Guy Boulianne
Avant-propos
d'un
prince fou
Édition originale
1983
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Guy Boulianne
Avant-propos
d'un
prince fou
LA NUIT RALLUMEE
Un lit, doux et profond, patiente ton corps
Si jeune et si frais d'étemelle rosée,
Le givre au dehors se couvre d'étoiles
Et la nuit s'éteint pour faire place à ta vie.
Sonnent les cloches ! Vibrent les trompettes !
Ma lyre est un chant où se fond mon amour ;
Mes larmes s'évaporent sur des joues parsemées
Par un seul éclat d'un soleil réchauffé.
Encor 5 n'es-tu point là que déjà je te berce,
Mon sein attend que ta bouche s'y pose ;
Le miel de tes lèvres, la douceur de tes mains
Pour moi sont le baume et l'espoir de demain.
Les oiseaux dans le ciel tissent ton berceau,
Fait de paille et de plumes, un lit doux et profond
Où ton corps jeune et beau, dans la nuit rallumée,
Dormira sur le chant de ma lyre en amour.
À ma fille Jacqueline
Quelques jours avant sa naissance
(2 janvier 1986)
LE SILENCE EST PAIX
LA PAIX FAIT LE SILENCE
AVEC LAIDE PRECIEUSE
D'UN RENARD ROUX...
Chapitre premier
Lettre à ma reine
TENDRE MELODIE
Les rideaux se sont baissés,
La valse se termine
Sur des notes aiguës,
La peine de mon coeur crie en myriades
Les souffrances de l'amour
Ma seule femme,
Epouse de sang et de chair,
Unique source de vie
Toi qui es si loin,
Tu m'as quitté pour le royaume,
Tu m'as laissé seul pleurant ton souvenir.
J'avais tant à te dire,
Ma bouche était cousue de fil
Et mes yeux étaient fermés,
Le regret de ne pouvoir chanter tes chansons
Et les miennes
Si tu savais comme je t'aime
Je crois mourir de toi
Mon âme se meurt de toi
Mais de corps je ne périrai
Car je te dois mille et mille choses
QUE LES RIDEAUX SE FERMENT
Pour moi, ta valse continue
Et sans cesse je fredonnerai ta mélodie
10
SANS CONTREDIT
Les montagnes sont hautes et grandioses
L'eau est claire et limpide
La terre est douce et chaude
Le ciel est large et éclatant
Les nuages sont blancs et resplendissants
Les oiseaux sont légers et majestueux
Mais ma mère,
Bien sûr,
Est la meilleure de toutes
il
TU N'Y ETAIS PAS
I
Je cherche toute la nuit
Et ne vois que des ombrages
Je f ai cherchée dans le salon
Où, impuissante
Tu souffrais ton martyre
Je f ai cherchée
Dans la chambre
Où tu rêvais (...) te reposer
J'avançai quelques pas
Espérant te voir chanter
Les airs qui f égayaient. . .
Tu n'y étais pas
12
II
Je te cherche encore,
Dans les bois
Où tu fias reine...
Sans doute es-tu partie
Pour un lointain pays.
Tu auras oublié, dans ta hâte,
De laisser note de ton
Départ
Dans ce cas j'ai confiance,
Tu reviendras
Mais si un malheur
farrivait
Comment te rejoindrais-je?
Je serais blême
Comme l'écume des mers
A te savoir perdue en quelque lieu
Je frissonnerais
Comme la feuille tremblante
Si ton cœur était blessé
L'inquiétude me gagne tout à coup
A te savoir loin,
Sans nouvelles
Je te cherche, je te cherche
Et ne te trouve point. . .
J'ai peur
13
Ill
O que de bavardages,
Je sais bien qu'au fond
Tu es partie pour de bon
Me laissant chétif
A de vaines espérances
Je sais bien que ton pays
Est la nuit
Et qu'à jamais tu y demeureras
Je f ai fait tellement de peine
Avec mes humeurs terribles
Ah! et en un sens.
Peut-être as-tu bien fait!
