d'étemelle rosée, 
Le givre au dehors se couvre d'étoiles 
Et la nuit s'éteint pour faire place à ta vie. 

Sonnent les cloches ! Vibrent les trompettes ! 
Ma lyre est un chant où se fond mon amour ; 
Mes larmes s'évaporent sur des joues parsemées 
Par un seul éclat d'un soleil réchauffé. 

Encor 5 n'es-tu point là que déjà je te berce, 
Mon sein attend que ta bouche s'y pose ; 
Le miel de tes lèvres, la douceur de tes mains 
Pour moi sont le baume et l'espoir de demain. 

Les oiseaux dans le ciel tissent ton berceau, 
Fait de paille et de plumes, un lit doux et profond 
Où ton corps jeune et beau, dans la nuit rallumée, 
Dormira sur le chant de ma lyre en amour. 



À ma fille Jacqueline 

Quelques jours avant sa naissance 

(2 janvier 1986) 



LE SILENCE EST PAIX 
LA PAIX FAIT LE SILENCE 



AVEC LAIDE PRECIEUSE 
D'UN RENARD ROUX... 



Chapitre premier 



Lettre à ma reine 



TENDRE MELODIE 



Les rideaux se sont baissés, 

La valse se termine 

Sur des notes aiguës, 

La peine de mon coeur crie en myriades 

Les souffrances de l'amour 

Ma seule femme, 

Epouse de sang et de chair, 

Unique source de vie 

Toi qui es si loin, 

Tu m'as quitté pour le royaume, 

Tu m'as laissé seul pleurant ton souvenir. 

J'avais tant à te dire, 

Ma bouche était cousue de fil 

Et mes yeux étaient fermés, 

Le regret de ne pouvoir chanter tes chansons 

Et les miennes 

Si tu savais comme je t'aime 

Je crois mourir de toi 
Mon âme se meurt de toi 
Mais de corps je ne périrai 
Car je te dois mille et mille choses 



QUE LES RIDEAUX SE FERMENT 



Pour moi, ta valse continue 

Et sans cesse je fredonnerai ta mélodie 



10 



SANS CONTREDIT 



Les montagnes sont hautes et grandioses 

L'eau est claire et limpide 

La terre est douce et chaude 

Le ciel est large et éclatant 

Les nuages sont blancs et resplendissants 

Les oiseaux sont légers et majestueux 

Mais ma mère, 

Bien sûr, 

Est la meilleure de toutes 



il 



TU N'Y ETAIS PAS 



I 



Je cherche toute la nuit 

Et ne vois que des ombrages 

Je f ai cherchée dans le salon 

Où, impuissante 

Tu souffrais ton martyre 

Je f ai cherchée 

Dans la chambre 

Où tu rêvais (...) te reposer 

J'avançai quelques pas 
Espérant te voir chanter 
Les airs qui f égayaient. . . 



Tu n'y étais pas 



12 



II 

Je te cherche encore, 
Dans les bois 
Où tu fias reine... 

Sans doute es-tu partie 

Pour un lointain pays. 

Tu auras oublié, dans ta hâte, 

De laisser note de ton 

Départ 

Dans ce cas j'ai confiance, 
Tu reviendras 

Mais si un malheur 

farrivait 

Comment te rejoindrais-je? 

Je serais blême 

Comme l'écume des mers 

A te savoir perdue en quelque lieu 

Je frissonnerais 

Comme la feuille tremblante 

Si ton cœur était blessé 

L'inquiétude me gagne tout à coup 
A te savoir loin, 
Sans nouvelles 

Je te cherche, je te cherche 
Et ne te trouve point. . . 



J'ai peur 



13 



Ill 

O que de bavardages, 
Je sais bien qu'au fond 
Tu es partie pour de bon 

Me laissant chétif 

A de vaines espérances 

Je sais bien que ton pays 

Est la nuit 

Et qu'à jamais tu y demeureras 

Je f ai fait tellement de peine 
Avec mes humeurs terribles 



Ah! et en un sens. 



Peut-être as-tu bien fait! 



14 



IV 

REINE REINE REINE 

Je souffre à te savoir loin, 
J'aurais beau f écrire mille lettres 
Ce serait mille illusions 

Dis-le moi que tu es morte. . . 