14
IV
REINE REINE REINE
Je souffre à te savoir loin,
J'aurais beau f écrire mille lettres
Ce serait mille illusions
Dis-le moi que tu es morte. . .
Je ne le crois pas
15
SANS TITRE
Quand les feuilles poussent en mois de quête
Une fleur unique, parfum de rose, quitte la terre
Année de je ne sais quoi
Roue mouvante - immobile tue le temps
Année de révolte - de paix - d'éclipsé
Nuit sans fin de recherches intelligibles
Tôt ne fut que je pus prononcer les paroles
Encore retenues et toujours regrettées
Souvenir - maman - souvenir
Et demain courir dans les prés
Pétrir le destin en une séquelle
Trouver la route de ma peine
Avenir, dicte-moi les lettres - les mots
Nourrir le pays de sang et de chair
Souvenir - maman je faime
16
MA MER'
MA MER', espoir de mes nuits
Splendeur de mes j ours,
Celle qui a fait naître en moi
Les secrets de l'amour
Celle qui a protégé mon frêle bateau de papier
Si vulnérable dans la tempête
MA MER', celle qui m'a donné vie
En ces lieux où joyaux et rubis,
Où émeraudes et saphirs se côtoient
Mais qui en fait ne sont que l'infime partie
De ses nombreuses richesses
MA MER',
Continue de vivre
Pour que longtemps je puisse naviguer
Sur la valse de tes vagues
MA MER',
Continue de vivre
Pour que longtemps je puisse admirer ta beauté,
Tes richesses dont jamais je ne me lasserai,
Que toujours je regretterai
17
Chapitre deuxième
Mon sélam de fleurs
19
CIRQUE ANTIQUE
Chapiteau qui recouvre
La terre mouillée
Chapiteau qui recouvre,
Bientôt,
Sourires glacée.
Mais pour l'instant,
Comme des fourmis
Qui travaillent avec vigueur,
Les hommes du décor
Préparent cette fête
De demain
Chapiteau qui recouvre
La terre mouillée
Chapiteau qui recouvre,
Bientôt,
Le passé d'un futur
C'est le cirque qui,
En ville,
Arrive
Cirque antique,
Demain,
Sèmera la joie
Sèmera des cœurs
Sèmera des sourires.
Cirque antique,
Le passé d'un futur
Et le souvenir d'un passé
Cirque antique
Je te vis
Comme tu me vis,
Cirque antique
Mon amour.
20
ESPOIR
O printemps d'été
Viens que je te caresse,
Mille verres
Dans la pupille de tes yeux
Tendresse de mes divins
Espoirs
S'assouplit sous l'ombrelle
De mes sourires.
Oiseaux bleus
Et multicolores
Voltigent dans le ciel
Ouvert de ses grandes voiles
Peine et tristesse
Coulent et se laissent flotter
Sur la rivière
Froide et glacée
Et moi je grandis,
Car j'écris l'amour
Qui me passe
Par le bout des doigts
21
LA MUSIQUE DE MES SILENCES
Dans le vert
Et le bleu de mon pays,
De ma plume
Prennent naissance
Consonnes et syllabes,
Paroles d'ailleurs
Cire qui coule,
Cire qui pleure
Comme un enfant nouveau-né,
La bougie,
De sa flamme,
Eclaire mon parchemin
Mirages et visions
D'un passé et d'un futur,
Dans ma tête
Des images vont et viennent,
Des images du paradis
Des images de l'enfer
Dans la nuit chaude et confortable
De mes vingt ans,
Etendu sur un nuage de rêves,
J'écoute la musique de mes silences
Les étoiles me tiennent compagnie
Tandis que les hommes d'en bas
Se volent et se méprisent
22
De ma plume
Prennent naissance
Violloncelles et mandolines,
Un orchestre et ses lutins
Et ce soir
Un bal y prend place
Hommes et femmes
- Mais sans cornes -
Sont tous là, alignés
Et bien soignés
Les femmes portent
De longues robes de soie
Et de dentelles,
Et de magnifiques coiffures
Ornent leurs jolies beautés
Les hommes,
La tête bien haute,
Etrennent leurs habits du dimanche
Et des médailles de toutes sortes
Décorent leurs poitrines gonflées
La musique de mes silences s'éteint
Pour faire place
Au "DO-RÉ-MI",
DO-RE-MI d'une musique joyeuse
Et les lutins,
Qui de leur souffle,
Font chanter leurs flûtes merveilleuses
25
Ce soir,
C'est un bal dans ma tête
Ce soir,
Tandis que les hommes d'en bas
Se volent et se méprisent
C'est un bal dans ma tête
Demain,
Etendu sur un nuage de rêves,
J'écrirai des invitations
Pour les hommes d'en bas
Demain,
En écoutant la musique de mes silences,
J'écrirai des invitations
Pour mon prochain bal.
24
FIN ABSOLUE
Les nuages laissent tomber
Leurs dernières gouttes
Sur la rivière de mon enfance.
Les oiseaux, comme mes pensées,
Battent des ailes
Jusqu'au gîte retrouvé.
Les arbres dansent dans le vent
Tandis que les feuilles
Se hâtent à venir au monde
Au loin, sur une île de diamant,
Une femme est là
Perdue dans la brume
Et plus loin encore,
Des enfants sautent
Les barrières de feu
Qui se dressent devant eux.
Les serpents et tous les reptiles
Se donnent la fête
En cette nuit de fin absolue
Devant le miroir de ma chambre,
Je regarde mon visage
Rempli d'amertume,
Devant le miroir de ma chambre,
Un pays se dessine
Au profond de mon cœur
Et je sais, dans ma tête,
Qu'un avenir m'attend,
Un avenir que j e suivrai
Jusqu'à la mort. . .
25
AVANT LE CHAOS
La mer,
Paisible et calme,
Reflète la lune
Qui se balance entre les étoiles
La brise du vent
Me frôle le visage
De sa douce fraîcheur
Et le cri des mouettes
Qui percute dans ce silence
Me rappelle les berceuses
Que mère me chantait.
Le village qui dort
Et moi qui suis là
À savourer le sommeil
De chacun
Comme une sentinelle
Qui monte la garde
La nuit m'apporte abondance
Dans mon cœur
Et la noirceur
Repose mes yeux fatigués
Cette nuit d'amour
Me quittera bientôt
Pour faire place
Aux chauds rayons du soleil,
Le village s'éveillera
Et avant le chaos,
J'irai me coucher
Dans la nuit de mes paupières.
26
DIAMANT PERDU
Dans un désert d'or fin
Je marchais
Je courais
Je dansais
Dans un désert d'or fin
Je vivais
Au creux d'un puits asséché
Une pierre précieuse
J'ai trouvé
J'ai péché
Au creux d'un puits asséché
Une pierre précieuse
J'ai gardé
Heureux comme un roi
J'ai crié
J'ai chanté
J'ai dansé
Heureux comme un roi
J'ai fêté
En montant la colline
J'ai glissé
Je tombai
J'échappai
En montant la colline
Pieire précieuse
J'ai cherché
Dans un désert d'or fin
J'ai pleuré
J'ai pleuré
J'ai pleuré
Dans un désert d'or fin
Diamant perdu
J'ai pleuré
il
BIOGRAPHIE
Je suis celui qui n'est pas,
Je suis comme un brin d'herbe
Perdu dans un grand pré
Au pied d'une montagne enneigée.
ARBRE EN DEUIL
Arbre en deuil
Dénudé
Arbre en deuil
Qui, printemps, pleure
Arbre en deuil
Dénudé de ses feuilles,
Feuilles qui sont tombées
Ou qui l'ont laissé tomber,
Arbre en deuil
Cesse tes tourments,
Ton ami est là,
Tes amis reviendront.
REVOLTE
Dans mon cercueil de verre,
Impuissant aux yeux du monde,
J'observe avec lassitude
La vie se dérober devant moi
Et dans mon cœur
J'ai envie de briser
Cette barrière
Qui m'empêche de m' épanouir
Et de me faire voir du monde
28
CAUCHEMAR
Ballon rouge, gonflé
Et désemparé,
Flotte toujours dans la profondeur
De l'espace noir et vide
Le cri des vautours
Est comme celui d'une sirène,
L'alerte.