Je ne le crois pas 



15 



SANS TITRE 



Quand les feuilles poussent en mois de quête 
Une fleur unique, parfum de rose, quitte la terre 
Année de je ne sais quoi 
Roue mouvante - immobile tue le temps 
Année de révolte - de paix - d'éclipsé 
Nuit sans fin de recherches intelligibles 
Tôt ne fut que je pus prononcer les paroles 
Encore retenues et toujours regrettées 

Souvenir - maman - souvenir 
Et demain courir dans les prés 
Pétrir le destin en une séquelle 
Trouver la route de ma peine 

Avenir, dicte-moi les lettres - les mots 
Nourrir le pays de sang et de chair 
Souvenir - maman je faime 



16 



MA MER' 



MA MER', espoir de mes nuits 

Splendeur de mes j ours, 

Celle qui a fait naître en moi 

Les secrets de l'amour 

Celle qui a protégé mon frêle bateau de papier 

Si vulnérable dans la tempête 

MA MER', celle qui m'a donné vie 
En ces lieux où joyaux et rubis, 
Où émeraudes et saphirs se côtoient 
Mais qui en fait ne sont que l'infime partie 
De ses nombreuses richesses 

MA MER', 

Continue de vivre 

Pour que longtemps je puisse naviguer 

Sur la valse de tes vagues 

MA MER', 

Continue de vivre 

Pour que longtemps je puisse admirer ta beauté, 

Tes richesses dont jamais je ne me lasserai, 

Que toujours je regretterai 



17 



Chapitre deuxième 



Mon sélam de fleurs 



19 



CIRQUE ANTIQUE 



Chapiteau qui recouvre 

La terre mouillée 

Chapiteau qui recouvre, 

Bientôt, 

Sourires glacée. 

Mais pour l'instant, 

Comme des fourmis 

Qui travaillent avec vigueur, 

Les hommes du décor 

Préparent cette fête 

De demain 

Chapiteau qui recouvre 

La terre mouillée 

Chapiteau qui recouvre, 

Bientôt, 

Le passé d'un futur 

C'est le cirque qui, 

En ville, 

Arrive 

Cirque antique, 
Demain, 
Sèmera la joie 
Sèmera des cœurs 
Sèmera des sourires. 
Cirque antique, 
Le passé d'un futur 
Et le souvenir d'un passé 

Cirque antique 
Je te vis 

Comme tu me vis, 
Cirque antique 
Mon amour. 



20 



ESPOIR 



O printemps d'été 
Viens que je te caresse, 
Mille verres 
Dans la pupille de tes yeux 

Tendresse de mes divins 
Espoirs 

S'assouplit sous l'ombrelle 
De mes sourires. 
Oiseaux bleus 
Et multicolores 
Voltigent dans le ciel 
Ouvert de ses grandes voiles 

Peine et tristesse 
Coulent et se laissent flotter 
Sur la rivière 
Froide et glacée 

Et moi je grandis, 
Car j'écris l'amour 
Qui me passe 
Par le bout des doigts 



21 



LA MUSIQUE DE MES SILENCES 



Dans le vert 
Et le bleu de mon pays, 
De ma plume 
Prennent naissance 
Consonnes et syllabes, 
Paroles d'ailleurs 

Cire qui coule, 

Cire qui pleure 

Comme un enfant nouveau-né, 

La bougie, 

De sa flamme, 

Eclaire mon parchemin 

Mirages et visions 

D'un passé et d'un futur, 

Dans ma tête 

Des images vont et viennent, 

Des images du paradis 

Des images de l'enfer 

Dans la nuit chaude et confortable 
De mes vingt ans, 
Etendu sur un nuage de rêves, 
J'écoute la musique de mes silences 

Les étoiles me tiennent compagnie 
Tandis que les hommes d'en bas 
Se volent et se méprisent 



22 



De ma plume 

Prennent naissance 

Violloncelles et mandolines, 

Un orchestre et ses lutins 

Et ce soir 

Un bal y prend place 

Hommes et femmes 
- Mais sans cornes - 
Sont tous là, alignés 
Et bien soignés 

Les femmes portent 

De longues robes de soie 

Et de dentelles, 

Et de magnifiques coiffures 

Ornent leurs jolies beautés 

Les hommes, 

La tête bien haute, 

Etrennent leurs habits du dimanche 

Et des médailles de toutes sortes 

Décorent leurs poitrines gonflées 

La musique de mes silences s'éteint 

Pour faire place 

Au "DO-RÉ-MI", 

DO-RE-MI d'une musique joyeuse 

Et les lutins, 

Qui de leur souffle, 

Font chanter leurs flûtes merveilleuses 



25 



Ce soir, 

C'est un bal dans ma tête 

Ce soir, 

Tandis que les hommes d'en bas 
Se volent et se méprisent 
C'est un bal dans ma tête 

Demain, 

Etendu sur un nuage de rêves, 
J'écrirai des invitations 
Pour les hommes d'en bas 

Demain, 

En écoutant la musique de mes silences, 

J'écrirai des invitations 

Pour mon prochain bal. 