Les enfants aux petites jambes
Sautent
Et les adultes dansent
Les oiseaux n'ont plus d'ailes
Et les poissons, plus de nageoires
Seul, encore seul, toujours seul,
Le silence.
Le serpent cherche sa proie
Se laissant glisser
Rampant avec grâce
Pyramides de pierres
Et de mortier,
Désert de sable,
Désert d'amour
Je voyage dans le temps,
Je voyage dans la vie,
Au pays de liberté et de volupté
Je nage
Dans le vent
Des couleurs, des rouges, des jaunes, des verts
Se multiplient
Saveur d'une joie passée
Et d'un souvenir oublié
29
Une fleur blanche
Pousse dans l'eau,
Pétales pointus
Et le chien qui court
Après sa queue
La fumée noire
D'une longue cheminée
Noircit le cœur de chaque beauté
Et le lion, qui toujours,
Dort après repas
Les pieds sont larges
Et les têtes sont petites,
Des gros yeux mais petites bouches.
L'eau est froide, très froide
Et beaucoup d'écume
Quand j'y plonge.
Je suis bien
Quand j e rêve
Mais je suis mal
Quand je vis
De toute façon
Je suis mort
Au jour où je suis né
30
HEROS DE POUBELLE
Le monde est fou
Malgré son apparence,
L'hypocrisie fait le bien du monde
Les femmes rient des hommes
Les hommes rient des femmes,
Ré Cipro quement
Le pénis gros et laid
Vulgaire et malade,
Oui au patron - non au mari
Est écrit.
Les femmes rient des hommes
C'est laid, on n'aime pas
Petit sexe rose en éclat
Fragile et vulnérable.
On les viole par manque de respect
La bonne est meilleure
Qu'on ne peut s'en passer -
On y revient
Chaque fois héroïque
La salive débordante
L'épouse gisant sur le drap
Patiemment attend -
Pénétration vaginale.
Le mari essouflé,
Je f aime chéri(e)
Hypocrites
31
L'homme est vicieux
La femme est fantasmes,
Comment s'entendre ?
- signer un pacte
chose impossible -
Pacte de Satan
Trop beau pour nous
J'accuse le sexe
D'être profanateur de justice
Et je condamne hommes et femmes
A mourir de folie,
Non respect de l'amour
32
AMOUR SYMÉTRIQUE
Mon crayon s'agite
A écrire ce qui fut, ce qui est.
Ce qui sera HA HA HA
Il en bave de plaisir
Pauvre crétin.
Je suis pauvre crétin
Dans l'amour symétrique de la folie
Pure
Pauvre fou,
Qui aime qui aime et...
...Qui aime HA HA HA
Fou à lier, pauvre crétin
Amour sans avenir,
Je te hais.
Amour sans avenir,
Si tu voyais HA HA HA...
...Ma peine
Le bout du canon sur ma tempe,
J'appuie la gâchette,
C'est fini c'est fini...
...C'est fini
Amour sans avenir,
Je f aimais
i$
EFFRONTES EN SUEUR
Les flots
Et les flots
Qui coulent
Dans la mer
Et les vagues qui se heurtent
Aux rochers du rivage,
Laissent de leur retour
Les coquillages de leur mémoire
La marguerite épanouie, ensevelie,
Evanouie je ne sais trop,
L'amour de ma mère
Celle que j'aime
Et les roses et les violettes
Et les lilas
Dansent autour du feu
Comme des papillons de nuit
Dans la folie de leur ignorance
Carriole de vent qui ramène
Régiment d'oiseaux
Du sud et de l'équateur
Et les abeilles et les mouches
Et les moustiques
Qui bourdonnent des ailes
De fleur en fleur
De coeur en coeur
L'herbe qui bande
Au printemps d'hiver,
Les arbres qui se réveillent
Par leurs bourgeons naissant
34
Les poissons qui nagent
Dans l'eau encore glacée,
Le ciel qui délivre
Ses plus beaux nuages,
La terre qui fait bondir
Ses meilleurs fruits
LE RENARD QUI SORT DE SON GITE
Et l'homme à sueur de front,
Dans l'usine poussiéreuse
De son orgueil,
Travaille à détruire
Ce bonheur créé par DIEU...