24 



FIN ABSOLUE 



Les nuages laissent tomber 

Leurs dernières gouttes 

Sur la rivière de mon enfance. 

Les oiseaux, comme mes pensées, 

Battent des ailes 

Jusqu'au gîte retrouvé. 

Les arbres dansent dans le vent 

Tandis que les feuilles 

Se hâtent à venir au monde 

Au loin, sur une île de diamant, 

Une femme est là 

Perdue dans la brume 

Et plus loin encore, 

Des enfants sautent 

Les barrières de feu 

Qui se dressent devant eux. 

Les serpents et tous les reptiles 

Se donnent la fête 

En cette nuit de fin absolue 

Devant le miroir de ma chambre, 

Je regarde mon visage 

Rempli d'amertume, 

Devant le miroir de ma chambre, 

Un pays se dessine 

Au profond de mon cœur 

Et je sais, dans ma tête, 

Qu'un avenir m'attend, 

Un avenir que j e suivrai 

Jusqu'à la mort. . . 



25 



AVANT LE CHAOS 



La mer, 

Paisible et calme, 

Reflète la lune 

Qui se balance entre les étoiles 

La brise du vent 
Me frôle le visage 
De sa douce fraîcheur 
Et le cri des mouettes 
Qui percute dans ce silence 
Me rappelle les berceuses 
Que mère me chantait. 

Le village qui dort 

Et moi qui suis là 

À savourer le sommeil 

De chacun 

Comme une sentinelle 

Qui monte la garde 

La nuit m'apporte abondance 

Dans mon cœur 

Et la noirceur 

Repose mes yeux fatigués 

Cette nuit d'amour 

Me quittera bientôt 

Pour faire place 

Aux chauds rayons du soleil, 

Le village s'éveillera 

Et avant le chaos, 

J'irai me coucher 

Dans la nuit de mes paupières. 



26 



DIAMANT PERDU 



Dans un désert d'or fin 

Je marchais 

Je courais 

Je dansais 
Dans un désert d'or fin 

Je vivais 



Au creux d'un puits asséché 
Une pierre précieuse 

J'ai trouvé 

J'ai péché 
Au creux d'un puits asséché 
Une pierre précieuse 

J'ai gardé 



Heureux comme un roi 

J'ai crié 

J'ai chanté 

J'ai dansé 
Heureux comme un roi 

J'ai fêté 



En montant la colline 
J'ai glissé 
Je tombai 
J'échappai 

En montant la colline 

Pieire précieuse 

J'ai cherché 



Dans un désert d'or fin 
J'ai pleuré 
J'ai pleuré 
J'ai pleuré 

Dans un désert d'or fin 
Diamant perdu 
J'ai pleuré 



il 



BIOGRAPHIE 



Je suis celui qui n'est pas, 

Je suis comme un brin d'herbe 

Perdu dans un grand pré 

Au pied d'une montagne enneigée. 



ARBRE EN DEUIL 

Arbre en deuil 

Dénudé 

Arbre en deuil 

Qui, printemps, pleure 

Arbre en deuil 

Dénudé de ses feuilles, 

Feuilles qui sont tombées 

Ou qui l'ont laissé tomber, 

Arbre en deuil 

Cesse tes tourments, 

Ton ami est là, 

Tes amis reviendront. 



REVOLTE 



Dans mon cercueil de verre, 

Impuissant aux yeux du monde, 

J'observe avec lassitude 

La vie se dérober devant moi 

Et dans mon cœur 

J'ai envie de briser 

Cette barrière 

Qui m'empêche de m' épanouir 

Et de me faire voir du monde 



28 



CAUCHEMAR 



Ballon rouge, gonflé 

Et désemparé, 

Flotte toujours dans la profondeur 

De l'espace noir et vide 

Le cri des vautours 

Est comme celui d'une sirène, 

L'alerte. 

Les enfants aux petites jambes 

Sautent 

Et les adultes dansent 

Les oiseaux n'ont plus d'ailes 
Et les poissons, plus de nageoires 

Seul, encore seul, toujours seul, 

Le silence. 

Le serpent cherche sa proie 

Se laissant glisser 

Rampant avec grâce 

Pyramides de pierres 
Et de mortier, 
Désert de sable, 
Désert d'amour 

Je voyage dans le temps, 

Je voyage dans la vie, 

Au pays de liberté et de volupté 

Je nage 

Dans le vent 

Des couleurs, des rouges, des jaunes, des verts 

Se multiplient 

Saveur d'une joie passée 

Et d'un souvenir oublié 



29 



Une fleur blanche 
Pousse dans l'eau, 
Pétales pointus 
Et le chien qui court 
Après sa queue 

La fumée noire 

D'une longue cheminée 

Noircit le cœur de chaque beauté 

Et le lion, qui toujours, 

Dort après repas 

Les pieds sont larges 

Et les têtes sont petites, 

Des gros yeux mais petites bouches. 

L'eau est froide, très froide 

Et beaucoup d'écume 

Quand j'y plonge. 

Je suis bien 
Quand j e rêve 
Mais je suis mal 
Quand je vis 

De toute façon 

Je suis mort 

Au jour où je suis né 



30 



HEROS DE POUBELLE 



Le monde est fou 
Malgré son apparence, 
L'hypocrisie fait le bien du monde 
Les femmes rient des hommes 
Les hommes rient des femmes, 
Ré Cipro quement 

Le pénis gros et laid 

Vulgaire et malade, 

Oui au patron - non au mari 

Est écrit. 

Les femmes rient des hommes 

C'est laid, on n'aime pas 

Petit sexe rose en éclat 

Fragile et vulnérable. 

On les viole par manque de respect 

La bonne est meilleure 

Qu'on ne peut s'en passer - 

On y revient 

Chaque fois héroïque 

La salive débordante 

L'épouse gisant sur le drap 

Patiemment attend - 

Pénétration vaginale. 



Le mari essouflé, 
Je f aime chéri(e) 



Hypocrites 



31 



L'homme est vicieux 
La femme est fantasmes, 
Comment s'entendre ? 
- signer un pacte 
chose impossible - 
Pacte de Satan 
Trop beau pour nous 

J'accuse le sexe 

D'être profanateur de justice 

Et je condamne hommes et femmes 

A mourir de folie, 

Non respect de l'amour 



32 



AMOUR SYMÉTRIQUE 



Mon crayon s'agite 

A écrire ce qui fut, ce qui est. 

Ce qui sera HA HA HA 

Il en bave de plaisir 

Pauvre crétin. 

Je suis pauvre crétin 

Dans l'amour symétrique de la folie 

Pure 

Pauvre fou, 
Qui aime qui aime et... 
...Qui aime HA HA HA 
Fou à lier, pauvre crétin 

Amour sans avenir, 

Je te hais. 

Amour sans avenir, 

Si tu voyais HA HA HA... 

...Ma peine 

Le bout du canon sur ma tempe, 
J'appuie la gâchette, 
C'est fini c'est fini... 
...C'est fini 

Amour sans avenir, 
Je f aimais 



i$ 



EFFRONTES EN SUEUR 



Les flots 

Et les flots 

Qui coulent 

Dans la mer 

Et les vagues qui se heurtent 

Aux rochers du rivage, 

Laissent de leur retour 

Les coquillages de leur mémoire 

La marguerite épanouie, ensevelie, 

Evanouie je ne sais trop, 

L'amour de ma mère 

Celle que j'aime 

Et les roses et les violettes 

Et les lilas 

Dansent autour du feu 

Comme des papillons de nuit 

Dans la folie de leur ignorance 

Carriole de vent qui ramène 

Régiment d'oiseaux 

Du sud et de l'équateur 

Et les abeilles et les mouches 

Et les moustiques 

Qui bourdonnent des ailes 

De fleur en fleur 

De coeur en coeur 

L'herbe qui bande 
Au printemps d'hiver, 
Les arbres qui se réveillent 
Par leurs bourgeons naissant 



34 



Les poissons qui nagent 
Dans l'eau encore glacée, 
Le ciel qui délivre 
Ses plus beaux nuages, 
La terre qui fait bondir 
Ses meilleurs fruits 



LE RENARD QUI SORT DE SON GITE 



Et l'homme à sueur de front, 

Dans l'usine poussiéreuse 

De son orgueil, 

Travaille à détruire 

Ce bonheur créé par DIEU... 