35
SANS TE PERDRE
Mon corps excité et tendu
Se promène fébrilement
Parmi les algues roses et veloutées
De tes entrailles
Tranquillement, je remonte à la surface
De ta rivière
Me laissant flotter par la douceur
De tes vagues
La lumière de tes yeux
Dessine le profil de tes montagnes
Me transperçant le coeur
De ton amour fidèle - si non -
Précieux
Mon amour,
De tout mon corps, je t'aime
Et sans te perdre
le vivrais l'éternité
36
CREATURE DES OCEANS PERDUS
Serait-ce le fruit de mon imagination
Que de fentendre dire JE TAIME ?
Toi femme de mes rêves,
Conçue d'aspects irréels,
Engendrée d'une façon impropre à l'humanité,
Fécondée par le dieu des sept mers
Serait-ce toi qui aurais prononcé
Ces mots sacrés
Qui font d'un homme un amoureux
Et d'une fleur un nid d'amour ?
Toi créature fabuleuse,
Sortie des profondeurs des océans
Pour envahir les esprits crédules,
Serait-ce toi sur qui mon épée
Doit s'abattre
Pour que le sang de tes veines
Venge celui de tes proies ?
Condamnée par tous les écrits
A errer dans les abîmes,
Retourne à ta grotte
Et restes-y
Pour qu'enfin l'amour
Soit signe d'espérance
37
ÉPITAPHE - d'un prince fou
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
Je suis prince damné
De maintes voluptés,
Mon sang est sec
A vomir mille blessure
Vos blessures
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
Mon sélam de fleurs
(secrets ravalés)
Envoûte mes débris de conscience
O ma pauvre tête
Non pas la vôtre
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
38
Les troubadours
Chantent dans ma cour,
Les portes sont fermées
Et les clowns, en éclats, font lire
Vos masques fins
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
Moi pleurer ! ! !
Me prenez-vous pour une dame,
Ma carapace est bien trop lourde
Il faut la porter jusqu'à l'échafaud
Pour votre beauté... bien sûr
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
Mais non, je ne suis pas ce qu'on dit,
J'ai le coeur dur
Mes mains sont fermées
Comme des cactus rongeant la peau
Que croyez -vous ?
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
39
Vous riez dans vos mouchoirs
À regarder les gens pleurer,
La souffrance est votre plaisir
Et la moquerie... votre musc
Quel dégoût !
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
Le temps me manque
Pour vous décrire
Fidèle à l'ignominie
Qui vous va ohhh, à ravir
Que vrai !
Dansez grandes dames
Dansez,
Dansez autour de vos victoires
Dansez
Je suis fou, nommé prince,
Aux côtés de vous
Mon château est cauchemar.
Sortez, que la musique commence
Les rats seront vos cavaliers
Dansez vilaines dames
Dansez,
Dansez autour de vos tombeaux
Dansez
40
SERPENT INFERNAL
Le vent trappe à ma fenêtre
Me suppliant par ses lamentations
Délirantes.
Mes oreilles ont peine à supporter
Ses cris de détresse
Que faut-il faire pour arrêter
Ce tracas de souffrances
Qui perturbent mes nuits ?
Vagabonder dans un jardin
De fleurs fanées
A jamais écrasées
Sous les débris d"une société perfide.
Le silence fait appel à ma raison
Qui se désagrège elle aussi
Dans la fumée d'une ville infernale
LE SERPENT ENLACE MES MEMBRES ENGOURDIS
Le miroir de ma chambre
Me renvoie les reflets de l'infini,
Les couleurs se décomposent
Dans le prisme d'un coeur brisé
Les anciennes prostituées se lavent les mains
Et les jeunes vierges
Donnent leurs pubis
Aux démons, violeurs de pureté
A quoi bon tourner en rond,
Se promener sur les sentiers cul-de-sac
Pour revenir sans cesse
Sur le carrefour de la folie ?