35 



SANS TE PERDRE 



Mon corps excité et tendu 
Se promène fébrilement 
Parmi les algues roses et veloutées 
De tes entrailles 

Tranquillement, je remonte à la surface 
De ta rivière 

Me laissant flotter par la douceur 
De tes vagues 

La lumière de tes yeux 

Dessine le profil de tes montagnes 

Me transperçant le coeur 

De ton amour fidèle - si non - 

Précieux 

Mon amour, 

De tout mon corps, je t'aime 

Et sans te perdre 

le vivrais l'éternité 



36 



CREATURE DES OCEANS PERDUS 



Serait-ce le fruit de mon imagination 

Que de fentendre dire JE TAIME ? 

Toi femme de mes rêves, 

Conçue d'aspects irréels, 

Engendrée d'une façon impropre à l'humanité, 

Fécondée par le dieu des sept mers 

Serait-ce toi qui aurais prononcé 
Ces mots sacrés 

Qui font d'un homme un amoureux 
Et d'une fleur un nid d'amour ? 

Toi créature fabuleuse, 

Sortie des profondeurs des océans 

Pour envahir les esprits crédules, 

Serait-ce toi sur qui mon épée 

Doit s'abattre 

Pour que le sang de tes veines 

Venge celui de tes proies ? 

Condamnée par tous les écrits 

A errer dans les abîmes, 

Retourne à ta grotte 

Et restes-y 

Pour qu'enfin l'amour 

Soit signe d'espérance 



37 



ÉPITAPHE - d'un prince fou 



Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 



Je suis prince damné 
De maintes voluptés, 
Mon sang est sec 
A vomir mille blessure 

Vos blessures 



Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 



Mon sélam de fleurs 

(secrets ravalés) 

Envoûte mes débris de conscience 

O ma pauvre tête 

Non pas la vôtre 



Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 



38 



Les troubadours 
Chantent dans ma cour, 
Les portes sont fermées 
Et les clowns, en éclats, font lire 
Vos masques fins 



Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 



Moi pleurer ! ! ! 

Me prenez-vous pour une dame, 
Ma carapace est bien trop lourde 
Il faut la porter jusqu'à l'échafaud 

Pour votre beauté... bien sûr 



Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 



Mais non, je ne suis pas ce qu'on dit, 
J'ai le coeur dur 
Mes mains sont fermées 
Comme des cactus rongeant la peau 
Que croyez -vous ? 



Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 



39 



Vous riez dans vos mouchoirs 
À regarder les gens pleurer, 
La souffrance est votre plaisir 
Et la moquerie... votre musc 
Quel dégoût ! 



Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 

Le temps me manque 
Pour vous décrire 
Fidèle à l'ignominie 
Qui vous va ohhh, à ravir 
Que vrai ! 

Dansez grandes dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos victoires 

Dansez 

Je suis fou, nommé prince, 
Aux côtés de vous 
Mon château est cauchemar. 
Sortez, que la musique commence 

Les rats seront vos cavaliers 

Dansez vilaines dames 

Dansez, 

Dansez autour de vos tombeaux 

Dansez 



40 



SERPENT INFERNAL 



Le vent trappe à ma fenêtre 

Me suppliant par ses lamentations 

Délirantes. 

Mes oreilles ont peine à supporter 

Ses cris de détresse 

Que faut-il faire pour arrêter 
Ce tracas de souffrances 
Qui perturbent mes nuits ? 

Vagabonder dans un jardin 

De fleurs fanées 

A jamais écrasées 

Sous les débris d"une société perfide. 

Le silence fait appel à ma raison 

Qui se désagrège elle aussi 

Dans la fumée d'une ville infernale 

LE SERPENT ENLACE MES MEMBRES ENGOURDIS 

Le miroir de ma chambre 
Me renvoie les reflets de l'infini, 
Les couleurs se décomposent 
Dans le prisme d'un coeur brisé 

Les anciennes prostituées se lavent les mains 

Et les jeunes vierges 

Donnent leurs pubis 

Aux démons, violeurs de pureté 

A quoi bon tourner en rond, 

Se promener sur les sentiers cul-de-sac 

Pour revenir sans cesse 

Sur le carrefour de la folie ? 