Les reptiles envahiront la terre,
Les crapauds mangeront nos cervelles
Et les vautours danseront
Sur nos charognes
41
Allumes le feu, GYPSIES !
Célébrez dans la forêt
La mort du poète.
Allumez le feu et
Dansez dans l'ivresse, épousez vos femmes
C'est la Bohème, pays de l'oisiveté
Les yeux plongés dans l'océan,
Les doigts pointés vers le ciel
Le miroir de ma chambre
Reflète le maudit,
L'innocence coiTompue
Prostituée pour quelques dollars
TRAHISON TRAHISON TRAHISON
Coeurs méprisés, dédaignés
Par la convoitise du mal,
Consolez-vous et sautez dans le vide
Du temps
Mâchez vos mots et fermez vos yeux
42
La nuit tombe et le soleil s'éteint
Allume2 vos phares
Sans quoi vous glisserez dans la boue,
Le sable mouvant vous engloutira
Savourant jusqu'à vos tripes
Le plaisir de détruire
Comme le vent qui trappe à ma fenêtre
Je crie ma détresse
Moi qui suis écrasé
Sous les débris d'une société perfide
Donne-moi ta virginité
Fille de l'enfer, odeur de pourntur
:e
Célébrez dans la forêt
La mort du poète
Célébrez jusqu'à l'ivresse
Les demierd jours du nirvana
Les insectes prennent leurs restes
Alors fuyez dans le désert
Soyez purs et priez
Pour votre survie,
Mangez le sable et buvez
Votre sang
LE SERPENT ENLACE MON COU
QUI SE TORD DE DOULEUR,
JE CRIE MA DÉTRESSE..
43
LAISSEZ VENIR
Laissez venir
Princes et rois,
Fous et guignols,
Le temps est venu
Pour chanter et crier,
Pour voler et danser
Laissez venir
Filles et garçons,
Femmes et hommes,
Le temps est venu
Pour VOLER VOLER VOLER..
REVE BLANC
I
Ce qui jaillit
De mon corps
La blancheur de la vie
De mes veines s'écoule
Seconde par seconde
Appréciant ainsi
Ce doux frisson glacé.
44
D'UN INSTANT A L'AUTRE
Jouir
De l'instant qui s'offre à nous,
D'un baiser sur des lèvres mouillées,
De mille caresses souvent répétées
Jouir
De l'instant qui s'offre à nous
Comme si c'était pour la drnière fois
45
NUIT DE JANVIER
(sabotage)
Le jus de ton sein
Amer comme le fléau de Dieu
Représente bien la terre qui se fend
Sous les pas d'une armée débauchée
Comment pourrais-je oublier
Cettre nuit où les étoiles
Tissaient leurs linceuls au petit point
Pour y ensevelir les ruines
D'un amour confondu ?
Les barbelés de ma conscience
Retiennent loin de moi
L'idée d'aimer à nouveau,
L'idée d'aimer la femme dont la langue est pointue
Et qui se baigne dans le feu
Femme aux sabots,
Tête de serpent
La mer déverse maintenant
A n'en plus finir
Sur ma tombe de granit
Elognez-vous de moi
Démons sans tête,
Entrailles achetées au prix du gros
Par le diable lui-même
BANDE DE SANS-COEUR
46
INERTE
Que fais-tu de ces doigts
Inertes
Qui longent les draps
Et qui ne supplient
Que par leurs longues complaintes
A toucher - farouches - mille passions
Proscrites ?
Touche et ne veille que sur la peau
D'où ton regard
Se fait vicieux,
Sens les encens et les baumes
Qui inondent et transpercent
Nos odorats
Mon corps frappé de désirs,
Luxure de prince,
Frémit - bondit
Se creuse d'amour d'où la sève
Devient un flot abondant
(Ohhh, enveloppé de satin,
De velours et de soie,
Je suis nu
Comme moi-même - foetus
Je fus conçu)
Que fais-tu de ton corps
Inerte
D'où les valses se confondent
Aux cadences de ton coeur ?
Tu oublies les humeurs
Qui te font emmerdeuse,
Toi qui un j our a séduit
Le pauvre iable
47
Ton sein est doux
Et tes côtes sont
Mes jouissance qui - frivoles -
Me font sauter
En leurs chairs
Et m' extasient en des lieux
De finesses sans fin
J'espère,
Femme aux mille intentions,
Que tu sauras boire l'essence
Qui s'écoule de mes veines
Car je suis aux abois
Aux côtés de toi
Toi mon inerte
48
LES YEUX FERMES SUR LE MONDE
Ce jour de printemps
Est frais comme la fleur
Qui s'épanouit dans le jardin.
Les nuages - couleur crème -
Se pourchassent dans le ciel
Je m'étends dans l'herbe
Verte et jaune
Parmi les marguerites et les roses
Et je respire, les yeux fermés
Sur le monde
Les moustiques font bourdonner
Leurs ailes dans mes oreilles,
Les oiseaux me chantent
Leur berceuse
Et les tamias écureuils chevreuils
M'accompagnent dans mon sommeil
Ce jour de printemps
Est frais comme la fleur
Qui s'épanouit dans le ]ardin.
Les nuages - couleur crème -
Se pourchassent dans le ciel
Et moi je rêve
Encore
Hier, dans la ville
Grise blanche froide
Je souffrais,
Je souffrais d'une maladie que j'appelle
SOCIALE
49
Aujourd'hui, dans le pré
Je someille parmi la nature
Verte et jaune
Rouge et bleue
Rose et blanche
Aujourd'hui, dans le pré
Je rêve d'un monde
Vert et jaune
Rouge et bleu
Rose et blanc
Mes compagnons de la ville
Giise blanche froide
Ne cessent de pleurer
Et de crier
SOUFFRANCE SOUFFRANCE,
Mais je leur dis:
Venez chanter avec moi,
Venez admirer les oiseaux dans le ciel,
Buvez l'eau claire qui descend
Des rochers.
Mais mes compagnons de la ville
Grise blanche froide,
Dans leurs souffrances, me répondent:
Le rêve n'apporte gains.
Etendu dans l'herbe
Verte et jaune
Parmi les marguerites et les roses
Je respire, les yeux fermés
Sur le monde
Et dans mes teves
Je n'apporte aucune souffrance
A mon cœur
50
AU MATIN BRULANT D'AMOUR
Au matin brûlant d'amour
Je vais de ce pas
Recréer la création.
La nature n'attend que moi
Pour parler aux gens distraits
Vous les arbres...!
Que j'ai donc hâte
De vous figer
Sur mon papier vierge,
Blanc-solitude
Et toi, la rivière,
Je f invite à plonger
Dans ma source d'admiration,
Premier des réflexes
Mon pinceau trace l'horizon
Sur un fond de beauté,
Les couleurs se dilatent
Dans une eau trouble
Et la lumière transperce, réchauffe
Mon dessin
Je peins la vie
Aux vibrations du vent
Ecoutant les directives
Que le songe me donne
Au matin brûlant d'amour,
Je vais de ce pas
Recréer la création.
La nature n'attend que moi
Pour parler aux gens distraits,
Réveillez-vous
51
TE REVERRAI-JE ?
J'ai pleuré cinq fois
À me voir quitter...
Pour l'horizon
Les arbres et le ciel,
Pour deux rivières
Où j e bus
Mon plaisir
Pour les nuits
Que j'embrassai
Comme l'amour
De mes fatigues,
Le repos
Pour une dame
Qui sautait
Comme une hirondelle
Elle était belle,
Soixante-quin2e ans
J'ai pleuré une fois
J'ai pleuré deux fois
J'ai pleuré trois fois
J'ai pleuré quatre fois
52
Pour une femme,
Belle comme un ange
Qui souriait au vagabond,
Souvenir à ne perdre,
La reverrai-i e ?
J'ai pleuré cinq fois
A me voir quitter...
Ohhh! Que de dentelles
Cousues de fil d'argent,
Les chemins
Parsemés de diamants
Où l'amour fleurit comme le
Printemps
Te reverrai-i e ?
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