Les reptiles envahiront la terre, 

Les crapauds mangeront nos cervelles 

Et les vautours danseront 

Sur nos charognes 



41 



Allumes le feu, GYPSIES ! 

Célébrez dans la forêt 

La mort du poète. 

Allumez le feu et 

Dansez dans l'ivresse, épousez vos femmes 

C'est la Bohème, pays de l'oisiveté 

Les yeux plongés dans l'océan, 
Les doigts pointés vers le ciel 

Le miroir de ma chambre 
Reflète le maudit, 
L'innocence coiTompue 
Prostituée pour quelques dollars 

TRAHISON TRAHISON TRAHISON 

Coeurs méprisés, dédaignés 

Par la convoitise du mal, 

Consolez-vous et sautez dans le vide 

Du temps 

Mâchez vos mots et fermez vos yeux 



42 



La nuit tombe et le soleil s'éteint 

Allume2 vos phares 

Sans quoi vous glisserez dans la boue, 

Le sable mouvant vous engloutira 

Savourant jusqu'à vos tripes 

Le plaisir de détruire 

Comme le vent qui trappe à ma fenêtre 

Je crie ma détresse 

Moi qui suis écrasé 

Sous les débris d'une société perfide 

Donne-moi ta virginité 

Fille de l'enfer, odeur de pourntur 



:e 



Célébrez dans la forêt 
La mort du poète 
Célébrez jusqu'à l'ivresse 
Les demierd jours du nirvana 

Les insectes prennent leurs restes 
Alors fuyez dans le désert 
Soyez purs et priez 
Pour votre survie, 
Mangez le sable et buvez 
Votre sang 



LE SERPENT ENLACE MON COU 

QUI SE TORD DE DOULEUR, 

JE CRIE MA DÉTRESSE.. 



43 



LAISSEZ VENIR 



Laissez venir 
Princes et rois, 
Fous et guignols, 
Le temps est venu 
Pour chanter et crier, 
Pour voler et danser 

Laissez venir 

Filles et garçons, 

Femmes et hommes, 

Le temps est venu 

Pour VOLER VOLER VOLER.. 



REVE BLANC 



I 

Ce qui jaillit 

De mon corps 

La blancheur de la vie 

De mes veines s'écoule 

Seconde par seconde 

Appréciant ainsi 

Ce doux frisson glacé. 



44 



D'UN INSTANT A L'AUTRE 



Jouir 

De l'instant qui s'offre à nous, 
D'un baiser sur des lèvres mouillées, 
De mille caresses souvent répétées 

Jouir 

De l'instant qui s'offre à nous 

Comme si c'était pour la drnière fois 



45 



NUIT DE JANVIER 

(sabotage) 

Le jus de ton sein 
Amer comme le fléau de Dieu 
Représente bien la terre qui se fend 
Sous les pas d'une armée débauchée 

Comment pourrais-je oublier 
Cettre nuit où les étoiles 
Tissaient leurs linceuls au petit point 
Pour y ensevelir les ruines 
D'un amour confondu ? 

Les barbelés de ma conscience 

Retiennent loin de moi 

L'idée d'aimer à nouveau, 

L'idée d'aimer la femme dont la langue est pointue 

Et qui se baigne dans le feu 

Femme aux sabots, 
Tête de serpent 

La mer déverse maintenant 

A n'en plus finir 

Sur ma tombe de granit 

Elognez-vous de moi 
Démons sans tête, 
Entrailles achetées au prix du gros 
Par le diable lui-même 

BANDE DE SANS-COEUR 



46 



INERTE 



Que fais-tu de ces doigts 

Inertes 

Qui longent les draps 

Et qui ne supplient 

Que par leurs longues complaintes 

A toucher - farouches - mille passions 

Proscrites ? 

Touche et ne veille que sur la peau 

D'où ton regard 

Se fait vicieux, 

Sens les encens et les baumes 

Qui inondent et transpercent 

Nos odorats 

Mon corps frappé de désirs, 

Luxure de prince, 

Frémit - bondit 

Se creuse d'amour d'où la sève 

Devient un flot abondant 

(Ohhh, enveloppé de satin, 
De velours et de soie, 
Je suis nu 

Comme moi-même - foetus 
Je fus conçu) 

Que fais-tu de ton corps 

Inerte 

D'où les valses se confondent 

Aux cadences de ton coeur ? 

Tu oublies les humeurs 
Qui te font emmerdeuse, 
Toi qui un j our a séduit 
Le pauvre iable 



47 



Ton sein est doux 

Et tes côtes sont 

Mes jouissance qui - frivoles - 

Me font sauter 

En leurs chairs 

Et m' extasient en des lieux 

De finesses sans fin 

J'espère, 

Femme aux mille intentions, 

Que tu sauras boire l'essence 

Qui s'écoule de mes veines 

Car je suis aux abois 

Aux côtés de toi 



Toi mon inerte 



48 



LES YEUX FERMES SUR LE MONDE 



Ce jour de printemps 
Est frais comme la fleur 
Qui s'épanouit dans le jardin. 
Les nuages - couleur crème - 
Se pourchassent dans le ciel 

Je m'étends dans l'herbe 
Verte et jaune 

Parmi les marguerites et les roses 
Et je respire, les yeux fermés 
Sur le monde 

Les moustiques font bourdonner 

Leurs ailes dans mes oreilles, 

Les oiseaux me chantent 

Leur berceuse 

Et les tamias écureuils chevreuils 

M'accompagnent dans mon sommeil 

Ce jour de printemps 
Est frais comme la fleur 
Qui s'épanouit dans le ]ardin. 
Les nuages - couleur crème - 
Se pourchassent dans le ciel 
Et moi je rêve 

Encore 

Hier, dans la ville 

Grise blanche froide 

Je souffrais, 

Je souffrais d'une maladie que j'appelle 

SOCIALE 



49 



Aujourd'hui, dans le pré 
Je someille parmi la nature 
Verte et jaune 
Rouge et bleue 
Rose et blanche 

Aujourd'hui, dans le pré 
Je rêve d'un monde 
Vert et jaune 
Rouge et bleu 
Rose et blanc 

Mes compagnons de la ville 

Giise blanche froide 

Ne cessent de pleurer 

Et de crier 

SOUFFRANCE SOUFFRANCE, 

Mais je leur dis: 

Venez chanter avec moi, 

Venez admirer les oiseaux dans le ciel, 

Buvez l'eau claire qui descend 

Des rochers. 

Mais mes compagnons de la ville 

Grise blanche froide, 

Dans leurs souffrances, me répondent: 

Le rêve n'apporte gains. 

Etendu dans l'herbe 

Verte et jaune 

Parmi les marguerites et les roses 

Je respire, les yeux fermés 

Sur le monde 

Et dans mes teves 

Je n'apporte aucune souffrance 

A mon cœur 



50 



AU MATIN BRULANT D'AMOUR 



Au matin brûlant d'amour 

Je vais de ce pas 

Recréer la création. 

La nature n'attend que moi 

Pour parler aux gens distraits 

Vous les arbres...! 

Que j'ai donc hâte 

De vous figer 

Sur mon papier vierge, 

Blanc-solitude 

Et toi, la rivière, 

Je f invite à plonger 

Dans ma source d'admiration, 

Premier des réflexes 

Mon pinceau trace l'horizon 

Sur un fond de beauté, 

Les couleurs se dilatent 

Dans une eau trouble 

Et la lumière transperce, réchauffe 

Mon dessin 

Je peins la vie 
Aux vibrations du vent 
Ecoutant les directives 
Que le songe me donne 

Au matin brûlant d'amour, 

Je vais de ce pas 

Recréer la création. 

La nature n'attend que moi 

Pour parler aux gens distraits, 

Réveillez-vous 



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TE REVERRAI-JE ? 



J'ai pleuré cinq fois 
À me voir quitter... 



Pour l'horizon 
Les arbres et le ciel, 
Pour deux rivières 
Où j e bus 
Mon plaisir 



Pour les nuits 
Que j'embrassai 
Comme l'amour 
De mes fatigues, 
Le repos 



Pour une dame 
Qui sautait 

Comme une hirondelle 
Elle était belle, 
Soixante-quin2e ans 



J'ai pleuré une fois 



J'ai pleuré deux fois 



J'ai pleuré trois fois 



J'ai pleuré quatre fois 



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Pour une femme, 
Belle comme un ange 
Qui souriait au vagabond, 
Souvenir à ne perdre, 
La reverrai-i e ? 



J'ai pleuré cinq fois 
A me voir quitter... 



Ohhh! Que de dentelles 
Cousues de fil d'argent, 
Les chemins 
Parsemés de diamants 
Où l'amour fleurit comme le 

Printemps 



Te reverrai-i e ? 



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